Descriptions des arts et métiers
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- DU COUVREUR
- Par M, Duhamel du Monceau.
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- DU COUVREUR
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- Par M. Duhamel du Monceaï/i
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- INTRODUCTION.
- Dstou t temps Tliomme s'eft vu dans la néceffité de chercher un abri contre les injures de l'air. La vie errante que menèrent prefque toutes les familles des premiers fiecles, & le défaut d'outils, les réduisirent à n'avoir d'autres retraites que les antres & les cavernes. Les premiers logements ont été proportionnés aux circonftances locales que préfèntoit chaque climat,& relatifs aux lumières & au génie des différents peuples. Les bois offroient tant de facilités à l'homme pour fe coriftruire un logement * que l'on en aura profité d’abord dans ces temps reculés. Les rofeaux, les herbes, les branches, les feuilles & les écorces des arbres ont été les premiers matériaux dont on a fait ufage. On a commencé par entrelacer groffiérement les branches des arbres ; on les a foutenues fous quelques perches, & l'on a recouvert ces premières cabanes de feuilles ou de gazon. Leur forme étoit fans doute circulaire ; un trou pratiqué à la pointe du toit, donnoit iflue à la fumée du foyer, placé dans le milieu de la cabane. Ces bâtiments n'exigeoient ni grands apprêts ni grandes connoiflances.
- On voit encore de nos jours dans différentes contrées des deux Indes quan* tité de cabanes conftruites auffi groffiérement que dans les premiers temps du monde. On voit dans les pays les plus feptentrionaux, & par conféquenè les plus froids , des cabanes entièrement conftruites avec des peaux & des os de chien de mer ou d’autres grands poifîôns.
- Dans le Nord de la Suede, les toits des maifbnsfbntprefque à plat ; ôn fe contente d'étendre fur les folives du plancher fupérieur & qui tiennent lieu de chevrons, de l'écorce de bouleau, dont la fubftance eft prefque incorruptible* & on recouvre ces écorces d'une épaifleur de terre fiiffifànte pour y pouvoir femer du gazom
- Au Pérou, & fur-tout à Lima, ou il ne pleut jamais* les maifons font ter* minées en terraffes, qui ne confîftent que dans une claie très-ferrée, fur la*» quelle on répand à une certaine épaiffeur du fable fin ; & cela fiiffit pour recevoir & abforber les rofées qui y font journalières & très-abondantes.
- L'Àrchiteélure civile a fait de fi grands progrès parmi nous, que la partie Couvreur, A
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- * L’A RT DU COUVRE U R:
- qui concerne là couverture, des bâtiments eft maintenant regardée comme le moindre objet, parce qu’il eft celui de la moindre dépenfe, relativement au relie.
- Cependant l’art de couvrir les toits exige plus d’attention qu’on ne pen-fe : il eft bien eflentiel, pour la confervation dun bâtiment, que la couverture foit faite avec intelligence,& entretenue avec foin; un femblable travail entrepris & exécuté par un Ouvrier infidèle ou mal habile, occafionneroit la ruine du bâtiment le plus folide, après l’avoir rendu inhabitable par fa négligence ou fa friponnerie , dont les premiers effets feroient la pourriture des charpentes & la dégradation des murailles*
- Pour qu’un toit foit exactement recouvert, on doit exiger du Couvreur que l’eau n’y puilfe jamais pénétrer, foit par les noues, foit par les faîtieres, ni quelle puifle s’infinuer dans les murs par les égouts.
- Quand on termine par une terraffe un bâtiment voûté , on la recouvre avec des chapes de ciment, ou avec du plomb, ou avec de larges tablettes de pierre dure, dont on réunit les joints avec des maftics, de differente efpece.
- On couvre certains grands édifices avec du plomb, ou des lames de cuivre , ou avec de la tôle de fer.
- Comme ces fortes d’ouvrages ne font pas du reftort des Couvreurs ordinaires , & que les terrafles & les couvertures où l’on emploie des métaux s’exécutent par d’autres Ouvriers , nous nous difpenfèrons d’en parler ici, ne voulant maintenant nous occuper que de ce que nous appelions l'Art du Couvreur.
- En France, on fait les couvertures des bâtiments : i°, avec du chaume ou du tofeau : 2°, avec du bardeau, qui eft fait de douves de vieilles futailles , du merrain : 30, avec de la tuile qui eft une terre cuite : 4°, avec de l’ardoi-fe, pierre feuilletée, que l’on tire de quelques carrières particulières, & dont M. Fougeroux, de l’Académie Royale des Sciences, a donné une defcrip-tion très-détaillée, qui a été imprimée, & qui fait partie du Recueil des Arts décrits par la même Académie t y°, avec certaines pierres plates que l’on appelle Laves, & qui fe trouvent dans quelques cantons de la Bourgogne. M. le Marquis de Courtivron, de notre Académie, nous a mis en état de faire mention de cette efpece particulière de couverture, en nous communiquant un Mémoire que l’on trouvera imprimé à la fuite de la defcription de l’Art que nous mettons au jour.
- CHAPITRE I.
- Des Couvertures faites avec du Chaume ou avec du Rofeau.
- Pour faire une couverture folide avec du chaume J on recommande aux Moiflonneurs de couper les froments affez haut pour qu’il refte une plus grande longueur de paille lur terre : c’eft la partie du pied de cette paille qui eft la plus forte, & qu’on appelle le chaume A (PL 1.) ? ceft
- celle qui a le plus de confiftance, & qui fait une bien plus folide couverture que ne pourroit faire la paille ordinaire. Dans les années où les fourrages font forts & très-élevés, les chaumes donnent une meilleure couverture que lorf* qu’ils font bas & menus^
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- On emploie de préférence , le chaume de feigle pour couvrir les glacières , parce qu’il efl important que ces couvertures ne puiflent donner aucun paflage à l’air ; au défaut de chaume de feigle, la paille la plus menue efl la plus propre à employer pour cet ufàge.
- Les Payfans qui font chargés de ramafler le chaume, fe fervent quelque-* fois pour cela d’un Fauchon, qui efl: un infiniment compofé dune courte lame de faux d’environ un pied de longueur, emmanchée d’un bois de 12 à 14 pouces de long. Pour faire ce travail, ils fe mettent un genou en terre, s’ils ne veulent pas fe tenir le corps très-courbé. Ils faififlent le chaume avec la main gauche, & de la droite iis coupent cette poignée avec le fauchon : s’il arrive que le chaume ait été foulé, ou qu’il foit mouillé, ils fe fervent alors, pour le ramafler, d’un rateau à dents de fer, qu’on appelle Faucheu
- Dans quelques endroits, on coupe le chaume B, avec une petite faux, qu’on nomme Chaumette, dont la lame n’a que 1 y à 18 pouces de longueur (fig. 1 (?), & qui efl: emmanchée de façon que la lame, quand le manche efl: tenu verticalement, repofe prefque à plat fur le terrein. La figure 1 de la Planche I. fait voir, en B , un homme occupé à faucher le chaume au ras de terre ; pour cela, il le rapproche avec fa faux contre le fabot de fon pied gauche , qu’il doit toujours porter en avant, & il retient avec la lame de cette faux le chaume qu’il vient de couper, en l’appuyant contre fon fabot ; enfiiite il avance un petit pas, & donne un fécond coup de faux : il rapproche ainfi de fon fabot une autre poignée de chaume, qui fe joint à celle qu’il avoit ramaf-fée en premier lieu ; & en répétant cinq ou fix fois cette même manœuvre il parvient à former une petite braflee de chaume, qui fè trouve ramaflee entre la faux & fon fabot : il pofe cette braflee à côté de lui , puis en recommençant de la même façon, il travaille à en former une autre, qu’il pofe auprès de la première : il en réunit ainfi jufqu’à cinq C (fig. 1 ), ce qui efl: commode pour pouvoir les compter ; car ce travail, ainfi que l’emploi du chaume pour la couverture d’un toit, fe paye au millier de poignées femblables à celles que nous venons de décrire. On tranfporte enfiiite le chaume auprès du lieu où l’on doit l’employer en couverture ; là on l’amoncele en gros tas formés, comme on le voit en D (fig. 1 ).
- Comme le chaume fait une couverture légère, il efl par conféquent inu-* tile de donner beaucoup de force à la charpente du toit ; mais il faut auflî que le toit ne foit ni trop plat, ni trop roide : s’il étoit trop plat, l’eau y cou-leroit trop lentement, & pourroit pénétrer plus aifément dans le chaume , ce qui le pourriroit eü peu de temps ; fi au contraire le toit étoit trop roide, plufieurs parties du chaume s’échapperoient peu à peu, & on appercevroit bientôt l’eau des pluies pénétrer dans le bâtiment. On obfèrve ordinairement: de donner au toit une pente de 4y degrés : cela regarde le Charpentier qui chevale & brandit les chevrons fùr le faîte E (fig. 6), ainfi que fur les pannes F, & qui les fait déborder de 18 pouces la face extérieure du mur, afin que le Couvreur en chaume puiffe former f égout pendant G.
- On pofe ordinairement les chevrons à deux pieds dé diflance lès uns des autres, à compter du milieu d’un chevron au milieu d’un autre, parce qu’il fuffit qu’il y ait trois chevrons fous chaque latte.
- Le Couvreur commence par lattêr le toit ; il cloue les cours de lattes
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- à lîx ou fopt pouces de diftance fur les chevrons. Dans les endroits où le bois eft rare, par exemple, en Picardie, en Beauce, &c. on n'emploie point de - lattes clouées ; on y fobftitue de menues perches de 6 ou 7 pieds de longueur , qu'on attache avec des harts fur des chevrons de brin , qui ordinairement ne font pas équarris, & qui font arrêtés avec des chevilles de bois fiir la panne & fur le faîtage ; on les chevauche même inégalement flir les pannes, & on n'obferve point de les pofer au bout les unes des autres. Cette partie de charpente groflîere s'exécute par les mêmes Ouvriers, qui entreprennent la couverture de chaume,
- La charpente étant établie, le Couvreur javelle le chaume I (fig. 5 ) : il fe fort pour cela d'une faucille qu'il tient de la main droite; il prend au meu-lon D, une petite braflee de chaume, qu'il fecoue à terre pour faire tomber peuàpeu les brins, & les égaler ; il donne toutes ces fecoulîes dans un même fens, & arrange les brins de chaume à peu-prés parallèlement les uns aux autres : s'il arrive qu'il laide tomber quelque poignée un peu greffe, qui ne s'arrange pas bien, il la reprend & la divifo avec la pointe de fa faucille , pour en mieux arranger les brins ; enfoite il reprend au tas de nouveau chaume ; il l'arrange de la même façon ; & quand il a formé devant lui un tas d'environ 3 ou 4 pieds de longueur fur un pied d'épailfeur, & deux pieds de largeur, il fourre fes fobots fous la longueur du petit tas, & prend par petf* tes parties le chaume qu'il vient d'arranger ; il les appuie avec fes mains for le devant de fes jambes K (fig. 2 ) ; il les peigne groffiérement avec fos doigts ; il en prefife les brins les uns contre les autres ; il arrache avec fes mains les pailles qui débordent, & qui ne font pas bien engagées avec le relie ; il frappe du plat de" la main for la portion qu'il a arrangée, & il forme ainfi ce qu'on nomme une javelle de chaume, c’eft-à-dire, un petit tas dont les brins font fort rapprochés les uns des autres, & qui forment un tout d'une confiftance foffifante ; enfoite il leve cette javelle, & il la pofe dans un lieu propre, for un lien de paille : après quoi, il forme une fécondé javelle,’ comme il a fait la première ; & il lie ces deux javelles enfemble avec le même lien de paille L (fig,» 3 ), afin de pouvoir les monter commodément for le toit : quand l'Ouvrier a formé deux, trois, ou quatre cents bottes de javelles M (fig. 4 ) , il commence la couverture du toit en s'y prenant de la maniéré que je vais l'expliquer. J'obforve ici qu'il 'n'eft pas poffible de bien ja-veler du chaume foc, parce qu'il eft trop roide, & qu'il fe rompt au lieu de s'arranger ; on ne peut pas non plus faire une bonne couverture avec des javelles tropfeches, ce qui oblige de les mouiller auparavant, fons quoi cette paille fe romproit ; ainfi quand il fait du hâle, il faut arrofor le chaume avant de le javeler, & il faut encore mouiller les javelles avant de les mettre en place: cette opération augmente un peu les frais de l'ouvrage.
- Le Couvreur commence par former l'égout du toit ; & pour y parvenir , il choifit le chaume, de meilleure qualité, & en forme des javelles d’environ 4 pieds de longueur ; il lie une de ces grandes javelles au quart de fa longueur, par un enlacement d'ofier long a9 h (fig. 7) ; il en appointit le gros bout ù, & il tortille le bout menu a, & y fait une boucle;il pique cet ofier dans la javelle de a en b (fig. 8 ) ; il en entoure la portion a9 b ; il pafîe enfoite l'ofier dans la boucle b, après quoi il ferre fortement la première
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- portion a b de ia javelle ; puis il pique Tôlier en c ; il le pique encore par le deffous en d ; enfin en le faifant revenir par le bord e, il ferre fortement la portion e d9 comme il Ta pratiqué à Tautre bord de la javelle a b : en faifant de même à Tautre bout de la javelle * elle fe trouve liée aux deux bouts, comme on le voit en f g 8c h k; alors, avec une faucille bien tranchante, il la coupe en deux, fiiivant la ligne ponétuée i ; ce qui lui donne deux javelles ou couffinets dégoût (jig.ÿ qui fe trouvent enlacés d’ofier par le milieu de leur longueur*
- Quand les bâtiments font bas , un Manœuvre peut tendre avec une fourche les gerbes de chaume au Couvreur qui eft monté fur le toit ; cette fourche (Jig. 15 ) eft de fef| & femblable à celles dont on fe fert lors de la moiffon pour charger les gerbes fur les voitures; mais quand les bâtiments font trop élevés , le Manœuvre (Jig. 1 ô ) eft obligé de charger les javelles fur fa tête , & de les monter fur le toit à Taide d une échelle N,
- Le Couvreur fait Tégout en arrangeant les couffinets bien ferrés les uns auprès des autres, de forte même qu ils fe recouvrent un peu les uns les autres par le côté : on voit un rang de couffinets arrangés de cette façon en op (Jig. 6 ) j 8c afin que Tégout fe foutienne mieux, & même qu’il foit un peu retroufle * on met fur la partie pendante des chevrons, en place de lattes, un cours de perches un peugroffes,fiir îefqùelles les bouts des couffinets puiftent s’appuyer* Quand Tégout a été garni de couffinets dans toute fa longueur du bâtiment, le Couvreur forme fur le pignon la bordure P P (Jig. 6 ), avec des javelles garnies de leur lien de paille, ou, ce qui eft encore mieux, liées avec des harts ; car comme cette bordure eft plus expofée que le refte de la couverture à être emportée par le vent, le lien de paille ou la hart la mettent plus en état de réfifter ; & c’eft par la même raifon que Ton a grand foin de lier avec des ofiers toutes les javelles des rives ou des bordures, foit aux chevrons, foit à la latte ; outre cela, on les traverfe encore avec des chevilles de bois, qu’on fait entrer à coups de maillet dans le garni de la muraille ; on en voit deux ponéîuées en Q (Jig- 6 )• Enfin, comme il eft de la plus grande importance de fortifier cette partie contre l’effort du vent, il y en a qui mettent par deftus le chaume, quand la couverture eft finie , deux che-# vrons R R, chevalés à leur tête, & liés par le bas à ceux de la charpente .: cette précaution eft très-bonne.
- On fe rappellera que le Couvreur â formé Tégout avec des dëmi-javelles * qui font l’office de couffinets pour relever Tégout : on voit ces couffinets en place fur le toit en O P (Jig. 6) ; &on apperçoit leur fituation en a (/^n)j avec le lien d’ofier b, qui les tient attachés aux chevrons. On recouvre ces coufi* finets d’un rang de javelles c d (Jig. 11 ) , dont l’extrémité excede les couffinets, 8c on lie avec de l’ofier b, ces javelles c d aux chevrons ou à la latte* Il faut maintenant faire attention que les javelles font plus épaifles au milieu que vers les bouts, comme on le voit dans la figure 12, qui repréfente une javelle de toute fa longueur, & vue par fon épaifieur : or la partie la plus épaiffe ab9 doit répondre à la queue mince du couffinet; la partie mince , cd de la javelle couvre entièrement le couffinet, & même le déborde un peu ; 8c la partie ef s’appuie fur la latte en c (Jig. n )j ainfi d (jig. n) forme le pureau de cette javelle : on a encore attention que les javelles fe recouvrent toutes les unes les autres par les côtés*
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- Ce premier lit de javelles cd étant bien arrangé & fermement attaché fur les chevrons, on place le fécond rang ef (fig* 11), de façon que la partie mince c d de la javelle ( fig. 12), forme le pureau^, & qu'elle recouvre plus de la moitié de la longueur de la première javelle c d : ainfi la partie la plus épaifîe de la fécondé javelle qui eft reprélèntée par a b (fig.i 2 ), répond à la partie mince des premières javelles cd(fig. 11 ). On lie les javelles du fécond rang ffir les chevrons b ( fig. 11 ) ; on les met un peu en recouvrement par les côtés fur les javelles qu'elles touchent :1e Couvreur S (fig. 6) les prelfe fortement avec fon genou & fes mains ; & en continuant ainfi de rang en rang,’ il arrive, qu'au faîte, les deux rangs de javelles des deux côtés du toit recouvrent un peu la pièce de charpente qui forme le faîte, mais non pas affiez pour empêcher l'eau d'y pénétrer ; c'eft pourquoi on met dans toute la longueur du faîte de grandes & fortes javelles faîtieres i k (fig. ri ), dont la longueur croife le faîte à angle droit :1a partie épaiftè de la javelle faîtiere ik9 repofe lur le faîte quelle croife ; & les deux extrémités plus minces recouvrent d'un côté les javelles /, & de l'autre côté les javelles m (fig. 11) ; quoiqu'on lie ces javelles faîtieres au faîte même, le vent pourroit les emporter lî l'on n'avoit pas la précaution de les charger avec de la terre n% un peu détrempée & battue avec la palette reprélèntée par la figure *3.
- Le toit étant ainfi entièrement couvert de chaume, on le laide en cet état environ deux ou trois mois fans le finir , afin de donner aux brins de chaume le temps de s'affaifier les uns lur les autres ; au bout de ce temps, le Couvreur remonte fur la couverture pour en reconnoître l'état : s'il y trouve des endroits creux, qu'on nomme des goutieres, comme cela ne manque gueres d'arriver, il fourre fa palette (fig. 13 ) dans la partie du chaume qui eft la plus enfoncée, & en relevant le manche de cet outil, il forme un vuide dans lequel il introduit des javelles plus ou moins épaifîès, félon que l'enfoncement eft plus ou moins confidérable ; puis avec lès mains , il unit groffiére-ment la couverture , en retirant & jettant à bas le chaume lùperflu ; enliiite il bat la couverture avec le plat du peigne , pour comprimer le chaume, Sc détacher les brins qui ne tiennent pas ffiffilamment : il finit ce travail en polif» fant fon ouvrage avec les dents du peigne (fig. 14 ).
- Il ne lui refte plus que l'égout à égaler, ce qu'il fait en tirant avec la main les brins de chaume qui débordent les couffinets ; & fi le Couvreur s'ap-perçoit qu'il y ait quelque endroit qui ne foit pas aflèz garni de chaume, il y en remet de nouveau, en l'introduifànt avec la palette (fig. 13 ). Cet infiniment lui fert encore, en frappant de plat, à faire rentrer les brins de chaume qui ne débordent qu'un peu les couffinets : l’ouvrage étant ainfi ragréé , l'Ouvrier finit par mettre, avec une truelle, du mortier de terre entre la maçonnerie du pignon & le bord des javelles qui le recouvrent, & il forme en dedans les ravales avec de la maçonnerie.
- On doit éviter, autant qu'il eft poffible, de faire des noues aux couvertures de chaume ; mais quand la néceffité y oblige, il faut garnir avec de fortes javelles le fond de ces noues, en chargeant bien le noulet, afin que la noue, au lieu d’être creufe, forme un ados fort large, qui par ce moyen fe lie aflèz bien avec les deux toits.
- La même raifon qui doit faire évitex les noues, doit engager à fupprimer
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- les lucarnes for de pareils toits ; il convient mieux de pratiquer une fenêtre dans le pignon* comme en T ( fig. 6) ; mais fi Ton étoit contraint d’en faire une dans la couverture, il faudroît du moins la tenir fort bafle * chevaler les chevrons fur un petit faîte particulier* & les faire aboutir fur deux des chevrons de la grande charpente; alors* en garniflaht de beaucoup de chaume les noues * on formera for cette lucarne un arrôndiflement en forme de dos dé bahu. Si l’on veut élever davantage cette lucarne * il faut que les côtés foiens de colombage* & la couvrir comme un toit ordinaire.
- Pour faire un œil de bœuf dans les couvertures de chaume* on place entré les javelles laferche dune feille fans fond* on met aux côtés deux couflinets liés à la latte* & on couvre le relie avec des javelles. Mais il eft toujours mieux ëç plus folide de faire les toits de chaume pleins & fans aucune ouverture.
- Ces fortes de couvertures font très-bornles pour les maifons des Payfons; elles garantifîent leurs logements de l’air chaud ou froid ; enforte qu’elles font fraîches en été* & chaudes en hiver t ces couvertures ont encore l’avantage d’épargner beaucoup for la dépenfo de la charpente. Mais elles ne conviennent point dans les fermes* non-feulement parce quelles font expofées à être incendiées, mais encore parce qu’elles font fojetes à être endommagées par les pigeons & les volailles; de plus, elles fervent de réduit aux fouines* auxfouris* aux rats* qui cherchent toujours les habitations où il y a du grain & des volaib les. Quand les Payfons ramaflent eux-mêmes le chaume, il ne leur en coûte què la moitié du prix ordinaire pour le faire employer par les Couvreurs ; en confé-quence* fi l’on paye à ceux-ci 14 livres par millier * il ne leur en coûte alofs que 7 livres.
- Réparations des Couvertures de Chaume.
- En supposant qu’il n’arrive aucun accident étranger aux couvertures dé chaume * elles doivent durer douze ou quinze ans fans avoir befoin de réparations confidérables. Quelquefois un coup de vent emporte quelques javelles * en ce cas* on doit en fobftituer d’autres le plus promptement qu’il eft poffible* & les lier aux chevrons* pour éviter quelles ne foient encore errn portées. Lorfqu’après des pluies confidérables accompagnées de vent* ons’ap^ perçoit qu’il s’eft formé des gouttières for les couvertures * il faut y piquer*1 avec la palette* de petites javelles de chaume ; ces fortes d’accidents fe réparent fi aifément* que pour peu qu’un Payfon foit adroit* il peut exécuter lui-même ces petites réparations. Mais au bout de douze ou quinze ans* la foperficie du chaume des couvertures eft pourrie, on y voit croître de l’herbe & de la moufle t il faut alors* fi l’on veut prévenir la perte totale de la couverture* y faire une grande réparation* qu’on nomme un manteau. Cette réparation confifte à mettre for toute la foperficie de la couverture une couche de chaume neuf; on commence par ôter tout le chaume pourri & réduit en terreau * jufqu a ce qu’on ait découvert le chaume foin ; enfoite en commençant par l’égout* on fourre avec la palette des javelles de chaume dans toute la longueur du bâtiment ; puis en remontant toujours par des Orgues horizontales, on garnit toute la couverture de javelles neuves, que l’on preftè entre les anciennes* en les appuyant avec le genou , & en les frappant avec la palette ou le plat du peigne ; après quoi on retire avec les mains tout le
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- chaume foperflu ; on peigne le manteau, comme on fait aux couvertures neuves ; on remet fur le faîte des javelles faîtieres neuves ; on les charge de terre ; on égalife l’égout ; & on répare les rives ou bordures. Au moyen de cette réparation , ces couvertures durent encore douze ou quinze ans ; les Payfans fe contentent prefque toujours de faire remettre des manteaux for leurs bâtiments ; & ils ne les recouvrent à neuf que quand la charpente a befoin d’une réparation confidérable. En ce cas, ils font fervir, pour la nouvelle couverture, une partie de l’ancien chaume qui fe trouve ordinairement fort bon ; mais avant d’en faire des javelles, ils les délient pour en fecouer le chaume, qu’ils divifent le plus qu’ils peuvent. Les brins pourris, ainfi que ceux qui fe trouvent brifés, tombent fous le bon, & ils mêlent ce qu’il y a de meilleur de ce chaume ancien avec du chaume neuf, Si javeilent le tout comme nous lavons déjà expliqué,
- De la Couverture des murs en Chaume.
