Bulletin de l'Institut national d'orientation professionnelle
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- Numéro exceptionnel. Gïiy-LuSSaûj décembre 1928.
- BULLETIN
- DE
- l’Institut National (l’Orientation Professionnelle
- L’Institut national (l'Orientation professionnelle récemment créé sous les auspices de l’Enseignement technique (président du Conseil d’administration : M. Labbé, directeur général de l’E. T. ; directeurs : MM. Fontègne, inspecteur général de l’E. T., adjoint au directeur de l’Enseignement de la Seine ; H. Laugier, chef de travaux à la Sorbonne, H. Piéron, professeur au Collège de France el directeur du laboratoire de psychologie à la Sorbonne) est dans la première année de son fonctionnement.
- Les .buts que se propose ce nouvel organisme correspondent à trois ordres de préoccupations. 11 se propose en premier lieu d’assurer la formation technique des conseillers d’orientation. Il assume en second lieu l’organisation d’un service de recherches destinées à favoriser les applications possibles: des techniques scientifiques aux problèmes de l’orientation et de la sélection et à contrôler la rigueur des méthodes adoptées et des résultats obtenus. Il s’attache enfin à constituer un centre de documentation visant à rassembler, en vue de leur diffusion, toutes les données relatives à ce qui a été réalisé en matière d’O. P. tant en France qu’à l’étranger.
- Le nombre des élèves qui ont sollicité une inscription en vue de la préparation au diplôme de conseiller d’orientation témoigne de l’intérêt général soulevé par la question. Le total des inscriptions étant limité, nombreux sont ceux qui n’ont pu être acceptés et ont dû se rabattre sur la préparation du diplôme en deux ans.
- L’Institut compte à l’heure actuelle une quarantaine d’élèves régulièrement inscrits et plus de trente auditeurs libres
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- qui oui sollicité l’autorisation d’assister aux cours. Il a malheureusement été impossible, pour cetle année au moins, d’assurer la polycopie des cours, permettant à ceux que leurs occupations retiennent au loin, de préparer par correspondance le diplôme. La question est à l’étude en ce qui concerne les moyens pratiques d’assurer une telle participation.
- L’ouverture des cours a eu lieu le 12 novembre. Les matières traitées pendant le premier trimestre, ont été la pédologie, dans ses grandes lignes, les premiers éléments de la psychologie et de la physiologie, l’économie politique et l’organisation de l’orientation. Les exercices pratiques de psychologie ont été, après une introduction générale, poursuivis dans trois directions différentes : 1) Etude des lests permettant la mesure de fonctions mentales déterminées ; 2) Etude des procédés expérimentaux utilisés dans la mesure des processus psycho-physiologiques ; 3) Etude des procédés psychotechniques permettant l’élaboration et l’interprétation des résultats expérimentaux. En physiologie, les premières séances ont porté sur l’étude de la méthode graphique et ses applications (enregistrement de la contraction musculaire chez l’homme et pneumographie) et sur l’étude de l’effort musculaire et de la fatigue au moyen de dymographes et dynamo mètres métalliques.
- L’ouverture des cours et travaux pratiques a été précédée, le 9 novembre, par une inauguration officielle, dans le grand Conservatoire des Arts.et Métiers, en présence d’une assistance considérable. Le premier numéro de ce Bulletin, destiné à paraître mensuellement, est consacré au compte rendu intégral des discours qui ont été prononcés au cours de cette importante manifestation.
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- INAUGURATION
- de l'Institut National d’Orientation Professionnelle
- Allocution de M. LABBÉ
- 9 Novembre 1928
- Directeur général de l’Enseignement technique
- C’est un très grand honneur pour moi d’avoir été choisi par la Commission d’Etudes comme président du Conseil d’administration de cet Institut d’orientation professionnelle dont nous inaugurons aujourd’hui les travaux.
- Je lui en dois ainsi, celui de représenter M. le président Herriot à qui j’aurais voulu montrer, sur l’arbre de l’Ensei-gnement technique, ce nouveau rameau paré de la noblesse de la science et qui fera peut être excuser la rude utilité de tous les autres.
- Si je n’en tire pas d’orgueil, c’est parce que de tels honneurs ne vont pas à ma personne, mais à mon titre.
- Quelque intérêt que j’aie montré pour le principe et la pratique de l’orientation professionnelle, j’aurais récusé une présidence dont tant d’autres eussent été plus dignes si je n’avais compris qu’elle était offerte au directeur de l’Enseignement technique, afin de marquer le véritable point d’attache des travaux que cet Institut a pour but de coordonner.
- Vérité de lait puisque le soin nous est confié d’administrer,
- d’encourager et de développer les œuvres d’orientation professionnelle, puisque ces œuvres sont nées, en grande partie, dans le cadre de notre enseignement.
- Vérité de droit, que le fait sanctionne, car ^'orientation professionnelle est un élément primordial de l’enseignement technique ou, pour mieux dire, elle en est la base.
- Si 1’enseignement technique a pour fin (qui le contesterait ?) de préparer pour tous les emplois du commerce et de l’industrie ceux qui les doivent tenir, de façon à ce qu’ils y déploient
- le mieux leurs facultés et y obtiennent le plus de résultats uti-
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- les, celle lin ne peut être atteinte que par la convenance naturelle de l’homme el de son travail.
- Il n’y a pas de miracle en éducation, pas plus qu’en agriculture ou en élevage. Le mimosa, hors d'une serre, ne fleurirait pas dans le Nord. On ne ferait pas un habile ajusteur d’un enfant aux mains gauches, distrait et débile. Et cela est vrai de tous les emplois. L’éducation professionnelle ne peut réussir que si elle porte sur des enfants qui ont la vocation, c’est-à-dire le goûl d’un métier, les aptitudes qu’il requiert.
- Voilà pourquoi, ayant à tracer en 1925 le plan d’extension de renseignement technique, nous y avons fait entrer, comme première tâche, l’organisation de l'orientation professionnelle ; voilà pourquoi avec le concours des offices de placement, de l’initiative privée, nous avons créé ou subventionné de nombreux offices d’orientation et prévu des exonérations de la taxe d’apprentissage pour les commerçants ou industriels qui auraient efficacement travaillé au développement d’œuvres semblables.
- Ce n’est pas ici que je pourrais être tenlé de me faire illusion sur la valeur de ces œuvres. Elles sont, je le sais, provisoires et purement pratiques. Mais, en ce sens, elles rendent des services, et je ne crains pas de les rappeler au moment où nous entreprenons de donner à l’orientation professionnelle une base plus solide, une méthode plus exacte. Le désordre est en effet aussi grand dans le choix des métiers que lorsque Pascal écrivait que le hasard en dispose et réfléchissait dans sa chambre sur les inconvénients d’un mauvais maçon, d’un mauvais soldat, d’un mauvais roi.
- Peut-être même, voyons-nous un désordre plus grand, car les traditions domestiques ont perdu de leur pouvoir, toutes les barrières sont tombées et la faculté de choisir, qui est aussi la faculté d’erreur, a un domaine illimité. Il ne peut être question de restreindre la liberté, c’est la plus précieuse conquête que nous ayons faite, mais il est nécessaire de l'éclairer pour qu’elle ne s’égare pas. Cela est nécessaire pour la vie économique dont les troubles, les accidents, le chômage, les pertes de temps, l’effrayant gaspillage, tiennent en grande partie à ce quejieaucoup d’hommes n’y sont pas-à leur place. Cela est nécessaire pour l’équilibre social qui ne peut reposer que sur ta convenance exacte des mérites et des emplois. Cela
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- esl nécessaire pour la justice. 11 tant donc, sans plus attendre, limiter ce désordre, organiser, fût-ce par des moyens sommaires, une orientation professionnelle raisonnable, empêcher de bons esprits de devenir manœuvres, lutter contre les modes, contre l’attrait du gain immédiat, contres l’ignorance des uns, l’indifférence des autres, empêcher du moins les erreurs les plus grossières.
- Nous avons obéi à cette nécessité et nous avons dû commencer à agir d’une façon un peu empirique. L’homme, a dit Berthelot, peut plus qu’il ne sait. L’action est toujours la première parce que le besoin la déclanche. Je ne vous décrirai pas nos méthodes que vous connaissez. Elles reposent sur la collaboration de l’instituteur, du médecin et de ceux qui, bien informés de la vie économique, de l’état du marché du travail, peuvent le mieux utiliser, corriger les monographies professionnelles, prévenir les familles et les enfants de l’encombrement de certains métiers, donner les contre indications nécessaires. Méthodes pratiques qui ont permis aux offices d’orientation professionnelle, sous l’active impulsion de mon collaborateur et ami Fontègne, sous la direction d’hommes compétents et dévoués à qui je rends ici sincèrement hommage, d’obtenir des résultats déjà précieux. Elles ont valu à la France, entrée tardivement dans l’élude de ce problème, de prendre, en peu d’années, dans la pratique de l’orientation, une place qui lui fait honneur et qui ne lui est pas contestée à l’étranger, ainsi que me l’a confirmé mon récent voyage à Vienne. Bien que le matériel de laboratoire n’v ait pas tenu grand rôle et qu’elles aient plutôt fait appel à l’observation qu’à l’expérimentation, elles ont cependant des principes assez sûrs pour ne pas être confondues avec les intuitions aventureuses des charlatans que les débuts de toute technique scientifique ne manque pas de faire surgir, et dont les illusions du public entretiennent quelquefois longtemps le succès.
- Je ne prétends pourtant pas (ma présence ici serait paradoxale) ipic toutes les difficultés soient résolues. La notion d’orientation professionnelle est une des plus complexes qu’on puisse concevoir. Quelle place, exacte tient actuellement I homme dans la production, quelle influence exercent ses aptitudes particulières sur le rendement, problème préliminaire déjà difficile à résoudre et sur lequel les meilleurs es-
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- prils sonl loin d’être- d’accord. Mais que faut-il entendre par aptitudes ? Dans quelle mesure est-il possible de les analyser, de les déterminer, sans faire tort à l’unité de la personne, à cette individualité vivante qui réagit si souvent d’une manière imprévisible et qui déroute les conclusions du laboratoire, autre question capitale pour l’orientation professionnelle et dont on peut dire aussi qu’elle est encore soumise au juge. Or, il ne s’agit jusqu’ici que des principes. Si l’on entre dans le détail, si l'on veut fixer avec précision, d’une façon scientifique, les aptitudes d’un enfant, ses ressources physiques et mentales, toujours étroitement mêlées, si l’on doit ensuite déterminer quelle forme d’activité, quelle tâche s’ajustera le mieux à ces aptitudes, on fait surgir du premier coup mille problèmes pour la solution desquels le concours n’est pas trop grand de toutes nos sciences de l’être humain, de tous nos procédés d’analyse du travail. J’ajoute que l’organisation industrielle et commerciale n’est pas sans subir le contrecoup de l’orientation professionnelle. M. le président de la Chambre de Commerce de Paris et M. Dubreuil qui por-tent. à divers points de vue, un si vif et si actif intérêt à ce grand problème de l’organisation rationnelle et qui nous font l’honneur de participer à cette cérémonie, ne manqueraient pas de m’en avertir si je venais à l’oublier, et sans doute nous donneront-ils leur avis sur ce point. Enfin la notion d’orientation n’est pas strictement propre à la vie professionnelle. C’est un problème général que de savoir quelle est la meilleure direction qu’il convient de donner, à chaque carrefour scolaire ou social, à un individu déterminé, en raison de ses goûts et de ses aptitudes. Problème qui relève de l’étude scientifique des aptitudes, au même titre que la sélection et l’orientation professionnelles.
- Si la pratique est, comme je l’ai montré, nécessaire, la part de la recherche théorique reste donc immense. Cette recherche ne peut aboutir si elle est désordonnée. Les découvertes scientifiques ne se font pas sur commande ; mais le travail qui les prépare se prête, comme tous les autres, à l’organisation et en reçoit de puissants secours. C’est pourquoi l’idée fut accueillie avec tant de faveur de cet Institut d’orientation professionnelle qui, sans porter atteinte à la liberté des
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- chercheurs, donnera néanmoins à leurs travaux le lien qui leur a trop manqué.
- Trois buts lui furent assignés, que M. Piéron, rapporteur de la commission préparatoire, et que vous aurez le plaisir d’entendre, a définis avec une parfaite précision.
- Rassembler et mettre en ordre la documentation relative à l’orientation professionnelle.
- Coordonner les résultats des travaux des différents laboratoires de recherche et, s’il se peut, faciliter ces travaux ; servir, en particulier, d’intermédiaire entre eux et la Direction de l’Enseignement technique pour l’étude, et s’il se peut, la solution des problèmes de méthode soulevés par les offices d’orientation professionnelle ;
- Assurer enfin la formation technique du personnel des offices d’orientation.
- L’importance et la difficulté de ces tâches est assez clairement perçue pour qu’il me soit nécessaire d’y insister plus longuement.
- Quant à la façon dont elles seront remplies, je veux laisser à M. Piéron, qui a bien voulu donner à l’Institut un concours dont on sent tout le prix et pour lequel je ne saurais trop le remercier, le soin de nous le dire. La haute autorité qui s’attache à son nom en cette matière, la valeur des collaborateurs dont il s’est entouré, nous est d’ailleurs un gage certain du succès de celle œuvre, quelque difficulté quelle rencontre.
- OEuvre modeste en apparence, mais à mon avis d’une immense portée. Il ne s’agit pas seulement, ainsi que je l’ai trop brièvement indiqué, d’attaquer quelques-unes des questions les plus complexes de la psychologie, de la physiologie du travail ; il s’agit encore de contribuer, sous une forme non médiocre, à l’organisation rationnelle de la vie économique, c’est-à-dire à un effort de civilisation dont les conséquences sont incalculables ; il s’agit enfin, en mettant chacun à sa place, de travailler à la réalisation de la justice dont cetle formule si simple traduit une des exigences les plus impérieuses.
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- Allocution de M, BAUDET
- PrésideOt de la Chambre de Commerce de Paris
- Monsieur le Directeur Général de l’Enseignement Technique,
- Mesdames, Messieurs,
- Je vous remercie d’avoir associé la Chambre de Commerce de Paris à la séance inaugurale de l’Institut national d’orientation professionnelle.
- Notre Compagnie ne peut que porter intérêt aux travaux que vous projetez puisque, depuis sept ans déjà, par la création de ses Ateliers-Ecoles, elle a cherché elle-même, dans une forme qui lui est propre, une solution au problème dont vous avez entrepris l’étude.
- Industriels et commerçants, absorbés par les nécessités de la production, aux prises avec les difficultés de la concurrence, nous n’avons pas le temps matériel de nous livrer aux expériences qui permettront de dégager les principes et de trouver les formules d’application d’une science encore toute nouvelle.
- Nous ne pouvons donc que nous féliciter que, pour le bonheur des individus comme pour le bien social, des hommes hautement qualifiés se soient librement réunis, sous une impulsion officielle à laquelle il nous plaît de rendre hommage, pour confronter les méthodes, les préciser, les perfectionner, en contrôler les résultats.
- Le mal qui vous inquiète ne nous a pas échappé. Nous constatons, chaque jour, les difficultés d’un bon recrutement des apprentis. Nous savons que tous ne sont pas qualifiés pour exercer utilement le métier qu’ils ont choisi. Nous déplorons que certains, mal aiguillés,- perdent leur temps à des essais successifs pour aller, finalement, grossir le lot des « sans métier » : que, sans profit pour eux, après avoir alourdi nos ateliers ou nos magasins, ils soient perdus pour les professions, alors que des conseils donnés, au moment opportun, auraient pu sans doute les mieux armer pour la vie.
- De même, nous pensons que ce serait un grand service à rendre aux enfants que de leur ouvrir les yeux, quand il en
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- est temps, sur leurs véritables aptitudes, de les mettre en garde contre les'emplois faciles et, sans toucher aux prérogatives des parents, de leur faire comprendre que l’intelligence a des formes diverses et qu'il n’y a aucune déchéance, quand on en a la vocation, à embrasser une profession manuelle ou à se diriger sans retard vers l’activité commerciale.
- Enfin, nous attendons que des déchets sociaux, qui relèvent de la médecine ou de la pitié, ne puissent être utilisés sans avoir été soumis à une observation attentive ou une préalable éducation, et qu’une oriéntation, plus conforme aux intérêts de la jeunesse, la dirige vers des besoins reconnus où elle trouvera à la fois la sécurité du lendemain et la juste rémunération de son travail.
- Messieurs, les savants sont nombreux dans votre Comité. Nous avons le plus grand respect pour leur science, nous avons foi dans leurs recherches et nous en suivons les progrès avec attention. Qu’ils me permettent cependant de faire observer que nos besoins sont immédiats, que la prospérité de demain est fonction de l’utilisation rationnelle de toutes nos forces et que, plus qu’aux expériences de laboratoire, nous applaudirons aux réalisations dont la cérémonie d’aujourd’hui nous donne l’espoir.
- Allocution de M. DUBREUIL
- Secrétaire de la Commission administrative de la C. G. T.
- Mon intervention, après les personnes éminentes qui ont pris la parole ici, se bornera à quelques déclarations fort simples.
- La présence dans cette salle d’un certain nombre de mes camarades suffit à prouver l’intérêt que la classe ouvrière prend à l’institution nouvelle dont nous célébrons aujourd’hui la naissance. Et, si elle y trouve son intérêt, c’est pour des raisons dont l’évidence n’a pas besoin d’être démontrée.
- Même parmi nous, je puis dire que le nombre de ceux qui pourraient dire, comme moi, qu’ils ont choisi leur profession de la manière la plus libre, et selon une inclination personnelle qui ne s’est pas démentie dans le cours de leur exis-
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- tende, est fort restreint. C’est, une preuve saisissante de l’utilité de l’orientation professionnelle. Je ne voudrais pas donner de noms ici pour apporter quelques preuves à l’appui de. ce que j’avance, mais je pourrais citer le cas d’un de nos camarades, qui est, un ancien ouvrier en parapluies, et qui s’est révélé comme possédant un sens juridique naturel, capable de résoudre les cas les plus épineux et, de l’avis unanime, a montré, en maintes circonstances, une science absolument extraordinaire et vraiment utile, pour nos organisations et pour la paix du travail.
- Nous sommes aux prises, dans nos organisations, avec des troubles qui, comme vous le savez, occupent fort souvent la presse, et qui donnent souvent lieu à des accusations plus ou moins justifiées à notre égard. Mais nous pouvons dire que, si l’on se décidait à étudier le travail avec les méthodes que l’on a appliquées dans d’autres sciences, dans d’autres parties de l’activité humaine, on s’apercevrait qu’on pourrait aboutir à un certain nombre de conclusions qui présentent des analogies avec des recherches poursuivies sur d’autres terrains. Par exemple, en médecine, lorsqu’on s’est décidé à regarder les faits, on s’est aperçu qu’on pouvait isoler les maux, isoler un certain nombre de causes de maladies. Si l’on examinait les troubles du travail avec la même méthode, on pourrait sans doute aboutir à des résultats analogues. Il est certain que, dans l’immense majorité des cas, les conflits proviennent de causes économiques, dont la plus ordinaire, la plus fréquente, est la demande classique d’augmentation des salaires. Mais il y a d’autres causes. Tous ceux qui ont quelque expérience de la vie des ateliers savent que nous rencontrons autour de nous des hommes qui n’ont jamais été faits pour le travail auquel ils ne sont employés que par hasard. Il est tout à fait facile de comprendre que ces hommes garderont toute leur vie quelque vague esprit de mécontentement, et, lorsqu’il surgira quelque trouble, par avance, il y a là des éléments de désordre qui ne servent pas la classe ouvrière et qui viennent inutilement compliquer les conflits. .Ce simple exposé vous montre que nous avons de puissantes raisons de nous intéresser à l’orientation professionnelle.
- Le nombre des déclarations que nous avons à faire dans une telle occasion n’est pas très étendu et, d’ailleurs, le temps
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- nous esl limité, .le voudrais, cependant, profiter de celte occasion pour dire, qu’en ce qui concerne les tâches de l’orientation professionnelle, il fauUmellre au premier rang la contre-indication médicale. G’esl une chose tellement évidente qu’il esl inutile d’v insister et on peut très justement, s’étonner que cela n’ait jamais été fait. Mais il y a un autre terrain où l’on devra, par la suite, conserver la plus extrême prudence, c’est ce qui concerne l’examen psychologique des jeunes enfants que l’on aura à diriger.
- Tout le monde sait que, malgré l’égalité politique proclamée par la loi, en fait, les hommes ne sont pas égaux.
- Ils sont comme les plantes, ils ne croissent pas tous de la même manière. Un enfant peut manifester certains goûts à 10 ans, puis d’autres à 20. Il y a aussi des vocations tardives. C’est donc dire que, en ce qui concerne ce domaine de la psychologie, il nous faudra encore pendant longtemps conserver une certaine circonspection.
- Nous ne sommes pas de ceux qui méprisent les études théoriques, mais, dans le domaine du travail, nous avons de puissantes raisons pour nous méfier des études abstraites qui (se tiennent en dehors de la réalité. Cependant, je me réjouis à l’avance de savoir que j’aurai l’avantage de travailler avec des esprits parfaitement libérés, et que nous pourrons faire, sur ce terrain, du travail utile.
- Je voudrais encore, à la suite de ces quelques observations, faire allusion à une autre chose. Nous ne sommes pas réunis ici pour faire de la politique et ce n’est pas aux récents événements politiques français que je veux faire allusion. C’est à un autre événement qui vient de se produire oulre-Atlantique : l’élection du Président Hoover. J’estime que cette élection, qui s’est produite dans les conditions que l’on sait, peut constituer pour les Français un utile rappel à l’ordre, pour les garder des illusions qu’ils ont pu se faire ces dernières années.
- Vous savez tous à quel point nous sommes déjà envahis par la production américaine. Mais, si je puis faire appel à la modeste expérience que je possède sur ce terrain, je puis dire que cet envahissement ne peut que se développer, car tout le monde sait que M. Hoover est l’homme de Yefficiency.
- Nous rencontrons dans les rues, en nombre croissant, des
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- automobiles américaines pour ne pas parler de cent autres produits. Ces produits américains sont le résultat de méthodes dont M. Hoover est l’un des champions. Cela veut dire que, pour nous, si nous ne savons pas nous mettre à leur niveau dès maintenant, et sans retard, par le rajeunissement de nos méthodes et de nos ressources, nous sommes destinés «à être promptement écrasés. Et c’est bien là un problème qui présente la- plus extrême gravité. Du seul point de vue de la classe ouvrière, nous ne pouvons pas nous désintéresser d’un tel problème, car nous savons par expérience quel serait le résultat direct : ce serait une crise économique qui frapperait comme toujours en premier lieu la classe ouvrière, car une crise économique; c’est le chômage et ses conséquences. Si nous ne savons .pas introduire toutes les méthodes scientifiques qui sont nécessaires, nous serons en présence des plus graves dangers.
- Ce n’est pas dire que ces gens qui vivent de l’autre côté de l’Atlantique nous sont hostiles. Mais j’insiste seulement sur ce fait que l’élection de M. Hoover est significative pour nous. Je me souviens encore de l’enthousiasme avec lequel nous avons accueilli à Paris le Président Wilson, mais je puis vous dire que M. Hoover est un américain beaucoup plus typique que le Président Wilson. Ce n’est pas qu’il ne puisse éprouver pour nous de la sympathie. Mais la sympathie de l’Américain est différente de la nôtre. C’est un homme qui ne peut éprouver de la sympathie que pour les hommes forts !
- Ou’on me permette, pour terminer, de rappeler l’allusion que je faisais, en commençant, à la présence de mes camarades qui sont dans cette salle. Cette présence, au début de l’existence d’une institution nouvelle, comme celle qui nous réunit ici, a pour nous un sens particulier.
- Si nous sommes venus apporter et promettre l’appui de nos organisations, c’est parce que nous avons une façon particulière de comprendre la République : nous ne saurions la comprendre autrement que comme la création progressive de l’ordre.
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- Allocution de M. Henri SELLIER
- Conseiller général, Maire de Suresne
- Les paroles que viennent de prononcer le Président de la Chambre de Commerce et le représentant des organisations ouvrières montrent que le problème de l’orientation professionnelle, intéresse au même degré, quelque soient les divergences de vues d’ordre politique ou social qui peuvent les séparer, l’ensemble des citoyens de ce pays.
- Il est incontestable, en effet,, que pour tous, qu’ils soient patrons ou qu’ils soient ouvriers, qu’ils soient des bourgeois ou qu’ils soient des prolétaires, pour tous les êtres humains, le progrès matériel de l'humanité consiste à obtenir le maximum de production avec le minimum d’effort.
- Tous, ont à cet égard même intérêt parce que, les uns el les autres, vivent dans la même atmosphère sociale el sont soumis àux mêmes influences .économiques.
- C’est la raison pour laquelle les pouvoirs publics qui, dans une démocratie comme la nôtre, doivent coordonner les efforts particuliers et orienter leur action vers les solutions correspondant à l’intérêt général ne peüVenl pas s’abstenir de travailler avec nous à la solution des problèmes (pie tend à résoudre l’orientation professionnelle.
- Est-il d’ailleurs un pays où cette nécessité s’impose plus que dans le nôtre? Le problème fondamental de l’O. P. est « de mettre chacun à sa place ». C’est la définition la plus simple, la plus claire et la plus vraie. Or, dites-moi, où ailleurs plus qu’en France, a-t-on besoin de mettre chacun à sa place?
- Nous sommes au lendemain d’un cataclysme effroyable qui, dans un pays dont l’activité économique était déjà fléchissante à cause de l’insuffisance de sa natalité, a détruit près de deux millions d’hommes el a atténué chez près de cieux millions d’autres leur capacité de production. Et ce pays sans main-d’œuvre est concurrencé au point de vue économique par des nations qui, elles, ont leur pleine capacité de production, un capital mécanique et un capital humain, intacts ou à peine affectés! Cela, c’est la situation d’aujourd’hui ; à la situation de demain, avez-vous pensé ?
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- En 1914, à la veille de la guerre, il sortail des écoles de France près de quatre cent mille petits Français et Françaises qui entraient pour la plupart, à la sortie de l’école primaire, dans la voie de l’activité cl de la production. Cette année, c’est à peine deux cent mille que nos écoles ont fourni. Pèsent et pèseront encore sur nous pendant quelques années les conséquences du déficit considérable causé par la guerre. El, si on ne prenait garde à obtenir de chacun le maximum d’utilisation sociale dont il est susceptible, ces causes d’effondrement économique de la nation aboutiraient à renforcer l’état, de crise et à créer à tous, qu’ils soient ouvriers ou patrons, la même situation qui conduirait notée nation à la ruine et notre race à l’esclavage économique.
- L’objectif poursuivi par l’Institut national d’O. P. dont nous célébrons aujourd’hui la création, est de donner une base scientifique aux recherches qu’exige l’O. P.
