Descriptions des arts et métiers
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- D EXPLOITER LES MINES
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- CHARBON DE TERRE.
- Par M. MORAND, Penjionnaire ordinaire de VAcadémie
- Royale des Sciences,
- SECONDE PARTIE, QUATRIEME SECTION.
- ESSAI DE THÉORIE-PRATIQUE
- SUR L’ART D’EXPLOITER LES MINES ou CARRIERES DE CHARBON DE TERRE i
- E T '
- SUR LES DIFFÉRENTES MANIERES D’EMPLOYER CE FOSSILE POUR LES MANUFACTURES, ATTELIERS ET USAGES DOMESTIQUES,
- M. D C C. L X XVI.
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- ET DE SES MINES. IL Part.
- 727.
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- SUITE DES ADDITIONS.
- RÉGLEMENT GÉNÉRAL*
- En matière de Houillerie , pour la Province de Limbourg,
- Du icr Mars
- H A R L E s j par la grâce de Dieu , Roi de Caftilie, de Léon , d’Arragon ; des deux Siciles, ôte. Archiduc d’Autriche, Duc de Bourgogne ôc de Lôthier,de Brabant , de Limbourg, ôte.
- • Le Réglement proviflonnel que Nous avons fait émaner le \6 Novembre 1688, pour bénéficier la traite des Houilles dans nos pays de Limbourg, d’Aelhem ôc de Rolduc 9 n ayant pu avoir l’effet que notre fervice Ôt celui de nos fidèles Sujets requiert, à caufe que les points qui donnent lieu à des difputes journalières , n’ont pas été réglés ; Nous avons trouvé convenir d’y pourvoir par un Réglement général ; & vu de fuite la befogne des C o ramifiai res de notre Confeil ordinaire de Brabant, fur ce fait, à l’intervention de notre Confeiller & Avocat fifcal du même Confeil, après qu’ils eurent oui les Etats de nofdits pays de Limbourg, d’Aelhem Ôt de Rolduc : Nous avons, à la délibération de notre très-cher ôc très-aimé bon Frere , coufin ôc neveu Maximilien-Emmanuel , par la grâce de Dieu , Duc de la haute ôt baffe Bavière & haut Palatinat, Comte Palatin du Rhin 9 Grand-Echanfon du Saint-Empire, ôc Ele&eur, Landgrave de Leuthenberg , *Gouvei> neur de nos Pays Bas, déclaré , ftatué ôc ordonné, déclarons, ftatuons ôt ordonnons:
- Article Premier.1
- Q u e les ouvrages privés que les particuliers entreprennent dans leurs fonds, les creu** fant ôc travaillant félon leur bon plaifir, fans formalité de Juftice, ôc pour leur profit fïngulier , ne donnent aucun droit à leur Entrepreneur, fur le fond de leur prochain; mais fe devront déformais contenir dans les limites de leur propriété, à peine d’être obligés à reftitution de tout ce qui fera perçu au-delà d’iceux, fans aucun défrayement , ôc même châtiés comme des larrons , fit àolo malofaBum fit•
- I î.
- E T fi le Propriétaire, defféchant fon fonds , foit par cànal, dit communément Xhorres 9 foit par machines, vient à faigner Ôc deffécher celui de fon voifin ,, qui étoit auparavant fubmergé ôc inouvrable, icelui ne lui doit poux bénéfice autre chofe, que le rememment, dit vulgairement le coup de chapeau• j
- I I I.
- B i E in entendu que tous Canaux Xhorres ou Aqueducs , ci-devant conftruks ôc non publiés, pourront acquérir le droit de conquête parmi les faifant publier , ôc qu’on y ob-ferve, ce qu’au regard de ladite conquête fera ci-après exprimé par le préfent Réglement.
- I V.
- Quant aux ouvrages publiés, qui s’entreprennent pour le bien public ôc par autorité de Juftice , lorfque quelques Entrepreneurs rifquent leur bien, pour chercher a découvrir quelque veine inconnue, ou rendre ouvrables celles qui ne le font pâs :
- * Cette piece fe rapporte à la page 375, Charbon de terre, II*. Partie«
- Y 8
- Charbon de Terre. IL Pan,
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- 7a8 DU CHARBON DE TERRE
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- Q u’a ce, eft néceffaire premièrement que la veine foit fubmergée ôc tellement ïnou* vrable, que le Propriétaire du fonds , où elle a cours, ne la puiffe , ou ne la veuille trai vailler ôc profiter, faute de quoi la conquête n’aura pas lieu.
- y i.
- Secondement, qu’il faut que l’ouvrage fur lequel on prétend d’établir une conquête , foit rendu public par proclamation ôc enfeignement de Jufiice.
- y I I.
- Qu e celui qui voudra entreprendre#de conquérir quelque veine de Houille ou Charbon , en déchargeant les eaux qui la couvrent ôc la rendent infru&ueufe, foit par aque* ducs , fouterrains, foit par machines hydrauliques , ou autres de quelle nature elles foient, fera , avant tout, obligé de propofer fon defTein à la Chambre des Tonlieux , décla* rant les endroits èfquels il veut pouffer fa conquête.
- VIII.
- E t par enfeignement d’icelle Chambre, il fera proclamer ; nommément au lieu de la fituation , fon ouvrage par trois quinzaines, pour le rendre public ôc notoire à un chacun,1 pour que fi quelqu'un a raifon d’oppofition, il puiffe propofer ôc être oui par-devant la même Chambre; &'s’il-n'en propofe aucune, fon filence foit réputé pour un aveu, la çhofe proclamée.
- I X.
- E t comme ci-devant ces fortes de formalités étoient peu en ufage ; ceux qui ont été érigés par enfeignement de JuJHce , feront réputés pour publics de même autorité ÔC prérogatif qu’iceux.
- X.
- Q u e fi toutefois l’Entrepreneur ne veut pas conquérir une étendue de veines ; mais feulement quelques parties voifines à fes ouvrages , il fuffira qu’il faffe dénoncer > d'autorité du Juge, aux Propriétaires, qu’ils ayent à faire leurs efforts ôc mettre,1a main à l’œuvre pendant le temps de fix femaines ; faute de quoi elles lui feront adjugées.
- XI.
- E T ceci aura lieu^ tant pour les veines qui font connues ÔC ont déjà été travaillées, que celles qui font inconnues, lorfque quelqu’un voudra rifquer de les chercher, découvrir Ôc rendre ouvrables à fes frais.
- X I I.
- Q u e fi deux Xhoreurs viennent à concourir pour la conquête d’une même veine dans une ou0 plufieurs Jurifdidions, elle fera adjugée à celui qui aura le plus bas niveau , com-me la pouvant travailler plus utilement, tant pour le Propriétaire que pour le Public.
- XIII.
- N e fût toutefois que l’autre eût découvert ôc trouvé la veine, en quel cas il ne peut être privé de ce qu’il pourra travailler au-dejfus de fon niveau.
- X I V.
- É t arrivant que deux Xhoreurs viennent travailler aéluellement une même veine ; celui qui a le plus haut niveau, ne pourra profonder fous icelui, mais laiffera tout ce qui s’y rencontre au profit de celui du niveau inférieur , lequel les travaillera en toute maniéré , tant fous l’eau qu’autrement,
- XV.
- C E qui s’entend fi le Xhoreur fupérieur ne travaille pas dans fon propre fonds ou de
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- ET DE SES MINES. II. Part. 729
- * fes Affectés , ou autre où il a droit acquis ; car en ce cas, il le peut évacuer en toutes telles h maniérés qui lui font poflibles.
- XV I.
- Pourvu toutefois que par§ fon deJfousTeau, il rie détruife pas l’ouvrage du niveau inférieur, lui coupant le paffage ; ce qui fe doit entendre fi les Xhoreurs font bien voifins , ôt travaillent aâuellement tous deux ; car fi le fupérieur a prévenu ôc devancé l’autre de quel** que diftance notable , cette confidération ne doit pas avoir lieu.
- XVII.
- Et même il ne peut être contraint de faire fes derniers efforts, ou recueillir fous Peau dans fes héritages fi long-temps qu’il y a de quoi s’occuper au-deffus de fon niveau,
- X V 11 I*
- L e Xhoreur fupérieur ne pourra aufli percer à l’inférieur qui eft emboutè deffeus lui , ou fes ouvrages, ôc lui envoyer fes eaux ÿ mais fera obligé de laiffer des ferres fuffifantes à ne les pas incommoder.
- X I X.
- Toutes allégations ; oppofitions ou contradi&ions que l’on voudra avancer touchant une entreprife , fe devront çropofer, pendant lefdites publications, ou du moins avant que l’ouvrage foit autorifé , a peine que celles qui feront par après, feront rejettées comme inutiles ôc hors de faifon. .
- X X.
- Que fi les trois publications faîtes, & les fix femaines expirées ; ladite Chambre connoît le deffein devoir être préjudiciable au Public, coupant ôc faignanti les eaux de quelque Bourg , Village, Hameau, Moulin, Preffoir , Foulerie, Fourneaux, Batterie, ou autres urines nécefîaires aux ufages humains , ou bien defféchant les Sources, Fontaines , Puits des Abbayes , Châteaux ou Maifons fortes , où le peuple doit prendre fon afyle & refuge en temps de guerre, & en un mot, apportant quelque préjudice important ou irréparable au Public , ou à plufieurs furféants , elle l’interdira,
- X X I.
- Que fi au contraire, elle trouve Fentreprife être utile au Public, elle Fautorifera ÿ ôc l’Entrepreneur pourra mettre la main à l’œuvre,
- XXII.
- N
- Etant autorifé , il marque l’ouverture de fon canal, dit vulgairement Vœil cfareine | par avis des connoiiïeurs ôc de ladite Chambre ou de quelque membre d’icelle à ce député , au lieu où on le jugera le plus commode ôc utile à Fentreprife , ôc moins préjudicia*’ Me au prochain.
- XXIII.
- L’o u v R a g e ainfi marqué , il pourra conduire par le fonds d’autrui, tout où il s*a-* donnera, fans que les Propriétaires l’en puiflent empêcher, ni faire chofe qui lui foit préjudiciable , directement, ou indirectement, parmi leur payant le double dommage ex* terne, à eftimer conformément à ce que la partie du fonds intéreffée fe pourroit louer.
- XXIV.
- Lequel payement fe devra faire d’an en an ; ôc au défaut d’icelui, le Juge dd ladite Chambre pourra accorder exêcutoriales fans autre formalité de procès,
- XXV.
- dtant arrivé a la veine , il pourra faire tout ce qu’il conviendra pour pduvoîr ht travailler ôc en profiter, rendant au Propriétaire fon tantieme, outre le double dommage superficiel, comme dit eft.
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- DU CHARBON DE TERRE
- XXVI.
- 73°
- Que fi ledit ouvrage perd fon paffage à travers de quelques fonds nous appartenants 9 ou de quelques chemins , ou ruiffeaux publics, Nous agréons d’être réglés fur le n^ême pied que les particuliers , parmi obtenant o&roi pour les ouvrages à commencer.
- XXVIL
- Lequel tantieme fe réglé provîfionnellement au quatre-vingt-umeme panier, au regard des petites veines , au quarante-unieme panier , pour ce qui eft des moyennes, 8t au vingt-unieme pour ce qui eft des grandes veines , au jugement des connoiffeurs , fans que pour ce, il pourra avoir procès, & cefferont même tous différends qu'il pourroit avoir fur ce fujet.
- X X V I 11.
- Que pour éviter les difputes qui pourroient naître fur la diflenfion des veines, Noua déclarons que feront tenues pour petites celles qui, en épaiffeur , feront d’un pied à deux; les moyennes, celles qui feront de deux pieds à trois ; ôc les groffes, celles qui feront de trois à quatre pieds.
- XXIX.
- Et ce tantieme fe payera fur la foffe, en même matière qu’il fe produira au jour;
- XXX.
- E T afin que le Propriétaire ne foit de fraude, les Ouvriers & Commis de l’Entrepre-, neur feront obligés de prêter ferment qu’ils évacueront fidèlement.& exa&ement fon héritage , mettant à parte fon tantieme fait à fait qu’il fortira au jour 3 ou les délivrant à ce-? lui qui fera établi pour le recevoir.
- v
- XXXI;
- E t afin qu’il en puiffe profiter, il aura fon tantieme pour le vendre;
- XXXI L
- E t lorfqu’ii fera queftion de percer dans quelque héritage nouveau ; pour y jettet Houille ou Charbon, le Maître de la Houillerie fera obligé de le manifefter au Propriétaire, avant que d’y toucher , Ôt de lui faire voir le mefurage, s’il le défire.
- XXXIII.
- Que fi quelqu’un n’entend pas d’ouvrir par droit de conquête, mais prétend Amplement paffage par les biens d’autrui pour conduire un canal dans fes héritages , propre pour y deffécher les veines & les profiter , & que le Propriétaire y réfifte, il le fera citer par-devant ledit Juge, lequel ayant oui les raifons des Parties, lui adjugera le double dom-mage du fonds. ,
- XXXIV.
- E t s’il vient à rencontrer des veines èfdits héritages, icelui n’en pourra jouir , mais fera obligé de leslaifferau Propriétaire dudit fonds , prenant Amplement fon paffage par icelles, de la largeur néceffaire qui fe dit vulgairement, voie d'airage & de panier-,
- XXXV.
- D E même eft-il, fi un Propriétaire vient alléguer fur les publications , de pouvoir travailler les veines extantes en fort fonds , fans bénéfice de xhorre ou canal , ladite Chambre lui ordonnera de vérifier fon dire , & Cè fait , le Xhofeur ne pourra toucher auxdites veines , mais prendre Amplement fon paffage à travers d’icelles.
- X X X V L
- O u bien, fi l'Adhèrité prétend de profiter £es veines , en tirant les eaux à force
- d’hommes
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- d’hommes ou de chevaux, ce qui s’appelle yà la firme ; en ce cas le Xhoreur fera obligé de lui faire fuivre lefdites veines aufli bas qu’il fera paroître de les pouvoir jetter, & jouira du furplus, qui, fans ces ouvrages, auroit été infru&ueux audit adhêrité, parmi lui rendant fon tantieme comme ailleurs, outre le double dommage.
- .XXXVII.
- Que fi la chofe eft douteufe ôc que l’on ne puiffe connoître exa&ement jufqu’à quelle profondeur le Propriétaire peut arriver , & profiter fon bien, ledit Juge lui ordonnera de faire fes efforts de travailler inceffamment, jufqu’à ce qu’il ait évacué toute la denrée à laquelle il peut atteindre, ôc le réfidu fera à l’Entrepreneur, en rendant au Pro^ priétaire fon tantieme.
- XXXVIII.
- Q u e fi tel Propriétaire délaye fix femaines fans commencer y ou pourfuivre a&uelle-ment fes ouvrages , il en fera déchu , à moins qu’il n’avance , pendant ledit temps , quelque exciife bien légitime,
- XXXIX,
- Personne ne pourra profiter malicieufement du travail d’autrui; Ôc fi un Xhoreur, ouvrant à la bonne foi, vient à deffécher la veine d’un héritage voifin, le Propriétaire ne le pourra jetter, finon en reconnoiffant le bénéfice reçu fur le pied, proportion ôc taxe ci-deffus exprimée,
- X L.
- M A 1 s fi le Xhoreur perce effe&ivement, foit doleufement, ou inconfidérément, dans l’héritage de fon voifin, il perd fon canal à fon égard, ôc ledit voifin peut affoncer. fur icelui, ôc s’en fervir pour l’évacuation de fes héritages , fans plus ; ôc ce que le Xh.Q* reur aura jetté de fon bien , il doit lui rendre fans frais.
- XL I.
- U n Entrepreneur qui a commencé un ouvrage public ou de conquête, fera obligé de le pourfuivre ; ôc en cas de négligence, pourra y être contraint par toute perfonne qui fera paroître y avoir intérêt*
- X L I I.
- I l fera pourtant réputé négligent fi long-temps qu’il aura Houille ôc Charbon à débiter fur la folfe, pourvu qu’il les vende a&uellement à prix raifonnable * comme les circonvoifins.
- X L I I I.
- E T fera obligé d’avancer les veines les plus voifines de la voie du niveau, fans laiffer les unesôc prendre les autres pour favorifer & défroder les adhérités9 pourvu quelles foient d’un rapport fuffifant à payer les frais de leur éje&ion.
- X L I V.
- Que fi l’Entrepreneur tombe court, ôc ne peut ou ne veut pourfuivre fon ouvrage> les Intéreffés lui feront dénoncer par enfeignement de Juftice, qu’il ait à travailler ; ôc fi, après telle dénonciation , dans trois mois , il ne remet la main à l’œuvre, ou travaille fé-rieufement, comme il appartient, n’ayant excufe légitime de fon délai, on procédera à la fubhafflation (i) de fon ouvrage dans les formes ordinaires, ôc il fe vendra à l’enchere au profit dudit Entrepreneur , foit en argent clair, foit fur rente au denier feize, pour laquelle ledit ouvrage fervira d’hipothéque , outre celle que l’obtenteur fera obligé de fournir.
- X L V.
- L e même s’obfervera en cas qu’il y eut plufieurs Compartionniers dans un ouvrage ; fi
- ( 1 ) Terme d’ufage feulement dans le pays de Droit écrit, qui lignifie Vente lôlemnelle à l’Encan & à cri public , au plus offrant & dernier enchériffeur. Venditio fub hajlâ. * *
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- quelqu’un d’iceux demeure en défaut de fournir fa quote dans la dépenfe ; dès qu5il fer| redevable de deux quinzaines , les autres Compartiomiers ou chacun d’iceux pourront fair® proclamer fa part, foit qu’il y ait orphelin ou point, ôc la faire vendre au plus offrant.
- X L V I.
- Qui comptera èsmains du Commis de la Houillerie, ce que le défaillant devoit | touvrage, & en un mois après le refie au dépoffédé, ou bien lui en créera une rçntQ fur bon ôc affuré gage,
- X L V 11.
- Laquelle vente ne fera fujette à retrait linager^ mais bien pourra être purgée £ foit par le dépoffédé j Toit par fes, proches en deans fix femaines après l’argent compté • ou la rente créée parmi indemnifant l’obtenteur,
- X L V I 11.
- •
- S i par avanture quelque Compartlonnier vient à vendre la part qu’il a dans l’ouvrage , il fera libre à fes affociés de la rapprocher aufli en deans fix femaines de la réalifatio® de ladite vente , fans qu’en ce l’on doive avoir égard à aucune proximité du fang,
- X L I X.
- Et pour ce, un xhore, ou autre ouvrage à Houille fera réputé pour bien immeuble, êc n’en pourra un Ufufruâuaire difpofer, mais en percevoir quelque partie, des fruits, le réfidu refiant au Propriétaire.
- Savoir,' que ledit Ufufru&uaîre ait fon ufage, 6c les deniers reliants foient mis en rente, dont il tirera l’intérêt, demeurant le capital au Propriétaire,
- LI.
- •Quant aux héritages qui ont été vendus en plein fiége , Ôc dans lefquels les Ven-s deurs fe font réfervés le droit d’y tirer, ou faire tirer les Houilles, en cas qu’il s’y en découvre ; pour lors lefdites Houilles feront réputées meubles, 6c comme telles appartiennent aux héritiers mobiliaires, fi comme au furvivant de deux conjoints ; mais ladite réferve ou retenue demeure immeuble, 6c n’en peut TUfufruéluaire difpofer.
- ^ L IL
- »
- E T ces préfentes régies auront lieu tant feulement ès ouvrages qui s’entreprendront après les publications du préfent Réglement, laiffant au regard de ceux qui font déjà em trepris, foit par notre oâroi , foit par enfeignement de Juflice, foit par accord, ou convention entre particulier, un chacun dans le droit qui lui eft acquis,
- LUI.
- Es quels toutefois s’il fe trouve à préfent, ou furvient ci-après quelques difficultés , dont la décifion ne fe puiffe tirer defdits o&rois, enfeignements ou conventions f «lies fe termineront en conformité de ce qui eft ftatué au préfent Réglement,
- L IV.
- Que pour retrancher 6c même anéantir plus expreffément tous les différends ôc procès ,
- Nous voulons que le préfent Réglement, dans toute fon étendue 6c généralité, forte fon effet, tant pour le paffé que futur, au regard de tous différends ja émus, & de ceux à émouvoir, pour être décidé fur le pied de ce qui eft difpofé ; avec ordonnance à tous Juges fouverains, fubalternes, 6c autres Officiers qu’il appartiendra, de félon cefe régler.
- L V.
- Déclar o n s en outre que toutes communes généralement audit pays Nous appartiennent privativement dans le fond, ôc qu’il n’y a que Tufage de la fuperficie qui appar-
- j
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- tient aux Communautés ; fi quelques Communautés pouvoient faire voir le contraire par un titre particulier fuffifant, on n’entend point de les préjudicier en aucune maniéré.
- LVI.
- S 1 ordonnons à nos très-chers ôc féaux les Chancelier ôc Gens de notre Confeil, ordonné en Brabant, Gouverneur,ôc Capitaine Général Droffard de notre Ville & Duché de Limbourg , d’Aelfrerfle ôc Rolduc, & à tous autres Jufticiers ôc fujets que ce regardera , ôc à chacun deux en particulier, quincontinent ils fafifent divulguer, ôc proclamer ôc publier ce notre Réglement partons te feux où Ion eft accoutumé défaire cris ôc publications; de procéder ôc faire procéder à Fobfervance ôc entreténement d’icelui, fans port, faveur, ou diiïi mutation ; de ce faire ôc ce qui en dépend-, leur donnons plein pouvoir, autorité ôc mandement fpécial : Mandons ôc commandons à tous ôc à un chacun , qu'en ce faifant, ils les entendent~ôc obéiflent diligemment; Car âihfi nous plaît-il. Donné en tiofre Ville de Bruxelles,lé premier Mars , Fan de grâce mil fix cens quatre-vingt-quatorze ; & dé nos régnés le vingt-huitieme. Etoit paraphé Hertz V.
- Par le Roi, le Duc de la haute ôc bafife Bavière, Gouverneur , ôcc. le Comte de Bergeick, Tréforier Général ; lé Comte de Saint Pierre, Chevalier de FOrdre Militaire de faint Jacques ; ôc Meffire Urbain Vander-Brocht , Commis des Finances, ôc autres préfents. - '
- Sigftê7 Claris.
- f*
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- DU CHARBON DE TERRE
- 1
- REGLEMENTS ANCIENS ET NOUVEAUX
- Concernant la Navigation de Condé en Hainaut.
- STATUTS ET ORDONNANCES
- Sur la conduite de la Navigation en ce pays de Hainaut, d'entre les villes de Nions & Condé, entreténement des rivières , réglement des Vtntailles %
- & tenues d’eaux y fervantes.
- *4vet approbation de Sire de Croy y Lieutenant, Gouverneur , &c. dudit pays de Hainaut £ donnés en la ville de Mons 9 le 17 Mai 1$$6, (*)
- ? v • • * • * • » • » • * v
- Art. IL La rivière de Trouilles doit avoir 24 pieds de large depuis & en-deffus de la ville de Mons , jufqu au lieu où cette riyiere & la Haine fç viennent joindre enfemble fur le terroir de Jemapes.
- Art. III, Depuis quel lieu, ladite rivière dè Haine doit avoir 32 pieds , en continuant de telle largeur jufquà ce que la rivière du Honneau venant; de Quieurain .... en ladite rivière de Haine... .
- Art. IV. Dillac jufquà Condé , doit avoir 36 pieds.
- Art. V. Et la rivière de TEfcaut, depuis Condé jufquà Valenciennes, doit avoir femblablement *36 pieds de large.
- Art. VI. Concerne le Balichage.
- « . « • « » » •» • ig- v S( % **
- Art. XXVII, XXVIII. Concernent la Tenue de Cuefmes.
- Art. XXIX. Tenue de Jemapes.
- Art. XXX, XXXI, XXXII. Concernent la Grande Ventaille (i) de la ville de Saint-Ghiflain.
- Art. XXXIII, XXXIV. V'entaille & tenue de Bouffu;
- Art. XXXV, XXXVI. Tenue de Dibiham.
- Art. XXXVII. Tenue du maret de Thulin.
- Art. XXXVIII. Ventailles du Moulin du Pumeroel.
- Art. XXXIX. Concerne le Trou appelle le Bouillon, à Condé; là largeur de
- (*) Nous n’avons pu avoir que très-tard , connoiffance de cette partie intéreflante, qui avec le peu que nous en avons dit, page 490 , donnera une idée complette & entière de la police établie entre les Bateliers de Mons & de Condé, de la Chambre établie pour cet objet, &c. Le premier Réglement qui va fuivre, eft |éré d'un Ouvrage intitulé : Recueil de plusieurs
- Placards, fort utiles au pays du Hainaut, dont les Chartres dudit pays renvoyent à quantité d’iceux;avec le Décret de l’an 1601 > l’Edit perpétuel, le Réglement de la navigation, ôcc. Mons , M. DC. LXIV , page 199 , en XCII1. Articles.
- (1) Manteau ou battant d’une porte quisoun vre de deux côtés,
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- ET DE SES MINES. II. Par?; 73*
- I y pieds de jour ; fa grande Ventaille, 7 pieds 8 pouces & demi fans fèuil, félon le pied ancien.
- Art. XL , XLI. Concernent la Tenue, dite du Rabat, à Condé.
- Art. XLII, XLJII , XLIV , XLV , XLVI. Concernent les Ventailles de la porte de l’Eclufe.
- Art. XLVII, XLVlII. Concernent les Nefs, Bateaux Sc Navires , marqués de deux marques, une pour lete , une pour l’hiver, afin de limiter les charges que chaque pourra mener. Depuis le 1 Novembre jufqu au r Avril, chargeront une Querque Sc demie de Charbon menu, devant peler 90 mille livres au plus ; & depuis le 1 Avril jufqu’au 1 Novembre une Querque de femblable Charbon reyenant fur le pied premîs , à 60 mille livres pelant, & ainfi de toutes autres marchandifes, Scc.
- Art. L. Vifites des bateaux & équipages deux fois par an.
- Art. LVII. Commis aux tenues ,, ayant la garde des clefs, pour les clore 8ù ouvrir aux heures limitées par les Articles fuivans.
- v Art, LXX. Ceux qui voudront charger ou décharger d’un bateau lut l’autre, feront tenus de le faire eni’Elcaut, foit au-deffus ou au-deflousde la ville de Condé, fans le pouvoir faire en cette ville, à raifon de l’empêchement Sc retardement que l’on feroit aux autres, fous peine de 8 livres d’amende.
- Art. LXXVI. Tous bateaux navigeans de Mons à Condé , & de Condé à Mons, Sc c. pour dévaller, s’affembleront à la tenue de Jemappes, autrement devront attendre jufqu’à l’heure du pafiage enfuivant.
- Art. LXXXV. Lefdites rivières devront demeurer franches, & fans quelque charge ni nouvellités, payant feulement les deux anciens, Sc à Condé par les Bourgeois de Mons, les trois blancs accoutumés, en gardant fur les A forains les droits anciens au profit du Seigneur dudit lieu ; là ns par les Meufniers, ni autres, pouvoir exiger autres chofès, comme ils ont fait du paffé ; fur encourir en l’amende de 6 livres tournois , &c.
- ARRÊT DU CONSEIL D’ÉTAT DU ROI,
- En forme de Réglement (*).
- Du 4 Novembre 1718.
- Concernant la Navigation de Condé* EXTRAIT DES REGISTRES DU CONSEIL D'ÊtAf.
- L*article Premier fixe la confHtution de ce Corps, compofé feulement des fils de Maîtres Bateliers de la Navigation de Condé, qui feuls peuvent y être admis.
- O Les 3 5 Articles de ce Réglement, ont été arrêtés dans la Chambre de la Navigation, où lefd. Maîtres & autres Bateliers de Gondé étoient affemblés, par A&e du z 3 Juillet 1718,
- Charbon de Terre. II. Part.
- portant que lelHits Bateliers ont trouvé ee Réglement a van s tageux Sc conforme à l’ufège, & ont unanimement confènti qu il fût exécuté félon là forme & teneur.
- A ÿ
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- DU CHARBON DIE TERRE
- Le II. Détermine le temps de réception, de trois mois en trois mois.
- Art. III. Tout Batelier fera tenu de prêter ferment à la Chambre de Navigation , comme le bateau avec lequel il prétend naviger lui appartient, Ôc qu il s’en fervira pendant deux ans après lequel ferment,il lui fera donné fon tour des Charbons , comme aux autres Bateliers.
- Art. IV. Défenfe à tous Bateliers enrôlés au Tableau de ladite Navigation, cle vendre leurs bateaux à leurs enfans , ôc aux peres ôc meres d’acheter les bateaux de leurs enfans , pour empêcher qu’un bateau ne ferve pour deux Bateliers ; ôc au cas qu’aucuns Bateliers vendent leurs bateaux à quelques autres leurs confrères, ils ne pourront pas auflï acheter îefdits bateaux vendus, mais bien d’autres capables de fervir les Marchands ; à peine par les contrevenans d’être exclus pendant une année entière de la Navigation, ôc de perdre les tours qu’ils pourront avoir pendant ledit temps.
- Art. V. Il eft pareillement fait défenfes aux Bateliers ayant leurs Wragues ou leurs bateaux chargés , de fe trouver à la Chambre de la Navigation , les jours de Wragues, à peine de trois florins d’amende.
- Art. VI. Il eft ordonné à tous Bateliers incorporés dans ladite Navigation, de ne charger leurs bateaux fur la riviere de Hayne plus avant que de la hauteur de douze paulmes félon la marque appofée à cet effet en face de chacun de leurs bateaux , fur peine contre les contrevenans de fix florins d’amende pour chaque pouce furpaffant ladite marque de douze paulmes, applicable la moitié au profit des pauvres, Ôc l’autre moitié au dénonciateur.
- Art. VII. Tous Bateliers qui iront charger des Charbons fur la riviere de Hayne feront tenus, en revenant de Saint-Guiflain , de fe ranger à la porte du Marais de Condé pour y paffer l’éclufe , chacun fuivant le tour de rôle qui lui aura été donné à la Chambre de la Navigation ; lequel ordre ils obferveront aufïi au paffa^e de la grande éclufe, afin de prévenir les différends ôc conteftations qui furviennent ; a peine contre les contrevenans de fix florins d’amende pour chacune contravention.
- Art. VIII. Les Propriétaires ôc poffeffeurs des prairies aboutiffantes aux rivières de Hayne ôc de l’Efcaut 3 feront tenus d’entretenir à leurs frais Ôc dépens chacun en droit foi les digues defdites rivières pour les maintenir dans leurs lits ôc ne point donner d’empêchement à la Navigation,
- Art. IX. Il eft enjoint auxEclufiers de la ville de Condé, de tenir toujours les eaux à la hauteur des bornes qui ont été pofées pour ladite Navigation , à moins qu’il n’en foit autrement ordonné pour des befoins preffans.
- Art.X. Il eft ordonne auxditsEclufiers de ne laiffer paffer aucuns Bateliers auxEclufes^ ôc de ne leur délivrer aucuns billets pour monter la redoute de Thivecelles, qu’en juftifiant qu’ils auront payé les frais communs Ôc impofitions du Corps ; à l’effet de quoi ceux def-dits Bateliers qui voudront paffer, feront tenus de repréfenter aux Eclufiers leurs quittances de payement, à peine contre Iefdits Eclufiers d’en répondre.
- Art. XI. Lorfque le bateau d’un Batelier viendra à couler à fond, ledit Batelier fera tenu de fournir à la dépenfe pour le mettre fur l’eau, ôc ce jufqu’à concurrence de deux cens livres monnoie de Hainaut.
- Art. XII. Ceux qui feront occupés à voiturer des Foins ôc autres Marchandées dans le temps de leur tour , pour la voiture de Charbon,feront piqués ôc perdront ledit tour; ôc fi dans la fuite ils avoient des caufes légitimes pour répéter leur tour ôc s’y faire rétablir, ils feront tenus de les repréfenter aux Maîtres de la Chambre de ladite Navigation avant les deux mois expirés, du jour qu’ils auront été piqués de leur tour ; autrement ils en feront déchus.
- Art. XIII. Il eft permis aux Maîtres ôc Suppôts de ladite Navigation, de vendre les tours des* Bateliers qui ne s’aquiteront pas de leurs devoirs ôc qui ne muniront pas leurs bateaux de cordages ôc uftenfiles néceffaires, pour être les deniers provenants de la vente employés aux rembourfements des avances, qui pourroierît avoir été faites par les Marchands ôc Fadeurs, à ceux defdits Bateliers qui feront dans le cas , ainfi qu’au dédommagement des frais qu’ils pourroient caufer au Corps, faute d’avoir pris les précautions xequifes.
- - Art. XIV. Les Bateliers qui refuferont de marcher à leur tour, feront condamnés à cent écus d’amende.
- Art. XV. Défenfe aux Bateliers qui auront déclaré avoir chargé pour Tournay, Condé ôc Gand, de décharger leurs Charbons dans un autre bateau fur les rivages étant entre lefdites villes ôc ailleurs que dans le lieu de leur deftination, à peine d’être déchus de la Navigation ôc de cent écus d’amende.
- Art. XVI. Permis néanmoins à ceux defdits Bateliers qui auront obtenu leur tour de chargement de Charbon pour Tournay, de le charger jufqu’à la diftance d’une demi-lieue au-deffous dudit Tournay, à charge de rapporter aux Maîtres de la Navigation de Condé,
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- et de ses mîmes, il pa*?:
- &ù plus tard dans trois mois après le déchargement, des Certificats par lefquels il foît prouvé que leur Charbon déchargé aura été employé dans les lieux voifins dudit déchargement, à faute de quoi iis encourront les peines portées par l’Article précédent»
- Art. XVII. Les Charbons du Hainaut qui fe tranfporteront par chariot fur la Juré-diftion de Valenciennes ôc autres, ne pourront être enfuite voiturés par bateaux , que par les Bateliers infcrits dans le Tableau de la Navigation dudit Condé, fuivant l’ordre des rôles. . a .
- Art. XVIII. Les Maîtres Bateliers de Mons, prendront leur tour avec ceux dudit Condé , fuivant le temps de leur réception à la Navigation, pour charger le Charbon aux rivières de Bouffu , Carignon ôc autres.
- Art. XIX. Pourront lefdits Maîtres Bateliers de Mons, avoir un homme de leur part qui interviendra à la Chambre de la Navigation dudit Condé, à tout ce qui fe fera concert nant les voitures dudit Charbon, ôc auquel il fera permis devoir les Regiftree des tourâ ou wragues , comme à ceux dudit Condé.
- Art. XX. Lefdits Maîtres Bateliers de Mons participeront, ôc auront connoiflance des amendes ôc autres chofes fur ce fujet, comme aufli contribueront avec les autres aux frais qu’il faudra faire, tant pour le retirement des bateaux coulés à fond, intérêts des Marchands, pour marchandées de Charbon voiturées à tour, plantage des P rotes au long de la riviere de Hayne , qu’autres ôc généralement tout ce qui regarde ladite Navigation.
- Art. XXI. Seront lefdits Bateliers de Mons fournis aux mêmes loix ÔC aux mêmes régies que ceux dudit Condé , à caufe de la Communauté qui eft établie entr’eux.
- Art. XXII. Ceux d’entre les Bateliers qui feront convaincus d’avoir dit des inventives à d’autres , foit de Mons ou de Condé, payeront un écu d’amende à chaque fois ; ôc lorf qu’il y aura quelqu’un qui aura malverfé, il fera informé contre lui, ôc dès le temps de iaccufation demeurera îufpendu de naviger, jufqu’à ce qu’il en ait été autrement ordonné.
- Art. XXIII. Les Marchands ou autres qui auront befoin de bateaux pour telles voitures que ce puiffe être, s’adrefferont aux Maîtres de la Chambre de la Navigation de Condé , lefquels feront obligés de leur en fournir, ôc de répondre de la marchandée en la maniéré ordinaire.* -
- Art. XXIV. Il fera permis aux Maîtres ôc Suppôts de ladite Navigation , de faire arrêter fur les limites de la domination du Roi, les bateaux appartenans tant aux Bateliers de Mons, qu’a d’autres, qui fe trouveront chargés fans wrages ou tour#
- Art. XXV. Permis pareillement auxdits Maîtres Bateliers Ôc Suppôts, de fournir aux Entrepreneurs ôc Munitionnaires pour lé Roi, qui auront des ordres de l’Intendant ou de fôn Subdélégué, les bateaux dont ils auront befoin, fans que lefdits Entrepreneurs ôc Munitionnaires puiffent fe fervir d’autres Bateliers, que ceux qui leur auront été préfentés par lefdits Maîtres.
- Art. XXVI. Il n’eft du aucuns droits pour les Eclufes, ni fous quelque prétexte que ce puiffe être, pour les bateaux chargés de munitions fur le compte du Roi.
- Art. XXVII. Il fera payé par les Marchands aux Bateliers , pour leurs voitures, ôc ce par provifion, jufqu’à ce qu’autrement il ait été pourvu par le fieur Intendant de Flandre, fuivant les circonftances des tempsé
- Art. XXVIII. Savoir de Boffu à Condé , ï 6 livres monnoie de Hainaut, pour un cent de Wagues ; de Saint-Guiflain 17 livres, de Carignon 18 livres, ôc de Jamappes audit Condé 20 livres, de Boffu à Tournay 22 livres, ôc jufqu’à Gand 31 livres; Ôc fera augmenté dudit Saint-Guiflain à Boffu 10 patars, de Carignon 20 patars, ôc de Jamappes 40 patars, pour le lieu de Gand, ôc fera payé pour le Charbon des forges d’Enghienà raifon de 20 muids de Charbon pour un cent de Wagues.
- Art. XXIX. Il fera pareillement payé depuis le rivage de Boffu jufqu’à Douay, 48 livres monnoie du Hainaut , de 100 Wagues de Charbon ; ôc pour celui de forges à l’avenant de 20 muids pour un cent de Wagues, ce qui revient à 7 patars, ôc 2 liards pour chaque Rafiere : en quoi fera compris ce qu’il faut payer pour les Allegeoirs de la riviere de la Scarpe , un liard que les Bateliers devront payer à Saint-Amand pour chaque rafiere , ôc pareillement un liard au Fort de la Scarpe.
- Art. XXX. Il fera aufli payé aux Bateliers, pour leur voiture, depuis Boffu jufqu’à Arras , 67 livres du cent de Wagues ; le Charbon de forges à l’avenant portant 11 patars, ôc 2 liards à la rafiere, à charge de payer le même droit à Saint*Amand ôc au Fort de la Scarpe ; fera aufli augmenté depuis Saint-Guiflain jufqu’à Boffu ,10 patars du cent de Wagues ; de Carignon audit Boffu , 20 patars , Ôc de Jamappes audit Boffu, 40 patars.
- Art. XXXI. Les Charbons feront voiturés, ainfi que d’autres marchandifes , des rivages du vieux Condé, Hergnies ôc voifinages, à Tournay , Gand ôc autres lieux de leurs deftinations ,par les Bateliers dudit Condé, à tour de rôle, à peine contre les contrevenants pour pierre à paver, bois, ôcc, ôcc.
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- DU CHARBON DE TERRE,&c.
- Art. XXXII. Concernant la décharge des voitures de pavé.
- Art. XXXIII. Les Maîtres ôc Suppôts de la Navigation de Condé, payeront au ea$ que les bateaux viennent à couler à fond par la faute des Bateliers, ou de quelque maniéré qué ce foit, la valeur des voitures de Charbon , ou pavés, ou bois.
- Art. XXXIV. Lorfque les Marchands ou autres auront befoin de bateau pour voi~ turer les marchandées du rivage de Cattillon, ils ne pouromt fe fervir -d’autres Bateliers que ceux dudit Condé , bien entendu qu’il ne fera payé aucune chofe auxdits Bateliers qui devront aller charger audit rivage de Cattillon, que les frais néceffaires pour monter les bateaux audit rivage , ôc les defcendre à celui du vieux Condé.
- Art. XXXV. Défenfes à tous Juges, tels qu’ils foient, de connoître ( fous quelque pré* texte que ce foit ) les affaires de ladite Navigation , ôc à tous Marchands Bateliers ou autres de les attraire ailleurs, que par-devant l’Intendant dans le département duquel eft ladite ville de Condé, ou fon Subdélégué , auxquels Sa Majefté réferve la connoiffance de ce qui regarde ladite Navigation; le tout à peine de nullité, caffation, dépens, dommages ôc intérêts, Ôc de trois cents florins d’amende.
- Art. XXXVL Ordonné au furplus que les autres ufages, Statuts ôc Réglements de ladite Navigation, feront fuivis ôc exécutés félon leur forme ôc teneur, en ce qui ne fe trouvera pas contraire à la difpofition des Articles contenus ci-deffus. Enjoint Sa Majefté, au fleur Intendant, Commiflaire départi dans la Flandre Françoife , de tenir la main à l’exécution du préfent Arrêt, qui fera lu , publié ôc affiché par-tout où befoin fera.
- Fait au Confeii d’Etat, tenu à Paris le quatrième jour de Novembre 1718,
- Signé, d e Lais T ré.
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- DU CHARBON DE TERRE
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- DE SES MINES.
- Par M. MO RA N D.
- QUATRIEME SECTION-
- Effai de théorie pratique fur P Art d’exploiter les Mines de Charbon de Terre , SC fur les différentes maniérés d’employer ce foffîle dans les Atteliers ou Manufactures, pour les ufages domefiiques , SCc*
- En traitant jufqu'ici les objets qui compofent la première, fécondé &troi* ïieme Seétions de cette Partie, nous nous fommes bornés à une expofitiort hiftorique : c'étoit la feule maniéré propre à mettre à la portée de tout le monde la defcription des manœuvres multipliées qui ont lieu dans le cours de l'exploitation.
- Les Ouvriers , tels fur-tout qu'il eft aifé de fo les dépeindre , ou du moins le plus grand nombre d'entr’eux, ne font confîfter tout le métier, quà bien connoître ces manœuvres ; ils ne portent point leurs vues au-delà ; l'intelligence, l'aptitude & l'habitude dans l'exécution achèvent de former ce qu'ils appellent un habile Ouvrier. Tout cela a bien ton mérite : un Ouvrier qui poffede ces connoiffances, qui à cette qualité joint les talents dont nous venons de parler , doit fans aucune difficulté être regardé comme une des plus grandes reffources des Entrepreneurs qui fe le font attaché ; il doit toujours être entendu & écouté avec attention ; mais les employés aux travaux de l'exploitation ne font pas les feuls qui conduifent l'ouvrage : parmi les différentes per-fonnes adonnées aux opérations de Mines, il en efl: qui doivent néceflairement avoir des connoiflances d’une plus grande étendue & d’un autre genre ; les connoiflànces dont je veux parler, font celles qui anobliflent le métier, qui conftituent les principes & les maximes de l'Art de l'exploitation. Autant Charbon de Terre. IL Part. B 9
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- 74ô DU CHARBON DE TERRE
- l'Ouvrier s’en embarrafle peu, autant il convient que les Prepofés de Mines fe fa fient un devoir de les acquérir ; ils le trouvent alors dans le cas d’augmenter les talents de l’Ouvrier, de perfeétionner les idees qu il prefente, de les rendre fufceptibles d’exécution , d en faire naître quelquefois de nouvelles par des queftions , des réflexions.
- L’Auteur du Traité précieux de Re Metallicâ, commence fon Ouvrage par rénumération fuccinte des objets que l’on pourroit appeller les études des Inventeurs de Mine ; nous ne pouvons mieux faire que de commencer cette quatrième & derniere Seétion, en imitant ce lavant Métallurgifte, modèle de tous les autres ; il exige de celui qui eft chargé de diriger des opérations de Mines 3 qu’il fâche juger quelle montagne 3 quel coteau , quelle aflîette de vallée, de plaine, peut être fouillée avantageufement, ou ne doit pas être fouillée ? Il veut qu’il connoifle les veines, leurs rameaux , les joints des rochers, les variétés 8c efpeces de terres, de fucs minéraux, de pierres , de marbres, rocs & métaux ; qu’il fe rende cette connoiflànce familière , ainfi que toutes les différentes méthodes connues de fuivre des ouvrages fous terre.
- Il doit encore être inftruit de plufieurs Sciences & de plufieurs Arts : il doit connoître l’origine & la nature de toutes les produétions minérales ; par-là il (aura faire le choix des moyens les plus aifés pour fes opérations, qui dès-lors lui feront plus profitables.
- Il doit encore favoir diftinguer les parties du ciel, 8c leur rapporter les extenfions des veines ; il doit être inftruit dans l’art de menfuration, afin d’être en état de décider par lui-même la profondeur qu’il conviendra donner à un puits, pour que cette ouverture tombe au boyau de Mine qui y répond, & afin de fixer les bornes à chaque Mine, fur-tout en profondeur.
- Selon notre Auteur, l’Arithmétique, TArchiteélure 8c le Deflïn, doivent entrer dans l’ordre des connoiflànces relatives aux Mines. L’Arithmétique pour calculer les frais & dépenfes d’ouvrages, de conftruétions 8c d’établif fements de machines ; l’Architeélure pour faire ou pour diriger la conftruc-tion des machines ; le Deflin afin de pouvoir repréfenter des modèles de Méchanique.
- Le métier expofè à quantité d’accidents 8c de maladies ; des notions générales de Médecine ne font point inutiles à ceux qui fo deftinent à diriger les ateliers ; ils feront dans le cas d’être fecourables aux Ouvriers, de prévenir les maladies, d’en arrêter le progrès, ou même d’y apporter remède.
- Notre Auteur veut aufïi de l’étude du Droit : il délire qu’ils en fâchent à fond la Jurifprudence relative aux conteftations 8c aux procès inféparabies des opérations de Mines , afin d’être en état de décider ce qui appartient à chacun, 8c de faire les fonctions de Juges , ou au moins d’arbitres.
- Pour peu qu’on fe rappelle le plan de tout notre Ouvrage ^ on reconnoît
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- ET DE SES MINES. II. Part. 74r
- Rabord , que rien de tout cela n’eft étranger à la pratique de l'exploitation ; dès-lors ceux qui font à la tête des travaux de Mine , peuvent être regardés comme PhyAciens ou devant chercher à le devenir.
- En les conftdérant fous ce point de vue , nous allons conformément à ce que nous avons annoncé, page 203, développer d’une maniéré plus particulière les points qui demandent de nouveaux détails ; en même temps que nous fournirons à 1 Ingénieur Houilleur des connoilîànces utiles ou nécelîàires , nous les Amplifierons tant que les circonftances le permettront.
- De la recherche des Mines de Charbon de Terre.
- Lorsque dans la Seélion VI de la première Partie, nous avons parlé de ce qui compofe l’extérieur des Mines de Charbon , nous nous fommes allez expliqués fur ce qu’on doit penfer des marques auxquelles les Ouvriers prétendent pouvoir juger à la Ample infpeétion de la fuperficie d’un terrain , s’il renferme de ce foflile ; on ne fàuroit trop répéter , que des fpéculations auflî incertaines, on pourroit même dire fautives , ne doivent pas être adoptées par des Entrepreneurs ou par des Direéteurs , qui entendent leurs intérêts * ou qui ont à cœur ceux de leurs aflbciés.
- Croira-t-on être plus avancé en s’en rapportant à cet égard fur le coup-d’œil d’un Ouvrier habile , & réputé expérimenté fur ce point ? Tout l’inconvénient eft facile à fentir : fuppofbns un inftant que cette reflburce ne foie pas à mé-prifer ; outre que ce coup d’œil eft peut-être auflî rare qu’indéftniflàble , on doit convenir qu’il ne peut jamais être donné pour un dédommagement fuffi-fant du manque de réglé , auquel on ne peut que déftrer pouvoir fuppléer. En accordant encore que l’on puiffe trouver dans un Ouvrier le talent mécha-nique , pour prononcer à coup fur, qu’il exifte du Charbon dans un terrain nouveau, il ne feroit pas j^npoffible que ce talent ne prît fà fource dans des connoilîànces dont il ne le douteroit pas lui-même, dont il ne fàuroit rendre aucun compte ; ce feroit toujours ce qu’il s’agiroit de débrouiller : c’eft ainft que l’on voit fouvent des Artiftes s’acquitter fupérieurement de leur métier, en ignorant abfolument les principes dont les Savants & les Mécha-niciens ont jetté ou Axé les premiers fondements.
- Mais à cette aptitude qu’il eft très-permis de refufèr à prefque tous les Ouvriers de Mines, il s’agit de fubftituer des guides plus pofttifs , ou pour parler plus exactement, des indices moins équivoques ; & ils ne peuvent être que le réfultat de probabilités établies fur des faits, fur des obfervations allez déci-Aves pour aider à faiftr les rapports éloignés & à les ralfembler.
- Ces avantages fe trouvent précifément dans les travaux des Naturaliftes qui fe font occupés des fubftances fofftles, en particulier de 1 arrangement des matières qui forment ce qu’ils appellent le nouveau Globe : nous ne prétendons
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- 74* DU CHARBON DE TERRÉ
- point parler ici de ceux de ces Savanrs qui ont forchargé l’Hiftoire Naturelle de defcriptions, de définitions, de divifions ou de dénominations. Nous voulons parler des Phyficiens Naturalîftes , dont les obfervations multipliées & combinées enrichiflent la fcience , fourniffent des vues, forment for la véritable ftruChire de la terre un corps de préceptes, d idées raifonnées, qui ïè rappro^ chent de la matière que nous avons à traiter.
- Afin de mettre dans tout {on jour l’utilité qu’on peut retirer du concours de ces connoiflàntes , pour guider le raifonnement dans la recherche du Chat-bon de terre, je conduirai d’abord le LeCteur avec le flambeau de la PhyfiqUe dans cette première épaifleur du globe , dont je ne lui ai tracé qu’une efpece d’anatomie , relative à cette fuite immenfe de nappes de Charbon de terre qui s’y trouvent éparfes.
- Vues générales fur la Superficie extérieure de la terre , comparée
- avec fa Juperficie intérieure.
- Les Phyficiens dont les yeux fe font portés fur cet aride cahoS, ont démontré clairement, que la plûpart dés collines & des montagnes dont le fommet eft de pierres, de marbres ou de toute autre matière calcaire & compacte , ont pour bafe des matières plus légères, telles que des bancs de fable & des glaifes ; que dans les plaines de leur voifinage, on retrouve communément , même à une allez grande diftance, ou des monticules de glaife fermer ou des couches de fable qui paroiflent être la continuité de celles qui fervent d’aflïfe aux montagnes ; que les montagnes les plus élevées, ne font proprement que des pics , (i) ou cônes compofés de rocs vifs, de matières vitrifîa-bles, &c.
- Des obforvatïons comparées de la fuperfîcie extérieure de la terre * de les éminences, de fos profondeurs, des inégalités de lfa. forme , avec ce qu on pourroit appeller la première êpaijfeur du Globe , ont donné la facilité de juger aflez exactement de lune par l’autre, de prononcer en voyant des montagnes dont les fommets font plats, qufon y trouvera des pierres à chaux ; que les collines dont le grès forme la malle , font toujours hériflees irrégulièrement ; que de cette dilpofition de la foperficie extérieure on efl: fondé à s’attendre de trouver dans l’intérieur, des couches interrompues , des décombres & autres veftiges de ruines, de fobverfion , de déplacement ou d’affàilîement ; que celles qui font compofées de fubflances calcaires, de marbres , de pierres à çhaux, de marnes * ont une forme arrondie & plus régulière.
- (i) On appelle pic une montagne élevée, qui fe termine en une feule pointe ; comme celle appellée Pic de Ténériffe, d’où par corruption on dit le pec de Saint-Germain , le pou Flamanville,
- en latin Podium, Pogium, Collis, Mom, Puteus : dans les Auteurs latins le mot Podium eft cependant employé particuliérement pour lignifier tout ce qui fert d’appui.
- iC’eft
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- ET DE SES MINES. IL Part. 745
- C*efl: aixlfi qu’en généralifànt les faits, en les liant enfemble , en comparant: la nature avec elle-même, les Wodoward , lesBourguet, lesBuffon, les Leh* mann , les Nehdam, (i) ont jetté pour fondement de la connoiflànce de la compofition de la terre un ordre fondé fur l’ordre des chofes , & qu’il n’elï: plus permis de douter que les phénomènes extérieurs des montagnes, tels que leur élévation, leur pente, leur forme, ne foient relatifs à leur flruélure inté-‘ rieure ; de maniéré que la composition de la plupart des montagnes, quoique ’ne fe préfentant point par-tout la même, peut être jugée feulement à l’œil, & annoncée par l’obfervation.
- M. Nehdam , voyageant dans le territoire d^ Aix-la-Chapelle*, n eut pas befoin d’être prévenu de ce que contenoit la montagne de Loulberg, à environ cinq lieues de cette ville ; en la voyant, & en examinant feulement fa fituation, fur-tout du côté qui regarde le baffin de la mer, il jugea que c’étoit une montagne fecondaire ^ élevée & labiée par les eaux à leur retraite ; il ne fe trompa point fur les matériaux dont elle eft efteélivement comparée (2).
- Ce rapport, fur lequel on croit devoir infifter , entre l’économie naturelle de l’intérieur de la terre & les phénomènes de fa furface, peut donc être regardé comme allez conftaté , pour tenir* lieu de renfeignement & de principes applicables à la recherche du Charbon de terre ^ mieux que ne le feront jamais des routines d’Ouvriers ; c’eft-à-dire, que ces principes peuvent conduire allez fûrement à prononcer quels font les endroits les plus propres à la formation de ce foffile ; quels font ceux qui ne le font pas ; à quelle profondeur il peut être placé , &c.
- L’expérience d’un Phyficien, dont le vafte génie embraffè l’Hiftoîre de toute la Nature , achevé de confirmer l’ufage heureux que l’on peut faire des vues générales & particulières fur l’ôrganifatiôn du Globe , pour foupçonner la préfence du Charbon de terre dans un endroit quelconque ; ce Savant inf-truit fupérieurement de l’arrangement phyfique des matériaux qui compofeni; le monde fouterrain , fe perfuada que le Charbon de terre exiftoit dans fa Terre de Montbal* en Bourgogne. Il fit en conféquence faire une fouille , & eft parvenu à atteindre un banc de ce foffile; il en a été parlé dans la Table des principales matières de la première Partie (3),
- De tout cela*il eft facile de déduire, que la ftruétureintérieure des montagnes , des plaines, des vallons, leur conftruélion, leur pente même qui influe
- (*) De ta Société Royale, & de celle dés Antiquaires de Londres, Dire&eur de l’Académie Impériale & Royale des Arts, Sciences & Belles-Lettres de Bruxelles.
- (2) Cette montagne ifolée au milieu d’une plaine environnée d’autres montagnes qui forment une efpece d’amphithéâtre, eft toute com-
- Charbon de Terre, IL Part.
- pofée de Coquilles, de Coraux , de Madrepo-® res , dé Sables & autres produ&ions de mer. Voyez Nouvelles Recherches phyjiques £r métaphyfi-ques fur la Nature & la Religion , avec une nouvelle théorie de la terre, 0* une mefure de la hauteur des* Alpes, Partie II, page
- (3) Au mot Montbar, page 177^
- Cp
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- 744 DU CHARBON DE TERRE
- fur celle des lits dont elles font compofées » doivent être la bafe des connoif fances eflèntielles à ceux qui fe propofent de fouiller des Mines de Charbon de terre.
- Il fera en confequence utile de commencer par mettre fous les yeux, un ïéfultat général de ce que les recherches & les obfervations conflatees des Phyficiens & des Naturaliftes , ont appris fur la difpofition de la fuperficit extérieure de la terre, fur Torganifàtion de la première épaifleur qui fe trouve au-delîous , c eft-à-dire, fur les couches qui la coinpofent, fur la nature des différents matériaux dont elles font formées, & en général flir ce qui établit un caraélere diftinétif entre cette grande quantité d’inégalités montueufes qui traverfent & qui coupent la fuperficie de la terre dans les continents.
- Dans cet Ouvrage magnifique , dont l’exécution étoit réfervée à la Nation Françoife , & au fiecle des Dalemberts, des Formey, & des autres Savants qui les ont aidés ; M. Defmarets , de l’Académie des Sciences, a expofé en grand le fyflême de M. Lehmann, fur la matière que nous traitons (i). Nous aurions fort déliré qu’il nous fût permis d’inférer ici en entier tout ce morceau (2): cefl: de cette fource dont nous avons emprunté l’extrait que nous allons donner en faveur de ceux de nos Leéteurs qui ne feroient pas à portée de le confulter en entier ; il peut fournir un vafte champ aux travaux des Mineurs ; il fèrvira d’ailleurs d’Introduélion à la théorie pratique de l’Exploitation (3). Nous ne manquerons point dans cette efpece de revue générale du Globe ex* térieur, de faire remarquer ce qui eft particuliérement relatif à la cormoif-fance des Mines de Charbon de terre, & qui peut conduire à faciliter en quelque point leur exploitation.
- ( 1) Eflai d’une Hiftoire Naturelle.
- (2) Did. Encyclop. au mot Géographie Phy-fique , Tome VII, page 613 , & Tome X, au mot Montagne.
- (3) La première Se&ion de l’Ouvrage publié 4 par l’Académie de Freyberg, traite des Montagnes en général, du Jiége des FoJJiles, mais vraifem-blablement fous le point de vue particulier qui a rapport aux Mines métalliques. Dans la notice inférée à la page 303 , j’invitois à traduire ce Traité Allemand les personnes qui pourroient être en état de s’en charger, A-peu-près dans le même temps, l’importance du fujet avoir fait împreffion fur un Chimifte qui fe dit exercé dans cette partie de la Minéralogie : mais nous ne nous fommes pas rencontrés fur la maniéré de mettre la France en polfeffion de cet Ouvrage: le rendre littéralement en notre langue, étoit le moyen le plus naturel ; aucun Ouvrage , au jugement même de ce Chimifte , n’en efi plus digne ; c’efl: d’ailleurs la feule façon de connoî-tre exactement ce qui nous vient de l’Etranger ; l’Artifte n’a pas jugé à propos de s’afiujettir à •Cette réglé , que tout autre auroit fans doute refpeétée l’égard d’un Ouvrage qui eft émané d’une Compagnie.
- Il a pris fur lui de refondre tout l’Ouvrage ; de préfenter au Public un Traité, formé d’après ce qu’il a vu dans fes voyages en Allemagne, 8c de ce qu’il a emprunté d’autres Auteurs Allemands , de lier le tout avec fes propres idées» en affûtant à la vérité que l’Ouvrage de l’Académie de Freyberg, a toujours été le modèle fur lequel il s’efi réglé dans la compojition de [on Traité.
- Cet Editeur a fenti lui-même qu’une pareille liberté prife aux dépens d’une Compagnie, auroit befoin d’apologie pour n’être pas mal accueillie par pîufieurs de fesLedeurs: il l’a tentée dans fa Préface ; les raifons qu’il y donne pour fe juftifier d’avoir tronqué, mutilé & défiguré à fa fantaifie,un Ouvrage précieux, n’ont pas autant de valeur qu’il fe l’eft imaginé : fon intention , pour être louable félon lui, n’a pas été généralement du goût du Public; & latradudionnette Sc entière que j’ai défirée, eft encore un Ouvrage à entreprendre.
- Je crois pouvoir ajouter ici , qu’il m’a été alluré , que l’Ouvrage , comme tradudion, étoit défedueux dans des mots techniques, que l’Editeur n’avoit pas entendus.
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- Divijion des Montagnes•
- Toutes ces éminences du Globe, que Ton eft à portée de voir, en parcourant piufieurs pays, & dans lefquelles il eft facile de remarquer des différences en hauteur, depuis celles qui font médiocrement élevées jufqu’à celles qui font les plus élevées, donnent au feul afpeét l'idée que les Montagnes ne font pas toutes conftituées de même.
- On peut les diviferen deux clailès générales; celles du premier ordre, 8c celles du fécond ordre ; ou celles .dites de la vieille roche , ôc celles de nouvelle formation.
- Montagnes du premier ordre, Montagnes primitives ou de la vieille roche,
- appellées auffi Montagnes à Filons.
- Les Montagnes les plus renommées ou les plus confidérables par leur hauteur, telles que les Alpes, les Pyrénées , les Vofges, qui pour l'ordinaire préfentent à l'œil de vaftes chaînes, font toujours les plus remarquées par un Voyageur. Il n'eft pas néceilàire de les fixer avec l'attention d'un Phyficien , pour s'appercevoir d'abord, que la continuité de cette chaîne s'étend très-au loin , de maniéré à ne pouvoir être fuivie, ou pour voir que les contours de ces Montagnes repréfèntent des figures exaétes, que leurs formes, quoi-qu’abfolument irrégulières en apparence, ont néanmoins des directions fui-vies 8c correfpondantes à l'œil ; 8c fi on me paflè le terme par le port de ces Montagnes, on juge d'abord quelles font fixées profondément en terre ; elles donnent quelquefois l'idée d'une forte digue deftinée à forvir de foutien aux Montagnes du fécond ordre , qui viennent s’appuyer contre elles, & qui alors fini fient par aller fe perdre infenfiblement dans les plaines.
- Ces excroiflances énormes qui portent dans leur extérieur rude 8c fauvage le caraétere de la vétufté, & s'il étoit pofîible de fe fervir de cette expref-fion, unrefle de cahos, font furmontées de pointes de rochers en défordre, qui femblent prêts à fe détacher ; leur fommet chargé de rochers nuds & informes , n'eft jamais uni, il s'élève fièrement fur une baie étroite, en la comparant à la hauteur fouvent inacceffible fur laquelle on les voit comme s'élancer du centre de la terre vers les nues ; leur pied n’eft pas plus facile à approcher que leur cime ; environné de vallées ou de profonds précipices , lœil n'y découvre avec effroi que des abîmes entrouverts feulement pour le tonnerre, les éclairs , les ouragants , les eaux du ciel 8c des torrents.
- En obfervant donc , fi le lieu eft montagneux , fi les élévations ou montagnes s’élèvent infenfiblement, & fi elles tiennent à une chaîne confidérable, ou fi le pays fans être montagneux , eft coupé de temps en temps par des
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- vallées, on aura occafion de préfumer qu’un tel pays eft d ancienne forma.1 tion.
- A juger enfuite de ces Montagnes par ce qui peut fe voir de leur ftru&ure intérieure^ par les matières endurcies , deflechées , pétrifiées, cryfiallîfées, minéralifées , accumulées dans leur fein, on eft conduit naturellement, tout, fi, en examinant la roche , cette partie fe trouve régulière ,difpoféeen pente & en couches, ou en feuillets , on eft conduit à regarder ces éminences , comme des mafîes pierreufes auffi anciennes que le monde , & comme la véritable charpente du Globe; ce qui les fait appeller Montagnes primU rives, Montagnes de la vieille roche, pour les diftinguer des autres dont nous allons parler ; & comme elles font la matrice des Mines qui fe fuivent par filons (i) , on les nomme auffi quelquefois Montagnes à filons ; alors elles ont un caraélere particulier, mais qui ne doit pas nous occuper ici ; il nous fuffira d’obferver qu’elles ne font point par lits ou par bandes auffi multipliées que les Montagnes du fécond ordre, & que différentes couches qui couvrent quelquefois ces Montagnes primitives, n’y font placées qu’accidentellement, & font tout à fait étrangères à la Montagne même.
- Le corps de ces Montagnes n eft qu’une maffe d'Horfiein quartzeux , (2) ou tenant de la nature du Jafpe , quelquefois d’une pierre calcaire fpathique, qui s’enfonce perpendiculairement à l’horifbn jufqu’à deux ou trois cens toifes.
- La ftruélure intérieure de ces Montagnes , eft affez homogène & fans interruption ; les tas de fable & de terre de Situer (3) , de Letten (4) , Mer-gel ou Argillés différentes , & diverfement colorées, qui s’y rencontrent rarement , ne font point nombreux, ni épais , ni difpofés par lits ; ils font perpendiculaires à l’horifon’, & s’enfoncent à une profondeur incommenfurable, en-forte qu’ils paroiffent avoir été portés ultérieurement dans les fentes de la pierre propre à ces Montagnes. >0
- Rien de femblable', rien qui approche de tout cela dans les terreins auxquels eft propre le Charbon de terre, & dont nous avons raffemblé, dans la première Partie dè cet Ouvrage principalement, le plus de delcriptions qu’il nous a été poffible*
- Montagnes du fiecond ordre , Montagnes par couches, par depot*
- Leur forme, leur affiette établiffent le caraélere diftinélif de ces Montagnes,
- ( 1 ) On appelle vrais Filons, des fentes fuivies, qui ont une grande étendue , une direétion marquée, quelquefois contraire à celle de la route où -elles fe trouvent, & qui'font remplies de fubftances métalliques, foie pures, foit dansl’état détaché, que les Mineurs affurent d’une voix unanime s’étendre ordinairement de l’Eft à l’Oueft , en déclinant au Midi de 9 à io degrés.
- <2) Qui fouvent forment les jalbandes des filons.
- O) Efpece de terre argilleufe délayée , ou
- terre molle qui fe trouve dans les Mines%
- (4) En général, ce mot défigne une efpece .de terre tenace , graffe & fale , dont la couleur eft différente ; les Ouvriers de Mines donnent fouvent ce nom à Fargilîe; ordinairement aux terres argiîleufes ou plutôt gîaifeufes , qui fÇ trouvent profondément dans la terre, êc parnii les minéraux: ce Letten eft: fouvent appelléBe/-tieg , Jorfqu’il accompagne les filons de Mine * entre le falbande & le filon , dont il eft la trace.
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- 8c donnent la raifon pour laquelle elles font bien moins élevées, & ont une pente plus douce que celles de toute ancienneté , qui en conféquence de leur hauteur, fomblent être à pic : elles paroifTent avoir été placées après coup fur le terrein où elles fo trouvent, comme les collines de foble que la mer forme le long de fos bords for quelques côtes , ou comme les buttes de terre , réfutantes de grands travaux pour lefquels il a fallu porter ailleurs les matériaux dont on a voulu fe débarralfer : toute cette malle terreufe en plus grande partie, & qui forme éminence, n’appartient donc pas à la forface ; elle n’y; eft qu’appliquée.
- Ces Montagnes font nommées Montagnes du fécond ordre , (bit parce qu’el* les font véritablement d’une formation poftérieure aux autres, foit parce qu’elles font le produit de différents accidents , de différents changements dont on reconnoît fonfiblement dans quelques-unes des veftiges qui autorifent à établir entre ces Montagnes des foudivifions.
- Quelques-unes d’entr’elles paroifTent être le réfoltat d*inondations ; elles font connoifîàbles en ce quelles font arrondies dans leur pourtour, & plattes à leur fommet ; leur intérieur fomé de cailloux roulés, eft formé de couches qui renferment du fablede*la craie, de la glaifo , de la marne , des corps marins (1) , des fols, des fubftances végétales , des fobftances de nature bitu-mineufe ou combuftible. Ces couches extrêmement variées, & dont l’épaifo four fo trouve plus marquée dans celles qui font les plus enfoncées, font faiblement inclinées à l’horifon , & vont s’appuyer contre les Montagnes primitives qu’elles environnent de toute part, Sc dans le (quelles elles fo perdent quelquefois, jufqu’à fombler ne faire qu’une même continuité avec ces dernières ; ce qui eft très à remarquer, comme nous le dirons bien-tôt.
- De ces Montagnes du fécond ordre, il en eft dont la formation eft due a des courants ; elles font compofées entièrement de fables légers , mêlés intimement & par-tout de fobftances marines très-variées , éparfos confufément depuis le fommet jufqu’à la bafo de la Montagne ; celle de Loufberg près d’Aix-la-Chapelle , eft de cette elpece.
- Quelle que foit la caufo de la formation des Montagnes du fécond ordre ; comme elles font foules propres au Charbon de terre (2), il convient d’en rapprocher davantage les principaux phénomènes , tant intérieurs qu’extérieurs , afin d’en donner une idée exaéle & précifo qui aide for-tout à les reconnoître infailliblement & à les diftinguer entr’elles , 8c en même-temps, à favoir à quelle profondeur les veines de Charbon de terre s’y trouvent placées.
- Ce qui forme leur principal caraélere eft leur compofition de bandes ter-
- (1) Les dépouilles de la mer, d'aucune efpece, ne fe trouvent plus au-delà de deux cents toifes, dans les Mines & ailleurs.
- (2) M. Monnet prétend néanmoins qu’il peut y en avoir dans les Montagnes régulières & pri-
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- mîtîves; il en donne pour preuve les Mines de Fims en Bourbonnois , qui fe trouvent dans un lieu de première formation, & dans un vrai gra* nite.
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- reufès ; elles y ont été entafifées en une quantité û prodigieufe , qu’elles font prefqu’entiérement formées de cet amas, qui leur a fait donner le nom de Montagnes par dépôts , ou Montagnes par couches.
- On y trouve cependant, & en allez grand nombre pour former une partie de leur maffe, d’autres fubftances, dont les unes leur font parfaitement étrangères , les autres leur font propres.
- • Du nombre des premières , font les fubftances métalliques, telles quon en a vu dans les carrières cfe Charbon de plufieurs pays, Partie /, pag. 139 ; mais ces fubftances métalliques difperfées dans ces Montagnes de nouvelle formation , préfentent dans leur genre un caraétere très-diftinélif ; tantôt elles s’y trouvent par morceaux détachés, par marrons, ou par blocs , ou par roignons , ou par nids, nommés par les Latins Minera nidulans , par les Allemands Nesterweis , par les Houilleurs de Dalem , Mines en Niaie ou en Bouroutte, par les Angiois Schoads.
- Ce ne font que des Mines égarées, des éclats de filons appartenants originairement aux Montagnes primitives 9 dont elles ont été entraînées accidentellement.
- Ces fragments de Mines fe font quelquefois "réunis enfemble, de maniéré à occuper une grande étendue de terrain, & à former une grande maffe que les Allemands appellent Seiffen werk , Mines tranfportées. Ces Mines, ne font point de véritables Mines, comme celles qui font propres aux Montagnes primitives, dans lefquelles les Mines fe fuivent em filons.
- Toutes ces différentes Mines des Montagnes du fécond ordre , quoi qu’en affez grande quantité , quelquefois dans un même canton , n’ont aucune communication entr’elles 9 ni avec les malles de pareilles Mines qui fe trouyeroient dans leurs environs ; ce font dès blocs peu enfoncés en terre & prefque fu-perficiels , dont l’organifàtion eft toute différente de l’organifàtion & des Montagnes à filons, & des Mines propres aux Montagnes par couches.
- En rapprochant ces circonftances de ce qui a été dit de la difpofition de ces amas de couches très-fouvent appuyées contre les Montagnes primitives qui leur fervent de fupport, & avec lefquelles elles fèmblent fouvent fe confondre , on verra que c eft des Montagnes primitives , que ces couches reçoivent les parties métalliques qui s’y rencontrent. Le fàvànt Editeur de cet article dans l’Encyclopédie, n’a pas négligé de faire remarquer que ce voifinage des Montagnes du premier ordre, & des Montagnes du fécond ordre , peut induire en erreur les Obfèrvateurs qui ne feroient qu’une attention fuperfïcielle aux chofes.
- Une des produétions les plus ordinaires à toutes les couches & aux glaifes , & qui par conféquent peut être regardée comme leur être propre, quoiqu’elle fe rencontre quelquefois dans les filons de Mines , ce font les pyrites , dont la formation immédiate, la nature, la bafè, font encore autant de problèmes.
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- Ces fubftances., que quelques Phylîciens regardent comme une vraie Mine de fouffre, Partie Iy pag. clo , fe trouvent mêlées avec les couches, dans une confiftance, dans un état, dans une forme variée à l'infini; tantôt en concrétion autour des fubftances animales & végétales, qui fe font rencontrées , tantôt faifànt corps avec ces matières qu’ont pénétré l’acide vitriolique ou l’acide marin de la pyrite.
- Ces pyrites de couches ont cependant des différences caraétériftiques de celles qui font dans les filons de Mines ; elles font d’une forme particulière , fphérique, ftriée, ou cubique, & tombent en efflorefcence à l’air, comme une terre vitriolique, ce qui indique qu’elles contiennent toujours moins de cuivre que de fer , d’ou on les nomme pyrites martiales.
- La maniéré dont les pyrites font difpofées dans les couches, neft pas uniforme , M. Henckel Remarque que quoiqu’elles s’enfoncent quelquefois en traverfànt ces bandes, elles font toujours beaucoup inclinées & vifent à s’étendre par les côtés, ce qui les transforme en une efpece de banc pyriteux, ou une Mine pyriteuje dilatée (1) ; d’autres fois elles font par amas, par nids , par roignons.
- Pour ce qui eft des pierres qui fe rencontrent dans les montagnes par couches , c’eft-à-dire, qui leur appartiennent effentiellement, elles différent toujours des pierres qui compofent les montagnes primitives : on a pu reconnoître que ce font des marbres, des grès, des pierres à plâtre , des pierres à chaux, des ardoifes, fous lefquelles i’argille bleue eft très-commune, ou des fubftances ter-reftres, qui fe font durcies, qui font le produit d’une décompofition particulière réfultante de leur mélange avec les fubftances qui les avoifinent.
- Celles de ces pierres les plus remarquables, ce font celles nommées improprement grès, par les Liégeois Greit, Koirelle par les François ; elles fo rencontrent conftamment dans toutes les Mines de Charbon ; mais ce qui les rend ici intérefîàntes, c’eft que cette pierre qui eft une efpece de granité plus ou moins décompofé, fe trouve fouvent mêlé avec le fchifte, coînme je l’ai fait remarquer première Partie, pages fi Sc 138 ; c’eft une connoiflance importante pour notre objet, & on en eft redevable aux obfervations des Natura-liftes.
- Les autres pierres qui entrent en partie dans la formation de ces montagnes, ne font que des pierres que l’on pouroit nommer pierres perdues ; ce font des portions détachées des montagnes primitives, fur-tout lorfqu’elles fervent d’appui à celles du fécond ordre.
- Revenons aux couches dont ces montagnes du fécond ordre font prefque toutes formées $ arrêtons-nous à les confidérer féparément, à les examiner dans toutes les circonftances qui les rapprochent des réglés de 1 exploitation des Mines de Charbon.
- appelle Mines dilatées, celles qui forment une efpece de couche, à peu-près parallèle â 1 horifon, *
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- Couches des Montagnes du fécond ordre,
- Ces bandes font en grande partie des fubftances qui ont été apportées 8c dépofées par Strata dans les terreins de Charbon de terre : ces fubftances par couches, qui accompagnent ce folfile, qui femblent entrer pour beaucoup dans fon origine , dans fa formation , font toujours dans la plus grande partie de la mafle de ces montagnes de la même nature , une argille diverfement modifiée*
- Cette argille fort non-feulement de lien aux différentes efpeces de terres qui entrent dans la compofition de ces couches, mais fort prefque toujours d’aflife & de plancher au Charbon de terre , fous la forme d’ardoife nommée par les Naturaliftes Schife; cette gangue (r) ou matrice fchijleuje de la Houille, n’eft toujours qu’une argille durcie , fulphureufo, alumineufo & feuilletée , bitumi-neufe , fi la portion argilleufe a été imprégnée d’un acide vitriolique , & fétide, fi elle l’a été d’acide marin ; voye^ fécondé Partie,page 140. •
- Des obforvations réitérées ont fait connoître que ces ardoifes ou pierres feuilletées, occupent la partie du milieu du terrein fur lequel les couches font portées, & que les Mines de Charbon de terre, occupent toujours la partie la plus baffe j de maniéré que la Houille forme conftamment le fol ou la bafo qui fort d’appui aux autres lits dans les montagnes par couches.
- Ces couches font horizontales, & par conféquent elles coupent tranfverfo-lement les montagnes dans lefquelles elles font renfermées ; c’eft la raifon pour laquelle elles ne vont pas ordinairement à une fi grande profondeur que les couches des montagnes primitives, dans lelquelles on doit fe rappeller qu’elles font perpendiculaires : c’eft aufli la raifon pour laquelle les Mines de Charbon de terre ont toujours une pente plus douce.
- Elles font ici rangées parallèlement les unes for les autres , de maniéré que chaque banc a dans toute fon étendue la même épaiffeur ; on y obferve cependant cela de particulier, que leur parallélifme eft fouvent dérangé : de temps en temps elles font interrompues, elles fe courbent, elles font des fauts , toutes chofos qui prouvent que ces lits, & que les montagnes qui en font corn-pofées , ont éprouvé depuis leur formation des affaiffements très-confidéra-bles.
- Les bancs de Charbon de terre, préfentent aufli, comme on la vu, les mêmes variations par fauts (2) , les mêmes différences pour leur difpofition en veines & par bouillons, ainfi que dans les veines métalliques par filons, ou par malles. Ces Rubbifch, ne font que des fondis, des tranfports ou amas, fuite d’une difruption arrivée dans le corps de la Mine même.
- (1) Nous ne prenons toujours ce terme, que dans la lignification qui lui eft donnée en plu-fieurs endroits, de tout ce qui n eft pas Mine y
- ce que les Allemands, appellent Taubergarten', (2) On peut voir l’explication de ces Sauts dans Lehmann, Teins III, page 287.
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- £ T DE SES MINES. IL Part. yji
- ‘t>e toutes les circonftances ou phénomènes qui méritent le plus d’être ob-fervés par ceux qui projettent ou qui exécutent une fouille, relativement aux Mines de Charbon de terre, on doit fur-tout faire attention à la marche des lits de fubftances terreufes.
- Cette marche eft finguliérement variée > ce qui eft félon la pente plus ou moins confidérable -, plus ou moins infenfible des montagnes dans lefquelles elles fe trouvent ; il eft donc à propos de s’arrêter à ces deux circonftances , la pente des montagnes, & la marche des lits.
- Pente dès Montagnes1
- O N dit qu’une montagne a beaucoup de pente, lorlqü’une ligne droite tirée horizontalement d’à-plomb, eft beaucoup plus courte que celle qui feroit tirée dans la longueur de la pente.
- Il paroît confiant en général que les pentes des montagnes, foit dans la 'direction de leurs chaînes , fbit par rapport à leurs adoflements collatéraux ou avances angulaires , font beaucoup plus rapides du côté du Midi que du côté du Nord , Sc que ces pentes font plus grandes vers l’Oueft que vers l’Eft ; les montagnes de Suifle, celles d’Angleterre & de Norwege, en font des exemples.
- On obforvé auffi que les moindres chaînes vont pour la plupart de l’Eft à l’Oueft (1), & que les plaines, de même que les fommets de montagnes, penchent pour l’ordinaire infenfiblement vers l’Eft & vers le Nord.
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- Marches différentes des lits de jubjlances terreufes.
- Dans les montagnes dont la pente eft douce, les couches ont une inclinai fon très-grande.
- Si la croupe de la montagne eft efcarpée, les couches font ou coupées à-plomb , ou interrompues par des empilements de matières différentes qui fe font éboulées dans les vuides qu’elles ont remplis , ou bien elles s’abailîent prefque fans s’incliner, & gagnent la plaine.
- Lorfque les premières couches fe trouvent de niveau au fommet d’une montagne , toutes celles qui font au-deflbus, fo trouvent pareillement de niveau.
- Les premiers lits du fommet d’une montagne penchent-ils l les autres couches de la montagne fui vent la même inclinaifom
- Ces lits qui font parallèles ou non à l’horizon, fui vent l’élévation & fab-baiffement des croupes des montagnes qu’ils compofent, pour franchir les montagnes correlpondàntes, & aller enfoite fe plonger dans le vallon qui les fepare, & même dans celui qui fo trouve au-delà.
- (1) Needham, Tome II, page 2.28.
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- yp DU CHARBON DE TERRE
- Dans quelques vallons étroits formés par des montagnes efcarpées ; les couches qu’on y apperçoit coupées à-plomb , Sc tranchées, fe correfjpondent pour la hauteur, pour la difpofîtion Sc pour la fubftance qui les compofe. On imagineroit que c’eft la même montagne qu’un accident a féparée en deux parties , {ans défunir fes arrangements par lits.
- Dans les mafles de montagnes primitives figurées, où on remarque les mêmes écartements , l’extérieur des angles Taillants, Sc les angles rentrants fuiyent la même dilpofition, fans quil y ait continuité dans l'intervalle*
- ARTICLE PREMIER.
- Des connoijfances qui ont rapport à Tuf âge des Inftruments de Géométrie dans la pratique de Vexploitation.
- Après s’être afluré fi le lieu où l’on veut exploiter , eft d’ancienne ou de nouvelle formation, la première opération à faire indique naturellement tout ce qui doit fixer l’attention; l’enfoncement de la Mine demande un choix réfléchi des endroits propres à aiïèoir les bures; dans quelques pays, il eft ordinaire de recourir à la fonde.
- Pour fe déterminer avantageufement fur ces deux points, il faut au préalable s’étudier à reconnoître la marche des lits de fubftances terreufes, Sc principalement la maniéré dont fe comportent les veines de Charbon ; j’entends par cette expreflion la direétion Sc la fituation des veines relativement aux quatre points cardinaux du mgnde , (i) leur chute ou inclinaifon relative à l’horizon, leur dimenfion en longueur, largeur Sc profondeur , leur force ou leur puif Jance en épaifleur (2).
- C’eft de ces circonftances que dépendent une infinité de particularités qui conftituent ce que l’on peut appeiler véritablement T Art de ïExploitation, pour ne pas confondre ce qui n’eft que manœuvre. S’agit-il, par exemple , de déterminer les efpaces dans lefquels il eft permis à un particulier de chercher la Mine ? Eft-il queftion de trouver la diftance à mefurer d’un point quelconque d’une galerie à un point quelconque de la furface ou de l’extérieur de la terre; ou réciproquement trouver la diftance à mefurer d’un point quelconque de la furface ou de l’extérieur de la terre,à un point quelconque d’une galerie? veut-on arriver à une galerie par le chemin le plus court ? marquer la voie par laquelle il eft avantageux de conduire les eaux hors de la Mine, pourvoir à la circulation
- (1) En Cofmographie les points cardinaux, font les interferions de l’horizon avec le méridien , appelîées point du Nord, & de Sud, & les interferions de l’horizon avec le premier vertical , qu’on appelle Y Eft Ôc YOueft ,d’où ou a appelle auiïi Vents Cardinaux, ( relativement aux points de l’horizon , d’où ils foufflent ), ceux qui
- foufflent des points cardinaux, c’eft-à-dire, de Y Eft , de YOueft , du Nord 6c du Sud.
- Points cardinaux du Ciel, fe dit aufli quelquefois , mais plus rarement, du lever Sc du coucher du Soleil, du Zénith & du Nadir.
- (2) Dans les Mines métalliques, le motpuijfan-ce exprime l’épaiiTeur des filons.
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- ET DE SES MINES. 11, Part. 7B de lair, faire une defcription Ichnographique, Orthographique ou Scénographe que d’une Mine ? Il eft clair que ces recherches , qui fe préfentent dans la pratique de rexploitation , arrêteront un Entrepreneur, à moins qu’il ne fe foie attaché fur-tout à bien connoître la maniéré dont fe comportent les veines de Charbon dans la maffe du terrain qu’il a à fouiller.
- Pour éviter ou abréger les calculs par lefquelson peut parvenir à la folution de ces queftions, on emploie différents inftruments, dont la plupart appartiennent aux Mathématiciens.
- L’Auteur de l’article Géométrie fiuterraine, dans l’Encyclopédie (l), dé-figne comme les plus importants & fuffifànts, le niveau„ la bouffole, 1 e genouil, une toife & une •chaîne.
- La fimplicité de cet appareil s’accorde avec la pratique de plufieurs pays ; il a été facile de remarquer dans le cours de cet Ouvrage , que toute la feienœ des Houilleurs Ingénieurs ^ pour s’orienter dans la pourchafe des Ouvrages par la direction & la pente des veines , ou pour mefurer les fouterrains , paroît fe réduire à lavoir faire ulàge du niveau , de la boujjole, de la toife & de la chaîne*
- Les problèmes réfultants d’autres circonftances miles en propofition deman-deroient pour plus grande facilité dans leur folution d’autres inftruments , tels que le rapporteur, la fauffe-équerre , autrement nommée récipiangle , le gra-phométre^hi perche, la pomme on forme-£ équerre £ Arpenteur; taflroiabefi l’on le trouvoit en avoir un à là dilpofition, feroit très-commode.
- On ne doit pas regarder comme d’une moindre importance dans quelques occafions, le compas de proportion, auquel le fecleur Anglais peut être fubfti-tué , Iéchelle £Edm Gunter , Anglois , & le quartier de réduction des Marins.
- Il ne fera pas inutile, par cette raifcn , de joindre ici aux delcriptions que nous avons données (page 213 ) une notice luccinte de ces derniers inftruments , & de leur ulàge ; quelques-uns d’entr’eux feront connus plus particulièrement , par un Ouvrage très-intéreflànt que j’ai traduit du latin en françois ' (2) , dans le deflein de le faire paroître à la fuite de la traduélion que j’elpérois pouvoir être donnée de ce qui a été publié par l’Académie de Freyberg, fur l’Art d’exploiter les Mines métalliques.
- Je ne dois cependant pas négliger de faire obferver que la méthode inftru-mentale n’eft pas uniquement renfermée dans la fimple connoiflànce de ces instruments , ni dans l’habitude de s’en fervir ; l’ufage de quelques-uns des inftruments néceflàires aux opérations de Mines, celui des cadrans, par exemple , a pour baie la Cofmographie Aftronomique ; il eft des travaux qui fè dirigent lur le lever & fur le coucher du foleii ; d’autres fois on eft dans le cas, à l’aide d une méthode inftrumentale ou autrement, de favoir s’orienter, c eft-à-dire,
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- O) Tomé Vil , pag. 639. 1 fubterraneœ, eàitio altéra , ab auftort recognita, cum
- \2) Jo% Fredçrici InJHtutionçsGeQmtfricÆ | Jîg» Vittmbcrga- dccli, •
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- <3e chercher à s’aflurer de quel côté eft le Nord ou l’Orient, de quelle manier® les pays (ont fitués les tins à l’égard des autres.
- Ce reconnoiflement par les points de l’horizon , Sc ces differents objets $ exigent des détails particuliers , qui tiennent à la partie Aftronomique, défi-gnée par Agricola parmi les connoiftances utiles dans les travaux de Mines ï c eft même d’où dépend entièrement l’intelligence de tout ce qui a rapport à l’ulàge des divers inftruments de Mathématiques , dont peuvent fe fervir les Ingénieurs Houilleurs, aux degrés quon y trace , Sc c. Comme nous allons développer la méthode inftrumentale, & expofer d’une maniéré raifonnée , leur conftruétion , leur divifion, l’emploi de ces inftruments, il eft néceflàire déclair* cir ce que nous avons à en dire par des elpeces d’éléments des Iphériques Sc de l’Aftronomie Iphérique.
- Abrégé de Cofimographie Afironomique , relatif aux opérations de Mines%
- Peu de perfonnes ignorent la forme admife dans le globe terreftrè ; on a coutume de repréfenter aux yeux ce globe , par une machine appellée Sphère, c eft-à-dire, un lolide dont tous les points de la forface pris en tout fens, font également éloignés d’un point en-dedans qui en eft le centre, & les Aftrono-mes ont imaginé lur certaines parties de ce globe, des points , des lignes, des cercles ; de maniéré que toute la fphére s’explique par des plans que l’on imagine paffer par les corps céleftes.
- La Géographie Aftronomique > dans laquelle la terre eft confidérée par rapport au ciel, a emprunté ces mêmes points, c es mêmes lignes ou cercles ; on les fuppofe décrits tant au-dedans de la folidité du globe, que fur là furfa-ce ; par la jufté pofition du globe à l’égard du ciel, ils aident à concevoir quelle correlpondance toutes les parties du globe ont avec les cieux, à faire con-noître quel rapport ces mêmes parties ont les unes avec les autres, par leur fi-tuation refpeéliye , & les divifions Mathématiques du ciel, qu’on a appliquées à celles de la terre, & qui fervent de bafe à toute la Géographie.
- Des Cercles de la Sphère en général & de leur divifion. »
- Les, parties décrites fur la furface du globe, font de différentes elpeces ; on y compte entre-autres dix grands Cercles verticaux, deux lignes Sc fix points. *
- Les Cercles , nommés Cercles de la Sphère, font ceux qui coupent la fphére du monde, Sc qui ont leur circonférence fur là furface.
- Ils peuvent être diftingués en cercles mobiles, & en cercles immobiles ; les cercles mobiles, font ceux qui tournent ou qui font cenfés tourner par
- le
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- le mouvement diurne (1) ; de maniéré que leur plan change de fituation à chaque inftant. Les Méridiens font de ce genre.
- Les Cercles immobiles ne tournent point, ou tournent en reliant toujours dans le même plan , tels font [Equateur 8c fes parallèles , VEcliptique.
- Si on divife ces Cercles à raifon de leur grandeur, on appelle grands Cercles de la Sphere, ceux qui divifont la fphere en deux parties égales , ou en deux hémifpheres , & qui ont le même centre que celui de la fphere : c’eftpar cette raifon que tous les grands Cercles font égaux, & fo coupent tous en portions égales, ou en demi-cercles, ! horizon, le méridien , t'équateur, Les deux colures, les azimuts, font de ce nombre.
- Les petits Cercles de la fphere font ceux qui ne divifànt pas la fphere également , n’ont leur centre que dans Taxe (2) , & non dans le centre même de la fphere : ils font communément défignés par l’analogie qu’ils ont avec les grands Cercles, auxquels ils font parallèles.
- On doit remarquer ici que tous les Cercles de la fphere fe tranfportent des cieux à la terre , & trouvent par là leur place dans la Géographie , auffibien que dans l’Aftronomie : on conçoit en conféquence que tous les points de chaque Cercle s’abaiffent,perpendiculairement fur la fùrface du globe terreftre, & qu’ils y tracent des cercles qui confervent entre eux la même pofition & la même proportion que les premiers.
- De tous les différents cercles Sc points de la fphere, nous ne parlerons que des principaux d’entr’eux, dont la connoiflànce eft nécelîàire, foit pour la mefure du temps, foit pour les inftruments gradués; mais ayant de les palier en revue, il efl: à propos de s’arrêter un inftant à cette divifion qu’on fait furies Cercles, pour fervir de mefore.
- La circonférence de tout Cercle , grand ou petit, eft divifée en trois cents foixante portions égaies, que l’on appelle en Géométrie & en Aftronomie , Degrés.
- Ce nombre de 360, a été choifi pour la divifion du Cercle, parce qu’il fe fubdivife plus exactement qu’aucun autre en plufieurs parties égales fans refte, lorfque ce Cercle a été partagé en quatre parties, en tirant deux diamètres qui fe coupent à angles droits. Car, par exemple, la moitié de 36b eft 180, le tiers eft 120 , le quart eft 90, la cinquième partie eft 72 , la fixieme eft 60 , & ainfi de plufieurs autres parties aliquotes.
- Chaque degré fe divife en 60 autres parties égales plus petites, qu’on nomme minutes, fécondés ; chaque minute en foixante fécondés, les fécondés en tierces , & ainfi de fuite à l’infini.
- (1) Révolution que la Terre fait autour de fon axe, d Occident en Orient , dans Pefpace de û^heures , pendant lefquelles elle préfente fuc-ceuivement toutes fes parties au Soleil.
- (2) On appelle^e de la fphere, toute ligne droite qui paffant par le centre, fe termine de part &
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- cl autre a ia iurrace, & tait 1 ettet d un elïïeu autour duquel on fuppofe que les cieux tournent ; la circonférence de la terre* étant reconnue de 9000 lieues, fon diamètre moyen eft eftimé de 286$ lieues, Scfon rayon de 1452^-.
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- L’ulàge eft de marquer le degré par un o au-deffus des chiffres qui en expriment le nombre : pour écrire deux degrés, on écrit 2 ; les minutes fe diftin-guent par un trait, les fécondés par deux traits, les tierces par trois, &c. l;, 2% , &c. une minute , deux fécondés , trois tierces , &c.
- Selon le calcul de M. de Caffini, la minute d’un degré de la terre, eft de
- i toifes 15 , & la fécondé eft de i j toifes ü.
- Des principaux Cercles de la Sphère, & de leurs différents rapports entreuxm
- EHorizon eft un cercle qui fépare a partie du ciel que nous apperce-vons, de celle que nous ne voyons pas; c eft le feul Cercle qui nous foit vit ble dans le ciel ; mais il change à mefure que nous changeons de place ; il détermine le lever, le coucher des aftres , le commencement du jour Sc de la nuit, & par conféquent les différentes grandeurs des jours.
- Ce grand Cercle, divifé par 360 degrés, eft fur-tout remarquable dans Implication que l’on en fait à la Géométrie foûterraine , en ce qu’il fèrt à conf-truire la boufîole & les cadrans , parce que la divifion de ces deux inftruments, comme nous l’obferverons, n eft autre chofe que la divifion de l’horizon.
- Des différentes parties de l’horizon, il ne fera parlé aéluellement que des points verticaux, qui ont rapport non-feulement à l’horizon, mais encore au méridien , & à l’équateur, que nous allons faire connoître avant tous les autres Cercles : en indiquant la maniéré de s’orienter, il fera traité des quatre points collatéraux de l’horizon, autrement nommés les quatre points cardinaux du monde.
- On nomme Zénith Sc Nadir, deux points verticaux du ciel, diamétralement oppofés , & éloignés chacun de l’horizon de 50 degrés ; l’un au-deffus de notre tête , l’autre au-deffous de nos pieds ; de maniéré que nous fommes fup-pofés les traniporter toujours avec nous : le premier change par conféquent chaque fois que nous changeons de place ; l’un & l’autre fervent de Pôle (1) à l’horizon ; le Zénith étant le Pôle fùpérieur,, &le Nadir étant le Pôle inférieur : on les appelle auffi Pôles de T horizon.
- Ils déterminent les méridiens de la maniéré qu’on va voir. Le nom Arabe à*Azimuts a été confervé aux grands Cercles verticaux qui s’entrecoupent au Zénith & au Nadir, Sc dont les plans font en conféquence perpendiculaires à l’horizon.
- Ils coupent l’horizon à angles droits ; or comme l’horizon eft divifé par
- (1) En Géométrie, Pôle fe prend généralement pour le pointée plus éloigné de la circonférence d’un grand Cercle , décrit fur un Globe, en quelque fkuation que ce foit, de même que le centre dans les figures planes ; le Zénith > eft
- le Pôle de l’horizon. Le nom de Pâles du Monde ou du Globe, eft confacré en Géographie , pour défigner les deux points de fa fuxface oùfe termine fon axe.
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- 360°, il donne lieu à décrire 360 Azimuts, appelles auiïi communément Cercles verticaux.
- L'arc de l'horizon compris entre le méridien d'un lieu, & un vertical quelconque donné , dans lequel fe trouve le foleil, prend le nom S Azimut du foleiL
- Le cercle qu'on s imagine être mené du point vertical fur l'horizon à angles droits, s'appelle Cercle Ayjmutal du foleil.
- C eft dans les Azimuts , que l'on prend la hauteur des aftres à toute heure, c’eft-à-dire, que les cercles indiquent à quelle diftance les étoiles & le foleil font de l'horizon.
- Le Méridien ou Cercle de longitude , eft un grand cercle qui pafle par les Pôles du monde & par le Zénith ou Nadir, du lieu ou l'on eft. Il eft aifé d'inférer de là , que ce cercle eft mobile, puifqu'on ne peut fe mouvoir de l'Orient à l'Occident, fans changer de Méridien. Ce cercle coupe verticalement le globe en deux parties égales, & l'horizon à angles droits ; enforte que ces deux cercles, pris enfemble divifent le globe en quatre parties égales. Le point ou le méridien coupe l'équateur du côté du foleil, eft le Midi , 8c le point oppofë au midi, fo nomme Septentrion.
- Les pôles du méridien font les points du vrai Orient ou du vrai Occident dans l'horizon.
- Le méridien pafîànt par les pôles de l'horizon , il s’enfoit qu’il y a autant de méridiens , qu'il y a de points fur l'équateur ; le premier fe place différemment par différentes nations : celui de ces cercles qui paffe par un lieu marqué de la terre, eft nommé Méridien du lieu.
- Le Cercle de longitude ou Méridien , eftappellé Méridien y parce qu’il fert à marquer le milieu de la courfe des Aftres au-deflus de l'horizon , c’eft-à-dire 9 la moitié de i’efpace que les aftres parcourent depuis leur lever jufqu'à leur coucher ; c'eft ce qu'on nomme hauteur Méridienne.
- Ce cercle eft encore particuliérement d'ufage dans la Gnomonique ( 1), pour donner de l'affiette aux cadrans folaires, en plaçant leur midi direélement vis-à-vis la ligne méridienne.
- Ce cercle fert à une infinité d’ufàges. Comme les méridiens font tous perpendiculaires à l'horizon, c'eft for eux que fe mefore la diftance qu'il y a du foleil, d'un aftre, d'une planette ou de quelque point de la fphere du monde à 1 équateur, foit vers le Nord, foit vers le Sud, ce qui s’appelle en Aftronomie Déclinaifon^ & alors les méridiens font qualifiés Cercles de Déclinaifon, lef-quels font tous parallèles à l'équateur. Cette déclinaifon Aftronomique eft la meme chofo que la latitude Géographique 9 qui eft fort différente de la lati-
- (1) On appelle Gnomonique, l’Art de tracer fur un plan ou fur une muraille la proiedion des cercles de la fphere , & d’y placeur Z üyl de manière que fon ombre tombe fur quelqu’une des
- lignes qui les repréfentent, afin qu’elle faflecon-noître le Cercle horaire, dans lequel le foleil fe trouve. Cette projedion, s’appelle Cadran folaire.
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- tude Afironomique; la déclinaifon n’étant, comme on vient de le marquer, qUe Téloignement de l’équateur vers un des pôles du monde.
- La déclinaifon eft meforée par un arc d'un grand cercle compris entre le point donné où l'on foppofe l'aftre 8c 1 équateur , & perpendiculaire au plan de l'équateur ; par conféquent le grand cercle dont on Te fert pour meforer la déclinaifon , paffe par les pôles du monde , 8c ce cercle s’appelle Cercle de déclinaifon ou Méridien, qui eft la même choie que latitude en Géographie.
- La latitude eft la pofition de chaque point des Méridiens, par rapport à l'équateur, & c’eft par leur moyen qu'en comptant de ce dernier cercle , on peut déterminer cette pofition, foit fur la terre , foit dans le ciel.
- En parlant de l'équateur, nous allons faire connoître plus précifément ce que c’eft que latitude, confédérée à la maniéré des Géographes ; 8c à l'article des Cadrans, nous traiterons particuliérement de la déclinaifon.
- Le Cercle Equinoxial ou l'Equateur, eft un des grands cercles de la iphere qui divife le globe en deux parties égales , dont l'un eft l'hémiiphere méridional 8c l'autre l'hémifphere feptentrional.
- U Equateur fe voit fur toutes les Cartes repréfenté en ligne droite , ce qui fait qu’il eft nommé Ligne par les Pilotes: les points où il coupe l'horizon marquent le vrai Orient 8c le vrai Occident.
- Etant divifé comme tous les grands cercles en 3 60 degrés, chaque heure contient la vingt-quatrieme partie de ce cercle, c eft-à-dire,quinze degrés; ainfî un degré de l'équateur vaut quatre minutes , 8c quatre focondes de temps répondent à une minute de degré.
- Les cercles parallèles à l'équateur , font nommés Parallèles de t'équateur , parce qu’au moyen de leur interjection ("1) avec le méridien, ils font connoître les latitudes des lieux.
- C’eft en conféquence de la remarque faite précédemment de l’abaifïèment de tous les points de chaque cercle fur la furface du globe, en ligne perpendiculaire , que l'équateur terreftre eft un cercle tracé for la forface de la terre * 8c qui répond précifément à la ligne équinoxiale.
- On confond ordinairement cette ligne équinoxiale ou Y Equinoxial autrement dit, avec l’équateur ; mais ce n eft pas la même chofe.
- La ligne équinoxiale fo conçoit en foppofànt un rayon de la Iphere prolongé par de-là l'équateur , 8c qui par la rotation de la fphere for fon axe , décrit un cercle for la forface immobile & concave du grand orbe (2), tandis que l'équateur eft mobile & foppofé tracé for la forface convexe de la fphere.
- Toutes les fois que le foleil dans fon mouvement apparent arrive à ce cercle , les jours 8c les nuits font égales par tout le globe, ce qui n’arrive dans aucun autre temps de l’année ; c’eft de-là , que ce cercle tire fon nom.
- (0 Ce terme de Géométrie eft employé pour exprimer la rencontre des lignes ou cercles en fe coupant.
- ( 2 ) Efpace fphérique où l’on fuppofe que le foleil fe meut, ou plutôt dans lequel la terre fait fa révolution annuelle.
- U équinoxial
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- E équinoxial eft donc un cercle que le foleil décrit dans le temps des équinoxes, c’eft-à'dire, quand la longueur des jours eft fenfiblement ou exactement égale à la longueur de la nuit, ce qui arrive deux fois par an. Il fert à la conftruélion des cadrans folaires.
- Avant de terminer ce que nous avons à dire lùr les autres cercles qui relient à examiner, il convient de donner connoiflance des demi-cercles qui appartiennent , fous un nom particulier, aux deux derniers cercles dont nous venons de parler, le Méridien & l’Equateur.
- Une portion de cercle entre deux Méridiens, ou cette même portion entre deux parallèles, forme ce qu’on appelle en Cofmographie Degré, dont par conféquent il y a de deux fortes à bien diftinguer l'une de 1 autre. o
- Le degré entre les Méridiens , s’appelle Degré de Longitude : dans les Cartes , on les marque de bas en haut, fur les bords fupérieurs.
- Longitude d’un lieu, en Géographie, eft la diftance de ce lieu à un Méridien , que l’on regarde comme le premier; c’eft proprement un angle d’un degré *. ainfi ce terme Longitude exprime un nombre de degrés de l’Equateuc compris entre la Méridienne du lieu, & celui de tout autre lieu propofé.
- U y a 360 degrés de Longitude , & ils fe comptent d’Occident en Orient; & fe marquent for l’Equateur, parce que tous les Méridiens coupent ce cercle à angles droits.
- L’efpace renfermé entre deux parallèles , eft appelle degré de Latitude ; plus généralement & plus précifément on appelle de ce nom , ( foit que l’on adopte pour la terre une forme fphérique, foit qu’on ne l’adopte pas,) l’efi pacequ’il faut parcourir for un Méridien, pour que la diftance d’une étoile au zénith croifîè ou diminue d’un degré.
- Si l’on- conçoit un nombre infini de grands cercles paffànt tous par les pôles du monde, ces cercles feront autant de Méridiens , c’eft-à-dire, des demi-cercles , contenant chacun 180 degrés , qu’on appelle degrés de Latitude ; marqués dans les Cartes de droite à gauche, fur les bords des deux côtés.
- Chaque degré de Latitude , en fuppofant la terre fphérique, n’eft autre chofo que la 360e partie d’un Méridien.
- La plus grande Latitude eft 'de 90 degrés; car le pôle qui eft au plus grand éloignement de l’équateur en eft à 90 degrés de chaque côté,
- Dans l’hypothefe de la forme fphérique, ou à-peu-près telle, delà terre, un de-' gré de Latitude eft d’environ 57000 toifes, ou 57060 toifes en nombres ronds.
- La Latitude, qui fo mefore , comme on 1 a vu, par la diftance du zénith a l’équateur, & for terre par la diftance d’un pays à ce grand cercle , eft fur-tout très-importante à connoître ; elle donne le moyen de monter le globe horizontalement pour un lieu, c’eft-à-dire , de déterminer 1 horizon de ce lieu , pour répondre aux queftions que l’on peut faire for 1 heure actuelle, for le lever du foleil dans cet horizon un tel jour de l’année, for la duree des jours, des nuits, des crépufcules.
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- 7 La Latitude d’un lieu , & télévation du pôle fur L’horion de ce lieu, font des termes dont on le fert indifféremment lun pour 1 autre, parce que la Latitude d’un lieu eft toujours égale à l’élévation du pôle de ce lieu ; ou fi l’on veut parler le langage des Aftronomes, parce que les deux arcs defignes pat ces deux termes font toujours égaux, ce qui eft fort aifé à concevoir.^
- On fait par la divifion de la fphere, que l’équateur eft diftant du pôle de 90 degrés, & que le Méridien eft de 180 degrés»; la diftance du zénith à l’horizon eft donc de 90 degrés.
- Comme le pôle eft un point mathématique , & qui ne peut être obferyé par les fens, fa hauteur ne fauroit non plus être déterminée de la même maniéré que celle du foleil & des étoiles ; c eft pourquoi on a imaginé, pour y parvenir,
- une méthode qui eft très-bonne fur terre.
- On commence par tirer une Méridienne ; on place un quart de cercle fur cette ligne, de façon que fon plan foit exaélement dans celui du Méridien ; on prend alors quelqu'étoile voifine du pôle , & qui ne fe couche point ; par exem. pie , l’étoile polaire, & on obferve la plus grande & la plus petite hauteur.
- De ce que la Latitude eft la diftance d’un lieu à l’équateur, ou l’arc du Méridien compris entre le zénith de ce lieu Sc 1 equateur, il fuit que la Latitude peut être ou feptentrionale ou méridionale, félon que le lieu dont il eft queftion, eft fitué en deçà ou au-delà de l’équateur ; favoir en deçà dans la partie feptentrionale que nous habitons, & au-delà, dans la partie méridionale : on dit , par exemple, que Paris eft lïtué à 48 degrés Jo minutes de latitude feptentrionale; que la ville de Liège eft à 39 degrés ai minu-
- tes, & c.
- Les douze cercles horaires font de grands cercles qui fe rencontrent aux pôles du monde, qui coupent l’équateur à, angles droits en a4 parties égales, pour les 24 heures du jour naturel, & déterminent le mouvement de la terre dans une heure , par fon mouvement d’Orient en Occident, en un jour.
- Les Aftronomes en font paffer par tous les quinze degrés de l’équateur , & font fervir le Méridien pour tous les cercles horaires, parce qu’on y fait paffer fucceffivement les degrés de l’équateur ; ce font par conféquent autant de Méridiens, & ils font entr’eux des angles de quinze degrés chacun ; c eft le nombre de degrés que la terre fait par heure dans fon mouvement diurne.
- Dans la Çnomonique, ce qu’on appelle cercles horaires , n’eft que la pro-jeétion des Méridiens, & font des lignes droites.
- L'Ecliptique eft un grand cercle de la fphère , qui fait avec l’équateur qu’il coupe, un angle, de 2 3 degrés 29 minutes ; il tire Ion nom de ce que les ecliplès arrivent lorlque la lune y eft : quelques Auteurs l’ont appellé le chemin du foleil, parce que cet aftre, ou fuivant Copernic, la terre, eft le feul qui ne s’écarte jamais de ce cercle dans lôn mouvement annuel.
- Il eft divifé en 360 degrés comme tous les cercles ,avec quelque différence.
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- Des Pôles.
- Les fix principaux points delà fphère, font le Zénith & le Nadir i que nous avons fait connoître en même temps que l’horizon auquel ils fervent de Pôles, les deux Pôles du monde, l’Orient & l’Occident.
- Les Pôles du monde font diflingués par les mêmes noms qui défignent les Pôles de la fphère.
- Le Pôle Bàréal, dit auffi Pôle Aquilonaire , Pôle Arctique y Pôle Septentrion nal, eft celui qui eft au haut de la fphere , ou dans la partie du ciel que nous voyons : on l’appelle autrement Pôle Nord , parce que le Nord eft la place du Pôle Boréal ; le nom de Pôle Arctique , lui vient de la conftellation de l’ourle , nommée par les Grecs, Arclos, 8c qui eft lituée vers le Septentrion ; en François ce Pôle eft nommé Septentrional, à caufe de fept étoiles principales , feptem triones, dont font compofées la grande & la petite ourfo, qui forment par leur affemblage, ce qu’on appelle le Chariot de fept étoiles, connues du vulgaire fous le nom de Chariot de David.
- • Les perfonnes les moins inftruites favent communément aflèz bien diftîn* guer cette conftellation ; nous croyons cependant à propos de décrire d’une maniéré précifo là difjpofition , qui eft eflèntielle à connoître par rapport à une maniéré de s’orienter, dont nous parlerons bien-tôt.
- De ces fept étoiles allez grandes, quatre font une efpece de quarré , & trois en s’éloignant forment une efpece de queue , ceft la grande Ourfe ; près de cette conftellation 3 on en apperçoit une autre compofée auffi de fept étoiles j mais moins brillantes ; la dernierede celles quicompofont la queue, eft l’é-toile polaire , éloignée du Pôle d’environ 2 degrés.
- L’autre Pôle nommé le Pôle Aujlral , Pôle Sud , eft auffi appelle Pôle Antarctique , parcîe qu’il eft diamétralement oppofe au Pôle Arétique , ce qui eft caufe qu’il ne paroît jamais fur notre hémifphere. On le nomme encore Pôle méridional ou point du Midi, parce qu’il eft vers le midi à l’égard de l’Europe , c eft-à-dire , à l’égard de ceux qui habitent entre l’Equateur & le Septentrion.
- Points de l’Horizon.
- On appelle Points de thorizon , certains points formés par les interférions de 1 horizon avec les cercles verticaux,
- Ce font ces quatre principaux points réunis que les Latins appellent Car* dines mundi, en François Points cardinaux 3 parce qu’ils marquent les quatre4 principales parties ou régions du monde » & déterminent la pofition de plufieurs autres points.
- Ils font éloignés les uns des autres d’un quart de cercle ou de 90 degrés, & diyifent 1 horizon en quatre parties égales.
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- Un de ces points, eft celui où le foleil fe leve au vrai Orient 8c cotx^ snence à paroître en montant fur notre horizon, lorfquil fait fon cours fur l'équateur; il fe nomme le Levant ou YE(l% c'eft celui ou le premier vertical COüpe fhorizon, & qui eft éloigné de 90 degres du point du Nord ou Sud de l'horizon. Le fécond eft au vrai Occident où le foleil fe couche , & vient à riifparoître en defcendant de notre horizon quand il parcourt l'équateur : ce point eft appelle le Couchant\ c'eft, à proprement parler, l'interfeétion du pre, mier vertical, & de l'horizon du côté où le foleil fe couche ; en Cofmogra-* phie il fe nomme Oueft.
- L'Orient 8c l’Occident, font également éloignés des deux pôles > l'un \ droite, l'autre à gauche d'une perfonne qui regarde le pôle foptentrîonal.
- Les deux autres Points Cardinaux appellés Septentrion 8c Midi , font les mêmes que les pôles Arétique & Antarélique ; ils font eftimés* fixes & immobiles , & fo trouvent au vrai Midi 8c au vrai Nord.
- Le Midi, appelle aufli Sud, eftdiftant de 90° des points Eft 8c Oueft, 8c de j8o degrés du Nord.
- Ainfi le Nord jufte 8c le Midijufte font diamétralement oppofés, & une ligne que l'on tireroit de l'un à l'autre eft la Méridienne , d'où la ligne Méridienne s'appelle quelquefois ligne du Nord & Sud testez que fa direction eft d'un pôle à l'autre.
- La maniéré de s’exprimer, comme les Marins, par l'aire des vents , & leur divifion, fervant quelquefois à défigner ou la fituation des différents lieux, ou l'heure de la Bouflble appliquée à la direétion 8c à l'inclinaifbn des veines ; il n'eft pas inutile de mettre au fait de ce langage, dans lequel on compofo quelquefois le mot Oueft, avec les mots de Nord & Sud, pour faire un demi-vent, un quart de vent.
- On appelle quart de vent y l'aire de vent compris entre une aire de vent principal comme Nord, Sud-Eft 8c Oueft, Nord-Eft, Nord-Oueft.
- On appelle Nord tout ce qui eft du côté du Nord depuis l'Oueft jufqua l'Eft, c’eft-à-dire , depuis l’Occident vrai, jufqu'à l'Orient vrai.
- ‘ Les Navigateurs diyifent ce demi-cercle en plufieurs parties.
- Premièrement ils le divifont en quatre, en plaçant le Nord-E/l entre U Nord & l’Eft, c'eft-à-dire, entre le vrai Septentrion 8c l'Orient vrai.
- Et le Nord* Oueft entre le Nord & l’Oueft, c’eft-à-dire, entre le même; Septentrion & l'Occident vrai.
- Ils fubdivifent encore les efpaces qui font entre l'Oueft, le Nord-Oueft ^ le Nord, le Nord-Eft & l'Eft.
- Quand la plupart du temps, on dit qu’un lieu eft au Nord de l'autre, il ne faut pas l'entendre toujours dans la grande exactitude, c'eft-à-dire, du vraî Nord, mais du Nord plus ou moins Oriental ou Occidental ; ce mot, fignifie alors la partie du mpnde qui eft Septentrionale à l'égard de quelqu’autre pays*
- Nord-Eft i
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- Nord-Ejl, nom de la plage qui eft entre le Nord & l’Eft*
- Nord-Ejl, æ /’£/?, plage qui décline de 33% 45' de l’Eft au Nord* Nord-Ejl , ÿtfjrr au Nord 9 plage qui décline de 33% 45% du Nord à l’Eft* Nord-Nord-E/l, celle qui décline de 22 9 30', du Nord à FEU* Nord-Nord-Ouejl > lituée à 22 , 30% du Nord à FOueft*
- Nord-Ouefl, plage qui eft entre le Nord & FOueft* /
- Nord-Ouefly quart à l’OueJI, plage qui décline de 3 3^4 pde FOueft au Nord; Nord-Ouejl, quart au Nord, plage qui décline de 33°, 4 j*', du Nord à l’Oueft* Nord quart, Nord-EJl, qui décline de ix° , ïj1', du Nord à l’Eft,
- Nord quart , Nord-Ouejl 9 qui décline de n° , lÿ , du Nord à FOueft, Sud-Ejl, indique une plage qui tient le milieu entre l’Orient & le Midi. Sud-Ejl 9 quart à l'Ejly celle qui décline de 330,45de l’Orient au Midu Sud-Ejl y quart au Sud 9 plage qui décline de 33°,4^, du Midi à l’Orient. Sud-Ouejl, eft celle qui tient le milieu entre le Midi 8c l’Occident. Sud-Ouejl, quart à l'Ouejly plage qui eft à 3 3% 4^, de l’Occident au Midi; Sud-Ouejl9 quart au Sud, celle qui décline de 330, 45', du Midi à l’Occident* Sud y quart au Sud-Ejl, plage qui eft à n°, 1 f, du Midi à l’Orient.
- Sud, quart au Sud-Ouejl 9 celle qui eft à ii°_, ij , du Midi à l’Occident* Sud-Sud-Efly plage de 22 , 30' , du Midi à l’Orient.
- Sud-Sud- Ouejl 9 celle qui décline de 22% 30% du Midi à l’Occident*
- Je pafle maintenant à la maniéré de s’orienter, par les quatre Points Cardinaux : en fuppofant même que cela ïoit néceflaîre à quelqu’un, qui n’auroit aucune idée de ce qui vient de précéder , j’indiquerai d’une maniéré fucclnte t pour les deux faifons de l’année, comment on peut y parvenir*
- Injlruclion pour Iorienter de jour & de nuiu
- Pour s’orienter, le jour , il faudroit reconnoître l’heure de midi, le foleil étant au Méridien. Alors on regarde le Midi ; derrière foi eft le Nord, là gauche eft le Levant ? à la droite eft le Couchant. #
- Il faut cependant obfèrver la différence de l’hiver 8c de l’été par les qua-* tre points collatéraux ainfî nommés, parce qu’ils font à côté des points cardi* naux.
- L’Orient d'été, eft le point ou le foleil fe levé, & commence à paroître fur l’horizon au commencement de l’été , dans le temps des plus longs jours.
- L'Occident d’été, eft le point de l’horizon où le foleil fè couche, lorlque les jours font les plus longs,
- L'Orient d hiver, eft le point où le foleil fe leve fur l’horizon au folftic§ d hiver , dans les temps des jours les plus courts.
- L Occident d hiver, eft le point où le foleil fe couche & vient à dilparoitr^ de 1 horizon, quand les jours font de même les plus courts.
- Charbon de Terre. U. Part. H 9
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- yS4 DU CHARBON DE TERRE
- Si c’eft la nuit que Ton veut s'orienter, il faudroit chercher l étoiU polaire $ -autrement dite ï étoile du Nord. Cela ne fera pas difficile en fe rappelant ici que le pôle doit être un point fixe dans le ciel ; & comme la conftellation de la petite Ourfe, tourne avec le ciel autour du pôle , elle n’eft pas précifénaent au point du pôle ; on choifît donc pour 1’étoile du Nord, la derniere de la queue delà petite Ourle, Ceux qui l’obferverent les premiers lui ont donné ce nom, parce qu’étant très-peu éloignée du pôle ou du point fur lequel tout le ciel paroît •tourner, elle décrit autour du pôle un cercle fi petit qu’il eft prefqu'infenfibie , enforte qu’on la voit toujours vers le même pôle , c’eft~à-dire , qu’elle eft la plus voifine du pôle qui doit être immobile au centre du cercle qu'elle décrit, quoique cette diftance change annuellement.
- Ce centre eft le véritable Nord : le Nord moins proprement dît, eft cette conftellation que le peuple nomme Nord.
- Connoilfant la conftellation de la grande Ourle , autrement dite le Chariot de David y dont quatre étoiles forment un quarré long, il eft aifé de diftinguer f étoile polaire : menant une ligne droite par les deux étoiles du quaîtê 'de la grande Ourfe, celles près de la tête, continuant cette ligne, elle ira rencontrer l'étoile polaire, qui eft de la fécondé grandeur & de même lumière que celles delà grande Ourle.
- En regardant l’étoile polaire , on regarde le Nord , derrière loi eft le Midi, à fa droite eft le Levant, & à fa gauche le Couchant.
- Des Injlruments propres à mefurer le temps , & à marquer les heures.
- D e tous les mouvements connus, celui de la terre fur fon axe eft le moins variable & le moins altéré ; il fournit par cette railon la maniéré la plus parfaite de mefurer le temps. Il a dû être naturel de chercher cette mefure du temps, dans la révolution apparente du foleil autour de la terre ; les Laboureurs, les gens de la Campagne , ne connoiflànt pas d’autre façon de fuppléer aux Horloges , les montagnes , les arbres, les édifices qu'ils font I portée de voir tous les jours, & ^différentes heures, font pour eux des Gnomons, c'eft-à-dire, des indicateurs ou renfèignements, difpofés & placés les uns par la nature, les autres par le hazard , à l’aide defquels ils mefurent l'ombre ou quelques rayons du foleil, & trouvent, finon dans la derniere exaélitude , du moins affez jufte i les différences & les intervalles des heures : il n’eft pas moins utile en fait de travaux de Mines, de recourir à une bonne Montre ou à un Cadran folaire. Afin de ne rien laifferà délirer fur toutes les parties relatives à notre objet, nous nous arrêterons ici fur ces deux meubles, la Montre 8c le Cadran folaire , qui, pour quelques opérations, ne font pas d'une petite conféquence.
- Des Cadrans folâtres.
- L e double avantage des Cadrans, de fuppléer au défaut de toute eipece
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- JE T DE SES MINES. IL Part. ÿgf d’Horloge, d’être encore indifpenfàblement néceffaires pour que les Horlogers indiquent l’heure jufte, a de tout temps donné lieu à une diverfité confidérablé d’inventions auffi curieufès qu’intéreflântes : depuis que les Montres & les Pendules fe font multipliées , la Gnomonique , ou l’Art de tracer des Cadrans , n eri eft devenue que plus intéreflànte.
- Il exifte un nombre d’Ouvrages Latins & François fur cette matière ; & iî en eft peu dans lefquels chaque Auteur n’ait ajouté quelque méthode de fâ façon ; notre point de vue fe réduit à donner une maniéré de conftruire un Cadran folaire à portée d’être confulté avec facilité , Sc convenable au logement qu’on occupe ^ aux jours ou le foleil y porte fes rayons , fbit dans l’em-brafure de fà fenêtre, à droite ou à gauche , foit furies vitres de fa croifée. Nous fentons combien il eft important de difpenfer nos Lecteurs de toute efpece de travail à ce fujet ; encore plus de les exempter de faire une application recher-chée de la doélrine de la fphere aux Cadrans; d’une autre part les réglés de Gno* monique, entièrement fondées fur le mouvement des corps céleftes, Sc particuliérement fur le mouvement journalier de la terre, ne feroient propres qu’à rebuter les gens du métier. *
- Nous nous fommes promis auffi de reflerrer tant qu’il feroit poftîbte les corn noiflànces que nous aurions à préfènter aux Ingénieurs Houilleurs : pour l’objet dont il s’agit ici, nous nous trouvons à portée de ifSipîir notre engagement ; on en jugera par la méthode que nous allons indiquer ; elle confifte à tracer fur le papier un Cadran droit (i) , & un Cadran déclinant (2) , que l’on peut deffiner enfuite fur une de fes vitres , ou dans l’embrafure d’une fenêtre , tel qu’il doit être , félon la dèclmaifon de l’appartement qu’on occupe ; car il eft peu d’appartements qui foient direélement au midi.
- Pour tracer ces deux premiers Cadrans , on n’a plus befoin pour leur conf truéiion% après s’être fait un plan vertical ( 3 ) , & un horizon artificiel (4) > <4ue d’une réglé, d’un quart de cercle (5) , d’une équerre (6) , ou d’un
- (1) Nommé auffi régulier , c’eft-à-jdire , fait fut la furface d’un plan qui regarde droit l’une des quatre parties du monde : voyeq fig. 5 , PL LIV.
- (2) Omappelle déclinant en général tout Cadran qui ne regarde pas direélement quelqu’un des points cardinaux ; voye\ fig. 7, PI. LIV.
- (3) C’eft-à-dire, un plan perpendiculaire à l’horizon, lequel par conféquènt étant prolon-
- é, pafle par le Zénith & le Nadir : à ce quart e j§^ ^aUt rerrîtar(luer en A > deux fils, dont 1 un nommé fil d’à-plomb, & terminé par un petit plomb E , eft deftiné à être tranfporté fur l’horizon artificiel, fuivant la déclinaifon du mur; & l’autre fans plomb* qui tient l’horizon artificiel en fufpens à angle droit.
- G) Ce petit horizon artificiel ou quart de cercle , fg• 1 2 3 3 n’eft qu’un arc de po tracé fur un plan vertical, qu’il faut fuppofer préfenté horizontalement au-deflous du vrai plan vertical ,fig. 1 , de maniéré que tousdeuxs’allignent aux points B^Gêc
- b, ci nous en ferons connoitre l’ufage àffa place. r
- (7) On ne doit entendre ici par cette expref-fion, que la quatrième partie d’une quantité, d’un cercle ou d’un arc de po degrés, qui contient la quatrième partie d’une circonférence, tracée fur Une matière quelconque , bois , corne , carton » &c. ce nom de quart étant fouvent donné à l’cf-pace compris entre un arc de po degrés , & deux rayons perpendiculaires lunà l’autre,au centre d’un cercle : voye\fig. 1.
- (6) Inftrument compofé de deux réglés de bois ou de fer ou de laiton , Scc. Sc joint à angles droits. Son ufage eft pour tirer des perpendiculaires , tracer Sc mefurer des angles droits : il eft important quand on fe fert de cet Inftrument „ d’être fûr s’il eft jufte j la maniéré de l’éprouveiî confifte i°. à décrire un demi-cercle fur une ligne droite; 2°. des deux extrémités, tirer arbitrairement deux lignes droites ou cordes jufqu’à unt certain point de la circonférence. Or il eft dé-'
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- Jecteur (x) , faifànt • l’office d’équerre , & d’une boujjole.
- Cette méthode de conftruire les Cadrans par le moyen d un horizon artificiel, eft de l’invention du R. P. Cheron , Religieux Théatin a Paris, qui nous Ta communiquée ; elle a le mérite de pouvoir fervir pour toutes fortes de latitudes ,, en tranfportant l’horizon vertical plus haut ou plus bas foivant le degré de latitude*
- Pour entendre facilement cette defcription,«qui tient à celle de toute e£ pece de Cadran, voici deux fuppofitions Mathématiques , qu’il faut toujours avoir préfentes à l’efprit.
- 1°. Que le foleil décrit tous les jours un cercle, & on doit regarder un Cadran folaire comme la repréfèntation de ce cercle divifé en temps égaux ^ relatifs à ceux que parcourt cet aftre.
- La fécondé fuppofition ,eft que le foleil décrit tous les jours un parallèle à l’Equateur.
- L’indication des heures par un Cadran folaire, étant le réfultat de l’ombre d’un fiile ou droit ou oblique ou incliné, élevé au centre de la projeélion, fur «des furfaces différentes , en tombant fur des lignes difpofées par l’art de la Gnomonique 9 il s’enfuit que l’on doit diftinguer dans cette Horloge folaire plu-fieurs parties; i°. le plan du Cadran ; 2°. le fille ; 30. les lignes qu’on trace fur le plan ou la furface. Nous allons donner quelques notices fur ces différents points,, & des généralités fur les principales lignes qui entrent dans la eom-pofition d’un Cadran , fur l’application qu’on y fait de quelques cercles de la fphere, dont les Cadrans empruntent leurs noms diftinétifs félon qu’ils font parallèles au cercle de l’horizon , à celui de l’équateur , &c.
- On nomme vertical du plan du Cadran, la perpendiculaire qui va depuis la pointe du fiile jufquà fon pied ; la verticale du lieu , eft la ligne droite perpendiculaire à l’horizon , qui paffe par l’extrémité du fiile.
- La ligne horizontale, eft la rencontre de la furface du Cadran avec un plan de niveau ou horizontal ; elle pafle par la pointe du fiile.
- Quand le plan du Cadran eft vertical , cette ligne horizontale paffo par le pied du fiile.
- H horizon du plan, eft le grand cercle de la fphere auquel le plan d^ Cadran eft parallèle.
- montré en Géométrie, que l’angle à la demi-circonférence eft droit ; donc ces lignes formeront un angle droit : ainfi en appliquant l’équerre à ce point, par fa pointe , fi fes jambes s’ajuftent avec ces deux lignes, l’équerre fera jufte.
- (1) Setteur, fignifie en général une figure dont la bafe eft une partie de la circonférence d’un cercle, 8c dont les côtés font terminés par des lignes tirées du centre de la figure ; ainfi le Secteur d’un cercle eft une partie du cercle ou Un triangle mixte, compris entre deux rayons ou demi-diamètres d’un cercle & un arc: d’où il eft
- I évident qu’un Sefteur de cercle, eft moindre on plus grand qu’un demi-cercle : celui-ci, fig. 3* eft conftruit de maniéré, qu’outre ce queêl’on eas voit ici, le tranchant A B, fur lequel il doit êtrer applique au plan vertical, de maniéré que fa pointe A, touche au point A du plan vertical, eft muni à fon rebord oppofé qui ne peut être ap-; perçu, 8c dans fa longueur, d’une piece maintenue & affujettie convenablement pour que le Sefteur puifte être tjenu commodément , ^ & promené de même dans tout le contour intérieur a e du plan vertical.
- On
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- On appelle lignes horaires ou lignes des heures, les lignes quife rencontrent toutes au centre du Cadran, & qui marquent les heures ; c eft-à-dire, que l'ombre du foleil doit atteindre à une certaine heure ; ce font les interférions des cercles horaires (1) de la fphere , avec le plan du Cadran , entre lefquelles la principale eft la ligne méridienne : la jufteife des Cadrans dépend d’une portion exaéle de ces lignes horaires ; leur diyifion commence de la ligne du midi ou méridienne du Cadran*
- On appelle plan du Cadran, la rencontre de fa furface avec Taxe du Cadran qui pafle par la pointe du ftile, & qui eft parallèle à Taxe du monde.
- Le plan du Cadran eft éloigné du centre de la terre autant que le ftile droit a de longueur.
- Le point dans le plan du Cadran où aboutiftent toutes les lignes horaires , s’appelle le centre du Cadran ; & ce centre repréfente toujours le pôle du monde , qui eft élevé for l’horizon du plan.
- Tous les plans des Cadrans, peuvent avoir un centre ; il faut néanmoins en excepter les Cadrans orientaux , occidentaux ou polaires, dont les lignes horaires font parallèles entr elles & à l’axe du monde ; une ligne droite tirée du centre du Cadran, eft appellée axe du Cadran, & on nomme l’extrémité de l’axe du Cadran centre divifeur de la fouflilaire ; c eft un point repréfentant le centre du monde, & fervant pour diyifer en degrés la repréfentation d’un grand cercle de la (phere, (avoir la ligne droite , dont il eft dit centre divifeur»
- On nomme rayon de £équateur, une ligne droite , tirée de l’extrémité de l’axe, autrement dite centre divifeur de la fouflilaire , & qui eft perpendiculaire au même axe.
- On appelle ligne équinoxiale l’interfoétion de la forface du Cadran & du plan du cercle équinoxial.
- Cette ligne eft toujours d’équerre avec la fouflilaire ; c’eft pourquoi lorfque la (buftilaire eft pofée, & que l’on a un point de la ligne équinoxiale, on a auffi la pofition de toute cette ligne : au contraire la ligne équinoxiale étant donnée, on aura la fouflilaire, qui fera la ligne perpendiculaire en angles droits à cette équinoxiale.
- L’aiguille ouïe ftile d’un Cadran, eft ce qu’on nommoit anciennement, & encore quelquefois aujourd’hui, Gnomon.
- Ce ftile dont l’ombre fait connoître l’heure, repréfonte toujours taxe du monde ; ou pour parler plus correctement, l’extrémité du Gnomon ou ftile droit, eft cenfé repréfonter le centre de la terre & le centre de l’équateur.
- Vitruve donne à cette aiguille , qui par fon ombre marque une certaine, ligne , le nom de S dater e 5 c’eft de là, que la fcience de dilpofer un ftile, une
- ÇO Geometrie on appelle inter feBion un point dans lequel deux lignes ou deux cercles le coupent 1 un l’autre ; le centre d’un cercle,
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- par exemple , eft dans l’interfeftion de deux diamètres. Voye% ce aui a été dit des Cercles Horaires,^#. 76e*
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- aiguille , de manîere qu’elle montre les heures du jour par fon ombre, s’appelle Sciatérique, nom donné quelquefois à la Gnomonique.
- L’extrémité du ftile de tous les Cadrans peut être prifo pour le centre de la terre , & la ligne parallèle à Taxe du monde qui pafle par 1 extrémité de ce ftile , peut être confédérée comme l’axe du monde.
- U y a néanmoins une obfervation à faire à cet égard ; les ftiles que Ton met aux furfaces des Cadrans pour montrer l’heure, font de deux fortes; l’un, appelle fiile droit, confifte en une verge de fer pointue D 19fg. 6 , laquelle par foa extrémité, & d’un feul point d’ombre, marque l’heure préfente ; c’étoit le Gnomon adopté par les Anciens, qui appelaient Souftilaire la ligne dans laquelle le pied du ftile / fe trouvoit enfoncé perpendiculairement dans le mur, & dont la pointe D indiquoit l’heure.
- Ceft la repréfontation d’un cercle horaire perpendiculaire au plan du Cadran, ou la commune feétion du cercle avec le Cadran ; dans les Cadrans équinoxiaux polaires , horizontaux & verticaux, la ligne fouflilaire eft la douzième heure, ou la ligne dans laquelle le Méridien coupe le Cadran ; dans les Cadrans Orientaux Sc Occidentaux, c eft la ligne de la fixieme heure, dans laquelle le premier vertical coupe le plan du Cadran.
- Aux Cadrans déclinans, la ligne de fix heures pafle toujours par la rencontre de la ligne horizontale & de l’équinoxiale ; ainfx le point de rencontre de ces deux lignes, eft un des points de la ligne de fix heures.
- L’autre forte de ftile, nommé oblique ou incline, ou axe , montre l’heure ou partie de l’heure tout de fon long ; & en cela il eft bien plus commode que le ftile droit.
- La ligne qui tient le premier rang dans l’arLde tracer les Cadrans ^ & qui en eft le fondement, eft celle appellée Méridienne tout Amplement, ou ligne méridienne•
- C’eft une partie de la commune feétion du plan du méridien d’un lieu , & cle l’horizon de ce lieu. On appelle auffi en général Méridienne la commune feétion du méridien, & d’un plan quelconque, horizontal, vertical ou incliné.
- On diftingue deux lignes de ce nom ; lavoir la méridienne du lieu, ou ligne de douze heures, qui a fon cercle méridien paflànt par la verticale du lieu ; & la méridienne propre du plan , aufll nommée la fouflilaire, parce que fon cercle pafle par la verticale du plan qui eft le centre du Cadran, & qu’elle reprélènte le méridien de l’horizon du plan $ elle pafle en conféquence par le pied du ftile. #
- Le point où fo rencontrent ces deux méridiennes, eft le centre du Cadran j dans le Cadran direét, elles font une même ligne ; dans les Cadrans déclinants , on l’appelle méridienne déclinante ou fouflilaire.
- Lorfque le Cadran ne décline pas à l’Orient ou à l’Occident, la fouflilaire, autrement dite méridienne du plan, eft jointe à la méridienne du lieu, quoique
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- la furface du Cadran foit verticale ou horizontale , ou même inclinée eti-deftus ou en-deflous»
- C’eft cette ligné qui fait connoître les quatre points Cardinaux du monde , 8c qui fert par conféquent à reélifier la variation de la bouflble : elle eft d’un grand ulàge en Aftronomie * en Géographie, en Gnomonique ; il eft très-important de lavoir la tracer exactement, parce qu’elle deyient une elpece d’inf-crûment, au moyen duquel on peut connoître quand le foleil paflànt par le méridien, & étant à là plus grande hauteur, marque le midi ou le milieu du jour, d ou on 1 appelle auffi ligne du midi, laquelle dans les Cadrans verticaux, eft toujours perpendiculaire à l’horizon. Voye[ page 757.
- Sans entrer ici dans le détail d’aucune méthode de tracer une méridienne , nous nous contenterons d’obfèrver, que de toutes ces méthodes, il luit que le centre du foleil eft dans le plan de la méridienne, c’eft-à-dire , qu’il eft au midi toutes les fois que l’ombre de l’extrémité du loleil couvre la méridienne ; delà l’ufage de cette ligne pour régler les Horloges au foleil.
- Âinfi la méridienne d'un Cadran eft une droite qui fe détermine par Tinter-* feétion du méridien du lieu avec le plan du Cadran , & qui défigne fur un pian le cercle d’un méridien ; c’eft de cette ligne du midid’où commence la diyifion des lignes horaires.
- Méthode facile pour tracer des Cadrans verticaux a toutes fortes de pofitionsî
- Des Cadrans Directs ou Réguliers.
- A u milieu d’un qùarré de papier fig. 6 , tirez à volonté la ligne A B , qui fera la méridienne; placez le centre d’un quart de cercle, fig. I > au point A , pour y faire un angle dont l’ouverture fera égaler complément (1), de la latitude ou élévation du pôle de la ville qu’on habite ; à Liège, par exemple , cet angle
- fera de 39% ai', (2).
- (1) En Géométrie on appelle Complément d’un angle, ce qui lui manque de degrés pour qu’il en ait 90 ; il en fera queftion plus en détail , lorfque nous en ferons aux notions générales fur les angles.
- (2)M. de la Hîre (Tables Agronomiques, pag. 3 ) fixe la latitude de cette ville à 50 degrés 40'. ( Cojims 390, 20' ). M. Caiïini ( Tables Aftro-nomiq. 1740 ), 8c après lui M. Maraldi ( Con-noif. des Temps ) font la latitude de Liège de yo degrés, 36' M. Defplaces ( ier, vol. des Ephé-mérides) , la fait de yo degrés 38^ le Pere le Clerc , fur les observations faites à la Citadelle de Liège , qui eft à l’extrémité feptentrionale de la ville , l’a fixée à ;o degrés 39 minutes 6 fécondés. M. delà Lande ( Connoif. des Temps, 27SS ) fa fixée à yo degrés 39 minutes; elle elt marquée par cet Académicien au nombre de celles qu’il ne fixe que fur l’eftime , fur le rapport des Voyageurs , 8c fur d’autres obferva-
- rions moins certaines î j’inclinois, en mon particulier , fur la détermination de $o degrés 39 minutes , 6 fécondés , d’après le P. le Clerc ; mon idée, à cet égard , ne portoit fur aucun caprice de ma part. Jufqu’au 21 Juillet 1773 > y a eu à Liège une maifon de Jéfuites Anglois * parmi lefquels j’en ai vu plufieurs qui s’adon-noient à l’Aftronomie ; il me fçmbloit naturel de préfumer que le Pere le Clerc n’auroit pas manqué de tirer parti de cette circonftance , 8c de faire concourir à fon obfervation, ou à fa vérification, d’habiles gens de la maifon des Jéfuites Anglois ; en conféquence, ta latitude fixée par le P. le Clerc me paroiftoit digne de toute confiance ; néanmoins dans la pofti-bilité que le P. le Clerc n’eût pas tenu la conduite que je lui fuppofe, jai cru devoir prendre cet objet en confideration ; quoiqu’il foit entièrement étranger à mes travaux , il m’é-toit aifé de m’en occuper de 1a même maniéré
- V
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- Après qu’on aura marqué le point C3 on tirera à difcrétion la ligne A C, qui fera Taxe ou comme l’aiguille du Cadran ; fur un des points de cet axe tirez à volonté une perpendiculaire comme D E ; ce fera le rayon de Héquateur ; c’eft-à-dire , que fi le rayon du foleil paffoit à 1 heure de midi le jour de l’équinoxe par le point D , il tomberp^ au point E \ c eft pour cela que la ligne E Gy qu'on tirera perpendiculairement fur A B, eft nommée Equinoxiale ; c eft ftir cette ligne que paflèront toutes les lignes horaires.
- Il faut diviler cette ligne F G par le moyen d'un demi-cercle, tracé à volonté fur le papier, 8c qu’on diyifera en douze parties égales ou de quinze en quinze degrés ; on aura auparavant tranfporté avec le compas le rayon D E de l’équateur E en H ; le demi-cercle étant divifé, on tirera du point H y avec la réglé, des petites frétions marquées fur la ligne équinoxiale à droite 8c à gau-che, enfin fur chacune de ces feétions , on tirera du centre A, les lignes horaires il, 10,9, 8cc. 8c le Cadran direét fera tracé,
- Lorfqu'il fera tracé fur le papier, il fera facile de l’appliquer perpendiculairement fur une des vitres delà croifée, en-dehors avec des parcelles de pain à chanter , 8c en-dedans on pourra le retracer fur le verre avec de l’encre dans laquelle on aura mis du fucre ; les lignes horaires & les chiffres des heures tracées fur le papier, vous étendrez enfuite légèrement avec un pinceau un peu de blanc de plomb à l'huile , 8c vous aurez un Cadran tranlparent ; en-dehors vous ajufterez un axe fig. y , avec de gros fil de laiton , que vous enfoncerez dans un bareau de la fenêtre, & que vous recourberez, afin qu’il femble partir du centre A du Cadran marqué fur la vitre fig. 6 , de forte que cet axe faffe avec la vitre un angle de ( 41 degrés pour Paris, ) 390 , ai', pour Liège , & qu’il {oit placé direélement en face de la ligne méridienne.
- Des Cadrans déclinants ou irréguliers.
- Pour, cette forte de Cadrans, il y a deux chofes à obferver ; i°. la déclinai-fon du plan vertical ; 20. la hauteur de Y axe par rapport au même plan.
- Le premier article eft ce qui rend la conftruétion plus difficile que celle des Cadrans horizontaux ; les murs fur lefquels on trace c es Cadrans, déclinants prefque toujours des points cardinaux.
- Décliner, en Gnomonique, fe dit des lignes & furfaces qui s’éloignent des! points cardinaux du monde.
- que le P. le Clerc a pu le faire, vis-à-vis des facilités qu’il avoic de confulter les Jéfuites Af-tronomes de Liège : la fréquentation des premiers Savants en Aftronomie \ réunis dans des affemblées régulières ; la complaifance de c es Savants me préfentant des avantages qui font faits pour tourner au profit de la fcience, M. le Monniër , que l’on fait exercé dès l’enfance dans les recherches Aftronomiques , ne s’efl: point refufé au défir que j’ai témoigné de
- voir terminer cette difcordance fur la latitude de la ville de Liège ; c’eft celle que j’adopte ici. Quoique la folution de ce problê-; me dépende de la Trigonométrie fphérique } comme cependant il eft relatif à une partie de Mathématiques, qui dans cet inftant tient aux Mines , j’ai cru pouvoir, en faveur de quel-, ques-uns de nos Le&eurs, lui donner place par-: mi les problèmes de Géométrie fouterraine *
- qui termineront ce premier article.
- Véclinaifon y
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- Decllnàifùn d’un plan vertical en Gnomonique, eft le plus petit ârc de f horizon compris ou entre le plan du Cadran & le premier cercle vertical , ou entre le méridien & le plan du Cadran.
- On peut en général définir la déclinaifon d’un plan vertical ou non , l’angle 'de ce plan avec le premier vertical ou le complément de cet angle * ce qui au fond revient au même.
- On dit que le mur ou la furface fur laquelle eft décrit un Cadran vertical décline de tant de degrés de l’Orient, du Couchant, quand il s’en manque tant de degrés , qu’il ne regarde directement l’Orient, le Couchant ou un des autres points cardinaux de l’horizon.
- Si on imagine que le plan du premier cercle vertical, fo meuve autour de la ligne du Zénith & du Nadir , ce plan deviendra déclinant y & il ne fera plus coupé à angles droits par le méridien, mais par quelqu’autre vertical pafiànt par d’autres points que les deux pôles.
- En général on peut appeller déclinant, tout plan vertical ou non , qui fait angle avec le premier vertical ou avec le méridien ; il n’y a proprement que ces deux 'plans qui ne foient pas déclinants.
- Ainfi pour qu’un Cadran ne foit pas déclinant, il faut qu’il paffo parla Commune feétion du méridien & de l’horizon, ou du premier vertical & de l’hori-comme des Cadrans déclinants font des Cadrans verticaux dont le plan
- zon
- coupe obliquement le cercle du premier vertical.
- Les Auteurs de Gnomonique ont donné différents moyens pour trouver la déclinaifon des plans ; celui qui fe pratique par le déclinateur ou dé* clinatoire , nommé auffi Gnomon (1) , eft le plus ordinaire & le plus facile j cependant il n’eft pas de la derniere exactitude, à caufo des variations auxquelles eft fujette la déclinaifon delà bouffole. M. d’AIembèrt a donné dans l’Encyclo-page 696 3 un moyen plus fur, qui fuppofe le moins d’apprêt & de calcul s dans le même Ouvrage ( 2 ) , M. le Roy en indique un très-ingénieux : celui qu’emploie le Pere Cheron pour s’aflurer de la déclinaifon eft a fiez fimple ; nous allons le donner ici, & nous pafforons enluite à la defcription du Cadran.
- Il faut une bouffole dont l’aiguille ait trois ou quatre pouces de longueur * afin que les degrés y foient marqués: on doit placer cette bouffole furie plan-: cher, 8c au bas de la croifée où l’on veut tracer un Cadran , où l’on aura tendu un cordon ou tracé une raie avec une réglé d’un côté de ,1a fenêtre à l’autre g pour voir comment la ligne du Midi au Nord de la bouffole coupe ce cordon ou la raie qui a été'tracée. Si elles fe coupent à angles droits, la fenêtre eft direc-
- jéomet
- ( 1 ) Infiniment de Géorffetrie décrit fur une planche quarrée de bois : c’efl un demi-cercle cjj^ifé en deux fois p0 degrés , tant à droite qu’a gauche , à peu près en la maniéré des demi-cercles rapporteurs. On applique fur
- Charbon de Terre, II. Part.
- le centre de ce demi-cercle une petite réglé mouvante , fur laquelle on pofe un cadran pour prendre les déclinaifons.
- (2) Tome IV, au mot Déclinateur , page 697.'
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- 772 DU CHARBON DE TERRE
- angle la ligne de midi de la bouflble fait avec la raie tracée ; fi * par exemple $ elle en eft éloignée de 20 degrés , c'eft une preuve que le plan vertical de la croifée décline à l'horizon , Ibit à l'Occident, foità 1 Orient, de 20 degrés ; on prend enfuite le petit horizon artificiel ou quart de cercle, fig. 2 , fùr quel font marqués les degrés , afin que Ton puiffe tirer des parallèles jufqu’au plan vertical, fig. 19 pour y marquer la diclinaifon ou la méridienne déclinante ÿ qu'on appelle encore la foufiilaire , & fur le plan vertical fig. I , on place à angle droit cet horizon artificiel, qu'on tient fufpendu en f, par le moyen du fil D ; fur le même arc de cercle on conduit le fil d’à-plomb £ f de maniéré qu'il faffe avec le plan vertical un angle égal à l'élévation du pôle de l'endroit où Ton eft. A Liège cet angle fera de 39 degrés 21 minutes: à quelque degré que ce fil foit porté fur l'horizon, il fera toujours un angle de 39 degrés 6 minutes avec la méridienne ; mais s'il s'en écarte à l'horizon, -par exemple , de 20 degrés , alors il s’approchera du plan vertical , & il fera moins diftant de cette place qu'il n'en étoit à la méridienne.
- Pour l'avoir au jufte, il faut avoir une petite Equerre ,fig. 3 ; fur l’un des côtés on appliquera un quart de cercle ; cette équerre étant placée fur le plan vertical, le long du fil fufpendu , on verra de combien de degrés ce fil eft diftant du plan vertical. Si la déclinaifon eft de 20 degrés , on trouvera par le moyen de ladite équerre, que le fil d'à-plomb E, qui tient lieu de 19axe du Cadran , n'eft plus diftant du plan vertical que de 39 degrés 21 minutes.
- Par cette opération je connois deux chofes effentielles à lavoir ; i°. la déclic naifon de 20 degrés à l'horizon, marquée fur le plan vertical par une ligne ponctuée, & qui n'eft plus fur ce plan que de 15 degrés ; 20. la hauteur de Taxe de 38 degrés. Ces deux chofes étant connues, il eft facile de tracer fur un papier fig. y; un Cadran déclinant de 20 degrés. Je tire à volonté , comme au Cadran direél, une ligne AB, qui fera la méridienne : je fais en A, un angle de iy degrés, pour la déclinaifon ou méridienne déclinante ; au-deflus je fais encore un angle de 38 degrés pour la hauteur de l’axe ; enfuite comme au Cadran direél, j'éleve une perpendiculaire C D fur la foufiilaire qui fera H équinoxiale * Sur elle perpendiculairement à l'axe, je ferai defeendre le rayon de 1!équateur , que je tranfporterai de £ en F; & du point F, je décrirai un cercle à volonté que je diviferai en douze parties de iy en iy degrés , obfervant toutefois de mettre une des feétions au point C, où pafle la méridienne ; les autres feétions enfuite pour une heure, deux heures, &c. comme dans le Cadran direél.
- Si l'on veut retracer le Cadran déclinant fur une vitre , on aura foin de marquer la fouftilaire, parce que c'eft en face de cette lig^e que doit être placé l'axe du Cadran déclinant, élevé de 38 degrés dans la figure y.
- On concevra facilement que le côté droit d'une fenêtre tournée en plein midi y regarde l'Occident, que le côté gauche regarde l'Orient, & que ces côtés forment avec les vitres un angle de 90 degrés. Si donc le plan des vitres
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- ET DE SES MINES. îh Part, 773 eft déclinant du midi de 20 degrés, les deux côtés des croifées ne feront plus déclinants du midi que de 70 degrés , au lieu de 90.
- Le Cadran déclinant peut fe peindre fur une vitre comme le Cadran direéL pour ce qui eft des Cadrans des côtés d’une fenêtre , quand on en aura tracé pour un côté , il peut fervir pour l’autre côté, en le retournant à l’envers, & fens deflus deflous , en changeant feulement la dénomination des heures -, tout comme le Cadran direct méridional peut fèrvir pour un Cadran feptentrional , en changeant la dénomination de 4 heures en S, de 8 en 4, de 5 en 7, & de 7 en y , & en dirigeant l’axe de bas en-haut, au lieu de le faire defcendrc de haut en bas.
- Ainfi un Cadran déclinant, par exemple, de 20 degrés, tracé fur un papier tranfparent, verni ou huilé, peut fèrvir à deux fenêtres différentes, déclinantes du midi de 20 degrés, l’une à l’Orient, l’autre à l’Occident ; & à deux fenêtres déclinantes du Septentrion auffi de 20 degrés, l’une à l’Orient, l’autre à l’Oo cident, en renverfànt le papier de haut en bas, & fens devant derrière#
- Des Montres.
- Les Montres fe règlent (1) ou par le lever 8c le coucher du foleil, qu’in* dique l’almanach, ou par les anneaux Aflronomiques (2) ; mais le vrai & le fût moyen, lorfqu on a une Montre bien jufte, eft de favoir bien la régler ; l’un & l’autre ne font ni faciles ni ordinaires. Une Montre de la meilleure conftruc* tion ou faite par le plus habile Horloger, ne peut pas bien aller pendant longtemps ; comment en effet, toutes les parties d’une fembiable machine qui font en mouvement pouroient-elles ne pas fè reflèntir des frottements continuels quelles éprouvent , & qui font entretenus par quatre cents mille coups de balancier en 24 heures , & ne pas s’ufèr infènfiblement 1
- On conçoit encore tout auffi aifément, l’influence que doivent néceflàire-ment avoir for une Montre le paflage auquel elle eft fu jette , d’un air chaud à un air froid , d’une place ou elle étoit en repos, à une autre où elle eft agitée,* le changement de fltuation, l’aétion de la gelée qui altéré l’élafticité de fès ref-forts , qui congele l’huile, qui augmente les frottements dans les pivots, au lieu de les diminuer.
- Il eft inévitable que toutes ces circonftances, qui ont lieu à chaque inftant de la journée , ne rendent les meilleures Montres fujettes à quelques varia-
- (1) Regler une Montre , s’appelle Amplement la mettre à 1 heure du foleil. En terme d’Horlo-ger, c’efi: faire fuivre le moyen mouvement du foleil, enforte qu elle n’avance ni ne retarde en plus grande quantité que les erreurs ou différences exprimées dans la Table d’Equation ; mais cela n’ell pas pollible.
- (2) On appelle Anneau Agronomique , Cadran ou Lercle horaire 9 un petit anneau divifé en de-
- grés , & que l’on tient fufpendu par un anneau plus petit, pour prendre à l’aide d’une petite réglé appellée Alidade, la hauteur des aftres, 8c me* furer les lignes acceffibîes ôc inaccelhbles fur la terre ; ces anneaux ne doivent uniquement être employés que les matins ou les foirs, n’étant pas juftesaux environs de dix heures, de midi ôc de deux heures du foir.
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- rions. S’il eft des moyens ou des attentions pour apporter quelque correélif àces inconvénients, on s’en embarralTe pour l’ordinaire aflez médiocrement ; il n’y a pas jufqu’à la maniéré avantageufe de porter une Montre, qui ne foit prefqu’ujq^ yerfellement ignorée , 8c aufli généralement négligée ; il ne fera pas hors de propos de s’y arrêter ici , avant d entrer en matière.
- De quelques attentions à prendre en portant ou pofant fa Montre.
- «La Montre doit être portée dans un gouflet peu profond, parce qu’en « marchant, elle eft agitée à proportion quelle approche du genouil ; il fuit « de là qu’une Montre feroit placée parfaitement, fi elle étoit immédiatement « au-deflus de l’articulation de la cuifle.
- « La façon dont elle doit être dans le gouflet, eft telle que le cadran foit « tourné en-dehors du corps , parce que les Montres bien faites font réglées fur » le plat, & que c’eft dans cette fituation qu’une Montre fe trouve lorfqu’elle » eft dans le gouflet d’un homme aflis.
- » Lorfqu’on cefle de la porter, on doit la pendre à un clou , parce que là « pefanteur la tient toujours dans la même direétion, & qu’alors le balancier » fe trouve dans la fituation la plus avantageufe, tant pour la durée de la Montre » que pour là juftefle.
- « Quoiqu’il foit impoflible qufirne Montre loit conlervée dans un air de la « même température, il faut faire en lorte d’en approcher autant qu’il eft polïï-» ble, afin de conferver la même fluidité de l’huile ; pour cette railbn , fi un « homme quitte là Montre pendant l’hiver, il doit la pendre près de- la cher » minée , afin de lui procurer une chaleur approchante de celle de fon gouflet.