- Un des meilleurs ufages qu’on puifTe faire du chaume , eft d’en couvrir les murs des parcs, ceux des fermes, & généralement tous les murs qui n’exigent pas une grande propreté. Une pareille couverture , lorfqu’elle eft bien faite, dure, for un mur de clôture, vingt-cinq à trente ans ; au lieu que les chaperons qu’on fait en pierre s’écroulent ou fe délitent très-promptement, à moins que l’on n’ait l’attention de les afleoir for un bon mortier de chaux & de fable, ou de ciment ; mais cette dépenfe eft confidérable.
- Pour faire ces fortes de couvertures, il faut que le fommet du mur foit bien régalé, afin que les javelles puiftent s’y afleoir folidement ; il eft bon même pour cette raifon, que les murs aient ip h 22 pouces depaifleur dans le haut ; car le chaume employé for un mur qui a peu d’épaifleur , eft fojet à tomber.
- On javelle le chaume comme pour couvrir les maifons ; un Ouvrier monte for le mur, & fon Manoeuvre lui fournit les javelles avec une fourche : le Couvreur les délie, & il jette à bas le lien de paille; puis il prend une javelle, qu’il pofe en faîtiere for le mur a b (fig. 16 ), où il ia prefte fortement fous fes genoux & avec fes mains ; il place enfoite une fécondé javelle, de maniéré que fes bords recouvrent ceux de la javelle qui a été placée en premier lieu ; il prefte encore celle-ci de la même maniéré que la première , & l’arrange avec fes mains : quand il a placé ainfi focceflivement quatre ou cinq javelles, il fe fait apporter dans un panier ( fig. 17) dé la terre détrempée c (fig. 16 ) , qu’il répand for le milieu des javelles qui font déjà pofées ; il arrange ce mortier de terre, & le bat avec la palette ; puis il continue de pofèr d’autres javelles dans toute la longueur de la muraille : il en faut cent pour couvrir une toife courante de muraille. Quelques-uns, pour empêcher que la pluie n’emporte la terre, chargent leur chaume avec des gazons, ou bien ils y plantent des fedum & des joubarbes, & même de l’orpin. Les racines de ces plantes contribueht à retenir la terre qui charge les faîtieres. Quelques Couvreurs, pour rendre leur ouvrage encore plus folide, enfoncent dans le garni des chevilles à deux pieds de diftance les unes des autres, de la même maniéré qu’on en met aux rivets fur les pointes des pignons*
- Quand
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- L'ART DU COUVREUR. 9
- Quand les javelles font fuffifàmment chargées de mortier, le Couvreur descend pour former l'égout, parce que le bout des javelles eft pendant, comme on le peut voir ( Jig. 16 ) du côté de a ; Sc pour leur donner la forme qu'on voit du côté b9 il tire avec la main les brins qui pendent, & il les jette à bas ; enluite il frappe avec le plat de la palette. Si l'égout lui paroît trop mince en quelques endroits, il y fourre du chaume, à l'aide de la palette ; puis il tire peu à peu les brins qui excédent trop, & renfonce avec la palette ceux qui débordent ; quand l'égout eft bien uni, il fè foutient afléz ferme , puifque le chaume déborde le mur de 4 à y pouces de chaque côté, fans être autrement foutenu.
- Toutes ces manœuvres paroifTent bien fimples ; néanmoins il y a une certaine adreffe à bien affeoir les javelles fur les murs , & à faire enforte que le milieu des javelles foit exactement fiir le milieu du mur, ainfi que la charge du mortier de terre c (Jig. r 6 ) ; c'eft à quoi quelques Ouvriers réufîîflènt mieux que d’autres, & c'eft pour cette raifon que l'on voit quelques-unes des couvertures de cette efpece qui réfiftent aux vents violents, pendant que d'autres en font renverfées.
- Tout le chaume qu'on a jetté à bas en fînifïânt les couvertures, ne doit pas être perdu; on le ramaffe, & l'on en forme des javelles.
- Des Couvertures de Rofeau.
- On fait de fort bonnes couvertures avec les rofeaux qui croifîent dans les marais. Comme le terrein ou ils viennent eft ordinairement rempli d'eau, on attend l'hyver, & on les coupe dans cette fàifbn pendant la gelée: ils ont alors 6 pieds de hauteur ; on les coupe par la moitié avec la faucille, & l'on en fait des bottes, que l'on lie avec de la paille : ces bottes tiennent lieu de javelles de chaume. Nous avons dit que pour couvrir en chaume, on mettoit les cours de lattes à 6 pouces les uns des autres : pour couvrir avec le rofeau, on les met feulement à trois pouces, parce que comme le rofeau eft fujet à couler , il faut le lier en plu fleurs points* On commence par former l'égout avec des couffinets de chaume ordinaire , & de la maniéré que nous l'avons expliqué ci-defîùs ; on fait auffi les rivets avec des javelles de chaume, ainfi que la couverture du faîte.
- Les couffinets a (jig. 9 & 21 ) étant placés, le Manœuvre porte au Couvreur une botte de rofeaux (Jig. 20) qu'il délie, & il la pofe de maniéré qu'elle puifîe recouvrir entièrement le couffinet ; puis il l'étend un peu* mais de façon qu'il y refte une épaifleur de rofeaux de 8 à 9 pouces ; il l'arrête enfiiite à la latte ou aux chevrons avec un lien b ; puis il pofe auprès de cette première botte une fécondé, qu'il lie de la même façon ; & quand il y en a établi un lit dans toute la longueur du bâtiment, il frappe avec la palette fur le bout des rofeaux pour les faire couler, de forte que le bout de la botte qui d'abord étoit perpendiculaire comme le repréfente la ligne ponétuée a b ( Jig. ai), devient oblique comme en x, parce que tous les brins de rofeau doivent faire une petite retraite d'environ deux ou trois lignes, les uns fur les autres ; & comme les rofeaux de la partie fupé-rieure de la botte font plus renfoncés que ceux de l'extrémité oppofée, il Couvreur. G
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- en réfiilte que le derrière de la botte perd de fon épaifleur elle en perd d’autant plus que cette partie de la botte efl: toujours la plus menue du rofeau : enfiiite on pofe les liens c 3c d (fig. 21), en obfervant d’entrelacer tellement ces liens, qu ils faflent joindre toutes les bottes du même lit les unes avec les autres : on met un fécond lit de bottes repréfenté par la ligne ponétuée e ; on les attache à la latte avec des liens f ; on fait couler les ro-féaux du deffiis des bottes en frappant avec la palette, & on pofè les liens g & h ; ce qui étant continué de toute la longueur du toit, le fécond rang fè trouve fait ; il doit recouvrir les liens b, c, d, du premier rang ; en continuant ainfi ce travail dans toute la hauteur du toit, on arrive au faîte, qu'on couvre avec de grandes javelles de chaume, comme nous lavons déjà dit : il faut obferver que le rofeau puifle recouvrir en partie le chaume des javelles des rivets.
- Ces fortes de couvertures exigent plus dadrefle que celles de chaume ; auffi coûtent-elles une fois plus de façon ; mais elles réfiftent beaucoup plus au vent, & elles durent quarante ans & plus, fans être obligé d’y faire aucune réparation. On couvre auffi les murailles avec du rofeau ; Sc cette couverture n'exige d’autre attention que de bécheveter le rofeau, afin que la couverture foit auffi épaifle d’un côté que de l’autre.
- Dans quelques pays on fait encore des couvertures avec du Glaïeul, du Typka, qu'on nomme la Majje, des Souchets de grands joncs, & d’autres grandes herbes; mais nous n'en parlons point, parce que ces plantes font de mau-vaifes couvertures, & que d’ailleurs, on les emploie à peu-près de la même maniéré que le chaume.
- Comment on couvre de Paille les Meules ou Gerbiers de Froment, celles d’A voine 9 ou de différents Fourrages.
- Quand on a fait un gerbier à peu-près femblable à celui de la figure 1, marqué D : on le recouvre avec de la paille, pour empêcher que l’eau ne le pénétré. On choifit pour cela de la paille longue de feigle (fig. 22 ) ; on la mouille un peu ; on en prend une poignée, & après en avoir replié le bout où font les épis, pour faire une efpece de tête a, on lie cette partie avec un petit brin d’ofier refendu ; puis quand on a préparé un grand nombre de pareilles poignées, fi Ton veut commencer la couverture à 6 pieds du terrein, on fait avec la palette un trou dans le chaumier, on y fourre la tête a de la poignée ; & après avoir rabattu la paille qui déborde le gerbier, on étend, en forme d’éventail, le bout b c de la poignée : on continue de même dans tout le pourtour du gerbier, puis on commence un fécond rang, dont la paille recouvre la moitié de la longueur de celle qui forme le premier rang. On fait de même la troifieme rangée , puis la quatrième , & ainfi jufqu'au faîte, où l'on met quelques bottes de paille longue, couchées fùr leur lien, & on les retient avec quelques perches minces, qu'on attache à la pointe de la meule, & dont on arrête les bouts à des piquets fort longs, enfoncés dans le gerbier. Pour peu que c es couvertures foient bien faites, elles font en état de fubfifter beaucoup plus long-temps qu'il ne faut, pour garantir le gerbier, jufqu a ce qu'il foit vuidé.
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- CHAPITRE IL
- Des Couvertures en Tuile.
- Les tuiles font des carreaux de terre cuite, qui ont environ J lignes d'é-paifleur. La bonté des tuiles dépend principalement de la nature de la terre dont on les fait ; car il y a des terres qui deviennent très-dures à la cuiiTon * Sc d autres qui relient II tendres quelles rompent fous le poids du genou des Couvreurs. Le degré de cuiiTon influe encore fur la bonté des tuiles : celles qui ne font pas allez cuites relient tendres , elles imbibent ïeau ; & quand il vient de la gelée, elles fe feuillettent. Ce défaut de s'exfolier arrive même à des tuiles fort dures, qui ont été failles par un feu trop vif, & alors la fuperficie fè trouve quelquefois trop cuite, pendant que l'intérieur lie Tell pas alfez : ces fortes de tuiles font donc fiijettes à fe lever par écailles*, Pour qu'une tuile foit bien cuite, il faut que la chaleur ait pénétré dans l'intérieur, Sc que la grande aélion du feu n'agilîè que quand l'humidité de l'intérieur ell entièrement diflîpée : quand le feu eft mal conduit, beaucoup de tuiles fe trouvent fondues, Sc elles fe fendent quand on les met au fout avant quelles aient été fuffifàmment deflechées fous des hangars : ajoutons , qu'une tuile qui a reçu un coup de feu trop violent ell ordinairement en partie vitrifiée Sc voilée. Je me borne à ces généralités, parce qu'on trouve ces détails dans l'Art du Tuilier qui a été publié. Il fiiffit que le Couvreur fâche qu'une bonne tuile doit avoir confervé fà forme platte ou creufè „ fùivant fon efpece, qu'elle doit être fonore quand on frappe deflus avec le marteau, ce qui indique qu'elle n’eft point fêlée, Sc qu'elle eft bien cuite : certains points brillants font encore connoître la bonne cuiiTon ; elle doit fe rompre difficilement, être auflî cuite dans l'intérieur qu'à la fùperficie, fans être vitrifiée. Il ne faut point s'arrêter à la couleur, car les terres en prennent de fort différentes à la cuiiTon : les unes font prefque blanches, d'autres font fort rouges, d'autres fort brunes ; Sc toutes peuvent être bonnes. On ne doit pas non plus rebuter les tuiles dont la furface eft raboteufè ; car cela dépend fbuvent du fable qu'on a employé pour les mouler, Sc qui ell gros : l'intérieur de la tuile n'en eft point altéré. Au relie, l'ulàge fait connoître fi elles fe chargent de moufle, fi elles fè pourriflent fur les toits, ou fi elles fe feuillettent. On préféré la bonne tuile de démolition à la neuve ; je dis la bonne , c'ell ordinairement celle de Bourgogne ; car celle qui étant neuve n'étoit pas de bonne qualité, ne vaudra abfolument rien quand elle aura été déjà employée.
- Suivant les Provinces, on couvre les toits, foit avec des tuiles plates, foit avec des tuiles creufes, ou avec des tuiles en S. Je dirai la maniéré d'employer ces différentes fortes de tuiles, après que j'aurai parlé de l’emploi des tuiles plates dont on fait les plus belles couvertures.
- Des Tuiles plates.
- Les tuiles plates font ordinairement de deux grandeurs : le grand échantillon qu'on nomme auflî le grand moule, a un pied de longueur, Sc en y comprenant ,1e crochet 13 pouces for 8 à 5) pouces de largeur. Le petit
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- échantillon, ou le petit moule, porte i o pouces de long ffir 6 de large. Il eft à defirer que toutes les tuiles qu'on fait dans une même province foient dun même échantillon ; car pour bien réparer une couverture, il faut y employer des tuiles dune même grandeur ; & c'eft ce qui rend les moules bâtards fort incommodes, &‘prefque d aucun ufage, auffi n'en fait-on point pour Paris,
- Quand on eft néceffité de réparer avec des tuiles de différent moule, il faut découvrir une partie du toit pour réparer lerefte, & couvrir à neuf avec le moule bâtard, & ne le point mêler avec les autres. On fait encore des tuiles gironées, pour couvrir les tours ; des tuiles hachées pour mettre dans les noues ; des tuiles vernijfées, &c. Les Couvreurs nomment Ticofines, les tuiles fendues dans leur longueur ; & Rigoteaux , les tuiles fendues en travers, & qu'on emploie aux Solins : nous parlerons dans la fuite de l'emploi de ces différentes tuiles.
- Attentions qui regardent le Charpentier.
- Il y a de l'inconvénient à faire les toits trop plats, parce que l’eau y coule plus lentement, & quelle pénétré par les plus petits trous :1a neige s'y arrête, elle les charge , &.lorfque le dégel arrive, l'eau arrêtée par la neige s'écoule entre les tuiles ; enfin lorfqu'il fait de grands vents, l’eau des pluies fe trouvant refoulée, paflè entre les tuiles, & tombe dans les greniers. Les toits fort roides ne font point ffijets à ces inconvénients ; mais auffi les tuiles ne font pas fi fermement retenues ffir les lattes, & elles coulent en bas.* Comme les tuiles de grand moule font ordinairement percées de deux trous, un de chaque côté du crochet, on y met un clou pour mieux tenir la tuile ffir les lattes j mais alors les réparations deviennent très-embarraffantes à faire. Il faut donc, pour avoir une couverture folide, éviter les excès de pente : l'ufàge ordinaire eft de donner en hauteur,aux combles couverts en tuile, le tiers de leur largeur ; fi le comble a 3 o pieds de largeur d'un entablement à l'autre, il doit avoir 1 o pieds de haut au fommet du faîte, oula longueur de l'aiguille doit être de 1 o pieds ; mais lorfqu'on fait des manfàrdes, fou vent la partie d'en bas eft trop roide, & celle qui eft au-deflus de la panne de brîfis eft trop plate. Ces attentions concernent les Charpentiers ; ils doivent encore avoir egard au poids de la tuile, qui eft beaucoup plus confidérable que celui du chaume, & que celui de l'ardoife ; car on doit faire les charpentes d'autant plus fortes quelles ont un plus grand poids à ffipporter.
- Autrefois on ne mettoit que trois chevrons fous chaque longueur de latte ; c’eft-à-dire, que les lattes qui ont 4 pieds de longueur aboutiffoient ffir deux chevrons, & étoient foutenues par un chevron dans leur milieu: on mettoit les chevrons à deux pieds de diftance les uns des autres, à compter du milieu d'un chevron au milieu d'un autre : on a depuis reconnu que la latte qui eft aujourd'hui fort mince, n'étant pas allez foutenue, ployoit dans l'intervalle des chevrons; & pour y remédier,on foutient maintenant la latte avec qfuatre chevrons, qui en ce cas, ne font qu'à 16 pouces l'un de l'autre , toujours en comptant du milieu d'un chevron au milieu d'un autre ; de forte qu'il n'y a guere qu'un pied d'intervalle du bord d’un chevron au bord d'un autre.
- Enfin
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- Enfin les Charpentiers doivent , en brandiflant les chevrons, avoir attention de les caler liir les pannes, de façon qu’ils faflent tous enfemble un plan bien uni : cela s’exécute facilement quand on n’emploie que des chevrons de foiage ; mais fi ce font des chevrons de brin, quoiqu’on mette leur courbure dans le fens du plat toit, il arrive quelquefois qu’un de ces chevrons s’élève, & que le Couvreur, en lattant, eft obligé de hacher avec fon aflette, la partie du chevron qui s’élève trop ; ou s’il le trouve trop creux en quelque endroit,’ il faut qu’il le rengraifle, & qu’il y attache une latte dans le fens de la longueur du chevron.
- Du Lattis.
- Pour les égouts pendants, tels que font ceux des bâtiments des fermes,’ & tous ceux qui n’exigent pas une grande propreté, les Charpentiers laiflent les chevrons excéder le mur de i y ou 18 pouces, & ils tirent for tous avec un cordeau, un trait blanc ou noir, afin que cet égout ait une égale faillie dans toute la longueur du toit. Le Couvreur attache enfoite fiir ce trait un cours de chanlattes A (PL //, fig. i), dans toute la longueur du bâtiment.
- Les chanlattes ( fig. i} font des planches de fix à fopt pouces de largeur; elles font taillées en chanfrein, de forte quelles ont à un de leurs bords a± deux pouces d’épaiiîèur, & à l’autre ù, elles fo terminent en lame de couteau: ces chanlattes font tirées d une membrure B de 6 pouces de largeur , & de deux pouces & demi d’épaiiîèur, que l’on foie en deux par une diagonale C D tracée for le parallélogramme qui forme une de fos extrémités.
- Quand on pofe les chanlattes a (fig. 3 ), on met le bord épais for le trait du cordeau qui doit excéder le parement extérieur du mur de 1 y à x 8 pouces ; & quand elles ont été attachées, on cloue for les chevrons, au-delfos du bord tranchant des chanlattes, un cours de lattes vers b (fig. 3 ) : enfoite on forme le bâti ; c’eft-à-dire , qu’on cloue for toute l’étendue du toit des cours de lattes eyeye (fig. 4), diftants les uns des autres de 6 pouces & demi, fi les miles n’ont que 9 pouces de longueur ; & à 8 pouces de diftance, G les tuiles étoient d’un pied de long.
- Quelques Couvreurs donnent d’autant plus de recouvrement aux tuilesy Sc diminuent d’autant plus le pureau, que les toits font plus plats : ainfi en foppofant qu’ils euflent à couvrir un toit fort plat, ils ne mettroient, pour le petit échantillon, que y 7 ou 6 pouces entre les cours de lattes du bâti;mais cela ne s’obforve gueres que pour l’ardoifo.
- Quand le bâti eft formé, on pofo les contre-lattes : nous avons dit ci-defo fos que les lattes ployoient quelquefois entre les chevrons fous le poids de la tuile, & que cela arriyoit principalement quand on ne mettoit que trois chevrons fous latte ; en ce cas, on met entre les chevrons a (fig. 4 ), deux cours de contre-lattes dydy pofées parallèlement aux chevrons a, 8c qui coupent à angle droit celles e du bâti, fous lefquelles elles font clouées ; cet ufige eft abandonné pour les bâtiments neufs, parce qu’on met toujours quatre chevrons à la latte ; & on voit qu’il y auroit de l’économie à payer plus cher de la latte qui feroit plus forte. Quand nous avons eu à réparer d’anciennes couvertures , où les chevrons étoient des trois à la latte , au lieu de mettre deux çours de contre-lattes, nous ayons fai; mettre entre les chevrons, comme en ÇoVVREUHy * D,
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- cy (fig• 4-) du bardeau de moulin ; ce font de fortes perches ou petites ridelles qu’on refend en deux dans les forêts ; elles ont environ un demi-pouce d’é-paifleur for 3 forts pouces de largeur ; ces bardeaux fur lefquels les lattes font clouées valent prefque autant que des chevrons pour le fervice. Quand les lattes fe trouvent foibles, on met un cours de contre-lattes c, quoique les chevrons foient des quatre à la latte ; & on choifit pour contre-latter ainfi les lattes les plus fortes.
- On cloue aifément la latte for les chevrons, parce qu’ils font allez forts pour foutenirle coup de marteau; mais il n’en eft pas de même de la contre-latte; ce qui oblige les Couvreurs d’employer un contre-lattoir pour pouvoir attacher la latte for la contre-latte : ce contre-lattoir eft un outil de fer recourbé (fig* 5 ), dont on pafïè le bec a fous la contre-latte ; la traverfe bb foutienc les lattes du bâti ; en appuyant en c> on prelfe la contre-latte fous la latte, Se on fe procure un point d’appui pour frapper le clou dont la pointe fe re-broufte , & fe rive for le bec du contre-lattoir : au défaut d’un contre-lattoir,' les Couvreurs paffent la tête de leur affette fous la contre-latte pour tenir le coup.
- Les Couvreurs attentifs taillent les bouts de leurs contre-lattes en bifoau pour les mettre en recouvrement, afin qu’un même clou puiife traverfor les extrémités de deux contre-lattes avec la latte.
- Quand le toit eft bâti & contre-latté, il faut ajouter entre les lattes du bâti un cours de lattes b b (fig* 4) ; & c’eft ce qu’on appelle remplir.
- J’ai dit que quand on couvroit avec de la tuile de petit échantillon , on ttiettoit les lattes du bâti à 6 pouces les unes des autres , en comptant du milieu d’une latte au milieu d’une autre ; comme on met une latte entre deux, il ne fe trouve que trois pouces du bord fopérieur d’une latte au bord fopé-rieur d’une autre : on verra dans la foite que ces trois pouces forment le pureau des tuiles de lo pouces : la diftance d’un cours de latte à un autre cours, doit former le pureau , qui eft ordinairement d’un tiers de la hauteur de la tuile , prife au-deftbus du crochet. Quand on emploie des tuiles de grand moule, il faut environ trente lattes par toife quarrée de couverture ; & trente-fix y quand on emploie des tuiles de petit moule ; ce qui demande, l’un portant l’autre, cent quatre-vingt-dix clous.
- On choifit pour le bâti les lattes les plus droites, & on les pofe for un trait de cordeau ; à l’égard des lattes de rempliflàge, on les place à vue. Une attention que n’ont pas tous les Couvreurs, & qui eft néanmoins importante, eft de liaifonner les lattes ; c’eft-à-dire, qu’il ne faut pas qu’elles aboutillent toutes for un même chevron : pour éviter cela , on commence par pofer une latte for les quatre chevrons du milieu du bâtiment ; on cloue la latte fopé-ïieure for un autre chevron, Se en continuant toujours de la même façon,1 tous les chevrons fe trouvent liés par les lattes, & l’un ne peut pas couler fans les autres.
- Monter la Tuile.