- Nous 11e saurions méconnaître l’importance fondamentale de ces études ; mais elles ne constitueraient qu’un amusement de l’esprit, qu’une tête sans corps, si elles constituaient à elles seules tout l’effort national. Tout à l’heure, M. Labbé indiquait fort justement que l’organisation du laboratoire ne peut être considérée que comme un moyen de recherches théoriques dont il 11e faut pas se dissimuler l’importance certes, et Dubreuil vous mettait en garde contre la grave illusion que constituerait l’exclusive utilisation de cette méthode.
- Ce serait d'ailleurs complètement impossible. Dans le seul département de la Seine, -il est sorti de nos écoles pendant ces années de déficit de natalité, plus de 30.000 enfants chaque année. En période ordinaire, il en sortira plus de 60.000, Pensez-vous qu’il serait possible de soumettre ces enfants à des recherches de laboratoire et de leur appliquer les règles si précises soient-elles qu’auraient déterminées les savants.
- Il ne s’agit pas de cela ; il ne peut être question de prétendre introduire dans la pratique quotidienne les formules et les possibilités de recherche du laboratoire, dans un domaine où la détermination des lois absolues ne serait possible que si l’on connaissail tous les éléments du problème.
- Malgré tout, la recherche scientifique a une utilité parce • pie ce centre, nous le considérons en quelque sorte comme l’école normale de l’O. P. 11 ne permettra pas d’appliquer les
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- mensurations et les études personnelles auxquelles on peut se livrer dans un laboratoire, mais il permettra de rechercher des lois, de dégager les formules d’ordre général qu’il faudra adapter, corriger par la pratique et qui permettront à tous ceux qui agissent dans leur modeste sphère d’action, d’inspirer leur effort quotidien, du travail des maîtres qui auront déterminé quelles peuvent être les apparences extérieures permettant de déterminer les qualités d’un enfant pour une p r o f e ss i o n dé te rm i n ée.
- Et, ensuite, ce sera notre rôle, celui des administrations publiques de mettre en pratique les lois ainsi dégagées.
- Pour cela il nous faudra le concours de l’opinion. La présence ici, dans celle séance, du représentant de la Chambre de Commerce et celui des syndicats ouvriers montre que nous avons fait quelque progrès. Je me rappelle personnellement que, lorsque j’évoquais à la tribune du Conseil général de la Seine, il y a bientôt 15 ans, la première tentative réalisée en Angleterre sous l’influence des lois scolaires libérales d’avanl-guerre et dont le système de Birmingham représentait le type le plus parfait du moment, qu’à cette époque mes indications étaient considérées comme anecdotiques. Et quand nous avons tenté d’organiser autour de notre Office départemental de placement un bureau d’O. P., nous n’avons rencontré ni auprès de nos assemblées, ui auprès des administrations, un concours efficace. Et, si on nous laissait faire parce qu’il faut bien que, de temps eu temps, les assemblées laissent de doux maniaques poursuivre certaines idées fixes dont on ue voit pas bien la réalisation positive, ce n’est pas parce qu’on pensait le moins du monde à futilité de notre effort.
- Depuis, l’opinion publique a été éclairée. Cette question est à l’ordre du jour et nous ne sommes plus au temps très récent où chaque fois qu’on parlait d’O. P., on nous répondait : apprentissage. On nous soutenait que les écoles commerciales ou industrielles présentaient toutes les caractéristiques que nous cherchions. Mais on a compris aujourd’hui que J’O. P. et l’apprentissage sont deux choses distinctes : l’apprentissage est fait pour apprendre un métier, l’O. P. est faite pour dire à ceux qui apprendront un métier quelle est la voie où ils doivent se diriger, non seulement dans leur intérêt personnel, mais aussi dans l’intérêt social.
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- Vous pouvez être assuré que le concours des assemblées administratives de l’agglomération parisienne ne manquera
- pas à cet effort et, qu’avec la collaboration de tous, nous ten-
- terons de réaliser au maximum, en suivant les indications qui auront pu être scientifiquement dégagées, l’O. 1*. des
- 00.000 enfants que l’agglomération parisienne jettera, d’ici
- peu, chaque année, sur le marché du travail. •
- L’organisation de l’examen physique de l’enfant qui ne sera possible que lorsqu’on aura compris l'importance de la protection sanitaire de l’enfant à l’école, vient au premier rang.
- Nous aurons ensuite à déterminer exactement les conditions économiques du métier, de l’industrie et du commerce et enfin, nous ferons appel au concours du corps enseignant parce que c’est à l’école que les maîtres devront orienter leur pédagogie vers les formules nouvelles avec toute l’autorité
- morale que l’on peut concevoir.
- Eh bien, mes chers amis, si on arrive à ce résultat, on aura
- rempli un grand rôle, non seulement un rôle de protection de l’enfance et la sauvegarde économique de la nation, mais on aura réalisé ce que cherche la démocratie depuis un siècle et demi. Tout à l’heure Dubreuil rappelait la formule de la Déclaration des Droits de l’Homme. Les enfants ne sont libres et égaux en droits qu’à la minute même de leur naissance. Ils cessent bientôt d’être égaux en droits parce que, au sortir de l’école primaire, suivant le milieu familial, en dehors de toute espèce de considération sociale, ils sont orientés, les uns vers les études supérieures alors qu’ils sont parfois totalement incapables d’en assimiler même l’embryon ; les autres, qui peuvent être de très grands génies en potentiel, sont réduits à une besogne matérielle, non pas seulement d’ouvriers instruits capables d’exercer uri métier, mais à ces mille besognes annexes qui ruinent notre jeunesse ouvrière et qui tuent dans l’œuf les plus grands génies qui auraient pu être utiles à la société.
- L’orientation professionnelle sera réalisée d’abord par la création de l’école unique qui permettra à l’origine d’orienter vers les professions, intellectuelles ceux qui sont capables de profiter de la culture et de fournir à tous le moyen de devenir des citoyens utiles à leur pays et à sa prospérité économique.
- Cet effort, nous le ferons, nous tenterons de le faire et je
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- terminerai en disant à ceux qui sont ici : c’est, de vous que dépend la réalisation de l’objectif que nous poursuivons, c’est de vous seuls que nous obtiendrons ce résultat. Si les instituteurs veulent bien cesser — ce qu’ils tendent parfois trop — à être uniquement des pédagogues, des marchands de science, nous obtiendrons un résultat utile et, s’ils ont conscience de la valeur morale de leur mission, s’ils ont conscience de leur responsabilité et s’ils savent que de l’examen qu’ils feront des aptitudes des enfants dépendront dans une large mesure l’avenir de leur existence, s’ils savent acquérir sur les familles l’autorité qui permettra d’éviter ces erreurs d'orientation que nous constatons à l’heure actuelle, nous pourrons : les pouvoirs publics, les savants avec leurs études • de laboratoire, les industriels el les ouvriers avec la connaissance de leur profession, les maîtres avec leur autorité morale et leur effort pédagogique, aboutir à pousser au maximum la production sociale et donner à chacun dans la société la large place à laquelle il a droit.
- Allocution de M. PIERON
- Professeur au Collège de France
- Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs,
- Permeltez-moi tout d’abord, en m'excusant de ne pouvoir vous laisser sous l’impression que la chaude éloquence de M. Herriot n’aurait pas manqué d’engendrer, de dire quels regrets nous garderons, non seulement de n’avoir pu entendre‘sa belle parole, mais de n’avoir pas eu ce soutien moral que nous promettait sa présence, non pas tant peut-être à ce titre un peu abstrait de représentant du gouvernement — puisque les circonstances ne le permettaient pas — mais au titre de grand citoyen, toujours préoccupé d’assurer une organisation pédagogique et une organisation sociale plus rationnelles et plus justes.
- Et, puisque M. Labbé, qui a fait à l’Institut national d’orientation professionnelle l’honneur de bien vouloir accepter la présidence de son Conseil d’administration, me laisse cet
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- agréable devoir, permettez-moi maintenanl d’adresser mes remerciements à M. Baudet, l’éminent président de la Chambre de Commerce de Paris, qui a bien voulu nous apporter aujourd’hui le témoignage d’une sympathie qui nous est précieuse, à M. Sellier qui, au Conseil général de la Seine qu’il a présidé avec éclat, à la mairie de Suresnes, où ses belles initiatives sont bien connues, s’est toujours montré à l’avant-garde, quand il s’est agi de réaliser d’utiles applications techniques ; à M. Dubreuil enfin, qui nous a fait part des constatations fructueuses qu’il a pu faire, non seulement dans la pratique de l’organisation ouvrière, mais au cours de ce séjour aux Etats-Unis, où c’est en mettant la main à la pâte, ♦qu’il a pu acquérir des connaissances directes, en véritable expérimentateur ès-sciences sociales.
- A eux tous et à toutes les personnes qui ont répondu à notre invitation et sont venues consacrer une partie de leur temps à cette austère séance, le plus cordial merci.
- Mesdames, Messieurs,
- Elle est de Pascal celle pensée médaille dont la frappe ne trompe point — : « La chose la plus importante de toute la vie est le choix du métier : le hasard en dispose ». Ce qui était vrai du temps de Pascal ne l’est-il pas encore dans notre vingtième siècle ?
- Toutefois, nous sommes à l’aube d’une ère nouvelle, où l’esprit d’utilisation rationnelle des forces et des objets de la nature commence à embrasser les choses humaines. Or l’une des manifestations de cet esprit nouveau apparaît bien dans l’effort, qui se déploie aujourd’hui, en faveur de la généralisation de l’orientation professionnelle, qui doit tant en France à l’esprit lucide et à la ferme volonté du directeur général de l’enseignement technique.
- Faciliter le choix du métier convenable, c’est une tâche aussi importante pour l’individu, dont nous savons quelles peuvent être les souffrances lorsqu’il se trouve inadapté, que pour la collectivité, intéressée,* tous les jours davantage, à l’utilisation optima de ses membres. •
- T.a nature est prodigue, elle est même gaspilleuse : elle ne craint pas la dissémination de milliers de germes stériles
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- pour une graine qui se montrera féconde, et l’étiolement de centaines d’arbustes pour un arbre qui parviendra à s’élever.
- L’organisation sociale doit être économe et même avare de ses valeurs : elle doit donner à chacun, pour en tirer le meilleur parti, la place qui lui convient le mieux, 'elle doit le préparer, dans un minimum de temps, à effectuer au mieux sa tâche.
- Il fut un temps où l’on pouvait envisager cette organisation comme relativement simple. L’individu apparaissait matière plastique, modelable à volonté, et, devant un enfant, l’éducateur, tel le statuaire de la fable, se demandant, du bloc de marbre placé devant lui, s’il serait Dieu, table ou cuvette, pouvait hésiter : en ferait-il un artiste, un cordonnier ou un maçon ?
- Mais nous savons aujourd’hui que nous devons compter avec la constitution héréditaire des organismes, et l’éducation doit s’assouplir pour s’adapter aux différences fondamentales des individus.
- La réalité des aptitudes s’impose à nous et nous constatons que tel adulte n’a pas appris à reconnaître la Marseillaise, malgré tous les essais d’éducation musicale, alors que tel enfant de 5 ans montre déjà des dons de composition remarquables.
- Dès lors, pour donner d’utiles conseils d’orientation, la connaissance des aptitudes devient indispensable, cl il ne s’agit plus seulement d’un problème d’éducation.
- « La musique s’apprend, dit Platon, dans son dialogue du « Politique », et, en général, toutes les sciences qui réclament l’usage des mains ? — Sans doute. — Mais quoi ! Ce qui nous apprend s'il faut ou non étudier telle ou telle de ces sciences, dirons-nous que c’est aussi une science ? — Nous le dirons » accorde le jeune Socrate, qui intervient comme interlocuteur.
- Nous le dirons avec lui.
- Ll c’est une science singulièrement complexe, qui paraît exiger la compétence du physiologiste, appréciant l'organisée, et du médecin, jaugeant ses tares, du psychologue, évaluant les aptitudes et les capacités de mise en œuvre, et de I économiste, envisageant la structure des professions, de
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- l'ingénieur déterminant les exigences des métiers, et de bien d’autres encore !
- Certes, on ne peut demander, à notre époque d’obligatoire spécialisation, de réunir à un égal degré des compétences aussi variées, mais un certain degré de connaissance, dans ces divers domaines, est nécessaire à celui qui doit exercer, dans notre société, le beau rôle de conseiller d’orientation. Lui donner les moyens d’acquérir ce minimum indispensable de connaissances, en faisant converger, dans lin esprit commun, les enseignements appropriés, tel est le principal but de l’Institution national d’orientation professionnelle.
- En outre, faciliter en France la diffusion des résultats obtenus par les efforts indépendants des. divers pays, dans l’organisation des services d’orientation, dans le progrès technique des méthodes, dans la préparation rationnelle aux métiers, est la seconde tâche de l’Institut, participant ainsi à fccette œuvre de solidarité internationale qui permet à l’humanité entière de bénéficier des «conquêtes de tous les esprits attelés aux mèmès problèmes, quelle (pie soit leur langue, quelle que soit leur race, et, qui, à l’encontre du vieil adage : « Homo homini lupus » contribue, dans chaque domaine, si modeste soit-il, à développer cette large fraternité, grâce à laquelle se créera vraiment sur la terre — cette demeure, tous les jours plus étroite — la grande famille humaine.
- Et, non plus seulement celte fois dans l’intérêt national, mais dans un intérêt tout à fait général, la troisième lâche de l'Institut est de contribuer, par son service de recherches, au développement de cette nouvelle science, dont Platon faisait déjà une branche du grand arbre de la Politique, que doit être l’orientation professionnelle.
- Une science de plus, me direz-vous ? Mais sa place n’a pas été prévue dans la classification des sciences.
- Je répondrai que les classifications ne peuvent prétendre imposer des cadres définitifs aux disciplines de l’esprit, mais seulement ordonner au mieux, à chaque époque, celles de ces disciplines qui se sont affirmées et maintenues.
- L’orientation professionnelle doit se constituer en une
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- science appliquée, en une technique, à côté des autres formes de ce que l’on peut appeler 1’ « anthropotechnique » bio-so-ciale. Et elle doit se constituer comme science, parce que les besoins de la pratique le rendent nécessaire.
- Dans l’histoire des conquêtes de l’esprit humain, on a vu naître parfois une technique inattendue de la semence féconde, fortuitement lancée par un chercheur désintéressé, nullement soucieux des besoins immédiats de la pratique : la radiologie en est un lumineux exemple. Et, bien souvent, des découvertes utiles sont faites par des hommes qui ne se sont pas laissé hypnotiser par le but, qu’ils ont atteint en laissant errer leur imagination, comme l’œil à la recherche des satellites de Jupiter n’arrive à les bien voir que s’il renonce à les regarder.
- Mais, il y a d’autres cas où c’est la recherche persévérante du but qui se montre efficace, du moins quand la direction générale est déjà déterminée, ainsi que le prouve la victoire sérothérapique gagnée sur de nombreuses maladies infectieuses, suivant la ligne pastorienne. Et c’est alors l’importance du résultat à obtenir, c’est l’exigence pratique qui stimule l’effort.
- En matière d’orientation professionnelle, la pratique a nettement devancé la science : les offices d’orientation se multiplient et des hommes de bonne volonté s’efforcent, un peu partout déjà, de donner d’utiles conseils. Allons-nous les arrêter et leur dire d’attendre ?
- Certes, non. Si l’on avait ainsi arrêté l’élan des hardis pionniers qui eurent le courage de s’élancer dans les airs sur des machinés mal étudiées, le ciel ne serait pas aujourd’hui sillonné d’avions. Et les nécessités pratiques ne permettent pas d’attendre. Allait-on dire, ces dernières années, à des malades atteints de fièvre jaune, qu’on attendrait pour les soigner la mise au point qui s’achevait d’un sérum curatif efficace ?
- Dès maintenant, une œuvre utile est possible, bien incomplète encore, souvent bien incertaine, mais qui ne doit pas être ajournée puisqu’elle apporte déjà, sur les pratiques anciennes, un incontestable progrès. Mais quelle erreur ce serait, en revanche, de prétendre se satisfaire d’un empirisme hâtif qui engendrerait vite une routine aveugle.
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- La pratique et la science doivent s’unir pour une œuvre commune d’efficacité et de progrès. Et ceite union ne sera nulle part plus féconde qu’en matière d’orientation professionnelle. C’est un domaine, en effet, où la science ne peut vraiment se constituer que si elle sort du laboratoire trop étroit et si elle trouve accès sur un plus large théâtre. Dans bien des cas, déjà, on s’est aperçu que les essais sur des modèles trop réduits ne permettaient pas des conclusions très sûres, et l’industrie a fourni à la science de véritables champs d’étude.
- D’autre part, le développement de l’application est un stimulant souvent nécessaire pour le progrès de la science. Sans la naissance de l'aviation, l’aérodynamique ne se serait pas constituée.
- Aussi, sans insister sur la fécondité des recherches les plus désintéressées, qui n’est plus aujourd’hui contestable, tiendrai-je à marquer l’intérêt que pourra prendre dans l’édifice de la science, le travail coordonné des offices d’orientation, si l’esprit expérimental, si l’esprit de recherche, que nous tâcherons d’infuser aux conseillers, domine dans chacun de ces offices, si ces cliniciens savent observer : car il en sera là comme dans le domaine médical, où les travaux de laboratoire exigent l’immense contrôle d’une armée de praticiens répandus sur tout le territoire.
- Et c’est encore dans toutes les écoles, dans tous les établissements d’enseignement, que le souci de l’adaptation sociale optima des individus devra se répandre, que devra régner la double préoccupation, de permettre aux insuffisants sensoriels et mentaux de fournir, dans des conditions convenables, un rendement tel qu’ils aident réellement la collectivité au lieu de lui être à charge, et à l’élite de donner toute sa mesuré. Là où le conseil d’orientation cède la place à la contrainte de la sélection, dans tous les examens et les concours, dont l’importance va croître encore lorsque la pauvreté ne sera plus un vice rédhibitoire, cet esprit de progrès et de recherche, de contrôle critique et d’invention hardie devra- l’emporter enfin sur une routine, dont les résultats ne sont peut être pas mauvais, mais ne sont certainement pas les meilleurs, alors que le problème est, au point de vue de
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- l’intérêt social et de la justice, le plus important qui puisse se poser à nous.
- Dans cet énorme travail collectif, ce n’est pas seulement cette science appliquée, cette technique de l’orientation professionnelle qui bénéficiera de la contribution intelligente des praticiens, conseillers d’orientation, instituteurs, professeurs, ce sera la science pure, en particulier sous la forme de cette jeune science psychologique, qui ne se dégage vraiment de la philosophie que dans la mesure où elle se soumet aux sanctions de l’expérience, en un domaine où l’erreur se paie, tandis que l’erreur métaphysique — nous le savons — reste gratuite : déjà la psychologie subit des remaniements bien profonds sous Tinfluénce des nécessités de l’application. Mais tout se tient, et la philosophie elle-même s’adapte au progrès des connaissances positives ; ainsi, dans le travail obscur des écoles, des offices d’orientation, les praticiens animés de l’esprit de recherche pourront se dire qu’ils ne contribueront pas seulement à l’amélioration de notre organisation sociale, apportant plus de bonheur et de justice, mais encore à l’élaboration la plus haute de nos systèmes de pensée, et ils pourront répéter ces vers de Verhaeren :
- Ainsi l'âpre science et la recherche sûre,
- Tirant de l'univers les lois et les mesures,
- Dédient aux penseurs purs leurs tâches graduées,
- Et les grappes des faits et des preuves sans nombre, Mêlent leurs feux précis aux feux, mélangés d'ombre,
- Oue les hauts constructeurs dressent dans les nuées.
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- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- A. Carrard. Le développement de la Psychotechnique en Suisse.
- — Schweiy.er Schriflen fur ralionneles WirlsçhaXten. — N° 8.
- Edifiant compte rendu, établi en français, du développement de la psychotechnique en Suisse et de son rôle dans La sélection des travailleurs. Celte question est si étroitement liée à celle de l’orien-tation que nous ne pouvons manquer de signaler les réalisations pratiques auxquelles sont parvenus les techniciens travaillant selon les méthodes de l’Institut psychotechnique de Zurich, dont l’utilité est confirmée par le nombre impressionnant des firmes qui ont sollicité le concours de l’Institut qui impose à la psychotechnique un quadruple but :
- 1) Le Diagnostic psychologique ou examen psychotechnique;
- 2) La Formation professionnelle ou apprentissage ;
- 3) La Rationalisation psychologique du travail (fabrication et vente) ;
- 4) La Psychologie des rapports entre humains.
- Nous recommandons la fiche psycho-physiologique fort détaillée, car ainsi que le remarque l'auteur, si une aptitude sensorielle peut à elle seule donner un avis négatif suffisant, pour un avis positif il faut connaître l'ensemble de l’individu. Ces notions de caractère, toujours si délicates, se trouvent davantage obtenues par l'observation du sujet au cours de l’examen individuel que par des tests proprement dits, cet examen valant tant pour la sélection que pour l’orientation.
- La structure psychologique de l'individu établie, il faut, pour pouvoir l’aiguiller, établir le profil psychologique du travail ou de la profession : c’est-à-dire les analyser et les ramener aux aptitudes naturelles auxquelles ils font appel.
- Vient ensuite l’étude de la formation professionnelle, avec décomposition des mouvements professionnels en leurs éléments simples.
- Enfin se pose la question de l’organisation psychologique du travail, c’est-à-dire l’ajustement du facteur humain.
- La « fondation suisse pour la psychotechnique » créée par quelques pionniers de la question et destinée à la multiplication des Instituts, témoigne que ce programme, loin d’être à la période des purs concepts, est en pleine période de réalisation pratique.
- AGEN. — Imprimerie Moderne (Assoc. Coop. Ouv.), 43. rue Voltaire.
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- Année
- N° 1
- Janvier 1929
- BULLETIN
- DE
- » > f
- *EVUE MENSUELLE
- SOMMAIRE
- I. — J. Fontègne : Une visite aux offices d’Orientation Professionnelle de
- Vienne et de Munich.......................................... 2d
- II.— M"1C H. Piéron : Les étalonnages de Tests............................. 40
- 111. — Bulletin Bibliographique............................................ 4ij
- Cnam SCD
- 1 2501 00044480
- Institut National d’Orientation Professionnelle
- MUSÉE PÉDAGOGIQUE
- 41, Rue Gciij-Lussac, 41
- PARIS
- (Tons droits réservés)
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- INSTITUT NATIONAL
- d’Onentation ZE32?ofession.iaelle
- COMITÉ DE DIRECTION
- MM. J. Fontègne, inspecteur général de l’Enseignement technique, adjoint au directeur de l’Enseignement de la Seine
- H. Laugier, chef de travaux à la Sorbonne, directeur du Laboratoire de Physiologie appliquée à la prophylaxie mentale, à l’Ecole pratique des Hautes-Etudes.
- H. Piéron, professeur au Collège de France, à l’Institut de Psychologie de l’Université de Paris, directeur du Laboratoire de Psychologie à la Sorbonne.
- BUREAU DU CONSEIL lïADMINISTRATION
- Président : M. Labbé, Directeur général de l’Enseignement technique.
- Vice-présidents : MM. Barrier, inspecteur d’Académie, adjoint au directeur de l’En-seignefrnent primaire , Gaillard, président de la Commission exécutive des ateliers-écoles de la Chambre de Commerce de Paris ; Luc, directeur-adjoint de l’Enseignement technique ; Sellier, ancien président du Conseil général de la‘Seine.
- Secrétaire général : M. Fontègne.
- Trésorier : M. Oualid, professeur à la Faculté de Droil.
- CONSEIL D'ADMINISTRATION
- En outre du Bureau :
- M"" Caron, directrice du Lycée Fénelon. — MM. C. Bouglé, directeur-adjoint de l’Ecole Normale Supérieure ; Contenot, conseiller municipal, inspecteur régional de l’Enseignement technique ; Dubreuil, membre de la Commission exécutive de la Confédération générale du travail ; Fagnot, chef du Service central de la main-d’œuvre au Ministère du Travail ; Lahy, directeur de Laboratoire à l’Ecole pratique des Hautes-Etudes ; Lapicque, professeur à la Sorbonne ; Langevin, professeur au Collège de France, président de la Société Française de Pédagogie ; Laugier, chef de travaux à la Sorbonne, directeur du Laboratoire de Physiologie appliquée à la prophylaxie mentale, à l’Ecole pratique des Hautes-Etudes ; A. Mayer, professeur au Collège de France ; Paul-Boncour, professeur à l’Ecole d’Anthropologie, médecin-chef de l’Institut médico-pédagogique de Vitry ; H. Piéron, professeur au Collège de France ; Roger, inspecteur général de l’Instruction publique ; Thiercelin, médecin des hôpitaux ; Toulouse, médecin-directeur de l’Hôpital Henri-Rousselle, directeur de l’Institut de Psychiatrie â l’Ecole pratique des Hautes-Etudes.
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- institut national
- ‘ritalion Professionnelle
- d’Onei
- Musée Pédagogique
- 4i, Rue Gay^Lussac, 41
- lrt Année
- Janvier 1929
- BULLETIN
- DE
- l’Institut National d'Orientation Professionnelle
- Une visite aux Offices d’Orientation professionnelle
- de Vienne (Autriche) et de Munich
- PAR
- «lulien FOIVTÈGME
- Tous ceux qui suivent d’un peu près les réalisations qui se sont opérées dans le domaine de l’orientation professionnelle s’accordent à reconnaître que les efforts tentés dans les divers pays d’Europe et d’Amérique ont été parallèles ; qu’il est'bien difficile, à l’heure actuelle, de parler de méthode allemande, de méthode française ou de méthode américaine et ils concluent qu’on peut, aujourd’hui, avancer qu’il existe une méthode d’orientation professionnelle.
- Faut-il rappeler que le mouvement d’O. P. ne date, à vrai dire, que de la guerre ; qu’il s’est appuyé sur un certain nombre de Congrès où les animateurs du mouvement ont pris contact, ont exposé leurs méthodes, leurs résultats, ont signalé les difficultés rencontrées, etc... ? Ajouterons-nous, pourtant, que l’avant-guerre avait vu se créer en Angleterre et en Allemagne des organismes qui, dans leur ensemble, rappelaient beaucoup ceux que nous rencontrons, actuellement, un peu partout ? Ne serait-ce pas le lieu de souligner, de façon tout à fait spéciale, tes recherches que Christiaens entreprenait à Bruxelles et qui indiqueront la voie à plus d’un orienteur... moderne ?
- Quoi qu’il en soit — et c’est l’impression que nous rapportons de la visite qu’en septembre 1928 nous fîmes aux Offices d’O. P. de Vienne et de Munich — la méthode d’O. P. semble avoir été trouvée : c’est une méthode de collaboration qui,
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- comme nous l’avons écrit à maintes reprises, fait appel aux enfants et aux familles, aux instituteurs et aux médecins, aux groupements professionnels patronaux et ouvriers, aux œuvres s’intéressant à une bonne « formation » de l’adolescence et, finalement, aux Offices de placement de la main-d’œuvre.