- » Une Montre ne doit être ouverte, ni laiflee dans un lieu ou il y ait de la . » poufliere ; il eft bon de la garantir de la poudre des perruques, de l’haleine.
- « Si une Montre à répétition marque une heure, & qu’elle en répété une « autre , il ne faut que tourner l’aiguille des heures , 8c la mettre fur l’heure 8c « le quart quelle aura répété.
- « Il eft dangereux de tourner les aiguilles d’une Montre à répétition pendant « qu’elle fônne «. Telle eft l’inftruélion abrégée qu’a donnée fur cela un de nos plus habiles Horlogers François, ( feu M. Julien le Roy, Horloger du Roi, ) dans un petit Ecrit publié féparément en 1741 : (r) le plus eflentielde cet avis* concerne la maniéré de régler les Montres.
- Le Dictionnaire Encyclopédique n’a traité ce fujet que pour les Pendules ; les Montres, qui font des Pendules communes & portatives, font bien pins utiles;
- (1) Huit feuilles in-12 données en extrait dans les Etrennes Chronométriques, ou Calendrier pour Vannée 1764, par M. le Roy l’aîné, Horloger du Roi, fils & fucceffeur de Julien le Roy. Ce petit Ouvrage , dont je confeille de ie pourvoir, & qui fe trouve chez l’Auteur , chez les Libraires Nyon & Charpentier 3 renferme fous
- un titre peu impofant, & dans un format tres-commode, tout ce qui peut concerner la divi-fion & la mefure du Temps , ce qui regarde les Cycles , la Chronologie , la description des principales parties des Montres & Pendules, & pluficurs méthodes ai fées pour tracer des Cadrans folaires, " .
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- ETBE SES MINES. IL P À R t. 77$
- Avis concernant les moyens de régler les Montres tant Jimples quà répétitiorU
- » S i Ton réunît enfemble toutes les caufes qui prôduifent les variations « qu’on remarque dans les Montres , ellesfont plus que fuffifantes pour former y> deux démonftrations, (1 une phyfique, & l’autre méchanique,) de l’impoffibilité ( » qu’il y a d en avoir une abfolument jufte ; mais comme il faut pourtant lavoir » à quoi s en tenir, & quelle juftefle on doit attendre des meilleures , je dis y qu en general , une Montre eft allez bien réglée , lorfqu’elle n'avance ou ne v retarde que d’une minute en 24 heures ; cependant cette variation donneroit « par fomaine près d’un demi-quart-d’heure d’erreur ; pour la corriger , je ne » fais rien de mieux que de la remettre à l’heure une fois par fomaine.
- r> On doit s’aifujettir, autant qu’on le peut, à remonter fa Montre à la même » heure, & tourner la clef vite, parce qu elle cefle d’aller en la montant*
- » Si elle ne fe trouve pas à l’heure, parce qu’elle aura retardé ou avancé, ou » qu’on aura oublié de la remonter , on l’y remettra en tournant l’aiguille des /» minutes adroite ou à gauche > n’importe, (pourvu que ce foit par le plus » court chemin , ) jufqu’à ce que l’aiguille des heures 8c celle des minutes mar-» quent l’heure & la minute qu’il eft.
- » On peut, fans héfiter, tourner à gauche les aiguilles des Montres à minutes » & à répétition : on peut aufli tourner à gauche celles des Montres fans mi-» nutes, excepté celles des Réveils 8c des anciennes Horloges à fonnerie*
- » Lorfqu’une Montre avance ou retarde de plufieurs minutes en 24 heures 5 » pour la régler, il faut faire choix d’une feule Horloge ou d’une Pendule dont la » juftefle foit connue. Rarement doit-on fe régler fur celles des Eglifes / parce y> qu’on les fait avancer ou retarder fuivant la longueur du fervice. On peut d’aii-» leurs fe forvir d’un bon Cadran folâtre , préférant l’heure de midi, à caufo y> des réfraélions Aftronomiques.
- » La juftefle d’une Horloge étant connue, il faudra mettre la Montre fur » l’heure qu’il y fera: fi huit jours après elle a retardé, pour la faire avancer,
- » il faudra tourner l’aiguille du cadran du coq , du même fens qu’on tourneroit y> l’aiguille des minutes fur le grand cadran pour l’avancer ; enfuite on la re-» mettra à l’heure fur l’Horloge. Si au contraire la Montre a avancé , pour la » faire retarder, il faudra tourner l’aiguille du cadran du coq en fens contrai-» re , c eft-à-dire , comme on tourneroit l’aiguille des minutes fur le grand ca^
- » dran , pour la reculer. On continuera cette opération dans l’un où l’autre cas,
- » jufqu à ce que la Montre foit entièrement réglée.
- y> Plufieurs Montres n’ont point d’aiguilles fur le petit cadran dü coq 5 qui » alors eft grave a fà circonférence ; dans ce cas, c’eft le petit cadran même qui » tourne. Telles font la plupart des Montres à calotte à l’ouverture de laquelle » il y a une petite pointe qui fort d’index ou de point fixe, pour indiquer de Charbon de Terre. II, Part. L 9
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- 77<S DU CHARBON DE TERRE
- yy combien on le fait tourner à chaque fois quon veut régler la Montre. Mais 3> l’opération eft toujours la même, comme s’il y avoit une aiguille ; ainfî pour y> faire avancer la Montre , il n’y aura qu’à tourner le petit cadran , comme on y> auroit tourné l’aiguille. ,
- » Il faut obferver qu’on ne doit tourner l’aiguille ou le petit cadran du coq, 5> que de Tépaifleur d’un liard à chaque fois que l’on veut avancer ou retarder la y> Montre ; encore faut-il tourner de moins en moins à mefure que l’erreur di-yy minue. Suivant ce qui a été dit en commençant, la Montre fera bien réglée » lorfqu’elle n’avancera ou ne retardera que d’une minute en 24 heures.
- » On ne doit point tourner l’aiguille du cadran du coq d’une Montre pour » la faire avancer ou retarder, qu’on ne foie certain de fon erreur ; car fi elle yyalloitbien depuis trois mois , & quelle fe trouvât déréglée de quelques minu-ï> tes, à caufe de quelqu’exercice violent qu’on auroit fait , comme d’avoir » joué à la paume , d’avoir couru la pofle , &c. il fiiffira de la remettre à l’heu-» re par les aiguilles du grand cadran ; la raifon de cela eft, qu’une Montre ne yy peut aller jufte lorfqu’elle eft fort agitée.
- On pourroit employer un Cadran à Bouflble pour régler une Montre; nous allons aulîi faire ufàge de l’Ecrit de feu M. le Roy, l’Horloger, pour faire connoître ce moyen.
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- Maniéré de régler une Montre en fe fervant d!un Cadran h Boujjole
- ou Bouffole horaire (1).
- » Il faut tracer une ligne méridienne fur un plan horizontal, afin de pou-yy voir orienter le Cadran.
- yy Le mouvement journalier du foleil paroît tantôt plus vite 8c tantôt plus yy lent ; cette inégalité peut devenir fènfible (en certains mois de l’année)par yy rapport à une Montre très-bien réglée & mife à l’heure fur le foleil : afin yy qu’on n’attribue pas à la fienne l’inégalité du foleil, j’ai dreffé la Table fuivan-yy te, dans laquelle font marqués les mois où l’équation du foleil eft au moins » de fix minutes ; je n’ai point marqué les autres, à caufe qu’une moindre iné-yy galité dans cet aftre fe doit compter pour zéro , par rapport à la juftefte qu’on yy doit attendre d’une Montre (2).
- En Décembre , le foleil retarde depuis le r jufqu’au 31, de 14 minutes* Janvier, . . retarde depuis le 1 jufqu’au 31, de 10.
- Mars, . * avance depuis le 1 jufqu’au 30, de 9.
- (1) Petite Bouflble portative, communément appellée Baradel, du nom d’un faifeur d’Inftru-ments de Mathématiques, qui en débitoit beaucoup il y a vingt ans.
- (2) Quoique cette Table foit ancienne , elle ne peut différer de celle qui feroit vraie dans chaque année que de quelques fécondés , aux-
- quelles, pour le cas dont il s’agit, il feroit ridicule défaire attention ; en confultant une fuite de Connoijfances des Temps où ces Tables font pour chaque année, on peut s’affurer de l’obfervation que l’on fait ici; & la Table donnée qui fuit efl bonne pour tous les lieux poflibles.
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- ET DE SES MINES, tl. Par^ y En Avril , le foleil avance depuis le i jufqu’au 30 , de 7 minutes*
- Juin 9 retarde depuis le i jufqu’au 30 , de 6.
- Août 9 • avance depuis le 1 jufqu’au 31, de 6,
- Septembre , avance depuis le 1 jufqu’au 30, de 10.
- Ufige de la Table.
- premier Exemple, » On a mis fà Montre à l’heure au foleil le premier Dé-, » cembre. Le 3 r , le foleil ayant retardé dex Ï4 minutes , la Montre paroîtra 5) avoir avancé de la même quantité de minutes; il fuffira de la remettre avec »le foleil * puifqu elle n’a fait, que ce quelle de voit faire.
- Second Exemple. » On a mis la Montre à l’heure du foleil le premier Avrilj » & le 30 le foleil ayant avancé de 7 minutes, la Montre paroît avoir retardé » d’autant ; il fuffit delà remettre avec le foleil, puifqu’elle n a fait que ce qu elle » devoit faire. Ces deux exemples peuvent fervir pour les autres mois.
- Remarque première,
- » I l a été dit ci-devant, qu’en général une Montre eft bien réglée lorf* » qu’elle n’avance ou retarde que d’une minute en 24 heures ; & cela pour » fixer un terme de jufteffe * qui eft le meilleur en général. Cependant* il feroit » fort difficile d’en faire aller une médiocre de même , & l’on pourroit avec » raifon fe contenter, fi fon erreur n’excédoit pas deux ou trois minutes. Ce » n’eft pas la même chofe pour une bonne, fur-tout lorfqu’il y a peu de temps » quelle a été nétoyée; car en ce cas * elle pourroit aller à r ou ? de minuté « près par jour pendant l’été : mais en hiver * il faudroit lui palier la minute , & » peut-être plus dans les fortes gelées , à caufe qu’on s’approche quelquefois » fort près d’un grand feu * dont l’aétion l’échauffe nécefiairement, foie quelle y> foit dans le gouflet ou à la ceinture ; alors fi on vient à la quitter, 8c qu’on » l’accroche dans un lieu expofé au froid , il eft comme impofïible que fon » mouvement ne foit un peu changé par ces deux états* qui font diamétrale^ »ment oppofés.
- Remarque fécondé,
- n C e u x qui conduifent les Horloges publiques les remettent avec le fo* leil à leur volonté * les uns tous les dix ou douze jours, les autres de quinze » en quinze * ou du moins de mois en mois. Cette méthode de remettre les » Horloges avec le foleil en différents jours * caufe une partie de l’intervalle qu on remarque ordinairement entre la même heure qu’elles fonnent ; 1 exem-? P^e fuivant prouvera clairement ce qui vient d’être dit.
- » Soient deux Horloges dans un même endroit * 1 une d une Paroiffe 8c
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- 77g DU CHARBON DE TERRE
- v [autre d’un Couvent. Si celui qui a foin de l’Horloge de la Paroifle , la met a) avec le fbleil le premier Décembre , & fi celui qui a loin de celle du
- Couvent ne la met que le i£ du même mois, il eft fûr que 1 Horloge de » la Paroifle fbnnera l’heure le i ÿ ,7 minutes avant celle du Couvent, » parce que le foleil fe trouvera avoir retardé de 7 minutes le 15 ; mais fi Qn » y remet le lendemain l’Horloge de la Paroifle , ces deux Horloges qui fon-» noient la même heure le 15 , y minutes l’une après l’autre, fe trouveront le » 16 fonner enfemble.
- » De-là on peut tirer ces deux conféquences ; la première, que fi Une Montre » a fuivi une Horloge publiqueplufieurs jours de fuite , &qu’après elle fe trouve y> différer de quelques minutes, il faut confidérer fi l’Horloge qu’elle a fuivi n’a » point été remife avec le foleil. La fécondé, que puifqu’on remet les Horlo-*> ges avec cet aftre deux ou trois fois par mois, il eft bon auffi d’y remettre » les Montres.
- De t application des Mathématiques aux travaux des Mines.
- D e ce qui a été annoncé fur l’importance d*être inftruit de la maniéré dont fe comportent les Veines de Charbon page 752 ^ il réfulte , fins qu’il foit né-ceflàire de réfléchir beaucoup, que la pratique de l’Exploitation eft, dans une infinité de circonftances , appuyée fur la connoiflance des dimenfions ; il s’enfuit encore que les recherches de différente efpece qui tendent à cet objet ,font matières de Géométrie, en tant que cette Science traite de l’étendue & de fès différents rapports. L’utilité direéte de cette Science dans la fpéculation ou dans la pratique des travaux fbuterrains, afin de s’aflurer de la marche que l’on doit fuivre , paroît plus fenfiblement évidente pour les travaux de Mines métalliques. Il femble, comme nous l’avons dit quelque part, qu’il n’en eft pas de même pour les travaux des Houilleurs : dans les opérations relatives à ces Mines ou Carrières , la Géométrie fouterraine n’eft qu’une application de la Tri-, gonométrie à un petit nombre de cas particuliers. Quelque Amples que foient les procédés de cette partie de la Géométrie au moyen d’une méthode quelconque , les Houilleurs n’en ont pas la moindre idée; ils ne connoiffent que l’ufage de leurs inftruments : on a vu que par ce moyen unique , iis parviennent à réfoudre méchaniquement les problèmes de la Trigonométrie Reétiligne. Ce point de fait porte avec lui l’exclufion d’une forte de complication de ce qui tient aux Sciences. Mais en même-temps qu’il s’enfuit que l’on peut rigoureu-fement s’en tenir à cette façon grofîiere de fe conduire dans la pratique générale de l’exploitation, il eft hors de doute que l’Art des Houilleurs ne puifle emprunter des fecours réels de la Géométrie fouterraine ; fes réglés donnent l’intelligence de chofes qui font hors de la portée des idées ; on y trouve de* expédients certains pour faciliter ou pour abréger des manœuvres*
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- ET DÉ SES MW ES, lï; Part,
- Dè pareils avantages 9 quelqu indifférents qu ils paroifleht à des Ouvriers aux3: quels la commodité, la fimplicité 3c l’expérience de la méthode inftrumentalë fuffifent, ne peuvent cependant pas être comptés pour rien*
- L’Ouvrier intelligent , difpenfé de toute théorie, & muni de Tes inftrü^ niênts, peut relier en tout fidele à fà routine. Nous ne prétendons pas exiger que le Houilleur devienne Géomètre ni Phylicien. Quant aux Prépofés de Mines 5 ou ceux qui font chargés de la conduite de ces entreprifes , ou les In* téreffés qui font à portée de les fuivre, il ne leur fora pas , à beaucoup près inutile d’être inftruits dans les Mathématiques ; les mauvais fuccès de quantité d’exploitations , le peu de progrès fait en France dans ces forces de travaux * doivent fans difficulté être principalement rejettes fur les Direéleurs de Mines, qui ne fe font pas doutés de l’importance d’une fcience fur laquelle néam moins eft fondé l’Art de l’Exploitation.
- Cette réflexion fur laquelle nous croyons devoir infifler en paflànt, laiflè à ffélirer un Traité de Mathématiques, adapté à la Géométrie fouterraine , dans lequel fo trouveroient les opérations Mathématiques particulières aux travaux des Minés, rangées dans un ordre qui fût propre au fujet, Sc féparées d’avec celles qui n’y ont pas de rapport; les perfonnes qui voudraient foiyre notre invitation, feraient par-là exemptes de tout embarras pour le choixqu’elles doivent faire , non-feulement des livres , mai s de ce qu’ils contiennent & qui efl du reflbrt des Mines*
- Ce fl ainfi que M. Ozanam a traité les parties de Mathématiques les plus uti-* les & les plus néceffaires à un homme de guerre, que l’illuftre M* de la Hyrë à publié l’Ecole des Arpenteurs, où font enfeignées toutes les pratiques de Géo3 jnétrié néceffaires à un Arpenteur. Quelques Savants de nos jours ont traité . fur ce plan les Mathématiques relativement à plufieurs Sciences qui en dépendent : les Ouvrages de M. Camus, de MM* Bouguer, le Monnier , Bézout, adoptés ou follicités par le Gouvernement, juftement eftimés du Public * ne contribueront pas peu à augmenter dans la Nation Françoife le nombre des grands Ingénieurs , des habiles Capitaines, des bons Pilotes, &c.
- Aucun François n’a traité la Trigonométrie dans ce qui a rapport aux ope* rations des Mines ; la plupart des Ouvrages qui exiftent fur cette matière font en langue Allemande ; ils font peu nombreux & rares*
- Les principaux Auteurs qui en ont écrit, font Erafme Reinhoid , Médecin à Saalfeld en Thuringe (i) , fils du célébré Erafine Reinhoid , Mathématicien {2) à Wittemberg ( Auteur des Tables Prutenniques, autrement dites de CoA pernic ) , Jean Hartmann, Raigtel, Sturmius, Jugel, Beyer, Médecin à Franc-* fort, Oppel, Direéleur générai des Mines de Freyberg.
- (1) Inftru&ion abrégée & fondamentale fur l’Art de mefurer les Mines ; Erfort 9 1774; avec une Géométrie pratique.
- (2) Autrefois le nom de Mathématicien étoit
- Charbon de Terre. IL Part.
- commun â ceux qui s5adoenoient à rAftrôlôgië judiciaire , & à ceux qui obfervenc le cours des Affres : voilà pourquoi ^Reinhoid eft qualifier dflronome par plufieurs Auteurs.
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- ?§ô DÜ CHARBON DE TERRE
- Nicolas Voigtel, Receveur des deniers à Eifleb (i) , publia un Traité de Géométrie fouterraine , qui palTe pour être fuperieur à celui de Reinhold, mais que l’on prétend être très-confus Sc difficile a entendre.
- Celui de M. Weidler publié en 172 J , eft le feul que j’ai été à même de connoître : plufieurs points de l’Ouvrage de Voigtel y font commentés ; il ren, ferme tout ce qui tient à cette matière, Comme on le verra par la traduction, dont je projette de faire jouir le Public (2).
- Il eft cependant à propos de faire obferver, qu’il fuppofe dans le Lefteur les connoiifances fondamentales de Géométrie & de Trigonométrie , ainfi que les notions, les définitions les plus générales fur la nature du langage ou des chofes, dont dépendent immédiatement les propofitions, foit problèmes, f0it théorèmes , qui y font expofés, ou de tous autres qui pouroient être établies dans une fuite continue-.
- Il fera en conféquence indifpenfable, pour avoir la clef du Traité de Weidler, de fe procurer quelque Ouvrage élémentaire de Mathématiques , tels que ceux de M. Rivard (3) 5 1 Abbe de la Caille (4).
- Au moyen de ces fecours, qu’il fuffit d’indiquer aux Ingénieurs Houilleurs jaloux de fe rendre habiles, il nous devient tout-à-fait inutile de parler Mathématique Sc Trigonométrie ; toute la partie pratique de la Géométrie fouterraine eft renfermée dans un petit nombre de problèmes, leur folution tient à ces premiers principes ; les développer ici, ce feroit fe charger d’une tâche qui n’eft point de notre compétence, Sc qui eft entièrement du redore des Géomètres. Il fe préfente cependant naturellement à l’idée une réflexion: l’Ouvrage de Weidler, que nous annonçons, ne doit paraître qu’à la fuite d’une autre traduction ; on ne peut favoir quand cette derniere fera faite ; peut-être ferons-nous affez heureux ( en attendant que ces deux Ouvrages foient publics , ) pour infpirer à quelques Ingénieurs Houilleurs la curiofîté d’acquérir les connoiifances dont nous fommes tenus uniquement de leur faire fentir la néceffité ; cette confidération nous a autorifé à croire qu il nous feroit permis de mettre fur les voies ceux qui fe fendraient cette difpofition , & de fuppléer en quelque chofe au retard de l’impreflion d’un Ouvrage que je leur fais délirer.
- Dans cette vue , je terminerai ce premier article en préfentant l’énoncé de
- (1) Art de mefurer les Mines 1686, réimprimé en 1713 j en vingt-quatre Chapitres, à Eifieb. Cet Ouvrage eft prefque inconnu; il n’eft pas cité par Moréri.
- (2) Les Figures qui fe rapportent aux problèmes réfolus dans Weidler , font partie des Planches de l’Encyclopédie, Vol. VI. Les différentes propofitions auxquelles ces figures fervent de démonftration , fe trouvent feulement annoncées dans cet Ouvrage , Tome VU > p#ge > au mot Géométrie fouterraine•
- ^ (3) Eléments de Géométrie, avec un abrégé d’Arîthmétique & d’AIgebre , par M. Rivaid, Profeffeur de Philofophie en LUniverfité de Paris , chez De faim Ôc Saillant, in-40. 17Ce* éléments fe trouvent fuccincïement dansun autre Traité diété en l’Univerfité, par feu M. le Mon-nier, & publié depuis chez Saillant, 177?.
- (4) Leçons Elémentaires de Mathématiques, ou Elémentsd’Algebre Sc de Géométrie, par M# l’Abbé de ia Caille, chez la veuve Defainu
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- ET DE SES MtNÉS. IL £Art; ?§*
- tes différents problèmes, je les éclaircirai en donnant fommakement pou* chacun les moyens les plus Amples de les réfoudrê.
- Cet abrégé de Géométrie pratique à l’ufage des Ingénieurs Houilleurs* mérite un accueil d’autant plus favorable * qu’il eft entièrement le produit de la complaifànce du même Académicien que j’ai eü occafion de citer pour là latitude de la ville de Liège (i).
- Nous avons cru devoir le faire précéder d’une notice ftccinéte de quelques inftruments particuliers dont nous avons parlé, comme pouvant être ajoutés à ceux auxquels la pratique ordinaire des Ouvriers eft reftrainte * & dont fulàge eft d’ailleurs très-avantageux * pour abréger les calculs relatifs à la folution de plufieuts queftions.
- Cette notice fera éclaircie préliminairement par des généralités fur les mefures Mathématiques»
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- Des Mefures Mathématiques i
- O n peut & on doit fe repréfonter, Jbit les veines de Charbon > foie les boyaux ou galeries qui réfoltent des tailles faites dans la malle de ces veines , comme un compofé de' lignes, ou comme formant des lignes dont ort cherche à connoître l’étendue * la direéiion.
- En Géométrie, les lignes {è mefurent par d’autres lignes plus petites qu’on appelle mefures courantes * lefquelles font proportionnées aux lignes qu’elles mefurent. Ces mefures , pour les longueurs & les diftances, vont être décrites*
- Le Cercle fert auffi de mefure en Géométrie, parce que fâ circonférence eft uniforme & qu’il eft femblable à un autre dans toutes fes parties. En con-féquence il eft diverfement adapté à piufieursinftruments employés pour mefure r les angles d’un triangle reéliligne : les avantages de cette mefure font bien d’une autre importance dans la pratique de Géométrie fouterraine ; nous là ferons connoître plus particuliérement, en commençant la defoription des infi truments auxquels elle eft relative*
- Des Mefures courantes employées a la menfuration des Mines.
- La Verdie des Arpenteurs de Mines y eft une Perche courte, nôiîimée par lés
- (i) On jugera fans peine que pour différentes matières qui tiennent à celle que je traite, je n ai eu rien à puifer de mon propre fonds, ôc que je n’ai eu rien de mieux à faire , que d’em- ' prunter les lumières de différents genres. Je dois avertir qu’il en eft de même pour l’explication des différents termes de Phyfique & de Mathématiques qui fe trouvent employés dans mesdefcripdons^ou que j’ai portés à la Table «es Matières: j’ai penfé qu’il pouvoit êtreavan-'
- tageux pour piufieurs de mes Lecteurs, d’éclaircir tout ce qui étoit capable de les arrêter : il n eft prefqu’aucun de ces termes, dont je n’aie cherché à faciliter l’intelligence ; le Dictionnaire Encyclopédique , le Dictionnaire d’Ozanam3 celui de M. Saverien, m’ont fervi à cet égard à en-*" richir mon Ouvrage ; on pourra par-là fe difpén-fer ou de fe les procurer, ce qui n’eft pas tou-' jours facile, ou de l’embarras de les conmié'fy
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- 7§s D U C HA RB 0 N T>E TERRE
- Allemands Lachter , parce quelle eft prefqu’égale à la ligne ou longuëuï-comprife entre les deux bras étendus , & que Ion nomme Braffe. La Toife des Mines métalliques , nommée par les Allemands Klafter , eft de 6 pieds y pouces de France.
- 11 Aune (i)9ulna, orgyia, eft divifée en huit parties, comme autant de pieds* ou d’efpeces de fraétions. La huitième partie comprend une dixaine.de doigts ; ainfi l’Aune comprend 8o doigts.
- Le doigt eft partagé de nouveau en dix lignes , qui dans cette divifion s’appela lent fcrupules, minutes, d où l’Aune des Mefureurs de Mines a 8oo lignes en tout : la longueur de cette partie varie félon les pays. Les Arpenteurs de Mines en divifant ainfi T Aune , la Perche, le Doigt, indiquent les minutes ou primes $ comme cela le fait dans les Tables Afîronomiques , par un accent aigu ' 3 les fécondés par deux/7, les tierces par trois 7//, les quartes & les quintes s’expri* ment auffi par les chiffres appeilés chiffres romains IV , V , ou chiffres de finance, qui fe marquent par les lettres majufcules de l’Alphabet.
- C’eft de cette maniéré qu’aujourd’hui on eft dans l’ulàge de marquer dans la Géométrie pratique les perches ou leurs parties par un cercle o, qui indique toujours un degré, & les minutes par des efpeces de virgules, auxquelles le nom de lignes ufité dans la Géométrie pratique femble mieux convenir , fi cq n’eft pour diftinguer les minutes ou fécondés, des lignes, des pouces , &c.
- Nous nous bornons à ce détail fur les mefures en général ; lorfque nous en ferons à la pratique de la menfuration , nous ferons connoître les attention^ qu’exigent les différentes mefures..
- EcmaiüU , plus communément àppellée Chaîne, Arvîpendium«
- L a mefiire la plus grande, & qui eft de plus d’ufàge dans les opérations de Mine, c’eft la Chaîne ; les Ouvriers n’emploient que la Chaîne & la Bouf* folê, pour déterminer deux points à égaie diftance du centre de la terre, ou ' connoître de combien un point eft plus élevé qu’un autre (2).
- La Chaîne eft compofée , comme il a été dit page % 14, de plufïetirs pièces} tantôt de fer, tantôt de laiton , recourbées par les deux bouts*
- Chacune de c es pièces , nommées chaînons , a un pied de long, y compris les petits anneaux ou bouclettes qui les joignent enfemble, afin de rendre les chaînons flexibles.
- Les Chaînes fe font ordinairement de la longueur de la perche de l’endroit où l’on veut s’en fervir, ou bien de plufieurs toifes de long , félon les ftations
- (î) Evaluée dans les Mines d’Allemagne à | deux pieds, quoiqu’il s’en faille de plus de quatre ouees que cette aune ne falTe deux pieds de rance: il ne faut pas la confondre avec celle de Paris, qui eft de 44 pouces.
- (2) Il eft à propos de favoir au fujet de la ligne de niveau , qu’une ligne eft dire de niveau lorf* que tous fes points font à égale diftance du centre de la terre.
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- Et DE SES M ï N E S. Iï. $Akt, 783 à méfilrer9 distinguées quelquefois les unes des luttes par un plus gtatld an-® neau de forme elliptique.
- Chaque partie égale de lâ Chaîne, dé dix en dix , s’appelle Décimale.
- L’avantage qu’ont ces fortes de Chaînes de ne fo point mêler comme celles qui font faites de petites mailles de fer , les rend très-commodes.
- A la Chaîne on fobftitue quelquefois > ou par économie ou par quelqu’autrè raifon, une fimple Corde jil eft certain que cette façon eft fufoeptible d’erreurs 9 à caufè de 1 humidité dont il efl: bien difficile de garantir entièrement une corde* Schwenterus, dans fa Géométrie pratique , rapporte qu’il a vu une corde dé Z 6 pieds de long réduite en une heure de temps à 15 pieds , uniquement par la chute d’une gelée blanche.
- Ceux qui voudroient abfolument donner à la corde la préférence fur la Chaîne 9 ne feront point fâchés de connoître un moyen d’obvier à cet inconvénient ; [Wolf confeille pour Cela de tortiller en fens contraire les petits cordons dont la corde eft compofée, de tremper enfùite la corde dans de l’huile bouillante , 8c de la faire pafler, quand elle fera feche, à travers de la cire fondue pour bien l’en imbiber ; cet Auteur aflïire , qu’au moyen de Cette précaution , la corde ne fè rallongera ni ne s’accourcira point du tout, quand même elle refteroit 24 heu* res dans l’eau.
- Des Injlruments qui peuvent compofer V appareil Mathématique
- d’un Ingénieur Houilleur.
- s
- C*e$t à ces Inftruments, proprement dits Inftruments de Mathématiques, que fe rapporte fpécialement la fécondé efpece de mefures dont on fait ufoge pour les grandes opérations de Mines, telles que l’Aftrolable 8c le Niveau ,, les Equerres ou Pommes d’Arpenteur, les Cercles divifés, Boufloles, 8cc.
- La plupart de ces Inftruments font compofés d’un cercle ou d’une portion de cercle 9 ou bien cette figure eft projettée en totalité ou en partie fur quelques-uns : avant d’en venir à la defeription qui va fuivre , il ne fera pas inutile de nous arrêter aux circonftances générales, qui tiennent à la con-noiflance de l’ufàge pratique de ces moyens.
- Le Limbe d’un cercle, ou d’un demi-cercle, ou d’ün quart de cercle, peut être diftingué particuliérement err deux circonférences, l’une intérieure , l’autre extérieure 9 éloignées l’une de l’autre d’environ 6 ou 8 lignés , 8c fur lefquelles on marque des divifions, fans parler des autres circonférences concentriques pour les fubdivifions de chaque degré en minutes , pour les grandes circonférences.
- La Figure 1 de la Planche LV , donne une idée de la maniéré dont on trace fur ce limbe autant de circonférences concentriques qu il en faut 9 pour fubdivifer chaque degre en autant de parties égaies qu il eft poflible de le faire fans confufion.
- Charbon de Terre. II. Paru N p
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- 7g4 DU CHARBON DE TERRE
- La divifion qui fe trace fur les Inftruments de Mathématiques, eft expri-* mée par le terme Degré.
- En fe rappellant ce que nous avons dit, de la divifion de la circonférence du cercle en degrés, on voit que par cette exprefllon 9 il ne faut pas entendre une grandeur abfoiue, mais feulement la trois cent foixantieme partie de quelque circonférence que ce foit, grande ou petite ; ainfi la plus petite circonférence a autant de degrés que la plus grande , mais elle les a plus petits à pr0_ portion, de même que chaque grandeur , telle quelle foit, grande ou petite,' a deux moitiés proportionnées à leur tout.
- Ces divifions & fubdivifions de degrés fur un demi-cercle ou autre Inftru-mejit de cette forme, font difpofées bien juftes, & diftinétement marquées fuj le limbe ou bord de toute portion de cercle que l’on veut divifer en minutes.
- Dans un limbe ou bord extérieur gradué , c’eft-à-dire , divifé par degrés , le point par lequel palfe une ligne perpendiculaire à fhorizon , & qui paflè par le centre ou fa parallèle , fe nomme ligne a plomb ( i ).
- Et on appelle ligne fiducielle ou ligne de foi (2) , une ligne droite qui paffepar le centre d’un Inftrument circulaire ou demi-circulaire, & fur laquelle font placées les pinnules, de maniéré qu’elle divifé les pinnules de l’Alilade en deux également.
- Lorfque c’eft une réglé, comme dans l’Aftrolabe, cette ligne fiducielle fe nomme plus particuliérement Alilade ; dans la Bouflole, ce qu’on appelle ligne fiducielle, eft le diamètre de cet Infiniment, indiqué par un fil tendu , ou par des pinnules.
- Niveau. Chorobatte (3) , Waffer-Waage , Grad bogen , Libella;
- L’Instrument qui fert à la mefure , & qui fe nomme Niveau9 eft compofé d’un demi-cercle , divifé par degrés & demi-degrés , quelquefois en quarts de de-gré ; fon diamètre eft à-peu-près de fix doigts, & du centre de fin ftru ment pend un h-plomb , par le moyen d’une corde. Les anneaux qui fervent à l’accrocher font tournés du côté oppofé à celui fur lequel font gravées les divifions. Il eft indifférent que ces anneaux foient tous deux ou d’un même côté , ou réciproquement l’un d’un côté % l’autre d’un autre : cette derniere fituation convient mieux à la bouflole fufpendue.
- Cet Infiniment eft d’une conftruétion très-facile ; l’exaélitude dans la divifion des degrés, la légéreté dans la machine , pour ne point trop charger ni couder la corde, le cuivre le mieux battu, afin de donner plus d’élafticité aux anneaux y
- (1) D’où on appelle auffi ligne à-plomb , la ligne droite formée par la corde ou par Je fil à-plomb , qui, par fa pefanteur, tend toujours vers le centre de la terre, & dont on fe fert dans les Inftruments de Mathématiques , pour les placer horizontalement ou verticalement.
- (2) En Grec <& en Latin Dioptra, qui fe dit de toute efpece d’Inftruments pour regarder, &
- généralement de tous ceux où il y a des Pinnules, comme l’Aftrolabe , &c. Pline donne ce nom en particulier, au Quart de cercle.
- ( 3 ; Les Inftruments qui ne fe trouveront! point ici éclaircis ni expliqués par des figures, le feront dans la tradu&ion de la Géométrie fouterraine de Weidlcr, à laquelle nous les avons ajoutés.
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- ET DE SES MINES. II. Part. 785
- qui par là embraflent, fans céder, la petite corde qu'ils entourent, font les points les plus eflentiels de cette conftruélion.
- Cet Inftrument fert à Niveller, c'eft-à-dire , à tirer des lignes horizontales fur la terre , pour connoître la hauteur d’un lieu de la terre à l'égard d'un autre , c’eft-à-dire, pour favoir lequel des deux endroits eft le plus éloigné du centre de la terre, ce qui s’appelle nivellement.
- Fauffe Equerre, Récipiangle , Mefure-angle.
- Il eft compofé de deux réglés ou branches parfaitement égaies en longueur % il faut que les côtés intérieurs de chaque réglé foient bien parallèles aux côtés extérieurs ; leur largeur eft d’environ un pouce , & leur longueur d'un pied ou davantage.
- Ces deux réglés font arrondies par la tête également, & attachées l'une for l’autre par le moyen d'un clou à tête artiftement tourné , de forte que l'Inftru-xnent fe puifle ouvrir Sc fermer facilement.
- Lorfqu'on a pris l'ouverture d'un angle, on met le centre d’un rapporteur à l’endroit où les deux réglés fe joignent, Sc les degrés du bord marquent l’ouverture de T angle ; ou bien on trace fur le papier l’ouverture que font les réglés du récipiangle , Sc puis on la mefore avec le rapporteur.
- Le récipiangle dont il eft queftion ici, & qui fe diftingue des autres par le nom de Faufe-Equerre > ne différé des autres qu’en ce qu’il a à chaque extrémité une pointe d’acier, afin qu’il puifle fervir de compas.
- Pomme en forme £ Equerre £Arpenteur*
- Cet Inftrument auquel on donne différentes formes, tantôt d’un prifme à huit pans, tantôt d’une croix horizontale portant une pinnule à l’extrémité de chaque branche, eft appell è Pomme en forme d!Equerre £Arpenteur, parce qu’il a quelquefois la forme d’une pomme.
- Sous cet Inftrument Sc au milieu, il y a une douille qui fert à le faire tourner fur le pivot d’un pied ordinaire à trois branches.
- Il eft avantageux que l’Inftrument puifle tourner for la douille fixée au pied d*un mouvement horizontal, doux, égal Sc à frottement autour d’un axe vertical.
- Ordinairement la douille eft fixée à l’Inftrument ; on eft alors obligé de tourner tout enfemble , Sc même le pied, ce qui eft incommode dans la pratique;
- Quelquefois lepiedn’eft qu’un fimple bâton pointu Sc ferré par en-bas ; il Vaut mieux que ce foit un pied à trois branches, que les branches foient longues , & que la tige, terminée en pivot pour entrer dans la douille, foit courte ; il faut que le pivot foit ajufté de façon qu'il emplftfo exaélement la douille au fond, auffi bien qu'à l’entrée.
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- 7U DU CHARBON DE TERRE
- Ce qu’il y a d’effentiei à cette Equerre , c’eft d’avoir quatre fentes verticales oppofées diamétralement deux à deux , & difpofées de façon que les rayons vifiiels qui paflent par les fentes oppofées, fe coupent a angles droits.
- Cet Inftrument fert à tracer fur le terrein une ligne , qui faffe avec une autre ligne des angles droits. #
- Rapporteur ; Tranfportatorium circulare.
- Petit demi-cercle aflez mince 8c très-poli , fait ordinairement de laiton & quelquefois de corne, dont la circonférence eft divifée exactement en fes i8q degrés.
- Avec le Rapporteur, on détermine la grandeur d’un angle. Il fert auffi pour faire des angles femblables à ceux trouvés avec le niveau, ou connus d une au* tre maniéré.
- Les angles rectilignes fe mefurent fur le papier avec le Rapporteur.
- Graphometre y Demi-Cercle ; Hemi-Cyclium,
- Cet Inftrument, foutenu fur un pied par le moyen d’un genou (r), eft com-pofé d’un grand demi-cercle d’environ 12 pouces de diamètre, lequel, outre fes degrés , a encore fes minutes placées ordinairement de fix en fix, quand il efl un peu grand , comme dans le Quart de cercle 8c autres.
- Il eft muni d’une alilade mobile autour de fon centre ; le tout de cuivre jaune bien poli.
- L’alilade porte deux pinnules immobiles, percées vis-à-vis de la ligne de Joi y répondante en ligne droite au centre du demi-cercle.
- Chaque pinnule eft percée dans le-milieu , d’une fente qui régné de haut en bas.
- Quand on prend des diftances, ou que l’on mefure des angles fur le ter-rein , ou que l’on fait toute autre obfervation, c’eft par ces fentes, qui font dans un même plan avec la ligne de foi tracée fur l’alidade, que paffent les rayons vifuels qui viennent des objets à l’œil ; les pinnules en conféquence fervent à mettre l’alidade dans la direction de l’objet qu’on fe propofe d’obferver, 8c les fentes fervent à en faire difcerner quelques parties d’une maniéré bien déterminée.
- Il y a quelquefois dans ces fentes, au milieu, un cheveu ou deux, ou dans les Inftruments pour lefquels il n’eft pas befoin d’une exactitude bien rigou-reufe*, un filet de la même matière que les pinnules.
- ( 1 ) On appelle Genou en Mathématiques la partie fupérieure du pied d’un inftrument, fur laquelle l’inftrument même repofe. Elle eft com-pofée d’un globe de cuivre, renfermé dans deux
- demi-globes évuidés ; & ce globe eft mobile en tous fens, foit verticalement a foit horizon*; talement.
- Le
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- ET DE SES MÏNËS. îî. Part,
- te Demi-cercle ou Graphométre, eft l’Inftrument le plus commode pour inè» jurer une ligne * une hauteur, foit inacceflible, foit acceffible ; au moins quant! on veut mefurer une ligne par la Trigonométrie.
- Il fert aufli pour mefurer fur la terre les angles reélilignes. Dans toutes les opérations de la Géométrie pratique où cette mefure eft néceflàire, on a be* foin de cet Infiniment, ce qui en rend l’ulage extrêmement étendu*
- On rend le Graphométre plus utile , en attachant au milieu une Bouflole i afin de mefurer un angle fur la terre & lever un plan (i) ; mais le principal ufàgé de Cette Bouflole , eft d’orienter un plan > c eft-à-dire , de marquer la fi-tuation d’un plan lift la terre % à l’égard des quatre parties cardinales du monde.
- Astrolabe , AJlrolabiûm 9Cofmolabtum ; AJlrotdpfus ; Sujpenjbrium 5 Àrmiïlà Jufpen/orla ; Flanifpherîum ; Arabibus, Wal^agora ; Latin, Athlantica 9
- Alphanda , Albanthica%
- ÏParmi les Inftruments qui pourrôient être employés dans quelques oplrà^ tions de Géométrie fouterraine 9 nous avons nommé l’Aftrolabe.
- Cet Infiniment, d’une conftruélion fort compofée, a l’avantage d’éviter lé calcul ; mais il n eft plus d’ufage en Aftronomie depuis l’invention des Loga*^ rithmes, & eft tout-à-fait inconnu des Ouvriers de Mines. Ôn en rencontré même rarement aujourd’hui ; nous nous bornerons par cette raifon à en don* ner une idée très-générale en faveur des perfonnes à qui il pourroit en tombet entre les mains : ceux qui auraient la curiofité de le connoître plus ample** ment , peuvent confulter quelques Ouvrages qui en ont traité ex profejfo i & dont quelques-uns fe trouvent dans d’anciennes Bibliothèques (2).
- L’Aftrolabe eft plat, en forme de planifphere ou d’une fphere décrite fur uîi plan armé d’une alilade mobile à Ion Centre, garnie de deux pinnules« i Sur ce plateau de cuivre, on grave une projeélion Stéréographique (3) , 0$ l’œil eft placé au centre de la projeéHom
- L’Aftrolabe repréfente les principaux cercles de la fphere célefte, fur lé
- (1) Lever un Pian, c’eft décrire fur le papier tin plan femblable à celui qui eft fur la terre.
- (2) AJîrolabii Declaratio, ejufdemque ufus miré jucundus , non modo AJirologis , Medicis * Geogra-phis cæterifqué litterarürfi cultoribUs , multùm utilis, ac necejfarius , verùm etiam Mechanicis quibufdam àpicifibus non pariim comrnodus. A Jacobo Koebê-XAO facilioribus formulis nuper auSîa'ÿ longéque emen-datior édita. Parif. 155*2. ih-12.
- De ufu AJîrolabii compendium Sckematibus commo-dijjimis illujîratum, ac menàis quàmplurimis repur~ gatum , auëlore Joanne Martino Poblacion. Cui accejjit Procli Diadochi fabrica ufufque Af-trolabii , Georgio" Vàlla Placentino Interprété 5 frœterea Gregoræ Nicephori AJîrolabus, eodem
- Charbon de Terre. II. Paru
- înterprete» in-12. Parif. ipj'4.p
- Elucidado fabricæ ufufqüe AJîrolabii. Joànws Stoflerino Jujlingenji auElore : cui perbrevis ejufdem AJîrolabii declaratio à JacobO Koèbeli0 adjefîa ejî. in-12. Parif. 1585*.
- Tradu&ion de Stofjler, in-12. Paris, ij6o % par G. des Bordes 5 avec des notes , par Pierre de Mesmes.
- Üufage de VAjîrolabe, avec un petit Traité de là Sphère , par ËomiNIqué Jacquinot Chàmpe~ nois ; plus, une amplification de PAjlrolabe, par Jacques BkssEÙTut ,EcoJfois. Paris, in-12.
- ( 3 ) Stéréographie eft l’art dé tracer les figuré# des folides fur un plani
- ôp
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- 788 DU CHARBON DE TERRE
- plan d’un de fes plus grands cercles , tel quéft l’horizon &fe méridien , de la même maniéré qu’ils paroîtroient à l’œil élevé au-deffes de la fphere jufquà une hauteur à pouvoir découvrir tout l’hémifphere.
- Selon qu’on prend ce lieu ou ce point de 1 œil, 1 Aflrolabe porte les noms différents d9Aflrolabe particulier ou d’Aflrolabe univerfel, C’eft ainfi que Ion ©bfervoit les aftres, que l’on en prenoit la hauteur : cet Inftrument feroit par* ticuliérement d’ufege pour le problème, ligne quil faut mefurer a travers des plans inclinés.
- Le Cofmolabè, nommé aufli Pantocofme ou Infirument univerfel (i), £ qui fert à prendre les mefures du monde, tant du ciel qu£de la terre, eft presque la même chofe que T Aflrolabe , fi ce n’eft qu’il eft bien moins compliqué, & qu’il confifte en un cadre rectangulaire. Feu M. Ozanam, de l’Académie des Sciences , en a donné la defcription & l’ufege qui fe trouve imprimée à la fuite du Compas de proportion : le Quartier de réduBion, dont nous parlerons, peut être regardé comme une invention plus Amplifiée que f Aflrolabe
- Du Compas de Proportion y O* de celui appelle Seéleur Angiois.
- Le Compas de proportion eft ainfi nommé , parce qu’il fert à connoltre les proportions entre les quantités de même efpece , comme entre une ligne & une autre ligne, entre une furface & une autre furface, entre un folide & un autre folide, &c. Feu M. Ozanam, de l’Académie des Sciences , a décrit en particulier cet Inftrument (2) ; la defcriptîon s’en trouve aufîî dans plufieurs excellents Ouvrages (3); nous donnerons celle qui eft dans ïEncyclopédie* Il eft extrêmement commode pour réfoudre promptement & facilement quantité de problèmes utiles dans toutes les parties de Mathématiques , & principalement dans la Géométrie pratique, tant fer le papier, que fur le terrein.
- Le Compas de proportion confifte en deux réglés ou jambes égales, de cuivre ou d’autre matière folide , rivées l’une à l’autre, enferte néanmoins qu’elles puiffent tourner librement fer leur charnière.
- La longueur & largeur des réglés du Compas de proportion n’eft point dé^ terminée ; ces dimenfîons font relatives à l’ufàge auquel on deftine l’Inftrument, ou pour travailler dans le cabinet ou pour être porté dans la poche, ceux-là font plus petits; ou pour travailler fer le terrein , ceux-là font les plus grands. Les premiers ont ordinairement dix pouces de long , fixà fept lignes de large , & environ deux lignes d’épaiffeur à chaque jambe. On a coutume de tracer
- (1) Dans un Ouvrage fur le Cofmolabè, par Léon Mongard, Mathématicien à Paris , 1612, & dans celui de M. Jacques Beffon , Profedeur de Mathématiques à Orléans; Paris, 15-67.
- (2) Ufage du Compas de proportion , 8c de PInftrument univerfel pour rendre promptement & très - exa&ement les problèmes de la Géométrie pratique, tant fur le papier que fur
- le terrein , fans aucun calcul ; avec un Traité de la dividon des champs. 2e. édit, in-12. Pans, 1746.
- ^ (3) Le Traité de la Condruéh’on & des principaux ufages des Inftruments de Mathématiques, par Bion ; le Dictionnaire de Mathématiques , par Saverien; le Di&ionnaire Encyclopédique.
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- £f DE SES Mï N E S. IL Part.
- fur le compas de proportion fix lignes appellées lignes artificielles ( I ) * divines fuivant la maniéré ordinaire ; favoir , fur une face la ligne des parties égales , celle des plans & des polygones ; fur l'autre côté la ligne des cordes * îa ligne des folides & celle des métaux.
- Sur le rebord, on met encore ordinairement d'un côté une ligne divifée quifert à connoîtrele calibre des canons, & de l'autre côté une ligne fervant à connoître le diamètre & le poids des boulets.
- i
- Ce Compas de proportion , tel qu'on le conftruit en France, pouf ce qu'on appelle un Etui de Mathématiques , ne marque pas toutes les lignes qui peuvent fè tirer de différentes parties de Tare d’un cercle , & qui néanmoins font néceflaires dans la pratique. Ces differentes lignes nommées jinus , tangentes , fécantes , font tracées fur l'Inftrument appellé par les Anglois Secteur, qui le conftruit à Londres, & qui revient à notre Compas de proportion.
- En voici la defeription, conforme à la conftruélion Angloife, telle quelle eft inférée dans le Diélionnaire Encyclopédique; nous nous arrêterons feulement aux lignes qui peuvent avoir rapport à notre objet ; dans l'abrégé de Géométrie pratique que nous allons faire fuivre, leur ufage fera indiqué, en énonçant les problèmes auxquels fè rapportent les principaux ufàges de Ces lignes.
- Des lignes qui font tracées fur ce côté du Compas de proportion , la ligné des lignes, autrement dite la ligne des parties égales, eft la feule dont nous ayons befoin. ^
- On l’appelle ligne des parties égales > parce quelle eft divifée de y en y en un certain nombre départies égales, & le plus grand nombre poflible , afin que rinftrumentfoit d'un meilleur ufage; le nombre eft ordinairement dé 200, & marquées par des points lorfque le Compas de proportion a fix pouces de long ; & quand la longueur de la jambe du Compas le permet, chaque partie eft fubdivifée en moitiés & quarts.
- Cette ligne fe trouve fur chaque jambe du Compas, & du même côté, avec les mêmes divifions , marquées 1,2,3,43 &c. jufqu'à 10 , qui eft vers l'extrémité de chaque jambe.
- Il faut remarquer que dans la pratique , 1 eft pris pour 10 ou 100 ou iôod ou 10000, &c. fuivant le befoin ; en ce cas, 2 repréfènte 20 ou 200 ou 2000 % &c. & ainfi du refte.
- La ligne des parties égales, fèrt elle-même à divifer principalement une ligne droite en parties égales, pour y ajouter ou pour en retrancher telle partie que l'on veut.
- Quelque fimple que foit la conftruélion de cette ligne, elle eft cependant d une utilité très-grande, & fur-tout pour la folution de plufieurs problèmes
- „ (0 Geometrie, on appelle Lignes artificielles des lignes tracées h/une échelle quel-conque , îefqueîles repréfentent les logarithmes des Imus & des tangentes, êc peuvent fervir avec
- la ligne des nombres à réfoudre afîez exaélé^ ment tous les problèmes de Navigation êc dé Trigonométrie*
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- yyo DU CH A RB O N DE TERRE
- Le revers du Compas contient quatre lignes, celle des cordes (i) $ èejjè <3es fôlides , celle des métaux, & au bord extérieur une ligne des calibres & poids de boulets.
- Nous n’avons à confidérer que la ligne des cordes : cette ligne eft ainfi nom^ mée parce qu’elle comprend les cordes de tous les degrés du demi-cercle 3 qu| a pour diamètre la longueur de cette ligne; elle eft tracée fur les deux jambes du Compas, de maniéré que cela forme deux lignes qui partent du centre de rinftrument, & viennent aboutir aux angles.
- Un problème feul renferme l’ufàge principal de la ligne des cordes. Kaire un angle de tant de degrés que ion voudra. £»es autres font des efpeces de Corollaires, comme, iangle étant trouvé, trouver fa valeur en retournant la réglé,, & prendre fur la circonf érence d'un cercle donné, autant de degrés que Ton veut.
- Outre ces lignes qui font eflentielles au Compas de proportion, il y en a d’autres proche fes bords extérieurs fur l’une & l’autre face, & parallèles à ces bords ; elles fervent auffi à des ufages particuliers.
- Les lignes que l’on trouve par le moyen du Compas de proportion , font de deux elpeces ; elles font latérales ou parallèles.
- Les lignes latérales font celles que Ton trouve fur la longueur du côté de rinftrument.
- Les lignes parallèles font celles qui traverfent d’une jambe à l’autre.
- On doit obfervef que l’ordre ou l’arrangement de ces lignes fur le Compas de proportion des modernes, eft différent de celui qui étoit (uivi fur les anciens ; la même ligne n’eft pas mife aujourd’hui à la même diftance du bord de chaque côté ; mais la ligne des cordes , par exemple , eft la plus intérieure d’un côté, & la ligne des tangentes fur l’autre : l’avantage en eft, que rinftrument eft mis à un rayon pour les cordes ; il fert aufli pour les finus Sc les tangentes , fans que l’on foit obligé d’en changer l’ouverture. Car la parallèle entre les nombres 60 Sc 60 des cordes, celle qui eft entre les nombres 90 & 90 des finus, Sc celle qui eft entre les nombres 45 Sc 45 des tangentes, font toutes égales.
- Nous terminons cette deïcription abrégée par quelques obfervations fur les lignes des finus, des tangentes Sc des fecantes, marquées fur chaque jambe;
- Celle des finus ,4 qui ^eft des finus naturels, eft numérotée 10, 20,30, Sec; julqu’à po°.
- La ligne des tangentes naturelles, fur les Seéleurs Anglois , eft numérotée
- (1) Corde, en Géométrie, eft une ligne droite qui joint les deux extrémités d’un arc ; ou bien c eft une ligne droite qui fe termine par chacune de fes extrémités à la circonférence d’un cercle, fans pafler par le centre, & qui divife le cercle en deux parties égales, qu’on nomme ferment s, La corde eft perpendiculaire à la
- ligne tirée du centre de cercle , aü milieu de l’arc dont elle eft corde; & elle a » par rapport à cette droite , la même difpofition que la corde d’un arc à tirer des flèches, a par rapport à la flèche j ce qui faifoit que les anciens Géomètres nommoient cette ligne Corde de l are * l’autre Flèche du même arc*
- d«
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- et de SES MINÉS. II. tAkfi f9i
- de même jufqu’à 4t° ; St fur chaque jambe il y a une autre petite ligne de* tangentes qui commence à 48°, de s’étend jufqu’à jf*
- La ligne des fêtantes naturelles, numérotée auffi 10, 20*30* &c. jufqifï 75° 9 ne Part Pas ^entre de l’Inftrument ; fon commencement en eft diftant de deux pouces.'
- La grande fupériorité du Compas de proportion Ânglôis fur les échelles com« munes, lorfque les lignes des finus , des tangentes St des fécantes y font tracées , confifte en Ce qu’il convient à tous les rayons , & à toutes les échelles i enforte qu’ayant une longueur ou un rapport donné* qui n’éxcede pas la plus grande étendue de l’ouvérture de l’inftrument, on a par les lignes des cordes* des finus, &c. tracées fur le Secteur, les lignés des cordes, des finus , &c* d’un rayon quelconque , comprifes entre la longueur St la largeur de l’Inftru-* ment, quand il eft ouvert,
- Le Compas de proportion eft fondé fur la quatrième propofitîon du fixiém# Livre d’Euclide, où il eft démontré que les triangles femblables ont leurs tôtêè homologues proportionnels.
- Au furplus le Compas de proportion ou le Seéteur Anglois, lin peu trop compofés, peuvent encore être remplacés par le Quartier de réduélion, dont nous allons parler : l’ufàge en eft plus facile, St il a les mêmes avantages*
- Quartier de Réduction* 7
- Cit Inftrument particuliérement employé par les Marins , par rapport à fu« fage que nous en ferons connoître en finiflànt fa defcription , que nous em-4 pruntons en entier de Bion, eft un quarré dans lequei on forme plufieurs quart* de cercle, qui ont même centre, & plufieurs lignes droites parallèles* Ce* lignes & ces quarts de cercle font à diftances égales*
- On peut prendre l’un de ces quarts de cercles, pour le quart dé chaque grand cercle de la fphère, & principalement pour quart de l’horizon & du Méridien.
- En le prenant pour quart de l’horizon, fun de fos côtés , tel qu’on voudra, repréfènte la ligné méridienne, c’eft-à-dire, Nord & Sud, l’autre côté faifànt angle droit avec la méridienne, repréfenté la ligné Eft St Oueft. Toutes les autres lignes parallèles au côté pris pour quart de l’horizon & qui repréfènte la ligne méridienne, font des Méridiens , St s’appellent Nord <§ Sud ; toutes cel* les qui font parallèles au côté faifànt angle droit avec la méridienne, & repré-i fentant des parallèles à l’équateur, font nommées lignes EJt & Ouejt.
- Ce quart de cercle eft divifé premièrement en huit parties égales, par fèpt: rayons tirés du centre commun à tous les autres quarts de cercle, pour repré* fenter les huit rumbs de vents de chaque quart de la bouflole ou de l’horizon j chacun de ces quarts de vent, vaut 11 degrés .iy minutes, comme dans la bouflole.
- La circonférence du quart de cercle diftinél St apparent dans le quarrl* Charbon,; de Terre. //, Paru V 9
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- 7ja DU CHARBON DE TERRE
- eft auffi divifée en po degrés, & chaque degré eft fubdivifé de Î2 en ï2 minutes , par le moyen de lignes tranfverfales, tirées de degre en degré & Je fix cercles concentriques, y compris les deux cercles extrêmes.
- On attache au centre un fil de laiton , qui étant arrêtéTurtel degré que l’on veut du quart de cercle , fert à divifer les autres cercles proportionnellement à Thorizon, comme on le juge à propos.
- Il eft aifé de juger ,-que l’intelligence de la conffiruétion & de l’ufàge de cet Inftrument dépendent abfolument de la connoiflànce de la divifion de l’horizon, puifqu’il repréfente le quart de cercle de la fphère ; il eft très-commode pour réloudre les problèmes du Pilotage par les triangles femblables * que Ton forme dans tous les cas for le quartier de réduélion, Sc dont on mefore les côtés par les intervalles égaux qui font entre les quarts de cercle & entre les lignes N & S, E & O.
- Ligne ou 'Echelle des Nombres ; Réglé Logarithmique (1) de Gunter ;
- Echelle Angloije ou Echelle des Logarithmes.
- Ligne ou réglé divifée en plufieurs parties, & for laquelle font marqués certains chiffres, au moyen defquels on peut faire méchaniquement différentes opérations Arithmétiques , Trigonométriques & autres.
- Cette Echelle ainfi nommée du nom de fon Inventeur , n’eft autre chofè, félon Chambers, que les Logarithmes t'ranfportés des Tables for une réglé , pour produire à-peu-près , par le moyen d’un' Compas qu’on applique à la réglé , les mêmes opérations que produifenc les Logarithmes eux-mêmes, par le moyen de l’Arithmétique additive ou fouftraélive.
- , L’Echelle Logarithmique a for-tout: introduit de grandes abbréviations dans les calculs ; elle fert principalement à trouver d’une fimple ouverture de compas le quatriemë terme d’une réglé de proportion ; nous en donnerons un exemple pratique à l'article de la Géométrie fouterraine.
- Du Magnétifme.
- D e tous les Inftruments qui compofent l’appareil des Ingénieurs Houilleurs y la Boujfole eft le plus important; c’eft prefque le feul employé en beaucoup d’endroits pour les principales opérations de Géométrie fouterraine.
- On ne peut donc entrer dans trop de détails fur tout Ce qui appartient à cet Inftrument. Son utilité réfide uniquement dans l’aiguille aimantée, c’eft-à-dire, dans une aiguille à laquelle on communique avec l’aimant la propriété direétrice qui eft particulière à cette pierre, de tourner toujours un certain côté vers les pôles du monde , & ordinairement vers le Nord ou vers le Sud ,
- (1) Logarithmique, pris adje&ivement, fe dit de ce qui a rapport aux Logarithmes. On appelle de ce nom le nombre d’une progreffion Arithmétique , lequel répond à un autre nombre dans une progreffion géométrique. Logarithmique en
- Géométrie eft une courbe qui tire foa nom de fes propriétés & de Tes ufages dans la copftruc-, tion des Logarithmes , & de l’explication de leur théoxie.
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- ET DE SES MINES. XLPa&y* ^3
- qui eft le côté oppofé. L'ordre des chofes exige quon dife d’abord un mot dé la pierre d’aimant, de la maniéré de reconnoître fes pôles ,& de communique! aux aiguilles de Bouffole fa vertu la plus utile*
- De U Pierre £ Aimant ; maniéré de trouver fis pâles principaux , de lui procurer de la force y de la lui entretenir y & de communiquer ja vertu
- aux aiguilles de B ouf oie.
- L’Aimant (i) eft une pierre brune pour fordinaire, pelante, peu dure lorfe qu'elle eft pure, fouvent mêlée de cailloux & de /path, qui diminuent fa qualité*
- Il s’en trouve de couleur différente; il y en a de couleur de feu , de noirâ^ tre, de rougeâtre*
- Le bon Aimant doit être peu poreux, Fort folide , homogène, d’un noir lui* Tant : ceux qui font d'un noir un peu roux, font encore très-bons, au jugement de plufîeurs Phyficiens.
- Cette fubftance peut quelquefois être regardée comme une Mine propre I être traitée à la forge. ,
- On en trouve dans beaucoup de pays ; à faint Nazaïre, province de Bretagne , en France * il y a un champ dont tous les cailloux, font des pierres d'Ai* mant, ce qui a fait donner à cet endroit le nom de Champ de tAimant ; c’eft à une demi-lieue du moulin de laNoc, & du village de Saint-Martin à l’emi bouchure de la Loire.
- Il y en a auffî dans le pays bas de Deyonshire en Angleterre, & on obfer* Ve que ces Mines font toutes dirigées de l'Eft à l'Oueft, & non du Nord au Sud*;
- On eftime particuliérement les pierres d'Aimant qui viennent de Norwege*
- On diftingue dans un Aimant, fes Pôles 8c fon Axe.
- Les côtés , ou les deux points qui attirent le plus , font appelles Pôles dt ! Aimant y par rapport à leur direélion vers les pôles du globe.
- Par une loi confiante du Magnétiftne, l'attraélion mutuelle & réciproque fe fait par les pôles de différent nom, & la répulfion fe fait par les pôles de même dénomination.
- Ces pôles font des points variables , que l’on eft quelquefois maître de pro* duire à volonté , & fans le focours d'aucun Aimant.
- On eft convenu d’appeller pôle Aufiral de l’Aimant , celui qui fe tourna vers le Nord ; & pôle Boréal, celui qui fe dirige vers le Sud.
- La ligne droite, qui va de l'un à l’autre pôle, fe nomme Axe de l’Aimant*
- On feroit fondé d après de nouvelles obfervations, à diftinguer le point dé feparation des deux pôles , appelle centre magnétique (2) ; ce point devient
- (1) Magnes, Onomâcric Lapis Lydius De Sopho-LE. aP*s Magnejîus. Lapis Nauticus. Sideritis. JERRE HeraCLIENNE DE PLATON. PlERRE Heraclee j Lapis Heraclius. Pierre Ferriereî
- en vieux François, Calamite , MàrinetTe , Diophyta*
- (2) Tentamen theoriœ eleftricitatis 6* magrumnUÿ auton AepinOé Petropoli y in-40, 1 j6q,
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- y9i DU CHARBON DE TERRE
- important dans la conftruétion de l’aiguille de la Bouflole, par rapport à I* différence qui réfulte pour fon effet, dans une aiguille qui feroit percée dans ce point milieu , & dans une aiguille qui n efl que fùfpendue.
- Le plan perpendiculaire qui partage 1 Aimant par le milieu de fbn axe, efl âppellé Equateur de fAimant.
- Le Méridien magnétique, efl: le plan perpendiculaire à l’Aimant, fuivant la longueur de fon axe, qui pafïe conféquemment par les pôles.
- Comment déterminer ces pôles \ c’eft par où il faut commencer : Bion eri indique les moyens de la maniéré fùivante.
- 11 faut percer un carton blanc liffe de la figure de la pierre (i), afin de l’er^ chàfTer dans le trou, enforte que fon axe principal fe trouve dans le plan de cette carte; puis femer de la limaille de fer ou d’acier en la tamifànt; enfuite de quoi on frappe doucement avec un petit bâton, afin que mettant en mou* vement cette limaille , la matière magnétique lui fafïè prendre un arrangement conforme au chemin que tient cette matière pour paffer d’un pore boréal dans un autre pore auffral ; & on s’appercevra que cette limaille fera rangée en forme de plufieurs demi-circonférences , dont les extrémités oppofées , marqueront les pôles de l’Aimant.
- On peut encore connoître ces côtés d’un Aimant en le plongeant ou le roulant dans la limaille de fer ou d’acier, où encore mieux dans de petits bouts de fil d’acier qu’on a coupés; pour lors ils feront plufieurs différentes configurations autour de la pierre ; il y en aura qui feront tout-à-fait couchés, d’autres à demi-couchés ; & enfin d’autres tout droits ; & ces endroits de la pierre ou ces petits bouts d’acier feront perpendiculaires, ou dans lefquels la limaille fera hériflée, feront immanquablement fes pôles ; l’endroit où ils fè tiennent couchés , marque fon équateur.
- Connoifîànt ainfi les pôles de l’Aimant, on déterminera leurs noms, en le faifànt flotter fur l’eau avec un petit morceau de liège, ou le fufpendant avec un fil, de telle forte que fon axe foit parallèle à l’horizon ; alors le pôle de cette pierre qui fe tournera vers le Nord du monde , fera le Sud de l’Aimant,’ & le point oppofé fera le Nord.
- On connoîtra encore les pôles d’un Aimant avec une Bouffole ; car préfen-tant une aiguille aimantée à une pierre d’Aimant, le bout qui aura été touché tournera aufli-tôt vers le pôle de la pierre qui lui convient, & l’autre bout de l’aiguille tournera de même vers l’autre pôle de la pierre.
- Il en fera de même d’une aiguille très-fine & très-courte, pôfée en liberté dclîùs.
- Les pôles d’un Aimant reconnus, il faut le fcier de maniéré qu’il foit bien! plan & bien poli à l’endroit de ces pôles ; la figure quon lui donne contribue
- (i) On peut placer auflî cette pierre fur un morceau déglacé polie, fous laquelle otx a ton une feuille de papier blanc.
- beaucoup
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- ET DE SES MINES. U. ÎÈakt, y9$
- beaucoup à fa force; il eft certain que de tous les Aimants de pareille bonté » celui qui fera le mieux poli, qui aura fon âxe le plus long , & dont les pôles fe rencontreront juftes aux deux extrémités , fera le plus vigoureux: ainli la ficaire la plus avantageufe à donner à l’Aimant eft celle où 1 axe aura la plus grande longueur, fans cependant trop diminuer les autres dimenùons.
- La force de l’Aimant s’étend tantôt plus, tantôt moins, depuis 8 à p pou-;
- ces jufqu a xq pieds» (
- Tout cela fait, on arme la pierre ; cette armure , dont l’utilité eft de réunir * diriger & condénfer toute la Vertu de l’Aimant vers les pôles , 8c d’augmenter par conféquent fa force, confifte à attacher plufieurs plaques de fer à la pierre : cette armure qui ne doit pas être placée ailleurs que furies pôles, doit être en proportion de la force que 1 on connoît a 1 Aimant»
- Pour conferver un Aimant, Bion veut qu’on le tienne dans un lieu fec par-mi de petits bouts de fil d’acier: il prétend que la limaille * qui eft toujours pleine de pouffiere, le fait rouiller ; on le fufpend auffi quelquefois, afin qu’ayant la liberté de fe mouvoir, il fe dirige vers les pôles du monde;
- Comme l’Aimant ajufté d’une façon où fa vertu puiffe s’exercer en toüte liberté indique le point de l’horizon vers lequel on marche ; l’aiguille qui à été frottée fur cette pierre , le fait de même. .
- L’opération d’aimanter cette aiguille, eft un art qui n’eft pas à négliger;' Pour y réufïïr, on coule doucement 8c on tire de loin l’aiguille trois ou quatre fois furundes pôles de l’Aimant, depuis fon milieu jufqu’à fon extrémité; mais il faut remarquer que le bout de l’aiguille d’une bouffole qui a touché à un des pôles de l’Aimant, fe tourne vers l’endroit du monde oppofé à celui qui regarde ce pôle; c’eft pourquoi fi on veut que le bout de l’aiguille fe dirigé vers le Nord , il faut le faire toucher au pôle de la pierre qui regarde lé Sud ; il faut faire la même chofe trois ou quatre fois, écartant la main en arc, afin que la vertu y refte mieux imprimée , & prendre garde de donner un feul coup;
- Jgjju contraire, on enleveroxt par la toute la vertu communiquée.
- Le bout de l’aiguille qui a été frotté du pôle méridional de la pierre d’Aimant, fe tourne toujours vers la partie feptentrionale du monde, avec quelque déclinaifon qui change de temps en temps (i).
- Une aiguille ainfi préparée, préfente deux particularités ; une inchnaifon 8c une déclinaifon : nous n avons ici qu un mot a dire de la première , nous traiterons à part de la fécondé.
- L’inclinaifon qui s’obferve confifte en ce qü une aiguille de bouflôle , étant en équilibre fur fon pivot avant que d’être aimantée, perd cét équilibré en l ai* mantant, & le bout qui dans ce pays tourne au Nord, panche vers la terre j comme fi elle étoit devenue plus pelante de ce côté-là ; e’eft ce qui fait qü ayant
- (i)La déclinaifon de l’Aiguille aimantée, eft l’angle que fait l’Aiguille avec le Méridien qu| paffe par les pôles Nord & Sud.
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- D U CHARBON DR T Ë RR Ë
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- d’aimanter les aiguilles , on lailîe lê côté qui doit regarder le Mord , plUs léger que celui qui doit regarder le Sud ; cette inclinaifon augmente à mefure qu’on approche du pôle, 8c diminue quand on approche de l’équateur.
- Plus l’Aimant fur lequel on touche les aiguilles a de Force, plus il leurs ^ conferver le magnétifme.
- Sur mer on fait exprès des aiguilles pour obferver cette inclinaifon ; mais dans les Mines cela n’eft d’aucune utilité.
- Du Compas de Mines, nommé ordinairement Bouiîoie de Mines * Bouffol®
- manuelle ou Boulïble de main.
- L a Bouflble eft compofée d’une boîte, qui porte fur le fond de fbn milieu un pivot ou une pointe élevée à angles droits ; à la hauteur de la forfàce fupé~ rieure au bord de laquelle eft une circonférence qui marque les degrés ; ce pivot porte une chappe, & for cette chappe eft attachée une aiguille aimantée * parfaitement en équilibre fur le pivot.
- La boîte ou la cage eft couverte d’un verre , qui garantit l’aiguille & tou-tes fes dépendances, de la rouille , de la pouffiere , de la crafle*
- Dans le fond de la boîte on a aujourd’hui coutume de placer un petit reftbrt, par le moyen duquel, lorfqu’on tranfporte la Bouflble , l’aiguille s’é-' leve contre la glace, 8c par ce moyen ne peut vaciller ; cette précaution empêche que la pointe du ftyle ne fe caffe, ou qu’il ne forvienne quelque dérange* ment par le frottement de Y axe 8c de la chappe. La conftruéHon de cette boîte, quant à la forme, peut varier.
- Parmi les Boufloles du Cabinet de M. Pajot d’Ons-en-Bray, appartenant â l’Académie > il y en a une très-jolie & très-commode pour les opérations de Mine*' La boîte eft une efpece de petit calice fixé fur une tige , qui eft implantée fur une bafe élargie en rond de la même maniéré que pour un chandelier.
- Il s’en conftruit qui font faites pour être toujours pofées à terre ; le plus ordinairement elles font comme celle figurée B /, PL VI. de la IL Part. & ce font les plus commodes par la facilité de les tenir, & de les porter par-tout à la maim De quelque maniéré que foit conftruit cet inftrument, les parties eflentieb les qui font à confidérer, font i°. le limbe ou bord circulaire fervant à indiquer les degrés par 24 divifions, for lefquelles font les noms des heures.
- 20, L’aiguille participant de la verticité de l’aimant (1) , la moindre cir-* confiance relative à cette piece & aux parties qui en font dépendantes , exi^ ge dans la conftruéHon une précifion & des attentions particulières, dont il eft à propos de mettre au fait ; on les trouvera développées dans la traduélion de Weidler, nous ne nous arrêterons ici qu’à ce qu’il y a de plus eflentiel.
- "ï
- (1) On appelle ainfi la propriété qu’a Paimant, pôles du monde, c’cft-à-dire , vers le Nord ou ou une aiguille aimantée, de fe diriger vers les vers 1 r 1
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- et ï>e ses Mines. ïi.
- Du Limbe circulaire de la Boujjoleî
- Le Lecteur eft fuffifàmment inftruit par ce qui à précédé, que la Géométriê fouterrâine a pour bafe la divifion de la circonférence en plufieurs parties; anciennement c étoiten trois cents foixanté parties ou degrés , comme fhoriÉon; Les Modernes y ont fubftitué plus à propos la divifion de cette circonféreilcë en 2 fois douze parties égales ou degrés que Ton a appelle heures, fans douté , parce que cette divifion convient avec celle que nous faifons d'un jour AJlro* homique (i) , & on a divifé chaque heure en huit parties*
- Le cerde ou la circonférence d'une Bouffble des difques horaires ; ü’âÿànE parce moyen que 192 parties, chacune de ces parties devient fenfible fur uii cercle qui n'aüroit qu'un doigt ou un doigt & demi de diamètre ; dans les Boufîbles communes des Houilleurs de Liège , Il eft de cinq pouces ; la pointé de l’aiguille aimantée * qui guide les Ouvriers de Mines dans leur eftintatiori j la montre plus diftinctement ; & Cela eft important dans les travaux fouter3 rains où l'on n'eft éclairé qüé par des lumières;
- La circonférence du Cercle Géométrique des Mineurs ayant ip2 parties oii degrés * la demi-circonférence en a 96 * & le quart de la circonférence qua3 rante-huit, ou 6 heures.
- Les fix heures diyifées en deux parties égales par ia ligné qui Coupe perpen*3 diculairement la méridienne (2) , & qui paffè par le centre du cercle, fe défi-3 gnent par des noms différents, félon l’extrémité & félon la direction de cette ligne vers les quatre parties du monde , & fe tranfportent fur l'inftrument dé la maniéré füivanté.
- A la partie Jeptentriondle, dn marqué fix heures $ & autant à la méridionale j fàvoir depuis trois jufqu'à fix , & depuis fix jufqu'à neuf.
- Les premières font nommées orientales ou feptentrionales, & les autres occid dentales ou méridionales : de maniéré qu'il n'y a que douze directions réelles j ces heures fervent à connoître la direction ou allure des Veines : car marquer les heures, en terme de Géométrie fouterrâine, c eft marquer au jour la direction d'une Viitie ou d'un Filon ; les Ouvriers de Mines jugent auffi & défigneni par les heures, îinclinaifon ou la pente des Veines ; nous donnerons à part dé Nouveaux détails fui c es objets*
- Cir confiances rertidrquables relativement à £ Aiguille de la Éôujjolet Pour les operations de Mines} les grandes Boufîbles doivent être munies
- t1 ) On appelle jour afiroriomidue un îou'r compofe de 24 heures, plus du temps necef-taire pour revenir au méridien*
- (2) Ligne droite dans laquelle le méridien St l’horizon , ou chaque plan horizontalCentre® coupent.
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- d’une Aiguille faite avec des lames d’acier trempé, limées très-délicatement: & fortement aimantées*
- Cette Aiguille eft figurée différemment, tantôt en dard par un bout, tan* tôt, particuliérement dans les grandes Boufïoles, en fléché; il eft avantageux que ces extrémités fe terminent en une pointe qui ne foit pas trop aiguë.
- Elles doivent avoir deux lignes & demie de largeur vers le milieu , deux ii-, gnes vers les extrémités : l'épailfeur doit être d'une feuille de papier ou d'environ un fixieme de ligne.
- La longueur de l’Aiguille eft proportionnée au diamètre de la Bouflbie* quant à cette dimenfion 9 il eft à obferver que plus les Aiguilles font longues, moins elles ont de vibration, & que les petites Aiguilles ordinaires ne font pas avantageufes pour les opérations de Mines, étant fojettes à être détournées & dérangées par la rencontre du fer, Sc autres fubftances de cette nature.
- Ce n'eft pas que les grandes Aiguilles ne foient auflï un peu ftijettes à l'ini-prefïion de ces matières ; mais on fait reconnoître ce voifinage, Sc remédier à l’inconvénient qui en réfulte ; les moyens ufités pour l’un Sc pour l’autre feront développés dans un inftant. v
- < Aux moyennes & aux petites Aiguilles, on place un fret ou anneau vers l’extrémité, afin de diftinguer la partie qui doit tourner vers le Nord ; les Houilleurs font dans l'ufoge de terminer en fléché l’extrémité qui doit regarder le Midi,
- Le poli de l'Aiguille a befoin d'être entretenu Sc rétabli ; il eft même néceft foire de la refrotter à l’aimant, quand elle diminue de force.
- Les différentes pièces qui touchent cette Aiguille , font encore fofoeptibles dans la conftruétion , d'attentions qui leur font particulières.
- Le ftyle, qui doit fervir de pivot ou de point d'appui à l'Aiguille, doit être d'acier bien trempé ou de métal de cloche ; il doit être délié, exactement droit, Sc fixé perpendiculairement fur la bafe, Sc bien pointu : cette pointe doit être extrêmement polie & un peu mouffe à fa terminaifon : il faut avoir foin de veiller à ce que ce ftyle conferve fon poli, afin que le mouvement de l’Aiguille ne fè rallentifle pas.
- La petite chappe de cuivre ou de laiton ou d’agate ou de pierre à fufil * dont elle eft garnie dans fon milieu , n’eft pas une des pièces les moins inté-reffontes de l'Aiguille ; cette chappe eft creufee fort droit en forme de cône î Sc on donne un petit coup de pointeau (i) au fond, pour que l’Aiguille ait un mouvement bien libre fur fon pivot.
- Le point effentiel relatif à la chappe, eft quelle foit, ainfî que l’Âiguilfo, bierîf placée dans le centre de gravité, qui fe trouve répondre au centre magnétique.
- Cette dilpofition eft un des articles les plus embarraffonts de la conftruétion d’une Bouffole. M. Saverien remarque très-judicieufement que cette difpofitien
- (i) Outil d’Horlogerie, en maniéré de poin- I & fert à marquer ou à faire des trous dans des çon il eft d’acier trempé, pointu par le bout, [ pièces de laiton ou de cuivre.
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- êt dë Ses -mîmes. n pAiï; 79$
- he demande ni ün efprit ni une main novice: la fufpenjîon (1) de cette partie tft difficile & délicate ; fi elle eft défeélueufe , la direélion de l'Aiguille eft al-* térée ; ce quil y à de fâcheux, e eft quil n'y a pas de réglé véritable fur ce point. Le coup d'œil & l'adrefte du Conftruéleur en décident prefqué toujours 5 encore ce coup d'œil & cette adrefle fe trouvent fbuvent en défaut par l’in-élinàifon de l'Aiguille dont les variations excluent toute forte d’expédient I à tout hazard, le plus fur eft de la fufpendre de maniéré que le centre de gravité (2) de l'Aiguille, foit le même que celui de fufpenfion : ainfi lorfqu’on dit qüë l’Aiguille doit être en équilibre fur Ion pivot, on entend qu'il faut que fon plan foit bien parallèle à l'horizon ; on pourroit au furplus fuppléer à cette difficulté par un coulant en cuivre*
- Ecarts ou variations de £Aiguille aimantée ; manière de les connoître j « caufes qui les occafwnntnt ; moyens d'y remédien
- _ • » - * • » -V ^ ï
- ’ L a direction de l'aimant varie & s'écarte quelquefois du vrai Nord , c'efti 4-dire , de la ligne méridienne du lieu où l’on eft , pour décliner , tantôt plus* tantôt moins vers l'Orient du vers l’Occident. Cet écart , nommé dèclinaifon } n'eft pas égal par-tout (3). On dit de même de la Bouftole qui doit marquer le Nord, qu'elle décline lorfqu'elle ne marque pas le Nord précifément, maté qu'elle s’en écarte un peu , foit vers VEfl, foit vers VOuefl; ce qui s’exprime j en termes de Marine, par Nord-EJlerpour le premier cas, & Nord-OueJlerÀ
- pour le fécond.
- La mefure de la dèclinaifon de l’Aiguille aimantée , eft la diftance apparenté fde l’Aiguille au point du Nord ou au point du Midi, marquée par la bouftole ; ori y parvient par l’arc de l’horizon compris entre le Cercle afunutkal du foleii & le Méridien magnétique ; on connoît cet are fous le nom èlAqimuth magnétiquei Cette dèclinaifon fe marque par les degrés d’un cercle parallèle à l’horizon j degrés qui font compris entre le Nord ou le Sud & la direélion de l'aimant* La variation de l'Aiguille aimantée dans le même lieu en différents temps | & dans différents lieux , mérite l’attention de celui qui fait ufâgé des inftru-*
- ments ; cette variation oblige quelquefois à des correélions d’autant plus néceft fàires, que les galeries font plus longues, ou les angles qui ont été pris plus éloignés les uns des autres.
- Voici comment les écarts de la direélion d’une galerie ^ des points cardi4
- naux , font indiqués par les écarts de l’Aiguille aimantée de la ligne méridiènne^ Lorfque la galerie eft dirigée vers l’Orient, c’eft-à-dire, fi fa direélion s’é~
- (i) En Méchanique, fufpehjion , eft le point cru eft arrêtée & fufpendue la balance.
- (i)E.i Méchanique , cm appelle centre de gravité d’un corps, un point par lequel ce corps étant fufpendu , fes parties font en équilibre * dans quelque fituation qu’elles foient.
- Charbon de Terre. IL* Part,
- ( 3 ) A Paris, l’augmentàtioÀ graduelle de cette dèclinaifon, remarquée depuis un liedeg* ceffe d’avoir lieu ; les Aftronomes la trouvent pour le préfent, à-peu-près de 20 degrés aq: Nord-Efh
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- tm DU CHARBON DE TERRE
- carte de la ligne méridienne, la pointe de T Aiguille aimantée tournera vêts U gauche de la quantité de cet écart, êc fa pointe marquera a gauche l’heure orientale ; voilà pourquoi dans la Bouftole du Mineur , on a tranfpofé les points d’Orient & d’Occidentdes lieux quils occupent dans la Bouffole ordinaire.
- L’Aiguille aimantée devenue un véritable aimant, qui attire ou qui eft ac* tiré par le fer, devient fènfible à l’impreffion des fubftances Ferrugineufes ou magnétiques ; ces matières très-fréquentes dans l’intérieur de la terre , font en général une des caufes les plus communes de lavariation irrégulière de F Aiguille aimantée. Il eft donc important de s’affurer en plus d’une ftation s’il ny a point de ce métal.
- Ce qui paroît le plus à propos pour cela, c eft de fe fervir de plufieurs Boufi foies ; fi dans la Mine elles ne s’accordent point comme au-dehors, celles qui auront plus d’aélivité, indiqueront qu’il y a du fer dans le voifinage.
- La pratique des Houilleurs, pour remédier à l’aélion du fer fur F Aiguille , quand il fe rencontre de cette fubftance dans le voifinage, eft fort fimple ; ils in* terpofent des planches ou de la toile; mais ces moyens, & fur-tout le fécond ,
- - pourroient quelquefois être très-infuffifànts. Les pores de la toile même cirée n’étant pas aftez ferrés pour rompre ou intercepter les émanations du fer.
- Le fer dans les Mines , n’eft point la feule chofe capable de déranger l’Aiguille aimantée ; les météores peuvent tout autant produire cet effet ; le froid qui condenfe les métaux, paroîtroit capable de re(Terrer les pores de l’Aiguille, d’empêcher les efflux magnétiques, & diminuer la vertu directive: les Auteurs qui ont écrk de la Géométrie fouterraine, recommandent en conféquence d’avoir l’attention avant de defcendre la Bouffole en hiver dans les Mines, de corriger cet inconvénient en la tenant quelque-temps dans un endroit un peu échauffé, fans cependant trop l’approcher du feu, &d’effuyer doucement la vapeur qui s’attache deffus ; j’ai interrogé {itr ce point des Ouvriers expérimentés ; ils m’ont afîuré que lorlqu’ils viennent à refaire la mefure au jour dans les temps de gelée , on n’obfervoit point de dérangement dans la vertu direétiye de l’Aiguille.
- Pratique abrégée de Géométrie fouterraine.
- O N n’a proprement à réfoudre dans toute la Géométrie fouterraine que des triangles reélilignes.
- Son premier Théorème confifte à trouver par le niveau d’inclinaifon l’angle aigu dans un triangle reélangle; ï à-plomb marque la perpendiculaire ou vertical le, & l’arc donne la quantité de l’angle ; les inconnus du refte du triangle fe découvrent par le moyen des Tables des Sinus , & par les réglés de la Trigonométrie , qui n’eft autre chofe que l’art de réfoudre , & d analyfer les triangles.
- J ai choifi dans Weidler, les plus efîèntielles des Proportions qui tendent à la pratique, au nombre de dix , fàvoir :
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- Ët DE SES MÏNËà. ïï. m
- 4, triangles à prendre & à réfoudre pour trouver les dimenfïons tune Miné de fe r .
- . Tracer ühe ligne droite dans un terreih impraticable*
- Quel point de la furface correfpônda un point donné deffousi Tracer une ligne droite fur une furface inclinée & inégale» y. Tracer la ligne qui communique (Tune Mine à une autreï
- . Pénétrer d’un point de la furface a un lieu donné de la Mine\
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- 7. Déterminer le point de la Mine qui correfpond verticalement à un point donné de fus.
- 8. 9. Trouver ïihcHnaifin & la direction des veines.
- t o. Opérations qui doivent fi faire à la furface du terreih * pour la réfolutioh de la plupart des Problèmes.
- A ces dix Problèmes * dont neuf feulement font énoncés dans PEncÿclcM pédie * nous en avons ajouté deux autres pour deux cas particuliers inté-reliants * relativement à la profondeur des puits de Mines.
- Le temps employé à fenlévement des paniers de Charbon du principal chargeage à fœil du Bure , peut être un article dé calcul utile furie produit journalier de la Houilliere : dans une fextraéiion fe failànt par plufieurS puits ou folles de profondeur différente , il s’agîroit de lavoir quel efpade dé temps emporte fextraéiion dé Charbon par chacun de ces puits. C’éft dans unë circonftance pareille que les échelles Logarithmiques font infiniment commodes^ & aident àr réfoudre promptement fans peine, avec le compas de proportion j les triangles reélilignés 5 8c autres genres de proportion ; e’eft aüffi à cè Cas que nous appliquerons la méthode de fe fervir de féchellé de Gunter, àfîri d éclaircir la notice fommajre que nous avons donnée de cet infiniment.
- Le Problème XIII eft tiré de fÔüvrage d’Agricola de re metallicâ. Cet Auteüf Livre V, développe en particulier, & très-nettement, la maniéré de mefurer par les differentes éfpeces dé triangles ; il en fait f application à la recherché du nombre de toifes qui relient à fouiller d’une Galerie de pied , ou Areîné commencée * & un Bure qui ne f eft pas, ou qui rie fe trouve pas entière’-*' ment profondé au niveau de f Areine que f on poulie vers le Bure * cm à lé recherche du nombre de toifes à fouiller pour, du Bure déjà commencé § ou tjui ne fefi pas , atteindre P Areînè;
- Cette connoiflànce peut être intéreflante pour afïeoir les combiriaifohs pouf les frais à faire* ou pour hâter foit f enfoncement du Bure 8c le travail dé la fouille* avant que f Areine foit conduite au pied du Bure* foit la pour-! ehalîe de 1 Areine jufqu’au Bure.
- La maniéré de mefurer dans f un 8t dans f autre cas , porte for la dimeri-Son du triangle que Ton fçait être diftinguée fuiyant fes trois côtés, qui font égaux ou inégaux entr eux, ou foivant les angles * dont chacun a fes propriétés particulières *de maniéré que la figure la plus fimple de toutes* (slés triangles*)!'
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- Soi DU CHARBON DE TERRE
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- efl d’un très-grand ufege dans la Trigonométrie, pour réfoudre par le feu! {y cœurs des triangles femblables , tous les Problèmes Trigonométriques*
- Nous donnerons en entier la méthode décrite par Agricola, pour s’en fer*'
- y
- *Vir dans la circônftance que nous venons d expofer.
- Parmi les pratiques des opérations de Mines , ou relatives à ces travaux , ij ten eft plufieurs, telles que le meforage, quelques points contentieux, même
- la folution de quelques Problèmes , qui exigent au préalable la connoiflànce
- «
- du plan.
- Cette eoniîdération paroît exiger quelques remarques fur la maniéré de rendre diverfement for le papier quelques parties de l’intérieur des Mines , pour aider à juger quelques circonftances relatives aux travaux & aux opérations , dans lefqu elles il efl fou vent néceflàire d’avoir fous les yeux la poli* tion, les dimenfions, les galeries.
- On font qu’il n’eft généralement poflibïe pour les Mines , de figurer fer le papier que des furfaces planes, comme une partie de montagne coupée d’à-plomb jufqu’à une certaine profondeur, ou bien une fuperficie fermant de bafe à la malTe, foit fupérieure , foit inférieure , que Ton exploite, laquelle bafe efl alors fuppofée rafée au niveau.
- Les projetions (i) qui peuvent être fenfiblement utiles dans les opérations de Mines, fe réduifent par conféquent à deux efpeces ; lavoir, celle dans laquelle on préfente aux yeux une étendue de face, Sc celle où Ton repréfente une étendue en fuperficie horizontale.
- La première efl diftinguée par le nom de profil, la féconde par le nom de| plan géométraL
- Weidler a traité amplement tout ce qui a rapport aux plans à lever dans les travaux de Mines ; nous nous arrêterons ici uniquement & très-fuccinéle* ment au profil & au plan géométral, comme étant d’un ufege plus fréquent , Ôc for-tout comme ayant rapport à une autre maniéré, que nous communiquerons dans l’article fécond, pour remplacer plus utilement ces plans dans des cas de Ipéculation particulière.
- De l3Ichnographie ou Plan géométral Pane Mina
- Ce que Ton connoît généralement fous ce dernier nom, efl appellé air* - trement Ichnographie ; ce qui fignifie la repréfentation du veftige ou de fini-’ preffion que l’on foppofe être lailfée par un corps quelconque for un endroit ou il a été pofé. Les planches XXII, XXIII, XXIV, XXV, Part. H > font des exemples de ce plan parallèle à l’horizon, dans lequel tout ce qui y efl reprefentç ne forme plus qu un plan plat, comme fi on regardoit l’objet 4e ^aut,
- (i) En Perfpedive, on appelle Projection, une paroîtroient û Toeil étoit plâcé en certain certaine vue , feîon la fituation des corps dont point, on trace la description fur un plan, tels qu’ils ,
- Toutes
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- 'et de ses mines, ïi %
- Toutes les parties de Charbon, confervées pendant lé temps d*unè exploita* tion , ou pour fervir de piles & de foutien au toît des Veines & galeries * ou qui étoient les murailles de ces galeries, font fuppofées rafées prefqu’au niveau des routes récitantes des Charbons exploités & enlevés.
- Dès-lors on apperçolt feulement la trace de ces différentes partïés dé Charbon, qui dans la Mine fubfiftent en élévations ; ce qui rend fenfiblë ét*‘ même-temps , & lepaiffeur confervée à ces maffifs , non travaillés à deffehï j ou à ceux qui doivent être attaqués dans la continuation des ouvrages, & les différentes aires (r) des feuterrains , & les directions données aux routes qui étoient pratiquées dans la Mine*,
- Le problème VI de Weidler a pour objet de faire l’Ichnographié de! fouterrains où Ion s’eft fervi de la Bouffole»
- Orthographie , Profil > Vlan élevé ou Coupe d'une Mine, Reéta piétura«? )
- On appelle amfi la maniéré de repréfenter le centre d’une montagne trâ* verfée ou percée de fouterrains, & dans laquelle cri veut faire voir la pofitiün des routes inférieures & fupérieures, par rapport à la hauteur perpendiculaire des différents puits de communication creufés des premières veines à Celles qui font au-defloüs.
- Le coup d’œil des planches îchnographïques fuffit pour faire voit que la pro* jeétion Orthographique ne peut jamais exprimer aflez clairement & affez flet* tement , que de très-petites portions des ouvrages fouterrains * tant fupérîeurs. qu’inférieurs ; il eft fouvent très-difficile , on peut même dire impoflible, dé faire fentir {ans confufion, dans un plan de cette éfpece * ces différentes parties.
- Lorfqu’il s’agit donc dé porter Un jugement fur quelque point Contentieux: un peu délicat, il n’y a de vrai moyen que celui de la defcente des Experts dans la Mine, à l’effet de vifiter les ouvrages.
- La feule circonftancé dans laquelle l’Orthographié eft utile, c’eft pour don* ner une connoilïànce précife de la nature de la Montagne que Ton fouille des couches ou lits terreux & pierreux qui précédent la Miné, de l’ordre dans lequel elles fe trouvent placés les unes fer les autres, de leur épailfëur * de leur inciinaifon : on voit des exemples de ces profils dans les premières Planches*
- L’Orthographie eft d’autant plus digne de fémarqüe dans ce cas , que cettè repréfentation d’uiie Montagne coupée par le milieu , n’eft précifément qu’uiiê efquiffe (2) ou repréfentation allez aifée à faire à plufieurs traits fimplës , fans être accompagnée des ombres qu’on a coutume d’ajouter au fimpie trait*
- (1) Area. Monochrome , Monogrammes $ ïcon , Delineatîg
- iconicat
- (2) Monogramme, dsiïein Monogrammatique,
- Charbon de Terre, IL Paru Bÿ
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- So 4 DU € HA RB ON DE TERRE
- Principaux Problèmes de Géométrie fouterraine ; avec leur folution,
- î# Déterminer la profondeur et un puits de Mine•
- L a Figure 7 de l'Encyclopédie, & la Planche I, de Weidler, relative à ce' Problème, repréfentent le profil d’une galerie, & le puits ou bure dont on veut
- connoître la profondeur ; les angles font mefurés avec le niveau : on comment
- *
- ce de mefurer à la chaîne les hypoténufes 3 c eft-à-dire, les côtés du triant gle oppofés à l’angle droit, & réfolvant les triangles reélangles * on obtiendra les côtés verticaux, qui étant ajoutés à la profondeur du puits * donneront la profondeur totale de la Mine.
- On doit obferver fur l’ulàge du niveau, pour la folution de ce problème ^ que le niveau ne fuffit pas; & fi on l’emploie, il faut une faujfe-équerre ou Récipiangle.
- Opération.
- O n met un des côtés de niveau, Voye\ fig. 8 , PL LIV, St on vifera par l’autre côté de la réglé au fond du Bure avec cette précaution.
- Si l’œil eft à l’extrémité d’un des diamètres fiipérieurs du Bure, il faut vifer à l’extrémité inférieure du diamètre oppofé au fond du Bure, où fera une lumière.
- Si l’œil eft en A , il faut vifer à B, où fera une lumière.
- Calcul.
- A C, efl; le diamètre fiipérieur qu’on mefurera* C étant bien à-plomb fur B, & la réglé de 3 efl: : A C efl: à B C comme le rayon eft à la tangente ; par exemple, fi le récipiangle donne avec un rapporteur l’angle C A B ,de 57 f degrés & fi A C eft de 6 pieds, on fera le calcul fuiyant.
- Tangente de 77 Logarith. 10. 6f 42448; 6 pieds, o* 7781512,
- Savoir 27 pieds, 06. ïi. 4323960; Profondeur du puits, 27 pieds, 8 f lignes.
- II. Déterminer quel point de la furface de la terre répond au-dejjus d'un point donné dans une des Galeries fouterraines de la Mine.
- Cette queftion à laquelle fe rapporte la Figure n de Weidler , Plan-» chell, & la 10e.de l’Encyclopédie, fuppofè qu’on a levé avec 1 q graphomé* tre & la perche, le plan de la Mine , & le plan lupérieur à la fiirface des Bures ou puits ; les deux plans comparés réfoudront la queftion.
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- BT DÉ § BS MINES, il. £A*fi
- ïîï. Déterminer un point de la Mine qui éôrrèjpôndrâ verticalement à un point donné au^dejfus.
- Figure iO > Flanche II, de Weidler 3 & 14e. de ^Encyclopédie.
- Il ne s’agit que de réduire les deux plans au niveauj ceft une affaire dé projection*
- |V. Communiquer d'un point far la furface de la terre, à un point ou Iheà donné dans iintérieur de la Mine»
- Figure 22 de Weidler, Flanche II; 13e, de l'Encyclopédie^
- Il en eft de cet ce queftion comme de la précédente.
- V, Tracer là communication ou la ligne qui communique d'une Mine à une âùtU\
- Figure 23 9 Flanche IV 9 deWeidler, 12e. dé l'Encyclopédie,
- Cita eft décidé par le plan ou par la partie du plan , qui feule doit avoir été bien levé pour réfoudre cette queftion.
- VI. Déterminer la direüion d'une Galerie dans laquelle on ne peut faire ufagi de la Boujjole , taiguille étant troublée par 1*action d'une Mine de Fer*
- Troifieme Problème de Weidler, page 5j.
- Figure $ ? Flanche I de ‘Weidler, 8e. de FEncyclopédieè
- Avertissement.
- Lorsqu’il y a aflez d’efpaee , on peut tendre un cordéau, & placer de dift tances en diftances la BoufTole fous le cordeau ; par-là on verra quels font les plus grands écarts, & peut-être y aura-t-il quelques points du cordeau , ou la BoufTole ne fera pas altérée : fi on n’y réuffic pas , il faudra fe fervir des mé* thodes fuivantes.
- Dans le cas où la Galerie aboutit à un puits ; mettez fur l’ouverture du Bure un cadranfolaire que ion fuppofe orienté, en lui faifant marquer l'heure qu’indique une montre réglée.
- La méridienne du Cadran donnera la direction d’un des diamètres du Bure que l’on barrera par un madrier. Ce madrier vu du fond du Bure , fera diftin-* guer l’angle que fait la^ Galerie avec la Méridienne, en fe fervant du grapho métré. Si la Galerie n’aboutit pas au Bure, il faut obferver avec le grapho-métré les angles de détours de chaque Galerie qui conduit à celle qui eft fous .le Bure, & mefurer à la perche là longueur de ces Galeries, ce qui fuffira pour les diriger toutes. La première qui eft fous le Bure, ayant une direction connue avec la Méridienne ; le plan fera levé*
- Lorfqu’il y a plufieurs Bures, on lèvera le plan fupérieur avec le cadran & le graphometret
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- U CHARBON DE TERRE
- VïL Tracer une ligne droite fur un terrein inégal, & incline a l horizon; Figure ta 9 Planche II, de "Weidler, i ie« de 1 Encyclopédie»
- On y procédé par des ,Jallons ou la P oinme en forme d equerre <1 Arpenteur 5 cette derniere façon eft tres-commode.
- VIH. Tracer une ligne droite à travers un terrein impraticable, ou plutôt trouver les deux extrémités & la direÜion à chaque extrémité de la ligne que l'on fup^ pofe traverfer le terrein.
- Figure 13 > Planche XI, de Weidler, pe, de ^Encyclopédie.
- Cette huitième queftion rentre dans la précédente, parce qu’il eft à fuppofer que le plan a été levé avec foin , & quileft facile de tracer la ligne fur ce plan, & de la fixer par des mefures.
- .....v ••
- IX. X. Trouver la fituation , c efa-dire , la direction & le pendage de la VdneK
- -Oe problème concernant la direction 9 8c celui concernant l’inclinaifbn de la Veine, forment les 14 & iye Problèmes de la Géométrie fouterraine de Weidler. Nous leur ftibftituons ici une méthode particulière , inférée dans les Mémoires de F Académie de Suede, An. 1747 , Tom. VIII, pag. 149.
- Première Proposition.
- Trouver la direction & le pendage des Veines de Charbons de terrée par le moyen de trois ouvertures pratiquées en forme de triangle, fur unq couche de ce minéral.
- PREMIERE RÉ S O L U TION.
- Prenez la dimenfion de l’ouverture B b, qui eft la plus élevée, fig. 2* PL XLII, & notez exactement de combien les deux autres ouvertures A i,Sc C 2 , font plus baffes.
- Mefurez la diftance horizontale de la plus profonde ouverture C 2 à la* moins profonde B b : comme la différence entre la plus profonde ouverture C 2 avec fbn élévation c 2, & l’ouverture la moins profonde Bb,tft à la diftance b c, entre l’ouverture B b, Sc C 2 ; ainfi eft la différence exaéie entre l’ouverture de profondeur moyenne A, avec fon élévation a r, Sd l’ouverture la moins profonde B b, à une étendue fb , qu’on prend de b, fur la ligne b c, & les ouvertures B b Sc Ce. Une ligne tirée de l’ouverture la moins profonde B b, en f, montre l’élévation de la couche, Sc une perpen-, diculaire fur la même ligne donne à connoître la pente de la couche.
- Démonstration.
- Soit A B C, la fuperficie d’une couche de Charbon que l’on regarde ici comme un plan incliné ; foient B b, A, Sc C 2 , trois ouvertures creufées
- perpendiculairement
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- ËT DE SES M ÏN E SAÎL VkH’f. io 7
- perpendiculairement fur la couche (1) : pofez qu’en creufant on ait trouvé que l'ouverture C c étoit là plus profonde , & celle de B b la moins profonde I foient ai &LC2) les différences des profondeurs d’avec celle de l’ouverture B b, qu’on fuppofe être la moins profonde: tirez une ligne exaéte par les points a h 8c b c9 pour former les lignes a b & b c qui doivent être horizontales : par B tirez*-en une autre B L , parallèle de la ligne a b , 8c une autre B K , qui fbit parallèle avecé c: pofez que la ligné a f, montre l’élévation de la couche : faites defcendre du point f une perpendiculaire fC, fur la ligne B K , & continu ez-la jufqü’en F où elle rencontre la couche : tirez des points L A , des lignes LG 8c A F, qui foient parallèles avec la ligne a f. (Voyez 8 Errata pouf la ligne vingt-huitième de la page précédente. )
- Les triangles B K C & B G F étant femblables, on trouve CK: BK: 1 G F :B G ; or C K étant égal à Ce — b B 9 B K doit être égal à b c. G F, ou LA égal à A a —b B 8c B G, où b f eft la diftânee du point/’, de loin verture B b ; par cette raifbn , fi l’on connoît la différence entre l’ouverture la plus profonde C 2, avec fa dimenfion , & la moins profonde B b , la dii-tance b c entre ces deux ouvertures eft la différence exaéle entre l’ouverture de la moindre profondeur A i9 avec fa dimenfion a 1, & l’ouverture moins profonde B b ; on trouvera de même la longueur bf9 tirée d’une ligné de a en f $ ou entre l’ouverture de la moindre profondeur A a, & le point f montrera ainfî l’élévation de la couché*
- Une couche de Charbon étant regardée ici comme un plaft incliné, il s'enfuit qu’une ligne perpendiculaire tirée de d enjf, doit donner la hauteur de l’é* lévation & la profondeur de la couche , 8c l’on jugera que l’élévation doit être nécelfaîrement du côté où eft l’ouverture la moins profonde B b, 8c qu’au contraire l’abaiffement doit être du côté de l’ouverture la plus profonde C et
- Corollaire L Si les ouvertures Ai, C28C B b, font d’une profondeur égaie, il s’enfuît que la Veiné eft horizontale.
- Corollaire II. S’il n’y à que deux ouvertures qui foient de profondeur égale , alors la ligne qui eft entr’elles dénote la direélion de la Veine; 8c la troifîeme ouverture, quelle foit plus ou moins profondè , donne à connoître vers quel côté la Veine s’élève du defeend.
- Scholie. Il faut bien prendre garde que les couches qu’on à rencontrées -aux ouvertures B b, A i 8c C2 foient d’une même teneur; car fi l’on y obfèr-3 voit une différence bien forte, ceferoit une marque que la Veine & les eou^ ches auroient lubi quelque interruption, & alors on ne pourroit plus fe fier à ce calcul ; mais il faudroit que dans les champs on pratiquât tant d’ouvertures à différents endroits, jufqu’à ce qu’on en* eût trouvé trois où les couches luffent d’une même qualité 8c teneur : ce qui ne fera pas difficile à trouver dans un terrein inégal.
- f 1) Il faut ajouter dans la figure, au fommet de l’angle c a 3> la lettre b, eorreljpondanfe à B ; plaeéè i fous a, 8c 2 fous c. ? r
- Charbon de Terre. IL Pan< Tp
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- DU CHARBON DE TERRE
- Seconde Proposition.
- Trouver les degrés de l’angle que forme la pente d une Veine de Charbons ^ là direction étant trouvée par la Proposition précédente.
- Résolution & Démonstration.
- Mesurez la ligne af9Sc vous trouverez la longueur de la perpendiculaire b g : car les trois côtés du triangle a b J {ont connus, & A L, étant égal à A a — B b 5 on connoît auffi comment le finus total efl: à la tangente pour l’angle A B N, qui donne le degré de la principale pente de la Veine,
- XI. Application des principes établis à un cas particulier , ou Opérations qui doivent Je faire à la furface du terrein , pour la réfolution de la plupart des Problèmes.
- Figure i$ de ^Encyclopédie ; 20 deWeidler 3 Flanche IV1
- Ligne qiiil faut mefurer à travers des plans inclinés.
- 1°. Soit A B 9 Çfîg* Ç 9 PI LïV, de la fécondé Partie ) la ligne qu’il faut mefurer, à laquelle on ne peut arriver que par des détours ou des plans inclinés A C 9 B C*
- On place en A VAflrolahe , & on obferve fa-plomb A C qu’il faut tenir pour parvenir en C $ ce qui conftitue fObfervateur en deux opérations* L’une confifte à prendre la hauteur du point C 9 & l’angle qui forme ce plan avec la Bouffole ou la Méridienne»
- 20. On mefure auffi avec la Perche l’hypoténufè de ce plan incliné A C 30. On fait les mêmes opérations que ci-deflus pour la ligne C B ; lavoir, pour la hauteur ou l’abaiifement du point B & là longueur & direction avec la Méridienne.
- Application,
- O N part de A ; on a mefuré la hauteur de C avec la ligne horizontale ; ce qui donne l’angle de hauteur CAD; on connoît auffi l’angle N A D avec la Méridienne, & parce que A C a été mefuré à la Perche, on la réduira à la bafe A D.
- On place l’inftrument, ( c’eft-à-dire, YAJlrolabe ) en C, & on prend l’angle de hauteur B C F, en fuppolànt que C F 9 foit la ligne horizontale , de même que l’angle que forment les plans verticaux B C F & ACD ; on mefure auffi B C a la perche, ce qui la réduira à l’horizontale C F , ou fort égale D E , & on conclud f angle compris {bit par la Bouflble , foit par 1* Méridienne.
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- ET DE SES MiJVES, ïl Part, So£
- té plan étant ainfi fixez laide des lignes horizontales AD 8c C F, qu'on âura calculées, le point B fera déterminé^ & fa hauteur au-defihs de A > ferâ égale aux lignes de hauteur C D & B F, parce qu’on a toujours été en montant , ( ce feroit la différence , fi Tune des galeries avoit été en montant * & fautre en defeendant. )
- On fait donc combien À eft plus bas que B ; on fait encore par les lignes horizontales & par la Méridienne , à quelle direétion de l’horizon ou dé la boufiole, il faut tirer la ligne A B; & puifque Ion connoît les lignes À G Sc B C , Sc langie compris A CB y ou plutôt A D Ey on aura la longueur À
- Exemple& . J
- Soit la ligne À B y fig. rô, qu’il s’agit de mefurer à l’aide des deux lignes ou galeries très-inclinées À C, B C par où Ton peut communiquer dé Â en B.
- A l’aide du niveau de ïofirolabe , je cherche la valeur de la ligné horizontale A D , favoir par le niveau en mefurant , fig. 11, les lignes de niveaii rz , i ; i , 3 ; d c; qui font égales aux lignes parallèles A E y E F, F D% c eft-à-dire, leur fomme à la ligne A D : par l’afirolabe , je regarde avec les pinnules combien le point C eft élevé relativement au point A y Ce qui fo pratique en vifànt du haut d’un piquet placé en A, à une bougie placée fut un fécond piquet de pareille hauteur , placé en G, Sc je me&re la ligné inclinée A Cè \
- C Aie u L.
- Soit la ligne A C, fig, îô, de 47 pieds, & langie d’élévation G Â L? de 17 degrés , on fera le finus total, c eft-à-dire, le rayon : A Ci: Sinus A : C D.
- Cofinus A: AD.
- Logarithme d cA Cou 47 pieds. 1. 6720979. 5 ; ï 672097^
- Sinus de A = 17 degres o.
- Donc C D fera 13,74 pieds* ou de 13 pieds , 8 i pouces.
- Donc A D fera 44,94 pieds.
- ou de 44 pieds, il f pouces.
- On peut foppléef aux calculs précédents , avec la Réglé logarithmique dé Gunter, en portant une pointe du compas fur le Logarithme de 90 , & 1 autre pointe fur le Logarithme de A C de 47, qui eft donné par l’échelle des
- nombres.
- La même ouverture portée depuis le fmüs logarithme-de 17 degrés ,& pareillement de 73 degrés j qui eft fon complément ou cofinus de A > donnera fur l’échelle des nombres, les qes termes 13 , 7 SL 44,9 quon cherche.
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- U CHARBON DE TERRE
- Réglé particulière pour convenir les Décimales (i) en pouces. ïoo : 74: : 12 pouces 2 8 pouces 88 Sc 1000: 94J Pouc- 12 11,34 pouces.
- On peut opérer ainfi fans calcul fur l’échelle logarithmique des nombres. Prenez ladiftance de 100 à 74, & portez la même ouverture du compas depuis 12 pouces jufquà ce que l'autre pointe vous indique 8 I pouces.
- 74 945
- 12
- 148 189O
- 74 945
- 8,88 |n> 34°
- _ ~ 1—* j i
- Soit maintenant le point B plus bas que le point C de la quantité B F : ce que Ton aura trouvé par le niveau , de même que la longueur de la ligne horizontale C F. Si au défaut du niveau, on fe fert de Yajlrolabe qui donne l'a-kaiflement de 5 degrés , on mefurera CB, que je fuppofe de 53 pieds, & on calculera l'horizontale CF f Sc la hauteur B F*
- Calcul.
- L e finus total ou rayon : C B : : finus F C B : B Ff
- fon cofînus. ... : F C.
- Logarit. de C 5= ^ 3 pieds 1, 72427/2. . 17242752*
- Sinus de £ C F 5 degrés 8. OT;q
- 10. 554571p. donc C, 52 pieds 8o
- ou de 52 pieds 9 pouces, f ou i.
- donc B F > % pieds 62 , ou de 4 pieds 7 pouces & demi, ou un tiers, 1
- Examen des hauteurs. ;
- C eft plus élevé que A de 13,74 pieds. ) 1>rr, . ,
- B eft plus abaiffé que C de 4,de. \ I3’
- Ainfi le point B fe trouve plus haut que le pointé de 9 pieds x pouce {a Voyez Fig. 10.
- Ainfi puifque le point B eft encore plus haut que le point A de la quantité B £ =* 9 pieds , 12, je prolonge la ligne verticale B F jufqu’en E 9 afin de fixer le point E dans le plan horizontal qui paffe par A , & je mefiire l’angle A C B, que forment les plans verticaux A CD Sc B F C. Soit cet angle de 43 degrés.
- (1) On appelle Décimale, tout ce qui eft à mes, s’il n’y a qu’un chiffres des centièmes, s’il droite par-delà la virgule : & ce font des dixie- y en a deux, &c.
- Calcul
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- ET DE SES MINES. II. Part. 8n
- Calcul de A Ë.
- O N connoît les deux côtés AD Sc D E, ou Ton égal CF, & l’angle formé par les deux plans verticaux ,ADE.
- Analogie.
- L e côté A D = 44 pieds, 547. eft au côté D E = $2, 800.
- Ainfî la tangente 45.
- A la tangente du 4e. terme.
- Enfuite la tangente de 45 d.
- Eft à la tang. du relie 4 c!. 36 Ainfi la tang. de la f fomme des angles A la tang, de leur | différence.
- Le plus grand angle.
- Petit angle.
- XII. Déterminer le temps ü dans une Mine où
- » ii. 722633p.
- 1. 65269^2.
- .10,069929J. . 7 4p deg. 361111117
- ôtez
- relient 4 35.
- * ; * log. 8. 5055657.
- inconnus 68 j. 30'. 10. 4046025'. . . . nd. 33'. 15.3101722e
- , ; . . 8o°. 3'.
- , . . . 56°. 57'.
- employer pour remonter un Puits * il y a un fécond Puits.
- Une Mine a deux puits d’extraélion : un de ces puits fe trouve avoir yôo pieds de profondeur ; l’autre eft de 640 pieds plus profond : 5*40 fécondés , ceft-à-dire , 5 minutes font employées à remonter le puits le plus profond , à l’aide des chevaux & de la machine à moulettes.
- On demande combien il faudroit de temps pour remonter pareillement le puits de 500 pieds.
- Je difpofe ma réglé comme il fuît :
- 640 Pieds : 540 fécond» ; ; y00 pieds à 422 fécond» ^ê, terme* ou 7 min. 2 fécondés;
- Je paffe fur l’échelle des Logarithmes des nombres * l’une des pointes du compas fur 640 , & l’autre pointe en arriéré fur 540 ; avec cette ouverture que je porte de même en arriéré du Logarithme de J00 , je trouve que la même ouverture du compas indique par fon autre pointe 422 7 fécondés, ou 7' ,22", de temps.
- Soit un triangle reétangle * formé, par exemple, par l’un de ces puits, dont l’ouverture ou bafe du triangle fera 12 pieds * & l’autre côté égal à y00 pieds; on demande fous quel angle cette ouverture paroît d’en-bas, on fera :
- Comme 500:12:: rayon: à un 4e. terme qui fera la tangente de l’angle que l’on cherche ; je porte la pointe du compas fur l’échelle des nombres $ favoir fur 500, & l’autre pointe en arriéré fur 12 : enfuite fur l’échelle logarithmique des tangentes , je place l’une des pointes fur la tangente de 4^ degres ; je trouve qu elle eft égale au rayon ; & la même ouverture du compas portée en arriéré , indiquera la tangente i° 22' f requifè : ou bien félon Charbon de Terre. Il. Paru V o
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- Sri .DU CHARBON DE TERRE
- la proportion alterne , au lieu de prendre de yo a 12, Par ^ échelle des nombres , & de porter la pointe du compas en arriéré > conformement a la première opération fur la tangente 4 J > afin *lue 1 autre P°‘nte *n<^*fue 1 22' » en arriéré , il faudra porter en avant & obliquement fur cette echelle, depuis le nombre 500 jufqua la tangente de 45°, &c. le même intervalle porté auflî en avant depuis 12 , au commencement de cette échelle des nombres, donnera avec la même obliquité fur celle des tangentes i° 22' tout au plus. cette derniere pratique eft plus commode , en ce que la proportion alterne ne requiert pas d’auflî grandes ouvertures de compas que 1 autre.
- XIII. Calculer combien il refie à fouiller un Puits en profondeur, pour rencontrer le niveau d’un Canal ou de l’Areine commencée au pied de la montagne.
- I l s’agit ou de mefurer un elpace qui n eft pas encore perce , & qui eft fitué entre le puits & l’entrée de l’areine ; ou il s’agit de faire cette opération, entre la bouche du puits & l’aqueduc, jufqua l’endroit de-ce canal qui eft percé fous le puits ; ou enfin il s’agit de mefurer un efpace entre ces deux points donnés. Voye{ fig. 1. PL XLIII de la fécondé Partie.
- Si la fouille de l’areine n’eft pas avancée jufqu’au pied du bure, ou fi le bure n’eft pas alfez profondé, pour que le canal y communique , il refte un efpace à fouiller dans chaque extrémité de l’une & de l’autre de ces deux fouilles.
- Que ce foit dans l’un ou dans l’autre cas, voici comme Agricola décrit la maniéré de procéder : le Mefureur fixe dans les galeries ou dans les Areines, les termes des fuperficies, de la même maniéré que le Maître des Mines marque en-dehors fur la fuperficie les termes des routes fouterraines.
- Alors il faut mefurer le petit triangle,.afin d’eftimer par lui le grand angle ,
- 8c être fur-tout attentif dans cette opération à ne pas s’écarter de la vraie me-fure ; car la moindre négligence en commençant, entraîne de très-grandes erreurs en finiflànt.
- Comme les puits , attendu leurs différences entr’eux , ne s’enfoncent pas de même en profondeur, comme auffi les Montagnes & les Collines ne fe terminent pas de la même maniéré en plaine ou en vallée , on fait plufieurs triangles.
- Si le puits eft droit, il exige un triangle ortogone, c’eft-à-dire, à angle égal lequel félon l’inégalité de la déclivité de la montagne, a ou deux côtés égaux,
- & eft appelle triangle ïfofcele, ou trois côtés inégaux , 8c eft nommèfcalene ; car dans un triangle de ce genre , il ne peut y avoir trois côtés égaux.
- Si le puits marche obliquement, 8c eft creufé fur une feule & même veine dans laquelle on poulfe le canal, il fe fait de même un triangle à angle rectangle, lequel félon la différence d’égalité dans la dévexité de la monta-, gne , a auffi deux côtés égaux , & trois cotes inégaux.
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- ET DE SES MINES. IL Part. 813
- Quand ce puits étant oblique, fe trouve creufé fur une autre veine , & une galerie fur un autre filon, il en réfùlte un triangle à angle obtus , ou dont tous les angles font aigus. Le premier nommé obtufangle, le fécond appellé acutangle : ni celui à angle obtus , ni celui à angle aigu , ne peuvent avoir trois côtés égaux ; mais félon la différence de déclivité de la montagne, deux côtés égaux ou trois côtés inégaux.
- Celui dont tous les angles font aigus, a , félon la différence de la déclivité de la montagne, ou trois côtés égaux , ce qu’on appelle équilatéral, ou deux côtés égaux ou trois côtés inégaux, ce quon nomme triangle ifofcele Sc fcalene.
- L’art du Mefureur devient alors néceflàire , Sc voici comment il procède % Aux côtés du bure on place un appui A , fi les poutres du hangard ne permettent point d’y établir une perche en travers ; on fait enfuite defcendre dans le bure ou puits une corde D attachée au haut de la perche , Sc chargée d’un poids; alors le Mefureur tend une féconde corde F H, attachée à la tête de la première corde le long de la pente de la montagne feulement jufqu’à l’entrée de l’aqueduc /, Sc l’afîujétit en terre au point G : puis de la même perche, il fait partir parallèlement à la première corde DH, une troifîeme corde K, chargée auffi d’un poids L , de maniéré qu’elle vienne couper l’autre corde F H , qui defcend obliquement.
- Enfuite de cet endroit où la troifieme corde K coupe la corde F H, qui defcend obliquement à l’entrée du canal, il commence à mefurer , vers le haut, la partie de cette corde F, qui defcend obliquement & qui va en H jufqu’à la tête de la première corde D , & il annote cette première mefure M. Enfuite en recommençant par l’endroit où la troifieme corde K, partage l’autre corde , il mefure droit du côté du premier efpace , qui eft entr’ elle Sc la partie oppo-fée de la première corde D ; il figure ainfi le triangle, Sc annote de même cette fécondé mefure N.
- Alors, fi le cas le requiert, il mefure, vers le haut, l’angle de la première corde produit par cette féconde mefure jufqu’à la tête de l’angle ; ce qui lui fait une troifieme mefure, qu’il annote.
- Au furplus, lorfque le puits eft enfoncé obliquement ou perpendiculairement fur la même veine dans laquelle on poufîe l’aqueduc, il eft néceffaire que la mefure de la première corde réponde d’équerre en longueur à la tête fùpérieure de la troifieme corde qui touche la fécondé.
- Ainfi autant on trouve les premières mefiires dans une corde entière defcen-dante obliquement , autant les fécondes mefiires indiquent l’intervalle qui eft entre la bouche de l’aqueduc Sc le puits creufé à la même profondeur ; il en faut faire autant au troifieme intervalle, qui fe trouve fitué entre la bouche du puits & le fol de l’aqueduc.
- Quand fur quelque montagne la plaine eft égalifée, le Mefureur mefure d’abord la plaine par la même méthode ; enfuite vers le pied de la plaine, il
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- 2r4 DU CHARBON DE TERRE
- -établit fbn appui, & juge par fon triangle la partie déclive de la montagne ï & au nombre de toifes Sc de pieds par lefquels fe manifefte la longueur de cette pente , il ajoute les toifes de la longueur de la plaine, Sc comme la pente -de la Montagne fe releve quelquefois , la corde F ne peut defcendre du puits à l’œil du canal /, ou au contraire la corde ne peut defcendre de l’entrée du canal jufqu’au puits , Sc ne peut atteindre cet endroit. Le Mefureur alors mefm* re la montagne afin d’avoir un triangle jufte , Sc vers le bas , de haut en bas, il place fous la première partie de la corde une perche longue d’une toife , tantôt une demi-toife, Sc enfuite la toife entière : il ajoute enfùite aux angles une ligne droite qui lui eft néceffaire pour établir fon triangle.
- XIV. Maniéré de tracer les concevions de Mines.
- L a Figure i, de l’Encyclopédie relative à ce titre (i) , repréfènte des perfonnages occupés à marquer fur le terrein, par des alignements tracés fur la fuperfîcie , Sc par des pieux placés à certaines diftances, les mefures de terrein de la conceflîon.
- Quelques-uns de ces perfonnages tiennent à la main la baguette divinatoire (2), ce qui fuppoferoit quelquutilité dans ce moyen dont les partifàns font obligés de rapporter les phénomènes à la Phyfique occulte. Nous devons ici,1 2 3 <& c eft à quoi nous nous bornerons ,) prévenir le Leéteur que les Mineurs expérimentés ne font nul cas de cette pratique 2 un lavant Anglois (3), ajoute feulement à ce fujet, qu’ils prétendent néanmoins que lorfque la Mine eft ouverte, il eft poflible avec la baguette divinatoire, de trouver jufqu’où la veine s’étend : c eft le point unique qui refte à conftater par l’obfèrvation (4).1
- (1) Minéralogie, 7e. Colle&ion, Filons Ôc Travaux de Mine , PL III.
- (2) Virgula divina , Baguette divine ou Mercuriale , Verge Métallosophique.
- (3) M. Glandwil. Tranfa&ions Philophiques.
- An 1668. N°. 3p. v
- ( q, ) La Figure n de cette même Planche LIV , eft celle que nous avons promis d’ajouter , pour la démonftration de la latitude de Liège , par une analogie des angles faits au centre des cadrans par la ligne de Midi & les lignes horaires. Le pôle du monde eft P ; le pôle du vertical occidental dei 20 degrés , eft tt; l’angle C eft droit, puifque le cercle paflant par P ôc P fe trouve aufli pafler par les pôles op-
- pofés w du.pîan vertical déclinant de 20 degrés.
- En prenant la déclinaifôn du plan 19°.
- Ef la latitude du lieu 50°, 32', on fera 9.8011176,
- Le Rayon 9,97198^8,
- A: Colin, latitude 134*
- : : Cofin. de la déclinaifôn du plan ;
- : au Sin. de la hauteur du pôle , fur le plan. • . . . . . . • 36°, 34' £»
- Le volume de l’Académie des Sciences de l’année 1707, renferme aufli cette Solution dans un Mémoire de M. de Clapiés, de la Société Royale des Sciences de Montpellier, fur les Analogies pour les angles faits au centre des Cadrans fo-laires , démontrées par l’analyfe des triangles reâilignes.
- 4*
- ARTICLE
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- BT DE SES MINES. IL Pxè.t.
- u- —1---------------- ' 1
- ARTICLE SECOND.
- 'Conjldérations préliminaires fur les Fouilles de Charbon de Terre
- à entreprendre en grand»
- L’extraction du Charbon de Terre en France , fè Faic oü par les Habitants y pour leur ufage particulier fur leur propre fol, ou fur d’autres terreins qu’ils tiennent à ferme des Propriétaires , ou par le Propriétaire qui fait extraire lui-même à fès frais & dépens. Voye% page 546 9 56p.
- Ces extradions de peu de confequence chacune en particulier 9 ne comportent aucun art, ( voyé^pûge 1y 9 ) aucun appareil remarquable : elles fe ré* duifent aux fimples manœuvres des Terraffiers.
- Les exploitations en grand, telles qu’il feroit à délirer qu’il y en eût au moins une dans chaque Province où il y a des Mines de Charbon de Terre, ne peuvent fè faire que par plulieurs perfonnes réunies enfemble de gré à gré, & de concert avec les Maures des très-jonds (1) , pour mettre les frais en commun, partager de même les pertes & les bénéfices, chacun félon les parts qu’ils ont apportées dans la fociété.
- Dans quelques Pays étrangers , notamment en Saxe 8c en Suede, ces Compagnies pour les Mines n’ont, pour ainfi dire, que l’embarras de ramalîèr les fonds pour l’entreprifè, & celui d’exécuter les travaux ; du relie le Gouverne* ment, parole miniftere d’un Confeil de Mine, & de deux efpeces d’intendants ^ guide ces Sociétés, foit pour les ouvrages, foit pour les claulès & convenu tions, qui par les Réglements font fixées entre les Actionnaires.
- Le Berg-Meifter (2) , Prélîdent du Confeil, & dont la première fonction eft de donner une permiffion qu’il ne peut refufer , dirige toutes les opéra* tions en vertu de fà charge.
- Le Juré du canton (3) , Infpeéleur des travaux, dirige dès le premier inllant, par fes confeils, l’Entrepreneur.
- Ces deux Officiers publics veillent nom-feulement à toutes les opérations des Mines, mais encore aident de leurs confeils & de leurs inftruétions dans les alfemblées , les Aflociés, ainfi que celui qui a l’adminiftration de la Mine*
- Lorfque quelqu’un veut fe procurer des Actionnaires (4), le premier Officier 9 ou le Juré du canton, s’il y en a un , doit fournir à l’Entrepreneur un (détail précis fur la nature de la Mine , un devis des avances à faire en com^
- (1) Avant l’époque dés Concevions obtenues par les fleurs de la Rocque , de Roberval, Grip-pon, de S. Julien, Vidal, de Bellefaigues, fous les Régnes de Henri II , de François II & de Charles IX 9 les Proprietaires des terreins de Mines , étoient défignés fous le nom de Maîtres
- Charbon de Terre. IL Part. X 9
- des 1res-tonds & des Mines„
- (z) Maître, Directeur des Mines.
- ( 3 ) Berg-Schreiber , G. juratus AStuarius me-> tallicus.
- (<j) Berggenojfi 9 G. qui a part dans les Mines*’
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- tx6 DU CHARBON DE TERRE
- mençant, en un mot tout ce qui peut inftruire fûrement ceux qui feroient dans l'intention de s'aflocier dans l'affaire, de la valeur de la Mine, & des frais à faire pour les ouvrages.
- Les Entrepreneurs , les Direéleurs , les Aétionnaires , font confequemment difpenfés d'avoir par eux-mêmes beaucoup de connoiflànces, le Gouvernement veille à la fois & à ce que toutes les mefores foient bien prifes , & £ ce quelles foient fuivies avec intelligence.
- LEtranger a pour les Mines des Loix expreffes , des Réglements, des Or-* donnances (i), un Tribunal particulier (2) , un Juge pour les affaires (3) ^ un Contrôleur fermenté, nommé en latin Antigraphus, Antigrapheus (4), &c.
- Il n’en eft pas de même en France , les Ordonnances, Arrêts & Réglements fur le fait des Mines & Minéraux, ne paroiffent avoir eu julqu’à pré-fent que deux objets en vue , l'encouragement à ces travaux , & l’adminiftra-tion civile & politique de ces établiflèments , relativement au recouvrement & à la confervation du droit de dixième, exercé fur les Mines par nos premiers Rois.
- Les difficultés, les obftacles attachés à la nature de ces Ouvrages dans leur exécution ne font pas applanies, Sc deviennent fans celle pour les Entrepreneurs & leurs Affociés, des fujets réels d'inquiétude , de découragement & de pertes conlidérables fans réuffite.
- Les Compagnies compofées ordinairement de Conceffionnaires, prefque toujours fort étrangers à l'objet qu’ils entreprennent ; (yoy. page 55 1) & tout auffi peu inftruits dans l'Art de l'exploitation, que les Propriétaires auxquels ils font fubrogés pour le droit de fouille ; ces Compagnies de Conceffionnaires , ainfi que les autres, font entièrement abandonnées à elles-mêmes dans le choix des moyens à employer pour ces travaux ; des Direéteurs ^ des Prépofés qu’elles fe font choifis, comme elles ont pu , conduifent les opérations à leur gré : à la vérité le Réglement provifoire de 1744» for les Mines de Charbon, par les Articles 3,4,5,5,7,8 & 9 , impofe aux Entrepreneurs les principales régies de conftruéHon des puits, des galeries, des percements ; mais ou font les garants de la docilité des Entrepreneurs à s’y conformer ? Ayant à conduire fous terre des ouvrages qui ne font point fojets à vilite d’office, & que perfonne n'éclaire, ni ne reélifie en cas de befcin, ne conforvent-ils pas bien pleinement la liberté de s’écarter félon leurs vues, leurs idées, de ce qui leur eft prefcrit par un Arrêt du Confeil l La négligence, l'ignorance, le prétexte d’économie , qui ne peut être que mal entendu s’il n eft pas dirigé par des connoiflànces nettes & précifos 5 doivent la plupart du temps rendre la loi, le jouet d’interprétations arbitraires. Ce qu’il y a de certain, c’eft que le
- (1) Ce droit s’appelle en Allemand Bergrecht, (3) Bergrichter, G. . . e
- Bergordnung. ^ (4) Begen Schkiber. G. Scribapartium Agri «
- (2) Berg-Amt, Berggcricht, G, Berg-Sûng. Su.
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- ET DE SES MINES. IL ÊA*f. Si?
- plus grand nombre de ces Compagnies par Privilège, ( Sc les autres feroienÊ dans le cas, par les mêmes railons de manque d’inftruélions, ) n ont pas répondu à ce que le Miniftere en attendoit pour une exploitation utile ,& pout fournir abondamment à la confommation.
- La plupart de ceux qui obtiennent un Privilège exclufif de travailler une ou plufieurs Mines > n envifagent abfolument, comme le remarquoit feu Hellot ( i ) 5 qu’un moyen de faire promptement fortune ; ils s’occupent uniquement de tout ce qui tend à cet objet ; ils finirent fouvent , fi cela n’a pas été d’abord leur intention en fbliicitant la Conceffion , par fous-traiter de leur Privilège avec d’autres Compagnies* C’eft donc envain, tant que les choies relieront dans cet état , qu’on le flatera de voir réuffir des exploitations en grand, ou tant que dans ces affociations, on n’apportera point de lumières fuffifantes, une confiance à l’épreuve des accidents qui furviennent, des fonds nécefiàires pour fournir aux dépenfes, qui excédent quelquefois de beaucoup celles fur lefquelles on avoit compté ; en un mot une Compagnie dont les chefs n’ont pas pris auparavant une infinité de précautions, doit s’attendre à être ruinée dans un travail qui auroit pu réuffir à des Entrepreneurs éclairés , intelligents Sc économes.
- L’expérience confiante que l’on a en France du défaut de fuccès du plus grand nombre de ces Compagnies , l’exemple de vigilance que nous donne l’Etranger fur les différentes parties des opérations Sc de l’adminiftration des Mines , diétent tout naturellement l’efpece de remede à apporter à la fréquence de nos entreprifes infruéhieufès ; on voit qu’il eft indifpenfàble que l’Entrepreneur ait pris par avance une idée des approvifionnements & établifle-rnents à faire pour une exploitation en grand.
- Il eft également à fbuhaiter, que les Directeurs ou Prépofés ayent fous les yeux une fuite de renfeignements particuliers, fur des parties de dépenfes & d’adminiftration générale > pour former un plan accommodé au local Sc aux différentes circonftances qui en dépendent. Nous allons efîàyer pour ces deux articles de tracer une ébauche, dont il fera poffible à un Entrepreneur Sc à un Directeur intelligents de tirer parti.
- Nous occupant des intérêts de ceux qui veulent entreprendre des fouilles Ide Mines, nous ne perdrons point de vue les perfonnes qui fè trouveroienc dans le cas de placer de l’argent dans ces entreprifes : nous les mettrons à même , par des obfervations efîentielles, de fe décider avec le moins d’incertitude poffible, à entrer dans ces fortes de Sociétés ; & c’eft par eux que nous commencerons ce fécond Article.
- On doit fentir que notre intention n’eft pas de traiter à fond aucun de ces objets ; nous voulons Amplement réveiller la prudence des Entrepreneurs Sc
- (i) De ïa fonte des Mines , des Fonderies, &c. traduit derAIlemand de Chrifiophe-André pchlutter, page ix, delà Préface,
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- S18 B U CHARBON DE TERRE
- des Aétionnaires, qui fouvent s’expofent par ignorance a des pertes qu’ils auroient pu éviter. Le Journal Economique , a publié fur cela deux inftruc* lions fbmmaires (r). Les détails particuliers dans lefquels nous allons entrer ne reflemblent en rien à ce que ce Journal renferme fur cette matière. Üs feront néanmoins fuffifants , pour mettre fur la voie , 8c fournir des vues, dont le développement deviendra aifé aux perfcnnes qui fe trouveront dans le cas d’y avoir recours.
- Parère ou Avis &* Conjeils Jîir les Sociétés, pour les entreprifes de Mines.
- Si Ton fe trompe en cherchant du Charbon de terre où il n’y en a point , il eft évident que la dépenfè fe tourne en pure perte , 8c devient entièrement ruineufe, d’autant plus qu’on s’opiniâtre très-fbuvent par une forte d’entêtement , auquel l’orgueil & la mauvaîfe foi ont autant de part que le défir de trouver à fe dédommager.
- Le fait que nous avons eu occafion de rapporter page 600 , les réflexions dont nous l’avons accompagné, les éclaircifîèments que nous avons donnés page 604 , lùr les fubftances combuftibles fujettes à induire en erreur, montrent aflèz à combien de furprifes différentes on peut être expofé dans les aflbciations de Mines, & jufqu’à quel point on doit être fur fes gardes , quand ces aflbciations ont lieu pour une Mine de Charbon que l’on vient de découvrir nouvellement.
- Ce n’eft pas le tout de s’être mis à l’abri de toute elpece de méprife ou de fourberie fur la réalité de la découverte ; quiconque a deflein d’entrer en ' fociété pour une Mine en plein rapport, ne fe tient pas quitte des examens nécefîàires pour placer fes fonds avec connoiflance de caufe. Il feroit avantageux de prendre des idées précifes fur cette matière , & (fi l’on ne peut abfolument fe tranfporter fur les lieux ) de fe procurer un plan Ichnographi-que, & un plan Orthographique de la Mine. Nous n’entendons point parler de plan ni de profil en deflîn figuré, dont nous avons fait mention pour les opérations de Géométrie fouterraine. A cette maniéré toujours incomplette, même en matière contentieufe , & qui eft naturellement très-défeélueufe , par l’impoflibilité de repréfenter la confiftance , la qualité des terres ou des pierres ^ d’où néanmoins on eft à même d’inférer le plus ou moins de dépenfes qu’entraînera cette première fouille , on peut fubftituer celle que je me fuis ré* fervé de faire connoître à fa vraie place : je fuis dans l’ufage de m’en fervir, foit pour me former le tableau de la compofition d’une Mine que je vifite , foit
- (1) Réflexions fur les moyens de découvrir ïes Mines , & Jes précautions qu’on doit obfer-ver en les ouvrant, & fur les avantages qui en réfuîtent. Mois de Janvier 17J1 }page 112.
- Réflexions fur ce qui eft principalement requis, pour exploiter les Mines avec fuccès» Mois de Février 1774, page 9 tiré desAvlS économiques d’Allemagne.
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- ET DE SES MINES, II. Part/ 8x^
- pour obtenir en entier & bien exactement des informations 8c éclairciffèments {ut tous les points d’une Mine que je ne puis aller vifiter moi-même.
- Cette maniéré confifte à drefler une Table, dont je donne ici le modèle * fuivi d’une explication pour faciliter l’intelligence de Ion arrangement.
- A ce Tableau , qui préfente dans tous les points la connoiflànce phyfique de la Mine, j’en ajoute ordinairement un fécond , relatif à cette même Mine , ou telle autre qu’on voudra , mais fuppofée en plein rapport, & confédérée alors d’une maniéré générale fous les différents afpeéis que préfente ce travail exécuté en grand ou en petit, comme l’exploitation en elle-même, l’adminiflration ,1e produit & le commerce de la Mine ; ce Tableau , auquel l’ordre de fà conftruc-tion fort de première explication , fera placé ici à la fuite du premier, dont il eft une forte de dépendance ; nous indiquerons l’ufàge que doit en faire une perfonne qui veut placer des fonds dans ces entreprifes.
- Nous le développerons davantage pour la partie de l’adminiflration, par une efpece de réfumé en forme de Journal d’Exploitation , en faveur des Directeurs ou Entrepreneurs, auxquels il importe d’avoir fous leurs yeux, un état clak & diftinét des Ouvriers employés aux travaux , foit intérieurs , foit extérieurs , de l’extraélion journalière , & des dépenfes, pour comparer les frais d’exploitation 8c d’adminiftration avec le débit.
- Cet Etat, tel qu’il eft, pourroit aufïi forvir de mémorial pour les différents objets qui font dans le cas d’être fournis à une infpeélion , & qui forment la matière des Procès-verbaux de defcentes & de vifites. Ces Âétes font en beaucoup de circonftances la bafe des procédures 8c des jugements ; il eft par confequent très-important de n’y rien oublier. Nous terminerons ce que nous avons à dire fur la Jurifprudence des Mines , par défigner, article par article 9 les points qui peuvent former la fubftance de ces rapports juridiques*
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- Charbon de Terre. IL Part.
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- Si® DU CHARBON DE TERRE
- Description Ichnographique de la Mine ou Carrière de Charbon ,
- nommce •••*• * * •
- Découverte depuis. . • %
- Appât tenante à, • • Exploitée pur • Privilège* • «
- Située dans la Province de * . Généralité de « « ;
- Près la Montagne de . « .
- ^ Village de . . . :
- ^ la difiance de < Lieue de la Riviere de • . «
- ( Lieue du grand Chemin de • à
- Etendue ou fuperficie : ........... . ; . . en Maffe ou par Veines,
- B A N D e s , Lits ou Couches de Terres, Pierres , Charbons,
- fous la Terre franche.
- Couches. | Epaiffeur. Epaiffeur moyenne. Dénomination. Nature. Circonftances.
- r* I Pieds, Pouces• Pieds• Pouces, Argiüeufe, Coquilles•
- 2 Claifeufe• Marcajf. Pyrites. Brouillages•
- 3 Sable. Marrons«
- 4 1 - Craye, Pause.
- 1 Roc, Fentes.
- é 6 Toit, Pierres Schifteufes, Empreintes, ordinaires i extraordinaires «
- < 7 Veine» JDirection, Saut. Inclinaifon. Crains* Régulière, Nature« Irrégulière. „
- 8 Sol,
- 9
- IO —
- II Toit,
- 12 Veine•
- l i3 Combien de Veines au-dejfous ? Sol,
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- Su
- ET DE SES MINES. IL Part*
- Description Orthographique de la Carrière tonjidére'e en exploitation, découverte depuis. . . è * * * * *
- foret y Carrière y endroits dé où ft tirent les Bois y
- Pierres 9 Briques ou Terres à Briques y nécejjaires aux travaux*
- Agrès y Equipages portatifs....................................
- Puits d’Airage. Conftrudion. Profondeur,
- Puits a Pompes. Profondeur.
- Machine.
- Hydraulique.
- Puits d’Extraction. Forme.
- Profondeur.
- Revêtiflement.
- Force des Bois. Aflemblage.
- Portée des Madriers.
- Percement ou Gallerie de pied.
- Ufage fimpîe.
- Pour l’écoulement des Eaux, Pour le travail de laMiue* Longueur.
- Pente.
- TRAVAUX SOUTERRAINS.
- Ouvrages des Veines supérieures. Galerie principale. Étendue.
- Direction.
- Pente,
- Piles de foutien.' Rameaux.
- Diftributions.
- Etendue.
- Piliers d’étai.
- Leur conftru&îon* Entrepôt de chargeages;
- E AUX*
- Leur Qualité.
- Quantité. Décharge. Principal puifard.1 Réfervoirs.
- Cuvelage.
- Travailleurs dans l’intérieur. Nombre.
- Paye à la journée f à la tâche. Maladies.
- Puits
- De communication des Ouvrages fupérieurs aux Veines inférieures.
- Leur nombre.
- Leur profondeur.
- Ouvrages dès Veines inférieures. Comme pour ceux des Veines fupérkunst
- O u t i t s; Ustensiles;
- Pour les travaux , pour les eaux.
- MÉTÉORES.
- Vapeur,
- Suffocante*
- Inflammable*1
- Usages, Procès.
- Employés au Joue* Nombre.
- Fondions,
- Gages.
- CHARBONS.
- Noms;'
- Couleur.
- Efpece , Bitumlneufe, Pyriteufe.
- Qualité.
- Confiflance*1
- Péfanteur.
- Ufage,
- Leur Prix au pied de la Mine. Extraction journalière.
- annuelle.
- Transport à l’embarquement,! Par voitures.
- A dos de cheval.:
- Diftance.
- Nature des chemins,’
- Prix Au PorT;
- Commerce. D ï o c h |
- Exportation par Eau.
- Charge 8c tenue des Bateaux.'
- Frais de navigation.
- Droits locaux*
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- S» DU CHARBON DE TERRE
- Dans la première Table, les différentes couches dont la Mine peut être compofée , font exprimées par l'elpace intermédiaire de {impies traits linéaires , tirés en longueur dans une direction horizontale ; elles font numérotées dans Tordre de leur pofition, à compter depuis la foperficie jufqu à la prcK fondeur, terminée par le bas de la Table.
- Ces lignes horizontales font partagées en hauteur, par des lignes perpendiculaires qui forment différentes colonnes : chaque colonne porte en tête l'indication des circonftances à ajouter en note dans chaque café ou chaque quarré , fur chaque bande terreufe, for chaque couche pierreufo, for chaque veine foppofées renfermées dans les entre-lignes , eipacées foffifiimment pour y écrire les annotations.
- En tête de ce Tableau , font indiqués, pour y être ajoutés, le nom de I3 Mine , du lieu le plus prochain , celui de la Province où elle eft fituée, de la rivière, de la Ville , des grands chemins les plus voifins ; ces circonftances félon qu'elles font plus ou moins favorables f rendent l'entreprife de la Mine d'une conféquence toute différente ; il fera aifé de juger combien cette efpece de plan eft fopérieur au deffein Orthographique, par les détails dont il eft fuf* ceptible, pour tous les points relatifs à l'entiere connoiffance d'une Mine , que Ton veut décrire fommairement, & cependant complettement, ou d'une autre Mine for laquelle on veut fe procurer, fans s’y tranlporter foi-même , tous les renfeignements.
- En envoyant for les lieux , un de ces Etats tout drefle , il ne refte plus qu’à remplir , conformément à l'intitulé de chaque colonne, les quarrés ou vuides formés par les lignes horizontales, pour chaque couche ou bande à laquelle ils fe rapportent.
- Cette Table renferme encore un avantage confidérable, quant à l'épaifiêur des différentes couches qui compofent le maffif de la montagne dont on veut connoître Torganilàtion : il n'eft pas toujours pratiquable , même à l'aide d'une échelle , ‘de marquer cette dimenfion inégale dans une même couche ; au moyen des deux colonnes établies pour annoter les différentes épaiffeurs, on eft difpenfé de l’embarras d'une échelle,
- La fécondé eft également commode pour voir d'un coup d'œil la richefle de la Mine , les facilités ou les difficultés qui peuvent lui être particulières pour les travaux, à raifon foit des eaux , foit des irrégularités dans les veines foit de l'air, &c, la maniéré dont la carrière eft exploitée en grand & en petit, pour connoître en un mot la Mine dans toutes fos circonftances.
- Son produit fera facile à juger , par ce qu'il en coûte pour les différentes opérations : nous avons donné quelques exemples de cette dépenfo courante, for la Mine de Bleflày, en Ecofle , page , for la Mine de feu M. le Vicomte des Androuins , à Charleroy ; il ne refte qu'à comparer ces frais avec l'extraélion journalière ; nous nous fommes attachés auffi à la faire
- connoître
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- JE T jt) È SES M INES. II. Part. 823 tonnoître dans quelques Mines ; afin d’achever néanmoins de mettre cet article plus généralement à la portée du commun de nos Le&eurs, nous allons placer ici, pour une petite exploitation, une fupputation, qui rendra fenfible le bénéfice dù particulier exploitant feul fa Mine.
- Je prends la Houiiliere de feu M. le Vicomte des Androuins, quant aux frais qu elle comportoit en 1742 , & que nous avons donnés page 45*2.
- En fuppofant que le Charbon qui coûtoit 5 fols le quintal, eût pu être vendu conftamment 3 fols le cent pefant ; deux atteliers doubles, tirant par jour 150 milliers ou 1500 quintaux, pourroient produire la fomme portée ci. .... „ . 2.2f liv.
- d’où déduilant pour le prix des atteliers à 32 liv.
- 15 fols l’un portant l’autre . . • 131 liv.
- il refteroit. . . *94 liv. >
- Et quand on compteroit les frais par jour à . .20 liv.
- il réfulteroit de profit clair par jour. . ... 74 liv.
- Ces deux Tableaux , tels quon les préfente pages 820 & 821, quels qu’ils puiffent être , ne fignifieroient encore rien pour une perfoane que nous fuppofons n’avoir que peu ou point d’idée fur l’objet, & qui toujours ne cherche qu a s’intéreffer dans une affaire qu elle croit bonne. Un moyen bien fimple acheveroit de fuppléer au défaut de lumières ; il confifteroit à foumettre, ces deux Tableaux lorfqulls auroient été renvoyés de deflûs les lieux, à quelqu’un au fait de cette matière. Un connoiffeur n’auroit pas de peine à diftinguer les avantages & les défavantages de la Mine, de fon exploitation, &c.
- Après avoirqaris fur ce que l’on pourroic appeller la chofe même, toutes les connoiflances poffibks^jl eft d’autres confédérations préalables à faire, & non
- moins férieufes.
- La Compagnie à laquelle on veut s’afîbcier, doit fixer d’abord l’attention ; ou bien c’eft un Propriétaire, qui pour fubvenir à la dépenfe ou à la continuation de fes travaux, fe trouve néceffité de partager pendant quelque-temps fes bénéfices, avec un ou plufieurs Afîociés ; alors tout gît dans le traité à paffer entre les parties, & dans un mûr examen des conventions : nous en dirons un mot à là place.
- La chofe eft d’une plus grande importance & bien plus délicate, torique cette Compagnie eft exploitante par Privilège , ou fou s-traitante de cette première.
- Le Réglement pour l’exploitation de ces Mines , l’hiftoire que nous avons donnée des exploitations dans différentes Provinces de France, ont fourni l’occafion toute naturelle de confidérer ces Privilèges quant au point de droit de propriété ou de domaine des Maîtres de très-fonds, & de relever les abus qu’entraînent ordinairement ou ces Conceffions, ou les Compagnies qui les exercent.
- Ces abus qu’il n’eft pas poffible de diffimuler, fe repréfentent ici de nouveau Charbon de Terre. IL Part. Z $
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- $24 DU CHARBON DE TERRE
- fous un autre point de vue auquel on ne s’attend pas, Sc fous lequel ils n ont encore été confidérés par perfonne. En en retraçant ici un apperçu très-abrégé , mon but n’eft pas de m’appefàntir fur tous les torts de ces Compagnies. Je me propofe d’en faire envifager les fuites aux perfonnes qui veulent s’in-térelfer dans ces entreprifes , leur faire voir, que fi elles ne veulent pas être trompées dans leur attente, ces abus ne méritent pas moins de leur parties plus férieufes réflexions ; indiquer, en un mot, les précautions à prendre lor£ que Ton veut s’intéreflèr dans les Mines.
- Ces Privilèges doivent abfolument être regardés comme des titres de rigueur ^ il faut néceflfairement les reftraindre dans la lignification naturelle des termes qui les expriment ; c eft une maxime inconteftable.
- Rarement ces Compagnies font bien attentives fur les engagements auxquels elles fe font foumifes , ou d’exploiter plus avantageufement que les Propriétaires , ou de procurer l’abondance, le bon marché Sc la fupériorité de qualité.
- Il arrive bien plus ordinairement que les Conceflionnaires négligeant entièrement de choifir le Charbon qu’ils mettent en vente, ne font qu’une médiocre extraélion aux dépens même de leur travail ; Sc que par vue d’intérêt, ou par défaut de foin dans l’extraélion, ou par manque de s’attacher de bons Ouvriers , ils altèrent leur Charbon. Cette remarque a été faite dans quantité d’endroits, & M. Voglie a fait ce reproche aux Comprgnies des Mines d’Anjou; voye% page $$69 564, $67, J76.
- On a pu remarquer dans le courant de mon Ouvrage, combien de Conceft fionnaires fe trouvent en défaut fur toutes les claufes de leur Privilège. Si l’on approfondit de bonne-foi Sc fans partialité les reproches qu’encourent plu-fieurs Compagnies ; fi l’on veut^fuivre pas à pas la marche tenue par quelques-unes , pour fe maintenir contre les réclamations des Maîtres des très-fonds, on ne fera point étonné de cette chaîne fucceflive de foulévements, fur-venus à l’occafion de ces Privilèges dans divers cantons, où le Charbon eft fouvent le principal produit des Habitants , que l’exercice du Privilège réduit dès-lors néceflàirement à l’indigence.
- Or dès que les Conceflionnaires méfufènt de leur Privilège , qui fouvent eft déjà contraire & au Réglement de 1744, Sc aux droits inviolables des Maîtres de très-fonds, on fent que cette Conceffion devient nulle, qu elle peut Sc doit d’un inftant à l’autre être révoquée.
- Ces abus devant immanquablement retomber fur la Compagnie qui en eft le principe, font, par conféquent, préjudiciables à l’affaire même. Les opérations continuellement dérangées , troublées, ralenties , interrompues par les oppo-i fitions des Maîtres des très-fonds, ou par l’animofité d’une contrée entière i deviennent plus coûteufes, l’extraélion devient moins abondante, Sc par une fuite inévitable P les capitaux fournis par les intérefles courent des rifques
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- et DE SES MINES. II. Part. Si;
- perpétuels. Ces rifques font encore bien plus grands , fi de la Conceflion il réfuite des dommages, des déprédations, fi le Privilège entraîne après lui la monopole, toutes fortes d’excès ; car alors ce font de vrais délits publics # donc lesLoix civiles & politiques exigent la fuppreflîon ; voye^ page J50. Il eft donc de la prudence de prendre foi-même , & de faire prendre par quelqu’un éclairé principalement dans les opérations de Mines , une communication réfléchie du titre en vertu duquel la Compagnie exerce la Conceflion.
- U s’agit de s’affurer, ( & cela n’eft pas difficile ) s’il n’y a pas eu furprife dans l’obtention du Privilège ; de pefer l’expofition des motifs fur lefquels elle porte, pour voir s’ils ne font pas illufbires ; s’il y a eu manque de vérité ou d’exaélitude dans les allégations préfentées au Confeil pour l’obtenir j fi en un mot le Privilège eft bien en régie, oélroyé par Edit, Déclaration , Chartre, Lettres-Patentes, Arrêt du Confeil, & revêtu de formes légales , (1) qui donnent feules la force de Loi à ces grâces du Souverain, & qui afîurent aux Compagnies dont nous parlons, utiles dans quelques circonftances, la pleine jouiffance du droit de fouiller dans le terrein d’autrui; voye^page 616.
- Cela ne fuffit pas encore , on doit examiner fi la Compagnie fatisfait aux conditions du Privilège ; fe rend-elle coupable de quelque contravention formelle , l’affaire ne doit plus être regardée que comme une fource de Procès avec les Propriétaires , peut-être même avec une Province*
- Le Privilège auquel on veut avoir part, reconnu décidément hors de toute efpece d’atteinte & de réclamation ( voyez page 616 ) , foit par la régularité de fon titre, foit par la régularité de la conduite des Concelîionnaires , il refte à examiner fi l’affaire eft de nature à pouvoir fe foutenir.
- On peut à cet égard fonder fon jugement 8c fon raifonnement fur plufieurs points : i°, la teneur du Privilège dans les circonftances ; 20, la maniéré donc la Compagnie eft compofée, foit quant à fa forme, foit quant à la qualité de ceux qui la compofent; 30, la fituation de la Mine , qui peut quelquefois être fi défavorable par fon éloignement des principaux matériaux , comme bois, pierres , 8cc. ou d’une riviere navigable , qu’alors elle ne mérite pas d’être exploitée.
- Nous ne parlerons ici que des deux premières confidérations, relatives à la Conceflion même ; les circonftances dépendantes de la fituation de la Mine , feront traitées à part, lorfque nous en ferons à développer les différentes parties de l’exploitation.