- Dans les Villes & lorfque les bâtiments font fort élevés, les Manoeuvres montent la tuile dans une hotte ; mais dans les campagnes, où les bâtiments n’ont pas ordinairement une grande hauteur, les Couvreurs fe la jettent les
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- uns aux autres ; un d’eux eft en bas ; il en jette trois couchées les unes fur autres, à 15 , 20 , 2y ou 30 pieds de hauteur, fiiivant la force de celui qui les jette ;un fécond Couvreur, monté fur une échelle, le dos appuyé contre les échelons, les reçoit ; celui-ci les donne tout de fuite à un troifieme Couvreur plus élevé que lui de trois ou quatre échelons ; & celui-ci les remet au Couvreur qui doit brocher la tuile fur le toit. Rarement les Compagnons qui font fiir l’échelle jettent la tuile à ceux qui font au-deftiis d’eux ; iis fe la donnent à la main.
- Pour brocher la tuile, le Couvreur la pafle de plat entre les lattes, comme on le voit en E (fig. 2 ) ; en brochant, il remplit une Orne, comme celle marquée B (Jig. 4 ) ; il laide l’orne C vuide ; puis il remplit l’orne D ; s’il remplilToit toutes les ornes ^ il fe trouveroit y avoir trop de tuiles de montées ; mais auffi en fiiivant ce que nous venons de dire, il n’y en auroit pas allez , & on feroit obligé d’en monter pour achever la couverture ; ce qui ne feroit pas un grand inconvénient : cependant on remplit ordinairement toutes les ornes feulement vers une extrémité du bâtiment, de forte que, fur un toit qui auroit 40 pieds de longueur , on laifle quinze efpaces vuides. Au refte, il vaut mieux avoir à monter quelques tuiles pour finir le toit, que de fe mettre dans le cas d’en avoir de trop qu’il faudroit defcendre.
- Former un Egout fendant, 3C le Plein couvert.
- Quand la tuile eft montée, on doit former l’égout, en pofant fur la chan-latte a (Jig. 3 ) un rang de demi-tuiles b, qu’on nomme un fous-doublis , qui doit déborder la chanlatte de 4 pouces ; fur ces demi-tuiles, on pofe le doublis, qui confifte en un rang de tuiles c, qui s’accrochent au cours de lattes qui eft immédiatement au-dedus de la chanlatte, Sc dont le bord doit arrafèr le fous-doublis fans laifter de pureau ; mais le milieu des tuiles du doublis doit couvrir les joints des demi-tuiles du fous-doublis : le fécond rang de tuile d s’accroche au fécond cours de lattes ; il recouvre les deux tiers de la longueur des tuiles du premier rang , dont il refte 4 pouces de découvert, fi c’eft du grand échantillon, & trois pouces feulement, S c’eft du petit moule : cette partie découverte forme ce qu’on nomme le pureau. Au refte, il faut que le milieu de la largeur des tuiles du rang J, recouvre les joints du premier rang c; en continuant .à accrocher ainfi en liaifon des rangs de tuiles fur tous les cours de lattes, le plein toit fe trouve couvert.
- Pour les toits ordinaires, on met les tuiles touchantes ; mais pour ceux des Verreries, des Braderies, des Brûleries , des Fonderies & des Hangards à claire-voie, on les couvre en laiffant d’une tuile à l’autre la diftance du tiers de la largeur de la tuile ; fi l’on emploie de la tuile du grand échantillon, c’eft deux pouces, comme on le voit (Jig. 7 ) ; au furplus, on latte 3c on forme les pureaux comme pour les autres couvertures.
- Faire les Égouts retroujfés.
- Pour les égouts retrouffés, on fait aboutir les chevrons fur le milieu de l’é-paifleur du mur comme dans la figure 2. Ce mur doit être terminé par un entablement de pierre de taille h, ou par quelques rangs de brique g. Suppofons
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- que l'entablement g ou h ait deux pouces de faillie, on pofè en mortier ou en plâtre un fous-doublis de tuiles a qui doit faillir de 4 pouces fiir l'entablement ; il faut que celles qui forment le fous-doublis aient un peu de pente vers le dehors ; on couvre le fous-doublis dun doublis b, formé dun rang de tuiles pofées avec plâtre ou mortier, fùivant l’ufàge du pays ; ce doublis . doit arrafèr le fous-doublis, en couvrir les joints, & avoir un tant foit peu plus de pente. Quelques Couvreurs mettent les demi-tuiles du fous-doublis en tiers point, de forte qu'elles préfentent un de leurs angles en dehors a(jig. 24), où l'égout eft repréfènté renverfé ; on les recouvre avec des tuiles du doublis b, qu'on pofè quarrément. Comme la difpofition de ces tuiles de l'égout fait une forme agréable ; on rougit celles du doublis avec de l'ocre pour les rendre plus apparentes, ou on les noircit ; & l’on blanchit celles du fous-doublis en les trempant dans de la chaux & de l'urine. On pofè fiir le doublis le premier rang de tuiles c^fig. 2 ), qui s'accroche au premier cours de lattes , & qui arrafe le doublis ; puis on pofe le fécond rang e qui doit faire retraite fur le premier de la largeur du pureau ; fàvoir 3 pouces pour le petit moule, 4 pour le grand ; les autres rangs e9fydfe pofent de même, ers obfèrvant toujours la même retraite; mais comme pour donner plus de grâce à l'égout , il vaut mieux augmenter peu à peu la pente des tuiles, feulement juf qu'à la hauteur de trois pieds, on ne les accroche point à la latte; on les aflèoic feulement fur un bon mortier, ou fur une foie de plâtre ; ainfi jufqu'à cette hauteur de trois pieds, la latte ne fèrt qu'à retenir le mortier ; & en relevant toujours de plus en plus le derrière des tuiles, on forme l'arrondiflèment de l'égout, de maniéré que, fiir les toits qui ne font pas fort plats , ce n'eft que "Vers le douzième rang de tuiles qu'on parvient à la pente que le plein toit doit confèrver dans toute fa hauteur.
- Quand l'égout eft achevé, on fait quelquefois un folement de plâtre de Î4 pouces de large à la tête de cet égout, pour recevoir des coyaux que le Charpentier fournit , & qu'il taille fùivant la rondeur du comble : plus le comble eft plat, plus il faut que les coyaux foient longs ; & alors on defcend les lattis jufqu'au pied des coyaux : le premier pureau d'après l'égout s'accroche fiir le premier cours de lattes, & continue jufqu'en haut : nous expliquerons plus au long ce que c'eft que les coyaux, lorfque nous parlerons de la couverture en ardoife ; en attendant, nous nous contenterons de dire ici que 'ce font des bouts de chevrons, qu'on attache avec des clous à l'extrémité d'en-bas des chevrons.
- Quelques Notes relatives à la couverture en Tuile.
- i°, Dans quantité de Provinces, les tuiles plates portent à un de leurs bouts une petite éminence de terre a (fig. 6), qu'on nomme crochet ou 72^; il fert à les accrocher à la latte ; il y a d'autres Provinces, où, en place de ce crochet, on pratique deux trous by foit pour les clouer fur la latte, foit pour y palier de petites chevilles de bois qui tiennent lieu du crochet. Il eft défendu par les Statuts des Maîtres Couvreurs de Paris, d'employer des chevilles de bois ; mais il leur eft permis d'y mettre des clous de batteau: on fait encore aux tuiles de grand moule des trous à côté du crochet, pour fuppléer dans l'occafion au manque de crochets, dans le cas où ils fe feroient applatis avant la çuifton, ou s'ils fe trouvaient caftes par accident, 3 *
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- 2°, On fait dans quelques Tuileries des tuiles toutes plates J comme on en peut voir le profil en d (fig. 6 ) ; dans d autres , on leur donne une cer-taine courbure dans le fèns de leur longueur (voye^e>fig. 6) : cette courbure fait que les bords de ces tuiles appuient plus exactement fur le pureau des tuiles inférieures ; mais les tuiles totalement plates font plus commodes pour former les égouts : je parlerai ailleurs des tuiles en gouttières * & de celles faites en S.
- 30, Dans quelques Provinces, pour donner de la grâce aux tuiles, on ar tondit leur pureau c (fig. 6 ), & lorfqu elles font employées fur les toits, elles reflemblent aux écailles des poiffons.
- 4°, Dans les Provinces où Ton vernit les tuiles en différentes couleurs, on en forme des compartiments qui font plus ou moins agréables fiuvant le goûü du Couvreur*
- y °, Les lattes font des efpeces de réglés que Ton fend dans les forêts * Celles pour la tuile, & qu'on nomme lattes quarrées, n'ont fouvent que 13 à 14 lignes de largeur,4 lignes d epaifîeur,& 4 pieds ou 4 pieds 1 pouce de longueur. Bullet dans fon Architecture pratique, exige, avec raifon, qu'elles aient 2 pouces de large, & 4 pieds de longueur. On y emploie plufieurs efpeces de bois ; mais les meilleures lattes doivent être de bois de chêne ; ce bois doit être de droit fil, fans nœuds, &fans aubier : les lattes doivent être fendues d’une égale épaiffeur dans toute leur longueur: on plie les lattes comme la lame d'une épée, pour connoî-tre s'il y a des endroits foibles ou éclattés ; on en rompt même quelques-unes pour s afîurer fi elles ne font point de bois gras, ou fi elles font vermoulues.
- Il y a cinquante-deux lattes à la botte : avec vingt-fept lattes on garnit une toife quarrée pour les tuiles de grand moule, non compris le contre-lattage ; il en faut trente-fix pour les tuiles de petit moule, Ainfi quand on emploie des tuiles du grand moule, la botte de lattes peut faire une toife trois quarts d'ouvrage ; & quand c'eft du petit moule, la même botte ne peut faire qu'une toife & un tiers.
- La latte volige qui fert pour l'ardoife efl de même longueur & épaifîèur que la latte quarrée ; mais elle a trois pouces, trois pouces & demi, & même 4 ou 4 pouces & demi de largeur : chaque botte n'eft compofée que de vingt-cinq lattes.
- 6% Il faut environ une livre de clou pour attacher une botte de lattes ; je dis environ, parce que cela varie un peu fuivant la force & l'efpece du clou : en général, il y a deux efpeces de clous à lattes ; l'un à tête ronde, Sc l'autrè en aile de mouche. Mais l'article le plus important, efl que la tige de ce clou ne foit point trop groffe auprès de la tête, & quelle foit un peu applatie afin de ne pas fendre la latte*
- Bullet dit que chaque latte étant attachée avec quatre clous, on emploie, y compris le déchet, une demi-livre de clou pour chaque toife, 6c qu'il en faut un peu moins d'une livre pour chaque botte. Suivant le même Auteur, cette ef-pece de clou doit être à tête plate: on le nommé clou a bouche, parce que les Ouvriers le mettent dans la bouche pour l'avoir plus à la main lorfqu ils l'erm-ploient. Il y en a de deux fortes ; les clous à ardoifie, & les clous à latte , les premiers font de deux livres, deux livres & demie, ou même trois livres au millier ; les autres de quatre , & quatre livres & demie au millier ; c§ Couvreur» E
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- i8 L'ART DU COUVREUR.
- dernier eft plus long que les autres, parce que la latte eft plus épaiiïe ; on Tachette à la fomme qui eft de 3 6 livres pefant ; il ne coûte pas plus que la fomme de clous à ardoife, qui ne pefe que 3 o livres.
- 70, Il faut 290 tuiles du petit échantillon, pour couvrir une toife quarrée ; avec un millier de tuiles du grand moule , on fait environ 7 toifes de couverture.
- Bullet dit que* pour faire une toife de couverture en plein comble, il faut 133 tuiles de grand moule, 27 lattes, & une demi-livre de clous; ainfi le millier de ces tuiles peut faire 6 toifes f ; & que pour une couverture à claire-voie, il faut X08 tuiles par toifes ; ainfi le millier fait 9 toifes & ^ & le millier de petit moule fera 3 toifes Sc demie. Comme les moules des différentes Tuileries ne font pas rigoureufement de même dimenfion , il faut tantôt un peu plus, Sc tantôt un peu moins de tuiles pour couvrir une même étendue de toit.
- Des Œils de bœufpratiqués fur les Couvertures.
- Pour éclairer les greniers & leur donner de Tair, on fait des lucarnes de plufieurs formes différentes ; mais comme cet article eft du reffort des Architectes 8c des Charpentiers, & que toute Tinduftrie des Couvreurs à cet égard, fe réduit à faire des noues, il n’eft pas de mon objet de m'étendre fur cette matière ; je me borne à parler de quelques ouvertures qu'on fait aux toits pour donner du jour dans les greniers, Sc que Ton appelle œils de bœuf, ou vues de faîtières.
- Les plus fimples a (fig. 26) fe font en mettant une faîtiere renverfée, qu'on engage fous la tuile de deilus , où Ton a pratiqué une petite ouverture d'environ 8 pouces, qu'on borde, fi Ton veut, avec un peu de mortier ou de plâtre. Quoique cette faîtiere verfe fùr les côtés l'eau de la pluie qui vient du haut du toit, il tombe toujours un peu d’eau par ces fortes d'ouvertures : quelquefois on met un carreau de verre devant, aflembié par-defliis les deux croffettes qui foutiennent la faîtiere ; & par-deflous ce verre eft attaché fur le rivet : on ménage au-deftus du carreau de verre un jour d’un pouce Sc demi pour laifler entrer Tair.
- La fécondé forme d’œil de bœuf b fe fait, en mettant dun chevron à l’autre, deux petites pièces de bois qui forment un petit faîte. Comme les noues des côtés font très-petites, on les fait avec deux tuiles 1, 2, creu-fées en oreille de chat, Sc on y fait aboutir quelques rangs de tuile ; on couvre enfiiite le faîte, Sc on borde les rives avec du mortier ou du plâtre.
- Les vrais & les meilleurs œils de bœuf c, fe font avec une grande tuile a b (fig. 8), percée dans le milieu ; cette ouverture fe recouvre par une efpece de capuchon percé fur les côtés de deux trous, où Ton met quelquefois deux tuyaux de 4 à y pouces de longueur. On place l’évafement a b iiir la latte ; il eft .recouvert à la partie la plus élevée par les tuiles du toit , Sc la partie bafie recouvre les tuiles qui font au-deffous ; ainfi cet évafement n’interrompt point Tordre du toit ; il fait feulement l’effet d’une grande tuile qui porte un grand pureau, fiir lequel eft pofé le capuchon : on le voit en place en c (fig. 26).
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- Des différentes manieras de couvrir les Arrêtiers.
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- Pour former la couverture aux arrêtiers, il eft fenfible que fi Ton condul-foit quarrément toutes les tuiles æ, b> c9 d, (Jig. p) , il refteroit à placer près l’arrêtier une tuile triangulaire e, qui manqueroit de crochet-, & que par conféquent, on ne pourroit attacher à la latte ; pour éviter cet inconvénient, les Couvreurs font ce qu’ils appellent une approche f (Jig.c? ), une contre-approche g, & la tuile de farrêtier h , ayant une certaine largeur, peut conferver fon crochet. Quand on n’a pas de tuiles échancrées que Ton nomme tuiles dépecées, comme cela arrive fbuvent, on échancre par le haut la contre-approche g ; on échancre encore l’approche f, qu’on place joignant la contre-approche, & il ne refte plus qu’à échancrer la tuile de far-rêtier h, pour qu’elle porte fur une des faces de l’arrêtier ; ainfi celle-ci peut s’accrocher à la latte , finon on la cloue fur l’arrêtier. Ces tuiles échancrées, à l’approche de l’arrêtier, forment par en-bas une ligne un peu courbe ; mais quand cette ligne eft bien conduite, elle n’eft pas défàgréable, parce qu’elle eft peu fenfible à la vue ; du refte, on continue de même la couverture de bas en haut, en confervant les pureaux comme au plein couvert. Comme les tuiles ne fe joignent jamais aflez exactement fur l’arrêtier pour empêcher la pluie d’y pénétrer, on garnit le delîixs des arrêtiers, avec un filet de plâtre ou de mortier ; & ce filet qui entame fiir les tuiles de l’arrêtier, forme de chaque côté une plate-bande de 2 pouces de largeur.
- Quand les toits font fort plats, au lieu d’un fimple rivet de mortier, on pofe des tuiles fur l’arrêtier, & on les noyé dans le mortier , faifànt enfbrte . que leur pureau réponde à celui du toit.
- Dans quelques Provinces, on fait encore mieux ; car on couvre les arrêtiers avec des tuiles creufes ou de petits enfaîteaux ( Jig. 10 ) , qu’on nomme a oreille de chat, parce qu’ils font plus larges & plus évafés par un bout que par l’autre. On les pofe à mortier fur l’arrêtier, de façon qu’ils fe recouvrent les uns les autres ; mais on leur donne plus de pureau qu’aux tuiles du toit, parce que ces enfaîteaux ont 18 pouces de longueur, 8 à p pouces de largeur par un bout, & 6 par l’autre.
- Des Noues.
- Pour fè former l’idée d’une nouey il faut fe reprlfenter un corps de bâtiment A B (Jig. ï 1 ), qui tombe, fi l’on veut, à angle droit fur le milieu d’un autre bâtiment CD, & que le toit du bâtiment A jB, fe jette fiir la couverture du bâtiment C D. Il y a des noues où un des bâtiments fe trouve avoir un toit plus plat que l’autre ; d ailleurs les bâtiments ne tombent pas toujours l’un fiir l’autre à angle droit. De quelque façon qu’ils foient difpofés, on couvre les noues de différentes maniérés, que je vais détailler.
- La méthode la plus aifée à exécuter & la plus propre, fe fait en garniftant le noulet qui eft la piece de charpente qui forme le fond de la noue , avec une dofle ou madrier, fur lequel on cloue des ardoifes, ou l’on y affeoit avec du mortier ou du plâtre des tuiles creufes (Jig. 10 ), renverfées pour faire
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- une gouttière, quife trouve former le fond de la noue; enfoite on fait aboutir* les tuiles des deux toits fur cette efpece de gouttière comme un tranchis.
- On appelle tranchis, le rang de tuiles qui termine un toit en aboutiflant fur un pignon C G (fig. i i ), ou un arrêtier. Or on voit que les tuiles font alternativement entières, *5c que d’autres ne font que des demies, ou des deux tiers de tuiles ; il n’y a pas un grand inconvénient à cela quand ce font des toits qui aboutilfent fur les pignons, parce qu’on borde le tranchis, avec un rivet de plâtre ou de mortier ; il n’en feroit pas de même pour le tranchis d’un toit pareil à celui de la figure 12, les demi-tuiles pourroient tomber ou fe renverfor dans la noue. On peut éviter ces inconvénients en formant les tranchis comme les arrêtiers , avec des tuiles rompues, dont on fait des approches & des contre-approches, en donnant au tranchis 3 pouces de recouvrement fur le fond de la noue, qui doit avoir 1*8 pouces de largeur, afin qu’il refte un pied de diftance d’un tranchis à l’autre dans toute la longueur de la noue , ou de pied en tête.
- Pour faire les noues entièrement de tuile, lorfqu’un toit, comme celui marqué A B (fig. 12 ) eft fort roide, en comparaifon du toit CD, qui eft très-plat, on pôle trois chevrons dans la noue JE, un de chaque côté du nou-let, & un dans le milieu fur le noulet même ; on latte deflus comme fur le plein toit, on couvre le toit plat £ JF comme s’il n’y avoit point de noue, & l’on entame un peu fur le toit AB ; enfoite on couvre le toit roide A B , en le terminant du côté de la noue par un tranchis qui recouvre de 3 ou 4 pouces le toit du bâtiment E F : ces noues qui peuvent avoir deux pieds & demi ou trois pieds par le bas ou au pied de la noue, fo trouvent réduites à deux pieds ou deux pieds & demi par le haut ; & pour mieux afiujettir les tranchis, & placer convenablement les tuiles, on les pofe fiir un petit lit de mortier ou de plâtre ; alors c’eft le toit A B qui forme le fond de la noue.
- Pour la troifîeme maniéré de faire les noues qu’on nomme en onglet, il n’y a point de fond de noue comme aux précédentes ; les deux toits fe joignent au moyen des tuiles pofées for calle, qui forment alors un arrondiffo-ment à l’aide d’une doife, & c’eft la meilleure maniéré.
- En commençant ces fortes de noues, on pofo vers le bas une tuile, comme fi l’on vouloit faire un fond de noue ; mais on la calle obliquement comme en a (fig. 13 ) : l’angle inférieur de cette tuile forme l’extrémité d’en-bas de la noue ou fon pied : on pofe for cette tuile du côté du toit A (fig. 11 ) , les deux tuiles &, b qui font couchées, & fe touchent fans recouvrement du côté du toit ED;h tuile c doit toucher exactement le bout des deux tûiles couchées h, b9 & fans recouvrement ; ainfi la tuile c fe trouve placée en long comme toutes les autres tuiles du toit C D. Enfuite on pofo for la tuile b la plus élevée, deux tuiles couchées d9d9 qui forment recouvrement & pureau; après quoi on met une tuile droite cqui fait recouvrement for c & for dd9 Scan laifle un pureau de trois pouces comme au refte du toit : cette liaifon des tuiles couchées avec celles qui font droites & qui les recouvrent, forme ce qu’on appelle l’onglet ; & en continuant de la même maniéré, on forme un arrondiflèment qui, quand il eft bien conduit, ne peut donner aucun paflâge à l’eau ; mais il faut que toutes les tuiles qui ne s’accrochent point dans la Jatte foient bien affifes for des calles ; cette fojettion ne s'étend qu’à environ
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- quatre tuiles de hauteur ; car peu à peu on parvient à nen plus Coucher, & à les accrocher toutes à la latte , en faifimt un arrondiflement comme celui de la noue D (fig* 11 ) ; de forte que le haut de cette noue fe couvre prefque comme le plein couvert ; néanmoins pour arriver à ce raccordement, il faut pofer des tuiles hachées f (fig. 1$ ), c’eft-à-dire, dont on ait retranché plus d un tiers de leur largeur ; ces tuiles fe nomment pointes ou tierces : finon on échancre quelques tuiles e (fig. 15 ) par la tête pour les gironner ; mais on fait en forte de conferver les crochets.Ces fortes de noues ne font pas convenables pour des toits fort roides ; car comme les tuiles ne font alfifes que fur des cailes, elles courent rifque de couler.
- Des Ruellées*
- ' Quand un toit aboutit à un mur qui eft plus élevé, on fait, en approchant du mur, un tranchis ; mais on a Inattention qu’il s’élève un peu en cette partie, & on recouvre le tranchis d’un filet de mortier ou de plâtre : c’eft ce qu’on appelle une ruellée.
- Dans les Provinces où le plâtre ne manque pas, on en fait un parement pour donner le devers aux tuiles ; & par-deflus la tuile, on fait un folin le long du mur fiipérieur.
- Comment on couvre le Faîte avec des Faîtieres ou des Enfaîteaux;
- Quand le toit & les arrêtiers font couverts, & qu on a formé les noues, les tranchis & les ruellées, il ne relie plus à couvrir que le faîte. Les tuiles des deux côtés du toit qui fe réunifient vers cette partie, ne fe joignent jamais alfez exaélement pour garantir le faîte & la tête des chevrons des eaux de la pluie ; c’efl pour cette raifon qu’on couvre cette partie avec des tuiles creu* fes, qu’on nomme des faîtieres ou enfaîteaux a (fig, 1 j* ) ; elles ont ordinairement 14 pouces de longueur, & alfez de largeur pour former un recouvrement de 4 pouces liir les tuiles ( Voye^fig, 14 ). On pofe ces faîtieres à fèc dans toute la longueur du bâtiment, de façon qu’elles fe touchent le plus exaélement qu’il ell poflîble, & quelles forment une file bien alignée;pour y parvenir, on les change de bout, & même de place, afin de mettre à côté les unes des autres. celles qui s'accordent le mieux ; enfiiite on les borde dans toute la longueur du bâtiment avec un filet de mortier ou de plâtre bbb, &c. & on couvre auffi de la même façon tous les joints.