- Dans ce premier article, nous présenterons en détail les questions de méthode qu’il nous a été possible d’étudier à Vienne ; dans le deuxième, nous parlerons surtout de l’organisation matérielle et administrative de l’Office d’O. P. de Munich et des résultats obtenus. Pour ne pas allonger ces deux articles, nous nous contenterons d’une, présentation objective, la critique de ce que nous avons vu devant se faire à notre cours de l’Institut national d’O. P.
- VIENNE
- I. — Comment les enfants d'âge scolaire sont-ils préparés ci choisir leur métier ?
- Il s’agit ici de ce que nous avons appelé la préorientation professionnelle.
- a) Il est hors de doute que la réforme scolaire accomplie plus spécialement à Vienne grâce à Otto Glôckel (1) a aidé puissamment les enfants à connaître les différentes branches de l’activité économique viennoise : classes-promenades, excursions, visites d’ateliers, usines, etc...
- h) Les monographies professionnelles mises à la disposition des maîtres et des enfants témoignent d’un sens pratique et pédagogique, d’un souci de la vérité et d’impartialité qu’il nous plaît de signaler...
- - e) Au mois de mai de chaque année, tous les élèves sortants reçoivent un numéro spécial de la Revue : Lehrlings-schutz, Jugend und Berufsfürsorge, qui appelle leur attention sur l’importance de l’O. P. Qu’il nous soit permis de citer le titre de quelques-uns des articles qu’auront à lire les enfants avec l’aide de leurs maîtres et de leurs parents : Existence manquée — L’homme qu’il faut à la place qui con-
- (1) Voir dans \'Enseignement public (1929, Delagrave) l’article publié sur cette question par Th. Leconte et J. Fontègne.
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- vionl — Où aller, Ja scolarité terminée? — Conseils médicaux — One doit connaître l’apprenti de ses droits et de ses devoirs? Etc.....
- d) Entre temps des tracts divers sont distribués aux enfants, qui doivent, en quelque sorte, leur servir de guide dans leur vie professionnelle...
- II. — Comment les parents sont-ils associés à l'acte d'orientation professionnelle de leurs enfants?
- L’Oflîce d’O. P. remet à chacun d’eux le questionnaire suivant auquel ilâ ont à répondre par écrit :
- Nom de l’élève :
- Date et lieu de naissance :
- Profession et domicile du père (de la- mère, du représentant légal) :
- A. — Développement physique de l’enfant.
- 1. Age des parents à la naissance de l’enfant :
- 2. Les deux parents vivent-ils encore ?
- 3. Sinon, qui s’occupe de l’enfant ?
- 4. A quel âge l’enfant a-t-il appris à marcher ?
- 5. A quel âge l’enfant a-t-il appris à parler ?
- 0. A-t-il quelques défauts physiques ou infirmités (myopie, surdité, gaucherie, défauts de prononciation, etc.) ?
- T. Quelles maladies a-t-il faites et à quel âge ?
- 3. Le médecin a-t-il recommandé d’exercer une surveillance spéciale sur tel ou tel organe de l’enfant ?
- 9. Donne-t on à l’enfant, des boissons alcooliques ? Lesquelles ?
- P». — Vie intellectuelle.
- 10. Qui s’est le plus occupé de l'enfant ?
- 11. A-t-il des frères et sœurs ? (Combien ? Age ?)
- 12. A-t-il été beaucoup dans la société d’adultes ?
- 13. Est-il allé beaucoup en plein air ? (promenades, voyages).
- 14. A-t-il déjà vécu des événements importants ? (Lesquels ?)
- 15. A-t-il fréquenté un jardin d’enfants ?
- 16. Aime-t-il peindre et dessiner ?
- 17. Connaît-il des maximes, prières, chants ?
- 18. Sait-il compter ? (jusqu’à combien ?), différencier tes cou-
- leurs ?
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- 10. Demande-t-il souvent : Pourquoi ? ou Comment est ee fait ?
- 20. Se souvient-il facilement d’événements de sa première enfance ?
- 21. Marque-t-il une aptitude spéciale ?
- 22. Parle-t-il une seconde langue ? Si oui, la possède-t-il mieux
- que sa langue maternelle ?
- C. — Vie sentimentale.
- 23. L’enfant a-t-il tendance à être gai ou triste ?
- 24. A-t-il de rapides changements d’humeur ?
- 25. Est-il craintif ? De quoi en particulier ?
- 26. Pleure-t-il facilement ?
- 27. Aime-t-il la musique ?
- 28. S’accorde-t-il bien avec les autres ?
- 29. S’apitoye-t-ii facilement ? (également vis-à-vis des animaux ?)
- D. ;— Volonté et action.
- 30. Est-il maître de ses besoins physiques ? (urine-t-il encore au
- lit ?)
- 31. A-t-il contracté quelques habitudes ?
- 32. Se fait-il aider pour se laver, s’habiller, etc... ?
- 33. Doit-il aider dans le ménage ou dans une occupation quelcon-
- que qui rapporte ?
- 34. Aime-t-il jouer seul ou avec des camarades ?
- 35. Change-t-il vite de jeux et d’occupations ?
- 36. Aime-t-il le changement ?
- 37. Range-t-il ses jouets ?
- 38. Se décide-t-il vite ou doit-il réfléchir longtemps ?
- 39. Se laisse-t-il facilement diriger ou est-il de volonté ferme ?
- 40. Comment se comporte-t-il quand on lui refuse quelque chose ?
- Observations diverses.....
- III. — En dehors du rôle de préorientation professionnelle indiqué plus haut, quelle collaboration apporte le personnel enseignant à l'O. P.?
- Cette collaboration nous apparaît primordiale ; elle a, du reste, été réglée par une ordonnance ministérielle du 15 mai 1922 qui précise nettement :
- a) que l’Ecole doit apporter son aide aux parents qui viennent la consulter au sujet des études que peuvent continuer leurs enfants ;
- b) qu’elle doit être une auxiliaire précieuse pour l’orienta-
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- lion de la jeunesse vers les métiers industriels, commerciaux, agricoles ;
- c) qu’elle doit établir, pour chaque élève, une sorte de livret scolaire qui ne se contentera pas de donner son rang pour telle ou telle discipline, mais visera à fournir un aperçu sur son développement physique et mental.
- Ce livret scolaire — que nous reproduisons ci-dessous — est dû à la collaboration des différentes catégories du personnel enseignant ; introduit provisoirement pendant les années scolaires 1922/23 et 1923/24, il semble avoir, aujourd’hui, acquis droit de cité.
- On pourra sans doute se demander comment les instituteurs et les institutrices ont pu, convenablement, remplir les dits livrets scolaires. Des directives des plus intéressantes — que nous regrettons ne pouvoir reproduire in extenso — leur ont été adressées par le Ministère de l’Instruction publique elles indiquent :
- a) la différence existant entre l’observation et. l'expérimentation ;
- b) les nombreuses possibilités d’observation qu’offre l’en-
- seignement (par exemple la dictée permet des observations très utiles sur l’ouïe des élèves ; l’étendue de leur attention ; leur mémoire immédiate : nombre des mots retenus dans une émission du maître ; leur tendance au détournement d’attention : nombre et répartition des fautes dans le texte dicté ; la nature des fautes commises ; les confusions produites ; les corrections apportées par les élèves ayant un sens logique ou n’ayant aucun sens ; la dynamique du travail : l’influence de l’exercice : comparaison avec d’autres dictées, etc...) ;
- c) la manière la plus logique de remplir telle ou telle rubri-
- que, une importance toute spéciale devant être accordée à ce qui, chez l’enfant, contribue le plus au rendement : aptitudes, application, goût ou circonstances familiales....
- Tl ne nous apparaît pas superflu de reproduire ci-dessous les huit feuillets constituant le livret scolaire des élèves de Vienne.
- 1° 1 tCNSEIUNEMENTS PERSONNELS
- 1. Nom et prénoms de l’enfant :
- 2. Date et lieu de naissance :
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- 3. Nationalité : d. Langue maternelle :
- 5. Religion :
- 0. Nom, profession et domicile du père :
- Nom, profession et domicile de la mère :
- 7. Nom, profession et domicile du tuteur :
- 8. Nom, profession et domicile du représentant légal :
- 9. Nombre et âge des frères et sœurs :
- 10. Quelles personnes, en dehors des parents, se sont occupées
- de l’éducation de l’enfant : grands-parents, oncles, précepteurs, etc...
- 11. En quelle année a commencé la scolarité ?
- 12 à 15. Renseignements divers relatifs à certaines dispenses d’enseignement, à des dispenses de fréquentation scolaire, etc...
- «
- 2° Connaissances.
- Le 2° feuillet est destiné à recueillir les notes obtenues en conduite, application et dans toutes les matières d’enseignement, ainsi que les excuses d’absences et les retards de la lre à la 8° année de scolarité. Ces notes sont portées 2 fois par an.
- 3° Le rendement de l’enfant est dû
- l10 aux aptitudes ? (aptitude générale, aptitude spéciale, insuffisance intellectuelle) ;
- 2° à l'application (ou à la paresse) ?
- 3° au goût (ou à l’aversion) ?
- 4° aux conditions de famille ?
- Structure physique.
- Cette partie du 3e feuillet indique, tout d’abord, les renseignements fournis au maître par les parents sur les maladies (opérations) de l’enfant avant son entrée à l’école primaire.
- Puis, chaque année, en décembre et en juin, l’instituteur porte :
- 10 la taille (en cm.) ;
- 2° le périmètre thoracique (en cm.) à l’inspiration et à l’expiration ;
- 3° le poids (en kg. avec une décimale).
- 4° Anamnèse du médecin.
- 1. Peau et muqueuses extérieures :
- 2. Organes de mouvement (os, articulations, muscles) :
- 3. Glandes :
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- j. Gorge et ne/, (troubles du langage) :
- 5. Dents :
- 0. Yeux (trembles Visuels) :
- 7. Oreilles (troubles auditifs) :
- 8. Organes internes (respiration, circulation, digestion, voies uri-
- naires) :
- ‘J. Cerveau et système nerveux (troubles organiques, crises, anomalies psychiques) :
- 10. Vaccination :
- 11. Etat général du corps et de la santé :
- 12. Maladies graves et accidents survenus pendant la scolarité et
- conséquences :
- 13. Par quoi le rendement de l’enfant est-il le plus influencé ?
- 5°, 6° et 7° Structure intellectuelle.
- Sens.
- 1. Des observations ont-elles été faites relativement aux sens de
- l’enfant (sensibilité, pouvoir de différenciation). Lesquelles ?
- Représentation.
- 2. Y a-t-il prédominance d’un domaine sensoriel quant à la façon
- de saisir, de retenir, de rendre une impression ?
- Attention.
- 3. L’attention est-elle facilement ou difficilement excitable ?
- 4. L’attention se fixe-t-elle d’elle-même pour un certain temps ?
- Est-elle vacillante ou bien l’enfant est-il encore incapable d’une longue attention ?
- 5. L’attention se laisse-t-elle facilement détourner ou bien est-
- elle incapable de résister à certains troubles ?
- Mémoire.
- 0. La mémoire montre-t-elle des préférences spéciales ou des défauts particuliers, et dans quelle direction (mémoire immédiate, fidélité, durée, étendue, vitesse de reproduction) ?
- 7. Y a-t-il une certaine aptitude ou une inaptitude frappante à
- retenir les noms, les nombres, les sons, les couleurs, les formes, les lieux, etc. ?
- 8. L’acte de mémoire se fait-il mécaniquement ou est-il fait appel
- au raisonnement ?
- Observation.
- b. L’enfant observe-t-il de lui-même ?
- Observe-t-il avec précision ?
- Quels domaines aime-t-il le mieux observer ?
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- Imagination.
- 10. Son imagination est-elle facilement ou difficilement excitable ? Est-elle claire ou confuse ?
- S’exprime-t-elle par imitation ou par création ?
- Pensée logique.
- 11. Le mode de penser de l’enfant accuse-t-il une aptitude criti-
- que, autrement dit distingue-t-il le vrai du faux, l’essentiel du secondaire ; montre-t-il nne certaine compréhension pour les rapports d’espace, de temps et de cause ?
- Dynamique du travail.
- 12. Comment se comporte l’enfant vis-à-vis d’une tache nouvelle ?
- 13. Ou’y a-t-il à dire sur le comportement de l’enfant au début et
- au cours d’un travail ?
- Travaille-t-il vite, avec soin, avec persévérance ?
- 14. L’enfant manifeste-t-il une certaine adresse manuelle et dans
- quel domaine en particulier ?
- Préfère-t-il le travail intellectuel au travail manuel ou inversement ?
- L’enfant est-il gaucher ?
- 15. Y a-t-il tendance au travail machinal ?
- 16. Le meilleur rendement de l’enfant est-il dû à des influences
- extérieures ou bien l’enlant travaille-t-il bien de lui-même ?
- Fatigabilité.
- 17. L’enfant se fatigue-t-il facilement et plus particulièrement dans
- quel genre de travaux se fatigue-t-il rapidement ?
- Sentiments et volonté.
- 18. L’enfant s’énerve-t-il facilement ou difficilement ?
- Est-il plutôt gai ou sérieux ?
- Y a-t-il tendance à une vie affective exagérée ?
- 19. Se décide-t-il vite à vouloir — ou lentement — ou prudem-
- ment ?
- 20. Se laisse-t-il facilement influencer ou est-il ferme dans ses dé-
- cisions ?
- Situation dans la communauté.
- 21. Comment se trouve l’enfant dans la communauté scolaire ? Manifeste-! il un amour de la vérité, de l’honnêteté, de l’obéissance, de l’ordre, de la patience, un sentiment de la responsabilité, de la maîtrise de soi. un esprit de dépendance ?
- Ou’v a-t-il à dire sur le sentiment d'orgueil, d’ambition et de compassion de l’enfant ?
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- 22. L’enfant, a-t-il le don, l’instinct du commandement ?
- Se soumet-il volontiers et volontairement ?
- 23. La conduite de l’enfant, laisse-t-elle supposer de sérieux dé-
- fauts nerveux ?
- Langage.
- 24. La langue maternelle de Feulant est-elle celle <jui est employée
- à l’école ?
- Dans le premier cas s’agit-il d’un véritable dialecte ou d’un idiome se rapprochant de la langue écrite ?
- A côté de la langue maternelle, l’enfant parle-t-il des langues étrangères ? Lesquelles ?
- 25. Le langage de l’enfant est-il normal ? Y a-t-il des défauls de
- prononciation ?
- 20. S’exprime-t-il avec aisance ou difficdement ? Aime-t-il parler ou doit-il y être contraint ?
- 8° Orientation scolaire et professionnelle.
- L L’enfant a-t-il manifesté un goût sérieux pour une occupation déterminée (groupe professionnel, métier...) ?
- 2. A-t-il connaissance des exigences et difficultés de cette occu-
- pation ?
- 3. L’enfant a-t-il déjà été employé dans certains travaux. Si oui,
- c|uelles observations utiles ont-elles pu être faites concernant son orientation professionnelle ?
- 4. Quelle est l’opinion des parents sur les goûts et aptitudes de
- leurs enfants ?
- Quels désirs ont-ils eux-mêmes exprimés quant à la future profession de leurs enfants ?
- 5. Les parents sont-ils en situation de donner ou faire donner à
- l’enfant l’éducation répondant au choix fait ?
- 6. Observations diverses.
- 7. Pour quel métier ou groupe de métiers l’Ecole considère-t-elle
- l’enfant particulièrement approprié ? Vis-à-vis desquels fait-elle des réserves ?
- 8. Avis du médecin.
- 0. Ouelle école, quel métier recommande l’Ecole ?
- 10. Quel conseil (avis motivé) a été donné par l'Office d’O. P. ?
- I L Quelle école, quel métier l’enfant a-t-il choisi ?
- Observations
- Signatures des maîtres des 8 classes fréquentées par l’enfant, du Directeur.
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- IV. — Quel rôle loue le médecin en O. P. ?
- Une attention toute particulière a été apportée à Vienne en ce qui concerne le rôle du médecin. Et cela se conçoit si l’on songe à l’état physique des jeunes Viennois de guerre et d’après-guerre. Le livret scolaire dont il a été question plus haut donne quelques indications sur la façon dont est conduit l’examen médical. Quelques renseignements statistiques permettront de saisir le rapport existant entre l’O. P. et cet examen.
- En 1927, Y état physique général a été reconnu :
- très bon chez.... 8,3 °/0 de garçons et 9,3 °/0 de jeunes tilles,
- bon chez......... 32,0 de garçons et 34,5 de jeunes filles,
- moyen. . ........ 29,3 % de garçons et 22,2 % de jeunes filles.
- Pour la première fois, des courbes concernant la laille ont été dressées :
- 0,2 °/o de garçons et 0,1 % de filles ont une taille allant jusqu’à 130 cm.
- 0,8 •/„ et 0,5 °lo — — 135 -
- 4.4 °/0 et 2,5 °/o — — 140 —
- 0,2 °/0 et 8,2 °/o — — 145 -
- 18,4 •/„ et 18,6 °/o — • — 150 -
- 23,6 % et 33,6 °/o — — 155 -
- 20,8 °/0 et 24,6 °/o — — 160 —
- 15,5 °/0 et 8,7 °/o — — — 165 —
- 7,8 °/o et 2,8 °/o — — 170 —
- 1,8 °/o et 0,3 °/o — — 175 —
- 0,5 “/„ et 0,1 °/o - — — 180 —
- Tous les renseignements fournis par Y enfant, ses parents, Y instituteur et le médecin sont remis au conseiller d’orientation professionnelle qui doit, en quelque sorte, les interpréter et, parfois, les contrôler. Le meilleur moyen de contrôle est, à n’en- pas douter, Yexamen psychotechnique. Voici ce que nous en dit, en septembre dernier, le Dr Pamperl, chargé de la direction de la Section masculine de l'Office d’O. P. de Vienne : nous n’examinons pas tous les enfants, mais environ 25 °/0. Ce qui nous guide dans l’examen des aptitudes, c’est .
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- 1° la qualification du métier que désire exercer l’enfant, par exemple : mécanicien, électricien, typographe ;
- 2° l’aptitude ou les aptitudes professionnelles spéciales qu’exige le métier souhaité, par exemple : graveur ;
- 3° l’indécision manifestée par certains enfants sur qui les visites, les entretiens, etc., semblent n’avoir eu aucune prise ;
- 4° le désaccord qui, dans certains cas, paraît exister entre plusieurs des personnes qui ont été appelées à donner leur avis sur l’enfant, etc...
- Chaque enfant est soumis, tout d’abord, à un examen collectif, puis subit un examen individuel.
- Les examens collectifs sont de trois sortes : un examen industriel pour garçons, un examen industriel pour jeunes filles et un examen commercial pour garçons et filles.
- Chacun d’eux, auquel participent au maximum 20 enfants, dure quatre heures, y compris une récréation de 25 minutes. Le but est surtout de déterminer le niveau général intellectuel et le plus grand nombre d’aptitudes spéciales.
- Quant aux examens individuels, ils visent plus particulièrement :
- a) à établir un contact personnel entre le conseiller d’O. P. et l’enfant ;
- b) à éclaircir certains doutes qui auraient pu s’élever lors de l’examen collectif ;
- c) à marquer une différenciation de plus en plus grande d’aptitudes se rapportant à un métier.
- Il est assez difficile d’indiquer la durée de ces examens individuels qui sont fonction de l’examen collectif préalable, du désir de l’enfant et de l’impression faite sur le conseiller d’O. P.
- A titre documentaire, citons, avec quelques tests, quelques-unes des 75 questions auxquelles le candidat doit répondre :
- I. Max a 11 ans, Paul est plus jeune de 3 ans et Kurt est aussi âgé qu’eux deux ensemble. Quel est son âge?
- 10. Que doit-on faire quand on est prie de donner son opinion sur une personne que l’on ne connaît que peu? (Souligner la
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- bonne réponse : s’excuser — dire : je ne la connais pas..., etc..).
- 22. Que signifie le proverbe : lout ce qui brille n’est pas or.
- (4 réponses sont données ; souligner la meilleure).
- 25. Souligner tous les nombres qui sont plus grands que 30 mais plus petits que 50 : 28.97.81.53.30.75.46.68.92.14.57.23.86. 50.79.35.64.19.
- 37. Le contraire de désespéré est... (5 réponses sont données, souligner la meilleure...).
- Le lest de Bourdon sert pour l’examen de Y attention.
- Le test de loterie peut servir également de test d’attention (page 37), ainsi que le test n° 26 (page 38).
- Test du modèle à continuer
- x x * * x x x x-x XXX X X * X X X 2 XXXXX XXXXX XXXXX xxxxx
- * xxxxx x x x x X x xxxxxxxxx xx.XXXKX.XX
- tl
- J. \s
- S '
- iVofe. —"Ne pas partager la feuille. Ne pas tirer de ligne. Ne pas gommer,
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- Test de la, ZL-oteirie
- Numéros gagnants
- 008.9.10.15.16.23.29.33.37.38.40.46.48.51.66.68.77.79.82.84.86. 89.92.95.97.100. 101.2.3.4.6.7.11.12.15.20.24.32.33.35.40.43.44. 45.46.49.51.53.57.58.65,67.70.76.81.83.88.89.90.93.94.96 . 202. 3.5.7.10.13.14.17.19.21.23.30.37*43.52.57.59.60.66.70.73.75.76.78.
- 81.83.85.90.96.98.99 . 303.6.7.9.15.18.19.20.22.23.24.29.36.38.40. 41.42.43.45.47.50.52.54.57.67.71.75.77.87.90.99.400 . 403.7.8.15. 17.19.21.22.30.31.33.35.36.37.42.43.44.49.52.55.57.61,65.67.68.69. 70.73.74.78.86.87.88.92.93.95.96.97. 506.8.9.10.12.14.19.20.29.34.
- 37.40.45.46.48.49.52.53.62.65.74.79.80.86.92.97.99. 605.8.10.12. 15,21.26.29.30,33.38.39.43.46.59.65.67.68.74.75.76.78.84.85.88.92.
- 94.99 . 7 0 3.7.10.12.14,16.18.19.26.27.28.32.33.34.35.39.41.44.45. 46.53.54.56.57.61.62.66.69.70.71.73.77.80.82.84.87.90.91.95.98. 804.5.6.7.8.12.13.16,20.21.26.29.34.37.41.43.47.48.53.55.58.62.64. 66.67.69.72.74.76.78.80.82.87.89.90.93.94 . 9 0 6.9.10.12.14.15.20. 23.29.31.38.39.43.44.46.50.52.56.57.58.60.51.62.63.65.67.72.76.78.
- 82.87.89.91.92.98.99.
- Numéros achetés par l’élève
- 729 280 401 714 122
- 959 524 407 603 833
- 946 510 321 191 986
- 504 775 100 417 686
- 029 235 951 595 314
- 378 964 725 868 299
- 132 337 528 969 849
- 713 609 499 271 089
- 825 762 955 947 147
- 434 525 205 788 353
- N. B. — Indiquer le plus rapidement possible les numéros sortis.
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- Test N° 26 N°
- Das tægliche Leben stellt an die menschliche Arbeitskraft immer neue Anforderungen, den die Neuerungen, wie aber auch die allgemein wirtschaftlichen Fortschritte bleiben nicht stehen, sondera nehmen den von der Natur vorgeschriebenen Entwicklungsgang.
- L G U B M • 0 F Ponctuation w K
- V À Ô Ü J Q P Z Y X
- Nota. — L’élève indique dans chaque rectangle le nombre de lois que la lettre située à la partie supérieure se trouve dans la phrase.
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- Il no nous a pas été possible de connaître les résultats auxquels sont arrivés les conseillers d’O. I\ de Vienne par l’examen psychotechnique — et il n’y a pas lieu de s’en étonner, puisque les recherches effectuées en sont encore au début ; elles datent de 1926 et ont porté, l’an dernier, sur 1.348 garçons et 556 jeunes filles..
- Pour terminer, nous ne saurions trop remercier M. le l)r Pamperl et sa collaboratrice, Mme 0'lly Schwarz, qui ont bien voulu nous fournir toutes les .indications que nous présentons, aujourd’hui, à nos lecteurs.
- NOTES ET INFORMATIONS
- l.e 4e Congrès international de l’Organisation scientifique du travail en vue de la diffusion dans le monde des idées relatives à l’organisation scientifique du travail se tiendra à Paris du I!) au 23 juin 1929, sous la présidence effective de M. André Tardieu, ministre des Travaux publics, et sous le haut patronage d’un Comité d’honneur, présidé par Gaston Doumergue, ainsi que d’un Comité de patronnage scientifique présidé par M. Gaston Doumergue, ainsi que dTln Comité de patronnage scientifique présidé par M. Henri le Châtelier, membre de l’Institut.
- Pour tous renseignements complémentaires, s’adresser au Commissariat, Comité national de l’Organisation française, 44, rue de Rennes, Paris (6°).
- Le Congrès de la Fédération universelle des associations pédagogiques visant à trouver dans l’éducation les éléments universels, aura lieu à Genève du 25 juillet au 6 août 1929. Parmi les sections, signalons celles relatives à la préparation du personnel enseignant, à l’enfant difficile, à l’école et la communauté, etc... Des expositions illustreront le travail de ta plupart des sections.
- Les inscriptions doivent être faites avant le 31 mai 1929. Pour le programme détaillé et tous les renseignements supplémentaires, s’adresser au Bureau international d’éducation, 44, rue des Maraîchers, Genève.
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- Les étalonnages de Tests
- NI VE AIJX L)’ÉP REUV ES
- Tests <le Séries numériques ( I )
- PAR
- Madame Henri PIÉRON
- Pour que des tests puissent être utilisés en Orientation Professionnelle un travail préalable est nécessaire.
- Il faut d’abord les appliquer à un assez grand nombre d’enfants, toujours, les mêmes afin de connaître pour ces lests le pourcentage de réussite à chaque âge, ce qui permet de les hiérarchiser au point de vue de leur difficulté pour l’enfant et ce qui donne le droit de remplacer les uns par les autres à la double condition qu’ils fassent appel au même mécanisme intellectuel et que leurs pourcentages de réussite soient semblables ou très voisins.
- On choisit ensuite des lests qui, dans l’ensemble, présentent une difficulté moyenne pour le groupe d’âge à étudier.
- On recommence à les faire exécuter par une autre série d’enfants, et l’on procède au décilage.
- Dédier c’est d’abord classer les enfants par ordre de réussite ; c’est ensuite chercher la note obtenue par celui qui se trouverait premier, dixième, vingtième, trentième, quarantième, cinquantième, soixantième, soixante-dixième, quatre-vingtième, quatre-vingt-dixième et dernier sur 100 enfants testés ayant le même âge.
- Cela permet ensuite lorsqu’on fait exécuter un lest étalonné à un sujet quelconque de rechercher dans l’étalonnage de ce test s’appliquant â son âge si le sujet se classe dans les très bons, bons, moyens ou mauvais vis-à-vis de ce test.
- Ce sont ces doubles résultats que nous donnerons sous cette rubrique (1).
- (1) Nous grouperons le plus possible nos questions de façon à ce que les résultats globaux représentent les résultats d’un seul mécanisme mental, d’une seule forme d’intelligence.