- Pour que la Conceflion puifle réuflir , il faut qu’elle porte fur une étendue fuffifànte de terrein, 8c qu’elle foit donnée de même pour un efpace de temps
- (1) La Déclaration du 24. Janvier 1673 , qui legle la forme de Penregiftrement des Lettres-Patentes , fuppofe que celles qu’on expédie fous le nom & au profit des Particuliers, font fufceptibles
- d’oppofîtïons, qui ont un effet fufpenfîf, & que les Cours peuvent, en recevant les oppoficions, ordonner qu’avant fd’y faire droit , elles feront communiquées aux Farcies,
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- §2-6 DU CHARBON DE TERRE
- convenable , il faut que la Compagnie foit feule dans la Province , & de pius protégée ou accréditée par le Miniftere, que ceux qui la forment foient connus.
- Une Société , qui exerce un Privilège auquel on reconnoît toutes les conditions que nous venons d’expofer, peut fe livrer à une entreprife en grand, & ne pas appréhender les dépenfes ; en craignant d’en faire, on ne fera rien de bien,’ même avec une riche Mine; il n’appartient d’être timide à cet égard, & de n’ofer faire des avances, qu’à une Compagnie qui a fujet d’être inquiété fur Ja validité de la permiffion quelle a obtenue ; voye^page 557.
- C’eft à ces circonftances réunies que l’on doit attribuer les heureux fuccès de la Conceffion dont a joui le feu Vicomte des Androuins (x) , auquel le Hainaut a des obligations confidérables.
- L’Aéle de fociété forme un dernier point d’examen ^ & non moins intéref fànt. Le plan général doit tendre à aflurer invariablement la plus grande économie dans toutes les parties de i’adminiftration, de maniéré que les premiers fonds ne s’épuifent pas avant qu’on foie parvenu à tirer du bénéfice, & que l’on évite néanmoins une trop grande épargne, qui dans plufieurs circonftances de ces entreprifes, peut devenir tout auffi dangereufe.
- Ce Contrat doit exclure rigoureufement la multiplicité des Régifïeurs, ou premiers Prépofés, & établir la plus grande fubordination entr’eux & les employés en fous-ordre : ces derniers ne peuvent être obfervés de trop près dans leurs manœuvres; c’eft la feule maniéré de fe garantir ou de leurigno-; rance, ou de leur mauvaife foi, ou de leur négligence.
- Enfin tous les articles de ce Contrat, doivent affurer fans équivoques, dans les termes & dans le fond, les droits & les bénéfices de chacun des Aflbciés.
- (1) Nous ne pouvons trop répéter qu’en faî-fant dans toutes les occafîons l’éloge de cette Conceffion , à laquelle il n’y a rien à reprocher, nous ne croyons point du tout qüe l’on püiffie en tirer d’argument en faveur de ces Privilèges ; nous avons eu foin de faire remarquer la différence qui diftingue cette Conceffion d’avec celles contre lefquelles nous nous fomnaes fou-vent élevés , obtenues fur des terreins que les Propriétaires faifoient valoir de leur mieux : voyez page 618 . Nous penfons même que loin d’en arguer en faveur des Concédions quelconques , il feroit bien plus vraifemblable de s’en fervir contre les Privilèges ; mon idée fur cela ne fera pas difficile à faifir , quand on faura que par un Arrêt du 9 Juillet 1720 , le Roi, dans la vue de faciliter l’entreprife de M.des Androuins , accorda une gratification de 37000 îiv. fur le Tréfor Royal, avec une prorogation du Privilège pour quatre années ; que par un autre Arrêt du 23 Mai 1721 , Sa Majefté ordonna la délivrance de 200 pieds de chêne,
- pour cuveier les fofifès & étayer les ouvrages : tels font lés avantages qui, à l’honneur du Miniftere , feconderent l’habileté de M. des Androuins, & lui attachèrent fes affociés.
- Les Propriétaires ne font-ils pas de droit dans le cas de toute efpece de préférence l Qu’on les invite à fe réunir enfemble pour leur intérêt commun ; qu’on leur accorde le don ou la diminution du dixième Royal, les exemptions de tutelle & curatelle , les franchifes des tailles & autres fubfides, la permiffion de prendre des
- bois, &tous les autres encouragements tombes
- dans l’oubli avec l’ancien Réglement : on conviendra que toute la prote&ion foutenue, dont le Gouvernement honora à jufte titre * ^n“ treprife & la perfévérance du Comte des Androuins , fera bien mieux placée vis-à-vis des Propriétaires , Sc qu’alors on parviendra a es amener à l’extradion régulière tant défiree par le Gouvernement, tant promife par les(C°nc®1‘ fionnaires ; on avouera auffi que les choies le-ront plus dans l’ordre.
- Spéculation
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- JET DE SES MINES. IL Part; 827
- Spéculations principales relatives à Vadministration d'une Mine.
- Des Loix, <5 de la procédure fur le fait des Mines ; Caractères ejfentiels qui conviennent a cette Jurifprudence ; Remarques fur celle qui eft établie
- au Pays de Liège.
- O N a vu combien les travaux de Mines expofent à des Procès , foie entre les AlTociés , foit entre les Maîtres des Très-Fonds St les Entrepreneurs ; c’eft fur-tout dans les entreprifes de Mines en vertu de Privilège, que le reffentiment des Propriétaires doit éclater fans relâche , St engager des querelles, des difputes toujours coûteufes.
- La procédure fait par conféquent un point capital de l’adminiftration ; ce feroit y manquer dans un article eflentiel , que de ne pas s'occuper des moyens de rendre les Procès rares & de courte durée, d’obvier principalement à leur influence fur i’aétivité, ou même fur la continuation de l’entreprife, par les nouvelles avances que pourroient quelquefois exiger de grandes conteftations : une Compagnie prévoyante, ne doit pas négliger d’avoir toujours en réferve une mafle pour fubvenir aux frais de procédures : fi l’on eft affez heureux pour quelle 11e foit pas employée, elle fe trouve convertie en bénéfice.
- Pour ce qui eft de la maniéré de pourvoir aux circonftances propres à éviter un Procès , ou à celles dans lefquelles on ne peut l’éviter, il feroit utile d’intérefler dans l’affaire quelqu’un verfé dans la Jurifprudence , qui eût même exercé la profeffion d’Avocat ; il conviendrait de le choifir dans la JurifdiCtion la plus voifine de l’endroit où eft fituée la Mine , & qu’il fût tenu ( à la condition expreffe de perdre fon droit à la part qu’on lui donne dans l’affaire , ) de fréquenter les differents travaux, foit intérieurs, foit extérieurs, afin de connoître directement St précisément la nature des objets particuliers , fujets à matière de conteftations ; de pouvoir être en même-temps le Confeiller & le Défenfeur de la Compagnie ; accommoder les différends dans leur naiffance, inftruire régulièrement les Juges de ce qui fait l’objet des Procès : cet Aflocié, dont on n’a pas encore eu aucune idée, St qui voudra s’appliquer à remplir l’engagement qu’il contractera, n’aura pas feulement l’avantage de rendre fervice aux Compagnies exploitantes dans les affaires liti-gieufes (1) ; la notoriété de fcience appuyée fur une forte d’expérience réfui-tante de l’habitude à voir les opérations de Mines , ne peut manquer de lui mériter une déférence honorable , tant de la part des Experts qui pouroienc être ou nommés d’Office , ou convenus entre les Parties , ou même de la part des Intendants St autres Commiflaires qu’il eft d’ufàge de départir dans ces occafions ; & cet Affbcié fe trouvera fou vent en état de leur donner des
- ( 1 ) Voyez page 609 , Note S ,8c page 611, Note 1.
- Charbon de Terre, IL Part.
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- DU CHARBON DETERRE
- lumières : il eft inutile cTobferver que pour cela il aura foin de s inftruire au tant qu’il le pourra des Coutumes Sc des Réglements relatifs à cet objet en Pays Orangers , d’en faire une étude réfléchie Sc comparée.
- Les différentes Conftitutions établies dans les Pays où les travaux de Mines font en vigueur (i), rapprochées avec difcernement les unes des autres, font les fources uniques dans lefquelles il faut aller puifer un plan de Jurisprudence : la colleétion que j’ai faite d’un grand nombre de ces Réglements deftiné© à être ajoutée à la traduélion de Weidler ( 2 ) , abrégera ce travail, fera par la fuite du temps une compilation d’un très- grand fecours , pour préparer les difpofitions des Ordonnances & des Réglements qui nous manquent fur cette matière , Sc en former un Code civil , politique Sc économique for les Mines.
- Cette partie qui devoît compofer une cinquième Seétion de l’Art d’exploiter les Carrières de Charbon , je l’en ai retranchée, comme ayant un rapport plus direél aux Mines Métalliques ; elle renferme quelques Mémoires choifis for plu-fleurs fujets détachés relatifs à la Jurifprudence Métallique ; de ce nombre entr autres eft celui que j’ai annoncé page , touchant les Concevons ; ces Privilèges y font examinés d’une maniéré abfolument neuve, Sc propre à faciliter le jugement qu’on doit en porter : tout ce que l’on peut alléguer en faveur des Conceflîons eft expofé fans aucun déguifement ; ce que l’on peut objeéter contre ces Privilèges, eft de même détaillé à part : je difcute enfuite la queftion à fond ; & les arguments que j’établis font abfolument contraires, flnon à ces Privilèges en eux-mêmes, du moins au plus grand nombre.
- J’ai auflï fait ufage dans ce fopplément de fragments empruntés de l’Etranger , entr’autres d’un Ouvrage de M. Charles Frédéric Zimmermann (3) en Allemand ; j’en ai tiré un Mémoire, dont la connoiiïànce m’a paru inté-reflànte ; c’eft la relation du Procès qui s’eft élevé touchant les marches fou-terraines entre les 7, 8, 9 Sc 10e Conceflîons, au canton de Hoenhbirk, dans le diftridt de Freyberg , d’une part, Sc les établiflements des Mines de Spath , d’une autre part.
- Ce que j’ai recueilli dans la fécondé partie , le Réglement du Limbourg, Sc principalement celui du pays de Liège, que j’ai rapporté en entier, peuvent
- ( 1 ) Les Conftitutions de l’Académie des Mines de Freyberg en Saxe, du Confeil pour les Mines à Weltin , de la Chambre des Mines à Halles, & de Vienne en Autriche, du College des Mines de Péterfbourg 8c de Sucde ; ce qui eft dans Agricola fur les articles relatifs à cet objet, Lib. V. ne doit pas etre négligé, non plus que l’Ouvrage de Hornius, s’il eft poiïible de fe le procurer, Sc qui a pour titre : Gafparis Heinric. Hornii J, C. Antecejforis Witebergenfis , de Libro Metallico , qui Antigraphus Begen-Bufch âicitur Schediafma Juridicum. Wirtemberg. Ann, M» DGC. VI, in.3.0, 108 pages.
- ( 2 ) Sous le titre : Bibliothèque des Conflits tions fur le fait des Mines dans plujîeurs pûys:^^“ ragraphe fuivi d’un Code du Commerce du Charbon de Terre en France.
- ( 3 ) Académie des Mines de haute Saxe ; ou Examen des Sciences qui ont rapport aux 1-nes , félon leurs principes fondamentaux, avec une efquiiïe de leurs connexions; le tout éclairci par des relations hiftoriques, pat des examens circonftanciés, des obfervations phyfiques, des eflais chymiques & méchaniques, accompagne^ | de remarques publiées en plufteurs Traites e I parés, in^o, 173,6.
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- ET DE SES MINES• II. Part. 829
- fuflSre pour fournir à ïhomme en place des idées de réforme, de police ou d’économie , appliquables à nos exploitations. Toute perfonne inftruite dans la Jurifprudence, fait que ce n’efl pas uniquement dans la connoiflànce des termes des loix, que confifte la fcience de ces loix, mais dans le jugement néceflàire à en connoître la force & letendue. La philofophie dans laquelle toutes les loix , leur fens, leur extenfion , leur reftriétion, ont leur première four-ce ; le raifonnement & les principes de droit , faciliteront l’interprétation dune loi , qui quelquefois peut n’être propre qu’au pays où elle a lieu, ou d’une autre qui n’efl pas affez claire, Sc dans laquelle il faut quelquefois pénétrer l’efprit Sc l’intention du Légiflateur 5 ces fecours aideront à tirer des unes ou des autres des conféquences juftes Sc qui ne foient pas forcées.
- En continuant ici de me montrer partifàn de la légiflation obferyée au pays de Liège, il ne m’eft pas polïible, fans me rendre fofpeét d’affeélation ou de manque d’égards, de paroître ignorer que fur ce point je ne me trouve pas d’accord avec un Auteur à la mémoire duquel je fuis attaché, par le double motif de l’amitié qui nous uniffoit, & de l’eftime due à fes talents, à fes Ouvrages Sc à fes qualités perfonnelles.
- Les perfonnes qui ont vu l’Ouvrage de feu M. Jars , publié en 1774 (1), fe feront fans doute apperçu, qu’il reproche à la Jurifprudence de Liège , plufieurs défauts, entr’autres les procédures trop difpendieujes.
- Dans une matière également étrangère à M. Jars Sc à moi, nous forions l’un Sc l’autre très-excufàbles de nous être trompés ; pour ce qui eft de moi, je n’éprouverois nulle répugnance à en faire ingénuement l’aveu, fi cela étoit néceflàire. Plus d’une perfonne pourroit peut-être encore regarder la contrariété de nos fentiments fur cet objet, comme chofe affez indifférente ; je crois néanmoins pouvoir la confidérer tout autrement, Sc devoir juftifier ici mon fentiment particulier ; ce n’efl: pas, au refte, pour le faire prévaloir fur celui de M. Jars ; je prétends encore moins faire une apologie officieufe de la légiflation Liégeoife ; ce feroit me livrer à une digreflîon tout-à-fait déplacée : le détail dans lequel je vais entrer en écartera toute idée ; il aura aufll l’avantage de mettre le Leéteur en état de juger, non-foulement de cette légiflation en faveur de laquelle j’ai cru pouvoir raifonnablement le prévenir, mais encore de toutes les autres conftitutions de cette efpece qui pourront venir à fa connoiflànce. Pour cela j’établirai d’abord l’idée que je me fuis formée, de ce qui doit confii-tuer effentiellement la bafe de la Jurifprudence des Mines ; je chercherai enfuite à éclaircir les deux points difficultueux qui ont autorifé M. Jars, dans le jugement qu’il a porté for celle de Liège.
- Sans prétendre m’ériger en Commentateur , ni en Jurifoonfolte , il me
- C1 ) Voyages Métallurgiques, ou Recherches & Obfervations fur les mines & forges de fer , Ja fabrication de l’acier, celle du fer-blanc, & plufieurs mines de Charbon de Terre, faites de-
- puis l’année 1757 jufques & compris 176$, en Allemagne , Suède , Norwege , Angleterre 6c Ecofîe , &c. avec fi g. publiés par M, G, Jars fon frere, Lyon, in-40. page 2 8^,.
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- %o DU CHARBON DE TERRE
- femble que tout ce que Ton peut demander en général dans wun Réglement
- de l’efpece dont il s’agit, doit fè réduire aux points & articles fuivants.
- l°. Que les formalités & délais de la Juftice foient plus prompts que faire fe peut , fans étouffer le bon droit.
- 2°. Quil y ait des réglés certaines 8c uniformes pour le faire connoître , fans dépendre du caprice des Juges.
- 30. Que dans l’ordre de la procédure, les Parties ayent fuffifàmment le temps de fe défendre , & de fe procurer les éclairciffements dont elles ont befoiiu
- 4°. Enfin qu’il n’y ait rien d’inutile & d’abufif dans la procédure.
- Les formes fuivies à Liège par la Cour du Charbonnage fatisfont pleinement s fi je ne me trompe , à ces conditions : elles font auffi expéditives qu’elles doivent l’être ; les intérêts des Propriétaires, des Entrepreneurs , des Aflociés , font réglés & balancés par l’équité ; on y apperçoit cet elprit d'uniformité qui femble être le véritable caraétere des Loix ; tout y eft marqué du fceau de cette philofophie, qui prenant fa fource dans la nature, efl: lame & la véritable fource de la Jurifprudence : tout, à mon avis, y eft fondé fur la raifon & fur la conftitution nationale.
- Il efl à remarquer au furplus , que dans ce pays , il n’en coûte pas pour plaider en matière de Houillerie , plus que pour toute autre ; je préfume de plus, que feu M. Jars n’a voit pas allez fait attention à une circonftance qui peut entrer pour beaucoup dans le fait.
- Les points contentieux dépendent le plus fbuvent du local fous-terre ; pour le reconnoître & juger de ce qui efl en litige , il efl indifpenfàble de recourir à une defcente d’Experts dans les Ouvrages: ces vifites qui font très-fréquentes , ne peuvent manquer d’être difpendieufes.
- M. Jars, page i8| & 378 , attribue un grand inconvénient à l’article de la Coutume , en vertu duquel, celui qui en exploitant fa Mine , ajjainit les Ouvrages de fon voifin , n’a droit de prétendre à autre cbofe qu’un remerciment.
- Il efl important pour l’éclaircifiement qui va fuivre , d’obfèrver que les caufes & les motifs des Loix ne peuvent fe découvrir que par l’hiftoire du Pays ; ce fecours efl plus d’une fois indifpenfàble , tant pour expliquer que pour concilier des Loix, dont quelques-unes font obfcures , dont d’autres paroiffent ou fe contredire ou même être injuftes ; de maniéré que la parfaite connoilfance des Loix d’un pays , efl intimement liée avec l’hiftoire de ce même pays : il n’eft perfonne qui ne convienne de cette vérité.
- Quand une Loi femble blefler les principes d’équité , il n’eft point naturel de préfumer qu’elle foit injufte dans le fond ; le Légiflateur n’a certainement pu avoir cette intention ; fi par quelque erreur ou quelque mal-entendu de fà part, la Loi préfentoit dans les termes un fens abfolument oppofé à la juftice , elle ne feroit point confervée ; comment donc alors interpréter cette Loi , & en fixer l’application ? Aulu-Gelle, interrogé par un Jurifconfulte fur
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- ET de SES MINES. II. Part. 83*
- un point qui concernoit les Aborigènes , & qu’Aulu - Gelie ne comprenoit point non plus , répondit très-judicieufement, qu’il làuroit l’expliquer , s’il connoiffoit le droit des Aborigènes.
- C’eft précifément un cas femblable dont il s’agit ici : l’article critiqué par feu M. Jars , tient de même à l’hiftoire des principes généraux du Gouvef-nement de l’Etat de Liège ; fa conftitution eft républicaine : le premier titre de la franchife du pays, eft que le pauvre homme eft Roi dans fa chaumière ; il n eft peut-être aucun pays , ou tout ce qui tient à cette conftitution fondai mentale, foitobfervé suffi ftriélement : excepté dans les cas d’extrême néceffi-* té, la Légiflation n’admet aucune dépendance de particulier à particulier* ne connoît de raifon qui puifle être obligatoire au préjudice de la liberté ôu de la propriété d’un Citoyen: nous avons fait connoître page 324 , jufqu’à quel point ces deux Privilèges, qui dans tous les Etats où l’on fuit les régies de la raifon font directement fous la proteétion des Loix > fe trouvent refpec-tés Sc maintenus à Liège ; avec quelle intelligence la conftitution libre eft fous la fauve-garde du Tribunal des Vingt-deux, dont la procédure vive Sc publique arrête la violence , intimide le puifîant qui voudroit opprimer le foible , Scc.
- C’eft fous ces aufpices que celui qui a la propriété de fon côté , eft maîtr© abfolu en toute occafion. S’agit-il de Veines xhorrées , le Propriétaire im-pofo la loi qui lui plaît, félon fes volontés ; un Bure eft-il abandonné par les Maîtres de Fofle, le Propriétaire rentre dans tous fos droits , fans être tenu à aucunes formalités ; en tout fur les articles de propriété Sc de liberté, la fnaxime reçue généralement en matière de droit , fummutn jus * jiimma injuria y n’a pas lieu à Liège ; la juftice trop févere & trop exaéte * n’eft pa$ une injuftice dans ce pays*
- Abftraétion faite de cette particularité de la conftitution de Liège * on n’auroit pas de peine à trouver en d’autres pays des circonftances de l’efpe^ ce qui fait le fujet de la réflexion de M, Jars, & dans lefqüelles rien n’autorifo de réclamation de la part de celui dont le travail & les dépenfes ont procuré un avantage à fon voifin. Rendons la choft fenfible par un exemple i Pierre, voifin de Paul, fe propofe de conftruire un chemin pour arriver commodément chez lui, & qui doit pafler tout près de l’habitation de Paul. Le chemin s’exécute à grands frais ; Paul en profite : l’avantage devient commun à l’un Sc à l’autre. Les Loix civiles n’aflujetiiîènt Paul à aucun devoir , à aucune charge ni redevance envers Pierre, qui a travaillé pour lui feul, qui n a eu en vue que fon utilité perfonnelle, Sc qui par-là, eft dédommagé de tous fes frais ; c’eft à lui, comme le dit M. Jars (1) , à éviter, s’il le peut, de faire profiter fon voifin des dépenfes dans lefqüelles il fe conftitue. Ce que demande M. Jars, feroit tout-à-fait oppofé au principe du Gouvernement,
- (O En parlant de la propriété des Mines de Charbon, inhérentes aux Maîtres des terréins ou «lies fe trouvent, page 372.
- Charbon de Terre. II. Paru B io
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- 832 DU CHARBON DE TERRE
- au génie <îu peuple Liégeois , à fes mœurs, à fes coutumes : ce foroît porte* indirectement atteinte à cette liberté pléniere & tranquille de la jouiffancé St de la propriété du Citoyen.
- C’eft fur le même fondement que porte le droit de Kerfage , contre lequel M. Jars a cru auffi devoir s’élever. L’ufage du pays de Liège eft de payer le double dommage que ce verfage occafionne fur tous les fonds par ou les eaux paffent jufqu’à ce qu’elles débouchent dans une riviere ou dans un ïuiflèau ; voye£ Article fixieme de cette fécondé Partie,page 322.
- M. Jars prétend que ce droit paroît injufte même aux gens de Loi, vu que ce Propriétaire ne contribue en rien aux frais: l’Hiftorien St les Jurifcon* fuites, qui font de cet avis >page 376 , de fon Ouvrage, n’ont pas pris garde, je crois, qu’alors cette portion de foperficie par laquelle l’eau tirée des Mines prend fon cours St fon iflue , rentre dans la claffe de tout ce qui efl compté parmi les dommages à payer au Propriétaire ; comme lorfqu’on paye une haie, un arbre, une plantation de houblon , &c. quoiqu’il n’ait fait non plus aucune dépenfe ; voyez pages 321 St 322, de cette féconde Partie (1).
- Je n’ai pas befoin de m’étendre davantage pour faire voir que les défauts qui peuvent fe trouver dans la Jurifprudence de Liège, touchant les Houil-lieres, ne font pas ceux que M. Jars a relevés ; occupé uniquement des recherches auxquelles il s’étoit confàcré dès fà première jeuneflè, on ne doit pas être furpris que ce Sçavant, au milieu des fatigues attachées aux voyages qu’il entreprenoit, n’ayant pas eu occafion de connoître l’efprit St les mœurs des différents Pays qu’il vifitoit, ait été dans l’impoflibilité de connoître la liaifon de leurs ufàges avec leurs loix ; s’il eût été à portée de le faire, ou s’il fe fût arrêté un inftant à cette réflexion , en l’appliquant aux doutes qu’il for-moit for les articles que nous venons de difcuter , il eût été moins frappé de la décifion St des termes de la Loi, que du motif de cette Loi, dont il eût tiré une interprétation jufte.
- Sur ce qui tient à la partie contentieufo, il ne me refte plus qu’à donner Y index dont j’ai parlé , pour rappeller à l’idée les différents chefs for lefquels peut porter l’infpeélion des Experts, lors de leurs defcentes dans les Ouvrages fouterreins. Les Procès-verbaux ufités en pareils cas, & dont nous avons rapporté des modèles au pays de Liège, page 337 , font des relations par écrit fle ce que les Experts ont à remarquer, & de ce qui fe paffera dans leurs vifo tes. Nous n’avons pas ici à nous occuper de la forme particulière qui convient à la rédaction de ces a<5tes ; c’eft une affaire de ftyle purement arbitraire, St que nous laiflons aux gens du métier ; nous nous en tenons à une vraie Table des Matières difpofees dans l’ordre où elles fo rencontrent en procédant
- ( I ) Ce que remarque M. Jars page 287, fur la méthode de laijfer à chaque limite d’un terrein acquis, trois toifes d’épaijfeur en Charbon de chaque côté, rtefl ni de loi ni d'ufage dans le pays de Liège j on y
- travaille tout le territoire dont on a la poffejfioni foit par propriété héréditaire, [oit par conquête, juf qu'à la ligne féparatoire, fans laijfer un pouce £ intervalle*
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- ET DE SES MÏNËS. II. Parî; §33
- à une viG^c : ce moyen* tout fimple qu il eft * eft ce qu il y a de plus commode pour aider & foulager la mémoire dans ces circonftances»
- Rôle ou Plan minuté pour procéder aux Vijïtes d’Ouvrages jbuterréinsk
- Les différents points qui peuvent être la matière de ces infpeétions * 8% des aétes qui en contiennent la relation , font :
- 3°* Les Galleries, fôît fupérieures, Toit inférieures dans les Mines que l’on pourroit nommer à plufieurs étages, pour fpécifièr la communication de ces Galleries fiipérieures & inférieures entr’elles, par Bouxtays ou Puits fouterreins ï Leur longueur ,
- Leur direction ,
- Leurs branches ou rameaux*
- Les piliers d’étai.
- Les dimenfions de ces piliers,
- Leurs diftances entr’eux,
- Leur conftrudion.
- Les chargeages.
- Les hierchages.
- Les décharges d’eâu.
- Les conduits d’airage»
- 4*. Il eft utile de déclarer Pétendue de Pexplol-tation diftinguée en profondeur d’à-plomb $ en longueur de galleries,
- & le nombre des Tourets.
- I*. Le cas exige fouvent de terminer le rapport par quelques obfervations furies changements à faire, foit pour l’économie, foit pour la perfection de l’Ouvrage, foit pour procurer la fûreté de Pexploitation*
- L’Ëtat que fai donné page 482, des Ouvrages à Anzin * & à Frênes* dans Tannée 175 6 * celui des travaux fui vis dans les Mines d’Anjou, drefle pat M. de Woglie, page 553 , 554 * 5*55 & 556, peuvent fervir de modèle pour les détails à exprimer * félon l'exigence des cas.
- Tableau général des Dépenfes qu exige un éiallijjement de Mine* !
- i*. Les Fojfes ou Puits.
- Pour examiner
- Leur nombre.
- Leur deftination pour les Pompes.
- l’extraélion,
- Pairage*
- Leur profondeur.
- Leur forme. . ~
- La nature des revêtiflements.
- La force des bois, leur aftembîage * leur calfatage.
- La portée des madriers.
- Les cuvelages.
- Le principal puifard.
- Le principal chargeage.
- 2*. Les Veines de Charbon.
- Pour en connoître l’allure »
- la direction, Pépaifleur, la confiftance , l’irrégularité, la nature des crains*
- La multiplicité des opérations fùcceffives & variées qu’entraîne la fouille d’une Carrière de Charbon de terre * la quantité d’outils, d’uftenfiles * de ma« chines quelle exige* & que nous avons paffé en revue* i’apperçu des dépenfes confidérables à faire pour les travaux* pour les approvifionnements* & pour tout ce qui tient à l’établifTement, s’il s’agit de Tentreprife dans fon premier dé* but; tout cela montre Tindifcrétion qu’il y auroit* de s’engager dans un établilïè* ment auffi compliqué , ou de former une Compagnie pour ces travaux , fins avoir d’abord calculé avec attention les frais auxquels on doit ou on peut s’attendre. On ne peut qu’être expofé à des pertes confidérables, ou bien à être fins ceffe arrêté par le manque des fonds, fi ce calcul eft inexaél ; 8c il ne manquera pas de l’être, à moins qu’il n’ait pour bafe un tableau générai * auffi complet qu il fe peut * de tous les objets fur lefquels portent les frais d’une entreprife de cette nature * foit dans le premier inftant, foit dans le cours de l’exploitation.
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- S34 du charbon de terre
- Afin, de ne rien laiffer échapper de ce qui peut entrer en frais , on doie considérer trois différents temps dans cet établiffement, & diftinguer relativement à chacun de ces trois états, les dépenfes en trois efpeces ou trois claffes • celles qui précédent toute opération effective fur le terrein où Ion fe propofe de travailler ; celles qui font uniquement relatives à la fouille , pour aller rencontrer la Veine, & celles qui ont cours lorfque l'exploitation fournit à la continuation de l’entreprife.
- Dans le première état dedépenfe, on doit comprendre FacquiCtion des ter-reins fur lelquels on fait l’établiffement, les droits à payer aux Seigneurs & Propriétaires , les dédommagements dus aux Particuliers, fur lefquels on fouille, ou fur le terrein defquels on établit quelque attelier.
- L'achat des chevaux néceflàires pour quelques travaux, comme de ceux déftinés à faire agir la machine d’extraélion, eft , à la vérité , de la moindre conféquence, ces chevaux pouvant être aveugles, Sc préférables d’ailleurs à caufe du bon marché.
- Lorfque l’on procédé à l’enfoncement du Bure , la dépenfè forme un fe-cond article diftinél & très-important; il eft quelquefois tel qu’il ne peut être fujet au calcul, à caufe des variations dépendantes de circonfiances qu’il eft impoffible de prévoir, particuliérement dans un quartier qui n’a pas encore été fouillé pour du Charbon de terre, & dont la nature eft parconfé-quent inconnue.
- D’après les delcriptions du terrein de plufieurs pays , abftraétion faite des incertitudes perpétuelles de réuflîr, ou de trouver le Charbon, il eft aifé de juger que l’abondance des eaux , les excavations au-delîus de leur niveau , l’inftabilité du fol, forment autant d’écueils, les uns plus embarraflànts que les autres ; le local feul peut quelquefois doubler ou tripler les difficultés & les dépenfes de deux Veines , par exemple , fuppofées d’une épaifteur égale & fituées fous les rochers à une même profondeur dans le Pays Montois, & à Anzin ; la fouille & l’extraélion dans l’une n’exige qu’un degré de force, tandis que dans l’autre il en faut 31,42 jufqu’à 47, pour l’enlèvement des couvertures des Charbons & des eaux.
- Ainfi dans le cas où l’on réuffit à furmonter les empêchements & où l’on n’eft pas obligé d’abandonner des travaux très-avancés, les délais augmentés par les eaux, les forces à multiplier félon les circonftances, les obftacles plus ou moins difficiles, plus ou moins fréquents , plus ou moins aifés à prévenir ; à écarter , augmentent les frais de maniéré , que ce premier commencement d’ouvrages emporte en dépenfe un emploi de fonds confidérables, dont la maflè s’accumule en avançant ou même fans avancer dans les ouvrages, avant que l’on voie jour au fuccès de l’entreprife.
- A la rencontre de la Veine commence le troifeeme temps que nous avons diftingué ; il faut alors s’occuper de donner à l’établiflement fa derniere forme,
- conftruire
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- ET DE SES M I N E S. Il Part, 83I
- tonflruire des écuries , des hangards , des attçliers , des magafins ; augtnentef le nombre des chevaux, fe pourvoir de nouveaux uftenfiles, de nouveaux outils , s’approvifionner en fer , en bois, en pierre , en brique ; augmenter les Employés & les Ouvriers, pour l’exécution des manœuvres , loit dans les ou^ vrages fouterreins, foit dans les différents atteliers & magafins établis au vof finage de la Mine*
- Toutes ces chofes dilpofées, la dépenfe devient plus réglée , & confîlïë uniquement dans les réparations annuelles, la nourriture des chevaux, le ferrage, l’entretien des harnois , des voitures ^ les appointements des Régi£ feurs , Directeurs , Commis, Ouvriers employés chaque jour, tant auxfofies & aux fouterreins , qu’aux différents atteliers deftinés à la fabrique des machines , agrès & outils.
- En 175 b ^ on comptoit jufqu’à ij* cents Ouvriers aux ouvrages de toutes les foffes de Frefnes & d’Anzin , & 180 chevaux , dont le ferrage étoit éyalué à 3 6 livres par an pour chaque cheval.
- Dans l’état de cette dépenfe fe trouve auffi une femme de quatre-vingt-dix mille livres j que les Entrepreneurs avoient payés dans cette même année 175b , depuis l’établifîement des dixièmes & des vingtièmes , & celle de treize mille livres , dont ils étoient chargés alors par le dixième.
- Si d’un côté les entreprifes de Mines ne font couronnées par des feccès, qu’autant qu’on a prévu d’avance toutes les difficultés de détail qui fe rencon* trent dans l’exécution, il en eft de même pour l’établiffement auquel il s’agit de procéder, quand on a reconnu une ou plufieurs Veines, dont le travail fera profitable, (voyez page a88 ) ; l’exploitation avantageufe devient alors intimement liée avec le plan de Régie, & il fera difficile à afïeoir , fi l’on n’a, pas d’abord pris la précaution de s’inftruire de ce qui fe pratique en plufieurs Pays, fur les différentes cÿi principales parties qui compofent cette adminif* tration, 8c relativement aux prix des journées ; ce ne fera que de cette ma-* niere que l’on pourra lavoir à-peu-près, félon la différence du local, ferquoi tabler pour la tâche des Ouvriers employés dans les ouvrages fouterreins, foit ceux qui détachent le Charbon de la Mine , foit ceux qui de proche en proche l’amenent au pied du bure, foit ceux qui aident aux manœuvres néceflairës pour le monter au jour ; il n’eft pas moins intérefîànt y à f aide de notices d’au-^ très Pays, d’être infiruit du nombre de paniers ou de facs que l’on peut enlever de la Mine en une journée, de la quantité qui peut s’en exporter de la fofle au port de rembarquement, &c.
- A mefure que nous avons expofé l’hiftoire des manœuvres de l’exploita^ tion, dans les quatre principaux endroits où nous avons décrit ces travaux, â Liège, en Angleterre , dans le Hainaut Autrichien , 8c dans plufieurs Provinces de France, nous avons donné, lorlque cela nous a ete poffible , des notices fur quelques-uns de ces objets, 8c fer ce qui s’obferve à l’égard des Charbon de Terre. IL Pan, C 10
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- DU CHARBON DE TERRE
- Salaires d'Ouvriers ; afin de faciliter de plus en plus les fpeculations fur lefc -quelles on peut diriger un plan général de bonne adminiftration , nous ajouterons ici quelques nouveaux détails fur ces différentes parties (i) } en fuivant le Charbon depuis le premier moment qu'on le détache de la Mine , jufqu’à celui où il eft enlevé au jour , & emmagafiné au port de rembarquement.
- Dans la Mine de Charbon du Roi Adolphe Frédérich, autrement dit , de Boferups en Suede, dont nous avons décrit les fubftances, page 44 ^ ^ M. le Baron de Hermelin , Maître des Mines, rapporte (2) que le (Maire des Ouvriers efl; à tant par tonne (3), (ans y comprendre le montage au jour : il efl enfuite différent félon que le travail fe fait fur les Jlappes ; en longueur , l'Ouvrier efl payé par brade fur 6 à f de hauteur & 10 de largeur, y compris la conduite jufqu’au chârgeage : lorfqu'on efl avancé dans la Mine au-delà de 10 brades, il y a une augmentation particulière.
- Dans les Mines de Newcafile, les Ouvriers font payés , comme on Ta dit, par paniers de Charbon , félon les endroits où ils travaillent.
- Dans la Mine de Walxer, un Ouvrier en fix ou fept heures de temps, détache depuis 15“ jufqu'à 2 J , & même 30 paniers, le plus communément depuis 20 jufqu'à 2 J , chaque panier pefànt environ 6 quintaux de 112 livres, c’eft-à-dire, 672 livres.
- Il efl cependant d'autres Provinces d’Angleterre où le falaire fe réglé fur les diftances , & où le nombre de paniers varie.
- Au Pays de Liège, félon M. Jars (4) , on afligne à chaque Xhaveur 4 pieds de longueur fur 3 pieds de profondeur , pour un quart de (à journée ; il efl obligé d’en faire quatre pareilles pour fa journée entière , qui lui efl payée fur le pied de 16 à 17 fols de France.
- La maniéré de régler le prix de la journée des Mineurs à la toife, au quintal ou autrement, efl affez difficile à déterminer. *
- Si on réglé le prix de la journée des Ouvriers fur le nombre des mefures qui (ortent de la Mine, cela n'eft pas (ans inconvénient ; l'Ouvrier parelfeux ou intérefîe néglige ce que diète la véritable économie, pour ne s'attacher qu'au moyen facile d'augmenter le prix de (à journée, par le nombre de fes mefures, en ne fe chargeant point du travail pénible.
- Par exemple, afin de fe procurer ce double avantage, l'Ouvrier attaque le Charbon dans l'endroit où il le trouve plus facile à fè détacher , où la maffe efl moins dure : pour cela il fàppe par les fondements les piliers qui étayent les
- ( 1 ) L’Auteur de la Traduéiion de Schlutter obferve qu’on exige ordinairement de ceux qui follicitent des Concefïions de Mines , qu’ils répondent à plufieurs queftions, dont il donne l’énumération dans la Préface , page xiij. Cet état, de demandes feulement, fe rapporte, pour les Mines métalliques, à ce que nous exécutons ici réellement. Le cinquième Mémoire de M. Zimmermann, fur un Plan d’Adminiftration de Mine, félon fes principales parties, aura place
- dans notre Bibliothèque des Conflitutions fur te fait des Mines. ,
- ( 2 ) Remarques fur la Mine de Charbon e Boferups , & examen des autres Charbons de terre de Scanie, 3 e. trimeflre des Mémoires de l’Académie de Suède , an. 1773 > Pa§- .
- (3) Mefure de 168 pintes, ce qui, à 24 pintes près, revient à notre muid de Paris.
- (4) B âge 302.
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- ET De SES MINES. iï. Par?, 83?
- Galeries, Sc fait écrouler le Charbon : c'eft cette manœuvre qui, dans les Mines du Lyonnois, s’exprime par le terme, faire foudroyer : après ce fou-droyement, l'Ouvrier place des piliers de bois pour tenir lieu des maffifs de Charbon qu'il a renverfés. Cette mauvaife manœuvre ne peut le réparer par des étais poftiches, qui ne font jamais conftruits de maniéré à faire un foutien égal, fur-tout après que toutes les mafles voifines ont été plus ou moins ébram lées; ce qui fait qu'en venant à fe détacher tôt ou tard, elles dérangent & troublent l'ordre fuccellif des travaux.
- M. de Tilly eftime qu’il convient, autant qu'il eft polïible, de faire tra-vailler le Mineur à la tâche , c'eft-à-dire , de lui donner un falaire déterminé par toife de Charbon, torique la veine eft régulière , ou par toife de roche * fuivant la nature plus ou moins compare de ces bancs de pierre.
- Il doit en être de même pour les enfants qui traînent le Charbon ; leur journée dans quelques Provinces eft évaluée ordinairement à iy ou 16 douzaines? de paniers, quelquefois à 24 , félon le trajet qu'ils ont à parcourir.
- Il eft bon de remarquer dans ces différences de fàlaires qui le donnent aux Ouvriers en plulieurs Pays * que l'on doit avoir égard à l'épaifleur des veines; il eft fort différent d’avoir à travailler & à traîner des Charbons dans des veiries qui ont en épailfeur la hauteur d'un homme ou davantage , comme il s'en trouve à Liège, voyez page 69 , ou dans des veines dont l'épaifleur oblige l'Ouvrier d'être dans une pofture plus ou moins gênée, comme dans là Mine de Boferups , ou elles n’ont que depuis I pied jufqu'à 2 pieds & demi de puijfance (1).
- Le Charbon amené au principal chargeage pour être enlevé au joür$ & déchargé fur le pas du bure , devient nouvelle matière à combinai-fbns, pour fupputer ce qui peut en forcir de la Houilliere en une journée ; la quantité qui peut s'enlever d'une Mine eh douze heures de temps , eft relative à la profondeur du puits > & conféquemment à la machine établie fur l’œil dü bure pour cette manœuvre.
- Avec le petit Touret à bras ou Vindas, PL //, Part. /, deux hommes tirent chaque fois 70 livres pefant ; voyez page 35Î.
- Avec les petites machines à bras, Cf g* 1, PL XVI, Part. Il) , dont les payfans fe fervent pour une profondeur de 20, 30 à 36 toifes , on ne peut tirer à la fois que ijo ou 200 , tout au plus 300 livres pefant, revenant à la charge d'un cheval. A la fuite de chaque enlèvement, il ne laifle pas que d'y avoir certain temps perdu pour la befogne des trairefles au jour ; voyez page 210. On pouroit éviter ce coup de main , en fermant le bure avec deux battants , lorfque le panier eft arrivé au jour ; on pouroit encore * félon que le moulinet eft exhauffé au-deflus de l'œil du bure, glifler fur la bouche du puits une planche à roulettes.
- (1) G. Macht. Su. Macgtighet : ce terme , reçu en Minéralogie, défigne la largeur & l’épaiiTeuf fà’un filon ; on dit des couches puijfantes<
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- %g DU CHARBON DE TERRE
- Dans les Houillieres de conféquence, l’extraétion journalière efl évaluée à Liège à yo Traits (i) par jour 5 chaque trait, félon la qualité de la Houille, peut être eftimé de 2500 à 2.600 jufqu a trois milliers, meme encore au-delà,1 m dire des Houilleurs de Liège. M. Jars penfe que cela ne peut pas aller à plus de deux mille cinq cents : je reviendrai à cet article en parlant de la pf0^ fondeur des Bures.
- En admettant le nombre de 50 traits par jour dans les Houillieres de Liège y il en réfulteroit qu’en 50 voyages, qui fe font en douze heures , fextraélion ferait de 125000 livres, pour la moindre charge; de 130000, pour la moyenne ; 3c de 150000 > pour la charge de trois milliers. Ce réfultat de 50 traits par jour, fuppofè au bure une profondeur telle qu’il y a quatre voyages par heure ; ce qui feroit beaucoup, même en mettant plus de 4 chevaux au hernaz.
- •A Newcaflle 3 voyez page 695 , l’extraélion efl: évaluée en douze heures de temps à 89604 livres pefànt.
- La derniere main-d’œuvre à doriner au Charbon , lorfqu’il efl arrivé au pas du bure, efl celle néceflàire pourl’emmagafiner près la riviere fur laquelle il doit être embarqué pour devenir objet de commerce en grand.
- Ce tranfport conftitue un objet de dépenfe & de manutention particulière: la diftance de la Mine au port , la qualité du chemin qui conduit de l’un à l’autre , la maniéré dont cette exportation peut fe faire, influent différemment fur le nombre de voyages que peuvent répéter dans une journée les bêtes de fomme , ou les voitures dont on efl à portée de fe fervir dans le canton où la Mine eftfituée. Selon que le Charbon fe tranfporte au magafin à dos d’âne , comme à Braffac ; à dos de mulet ou de cheval, comme à Craufàc y à Rivedegier ; ou par voitures, auxquelles on attelle des bœufs, comme à Fims , ou des chevaux.
- Les charges exportées chaque fois dans l’efpace d’une journée , emploient plus ou moins de temps à arriver au magafin ; l’équipage de Mine comporte en conféquence une différente augmentation de chevaux , de bœufs, de voitures, de Voituriers.
- On n’a befbin ici que de ces indications générales, par rapport aux corn-binaifons auxquelles elles peuvent fervir de bafe dans cette partie de l’adminif-tration d’une Mine , en connoiflànt foit le trait de chaque cheval (2) , foit le temps que des voitures chargées de Charbon emploient dans d’autres endroits à faire le chemin de la Mine au magafin. A Newcaftie , par exemple , un feul cheval conduit de la Mine au magafin , dans un chariot, fept chauchters , c eft-à-dire, cinq milles trois cents pefànt de Charbon (3).
- (1) Ce mot exprime indifféremment les paniers , coufades, & pellées ; il efl: employé dans prefque tous les rendages de prifes: on doit entendre par-là, la charge que rapporte la cou-fade (Pl.X, fig. 1 Sc 1. Part. II ) enlevée par la machine à chevaux , fig, 1, PI, XII. Part. IL
- ( 2 ) Le trait du cheval ou ce qu’il peut tiref, efl d’environ 17 j livres, en faifant un pas ôc demi par fécondé , ou & de lieue en une heure.
- (5) Le trait du boeuf efl plus confidérable, mais la lenteur de fa marche prend fur le temps duvoyage.
- Devant
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- I
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- Devant bien-tôt traiter en particulier de la fîtuation avantageufe dune Mine, je reviendrai fur les deux premières circonftances dont je viens de parler , fàvoir la diftance du puits d'extraétion à rembarquement, & la qualité du chemin de traverfe, qui donneront matière à des réflexions intéreflàntes fur les voitures de tranfport & fur les routes. 4
- Réjîimê pour fervir de Journal d!exploitation.
- Mois et Jour. Journaliers. Ferrures. Extra cti on. En Magasin. Vente.
- Dans les ouvrages fouterreins. . . Journaliers dans les ouvrages à la fuperficie. . Appointements des Employés. Bois. Lumières. Menus frais. Charbon de ire qualité. Toifes cubes. Charbon de 2e qualité. Toifes cubes. i Voitures. Charges. Beines. Connpor* tes. Voyes.
- Voituriers.. . . ! •
- Chevaux. . .
- Le point de vue fous lequel nous confidérons ici un établiflement de Mi-* ne 9 en faveur de ceux qui le difpofont à en entreprendre 9 ou qui peuvent fe trouver chargés de la direction d'une Houilliere fuppofée en tràin, conduit naturellement à tracer un Tableau plus rapproché des différents agrès que comporte un établilfement, & qui puilfe fervir de Tableau de dépenfes fur ce point : ceux qui compofent à eux feuls des machines , feront traités à part.
- Equipage d’un Attelier de Miné, ou dénombrement des Approvisionnements néceflaires pour Iexploitation d'une Carrière de Charbon de terre.
- Fers , fondes, forets, pics, marteaux, pelles, malles , &c. chaînes de fer; bandages pour lier les roues des voitures & les pièces de differentes machines.
- Quantité de légers ouvrages en fer , rappointis, nommés proprement ferrailles y broches, crochets pour les machines & pour les cordes , pattes, agraf-fes pour lier les pièces des cailles & des tonneaux.
- Clous d’échelles, chevilles, écrous, clefs, crapaudines , viroles, vis ; « échelles de fer.
- Poudre a canon pour faire jouer la Mine.
- Charpenterie. Bois pour eftanfillons , pour cuvelages, d'après des Mémoires de feu M. le VicomteDéfandrouins : ces deux articles feuls (en 1750) ^ pour les folTes deFrefnes & d’Anzin, pouvoient fe monter à 80 mille liv. par an. Charbon de Terre. IL Part. D 10
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- g4s DU CHARBON DE TERRE
- Bois pour machines à molettes, machines à pompes , machines à feu y |qu{m pages de chariots.
- Coffres, caifîès, paniers d’extraélion , bacquets , féauxdans les Mines de Carron en Angleterre, au lieu de paniers pour enlever les Charbons de la carrière, ce font des féaux" ou caiifes quarrées de deux pieds Sc demi fur chaque dimenfion, formées de planches bien ferrées ; le fond s’ouvre à laide dune charnière, quand on veut les vuider.
- Echelles.
- Chartelles, Charettes, Brouettes.
- Pierres , briques pour les Bures d’extraétion, & pour les Bures d’airage.
- Grailles & huiles pour les machines , pour lampes ou chandelles : en , félon M. le Vicomte Defandrouins, il en coutoit pour s’éclairer dans les ouvrages de Frefnes & d’Anzin , plus de 35 mille livres par an.
- M. de Tilly remarque que des chandelles, de 14 ou de ly à la livre durent trois heures, s’il y a allez d’air dans la Mine.
- Il paroîtroit avantageux pour l’économie, de les faire porter à la maniéré ulî-tée parmi les Houilleurs de Liège, retenues fur leur chapeau dans de la glaife ; l’Ouvrier alors ne fe trouve pas dans le cas d’oublier fà lumière lorfqu’il quitte l’ouvrage.
- Cuirs pour les piftons, pour les chaînes & pour les féaux: dans quelques pays, en Angleterre, par exemple, c’eft avec des facs de cuir que l’on vide & que l’on enleve les eaux ; il eft de ces fàcs qui contiennent 8 & 9 gallons,
- M. Jars, dans fon Ouvrage, rapporte que dans les Mines de fer de Nord-marck, province de Wermeland, & dans celles de Dannemora en Uplande , les cordes employées à enlever le minerai font de cuir ; nous en parlerons à l’article des «cordages qui peuvent fe fubftituer aux chaînes.
- A tout cela il faut ajouter les frais particuliers pour la cohftruéHon des machines à molettes , des machines à pompes, des machines à feu * dont les différentes pièces feront détaillées à part, à la fuite de quelques principes de Méchanique.
- On doit feulement obferyer, que la machine à feu peut emporter à elle feule une dépenfe de 60 ou 80 mille livres.
- Des deux principaux Atteliers & Approvif ornements de Mines*
- Dans une entreprife de cette nature, un coup d’œil général, tel que nous venons de le donner, ne fuffit pas ; la multitude d’outils , de machines, d’agrès Sc équipages de tout genre auxquels on eft obligé d’avoir recours pour une exploitation en grand , fait d’abord apperceyoir que l’établiflèment d’une
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- fouille exige une fourniture abondante de deux fortes de matériaux } fer Sc bois.
- Le fer avec lequel fe fabriquent les outils , les chaînes , les crochets, agralfes ou pattes , les clous * a befoin , pour être mis en œuvre, d’être travaillé â la forge.
- Le bois indilpenfable pour les outils, les machines , les pompes, les épau-lements fbuterrains , les hangards, &c. doit pafler par les mains du Charpen-^ tier.
- Delà deux atteliers à lever, ï\ une forge (i) , cl0. un attelier ou s’exécutent les ouvrages en gros bois.
- Les Ouvriers de l’un 8c de l’autre de ces atteliers , journellement inftruits par Inexpérience, bien mieux que perfonne * n ont fans doute befoin chacun dans leur partie d’aucune inftruélion : cependant jamais un Directeur de Mine , un Propriétaire ne doivent tellement s’en rapporter à la capacité, à la fidélité de ces Journaliers, à la vigilance des Maîtres-Ouvriers, qu’ils fe croyent difpenfés de furveiller à l’achat des differents matériaux, aux travaux qui s’exécutent pour toutes les opérations de la Mine ; mais fi ce Propriétaire, ce Directeur y ou tous les deux j ne lavent point la valeur des chofes ; fi par eux-mêmes y ils n’ont pas la moindre idée de la bonne ou de la mauvaife qualité du fer , du bois , des briques , des cordes , qui dans les petites Houillieres peuvent remplacer les chaînes , il fera bien inutile que l’un ou l’autre aflifte„à la vifite ou recette de ces differents matériaux : s’ils ignorent le travail > comment pourront-ils juger du talent & de la befogne de l’Ouvrier ? Leur pré-fence «empêchera-t-elle que l’on ne mêle du bois vieux à du bois neuf, que le Charpentier ne foie négligent à ménager tous les bois, en les faifànt fer vit utilement \
- Ces courtes réflexions laifient tout d’abord entrevoir le confeil que nous voulons donner aux Directeurs de Mine , ou à un Propriétaire qui par lui-même fait valoir fon terrein : il eft facile de reconnoître qu’aux fonds confidéra-bles à employer dans les trois differents temps de l’entreprife , il eft important de joindre des connoiflànces dans les differentes parties de détail , dans l’achat du fer , dans le travail des Ouvriers à la forge ; des idées précifès fut les bois & autres matériaux , fur les outils & agrès pour leur fabrication , fur la conftruéïion des hangards, des machines d’extraélion ; un détail économique des uftenfiles, une conduite éclairée & économique dans les manœuvres ; enfin cette intelligence doit s’étendre fur l’entretien, fur les réparations.
- L’expérience ne prouve que trop fouvent, combien ces fortes d avis en
- (i) On doit entendre par-là, les petites forges ou fourneaux dans lefquels on fait chauffer le *er pour le battre & le travailler fur l’enclume avec le marteau, ces Forges font accompagnées
- de beaucoup d’uflenflîes, comme foufflets, tenailles , pinces, broches ou tifonniers , pelles, cifeaux , étaux, limes, outils pour forer , &c.
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- différents genres , font peu écoutés & peu foivis : les perfonnes qui ont ici le plus d’intérêt à y avoir égard, font toujours difpofées a s en rapporter aux gens du métier qu’ils emploient, 8c que cela regarde directement. On ne peut nous fevoir mauvais gré de défirer & de prendre à tâche , que notre invitation produifo une autre impreflïon for les Propriétaires, ou for les Directeurs de Mine, auxquels cette derniere Section de notre Ouvrage eft particuliérement deftinée : dans cette vue* nous allons effayer de fixer leur attention , en leur donnant for les différents objets , qui fe trouvent fans ceffe à leur portée, des notions préliminaires ; elles les mettront à même d’en acquérir de plus étendues.
- Nous commencerons par expofer les maniérés de reconnoltre un fer de bonne qualité, & un autre de mauvaifo qualité ; nous tranlporterons enfoite fe Lecteur dans un Attelier de Forgeron ; nous lui ferons remarquer les phénomènes généraux que préfente 1e feu de Charbon de terre for 1e fer* lorfi qu’on travaille ce métal au feu de ce fofïile. Après nous être arrêté for les différentes efpeces de bois, propres à être employés aux différents ufàges relatifs à toutes les manœuvres d’une exploitation, nous pafferons de même en revue les autres matériaux néceflàires dans les entreprifes de Mines; nous nenégli-gérons pas de même de l’éclairer for l’application de la force des hommes 8c des animaux aux différents ouvrages de Mines.
- Du Fer confidéri à la Forge.
- Le fer eft un métal dur, fec, très-difficile à fondre, mais ductile ; la plus grande partie de celui qu’on emploie en France vient des Provinces de ce Royaume ; il n’eft pas fi doux ni fi bon que celui qui vient d’Allemagne , de Suede 8c d’Efpagne ; il ne peut fe polir qu’avec 1e grès 8c ïémeril (i) : celui d’Allemagne fouffre un peu la lime.
- Il n’y en a nulle part d’aufli bonne qualité qu’au pays de Liège , où l’abondance de cette matière entretient depuis long-temps un grand nombre de fourneaux. Je crois devoir à ce fojet relever une erreur qui fe trouve dans fe Paragraphe IX, page 148 , du fecond Volume de Swedemborg , & qui a été confervée dans la traduction publiée à la fuite de la Defeription de l’Art des Forges & Fourneaux à* Fer , page po: on y lit, que quelques années avant, le pays de Liège ne poffédoit que huit fourneaux.
- Cette maniéré de s’exprimer en foppofe davantage dans le temps que l’Auteur publioit fon Ouvrage ; c’étoit en 1734 : j’ignore fi ceux qui exiftentau-ourd’hui font de ce temps ; mais il eft certain qu’il y en a actuellement au
- (1) Efpece de Mine de fer très-dure , cendrée ou grisâtre, quelquefois brune ou rougeâtre; pour employer cette pierre , il %ut commencer par la réduire en une poudre extrêmement fine,
- la délayer enfuite dans l’eau, ( pour certains cas dans de l’huile ^ ce qui eft nommé Potée d’Ejneril.
- moins
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- moins feize ; j’en donne ici rénumération & la fituation, pour la curiofité de quelques Leéleurs (1).
- Le fer fe divife en deux efpeces générales ; la première eft 1 efer de Fonte l autrement fonte de fer, qui fe coule dans des moules conftruits exprès , & auxquels on donne la forme que Ton juge à propos, pour faire des canons $ des bombes , des boulets, des tuyaux de conduite , des poêles, des marmi« tes, &c. fa qualité eft très-aigre, dure & caftante.
- La fécondé efpece eft le fer forge', réfultant des gueufes (2) , 8c qui ayant été coupé en barres , a été forgé 8c étiré , c’eft-à-dire, allongé en barres fous le martinet des grandes Forges ; c’eft de celui-ci que l’on fait tous les gros fers , les chaînes, les tirants , les effieux , Sec.
- Le fer pour être en état d’être travaillé par quelques Ouvriers, comme Maréchaux , Taillandiers, & c. demande à être fondu une fécondé fois , en fai-* (ànt paffer les gueufes par le martinet (3) * enfuite par la chaufferie (4) , & par l’enclüme, pour le réduire en barres ; alors il fbuffre la lime, mais ne peut plus fe fondre, & Sonne deux caraéteres de fer différents , de fer fort ou dur à la lime, & de fer doux à la lime.
- On forge à chaud 8c à froid , mais plus fou vent à chaud*
- L’aétion de forger ou de préparer le fer à la forge, confifte à chauffer , rou-? gir le fer, pour le battre, & le travailler fur l’enclume avec un marteau ^ C eft-à-dire , lui donner la forme qu’on veut.
- Cette opération de chauffer le fer fiiffifàmment pour être forgé , jointe à faélion de forger , s’appelle chaudey on dit, Ce morceau a été forgé en une, deux, trois chaudes : néanmoins ce terme exprime plus particuliérement le degré de chaleur à donner au fer, ou le temps que le fer met à être chauffe , avant d’être porté fous le marteau ; nous nous arrêterons en particulier à ceci.
- Cette manœuvre renferme différentes vues , félon la différence des ou*
- (1) Dans îa banlieue de Liège, on compte deux fourneaux , fitués tous les deux fur la rivière d’Ourte; le premier eft à Froidmont, à une demi-lieue de Liège ; le fécond à Grivegnée, un quart de lieue plus haut; ils tirent leur Mine de Beaufays au-deffus de Chaud-Fontaine, & de Bàs-Oha au-deftus de la ville de Huy,
- Au Marquifat de Franchimont, il y a le fourneau de Suilenville t qui tire fa Mine, tant du Marquifat, que de Beaufays.
- Dans Pentre-Sambre-Meufe Liégeoife , quatre au département de Couvin ,< favoir le fourneau de Nifmes à M. Rouet, de Pernel à MM. d’Eftrée 6c Bernard, de S. Roesk à M. Defandrouins, de îa Patinerie à MM. Poîcher , & Châtelain.
- Au département de Dailfy, le fourneau de Gourieux à M. Brunet , de Roli à M. d’Arches.
- Département de Sileurieux , fourneau de Fa-lemprife à M. Demanet, d’Ives à M. Mafcard.
- Département de Floreme, fourneau d-e S.- Lam-
- Charbojst de Terre. IL Pan,
- \ .
- bert à M. de Montpellier , de troidment à Mi André Puiffant, de S. Aubain à M. le Baron dé Rofée, de Morialme à M. Puiffant fils, de Lava Iette à M. de Cevé , de Poucet à M. Puiffant de Marchienne.
- Ces fourneaux ne fondent que des Mines dé la Province où ils font fitués, & qui donnent le meilleur fer, fort à la lime , dans les Seigneuries marquées en lettres italiques, êc dans les Seigneuries de Frere, & de Jamiolle.
- (2) On appelle de ce nom, un gros lingot dé fer, qui dans fa première fonte a été coulé dans des canaux triangulaires , Sc formé en gros lingots du poids de 3 , $ jufqu’à 6 mille livres.
- (3) Efpece d’ufine dans les groffes forges 9 ainfi appellée du marteau qui y travaille.
- (4) Attelier des groffes forges, où Je fer paffe au fortir dé raffinerie : on appelle Chaufferie $ le creufet deftiné à recevoir les pièces pour les chauffer à mefure qu’on achevé de les battre,
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- S44 DU CHARBON DE TERRE
- i°. Durcir'la matière au marteau jufqu à ce qu elle ait perdu fa duélilité • c'eft ce qu’on nomme Ecrouir.
- 2°. Corroyer , c'eft-à-dire, adoucir le fer, l'affiner 9 le décharger de laytier, lui ôter , en le battant fur l'enclume , les pailles ; lallonger 9 reformer, le fouder. Selon quil eftmal corroyé, foudé ou chauffé , il Con<; traéle des qualités diverfes.
- Lorfqu il eft mal corroyé, il eft rempli d'une infinité de pores très-ouverts ^ ou de cellules remplies de craftes, loit de cendre , de charbon ou autres, d'ou on l'appelle alors fer cendreux ; & fer ceru, lorlqu ayant été brûlé ou mal corroyé, il eft mêlé de ces craffes, comme font le plus {ouvent les extrémités des barres.
- S'il eft mal foudé, il eft compofé de plufieurs lames pofées les unes fur les autres ; 8c lorfqu’on vient à le travailler , il fe divife en autant de parcelles, que l’on nomme des pailles , & le fer fe nomme pailleux. En Métallurgie, on nomme paille, dans les métaux, un endroit défeétueux qui les rend caflànts & difficiles à forger ; on dit fur-tout du fer 8c de l'acier, qu'ils font pailleux 9 & c'eft un très-grand défaut ; car outre celui qu'on vient de dire, ils fouffirent un grand déchet à la forge.
- Il ne faut pas confondre avec ce défaut, des efpeces d'écailles qui tombent de la furface du fer quand on le forge à chaud, Sc qu'en forgerie on nomme aufîî pailles ; elles font employées à faire le noir , & quelques autres couleurs des Peintres fur Verre ; tout cela dépend du feu qu'on lui a fait éprouver.
- Le fer, en fe chauffant, s'altere toujours un peu ; à un degré plus fort de chaleur, il fe grille ; à un degré encore plus fort, il fe brûle ; on dit alors que le fer eft fur chauffé 9 c’eft-à-dire, qu'il menace de brûler, ou eft menacé de brûler en partie, par le trop de feu qu'on lui a donné : lorfque dan s une barre de fer, choifie chez les Marchands, il paroît des crevafîes en travers, c’eft un figne que le métal a été furchauffé.
- Ce défaut, qui ôte aux métaux toute leur qualité , eft appelié Jïirchauffure, par quelques Ouvriers fourrures de fer ; on remarque en effet, que ce métal & l'acier brûlés fe réduifent en une matière fpongieufe , fragile , qui n'eft plus bonne à rien.
- On n’exécute aucun ouvrage fur le fer , qu'il n'ait d'abord été chauffé au feu ; c'eft par conféquent l'opération la plus commune , il fembleroit de là que ce devroit être la plus fimple : il s'en faut beaucoup que cela foit ainfi ; pour la connoître 8c en juger, il fuffit de fuivre un Ouvrier dans cette opération.
- Lorfqu'il a allumé fon Charbon , qu'il faut toujours foppofer un bon Charbon (i), de temps en temps il jette de l'eau deffus ; il eft des Ouvriers qui
- (x) Les Ouvriers tenus de fe fervir indiftinc-tement de tous les Charbons qu’ils font à portée de fe procurer, fans être maîtres du choix , fup-pléent j autant qu’il eftpoflible & affez bien, au
- défaut de qualité , par la connoilfance que leur donne de ce Charbon l’habitude de l’employer : il n’en feroit pas moins intérelfant qu’ils euflent fur cela d’autres notions j perfon-
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- ET DE SES MINES. II. Part. 84/ de temps en temps découvrent le feu ; d autres le contentent de retirer de côté le mâche-fer qui fe forme dans le fond de la forge. L’inlperfion , à laquelle les Ouvriers attribuent l'effet de concentrer la chaleur , d’animer le feu , n’en a probablement pas d'autre que celui tout oppofé , de rallentir là vivacité ; & par-là l’Ouvrier, fans s'en douter, dirige fon feu, le rend égal. Dans les grandes forges, on jette aufli de l'eau fur les Charbons de bois qu’on y emploie. L'écartement du mâche-fer formé dans le fond de la forge eft plus raifonné que ne le croient les Ouvriers ; ce fond empêcheroit le fer de chauffer également.
- Ceux qui découvrent le feu quand le fer eft près d’être chaud , jettent def fus le fer un peu de fable fec, vraifemblablement pour diminuer la chaleur ; cette méthode peut avoir fon avantage , en traitant certains fers ailes à fur-chauffer, comme les fers tendres , nommés auffi fers doux : il eft poffible encore que ce mâche-fer retiré de côté & encore enflammé , entretienne fuffifàmment la chaleur du fer , & tienne lieu d'un pareil volume de Charbon f ce qui alors fait une économie ; ou c'eft uniquement pour reconnoître quand le fer eft chaud.
- Tout cela n'eft pas^ toujours fi facile à reconnoître que bien du monde pourroit le croire ; il fe forme fur le fer forgé avec le Charbon de terre une croûte & une flamme claire qui empêchent d'appercevoir bien fenfiblement le lignai de la chaude. L
- Quoi qu’il en foit de la méthode, variée dans quelques points, il eft confiant & perfonne ne l'ignore , que les Ouvriers de forge font parvenus, à la faveur d'une expérience laborieufe , à juger du point auquel ils doivent chauffer leur fer, félon la qualité de celui qu'ils travaillent, comme le fer froid > qui eft peu duétile , le fer caftant à chaud , très-difficile à forger , & qu’ils appellent Bourelin, le fer aigre, le fer doux , &c.
- C'eft donc l'affaire d'une grande expérience d’œil & de main, & elle eft fïire pour ménager le fer en le forgeant, pour juger à la couleur du degré de chaleur qu’il doit éprouver pour être forgé.
- Ce degré de chaleur, appellé chaude , doit en conféquence être proportionné convenablement, & il a des marques particulières pour être reconnu; l’attention de découvrir un peu le feu, & de le retirer en dehors, eft fans doute un des moyens naturels ; mais un ligne décifif, c'eft lorfque la flamme eft blanche & mélangée plus ou moins d'étincelles brillantes, à proportion de fon degré de chaleur.
- Le flgnal de la bonne chaude eft la fortie bruyante de ces étincelles fort
- ne encore ne s’eft attaché à en établir. Dans article troifïeme , où nous confidérerons le v^harbon de terre, quant à fon ufage pour les Arts, nous indiquerons dans le plus grand dé-
- tail les caraéteres auxquels on peut diftinguec les différentes qualités intrinfequcs du Charbon de terre.
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- DU CHARBON DE TERRE brillantes, comme des petites étoiles blanches; les Ouvriers difent alors que le fer brafe
- Quand ces étincelles font rouges , la chaude commence, & Ton jUge qu’elle eft faite lorfque ces étincelles font blanches ; ils attendent des degrés différents dans la couleur de la chaude, félon les fers.
- Il y a tels fers quil ne faut chauffer qu’à blanc, d’autres à qui il ne faut Sonner que la couleur cerife, d’autres qu’il faut chauffer plus rouge, félon que le fer eft plus ou moins doux : pour les fers doux, il ne faut les chauffer qu’à blanc ; la couleur rouge blanc pour certains ouvrages, eft appellée dans quelques atteliers blanc de lune.
- On appelle chaude grajj'e » celle où le fer fortant de là forge eft bouillonnant & prefque en fufion ; il dégoutte même en parcelles fondues, comme une fùeur, d’où on appelle auffi chaude Jiiante la chaude grafle ; c’eft celle qui f® donne la première , lorfque le fer eft pailleux, Sc qu’il s’agit de le fouder : il eft alors à propos de ne frapper le fer qu’à petits coups ; fi on le battoit à grands coups, il s’écarteroit en tout fens en petites portions.
- La maniéré de forger n’eft pas non plus fi fîmple qu’on le croiroit bien : après avoir écroui le fer, il faut lui rendre fa duélilité enlevée par le marteau en le tougiftànt au feu ; car fi lorfqu’il eft écroui, on forçoit le forgé, on s’expoferoit à faire cafter le fer ; d’où l’on voit que les deux termes dur Sc cajjant, font fort bien rendus par celui & écroui. La première caufe des caflures vient de l’aétion de forger ; l’endroit qu’on aura battu à froid , caftera plutôt qu’un autre qui l’aura été moins ; auffi on remarque toujours qu’un bon Forgeron perd moins de pièces par les caflures qu’un médiocre Forgeron.
- Il y a tant de maniérés de forger le fer , félon les différentes efpeces d’ouvrages , qu’il n’eft pas poffible de les déterminer ; c’eft à l’ufàge & à l’expérience qu’il faut avoir recours pour s’en inftruire.
- Nous dirons feulement que lorfqu’on met le fer au feu pour la première fois , il eft abfolument néceffaire de lui donner une chaude fuante , afin qu’en le frappant il puiffe fe fouder Sc corroyer bien enfemble ; enluite pour finir l’ouvrage , il eft fuffifànt de le chauffer jufqu’à ce qu’il foit rouge ou blanc félon les différentes fortes d’ouvrages ; Sc lorfque l’ouvrage eft fini, on le recuit, ou avant qu’il prenne des écailles, qui ordinairement en ouvrent les pores, le rendent crafleux & difficile à limer lorfqu’il eft froid ; on le laiffe enfuite rét froidir fans le frapper.
- S’il arrive que l’on ait befbin d’un fer très-doux , & qu’on n’en ait point $ on pourrait avec du fer très-caftant & très-aigre, en faire d’auffi doux qu on jugeroit à propos.
- . Il s’agit de le réduire en petits morceaux applatis , que l'on joindroit
- (i) Les Ouvriers en fer fe fervent du terme brafer dans un autre fens , lorfqu’ils unifient deux pièces de fer avec du cuivre.
- enfemble
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- ET DE SES MINES. II. Part. §47
- enfemble en forme de pâté, ainfi appelle félon l’Art, & les corroyer (i) bien cnfemble avec le marteau après les avoir chauffés ; & ainfi plus le fer eft corroyé , & plus il devient bon*
- La plûpart des Mines de fer , d’entre Sambre & Meufe, qui font un peu aigres, font dans ce cas ; on eft obligé pour y remédier de les mélanger avec une Mine plus douce qui fe prend du côté de Namur.
- Maniérés de reconnaître les qualités du Fer, •
- Lorsqu’on a choifî une barre nette & forgée quarrément , il faut la plier pour connoître fon degré de douceur ou d’aigreur ; fi à l’endroit plié on voit que le fer découvre comme fi on l’avoit trempé bien rouge dans l’eau , c’eft une marque infaillible que le fer eft excellent ; cependant il peut être très-bon fans découvrir.
- Lorfqu’il n’eft pas rouverain, qu’il fe chauffe bien , qu’il fo foude facilement , qu’il eft ferme fous le marteau , il eft bon.
- On appelle Fer aigre ou cajfant, celui qui fo cafte facilement à froid ; on le nomme auffi rouverain ou fer acerain ; c’eft un fer qui n’eft pas affez purgé de fon laitier.
- Il fo trouve de ces fers tellement aigres , que fi on ne prend pas la précaution de les foutenir d’un bout à l’autre, ils tombent en morceaux d’un côté, tandis qu’on les travaille de l’autre.
- On les reconnoît de plufieurs maniérés ; i°. à des gerçures ou découpures qu’on voit traverfor les quarrés des barres; 2.0. ce fer eft pliant, malléable à froid, & caftant à chaud, lorfqu’on le travaille.
- A la forge le fer acerain a auffi fos marques particulières ; il rend une odeur de foufre ; en le frappant, il en fort des étincelles fomblables à des petites flammes en étoiles : quand on le chauffe un peu plus blanc que couleur de cerifo rouge, il s’ouvre à chaud , & quelquefois prefque tout en travers de la barre * fur-tout lorfqu’on le bac ou qu’on le ploie ; il eft fujet à avoir des pailles & des grains.
- Quelques fers, comme celui d’Elpagne , ont ce défaut ; les vieux fers qui font reftés long-temps expofés à l’air, font fujets à devenir rouverains.
- Le bon fer a le grain noirâtre & ferré , il eft plus tenace que celui dont les grains font gros & brillants, & il cafte plus aifément que celui qui eft doux , qui fouvent eft caffant à froid ; il fo déchire en quelque façon , ce qui le diftingue de l’acier qui cafte net ; d’oii il réfùlte qu’on peut diftinguer la qualité du fer forgé à la vue & à la feulé inlpeélion du grain , lorfqu’il a été cafte à froid & à la forge.
- (1) Dans cette occafion, cette exprefllon fîgnîfie fouder enfemble plufieurs barres de fer, pour tfen faire qu’une.
- Charbon de Terre. IL Part.
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- 848 DU CHARBON DE TERRE
- Quand le grain en eft petit & ferré à-peu-près comme celui de l’acier, j} eft pliant à froid, & bouillant à la forge, ce qui le rend difficile à forger, à limer, & à fe fouder ; on en fait par cette raifon des outils pour travailler à la cerre.
- Lorfque le grain eft noir tout au travers de la barre , le fer eft néanmoins bon 8c malléable à froid, doux à la lime; mais il eft plus fujet à être cen- \ dreux , c’eft-à-dire, moins clair & moins luifènt après quil eft poli ; il s’y trouve des taches grifes : ce n’eft pas quil ne fe rencontre des barres de fer qui n’ont point ces défauts.
- Celui dont la cafture eft d’un gris noir tirant for le blanc, eft beaucoup plus dur & plus roide , & par conféquent plus convenable aux gros ouvrages noirs. (i) ; car à la lime, on lui remarque des grains qui ne peuvent s’emporter.
- Il y a d’autres fers mêlés à la cafture ; ils ont une partie blanche & l’autre grife ou noire, le grain en eft d’une moyenne grofleur. Ces fers font réputés les meilleurs ou également bons à la forge ; ils fe liment bien , prennent un beau poli, & ne font fujets ni à des grains,ni à des cendrures9 parce qu’ils s’affinent à mefure qu’on les travaille.
- Lorfqu’après avoir été cafte à froid , le grain eft très-gros , clair & brillant; comme Xétain de glace , connu chez les Droguiftes fous le nom de Bifmuth 9 il eft le moindre de tous, & également difficile à employer à la lime & à la forge.
- Feu M. de Réaumur a donné les indices qui fo prennent à la cafture du fer , pour juger de fa bonne ou mauvaife qualité.
- La maniéré de reconnoître ainfi le fera la vue, eft fort fojetteà tromper J les gens même de l’Art nofent guere s’en rapporter à ces apparences ; ils aiment mieux , quand ils en ont befoin, éprouver le fer. Swedemborg, rapporte (2) la maniéré dont s’y prennent les Marchands en Suede & en Angle*’ terre, pour s’afturer de la qualité du fer qu’ils achètent, & qu’ils deftinent à être embarqué : nous croyons rendre fervice aux Directeurs de Mines, de placer ici ce détail.
- Maniérés ujitèes en Suede & en Angleterre d'effayer la qualité du Fer:
- ï>X°. Ils examinent l’extérieur des barres; s’il eft rude au toucher, que
- » les angles ne foient pas nets, qu’il y ait des fentes, des gerçures, c’eft une » marque qu’il eft vicié par trop de foufre ; ils regardent encore s’il eft égale-
- » ment uni & poli partout (3).
- (1) En forgerie , ce font les gros ouvrages de fer que peuvent forger les marchands Taillandiers & autres, en vertu de leurs Statuts , comme focs de charrue , houes , fourges , &c.
- (2 ) Traduét. quatrième Se<ft. page 13 p.
- (3)11 eft très-bon lorfqu’il eft fort noir, & qu’il femble bien uni & bien lilfe. Une barre de
- fer cajfant à froid paroît au contraire rude à la main lorfqu'on la manie j les pores en paroiffenî moins ferrés; elle eft tendre au feu : il y. a de ces fortes de fers qui deviennent plus caftants en les forgeant, & qui ne peuvent être ni drelfes* ni tournés à froid.
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- ET DE SES MINES. U. ï>A*Te s49
- a°. Ils choififlent une quantité de barres, environ deux ou trois par cent, n qu’ïls paffent l’une après l’autre dans une encoche pratiquée dans un gros » bois ou dans un pieu fixement arrêté en terre ; d’abord ils font décrire à la d barre un léger arc de cercle, & la ramènent à la ligne droite ; fi elle fouffre » la courbure, Sc qu’elle fe redreffe bien, c’eft un indice d’une certaine ténacité :
- ils recommencent à la plier &à lui faire faire un ou plufieurs tours , en la D ramenant enfuite à la ligne droite ; fi la barre peut fouffrir cette épreuve » c’en eft allez , le fer efl autant tenace qu’on peut le délirer.
- » 30. Quand ils doutent de la nature d’une barre de fer, ils la jettent de toute » leur force fur un coin de fer arrêté dans un morceau de bois , ou fur quel-» qu’autre point d’appui de fer & bien aigu , ou bien ils pofent la bande fur » ce coin, Sc font toucher delfus avec des malfes ; fi les coups marquent fur le « fer, fans qu’aucune partie de la barre fe cafte, c’eft un ligne de ténacité.
- » Ils emploient encore pour juger de la ténacité ou de la fragilité du fer, » plufieurs autres moyens inutiles à décrire.
- » 40. S’il fe rompt en 2, 3,4 ou y morceaux, comme il arrive fouvent, ou ï> bien en plus ou moins de parties fuivant le degré de fragilité qui eft dans » la totalité de la barre ; alors ils ont recours à finfpeéHon des grains pour dé-yy couvrir la nature du fer , ils le caftent en plufieurs endroits, afin de pouvoir y> décider fi le vice eft total, ou s’il n’attaque que certaines parties.
- » Souvent une barre caftera dans un endroit qui aura été trop chauffé , ce qui » fera un mauvais ligne, tandis que le refte de la barre eft d’une bonne qualité* „ y°. Les Marchands portent encore de ce fer dans une boutique, pour » ïeflàyer au feu Sc fous le marteau, Sc favoir fi étant chauffé il cede aifément » aux coups, ou s’il y réfifte ; quelle quantité d’étincelles Sc d’écailles il jettera • » là, ils ne manquent pas furtout de le faire étirer en verge, Sc façonner en » clous très-pointus, Sc du plus petit volume ; quand iis font forgés , ils les » tournent pour les faire cafter, afin d’examiner encore le grain , Sc de compa-» rer l’état du fer après l’épreuve du feu, à fon état antérieur à l’épreuve ; ils » en font aulfi battre en feuilles minces, qu’ils plient enfuite Sc replient, ayant » foin de compter combien de fois elles auront efluyé cet effort, pour en ju-» ger Sc décider fûrement de la ténacité du fer ; ils le font encore chauffer Sc » tourner en fpirales, en fils grofliers & autres menus ouvrages de différentes » efpeces, qui à force d’être pliés Sc repliés, montrent la réfiftanee Sc la force » du nerf ferrugineux : enfin lorfqu’ils font venus à bout de les cafter, ils ju-» gent de là qualité par l’ordre des grains Sc des fibres, ainfi que par leur di-» ‘menfion Sc par leur couleur.
- De îAcier.
- Nous avons remarqué en donnant la première defoription des Outils,
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- 8jo DU CHARBON DE TERRE
- que la plupart d’entr’eux fervant à couper des matières refluantes avoient be-foin d'être acérés (i).
- Les Taillandiers fe fervent pour acérer des marteaux , dune efpçCe d'acier venant de Hongrie, en longues barres de 7 à 8 lignes en quarré & même d’un pouce, & qu'on appelle Acier de Hongrie ; les marteaux qui en font acérés ne valent rien , non plus que les outils à tailler la pierre , & ceux néceflàires à travailler la terre ; l'étoffe de Font (2) eft à tous égards préférable | Ceî acier de Hongrie,
- L'acier venant d'Allemagne eft réputé le meilleur pour faire les outils • celui de France , qu'on fait à Rives, en billes(3), fans être préférable à celui d’Allemagne , eft d'une bonne qualité.
- Quelques Ouvriers ne croyent pas cette opération néceffaire , ou du moins s'en dilpenfent ; mais il eft à préfumer qu'ils n’en font pas mieux , & qu’il n'y a de leur part que de la pare/le ; en conféquence il eft important d'étudier fon acier avant de l'employer, afin de connoître le degré de chaleur qu'il exige ou qu'il peut foutenir, fans fouffrir aucune altération , afin de lui donner ce degré de chaleur avec précifion, de le tremper & le recuire en proportion de
- On appelle Acier un fer traité par le feu, de maniéré que lès parties en font purifiées , liées & raffinées ; il eft alors plus blanc, plus folide , fon grain eft plus petit, plus fin , & fufoeptible de la plus grande dureté quand il a été bien préparé.
- > Le meilleur eft celui qui eft fans pailles, veines noires , ni défauts de jur~ chauffures, qui paroît net, d'un grain blanc bien fin, bien égal & délié lor£ qu’on le cafte ; fi en le rompant, il eft plein de veines noires ou de pailles; il ne vaut rien ; fi l'on y apperçoit- des taches jaunâtres , c’eft une marque qu'il fera difficile à fouder & à allier avec le fer.
- Plus l'acier eft fin, plutôt il s’échauffe , plus il demande par conféquent à être ménagé à la forge, plus il eft au feu , plus il fe gâte ; un feul coup de fouffiet de trop , fuffit pour le furchauffer & pour le décompofer ; il eft donc important de le1 forger avec le plus de promptitude qu'il eft polfible. Aufli la chaude pour l’acier, eft encore différente de celle pour le fer.
- Procédé pour reconnaître à la fois le degré de chaleur qui convient pours fouder l Acier 3 pour le tremper avec avantage, & connoître fa qualité
- par la beauté de fon grain.
- «Mettez au feu par le bout une barre d’acier, forcez un peu le degré
- (1) Acérer, c’eft fouder un morceau d’acier à l’extrémité d’un morce u de fer.
- (2) Prelque tous les Ouvriers en fer Sc en acier, appellent étoffe des morceaux d’acier commun dont ils forment les parties non tranchantes de leurs ouvrages ; leur maniéré d’employer tous
- les ouvrages manqués, tous les bouts d’acier qui ne peuvent fervir , c’eft d’en faire de 1 étoffe.
- (3J C’eft à-dire, en barres de la groffeur d un pouce , lefquelles fe coupent à moitié a chaud, d'un coup de tranche, de la longueur de ^ ou o pouces.
- » de
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- ET DE SES M1 iV Ê S. ïî. %xnf.
- » de chaleur vers la pointe ; quand elle commence à fondre, trempez-la dans » le fable légèrement , mais promptement, & remettez-la au feu; donnez de » petits coups de foufflet pour le laifler pour ainfi dire mitonner; porte z-le y> enfuite fur l’enclume , & battez-le à petits coups de marteau , mais préci-» pires ; alors vous connoîtrez le degré de chaleur qui lui convient, parce que w ce qui aura été furchauffé à la pointe , tombera difperfé ou enfemble en étin-» celles. Faites la pointe en pyramide, forgez-la bien quarrément jufqu’à ce » qu elle ne loit plus rouge, 8c même pour éteindre plutôt cette chaleur, trem* » pez le marteau dans l’eau 3c battez-en l’acier. Après cette opération faites » chauffer la barre couleur de cerife au bas de la pyramide , de telle forte que » le degré aille toujours en augmentant jufqu’à la pointe ; enfin trempez-la » dans une eau propre , claire & fraîche. •
- » Il faut l’émoudre fur une meule de moyenne hauteur, bien emporter le » noir ou le feu de la forge , & bien blanchir les quatre faces de toute la » longueur de la pyramide ; enfuite poliftez-le avec ïémeril fur la poliffoire y> (i) , de telle forte qu’il n’y paroiffe aucun trait de la meule ; effuyez-le bien » avec des cendres fur le tablier de peau ; après cela examinez-le au grand » jour , pour découvrir les veines de fer, s’il y en a ; vous les reconnoîtrez à la » couleur blanchâtre & livide , au lieu que l’acier eft plutôt bleu que blancs » quand il eft bien poli, tirant même un peu fur le noir : vous découvrirez les n cendrures, s’il y en a , à des efpeces de piquûres d’épingles & en grand nom-* » bre ; vous verrez auffi les filandres qui reffembleront à des traits de burin » très-fin, qui feront dirigés fuivant la longueur de la barre & point en travers* D Une autre comparaifon bien claire , c’eft qu’il fera femblable à une glace fur y> laquelle on auroit femé une multitude de cheveux , ayant tous la même di-» reétion de bas en haut.
- y> Ayant reconnu 8c jugé des qualités extérieures , il en faut fonder Tinté* » rieur.
- >> Pour cet effet, commencez par cafter le petit bout de là pyramide , ave© ï) un petit marteau. Cette extrémité eft celle qui a été trempée à la plus gran-» de chaleur : fi Ton voit le grain gros, ouvert, luifant, c’eft uçi figne certain » que cet acier a été trempé trop chaud ; fi en caftant un autre petit morceau y » on voit encore le grain gros, quoique plus fin que celui du premier bout ^
- » ce fécond a encore été trop chauffé ; continuez à cafter un troifieme & un » quatrième, enfin jufqu’à ce que vous trouviez le véritable degré de chaleur » de la trempe ; ce qu’on connoîtra lorfqu’on verra un grain ferré, uni, blanc » comme de l’argent, 8c point luifant, fur lequel on n’apperçoive aucune ta-*
- » che noirâtre ou grisâtre, tant fur les côtés qu’au centre ; ces épreuve^ ne'
- » font pas également importantes pour toutes fortes d’aciers ; celui qu on nom-'
- (i) Efpece de Meule de bois de noyer d’un pouce environ de diamètre, à volonté ; c’eft fur ces Meules , que la grande roue fait tourner,
- que les Couteliers âdouciflent & poliffeftt leur ouvrage, avec de rémeril & de la potée, fuivant l’ouvrage.
- Charbon de Terre. II. Paru
- G io
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- Sj* DU CHARBON DE TERRE
- » me acier fondu (i) , n’eft point fujet à toutes les défeétuofités de celui d’Ah §> lemagne : toutes les parties de la barre font égales ; mais il n en eft pas *> même de lacier d’Allemagne : il eft allez rare de trouver fix barres fur douze » fans qu’elles aient le défaut d’être cendreufes ou flandreufes ou ferreufes t » enforte qu’il faut eflàyer chaque barre que Ton veut employer : lorfqu’on » n’en avoit pas de meilleur que celui d’Allemagne, il falloit non-feuiement » eflayer chaque barre que contenoit un barril, mais il falloir encore eflàyer ts> chaque barre dans toute là longueur.
- n L’acier appellé fondu, s’allie bien avec l’acier d’Allemagne, du Tirol, \ » de Dantzick & de Styrie 5 mais on ne peut l’allier avec fuccès à ceux de
- *> Hongrie, du Dauphiné, &c. & ne pouvant l’allier avec de trop gros acier, *> à pius forte raifon on le peut encore moins avec du fer.
- Méthode £Acérer les Outils•
- »li y a différentes maniérés & acérer : s’il s’agit d’un marteau , foit de la » tête ou de la panne (2), on commence par corroyer un morceau d’acier, » de la largeur & de la forme de la tête du marteau , puis on le foude à un » morceau de fer mince, de la même forme : enfuite on fait chauffer la tête du » marteau & cette acérure, & on foude le tout enfemble. S’il s’agit de la » panne , on peut employer la même façon ; mais communément on fend le » côté de la panne du marteau, & on y infère un morceau d’acier, amorcé j) en forme de coin : ces deux différentes maniérés s’appellent acérer a chaude » portée ; elle s’annonce d’une maniéré qui n’eft pas équivoque 5 la maflè de » fer dégoutte comme à la chaude filante.
- » Mais il vaut mieux fe fervir de la troilieme façon, autant qu’il eft poflible* parce que la chaude portée eft fujette, quelque précaution que Ton prenne, » à renfermer des crafles entre les deux furfaces appliquées, & à fe deffou-» der.
- De la trempe de U Acier.
- O n doit entendre ici par cette expreflüon, l’aélion de durcir l’acier, ce qui s’exécute en faifant chauffer la piece au feu 8c la plongeant toute rouge dans l’eau fraîche, afin de la faire refroidir précipitamment. M. de Jufti, lavant Chy-mifte Allemand, a publié dans le premier volume de fes Ouvrages , en 1760 9 un Mémoire très-raifonné fur l’Acier ; mais nous croyons devoir nous borner a continuer d’extraire de l’Art du Coutelier les généralités les plus remarquables.
- » Le temps influe beaucoup fur la trempe ; il eft certain que l’acier eft plus y> dur dans le froid & dans la gelée , que quand le temps eft chaud ; mais dans
- ^ Ci) Acier qui n’eft ni cendreux, ni filandreux, ni à grains ferreux, nommé ainfi de ce qu’on allure qu’il eft réellement fondu, & palfé enfuite
- au laminoir par le moyen de l’eau. ^
- (2) Partie de la malle du marteau qui elt op-pofée à la tête, & qui va en diminuant
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- ET DE SES MINES. 11 Pas.
- » le premier cas ia matière eft plus fujette à Caffër , le grand vent y eft àuffi » contraire j le temps le plus favorable, eft lorfque le Ciel eft nébuleux j le » grand brouillard eft encore excellent,
- » Le feu & feau font ce qui importe le plus pour la trempe ; quant au yy premier, comme il s’agit de bien appercevoir la chaleur de l’acier qu’orl » chauffe pour la trempe , 1 obfcurité eft plus favorable que le grand jour*
- » Le feu ne doit pas être bien ardent ; quelques Maîtres préfèrent la poêlé »à la forge: les deux méthodes font également bonnes ; mais quand on ed » a adopté une, il ne faut pas la changer , afin de contracter l'habitude de » connoître précifément le degré du feu.
- » Le défaut de la forge eft fouvent le trop fort degré de feu * parce qu’il eft yy animé par le foufflet, & le défaut de la poêle eft fouvent de ne pas tremper » affez chaud : on voit que ce font les deux extrémités qu il faut éviter : M* n Perret eft cependant d’avis qu’il vaut mieux pécher pour donner ün peu yy plus de chaleur de trop * que d’en donner trop peu*
- y> Le feu doit être proportionné à ia grandeur des ouvrages qu*ori Veut yy tremper ; il vaut mieux en avoir plus que moins, parce qu’il faut que la » piece chauffe partout également, quand c’eft une piece courte ; mais fi c eft y> une piece longue , il faut la promener dans le feu ; or fi le brafiet n’eft pas » un peu étendu * la piece eft fojette à fo déjeter ; de plus elle s’échauffe plus d dans un endroit que dans un autre, parce que le feu eft toujours plus vif » vis-à-vis la tuyere que partout ailleurs.
- yy La couleur familière de la trempe de| outils , après qu’ils dût été forgés Y> & limés , eft appellée par tout le monde , couleur de cerife : cela n’eft cepen-yy dant pas exaét au jugement de M* Perret ; il admet deux degrés différents î yy le premier, félon cet Artifte , qui eft le plus foîble > eft la couleur de cerifo ; yy le focond, qui eft plus fort, eft couleur de rofo, qui exige plus de chaleur.
- » Il faut faire attention encore que la couleur d’une cerife bien mûre né » convient point du tout ; il faut fe repréfenter une cerife de rouge clair ; or ï> cette couleur convient à quelques aciers étrangers ; mais l’acier d’Angleterre yy exige un degré de plus de chaleur , qui eft la couleur de rofo. Cette même » couleur convient à l’étoffe de Pont, ainfi qu’à l’acier de Hongrie , & gène-* yy râlement à tous nos aciers de France.
- » L'acier trempé couleur de cerife dans l’eau bouillante ne durcit que très-» peu ; par cette même raifon plus l’eau eft fraîche , plus la trempe eft dure * yy ainfi il faut toujours tremper dans un baquet qui contienne deux ou trois » féaux d eau ; & même pour peu qu’on fonte que l’eau perd fa fraîcheur, il yy faut en changer * autrement on trouvera que les pièces trempées les dernieres ^ auront un degre de bonté de moins que les premières.
- » L acier trempe trop chaud s’égraine facilement 5 quelques Ouvriers pré-» tendent qu en augmentant un peu la couleur de recuit i on remédie à une
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- %4 £> U CHARBON DE TERRE
- » trempe trop forte ; cela pourroit être vrai pour quelques outils ; mais y f 7) obferver que cela n'eft pas pour les tranchants 5ns. Quant a 1 eau , Qn eftime y* celle qui eft la plus légère , 8c qui contient le moins de parties terreufes : » au refie , toute eau eft bonne pour la trempe dès quelle eft propre & claire : » la plus froide eft aufli la meilleure, & l'outil ne fe retire qu'après qu’il eft p froid.
- y> Il eft des Ouvriers , qui font dans l'ufage de faire rougir au feu une paire y> de tenailles , ou un autre morceau de fer, & de le plonger dans 1 eau , pour » difent-ils, ôter la crudité de l'eau.
- La méthode de tremper en paquet les pièces que Ton fait en fer eft différente : on prend de la fuie de cheminée, la plus dure &la plus groffiere ; après Lavoir mile en poudre bien fine, on la fait tremper dans de Lutine ou dans du vinaigre , en y ajoutant un peu de fel fondu, pour la rendre comme une pâte liquide ; alors on détrempe la fuie, 8c on en couvre les outils, en faifànt du tout un paquet que l’on couvre enfuite de terre ; on met le tout chauffer dans un feu ardent de charbon de bois ; quand il eft un peu plus rouge que la couleur de cerife 9 on le jette dans quelque vaiffeau plein d'eau très-froide , & l’ouvrage fera fuffifàmment dur.
- Du Recuit.
- Recuit, dans les Arts méchaniques, fe dit de l’aélion de recuire , & de la qualité que la piece a acquife par l'aétion de recuire, c eft-à-dire, par la chauffe couleur de cerife.
- L'acier trempé, ceft-à-dire , durci le plus qu'il eft poffible, & devenu au fit caffant que le verre , a befoin d'être corrigé de fà trop grande dureté , de prendre du corps * de la ténacité pour réfifter à la dureté des fubftances qu’on veut attaquer.
- La maniéré de recuire confifte en général à mettre les ouvrages fur de la braife bien allumée mais dont les charbons foient très-petits 9 8c à examiner à l’œil au grand jour, le degré de recuit qu'on veut donner, & qui doit être
- proportionné avec foin à l'efpece d'outils ou d’inftruments que l'on travaille.
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- Des différents Bois à emmagafîner pour les cntreprijes de Mine.
- L e bois néceffaire dans les entreprifes de Mine, eft employé à deux objets de grand détail, la conftruélion des machines, outils , uftenfiles de toute ef-pece , tant pour le dehors que pour le dedans de la Houilliere ; & l'épaulement des voies fouterraines : la confommation en eft confidérable pour chacune de ces parties : mais elle eft d'une toute autre importance pour les travaux intérieurs : la confervation, la durée, la pourchaffe des ouvrages ne font pofïibles, quautant que les chemins que l'on pratique font bien étayés.
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- ta vie des Ouvriets dépend de cette forêt tranfportée dans leurs attelîers, de fart avec lequel elle y eft arrangée * de i’inteiiigence avec laquelle les pièces en fontaffemblées, du foin que Ion prend aies entretenir en bon état.
- Il ne fera ici queftion en rien du débit du bois (r) qui entre dans tout cet édifice, ni de la maniéré d en difpofer les parties dans les différents endroits de la Mine (2).
- Nous nenvifageons ici les bois que dune maniéré générale, tomme maté* riaux , 8c dans le moment qu ils vont être emmagafinés 5 nous nous propofons uniquement de guider un Directeur dans leur achat, lui faire connoître les efpeces qui font les plus propres aux différents ufàgès, 8c leurs qualités.
- On peut diftinguer ces matériaux en bois de charpente , & en bois de feia-ge ; on donne la première dénomination à tous bois de certaine groffeur , Amplement équarri avec la coignée, & deftiné à faire de fortes poutres 8c de greffes folives.
- Le bois foie pour les petites folivés, chevrons, poteaux, planches, &c. eft appelle bois de feiage.
- Le bois s’achete de différentes maniérés , 8c chacune eft fufoeptibîe,de la part de l’Ouvrier 9 fi on la lui confie,, de quelqu’abus, qui ne doit pas être ignoré d’un Maître de Mine.
- Lorfqu’on fait marché atî cent (3) , l’Ouvrier peut en employer plus qu’il ne faut ; d’un autre côté , en bloc , il tâche de gagner fur la groffeur 8c fur la quantité ; à la toife , il profite de la connoiffance de l’avantage de cette induré pour y réduire les bois , 8c s’emparer du forplus.
- Les différentes efpeces de bois d’ufage, ou qui peuvent l’être dans les ouvrages de Mines , font la plupart des arbres forejiiers : nous allons en donner l’état par ordre alphabétique , en indiquant la qualité 8c les propriétés de leur bois (4). , "
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- Aulne de nos Bois. Bourgene. Verne. An. The Alfer Tree. G. Ellem-Baurru
- C’est un très grand arbre qui fe plaît dans les lieux humides ; fon bois eft léger , 8c un peu tendre ; le grain en eft fin , tirant fur la couleur roufte plutôt que rougeâtre.
- Bouleau. Bois blanc. An. The Binck Tree. G. Birchen-Baum*
- Celui dont l’écorce eft fort épaifle 8c raboteufo, pourroit dans quelques
- . (1) Par Pcxpreffion débit des bois , on entend en général l'art de connoître fa deftination, Part de le couper & de le fendre , de le tailler î en conséquence , débiter du bois, c’eft, après mW eft tracé , le couper à la feie, fuivant les longueurs & les largeurs convenables.
- (2) Cette architedure fouterraine , qui renferme 1 épaulement des puits ou foiïes de mines ScTétançonage des galleries, fera décrite à part, «d’article dans lequel je reprendrai les différen-
- Charbon de Terre. Il. Paru
- tes circonftances relatives aux bures.
- (3 ) On entend par un cent dé bois > cent pièces de bois, dont chacune a douze piecis dé long fur fix pouces d’éqüarriftage > ou trois pieds cubiques,
- (4 ) Nous ferons connoître ces arbres par les noms qu’ils ont en Angleterre & en Allemagne ÿ où l’on eft dans le cas de fe fervir de leur bois pour les ouvrages de Mines»
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- %6\ DU CHARBON DE TERRE pays être employé pour les manches des forts marteaux : dans le Nord de îaProvince de Roflagie en Suède, c'eft le feul bois qu ils ayent de propre a cet ufage,’
- "Cerisier. An. Red cherry Tree. G. Rohter Kirfch-Baum.
- Son bois eft moyennement dur & aflez plein ; quoiqu'il ait le grain un| peu gros, & que fes couches concentriques foient fort apparentes ; fa Cou,. leur eft d'un gris rougeâtre, plus foncé au cœur qu'aux extrémités*
- Charme ordinaire des Jardins & des Bois. An. The Horn Heam. G,
- Et chin-B uchen.
- Le bois de cet arbre foreftier eft blanc, compacte, intraitable à la fente, & le plus dur de tous les bois, après le Buis * l'If, le Cormier, &e : fon bois fe débite pour le charronnage ; on s'en fert pour faire des efîieux 3c quelques autres pièces de charronnage : dans les endroits ou l'Orme eft rare, on en fait des vis , des manches d'outils, des rouleaux ; du refte il n'eft pas propre à être employé a l'air ; il y pourrit en 6 ans , & eft fujet àfe tourmenter,;
- Chesne des Bois* An» The Oak* G. Fich-Baunu
- Ci T arbre 9 généralement répandu dans les climats tempérés, tient le pré* mier rang parmi les arbres foreftiers ; ifeft le plus recherché, pour la charpente,1 pour le charronnage , pour des lattes, & toute elpece d'ouvrages où il faut de la folidité , de la force „ du volume Sc de la durée : il y a cependant quelque différence à faire, félon le terrein où l'arbre a pris fa croifîànce ; Ion bois eft meilleur , plus folide & plus fort, fi le Chêne eft venu en terres dures & fortes , qui ont du fond , & même dans la glaifc.
- Dans les terreins fableux, crétacés ou graveleux ; où il a eu aflèz de pro^ fondeur, fon bois eft plus compaéle & plus dur; mais l'arbre ny devient ni fi gros, ni fi grand.
- Dans les terres graffes & humides , il eft de belle venue ; mais c'eft au déi favantage du bois, qui, étant trop tendre & caftant, n'a ni la force ni la foli-i dité requife pour la Charpenterie.
- Sur la crête des montagnes, dans les terres maigres , lèches ou pierreufes J-fon bois eft dur, pefaht & eft excellent pour la Charpente & pour !es ou? vrages greffiers. ^
- Quelque efpece de bois que fon emploie en Charpenterie, il important’ qu il ait été coupé long-temps avant d'être mis en œuvre ; s’il eft vert, il eft fujet à fe gercer & à fe fendre. Le Chêne demande, plus que les autres j
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- | être employé bien fec & faifotiné (1) , pour l’empêcher de fe fendre , dô fe tourmenter Sc de fe décompofer * excepté lorfqu’on veut lemployer fous terre ou dans l’eau, où cette précaution devient inutile.
- Si néanmoins on fe trouvoit forcé d’employer à l'air du bois Vert , fans avoir le temps de le Faire faifonner , on peut y fuppléer en faifant tremper Ce bois dans l’eau, pendant quelque-temps.
- Cormier, Sorbier ordinaire. An. The Service Trie. G. Spierïingt
- Cet arbre n*eft pas rare dans les bois 8c dans les montagnes : après le Buis y b eft de tous les bois de France lé plus dur , ôc en général le plus plein: il èft tr-ès-eftimé pour fon excellente qualité j fà folidité , fa force, fa durée , le font rechercher pour quantité d’ufages auxquels ces conditions font effentiellés : il s’en trouve de rougeâtre, compaéle, pelant & extrêmement dur; en vieilMant, il prend une couleur plus foncée, de même que celui dont la couleur efl blanc-roux ; il fe fend aifement, 8c a le défaut de fe piquer de vers en vieiliiiTant* Ce bois efl; propre pour les fortes vis , pour les poulies, pour les fuféaux, les rouets & lanternes de moulins : les Menuifiers le préfèrent pour les manches Sc les garnitures d’affûtages de leurs outils : comme il fe vencf affez cher y quoiqu on puifle employer la plus^grande partie des branches , parce qu’il eft fans aubier , on peut en général y fubftituer pour les poulies * toutes efpeces de noeuds ou loupes d’arbres, qui font toujours très-durs & très-ferrés, en prenant garde cependant que quelques-uns font fujets à fe fendre,.
- Cornouillier. An. The Cornelian Cherry. G. Cornel-Baimu
- Ïl y a deux efpeces de Cbrnôuiliièr. Le Cornouillier femelle 9 à petits fruits , bu Cornouillier fanguin, ainfi nommé de fes branches qui font ordinairement rougeâtres, n’efl: pas fi dur, & bien moins volumineux que celui dont il va être parlé : fon bois efl: blanc.
- Le Cornouillier mâle , ou Cornouillier fauvage, efl: commun dans les bois Sc dans les hayes, où il s’élève quelquefois jufqu’à î8 ou 20 pieds, fouvent en buiflbn, donnant quelquefois un tronc d’un demi-pied environ de diamètre.
- Son bois à toutes les excellentes qualités du Cormier ; il foroit aufïl rechép thé, s’il avoit autant de volume: il efl: compacte , mafîif, des plus durs , d’un grain très-fin, Sc fans "aubier ; il efl: excellent : fon volume ne pet* mettant pas de l’employer en grand autant que celui du Cormier, qu’il égale pourtant à peu de chofe près en qualité.
- Le bois du Cornouillier mâle eft très-propre à la conftruélion des échelles ,
- ti) C’eft-à-dire, ayant paffë, après la coupe: un temps convenable avant d’être employé K tomme ü l’on difoit m maturité^
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- à caufe de Gl lolidité , & à faire les manches de marteaux : les Ouvriers $n fer lui donnent, par cette raifon ,1e nom de bois a marteau ; lorfcpi’il eft un peu tortu, ils le redreflent entre deux étaux, apres 1 avoir un peu trempé dans l’eau. A Paris, le fagot compofé d’environ dix ou douze branches de la gro£ feur d’un fort manche à balai, & de la longueur de trois pieds environ coûte fix francs.
- Ïresne delà grande efpece, avec une feuille ronde. An. The Round-Leaved AJh. G. Efch-Baum , mite runden Blaetteren.
- Cet arbre efl fur-tout eftimé par rapport à fort bois qui fert à beaucoup Ü’ulàges ; quoique blanc, il eft aflez dur , fort uni & très-liant, tant qu’il confer-ve un peu de fève ; suffi eft-il employé par préférence par tous les Ouvriers qui ont befbin de pièces de bois qui doivent avoir du reflort Sc de la courbure : le bois de Frêne, a plus de réfiftance , & plie plus aifément que celui de l’Orme : il faut cependant ne pas négliger celui qui a perdu toute fa fève ; caç avant il eft fujet à être piqué des vers.
- Une autre grande partie du fervice que l’on en tire, c eft qu’il eft excellent à faire des cercles pour des baquets & autres vaiflèaux propres à enle-* ver des matériaux, en forme de cuves ou de tonneaux. '
- Les Frênes venus dans des terreîns de montagne, ou qui ont été contî-1 nuellement tondus , font fajets à être chargés de gros nœuds, qui ont acquit ^ine grande dureté, & pourroient être propres à faire des poulies.
- Hjestre , Fouteau, Fau. An. Then Buch Tree. G. Buch-Baum
- Il vient dans les haies & dans les forêts: fon bois eft caftant, Sc fujet a la vermoulure : il dure long-temps en lieu fcc, eft incorruptible fous l’eau i dans la fange & dans les marécages ; mais fe détruit promptement, s’il eft expofé aux alternatives de la fécherefîè Sc de l’humidité.
- Melese. An. The Larck Tree, G. Lerchen-Baum. Lat, Larix:
- I l eft très-grand & commun dans les montagnes des Alpes, des Pyrénées & de l’Apennin, dans le Canada, le Dauphiné, & particuliérement aux environs de Briançon : l’écorce fert pour tanner les Cuirs , comme celle du Chêne : tout l’arbre en général a beaucoup de flexibilité ; fbn bois eft d’un excellent fervice ; il eft dur, folide, facile à fendre ; fa couleur rouge ou blanche , dépend de 1 âge de l’arbre ; le rouge eft le plus âgé & le plus eftimé; il eft propre aux ouvrages de charpente, & à la conftruétion des petits bâtiments de
- iner : il eft d’une très-grande force, & de très-longue durée ; il ne tombe pas
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- ôn vermoulure, ni ne contracte point de gerçure, pourrit difficilement , & on l’emploie avec fuccès Contre le Courant des eaux $ il eft très-propre pour les tuyaux de pompes. Son bois eft aufli excellent à brûler ; on en fait du
- charbon qui eft recherché par ceux qui travaillent le fer.
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- Orme, Àn, Common Elm. G. Rujl-Baum>
- Le bois de l’Orme eft jaunâtre , ferme, liant, très-fort & de longue dû* rée , lorfqu’il eft fec & bien choifi, ce qui fait qu’il eft employé dans le Charronnage.
- C’eft le meilleur bois qu’on puiflfe employer pour les canaux, les pompes ^ les moulins, & généralement pour toutes les pièces que Ton veut faire for-vir fous terre & dans l’eau.
- Ce bois n eft fojet ni à fo gercer , ni à fo rompre , ni à fe tourmenter ce qui le rend d’autant plus propre à faire des moyeux, des tuyaux , des pompes, & tous autres ouvrages percés, qui feront de plus longue durée que le Hêtre ni le Frêne. Il faut cependant obferver que le bois des Ormes venus dans un terrein graveleux eft caftant , & qu’on préféré ceux qui ont pris leur ac~ croiflement dans la glaife. L’Orme ou l’Ormeau de montagne à large feuille, An. The Wlch Hafel. G. Berg Ulm-Baum , pourroit de même être employé ; il eft encore plus dur , plus ferme , Sc plus durable que celui de l’autre efpece. *
- Les planches d’Ormes entrent dans la conftruétion de tous les uftenfiles îujets à tremper dans l’eau : on peut mettre en œuvre les planches d’Orme fraîchement travaillées, fans aucun rifque de les voir fe gercer, fo déjetter ou fo tourmenter, fi on prend la précaution de les faire tremper pendant un mois dans l’eau, comme nous l’avons obfervé pour le Chêne : dans beaucoup de villes , on en trouve de tout refendu par les Scieurs de long.
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- Le Peuplier blanc à large feuille ; le grand Tremble noir. An. The Black
- Poplar. G. Schwart^er Pappel-Baum.
- Il vient dans les lieux humides, & dans le voifinage des rivières ; donne un bois jaunâtre , fouple, aflez dur, paflablement folide, mais un peu difficile à la fente : on peut en faire des pièces de charpente pour les atteliers & han-gards ; on en tire auffi des planches de durée, fi on les garantit de l’humidité. ‘
- Le Peuplier des bois. The Afp ou Afp en Tree. G. Zltter-Pappel-Baum , ou Tremble , qui eft une elpece de Peuplier, eft très-inférieur ; il croît de même dans les forêts & dans les marécages.
- Charbon de Terre. IL Paru
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- DU CHARBON DE TERRE
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- Saule ordinaire de la campagne & des ruiflëaux : grand Saule en Arbre :
- Saulx. An. Common IVillow. G. Gemeiner Wùden-Baum.
- Le bois eft blanc, gras, rebours (i) & fort tendre. Les troncs gros & fains peuvent fervir à faire des planches que l’on employé comme celles du peu. plier.
- Le bois du Saule marceau eft propre à faire des cercles.
- Enfin les efpeces de petits Saules , appellés OJier , pour les hottes & paniers, pour lier les cerceaux.
- De quelques autres matériaux en général, comme Pierres , Briques 9 &a
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- Les épaulements ont quelquefois befoin d’être maçonnés en pierres ou en briques.
- Les pierres qui entrent principalement dans les ouvrages de maçonnerie , font les pierres à bâtir , & les pierres à chaux. La première efpece de pierre eft un moelon qui eft la moindre pierre > provenant d’une carrière, & dont on doit choifir le plus dur.
- A la vue, la bonne pierre fe reconnoît lorfqu elle eft bien pleine , d’une couleur égale , quand elle eft fans veine , que fon grain eft fin & uni 9 que les éclats fe coupent net, 8c rendent quelque fon.
- Si en expofant à l’humidité, pendant l’hyver, la pierre nouvellement lortie de la carrière, elle réfifte à la gelée, c’eft encore un ligne de bonne qualités
- Pour la conftruélion des puits , on doit employer en dedans de la pierre ou du moëlon piqué (2) , & en dehors du moë^on émillé 9 8c maçonné de mortier de chaux & de fable.
- La pierre à chaux eft alfez connue partout pour n'en rien dire. On confond avec les pierres à chaux , toutes pierres à plâtre, mais la pierre dite proprement pierre à chaux, fe trouve ordinairement par couches ou par lits, aux côtés des montagnes.
- Les briques faifànt auffi partie des matériaux de Mine, & pouvant même fuppléer à la pierre que l’on n’auroit pas lur les lieux , ou qui leroit trop chere ; un Direéleur doit fe connoître dans cette marchandile , ou pour en acheter de bonne qualité, ou pour en faire fabriquer à la proximité des travaux.
- Si on acheté de la brique toute faite, il faut la choifir bien cuite, louante & colorée ; on ne peut pas trop aifément ftatuer fur Ion prix , qui doit varier félon la cherté du combuftible pour chauffer les fours : la façon de l’acheter eft au millier.
- (j) Expreffion empruntée de l’Art de la Dra- (2) En fait de moëlon , ce terme fignific taille perie , pour exprimer un fil tors à contre-fens grojfiéremwt, d’un autre.
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- ET DE SES MINES. II. Part. S5t
- Si on fait travailler la brique fur le terrein, il efl: avantageux de toute maniéré de louer des Ouvriers, auxquels on pourra donner 45 ou 50 fols par jour ; ou plutôt on les payera à raifon de 3 livres , pour chaque mille de briques bonnes & entières après la cuiflon , en leur fournilTant la matière du chauffage. Pour ce qui eft du choix de la terre & de la fabrication , il doit nous fuffire de renvoyer à la defcription de cet Art, publiée par l'Académie en 1763.00 prendra encore la plus grande partie des idées relatives à ces deux articles, dans les détails particuliers que nous aurons occafion de donner fur les terres argilleufès , propres à l'apprêt économique du Charbon de terre à la maniera Liégeoife , & fur l'application du feu de ce combuftible à la cuiffon de la brique (1) : nous nous bornons quant à préfent, à faire obferver qu'on aura de bonnes briques , en apportant entre autres les précautions fuivantes , indiquées par M. Vandeneffe , dans le Diélionnaire Encyclopédique (2) : i°. n’employer à faire la brique que la terre qui auroit été tirée & retournée au moins une fois, entre le premier Novembre & le premier de Février ; 20. ne la façon** neren brique qu'au premier de Mars , & ceflfer au vingt-neuf Septembre; 30. n'y mêler rien qui puiffe la détériorer ; 40. y ajouter une certaine quantité de cendre de charbon criblée & paflee au tamis fin; 50. prépofer des gens à la vifite des Fourneaux, des briques & des terres qu'on y emploie ; 6°. faire battre par les hommes, & fouler la terre par des animaux, avant que de l'employer ; 70. y faire mettre du fable , quand elle eft d'une nature trop molle ; 8°. faire tremper la brique dans l'eau après quelle aura été cuite une premiers fois, & la remettre au feu, afin qu'elle acquière le double de dureté ; p°. qu'elles ne fbient pas expofées à fecher à un trop grand foleil, avant d’être mifes au four; io°. qu'elles foient de même garanties du trop grand foleil en été, en les couvrant de paille ou de fable.
- De la Poudre a Canon.
- Lorsque dans les travaux de la fouille on arrive aux couches pierreufès, on eft fouvent obligé d'employer la poudre à canon.
- Dans les Mines métalliques ou l'on a affaire à des rocs de la plus grande dureté, on a l'expérience que la quantité de poudre dont peut fe remplir un trou de fleuret de 8 à <? lignes , produit tout l'effet que l'on defire.
- Le vide qui refaite de la Brokette de Mine, employée à Liège ( voyez page 221 ) & faite en forme de tuyau, différé par plus ou moins de profondeur , & la quantité de poudre qui s'emploie dans les opérations de Houil-üeres, eft ordinairement de demi-livre ou trois quarterons, plus ou moins.
- . C1) Troifîeme article de cette derniere Sec- pour les ufages domejlicjues, tion ; Expofuion raifonnée de différentes maniérés (2) Au mot Brique , Tome II, page 422.
- *e fejervir du Charbon de terre, pour les Arts, £r
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- 86* DU CHARBON DE TERRE
- Parmi les différents agrès qui compofent un équipage de Mine , on ne doie pas oublier un approvifïonnement de cordes : elles font employées à quantité dufiges: dans les foffes de peu de conféquence, on s'en fert pour enlever les coffres de charbon hors de la Mine ; elles font alors office de leviers : comme telles, nous en parlerons lorfque nous en ferons aux machines à l’aétion def, quelles on fait concourir les cordes, & qu'Agricola appelle Machinezfurii-culares.
- De la jîtuation favorable dune Mine.
- Remarques générales fur la grandeur avantageufe des roues des voitures de tranfport $ éclaircijfements fur le chariot à levier de la Mine de Workington en Angleterre ,
- & fur la conftrucüon du chemin fait exprès pour cette voiture.
- La néceffité indifpenfàble de la principale partie des matériaux auxquels nous venons de nous arrêter, emporte avec elle une conféquence toute natu* relie. Ce ne feroit pas allez de s'être alluré que tel ou tel endroit produira en Charbon de terre un bénéfice confidérable ; il faut encore que la lituation de cet endroit, foit favorable aux deux circonflances d'une exploitation, qui font i°. la fouille, dans laquelle on doit comprendre tous les travaux, tant à la fuperficie qu'au dedans de la Mine ; a°. l'exportation de la marchandife.
- De-là deux maniérés de confidérer un endroit où l'on fe difpofe à tirer du Charbon, quant à la lituation favorable ou non favorable.
- La première confifte à examiner li Ton fera à portée de fe procurer les ferrures nécefïàires pour les outils, ( dans le cas où on feroit une folfe de petit athour ) ; li dans le voifinage il y a quelque forêt qui puiffe fournir les bois nécelfaires pour toute la charpente à établir à la fuperficie & dans les ouvra-* ges fouterreins de la Mine ; li l'on eft à la proximité de quelque carrière de pierres , ou de quelque terre à brique pour les maçonnages.
- Le fécond point de vue fous lequel on doit envifàger le local, eft relatif à la facilité du débouché , pour le Charbon forti de la Mine ; il fora plus ou moins favorable , felon la diftance plus ou moins grande d'une rivière navigable au moins dans quelques temps de l'année, ou félon la nature du chemin qui conduit de la Mine à cette rivière où peut fe faire l'embarquement de la marchandife. On n'a pas befoin de grands raifonnements pour fentir combien il eft effentiel d'être peu éloigné d'une riviere, à la faveur de laquelle en puiffe compter fur une défaite courante du Charbon ; car fi par la trop grande diftance les frais de charroyage à reverfer for la vente du charbon deve-«noîent trop confidérables , il faudroit y regarder à deux fois avant de fe décider à faire letabliffement.
- Cette diftance de la Mine à l'embarquement, lorfqu’elle eft pure & fimple,
- ” ceft-à-dire, quelle n'eft point aggravée par de mauvais chemins, na pas tant
- d’inconyénients
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- ^inconvénients , Sc n’eft pas abfolument fi fâcheufe , d'après ce que tlous avons obfervé dans la première Partie (i). On n’a pas la peine de voitu-* rer le charbon au loin, lorfque la Mine eft fituée près d’une rivière ; la difficulté n’eft que dans l’extraélion , parce qu’il faut aller le chercher plus profondément en terre : au contraire dans une Mine éloignée d’une rivière, la difficulté du charroyage eftcompenfée par l’avantage de trouver le charbon plus près de la furface.
- La nature du chemin de communication de la Mine à l’embarquement , eft un article de plus grande conféquence ; on fent aifément à cet égard la différence d’une Mine dont la poficion feroit telle que le charbon feroit exporté dans ce premier inftant, par une route peu détournée du port , un chemin uni, & dont le fond feroit dur Sc folide , fur une autre Mine dont il faudroit tranfporter le charbon par un chemin où l’on auroit à defeendre une côte roide & difficile ; ou bien dont le premier débouché ne pourroit fe faire qu’en traverfant des bois , dans lefquels les routes font d’ordinaire impratiquables la plus grande partie de l’année ; les Mines de Decize font dans ce cas : ce dernier inconvénient feroit aifé à corriger dans bien des endroits ; les pierres dures qui s’enlevent de la Mine , étant très-propres à entrer dans la conftruétion d’une chauffée ; les Entrepreneurs de la Charbonnière de Fxms, en ont tiré ce parti d’une façon très-avantageufe : voyez page ^78.
- Quoi qu’il en feit de la diftance de la Mine au magafin d'embarquement, ou de la nature du chemin qui conduit de l’une à l’autre , l’attention qu’un Maître de Mine doit porter fur les voitures qu’il emploie eft toujours la même* quant au point effentiel de leur conftruétion : je n’entends point parler ici ni de leur coût, ni de leur folidité, ni de leur charge qui eft une chofe connue (a)«
- Le point auquel je veux en venir, tient à la confervation autant qu’à la commodité des animaux employés au tirage ; c’eft la grandeur à donner aux roues proportionnellement à la taille des chevaux , les inégalités qui fe rencontrent dans cette partie des tombereaux , celles du terrein, forment toutes les difficultés , & doivent être combinées enfemble.
- Le Volume de l’Académie des Sciences pour l’année 1733 5 (3) renferme fur tous ces objets un Mémoire rempli de recherches très-curieufes : nous nous contenterons d’en extraire les principes généraux qui peuvent fervir de vues pour fe guider dans la grandeur à donner aux roues des voitures ; nous y joindrons le réfultat de quelques expériences fur la même matière", que nous avons tirées des Tranfaélions philofophiques ; enfin nous placerons ici un éclairciffement très-circonftancié fur le charriot dont nous avons donné une courte defcription page 698.
- (1) Des Veines de Houille, Sc de leur marche, page 62.
- (2) La charge d’une voiture à deux roues eft évaluée à trois milliers pefant, & quelque cho-
- Chjrbon de Terre, If, Part.
- fe au-delà ; Sc chaque roue porte la moitié de la charge totale.
- (3) Réflexions fur U tirage des charrettes des traîneaux, par M. Couplet, page 45».
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- 8<4 DU CHARBON DR TERRÉ
- Dans les voitures montées fur roues , chaque roue qui tourne peut être regardée le plus fouvent comme un levier du fécond genre , qui fe repete autant de fois qu’on peut imaginer de points à fa circonférence ; le point d’appuj chaque roue , eft l'extrémité inférieure qui porte fur le terrein ; la regle ^ fuivre en conféquence , eft que la charge & l'axe de la roue doivent être de même hauteur que la puilîànce ; & que le tirage, autant qu’il eft poffible, d0ic fe faire horizontalement au rayon d'appui de la roue ; les grandes roues ,
- ( on appelle ainfi celles qui ont y à 6 pieds de diamètre ) ,ou celles d'une grau-deui\moyênne (i) , répondent à ce que l'on doit chercher à cet égard , c’eft-à-dire, préviennent en partie les difficultés provenantes des inégalités du chemin , & des inégalités des roues, qui ne font jamais exactement rondes.
- Le poitrail du cheval d'où fe fait le tirage, fe trouve un peu au-defîus du centre de Feffieu, 8c par conféquent le tirage toujours fuppofé parallèle au fol a pour levier tout le rayon de la roue.
- L'avantage des grandes roues dans toutes fortes de voitures eft conftaté par les expériences fuivantes que nous avons promis de communiquer ; quoiqu'elles ayent fapport aux voitures à quatre roues, elles fe rapportent affez à notre fiijet pour les faire connoître.
- i°. Quatre roues de y £ pouces de haut, c’eft à-dire, de moitié plus petites que celles qu’on emploie ordinairement dans les charriots, ont tiré un poids de yo e livres Aver du poids (2) fur un plan Incliné , avec une puilfance moindre de fix onces, que deux des mêmes roues employées avec deux plus petites , dont la hauteur n'étoît que de 4 7 de pouces de haut.
- 2°. Toute voiture eft tirée avec plus de facilité dans les chemins rabotteux , lorfque les roues de devant font aufli hautes que celles de derrière , & que le timon eft placé fous l’effieu.
- 3®. Qu'il en eft de même dans les chemins d’une terre grafle, ou dans ceux de fable.
- s 40. Que les grandes roues ne font pas des ornières fi profondes que les petites.
- y°. Que les petites roues font meilleures lorfqu il s’agit de tourner dans un petit efpace.
- Après avoir confidéré d’une maniéré générale le charroyage de la Mine à l'em* barquement, il ne refte plus qu’à m’arrêter à une circonftance particulière, qui pourroit le rendre autrement difficile $ c’eft celle qui réfulteroit d’une colline à defcendre avec une voiture chargée, pour aller à l’embarquement^).
- ( 1 ) Les plus grandes doivent avoir 6 à 7 pieds de diamètre.
- (2) Poids valant 14 onces f d’une liv. de Paris.
- (3) Le Doéteur Défaguliers , dans fa Phyfique expérimentale , n’approuve pas Pufage où l’on eft généralement d’employer des bêtes de fom-me au tranfport du Charbon, attendu la por-
- tion des parties du corps de Vhotnmc, mieux fituées pour grimper que celles d’un cheval. Ce Phyficien prétend que trois hommes feroient mieux pour tirer au haut de cette colline, qu un cheval, fi la colline eft efcarpée : chaque homme grimpe en haut plus vite, étant chargé de 100 livres, qu’un cheval chargé de 300 livres.
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- T DE SES MINES. Ïï. Part.
- La difficulté qu'effuieroit à cet égard le tranfport du charbon au magafitl 9 fera la moins embaraftànte, lorfque Ton voudra ; il ne s'agira que d’imiter cê qui fo pratique dans les Mines de Workington, à 8 milles de Wittehaven en Angleterre , pour conduire en quelque faifon que ce foit le charbon dans les magafins qui font au bord de la mer : le feul coup d'œil fur la Planche XXXIV p N°. 3 > donne une idée précife du charriot dont on fe fert à cet effet, & du niéchanifme ingénieux imaginé pour rallentir fon mouvement progreffif* lorfqu'il defoend chargé fur une pente inclinée artiftement planchéïée*
- La différence eflentielle de ce charriot avec les voitures ordinaires, confiflè en un bras de levier D , dirigé obliquement fur une des roues de derrière ( de bois, ) C (ï) , & dont l'extrémité eft foutenue par une corde ou par un crochet de fer , pour que ce bras de levier ne touche la roue qu'à volonté.
- Il y a de ces charriots qui ont de chaque côté un de ces bras de levier * réunis enfemble à leur extrémité par un morceau de fer ou de bois, de maniera qu'un feul homme peut faire agir ces deux leviers en même-temps ; d'où cette voiture peut très-bien s'appeller Charriot à levier*
- Les inventions utiles ne fauroient être décrites d'une maniéré trop circonf* tanciée : l'ouvrage de feu M. Jars , publié depuis notre troifieme Seélion , me met à portée de faire connoître ici de nouveaux détails fur les roues de ce charriot, & en particulier fur le chemin qui fe conftruitpour faciliter ce char-royage ; c’eft de lui que nous avons emprunté les trois figures abc que nous avons ajoutées à la Planche LVII.
- Quoique la conftruétion de tous ces charriots foit la même , étant uniquement différente par les dimenfîons , à raifon des grandeurs comme dans toute efpece de voiture , félon la diftance que ces charriots ont à parcourir ; les roues font de même plus ou moins hautes félon le plus ou moins de pente du chemin.
- Ces parties du charriot à levier font en bois, comme la roue C , ou en fer coulé d'une feule piece , comme la roue B*
- Celles qui font de fer coulé, font à jour , afin de leur donner de la légéreté ; elles ont en dedans un rebord d'un pouce ou d'un pouce & demi ; ce rebord fert à diriger les roues fur les pièces de bois dont le chemin eft revêtu, & à les empêcher de fortir de la route E , repréfentée en plan , lettre a , Planche LVII.
- * II y a toujours deux roues plus hautes que les deux autres, en proportion de la pente du chemin ; par ce moyen la partie fùpérieure du charriot eft auffi horizontale qu’il eft poffible, & le charbon ne fe perd pas en chemin.
- Il ajoute en confequence de cette remarque, que ceux qui ont cru tirer un grand avantage du poids d’un cheval , en l’appliquant à une machine, n’ont pas trouvé dans l’exécution ce que le calcul du poids de cet animal leur avoit promis, parce qu’à chaque pas, le cheval grimpe réellement une élévation, lorfqu’on fait ufage
- de fon poids, ôc par conféquent il va plus lentement.
- (i) On doit fe rappeller que Jorfque le charriot remonte, cette partie A fe trouve partie de devant ; ainfi la petite roue C, n’eft roue de derrière que dans le voyage en defcendant.
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- t6Ô DU CHARBON DE TERRER
- C’eft le contraire quand les charriots montent à vuide* parce que [e cheval * qui alors n’a que la voiture à tirer, s’attele -indifféremment des deux côtés* par deux fimples crochets de fer,* & des cordes.
- Les effieux font de fer, Sc font fixés très-folidement aux roues , de maniéré qu’ils tournent avec elles ; ils font arrêtés feulement par des chevilles de bois, fixées au cadre formant le fond de la caiffe, afin que cette caiffe puifle être enlevée de deflùs les quatre roues lorfqu’elle a befoin d’être réparée.
- La conftruéïion du chemin fur lequel paffe ce charriot , a auffi , comme nous l’avons dit, une grande influence fur la marche rallentie de cette voiture; il fera facile d’en juger par la defcription fuivante (i).
- Depuis la Mine jufqu’à la rivière, on tire un nivellement exaél , & l’on divife la pente, autant qu’il eft poflîble, fur toute la diftance. Ces routes doivent toujours avoir une pente depuis la Mine jufqu’à la rivière. Elles ne doivent jamais monter, être tout au plus de niveau , par les raifons que l’on yerra. S’il y a des petites hauteurs à traverfer , on les coupe, afin de rendre le chemin de niveau.
- Lorfqu’on a tracé le chemin de fîx pieds de large, & qu’on a fixé les pentes, on fait un foffé de la largeur du chemin, plus ou moins profond, félon que l’exigent le nivellement & la folidité du terrein ; on arrange enfuite tout le long de ce foffé des morceaux de bois de chêne, de quatre, cinq, fix & huit pouces d’équarrifïàge ; on les y place en travers & à la diftance de deux à trois pieds les uns des autres.
- Ces bois n’ont befoin d’être équarris qu’à leurs extrémités, fur lefquelles on fixe d’autres bois bien équarris 6c fciés , d’environ fix à fept pouces de large , fur quatre à cinq d’épaiffeur, avec des chevilles de bois. Ces bois fe mettent des deux côtés du chemin de toute leur longueur ; on les place ordinairement à quatre pieds de diftance ; ce qui fait la largeur intérieure du chemin 2s.
- On voit que ces nouvelles routes ne font autre chofe qu’un grillage fait en bois. Tout l’intervalle entre les pièces de bois fe garnit avec des pierres que l’on y entafle le plus qu’il eft poflible, pour rendre le chemin folide ; le tout fe recouvre de fable & de gravier ; on en met entre les pièces de bois qui font en long , & feulement jufqu’à environ deux pouces de leur épaiffeur. De cette façon on confèrve les pièces qui font enterrées , Sç l’on rend h route très-folide ; au furplus on a foin d’y faire les réparations néceflâires.
- Quand on a de petits vallons à traverfer, ou des ruifïeaux , on fait des ponts en bois, obfervant toujours de mettre les deux pièces de bois de chaque côte du chemin, qui doivent être à quatre pieds de diftance l’une de l’autre , fàil-lantes au-deflus de la furface du pont, comme elles le font au-deffus de celle des chemins. Toutes les pièces de bois doivent être exaéiement affemblées a
- (ï)Tirée de l’Ouvrage de feu M. Jars, page 200 f dixième Mémoire.
- leurs
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- ET DE SES MINES. ït Par
- ieürs extrémités ; on met quelquefois des bandes de fer dans cette partie*
- Les angles & les détours que fait le chemin, exigent dans ces endroits dé la route une conftruétion particulière, pour que lé charriot puiffe dans ces coudes de la route, fuivre les pièces de bois. Nous avons porté à la Planche LIV, la figure qu’a donnée M. Jars, du profil du plancher, placé àchaquê angle ou détour des routes : ce plancher , fixé par Ion milieu à un pivot qui le fait tourner en tout fens, eft formé en rond > & du diamètre de la longueur du charriot : fur ce plancher, il y a également les deux pièces de bois > que l’on peut appeller les deux guides de la routé.
- Le tout eft fait très-folidement : quand le charriot eft fur le plancher , on dételle le cheval; le Voiturier tourne facilement le charriot avec le plancher , le met fur la direction de l’autre route * & atelle de nouveau Ion cheval : on évite autant qu’on peut ces angles le long des routes ; mais il y en a à prefqüe tous les ponts qui conduifent au magafin ; de diftance en diftance on eft obligé de faire un chemin de côté pour éviter la rencontre des charriots qui vont, avec ceux qui reviennent ; quelques Entrepreneurs ont même pratiqué un double chemin tout le long de la route.
- Quand les charriots font arrivés au magafin, on dételle le cheval, 8c le Voiturier pouffe fon charriot jufque fur une des trapes diï magafin ; il ôte une cheville pour ouvrir la porte du fond ; alors le charbon tombe dans la trape, 8c fe rend ainfi dans le magafin ou dans un bateau. Ces magafin s F, PL XXXIV> n°. 3 , deftinés à recevoir le charbon , font des bâtiments très-longs , conf-truits au bord de la riviere, dans un endroit ou il y a affex d’eau dans 1© temps de la haute marée, pour que les bateaux deftinés au tranfport du charbon , puiffent aborder fur toute' la longueur des bâtiments. Les magafins font traverfés par une efpece de pont, qui n eft autre chofe que la continuation des mêmes routes ci-deffus, dont l’entre-deux des quatre pieds s’ouvre en plu-fieurs endroits par des couliffes, & forme des trapes d’intervalle en intervalle.’ Sous la plupart de ces trapes, il y a un canal dirigé diagonalement en dehors du bâtiment, dont l’extrémité va répondre for la riviere, cinq à fix pieds au-delfus de la, forface des eaux de la haute marée.
- Au-deffous de ces canaux ou couloirs, on amene les bateaux pour les charger ; & c’eft au-deflbus de ce pont qu’eft le grand bâtiment pour renfermer le charbon , lorfqu’il n’y a pas de bateaux for la riviere pour le recevoir a xnefure qu’il eft amené par les charriots : comme ce magafin eft toujours élevé au-deffus de la forface de l’eau, il y a également des couloirs ou eipeces de trémies, qui font dirigées diagonalement for la riviere comme les précédentes.
- Charbon de Terre. IL Paru
- L io
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- DU CHARBON DE TERRE
- Commentaire sur quelques principales circonstances pratiqua
- ET SUR DIFFÉRENTES MANŒUVRES DE l’ExPLOITATION.
- /
- Les différents préparatifs achevés , toute l’affaire concernant fentreprife arrêtée, arrangée , tant pour les fonds, que pour les Employés & Ouvriers dont il faut fe pourvoir, les vues doivent fe tourner uniquement & entière* ment fur l’exécution.
- Nous allons fuivre, dans le même ordre que nous avons tenu dans le cou-; rant de l’Ouvrage , chacune des circonftances & des opérations principales fur lefquelles nous avons à revenir, pour de plus grands éclairciffements.
- A '
- Des Failles: Le. Spring. Flon-Flone; Rubbles ; Rubbish ; Dikcs, Traps.
- An. Gags. Sc. FalL Sprung. G. Bejawer. Su. (i).
- M, Triewald* auquel on peut s’en rapporter, eft du fentiment que ces montagnes fouterreines n’obfervent point de dire&ion régulière : ce que nous avons obfervé nous-mêmes for la nature de ces maffes pierreufes, qui font un compofé de différentes matières, femble prouver afîèz qu’elles ne peuvent pas avoir une direction réglée ; il ne paroît pas au relie, fi elles en ont une , qu’il foit bien aifé de la reconnoître.
- M. Genneté, que j’ai cité page 248 , note 3 , avance néanmoins for cela une opinion toute contraire dans un nouvel Ouvrage publié en 1774 (2): nous rapporterons ici ce qu’il dit for l’épaifïeur & la direction de ces maffifs pierreux*
- Selon lui, une faille dans fon fommet, c’eft-à-dire, la partie qui approche le plus du jour, aura depuis 42 jufqu’à 175 pieds d’épaiffeur dans fon en*:
- (1) Dans les Mines d’Etain de Cornouailles, ces pierres qui interrompent le filon, font appelées Jams.
- (2) Intimîé'.ConnoiJfance des Veines de Houille ou de Charbon de terre , b leur exploitation dans la Mine; avec Vorigine des fontaines, b de-là9 des ruijfeaux, des rivières b des fleuves ; avec Planches relatives au Charbon de terre. Nancy, 1774-, in-8°.
- Cet Ouvrage qui paroît fait anciennement , quoique donné récemment , ne répond point du tout à ce qu’annonce le titre ; il manque d’ailleurs par plufieurs défauts effen-tiels ; il n’eft pas à beaucoup près allez développé ; il n’y régné point de clarté ; beaucoup d’ex-prefiions préfentent des idées faufles; quelques opinions particulières, à l’Auteur vifent à la Angularité. Nous en relèverons quelques - unes quand l’occafion & le befoin l’exigeront.
- La feule chofe digne de remarque, à mon avis, dans cet Ouvrage de 149 pages, eft un état très* curieux ( en le fuppofant exaéè ) des Veines de Houille qui font partie du malfif de la montagne de S. Gilles près de Liège , dont j’ai
- parlé page 87.
- Cet état eft beaucoup plus circonffancié que celui que j’ai donné ; il comprend jufqua 611 Veines. M. Genneté les défigne par les noms qu’elles avoient alors : il indique les membres, ( qu’il appelle improprement branches ) dont chacune eft compofée, au moyen des nerfs de féparation ou layes , que les Houilleurs de ce temps nommoient houages. Voyez dans la Table des matières la définition que M. Genneté donne de ce terme.
- De cette defcription de l’intérieur de montagne de S. Giües , confidérée dans l’en-femble de ces 61 Veines, il réfulte pourfomme totale de leur épaifleur, un foîide de Houille de 22 toifes 6 pouces & demi e toife de montagne da 7 pieds ), au lieu de 7 toifes y pieds 4 pouces , pour produit des 26 veines feulement, dont j ai donné l’énumération ; & qui, en y comprenant yé4 toifes i pied de ftampes ou intervalles de féparations, compofées de terres ou de rochers , fait y86 toifes 1 pied 6 pouces & demi pour tout le maflîf de la montagne.
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- ÈT DE SES MINES. II. pAkT, 269
- foncementà une profondeur de 3182 pieds; il aflîgne fonépaiffeur de420 pieds, & prétend qu’elles font toutes inclinées.
- Ayant eu occafion de fréquenter pendant plufieurs années les Houillieres de Liège, il a eu connoiflânce des deux failles que nous avons diftinguées, corn-, me le font les Houilleurs Liégeois, en grande & petite faille, & même d’une troifîeme ; il les a repréfentées dans une Planche de fon Ouvrage.
- La grande y quil prétend prendre foh commencement à la veine nommée Bomme ou Baume, & couper toutes les veines qui font au-deflous, â, d’après fes obfervations, une marche réglée du Levant au Couchant. 11 ajoute que cette direéiion a été obforvée depuis Aix-la-Chapelle jufqu’en Angleterre ; qu’elle coupe la grande traînée des veines de Houille qui s’étend d’Aix, Liège , Huy, Namur , Charleroy , Mons, Tournay , & de là par-deflous l’Océan , jusque dans les Mines de Charbon de la grande Bretagne, où elle fo trouve comme dans les autres Houillieres, & félon la même direction.
- Son inclinaifon du Nord au Midi, eft de î 6 i degrés , & n’eft pas toujours réglée.
- La petite faille eft éloignée de la première de 2100 pieds, à fon Oueft; elle n’a, ainfi que la fuivante, aucune marche fixe , point de parallélifme entre elle ni avec la première ; au contraire, elles viennent fe rapprocher à fon Orient.
- Une troilîeme faille, que M. Genneté dit être de 66 toifes, ou 420 pieds d’épaifleur, paffe au Levant de la première , & fe trouve au fond de la terre entre la 56e veine , qu’il appelle le Moine , & la 57e veine nommée Belle au jour.
- On conviendra qu’il n’eft pas trop poffible d’imaginer comment l’Ôbfervaleur a pu s’y prendre ,pour déterminer ces dimenfions d’une maniéré fi précife.
- Les failles pouvant rencontrer & couper les veines par le haut , par le bas, ou dans leur enfoncement en profondeur, ou dans leur trajet en longueur, ou entre leur longueur & leur largeur, les obfervations qui peuvent avoir été faites fur les dérangements qui en réfultent dans le corps ou dans une partie des veines deviennent intérelïàntes : nous rapporterons ici celles de M. Triewald ; (1) nous fuppofons au préalable que l’on eft inftruit par ce que nous avons dit en général, pages 60 & 309 , Partie /, des principales circonftances relatives à ce fujet.
- Une veine, par exemple, qui s’abailïè vers le Sud-Eft , ayant été feparée dans fon enfoncement, la faille qui la coupe, s’étend vers le Nord-Eft, 8c vers le Sud-Oueft. La longueur d’une veine marchant vers le Nord-Eft, & vers le Sud-Oueft , venant à être coupée, la faille fe répand vers le Sud-Eft, & vers le Nord-Eft.
- Comme ces interruptions peuvent fe faire entre la largeur & la longueur
- (O Troifieme Mémoire; Acïes de t Académie de Suede. Année 1740.'
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- S7o DU CHARBON DE TERRE
- d’une veine, la direétion de la veine étant vers le Sud-Oueft êc vers le Nord* Ôueft, & l’enfoncement & l’élévation de celle-la, fe dirigeant vers le Sud-Eft , & le Nord-Oueft, il faut que la faille fe répande vers l’Oueft-Sud-Oueft, & vers l’Eft-Sud-Eft.
- En travaillant à une veine qui s’enfonçoit vers le Sud-Oueft, on rencontra une faille qui interrompent la veine ; après avoir percé ce rocher, on ne retrouva point de l'autre côté le moindre indice de charbon (i) : cependant en perçant la gallerie 200 pas au-delà, on découvrit la croupe d’une veine quiétoit plus baffe que celle qui avoit été perdue. _
- Il n étoit plus difficile alors de la retrouver ; les couches qui Taccompa-gnoient en-deffus & en~deflbus, &qui furent reconnues, montrèrent quecé-toit la même ; & ce qu’il y avoit de remarquable * c’eft que la faille difparut du côté de rOueft, & que les deux parties de la veine fe retrouvèrent unies en-femble, après avoir été féparées l’une de l’autre à une diftance confidérable.
- Lorfqu’on eft dans le cas de pratiquer une gallerie ou efpece de baenure au travers d’une faille , on doit fè refTouyenir de l’attention qu’il faut avoir de fuivre le lyon, pour conduire cette route en conféquence de l’élévation ou de l’abaiffement de cette trace du charbon.
- La veine eft toujours meilleure alors à trouver fom le pied, comme difent les Mineurs, ou fous la main , parce qu’alors la veine remontant d’une plus grande profondeur, traverfe certainement une plus grande étendue de terrein, avant de reflbrtir au jour ; & qu’alors on peut la travailler plus long-temps.
- Nous avons indiqué f Partie I, page 64, la maniéré dont les Veines fe rihoppoient, en en-haut ou en en-bas , dans les plattures : les Planches III & XI de la première Partie , & la PlancheI, de cette fécondé, rendentfenfibies ces changements qui arrivent à l’occafion des failles ; il n’eft pas moins important d’avoir quelque exemple des rihoppements, dans les relèvements de veine.
- M. Triewald en a rencontré un aflèz rare ‘.voyezfig. 7, PL XLII.
- La ligne AB indique la furface du terrein; le point B, eft l’extrémité de la veine qui s’enfonce du Nord-Oueft vers le Sud-Eft ; de C, elle commence à remonter vers l’Eft , en prenant la direétion vers le point E de la montagne fituée vis-à-vis , où l’on devroit trouver la croupe de la veine ; mais au lieu de s’étendre jufque-là, elle s’arrête en chemin & fè renfonce du point E vers le Sud-Eft, au point Z?, d’où elle remonte vers la furface A , où fa derniere extrémité Jope au jour ; ce qui la forçoit de quitter fa direétion naturelle , étoit vraifemblablement le trouble exprimé en E au-deffus de la réunion de la veine D C.
- A ce fujet M. Triewald fait obfèrver que la plupart des veines qui remontent du fond vers la furface, fans être interrompues dans cette marche , ont une defeente égale, qui court du dehors de la ligne horizontale , tirée du
- (1) Voyez page 3116»' 374..
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- ET DE SES MINES. IL Parï* 87*
- poïntde la furface jufiqu’au point le plus bas de la profondeur, ont une quar-rure reéliligne, c'eft-à-dire , qu'une veine qui, de fon extrémité fupérieure , defcend en ligne droite , fait un angle reétiligne avec la ligne horizontale , quoique du refte cet angle foit plus aigu dans les uns que dans les autres, comme on le voit par les figures f 8c 8 , PL JCLIl.
- Dans ces deux figures, A B indique la ligne horizontale; o , eft la tête de la veine ; B C9 eft la veine, dont la direélion eft obliqué, & qui joint la ligné A B au point B, en faifànt avec elle un angle reéliligne ; du refte les angles AyB, C} font plus grands dans la figure 8 que dans la 5e.
- On conçoit que ces dérangements peuvent varier à l'infini : en jettant les yeux fur la Planche II, Partie II, on voit que la faille qdi vient couper les grandes veines ou plattures des trois maîtres Roiflès , occafîonneroit un dérangement bien plus confidérable, 8c dérouteroit bien autrement la pourchafle des travaux, fi elle donnoit dans le point de rencontre où les trois veines font relèvement de pendage en angle aigu ; toute cette partie entièrement détruite 8c occupée par la faille, ôteroit fans contredit toute facilité de retrouver les grandes veines, dans la portion où elles reviennent alors du fond , fur-tout fi leur rihoppement étoit en en-bas, au lieu d'être rihoppement en-haut.
- M. Triewald remarque qu'il arrive fbuvent, qu'une veine de charbon avant de parvenir juiqu’à une faille , s'étend à une grande diftance en formant une ejfpece d'arc ; cette inflexion eft repréfentée par la figure 10 de la Planche XLIV , où a b indique le Trouble, EF la veine principale , CD\q toît formé par un cos fàblonneux , appeilé par les Mineurs Suédois Bryn (r) , GH une couche fchifteufe, IK la veine fupérieure , 8c L M fon toit qui eft un banc de pierre.
- Des Eaux, des Ventes aqueujes ou Ouvertures qui donnent de l’eau dans les Mines, & de tiffiie qiion pratique à ces eaux au pied d’une Montagne.
- Les eaux que l'on eft fujet à rencontrer dans les fouilles de Mines, font à confiderer dans plufieurs points de vue diftinéls, comme par rapport à la placé qu'elles occupent davantage , par rapport aux couches ou lits qui en donnent le plus, 8c quant aux fentes par lefquelies elles fe font jour, ou quant aux temps où elles paroiflent plus abondantes.
- La partie de la Mine où il fe trouve plus d'eaux * dôyrôit êtte univerfèliè* ment décidée par les gens du métier ; leurs relations ne font cependant rien moins que conformes les unes aux autres : quelques Mineurs avancent d'après l'obfervation, que plus ils creufént, plus les eaux diminuent, 8c qu'elles font plus abondantes vers la fuperficie. L’Auteur des Mémoires manufcrits fur les
- (1) Qui vraifemblablement eft le Fréeftone. Voyez note , page pj*
- Charbon de Terre. IL fart.
- M10
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- 872 DU CHARBON DE TERRE
- Carrières de Houille d’Anjou , dit la même chofe ; Sc nous avons fait une remat* que à ce fojet : voyez page y48, note 1.
- L’expérience des Houilleurs Liégeois eft toute contraire ; plus on dilate i plus on découvre d'eaux ; plus on fait d ouvrage , plus on eft gagné par jes eaux ; voilà leur dire ; &ils ne font à cet égard nulle diftinélion de la partie la plus élevée, ou de la plus enfoncée dans la Mine ; leur expreflion ne peut être prife que dans la réalité dü fait,&'l’on peut affurer que la chofe doit être ainfi, au moins en général, fur-tout dans les Carrières de Houille : l’organifation des terreins qui renferment ce foffile, & que nous avons développée avec foin partout où nous avons pu le faire , établit inconteftablement que l’épaiffeur première ou la plus fuperficielle eft de nature à tenir un très-grand volume d’eaux, que la partie de la Mine la plus profonde en contient de même un pareil ou un plus grand volume , voyez page 50 cîr 268 : que ces eaux pour lefquelles on eft obligé de recourir aux cuvellements, aux plattes-couves, afin de les empêcher de tomber dans les ouvrages voyez page 2j6 , appartiennent en particulier à chacune de ces deux parties différentes de la Mine ; que celles du haut ne peuvent defoendre en-bas, lorfqu’on ne fait pas d’ouverture dans cette première épaifteur, & que celles de la partie la plus profonde de la Mine , fi elles ne font pas emprifonnées dans des grottes, dans des vides immenfes , trouvent dans les bandes fupérieures, un obftacle à leur élévation perpendiculaire même en vapeurs.
- On a vu quelquefois de ces eaux profondes affez abondantes, pour n’être point diminuées par cinq machines à feu, qui rapportoient enfemble un ruif^ foau d’un pied de coupe.
- Un Savant Académicien de Stockholm (1) , dans un Mémoire communiqué à cette Compagnie, prétend que l’eau qui embarrafle les Mines , provient principalement & proprement de la hauteur de la colonne d’eau la plus voifine, & que fa preffion plus ou moins confidérable for les veines , canaux, & fentes fouterraines, ne doit pas être attribuée à la plus ou moins grande étendue fuperficielle Sc horizontale ; quelle n’eft qu’en proportion de la profondeur horizontale des foliés fous ces maffes d’eau.
- Pour ne nous en tenir qu’à des faits, nous ajouterons à ce que nous avons rapporté dans la première Partie, fur les couches aqueufes, que l’eau ne fe trouve jamais dans la klaye lorfqu’elle eft ferme & dure ; qu’il s’y en trouve quelquefois , mais très-peu , lorfqu’elle eft lâche & fàblonneufe ; qu’enfin les lits aqueux font ordinairement ceux qui font placés au-deflous des couches noires & lâches : les eaux provenant par des fentes naturelles, font encore différentes par rapport à ces ouvertures ; ces fentes font communes dans toutes les
- (1) Quelques Régies démonflratives concer- Do&eur en Médecine, Sc Archiatre du Royau-nant la marche des minéraux, l’ouverture des me. An. 17ÿf.
- Mines , & leur étayement , par M. Brandt,
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- ET DË SES MINES. II. pARÎ. 873
- matières qui compofont 1 intérieur de la terre £ elles doivent former une partie des connoiflànces de quiconque s’occupe des travaux fouterrains»
- Leur largeur varie depuis la petite ouverture jufquà plufieurs toifes, 8c félon les matières où elles fe trouvent.
- Dans les fobftances molles & dans les lits profondément enfouis , elles font allez éloignées les unes des autres, & plus étroites.
- Dans les matières calcaires , elles font perpendiculaires à l’horizon.
- Dans les bancs de grès 8c de roc vif J elles font obliques 8c irrégulièrement placées.
- Dans quelques matières compactes, comme marbres , pierres dures, 8c dans les premières couches, elles font plus multipliées 8c plus larges ; fouvent elles defcendent depuis le fommet des malles jufquà leur bafe ; d’autres fois elles pénétrent jufques dans les lits inférieurs.
- Les unes vont en diminuant de largeur , d’autres ont dans toute leur étendue les mêmes dîmenlions.
- Pour ce qui eft des temps auxquels on doit s’attendre davantage à la rencontre embarraflànte des eaux ; il eft d’obfervation qu’elles font en général plus abondantes en hiver foivant l’efpece de température , & fuivant les pluies ; c’eft ordinairement en Mars quelles donnent davantage à caufe des fontes de neiges ; on les a vu quelquefois très-baffes à Noël. Ces remarques ne font pas indifférentes , par rapport au temps favorable pour la première fouille , & que nous indiquerons lorfque nous entrerons en matière for les folïès ou puits de Mines (i).
- Lorfqu’on peut former au pied d’une Mine une Areine , l’exploitation fo fait avec un double avantage, par la facilité d’extraire une partie du charbon, & de fo débarrafler des eaux par cette gallerie , qui devient en même-temps aqueduc. C’eft ce qu’on nomme dans quelques endroits de France percement 9 gallerie de pied> en langue Suédoife, Wattn-Stoll9 en latin cuniculus (2).
- L’Ouvrage le plus confidérable que nous ayons dans ce genre en France, eft celui des folles de Frênes, qui a onze cents treize toifes de longueur, dont une grande partie eft conftruite for pilotis, 8c revêtue de bois dans l’intérieur , à caufe de l’inftabilité du terrein.
- Celui du puits du Roc, Paroiffe de Chalonne en Anjou , eft encore remarquable ; mais l’une 8c l’autre ne fervent que de canal pour les eaux.
- Les ouvrages du Bure Pellé-Thier, vis-à-vis le Val-Benoît f à Liège, qui étoit abandonné depuis 40 ans , viennent tout nouvellement d’être attaqués de cette maniéré, dans l’intention de tirer par cette gallerie la Houille, 8c les eaux s’il eft befoin.
- (1) Dans tous les approfondiffements, leseaux ont été reconnues au thermomètre , à-peu-près du meme degré de température inférieure au terme de dix degrés du thermomètre de Réaumur ;
- en hiver elles font moins froides qu en ete.
- (2) On peut voir dans Agricola, beaucoup de détails fur ce Canal, Livres IV & V,
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- 874 DU CHARBON DE TERRE
- C’eft un objet de dépenfe forte à la vérité , mais de confequence pour cer* taines Mines, relativement à leur fituation. Dans les Mines d Alletttagne . j€s Entrepreneurs d’un percement ont le neuvième du minerai qui fe détache de la Mine qu’ils ont débarralïee.
- L’abondance des eaux qui fe trouvent dans quelques Mines , exige qtfon veille avec attention à ce canal, dans lequel elles occafionnent toujours des éboulements, des dépôts confidérables de limon , qui interrompt leur cours , & ferme l’aqueduc,
- C’eft à caufe de ces dommages qu’il n’eft permis dans aucun paysdes’em* parer de ces travaux fans le confentement des Propriétaires ; voyez page 328, les Ufages & Coutumes du pays de Liège fur tout ce qui eft relatif à ces Areines.