- Au haut des croupes, /’aiguille ou poinçon excede le toit de 8 à t? pouces ; & comme cette partie ne peut être couverte par les faîtieres, quelques-uns la couvrent avec Un petit amortiflement de plomb C (fig* 12); d’autres avec des pots de terre qu’on fait pour cet ufage ; mais le plus ordinairement on en recouvre les faces avec des ardoifes , & on attache au defius une ar-doife qui excede tout le pourtour d’un bon pouce.
- Maniéré de couvrir les Tours rondes ôC les Colombiers.
- On latte les tours rondes (fig* 16) comme les toits plats, excepté quoil choifit dans les bottes de lattes celles qui font un peu cintrées fur le champ ; Sc quand on n’en trouve pas de cette forme, on fe fert de lattes quarrées qui Couvreur* F
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- font aSez pliantes pour fe prêter au contour qu'on veut leur faire prendre ; car comme enroulant for un cône une réglé un peu large,le bord inférieur enveloppe une plus grande circonférence que le bord fupérieur, les bouts de cette réglé ^doivent s'élever, & c'eft ce quil faut éviter en ce cas-ci, & faire enforte que toutes les lattes foient dans leur longueur parallèles à l'entablement. Mais , comme nous l’avons déjà dit, en forçant la latte, on l'oblige de prendre un contour convenable. On ne peut fedifpenfer pour ces fortes de couvertures, d’employer de la tuile gironnée e (fig. 15 ) c'eft-à-dire, des tuiles qui font plus étroites par en-haut que par en-bas. Quand on s'apperçoit que vers la pointe du cône les tuiles ordinaires font trop larges par le haut, & que les joints deviennent obliques , on mêle quelques tuiles gironnées ; mais il faut en employer en plus grande quantité, à mefore qu'on approche plus de la pointe du cône ; de forte que quand on eft parvenu à trois ou quatre pieds au-def-fous de la pointe, non-feulement on n'emploie plus que de la tuile gironnée, mais fouvent on eft obligé d'en diminuer encore la largeur de la tête : enfin on termine cet ouvrage de la mêmg maniéré que les croupes, en couvrant l'aiguille avec un petit amortiffement de plomb ou de poterie , ou avec des ardoifes.
- Maniéré de couvrir les Murailles avec des Tuiles ôC des Enfaîteaux.
- Excepté les tablettes de pierre de taille," il n'y a point de meilleure couverture pour les murailles , plus propre ni plus durable, que celle que l'on fait avec des tuiles & des enfaîteaux ou faîtieres. Ces couvertures (fig. 17) fe font précifément comme les égouts retroufles ; on commence par afleoir dur du mortier ou for du plâtre un doüblis & un fous-doublis ; puis on pofe encore en mortier ou en plâtre des tuiles à recouvrement, ce qui forme des pureaux de 3 à 4 pouces ; & ce petit toit eft recouvert par des faîtieres qu'on joint & qu'on borde de la même maniéré que celles des faîtes des bâtiments: on met plus ou moins de rangs de tuiles, foivant que la muraille* eft plus ou moins épaiiïe.
- Des Couvertures en Tuiles creufes, en S9 ou enNouettes.
- Dans plufieurs Provinces, on fait les toits très-plats ; au lieu de lattes, on cloue des planches for les chevrons qui doivent être très-forts, & on arrange deffos des tuiles creufes en oreille de chat b (fig. 15 ), qui font faites comme de petits enfaîteaux, un peu plus larges vers le bout g que du bout oppofë A, afin qu'on puiife les arranger à recouvrement, comme on les voit dans la figure 10. Le travail de cette couverture ne confifte qu'à arranger ces tuiles for le toit, de manière que lespolànt, depuis l'égout jufqu'au faîte, on en forme des files, dont la convexité eft en en-bas comme en a (fig. 19 )> de forte que chaque tuile fopérieure fait recouvrement for la tuile inférieure à laquelle on conferve fon pureau, ce qui forme autant de gouttières ; & pour que l'eau ne pafle pas entre ces premières files, on recouvre les tuiles a , a , par d'autres files de pareilles tuiles, dont la convexité eft tournée vers le haut comme en b b (fig, 19); ces tuiles qui forment des elpeces de faîtieres, font
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- pofées comme les premières à recouvrement, & elles ont également leur pureau. La figure 18 reprélènte en b ù , un toit couvert de cette façon : font les tuiles de defious.
- Dans d autres Provinces, les tuiles c (fig. ï 5 ) ont la forme d'une S Romaine: -celles-ci s'ajuftent les unes dans les autres, comme on le voit par la figure 2 p. La portion du toit c c c ( fig. 18) eft couverte de cette façon. Les nouettes (fig. 21 ), font d.es tuiles à peu-près femblables, mais dont les côtés font plats au lieu d'être arrondis : celles-ci ont 18 pouces de longueur, & à peu-près la même largeur ; elles font par conféquent quarrées , mais un peu plus larges par un bout que par l'autre, dont l'un eft relevé en deflus , & l’autre endeflous, ce qui fait un crochet en bordure, qui a environ un pouce & demi de faillie : on pofe ces fortes de tuiles comme les tuiles en de forte que le crochet du defious d'une tuile entre dans le crochet du deflus d'une autre. On dit qu'on fait ufage de ces nouettes en Flandre ; cependant je n'y en ai point vu.
- Le faîte de c es couvertures eft couvert par de grandes faîtieres, que l'on aflujettit à l'ordinaire avec du mortier ou du plâtre.
- On a propofé encore de faire des tuiles, comme celles marquées a (fig. 2 2) ; de les arranger lut le toit avec leur pureau, & de couvrir les joints avec des tuiles creufes renverfées telles que ù, b. En général, on donne moins de recouvrement à toutes les efpeces de tuiles creufes qu'aux tuiles plates ; on ne donne aux tuiles creufes qu'un tiers de recouvrement ; ce qui fait que les deux tiers de leur longueur font apparents.
- Des réparations des Couvertures en Tuile.
- Cês réparations confident : ï°, à gratter la moufle qui s'amafle quelque-* fois fur les tuiles : on fe fert pour cela d'une truelle bretée (fig. 23 ) , 011 même d’une truelle ordinaire de fer.
- 2°, A remettre des tuiles où il en manque ; alors on fouleve les tuiles ïiipérieures pour y introduire une tuile neuve ; ce qui n'eft pas aifé à exécuter quand les tuiles ont été clouées ftrr les lattes. Dans les recherches des couvertures en tuiles, il eft d'ufage d'en fournir neuf neuves par toife quatrée.
- 30, On répare les mortiers ou les plâtres fur les faîtes, les arrêtiers aux filets en ruels, & aux tranchis. Si, comme difent les Couvreurs, le mortier ou le plâtre eft trop affamé, on le jette à bas pour y en remettre de nouveau. Les Couvreurs de Paris voulant faire pafler cette réparation des plâtres comme refaite en entier, gâchent du plâtre un peu mou, & l'étendent avec le dos de leur truelle fur le vieux plâtre ; ce léger enduit qui a tout au plus deux lignes d'épaifleur, remplit les petites inégalités de l'ancien plâtre , & le fait paroître comme neuf, mais les gelées ne tardent pas à détruire cette croûte.
- On appelle remanier à bout une couverture, quand on la découvre entièrement pour réparer la latte qui fe trouve être pourrie. Cette réparation exige autant de travail que les couvertures à neuf.
- Des Mortiers ou Plâtres*
- La solidité des couvertures dépend beaucoup de la bonté des mortiers
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- ou des plâtres que Ton y emploie : cette qualité dépend de la façon de les faire , & des matières dont on les compofe.
- i°, Il ne faut point que le plâtre foit noyé : un plâtre qui a été gâché trop mou, ne durcit jamais parfaitement; d'ailleurs, il y a certains plâtres qui font, beaucoup meilleurs que* d'autres.
- 5°, Pour ce qui eft des mortiers de chaux, il faut, fi la chaux eft nouvellement éteinte, n'y point ajouter d'eau ; & fi la chaux étoit vieille éteinte & trop dure, on doit la mettre dans un baffin de fable ou de ciment, & la bien délayer avec un peu d’eau, avant d'y mêler le fable ; car c'eft une réglé , générale que pour faire de bon mortier, il ne faut jamais ajouter d'eau quand une fois on a mêlé le fable ou le ciment avec la chaux; & fi le mortier paroît trop dur, il n’y a qu à le bouler à force de bras avec le rabot (fig. 25 ) ; il deviendra par cette opération aflez mou pour être employé avec utilité, & il n'en fora que plus folide.
- 30, L'ufage ordinaire, pour faire de bon mortier, eft de mêler deux parties de ïàble ou de ciment avec une partie de chaux ; c'eft-à-dire , un tiers de chaux, & deux tiers de fable.
- .4% On fait ce mortier, foit avec du ciment, foit avec du fable ; lune ou l’autre de ces pratiques n'eft préférée qu'à raifon des lieux où l'une de ces deux matières le trouve être la plus convenable à cet ufage. Car dans les endroits où le fable eft bien fec, & la tuile tendre, le fable eft préféré au ciment ; ailleurs où Pon ne trouve que du fable très-fin ou terreux, & où la tuile eft dure & bien cuite, c'eft le ciment qui mérite la préférence. En général, le défaut du mortier, bien fait avec de bon ciment, eft qu'il fe gerfe, & qu'il fo détache des enfaîteaux & de la tulle par copeaux très-durs : il faut en ce cas faire ce mortier avec moitié fable & moitié ciment.
- Des Outils dont fe fervent les Couvreurs ; SC de la maniéré dont ils
- établijfent leur Échafaudage.
- Comme les Couvreurs font obligés de s'échafauder pour couvrir un toit foit en tuile,, foit en ardoife , je renvoie à parler de leurs échafaudages à la fin dmpréfent Mémoire ; ainfi je ne parlerai ici que de quelques outils dont les Couvreurs en ardoife ne fe fervent point : tels font i°, le contre-lattoir (.fis* 5 ) comme je l'ai dit, fort à tenir le coup qu'on frappe fous la latte quand on cloue les contre-lattes : 20, T auge (fig. 27) qui fert à contenir le mortier ou le plâtre qu'un Manœuvre tranfporte for fa tête pour le monter fur le toit : 30, la truelle (fig. 28 ), celle dont on fe fert pour le plâtre eft de cuivre, & de fer pour le mortier de chaux : 40, le bouloir ou rabot (fig. 25) avec lequel on brafle le mortier : 5 , enfin la truelle bretée (fig. 23) qui fert à gratter le plâtre aux endroits où l'on juge qu'il eft trop épais , & encore à gratter les tuiles moulfoufos. Nous parlerons des autres outils à la foite des couvertures en ardoife.
- CHAPITRE
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- L’A RT DU COUVREUR. %f
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- CHAPITRE I I L
- Couverture en Ardoife.
- S i i/ôn excepté les couvertures en plomb & en cuivre, qui ne font point du reflort des Couvreurs, les plus belles & les meilleures couvertures font 9 fins contredit, celles qui fe font en ardoifo. Elles forment un plan bien uniï quand elles font bien exécutées, elles font impénétrables à la pluie, & elles durent long-temps. Elles ont encore l'avantage de ne point charger les char-pentes : leur foui inconvénient eft que les grands vents les foulevent quelquefois, & même quils les emportent, for-tout quand on emploie de l'ardoife trop mince, ou de mauvaife qualité ; car il y en a telle qui s'attendrit à la pluie, & qui pourrit fur les bâtiments.
- Lorfqu on eft dans le voifinage des carrières d’ardoile, comme alors le tranfport n'eft pas conlidérable , on peut avoir à bon compte des ardoifes épaifles qui, quand elles font bien employées, durent autant que les charpentes for lefquelles elles font pofoes : leur bon marché dans ce cas met les Payfons en état d'en faire couvrir leurs habitations : quand on eft à portée des rivières navigables, comme le tranlport des ardoifes coûte peu par cette voie, on trouve fouvent de l'économie à les employer pour les couvertures préférablement aux tuiles. Nous foppofons qu'alors on n'emploie pas du plomb pour couvrir les faîtes ; il y a des Couvreurs aftez intelligents pour couvrir les faîtes foulement avec de l'ardoife , d'autres fobftituent au plomb des faîtieres de terre cuite ou de tôle ; cependant les toits enfaîtés en plomb , font préférables pour les couvertures , où l'on ne veut pas exercer cette économie. Je vais commencer par donner en abrégé des réglés pour le choix de l'ardoi-fo ; M. Fougeroux eft entré dans un grand détail for ce point, dans fon traité de la fouille de l'ardoife ;& j'y renvoie le Leéteur.
- Du choix de V Ardoife, SC de fes differentes qualités.
- La pierre ardoife eft un chîte qui fe trouve en terre par groftes maftes M par lits : rarement peut-on parvenir en fouillant très-bas à arriver au dernier lit d'ardoifo : les épuifoments deviennent alors trop conftdérabies, & les frais excéderoient le profit qu'on en pour roi t tirer. Quand ôn eft parvenu à ce point, on eft obligé d'abandonner la carrière, pour en ouvrir une autre, quoi-qu'en général l'ardoife foit d'autant meilleure qu'elle eft tirée à une plus grande profondeur ; car les premiers lits & les premières foncées donnent toujours une ardoifo de moindre qualité. La pierre de cés premiers lits eft d'une couleur roufte ; elle fe pénétré d'eau ; s'attendrit, & même fo pourrit lorfqu'elle eft expofée à l'eau : il y en a de pyriteufos qui fléurifteüt, & s'exfolient au point qu'on peut les réduire en petites parcelles entre les doigts*
- A l'égard de ceux qui exploitent les carrières d’ardoifo, il leur eft très-avantageux que la pierre fe feuille mince ; car comme les ârdoifos fe vendent au compte, leur profit en devient plus confidérable.
- Ceux qui achètent l'ardoifo pour l'employer aux couvertures, ne doivent pas toujours s'attacher à celles qui font les plus minces : car fi l'on met au Couvreur. G
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- %6 L’ART DU COUVREUR.
- rebut celles qui font trop épaifles dans la vue d’épargner les frais du tranfport, ort ne doit pas néanmoins donner la préférence aux plus minces, parce que celles-ci ne réfiftent point au clou quand le vent les fouleve ; d’ailleurs elles lè rompent, parce qu’elles n’ont pas alfez de confiftance pour réfifter au poids des échelles, ou des cordes nouées du Couvreur. Il eft vrai que ces mêmes accidents arrivent à des ardoilès foflilàmment épaiffes ; mais ce n’eft que dans le cas où leur qualité eft tendre , ou lorfqu’elles ont été attendries par l’eau ; & comme les ardoifes roufles font particuliérement fo-jettes à ces défauts, on doit préférablement choifir les ardoifes qui font d’un bleu foncé, tirant fur le noir ; il faut outre cela qu’elles foient dures, fono-res, 8c à peu près d égalé épaiffeur par-tout ; unies, douces au toucher , & qu’elles le coupent bien net fur l’enclume.
- Dans le commerce, on diftingue les ardoilès par leur couleur : celles qu’on nomme poil roux, 8c qu’on tire des premières foncées ; le poil taché qui a des points roux, 8c d’autres noirs, eft meilleur que le poil roux ; mais le poil noir eft l’ardoife la plus eftlmée.
- On diftingue encore les ardoilès par leur échantillon. Celle qu’on nomme quarrée forte, dont les dimenfions font les plus régulières, a dix à onze pouces de longueur fur fix & lèpt de largeur : entre cet échantillon, il y en a encore de noire & de roufle. La quarrée fine eft plus mince, 8c fait de mauvais ouvrage quand on l’emploie dans là grandeur ; elle eft trop foible pour réfifter quand elle a beaucoup d’étendue.
- Il faut environ cent foixante & quinze ardoilès quarrées fortes pour faire une toile d’ouvrage : c’eft un peu plus de cinq toifes pour un millier. On eftime de même que le millier de quarrée fine fait à peu-près cinq toifès d’ouvrage, y compris le déchet qui eft plus confidérable qu’à la quarrée forte; le millier de la petite fine qui porte environ cinq pouces 8c demi de largeur , ne fait gueres que trois toiles d’ouvrage; le tout enfiembley qu’on nomme auffî le gros noir, a la même force que la quarrée ; mais elle eft de différente forme & grandeur, ce qui la rend très-propre pour les réparations*
- La quart elle qu’on nomme auffi Vénielle, porte peu de largeur : elle le tire du déchet des ardoilès quarrées ; & il en faut à peu-près trois cens dix-huit pour* faire une toilè ; par conféquent il en faut un millier pour faire trois toifes 8c un quart d’ouvrage : elle s’emploie par préférence pour couvrir les clochers de les tours rondes. On met aulîî à part, pour employer à ces fortes de couvertures, les ardoilès qui font cofïinées, parce que comme elles font creufes, elles font plus commodes pour foivre la rondeur d’un cône for-tout auprès de fon fommet.
- Au relie, la quarrée forte exceptée, on ne peut pas fixer exactement la quantité d’ouvrage qu’un millier des autres elpeces peut faire ^ parce que leur longueur varie beaucoup, ainfi que les noms qu’on leur donne; mais le pureau de toutes les elpeces d’ardoilès doit être d’un tiers de leur, longueur.
- Du Lattis.
- On fe fert quelquefois pour des couvertures communes en ardoilè de la latte quarrée, femblable à celle qu’on emploie pour la tuile ; mais alors on
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- UART DU COUVREUR. , ^
- donne à cette latte trois pouces de largeur, ou bien on choifit les parements des bottes qui font toujours les plus belles & les plus droites ; car quand on eft obligé de doler cette latte pour la redrelîèr, elle le trouve fouveht ré-duite à deux pouces de largeur.
- On latte comme pour la tuile, excepté qu'on efpâce les lattes luivant l'échantillon de l'ardoile, afin qu'elle ait fon pureau ; il eft difficile de faire avec de la latte auffi étroite des couvertures propres; c'eft pourquoi on en fend exprès pour l’ardoile, on la nomme latte voliffe, elle a quatre pieds, ou quatre pieds un pouce de longueur lùr quatre à cinq pouces de largeur : il y en a vingt-fix à la botte. Il faut dix-huit de ces lattes pour garnir une toile quarrée 5 & quelque choie de plus quand on emploie de la quartelette : ainfi la botte de vingt-fix lattes fait une toife & demie d'ouvrage quand elle a quatre pouces & demi de largeur, & quand c'eft pour employer de la quarrée forte.
- On pôle les lattes à un pouce & demi de diftanee du bord d'une latte au bord d’une autre, afin qu'on puifte palier entre deux les cordes qui fervent à attacher les chevalets , & auffi pour que les Couvreurs y puilfent palfer le bout de leurs pieds.
- On met, Comme à la tuile, quatre chevrons fous latte aaa( PL III,Jig. i) ; & louvent on met encore entre chaque chevron une contre-latte de fciage, bbby qui a quatre pouces de largeur, & huit à neuf lignes d'épailfeur. Il faut quatre toiles & demie courantes de contre-lattes pour faire une tollé d'ouvrage : cette contre-latte fe vend ordinairement au cent de toifes, ou au grand cent qui contient vingt-deux bottes formées chacune de dix contre^ lattes de fix pieds de longueur ; de forte, qu'au lieu de deux cents toiles, on en a deux cents dix. On remarquera cependant, ainfi que nous l'avons dit * que ces bottes font toujours formées de dix contre-lattes ; mais que les unes ont fix pieds neuf pouces de longueur, & les autres douze pieds ; c'eft à l'acquéreur à s'arranger fur ces melùres.
- Le clou, pour attacher la latte, eft le même que celui qu'on emploie pour la tuile ; mais on donne la préférence au clou qu'on appelle aile de mouche * parce que la tête eft très-plate , & ne fait pas tant d'épaifteur que l'autre. Le millier de clou à latte pefe ordinairement trois livres & demie ; il en faut pour le lattis & le contre-lattis une livre par toife d'ouvrage.
- A l'égard du clou pour attacher l'ardoife, le millier pefe trois livres ; 8c ü l'on attache chaque ardoife avec trois clous, les cent foixante & quinze ar-doifes quârrées confomment cinq cents vingt-cinq clous, qu'on peut réduire à une livre douze onces, à caufe du déchet. Comme on ne met ordinairement que deux clous à chaque ardoife, on n'emploie alors qu’une livre trois ou quatre onces : pour la quartelette> il faut environ trois livres de clous, y compris le déchet.
- Ce clou le vend à la femme, qui pefe trente livres ; & la femme de cloü à latte pefe trente-fix livres : l’une & l'autre elpece reviennent par conféquent au même prix , puilque fi la lomme de clous vaut quinze livres, on aura trente livres de clous à ardoife, & trente-fix livres de clous à latte pour la même lomme d'argent.
- On latte encore avec des planches de fapin, qu’on nomme volijfe ou fapirt frifé, qui porte fix lignes d'épaifieur lur fept à huit pouces de largeur, 8C
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- *8 L’ART DU COUVREUR.
- cinq à fix pieds de longueur. Il eft bon que les volifles ayent aflez de largeur pour être refendues en deux, elles en font moins fujettes à fe coffiner ; on les attache avec trois clous fur chaque chevron à tiers point, deux fur un bord Ôc un dans le milieuprès de l'autre bord, comme on le voit (fig. 2) : la latte voliffe s'attache avec deux clous fur chaque chevron, comme on le voit (fig. t) ; quand on latte avec des planches,, on peut fe difpenfer de contre-latter.
- Préparation de VArdoife avant de la monter fur le bâtiment.
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- Quoique les ardoifes ayent été taillées fur les chantiers des carrières, il faut cependant que le Couvreur, avant de les monter fur un bâtiment, les repaffe toutes les unes après les autres, pour leur donner une forme plus régulière. Pour cette opération, il s'affourche fur un gros billot ; il pique levant lui la pointe c de fon enclume ( PL IV. fig. ip ). Cette enclume a peu d'épaiffeur ; il pofe l'ardoife qu'il veut tailler fur la face a b de l'enclume, puis avec un marteau repréfenté fpar la figure 20, dont le manche a a eft plat & tranchant, il taille promptement & affez régulièrement l'ardoife. Quand le Couvreur fe trouve obligé, étant fur le toit, de retailler encore les ardoifes, il pique fon enclume dans un chevron, & il retaille l'ardoife , comme on le. voit en e> figure 7; enfuite il la préfente à la place quelle doit occuper , & marque avec la pointe b de fon marteau l'endroit où il doit percer l'ardoi-fe ; il la repofe fur l'enclume, de maniéré que la partie où il doit percer les trous réponde à l'enclume ; puis en donnant un coup fec avec la pointe du marteau, il perce l'ardoife : la partie a de ce marteau fert à enfoncer les clous comme le fait l'Ouvrier b de la figure 7.
- Des Égouts*
- Quand on couvre en ardoife un bâtiment de peu de confequence, tel ; qu'une ferme , une maifon de Payfan, ce qui eft commun dans le voifinage des carrières d'ardoifes, on fait les égouts comme ceux de tuile. Pour cela, on cloue (PL III, fig. 3 ) fur le bout des chevrons une chanlatte b ; & on formel defîus un doublis, & un fous-doublis c, comme nous l'avons expliqué dans l'article du Couvreur en tuile ; enfuite on conferve le pureau, en pofànt les rangs d'ardoifes plus élevés, ce qui donne un égout pendant.