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- _ 41 —
- Nous commencerons par donner pour des lests de complètement de séries de chiffres les niveaux de réussite de ces épreuves (2).
- La technique d'application de ces lests.
- Ces tests qui ne font appel qu’à la forme d’intelligence numérique consistent à retrouver dans une série de nombres donnés quel est l’ordre qui a présidé à leur assemblage. Cette loi trouvée, il faut continuer seul la série pour montrer que l’on a compris (1).
- Chaque fois que les enfants devaient exécuter un de ces tests, un exemple précédait toujours ces questions (2).
- Les résultats.
- Nous diviserons nos séries en groupes homogènes selon l’opération nécessaire à leur exécution si ce sont des séries simples et suivant les difficultés de la tâche pour les séries faisant appel à plusieurs sortes d’opérations.
- (1) Nous donnerons les résultats de nos questions groupées par similitude d’opérations nécessaires à leur exécution. Au contraire, au cours de l’exécution de ces tests, les séries ont été présentées dans un ordre tel que jamais deux séries des mêmes groupes n’étaient présentées le même jour afin d’éviter l’influence de l’une sur l’autre.
- Chaque fois que nous posséderons des résultats antérieurs se rapportant à la même question, nous les noterons à titre comparatif. Nous avons, en 1922-1923, fait exécuter à 118 sujets 28 exercices de complètement de séries (cf. Mm* Henri Piéron : Essai d’étalonnage de lests de séries à compléter, Année Psychologique, 25' année [1924], pp. 195-213). Et nous avons repris 7 de ces séries sur 984 élèves de 11 à 15 ans dans une fiche psychologique (M"° Henri Piéron : Un test d’intelligence pour l'orientation professionnelle, Année Psychologique, 27' année [1926], pp. 174-202).
- (2) Voici, pour exemple, le commencement d’une de ces feuilles :
- Nom .................
- Exercices de continuation de séries
- Exemple : Ecrivez les deux nombres qui continuent la série :
- 2, 4, 6, 8, 10, 12. ................
- Les deux nombres qui continuent la série sont 14 et 16, écrivez les.
- Faites seul les séries suivantes :
- 1" Ecrivez les deux nombres qui continuent la série :
- 1, 5, 6, 11, 17, 28, ..............
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- Les sujets.
- Nos sujets appartiennent tous aux écoles communales soit de province soit de Paris ou de la banlieue parisienne (1).
- Chaque petite question a été traitée par 1:360 enfants en moyenne — pour des âges variant entre 10 et 15 ans.
- Ces enfants se répartissent en deux groupes : ceux de l’école communale et ceux des cours complémentaires, c’est-à-dire pour ces derniers après sélection par un concours à l’entrée.
- Nous donnerons les résultats comparés de ces deux groupes dans les questions pour lesquelles tous les deux auront eu à répondre.
- Séries ne faisant appel qu'au mécanisme de l'addition
- Dans ce groupe nous ferons des subdivisions :
- 1er sous-groupe. — Les séries où il faut ajouter toujours le même nombre au chiffre précédent (+ 3 ou + 5).
- Série 1. — 1.4.7.10.13.16 (19.22) (2).
- Série 20. — 4.9.14.19.24.29 (34.39).
- 2e sous-groupe. — Les séries où il faut additionner, non un nombre nouveau à un terme donné mais les deux derniers termes.
- Série 10. — 1.5.6.11.17.28 (45.73).
- Série 15. — 1.4.5.9.14.23 (37.60).
- 3e sous-groupe. — Séries dans lesquelles le chiffre à additionner change chaque fois suivant une loi de progression (+1 + 3 + 5 + 7 + 9 ou + 4 +5 + 6 + 7 + 8 +9).
- (1) Nous avons opéré : à Paris dans 12 arrondissements (3 centraux et 9 périphériques), en banlieue immédiate (Neuilly, Boulogne) et en province dans les départements suivants : Nord, Var, Loir-et-Cher, Ile-et-Vilaine). Nous avons ainsi fait rentrer dans notre étalonnage des groupes assez différents de fortune, de milieu et de situations géographiques pour que nos résultats ne soient pas bons simplement pour un milieu ou dans un endroit déterminé.
- (2) Nous mettrons entre parenthèses les réponses que l’enfant devait donner.
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- Série 7. — 5.G.0.14.21.30 (41.54).
- Série 35. — 0.10.13.18 (25.34).
- Série 22. — 14.18.23 (29.36).
- 4e sous-groupe. — Séries où le nombre à ajouter ne varie plus suivant une progression régulière mais où il y a alternance de deux nombres seulement (+ 4 + 5 + 4 + 5).
- Série 3. — 14.18.23.27.32 (36.41).
- Relevons pour les âges de 10, 11, 12 ans les résultats de ces séries. Nous aurons le tableau suivant p. 44.
- Si l’on considère la réussite moyenne par âge on remarque qu’il y a une progression régulière mais peu forte avec l’âge (1).
- Si nous comparons ces résultats à ceux obtenus dans nos expériences précédentes pour les mêmes séries et les mêmes âges, nous voyons que la réussite moyenne générale du groupe ne faisant appel qu’à l’addition qui est de 39,70 % (8.728 réponses au total) est fort inférieure à la même moyenne obtenue en 1922-1923 qui était de 66,85 % (2). Cette différence paraît devoir s’expliquer par deux facteurs. En 1922, nous n’avions fait appel qu’à des écoliers parisiens et il semble bien que ces enfants sont plus précoces et d’autre part la baisse de niveau constatée par tous les éducateurs chez les enfants nés pendant la guerre ou à la sortie de la guerre doit expliquer en grande partie celte différence sensible.
- (1) Nous avons trouvé au cours de nos expériences, mélangés aux enfants d>e 10, 11 et 12 ans, quelques enfants bien doués et très en .avance dans leurs classes dont nous n’avons pas fait état, car ils ne sont pas représentatifs de leur âge.
- Nous avons eu ainsi 306 résultats donnés par des enfants de 9 ans pour les séries de ce groupe et leur moyenne de réussite a été de 57,30 7„, c’est-à-dire notablement supérieure à celle des enfants de 12 ans.
- Nous avons par contre trouvé dans ces mêmes classes des retardés de 14 ans. Leurs 362 résultats donnent 42,15 °/« de réussite moyenne, ce qui, par contre, est notablement moins bon que la réussite des enfants de 12 ans.
- (2) Expériences faites l’année scolaire 1921-1922 sur 11S enfants des écoles de Bouiogne-siir-Seine, directeur M. Falguière, que nous remercions vivement,
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- NUMÉROS 10 ANS 11 ANS 12 ANS TOTAL
- des séries. Nombre de sujets. Réussite o/o Nombre de sujets. Réussite o/o Nombre de sujets. Réussite o/o Nombre total de sujets. Réussite moyenne o/o
- 1 142 57.14 448 62.50 416 75 » 1.006 64.88 %
- 20 154 62.33 494 70.44 560 79.64 1.208 70.80 '
- 10 168 22.61 476 39.49 396 52.52 1.040 38.21
- 15 142 15.49 464 21.55 516 25.96 1.122 21 »
- r* / 198 20.20 522 31.03 596 47.51 1.316 32.94
- 35 128 0 342 26.56 352 39.77 822 21 11
- 32 154 20.77 494 34.85 560 48.57 1.208 34.73
- 3 142 23.80 448 25 a 416 50 » 1.006 32.93
- Moyenne de réussite par âge ... 1.228 réponses. 27.79 °/o 3.688 réponses. 38.55 % 3.812 réponses. 52.37 % 8.728 Total de réponses. 39.70 Moyenne générale.
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- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- llloiiu^rupliies des professions intellect u<-11<h
- J /American Üouncil of Education a invite les différentes Universités américaines à contribuer à l'établissement d’une fiche individuelle pour chaque étudiant, représentative de son niveau d’efficience dans le travail au cours de ses années d’université et complétée par une fiche visant à la mesure de La personnalité. Ceci impliquait, outre un comité destiné à l’étude de la méthode, un sous-comité pour l'établissement de la fiche et 3 autres comités connexes pour s’occuper : 1° D’établir des lests d'efficience dans les différentes matirèes ; 2° D’élablir des tests de personnalité et de caractère ; 3° D’établir les monographies professionnelles. Ces dernières visaient surtout à l’orientation professionnelle des étudiants, c’est-à-dire, en somme, à une orientation au second degré. Elles devaient être établies du point de vue des conditions optima de réalisation. Une liste de sources générales ayant été dressée, une liste de monographies professionnelles déjà existantes ayant été consultée, voici comme a été conçu le plan de la monographie idéale : 1) Définition du travail : viser à centrer l’intérêt de l’étudiant sur le sujet traité ; 2) Type de travail (à l’intérieur ou dehors — sédentaire ou voyageur — décision rapide ou maturation lente du problème) ; 3) Parenté du travail avec d’autres groupes ; 4 et 5) Origines, passé et développement; 6) Modèles d’organisations existantes ; 7) Point d’où l’on part ; 8) Avancement normal ; 9) Conditions d’avancement rapide ; 10) Devoirs essentiels ; 11) .Caractéristiques physiques et méthodes nécessaires ; 12) Caractéristiques physiques et mentales préjudiciables (ces informations, étant donné l’état actuel de la question, ne sont qu’esquissées) ; 13) Etudes détaillées du salaire ; 14) Etude des salaires d’hommes de même niveau éducatif dans différentes occupations ; 15) Proportion d’étudiants d’université dans la profession ; 16) Préparation initiale utile au départ et pour l’avancement ; 17) Possibilités d’essai ; 18) L’offre et la demande ; 19) La possibilité, pour ce travail, d’ouvrir un accès à d’autres activités ; 20) Coût de la préparation au métier ; 21) Spécifications particulières pour le métier choisi ; 22 et 23) Satisfaction et mécontentement, d’ordre social ou antre, inhérents à la profession ; 24) Bibliographie.
- Citons les efforts réalisés dans cet ordre d’idées par l’Université d’Ohio qui nous a communiqué un compte-rendu de son activité (O. C. A. Bulletin n° 37). Un Comité a été chargé : 1° De préparer
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- une liste de références à l’usage des conseillers d’orientation ; 2° De rassembler des monographies des métiers où les étudiants d'université sont le plus souvent amenés, leurs études terminées, à rechercher un emploi. Ces grands centres coopèrent à la mise au point de cette orientation des intellectuels. Nous y trouvons les indications des monographies concernant l’agronomie, l’architecture et la musique, les affaires (comptabilité, questions financières, réclame, organisation, réalisation avec l’étranger, etc.), le métier de dentiste, celui d’acteur, ceui de professeur, d’ingénieur, de journaliste, de légiste, de bibliothécaire, d’employé d’assurance et de bureau, de médecin, d’infirmière, de pharmacien, de conducteur de transports, de charcheur scientifique et même de ministre de la religion, de secrétaire, de travailleur social, de statisticien, de vendeur, et d’écrivain. Les étudiants sont ainsi mis à même, s’ils le désirent, de se tenir au courant des exigences réelles de métier auxquelles ils auront à faire face au sortir de l’Université.
- 11 faut dire que ceci se passe dans un pays oi'i la condition économique d’un travailleur intellectuel est singulièrement moins difficile que chez nous.
- Th. Simon. — Les bénéfices du mouvement pour l’orientation. La lacune principale. Quelques résultats positifs et méthode pour l’étude de l’ajustement des métiers et des aptitudes. — B.A.B. nos 1 et 2, XXIXe année, octobre et novembre 1928.
- Avec beaucoup de lucidité, et non sans déployer parfois une agréable ironie, S. note les caractéristiques actuelles du mouvement de l’O. P. en France. L’attention des enfants et des familles est attirée sur le problème, les bureaux d’orientation se préoccupent de tenir un état du marché’ du travail. On commence à tenir compte des contre-indications physiques, et l’école, par le rôle qu’elle est appelée à jouer en matière d’O. P., se rapproche davantage de la vie. Voici quelques résultats positifs. L’O. P. a quitté le domaine do le théorie pour devenir pratique. Voyons ce qu’elle y devient, une fois « déblayé » le terrain, c’est-à-dire « exécuté » un certain nombre d’orienteurs qui, avec des galvanomètres et des méthodes, prétendent scientifiquement explorer l’équipement psycho-physiologique de leur sujet. Il y a les essais pragmatiques dont la liste importante .de monographies ne serre de près aucune réalité pratique. Il y a les tentatives plus ambitieuses de certains médecins qui ramènent toute la question à un examen clinique, la question psychologique demeurant confiée à l’intuition de l'instituteur.
- Ce qui ressort de ces tentatives est la place restreinte qu'accorde
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- l’orientation actuelle à la psychotechnique, sur laquelle, il y a quelques années, on fondait tant d'espoir. A quoi tient un tel revirement ? Peut-être tout simplement au fait que la psychologie, pour se faire pratique, consent à se laisser « orienter » elle-même par « l’orientation » qui fait des demandes théoriques et irréelles en termes d’une psychologie périmée : .attention, mémoire, volonté, et sur des bases aussi floues s’évertue à dresser des « profils » correspondant aux diverse exigences des métiers.
- Sur quels résultats positifs est-il, dès lors, possible de tabler ? S. nous en donne un exemple fort intéressant, tiré d’une école de filles de la ville de Paris. D’octobre 1924 à juillet 1927, 175 fillettes ont quitté l’école. Il a été possible de suivre ce qu’étaient devenues 112 d’entre elles.
- Les professions étant divisées en 4 catégories :
- 1) Elèves de cours complémentaires, employées de bureau, sténodactylos, commerçantes.
- 2) Métiers demandant apprentissage : couture, mode, maroquinerie, etc.
- 3) Fabrique de chaussures.
- 4) Professions sans apprentissage ou manœuvres, domestiques, etc., etc.
- On constate que parmi les élèves ayant continué leurs études, 11 avaient des niveaux supérieurs à leur âge, 3 un niveau moyen (2 de ces 3 n’ont pu rester) ; que parmi les employées et les manuelles avec apprentissage, toutes étaient d’un niveau au moins moyen ; dans la catégorie enfin des manœuvres, aucun enfant n’avait un niveau supérieur ou égal à son âge. Et S. conclut :
- 1° Un ajustement s’opère entre la valeur des enfants et le métier. Et, dans les conditions très précises, sur le modèle de celles où cette étude a été faite, la valeur professionnelle de l’enfant peut être apportée par sa scolarité ;
- 2° C’est par des enquêtes de ce genre qu’on devrait parvenir aux lois qui président à la façon dont s’engrène un individu dans un métier où il réussit.
- H. Piéron. — L'Année Psychologique, t. 28, en deux vol-tuiles, XVI-866 p.-110 fr. — F. Alcan, 108. boulevard Saint-Germain, Paris.
- Le 28e volume de Y Année Psychologique, qui vient de paraître, donne les comptes-rendus des travaux publiés dans les périodiques de 1927 et des livres parus en 1927-28.
- Dans les mémoires, demt on trouvera le sommaire plus loin, on doit particulièrement signaler l’étude d’A. Fessard, qui fournit,
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- pour la première lois, des indications précises sur les divers indices qu’on peut utiliser pour l’appréciation de la validité d'une méthode de tests, indices dont l’emploi tend, très justement, à se généraliser.
- Les applications psychologiques el la psychotechnique tiennent, comme dans les volumes précédents, une très large place (plus de J30 pages) parmi les compte rendus bibliographiques qui fournissent un tableau complet de tout le travail d’une année en ce domaine, particulièrement poussé aux Etats-Unis, en Allemagne, en Russie et en Angleterre.
- Sommaire des mémoires el noies
- Paul Kuciiarski. Recherches sur U excitabilité auditive en fonction du temps.
- Marcel Foucault. La perception clés longueurs par la peau.
- Henri Piéron. Excitation lumineuse intermittente et excitation alternante. Caractéristiques et Lois.
- Dr Quercy. Remarques sur les images consécutives. Leur pouvoir hallucinogène. Auto-Observation.
- S. Vélinsky. La certitude associative. La base de la Psychologie de l’apprentissage.
- Marcel François. Contribution à l’étude du sens du Temps. La Température interne comme facteur de variation de l’appréciation subjective des durées.
- Alfred Fessard. La Précision et la cohérence des résultats dans les examens par tests.
- 11. Laugier et D. Weinberg. Le Fadeur subjectif dans les notes d’examen.
- J. M. Lahy. Le Facteur Psychologique dans la construction des machines à écrire.
- Fr. Bai viGARTEN. Les Tests de Binet-Simon et la Technique moderne.
- O
- AGEN. — Imprimerie Morerne (Assoc. Coop. Ouv.), 43, rue Voltaire.
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- 1** Année N° 2 Février 1929
- BULLETIN
- DE
- l’Institut National Orientation Professionnelle
- TECHNIQUES SIMPLIFIÉES DE LABORATOIRE
- Les temps de réaction. — Le Chronoptôscope
- PAU
- M. Henri PIÉRON
- La technique de laboratoire exige un appareillage compliqué et nécessairement coûteux ; ses progrès se traduisent par un perfectionnement d’outillage qui tend à rendre de plus en plus difficile la généralisation des méthodes.
- Or les besoins de la pratique exigent une diffusion des méthodes techniques d’examen, avec, tout à l’opposé, un minimum d’outillage et l’emploi de procédés simples et peu coûteux.
- Il faut donc, sans méconnaître la nécessité d’une technique perfectionnée, toutes les fois que celle-ci sera possible, dans certains laboratoires de grand rendement par exemple, chercher à mettre au point des techniques simplifiées satisfaisantes.
- Envisageons aujourd’hui la mesure des vitesses de réaction et de leur stabilité, qui fournit des caractéristiques individuelles très importantes et qui est mise au premier plan dans un grand nombre d’examens.
- La mesure du temps qui s’écoule entre un signal et une réponse motrice déterminée doit se faire en millièmes, ou.tout au moins en centièmes de seconde. On l’effectue au moyen de chronoscopes électriques très coûteux (d’Arsonval ou Hipp) impliquant des montages avec circuits plus ou moins compli-
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- qués, avec dispositifs d’excitation et de réaction que l’on a constamment perfectionnés, etc... (1) ; ou bien on utilise des méthodes d’enregistrement graphique par signaux inscrip-teurs sur cylindres noircis, en relation avec des diapasons électriques, mesurant le temps,- et avec des appareils électriques d’excitation et de réaction (comme dans les dispositifs établis sous la direction de Laliy au Laboratoire psychotechnique de la S. T. C. R. P.). Or, on peut obtenir, par des procédés d’une simplicité enfantine, des données déjà fort utiles sur les vitesses de réaction
- Pa> exemple, on dresse un mètre de bois au-dessus d’une table, on fait tomber, dans une boîte, une bille, tenue pincée enlre deux doigts, d’une hauteur variable, en la plaçant devant une division déterminée du mètre, et l’on demande au sujet dont on vent mesurer la vitesse de réaction, d’empêcher la bille d’entrer dans la boîte, eh avançant brusquement une planchette au-dessus de celle-ci, au moment où il voit que la bille tombe (un petit tiroir à glissière faisant couvercle, au-dessus de la boîte et recevant la bille, constitue un dispositif commode). Il faut lâcher brusquement la bille, et empêcher le sujet de pousser la planchette avant qu’on lâche, bien entendu. Quelques exercices préalables sont utiles.
- On commence par faire tomber la bille de 30 centimètres au-dessus du plan sur lequel glisse l’obstacle obturant la boîte (ce qui correspond à un temps de chute de 25 centièmes de seconde). Si, au bout de 3 épreuves, le sujet n’a pas réussi une seule fois à empêcher l’entrée de la bille, on se place à 44 cm. (le temps de chute étant de 0 sec. 30) et, s'il réussit, on redescend de 2 en 2 centimètres.
- S’il a réussi les 3 fois, on se place à 20 cm. (temps de chute de 0 sec. 20) et l’on recommence les 3 épreuves. Si la réussite n’est pas obtenue, on remonte de 2 en 2 centimètres.
- Dans tous les cas, on continue les épreuves jusqu’à ce que, pour une hauteur donnée, la réussite soit juste obtenue deux fois au moins sur les 3 épreuves. Celte hauteur permet de connaître le temps écoulé entre la chute de la bille et le mou-
- <1) J’ai moi-môme fait construire des dispositifs de ce genre-, décrits dans la Technique de Psychologie expérimentale (2“ édition) que j’ai publiée en 1910 avec Ed. Toulouse ; Bevne et Behague en ont établi également, pour l’examen des aviateurs, ces dernières années.
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- vement (1), et donne donc un indice de vitesse de réaction, permettant de classer des enfants à ce point de vue.
- Pour rendre plus précise la détermination du temps de réaction, et pouvoir étudier sa stabilité, j’ai fait construire un dispositif très simple, réalisable à peu de frais, fondé sur le même principe, en utilisant les lois de la chute des corps (2).
- line tige métallique, portant à la base une masse (d’environ 000 grammes) a une tête arrondie maintenue dans des évidements de mors d’une pince en bois (du type de la pince à linge).
- Si l’on presse la pince, la tige tombe verticalement. Le sujet doit l’arrêter en poussant une petite barre métallique, pivotant autour d’un axe, et qui tenait ouverte une pince tendue par des ressorts assez puissants (les bras de cette pince étant tenus serrés dans une encoche de la barre). Dès que le sujet s’aperçoit que la tige tombe, il pousse la barre et la pince, d’action brutale, immobilise aussitôt la tige dans sa chute. En traçant sur la tige, au niveau d’un index fixe, des mies correspondant aux longueurs parcourues au cours de la chute pour chaque centième de seconde, on voit immédiatement le nombre de centièmes (et même de millièmes, si l’on subdivise les espaces correspondant aux centièmes) qui se sont écoulés entre le moment où l’expérimentateur a pressé sur la pince de bois libérant la tige, et celui où le sujet a pressé sur la barre libérant la pince immobilisatrice.
- Pour rendre plus précise l’appréciation du départ de la lige, celle-ci est vue par l’orifice d’une petite fenêtre ouverte dans une plaque de bois placée entre elle et le sujet ; et, sur la tige, dans sa position initiale, une marque rouge est faite juste au niveau de la fenêtre. Le sujet regarde donc la tache rouge bien éclairée, grâce à une lampe placée derrière la plaque de bois dont la face postérieure, devant laquelle tombe
- (1) Le temps est déterminé d’après la loi connue de la chute des corps, la résistance de l’air étant négligeable. L’espace parcouru est égal à la moitié du produit de la constante g d’accélération (981 à Paris) par le carré dies temps. Le temps est donc égal, en secondes, à la racine carrée du quotient de 490,5 (i g) par la hauteur (en centimètres).
- (2) J'ai présenté ce « Chronoptôscope », construit par mon mécanicien de laboratoire M. Boivin, à la séance du 8 mars 19213 de la Société de Psychologie de Paris. 11 faut noter que c’est sur le principe de la chute dés corps qu’ont été établis des appareils de contrôle des chronoscopes de précision, comme celui de Hipp.
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- ia tige, est peinte en blanc, pour réfléchir la lumière. Dès qu’il voit la tache se déplacer, il réagit.
- On a ainsi les temps de réaction simple à la vue. En plaçant un sifflet en caoutchouc entre les bras de la pince à linge, un signal sonore est donné quand on laisse tomber la tige, et, en masquant alors la fenêtre qui laisse voir le repère de la tige, on obtient un temps de réaction auditif.
- On obtient, en moyenne, des temps de réaction simple, de 20 à 30 centièmes de seconde, chez les adultes (en leur donnant le signal « attention » deux secondes environ avant la chute), et des temps de réaction auditive de 15 à 25 centièmes de seconde.
- t
- -/yvçj ri
- ;
- Le Chronoptôscope en place sur table vu de 3/\ arrière.
- En P la pince retenant la tige t et la laissant tomber quand l'expérimentateur en serre les branches en p. — F désigne l’ouverture à travers laquelle le sujet placé en face voit une marque rouge sur la tige. — I désigne l’index en face duquel se trouve au départ le zéro de la tige, et qui indiquera le temps de réaction d’après la marque de la tige, lorsque celle-ci aura été arrêtée par le sujet. — En B le bouton de la barre cjue pousse le sujet, libérant la pince métallique M tirée par les ressorts r et r’, et immobilisant la tige entre ses axes en m. — L’ampoule éclairante se trouve derrière l’écran E.
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- La figure ci-jointe permet de comprendre le dispositif. Pour lechelle des graduations de la tige, on trouvera dans le tableau ci-après les espaces correspondant aux centièmes de seconde successifs. L’index est placé en face du zéro quand la lige est en place. Au-dessus, la première marque sera à 0,5 millimètres, la deuxième à 2 mm., etc...
- En réalité, les 8 ou 10 premières marques sont inutiles, car, il n’y a, en aucun cas, de temps de réaction (sauf si le sujet fait un mouvement anticipé) inférieur à 9 centièmes de seconde environ.
- La lecture des millièmes de seconde, en revanche, pourra se faire facilement dans la région usuelle des repères (autour de 20 centièmes de seconde), l’espace correspondant à un centième étant déjà de 20 millimètres entre les centièmes 20 et 21 (et de 25 mm. entre les centièmes 25 et 26).
- On pourrait aussi avoir une tige graduée en millimètres, et traduire la dislance spatiale en temps par emploi de la table que nous donnons.
- Le dispositif comporte un bâti en bois, avec, ouverture inférieure assez grande pour permettre la chute libre de la tige. On le place sur une table devant laquelle le sujet est assis, en faisant dépasser la région antérieure et en assurant la stabilité avec un poids de 5 kgr., posé sur la planche inférieure, ou bien en plaçant un serre-joint.
- Comme la tige tombe, si le sujet oublie de réagir, ce qui arrive quelquefois au début, on place, en dessous, sur le plancher, une corbeille à papier avec quelques chiffons ou papiers, recevant la tige (qui a 70 cm. de long) sans quelle sorte de l'orifice, ce qui implique une surélévation de 8 à 10 cm. environ, pour une fable ayant 72 à 75 cm. de haut (la fenêtre de l’appareil, correspondant au niveau du regard d’un individu moyen assis sur une chaise, se trouvant à 42 cm. au-dessus du niveau de la table).
- On remonte la tige après chaque épreuve (un index marqué sur la tête arrondie permettant de lui donner la position convenable pour que la marque rouge soit juste derrière la fenêtre). Pour cela, quand on tient la tige, il faut ouvrir la pince immobilisatrice en calant ses branches, ce qu’un ressort de rappel appliqué à la barre pivotante permet de faire automatiquement.
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- Nous espérons que ce dispositif, qu’il soit construit ou acheté, rendra possible dans les offices d’orientation professionnelle, et dans les écoles et établissements d’instruction, le classement des enfants d’après leur vitesse île réaction et surtout d’après leur stabilité (celle-ci étant d’autant plus grande que la variation moyenne, sur une série de 20 déterminations, est plus petite).