- Détails circonftanciês fur la marche particulière que les Vunes de Charbon
- tiennent dans la terre\
- O n doit fe rappêUter que c’eft dans les pays montueux, & non dans les pays unis 3 quefe trouvent les Mines de Charbon de terre; ce ne font cependant pas les montagnes eompofées d’un roc vif 1 & qui s’élèvent brufquement, qui font les plus propres à l’exploitation ; d’une autre part, les terreins bas font trop fujets à être inondés ; on regarde donc comme les plus favorables les montagnes ou terreins qui s’élèvent en pente douce, Sc qui retombent de même,;
- Il eft facile de juger par la marche que l’on a décrite des couches qui for^ ment la malle que l’on a à fouiller, que le travail y eft plus aifé , & d’ailleurs les efpérances font fortifiées par d’autres circonftances qui font varier la maniéré d’exploiter ; telles font le local, la facilité plus ou moins grande à reconnoî-tre la tête ou le pied de la veine , comme dans les autres Mines.
- La maniéré de rechercher les Charbons de terre, dans des endroits où on n’en connoît pas, confifte d’abord, félon M. Triewald , à obferver comment la furface de la campagne fe tient dans fà montée ou dans fà pente ; ce Savant prétend même que de cet examen, on peut aifément inférer de quel côté le lit de Charbon s’élève au jour.
- Pour Fouverture de la Mine / pour l’endroit propre à alfeoir le 6ure, lacon-I noifiànce de la direétion & du pendage des Veines, eft un préalable important , d’où dépend la fureté de diriger l’ouvrage vers l’élévation, & de fe dé-barrafler naturellement des eaux ; on a vu aufli que ces deux circonftances, for? ment l’objet pratique de la Géométrie fbuterreine.
- On conçoit qu il eft fort intéreflant de fàvoir vers quelles régions fè repan-dent les veines ; l’expérience fait connoître quelles obfervent toutes la réglé confiante , qu en s’enfonçant ou en s’élevant vers quelque point du ciel, elles 5'étendent de côté dans les deux régions oppofées , de forte que les charbons
- s enfonçant
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- ET de ses Mines. îï. pam** Bjf
- renfonçant vers le Sud-Eft, il faut que les régions de renfoncement 8c de l’élévation fe trouvent en Sud-Eft , en Nord-Oueft ; or ces deux régions étant oppofêes Tune à Tautre , il faut néceftairement que l’extenfion de la veine du côté fe fafle vers le Sud-Oueft & le Nord-Oueft, régions qui partagent la bouflole en deux parties égalés*
- M. Genneté dans l’Ouvrage dont j’ai parlé plus haut, établit une double marche des veines de Charbon de terre, une qu’il nomme marche particu* liere , & une autre qu’il appelle marche générale* *
- Ce qu’il, appelle marche particulière , comprend ce que les Houilleurs nom* tuent pendage , c eft-à-dire , la maniéré dont les veines de Houille parcourent une étendue limitée de terrein , en fuivant une inclinaifon différente*
- La marche qu’il appelle générale, eft la férié continue , ou la traînée de toute une bande de Charbon de terre , qui ne pouvant être firivie dans fa profondeur , eft fuppofée fe retrouver au loin dans un autre pays ; c’eft ce que nous avons nommé Allure*
- Les Mines du Hainaut, du Namurois, du pays de Liège, de Boheme, & des environs de Schemnitz en Hongrie, ont, félon cet Auteur, \gne marche générale qui fe dirige du Couchant au Levant, en déclinant de deux à trois degrés vers le Midi.
- La traînée de Houille qui file d’Aix-la-Chapelle par Liège , Huy , Namur * Charleroy , Mons 8c Tournay , jufqu'en Angleterre en paftànt fous l’Océan ; & qui d’Aix-la-Chapelle traverfe l’Allemagne, la Boheme , la Hongrie, &c* il conjeéture que de l’Afie , elle s’étend jufqu’en Amérique, où elle peut fe Suivre comme en Afie 8c en Europe.
- Cet Auteur ajoute qu’en même-temps que la marche particulière des vei. nés les porte du Midi au Nord , la direction de la trace où elles fe trouvent toutes, leur donne une marche générale ou traînée d’environ deux lieues de largeur qui va du Couchant au Levant, en déclinant de deux à trois degrés Vers le Midi*
- Direction ÿ Cours , Allure des Vdues $ Stryka ^ Su.
- Maniéré de déjigner cette circonftance par les degrés de la Boujfole;
- Ordinairement une extrémité de la Veine pointe à YOuefi y s’étend de-là à 1'Efty 8c fur vingt aunes de longueur * c’eft-à-dire , 3 y pieds io pouces environ , elle en gagne fix de profondeur*
- Quelquefois les veines s’écartent un peu de cette marche, il s’en trouve qui pointent pour la plus grande partie au Sud-Oueft & au Nord-Eft ; mais elles fe plongent également toutes plus ou moins vers l’Eft*
- Cette direéiion des Veines vers quelque point de l’horizon y nommée par les Houilleurs Liégeois Allure y fe défigne communément félon la marche Charbon de Terre. II. Part. Nio
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- DU CHARBON DE
- TERRE
- des Veines vers lun ou l’autre de ces points de l’horizon , ou ^
- 1 autre , comme de l’Orient à l’Occident , ou du Midi au Nord.
- AfTez communément elle fe défigne encore par les degrés ou les lîeures de la Bouflole ; quand , par exemple , une Veine court Nord-Ejl & Sud Ouefl ce qui fe marque N* E. S. O. on dit quelle va par les trois heures : cefon^ les Veines qu’on nomme Dreffant (i), relativement au pendage horkontaj. car elles ne font jamais d'à-plomb : on pourroit les appeller freines Jurplombées}
- SI une Veine court N. S. ceft-à-dire, Nord-Sud, on dit quelle va paç les douye heures.
- Celles qui vont de neuf à onze heures , font celles qui font Sud-Eft* Nord-Eft, comme celles de Wettine.
- On appelle Vânes du matin ou Veines du Levant, celles qui ont leur cours depuis huit heures jufqu’à fix , ou qui fe trouvent entre trois & heures. É
- Les filons dont la direction eft entre fix & neuf heures > font nommés filons du foir ou du Couchant.
- Pour reconnoîye , au moyen de la Bouflole, l’heure dans laquelle court la Veine qu’on a trouvée , on préfente la Bouflole de main dans le milieu de la Veine: l’Ouvrier doit placer l’inftrument de façon que le Levant foit à gau-' „ che , & le Couchant à droite : dans l’ufàge, on place la ligne méridienne dans le milieu de la gailerie , le Septentrion félon fa direction.
- Lorfque l’aiguille eft arrêtée , on tire une ligne droite en traverfant la Bouf-ïble , & ayant attention qu elle foit parallèle à la direction de la Veine: l’heure , c’eft-à-dire, le degré fur lequel cette ligne pafle , eft l’heure dans laquelle la Veine fe dirige.
- Féndage des Veines ; maniéré de le défigner par les degrés de la Bouffolet de le reconnaître à [aide de cet Infiniment ê de différentes méthodes.
- Il n eft pas moins effentiel d’avoir égard à la fécondé circonftance que nous avons obfe^éedans les Veines de Charbon pages *4 , 97,iar, aof; nous voulons parler de leur pente ou fituation relative à l’horizon, & qui fe, nomme pendage 3 inclinaifon.
- Al article du pays de Liège t page 65, j’ai eu recours pour rendre fenfiblé les differents degrés qui fe remarquent dans cette inclinaifon, à la fuppoiîtiori d’un parallélogramme dont la diagonale fervant de mefure moyenne, détermi-i noie les degrés d inclinaifon fupérieure ou inférieure à cette diagonale. J’ai indiqué d’une maniéré précife, mais générale , les variétés remarquables dans cette marche, lorfqu’elle s’enfonce en terre & lorfqu’elle fe releve; il ne relie
- (1) Vma propendens, qui répond aux fiions appelles dans les Mines métalliques Jüons précipités)
- dont la dire&ion eft réellement perpendiculaire comme oü l’a icpréfencée figure n , PI, LXIL
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- ET DE SES MINES, tt Part- 877 plus qu à faire connoître la maniéré dont les Ouvriers de Mines défîgnent ces différences par les degrés de la Bouffole, & à développer quelques points intéreflànts fur cette înclinaifon : afin de donner d’un même coup d’œil une idée complette de ces pendages, nous avons raffemblé dans la Planche XLIV les figures qui fo trouvent à la fuite d’un Mémoire de M* TrieWald £1) , d’ou les Editeurs de l’Encyclopédie les ont tirées {2) : les éclairciffements dont ce Savant a accompagné ces coupes de Mines, & la maniéré de s’affurer du cours du Charbon , termineront cet article.
- Les Mineurs appellent horizontal un filon dont l’inclinaifon eft moindre^ que de J degrés.
- Un filon dont le tours eft depuis neuf heures jufqu’à douze heures , ou qui éft incliné du cinquantième degré jufqu au vingtième, eft noiïimé filon incli* né , filon prolongé.
- Celui dont l’inclinaifon eft au-deffous de 20 degrés , eft défîgné par fo nom de filon couché\
- Le filon incliné depuis le 90e jufqu’au 8e degré, eft appellé filon perpen* diculaire ou droit , filon debout ; on dit auffi qu’il court depuis douze heu*, i:es jufqu’à trois, ou quil tombe entre les heures douze & trois.
- De là il réfuite deux efpeces principales, dont les autres ne font que des fubdivifîons.
- Celles qui font un angle avec la ligne horizontale , depuis zéro jufqu à degrés 9 font des Veines à pendage de platture.
- Les deux couches de la Mine de Zuickau n ont pas plus de 25 à 30 dô« grés d’inclinaifon.
- Celles de la Mine d’Edimbourg ont environ 40 à degrés d’inclinaifon du côté du Midi*
- A Champagne en Franche-Comté, Tinclinaifon de la Mine eft eftimée prêt» qu’à 4J degrés.
- Les Veines qui font un angle avec la même ligne depuis 4^ degrés jufqu’à 90, font Veines à pendage de roijjes ; prefque toutes celles qui font en Ecoffe font de ce genre , il ne s’en trouve qu un très-petit nombre à excepter.
- Il eft à propos dans la pratique de l’exploitation, de fe rappeller l’évaluation reconnue par l’expérience de la perpendiculaire qui appartient à chaque degré de pente de la Veine, & dont nous avons fait mention en différentes occa-i fions pages 115 <S* 299. Dans les couches de Falkire, province de Sterling en Ecofle , 1 înclinaifon des couches eft d’une toifo perpendiculaire fur 10 ; du go te du Sud-Eft , elles en ont 12 de longueur.
- La Mine de Witte-Haven a communément en pente une toifo perpendicu^ laire fur 6 à 7 de longueur.
- (1) Tome I, de l’Académie de Suede,
- i2) Toms Vl» Minéralogie , Charbon minéral.
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- DU CHARBON DE TERRE
- Cette différence dépend de la nature du pays, que parcourent les Veines * voyez page aoy ; la Cultellation (i) faifant voir à-peu-près la même chofe ; c’eft-à-dire , qu’il fe trouve des terreins dont la pente eft de 4 pieds par toi£è & que la différence de la bafe à la fuperficie , eft fouyent d’un 10e , d’u^ §e , d’un 6e, même d’un quart.
- On a pu aifément remarquer que dans la Flandre & dans les autres Pays utiis les Veines {ont en plattures plus ou moins décidées ; qu’au contraire , dans les pays montueux, il fe rencontre des Veines qui font avec la ligne horizontale *m angle depuis 6 oxxj jufqu’à 10 degrés.
- Il eft confiant en général que fi l’on defcend dans une gallerie de ioq toifes de longueur, faite fur les Mines par couches ou par lits, telles que celles de Charbon, dont la pente pour l’ordinaire eft plus douce que celle des Mines par filons, on aura à peine fur ces 100 toifes (félon que le pendage fera roiffe ou tiers de roiffe ) 10 912 9 iy , 20 toifes de perpendiculaire.
- Quoique dans le courant de notre Ouvrage nous n’ayions rien omis de tour ce qui peut donner une connoiflânce entière du Charbon de terre , confidéré dans les différences de pente qu’on lui remarque dans fa marche, nous avons cru cependant ne pouvoir nous difpenfer de donner place ici à un Mémoire très-intéreflànt de M. Triewald fur cette matière ; ceft un hommage que nous devons Sc que nous rendons avec plaifir à cet Obfervateur, le premier qui a écrit fur les Charbons de terre.
- » Tous les bancs de Charbon de terre peuvent être rangés , quant à leur » pendage , dans une de ces deux claffès , ou de platture ou de roijje , & il faut » établir comme un principe certain, que nonobftant le plus ou le moins d’é« » tendue que ces bancs peuvent avoir, ils fuivent conftamment jufquau jour » la même direction avec toutes les couches qui les accompagnent.
- » En cherchant la Veine principale, il arrive fouyent que l’on en rencontre » d’autres qui, n’ayant qu’un pied ou un demi-pied d’épaiffeur, ne valent pas la » peine d’être chajjées ; ces petites veinettes fuivent en tout la dire&ion de la » Veine principale , à moins qu’elles ne foient débauchées.
- » Du refte on peut voir par la figure 4, Planche XLII de cette féconds » Partie y comment dans le pendage roifle les Veines de Charbon & les bancs y) de pierre qui accompagnent la Veine principale, s’élèvent avec elle en » ligne parallèle jufqu’à fon extrémité fupérieure ; la ligne A marque unei » ligne horizontale tirée fous la furface du terrein ou l’on fouille les Veines » IC ; E G Ly font les couches ( Wharf ) ou les bancs de pierres placés en^
- » tre les Veines de Charbon IC, Sc qui fuivent la même direction.
- 7) Ces diftances des extrémités des Veines de charbon fuivent en,cela la
- (1) Terme dontfe fervent quelques Auteurs , j inftruments qui ne donnent ces hauteurs Sc ces pour lignifier la mefure des hauteurs Sc des dif- j diftances que par parties, Si non tout à la fois
- : des J par une feule opération*
- tances pièces par pièces f c’eft-à-dire, par
- w proportion
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- ET DE S £ S M I N E S. Il, Pasit. 879
- » proportion des diftances perpendiculaires , Sc de ce quantum de la def-» cente : plus ies Veines de charbon & les couches fituées au-deffus ou au-» défions d elles fuiventdans leur direction une pente douce, plus l'extrémité yy de la Veine inférieure devance celle de la Veine fupérieure , comme il eft aifé de le concevoir par les figures 3 & 2 , qui repréfentent auffi des Veines » roifiès parallèles entr’elles.
- » Or quoiqu’une ligne perpendiculaire fuppofée tirée entre les deux Vei-» nés, ( dans la figure 2 , depuis la tête de la Veine E, & dans la 3e vers le » milieu de la ligne horizontale ) ait la même longueur dans les deux triangles y> réfultants de l’incidence de la perpendiculaire fur la ligne horizontale, elle fera » pourtant beaucoup moins longue dans la figure 2 , que celle de la figure 3 ; » la raifon en eft toute fimple, l'angle formé par cette ligne perpendiculaire y> Sc par la ligne horizontale, étant plus grand dans la figure 3 e que dans la » 2e, la bafe doit néceflâirement être plus grande dans la première que dans » la derniere.
- » Il n’eft pas difficile de conclure de ce que l’on vient de dire, que les )> Veines de charbon appellées plattures, ont de beaucoup l’avantage fur cel-» les que l’on nomme rotjfes : en creufànt des puits de la même profondeur , » pour percer l’une & l’autre efpece de Veine, il eft évident qu’on tireroit » beaucoup plus de charbon de la première que de la féconde, ce qui pro-» vient de ce que les lignes horizontales , font plus longues dans la figure 3© » que dans la (1). '
- ï> Ce feroit ici le moment de demander fi la furface du terrein , qui renfer-» me les Veines de charbon, venant à s’élever, & à former une montagne, la » direction des couches vers les deux côtés, refte toujours la même à l’égard » de leur élévation ou de leur enfoncement ; mais l’expérience ayant fait voir » que quelques-unes des couches des terreîns montueux , ont toujours conti-» nué de monter vers la hauteur de la montagne , tandis que d’autres ont » fuivi une direélion toute oppofée , on ne peut encore établir une réglé » certaine fur cette demande.
- )> Il fè préfènte encore une queftion touchant la pente d’une Veine ( Sluttand ) & fon relèvement au jour ; une Veine de charbon ainfi que » toutes les couches qui l’accompagnent, fupérieurement & inférieurement, » s’étant enfoncée confidérablement depuis la furface du terrein, & venant 3) quelquefois à changer d’allure de i’Oueft à l’Eft , cette Veine remonte-t-elle » au point duquel elle avoit commencé fa marche en defeendant ? Par exemple, » dans la coupe de Mine, fig. 6 9 la couche a defeendu depuis la fuperficie A » vers B 9 qui eft fuppofée la moitié de fa marche ; a-t-elle remonté enfuite de » B vers C 9 ou a-t-elle continué fa marche dans la même proportion depuis
- (1) J ai rendu la chofe très-fenfible par la Planche Ij de îa IIe. Partie : voyt\ aulli féclair-Ciflement y relatif, page 208.
- Charbon de Terre. II. Part. 010
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- S8o DU CHARBON DE TERRE
- » B jufqu à D , qui eft l’hémifphere oppofé à celui d ou elle eft pai>
- » rie ?
- «Je n’ofe rien aflurer fur,une matière qui n’eft pas encore éclaircie ; ce**
- » pendant j’expoferai un fentiment fondé fur ma propre expérience : re^
- » marque d’abord que la fituation de toutes les Veines, où l’on na jamais apperçU « de changement de direction, s’eft toujours oppofée à un examen fuivi, de » maniéré à pouvoir en tirer des conféquences décifives ; ou bien ces Vei-» nés étoient fituées fur le bord de la mer, 8c s’enfonçant du côté de l’eau 1 «il n’a pas été poffible de continuer leur fouille , parce que quand bienmê-« me, elles feroient remontées vers la furface de la terre, quittant leur direc-« tion, leur derhiere extrémité fe feroit trouvée dans le fond de la mer ; ou » bien elles fe font enfoncées vers le pied d’une montagne , enfbrte que le » terrein s’eft élevé au même endroit où les Veines defcendoient , & qu’on « n’a pu les fùivre, ni obferver par confequent fi elles changeoient de direétion,1 » ni comment s’opéroit ce changement ; ou bien elles ont été interrompues « par des failles, de maniéré qu’il n’a pas été poffible de rien conftater ffir leur; « direction ; mais j’ai auffi rencontré des Veines qui alloient en defcendant « 8c en remontant : par exemple, je fuis defcendu fous terre, même fig. 6 , au «point C: de là j’ai fuivi l’enfoncement delà defcente de la Veine de char-« bon jufqu’à B , où elle change de direélion, 8c j’en fuis remonté au jour près » du point A , qui indique une région tout-à-fait oppofée à C ; ce changement « de direction ne pouvoir être attribué ni à un krin, ni à une faille; car il « n’y avoit point de ces accidents, les charbons que donnoit la Veine étoient « bons, 8c couchés dans une ligne exaélement droite. Une autre obfervation « m’a confirmé dans l’opinion où je fuis, que toutes les Veines de charbon « remontent de leur extrémité inférieure , par la même extrémité dont le trop « grand enfoncement apporte obftacle à leur pourchaffe jufqu’au bout t parce « qu’il n’y avoit pas moyen de décharger les eaux fouterraines ou de procurer » à la Mine le changement d’air néceffiure ; car j’ai trouvé que les Veines que » l’on fouilloit à leur oppofite leurs répondoient exaélement (2},
- « J’ai encore vu une Veine de Charbon, qui d’abord fuivoit une pente G «douce qu’à peine on pouvoir dillinguer fon inclinaifon* à une certaine diC « tance , cette Veine s’éleva un peu davantage , 8c monta enfuite avec tant de « promptitude , qu’au lieu de s’être élevée d’abord d’un feul pied en 12 ou » 14 pieds de longueur, elle vint à monter d’un pied en trois : voyeç la coupe « de Mine repréfentéè par la figure 9 (1). A> B, indique la ligne horizontale ; « D y Cy marquent la Veine de Charbon qui monte tout doucement 5 mais
- (1) L’obfervation générale eft conforme à ce qu’avance ici M. Triewald , ( i>oye\ page 65 , Part, I ), & paroîc Jever abfolument le doute que ce Savant n’a laide fubfifter que par la crainte de fe tromper, en ne fondant fon opinion que fur fa propre expérience.
- (2) Elle repréfente une grande Veine ou plat-, tute de roijj'e, telle que ce pendage en forme à chacune de fes extrémités. Voyez ce qui a été dit pages 6g & 20$ j fur ^es ^eux extrémités oppofées des Veines, dans quelque pendage que ce foit.
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- ET DÉ SES MINE S. II. Part; 88r
- s, arrivée à C, elle s’élève fur le champ vers la lettre A, où eft fon extrémité » fopérieure.
- » La Mine dè Jarl Winton, fituée dans le Comté de Tranent (i), me n fournira un àutre exemple très-remarquable de changement de direction >> dans les Veines de Charbon. Celle de cette Mine qui eft très-confidérable, 8c » qui a lo ou 12 pieds dépaifïeur, commence près la ville de Tranent, » où on la fouille ; de là elle s’élève vers le marais du Comté Elphingftons, fi-yy tüé au Sud-Oueft, & paffe par-defïbus la maifon de ce Seigneur ; elle fo y> renfonce enfuite vers le marais fitué entre Elphingftons, 8c Omifton, vers r> le Sud'Eft.
- Je dirai encore un mot d’un cas allez rare à la vérité , mais qui peut ce-» » pendant arriver; la fingularité du changement de direélion m’a engagé de 5) le repréfenter, voy. figure 7e. La ligne AB , indique la forface du terrein ; » le point B, eft l’extrémité de la Veine qui s’enfonce du N. O. vers le S. E* y> & elle commence à remonter vers l’Eft, en prenant fa direélion vers le point » E de la montagne fituée vis-à-vis , où la croupe de la Veine devroit fe trouver ; mais au lieu d’aller julque-là, elle s’arrête en chemin, & fe renfonce y> enfuite du puits F vers le puits du S. E, marqué par D , d’où elle remonte ï> vers la furface en A, où la derniere extrémité relîort au jour : on doit ob-» fer ver au refte qu*en E la Veine rencontre un trouble, qui vraifemblable-s> ment Ta forcée de quitter là direélion naturelle.
- » Les figures y 8, 5? , achèveront de donner une idée claire de la manier© y) dont les Veines de Charbon defcendent en platture ou en roilfe , toutes les » fois qu’elles ne font point interrompues dans leur marche par quelque faille. »yDans ces trois coupes de Mines , A B marque l’extrémité fupérieure ou la » tête de la Veine. La ligne A C tombe perpendiculairement de la ligne » horizontale, indiquée A C fig. 8 , & B D , fig. 9. La ligne B C dans la yy première , eft la Veine principale , qui defcend de l’extrémité B, & qui fait » voir la véritable defcente de la couche. A , indique l’endroit où il faut af-yy feoir le Bure , quand on a découvert près du point B l’extrémité de la Vei-yy ne qui eft la plus abondante, 8c de meilleure qualité que la Veine de » delfous..
- Différents moyens pour la pêrquijidon de l’Allure & du Pendage des Vunes.
- Lorsqu une fols, à la faveur d’un puits, on eft tombé for la Veine , 1 opération la plus ordinaire pour parvenir à reconnoître le pendage , confifte à s’orienter avec la bouffole , de la maniéré que nous en avons décrit le procédé à l’article de Liège pages 299, 332.
- M. Triewald pour reconnoître & le pendage & la direélion des Veines,
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- (1) Au Comté de Haddington, province de'Lothiane, à fOrient du Bailliage d’Edimbourg.
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- 88* DU CHARBON DE TERRE
- recommande de multiplier les puits (i) : voici fa méthode, pour laquelle le Lecteur doit recourir à la Planche XLII : la figure I , eft le terrein dans lequel on veut faire des recherches ; dans les points P, O, K ,L, M, N % fe mon^ trent au jour plufieurs Veines, Sc la principale que Ion veut reeor\uoîcre. d Je procédé de la maniéré qui fuit : fur toute la furface de P n9 o K , ^Xqs *> avoir percé perpendiculairement en-bas, de K jufqu ace que j’arrive à G L9 » alors je marche dans la même direétion, & je pratique perpendiculairement » un petit puits en Z, jufqu’à ce quon arrive à la Veine M H 9 ou bie^ au » fécond lit de pierre flcn beid ou couche ( Wharf ), enfuite on, marche » encore dans la même direction ;• & à une pareille diftance, on fait au point » M, un petit puits qui tombe perpendiculairement en /, à l’endroit ou Ton » trouve du Charbon de pierre qui s’élève de 1 en N*
- » Si l’on n’y trouvoit point de cours de Charbon , ce feroit une mar-» que que les lits de pierre que l’on a rencontrés en faifànt le puits, font au-» deflous du cours du Charbon; & par conféquent il faut marcher en arriéré » dans la même direétion , faire un puits perpendiculaire eno, & dans le cas » que L K ne fuflènt point des couches de Charbon , on le trouvera certai-v nement de la maniéré fufoite en o ou en p.
- » Lorfque l’on fait comment les couches ou JIrata s’élèvent ou penchent, >i on procédé de même , & l’on continue ainfi en enfonçant des puits de la » maniéré qui vient d’être détaillée ; il n’y a point d’autre différence à y obfer-» ver finon qu’en forant ( Bora ) il faut bien remarquer , Sc mettre de côté la î> pouffiere qu’on rapporte avec la cuillier n°. 8 ou n°. 9, de la tarriere de » terre.
- *
- » Cette pratique par laquelle on va, comme difent les Anglois, à la décou-» verte de la pente des Métaux ou des Charbons par le fommet, eft à la vérité » plus difpendieufe que celle des trous de fonde ; mais quand la perquifition » porte fur un terrein neuf, Sc qu’on ne connoît point de Mine de Charbon dans » le voifïnage , cela eft bien plus fur pour découvrir la puijfancc, & la pente » des Charbons, chofos très-eflèntielles à connoître fi on veut tirer un parti » convenable de ces Mines, dont il fera parlé plus au long, quand il s’agira » de la maniéré de bien exploiter les ( Cours ) Charbons de terre lorfqu’ils » ont été découverts.
- » Si au contraire on veut chercher du Charbon de terre dans un terrein où y> il n’y a ni mer, ni rivière à haut rivage qui puilïènt indiquer l’élévation ou » l’abaiffement des cours ( flot 9 JIrata ) couches ou lits ; il faut enfoncer au » hafàrd , jufqu’à ce qu’on foit parvenu au travers de la terre nourricière du
- fable ( Mo ) ou au travers de l’argille ( Lcr a ), qui, ni l’une ni l’autre, ne » courent point avec les lits inférieurs, Sc montent leurs têtes jufqu’au jour ;
- (ij Art. IV. Maniée de rechercher les Charbons de terre dans les endroits où l’on n’a pas encore fouillé. An. 1740 1 Tome L
- vSc
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- ET DE SES MINES. Iï. Par*; £>83'
- » & quand on trouve la première pierre ou lit d ardoife, on peut exactement ï) voir Sc obferver fa direction , fon élévation, fa marche montante ou fa mar-» che defoendante ; alors on procédé comme il a été dit, puifque , pour dé-» couvrir des couches de Charbons , qui dans un tel champ, peuvent fo trou-» ver les unes for les autres, il n’y a pas de moyen plus fur que celui dont j’ai yy donné la defcription & la figure.
- » En faifànt la recherche des Charbons , foit avec la tarriefe, foie avec des » puits, il faut marcher en avant ou en arriéré, & percer ( Bora ) dans la db-» reélion, dans laquelle on trouve que les lits s’élèvent ou s’abaiflent vers le y> centre de la terre ».
- Pour peu que l’on ait faifi les principes fur lefquels les Houilleurs Liégeois conduifont leur exploitation, on reconnoîtra que leur application au cas dont il s’agit, a un grand avantage fur le moyen propofé par M. Triewald.
- Dès l’inftant que le petit bure ouvert au point F, a rencontré du Charbon , dont l’élévation eft reconnue de F en O , l’enfoncement de nouveaux bures ne préfente aucun motif d’utilité : il paroît bien plus naturel de procéder alors à l’établiiîement du même bure dans la partie la plus balle du pendage, pour aller rencontrer en montant toutes les Veines qui ne peuvent manquer d’avoir été traverfées par le bure : les Planches II, III f IV & XXXIII, de la IIe Partie , mettent dans le plus grand jour la fopériorité de la méthode Liégeoifo par baenures, pour palier d’une Veine dans une autre fans recourir à autant de puits de jour* qu’il y a de Veines,
- Cette répétition de fouilles , confeillée par JML Triewald , entraîne vifible-* ment une dépenfo qui, dans les endroits ou les mains-d’œuvres font cheres, peut être d’autant plus confidérable qu’elle eft multipliée pour quatre ou plu-fieurs bures : ce n’eft pas un médiocre inconvénient ; il a frappé un autre Savant de Suede, auffî de l’Académie de Stockholm, qui a cherché à l’éviter, & il y a réqfiî dans les Mines de la province Schonen ou Scanie ; (1) au lieu de bures, il fait feulement avec la tarriere fur les couches mêmes de Charbon trois trous de fonde ; voyez page 392, éloignés les uns des autres de plufieurs centaines Saunes : ces trois ouvertures à égale diftance les unes des autres, forment un triangle , qui, par la marche Sc l’abaiflement des Veines, indique la direction des couches (2). Il paroît par ce que nous avons rapporté à l’article des Mines de Charbon d’Angleterre, (SeCl.IIIe, de cette II® Partie, page 399 que cette maniéré de juger de l’inclinaifon des couches, eft connue & pratiquée dans ce Royaume : il eft des circonftances dans lefquelles elle a fon mérite ; l'avantage particulier qu’on doit lui reconnoître, eft relatif aux pays, où les Veines feroient irrégulières & ftjettes à des kreins : on
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- (1) Troilïeme Volume des Mémoires de l’Aca- rapportée à Particle de la Géométrie fouterrai» demie de Suede , page i4p. ne page 8o6,
- V-0 Auteur en a donne la démonftration
- Charbon de Terre, II, Part, V îo
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- 884 DU CHARBON DE TERRE
- n’a pas de peine à concevoir que, dans la fuppofition qu on fe bornât à un foui trou de fonde., on pourroit aifément être induit en erreur, fi pon yenojc à tomber fur un krein, dont on ramènerait la pouffiere dans le fouiUQ;r. ma-s le fécond où le troifieme forage , en tombant for une partie de Veine nuj ne forait pas altérée par cette défeéluofité, donnera la connoiflànce de ce qUe Ton cherche.
- L'ulàge de la fonde ou tarriere de terre, quelque dilpendieufo quil foit^ peut donc avoir fon mérite ; par exemple, dans une entreprife en grand & en particulier fur un terrein où Ton voudroit uniquement s'alfurer de la puyz fonce , & de la direction d’un banc de Charbon qu'on auroit reconnu peu éloigné de la foperficie. Un Directeur de Mine doit' par conféquent avoir une idée nette & précife de cet outil important; nous invitons le Leéleur à jet? ter de nouveau les yeux fur la Planche XXXIV , relative à cette tarriere (i) f 8c fur ce que nous en avons dit Seétion IIe , pag. 393.
- En 1770 , M. Gels a publié à Vienne une defcription fort détaillée de ce Perçoir de Montagne, appelié par les Suédois, Jord Booren ; c'eft celle dont l'Auteur de l'elpece de traduction de l'Ouvrage de l'Académie de Freyberg a fait ufàge; il en a porté les développements, à la Planche 18 & 19 , où l’on trdfove le même appareil dilpofé pour deux percements dont je n'ai pas parlé, celui de bas en-haut , 8c celui dans une direction horizontale•
- I, Planche XXXIV, Figure r.
- a9 B b , c c, Tige de la tarrierg ou fonde , compofée de plufieurs pièces de fer , qui s'afTemblent à vis les unes aux autres ; leur nombre eft indéterminé , ainfi que leur longueur, ce qui dépeftd de la profondeur à laquelle on veut fonder.
- Dans la Figure adoptée par les Auteurs de l’Encyclopédie, chaque piece au lieu d'être jrettée au milieu de là longueur, comme au n°. 1, eft percée d’un trou dans lequel on introduit un boulon de fer , pour fixer une partie de la tar-riere , quand on veut en vilfer ou dévifler une autre ; la conftruétion de ces pièces fe voit diftinélement dans les figures fuivantes.
- N°. 1. Première piece de la tarriere , traverfée dans la tête d’un trou pour le manche ou foreur F jF; entre ces deux frettes , eft une gorge qui reçoit le levier n°. % , vu en fituation dans le petit appareil fig. 3 : à fi par-tie inférieure cette piece eft taraudée en écrou , afin de recevoir la vis de la
- (1 ) D’ailleurs cette tarriere connue dans Je Royaume il y a près de cinquante ans, pourroit s’employer utilement pour la recherche de différentes terres & fubftances foffiles propres aux Arts, ainfi que pour la découverte des fources d’eaux , ce qui la rend intéreffante pour les
- Economes de campagne. Vers l’annee * Madame Tirou de l’Ailly ? a^rs ^jme Drancy, près le Bourget , ét ufage de ce Sonde, pour fe procurer des eaux dans ce terre.
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- ET DE SES MINES. IL Part. S8y
- fïaife Xï ^ y nommée auffi cifeau ou trépan i elle eft propre à percer certaines pierres ou couches de terre i cet écrou reçoit encore la vis de la fécondé piece de la tarriere, lorfqu’on a befoin d’une plus grande longueur.
- N°. 2 , Levier fourchu de l'appareil fig. 3 ; fes branches embraffent la gorge de la première piece,
- N°. 3 9 ®arre de fer terminée fupérieurement par une vis retenue dans fécrou inférieur de la première piece , ou dans celui des autres pièces ; il y manque au milieu le trou pour recevoir le levier fourchu de l’appareil fig. 3 , au moyen duquel on viffe les pièces les unes aux autres : à fa partie inférieure , elle eft creufée en écrou » pour recevoir la vis d’une des meches * cuillers , trépans, ou celle d’une pfece femblable , fi le trou eft affez approfondi pour l’exiger,
- Nos. 4 & y, Deux différentes lanternes, meches ou cuillers (1), pour les ter-reins glaifoux ; les parties inférieures de ces deux pièces ne paroiffent pas formées convenablement à l’objet auquel on les deftine, de retenir & d’amener les échantillons de la fubftance dans laquelle on les introduit.
- Il faut avoir une provifion de ces deux efpeces de meches.
- N°. 6, Meche ou trépan ; c eft la même qui eft adaptée à la première piece en 6.
- N°. 7, Autre trépan ou foret en langue de forpént, pour percer les rochers les plus durs. r
- Nos. 8 Sep, Deux autres cuilliers ou lanternes,pour rapporter les échantillons des terreins fàblonneux.
- N. 10 , Clef ou tourne-à-gauche fervant à viffer Sc dévifïèr les différentes pièces de la tarriere ou les meches, trépans , cuillers qui s’y adaptent ; la partie inférieure recourbée embraffe la partie quarrée de chacune de ces différentes pièces.
- N°. 11, Bonnet de la fonde de l’appareil fig. 2 ; ce bonnet s’adapte à la vis de la première piece. Le crochet qui vient du treuil, doit être mobile au centre du bonnet, ainfi qu’un émerillon (2), afin que la {onde puifle tourner fans tor-; dre la corde qui fert à le fufpendre*
- N°. 12, Entonnoir de fer qui s’adapte à l’extrémité inférieure de la partie de la tige qu’on a retirée de la fouille lorfque cette tige eft cafiee , & qu’il en eft refté une portion dans la fonde.
- Pour cela la partie intérieure de l’entonnoir eft taraudée & acérée ; fon ouverture inférieure étant defeendue perpendiculairement dans la fonde, elle làifit la partie de la tige qui y eft reftée, en tournant du fons convenable pour faire’mordre les filets intérieurs ; par ce moyen, on retire la partie de la tige qui étoit reftée dans la fouille.
- La manœuvre qui s exécute avec la fonde, ne tient pas feulement comme
- r(tk) Nafware. Su. i fer ^ difpofé dans fon manche de maniéré qu’il
- .(2) Emerillon, terme de Cordier ; crochet de I peut y tourner avec beaucoup de facilité.
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- $86 DU CH A RB 0 N DE TERRE
- on Ta vu à TaéHon d'enfoncer en terre les différentes pièces qui forment longueur ; cela ne peut fe faire fans être obligé de temps en temps de fobftu tuer une piece à une autre ; delà il refulte deux aétions differentes , renfoncement en terre y 8c l’élévation hors de terre : elles ont ete détaillées pages 392 9 393 9 nous *es rappellerons ici en peu de mots , afin d aider le Lefteur à en prendre une idée nette & précife.
- Un Ouvrier fait tourner le moulinet hffig. a , pendant que 1 autre va au fouiiloir nos. 4, $, 8,9 , & pofe fur la boîte un levier fourchu s f fous l'entaille de la piece du milieu la plus baffe ; fur ce levier fourchu , pofe alors tout le fouiiloir, tandis qu avec les deux clefs pv > l'Ouvrier les dévifîe , autant quil paroît élevé au-deffus de la fourche.
- Enfuite l'Ouvrier prend par un bout la piece déviffée, 8c la porte fur le bord en terre, en même-temps que l'autre Ouvrier lâche la corde du dévidoir, '’x i
- Alors les pièces du milieu fe mettent en terre jufqu'à ce qu'on en ait be-foin ; mais le bonnet de la fonde eft replacé fur la longueur ou for le bout du fouiiloir qui repofe en attendant dans le trou for le bonnet de la fonde.
- On enleve enfuite ce crochet , & l'Ouvrier va au moulinet , afin d’aider l'autre Ouvrier, 8c foulever encore une longueur , 8c on continue jufqu'à ce que tout le fouiiloir foit retiré. Eft-il encore queftion de le redefoendre dans le trou ? on l'y replonge à la longueur qu’il fo trouve folpendu à la corde» jufqu’à ce que la derniere piece du milieu foit entrée dans la caiffe ; alors on pofe le levier fourchu fous l'entaille, on fouleve une autre longueur que l’on viffe * & l'on continue.
- Premier Appareil, Fig. 2.
- x xx x 9 platte-forme de charpente au niveau du terrein, à laquelle eft fixé le guide de la tarriere,
- T, elpece de chevre formée de trois longues perches , dont on n’en a fait Voir que deux fervant à folpendre la poulie , par le moyen de laquelle on releve la fonde pour vuider les cuillers ; une de ces perches eft garnie de ranchers par lefquqls on monte à la poulie.
- h 9 Treuil dont le fopport eft fixé en terre, ou chargé d'un poids foffifànt, pour que la corde qui fufpend la fonde, & qui s’enroule for cette poulie ne puifle pas l'entraîner quapd on veut relever la fonde.
- Dans la Planche de l'Encyclopédie, au lieu de la tarriere repréfontée ici hors de l'appareil, c eft un gros cordage qui réunit les trois perches en T 9 & les maintient en fituation verticale ; ce hauban eft haubané(1), for le terrein, dans la même direétion que l'on voit la tarriere.
- a (1) Haubaner, en-terme de Marine , c’eft ar- pfîn de le tenir ferme lorfqu’on monte quelque rêter à un piquet ou à une grofle pierre , le fardeau,
- Jiauban ou cçrdage d’up angin ou d’un gruau,
- Second
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- 8§7
- ET DE SES MINES. Il Faut;
- Second Appareil. Fig. 3.
- Dans ce difpofîtif pour la même fin, la platte-forme x x x x, eft tra-yerfée par la fonde.
- c9 eft le levier que Ton pafle dans l'œil de la troifieme piece de la ta-lÿere pour la faire tourner.
- k, exprime la gorge qui eft reçue dans la fourche du levier au moyen duquel on releve la tariere du chevalet a , nommé aufli mainteneur, dont les côtés verticaux font percés de plufieursj:rous, dans lefquels on pafle un boulon de fer qui fert d’appui à ce levier.
- Des Fojjes ou Puits de Mines conjidérés dans leur nombre 9 profondeur , &c±
- M. N. qui nes’eft pas fait connoître autrement, a adrefle en 1770 , à l'Auteur d'une Feuille périodique (1) , fos idées, qu’il a qualifiées AJJertions Phyfiques fur le choix d'un emplacement pour établir une fojje d'extraction de Charbon dt terre.
- L’Auteur de cet Ecrit fommaîre paroît avoir eu uniquement en vue, la re«* cherche du niveau de l’eau , dans un terrein fuppofé d'une demi-lieue de pente f afin de porter la fofle d’extradion fur l’élévation de la pente au Midi* & d’éviter de la placer à l’endroit de k pente la plus bafle du terrein , où l’eau ïbuterraine eft plus volumineufo, & l'écoulement, félon lui, plus difficile, &c^ Quand on fuppofe une chofe abfurde, il n’eft pas étonnant que les confé-quences qu’on en tire * s’en reflentent : la prétendue difficulté de l’écoulement dans la partie inférieure, & où fe porte précifément le plus grand volume d’eau , me difpenfe de difouter un lyftême fondé for un pareil principe; ce qui a été dit page 243 , fait voir que l’écoulement des eaux n’eft pas la feule circonftance qui décide le choix de l’emplacement du bure (a).
- Lorfqu’on eft au moment de rendre ouvrable une Mine de Houille, il eft à propos, autant qu’il eft poffible, de lavoir à quoi on doit s’attendre for la facilité de cet ouvrage , for la profondeur du bure, &c ; ces objets importants tiennent à plufieurs points, comme la faifon dans laquelle on fe trouve , la nature du fol, Scc.
- Toutes les faifons ne font pas indifférentes pour l’entreptife d’une fofle ; ( voyez page 873 , ) l’automne eft la feule qui foit favorable, parce qu'alors les pluies qui peuvent avoir été amaffées fous terre , font en partie defféchées : le temps le plus avantageux eft depuis le mois d’Août jufqu’à la Touflâints.
- (1) Gazette du Commerce , n*. 5*8, page 777.
- (2) D’ailleurs le fujet que l’Auteur s’eft pro-pofé de traiter, ne peut l’être d’une maniéré plus bifarre qu’il feft dans cet Ecrit ; je n’en
- Charbon de Terre. IL Pan.
- fais mention que par rapport au Journal dans lequel il a été inféré , & pour montrer que rien de ce qui a pu être publié fur cette matière} n’a échappé à mes recherches.
- Q10
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- 888 DU CHARBON DE T E Rr E
- La nature du fol, la maniéré dont s’y trouve le Charbon de terre, fonc beaucoup pour renfoncement plus ou moins embarraffé de la fouille : dans les endroits où les Veines montent à la fuperficie avec les rochers , comme cela fe voit dans le pays de Liège-, de Namur, & dans une partie du Hai-naut Autrichien , ces fouilles fonc peu embarraflàntes , Sc lufage du perço*lr montagne feroit fort avantageux pour reconnoître à la fois le pendage & Fallure de la Veine.
- Il n’en eft pas de même du Hainaut François : dans les Houillieres qui s y exploitent, on a 20,30 , 40,50, quelquefois jufqu’à 120 toifes de terrein fans conliftance à palier au travers des torrents d’eau , avant d’arriver au rocher, fous lequel eft placé le Charbon de terre.
- De là la néceflité de fortes machines , des meilleures pompes, de beaucoup de chevaux à employer à les mouvoir, afin de gagner promptement un ter-rein propre à y établir des cuvelages pour y renfermer tour à tour les eaux de chaque niveau. La différence du fol de cette Province & de celle d’Anjou, par exemple, eft telle qu’en Fouillant une carrière de Charbon dans le Hainaut , il eft très-ordinaire d’avoir pour cent mille francs de dépenfè , avant d’être au niveau des rochers qui font dans les Mines d’Anjou, quand on commence à les rencontrer (1).
- Du nombre des Bures ou Puits de Mines fur une Houilliere:
- Pour l’ordinaire on fait deux Bures * un à pompe , & un qui eft à la fois Bure d'extraÜion Sc Bure d’airage, quelquefois même le Bure d’extraction eft en même-temps Bure à pompe ; (voyez page 286,) il ne s’agit que de lui donner affez d’étendue pour que les eaux puiflènt être pompées d’un côté, & les Charbons remontés de l’autre.
- Ce Bure , nommé Maître Bure, tel que nous l’avons décrit pour la forme, doit toujours être enfoncé de maniéré que la longueur de la bafe foit dirigée contre l’inclinalfon de la Veine, afin que le puits ait plus de folidité : voyez page 244 ; l’affermiftement dépendant de la charpente de revêtiflèment, fera détaillé a part dans fes réglés générales.
- Le plus fouvent toutes les veines d’une Mine que l’on travaille * s’exploitent par un feui & même bure ; il eft néanmoins des circonftances où Ton peut augmenter le nombre des bures d’extraélion : dans les petites folfes aux bras , par exemple ^ lorfque la cbaffe des ouvrages eft trop en avant, & qu’il en réfulte une trop grande étendue à parcourir pour amener la Houille au
- (i)Un Ouvrage très-curieux , que je donnerai à part, & qui pourra être réputé fuite de ceîui-ci, donnera complettement l’idée de ces différentes couches, quant à leur nombre & conliftance , dans plufieurs pays ; c’eft un Catalogue raifonné d'une Colleôtion dechantillons des lits qui
- compofent les Montagnes par couches , auxquelles font propres les Charbons de terre, ainji que des differents Charbons de terre répandus parmi ces memes couches, format in-folio. Cette Collection precieufe 9 que fai été à même de faire, eft certainement unique.
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- ET DE SES MINES. II. Part. 8S9
- chargeage 9 on préféré d’enfoncer un nouveau bure à l’endroit dans la perpendiculaire du point auquel on eft parvenu , afin de rapprocher l’extraélion y dans ces occafions , cela fe fait auflî précifément fur ce point de la Veine , quand bien même elle ferojt plufieurs tours, que fi on pouyoit fe conduire à l’œil , Sc y jetter le plomb : l'airage & les xkorres deviennent alors peu embar-raflànts, étant bien plus aifé de puifer les eaux, & de mettre de Pair dans un puits de 20 toifes , que dans un autre de 60.
- Cette pratique , applicable dans ce cas particulier, n’a lieu , Sc ne doit avoir lieu que pour les petites Houillieres où les bures ne font pas bien profonds , & où la dépenfe n’eft pas considérable.
- Dans les Mines de Doué en Anjou, il s’eft vu à la fois quatre puits {ht une longueur de trois cents toiles en fuivant la même Veine : cette maniéré d’exploiter ne doit point du tout être donnée pour modèle. Si dans les Mines du Hainaut François on le conduifoit ainfi , les Entrepreneurs feroient? bientôt ruinés ; un feul bure , dans cette Province , coûte autant qu’il en coûte à Doué pour un très-grand nombre (i).
- Ce font donc la nature du loi, la fituation, la qualité , la rareté de la Mine , la fituation des Veines en roiffè, leur irrégularité , l’étendue des travaux fouterreins , qui doivent diriger fur ce point t voyez page 300.
- Il eft enfin un cas particulier où l’on fait plufieurs bures 9 mais qui n’ont point de rapport à l’exploitation : on doit fe rappeller que dans la coutume de Liège , les Maîtres de folles ou Entrepreneurs , ( s’ils ne font pas. eux-mêmes 1Areniers , & ne failàntpas la dépenfe de l'Areine ) font alîujettis , entre-autres au cent à'Areine , c’eft-à-dire, au droit appartenant à celui qui fait faire à fes frais cette gallerie, Sc qui eft félon les différents diftriéis où font fituées les Mines du quatre-vingt-unieme ou du centième trait franc Sc libre : il eft quelquefois befoin de fàvoir alors fous quel lieu font fituées les Veines que l’on chalïe, afin d’en payer le droit d’Areine ; ou bien il s’agit de reconnoître l’endroit auquel on eft parvenu dans la Veine , & d’être fûr à quel point répond la tête de la Veine, dans le cas où l’on voudroit faire un nouveau bure.
- Quant à la profondeur des folles ou puits de Mine, il eft aifé de juger qu elle peut varier félon la fituation plus ou moins enfoncée des Veines auxquelles on a à parvenir par cette folfe , félon l’étendue des ouvrages en vallées , &c.
- Le bure aéluellement le plus remarquable par fà profondeur dans le pays de Liège , eft celui qui eft établi fur le champ de Saint-Gilles , nommé Péri , appartenant à M. Malfillon, anciennement Propriétaire de celui de Saint-Laurent.
- (*) La feule conftrudion de deux folles dans le Hainaut, peut revenir à foixante & dix mille
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- DU CHARBON DE
- TERRE
- Ce bure eft conftruit en deux parties, dont chacune a i jo toifes de profon deur , ( chaque toife de 7 pieds ) le fécond bure ou bure inférieur ^ différent «de ce qu’on nomme parti-bure 9 enfoncé à fept pieds de diflance du bure fupérieur , eft improprement appelle Bouxtay , fans doute parce eft avalli plus bas que le premier: voyez page 2 62 , (1).
- Pour donner quelques exemples de la profondeur d’un bure , en propos tionde l’enfoncement de la Veine que Ton veut atteindre, nous placerons ici ce que rapporte M. Triewald (2).
- >> Lorfqu’une Veine , telle que celle indiquée B C9fig. 8, PL XtlJ % » Partie fécondé, s’enfonce d’une braffe for une étendue de quatre , & qUe » l’on enfonce la Mine à cent vingt bradés de l’extrémité de la Veine , le d puits, avant d’arriver jufqu’au Charbon, aura trente bradés de profondeur ; » & c’eft toujours ainfi en proportion.
- «Quand une Veina comme celle qui eft indiquée n°. 2, PL IV 9 de la » première Partie , ou celles de la Planche I, Partie fécondé , s’enfoncent de « trois bradés dans une étendue de 60 9 le puits qui fe trouve à l’extrémité « de la ligne horizontale , n’aura que trois bradés de profondeur ; enfor-» te que fi une Veine de cent vingt bradés de longueur s’enfonçoit dans » la même proportion, le puits auroit fix bradés de profondeur , & ainfi du » refte.
- n Les foflés ou puits de jour font prefque toujours creufes d’à-plomb ; on « doit fe rappeiler que pour certains cas, les Houilleurs Liégeois ont imaginé « devoir creufer de ces puits de jour dans la même direction en pente d’une » Veine qui fe trouve avoir cette marche : voyez page 242.
- La Veine B D 9 fig. J 9 PL XLII, eft exploitable par cette méthode ; la différence'de l’endroit où M. Triewald confeille de porter l’œil d’un bure en A > pour venir joindre la Veine en d , donne lieu à des réflexions qui nous ont paru mériter d’être propofées.
- La marche des Veines roiffes 9 qui, après un certain trajet, prennent un pen-dage de roi dé ; ( voyez page 302 , ) eft conftatée par l’obferyation des Experts en Houille rie au pays de Liège ; cette circonftance & la grande expérience des Houilleurs Liégeois , qui jamais ne fo font une difficulté d’aller chercher & la Veine la plus profonde ,& la partie là plus enfoncée de cette Veine, ne font point du tout favorables à l’opinion de M. Triewald, lorfqu’il juge qu9en enfonçant le puits à la même dijlance de Vextrémité de la Veine 9 pour chercher à fuivre la ligne perpendiculaire ac; iljcroit impojjible d9atteindre cette Veine.
- y* 9%'
- On juge par la figure même, que le trajet de ce puits traînant de A juiqua
- (1) Une perfonne digne de confiance m’a afluré , que malgré cette profondeur , on peut, en fix heures de temps , tirer par chacun de ces deux bures quarante traits, chaque coufade de
- 16 paniers, pefant quatre mille livres ; ainfi le panier feroit de 25*0 livres.
- (1) Article I, du Mémoire de M. Triewald * Tome I f page iqz,
- V*
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- ET DE SES MINES. II. Pà'kV. %)è
- p, concilié par M. Triewald , pour venir dans ce point n , s’ouvrir à là Veine , aura toujours une longueur au moins aufli confidérable ( puifqu’ellô fe trouve déjà l’être bien davantage, ) que le trajet d’un bure enfoncé à-plomb § comme en A c , dans un point de la ligne horizontale A B , plus ou moins rap-* proché de la Veine, félon que cette Veine fe trouvera roiiïe, tiers de roifîè* quart de roifle , &c.
- Il feroit en conféquence bien plus fîmple d’aiïeoir le bure en B, & de le conduire comme font les Houilleurs Liégeois, en pittant dans le corps do la Veine même.
- En portant les yeux fur la Planche IV, fécondé Partie, où la Veine dd milieu auroit pu être travaillée de cette maniéré, par un bure traîné entre le fol de la Veine même & le toît, qui s’appelle alors Troujjement , l’avantage de cette maniéré du bure creufé à l’ordinaire en ligne perpendiculaire fur la méthode de M. Triewald , eft inconteftable ; on voit fenfiblement avec quelle facilité, les Houilleurs Liégeois , à la faveur de leurs Bacneuresou E£-petteures, le mettent à portée & des roiffes correfpondantes, parallèles à celle dans laquelle ils fe font fait jour en pittant ou autrement, Sc du pendage dé roifle qui fuccede au maître roifle»
- De V Etançonnage des Puits Ù* des G aller tes de Minési !
- L a maniéré de dilpofèr les bois & les planches dans les différentes parties intérieures des Mines, où l’on n’a pas befoin de maçonnerie, conftitue ce que nous avons appelle Architeclure Jouterraine.
- Elle forme dans l’Art de l’Exploitation un point d’autant plus intéreflànt, quoutre fon importance , voyez pages 231,240 , il eft impoffible 5 félon la remarque judicieufe de M. Brandt (1) , de donner aucune réglé fi générale , qu’on puifle l’appliquer à toutes les Mines , & à toutes les circonftances , de même que pour l’exploitation; l’intelligence, le génie du Charpentier ou du Maître de Mines, font la bafe des opérations relatives à l’étançonnage.
- Nous nous bornerons en conféquence à défigner d’une façon générale les bois les plus propres à tels ou tels épaulements ; nous décrirons enfuite l’étançonnage des puits Sc des galleries , en Angleterre Sc en France ; le Mémoire de M. de Tilly (2) , l’Ouvrage de feu M. Jars, me fourniront le détail qui va fuivre.
- On doit remarquer d’abord , avec M. de Tilly, que le lois blanc étant caf' ïànt Sc facile à fe pourrir, on doit, pour ^ordinaire, bannir des revêtiflèments f toute efpece de ce bois.
- Celui de Saule, de Peuplier, peuvent être employés dans certains cas ^ Comme, par exemple, pour épauler les terres fafcinées avec de la Ramure j on
- (1) Dans fon Mémoire cité page 872, | (2) Chapitre III, Setfion I, des Bois.
- Charbon de Terre. IL Part. Rio
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- $pa DU CHARBON DE TERRE
- peut auffi s’en fervir à coulanter(i) , & à planchéyer les foflès, afin de mena* ger le bois de Chêne.
- Les bois que Ton emploie aux revetifïèments , doivent être équarrjs au moins fur deux faces.
- Pour eftimer d’ailleurs la force du bois, fuppofé bien choifi , il fuffit de {avoir qu’un morceau de bois de la grolîeur du bras peut foutenir io ton^ nés de terre , & qu’il dure long-temps.
- On peut même fe fervir de celui qui a déjà fervi de temps immémorial . ou que Ton fauroit être dans la Mine depuis 200 ans.
- Ce bois, quoique mol & noir , étant expofé au foleil & au vent pendant deux ou trois jours , reprend une dureté, qui cede à peine à la hache ; on en a employé qui fervoit depuis 400 ans.
- Dans les petites foflTps où l’on ne travaille qu’un an , on pourrait par économie préférer le bois blanc au bois de chêne, il pourrait foutenir fuffifamment: les terres ; mais ordinairement, il eft de fintérêt des Entrepreneurs de n’em-
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- ployer dans ces revêtiffements, que le bois de Chêne.
- Feu M. Jars rapporte que dans les environs de Newcaftle, les fofles oiï puits de Mines, foit pour les eaux, foit pour le Charbon font ronds , & de 10 pieds de diamètre depuis la furface du terrein jufqu’au rocher, ou plus bas fi le terrein ne peut fe foutenir de lui-même ; ils font revêtus en bois, dont l’aflemblage forme un polygone d’une infinité de cotés ; mais plus commune-; ment ils font compofés de plufieurs morceaux de bois coupés en portions de' cercles : ainfi le boifàge d’un puits confifte en plufieurs cercles placés à deux ou trois pieds de diftance les uns au-deflus des autres, afin de foutenir les plateaux pofés perpendiculairement derrière ces cercles, & qui retiennent la terre ou le rocher. Entre chaque cercle , il y a des pièces de bois droites pour les fupporter ; quelquefois la partie qui n’eft pas folide fe bâtit en gazon ou en mottes de terre, placées les unes fur les autres, & féparées de temps en temps par une rangée de bois aflemblés, ou en maçonnerie foit de pierre, foit de brique : le refte du puits ouvert dans le rocher , n’a befoin d aucun foutien. La partie en bois ou en gazon eft recouverte de planches clouées tout autour du puits, afin que le panier ou les féaux puilfent gliffer en montant ou en defcendant {ans être arrêtés : cette confidération égàlement importante pour les Ouvriers a donné lieu depuis plufieurs années de creufer les puits en ovale.
- Dans toutes les exploitations, les puits de Mines, à mefure que l’on avance dans l’approfondiflement, font ou étrejjlllonnés , ou fafcinés, ou cuvelés félon le befoin ; c’eft ce qu’on appelle dans les Mines d’Anjou habiller lè puits.
- [ Pour un puits d’extraélion de 7 pieds de longueur fur y ou 6 de largeur,
- (1) C’eft garnir en planches , le trajet d’une foffe, dans fa dire&ion montante.
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- E T E) E S E S MÎNES. IL pAKft
- les bols d’étançonnage peuvent avoir 6 à 7 pouces d’équarifTage*
- pour un puits d’airage de 4 ou 5 pieds de long fur 3 ou 4 de large, orè doit leur donner 4 ou 5 pieds*
- Il n’eft befoin pour la récapitulation fuivante , que de fe rappeller que les planches d’un ou de deux pouces d’épaifîeur > dont oh fé fert communément pour latter les puits > font nommées coulantes ; lefquelles fe clouent fur les traverfes des croifures ou chajffis ; 8c qu’on peut mettre les planches derrie** re , & du bois de brin fendu , cloué avec foin en dedans des croifures, afin dé lier & de fortifier les croifures enfemble.
- Le Charpentier doit obferver dans la conftruéiion des croifures de mena** ger les entretailles pour faire des coins ; ces coins fervent à ferrer ce chafîis , les étançons & les lattes.
- Si on ne coulante point la foffé , il faut la latter avec des planches de Chê* ne ou de Peuplier.
- La direétion des foflés qui vont en pittaht, 8c que l’on appelle en Anjou Defcenderies , exige que toute la force du bois porte fur le toit , en laiflànt une moindre diftance entre les croifures * que pour les foffes d’à-plomb.
- Les étançons font deux poteaux , dont l’épaiffeur eft: fuyant la nature du toît & de la muraille de la Veine. Ces poteaux font furmontés d’un bois tranfverfal appelle chapeau (1).
- Les étançons ou étrefillons fe difpofènt dans des diftances réglées fur là folidité du terrein à deux pieds 8c demi, ou même davantage fi le terrein efl peu confiftant, & trois pieds au plus s’il eft ferme & folide.
- Les Veines fe foutiennent avec du bois de charpente ou du bois rond * plus ou moins gros fuivant la charge qu’il a à porter; ce qui eft facile à juger , par l’épaiffeur & la largeur de la Veine : avant de placer les épaulements * on a foin de bien garnir l’endroit ou ils feront pofés.
- Il paroît par la defcription inférée dans l’Ouvrage de feu M. Jars , que dans la Mine de Carron, en Angleterre , cet étançonnage fe fait affez finguliére-ment : on ne laifle point de piliers en travaillant ; mais on nê travaille que d’un côté, & les Ouvriers foutiennent le rocher avec des morceaux de bois droit, de 6 à 8 pouces de diamètre , qu’ils retirent à mefure qu’ils vont en avant * laiflànt derrière eux les déblais fur lefquels le rocher s’affaiffe fans aucun inconvénient, étant toujours foutenu par des étançons dans les endroits où l’on travaille.
- Le cuvelage des madriers ne fe pratique que dans le cas où les eaux nui-fent par une chûte trop forte ; alors on conftruit un cuvelage ferré , afin d’em-pecher les eaux de pénétrer ; finon on fe fert de bois ronds 8c jointifs placés contre les terres, derrière les poteaux, étrefillons 8c montants , entre chaque
- (2) En Architecture, Chapeau à’étai eft une pièce de bois horizontale qu’on met en haut-* d’un ou plufieurs étais. * *
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- Sp4 VU CHARBON DE TERRE
- chaffis : ils fuffifent pour retenir les terres, Sc entraînent bien moins de' dé-
- Les machines conftruites fur le pas du bure , pour amener au jour le bon détache des Veines , font une dépendance des foflès ouvertes pour Cett extraélion j en les confidérant fous ce point de vue, nous pourrions paflTer maintenant à fexamen particulier que nous nous propofons de faire fur Jeurs forces & fur leurs effets ; mais ayant à envifàger de cette même maniéré les différentes machines auxquelles on a recours dans les travaux de Mines, f0jt celles employées pour renouveller l’air, foit celles pour épuifer les eaux 3 nous porterons en même-temps un feul & même coup d’œil fur celles deflinées à enlever hors de la Mine le Charbon de terre 3 qui toutes fe rapportent dans leurs effets au mouvement Sc à fes propriétés générales. Cette matière ainfl rapprochée , fera beaucoup mieux éclaircie. Nous allons réfùmer à part différents articles , tels que les Galleries fouterraines, le Mefurage , Sc la maniéré de fuivre avantageufement une Veine de Charbon.
- Réjîimé abrège fur quelques points de tExploitation , à la maniéré des Houilleurs Liégeois 6 des Houilleurs Anglois (i}.
- Lês deux premières galleries qui partent du fond du puits , menées parallèlement ou à-peu-près , & qui font appellés Levays au pays de Liège, fe communiquent par d’autres galleries qui traverfent le maflif delà Veine^ entre le fol Sc le toît (2) , Sc dont les extrémités fe terminent par d’autres galleries , de maniéré qu’il s’établit un courant d’air par le puits à pompe , Sc par le puits d’extraélion.
- U s’enfuit qu’il faut diftinguer deux fortes de galleries, celles appellées Levays ou Niveaux, Sc celles qui peuvent en être regardées comme des rameaux*
- Le niveau eft proprement la voie qu’on pourchafîe en avant-main, c’eft-* â-dire, en ligne de touvrage , quand on commence l’exploitation.
- Outre le niveau appelle dans l’exploitation niveau de la xhorre, & dans la pratique contentieufe , voie de conquefie , il s’en établit plufîeurs au-deflus l’un de l’autre, félon que l’on eft empêché par l’interruption de la Veine, ou que l’on a des Bagnes à éviter : voyez page 2^.
- Lorfqu’on a avalé un bure, & qu’on eft à la veine, on tourne dehors un leyay du bure ; c’eft ce qu’on nomme premier levay.
- (1) L’impoflibilité de réformer le langage de Mine dans aucun pays , & d’en faire adopter un qui foit uniforme , les confidérations que fai alléguées pag.ioOyXne déterminent à m’en tenir dans ce court réfumé, aux termes Liégeois, qui me font plus familiers.
- (2)On ne voit pas pourquoi, dans les Mines de S. Georges, de Chatelaifon , où la Veine a cinq pieds d’épaiiïeur, il fe trouve une gallerie, pouf-fée dans l’épaifleur de la chemife (voyez page SÏ4 ) & noa dans la Veine ; cela paroîc fingulier.
- On
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- et de SES MINES. IL
- On Fait enfuite un Bouxtay , & s’il y a veine d aval ou d’amant, oit fait un fécond levay , qui eft le premier levay du Bouxtay*
- On enfonce un fécond Bouxtay, par conféquent uii troifiéme levay : vbÿèâ
- P*ëe3°3' >
- A mefure que Ton avance du bure par un niveau , on pratique un ouvragé ' qui fe prend à angle droit du côté oui la veine s’élève ; c’eft ce qu'on nomme une Montée , qui d’abord n’a que 4 ou y pieds de large , afin dë lailîer des malîîfs de Charbon appllés Serres, qui dans le cas où l’on rencontre-ïoit de l’eau , puÜîent fervir de contreforts (1) pour appuyer la digue. On dilate enfuite, pour faire une taille de y à 6 toifes de largeur , nommée Coi-trejfe ou Quefirejje, dans laquelle on fait fbuvent de diftance en diftance uné
- • 1» • r s.
- voie d airage*
- Les montées des niveaux du bure, fe prennent toutes de iô en î6 toifes, de maniéré que les tailles achevées, il refte une épaiifeur en Charbon de 3 3 4, jufqu’â y toifes, auquel on ne touche qu’à la fin de l’exploitation ^ lorfe qu’on n’a plus à craindre les eaux.
- Au principal chargeage on prend en angle droit à la direction de la Veine & félon fa pente, un ouvrage nommé par les Houilleurs Liégeois Vallée , VMay. Quand la couche efl: en refile, la vallée efl: prife en ligne obli^ que, & prend le nom de Borgne vallée.
- On obferve pour les vallées, comme pour ies niveaux du bure, de tenir d’abord l’ouvrage étroit, & de lailîer des Serres*
- Etant avancé de io, ia, xy ou 20 toifes, fuivant la nature du toit, on forme à droite & à gauche de nouvelles galleries de refpece appellées Coi-trejfes , d’abord par un ouvrage étroit, qui va enfuite ens’élargiflânt pour faire une taille.
- On continue de la même manière en defcendant auflï bas que le terrein le permet, s’il n’a pas trop d’étendue ; s’il en a trop , on forme un autre ouvrage en defeendant, & ainfi de fuite lorfqu’on ne veut ou qu’on ne peut aller plus bas ; en procédant ainfi, on a l’avantage d’extraire tout le Charbon, toujours en remontant jufqu’au niveau du Bougnou. De xo en 10 toifes , on fe ménage de femblables coitrefles, au commencement defquelles on lafife un chargeage.
- Un des principaux ouvrages , efl: celui à la faveur duquel on s’occupé en approfondiffant le bure , de fe débarrafler d’avance de la plus forte partie des eaux qui gêneroient le travail ; la précaution confifte , quand la pofition efl favorable , a creufer un canal qui part du flanc de la montagne , & fe prolongé en remontant jufqu’à la rencontre de la gallerie que l’on veut defïecher , de
- (1) En Archite&ure on appelle ainfi des piliers «è maçonnerie deftines à appuyer ou à foutenir
- des ouvrages difpofés à écrouler.
- Charbon de Terrr, //, Part»
- S10
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- S96 du charbon de terre
- maniéré qu’il n y aie point de contre-pente (i)„
- S’il s’en faut de quelques toiles pour atteindre cette gallerie, on pratique à côté de la bufe du bure une tranche (pi) , qui va rencontrer cette grande décharge des eaux > connue dans les travaux de Liege fous le nom dAreint ou Xhorre.
- Parmi les Mémoires que M. Triewald (3), a publiés fur la matière que nous traitons, il s’en trouve un qui concerne cet aqueduc ; je me fais un devoir de l’inférer ici, pour fervir de récapitulation fur cet objet en particulier. Quand on a travaillé, conformément à la méthode décrite précédemment, (4) une Mine de Charbon de terre dans un terrein , qui n'a pas encore été fouillé , & qu’on s’eft bien affiné de la direétion du courant , de là pente {Falla} , & de fa montée ( Stiga) , & qu’on a trouvé au grand jour l’éléya. tion fuperlicielle de la veine , on retourne en arriéré , en luivant aufîi loin que l’on peut la pente du Charbon „ afin de reconnoître fi par hazard il eft poffible d’entrer avec un Wattu-Stollzw pied de quelque vallée, ou au bord de quelque riviere ou ruifleau, de maniéré que par le moyen de cette gallerie , on puiffe atteindre , finon le centre de la pente du courant ( Flot ) , du moins la partie la plus avalpendage.
- J D’après les détails auxquels nous venons de renvoyer plus haut, la choie n’a pas befoin d’être éclaircie par une figure , & nous avons jugé pouvoir fup-primer celle qui accompagne le Mémoire de M. Triewald (y). Dans le cas où il s’agiroit d’une Veine de Charbon , allant en pente vers une riviere , on eft fur en perçant au pied de la colline un Jlôll d’eau , pour aller rencontrer le cours du Charbon, de fe rendre maître de tous les Charbons qui s'étendent du point de rencontre du ftoll dans la campagne , & qui s’élèvent au jour ; puifqu’avec la moindre dépenfe , la plus grande affluence d’eau poffible, ne peut empêcher l’exploitation de tout ce Flot de Charbon, quelque longueur qu’il puiffe avoir dans la ligne de niveau , en s’étendant au-delà du point de rencontre.
- L’endroit où doit fe commencer ce jloll d’eau, eft fouvent indiqué par cette eau rouillée dont j’ai parlé dans l’Article quatrième , & qui, félon quelques Anteurs, annonce la préfence du Charbon de terre dans le voifinage.' Voyez page 400,
- Si auparavant on a découvert le cours des Charbons à l’aide de la tariere de montagne, alors on peut en découvrir la continuation en avant ( F ram Stryka , ) dans la riviere ou fur le bord : cela eft d’autant plus heureux , fi la
- fécond trimeftre; an. 1740, Tome I, Page 3°9 » Art. V. Maniéré d’exploiter avantageufement une Veine de Charbon dans fon trajet (Flot)» (4) Page 882.
- (y) Les Auteurs de PEncycIppédie , l’ont inférée parmi les Planches relatives au Charbon de terre, Tms VI, PL IL
- (1) Dans le canal d un rameau, ou d un aqueduc , on qualifie de ce nom l’interruption du ni-veau de pente, qui ferait que les eaux s’arrêtent ; foit qu’ont eût mai conduit le niveau, foit que l’affaiffement du terrein eu fût la caufe.
- (1) Aquarius Sulcus, Rigole pour conduire les eaux.
- (3) Mémoires de l’Académie de Stockholm ,
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- ET DE SES MINES. II. Part. 897
- partie que Ion a atteinte , eft là veine principale , ( Hufwad Flot ) ; mais fi au lieu de cette maîtrefle veine, ce n’étoit qu’une petite veinette moins profitable , & pofée au-deflous de la veine capitale, ce jloll ne feroit pas encore inutile, & là dépenfe ne feroit pas perdue ; car dans le cas où la veine capitale fe trouverait à 6 ou 8 brafles plus bas, le Stoll d’eau procureroic toujours l’avantage , rque fi le courant fupérieur du Charbon ne valoit pas la peine d’être exploité, ( ce qui néanmoins arrive rarement ) on pourroit en établilfant un puits en amont pendage, pratiquer au bas du Stoll un trou de tarré, ( Naf-ware-hol) , parlequel l’eau s’écouleroit , 8c ne s’oppolèroit point à la continuation du puits, jufqu’à ce qu’il conduife horizontalement en bas jufqu’au Stoll.
- Quand au contraire on arrive plus bas, il fuffit Amplement d’élever l’eau dans le Stoll ; au lieu que fans cela, on feroit obligé de l’éconduire jufqu’au jour par le bure , & lorfqu’étant parvenu à l’enfoncer jufqu’au courant capital du Charbon, on voudroit faire de cette fofle un puifard (Wattudunt) , ou le prolonger encore plus bas , il fuffira d’élever l’eau par des pompes ou autrement jufque dans le Stoll , par lequel enfuite elle auroit {on décours.
- La circonftance permettant d’établir un aqueduc depuis la partie la plus baffe du terrein , jufqu’au courant du Charbon principal, ce conduit , dans les travaux Anglois * prend le nom de Free-lud, parce que l’écoulement des eaux fe fait librement {ans le fecours d’hommes , de chevaux ou machines , qui deviennent très-dilpendieux, les Mines de Charbon étant beaucoup plus fujettes aux eaux que toutes les autres Mines. J’ai vu moi-même dans les Mines de Charbon de Iar-Wlintin en Ecoffe , couler hors de ce Freé-lud,
- , une fi prodigieufe quantité d’eau, qu’elle fuffiloit pour faire aller quatre moulins.
- Le {avant Auteur de ce Mémoire n’a pas négligé d’infifter fur l’attention à avoir pour le nivellement de cet aqueduc ; il fuffit d’être prévenu , comme l’obferve très-bien M. Triewald , que la perte d’un leul pied du nivellement, qui feroit hauffer le canal plus qu’il ne devroit, occafionneroit une perte confidérable de Charbon, qui ne pouroit plus être exploité, fur-tout fi le pendage de la veine eft affez égal.
- Si quand le bure eft profonde à-peu-près au niveau de la xhorre de la veine inférieure, un peu plus en pendage de veine, on n’eft pas entièrement xhorré, les Houilleurs Liégeois ont une pratique fort fimple ; elle confifte à faire fur les ouvrages de cette veine inférieure un trou de taré , dans lequel ils adaptent une bufe de fer-blanc par laquelle s’écoulent les eaux ; & afin qu elles puifïent y couler {ans être chargées de jouages ou autres immondices , qui boucheroient 1 ouverture , on ménage auprès du trou un petit bougnou ou releryoir dans lequel les eaux dépolent en y venant les matières qu’elles ont
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- S9S DU CHARBON DE TERRE
- d’abord entraînées avec elles.
- Les eaux , ainfi que le manque d’épaifTeur de la veine , obligent encore à d’autres précautions ; fi Ton a les eaux a craindre , on établit des planches fur * la voie, afin que l’eau puifTe s’écouler deffous. Dans le fécond cas, on prend à la profondeur que le terrein le permet, la Mine qui eft fous la main ; cette manœuvre s’appelle travail par bajje Taille.
- La méthode d’exploiter dans les Mines de Wittehaven, décrite fomrnai* rement comme il fuit, par M. Jars, eft de fuivre la couche en angle droit à fa direétion , c’eft-à-dire, fuivant fa pente ; pour cela les maîtres Mineurs tracent avec de la craie blanche tout le long du toît une ligne qui fert de guide aux Ouvriers.
- Il eft de réglé de faire communément cette excavation de ry pieds de lafge^ en coupant 7 pieds Sc demi de chaque côté de la trace marquée avec la craie ; cet ouvrage fe continue toujours ainfi fur la même dimenfion ; toutes les fepe toifes Sc demie , on coupe à droite Sc à gauche pour former une excavation également de iy pieds de large ; enforte que les piliers de Charbon qu’on laide pour le foutien de la Mine, font de fept toifes en quarré. Cette réglé , quoique générale dans cette Mine, ne l’eft cependant que pour les endroits où le toît eft dur Sc peut fe fou tenir de lui-même;, de cette maniéré on emploie peu de bois : s’il arrive quelquefois des éboulements, ils ne font pas confidérables , & ne proviennent que du manque de foin de la part des Ouvriers.
- Maniéré d'exploiter avec avantage une Veine de Charbon a pendage de platture l
- qui ne peut être entamée par une gallerie de pied, par M. Triewald (1).
- \
- L e foui moyen alors eft de remonter tant que l’on peut, depuis, l’endroit où l’on a rencontré le cours du Charbon dans la direction indiquée parla chute ou fa pente, jufqu’à la fin du terrein.
- Cette maniéré confifte à procéder (après avoir enfoncé le puits) par des gaileries prifes en longueur , coupées par d’autres galleries tranverfàles ; Sc en pourchaffant depuis le grand jour ( Dag ) pratiquer a chaque diftance de 7 J braffes , tant dans la direction capitale , que dans les directions tranfverfales, un puits : l’utilité de cette fofle ne fe borne pas à l’enlèvement du Charbon en très-grande quantité, mais s’étend encore fur la commodité de donner un fuffifant changement d’air.
- Cet ouvrage fuppofé regardé à vue d’oifeau , pouroit fo rapporter à la par-? tie quarrée repréfentée à droite & à gauche du bure A, PL XXIV- Part. II, dans laquelle on n’auroit laifle fubfifter que les piliers de Charbon , continués en longueur en plus grand nombre ; afin néanmoins de faciliter l’intelligence
- (1) Continuation du V* Mémoire, qui commence par l’établifTement d’un Aqueduc.
- du
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- ET DE SES MI N E S. IL hnï. du Mémoire de M. Triewald, nous donnons ici à parc la figure dont il la accompagné.
- À l’endroit où Ton a rencontré le cours du fil dans la direction, on perce un puits en A, Sc on l’approfondit jufqu’à ce qu’on arrive à une Veine ( Flot ) de ^Charbon qui vaille la peine d’être exploitée ; quand, par exemple, ce Flot monte vers O. N. O. (Eft-Nord-Eft) , Sc qu’il penche vers W. S. W. ( Oueft-Sud-Oueft) , on continue l’ouvrage dans la même direction en profondeur, tant que les eaux n’y mettent pas d’empêchement ; & alors la partie de pendage qui commence du puits A, s’appelle le Courant capital occidental ( LFœflra huf-wud Strœclan ) ; la partie qui remonte vers la direction du fil des Charbons, le nomme le Courant capital oriental ; alors on ouvre des tranchées & des traverfes dans le Flot des Charbons, en parties égales, félon la direction de la Boulîble , comme des rues alignées dans une Ville.
- Car fi, comme il a été dit, le Flot du Charbon remonte par hazard vers Eft-Nord-Eft, & qu’il penche vers Oueft-Nord-Oueft , on pouffe, par le fecours de la Bouffole , la direélion capitale , depuis le puits A, vers le point Eft-Nord-Eft , Sc l’on chaffe également vers Oueft-Sud-Oueft, où les Charbons fe penchent ( Sacuka ) ; & au défaut de Stoll pour l’écoulement des eaux, on pouffe plus loin cette derniere direélion capitale, & l’on tâche de hâter, autant qu on le peut, l’exploitation des Charbons de ce côté, Oueft-Sud-Oueft, vers lequel le Flot penche , afin d’abandonner à l’eau les vuides d’où on a enlevé les Charbons, pour s’y amaffer. Les Mineurs appellent cette opération jetter l’eau derrière foi ( Kafta Watnet Bakom fig. ). Cette méthode eft pratiquable quand les eaux ne font pas abondantes , & qu’on peut leur faire place, ce qui eft facile dans les terreins qui n’ont pas été travail*-; lés.
- Charbon de Terre. IL parti T IQ
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- 5>ôo DU CHARBON DR TE RR e
- Dans les cas où les eaux feroient trop abondantes * il faut alors deftinerle premier puits que Ton pratique, à feryir de réfervoir d eau ( fpattudunt) , dont lepuifement fe fait avec des machines ou à air 9 ou à feu , ou hydrauliques , par des chevaux > 6c alors on ne s’embarraffe point de travail. 1er les petits endroits C 9 C9 C 9 C, C 9 ou foi-difants direétion Capitale de N. N. W. & S. S. O. (i ) ; mais dans les endroits où les Ouvriers croyent pouvoir avancer jufqu’à40ou yo brades, ils ouvrent, à l’endroit quilsappel, lent la direction capitale occidentale 9 un autre puits qui devient un pui£àrcj d’eau au point A ; par ce moyen ils gagnent d’autant plus du fil des Charbons pourvu toutefois qu’ils puiffent fe rendre maîtres du concours de l’eau avec des machines à chevaux ou hydrauliques, lorfque le puits n’eft pas profond > & ayec des machines à feu , Eld9 ou à air, Luft, dans le cas oppofé.
- Alors ils exploitent auffi les endroits moins larges 9 qui font comme des tranf-verfales de ladireélion capitale , en allant toujours en grande égalité avec le fil des Charbons ; & comme alors l’ouvrage eft plus difficile pour les (Kol huggarne) Coupeurs de Charbons qui n’ont point de Veines, œdrorna 9 ni fentes (Klyfta ) de Charbon qu’ils puiffent fuivre, & dans lefquelles ils puifîent enfoncer leur coin ( Kila ) ; comme de plus ils font obligés de couper tranfverfalement le flot du Charbon, on leur donne une plus forte paye.
- Quand le puits A fe trouve à l’extrémité du terrein 9 on eft oblige de le défi tiner à être le réfervoir, 6c alors on fe dépêche d’exploiter la direction capitale capitale, dès que l’on parvient avec le puits au Charbon jufqu’au point Eft-Nord-Eft, à une longueur de 75 brades.
- Pendant qu’on eft occupé à cet ouvrage, on entame à la fuperficie un nouveau puits, à la même diftance de A, 6c dans la même direéiion, comme la direétion orientale, fous terre, de maniéré qu’en avançant avec ce puits jufqu’au Charbon, on rencontre précifément la direclion capitale.
- Ce puits , dès qu’il eft achevé, vient à l’aide du premier, tant pour ce qui a rapport au changement d’air, que pour l’extraétion du Charbon > 6c alors on s’occupe d’exploiter, le plus promptement que faire fè peut, le flot du Charbon , en lailîant des piles ( Pelare) , comme on le voit dans la figure, afin que l’eau qui ne pourroit pas être enlevée par les machines auffi-tôt qu’elle arrive , venant à s’amafler dans le voifînage du puits de réfervoir A, ( JFattu duntSkakt) n’em* pêche pas l’ouvrage.
- 11 eft très-eflentiel que l’ouvrage fe fafle très-réguliérement ; & le Direéieur doit bien, par cette raifon, examiner quelle eft la direétion capitale ; jl faut aufli qu’il porte attention à ce que les endroits capitaux ( Traverjàns ) fbient conduits dans une ligne exaélement droite, de maniéré que les Ouvriers puiffent , en fuivant la bouffole, fe couper dans leurs alignements exaéts, en angles droits de 90 degrés. Si, par exemple, le fil des Charbons remonte de
- ( 1) Nord-Nord-Oueft, Sud-Sud-Eft. fignifie ici Quefl t de 0 fignifie E/?«
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- ET DE SES MINES. IL PARf; ÿô£
- Oueft-Sud-Oueft , vers Eft-Nord-Oueft , il faut que les galleries en alignements foient faites également larges, & parfaitement égales dans la même 'direction, & que les galleries tranfverfales marchent de même en égale lar* geurde Nord-Nord-Oueft, vers Sud-Sud*Eft. Ces galleries font de la .largeur de deux brafles , & les tranjverfales font larges d’une brafle ( I )•
- Dans les galleries capitales on coupe ainfi deux tiers de Charbon * & on en laifle un tiers pour pilier ( Velare ) comme O ; les galleries tran£ yerfales coupent Ces piliers> & les lailfent feulement de la grandeur dune brafle quarrée, comme P, P, P9 P, qui font fuffifantes pourfoutenir la pierre du toît Tak Sien. Voyez page 447,
- Ces piliers , qui font un cube d’une brafle, lorfque le Baed ou lit de Charbon a une brafle d’épaiflèur, demeurent intaéls jufqu’à ce qu’on ait exploité les Charbons du terrein ; & quand on ne trouve plus de fil entier ( Hel kolFlo )
- « de Charbon, comme en D D D , en remontant , on marche en arriéré , & on defeend vers la pente (Fallande ) du Charbon , autant quon le peut, & Ton coupe les piliers par rang : de cette façon on laiflè tomber librement h toît, f
- Cet ouvrage n eft pas plus dangereux pour les Ouvriers que le précédent * puifque le toît, par fbn craquement, les avertit fuffifàmment pour leur laifle r le temps de fe retirer, d’autant plus qull n’y a pas plus d’une brafle de dif* tance d’un pilier à l’autre, qu’ils coupent par ordre , félon la direélion du Char* bon, & cela en commençant par la baie de la pile, jufqu’à ce qu’ils arrivent à l’endroit où le Charbon fe montre au grand jour.
- Menfuration, mefure de Mines ; maniéré de fe paffer de F Aimant pour communiquer la vertu magnétique a la Bouffole.
- L a diviflon des héritages eft une des occafions les,plus fréquentes de procès dans les travaux fouterreins. Un Propriétaire ayant ouvert fon terrein & rencontré une Veine, tombe fur un terrein qui ne lui appartient pas : de-là naît une conteftation, & dès le premier inftant la ceflàtion de l’ouvrage, par l’oppo-fition du Voifîn* Ces anticipations fur les Mines contiguës, font difficiles à éviter ; ce cas Sc plufieurs autres, comme on l’a vu, ne peut fe juger qu’à la faveur de l’opération de mefiirer la Mine.
- Mefurer, c’eft, en Géométrie, rechercher Sc définir la grandeur d’une chofb félon une mefure établie, qui répond aux propriétés de la chofè même. Le terme mejurer , convient particuliérement lorfque la grandeur à déterminer eft une ligne.
- Lorfqu il s agit des figures, on dit trouver taire ou la forme *
- Les quantités, c’eft-à-dire, ce qui peut être augmenté ou diminué, fb
- ( ï ) Environ y pieds la brafle^
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- mefurent ou fur la terre ou fur le papier ; fur la terre , on fait ufage des tnefurei courantes 9 telles que la chaîne ou une corde, la toife, la perche, Contjen<-nent certaines mefiires; fur le papier, on mefure les lignes droites avec une échelle % St les angles par lare de cercle décrit par fa pointe : voyezpage
- En terme de Géométrie fouterreine , mefurer, lignifie marquer la pente s montant , la direétion des Veines , celle du fouterrein, lever le plan d’une Mine qui appartient à une Société, déterminer fes confins * St les marquer au jour avec des pierres, des pieux ou autres marques : c’eft ce qu’on appelle que[^ quefois mal-à-propos , tirage d'une Mine ( r ) ; dans les carrières du Lyonnais boulage , & alfez généralement mejîire, menfuration.
- La Géométrie-pratique appliquée à cette mefure des Mines, des fouterreins, des creux, félon leurs angles, leurs directions, St leurs différentes déclinaifons afin de connoître l’intérieur des Mines, a pris naiflànce en Allemagne où les hommes ont eu principalement des intérêts à dilcuter dans les entrailles de la* terre : elle a été long - temps gardée St foigneufement confervée comme un fecret, entre, quelques Ouvriers.
- Erafme Reinhold le Médecin, eft le premier Auteur qui a dévoilé ce fecret au Public, dans fes Injlitudons de Géométrie (a). L’ouvrage de Weidler dif-penfe entièrement de nous livrer à aucun détail fur ce fujet. Nous nous tiendrons en conféquence à ce que cette pratique renferme en général, St nous ajouterons deux exemples.
- Voigtel diftingue deux maniérés de faire cette opération, qu’il appelle mefurer dans les réglés, l’autre qu’il nomme mefurer à toife perdue.
- La mefure dans les réglés , confifte à examiner avec attention les fcuterreins, a en faire le plan dans la direélion de la Veine, St à tranfporter le tout au jour;
- C’eft fur ces mefures, qu'on accorde aux întéreffés un droit héréditaire fur tant de terrein que la Société doit pofféder.
- f S’il ne s’agit, de la part d’un Maître de Mine, que d’une recherche ou mefure fur le terrein pour fa propre information, il n’a pas befoin d’un mefurage fi régulier ; ayant pris la Veine dans la Mine , ou marqué fa direélion avec des bâtons, il indique les Mines trouvées par la toife, tant qu’elle porte fur les inégalités de la montagne : c’eft ce qu’on nomme mefurer à toife perdue, comme qui diroit mefurer à peu-prés , parce que cela fuffit dans cette circonftance.
- Quoiqu’un Ingénieur ne foie pas relponlàble de la détérioration d’une Veine; il lui eft cependant indifpenlàble, avant d’entreprendre la menfuration d’une Mine, de s’inftruire avec foin de la nature du fouterrein qu’il doit mefurer, pour pouvoir faire fon rapport avec plus de certitude.
- Pour cela il faut qu’il defeende dans la Mine, afin qu’il lâche comment il
- ( 1 ) Ce terme ne préfente point une idée «xadte, & peut être confondu dans le langage déjà peu recherché des Mineurs, avec l’enleve-ment des denrées, ou avec l’exploitation de la
- roche & de la Mine , par le fecours de la poudre à canon : il faut donc baunir cette expreflion. (2) Voyezpage 119 \ nois l\
- peut
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- p6Ut rendre la toife, 8c employer fes inftruments pour faire fes oblervatîons.
- Les principales parties de cette opération font expliquées comme il fuît dans ïa Géométrie fouterraine de Woigtei.
- i°. Voulant mefurer utie longue gallerie peu éclairée , on plante de dif. tance en diftance un piquet dans le roc; on marque leurs lieux au jour ; on y. fait les mêmes marques, 8c on les rapporte fur le plan , afin que fi de la gallerie on vouloit creufer à côté, on ait des lignes fur lefquelles on puiffe fe régler.
- Lorfque la gallerie eft éclairée d’en-haut par plufieurs puits, ils peuvent fuffire pour marquer la direction de la gallerie : il eft cependant toujours à propos de faire dans le roc des marques près de ces lumières, afin de fe régler là deflus en cas de befoin.
- a°. Quand on emploie à cette opération une corde, on doit la garantir, au* tant qu’il eft poflible, de l’humidité, voye£ pages 214 ê 783 , parce quelle fe retire promptement en fe féchant * 8c fe garder d’ufer d’un cordeau trop long, dans le cas de fe ployer par {on propre poids , ou de marquer fau{Terrien t le changement, l’inflexion des lignes ; pour bien faire, il ne doit pas être étendu au-delà de fix ou huit pas, c’eft-à-dire, de 30 ou 40 pieds (1) ; 8c fi en mefurant, on rencontre des endroits qui forment des faillies ou des avances, on marque exactement à quelle diftance, àquelie toife cet endroit s’eft rencontré.
- 30. Il faut remarquer fi la Keine principale que Ton chafle dans telle ou telle gallerie , refte dans la même heure 8c dans fa pente d’un côté à l’autre.
- 40. La toife, comme la corde, fi on s’en fert, doit être tendue avec des vis (2) de cuivre garnies de têtes de bois , ou des vrilles, auxquelles le cordon puifle être fixé dans les endroits convenables, lorfqu’il fe trouve dans la Mine des bois pour pouvoir les y appliquer ; 8c quand la chofe n’eft pas pratiquable, il faut, autant qu’on peut, la tendre d’une autre maniéré.
- Une cinquième & derniere attention, lorfqu’on travaille en droiture ou dans les galleries, eft de fufpendre le niveau, autant qu’il eft poflible , au milieu de la toife $ 8c lorfqu’on travaille dans les creux, le niveau doit être fuf pendu aux deux extrémités de la toife.
- Enfin pour mefurer avec la plus grande précifion, on fe fert de deux toîfes ; la première eft en corde, la féconde en laiton, & divifee très-exaélement : cette derniere fert à mefurer la première.
- La maniéré d’appliquer la chaîne à la mefiire des longueurs, eft allez connue , d’après ce qui a été dît, page 333, pour n’avoir pas befoin d’être décrite. Nous remarquerons feulement que quand on enregiftre les dimenfions prifès par la chaîne, il faut féparer la chaîne 8c les chaînons par des virgules. Par exemple, une ligne qui a de longueur 63 chaînes 8c y y chaînons, fè marque
- ( 1 ) En prenant la mefure nommée ici par j à j* pieds. rAuteur, pour le pas Allemand , qUi eft je pas ( 2) On trouve la figure de Ces vis , Planche I, Géométrique, appellé auffi legra/id pas, eftimé | de Weidler.
- Charbon de Terre. //. Part.
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- ÿo4 DU CHARBON DE TE R R R en cette forte : 63 , y y. Si le nombre des chaînons n’eft exprimé que par ^ feul caraélere , on met alors un zéro au-devant ; ainfi %o chaînes, 8 chaînons s’écrivent de cette façon : iô, 08.
- La méthode de menfuration que nous avons décrite peut, dans une circonf* tance, s’abréger en évitant de marquer les demi-pieds & les demi-pouces ; c’eft lorfqu’il arrive qu’unMefureur vient à plomber la ficelle dejfous la main (i), ^ * un autre dejjus la main (2); fi dans ce cas tous deux font conformes fur la largeur de là voie, les mefures font bonnes , en prenant le milieu des deux mefures.
- On trouve dans l'Encyclopédie (3) , la defeription de deux procédés pour la fnefure des Mines, dans deux cas particuliers : nous les inférerons ici, afin de fie rien ometre de tout ce qui a été donné touchant l’exploitation des Mines,
- Le premier cas eft le même que celui qui fait l’objet du treizième problème dont nous avons donné la folution page 812 , félon la méthode d’Agricola.
- Il s’agit de déterminer la direction etun lieu à un autre, dam une Mine ou Von veut profonder un bure qui vienne .s*ouvrir précifément à Iextrémité d’une gallerie.
- » Commencez par obfèrver dans la Mine quelangle fait le pôle boréal de la bouflble, ayant la‘direction de la gallerie ; & faites cette obfervation à l’ex-î) trémité de la gallerie qui fe trouve au bas de quelque bure déjà établi : &
- » ayant mefuré fa. longueur, faites la même opération en dehors, au haut du bure ; mefurez cette longueur dans la ligne qui fait, avec la boufibie , le même angle que faifoit avec elle la direélion de la gallerie , & dans le même’
- » fens, cela déterminera le point où il faut ouvrir le bure que vous vous propûr n fez de cteufer.
- Le fécond cas efl au lu jet des lubftances magnétiques, dont il s’agit de recottf noître le voifinage.
- » Dans le milieu de la gallerie, & dans fa direélion, tendez un cordeau de la » plus grande longueur polfible, & faites en forte qu’ilIbit bien exaélement en » ligne droite ; à l’extrémité de ce cordeau , placez la boufioie de maniéré que » la ligne fiducielle ou le diamètre de l’inftruuient d’où on commence à compter » les divifions, loit bien dans la direélion de la gallerie : oblèrvez fi l’aiguille » co-incide avec cette ligne , ou fous quel angle elle s’en écarte , & de quel » côté : répétez cette obfervation d’elpace en efpace, en avançant vers le fond de » la gallerie. Si l’aiguille aimantée conferve toujours la même direélion par rap-'l » port au cordeau dans toute fa longueur, rien, vraifemblablement, ne dérange » l’aiguille de fa direélion naturelle , au moins à droite ni à gauche ; mais fi la » direélion varie en différents endroits le long du cordeau , le lieu où elle s’é-d cartera le plus de la direélion qu’elle a dans le plus grand nombre de points ?
- ( 1 ) C’eft-à-dire, à droite quand on marche j au Levant, j&u Levant. I ( 3 ) Tome JT , au mot Boujfoîs f page 578*’
- £2}G’eft-à-dire* à gauche quand on marche I
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- D fera le plus proche du corps qui la détourné, c eft pourquoi tirez par ce point » une perpendiculaire oppofée au côté vers lequel l’aiguille paroît le plus détour-» née, & donnez le plus de longueur que vous pourrez à cette perpendicu-y> laire : tirez par différents points de cette perpendiculaire des parallèles au cor-n deau, Sc examinez aux points où ces parallèles coupent la perpendiculaire,1 « fi l'aiguille fait avec les parallèles le même angle qu'elle faifoit avec le cor-» deau dans la plupart des points où vous n’avez pas eu lieu de foupçonnec » qu’elle fut détournée ; fi elle fait le même angle, vous pouvez conclure que » vous êtes hors de la fphere d’attraction du corps magnétique, & vous con-' y> noîtrez de cette maniéré, & par differentes épreuves, la force & l'étendue t) de ces fortes de corps.
- A l’Article de la Bouffoie, fai traité auflî au long, que mon fujet pouvoir l& demander, de la propriété communiquée à l’aiguille par l’aimant. Il pourroic quelquefois n être pas aifé de fe procurer une bonne pierre d’aimant, & alors on pourroit recourir à une autre maniéré d’aimanter. Elle confifte à fe fervic d’un morceau de fer ou d’acier * qui a d’abord été touché méthodiquement pac la pierre d’aimant : on a même trouvé le moyen de fe paflèr de la pierre pouc rendre ces barreaux magnétiques, & propres à tranfmettre leur effet à d’autres pièces de fer ou d’acier. Ce barreau de fer ou d’acier aimanté, fe nomme Aimant artificiel, parce qu’il ne diffère en rien de l’aimant, quant aux effets. Ces aimants artificiels , ne font autre chofo que plufieurs lames de fleuret, bien trempées, polies & bien calibrées, en forte qu’elles foient égales en longueur g largeur & épaiffeur : elles ont environ depuis 2, 3 & 4 pouces, jufqu’à 6 pou* ces environ de long : ces dernieres doivent avoir y lignes de largeur, & une ligne d’épaiffeur. Si on augmente la longueur , on augmente les autres di-menfions en même raifon.
- Chaque lame bien aimantée féparément for le pôle d’un excellent aimant bien armé, on les contient toutes appliquées les unes for les autres par une Armure ( 1 ) qui les ferre & les embraffe par des boutons pofés vers leurs extrémités ; i’épaiffeur des jambages, aufli bien que celle des boutons, doit être d’autant plu^grande , qu’il y a un plus grand nombre de barres affemblées. Toutes ces barres difpofées les unes for les autres entre les deux jambages, de maniéré que les pôles du même nom foient tous de même côté, on les affujettit dans cette fituation par le moyen de vis.
- On fe contente quelquefois d’unir enfemble plufieurs lames de fleuret aimantées chacune féparément, & auxquelles on conferve toute leur longueur.
- La méthode de faire de ces aimants artificiels, a été beaucoup perfectionnée' par les Anglois. Le premier Inventeur ( le Docteur Knight ) (2) étoit même
- (1) On appelle ainfi en général plufieurs plaques de fer qu’on attache à une pierre d’aimant, & par le moyen defquelles oa augmente prodi-
- gieüfement la forcé.
- (2) Voyez les Tranfadions PhilofophiqueSj armée i7£°*
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- JO6 DU CHARBON DE TERRE
- parvenu à changer à volonté les pôles d'un aimant naturel, & à les placer en -d'autres points de fa pierre d'aimant. Les progrès qu a fait cet Art depuis une quinzaine d'années , n'ont pas été publiés. M. le Monnier , l'Aftronotue # quj a beaucoup travaillé for cette matière, a bien voulu me communiquer Une partie d'un nouvel ouvrage qu'il fe propofe de donner fur l'Aimant, dont on fera bien aife de trouver ici un extrait, relativement à ces barreaux magnétiques>
- Dans le nombre des méthodes les plus nouvelles, celle de M. Michel! % 'Celle de M. Antheaume, Syndic des Tontines à Paris, méritent particuliérement d'être connues : nous nous arrêterons à celle que décrit ce dernier Auteur, tant pour faire de ces barreaux magnétiques, que pour aimanter ces barreaux fans le fecours d'aucune pierre d'aimant (i).
- Chaque barre qu'il veut employer, eft d'abord rougie au feu un peu plus qu’il ne conviendrait pour la tremper ; alors la faifant tenir par une autre per-fonne, il la frotte une ou deux fois fur les deux principales faces en même temps, avec un morceau de fàvon qu'il tient de chaque main ; & pendant cette friélion la barre revient à la couleur convenable à la trempe , qu'il lui donne tout de fuite. Cette qualité de trempe lui a toujours bien réuffi : il a cependant obfèrvé qu’au lieu d'employer le fàvon, fi, lorfque la barre eft rouge couleur de cerifè, on la trempe dans une forte diflblutïon d'une partie de fel ammoniac , fur trôis parties d’eau commune, elle recevra encor^mieux, étant trempée de cette façon , la vertu magnétique.
- Sur une planche inclinée de 70 degrés pour Paris, du côté du Nord, & dans la direction du Méridien magnétique , il place de file deux barres de fer quar-rées de 4 à y pieds de longueur, fur 14 à iy lignes d’épaifleur, limées quarré-ment par leurs extrémités qui fe regardent, entre lefquelles il iaifle un intervalle de 6 lignes : il applique à chacune de ces extrémités, une efpece d'armure formée avec de la tôle de 2 lignes d'épaifleur, de 14 à iy lignes de largéur, Sc une ligne de plus en hauteur que les barres. La furface de la tôle qui doit être appliquée à la barre, eft limée plane : trois des bords de l'autre furface font taillés en bifeau ou chanfrein, Sc le quatrième, qui doit excéder d'une ligne l’épaiflèur de la barre , eft limé quarrément pour former une elpece de t^on ; pour remplir le refte de l'intervalle, on met entre les deux armures une petite languette de bois de 2 lignes d'épaifleur.
- Le tout étant ainfi difpofé Sc placé dans la direction du courant magnétique j on glifle fur ces deux talons à la fois, fuivant la longueur des barres de fer, la barre d'acier qu'il s'agit d'aimanter , la failànt aller Sc venir lentement d'un de fès bouts à l'autre , comme on feroit fi on aimantoit fur les deux talons d une pierre d'aimant. L'Auteur a été fiarpris de voir qu'il aimantoit ainfi tout d un
- (r) Dans un Mémoire qui a remporté, en fi7<So , le Prix propofé par l'Académie des Sciences de Pétersbourg, fur les Queftions pour l’année 1758*. 1°, Quelles font les prérogatives
- des Aimants artificiels par rapport aux naturels» 20. Quelle eft la meilleure méthode de les faire» 30. &c. imprimé à Pétersbourg en 1750, avec figures,
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- çoup non-feulement de petites barres , mais aufli de grofles barres d’acier d’un pied de hauteur, Sc même plus longues : il ajoute qu’une autre expérience fait& enfùite , lui a fait connoître que cette opération produit des effets encore plus fùrprenants, en y employant des barres de fer de dix pieds de longueur chacune J que la force magnétique communiquée pour lors à la barre d’acier qu’on aimante , égale celle qu’elle recevroit d’un bon aimant*
- M. Antheaume, à la fuite de Ion Mémoire, ajoute que lorfqùe deüx barres de quatre, cinq & fix lignes, Sc même d’une plus grande épaiffeur, font trempées par la méthode qu’il indique page io, il faut faire attention que le fluide magnétique doit néceffàirement pénétrer plus avant, 3c qu’on a belbin en ce cas d’une plus grande fàturation ou d’un plus grand reflux : donc pour leur? donner la vertu magnétique, on placera la première des deux barres que l’on veut aimanter, horizontalement & de file entre deux barres magnétiques, de façon que ces trois barres forment enfemble une ligne droite. A l’égard de la fécondé barre qu’il s’agit d’aimanter, on la placera comme la première, entre deux autres barres magnétiques, formant une féconde ligne parallèle à la pre^ miere : on laiffera entre ces deux parallèles quelques pouces de diftance, fui-vant la grolfeur des barres ; mais il eft nécefîàire d’obfêrver l’dppofition des pôles, c’eft-à-dire , qu’à notre première ligne de barres, il faut que le pôle Sud de la barre magnétique qui fe trouve à droite, réponde au pôle Nord de celle qui eft à gauche ; & au contraire, dans la féconde ligne parallèle * la barre ^ magnétique placée à gauche , préfentera fon pôle Sud au pôle Nord de la barre magnétique placée à droite. Préfentement il faut unir ces deux lignes parallèles par de petites réglés de fer nommées Contacts , 3c qu’on place aux extrémités , 3c on débouchera d’abord les pores des deux barres qu’il s’agit d’aimanter , y employant pour cet effet les faifeeaux des barres de M. Michell. Quant aux lames de fer appellées contacts, l’expérience, ainfi que le tourbillon magnétique formé autour de ces réglés , ont indiqué qu’il falloir les conftruire en demi* cercle.
- On fait paffer fucceflivement Sc plufleurs fois ce faifeeau tenu përpendicu-lairement fur les deux furfaces de chacune des deux lignes parallèles, en les retournant à plufieurs reprifes, fans néanmoins déranger l’ordre des pôles def~ dites barres magnétiques. On aura aufli l’attention de préfénter le faifeeau fur la furface defdites lignes , de façon que l’ordre de les pôles fe trouve d’accord avec les pôles des barres magnétiques qui compofent ces deux lignes parallèles.
- Enfin fans défaflêmbler ces lignes ni leurs contaéfcs , on emploiera la méthode4 de M. Antheaume au fujet des aimants artificiels, pour parvenir à communi-i quer à ces fortes barres la plus grande vertu magnétique.
- La raifon qui oblige à laiffer quelques pouces de diftance entre les deux barres placées parallèlement, c’eft afin que le faifeeau dont on fe fert lorfqu’il p'afle* fur une des deux lignes de barres > ne puifle pas nuire à la ligne parallèle en Charbon de Terre. IL Partt X 10
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- troublant le fluide magnétique qui y circule, ce qui ne manqueroit pas d’arriver fi les deux parallèles étoient trop proches l’une de 1 autre.
- Pour mieux aimanter encore l’acier, & rendre le centre magnétique p[us fenfible , on pourroit prefque dire plus déterminé, on a recours à la méthode connue à Londres fous le nom de la double touche.
- i°. On prend deux barreaux magnétiques, qu’on applique par leurs extrémités , & en les inclinant d’environ i y degrés fur la réglé horizontale Sc vers fon milieu, en forte que leurs extrémités défignent des pôles contraires., & qUe ces pôles s’approchent l’un de l’autre fans fe toucher.
- 2°. On fait gliiTer ces barreaux magnétiques également & lentement, en les écartant toujours l’un de l’autre fous la même inclinaifon, & ayant attention de ne pas aller au-delà des extrémités de l’aiguille qu’on veut aimanter.
- 3°. On recommencera plufieurs fois cette opération , jufqu’au terme defàtu-. rîté indiqué par l’ufàge, obfervant toujours de ne pas déborder inégalement l’aiguille qu’on frotte avec les barreaux magnétiques, ni de pafler au-delà de fès extrémités.
- 4°. Si l’acier de l’aiguille eft bien choifi, fur-tout félon la direction des fibres qui le compofent, & s’il eft homogène, le centre magnétique fe trouvera au milieu de cette aiguille , c’eft-à-dire, que les deux pôles des extrémités auront des forces égales. On pourroit y procéder en appliquant toujours fous le même angle, un cifeau tranchant fur ce point du milieu, & commençant à faire couler les deux barreaux fur ce cifeau avant que de defoendre fur l’aiguille, qu’on aura foin de parcourir comme ci-devant. On aura attention de faire mouvoir en arriéré les deux barreaux, jufqu’à ce qu’ils parviennent en même temps à chacune des extrémités de l’aiguille qu’on veut aimanter.
- Cette pratique eft ufitée à Paris dans le Temple, par le fieur Digg, qui a indiqué par-là le meilleur moyen de découvrir le centre magnétique, qu’il a toujours la liberté de placer ainfi où il le juge à propos ; fi c’eft au milieu, il lui eft facile , avec un compas, de divifer fà réglé ou aiguille 'en deux également, & d’y appliquer fous un angle de iy à 20 degrés, ( & d’équerre à l’aiguille qu’il s’agit d’aimanter ) le cifeau par où il faut commencer à conduire de haut en bas les barreaux magnétiques. On continue de la forte fans interruption & d’un mouvement non-interrompu, qui foit uniforme , jufqu’à chaque extrémité de la réglé ou de l’aiguille qu’on fe propofe d’aimanter.
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- Des Travaux de Mines qui s’exécutent par le fecours
- des Machines.
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- NéceJJÎti de la Méchanique pour le Jfiiccè s de ces opérations*
- Se donner de l’air dans une Mine, c’eft-à-dire, y faire entrer un nouvel âir, ou aider à la libre circulation de celui qui sy trouve ; fe débarraffer des eaux qui gêneroient confidérabiement, ou empêcheroient même la pourchalïe des Veines ; enlever le Charbon du fond des fouterrains les plus éloignés hors du puits d’extraélion, font les trois opérations les plus confidérables des travaux de Mines : elles font principalement remarquables par la nature des. difficultés particulières à chacune d’elles, & par l’induftrie variée qu’elles exigent pour pou-* voir être furmontées.
- Ces moyens, dus, la plupart du temps , dans leur origine, au pur hazard, à des conjeétures heureufes & imprévues, à un inftinét méchanique, aux reiïour ces d’un tâtonnement attentif & patient, font aujourd’hui univerfollement connus & mis en pratique. En traitant la maniéré d’exploiter en différents pays, nous avons décrit les inventions qui y font en ufàge pour l’airage * pour l’épuifement des eaux, pour l’enlèvement des Charbons ; l’expérience a tellement conftaté la bonté de ces machines , que Ton diroit prefque qu’il ne s’agit que de les copier avec précifion, & qu’elles ne confident que dans une exécution de routine. Mais cet heureux foccès eft Jréellement fondé fur les loix de la Méchanique ( i )• Qu’une machine foit mue par l’eau , par le vent , ou de toute autre maniéré , l’effet qu’elle produit eft toujours le réfoltat de la jufte proportion des pièces qui la compofent, avec la nature & la direction de l’agent qui en eft le principe moteur. Âinfi , en générai, la pratique des machines doit être éclairée par la théorie , & ce moyen eft même le feul qui puilfe lui faire faire des progrès rapides & certains.
- L’application raifonnée des loix de l’équilibre & du mouvement à la conftruc-tions de machines que j’ai ici en vue, eft tellement néceflàire, que fans ce fecours, toutes les deforiptions les plus exaéles & les mieux détaillées, les Planches les mieux faites Ôc les mieux développées, deviennent abfolument inutiles ; les unes les autres ne peuvent plus être regardées que comme des e{quilles groflîeres, incapables de guider dans de pareilles conftruétions : on fera toujours dans l’exécution , loin du fuccès que l’on cherche pour enlever plus ou moins promptement, une plus ou moins grande quantité d’eau ou de Charbon du fond d’une Mine ,
- (i) On appelle Méchanique ou Science des Forces mouvantes, l’art de faire mouvoir commodément des corps pefants, & qui a pour objet le mou-
- vement des corps 6c l’équilibre des forces op« pofées,
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- ou pour fixer, félon les circonftances, un choix éclairé encre les machines les plus fimples & les plus compofées, même pour conftruire une machine fembla-ble à celle que Ton veut imiter. Cette confidération théorique de la pattie jes Mathématiques qui tient à mon objet, ne doit pas entrer dans mon plan. Je dois, comme je l’ai fait pour la Géométrie, me borner à recommander aux Ingénieurs de Mines, de ne point négliger les Eléments de Statique & Dynamique, puifque ce font les fondements de la Méchanique pratique & ufuelle.
- Divers Ecrits de nos Géomètres François, ont rendu ces connoiflànces faciles à acquérir : on les trouve raflemblées d’une maniéré étendue dans pluiieurs ouvrages quon peut confulter ( i ).
- Je me propofe uniquement, en finifiànt ce fécond Article, d’envifàger les opérations qui concernent l’airage des Mines, l’épuifement des eaux & l’enlève-ment du Charbon au jour, dans leur rapport avec la Phyfique , les Mathématiques & la Méchanique.
- La plupart des Machines employées à ces trois différentes opérations, ont été examinées & foumifes au calcul par plufieurs Savants Méchaniciens ; mais ce qu’ils ont publié à cet égard, eft épars dans des Ouvrages confidérables dont ils font partie, & qui ne peuvent que difficilement être compris dans la Bibliothèque des Direéleurs de Mines.
- L’importance de la matière m’a fuggéré l’idée d’une tâche à remplir de ma part y celle d’abréger ces recherches , de raffèmbler les réfùltats de ces travaux, concernant la démonftration phyfique & pratique de ces machines, & le calcul de leurs effets. Dans un Ouvrage qui m’eft par venu (depuis peu , l’Auteur a employé le feptieme Chapitre de la fécondé Seélion à cet examen, dont il eft bien fait pour fentir l’importance (2).
- Toute machine compofée étant formée de machines fimples, il m’a para néceffaire de faire précéder cette rédaction des définitions générales des machines fimples : elles feront d’autant moins inutiles, que nous en rapprocherons auflî tout ce que les meilleurs Ouvrages renferment de plus frappant & de plus
- (1) Traité de Dynamique, par M. Dalembert,
- 1743.
- Traité de l’Equilibre & du Mouvement des Fluides , pour fervir de fuite au Traité de Dynamique ; nouvelle édition revue , corrigée & augmentée par l’Auteur, 1770.
- Traité d’PIydro-Dynamique, par M. l’Abbé Bofiut. 2 vol. 1771 , & celui de Méchanique , par le même Auteur, nouvelle édit. 1777.
- Traité de Méchanique ,a par M. l’Abbé Marie.
- (2) Art d’exploiter les Mines, démontré tant par fes principes théoriques , que par les régies de la pratique , & accompagné d’un Traité fur les maximes politiques , financières , concernant l’exploitation des Mines , à l’ufage de l’Académie impériale &
- Royale de Schemnîtz ; par M. Chrîftophle François Delius, Confeiller aduel des Commiffions de la Cour Impériale , Royale & Apoftolique , pour le département de la Monnoie & des Mines ; à Vienne en Autriche, 1773, in-4°* Cefi Ouvrage , poftérieur à celui que je défirois voir traduire, contient yip pages, & 24 Planches de grandeur double de celles qui compofent le premier. Un Etranger, Connoineur en matières de Mines , Homme de Lettres, Sc aduellemenc en France , eft rempli de la meilleure volonté pour le traduire en notre Langue ; il a eu la complaifance de me communiquer la tradudion qu’il a faite, à ma follicitation , de plufieurs Chapitres : une entreprife aufti utile feroit biea digne de la protedion du Gouvernement.
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- intéreflant en expérience , relativement aux effets des machines fimples ; en écartant ainfi de ces notions communes l’efpece de féchereflè qu elles pourroient avoir aux yeux de nos Leéleurs, qui n auraient encore aucune teinture de Mécha-nique, elles auront pour eux un certain attrait : elles tiendront lieu dIntroduction aux lavantes recherches dont nous allons faire ici notre profit, & conduiront les Ingénieurs de Mines, à prendre quelque idée des conditions propres aux machines.
- Puiffances Méchaniques , plus proprement dites, Forces mouvantes*
- Force mouvante, eft proprement la même chofe que Force motrice ; cependant on ne fe fort guere de ce mot que pour défigner dés forées qui agiffènt avec avantage par le moyen de quelque machine ; ainfi on appelle parmi nous Forces mouvantes , ce que d’autres appellent Puiffances Méchaniqucs.
- En Méchanique on appelle Machine 9 tout ce qui a une force foffîlànte, foit pour élever un poids, foit pour arrêter le mouvement d’un corps.
- On y diftingue trois forces : le point d’appui 9 for lequel agiffènt les forces oppofées.
- Le poids ou l’obftacle a vaincre 9 qu’on nomme refiftance.
- L’effort oppofé, qui porte le nom de puijfance, de caufe, deforce mouvante ou force motrice (i) , eft tout ce qui oblige un corps à le mouvoir.
- On divife les machines en fimples & en cômpofées ; les • premières , de la combinaifon defquelles font formées les fécondés, fe diftinguent en plufieurs efpeces ; favoir , le levier 9 la poulie, le treuil, le plan incliné, la vis , le coin 9 la machine funiculaire 5 encore le treuil, la poulie Sc le coin fe réduifent ail levier , & la vis au levier & au plan incliné, de maniéré que toutes les ma* chines fimples pourroient fe réduire à trois elpeces. Le principe dont elles dépendent les unes & les autres, eft le même, & peut s’expliquer de la même maniéré.
- Tous les Méchaniciens ne comptent pas au nombre des machines fimples le plan incliné : il eft cependant vrai que par fon moyen on peut élever des fardeaux, qu’on remueroit bien difficilement par toute autre machine fimple $ d’ailleurs la théorie du plan incliné ( 2 ) eft bien établie ; on peut en con-féquence le laifler dans la clafle des machines fimples. -
- Pour connoître l’effet de ces differentes machines , il faut le calculer dans le cas de l’équilibre car dès qu’on a la puiflânee capable de foutenir un poids , alors en augmentant tant foit peu cette puiflànce, on fera mouvoir ce poids.
- Le principe de l’équilibre eft un des plus eflèntiels de la Méchanique, & on
- (1 ) Ofi ne doit entendre par le terme puij-fance, dont on fe fert communément en Mécha-nique , que je produit d’un corps par fa
- Charbon de Terre II. fart.
- vîteffé ou par fa force accélératrice. *
- (\) On appelle de ce nom le Plan qui fait un anale avec un Plan horizontal,
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- peut y réduire tout ce qui concerne le mouvement des corps qui agifpent; jes uns fur les autres, de quelque maniéré que ce fbit*
- Le point efîentiel fe réduit à déterminer les conditions qui font propres machines, pour établir un parfait équilibre entre deux puiflànces oppofées.
- Du Levier : Veétis , Porreélum,1
- Le Levier, qui n’eft autre chofe qu’une efpece de balance ou pefon deftiné à élever des poids comme la balance, eft une barre inflexible , confidérée fans pefimteur, fur laquelle trois puiffances font appliquées en trois points difFé-rents, en forte que i’aétion de deux puiffances eft direélement oppofée à la troifieme qui leur réfifte. Le point ou agit cette puiflànce, fe nomme quelque^ fois par les Latins , Hypomochlium * ordinairement point d'appui ; c’eft ce qtie les Ouvriers appellent orgueil ou cale, qui fe met fous les pinces ou Leviers , lorfqu’ils veulent remuer des fardeaux avec une pince quelconque.
- Selon que le point d’appui eft placé , eu égard au poids & à la puiflànce, on diftingue le Levier en plufieurs genres.
- On appelle Levier du premier genre , celui ou le point d’appui eft placé entre la puiflànce Sc le poids.
- Levier du fécond genre, celui ou le poids eft entre la puiflànce & le point d’appui.
- Levier du troifieme genre, celui dont la puiflànce eft entre le point d’appui Sc le poids.
- Dans ces trois Leviers il y a équilibre, lorfque les poids & les diftances du point d’appui font en raifon réciproque, c’eft-à-dire, que les produits des poids, ( on prend ici la puijfance pour un poids y leur effet étant le même) par leur diftance ace point, font égaux ; fans cette condition, le plus grand produit l’emportera for le plus foible, Sc l’équilibre fora rompu en raifon de ce dernier produit fur l’autre. Il eft aifé de déterminer la force néceflàire pour vaincre une réiiftance appliquée à un Levier quelconque, cette réiiftance Sc fon éloignement au point d’appui étant connus. Stippofons, par exemple , que deux perfonnes portent un poids, Sc qu’on demande ce que chacune en porte en particulier ; fi le poids eft au milieu du Levier, il eft clair, par les principes établis, qu’elles en portent autant l’une que l’autre. Au contraire, le poids partage-t-il le Levier en deux parties inégales ; la charge que chaque perfonne foutiendra, fora en raifon réciproque de leur diftance au point d’appui ; aïnfi cette diftance étant double par rapport à la première perfonne, celle-ci ne fupportera que la moitié du poids ; fi elle eft triple , le tiers, &c.
- On voit bien par-là que la puiflànce peut avoir un avantage confidérable for le poids, en lui donnant un long bras ( i) de Levier ; Sc qu’il n’eft point de fardeau
- (i) On nomme Bras de Levkr les perpendiculaires abaiffées du point d’appui fur la direction
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- qu’on ne pût élever, s il etoit poffible d avoir une longue barre inflexible & un point d appui : dans tout cela on confidere la perfonne comme agiflant fur le Levier par la preflîon, abftraélion faite de toute direction.
- De quelque figure que fbit un Levier, il a toujours les mêmes propriétés qu’un Levier droit, c eft-à-dire, que les puilfances font entr’elles en raifon réciproque des perpendiculaires abaiflees du point d’appui fur leurs direétions. Ce point doit toujours fe trouver dans le plan de la direction des deux puiflan-ces, fans quoi il feroit impoflible de former un parallélogramme de ces trois direétions*
- Dans chaque cas où on emploie cette machine, elle doit avoir une grofleur & une réfiftance proportionnée s à là longueur , à la matière dont elle eft faite , & aux efforts qu’elle eft obligée de fupporter.
- Voilà toute la théorie des Leviers Amples J celle des Leviers compofés eft différente, félon qu’ils font compofés de plufiéurs branches, ou que ces Leviers font droits ou coudés, lefquels font alors nommés Leviers contigus. La théorie des Leviers compofés, s’applique à plufiéurs autres machines Amples, comme on le verra par la fuite*
- Des Poulies & des Roues, autrement appellées Mollettes ; Le. Rolies ; en Latin Trochlidium , Monofpaftes, orbiculus, Trochlea fimplex.
- O n nomme Poulie , f N°. 14 , PL XXXIF. ) une efpece de roue mobile dans fon effieu ( 1), creufée dans fa forface fupérieure, pour y recevoir une corde deftinée à faire tourner la Poulie. 1
- L’affemblage de plufiéurs de ces petites Roues, prend le nom de Mouffle (2), qu’on donne encore au chafïïs de la Poulie ; dans la Mouffle, les Poulies font pofées ou les unes au-deffus des autres, ou les unes à côté des autres : on les appelle Poulies moufflées ; elles ne font que des aflèmblages de leviers correspondants* Parmi les Poulies employées en Houillerie , il ne s’en trouve pas qui puiffent être précifément appellées de ce nom. Nous n’avons ici à parler que des Poulies fimples, qui entrent dans la conftruétion de plufiéurs des machines que nous avons décrites.
- L’effieu fur lequel la Roue tourne , F F fi fi, PL XIF, Paru IIe. eft nommé Goujon, Boulon ( 3 ) Tourillon ; l’efpece d’étau A A A a a 3 dans lequel pafle le goujon, s’appelle Chappe, Capfa.
- Quand la Poulie eft attachée à un point fixe, on la nomme Poulie fixe ; toutes
- des deux puiflfances qui lui font oppofées ; Ôc on confidere le point d’appui comme une réfiftance, puifqu’il réfifte aux deux autres.
- (i)EJJîeu9 Axe9 chez les Latins Cathtes, en Méchanique, eft proprement une ligne, ou un morceau de bois ou de fer en longueur, qui pafle par le centre d’un corps , & qui fert à le faire tourner fur lui-même.
- (2) Polyfpaftius.
- (3) Tout morceau de fer qui, dans une Machine quelle qu’elle foit, fait la fonétion de boulon ou de goujon dans une Poulie , porte en général le nom de Boulon •, dans une Poulie , c’eft: le petit Axe placé dans le centre de la Poulie, qui unit la chappe à la Poulie ? & fur lequel la Poulie tourne.
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- celles employées 4ans les machines de Houillerie, font de ce genre : elle eft dite Poulie mobile 5 lorfqu’elle peut s'approcher ou s éloigner du point fixe auquel l'extrémité de la corde eft attachée.
- Les Poulies fixes n augmentent point la force de la puiflànce : elles ne fervent qu a changer les direélions 8c à diminuer les frottements , qui feroient très-confidérables, fi la corde ne tournoit pas avec la Poulie , 8c qu'elle fût obligée de glifler for un cylindre immobile ; car il ne s’agit guere avec cette machine ' que du frottement qui fe fait delà Poulie contre fon effieu, frottement incomparablement plus petit que celui de la corde for un cylindre immobile.
- Ainfi fi une puiflànce foutient un poids par le moyen d'une Poulie fixe , ^ puiflànce fera égale au poids.
- Il n'en eft pas de même des Poulies mobiles ; fi une puiflànce foutient un poids attaché à une Poulie mobile , cette puiflànce fera la moitié du poids, lor/que la direction du poids 8c celle de là puiflànce feront parallèles ; car dans ce cas le diamètre de la Poulie mobile eft un levier du fécond genre, dont le point d'ap. pui eft à l'extrémité, la puiflànce à l'autre extrémité, & le poids au centre.
- Quand une puiflànce foutient un poids à l'aide d'une poulie dont la chappe eft immobile, la puiflànce eft égale au poids. Ces Poulies , nommées Poulies de renvoi, comme celle qui fe voit en jeu , PL XXI, changent la direéiion * 8c empêchent les frottements que feroit un cylindre immobile.
- Si une puiflànce foutient un poids à l'aide d'une Poulie, à la chappe de la-; quelle le poids foit attaché, les cordes étant parallèles , la puiflànce n'eft que la moitié du poids.
- Si une puiflànce foutient un poids à l'aide de plufieurs Poulies , la puiflànce eft au poids , comme l'unité au double du nombre des Poulies d'en-bas.
- La multiplication des Roues eft extrêmement utile en Méchanique, foit pour aider, foit pour accélérer le mouvement; mais elle entraîne d'un autre côté une plus grande quantité de frottements, qui peut quelquefois devenir fi confîdé-rable, qu'elle abforberoit la plus grande partie de la force mouvante
- Du Treuil, 8C des Machines qui s*y rapportent.
- Le Treuil ou Tour, lettre S , PL XXXVII, eft une machine formée d'urï cylindre ou rouleau, c'eft-à-dire, d'un morceau de bois de forme cylindrique^ appellé aufîi Tambour (i), qui repofo for deux appuis inébranlables.
- Les extrémités ou tourillons du cylindre, font difpofés de maniéré à pouvoir tourner facilement dans les deux trous ou fentes des appuis.
- Cet enfemble forme le Treuil ou Tour, c’eft-à-dire, un gros cylindre ou
- (i) En Méchanique, Tambour,en latin, Tympa-nus j Peritrochium eft une efpece de Roue placée autour d’un axe ou poutre cylindrique, aufom-met de laquelle font deux bâtons ou leviers en-
- foncés , afin de pouvoir plus facilement tourner l’axe pour foulever les poids qu’on veut enlever. Voyez Mxe, dans le Tourneur.
- effieu
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- eflieu en forme de rouleau, qui fuppofe particuliérement Tarbre ou le cylindre parallèle à l’horizon, & dans le milieu de ce cylindre, une roue fixée perpendiculairement , ou des barres en travers pour le faire tourner.
- Dans les Mines, au lieu de roues & de leviers, on fe fert fouvent d’une manivelle (i) , comme on le voit dans le petit treuil place fur la bouche du Burtay A, PL II, Iere. Partie, dans les techements, lettre S 3 PL XXXFII, & dansles Hernaz >fig* 2 & 3, PL XFI9 IIe. Partie.
- La roue que la puiflânce s’efforce de faire tourner, ou la manivelle , entraînent dans leur révolution le tambour, auquel eft attachée une corde qui fou-tient le fardeau , & qui l’éleve peu-à-peu à mefure que le cylindre tourne. A chaque révolution du tour , la puiflânce aura parcouru la circonférence entiers de la roue, & le poids aura monté dans le même temps d’une quantité égale à la circonférence du cylindre.
- Lorfque la puiflânce eft fort petite , relativement au poids qu’on veut élever , il faut, pour qu’il y ait équilibre, que le rayon de la roue foit extrêmement grand ; on remédie à cet inconvénient, en augmentant le nombre des roues & des effieux, & en les faifint tourner les unes lùr les autres par le moyen de dents & de pignons qui rendent la machine compofée , de fimple quelle étoit : nous en parlerons à cet Article.
- En regardant ces leviers comme autant de rayons d’une même roue, on voit bien que c’eft la même machine ; il paroît feulement que la révolution du tambour , produite par la force des leviers , eft moins uniforme que celle qui s’opère par la roue ; mais aufli le volume des leviers eft moins embarraflànt.
- Axe dans le Tambour, ou EJfieu dans le Tour ; Roue dans fon EJfieu,
- ou Jîmplement Tour : Axis in Peritrochio. 1
- Cettê Machine, employée à élever des poids, eft compofée d’une efpece de Tambour mobile avec une poutre cylindrique, qui lui eft concentrique autour de l’axe ; ce cylindre pofé horizontalement, s’appelle 19 Axe ou Y EJfieu, & le tambour fe nomme le Tour•
- Les leviers adaptés au cylindre, fins quelquefois qu’il y ait de tambour, portent le nom de rayons , en Latin Scytala.
- Dans le mouvement du Tour, une corde fe roule fur le cylindre, & fait monter le poids. '
- On rapporte à l’eflîeu dans le Tour, toutes les machines ou l’on peut concevoir que l’effort fe fait par le moyen d’une circonférence ou tambour fixé fur un cylindre, dont la bafè eft dans le même plan que cette circonférence, comme dans les Moulins, les Cabejlans 3 les Grues.
- ( i ) Manivelle, dans les Machines , eft une pièce de fer coudée, qui donne le mouvement à l’axe de la machine : il y en a de fimples ;
- Charbon de Terre. Il, Part.
- d’autres fe replient deux fois à angles droits j d’autres fe replient trois fois, comme dans la Manivelle à tiers-point.
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- Le treuil ou Tour, dont le rouleau eft perpendiculaire à 1 horizon , change de nom : on l’appelle dans les ouvrages ordinaires Vindas ou Cabefiarit çom^ me pour les travaux de Mines on augmente fà force par des poulies différemment placées dans la charpente qui le couvre, il eft diftingué en France par le nom de Machine a moufles ; au pays de Liege , grand Herna\, 8cc ; alors le Treuil devient une machine compofée, ainfi que la Grue. Nous réfervons les détails qui en dépendent, au moment où nous parlerons des Machines compo-fées que l’on met en ufage pour éleyer les eaux & le Charbon hors d’une Mine.
- La Vis, qui fe réduit au plan incliné & au levier, eft un cylindre droit, revêtu d’un cordon ou d’un filet de fpirale 3 dont la grolTeur eft uniforme, Sc dont l’inclinaifon à l’axe du cylindre eft conftamment la même dans toute fà longueur. Un tour entier du filet de la Vis, s’appelle fpire ; & l’intervalle qui fépare, parallèlement à l’axe de la Vis, deux {pires confécutives, fe nomme le pas de la Vis.
- U Ecrou eft comme le moule de la partie de la vis qui s’y trouve engagée ; c eft un folide fillonné intérieurement, de maniéré qu’il puifle s’infinuer peu-à-peu dans ce filet, en rampant, pour ainfi dire, tout le long de fes {pires.
- Tantôt la vis eft fixe ; & alors fes filets gliflànt fur ceux de l’Ecrou , on fait mouvoir à fon gré l’Ecrou même. Ces fortes de vis fervent beaucoup pour unir fortement deux corps enfemble ; mais il eft encore plus ordinaire d’employer la vis mobile, quand il s’agit de cafter ou de prefîer certains corps : en faifànt tourner fon cylindre, le filet de la vis s’introduit peu-à-peu dans les filions de l’écrou, & il en réfulte une preflîon confidérable.
- Machines Funiculaires, Funes Duétarii ; Cordes, G. Gepel SeiL
- Les liens avec lefquels on attache les uftenfiles dans lefquels on éleve au jour les Charbons ou les eaux de la Mine, font ou des cordages ou des chaînes, félon la force des Machines employées à foutenir ces différents poids , félon la grandeur de ces uftenfiles, ou félon la profondeur du puits.
- Dans les Mines de fer de Dannemora (i), il n’y a point d’échelles; les Machines d’extraélion élevent tout avec des cordes de cuir & de chanvre. Tous les Ouvriers, hommes, filles, femmes & garçons , montent & defcendent hardiment fér les féaux, & s’y mettent jufqu’à cinq perfonnes à la fois. Dans les Mines de fer de Nordmark, on préféré pour les endroits fées, les cordes de cuir ; il en eft qui ont jufqu’à 30 toifes de longueur : elles coûtent de 1000 à X200 livres, & durent une dixaine d’années, à ce que l’on aflure, ce qui dédommage de la cherté.
- î 1 ) Province de Koflagie, en Upland.
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- Le plus communément on Fait ufage en France de groffes cordes, & M. de Tilly leur donne la préférence fur les chaînes ; mais en faifant attention à la befbgne qui fe palTe au principal chargeage, & à l’ufage où les Ouvriers font, la plupart du temps, de defeendre dans la Mine & de remonter avec les féaux & les panniers, on reconnoît qu’il paroît difficile de fe ranger de l’avis de M* de Tilly fur ce point d économie* Les Ouvriers font déjà affoz inattentifs for tous les rifques qu’ils courent ; c eft au Directeur des travaux à pourvoir à la sûreté de ceux qui! emploie, & on ne peut trop s’occuper de la confervation des hommes. Quand il ne s’agit que d’élever des féaux ou des caillons dans des fouilles de peu de conféquence, il eft tout fimple de préférer des cordes ; mais hors de ces occafions , fi on veut s’en forvir , on ne fituroic trop s’aflurer de la force de celles que l’on veut employer, après avoir choifi celles qui ont toutle degré de perfection poffible. La réfiftancedes cordes doit aufîî, par toutes fortes de raifons, entrer dans le calcul de la puiliance des Machines. Feu M. Amon* tons, & de nos jours M. Duhamel, fe font appliqués à-connoître tout ce que l’on doit attendre des cordes, quant à leur qualité, eu égard au nombre des fils, & à leur poids, quant aux proportions de leur réfiftance, leur roideur, & tout ce qui réfulte de leur frottement dans les Machines ou l’on en fait ufàge (x)*
- Les expériences de M. Duhamel, pour éprouver la bonté & la force des cor« des, ont été publiées en 1758, dans les Journaux d’Angleterre, & inférées dans le Journal (Economique du mois de Janvier de cette même année ; Sc depuis ^ elles ont été détaillées par l’Auteur dans un de fes Ouvrages (2)* Ces différent tes recherches fe rapportent affez à notre objet, pour en placer ici le réfoltatJ
- De la force des Cordes comparée avec la fomme des forces des fils ou brins
- qui les compofent% & avec leurs poids.
- » i°. Une Corde de chanvre de Clérac, compofée de fix fils, unis dans toutes » leurs parties, c’eft-à-dire, par-tout d’une égale épaillèur, & également tords » par-tout, deux fils à chaque cordon, fut efïàyée comme il foit :
- » Quatre pièces de quatre braffes de longueur chaque, furent eflàyées dans *> leur force à la romaine ; leur force moyenne fe trouva être de 651 livres.
- » On prit enfuite une autre Corde comme la précédente, avec le même fil, » de la même longueur, & diminuée en proportion égale en tordant les cor* » dons ; mais elle fut compofée de neuf fils, trois à chaque cordon : fà force fo *> trouva être de îoi^ livres.
- » On commanda une autre Corde, qui ne différoit des précédentes, quen ce
- ( * ) Traité de la Corderic» Edition de 1169 ; m« 437*
- (1) On appelle Frottement, la réfiftance qu’apporte au mouvement de deux corps l’un fur l’au-tr,e » l’inégalité de leur furface.
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- U CHARBON D t
- TERRE
- » quelleavoit 12 fils, 4 à chaque cordon ; fa force parut être de jlivres.-
- » On fit enluite une pareille Corde de dix-huit fils, fix par cordon : fa force » parut être de 2148 livres 12 onces.
- L’Auteur remarque » que fi la force des Cordes augmentoit en proportion du » nombre des fils, celle de fix fils ayant fupporté le poids de 6$ I livres, Celle » de neuf ne devoit fupporter que 546 livres 8 onces ; mais par l’expérience » elle porta 1014 livres.
- » La Corde de douze fils, en comparaifon de celle de fix, fuivant la même » obfervation , ne devoit fupporter qu’un poids égal à 1262 livres, au Ue„ » quelle en a porté 1564 ; & fi l’on veut comparer la Corde de douze fils avec » celle de neuf, on trouvera quelle devoit fupporter Amplement 1352 livres, ï> au lieu de 1
- » La Corde de dix-huit fils , comparée avec celle de fix , ne devoit fupporter
- que 1893 livres, comparée avec celle de neuf, 2028, & avec celle de douze, « 2346livres ; mais on trouva par l’expérience, quelle ne calïà que quand elle » fut du poids de 2148 livres trois-quarts.
- » Ainfi la Corde de dix-huit fils comparée avec celle de fix, s’eft trouvée à » l’eflài de 2 J 5 livres trois-quartsplus forte quelle ne devoit être ; comparée avec « celle de neuf, de 120 livres trois-quarts; mais comparée avec celle de douze, » elle s’eft trouvée trop foible de 197 livres un quart.
- y> 20. Une Corde de fix fils ayant fupporté 706 livres un quart, une de neuf » ne devoit porter que 10^9 livres 6 onces ; mais par expérience elle a porté » 1075 livres. Une Corde de fix fils ayant porté 706 livres 4 onces, une de » douze devoit fupporter 1412 livres & demie ; cependant à l’épreuve, elle a » porté 1J12 livres & demie.
- » Une Corde de neuf fils ayant porté ioyy livres, une de douze devoit por-» ter 1433 livres cinq onces ; cependant à l’épreuve elle a porté 1532 livres 8 » onces. Une Corde de fix fils a fùpporté 706 livres 4 onces ; donc une de dix-: » huitn’auroit dû porter que 2118 livres 12 onces: cependant elle a fupporté » 2451 livres 4 onces.
- y> Une Corde de fix fils a fupporté 706 livres 4 onces ; donc une de trente » auroit dû porter feulement 3531 ^res 4 onces: mais à l’examen elle a porté » 4077 livres."
- » Il a fallu une force de 706 livres 4 onces, pour cafter une Corde de fix fils ;
- » donc une de vingt-quatre auroit dû ne porter que 282 J livres ; mais, fuivant « l’expérience, elle a porté 33 2 livres.
- «Une Corde de douze fils a porté 1532 livres 8 onces; donc une de vingt-1 «quatre ne devoit porter que 3065 livres: mais à l’épreuve elle a fupporté «332^ livres.
- » Une Corde de dix-huit fils a fupporté 245 livres 4 onces ; une de vingt-» quatre devoit donc porter feulement 3268 livres y onces : cependant il en P a 33a5 pour h cafTer. w ^ne
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- ET DE SES MINES. Iï. PaUT; ptp
- »Une Corde de neuf fils ayant fupporté xo7y livres, une de vingt-fept de-a n voit porter 3225 livres * néanmoins elle en porta 3583.
- s) Ces expériences démontrent que les Cordes augmentent en force plus quë proportionnellement au nombre des fils qui les compofent, de maniéré qU5il *> feroit poffible d’établir une gradation de proportions qui pourroit ne pas beau-i> coup s’écarter de la vérité, pourvu que les Cordes foient faites avec un fil » égal, & câblées de même, en un mot pourvu qu elles ne different que par le » nombre des fils#
- On a enfuite procédé à examiner fi l’augmentation de la force des Cordes * ’ etoit proportionnelle à leur poids. Voici les obfervations qui ont été faites.
- » Une Corde pefant neuf onces, a fupporté 706 livres 4 onces. Une autre d faite du même fil, & pefànt treize onces, devoir porter 1020 livres 2 onces J » cependant à l’épreuve elle a fupporté 107^ livres $ par conféquent elle s’eft *> trouvée de 54 livres 14 onces plus forte que par l’analogies
- » Une Corde du poids de neuf onces, a fupporté 706 livres 4 onces : donc » une autre de dix-fept onces auroit dû porter 1334 livres ; mais elle a fupporté » 1532 livres 8 onces ; conféquemment elle étoit de ip8 livres 8 onces plus » forte que par l’analogie#
- » Il réfulte de toutes ces expériences, que les Cordes dé toutes efpeces aug-* » mentent en force plus que la proportion de leur poids. On doit cependant » obferver i°. quon ne peut décider abfolument la quantité précife de la force » des Cordes , au-defîus de la proportion de leur poids ; mais comme dans toutes j> les expériences précédentes $ cette fupériorité fe trouve conftamment mani-» fefte, Sc comme on la diftingue aufîî par le nombre des fils, on peut être » convaincu de fà réalité, & on conçoit qu’elle dépend des raifons qui fe trou-* i) vent rapportées dans une remarque précédente. Mais quoique l’on convienne » que les expériences font prefqu’inévitablement accompagnées d’erreurs, qui 1» « quoique petites, font un obftacle fuffifant à une gradation décifive de propos » tion, il paroît évidemment que l’excès de la force l’emporte de beaucoup fur » la différence des pefanteurs.
- » On doit obferver encore f que quoiqufon pulfîè inférer de ces expériences J » que telle Corde eft environ d’un cinquième, d’un" tiers ou de moitié plus » forte qu’une autre * eeS quantités ne doivent pas être pfifes dans toute l’exae^ y> titude géométrique, mais comme des approximations phyfîques > qui ne s’éloi-ï) gnent pas beaucoup de la vérité i).
- La connôiflànce de la réfiftanc© Càufée par le frottemènt des parties d’unë Machine * & par la roideur des cordes qui font obligées de fe plier pour fou aétion* n’eft pas moins néceflàire pour bien juger de l’effet d’une Machine * quë 1 eft celle des différents rapports des parties qui la compofent, & qui communiquent le mouvement les unes aux autres. L’o'bfof vation fait voir qu’une corde eft d autant plus difficile à courber, x°. quelle eft roide & plus tendue par le f)oids Charma de Terre. IL Fatu Au
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- qu’elle porte ; 2°. qu’elle eft plus groffe ; 30. quelle eft plus courbée, c eft-à.
- dire, qu’elle enveloppe un plus petit cylindre/
- Des expériences faites par M. Amontons (1), pour s affiner des proporcjons dans lefquelles ces différentes réfiftances augmentent, il s’enfuit que la roideur de la corde, produite par le poids qui la tire, augmente à proportion du poi(Js & que la roideur qui vient de l’épaifTeur de la corde, augmente à proportion de {on diamètre ; enfin que la roideur qui vient de la petiteflè des poulies autour defquelles la corde doit être entortillée , eft plus forte pour les plus petites cir-* conférences que pour les grandes, quoiqu’elle n’augmente pas dans la mêtrio proportion que ces circonférences diminuent.
- D’ou il s’enfuit que la réfiftance des cordes dans une Machine étant eftimée en livres, devient comme un nouveau fardeau qu’il faut ajouter à celui que la Ma-; chine doit élever ; & comme cette augmentation de poids rendra les cordes encore plus roides , il faudra de nouveau calculer cette augmentation de réfif. tance : ainfi on aura plufieurs femmes décroiflàntes qu’il faudra ajouter enfem-ble, comme quand il s’agit du frottement, & qui peuvent fe monter très-haut.
- - En effet, en faifant cette opération fur toutes les réfiftances que produit la roideur des cordes, lorfqu on s’en fert dans une machine, & toutes celles que le frottement occafionne , la difficulté du mouvement fe trouvera fi confidéra-’ blement augmentée , qu’une puifîànce méchanique qui n’aura befbin que d’un poids de 1500 livres pour en élever un de 3000 livres, par le moyen d’un© mouffle Jimple, c eft-à-dired’une poulie mobile , & d’une poulie fixe , doit , félon M. Amontons, en avoir un de 3942 livres, à caufe des frottements & de la réfiftance des cordes.
- Ces confîdérations doivent fervir de réglé dans l’ufàge des Treuils & des autres Machines pour lefquelles on fe fert de cordes. Si on négligeoit de compter leur roideur, on tomberoit infailliblement dans des erreurs confidérables, & le mécompte fe trouveroit principalement dans les cas ou il eft très-important de ne fe point tromper, c’eft-à-dire, dans les grands effets ; caj* alors les cordes font néceflàirement fort groffes & fort tendues.
- C’eft d’après ce principe, que M. Camus, dans les Mémoires de l’Académie (2) , examine quelle eft la meilleure maniéré d’employer les féaux pour élever de l’eau.
- Les conféquences qui fe déduifent de la réfiftance des cordes, font, i°* qu’on doit préférer les plus grandes poulies aux petites, non-feulement parce qu ayant moins de tours à faire, leur axe a moins de frottement, mais encore parce que les cordes qui les entourent y fouffrent une moindre courbure, &
- (1) Mémoires de l’Académie des Sciences, année 16$ÿ} fur la roideur des cordes que 1 on emploie dans les Machines.
- (2) Année 173p.
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- ont par confêquent moins de réfiftance. Cette confidération eft d'une fi grande conféquence dans la pratique, qu'en évaluant la roideur de la corde félon la réglé de M. Amontons, on voit clairement que fi on vouloit élever un fardeau de 800 livres avec une corde de 20 lignes de diamètre, & une poulie qui n’eût que 3 pouces, il faudroit augmenter la puilïànce de 212 livres, pour vaincre la roideur de la corde ; au lieu qu’avec une poulie d’un pied de diamètre, cette réfiftance céderoit à un effort de 22 livres, toutes chofes d’ailleurs égales.
- Il faut ajouter à cela que la roideur des cordes eft d'autant plus grande, qu’elles font obligées de plier plus vite, de forte qu'on doit y avoir égard dans le calcul d'une Machine, lorfqu'il fe trouve des cordes qui plient avec diffé-i rentes vîtefles.
- Les cordes neuves réfiftent plus à fe courber que les vieilles , ce qui fait quelles éloignent la direétion du poids du diamètre horizontal de la poulie, & qu'allongeant le bras de levier, elles obligent la puiflance à un plus grand effort ; d'ailleurs les cordes neuves chargées de tout le poids qu'elles peuvent porter, font plu sfo jettes à fe rompre, que lorfqu’on les charge fucceffivement pour les rendre fouples.
- Enfin la circonférence du Treuil augmente felon la grolfeur des cordes ; ainfi quand elles ne font qu'un tour, il faut, dans le calcul des Machines, ajouter le demi-diametre de la corde au rayon du Treuil, pour former le bras de levier ; & fi elle doit faire plufieurs tours les uns fur les autres , il faut eftimer la puiflance réfiftante dans le cas où le bras du levier, qui lui répond, fera plus allongé pat la grofleur de la corde,
- M. Saveriende qui nous empruntons cet extrait (1), termine cette théorie par la folution d'un problème curieux & utile, pour en faire comprendre l'ufàge.
- Quelle eft la force néceflàire pour élever un poids de 800 livres 'avec une poulie fixe de 24 pouces de diamètre, fon boulon ayant un pouce, & la corde 18 lignes ?
- i°. D’abord poiîr être en équilibre avec le poids, la puiflance doit être de 800 livres.
- 20. Pour formonter la roideur de la corde, je multiplie 800 livres par 18, diamètre de la corde, & je divife 14400 livres par 24, diamètre de la poulie : le quotient eft 600 onces, qui font 37 livres & demie, valeur de la force néceflàire pour furmonter cette roideur. A l'égard de la réfiftance caufée par le frottement de la poulie contre le boulon, il faut d'abord faire attention que cette poulie eft chargée de deux fois celui de 800 livres & de 37 & demie, femme totale de 1637 livres & demie; de cette femme je prends 819 pour le frottement * que je multiplie par le rayon du boulon, & divife par celui de la poulie : le quotient donne 34 livres pour le frottement réduit a l'extrémité du
- C1) Au mot Poulie, Tome IL
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- bras de levier; ainfi en ajoutant ces trois nombres 800 , 37 r, 34 ^ j^ai qui exprime la puiflànce capable de faire monter le poids. Si, tout le re{je égal, la poulie n’a voit que 4 pouces de diamètre, la puiflànce feroit de 12 au lieu de 871, ce qui fait voir combien il eft important de préférer les grandes poulies aux petites.
- C’eft ainfi que ces différentes Machinés facilitent l’aétion des puiflànces pour mouvoir des poids ( 1 ) , non pas en augmentant réellement ces puiffances * mais en favorifant leur aétion , par la maniéré dont elle eft appliqu<£e, Ainfi dans la poulie, par exemple , la puiflànce doit être égale au poids ^ cependant la poulie aide la puiflànce , parce que la maniéré dont la puiflànce y eft appliquée , facilite fon aéïion > Sc la met en état d’agir commode^ ment.
- Il y a dans toutes les Machines une proportion néceflàire entre le poids Scia puiflànce motrice. Si on veut augmenter le poids, il faut aufli augmenter la puiflànce, c’eft-à-dire, que les roues ou autres agents doivent être multipliés ^ ou, ce qui revient au même, que le temps doit être augmenté, ou U vîtefle, diminuée*
- Des Machines compofées en général.
- Les Machines fimples ont, comme on fa vu, différentes deftinations: elles ont chacune leurs propriétés , leur objet particulier, & toute la perfeélion dont elles font fufceptibles ; ainfi tant qu’elles peuvent avoir lieu, les Machines les plus fimples font toujours préférables ; mais faute de connoître les meilleures proportions de leurs parties , on n’en tire pas toujours le fervice qu’on pourroit en attendre : on les néglige, & on leur en fubftitue fouvent mal-à-propos d autres plus compofées , qui demandent un plus grand entretien. En même temps, néanmoins, il eft rare qu’on puiflè * dans le travail des Mines en grand, produire par le moyen d’une Machine fimple, l’effet dont on a befoin. Il eft donc ' néceflàire & indifpenfable de faire ufàge de Machines de fefpece appellée compofée ; & on appelle ainfi les Machines qui réfultent de plufieurs Machines Amples jointes & combinées enfemble, ou de la même répétée un certain nombre de fois.
- Mais le tout confifte également, en employant une Machine compofée, à la rendre la moins compliquée que faire fepeut; à éviter, tant qu’il eft pofîî-ble, les frottements & autres réfiftances étrangères au produit effectif que l’on veut obtenir. La Machine de ce genre la plus parfaite, fera celle ou la force mouvante fe tranfmet, avec le moins de déchet quil eft poflible, au fardeau à élever.
- (1) Poids en Méchanïque, fe dit de tout ce qui ou de ce qui réfifte i de quelque maniéré que ce doit être élevé, foutenu ou mûpar une Machine, foit, au mouvement que l’on veut imprimer.
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- Toute Machine compofée étant le réfoltat de Machines fimples, il fuit que dans toute Machine de cette efpece * le rapport de Veffort de la puîffance a la réfiftance avec laquelle elle eft en équilibre, eft compqfé de tous les rapports qui auroiént lieu féparément dans chaque Machine. •
- Ce rapport fe trouve en comparant les efpaces parcourus dans le même temps par la puiflànce & le poids, dans un même mouvement des Machines \ ces efpaces font en raifon inverfe, de la puiflànce au poids.
- Pour faire l'application de cette réglé à une Machine compofée, il faut ÿ considérer quatre quantités*
- i°. La puiflànce ou la force motrice qui meut la Machiné ; ( cette force peut être ou des hommes* ou des animaux* ou des poids* ou un courant d'eau. )
- a°. La vîtefle ou le chemin de ce poids dans un temps donné.
- 30. La force de la réfiftance ou du poids mû par la Machine*
- 40. La vîtefle ou le chemin de ce poids dans le même temps donné.
- Si l'on compare enfomble ces quatre quantités, le rapport des deux puiflan-ces fora l’inverfe de celui des deux dernieres ; ou * ce qui revient au même, lé produit des deux premières * qui exprime la quantité de mouvement de la puif* fonce * fora égal au produit des deux dernieres, qui exprime la quantité de mouvement de la réfiftance. Or * félon le principe fondamental de la Méchani-que, dans toutes les Machines, les quantités dé mouvement font toujours égales*
- C’eft de cette égalité de rapport, qu’ont les produits de ces deux quantités de mouvements, quon détermine , par des réglés fimples & sûres, le plus grand effet qu'on attend d'une Machine; car trois de ces quantités étant connues ou données, on trouve la quatrième. Si, par exemple, la forcé & le chemin de la puiflànce font donnés, Sc le chemin de la réfiftance, alors la première , la fécondé & la quatrième quantités font connues: d’où l’on trouve la troifieme , ou la force de la réfiftance* en divifant le produit des deux premières par la quatrième : le produit donne la force de la réfiftance, ou la valeur du poids mû par la Machine.
- Pour calculer les effets des Machines compofées, & connoltre les propos tîons les plus avantageufes qu’il faut leur donner, on doit confidérer Ces Machines dans l’état d'équilibre, ceft-à~dire* dans l'état où la puiflànce qui doit mouvoir le poids , ou furmonter la réfiftance, eft en équilibre avec le poids ou la réfiftance : il n'eft pas pofllble, félon la remarque d'un fovant Ecrivain fur cette matière (i), d’avoir une idée jufté de l’effet des Machines * fi 1 on n’a pas fait une étude approfondie des loix générales de l'équilibré. Les Ingénieurs de Mines font invités à fe procurer cet Ouvrage, dans lequel la théorie phyfiqud de l’Equilibre des Machines, eft jointe à celle de leur Equilibre mathématique.
- Comme toute Machine eft deftinée à fe mouvoir, on doit ainfi la Confidérer
- (0 Traité élémentaire de Méchanique » avec des notes fur pluûeurs endroits , par M. JPAbbé Boflut. Paris, 177p. Difcours préliminaire.
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- dans Tétât de mouvement ; & alors il faut avoir égard i°, à la mafle de la Machine qui fe combine avec la réfiftance qu’on doit vaincre , Sc qui doit augmenter parconféquent la puiffance ; 2% au frottement qui augmente prodigieufement ^ réfiftance, Sc qui, dans fa quantité, dépend d’une infinité de circonftances telles que la nature des furfaces qui frottent, leur grandeur , la preffion qui |es applique l’une à l’autre, leur vîteffe, la longueur du levier * auquel on peuc regarder comme appliquée la réfiftance dont il s’agit.
- Ces principes, ces loix, ces effets du mouvement, font le fujet d’un autre Ouvrage qu’il feroit utile de connoître, afin de fe mettre convenablement au fait de la Statique & de la Dynamique , qui fervent de fondement aux autres branches de la Méchanique (i).