- Comme en coupant l'ardoife, elle s'écaille toujours du côté qui porte fùr l'enclume, c'eft-à-dire, en deflbus, il faut pour qu'au doublis & au fous-doublis les bords des ardoifes fe joignent mieux, & faffent un meilleur égout, tourner le côté du fous-doublis qui repofoit fur l'enclume, du côté de la chanlatte, afin que le chanfrein fe trouve en- deffous , & on met en defîus le chanfrein de l'ardoife qui forme le doublis ; de cette façon 3 les deux ardoifes étant pofées l'une fur l'autre, font une arrête faiilante, - comme on le voit dans la figure 3 , Sc encore plus fenfiblement en A (fig- 4 ). Il eft clair que fi Ton plaçoit différemment ces ardoifes, les deux chanfreins formeroient un angle rentrant, comme B (fig. 4), & que les bords de l'égout en feroient moins affermis. Au refte, on choifit toujours les ardoifes les mieux faites & les plus propres pour former les égouts, & même les rangs fiipérieurs jufqu'à la hauteur des coyaux dans les égouts dont nous allons parler. Pour
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- L’ART DU COUVREUR. a,
- Pour faire les égouts pendants à coyaux ( fig. j ) , on attache fur les chevrons des bouts de chevrons b , de deux pieds 3c demi, ou trois pieds de longueur ; on les fait excéder plus ou moins le vif du mur., & ils font ter» minés par un larmier qu'on voit auprès de b. Chaque coyau eft attaché fur un chevron par trois forts clous a ; on cloue fur le bout des coyaux la chan-latte c qui ne doit point les excéder : on cloue fur la chanlatte le doublis 3c ^ le fous-doublis d fans pureau, &Jqui doivent faire faillie fur la chanlatte de trois ou quatre pouces ; enfuite on pôle les ardoifes füivant leur pureau,
- & elles font retenues chacune par deux ou trois clous.
- Pour faire les égouts retrouffés {fig. 6), on pofe fur l'entablement <7, qui a deux pouces de faillie fur le vif du mur, ou davantage quand on forme une corniche, ainfi qu'ileftmarqué {fig. 6) ; on pofe, dis-je, fur cet entablement, avec mortier ou plâtre , un rang de tuiles , auquel on donne trois pouces de faillie au-delà de fentablement ou de la corniche ; fur ce rang de tuiles c qui forme le fous-doublis, on pofe également avec mortier ou plâtre, un fécond rang de tuiles,, auquel on donne trois ou quatre pouces de faillie au-delà du premier rang, ce qui forme le doublis : on pofe encore à mortier un rang d'ardoifès qui arrafe ce doublis d ; enfuite on cloue fur la latte qui efl portée par les petits coyaux f, ou fur un filet de plâtre allez épais pour gagner la pente du toit ou la hauteur de farrondiffement de fégout, on cloue , dis^ je , les ardoifes e , g ,h , auxquelles on donne leur pureau.
- Quand on ne fait pas fentablement en pierre de taille ou en plâtre , par défaut de ces matières, on y fupplée avec des briques, ce qui vaut encore mieux que le plâtre*: ( Voyey^ A fig. 8 ) ; & on peut faire aboutir le premier rang d'ardoifès far le bord du doublis.
- Comme les tuiles que fon pofe à bouin dé mortier, réfiftent mieux au vent que les ardoifes qui ne font retenues que par des clous, ces égouts font les meilleurs ; mais il faut que les tuiles qu’on emploie pour faire le doublis & le fous-doublis, fbient plates ; celles qui font courbées dans leur lom* gueur ne font pas fi propres à cela. Dans les lieux où il régné fréquemment de gros vents, on pofe quelquefois les cinq ou fix premiers rangs d'ardoife fur plâtre, ainfi quaux autres endroits où le vent fait le plus de défordre , comme le long des rivets : j'ai vu fuivre cette méthode dans des Ports de Mer.
- Du Couvert„
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- QuaMd les égouts font formés, on pofe toutes les ardoifes du couvert, en confervant bien régulièrement le même pureau ; & afin qu'elles fe joignent plus exaéiement, on met toujours en defïlis la face de fardoife où la coupe eft en chanfrein & égrignotée ; on les attache à la latte avec deux ou trois clous, dont les têtes doivent être recouvertes par les ardoifes fùpérieures ; êc pour que les files d'ardoifes foient régulièrement droites, on fait à chaque rang un trait avec un cordeau pour marquer l'endroit où les ardoifes doivent aboutir ; & quand il fait trop de vent, on trace avec une réglé un trait blanc,
- & on arrange les ardoifes comme on le voit ( PL III > fig. I ).
- Quand un toit tel que celui de la figure 7, eft plus large à un bout qu'à l'autre , on forme des accoincons qui fe terminent à l'égout , 3c enfuite on Couvreur. H
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- 3o L’ART DU COUVREUR:
- conduit tous les autres rangs d’ardoife parallèlement au faîte.
- Des Arrêtiers.
- Après que le plein toit a été couvert, on travaille à couvrir les arrêtiers &les contre-arrêtiers. Pour cela, on forme des approches & des contre-approches, comme nous Pavons déjà dit en parlant de la couverture en tuiles ; mais comme on peut tailler aifement & proprement l’ardoifè, on les rogne par le bas pour que les files d’ardoifes puiiîent tomber quarrément fur l’arrêtier, au lieu qu'à l’arrêtier en tuiles, ôn fait un petit arrondiflement. Outre cela , on fait enforte que les ardoifes des deux côtés de l’arrêtier le touchent allez exactement pour que l'eau n'y puilîe pas pénétrer, & fans qu'on foit obligé d'y mettre du plomb ni du plâtre ; & pour le rendre encore moins pénétrable à l'eau, le Couvreur a loin que la file d’ardoifes qui borde l'arrêtier du côté où le vent fouffle le plus, foit un peu plus élevée que l'autre ; cependant il met prefque toujours au bas de l’arrêtier une petite bavette de plomb taillée en oreille de chat, à laquelle il donne un peu plus de faillie qu’à l’ardoife, & il fait un ourlet au bord de cette bavette.Quoique cette petite opération regarde proprement le Plombier, cependant dans les campagnes, ce font les Couvreurs qui l’exécutent eux-mêmes , ainfi que d'autres petits ouvrages en
- Des Faîtes.
- On couvre ordinairement les ardoifes clouées fur le faîte avec des bandes de plomb de dix-huit pouces de largeur, qu'on retient avec des crochets qui faififlent les bords, 8c qui font cloués fiir le faîte : mais en plufieurs endroits, on couvre les faîtes tout-à-fait en ardoife , ou, comme l’on dît, en hgnolet ( PL III > fig* 9 ) ; a 9 repréfente le faîte ; è, une ardoife des plus grandes & des plus plates qu'on met du côté du fort vent ; cette ardoife eft clouée fur les chevrons & les contre-lattes ; elle s'élève de deux ou trois pouces plus que les autres ardoifes ; de l’autre côté du toit font clouées les ardoifes c-9 dont on fait porter le bord fhpérieur bien exactement contre la face de l’ardoife qui fait faillie ; par ce moyen on épargne du plomb ; mais auffi ces toits n’ont pas autant de grâce que ceux dont les faîtieres font en plomb : il eft bien difficile que toutes ces ardoifes foient allez exactement jointes pour empêcher entièrement l’eau de pénétrer fur le faîte ; les clous qui attachent les lignolets font expofés à la pluie, n'étant point recouverts par d’autres ardoifes : d’ailleurs quand il faut réparer ces couvertures, on ne peut jetter la corde nouée fur le comble ^ & l’on eft obligé de mettre de fix en fix pieds de petits œils de bœuf de plomb pour donner palîàge à la corde nouée. Cependant j'ai vu de grands châteaux qui n'étoient couverts que de cette façon ; & toutes les petites habitations qui avoifinent les ardoifieres font couvertes de cette même maniéré.
- Quelques-uns mettent* au lieu de plomb, des faîtieres de terre cuite, pareilles à celles qu'on emploie fur les couvertures en tuile ;' on les peint alors en noir à l'huile. Enfin j'ai vu fiibftituer au plomb des feuillets de tôle pareillement peints ; mais cette matière n'eft pas de longue durée.
- Les rats percent quelquefois le plomb ; nous avons vu à l’Académie des Sciences un fcarabé qui le perçoit auffi.
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- L’ART DU COUVREUR. 3i
- Malgré les crochets qu'on met pour retenir les tables de plomb qui couvrent les faîtes , les vents très-violents les emportent quelquefois : j'en ai vu qui avoient été ainfi enlevées , & que le même coup de vent avoit roulées comme des cornets d oublies.
- D es Noues.
- On exécute les noues d'ardoife comme celles de tuile : quelquefois on forme le fond de la noue avec une bande de plomb en façon de gouttière, ou bien on fait tout le fond de la noue avec de l'ardoife. Dans ces deux cas , les deux toits aboutiifent fur le fond de la noue par deux tranchis, qui Taillent de trois pouces fur le fond de la noue, quia dix-huit pouces de largeur: ou bien, mais cela n'eft: pas auffi folide , on raccorde les deux couvertures par un feul tranchis, comme nous l'avons expliqué en parlant de la couverture en tuile ; mais on ne fait point de noue en onglet ; & comme l'ardoife le taille beaucoup mieux que la tuile, les noues faites avec de l'ardoife font toujours beaucoup meilleures que celles qu'on fait avec la tuile*
- Lorfque les noues font fort roides , par exemple, auprès dés lucarnes ouvertes dans le toit, ou vers les manfardes, on fe contente de faire ce qu'on appelle des renvers ; c'eft-à-dire, qu'on ne fait point de tranchis, mais on donne plus de largeur aux noues par le haut que par le bàs.
- On taille les ardoifes étroites ; on fait joindre bien exaélement le tranchant de toutes les ardoifos ; oïl fait enforte quelles forment un arrondifle-ment ; & pour que ces ardoifes fe raccordent avec celles des deux toits, on leur taille le bas un peu en creux (fig. io ), ce qui forme une courbe, dont une extrémité aboutit aux files d'ardoifes d'un toit, & l'autre extrémité aux files d'ardoifes de l'autre toit, en failant du côté du toit le plus roide un arrondiflement qui tient lieu d'un fond de noue, ainfi que le repréfente à peu-près la figure io. Comme on emploie des ardoifes qui ont peu de largeur, & comme ces fortes de noues font roides & étroites, elles en font moins lujettes à être pénétrées par l'eau : il eft confiant qu'il ne conviendroit pas de faire de pareilles noues pour le raccordement de deux grands cou-* verts.
- Quand les toits fur lefquels on établit dés lucarnes font fort plats, on fait le renvers à demi-rond ; c'eft-à-dire, que ce renvers fe prend du côté du couvert, & qife les ardoifes qui forment la joue de la lucarne font un tranchis qui n'a que deux pouces de recouvrement for le demi-rond ; & au haut des noues, ce couvert forme un tranchis for la couverture de la lucarne.
- Comme toutes les noues dont on fait le fond en plomb, font fort aîfées à faire, & beaucoup plus folides que celles qui ne font entièrement faites qu'en ardoife, on les préféré aux autres.
- Des réparations des Couvertures d*Ardoife.
- Il y a, for les anciennes couvertures d'ardoife,deux efpecés de réparations à faire : les unes s'appellent menues réparations ; & les autres remaniement à bout.
- On entend par menues réparations , les ardoifes qu'il faut fobftituer à
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- î* L'ART DU COUVREUR:
- celles qui ont été rompues ou qui fe font détachées ; & on doit y remédier le plus promptement qu’il eft poffible, parce que le vent qui s’introduit entre les ardoifes voifines de celles qui manquent, y fait fouvent beaucoup de dommage.
- Quand le vent a emporté plufieurs ardoifes , fi la latte eft bonne, il luf-fit de remettre celles qui manquent ; mais ce qu’il y a de plus difficile, c’eft de clouer celles qui font les plus élevées. Si la latte fe trouve pourrie, il faut y en fubftituer d’autre plus faine ; & on le contente pour cela de clouer des bouts de lattes fur les chevrons & les contre-lattes.
- Pour faire féntir la difficulté qu’il y a à mettre en place les ardoifes qui font au-deflus de celles qui manquent & qu’il faut réparer, fuppofons qu’une ardoife foit rompue : il faut en premier lieu arracher les clous qui la rete-noient ; on fe fert pour cela du tire-clou ( PL IV'. fig* I ) ; cette opération eft afléz ailee à faire ; mais quand on a ôté les fragments de cette ardoife rompue, & qu’on en a taillé une autre pour mettre en fa place , comme il faut la fourrer fous le pureau du rang d’ardoife lupériefur, il n’eft pas poffible de la clouer fur la latte ; on eft donc obligé de déranger l’ardoife fiipé-rieure pour attacher fous fon pureau celle qu’on fubftitue. Le féul moyen de pouvoir arrêter cette ardoife avec un clou, eft de pouffer de côté l’ardoife fin— périeure a ( PL I V. fig. 2 ), pour pouvoir clouer l’ardoife b ; mais comme l’ar-doife a avoir été fixée par deux clous, il faut, pour la déranger, arracher un de ces clous qui la retenoit, 8c cela ne fe fait pas fans rifque de cafter cette ar~ doife : quand l’ardoife dérangée a été remife à fa place, elle n’eft plus retenue que par un clou, encore ce clou a-t-il été ébranlé en retournant l’ardoife, le trou de l’ardoife a été élargi, 8c par conféquent, cette ardoife qui ne fe trouve plus aflujettie afléz folidement, peut être détachée par le premier coup de vent. Si l’on n’arrêtoit toutes les ardoifes qu’avec un feul clou, on pourroit les déranger bien plus ailement fur le côté, mais auffi elles ne feroient pas arrêtées afléz folidement^ & le vent les dérangeroit en les pouffant fur le côté.
- Quelquefois les Couvreurs , après avoir arraché les clous d’une ardoife rompue, & en avoir enlevé les fragments, taillent ufie ardoife neuve , 8c la fourrent entre les autres ardoifes pour remplacer celle qui étoit rompue , fans la clouer. Quand le toit eft fort plat, cette ardoife fiibfifte afléz longtemps en place ; mais quand le toit eft un peu roide, elle tombe au premier vent qui fiirvient.
- Dans le voifinage des carrières d’ardoife, où l’on emploie des ardoifes fort épaiflés, on les retient avec trois clous fans qu’il en réfiilte d’inconvénient ; parce que les couvertures ainfi faites durent jufqu’à ce que les lattes ou les charpentes foient entièrement pourries.
- On feroit bien plus ailement les réparations fur les couvertures d’ardoifés,1 s’il n’y avoit pas d’inconvénient à mettre des clous à l’eau ou fur le pureau ; 8c je crois que l’on pourroit empêcher que ces clous ne laiflaflént paffér l’eau, fi l’on entortiiloit la tige du clou d’une ficelle enduite de gau-dron, qui feroit forcée par la tête du clou, ou bien fi l’on mettoit fous le clou une petite virolle de plomb mince. Je ne prétends pas conféiller aux Couvreurs de fuivre aveuglément cette méthode , d’autant que pour mettre le clou à l’eau,il faudroit fouvent percer deux ardoifes ; mais je defirerois qu’ils
- voululîènt
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- L'ART DU COUVREUR; 35
- vouluflent en faire Teflai ; parce que, fi Ton pouvait empêcher l’eau de paffer le long de la tige du clou, on pourroit fe difpenfer, lors des réparations, de déranger les ardoifès, Sc on pourroit les attacher toutes à deux ou trois clous. Pour commencer cette épreuve, je voudrois couvrir une couple de pieds en quatre, où j’emploierois une partie des ardoifès avec des clous à feau, mais dont la tige feroit garnie de ficelle poiffée, Sc dans une autre partie j’em-ploierois des viroles de plomb ; & puis j’examinerois dans les temps de pluie, fi feau pénétreroit plus en ces endroits qu’ailieurs.
- Quand il ne manque que quelques ardoifès à un égout, on évite ordinairement d’échafauder fiir des chevalets, & on fe contente de fe fervir de longues échelles qui s’étendent jufques fous l’égout ; on a foin qu’elles ne portent point deflus les ardoifès de l’égout qui fè romproient fous le poids : il faut donc que le haut de l’échelle foit plus écarté de la muraille que l’égout ne fait de faillie , fans quoi le Couvreur ne pourroit avoir aflez de liberté pour travailler ; mais il fe procure cette facilité en attachant au haut de l’échelle une chaife rènverfée (PL IV\fig. 28), dont les pieds portant fur la muraille au-defious de l’égout écartent affez le haut de l’échelle, pour que le Couvreur puilfe travailler facilement. Et comme il faut éviter que l’échelle qui ne re-pofe que fur cette chaife qui a peu de largeur, ne fe renverfè, ilpaffedeux perches entre les échelons Sc les montants de l’échelle pour empêcher de tourner.
- Des Lucarnes.
- Âpre’s ce que nous avons dit des noues, nous croyons avoir fatisfait à! tout ce qui regarde le Couvreur. Quant à ce qui concerne les lucarnes, il y en a de bien des fortes (PL III.fig. 11);^, lucarne à demoifeile; B y à la manfarde, ou rampante ; C, à la capucine avec une crouppe en devant ; D , lucarne flamande avec un fronton ; E, lucarne à foin.
- On fait encore plufieurs autres fortes de lucarnes : mais leurs différentes formes font plus du reflbrt des Charpentiers que des Couvreurs.
- La lucarne à demoifeile A fe couvre en plein toit, excepté vers l’angle ai où il faut ajouter un petit bout de gouttière, ou une noue qui en tienne lieu : aux toits en tuiles , on fait cette gouttière avec des tuiles creufès en oreilles de chat, qui verfent l’eau des deux côtés; communément aux couvertures en ardoife, ce bout de gouttière eft de plomb : le plein toit, ainfi que celui de la lucarne, aboutifîent dans la gouttière par un rivet qui fait faillie de 2 pouces.
- Le toit de la lucarne B fe couvre tout uniment avec de petites ardoi-fes qui font un arrondiffement ; il eft terminé des deux côtés par deux égouts ; & on couvre le raccordement des deux toits fur le faîte , avec une table de plomb : on en met aufïï ordinairement une fur le devant ; les noues, fur les côtés, fe font comme nous l’avons déjà expliqué. Comme on voit que les Couvreurs exécutent les toits de toutes les efpeces de lucarnes au moyen d’égouts, de tranchis, & de noues, &c. il feroit fuperflu de s’étendre fur les différences de chaque efpece de lucarne.
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- L'ART DU COUVREUR. Des Echafauds des Couvreurs.
- Les Couvreurs fe fervent quelquefois des échafauds des Maçons pour forcer les égouts ; mais communément ils s'échafaudent fur des chevalets de pied (PL IV. fig. 3 & 4, 8c PL Ill.fig. n), qu'ils attachent avec des cordages aux pannes ou autres pièces de la charpente du toit. Ces chevalets forment une vraie confole , comme oh le voit ( PL III. fig. 12 , ) dont le côté perpendiculaire a b s'appuie contre le mur : le cordage pafle par une entaille faite aux pierres de l'entablement, & va répondre à la charpente , de forte que le defliis du chevalet fe trouve environ un pied au-deffous de l'égout. Ces chevalets fe mettent à dix ou douze pieds les uns des autres, 8c ils foutiennent une échelle qu'on couche fur la branche horizontale c de ces chevalets : on étend des planches fur les échellons des échelles , ce qui donne au Couvreur la commodité de travailler, ou afîîs, ou à genou, ou debout, félon l'attitude qui lui paroît la plus commode (P/. IV. fig. 7 ).
- Quand l'égout eft formé , le Couvreur monte fur la latte qui lui tient lieu d’échelle, 8c il pofe fur la partie du toit qui eft déjà couverte de petits chevalets ou traquets de couverture ( PL IV. fig. 6), qu'il attache avec des cordes aux chevrons, de maniéré que le côté a a pofe fur le toit : on conçoit que pour que le côté b b foit dans une fituation horizontale , il ne faut pas que les deux branches a 8c b forment un angle droit comme aux chevalets des figures 3,4, 8c y , mais qu'ils fafîent une faufle équerre comme à la figure 6 ; & comme le côté a a doit être appuyé fur la partie du toit qui eft déjà couverte, pour ne point rompre les ardoifes, on ajoute de minces tra-verfes de bois c c (fig. 6 ) ; on couche des échelles 8c des planches fur ces traquets , comme on le voit (fig. 7 ) : où a a repréfentent ces traquets ; b b, les cordages qui les attachent aux chevrons ; c c, l'échelle couchée fur les traquets ; dd, planche pofée fur les échellons ,de l'échelle ; e, Couvreur qui taille une ardoife fur fon enclume ; f, Couvreur affis qui cloue & attache une ardoife.
- On ne monte les ardoifes fur le bâtiment qu'à mefure qu'on doit les employer (fig. 11 ) ; & on les pofe fur l'échafaud comme en g (fig. 7), ou bien on les met fur des bouriquets ou chats (fig. 8,<?&io), qui s'accrochent aux lattes. Quand on ne fait que des réparations, on met les ardoifes dans une petite caille (fig. 29 ), qu'on fufpend à une longue corde pour avoir la facilité de la faire aller fur le toit fans courir rifque que les ardoifes tombent. On fe formera une idée de ces petites cailles en fe repréfentant qu'à la place de la planche a (fig. p ), c'eft une petite caille dans laquelle on met les ardoifes.
- Pour les couvertures en tuiles, les Couvreurs font une grande partie de la couverture en montant fur la latte ou fur des échelles garnies d'un rouleau de natte, ou de paille (fig. 11)5 qu'ils attachent à la latte ; 8c quand le toit eft bordé de cheneaux de plomb, ils mettent le pied de l'échelle dans le chaîneau même.
- Quand il s'agit de réparer une couverture, le Couvreur fort par une lucarne B (fig. , avec une échelle légère ; s'il y a un cheneau , il lui fert
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- L’ART DU COUVREUR. 3;
- à pofor le pied de cette échelle, qu'il couche for le toit, linon il fait un trou à la couverture vers A (fig. 11 ) , & ii attache l'échelle à la latte avec une corde : il place cette échelle bien perpendiculairement afin qu'elle ne coule ni à droite ni à gauche ; il monte ainfi jufqu'au haut du toit * ou il fait un fécond trou vers C pour y attacher le haut de l'échelle ; alors elle eft affermie dans fa pofition ; & comme elle ne peut couler fur le toit, le Couvreur eft en état de fe mettre à califourchon for le faîte, & a la facilité de monter ftir le toit des échelles plus longues, qu'il tire avec des cordes, ou d'en attacher deux enfemble , qu'il chevale par-defliis le faite , comme on le voit (fig. 13 ).
- Quand les toits font fort plats, d faut fo fervir d’échelles fort légères, garnies de rouleaux de paille ou de natte en tête & en queue , comme le repréfente les figures 11 8c 13; car le poids du Couvreur pourroit rompre les ardoifes fi l'on fe forvoit de la corde nouée.
- Quand au contraire les toits font roides , comme alors le poids du corps du Couvreur repofo moins for l'ardoife, il fe fort d'une corde nouée pour y travailler. Il commence par attacher à chacune de fos jambes un étrier de cuir (fig. 14) , compofé de deux jambiers a, a ; la partie b pafle fous la plante de fon pied ; il fos attache à fa jambe avec deux jarretières c, c, & ces jambiers fo réunifient à un crochet de fer d, qu'il accroche aux nœuds de la corde. Le Couvreur, lorfqu'il s'eft accroché à la corde, courroit rifque de fo renverfer en arriéré, s'il ne la tenoit pas fermement avec fos mains ; mais comme il doit les avoir libres pour travailler, il y fopplée en accrochant à la même corde une follette (fig. 15 ), for laquelle il peut être affis.
- On voit dans la figure 16 un Couvreur qui monte à l'aide d'une corde nouée ; il ne peut faire cette manœuvre que bien lentement, parce qu'il fauc qu'il décroche l'un après l'autre, les deux étriers attachés à fos jambes, puis la follette pour les remonter à un nœud fopérieur , ainfi il ne peut s'élever qu'à une petite hauteur à chaque fois.