- Tableau de graduation de la tige
- (chiffres arrondis, en millimètres)
- Centièmes Distances Centièmes Distances Centièmes Distances Centièmes Distances
- 0. .. .. 0 10.. . 49 20.. . 196 30.. . 441
- 1... .. 0,5 11.. . 59,3 21.. . 216,1 31.. . 470,9
- 2. . . . . 2 12.. . 70,6 22. . . 237,2 32.. . 501,8
- 3. .. .. 4,4 13. . . 82,8 23. . . 259,2 33.. . 533,6
- 4. . . .. 7,8 14. . . 96 24. . . 282,2 34.. . 566,4
- 5. . . .. 12,2 15. . . 110,2 25. . . 306,2 35.. . 600,25
- 6. . . .. 17,6 16. . . 125,4 26.. . 331,2
- 7. . . .. 24 17.. . 141,6 27. . . 357,2
- 8. .. .. 31,4 18. . . 158,8 28.. . 384,2
- 9. .. .. 39,7 19.. . 176,9 29.. . 412,1
- La validité des Tests d’aptitude professionnelle
- PAR
- M. -A. FESSARD
- Lorsqu’on nous présente des tests d’aptitude élaborés en vue de l’orientation ou de la sélection professionnelles, on y joint habituellement, pour nous permettre de les utiliser avec fruit et pour nous convaincre de leur valeur pratique, quelques renseignements statistiques qui proviennent soit d’applications réelles, soit de courts essais préalables non forcément suivis de réalisations.
- Parmi ces renseignements, il y a d’abord tout ce qui se rapport à Y étalonnage des tests, grâce à quoi nous pouvons donner un sens aux notes ultérieurement recueillies ; il y a ensuite la comparaison de la capacité professionnelle avec le
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- résultat de l’examen antérieur des aptitudes, lorsqu’on a pu les mettre en parallèle sur un nombre pas trop petit d’individus (une cinquantaine au moins) formant un groajje de contrôle. Le résultat de celte confrontation fondamentale est généralement exprimé par un coefficient de corrélation : plus le parallélisme est étroit, plus ce nombre s’approche de l’unité et meilleure, donc, est la méthode d’examen. Aussi dit-on que ce coefficient particulier mesure la validité du test ou des tests employés. Ainsi, on dira que la validité d’un test relativement à une certaine profession est. égale par exemple à 0,70. Ou’esl-ce que cela signifie au juste? C’est ce que nous allons essayer de montrer dans quelques articles de ce Bulletin.
- Ce que nous désirons connaître, ce n’est pas un coefficient abstrait. Les théoriciens nous disent qu’une corrélation égale à l’unité indique une dépendance parfaite, tandis qu’une corrélation nulle révèle l’indépendance complète entre deux qualités. Traduisons cela en langage pratique : dans le premier cas, cela signifie que, grâce au test, nous ne ferions jamais que des pronostics infaillibles ; dans le second, au contraire, le test ne nous serait d’aucune utilité, nous nous tromperions autant en l’employant qu’en le délaissant. Puisqu’un test n’est jamais parfait, et que, lorsqu’il en est d’inutiles, on ne les conserve pas, on se trouve toujours dans un cas intermé-' diaire, dans un cas où les fautes de pronostic, inévitables, sont cependant moins nombreuses que lorsqu’on néglige d’examiner les aptitudes. Nous allons justement demander au coefficient, de validité de nous faire connaître l’erreur que nous devons encore craindre en utilisant les tests, et nous pourrons ensuite juger du bénéfice.
- Transformée ainsi la question reste obscure : puisqu’il s’agit d’erreur, il est nécessaire de préciser ce qu’on entend par se tromper. En effet, on peut s’intéresser à l’erreur qu’il faut craindre sur la valeur professionnelle escomptée ; ou bien au nombre d’individus qui risquent, à chaque degré de capacité, d’être mal cotés (sur ou sous-estimés). A ces deux points de vue correspondent, deux aspects de ce qu’on appelle la valeur prédictive des épreuves employées. De plus, le pronostic n’est pas tout : il n’est pratiquement rien s’il n’amène
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- à prendre une décision positive ou négative, à émettre un avis, favorable ou non. Il y a coupure dans l’ensemble des postulants à une profession (l’enfant à orienter peut être considéré comme un postulant momentané à une série de métiers), et finalement un certain nombre d’entre eux seront placés à tort d’un côté, ou de l’autre, de la coupure : nouvelle manière d’envisager l’erreur, à laquelle correspond ce qu’on peut appeler la valeur sélective du test. Pour la calculer, il faudra tenir compte, à côté de la validité, des conditions qui fixent le niveau de la coupure (conditions souvent arbitraires, ou imposées par les besoins de main-d’œuvre).
- Sous quelque aspect qu’on l’envisage, la valeur d’une méthode qui donne lieu comme ici à des applications étendues finit à la longue par se dégager d’elle-même, à la suite des succès ou des échecs constatés. En même temps, l’expérience acquise fournit 4es suggestions pour l’amélioration des procédés. Si l’on se refuse à toute anticipation, on peut évidemment, par un simple pointage des erreurs, déterminer a posteriori les valeurs prédictive et sélective des tests employés. Il faut seulement pour cela observer un très grand nombre de cas. Cependant il est indispensable, avant de se résoudre à appliquer couramment une méthode, d’en supputer les chances de succès, et de ne pas tout attendre d’une vérification tardive et de tâtonnements toujours coûteux. Un contrôle expérimental est inévitable, mais on peut se contenter d’une expérience très réduite (expérience de contrôle) si l’on consent à utiliser, pour suppléer à la rareté des cas, certaines hypothèses vraisemblables, certaines lois statistiques, qui tirent leur valeur de ce qu’elles ont été fréquemment vérifiées et de ce qu’elles sont parfois théoriquement assises par le Calcul des Probabilités. Nous en verrons des exemples bientôt.
- Pour les calculs qui vont suivre, nous partirons donc des données recueillies sur un groupe de contrôle. Si nous avons effectué nous-même ce travail préliminaire, nous serons en possession des notes individuelles d’aptitude (désignées plus loin par A) et des notes correspondantes de capacité professionnelle (désignées par C). Nous calculerons la moyenne arithmétique des premières, soit Am , et des secondes, Cm . Nous aurons besoin également de mesures de dispersion,
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- c’est-à-dire de l'écartement moyen des sujets autour de leur moyenne. Pour cela, il faut faire la liste des écarts individuels, qu’on élève au carré ; on prend la moyenne de ces carrés ; on extrait la racine carrée du résultat. Le nombre auquel on aboutit s’appelle Y écart étalon ou écart type, et on le représente par la lettre grecque cr : nous aurons donc à considérer l’écart type des notes A, ou <ra, et celui des notes C, ou <rc. Enfin nous calculerons le coefficient de validité rac, à l’aide, d’une formule classique (de Pearson) que nous n’avons pas à expliquer pour le moment.
- Si nous ignorons les détails de l’expérience de contrôle, comme c’est le cas lorsqu’on nous présente un test, nous exigerons de connaître au moins oa^o-c, etrac, et au besoin Am et Cm. Si l’on nous fournit les étalonnages sous forme de déci-lages, et si: ces décilages montrent une certaine symétrie, on peut à la rigueur prendre pour Am et Cm] les cinquièmes déciles correspondants (ou médians), et pour Œa et o-c le produit par 1,48 du semi-interquartile (demi-écart entre le troisième et le premier quartile).
- N’oublions pas. que nous allons utiliser ces nombres, qui résument les principaux caractères d’un groupe restreint, pour essayer de nous faire une idée générale des erreurs à craindre dans de futures applications éventuelles. Ceci n’est légitime (et encore, par suite de notre impuissance à tout régler d’avance, faut-il s’attendre parfois à des mécomptes) que lorsque les conditions de l’expérience de contrôle sont bien celles-là même qui régiront l’application ultérieure. De grandes précautions doivent être prises. Certaines règles, qui sont de bon sens, n’en ont pas moins besoin d’être sans cesse rappelées. Le contenu des tests doit être précisé avec une grande rigueur, de façon à ne laisser place à aucune modification arbitraire de la part des opérateurs ; les conditions d’emploi doivent être bien réglées et, autant qu’il se peut, rester toujours les mêmes. La capacité professionnelle sera exactement définie et mesurée par un nombre ; si c’est objectivement impossible, on se contentera d’une combinaison de plusieurs estimations subjectives émanant de juges compétents, aussi nombreux que possible. Enfin il faut savoir dans quelles conditions a été formé le groupe de contrôle : les individus qui
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- le composent doivent avoir été choisis au hasard dans la collectivité même où ils se recruteront ensuite. 11 ne suffit pas que l’on soit fixé sur l’âge, le sexe, le milieu social, etc. 11 faut encore que rac ait été calculé sur le groupe complet. C’est ce qui a lieu lorsque les tests essayés n’ont pas d’abord servi à la sélection ou à l’orientation effectives des sujets, qui ont alors choisi leur métier et ont réussi à s’y faire accepter de la même manière qu’avant l’introduction des examens psychologiques. Mais il arrive aussi que, la nouvelle méthode ayant joué, nous ne puissions pas connaître la capacité professionnelle de ceux qui, sans cette méthode, n’auraient pas été empêchés d’exercer la profession considérée. Dans ce cas, il n’est pas impossible de calculer la corrélation probable du groupe entier à partir de la corrélation obtenue sur le groupe tronqué. Nous ne parlerons pas actuellement de cette correction, qui sera toujours supposée faite lorsqu’elle est nécessaire. Pour le moment ne compliquons pas la question : il suffit qu’on en aperçoive les points délicats.
- Rappelons-nous maintenant ce que nous nous étions proposé au début de cet article : donner un sens au coefficient de validité en essayant d’en tirer des renseignements sur les erreurs de pronostic et de choix final. Pour y arriver, supposons d’abord que nous n’employions pas de tests pour prévoir la capacité professionnelle ; nous ne devrons pas cependant escompter au hasard la capacité de chaque individu : C’est en supposant chez tous une capacité moyenne Cm que nous serons à peu près sûrs de faire le minimum d’erreur. Sans doute, si nous nous en remettions seulement à des intuitions hasardeuses pourrions-nous parfois, par chance, tomber tout à fait juste : mais nous le paierions d’autre fois en commettant des fautes grossières. Puisque l’erreur sur chaque individu reste naturellement inconnaissable par avance, nous ne devons pas nous placer au point de vue individuel. C’est seulement l’erreur commise en moyenne, sur un assez grand nombre d’individus, que l’on peut essayer d’escompter à l’avance, et il est naturel alors de se placer dans le cas où cette erreur d’ensemble est minima.
- Or, si l’on confond chaque sujet avec le sujet moyen, on commet chaque fois l’erreur inconnue C-Cm. Mais, possédant
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- une mesure globale de la dispersion des capacilés, <rc , nous possédons du même coup une mesure moyenne de l’amplitude des erreurs, l’écart C-Cm faisant ici figure d’erreur. <rc nous donne une idée de l’ordre de grandeur des erreurs que nous pouvons faire en nous privant de l’appui des tests. Ajoutons qu’il y a généralement bien peu de chances pour que la valeur professionnelle d’un sujet soit supérieure à Cm-t-3<7C ou inférieure à Cm — 3 ce . Si cette capacité peut à la rigueur suffire, tous les hommes sont pratiquement capables d’exercer la profession, et tout test, est inutile.
- Utilisons maintenant un test de validité rac. Cette fois, pour obtenir le minimum d’erreur totale, nous devons attribuer à chaque sujet une note de capacité qui dépendra de sa note A d’aptitude suivant l’expression :
- Ca = rac X — X A + Cm - rae X — X Am
- 'y a O’a
- qu’on appelle Véquation de régression. (L’indice a de Ca rappelle qu’il s’agit de la capacité qui correspond à une note d’aptitude A bien déterminée).
- On suppose donc une relation linéaire (lre hypothèse) entre la capacité et l’aptitude, ce qui est très souvent légitime, en première approximation du moins.
- Voilà donc une première utilisation, fondamentale, du coefficient rar. Prenons un exemple :
- Si rac = 0,80 Cm = 10 7c = 3
- Am -- 15 7a — 4
- on trouve : Ca = 0,80 X 3/4 A -f- 10 — 0,80 X 3/4 X l5 ou : Ca = 0,.60 A-f-1
- Ainsi, un individu qui obtient dans le test la note A = 10 sera inscrit pour une note professionnelle probable égale à :
- Ca = 0 60 X 10 4- 1 = 7
- 11 s’en faut naturellement que celte prévision soit parfaite. En espérant la capacité professionnelle Ca chez tous les individus dont la note d’aptitude est A, nous faisons des erreurs individuelles inconnaissables C-Ca (la corrélation n’étant pas parfaite). Mais nous pouvons calculer un nouvel écart étalon (7Ca qui nous fixera sur l’ampleur de la dispersion résiduelle
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- au niveau d’aptitude A. Nous pouvons répéter la même opération à chaque niveau d’aptitude et calculer le cm a de chaque groupe partiel ainsi déterminé. A supposer que la dispersion soit sensiblement la même pour tous les groupes partiels, c’est-à-dire que a ca soit à peu près constant à tous les niveaux d’aptitude (2e hypothèse, souvent vérifiée) on démontre que :
- (Ton = I7C X l^l -ra1 2c
- Dans notre exemple :
- créa = (7c X V 1 — 0,64 — 3 X 0,60 = 1,80 (au lieu de 3)
- Tout se passe comme si les erreurs de pronostic se trouvaient moyennement réduites à six dixièmes de leur valeur primitive.
- Ainsi, par le calcul précédent, nous apprenons à calculer en connaissant seulement rca, <rc, cra, l’erreur type de nos pronostics, o-cn. C’est la première tâche que nous nous étions assignée. Nous aboutissons en même temps à la proportion suivant laquelle l’erreur s’est trouvée réduite en moyenne par l’emploi du test. C’est le premier aspect de la valeur prédic-
- tive de celui-ci, que l’on obtient en calculant
- C’est ce qu’on appelle encore le coefficient d'aliénation, désigné par la lettre k. En ce qui nous concerne, k est un symbole bien plus suggestif que rac, et nous croyons utile, pour terminer, de donner une table sommaire de transformation (1).
- r k r k
- 0, 00 1, 000 0, 70 0. 714
- 0, 10 0, 995 0, 80 0, 60C
- 0, 20 0, 980 0, 866 0, 500
- 0, 30 0, 954 0, 90 0, 436
- 0, 40 0, 916 0, 95 0, 312
- 0, 50 0, 866 0, 99 0. 141
- 0, 60 0, 800 1, 00 0, 000
- (A suivre)
- (1) On remarquera combien lente est la variation de k au début, combien rapide à la fin. Il faut arriver jusqu’à r = 0,866 pour avoir une réduction de moitié. Passer d’une corrélation de 0,30 à une autre de 0,60 est un léger bénéfice à côté de celui qu’on réalise en s’élevant de 0,60 à 0,90, bien que
- l’accroissement de r soit le même dans les deux cas.
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- Les étalonnages de Tests
- NIVEAUX D’ÉPREUVES
- Tests de Séries numériques (Sï)
- PAR
- Madame Henri PIÉRON
- Nous avons donné précédemment les séries ne faisant appel qu’au-mécanisme de l’addition (1), nous donnerons pour commencer celles ou la soustraction seule entre en jeu.
- Séries ne demandant que l’enruploi de la soustraction.
- Nous n’avons que 4 séries dans ce groupe.
- 13ans les 3 premières, analogues, c’est toujours le même chiffre qui est retranché tout le long de la série (— 4 et — 5).
- Série 2. — 31.27.23.19.15 (11.7).
- Série 21. — 50.45.40.35.30 (25.20).
- Série 28. — 32.27.22.17 (12.7).
- Et dans le quatrième, il faut retrancher non un nombre toujours le même, mais la suite des nombres ordonnés en série décroissante (— 10 — 9 — 8^-7 — G — 5, etc.)
- Série 25. — 00.50.41.33.20 (20.15).
- Si nous relevons les résultats de ces séries, nous obtenons le tableau suivant :
- Numéro 10 ans Il ans Nombre Réussite
- des séries total de sujets moyenne
- 2 57.61 ’ 45.83 62.50 55.31
- 21 142 sujets 61. Ô3 448 sujets 69.23 416 sujets 77.85 1.006 sujets 69.37
- 28 154 sujets 58.82 494 sujets 65 06 560 sujets 74.88 1.208 — 66.25
- 25 168 sujets 28.23 476 sujets 32.31 396 sujets 49.77 1.040 — 36.77
- 154 sujets 494 sujets 560 sujets 1.208 —
- Moy. de réuss. par âge. 51.42 53.11 66.25 56.99
- Total... 618 sujets 1.912 sujets 1.932 sujets 4.462 sujets
- (1) Bulletin de l'Institut National d'Orientation Professionnelle, n° 1, janvier 1929, pp. 40-45.
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- Noire réussite moyenne générale est donc de 56.99 % (4.462 résultats).
- Si nous la comparons à la réussite moyenne générale des séries dans lesquelles seule l'addition intervient, nous voyons que celte dernière est inférieure (elle était pour les mêmes sujets et les mêmes âges de 39,70 % (8.728 résultats).
- Cette différence de difficulté entre le mécanisme de l’addition et de la soustraction, présentant cette dernière comme plus facile pour l’enfant, nous l’avions déjà trouvée dans nos expériences précédentes (1) ; mais dans nos expériences récentes pour la soustraction comme pour l’addition, les résultats sont beaucoup moins bons.
- Séries ou la multiplication seule est nécessaire.
- 4 séries dans ce groupe.
- Dans 1 série, il suffit de multiplier par 2.
- Série 27. — 2.4.8.16.32 (64.128).
- Dans les trois autres les multiplicateurs sont (3, 4, 5).
- Série 23. — 3.9.27.81.243 (729.2187).
- Série 24. — 1.4.16.64 (256.1024).
- Série 5. — 1.5.25.125 (625.3125).
- Voici les résultats de ce groupe de séries.
- RÉUSSITE %
- Numéro 10 ans 12 ans Nombre Réussite
- des séries lotal de sujets moyenne
- 27 65.88 62.44 77.62 68.64
- 23 168 sujets 19.41 476 sujets 29.35 396 sujets 36.78 1.040 sujets 28.51
- 24 154 sujets 26.66 494 sujets 29.95 560 sujets 39.25 1.208 - 31.95
- 5 168 sujets 14.28 476 sujets 8.33 396 sujets 10.00 1.040 — 10.87
- 142 sujets 448 sujets 416 sujets 1.006 —
- Moy- de réuss. par âge. 31.56 32.54 40.91 34.99
- Nomb. total d’Exper 632 sujets 1.894 sujets 1.768 sujets 4.294 sujets
- (1) Si nous comparons les résultats des séries correspondantes + 3 + 5 + 4 et — 4 — 5, nous obtenons pour les séries à additions la moyenne de 91.58 °/„ et 94.80 % pour les séries faisant appel à la soustraction.
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- Nous avions trouvé dans nos expériences plus anciennes et pour le même groupe une réussite cette fois encore beaucoup meilleure, car nous avions comme moyenne générale 78,79 % de réussite au lieu de 34,99 % dans nos dernières expériences.
- Séries employant seulement la division
- Deux séries seulement entrent dans cette rubrique. Dans l’une il suffit de diviser par 3 et par 4 dans l’autre.
- Série 8. — 729.243.81.27 (9.3).
- Série 26. — 15360.3840.960.240 (60.15).
- Les résultats sont les suivants :
- UÉUSSITE %
- Numéro des séries 10 ans Il ans 12 ans Nombre total de sujets Réussite moyenne
- 8 20.20 23.37 32.88 25.41
- 154 sujets 494 sujets 560 sujets 1.208 sujets
- 26 i4.ii 21.83 25.11 20.52
- 1.68 sujets 476 sujets 396 sujets 1.040 —
- Moy. de reuss. par âge. 17.15 22.60 28.99 22.96
- Nomb. total d’Exper. 322 sujets 970 sujets 956 sujets 2.248 sujets
- Nous avions obtenu précédemment pour ces mêmes séries une réussite moyenne de 64,58 %.
- Avant d’envisager les lois de séries dans la résolution desquelles plusieurs opérations sont nécessaires, considérons les résultats moyens pour nos trois âges dans ces groupes de séries à lois simples, nous aurons le lableau suivant :
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- OPÉRATIONS nécessaires 10 ans Tl ans 12 ans POURCENTAGE d’augmentation de réussite avec l’àge
- Additions 29.79 38.34 32.36 73.79 o/o
- Soustractions 31.42 33.H 66.23 28.84 o/o
- Multiplications.... 31.56 32.34 40.91 29.62 o/o
- Divisions 17.13 22.60 28.99 67.66 o/o
- On constate une amélioration de la réussite avec l’âge. Celte amélioration est assez inégale suivant le genre d’opération et elle est surtout sensible entre 11 et 12 ans, sauf toutefois pour le groupe faisant appel à la division où les progrès sont sensiblement réguliers pour nos trois âges.
- Nous ne retrouverons pas ce progrès continu de la réussite avec l’âge lorsque nous aborderons les séries complexes.
- A travers les Revues
- Dans The Journal of Uie National Instiliile of Industrial Psycho-loyy de janvier 1929, une élude de M. F. Earle sur les principes de l’orientation professionnelle, rappelant l’existence des différences congénitales entre les individus, examinant les principales sources de renseignements sur l’enfant, émanant des maîtres, des parents et amis, des médecins, et surtout de l’enfant lui-même- objet d’examen, au point de vue du caractère, des goûts, de l’intelligence générale, des aptitudes particulières, des connaissances acquises, et de l’état physique. Un tableau général schématise les principaux points de vue à envisager sous ces rubriques.
- Le Bulletin de la Société Alfred Binet contient, dans son numéro de novembre 1928 (Bulletin n° 233-234), complètement dédié à l’orientation professionnelle, un article documentaire de Marg. Se-cheiiaye sur ce qu’elle a pu voir au cours d’un voyage concernant Y orientation scolaire et professionnelle aux Etats-Unis. Elle in-
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- siste surtout sur les méthodes employées à Harvard où le « bureau of vocational guidance » est un des plus importants, et sur l’application de ces méthodes et de ces principes dans la ville de Providence qui a établi la « guidance » dans toutes ses écoles.
- Le directeur de ce centre, M. Brewer, considère que l’orientation est une discipline parmi les disciplines nécessaires à la formation du citoyen et il donne 6 stades à parcourir à l’enfant avant le choix de son métier : Découverte personnelle de ses intérêts et aptitudes, étude de plusieurs métiers, choix de sa profession préférée, préparation à cette profession et enfin entrée dans la vie professionnelle et réadaptation nécessaire au perfectionnement dans le métier.
- Dans le Bulletin trimestriel de l'Office intercommunal pour ïOrientation professionnelle de Bruxelles (8e année, n° 32, décembre 1928), nous relevons une étude de A. Rosenthal-Weiss et D. Rosenthal sur la comparaison entre les tests d’intelligence verbaux (Binet et Simon) et les tests d’intelligence non verbaux (de Decroly) pris sur les enfants anormaux.
- Le test non verbal de Decroly consistait à retrouver, dans deux feuilles séparées, quinze paires d’images, reliées entre elles pm la relation de cause à effet. Il ressort de ces expériences que le test de Decroly déprécie plus fortement la valeur intellectuelle des anormaux que le lest de Binet.
- Cela s’explique par le fait que le test de Binet ne s’adresse pas uniquement à la faculté de raisonnement comme le test de Decroly mais qu’il vise également le savoir et la mémoire du sujet.
- Dans La Psychologie et la Vie, de février 1929, deux études sont relatives aux qualités que doit posséder un chef d’entreprise. D’après Palewski (qui a publié une Histoire des chefs d’entreprise), il faut, outre des capacités générales (santé et vigueur physique, intelligence et vigueur intellectuelle, qualité morale, large culture, compétence technique), une capacité administrative qui se résume en ces trois qualités complexes : savoir prévoir, organiser et commander. Les intéressantes observations d’un chef appelé tardivement à prendre la direction d’une entreprise aboutissent à rémunération des qualités suivantes dans l’ordre de l’importance décroissante : énergie et patience ; tact, sang froid et connaissance des hommes. Imagination, don de se mettre à la place des autres et de « réaliser » les combinaisons et leurs répercussions. Culture générale, scientifique, juridique et philosophique. Aptitude à s’assimiler les techniques spéciales.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- La section scientifique de la Commission nationale d’Orientation professionnelle a adopté le principe d’une fiche collective d’examen ainsi que la première partie de cette fiche (partie psychologique) établie par M. H. Pieron.
- Conformément aux desiderata de cette Commission, l’essai de cette fiche et son étalonnage ont été entrepris par le service de recherches de l’Institut national d’orientation, grâce au concours de Mme Henri Pieron et de ses aides du service, d’une part, et, d’autre part, à la collaboration d’un grand nombre de directeurs et directrices d’écoles communales parisiennes qui avaient bien voulu répondre à l’appel que leur avait adressé M. H. Pieron avec le précieux appui du directeur de l’Enseignement primaire de l'a Seine, M. Leeonte.
- Cet essai fut fait, au mois de juin 1928, sur 1610 enfants (803 garçons et 807 filles), dans 42 écoles de Paris, avec la collaboration de Mmes Albinet, Bergevin, Boulier, Chalopin, Cornette, Corriol, Dussarps, Frelin, Ilavette, Lagey, Mignot, Moreau, Peyre, Pra-dier, Sergent, Tartinville, Toullemonde, Truilhé, Vermand, Veyrat, Weinberg, et de MM. Aubry. Beck. Belliot, Coué, Dominique, Fardeau, Faucher, F réchoux, Gudin, Guinand, Lagey, Margueritte. Mourre, Noël. Palïès, de Puytorac, Remise, Ribierre, Ridiez, Rouelle ux.
- Cet étalonnage se poursuit mais nous devons, dès maintenant, remercier vivement toutes celles et tous’ceux qui voulurent bien ajouter à leur si lourde tâche le souci de nous aider dans notre essai.
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- La Ve Conférence internationale de psychotechnique, qui s’est tenue à Utrecht, du 10 au 14 septembre 1928, a mis, au nombre des vœux proposés, les vœux suivants :
- Le Congrès décide que les tests relatifs à l’Orientation professionnelle. seront communiqués à l’Institut national d’Orientation professionnelle à Paris. La Commission pour la centralisation sera chargée de communiquer, à l’une des prochaines conférences, le résultat de ses travaux.
- Le Congrès charge la Commission internationale pour l’étude de l’influence du milieu sur le travail professionnel, d’étudier les
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- moyens de réunir une bibliographie internationale des publications relatives à l'objet de ces travaux (Wilson).
- La Ve Conférence internationale de psychologie déclare qu’il est urgent de procéder à l’analyse des professions afin qu’il devienne possible d’établir un rapport, sérieux entre les résultats donnés par l’examen des sujets et le ou les professions à leur conseiller.
- Le Congrès émet le vœu qu'il soit procédé à des enquêtes internationales sur renseignement psychotechnique en vue de créer des basés internationales pour la formation professionnelle des psycho-techniciens (Moede),
- Considérant, d’une part, l’intérêt que présente pour l’Orientation professionnelle la connaissance psychologique de l’enfant et de l’adolescent, d’autre part l’importance des éléments que peut apporter aux psychotecliniciens l’observation méthodique des écoliers, la Ve Conférence internationale de psychotechnique affirme la nécessité d’initier tous les éducateurs à la pratique des méthodes de la psychologie appliquée à l’éducation.