- Parmi les Machines compofées dont on fait ufàge pour les travaux de Mines, il en eft une en particulier dont le méchanifme a befoin d’être connu , comme faifant feule une Machine compofée, dont l’effet eft très-confidérable, & étant » par cette raifon, ajoutée à d’autres Machines compofées très-fortes : c eft ce qu’on nomme en général Rouet ou Rouages•
- Des Rouages, ou Roues dentées;
- O n comprend fous le nom de Rouages, toute elpece de Machine formée pat plufieurs roues ou par d’autres pièces qui, dans leur aétion, tournent en maniéré de roues. Afin que ces roues puiffent agir les unes fur les autres , Sc fe combiner , leur circonférence ou leurs effieux font partagés en dents, au moyen de£ quelles ces roues s’engrenent les unes dans les autres, ce qui fait qu’on les nomme Roues dentées,
- Les deux roues ou pièces tournantes en maniéré de roue, font diftinguées entr’elles par deux noms différents. En général, la plus petite,des deux roues qui engrenent l’une dans l’autre, s’appelle pignon, & fes dents s’appellent des ailes ; cependant on donne ce nom plus particuliérement à la roue qui eft menée: c’eft dans ce fens qu’il faut le prendre dans tout ce que nous dirons en parlant des pignons Sc des dents, où tout ce qui fera dit de la forme des dents des roues & des ailes des pignons, doit s’entendre de ces dents Sc de ces ailes, en tant
- que la roue mene, & que le pignon eft mené.
- Quelquefois, & particuliérement dans les grandes Machines, le pignon que l’on emploie afin d’accélérer le mouvement, eft une elpece de cylindre creux , nommé pignon a lanterne, ou tout Amplement lanterne (2). Sa furface convexe n’eft point garnie de dents : elles font remplacées par des fufeaux cylindriques
- (1) Traité élémentaire de Méchanique 8c de Dynamique , par M. PAbbéBoiTut. 1763.
- (2) Ce nom de Lanterne, qui, en Méchanique, défigne une roue dans laquelle une autre roue
- engrene, eft donné aufti dans les Machines hydrauliques } à une piece particulière dont nous parlerons à fa place.
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- parallèles entr’eux, 8c difpofés a des diftances égales, de maniéré que ces intervalles forment au dedans du corps même de la lanterne , des trous dans lefquels doivent entrer les dents d'une autre roue, & que ces fufeaux produifent alors le même effet que les dents ordinaires : c'eft en quoi la lanterne différé des pignons, en ce que les dents du pignon font Taillantes, & placées au-deffus ,8c tout autour de la circonférence.
- Par le jeu de ces Machines I on juge que les différents Rouages ne font autre chofe que des treuils, dans lefquels la puiflànce agit fur la grande roue à l'aide de Ces propres dents ; ce qui tient alors lieu du cylindre, eft une roue dentée beaucoup plus petite, adaptée fur l’axe ou tige de la grande roue, de maniéré qu'elle ne peut tourner que la grande roue ne tourne aufli.
- Les dents des roues font ordinairement taillées dans leur plan, c'eft-à-dire en allant de la circonférence vers le centre ; mais il n eft pas rare d’en voir qui font taillées perpendiculairement au plan des roues : alors la roue s'appelle Roue en couronne , ou Roue de champ.
- Dans l'exécution de ces Machines, on doit faire attention à plufieurs chofes ;
- • la figure , la durée des dents 9 leur engrenage 8c la douceur du mouvement.
- On peut avoir parfaitement calculé le rapport des roues aux pignons, 8c en conféquence l’effet que doit faire telle ou telle puiflànce dans une Machine ; mais fi la figure des dents des roues & des ailes des pignons fur lefquelles elles agiflent, n’eft pas telle qu'il en réfulte un mouvement uniforme de ces pignons > c'eft-à-dire, que l’effort que font les roues pour les faire tourner, ne foit pasr ' conftamment le même, un pareil calcul n'apprendra rien du véritable effet de la Machine ; car l'effort des roues étant tantôt plus grand, tantôt plus petit, on ne pourra tabler que fur l'effet de la Machine dans le cas le plus défavantageux, effet qui fera fou vent très-difficile à connoître : de-là on voit la néceffité donc il efl: que ces dents ayent une figure convenable. Quoique les Machines où l'on emploie des roues dentées datent de plufieurs fiécles, ces confidérations avoient été entièrement négligées ; les Ouvriers chargés de cette partie de l'exécution des Machines, ne fuivoient d'autre réglé que de faire les dents des roues & les ailes des pignons, de façon que les engrenages fe fiffent avec liberté, & de maniéré à ne caufer aucun arrêt.
- Plufieurs Savants de l'Académie Royale des Sciences de Paris, M. Rœmer , premier inventeur, M. Camus, s'en font occupés. *
- Une autre chofe de grande importance , c'eft la perfeétion des engrenages f c eft-à-dire, la maniéré dont les dents d’une roue entrent dans les ailes du pignon, 8c la maniéré dont elles agiflent for fes ailes pour le faire tourner ; Ci ces engrenages ne font pas faits avec précifion, il en réfulte de grands frottements , beaucoup d'ufure , 8c quelquefois même des arrêts ; deux grands défauts qu'on doit chercher à éviter.
- L effentiel eft l'uniformité de l'aélion de la dent de la roue fur lefufeau ou for
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- V CHARBON DE TERRE
- le pignon, pour que l’engrenage ne foit ni trop fort ni trop foible, c’eft-à-dîre que la quantité dont les dents de la roue entrent dans les ailes du pignon ne foie pas trop grande ni trop petite. Dans le premier cas, les dents des roues por)j. lùjettes à quoter (i), de forte que ni la roue ni le pignon ne peuvent fe mouVoin Dans le fécond, les extrémités des ailes du pignon font fujettes à toucher & arc-bouter , lorfqu’elles fe préfentent à la dent qui doit les pouffer ; d’où il fuite très-fou vent des arrêts: il eft à propos même de remarquer que ceft le défaut le plus ordinaire des engrenages*
- Ces deux défauts ont encore un autre inconvénient , ceft qu’il eft impoflible que la roue mene le pignon uniformément ; avantage très-important dans un engrenage.
- Les engrenages font fujets à varier, for-tout à devenir plus foibles par Tufure des trous dans lefquels roulent les pivots des roues & des pignons ; mais c’eft à quoi on doit tâcher de remédier, par la dilpofition refpeélive de ces roues, qui évite les frottements le plus qu’il eft poffible, dont l’expérience feule peut apprendre la nature & les véritables loix.
- En ayant foin de grailler avec du favon noir les engrenages des roues dans les lanternes, on rend le mouvement plus doux, & on les fait durer davantage.
- Les roues dentées n’étant autre chofe que des leviers du premier genre multipliés , & qui agilîent les uns par les autres, on leur applique la théorie des leviers compofés , laquelle , par la même raifon , peut aifément s’appliquer aux roues ; en effet, par ce moyen on trouve le rapport qui doit être entre la puifo fance & le poids pour être en équilibre. La force de la roue dentée , dépend du même principe que celle de la roue fimple , qui eft, par rapport à l’autre, ce qu’un levier fimple eft à un levier compofé.
- Lorfqu’on veut élever un poids par le moyen de plufieurs roues dentées, on doit prendre les rayons des roues pour les bras des leviers qui font du côté de la puiffance, & les rayons qui font du côté du poids ou de la réfiftance ; alors dans l’état d’équilibre, la puilïànce eft au poids, comme le produit des rayons des pignons eft à celui des rayons des roues ; car on démontre que le rapport de la puilïànce au poids, eft comme le produit des rayons des pignons, au produit des rayons des roues ; en effet dans chaque roue & fon pignon la puiffance eft au poids, comme le rayon de la première roue eft au rayon du pignon.
- Ainfi chaque roue donnant ce produit, le rapport de la puilïànce au poids , fera comme le produit des pignons au produit des rayons des roues, ainfi qu’il vient d’être établi : par-là on voit combien une Machine de roues dentées, fituées perpendiculairement les unes au-deffus des autres, peut augmenter l’effort d une puiffance.
- Par cette analyfo très-foperficieile, un Maître ou un Direéleur des ouvrages>
- (ï) C’eft-à-dire, que les deux pointes des deux dents voifînes,vont toucher les deux faces oppofées des deux ailes du pignon,
- peut
- (
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- ÈT D& SES MINES. IL Mt; peut aîfément fentir Futilité des différentes Machines (impies 8c composées, qui s’ërhployent lorfqu’il s’agit de vaincre les obftacles réfultants, foit de Fair 8c des eaux ramaflees dans le fond des Minfes, foit des grandes charges de Charbon à enlever par les bures : cette partie de l’exploitation fdurniroit feule la matière d’un Ouvrage intéreflànt. Le fixieme Livre du Traité d’Agricola , ne roule que fur cet objet. J’ai fait inutilement la recherche d’un Traité fort ancien fur cette matière (i). Nous allons terminer ce fécond Article , par Fexpofé raifbnné des moyens empruntés de la Méchanique pour ces trois opérations, en commençant par les Machines relatives à Fair : nous viendrons enfuite à celles pour les eaux ; puis enfin aux Machines d’extraéiion.
- Ces trois elpeces de petits Traités * expofés de fuite , deviennent un Ouvrage prefque neuf par la forme que je leur ai donné , par le choix des détails curieux & utiles que j’ai rapprochés de chaque Machine à laquelle ils conviens nent i ils méritent, ainfi que Fefpece d’Introduétion qui les précédé $ l’attention des Ingénieurs de Mines. En leur préfentant ainfi une matière qui n’eft pas de mon reflort, j’ai eu foin de confulter fur le tout les Savants les plus diftingués qui s’occupent de cette partie des Mathématiques : indépendamment de l’attache donnée à mon Ouvrage par.MM. le Roy 8c Lavoifier, Commiflaires de l’Acadé-; mie pour cette Seconde Partie de la Defèription de l’Art d’exploiter les Mines de Charbon ? M. l’Abbé Boflut a bien voulu fe donner la peine d’examiner ce fragment de mon Ouvrage , comme MM. le Monnier,, Bézout 8c Meffier, ont eu la complaifànce de voir tout le premier Article de cette quatrième Seétion.! Je n’ai pas héfité, pour la perfection d’un travail de cette eonféquence * entre-; pris & exécuté dans le fein de l’Académie, de mettre le Public dans le cas de partager fa reconnoiflànce entre plufieurs Savants de cette Compagnie*
- (i ) Strato Lampfacaws ; ( de Lampfac ou Lampfaeo, ville de Myfîc * dans l’Afîe Mineure ; ) De jhinis metallicis,
- Charbon de Terre, IL Pari.
- C if
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- 928 DUC HA R B 0 N DE TERRE
- Généralitésphyjîques fur VA ir, appliquées aux vapeurs ou exhalaifons fouterraines , ÔC au choix des moyens propres à établir dans les Mines un libre courant d'A ir.
- Des F'apeurs fouterraines, ou de P Air des Mines , SC des phénomènes
- qui lui font ordinaires.
- Les mauvais effets de l’air retenu fans mouvement dans le fond des Mines ne font pas te qui! y a de moins embarraflant dans les travaux minéralogiques. De toute ancienneté les Ouvriers de Mines, gens groffiers, Sc qui n’ont que Tinflinél du Métier ; quelques Philofophes mêmes , leurs contemporains, dépourvus des lumières de la Phyfique, ont attribué les effets nuifibles & deftruc-teurs de cet air fouterrain, à de mauvais génies qu'ils ont cru fréquenter ou habiterles fouterrains de Mines. A la faveur de refprit vifionnaire dès Ouvriers, ces fpeélres, auflî chimériques que le phantôme qui troubla Caffius à la bataille de Philippe, ont été vivifiés ; ils ont enfuite été décrits & défignés par des dénominations particulières. Agricola, dans fon Livre de animantibus fubterraneis, compofé dès l’année ijfjo , fait de ces follets malins, devant leur exiftence aux idées des Mineurs, une mention expreffe (i); abftraétion faite de tout ce qui doit être regardé dans l’énoncé du Philofophe comme pure imagination des Ouvriers, on y reconnoît bien diftinélement la nature fubtile & très-déliée des deux elpeces de Moffettes des Mines, auxquels le réduifent ces gnomes perfonnifiés par les Mineurs Allemands : voyez page 3 3 , /e. Part. de cet Ouvrage.
- Lorfque, par exemple, il y eft dit qu’à Anneberg (2) , un de ces génies tua de fon feulfouffie plus de douane Ouvriers, on n’apperçoit pas de différence entre ce follet & le b ad air, foui air, common Damp des Anglois , le ftink des Mineurs de Newcaftle , le crowin ou fouma des Liégeois ; ce mauvais brouillard nommé auffi dans Agricola Vergifte lufty $chwadent gravis halitus, ôte fulage de la voix, produit une irritation incommode dans l’œfophage & dans les yeux, des bourdonnements d’oreilles, des palpitations de cœur, & va quelquefois jufqu’à fuffoquer. Cette vapeur immilcible à l’eau (3) éteint la lumière fans s’y enflam-
- ( 1 ) Il n’eft venu dans l’idée d’aucune per-fonne raifonnable, de reprocher à cet Auteur de n’avoir pas penfé fur cela différemment des Ouvriers de Mine. Tout le monde fait combien il s’eft paffé de temps, dans beaucoup dé pays , avant que l’efprit de lumière & de philofophie ait difîïpé des opinions non moins bizarres fur des objets de cette nature. On fe fouviendra toujours avec étonnement, que ce n’a été que vers la fin du fiecle dernier , en 1672 , qu’on s’eft dépouille en France de la crédulité aveugle fur l’exiftence des Sorciers ; & il n’y a pas fi long-tems qu’en Allemagne les Vampires n’exiftent plus que dans l’idée d’une portion du peuple.
- (2) Quelques-uns difent Saint-Annenberg, ou
- Saint-Annæberg , c’eft-à-dire, Mont Ste. Anne} c’eft une petite ville d’Allemagne en Mifnie * dans la hautc-Saxe, près de la Bohême, autrefois nommée Schreckemberg, qui lignifie la montagne de Fépouvante ou la montagne effrayante, près un bain d’eau chaude appellé Bain de Sophie ou Bain du Saint homme Job. Anciennement les gens de Mines avoient dans cette ville une Chapelle , où le fervice ne fe fait plus depuis 1© changement de religion arrivé dans cet endroit en 1J27.
- ( 3 ) M. Genneté affure à plufieurs reprifes, pages 7, 10 fir 144 , que l’eau qui a féjourné dans les Bagnes # s’allume en jailliffant à la lumière des lampes. Selon le même Ecrivain, ce
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- mer i Sc ces différents effets varies ou modifies félon differentes circonflatices * font auffi prompts que fâcheux: il en eft fait mention dans cet Auteur, Liv. VL
- Si Ton vient à comparer ce qui eft rapporté au même endroit , d’un de ces génies , qui, à Schnecberg (i), dans la Mine d’argent appellée Géorgienne , autrement dit Mine de George, enleva avec impétuoflté un Ouvrier au haut des ouvrages : on trouvera que c eft le même météore fulminant par lequel le jeune Dobby-lech fut fi fort maltraité dans les montagnes de Hafleberg, ou il eut les bras & les jambes rompus * & tout le corps difloqué. L’explofion de ce mauvais brouillard, eft foüvent accompagnée de feu ; & à cela près que ce feu ne fond pas le fer & l’acier, comme l’avance M. Genneté, ( An. Il ypag. 7 ) le danger de cette vapeur Sc fes ravages * font confîdérables.
- Ce qui achevé de completter la conformité entre ces génies prétendus, & les deux météores aériens ordinaires dans les Mines * c eft la matière épaiffe dont le follet de la première fe trouve enveloppé ; ce voile ( de la nature de la pellicule qui fe trouve quelquefois fùr la furface de l’eau après la chûte du brouillard* quand il eft mêlé d’exhalaifons ) eft la feule chofè apperçue clairement par les Ouvriers expofés à être tués dans les Mines par le fouma, ou à être emportés dehors par le feu grieux ; le gnôme * dérobé à leurs yeux par ce nuage, n’eft qu’une explication, à leur maniéré* des effets violents qu’ils en éprouvent.
- Une des propriétés les plus fingulieres de la vapeur fulminante, c’eft celle de pouvoir être ramaffée & enfermée comme toute efpece de fluide * Sc tranf-portée où l’on veut, fans rien perdre de fà difpofition à l’inflammabilité. Voyez page 403.
- Dans le grand nombre de pays dont le fol renferme des Mines ou carrières de Charbon terre * il n’en eft pas où les Savants fe foient autant occupés que ceux de l’Angleterre à examiner les phénomènes de ces exhalaifons fouterraines. Le Journal Etranger du mois d’Avril 1758 * contient une obfervation très-curieufe fur les différents périodes de l’accroiffement du Glop Damp * ou de la vapeur formée en globe, qui eft en même temps fulminante. Quoiqu’elle n’appartienne pas aux Mines de Charbon* elle nous a paru mériter d’être inférée ici5 en voici la teneur.
- Le Surintendant d’une Mme d’étain en Cornouaille * apperçut au niveau du fond de la Mine, dans un Coin qui étoit épuifé, un petit globule de vapeur blanche : elle étoit du volume d’une noix , & s’agitoit fur la furface ; on jugeai
- mélange croupiffant d air, d’eau ôc de débris de Houille pendant des 30 a 40 ans , dans les vides laiffes après l’extradion du Charbon , eft aufti inflammable que la poudre à canon, Ôc à peu-près autant que la matière du tonnerre. Ces allégations font deftituées de tout fondement,
- & l’Auteur fe trouve en contradiction avec ce qu’il avance ailleurs. Il a oublié , page 123 , ce qu’il dit de cet amas infed & deftrudeur; il y ! fubftitue une reproduction prefque complette |
- de Houille , dans le même efpace de 30 ou 43 ans. Les vifites des Areines, qui fe font régulièrement à Liége^ depuis des ficelés,feroiènt bien propres à vérifier ce phénomène, auquel M. Genneté prétend que les Houilleurs font habitués: jamais on n’a trouvé dans c es fouterrains le moindre figne^de cette réprodudion.
- (1) Lettre de Martin Lifter, Tranfadions PI% lofophiques* An. i6^ytArtiVL^9. *17,
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- que c étoit le commencement d’une exhalaifon. Peu de jours après, on vit un autre globule. Le Surintendant curieux de fuivre le progrès de la nature dans la formation de ce météore, defcendoit tous les jours dans la Mine : il vjt j0 corps nébuleux toujours flottant, & toujours augmentant de volume. LeqUa^ trieme jour, il étoit de la grofleur d’une balle de paume ; le quinzième il avoit acquis celle de la tête d’un homme, toujours d’une forme globuleufe ; fa couleur étoit plus blanche qu’au commencement. Ce qu’il y a de remarquable , c’eft que ce corps, à mefure qu’il grofliflbit, au lieu de plonger en-bas, s’élevoie davantage en-haut : au refte comme il étoit dans un coin , par conféquent hors du chemin où pafloient les Ouvriers, & qu’il n’incommodoit perfbnne, on le laiffa quelque temps. Cependant l’Entrepreneur effrayé du progrès qu’il faifoit, fe mît en devoir de le difliper en prenant les précautions convenables , & faijfànt retirer les Ouvriers. Ayant attaché une lumière à une corde dont la communia cation avoit 28 verges de long, il y porta le feu ; l’explofion qui en réfultai fut aufîi confidérable que celle de plufieurs canons faifimt feu enfemble ; le bruit, au haut du pafîàge de la Mine, où s’étoit retiré l’Entrepreneur, parut plus confidérable que ne le feroit une décharge de 1000 canons à la fois; l’air s’enflamma jufqu’à l’endroit même où étoient les Ouvriers : il fortit dans le moment de l’explofion , hors de la Mine, une colonne de feu couleur de fidpêtre, qui s’éleva à la hauteur de 40 pieds. L’expérience eut pour la Mine le plus heureux fuccès : elle fut délivrée de ce météore périlleux ; mais le volume de i’incendie extérieur n’avoit pu être prévu par le Surintendant: il fe trouva malheureufè-ment dans le voifinage une chaumière fur laquelle le feu tomba; elle fut écra-fée, le Propriétaire tué, & toute la famille eftropiée.
- On connoît plufieurs Mines dans lefquelles le feu grieux fe conferve depuis long-temps; nous en avons cité quelques-unes.Dans la Mine deMulheim (1) fur Roer, près de Doësbourg ; l’odeur de la fumée qui accompagne ce feu, reffem*. ble à celle de la poudre à canon enflammée.
- Nous ne nous arrêterons pas ici au moyen d’éteindre Sc d’arrêter le feu lorfi qu/il s’empare des ouvrages ; on prétend qu’on a été quelquefois obligé alors de faire traverfer un grand courant d’eau dans la Houillère. Cet expédient eft infaillible ; mais pour l’employer, il faut ignorer les dommages, les difficultés, l’impoflibilité même, & l’inutilité de xhorrer & d’ajjenier une Mine fubmergée* L’expérience apprend que les fouterrains en deviennent à jamais impraticables; & ce feroit en général peine perdue de reprendre l’exploitation d’une Mine qui auroit été fecourue de cette maniéré. Ce moyen, indifcrétement projette il y a plus de quinze ans , pour la Mine de Charbon de S. Genis-terre-noire (2)> a ete auffi légèrement adopté & pratiqué par un Ingénieur mandé fur les lieux â cette occafion (3) ; Sc c’eft avec raifbn que M. Genneté, page 13 de fon Ouvrage, a
- (1) Mulheim, proche du Rhin, à une lieue au-deffous de Cologne.
- (2) Voyez Thiftoire que j’ai donnée de cette
- Mine, pag.f 02,
- (3) Gazette de France du 27 Décembre 1715'
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- relevé ce fait, qui a eu trop de publicité pour que je néglige d’en faire mention ici en paflànt.
- Si Ton veut uniquement ( & cela efl naturel) en appeller fur cela à l’expérience des endroits où, depuis des fiecles, il s’exploite une grande quantité de Mines, le pays de Liege eft celui où il faut aller chercher des leçons & des exemples, Il n eft pas rare que le feu prenne dans les Houillieres, malgré la diftri-bution intelligente donnée aux routes fouterraines, malgré la pofition avanta-geufe des burtays, & fafle périr quelquefois des Ouvriers ; mais en fermant l’entrée du bure, le feu s’étouffe fouvent en peu de temps, & s’éteint fans faire de ravages,fins même avoir brûlé aucune partie des bois des ouvrages. On ne cite àLiege l’exemple que d’un feul endroit où le feu de la Mine ait brûlé f & fe foit fait jour à la fortie du bure: on le voit dans une petite montagne à côté & dépendante d’un terrein faifimt partie du jardin du Prélat du Val-Saint-Lambert, fur lequel eft établi un belveder : voyez page 3 6. La terre & les rochers fuperficiels de ce monticule * font fendus de lézardes, que la tradition veut être provenues d’un feu fouterrain.
- A chaque pays où nous avons parlé de l’air & des différentes vapeurs de Mines, nous avons rapporté la plus grande partie de ce que les Houilleurs avancent fur cet objet. Nous avons fait remarquer, Art,. II 3pag. 38, de la première Partie , que quelques-uns de ces dires, paroifïent être en oppofition les uns aux autres ; c’eft une raifon de plus pour ne pas leur refulèr de l’attention. Ces dires ne peuvent être fondés que fur des faits auxquels il ne manque qu’un éclairciffement ; c’eft l’affaire des Phyficiens à portée d’obferver les chofes par eux-mêmes, & de les conftater : eux feuls font fufceptibles de cette attention néceffaire qui ne peut être que l’effet du goût, & une fuite du plaiflr que l’on prend à approfondir un fait. Nous allons donc raffembler ici quelques-unes de ces différentes remarques: elles formeront des efpeces de matériaux intéreflants pour chercher l’enchaînement qui lie ces faits les uns aux autres, & aux circonf; tances qui y apportent des variétés.
- Les principaux points d’obfervation à faire fur le courant naturel de l’air dans les Mines, peuvent être réduits aux fuivants , fixés par différents Auteurs.
- Agricola, dans fon cinquième Livre >page 82, remarque que l’air extérieur fe répand de lui-même dans les ouvertures faites en terre ; 8c lorfqu’il peut y pénétrer, il s’en retourne de nouveau en dehors (1) ; mais ce courant parole dépendre de plufieurs circonftances, 8c entr’autres des differentes températures de l’air, qui diftinguent les quatre faifons de l’année. Dans la fàifon du prin- ' temps & dans celle d’été, il vient fe rendre dans le puits le plus profond, 8c delà traverfe le fouterrain, 8c fort par le puits le moins profond. Dans ces mêmes faifons* l’air s’engage dans la gailerie la plus profonde, &fe répand par le puits
- (1) On a obfervé dans quelques Mines, que cet air forçant parla bouche du puits, eft aulïi froid ’ gue quand il gele.
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- d’entre-deux, dans la gallerie la plus profonde, & en reffort ; dans l’automne au contraire , & dans l’hiver, il entre par le puits & par la galerie la moins élevée, & fort par le plus profond : d’où vient que félon les temps ou U, fai. fons on ferme l’un ou l’autre bure, lorfqu’ils fe renvoient lair de 1 un a tre ce qui s’appelle au pays de Liege, Tibet. Dans les pays tempérés, ce chat* Sement de courant d’air fe fait au commencement du printemps & à la fin de f automne ; & dans les pays froids, à la fin du printemps & au commencement de l’automne ; mais dans l’une ou l’autre de ces fatfons, il fe paffe toujours une quinzaine de jours en variations & en inftabilité dans cette marche avant qu’elle foitfixe ; l’air paffe tantôt dans le puits ou dans la galerie la plus profonde, tantôt dans le puits ou la galerie qui 1 eft moins (i).
- Tant que l’air eft fec , ces vapeurs ne montent pas; au contraire , elles ref-tentdans la partie la plus baffe du puits, qui en paroît rempli, dans une moindre ou dans une plus grande étendue.
- Quand le temps devient pluvieux, le mouvement Sc la quantité de ces vapeurs augmentent, & non-feulement on les voit monter jufqu au bord du puits, mais encore elles en fortent & s’élèvent au-deflus fous une forme nébuleufe : d’où il s’enfuit que cette vapeur eft, félon les variations de l’air, fpécifiquement plus pefante ou plus légère. Cette différence de température de l’air fouterrain avec l’air extérieur, fuivant les faifons, eft une des circonftances importantes à
- remarquer. , 0
- Il paroît auffi qu’il y a quelque rapport entre les vapeurs de Mines & les eaux
- qui s’y rencontrent toujours. Ces exhalaifons font plus communes & plus fortes dans les Mines, toutes les fois qu’il y a affez d’eau pour couvrir le fond des
- pahages.
- D’après les remarques du nommé (2) Jean-Gille, expert dans le travail des Mines, toutes les fois que les Mineurs trouvent de l’eau I une certaine profondeur fous terre , ils ne manquent jamais d’air ou de vent ; mais s’ils manquent d’eau, ce qui leur arrive quelquefois à 10 ou 12 braffes de profondeur, ils font privés de l’air néceffaire pour leur refpiration ou pour leurs chandelles • ceft du moins l’obfervation des Ouvriers des Mines de Cornouaille.
- Lorfqu’ils trouvent dans une Mine profonde beaucoup d’eau froide & Gagnante , ils ont coutume de s en debarrafîer par un conduit qu’ils pratiquent; & auffi-tôt que cette eau commence à couler, ils font en grand danger d’être mis en pièces contre les bords de ce conduit; l’air qui étoit renfermé dans cette eau dormante, fort avec le même bruit que feroit un coup de canon, & avec tant de violence, qu’il emporte tout, & qu’il ébranle les rochers bien ayant dans le
- canal qui lui fert de conduite.
- *
- (1) Feu M. Jars a fait la même remarque dans la Mine de cuivre de Cheflÿ, en Lyonnois : il rapporte que le courant d’air qui s’établit en été dans les galeries, a une dire&ion abfolument op-
- pofée à celle du courant qui a lieu dans l’hiver.
- (2) Communiquées à M. Colpreffe, Tranfafi* PhilofopL An* 1667
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- Cette obfervation doit être rapprochée de celie de M. Triewald, avec laquelle êll'e k rapporte finguliérement.
- Il a remarqué i°. que cp mauvais air le trouve principalement dans les Mines fituéès de façon que l'eau qui a voit d'abord eu fon cours dans les fentes, en avoit été entièrement déchargée par un aqueduc, & avoit été remplacée enfuite par Pair, qui avoit perdu ( ainfi que celui mêlé dans les fources ) toute communication avec l'air libre & le mouvement.
- Il prétend 20. avoir remarqué que dans les anciennes Mines abandonnées, & ou les eaux des ouvrages les plus profonds ont remonté jufqu'à la furface du jour, où par conféquent elles ont retenu l'air dans les vides réfultants de l'extraction du Charbon ; cet air* quand on vient à reprendre les travaux au pied de la veine, fe trouve tellement chargé de vapeurs acides & fulphureufes, que Venant à r'ouvrir le puits & à en épuifer l'eau par les Machines à feu & à air, cette vapeur caufa fubitement la mort à un Ouvrier, & auroit produit d'autres accidents , fans l'expédient qu'il employa depuis, des fourneaux a feu.
- Nous terminons ce ré fumé par faire remarquer iô. que l'air des Mines ne communique avec le, relie de l’atmolphere , que par une ouverture très-étroite j 2°. que l'air contenu dans ces fouterrains , efl: chargé plus ou moins d'humidité, de vapeurs ; qu'en conféquence il efl plus pelant que l'air de l'atmofphere ; qu'il tend donc, comme on le voit communément, à occuper la partie baffe > & à ftagner néceflàirement dans l’intérieur de la Mine ; le contraire qui s'ob-ferve dans quelques Mines où cette exhalailbn gagne le ciel des galleries fous la forme de globe, (y°Y* PaS933 & 402) P^0^ tenir à l'étendue des fouterrains en largeur en hauteur ; 30. que la diftribution même des galeries, peut entretenir de plus en plus l'air dans cet état de ftagnation ; 40. enfin que dans une Mine qui n’ell pas fuffilàmment aérée* par les puits d'airage ou d'extraélion, le mauvais air s y trouve quand certains vents foufflent à l'extérieur ; que cela ne provient pas néanmoins du vent, mais de la fituation de la Mine, & de la fituation du puits à l'égard du jour, des collines & des vallons, & principalement du défaut des moyens propres à produire un renouvellement d'air : aufïî les Ouvriers, dans ces endroits, avant de defcendre dans le puits, ont foin d'examiner d'où vient le vent. Voyez page 264.
- Une forte de routine a long-temps foppléé aux lumières de la Phyfique, pour vaincre ou pour diminuer les obftacles qu'apporte au fuccès des travaux de Mines, l'air qui y féjourne. Agricola, dans lequel on trouve prefque tout ce qu'il y a à dire fur la pratique de l'exploitation , décrit des Machines qui rem-plifloient leur objet ; j'en ferai connoître quelques-unes. La fcience des caufes naturelles & de leurs effets , perfectionnée depuis par le fecours de 1 obferva-, tion & des expériences , a réduit en véritables principes , les moyens de travailler les Mines avec le moins de danger poffible de la part de lair & de la part des eaux. Le fuccès , à cet égard % ne permet pas de douter
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- que la phyfique de l’air tient à la fcience d’exploiter : les notions auxquelles nous fournies obligés de nous reftreindre ici fur cet objet, ne peuvent être que les plus générales ; mais elles feront allez préçifes pour laiiïèr entreyoiç à un Directeur de Mines, qu’il peut en déduire de^vues propres à fe Con^ duire convenablement pour le changement d’air ; à juger félon les cas quel do^ être le meilleur moyen, & à imaginer félon les circonftances, félon le local des expédients particuliers, qui, en corrigeant les effets dangereux ou incommodes de l’air, abrègent les travaux de l’exploitation, en diminuent les dép^ fes, facilitent la pourfuite des ouvrages, &c.
- C’eft aufii ce qui a fervi de bafe générale aux différentes théories propofée$ par M. Triewald, & depuis lui, par feu M. Jars , de l’Académie des Sciences de Paris. Nous donnerons place aux Ouvrages de ces deux Savants, dans l’expofé qui va fuivre, de tous les moyens employés pour l’airage des Mines.
- Des .Propriétés & des qualités de U Air en général*
- VA iReft une matière fluide, qui, à fa fubtilité près, peut être comparée à Peau : elle en a la pefanteur, pénétré de même dans les ouvertures les plus pro-* fondes de la terre 9 & eft fojette aux mêmes réglés de Y Hydroftatique (i).
- Sa fluidité , fà gravité & fon élaflicité , font ce qu’on appelle fes propriétés; parce qu’elles lui font propres , c’eft-à-dire , qu’elles réfldent conflamment & eflentiellement dans toute une maffe d’air , & dans chacune de fes parties , de maniéré qu’elles conftituent la nature de l’air. Ces propriétés de l’air doivent, comme on le voit, être diftinguées de ce qu’on appelle fes qualités ; j’entends par cette expreflion la chaleur, la froideur , la féchereflè, l’humidité, qui peu-: vent bien être combinées accidentellement & paflàgérement avec les propriétés de l’air, mais qui, prifes dans le fens vulgaire, ne font point conflamment inhérentes au tout ni aux parties de l’air.
- En commençant par les propriétés de l’air, celles qu’on doit y confîdérer," font fa gravité & (on expanfibilité : elles font égales en force, âc fervent dans l’hydraulique à expliquer beaucoup de faits.
- Son exaéle gravité fpécifique (2) ne fauroit être déterminée : elle varie â rai-fon des parties pelantes dont il fera plus ou moins chargé dans un temps ou dans un endroit que dans d’autres, ou félon qu’à l’occafion de courants d’air, de vents, il s’amaflèra plus dans un lieu que dans un autre.
- L’air a cette propriété commune à tous les fluides, que fon poids ou fàpreflîon agit comme celui de l’eau, en ligne perpendiculaire, en raifon de la hauteur de
- (1) Partie de la Méchanique qui s’occupe des recherches néceffaires pour déterminer les conditions de l’équilibre entre les fluides.
- ( 2 ) La pefanteur fpécifique d’une matière quelconque, eft la pefanteur atfcfolue d’un volume connu de cette matière,
- fa
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- là colonne (1) : de--là il arrive qu en portant dans une Mine un Barotnetrc de mercure, ce fluide s’y éleve à mefure qu’on defcend, ce qui prouve que plus la colonne d’air qui preffe fur le mercure eft haute, plus elle pefe & plus elle preffe le mercure. /
- Ce fait a été vérifié , comme Ta remarqué M. Trîewald (2), par plufieurs expériences des Savants du premier ordre , tels que Rohaut, Mariotte, Cafîini, de la Hire, Caflîni le jeune, Picard, Scheuzer Sc autres, qui ont marqué les hauteurs du Baromètre à la bafe Sc fur le fbmmet des montagnes , des tours, &c. Il réfulte de même de femblables expériences faites dans les Mines en pays étrangers , par les Profefleurs Celfius & Vailerius, des différences fenfibies Sc très-remarquables dans la pefànteur de Pair qui a pénétré en terre, que cette pefanteur eft à raifon des différentes profondeurs. Dans une plus grande profondeur , par exemple , on obferve qu’il eft plus pelant que dans une moindre, Sc que plus il eft profond, plus il eü condenfé (3) , & plus, par conféquent Il a de relfort : il s’enfuit que s’il vient à être renforcé par la chaleur foutes raine, il eft capable d’effets prodigieux.
- Ces expériences prouvent encore que dans le froid, l’air fe condenlè, le refferre Sc augmente de poids ; que dans la chaleur il fe raréfie, c’eft-à-dire , qu’il s’étend, fe dilate , Sc augmente de volume, de maniéré que l’augmentation du reflort de l’air, fuit fa condenfatîon & la diminution de Ion volume.
- L’elpece particulière d’élafticité ou d’expanfibilité, Sc la propriété comprejfible de l’air , font encore plus marquées que fà pefànteur ; c’eft-à-dire, que les parties dont il eft compofé, font capables d’occuper un efpace plus petit lorfqu’oft les comprime, Sc de fe dilater ou reprendre leur premier état, quand la caufe qui les réduifoit à un petit volume, ceffe ; de maniéré que ces deux termes oppofés ^ l’expanfibilité qui n’eft autre chofè qu’une tendance à occuper un efpace plus grand , & la compreflîbilité qui s’en fuit, n’expriment que deux effets néceftaires d’une propriété unique , l’expanfibilité , ou la force répulfive.
- Il fe comprime en des efpaces proportionnels au poids dont il eft chargé, Sc s’étend de nouveau à proportion que la force compreflive eft ôtée ; plus cette compreflion eft grande, plus grande eft fà denfité (4) ; fes parties ont le pouvoir
- (î) Le poids d'une colonne â'àir, ( les diamètres étant fuppofès les mêmes ) eft égal à une colonne de mercure de pouces à 3O7.
- (2) Defcription de tous les moyens de procurer un bon & fuffifant changement d’air dans les Mines de Charbon de terre. Art, VIL Mémoires de l’Acad. de Stockolm. An, 1740, TomI, pag. 444.
- (3 ) Condenfatîon , fignifie réduction à un moin-. dre efpace. Par ce mot on entend, en Phyftque , le ré-trécijfement que caufe le froid à un corps, en lui fai-fant occuper un efpace plus étroit ; ce terme eft fur-tout fort en ufage dans VAréométrie , par rapport à Vair que Von condenfe très-aifément.
- (4) La malTe & le nombre des parties maté-
- . Charbon de Terre. IL Part.
- rielles d’un corps, dépend de fon volume, & de ce qu’on appelle fa denfité. Comme les corps font pénétrés d’un très-grand nombre de vides, qu’on appelle pores, leur quantité de matière n’eft pas proportionnelle à leur volume ; mais fous le même volume il y a d’autant plus de matière , que les parties font plus ferrées ; 6c c’eft: cette plus ou moins grande proximité des parties , qu’on nomme denfité : en forte qu on dit, un tel corps eft plus denfe qu'un tel autre corps, auquel on le compare, lorfqu’â volume égal, U renferme plus de matière que ce dernier : on dît ait contraire qu’il eft moins denfe ou plus rare9 lorfqu’â volume égal, il renferme moins de matière ; ceux des corps qui ont la même denfité
- En
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- de fe repoufler Sc. de s’écarter les unes des autres , fuite de leur élaftl-
- cité (i).
- L’air ne perd jamais de lui-même £bn élafticité, quoicju il ne 1 eXerce qUe lorfqu’il eft réduic en mafle.
- Quant à la compreflibilité, il faut auflî qu’elle ait certaines bornes, ainfi ç^e la rareté Sc la denfité: elle fàuroit aller au-delà de la quantité d’eau & autres fubftances incompreflibles renfermées dans l’air.
- Il y a quelque chofe de très-difficile à entendre dans la gravité Sc dans l’élaf, ticité de l’air ; car il ne pefe rien lui-même.
- Sa denfité augmente en raifon direéle de là compreflîon, Sc par conféquent â mefure qu’on approchera de la furface de la terre , à caufe de la plus grande hauteur de fa colonne.
- L’air s’étendra au contraire, Sc deviendra plus rare en vertu de fon élafticité, à proportion qu’on montera plus haut. Les parties fupérieures de l’air font toujours beaucoup plus raréfiées que les parties inférieures.
- L’air eft donc différent, c’eft-à-dire, affeéte différemment, félon qu’il eft plus ou moins élaftique, félon qu’il eft chargé de parties plus ou moins fubdles, comme de vapeurs animales, végétales , fulphureufes , qui le changent & le dénaturent, ou félon qu’il eft plus ou moins chaud, froid, fec, humide ; c’eft ce que je nomme qualités de l’air , lefquelles peuvent être paflageres ou locales Sc variables.
- Parmi les mélanges qui détruifent une partie de fon reflort, les vapeurs ani~ males, telles que les exhalaifons du corps humain, des chandelles, vapeurs fulphureufes, tiennent le premier rang: l’air, échauffé par ces exhalaifons, n’eft plus propre aux fondions animales; les exhalaifons des parties affluentes de tous les corps , Sc qui demeurent fufpendues en l’air, en augmentent la pefan-teur : l’air humide, ceft-à-dire, furchargé de vapeurs, affoiblit l’élafticité de l’air.
- M. Triewald croit être autorifé, par ce qu’il a obfervé, Sc dont nous avons fait mention page y 33 , à penfer que les vapeurs humides font contracter à l’air des Mines, une qualité auffi nuifible que les vapeurs acides & fulphureufes.
- Il inféré de fà première obfèrvation, que l’air s’altere comme l’eau qui a croupi Sc s’eft chargée de vapeurs nuifibles, attendu que ce mauvais air fe trouve rarement dans les Minetf, dont les eaux s’épuifent par le moyen des réfervoirs, dans lefquels on ne les laifïc pas long-temps féjourner, Sc d’où on les tire par des machines.
- dans toutes leurs parties, font appelles homogènes ; & ils font dits hétérogènes, fi leurs parties ont différentes denfités.
- (1) Il ne faut pi ’nt, rigoureufement parlant, confondre la comprefjion avec la conienfation , quoique dans l’ufage ces mots fe confondent affez fouvent. CompreJJion eft proprement l’aftion
- d’une force qui preffe un corps, foit qu’elle le réduife en un moindre volume, ou non ; conden-fation, eft l’état d’un corps , qui, par l’aâion de quelque force, eft réduit à un moindre volume. Ainfi ces deux mots expriment l’un la force , l’autre l’effet qu’elle produit , ou qu’elle tend à produire.
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- Le froid & le chaud dilatent ou compriment lair , 8c en changent par confie-quent la pefanteur*
- Le froid augmente l’élafticité de lair en augmentant fa denfîté, à laquelle la force élaftique eft proportionnelle. Dans les gelées, tous les ingrédients de l’air different confidérablement : voilà pourquoi le brouillard eft plus fréquent en hiver que dans aucun autre temps , parce que le froid de l’atmofphere condenfè très-promptement les vapeurs 8c les exhalaifons.
- La chaleur augmente auffi le reffort de l'air, mais feulement lorfqu'elle ne peut augmenter fon volume, ou l'augmenter fuffifàmment.
- L'air d’été différé encore confidérablement de celui d’hiver, à raifon des exhalaifons végétales qui s’y mêlent. La vapeur obfèrvée dans les Mines d’un© Province d’Angleterre (1), & qu’ils appellent fleur de Pois, n’a lieu que dans
- rété.
- Des Inflruments propres a déterminer les différents changements qui arrivent à U Air 9 conjidéré comme corps a reffort, ou comme pefantf - & fes degrés de température.
- L'avantage du Baromètre pour juger par la hauteur à laquelle le mercure refte fufpendu dans le tube , la prefîion que l’air exerce fur la furface des corps, veft auflî démontré que l’utilité du Thermomètre, pour connoître , ou plutôt pour mefiirer les degrés de chaleur & de froid dans les Mines , en certains temps , en certains lieux.
- Des Baromètres.
- Les Baromètres inventés pour le premier objet, font ou fîmples , c'eft-à-dire, chargés uniquement de mercure, ou bien ils font doubles , c’eft-à-dire , que outre le mercure, on y emploie encore une fécondé liqueur, qui eft ordinairement de l’huile de tartre , à laquelle on a donné une teinture.
- Les Baromètres fîmples ont cet inconvénient, que leur'hauteur moyenne étant le plus ordinairement de 27 pouces 6 lignes, l’étendue de leur mouvement eft fort médiocre ; les différences qu’ils donnent font en conféquence bien moins fenfîbles que celles des Baromètres doubles. Il n’y a autre chofe à faire , pour éviter l’erreur, lorfqu’on les emploie, que de donner une table de correction , qui montre les quantités proportionnelles dont la chaleur fait allonger la colonne de mercure de l’hiver à l’été, & retrancher en conféquence des hauteurs indiquées par le Baromètre.
- En voulant mefiirer avec cet inftrument la pefanteur de l’atmofphere, fes variations, la profondeur des fouterrains, un Direéteur de Mines doit être inf-* truit de quelques circonftances effentieiles.
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- (1) En Derbishire. Voyez page 32.
- (2) Mémoires de l’Académie Royale des Sciences, An, 1704, p. 37I#
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- 93g DU CHARBON DE TERRE
- U doit fur-tout faire attention à la différence qui doit réfulter dans [e mouvez ment du mercure dans cet inftrument, félon les différents diamètres dss tubes 1 2 3 & félon les méthodes différentes qui ont été obfervées pour les charge ; ces trois circonftances influent finguliérement fur l’exaélitutle de ttnftrurï^ , comme Ta démontréM. le Cardinal de Luynes, dans un Mémoire fur ce fujet .
- donc nous invitons à prendre connoiffance, fi l’on peut en avoir la facilité Il eft encore à obferyer que le Baromètre indique uniquement le poids de Ja colonne de cet air grofîîer, qui ne fàuroit pafler à travers les pores du tube & du mercure, & nullement le poids abfolu de toute la colonne d’air en général, ou de tel autre fluide qui ne fait pas moins partie de l’atmofphere terreftre, que cet air greffier.
- A l’égard de la hauteur à laquelle monte le mercure , il eft de fait qu’il ne fe foutient pas conftamment à la même hauteur dans un même lieu ; cela varie félon que la compreflion occafionnée ou par le poids, ou par le reflbrt de l’air, augmente ou diminue ; ainfi le reffort de l’air pouvant augmenter ou diminuer par la chaleur ou par le froid, on ne doit pas attribuer les variations du mercure dans le Baromètre , uniquement aux changements du poids de l’air (3).
- Enfin les variations du Baromètre ne font fenfibles qu’à des changements de hauteur de quelques toifes. M. de la Hire pere a trouvé, par des expériences répétées en différents temps à fObfervatoire, qu’une ligne de mercure répondoit à 12 toifes 2 pieds & 2 tiers. M. Bézout évalue en gros 12 toifes de différence de hauteur, à une ligne de différence dans le Baromètre.
- Il eft particuliérement effentiel de fe rappeller que les expériences Barométriques font voir que les mêmes différences de hauteur de mercure , répondent aune même hauteur perpendiculaire, foit que ce foit fur une montagne, ou que ce foit en terre, & même dans des Mines affez profondes, où l’on auroit pu foupçonner que les vapeurs qui y font en grande quantité , auroient rendu une partie de l’atmofphere plus pefante, quune partie qui lui auroit été égale hors de terre.
- Depuis quelques années on a imaginé des Baromètres portatifs, dans lefquels on rend la colonne de mercure immobile , quand on veut tranfporter i’inftru-ment, & qui peuvent fou tenir toutes fortes de fituations fans fe déranger. Nous indiquons ici les plus connus (4).
- (1) Olfervations fur le mouvement du mercure dans les Baromètres, &c. Mémoires de VAcadémie des Sciences. An. 1768, pag. 247.
- (2) M. CaJJîni le fils, en 170J , a auffi donné une Table très - intérejjdnte de la hauteur de l'air, qui répond à la hauteur du mercure dans le Baromètre. Voye\ le volume des Mémoires de VAcadémie de cette année, pag. 61.
- (3) Il fait des expériences rapportées par M. Amontons, dans fon Mémoire, i°. que le poids du mercure eft à celui del’efprit-de-vin, en maflfe égale, environ comme 16^ à 23 quand on n’é-
- prouve ni un grand froid ni un grand chaud; 2°. qu’en France , dans les grands froids, le poids du mercure eft à celui de 1 efprit-de* vin, comme 16 à 1.
- (4) Celui de l’invention de M. Brifton, de l'Académie des Sciences. Voyez le volume des Mémoires , pour l'année 175:5. Hiftoire ,pag* *4°.
- Celui perfectionné par M. Boistilîandeau , Correfpondant de l’Académie des Sciences. Voy. le volume des Mémoires. An. *75“8* Hiftoire, page 105.
- Celui du fieur André Bourbon ; il a foutenu
- Des
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- ET DE SES MINES. î htxnt*
- Des Thermomètres*
- Pour ce qui eft des Thermomètres, ceux dont on eft dans te Cas de fe fervir j fe trouvant fouvent conftruits félon différentes méthodes , qu'il Faut alors ré-, duire en degrés des autres Thermomètres dont on veut connoîtré les obferva-. dons comparées, nous donnerons ici la Table fuivante, qui eft fort utile : on f trouvera d'un coup d'œil tous ces différents rapports. L'Auteur dont nous rempruntons (i), a choifi la proportion des degrés de tous les Thermomètres connus , avec celui de feu M, de Réaumür, qui eft le plus adopté en France* Cette Table indique auffi le degré de chacun de ces Thermomètres, qui répond au terme de la congélation fixé par cet Académicienè
- Table comparé’e des degrés des Thermomètres les plus connus $ avec le Thermomètre de M* de Réaumuf*
- Noms des Thermomètres. Rapport avec celui de AI* de Riaumur. Terme de la Congélation.
- Degrés. R. Degrés.
- Delifle t i$o
- Fahrenheit. ......... i* 32
- Hauksbée S 2 77
- Celfius ôc Çhriftin . . . . 4 »
- Barusdorf ou Lange 20 : 1 7
- Michely de Creift........... 9 s àij s>î
- Frike 4 33
- De la Hire ou Florence....... i : ni 30
- Amontons i|: 4 yif
- Poleni ................... i ; 10 47*'
- Crucquius. 12 : 2 1070
- Newton 2 : i 0
- Fowler. 16 % s 34
- Haies 13 : 2 0
- Edimbourg. 35 • 8 8f
- Jean Patrice. 7 : 10 1 « 00 .
- la comparaifon qu’on en a .faite à un Baro- 1771 ,page
- métré portatif Anglois, de la conftruftion de (1) Traité de Météorologie, par le P. Cotte 2
- Siiîon , & il y a toute apparence que la mécha- Prêtre de l’Oratoire, Curé de Montmorency j
- nique en efi: la même. Voye£ le volume des Mé- Correfpondant de l’Académie Royale des Sçieh-
- moires de F Académie Royale des Sciences 9 An. ces. 1770**
- Charbon1 ée Terré. II. Part*
- fit
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- 5>4°
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- J? U CHARBON DE TERRE
- Obfervations Barométriques SC Thermométriques faites dans plufieurs Mines # métalliques , SC dans quelques carrières de Charbon de terre.
- Pour parvenir aux différentes recherches que Ton fe propofe, avec le fecour$ foit des Baromètres, foit des Thermomètres, il ne fuffit pas de fe précautionne* ni de s’être fervi de tout ce qu’il y a de mieux en fait de ces inftruments, ces expériences doivent être regardées comme dépendantes de plufieurs circonC* tances relatives à la Mine dans laquelle on y procédé; il efl néce/faire par corv* féquent, fi Ton veut apprécier les hauteurs que marquera le Baromètre, & les températures annoncées par le Thermomètre , de faire entrer en confidération les qualités locales de l’air, qui font plus permanentes dans les calmes que dans les vents, le nombre, la forme, les dimenfions des ouvertures fur la Mine, le ut pofition à l’égard de tout ce qui les environne , leur ouverture fur le penchant ou fur le haut d’une colline, le nombre , la hauteur, la largeur, la profondeur des galeries auxquelles ils communiquent; le mouvement de l’air doit recevoir une altération par les collines, maifons ou autres obftacles qui fe trouvent à la proximité du puits : il faut encore faire attention que les brouillards, qui font fuite des calmes, & qui fe diflipent lorfque le vent vient à foufflerf font retenus long-temps dans les Mines, & encore plus dans les vallées, que fur la cime des montagnes.
- C’eft ainfî qu’à la Mine de Windschacht, près Schemnitz, dont le territoire efl: coupé de plufieurs montagnes très-élevées , il fait très-froid dans quelques endroits , tandis que dans d’autres le chaud efl fi confidérable , que les Ouvriers ne peuvent s’y tenir habillés ; c’eft toujours à l’endroit ou l’on travaille, que cela s’obforve.
- Les expériences faites en France & en Pays étrangers dans les Mines, avec ces inftruments, laiflent, pour la plupart, à defirer la connoiflance de ces circonf-tances, qui, certainement, influent fur les réfultats. Ces expériences font con-féquemment incomplettes à mon avis. Je n’ai cependant pas cru inutile de les inférer ici, en fuppléant, autant que je le pourrai, à ce qui leur manque relativement à ce que je viens de faire remarquer, c’eft-à-dire, en y ajoutant qùel-ques-unes de ces circonftances qu’il me fera poflible d’en rapprocher. Je m’étois propofé de joindre à cette forte d’obfervations, celles que j’ai faites moi-même le 14 Mai 1772 , dans la Mine de Fims en Bourbonnois, où mes Thermomètres n’avoient pas encore été fujets aux accidents de voyage, comme lorfque j’arrivai en Auvergne, où ils furent hors d’état de me fervir. Ces obfervations ne fe retrouvant pas pour l’inftant fous ma main, je fuis forcé de les renvoyer à la Table des matières, dans le cas où je les recouvrerai (1).
- ( 1 ) Je trouve feulement fur le plumitif du Journal de mon voyage, qu’au moment de def-cendre dans la Mine, le thermomètre d’efptit-
- de-vin étoit à 15* & demi ; 8c qu’au bas du puits il étoit prefqu’à 11 8c demi, Ôc au fortir de la Mine à 19 & demi. Celui de mercure, qui,
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- ET DE SES MÏNES, IL ï? a R T*
- 5?4r
- Obfervation Thermométrique, faite dans la Mine de Charbon de terré d'Ardinghem , le 15 Juillet 1741, Ævec & Thermomètre de Micheli (1).
- Cette Mine a 447 pieds de profondeur. On avoit placé dans éette Miné deux Thermomètres a grand point (p), c'eft-à-dire, de ceux où les quarts dé degré font marqués fort diftinélement : on n'y travailla point le lendemain 16 ; le fur-lendemain 17 au matin, le Maître de la Mine y étant defcendu , trouva tous les deux Thermomètres précifément au point de la température des caves de l'Obfervatoire* Cette expérience, qui a été faite avec foin 8c intelligence $ paroît renverfer l'hypothefe du feu centrai , 8c confirmer fautre*
- On avoit placé ces Thermomètres dans la même Mine le 14 Juillet, Sc on îeâ avoit trouvés le lendemain 1 y , à un demi-degré au^defîus de cette température ; mais cette différence provenoit {ans doute d'un refte de chaleur du jour précédent , procuré dans la Mine par les Ouvriers & par les lumières , & qui eut le temps de fe diffiper dans l'intervalle du ry au 17, que fe'fit l’obfervation dont on vient de parler*
- Obfervations Barométriques ( 3^) faites dans la Mine de Sahlberg en Suède , dans la JEeflmanie (4), par le Profejfeur André Celfius (5)*
- Â l'ouverture du puits, £on Baromètre étoit à 3077^ pouces de Suède (6f En arrivant au bas de la Mine avec le même Baromètre , à la profondeur de 636 pieds, il trouva que le mercure avoit monté à 307Æ pouces. Lorfqu il revint à fouverture du puits, il trouva que le mercure étoit redefcendu au même degré qu'auparavant xf favoîr, 307-77-. Le jour fuivant, le mercure étoit (au bas de l'Eglife de Sahlberg ) â 3077^ pouces ; & au haut de la tour , qui a une élévation de 145 pieds * il étoit à 307^0 pouces*
- avant d’entrer dans ïe puits, étoit à 11" & demi, étoit au bas du puits à ïi, & au fortir de la Mine au-deflus de 18. Ces thermomètres étoient eonftruits par Bourbon, furies principes deM, de Réaumur,
- ( 1 ) Il eft à péu-près conftruit fur les principes qui ont fervi de fondement à Ceux de M. Delifle & de M. deRéaumur. Les points fixes d’où il part, font ceux de l’eau bouillante, Sc de la température des caves de FObfervatoire de Paris Le rapport de ce thermomètre à celui de M. Delifle, eft comme 2 eft à 3 ; à celui de M. de Réaumur, comme 20 à 21 ; à celui de M. Faren-heit, comme 5 à 8.
- ( 1 ) Àinfi nommés, parce que les quarts de degrés y font marqués, L’Auteur donne l’exclu-fion au mercure pour remplir festhermometres.JLa
- deferiptioft de ce Thefmdnietre unîverfel a été publiée à Paris, en 1741,16 pag. in-i2, dont cette obfervation fait partie.
- (3) Extraites du Mémoire de M. Triewald , Art. VII, Tome I, page 444.^
- (4) Cette Mine eft une miné d’argent appellée Nygrufwar, qui a 140 brades de profondeur , fui: autant de largeur, du Sud-Eft au Nord-Oueft. Lé premier étage où l’on defcend , a po braffes de profondeur, le fécond vingt de plus, Sc le troi-fieme trente-cinq autres de plus.
- (5) L’Echelle de M. Celfius, Sc celle de M. dé Réaumur, font entr’elles comme y à 4.
- (6) Les Suédois divifent leur pied en 10 parties , Sc chaque dixième en 10, qu’ils appellent ligne, Sc chaque ligne en 10 parties,
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- DU CHARBON DE TERRE
- 5*4*
- Obfervation Barométrique faite à la follicitation de M. de la Hire U JHS} M IJl r (i), par M. Vallerius, Directeur des Mines de Fahlun, nomme'e$ aujfi Copperberg, en Dalécarlie (2) , dans les Puits de Flemengienius * QU
- Fiemingffcliatec, extraite d’une Lettre écrite d’UpfaL
- \
- Les expériences furent commencées à feutrée de la Mine : c étoit dans l’été ^ ie ciel étant plein de nuages, &la chaleur étant adoucie par un vent un peu fort : elles furent faites avec deux Baromètres qui étoient parfaitement de même hauteur quand elles furent commencées, & qui fe font parfaitement accordés pendant toute la durée des obfervations.
- A Tentrée de la Mine, le Baromètre étoit à & rib de pied de Suède (3). te Direéleur defcendit enfuite avec le même infiniment dans une de ces Mines,
- i
- jufqu’à la profondeur de4ÿ brades ( qui valent 41 toifes un pied 2 pouces une* ligne & demie de France ), Sc il trouva que la hauteur du mercure étoit à H 7 lignes ( qui valent de notre mefüre 27 pouces une ligne Sc fiô de ligne ) & par conféquent que le mercure étoit remonté de 3 lignes de Suede pour 4^ de leurs toifes, ce qui vaut de notre mefure 3 lignes & ilî de ligne pour 41 toifes r pied 2 pouces une ligne & demie des nôtres*
- Il continua encore de defcendre 4 J toifes de Suede, qui étoit le plus bas ou il pût defcendre, & y ayant obfervé la hauteur du Baromètre, il trouva que le mercure étoit à 25* dixièmes de Suede , & ainfi qu’il étoit remonté de 3 lignes de Suede , comme il avoit fait dans les premières 4 J braiîès ou toifes , c’eft-à-dire, 27 pouces f lignes de notre mefure.
- Donc il étoit remonté de 3 lignes & commç dans la précédente
- (1) Cette obfervation fe trouve inférée dans le Mémoire de M. Trmvald, dont fai tiré la précédente , mais abrégée de même ; ce qui ne remplit pas aujji bien ie plan fur lequel je penfe que doivent être faites ces fortes déexpériences. P ai jugé néceffaire de la donner en détail, telle quelle a été donnée par M. de la Hire le fils, dans les Mémoires de V Académie Royale des Sciences de Paris , année 1712 , pag. 108. Réflexions fur les élévations du Baromètre,
- (2) La Mine de Cuivre , dont on a donné le nom Copperberg à la ville de Fahlun , peut elle-même être regardée comme une fécondé ville fousterre.Tous les Bourgeois de Fahlun ont part aux Mines, fans cela ils ne pourroient acquérir le droit de Bourgeoifïe ; on les appelle Berfe-mans > c’eft-à-dire, homme de la compagnie ; Sc ceux qui y font travailler par eax-mêmes, font appelles Brukande Berfemans : la plupart, au lieu de bâton , portent de petites haches ; ils ont des chapeaux fans boutons, des gants Sc des bas noirs, des habits de la même couleur fans poches.
- Des chevaux qu’on defcend dans cette grande ville , fufpendus par des cables, y relient à demeure, dans leurs écuries, qu’on y a conllruites au nombre de deux ; il y a aulfî une boutique de Maréchal : on s’ouvre le chemin dans la pierre gar le fecours du feu, ce qui doit faire une dif-
- férence à remarquer quant aux exhaîaifons abondantes ; il fe trouve de ces chemins qui ont juf-qu’à 30 Sc 40 pieds de largeur , Sc dont les extrémités communiquent à la fuperfïcie , par de très-grands puits. M. le Monnier , PARrono-me, &.M. l’Abbé Outhier, Correfpondant de l’Académie , qui ont vifité les ouvrages intérieurs de la Mine de Fahlun en 1736 , rapportent dans l’Hifloire de leur voyage , que l’un des plus grands puits efl; profond de 3po aunes de Suede, faifanc 640 pieds de France, & que dans le fond de ce puits les vapeurs fe réfolvent en une véritable pluie dont on efl mouillé juf-qu’à plus de deux tiers de la hauteur de la folfe.
- Léopold , dans la relation de fon Voyage de Suede , remarque que les Forges des environs du lac de Warpan, Sc du lac Rund, renvoient quelquefois fur la ville de Copperberg une fumée fi noire Sc fi épaifie, que lorfque le vent d’Oueffc fouffle, l’obfcurité qui en réfulte dans toute la ville, oblige les habitants d’allumer des chandelles en plein midi. „
- ( 3 } Qui valent, mefure du pied de Paris , 2.6 pouces p lignes, Sc de ligne, fui van t les roefures qu’en a données M. Picard , dans l’Ouvrage intitulé ; Divers Ouvrages de Mathématique & de Phyfique.
- obfervation î
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- ET DE SES MINES. IL pAfe*. 943
- obiervation ; en forte que pour 90 toifes de Suede, il trouva 6 lignes de différence de hauteur de mercure, ce qui donne 7 lignes frf pour 8 2 toi fes % pieds 4 pouces 3 lignes, mefure de Paris.
- Pour s’aflurer de la jullefîe de ces obfervations, M. Vallerîus en fit deux hou* velles en remontant, lefquelles partageoient toute fa profondeur en trois parties égales, au lieu qu’il n’en avoit fait qu’une au milieu en defcendânt ; c’eft pourquoi ayant remonté de 30 toifes de Suede, il obfèrva la hauteur du mercure, Sc il le trouva defcendu de 2 lignes de Suede, ce qui répond, de notre mefure, à 2 lignes Sc Kf pour 27 toifes 2 pieds 6 pouces 9 lignes.
- Il continua de monter encore de 30 toifes de Suede, & ayant obfervé la hau* ïeur du mercure , il le trouva encore baille de 2 lignes de Suede.
- Enfin ayant encore monté de 30 toifes de Suede, Sc étant arrivé à l’entrée de la Mine , il trouva que le mercure étoit encore baifîe de 2 lignes de Suede » Sc qu’il étoit à ffq lignes, comme il étoit lorfqu’il avoit commencé à y def^ cendre.
- M. Vallerîus ne fe contenta pas des obfervations qui viennent d’être rap-; portées, il continua d’en faire d’autres fur la montagne Grufriis-Berget, qui tient à la Mine d’où if venoit de remonter ; ce terme de comparaifon n’eft point à négliger lorfqu’on fait de ces fortes d’expériences : nous l’inférerons ici (1).
- En examinant les obfervations qui viennent d’être rapportées, on trouve que depuis le fond de la Mine jufqu’à 27 toifes 2 pieds 6 pouces 9 lignes de hauteur perpendiculaire fur la montagne, il y a 109 toifes 4 pieds 3 pouces o lignes , pour lefquelles le mercure a defcendu de 10 lignes Sc & que le mercure a baifîe dans toute cette hauteur ; de façon qu’une ligne de différence de hauteur de mercure, a toujours répondu à 10 toifes r pied 6 pouces 4 lignes, le mercure étant au fond de la Mine à 27 pouces y lignes, & fur la montagne ou finiffent les 109 toifes 4 pieds 3 pouces depuis le fond de la Mine à 26 pouces 6 lignes Sc jü (i).
- ( 1 ) M. Vallerîus ayant monté fut la montagne , enforte qu’il étoit élevé perpendiculairement de iy 'toifes de Suede , il obferva la hauteur du mercure , qu’il trouva d’une ligne de Suede plus petite qu’elle n’étoit au pied de la montagne ou à l’entrée de la Mine ; ce qui répond s en mefure de Paris, à une ligne & de ligne , pour 13 toifes 4 pieds 3 pouces f lignes
- Il continua de monter encore de iy toifes de Suede, & il obferva la hauteur du mercure , qu’il trouva plus petite que dans la précédente obfer* vation , encore d’une ligne de Suede.
- Enfin, étant arrivé au haut de la montagne t qui étoit de 22 toifes de Suede, plus élevé que la précédente obfervation, & par conféquent de
- y2 toifes de Suede plus haut que l’entrée de la Mine , il trouva que le mercure avoit baiff^j d’une ligne & x de Suede * & aïnfi que le mer* cure étoit à 24 dixièmes de pied de Suede, Sc X de lignes , c’eft-à-dire , qu’il avoit defcendu pour y2 toifes de Suede, de 3 lignes 8c x de Suede , ce qui fait de notre mefure 4 lignes 8c
- —•pour 47 toifes 3 pieds 2 pouces 10 lignes &X.
- Enfuite , en defcendânt de la montagne , il obferva la hauteur du mercure dans les mêmes endroits qu’il l’avoit ©bfervée en montant, 8c il trouva les mêmes différences ; d’où il conclut que 9 lignes 8c x de Suede ^répondent à 142 toifes de hauteur perpendiculaire } ce qui donne* de notre mefure ,12 lignes pour 119 toifes 4 pieds 1 o pouces une ligne 8c fx,
- G ir
- Charbon de Terre. IL Part,
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- 944 DU CHARBON DE TERRE
- Expérience Barométrique faite dans les Mines 3 par M. Sftroettioiv
- Dans les Mines de Norvège, la defcente du mercure s’eft trouvée inégale • & une chute d’une ligne Suédoife a répondu tantôt à $2 , tantôt à aun^ du pays.
- Dans les Mines de Ciaufthal, le mercure eft tombé dun pouce d’Angleterre lorfque le Baromètre a été porté à la profondeur de 108 lachters.
- Obfervation Thermométrique & Barométrique, faite en hiver dans la Mine de Cheijfy (2) > en Lyonnois , par M. Jars ? avec le Thermomètre
- de M. de Réaumur.
- L e Thermomètre placé dans une Mine à 48 pas de l’embouchure d’une de fes galeries , fe tenoit à zéro (3). Dans rintervallb de cette diftance9 il a trouvé de la glace; mais en avançant dans la Mine la liqueur du Thermomètre eft montée peu à peu jufqu’à il & 12 degrés, ceft-à-dire , x Sc 2 degrés au-deflus de la température des caves de l’Obfervatoire, qui eft la même dans les Mines (4).
- Ohfervations Thermométriques, faites dans des jours chauds de l'été f dans la même Mine de Cheijfy, par MJars,
- Etant entré dans la Mine par la même galerie inférieure 9 fol. ï 9 il fentit d’abord de la fraîcheur ; il pofà Ion Thermomètre, dont la liqueur étoit à 20 degrés au-deflus de zéro, à une toife, intérieurement de l’embouchure de la galerie.
- Après l’y avoir laifle une demi-heure9 la liqueur defcendit à n degrés ; il fentit la même fraîcheur dans toute la Mine.
- Dirigeant fa marche du côté d’un échelon montant (y), par lequel on fort de la Mine ( c’étoit alors l’ouverture la plus élevée ) , je remarquai avec furprife, dit-il, qu’à mefùre que j’approchois de l’embouchure , l’air s’échauffoit.
- Je plaçai mon Thermomètre à 4 toiles de ladite embouchure : il monta à 18 degrés.
- L’Auteur conclut de ces obfervations, qu’il a répétées plufieurs fois & dans plufieurs Mines, que l’air qui, dans l’hiver, entroit dans la Mine par les ouvrages inférieurs, pour reffortir par les ouvrages fupérieurs , prend, pendant l’été 9 une route contraire, ce qui a été remarqué par Agricola.
- Il eft néceflàire de rapprocher de ces obfervations Barométriques & Thermo-*/
- (1) D’où M. de la Hire fils, en comparant ces obfervations avec celles de ce pays - ci , trouve qu’une ligne de différence de hauteur de mercure en Suede,répond à une plus petite hauteur que celle trouvée dans ce pays-ci, par MM. Caffini, Picard & de la Hire.
- (2) Ou Cheffey, Mine de cuivre ouverte dans la pente d’une colline, fous laquelle les galeries s’enfoncent prefque horizontalement, 8c percée d’efpace en efpace de plufieurs ponts de refpi-ration, dont la bouche eft plus ou moins haut
- fur les collines. Il y a dans cette Mine une voûte
- qui a été creufée horizontalement de plus de 200
- pieds de profondeur.
- (3) L’air d’un fouterrain à 10 degrés, efttemJ péré ; mais dans l’hiver, l’air de l’atmofphere eft à zéro , terme de la glace.
- (4) Le degré de température dans des fouter-rains très-profonds, comme les caves de 1 Ob-fervatoire , eft de 10^. M. Jars attribue les deux degrés au-deflus de 1 2 * 4ce terme, à l’air échauffé par les Ouvriers & par les lumières.
- (y) M. Jars définit un échelon montant ^ ou un ouvrage en montant , une élévation irrégulière faite de bas en haut, enfuivant un filon, pou 1 en extraire le minéral.
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- ET DE SES MINES. II. Part. pq;
- métriques , celles qui ont ete faites par le meme Auteur , 8c qu il rapportep&g£ ^40 de fon Mémoire , de la maniéré qui fuit.
- Le Thermomètre de M. de Réaumur, placé en hiver dans une Mine (*) ^ à 45 pas de fembouchure d’une des galeries, fe tenoit à zéro ; dans l’intervalle de cette diftance , il s eft trouvé de la glace ; mais en avançant dans la Mine , la liqueur du Thermomètre eft montée à peu-près jufqu’à r 1 & 12 degrés, c eft-à-dire, un& deux degrés au-deffus de la température des caves de l’Obfer-vatoire.
- On peut voir auftî les obfervations de M. le Monnier le Médecin, dans le puits de la Forge , en Auvergne 9 pag. 158.
- Ces fortes d’obfervations demandent la plus grande précifion ; on ne fàuroic trop s’occuper des moyens qui peuvent l’aflurer, tant par rapport aux répétitions comparées qu’il faut en faire en différents endroits, en différents temps & moments, que par rapport au point d’équilibre que l’on doit donner aux inftruments.
- L’Auteur des expériences qui ont été faites dans la carrière de Charbon d’Ardinghem, 8c que nous avons rapportées plus haut, paroît s’être occupé fort judicieufement de ces circonftances. Nous rapporterons ici la maniéré dont il termine fon référé, comme pouvant conduire à imaginer encore quelque chofe de mieux. Cependant il eft dit en finiflànt,, qu’on venoit de faire dans la cave de l’Obfervatoire de Paris , l’épreuve du Thermomètre appareillé de la maniéré qui va être décrite, 8c qu’il y avoit très-bien réufli.
- » Afin de faire ces fortes d’obfervations avec plus de commodité, 8c même » de juftefîe, on a penfé qu’il falloit les faire dans le fond des puits de Mines » abandonnées depuis quelque temps , ou dans d’autres puits.
- » Pour cet efîài on a fait conftruire un Thermomètre à grand point : il doit » s’enchâftèr bien jufte dans une piece de bois, dont il eft enveloppé de toutes » parts, de façon qu’il faut beaucoup de temps à ce Thermomètre pour acqué-» rir ainfi fon point d’équilibre , & conféquemment pour le perdre lorfqu’il l’a J) une fois acquis. Au milieu de cette piece de bois, qui s’ouvre à charnière, » & dont la grandeur n eft que de quelques degrés au-deffus 8c au-deffous de » la température, on a pratiqué une embrafure à fenêtre , à deffein de pou-» voir découvrir, lorfqu’on l’ouvrira , le point que marquera la liqueur dans le » tuyau , qui eft d’un verre épais. Voici maintenant la maniéré de procéder.
- » On defcendra ce Thermomètre avec une corde dans le puits où l’on vou-» dra faire l’obfèrvation, y attachant un poids par-deffous , afin qu’il refte tou-, » jours debout. On le lailfera dans ce puits tout le temps néceflàire pour lui » faire acquérir fon point d’équilibre ; après quoi le retirant de ce puits , & ou-» vrant fa fenêtre, on aura le temps fuffifant, avant qu’il varie, d’examiner à
- (i) Le pays où écok fituée cette Mine , n’eft point nommé.:
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- VA6 du charbon de terre
- »fon aife & fort jufte, le degré de température quil aura contrat dans le » fond du puits : en répétant l’opération, on s’afïure de ce degre ».
- Differents moyens de changer Vair des Mines.
- La comparaifon ou la combinaifon heureufe de l’air de l’atmofphere,
- 'celui renfermé dans les fouterrains de Mines, exigeroit, pour parvenir fans rai* fonnement à obtenir une circulation avantageufe de ce dernier * que la nature de cet air, & la caufe qui produit les moffettes, Ment aufïï connues que leurs propriétés ; mais les defcriptions les plus exaéles, les nombreux & fâcheux - accidents des vapeurs fbuterraines, les expériences auxquelles elles ont été fou. mifes par plufieurs Savants (i), n’ont encore pu rien faire découvrir de pofitif fur leur caufe (2).
- En conféquence il nseft pas non plus bien décidé fi, lorfqu il s’agit de remédier aux inconvénients réfultants de ce qu’on appelle mauvais air , le moyen véritable eft ou de chafîer en dehors l’air des fouterrains, ou de lui en fubftituer un autre du dehors.
- M. Genfanne eflirne que tout provient de l’air trop denfo , trop chargé de parties hétérogènes , qui en empêchent la circulation. D’après ce qu’il éprouva dans une femblable circonftance, dont nous parlerons bientôt, il fe croit auto-: rifé à juger qu’en introduifànt un nouvel air , on ne feroit qu’augmenter le volume de celui qui y eft déjà, & qui étant plus pefant que celui de l’at-mofphere, ne pourroit être chaffé au dehors par celui qu’on y améneroit par le ventilateur ; & qu’en conféquence au lieu de chercher à introduire un nouvel air dans ces ouvrages, on devroit au contraire s’attacher à en retirer celui qui y eft.
- Voulant nous occuper eflentiellement des points de fait, nous ne nous arrêterons pas à cette difcuffion, elle nous écarteroit. En prenant pour les don-' nés de la queftion , les quatre points expofés page 933 , nous regarderons comme décidé, que lorfqu’il eft queftion de donner de l’airage , ce qui eft à faire confifte à ménager Amplement un libre écoulement de l’air dans les Mines, c’eft-à-dire, à établir entre cet air renfermé &la mafle aëriene, une communication aifée. Nous fuppoferons que d’autres fois il faut amener dans les fouterrains un nouvel air, les décharger de celui qui y eft, en l’amenant,au
- (1) De la vapeur dangereufe qui fe trouve dans les Mines, par M. Triewald, Tome I. des A&es de l’Académie de Stoekolm, Art. VI.
- ( 2 ) M. Baume , de l’Académie Royale des Sciences, a fort judicieufement fait cette remarque dans fa Chimie expérimentale Sf rai-fonnée , Tome III} page 370. Il expofe fes conjectures fur cette matière délicate} il déjireroit fur-tout être a portée d’examiner chimiquement la vapeur nommée
- par les Liégeois Feu Brifou. Comme les Ouvriers s amufent quelquefois de ces étincelles, & les manient fans danger , il invite les perfonnes qui auroient occa-Jion de defcendre dans ces Mines , à en ramajfer une certaine quantité dans une bouteille > & àlui en en-voyer. Lé Auteur prévient quil feroit prudent de les contenir dans la bouteille avec de Veau, comme on le fait à Végard du Phojphore d'urine qu’on veut confer-ver.
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- Ë T DE SES MIN ES. II. P a ht. dehors par le puits ; ou lorfque cet air eft échauffé jufqu à un certain point dans la Mine, & quil a perdu fon élafticicé , le détruire par le feu ; ou s’il eft fur-chargé de vapeurs, les diffiper par tout ce qui peut lui imprimer du mouvement, & éviter par-là quilne foit ftagnant; faire en forte, de quelque manier© que ce fbk, que ces exhalaifons fe mêlent à un air libre ^ ou diminuent de quantité, ou foient dégagées de ce qui s’y trouve d’étranger & de nuifible.
- C’eft toujours dans les vues générales, que l’on cherche à donner de ï airage aux Mines : beaucoup de circonftances relatives aux vents qui régnent dans le pays , à l’endroit où la Mine eft fituée , à la nature des travaux , Scc ; la pofîibilité plus ou moins favorable de remplir ce but à moins de frais poffible, exigent fans doute que ces moyens foient variés de plus d’une maniéré ; le choix en eft quelquefois très-embarraflànt , faute de connoître bien précisément la nature des inconvénients que ion cherche à faire dilparoître.
- En 1764, feu M. Jars avoit rédigé en deux Mémoires préfentés, en 1768 ; à l’Académie des Sciences, des vues qui viennent en tout à l’appui de ce qui fe trouve fur cette matière dans les Aétes de l’Académie de Stockholm publiés en 1740, où font inférés deux Mémoires de M, Triewald. Nous avons jugé n’avoir rien de mieux à faire, pour mettre les Directeurs de Mines à portée de fe décider félon leurs idées particulières, que de leur préfenter l’extrait de ces différents Mémoires , en commençant par celui du Mémoire de M. Jars, tel qu’il eft donné par l’Hiftorien de l’Académie des Sciences ; les notions abrégées qui ont précédé , fur les propriétés Sc fur les qualités de l’air, aideront à faifîr le point fur lequel on peut fe guider.
- Obfervadons fur la circulation de VAir dans les Mines, par feu MJars ( 1 )%
- » Lorsqu’une galerie eft, coftime celles de Chefïy, percée par un puits de1 » refpiration, il y a, tant à l’embouchure de la galerie qu’à celle du puits, » une colonne d’air qui s’étend jufqu’au fommet de l’atmofphere. La colonne » qui appuie fur l’orifice de la galerie, eft compofée toute entière de l’air exté-» rieur & a la même température que lui; celle qui appuie fur l’orifice du puits , » eft, à l’extérieur , compofée du même air ; mais depuis l’orifice du puits ju£ » qu’à la galerie, l’air de la colonne eft à* la température des caves. Les deux » colonnes font donc néceffairement inégales en poids , quoiqu’égales en Ion-» gueur ; en hiver, l’atmofphere étant plus froide, & par conféquent plus » pefànte que l’air de l’intérieur de la Mine, la colonne du puits, Compofée » en partie de ce dernier, eft plus légère que celle qui fe préfente à l’em-
- (1) Extrait du Volume des Mémoires del’Aca- mains l’Ouvrage de et Minéralôgifte François ' démie Royale des Sciences, pour l’année 1768. l’y trouveront en entier > page 33$. * 1
- Hifl. page. 18. Les perfonnes qui auront entre les
- Charbon de Terre. IL Part. Hii;
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- DU CHARBON DE TERRE
- » bouchure de la Mine : celle-ci chaffe donc 1 air de la galerie, & le fait forcïr » par le puits. En été , au contraire, l’air extérieur étant plus léger & plus » chaud que celui de la Mine, la colonne du puits, compofée en partie de ce » dernier, devient La plus pefante , & l’air fortira par l’ouverture de la galerie.
- » De cette obfervation, & de la théorie à laquelle elle fert de bafe, j]_ ,, réfulte que lorfque l’air extérieur fera à la même température que celui de Ja » Mine , les deux colonnes étant alors 4e même poids, il ne s’établira dans la « galerie aucun courant, & c’eft effe&ivement ce qui arrive dans ces Mines & » dans beaucoup d’autres femblablement fituées, dans lefquelles on eft obligé » de lulpendre les travaux à la poujjè & à la chute des feuilles, c eft-a-dire, pour » parler le langage de la bonne Phyfique, dans les temps où l’air extérieur » eft à la même température que celui des Mines.
- » Le même inconvénient fe trouvera encore dans les Mines dont les galeries »> font horizontales, & placées fous une plaine qui l’eft aufïï ; inutilement ten-» tera-t-on d’y donner de l’air en perçant un grand nombre de puits, l’égalité » de toutes les colones d’air qui pénétreraient par-là dans la Mine, les mettrait » en équilibre , 8c il ne s y établirait aucun courant.
- » On peut cependant rappeller ces efpeces de Mines à l’état de celles qui » font percées dans les collines; l’art, aidé des principes de M. Jars, peut » donner ce qu’avoit refufé la nature : il ne s’agit pour cela que d’établir une » inégalité de poids dans les colonnes qui infiftent fur deux puits, pour qu’il « s’établiffe un courant d’air dans la galerie qui joint ces deux puits ; & voici les » moyens qu’emploie M. Jars pour l’obtenir.
- » Si la galerie eft percée dans la pente d’une montagne, tant quelle n’ira » pas plus loin que l’endroit où l'on peut percer un puits, il fera aifé d’y avoir » une circulation d’air ; mais fi on veut pouffer la galerie plus loin, la circula-y! :ion ceffera dans la partie qui eft au-dela du puits. »
- Pour l’y établir, M. Jars a adopté la conftruélion propofée par M. Trievrald1, d’une efpece de plancher formé à quelque diftance du fol de la galerie, & dont nous ferons connoître la conftruétion d’après l’Auteur Suédois.
- » Ce plancher, très-utile d’ailleurs pour le roulage des brouettes & le paflâge » des eaux, forme un canal qui fe prolonge jufqu’au fond de la Mine ; l’air » n’ayant plus alors de communication avec la galerie, à caufe de la porte, eft » obligé de repaffer par le puits : il fe trouvera donc alors deux colonnes iné-» gales en pefanteur, le courant d’air s’établira.
- » U s’établirait de même au fond d’un puits creufé au bout de la galerie, en » y conduifant, au moyen d’un tuyau, l’air qui paflè fous le plancher dont il » vient d’être parlé, & qui entre par l’ouverture de la galerie.
- » Dans tout ceci l’Auteur fuppofe que l’orifice de la galerie eft dans une » colline, & plus bas que l’orifice du puits de refpiration; mais fi la galerie » étoit percée horizontalement fous une plaine à peu-près de niveau, tous
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- » les puits feroient également profonds, Sc toutes les colonnes d’air en équi* » libre : par conféquent il n y aüroit aucune circulation ». La cheteure élevée fur la bouche des bures, à la maniéré des Houilleurs Liégeois , eft le moyen que M. Jars propofe pour cette circonftance.
- Il obfèrve » que la maçonnerie de cette elpece de cheminée doit être aflèz » épaifle pour conferver à l’air qu’elle contient, la même température qu’à celui » du puits ; il eft clair que par ce moyen l’équilibre entre les colonnes fera » rompu, & le courant d'air s’établira dans la galerie.
- » Toute cette circulation d’air aura donc lieu dans les galeries, d’un fens » pendant l’hiver , Sc du lens oppofé pendant l'été ; mais dans le printemps » Sc dans l’automne , ou l'air extérieur Sc celui de la Mine ont la même tem-» pérature, il n’y auroit aucun courant d’air, Sc il faudroit abandonner les ou-a>vrages».
- L’établiflement du Fourneau ventilateur de M, Sutton lur l’embouchure d’un puits, paroît indiqué dans ce cas ; auffi M. Jars confeille-t-il d’y recourir.
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- De la marche de VAir dans les puits de Mines, comparée avec celle du courant de VAir dans les cheminées 9 par M• Franklin.
- Les phénomènes journaliers, Sc qu’on pourroit appeller les plus vulgaires , font louvent ceux dont l’examen eft le plus délicat, Sc conféquemment le plus négligé ; dans le nombre de ceux qui appartiennent aux Mines 9 le rapport entre l’entrée Sc la fortie des vapeurs fbuterraines par les puits de Mines, Sc entre l’élévation Sc le refoulement de la fumée ou de l’air dans les cheminées, eft un point fur lequel toutes les perfonnes qui ont vifité des Mines, s’accordent aflêz ; mais aucune, jufqu’à M. Franklin, n’avoit apporté à cette conformité , ce degré d’attention qui donne l’eflort' à des réflexions intéreflàntes & utiles. Dans une matière qui, à chaque pas 9 ne préfente que des problèmes embarraflànts, on nous fàura gré de recueillir tout ce qui peut conduire à leur folution, Sc fur-tout quand les éclairciflements ont pour Auteur un homme exercé à promener fes regards dans les fentiers les plus myftérieux de la Phy-ïique. Voici le fragment que nous tirons des ouvrages du lavant Anglois (i).
- » Dans une cheminée où on ne fait pas de feu , il y a , en été, un courant » d’air qui y monte continuellement depuis environ 5 à 6 heures du loir, juf-» ques vers 8 ou 9 heures du matin , où ce courant commence à s’affoiblir Sc » à balancer quelque peu pendant environ une demi-heure, après quoi il fe met » à defcendre avec la même force, Sc continue dans cette nouvelle direction » jufques vers y heures du foir, où il s’affoiblit de nouveau Sc balance de
- (i) Œuvres de M. Franklin, de la Société Royale de Londres 3 traduites en François, Paris, 2 voL w-40. *771.
- Lettre de M. Franklin à Jean Baudouin, Ecuyer & Bofton, fur Vujage des cheminées, tant en été qu'en hiver. Tome 2, pag. 202.
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- »même, tantôt en montant un peu, 8c tantôt redefcendant pareiHenient Ua » peu , pendant l’efpace dune demi-heure , environ ; après quoi il fe rétablie » un courant confiant de bas en haut , qui fe maintient toute la nuiV1Uj[qUes vers 8 ou p heures du matin fuivant. Les heures varient un peu fuivant qUe je » jours s’allongent ou fe raccourcilfent ; 8c un changement de temps fubit les » fait quelquefois varier auffi ; comme fi, après de grandes chaleurs d’une Ion-. » gue durée, le temps commence à fe rafraîchir dans l’après-midi, tandis qUe » l’air a fon cours du haut en bas de la cheminée, dans cette circonftance le cou* » rant changera de meilleure heure qu’à l’ordinaire , 8cc. »
- L’illuftre Citoyen de Philadelphie, en donnant fbn fentiment fur la caufe de ces variations du courant journalier de l’air frais dans les cheminées, en tire une induétion fort jufle, fur ce qu’il convient de faire dans les puits de Mines, pour y avoir un air frais 8c falubre. La marche de fbn raifonnement eft très-digne d’attention.
- » Pendant l’été il y a, généralement parlant, une grande différence par rap-y> port à la chaleur de l’air à midi & à minuit, & conféquemment une femblable » différence par rapport à fà pefànteur fpécifique , puifque plus l’air efl échauffé, yy plus il efl raréfié. Le tuyau d’une cheminée étant entouré prefqu’entiérement y> par le refie de la maifon , efl: en grande partie à l’abri de l’aétion direéle des y> rayons du foleÜ pendant le jour , 8c de la fraîcheur de l’air pendant la nuit : » il conferve donc une température moyenne entre la chaleur du jour & la frai-. » cheur des nuits, 8c il communique cette même température à l’air qu’il con-; » tient. Lorfque l’air extérieur eft plus froid que celui qui eft dans le tuyau de la » cheminée, il doit le forcer, par fbn excès de pefànteur, à monter 8c à fortir paç » le haut. L’air d’en bas, qui le remplace, étant échauffé à fon tour par la cha-J j) leur du tuyau , eft également pouffé par l’air plus froid 8c plus pefànt des cou-; » ches inférieures ; & ainfi le courant continue jufqu’au lendemain, oulefbleil, » à mefure qu’il s’élève, change par degré l’état de l’air extérieur, le rend da-» bord auffi chaud que celui du tuyau de la cheminée, ( & c’eft alors" que le » courant commence à vaciller , & bientôt après le rend même plus chaud); » alors le tuyau étant plus froid que l’air qui y entre , le rafraîchit, le rend plus » pefant que l’air extérieur, 8c conféquemment le fait defcendre ; 8c celui qui » le remplace d’en-haut étant refroidi à fbn tour, le courant defcendant conti-» nue jufques vers le foir, qu’il balance de nouveau 8c change de direélion, ai « caufe du changement de la chaleur de l’air du dehors , tandis que celui du » tuyau qui i’avoifine, fe maintient toujours à peu-près dans la même tempéra-y> ture moyenne.
- » Sur ce principe, fi on bâtifîbit une maifon derrière la montagne du Fanal % » & qu’on ménageât un conduit horizontal de l’une de fes portes à la monta-* w gne, où on le fit aboutir à un puits creufé perpendiculairement fous le fom-» met de la montagne, U me parole yraifemblable que ceux qui habiteroient
- » cette
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- » cette mailon, auroient conftamment, pendant la chaleur du jour , dans le » temps même le plus calme, un courant d’air auffi frais qu’ils le pourroient ' » defirer , qui traverferoit la maîfon, & réciproquement pendant la nuit la plus » tranquille, un femblable courant d’air en fens inverfe.
- » Je penfe auffi que les Mineurs pourroient tirer quelque avantage de cette » propriété ; par exemple , lorfque leurs trous ou puits font creufés perpendi-yy culairement dans la terre, 8c qu'ils communiquent dans le fond par des gale-» ries ou traverfes horizontales j comme cela fe pratique ordinairement, fi l’on » conftruifoit une cheminée de 30 ou 40 pieds de haut fur un de ces puits, tout » autre air en étant exclus , que celui qui monteroit ou defcendroit par le puits, » on produiroit par ce moyen un changement d’air continuel dans les paflàges » de traverfe du fond de la Mine, 8c ce renouvellement d’air prélèrveroit les » Ouvriers des accidents des vapeurs; car il pafleroit prefqu’inceflamment de » l’air frais, foit montant du puits dans la cheminée, foit defcendant de la che* » minée dans le puits ».
- On voit que l’idée de M. Franklin fe rapproche beaucoup de la pratique reçue de tout temps au pays de Liège, comme on l’a vu page 248. 1
- Cet expédient, ceux rappellés dans le Mémoire de M. Jars, & autres moyens qui ont été imaginés ou pratiqués , & qui peuvent être de quelque utilité , vont être paffés en revue, en commençant par les plus fimples, & nous viendrons enluite à ceux qui emportent la complication de quelque Machine ou de quelque conftruétion particulière*
- Cette façon méthodique de procéder, s’accordera avec les deux efpeces de changements d’air, diftingués fort à propos par M. Triewald (1) ; favoir, le changement d’air naturel, & le changement d’air artificiel : en développant fucceffivement ces deux différences, nous nous fervirons des expreffions reçues parmi les Ouvriers de Mines, fans nous garantir fi elles font bien exaétes.
- Du changement et Air naturel dans les Mines*
- 1
- Cette expreffion, que nous avons adoptée de Mà Triewald , défîgne a bien le changement d’air, qui eft , pour ainfi dire, le réfultat naturel de fine-galité de la profondeur des puits ouverts fur une étendue de galerie.
- L’idée que l’Académicien étranger s’en eft formée , fe trouve en contrariété avec le fentiment de feu M. Jars ; pour ne pas rilquer d altérer l’opinion de l’un & de l’autre , dont le Lecteur voudra bien lui-même être juge, je donne la traduction littérale de la première partie du Mémoire de M. Triewald, concernant le changement d’air naturel ; je détacherai de celui du Minéraiogiffie François,
- (1) Defcription de tous les moyens propres à l’Académie de Stockolm* An. 17^0 t Toms /* donner un bon & fuffifant changement d’air dans Art, VII, pag. 444* ïes Mines de Charbon de terre. Mémoires de
- Charbon de Terre , IL fart*
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- D U CHARBON DE TERRE
- robje£ïicm quil oppofe à l’Académicien Suédois , & par-là les deux feront plus rapprochées. Si, en m’abftenant de faire connoître mon avis particulier je me permets quelques obfèrvations , c’eft uniquement pour aider le Leéleur ' à prononcer entre deux.
- » J'ai conftamment remarqué dans toutes les Mines que j’ai eu occafion de » vifiter, dit M. Triewald (r) , que le changement d’air fe fait en entrant par ]e » puits le plus profond, & que l’air reflort par le puits qui l’eft moins, qUanj » ces deux fofles ont entr’elles une communication (2) ; cela ne vient que de la » pefanteur inégale des colonnes d’air contenues dans les deux puits, confor-» mément aux loix de la prefïion de l’air, & aux obfervations Barométriques » de Celfius & de Vallerius (3^ : or ces deux colonnes n’étant point égales en » pefanteur, elles ne fauroient non plus fe tenir en équilibre ; ajoutez à cela » que l’air eft un fluide qui tend toujours à l'état d’équilibre, comme l’eau que » l’on verfe dans un fiphon recourbé : quelle que (oit la quantité qu’on y verfe » par le tuyau le plus long, elle ne s’y arrêtera pas, mais reflbrtira par le tuyau le » plus court. Il en eft de l’air renfermé dans un puits de Mine* quand le chan-y) gement d’air eft naturel, comme de cette eau dans un fiphon ».
- Afin d’éclaircir cette comparaifon , foient le puits A Sc le puits B, Fig. r ; PL XVIIR Part. //, que je fubftitue pour cet objet à la figure de M. Triewald, en fuppofant feulement que les deux puits A & B, qui, dans cette figure, font prolongés au-delà de la veine ( parce qu’ils vont atteindre d’autres veines plus profondes ) , fe terminent à la veine devenue galerie, conduite depuis le bas du puits A y jufqu’au bas du puits B ; en conféquence le puits de 35 brafles A, qui eft fur la partie d’amont-pendage, eft de quelques pieds moins profond que le bure de 45 brafles B, qui tombe fur la partie d’aval-pendage (4).
- » Le Baromètre placé en D 3fig. 9 , PL XLII, dans le puits B , doit être » d’une ligne plus bas qu’au fond C dans le puits A : il s’enfuit que la colonne » d’air BD, jufqu’au fond, eft plus pefante que la colonne d’air AC3 juf-» qu’à la veine C D ; que par conféquent elles ne peuvent jamais fe balancer, » mais que la colonne plus ^courte & la plus légère du puits A, doit céder à » celle du puits B, qui eft plus longue & plus pefante ; or , il eft impoflîble » qu’aucune partie de la colonne perpendiculaire A C y ou de la colonne de «communication CD , puifle s’élever, fans que la colonne B D remplifle » l’efpace quelles auroient quitté : par ce moyen, le mouvement & le change-» ment d’air une fois commencés par la communication CD, établie entre les » deux puits A B, doit toujours continuer à être le même, tant que les circonf-
- (j)Se&. 8. de fon Me'moire.
- (2) Voyez page 944 la reftriélion obfervée à ce mouvement de l’air dans les puits fuivanc les fai-fans.
- (3) D’où il réfui te non-feulement que l’air a une certaine pefanteur, mais que fa preflion augmente en raifon de la profondeur j & ces pro-
- priétés correfpondantes , jointes à l’éîafticité ou î’expanfibilité de Pair, font la bafe de tous les changements d’air dans les Mines.
- (4) La ligure 9, PI. XLII, pourroit suffi fervir à cette démonftration , en fuppofant au lieu de la veine oblique^ C, un fécond puits perpendiculaire A, dont le pied feroit en C.
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- Et de ses minés. u. pArt> 953
- >> tances en feront les memes, Sc le courant cl air doit toujours continuer de B en » D, Sc delà par DC jufqu’en A : il s'en fuit également que plus la différence eft » confidérable entre les profondeurs des deux puits, plus le courant d’air doit » être fort ; de même que dans un fiphon recourbé 9 plus F un des tubes furpaftV » lautre en longueur, plus l’eau fortira avec violence par le tube le plus court * » lorfqu on la verfe par le tube le plus long, & cela dans la proportion que les » deux tuyaux auront entr’eux.
- L’exaéiitude de cette obfervation eft révoquée en doute par M. Jars (i), en ne pouvant fe perfuader que M. TrieWald ait obfervé par lui-même ce qui Fa conduit à fon raifonnement. Voici comment raifbnne le Minéralogifte François*
- » Si je confidere les embouchures A 8c B 9fig. 9, PL XLII9 du puits fuppofé » en A Cy Sc du puits B D, que je fuppofe au même niveau, je dis que les » colonnes d’air de l’atmofphere qui répondent au puits A & au puits B, font » en équilibre, puifqu’elles font de la même hauteur, & qu’elles ont le même » degré de chaleur ; ni l’une ni Fautre ne peuvent donc déterminer Fair con-» tenu dans le fouterrain B D C A, à en fbrtir, puifqu’ii eft lui-même en » équilibre ».
- Cet Académicien remarque que dans la Mine où l’Auteur Suédois a fait fbn obfervation, il y avoir peut-être un bâtiment fur l’embouchure d’un des puits, & .que M. Triewald n’aura pas pris garde au changement produit dans la denflté d’une des colonnes d’air par ce bâtiment, qui, en effet, eft capable de faire rompre l’équilibre. L’Académicien François a cru pouvoir conjeélurer que le Minéralogifte Suédois étoit perfuadéque Fair prend la même route dans toutes les fai-fons. Cette conjecture eft détruite par le détail dans lequel M. Triewaid entre fur les tuyaux ou conduits à air dont nous allons parler bientôt ; fes remarques fur leur effet différent en différents temps, font bien éloignées de faire naître le foupçon qu’un homme expérimenté fur toute la matière des Mines , habitué à en obferver les opérations en Phyficien, ait ignoré foit le cours naturel de Fair, tracé exactement par Agricola, Sc obfervé par tous les Mineurs, foit la différence qu’il fuit en hyver Sc en été. D’un autre côté M. Jars ne pourroit-il pas avoir négligé de faire attention que les colonnes d’air, contenues dans les deux puits perpendiculaire A B, y exiftoient avant la communication établie entre-eux par le canal ou par la veine travaillée ; que cette ouverture faite, le mouvement a dû s’établir indépendamment de Fair extérieur ; Sc qu’une fois établi, il doit continuer de même, en fuppofant même l’équilibre de Fair extérieur.
- (i). Pag. 3418 de Tes Ouvrages Métallurgiques, avec une figure.
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- Du changement artificiel d’Air dans les Mines.
- Dans les Mines exploitées en grand (r) , les mouffettes, de quelque nature qu’elles foient, doivent -, a chofes égales , être moins fréquentes, moins abotu dantes & moins difficiles à dilfiper. De tout temps il paroît, d’après l’Hiftorien Liégeois , Fifen, que les Houilleurs, fes compatriotes, fe font garantis affez généralement des dangers qu’entraînoient le crowin & le feu grieux, en battant l’air de toutes les façons que l’inftant ou la pofition peuvent fuggérer ( 2)* L’air agité par un moyen quelconque , peut bien fuffire, dans quelques occafions ; pour chafler une partie de l’air de la Mine, & pour le renouveller par d’autre ; dans ce cas, l’air de l’atmofphere peut être confîdéré comme étant à l’air fla* gnant dans la Mine, à peu-près comme du vin qu’on fait nager fur de l’eau : ou fait que la moindre agitation eft fuffifànte pour occafionner ce mélange.
- Mais dans maintes circonftances, ce fimple ébranlement de l’air avec des feuillages, avec de l’eau, &c. feroit très-infuffifant, comme je l’ai fait obferver page 263. Il a donc fallu imaginer des pratiques plus décifives.
- Ce font ces inventions, pratiques, ou méthodes, comme on voudra les nommer , qui conftituent le changement appelle par M. Triewald , changement cCair artificiel, voulant fans doute défigner par cette expreffion , qu’on eft obligé de recourir à l’art pour remédier au défaut de circulation d’air, provenant de l’égalité de la profondeur des puits , entre lefquels il n’y a aucune communication.
- %
- Les moyens que propofe ce Savant, font établis fur les mêmes principes qui ont fervi de fondement aux moyens dont on fe fort pour opérer, ce qu’il nomme le changement naturel de Vair.
- Comme la plupart de ces moyens font méchaniques, & que nous les fuivrons dans un certain ordre, qui nous a paru le plus commode & le plus convenable, nous ne ferons ufage du Mémoire de M. Triewald, que partie par partie, relativement à la divifion que nous établirons du changement d’air artificiel : i°. par quelque conftruélion appropriée dans le puits ; 2 . par l’ufàge de tuyaux prolongés félon les circonftances Sc le befoin ; 30. par des conftruélions particulières dans les fouterrains ; 40. par l’établiiTement de Machines à feu ou autres, à la bouche des puits.
- (1 ) J’entends par cette maniéré de m’exprimer , une Mine percée de grandes Sc nombreu-fes galeries, dans laquelle il y a toujours beaucoup d’Ouvriers en adion , 6c de laquelle on éîeve perpétuellement des Charbons 6c des eaux, de maniéré que le travail n eft prefque pas in-
- terrompu. Ces grandes Houillères font celles que les Liégeois nomment Fojj'es de grand Athour.
- (2) Nec aliâ re ullâ magis _ extinguitur, quant aeris ( quo nimirum denjîore nutritur,) agitatione s quæ hanc confequitur raritate ac puritate. Part. I, page 2.72.
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- MT de Ses mines, ii. PA*®; p$i
- Puits a Air ; leurs différences*,
- Le langage des Houilleurs Liégeois fpécifie, comme on Ta vupage 28 r > deux différentes efpeces de puits à air ; les uns ne font que des petites foffes, dont renfoncement a uniquement pour but de donner une échappée à 1 air, & faciliter la libre refpiration des Ouvriers dans certains cas, d’où on pourroit très» bien les nommer Puits de refpiration.
- Les autres font confiants pour établir dans les endroits les plus ïeculés d’unê foffe de grand Athour > une circulation non interrompue de l’air renfermé dans la Houilliere. Nous commencerons par les puits de refpiration*
- Puits de refpiration ; Soupiraux , Burtaux des Liégeois ; G. Windschacht |
- Lat. Putei fpiritales»
- Lorsque la marche des veines en plature & leur fxtuatiori peu enfoncée* permettent de multiplier fur leur trajet des puits d’extraétion , ces folles, dou^ blement utiles d’ailleurs, obvient pour l’ordinaire allez bien au défaut de circulation de l’air. Il eft aifé d’en juger , d’après ce qui a été dit fur la marché naturelle de l’air, & par la commodité de pouvoir ouvrir ou fermer tantôt l’un de ces bures , tantôt un autre ; mais ces bures multipliés ne peuvent être avantageux que dans les cas qui viennent d’être rappelles en peu de mots : voyezpdgé 888. Cette voie d’ifpendieufe eft néanmoins employée dans une des Mines de Schemnitz , appellée fans doute par cette raifon Windschacht. Au - defîùs de toutes les portes, auffi bien que fur tous les chemins où l’on travaille, on place des barils en maniéré de foupiraux , qui fervent de conduits pour l’entrée & pour la fortie de l’air. Vraifemblablemetit il y a quelque motif particulier dans cette conduite ; car on verra bientôt que dans une autre Mine dé ce quartier, on fe procure un nouvel air par le moyen de porte-vents dont nous parlerons*
- Dans les cas où l’on eft obligé de percer des galeries au travers de quelque faille , les Ouvriers fe trouvent fou vent embarraffés pour parvenir à avoir dé l’air , fur-tout quand la faille à travers de laquelle il faut s’ouvrir un chemin , eft très-épaiffe , qu’elle a , par exemple ,50 braffes ou plus, alors le puits dé changement d’air eft très-éloigné de la faille; les Ouvriers ne connoiffent d’autre façon que d’ouvrir en bas un fécond puits de refpiration fur la galerié qui eft commencée.
- M. Triewald a fenti le grand embarras & la dépenfè qu’entraîné cette fouille d’un puits à air. Il y a fuppléé tout Amplement & avec fuceès * dans une galerie de plus de JO braffes d’étendue, par des tuyaux prolongés du dehors au dedans de la Mine , pour fervir d’écoulement à l’air, & difpofés de maniéré Charbon de Terre. IL Paru Ku
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- 9^6 DU CHARBON DE TERRE
- qu’en même temps ils forment une efpece de plancher nommé Treppen~Werk% Cet ufage des canaux à air, connu , comme nous le dirons bientôt, dans |es Mines de Cornouailles, eft une dépendance principale des puits que T0n j0jc appeller véritablement Puits a air ; nous nous y arrêterons d’abord en particulier
- Des Puits a Air, ou Puits d’airage proprement dits.
- Je diftingue par ce nom, les folles particuliérement deftinées à procurer une grande circulation dans toutes les routes fouterraines d’une Mine exploitée en grand. On conçoit d’abord, & l’expérience venue à l’appui du fimple raifonne-ment, a montré peu-à-peu que pour produire cet effet, il étoit indifpenfàble de recourir à quelque conftruélion particulière, £oit fur la tête, foit dans la bule de cette folle.
- De toutes les différentes maniérés de fe conduire pour l’airage des Mines en différents puits, celle des Houilleurs Liégeois me paroît être celle qui eft portée au plus haut degré de perfeélion , ou qui en approche davantage, puif-qu’elie fatisfait à toutes les vues qu’on cherche à remplir dans les autres pratiques : voyez page 248. Feu M. Jars n’a pas manqué, dans fes Ouvrages, de louer cette induftrie ; mais je trouve qu’il n’eft pas entré à ce fujet dans les détails que mérite une conftruélion dont il faïfoit cas. La defcription fommaire qu’il en a donnée, & que je vais placer ici, par rapport aux obfervations dont il l’a accompagnée , aidera le Leéleur à en faire la comparaifbn avec les autres méthodes que je vais faire connoître.
- Bure d’airage félon la méthode Liigeoife.
- » Bure ou puits que l’on approfondit en même temps que le grand bure, Sc y) qui eft deftiné à la circulation de l’air dans tous les ouvrages fouterrains.
- «Il eft affis depuis 6 jufqu’à 30 toifes de diftance de ce grand bure , fur Malignement du côté long du puits , & dans la partie fupérieure des couches.
- » On lui donne d’abord la forme ronde, enfuite longue de 4 pieds, fur 3 y> de largeur.
- » Ce petit bure s’approfondit en perpendiculaire dans la première ou même » dans la féconde veine de Charbon ; alors on le pourfulc dans cette veine, ce » qui lui fait rejoindre le principal bure dans une direélion oblique : on le » continue enfuite le long du grand bure, dont il eft féparé par un petit mur » maçonné en brique, qui empêche toute communication entre le petit & le » grand bure. Quan4 ce mur eft parvenu à la veine que l’on veut exploiter-, » on y fait une galerie d’environ 2 pieds de largeur, fur 10, 12 , IJ toifes de » longueur. Cette galerie n’eft qu’un chemin d’airage, qui n’a de communica-» tion avec le grand bure, qu’après que l’air a circulé dans tous les ouvrages
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- ET DE SES MINES, il ÏKtt.
- » à l aide des voies Sc des forces d’airage » : voyezpag. a 66, le détail qüe fai donné des chemins pour mener le venu
- La partie qui n’eft ni la moins effentielle ni la moins remarquable dans ces bures d airage â la Liégeoifë, c’eft le tuyau élevé fur la bouche du bure en forme de cône * jufqu’à la hauteur de 30,40 à 60 pieds, ce qui augmente* comme le remarque M. Jars, la pefànteur de la colonne d’air* en proportion dé la hauteur qu’on donne à cette efpece de cheminée.
- La circulation de l’air établie dans les galeries par cette ctieteurë , produit 1 effet dont M. Franklin a eu l’idée ; cette cheteure rompt l’équilibre entre les colonnes d’air, Sc eft très-avantageufe pour l’hiver , ainfi que pour l’été ; mais dans la fàifon du printemps Sc dans celle de l’automne , où l’air extérieur Sc l’air de la Mine fe trouvent être de la même température , la cheteure feroit infuffi-fante : il n’y auroit aucun courant d’air, & il faudrait alors abandonner les ouvrages.
- Un brafier entretenu avec une certaine attention dans lé bas de ce conduit de brique, en déterminant l’air extérieur à fe porter dans les fouterrains dé la Mine, raréfie l’air, corrige les exhalaifons, Sc établit par ce moyen une vraié circulation à la faveur de la dîftribution régulière des routes fouterraines, des Voies d’airage , &c : voyez page 267*
- M. Jars loue cette induftrie, & recobnoît le fuccès qui lui eft propre pouf faciliter la circulation de l’air ; mais il penfè » qu’il conviendroit de faire le petit » bure totalement feparé du premier, c’eft-à-dire , aufi loin quil ejlpojfible ; la » circulation, félon cet Auteur, feroit bien plus aifée à établir , & demanderoit » moins de conduits fouterrains. Dans les endroits ou U oh a deux puits, l’un plus y> élevé que l’autre , on pourroit fe difpenfer du puits d’airage. Il n’arrive point » ici, comme dans les autres Mines, que l’air entre par une ouverture ou par » l’autre , fuivant les faifons.
- » En faifànt toujours du feii dans le bas de la cheteure , l’air eft plus dilate , % par conféquent plus léger : il doit toujours être pouffé par la colonne oppofée ; » mais Ji on ne fait pas le feu plus fort en été qu en hiver , la circulation doit » être plus difficile » , fuivant les principes établis dans le Mémoire, dont nous avons donné l’extrait*
- a Sur ce qu’il arrive encore de temps en temps des accidents, Sc qu’en 1766, que M. Jars étoit à Liège, l’air d’une Mine vint à prendre feu , fans cepen->> dant qu’il y eût perfonne de bleffé : cet Ecrivain defire que les Entrepreneurs » s’occupent d augmenter la circulation, Sc de fe régler fuivant la faifon. On » pourroit aulïi, ajoute-t-il, avec grand avantage, faire ufage des galeries d’é-» coulement', pour introduire beaucoup d’air dans les Mines; ces galeries étant « trente, quarante, jufqu’à 50 toifes plus baffes que l’embouchure du puits, oit « auroit une différence confidérable dans la pefànteur de la colonne d’air ».
- En fuivant M. Jars dans les quatre points fur lefquels portent fes remarques §
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- 958 du charbon de terre
- auxquelles nous avons cherché à rendre le Leéteur attentif, je ne fai trop fi C£s réflexions confervent toute leur force.
- i°. Quant à l’éloignement auquel il confeille que ce bure d’airage foit du grand bure, la diftance de trente toifes qu’il remarque lui-même , n’eft-elle pas totalement fuffifànte ?
- 2°. Dans les endroits ou l’on enfonce deux bures pour une même Mine3 le bure d’airage a-t-il lieu communément ? Je ne le^enfe pas.
- 30. Pour ce qui eft de l’augmentation du feu qu’il recommande, avec raifcn, félon les faifons, on voit par ce que nous avons obfervé, en parlant du Fer d'ai~ rage, que l’expérience a appris aux Houilleurs Liégeois la maniéré différente d’entretenir le feu dans ce grillage: voyez pages 230 & 16J.
- 40. Les Entrepreneurs , en ne ceflànt d elever la cheteure que loriqu’ils voyant quelle produit l’effet qu’ils cherchent, paroiflent remplir les vues que leur préfente M. Jars.
- Il n’eft pas difficile de préfumer que cette conftruétion difpendieufe peut n’être pas nécefîàire pour une foffe de petit Athour; alors c’eft le cas de recourir ou à la petite hutte de M. Triewald , ou à d’autres moyens peu embarrafïànts, dont la bonté a été expérimentée dans quelques Mines.
- Tuyaux a Air, Canaux d vent ou Porte-vents > nommes, dans les Mines mâalliques, Ventoufes.
- D e’s le temps d’Agricola, on traitoit fait des Mines dans des principes auffï juftes que nous le traitons aujourd’hui; on lui ménageoit > par des conduits de bois 3 un écoulement affez bien raifbnné. Les tuyaux que cet Auteur , dans fon Traité de Re metallicâ , a donnés pour cet ufige, font des efpeces de portes-vents de bois, placés de maniéré qu’ils communiquent de l’extérieur de la Mine à l’intérieur (1) ; leur avantage eft fi décidé, qu’on les emploie encore de nos jours dans les Mines. On verra dans ce qui va fuivre, les differentes maniérés dont on en tire parti dans différentes Mines.
- Les Pitmans, en Angleterre, qui travaillent à des Mines fiijettes au Damp~ Jïre y ne manquent jamais de faire paffer un courant d’air dans leurs fouterrains, afin de prévenir cet accident; mais (2) cette précaution, au jugement de M. Jean de Beaumont, ne s’accorde pas avec ce que les Ouvriers de ces Charbonnières avancent fur les Mines les plus fujettes à s’enflammer : voyez Ien. Part.page 3 8.
- (1) Pour remplir le même objet vis-à-vis des Ouvriers employés aux travaux de Mines, foie dans les fouilles de Charbon de terre , foit dans les fiéges de place , un Particulier ( M. Defbar-rieres ) propofa en 1723 , un Porte-vent de cuivre : voyez l’Hiftoire des Machines approuvées par l’Académie des Sciences, Tome V, page 120. L’Hiftorien juge cette différence profitable dans certaines occaûons.
- (2) Lettre de M. Jean de Beaumont, fur les Vapeurs enflammées des Mines , contenant, entr1 autres chofes , des réponfes aux quefions que M. Boyle avoit faites à M. Jufop ,fur les Mines ; Colleétion philosophique de Robert Hook. L’Auteur ajoute qu’il feroic intéreffant de rechercher la caufe de cette contradiction entre le témoignage & la pratique des Ouvriers.
- Quoiqu’il
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- et DE ses MINES. II. Part. 959
- Quoi qu’il en foit, » lorlqu on a fait un puits , il n’eft pas néceilàire devoir » de foupiraux jufqu à ce qu on foit venu a la Mine. Les Ouvriers, pour fo procu« » rer de l’air dans les Mines d’étain de Cornouailles (i)9 ont des boîtes dorme » bien fermées, d’environ 6 pouces dans œuvre, avec lefquelles ils portent l’air » à 20 brafles de profondeur; où ils font, à peu de diftance du puits, une y> tranchée qu’ils couvrent avec du gazon & des fafcines, de maniéré qu’on peut y, » adapter un tuyau, que l’on fait entrer de côté dans le puits, à 4 pieds du fommet*1
- » Quand ils font parvenus à la Mine , 8c qu’ils ont befoin d’un foupirail, ils » en creufont un à 4 ou y brafles du puits, 8c lui donnent une largeur conve-y> nable, 8c la même forme qu’au puits d’extraélion 8c d’airage ».
- A Schemnitz, en creufont les fofles de Léopold, qui ont 150 brafles de profondeur , voici comment on s’y prit pour n’être pas incommodé par les vapeurs. Au côté du puits ou foupirail, on fixa un tuyau du haut-en-bas ; on fit entrer de force une planche large qui touchoit de toute part les côtés du puits, excepté a l’endroit où étoit ce tuyau : on fit fortir tout l’air de la fofle par ce conduit , ce qu’on fut obligé'de répéter plufieurs fois.
- Les vieux travaux de la couche fupérieure de la Mine de Workington, à environ huit milles de Wittehaven, font aërés de cette maniéré , par le moyen d’un conduit ou tuyau dont l’embouchure n’a pas plus d’un pouce 8c demi (2). Le Damp qui y brûle continuellement, eft en fi grande abondance, qu’on le voit jaillir en flamme au-deflus de l’ouverture du tuyau , d’environ un pied de hauteur. Feu M. Jars y a allumé une chandelle , en la préfentant au moins à 6 pouces au-deflus ; on l’éteint aifément avec un coup de chapeau, & fi l’on _ porte enfuite le doigt dans l’embouchure , on fent un air frais qui en fort.
- Au-deflus des Mines de Wittehaven , il y a eu pendant quelque temps un tuyau pareil à celui adapté dans la Mine de Workington ; le Direéleur avoit eu un projet fort fingulier pour tirer parti de la flamme qui en fortoit : il avoit propofé aux Magiftrats de conduire de la Mine, dans chaque rue de la ville, plufieurs tuyaux pour éclairer pendant la nuit. On doit au moins conclure de cette imagination, que la quantité de cette matière contenue dans la Mine, étoit bien confidérable.
- Lorfque M. Jars vifita les ouvrages de Wittehaven, ils étoient très-commodes pour y procurer naturellement un renouvellement d’air, y ayant des puits dont les embouchures étoient beaucoup plus élevées les unes que les autres (3);
- (1) Tranfadions Philofoph. An. 1668} N°.
- 5*-
- ( 2 ) Les ouvertures de cette Mine font pref-qu’au même niveau.
- ( 3 ) L’exploitation de cette Mine eft d’une très-grande étendue ; les travaux font ouverts dans le trajet d’un mille & demi ou d’une demi-lieue de France , toujours en fuivant la pente de la couche . c’eft-à-dire , en angle droit à la direction. Cette remarque de M. Jars eft entière-
- Charbon jde Terre, II. Part.
- ment conforme à ce que rapporte M. Franklin, qui a aufti vifité cette Mine en 175*8 ; il parvint, en fuivant la veine, & defcendant peu-à-peu vers la mer , jufqu’au deffous de 1 Océan, où le niveau de fa furface étoit à plus de 800 braf-fes au - deflus de fa tête ; les Mineurs lui affu-rerent que leurs travaux fouterrains s avançoient jufqu’à quelques milles au-delà, en defcendant toujours par degrés au-delfcus de la mer.
- 4
- L ii
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- 96o DU CHARBON DR TERRE
- Lorfquil eft queftionde percer tranfverfalement des galeries pour arriver à d’autres veines, M.Triewald inilfte avec raifon fur le renouvellement de l’air par le moyen de ces mêmes tuyaux 3 auxquels, à 1 exemple d Agricola , il adapte une trémie en forme d’entonnoir (i). Nous allons fuivre M. Triewald dans la defcription qu’il donne de la conftruétion de ces tuyaux (2).
- » Le moyen le plusufité, lorfqu’il faut faire des puits auffi étroits que l’exigent » les Charbons, & dont les Ouvriers fe fervent jufqu’à ce qu’ils arrivent au » Charbon , & qu’ils atteignent une communication avec quelques autres puits, » confifte dans ce qui fuit.
- y> On fabrique des conduits avec quatre planches , dont deux font rendues y) exactement quarrées for la bordure, ( Troumma, conduit d air pour les orgues) » 8c joints enfemble ; les deux autres planches reçoivent feulement un coup de » rabot fur l’un des côtés des extrémités; enfuite on les gaudronne à l’endroit « où ils doivent être joints, ou bien on met de gros papier entre, en les clouant » enfemble, de maniéré quelles foient en état de réfifter à l’air : on rend poin-» tue chaque extrémité de ces conduits, avant que de les clouer enfemble, de y) la grandeur de 2 pouces, à l’une des extrémités du côté extérieur, 8c 2 pouces » à lautre bout du côté intérieur, de façon qu’on puiile , en les joignantfaire » une continuité de ces tuyaux auffi longue qu’on le fouhaite. Quelques-uns ont » coutume de coller for ces joints des lambeaux de parchemin, comme les Fac-*> teurs d’Orgues font à leurs tuyaux à vent. Lorlque le puits eft avancé de » quelques brades, & que les Ouvriers s’apperçoivent qu’il commence à y faire » chaud , ou qu’ils ont de la peine à relpirer , ils pofent un de ces tuyaux dans y> un coin du puits, 8c l’y affermiffent dans les Klyft d’ardoife, ou dans quelque » couche de Charbon qu’ils rencontrent ; enfoite iis ajoutent un fécond tuyau,1 y> & le prolongent jufqu’à ce que le conduit foit élevé d’une brade ou deux » au-deflus de l’ouverture du puits : alors ils font avec une ouverture ronde » de 4 pieds de diamètre, une bafe , fur laquelle ils pofent horizontalement une boîte en entonnoir, avec un petit tuyau de fer-blanc ajufté dans ce trou , y> & qui fert uniquement à ce que cette trémie puifle commodément être y> tournée contre le vent & le recevoir.
- M. Jars fait remarquer, à l’égard de ces tuyaux, lorfqu’on en pratique dans les Mines, qu’on doit avoir attention de leur donner le plus de capacité qu’il fera poffible ; la raifon qu’il en donne, eft que plus on augmentera la forface de la bafe de l’air, plus la colonne de l’atmolphere acquerra de pelànteur : cela eft d’autant plus nécedaire, félon cet Auteur, que les tuyaux de conduite pour l’air, auront plus de longueur, & que l’air éprouve en conféquence le long des
- ( 1 ) Trémie * vaifleau de bois en forme de pyramide renverfée, ou efpece de cage en boîte, large & ouverte par le haut, étroite par le bas ; ce qui lui a fait donner par les Auteurs Latins le nom d’infundibulum.
- (2) Voyez le Mémoire intitulé: Defcriptiort de tous les moyens de fe procurer un bon &* fuffifant changement d’air dans les Mines .de Charbon de terni Tom. I, An. 17^0, page
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- parois de ces conduits, un plus grand frottement, qui peut être porté aü point de détruire ou dabforber entièrement l’effort de la colonne de latmofphere \ & comme il eft dans l’année des temps où l’air extérieur eft prefqu en équilibre avec l’air intérieur, il s’en fuit que la différence ne peut être fenfible qu’autant que la colonne de latmofphere eft plus pefante, ou par fon volume, ou par fà denfité.
- Dans le cas où l’on veut éviter l’enfoncement d’un bure d’airage pour chaflèr une galerie au travers d’une faille, M. Triewald difpofe d’une maniéré parti* culiere les conduits d’airage en planches décrits précédemment,
- » J’ai pris, dit ce Savant, page 112, du même Mémoire, de ces conduits « de planches quarrées ; je les ai fait placer horizontalement à terre, dans «les galeries , depuis l’endroit où j’ai remarqué que le changement d’air >> étoit bon, jufqu’à l’endroit où on travailloit : il en a réfulté une très-bonne « circulation d’air ; la force du vent a même été telle aux deux extrémités de « ces conduits, que lorfque je tins une chandelle allumée (par exemple en A$ » fig. 9, PL XLII), à la diftance de 4 pouces du tuyau, le tirement du vent » l’éteignit, & qu’à l’autre extrémité B, il fbuffla la lumière à la diftance de 6 « pouces. Néanmoins fai obfervé que cet expédient ne réuffiffoit pas toujours éga* « lement P & que la différence de réuffite avoit quelque rapport avec le temps qilil y)faifoit en-haut ; cela étoit fur-tout fon peu fenfible lorfqüil faifoit un temps » mou , chaud & lourd : alors on ne s3appercevoit de prefqu aucune circulation $ » & il falloit ceffer U ouvrage (1) ; mais tout cela n’eft plus arrivé depuis que *> j’ai fait ufàge du feu pour obtenir un changement d’air »*
- Machines a Air, Machinæ pneumaticæ, Machinæ fpiritales ;
- G. Geffige , Sowetter Bringen.
- S o u s ce nom on doit comprendre indiftinétement toutes les Machines qui s’établiffent fur la bouche des puits de Mines, pour le renouvellement dé l’air fouterrain, foit quelles agiffent par le fecours de l’air extérieur, foit qu’elles foient mifes en aétion d’autres maniérés ; ainfi les Herna,{ ou Moulins a vent,
- K
- les Soufflets en ufàge dans quelques Mines , les Fourneaux a feu, & en général toutes les Machines comprifes fous le nom de Ventilateurs , font des Machines à air ; celles par le moyen defquelles on tranfporte dans un puits de Mine une partie de l’atmofphere extérieur, ont dû fe préfenter les premières à l’idée des Ouvriers de Mines: ce fera par elles que nous commencerons.
- ( 1 ) Cette remarque de M. Triewald eft celle fur laquelle j’ai prévenu le Lefteur , page 9^3 , a 1 occaüon de la différence de fentiment entre
- l’Auteur Suédois Sc M. Jars , touchant la pefân? teur des deux colonnes d’air dans les deuxpuitP de la fig* 9, Fl. XLlh
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- 96z DU CHARBON DE TERRE
- Des Machines a Air mues par VAir extérieur feul, ou par l Air extérieur
- aidé de quelqù autre puijfance.
- Âgricola (i) décrit trois efpeces de ces Machines : elles ne different que par la configuration de la piece à laquelle on pourroit donner le nom de récipient > qui eft deftinée à prendre l*air extérieur au-defïus de l’œil du bure, & | lui donner fa détermination dans cette ouverture, par des tuyaux à air, & de-là dans les fbuterrains.
- La plate-forme de fondation, fur laquelle la Machine s’affied , eft la même pour toutes les trois : elle eft traverfée, dans fa longueur & dans fa largeur, d’entretoifes qui féparent l’ouverture fuperficielle du bure en quatre parties, de maniéré que ce chajjis de rebord (2) forme quatre ouvertures ; c’eft fur ces entre-toifes, qui barrent l’œil du bure en forme de croix, que portent les Machines à air.
- La première efpece qui attire ou ramene l’air du fond du puits, fe divife en trois autres.
- La première confifte en quatre efpeces de panneaux élevés d’à-plomb fur la longueur de chaque entre-toife, de maniéré qu’étant alternativement unis les uns aux autres par les rebords de leur montant, elles préfentent au vent, de quelque côté qu’il foufïle, quatre cavités angulaires, dans lefquelles il eft arrêté.
- Pour que l’air qui s’élève en-haut, ne réfifte pas & puifle retourner en1 arriéré , les panneaux font quelquefois couverts, dans le haut d’un chapeau figuré en rond, d’ou néceflàirement le vent entre dans le puits par quatre ou-; vertures. Dans les endroits où cette Machine peut s’établir de maniéré que le vent arrive par la partie d’en haut, elle n eft pas terminée par cette couverture.'
- La fécondé efpece de ce genre, introduit l’air dans le puits par un canal pro-î longé en longueur : elle eft formée de quatre planches jointes enfemble, Sc enduites dans les joints de terre graffe.
- De cet aflemblage, il réfulte un tuyau quarré, qui tantôt eft prolongé hors du puits, & tantôt ne fort pas de l’œil du bure.
- Dans le premier cas, cette extrémité , FL XLIII, fig. 4, préfente à l’air une efpece de trémie à quatre faces , de 3 à 4 pieds de hauteur , plus large & plus ouverte que le refte du conduit , afin que le vent puifle s’y engager plus aifément.
- (1) De Re Metallicâ. Livre VL (2^) Il y a peu d’Arts, Sc même aflfez peu de 'Machines confidérables, où il ne fe rencontre des chaiïis ou des parties qui en font la fonction fous un autre nom. Chajjis , fe dit en Mé-chanique Sc dans les Arts , généralement de ijout aflemblage de fer ou de bois , quarré ,
- deftiné à environner Sc à contenir un corps : J61 chaflis prend fouvent un autre nom, félon le corps qui le contient, félon la machine dont il fait partie , & relativement à une infinité
- d’autres circonftances : on verra à l’article des Machines hydrauliques ce que c’eft que la piece à laquelle on donne le nom de chajjis,
- Si
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- ET DE SES MINES. Il, pA&ft $6$
- Si le tuyau ne fort pas du puits y il conferve la même largeur à cette extrémité , qui vient fe terminer au jour , fig. 3 ; mais du côté d 011 vient le vent , onat tache des panneaux qui lui préfentent un arrêt, & qui le portent dans le tuyau.
- Dans la troifiemeMachine, ce que j’appelle Récipient de l’âir, eft une caifle mobile figurée en tonneau , de la hauteur de 4 pieds, & large de 3, fixée fur le tuyaii fiipérieur de la maniéré qu’on le dira tout-à-l’heure : elle eft bien cerclée de cerceaux en-haut & en-bas, comme une vraie barrique ; de fa partie fupérieure déborde une grande girouette aufli en bois, qui a plus de battant que de guindant, c’eft-à-dire , de longueur que de largeur, ôc dont la queue ou le pivot eft difpofé horizontalement, comme celle qui fe voit au haut de la che-teur de la petite Machine à Charbon de Newcaftle, PL XXXIK, N°. 2. Cette girouette n’eft pas mobile; dans un des ais de la barrique, on ménage une ouverture quarrée, deftinée à donner entrée au vent, & à le conduire dans le puits par un ou plufieurs tuyaux allongés.
- La partie fupérieure du tuyau eft aflujétie * du côté de cette ouverture, dans une ouverture circulaire pratiquée au fond du tonneau , de maniéré que ce barril puifle jouer en tournant. Dans la partie où le tuyau tient au tonneau , eft placé un petit eflîeu qui, en paflànt à peu-près par le milieu du barril, fe termine à un trou de la partie fupérieure , qui en eft comme le couvercle.
- Au moyen de cette conftruétïon & de la girouette pouflee par le vent, le barril, au moindre fouffle d’air, tourne autour de feflîeu immobile & du tuyau ; le vent, de quelque côté qu’il vienne, frappe lùr la girouette, qui eft pouflee droit vers la partie qui lui eft oppofée : de cette maniéré la barrique ou calife tourne fa bouche du côté du vent même, qui, en y entrant, eft porté du tuyau ou des tuyaux dans le puits.
- Les autres Machines d’Airage, décrites par Agricola, & qui font accompagnées de figures , confiftent dans les fuivantes i
- Un Herna:[ ou Moulin a vent, un Treuil courbé dans fa longueur , & dans cette même direétion de volants (1) ou d’éventails diverfement figurés ; une grande Roue creufe qui agit à bras dliommes, ou par une fimple manivelle, ou par un levier à quatre rayons, & qui, en tournant, reçoit dans des ouvertures pratiquées à delfein, fair extérieur , afin de le conduire dans uri tuyau prolongé dans le puits.
- Les deux premiers moyens n étant de fervice que lorfquil fait du vent, ne font plus guere d’ufage que pour faire agir des corps de pompes à eau. Nous en dirons un mot.
- Le fécond moyen, le plus embarraflant, n’eft, ainfîque les autres, nulle-
- ( ï ) Pièces ainfî nommées dans les Moulins à cage du Moulin ; cefi ce qu'on appelle aufli vent, qui font attachées, en forme de croix , à Volées ôc Ailes du Moulin, l’arbre du tournant, Ôc qui font en dehors de la
- Charbon de Terre.IL Parti M ir
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- ment comparable avec tout ce qui fe pratique de nos jours ; la cortnoi(Tance abrégée que je viens d’en donner, a uniquement pour but de faire apperce_ voir les rapports que ces machines ont en général avec plufieurs inventions modernes.
- Quelque groffiérement que foient imaginées toutes celles dont on fe fer_ voit anciennement dans les Mines, il n'eft pas difficile de reconnoître que la Machine de M. Triewald, le Soufflet continu de M. Ragnu, la Roue à foufflet de M. Defàguliers , font conftruits fur les mêmes principes. Nous termineron
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- cette énumération des Machines à air , dont l'effet dépend uniquement de l’air extérieur, par l'invention de M. Triewald : nous pafferons enfuite aux différentes efpeces de Soufflets & aux Fourneaux à feu.
- Pour apprécier convenablement l'application ingénieufe que M. Triewald a faite des Récipients à air,, élevés au-deflbus de la bouche des puits de Mines, on doit fe rappeller ce qui a été dit de la marche particulière des Charbons de terre : en jettant les yeux fur la Planche IV, Part. / ? il eft évident que fi l'on enfonce deux puits fur une même veine, (cette veine feroit-elle une plâtre ure des plus régulières, comme celle N°. 2,) il eft rare , on peut dire impof-fîble , que ces deux puits , placés à une grande diftance l'un de l'autre, foient l'un & l'autre d'une profondeur égaie ; alors , {bit à raifon de la nature du Charbon ^ foit à raifon de la maniéré dont la Mine eft percée & divifée en galeries, les exhalaifons demandent que l'on fe procure un changement d'air très-fort: pour cela M. Triewald procédé, fur l'œil du bure, à une conftruétion qui augmente la profondeur du puits, 8c qui arrête dans fon enceinte le vent extérieur : voici la defcription qu'il en donne (i).
- Hutte ou Baraque a Air, de Finvention de M. Triejrald.
- » Sur la bouche du puits, fig. 4, PI. XLIV\ Part. //, je fais élever une yy cage quarrée, conftruite en charpente, & élevée à la hauteur de quel-» ques brades, proportionnellement à la largeur du puits ; les joints des ma-» driers font garnis foigneufement avec de la mouffe, 8c même toute la char-5) pente eft enduite au dehors de Bauge ou glaife bleue; enfuite, pendant qu'on » ne droit rien du bure,, j'ai fait adapter à l'embouchure extérieure de cette y> cage, une couverture de planches très-minces , femblable à un chapiteau de y> moulin , c'eft-à-dire , difpofées en forme de cône tronqué ; ce cône était ow-» vert en A, du côté du puits, 8c en B dans la partie élevée , de manière que yy ce chapiteau étoit ouvert dans environ le quart de fon total.
- yy Afin de pouvoir le tourner avec facilité contre le vent, & de donner à l'air yy qui y feroit reçu, une direction dans le puits, je fis faire une croix de poutres, » retenue par les quatre côtés de la charpente du puits : au milieu de cette croix
- (0 Mémoires de F Acad, de Stociyjiolm, An, 1740. Tomel, Seft, p 6» 10.
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- -fi étoic élevée une perche, laquelle reflortant en dehors par la partie fupérieure y) du cône ou chapiteau B, tournant librement dans une entaille , fervoit de » pivot à une girouette qui marquoit le vent *>.
- Des Soufflets Jîmples.
- Agricola décrit auffi la conîlruélion de grands Soufflets fembiabîes à ceux des forges, & avec lefquels on conduit l’air dans les Mines par des hommes ou des chevaux, ou un courant d’eau (i). Par l’effet fenfîble de cet inftrument fur l’air ou le vent, qu’il attire d’abord , 8c qu’il comprime enfuite pour le renvoyer avec précipitation par une ouverture étroite, ce moyen femble avoir dû être un des premiers qui fe foit préfenté à fidée des Ouvriers de Mines ; mais ces Soufflets font difficiles à mettre en jeu.
- En Hongrie, dans les Mines de cuivre de Herngroundt, où il y a des boyaux de 500 brades de longueur * on emploie, pour faire le temps, c’eft-à-dire , pouf 'aider la circulation de l’air , une grande paire de Soufflets, que l’on fait agir continuellement pendant plufieurs jours ; mais le plus ordinairement on fe fert d’un grand tuyau qui conduit l’air, & qui met les Ouvriers en état de chafîef les ouvrages fans éprouver de difficulté de refpirer. On met auffi de ces tuyaux fur toutes les portes 8c fur toutes les routes ou l’on creufo en droite ligne dans une grande longueur , 8c où il n’y a point de paffages de traverfo.
- Dans la Mine de Château-Lambert, ( en Franche-Comté ) (2), M. de Gen-fannes (3) , pag. 158, employa d’abord un grand Soufflet, qui , par le moyen ^ d’un tuyau régnant dans toute la longueur, portoit l’air frais 8c extérieur au Mineur, dans le goût du Ventilateur de M. Halès, dont nous parlerons tout à l’heure ; mais ce moyen, après avoir d’abord réuffi en apparence, devint tout au moins inutile quelque temps après ; l’air de la Mine s’épaiffit davantage : il n’étoit plus poffible d’y tenir de la lumière , ce qui forçoit d’abandonner les ouvrages.
- Il prit de-là l’idée dont il a été fait mention plus haut, & fît conftruire une efpece de Soufflet qui, au lieu de refouler l’air comme le faifoit le premier 3 faifoit au contraire l’effet d’une pompe alpirante ; à mefure qu’il alpiroit le mauvais air du fond par le moyen du tuyau qu’il avoit adapté , le poids de l’atmolphere en introduifoit un nouveau par le percement ; en forte qu’en moins de 24 heures l’air fut auffi fain dans le fond de la Mine qu’il l’étoit au dehors *
- & que depuis il s’eft maintenu tel.
- (1) De Re metallicâ , Lib. 6, pag. 166, i6j, (3) Voyez le Mémoire cité? Part, I3pag, iqp j
- (2) 11 faut obferver que eette Mine a un perce- note 1*. mww, c’eft-à-dire, une galerie de pied<
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- Réflexions fur les moyens précédents.
- L a plupart de ce que nous ayons appelle Machines a Air, ont, pour rafraîchir les fouterrains, befoin du vent, de maniéré que dans les temps de chaleur & de calme, où précifément l’air des Mines eft ftagnant & mal fàin, on trouve dépourvu de fecours.
- L’ufàge des Soufflets pour l’airage des Mines, n’eft pas non plus fans incom vénient ; le Doéteur Défaguliers l’a très-bien obfervé (ij : outre quils font difficiles à mettre en jeu, & qu’ils exigent la force de plufieurs hommes pour pro, duire leur effet, ils ne fauroient avoir l’avantage de devenir tantôt foulants,’ tantôt alpirants : ils font même plus chers. Le Doéteur Etienne Haies s’eft occupé avec foccès de corriger ces défauts dans des Soufflets qui chaflent l’air en fe haulîant & en fo baillant, ce que ne font pas les autres. En 1772, le Doéteur Défaguliers a perfeélionné l’opération de M. Haies, ou plutôt publié là propre découverte , qui, avant ce moment, n’étoit pas tout-à-fait inconnue de M. Haies. Nous allons eflàyer dé donner une idée de ces deux Machines.
- Des Soufflets nommés Ventilateurs.
- Parmi les différents moyens de renouveller l’air dans les endroits où ce renouvellement eft néceffaire , la Machine connue fous le nom de Ventilateur, en ulàge dans quelques Mines de la Grande-Bretagne, eft une des inventions les plus remarquables.
- Le Ventilateur, ainlî appellé, n’eft autre chofe qu’un alîemblagé particulier de Soufflets, dont l’effet eft de renouveller l’air d’un endroit enfermé , foit en y introduilànt d’une maniéré infenfible un air nouveau, foit en pompant celui qu’on veut ôter, 8c qui eft àuffi-tôt remplacé par faîr extérieur.
- Machine ; Roue a Soufflets, Roue centrifuge du Docîeur Etienne Haies.
- Les Soufflets qui la compofent, au nombre de deux, font de figure quarrée 8c en planches ; ils n’ont point de panneaux mobiles comme les Soufflets ordinaires , mais feulement une cloifon tranfverfale, que l’Auteur appelle diaphragme (2) , attachée d’un côté par des charnières au milieu de la boîte, à dif tance égale des deux fonds ou panneaux, 8c mobile de l’autre, au moyen d une verge de fer viffee au diaphragme : cettéVerge eft attachée à un levier dont le milieu porte for un pivot, de maniéré que lorfqu’un des paneaux baiflè , l’autre hauffe, & ainfi alternativement.
- (1) Cours de Phyfique expérimentale, Tome II, page 473.
- (2) L’expreflion eft reçue en Méchanique pour
- exprimer, dans une Machine, toute réparation dirigée d’un côté a un autre, dans une ütuation horizpmtale,
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- À chaque Soufflet, il y a quatre foupapes tellement difpofées, que deux s ouvrent en dedans , deux en dehors ; deux donnent entrée à l’air, & deux font deftinées à fa fortie. Il* eft aifé de concevoir que celles qui donnent entrée à lair , s’ouvrent en dedans & les autres en dehors.
- La partie de chaque Soufflet où fe trouvent des foupapes qui fervent à là fortie de l’air, eft enfermée dans une efpece de coffre placé au-devant des Soufflets , vis-à-vis l’endroit ou les- endroits où l’on veut introduire l’air nouveau. L’arrangement de ces Soufflets, & la conftruélion totale du Ventilateur $ forment un détail qui fait le fujet d’un Livre curieux (i). Nous nous bornerons à relever ici ce qui a rapport à l’introduélion de l’air nouveau dans le coffre. Elle fe fait par le moyen de tuyaux de bois dé fàpin, formés en quatre , ayant 10 pouces de large en dedans ; ces conduits , qui s’adaptent au coffré, font dé plufieurs pièces fufbéptibles de fe démonter & de fe joindre les unes aux autres en auffi grand nombre qu’on peut le defirer. Cette commodité, qui les rend portatifs, donne un grand avantage à la machine, qui en a déjà un très-confi-dérable, celui de pouvoir , en une minute, décharger du fond de là Mine , à l’aide d’un homme feul, environ 13 pieds cylindriques , ou 10 pûeds cubiques de vapeurs. *
- Cette Machine , dont l’aétion gît dans l’effet de donner plus de vîteffe à une efpece d’air, pour le fubftituer à une autre efpece', a été auffi l’objet des recherches de M. Defàguliers, que nous allons faire connokre, fans entrer dans le détail de fa. conftruélion»
- Soufflets Ventilateurs du Docteur Defàguliers.
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- Ces Soufflets femblables, à certains égards , à ceux employés en Heffe par Papîn, en different cependant beaucoup ; la defcription en à d’abord été publiée dans les' Tranfaélions Philofophiques de l’année 1727 , N°. 400 (2) L’Au-* teur l’a enfuite inférée dans fon Cours de Phyfique expérimentale (3).
- La Machine confifte en trois cranks, faifant mouvoir trois pompes foulantes Sc afpirantes, qui tirent & forcent l’air par le moyen de trois régulateurs (4) , & qui font alternativement deftinés à pouffer l’air dans un endroit, ou à l’en retirer à travers un tuyau.
- Comme les vapeurs font (pécifiquement plus légères que l’air commun , on peut les chaffer hors de la Mine * ou fi elles font plus pelantes, on peut les en
- (1) Defcription du Ventilateur par le moyen duquel on peut renouveller facilement , & en grande quantité, Pair des Minés. Cet Ouvrage a été traduit en françois par M.* Delmoms , dans l’intention de faire renouveller Pair des Prifons, des Hôpitaux, des Maifons de force & des VaiP féaux. Paris , in-12, 1744 , pag, 1 p.
- (2) Expérience faite en préfence de la Société Royale, pour montrer de quelle façon on peut tirer des Mines les vapeurs & Pair corrompu,
- Charbon de Terre , IL Paru
- par le moyen d’une Machine de rinveritioa du Dodeur Defàguliers.
- (3; Détail des expériences faites pour tirer des Mines les vapeurs & Pair corrompu,( Tom. Il, P*g- 47.1-
- (4) On entend en général par ce mot, Paflem-blage de plufieurs pièces de fer , en Anglois crank, qui concourent enfemble à ouvrir & à fermer alternativement les orifices d’impulûorx & de fuite; )
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- pomper par l'opération de. cette Machine, qui eft arrangée de façon à pouvoî* être variée pour cet effet ; fon exécution eft telle, qu'on peut changer dans une feule minute, tout l'air contenu dans un efpace de 8 pieds cubes , & qu un cheval fait quatre fois plus douvrage quun homme. Il fe rencontre cependant • des Propriétaires de Mines qui font oppofés à fon ufàge ; au furpius il a beaucoup perdu depuis la reffburce induftrieufe dont je vais parler.
- Du Feu appliqué a Vembouchure des Mines, pour y renouveller Voir
- des ouvrages fouterrains•
- D e tous les moyens connus aujourd'hui pour purifier l'air, l'obfervation & l'expérience ont démontré qu'il n'en eft pas de plus efficace que le feu ; la pro^ priété qu'on lui connoît inconteftablement, de raréfier (i) dans une très-grande latitude, d'occafionner même une forte de deftruétion de l'air, eft de nature à pouvoir être appliquée utilement à beaucoup d'ufàges
- Les Houilleurs Liégeois, à la faveur d'une longue & ancienne pratique, réuififïent, par la maniéré dont ils portent & dont ils gouvernent le feu dans leur bure d'airage, à renouveller l'air de leurs Mines.
- M. Defàndrouins allumoit tout Amplement du feu de diftance en diftance dans fes ouvrages fouterrains pour remédier au défaut d'air, &c. page 482, ; les Chimiftes étoient les feuls Artiftes qui, dans leurs laboratoires, mettoient habituellement à profit la propriété du feu fur l'air ambiant. Leurs fourneaux , dans lefquels ils enferment des matières embrafées, pour obliger le feu d'agir différemment fur differentes fubftances > ont certainement donné naiflànce à quantité d'idées heureufes.
- Des découvertes de conféquence fur un élément qui ne peut fe définir, ont fuffifamment éclairé les Phyficiens modernes pour les rendre entreprenants. Il s’en eft trouvé d'affèz ingénieux pour ne pas héfiter à appliquer le feu, comme inftrument, à des opérations importantes, ou par la force qu'elles exigent, ou par leur deftination. On voit un exemple du premier dans la Machine,autrement appellée pompe a feu, que nous allons bientôt examiner dans tous fes déve** loppements. La Machine qui fuit, eft un exemple non moins remarquable, dans une opération très-délicate, des reflources que l'art a fu tirer du feu & de l'ex-panfibilité de l'air, pour vaincre en quelque forte la nature,
- (1) C’eft-à-dire, étendre dans un plus grand efpace les parties qui compofent un corps, en diminuer ou en faire cefler l’union & la cohérence.
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- ET DE SES MINES. II. Part»
- Du Fourneau Fendlateur de M. Sutton9 nommé en Ecojfe , Lampe à Feu*
- Cette invention, dans laquelle cm retrouve en petit la méthode des Houilleurs Liégeois dans leurs bures d’airage , a été exécutée à Londres, 3c a valu une récompenfe à M. Sutton. Elle confîfte dans un fourneau repréfenté en perfe peétive fur l’ouverture d’un puits de Mine yfig.1, FL XLIF, où Ion voit aufîi* fig. 3 , la coupe du même fourneau & des fouterrains.
- L’Auteur, qui en fait le fujet d’un Livre (r) , veut qu'au fond de l’âtrê du fourneau , on adapte un tuyau qui, divifé en branches , communique dans les endroits dont on veut purifier l’air , la chaleur dilatant l’air qui l’environne ; celui qui paffè par les tuyaux, vient prendre continuellement fa place , Sc eft lui-même remplacé par celui de dehors.
- Au moyen de cette conftruétion fimple & peu coâleafe , on réufïîc à établir jufqu’aux extrémités les plus reculées d’une Mine , un courant d’air très-rapide 9 capable non-feulement de fournir à la libre refpiration des Ouvriers 3 mais encore d’entraîner ou d’abfbrber les vapeurs pernicieufes à mefure qu’elles fe forment.
- Un des avantages que l’on doit remarquer à cette Machine, outre fa fimpli-cité & fon prix modique, c’eft de produire toujours un effet égal, quelque temps qu’il faflè, ce qui manque dans la plupart des moyens méchaniques : aufîl ce fourneau efl-il adopté dans beaucoup de pays pour l’airage des Mines* Celui de Liftry, dont nous avons parlé page 569 , & repréfenté à la figuré 1 de cette même Planche, n’eft qu’une application du Fourneau ventilateur deM. Sutton, dont on pourroit , avec quelques légers changements , tirer parti dans tous les endroits où l’on voudroit renouveller l’air , comme dans les falles d’Hôpitaux , de Speélacles, &c*
- On en fait ufage dans le Nord de l’Ecoffe, où ôn l’appelle Lampe a feu : il eft auffi employé dans beaucoup de Mines des environs de Newcaftle, où les; galeries ont généralement beaucoup plus d’étendue que dans beaucoup d’autres pays ; Sc l’on y eft perfuadé que par ce moyen on a beaucoup diminué les dangers de la vapeur fulminante. Il eft cependant à ob fer ver qu’il n’eft pas ufité dans tous les puits de Mines de ce quartier : cela fuppofe quelques raifons particulières ; elles ne peuvent être bien connues que par les Propriétaires de ces Mines , & ilferoit intéreffant de les approfondir (2).
- M. Lehmann faifoit cas de cette invention* Nous empruntons de fon Ouvrage la defcription fuivante.
- A côté de l’ouverture d’un puits , on éleve un fourneau de brique A , fg. 3 , PL XLIF, dont le cendrier eft B, & le foyer en c ; le tuyau D D paffe par le
- (1) Nouvelle maniéré de renouveller l’air des vaiffeaux.
- ( 2) On doit obferver que dans l’intérieur de l'Angleterre, où les vents font variables, il en
- eft qui paroiflent fuivre certaines heures, comme le vent d’Oueft, qui eft affez fréquent fur le foir, le vent du Sud dans la nuit , & le vent du Nord le matin.
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- foyer du fourneau ; ce tuyau fera det ôle ou de fer de fonte dans la partie quï approchera du feu , & les parties D e 8c FF qui defcendent dans les fouterrains pourront être de bois ou de planches affemblées , dont les jointures feront bouchées avec la plus grande exaélitude, foit avec de la colle-forte, foit avec des bandes de parchemin ; ces tuyaux feront prolongés à proportion de la profondeur des Mines, en ajuftant plufieurs tuyaux les uns au bout des autres : on pourra pareillement leur faire faire autant de coudes & de détours qu'on voudra , pourvu qu'on ait grand foin de bien boucher les jointures. Il eft à propos que l'extrémité F du tuyau , qui efl: fous terre, foit faite en entonnoir, afin que l'air y entre plus fortement. Lorfque la Machine fera ainfi établie, ôn allumera du feu dans le foyer c du fourneau ; quand il fera bien allumé, on fermera la porte du foyer c, & celle du cendrier B ; alors le feu attirera fortement l'air des fouterrains, qui entrera par F dans le tuyau; & il ira s'échapper par la cheminée G du fourneau : plus le tuyau de cette cheminée fera élevé, plus l'air des fouterrains fera vivement attiré par le feu ; l’air extérieur, en tombant par le puits H, remplacera celui que la Machine aura pompé.
- Exécution du Fourneau Fentilateur de M. S ut ton, dans la Mine du jieur Richard Ridley, appellée Biker, a quelques lieues de Netrcaflle , par M.Triejrald^ & remarques du Conftrucleur a ce fujeu
- M. Triewald ayant d'abord réuffi , en fouillant le puits de cette Mine ; à fe procurer un bon changement d'air avec le tuyau à air terminé en entonnoir , voy. page 960 , il s'apperçut, lorfqu'on eut atteint une profondeur de 40 brafles , que ce moyen ne produifoit plus d'effet. Il prit le parti d'établir le fourneau ventilateur. Afin de fuivre M. Triewald dans la maniéré dont il procéda , il efl: néceffaire de recourir à la figure 1 de la Planche JCLF 9 qui achèvera de donner l’idée de la conftruélion de cette Machine, & de la force qu'elle a.
- A, efl: la cheminée du Fourneau.
- . B , le cendrier.
- CCC, le tuyau quarré de bois.
- D, le puits.
- E y la Machine à chevaux pour enlever les Charbons.
- F) la porte du Fourneau , de 3 à 4 pouces au-deflous de la grille , qu'il fai* loit fermer très-exa&ement quand le feu avoit commencé à brûler.
- M. Triewald commença par ôter la trémie 8c toute la partie du tuyau quît or-toit hors du puits ; préfumant en même temps qu'on placeroit fur ce puits une Machine à chevaux , il fit faire un folfé, dans lequel le tuyau pourrait être couché horizontalement, fans barricader le chemin du cheval (i)- »L'extré-» mité de cette rigole à l'œil du bure, fut incontinent jointe au tuyau qui
- (1) Cette tranchée eft marquée dans la figure avec des points.
- defcendoit
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- » defcendoit perpendiculairement dans le puits, 1 autre bout fut muré en C> » dans le cendrier du fourneau, que Ion conftruifoit en tuile à une bonne » diftance du puits, Dans le fourneau, au-deffus du cendrier, je fis pofer un » grillage de fer, dont les barreaux ne pouvoient laifler paffer que la cendre, » & non le charbon -
- » Tout difpofé comme on le voit, le feu étant, bien allumé dans le fourneau * » je fis murer la porte du cendrier, & toute communication de fair avec le feu 9 n (excepté de fair qui venoit par le tuyau bien garni de terre grafle, ) fut inter-» ceptée ; dans fefpace d’une demi-heure fair mauvais qui rempliffoit le puits, 5) fe trouva diffipé : le changement d’air fut fi prompt Sc fi fort, qu’en préfentanE » une chandelle au bas du puits, à f extrémité du tuyau , à la diftance d’un pied, » elle étoit éteinte ; car dès que fait du tuyau fe confumoit par le feu du four* » neau , une nouvelle colonne d’air defcendoit naturellement dans le puits, en* » troit dans le tuyau , & paiïbit par fon canal dans le feu du fourneau.
- » Depuis ce moment on a employé cet expédient pendant trois mois , en en* » tretenant continuellement le feu du fourneau , avec cette différence que lorP » qu’il falloit ouvrir le cendrier pour le nétoyer, le fourneau droit fi fort, que » fon pouvoir y fondre, dans un très-court efpace de temps, de très-grandes » pièces de fer battu & fondu*
- » Je ne dois pas oublier d’avertir que. dans les premières vingt-quatre heures ; » cette exécution exigea une correélion, quoique le tuyau n’entrât que de 1 à 3 » pouces dans le mur du cendrier, il fut brûlé, le feu y ayant pris par quelques » petits charbons qui avoient pafte par la grille ; j’y fubftituai pour lofs un vieux » cylindre de fer , de 9 pouces de diamètre ; Sc comme il avoir 9 pieds de km-5) gueur, fon extrémité , qui fut jointe au tuyau de bois , ne put jamais s’échauf-» fer affez pour s’enflammer Sc fe brûler ; mais l’effet du changement d’air en y) devint encore plus fort »,
- Réflexions générales fur les différentes maniérés d? établir la circulation de U Air dans les Mines, & fur ce qu’il y auroit a faire pour les porter au degré de perfection dont elles peuvent être fufceptibles.