- Si les réparations qu'on doit faire font à un comble , le Couvreur jette une corde nouée par-deflus le faîte , & un Ouvrier peut travailler d'un côté pendant qu'un autre travaille de l’autre ; ou fi la réparation ne fo doit faire feulement que d'un côté du toit, il place du côté oppofé une échelle à laquelle il attache la corde nouée ; cette échelle lui fort alors de contrepoids ; finon il laifle pendre du même côté qui lui eft oppofé un long bout de corde , auquel eft attaché un poids foffifànt pour empêcher la corde de couler du côté où il travaille.
- Si la réparation qu'on veut faire eft for une croupe , le Couvreur attache la corde nouée à l'aiguille, & il peut ainfi travailler fur les trois faces de la croupe.
- A l'égard des pavillons 8c des fléchés de clochers (fig. iy ) , comme il s’y trouve ordinairement quelque petit œil de bœuf en plomb A , placé vers l'endroit le plus élevé de la charpente , on pafle par-là une corde nouée de moyenne groflèur ; le Couvreur monte for cette corde jufqu'à l'œil de bœuf, comme on le voit en B ; puis tenant de la main droite C, une autre petite Corde nouée que l'on nomme le fouet, il la jette le plus haut qu'il peut pour embrafîer la fléché ; en donnant à fon bras le mouvement indiqué par D, il attrape le bout de la corde avec une latte E, qu'il tient de la main gauche ;
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- L’ART DU COUVREUR:
- îi lie autour de la fléché les deux bouts du fouet, le plus ferré qu’illui eftpoflîble, & il fe fert de cette petite corde pour s’élever d une petite quantité le long de la fléché : en répétant plufieurs fois cette manoeuvre, il parvient à s’élever peu à peu jufqu’au haut de l’aiguille, où il attache la corde nouée E. Quand il a fait la réparation convenable, & qu’il veut enfuit e defcendre, & détacher la corde nouée du haut de la fléché, il attache la petite corde nouée au-deflous de l’amortiflément avec un virbouquet de ficelle AD ( fig, 18) ; ce virbouquet elt formé d’une an le de ficelle A , dans laquelle paflé une autre anfe de la même ficelle, qui reçoit une cheville B faite d’un bois dur 8c bien graifle ; au gros bout'de cette cheville eft attachée une autre ficelle C, qui defcend jufqu’à l’œil de bœuf A (fig. 17 ). Ce virbouquet étant attaché au fouet en D9 le Couvreur peut defcendre en sûreté fur le fouet jufqu’à Pœilde bœuïA ; alors il s’attache à la groflé corde nouée qui pafle par cet œil de bœuf ; & quand il s’y eft établi, il tire à lui la petite corde C, qui tient à la cheville B du virbouquet, 8c comme le fouet ne tient plus à rien, il tombe par Ton propre poids : il faut feulement, quand le Couvreur defcend fur le fouet, qu’il prenne garde d’accrocher la ficelle C, attachée à la cheville B qui eft graiflee ; car fi cette cheville venoit à fortir de là boucle , il tom-beroit infailliblement : il faut encore, quand il eft établi fur la grofle corde nouée, 8c qnil tire la cheville B du virbouquet, qu’il prenne garde que le fouet ne tombe fur lui ; le poids de cette corde pourroit le bleflér.
- Les Couvreurs fe fervent quelquefois d’échelles faites comme celles des Tapifliers , mais qui font de bois blanc 8c fort légères , pour qu’elles puifi-fent le manier plus aifëment lur les toits ; il eft inutile qu’elles ayent beaucoup de force, parce qu’étant foutenues par le toit dans toute leur longueur, elles ne fatiguent point. C’eft pour cette raifon que la plupart des échelles des Couvreurs font conftruites de deux tringles plates , fur lefquelles les échellons. qui font plats auflï, font attachés avec des clous ( PL IVfig, 28, ).
- Les rouleaux dont on garnit les échelles pour quelles ne brifént point les
- ardoifes font de paille longue, ou de paille nattée,
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- De Vejlimation des Ouvrages de couverture.
- Il seroit fitperflu d’entrer ici dans de grands détails fur le toifé des ouvrages de couverture : il y a de bons Ouvrages qui en traitent expreflement, & ce n’eft qu’une application des réglés qu’on puifé dans les Traités de Géométrie. Mais je ne crois pas hors de propos de faire mention de certains ufages qui font fuivis par les Experts.
- i°, Dans certaines Provinces, on ne toifé point les ouvrages de chaume, qui fe payent au millier de fabotées ; & quand les Ouvriers n’ont qu employé le chaume qu’on leur a ramafle , on ne leur donne pour leurs peines de l’emploi, que la moitié du prix qu’ils pourroient prétendre s’ils avoient été chargés de le ramaflér. U y a des Provinces où on les paie à la travée ; ailleurs c’eft à la toifé.
- n°, A l’égard des couvertures en tuile , comme la pofé des faîtieres en mortier ou en plâtre exige plus de temps que le plein toit, on toifé le faîte comme tout le refte, 8c on y ajoute un pied de plus, »
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- J0* Pour ce qui eft des couvertures en ardoife, il eft aifé, après ce que nous avons dit, d’eftimer la valeur d une toife courante, puifqu’il ne s’agit que de lavoir le prix courant des matériaux, Sc de détailler chaque toile d’ouvrage comme fi elle étoit en plein comble ou en plein couvert. Le principal bénéfice du Couvreur fera fur ce qu’on nomme les ufages : ainfi plus il y en aura, plus il gagnera.
- Voici un exemple de la valeur dune toile en plein couvert, en luppofant que le millier d’ardoifes vaille 40 1. les cent foixante & quinze qu'il faut pour couvrir une
- toile coûteront............. è » , 7 1,
- Une livre & demie de clous à dix fols. . . . . 1 y £
- 18 lattes à ardoifos, à railon de 20 fols la botte. . 14
- 4 toifes & demie de contre-lattes, à j1 fols la toife. x 2 6 den.
- Une livre de clous pour lattis Sc contre-lattis, à 8 fols
- 6 deniers la livre................................. 8 6
- Façon Sc main-d’œuvre , à 2 livres la toile. . . . 2
- Total dune toife en plein comble. . . . . 12 liv.
- On fera un pareil détail pour la quartelette; .
- 40, Comme dans les remaniements à bout, on latte à neuf, Sc qu’on refait les faîtages, les ruellées, les folins, fouvent même les égouts, & qu’on fournit à neuf les ardoilès en place de celles qui font rompues ; pour faire l’eftime du remanié à bout, on commence par déduire.le prix de la vieille ardoife , Sc l’on paye le relie comme pour les couvertures neuves.
- 5 °, Les enfaîtements des couvertures en ardoifo ne fe comptent point, quand on doit les faire en plomb.
- 6°, Les recherches font des réparations légères : quand il ne manque des tuiles ou des ardoifes qu’en quelques endroits du toit, quand les plâtres ou mortiers font rompus par parties, quand il faut émoufler & nettoyer les ardoifes ou les tuiles ; tout cela fait partie des recherches.
- 70, Si les plâtres Sc mortiers ne font refaits que dans les parties où ils manquent, alors ils ne font pas mis en compte ; mais s’ils font entièrement refaits ou rechargés, on les compte ; c’ell pour cela que les Couvreurs ont grand foin de reblanchir tous les plâtres ; on ne compte point, dans les recherches, les ufoges de lucarnes, celles des égouts, des faîtes, ni les pourtours des combles du bord d’un égout à l’autre ; leur longueur f® prend entre deux folins ou entre deux ruellées,
- 8°, Comme il eft bien rare de ne pas trouver dans ces fortes d’ouvrages des parties neuves ou remaniées, cela engage des propriétaires à donner les couvertures à l’entretien par baux de neuf ans ; en ce cas, il faut obliger le Couvreur à faire, tous les ans, quelques toifes à neuf, pour éviter qu’il ne compte vaguement un pied de réparation dans un endroit, deux pieds ou plus dans d’autres.
- 5>°, Au refte, le Couvreur doit, lors des recherches , fournir neufardoi-fos ou tuiles neuves par toife ; il les doit pofer en échiquier , moyennant quoi, Sc fuivant la qualité de l’ouvrage, on lui paye depuis dix-huit jufqu’à vingt-deux fols par toife. Il fe fait cependant des recherches en ardoifes, qui Couvreur. K
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- 3S VA R T DU COUVREUR.
- -ifont afTez confidérables pour être payées trente & trente-cinq fols la toife.
- io°, Les égouts pendants qui font formés par un doublis & un fous-dou-blis , pofés fur une chanlatte , fe toifent avec le relie de la couverture, en ajoutant un pied pour chaque égout s'il eft fimple : il faut remarquer, qu'aux égouts la tuile de dellus eft toifée avec le comble ; ainlî on compte les tuiles pour lîx pouces de faillie fur la longueur, à l'exception de celles de def-«lus. C'eft pour cela que les égouts à trois tuiles font comptés pour un pied; ceux à quatre tuiles, pour un pied & demi, & ceux à cinq tuiles, pour deux pieds & demi Lorfqu’on fait les égouts avec de vieilles tuiles, on en doit faire la diftinéiion , pour ne les compter que comme remaniés à bout.
- ix°, Quand les égouts font d’ardoife, ils ne font comptés que pour un demi-pied courant ; & c'eft ce qu on appelle redoublis d'ardoife, pour lequel on ajoute un demi-pied au pourtour.
- î a°, Nous avons dit qu'on faifoit aux combles en ardoifes, des égouts en tuile, fur lefquels on appliquoit une peinture noire à l'huile ; en ce cas , on compte les redoublis d'ardoife avec les ouvrages d'ardoife ; mais les égouts en tuile, font comptés avec les ouvrages en tuile , &.la peinture eft e (limée à part. De même, aux couvertures d'ardoife, dont l'enfaîtement eft fait avec des faîtieres noircies ; on doit en faire diftinéiion pour les compter comme ouvrage en tuile, & l'on eftime en lus la peinture que l'on y applique.
- 130, Si, au lieu de plomb, on fait au faîte un embardellement de plâtre de la hauteur d'un pureau de chaque côté, on ajoute dans le compte un pied en fes du pourtour. .
- 140, Les épisxou poinçons armés d'ardoife font comptés pour neuf pieds, * c'eft-à-dire, pour un quart de toife.
- 1 j* °, Si l'égout en tuile eft retroufîe, & s'il y a plufîeurs rangs de tuiles pofées en plâtre ou en mortier ; après avoir toife l'égout avec le relie , ^ on ajoute deux pieds pour chaque égout.
- 16°y Si le toit aboutillant contre des murailles eft terminé par des niellées , on ajoute deux pieds à la longueur du bâtiment, par chaque ruellée.
- 170, Pour les tranchis, ou rives pofées à mortier oü à plâtre, ou pour les folins liir les bords des pignons, & les filets qui forment le faîte d'un appentis , on ajoute pareillement un pied à la longueur du bâtiment.
- > 180, Pour chaque arrêtier, on ajoute un pied à la longueur du bâtiment
- pris à mi-comble.
- ip°, Il y a un ufage bien ridicule par rapport aux plâtres ; c’eft celui de compter ceux qu'on emploie fer une couverture d'ardoife neuve , le même prix que la couverture même ; tandis que ces mêmes plâtres, pareils en tout, font payés cinq fîxiemes de moins quand ils font pofés fer une couverture en tuile remaniée. Cette différence de prix engage les Ouvriers à mettre quelques parties de tuile ou d'ardoife neuve le long des plâtres, où il ne feroit pas néceflaire d’en mettre , afin de pouvoir les porter en compte comme ouvrages neufs, lorfqu ils ne devroient l'être que comme remaniés à bout : il feroit plus convenable que les plâtres fuffent toifés féparément 3c payés un même prix, foit qu'ils fuffent far des ouvrages neufs, ou pour les remaniés à bout.
- On n'a point égard au rabais des vuides occafionnés par l’excédent des
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- melures que donnent les longueurs & les pourtours, & on a tort : un Particulier neft point tenu de payer l'ouvrage qui n'exifte pas, & où rien ne peut le remplacer. Par exemple, un comble qui aura entre deux pignons vingt-quatre pieds de clair, ( ce terme fignifie, fans aucun ufage ; d'autres difent dans œuvre), & trente-fix pieds de pourtour auilî de clair, aura de fuper-iicie vingt-quatre toifes.
- Si on ajoute à la longueur de vingt-quatre pieds , deux pieds pour les folins, elle fera alors de vingt-fix pieds ; & fi au pourtour, on ajoute cinq pieds pour les deux égouts, & la plus valeur du faîte, il fera de quarante & un pieds, & là luperficie vingt-neuf toiles deux pieds. Il faut démontrer qu'il y a dans ce calcul dix pieds de trop.
- La luperficie claire efl: de . . I : ; .24 toîfeS
- Les deux égouts de chacun vingt-quatre pieds de long, lùr un pied, enfemble quatre pieds................. 2 i 6
- Le faîte, vingt-quatre pieds, liir un pied. ... 7 6
- Les deux folins , trente - fix pieds de pourtour lùr enfemble deux pieds valent..................................2
- 29 toifes J 2 pieds
- Tous ces objets réunis font enfemble vingt-neuf toiles douze pieds t qui efl: le vrai toifé, & dont la différence avec celui ci-deilus efl: de dix pieds.
- ao°, On ne retranche rien pour les lucarnes, ni pour les œils de bœuf, ^quoiqu'on les toile à part, comme nous le dirons dans la fuite.
- 2i°, A l’égard des manfardes, on ajoute au pourtour de la couverture un demi-pied pour le petit égout du brifis, comme pour un égout fimple.
- 220, Nous avons dit que quand les égouts d'ardoife étoient pôles fur un doublis & un fous-doublis de tuile, on comptoit à part ce qui eft en ardoife, & ce qui efl: en tuile. Souvent, pour éviter ces détails , on ajoute un pied dans toute la longueur de i égout.
- 2 30, Pour les couvertures d'ardoife, nous avons dit qu'on ne comptoit point les enfaîtements quand ils font faits de plomb ; mais lorfqu'ils font formés comme les arrêtiers, on ajoute un pied au pourtour du toit.
- 240, Pour les arrêtiers des couvertures d'ardoife, on ajoute un pied à la longueur de la couverture prile à mi-toit.
- 25°, Pour les folins, on ajoute aulïi un pied à la longueur du bâtiment,
- 2 6°, Les œils de bœuf ne font plus gueres d'ulàge ; on y a lùbftitué les vues de faîtieres ; on n'en voit que liir les couvertures d'ardoife , mais on les fait en plomb, & ce font les Plombiers qui les mettent en place. On tient compte au Couvreur des accordements ou tranchis, pour fix pieds d'ardoife fans rabattre de vuide ; ou bien, pour plus d'exaélitude, on pourtourne l’œil de bœuf le long du tranchis. Ce pourtour compté lùr fix pouces de largeur, donnera ce qui doit appartenir au Couvreur.
- 270, Aux lucarne^en plein comble, entourées de toutes parts , on ne rabat rien pour le vuide de la baie, pourvu qu'elle ne foit pas d'une grandeur extraordinaire.
- 2 8Ù, Quand les lucarnes font pofées liir le bord des combles, où l’égout pafle devant, on ne rabat rien pour leur vuide ; mais fi l'égout efl: interrompu, on
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- rabat remplacement qu’auroit occupé cette ouverture, depuis le devant de la lucarne , jufqu’au devant du premier pureau dégoût, & Ton compte les ruellées qui font aux côtés.
- ap°, Dans les manfardes qui font garnies de lucarnes , au-devant & au-delîiis* defquelles les égouts paflent, on ne rabat lien pour leur vuide ; fi l'égout eft interrompu , on déduit feulement la faillie de l'égout ; fi rien ne pafle au-deflus ni par-devant, le vuide eft entièrement défalqué ; mais on compte les folins qui font aux côtés.
- 30°, Si, au-devant de ces lucarnes où il n’y a point de devanture , il fe trouve un chêneau avec pente, cette pente fera comprife dans le toifé ; mais le vuide des lucarnes fera réduit après le développement des plâtres.
- 31°, Quand les joues des lucarnes font revêtues d’ardoifes, on toife leur iùperficie, en y comprenant les franchis & dévirures, à raifbn de fix pouces pour chacun.
- 312°, Lorfqu’ii y a un fronton au-deflus des lucarnes, quelque grand ou petit qu’il foit, il eft compté pour une ftemi-toife en fus. S’il y a un chevalet, grand ou petit, il fera auflî compté pour une dcmi-toife en fus. Si, au lieu d’un chevalet, il y a un chapeau de plomb, le lattis ou l’aflife de plâtre eft comptée pour neuf pieds ou quart de toife.
- 3 30, Lorfque les noués dés couvertures en ardoife font en plomb, on ne rabat rien au Couvreur pour le fond de la noue ; mais comme nous l’avons déjà dit, on ajoute fix pouces pour chaque franchis dans toute la hauteur de la noue. Si ces noues font en ardoife, fans plomb ; après avoir toifé plein , on ajoute trois pieds de large fur toute la hauteur de la noue, parce qu’il doit y avoir deux parements & quatre franchis.
- 3 40, Lorfqu’un Couvreur pofe & fournit les gouttières, elles lui font comptées à la toife courante, y compris leur fellement & la pofe ; mais on compte de plus les égouts & les battements, c’eft-à-dire, le dernier rang de tuiles ou d’ardoifes doubles qui forment l’égout dans un chêneau ou une gouttière ; ainfi on augmente d’un pied la mefiire du comble ; favoir fix pouces pour la tuile de deflbus, & fix pouces pour le parement qui eft au deflus. ^ 1
- 3 J°, Si la gouttière n’a pas été fournie par le Couvreur, & qu’il n’ait fait Amplement que la pofer , on lui compte un pied courant pour la pofe en remanié à bout.
- 3 6°9 Les gouttières du derrière des lucarnes en demoifelles, font comptées à toiles & pieds courants ; fi elles font neuves, on ne compte ni la pofe, ni le battement, ni les parements, parce que tous ces objets font compris dans l’évaluation d’une demi-toife , comme il a été dit plus haut.
- 370, Les doiferets au-devant des cheminées font de même genre ; la' gouttière s’en paye au pied courant, fi elle eft neuve ; & l’on ne la compte point fi elle eft vieille.
- \£y"V$>r
- CHAPITRE
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- VA RT DU COUVREUR.
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- CHAPITRE IV.
- Des couvertures en Bardeau SC en Lave.
- Article I.
- Couvertures en Bardeau,
- On appell e bardeau de petites planches refendues , comme le merrain J mais qui n’ont que 12 à 14 pouces de longueur ; leur largeur varie. Quand ces petites planches ont été fendues dans les forêts, on les fait drefler & réduire à 4 ou 5 lignes d’épaiffeur par des Tonneliers , qui fe fervent pour cela d’une doloire ; on fait auflî du bardeau avec des douves de vieilles futailles ; quand le bardeau a été ainfi travaillé, les Couvreurs l’emploient ; ils le clouent fur la latte comme i’ardoife. Mais pour tailler proprement le bardeau & le mettre de largeur, les Couvreurs fe fervent d’une hachette , ils le percent avec une vrille pour y placer le clou, fans quoi le bardeau pour-roit fe fendre ; ces petites planches s’emploient de la même maniéré que les ardoifes , & font une couverture très-propre ; j’en ai vu employer fur des fléchés de clochers, & fur des moulins : le bardeau réfifte mieux aux coups de vent que l’ardoife ; mais l’eau samaffe entre le recouvrement, & fait pourrir le bardeau allez promptement, à moins qu’il ne foit fait de cœur de chêne de la meilleure qualité ; la légéreté de fon poids eft un des principaux avantages de cette couverture.
- Article II.
- Des Couvertures en Lave, par M. le Marquis de CourtivrON*
- La couverture en pierre plate, qu’on nomme lave, eft en ufàge dans plufieurs Provinces de France : en Bourgogne , en Franche-Comté, en Champagne & en Lorraine. Il y a des diftriéls & des bailliages entiers de ces Provinces où cette matière eft commune ; & où l’on voit les maifons des villes, les châteaux, & les églifes couvertes de cette pierre : le luxe feul y a introduit des couvertures plus diftinguées. Il eft difficile de rendre raifon de l’étymologie de ce mot, lave. On fait que nous appelions lave, une matière produite par les volcans qui la vomi fient à demi-vitrifiée ; elle fe porte par le torrent quelle produit à différentes diftances du foyer embrafé ; & elle retient le nom de lave quand elle eft refroidie & figée. Dans les Provinces qui emploient de la lave pour faire des couvertures, on entend par ce mot une pierre platte de différente épaifleur, qui fe détache aifement, & qui fe tire à décou vert des carrières dont elle forme la fuperficie. J’ai vu des carrières où 1 on trouve de la pierre épaifîe fous un banc de lave ; d’autres fois la lave ne recouvre qu’un roc vif ; d’autres fois encore, un gros fable applani, dont les affemblages paroilfent diverfement difpofés 8c inclinés : les Ouvriers difent que dans ces fortes de carrières l’eau court, ou qu’elle a couru ; & que c’eftpour cette raifon qu’on appelle lave ces pierres minces & plates, comme qui diroit pierre lavée.
- Couvreur,
- L
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- 4a L’ART DU COUVREUR.
- Mais rien ne paroît moins fondé que ce fentiment, puifqu on trouve des carrières de lave dans des plaines, & fur des montagnes très-élevées, où l’eau ne peut courir ; & quoiqu’il y ait des carrières ouvertes depuis un grand nombre d’années, jamais on n’y a vu d’eau courante , mais feulement quelques eaux pluviales qui s’y raffiemblent dans les lieux bas : prefque toute la partie de la Bourgogne , qui eft connue fous le nom de Bailliage de la Montagne ou de Chatillon, a des carrières de lave dans les lieux les plus élevés. La plaine de Chanceru en eft toute couverte.
- Quoiqu’on trouve des carrières de laves dans les lieux les plus élevés, on ne laiffe pas d’en rencontrer auffi à mi-côte, & quelquefois même jufqu’au pied des montagnes. Comme cette pierre ne coûte que les frais de la tirer , les Ouvriers que l’on emploie s’attachent à n’en prendre que dans les lieux qui leur font les plus commodes, foit pour le tirage , foit pour le charroi : il n’eft cependant pas indifférent de prendre cette pierre au hafàrd ; nous en dirons les raifons en parlant de fon emploi.
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- Du Tirage de la Lave.