- En conséquence, elle émet le vœu de voir les pouvoirs publics et les administrateurs scolaires ou directions d’écoles :
- 1° Porter aux programmes d’enseignement des écoles, pour la formation des éducateurs, l’étude théorique et pratique de la psychologie appliquée ù F éducation ;
- 2° Organiser, pour le personnel enseignant en fonction, des conférences ou cours de perfectionnement sur le rôle de l’école dans l’Orientation professionnelle.
- 3° Créer des laboratoires consacrés aux travaux pratiques de psychologie appliquée à l’éducation.
- Du 21 au 27 mars se tiendra, à la Sorbonne, le 1er Congrès international de psychologie appliquée (droit d’inscription 30 francs, avec comptes rendus 50 francs). Les questions traitées seront : 1° Des méthodes et de l’histoire de la psychologie apppliquée ; 2° De la pédagogie ; 3° De l’organisation des affaires industrielles et commerciales ; 4° De la gymnastique et de la thérapeutique mentales ; 5° De l’étude des relations sociales et des mentalités humaines. (\L Masson-Oursel, secrétaire général, 35, rue Boissy-d’Anglas, Paris.)
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- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- O. Decroly et R. Buyse. — La pratique clés lests mentaux (Texte et Allas). Bibliothèque de Psychologie de l’enfant et de pédagogie. — Alcan, 1928.
- On peut être reconnaissant aux auteurs de l’effort accompli pour rassembler et mettre sous les yeux du public français l’imposant ensemble de travaux relatifs à la pratique des tests mentaux mis au point au cours de ces dernières années, principalement d’ailleurs à l’étranger. Des difficultés matérielles de toutes sortes empêchent souvent d’atteindre les livres et les revues susceptibles de nous mettre au courant. Ou bien nous sommes mis au courant de la théorie générale, sans avoir le matériel expérimental sous les yeux. L’allas qui complète le texte de cet ouvrage nous permet de nous documenter avec une précision parfaite.
- Rappelant rapidement les avantages de la méthode fies tests : essai-pour juger les individus en dehors de systèmes d’enseignement visant davantage à la mesure des capacités, qu’à l’acquit éducatif, et permettant des comparaisons et des étalonnages, les auteurs procèdent d’abord à l’exposé de l’examen mental individuel, à partir de l’échelle métrique de Binet et de ses modifications qualitatives et quantitatives (Terman, Yerkes, etc.), des tentatives d’examen analytique de l’intelligence et des tests de performance pour ensuite passer, après quelques généralités sur les tests collectifs, à l’exposé des diverses modalités d’examens collectifs verbaux, (Army, Otis, Terman, Miller, Haggerty, Monroe, WhippLe, Thorndike, Ballard, etc.) et non verbaux (Bêla, Otis, Haggerty, Pressey, Kingsbury, Pintner, Detroit, Dearborne, Myers, Decroly, Thurstone, Stockbridge et Trabue, Ballard, Buyse, Simon, etc.), sans oublier la tentative analytique de Dounaïevsky modifiée par Christiaens.
- Un utile répertoire bibliographique complète cet important ouvrage où se trouve rassemblé pour la première fois d’une façon complète et commode l’ensemble des références essentielles à qui veut se faire une idée de l’état actuel d’une question en voie de plein développement.
- d’Oricntation Professionnelle
- 41, Rue ' Gay-Lussuc,
- 41
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- lte Année
- Mars 1929
- N" 3
- BULLETIN
- * DE
- l’Institut National d’Orientotion Professionnelle
- L’Orientation Professionnelle à Munich
- pa.r 2\Æ. J". FONTÈO-NE
- A) Court historique. — Les premières préoccupations d’O. P. datent, à Munich, de 1895 ; à cette époque, on se préoccupe déjà, dès qu’il s’agit de « placer un enfant en apprentissage », d’avoir, sur cet enfant, quelques indications que fourniront les familles et les instituteurs.
- Le mouvement s’amplifie en 1902 : école, pouvoirs publics, organisations professionnelles, presse, collaborent activement, des monographies professionnelles sont établies, des notices scolaires individuelles élaborées, une huitième année scolaire, dont l’enseignement revêt un caractère pratique très marqué, s’ajoute aux 7 existantes... Malgré cela, les résultats ne sont pas ceux qu’on devrait attendre : n’en cherchons pas la cause !
- En 1916, la municipalité de Munich crée un Office d’O. P. autonome, qu’administrent 2 instituteurs : le résultat est maigre. Une ordonnance ministérielle du 14 septembre 1916 oblige les communes de plus de 10.000 habitants à avoir un Office de placement public et. paritaire ; la formule semble être trouvée : la section d’O. P. sera annexée au dit Office. Et ceci explique l’ordonnance du 6 juillet 1923, d’où nous extrayons les quelques points suivants :
- Le but de l’O. P. est : a) de préparer méthodiquement la jeunesse au choix d’un métier, ce qui nécessite la collaboration de l’Ecole ;
- 1)) d’agir sur le public (parents, patrons, instituteurs) pour
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- créer, par des conférences spéciales, un courant d’opinion en faveur de l’O. P. (O. P. collective) ;
- c) de fournir conseils et avis aux personnes des deux sexes tant lors de leur entrée dans la vie professionnelle qu’au moment du changement de métier, ce qui explique la nécessité d’un personnel médical et psychotechnicien (O. P. individuelle) ;
- d) d’indiquer les endroits où peut se faire une bonne formation professionnelle ;
- e) de trouver, pour ceux qui le désirent, des places d'apprentissage répondant à certaines conditions d’ordre technique, moral et hygiénique (collaboration des maîtres des cours professionnels, ce qu’en Autriche et en Allemagne on appelle des Ecoles de perfectionnement) ;r
- |) de suivre l’apprenti au cours de sa formation professionnelle, en tant qu’il n’existe pas d’organismes spéciaux chargés de le faire (patronage d’apprentis)..
- De 1923 à 1927, l’Office d’O. P. de Munich se développe rationnellement avec tous les moyens locaux, tous les appuis municipaux et toutes les ressources communales qui sont mises à sa disposition. Comme nous le disait le docteur Menue, directeur de la Section masculine, tout Office d’O. P. peut être comparé à un individu, dont le développement extérieur est conditionné, en quelque sorte, par ses possibilités, ses virtualités internes. Rien de spécifiquement strict, rien de schématique ne doit présider aux différents actes de sa vie... Pourquoi cette parole à reflet quelque peu pessimiste ? C’est que, depuis 1927, les Offices d’O. P. allemands ont perdu, à vrai dire, leur caractère municipal, une loi les intégrant dans le Reichsanstalt, organisme d’Etat, nettement centralisateur.
- Une autre difficulté devait se présenter à Munich — comme dans tous les Offices d’O. P. — : la dénatalité. Pâques va voir sortir de ses écoles primaires 1.000 enfants de moins que l’an dernier. 1915 avait accusé 5.177 naissances masculines : sur ce nombre, 2.270, soit 44 j °/„, quitteront l’Ecole et demanderont à être orientés. Tâche délicate au dernier point pour l’O. P. munichoise qui doit, autant que possible, remédier également à la crise quantitative d'apprentissage ; mais tâche
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- qui ne manque pas d’intérêt, puisque les mesures prises permettront peut-être :
- a) d’amener une certaine harmonie dans l’état du marché du travail, du l'ait qu'on sera forcé à rappeler à l’activité — agricole, commerciale, industrielle ou autre — un assez grand nombre de chômeurs ;
- b) d’utiliser immédiatement, .comme compagnons, tous ceux qui ont terminé leur apprentissage et qui, ces temps derniers encore, formaient une assez imposante armée de chômeurs juvéniles ; sans compter que les orienteurs rnuni-chois devront faire preuve d’adresse et de science pour répartir le plus judicieusement possible les enfants qui se présenteront à eux.
- Un autre problème s’est également posé à Munich : celui de l’orientation des enfants de 14 ans n’ayant pu terminer leurs études primaires. Peut-être quelques enthousiastes diront-ils qu’une telle question n’a que peu d’importance, puisque ce qui prévaut en O. P., ce sont les aptitudes et non les connaissances. N’insistons pas aujourd’hui sur ce point qui a retenu tout spécialement l’attention de ceux qui dirigent' l’Institut national d’O. P. et ne craignons pas de dire qu’il serait vain de vouloir perpétuer le règne du crétin scolaire qui a réussi dans la vie.
- Quoi qu’il en soit : 1.876 enfants de 14 ans auront fait, à Pâques 1929, leurs 8 classes primaires ;
- 175 ne seront allés que jusqu’en 7e classe (lre division) ;
- 98 ne seront allés que jusqu’en 7e classe (2S division) ;
- 46 ne seront allés que jusqu’en 6e classe ;
- 4 ne seront allés que jusqu’en 5e classe ;
- 1 ne sera allé que jusqu’en 4e classe.
- Est-il besoin de parler des désirs professionnels des jeunes Munichois ? En attendant qu’une statistique internationale vienne confirmer ce qui se passe dans tout pays, disons que 241 métiers ou professions sont indiqués par les enfants sur le point de quitter l’Ecole. N’est-ce point une raison suffisante pour affirmer que la tâche des orienteurs n’esl pas aussi simple que beaucoup se l’imaginent, puisque :
- 1° il faut avoir une idée aussi exacte que possible sur chacun de ces 241 métiers ;
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- 2° il faut connaître, pour chacun d’eux, les aptitudes qu’il importe de posséder préalablement, su l’on veut réussir ;
- 3° il faut savoir prendre la responsabilité de répartir tout ce petit monde divers et mobile dans ces nombreuses activités...
- Nul ne s’étonnera d’apprendre que la majorité des désirs va vers la profession de mécanicien. En 1924-25 : 497 se sentent des dispositions pour ce métier ; en 1926 : 526 ; en 1927: 422 ; en 1928 : 437 et, cette année : 341.
- Les métiers du bois — si nous exceptons l’année 1929, ce que nous expliquerons plus loin — suscitent les mêmes désirs. Voici les chiffres respectifs, en ce qui concerne les menuisiers : 441, 369, 247, 184, 73....
- La diminution constatée justifie, déjà, la création d’Offices d’O. P., du fait qu’ils détournent les enfants de métiers encombrés et où ils n’auront aucune chance de réussir...
- Il ne nous est pas possible de présenter les nombreuses statistiques que nous avons sous les yeux — et que les intéressés pourront consulter à la bibliothèque de notre Institut — ; toujours est-il que nous pouvons relever, entre autres ;
- 1° que 8,7 °/° des parents désirent que leur enfant exerce le même métier qu’eux ;
- 2° que 11,25 °/o des enfants souhaitent exercer un autre métier que celui de leurs parents ;
- 3° que 212 places seulement dé mécaniciens s’offrent aux 341 candidats ;
- 4° que 16 tailleurs de pierres demandent des apprentis, alors qu’un seul candidat s’offre ;
- 5° qu’aucun jeune Munichois ne veut être forgeron, etc...
- B) Organisation administrative. — La section masculine comprend :
- 1° Un directeur, le Dr Otto Menne, que nous sommes heureux dé remercier pour le charmant accueil qu’il nous a réservé ;
- 2° a) un orienteur pour les métiers commerciaux ; b) un orienteur pour les professions industrielles, à l’exception des professions mécaniques ; c) un orienteur pour les professions mécaniques ; d) un orienteur pour les jeunes gens qui ne Veulent ou ne peuvent faire d’apprentissage régulier ; e) un
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- orienteur pour les élèves des établissements d’enseignement du second degré ; /) un orienteur (auxiliaire) pour les arriérés et anormaux ;
- 3° deux assistants, chargés des examens psychotechniques;
- 4° deux employés aux écritures, soit 9 personnes.
- Organisation à peu près semblable en ce qui concerne la section féminine : 1 directrice, 1 directrice-adjointe, s’occupant tout spécialement des professions commerciales, 1 conseillère pour les métiers industriels, 1 conseillère pour les occupations ménagères, 1 auxiliaire pour les professions « académiques », 1 assistante pour les examens psychotechniques et 2 employées de bureau. A ce personnel, il convient, toutefois, d’ajouter 14 stagiaires, élèves d’écoles de formation sociale, qui viennent s’initier aux questions d’O. P.
- C) Méthode. — Nos lecteurs ne s’étonneront pas d’apprendre qu’à Munich, grâce à l’impulsion du Dr Huth, les méthodes psychotechniques ont trouvé leur application en O. P. De renseignements qui nous ont été fournis lors de notre passage, il résulterait que des industriels allemands ayant introduit chez eux les examens d’aptitudes en vue du recrutement de leurs apprentis accuseraient aujourd’hui : 75 °/„ en moins de changements d’apprentis, 45 °/„ en moins d’accidents de travail, 19 °/„ en moins de temps nécessaire pour exécuter une tâche, 15 °/o en moins de déchets...
- Certes, les débuts — comme partout, d’ailleurs — furent assez difficiles : des expérimentateurs improvisés qui ont oublié que la psychologie est une science se mettent, sans autres, à la besogne ; les tests les plus divers sont utilisés, sans étalonnage... Bref, les résultats sont désastreux.
- Le Dr Huth, qui prend en main l’organisation des 36 centres bavarois d’examens d’aptitudes, propose une méthode unique, qui a l’avantagé : a) de garantir à l’examen un caractère scientifique nettement marqué ; h) de comparer les résultats obtenus et d’établir des moyennes ayant un sens ; c) de permettre l’élaboration de 116 analyses de métiers (monographies professionnelles).
- Comme à Vienne, la méthode munichoise comporte :
- 1° L’examèn de la notice scolaire ; 2° l’étude de la fiche médicale ; 3° l’examen psychotechnique.
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- Notice scolaire. — Quelle différence avec le livrel individuel viennois, dont nous avons parlé dans le n° 1 ! Ici, 6 rubriques seulement et que nous donnons ci-dessous :
- 1. Formation du raisonnement. — 2. Cœur et volonté. — 3. Développement moral. — 4. Dispositions physiques. — 5. Milieu de l’enfant. —6. Direction spéciale des intérêts... — 7. Notes dans les diverses matières d’enseignement...
- Immédiatement se pose la question de savoir comment l’instituteur qui, à Munich comme à Marseille, est insuffisamment préparé à la nouvelle tâche qu’on lui présente, répondra aux diverses questions. Le Dr Huth remet à chacun d’eux, comme à Vienne, un commentaire (pii ne manque pas d’intérêt. Nous y relevons, en ce qui concerne la rubrique : Cœur et volonté : a) Amour de l’ordre et exactitude ; politesse, savoir-vivre ; propreté : b) Conscience du devoir ; c) Comportement vis-à-vis de soi-même. Confiance en soi. Sentiment de l’honneur. Domination de soi ; d) Comportement vis-à-vis des supérieurs: obéissance, respect, reconnaissance... : e) Comportement dans la communauté : entr’aide, honnêteté, sincérité... ; /) Dynamique du travail : rapide ou lent ; soigneux ou négligent ; régulier ou oscillant ; oublieux ou confiant ; indépendant, sentiment de la responsabilité... ; g) qualités morales : ténacité, surmonter les difficultés ; calme, sang-froid ; impatience, nervosité... ; h) qualités de chef : sens de l’organisation, action sur autrui...
- Fiche médicale. — Si nous la reproduisons ci-dessous, c’est qu’elle ressemble étonnamment à celle que nous utilisons en France.
- Ecole..................... Nom............................
- Date...................... Né le..........................
- Organes internes..........................................
- Extrémités et colonne vertébrale...........................
- Organes des sens..........................................
- Liste des contre-indications (sans tenir compte du désir exprimé par l’enfant) : Forte fatigue physique — grand dégagement de poussière — sédentarité — station debout prolongée — tenue du corps penchée en avant — intempéries — hautes températures — peau gercée — sudation des mains —
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- gaucherie — ouïe défectueuse — vue déficiente — daltonisme — système nerveux défectueux — vertige — tuberculose.
- (Bayer ce qui est inutile.)
- Observations :
- Un examen complémentaire est-il nécessaire ? Quand ?
- (Signature du médecin.)
- Nous avons pu constater que l’examen médical avait, à Munich, une importance de premier ordre : 30 médecins-inspecteurs sont chargés de cet examen ; malgré l’absence de directives précises, les contre-indications qu’ils formulent ont une grande utilité. En 1928, ils en relèvent 866 dont : 163 pour forte fatigue physique, 189 pour station debout prolongée, 196 pour vue défectueuse, 23 pour tuberculose...
- L’examen des organes internes appelle 353 réserves, dont les plus graves nous apparaissent ainsi : 68 goitre, 22 amygdalite, 22 faiblesse pulmonaire, 23 défauts cardiaques, 58 anémie...
- Un tableau récapitulatif fait ressortir que dans :
- 1 cas, il y a inaptitude totale (pour n’importe quel métier) ;
- 6 cas, il y a inaptitude pour le métier désiré ;
- 6 cas, il y a inaptitude pour de nombreux métiers ;
- 10 cas, il y a doute en ce qui concerne le métier souhaité ;
- 16 cas, il y a urgence à se développer physiquement avant de commencer l’apprentissage.....
- Examen psychotechnique. — La méthode Huth comporte, comme celle de Vienne, des examens collectifs et des examens individuels.
- Dans le domaine de la vie mentale concrète, l’examen collectif porte sur le coup d’œil, la sensibilité chromatique..., et l’examen individuel également sur le coup d’œil, sur la sensibilité tactile et la sûreté du but à atteindre.
- Dans celui de la vie mentale représentative, nous trouvons, pour l’examen collectif : l'étude du pouvoir de concentration, de la faculté de distribuer l’attention, de la mémoire, de la suggestibilité, de l’association des idées et de l’imagination. L’examen particulier a surtout pour but de discerner si, dans des domaines divers, un sujet est capable de bien distinguer et de bien comparer,
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- Dans le domaine de la vie mentale logique, abstraite, les épreuves ont trait à la pensée logique et au vocabulaire, à la pensée constructive et, technique...
- L’examen de la vie affective et la volonté fournit toutes indications utiles sur le soin et l’exactitude du sujet,, sur sa dynamique du travail (rythme, précision, vitesse...), etc...
- Tous les résidtats des 36 centres sont communiqués au Dr Huth, qui possède déjà des barêmes : à) pour garçons et filles (différenciation) ; b) pour des adolescents d’âges différents : 12 ans 13, 13 14, 14 §, 15 ans,
- Des barêmes sont en préparation pour enfants de la ville et enfants de la campagne, les villes à population importante ayant déjà les leurs.
- Le peu de place dont nous disposons ne nous permet pas de reproduire quelques-uns des profils établis par Huth.
- Quelle place occupent les appareils dans les examens psychotechniques bavarois ? Une place presque insignifiante : à part un trémomètre pour la sûreté de la main, une planche percée de trous pour la sûreté du but à atteindre et un appareil destiné à mesurer l’ambidextérité, il n’y a rien.
- Quant au nombre d’enfants à examiner, il apparaît que Munich procède des mêmes principes qu’à Vienne et nous sommes bien près de croire que là, comme en beaucoup d’endroits, on tient surtout compte, pour formuler son avis, de l’avis du médecin et de celui du maître. En tous cas, plus personne ne croit que l’examen psychotechnique suffit et, finalement, l’O. P. se limite : aux observations psycho-pédagogiques faites au cours de la scolarité ; à l’examen des connaissances du sujet ; à l’entretien avec l’enfant et les parents ; à l’étude de la fiche médicale, et, dans certains cas, à l’examen psychotechnique.
- D) Quelques résultats. — Nous donnerons ici quelques-uns des résultats qu’il nous a été permis d’observer lors de notre visite à Munich.
- Ce n’est pas sans quelque étonnement que nous avons constaté le peu d’empressement des jeunes Munichois vers les carrières commerciales. Alors que chez nous, il suffit, souvent, de posséder le certificat d’études primaires pour se sentir tous droits pour entrer dans une maison de commerce, une banque ou une maison d’assurances, nous trouvons, à Munich, 654
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- places vacantes pour 160 candidats. Naturellement, nous avons demandé au IV Menue les raisons de cette indifférence de la jeunesse. Voici ce qui nous a été répondu : beaucoup d’employés de commerce âgés n’ont qu’une situation médiocre, le type munichois s’harmonise peu avec ce qu’on est convenu d’appeler le type commerçant...
- Ce qui nous a frappé, c’est l’existence d’une section spéciale pour élèves d’établissements du second degré. La méthode de travail est quelque peu différente de celle qui est employée pour les élèves des écoles primaires :
- a) Tous les élèves ne sont pas tenus obligatoirement de remplir la fiche scolaire ;
- b) Chaque établissement secondaire possède un « homme de confiance ». Tous les « hommes de confiance » d’une même ville forment un comité qui étudie toutes les questions relatives à l’O. P. des. élèves. De janvier à avril 1928, 631 élèves sollicitèrent .des conseils d’O. P.
- En 1928, eurent lieu 1336 examens psychotechniques, dont 223 individuels. L’examen collectif, qui s’adressait chaque fois à 38 élèves, dura 4 heures ; pendant ce même laps de temps, il ne pouvait être procédé qu’à 3 examens individuels.
- Dans la section féminine, au contraire, c’est l’examen individuel qui prédomine et, malgré le temps nécessaire, on est d’avis de les étendre davantage encore...
- E) Conclusion. — Quels enseignements tirer de notre double visite à Vienne et à Munich ?
- t° C’est qu’il apparaît de première nécessité d’avoir, pour l’Office d’O. P., un local indépendant, avec salles spacieuses, petit musée technologique, tableaux muraux, etc..., susceptibles d’orienter préalablement le goût de l’enfant'(Munich) ;
- 2° C’est qu’il est également nécessaire d’avoir, comme orienteurs, ou tout au moins comme chefs des services d’O. P., des personnes qualifiées, sachant interpréter, comme il convient, les renseignements de tous ordres : scolaires, psychologique, physiologique, familial, économique... qui sont fournis sur l’enfant ;
- 3° C’est, comme nous l’avons dit au cours de cet article, que l’O. P. ne peut être efficace que si elle est une œuvre de collaboration ;
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- 4° C'esl que les méthodes employées en France ne le cèdent en rien à celles que nous avons vues en usage en Allemagne et en Autriche — ce qui est, pour nous, le meilleur stimulant pour continuer et développer l’œuvre si heureusement commencée.
- La Physiologie et l’Orientation professionnelle
- par M. Henri LAUGIER (i)
- A mesure que la Science du Travail se constituera, nous verrons ses acqüistions s’insérer dans là réalité quotidienne, et ses prescriptions tutélaires accompagner le travailleur au cours de toute sa carrière professionnelle, assurant l'adaptation de l’homme à sa tache quotidienne, lixani les conditions* de travail qui permettent le meilleur rendement de son activité, déterminant les strictes et impérieuses règles d'hygiène, qui conserveront à son organisme l'excellence de sa formé physique et intellectuelle.
- Cette protection que lui apporte la biologie appliquée à l’organisation du travail, l’individu la rencontrera dès ses premiers pas, lorsqu’il s’agira pour lui de choisir une profession.
- Orientation scolaire d’abord, orientation* professionnelle ensuite ; problèmes dont les pédagogues comme les milieux industriels ont aperçu l’importance et la haute portée sociale ; problèmes qui sont à la fois du domaine de l'économiste et du technicien, mais dont le point d’interrogation central est certainement biologique.
- Orientation scolaire d’abord ; car les disciplines scolaires ne constituent-elles pas la première, la plus décisive préparation à la vie sociale? Et l’empreinte que h' jeune cerveau
- (1) Nommé récemment professeur au Conservatoire des Arts et Métiers, dans la nouvelle chaire de Physiologie du Travail, Hygiène Industrielle et Orientation Professionnelle, M. Laugier a consacré sa leçon d’ouverture à-montrer que la Biologie individuelle est au cœur même de ; tous les problèmes que pose l’aménagement rationnel de l’activité humaine. Nous extrayons de cette leçon les lignes suivantes, qui sont consacrées à l'orientation scolaire, à l’orientation professionnelle, à l’apprentissage. — N.D.L.R.
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- et le jeune organisme en développement y reçoivent ne marquera-t-elle point définitivement tout l’avenir de l’enfant? ("est le moment où les mécanismes physiques et mentaux encore malléables prennent des habitudes qui conditionneront toute l’évolution ultérieure de l’individu. Or, on ne cultive pas de la même façon un chrysanthème et un géranium, el on ne saurait sans absurdité appliquer aux plantes des pays polaires, les méthodes de culture des plantes tropicales ; et ii existe entre les enfants clés différences biologiques d’apii-tudes et de goûts qui nécessitent des climats pédagogiques différents. De sorte que s’il est utile à de nombreux égards de donner aux enfants cette culture commune nécessaire à l’harmonie des sociétés, il n’en est pas moins indispensable d’adapter autant que faire se peu! l’organisation pédagogique, à la biologie des individus, en leur permettant de développer dans des enseignements différenciés, les aptitudes particu-- lières qui font la personnalité, l’originalilé, la véritable valeur créatrice de leur esprit ou de leur corps.
- Orientation professionnelle ensuite ; ici, c’est pour chaque individu, une décision dont la gravité pourrait faire hésiler ceux qui ont mission de la déterminer, si de longues habitudes' d’empirisme n’avaient créé une espèce d’indifférence fataliste et de traditionnalisme résigné, ("est. pourtant une destinée qui se fixe, un être, qui, entre les mille possibilités offertes, en choisit une, et élimine les autres ; c’est un homme qui limite brusquement l’horizon indéfini dont les perspectives s’ouvraient à lui, pour choisir une voie resserrée, qu’il n’abandonnera généralement plus jusqu’à la fin de ses jours. Or, dans l’état actuel de notre organisation, c’est le hasard qui, presque toujours, dispose de ce choix. Les conditions de milieu, les relations personnelles, l’ambition ou au contraire l’indifférence familiales, une consultation rapide sans examen critique d’un quelconque Annuaire de la Jeunesse, souvent les besoins matériels immédiats, pèsent d’un poids décisif sur le choix d’un carrière par un enfant.
- Oui dira le nombre de vies gâchées par un aiguillage initial défectueux ; qui décrira les misères et les souffrances quotidiennes de ces inadaptés, partis pour la vie pleins d’espérance, et à qui l’expérience a tardivement démontré qu’ils n’étaient point faits pour la tâche entreprise ? Oui chiffrera
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- surtout, les pertes économiques qui résultent, pour la société, de celte diminution de rendement qu'apporte dans l'accomplissement de la tâche quotidienne l’adaptation imparfaite de l'individu à sa mission, et cette insatisfaction permanente qui en est l’inévitable conséquence?