- Tout ce que nous avons pu recueillir dans notre Ouvrage de faits Sc dé dires , même oppofés entr’eux, fur les vapeurs ordinaires dans les Mines, établit évidemment des différences dans ces vapeurs ; du moins à en juger par les effets très-diverfifiés , les unes éteignent les lumières 9>voye^page 37, les autres fèm-' blent dangereufes lorfqu’elles s’échauffent, font toujours prêtes à s’enflammer, & s’enflamment réellement dans tous les temps avec détonnation fi on en approche du feu ; l’exhalaifon inflammable, plus légère que 1 air , fe raflèmble au haut des voûtes des galeries, en forte que les Ouvriers font obliges de tenir Sc de placer leurs lumières le plus près du fol qu’ils le peuvent ; d autres occupent Charbon de Terre. IL Paru Ou
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- toujours cette partie des galeries ( i ) : de-là s’enfuivroit naturellement la nécef. fité de varier les moyens employés pour corriger les unes, difîïper les autres , félon leur quiddité, pour me fervir dune expreffion d’école, quimefemye rendre mieux ce que 1 on appelleroit ici leur nature.
- Malgré l'ignorance abfolue où Ton eft à cet égard, les pratiques dont on vient de donner l'énumération, exécutées ou variées , convenablement appliy quées aufli à propos & avec autant d’intelligence qu’il eft poflible, ont, genç^ lement parlant, un effet certain pour préferver les travaux fouterrains du mau^ vais air, dans quelque état qu’on le confidere, ou en fimple vapeur, ou en vapeur difpofée à s’enflammer. C’eft du moins la conféquence qu’il eft permis de tirer du fuccès aflèz ordinaire que l’on éprouve de l’emploi des uns ou des autres de ces moyens, dans le plus grand nombre des Mines. Comme cependant il n’exifte dans aucun genre, de pratique ni de méthode dont l’effet foit abfolu-ment général, on fe doute aifement qu’il y aura toujours des cas fujets à de grandes difficultés.
- Nous efpérons que les Directeurs de Mines* actuellement plus inftruits^ feront moins indifférents & moins embarraffés dans les occafions qui pourroient être matière à recherches, ou qui demanderoient une attention réfléchie. Ayant de terminer ce qui concerne l’air des Mines, fur lequel nous ne reviendrons plus que pour examiner comment agiffent les vapeurs fouterraines détonnantes ou fujfoquantes , lorfqu’elles tuent les Ouvriers, nous ne pouvons‘nous dilpenfer de propofer deux de ces cas.
- Nous n’avions pu faire mention que par oui-dire , du fecret que les Houilleurs prétendent avoir d’envoyer le fouma d’une Mine à une autre : voye£ page 264.
- Il n’eft pas à préfumer que des Ouvriers, quelque fins & quelque rufés qu’on puiffe les fuppofèr* ayent aucune connoiflance des mélanges artificiels qui pro-duifent des fermentations tranfportabies, comme celles dont les expériences ont été faites par feu M. de Brémond, voye^ page 404, & par M. Triewald , dans une féance de l’Académie de Stockholm (2); il n’y a nulle apparence qu’ils fe doutent de la poffibilité de renfermer dans une veflîe, & de transférer où l’on veut la vapeur inflammable. Mais s’il eft certain qu’ils puiflent exécuter ce trait de vengeance, il feroit très-curieux & très-intéreflànt de découvrir comment les Ouvriers y parviennent : un Directeur de Mines qui s’occuperoit de cette recherche, ne perdroit pas fon temps.
- Une circonftance non moins importante & très-particuliere, eft, lorfque la difficulté de réuflîr à faire le temps, tient à l’air qui communique quelquefois des travaux du voifinage dans la Mine où l’on travaille. Ce cas peut & doit arriver affez fouvent ; mais faute de réflexion & d’attention, on ne fe doute point
- (1) On ne parle ici de cette vapeur que dans maniéré qu’elle n’attaque que peu ou point tout fon état non enflammé ; car lorfqu’elîe a pris feu ce qui fe rencontre en-bas. elle tend conftamment à s’élever en hauteur 9 de (2) Art. VII, Tome I> p#ge 3
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- Et DÉ SES MIMES. Iï. Ÿkkf. 973
- de la caufe d où le mal peut provenir , & alors il eft fans reniede. Il eft vrai que la conféquence peut n’être pas grande, fi cet embarras ne fepréfente que dans une exploitation qui vife à fa fin , lorfqu’on approche du temps où il faudra l’abandonner, n’y ayant plus que peu de Charbon à en tirer. L’inconvénient qui peut néanmoins en réfulter, pourroit n’être'pas médiocre : un Maître de Fortes s’entête à employer contre ce défaut d’air , des moyens dont aucun ne doit réuflir, puifqu’ils ne vont point à la caufe, & alors ce font des frais Sc du temps perdu. Je vais donner en peu de mots l’idée de la chofe , & on verra qu’il n’y a qu’une maniéré de vaincre, dans ce cas > l’obfiacle qui traverfe la fin de l’opération*
- Quand deux Mines font contiguës, ou lorfqu'une même veine eft exploitée par deux Compagnies & par deux puits, de maniéré que la pour charte, à mefuré quelle le fera de part & d’autre, vienne fe terminer à un même point de ren» contre, par exemple, à quelque partie de la Mine dont on voit un plan orthographique , fig. 2 , PL XXXIJC. Il fe trouvera dans ce moment que ces deux Mines , dont je fuppofe que les travaux s’approchent de quelqu’une des routes fouterraines que l’on apperçoit, ne feront plus féparées l’une de l’autre que par une épaifleur plus ou moins confidérable ; c’eft dans cette malle mitoyenne , quesl’air d’une de ces carrières le fait partage dans l’autre par quelques layes, ou quelques ouvertures ou fentes très-imperceptibles*
- En me rappellant la pofition de la Mine d’Engermignon, ( près Decize ) avoifinante celle des Minimes, Sc le point où en étoient les travaux refpeétifs de ces deux carrières, dans l’année 1770 : voj.'Secî. III,page 57J : j’ai rapporté au cas préfenté ici, la difficulté qui, trois années après, arrêtoit la pourfuke des ouvrages de la Mine d’Engermignon , & pour laquelle la Compagnie recevoir de Paris des inftruétions. Je communiquai mon idée ; il eût été aifé de s’éclaircir du fait, en levant un plan des deux Mines. J’ai rendu compte de l’opération exécutée à cette occafion avec le fourneau ventilateur, conformément aux indications qui en furent envoyées fur les lieux , Sc il ne m’a pas été poflîble d’être informé des rélultats définitifs. Je fuis borné à faire part ici des queftions que lés Intérefles propofoient, lorfqu’ils étoient arrivés au point où fe termine le Journal (1).
- On demande ici » fi après avoir continué fans fuccès l’expérience pendant » quelques jours, on ne feroit pas bien de boucher les cornets aéluels pour les » rendre nuis , Sc de commencer enfuite l’opération au haut du puits, c éft-à-» dire, de faire defcendre de pied en pied, de toife en toife, les tuyaux depuis n le poêle ou fourneau, jufqu’à ce qu’on eût trouvé le bon air au fond du » puits »•
- » Le 31 Mars on mandoit que les eflais n’avoient pas eu un fuccès foutenu j
- (.*) Inféré page 775 , & dont il eft néceftaite de rapprocher les queftions*
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- 574 DU CHARBON DE TERRE
- » que le fourneau avoit établi la circulation de l’air pendant quelques heures}
- » que les Ouvriers étoient defcendus au fond de la Mine , Sc avoient commencé » à y travailler ; mais que le mauvais air avoit regagné , ce qui avoit obligé Je « retirer promptement les Ouvriers ».
- Dans les occafions où lacaufede l’embarras le trouveroit être celle que je préfume, il feroit làns doute abfurde de chercher à aller reconnoître d’où peut venit la communication de l’air ; outre la difficulté, cela feroit fort inutile : il fuffiroic donc de s’aflùrer de la direélion réciproque des ouvrages, pour juger feulement de l’étendue de la maffè qui forme la cloifon commune entre deux Mines, Sc dans l’une ainfi que dans l’autre, d’élever contre toute cette épaiffieur de forts ferrements , foit en ftouppures 9fouayes ou maçonnerie , ou en planches.
- Avec cette efpece de double & de triple mur, qui intercepteroit exactement la communication de l’air d’une Mine à l’autre , on fent qu’on réuffiroit à épuifer entièrement, fans aucune incommodité, la Mine qui étoit embarraffée ; à n’être point forcé de laifler, en abandonnant la Mine, les ferres Sc fiappes nombreufes qui pourroient s’y trouver ; fi même il reftoit encore d’un autre côté une partie de Charbon dont on feroit le maître, on en reprendrait la pourchafle avec avantage.
- Si l’obftacle dépend d’une caufe ordinaire, les détails précédents fur le renoua vellement de l’air dans les Mines par le fecours du feu , Sc fur la conftruéUon du fourneau de M. Sutton , doivent conduire à faire ce (Ter l’embarras ; mais alors on ne peut avoir trop étudié tout ce qui a rapport à cette matière.
- Les Anglois remarquent que le Dampfir commence vers la fin de Mai, continue tout l’été , augmente pendant cette failbn, Sc reparoît plufieurs fois dans le même été. On n’a encore pu déterminer bien précifément ces périodes particuliers , ni fi ces exhalaifons inflammables font plus fréquentes dans les Mines où il y a beaucoup d’eau, que dans celles qui font moiris humides. Il feroit utile, fur-tout, d’être attentif aux phénomènes peu conftatés, peu examinés, de la relation de l’air extérieur avec l’air des fouterrains de Mine ; par exemple , les réfiftances que les vents éprouvent de tout ce qui fe trouve à la furface du terrein aux environs du bure , ce qui eft caufe qu’ils font plus forts dans les endroits élevés que dans les endroits bas ; la fituation, la largeur des côtes ou des montagnes du voifinage , qui rétréciflent quelquefois le paflàge des vapeurs Sc de l’air agité, Sc par-là produifent de l’accélération dans leur mouvement, Scc*
- Ce ne fera qu’à l’aide de ces examens , de ces réflexions, que le Fourneau ventilateur , Sc la plupart des moyens adoptés pour vaincre les difficultés que le défaut d’air apporte en bien des maniérés à l’exploitation des Mines, feront fuf; ceptibles de quelque perfeétion.
- La conftitution de l’air des Mines n’a point encore été obfervée d’une maniéré allez fùivie ; nous l’avons remarqué en rapportant plufieurs obfervations
- Barométriques Sc Thermométriques ; ces expériences demanderoient à être
- faite*
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- ET DE SES MINES. IL Part; 97S
- faites jour par jour , en laiffànt tant a la bouche que dans des diftànces convenables du bure, 8c dans des places marquées des galeries, des Inftruments météorologiques , correfpondants entr’eux, d’après lefquels on annoteroit régulièrement le loir, le matin 8c à midi, l’état ou la difpofition de l’atmofphere extérieur , & de ratmofphere des fou terrains, par rapport à la chaleur ou au froid , au poids, à l’humidité, & les changements qui s’y feroient remarquer.
- Il eft eflentiel de ne point perdre de vue, dans ces recherches, la remarque que nous avons faitespag. 938, de faire particuliérement attention qu’en même temps que le mouvement du mercure dans le Baromètre, univerfellement reconnu comme un effet immédiat de la preflion plus ou moins grande de l’air eft le moyen le plus propre à indiquer la raréfaélion qu’on fe propofè de con-noître ; il eft auffi bien décidé en Phyfique , que les colonnes de mercure ne s’élèvent également dans ces fortes de tubes, que quand les diamètres lont égaux. Il eft donc important, pour bien juger du degré de raréfaélion de l’air, en le comparant à un Baromètre , de s’aflurer exaélement ou de l’égalité , ou encore mieux du rapport de leurs diamètres.
- L’exécution de ce projet feroit très-facile à un Maître-Ouvrier, ou un Piqueur intelligent, au moyen d’une table divifée fur. une feuille de papier, qui pourroit être confidérée comme la coupe de la partie du puits ou feroient placés, à côté l’un de l’autre , un Baromètre 8c un Thermomètre dans trois parties de la profondeur, à une couple de brafles au-deflous de l’entrée , vers le milieu 8c au bas du puits.
- Je préfente ici un modèle de cette Table, divifée dans là longueur en deux colonnes , l’une pour le Baromètre, l’autre pour le Thermomètre, à côté l’une de l’autre ; chacune de ces colonnes eft compofée de trois échelles , pour les degrés du matin, pour ceux de midi & ceux du foir, les jours du mois font fur la gauche.
- Charbon de Terre. IL Part; P ir
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- DU CHARBON D E TE RR Ë
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- BAROMETRE.
- THÊRMOMETre.
- ~v
- Haut du Puits à deux braffes. Haut du Puits a deux braffes.
- ,! Degrés
- Degrés
- Degrés du loir.
- Degrés
- Degrés du matin.
- Heures ^Degrés.
- de l’après-midi. Heures. Degrés.
- du matin,
- Heures. Degrés.
- Heures. Degrés.
- Heures. Degrés.
- Milieu du Puits.
- Milieu du Puits,
- Milieu du Puits.
- Milieu du Puits.
- Milieu du Puits.
- Milieu du Puits,
- ÏJas du Puits, ' B as du Puits,
- Bas du Puits,
- Bas du Puits.
- Bas du Puits.
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- ET DE SES MIN ES. IL Par?.
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- Recherches ôC Confeils de Médecine fur les Maladies ôC Accidents qui mettent en danger la fanté ÔG la vie des Ouvriers de Mines*
- Soit imperfection dans quelque partie des opérations relatives à l’airage ou aux eaux, foit imprudence, foit négligence des Ouvriers, il ne leur arrive encore que trop fouvent des accidents ; les uns font tués par la déflagration du Crowin, les autres fuffbqués par le Fouma, ou même fubmergés par les eaux.
- Vraiment digne du titre de Philofophe, Agricola, en traitant de toutes les opérations de Mines ^ ne s’eft pas moins montré Tarni de T Art qu’il a décrit, que des Ouvriers qui s’y adonnent. Touché des maux 8c des dangers auxquels ils font fans cefle expofés, il avertit formellement les Prépofés de Mines, ( en leur donnant le confeil dont nous avons fait mention page 740, de prendre quelques idées de Médecine , ) que ces Ouvriers, dans les accidents qui leur arrivent, doivent recevoir d’eux les premiers fècours ; il inftruit les Directeurs de leurs devoirs fur toutes les précautions qui ont rapport à la fànté des Employés. Cet Ecrivain , qui méritera dans tous les temps, & à plus d’un titre, les éloges que lui a donnés le grand Boerhaave, ne s’en eft pas tenu là ; il s’eft occupé à in£ truire les Ouvriers eux-mêmes : il leur indique les moyens de fe mettre à l’abri des incommodités qui font le trifte appanage de leur Métier (1).,
- Voué par état au foulagement de l’humanité , comme i’étoit le célébré Ecrivain dont fOuvrage a fèrvi de plan à cette dérniere Partie de mon travail, puis-je , dans une matière qui intéreiïè la fànté 8c la vie des Ouvriers perdre de vue mon modèle ? Les Directeurs des Mines de Charbon de terre , les Seigneurs de Paroifle, qui ont dans leurs terres ou de ces Mines ou des habitants qui s’en occupent ; cette clafle d’hommes laborieux, dont une circonftance de ma vie m’a fourni l’occafion d’être l’Hiftorien, quant à leurs opérations * leur induf* trie, tous, fans doute, attendent de moi les mêmes marques de zele & d’affection qu’Agricola a données aux Ouvriers attachés aux Mines métalliques. Si l’engagement facré d’un Médecin, d’être, toutes les fois qu’il le peut, utile à tous les Citoyens de l’univers , fi l’inclination ne me faifoit pas un devoir de fuivre l’exemple que j’ai devant les yeux, des motifs particuliers, qu’il ne m’efl; pas
- ( 1 ) En Suede, le Gouvernement, auquel les travaux des Mines métalliques font de la plus grande importance , a adouci la rigueur du fort des Mineurs * en entretenant aux dépens de FEtat, dans un Hôpital fondé en 1696 , les Ouvriers qui ont eu le malheur d’être bîefles ou mis hors d’état de travailler. On leur donne par mois 18 thalers(de cuivre) , valant 10fols & demi de France.
- Dans la partie de l’ancienne Légiflation Fran-çoife fur les Mines , nos Rois, non moins bien-faifants ni moins attentifs, avoient pourvu convenablement â fa difficulté que l’éloignement des paroiffies & des villages, où peuvent être fi-
- ni ées les Mines, apportent aux fecours dont les Ouvriers ont befoin dans les accidents. II efi ordonné qu’un trentième du provenant net de la MiC ne , quel qu’il foit, fera mis entre les mains des Tré-f&rier £r Receveur général des Mines, pour ces deniers être employés à Ventretenement d’un ou deux Prêtres, d’un Chirurgien , 6r à l’achat des médicaments, afin que les pauvres blejfés foient fecourus gratuitement ; & par cet exemple , les autres Ouvriers plus encouragés au travail defdites Mines. Arrêt donné le 14 Mai 1604* par le Roi, féant en fon Confeil, fur l’ordre 8c réglement que Sa Majefté veut être gardé au fait des Mines 8c Minières de fon Royaume,
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- VU CHARBON DE TERRE
- permis de laiffer ignorer, m’auroient feuls décidé à m arrêter fur un point auffi intéreflant. C’eft, comme on le fait, dans les plaines du pays de Liége, que faipuifé les notions de Houillerie; au tableau que j’en ai trace en grand, on a pu s’appercevoir, & je dois le dire, que c’eft le feul pays ou , aie tr0Uvé complètement les facilités qui m ont conduit a faire cet Ouvrage ,& a luî donner la dernîere main. Les occupations de mon état, bien oppofées à celles du Cabinet, les difficultés dont ce travail eft hériffé de toutes parts, ont mille fois confpiré, tour-à-tour, à me décourager dans mon entreprife. L’accueil flatteur dont mon Ouvrage a été honoré dans ce même pays, le fuffrage du Prince (i), les marques d’eftime de MM. les Bourgmeftres & Confeil de Ville (a) , font devenus pour moi des encouragements fucceffifs auxquels je n’ai pu être infenfible. Je ne ferai nulle difficulté d’avancer que fi dans les endroits où mon Ouvrage parviendra , il-en réfulte quelque utilité, quelque perfedion dans le genre des travaux dont j’ai traité , cet avantage fera dû autant à ces circonftances, qu’au defir fincere dont j’ai été animé de diriger les regards du Gouvernement François, fur les richelTes qu’il poffede en Charbon de terre. Accueilli d’ailleurs perfonnellement par le Collège des Médecins de Liége (3), & infcrit fur leur tableau , pourrois-je dédaigner de partager dans cette circonf tance leurs fondions vis-'a-vis des Houilleurs , ces hommes utiles , aveclefquels j’ai été en liaifpn pour connoître, étudier & décrire leurs pratiques, & qui n’ont point craint de les voir tranfmettre à des Etrangers. Prefque tous habitants d’une grande Capitale où il y a quatre Hôpitaux, & à portée de recevoir, pour leur famé des fecours éclairés & intelligents, ils ont fans doute moins befoin des confeils que je vais expofer , que les Houilleurs des autres contrées, dont les travaux s’exercent la plupart loin des villes. Cependant ayant à préfenter fur un point important & négligé jufqu’à ce jour, des idées qui méritent une attention férieufe, quelque partqu’elles puiffent être connues, je fuis affiné d’être agréable au College de Liège, & d’entrer dans les vues bienfaifantes du Prince & du Confeil de la Cité, en cherchant à me rendre diredement utile à un Corps nombreux, l’une des principales Iburces de la richeffe du pays, les Houilleurs ; c’eft à eux que je conlàcre publiquement les reflexions & les recherches qui
- vont fuivre. ,
- La nature du Charbon de terre, bien différente de celle des fubftances métalliques fujettes à de vraies mouffettes pernicieufes ; les émanations qui peuvent appartenir à ce foffile, plutôt médicamenteufes que nuifibles (4) , ne four-niffent pas matière à de grands détails fur les maladies des Houilleurs ; ces
- (1) Voyez le volume des Mémoires de l’Académie Royale des Sciences de Paris, pour l’année 176$ tHift. pag. 129.
- ( 2 ) Lettres de Bourgeoifie du 3 Décembre 1770 , préfentées de la part de MM. les Bourg-meftre & Confeil, par M. le Chevalier de Heufy, ancien Bourgmeftre , Confeiller privé de S. A.
- alors fon Minière , à Paris.
- (3 ) Lettre d’affociation, du 2y Avril 17 6f. (ff) Voyez Part. I. pag. 39 , & la Lettre de M. Del-waide, très-habile Médecin de Liége , Note A, à la fuite du détail des avantages des feux de Houille, Art. IIïe. de cette derniere Se&ion.
- Ouvriers
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- ET DE SES MINES, il. Par*. 979
- Ouvriers n’en connoiffimt qu'une feule, dont l'efpece eft très-bénigne (i).Ônne voit pas même que ceux qui travaillent dans des Mines ou ils font obligés d’être toujours couchés fur le dos , foient fujéts à l’incommodité qui afflige les Ouvriers des Mines métalliques , ou de ceux qui travaillent l’ardoife à Manf-feld (2).
- Sans m'écarter de la divifion fuivie par Agricola pour indiquer les maladies des Mineurs, contre lelquelles il défigne des préfervatifs , je diftinguerai ces maladies en deux claffes, les maladies que les Houilleurs peuvent contraéler à la longue , & les accidents fubits Sc violents qui les expofent à perdre la vie $
- ' au point qu'ils ont fur leurs perfonnes toutes les apparences de la mort#
- j
- Des Incommodités ou Maladies que les Houilleurs peuvent contraéler
- a la longue.
- Agricola a obfervé que les Ouvriers de Mines, lorfqu’ils viennent à mi âge avancé , font fujèts à beaucoup d’incommodités, Sc particuliérement à des maux de jambes ; il les attribue à la fraîcheur & à la qualité des eaux quiabon^ dent dans les Mines. Les eaux des Houillieres font, à tous égards, exemptes de toute efpece de reproche (3). Je penfe néanmoins que les Houilleurs fe trouve-roient bien de faire ufàge de guêtres ou bottines de cuir, qu’Agricola confèille aux Mineurs. Indépendamment de la nature lalubre ou non des eaux, i'étac humide des lieux où elles fejournent ou coulent, ne mérite-t-.il pas ici quelques confidérations ?
- Pour garantir les yeux & la poitrine de la pouffiere toujours en mouvement Sc très-abondante dans quelques Mines (métalliques, ) Agricola engage les Ouvriers de fe couvrir lâchement le vifage. Ce confeil eft fondé fur ce que dans les Mines du mont Crapatz (4), il étoit ordinaire de voir beaucoup de femmes veuves de fept maris, tous fuccombés à cette pouffiere de Mine qu'ils avoient relpirée.
- La rareté de la fécherefle dans les Houillieres , le défaut de mauvaife qualité du pouffier de Charbon de terre , rendent affez inutile la précaution propoféé par Agricola, quoiqu’avantageufe d’ailleurs dans les Mines de plomb, de cuivre ^
- fi) Voyez Part. ï ,pag. 40;
- (2) Cols tors , Torticollis. G. Krum Haljf, d'où les malades font appelles en Allemand Frurrip-Helfe : fojfores qui colla gerunt intorta.
- (5 ) Foye{ Part, a.'pag. 28 ,• l’Analyfe des eaux des Houillieres de Liege, Celle que M. Monec a faite des eaux de la Mine de.Littry en baffe Normandie , Sc qui eft inférée dans fon Traité des Eaux minérales , pag. 167, démontre quelles contiennent de la félénite , du fel de Glauber, Sc Tuniort de l’acide vitriolique avec le fer , dans l’état que Ton appelle Eau mere.
- (4) Carpates Mont Crapack, longue chaîne
- Charbon de Terre. IL Paru
- de montagnes qui environnent la Hongrie Sc la Tranfylvanie du côté du Nord, où il y a beaucoup de Mines ; elle prend différents noms, félon fes différents voifins. Les Allemands la nomment Weifjïmberg * c eft-à-dire , montagm blanche; ils l’appellent auffi Scfozeeforg,c’eft-à-dire? montagne couverte de neige; c’eft le nom qu’elle à entre la Moravie Sc la Hongrie. Les Efclavons la nomment Tatari ; du côté de la Buffle Sc de la Tranfylvanie , on la nomme Crampach Sc Scepejji; plus au Levant,les Ruffiens l’appellent Èias fciadij Sc entre la Pologne Sc la Hongrie, Tarchal e« Hongrois, Sc Der Munch en Allemand.
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- j8o DU CHARBON DE TERRE
- Sc autres. Ce que Ton pourroit appréhender de cette pouffiere refpir£e ^ pe r ^ duiroit, en fpéculation , à l'effet qu elle pourroit produire comme corps étranger, introduit en certaine quantité dans les bronches pulmonaires, & qu*x ajQrs pourroit être réputé concourir comme caufe éloignée à la difficulté de refpirer> dont nous allons, dans un inftant, eflàyer d’affigner la vraie caufe. Un fait certain , c’eft que cette incommodité n’eft pas fenfiblement marquée dans le p}Us grand nombre des Ouvriers de Mines de Charbon , qui jouiffent, en général, de la fànté donnée au commun des autres hommes. Il eft encore auffi certain que dans aucun des pays où il s’exploite une grande quantité de ces Mines, le terme de la vie des Houilleurs, eft celui qui eft ordinaire, & ne préfente point à leurs femmes, comme à celles des Mineurs de Schneberg (r), l’occafion de fe défoler jufqu’à fept fois de la perte de leurs époux (2).
- Difficulté de refpiradon ; fa caufe Ô fa curation. «
- Les perfonnes qui ne lavent juger des chofes que par les noms dont les Ou* vriers fe fervent pour exprimer leurs idées , qui fe rappellent en même temps que quelques Charbons, quelques veines font appellées Veines foufreufes, Charbons fouf r eux, ne manqueront point d’imputer au foufre l’incommodité dont il eft queftion. On eft allez prévenu , par ce que nous avons eu occafion de dire à ce fujet dans le courant de cet Ouvrage, pag. 21 & ailleurs, du peu de fondement de ce premier foupçon. La remarque de M. Zimmermann , dont j’ai fait ulàge page 16, fe rapporte fur*tout à cet Article. Pour pouvoir prendre quelqifidée jufte des parties conftituantes du Charbon de terre , il eft indifpen-fable de foumettre aux expériences Chimiques un auffi grand nombre qu’il eft poffible de Charbons de terre de différents pays, ou de comparer tous les travaux faits en ce genre. Je n’ai pas négligé cette maniéré, la feule capable de former un tableau diftinél fur cet objet. En mon particulier, j’ai analyfé plu-fleurs Charbons de terre ; d’autres l’ont été à ma follicitation, dans le laboratoire
- de l’Hôtel Royal des Invalides, par MM. Parmentier, Demachy & Defyeux ; j’ai recueilli un nombre confidérable de ces analyfes faites en différents pays fur différents Charbons de terre, par plufieurs habiles Chimiftes ; je ne puis trop répéter qu’il réfulte des uns & des autres, que l’idée où l’on eft affez communément de l’exiftance du foufre dans le plus grand nombre des Charbons de terre, \eft abfolument un faux préjugé dont on reviendra certainement (3).
- (1) Ce Schneeberg, dont il eft parlé ici-, eft une partie des monts Crapack , qui eft depuis le confluent de la Moravie 8c du Danube , dans 3a petite Pologne ; ce font les plus hautes des montagnes de ce quartier , 8c elles font connues chez les Latins fous le nom de Sarmaticœ. rupes, Sarmatici montes.
- (2 ) Pour les Ouvriers qui travaillent aux Mines métalliques Ôc aux Fonderies , on peut con-
- fulter le Précis d’un Traité des Maladies auxquelles ils font expofés, parmi les Œuvres de M. Henckel, édit, de 1762, pag. 4yp; l’Auteur y préfente fur-tout des détails fur la Phthifie des Mineurs,
- (3) Une ajfe% grande quantité de perfonnes fou-tiennent à Liege } que Von tire du foufre en canon de la fuie de Houille. Cette opinion , abfolument faujfe , tire fin origine du langage du peuple Liégeois , qui
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- ET DE Ses MÎNËS. II. jpARiv p8r
- Quelque foin que nous ayons pris , dans ces analyfes , pour y découvrir l'acide fulphureux volatil, ou le foufre dans un état de combinaifon, rien n'a pu l'y démontrer ; & fi dans certains cas les Charbons de terre offrent des traces ou d'acide fulphureux volatil , ou d’acide vitriolique, l'acide marin paroît pourtant être celui qui les conftitue efientiellement (î). Parmi les Chimiftes diftingués qui ont analyfé ce foffile , & qui ne regardent pas les Charbons de terre comme cotnpofés de foufre , M. Zimmermann obferve que lorfque les vapeurs qui s'en exhalent font concentrées , elles defféchent les glandes 8t les membranes bronchiales , ce qui le porte à penfer quelles pourroient être la caufe des maladies des Ouvriers employés à ces Mines. La combuftion du Charbon de terre n'eii développe non plus rien dè contraire à la fanté : je Fai prouvé dans la Thefo à laquelle j'ai préfidé aux Ecoles de Médecine, en 1771 : ( voyez note première , page 424 ) (2) ; on en fera convaincu dans le troifieme Article de la dernieré Seétion de cette féconde Partie , où il fera traité de la nature du feu de Houilles $ relativement a la fanté1 Si donc les vapeurs de Mines de Charbon dè terre ne font point en elles-mêmes mal-faifàntes, ce n'eft plus que par quelque changement particulier qu'elles acquièrent. J'ai fait connoître dans fes particularités elîenrieües, le défaut d'air appelié improprement mauvais air9 mieux qualifié par Agricola , Aer gravis, d'autres fois Aer immobilis (3).
- Le différent genre d'altération de l'air des Mines, ou chargé de vapeurs qui fatiguent le tiffu des poumons & gênent la relpiration , ou chaud, Se produifànc la fufifbcation , ou condenfé au-delà de fbn état ordinaire , ce qui rend la refpi-jation pénible , ces différentes maniérés dont l'air peut fe vicier, font bien fùffi-fantes pour affeéler les Houilleurs : ces Ouvriers le feront différemment, félon la difpofition qui leur eff particulière , le volume d'air qui entre dans les poumons, pouvant être depuis 10 jufqu'à 12,13 pouces , & même 16 ou 17 dans les infpirations ordinaires, telles qu'elles font dans un état fort tranquille (4) ce qui dépend du petit diamètre & de l'axe de la poitrine. A raifon de cette difc pofition y fans doute , les hommes peuvent vivre dans un air de denfité très-différente : auffi l'on voit qu'en général elle peut être d'un dixième , & que l'on peut conferver la vie dans des airs où cette denfité eft double, comme le prouvent les Ouvriers qui travaillent dans le fond de quelques Mines où le mercure des Baromètres eft à 31 pouces.
- appelle le foufre en canon s foufre de Brocaî, c’eft-à-dire, foufre d’allumettes, & la fuie de Houille , foufre de cheminée.
- Cette commune dénomination a induit à penfer que le foufre exifte dans la fuie , &•* que ceux qui le fabriquent , é en font fortir par des opérations particulières : ces Ouvriers accréditent Verreur , afin de dépayfer ceux qui feroient tentés de partager avec eux leur gain en les imitant» Voyez VAnalyfe de la fuie du Charbon de terre de Fims, dans la Traduction des Récréations Fhyfques , Economiques Chimiques de M. Model ,par M. Parmentier ,pag4 ^pj.Tom. I.
- & Corollaire V. de la Thefe citée ci - deffus.
- (1) Voyez la tradu&ion des Récréations Phy-fiques de M. Model, où cette analyfe eft inférée, pag. 490, Tome I.
- (2) L’Auteur de la tradudion des Récréations Chimiques, en a inféré un extrait détaillé à la fuite de l’analyfe du Charbon de terre de Novo-gorod , page 480, Tome L
- fj) Quem interdum domini, non arte, non fumptii emendare & corrigere valent. Libr. VI, De Re Métal-l L
- (4) Eftais phyfiques fur l’ufage des parties.-
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- $8i DU CHARBON DE TERRE
- En envifageant les exhalaifons de Mines, préjudiciables à raifon de l’augmèri* tation du poids de l’air, M. Haies propofe de refpirer au travers d’une pièce de flanelle, dans laquelle l’air s’imbibe * fe filtre Sc s’affine, pour aînfi dire , en laiffant fur cette étoffe ce qu’il contient d’étranger Sc de nuifible ; l’Auteur prétend, par ce moyen, prévenir efficacement la fuffocation immédiate y Sc mettre ainfi l’Ouvrier en état de fupporter plus long-temps le mauvais air dans un cas de néceffité. Ce défenfif, imaginé par une théorie qui n eft pas, à beaucoup pr|s certaine, ferait très-infuffifimt, à moins que l’étoffe ne fût imbibée d* alkali fixe (i), Sc encore fen effet ne ferok-il pas de longue durée , fi tant eft qUe cet alkali lui-même ne portât aucune influence fur l’air qui auroit été combiné avec lui avant d’être attiré pÉ l’infpiration.
- Dans les Mines ou la vapeur eft de nature inflammable cette pièce d’étoffe feroit même danger eu fe, d’après ce qu’avance M. de Tilly, fer la facilité fingu* liere avec laquelle le feu grieux s’attache à la laine : nous en parlerons bientôt.’ En tout il paroît que les vrais préfervatifs de cette vapeur, confident uniquement dans les différentes maniérés de faire circuler l’air, Sc que l’on ne doit pas regretter le fecret auflî merveilleux que douteux , dont il eft fait mention dans les écrits de Boyle (2).
- Il ne refte qu’à examiner quels font les remedes qui conviennent à lafthme chronique que les Houilleurs contrarient quelquefois, Sc que nous avons appellé AJîhma montanunt. Kamazzinî en indique plufieurs propres à garantit de cette maladie : les caufes qui peuvent donner lieu à cette incommodité, étant toujours plus ou moins exiftantes par la fréquentation journalière des ouvrages fouterrains, il paroît que dans ce cas la Médecine doit être un Art muet.
- Lorfque l’Ouyrier a renoncé au Métier, la difpofition invétérée ne pemiet guere non plus de tenter de remede : heureufement, comme je l’ai dit, ce mal n’eft pas général. Horftius, Liv. 7, Obf 2 y , décrit, d’après l’expérience, un traitement très-efficace contre l’aélion des évaporations minérales ; mais c’eft en faveur d’Ouvriers travaillants au grand air, Sc à des opérations fur des métaux, ce qui fait une très-grande différence : néanmoins les remedes prefcrits par cet Auteur, feraient très-appropriés fi l’état du malade en exigeoit : ils rentrent abfo-lument dans le genre de préparations bien perfectionnées aujourd’hui, qui font le Kermès jninéral, Sc la poudre du Comte de Warvick, connue plus généralement feus le nom de poudre de Cornachine, ou poudre de tribus, défignée dans quelques Ouvrages fous le nom de Cerberus triplex.
- (1) Comme le fel alkali de tartre, & la liqueur aîkaline de tartre, vulgairement nommée huile de tartre par défaillance. Alkali lignifie en général tout fel dont les effets font différents & contraires à ceux des acides.
- (2) Il y eft rapporté que Corneille Drebbel ayant fait une efpece de Vaiffeau, pour aller fous l’eau , ceux qui hazardoient d’y entrer man-quoient d’air frais, & qu’il imagina un fecret
- pour remédier à ce défaut. Lorfque Tair étoic furchargé des exhalaifons qui fortoient de ceux qui étoient dans le bateau , & qu’il n’étoit plus propre à la refpiration , on débouchoit une bouteille remplie d’une liqueur j une grande quantité de corpufcules, qui alors s’êxhaloient dans l’inftant de la phiole, corrigeoient l’air, & le rendoient, pendant quelque temps, propre à la refpiration. Expl, Phyfico-Mech expL 41.
- Des
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- et de ses mïïïeS. il m* m
- Des accidents graves & fubits auxquels font expofés les Ouvriers de Minesx
- Lès effets les plus graves & les plus fâcheux, réfultants de fair renferme dans les Mines, peuvent être rangés dans le genre dê maladies, qualifiées en Médecine , Morbus attonitus & fyderatus , puffqu’en effet l’Ouvder qui a éprouvé foie la commotion de la vapeur fulgurante, foie feffet de la vapeur îuf-focante , refte & peut refter long-temps fons mouvement, comme un homrné frappé de la foudre, & que cet état eft fouvent fuivi d’une mort abfoluè. Les Houilleurs qui ne font pas tués par l’explofion , & qui n’ont pas eu le temps de le jetter fur le fol des galeries en font quittes ordinairement pour des brûlures & des meurtriflures. Nous commencerons par nous arrêter à ces accidents, dans lefquels les Ouvriers blefles ou par des éruptions d’eaux , ou par des exploitions enflammées qui les ont entraînées, font évidemment fufceptibles de focours* Avant d’entrer en matière, il eft à propos, comme nous l’avons fait pour la vapeur fuffocante , d’expofer ce que l’on peut penfer de la nature de celle qui s’enflamme dans les Mines*
- De la natuïe du Feu grieux*
- Tout ce que nous venons de rapporter, il n’y a qu’un inftant, concernant cë que l’on doit penfor de la préfence du foufre dans le Charbon de terre, nous exempte de combattre lldée ou pourroient être quelques perfonnes, que cette inflammation ou détonation de vapeurs de houille dans les fouterrains, appellée feu grieux, eft le produit d’un principe fulphureux. M. de Tilly la regarde comme une dilatation de l’huile eflentielle contenue dans les Charbons de terre , & opérée tant par la chaleur qui s’évapore des Ouvriers, que par celle de leurs lumières. Laiflbns à part l’explication qu’il donne de fon fondaient, & la preuve qu’il apporte de l’exiftènce d’une huile eflentielle dans ces matières bitumineufos.' Je crois devoir m’arrêter uniquement à une idée particulière de l’Auteur , fur l’analogie de l’effet de fon huile avec celui des huiles enflammées* Selon M. de Tilly, de même qu’un alkali volatil uni à une huile eflentielle, ( par la facilité naturelle qu’il fuppofo aux alkalis quelconques , de s’unir avec les huiles quelconques , ) fe trouvant décompofé par la déflagration , détruit particuliérement tout ce qui appartient au régné animal, Ôc ne produit aucune altération fur les fubftances végétales ; de même , dit-il, le feu grieux s’attache par préférence à ce qui appartient au régné animal, & n’a aucune prifo fur ce qui eft du régné végétal ; conféquemment à ce principe, autant l’habillement en toile , dont les Ouvriers ont coutume de fo forvir, eft pour eux une fou ve-garde aflurée contre la brûlure de cette inflammation, autant ils foroient en danger de perdrë la vie s’ils étoient vêtus en laine ; ces vêtements foroient confumés en un info; tant*
- Charbon de Terré, IL Parti Rir
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- 9S4 DU CHARBON DE TERRE
- Je crois avoir entrevu que l'idée de M. de Tilly n’eft abfolument fondée quc fut la facilité & fur la promptitude avec lefquelles, dans les inflammations fpon-tanées des vapeurs de Mines, la flamme aélive 8c rapide qui s'en échappe, con-fume la barbe 8c les cheveux des Ouvriers quelle rencontre dans fon chemin : il n'y a cependant dans cet effet rien que de très-facile à concevoir.
- Il y auroit une façon très-aifée de s’affurer du point de fait ; & comme rien n’eft à négliger, même dans les chofes de curiofité , qui peuvent tôt ou tard devenir utiles , je defirerois que dans les Mines fujettes à ce feu , on engageât quelques Ouvriers à avoir toujours fur leurs épaules ou fur leurs bonnets, une poignée d'étoupes ou de foin bien fec ; je fuis très-porté à croire, & un Phy-ficien en fentira la raifon , que ces deux fubftances s'enflammeraient tout auflî promptement que les cheveux & la barbe de ces Ouvriers.
- Si fobfèrvation de M. de Tilly eft.certaine, la précaution de refpirer au travers d’une piece de flanelle, comme fa propofé M. Haies , pour fe garantir de la fuffocation immédiate, ne feroit pas, à beaucoup près , fans inconvénient dans les Mines où le feu prend aifément : il vaudrait mieux s'en tenir à une toile en canevas.
- Les Ouvriers des Mines de Lancaftre , en Angleterre 9 qui font dans l'ufàge ( lorfqu'ils vont attaquer le Glop-damp ) de s'envelopper des pieds à la tête d'unpaltot de gros drap (i) , ont doublement raifon de le mouiller avec autant de foin qu'on a coutume de le faire pour les fimples fouquenilles en toile 9 dont on fo fert communément dans toutes les autres Mines.
- Méthode ujitée parmi les Ouvriers des Mines , pour ceux qui ont été $ûlés
- par le Feu grieux.
- Les Ouvriers qui n’auroient pas été attentifs à la marque infaillible que nous avons donnée en fon lieu 9 de l'explofion ou inflammation prochaine de ces vapeurs, aiféeà prévoir par l'allongement de la flamme des lumières, qui précédé toujours ce malheur, font expofés, entr'autres accidents, à des brûlures dont les différents degrés font plus ou moins fâcheux, 8c même mortels. La flamme vive 8c approchante de celle de l’efprit-de-vin ou de la poudre à canon , quelque prompte quelle foit à fuivre fà route pour s'échapper, produit quelquefois des efcarres très-profonds, qui vont jufqu'aux chairs, aux veines 8c aux nerfs, & qui font toujours accompagnés du plus grand danger, principalement fi la bleffure a attaqué le vifage. Lés fecours appropriés à cette circonftance, dans laquelle le mal dégénéré fouvent en affeélion chronique, ne peuvent être détaillés ici, ils tiennent à une pratique méthodique 8c variée fuivant les accidents, & qui exige un homme de l'Art.
- (i) Efpece de Sarreau à manches, dans lequel aux yeux, deux ouvertures garnies de glaces, on conferve feulement 3 à la partie qui répond afin que l’Ouvrier puifie fe conduire.
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- ET DE SES MINÉS, tî. Par*. p§jr
- En 1749 j lorfque je fùivois lHotel-Dieu de Lyon , au mois de Juillet, jë Vis un Malade blefte par le feu dun météore > qui pou voit ri'être pas bien différent de celui dont il s'agit ; l'obfervation que j'en communiquai alors à la Société Royale de Lyon, & dont il fut fait mention dans le Mercure de France 9 du mois d'Août 1753 > a été inférée en entier dans le Journal de Médecine d’Avril 1755 fi).
- Dans le cas de brûlure fimple & légère, pour laquelle on n'auroit befoin que d’aftringent & d’adoucir la douleur ,. on pourroit envelopper la partie dans dë la boue, foit de la Mine, foit d'autre * ou la baffiner avec une décoélion de lierre, ou encore baigner dans de l'eau fraîche la partie brûlée, jufqu’à cë qu'on n y reflente plus aucune douleur.
- Dans les cas de grandes plaies, la méthode des Ouvriers des Mines de Mendipp* eft d'expofer la plaie à un grand feu , de baigner enfuite la partie malade dans du lait de vache chaud, & d'appliquer enfuite de l'onguent pour la brûlure 9 dont le Directeur des travaux doit toujours avoir provifion. Lorfque les douleurs font paffees, on aide la confolidation ôc la cicatrice de la plaie félon les circonftances.
- Il arrive encore dans les accidents de Mines, un cas qui ne demande pas moins d'attention, quoique l'Ouvrier foit entièrement fain ; c'eft lorfqu'a la fuite des grands bouieverfements, les travailleurs ont été long-temps enfermés fous terre. Nous avons donné, page 4J4, fhiftoire du traitement employé pat M. Santorin, vis-à-vis d'un Ouvrier de la Mine de Charleroy*
- Moyens pratiqués dans les Mines pour fecourir les Ouvriers éiouffé's
- parle F ou ma.
- Cette fuffocation doit être diftinguée en deux elpeces ; l'une arrive à l'occa-fion des vapeurs de feu de Charbon de terre allumé dans les galeries, & eftdii même genre que les fyndopes occafîonnées par les exhalailbns de Charbon dë bois dans un endroit renfermé.
- L'autre efpece, auifi dangereufe , eft celle qui eft produite par le Crowiüi Ce qui mérite le plus d'attention de la part des Ouvriers, c'eft la promptitude avec laquelle cette moffette exerce fon aélion * & le peu de profondeur à laquelle elle fe rencontre quelquefois (2). Il eft donc important d'abord de pré-
- (1) C’étoit un Vuidangeur qui, fe difpofànt à Vuider des latrines, plaça fa chandelle allumée fur le bord de la foflfe : auflûtot que la pierre qui la couvroit fut levée, il en fortic un nuage très-épais. Gette vapeur ayant rencontré la lumière, s’enflamma tout-à-coup, brûla jufqu’au vif les mains & le vifâge de l’Ouvrier, & s’élevant tout de fuite dans l’air > fortit par la fenêtre , ôc mit îe feu à un chaflis de papier, qui étoit, au quatrième étage de la maifon : il faifoit alors de
- très-grandes chaleurs.
- Le malade , tranfporté à l’Hôpital, fut traité avec le plus grand foin ; ôc cependant les brûlures du vifage étoient à peine guéries au mois d’O&obre fuivant. Au mois de Novembre , une rétention d’urine, fuivie d’enflure ôc d’une violente diarrhée , emporta le malade en très-peu de temps.
- (2) M. Triewaîd obferve dans fon Mémoire fur cette vapeur, qu’elle agit quelquefois fur la
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- voir fa préfence : pour l’ordinaire cela eft très-poflible. On doit fe rappeller que la difficulté qu’on remarqueroit à la chandelle ou à la lampe , de fe^maintenir allumée, ou que l’Ouvrier éprouveroit lui-même pour relier dans la Mine ou ayancer plus loin, feroient des avertififements fuffifants du danger de fuffocation.
- Les moyens convenables pour fecourir un Ouvrier ramené hors de la Mine fans aucun figne de vie , font de deux efpeces , les remedes internes & les remèdes externes. En fait de remede intérieur, on commence par chercher à ranimer promptement avec de l’efprit-de-vin donné dans de l’eau tiede ; cela pro* cure un vomiffement abondant de matières noires ; ce fecours n’eft cependant pas regardé comme radical: le malade refte incommodé toute la vie d’une toux convulfi ve, qu’il doit peut-être à lacreté extrême de facide vitriolique 5 appelle très-indiftinélement acide fulphureux , âcreté que développe la chaleur de leau avec laquelle il eft mêlé & tout combiné.
- Le procédé fuivi par les moyens externes, eft particulier ; il confifte, au rapport de M. TrieWald (i) , à couper un gazon de la grandeur d’environ un pied quarré, à coucher ènfuite l’homme fur le ventre dans une attitude telle que la bouche & le nez foient appliqués fur le fond du trou réfultant de l’enlé-yement de la piece de gazon : on pofe le gazon fur la tête nue du fujet. Il eft des*endroits ou l’on fe contente d’appliquer la bouche du malade fur un trou creufé en terre ; & lorfque cela ne réuffit pas , on remplit ce trou de bierre fans houblon : fi le fujet n’a pas été véritablement fufFoqué par le mauvais air, il reprend peu-à-peu fes fens , le pouls fe fait fentir , le malade s’éveille comme d’un doux fommeil ; une pefànteur & une douleur de tête qui lui reftent, fe diflîpent au bout de quelques jours. Tous les Mineurs regardent ce procédé comme infaillible ; & M. Triewald affaire qu’il lui a fauvé la vie, ainfi qu’à beaucoup d’autres perfonnes ; mais lorfque ces différents moyens font fans fuccès, on défefpere de la vie du malade.
- Des, Ouvriers tenus pour morts par l* effet de la Mouffettç explojîve,
- & de la Mouffette Juffocante.
- Nous venons d’expofer Amplement la routine obfervée parmi les Ouvriers ^ pour fecourir ceux de leurs Camarades qui font rapportés fans mouvement, fans pouls, fans refpiration , & donnant dans tout leur extérieur l’idée de cetteproff tration générale & effrayante de toute la nature, quia fervi à Gallien pour définir brièvement la mort. On voit que pour un état auffi grave, les fecours auxquels fe bornent les Ouvriers de Mines, ne font pas, à beaucoup près, allez énergiques ; que le court efpace de temps donné à ces fecours, eft bien au-deffous
- lumière avec laquelle on defeend dans un puits de Mines , lorfqu'à peine on eft arrivé à une couple de braffes en profondeur , & que des Ouvriers en ont été affeélés au point de tomber, dé
- f anfe de la corde qui les attache , avant d’avoir pu donner le moindre avertiftement.
- (i) Dans fon Mémoire fur cette vapeur.
- de
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- ET DE SES MI JV E S. II. PartI . p§/,
- de celui qu i! faudrait les prolonger ; qu’en un mot c’eft bien légèrement que ce malheureux eft réputé mort & fans reflource. Il eft bien reconnu que le mouvement du cœur & la circulation peuvent demeurer alfez long-temps , & même plufieurs jours , fufpendus , fans que la mort fuive néceflàirement cette interception; ce font bien, à la vérité, des lignes palpables, mais non des preuves immédiates & abfolues de la perte de la vie*
- Le feul fymptôme, quoique fautif, qui paroifle faire fuipendre un jugement définitif, c eft ce que Ton remarque le plus ordinairement fur les Ouvriers fuf* foqués par fair des Mines ; leur corps conferve de la chaleur dans les jointures aifez long-temps, & ce n’eft qu’après deux ou trois jours que les membres fe roidiflent. M. Brovallius rapporte cette obfervatîon faite fur deux Mineurs fuffoqués dans une Mine de Norwege, retirés du puits trois jours après leur accident (i). La vapeur quon y éprouve commence par fe faire fentk fur les levres, par une faveur douce ; un engourdiflement aux doigts gagne fucceflk vement tout le corps ; l’ouie s’affbiblit, ainfi que la vue, & enfuite tous les membres ; la refpiration devient pénible , Sc l’évanouiflement fuccede.
- Cette même circonftance de la fouplefle des extrémités , a été a durée à M* Jars, par les Charbonniers de la Mine de Workington (i) ; c’eft fans doute ce qui lui a donné lieu, dans fon Mémoire fur c es Mines , de témoigner fà furprife de ce qu’on n’emploie pas tous les moyens imaginables pour fàuver des malheureux qui, vraifemblablement , ne meurent réellement que long-temps après qu’ils ont été fuffoqués, Sc que Y extinction de chaleur naturelle ,jointe a Vahfencc des Jignes de vie a , en apparence, conftaté la mort, ainfi définie par plufieurs Auteurs. Au furplus , de même que la pâleur du vifage & le froid du corps , la raideur des extrémités, l’abolition des mouvements extérieurs, ne font point des preuves de mort ; la flexibilité des membres n’eft également qu’une marque incertaine que le fujet foit en vie.
- Le cas fe réduit donc à celui d’une mort violente dans lequel un homme peut être mort Sc peut ne l’être pas, Sc dans lequel, en conféquence, une efpece de preffentiment naturel avertit de fe conduire en tout, vis-4-vis des Ouvriers réduits à cet état, comme on fe conduirait vis-à-vis d’un homme que l’on fauroit être fujet à de fortes & longues fyncopes ; d’employer fans relâche, Sc pendant du temps, tout ce que l’humanité peut infpirer , Sc tout ce que l’Art de la Médecine peut indiquer, les apparences de la mort ne décidant de rien, comme l’a remarqué le Commentateur de l’Anatomie de Heifter (3).
- Pour alfeoir une méthode fur la recherche des moyens convenables à la fitua-tion dont il s’tfgit, il ferait important de favoir à quoi s’en tenir fur une
- (1) Mémoire fur les vapeurs mortelles qui ont fuffoqué des Ouvriers dans la Mine de cuivre Pyriteufe de Quekna. Ades de l’Académie de Suede, Tome IV, fécond Trimeftre de l’année *743 > page 129.
- Charbon de Terre. II. Part.
- (2) Voyages Métallurgiques, fécond Mé-; moire, Mine de Workington, page 244.
- (3) En traitant de l’a&ion des organes de h refpiration.
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- queftion qui fe préfente naturellement à réfoudre,de quelle caufe provient cette
- Suffocation ?
- La perte totale de refpiration peut procéder de différentes caufes , telles qUÔ la refpiration d’un air trop chaud, trop condenfé , ou qui n’ayant pas de commerce avec l’air extérieur , & ne pouvant point alors être renouvellé , charge d’exhalaifcns groflîeres non refpirables , la privation d’air dans le vide 3 Sec. De quelle caufe provient la fuffocation qu’éprouvent les Ouvriers de Mines ? eft-ce par défaut d’air ou non ! Eft-ce toujours par l’une de ces deux caufes contraires , que les Ouvriers de Mines font fuffoqués ? l’effroi, le grand étonnement qui fufpendent tous les fens, n’y entrent-ils pas quelquefois pour beaucoup ?
- L’obfervation qui devroit être ici, comme en toute chofe, le point de ralliement , n’a encore rien éclairci fur ce fujet. En fe partageant fur l’obfervation 9 on s’eft partagé fur le raifonnement, 8c les lumières de la Phyfique ne paroif* fent, en conféquence, avoir répandu qu’un faux jour dans l’explication de phénomènes qui, par la promptitude avec laquelle ils agiffent, fe dérobent aux efprits les plus pénétrants. Ce ne fera cependant que par la recherche des faits , par l’attention à les comparer, à les circonfcrire , les affembler, les placer dans leur rang, en un mot par la connoiflànce exaéle des démarches de la Nature , qu’on pourra remonter aux caufes, 8c prononcer fur celle de la mort, imparfaite ou abfo-lue, de ces Ouvriers, jufqu’à prélent auflï difficile à connoî-tre que celle des Noyés , ou de ceux qui font tués ou qui paroiffent tués par la foudre. Quoique l’ouverture des cadavres ait répandu peu de lumières fur ces genres de morts, ce moyen pourroit être profitable pour découvrir comment s’opère, dans les Ouvriers de Mines , cette fyncope fubite Sc violente , qui peut les conduire à la mort ; je ne fâche point qu’on ait fait en leur faveur aucune recherche de ce genre : il eft à defirer qu’elle puiffe avoir lieu dans l’oc-cafion. Au défaut d’éclairciffements fur ce point, tels qu’il en faudroit encore beaucoup , je vais expofer ce qui a été avancé par des perfonnes qui ont vifité des Mines , & par quelques Phyliciens célébrés.
- Differentes opinions touchant Ictmaniere dont les Vapeurs fuffocantes ëC explofives, agiffent fur les Ouvriers de Mines.
- L’opinion générale fur ce point, eft que dans les ouvrages de Mines & autres endroits mal-fains, c’eft par défaut d’air que l’on eft fuffoqué. M. de Genlànne penfe que c’eft précifément le contraire: voyez page 946. M. le Monnier * d’après l’expérience qu’il a faite lui-même de cette vapeur dans la Mine de la Forge 9 en Auvergne, la range dans la claffe de celles qui fixent ou détruifent l’élafti-cité de l’air , 8c le rendent non-relpirable. L’obfervation de cet Académicien , que nous avons rapportée page 158, prouve que dans l’endroit où une vapeur s’élevoit, l’air y étoit plus denfe, parce que l’air y étoit plus comprimé ; 8c
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- fon fait que Pair appelié naturel ou 1ère , eft une compreflîon habituelle 5 telle que fi cet air venoit à perdre tout-à-coup fa pefanteur, il tendroit à s’écarter de toutes parts avec une force confidérable (1) ; ce qu’il y auroit d’intéreflùnt* ce feroit de pouvoir déterminer le rapport de la condenfation, à la force com* primante.
- Pour ce qui eft de l’inflammation de cette vapeur, M. de Tilly avance, j’i-(gnore fur quel fondement, qu’elle n’arrive que dans les veines nitreufes ; il ajoute que quoiqu’il femble que la flamme ne puiffe être excitée que par le teflbrt de l’air , il eft néanmoins prouvé par l’expérience , que cet accident n’arrive dans les Houillieres, que quand l’air ne peut jouer librement, ce qui, au contraire , n’arrive jamais lorfque fon reflort eft aélif. Je conçois, dit cet 'Auteur > page 117 de fà Brochure, que l’air qui, par fa condenfation , a oc-Cafionné l’aflemblage de toutes les particules inflammables qui fe déta-» chent du Charbon , fe trouvant agité par l’approche de l’Ouvrier, met en mouvement ces mêmes particules , & les enflamme avec explofion. Mais ofons le dire, M. de Tilly eft le feul qui conçoive cela.
- Quelque peu de fond que l’on puiffe faire fur les obferyations des Ouvriers* elles ne doivent cependant jamais être négligées. Il eft néceflaire de fè rappeller ici celle des Houilleurs Liégeois, relativement a l’efpece de retour de la vapeur inflammable fur elle-même, après avoir exercé fa force expanfive : voyez page 2.64. Ilparoît que la chofe fe pafle uniformément dans toutes les Mines: M. Triewald fa éprouvé lui-même dans la Mine nommée Bilker, appartenante à M. Ridley , près NeWcaftle (2). M. Jars (3) compare l’effet de cet air fulmL nant, à celui de la poudre à canon qui feroit enfermée dans un endroit où il n’y auroit pas de circulation d’air , & qui prendroit feu tout-à-coup ; il afiure , d’après les Charbonniers, que lorfqu’il y a explofion du mauvais air * il y a moins d’Ouvriers tués par le feu , que par ce qu’on appelle retour de U air, qui peut être nommé fà condenfation. Un Maître Mineur qui avoit été brûlé quatre ou cinq fois , Sc qui en portoit des veftiges au vifàge 8c fur les mains , a dit à M. Jars , s’être toujours garanti du mauvais air en fe jettant ( c’eft-à-dire , fans doute, en reliant ) ventre à terre Sc le vifàge dans la boue. Deux Ouvriers péris dans une explofion, à laquelle le même Maître Mineur s’étoit auflî trou vé expofé , avoient été tués par le retour du mauvais air, Sc n’avoient aucune brûlure, tandis que leurs Camarades qui étoient avec eux, Sc qui avoient pris la précaution dont on vient de parler, étoient brûlés, mais fans danger de perdre la vie. De-là M. Jars conclut que les Ouvriers fouffrent par la grande Sc fubite dilatation de l’air, & que la forte condenfation & compreflîon qui lui lue-cede , eft ce qui les fuffbque. Il paroîtroit affez naturel, en effet, de croire
- (1) Ou fi Ton veut on peut entendre par état naturel de Vair, la denfité qu’il avoit avant d’être
- comprimé.
- (2) De la vapeur dangereufe qui fe trouve dans les Mines.
- (3) Dans le Mémoire que nous venons de cfiteri
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- que cette explofion vient de l’air qui, relTerré auparavant, fe dilate tout d’un coup avec force; mais le danger de ce mouvement de 1 air en arriéré , doîc encore varier en proportion de bien des circonftances, comme le recul des pièces d’Artillerie , foit en raifon, pour ainfidire, delà charge de matière fulgurante & explofive qui a agi, foit à raifon des efpaces dont elle eft partie 8c qu’elle a parcouru avant de faire fon explofion ; car alors plus la charge aura été forte, cœteris paribus, plus le recul aura dû être confidérable. Ajoutons à cela que toute explofion chafiant devant elle fair contenu dans les galeries 8c dans les puits , à peine cet effet fubit 8c violent a-t-il lieu, que l’air extérieur rentre dans les fouterrains, & y rentre avec une énergie capable d'étouffer ceux qui fe trouvent à fon pafiage. Cette caufe de la fuffocation eft plus naturelle encore que celle qui fuppofe'que l’air fe condenfe ; ce n’eft pas que dans le premier refoulement de cet air nouveau , il ne puiffe y en avoir une partie , celle qui occupe les cuis-de-fac, qui foit comprimée ; mais toujours eft-îl vrai que cette compref-fion eft un accident, une fuite de la rentrée précipitée de l’air nouveau, qui fuffit feule pour occafionner l’étouffement.
- Ne pourroit-on pas penfer aufli que l’explofion chafiant l’air de l’endroit on elle agit, ou lui faifant perdre fon reffort, les Ouvriers fe trouvent alors comme dans le vide ou dans un air trop rare pour qu’il puiffe être propre à la refpira-tion ? C’eft l’explication donnée par M. Duvernay 8c par Pitcarn, de l’effet de toute efpece d’explofion.
- On connoît encore l’effet de la grande frayeur, de repoufler le fàng 8c les liqueurs au-dedans du corps , de fufpendre tous les fens ; les parties voifines du cœur font faifies d’un reflerrement qui entraîne celui des autres parties du corps, leur refroidiffement, la pâleur du vifàge , 8c qui va jufqu’à la fuffocation : l’effroi n’entreroit-il pas, vis-à-vis de certains fujets', pour quelque chofe dans cette fyncope^? Ces différentes caufes ne doivent-elles pas indiquer une différence dans la maniéré de remédier à cette fuffocation l
- Confidéravons fur la poffibilite de rappellera d'une mon apparente à la vie i les Houilleurs fujfoqués ou tués dans les Mines ; motifs qui doivent engager ' a mettre en ufage, pour cet effet, tous les moyens imaginables.
- L’erreur fatale dans laquelle on peut être induit fur les lignes apparents de la mort, a été pour plufieurs Anatomiftes Phyficiens , l’objet d’une follicitude digne de la plus grande attention. Quelques-uns l’ont fait éclater dans des Ecrits qui font entre les mains de tout le monde , & il n’eft pas poffible de fe diffimuler qu’ils font fuffifamment étayés par d’autres Ouvrages ^ où fe trouve confignée l’hiftoire de faits précieux fur des fecours par lefquels on a réuflî en plufieurs pays, à rappeller à la vie des hommes qui yenoient d’être fubmerges, & que l’on croyoit morts.
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- Tandis que l’induftrie a fait par-tout de fi grands progrès, & à joui dune activité prodigieufe fur les objets de lucre & de luxe ; nei - il pas furprenant , & même honteux, que ion fbit refté auffi pauvre & auffi inattentif fur les refiburces qu’offre la Médecine dans les cas les plus défefpérés, 8c contre la mort même ? G’efl bien au moins dans ce fèns que doit être appliqué à notre fujet ce que dit Hippocrate : ce Prince de la Médecine, éclairé par la faine Phi-Iofophie dans la connoiflânce de la nature 8c de fes mouvements , penfoit que , quelqu’immenfes que fufient les refiburces de la Nature, celles de l’Art lui étoient prefqu’égales. Voici fes propres paroles : Le pouvoir de l’Art s’étend fur les maux les plus graves : l’Art guérit non feulement des maladies , des douleurs, mais même de la mort ; quantité de faits font garants que la Médecine a évidemment des fecours contre tous ces maux (r). Les Médecins favent comment Gallien caraélérifoit les décifions de ce Pere de l’Art de guérir.
- Dès ces premiers temps , un Empèdocle , un Afclépiade , apprirent à ceux qui dévoient embrafler le même état, que le Médecin peut étendre jufqu’aux morts , foi-difant, l’exercice de fa profeflion. Le premier fut l’objet de la vénération de l’antiquité, pour avoir rendu l’ufàge de la vie à une fille que l’on croyoit morte. Le fécond fe retirant à fà maifbn de campagne , rencontra une pompe funebre ; malgré les murmures, les railleries & les oppofitions des per-fonnes qui compofoient le cortège , il examina tout le corps enveloppé d’aromates , & l’ayant fait reporter à fà maifbn, il lui rendit la vie 8c la fànté.
- Les faftes de la Médecine ont immortalifé les noms de ces hommes qui, fur la terre, ont fans doute été regardés par leurs Concitoyens, comme des Anges tutélaires, L’Hiftoire de tous les temps confervera de même avec honneur , les noms de plufieurs Médecins & de plufieur?Chirurgiens qui ont eu clés occafions aufîi heureufes, de devenir les Libérateurs de quelques particuliers en danger de mourir, parce qu’on les croyoit morts.
- M. Greaulme , Médecin de la Faculté de Paris , & Ambroife Paré, fe trouvèrent , en qualité de Médecin & de Chirurgien du Châtelet , dans une cir-conftance auffi flateufe. 1
- M. Toffach, Chirurgien à Edimbourg, M. Rigaudeau, Chirurgien-Major à Douay, M.Louis,à l’Hôpital de la Salpêtrière, & plufieurs autres que je voudroiS pouvoir tous nommer ici, comme autant de Bienfaiteurs de la Société, ne feront pas regardés avec moins de confidération par quiconque s’intéreffe à l’humanité.
- Les occafions qu’ils ont eues , prouvent de reffie, î°. que les lignes de' la mort font, en certains cas, de nature à en impofer ; 2°. qu’on s’y efl: peut-être trompé plus fouvent qu’on n’ofe le croire ; 30; que plus d’une fois on a réuffi à rendre à la Société des fujets que toutes les apparences extérieures a voient condamnés à l’oubli du tombeau ; 40. enfin ces exemples juftifient cômplettement
- ,* # 'i
- (1) Ægrotantes jlero artU operâ, à mâximis malis $ I omnibus enim his, Medicina manifeflam medelam adHR morbis , laboribus, dolon morte vindicantur ; I bere deprehcnditur. Hippocrat. Lib. de Flatibus.
- Ch j rb on de Terre * IL Paru T11
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- les Savants qui ont furmonté, à ce fujet, la crainte de voir regarder leurs
- Ecrits comme des rêves de bons Citoyens.
- Ce que nous avons de plus nouveau, en France, fur cette matière , efl la Thefe foutenue, le 12 Avril 1740 , dans les Ecoles de Médecine de Paris (!) * fous la Préfidence d’un petit-neveu .de l’illuftre Stenon , & naturalifé François (1). Son humanité lui faifoit appréhender pour les autres le danger auquel il avoit été expofé deux fois dans fa vie (3 ). Des réfurreétions naturelles, fi l’on peut parler ainfi , dues à un heureux halàrd, ou à un concours de circonftances inattendues & citées dans cette Thefe, donnent néceflairemenc le foupçon que d’autres perfonnes auroient pu , de même, ne pas être précipitées dans le tombeau, fi elles avoient été examinées' & fecourues par des gens de l’Art, plus occupés du bien de l’humanité , que ne le peuvent être les perfonnes affligées ou confternées de leur perte.
- Cet Ouvrage fommaire , donné au Public par un Médecin que les fiiffrages de toute l’Europe mettoient dès-lôrs à la tête des Anatomiftes, fit impreffion (4) ; les idées fe tournèrent particuliérement fur les Noyés. Feu M*. de Réau-mur penfoit que les hommes ne perdenr pas la vie fous l’eau auflî vite qu’on le croit ; & qu’entre ceux qu’on retire de l’eau après plu fleurs heures, il y en a qui pourroient être fecourus avec fuccès, quoiqu’ils paroiflent morts (f. Dans la même année, il fortit de l’Imprimerie Royale, un Avis , pour donner du. fe-cours a ceux que Von croit noyés (6) , qui avoit été rédigé par feu M. de Réau-mur, de l’Académie des Sciences * & qui fut envoyé dans toute la France. Une des chofes particulières aux Licences de la Faculté de Médecine de Paris, c’eft l’ardeur des Bacheliers à fe diftinguer , en choififlànt pour point de leurs The-fes, des fujets intéreffants, ou par la nouveauté, ou par la circonftance. Au mois de Décembre , il fut foutenu une Thefe de Phyfiologie fur la caufe de la mort des Noyés (7), déjà traitée par d’autres Auteurs (8). A BrunfVick, dans la Rafle-Saxe, il parut un Ouvrage Allemand, anonyme, ayant pour Auteur Rud- Aug, Behrens (9J. Peu de temps après M. Bruhier, Doéleur en Médecine, publia une Differtation mai rédigée, mais importante ,/ur Vincertitude des fignes de la mort, avec une indication des épreuves & des lècours qui peuvent être employés contre la mort imparfaite.
- (1) Sur l’incertitude des fignes de la mort.
- (z) Jacques-Benigne Winfîow, Do&eur-Kégent de la Faculté de Médecine de Paris, Profeifeur d’Anatomie & de Chirurgie au Jardin Royal,
- &c.
- (3) Corollaire V.
- (4) Le nom de l’Auteur , le rang que ce Programme fe trouve avoir , par fa date , dans le nombre des Ecrits qui ont; paru fucceifivement fur cette matière, ne fontpas les feuls points de vue qui le rendent remarquable; il efl: facile de juger qu’il paroît avoir été la première époque de l’attention du Gouvernement fur ce fujet.
- (5) Ce Savant venoic de donner la publicité
- de cette opinion, dans le dixième Mémoire pouc fervir à l’Hiftoire des Infeétes.
- (6) Deux pages, petit in-fclio, cara&ere cicéro.
- (7) Andemerforum vitæfornes ultimus , refpîratio ? Prejide Magijîro Benjamino-Ludovico Lucas de Lau-rembert, proponente Silvejlro-Antonio le Moine, die 22 Décemb. 1740.
- (8) Parmi les Modernes, M. Littré, M. Senac, M. Gauteron, de la Société Royale de Montpellier, Mémoire lu à la Séance publique de cette Compagnie , en 1728.
- (p) Et pour titre : Méthode pour rappeller Us Noyés à la vie, Brunfwich, 17L0*
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- Une douzaine d’années après, ce fujet devint la matière d’une Brochure * dont le titre eft tout oppofé à celui de l’Ouvrage de M. Bruhier (i) ; on y remarque qu’en même temps que l’Auteur fe propofe de démontrer l’infuffifance des preuves données par M. Bruhier ^ de l’incertitude des lignes delà mort , il ne révoque point le fait en doute (2) ; favoir, que fous de fauffes apparences de la mort, on a quelquefois enterré des perfonnes vivantes. Je ne fai trop fi , en étant ainfi d’accord avec M. Bruhier, la aémonftration la plus fui vie & la mieux rai-fonnée de la certitude des fignes de la mort, par des recherches , par du favoir, & même par des faits, a rempli le but annoncé par le titre, de mettre le calme dans l’imagination allarmée des Citoyens, ou de la perfonne à qui'ces Lettres font adreffées : prétendre ou prou ver que ceux qui font ainfi retranchés du nombre des vivants , fans aucun examen , fans aucune épreuve pour s’affurer de leur fort, ne font viéHmes que d’une innatention , & non d’une méprife, n’eft pas, à mon avis, préfenter un motif bien confolant (3).
- Le Bureau de la Ville de Paris eft toujours refté perfoadé , comme l’avoient été MM. Réaumur, Winflow 8c Bruhier, de la fréquence de ces méprifes auxquelles les fymptômes équivoques de la mort expofent particuliérement les perfbn-nes que l’on retire de l’eau ; ce Corps Municipal a fait diftribuer , en xyj’S, l’Avis rédigé par feu M. de Réaumur, 8c c’eft, félon toute apparence , à cette attention foutenue du Bureau de Ville , que l’on fut redevable d’un travail fur ce fujet, qui a été couronné en 1762 , par l’Académie de Befànçon (4).
- Les habitants d’Amfterdam , effrayés du nombre prodigieux que l’on pouvoir compter annuellement d’hommes noyés, fur-tout .dans les Provinces de leur diftrict, ont formé , en 1767 , en leur faveur , une Société au-deffus de tous les éloges. Une Feuille périodique Holiandoife (5), du 24 Août de cette même année ,aannoncé de fa part, une diftribution de Prix pour ceux qui auroient fecou-ru des Noyés, même infruéïueufement. Notre Journal d’Agriculture 8c de Commerce (6) , vient de faire connoître l’Hiftoire & les Mémoires de cette Société.
- Le Bureau de l’Hôtel-de-Ville de Paris , qui n’avoit point perdu cet objet de vue * comme il eft aifé d’en juger par i’empreftement avec lequel il avoir fait répandre, en 175*8 , la fécondé Edition de l’Avis de M. de Réaumur, vient d’en faire diftribuer de nouveaux exemplaires (7).
- (1) Lettres fur lu certitude des fignes de la mort, où Von entreprend de rajfurer Us Citoyens de la crainte d'être enterrés vivants , Grc. Par M. Louis, Paris, in-12. 1752.
- (2) 2e. Lettre , page 57,
- (3) Cet Ouvrage , au furplus , eft fuivi d’un Mémoire intéreiïant fur la caufe de la mort des Noyés , que l’Auteur avoit communiqué en 1748 à l’Académie Royale des Sciences de Paris, & de l’Avis imprimé au Louvre en 1740.
- (4) Le Cri de VHumanité en faveur des Noyés, ou moyens faciles pour les rappeUzr à la vie. Par M. lfnard , in-8°. Paris, 48 pages.
- L(y) Intiîulée le Philofophe, N°. 80} Hift. & Mé-
- moires de la Société formée à Amfterdam, en faveur des Noyés. Amfterd. chez Pi. Meyer, 3 .Parti 1768.
- (6) Du mois de Mai 1769 , que cette Partie de l’Ouvrage fur les Mines de Charbon de terre, étoit prête pour Fimpreftïon.
- (7) En 1769. Perfonne ji’ignore Pheureufe révolution que nous avons vue depuis 1772 s’opérer en France & en Angleterre , à l’exemple de la Hollande, de Pextindion de la Barbare coutume d’abandonner à la mort les Noyés. En fuivant l’ordre des dates, qui fe préfentent ici, on reconnoît l’époque à laquelle on peut faire remonter cet établiflèment honorable pour le
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- Si des hommes noyés en allant prendre des bains pour leur plaifir ; fi d’autres affez fous pour attenter, en s’étranglant eux-mêmes, fur une vie dont ils ne font pas libres de difpofor, & qu’ils doivent à celui dont ils 1 ont reçue ; fi des criminels , qui ont mérité de la Juftice ce genre de mort, ont fixé avec fuccès l’attention compatiflante & éclairée des Anatomiftes pour prolonger leurs joUrs . combien de Citoyens expofés dans leur état à perdre la vie par des accidents imprévus * du genre contre lequel ces Ecrits propofent des fecours , ont droit de prétendre aux mêmes foins officieux qui ont rendu des Noyés à famille , à la Société !
- L’illuftre Auteur de la Thefe foutenue aux Écoles de Médecine, avertit expreffément (1) que dans les perfonnes fuffoquées, ou par un air infuffifantà la relpiration, ou autrement mal-faifant par le mélange de vapeurs nuifibles , ou qui , par quelque caufe de cette nature , ont été réduites dans des fyncopes mortelles , que dans ces différentes occafions les apparences de mort ne font point du tout décifives (1).
- Quoiqu’il en foit-, il eft toujours plus que probable que par les moyens employés pour les Noyés, ou par d’autres plus appropriés, & que l’expérience feule fera connoître, on pourra parvenir à arracher des bras de la mort, au moins quelques-uns de ces Ouvriers fuffoqués dans les Mines ou par l’eau ou par les vapeurs fouterraines.
- Qu’il me foit permis de plaider ici fpéeîalement leur caufe. L’elpece de pré-dileélion particulière que je montre en leur faveur , ne portera ni le trouble ni la jaloufie , puifque les mêmes moyens, ou d’autres mieux indiqués, peuvent convenir à beaucoup de cas différents ; d’ailleurs c’eft rendre fervice à l’humanité entière, de procurer la réimprefîion de cette Feuille par la voie de mon Ouvrage. S’il donne quelque part occafion de rappeller à la vie un Ouvrier de Mine, je m’eftimerai fort heureux de pouvoir penfer que j’ai contribué à ce fuccès. ^
- Cet avis ne pourra manquer d’être utile dans ces cas de mort imparfaite : c’eft le nom qui convient à cet état, dans lequel il n’y a qu’un fimple inexercice des fonétions vitales, & où les organes , inftruments de ces fonctions, font encore en état de recommencer leur jeu. Quand, au furplus , ces fecours employés in-fruélueufement, n’auroient d’autre avantage que de venir à l’appui des moyens que j’indiquerai pour conflater la mort abfolue, n’eft-ce pas un genre fuffifant de confoîation & de dédommagement ?
- Comme il doit arriver le plus ordinairement que les perfonnes qui fe
- fiecîe. Je m’arrête avec d’autant plus de plaifir à cette réflexion, qu’elle me donne lieu, par Pé-véncment, de revendiquer la première origine de ces étabüfiéments à deux Corps diftingués, auxquels j’ai l’honneur d’appartenir, la Faculté de Médecine de Paris, & l’Académie Royale des Sciences.
- (1) Corollaire IR
- (2) Le célébré Auteur du Synopjîs prdxeos Ms-dicæ, efl: du même avis , 8c l’annonce formellement dans l’Article dont nous parlerons bientôt* où il traite des fecours à apporter aux Noyés & aux Suffoqués,
- trouvent
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- trouvent prélentès à ces accidents de Mines , Sc a portée de fe charger dès ten4, fatives indiquées dans le Mémoire, n auraient pas pour cela autant d’intelligence que de bonne volonté, f eflaierai ici de guider leur zele, en faifant fuivre cet. Avis de quelques courtes réflexions^
- L’Auteur du Mémoire fur les Noyés ^ a jugé avec raifon cet éclairciflement nêceflàire pour un fujet qu’il traitoit ex profefio.il auroit pu , je penfe, entrer dans un plus grand détail quil ne l’a fait. Ne devant ici me propofer que de préfenter des idées générales , je renfermerai dans des bornes très-étroites, lté obfervations dont j’accompagnerai chaque Article de l’Avis imprimé ; mais j’efpere qu’elles ne feront point abfolument inutiles (r) : elles feront applicat blés à la maniéré de fecourir les Ouvriers fuffoqués 9 dont je m’occuperai à part en finifïànt.
- A VIs pour donner des fecours a ceux que ton croit Noyés, d’après la Copie
- imprimée nul Louvre en iyy.9.
- i. Apre’s avoir ôté les habits au malheureux qu’on vient de retirer de l’eau, àu lieu de lé laiffer étendu fur le rivage, comme on ne le fait que trop fouvent, ce qu’il y a déplus preffé, c’eft de l’envelopper de draps & de couvertures, pour le mettre à l’abri des impreffions de l’air froid , & pour commencer à le réchauffer.
- Pour le réchauffer plus efficacement, on lé mettra enfuite dans un lit dont les draps feront bien chauds, 6c pendant qu’il y fera, on appliquera fouvent fur fon corps, des nappes Ôc des ferviettès chaudes.
- On a l’exemple de Noyés fur qui le foîeil chaud Ôc brûlant , auquel iis ont été expofés , â produit l’effet que les linges chauds ont fait fur d’autres. Il y en a qui ont été réchauffés dans des bains d’eaü chaude ; mais on n’a pas toujours la commodité de tenter ce dernier moyen.
- 2.11 s’agit ici de remettre en jeu les parties foîides de la machiné, afin qu’elles.puiffent redonner du mouvement aux liqueurs. Pour remplir cette vue, on ne laiffera pas le Noyé tranquille dans fon lit : on l’y agitera de cent façons différentes, on l’y tournera Sc retournera , on le foulëverâ Ôc on le laiffera retomber, Sc on le fècouera en le tenant entre fes bras.
- (i) L’inflant où cette Partie de mon Ouvrage paffe à l’impreffion, füpjpléè, on në peut pâs plus heureufement , à la néeeffité où j’ai dû me trouver, d’éviter toute efpece de détail. Il faut efpérer qu’on viendra au point de prendre quelques idées précifes fur cette matière, devenue le fujet des recherches des Anatomifles : on peut corîfulter l’Obfervation de M. Grum-mer, de Submerforum refufeitatione 3 Expériences & Obfervations fur la caufe de la mort des Noyés, les phénomènes qu’elle préfente, Lyon, 1768. L’Ouvrage de M. de Villiers, Doffeur en Médecine de là Faculté de Paris , ( Méthode de rappeller les Noyés à la vie. Àu Louvre 1771 , in-q°) , rapproche , d’une manière très-intéreffante , tous les objets relatifs à la maniéré de fecourir les Noyés.
- S’il étoit poffible que quelqu’un eût befoin d’être encouragé à prêter fes mains ou fes lumières dans Tes occafions, il lui ffiffiroit de prendre connoiffance de la Brochure qui a commencé à paroître en 1773 , Ôc qui fe continue tous les ans. Lesfuccès quel’Etabliffeméntdel’Hôtel-de-Ville de Paris a eus en différentes Provinces de
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- France, doivent immortalifef cé Corps Municipal. Ori doit en particulier la reconnoiffance la plus étendue au zele du Citoyen refpeffabîe ^ que ce Corps a choifi dans'fon fein, pour être le Directeur de ces fecours. Ceux qui ont l’avari-tage de connoître ce Citoyen eflimable , favenc qu’il ne pouvoic être fervi plus à fon gré , qu’en étant à portée de confacrër le temps de fa retraite à faire du bien. L’Hiffoire dont il s’eft chargé, de faits qui font honneur au fiecïe , à l’humanité entière, lui affigne , parmi les Jour-naîiftes nombreux de toute efpece , la première place , Ôc aucun n’ofëra la lui difputer. Ces Ephémérides viennent d’être augmentées de la defeription de la Boîte de Pharmacie , nommée Boîte entrepôt , dans laquelle font renfermés les ' fecours qu’on eft dans l’ufage d’adminiflrer aux Noyés , conformément à l’Etabliffement que la Ville de Paris a fait en leur faveur. La chofe m’a paru affez intéreffante pour ne pas balancer d’en enrichir cet article de mon Ouvrage ; c’eff la feulé addition que je me fuis cru permis d y faire.
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- 3. On doit auffi lui verfer dans la bouche des liqueurs fpiritueufes ; & c’efl faute d’en avoir eu de telle qu’on la vouloir, qu’en différentes occafions on a verfé dans la bouche des Noyés de Purine chaude, qui a paru produire de bons effets. On a preferit une décodion de poivre dans
- -du vinaigre , pour fervir de gargarifme.
- 4. On cherchera auffi à irriter les fibres intérieures du nez, foit avec des efprits Volatils ' & avec des liqueurs auxquelles on a recours dans les cas d’apoplexie, foit en picotant les nerfs qui tapifTent le nez, avec les barbes d’une plume, foit en fouillant dans le nez avec un cha-î Jumeau , du tabac ou quelque flernutatoire plus puiffant.
- £ , 6 . Un des moyens auxquels on a eu recours pour des Noyés qui ont été rendus à la vie 3 été auffi de fe fervir d’un chalumeau ou d’une canule pour leur fouffler de l’air chaud dans bouche, pour leur en fouffler dans les inteftins ; on l’a même introduit avec fuccès dans ceux-, ci avec un foufflet. Une feringue y peut être employée ; peut-être même vaudroit-il mieux employer la feringue pour y porter des lavements chauds capables de les irriter ,~5c propres $ produire plus d’effet que l’air qu’on êft plus en ufage d’y faire entrer,
- Mais tout ce qu’il y a de mieux, peut- être, c’efl de fouffler dans les inteftins la fumée du tabac d’une pipe; un de nos Académiciens a été témoin du prompt & heureux effet de cette fumée fur un Noyé : une pipe caffée peut fournir le tuyau ou chalumeau par lequel on fouf-fiera dans le corps la fumée qu’on aura tirée de la pipe entière,
- 7. Aucun des moyens qui viennent d’être indiqués ? ne doit être négligé ; enfemble ils peuvent concourir à produire un effet falutaire : ils feroht employés avec plus de fuccès, quand la fortune voudra qu’ils le foient fous les yeux d’un Médecin qui fe fera trouvé à portée. Sî la fortune donne auffi un Chirurgien, on ne manquera pas de tenter la faignée*, 5c peut-être eft ce à la jugulaire qu’elle doit être faite; car dans les Noyés, comme dans les pendus, ÔC dans ceux qui font tombés en apoplexie, les veines du cerveau fe trouvent trop engorgées de fang; fi les vaiffeaux peuvent être un peu vuidés, ils en feront plus en état d’agir fur la liqueut qu’ils doivent faire mouvoir.
- 8. Enfin quand les premiers remedes qui pourront être tentés, ne feront pas fuivis de fuccès» ce fera probablement le cas où le Chirurgien pourra avoir recours à la bronchotomie, c’eft-à-dire, à ouvrir la trachée-artere. L’air qui pourra entrer librement dans les pouîmons par l’ouverture qui aura été faite au canal qui le leur fournit dans l’état naturel, l’air chaud même qui pourri être foufflé par cette ouverture , redonnera peut-être le jeu aux pouîmons , 5c tous les mouvements de Japoitrine renaîtront.
- Mais de quoi doivent être fur-tout avertis ceux qui aimeront à s’occuper d’une fi bonne œuvre, c’efl de ne fe pas rebuter fi les premières apparences ne font pas telles qu’ils les defireroient. On a l’expérienee de Noyés qui n’ont commencé à donner des lignes de vie , qu’après avoir été tourmentés pendant plus de deux heures. Quelqu’un qui a réuffi à ramener à la vie un homme dont la mort étoit certaine fans les fecours qu’il lui a donnés, doit être bien content des peines qu’il a prifes ; 5c fi elles ont été fans fuccès 3 il fe fait gré au moins de ne les avoir patf épargnées.
- Réflexions Jùr les différents moyens confeillés dans cet Avis,
- & fur leur adminiflration.
- Il n’efl: pas néceflaire d’avoir été témoin du fpeélacle que préfente un homme que Ton vient de rapporter d’une Mine dans laquelle il a été noyé ou fuffoqué , pour s’en repréfenter l’image ; l’anéantiflement général de la machine eft tout récent : il n’efl: pas encore porté à ce dernier degré où, je ne fai par quelle horreur fecrette , l’afpeét feul du fujet infpire le preflentiment de fa perte ; le vifage fe foutient encore, il n’efl: ni changé ni flétri : le tableau qu’il offre, ne frappe point la vue par le'hideux de ce biflre de la mort. Ma maniéré de
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- Voir, torique je luivois les Hôpitaux, ma fuggéré cette expreffion , qu’on'me permettra de conferver. Je crois quelle défigne affez bien cette efpece dé lavis de couleur jaunâtre ou verdâtre mêlée d’un livide plombé, qui, fur le cadavre d’un homme fuccombé en détail à une maladie interne plus ou moins longue, eft l'annonce finiftré de la colliquation des chairs fous la peau, 8c un véritable certificat mortuaire. ^
- Dans l’Afphyxie dont eft attaqué le Noyé ou le Suffoqué, la figure eft mornô 8C (ombre , les traits ne font plus animés par la penfée ; dans quelques occa-îions le froid, la pâleur font répandus furie corps, &c. (i) ; l’infenflbilité léthargique, l'ablence de tout ce qui caraélérife extérieurement la vie 5 ont dû naturellement faire naître l'idée du befoin de ranimer , tant à l'extérieur qu'à l'intérieur, les reftes de la chaleur naturelle qui menace de s’éteindre , la fenfibilité petdue : c’eft auffi, pour l’ordinaire , par où l’on débute, vis-à-vis de toute perfonne privée , par un accident ftibit & violent, des principaux attributs de la vie, & réduite dans une fituation dans laquelle des fymptômes palpables & fenfibles font foupçonner ou appréhender la mort , félon que lé vilàge s'éloigne de l'état naturel, ou félon qu'il eft plus ou moins mécon-noifîable.
- On feroit néanmoins très-fondé à douter que ce premier fecours extérieur , ainfi que les différentes maniérés généralement ufitées pour remplir ce but, foient indiquées bien pofitiyement aux Noyés, qui font l’objet de l'inftruéHon publiée plufieurs fois depuis quelques années ; l'examen lèul, foit de l'indication qu'on a cru appercevoir unanimement, de réchauffer l'extérieur du corps, {oit des moyens à choifir* feroit la matière d’une controverle qui entraîne-roit une difcuffion fort longue ; les bornes de mon fujet ne me permettent pas de m’y engager. Je me contenterai d'expofer Amplement ce doute, que je crois très-important, & auquel je n'ajouterai que de courtes réflexions.
- D’ailleurs, faute de lavoir précifément de quelle nature eft le premier dé-fordre qui a porté dans toute l’économie animale le trouble auffi effrayant qu'inquiétant, dont on apperçoit les effets fur toute la perfonne d’un Houilleur tenu pour mort après une fubmerfion , ou par la vapeur expiofive, * ou par la vapeur fuffocante , on ne peut fe diffimuler qu’il n’eft pas poffible d’affeoir un plan de traitement bien sûr, & on eft obligé en même temps d'avouer qu’il eft en conféquence affez difficile au Médecin d'agir dans cette occafion en homme éclairé & en homme prudent.
- En faifant même abftraélion de l’amologie du mal, encore enfevelie dans les ténèbres les plus profondes, fi l’on veut Amplement envifager l'état*du Noyé ou du Suffoqué, comme lyncoptique ou comateux, on fait combien le traitement en eft délicat, 8c exige une làge lenteur & une attention Icrupu-
- (i) Les variétés qui s’obfervent fur le cadavre d’un Noyé, fe trouvent bien décrites dans Id Synopjis praxeos Medicœ, de M. Lieutaud } Lib* I, Sett. III,pag• 2oy, Tomt 2.
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- leufe , à raifon ou de la caufe ou du degré qui font inconnus, ou du temps qui s eft écoulé entre l’accident & l’application des lecours.
- S’agit-il des Noyés , il s’en eft vu qui ont été rappellés à la vie par ia ckaA leur d’une peau de mouton, dans laquelle on les a enveloppés , par la chaleur d’un bon feu , d’un bain de cendres ou d’eau , ou de fumier échauffé., ou pai; la chaleur du lit, du foleil : on a réuffi à en fauver d’autres, en étendant le corps fur le pavé froid , & en faifant tomber de haut & par jet, de l’eau froide fur les membres.
- C’eft bien là un de ces cas dont Hippocrate difoit, en commençant fe$ Aphorifmes , que (’expérience eft îTompeufe , SC le jugement difficile. Ne pourroit-il pas arriver que le lit bien baffiné, le tas de fumier fufTent, dans quelques occasions , plutôt dangereux qu’efficaces ? La première impreffion du chaud Sc du froid , décidée avantageufe, Ion application commue ne pour-roit-elie pas être nuiftble l Ces queftions toutes nues, font a (fez voir combien il feroit important de chercher l’explication des différents fuccès obtenus par des moyens tout-à-fait oppofés.
- Quoiqu’il y ait une différence grande & réelle entre l’évanouiffement profond, appellé Syncope, & la Lipothymie, qui n’en eft qu’un premier degré, Sc l’Aftphyxie qui conftitue l’état des Noyés & des Suffoqués ; ce qui fe pratique très-ordinairement dans le premier degré que l’on fait être très-fréquent , mérite ici une attention particulière.
- La fueur & la tranfpiration infenfible , condenfées par le froid, font répandues en gouttes fur toute l’habitude extérieure du corps ; l’idée ne vient point alors de réchauffer ; le fecours eft tout oppofé : on court à l’eau fraîche , on en jette fur le vifage de la perfonne évanouie. Qu’en réfulte-t-il \ le malade fe ranime fur le champ ; le mouvement du cœur fe rétabliffant, détermine dans le fujet une agitation précipitée , une efpece de fecoufle automatique peut être comparable à celle que l’enfant qui vient au monde éprouve en éternuant.
- Quelques obférvations apprennent les heureux fuccès de l’immerfion fubite des Léthargiques dans l’eau froide.
- S’il y avoit fur cet objet un parti à prendre dans cet embarras , le plus sûr, ou qui préfenteroit moins d’inconvénients , feroit de recourir aux friélions feches, qui n’éveillent pas tumultueufement la chaleur naturelle.
- Dans le cas où l’on jugeroit né ce flaire de réchauffer le corps du malade , il feroit encore de la plus grande conféquence de bien faire attention à la différence de la fàifon dans laquelle il s’agiroit d’employer ce moyen.
- Il paroît plus que raifbnnable de penfer qu’il eft des temps où la grande chaleur donneroit une exclulîon abfolue à ce moyen , & qu’ii feroit plutôt nécef* faire de fonger à corriger la température brûlante & animée de l’air extérieur ; je voudrois même qu’on eût foin de jetter force féaux d’eau fraîche autour du corps. Dans cette occafion fur-tout, que rifqueroit-on de lui en jetter fur
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- le corps l La feule apparence d’analogie entre lafimple défaillance dans laquelle on pratique ce moyen, & un éyanouiflement fynCoptique, eft de nature à- fug-gérer & à autorifer l’application du même moyen (i). Je lailîe juger les per-fonnes de l’Art, pour lefquelles l’occafion d’être appellées , ou de fe trouver préfentes à ces événements, doit être une jobligation d’approfondir ces réflexions , que je leur foumets volontiers, & je paffe à la réyifion fuccinéle que j’ai annoncée, de chaque Article de l’Avis imprimé.
- 1. La première chofe eft donc de porter le corps au grand air, d’éviter même ( fur-tout fi c’eft en été & en temps chaud ) de le porter dans une chambre ; & dans le cas où cela fera jugé plus convenable, de n’y admetre ab fol liment que le monde néceflàire , afin de ne pas échauffer l’air d’un endroit, qui peut déjà fe trouver étroit Sc peu aéré.
- 2. La faute qui fe commet le plus ordinairement Sc le plus facilement dans ces fortes d’occafions, font les violences que l’on fait au corps du fujet, foit en lui donnant des attitudes forcées & contre nature, foit en mettant trop de précipitation pour le tranfporter de l’endroit où il eft d’abord dépofé , à celui où on le traite , & dans les différentes poftures que peuvent exiger les moyens convenables à là fituation.
- Quelque fecours qu on adminiftre en pareil cas, on doit avoir grande attention à éviter toute efpece de fecoufle rude: il faut toujours avoir préfente à l’idée
- la poffibilité que le fujet n’eft pas mort
- (i) Depuis que ceci ejî difpofé pouf Vimpreflion $ fai été à portée de faire cette réflexion, avec grand regret de tl avoir pu mettre mon idée à exécution. Le 26 Juin 1772 , à trois heures après-midi, je me trouvai, dans mes courfes d'affaires, fur le quai de la Grève, fortant de la tue des Barres , pour gagner le port Saint-Bernard, au moment qu'une grande affluence de peuple, fur les deux quais , me fit foupçonner qu'il venoit de fe noyer quelqu'un. Vidée me vint à Vinflant que je pourrois être de quelque utilité dans cette conjoncture .* une chaleur infoutenable , qui na-voitpas befoin dé être jugée par VinfpeCion du ikermo-metre, m'annonçait que Vopération des fecours , dans Vendrait fixé par VHôtel-de-Ville , ferait des plus pénibles pour les perfonnes qui voudraient y prendre part. ( Chei moi, ou je n'avois pas dîné, elle parut Ji extraordinaire , quelle fut marquée à mon Thermomètre à % 2 degrés ; & il fut rapporté , à notre féance-de VAcadémie du lendemain , que le Thermomètre de VObfervatoire avait marqué le même nombre de degrés ). Le malaife que f éprouvai n'ébranla point Tefpoir & le defir que favois d'être témoin & participant des tentatives qui alloient être faites ; je retournai fur mes pas, & me jettai à la hâte dans le Corps-de-garde qui eft fur le port, avant que la foule en eut rendu les approches difficiles. Quelques minutes après , on y porta un jeune homme > qui venoit d'être retiré de Veau ( Louis Gafcouiris, noyé depuis 2 £ minutes. Voyez pag. 37, de la Brochure citée pag. 99S > Note 1 ). J'eus le chagrin d'êtrefruflré d'unefa-tisfaCion qui eut été une des plus touchantes pour moiy celle d'avoir concouru à la réujjîte. L'air étoufant que Von refpiroit dans le Côrps-de-garde , ne permettant point d'en attendre ,je me retirai deux heures après ,
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- de qu’il eft dans le plus grand danger!
- mon habit pénétré de ma fueur , laiffant ceux qui manœuvraient dans une fituation qui ne peut fe décrire , par la maniéré dont la fueur dégoûtait de leur vifage. Les obfervations dont je fis part, à cette occa-fion , à Meffîeurs du Bureau de Ville, viennent tout, à fait à mon fujet : je vais les placer ici.
- ce Dans les grandes chaleurs de l'été, le Corps-de-» garde n'efi pas un endroit propre à Vadminifiration x de ces fecours : ce Bâtiment efl écrafé, & ne reçoit » du jour , pour Vordinaire, que par une fenêtre » par la porte ; Vair y efl trop reffèrré & privé de x Vélaflicité qui, dans le cas dont il s'agit, efl encore » plus néceffdire que dans toute autre occajîon ; il con-53 viendroit alors d'exécuter tout ce qui eft néceflàire 33 fur la rivière , dans un bateau. On y trouverait de x plus l'avantage d'être débarraffé de toutes perfonnes » inutiles, qui trouvent moyen d'avoir accès dans le 33 Corps-de-garde, qui ne font que gêner , par leur 33 curiofité, les opérations, priver davantage l'air de 3» fon reffort, être.
- x II conviendrait donc d'interdire firiCement Ven-x trée à toute efpece de perfonne * quand le nombre de x ceux qui font utiles ou néceffaires eft fujffam : ce né x fut pas une des moindres de mes occupations$ de faire x fortir quantité de monde qui fe fuccédoit fans cejfe.
- x Pour ces premiers commencements , où Vôn n'a, x point encore Vufage & l'expérience de cette pratique,
- 33 le petit Avis inftruEHf devroit être collé fur l’inii-s» rieur du couvercle de la Boîte qui eft à la garde du x Sergent, ( ce qui a été fait depuis ). Cet Officier s x dans le cas où il n'y aurait ni Médecin ni Chirurgien *
- 33 fer fit procéder à chaque manœuvre dans l'ordre fuo* xceflif indiqué*
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- d’en être à ce point ; en conféquence on fent de combien de ménagements on doit ufer en voulant le focourir ; la pofition de la tête efl particuliérement à confidérer : cette partie.doit être un peu inclinée en devant, la pofition ren-yerfée en arriéré eft contraire au retour du fang.
- 3. Après avoir irrité & agacé le nez, le palais de la bouche , s’il eft poflible , avec des barbes de plume, on ne doit fonger à recourir aux liqueurs fpiri-tueufes dans la bouche, que lorfqu’on juge que le malade efl: en état de les avaler.
- 6. Parmi les différents moyens qui pourroient être confeillés, (après que Ton auroit débarrafle les inteftins par des lavements, ou de quelqu’autre maniéré, ) rinfufflation de l’air dans les poumons, feroit, à mon avis, le plus efficace comme le plus facile. L’Hiftoire conferve la mémoire du fuccès de ce fecours , infpiré à un Domeftique par rattachement pour fon Maître , dont il devint le bienfaiteur en lui rendant la vie. Un Houilleur foffoqué ne trouveroit-il pas au moins dans là femme, dans fes enfans , ou dans quelqu’un de fes camarades, ce même intérêt ? Il n’én efl: pas de la fituation à laquelle il s’agit ici d’apporter ce remede, comme des circonftances maladives propres à faire naître une répu^ gnance affez naturelle , ou à faire craindre le moindre danger ; beaucoup d’ex-périences ont conflaté l’utilité de cette transfufion du fouffle vital dans les orga’nes qui font le principal mobile de la relpiratiom Vis-à-vis d’un homme récemment étouffé , la générofité de celui qui appliqueroit ce moyen, ne pour-roit fexpofer à aucun rifque, 8c répandroit certainement fur fes jours, au cas de réuffite, la plus vive 8c la plus douce fatisfaélion qu’un homme puiffe éprouver,
- •Feu le célébré M. le Cat avoit fait plufieurs expériences fur ce fujet, à cela près qu’il auroit dû , ce me femble, ne pas choifir cfe jeunes animaux nouveaux nés ; ce qu’il penfoît de la maniéré de communiquer, dans ces occafions, de l’air dans les poumons , mérite confidération. Cet Anatbmifte Phyficien défiroit, pour perfectionner cette première méthode, que l’on inventât un fyphon qui pût être introduit par la glotte dans la trachée arteyre , en relevant l’épiglotte avec quelque inftrument convenable. Il fouhaitoit encore qu’à ce fyphon on adaptât un petit foufflet : fon idée étoit qu’après avoir réchauffé les poumons par l’infufflation immédiate ou autrement, l’air extérieur, 8c modérément frais , introduit par ce foufflet, foroit alors beaucoup plus propre que celui de la bouche , à rétablir la circulation des liqueurs.
- Dans les cas où il feroit bien décidé que l’air frais ne fût pas préférable, je pencherois fortement pour l’infpiration immédiate bouche à bouche, doucement & par degrés : il fuffit en général d’être prévenu pour cette opération , de quelque maniéré qu’on s’y prenne, que les mâchoires du fujet, fouvent très-ferrées l’une contre l’autre , doivent d’abord être écartées, & que la force néceifaire pour cela, doit cependant être ménagée à un certain point, fans quoi
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- on rifqueroit de luxer la mâchoire inferieure. Cet écartement fait, il ne s’agit plus, en procédant à l’infufflation ,"que de fermer le nez & la bouche du fujet le plus exaétement poflibie.
- Quand on eftime à propos de faire des inje&ions de vapeurs en maniéré dé lavements, il leroit quelquefois néceflaire de vider le gros inteftin des matières dont il pourroit être embarraffé, & qui s’oppoferoient à l’introduélion de là fumigation, %
- Que les lavements {oient de vapeurs ou de liquides , il eft effentîei, pour lé fiiccès de ce moyen , de porter grande attention à l'attitude qu’il convient dé donner au corps, qui doit décrire une courbe , & être penché fur le côté droit* en évitant que le ventre éprouve aucune forte de compreftion.
- 7. Là faignée de la jugulaire pour fecourir les Noyés * paroît évidemment utile ; comme dans cette circonftance la compreffe ne peut guère être aflujétie * fans inconvénient, fur la plaie après l’opération , il paroît tout fimple d’y fup-piéer par une petite languette de fparadrap, ou de tout autre emplâtre agglu-tinatif, appliqué fur la plaie, & contenu avec la main jufqu’à ce qu’à l’aidé de cette chaleur il fe foit collé fur la peau.
- Quant à la Bronchotomie propofée dans l’Avis imprimé, ainfl que par pîu-{leurs Praticiens , comme un fecours très-utile, l’Auteur des Obfervations fur les Noyés , remarque judicieufement que cette opération de Chirurgie eft con^ feillée {ans raifbn ; il a difcuté cet Article en homme éclairé ; mais cela n’étoit pas bien néceftàire : finfuftlation qui remplit l’intention de faire palier de l’air dans les poumons, exclut décidément la Trachéotomie.
- Tentatives a faire fur les Ouvriers fujfoqués dans les Mines , pour les rappellef à la vie, ou au moins pour conflater la mort ahfolue de ceux qui ont éprouvé foit cet accident, foit celui de la fâbmerfon.
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- Nous avons rendu un cdmpte Amplement hiftorique de ce qui fe pratiqué parmi les Houilleurs, vis-à-vis de leurs camarades fuffoqués dans les Mines * quand l’accident n’eft quà un degré allez léger pour céder aux moyens dans leP quels leur expérience eft circonfcrite*
- Dans les cas ou l’Alphyxie eft portée au plus haut point, jugée par le non-fuccès fans reflource, c’eft à la Médecine à ajouter de nouveaux moyens : elié feule peut fubftituer à une routine, ou qui abandonne légèrement la partie , ou qui fe déconcerte aifément, une marche méthodique foutenue , autant que là fituation permet raifonnablement d’efpéret encore de la vie du malade.
- S’il eft poffible de parvenir un jour à un but auffi defirable , il eft hors dé doute que ce ne fera qu’en revenant, avec une férieufe attention, fur les différentes relations connues qui renferment quelque détail * quelques cir-conftances, foit fur l’état qu’ont éprouvé ces Ouvriers avant d’être entièrement
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- ioo5 DU CHARBON DE TERRE fuffoqués , foit fur ce qu’ont rapporté ceux qui ont été affez heureux pour échapper à la mort, foit enfin fur ce qui fe fait remarquer dans leur individu lorfqu’ils ont été guéris. Les obfervations de M. TrieWald, qui a lui-même tâté cette vapeur fuffocante ; celles de M. l'Abbé de Sauvages , que nous avons rapportées 9page 154 ; celles de M. le Monnier le Médecin , page Jpo, & toutes celles que l'on pourra recueillir fur cet objet, font de la plus grande con-féquence , & doivent fervir de bafe à toutes les méthodes à imaginer pour le traitement d’un accident qui tient à ce que l’on connoît de plus compliqué dans la méchanique du corps animal, je veux dire la refpiration.
- » Il n’eft pas indilférent de rapprocher de ces relations ce qu’ont penfé fur la fituation en elle-même dont il s’agit, quelques Ecrivains de poids ; tout, en pareille matière, peut concourir à faire appercevoir ce que l’on cherche. Je vais eflàyer d’aider à découvrir une route sûre dans ce traitement, en expofant; ce qu’ont avancé M. Triewald, M. Henckel 8c M. BrovaHius. La fuffocation dont parle ce dernier 8c M. Henckel, dans fbhTraité des Maladies des Mineurs, eft occafionnée par des moffettes métalliques ; félon toute apparence, elles ne font pas comparables, dans tous les points, aux vapeurs des carrières de Charbons , fi on en excepte celles dont le Charbon eft pyriteux, ou félon nous pyritofo-bituminojîim (1). La maffe d’air ramalTée dans ces Mines, eft en général, quant au mélange de parties étrangères, bien différente de celle des Mines de cuivre, de plomb, &c; cependant les phénomènes de la fuffocation dans toute efpece de fouterrains, fe rapportent affez entr’eux dans les points effentiels. Les obfervations fur cette matière dans les Mines métalliques, ne font donc pas abfolument étrangères à celles qui ont été faites dans les carrières de Charbon(2). fr II parole quon eft en conféquence fondé à raifonner à peu-près de la même maniéré fur la méthode de fecourir les Ouvriers étouffés dans tout endroit renfermé , fàuf l’augmentation que le volume de l’air peut avoir acquis , par une addition à fa matière propre, & qui peut donner fujet à interprétation ou à reftriélion relativement à ce mélange.
- M. Trie^ald affûte que dans une Mine chargée de vapeurs, il ne s’eft pas trouvé autrement incommodé, quand la lumière s’éteint, que de fe fentîr lourd & gagné par une envie de dormir. Il croit pouvoir juger par fon expérience, que ceux qui périffent de l’effet de cette vapeur, périffent d’une mort très-douce, 8c n’éprouvent que ce que reflentiroit une perfbnne qui périroit de l’effet d’une grande laffitude. U rapporte que les Ouvriers retirés à temps & promptement d’une Mine où ils ont été furpris par l’effet réfùltant de cette
- (1) On doit remarquer que toutes les fois que nous avons confervé le mot fulphureux, adopté dans le langage des Ouvriers de Mines, nous entendons pyriteux, pour marquer l’alliage particulier qui fe trouve avec la portion bitumineufe.*
- (2) M. BrovaHius, dans fon Mémoire , penfe aulîi que la fuffocation ou i’affoupiffemenc dans
- les Mines de Quekna, peut autant provenir du défaut de circulation de l’air, que de la nature arfenicale prétendue de ces moffettes, quoique M. Henckel ait démontré la préfence de ce poi* fon , en petite quantité , dans la pyrite jaune,
- alliée ordinairement au cuivre»
- exhalaifon,
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- ET DE SES MINES. II. Part. too3 exhalaifon , reviennent entièrement lorfqu ils font ramenés à l'air froid , quoi* qu iis ne donnent aucun figue de vie.
- Dans les Mines d'Angleterre, le Common-Damp donne des convulfions aux Ouvriers (i); les vapeurs des Mines d'Alais, portent d'abord à la bouche un goût d'amertume (z), Sc enfuite de l'étouffement (3). Celles des Mines d'Auvergne ont fait éprouver à M. le Monnier, un gonflement du vilàge Sc de la' gorge, cuiflbn aux yeux, larmoyement, tintement des oreilles, étourdiffe^ ment (4).
- Selon M. Henckel, dans un Ouvrier fuffoqué par les moffettes métalliques 3 la tête Sc les poumons font affeélés. Cet Auteur penfe , pour ce qui eft de la tête, que ces vapeurs en pénétrant par le nez jufqu'au cerveau , exercent immédiatement leur aétion for ce vifoere , ce qui produit l’étonnement Sc la perte de fentiment qui précédé même la foffocation.
- Quant à l'affeélion des ppumons, qui eft un accident concomitant de l'état des Houilleurs, M. Henckel opine que la mouffette prive ces organes de l’air néceflàire à leur développement ; il eftime que par le refferrement qu'elle occafionne dans les cellules pulmonaires, & dans les ramifications des bronches, elle interrompt la circulation , Sc produit la foffocation.
- Le traitement propofé par cet Auteur, fe réduit à faire refpirer au maladè un dr frais , le fecouer, lui foufller de l'air dans la bouche, le faigner, lui donner quelqu’infufion chaude, pour chercher à le faire fuer.
- Dans la manière dont M. Henckel juge de l’écat de foffocation par les mof-» fettes métalliques, on entrevoit qu'il a regardé comme maladies diftinétes, deux léfions de fondions, qui, l’une & l’autre, ne dépendent que d'une même caufe, Sc qui font fympathiques, foit par les nerfs, foit par les vaiffeaux fànguins.
- L’Auteur paroît tenir au fentiment des Anciens, qui admettoient comme poflible la communication immédiate de vapeurs qùelconques dans le cerveau. Il eft arrivé quelquefois que des perfonnes font tombées dans un profond fom-meil pendant la diftillation de fobftances fomniferes. Un Auteur a publié quelque part que confervant dans fon cabinet des pommes de Mandragore, il s'étoit trouvé fort aflbupi, ce qu'il attribuoit aux émanations de ces fruits. L’obforva-tion la plus frappante en ce genre , & la plus finguliere fans contredit, fi elle étoit vraie, c’eft celle rapportée dans le Sepulchretum de Bonnet, de taches de foufre remarquées dans le cerveau d’un homme qui fut tué par la foudre (j) ; mais elle paffe toute croyance, Sc les connoiflànces anatomiques ne permet-
- (1] Parce que peut-être il eft chargé d’acide vitriolique.
- (2) Qui pourroit indiquer une exhalaifon bitu-mineufe.
- (3' Sans doute à raifon de l’épaiffeur & de la pefanteur de cette moffette.
- (4) Ces fymptômes demandent, comme pour
- Charbon de Terre, IL Paru
- les autres Mines, à être rapprochés de la nature du Charbon des Mines d’Auvergne, qui eft en général un mauvais Charbon pyriteux , Ôc de l’effet de la vapeur de la Mine de cuivre pyri* teufe de Quekna : voyez page ^87.
- (5) De Sufocaiione. Lib. II. Seft. II, Obf. XLV.
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- ïoo4 DU CHARBON DE TERRE tent pas d’expliquer, comme M. Henckel, l'embarras qui fe manifefte dans la tête des Ouvriers étouffes par les vapeurs de Mines : le cerveau n eft ici affeété que per confenfum.
- « Une des circonftances qui me femble remarquable, c eft la maladie confécuJ tive qui fe déclare dans les Ouvriers échappés du danger de la mort, ou les jettoit ce profond évanouiflement à la fuite de la fuffocation ; cette toux qu'ils confervent toute leur vie, vuyq pag. 986, ne pourroit-elle pas jetter quelque jour fur l’état primitif? Dans le Recueil d'ouvertures de cadavres, par Bonnet l'obfervation XXXIX, Seci, III9 Lib. /( 1), eft accompagnée d'un Commentaire fuccinét, qui n’eft pas ici indifférent : An lethargus a pulmone ejje poteji ? ita fane, (S’a II étaye fon fentiment fur un paflàge d'Hippocrate, 2 & 5 de Morb. touchant les Maladies léthargiques, & particuliérement fur un endroit de fes Prognoftics (2), qui a été dîverfement interprété parles Commentateurs , où Hippocrate fait entendre qué fouvent la léthargie dépend des affections de poitrine, & fe termine par une affeélion de cette capacité. Il nous fuffit d’avoir dirigé ou fixé fur ce point l'attention des perfonnes de l'Art qui feront dans le cas de fuivre ces fortes d'obfervations. Nous allons maintenant nous occuper des fecours convenables aux Ouvriers fùffoqués dans les Mines, La méthode générale expofée par M. Lieutaud, remplit à cet égard ce que l'on peut fouhaiter. Afin d'aider le Leéteur à en faire une comparaifon utile & ïaifonnée, avec ce qui doit être remarqué dans la pratique des Mineurs , nous donnerons la traduélion de cette partie de l'Ouvrage de l'habile Médecin (3)^
- Dans les différents Ecrits publiés en faveur des Noyés, on a grand foin d'a-avertir les perfonnes qui entreprennent de prêter la main aux fecours qu'on ad-miniftre en pareil cas, de ne point fe décourager d'un manqué de réufîite ; fouvent elle n’a lieu que plufieurs heures après une perfévérance foutenue. II nous a femble intéreflànt d'aflîgner en quelque façon les limites qui peuvent féparer l'efpérance du fuccès, de ce qui annonce le non-fuccès.
- Cette courte addition que nous avons jugé devoir faire, nous a femblé propre à foutenir le zele & l'empreffement charitables dans ceux qui fecourront ces malheureux.
- (2) Prxnotion. coac. N®. 14Ç
- (3) Lib. I, §e&. Ifl, Suffocation
- ( 1 ) Defoporojîs affeSlibus : lethargusJymptomatlcus, à pulmomm viw induftus,
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- Méthode abrégée pour fecourir les perfonnes fuffoquscs accidentellement; Indice auquel on peut juger du temps quil convient d'abandonner tes tentatives1
- «Transporter, le malade au grand air^ lui jetter de l’eau froide fur le » vilàge (1) , lui fouffier dans la bouche, préfenter au nez du vinaigre 8c toutes y> fortes de liqueurs pénétrantes, 8c employer d’abord la làignée.
- » Quelques-uns propofent l’émétique. Le favant Auteur ajoute : Num recïe ? ï) cœteris judicandum relinquimus (2).
- » Les anti-fpafmodiques 8c les tempérants qui paroifîent avoir réuflî quelque-? » fois , font encore a fiez équivoques par la difficulté de jugerfi l’état efi complU qué de fpafime , comme on a vu que cela arrive quelquefois.
- » Les fternutatoires aétifs, les lavements âcres 8c ftimulants, les friéüons >> avec des étofiFes rudes, les ventoufes fcarifiées , & ce que l’Art prefcrit en y> général dans les affrétions foporeufes 8c comateufes ».
- Dans les Mines de Quekna en Norvège , les feuls remedes employés, font le vinaigre & la thériaque : cela 11e réuffit pas toujours.
- Veut-on enfin, conformément au louable précepte de Zacchias, ne rien' omettre de tout ce qui peut aider à découvrir au moins fi la vie fubfifte encore , ou fi elle eft éteinte „ on doit, avant de renoncer à toute elpece de tentative , confulter les yeux du fujet ; c’eft une des remarques de l’Auteur recommandable dont nous empruntons la méthode de fecourir les hommes fuffbquéâ accidentellement. Cet avertiflement ne pouvoir être négligé par un Écrivain qui réunit dans fa perfonne le lavoir avec l’amour de l’humanité.
- L’obfervation qui, de la part des hommes auxquels l’autorité publique confie la fanté des Citoyens, doit s’étendre jufques fur les cadavres, établit pour fait confiant & certain , qu’après la mort les yeux deviennent flafques & mous s’affaiiïent & fe détruifent d’une maniéré particulière à i’occafion d’une dirais nution de l’humeur vitrée ; que la prunelle fe rétrécit un peu , & quelquefois d’une façon marquée ; que jamais elle n’eft beaucoup dilatée (3). Il eft en même temps bien reconnu qu’on ne connoît pas d’exemple de ce changement dans aucune des autres révolutions qui arrivent au corps animal, au point que cet affaiffement & cette molleffe du globe de l’œil, joints à cette apparence d©
- (1) Je crois que ce feroit bien là le cas d’en jetter fur tout le corps du malade ; néanmoins fi l’on pouvoir être sûr, dans un Houilleur fuf-foqué, que la frayeur eft entrée pour quelque chofe dans l’état où il eft réduit , n’y auroic-il pas du rifque à ne pas le réchauffer ?
- | L’air frais ou tout autre , préfenté à l’inf-piration, qui peut n’être pas entièrement abolie, paroît, d’après l’expérience des Houilleurs, être capable d’un effet très-heureux 3 il pourroit con-
- venir de même dans les Cas de fuffocation pat la vapeur du Charbon.
- (2) L’application du vomitif, qui eft très-* indiqué pour les Noyés , pourroit être fâcheux: pour les Houilleurs fuffbqués, fi l’état prove-( üoit de l’effet de la frayeur.
- (3) Cet état eft vulgairement défigné par les gens du peuple , en plufieurs pays, & même en France, par cette expreffion les y eux font crevés, le larmier efi crevé*
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- toile glaireufe dans un fujet qui ne porte fur les paupières aucune marque de maladie antérieure , paroifîent pouvoir fournir des preuves de la mort. Il n’e{{ pas, en conféquence, inutile de rapporter en entier ce qu’a dit à ce fujec |e célébré Anatomifte, Auteur de la Thefe fur l’incertitude des fignes de la mort (i).
- Premièrement en écartant ou en ouvrant tout doucement les paupières, la cornée tranfparente efl couverte d’une efpece de membrane ou de toile gjaj_ ïeufe très-fine , qui fe fend en plufîeurs morceaux quand on y touche, & que l’on emporte facilement en efluyant la cornée.
- Dans ceux qui meurent les paupières ouvertes , cette toile ternît quelquefois la cornée au point de faire prefque difparoître la prunelle ; cette toile paroît être formée d’une lymphe qui fuinte naturellement par les pores de la cornée tranfparente, dont Stenon parle dans fon Traité des glandes Sç des mufcles.
- On fera bien enfuite, félon le confeii de M. Lieutaud, de recourir à l’application de larges veflicatoîres & de fers rouges à la plante des pieds.
- Pour exciter la vigilance Sc l’humanité des perfonnes qui fe trouveraient à portée d’affifter ces Ouvriers dans cette fituation , l’Auteur termine le plan de traitement qu’il propofe, par une invitation à laquelle nous croyons devoir donner place ici (2).
- Dès l’in fiant qu’il efl démontré que la vie des Ouvriers de Mines, noyés ‘ ou fuffoqués, dépend des fecours à leur donner, & de la maniéré d’y pro~j céder, la négligence, encore plus l’indifférence fur ce point, feroient impardonnables. Les Propriétaires , Entrepreneurs, Directeurs ou autres Intéreffés dans les Mines, doivent en conféquence regarder maintenant comme meuble indifpenfable de Houillerie , un appareil de tout ce qui convient à ces fecours. J’aime à croire que dans les endroits où ces travaux s’exécutent par des Particuliers, un Seigneur, un Curé de Paroi {fe, s’emprefferont de pourvoir généreufement le Corps des Ouvriers de cette précaution , ce qui me détermine à donner ici, comme je l’ai annoncé , l'état de ce qui entre dans la caifle nommée à Paris BoîteÆntrepôt*
- (1) Obfervation fur la porofité de la cornée tranfparente, par M. Winflow. Mémoires de l’Académie Royale des Sciences, An. 1721, page 310.
- (2) Quæ omnia altâquîdem fané mente tenere deitnt Medici fuis muniis perfunBoriè hærentes y m priùs quàm moriantur, horrendum difôuj fepulturce tï&“ dantur quâvU caufâ fujfoçath
- Defcription
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- jDeJcription de la Boîte portative , Contenant les chofes qui fervent a fecourir les Noyés 9 d’après UEtablijJement que la Ville de Paris a fait en leur faveur, Pl. LV.
- Cette Boîte, qui eft faite de bois, a ï 2 pouces de haut , } y compris les épaif-18 pouces de long, > leurs des bois, qui ont ÿ pouces de large, j y lignes.
- Toutes les parties en font affemblées folide-ment ôc proprement en queue d’aronde.
- On a pratiqué dans cette Boîte, différentes féparations , dont deux reçoivent chacune une bouteille de pinte remplie d’Eau-de-vie camphrée, animée avec l’efprit volatil de Sel-Ammoniac. Une troifieme fé-paration eft deftinée à recevoir le bonnet ôc les deux frottoirs de laine roulés enfemble, dans lefquels on a enfoncé (de maniéré à les faire appercevoir en ouvrant la Boîte ) deux tiges de la canule fumigatoire, ôc la canule à bouche.
- Au-deffous du bonnet ôc des deux frottoirs , dans le fond de la Boîte, on a placé les deux bandages à faignée, roulés avec leur comprelfe. Ces deux bandages, font le feul article effentiel qu’on n’a pû repréfenter dans le détail en apperçu qu’on va faire de la Boîte.
- Une quatrième féparation eft une tablette pratiquée pour la Machine fumigatoire, dans le fourneau de laquelle on loge le flacon bouché en cryftal, qui contient l’efprit volatil de Sel-Ammoniac.
- Une cinquième féparation eft une autre tablette apparente à l’ouverture de la Boîte ôc à fa furface interne, faifant le deffus de la Machine fumigatoire. Cette tablette eft fermée de tous les côtés, Ôc forme à peu-près un quarré d’un pouce ôc demi de haut, dans lequel on voit quatre rouleaux de tabac à fumer , d’une demi - once chaque , ôc une petite boîte renfermant plufieurs paquets d’Emétique , de trois grains chaque.
- Dans le fond de cette Botte-Entrepôt, Ôc fous la Machine fumigatoire , on apper-çoit le foufflet.
- On voit, dans cette Boîte 3 un petit piton à vis, d’où pend, par le moyen d’une ficelle, un nouet de foufre Ôc de camphre, uniquement ajouté ici pour la confervation de la couverture ôc des autres uftenfiles de laine dont il occupe toujours le milieu.
- Par-deffus la couverture , ôn voit la canule fumigatoire , la cuiller de fer étamé, ôc les Brochures contenant les détails des fuccès obtenus depuis l’Etabliffement : ( on a fouftrait ces brochures comme inutiles à repréfenter figurément ).
- Pour l’intelligence ôc la facilité dans l’ad-miniftration des fecours à donner , on a
- Charbon de Terre. II. Part,
- penfé qu’il feroit utile de coller en dedans du couvercle de cette Boîte, l’ufage qu’on doit faire des différents articles ci - deffus comportants les fecours.
- Et enfin , au-devant de la Boîte , on affiche une feuille imprimée , qui préfente, en précis ôc par ordre, les fecours à adminiftrer aux Noyés , ôc les conditions qu’on fait aux perfonnes qui veulent bien s’en charger.
- La ferrure de cette Boîte eft folide ôc proprement faite ; ôc, pour empêcher qu’elle ne foit fufceptible de la rouille , on a eu l’attention de faire appliquer par-deffus deux couches de vernis.
- On a évité de la fermer avçc une ferîure à clef, parce qu’on a fait réflexion que la ferrure peut fe mêler, que la clef peut fe perdre ; ôc que , lorfqu’on voudroit faire ufa* ge des fecours ( fl cet accident arrivoit ), on feroit obligé, pour ne pas perdre de temps de brifer la Boîte, en faifant fauter la ferrure* On voit, par ce détail, qu’on a tâché de tout prévoir, autant qu’on l’a pu.
- Inventaire indicatif & figuré de la Boîte portative, dont on a fupprimé le couvercle ainft que le devant, afin quon puijje plus facilement voir , dans ja place, chacun des objets indiqués par des lettres relatives.
- (A.) Quatre rouleaux, chacun d’une demi* once de tabac à fumer.
- (B) Une petite boîte renfermant plufieurs paquets d’Emétique , de trois grains chaque* (G) Une bouteille de pinte remplie d’Eau-de-yie camphrée, animée avec l’efprit volatil de Sel-Ammoniac : ( on ne voit qu’une partie du col de cette bouteille ; le refte fe trouve caché, dans la profondeur de la Boîte, par la tunique ou chemife de laine , fig. 3. )
- (D) Flacon de cryftal contenant de l’efprit volatil de Sel-Ammoniac 5 ( il ne paroît pas dans la Boîte, parce que fa place eft dans le fourneau de la Machine fumigatoire où on la tient logée, lorfqu’on ne fe fert pas de la Machine ).
- (E) Tuyau ou Canule fumigatoire,
- (F) Cuiller de fer étamé.
- (G) Nouet de foufre Ôc de camphre.
- (H-H) Couverture de laine en forme dê
- tunique.
- (I-I) Deux tiges du tuyau fumigatoire £ pour faire parvenir la fumée de tabac dans les inteftins ; l’une fupplée à l’autre, lorfqu’ellô fe trouve engorgée.
- (K) Canule à bouche.
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- (L-M) Bonnet de laine roulé avec les deux frottoirs de laine.
- ( N ) Seconde bouteille de pinte remplie d Eau-de-vie camphrée, animée d’efprit volatil de Sel-Ammoniac.
- ( O ) Soufflet à une feule ame ou foupape, en cuir.
- (P) La Machine fumigatoire repofant fur une tablette pratiquée exprès : elle loge, dans fon fourneau , le Flacon d’efprit volatil de Sel-Ammoniac (D).
- (Q) Corps de la BoîteiEntrepôt, dont ôn a fupprimé le devant Ôc le couvercle.
- Nota. On n’a pu repréfenter à l’œil deux bandages à faignée, des plumes pour chatouiller le dedans du nez ôc de la gorge, & i des Imprimés qui indiquent la maniéré de faire ufage de'toutes leschofes contenues dans la jBoîte.-Entrepôt,
- Développement de la Botte.
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- Fig. ire. La Machine fumigatoire montée avec fon foufflet (A), fixé (B) par une fiche de fer qui traverfe le manche (C) de la Machine (D), par le moyen d’un trou qu’on a pratiqué au manche (C) & à la douille (E) du foufflet (A) ; de maniéré qu’on peut faire faire à la Machine , ainfi affujettie , tous les mouvements poffibles, en les dirigeant avec le foufflet ; & on ell difpenfé de toucher à la Machine lorfque le tabac eft allumé, autrement on fe brûleroit.
- (F) Chapiteau ou couvercle de la Machine.
- (G) Tubulure ou cheminée du chapiteau.
- (H Bouchon de liege , fermant la cheminée (G) du chapiteau (F), dont l’yfage eft de pouvoir juger à quel point le tabac fournit de la fumée.
- (I) Bec ou canal du chapiteau (F) qui conduit la fumée du tabac jufques dans les inteftins.
- (K) Bout de cuivre étamé , ou gorge dans laquelle s’infere le bec (I) du chapiteau (F), pour la dire&ion de la fumée jufques dans les inteftins.
- (L) Tuyau fumigatoire : c’eft une fpirale en reffort à boudin , de fil de laiton recouvert d’une peau blanche de mouton , collée avec de bon empois.
- (M) Canule de buis terminant le tuyau fumigatoire. Cette canule eft compofée de deux pièces, dont le n°. 3 eft fixé au tuyau fumigatoire (L) , ôc fait corps avec lui ; ôc le n°. 4 eft la tige d’une canule ordinaire, qu’on peut retirer ôc remettre a volonté, pour pouvoir lui fubftituer une autre tige dans le cas où, pendant l’opération des fe-cours, la première viendroit à s’engorger, par la matière qui fe trouve quelquefois retenue dans les gros inteftins.
- Le Soufflet (A) a cinq pouces ôc demi de
- long, depuis fa partie circulaire fon muffle (a-a); fa plus grande large^ “ trois pouces quatre lignes. Le muffle / a feize lignes, réduites à douze , près d V tuyere ou douille (E), laquelle a deux p0u U & demi de long, ôc eft percée dans toute ? longueur, pour communiquer le vent d* foufflet. au
- La Machine fumigatoire (A-A), £ fans fon couvercle, a trois pouces de ha 2 * y compris la gorge (B-B), qui, feuleUt> trois quarts de pouce; cette gorge eft*de cuivre jaune , poli au tour, ôc a près de deux lignes d’épaiffeur. Le manche (C) a trois p0ll, ces ôc demi de long, & dix lignes de diamètre. Le corps de la Machine eft de cuivre rouge étamé, ôc toutes fes parties font braféesàfou-, dure forte ; de maniéré que, quelle quefoitla chaleur qu’on peut faire endurer à cette Machine , il n’y a pas à craindre que les foudures manquent, ce quiinterromproit l’opération.
- Le diamètre de la gorge de la Machine (A-A) eft de vingt-une lignes, ôc celui du fond du fourneau eft de vingt-quatre.
- Le couvercle, ou chapiteau (F), a deux pouces de haut, non compris fa tubulure oa cheminée (G), qui a fix à fept lignes de haut, fur autant de diamètre.
- Le bec ou canal ( I ) du chapiteau (F) eft long de quatre pouces : il a fix à fept lignes de diamètre à la bafe qui eft foudée au chapiteau, & fe réduit à deux lignes à l’extrémité qui s’ajufte à la gorge du tuyau fui migatoire (L).
- Le tuyau fumigatoire (L) a quatorze à’ quinze pouces de long ; c’eft une fpirale en reffort à boudin de fil de laiton, recouvert d’une peau blanche de mouton, collée avec de bon empois ; fa partie fupérieure n°. 1 eft de cuivre rouge étamé ; elle forme la gorge dans laquelle on inféré le bec (I) du chapiteau (F), lorfqu’on veut faire manœuvrer la Machine. Ce tuyau (L), n°. 2 , eft terminé par une canule, n°. 4, compofée de deux pièces, dont le n°. 3 eft fixé au tuyau fumigatoire (L), ôc fait corps avec lui ; ôc le n°. 4 eft la tige d’une canule ordinaire qui peut être changée, à volonté, dans le cas où elle s’engorgeroit pendant l’ufage qu’on en feroit ;& c’eft pour cette raifon que, dans l’inventaire de la Boîte , on a mis deux tiges de canule indiquées par les lettres ( I-I ).’
- On obferve que le tuyau fumigatoire (L) adapté à la Machine toute montée, eft coupé, pour ne pas le repréfenter deux fois dans toute fa longueur ; mais il eft figuré en entier, ôc indiqué par les chiffres 2, 3,4, fig\ 9. .
- La Figure 2 repréfente la Machine fu* migatoire (A-A) ouverte ; on en a fait la défi cription affez détaillée dans la figure première, pour n’y pas revenir.
- Fig. 3. La couverture de laine en forme
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- He tunique OU de chemife ; on a donné la for-nie d’une tunique à cette couverture qui fert à envelopper les Noyés, pour la facilité de les couvrir promptement, ôc de le* garantir de Pimprejfion de Pair extérieur (i). On voit allez combien cette forme eft commode à tous égards. On a placé, dans la partie fupé-rieure de cette couverture, des rubans en couliffe pour pouvoir être ferrés, afin que les épaules foient couvertes ; Ôc les cordons qu’on a coufus aux parties latérales de ladite couverture-ou chemife, ainfi qu’aux manches , peuvent être noués, fi on le juge à propos* *
- Fig. 4. Flacon bouché en çryftal, rempli d’efprit volatil de Sel-Ammoniac. ( La place de ce Flacon, dans la Boîte-Entrepôt, eft dans le fourneau de la Machine fumiga-toire ).
- Fig. y & 6. La cuiller de fer étamé vue en différents fens. Son cuilleron eft terminé par un petit bec, pour la facilité d’introduire, dans la bouche des Noyés, de l’Eau-de-vie camphrée, ou autre Liqueur, pour peu que les dents foient defferrées. Ce cuilleron eft plus profond que celui des cuillers ordinaires , afin qu’il contienne plus de Liqueur, ôc qu’il puiffe fuppléer à un gobelet ; fon manche eft dirigé de maniéré à pouvoir placer la cuiller pleine , fans qu’elle foit expofée à répandre ; ôc l’extrémité du manche eft faite
- ( 1 ) Voyez les Obfêrvatîons générales, fous le titre : Re-flexions fur les différents moyens confeille's dans l’Avis publie en 1740} page 996*
- pour fervir de levier , afin d’écarfcèr les dents fi elles étoient trop ferrées, en prenant toute* fois les précautions néceffaires pour ne pas rifquer de luxer la mâchoire du Noyé qu’on voudroit fecourir.
- Fig. 7. Canule à bouche : c’eft une canule ordinaire divifée en deux pièces réunies en-fuite par un boyau de peau large d’un pouce ôc long de deux, afin d’intercepter , à vo* lonté, le fouffle récurrent, & de garantir la perfonne qui fouffle des exhalaifons de l’ef* tomach du Noyé îorfqu’il commence à revenir. Pour éviter le défagrément qui ré-fuite du retour de ces exhalaifons, il füffit de-pincer, avec deux doigts3 le boyau de peau lorfqu’on ceffe de fouffler, ôc qu’on veut reprendre haleine.
- La tige de cette canule eft plus forte que celle des canules ordinaires , pour ne pas fe caffer entre les dents des Noyés ; ce qui eft arrivé dans le commencement de l’Etabliffe-ment : elles n’étoient pas fi fortes qu’on les a faites depuis.
- Fig. 8. Seconde tige de la canule fumiga-toire, pour être fubftituée à la première, fl elle étoit engorgée. -
- Fig. 9. Tuyau fumigatoire repréfentédans toute fa longueur avec fes divifions 1,2,3, 4, dont le détail fe trouve développé à la lettre (L).
- U achat de cette JBoite , qui eft du prix de 48 livres , une fois fait, conftitue prefque la feule de'penfe y n’y ayant plus qità renouveller les Médicaments employés 3 qui ne fe mono, tent gueres qu’à £ ou 10 livrés*
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- Idée générale des Machines Hydrauliques qui fe conJlruifen£ à la fuperfic'te des Mines , pour en tirer les eaux.
- Les inconvénients que produit l’affluence des eaux dans les Mines, ne font ni moins nombreux ni moins difficultueux que ceux qui viennent d’être détaillés & qui réfultent de l’air ; à moins qu’on ne détourne, qu’on ne ramafTe les eaux * qu’on n’en diminue le volume, elles portent à la pourchaffe des ouvrages un préjudice infurmontable : elles nuifent même aux Travailleurs, qui peuvent quelquefois être fubmergés.
- En faifant attention à la nature de l’eau, on conçoit que l’enlèvement de ce fluide du fond d’une Mine , forme une des opérations importantes de ces fortes de travaux. Les parties dont l’eau eft compofée, font ou peuvent être regardées comme abfolument dures ; prifes en maffe, elles font incompreflibles c’eft-à-dire, quelles ne peuvent être réduites à occuper un volume moindre que celui quelles occupent dans leur état naturel : lors même que la circonftance permet de procéder à leur épuifement par tinnages , c’eft-à-dire, dans des féaux; cet enlevement des eaux, par raport a leur pefànteur ( fixée ordinairement à '70 livres par pied cube ) eft un travail pénible & lent ; les eaux alors rentrent dans la claffedes corps pefants qu’il faut enlever, ce qui fait que nous remettons à traiter; cette maniéré de fe débarraflër d’une partie des eaux de Mines, lorfque nous examinerons ce qui concerne les Machines deftinées à enlever des poids en général:
- Quant à préfent, les eaux feront confidérées , dans le cas qui eft le plus ordinaire dans les fouilles profondes, ou leur volume confidérable exige des moyens & des agents proportionnés, par la force & la continuité , à l’obftacle énorme quelles mettent aux travaux, c’eft-à-dire, lorfqu’on eft obligé, pour; les tirer hors d’une Mine, de recourir à quelque méchanique compliquée.'
- Toute Machine qui fert à élever l’eau d’une profondeur, quelle quelle foit, eft diftinguée en général par le nom de Machine hydraulique ; les Pompes, les Vis fans fin, les Chapelets , les Roues mêmes pourraient être appellées Machines hydrauliques fimples ; c’eft à quoi fe réduit dans le fond le grand nombre de Machines hydrauliques que l’on a imaginées. Les autres font compofées de celles-là ; & à mefure qu’elles font ou variées ou mûes par des agents différents , ou plus compofées en elles-mêmes, elles deviennent auffi difpendieufes quelles font indifpenfables dans les Mines profondes ; au furplüs les effets des unes & des autres fe déterminent, comme ceux de toutes les Machines,' par les loix connues de la Méchanique : il ne s’agit que d’appliquer ces loix a celles de VHydraulique. Sous ce nom qui, dans le fens le plus étendu, peut fignifier cette partie de la Méchanique qui détermine en général les loix du ^mouvement des fluides, je ne comprends ici que la Science du mouvement
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- des eaux, foit que ce mouvement fo fafle félon une dïreélion perpendiculaire * ou félon une direélion oblique, ce qui forme deux parties , Tune & l’autre très-étendues 8c très-difficiles à approfondir ; néanmoins ces connoiflànces réu* nies à celles de la Phyfique , peuvent feules diminuer l’inconvénient inévitablement attaché à ces fortes de Machines, fur-tout de conftituer dans de grandes dépenfes (i). Leur conftruélion , l’enfemble des différentes parties qui les compofent, doivent être aflujétis à un examen rigoureux > dépendant de prin-cipes qu’un Direéleur de Mines ne peut puifer que dans ces différentes Sciences.
- Les Ouvrages indiqués dans l’article des Travaux qui s*exécutent par le fe-cours des Machines , pag. pop , nous dilpenfont, de relie ,, d’entrer dans aucun de ces détails ; nous ne nous proposons même pas de multiplier ici les defcriptions, foit de Machines hydrauliques, foit de Machines à enlever des poids quelconques , auxquelles nous viendrons enfuite ; notre but eft uniquement de faciliter l’intelligence de celles qui fe trouvent répandues dans' plufieurs Ouvrages, & de donner des idées précifes de la conftruélion 8c du méchanifme des unes ou des autres.
- De toutes les Machines hydrauliques employées à élever l’eau continuellement , les Pompes font les plus communes & les plus avantageufes. Une efpece de développement de leurs parties eflèntielles, fuffira pour ce que nous avons en vue : nous y joindrons une Notice générale des pièces qui en dépendent, ainfi que des principales parties qui entrent dans leur conftruélion , de quelque maniéré quelles foient mifes en jeu. Enfin ces généralités feront accompagnées de tout ce qui peut fervir d’éclairciflement fur la partie de l’Archi-* teélure hydraulique des Mines , dont nous allons eflàyer de donner une
- idée!
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- ( i ) A Nordmarck, en Suede, où les Mines s’épuifent par un Feldgejtange , les Propriétaires , la. plupart Payfans & Ouvriers, n’étant point en état de faire cette dépenfe , on a obligé ceux des Fonderies à y contribuer dans la proportion des Minerais qu’ils tirent de leurs’ Mines , §c âu jugement du Maître des Mines. Pour rendre la balance égale,
- vis-à-vis les Propriétaires des Fonderies , on a fait une taxe des Minerais, qui eft renouveîlée chaque année par le Berg-Meifter, & à laquelle les Propriétaires de Mines font obligés de fe conformer : le prix eft inférieur à celui que fe vendent les Minerais des autres Mines, Jars, page iii.
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- Des Pompes en général.
- Les Pompes dont on ne peut fe palier dans les fojjes de grand Athour^om aller chercher les eaux du fond de la Mine, font variées à l’infini : elles peiH vent cependant, en général, fe rapporter à trois efpeces, qui ont chacune des avantages particuliers , ou même à deux, la Pompe foulante & la Pompe afpirante. (
- La première agit par preffion ou par refoulement, Sc porte l’eau à une hauteur, fans aucune reprife, ce que la Pompe afpirante ne peut faire qUe dans la longueur d’une tringle de fer, qui palTe dans fbn tuyau montant; cette derniere même égale, dans toutes fes parties, à la Pompe foulante, amene toujours moins d’eau qu’elle.
- Dans la Pompe afpirante ou commune , l’eau eft élevée de bas en haut juf-qu’à la hauteur de 31 pieds tout au plus, Sc jamais au-delà : elle fe répété autant de fois qu’il eft nécefîàire.
- La troifiem©, qui éleve l’eau beaucoup au-deflus de fbn niveau, agit par afpiration , Sc contraint l’eau, par refoulement, de monter dans des conduits pofés verticalement, ou le long d’un plan incliné. On l’appelle Pompe afpi~ rante & refoulante.
- Les parties de ces trois efpeces de Pompes font les mêmes, n’y ayanfde diffé^ rence que dans leur pofition : nous commencerons par en donner une connoi£« fànce abrégée, Sc nous renfermerons dans des Articles particuliers, les détails qui concernent chacune d’elles.
- Une Pompe eft fprmée d’un pifton & de deux tuyaux fermés, pour l’ordî-naire, dans leur jonétion ou dans leur ouverture commune , par une foupapej (1) qui s’ouvre de bas en haut ; quelquefois elle fe met plus bas. #
- De ces deux tuyaux, l’un toujours de potin (2) ou de cuivre, ( & par éco* nomie en bois**, ) reçoit le piftorf, & en conféquence eft le plus grand : il fo délîgne particuliérement par le nom de Corps de Pompe, fous lequel on comprend auffi le pifton qui, par fbn mouvement dans ce tuyau, y fait monte* l’eau , auquel on donne intérieurement un grand poli, pour la liberté du jeu du pifton.
- .L’autre tuyau, qui trempe dans l’eau qu’on veut élever, eft nommé tuyau
- (i)Dans les Machines hydrauliques, on appelle valvule, foupape j clapet, crapaudine, un couvercle ou bouchon dans une ouverture, laquelle peut s’ouvrir pour laiffer pafler l’eau, mais qui bouche exa&ement l’ouverture, pour que l’eau ne s’échappe plus. Il fera traité à part de ces foupapes, dans tous les détails qui leur font particuliers.
- {2) Potin, efpece de cuivre dont il y; a de deux fortes, l’un compofé de cuivre jaune Sc de quelque partie de cuivre rouge, & nommé ordi-
- nairement Potin jaune, qui eft celui-ci; l’autre; qui n’eft compofé que de toutes les feories for-tant de la Fabrique du laiton, auxquelles on mêle du plomb ou de l’étain, pour le rendra plus doux; c’eft celui dont on fe fertpour les? robinets. On l’appelle Potin gris, à caufe de fa couleur terne Sc grisâtre ; quelquefois il eft ap-pellé Arcot, qui eft Je nom que lui donnent le£ Fondeurs. Il fe vend 3 à 4 fols de moins paC livre,
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- montant, ou tuyau d'afpiration ; il eft un peu évafé , afin que l’eau s y introduife plus aifément ; & afin qu’en montant elle n’apporte point avec elle aucunes fa* letés, on place une plaque de tôle au-deffus de cet évafèmçnt-.
- Depuis quelques années on garnit le tuyau montant de la Pompe Foulante , d’une efpece de tambour creux, fermé au dehors de tous côtés , mais -qui corm-munique avec le tuyau interrompu dans la partie où il vient déboucher dans ce tambour. Ce tambour eft appellé réfervoir d!air, parce qu’il contient de Fait qui a même denfité que celui du dehors ; lorfqu’on éleve le pifton , l’eau qui y monte fe répand en partie dans le réfervoir à air : elle condenfè l’air qui y eft contenu * elle le réduit à n occuper que l’efpace du réfervoir. Lorfqu’enfuite on abaiffe le pifton , l’air ainfi condenfé fe dilate par Ion reflbrt, force l’eau à defcendre du haut du réfervoir à air , à fon milieu , Sc à s’élever par confisquent dans la branche qui traverfe ce tambour : en continuant le même jeu , on voit qu’il monte fans ceffe de l’eau dans cette branche, Sc que le jet, à l’endroit du dégorgeoir , doit être continu , du moins fenfiblement, Des Faifeurs de Pompes prétendent que ce réfervoir augmente de moitié l’effet de la Machine * mais il ne fait que rendre le jet continu ; Sc la force motrice demeurant la même , le produit du jet eft toujours le même. Ce réfervoir d’air eft donc inutile dans les Pompes qui ont Amplement pour objet d’élever l’eau : il n’effi avantageux que pour les Pompes à incendies.
- Le pifton, nommé quelquefois appareil de Pompe, Sc dans une Pompe à bras, qui n’a pas de corps de Pompe, ba?illcc , eft une efpece de cône tronqué renverfé, dont la grande bafe ( pour qu’il entre avec force dans le corps de Pompe) eft entourée d’une bande de cuir qui eft un peu éyafée en entonnoir vers le côté de l’ouverture fupérieure du corps de Pompe. Cette efpece de cylindre de bois , quelquefois de métal* étant levé & baille par les tringles d’une manivelle dans l’intérieur du corps de Pompe, afpire ou pouffe l’eau ou l'air, Sc fouvent la comprime Sc la refoule : il eft ouvert dans le milieu, Sc garni d’une foupape de cuir : lorfque cette fbùpape eft abattue, elle déborde du trou d’un demi-pouce ; & pour qu’elle ferme plus exaéiement, on la charge d’une plaque de plomb : enfin le pifton a une queue faite du même morceau de bois dons il eft compofé, attachée à une tige de fer.
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- Des differentes efpeces de Piftons.
- Les Piftons dont on fe fert communément, peuvent fe réduire à deux efpeces, qui font les Pijlons percés9 Sc les Piflons pleins. Les uns Sc les autres fe font ordinairement de bois ; mais ils ne font pas auffi commodes en bois qu’on fe l’étoit imaginé, parce qu’on ne peut les percer par un trou d’une grandeur raifonnable, fans rifquer de les rendre trop foibles, Sc fujets à de continuelles réparations.
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- 10T4 DU CHARBON DE TERRE
- Cependant le bois de hêtre qui eft très-bon dans l’eau , fèroit propre à faire des Piftons, ainfi que le bois de charme ou d orme.
- Les Piftons pleins , tels qu’on les emploie communément aux Pompes refoulantes , durent peu s’ils font de bois, Sc font fujets à ne pas fi bien joindre de toutes parts contre le corps de Pompe , qu’il ne paffe de l’eau quand la colonne qu’il refoule eft fort élevée, lé cuir ne pouvant réfifter au grand effort que l’eau fait pour s’échapper ; car, comme il eft moralement impoffible qu’on puifle alefer fi parfaitement un tuyau , qu’il ne refte des’inégalités imperceptibles, le cuir s’ufè plus d’un côté que d’un autre, & fournit des paffages à l’air ou à l’eau.
- Le principal inconvénient des Piftons percés, vient du trou qui affoiblit confidérablement le barillet, fur-tout quand il faut faire ce trou un peu grand, afin que l’eau qui doit y paflèr quand le Pifton defcend, puiflè monter fans contrainte , pour ne pas éprouver une trop grande réfiftance, fur-tout s’il eft obligé de parcourir un grand efpace dans un temps fort court, comme, par exemple , dans la Machine à feu de Frefnes. Rien ne doit être forcé dans les Machines ; autrement on emploie, fans le lavoir, une partie de l’aélion du mo-: teur , à la deftruétion de la Machine même.
- Pour ne point tomber dans ce cas, il faut avoir pour maxime que lorfqu’un Pifton percé defcend, fon propre poids doit fuffire pour contraindre l’eau qui eft dans le fond du corps de Pompe , à palier naturellement au travers du trou 9; dans le temps qu’il met à defcendre. Or, comme ce temps eft déterminé par la vîteffe que doit avoir la Machine, relativement à celle du moteur, on voit quef cela dépend de la quantité d’eau que le Pifton afpire à chaque relevée , & de ia grandeur du paflàge qu’il doit traverfer. U faut donc les percer relativement au diamètre du corps de Pompe, au poids du Pifton, à fon jeu & à fi yîtefle.
- Les tringles de fer qui font le long du tuyau montant, pour donner le mou^ vement au pifton , & qui font attachées aux manivelles, foit Amples, fbit a tiers-point, font appellées chajjis. Dans les Machines hydrauliques, on donne ce nom à un affemblage de bois ou de fer, qui fe place au bas d’une Pompe, afin de pouvoir, par le moyen de deux couiiffes pratiquées ' dans un dormant de bois, la lever au befoin, & vifiter le corps de Pompe.
- Ces dormants (i) qui, dans leurs feuillures, reçoivent le chaflis à cou* i liffe de l’équipage des corps de Pompe, fervent à les monter en-haut poui; les réparer*
- Dans la Pompe foulante, il y a des tringles qui portent aufîi le nom de? chajjis.
- La Pompe foulante eft compofée d’un corps de Pompe recourbé, attaché pat
- (O Chaflis de bois fcellé dans le mur* & qui reçoit les ventaux des croifées.
- deux
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- ET DE SES MINES. Il Pà**s *otjf
- ÏÏeüi Vis aü tuyaü montant ; à la jonétion de ce tuyau eft une fbupape*.
- » Dans la Pompe foulante, le Pifton eft renverfé , Sc il y a quelque dlffe* » rence dans la pofitîon du corps de Pompe, qui doit tremper dans l’eaü. yy Le Pifton eft attaché à un chaflis de Fer , qui eft mû par la tringle du ba* lancier ou de la manivelle, & le tuyau montant eft dévoyé pour lailîer agir » la tringle perpendiculairement. Le Pifton , que Ton fuppofe prefqu’au bas du » corps de Pompe, y laifle , en defcendant, un efpace vuide rempli d’un ait y> très-dilaté ; alors l’eau de la fuperfîcie , pouflee par les colonnes d’eau des » côtés, & aidée du poids de l’atmofphere, eft pouflee de bas en haut ; elle » ouvre le clapet du Pifton, pafle au travers, Sc monte dans le corps de » Pompe: quand le Pifton remonte, le clapet fe referme pour empêcher Peau de yy retomber, Sc l’eau au-deflbus étant refoulée de bas en haut, ouvre le cia* » pet fupérieur du corps de Pompe , & pafle dans le tuyau montant qui, fuc* yy ceflivement, le remplit jufqu’à fa chute dans le réfer voir ».
- Le principal fiége de i’aétion de la Pompe foulante, étant fous la furfàce de l’eau , cette Pompe eft très-difficile à reétifier quand elle fè dérange; c eft pour cela qu’on n’a recours à cette Pompe, que lorfqu’on ne peut s’en pafler.
- » Dans l’afpirante 3 le Pifton étant levé par la tringle du balancier de la » manivelle, prefqu’au haut du corps de Pompe , y laifle un grand vuide rem-yy pii d’un air fi dilaté, qu’il n’eft plus en équilibre avec l’air extérieur ; cet » air , par fa pefanteur , oblige l’eau de monter, Sc par fon afeenfion éleve lê » clapet, Sc Peau entre dans le corps de Pompe ; la portion d’air renfermée » dans le tuyau montant, fe trouve fi affoiblie, qu’elle donne lieu au poids de yy la colonne de l’atmofphere , qui prefle extrêmement fur la fuperfîcie de yy l’eau dans laquelle trempe le tuyau afpirant, Sc fait monter cette eau dans ce » tuyau jufqu’à une certaine hauteur 3 le Pifton , en defcendant, ferme le cia-yy pet du tuyau afpirant, afin d’empêcher l’eau de defeendre dans le bas, & yy ouvre le fien pour laiflèr pafler à travers l’eau qui eft dans le corps de Pompe : yy enfin le Pifton fè levant plufieurs fois de fuite, l’eau du tuyau afpirant parvient » dans le corps de Pompe au-deflus du clapet du Pifton : l’eau qui fe trouve yy refoulée par la defeente du Pifton, pafle en deflus, & en fe fuccédant s’élève yy peu-à-peu par le tuyau montant, jufqu’à la cuvette du réfèrvoir, où elle tom-» be. C’eft donc à l’aélion de l’air intérieur, Sc aux mouvements fucceflifs des yy deux clapets, qu’on doit tout le jeu de cette Pompe ».
- Afin que ce Pifton puifîe fe mouvoir librement dans l’intérieur du cylindre, on y adapte un levier. On emploie fbuvent l’une & l’antre de ces Pompes dans la même Machine, la Pompe foulante fimple , & la Pompe afpirante fimple , n’ayant lieu que pour des fouilles peu profondes ; & voici comme s’établit la Pompe afpirante , qui eft à la fois afpirante Sc refoulante.
- yy On place dans le bas d’une riviere ou d’un puits, la Pompe afpirante, qui yy porte l’eau jufqu’à' 25 pieds dans une bâche ou cuvette , ou dans un corps de Charbon de Terre* IL Paru B 12
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- toi& DU CHARBON DE TERRE s)Pompe, d’où elle s’élève fucceffivement dans le tuyau montant jufqu'au » réfervoir. Quand la hauteur où l’on veut porter l’eau , eft confidérable, ou » qu’on veut la tirer d’une grande profondeur, on met dans cette bâche une ï) Pompe foulante qui reprend l’eau, & la porte jufqu’au réfervoir : alors c eft le même mouvement qui fait agir les deux Pillons liéspar une tringle audeflfus l*ua » defautre, de maniéré qu’un Pifton alpire, pendant que l’autre refoule l’eau».