- Les Ouvriers qui tirent la lave font pour l’ordinaire de Amples Manœuvres & Journaliers ; quelquefois auffi ce font des Couvreurs âgés qui n’ont plus affiz de forces pour pouvoir travailler fur les toits. Cependant cette couverture en lave exige moins que toute autre l’intrépidité & le làng froid, dont les Couvreurs doivent être pourvus ; le peu d’inclinaifon des toits permettroit prefque à ceux dont ce n’eft pas le métier de s’y tenir avec affûrance. Les Tireurs de lave commencent par faire ce qu’ils appellent un découvert ; ils jettent ftir les côtés la terre qui couvre le lieu où ils font affinés qu’ils trouveront cette pierre ; ils ôtent auffi la pierraille qui en couvre la fiiperfîcie, & les laves pourries par les eaux pluviales ; après avoir enlevé cette luperficie , & lorlqu’ils font parvenus à la bonne lave , ce qui n’excede jamais deux pieds de profondeur, ils travaillent à tirer cette pierre. Les outils qu’ils y emploient font des plus Amples ; un pic à pointe acérée AB (au bas de la PL III, fig. i ), & dont la tête B qui eft près du manche eft trempée ; une petite pince C D E ( fig. 2 ), longue au plus de 30 pouces , dont le talon eft relevé, comme on le voit en D ; un pic F G H ( fig. 3 ) dont la partie F qui eft oppofée à la pointe , eft une elpece de pioche , large au plus de trois pouces. C’eft avec ces outils que le Tireur de lave détache ces pierres les unes des autres, en introduifimt la pointe du pic à tête , ou celle du pic en pioche entre les joints de chaque pierre ; ou , fi elle réfifte trop, il fè lert de la pince : louvent il paroît une légère empreinte de terre noire, rouge ou brune entre chaque lit. A mefirre que le Tireur a enlevé une table de lave, il l’arrange de façon qu’il en forme de petits tas arrondis, ou des elpeces de pyramides d’environ 3,4 ou 6 pieds de diamètre, & de 2 ou 3 pieds de hauteur. Ces pierres fe trouvent rangées allez irrégulièrement ; les premières le font, comme les cartes que les enfants difi-polent pour commencer à former de petits châteaux ; enfuite ils polent les autres, toujours inclinées à l’horizon, & non à plat : dans cette fituation la lave fe feche mieux, le foleil & l’air la faifit plus aifément ; & elle devient d’un
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- VA R T DU COUVREUR. 43
- tranfport moins difpendieux , quand après avoir été expofée quelques mois à l’air libre on veut la voiturer pour en faire l’emploi. Si le Tireur de laves détache des pièces trop larges , ou trop longues, il les caffe avec le pic dont la tête eft trempée, après l’avoir pofée fur une piece de bois I K (fig* 4)-Comme les laves font de dimenfions différentes, on les caffe pour les réduire à un pied, dix-huit pouces ou deux pieds de longueur fur, à - peu - près , autant de largeur. La lave ne doit pas avoir au-deflus d’un pouce d’épaifleur; celle qui l’eft le moins a quatre ou cinq lignes ; les autres épaifleurs font intermédiaires entre celles-là. On pôle la lave la plus épaiffé fur les murs des égouts , ou fur ceux des pignons pour commencer les rangs, ainfi que nous l’expliquerons quand nous rendrons compte de la maniéré d’employer cette pierre : la plus mince fé réferve pour former les rangs de la couverture qui doivent porter direélement fur les bois de la couverture. Avant de parler de l’emploi de cette lave , & des façons que l’ouvrier lui donne , je crois devoir dire un mot de la maniéré dont on confirait les charpentes des toits que la lave doit couvrir.
- Manière de conjlruirela Charpente qui doit porter la couverture
- en Lave.
- Si un Charpentier eft chargé de tailler une ferme pour couvrir un bâtiment en tuiles ou en laves ; dans le premier cas, il donne de hauteur à l’éguille de la ferme, j de la largeur du bâtiment ; & feulement 7 de la largeur, fi la charpente doit être couverte en laves. Ainfi, en fiippofànt qu’un bâtiment ait trente pieds de largeur, l’éguille de la ferme de fa charpente aura vingt pieds d’élévation pour la couverture en tuiles, & quinze pieds feulement pour la couverture en laves. C’eft fur ces proportions que, dans toute la Bourgogne les Charpentiers établifîent la taille de leur bois dans les différents cas où les particuliers veulent faire couvrir leurs bâtiments fbit en laves foit en tuiles. J’ai cependant vu des Charpentiers 'augmenter un peu la hauteur de l’éguille pour donner un peu plus de roi-deur & de grâce aux toits ; & j’ai vu des Couvreurs en lave réuflîr très-bien à couvrir des charpentes ainfi taillées. Mais pour nous en tenir à l’ufàge le plus ordinaire , il faut s’arrêter aux dimenfions de la moitié de la largeur du bâtiment pour la hauteur de l’éguille.
- Les bois qu’on deftine aux charpentes en lave , doivent être bien choifis & d’un fort équarriffage : ils confiftent, pour faire la communication d’une ferme à une autre, ou d’un des pignons à une ferme , en une fabliere pofée fur la muraille , & des pannes dont le nombre eft plus ou moins grand, à proportion de la longueur de la pente ; mais leur diftance de l’une à l’autre ne doit jamais être plus longue que de fix pieds, dans la largeur des trente pieds fuppofés à un bâtiment ; deux pannes de dix à onze pouces d’équarriffage feront ftiffifantes pour dîvifer le toit en trois efpaces égaux, qui, à caufe de i’épaiffeur des pannes, ne feront chacun que de fix pieds & quelques pouces; le faîte eft la piece qui va d’une éguilie à l’autre de la ferme ou des pignons, dont les éguilles font élevées & coupées comme les fermes mêmes : la diftance d’une ferme à une autre ou d’une ferme à un
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- pignon ne doit jamais être de plus de dix à douze pieds * fans quoi les pannes qui portent tout le poids de la couverture * fans autre foutien* fe trouveroient trop fatiguées. La ferme étant montée * & les pannes miles, on pofe les chevrons * qui doivent s’étendre depuis le faîte jufques fur la fàbliere où ils font arrêtés par des pas taillés dans cette piece. Nous avons dit que les pannes dévoient être fortes : il faut aufîi que les chevrons ayent une force proportionnée ; la diftance entre ces chevrons doit être dun pied à quinze pouces au plus. n y en a qui par une mauvaife économie les éloignent davantage : mais alors la latte en lave dont nous allons parler j fe trouve trop chargée ; elle plie* & le toit devient abfolument ondé.
- L’efpece de latte qu’on emploie pour la couverture en lave * confifte en des brins de chêne de dix, douze* quatorze ou quinze pouces de circonférence par le pied , & de douze à dix-huit pieds de long. Le Charpentier* après les avoir fuperficiellement écarrés de deux faces * les fend dans toute leur longueur ; le rond ainfi divifé forme deux lattes ; il les attache en travers fur les chevrons avec des clous , ou plus ordinairement avec des chevilles de bois , & alors toute la charpente fe trouve lattée. La feule attention qu’il faut avoir * c’eft que le Charpentier ne latte pas trop large , qu’il ne mette pas les lattes à la diftance de plus de trois à trois pouces & demi l’une de l’autre , & qu’il ait attention que les bouts des lattes portent toujours fur la muraille du pignon & fur les chevrons fans lailfer les bouts porter à vuide * ce qui tôt ou tard attireroit la ruine de la couverture; les bois ainfi difpofés la charpente eft prête à recevoir la lave* 8c à permettre au Couvreur en lave de s’y occuper.
- Préparation que le Couvreur en Lave, donne à la Lave avant de
- Vemployer,
- La lave fort brute des mains de l’ouvrier qui la tire. C’eft une pierre plate & mince * de forme tout-à-fait irrégulière * terminée par des lignes différemment inclinées entre elles ; c’eft en cet état qu’on la charie au pied des charpentes & des maifons que la lave doit couvrir; on la range au pied des bâtimens en monceaux * comme elle avoit été rangée à la carrière. Si on mettoit la lave à plat * elle feroit calfée en morceaux par le poids des laves qu’on mettroit fur les laves inférieures. Les Couvreurs lavent apprécier aflez précifement la quantité de voitures qui leur eft nécef-faire par toife. Nous en dirons un mot ailleurs en parlant du prix auquel peut revenir * fùivant les différents lieux la toife de cette efpece de couverture. Quand la lave eft arrivée au pied des murailles, le Couvreur trie celle qui eft la plus épaifle. Il la taille avec un outil qu’il appelle hachotte qui eft repréfenté jig. 6 ; cet outil a d’un côté la forme d’une petite hache à main qui n’eft point tranchante * & de l’autre un marteau peu lourd * dont le poids eft cependant fufiifant j5our cafter les bavures des laves & abbattre les angles qui rendroient la lave trop inégale. On voit cet outil P Qyfig- 6 : il eft emmanché d’un morceau de bois d’environ dix-huit pouces.
- Les layes que le Couvreur taille à terre font feulement celles qu’il doit
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- L’ART DU COUV HEUR,
- employer directement fur les murailles : il les appelle gouttières & doubles gouttières. On dira bien-tôt quelle eft la diftinétion des unes & des autres, en parlant de la façon dont TOuvrier travaille ; quand il a taillé de ces laves épaiffes ce qu'il lui en faut pour faire deux rangs chacun de la longueur du bâtiment quil a à couvrir pour chaque muraille , il fait monter la lave ; & ce n'eft que fur la charpente du toit , qu'il taille , au moyen d'un ou de plufieurs coups de marteau ou de hachote, les laves qu'il doit employer , lorfqu'il eft néceftaire de les redrefler , & à mcfiire qu'il doit les employer. Pour monter la lave , on dreffe contre la muraille une échelle inclinée au point de pouvoir être foutenue de deux ou trois étais ou bois de bout; alors dix j douze ou quinze perfbnnes plus ou moins, fiiivant la hauteur du bâtiment, montent fur cette échelle, en fe tenant à la diftance néceflaire l'une de l'autre, pour que celle qui eft au-deflus puiffe prendre les laves à mefure qu'on les livre , de la maniéré que nous allons le dire. Un Couvreur fe tient au bas de l'échelle, & un autre Couvreur fur le toit. Le premier choifit les laves qu'il veut faire monter; & celui qui eft fiir le toit les arrange comme il les reçoit, & fuivant l'intention du Couvreur qui les livre à un manœuvrier qui eft fur l'échelle : celui-ci met fur fa tête la lave qu'on vient de lui remettre ; un autre manœuvre qui eft le plus voifin, la prend & la tend de main en main, & ainfi de fuite jufqu'en haut : alors le Couvreur qui eft fiir le toit pofè en premier lieu les gouttières & doubles gouttières fur les murailles, & il remplit enfiiite l'entre-deux de chaque latte de laves, en les lardant pour ainfi dire entre deux. Quand la charpente eft fort haute, le Couvreur eft obligé d'employer un ou deux ouvriers ou manœuvres Couvreurs fiir le toit pour conduire la lave jufqu'au faîte, & la placer, ainfi que nous l'avons dit, entre deux lattes, de façon qu'elle y foit aflujettie. Une attention néceflaire en montant la lave , c'eft de charger également chaque côté du toit ; fans cela, comme cette efpece de couverture eft fort lourde, il pourroit arriver qu'un des côtés de la charpente, après avoir été chargée , fît reculer le côté oppofé ; auffi les Couvreurs intelligents qui emploient la lave, après avoir chargé le toit de la charpente d'un côté , chargent le côté oppofé aux deux tiers; ils finiflènt alors de charger le premier côté, & rempliflent enfiiite tout-à-fait le fécond. Tout étant préparé* le Couvreur eft prêt à s'employer & à couvrir le bâtiment.
- Maniéré dont le Couvreur employé la lave pour former le toit.
- Nous avons parlé des laves taillées que le Couvreur appelle gouttières , doubles gouttières & arriéré-gouttières. Voici l'ufàge de la double gouttière : elle fert au Couvreur à pouvoir avancer la lave qu'il appelle gouttière , de quelques pouces de plus qu'il ne pourroit le faire , s'il ne mettoit pas la double gouttière. Les murs bien faits ont toujours un certain talus infenfible ; fi le Couvreur en lave n'avoit foin par l'ufàge de l'arriere-gout-tiere d’avancer la lave qu'il appelle gouttière le plus qu’il lui eft poffible, la pluie , l'eau de la neige tomberoit fiir la muraille, & pourroit la dégrader ; il pofè donc d'abord fur la muraille la pierre qu'il appelle double gouttière ou arriéré -gouttière, il la fait avancer de trois à quatre bons pouces ; & c'eft fur cette arriere-gouttiere qu'il, pôle la gouttière en l'avançant le plus qu'il peut ; l'arriere-gouttiere fert de bras d’appui à la gouttière même. Le Couvreur. M
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- 4 6 L’A R T DU COUVREUR.
- Couvreur, pour aligner la double gouttière & la gouttière, fe fert de deux bâtons ou fiches de fer dont chacun eft fixé au bord de la muraille , & il tend par leur moyen un cordeau parallèlement au mur, ayant foin de fùivre cet alignement. Dès que le Couvreur a pofé fes gouttières & employé fur la muraille les laves les plus épaiffes & les plus lourdes en formant fes rangs tout de fuite, & les couvrant chacun avec une petite retraite de deux ou trois pouces , il emploie, pour former les rangs fupérieurs jufqu'au faîte, les laves qui font entre les lattes , & dont il a chargé la charpente ; il les taille à mefure d un petit coup de hachote ou de marteau ; il fuit, pour l'alignement , chacun^ des rangs dont le premier feul a été aligné au cordeau ; il a foin feulement que le joint de deux laves tombe toujours à-peu-près fur le milieu de la lave inférieure, c'eft-à-dire, qu'il évite que le joint de deux laves du rang fupérieur correfponde au joint de deux laves du rang inférieur, & il continue fa couverture ainfi jufçju'au faîte. La lave eft mife à plat fur les lattes, elle y tient par fon propre poids , rien ne l'arrête que la pefanteur des rangs fupérieurs dont la fienne même eft chargée. Quand il eft queftion de finir la couverture , quand on eft arrivé au faîte, le Couvreur met alors à plat fur la réunion des deux côtés du couvert deux rangs de laves : c'eft ainfi que fe fait le faîtage des maifons de payfans , des granges & des bâtiments de campagne ; mais les Particuliers qui font plus foigneux de la confection de leurs bâtiments, emploient des faîtieres de tuile comme aux couvertures en tuile ; on les afîujettit en les pofant fur un bon lit de mortier. J'ai vu encore qu'il m'a réuflî de faire les faîtieres de pierre de taille larges de dix ou huit pouces & groflïérement arrondies , fiipérieurement pofées à mortier ou à ciment au-deffus de la réunion des deux parties du toit ; cette façon eft peut-être la meilleure dans les lieux où la pierre de taille n'eft pas trop chere. Quand on s'en tient à ne terminer le faîte que par une fimple lave , comme elle eft petite & par conféquent peu lourde , les pigeons , les gros oifeaux, les vents impétueux peuvent plus aifément dégrader le faîte, & c'eft affez généralement par cet endroit qu'il fe forme des gouttières fur les bâtiments qui font couverts en laves. Une attention qu'on doit apporter quand on fait couvrir un bâtiment, comme celui que nous avons donné pour exemple, compofé de deux murs de gouttières & de deux pignons, c'eft de faire obferver au Couvreur de pouffer les laves qui couvrent le pignon de quelques pouces au-delà du pignon. Cette précaution empêche le pignon d'être abreuvé, ce qui arrive quelquefois quand la couverture ne vient qu'à fleur & à rafe de la muraille du pignon. Quoique nous ayons donné pour exemple le bâtiment le plus fimple, il n'y en a aucun qui ne foit fùfceptible d'être couvert en lave ; les Tours même d'Eglife rondes & quarrées, les clochers , les pavillons de toute efpece, pourvu qu’ils foient folidement bâtis , & que les charpentes foient confiantes de bois fain & d'un fort équarriflage, peuvent être couverts de cette façon, & le font avec beaucoup d'avantage tant pour la sûreté des bâtiments que pour l'économie de la dépenfe.
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- VA RT DU COUVREUR. Avantages de la Couverture en lave.
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- La couverture en lave, quand elle eft bien faite & nouvelle, a l'apparence de celle en tuile rouge ou brune fixivant la couleur de la lave employée ; en vieilliftant, elle prend un ton de couleur plus ou moins rembruni, & quant au coup d'œil & à l'agrément, il n'y a qu'une différence médiocre entre cette couverture & celle en tuile ; mais la couverture en lave ne craint aucun des accidents auxquels celle-ci eft lujete : la grêle , les ouragans, les vents n'ont que trop fait fentir aux Propriétaires des bâtiments couverts en tuile, combien ils ont de dommages à réparer ; le poids de la couverture en lave garantit les toits de la prife des vents, & la réfiftance de cette pierre à la grêle la plus violente ne laiffe de ce côté aucune prife fur elle. Si nous confïdérons la diminution de la dépenfe dans le prix de la couverture , nous y trouverons un avantage qui ne fera pas moins marqué; dans beaucoup de lieux, le prix de la toife quarrée de la couverture en lave n'excede pas deux livres dix fols, à trois livres ; & encore la toife de Bourgogne eft-elle de fept pieds ~, ce qui fait cinquante-fix pieds un quart, cela eft bien différent de la toife de Paris, qui ne comprend que trente * fix pieds quarrés. On paye le Couvreur en lave fur le pied de trente fols par toife ; & en beaucoup d’endroits il fournit encore la lave pour ce prix. On paye, pour faire monter la lave, un fol par heure aux femmes qui la montent & qui font placées de diftance en diftance fur l'échelle. A l'égard du charroi, il varie fnivant le plus ou le moins de diftance , la difficulté des chemins, & la cherté des fourrages dans les lieux de pailage ; mais en général on peut afîiirer que dans les lieux où la lave peut s'employer, la toife de couverture , le charroi compris , ne revient jamais au plus cher qu'à fix livres, & qu'elle eft même en un plus grand nombre d’endroits d'un prix moyen entre trois livres & fix livres. Les Couvreurs comptent qu'il faut par chaque toife trois voitures de laves charriées par des chevaux de payfans de médiocre groffeur ; le Charretier fait fon prix à la toife qu'on ne lui paye quelquefois que vingt fols.
- La couverture des murs de clôture fe paye fur le pied de la toife quarrée, & l'on compte ordinairement trois toifes courantes de mur pour une toife quarrée.
- Ce que nous venons de dire de la médiocrité du prix de la couverture en lave pour les lieux ou on peut l'employer, paroîtra encore bien plus frappant fi l'on fait attention à la longue durée de cette efpece de couverture. Il eft ordinaire de voir des bâtiments couverts depuis foixante-quatorze ans , & fur lefquels il n'y a encore nulle réparation à faire. J'en connois plufieurs que je fuis afîuré qui ont été couverts il y a près d'un fiecle ,, fans qu'on ait été obligé d'y toucher. La qualité de la lave contribue beaucoup à cela, dans les lieux où elle eft d'une excellente qualité, où elle ne peut point être attaquée par la gelée , où on ne l'a employée qu'après une entière defficcation ; au contraire , dans les lieux où la lave fe pourrit, ou que la gelée attaque „ il faut renouveller cette couverture quelquefois au bout de trente ou trente-cinq ans ; mais dans ce cas, & c'eft même le plus
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- défavorable, on n’eft obligé de charrier & de rapporter qifenviron un tiers, -au plus une moitié de nouvelle lave. Ainfi, en comptant tout * un Particulier qui eft chargé de l'entretien de cent cinq toifes de couverture ne fera obligé que d’en réparer trois toifes par an, en fuppofànt toutefois qu’il n’arrivera pas d’accidents extraordinaires 8c imprévus, c’eft-à-dire, qu’il lui en coûtera tout au plus , fuivant les lieux, depuis neuf jufqu’à dix-huit livres par an pour l’entretien de cent cinq toifes de couverture. ïl faut convenir que les couvertures en lave exigent une charpente plus forte, 8c des bois bien choifis ; mais l’excédent de cette dépenfe ne peut entrer en compenfation avec l’économie & la sûreté des couvertures faites avec la lave.
- EXPLICATION DES PLANCHES
- DE L’ART DU COUVREUR.
- PLANCHE PREMIERE.
- Ou Von expoje la façon de couvrir avec le Chaume.
- F,o. i. A,champ de chaume fur pied; JS, Ouvrier qui le coupe; C, chaume coupé par petites brafîees ; D, meulon de chaume : il repréfente auffi un meulon de froment ou d’avoine qui efl: couvert avec de la paille longue, comme on l’explique dans le Mémoire.
- Fig. 2. Ouvrier qui raffemble les brins de chaume pour en former des javelles.
- Fig. 3. Ouvrier qui lie les javelles avec un lien de paille longue.
- Fig. 4. tas de javelles.
- Fig. 5. Ouvrier qui fecoue le chaume pour .arranger touts les brins liiivant leur longueur,
- Fig. 6. bâtiment qu’on couvre avec du chaume ; E, le faîte de la charpente ; F, les pannes ou filières ; M9 endroit lutté ; S, Ouvrier qui pofe les javelles; d ef partie du toit qui efl couverte; O, l’égout; ù, javelles qui font pofées fur les couflinets qui forment l’égout ; PP, javelles qui couvrent le pignon; RR , ridelle qu’on met fur les rives pour empêcher que le vent n’emporte les javelles ; P, fenêtre ou gerbiere qu’on pratique dans le pignon pour fe difpenfer de faire des lucarnes lur le toit ; Q, chevilles ponéluées qu’on enfonce dans le garni du pignon pour mieux retenir les javelles; N9 échelle pour monter fur le toit.
- Fig. 7. harts qui fervent à lier les javelles fur les chevrons ou la latte; b, le gros bout qu’on appointit ; j, le bout menu où l’on fait une boucle ; ces harts fervent auffi à faire les couffinets.
- Fig. 8. grandes javelles qu’on lie par des enlaffiements d’ofier comme on le voit en a, b, cy d, 8c qu’on coupe en i pour faire deux couffinets.
- Fig. 9. couffinet pour faire les égouts.
- Vig. 10. Ouvrier qui monte des javelles flir le toit.
- Fig. 11.
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- L’À RT DU COUVREUR: 49
- Fig. il. La coupe dun toit où Ton voit le faîte de la charpente 8c deux chevrons chevalés deffiis : a, le couffinet d’égout en place 8c lié par unehartù ; d, f 8cc. les javelles qui fe recouvrent les unes les autres, & qui font liées par les harts b au chevron e\ ni> /, grande javelle faîtiere ; 2 , /z, f, terre dont on charge les javelles faîtieres pour empêcher que le vent ne les emporte,
- Fig. 12. Javelle vue par fon épaiiîeur ; a> b, l’endroit où elle efl la plus épaiffe; c, d, 8c e>f, endroits où elle perd de fon épaiffeur.
- Fig. 13. Palette dont fe fervent les Couvreurs pour mettre du chaume aux endroits où il en manque.
- Fig. 14. Peigne qui fert à polir l’ouvrage.
- Fig. 1y. Fourche qui fert à monter les javelles fur les toits quand ils ne font pas trop élevés.
- Fig. 16. Muraille couverte d’un chapiteau de chaume; a, b, de grandes javelles qui font chargées de terre c.
- Fig. 17. Panier avec une corde qui fert à monter la terre dont on charge les javelles.
- , Fig. 18, Muraille vue de long & couverte d’un chapiteau de chaume.
- Fig. 1 <?. La faux pour couper le chaume.
- Fig. 20. Botte de rofeau.
- Fig. 21. Couverture en rofeau ; zz, le couffinet de chaume ; a, b, a, e, fert à faire concevoir comme on met les brins de rofeau en talus ; c9d, f>g> h 9 font les harts qui lient le rofeau.
- Fig. 22. Paille longue ou gerbe préparée par poignée pour couvrir un gerbier.
- Fig. 23. Foffille.
- Fig. 24. truelle de fer.
- Fig. 24 B 2, petite palette de bois ou curette pour nettoyer la truelle.
- Fig. 25. Pioche pour fouiller la terre.
- Fig. 26. Auge pour mettre le mortier, qui n’efl que de la terre delayée,
- Fig. 27. Pelle pour charger la terre & le mortier.
- PLANCHE II.
- Ou Von expofe la façon de couvrir en Tuile.
- Fig. 1. Une chanlatte ; a, le bord épais ; ù, le bord tranchant; 5, le bout d’une membrure qui efl deftinée à être refendue en chanlatte par le trait C F).
- Fig. 2. Coupe d’un toit; E > la tuile montée & piquée dans la latte; h, tablette de pierre de taille fur laquelle pofe le bout des chevrons ; g, le doubli & le fous-doubli qui forment l’égout; æ, ù,c, e >f > d, tuiles qui font en recouvrement. . :
- Fig. 3. repréfente un égout pendant; u, la chanlatte avec le doubli & le fous-doubli ; b, c, d, les tuiles accrochées à la latte , & l’on voit leur pureau.