- Préparer la répartition des individus aux situations sociales pour lesquelles ils manifestent des goûts et des aptitudes, et assurer ainsi le haut rendement de leur activité et leur bonheur personne], telle est la mission de l’orientation professionnelle ; mission si grave qu’il en est peu dont la portée pourrait lui être comparée. Mais les techniques de cette orientation scientifique sont encore, il faut le dire, bien incertaines et imprécises ; quant à ses bases rationnelles, ici encore, de toute évidence, elles sont biologiques. Il s’agit de découvrir les aptitudes physiques, intellectuelles et mentales de l’enfant ; de les mesurer autant que faire se peut, tous les jours de façon plus précises ; et cette connaissance de la biologie individuelle de l’enfant doit fournir la donnée première du choix de sa carrière. Biologique aussi est l’étude du caractère, dont l'importance commence seulement à être appréciée à sa juste valeur ; car il est des troubles du caractère qui dévalorisent cl frappent de stérilité les aptitudes les plus brillantes, comme il est des qualités de caractère qui assurent le succès pratique à des aptitudes moyennes, ou médiocres.
- Au sujet de cette orientation scientifique rationnelle, les scepticismes les plus stérilisants, comme les espoirs les plus générateurs de déceptions prochaines, se sont manifestés. En lait, la solution humaine de ce problème ne peut être recherchée qu'avec une attitude mentale expérimentale, aussi éloignée de l’empirisme traditionnel, que d'une confiance sans critique en des données scientifiques certes précises, mais encore fort incomplètes, et dont ou n’a point encore pesé toute l’efficacité pratique.
- Longtemps encore, le conseiller d’orientation devra faire appel à une intuition complexe, à une espèce de flair clinique reposant sur les observations scolaires cl familiales, sur une étude pénétrante des réactions de l’enfant aux circonstances de la vie ; mais il n’est point douteux que les données précises de la physiologie, de la psychotechnique et de la psychiatrie devront lui fournir des éléments de plus en plus décisifs pour
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- motiver son jugement. Quant à la valeur pratique clés renseignements fournis par cette biologie individuelle infantile, on ne peut la déterminer avec certitude, qu’en les confrontant avec la réalité, en les expérimentant. Celle science de l’orientation professionnelle a cela de particulier qu’on ne peut la créer de toutes pièces au laboratoire, pour la transporter ensuite, parfaitement constituée et sûre d'elle-même, dans la pratique' quotidienne. Elle ne peut progresser que par son application même, ("est dire que, clés que des techniques de mesure de physiologie, de psychologie, de psychiatrie ont été établies par les laboratoires, il importe de les insérer immédiatement avec prudence clans les techniques d’orientation, afin d’expérimenter leur valeur et de déterminer de quel poids elles doivent peser au milieu des nombreux éléments qui doivent fixer le choix d’une profession. On voil qu’il s’agit d’un travail de longue haleine, d’une mise au point progressive qui réclame la collaboration continue entre le laboratoire, renseignement, et la pratique des offices d’orientation professionnelle.
- Après l’orienlalion scolaire, après l’orientation professionnelle, voici l’enfant judicieusement orienté qui commence l’apprentissage d’une profession. Mais qu’esl-oe cpie l’apprentissage, sinon l’acquisition de certains mécanismes moteurs, la conquête de la précision et de la rapidité de certains gestes adaptés, la création de certains mécanismes intellectuels et mentaux, en somme 1 'utilisation de toute la plasticité physique et psychique d’un organisme humain ? Et n’est-il pas vrai qu’ici encore la biologie a son mot à dire pour étudier les méthodes d’apprentissage, et les perfectionner, à la lumière des contrôles du laboratoire?...
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- La validité des Tests d’aptitude professionnelle
- PAR
- M. .A. Jb’ ESSAKD
- Aons avons précédemment montré (voir ce Bulletin, n° de février) que, pour le psychologue qui se livre à des applica-lions, l'estimation par avance de ses erreurs de pronostic a une grande importance pour établir clairement la valeur pratique d’une méthode de tesls. Lue telle estimation est déjà possible, en gros, si l’on connaît le coefficient de validité et nous avons vu quelle conduit à une expression moyenne de l’erreur qu’il fa.ul craindre sur les valeurs professionnelles déduite? de l’équation de régression. Cependant le praticien préfère plutôt savoir quelle quantité ou mieux quelle proportion d’individus auront à supporter ses fautes, el c’esl une deuxième étape que d’essayer de passer de l’erreur sur la valeur au nombre total des erreurs. Bien qu’on ne puisse na-lurellement pas désigner individuellement ceux qui son! destinés à se faire trop mal ou trop bien juger, il n’est pas impossible, en effet, de se faire à l’avance une idée de leur fréquence, c’est-à-dire de l’importance du bloc d’unilés anonymes qu’ils forment.
- Cette nouvelle exigence a pourtant sa rançon : une convention supplémentaire el une nouvelle hypothèse seront nécessaires, qui vonl rendre moins rigoureux que les précédents ces nouveaux renseignements ; nous les regarderons donc comme d’assez grossières approximations, précieuses cependant, en l’absence d’autres données, pour éclairer notre jugement.
- Quand dira-t-on qu’un individu a été trop mal ou trop bien colé? C’est pour répondre à cette question qu’une convention précise et forcément un peu arbitraire est inévitable. Nous dirons donc que c’est lorsque sa capacité professionnelle véritable (C) contrôlée dans la suite, s’écarte en plus ou en moins de la capacité prédite (Ca ) — quelle qu’en soi! la valeur — de plus d’une certaine quantité, et nous représenterons cet écart limite par + r. Autrement dit, nous fermons les yeux
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- lorsque les erreurs sur la valeur prévue ne dépassent pas h el c’est seulement pour des valeurs situées au-delà de Ca + ; ou en deçà de C« — £ que nous déclarons nous être trompé. A part la situation créée à la limite, artificielle comme au voisinage de toute coupure lorsqu'on a affaire à des phénomènes continus, cette manière de procéder se justifie assez bien si l’on songe que la valeur professionnelle d’un homme ou son rendement dans un test ne sont pas des quantités absolument Jixes. Des fluctuations sont certaines, et de plus les conditions dans lesquelles nous mesurons la capacité ou l’aptitude, quelque soin qu’on y prenne, ne sont pas exemples de flottements et d'indéterminations. L’importance des diverses causes de fluctuations, mesurée à l’aide des indices de précision (1), ainsi que la rigueur des exigences professionnelles, sont à envisager pour fixer à un taux raisonnable le degré d'écart loléré.
- En nous reportant, à l’exemple de notre précédent article, nous supposerons, pour fixer les idées, que nous comptions pour rien une erreur inférieure ou égale à 2,4 sur chaque valeur de Ca calculée à partir de l’équation de régression. Par exemple, pour A = 10, nous avions trouvé Ca=7. Nous écrirons 7 ± 2,4, ce qui signifie que nous comptons seulement' sur une capacité réelle comprise entre 4,6 et 9,4.
- Abordons maintenant notre principal problème qui est de calculer combien d’individus se trouveront rejetés, par suite de l’insuffisance de nos méthodes, en dehors de la limite d’erreur tolérée. Une telle prévision n’est possible qu’à la condition de faire une hypothèse sur la forme des distributions, et il importe sur ce point de bien comprendre de quoi il s’agit, car l’essentiel des procédés de la Statistique s’y retrouve.
- On met une forme de distribution en évidence en construisant, la courbe des fréquences. Par exemple, on peut fragmenter l'ensemble du groupe de contrôle en sôus-groupes, ou groupes partiels, comprenant chacun tous les individus ayant mérité la même note d’aptitude. En traçant (verticalement par exemple) une longueur proportionnelle à la fréquence de
- (1) On trouvera des renseignements sur ce point dans « La précision el la cohérence des résultats dans les examens par lests », par A. Fessard. Année Psychologique 1927, p. 205.
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- chaque sous-groupe cl en niellant toutes ces droites côte à côte, on voit se profiler une courbe, généralement en forme de cloche plus ou moins dyssymélrique, plus ou moins étalée (suivant la valeur de ), qui met en évidence ce fait 1res général que les capacités extrêmes sont plus rares que les capacités moyennes. Tout phénomène collectif est ainsi carac-térisabie par une certaine forme de distribution qui mérite, lorsqu’elle est reconnue stable, d’être décrite pour elle-même comme une donnée de fait. En particulier, la distribution des capacités professionnelles cl celle des aptitudes peuvent être déduites des résultats de l’expérience de contrôle si le nombre des sujets n’est pas trop restreint. Mais on peut aller plus loin : chacun des sous-groupes-dont la juxtaposition forme la distribution des aptitudes pour le lest considéré peut à son tour donner lieu à la construction d’une courbe de distribution des capacités, puisque les individus d’abord confondus dan- la même note d’aptitude (et par conséquent dans la même note de capacité probable) s’éparpilleront en réalité autour de la capacité prévue, C« , avec une dispersion *Ca. La connaissance de ces distributions partielles permettrait de déterminer immédiatement la proportion des erreurs ; malheureusement, le groupe de contrôle ne contient généralement pas assez de sujets pou]’ qu’on puisse obtenir, après cette nouvelle fragmentation, des courbes correctes. C’est pourquoi nous sommes, conduits à faire une hypothèse sur la forme de ces courbes, et à plus,forte raison y sommes nous contraints lorsque, ignorant les détails de l’expérience de contrôle, nous voulons tout tirer du coefficient r qui nous est donné.
- Le mieux qu’on puisse faire alors est de supposer des distributions normales (figure 1) en appelant ainsi, conformément à l’usage, celles qui se font suivant la fameuse courbe en cloche des mathématiciens (loi de Laplace-Gauss).
- C’est cette distribution qu’on a des chances de rencontrer lorsqu’on a pris soin d’examiner à part, afin d’éliminer d’abord leur influence, les plus gros facteurs de variabilité (sexe,
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- âge, etc...) el que l'éparpillement résiduel n'est plus imputable qu’à un nombre énorme de petites causes inconnues, avec-une probabilité égale pour les écarts positifs et pour les écarts négatifs. Pour des raisons théoriques que nous n’avons pas à exposer ici, il est naturel d’attacher une importance particulière à cette forme idéale de distribution, bien qu’en fait beaucoup de courbes réelles s’en éloignent sensiblement par certains caractères (légère asymétrie, aplatissement ou relèvement plus marqué, etc...). .Nous supposerons ces divergences assez faibles, et nous serons d’autant plus tenté de 1»' faire, si rien de spécial ne s’v oppose, que des tables répandues et commodes, permettant d’abréger considérablement les calculs, ont été établies précisément pour la courbe normale en question. Ajoutons encore que, pour celle raison, bien des tests sont arrangés de façon à fournir, approximativement du moins, une distribution cle ce type.
- Toutes les distributions normales ne diffèrent entre elles que par leur surface, c’est-à-dire par le nombre de sujets qui remplissent cette surface, et par leur dispersion, mesurée par l’écart type. En rapportant toujours à 100 sujets et en exprimant les écarts relativement au * de la distribution, toutes les courbes se trouvent ramenées à la même, qu’on appelle combe réduite. Les tables (1). dites de la fonction G, se rapportent seulement à la courbe réduite. Elles permettent entre autres choses de remonter d’un certain écart (réduit) au nombre d’individus (sur 100) qui dépassent cet écart, et c’est justement ce cjne nous voulons connaître ici.
- Dans notre exemple, nous avions choisi l’intervalle s= 2,4 comme limite extrême de tolérance. Avant de regarder dans la table, nous devons d’abord chercher ce que vaut ce! écart par rapport à l’erreur type calculée la dernière fois (a>a = t.8).v En divisant 2,4 par 1,8, nous trouvons 4/3 ou 1,333... Pour ce nombre, la table nous donne 18,2 %. Ainsi, nos estimations seront fausses dans 18 % des cas environ.
- Qu’avons-nous gagné à employer un lest de validité r,.a = 0,80? En l’absence du test, notre erreur type est plus élevée (<rc = 3 ). Le même s se trouve donc divisé par un nombre plus
- (1) On trouvera dans tous les livres de Statistique des tables plus ou moins sommaires de celte fonction, et notamment dans le remarquable ouvrage de T. L. Kelley, Slatislical method, McMillan C°, New-York, 1924.
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- grand, et l’écart réduit devient plus petit (2,4/3 ou 0,80, au lieu de. 1,333...). De ee fait nous devons nous attendre à un pourcentage plus élevé d’individus mal cotés : la labié nous donne 42,4 %.
- Nous apprécierons notre avantage en comparant' les deux pourcentages, dont le rapport est 0,43 ; c’est là une deuxième façon d’envisager le pouvoir prédictif d'un test d’aptitude.
- Notons (pie celle qualité se trouve non seulement liée à i‘ac mais aussi à l’écart ; choisi comme limite. Si l’on n’alta-che pas une importance spéciale à une valeur précise de on peut faire une convention unique qui amènera le pouvoir prédictif à ne dépendre que de la validité, en donnant un sens concret à Celle-ci, en permettant en outre la comparaison de plusieurs tests à ce point de vue. On peut choisir par exemple l’intervalle qui aboutit, en l'absence de test, à 50 % d’évaluations fausses, en appelant fausses toutes celles qui dépassent cel intervalle. Cet. j particulier est ce qu’on appelle lecart probable (e. p.) de la distribution. Pour une.distribution normale, il est égal à 0,6745 x <r, environ les 2/3 de l’écart étalon. Dans notre exemple, on aurait, pour la capacité professionnelle : e. p. = 0,6745 x 3 =• 2,0235. Un iel écart vaut 2.02/1,8 = 1,12 fois l’erreur type lorsque nous utilisons le lest. La table nous donne un proportion correspondante de 26 % d’erreurs : nous devons donc espérer des estimations justes seulement 74 fois sur 100. Il est instructif de se rendre compte de l’augmentation des chances de succès à mesure que la corrélation augmente. Voici un tableau qui permettra, étant admises toutes nos conventions et hypothèses, de traduire la corrélation en pourcentage de prédictions justes (1).
- r Pourcentages de succès r Pourcentages de succès
- 0.00 50 % 0.55 58 %
- 05 50 60 60
- 10 50 65 65
- 15 50 70 66
- 20 51 75 69
- 25 51 80 74
- 50 52 85 80
- 55 55 866 82
- 40 54 90 89
- 45 55 95 97
- 50 5G 1.00 100
- ________ (A suivre)
- (1) Ces valeurs sont tirées diim article rie D. Fryer et L. 11. Lanier : « Prédiction in 1er ms of chances in 100 from lhe corrélation coefficient », Industrial Psychology, May, 1927.
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- Les étalonnages de Tests
- * *
- NIVEAUX D’ÉPREUVES
- Tests de Séries numériques (/in).
- PA l(
- Madame Henri PIÉRON
- .Nous avons donné précédemment les séries demandant uniquement l’emploi d’une opération (1).
- Nous aborderons aujourd’hui les séries complexes taisant appel à des opéra lions multiples.
- *
- f *
- Nous passerons' en revue loul d’abord des séries composées de deux termes.
- 1° Un groupe de trois séries dans lesquelles les chiffres qui occupent les rangs impairs son! constitués par la suite naturelle des nombres (1.2.3.4.5.6.7.8.9.) mais dans lesquelles la formation des nombres qui occupent les rangs pairs diffère.
- Dans la première série tous les nombres pairs sont des multiples de 4 :
- Série 16. — 1.4.2.8.3.12. (4.24).
- Dans la seconde, des multiples de 5.
- Série 11. — 1.5.2.10.3.15. (4.20.)
- Dans la troisième enfin, les nombre de rangs pair sont obtenus en multipliant le nombre de rang pair précédent par 2.
- Série 0. — 1.4.2.8.3.16. (4.32.)
- Voici les résultats de ces séries.
- On remarquera que pour la plupart des séries qui vont suivre l’étalonnage a été fait séparément sur les élèves des éco-
- (1) Bulletin de l’inslilul d Orienlation Professionnelle, n" 1, janvier 1929, pp. 40-45, cl n° 2, février 1929, pp. G1-G4.
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- lus primaires de la ville de Paris et sur les élèves des cours complémentaires, c'est-à-dire sur des enfants sélectionnés par les concours d’entrée donnant accès à ces cours.
- Numéro des séries 10 uns 11 ans 12 ans 13 ans . 14 ans lô ans Réussite moyenne °/0 Nombre total de suj.
- 1
- Non sélectionnés :
- 16 11.26 9.91 11.24 8.69 20 00 12 22
- 142 suj. 469 suj. 516 suj. 184 suj. 30 suj. 1.341 suj.
- 11 15.47 34 01 39.89 33.33 50.00 34 54
- 168 suj. 476 suj. 396 suj. 144suj. 24 suj. 1.208 suj.
- 6 32.32 40.22 53.37 62.00 46.40 46.86
- 198 suj. 522 suj. 564 «uj. 190 suj. 36 suj. 1.510 suj.
- Réus. moyen.
- par âge.. 19.68 28.04 34.83 34.67 38.80 31.21
- Nombre total
- de sujets. 508 suj. 1.467 suj. 1.476 suj. 518 suj. 90 suj 4.509 suj
- Sélectionnés :
- 6 ! 93.75 89.08 84.52 88.23 88.89
- 32 suj. 92 suj. 64 suj. 38 suj. 232 suj.
- 20 Un groupe de Irois séries dans lesquelles il suffit pour avoir le nombre de rang pair, de prendre le nombre précédent (de rang impair par conséquent) et d'en retrancher i. Mais les nombres de rang impair sont constitués différemment dans les deux séries.
- Dans l’une, les nombres de rang impair s’obtiennent en multipliant par 2 le nombre pair précédent :
- Série 9. — 4.3.8.7.10.15.32.31 (64.03.)
- Et dans l’autre les nombres de rang pair sont les multiples de 3.
- Série 19. — 3.2.0.5.9.8.12.11 (15.14.)
- Voici les résultats de ce deuxième groupe :
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- Numéro . des séries 10 ans 11 ans 12 ans 13 ans 11 ans 15 ans - Réussite moyenne 0/0 Nombre total de suj.
- 1 i
- Non sélectionnés :
- 9 20.20 37.93 42.16 38.00 37 5 38.56
- 19 •198 suj. 7.04 522 suj. 8.61 564 suj. 18.60 190 suj. 14.13 36 suj. 20.00 t.510 suj. 12 48
- 142 suj. 464 suj. 516 suj. 184 suj. 30 suj. 1.336 suj.
- Réus. moyen. par âge.. Nombre total 13 62 23.27 30.38 26.06 28.75 24.41
- de sujets. 340 suj. 986 suj. 1.080 suj. 374 suj. 66 suj. 2.846 suj.
- Sélectionnés :
- 9 75.00 70.03 58.72 57.89 65.41
- 32 suj. 92 suj. 64 suj. 38 suj. 226 suj.
- 3° Un groupe de 2 séries clans lesquelles les nombres de rang pair •Sont obtenus en doublant le nombre de rang pair [(recèdent et ceux de rang impair en additionnant les deux nombres précédents (l’un de rang impair et l’aulre de rang-pair par conséquent).
- Série 14. — 1.4.5.8.13.16.29 (32.61.)
- Série 32. — 1.3.4,6.10.12 (22.24.)
- Série 36. — 2.3.5.6.11.12.23.24 (47.48.)
- A’ous avons obtenus les résultats suivants :
- Numéro des séries 10 ans 11 ans 13 ans 13 ans /’ 14 ans 15 ans Réussite moyenne "/„ Nombre total de suj.
- Ne >n sélectit jnnés :
- 14 2 38 2.54 4.04 5.55 3.63
- 168 suj. 476 suj. 396 su j. 144 suj.1 1.184 suj.
- 32 17.39 4.67 7.50 7.14 9.22
- 92 suj 176 suj. 114 suj. 52 suj. 434 suj.
- 36 25.00 17.89 17.29 24.50 21.1-7
- 128 suj. 274 suj. 136 suj 58 suj. * 596 suj.
- Réus. moyen.
- par âge.. 14.98 8.87 10.11 15.82 11.34
- Nombre total
- de sujets. 696 suj. 846 suj. 394 suj. ! 10 suj. 2.214 suj.
- Sélectionnés :
- 32 41.42 45.97 38.46 37.81 40 92
- 58 suj. 194 suj. 220 suj. 132 suj. 604 suj.
- 36 33.86 35.41 35.64 28.12 33 26
- 68 suj. 216 suj. 218 su j. 128 suj. 630 suj.
- Réus. moyen.
- par âge.. 37.64 40.69 37.05 32.96 37.09
- Nombre total
- de sujets. 126 suj. 410 suj. 438 suj. 250 suj. 1.234 suj.
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- — 1)0
- *
- * *
- Nous envisagerons maintenant Jê's séries composées de 3 I crm es.
- 1° 2 séries dans lesquelles le premier terme de chaque ensemble (donc 1°, 4°, 7°, 10° chiffre) est égal au premier ferme de chaque série composante — 10 ; où le second terme (2°. 5°, 8°, 11°) est invariablement 10 el où le 3° terme (3°, 6°. 9°, 12°) représente la somme des deux autres. Donc séries à deux variables seulement.
- Série 33. — 16.10.26.15.J0.25.14.10.24.13.10.23 (12.10.22.) Série 37. — 14.10.24.13.10.23.12.10.22 (11.10.21.)
- Nous obtenons pour ces deux séries les résultats suivants :
- Numéro des séries 10 ans U ans 12 ans 13 ans 14 ans 15 ans Réussite moyenne "/„ IN ombre total de suj.
- N< >n sélectit annés:
- 33 55.33 46.87 54.85 43.80 50.21
- 92 suj. 176 suj. 114 suj. 62 suj. 444 suj.
- 37 64.06 30.9Ô 59.16 51.00 56.28
- 128 suj. 274 suj. 136 suj. 58 suj. 596 suj.
- Réus. moyen.
- par âge.. 59.69 48.88 57.01 47 40 53.25
- Nombre total
- de sujets. 220 suj. 450 su j. 250 suj. 120 suj. 1.040 suj.
- Sélectionnés :
- 33 51.90 58.63 59.42 67.82 59.44
- 58 suj. 194 suj. 220 suj. 132 suj. 604 suj.
- 37 82 79 87 26 74.34 73 85 79.56
- 68 suj. 214 suj. 218 suj. 118 suj. 620 suj.
- Réus. moyen.
- par âge.. 67.34 72.96 66.88 70 83 69.50
- Nombre total
- de sujets. 125 suj. 410 suj. 438 suj. 250 suj. 1.224 suj.
- 2° Deux séries dans lesquelles le premier et le deuxième ferme s’obtiennent de la même façon en retranchant une unité aux termes correspondants de la série précédente.
- Le troisième terme est toujours la somme des deux pre-
- miers.
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-
- Série 38. — 14.9.23.13.8.21.12.7.19 (11.0.17.)
- Série 34. — 15.10.25.14.9.23 (12.7.10.)
- '5. S. V\
- 3° Deux séries identique*? comme mécanisme, mais le chiffre à retrancher n’est pas le même pour les deux termes (— 1 el — 2).
- Série 42. — 16.12.28.15.10.25.14.8.22 (13.6.19.)
- Série 43. — 14.8.22.13.6.19.12.4.16 (11.2.13.)
- Voici les résultats de ces quatre séries :
- Numéro des séries 10 ans 11 ans 12 ans 13 ans 14 ans 15 ans Réussite moyenne °/0 Nombre total de suj.
- Ne >n sélectit innés :
- 38 59.37 42.61 52.08 51.00 51.01
- 128 suj. 274 suj. 136 suj. 58 suj. 596 suj.
- 34 45.65 45.80 51. lu 21.42 40.99
- 92 suj. 176 suj. 114 suj. 52 suj. 434 suj.
- 42 46.77 46 16 30.8i 33.33 39.27
- 124 suj. 282 suj. 142 suj. 56 suj. 604 suj.
- 43 69.64 60.78 51 80 37.5 54.93
- 112 suj. 156 suj. 140 suj. 58 suj. 466 suj.
- Réus. moyen.
- par âge.. 55.36 48.84 46 45 35.81 46.55
- Nombre total
- de sujets. 456 suj. 888 suj. 532 suj. 224 suj. 2.100 suj.
- Sélectionnés :
- 43 84.37 77.86 87.31 80.35 82.92
- 64 suj. 188 suj. 212 suj. 124 suj. 588 suj.
- 34 48.57 51.98 48.8i 63.74 53.27
- 58 suj. 174 suj. 220 suj. 132 su j. 604 suj.
- 42 62.32 62.99 55.48 44.67 56.36
- 70 suj. 214 suj. 230 suj. 138 suj. 652 suj.
- 38 82.79 85.40 69.19 67.7i 76.27
- 68 suj. 216 suj. 218 suj. 128 suj. 630 su j.
- Réus. moyen.
- par âge.. 69.51 69 56 65.20 64.12 67.20
- Nombre total
- de sujets. 260 suj. 812 suj. 880 suj. 522 suj. 2.474 suj.
- 4° Dans et ‘ groupe comprenant 2 séries, les premiers ter-
- mes s’obtiennent en retranchant 1 du premier terme précé-
- dent el le second ternie en ajoutant 2 au second terme précédent. Le troisième terme est toujours la somme des deux autres.
- Série 44. 15.10.25.14.12.26.13.14,27 (12.16.28).
- Série 39. — 17.0.23.16.8.24.15.10.25.14.12.26 (13.14.27).
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- •V Dans 4 autres' séries le mécanisme est le même, sauf que pour chacun des termes il y a alternativement addition et
- soustraction. Pour te P1' terme + 2—1 +2 ........... 1, (de...
- Pour le 2° terme— 1+2- 1+2, etc... Le troisième ferme
- étant la somme des deux autres.
- Série 45. — 21.12.^3.23.11.34.22.13.35 (24.12.36).
- Série 41. IS.10.28.20.9.29.19.11.30.21.10.31 (20.12.32),
- Série 40. — 18.12.30.20.11.31.19.13.32.21.12.33 (‘O. 14.34).
- Série 40. — 10.11.27.18.10.28.17.12.29 (19.11.30).
- Voici les résultats de ces 0 séries :
- Numéro des sérit s 10 ans 11 a ns 12 ans 13 ans 14 ans 15 ans Réussite moyenne °/« . Nombre total de snj.
- Non sélectionnés :
- 44 71.42 60.24 51.81 57.00 73.07
- 112 suj. 256 suj. 140 suj. 58 suj. 566 su j.
- 39 40.32 49.05 48.62 47.92 46.48
- 124 suj. 282 suj. 142 suj. 56 suj. 604 suj.
- 45 44.64 39.01 35 08 24.5 35.8i
- 112 suj. 256 suj. 140 suj. 58 suj. 566 suj.
- 41 34.19 21.06 20.44 8.33 18.76
- 124 suj. 282 sui. 142 suj. 56 suj. 604 suj.
- 40 19.35 25.21 17.40 18.25 20.08
- 124 su j. 282 suj. 142 suj. 56 suj. 604 suj.
- 46 44.64 37.45 30.49 35 36.89
- 112 suj. 256 suj. 140 suj. 58 suj. 566 suj.
- Réus. moyen.
- par âge. 40.76 38.68 33 97 32 33 38.51
- Nombre total
- de sujets. 708 suj. 1.614 suj. 846 suj. 342 suj. 3.510 suj
- Sélectionnés :
- 44 78.12 81.90 87.06 72.16 79.78
- 64 suj. 188 suj. 212 suj. 124 suj. 588 snj.