- Quelquefois on difpofe la Pompe alpirante & foulante, de maniéré qqe |e Pifton, au lieu d’afpirer en montant 8c de fouler en defcendant, alpire en defcendant, 8c foule en montant ; mais la force motrice, dans les deux cas f ne fe calcule point autrement que dans les cas ordinaires, en ayant égard convenablement au poids du Pifton.
- Sur le corps de Pompe s’emboîtent des tuyaux de cuivre nommés four-ches (i) , qui fe maintiennent avec des brides (2) jointes par des écrous de cuivre & des rondelles (3) de plomb ou de cuivre entre-deiôr.
- Il eft naturel que ces fourches foient de même diamètre que le corps de Pompe , ainfi que le tuyau montant.
- De l'Equipage d'une Pompe en général.
- En Hydraulique , on comprend lous l’expreffion S Equipage de Pompe, la
- roue y la manivelle ou le balancier, les corps de Pompe , les pijlons , les cuirs, 8c
- même des parties en charpente, telles que les moifes (4), par lefquelles les
- Pompes font attachées à des chajjis a coulijfos 9 <3c qui peuvent fo glifièr dans
- les rainures des dormants ou bâtis de charpente fcellés dans les puits ou citernes
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- où l’on conftruit des Pompes.
- Les roues employées dans la Méchanique, font de différentes formes, fui-: vant le mouvement qu’on veut faire donner, & fuivant l’ufàge qu’on veut en faire ; pour les mêmes raifons, les parties faiüantes qu’on réferve dans ces roues , ou qu’on leur ajoute, font diverfement configurées, & alors les roues prennent un nom diftinétif, comme celles appellées Hérijfons, Roues a aubes » &c.
- La roue de l’efpece nommée Hérijfon, eft ainfi nommée, parce qu’elle eft garnie de rayons aigus qui font plantés direélement fur la circonférence du cercle : elle ne reçoit le mouvement que d’une lanterne dans laquelle ces
- (t) On appelle encore Fourche une broche ou tuyau qui fe foude fur un autre, dans la conduite des eaux.
- (2) Bride, toute piece qui fert à retenir ou à foutenir : en particulier, on donne ce nom aux extrémités des tuyaux de fer faites en platine, avec quatre écrous dans les angles pour les joindre & les brider, en y mettant des rondelles de cuivre ou de plomb entre deux , avec du maftic à froid.
- (3) Lcs Rondelles, autrement nommées Viroles,
- font des morceaux de plomb coupés en rond, pour mettre entre les brides d’un tuyau de fer.’
- (4) Dans les Arts méchaniques, on appelle Moifes , des liens de bois, embralfant les arbresi & les autres pièces d’un alfemblage de charpente qui montent droit dans les.Machines, cela fert à les entretenir. Ces moifes font accollées avec des tenons, des mortaifes & des chevalets ou des boulons de fer qui les traversent, & qui étant clavetés, peuvent s’ôter facilement. Il y1 en a de droites & de circulaires.
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- ET DE SES MINES. Iï. Part; xoty
- Payons s'engagent. Ce que 1 on appelle Lanterne dans les Machines hydrauliques , eft une piece à jour faite en lanterne , avec des fufeaux qui s’engtenent dans les dents dune roue pour faire agir le pifton dans le corps de Pompe»
- Quand les Machines font mues par l’impulfion de feau, les roues font appellées Roues a aubes ; les aubes font des planches fixées à la circonférence de la roue, & fur lefquelles s’exerce immédiatement fimpulfion du fluide qui les chaffè les unes après les autres , ce qui fait tourner la roue. Ces planches ou aubes font, par rapport aux moulins à eau, & aux roues que feau fait mouvoir * ce que font les ailes du moulin à vent.
- Il y a d’autres efpeces de roues qui font garnies à leur circonférence de Pots ou d’Augets , & qui font mues par le poids de l'eau , qu’elles reçoivent par en haut : on les appelle Roues a pots > ou Roues à augets.
- La piece la plus effentielle d’une Machine hydraulique, & fur-tout des Ma-' chines qui font agir des Pompes afpirantes ou refoulantes, c’eft la manivellef défignée, dans quelques cas, par le nom de Tourillon (r) , efpece de levier de fer, qui s’ajufte différemment, félon les circonftances, que l’on double même dans certaines occafions * & auquel on imprime un mouvement de rotation* La manivelle a* l’inconvénient de ne pouffer le pifton dans le cylindre, que tantôt d’un côté, & tantôt d’un autre , ce qui ruine abfolument le pifton & 1 q cylindre, & nuit en même temps à la puiflance par le frottement réfultant de cette efpece de vibration.
- Pour changer la direélion du mouvement , il arrive fouyent qu'au lieu d’employer un levier droit, on difpofe les deux bras de maniéré qu’ils font un angle au point d’appui.
- Ces leviers angulaires, nommés Manivelles coudées, font très en ufàge pour les Pompes, & dans une infinité d’occafions où l’aétion ne peut fe tranfmet-tre que par des voies indireétes.
- On doit fe rappeller ce qui a été dit page 913, qu’une manivelle, foit droite , foit courbe, a toujours la même puiflance , & que celle qui eft courbe eft toujours confédérée comme droite ; en effet, dans cette efpece de Machine fimple, la quantité de la force dépend de fa diftance au centre, quelle que foit fa figure.
- La puiflance augmente d’autant plus, & en même proportion, que la ligne abaiffée du centre perpendiculairement fur la direction du poids : d’ou il foie que dans le mouvement de la manivelle, fà fituation la plus avantageufe eft l’horizontale y parce qu’alors cette ligne eft plus longue qu’en toute autre fituation* Au refte la force doit être appliquée très-inégalement en faifànt tourner la manivelle, où elle n’agit que pendant la moitié de la rotation 5 ce qui fait que
- (i)En Hydraulique, le Tourillon eft proprement une grofle cheville ou boulon de fer fer-vant d’effieu ou de pivot, fur lequel tournent les
- flèches des bafcules d’ùn pont-levis, & autres pièces de bois dans les Machines.
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- *oi3 D U CHARBON DE TERRE
- •dans les grandes Machines on préféré aux manivelles fimples, les manivelles multiples (i) , avec lefquelles les puiflànces agi (Te ne fucceffivement, &. dont les unes travaillent pendant que les autres font en repos : cette inégalité de la force de la manivelle, fo corrige par le focours d’un difque ovale ou fpiral, qui tourne du bras de la manivelle, fur lequel roule une corde ou une chaîne, en forte que le poids étant le plus éloigné qu’il fe peut du centre de repos, la chaîne foie for la plus grande périphérie , & fur la plus petite lorfque le poids eft près du point d’appui. #
- Quelquefois on adapte dans l'œil d’une manivelle, une piece de fer tournante , appellée Bielle, qui, à chaque tour, fait faire un mouvement de vibration à un valet ou varlet ( efpece de balancier ) for fon effieu en le tirant à foi, ou le pouffant en avant. Voyez B ,fig. 4, PL XLVI-
- On attache quelquefois aux extrémités d’une piece de bois, comme en Ci fig 2 , PL XLFI, de ces bielles pendantes, qui font accrochées, par une des extrémités, à un varlet, & par l’autre à un des bouts d’un balancier.
- • La partie qui, dans une Machine, réglé le mouvement, eft nommee, d un terme générique, Balancier ; c’eft un morceau de bois fretté par les deux bouts , qui fert de mouvement dans une Pompe , pour faire monter les tringles des corps, comme en H, H ,fig. 2, PL XL FI (2).
- La conftruélion de cette principale piece d une Machine, eft variée de plu-r fieurs maniérés, félon les Machines. Quelquefois fon affemblage repréfente une forte d’échelle , dont le jeu eft facile à concevoir , en jettant les yeux fur les Feld-gejlanges , PL XLFI. ,
- On fait ufage , en Hydraulique, d’une forte de balancier nommé Varlet ; qui eft de bois équarri, gros dans fon milieu, & fe terminant en deux cônes tronqués, comme en /, fig. 2, PL XLV, frettés & boulonnés, afin de rece-yoir dans fon milieu les queues de fer des pièces que le varlet met en mouvement. Par la ftruéture de ce balancier, qui entre dans la compofition des Feld-gejlanges, on voit que les varlets peuvent être dans différentes polirions , comme dans la fig. 2, PL XLV1, & fe multiplier autant qu’on en a befoin; qu’une feule chaffe (3) peut même en faire agir deux, ainfi qu’il fe voit aux figures de la Planche XLV , & à la figure 1, de la Planche XLVI, dont l’explication a été donnée page 466.
- Bafcule, en langue Saxonne, eft Schwin ; en Mechanique, une piece de bois
- (1) Affemblage de plufieurs manivelles, comme la moufle eft une poulie multiple.
- (2) Ces tringles prennent différents noms, félon qu’elles font dans une Pompe foulante ou dans une Pompe afpirante.
- (3) 'CkaJJè 3 en Mechanique , terme appliqué à un grand nombre de Machines : il lignifie prefque toujours un efpace librS , qu’il faut accorder foit à la Machine entière , foit à quelqu’une de Ses parties a pour en augmenter ou du moins
- pour en faciliter l’a&ion : le trop ou le trop peu de chaffè nuifent àTaélion; la juffe quantité ne peut fe déterminer que par l’expérience.
- Dans la feie, pour feier une planche ou une pierre, la quantité précife , dont cet infiniment doit être plus long que la piece à feier , pour que toute l’aétion du Scieur foit employée fans lui donner un poids de feie fuperflu, qu’il tire-roit & qui ne feroit point appliqué fi la chaffe étoit trop longue^
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- <E T DE SES MINES. IL Pa*t. ïèiÿ qui monte , defcend, fe hauffe & fe baiffe par le moyen d’un effieu qui la tra-verfe dans fa longueur , pour être plus ou moins en équilibre. On en voit dans les différents Feld-ge (langes.
- En général, une Bajcule eft proprement un levier, de la première elpece * où le point d appui fe trouve entre la puiflànce Sc la réfiftance : il eft aifé d’en prendre 1 idée, en fe repréfentant une longue pieee de bois appuyée par fort milieu, & chargée, à fes extrémités, de dèux poids, dont l’un eft élevé par l’autre , d’où l’on voit que la Bafcule eft mobile.
- Les Cuirs des piftons & des foupapes, forment un article qui eft encore dè conféquence dans la conftruction des Pompes*
- Ces Cuirs (i) , dans les grandes chaleurs, ou lorlque les Pompes ne jouent point continuellement 9 ne font leur effet que très-imparfaitement.
- Pour obvier à ces inconvénients, & d’abord à la féchereffe des Cuirs, il faut verfer de l’eau deffus par le haut de la Pompe , afin de les humeéter ; &
- cela eft particuliérement néceffaire à quelques Pompes alpirantes.
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- Les Pompes afpirantes & refoulantes ne font pas entièrement exemptes de cet inconvénient, à moins qu’elles ne foient plongées dans l’eaiü, comme le font quelques-unes ; mais c’eft une grande fujétion pour la difficulté de les retirer toutes les fois qu’il faut y travailler, foit pour renouveller les cuirs , ou nétoyer les foupapes & les piftons, qui, à la longue , fe chargent de vafe ; d’un autre côté les alpirations ont prefque toujours quelqu’imperfeétion, à caufe du raccommodement des tuyaux, qui ne font jamais joints affez exaétement pour que l’air ne puiffe s’y infinuer tant foit peu, de même quand le cuir du pifton n’eft pas affez humeélé, il ceffe d’adhérer à la furface intérieure du corps de Pompe , & l’air s’introduifant dans l’efpace vuide, fait ceffer l’aL piration, fur-tout quand elle eft grande*
- C’eft pourquoi il faut bien prendre garde de faire l’alpiration la plus petite qu’il eft poffible, c’eft-à-dire, d’élever le moins qu’on pourra le corps de là Pompe au-deffus de la furface de l’eau qu’on veut puifer , fans avoir égard’à tout le poids de l’atmofphere, qui ne peut avoir lieu qu’avec des conditions qui fe rencontrent rarement. Il fuffit de favoir que plus l’afpiration eft petite ^ plus l’eau monte avec vîtefle , & maintient les cuirs humeétés.
- h (r) Le cuir de Bréfil eft recommandé pour les I le meilleur qiîe l’on puiffe mettre én oeuvrepour piftons y celui de Liège, feloA M. Belidor, eft: 1 les rondelles ou viroles*
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- C la
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- DU CHARBON DE TERRE
- Sur les meilleures proportions des Pompes,
- Nous avons faic connoître féparément les parties qui compofent une Pompé * telles que le corps de Pompe ou tuyau montant, le plfton 8c les foupapes ; Ces trois parties, confidérées enfemble, font fufcepûbles d'un détail & d'un examen particulier, les foupapes, fur-tout , comme principalement néceflàires pour élever l'eau à une hauteur confidérable par le moyen des Pompes : en effet, la force de l'air ne pouvant élever l'eau qu'à la hauteur de 32 pieds , il eft certain, comme l’a remarqué M. Camus (r), que fi on vouloir tranfi porter, par le moyen d'une Pompe (impie, une certaine quantité d'eau dans un lieu élevé, on ne pourroit jamais la tranfporter à plus de 32 pieds de hauteur ; les foupapes, par leur folidité 8c leur conftruéHon, font deftinées à foutenic l’eau qui eft au-deftbus, & par conféquent déchargent, pour ainfi dire, l'at-mofphere de la force qu'il faudroit qu'elle employât pour les tenir en équilibre, ou pour les élever, de forte que le furplus de cette force eft employé à élever une nouvelle quantité d'eau.
- Après avoir porté attention que lès bras de levier foient bien ménagés, 8c que les corps de Pompe foient bien aléfés , premières conditions eflen-tielles pour une pleine exécution des Machines hydrauliques , un Direéteur de Mines ne doit pas ignorer combien la pefanteur 8c le reftort de l'air influent dans l'aétion de ces Machines ; c'eft uniquement fur ces deux propriétés que porte la théorie relative au jeu des Pompes, dépendant abfolument de la force à appliquer au pifton. Nous n'en donnerons qu'une idée très-fbmmaire , en invitant les Direéleurs de Mines de fe mettre au fait de cette matière importante 8c délicate, dans quelques Ouvrages dont nous indiquons ici les principaux (2).
- Théorie fondamentale fur Faction des Pompes.
- La réglé qui établit la hauteur de l'afpiration des Pompes , eft que le poids ou la preflion de l’atmofphere qui nous environne, eft égal à une colonne d'eau de bafè égale, & de 32 pieds de haut, ou à une colonne de mercure de 28 pouces de hauteur, & de même bafe (3) ; comme ce degré de l'infpiration dépend de la compreffion de l'air extérieur fur la furface de l'eau dans laquelle
- (1) Mémoires de l’Académie Royale des S;iences, An. 1759 , fur les meilleures proportions des Pompes, & des parties qui les composent.
- (2) Feu M. Bélidor, dans fon livre intitulé : Architecture hydraulique, Tom. II, liv«3 , chap. 3, contre lequel cependant on doit fe tenir en garde fur ce point , la théorie de cet Auteur , fur le méchanifme des Pompes, étant extrêmement fautive, de l’aveu des Géomètres. |
- Le Do&eur Défaguliers , a traité cet objet d’üne maniéré plus concife , dans fon Cours de Philofophie expérimentale, Vol, II, lot. 8, pag. 169. L’Ouvrage de M. Martin , ayant pour titre, Philof. Britannica, au tom. II > Pag- 288 ; ôc le Mémoire de M. Euler, dans les Aétes de Berlin , an. 1752, tiennent une place diftinguée parmi les Traités relatifs à cette matière.
- (3) La pefanteur fpécifîque du mercure eft à celle de l’eau , comme quatorze eft à un*
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- ET DE SES MINES, il. Part. îoïi
- trempe le tuyau d’afpiration , ce que nous avons dit des propriétés de lYir , en général > 8c des variations du mercure dans le baromètre , fe rapporte naturellement à l’expérience qui a réglé la hauteur de l’afpiration des Pompes*. L’air étant en état de faire équilibre à une colonne plus ou moins grande dé mercure, 8c par conféquent à une colonne d’eau plus ou moins grande : il s’enfuit que la plus grande hauteur à laquelle on puiffe élever l’eau 'par lè moyen d’une feule Pompe, varie félon la hauteur du mercure dans le Baromètre ; d’où il fuit que les plus grandes hauteurs auxquelles on peut élever l’eaii par le moyen d’une feule Pompe > varient fuivant les hauteurs auxquelles on eft élevé , & font proportionnelles à la hauteur du Baromètre en ces endroits.
- Ainfl cet équilibre de la colonne d’eau avec la colonne d’air , fe connoît par f inftrument météorologique , dans l’endroit où la Pompe eft placée.
- Pour la Pompe foulante avec laquelle on peut élever l’eau à une hauteur propofée , il eft donc queftion ( pour fe borner ici à la réglé fondamentale ) d’eftimer la puiflance motrice capable de faire équilibre à la preflion que là bafe du pifton éprouveroit fi, lorfqu’une lame de fluide a atteint la hauteur propofée , le tout demeurait en équilibre*
- A l’égard de la Pompe afpirante , pour juger dé fbn effet, il ne fuffît pas d’évaluer la puiflance , il faut examiner avant tout, fi l’eau pourra parvenir jufqu’au pifton, & même s’élever au-defîùs ; car il y a des circonftances où l’eau s’arrête à Une certaine hauteur, quelque nombre de coups de pifton que l’on donné : on en trouve le calcul dans plusieurs ouvrages, 8c entr’autres dans i’Hydo - Dynamique de M. l’Abbé Boffuc, où l’expérience marche prefque par-tout à la fuite de la théorie*
- Si la Pompe afpirante étok établie à Une hauteur ou à une profondeur différente de celle à laquelle le poids de l’air eft équivalent à une colonne -d’eau de 32 pieds, il faudrait mettre moins ou plus de 32 pieds. Ce moins ou plus peut fe déterminer par le Baromètre , en comptant autant de fois 14 lignes de plus ou de moins à l’égard de 32 pieds, que lé mercure marquera de lignes au-déffus ou àu-dellous de 27 pouces 8c demi.
- Quelles que foient la figuré & les dimenflôns du corps de Pompé j ainfi qué du tuyau d’afpîration, le pifton porte toujours le poids d’une colonne d’eau de même bafe que lui, & qui a pour hauteur la diftance verticale du point où l’on veut élever l’eau au niveau de celle du réferyoir : ajoutant à ce poids celui du pifton même , la femme fera la force que l’on doit appliquer au pif; ton dans le Ample état d’équilibre;
- Mais‘pour mettre la Machiné en mouvement, il faut augmenter cette forc^ d’une certaine quantité, tant pour produire le mouvement , que pour fer-monter la réfiftance des frottements & des autres obftacles qui peuvent naître dé l’imperfeétion de la Machine : on fent que le pifton defcendant par fa pçfàn-teur, la force motrice n’a, en conféquenee, aucun effort à foutenir pendant cette partie du temps.
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- Lorfqu’on veut appliquer cette théorie à la pratique, on doit favoir ce que pefent le pied cube Sc le pied cylindrique d’eau (i) ; la force motrice calculée pour letat d’équilibre , doit être augmentée, pour l’ordinaire , du tiers de là valeur , pour pafïèr à l’état de mouvement j mais cette détermination n’a rien de fixe: elle dépend de la nature du frottement, & de la vîteffe qu’on veut imprimer au fardeau à élever.
- Ainfi en fuppolànt que la Pompe foit parvenue à un mouvement uniforme *& permanent, ce qui eft l’état qu’on cherche à lui procurer, il fera aifé de trouver Ion produit quand on connoîtra la vîtelîe avec laquelle le Pifton eft
- mu,
- Dans le cas néanmoins où la hauteur eft fort petite, & ou par conféquent l’eau monte avec peu de vîteffe dans le corps de Pompe, il faut tellement modérer la vîteffe & le jeu du Pifton, qu’il ne fe forme pas de vide entre fa tête Sc l’eau qui le fuit ; autrement il y auroit du temps perdu dans le mouvement de la Pompe ; il peut fe-faire qu’une Pompe mue très-vîte , ne produife pas fenffblement plus d’eau que lorfqu’elle marche avec lenteur. Il eft donc à propos de combiner les dimenfions de la Pompe, avec la vîteffe & le jeu du pifton, de maniéré que l’agent emploie fans celle utilement toute la force qu’on eft en droit d’attendre de lui ; c’eft fur ces considérations que s’eftime la force à employer.
- Des Soupapes , & de leurs differentes efpeces.
- Là Pompe bien conftruite, l’évacuation plus ou moins complette de foti intérieur , dépend , en beaucoup de points, des Soupapes ;‘la grandeur de ces piecès influe fouvent auflî fur les proportions les -plus avantageufès qu’on peut donner à une Pompe : elles lui font donc eflfentielles, & il eft par conféquent indifpenfàble de les faire connoître dans toutes leurs circonftances. Nous commencerons par en faire connoître les différences : elles feront enfuite examinées dans leur conftruélion , leur polition , leur largeur, leur folidité & leur épaifleur. Après nous être arrêté aux dimenfions du corps de Pompe & du Pif-ton ; après avoir dit un mot des dérangements qui arrivent le plus ordinairement dans le jeu des Pompes, nous jetterons un coup d’œil général fur les differentes maniérés de faire agir les Pompes pour l’épuifement des Mines.
- Les Soupapes font de differentes efpeces: fans parler ici de celles qui fe défignent, dans la Machine à feu, par des noms relatifs à leur ufàge particulier , on connoît celles dites a coquille , les Soupapes appellées axes, de forme ronde & en pointe, comme un cône ou foncet, Sc qui retréciflènt le paffâge de
- (*) Le pied cube d’eau-douce pefe environ 70 livres j le pied cylindrique d’eau, c’eft-à-dire,
- un cylindre qui a un pied de hauteur, ôc un pied de diamètre, pefe environ y £ livres.
- l’eau :
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- ET DE SES MINES. II. Part, ioa3 feau ; les Soupapes rondes Sc convexes, appeilées fphériques ; enfin les Soupapes toutes plates , nommées a clapets, peu differentes des Soupapes fphériques , & les crapaudines, èfpece de Soupape qui repréfente le clapet, de qui fe place au fommet des corps de Pompe, pour empêcher que Peau ne redefeende quand une fois elle eft montée.
- Ce qui fait la jonétion des deux pièces d'une Soupape, eft nommé boîte ; de quelque maniéré que les Soupapes foient conftruites, cette boîte doit être foudée aux tuyaux, s'ils font de quelque métal ; lorfqu'ils font de bois, il faut feulement y forcer la boîte, Sc alors il convient d'avoir un anneau de fer pour la retirer dans le befoin.
- Les Soupapes fo conftruifènt entièrement ou de cuir, ou de bois, ou de laiton Sc de cuir.
- Dans les Machines à vent hydrauliques , de même qu'aux piftons des Pom^ pes, les Soupapes font ordinairement de cuir.
- Quelquefois elles font entièrement de métal ; la bonne conftruélion demande alors qu'elle foit rodée avec du fable extrêmement fin dans fa coquille.
- D’autres fois elles font faites de deux morceaux de cuirs ronds , renfermés entre deux plaques de cuivre, comme les Clapets ; alors elles font garnies d'ün petit reflort ou d'une petite queue de cuir , qui doit être aflez flexible pour lui permettre de fe fermer exacte ment d'elie-même en donnant paflage , lorfque ce petit reflort eft prefle fortement, Sc en ramenant la Soupape fur l'ouverture fitôt que la force celle de prefler.
- Des différentes Soupapes, la moins imparfaite à cet égard , en ce qu'elle laiffe un libre paflage à l'eau, eft celle nommée a clapet, que nous allons faire connoître en particulier : elle eft néanmoins fujette à de fréquentes réparations ; il arrive fouvent à ces Soupapes, lorfqu'elles retombent, de s'écarter d'un côté plus que d'un autre, Sc de ne pas toujours fermer exactement, ce qui les rend incommodes pour la fermeture des grands tuyaux.
- Des Clapets ou Soupapes a clapets en particulier, Ô des ouvertures
- quelles couvrent.
- Le Clapet eft une efpsce de Soupape faite d'un rond de Cuir, fortement ferré entre deux platines de métal, par le moyen d'une ou de plufieuts vis. Le rond de cuir tient par une queue à une couronne de cuir, laquelle eft fortement ferrée entre le collet du tuyau fupérieur au Clapet, Sc le collet du tuyau inférieur; c'eft fur cette queue, qu’on fait beaucoup plus étroite que le Clapet y que fe fait le jeu du Clapet, comme for une charnière»
- La platine de métal qui eft for le cuir du Clapet, eft plus grande que lou-verture du diaphragme que le Clapet doit ouvrir ; Sc la platine de deflous, qui
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- doit fe loger dans l'ouverture du diaphragme quand le Clapet fe ferme, eft un peu plus petite que cette ouverture.
- Le Clapet étant ainfi conftruit, lorfqu’il eft fermé , le cuir porte exaélement fur les bords du diaphragme, de empêche l’eau de paffer ; la platine de métal qui eft fur le cuir, le garantit du poids de la colonne d’eau , & en porte toute la charge , que le cuir ne pourroit pas foutenir. La plaque de métal qui eft f0Us le cuir, fert aufli à deux chofes : i°. elle fert, avec la platine fupérieure, à comprimer le cuir pour le rendre plan ; 2°. elle empêche que l’eau qui pourroit s’in-finuer entre la platine fupérieure & le cuir, n’enfonce le cuir & ne le fafïe paffer par l’ouverture du diaphragme : il fuit de là que la platine de métal qui eft fur le defliis du cuir , doit être affez forte pour porter feule & fans ployer, la charge de la colonne d’eau qui eft au-deflus du Clapet.
- La platine inférieure doit avoir allez de force pour foutenir, fans ployer, le ferrement de la vis , qu’on ferre allez fortement pour faire joindre exaétemenc le cuir contre la platine de métal.
- Feu M. le Camus, de l’Académie des Sciences, dont nous empruntons cette defeription & tout ce qui va fuivre (j) , remarque que tous-ces petits détails qui paroilfent des minuties, augmentent confidérabiement le poids du Clapet, qui, de lui-même , ne doit pas être fort pefant. Il obferve que toutes les pièces de cette Soupape ont dans l’eau un poids plus grand que celui d’une Soupape. Le même Auteur eftime enfin que dans la pratique, les Clapets & les Soupapes doivent faire à peu-près le même effet à même diamètre , lorfqu’ils font également folîdes ; ainfi il n’y a pas d’avantage à préférer l’un à l’autre , quand on n’a égard qu’au paflàge de l’eau.
- La difficulté que la colonne d’eau éprouve en palîànt par les Soupapes, eft une des principales confîdérations dont ceux qui entreprennent d’établir des Pompes doivent s’occuper : l’importance de l’objet nous détermine à fixer l’attention du Leéleur fur cette matière, avant de paffer aux différents moyens employés pour faire agir les Pompes. Les Mémoires de l’Académie renferment beaucoup de recherches pratiques & théoriques relatives à cet objet en particulier , 8c aux Pompes ; nous nous contentons d’indiquer ici les plus eflen-tielles(2).
- (1) Mémoires de l’Académie des Sciences, année 1739 , fur les Machines à élever l’eau.
- (2) Obfervation de M. Amontons, fur l’inconvénient des Soupapes trop bien faites ? trop
- bien polies , Scc. Hift. an. 1703, pag. ç6. Mé-i moire fur les Pompes, par M. le Chevalier de Borda, an* 1768 , pag* ^18,
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- De la bonne conftruclion des Soupapes*
- La première qualité d une Soupape , c’eft d’être fidelie ; pour être telle, elle iloit i°. fe fermer exactement fitôt que rien ne l’oblige à relier ouverte ; 20. lorfqu’elle eft fermée, elle doit retenir l’eau, & ne rien laifler échapper s’il eftpoffible.
- La pofition & la conftruétion d’une Soupape, contribuent beaucoup à fa fidé* lité ; là pofition la plus avantageufe, c’efl d’être horifbntale, & de fe fermer perpendiculairement du haut en bas. Une Soupape qui fe fermeroit de bas en haut, ne vaudrait rien : elle ne pourrait pas fe fermer , à moins que l’eau , par une grande vîteJTe , ne l’y obligeât ; mais avant qu’elle fût fermée , il s’é- , chapperoit une quantité d’eau affez confidérable. Si pourtant on étoit obligé de faire fermer une Soupape de bas en haut, on pourrait le faire en faifànt pouflèr par un relîort la Soupape contre l’ouverture qu’elle doit boucher. Une Soupape qui fe fermeroit latéralement, c’eft-à-dire , par un mouvement horr fontal, ne fe fermeroit pas d’elle-même aulïi fidèlement qu’un Clapet* hori-fontal, elle pourrait bâiller, & biffer échapper une quantité d’eau confidérable , avant que cette eau eût acquis une vîteffe affez grande pour l’obliger à fe fermer.
- La féconde qualité d’une Soupape , confîfte dans fa grandeur ; car il eft une grandeur la plus avantageufe à donner à une Soupape.
- On avoit cru pendant long-temps qu’on ne pouvoir donner un trop grand diamètre à l’ouverture des Soupapes de Pompes ÿSc fur ce principe très-vrai, qu’une certaine quantité d’eau paffera plus facilement par une grande ouverture , on étoit dans l’ufage de donner à la Soupape un diamètre égal à la moitié de celui du pifton. La fauflèté dè ce principe a été démontrée par M. le Camus ; ce Savant a prouvé du moins que le contraire eft fort poffible. L’éclairciffement fur ce point eft très-remarquable, fi la fonéiion d’une Soupape ne confiftoie qu’à laiflèr paffer l’eau par fon ouverture, ce principe aurait lieu fans difficulté ; mais une Soupape a deux autres fonctions à remplir.
- i°. Il faut qu’après avoir laiffé paffer l’eau, & dès qu’il n’en paffe plus , elle" retombe & ferme le pafîàge par où l’eau eft entrée dans le corps de Pompe.
- 20. Il faut qu’étant retombée fur fon ouverture] qu’elle ferme, elle porte toute la colonne qui eft entrée.
- Pour le premier effet, il lui faut une pefanteur fpécifique, plus grande que celle de l’eau, fans quoi elle ne retomberait pas, malgré la réfiftance de l’eau , comme elle doit faire. Pour le fécond effet, il lui faut une folidité proportionnée à la colonne d’eau quelle foutiendra. Les deux effets s’accordent à exiger en générai la même chofe.
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- Le favant Auteur fuppofe une Soupape parfaite, celle qui s’ouvre ou s’élève , fe referme ou retombe à fouhait, qui ait précifément la folioté nécet faire pour foutenir la colonne d’eau entrée dans le corps de Pompe. Il fUpp0fe enfuite que pour y faire entrer l’eau plus aifément quelle n’y entroit, on aug. mente l’ouverture de cette Soupape : tout le relie demeurant de même, qu ar^ rivera-t-il! En augmentant l’ouverture, il aura fallu néceflàirement augmenter le diamètre de là Soupape, & par conféquent fon poids ; l’eau qui n aura que la même vîtefle, & qui n’ouvre ou n’éleve les Soupapes que par cette force , élevera donc moins la nouvelle Soupape ou la Soupape plus pelante, & le paflige de l’eau fera rétréci & rendu plus difficile , tout au contraire de l’intention qu’on avoit eue.
- Les ouvertures des Soupapes ou des Clapets, ne dépendent donc pas des diamètres des tuyaux ou des corps de Pompe ; la maniéré de déterminer le meilleur diamètre de ces valvules , eft par la quantité d’eau qui doit pafler, dans un temps donné, par l’ouverture de la Soupape ; ainfi deux Pompes qui four* niflent, dans un temps donné, là même quantité d’eau, doivent, pour être également bonnes, avoir des Soupapes de même diamètre : or, deux Pompes peuvent fournir la même quantité d’eau, dans un temps donné , fans avoir le même diamètre. En conféquence , deux Pompes peuvent, pour être également bonnes, avoir les Soupapes de même diamètre , fans avoir elles-mêmes des diamètres égaux. Ainfi ce n’eft pas fur les diamètres des Pompes ou des pillons feulement qu’il faut régler les ouvertures des Soupapes , mais fur le diamètre d’une Pompe & fur la vîtefle de fon pifton.
- Les principes for lefquels il faut déterminer l’ouverture des Soupapes , font bien Amples ; le premier eft qu’il faut laifler à l’eau le plus de paflàge qu’il eft poffible. Ce n’eft pas qu’il faille conclure de-là que les Soupapes doivent être les plus grandes poflibles ; mais la quantité d’eau étant donnée, une Soupape dont l’ouverture fera, médiocre, laiflera à l’eau le plus grand paflàge qu’il eft poflible , de maniéré que fi on fait la Soupape plus grande ou plus petite , on aura un moindre paflàge.
- Cette théorie eft éclaircie dans le Mémoire auquel nous renvoyons , 8c oh l’Auteur détermine, par un problème très-intéreflànt, le diamètre convenable des Soupapes, celui de la Pompe & la vîtefle du pifton étant donnés. Nous ne nous arrêterons ici qu’à la pefanteur, à la folidité 8c à l’épaifleur des Soupapes , qui tiennent à la théorie de l’Auteur.
- La Soupape -devant fe fermer par fon propre poids, dès que rien ne l’oblige de relier ouverte, fon poids doit être plus grand que celui d’un pareil volume d’eau ; fi elle n’étoic pas plus peüànte, elle flotteroit, & ne retomberoit pas fur l’ouverture qu’elle doit fermer.
- Elles font ordinairement de cuivre , qui eft environ neuf fois auffi pelant
- qu’un pareil volume d’eau. On pourroit donc fuppofer avec 1 Auteur, que la v pefanteur
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- pefànteur fpécifique d’une Soupape & celle de l’eau, font entr’elles comme 9 eft à 1 , & que la pefanceur d’une Soupape dans l’eau eft , à celle d’un pareil volume d’eau, comme 8 eft à r.
- Une Soupape doit avoir aflez de folidité pour loutenir la colonne d’eau qui eft au-deflus d’elle ; elle doit donc avoir une épaiflèur railonnable , & 'd’autant plus grande, que la colonne qu’elle foutient eft plus haute, 8c qu’elle a elle-même un plus grand diamètre.
- Dans les Pompes qui font monter l’eau à 60 ou 80 pieds , on fait Vépaijfeur réduite (i) de la Soupape, égale à environ la dixième ou la huitième partie de fon ouverture.
- Du Corps de Pompe & du Pijlon.
- Dans les Pompes ordinaires, le Pifton eft de même diamètre que le Corps de Pompe dans lequel il le meut ; ainfi tout ce qui eft à dire touchant le diamètre de l’un , convient également à l’autre.
- Trois choies peuvent concourir à déterminer les dimenfions d’une Pompe ; x°, la quantité d’eau que doit fournir la Pompe ;.2°. le diamètre de la foupape ; 3°. dans les Pompes alpirantes feulement, la hauteur dont l’eau doit être alpi-rée dans le corps de la Pompe. ^
- La première réglé dérive du diamètre de la Ibupape ou du clapet , loit qu’ils foient dans le Corps de Pompe même, ou qu’ils loient dans le tuyau montant ou delcendant, qui fe raccorde (2) avec la Pompe.
- Une Pompe donnant, par exemple, 7 pouces d’eau dans une fécondé , & dont le clapet a les conditions fuppofées, doit avoir au moins^ pouces 8 lignes 7 de diamètre ; cette dimenfion eft la plus petite que l’on puiflè donner à la Pompe & au tuyau qui renferme un clapet : il n’y auroit aucun inconvénient de leur donner un plus grand diamètre.
- Si néanmoins on vouloir employer le plus petit diamètre , il faudroit avoir attention de ne pas placer le clapet au milieu de la feéiion perpendiculaire à la Pompe ou au tuyau ; car en le mettant ainfi , le paflage qui fe trouveroit entre le clapet 8c le tuyau, quoique égal au paflage par le diaphragme , feroit mal difpofé par rapport au paflage que l’eau a entre le diaphragme 8c le clapet.
- Le clapet étant incliné fur le diaphragme, le paflage que l’eau trouve entre ces deux pièces, n’eft pas égal de tous les côtés , mais très-ferré du côté de la queue du clapet, & fort large du côté oppofé ; ainfi il pafle très-peu d’eau vers
- (1) Epaiffeur qu’elle aurait, fi elle étoit réduite en plateau rond, d’épaiffeur uniforme, & de même diamètre que fon ouverture.
- (2) En Hydraulique, on appelle raccordement, la réunion de deux corps à un même niveau ou à
- une même fuperficie. C’efl: encore la jon&ion de tuyaux inégaux de diamètre, par un tambour de plomb , réuniffant les differentes groffeurs qui fc diftribuent où l’on veut.
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- la queue du clapet, St il en pafle d’autant plus par les autres endroits, que ces
- endroits font plus éloignés de la queue du clapet.
- Après que Peau a paffé entre le diaphragme St le clapet, il faut qu’elle pafle entre le clapet St le tuyau ; ainfi il faut arranger ce nouveau pa(Tage 5 ^ le ménager de maniéré que fa plus grande partie foit la plus éloignée de la queùe du clapet ,• St que là pente plus petite foit à la queue du même clapet • par conféquent il ne faut pas placer le clapet au milieu du tuyau , mais le mettre de façon que la partie qui tient à la queue, foit très-proche des bords de la feétion du tuyau.
- Des Caufes les plus ordinaires des dérangements qui arrivent
- dans le jeu des Pompes.
- Les étranglements St les accidents fréquents dans les Machines hydrauliques , oppofent fans celle des obftacles ou à la facilité , ou à l’abondance de l’élévation des eaux. Tout ce qui peut occafionner ces retards St ces embarras, tient à la conftruétion particulière de chacune de ces Machines, qu’un Directeur de Mines doit pofleder à fond. Nous ne parlerons point ici des caufes de frottement communes à toutes les Machines, comme celles qui proviennent de l’engrenage des roues, &c ; nous ne voulons parler ici que des difficultés dépendantes des parties qui entrent dans la compolition des Pompes, comme les tuyaux, les palfages des foupapes , les robinets , les coudes St jarrets des conduits , les platines d’ajuftage , Stc ; il fe fait dans tous ces endroits , contre les parois d’un tuyau, fur-tout dans les coudes St jarrets des conduites tournantes , un frottement important à éviter : le moyen eft d’interrompre le diamètre ordinaire de la conduite , pour y mettre deux ou trois toifes de fuite de plus gros tuyaux, & reprendre enfuite le diamètre de la conduite.
- Les ouvertures des foupapes & robinets, fujettes aux étranglements, peuvent encore s’éviter, en y employant des foupapes St des robinets d’un plus grand diamètre.
- La plupart des Pompes foulantes qui agifîent par une manivelle à tiers-point, avec trois corps de Pompe, dont l’un afpire, pendant que les deux autres foulent St contre-foulent l’eau , font fojettes à un très-grand défaut ; c eft l’étranglement des fourches, où l’eau eft fi reflerrée, que ne pouvant y paifer, elle caufe un ébranlement à toute la Machine, qui la met en rifque d’être brifée. Si, par exemple, un des corps de Pompe a 8 pouces de diamètre , il y paflera 64 pouces circulaires d’eau ; St fi la fourche qui reçoit l’eau de ce corps de Pompe, St qui fe raccorde au tuyau montant, n’a que 4 pouces, il n y paflera que 16 pouces d’eau ; or, 64 pouces d’eau du corps de Pompe, ne peuvent paflèr dans 16 ; il faudroit donc, pour parer à l’inconvénient dont il
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- s’agit ici, que chaque fourche de cet équipage , eût le même diamètre que les corps de Pompe , ou au moins qu elle*leut par le bas, en venant diminuer à 6 pouces par en-haut, pour fe raccorder au tuyau montant , lequel aura de diamètre celui du corps de Pompe, qui eft ici de 8 pouces.
- Des differentes Forces appliquées aux Pompes•
- Les Pompes deftinées à l’épuifement des Mines, font mues aufll par différents agents qui réfuitent d’autant d’efpeces de Machines.
- La première puiflànce qui, fans doute, ait été employée, eft celle des bras d’hommes ; les chevaux ont enfuîte été appliqués à mouvoir les Pompes : on juge aifément que cette fécondé force adaptée au herna.{ , efl: bien fopé-rieure à la première ; la comparaifon qu en ont faite, par le calcul, des Phyficiens attentifs & exaéts, fe rapproche davantage de l’examen dans lequel nous nous propofons d’entrer fur les Machines deftinées à élever les coffres ou couffats de Charbon, Sc les féaux remplis d’eau : nous le renvoyons à cet article.
- Outre ces deux agents, les hommes & les chevaux , on a imaginé de faire concourir à l’épuifement des Mines, félon le local, les trois éléments, le vent, l’eau , & même le feu. Il ne fera ici queftion que de l’application de ces trois Forces différentes.
- Dans un Ouvrage latin , dont je n’ai eu connoiftànce que depuis, peu , eft raffemblée, en un petit volume format in-^°< (1) , la defcription des Machines les plus connues employées à cet ufage. M. Delius, dans l’Ouvrage Allemand que j’ai cité, s’eft aulli fort étendu for cette matière importante.
- Herna£ ou Machines a vent Hydrauliques, ou Moulins a Pompes
- a la Hollandoife.
- Dans les endroits éloignés des rivières & ruilleaux, tel que peut être un lieu élevé for quelque coteau très-expofé au vent, & où oh n’auroit pas befoin d’une Machine dont l’effet fût uniforme & continu pendant plufieurs mois, ainfi que dans une plaine qui n’eft pas mafquée par quelque bois qui arrêteroit l’air, les Moulins à vent conviennent parfaitement.
- Ces Moulins, très-ufités en petit dans la Hollande, reffemblent à des Moulins à vent ordinaires ; ils ont cependant une plus grande commodité , qui eft de fe mettre d’eux-mêmes au vent, par le moyen d’une queue en forme de gouvernail, compofée d’ais fort minces, portant for un pivot qui fe tourne de tout fens.
- ( 1 ) Jo. Frid. Weidleri Tratiatus de Machinis hy-draulicls in toto orbe maxïmis, Marlyenjï, Londi-nenfi} &* aliis rarioribus, Jimilibus, in quo menfuræ
- propè ipfas Machinas ujitatæ defcribuntur, & de viri-bus earum luculenter dijferitur ; cum jiguris œneis. Vittemberg. in-^°. 1728.
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- Ceux dont nous voulons parler, qui élevent l’eau à une hauteur plus confi-dérable que les autres , font agir , par le moyen de leurs ailes 8c dune manivelle , le pifton dune Pompe afpirante ; le mouvement du pifton dépendant de l’aélion des ailes, lelévation plus ou moins grande de Peau, dépendra de la vîtefle du vent, & de la grandeur du corps de Pompe : la Machine fe dirige d’elle-même au vent, par le moyen de la girouette , ny ayant quun chaflis qui tourne avec cette queue 8c les ailes.; le corps de Pompe étant bien arrêté par l’affemblage de charpente qui raccompagne , relie immobile. M. Bélidor, dans fon Architecture hydraulique , où il donne la théorie des Machines mues par le vent, 8c la maniéré de calculer leur effet , a repréfenté une de ces Machines (i).
- Le Hernaz à vent a le mérite de tfexiger d*autfe affiftance que celle nécef-faire à l’entretien des pillons , 8c un feul homme peut veiller à plufieurs de ces Machines ; mais l’inconvénient de dépendre d’un élément aulîi variable que le vent, dont on ne pourroit tirer du fecours pendant une partie de l’année a été caule, fans doute, qu’on a abandonné ces Machines. Comme néanmoins la Machine à feu ell d’une grande dépenfè dans fon entretien, comme on va le voir , il y auroit des occafïons dans lefquelles, après les premiers épuifements par la Machine à feu, le Hernaz à vent pourroit convenir, lorfqu’y ayant une taille d’un côté 8c une taille de l’autre , avec de grandes paxhijjes , les eaux pourroient fe garder en abondance. Nous allons, par cette raifon , donner la defcription d’un de ces Moulins à vent, projetté 8c exécuté en modèle pour les Salines de Caltiglione, dans le Mantouan (2).
- Machine a vent, décrite par M. Louis- Guillaume de Garniray , Sieur de Digny.
- Cette Machine à vent ell compofée feulement d’un axe perpendiculaire avec les ailes horifontales ; au lieu que dans les Moulins à vent, elles font verticales.
- L’axe étoit garni d’un cylindre ou tambour, fur lequel étoit creufée une fpi-rale, qui, emboîtant l’extrémité d’un levier, le forçoit à bailler, & ainfî élevoit, par l’autre extrémité , le pifton d’une Pompe, & enfiiite lui donnoit la liberté de defcendre pour le relever fuccefîivement. Ce qui eft dit ici d’un levier, étoit applicable à un plus grand nombre.
- Cette Machine avoit deux parties remarquables ; la première confiftant en cette fpirale , qui, malgré fon analogie aux roues ondées , employées en d’autres Machines , a le mérite de la nouveauté dans l’application ; la féconde, plus particulière encore , eft la conftruélion des allés pour faire qu’en tournant horifontalement, elles priffent & quittaffent le vent alternativement; ces aîles
- (i)Pl. 3 , fïg. 3 , Liv. III, Chap. II, Tome 2. (2. ) Chap. 2e. de l’Ouvrage intitulé : Defcription Tune Machine à feu , conflruite pour les Salines de Cafiglione ; avec des détails fur les Machi-
- nes de cette efpece les plus connues , & fur quelques autres Machines hydrauliques, Parme, in-\ .
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- s’ouvroient
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- s’ouvroient en guifè de fbufflets en fe préfentant au vent, fe dérobant à fort impreflion à mefure qu’elles étoient remplacées par Faite fuivante. Dès que le foufflet fe préfentoit au vent, il s’ouvroit, & le vent y acquéroit des degrés de puiffance toujours augmentants , jufqu’à ce que l’aile formât,. avec fa ligne de direétion , un angle de 90 degrés ; alors Faîle continuant fa route , la force du vent décroiffànt fur ladite aîle , fe réduifoit à zéro ; mais comme il paffoit fix ailes Fune après l’autre, l’accroiflèment de l’aétion du vent jufqu’à 90 degrés , compenfoit la diminution de Ion choc fur les ailes qui avoient paffé cet angle , & qui déclinoient ; les fix ailes étoient placées, avec jufte réflexion , dans trois plans différents, pour que Fune ne dérobât point à Fautre l’aétion du vent. Lorfqu’elles avoient paffé fous Fimpulfion du vent, elles auroient dû , en lui préfentant à leur retour leur face oppofée, en recevoir le choc avant d’avoir fini un cercle entier ; mais/les foufflets étant à charnière , & ouverts dans le moment d’inaélion feulement de iy degrés, au lieu de 80 degrés dont ils s’ouvroient en tenant le vent, Faite fermée ne faifoit perdre à Faîle ouverte que 3 ~ de fon aétion. Ce méchanifme rendoit le mouvement fort uniforme , fauf les variations du vent. On a vu des roues à aubes pliantes, pour être mû es horifontalement dans un courant, celles qui fe prêtent à fon choc s’ouvrant , & fe repliant quand elles ont paffé la ligne de direétion ; mais c’eft une nouveauté d’en avoir fait l’application au vent, & la conftruétion des ailes eft aulfi nouvelle qu’ingénieufe.
- L’Auteur avoit reconnu que , d’une jufte grandeur , cette Machine pourrait produire 17184 pieds cubes d’eau en 24 heures; mais le calcul étant fondé fur la plus grande vîteffe du vent, qui eft évaluée 10 milles d’Italie par heure , il doit fe réduire à une vîteffe moindre. On eftime le choc ou Fimpreflîon du vent, par le quarré de fa vîteffe ; d’où il s’enfuit que les vîteffes de deux vents étant inégales, leurs impreflions refpeétives fur des furfaces égales , feront comme les quarrés des vîtefles. L’effet augmente donc ou diminue en proportion ; or, prenant 6 milles d’Italie pour vîteffe moyenne , l’effet alors ne ferait à l’effet calculé, que comme 36 à 100, c’eft-à-dire, de 6126 pieds cubes ; & on voit qu’il auroit été néceflaire de beaucoup multiplier ces Machines à vent.
- Le Diétionnaire Encyclopédique renferme (1) une defcription très-détaillée & accompagnée de cinq planches , touchant un Moulin de cette efpece , qui puife l’eau d’un puits au jardin d’une maifon du Fauxbourg Saint-Sever , à Rouen.
- Ce Moulin eft un de ceux qu’on nomme Moulins a pile, c’eft-à-dire, que le corps du Moulin eft une tour de maçonnerie, & que le comble tourne fur la maçonnerie lorfqu’on veut expofer les ailes au vent.
- Afin de faire comprendre comment ces parties font affemblées, & en quoi
- (1) Tome X, au mot Moulin, page 805.
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- confïfte leur folidité, on s’y eft étendu fur les forces de ce Moulin, fur fi maniéré dont elles font dirigées.
- Les perfonnes qui voudroient en conftruire un femblable , peuvent conful-ter cet Ouvrage, où elles trouveront tout ce que l’on peut fouhaiter fur fi conftruétion du Moulin, de la Machine qui y eft appliquée, & de la Pompe dont on a fait ufige.
- Ce Moulin, ( c’eft-à-dire, la tour , la Pompe, l’intérieur du puits & toute la Machine ) fins y comprendre le puits & les réfervoirs , qui étoient d’an-tienne date , n’a coûté que 3000 livres au plus.
- Le même Ouvrage a auflî expofé, Tome Vypagt y , dans une Planche, tout le méchanifine intérieur du Moulin à vent de la Ferme de Villebon* dans le Parc de Meudon, qui fort à élever de l’eau. Ce Hernaz fait le fujet du troifieme Chapitre de l’Ouvrage de M. Weidler (1).
- Des Machines Hydrauliques mues par Veau.
- Lorsqu’on eft à la proximité d’un ruilïêau ou d’un courant d’eau un peu fort, ou de quelque rivière, on en profite pour faire agir les Pompes ; cela s’exécute par le moyen de plufieurs fortes de Machines , qu’on peut véritablement nommer Hydrauliques.
- Le ruifîèau a un avantage inconteftable, qui eft de fournir jour & nuit un moteur égal ; cependant, à moins que ce ne fût une fource un peu forte , il eft démontré que les Pompes à chevaux fôurniflènt plus d’eau en une heure, qu’une fource ordinaire n’en amene en quatre jours.
- Nouvelle Grue propre à élever des poids par [Faction de F eau.
- Il a été annoncé, dans les Papiers publics, une nouvelle efpece de Grue hydraulique , propre à tirer des Mines & Carrières, avec plus de facilité qu’on ne l’a fait jufqu’à préfent, les féaux, les fies, l’eau, lej Charbon , le minerai , &c. Il peut être utile d’avoir connoiflànce de cette annonce, d’autant plus que les perfonnes qui voudroient des éclairciflèments, font averties de s’adrefler au fieur Chriftophe Gallet, Anglois, qui en eft l’Inventeur (2).
- * Elle agit par le moyen d’une roue de 10 pieds de diamètre feulement. Cette roue a un mouvement toujours égal & uniforme ; quoique rapide, on l’arrête dans l’inftant : elle fe meut par le moyen de l’eau ; le moindre courant d’eau fuffit. Si ce moteur manque, la perfonne chargée de vuider les féaux 8c les baquets, peut elle-même la mettre aifément en jeu fins avoir rien à craindre : on la gouverne fins peine & fins rifque. Les Ouvriers qui fo trouvent
- (1) De du abus moietrinis hydraulicis, quarum alæ yento verfantur, pag. $0.
- (2) Privilégié du Roi de la Grande-Bretagne,
- pour la conflru&ion de ces Machines dans le Duché de Cornouailles, rue Tariflock, à De-von.
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- dans la Mine ou dans la Carrière , peuvent, en fe mettant dans un baquet, ou en s’attachant à un feau , fe faire tirer en haut fans le moindre danger.
- Cette Machine peut d’ailleurs fervir à beaucoup d’autres ufiiges ; par exemple , dans les Moulins à papier & autres : elle eft d’une conftruction fort fim-pie ; on peut en avoir une en place, propre à élever un poids de mille livres, pour la fomme de 30 livres fterling.
- De tous les moyens de faire lèrvir faction d’un courant à mouvoir une Machine, il n’y en a pas de plus fimple, de plus commode & de moins fu-jet à inconvénient, que de garnir cette Machine d’une ou de plufieurs roues, munies à leur circonférence d’aîles ou aubes , qui reçoivent l’impulfion du courant d’eau , & la tranfinettent aux roues qu’elles font tourner.
- La Machine de Nymphembourg, exécutée par le Comte de Walh , Directeur des Bâtiments de l’Electeur de Bavière (1) , eft de ce genre. Dans fà fim-plicité, & pour élever l’eau à 60 pieds, elle eft bien entendue ; fon produit feroit plus confidérable fi les fourches n’avoient le défaut commun dans presque toutes les Pompes, du manque de proportion entre les corps de Pompe qui, dans cette Machine, ont 10 pouces de diamètre, & les fourches qui n’en ont que trois : la roue en a 24.
- Nous n’entrerons point en particulier dans le détail des effets d’aucune de ces Machines ; il ne s’agit toujours ici, comme dans toutes les autres , que de bien connoître le principe moteur ; car ce qu’on nomme proprement la Machine , ne lert qu’à augmenter Sc à régler la force mouvante ; ce n’eft ni la force ni la folidité des matériaux qui font le mérite de l’invention ; les Machines mues par un courant d’eau apporté foit par une rivière, foit par un ruiffeau, recevant leur force motrice de l’impulfion de cet agent, par fon poids ou par fon choc fur les aubes, en deflus ou en deflous, la partie eflentielle de l’Hydrodynamique , confifte dans l’examen de la meilleure maniéré d’employer la force de l’eau comme principe moteur. Les confidérations néceflàires enfuite pour porter les Machines de cette efpece à leur plus haut point de perfection, font la recherche du nombre & de la dilpofition la plus avantageufe des mêmes aubes, relativement au diamètre de la roue, à la quantité dont elle trempe dans l’eau , & à la vîtefle du courant ; ce dernier article , & en conféquence le nombre des aubes ou vannes à oppofer au courant, font difficiles à déterminer , Sc il n’eft pas étonnant que plufieurs Savants fe fbient trompés fur cette matière. La nature d’un fluide perpétuellement inégal dans fon volume Sc dans fa force, donne évidemment à penfer que malgré la Phyfî-que la plus exacte, & la plus fubtile Géométrie , la folution de ces problèmes ne peut gueres comporter une certaine précifion : c’eft une remarque faite par
- (1) Décrite dans le Traité de l’Elévation des eaux, par l’Auteur, Munich, 1716, page 122. Dans l’Encyclopédie , au mot Moulin , avec
- deux Planches, Tome V \ dans Bélidor, Tome II, page 141, avec Tes différents développements en une Planche.
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- un Savant J qui a porté dans la théorie de l’Hydrodynamique, la même lu« miere qu’il a répandue fur la Méchanique des corps folides, & fur toutes les matières qu’il traite. M. Dalamberc ajoute qu'il eft peut-être impofîible de réfoudre mathématiquement la plupart de ces problèmes , Sc que 1 expérience feule peut conduire à leur foiution ; c’eft auffi la voie qu’a adoptée M. l'Abbé Boflut, pour fuppléer aux fecours pénibles , ou même impuiffants, qu’offre la Géométrie pour perfectionner l’Hydrodynamique. Dans fon Ouvrage, embraffe l’Hydroftatique & l’Hydraulique , il établit avec clarté & avec méthode des principes confirmés par l’expérience , qui doivent aider à réfoudre le problème dans chaque cas particulier , ainfi que la maniéré de trouver la meilleure proportion entre la hauteur Sc la largeur d’une aile, qu’il importe quelquefois de coryioître. Les Auteurs de l’Encyclopédie ont adopté fur cettex matière la Théorie établie dans un Mémoire de M. Pitot (r). Quoique les principes qui y font avancés fbyent aujourd’hui reconnus fautifs , nous donnerons ici une place à ce Mémoire : il pourra de cette maniéré être comparé avec l’examen pins approfondi que d’autres Savants ont fait de ce fujet ; il fera fur-tout à propos de prendre connoifïànce, dans le Volume de l’Académie de 1759, du Mémoire de feu M. Deparçieux.
- Des Aubes 9 & de la difpofidon la plus favorable a leur donner:
- Les Aubes font diverfement placées , ou diverfement configurées félon que les roues font deftinées à être mues par la chute, ou par l’impulfion de l’eau 9 ou quelquefois par l’impulfion Sc la chute de cet agent, ou félon qu’elles font deftinées à faire agir des Pompes.
- Les roues fur lefquelles l’eau tombe en chûte dans des augets, fe nomment Roues a eau Jupérieure.
- Celles que l’on fait mouvoir en venant frapper des Aubes , font diftinguées par le nom de Roues a eau inférieure. ;
- * Il faut diftinguer deux fortes d’Aubes : celles qui font fur les rayons de la roue, Sc dont par conféquent elles fuivent la direction félon leur largeur; elles s’appellent Aubes en rayon : celles qui font fur des tangentes tirées à différents points de la circonférence de l’arbre qui porte la roue, ce qui ne change rien au nombre ; on appelle celles-ci Aube en tangentes.
- » Si l’on confidere que la vîteffe de l’eau n’efl: pas la même à différentes pro-» fondeurs, Sc plufieurs autres circonftances, on conjecturera que le nombre Sc y> la difpofidon les plus favorables des Aubes fur une roue, ne font pas faciles à y> déterminer. i°. Le nombre des Aubes n’efl:pas arbitraire ; quand une Aube eft y> entièrement plongée dans l’eau, Sc qu’elle a la pofition la plus avantageufè » pour être bien frappée, qui eft naturellement la perpendiculaire au fil de (O Inféré dans le volume de l’Académie des Sciences, pour l’année 1725?.
- l’eau,
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- » Feau , il faut que l’Aube qui la fuit & qui vient prendre fà place , ne fafle y> alors qu’arriver à la furface de Feau & la toucher ; car pour peu qu’elle y yy plongeât, elle déroberoit à la première Aube une quantité d’eau proportion-» née 5 qui n’y feroit plus d’impreffion ; 8c quoique cette quantité d’eau fit » compreffion fur la fécondé Aube f celle qui feroit perdue pour la première , 5> eût été faite fous l’angle le plus favorable , 8c l’autre ne peut l’être que fous » un angle qui le foit beaucoup moins.
- » On doit faire en forte qu’une Aube étant entièrement plongée dans l’eau > yy elle ne foit nullement couverte par la fuivante ; & il eft vifible que cela yy demande qu’elles ayent entr’elles un certain intervalle ; 8c comme il fera le yy même pour les autres , il en déterminera le nombre total.
- yy Les Aubes attachées chacune par fon milieu, à un rayon d’une roue qui «tourne, ont deux dimenfions, l’une parallèle, l’autre perpendiculaire à ce yy rayon; c’eft la parallèle que l’on appellera leur hauteur ; fi la hauteur efl « égale au rayon de la roue, une Aube ne peut plonger entièrement, que yy le centre de la roue ou de l’arbre qui la porte, ne foit à la furface de Feau ; yy 8c il eft néceffake qu’une Aube étant plongée perpendiculairement au cou** » rant, la fuivante, qui ne doit nullement la couvrir, foit entièrement cou-« chée fur la furface de l’eau , & par conféquent falFe, avec la première, un yy angle de po degrés , ce qui emporte qu’il ne peut y avoir que quatre Aubes : >> d’où Fon voit que le nombre des Aubes fera d’autant plus grand, que leur yy largeur fera moindre (r).
- yy L’Aube en rayon 8c l’Aube en tangente entrent dans Feau 8c en fortent >> en même temps, 8c elles y décrivent, par leurs extrémités , un arc circulaire * yy dont le point de milieu eft la plus grande profondeur de l’eau à laquelle yy l’Aube s’enfonce : on peut prendre cette profondeur égale à la largeur des >> Aubes. Si on conçoit que l’Aube en rayon arrive à la furface de Feau, & par yy conféquent y eft auffi inclinée qu’elle puiffe, l’Aube en tangente qui y arrive yy auffi, y eft néceffairement encore plus inclinée ; 8c de-ià vient que quand yy l’Aube en rayon eft parvenue à être perpendiculaire à l’eau , l’Aube en tan-yy gente y eft encore inclinée , 8c par conféquent en reçoit à cet égard, 8c en yy a toujours jufques-là moins reçu d’impreffion. Il eft vrai que cette plus grande yy partie de l’Aube en tangente a été plongée, ce qui fembleroit pouvoir faire yy une compenfation ; mais on trouve au contraire que cette plus grande partie >> plongée reçoit d’autant moins d’impreffion de Feau, qu’elle eft plus grande yy par rapport à la partie la plus petite de l’Aube en rayon plongée auffi, & cela «àcaufe de la différence des angles d’incidence (%): jufques-là l’avantage eft yy l’Aube en rayon.
- (i) M. Pitot a ajouté dans ce Mémoire une (2) Angle que fait la direction .d’un corps avec petite Table calculée du nombre & de la lar- le plan fur lequel il tombe, geur des Aubes.
- Chareon de Terre, II. Parc.
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- 1035 DU CHARBON DE TERRE
- » Enfuite l'Aube en tangence parvient à être perpendiculaire à l'eau , maïs y> ce n'eft qu’après l'Aube en rayon ; le point milieu de 1 arc circulaire qu’elles » décrivent, eft pafle ; l'Aube en rayon aura été entièrement plongée,, Sc » l'Aube en tangente ne le peut plus être qu'en partie , ce qui lui donne du » défavantage encore, dans ce cas même, qui lui eft le plus favorable : ainfi » l’Aube en rayon eft toujours préférable à l'Aube en tangente.
- y> On a penfé à donner aux Aubes la difpofition des ailes du Moulin à y> vent, Sc l'on a fait ce raifonnement : Ce que l'air"fait, l'eau le peut faire : y> lieu que dans la difpofition ordinaire des Aubes, elles font attachées à un » arbre perpendiculaire au fil de l'eau ; ici elles le font à un arbre parallèle à ce yy fil. L'impreffion de l'eau fur les Aubes difpofées à l’ordinaire, eft inégale d'un yy inftant à l'autre : fa plus grande force eft dans le moment ou une Aube étant y> perpendiculaire au courant, Sc entièrement plongée, la fuivante va entrer » dans l'eau 9 Sc la précédente en fort. Le cas oppofé eft celui où deux Aubes » font en même temps également plongées. Depuis l’inftant du premier cas, yy jufqu'à l’inftant du fécond , la force de l’impreffion diminue toujours , & il eft yy clair que cela vient originairement de ce qu'une Aube, pendant tout fon mou-yy veinent y eft toujours inégalement plongée ; mais cet inconvénient cefleroit yy à l’égard des Aubes mifes en ailes de moulin à vent : celles-ci étant tout » entières dans l'air, les autres feroîent toujours entièrement dans l'eau. Mais yy on voit que l'impreffion doit être ici déeompofée en deux forces , l'une pa-» raileie, Sc l’autre perpendiculaire au fil de l’eau, Sc qu’il n’y a que la per-yy pendiculaire qui ferve à faire tourner. Cette force étant appliquée à une yy Aube nouvelle, qu'on auroit faite égale en fur face à une autre pofée félon yy l'ancienne maniéré, il s’eft trouvé que l'Aube nouvelle qui reçoit une impreA »fion confiante, en eût reçu une un peu moindre que n'auroit fait l'Aube yy ancienne dans le même cas.
- yy D'ailleurs, quand on dit que la plus grande vîtefle que puiffe prendre une yy Aube ou aile mue par un fluide, eft le tiers de la vite (Te de ce fluide, il faut
- yy entendre que cette vîtefle réduite au ’ tiers, eft uniquement celle du centre
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- » d'impulfion , ou d un point de la ftirface de l'Aube, où l'on conçoit que fè yy réunit toute l’impreffion faite fur elle. Si le courant fait 3 pieds en une (e-» conde y ce centre d'impulfion fera un pied en une fécondé ; Sc comme il eft yy néceflairement placé fur le rayon de la roue, il y aura un point de ce rayon yy qui aura cette vîtefle d'un pied en une fécondé, fi ce point étoit à l'extrémité y> du rayon, qui feroit , par exemple , de 10 pieds, auquel cas il ferait au yy point d'une circonférence de 60 pieds, il ne pourroit parcourir que 60 pieds, yy ou la roue qui porte les Aubes, ne pourroit faire un tour qu'en 60 fécondes 9 » ou en une minute ; mais fi ce même centre d'impreffion étoit pofé fur un » rayon à un pied de diftance du centre de la roue Sc de l'arbre , il parcourrait yy une circonférence de 6 pieds, ou feroit un tour en fix fécondés, Sc par con-yy féquent la circonférence de la roue feroit auffi fon tour dans le même temps,
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- ET DE SES MINES. IL Part. 1037 y> Sc auroit une vîtefle dix fois plus grande que dans le premier cas. Donc » moins le centre d’impreffion eft éloigné du centre de la roue, plus la roue » tourne vite. Quand une furface parallélogrammatique , mûe par un fluide, » tourne autour d'un axe immobile , auquel elle eft fufpendue, fon centre » d’impreffion eft, à compter depuis l'eau, aux deux tiers de la ligne qui la yy divife en deux félon fa hauteur. Si la roue a 10 pieds de rayon , l'Aube nou-yy velle , qui eft entièrement plongée dans l’eau , Sc dont la largeur ou hauteur » eft é'gale au rayon, a donc fon centre d’impreffion environ à 6 pieds du cen->> tre de la roue. Il s'en faut beaucoup que la largeur ou hauteur des Aubes » anciennes, ne foit égale au rayon , &par conféquent leur centre d’impreffion yy eft toujours plus éloigné du centre de la roue , Sc cette roue ne peut tourner yy que plus lentement ; mais cet avantage eft détruit par une compenfàtion pref* » qu’égale dans le mouvement circulaire de l'Aube: le point immobile ou point » d’appui, eft le centre de la roue ; & plus le centre d’impreffion auquel toute y> la force eft appliquée, eft éloigné de ce point d'appui, plus la force agit » avantageufement, parce qu’elle agit par un long bras de levier. Ain fi quand » une moindre diftance du centre d’impreffion au centre de la roue , fait tour-» ner la roue plus vite , & fait gagner du temps, elle fait perdre du côtp de la » force appliquée moins avantageufement, Sc cela en même raifon : d’ou il yy s’enfuit que la pofition du centre d’impreffion eft indifférente.
- y> La propofition énoncée en général, eût été fort étrange ; Sc on peut ap-y> prendre par beaucoup d’exemples à ne pas rejetter les paradoxes fur leur pre-yy miere apparence. Si l’on n’a pas fongé à donner aux ailes de moulin à vent, la yy difpofition de*s Aubes , comme on a fongé à donner aux Aubes la difpofition yy des ailes de moulin, c’eft que les ailes de moulin étant entièrement plongées » dans le fluide, fon impreffion tendroit à renverfèr la Machine en agiflànt yy également fur toutes fes parties en même temps, Sc non à produire un mou-».vement circulaire dans quelques-unes ».
- Une des conditions que doit avoir une roue chargée d’Aubes, c’eft de tourner toujours uniformément, Sc pour cela il faut qu’elle foit telle, que dans quelque fituation que foit une roue , l’effort du fluide contre toutes les Aubes ou parties d’Aubes actuellement enfoncées , ne produifè aucune accélération f ou que la fomme des efforts pofitifs pour accélérer la roue, foit égale à la fbmme des efforts négatifs pour la retarder ; ainfi le problème qu’il faudrait d'abord réfoudre, ce ferait de lavoir le nombre d’Aubes qu’il faut donner , pour que , dans quelque fituation que foit la roue , l’effort du fluide , pour accélérer ou pour retarder la roue , foit nul.
- Parmi les Machines hydrauliques qui peuvent fervir à élever l’eau hors des Mines j il en eft une connue très en grand en France , mais uniquement pour tranfporter de l’eau fort au .loin (r). En Allemagne, où elle a été inventée ,
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- (1) Sur la riviere de Seine , entre Saint-Ger- 1 fécond endroit, qui doit une partie de fes em-main & Mar ly, d’où elle porte le nom de ce I belliffements à cette Machine, M. Weidler, dans1
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- &. on elle eft en ufage depuis très-long-temps pour les Mines, elle eft connue fous les noms de Feld oder Streken Gangen , Feld Geftangen : on l'appelle auffi Stangen-Kunft, ce qui veut dire littéralement Machine ou Àngin a barres, Dans le Traité de l'exploitation des Mines , traduit de l'Allemand , fur lequel nous avons inféré une note, page 744 , cette Machine eft décrite, §. ///^ T art. IVypag. 20 y, d'après l'Ouvrage de l'Académie de Freyberg, fous le nom de Machine avec des tirants horifontaux : nous en avons parlé fommairernent à l’article des Machines employées au pays de Liège , pour épuifer les eaux des Houillieres. La figure a, PLXLVI, que nous avons empruntée de M. Saverien, donne une idée générale du jeu de ces Machines , qui tient à un arrangement particulier de tirants ou de longues pièces, foie de bois, foit de métal, a Semblées à fourchettes les unes aux autres, & foutenues d'efpace en efpace par des bafcules ou des leviers mobiles fur une de leurs extrémités.
- La figure 4 de la même Planche , repréfente un de ces Feld - geftangen, comme l’appelle M. Wolf, & que nous tirons de même, ainfi que la deferip-don, du Diélionnaire de M. Saverien, Tome I, page 36 J. Elle eft compofée d'une roue verticale A\8c agiflânt par le moyen d'une manivelle c, à laquelle eft un bras B, d'un balancier b m n g x conftruit en forme d'échelle, & fuf-pendu par échelons dans des efpeces d’eflîeux K, K, K, K, que portent des pieux Ps P, P, P, ou quelquefois des tréteaux ou chevalets.
- Cette roue eft mue ordinairement par un courant d'eau, quand on a cette facilité, en lui ménageant en avant un courjîer (1) , ou par queîqu’autre agent; cette roue en tournant , tantôt tire le balancier b m N G , tantôt le pouffe fuivant que la manivelle c avance ou recule : c'eft tout le contraire quand elle pouffe. Voilà en quoi confifte le mouvement de la Machine. Pour en tirer parti, on attache aux extrémités N , N, de ce balancier, oppofées à la roue, une pieee de charpente en forme de croix , dont deux bras font attachés aux pillons de deux Pompes placées dans l'eau que l'on veut élever. On comprend, par le mouvement de ce balancier f comment les pillons font élevés & abaifles fuc-ceflîvement, & comment cette Machine, au moyen du balancier qui peut fe prolonger à volonté, fait monter l’eau, de quelquendroit qu’on veuille la tirer.
- Il y a diverfès Fortes de ces Machines , félon le nombre de corps de Pompes qu’elles font agir, ou félon qu'elles peuvent êtreaflîfe s directement à la bouche du
- fon Ouvrage, paroît avoir été informé de l’origine de cette conftruétion, d’une maniéré ab-folument conforme à l’anecdote hiftorique que j’ai rapportée, relativement à fon Conftrufteur Rennequin. Sans favoir lire ni écrire , c’étoit, dit M. Weidler , un Ouvrier excellent & expérimenté dans ce genre de travail ; mais attendu qu’il n’étoit pas en état de vanter à la Cour fon travail, ni d’en garantir le fuccès , Deville , alfo-cié avec lui, fuppléoit à cequi manquoit à Rea-
- nequin ; Ôc comme, en avançant dans les ouvrages , il a pu ajouter quelque chofe du fien , il eft arrivé qu’il a paffé pour l’Inventeur de la Machine de Marly.
- (1 ) En Hydraulique , un Cotirfier eft un chemin que l’on conftruit pour l’eau entre deux piloris , afin qu’elle puifle arriver aux Aubes d une roue , Ôc que l’on ferme quand on veut en baillant une vanneau-devant de la roue.
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- puits à Pompes , ôü qu'elles en font éloignées. On nomme Machines Jîmples , celles qui n'élevent l'eau que dans un feul corps de Pompe ; 8c on appelle Machines doubles , celles qui élevent leau dans deux Corps de Pompe. La première elpece eft peu ufitée , & demande à être travaillée avec un foin particulier, pour pouvoir être de quelqu'utilité. L'autre eft le plus louvent en ulàge pour l’épuilement des Mines ; là conftruétion eft pareillement variée , en raifon de la diftance qu'il y a de la roue au puits de la Machine , 8c qui peut être depuis yo, 100 , jufqu'à 800 lachters. Les eaux de la Mine de Nordmark, en Suede, font élevées par une Machine de cette elpece , compofée d'une roue* à laquelle font adaptés trois rangs de tirants, qui font mouvoir des Pompes alpirantes dans trois differentes Mines. *
- A Dannemora , dans la Mine de Storagrufvan, qui eft la plus conlîdérable de ce quartier, & où les eaux font û abondantes que l'épuifement s'en fait aux frais de la Couronne, par un percement, qui de néceffité, aura cinq lieues de longueur , les eaux extérieures qui font mouvoir une femblable Machine, font extrêmement éloignées ; la roue fe trouve à plus de 8 yo toifes de diftance de la Mine.
- Le Feld-gefiangen dont nous avons parlé,pages 238 & 378, quiépuîfe les eaux de la fofle nommée Chaudtier, près le village de Beine, à une lieue de Liege , eft compofé , comme celui deMarly, de plufieurs jeux de Pompes qui agiffent par le moyen d'une grande roue à féaux : elle eft mile en mouvement par une chute d’eau, formée en partie des eaux que donnent ces Pompes , & en partie de celles d'un réfervoir d'eau , ménagé à la proximité.
- _ La différence du jeu de ces Pompes avec celui de la Machine de Marly, eft que dans cette derniere ces Pompes ont deux mouvements , le mouvement afpirant, & le mouvement foulant. Dans cette Machine, les Pompes font feulement afpirantes.
- Tout l'ouvrage de cette Mine eft lîtué fur une hauteur, à portée d'une col-* line ; c'eft lur le^penchant de cette côte , qu'on a établi ces Pompes ,^à la dif tance du bure de 1100 pieds ; 8c la grande roue qui met toute cette Machine en mouvement, eft placée fur la même colline, à 1640pieds plus bas, afin qu'une partie-de fes eaux puilîe être conduite dans le baflïn qui forme cette chute d'eau.
- De la fuperficie du bure à exploiter jufqu’au niveau des Pompes, il y a 24 toifes de plomb, & huit repos ou efpeces de baflîns, dans lefquels les Pompes verfent les eaux pour être élevées , de proche en proche , par d'autres Pompes fupérieures, jufqu’à un canal fouterrain. A chaque repos, il y a deux Pompes, & les deux dernieres fupérieures font celles qui fourniffènt une partie de l'eau à fon mouvement.
- On aura facilement l'idée de l’effet de cette Machine , en faifant attention à fon alfffe fur le penchant d’une colline.
- Charbon de Terre. IL Part.
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- *04o DU CHARBON DE TERRE
- A peu-près à mi-chemin des Pompes, jufqu'à la roue du mouvement J on a .pratiqué un réfervoir qui fe remplit en partie des eaux venant des Arènes bâtardes de quelques petites Houiilieres qui s’exploitent plus haut, & en partie des eaux d'entre deux terres, St comme il a été dit de celles que lui fournirent * les Pompes fupérieures.
- Comme ce réfervoir ne pourroit pas toujours fournir afîez d'eau pour faire agir la roue , ona fait un canal qui vient depuis le repos fùpérieur du jeu des Pompes, jufqu'à ce baffin , où les deux Pompes fupérieures verfent leurs eaux ; en même temps comme la montagne fur laquelle eft élevée cette Machine , & la côte qui fournit au réfervoir une partie des eaux , laiffent, en fe réunit fant à la hauteur de la retenue des eaux, un bas-fond, les eaux du canal fe trouveroient, au point de ce baffin, plus bas que fon niveau ; c eft pourquoi on a pratiqué, à yo pieds de diftance du réfervoir, deux puits pour recevoir les eaux que lui amene le canal des deux Pompes fiipérieures ; ces deux puits étant maçonnés, les eaux qui s'y trouvent font forcées de s’élever St de fe porter dans un petit canal qu’on y a fait pour les conduire jufqu’au réfervoir.
- Dans le fond de ce puits eft une décharge, avec une bonde qui fe tire à volonté : de-là enfin les eaux font conduites jufqu'à la grande roue, par un canal fcuterrain qui fe ferme avec une pâlie.
- A 70 pieds du point de la roue > on a conduit les eaux de ce canal jufqu’à leur chute, par une rigole de bois ; Sc comme on a en vue de faire tourner cette roue avec peu d'eau, on a été obligé de donner à la roue 53 pieds de diamètre, ce qui fait qu'on n’a pu donner que 2 pieds St demi d’élévation à fes points d'appui , pour n être pas obligé d’amener les eaux fur cette roue d'une hauteur prodigieufe. Ainfi on a creufé , par cette raifbn, une efpece de baffin pour recevoir fa partie inférieure : tout fon mouvement eft double.
- Sans pouvoir dire la quantité d’eau que cette Machine épuife en un temps donné , on fait quelle épuife promptement toute la Mine.
- Par la figure détaillée des Feld-geftangen ,jig. 2,3 & 4, PL XLVI^ qui fe trouve dans l'Ouvrage de l'Académie de Freyberg , St dans la Traduétion Fran-çoife, on juge combien l'éloignement du principe moteur, à la Mine que l'on veuté puifer , ainfi que la longueur du trajet de tout cet attirail, rendent la Machine dilpendieufe , en proportion de la quantité de tirants qui viennent faire jouer les trains des Pompes, St combien les frottements ainfi multipliés font perdre de force.
- Comme cependant, au défaut de meilleur moyen , on doit compter pour quelque chofe cette commodité, de faire ufage d'une force, quelqu’éloignée qu elle foit, dont on a befoin, il eft bon d'en avoir quelqu'idée. J'ai penfé, pour cette raifon , pouvoir placer ici ce qui fe trouve ffir ce fujet dans 1 Art des
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- ET DE SES MI NE S: U. Ïàrt. xo4t Mines, par Lehmann (i) , Sc qui a été omis dans la defcription folïimaire de l’expiokation des Mines métalliques, que les Auteurs de l'Encyclopédie ont empruntée de cet Ouvrage (2).
- La Planche qui accompagne la defcription de l’Auteur, dàns ŸOuvrage même , ne repréfente que la partie de la Machine qui appartient au premier mobile , c eft-à~dire , la roue menant des manivelles , les manivelles menant des tiges de pillons qui élevent l’eau dans des Pompes , d’où enfuite Peau efl; forcée , par d’autres pillons, de monter plus haut : le relie de l’attirail n’eft apperçu qu’en perlpeéiive. Voici la defcription qu’il donne de ces Machines» Je détaillerai enfuite les articles de conftruétion qui y ont rapport; ils rempliront la promefle que j’ai faite page 278, d’en donner les développements.
- » La première chofe néceilàire pour établir cette Machine, c’ell d’examiner » fi l’on aura toujours allez d’eau po#ur la faire mouvoir. Lorfque la Machine efl » au-delfus de la terre, il faut nécelfairement que les eaux qui la font marcher, » foient aulfi au-delfus de la terre ; on fe fert pour cela d’une riviere ou d’un » ruifleau du voilînage, qui ayent pendant toute l’année allez d’eau , & qui ne » tarilfent point en été. Quand on efl privé de cet avantage, on efl: obligé de » creufer à force de bras des réfervoirs , pour y ralfembler les eaux des fources y> Sc des fontaines du voilînage, que l’on tient à une certaine hauteur parle » moyen d’éclufes, afin de remédier aux inconvénients qui peuvent furvenir » dans des temps de fécherefîe, & on n’en lailfe fbrtir que l’eau qui efl: nécef* » faire pour faire aller la Machine , auflî bien que les boccards ou pilons , & » les lavoirs.
- » Si la Machine à eau efl: placée dans les fouterràins, on fera encore obligé » de la faire mouvoir à l’aide des eaux qui font à la furface de la terre, ou de » celles que fourniflent les gâtleries des Mines. Quand on aura fuffifamment » d’eau , on la fera tomber fur la roue par des auges dellinées à cet ufàge, ou par » des tuyaux femblables à ceux qui ont été décrits pour le renouvellement de « l’air. On n’a pas befoin de la même quantité d’eau pour faire marcher toutes les » roues ; cela dépend de leur grandeur a Sc de la malle d’eau qu’on veut faire » monter. Lors donc qu’il s’agit de conftruire la Machine à eau, la première » chofe à examiner, efl: la ppfîibilité de placer la roue au-delfus du puits à Pom-y> pes , ou bien , quand c’ell à la furface de la terre, s’il faut fe fervir de barres » ou de tirants de fer enchevêtrés les uns dans les autres , en forme de balanciers ; » ou , fi c’ell dans l’intérieur de la terre, on verra s’il faut fe fervir de barres de »fer9 qui tiennent fur la place au pifton.
- « Quand cette Machine efl placée direélement au-delfus du puits d’épuife-» ment la roue qui met la Machine en mouvement, peut avoir depuis 18,20 9
- (1) Tome I y page y 8.
- (2) Au mot Mines, Tome X ; pages f 2$ & 5 26.
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- » 24 ou 28 aunes de diamètre, & même davantage , fuivant 1 exigence des cas ; » on regarde celles qui n’en ont que 21, comme les meilleures, parce qu’elles yy ne font pas tant travailler le bois.
- » Lorfque la manivelle tourne, elle fait en même temps foulever la barre de » tirage, ou elle la laifle retomber en-bas : c’eft au bas de cette barre de tirage , t> que le piflon eft attaché par un écrou, comme aux Pompes ordinaires. Ce » pifton efl: un morceau de bois arrondi, qui a y pouces de hauteur, & yy rempli de trous ; c’eft au-deffus de cette piece qu’on met la fbupape ou un yy morceau de cuir qu’on appelle clapet. Ce pifton s’attache à la barre de tirage )> par une vis, & il éleve l’eau dans le corps de la Pompe. Les corps de Pompe y> font ou de. bois ou de fer ; ou , ce qui vaut encore mieux, de cuivre jaune yy battu à froid : ces derniers font les plus durables : on leur donne une épaif-yy four 6c un diamètre proportionné à la quantité d’eau que Ton veut tirer. Ou ces yy corps de Pompe verfont l’eau dans une auge , ou bien on y joint encore par yy le bas des tuyaux de bois : lorfque ces tuyaux font bas, ils n’élevent point » l’eau au-delïiis de cinq verges. Un équipage de Pompe de cette elpece, eft » compofé d’un corps de Pompe & de trois allonges \ mais lorfqu’ils font plus » longs, ils élevent l’eau jufqu’à douze ou quinze verges ; alors - ils font com-y> pofés de cinq tuyaux ou allonges ajuftées les unes au bout des autres. L’eau y> qui tombe de la furface de la terre pour faire aller la Machine, eft reçue dans »une auge qui la détourne: ou l’eau tombe par en-haut for la roue, ou bien » elle la fait mouvoir par en bas ; c’eft pourquoi on fait des roues qui ont dç yy doubles aubes, afin de pouvoir tourner des deux côtés.
- y> S’il n’eft pas poffible de placer la Machine à eau directement au-delfiis du » puits deftiné à l’épuifoment des eaux , il faut, comme on a dit plus haut, » former des repos, palliers ou emplacements faits exprès pour la recevoir ; 31 & pour lors on attache des barres immédiatement à la roue : elles font aflujé-yy ties dans l’endroit où la barre joint l’extrémité de la manivelle coudée, attendu yy que ces palliers ou repos ne vont point toujours tout droit, mais forment fouvenc » des angles, ce qui eft caufe que la barre doit faire plufieurs coudes : aufll ces » Machines font-elles fojettes à fo détraquer. Les barres dont on fo fort pour yy cela, font adaptées les unes aux autres avec des clavettes : on y ajoute des » bras en croix, afin qu’elles puiflent continuer à fo mouvoir, lors même que yy l’un viendroit à fo rompre, & une Machine dont les barres feroient conduites yy dans la pleine campagne.
- yy Ces barres font faites comme les précédentes, & peuvent defcendre per-yy pendiculairement dans le foin de la montagne, julqu’à 60 verges de profon-deur, même davantage.
- yy II pourroit arriver que la roue, par la trop grande quantité d eau qui fort
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- » des fouterrains, ceftât de fo mouvoir. Pour être averti de cet inconvénient
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- in on adapte un marteau y qui, à chaque toux de roue frappe fur tin Corps fo-nore : c’efl; ce qu’on nomme un furvcillant,
- y> Quelquefois le fcuterrain efl: à une fi grande profondeur, que la Machiné » ne peut plus en tirer les eaux. Lorfque les Mines en valent la peine, on » place quelquefois trois, quatre ou cinq de ces Machines à eau les unes au4 *> deilus des autres : elles fè fourniflent de l’eau réciproquement*
- » De cette maniéré on peut remédier à l’inconvénient qui réfulte des eaux » » & on peut les tirer des endroits les plus profonds, de la même maniéré qu’on » peut en faire fbrtir le mauvais air, & y introduire de l’air frais
- La figure. 3 delà même Planche, repréfente un de ces Feld-geftangens, dont l’Ouvrage de l’Académie de Freyberg détaille, de la maniéré fuivante , les différentes parties. Depuis la barre de manivelle, ju(qu’au puits nommé Kunjl Schachte, puits de la Machine , la manivelle ( Kurhel) , autrement dite le tourillon ( Krum mer \apfen ) , tient à la roue enfermée dans la hutte , a le plus fouvent une aune de hauteur , & peut fe mouvoir par la roue à eau , fup é* rieure ou inférieure , qui, quelquefois, n’a qu’une manivelle d’un côté feu-lement, & quelquefois une à chaque côté. On la voit auffi en B >figé 4*
- La barre par laquelle le mouvement de la manivelle efl: communiqué à la bafcule qui l’avoifine ,B b ,fig, 4, s’appelle barre de manivelle ( Korb^ fange ) J ceft ce que nous nommons en françois Bielle : bn voit qu’elle efl attachée à l’extrémité inférieure de la première ou principale Bafcule (Hompt-Jchtringe ) dans la face oppofee à celle ou le barrage inférieur vient s’attacher 5 de manière que fi cette première ou principale bafcule efl: pouflee.par la manivelle vers le puits , tout le barrage fupérieur efl: ramené vers la roue qui a fait agir la manivelle, Sc entraîne alors dans le même mouvement les quatre autres bafcules, quô l’on diftingue Amplement de la principale , par le nom de montants, Sc qui fane rangés fur une ligne entre des barres fermantes (Sckojfer') à la diftance les unel des autres de 15 aunes : on les voit à part en c.
- Les pièces qui compofent le barrage fupérieur Sc inférieur d , font appellées barres de trait ( Zugftangen ), Sc communément en françois tirants} leur longueur efl: de 18 aunes, leur hauteur de y pouces , Sc leur largeur de 4 pouces. Malgré la petite dimenfion de la figure, on peut juger comment elles font ajuftées aux montants ou barres fermantes, repréfèntées en e ^ qui font de la longueur de trois-quarts d’aune , & enchâflees en crémaillères , avec quatre anneaux ou frettes bien ferrés, ce qui épargne deg vis, pourvu que les entailles foient bien juftes ; quand la barre efl très-longue , on place ordinairement deux vis dans les montants les plus proches de la roue, jufqu’à moitié de la longueur, dans chaque montant, entre les anneaux , pour donner plus de folidité. Ces barres de trait doivent être da même longueur que les montants, Sc faits félon un modèle : on doit mêmô avoir de ces tirants Sc de ces bouts de tirants, ainfi que des autres parties qui Charbon de Terre. IL Paru ïi%
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- compofent les appareils de Pompe , toutes prêtes, pour en avoir fur le champ fous la main quand il faut en remplacer quelques-unes.
- Les montants ou barres fermantes peuvent être arrangés de façon qu’ils entrent dans le milieu des bafcuies , parce qu’alors ils font moins fujets à fe caffer (i) j Ils peuvent en outre être recouverts d’un petit toît, fait de deux petites planches minces, afin de les garantir delà dégradation provenant de l’humidité.
- Les Jîipports ('Strung-baume) ou chevalets gg9fig- 3 , & P P >fig. 4, doivent toujours êtrepofés en ligne droite, fur quoi on doit pourvoir à la difficulté qu’jj pourroit y avoir d’y parvenir, à raifon de l’inégalité du terrein, en employant des tréteaux plus ou moins exhaufles ; mais les barres doivent toujours être en montant & en defcendant, & retenues au bout des lignes au moyen d’une forte cheville de fer, afin quelles puiflent avoir du jeü.
- Les barres romproient quelquefois s’il falloit monter une hauteur trop efcar-pée, & dans ce cas on place des tournants. Ce font des arbres ou effieux avec des demi-croix , de la même forme qu’eft repréfontée la croix entière ou tour-niquet n, dont les bras font égaux, & dont les bras horizontaux font attachés aux tirants perpendiculaires, auxquels répondent les piftons.
- Les montants c peuvent avoir 6 aunes de longueur dans les barres qui doivent chafler loin; quant à leur grofleur , elle eft proportionnée à la longueur de la barre, & à la profondeur d’où elle doit s’élever : on ménage dans leur milieu un trou quarré, pour y faire pafler l’axe de fer i ii3 qui entre dans les fupports, ou bien on le pofo dans un moyeu de bois dur, & ajuflé dans les fopports, ce qui diminue un peu le frottement de l’axe de fer.
- Les montants font garnis , outre cela , de jumelles de fer k> ky dont on voit la forme en i i; ces jumelles ( Wangeneifer ) doivent être ajuftées à point aux trous dans lefquels paflent les chevilles de fer i, i : elles font enfoncées dans le bois, & rallentiflent la trop grande célérité du jeu des montants.
- Sur ces chevilles portent les barres, & fur les barres fupérieures on aflujétit , au lieu de mauvais bouts de bois, des garnitures de fer m , que l’on fait entrer dans les barres , & qu’on y retient avec des clous : elles ont l’avantage d’empêcher que les barres ne s’ufent trop tôt, & de faire qu’on peut enlever toujours le barrage : pour les barres inférieures, elles font garnies vers le bas feulement avec des fers de rencontre un peu effilés, ou avec une raie au-dedans, & alors pofés fur les chevilles fans bouts de fer.
- Il y a quelques-uns de ces ouvrages, conftruits de façon que les chevilles paflent immédiatement à travers les montants ou les barres ; mais comme dans cette maniéré les barres tombent trop facilement des trous, & que le barrage ya & vient par conféquent de tout côté, ce qui en fait perdre la volée en plus
- (1) Pour empêcher qu’une des barres de fer qui compofent les chaînes, venant à fe caffer , n’en faffent rompre plufieurs autres, par le grand «ffort de la manivelle qui les fait agir, Renne-
- quin Sualem, a placé de 12 en 12 toifes, dans la Machine de Marly, une chaîne brifée qui obéit.
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- ET DE SES MINES. II. Part. 104; grande partie, où fon élévation eft la principale intention, particuliérement dans un conduit latéral, on garnit les barrages de cette façon ou de la maniéré qui vient d'être expliquée ; c’eft-à-dire, que ces bois ou efpeces de madriers, coupés d'un quart d’aune de longueur, & de quatorze ou quinze pouces de hauteur, font cloués aux barres, ajuftés au train , & percés de chevilles. Si le trou s’en eft échappé, il eft plus facile d’y rajufter un bout ou une garniture, que de changer ou d'y remettre de nouvelle^arres : cependant Ces fortes de garnitures ne lailfent pas que de fatiguer des barres longues, & de leur ôter leur légéreté, objet qu’il faut principalement ne point négliger.
- Au-delTus des puits, pend une croix N, aux deux bouts de laquelle {ont attachés les barrages, 8c aux deux autres bouts les barres du puits. Tout au milieu pafle l’axe de fer o, qui roule, comme les montants, fur un appui de bois dur, ou dans une fente de fer repréfentée dans cette croix ; on voit en P 8c Q, les ferrures & la préparation du bois.
- Lorfque deux barrages jouent à côté l’un de l’autre, & font portés for les mêmes tréteaux, il faut auffi deux croix.
- L’établiflement de ces angins, exige de conftruire un plancher ou une affifo en pierres aux endroits où il faudra des chevalets, afin qu’ils ne puiflènt pas s’enfoncer, ce qui produiroit un inconvénient fâcheux & continuel.
- La diftance des tréteaux les uns des autres, doit néanmoins être de huit longueurs d’aune, 8c c’eft fur la longueur des barrages , qu’il faut en proportionner le nombre, étant efientiellement néceflàire que les fopports reftént dans leur jufte aflîette ; car fans cela le barrage porte d’un côté, va de travers } & caufe du dérangement.
- » Les tréteaux, les fopports, les montants & les barres de trait fe font de bois tendre ; mais les montants fopérieurs & les croix ou tourniquets font de bois dur.
- Les trous percés dans les montants qui paflent par les deux côtés du train , doivent être percés droits de l’un à l’autre.
- Il faut auffi que les barres ayent leur fituation jufte & exaéle fur les chevilles ; fans être trop longues ni trop courtes, afin qu’un montant ne foit pas plus long qu’un autre , & qu’il ne joue point ça & là * & que le mouvement du barrage % tant fupérieur qu’inférieur , foit égal.
- On doit pourvoir avec foin que les principaux montants, les manivelles 8c les croix ou tourniquets, foient toujours tenus bien graiftes : quand ces fortes de conduits font vieux, les barres fermantes fe tirent, & pour lors les barres deviennent plus longues qu’il ne faut; on les arrête ordinairement de la maniéré fuivante.
- On attache une chaîne autour des barrages, & au moyen d’un tourniquet 2 après avoir dégagé les fermoirs, on la ferre le plus qu’il eft poffible ; on voie enfuite la longueur qui eft à diminuer.
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- Une autre attention que demande la jufteffe de cette Machine ; efl; que les bras de leviers foient fuffifàmment tendus, & que les chevilles ayentaflez de jeu pour que le frottement foit moindre qu’il efl; poffibie.
- On doit fur-tout rapporter à cette conftruétion, une remarque faite à l’Obfer-vatoire de Paris, fur l’allongement d’une barre de fer dans Tété, & le rao courciffement de cette même barre dans l’hiver (i). M. Weidler, à la fin de defcription latine de la Machine de Marly, en a pris occafion d’ayertir en général, que les tirants de fer qui compofent le barrage de ces angins, varient en longueur , en raifon du grand froid de l’hiver & du grand chaud de l’été, de maniéré que ce métal étant refiferré dans le froid, les barres de trait ne peuvent pas jouer librement, & qu’étant relâchées dans l’été par la chaleur du foleil, elles jouent difficilement.
- Quand une barre de fer ne s’allongeroit que de deux tiers de ligne du grand froid au grand chaud , fur cent toifes , ce feroic plus de fix pouces d’allongement ; en voilà affez pour faire fentir combien le jeu des piftons feroit dérangé, fi cette longue chaîne qui leur communique le mouvement, fouffroit, fans correction, les changements que les différentes températures peuvent y çaufer..
- Pour remédier à cet allongement des barres de fer & à l’effet qui en réfulteroit, M. Weidler fait la remarque, qu’à l’endroit de la jonétion de ces barres, on efl: obligé de pratiquer plufieurs trous, afin de les mettre en état d’allonger ou de raccourcir la chaîne que les tirants forment par leur aflemblage , en faifant entrer plus ou moins le bout d’une barre dans la fourchette de l’autre, où elle s’arrête avec une cheville.
- On trouve dans la defcription de la Machine de Marly, par M. Bélidor, une maniéré de manœuvrer commodément, lorfqu’on veut tirer les cadres hors des bâches , pour réparer ces cuvettes. Tom. II,pag. 19p.
- Toutes ces différentes parties ont befoin d’être confervées foigneufèmene dans un état de fbupleflè qui efl: effentiel. L’Académie de Freyberg , pour les parties en cuir, confeille les matières graflès , comme un mélange de fuif avec un peu d’huile.
- Pour les parties en fer,. les réfineux, comme de la térébenthine mélée avec de l’huile de poiffon ou de l’huile de navette, le gaudron même Sc toutes les matières tenaces, font recommandées.
- (1) Par M. de la Hire, Hiftoire de l’Académie des Sciences, Jn, i 68p, page {
- Machin$
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- ET DE SES MINES. II. Part.
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- Machine hydraulique , qui peut etre aujji mue a volonté par le vent j par des hommes , par un ou plujieurs chevaux.
- Une Machine , fans contredit , la plus parfaite 8c la plus intéreîTante après la Pompe nommée Pompe a feu, dont il va être parlé, eft la Machine exécutée à Pontpéant en Bretagne, par feu M. Laurent , pour épuifer les eaux de la nouvelle & de l'ancienne Mine de plomb qui s'y exploite. Nous invitons nos Leéleurs à prendre connoiflànce de la defcription qui en a été donnée par M. Goufiier , dans l'Encyclopédie (r) ; defcription éclaircie par deux Planches qui développent l'élévation ou profil & le plan de la Machine de la nouvelle Mine , 6c par trois autres Planches pour la Machine avec laquelle on épuife l'ancienne Mine. L'une Sc l'autre font une application, confia dérablement perfeétionnée, d'une invention de M. Dupuis (2) , fimplifiée en fuite par l'Auteur, & foumife en 1740 , par fà veuve , à l'examen de l'Académie de Sciences. L'Approbation des Commiffaires , en date du 20 Décembre, fait une fimple mention de la première Machine qui avoit été préfentée à l'Académie : elle étoit connue du Doéleur Défaguliers, qui en a donné une courte defcription dans fon Ouvrage , avec une figure, quoiqu'il n'en eût pas une opinion bien favorable. Nous n'en donnerons ici qu'une idée fommaîre, telle que les Auteurs de cet Ouvrage l'ont inférée (3).
- y) Cette Machine eft compofée , dans fon intérieur , de deux bafches ou y) cailles de bois pofées l’une au-deftous de l'autre, qui fo garnilîent en dedans » de plaques de cuivre de trois côtés, excepté celui ou eft attachée la plate-» forme , qui eft garnie de cuir, avec une rainure dans fon épaifleur, pour éviter » le trop de frottement.
- » Le coffre ou font les mouvements , eft féparé en dedans par une cloifon 1 » ces deux bafches font dans l'eau, dont la fuperficië eft comprimée par l'air » extérieur.
- y> La plate-forme, qui eft mouvante & garnie de fer , eft inclinée dans la » caiffe , tenant par un bout à un boulon (4) de fer attaché à la caiife en forme » de charnière , & de l'autre taillé en portion de cercle, formant un arc de 90 » degrés, montant & agiflant fur un autre quart de cercle, foivant lequel eft tail-» lée une des parois du coffre , garni de cuir fort ou de bourre , pour empêcher » l’eau de defcendre. Cette plate-forme eft percée de deux ouvertures garnies » de clapets, donnant pafîàge à l'eau dans le temps du jeu de la plate-forme ,
- fl) Au mot Pompe , Tome XIII, page ÿ.
- (2) M. Dupuis, Maître des Requêtes, Intendant du Canada. '
- (3) Au mot Hydraulique, Tome VIII,page 3 6f, fous ce titre : Nouvelle Machine de M. Dupuis, avec deux Planches , Tome V.
- (4) Boulon , groiïe cheville de fer qui a une
- Charbon de Terre, II, Part.
- tête ronde ou quarrée, & qui eft percée par l’autre bout, & arrêtée par une cheville pour retenir un tirant ou une autre piece d’une Machine. On en met aufti deflbus les robinets, pour empêcher qu’ils ne foient levés par la force de l’eau. *
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- 1048 DU CHARBON DE TERRE » que fait agir une tringle de fer inclinée par le moyen de deux mouffîes » ou d'un chaflîs à deux branches, & qui fe raccorde à un des bouts de la » tête de la plate-forme, & va fe rendre à la manivelle & au moteur.
- » Ce moteur, dans la Machine pour la nouvelle Mine, eft une roue à augets » de 16 pieds de diamètre , St de 8 pieds d’épaiffeur ; les augets font au nombre » de 40, St l'arbre de la roue a 13 pieds de longueur, & eft terminé par des » manivelles doubles.
- y) La roue de la Machine de l’ancienne Mine, eft garnie de 80 augets, di{p0-» fés j comme dans l’autre ; elle a 33 pieds de diamètre, St 3 pieds d’épaiifeur ; » fon axe a 3 pieds 4 pouces de groffeur , fur 10 pieds de longueur , & eft » embraffé, dans fà partie quarrée , par les rais de la roue ; fes deux extrémités » arrondies & garnies de plufieurs frettes * font terminées par une manivelle » fimple.
- » Par le mouvement de la plate-forme, l'eau qui entoure les deux coffres & » qui y entre continuellement, étant comprimée par l’air extérieur ou par *l'at-» mofphere , fait lever deux clapets de la plate-forme mouvante, & force à » fe lever deux autres clapets correfpondants, placés fur le delfus de la caiffe, » au moyen de quoi l'eau paffe dans une efpece de hotte de cheminée, pour,le » communiquer dans le tuyau montant qui porte l'eau au réfervoir, ou dans » l'endroit deftiné.
- » Cette Machine étant ainfî établie pour l’épuifement d’une Mine, l’eau » eft premièrement attirée par une Pompe afpirante , à la hauteur de 24 y> pieds , dans un bafche ou coffre de bois , St eft reprijfè par une ou plu-» fleurs Pompes fucceffivement jufqu’en haut. Le mouvement eft une tringle de y> bois qui fait agir tous les coffres par le moyen de deux bielles St d'une trin-y> gle de fer coudée qui y eft attachée, & qui fe rend par-deflous dans le coffre y> où eft la plate-forme : en-haut c'eft un rouet St une lanterne que font mouvoir )> deux chevaux attelés dans un manege.
- ï> On ne fait monter l'eau qu’à 24 pieds > St à plufieurs reprifes, que y> pour foulager la colonne d'eau ou tuyau montant ; car on pourroit élever » l'eau tout d'un coup à 200 pieds par une Pompe foulante. Le minéral eft Y> monté à bras dans des féaux par le moyen d'un treuil.
- » L’avantage de cette Machine eft de n’avoir point de piftons ni de corps » de Pompe, St d’avoir peu de frottements, de s’ufèr moins qu’une autre,
- » d'être de peu d’entretien , de coûter moins dans l'exécution * qui ne paffe pas » ordinairement, étant fimple, la fomme de 1200 livres; de fe loger dans » les puits fans échafaudage St fans grande préparation ; d’être mife en mou-» vement par des hommes, par des chevaux St par le vent ; & avec tout cela nd’amener, dans le même efpace de temps ^ le double de l’eau que peut » fournir la meilleure Machine qui ait été exécutée jufqu’à préfent ( fi ce » n eft la Pompe à feu ).
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- y> La railon en eft fort fimpie : le coffre où eft renfermée la platte-forme » mobile a ordinairement deux pieds & demi de long fur neuf pouces de » large, & un pied environ de haut, & par là capacité 8c étendue a plus » de jeu, contient plus d'eau , & s'agite plus violemment qu'un corps de » Pompe d'un pied de diamètre, avec un pifton qui lui feroit proportionné.
- » Cette Machine peut donc être mue par le courant d'une riviere, ou par une » chute d eau , que l'on conduiroit fur les aubes de la roue, qui feroit agir » une manivelle coudée, à laquelle feraient attachées les tringles de fer, corref-» pondantes aux coffres percés dans la partie balte de l'eau.
- » Si elle étoit exécutée en grand avec une manivelle à tiers-point,une platte-» forme percée de trois clapets , qu'elle fut mue par un feul cheval, dans un » manege avec un train, un rouet, 8c une lanterne, ce qui augmente beaucoup » la force du moteur, elle fournirait huit muids au moins par minute, le relie » du produit abandonné pour les frottements * ce qui feroit par jour 11520 » muids.
- » Sans manège, cette Machine mue par quatre hommes, fournit, fuivantle » rapport de l'Académie, quatre muids & quatre cinquièmes d'eau par minute, » à feize pieds de hauteur.
- » Il eft à remarquer que quand la manivelle eft fimpie, il n'y a qu'une platte-» forme dans le coffre ; lorfqu’ elle eft coudée, ou à tiers-point, il y a une ou » deux réparations dans le coffre, pour y loger deux ou trois piatte-formes, ce qui » ne change rien à la méchanique de la Machine , 8c qui revient aux trois corps » de Pompe ordinaire.
- » La tringle eft fimpie pour une platte-forme ; quand il y en a deux la tringle » fe termine en-bas par une patte à deux branches , qui prend fur la platte-y> forme. Un moulin à vent peut aufli faire agir de la même façon cette Machine, » en mettant la manivelle dans le haut, & correfpondante à l'une des deux » ailes ; alors la tringle paflè à travers un arbre creufé , tourne de tout fens, » 8c vient fe communiquer à un balancier que lèvent les tringles qui vont faire ï) agir les piatte-formes des coffres, qui font pofés au bas de la citerne.
- » Enfin on peut appliquer cette Machine à une Pompe à cheval ( 1).
- Des Pompes ou Machines dont la force motrice eft empruntée du feu.
- 1 *
- De tout ce que l'elprit inventif des hommes a pu imaginer , dans la vue d’imprimer du mouvement à une Machine, rien n'eft plus ingénieux, & ne mérite davantage la préférence, ( lorfqu'on peut en faire les frais, ) pour faire agir des Pompes dans des Mines profondes, que l’application de la propriété connue à l'air de fe dilater confidérablement par la chaleur, 8c de fe condenfer par le froid : c’eft uniquement en cela que confifte le méchanifine de la Machine
- (1) Cette application eft repréfentéc dans la figure 5, delà Planche II de l’Encyclopédie.
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- iojo DU CHARBON DE TERRE de Griffen Angleterre , & de Frefnes au Hainaut François, dont nous avons donné une defcription détaillée , & qui en rempliflànt leurs opérations, donnent une puiffance égale à tel poids que ce foit. Le nom Angloîs^ S team Engine ou Machine a vapeur , défigne bien mieux cette Machine par fon moteur, que le nom de Pompe ou Machine a feu , fous lequel on peut confondre les Pompes employées pour éteindre le feu , & que nous appelions en François Pompes a incendies (i).
- A la première vue d’une de ces Machines, les parties qui la compofent paroiffent extraordinairement multipliées & compliquées ; cependant elles ne font qu’en nombre fuiEfant pour l’utilité de fa juftefle & de fes opérations: l’exaélitude des defcriptions dont j’ai fait ufage, ne m’avoit rien laifîe à y ajouter, que la partie de conftruélion, telle qu’il convient qu’elle foit connue au moment qu’on entreprend cfétablir une Machine de cette efpece : l’Ouvrage de M. Blakey ne m’a point permis de balancer un inftant à changer le travail que j’avois difpofé fur cela.
- La nouvelle forme fous laquelle je préfente ici cette partie, viendra à l’appui de la defcription de l’Art de conftruire les Pompes à feu, par M. Blakey ; c’eft un recueil hiftorique, théorique & pratique, qui complettera tous les éclairciflements que l’on peut fouhaiter fur cette forte de Pompe :1 es Directeurs de Mines, perfuadés de la néceffité des connoi fiances qu’Agricola exige d’eux , relativement aux Machines , me fuiront gré d’avoir raffemblé tous les objets qui vont être rapprochés les uns des autres fur une invention dont plufieurs Nations fe difputent la découverte ou la perfection.
- Comme les différents points fur lefquels je vais revenir, exigent que le Lecteur ait préfent à l’efprit l’elfentiel des defcriptions qui ont été inférées à leur place, je ferai une révifion des principales parties de ces Machines fur les Planches qui ont fervi à l’intelligence de ces mêmes defcriptions ; elles ferviront ainfi à rappeiler une idée générale des Machines à feu. Je donnerai une defcription fommaire de quelques parties de plufieurs de ces Machines 5 j’entrerai dans le détail des particularités les plus intérefîàntes fur la conftruélion , le jeu, le mouvement de cette Machine, fur le calcul de fon effet ; & je finirai par un état fommaire des differentes pièces qui la compofent, qui ont befoin d’être changées, réparées, entretenues. Cet article de conftruc-tion fera fuivi d’un efpece de tableau de décompofîtion, qui renfermera une indication de leurs développements, de la précifion des dimenfions de la plupart d’entr’elles ; enfin d'un état des frais & de dépenfe totale pour pourvoit à l’entretien de la Machine.
- (1) Il y a environ trois ans, que les papiers publics ont annoncé un Mémoire fur la meilleure maniéré de conftruire les Pompes à feu, par M.Tillaye, fils du Pompier privilégié du Roi, & qui a remporté, en 1772 , le prix propofé
- par l’Académie Royale des Sciences de Copenhague : ce Mémoire a uniquement pour objet les Pompes à incendies, que l’idiome Danois a rendu vraifemblablement par l’ex-preflion Pompes à feu, Pompes pour le feu.
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- Pour dire un mot de l’époque de cette magnifique découverte , il y a fur cela une fingularité afiTez remarquable; c’eft que tandis que M. Papin , Do&eur en Médecine & Profefleur de Mathématiques à Marbourg, eflayoit à CafTel en Allemagne de faire fervir dans la Méchanique la vapeur de l’eau, mile en aélivité par le feu , que Leibnitz avoit de fbn côté la même idée , le Capitaine Savery exécutoit une femblable Machine à Londres , & M. Amontons , en France , était occupé d’employer d’une autre maniéré la force de cet élément ; ne défefpérant point d’en tirer à l’avenir autant de fervice que de l’air ou de l’eau pour remplacer la force de ces éléments par celle du feu : ce Savant) donna en 1669, dans les Mémoires de l’Académie, le Projet d’une efpece de Moulin, qui devoit être mu par l’aélion du feu. Je ne fâche pas qu’elle ait été exécutée en grand : il comparoit fbn effet, pour la force, à l’effet de 39 chevaux au moins.
- Ainfi trois Nations de l’Europe , ont concouru en même-temps à i’exê- A cution de cette magnifique Pompe, due cependant à une expérience du Baron de Worcefter, qui la publia en 166} , (1) & aux premières découvertes de M. Papin, & devenue enfuite l’objet de l’attention de tous les Méchanidens.
- Leupold, dans fon Theatrum Machinarum, (2) a raffemblé , dans plufieurs Planches, des coupes & des profils de la Machine de M. Arnontons , de M. Papin f de M. Savery ; on y trouve auffi le deflîn de celle qui a été exécutée pour les Mines de Konifberg en Hongrie , par le fieur Potters (3). Les unes & les autres font accompagnées , dans le cours de l’Ouvrage , d’une explication abrégée.
- Les defcriptions les plus détaillées & les plus répandues, font celles dont nous avons fait ufage : la première, qui eft du Doéleur Defaguliers , eft fur-tout intéreftànte par les détails & les recherches dans lefquels l’Auteur eft entré fur l’hiftoire & le méchanifme de cette Pompe ; la fécondé , qui eft de M. Bélidor , ne l’eft pas moins dans la maniéré dont cette Machine eft développée & calculée dans fon effet, relativement à la force de l’eau bouillante, à la réfiftance de l’atmofphere & à celle du poids de la colonne d’eau qu’on veut élever ; la defcription de la Machine de Bois-Boffu , près S. Guilain, au Hainaut Autrichien, eft, mot pour mot, la même que celle de Frefne , décrite par M. Bélidor. Les Planches qui accompagnent cette defcription , préfentent beaucoup de développements de conféquence pour l’intelligence de la Machine.
- L’efïài de Phyfique par Muflchembroeck en renferme une defcription , qui a été inférée depuis en extrait, dans l’Ouvrage du fieur Cambray de Digny, (4) qui, dans la Machine à feu de Caftiglione , développée en fept Planches , s’eft
- (1) Centuries d’inventions.
- (2) Tome II, imprimé en iji$ , Tab. XLII, & XLII1.
- (3) Id. Tab.XLlV.
- Charbon de Terre. II. Part.
- (4) Defcription d’une Machine à feuy conf-truite pour ies Salines de Caftiglione , in-40. 1766 , Chap. V ? page ipo , Chap. III * page 3 2.
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- occupé de remédier à quelques inconvénients de la Machine de Papin de Defaguliers.
- M. l'Abbé Boflut a inféré dans fon Hydrodynamique (i), une defcrip-tion de celle de Frefnes, près de Condé , qui lui a été envoyée par M. le Chevalier de Buat, Ingénieur ordinaire du Roi.
- En 1723 , A. de la Mortraye , dans fes Voyages imprimés en Anglois & en François (2), donna le deffein & l'explication des Machines ou Pompes à feu, placées fur les bords de la Tamife pour en diftribuer l'eau , par des tuyaux dans les Cuifines & Brafferies de Londres.
- Les Volumes des Machines préfentées à l'Académie Royale des Sciences de Paris, renferment les plans, coupes & profils, de plufieurs Machines à feu: voyez page iy6.
- Une en 1726, (3) de MM. Mey 8c Meyer, Anglois de nation & afïociés ; auxquels il fut accordé le 6 Juillet 1727 , un Privilège exclufif pour établir & enfeigner , pendant l'elpaçe de y a ans, à mettre en pratique cette efpece de Pompe (4).
- M; de Bois-franc (y) , Architecte , en préfenta une dont les effets font produits par les mêmes caufes, & dont l’exécution eft affez lemblabie : elle a été donnée d'une maniéré plus détaillée en quatre Planches. Elle ne différé de la Pompe à feu de M. Meyer , qu'en ce que l’ouverture & la fermeture des robinets s’opèrent par un hériflon ; de plus les tuyaux d'épreuve font différemment pratiqués , & la valvure donnant ifîue à la vapeur , quand elle eft trop forte dans le cylindre , eft différemment placée. Dans la même année, le même Auteur en propofa une fécondé, repréfentée dans le Volume , N°. 288, en une Planche,
- En 1751 , M. François Watkins, Opticien du Prince de Galles, donna un modèle de cette Machine, en gravure in-foL avec des explications 8c des détails en langue Angloife (6) , & dont la plupart font tirés de Defaguliers.
- M. de Tilly, dans fa brochure, a rapporté une courte defcription de cette Machine, page 68, éclaircie par une gravure, qui eft la figure 2 de la Planche I de Bélidor.
- ( 1) Tome I, Partie I, Chapitre II, page 12y.
- (2) In-fol. Chapitre V, page 3 60.
- (3 An. 1726, LoméIV, N°. 282,283 ,page i8j.
- (4) Au mois d’Août 1737 , ces Etrangers propoferent au Corps de Ville de Paris , de conftruire une de ces Machines pour élever une certaine quantité d’eau fur la place de PEf-trapade, aux conditions qu’on leur donneroit neuf cents mille francs, deux cents mille livres pour honoraires , qu’ils auroient la direction de cette Machine, 8c cinquante mille livres, pour les frais de fon entretien annuel ; ce qui faifoit un fonds de deux millions cent mille livres.
- (î) An. 1727, N°. 284, 285 , 286 , 287, page 191.
- (6) Dans le courant de cette année 1775*? Mef-
- fîeurs Périer freres , ont appliqué le méchanifme des Pompes à feu, à des femi-Pompes, deftinées à l’élévation de Peau pour la décoration des jardins, 8c pour les befoine' domeftiques : ils en ont exécuté deux qui ont réuffi , l’une chez M. le Duc d’Orléans, à la chauffée d’An-tin ; l’autre au fauxbourg du Roule, dans le jardin de , M. le Duc de Chartres.
- La première marche par le moyen d’un poêle, êc elle a le double avantage d’échauffer, tout l’hiver , les ferres 8c les appartements, en élevant encore, fuivant l’annonce de MM. Périer, 30 à 40 muids d’eau , par heure ,235* pieds au-deffus de la fur face de l’eau du puits, On dit 30 à 40 muids, parce que cette Machine va plus ou moins vite, félon le degré de feu. On peut, au moyen des foupapes pratiquées dans la che-
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- Differentes efpeces de Machines nommées Machines a feu : particularités
- remarquables dans quelques-unes.
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- Toutes les différentes Machines à feu , ou propofées ou exécutées ou décrites ou gravées, doivent fe rapporter à deux efpeces principales uniquement différentes par leurs forces , à raifon de la différence de méthode fur laquelle elles font confinâtes ; fàvoir, celles qui font à pillons & à leviers * & qui à proprement parler font des Pompes à feu : le récipient fe vuide par répulfion.
- Les autres que Ton pourroit appeller Machines de Savery, ou de Newco-men & Cawley, qui les premiers les ont exécutées , ou perfectionnées vers l'année 170J 5 elles peuvent très-bien être diftinguées des autres par le nom de Machines a balancier.
- Machine a feu fans Balancier.
- La Machine à feu fans Balancier, originairement efl la Machine de M* Savery , décrite dans le Lexicon Technicum de Harris, enfuitepar Defàguliers, & Muffchembroeck. Ses parties principales font un alambic , dont la forme efl ordinairement fphérique, & un ou deux récipients. De falembic la vapeur paffe dans le récipient , communiquant par fon fond, avec le tuyau ou les tuyaux d'afpiration, Sc avec le récipient qui fè vuide par l'aétion répulfive de la vapeur; c’eft-à-dire , que cette vapeur venant à frapper l'eau , la comprime Sc ia chaffe hors du récipient : cette marche rend fort lente l'opération qui, par elle* même , efl déjà très-bornée, ne pouvant guere élever plus de y tonneaux d’eau par heure, cette quantité étant proportionnée à la capacité ordinaire du récipient ; à la vérité , on n’eft pas obligé de faire dans cette Machine plus de feu qu’on n’en fait dans une grande cheminée ordinaire.
- minée , échauffer les ferres chaudes Sc faire marcher la Machine en même-temps, ou chauffer feulement la Machine fans les ferres , ou les ferres fans la Machine. Elle marche déjà depuis long-temps , fans avoir éprouvé le moindre dérangement ; parce qu’elle eft extrêmement Ample , Sc qu’elle n’a befoin d’autre agent que le feu.
- Cette Pompe occupe fort peu d’efpace Sc peut fe placer par-tout où l’eau n’eft: pas à plus de 20 ou 25 pieds de profondeur ; fi elle éroit beaucoup plus baffe , on feroit obligé de faire ce qui a été exécuté dans le jardin de M. le Duc de Chartres , au fauxbourg du Roule, .ou les puits ont 70 à 80 pieds de profondeur : la Machine à feu a été placée au-deffus d’un puifard qui a été rempli une première fois par un moyen quelconque ; l’eau de ce puifard élevée par la Machine eft portée à l’autre bout du jardin , par des tuyaux de conduite, fur une roue de moulin qu’elle fait tourner, & dont
- l’aCtion donne le mouvement à des Pompes ordinaires ; après quoi elle retourne au puifard d’où elle a été tirée, par un canal en forme de riviere.
- Ces Machines peu coûteufes , exécutées en grand, pourroient être fort utiles à beaucoup de Manufactures fituées dans des Pays où les matières combuftibles font à bon marché : elles peuvent faire marcher des ufînes de toute ef-pece. Dans un Supplément, à la fuite de l’Ouvrage de M. de Digny, on trouve la description d’une petite Pompe à feu de 12 pouces de diamètre fur 18 pouces de hauteur, qui produit ppo livres d’eau par minute , fauf les déchets.
- MM. Périer conftruifent actuellement chez eux , plusieurs de ces Pompes , dans une forme portative; ils pourroient même les difpofer à agir par le feu d’une Cuifine. Peut-être parviendront-ils à les adapter à beaucoup d’autres objets.
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- Quoique cette Machine n’ait communément qu’un récipient, M. Defaguliers ne regarde pas comme tout-à-fait inutile la méthode de M. Savery , dans laquelle on en emploie deux pour un feul alambic ; il la juge même préférable dans certaines occafions , moyennant quelques corrections ; mais ce Savant reconnut, dans un modèle propre à agir, tantôt avec deux, tantôt avec un feul récipient, qu’un feul récipient peut fe vuider trois fois , pendant que les deux qui s’em-pliiîent fucceflivement, ne peuvent fe vuider qu’une fois chacun : en forte qu’une Machine parce moyen feroit aulîï fimple, agiroit plus aifément, coû-teroit prefque la moitié moins, & éléveroit un tiers plus d’eau. Il conftruifit, d’après cette expérience , une Machine qu’il décrit dans fon Ouvrage , & qu’il a accompagnée d’une Planche (i). Sur ce modèle , il en a conftruit enfuite plufieurs, dont la première fut pour le Czar Pierre, qui la plaça dans fon jardin de Péterfbourg ; il en a auflî conftruit , à Kinfington , une qui va très-bien avec un feul récipient ; il en avoit même une chez lui qui élevoit l’eau à 3 y pieds, dont il faifoit voir le jeu & les effets dans fes Cours.
- M. Cambray de Digny a joint à cette Machine fimple une Machine à levier, conftruice fur les principes de Bélidor, & propre à élever l’eau à une grande hauteur, plus convenable'que celle de Savery , pour fournir une grande quantité d’eau à tous les degrés d’élévation où peut porter la preflion de fatmofphere.
- Afin que la Machine opérât tous fes mouvements par elle-même , il a imaginé une roue , mue par un courant d’eau ménagé avec l’eau même du réforvoir qui recevroit l’eau que produirait la Machine.
- Dans l’intention d’éviter de faire refouler l’eau , pour évacuer les Pompes, il les a ouvertes par le flanc, où il a ajouté un mouvement qui les ferme lï cxaélement dans l’inftant du vuide, que l’eau ne fauroit y pénétrer.
- Il a imaginé des mouvements particuliers , foit pour l’entretien de la chaudière , foit pour donner cours à l’eau d’injeélion l’intercepter , pour élever l’eau au fommet de la Machine, & relativement à ces deux derniers objets, pour ouvrir & fermer fucceflivement le paflage à la vapeur, de même que pour ouvrir & fermer fes Pompes : je renyoye pour uh plus grand détail à l’Ouvrage de i’Auteur.
- Machines a Balancier l ou a Levier.
- Ces Machines , nommées fouvent Machines de Newcomen, parce que ceft lui & Cawlay qui, les premiers, l’ont exécutée , de maniéré à produire tous fes effets , font celles qui font décrites par DefàguLiers , enfuite par Bélidor % elles font mieux nommées, Machines a Balancier, du nom de h principale pièce qui les fait mouvoir,
- ( 1 ) Hanche 401
- Ceft
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- C’eft un grand Balancier mobile fur un axe qui le traverfe perpendiculairement : Tune des extrémités du Balancier fait mouvoir les Pompes deftinées à tirer l'eau du fond des puits, ou à élever l'eau du réfervoir tandis que lautre extrémité eft appliquée à un pifton qui monte Sc defcend alternativement dans le cylindre on fe fait fuccefîivement l’élévation Sc la condenfation de la vapeur de l’eau ; ce cylindre communique à une chaudière où fe forme la vapeur qui remplit le cylindre dont nous venons de parler, Sc en faifànt équilibre avec l’air extérieur donne lieu à l’aétion prépondérante de l’autre bras du Balancier.
- Le pifton étant arrivé à Ion plus haut terme , un mouvement particulier interrompt, par le moyen d un régulateur, la communication d’entre le cylindre & la chaudière : en ce moment un filet d’eau froide amenée par un tuyau condenfe la vapeur du cylindre , dont la force s’anéantit y opéré le vuide y Sc donne lieu à la colonne d’air de refouler le pifton jufqu’en bas; alors le mouvement agiflant en fens contraire ferme le robinet d’injeétion , r’ouvre le régulateur Sc laiffë à la vapeur la liberté de monter dans le cylindre , & le jeu de la Machine recommence ; ainfi toute cette manœuvre dépend des actions fuccelîives de l’eau en vapeurs 9 de l’eau froide , & du poids de l’atmofphere.
- Lorfque cette Machine à Balancier eft bien réglée, fes opérations s’exécutent en 4 fécondés, dont 2 pour la levée du pifton , Sc 2 pour fa chute* Ces Machines ont différentes grandeurs, félon l’objet qu’on fe propofe en les conftruifant; il y en a dans iefquelies le cylindre a y à 6 pieds de diamètre intérieur, Sc le pifton 6 à 7 pieds de jeu : il y en a de plus grandes encore , & alors on y Nmet ordinairement deux chaudières qui communiquent avec le même cylindre, Sc qu’on fait bouillir alternativement,
- Les dimenfions des autres parties de la Machine fe réglant à proportion , de maniéré qu’elle donne une puifîance égale à tel poids que ce fait. Car fl le diamètre du cylindre , par exemple , de 2 pouces & demi de diamètre , étoit augmenté de 10, ou de 100 fois , fon mouvement feroit aufïï facile 9 quoique fa puiftànce fût augmentée comme les quarrés de ces nombres.
- Mais en même-temps cette Machine a aufîî fes bornes : elle ne doit pas être trop petite ; car elle auroit un trop grand frottement à proportion de i’eau quelle éléveroit, & elle feroit trop diipendieufe, étant compofée d’autant de parties que les plus grandes Machines , qui reviennent à meilleur marché, à caufe de la proportion de l’eau que la Machine éleve. Le frottement eft toujours comme le diamètre du cylindre , au lieu que la quantité d’eau qui s’éleva, eft comme le quarré du diamètre 9 Sc La partie de la puilîance qui eft employée à mouvoir tout le petit méchanifme , beaucoup plus grande à proportion dans une petite que dans une grande Machine.
- C’eft cette Machine à Balancier 9 la feule ufitée actuellement dans les Mines d’Angleterre , Sc ailleurs, qui va être le fujet d’une révifion particulière, dans Charbon de Terre. //, Part. M 12
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- ioj6 DU CHARBON DE TERRE plufieurs points de conftruétion : nous commencerons par quelques-unes de ces Machines les plus remarquables en Angleterre ; nous viendrons enfuite à celles qui font établies en France,
- Particularités de quelques Machines a feu en Angleterre.
- Dans quelques quartiers de la ville de Londres, il y a de ces Machines, pour diftribuer l’eau de la Tamife * par des tuyaux , dans les Cuifines & B rafle-ries ; une entre autres , dont il va être parlé, & une à Chelfea : toutes ont été détruites & rétablies à plufieurs reprifes differentes.
- Les vieilli tu des qu’elles ont éprouvées , fe reffèntent fort des contradictions qu’a efluyées l’introduélion du Charbon de Terre dans cette même Capitale ; voyez page 422. Soit difficulté particulière Si momentanée de 1 application continue de ces Pompes à l’ufage qu’on en faifoit , foit (comme Ta voulu l’Auteur d’une Feuille hebdomadaire ) , (1) incommodité que la fumée du Charbon de Terre y nécefaire pour le fervice de ces Pompes, répandoit dans
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- la Ville , du côté ou le ventportoit ; on y avoit pendant long-temps abandonné leur ufage ; mais on y eft revenu , ou parce que les premières difficultés fe font applanies avec le temps ? ou faute de meilleurs expédiait (2).
- Celle de ces Machines qui a été placée, en 1728, furie bord de la Tamife, Si qui après avoir été détruite , a été rétablie Si fimplifiée , n’eft pas tout-à-fait la même dans faconftruétion que celle de Frefhes ; les petites différences qui s’y trouvent, ont fait juger aux Editeurs de l’Encyclopédie que la defeription de cette Machine méritoit d’avoir place dans leur Ouvrage (3) : je vais emprunter cette defeription , Si j’y joindrai celle que M, Bélidor a donnée de la Pompe afpirante'& refoulante de cette Machine.
- Defeription du Steam-Engirte établi a Londres , à York-Buildings , fur le bord de la Tamife ; & de la Portipe afpirante & refoulante exécutée dans cette Machine.
- y) Cette Pompe eft placée dans un bâtiment où l’on a confirme un four-» neau, au-deflus duquel eft une grande bouilloire de cuivre , fphérique par en-» haut y bien fermée & entourée de par-tout d’une petite gallerie extérieure , y) lai fiant circuler la fumée du fourneau , qui entretient la chaleur de l’eau » bouillante dont la bouilloire eft remplie aux trois quarts.
- ( 1 ) M. Deparcieux , dans fon troifieme Mémoire fur la rivière d'Yvette , comptoit pour un obftade à Tctdbülîement de ce même moyen pour la ville de Paris , !a dépenfe annuelle ôc journalière de ces Machines , les accidents auxquels elles font fujettes, 6c qui entraînent un nombre d’embarras confidérables & d’emplace-
- ments furîa riviere ou à côté, fur les ports, Ôc fur les quais. Voye\ le Volume des Mémoires de l Académie pour Pannée 1767.
- ( 2 ) Avant-Coureur , Lundi 1 p Avril 176S t No. 33 , pag. 524, où l’on rend compte du troifieme Mémoire de M. Deparcieux.
- (3; Tom. VU J, pag. 36 f , au mot Hydraulique/
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- » Le cylindre de la Pompe eft de cuivre, Sc d’un diamètre proportionné* ïi eft garni de Ionpifton ; ce pifton defeend Sc séleve dans le cylindre:J y> ce n’eft qu’une plaque de cuivre roulée & bordée de cuir ; il en eft plus » léger , Sc la vapeur le chafle d’autant plus facilement.
- » Il y a une chaîne de fer, dont l’anneau eft accroché à la tige du pifton, » Sc tient à la courbe d’un balancier dont l’axe tourne fur un tourillon dont » les parties portent fur un des pignons du bâtiment.
- » Un bout de tuyau tranfmec la vapeur de feau bouillante dans le cylin-» dre, & la partie de la Machine qu’on appelle régulateur , ouvre & ferme en » dedans & au haut de l’alambic l’extrémité du tuyau de vapeurs.
- yy Ce régulateur eft un fléau , ou une coulifle de bois attachée à une petite » courbe concentrique à h piece cintrée du balancier auquel elle eft fixée , qui » fe haufiant par ce moyen Sc fe baillant, donne le jeu au régulateur & au robi-» net d’injeétion, en retenant par des chevilles fixées dans plufieurs trous faits » dans fon épaifteur, les axes recourbés & communiquants au robinet 8c au 5> régulateur, dont on rend l’effet plus ou moins prompt en bauflant & baif-» fant ces chevilles.
- y> Le tuyau de Vinjecleur defeendant du réfervoîr au-deflus, Sc fe coudant » pour entrer dans le cylindre , y jette environ neufà dix pintes d’eau froide » à chaque injeélion, par un robinet qui s’ouvre & fe ferme continuellement » au moyen des chevilles fixées le long de la coulifle.
- - » Il y a un petit tuyau qui fort de 1 înjeéleur, Sc qui a un robinet toujours » ouvert; il jette de l’eau prife dans le réfervoir au-deflus, en couvre le pifton » de cinq à fix pouces : c’eft ainfi que l’entrée eft fermée à l’air , Sc le cuir du » pifton eft humeélé.
- » On appelle robinets d'épreuve, ceux de deux tuyaux , dont le plus court » atteint feulement la furface de Feau de la bouilloire, Sc l’autre va jufqu’au yy fond ; ils indiquent tous deux l’excès ou le défaut de la quantité d’eau ou » de vapeurs conferyées dans l’alambic ou la bouilloire.
- » Un tuyau communiquant à la capacité du cylindre, laiffe écouler feau » injeétée, & la renvoyé à la bouilloire ; un autre tuyau attaché au cylindre » donne iflue à l’eau , qui d’abord croît lorfque le pifton eft relevé ; on y pra-» tique un robinet qui jette l’eau fur la foupape du tuyau qui laifle forcir 3c y> fair du cylindre & celui qui eft amené par l’eau froide.
- »Une valvule ou foupape couverte de plomb , laifle évacuer l’eau de la bouil-» loire , quand elle a trop de force ; au-deflus du pifton, il y a un tuyau de » décharge du cylindre, Sc au-haut du bâtiment un tuyau de décharge du y> réfervoir.
- » Deux autres courbes placées à l’autre extrémité du levier, font aller une » Pompe renverfée qui fournit un petit réfervoir , Sc des Pompes afpirantes )) pofées dans un puits, d’où feau eft portée dans un grand réfervoir. Le trop
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- » defumée de la bouilloire fort par une cheminée : l’eau portée dans le petit » réfervoir fournit la Machine ; celle portée dans le grand réfervoir fert à tel y> ufage que l’on veut ; c’eft elle qui mefure le vrai produit de la Machine.
- Defcripdon des parties du Pifton des Pompes du S team - Engine de York-Buildings (i) : voyez PL XLÈII, fig. 3 4.
- » Le tuyau d’afpiration A B , eft uni au corps de Pompe C D E F » comme à l’ordinaire , ayant une foupape à l’endroit de jonâion : le tuyau » montant F G K L 9 efl: auffi accompagné d’une foupape N, pour fermer » la fortie I H, de la partie coudée G L Jufques-là , cette Pompe ref-» femble afîez à celle qui efl: exprimée par la fixieme figure de la Planche » deuxieme ; mais le relie en efl: tout différent : le Pifton O P Q , eft un » cylindre creux ,de cuivre, qu’on remplit de plomb , pour lui donner un poids » capable de refouler l’eau qui doit paffer dans le tuyau montant ; & comme » la hauteur de#cette eau pourroit être telle , que le poids du Pifton ne fuffiroit » pas, on le furcharge avec des tables de plomb marquées T , qu’on enfile » dans la verge V, en auffi grand nombre qu’il eft néceffaire ; c’eft pourquoi » la tête du Pifton qui n’entre point dans le corps de Pompe 9 a une figure >> quarrée d’une capacité fuffifante pour fervir de bafe au poids T.
- » Pour éviter le frottement du Pifton contre la furface intérieure du corps de » Pompe, qui feroit confidérable , s’il avoit lieu fur toute fbnétendue, on a donné » au diamètre du Pifton deux ou trois lignes de moins qu’à celui du corps dePom-» pe, afin de laifïer un intervalle entre deux ; cependant pour empêcher la com-y> munication de l’air extérieur, qui feroit un obftacle à l’afpiration , & qu’en » refoulant, l’eau ne forte par l’entrée CD du corps de Pompe , on a dif-yy pofé cette entrée d’une maniéré fort fimple & fort ingénieufe , mais qu’on » ne peut bien entendre qu’avec le fècours de la figure fixieme , qui n’eft autre » chofe que la partie C D mile en grand.
- » L’entrée Z Z, du corps de Pompe, efl: accompagnée d’un rebord K Z, » qui régné tout autour, & coulé avec elle, comme font les brides ; fur le » rebord font appliquées deux ou trois rondelles de cuir E F G , repliées » autour de la furface intérieure du corps de Pompe ; enfuite efl: un anneau
- de cuivre, dont le diamètre du petit cercle tient un milieu entre celui du » Pifton , & celui du corps de Pompe ; là-deffus font pofées d’autres rondelles » de cuir A9B , Z , repliées comme les précédentes, mais d’un fens oppofé, » le tout recouvert d’un fécond anneau de cuivre H H, dont le petit dia-» métré I /, eft égal à celui du corps de Pompe; cet anneau eft lié avec le » rebord KL, par des vis C D, ajuftées dans leurs écrous ; ainfi 1 anneau » du milieu fert de guide au Pifton, qui ne touche qu’au cuir Z G, avec
- f 1) Architecture Hydraulique, Tvmc II * Chap, III, Liv. III, page 61,
- lequel
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- ET DE SES MINES, IL Part. - ioy9
- yy lequel il eft intimement uni ; car comme il y a toujours de l’eau dans la » cuvette X Y 9 le cuir fe maintient renflé ; cette eau ne pouvant s’écouler, yy empêche que l’air extérieur ne puifle s’introduire dans le corps de Pompe, yy & cela de la maniéré du monde la plus commode; puifqu’on peut, quand il yy eft néceflàire , renouveller les cuirs, & maintenir la Pompe en bon état , yy fins être obligé de démonter aucune de ces parties.
- » Pour que l’eau de la Pompe même, puifle entretenir la cuvette pleine *
- » on a ajouté un petit robinet R, qui a communication avec le corps de yy Pompe , &qui eft fermé par une clef S9 comme aux fontaines ordinaires. yy Quand le Pifton refoule, à caufo du jeu qu’on lui a donné , l’eau monte dans » le robinet ; 8c quand on veut qu’elle fo rende dans la cuvette , on ne fait yy que tourner la clef S ; 8c comme la violence avec laquelle elle eft pouflee yy par l’effort du Pifton , la feroit jaillir avec impétuofité, on lui oppofe une yy plaque de cuivre Z , portée par quatre branches, liées enfemble comme la yy figure le montre : ce robinet fert encore au commencement de l’afpiration ,
- » pour chafler l’air de la Pompe plus promptement que s’il étoit obligé de ^ yy fortir par le feul tuyau montant : on ouvre 8c ferme la clef S , alternative-yy ment quand le Pifton monte 8c defcend , comme à la Machine du vuide.
- Defcription de la Pompe a feu , établie fur une Mine ouverte dans lannée 17&S $
- a 6 milles de New^caflle.
- M. Jars, de qui nous empruntons cette defcription (1) 8c celle qui va fuivre , prétend qu’on n’avoit point encore vu de Machine à feu, exécutée avec autant de précifion que celle-ci, 8c dont le jeu foit aufîi aifé.
- Le diamètre du cylindre eft de 60 pouces : on y a mis auffi trois tuyaux d’in jeét ion.
- L’axe du balancier n’eft pas fait comme les autres; c’eft une piece de fer fondu, d’environ 2 pieds en quarré, & de 2 pouces d’épaifteur , fous le milieu de laquelle eft l’axe en forme de demi-cercle 9 dont le rayon peut avoir trois pouces ; le tout ne fait qu’une feule piece. La partie platte 8c quarrée a quatre trous à chaque extrémité de Taxe , pour la fixer au-defîous du milieu du balancier , avec des lames de fer qui Fembraflent entièrement, 8c qui font aflu-jéties avec des écrous ; cet axe eft placé au milieu dans une boîte de bronze $ qui le renferme dans toute fa longueur , & qui eft toujours pleine d’huile ou de graifle : on préféré cette méthode â celle des tourillons. On la croie aufîi la meilleure , eu égard au poids prodigieux qui fait continuellement effort fur l’axe.
- ‘ Cette Pompe à feu a deux chaudières ; elles font féparées du cylindre , 8è communiquent leurs vapeurs par un tuyau, qui répond à un autre petit cylindre
- ( 1 ) P> 198.
- Charbon de Terre. IL Part. N 12
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- io6o DU CHARBON DE TERRE
- ou tuyau, dont il fera parlé à la Machine qui va être décrite.
- Les chaudières font entièrement en fer forgé , dont les plaques font exactement clouées enfemble , 8c enduites d'un vernis particulier , dont je renvoie la compofition à l'article où je donnerai une récapitulation de toutes les pièces de la Machine à feu. ^
- Outre les deux petits tuyaux qui fe trouvent à toutes les Machines à feu pour régler la hauteur de l'eau dans la chaudière, on en a placé un de plomb fur le milieu de chaque chaudière, qui a environ deux pouces de diamètre, & dont l'extrémité extérieure eft toujours ouverte ; l'extrémité intérieure prend prefque fur la calotte qui fait dans cet endroit le fond de la chaudière , &par conféquent de beaucoup au-delfous de la furface de Feau bouillante ; mais fi un Ouvrier eft négligent, 8c vient à s'endormir , lorfque Feau a baille jufqu'à l'embouchure du tuyau , la vapeur fort avec beaucoup de violence & de bruit, ce qui avertit qu'il n'y a pas alfez d'eau : on prévient aulïï par-là, l'inconvénient de brûler le fond de la chaudière.
- On a donné au Pifton une levée de huit pieds. C'eft la première à laquelle on en ait donné autant: elle produit jufqu'à 12 coups dans une minute.
- Defcription (Tune Machine a feu de la Mine de JValker, a trois milles
- a TEfl de Netrcaftle, (1).
- Cette Machine, au jugement de M. Jars, eft la plus confidérable de toutes celles qui font établies dans les Mines du Nord de l'Angleterre , 8c peut-être la plus grande qui ait été faite jufqu'à préfent en Europe. '
- Elle fort à élever Feau d'une Mine qui a 100 toifos de profondeur perpendiculaire ; mais elle ne l'éleve que de 89 toifos, attendu qu'à 11 toifos de profondeur , on a pratiqué une gallerie d'écoulement de 4 pieds de hauteur, fur 2ÿo toifos de longueur (2), ayant fon embouchure à la rivière : elle a été prifo au niveau de la haute marée , de forte qu'on peut compter fûrement que la couche de Charbon dans cette Mine , eft environ à 88 toifos au-delfous du niveau delà mer (3).
- Le diamètre du cylindre eft de 74 pouces , ce qui fait 69 pouces pied-de-Roi, ou de 6 pieds 2 pouces Anglois& fa hauteur de 10 pieds 8c demi; on compte qu'il pefe plus de 13 milliers.
- Pour fournir la vapeur néceftàire à ce cylindre, il y a quatre chaudières très-grandes, dont trois font toujours échauffées; une des quatre eft de relais , pour s'en fervir lorfqu'on a des réparations à faire.
- Toute la partie des chaudières qui eft expofée au feu , eft faite avec du
- (1) Voyages Métallurgiques, page
- (2) Voyez la longueur de celle de Frefnes, poge 875, & de la Mine de Stora-Grufvan , pag.
- JL V»/ ^
- (3) Voyez la Note , inférée , pagz $$$, de la fécondé Partie de notre Ouvrage.
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- ET DE SES MINES. IL Part. io<Si fer battu réduit en tôles 9 qui font clouées enfemble de la même maniéré que les poêles pour les falines. La partie fupérieure qui forme un dôme , eft faite avec du plomb jetté eu tables, à l'exception de celle qui eft placée immédiatement au-deflous du cylindre, dont toute la calotte, au lieu d'être en plomb , eft en cuivre ; mais cet ufoge de faire des chaudières de matières différentes , n’a plus lieu actuellement ; on les fait totalement de fer. *
- f- Le fond des chaudières n'eft point plat,mais formant une efpece de voûte très-élevée 9 ayant la figure d'un cône, afin de préfonter plus de fur face au feu. Chacune des chaudières a fon fourneau Sc fa cheminée : il y a une, très-grande grille fous toutç la capacité du fond de la chaudière , fur laquelle on met le charbon , par mie porte de fer pratiquée for le devant ; le fourneau eft difpofé de façon que la flamme avant de parvenir à la cheminée, circule tout autour de la chaudière en forme de fpirale : on profite ainfi de la chaleur le plus qu'il eft poflible.
- La chaudière, dont le dôme eft en cuivre , eft placée au-deflous du cylindre ; mais entre deux il y a un autre petit cylindre feulement de 3 pieds de haut Sc de 30 pouces de diamètre , que l'on peut nommer le réjèrvoir pour la vapeur y parce que c’eft là où fe rend la vapeur des trois chaudières qui font échauffées par des tuyaux de communication ; delà elle pafle dans le grand cylindre, à l'aide du régulateur. Il eft actuellement d’ufoge de placer ce réfor-voir à vapeur au-deflous de chaque cylindre de Machine à feu, Sc même de n'avoir aucune chaudière au-deflous de ce réforvoir. La principale raifon eft que l'on fait les cylindres fi grands , qu’une feule chaudière ne fuffit pas ; d’ailleurs , il eft eflentiel d’en avoir toujours une en cas de réparation, pour ne point arrêter la Machine , Sc ne pas mettre les Entrepreneurs dans la néceflité de fufpen-dre l'exploitation, puifque les eaux monteroient en fort peu de temps, & noye-roient les Ouvrages. L’intérieur du cylindre eft fi vafte, qu’un foui tuyau d’injection pour fournir les eaux froides qui condenfent la vapeur, n’auroit pas été ^ fuffifant ; on en a mis trois également diftants les uns des autres , & qui font un très-bon effet.
- Le Pifton du cylindre eft fait d'une feule piece de fer fondu ou coulé, dans lequel il y a cinq trous ; celui du milieu fort à fixer la branche qui le foutient j les quatre autres fervent pour quatre tiges de fer qui répondent à la branche principale à laquelle elles font fondées. Tout autour de cette piece de fer, il y a un rebord, que l’on garnit bien avec d.s morceaux de vieux cables ou cordages; on met du cuir par-deflus, afin que le Pifton joigne bien au cylindre , empêche l'eau , qui eft toujours par-deflus, d'y entrer, Sc que le vuide s'y fafle beaucoup mieux.
- On eftime que cette Machine a une puiflànce de 34 mille quatre cents feize livres, & qu'elle n’a que trente Sc un mille quatre-vingt-feize d’effort à faire ,
- & qu'ainfi on épargne, quant à préfent, trois mille trois cents vingt livres , dont on peut la charger en cas de befoin.
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- 1062 DU CHARBON DETERRE
- La levée du Pifton de cette Machine, & par conféquent des Pompes , puifque le balancier a fon point d’appui au milieu, ell de 6 pieds : elle donne depuis huit jufqu’à dix coups de Pifton dans une minute.
- Des Machines a feu, dites a RÉPÉTITION, cejl-a-dire, a plufieurs corps de Pompes.
- Dans les Pompes de ces fortes de Machines, l’eau ne pafîe dans le tuyau montant que par intervalle , c’eft-à-dire, quand le pifton refoule , & le temps de rafpiration eft un temps perdu ; c’eft pourquoi dans les grandes Machines pour élever beaucoup d’eau, il y a toujours au moins deux corps de Pompe féparés, qui répondent au même tuyau montant par des branches qui s’y réunifient, Alors, tandis qu’un pifton afpîre, l’autre refoule , 8c l’eau ne celle pas de monter. Ces Machines qui font mouvoir plufieurs corps de Pompes , comme à Montrelay, en Bretagne , & dans d’autres endroits, font appellées Machines a Répétition. Nous allons en donner un exemple dans celle qui épuife les eaux de la Mine de Walker, qui fait mouvoir trois corps de Pompe, & dont M. Jars a donné la defcription qui fuit.
- La répétition” partant du fond de la Mine , eft compofée d’une feule Pompe, de 37 toifes de hauteur ; le diamètre du corps de Pompe où joue le Pifton , eft de 10 pouces.
- La fécondé répétition eft compofée de deux corps de Pompes de 18 toifes de hauteur , dont une a 13 pouces de diamètre , & l’autre 7 pouces feulement.
- Enfin la troifieme répétition qui a 34 toifes de hauteur, eft compofée également de deux Pompes, dont l’une a 12 pouces de diamètre, & l’autre neuf feulement ; cette augmentation de diamètre des Pompes en remontant eft en proportion de l’eau qu’on a élevée , puifqu’on en ramafle à différentes hauteurs, afin d’avoir à l’élever d’une moindre profondeur.
- Cette augmentation du nombre de corps de Pompes eft une des chofes les plus intéreffantes dans la pratique , par l’utilité qu’on en retire, de diminuer d’une façon marquée la réfiftance que produifent les étranglements ; M. le Chevalier de Borda , dans le Mémoire où il s’eft occupé de la recherche des effets des étranglements dans les Pompes , a appliqué particuliérement la méthode dont il s’eft fervi pour cet examen, aux Pompes mifes en aélion par les Machines à feu, & en particulier à celle établie aux Mines de Charbon de Montrelay : nous en donnerons ici l’extrait rédigé par l’Hiftorien de l’Académie (t).
- Dans la Machine de Montrelay, les piftons des Pompes ont 6 pieds l de jeu. La Machine donne neuf coups de pifton par minute, ce qui donneroit 6 fécondés f par vibration ; mais comme il y a un peu de temps perdu entre
- (1) Hiftoire122 , Sc 423 des Mémoires.
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- ET DE SES MINES. II. Part. 1063 la defcente & la levée du pifton , M. Borda croit qu’on peut légitimement fixer le temps de chaque vibration à y fécondés y , & par Conféquent celui de chaque demi-vibration à 2 fécondés f.
- Le calcul appliqué aux éléments, qui fervent de bafè à la recherche , ( & que nous omettons ici) donne pour réfultat, que la force néceflàire pour mouvoir cette Pompe eft à celle qui fiiffiroit, s*il n’y avoit point d’étranglement, comme 61 4- 4,88 eft à 6t, ou , ce qui revient au même , qu’il y a de chef plus d’un treizième de la force perdue.
- Le même calcul a encore été appliqué à une autre Machine à feu , employée au de(Téchement d’un grand lac ( c’eft celle de Moefs, près Dunkerque ) ; elle n’élevoit Peau qu’à y pieds de hauteur ; le jeu de chaque pifton étoit de 6 pieds, & elle faifoit dix alpirations par minute ; mais le temps de fà montée étoit un peu moindre que celui de fà defcente , & il y avoit entre l’un & l’autre un petit intervalle d’environ une demi-feconde. La mefure des ouvertures des fou-papes lui fit juger que leurs palfages contraéloient la colonne de fluide dans îarailbn de 4 f à r ; mais que les foupapes inférieures produifoient une contraction un peu plus grande. Le calcul fait d’après ces données, il en réfulte que la force néceflàire pour mouvoir ces Pompes _eft à celle qui auroit fuffi , s’il n’y avoit aucun étranglement, dans le rapport de 7, 868 à y , ou prefque comme 8 eft à y.
- Cette recherche l’a conduit à une réflexion très-importante : Puifque la réfiftance occafionnée par les étranglements, croît comme le quarré de la vîtefle du pifton, on peut en diminuant cette derniere d’une certaine quantité , diminuer l’autre bien plus confidérablement ; fi, par exemple, au lieu de quatre piftons , ayant chacun 6 pieds de jeu , on en mettoit 8 qui ne jouaflènt que de 3 pieds , la Machine ne feroit pas plus chargée , & la réfiftance eau fée par les étranglements feroit réduite au quart de ce qu’elle étoit 5 avantage bien réel, & que l’on doit aux recherches de M. de Borda. On doit donc, dans la pratique f augmenter plutôt le nombre des corps de Pompes, que d’augmenter la courfe & la vîtefle des piftons,
- h Particularités de quelques Machines a feu, en France.
- La Mine de Charbon de Montrèlay, aux confins de l’Anjou & de la Bretagne , ainfi que quelques Charbonnières du Hainaut François , tire avantage , pour l’épuifement des eaux, des Machines à feu ; les détails des proportions des principales pièces de ces Pompes à feu ont été publiés dans différents Ouvrages ; nous ne faifons ici que les raflembler. 1
- Dans la Mine de Montrèlay , ou cette Machine regardée mieux conftruite que celles du Hainaut, éleve l’eau par fix répétitions de Pompes, qui ont 3 pouces & demi de diamètre ; les proportions font indiquées comme il fuit. Charbon de Terre. IL Paru O 12
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- DU CHARBON DE TERRE
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- Par M, le Chevalier de Buat , (1),
- Cylindre, pouces ôc demi de diamètre , ( mefure de Roi) fur 9 pieds £ de hauteur.
- Jeu du pifton, environ 6 pieds
- Chaudière j iy pieds & demi de diamètre 5 il n'y en a qu'une , Ôc fon fonds eft convexe.
- Balancier, 2y pieds de longueur, fur 36 pouces d’équarriflage à fon milieu.
- Profondeur de laquelle l’eau eft élevée , 600 pieds.
- Dans la Machine de Bois-BoJJut, /’Encyclopédie donne les proportions fuivantes.
- Diamètre du pifton, ^o.pouces Ôc demi, mefure de Roi, c'eft-à-dire ,730 pouces ôc demi de furface.
- Jeu du pifton, 6 pieds jufte.
- Nombre de coups par minute, 14.
- Diamètre des Pompes, 8 pouces 3 lignes.
- Profondeur dont l’eau eft élevée , 242 pieds.
- Six cents quatre-vingt pieds de barres, qui font mouvoir les quatre Pompes, faifant un attirail du poids de 3000 liv. environ.
- Poids de l’eau élevée pour le fervice delà Machine par une petite Pompe particulière pour le grenier ou réfervoir d’eau, nommée Pompe de la Bâche , 2,38 livres.
- Volume d’eau élevé à chaque coup de pifton, 6288 livres.
- Machine de Frefnes, proche Condê , par M. l'Abbé Bojfut, (f).
- Diamètre du cylindre, 44 pouces.
- Hauteur, p pieds.
- Pifton, ( jeu du ) 6 pieds.
- Balancier, longueur ,25 pieds.
- Par M. de Borda, (2).
- Diamètre du Pifton ou cylindre, $6 pou^ ces Anglois , revenant à 52 pouces -mefure de Roi. 2 9
- Jeu du Pifton, 6 pieds 3 pouces.
- Nombre de,coups par minute , 8 ~9
- Diamètre des Pompes, 8 pouces 6 lignes.