- Fig. 4. repréfente un toit, A, B , D, C, vu de face ; a, a, a, 8cc. font les chevrons ; c, une contre-latte entre deux chevrons ; d9 d, deux contre-COUV REU R, N '
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- VA R T DU COUVREUR.
- lattes entre deux chevrons ; e, e, e, &c. les lattes du bâti; b, b, b9 &c. les lattes du remplifïage.
- Fig. y. un contre-latoîr : c’efl un inflrument de fer qui fert à tenir coup fous les contre-lattes la traverfè 9 b., b , s’appuye fur les lattes; & le crochet a 9 appuyé fous la contre-latte pour tenir coup,
- Fig. 6. repréfente des tuiles plates vues en différents fens; a, une tuile plate vue du côté du crochet a; b, une tuile plate vue par-deflus : on ne voit point le crochet ; on y a repréfenté deux trous pour clouer la tuile fur la latte quand on le juge à propos ; c, tuile arrondie par en bas ; les toits couverts avec ces tuiles repréfentent les écailles des poiffons ; d, tuile plate ^ vue dans le fens de fon épaiffeur , & qui efl plate comme elles doivent l’être pour faire les égouts ; e , tuile plate vue de fon épaiffeur & un peu pliée dans le fens de fa longueur , pour que le bord inférieur s’applique plus exactement fur les toits qu’elles recouvrent.
- Fig. 7. elle efl deflinée à faire voir comment on arrange les tuiles pour les toits à clair-voies ; les lignes ponctuées indiquent la partie des tuiles qui efl recouverte par le rang de defîus.
- Fig: 8. œil de bœuf en poterie.
- Fig. 9. defigne comment on doit faire les approches & les contre-approches auprès des arrêtiers ; fi l’on mettoit les tuiles entières comme a , b ,c, d> la tuile e de l’arrêtier ne pourroit pas être accrochée à la latte , au lieu qu’au moyen des approches & des contre-approches g, f, la tuile de l’ar-rêtier A peut être accrochée à la latte ou clouée fur l’arrêtier.
- Fig. to. repréfente une file de tuiles creufes en oreille de chat qu’on met quelquefois fur les arrêtiers.
- Fig. 11. deux bâtiments qui tombent l’un fur l’autre à angle droit pour former une noue ; A, B , petit bâtiment qui fe jette fur le grand bâtiment C3 E , D, G.
- Fig. 12. autre noue formée par le bâtiment C, D} E, F} qui fe jette fur le bâtiment A, B.
- Fig. 13. difpofition des tuiles pour faire les noues à onglet; ay tuile mife de biais ; b > b , b , tuiles couchées ; e 3 e , tuiles droites.
- Fig. 14. faîtieres a mifes en place avec leur mortier b.
- Fig. 15. d, tuile entière ; e, tuile gironnée ; f > tuile dépefée ou échan-crée feulement d’un côté ; a, faltiere ; b 9 tuile creufe en oreille de chat ; elle efl plus large du côté de g> que du côté de h; c, tuile en iS*.
- Fig: 16. toit d’un pavillon pour faire concevoir qu’on ne peut pas faire exactement cette couverture fans tuiles gironnées.
- Fig: 17. muraille couverte avec des tuiles & des faîtieres.
- Fig. 18. la partie a, b efl couverte avec des tuiles creufes, &la partie c > d avec des tuiles en S.
- Fig. ic). coupe des tuiles creufes où l’on.voit que les tuiles b, b, couvrent les joints des tuiles a, a, a.
- Fig. 20. une portion de toit couvert avec des tuiles plates.
- Fig. 21. fait voir comment s’arrangent les tuiles qu’on nomme noucttes.
- Fig: 22. repréfente une autre difpofition de tuiles en nouettes.
- Fig. 23. truelle bretée pour dreffer les ouvrages en plâtre.
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- L’ART DU COUVREUR.
- Fig> 24. efl: la difpofition des tuiles pour former un égout; a3 a3 a 3 les tuiles du fous-doubli ; b3 b3b3 les tuiles du doubli.
- Fig. 2 y. bouloir pour faire le mortier de chaux. ,
- Fig. 26. différentes vues de faîtiere; a, avec une faîtiere renverfée; b , avec deux petits combles; c3 avec un œil de bœuf.
- Fig. 27. auge pour gâcher le plâtre.
- Fig. 28. truelle à plâtre; elles font ordinairement de cuivre.
- ^ PLANCHE III.
- Où Von expoje la façon de couvrir en Ardoife.
- Fig. 1. toit quon couvre en ardoife ; a 3 a 3 a 3 les chevrons ; b 3 b , b , les contre-lattes defciage ; c 3 c3 c 3 les lattes volifles ; d, d3 d, les ardoifes clouées fur les lattes.
- Fig. 2. la moitié dune planche voliffe a a 3 attachée avec trois clous fur un chevron b b.
- Fig. 3. égout pendant; <2, le chevron ; b , une chanlatte ; c, les deux ardoifes de l’égout, qui font le doubli & le fous-doubli.
- Fig. 4. a4 y les deux ardoifes du doubli & du fous-doubli pofées comme elles doivent être, les deux chanfreins en dehors ; B, les deux ardoifes mal placées, les deux chanfreins étant en dedans.
- Fig. 5. égout pendant, établi fur des coyaux; b , le coyau ; c, la chanlatte ; a , les clous qui arrêtent les coyaux fur les chevrons ; dy les ardoifes du doubli & du fous-doubli qui forment fégout ; e, f, les ardoifes du toit qui forment leur pureau.
- Fig. 6. égout retrouffé avec les coyaux ; a , l’entablement ; c, rangs de tuiles pofées à mortier ; J, le doubli 8c le fous-doubli ; e, g, h, les ardoifes du toit if, le coyau : on met quelquefois au-deflus de u, un fblin de plâtre.
- Fig. 7. exemple d’une couverture qui efl: d’inégale largeur dans fon étendue , pour faire voir comment on parvient à rendre les rangs d’ardoifes parallèles au faîte.
- Fig. 8. égout retrouffé,, aflîs fur des briques au lieu d’entablement de pierres de taille; Ay plufîeurs rangs de brique.
- Fig. 9. cette figure fert à faire comprendre comment on couvre un faî-r tage en ardoife fans tables de plomb ; a, le faîte ; è, ardoife qu’on met du côté du fort vent & qui excede l’ardoife c.
- Fig. 10. arrondiffement d’ardoife pour former des noues fort larges fur des toits très-plats.
- Fig. ri. cette figure fert à faire voir la forme des différentes lucarnes qui font le plus en ufage; A, lucarne à demoifelle; B, lucarne àman-farde ou rampante; C, lucarne à la capucine; D , lucarne flamande; E, lucarne à foin.
- Fig. 12. a ,b, c, un chevalet de pied qu’on attache avec des cordes aux chevrons, & qui s’appuie fur la muraille d3 d > pour faire l’égout e.
- Fig. 13. exemple d’une noue.
- Au bas de la Planche troifieme font les outils qui fervent pour fouiller la lave, & en former une couverture.
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- PLANCHE I V.
- Suite du Couvreur en Ardoife ou l'on expofe la façon de s'échafauder.
- Fig. ï. tire-clou, inftfument de fer mince dont on fe fert pour arracher les clous, lorfqu'on veut réparer une couverture d’ardoife.
- Fig. 2. elle fert à faire voir comment on dérange une ardoife en la pouflant d un côté, pour rremettre une ardoife qui a été rompue ou détachée par le vent.
- Fig. 3,4, & y , chevalets de pied différemment confiants Sc vus en différentes pofitions ; on a vu un de ces chevalets en place fur la Planche troifieme (fg-12 ).
- Fig. 6. traquet ou chevalet de comble : on le voit en place (fig- 7 )*
- Fig. 7. a, a, deux traquets attachés par des cordages aux chevrons en b, b; c, c, échelle couchée fur les traquets ; d, d, une planche pofée fur Péchelle ; e, Couvreur qui taille une ardoife fur fon enclume ; f , Couvreur qui cloue une ardoife ; g, pile d ardoifes.
- Fig. 8, p , 10, & 2p. bouriquets pour foutenir les ardoifes far les toits à portée de la main des Couvreurs : on en voit un en place (fig. 7. ) coté 2p.
- Fig. il. AC, échelle couchée far le toit & garnie de fes couflînets, pour ne pas rompre les ardoifes, avec un apprentif Couvreur qui porte des ardoifes far fe tête.
- Fig. 12. lucarne par laquelle efl fefti le Manœuvre qui eft far l'échelle.
- Fig. 13. deux échelles chevalées far un comble pour y faire des réparations.
- Fig. 14. étrier , que les Couvreurs mettent à leurs jambes pour monter à la corde nouée; a, m,le jambier; c, e, les jarretières qui enveloppent la jambe; by la partie qui eft fous le pied; d, le crochet dans lequel paffent les nœuds de la corde.
- Fig. 1 y. Pellette far laquelle s'afleoit le Couvreur qui monte à la corde nouée.
- Fig. 16. Couvreur qui monte à la corde nouée.
- Fig. 17. elle eft deftinée à faire voir comment les Couvreurs montent jufquà la pointe des fléchés des clochers ; d'abord ils paffent une greffe corde nouée par les lucarnes A, qui font faites aufli haut que la charpente a pu le permettre , & le Couvreur s'élève jufqu'à cette hauteur fans difficulté ; mais pour s'élever jufqu'à l'amortiflement qui eft à la pointe, il a une corde nouée légère & de bon chanvre B ; la tenant de la main droite comme on le voit en C, & portant le bras droit en avant comme on le voit en D9 il enveloppe la pointe de la fléché avec cette corde le plus haut qu'il peut comme vers E ; il atrappe le bout de cette corde avec une latte , Sc il lie la partie C avec la partie E , le plus ferré qu'il lui eft pofllble ; il fe tranf-porte enfaite far cette petite corde > & il s’élève le plus haut qu'il peut ; il prend l'autre bout F de cette même corde , & la jettant plus haut, il gagne peu-à-peu l’amortiflement; alors il attache fa groffe corde nouée avec une anfe de corde D , A, ( fig. 18.) & une cheville de bois dur B ,
- qu'il pafle dedans; quand il a fait fe réparation, il defeend far cette grofle
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- corde jufqu’à la hauteur des lucarnes A (fig. 17.) ; Sc quand il s’eft établi fur la corde nouée qui pafle par les lucarnes, il tire la ficelle (fig. 18.) C qui répond à la cheville B ; Sc ayant dégagé cette cheville de l’anfe de corde où a r avoit paftee, la corde nouée tombe d’elle-même.
- Fig. 19. l’enclume du Couvreur ; il la faifit par b ; il frappe la pointe c, fiirun chevron, l’enclume s’y attache, Sc enpofànt l’ardoife fur la face, a y b , il la taille avec la partie tranchante du manche de fon marteau, a, a, fig. 20. Il perce les ardoifes pour y mettre les clous avec la pointe b ; pour cela il pofe l’endroit qu’il veut percer lur fon enclume, & frappant un coup lec avec la pointe, il perce l’ardoife; & pour que fes trous foient bien placés , ayant mis l’ardoife à la place où elle doit être pofée, il marque avec la pointe de fon marteau les endroits où doivent être les trous : le côté c du marteau lui fert à frapper fùr la tête des clous. Fig. 26. eft un pareil marteau , mais plus petit.
- Fig. 21. eft un compas qui fert quelquefois à marquer fur l’ardoife la largeur qu’elle doit avoir pour remplir précifément un endroit vuide.
- Fig. 23. eft une truelle de plâtrier.
- Fig. 24. eft une batte de plombier , parce que dans les Provinces les Couvreurs font fouvent obligés de mettre en place les tables de plomb.
- Fig. 2 5. eft une afîette tranchante du côté de a, Sc plate du côté de b : elle fert pour latter.
- Fig. 2 j. eft un panier en crible pour pafler le plâtre ; mais il faut que les ofiers foient beaucoup plus près à près qu’ils ne font repréfèntés dans la figure.
- Fig. 28. eft une chaife renverfée Sc attachée au haut dune échelle; eUq fert à réparer les égouts.
- Couvreur*
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- L’ART DU COUVREUR.
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- EXPLICATION
- De quelques Termes propres à l’Art du Couvreur.
- A
- A pproches. Pour bien couvrir les tran-chis & les arrêtiers , on diminue la largeur des tuiles par en haut, afin que la derniere tuile qu’on pofe fur le rivet ou fur l’arrêtier, ne foit pas triangulaire ; c’eft ce qu’on nomme des approches ôt des contre-approches.
- Ardoise > pierre qui fe divife au fortirde la carrière par feuillets minces. On les diftin-gue fuivant leur qualité , en gros poil noir , en poil roux, en quarrée forte, en quarrée fine , la petite fine, le tout enfemble, la quarte lie , la 1 lèridelle. Voyez page 26 , ôc le Traité de la fouille de l’Ardoife.
- Arrestiers : c’eft un angle faillant qui s’étend de l’aiguille à l’égout, Ôt qui borde les croupes par deux arrêtes. Pour les bien couvrir, il faut échancrer des tuiles pour faire des approches ôc des contre - approches. Voyez approches.
- Asseau ou Assette , forte de marteau dont la tête courbée en portion de cercle porte d’un côté un tranchant pour couper les lattes, Ôt de l’autre une furface plate pour frapper les clous : cet inftrument fert pour latter.
- Auge, efpece de caiflfe de bois qui fert à porter le mortier, ôt à gâcher le plâtre.
- B
- B asti. Voyez Latter.
- Bouloir ou Rabot, perche à l’extrémité de laquelle on met une tête de bois pour remuer ou bouler la chaux avec le ciment.
- Bourriquets ou Chats : ce font des ef-peces de chevalets légers fur lefquels on met l’ardoife, pour que le Couvreur l’ait fous la main.
- Brocher la tuile : c’eft la paflfer de fon épaifîeur entre les lattes , pour que le Couvreur l’ait fous fa main.
- C
- Chanlatte : c’eft un madrier refendu dia-gonalement d’une arrête à l’autre, ce qui forme deux pièces en couteau qu’on cloue fur l’extrémité des chevrons pour former les égouts pendants.
- Chaperon : c’eft le petit toit qu’on met fur un mur pour empêcher que l’eau ne le pénétré ; on chaperonne ou l’on fait des chaperons avec des pierres pofées à mortier de chaux , des tuiles ôt des faitieres 5 on en fait aufti avec l’ardoife.
- Chats. Voyez Bourriquets.
- Chaume : c’eft le pied de la paille qui refte fur le champ quand on a coupé le grain dans le temps de la moiffon.
- Chaumette , petite faux qui fert à couper le chaume. Voyez fa defcnption, page 3.
- Chevalets : ce font des efpeces de confoles faites avec des planches minces ôc légères que les Couvreurs attachent avec des cordes aux bois de la charpente , ôc fur lefquels ils s’échafaudent. Il y a des chevalets de pied ôc des chevalets de comble qu’on nomme traquets. Voyez page 34.
- Contre-approches. Voyez approches.
- Contre-latte pour la tuile : ce font de belles lattes quarrées qu’on cloue fur la latte parallèlement aux chevrons. Les contre-lattes pour l’ardoife font des chevrons refendus en deux à la fcie.
- Contre-lattoir : c’eft un infiniment de fer qui fert à appuyer la contre-latte contre la latte pour tenir coup, ôc aider à enfoncer les clous.
- Corde nouée : c’eft une groftfe corde à laquelle on fait des nœuds qui arrêtent les crochets des étriers ou jambières ôc de la félette. Pour monter aux clochers , on a des cordes légères nouées qu’on nomme Fouet.
- Coussinet, javelle de chaume coupée en deux. Voy. Javelle.
- Coyaux : ce font de petits bouts de chevrons qu’on cloue fur les chevrons qui portent fur l’entablement pour porterie toit en dehors ; quelquefois on cloue fur ces coyaux d’autres petits coyaux.
- Crochet, fynonyme de Nez. Voyez Nez•
- D
- Doübli. Voyez Sous-doubli.
- E
- Egout : le bord inférieur du toit où fe rend toute l’eau qui découle du toit ; on fait des égouts en chaume, en tuile ôc en ardoife. Ces derniers font ou pendants ou retrouffés.
- Enclume du Couvreur pour tailler les ar-doifes. Voyez page 2%.
- Enfaîteau, fynonyme de faîtiere. Voyez Faite.
- Etriers on Jambiers dont les Couvreurs fe fervent pour monter à la corde nouée. Voyez page 3;.
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- L’ART DU COUVREUR.
- F
- Faîte : c’eft l’arrête où fe réunifient en haut les deux toits : on couvre cette partie avec de grandes tuiles creufes qu’on nomme faîtieres , ou avec des tables de plomb ou avec des javelles faîtieres , quand on couvre en chaume.
- Fauchet > forte de rateau qui a des dents de fer afîez efpacées les unes des autres , ôc qui s’étendent des deux côtés de la monture. Le fauchet fert à arracher le chaume.
- Fauchon , petite lame de faux emmanchée d’un morceau de bois qui n’a qu’un pied de longueur: il fert à couper le chaume tout près de terre.
- Fouet, corde nouée légère. Voy. Corde.
- G
- Gerbier. Voyez Meule.
- Gouttière : c’eft un demi-canal de bois ou de plomb, dans lequel l’eau coule comme dans un ruiffeau. A l’égard des couvertures en chaume, on nomme Gouttière des creux en forme de ravines que l’écoulement des eaux forme fur le toit.
- H
- Hart , jeune branche d’arbre encore verte qu’on tord fur elle - même , ôc qui fert à faire des liens allez forts ôc de bonne durée quand le bois eft de bonne qualité, comme le charme,qui eft plus propre à cet ufage que le faule, le marfault, Ôcc.
- J
- Jambïers. Voyez Etriers.
- Javelle de chaume , eft une botte de chaume faite avec des brins qu’on arrange bien parallèlement les uns aux autres, Ôc fermement ferrés les uns contre les autres. Les javelles faîtieres font plus grandes que les autres. Les égouts font faits avec de grandes javelles qu’on coupe en deux : on les nomme Coujfmets. Voyez page 4.
- L
- Latter : c’eft clouer les lattes fur les chevrons; on commence par clouer les lattes à $ pouces - ou 6 pouces les unes des autres , ce qu’on appelle faire le bâti. Enfuite on cloue des cours de lattes entre celles du bâti pour faire ce qu’on appelle le Rempli.
- Lattes : ce font de petites planches minces fendues dans les forêts. Il y en a d’étroites qui fervent pour la tuile , on les nomme Lattes quanèes ; d’autres plus larges fervent pour l’ardoife , on les nomme Lattes volijfes ou volickes. La latte blanche eft une latte quarrée d’aubier ; elle fert pour les plafonds , parce quelle ne tache point le plâtre ; mais elle ne vaut rien pour les couvertures.
- Laves : ce font des pierres plates ôt min-
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- ces > dont on fe fert dans plufieurs Provinces pour couvrir les bâtiments. Il ne faut pas confondre cette pierre avec la lave des Volcans : ces deux fubftances qui portent le même nom , ne fe reflemblent point.
- Lucarnes : ce font des fenêtres qu’on pratique à la partie rampante du toit. Il y en a de bien des formes différentes.
- M
- Marteau de Couvreur; il a le manche plat ôc tranchant ; la tête fe termine d’un côté par une pointe pour percer l’ardoife, ôc de l’autre par une furface plate qui fert à frapper les clous.
- Masse,en Latin Typha, eft une plante ma» récageufe qu’on emploie quelquefois, au lieu de rofeaux , pour faire des couvertures ; mais elles ne font pas fi bonnes.
- Meule ou Gerbiere , tas de foin, de froment ou d’avoine auquel, on donne une forme pyramidale ou conique, Ôc qu’on couvre de paille longue pour conferver féche-ment ces grains ou fourrages.
- Moule eft le chaflis de bois dans lequel on fait les tuiles ; il y en a de plus grands les uns que les autres ; c’eft pourquoi on diftin-gue les tuiles en celles du grand ou petit moule.
- N
- Nez : c’eft une petite éminence de terre cuite qu’on ménage aux tuiles plates pour les accrocher à la latte.
- Noue : c’eft l’angle formé par la rencontre de deux toits qui fe jettent l’un fur l’autre ; ainfi une noue bien faite forme une gouttière fort inclinée dans la rencontre des deux toits.
- Nouette , tuile bordée d’une arrête qu’on emploie dans quelques Provinces. Voyez page 22.
- O
- Oeil de Bœuf ou Vues de Faîtieres : ce font des ouvertures qu’on pratique fur les toits pour éclairer les greniers , où il n’y a ni croifées ni lucarnes. Il y en a de bien des fortes.
- P
- Pureau. On appelle ainfi la partie d’une javelle, d’une tuile ou d’une ardoife qui n’efl: point recouverte par les fupérieures, ôc qui couvre les rangs de deffous : en un mot, c’eft la partie apparente d’une javelle, d’une tuile , d’une ardoife.
- R
- Remanier a bout : c’eft défaire entièrement une couverture pour refaire le lattis , réparer les chevrons, Ôc la refaire à neuf.
- Rempli. Voyez Latter.
- Rivets. C’eft le bord du toit qui fe termine à un pignon : ce mot dérive de Rive9 bord ; auffi dit-on , En approchant des rives,
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- VA RT DU
- COUVRE U R.
- il faut faire des approches, des contre-approches , ôcc.
- Roseau. Plante marécageufe .qu’on emploie , au lieu de chaume, pour faire des couvertures , ôc elles durent plus que celles de chaume.
- Ruellée. Quand un toit aboutit à un mur plus élevé, on fait , en approchant de ce mur, un tranchis qu’on recouvre d’un filet de plâtre ; c’eft ce quon nomme une Ruellée.
- S
- Sellette pour monter à la corde nouée. Voyez page 3y.
- Solement ou Solin de plâtre ; c’eft une efpece de ravalement qu’on fait pour foute-nir l’égoût.
- Sous-doubli : c’eft un rang de tuiles qu’on pofe à plat à bouin de mortier pour former un égoût; on couvre ce premier rang d’un fécond qui le touche immédiatement Ôc qu’on nomme le Doubli. s
- T
- Tire-clou , fer mince qui porte fur les côtés ou dents comme une crémaillère : il fert à arracher les clous d’entre les ardoifes.
- Tranchis. On appelle ainfi le rang de tuiles qui termine un toit en aboutiflant fur jun pignon ou fur un arrêtiez ,
- ! Traquets. Voyez Chevalets.
- Truelle , efpece de palette qui ale manche recourbé. Les Couvreurs fe fervent de trois différentes efpeces de truelles : favoir, la truelle bretèe ; elle eft triangulaire ; le manche s’élève perpendiculairement au milieu ; elle fert à gratter le plâtre aux endroits où on en a trop mis : la truelle du Plâtrier de cuivre ôc arrondie par le bout, ôc la truelle pour le mortier qui eft de fer, ôc qui fe termine en pointe.
- Tuile. Carreau de terre cuite dont on fait les couvertures. Il y en a de plates ôc de creufes. Entre les plates., les unes font giron-nées pour couvrir les colombiers , les autres dépecées ou hachées pour faire des approches ôc des contre-approches. Entre les creufes, il y en a en faîtiere, en oreille de chat, en S, en nouette.
- V
- Virbouquet; cheville qui fert à arrêter la corde nouée à l’amortiffement d’une fléché de clocher. Voyez page 36'.
- Volisse , planche volifle ou fapin frifé. Ce font des planches minces qu’on emploie au lieu de lattes volifles. Quelques ouvriers difent Volige o\xVoliche3 mais je crois qu’il eft mieux de dire VoliJJes.
- Vue de Faîtiere, Voyez (EUdeBœuj\
- Fin de l’Art du Couvreur.
- De l’Imprimerie de L, F. D E L A T Q U R. iyéé.
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