- Profondeur de laquelle l’eau eft élevée ’ 612 pieds. 9
- Poids des attirails, tout compris ôc dédu&ion faite de la quantité qui eft fupportée par le contrepoids, 600 livres.
- Dans la Machine de la PoJJe dlAnzin ^ nommée le Corbeau , M, JLavoiJier, indique les proportions fuivantes , (3).
- Diamètre du cylindre, ou pifton , 44 pouces mefure de Roi.
- Levée du pifton, y pieds 6 pouces.
- Par minute, de 7 à B coups.
- Diamètre du pifton des Pompes, 7 pouces ôc demi.
- Profondeur d’où elle éleve l’eau , 4311 pieds 5? pouces mefure de Roi.
- Poids des attirails de toute efpeee, 800# livres, (4).
- Par M. Bélidori *
- Cylindre, diamètre, 30 pouces;
- Epaiffeur, 18 lignes.
- Hauteur , g pieds.
- Pifton jouant dans le cylindre , fur une hauteur de 6 pieds, a 28 pouces 16 lignes de diamètre.
- Piftons des Pompes, diamètre, 7pouces*
- Levée, 6 pieds.
- Remarque fur les Piftons pour les grandes Pompes, conftruits comme ceux qui font exécutés dans la Machine de Frefhe.
- Ce Pifton percé, eft tout ce qu’il y a de mieux imaginé pour les grandes Pompes ; il a mérité la préférence fur tous les autres qui ont été eflàyés, étant d’une folidité à toute épreuve, & l’eau pouvant le trayerfer fans contrainte, quelque vîteffe quelle puifle avoir en defcendant : on en trouve la defcription dans le Cours de Phyfique Expérimentale du Doéleur Défàguliers (6), ainfi que
- (1) Hydrodynamique de M. l’Abbé Boflùt , Chap. II, Part. I,pag. 135?.
- (2) Calculs ôc obfervations fur le projet d’é-tablifîement d’une Pompe à feu, pour fournir de l’eau à la ville de Paris, par M. Lavoiüer. Mémoires de l’Académie des Sciences, an, 1771*,
- . . *
- (3) Qu’il a mefurées lui-même fur unetoife
- étalonnée. Voyez Ie Mémoire cité précédemment.
- (4) M. Lavoifier obferve que les deux bras du balancier ne font point égaux ; celui qui répond au cylindre n’a que 14 pieds, tandis que celui qui tient aux Pompes enaij.
- (y) A la fuite de la defcription de la Machins de Bois-Boflht, par M. le Chevalier de Buat,
- {6) Leçon 8% page 1751 .
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- ET DE SES MINES. II. Part. iotfy
- dans rArchiteéture de M. Bélidor, qui les a lui-même deflînés fur les lieux ; nous ferons connoître, d’apres ce dernier Auteur, la conftruéliondecesPiftons , après avoir fait obferver leurs avantages d’après M. Défaguliers.
- Les principaux avantages de ces fortes de Pillons , font qu’ils donnent un libre palfage à l’eau, d’où il réfulte le moins de frottement polïible , parce qu’ils ne touchent le corps de Pompe qu’à l’extrémité fupérieure de la boîte de cuivre, & que le fable ou le grayier mêlé ordinairement avec l’eau , ne peuvent s’introduire avec le Pifton & le corps de Pompe, à caufe de l’anneau de cuir qui eft plus élevé que le tuyau de cuivre ; car fi cela arrivoît, il fe feroit un grand frottement, & le corps de Pompe feroit bientôt gâté ; mais après cela tout le fable tomberoit en bas fur les fbupapes , d’où il feroit aifé de le tirer ; de plus , fi par accident le mouvement d’un côté de la foupape étoit arrêté, l’autre y fuppléeroit, en attendant que le premier fût remis en place.
- Confiruclion du Pifton des Pompes & des. Soupapes de la Machine a feu de Frefne, dejfinés & décrits par M. Bélidor (i).
- j>Le corps du Pifton , figuré en cône tronqué, avec un rebord c, e , » fîg. J , eft une boîte de cuivre , à-peu-près femblable à celles qu’on met » dans les moyeux des roues. La fig.7> en fait voir le profil. Cette boîte » dans fon plan fupérieur , eft traverfée d’une barre percée d’une mor-to taife : fur la furface de la boîte eft appliquée une bande de cuir A ,A , » fig. 7 f embraffée par le bas d’un cercle de fer, que l’on encaftre dans l’é-ï) paifleur du cuir qui a près de trois lignes, ce qui fe diftingue encore mieux » dans la figure fixieme.
- » Le Pifton eft couvert d’une foupape de cuir, fortifiée par des plaques de » tôle ou de cuivre faites en fegment de cercle ; au-defTous de la foupape » il y a aufll de fembiables plaques, mais d’un plus petit diamètre , afin qu’elles » entrent dans le corps du Pifton , n’y ayant que le cuir & les plaques fupé-» rieures qui repofent fur le bord de la boîte : ainfi le cuir fe trouve ferré » entre-deux, à l’aide des quatre vis, accompagnées de leurs écrous.
- » Cette foupape s’applique fur la boîte , en forte que le milieu, foit pofé » fur la barre ; & pour lier le tout enfemble , on fe fert d’une croix de fer, » qui eft un profil coupé fur la longueur de la barre : une partie de cette croix » de fer fe pofe fur le milieu de la foupape ; alors un tenon O P, fig. 8 , traverfe y> le trou E,fig. 7, enfile une barre de fer Q R, dont les extrémités XX s’en-ï> caftrent moitié par moitié dans l’intérieur de la boîte, & dans fon épaiffeur, qui
- (1)Tome II,pag. nf, ou l’Auteur a raffem-blé fur les figures 14, 17, ifc , 19 , 20, 21 &
- 22, les différent^léveloppemcitt$ de ce pifton.
- Nous ne donnons ici que les plus eflentieJs éclaircis tpar les figures j', 6, 7 , 8, Planche XIVH.
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- ro66 DU CHARBON DE TERRE
- » eft échancrée en cet endroit, de même que le cercle B B , qui fe trouve » foutenu par ce moyen & ferré contre la boîte, en faifant entrer une cia-» yette V dans un trou M 9 comme on peut en juger par la figure 8 ,
- » encore un profil du Pifton coupé à angle droit avec le précédent.
- y> Quant à la tige L O > on l’ajufte avec une barre de fer, à laide d’un » tenon qui eft à (on fommet, & delà mortaife qui paroît dans le milieu, » Sc des deux viroles fervant à les ferrer l’une contre l'autre; cette barre eft » pendue à une manivelle ou à l'extrémité d'un balancier*
- Révifion générale de la Machine a feu, fur lés Planches.
- Un Maître Ouvrier , un Direéleur de Mines, ne peuvent avoir trop com-plettement & trop exactement l'idée de toute cette Machine & de fon méchanifme. Le Maître Ouvrier , pour réuflîr dans fa conftruéiion , & donner à toutes les pièces qu'il affemble la jufteffe & la précifion nécefîâires ; le Directeur , pour reconnoître les caufes des dérangements qui peuvent fur venir , & y apporter remede. En faveur du Conftructeur & du Direéleur, nous rappellerons d’abord le méchanifme des Pompes a feu , par l’explication & le développement des Planches de la Machine de Griff, d'après l'Auteur même de la defeription que nous avons donnée page 408. Nous emploierons à ce même ufage les Planches de la Machine de Frefnes , dans le courant du tableau général de décompofition de ces Pompes, qui nous a paru très-commode , pour rappeller la qualité , l’ordre , la difpofition la quantité des différents matériaux qui * entrent dans la conftruéiion de ces Machines.
- Explication détaillée des parties de la Machine a feu , a levier, établie a Griffa
- en Angleterre, démontrée par les Figures.
- La Poutre perpendiculaire, nommée fbuvent Coulijfe, dont la figure r de la Planche XL VII ne repréfente qu’une partie Q, eft vue en entier PL XLIX, lettre L, avec toutes fes dépendances relatives à l’ouverture & à la fermeture du régulateur , ainfi que du robinet d'injeélion ; mais dans la Planche XLVIII, la figure 18 développe à part tout ce méchanifme plus en grand, en recourant en même-temps aux autres figures de renvoi.
- ) Aijfieu tournant du Régulateur;
- Entre les deux pièces perpendiculaires de bois de chaque côté, & marquées A 3 B dans la figure 18 de la Planche XLVIII, il y a un aijfieu de fer quarré ( repréfenté féparément PL XLVIII, fig. 13 ,) qui porte quatre pièces de fer pour fervir à faire tourner le Régulateur, en pouflanc en ayant, &
- * tirant
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- ET DE SES MINES. IL Part, toSf
- tirant en arriéré h fourchette attachée au manche du Régulateur ; elle eft marquée Q , O , E , L , fig- 18 » PL XLVIII, ( ou par les lettres N-9 O, M» fig. 14 ) ; la fente de la couliflè perpendiculaire eft faite de maniéré que les chevilles agiffent en avant, au milieu & en arriéré pour élever & abaifler les leviers f , 4 , qui meuvent l’aiflieu de fer, autant quil eft néceflàire , autour de fon centre. Mais le Leéleur concevra mieux la chofe par i’infpeétion des pièces dans la Planche XLVIII, & il fera en état de les bien comprendre dans la Planche XLIX.
- Les lettres A B, de la figure 13 de la Planche XLVIII , repréfentent l’aiflieu de fer dont on a parlé , & qui eft marqué par les mêmes lettres dans la figure 18 ; il y a une piecece D E , qui le nomme Y , parce quelle repréfente cette lettre par lés deux branches, excepté feulement qu’elles font ren-verfées, avec un poids F, qui doit entrer dans fa partie fupérieure, où on le poulie plus haut ou plus bas, félon qu’il convient, par le moyen d’une clef ou d’un coin. Cet Y étant inféré dans le bout B de l’aiflieu de fer , y eft arrêté par une clef ou goupille en e ; il y a enfuite une efpece S étrier J K /, avec une longue cheville L qui doit être fixée dans fes trous félon l’occafion, de chaque côté de K. Cet étrier eft fufpendu par fes crochets /, /, fur l’aiflieu en z, i ; enfuite on place la clef ou manche G 4, fur l’aiflieu de l’autre côté, enforte qu’il foit placé 8c fixé en gy à angles droits avec l’Y. On fixe encore un levier ou manche plus court à angle demi-droit avec celui-ci, (c’eft-à-dire, entre la longue branche de l’Y & G4) , fur l’aiflieu en A, où il eft arrêté.
- On voit toutes ces pièces de la maniéré qu’elles font arrêtées enfemble fut l’aiflieu dans la figure 18,où l’on peut obferver quelorfque la coulifîe monte, elle éleve le bras H 5 , par le moyen d’une poulie qui roule dans fon milieu, ce qui faittourner l’aiflieu autant qu’il le faut pour pouffer l’Y , avec fon poids F, de C vers 6 ; & dans cette direétion , après avoir pafle la perpendiculaire , il continueroit de fe mouvoir vers Q , s’il n’étoit arrêté par une bande de cuir fixée à fon fommet en E, 8c arrêtée aux points m, n, de maniéré qu’elle laifle à l’Kla libérté de faire fes vibrations autour d’un quart de cercle , lorf-qu’il tombe en avant ou en arriéré après avoir pafle la perpendiculaire*
- La figure 14 , PI. XLVIII, repréfente la fourchette horifontale M' O N3 qui doit être attachée par fon bout O, au manche du Régulateur P q, Q 10, y ayant différents trous dans ces pièces, afin que chaque partie de l’extrémité O puifle s’arrêter dans chaque partie de la fente du manche , félon que cela eft néceflàire pour faire mieux mouvoir les deux pièces : on peut voir cela dans la figure 18, où l’autre extrémité de la fourchette eft arrêtée au bas de Y étrier en E K N L , par une longue cheville horifontale L , enforte que la fourchette peut continuer d’être horifontale : à mefure qu’elle eft poulfée en avant 8c tirée en arriéré, par les coups que E 8c D, les deux branches de l’Y, donnent alternativement à la partie de devant ou de derrière de la chevilla
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- L, pour pouffer en avant ou tirer en arriéré le manche P io 3 ou pour ouvrir ou fermer le Régulateur, de la maniéré qui fera expliquée plus au long. Il fuffit de remarquer quant à préfent quil y a une pièce horifontale k l9 placée de façon que l’extrémité 10 du manche peut porter fur elle 8c en être fou^ tenue , à mefure qu’il glifle en avant & en arriéré. <
- Voici donc la fïtuation préfente de la Machine , telle qu’elle eft repréfentée par cette figure 18 de la Planche XLVUI. Le Régulateur eft ouvert, comme on le voit, en ce que fa plaque T y , eft écartée de deflous la communication ou tuyau SS, qui entre dans le cylindre. Le Pijlon eft à préfent en haut du cylindre ; par conféquent, la grande poutre & la coulijje perpendiculaire font prefqu’à leur plus grande hauteur , Sc la poulie qui eft dans la fente de la couliffe fur la chaudière , a tellement élevé le bras
- , que le poids ou la tête de l’Y a été porté de defious n julqu’à palier la perpendiculaire fur l’axe , Sc étant fur le point de tomber vers m , il donne un grand coup de Ion manche E fur la cheville L ; & amenant la fourchette ON, horifbntalement vers la coulijfe perpendiculaire , celle-ci tirera le bout io du manche du Régulateur vers l, Sc par ce moyen il fe fermera en failant gliffer la plaque Y fous le tuyau S S. La figure i * PL XLVII, repréfente la Machine dans cette fituation. Mais dans la Planche XLIX le coup eft déjà donné , & la communication fermée, comme on peut le voir en faifant réflexion que le poids qui eft à la tête de l’Y eft arrivé en 6 , auflï loin que le lien P 6 3 (marqué n 6, dans la figure 18 de la Planche XLVIII,) peut lui permettre d’aller.
- Defcription particulière du Régulateur , fig. lÿ , Planche XLVIII.
- Un robinet qui donneroit quatre pouces de pafîàge à l’eau , Sc qui fèroit affez gros pour laiffer entrer l’eau de l’alambic dans le cylindre, auroit eu tant de frottement, étant bien joint, qu’il auroit fallu une grande force pour le tourner, fur-tout dans la néceflité où l’on étoit de l’ouvrir Sc de le fermer trente-deux fois dans une minute : c’eft pour cela qu’on lui a lubftitué le Régulateur.
- La piece de cuivre R , que l’on apperçoit ici en R R > fig* 18 , Sc en L, fig. 8, au milieu du chapiteau de l’alambic, de même qu’en D E ,fig. i, PL XLVII, eft foudée avec le tuyau S S S, de 4 pouces de diamètre,
- & bien polie & applanie auprès de Ion ouverture en-deflous , afin qu’elle fe joigne bien avec une autre piece polie y Y y, qui lui eft appliquée en-deflbus ( la preflîon de’ la vapeur tient ces deux pièces unies lorfqu’elles font l’une fous l’autre). Il y a aufli dans la piece RR, un tuyau fort court ou conique plus petit en bas qu’en haut, pour recevoir la piece V W X, qui y étant entrée, peut fe mouvoir circulairement fans y laiffer paffer l’air ou la
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- ET DE SES MINES, H. Part, toS9 Vàpeür, 11 y a une chevilla quarree Z Z , qui traverfe cette dernière piecê lorfqu’elie eft dans fon trou, & qui y eft fortement arrêtée dans fa partie fupérieure Z*
- La clef du Régulateur fe place enfuite, & s'arrête en St W, comme on le voit dans la figure 18, PL XLVIII, où toutes les parties du Régulateur font en place. Ce Régulateur s'ouvre fort vite , & dix fois plus aifément qu'un robinet de même calibre : il y eft aidé par le poids F de l'Y, lorfqu'il a paffé la perpendiculaire, tombant avec grande force, & faifant donner un grand coup au bras qui eft deftous, foie en-dedans de la fourchette ou en-dehors * pour pouffer cette fourchette & tirer le manche du Régulateur du côté oppofé à celui où le poids tombe : ce poids eft caufe que le Régulateur fe ferme lorfqu'il tombe de fon côté , St qu'il s'ouvre lorfque le poids tombe de l'autre
- A /
- cote.
- Dès que le Régulateur eft fermé, le robinet d'injeélion s’ouvre pour produire le vuide , & il fe ferme immédiatement après que le pifton a commencé à defeendre ( car le vuide fe fait dans une fécondé de temps ), St cela s'explique par la figure 16 de la Planche XLVIII : de repréfente par deux lignes ponctuées le fond du cylindre vers l'injeélion ; St n , l’ajutage du tuyau d'injeélion en dedans du cylindre ; a b, une partie du tuyau qui vient du réfervoir d'injeélion ; c h , le robinet , & e, la clef du robinet qui a un trou long, droit & étroit, au lieu d’un trou rond, afin qu'il foit ouvert plutôt, Au haut de cette clef eft attaché le quart d’une roue dentée , qui tourne par l'engrenement d'un autre quart de roue i, fufpendue en bas autour de l’axe g h, lequel fe meut par le levier h k, que l'on nomme communément F\ Voyen^ la figure 18 de cette Planche XLVIII, où ces pièces font réunies, & où l’on voit comment la couiifte perpendiculaire les fait mouvoir par fes chevilles.
- Un moment après que le Régulateur eft fermé, la couliffe ne perdant pas d'abord tout fon mouvement vers le haut , la cheville s, fur fà partie extérieure* éleve l'extrémité i, de F , h k i 9 St ouvre le robinet etinjeelion ; l'injeélion produifant d'abord après un vuide, la couiifte commence à defeendre , St la cheville r ( que l'on peut placer plus haut ou plus bas ) abaiflant le F , ferme le robinet d’injeclion ; alors la couliffe continuant à defeendre , la poulie p appuyant fur le manche G 4 , tire en arriéré l’Y , dont le bras D , pouffe en avant la fourchette , & ouvre le Régulateur, afin de laiffer entrer la ndbveiie vapeur de la maniéré qui a été déjà expliquée : cette vapeur eft arrêtée dès que le Régulateur fe ferme, jufqu'à ce que le robinet pour l'injeélion de l'eau froide foit encore ouvert, &c. (1). Au centre c du F,kf,jig. 19, il y a une pièce
- (i)Au lieu de cette méthode d’ouvrir & de fermer le robinet d’injedion, il y en a une par le fecours des quarts de cercle ; elle eft plus en üfage, Ôc l’Auteur la croit beaucoup meilleure 3
- en ce qu’elle meut le robinet d injedion , paf une fecouffe, qui eft le meilleur moyen de fur-; monter le frottement.
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- double H9 qui forme un angle , pour prendre encre fes deux côtés le manche H G de la clef du robinet, quelle peut tourner fuffifamment pour ouvrir Sc fermer le pallàge de l’eau ; à la plus courte extrémité de F 9 on a fixé un poids IV, à un demi-pouce en-dedans de cette extrémité. Lorfque l’injeftion doit être fermée, le bout du F 9 en K, fe place fur une coche d’une piece pendante en K D ; mais lorfqu’une partie du méchanifme dérivé de la cou-lilfe pouffe la piece K , D en-dehors, l’extrémité du F 9 avec fon poids JV 9 tombe en-bas avec force fur le1 bloc de bois B , où ce poids refte jufqu’à ce que l’une des chevilles de la couliffe preffant fur l’extrémité f, du F 9 place l’extrémité oppofée, & le poids W, en D, arrêtant par ce moyen finjeétion qui fe renouvelle au coup fuivant par l’éloignement de D, &c.
- • (
- Maniéré de joindre enfemble les verges de fer des Pompes qui puifent l’eau dans le puits.
- Figure 20, Planche XLVI11.
- A B 9 eft un bout d’une verge quarrée qui a une petite piece cylindrique plus courte que la barre n eft épaiffe, & qui lui eft fixée à angles droits auprès de fon extrémité B, en 2 , & un trou en r , la barre étant un peu plus mince en B que par-tout ailleurs. L’extrémité de l’autre verge C9 a un petit cylindre 1, qui doit entrer dans le trou 1 de l’autre barre dont on vient de parler, & un trou en 2 , pour y recevoir le petit cylindre 2 de l’autre barre. Lorfque ces verges ont leurs extrémités pofées Tune fur l’autre , les petits cylindres font cachés, & les barres paroiffent n’avoir qu’une enflure quarrée comme en F ; enfuite prenant le collier quarré de fer D, on le fait pafler fur les barres en G 9 pour le conduire en F 9 où il refte fixe, fur-tout parce que E eft la partie la plus bafle de la verge, & que la moindre fecouffe en F contribue plutôt à fixer qu’à dégager le collier de fer.
- Même Planche XLVIII9 Figure p.
- Lorsque l’eau quil faut élever, eft à une grande profondeur , comme ici de 50 verges, fi l’on veut élever d’un fèul coup, on brifera les Pompes inférieur^, à moins qu’elles ne foient de fer , ce qui feroit coûteux; mais celles de bois peuvent fort bien fervir, fi l’on divife le tout en trois coups de 50 pieds chacun : on peut le faire en divifant la verge de fer qui va au fond de la Mine en trois , & falfant agir trois Pompes tout à la fois avec deux réfervoirs en chemin, & le troifieme en haut à l’ordinaire.
- La première Pompe ou la plus baffe P O, eft faite en cette maniéré : O o9 eft
- Varbre afpirantm fond du puits, qui a fà foupape afpirante auprès de 0 ; 0p , eft
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- un corps de Pompe de cuivre ou de fer, dans lequel le pifton agit ; P, Parbre fupérieur oui ’ arbre de délivrance , par lequel Peau eft conduite en-haut, Sc d’ou elle fort en Z, pour tomber dans le réfervoir Z P Q ; on place une fécondé Pompe dans la partie inférieure de ce réfervoir pour en tirer Peau qui s’y éleve pour tomber dans le fécond réfervoir S R 2.
- La verge Z Z , qui tire Peau du fond , eft divifée en W y * en deux branches , dont la féconde W y eft féparée de la première par le petit traverfier horifontal £ y, & ainfi elle paffe par R , arbre de délivrance , pour mouvoir fon pifton dans la Pompe r , & tirer Peau de i , par ¥ arbre afpi-tant Q, delà maniéré expliquée précédemment. Cette fécondé verge monte vers W W, pour joindre la principale ou première verge qui vient de la poutre en K, d’où elle fe partage en deux branches, dont l’une vers T, trap verfant Varbre de délivrance T 9 fait jouer fbn pifton dans la Pompe t9 qui eft fixée à Parbre afpirant s S , du dernier coup au plus bas du fécond réfervoir S 2 ( I ).
- Defcription particulière des corps de Pompes, & des Arbres percés,
- Planche XLVIII , Fig. io , n , 12,
- La dixième figure repréfente un cylindre de fer fondu ou de cuivre , qui eft ici de 7 pouces de diamètre en-dedans, d’environ 9 pieds de longueur , fort poli en-dedans de P en O, avec les tourillons R R9 comme aux canons , pour le mieux faifir, un collet en S & Q, Sc une diminution conique aux extrémités de Q en P , Sc de S en O , pour faire entrer fà partie inférieure dans Y arbre afpirant , fig. r 1, en L B 9 où elle eft arrêtée par un cerceau de fer chaffé dans le bout de Parbre , comme on le voit par le cercle ponélué 5 tout le calibre de Parbre en-deffous étant aulfi marqué par des lignes ponéluées de chaque côté de N & O. H H, eft un anneau quarré de fer pour mieux aflii-jettir Y arbre afpirant, foit lorfque la Pompe y eft pouffée en-dedans, ou que la cheville quarrée K J (2) qui bouche un trou quarré, aboutit à la fou-pape afpirante qui eft fixée à la hauteur de HH.
- Au fond de Y arbre afpirant, on infinue un petit tuyau de fer plein de trous C 3 O, pour empêcher la pouffiere & les charbons d’entrer avec Peau, & l’on chaffe enfuite un bon cerceau de fer A G, dans le bout inférieur du tuyau pour tenir tout en raifon. Lorfque la Pompe P Q RR S O, eft fixée à Y arbre afpirant en L , Y arbre foulant Z W X T V Y 9 de la figure X2 , ( qu’on nomme quelquefois arbre de force*) eft pouffé à fbn ouver-
- (1) Le piflon de cette Pompe (qui eft foulante &‘afpirante , employée dans la Machine de Griffj ) éc fes foupapes dans les arbres , font décrits à part dans FOuvrage , Leçon huitième, n°. 17, page 171 , où il eft parlé des Pompes :
- Charbon de Terre. IL Part.
- leurs différentes parties , font repréfentées par les figures 7,8,9, 10, n , 12 , 13 , 14, L 16 , de la Planche 14.
- (2) Cette cheville eft affujettie en place par des barres de fer & des vis.
- Q 12
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- 1073 DU CHARBON DE TERRE ture V T fur l’extrémité [conique Q P de la Pompe, y étant auffi aflùjetti par un cerceau de fer entre V & T, & par un autre qui eft oélogone en Y : le pifton &la verge tombent d’en-haut dans cet arbre, & le pifton defcend julque dans la Pompe. Si le pifton vient en certains temps à fe falir, on le tire en haut dans cet arbre entre V T T & Y X, pendant qu’un homme defcend dans le puits , Sc nettoye le pifton en tirant la cheville qui eft
- en X.
- Examen de la batijfe ou la Machine efi établie ; particularités de la confiruclion de l’Alambic & du Cylindre ; maniéré de placer l’Alambic dans un fourneau de briques, & d’arrêter le Cylindre au milieu de la batijfe , Pl. XLVIII, Fig- I.
- La premieré figure reprélente l’emplacement de la Machine. E B C D, eft le plan des murailles de la maifon ;///, le plan de l’Alambic ; c, celui du Cylindre •, a b, a b, celui des poutres qui fupportent le Cylindre , entre lefquelles la grande poutre joue5^, cette grande poutre, dont un bout en c eft fur le cylindre, & l’autre fur le puits en d.
- • Pl. XLVII, Figure a. Coupe verticale des quatre murailles de la batijfe , dont C D & E B font fuppofés être vis-à-vis l’une de l autre.
- Les portes & les fenêtres fe trouvent dans ces murailles : les deux D E Sc B C, font auffi oppofées. La muraille DE, eft percée d’un ar cm l n k, fous lequel l’Alambic eft arrêté, & la cheminée de la fournaife eft marquée par des lignes ponéluées. Il y a ici quatre trous a, a , a, a, dont les deux plus hauts reçoivent les extrémités des poutres fupérieures entre lefquelles la grande poutre fait fon jeu , & les deux inférieurs reçoivent les extrémités des poutres qui foutiennent le Cylindre. Dans d’autre muraille'.# C,bb repréfentent les trous dans la maçonnerie pour recevoir les autres extrémités des poutres qui fupportent le Cylindre ;& en g, il y a une fenêtre par où fort le bout du Cylindre, fes tourillons appuyant fur le cuivre dans deux pièces au-delfus a a : le pa(Tage de la Pompe nourricière du réfervoir d’injeétion , eft ici marqué par
- des lignes ponéluées.
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- Figure 2, PL XLVIII. Plan ou Coupe horifontale du Fourneau de briques
- qui eft fous VAlambic.
- ab b, eft le devant de cette bêtifie, avec la porte du foyer au milieu ; b d ,cd, font les barres fur lefquelles 011 met le charbon ; le feu s’étendant au-delfus de l’efpace b d e d c, y a dans le tuyau de cheminée e, & ainfî
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- ET DE SES MINES. IL Part. 1073 il ' environne l'Alambic dans le canal f g h > 8c monte dans la cheminée.
- NB. On a obfervé quun petit paflàge entre d 8c d, avec un grand feu pour entrer dans le tuyau de cheminée, eft d un grand avantage pour rendre la chaleur plus vive.
- Figure 3. Coupe verticale de VAlambic & du Fourneau.
- Foyei Planches XLVII & XLIX. Où tout autour du fond o o9 8c fous les bras r s de 0, en s, lej feu qui vient de n efl conduit obliquement en haut tout autour de l'Alambic ; entre K 8c /, eft la force du Fourneau ; en q, la furface de l'eau ; en /, le tuyau de la vapeur, 8c en m, le cendrier.
- Figure 4.
- La quatrième figure fait voir la maniéré de joindre enfemble & de river les plaques de fer de l'invention de M. Parrot, qui durent plus long-temps & coûtent cinq fois moins que les Alambics de cuivre : u u u, eft le fond , 8c u tt x y 9 fait voir comment les côtés s'élèvent pour former les collets ou rebords.
- Repréfentation du Cylindre 8C du fommet de PAlambic.
- Figures 6 , 7 8c 8, Planche XLVIIÏ.
- La fixieme figure BAC D y repréüente la feétion du Cylindre fondu 8c calibré ; a b9 eft le premier collet poli en haut pour* porter contre un plancher ou fous des poutres , & empêcher que le Cylindre ne foit pouffé en haut; d, c> eft un collet plus fort au milieu , pour empêcher le Cylindre de tomber en bas ; il a des pièces qui avancent en j & en e 5 ( voye% la figure 8 ) & qui s’arrêtent fur les poutres qui le fupportent. Il y a un autre collet au fond en D C, avec des trous tout autour pour y recevoir des clous à vis qui le fixent. Sa coupe eft repréfentée dans la figure 7; / G, eft le tuyau de communication, dont le bas a auflî un collet pour le joindre à un autre tuyau qui eft au haut de celui de la plaque du Régulateur, & que l'on voit dans les figures 15 & 18 de la Planche XLVIII. La huitième figure eft la perlpeélive du Cylindre vu par-deflous , pour marquer les différentes parties du fond & du Cylindre en-deffous ; h h, font les vis & les écrous en-deffus pour lier ce fonds au Cylindre, ou affermir l'un avec l'autre par le moyen d'un* anneau de plomb qui eft entre deux \E, eft un tuyau qui conduit au cliquet reniflant \ F 9 conduit au tuyau d'évacuation 9 & G , à l'Alambic. IT y eft une nouvelle invention pour mieux entretenir l'Alambic, de la maniéré fuiyante.
- V.
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- DU CHARBON DE TERRE
- Maniéré d'entretenir U Alambic.
- » L'Alambic eft entretenu avec l’eau chaude venant du haut du pîfton . » on a préféré de s’en fervir plutôt que d’eau froide qui auroit trop diminué » le bouillonnement, & auroit obligé à entretenir un plus grand feu: mais » après que la Machine eut fervi pendant quelques années, ceux qui y étoient y> intéreffés, s’apperçurent que l'eau d'injeétion , lorfqu'elle fortoit par le tuyau » d’évacuation, étoit bouillante , tandis que celle qui venoit du haut du pifton y> n’étoitque tiède ; ils crurent donc que ceferoit un grand avantage de nourrir » l’Alambic de cette eau d’évacuation ou d'injeétion , & ils le firent de la ma-» niere fuivante, qui donna un ou deux coups de pifton de plus à la Machine.
- » Au petit tuyau fous le fond du Cylindre, Fig. S , PL XLVIII, on joi-» gnit un tuyau de plomb H, de la longueur d’un peu plus d'un pied , & » récourbé en haut vers /, avec une foupape fur le bout /, plombée d’en» y> viron deux livres pour chaque pouce; précifément au-deffous de la foupape on » ménagea une communication avec ’le tuyau nourricier J i 9 enforte que » l'Alambic étoit nourri à chaque injeéUon de la vapeur.
- /
- Opération ou maniéré de mettre en mouvement la Machine a feu ,
- PI. XL Via, fig. 18 , <S Pl. XLIX.
- » Avant que d’abandonner à l'élévation & à la chute de la couliiîe le foin » de tourner les robinets, 8c de régler le mouvement de la Machine par fes » chevilles & poulies, l’Ouvrier qui en eft le conduéteur, fixe fà marche de la » maniéré fuivante : les chevilles 8c les poulies étant toutes prêtes pour la cou-y> liffe , fans y être encore placées, jufqffàce qu'il ait trouvé le point qui leur » convient, le Régulateur étant fermé, il ohferve le temps où la vapeur qui » s'élève de l’eau bouillante eft affez forte pour élever un peu le cliquet ; » alors prenant de la main droite le manche 4 du levier , il l’abaiffe & fait » par ce moyen faire à l'aiffieu A B 9 une partie d'un tour ; par-là il poulie » l’Y vers n, & la branche D3 frappant fortement la cheville Z, pouffe en » avant la fourchette 8c le manche du Régulateur , qui s’ouvre par ce mouve-» ment. La vapeur entrant immédiatement après dans le Cylindre, le pifton » s'élève avec la grande poutre. Lorfque le pifton eft à fa plus grande hau-» teur en C W , PL XLIX , l'Ouvrier ( quoiqu'il ne le voie pas ) le » connoît par certaines marques fur la couliffe Q Q, qui s’éleva toujours en » élevant le manche 4 ; il pouffe l’Y vers m, & ferme le Régulateur ; mais » il marque avec de la craie , vers y , la place de la cheville & de la poulie , » qui dans le coup fuivant doit en montant élever le levier y H, qui ^ans » fa fente, & qui doit, en donnant environ un quart de tour à l'aiffieu A Bf
- » d’abord
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- ET DE SES MINES* IL Part,
- » d’abord après pouffer en arriéré l'Y , vers m, Sc fermer le Régulateur* » Enfuite l'Ouvrier ayant fàiii 1 extrémité i du F > fig. i l’éieve en-haut, mar-» quant la coulifle en ^ pour y mettre la cheville ^, & il ouvre i'mjeélion r> qui produit un vuide dans environ une fécondé de temps ; enfuite il ferme » l'injeélion qui a fait la fonétion, & le pifton defcend fort vite , lequel ( par n l'ouverture du Régulateur ) rencontre la vapeur qui l'éleve de nouveau*
- y> N. B. On peut voir dans la Planche XL1X 9fig. i , qu'il y a une forte y> poutre for laquelle tombent deux bons refforts de bois, afin que fi lare du » levier venoit à defcendre trop bas, le pifton ne fît aucun dommage, & que » tout le coup fût porté fur les deux reflorts de bois, par de fortes chevilles » de fer qui doivent y être arrêtées*
- y> Mais lorfque l'Ouvrier a bien fixé toutes fes chevilles fur la Coulifle, il » faut que la grande fe meuve affez régulièrement pour s'approcher beau-y> coup des refforts {ans les toucher dans cent coups différents. Alors la Machine » agit entièrement par elle-même , & l'Ouvrier n'eft occupé qu'à avoir foin du » feu Sc à empêcher qu'il n'arrivè quelque accident* Dans les pays à Charbons » de pierre, lorfque les Ouvriers vont dîner & boire, ils abandonnent fou vent y> la Machine à elle-même pendant 3 ou 4 heures ; cette Machine eft telle-» ment à la difpofition de l'Ouvrier, que j'ai vu une Machine à feu dont le y> pifton defeendoit avec une force de 20000 livres chaque fois, qui fut arrêtée » dans une occafion par un cheveu qui s'étoit gliffé au-deflus du bout fopérieur du levier o i, appelle F ; Sc qui, en le pouffant, empêchoit l’injeétion.
- Ces détails explicatifs fur lefquels nous ne craindrons pas de nous appé-fantir , en les repréfentant fous différentes formes, font affez appercevoir le champ qu'ils ouvrent aux recherches d’un Direéleur de Mines qui veut conduire avec intelligence les Pompes à feu ; on juge facilement qu'il n'eft pas, à beaucoup près, fuffifànt d'être entendu & verfé dans la Méchanique ; les lumières les plus exaéles de Phyfique ne font pas ici de,trop , pour connoître , autant qu'il eft poffible, la puiflànce motrice de ces Machines : ce que nous venons d'emprunter du Cours de Phyfique Expérimentale du Doéleur Defa-guliers, eft accompagné dans l'Ouvrage d'éclairciflements intéreflànts fur les points les plus difficultueux ; plufieurs queftions que^ l'Auteur fe propofe à lui-même, y font difeutées d'une maniéré fatisfaifante. Nous nous contenterons de réduire en propofitions générales , les différents points défait ou d’ob-fervations, fur lefquels un Direéleur de Mines peut fe rendre attentif.
- Propofitions générales fur les principaux phénomènes de la vapeur
- de l’eau bouillante,
- t
- Dans la Machine à feu, félon la méthode du Capitaine Savery , où la Vapeur eft deftinée à preffer immédiatement fur l'eau, il eft démontré par Charbon de Terre. IL Part. R 12
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- io76 DU CHARBON DE TERRE plufieurs expériences, que la vapeur chalTe l'air , & qu'elle le fait à proportion de fa chaleur, quoiqu'elle flotte & s'élève dans l'air libre comme une fumée : dans l'état forcé qu’elle acquiert au degré de l’eau bouillante , elle devenoit huit ou dix fois plus forte que l'air ordinaire, enforte quelle faifoit quelquefois l’effort d'environ 150 livres ,pour pouffer en-dehors chaque point quarré de la furface intérieure des récipients tenant lieu d'alambics dans cette Machine , qui ne peuvent foutenir cet effort fans être fphériques & confidéra-blement plus épais. Dans la méthode de Mewcomen , qui eft aujourd'hui la méthode reçue; la chaleur du feu n'a pas befoin d'être plus grande que celle avec laquelle on fait bouillir une brafliere : afin de mieux recevoir la chaleur du feu , on fait l'alambic creux au fond , avec des rebords, & la vapeur n'eft qu’un peu plus forte que l'air.
- Tout le méchanifme des Pompes à vapeur tient donc uniquement à la prodigieufe dilatabilité de la vapeur de l'eau ; dilatabilité qui furpaffe de beaucoup celle de l'eau & celle de l'air.
- Il eft prouvé par nombre d'expériences & d'obfervations qu’ont faites plufieurs Savants, que l'eau réduite en vapeur , par une chaleur médiocre, acquiert un volume 1300© ou 14000 fois plus grand,& une force beaucoup plus grande que celle qu’on imagine communément ; fon reflôrt eft alors fept ou huit fois plus grand que celui de l'air, & même d'après une expérience de Mufîchem-broeck , fupérieure à celle de la poudre à canon : ce qu'il y a de confiant, c’eft que fon effort eft capable de vaincre les obftacles les plus confidérables.
- La vapeur n’eft cependant pas toujours la même : quelquefois elle eft plus forte , quelquefois elle eft plus foible, que l’air ordinaire : M. Defàguliers eftime néanmoins que cette différence en plus ou en moins n’eft jamais de ~ ; cette force changeant continuellement, félon que le pifton eft plus ou moins élevé, c'eft-à-dire, félon que l'efpace eft plus ou moins grand. On conçoit que cette force de la vapeur fe perd par degrés , à mefure que la chaleur diminue ; cela eft fi pofitif que la vapeur étant aflèz affaiblie pour ne pas excéder la force de l'air extérieur f ce fluide qui agiffoit avec tant de force par fon reffort, le perd entièrement; fon grand volume, fesparties fe raprochent, & il devient eau coîtu me il l'étoit auparavant : cette remarque a paru à M. Defàguliers , fuffifànte pour; en conclure que la force expulfive de la vapeur, vient de la chaleur de l'eau.
- Calcul de la force de la Machine a feu.
- Pour juger de la force de cette Machine, il faut confidérer quel eft le poids de la colonne de l’atmofphere qui prefle fur le pifton , lequel efl toujours proportionnel au quarré du diamètre du cylindre.
- . En ne confidérant ici que l'élévation du coup, le poids de l'atmofphere de 48 quintaux, éleve facilement un poids de 32 quintaux avec une vîtefîe
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- et de ses mines, il part. îo77
- de 6 pieds en deux fécondés : de maniéré que la Machine de Griff » dans Tétât ou elle vient d’être décrite , décharge autant d’eau qu’elle le faifoit dans le temps quon employoit à fon épuifoment cinquante chevaux, Sc qu’on y dépenfoit au moins 900 livres par an. Il en étoit de même d une autre efpece de Machine établie à Frefnes, pour l’épuifement de la Mine , avant qu’on eût fait ufage de la Pompe à feu ; voyez page 4
- M. Bélidor, à la fuite de la defcription de la Pompe à feu de Frefnes, calcule la puiflance qui fait agir cette Machine , Sc donne une formule générale pour déterminer les dimenfions des principales parties qui entrent dans leur conftruélion (1). Ce calcul n’eft pas fi difficile qu’il pourroit d’abord le paroître aux perfonnes non exercées à ces fortes de recherches ; il ne s’agit que d’evaluer convenablement le poids appliqué au levier ou balancier ; Sc réglant ce poids de maniéré que le pifton ait en montant la même vîtefie qu’en defcendant, tout fe réduit ^ comme le remarque M. l’Abbé Boffut, à combiner la force de la vapeur, & la preffion de l’atmofphere avec les autres poids , dont les deux bras du balancier font, chargés, Sc à faire enforte que la fomme des moments (2), de toutes les forces qui font monter le pifton , foit égale à la fomme des moments de toutes les forces qui le font defcendre 5 par là on connoîtra la quantité d’eau que les Pompes peuvent tirer du puits en un temps donné.
- A l’aide d’une formule que donne M. l’Abbé Boflut , on trouve que le poids foroit égal au poids d’une colonne d’eau qui auroit même bafe que la tête du pifton y Sc feize pieds de hauteur.
- M. Defaguliers a inféré dans fon Ouvrage l’extrait d’une expérience faite par M. Beighton, fur une Machine à feu, pour trouver combien un pouce cubique d’eau produit de vapeur.
- Ce Savant a reconnu plufieurs fois, au moyen d’une romaine divifée fur le cliquet,autrement nommé foupape de fûretéy placée au-deflus des alambics à Griff Sc à Wajïngton , que lorfque te reflort de la vapeur étoit précifément d’une livre aver du poids (3) fur un pouce, quarré * elle fuffifoit pour faire travailler la Machine Sc que cinq pintes environ par minute fourniftbient à l’alambic autant qu’il confumoit de vapeurs pour donner 16 coups par minute dans le cylindre. Celui de Griff contenoit 113 gallons de vapeurs dans chaque coup, x par 16 coups par minute ^ 1808 gallons de bierre ; ainfî cinq pintes d’eau produifoient 1808 gallons de vapeurs, 38,2 pouces cubiques dans une pinte ; donc 38,2 pouces : 108 gallons: 1 pouce q7 gallons trois dixièmes ; par où l’on voie qu’un pouce cubique d’eau, qui bout jufqu’à ce que
- (1) Page 323 , Tome IL
- (2) Ce terme, qui en Méchanîque fignifiequel-uefois la même chofe qu impetus, ou la quantité u mouvement d’un mobile , défigne plus proprement & plus particuliérement dans la Médiatique Statique, le produit d’une puiffance par
- le bras du levier auquel elle eft attachée , ou, ca. qui eft la même chofe , par la difîance de fa direction au point d’appui.
- (3) Voyez l’explication de ce poids, page 864, & à fa lettre dans la Table des Matières } ou j© me fuis étendu fur ce poids.
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- ro^S DU CHARBON DE TERRE
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- fbn jrcflbit foit capable de furmonter environ dç de ^ atmofphere, doit produire 13 milles 338 pouces cubiques de vapeur. Lexpérience a fait re-connoître à M. Beighton 3 qu il fortoit à chaque coup un gallon d'eau de la foupape d’évacuation du cylindre de 32 pouces : il eft furprenant qUe Ja vapeur n'étant compofée que d’environ 3 pouces cubiques d’eau, puifte échauffer un gallon d’eau froide, de maniéré qu’elle en forte bouillante , comme elle fait , & que le cylindre dans toutes fes parties fupérieures, ne foit chaud que lorfque le pifton eft en-bas.
- Calcul de la force du Steam-Engine , par M. Henri Beighton.
- Diamet. du Calibre, Il contient dans une Verge, Il tire par un coup de 6 pieds, Le poids dans une Verge, A feize coups par minute, 63 Gallons dans un muid, Dans une heure, Profondeur (Voit Von tire Veau verges.
- Pouces. Gallons. Gallons. liv. Averd. Gallons. Muid. gai. Muid. g ail. CO <u M zo 15 30 35 40 45 50 60 70 80 po 100
- n 14, 4 z8, 8 146 , 462, 7, 21 440 s 0 18 1 2Il 24 16 r *81 30 i 3*1 34 ù. 37l 40 3Pf
- II iz, 13 Z4, z 6 123, 5 338, 6 y ZO 3 69 33 O-i 17 Ml zz 341 26 1 28 29 1 31 4 341 37 , 36
- IO 10, oz zo, 04 IOZ , 32°, 5, 5 304 48 eu Mt 18 zo 22 Ml Ml 2-7 28 4 311 33i 33 381 40
- P 8 , iz 16, 2, 82 , 7 MP» 8 4, 7 247 7 <u «H 14 Ml 18 20 211 M Ml 15 28 30! 31 35
- 81 7, z6 *4> 5 73 > 9 232, 3 3> 43 22 I M c: Mi Ml 171 19 2° 1 zi 1 M 24 z<q 28 1 19 32-1 351
- 8 6, 41 IZ, 8 é5 » 3 205 , z 3, 16 16$ zz IZi i4 7 Ml 18I 19 20 i ZI 1 M 25 27 28 3° 1 32-1
- 71 6, 01 IZ , z 61 , z 192, 3 3> 1 l82 M 0 IZ 14 Ml Ml 184 ip i ZI 22 M1 2Ô 27 zp 1 3il
- 7 1 5, 66 II > 3 57, 6 181 , 1 *, 55 171 30 .g II Ml M M| 18 19 zo 21 4 M 1 25 25I 28 1 3° 1
- 7 4, pi 9 j 8 5°, 0 M7, 1 M 31 I4P 40 IO! M 14 Ml Ml 18I ip 20 Z 22 24 M 27 28 i
- éj 4, 23 8, 4 43» 0 M5 > 3 2, 9 128 54 10 IZ M 14 Ml M| 18 IP 20 zz zz 241 26I
- 6 3, 61 7, 2 3*> 7 IM , 5 1, $z 110 1 a 9\ II 12 M 14 M 1 16 17 ip ZO 2 20 M Ml
- ÏT 3> *3 6, z 31 5 8 99 , z 1, 3 6 P4 30 as • w 10 II 12 M M M M 3 4 17 ip 18 1 ZI 2 2 1
- 5 z , 51 5, 0 15 , 5 80, 3 1, 7 66 61 Q IO il I I - M Ml M 15 1 Mi M Ip 1 -1
- 4t Z , oz 2, 4 zo , 5 64 y 6 1 , 1 60 60 10 11 11 1 IZ M l_ 2 M M M 17 lS4
- 4 1, 6 3, z 16, z 51 , z 0, *l 48 5i 9 10 II I I 1 2 12 Ml M 16
- Exemple de l’ufage de cette Table.
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- Supposons qu’il {bit queftion de tirer i^o muids par heure, S 90 verges de profondeur ; je trouve dans la fèptieme colonne le nombre le plus approchant ,149 muids; & à côté, dans la première colonne, je trouve 7 pouces de calibre ; enfuite fous 90 profondeur, à main-droite dans la même ligne j’ai 27 pouces, diamètre du cylindre propre à ce deflein , & ainfî des autres (1).
- Remarque de M. Defaguliers.
- Il eft à obfèrver que cette Table de M. Beighton eft calculée fur ce prin* cipe, que le gallorî de bierre, de la contenance fixée ci-devant, rempli d’eaü pure courante, pefè deux livres 3 onces aver du poids ; 8c qu'un pouce {ùperfî-ciel dans le vuide , foutient environ 14 livres 13 onces de l’atmofphere, quand le mercure du baromètre eft dans fon état moyen.
- Mais ayant égard aux différents frottements, & pour donner une vîtefle confidérable à la Machine , l’expérience nous a appris à ne prendre qu un peu
- (1) La différence du gallon de bierre, dont on paroît faire ufage dans ces calculs , ou du gallon de vin, n’influe en rien dans le fond,
- parce que le muid & le tonneau eft le même ; il faut feulement obferver, que le gallon de vin contient 231 pouces cubiques.
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- ET DE SES MINES. IL Part. io7p plus de S livres, pour une coupe de bafe cylindrique, afin quelle donne er*§ yiron 16 coups par minute , d’environ 6 pieds chaque coup.
- Il eft encore à remarquer que ce calcul n’eft que pour la force ordinaire dans la pratique 5 car avec de grands alambics , elle doit donner ordinairement 20 à 25 coups par minute, & chacun de 7 à 8 pieds , Sc alors une Pompe de p pouces de calibre, doit décharger plus de 320 muids par heure, Sc ainfi des autres grandeurs à proportion.
- Pour faire connoître , comme nous l’avons annoncé, tout ce qui peut avoir été publié relativement à notre fojet, nous joindrons à cette remarque du Docteur Delàguliers, fur ces différences de force dans plufieurs Machines, les ob-fervations inférées dans le Mémoire cité page 1064, note 2.
- Réflexions générales Jur les caufes qui diminuent Veffet des Machines a feu,
- par M. Lavoifier.
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- S’il n’y avoît aucune perte de force dans la Machine à feu , l’effet qu’on devroit naturellement en attendre foroit de foulever à chaque coup de pifton une colonne d’eau de même bafe que le cylindre, &de 31 pieds & demi de hauteur ; mais un grand nombre de caufes concourent à détruire une partie de cet effet; i°. le vuide n’eft jamais abfolu dans le cylindre, de forte que jamais le pifton n’eft chaiîe par le poids total de l’atmolphere ; 20» une partie de la puiflance (1) eft employée à foulever le poids de l’attirail des Pompes, Sc il en réfulte une perte égaie de la quantité pondérique de l’eau élevée par la Machine; 30. les frottements & l’inertie de toutes les parties, fétranglement des corps de Pompes à l’endroit des foupapes, font autant de caufes qui dé-truffent encore une partie de la force. Enfin il eft néceflàire de îaifler dans la Pompe à feu un avantage aflèz confidérable à la puiflance fur la réfiftance , autrement les variations de pefànteur qui furviennent dans la pefanteur de l’atmofphere, réduiroient fouyent la Machine à l’impoffibilité d’agir.
- Le concours de ces différentes caufes , diminue de près de moitié l’effet des Machines à feu; on trouve par le calcul, que celle de Montrelais, au lieu de foulever une colonne d’eau de 3 r pieds Sc demi de hauteur , n’en fou-leve qu’une de 16 pieds 1 pouce & demi ; que celle de Bois-Boflu, n’en foule ve qu’une de 17 pieds 8 pouces ; qu’enfin celle des fofles d’Anzin , n’en fouleve qu’une de 12 pieds 6 pouces Sc demi.
- La différence remarquable qui fe trouve entre ces trois réfultats, n’aura rien de fiirprenant fi l’on confidere que dans la Machine de Bois-Boflu , Sc dans celle de Montrelais, & for-tout dans cette fécondé, la plus grande partie du poids de l’attirail des Pompes eft foutenue par un contrepoids, de
- (1) La puiflance a d’autant plus d’avantage , toutes choies d’ailleurs égaies, & fon moment eft
- d’autant plus grand , qu’elle agît par un bras de levier plus long.
- Charbon de Terre > U. fart.
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- ioSo DU CHARBON DE TERRE forte qu’il ne refte d’excédent de force du côté des Pompes que ce qui eft nécefTaire pour en faire redefcendre le pifton ; la même chofe n’arriye pas dans la Machine des folTes d’Anzin, le contrepoids placé du côté des Pompes eft très-foible , & il exifte de tout côté un excès de pefanteur qui diminue d’autant la quantité d’eau que devroit élever la Machine.
- i Les légères différences qui fe rencontrent entre ces trois Machines à feu , & qui femblent être au défàvantage de celle de Montrelais, peuvent, félon M, Lavoifier , n’avoir d’autre caufe que la différence de hauteur à laquelle ces Machines font fituées, par rapport au niveau de la mer ; il eft confiant que le fol de Montrelais eft plus élevé que celui de la Flandre : au lieu donc de calculer la puifîance qui fait mouvoir la Machine, d’après le poids d’une colonne de mercure de 28 pouces de hauteur , il faudroit peut-être calculer d’après le poids d’une colonne de 26 pouces & demi, ou de 27 pouces tout au plus: on font aifément que cette façon de calculer mettroit tout l’avantage du côté de la Machine de Montrelais> & on a lieu de croire en effet quelle eft la mieux conftruite des trois. <
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- Obfervations & recherches fur le nombre des impulfions que donne une Machine à feu , & fur la quantité d'eau élevée a chaque.
- Les oreilles & les yeux d’un Curieux , qui vient examiner une Machine à feu en mouvement, ne peuvent manquer d’être frappés par deux circon-ftances ; i°.un bruit confidérable qui fo fait entendred’affoz loin , qui occafionne même un ébranlement, une forte de focoufîe très-fonfible dans tout l’enfomble de la Machine ; 20. la répétition de ce bruit à des diftances réglées ; cet ifochro-nifme ( 1) bruyant fixe fur-tout l’attention du fpecSfateur, par le court intervalle de temps qui fo paffe entre chaque battement, & par l’efpece de vapeur alternative, qui fort ( comme l’haleine des animaux ) des joints imperceptibles de la chaudière ; tout cela n’eft pas non plus des objets de moindre confidé-Tation pour le Phyficien, fans même être prévenu par une connoiflànce antérieure de la Machine. '
- Il ne lui eft pas difficile , en examinant les chofes , d’appercevoir qu’à l’afi-piration qui attire le pifton, par le moyen d’une injeélion d’eau froide partant du réfervoir dans le cylindre, il fuccéde une defcente de ce même pifton dans toute la longueur du cylindre, & en conféquence l’abaiffement du balancier, qui par la rentrée de la vapeur dans le cylindre, fo remet enfuite dans fon équilibre, & fait rehauffer de nouveau le pifton ; il reconnoîtra en un mot, que cet abailfement fucceffif du balancier eft l’effet alternatif de la prèf-fion de l’atmofphere fur une aire circulaire de 36 à 40 pouces de diamètre, & à la force de la vapeur de l’eau bouillante , en aélion contraire : en
- (1) Ifoçhrons, qui fc fait dans un même efpace de temps.
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- ET DE SES MINES. IL Part. ioSi
- s’attachant donc fur - tout à bien comprendre l'aétion alternative des. deux pièces, par lefquelles le mouvement fe perpétue dans la Machine ( le régulateur & le robinet d’injeélion ) on aura l'idée exaéte 8c précife de tout le méchaniftne de ces fortes de Pompes.
- Ce mouvement de vibration (i) opéré par lapelànteur de l'air, fo défigne pour l'ordinaire parmi les Auteurs qui en ont écrit , par le nom d'impulfion, comme étant l’aélion d'un corps qui en poulie un autre , & qui tend à lui donner du mouvement, ou qui lui en donne en effet.
- On fait exaélement d’où provient ce jeu fucceflîf ; mais il ne parole pas qu’on foit également d'accord fur le nombre d'impulfions que donne une Machine.
- Pendant long-temps 3 on regardoit comme certain que dans une minute de temps la Pompe à feu donne iq.coups pleins ; la Machine de Savery en don* noit ce nombre ; c'étoit chofe reçue à Anzin, au Bois-Boffu près Saint - Gui-lain, où il y a de ces Machines. Les fieurs Mey 8c Meyer, dans celle donc nous avons parlé, en avoient fait entendre feize.
- L'Auteur d'une brochure intitulée : Projet patriotique fur les Eaux de Paris (2) , prétendoit que la Pompe à feu de fa conftruétion, dont nous dirons un mot, par rapport au moyen d’économifer le feu , donneroit jufqu'à 20 coups par minute, *
- Selon M, de la Lande, de l'Académie des Sciences, la Pompe à feu de Chelfea , en Angleterre , bat quatorze fois par minute , 8c éleve à chaque coup dix-huit galions d’eau de 190 pouces f cubes. M. Lavoifier eftime pouvoir en conclure qu'elle fournit une quantité d’eau de yr pouces des fontainiers ; il penfe auffi que cette Machine eft extrêmement imparfaite, 8c qu'il y a quelqu'erreur, foit dans la quantité d’eau élevée, foit dans l’objet de confom-.mation , dont il fera queftion à part.
- Ce nombre d’impulfions, dans les Machines à feu, eft devenu depuis quelques années un article douteux ; quelques Phyficiens y foupçonnent de l’exagération.
- M. Lavoifier regarde comme prouvé, qu'on ne peut foutenîr le mouvement à ce degré de vivacité, fans en faire perdre à la Machine plus qu’on ne lui en procure. . .
- Piufieurs Obfervateurs eftiment néanmoins qu’elle donne depuis 12 coups jufqu'à, 16 y 8c que le mouvement d’une Machine bien montée & d'une grandeur moyenne, doit être,réglé de maniéré quelle ne produife pas plus de iy coups de balancier par minute. *
- La petite Pompe à feu, conftruite par M. Cambray de Digny, ( voyq note* 9 5PaSe îoS2 ?) donnoit 12 impulfions par minutes,
- (i)En Méchanique, fe dit d’un mouvement régulier & réciproque d’un corps, qui étant fuf*
- « pendu en liberté , balance tantôt d’un côté , tantôt d’un autre ; & fignifie ici génériquement le mouvement régulier d’un corps qui Ta alter-
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- nativement en fens contraires.
- ( 2 ) Ou Mémoire fur les moyens de fournir à la pille de Paris des Eaux faines : Brochure i/2-12, 176$ S Par M. D. A. O. R. D. R. D. A.
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- ïo8a DU CHARBON, DE TERRE
- M. Jars , au rapport de M. Deparcieux, prétendoit qu’il n’y avoit que 8 à io impulfions par minute , & , félon lui, c’étoit encore beaucoup pour des pillons qui ont 6 à 7 pieds de marche ; il regardoit comme impoffible que ces Machines puflent réfifter avec une pareille vîceffe entretenue de quatorze impulfions.
- M. Cambray de Digny;, en décrivant fa Pompe à feu (1), a trouvé par une méthode de réduction des principales pièces de celle qu’il a fait conf truire, qu’elle ne peut donner que cinq impulfions par minute, avec deux Pompes contenant enfemble 30 pieds cubes.
- • Au furplus, comme il feroit poffible de faire une Machine qui ne donnât qu’un coup par minute, & d’en faire une autre qui en donnât davantage, le point important, eft d’évaluer par le nombre d’impulfions la quantité d’eau que peut produire chaque coup ; aufll cet article a été le principal objet des recherches de tous les Phyficiens : nous donnerons ici un abrégé des ré~ fultats trouvés , pour celles dont nous avons parlé.
- La Machine à feu établie à Caftiglione, donnant cinq impulfions par minute , produit 192000 pieds cubes d’eau en 24 heures.
- D’après la Table de M. Beighton,1078, la Pompe décrite par M. Defàguliers , eft capable, pour l’ordinaire, d’élever depuis 48 jufqu’à 440 muids par heure, à la hauteur depuis 15 jufqu’à 100 verges (2).
- M. Bélidor dit que la Machine de Frefnes rapporte 9 à chaque coup au moins une tonne du pays de y 2 pots ; à quatorze impulfions , on voit que dans le même temps la Machine épuife une colonne d’eau de 15 toifès de hauteur, fur 7 pouces de diamètre , ou 15 y muids par heure, dont environ 25 pintes montent à chaque impulfion dans la cuvette (upérieure, & le refte le décharge dans un petit canal yfig. I, PL LIII, qui la porte où l’on veut.
- L’effet de la Machine de Bois-Bojju, d’après les calculs de M. Lavoifîer, eft dans la fuppofition d’une hauteur de 242 pieds (3) , d’élever à chaque coup de pifton une colonne d’eau de 8 pouces 3 lignes de diamètre, fur 6 pieds de hauteur, c’eft-à-dire , 3849 pouces cubiques un huitième.
- Ce produit multiplié par 14, ( qui font le nombre de coups ‘dans une minute) donnera 53887 pouces cubiques pour la quantité d’eau élevée par chaque minute, ou fuivant le langage des Fontainiers, 80 pouces un fixîeme.
- Tout porte M. Lavoifier à croire que cette Machine ne peut guere élever plus de 180 pouces d’eau, à 110 pieds d’élévation.
- L’effet de la Machine de la fofle d’Anzin, nommée la folle du Corbeau, eft de foulever en 7 coups par minute une colonne d’eau de 228870 pouces cubes j , ou 140 pouces de Fontainiers.
- (1) Explication du jeu de la Machine, pàge 7p. .(2) La Verge d’Angleterre contient fept neuvièmes de l’aune de Paris.
- (5) La pefanteur d’un pied cube d’eau douce , eft de 70 livres ; l’eau fale'e peut pefer 4 à5* livres de plus.
- Dans
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- ET DE SES MINES* II. 3Pa&ï/ £083
- Dans là Machine d’ingrande , à une hauteur foppofée de 110 pieds , la mafîe d’eau foulevée à chaque coup de pifton , formeroit une colonne de 416698 pouces & demi defolidité; le diamètre dune pareille colonne foroic de 20 pouces — ; ce fera le diamètre des Pompes dans la foppofition de 110 pieds : le produit de la Machine fera d’après cela à chaque coup , ( la levée du pifton toujours fùppofée de 6 pieds 3 pouces ) de 23 6j6 pouces cubiques ; ce qui donne pour le produit par minute, 201246 pouces ou 4192 pintes f, 8c en pouces des Fontainiers, 299 W
- Tout évalué, on ne peut guere élever avec cette Machine plus de 310 pouces d’eau à une hauteur de 110 pieds.
- L’Auteur de la Brochure fur les moyens de fournir à la Ville de Paris des eaux laines , propofoit des Machines à feu, dont le corps de Pompe de cylindre auroit 4 pieds de diamètre intérieur fur 10 pieds de longueur , pour que chaque coup de pifton fût de 8 pieds, & capable d’élever plus de 600 pouces d’eau à 80 pieds.
- Principales efpeces de Matériaux nécejfaires pour la confiruclion
- d'une Machine a feu.
- Bois & Charpenterie.
- P outres 8c Pontvelles de différentes fortes.
- Poteaux, appartenant au Régulateur , pour foutenir l’aiffieu, & fes dépens-dances.
- Madriers, pour former le réforvoir provifionnël.
- Chevrons ; pièces de bois , ainfî nommées , du rapport quelles ont avec les pièces de bois, qui s’élevant par paires fur le toît des maifons, s’y rencontrent dans leur fommet, 8c forment le faîte.
- Chevron pendant, ou coulijfe appartenante au Régulateur, & fendue dans fon milieu.
- Chevrons à refforts, qui limitent le mouvement du balancier.
- Poulies for lefquelles paflè une corde , à laquelle eft attachée une foupape;
- Jantes ; pièces de bois de charpente courbée , dont font formés les balanciers, & que l’on nomme ainfi à caufe de leur forme fèmblable à celle des pièces de bois qui font partie du cercle d’une roue. La poutre qui forme le balancier, foutenu dans fon milieu par deux tourillons, eft accompagnée à fes extrémités de plufieurs de ces jantes,
- Métal»
- Ajutages ou Ajutoirs différents , qui font des cylindres de métal percés de plufieurs maniérés, & qui fe viffent fur leur écrou , que l’on foude au bout d’un tuyau montant', appelle fouche.
- Charbon de ' Terre. II. Paru T 12
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- ïo«4 CHARBON DE TERRE
- Fer.
- L e grand Pijlon du cylindre , en fer fondu, quelquefois de cuivre; Manche , qui prend le pifton au milieu & qui eft attaché en-deffous paç un écrou ou par une clef, afin que l’air n’y pafle point.
- Fond des cylindres.
- Pivots, Tourillons > grofles chevilles ou boulons de fer , fervant de pivot ou d’aiflieu, fur lequel tournent les vis & autres pièces de bois , dans une Machine,
- Chaîne qui porte le pifton du cylindre.
- Chaîne qui porte la tige qui meut les Pompes alpirantés.
- Les deux chaînes des balanciers.
- 1
- 4 Barres qui font mouvoir les Pompes.
- Dans la Machine de Bois-Boflu, où il y a cinq Pompes, il y a 680 piedi de barres.
- Dans la Machine de Griff, on compte 73 verges de barres de fer, pelant enlèmble environ neuf quintaux.
- Fer battu réduit en tôles.
- Pour la partie des chaudières fqui eft expofée au feu.
- Collets ou morceaux de fer en virolles ou anneaux, deftinés à embraiïer à fortifier d’autres pièces.
- jRejjorts différents , pour loutenir le Régulateur, &c, &c, &c.
- Clavettes > clous a vis, barres , anneaux , &c.
- Grille du fourneau.
- Pattes 9 ou petits morceaux de fer, plats, droits ou courbés ^ fendus oit pointus par un bout, & à une queue d’aronde par l’autre, fervant à retenir des pièces enfemble. 1
- Fourche dont la queue aboutit à la clef du Régulateur.
- Broche de fer dépendante de la clef du robinet d’injeétion.
- Cuivre.
- Pour les plaques qui forment le dôme de Y Alambic.
- Pour le Godet au fond duquel eft la loupape reniflante.1 Pour la Plaque elliptique, placée fur le chapiteau de l’alambic , & qui peut s’enlever pour entrer dans l’alambic, lorfqu’il a befoin de réparation.
- Pour la Plaque circulaire & horifbntaie.
- Pour les bouts de tuyaux.
- Plomb.
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- Pour, tuyaux , foudures, & poids de la Machine.
- £)n a toujours de ces poids ou rouleaux en plomb de lurcroît, afin d’en!
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- ET DE SES MINES. IL Part; to%$
- ajouter félon la force de la vapeur que l’on veut avoir.
- Pour la Coupe attachée avec une bride fur le rebord du cylindre.
- Pour charger les Soupapes.
- Pour ï Anneau dont on charge le cuir qui couvre la couronne du Pifton.
- Pour Bafiches.
- Pour Citerne & Cuvette.
- Pour doubler l'intérieur des madriers, qui Forment le réfèrvoir provisionnel.
- Pour les cinq pièces plates & circulaires, que l'on place fur la platine du pifton, afin d'empêcher que le cuir n abandonne les côtés du cylindre , & ne fe reflerre de lui-même.
- Cuir.
- Pour revêtir le boulon dont la fente de la coulijje eft traverfée.
- Pour la piece femblable à la bride d’un cheval, en cuir , longue & étroite; qui environne le pifton ( afin que l’air ne fe gliflè point autour de fà circonférence qui doit joindre le cylindre ) de maniéré que fes côtés joignent bien ceux du cylindre en-dehors des trous.
- Quelquefois, à la place de cuir, une longue meche ou étoupe molle bien trempée, tient le pifton ferré.
- Huiles, GraiJJes , Enduits & Vernis différents.
- Les pièces de fer qui Forment la chaudière étant expofées à l’air ; ors emploie différents moyens pour les garantir de la rouille, & différentes préparations pour fouder intérieurement les joints de ces plaques de fer.
- Vernis & Ciment généralement adoptés dans les Mines de Newcaftle ; pour les jointures des Chaudières de la Machine a feu, afin de les empêcher de couler.
- . i.
- Minium (i) amalgamé avec de l’huile, en confiftance épaiffe, approchant de celle du ciment, pour empêcher la rouille.
- On en enduit chaque jointure de la Chaudière en-dehors ; & on le rend plus clair , & moins épais, pour peindre l’intérieur & l’extérieur de la Chaudière; afin de la conferver & de la préferver de la rouille.
- Quelques-uns préfèrent de mettre entre les jointures des plaques de fer un ciment compofé de fàng de bœuf & de chaux vive : on y trouve les inconvénients de fe trop durcir, & de ronger le fer.
- Y De ces différents matériaux préparés, conformés différemment , réfùltent les pièces également nombreufes & variées qui entrent dans la conftruélion
- (i) Préparation de plomb , calciné en rouge.
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- SCBV CHARBON DE TERRE
- d une Pompe à feu. Lorfque nous avons décrit plufieurs de ces Machines , ces pièces n’ont été confidérées que dans leur affemblage , félon leur différente deftination, 8c relativement à leur ufàge ; nous allons les faire connaître d’une autre maniéré , détachées, & féparées les unes des autres, comme dans les cas, où il eff queftion de les réparer ou de les renouveller • on doit même obfèrver que fi Ton veut être fur des travaux dune foffe pour fon épuifement, il eft néceflàire d’avoir deux Machines à feu , afin que tandis que l’une fe repofe ou quon y travaille, l’autre puifle agir : cette fécondé s’appelle Machine 'de fecours. . ~
- .État abrégé en forme de Devis, ou Mémoire général des parties & articles
- de conflruclion de U équipage d'une Machine a feu , expliqués en détail & par
- renvoi, foit aux Defcriptions, Joiz aux Blanches , avec les qualités , façons 9
- proportions , dimenfions 9 &c.
- La totalité des pièces dont l’enfemble forme une Machine à feu, peut être diftinguée en trois claffes.
- ,i°. Les principales pièces, favoir, le Fourneau, l’Alambic compofé delà chaudière ou cucurbite , le Cylindre ou corps de Pompe à vapeur , le Pifton j le Balancier.
- 2°. Les pièces qui concourent au jeu des précédentes , 8c qui confiftent en Tuyaux, Robinets, Leviers, Cuvetres, &c.
- 30. Enfin des parties que j’appelle pièces de conflruclion , parce qu’il en’ entre de femblables ou à-peu-près dans toute efpece de Machines , comme* Crampons, Pattes, Griffes, Anneaux , Refïorts, &c : nous fuivrons cettq même divifion pour préfenter un tableau féparé de chacune de ces pièces,
- t
- P rimiïrï Glas s e. '
- En confidérant l’Alambic dans toutes fes dépendances , le Fourneau à l’aide duquel l’eau contenue dans l’Alambic bout continuellement, fait partie de cette piece ; on doit enfùite remarquer la fituation de l’Alambic dans le bâcW ment de la Machine, fa forme , fon fond & fon chapiteau.
- La figure i , -PL XLVIII, fait voir l’emplacement de la Machine de Grijf* la figure % , PL XLVII, une coupe verticale des quatre murailles de la bâtifîè#
- Fourneau.
- La figure 2, de la Planche XLVII, repréfente une coupe horifontale du Fourneau de cette même Machine ; & la figure 3 , une coupe verticale de l’A* lambic & du Fourneau (1). ,
- (1J Le plus grand nombre des renvois à la Description appartiennent à celle de la Machine de? grefnes, par M, JBélidor 3 page 3.68. 1
- La
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- et de ses mines, il
- Les figures i 8c 3 * PI* L, repréfèntent le plan & lê profil du foürneau * coupé fur l’alignement fig» 2 $ PL XLIX.
- Dans la petite Machine à vapeur de Watkins, le Fourneau a 8 pouces de diamètre, 8c 8 pieds de profondeur.
- Le feu qu’on entretient dans le Fourneau, eft toujours avec du Charbon de terre : vis-à-vis la porte parx laquelle on jette le Charbon , fe trouve une ' iflue par où la flamme fe porte, & va circuler autour des côtés de la chaudière dans l’elpace yuide qu’on appelle cheminée de la chaudière , de maniéré qu’elle fait un tour entier autour des côtés & du plat-bord de la chaudière > avant de fortir par un tuyau de cheminée ordinaire , placé à côté de Fiflue dont il vient d’être parlé ; fans cette circulation de la flamme autour des parois de la chaudière , Feau qu’elle contient * ne s’échaufferoit pas fuffifamment pour produire la grande quantité de vapeurs dont on a befoin : du refle, on'peut remarquer que la chaudière porte fur la maçonnerie du fourneau, par la cirr conférence de fon fond, & que de plus le plat-bord eft aufli foutenu de même.
- L’Auteur du Projet patriotique évalue l’évaporation de l’Alambic à un pouce & demi par heure ; il prétend que les Machines aétuelles donnent une quantité de vapeurs moins confidérable qu’elles ne devroient, & perdent encore une très-grande quantité de celles qu’elles donnent ; il prétend être le maître de forcer la vapeur de fe multiplier en donnant plus de force au feu , quoiqu’il économife ce moteur : je renvoie le détail qu’il a publié fur cela , à l’article de la dépenfe & des frais d’une Machine,
- Alambicé
- Dans les Machines à feu, on appelle de ce nom , par rapport à la reflem* blance des vaiflèaux dont on fe fert pour faire des diftillations (1) y un vaifleau deftiné à contenir & à faire bouillir plufieurs tonnes d’eau , lefquelles font continuellement recrutées par une nouvelle eau froide , tandis qu’un autre tuyau ou robinet emporte Feau réduite par l’ébullition en vapeurs.
- La figure 2 de la Planche XLIX > fait voir une coupe horifontale, la fituation 8c l’emplacement de l’Alambic dans le bâtiment où il eft renfermé f dont on voit le premier étage en plan élevé d’environ io pieds au-deflus du rez-de-chauflee , avec le revêtiflement de maçonnerie qui fou tient le chapiteau# Ce vaifleau eft différemment configuré, fuivant les méthodes adoptées pour cette Machine ; dans celles où la vapeur eft beaucoup plus forte que l’air * fa forme doit être fphérique y félon l’opinion de M. Défaguliers,
- Çi) Garni d’un chapiteau prefquc rond, terminé par un tuyau donnant paffage aux vapeurs çondenfées, & qui font reçues dans une bouteille
- Charbon de Terre. IL Part.
- ou matrâs qu'on y à ajouté 3 & qui alors tè nomme Récipient,
- Vu
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- ïo88 DU CHARBON DE TERRE
- Le diamètre de l’alambic varie auffi dans la hauteur compofée de fe chaudière & de fon chapiteau. Dans Défeguliers & Bélidor, il ne fe trouve aucun détail fur la maniéré de donner à la chaudière une dimenfion, telle que toutes fes parties ayent entr’élles un rapport déterminé. M. Cambray de Digny , dans fon Ouvrage, fur la Machine de Caftiglione, s’eft attaché à cet objet , en cherchant les moyens de réduire les proportions à une théorie générale, qui puiflé fervir dans tous les cas où l’on voudroit confe truire des# grandes ou des petites Machines,
- L'Auteur du Projet patriotique , fe propofoit de donner à l’alambic de la Machine qu’il vouloit exécuter , 9 pieds de diamètre ; cette capacité , qui eft celle que l’on donne en Angleterre, produit, félon lui, une vapeur fuffi-fante au corps de Pompe qu’il vouloit employer.^
- Grand axe • ............ 18 pouces.
- Dans la Machine de Frefnes, la plaque elliptique de l’alambic ( Voy. Art, XVI) a dans fon petit axe . ,14.
- Chaudière ou fond de l*Alambic 9 appèlle'e auffi Cucurbite.
- Ronde en plan, un peu évafée par le haut. \
- Dans les anciennes Machines à feu , on faifoit le fond plat ; mais on 3 reconnu que^cette forme n’eft point propre à bien tranfmettre à l’eau la cha-'leur du feu.
- Aujourd’hui on le fait convexe, comme on le voit dans la coupe de toute cette piece, fig. 1 , PL LII.
- Dans toute efpece de vaifléau employé à faire continuellement bouillir de l’eau j les parties terreufes qui étoient en diflolution dans l’eau , fe raflémblent à la longue, & s’attachent aux parois intérieures du vaifléau; félon la nature
- de ces parties terreufes, elles forment, fur-tout dans le fond du vaifléau, un
- \
- dépôt folide & pierreux qui y tient fortement (1) ; l’eau chaude qui s’évacue de la chaudière de la foflé Saint-Gilles, à Liège, & qui conferve fà chaleur; fort au loin de la Machine, dépofe, dans tout le trajet qu’elle parcourt, une grande quantité de limon de marie ; ce limon fe durcit dans tout le trajet qui fert de lit ou de canal à cette eau, incrufte même les pierres, les branchages , & tout ce qui fe rencontre fur fon paflàge.1
- On juge par-là de la néceflité de nettoyer le baflïn de -la chaudière ; il ne
- (r) Derrière la grande marmite de la grande cuifine ded’Hôtel Royal des Invalides, eft une petite marmite dans laquelle il y a toujours de l’eau qui bout; cette eau fournie par le grand puits y forme une croûte pierreufe , qui devient anfenftblement fi épaifle qu’on eft obligé, tous
- les quinze jours environ , de cafter à grands coups cet enduit qui diminue la capacité de la marmite ; on fe contente d’en enlever une partie ; j en ai vu fouvent enlever à-peu-près dix' ou onze livres.
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- ÉT DE SMS MÏNÈS. II. Part. to%9
- faut pas manquer à cette attention toutes les fomaines.
- Les tuyaux & robinets de la chaudière, feront récapitulés à part*
- Chapiteau > Dôme, ou Couvercle•
- Formant une efpece de dôme , fig. 8, PL XLVIII, quelquefois un peu furbaiffé, comme dans les Planches fuivantes , ordinairement de plomb ( 8c il foutient fort bien toute la prefîîon de la vapeur ) , d’autres fois en plaques de cuivre. .
- Ces plaques de cuivre dont la chaudière & le chapiteau font formés , ont 3 pieds en quarré, Sc 3 à 4 lignes d’épaiffour ; elles font liées enfomble avec de fortes rivures très-voifines les unes des autres.
- La figure 4, de la PlancheXLVIII, repréfente ces plaques en fer folide-ment jointes enfomble , & rivées à la maniéré inventée par M. Parrot.
- On a foin quelquefois de garnir de maçonnerie ce Chapiteau jufqu’à une certaine hauteur, afin de lui donner plus de force contre l’effet des vapeurs * & pour le garantir des coups qui pouroient le bofluer.
- La figure 1 & a * de la Planche LI > eft la repréfontation en grand de la furface du Chapiteau , où Ton doit remarquer plufieures pièces que nous pafferons en revue chacune à leur place , &, entre autre, différents tuyaux.
- Le principal , qui porte le nom de cheminée de V Alambic, eft de cuivre, & va aboutir hors du bâtiment ; il eft fermé dans cet endroit d’une fou pape chargée de plomb , & fe nomme alors ventoufe.
- Cylindre où corps de Pompe a vapeur.
- C e Cylindre , qu’on peut bien diftinguer par le nom de Corps de Pompe k vapeur9 eft toujours de métal & calibré.
- M. Défàguliers avertit, quant aux Cylindres de fer fondu dont quelques- -uns fe fervent pour les Machines à feu, qu’il n’en confeille point l’ufàge i attendu que quoiqu’il y ait des Ouvriers en état de les bien adoucir en*de-* dans, cependant on ne peut pas les fondre à moins d’un pouce d’épaiffour , & par conféquent ils ne peuvent ni s’échauffer ni fe refroidir auffi-tôt que les autres, ce qui peut faire la différence ' d’un ou deux coups par minute ; d’où il fuit qu’on éléveroit huit ou dix fois moins d’eau : on a fondu un Cylindre de cuivre des plus grands fous f d’un pouce d’épaifleur , & Ton a eu l’avantage de l’échauffer 8c de le refroidir promptement ; ce qui récorrn penfe la différence de la première dépenfo, fur-tout lorfqu on fait attention â la valeur intrinféque du cuivre.
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- io9o DU CHARBON DE TERRE
- Dans les Machines à feu des,Mines de Carron, en Angleterre cette partie a 50 pouces de diamètre.
- Dans celle qu’on a fait venir d'Angleterre pour les Mines de Perfberg, près de Philipftad, 45 pouces de diamètre fur 10 pieds de hauteur.
- Dans la petite Machine de Watkins, cette partie a 5? pouces & demi de diamètre : les différents collets ou tuyaux cylindriques qui ont rapport au Cylindre, auront place dans la récapitulation des tuyaux qui contribuent au jeu de la Machine à feu.
- La figure 3, PL LI, repréfènte l’Alambic & le Cylindre vus de face du côté du réferyoir provifionnel.
- Les figures 1, PL L & PL LU , font voir l’élévation & le profil du Cylindre, accompagné de fes tuyaux.
- Grand Pifton , pu Pifton du Cylindre, Blanche LUI,
- Fig. Il, 12 & 13.
- Cette piece en cuivre, exactement polie , a 30 pouces de diamètre*
- Dans une Machine de 60 pouces , fon diamètre a 19 pieds & 77 de ïurface.
- La tige du pifton de la Machine de Frefnes a 4 pieds de hauteur.
- Quadre du pifton du Cylindre.
- Le pifton Sc la cucurbite , font les pièces les plus capitales d’une Machina à feu ; la première, comme confidérable par Ion poids Sc par fa grandeur ; la fécondé , par la préeifion qui lui eft effentiellement néceflàire.
- Les Anglois ont été pendant fort long-temps les feuls qui euflènt l’art de jetter en moule la cucurbite ; mais à préfènt, les Liégeois les coulent avec autant de fuccès, & réuffiflènt de même dans le refte.
- La figure 13 repréfente le pifton, qui eft une platine épaiffe de cuivre, avec un manche de fer qui la prend au milieu, &qui eft attachée en-delîous par un écrou ou par une clef, afin que l’air n’y pafle pas. Pour empêcher aufîî que l’air ne fe glifîe autour de fa circonférence qui doit joindre le cylindre , on l’environne d’un long morceau de cuir étroit femblable à la bride d’un cheval, enfbrte que fes côtés joignent bien ceux du cylindre en dehors des trous ou points. Pour empêcher que le cuir n’abandonne les côtés du cylindre, & ne fè refferre de lui-même , on a placé fur la platine du pifton 4 ou y pièces de plomb plattes & circulaires dont les bouts tournent en haut; enfbrte quelles touchent exactement le cuir en dedans, & quelles le pouffent en dehors dans le mouvement du pifton , étant jointes légèrement les unes aux autres par de petites pointes, de maniéré que toutes enfemble
- £lles forment une circonférence d’un cercle qui fè dilate , Sc fe relîèrre
- aifément
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- ET DE SES M I N E S. II. Part. iopr aifément pour preffer ou pour relâcher le cuir , à mefure que le pifton monte & defcend.
- N. B. Quelquefois une meche ou une étoupe molle bien trempée, tient le pifton ferré à la place du cuir,
- Fig. ii,12,13, PL LUI, conftruélion, plans 8c profils d’un pifton qui joue dans le cylindre.
- Fig. 1,2,3,4, PL LUI, tiges des piftons.
- Balancier.
- Dans la Pompe à feu, plufieurs pièces font nommées Balanciers ; mais on entend principalement par ce nom, cette grande poutre mobile verticalement •fur fon centre ,fig. 1, PL XL1X, terminée à chacune de fes extrémités par un arc voûté ; à Fun de fes bras eft attachée, par le moyen d’une chaîne , la tige du grand pifton, pour être toujours élevée perpendiculairement.
- L’autre fait mouvoir des Pompes ou tels poids que l’on veut ; ainfi le méchanifme d’une Pompe à feu dépend en général de cette piece.
- La figure 4 , PL L , repréfente le plan du troifieme étage du bâtiment où il eft renfermé, & où l’on voit la furface fupérieure du Balancier, avec les parties qui l’accompagnent, & le plan de la cuvette.
- On doit y remarquer particuliérement fa forme, relative à fon aélion.
- Sa fituatidn eft aufiî différente , quand la Machine ne joue point , Sc quand elle eft en aélion; dans le premier cas , le Balancier eft incliné du côté du puits , comme on le voitfîg. 1 , PL XLV1I, parce que l’air pénétré dans Tinté-rieur du cylindre , & qup le bras de levier du côté du puits eft plus chargé que celui du côté dû cylindre; d’où l’on juge que le pifton eft alors élevé au plus haut point de fa courfe : c’eft fa fituation naturelle.
- La figure 1 , PL XLIX , repréfente le Balancier dans un fens contraire, c’eft-à-dire , lorfque Finjeélion d’eau froide ayant condenfé la vapeur renfermée dans le cylindre, le poids de la colonne d’air fait baiffer le pifton ; * alors l’eau du puits eft afpirée, 8c celle de la bafche refoulée dans la cuvette,
- La figure 4, de la Planche L, 8c les figures I & 4, de la Planche LI, font relatives au Balancier, aux jantes qui l’accompagnent, aux chaînes, au grand pifton , au grand chevron, à la bafche , à la jante qui fait agir le régulateur, à la chaîne à couliffe qui fert à ouvrir 8c à fermer le robinet d’injeétion & à mouvoir le régulateur , enfin à la cuvette.
- La fécondé piece, appellée dans les Machines a feu Balancier , eft un petit levier communément défigné par la lettre capitale F, 8c nommé de même F , à caufe de deux crochets qui y font difpofés comme les deux Charbon de Terre, IL Pan. X12
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- io92 DU CHARBON DE TERRE traits qui forment cette lettre : ce levier reffemble cependant davantage au balancier dune petite romaine,avec un poids au bout , afin d’accélérer ce mouvement : cette F tourne ou ferme alternativement la clef d’un robinet appelle robinet <Tinjection ; voyez fig. i 9 PL XLIX , & fig. 4 > PI* Ll.
- Régulateur ou Diaphragme.
- E n Méchanique, on entend par la première expreffion l’afTemblage de plufieurs pièces de fer, qui concourent enfemble à ouvrir & à fermer alternativement les orifices d’impulïïon 5c de fuite.
- Dans la Machine à vapeurs, le Régulateur eft une plaque de cuivre circulaire 5c horifontale dè 7 pouces de diamètre, fituée fur le chapiteau de l’alambic , Sc munie d’une queue du manche mobile autour d’un axe vertical.
- Cette plaque s’applique exactement contre la bafe inférieure dune ouverture fervant de paflàge à un tuyau , par lequel la vapeur de la chaudière communique dans le cylindre , & qui pour cela eft adapté au fond du cylindre.
- L’ufage de cette plaque pour ouvrir 5c fermer alternativement l'entrée du cylindre, en tournant autour de fon axe, lui a fait donner le nom de Régulateur ; c’eft de cette maniéré qu’elle fait régler tout le mouvement de la Machine, en laifïànt entrer la vapeur dans le cylindre , afin d’élever ou de laifler defcendre le piftonen retenant la vapeur, pour la faire condenfer par l’injeélion de l’eau froide, qui faifànt un vuide , abaifle à l’inftant le pifton par le poids de l’atmofphere
- Dans la Pompe à feu de Yorck Buildings , le Régulateur eft un fléau ou une couliflfe en bois, attachée d’une maniéré particulière au bâtiment ; voyez page 1057.
- Les principales dépendances du Régulateur, font :
- Sa plaque.
- Le tuyau qui y eft implanté.
- Divers leviers qui ouvrent 5c ferment le Régulateurs
- Sa queue ou fon manche mobile.
- La fourchette attachée à fon manche.’
- La manivelle qui ferme cette plaque.
- L’aiflieu de fer , qui porte quatre pièces de fer, fervant à tourner le Régulateur , en pouflànt en avant 5c tirant en "arriéré la fourchette.
- La pointe qui fait agir le Régulateur.
- Fig. è & 9, PI. LUI, pl an Sc profil du Régulateur, accompagné de fon manche dont l’extrémité T 9jîg. 8, eft percée quarrément pour recevoir l’aiflieu vertical a b y fig. 7.
- Dans la figure 1, PL LI, font détaillées les pièces qui font mouvoir le Régulateur, fig. 14 , PL LIII.
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- ET DE SES MINES. IL Part. 1095 La figure 10 PL LUI, fait voir la plaque A B, & l’anneau ES, relatifs au jeu du pivot de l’aiflieu du Régulateur * détaillé Art. XIV, de la defcription.
- La figure r , PL LI, a rapport à la couliflè qui joue du même fens que le pifton, & qui fert à communiquer le mouvement au Régulateur, & au robinet d’inje&ion , &c , Voy. l’Art. XXXIV.
- Les figures 2, 3,4,y,6,7,8, PL LU, font relatives à la conftruéHon des pillons, aux chevrons à reilort qui amortiffent le mouvement du Balancier, & à la conftruétion des parties qui appartiennent au Régulateur.
- V
- Seconde Classe.
- Ouvertures , Cylindres ou Tuyaux qui en dépendent.
- L a régularité du mouvement dans la Pompe à feu , ne peut être produite ou entretenue qu a l’aide de plufieurs tuyaux, dont quelques-uns font garnis de robinets ; les mouvements combinés du Régulateur, & particuliérement du robinet d’injeétion, qui font toute l’uniformité du jeu d’une Machine à vapeurs, ne font pas difficiles à concevoir, en jettant les yeux fur la Planche LI, & fur la figure 1, de la Planche L, ou fe voyent ces tuyaux dans différentes difpofitions relatives à leurs diftributions.
- Les ouvertures d’entrée & de fortie pour çes cylindres font renforcées dans leur pourtour, afin que les tuyaux qui y pafïent foient maintenus fermes en fituation : ces trous font fouvent appcllés Collets ; à l’alambic, on en voie un de 3 pouces de faillie , ayant à fa bafe un relief de 4 lignes de hauteur , formant une couronne de 6 lignes de largeur. Art. XIII.
- Le cylindre eft percé de même en plufieurs endroits de fèmbiables trous. Art. IX.
- Une autre dépendance des tuyaux, font des robinets, des godets ou coupes de métal, & différents réfervoirs.
- Nous comprendrons ces pièces dans une récapitulation particulière, à la fuite de 1 énumération des différents tuyaux qui appartiennent aux autres parties de la Machine.
- Tuyau d'injection, qui amene de l’eau froide dans le cylindre ; il eft de plomb, & garni d’un robinet appellé Robinet d'injection; il eft fortifié à fon extrémité par un ajutage ou bout de tuyau , dont l’œil a 6 lignes de diamètre. Art. XI. de la defcription.
- Tampon du Robinet d'injection t ce tampon eft foudé avec] une patte d'écre-vijje qui embraffe une broche tenant au manche d’un grand marteau mobile fur la charnière.
- Tuyau de 4 pouces de diamètre deftiné à recevoir le fuperflu de l’eau portée par un tuyau horifontal au-deffus du pifton, & la conduire dans un
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- *oP4 DU CHARBON DE TERRE
- réfervoir placé en dehors du bâtiment: on l’appelle quelquefois Tuyau afpi-rant. Art. XII.
- A Foppofition du tuyau d’injeélion, eft adapté au cylindre un autre tuyau qui porte un godet, muni dans Ion fond d'une foupape.
- Tuyau par lequel s'échappe cette eau , & qui communiquant par un bout avec le fond du cylindre , eft fermé hermétiquement par l'autre bout.
- Deux autres tuyaux adaptés à ce tuyau : le premier , par lequel il fort environ les trois quarts de l'eau d'injeélion , qui vont fe perdre dans une cî-terne, plonge par fon extrémité dans la citerne, & eft recourbé verticalement en contre-mont.
- Le fécond, tranfmet le quart reftant de Feau d'injeélion à un tuyau vertical qui pénétré prefque jufqu'au fond de la chaüdiere, pour rendre de l'eau & réparer la chaudière , de la perte qu'elle fait par l'évaporation ; cet ufage lui a fait donner le nom de Tuyau nourricier.
- Il a 18 lignes de diamètre dans la Machine de Freines, Art. XXII.
- Tuyau dont la branche inférieure porte un godet, muni dans fon fond d’une foupape , & par lequel on introduit de l'eau tiède du haut du cylindre dans les tuyaux précédents, par le moyen d'un tuyau defcendant: cette eau tiède fert à chaffer l'air des tuyaux où on la fait entrer , quand la Machine commence à jouer.
- ‘ Tuy au de décharge de la coupe jointe au cylindre, afin que^lla coupe ne foie pas trop pleine, Sc ne verfe point quand le pifton s'élève au fommet du cylindre : ce tuyau eft fort utile ; car l'eau étant devenue chaude par Ion féjour dans le cylindre, eft beaucoup meilleure pour la chaudière que l'eau
- totalement froide. / *
- «
- Le bout de tuyau en cuivre, de y pouces de diamètre, & Ibudé verticalement fur le chapiteau de l'alambic , pour donner échappée à la vapeur , hors du bâtiment , eft nommé par cette rai fon cheminée de V Alambic \ il eft muni à fon fommet d'une foupape qui porte le nom de Vmtoufe.
- Deux petits tuyaux inégaux, garnis chacun à leur fommet d'une clef du robinet, & qu’on nomme Tuyaux d’épreuves ou Probatoires, parce qu'ils fervent à faire connoître fi l'eau eft à une hauteur convenable dans la chaudière ; l'un trempe feulement jufqu'à la vapeur , l'autre pénétré jufqu'à l’eau : voyez fig. i, PL LU.
- Quand la hauteur de l’èau eft bien réglée , le plus long donne de l'eau, & l'autre des vapeurs. Si tous deux fuintoient ou donnoient des vapeurs, dans le premier cas, l'eau feroit trop baffe , la chaudière feroit en danger de brûler;dans le fécond , elle feroit trop haute : on remédie alors à l'un ou à 1 autre inconvénient, en introduifànt de l'eau dans la chaudière, ou en laiflànt échapper l'excédent de celle quelle contiendroit.
- ‘Deux
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- ET DE SES MINES. IL Part. ro9$
- Deux tuyaux garnis de robinets , pour remplir & pour vuider d’eau la chaudière quand on veut ; l’un fervant par conféquent à faire entrer de l’eau ; l’autre , à évacuer la chaudière quand la vapeur entre dans le cylindre, eft nommé Tuyau ou Rameau <Tévacuation J il a % pouces de diamètre* Art. XXL
- Tuyau qui amene de l’eau fur la bafe fupérieure du grand pifton , pour empêcher les cuirs de fe fécher 3 & pour fermer toute entrée à fair extérieur dans la partie inférieure du cylindre où pafle la vapeur ; il a i pied de hauteur , 6 pouces de diamètre en dedans : il communique au tuyau defcendant dont il a été parlé, par lequel pâlie une partie de cette eau.
- Dans la Machine de Watkins , ce tuyau de communication a un demi-pouce de diamètre.
- Tuyau par lequel s’échappe l’autre partie de cette eau.
- Tuyaux aboutiflànts au réferVoir provifionnel; 4 pouces de diamètre.
- Tuyaux de la citerne ; l’un de décharge de la fùperficie ; l’autre du fond de la citerne. Art. XIX,
- , Soupapes a Cliquets (x) ; Ventoufes.
- Les Soupapes font auffi de différentes efpeces , Sc défignées dans les Machines à feu par des noms relatifs à leur effet ou à leur ufage.
- La Soupape adaptée au lommet du tuyau foudé verticalement à la furface du chapiteau de l’alambic , & deftinée à donner de l’air à l’alambic afin que la vapeur ne devienne pas trop forte, s’appelle Vzntoufe, à l’inftar des tuyaux ainfi nommés en Hydraulique, qui ne donnent iffue qu’aux vents , & qui font les feuls moyens de foulager les longues conduites, Sc d’empêcher les tuyaux de crever : dans la Machine de Griff & de Watington , en Angleterre * on la nomme Cliquet ou Soupape de fûreté ou d’affurance , Cliquet de marionnette : elle s’ouvre Sc s’élève félon les occafions. Art. XVII. On doit fe rappeller quelle eft fixée avec un fil de métal placé perpendiculairement au-deffus, afin qu’elle foit affujettie avec des poids de plomb , félon le degré de force dont on a befbin que foit la vapeur, de maniéré que fi la vapeur eft trop forte , elle puiffe foulever la foupape, & fortir.
- La foupape fervant à évacuer l’air que la vapeur chaffe du cylindre lorfqu’on commence à faire jouer la Machine , Sc enfuite l’air amené par l’eau d’in-jeélion, qui empêcheroit l’effet de la même Machine, fi l’air n’avoit pas la liberté de s’échapper, fe nomme Soupape reniflante ou T injection. Cette foupape
- (1) Nom d’un petit levier ufité en Horlogerie , toujours déterminé dans une certaine pofî-tion , au moyen d’un reffort qui appuie fur l’une de fes extrémités ; le cliquet s’emploie ordinairement lorfqu’on veut qu’une roue tourne
- Charbon de Terre, II, Part.
- dans un fens, fans qu’elle puiffe retourner dans le fens contraire. Dans un moulin , c’eft la piece qui fert à faire tomber peu-à-peu le grain de la trémie fur les meules, en faifant du bruit.
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- eft chargée c!e plomb, & fulpendue à un reffort de fer qui la maintient toujours dans la même direction. On lui a donné ce nom, parce que fair, en traverfànt cette Soupape , produit un bruit femblable à celui que fait un homme enrhumé.
- Soupape du tuyau qui plonge dans la citerne ; elle eft toujours baignée dans Teau, pour empêcher que fair ne pénétré dans le tuyau : quand le pifton defcend, elle eft fermée ; quand le pifton monte, elle s'ouvre, parce qu’alors toute fa force expulfe l'eau contenue dans le tuyau.
- Soupape nommée afpirante, parce qu'elle eft à l'extrémité du tuyau au travers duquel la vapeur introduite dans le cylindre chaiïe l'air, qui a pu y être apporté par le jet d'eau froide.
- Robinets.
- O n a vu que plufieurs de ces tuyaux peuvent s'ouvrir & fe fermer à volonté par des Robinets ou Clefs, pour régler les quantités d'eau qui doivent pafler par les tuyaux. Ces Robinets font diftingués par le nom de la fonélion du tuyau.
- Le Robinet du tuyau d'injeélion eft appelle Robinet d’injeclion\ en tournant fur (on axe dans un fènsou dans un autre, il arrête ou laifle pafler l'eau ; dans le fécond cas, l'eau jaillit de bas en haut par un tuyau de 4 pouces de hauteur fur autant de diamètre, fortifié à fon extrémité par un ajutage ; l’eau en venant frapper la bafo inférieure du grand pifton, retombe en pluie , condenfe
- la vapeur, & entraîne la defoente du pifton par la preffion de l'atmofphere.
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- Coupes, Godets.
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- Godet que porte la branche inférieure du tuyau, par lequel s’échappe l'eau injeétée par l'ajutage , garni dans Ion fond d'une foupape.
- Coupe jointe au cylindre & d'un diamètre un peu plus confidérable 9 afin de bien contenir, & conduire fans perte l'eau verfée par le robinet dans le cylindre , pour entretenir l'humidité du cuir du pifton, & le rendre impénétrable à l'air.
- Coupe de plomb de 18 pouces de hauteur, évafée par le haut, attachée avec une bride for le rebord qui régné autour du bâtiment. Art, VI.
- Fontaines , Cuvettes, Bajjins, Réfervoirs*
- Outre les Cuvettes de plomb placées de 24 en 24 pieds dans la bufo du bure * & dont nous parlerons à la fuite des pompes , il eft différentes fortes de baflins , qui forment une dépendance de la Machine, & que l'on apperçoit en confidérant le bâtiment qui renferme une Pompe à feu. Nous les rappellerons à l'Article des Pompes.
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- ET DE SES MINES. IL Part. to9y
- Au niveau du rez-de-chauffée fig. i, PL XLIX , fo voit en K , une bafche, dans laquelle les Pompes afpirantes viennent décharger l'eau du puits qu’on y entretient toujours à une certaine hauteur.
- De cette bafche, l’eau eft amenée par une Pompé refoulante , dans une Cuvette (r) placée dans un des étages fupérieurs du bâtiment ; entre plufieurs defes ufàges, celui d’entretenir le robinet d'injeétion qui vient aboutir dans fon fond, lui a fait donner le nom de Cuvette d!injection : on en voit le plan en M,fig. I, PL XLIX , elle a 4 pieds quarrés de bafè , & 3 pieds de hauteur : fa contenance eft d’environ un muids ; elle eft ordinairement vuide lorfque la Machine ne joue pas.
- Dans la Machine à feu, conftruite à Schemnitz, en Hongrie , la Cuvette d’injeélion reçoit au moyen d'un tuyau l'eau d'un autre Réfèrvoir , pour la tranfmettre au tuyau d’injeétion ; le premier tuyau porte un robinet qui en ouvre & qui en ferme alternativement le bout, par un méchanifme particulier , développé de la maniéré fuivante par M. l’Abbé Boflut.
- A l’axe horifontal parfaitement mobile fur fes pivots , font fixées deux branches de fer ; l’une portant un tonneau ou barril qui flotte fur l'eau ; l’autre portant une patte d’écrevifle ou une petite roue dentée qui engrene avec la tête du robinet, défigné ci-delfus, & qui le fait tourner. L’écoulement par le tuyau d'injeélion étant fufpendu, à mefure que la furface de l'eau s’élève dans la Cuvette , elle fouléve le tonneau , 8c le robinet fe ferme , enforte qu’il eft entièrement fermé quand la Cuvette l’eft; fl au contraire la Cuvette fe vuide par le tuyau d’injeélion, le tonneau defcend , & le robinet s'ouvre pour laifler palier dans la Cuvette la nouvelle eau que le tuyau receveur a amenée, ainfi de fuite ; il eft clair que par-là, il palfe en temps égaux des quantités égales d’eau dans le tuyau d’injeétion.
- Au niveau du premier étage, en dehors du bâtiment, fur une platte-forme de maçonnerie font placés deux Réfervoirs 9fig. 1, PL LU ; le premier, ou l'on fait aboutir dans le fond le tuyau d’une Pompe afpirante, contient 33 ou 34 muids d’eau , provenant du fuperflu de la Cuvette d’injeétion, d’où on le nomme Réfèrvoir provifionnel.
- Le fécond , appellé la Citerne, placé fous l’arcade de la platte-forme ,! eft une Cuvette de plomb fervant de décharge à la plus grande partie de l'eau d’injeélion ; pour cet effet, on y a ménagé les deux tuyaux qui ont étés énoncés à leur places, dont l’un décharge la foperficie, l’autre décharge le fond. Art. VI,
- (1) En bâtiment on appelle Cuvette, tin vaif- ou canal, & îes conduit dans un tuyau de def-feau de plomb qui reçoit les eaux d un chêneau cente*
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- DU CHARBON DE TERRE
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- Troisième Classe;
- Principaux Articles de conftruclion.
- Nous renfermerons fous ce titre les principales pièces néceiïàires à la cont* tru£lion ou à l'affemblage des précédentes, & qui ont également befoin d'être fouvent réparées ; il eft même à propos d'en avoir toujours de toutes prêtes, en état d'être fubftituées à celles qui fe dégradent ou qui viennent à manquer.
- Jantes cannelées , pièces de bois de charpente de 2 à 6 pieds fur y pouces par les deux bouts , dont Tune porte le grand pifton , l'autre la tige des Pompes alpirantes ; dans la Machine de Frefnes, elles ont 8 pieds 2 pouces de long , fur 20 ou 22 pouces de grofleur.
- *£• Deux autres jantes , pareilles aux deux précédentes, dont l'une eft pour le mouvement du régulateur & la fermeture du robinet d'injeétion , l'autre pour foutenir la chaîne aboutiflânt au cadre du pifton de la Pompe refoulante.
- Dans la Machine de Frefnes, elles ont 6 pieds de longueur fur y pouces par les deux bouts, dans le milieu 11 pouces fur 3 pouces d'épaiffeur^
- Chevrons à reflort qui limitent le mouvement du balancier, & qui font loutenues de deux poutres. t
- Chevrons qui foutiennent les pillons ; ils ont 3 pouces quarrés.
- Chevron auquel ceux-ci font fufpendus , 6 pouces er| quarré.
- Madrier qui maintient la couliffe ou le chevron pendant dans une fituation verticale en defcendant dans un trou , fig. 1, PL LI, lettre Q. Art. XXXIV.
- Poutrelles auxquelles font fufpendues les tiges des piftons de Pompes ; 24 pieds de longueur. Art. III.
- Deux Y outres, entre lefquelles eft enclavé le cylindre.
- AiJJieu vertical, ayant fon centre de mouvement éloigné de 6 pouces 8 lignes du régulateur. Le pivcft inférieur de cet aiflîeu joue dans fanneau de fer placé en-dedans du chapiteau de la chaudière. Son bout fupérieur reçoit une clef, par le moyen de laquelle eft mu le régulateur.
- Dans le même aiffieu, font fixées une patte à deux griffes , deux branches de fer, & la tige d'un poids tenu par une courroie lâche attachée au fommier; Art. III. '
- Aijjieu horifontal, ( loutenu par deux poteaux) qui tourne dans les anneaux d'un étrier , lequel eft traverfé d'un boulon. Art. V, PL XLVIII, fig* 18 9 en Q, O, E, L, 8cfig. 4, PL LI, N, O, M.
- Cadre du pifton de Pompe refoulante , lettre N > PL XLIX ,fig* X.
- Marteau mobile fur une charnière, engagé par la tête dans une efpece de déclit, formé par une coche ou crochet, fait dans une piece de bois hori-fontale* tenue à charnière, & fufpendue avec une corde ; voyez tampon du robinet d'injection, Supports
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- ,> , ET DE SES MINES. II. P a u. xo&
- Supports du régulateur , 4 pouces 6 lignes de hauteur, Art. XV.
- Manche du régulateur, ne faifànt qu’un même corps avec lui : cette pîecô eft traverfée quarrément par un axe ou aiffieu vertical > Art. XIV*
- Clef qui communique le mouvement au régulateur.
- Anneau de métal horîfontal, placé au dedans du chapiteau de la chaudière h Sc fufpendu à ce même chapiteau par 4fùpports ou montants verticaux ,fig. 14 » PL LUI, Art. XV ; largeur 2 pouces , diamètre intérieur 12 pouces.
- Fourche, Fourchette dont la queue aboutit à la clef du régulateur, Art. XXXIV*
- Déclit, levier mobile à Ion extrémité autour d’un boulon , & fufpendue en l’air par l’autre bout, à l’aide d’une ficelle attachée au plancher, Art. XXV, fig- 1, PL LI.
- Bride, poyr raccorder la piece circulaire qui termine le fommet du chapiteau , avec le tuyau de. communication de l’alambic au cylindre, Art. XIV.
- Patte à deux griffes, appartenante à l’aiflieu horifontal, lefquelles griffes Font mouvoir l’étrier.
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- Patte d’écrevijfe qui embrafle une broche, à laquelle tient le manche d’un marteau mobile, Art. XXV.
- Patte d’écreviffe, qui ferme le robinet d’injeélion.
- Boulon traverfant un étrier, & autour duquel jouent les anneaux d’un© fourche dont la queue tire ou pou fie horifontalement la clef du régulateur*
- Deux Tourillons, dont les paliers portent fur un des pignons du; bâtiment de la Machine.
- Rejfort, deftiné à prefler le régulateur contre l’orifice du collet du cylim dre : contre ce reflort s’appuie le bouton du régulateur, en defoendant de Z en N pour l’ouvrir, Sc allant de iVvers Z 9 lorfqu’il fe ferme ,fig. 14, PL LUI : ce reflort, dans la Machine de Frefnes, a 2 pouces de longueur ; il doit être poli;
- Etrier (x) , ( relatif au régulateur Sc au robinet d’injeétion ).
- Goupilles, Clefs, Chevilles , Ecrous, Clavettes > Griffes ou Crochets.
- Griffe qui frappe le boulon Sc chaffè l’étrier en arriéré , Sc confequem-rnent la manivelle qui ferme alors le régulateur , Art. XXIV, fig. 1, PL LI.
- > Pompes.
- Les tuyaux de Pompes inférieures pour élever l’eau d’un feul coup, à une grande hauteur, doivent être de fer ou de cuivre, ou de bois d’aulne : le bois eft plus économique ; on le gaudronne ou on l’enduit avec de l’huile cuite, afin d’empêcher qu’il ne fe pourrifle dans l’eau.
- En général, dans tout le Nord de l’Angleterre , les Pompes font entière-
- (1 ) Etrier en Archîte&ure, efpece de lien de fer coudé quarrément en deux endroks , qui fert à retenir par chaque bout une chevêtre de
- Charbon de Terre. IL Part.
- s
- charpente, aiïembléeàtenon dans Iafolive d’enchevêtrure , & fur laquelle l’étrier eft attaché: il fert auffi à armer une poutre qui eft éclatée,
- Z 12
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- ÏIOÜ
- DU CHARBON DE TERRE ment en fer coulé. Dans les Mines de Carron, on fefertde hautes Pompes j dont le diamètre eft communément de 13 pouces (1).
- Dans lafig. 6, PL LUI, on voit la maniéré dont les tiges des Pompes font liées les unes aux autres pour compofer un train.
- La Pompe afpirante Q, autrement dite Arbre afpirant, fe voit dans le troi-Cerne étage, ( fig. 1 , 'PL XLIX) ; ceft elle dont le tuyau aboutit vers le fond du réfervoir provifionnel.
- . La figure 12, PL XLVIII, marque la Pompe refoulante, autrement dite Arbre Jupérieur ou refoulant, Arbre de force ou de délivrance ; voyez page 1071.
- Dans la figure 2 , PL XLVII, on voit le trajet de la Pompe nourricière du réfervoir d’injeétion; voyez page 1072.
- Les pillons repréfentés dans Défeguliers en cylindres de fer fondu ou de cuivre, ont 77 pouces de diamètre en-dedans; ceux de la Machine de Fref-nes, 7 pouces de diamètre, fur 6 pieds de levée.
- Dans le modèle de Watkins, on voit des poids de plomb qui mettent le pifton en état d’agir, en forçant, ou , comme un Plongeur, en pouffant l’eau élevée du réfervoir par la foupape dans le tuyau par lequel l’eau eft forcée de monter dans le befoin.
- On doit regarder comme dépendances des Pompes, les elpeces de cuvettes ou bafches de diftribution, quelquefois partagées en deux baflins, & placées de hauteur en hauteur, (quand on emploie des Pompes à répétition) pour recevoir l’eau de chaque corps de Pompe, rompre le coup du pifton , & renvoyer l’eau dans un réfervoir élevé à un même niveau.
- État des frais & de dépenfe totale pour l'établiffement d’une Machine a feu i
- & pour la confbmmation du fourneau , dans les Mines les plus connues• '
- O N fe doute fans peine que pour l’établilfement d’une Pompe à feu, la dépenfe varie félon la profondeur de laquelle on veut élever les eaux, à rai-fon de la nature du terrein, & du prix des matériaux dans l’endroit.
- On fait monter la dépenfe qu’a occafionnée celle de la Mine de Walker, dont les eaux s’enlèvent de 8p toifes de profondeur , entre 4 à y000 livres fterling, & la dépenfe de toute l’entreprife, avant d’avoir pu retirer du Charbon , fe monte à plus de 20000 livres fterling.
- Nous placerons ici le détail des frais auxquels M. de Cambray de Digny eftime que pourroit monter la conftruélion d’une Machine pareille à la fienne, qui éléveroit 1920QQ pieds cubes d’eau en 24 heures, d’une profondeur de 28 pieds.
- (2) La defcription particulière des corps de Pompes, & des arbres percés, eft démontrée dans la Planche XXXIX de Défaguliers,10,11,12.
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- ËT DË SES MÎN ËSé ît $Ak?> mi
- Il Compté pour le bâtiment où eft placée la Machiné. * ioôôô liy* la chaudière & les Pompes. * * . •. * 2500Ô
- les attirails ,& la main-d’œuvre. * . . ïjooo
- Total y 0000 liÿi
- Pour frais et Adminiftratioru
- Gages annuels d’un Machinifte. *..,..** à 1200 liv»
- Trois Maîtres au fourneau jour & nuit, pendant 6 mois. * '* 1400
- Trois Manoeuvres pour le même-temps. * ..... . 800
- Bois pour l’entretien du feu. >..**.**** 1800
- Tranfports & réparations extraordinaires. ,***.* 2800
- Total 8000 liv*
- En Allemagne , une Pompe à feu ordinaire, Coûte cinq , fix , fept cents Reichedales, argent pelant (1).
- L’Auteur de la Brochure Angloilé, dont j’ai parlé page 376 9 avance que dans les Provinces où les matériaux font généralement à meilleur marché que dans d’autres, la conftruélion d’une Machine à feu , coûte depuis cent jufqu’à mille livres fterling, & plus*
- La Machine de Bois-Boflu, qui eft une des plus parfaites de celle des environs , a coûté , y compris le bâtiment dans lequel elle eft renfermée, en* viron 30 mille livres , ci. ****.,.**. . 30000 liv*
- Le puits dans lequel doivent être montées les Pompes, les bois pour garnir les parois, de, ceux pour foutenir & entretenir les Pompes, y compris la main-d’œuvre, a coûté environ 25 mille livres , ci. *»••**•«..«.. 2^000
- TotalyyooolIv7
- Le fervice de la Machine n’emploie que deux hommes, urr Chef chargé de la fàire manœuvrer, nommé quelquefois le Conducteur, Sc un fécond qui veille à l’entretien du fourneau.
- Il paroît que M. le Vicomte Défandrouins évaluoit la dépenfe de cette conftruélion à 60 ou 80 mille livres.
- La confommation du charbon qu’exige le fourneau , eft d’autant plus à confidérer , quelle eft différente félon la qualité des charbons, & que cette différente qualité influe aufli fur le jeu de la Machine.
- Quelques Maîtres de foffe croyent pouvoir, par économie * employer pour le feu de la Machine, tout le rebut de Houille ; mais le jeu de cette Pompe demandant un feu violent, & dont l’ardeur ne foit ni rallentie ni interrompue , aufli long-temps quel’on veut prolonger fonaélion, il eft plus à propos d’employer tout ce qu’il y a de meilleur; le rebut étant toujours de défaite pour les
- (2) Le Reichedale, vaut trois livres, ce qui fait deux mille cent livres,
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- noa DU CHARBON DE TERRE pauvres, qui l’achetent à bas prix ; les Maîtres de foffe qui font curieux dun bon feu , n’y font point même rejetter les braifons, ni les fragments de Houille qui s’échappent entre les barres dont eft formé le gril du fourneau. IL vaut mieux les abandonner pour partie de falaire aux Ouvriers qui entretiennent le feu.
- 'La Mine de Walker confomme en 24 heures, pour les trois chaudières, 200 bushels ou deux chaldrons & demi de Newcaftle.
- Dans la Machine de Griff, les frais pour réparations, entretien de charbon & autres circonftances, ne coûtent pas plus de iyo livres par an.
- La Machine de Ch elfe a, félon M. de la Lande, confomme par femaine neuf chaldrons de charbon, chacun de 36 boilfeaux, de la contenance d’environ un pied j mefure comble ; ce qui, à raifon de 64 livres le pied cube , donne 104 livres pour le poids du boilfeau , 3744 pour le poids du chaldron , & enfin pour la confommation de la Machine en 24 heures, 4814 livres. En divifànt cette quantité par le nombre de pouces , on aura 68 livres pour la confom-mation de chaque poucé d’eau. ' ^
- Cette confommation , qufeft à-peu-près du double de celles de Bois-Boflu , d’Anzin & de Montrelay, comparées par M. Lavoifier, fait conjeélurer à cet Académicien, qu’il y a*erreur, foit dans la quantité d’eau élevée , foit dans l’objet de confommation. ‘ ' '
- La Machine a feu A Yorck-Buildings, à Londres, confomme pour 300 louis de charbon par an, en travaillant 8 heures par jour.
- La quantité de charbon pour entretenir l’eau bouillante dans la Machine de iWatkins * eft évaluée de 20 à 30 boifleaux, toutes les douze heures.
- Des relevés de la confommation de la Machine de Montrelay , tirés des comptes rendus par le Directeur aux Entrepreneurs, il réfulte que la Ma-? chine de Montrelay, confomme en trois cents trois heures de travail, 1132 portoirs de charbon (1); d’où l’on peut conclure, felon M. Lavoifier, qu’en 24 heures elle confomme 12124 livres de charbon 5 ce qui, à raifon de 310 pouces d’eau, donne pour chaque une confommation de 39 livres en 24 heures.
- La Machine de Bois-Boffu, felon l’Encyclopédie, confomme fix muids de Charbon de terre en 24 heures, chaque muid de 13 pieds cubes, c’eft-à-dire, 78 pieds cubes en 24 heures; la quantité totale eft donc 4836 livres de charbon ; ce qui, en divifànt cette quantité par le produit de la Machine en pouce , c’eft-à-dire, par 180 , donnera 27 livres pour la confommation nécef; faire en 24 heures, pour élever chaque pouce à la hauteur de no pieds.
- Suivant les relevés des^comptes rendus aux Entrepreneurs, la Machine d AnJ zin confomme , en 24 heures de travail confécutif, vingt mefores de charbon du poids de 230 livres chacune, ce qui fait au total 4600 livres poids de marc;
- (1) Leporcoir de 135 livres.
- d’où
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- ET DE SES MÎNÈS, II. Par?; tiôj
- d’oîi Ton voit qu’en partant du produit de la Machine, à 140 poilcèS des Fon-tàiniers, la confommation du charbon pour chaque pouce d’eau eft de près de 33 livres pour les 24 heures.
- M. Lavoifier , dont le Mémoire nous fournit cet article, Celui de Montre-* lay & celui d’Anzin, obferve qu’en réduifant au moins à douze coups par minute, le nombre des impulsons , qu’il croit exagéré à quinze 9 cette correction porte environ à 31 livres Sc demie en vingt-quatre heures la quantité de Charbon de terre néceflaire pour élever, chaque pouce d’eau à une hauteur de 110 pieds.
- En 1742, lorfque je vifïtois, uniquement en Voyageur , la Machine de Frefnes, il me fut dit que pour échauffer la chaudière pendant 24 heures , il falloir cinq mille livres pelant de charbon, cela ne s’éloigne pas abfoiument de la confommation indiquée par M. Bélidor, de deux muids de Charbon de terre, chacun contenant environ 14 pieds cubes; ce qui, félon M. Lavoifier , à raifon de 64 livres le pied cube , ne donneroit pour chaque pouce que 8 livres de confommation , c eft-à-dire, environ le quart des Machines de Bois-Boflu & d’Anzin, & le cinquième de celle de Montrelay. M. Lavoifier préfume à ce fujet qu’il s’eft glilîe quelque erreur dans la contenance du muid, & que M. Bélidor a peut-être négligé d’avoir égard à la différence d*une mefure raze à une rnefure combleé
- La Machine dont M. le Comte d’Hérouville fe fert à Moers, près Dunkerque , & dont nous avons parlé page 1063 , ne dépenlè , en 24 heures que 12 rafieres de charbon qui pelènt enfemble un peu moins de 6000 livres , quoiqu’elle ait 39 pouces 4 lignes de diamètre.
- D’après les Mémoires imprimés pour M. je Marquis de Cernay , dans fon affaire avec M. le Vicomte Defandrouins ( voyez page 477*) on ne peut portée à plus de 2 jooo livres la totalité de la confommation annuelle (en Charbon & ^autres frais de réparation) d’une Machine à feu, qui élévera 600 pouces d’eau,
- La dépenfe de ces Machines, avec les changements que M. Dauxiron a propofés pour donner de l’eau fans interruption à la Ville de Paris, ne monteroit, félon lui, qu’à 80 ou 100 mille livres par an pour la partie de confommation,
- Le moyen propofé par l’Auteur de ce Projet pour augmenter la quantité de vapeur & diminuer la confommation du combuftible, trouve ici là vraie place ; nous croyons utile de le faire connoître pour qu’on puiflè en juger,
- Moyens d'économifer le combuflible dans le fourneau des Machines a feu , en
- diminuant la fumée ; SC d'augmenter la quantité de vapeurs dans l’Alambici
- »
- «Au lieu de fe contenter de mettre du feu fous i’alambiG , & de bâtir » une cheminée à côté, pour que l’air qui entre par une ouverture quarrée » de deux pieds de côté 9 pratiquée lùr le devant, y emporte le feu, il faut def* Charbon de Terre, II* Part. A 13
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- îio4 DU CHARBON DE TERRE
- y> cendre les parois de l’alambic jufqu’à l’entablement du foyer ; ( on peilt y> donner à l’alambic telle forme que l’on veut, en le faifant de pièces de fer » foudées, comme on en fait en Angleterre) de forte que le feu foit comme » au centre de l’alambic, au lieu d’être deffous ; puis fermant l’ouverture de » devant, par une piece mobile pour pouvoir jetter le combuftible, il ne faut » donner au feu pour cheminée qu’un tuyau qui monte en fpirale à travers de » l’eau même dans l’intérieur de l’alambic.
- Par ces changements, l’Auteur prétend que » le tuyau où la plus grande » partie du feu fe trouve réunie, n’agit que fur la partie de l’eau qui environne » là furface ; que le feu agit fur plus de points, l’alambic lui en préfentant » bien davantage } qu’il agit plus long-temps , agiflant encore tout le long du » tuyau après avoir frappé l’alambic; qu’il efl: refferré, n’ayant abfolument qu’un » tuyau fpiral pour s’échapper.
- Enfin il ajoute à la Machine deux foufflets qui donnent au feu renferme l’air néceflàire pour ne pas s’éteindre, & qui jouant plus ou moins fort, à volonté, lui donnent le degré d’aélivité qu’on veut.
- » Ces foufflets tirent leurs mouvements de l’arbre qui donne le mou-» vement aux Pompes ; on efl: maître de les arrêter tout-à-fait, & de les faire s> jouer auffi doucement que l’on veut (ce qui efl: important dans cette méthode) » en les y adaptant de la maniéré fuivante.
- » Il attache les foufflets à l’arbre qui fait mouvoir les Pompes, chacun par » une chaîne que l’arbre puifle faire jouer fans les mouvoir ; quand on voudra y) les faire jouer , il n’y aura qu’à raccourcir cette chaîne ; on le fera en établit-» fant entre deux couliffes un cylindre mobile auquel la chaîne fera fixée ; >ven tournant le cylindre plus ou moins, on raccourcira la chaîne auffi plus » ou moins; & alors, le cylindre & les foufflets étant tirés en haut par le mou-» vement de l’arbre , joueront proportionnellement au raccourciflement de la » chaîne.
- » Comme il faut que les foufflets agiffent en fens contraire , on fera agir » un des foufflets par un renvoi (i).
- » Les foufflets font la principale caufe de la diminution dans la* confonw » mation du bois ; il n’eft pas d’autre moyen d’entretenir Un petit feu , que de y> le foutenir par des foufflets ; fans eux, on feroit obligé d’entretenir toujours » un grand feu fous la chaudière ; fans lés foufflets, on feroit obligé de don4 y> ner au feu de larges iflùes ^ comme on efl: dans l’ufàge de le faire , & ou-3) tre ce qui s’y en perdroit par ces iffues, il n’y en monteroit prelque point » par le tuyau fpiral où il a fa principale force.
- » Afin d’empêcher que les forces qui agiflent fur le cylindre ne le fafient » tourner, au lieu de le mouvoir de haut en bas, on embarrera dedans un » levier qui portera fur une cheville.
- (i) Selon M. Defparcieux ces, foufflets aug- i bois, &détruiroientla Machine en peu de temps % menteroient de beaucoup la confommation du I ce qui fuit,eftla réponfeà ces obje&ions.
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- ET DE SES MINES. ïl P a k iv îxoj
- » Une autre économie du feu 9 fc’eft que Feau qui fera dans 1 aîainbia » n’àura que deux pieds de .hauteur moyenne, au lieu de quatre quelle à eué * jufqu ici dans toute fa capacité : c’eft le préjugé le plus dire&ement contraire » à la vérité , que de croire que plus il y a d’eau dans un vafe , moins il brûle ; » cela ne feroit tout au plus vrai qu’à feu égal , mais lorfqu il eft queftion de faire évaporer une mafle d’eau , & de donner à une grofle mafle autant de » chaleur qu’à une petite, il eft évident que plus la mafle fera grofle , & » plus il faudra de feu, & plus à tous égards le vafe doitfe brûler, tant parce » qu’il eft choqué plus fortement, que parce qu’il y aura toujours plus de » différence entre les degrés de chaleur des deux furfaces de fon fond*
- » Le feu peut encore brûler un vaifleau lorlque s’étendant le long de fès » côtés, il touche à des points que Feau ne raffraîchit point : on voit ici que » cela ne peut arriver; ainfi l’Alambic ne brûlera pas plus , brûlera même » moins avec peu d’eau qu’avec beaucoup »*
- Des Machines pour élever les Eaux & les Charbons dans des Jfeaux & dans des coiffes ; & des différentes puiffances quon y applique•
- Les Machines employées à cet objet font en raifon des puiflànces qu’on eft obligé d’y appliquer ; ces dernieres font elles-mêmes en raifon des charges a eleyer • il eft facile de juger, que s il ne s agir que des déblais ou des premières eaux qui fe rencontrent en fouillant une Avalerejfe , ou de travailler une fojje de petit athour, les caifles ou paniers, ainfi que les féaux, font d’ûne capacité moyenne & fufceptibles la plupart du temps d’'être amenés au jour par les Machines les plus fimples de l’elpece dont plufieurs ont été décrites à leur place.
- Dans lé cours de l’exploitation d’une fojje de grand athour, on fe débarraflà même des eaux pendant la nuit par tinndges, c’eft-à-dire , par des féaux , qui alors font d’une grandeur un peu confidérable, & à l’aide de Machines qui commencent à s’éloigner des Machines fimples (i).
- Enfin pour les charges confidérables, telles que celles qui proviennent d’une foflè de grand athour, 8c telles qu’on en amene au jour dans quelques Mines, les Machines ne peuvent être que plus ou moins compofées, & miles en aétion par une force proportionnée ; cette force ne peut le trouver que dans l’homme ou dans les animaux.
- (i) Il femble naturel de croire que le temps de la nuit où les ouvrages font interrompus , n’efi: employé à cet épuifement que pour ne point gêner les travaux qui fe font de jour. M. le Chevalier de Delomieu, Officier des Garabiniers, a avancé fur cela une opinion particulière, qu’il a publiée par la voye du Journal dePhyfiquedeM. l’Abbé Rozier ( Juillet , 1771, Tom. VI) nous inférons ici cette réflexion , en invitant les Phyficiens à eonftater Je fait, avant de l’expliquer.
- On a obfervé conftamment dam les Mines t entre*
- autres dans les Mines de Charbon de Montrelay, de Plomb à Pontpéan, autres Mines de Bretagne ^ qm les eaux fources fouterraines font plus abondantes & plus fortes la nuit que le jour ; c’eft-à-dire , une quantité quelconque de féaux d'eau tirée pendant le jour 9 faifant baijfer Veau des fonds d’un ou deux pieds ; la même quantité, tirée pendant la nuit, la fera baijfer au plus de quelques pouces , encore le plus fouvent ne fuffira que pouf la retenif à fon ni* veaut
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- Ïio6 DU CHARBON DE TERRE
- Que ce foit l’un ou l’autre de ces deux agents que Ton mette en œuvre pou? mouvoir les Machines, on doit connoître très-exaétement la force dont celui que Ton emploie eft capable relativement aux réfiftances qu’il eft obligé de vaincre ; fans cela on s’expofe au défagrément de conftruire une Machine dit pendieufe, qui ne marchera pas, ou qui aura un effet très-inférieur à celui quon attendoit.
- Les recherches par lefquelles on s’eft propofé de connoître les agents ant maux , relativement à leur puifïànce, donnent pour réfultats que le travail d’un homme eft la moitié de celui d’un âne ^ la feptieme partie de celui d’un cheval, &c ; ainfi toutes les fois que les circonflances le permettent, on doit employer pour mouvoir une Machine , lane, le cheval, préférablement à l’homme.
- Il eft beaucoup de cas où l’homme a de l’avantage , tant dans fon intelligence , que pour fe procurer des Machines plus fîmples, & conféquemment moins fùjettes au frottement ou aux autres réfiftances , qui ablbrbent en pure perte une partie de la force mouvante dans ces Machines ; on doit fùr-tout s’attacher à proportionner tellement les bras de levier , que les hommes ne prennent pas une trop grande vîtefîe, fi l’on veut tirer tout le parti poffible de leurs forces.
- Ces forces font encore différentes , félon qu’elles font difpofées d’une maniéré ou d’une autre ; ainfi en connoifîànt leur effet en général dans la conftruétion la plus fimple d’une Machine (voyez page 837) on doit confi-dérer en particulier ces forces relativement à leur difpofition , dans les Machines petites ou grandes, fimples ou compofées.
- Examen de la force des hommes ou des chevaux y pour faire
- agir des Machines.
- Des hommes appliqués aux Machines h élever.
- M. l’Abbé Boffut , dans fes Eléments de Méchanique, en examinant l’aéHon dont un homme eft capable , eftime, avec M. Bernoulli, qu’on pourroit donner pour tâche à un homme d’enlever 120 livres, à un pied de hauteur , à chaque fécondé de travail.
- Si l’on applique un homme à une manivelle d’un treuil ordinaire, l’expérience apprend qu’il peut agir pendant 8 heures , & faire faire à la manivelle trente tours par minutes , en fuppofànt i°. que le rayon du cylindre & celui de la manivelle font égaux , & chacun de 14 pouces ; 2°. que le poids appliqué à la furface du treuil eft de 25 livres.
- Le principal point de cette Machine, eft que la groflèur de i’aiflleu foie proportionnée à la longueur du levier, enforte que deux hommes puiffènt y
- travailler
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- ET DE SES MINES. IL Part* txof
- travailler pendant afféz long-temps * fans fe fatiguer ; il faut encore qüé les leviers & les pièces qui portent le vindas , fcient proportionnées à la hauteur d'un homme.
- ’ La Grue , qui eft un cômpofé du treuil & de la poulie, entre auffî parmi les Machines employées dans les travaux de Mines*
- ïl n'y a point de réglés déterminées pour la conftruétion de cette Machine } ceft, autant qu'il eft poffible, félon l’ufàge qu’on veut en faire, & principale^ ment félon le poids que l’on veut enlever ; ce qui en fait varier la conftruc-tion, quant à la dilpofition de fes parties dont les principales font le pied, lé bec ou le rancher, 8c les poulies. Voy. page 237 , & PL XII, & page 1032* En appliquant à la Grue ce qui a été dit du treuil 8c des poulies, pagê 514, on connoîtra l'effet 8c la force de cette Machine.
- La différence du produit réfùltant de la force des hommes 8c des chevaux » appliquée à une grande Machine, eft très^remarquable.
- Les Anglois qui ont comparé enfemble ces deux forces , ont reconnu que pour tirer, cinq, fix ou fept Travailleurs font égaux en force à un cheval, & peuvent avec la même facilité pouffer en rond le levier horifontal dans un trottoir de 40 pieds ; mais trois des mêmes hommes poufferont circulaire-, ment dans un trottoir de ip pieds, un levier qui ne pourra pas être tiré pa$ un cheval, d’ailleurs égal à cinq hommes (1).
- Les calculs du Doéteur Défàguliers peuvent fervir de guides dans leâ obfervations relatives à ce point de Méchanique pratique : voici le paflage de fon Ouvrage (2).
- f » Lorfqu'un homme fait tourner un jrouleau horifontal ou un vindas avec » une manivelle ou autre manivelle, il n’a pas plus de 30 livres pefant qui agif-» lent contre lui, s'il travaille 10 heures par jour , & s’il éleve le poids à en-» viron 3 pieds & demi dans une fécondé , ce qui eft la vîteflè'ordinaire avec ^ laquelle un cheval tire un poids ; je dis 30 livres, en fuppofant le diamètre » du vindas égal à la diftance du centre au coude de la manivelle ; car s'il » y a, comme à l'ordinaire, quelqu’avantage méchanique 5 enforte que le dia* y) métré de l'arbre fur lequel la corde eft entortillée foit 4 ou y fois moin-» dre que le diamètre du cercle que la main décrit, alors le poids fera ( en y.
- » comprenant la réfiftance qui vient du frottement & de la roideur de la y> corde ) quatre ou cinq fois plus grand que 30 livres , c’eft-à-dire , autant:
- » que le poids fe meut plus lentement que la main.
- » Dans cette opération , la force d’un homme varie dans chaque partie du » cercle que la manivelle décrit; la plus grande force eft ,lorfqu'un homme » tire la manivelle en haut, d'environ la hauteur de fes genoux, & la moin*
- (1) Les François fuppofent toujours un cheval égal à fept hommes : le Dofteur Défagu-liers adopte cette évaluation. Il eft à propos d’obferver en paflant que les expériences qui fe
- Charbon de Terre. IL Pan.
- trouvent fur ce fujet dans le Cours de Phyfîquë Expérimentale de ce Savant, ne font pas tou* tes également précifes.
- (2) Tome I, Leçon IV.
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- ïro8 DU CHARBON DE TERRE
- » dre force eft iorfque ( la manivelle étant au plus haut ) un homme la pouffe y> horilontalement contre lui : enfuite l’effet devient plus grand à mefure que » l’homme agit par tout Ion poids pour pouffer en bas la manivelle ; mais cette » aélion ne peut pas être auffi grande que lorfqu un homme tire en haut, parce « qu’il ne peut pas y appliquer au-delà du poids de Ion corps, au lieu qu ei> » tirant en bas, il agit avec toute fa force ; enfin l’homme n’a que très-peu » de force, lorfqu’il tire vers lui horifontalement la manivelle arrivée au point » le plus bas.
- » Si deux hommes travaillent à l’extrémité d’un rouleau ou d’un vindas j » pour tirer d’une Mine des charbons ou des pierres, ou pour tirer de l’eau » d’un puits, il leur efl; plus aifé de tirer en haut 70 livres , ( en fuppolànt » toujours que le poids & la puiflance ont des vîtefles égales) qu’à un homme » d’en tirer 30 livres, pourvu que le coude de l’un des manches jfoit à angles » droits avec l’autre ; car alors un homme agira au point le plus fort, tandis que » l’autre agira au point foible de là révolution ; & par ce moyen les deux hom-» mes fe foulageront mutuellement & fucceflivement.
- » La maniéré ordinaire efl de placer les manches à l’oppofite l’un de l’autre^ » ce qui ne peut pas donner l’avantage dont on vient de parler 9 quoiqu’on *> gagne même dans cette pofition un peu de force , parce qu’un homme tirant yy pendant que l’autre poufle, travaille au plus fort des deux points foibles, » pendant que l’autre travaille au plus foible , ce qui l’aide un peu.
- » Il efl vrai qu’il y a un moyen de faire enforte qu’un homme travaille urt » tiers de plus avec un vindas, Iorfque le mouvement efl fort rapide , comme » d’environ 4 ou y pieds par fécondé , & c’eft par l’application d’un volant (1); » ou plutôt ( ce qui vaut beaucoup mieux ) par le moyen d’une roue pelante » à angle droits fur l’aiffieu du vindas ou du rouleau ; par ce moyen la force » de la puiflance que l’homme auroit perdue , fe conferve dans le volant, & fe 30 diftribue également dans toutes les parties de la révolution * enlorte que yy pendant quelque-temps, un homme peut agir avec la force de 80 livres y> c’eft-à-dire, furmonter une réfiftance continuelle de 80 livres, & travailles; » tout un jour Iorfque la réfiftance n’eft que de 40 livres.
- M. Camus (2) a propofé pour tirer d’un puits de profondeur ou d’une carrière ou d’une Mine, de l’eau & des pierres, une Machine dans laquelle il a imité ingénieufement le méchanifme des fuffées de montre.
- (1) En ternie de Meunier, un Volant, défigne deux pièces de bois qui font attachées en forme de croix à l’arbre du tournant, mifesau dehors de la cage du moulin â vent, êc qui étant garnies d’échelons & vêtues de toile, tournent lorf-
- que les ailes font étendues, 8c qu’il vente affez pour les faire aller: on les appelle auffi volées 8c ailes de Moulin.
- (2) Mémoires de l’Académie en 173^ ; Cours de Mathématiques, Tome W, page 163.
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- \ Ë'T jD Ë SES M IN Ë 1. IL Part* xto^ Machine qui agit par ün feul homifie, propofee pàr M* Garnis*
- Cette Machine eft Cûmpofée de deux bobines (i) , coniques 8c égales qui ont le même axe horifbntal , 8c qui font adoflees par leurs plus grandes bafes*
- Deux cordes qui fe roulent en fèns contraires lut ces bobines, Ibutiéhhent deux féaux, dont l’un monte, pendant que l’autre defcend $ chaquefeau , icrf* qu’il eft prêt à fe vuider ou qu’il vient immédiatement d’être vuidé , eft appli-que au plus petit rayon de fa bobine*
- La Machine eft mue par un homme qui marche dans la roue , 8c qui changeant alternativement la direélion de fon mouvement, fe trouve toujours placé du côté du feau qui defcend»
- On voit que les poids des cordes étant néceffairement affez confidérables £ doivent entrer en ligne de compte dans le calcul de la Machine, & que la figure rigoureufe de chaque bobine devroit être telle que dans une pofition indéterminée des deux féaux , il y eût équilibre, fans que le poids de f homme ceftât d’agir exactement fuivant la même ligne verticale : il s’en faut très-peu de chofe que cette condition ne {oit remplie lorfque les deux bobines ont la forme de cônes tronqués ; ainfi cette figure, qui eft d’ailleurs la plus commode à exécuter , peut être employée dans la pratique fans craindre d’erreur fenfible*
- M. l’Abbé Boffut , en faifànt cette remarque , Ta accompagnée d’une théorie générale, pour mettre en état de çonftruire les deux cônes tronqués, en coït-noiffant le grand 8c le petit rayon que doit avoir chaque bobine , & leur hau* teur ou leur côté : fon calcul donne pour le bras de levier du poids de l’homme, la fixieme partie du rayon de la roue. Il finit par obferver, que la hauteur d’un homme pouvant être d’environ y pieds & demi, on doit donner au moins 6 pieds de rayon à la roue, afin que l’homme en marchant ne fè heurte pas la tête contre l’arbre de la roue, qui peut avoir environ un pied de diamètre : il a foin d’avertir, que le poids d’un homme ordinaire eft d’environ 3 yo livres ; qu’un pied cube d’eau douce pefe 70 livres à très-peu près (2) $ qu’une corde de 1 pouce de diamètre , pefe environ 2 livres fur 6 pieds de longueur.
- Nous finirons par une obfervation importante de M. l’Abbé Boftiit* .Cette Machine occupant néceftairement une place affez confidérable, 8c exi** géant, pour pouvoir être employée , que le diamètre du puits foit plus grand que le double delà longueur d’une bobine, plus le diamètre d’un feau garni de fon armure , il eft un moyen d’y fuppléer , lorfque la chofe ne peut avok
- (1) Bobine en général eft un cylindre de bois, qui a plus ou moins de diamètre & de longueur, & qui eft percé fur toute fa longueur, d’un petit trou dans lequel on fait palfer une broche qui
- fert d’axe.
- (2) Chaque pied cube contenant 3 6 pintes mefurées jufte, faifant un huitième du rauid dé Paris.
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- lieu, c’eft-à-dire ,que l’ouverture du puits eft proportionnellement trop petite* Au lieu de deux bobines coniques, on peut employer deux bobines cylindriques , fur lefquelles les cordes font pluAeurs tours concentriques les uns fur les autres ; ces bobines occupent évidemment moins de largeur que les bobines coniques, puifqu’on eft maître de ne donner aux premières que la longueur Amplement requife pour que les féaux ne fe rencontrent pas , & ne fe gênent point dans leurs mouvements.
- De la force des chevaux appliquée a élever les Eaux ou les Charbons au jour*
- Pour élever un feau de iyo pieds de profondeur, un cheval emploie 8 minutes, compris le temps de la charge & décharge ; Sc au lieu de 1S00 toifes par heure qu’il devroit parcourir dans le travaille plus ordinaire, il n’en parcourt que ioy<5, & ne fait l’extraélion que d’environ 80 pieds cubes d’eau (i) ou 10 muids par heure.
- * Ce qu’un cheval peut tirer en haut du fond d’un puits , fur une poulie Ample ou fur un rouleau ( fait de maniéré que le frottement foit le moindre poflible ) eft proprement le poids qu’un cheval peut tirer.
- On eftime que dans les travaux ordinaires, un cheval ne peut tirer que 246 livres : quand il agit avec toute fà force , il ne lui eft pas poflible de tirer plus du double de ce poids ; d’où on peut évaluer à environ 200 livres,- 1er poids que deux chevaux Pun dans fautre peuvent tirer de la maniéré dont il s’agir , cli travaillant huit heures par jour, Sc faiflmt à peu-près deuxs mille SC demi par heure, c’eft-à-dire, environ trois pieds Sc demi par féconde.
- Cette force d’un cheval , que l’on regarde en général plus propre pour pouffer en avant, eft prodigieufèment augmentée dans les grandes Machines à mollettes, connues dans quelques endroits de France fous le nom de Baritel $ Baritel a chevaux, pour les diftinguer du Baritel a eau (2).
- Par ce que nous avons dit du nombre de Traits de charbon que l’on efti-i me à Liège être enlevé par jour d’un puits de Mine , du poids de 4000 liv* chaque , pages 838, 890 , il eft aifé de fupputer la charge énorme de l’enlé^ vement total auquel on parvient en Ax heures de travail avec huit chevaux.
- On entendra facilement cette eftimation, en fe repréfentant cet enlèvement tel qu’il a été décrit à l’article de l’Exploitation au pays de Liège , & en jettant les yeux en même temps fur la flg. 1 de la PL X, en fuite fur la Ag. B $ PL VIII, fur celle numérotée 1, PL XI, Part. I> & fur la PL XXI, Part. Ih;
- Au poids de quatre mille livres, réfultant de 40 traits P il faut ajouter celui
- (1) Pefant 70 livres : le pied cylindrique pefe 55 livres; un cylindre d’eau, qui a un pied de xliametre & un pied de hauteur pefe , fix onces, & un gros, à fort peu de chofe près.
- ( 2) Cette Machine à eau, inconnue en Fran-
- ce , & employée â Ætemberg, Margraviat de Mifnie , eft décrite & gravée dans l’Ouvrage de l’Académie de Freyberg, fous le nom de W'af* fer Goepel, Kehrrade, Machine A sau, Machiné a roue.
- des
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- ET DE SES MINES. IL Part. ttxx
- Ses chaînes, qui eft de 35 livres par toife , faifant, pour 50 toifes de profondeur, 1750 livres, non compris encore le poids inconnu du Couffade & du 'Kay , tiré du fond de la vallée, pendant que le couffade ( dont il eft moitié) monte dans le bure.
- Cela fuppoferoit que i’extraélion peut aller par jour (ceft-à-dire dans fef-pace de douze heures de travail ) , en comptant cinquante traits de 2500 livres chacun » à 125000 ; de 2600 à 130000 ; 3c de 3000 à 150000 , & en comparant 80 traits du poids ci-delîùs, on tireroit pour le premier , par douze heures, 200000 , pour le fécond 208000,3c pour le troifieme 240000.
- En ne fuppofimt I’extraélion par jour,ceft-à-dire, en douze heures,qu’à 40 traits, elle produiroit 9 lavoir : à 25000, chaque trait 100000.
- 2^00 . a • . lOqOOOa
- 3OOO .... 120000,
- En fuppofant 80 traits par 24 heures, L
- à 2500 rapporteroient .... 200000. .
- 2600 . ....... 208000.
- 3000 . 240000 (1).
- Dans la Mine de Carron, on économile un cheval, au moyen d’une Ma**' chine à moulette, dont voici la defcription.
- A l’embouchure du puits eft fixée une potence (2) tournante, avec une corde qin enveloppe un treuil ; cette corde paflànt fur une poulie de renvoi à l’extrémité de la potence , laiffo pendre directement dans le puits un crochet de fer ; de forte que quand la caiflè qui apporte du en
- on l’accroche à la corde , & on défait le crochet du cable de la Machine à
- moulette, auquel on accroche une autre caiflè vuide ; la caiflè pleine fe trouve ainfi fulpendue à la potence que l’on tourne de côté : on ouvre le fond de cette caiflè , & le charbon tombe dans la place qui lui eft deftinée ; on refer-
- me le fond, on tourne la potence pour remettre la caiflè fur le bord du puits , en attendant que celle qui monte foit arrivée. Cette Machine a le mérite de ne demander que deux chevaux pour fon fervice. '
- Parmi les Machines les plus compofées, la plus remarquable, {ans contredit, eft celle dont nous avons donné l’explication fommaire, avec une Planche cotée XXXIV. N°. 2 , dont nous fommes redevables au célébré M. Franklin*
- ( 1 ) On doit obferver que le poids de cette charge change, lorfque le Couffade montant & le Couffade defeendant fe rencontrent à la même hauteur dans le puits.
- (2) En Charpenterie , c’eft une piece de bois
- de bout,comme un pointai, couverte d’ünchapeau ou d’une femelle par-devant , avec un ou deux liens en contrefiches, qui fert pour fou-lager une poutre d’une trop longue portée, ou pour en foucenir une qui eft édattée.
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- Charbon de Terre. IL Part.
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- DU CHARBON DE TERRE
- Machine a Moulettes à’une nouvelle invention , avec laquelle on enleve le Charbon de la Mine de Walker, aux environs de Nejrcaftle.
- I l eft à obferver que les paniers de Charbon Jig. 2, PL XXXIV, N°. £ , appartiennent à cette Machine.
- Ils enlèvent jufqu’à fix quintaux, & on ne peut fe fèrvir de plus grands paniers attendu la difficulté & même l’impoffibilité qu’il y auroit de les , charrier dans l’intérieur de la Mine.
- Ce Panier fe remplit chaque fois à l’endroit même du travail, & eft traîné au chargeage d’où il eft enlevé à l’œil du bure : là un Ouvrier le détache pour le mettre fur le petit traîneau ; auffi-tôt il accroche à là place un autre panier vuide , afin de perdre moins de temps : le panier chargé eft traîné par un cheval à une diftance de 3 ou 4 toifes du puits, où l’Ouvrier le verfe fur le tas.
- Cette Machine , comme on le voit PL XXXV, différé de celles appellées a Moulettes, en ce quelle eft compofée d’un grand rouet horifontai, confit tant en différentes portions de cercles armés de dents , le tout en fer coulé, & réunis enfemble pour former le rouet.
- Les dents engrenent dans une lanterne (1) , qui n’eft autre chofe que le tam** bour de la Machine : au bas & autour de cette lanterne font des fufeaux en fer forgé , de 6 à 7 pouces de hauteur feulement: quoique le diamètre du tambour foit a fiez grand , il l’eft pourcanc moins que celui du rouet ; au-deflous du rouet, il y a quatre bras de leviers, à chacun defquels font attachés deux chevaux.
- Nous avons fait remarquer page 696, l’art avec lequel il paroît qu’on s’eft occupé dans cette Machine de fauver les frottements , & de concilier la yîteffe : feu M. Jars , qui a vifité cette Machine, & qui en donne la conftruc-tion fommaire que je viens de rappeller, trouve qu’elle préfente des inconvénients dans l’augmentation des frottements, quoique d’ailleurs il recon-noiffe quelle eft faite avec beaucoup de foin & de précifion , & qu’on y a réuffi à augmenter la vîtelîè , puifqu’en deux minutes on enleve de cent toifes de profondeur un panier de Charbon chargé feulement de fix quintaux ; mais comme cet enlèvement eft le produit de 8 chevaux qu’on y emploie toujours, & qu’on fait aller au grand trot, il ne paroît pas bien démontré à M. Jars que le but qu’on s’eft propofé foit rempli complettement ; cet Académicien prétend encore qu’il y auroit à examiner/ fi au lieu de remplir ces panniers à l’endroit du travail, on ne feroit pas mieux de les remplir au fond du puits, & fi on ne regagneroit pas cette double manœuvre par la grandeur des féaux ou paniers qu’on éléveroit par la Machine ; il
- (1) Efpece de pignon, ayant la forme d’un cylindre à jour, & où les fufeaux font placés
- entre deux difques : voyez page 924.
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- ET DE SES MÎNËS. IL Part* tll% ajoute quune Machine Faite avec un très-grand tambour, tiendrolt lieu de celle qui eft faite avec rouet Sc lanterne , Sc quelle auroit moins de frottements à vaincre.
- Nous nous contentons d*expofer ici les réflexions préfentées par Fâu* teur des Voyages métallurgiques ; elles portent fur un point en général très* difficultueux, je veux dire la plus grande perfeétion des Machines compofées % de roues dentées , dans lefqueiies on ne peut Compter fur une précifion parfaite , & où il faut, pour ainfi dire, que le pignon Sc la roue ne faflent fim^ ' plement que fe toucher. Voy. pag. 925,
- Le Direéleur de Mines ne peut trop en conféquence étudier leur conf* truéfiom M. Camus, dans fon Cours de Mathématiques ( i ), s’eft attaché à déterminer la meilleure figure qu’on peut donner aux dents des roues plattes & de champ, les diamètres que deux roues qui engrenent enfembie doivent avoir, relativement au nombre de leurs dents, Sc la quantité de leur engre**
- nage. è # ; y.
- Cette partie de ce Traité renferme fur les pignons de 7, 8,9 Sc 10 aîleÈ
- ( 2) , des obfervations particulières , qui rendent plus facile Sc plus utile l’application de la théorie de l’Auteur.
- DurManege ou Trottoir en general, appellé par les Houilleurs Liégeois ,
- 9
- le Tas du Bure.
- U n article fur lequel des obfervations de détail ne font pas * à beaucoup près, indifférentes, c eft fétendue à donner à Vaîre que doit parcourir un cheval attelé à ces Machines. « Le plus ou moins de force qu’y acquièrent les chevaux*1 2 » eft fans contredit attaché à l’efpace qu’on donne au Manege, qui doit être » aflez large en diamètre : autrement le cheval ne pourra point agir avec toute » fa force en tournant ; car dans un petit cercle la tangente dans laquelle le » cheval doit tirer , s’écarte plus du cercle où le cheval eft obligé de marcher,
- » qu’elle ne fait dans un grand cercle.» Le Doéteur Défaguliers, dans fon Coutâ de Phyfique Expérimentale (3), obferve Sc démontre làvamment cette proposition qui fert de bafe aux réglés à obferver fur ce point. Nous croyons devoir rapporter ici en entier tout ce qu’en dit cet illuftre Phyficien.
- »Pour bien faire, ce Trottoirtne doit pas avoir moins de 40 pieds de dia-» métré , quand il y a aflez de place pour cela, Sc ordinairement ce n’efl » point ce qui manqiîe dans les établiflfements de Machine pour les Mines î s
- » dans un petit Trotoir, comme on en fait quelquefois lorfqu’on eft gêné » par la place, le même cheval perd confidérablement de fa force , parc#
- (1) Tome 2e.Elémcnts"de Méchanique Statique. Livres dixième & on%ieme.
- (2) Dans les grandes Machines, les dents des pignons font appellées Ailes, quand elles font d’une même piece avec le corps du pignon „ comme on nomme, en terme de riviere, Æluchons
- les dents qui font chacune d’une piece rapportée,’ & Fufeaux, quand elles font des cylindres afferm» blés dans des tourteaux 3 & quelles compofëiit une lanterne.
- (3) Leçon IV.
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- ïii4 DU CHARBON DR TERRE » qu’il tire dans une corde du cercle tirant la poutre horizontale derrière lui j. ^ angles aigus ; tellement que dans un Trottoir de 15» pieds de diamètre, ' » j’ai vu ( dit l’Auteur ) un cheval qui perdoit deux cinquièmes de la force » qu’il avoir dans un Trottoir de 40 pieds de diamètre (1).
- « Dans la plupart des grandes Villes où l’on a befoin de ces Trottoirs, » les Charpentiers de moulins n’aiment pointa faire de grands Trottoirs, même » quand ils ont de la place, parce qu’ordinairement le terrein eft précieux dans BleS endroits où l’on eft obligé de s’établir, & on eft accoutumé à faire les » barres à tourner pour de petits Trottoirs, en imaginant qu’il fuffit de donner » la même vîteflè proportionnelle à la puiflànce & au poids que l’on donne » dans les plus grands Trottoirs , ( parce que fi la grande roue (2) eft d’un » diamètre fi petit que le cheval tire près du centre , la difficulté de tirer, » fi ce n étoit pour l’entortillement du cheval, feroit toujours la même ) ne » faifant pas réflexion à l’effort que l’on fait faire au cheval ; ou lorfqu’ils ont » trouvé par expérience combien un cheval peut tirer aifément, & quels » font les défavantages qui réfultent d’un tournoyement fubit, ils ne veulent » pas profiter de l’avantage que leur donneroit un plus grand efpace, en éloi-» gnant cette difficulté, parce qu’ils tiennent à la méthode à laquelle ils font » habitués ; mais les Charpentiers de moulins, qui ont travaillé aux Mines »de Charbon de pierre , font plus intelligents en cette matière, ayant été » accoutumés à de grands Trottoirs pour les chevaux dans les Mines.
- (1) Dans les Carrières d’ardoife, eft A njou ,
- on donne ordinairem«»nr Je diamètre
- au manège.
- (2) Le Tradu&eur de l’Ouvrage a rendu d’une maniéré que nous n’avons pu adopter, quoiqu’elle l’ait été par les Rédadeurs de l’Encyclopédie, où fe trouve ce fragment, le mot Cog-wheel, qui en Anglais lignifie, lorfqu’on parle de Machines, toute efpece de Roue armée de pointes pu de dents * nommées Attachons. La par-
- tie fupérieure des Roues , dont on fe fert dans, les Ardoifieres d’Anjou pour élever les eaux 8c les ardoifes au jour, eft garnie de ces Alluchons perpendiculaires au plan de la roue, qui eft ho-rifontale.
- Nous avons auffi rendu le mot Anglois Geer , par l’expreftion barres à tourner, qui convient! davantage que celle employée dans la Traduc-; tion Françoife.
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- ARTICLE TROISIEME.'
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