- 39 72 60 68.85 63.00 64.13 67.17
- 45 282 suj. 214 suj. 63 suj. 138 suj 697 suj.
- 53.12 53.61 51.01 51.04 52.19
- 41 64 suj. 188 suj. 212 suj. 124 suj. 588 suj.
- 39 80 28.79 31.53 23 29 30.85
- 40 70 suj. 214 suj. 230 suj. 138 suj. 652 suj.
- 34.53 19.93 29.85 29.18 28 37
- 46 70 suj. 214 suj. 230 suj. 138 suj. 652 suj.
- 59.37 50.93 52. OÔ 54 61 54.23
- Réus. moyen. 64 suj. 188 suj. 212 suj. 124 suj. 588 suj.
- par âge. 56.27 42,34 52.41 49.07 53.00
- Nombre total
- de snjets 614 suj. 1.206 suj. 1.159 su j. 786 suj. 3.765 suj
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- Le 6e et dernier groupe contient deux séries toutes différentes.
- Elles sont contiluées pour les deux premiers termes par la suile naturelle des nombres entrecoupée à chaque troisième terme par le produit des deux premiers.
- Série 17. — 3.4.12.5.6.30.7.8.56 (9.10.90).
- Série 12. — 4.5.20.6.7.42 (8.9.72).
- Voici les résultats de ces séries :
- Numéros des séries 10 ans Il ans 12 ans 13 ans Il ans Réussite moyenne Nombre total de suj.
- N< m sélectic innés :
- 17 8 45 15.51 18 99 14 13 26 66 16.75
- 142 suj. 464 suj. 516 suj. 184 suj. 30 su j. 1.336 suj.
- 12 13.09 34.03 36.86 33.33 41.66 3179
- i 68 suj. 476 suj. 396 suj. 144 suj. 24 suj. 1 208 suj.
- Réus. moyen.
- ]par [âge. 10.77 24.77 27.92 23.73 34.16 24.27
- Nombre total
- de sujets 310 suj. 940 suj. 912 suj. 328 suj. 54 suj. 2.544suj.
- Nous avions constaté dans notre dernier exposé (1) que pour les séries ne faisant appel qu’au maniement d’une seule opération, on trouvait une amélioration légère de la réussite avec l’âge.
- Si nous faisons la moyenne générale de réussite de nos séries complexes pour chacun des âges en envisageant à part les élèves non sélectionnés et les sélectionnés, nous trouvons les résultats suivants :
- Non sélectionnés. — Réussite moyenne pour cent = 12 ans: 39,46 ; 13 ans : 38,53 ; 14 ans : 33,49. Moyennes portant sur 14.729 réponses.
- Sélectionnés. — Réussite moyenne pour cent = 12 ans : 62,15 ; 13 ans : 60,60 ; 14 ans : 58,10.
- (1) Bulletin de l'Institut National d'Orientation Professionnelle, n" 2, février 1929, p. 64.
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- Moyennes portant'sur 9.968 réponses.
- On peut constater que ce gain, loin de continuer avec l’âge, se change après 12 ans en une diminution de réussite. Et cela dans les deux groupes d’élèves.
- Il faut aussi remarquer la différence de niveau à âge égal entre les non sélectionnés et les sélectionnés pour 12 ans, différence de 22,69 °fn (62,15 — 39,46) ; pour 13 ans, de 22,07 % (60,60 — 38,53) et pour 14 ans, de 24,61 (58,10 — 33,49).
- Il semble que c’est surtout vers 10 ans à 11 ans que l’enfant commence à comprendre ce que l’on lui demande et ce que c’est qu’une loi de séries, c’est cette naissance de la compréhension progressive de la question que marque le gain lent des premières années.
- A 12 ans les enfants comprennent bien et apportent leur attention à la résolution de la question.
- Après 12 ans (c’est, un fait qui paraît assez fréquent), ils sont moins appliqués et attentifs et le rendement est moins bon.
- Ce test n’est pas un test de développement, c’est un test d’aptitude et c’est, ce qui explique pour le même âge la dénivellation importante entre la réussite des non sélectionnés et des sélectionnés.
- NOTES ET DOCUMENTS
- Une méthode pratique d’Orientation professionnelle
- Le cours cVorganisation de VO. P. comportait deux leçons relatives ci VO. P. par les ateliers-écoles. Nous dégageons, des observations présentées par M. Lomonit, directeur général des ateliers-écoles de la Chambre de Commerce de Paris, les quelques indications succinctes ci-dessous, en insistant sur cette idée que les ateliers-écoles visent principalement :
- 1° A une détermination expérimentale des aptitudes et. plus particulièrement,, des aptitudes professionnelles ;
- 2° A une orientation professionnelle judicieuse basée à la fois sur une meilleure connaissance de soi?mème et des activités professionnelles qui s'offrent à l’individu ;
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- 3° A un commencement de préparation d'apprentissage qui, au point, de vue qui nous occupe plus spécialement, permet de redresser certaines erreurs toujours possibles...
- L'Orientation professionnelle), telle quelle est pratiquée à la Chambre de Commerce, dit M. Lomont, est à ta fois scientifique et expérimentale.
- Scientifique, en ce sens qu’elle repose sur l'examen médical et psychologique de l’enfant. Expérimentale, parce qu’après ce double examen les apprentis sont soumis, dans les ateliers-écoles, à une observation qui dure, suivant les métiers, de trois à six mois.
- M. 1 jomont montre la nécessité d’une propagande pour faire comprendre aux familles, aux instituteurs, aux industriels et commerçants l’utilité' de l’Orientation professionnelle et pour mettre >n honneur le travail manuel aux yeux des enfants.
- En s’appuyant sur la longue expérience de l’enseignement primaire, il explique le danger qu’il peut y avoir à pousser vers les études des jeunes gens qui n’ont ni les goûts, ni les aptitudes nécessaires et l’avantage qu’il y aurait pour eux, comme pour la Société, à les diriger, au moment opportun, vers les professions actives, en général, et les métiers manuels en particulier.
- Le service est organisé pour donner aux familles tous les renseignements quelles peuvent souhaiter, soit que les enfants aient l’intention de poursuivre leurs études, soit qu’ils aient le désir d’apprendre un métier.
- Tout enfant qui se présente subit, s’il le désire, un examen médical qui n’a d’autre objet que de signaler les contre-indications. Après un examen psychologique qui s’appuie surtout sur les renseignements fournis par la famille et par l’école, il reçoit des conseils susceptibles de l’éclairer dans le choix d’une profession conforme à ses goûts, à ses aptitudes et à ses connaissances.
- Un cabinet médical, une salle d’exposition de travaux se rapportant à de nombreux métiers, une salle de cinéma sont les annexes indispensables du service d’Orientation professionnelle de la Chambre de Commerce de Paris.
- Rue Au Maire, 4, avec fiches et tableaux à l’appui, M. Lomont expose la méthode expérimentale, qui est le complément de la méthode scientifique dont il vient d’être parlé.
- L’enfant ayant préalablement indiqué le métier qu’il désire apprendre et ayant été reconnu apte, entre dans l’atelier-école de son choix.
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- Il est tenu de faire un stage dans plusieurs ateliers, 4, rue Au Maire : menuiserie, ferblanterie, forge,, ajustage.
- Au cours de chaque stage, il est observé par le médecin, par le contremaître-profé'sseur et par le directeur ; et ce n’est qu’au bout de six mois (chaque stage ayant une durée de six semaines) qu’a lieu le choix définitif du métier qu’il désire apprendre.
- Souvent ce. choix est conforme à celui qui avait été retenu après l’examen scientifique ; parfois il est tout différent.
- Au contact des métiers, les aptitudes des enfants se révèlent. Elles ne sont pas toujours conformes au goût primitivement marqué. L’expérience ainsi prolongée offre cet avantage que, généralement, c’est l’enfant lui-même qui s’oriente vers le métier 0(1 il a le mieux réussi et qui. de ce fait, lui plaît le mieux.
- Lorqu’un enfant s’est montré inférieur dans les divers ateliers où il est passé, il peut, à moins d’une volonté nettement affirmée, passer dans une autre école. Tel qui aurait voulu être mécanicien est dirigé vers l’école des vendeurs, tel autre vers la papeterie, la reliure ou la maroquinerie, suivant les aptitudes constatées au cours des stages.
- Pour répondre à certaines objections qui ont été présentées, di sons que le temps passé à cette recherche des aptitudes n’est pas perdu : les enfants aequirèent, au cours des stages, une habileté manuelle dont ils bénéficient, quel que soit leur choix ultérieur ; ils reçoivent, d’autre part, un enseignement général qui fortifie ce qu’ils avaient appris à l’école primaire ; enfin, ils font choix eux-mêmes du métier dans lequel ils ont le plus de chance de rester et de réussir. Et cette auto-orientation n’est pas le moindre avantage des ateliers-écoles !
- La méthode d’Orientation professionnelle pratiquée à la Chambre de Commerce se présente donc comme la suite logique de l’école •primaire et les ateliers-écoles ne paraissent être guère autre chose que des cours complémentaires professionnels. Sans doute, ne peut-on partout avoir des possibilités aussi grandes qu’à Paris, du moins pourrait-on s’inspirer de l’expérience tentée par la Chambre de commerce de Paris pour donner à la jeunesse, qui se destine aux métiers manuels, un complément d’instruction analogue à celui qu’on réserve actuellement à ceux qui continuent leurs études ou qui se destinent aux professions administratives. Dans l’adaptation qui devrait être faite suivant les milieux et les circonstances, il ne faudrait pas négliger les renseignements qui peuvent venir du dehors. La pédagogie de VOrientation professionnelle. comme celle de l’apprentissage, ne peut être que le résultat d’une collaboration étroite des pédagogues et des professionnels. L’Ius-titut national d’Orientation professionnelle ne peut manquer de
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- s'intéresser à cette méthode pratique d’O. P. et recevra volontiers toutes indication®,, critiques, etc. sur ce sujet.
- L'Orientation professionnelle en Tchécoslovaquie dans les années 1921-1926. — Le Bureau central d’Orientation professionnelle de Prague publié en français un compte rendu de six pages sur l’O. P. en Tchécoslovaquie dans les tannées 1921-1926. Ce Bureau central, fonctionnant déjà depuis plusieurs années, a pour but d’organiser systématiquement l'O. P. en Tchécoslovaquie, de la centraliser, cl d'équiper des bureaux d'Orientation en leur fournissant l’outillage d’une part, et, d'autre part, en assurant l’entraînement nécessaire aux orientateurs. Il est subventionné par l’Etat, le pays et la ville, et reçoit, des dons des associations, des unions d'entrepreneurs et des personnalités.
- Le Bureau d’O. P. à Prague, qui est uni personnellement et localement avec le Bureau central, est divisé en deux sections :
- 1° La section industrielle fonctionne depuis 1921. On s’y occupe des enfants qui vont quitter l’école, auxquels on fait subir un examen médical particulièrement soigné. L’examen physique est précédé d’une anamnèse détaillée^ ; la constitution est examinée quantitativement et qualitativement (fonctionnement et rendement) ; on vérifie les organes internes ; on contrôle minutieusement tous les organes sensoriels ; enfin, sous la rubrique « attention ». le médecin relève les données spécialement intéressantes en chiffres, les groupes professionnels qu'il faut éviter à cause de l’état physique du sujet. (Ces chiffres correspondent à un schème des exigences et des inconvénients, des différentes professions au point de vue de la santé, dont il est possible de se servir pour caractériser un travail particulier.)
- L’examen psychologique sert à déterminer le niveau mental (intelligence générale) et les aptitudes spéciales.
- L’orienteur prend connaissance des divers rapports du médecin, du psychologue, du pédadogue et des parents, puis essaye de se renseigner directement sur l’enfant par la conversation et par un questionnaire intime. Enfin, il oriente l’enfant en s’appuyant sur toutes ces sources d’information et en tenant compte de la situation momentanée du marché du travail.
- Les statistiques des résultats obtenus, bien que difficiles à établir, sont très satisfaisantes.
- 2° La section pour les étudiants fonctionne depuis 1922. Elle oriente la jeunesse au sortir de l’école primaire, vers les études
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- secondaires, 1-es étudiants vers les écoles spéciales, et ceux qui ont fini leurs études secondaires vers les éludes supérieures.
- L’activité du Bureau d’O. P. à Prague s’est .accrue de 449 cas examinés dans la section industrielle en 1921. à 1846 cas en 1926.
- La Centre le a organisé 25 bureaux d’orientation, publié des formulaires et élaboré les monographies des plus importantes professions d’après leurs exigences physiques et mentales, d’après, les conditions économiques, les exigences scolaires préparatoires et spéciales, l’apprentissage et l’avancement, et les méthodes d'examen de la jeunesse au point de vue des aptitudes physiques et mentales. Elle fait apparaître une revue mensuelle : « Zpravodaj ».
- A travers les Revues
- Dans le Bulletin de février de la Société Alfred Binet, Mme Be-nielli expose, de façon un peu décousue, les expressions variées des « rêves d’avenir » des enfants d’aujourd’hui, ambitieux ou modestes, positifs ou purement fictifs, influencés par les lectures habituelles ou les conditions de vie du milieu (le fils d’un chiffonnier se contentant d’aspirer à « une maison où qu’on ait pas froid »).
- En ce qui concerne les préoccupations professionnelles qui se manifestent de temps en temps, les enfants d’ouvriers rêvent en général d’avoir le métier du père ; deux fillettes veulent être aviatrices ; la plupart de ces enfants, de 7 à 13 ans, ont le souci de gagner de l’argenf. beaucoup d’argent, et le plus tôt possible. Une petite tille désire être institutrice pour avoir beaucoup de vacances, et une autre qui veut être artiste de cinéma, malgré l'opinion opposée des parents, se montre décidée à réaliser son rêve.
- NOTES ET INFORMATIONS
- Une nouvelle revue, « Revue de la Science du travail » vient d’être créée sous la direction de MM. Lahy, Solfier et Arend, à la librairie Félix Alcan. Celle publication est consacrée à toutes les questions de psychotechnique et d’organisation du travail : d’abord à l’école (rationalisation des méthodes pédagogiques, diagnostic et pronostic des aptitudes, recherche des mieux doués, orientation professionnelle) ; puis, pendant la formation professionnelle (étude
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- de 1‘.apprentissage) ; enfin pendant l’exercice du métier (étude phy sio,logique et psychologique du travail, adaptation des conditions du travail à l’état psychologique et physiologique du travailleur, sélection professionnelle, étude de la fatigue, prophylaxie des maladies professionnelles et des accidents, récupération des travailleurs diminués, hygiène du travail, développement intellectuel des travailleurs). Tout cela en vue d’une plus juste et meilleure utilisation des aptitudes et des capacités des travailleurs, d’un meilleur rendement avec un minimum de fatique et de risques.
- La revue paraît tous les trois mois et'comporte des articles originaux relatifs aux recherches scientifiques et aux applications réalisées dans le domaine de la science du travail ; des revues générales montrant l’état actuel des questions les plus importantes : des notes et documents concernant le mouvement général de la psychotechnique et de l’organisation scientifique du travail ; une bibliographie : analyses critiques avec extraits intégraux ; des informations ; enfin, en supplément, figurent les sommaires des revues de psychotechnique, de psychologie appliquée, de physiologie, d’hygiène et d’organisation scientifique du travail ; et des fiches bibliographiques qu'on pourra conserver sans détériorer le corps de la revue. •
- Le premier numéro contient les articles de J. P. Arend sur l’uti lilé de l’élude 'scientifique du travail humain pour la direction des entreprises,, J. M. Lahy « La psychologie professionnelle de T apprenti. Essai de sélection » ; Dr P. Sollier et J. Drabs « La prévision des aptitudes motrices est-elle expérimentalement possible » ? ; Dr II. Laugier « Electrophysiologie et Science du travail » ; l)1' Toulouse « Le budget de la psychopathie dans le travail » ; une revue générale de M. H. Neoussikin sur « La détermination des échanges respiratoires comme moyen de mesure dans le travail physique » ; un article d'information du l)r W. Schulz sur « La psychotechnique dans l’orientation professionnelle en Allemagne et l’Institut régional pour l’étude du travail professionnel à Düsseldorf » : ainsi que de nombreuses analyses et informations.
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- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- J.-J. von Biervliet. — Rapport sur nos recherches à l'Office intercommunal d'Orientation Professionnelle. — Bulletin de l’Office intercommunal d'O. P. de Bruxelles, VIII, n° 3', 1928.
- L’Office intercommunal d’O P. de Bruxelles se consacre aux recherches en vue de la détermination des hases psycho-physiologiques des ..ptitudes à certaines professions manuelles.
- La méthode consiste à joindre à l’examen théorique d’entrée dans les écoles professionnelles une épreuve pratique par tests. Le classement des élèves au cours d’année par comparaison avec le classement obtenu avec les tests donnera la valeur diagnostique des lests. Celte méthode a été appliquée : 1° pour les apprentis mécaniciens; 2° pour les modistes. Dans le premier cas sur 19 sujets, le classement par test et le classement de fin d’année a (sauf deux sujets) coïncidé ; il y a eu au contraire six discordances entre l’examen théorique d’entrée et le classement final. Pans le second cas, sur dix cas, huit concordances absolues et deux discordances très légères.
- L’intérêt de la valeur pronostique des semblables tests, le jour ou de plus vastes étalonnages auront été établis, saute aux yeux.
- Shannon J.-R. — Personal and Social Traits Requisile for High Oracle Teaching in Seconclary Schools. — (Terre haute, Indiana : State' Normal Press, 1928).
- J.-B. Shannon publie une étude sur les qualités essentielles que doivent posséder les professeurs d’enseignement secondaire. Son investigation trè-s variée a porté sur des interviews d’inspecteurs, des évaluations d’étudiants, des codes de conduite professionnelle pour professeurs, des études sur les causes d’insuccès chez certains maîtres, etc., etc. v
- Il aboutit aux conclusions suivantes :
- Les traits primordiaux qui assurent le plus sûrement le succès sont : la sympathie, la décision, le sang-froid, l’enthousiasme, la puissance de stimulation et l’ardeur.
- Viennent ensuite : l’affabilité, l’activité, la voix, la faculté d’adaptation, l’entrain, l’esprit de collaboration, le soin apporté au langage, l’exactitude, la vigilance, l’intégrité et l’aptitude.à inspirer confiance.
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- 1" Année
- K* 4
- Avril 1929
- BULLETIN
- DE
- l’Institut National Orientation Professionnelle
- La validité des Tests d’aptitude professionnelle
- par
- M. A . K1 2 K SS A 1)
- (Suite)
- Il nous reste à considérer, d’un troisième et dernier point de vue (voir nos deux précédents articles), les erreurs de pronostic que nous risquons de commettre en utilisant un test dont la validité est rac.
- Celte nouvelle' manière de chiffrer l’imperfection de nos méthodes, plus grossière, plus globale que les précédentes, sera peut-être celle qui parlera le mieux à l’espril des praticiens de l’orientation cl de la sélection professionnelles. Elle tient compte, en effet, de l’opération ultime à laquelle il faut toujours arriver dans la pratique, celle qui consiste à décider brutalement, par oui ou par non, au mépris des nuances révélées par le test, si un individu est capable de réussir dans une profession déterminée (1). Ainsi, et tout d’abord pour le groupe de contrôle, nous serons amenés à répartir les gens en deux catégories tranchées, aptes et inaptes ; désignons par a et: a’ les proportions respectives d’aptes et d’inaptes que notre lest nous fait prévoir. Puisqu’il s’agit d’abord d’éprouver le lest, l’élimination reste fictive (2) dans, le groupe de contrôle, et même les inaptes sont acceptés. Ultérieurement, il devient alors possible de scinder le groupe en deux
- (1) En Orientation professionnelle, la question se pose pour toute une série de métiers possibles, alors qu’en Sélection la profession est déterminée à l’avance.
- (2) Il s’agit bien entendu de l’élimination commandée par le test, les autres moyens employés auparavant restant réellement efficaces : on se propose de juger isolément l’amélioration apportée par le test et rien d’autre.
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- classes nouvelles, comprenant ceux qui sont effectivement reconnus capables, c, d’après le . critérium de capacité professionnelle qu’on a choisi, et les autres, les incapables, c’. Si les individus du groupe a coïncident avec ceux du groupe c, et de même par conséquent pour a’ et c’. la prédiction esf parfaite. Mais en général il se trouve des incapables parmi les aptes présumés, (nous dirons qu’ils sont de la catégorie a c’), et inversement nous pouvons avoir été parfois injustes dans nos verdicts d’inaptitude (catégorie a c). Bref il y a quatre cas possibles, les proportions correspondantes étant repré-tées par les symboles :
- a c’, a’ c, a c, a’ c’,
- qui se comprennent d’eux-mêmes. L’accord a lieu dans la proportion a c + a’ c’ (aptes capables + inaptes incapables). Le désaccord porte sur la proportion a c’ + a’c (aptes incapables + inaptes capables) et c’est celte proportion qu’on peut se proposer d’évaluer à l’avance pour se rendre compte des erreurs de sélection qui sont à craindre et par suite de la valeur sélective du test envisagé.
- Avant d’entreprendre cette évaluation, il faut bien préciser les conventions qui fixent le niveau des deux coupures : entendons par là d’une part la note d’aptitude au-dessous de laquelle les sujets seront déclarés inaptes, soit Ao ; d’autre part la note de capacité C0 qui, de même, constituera la limite entre les bons et les mauvais ouvriers. Quelque arbitraires que puisssent paraître ces conventions, il faut se résoudre à les subir. Afi peut être fixée au jugé, autant que possible dans une région où l’on différencie bien un individu du suivant. Il semble plus logique de définir d’abord la capacité limite C0, qu’on a souvent plus de raisons valables de situer à un certain niveau (exigences actuelles du marché, d’où nécessité d’une qualité et d’une rapidité minima d’exécution du travail). On peut prendre alors pour Ao l’aptitude qui correspond à C0 d’après l’équation de régression. Mais d’autres considérations peuvent entrer en ligne de compte : par exemple, si l’on se donne à l’avance, suivant les besoins de main-d’œuvre du moment, le nombre d’individus à diriger vers
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- chaque profession, Ao se trouvera par là même bien déterminé (1).
- Fixées indépendamment l’une de l’autre, pour des raisons économiques actuelles, les valeurs C0 et Ao doivent être considérées comme des limites essentiellement variables ; cela nous entraîne, remarquons-le, à une conception tout à fait relative de l’erreur de pronostic. Nous avions déjà vu en effet que, suivant le point de vue, on entendait de diverses manières l’expression «se tromper». Nous allons plus loin : ce qui aujourd’hui est considéré comme une erreur d’orientation ou de sélection ne le sera plus demain, ou inversement, car l’orientateur doit d’abord se plier aux exigences fluctuantes de la vie économique, et ne saurait se montrer toujours également difficile.
- Quoi qu’il en soit, les nombres Ao et Co étant fixés, il est facile, dans une expérience de contrôle complète, de pointer les désaccords et d’en inférer les erreurs ultérieures, lorsque le groupe de contrôle est suffisamment représentatif de l’ensemble et que les sujets sont assez nombreux. Mais peut-on tirer le pourcentage de désaccord du coefficient de validité lui-même, lorsque c’est notre seule donnée, soit que nous désirions estimer à peu près les erreurs qui nous attendent, soit que simplement (ce sera notre point de vue) nous voulions mieux interpréter, et plus concrètement, la donnée numérique que rac représente?
- Une telle estimation est possible, très approximativement bien entendu, grâce aux hypothèses que nous connaissons déjà : rectilinéarité de dépendance, égalité des dispersions partielles ^a, distributions normales. En effet nous savons qu’à chaque note d’aptitude correspond une distribution des capacités, dite distribution partielle, ayant lieu autour de la capacité la plus probable Ca , avec une dispersion <rca. Il est donc facile en utilisant les tables de la fonction 0, de calculer pour chaque sous-groupe correspondant aux niveaux d’aptitudes inférieurs à A0 le nombre théorique d’individus qui, malgré leur infériorité dans le test obtiennent une note C supé-
- (1) Si la distribution est inconnue et qu’on la suppose normale, on remontera du nombre de sujets à admettre à la valeur de Ao en utilisant en sens inverse une table de la fonction 6.
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- rieure à Co ; et de même de calculer pour chacun des niveaux supérieurs à Ao le nombre théorique d’individus cependant incapables. Ainsi, à chaque note d’aptitude correspond un désaccord partiel qui peut être évalué. 11 reste à faire la somme de ces désaccords partiels pour avoir le désaccord total. Le procédé est laborieux et nous n’entrerons pas dans les détails. Mais il existe des tables (1), d’un maniement parfois assez délicat à cause des formules d’interpolation, qui renseignent rapidement sur la proportion des individus appartenant aux catégories a c et a’ c’, les quantités iv. <7«, c-c, Au, C°, étant supposées connues.
- Pour illustrer ce qui précède, relevons dans ces tables quelques chiffres correspondant à différentes valeurs de i\,c, dans le cas particulièrement simple (2) où l’aptitude moyenne A et la capacité moyenne Cm servent de valeurs frontières.
- VALIDITÉS POURCENTAGES TOTAUX
- r ac d'accord de désaccord
- o.oo 50.0 50.0
- 0.10 53.2 46.8
- 0 20 56.4 43.6
- 0 00 59.7 40.3
- 0.40 63.1 36.9
- 0.50 66.7 33.3
- 0.60 70.5 29.5
- 0.70 74.7 25.3
- 0.80 79.5 20.5
- 0.90 85.6 14.4
- 0.95 89.9 10.1
- 1 .00 100.0 0.0
- En résumé, nous avons essayé de montrer, au cours de cette première étude, comment, en se fiant à certaines hypothèses, on réussit à transformer le sentiment vague de dépendance éprouvé en face d’un coefficient de corrélation en une connaissance d’un fait précis, l’erreur de pronostic. Nous avons distingué trois aspects fondamentaux de celle-ci et nous avons appris à l’évaluer approximativement dans chacun de ces trois cas. Pour juger de la qualité d’un test, de sa
- (1) Alice Lee : Supplementary tables (or determining corrélation (rom tetrachorie groupings. Biometrika. XIX, décembre 1927.
- (2) Mais peu recommandable en pratique, car c’est vers le milieu que les coupures sont le plus fréquemment injustes.
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- valeur prédictive ou sélective, nous avons comparé l’erreur qui subsiste lorsqu’on l’utilise à celle qu’on doit au moins craindre lorsqu'on ne l’emploie pas. Mais, suivant la manière d’effectuer la comparaison, l’indice exprimant le bénéfice obtenu varie : peu importe, pourvu que l’on sache de quoi il s’agit.
- Nous avons choisi, pour chacun des trois cas envisagés, un indice particulièrement simple et de signification claire (revoir les tableaux des valeurs de k, des proportions de pronostics justes, des pourcentages d’accord). On pourrait en élaborer d’autres. Le coefficient de validité lui-même n’est pas autre chose qu’un de ces indices dont la signification est seulement un peu plus compliquée que celle des autres. On a en effet :
- C
- Cette expression peut se déduire de celle qui donne o-ac ; elle montre que le carré de r«c est égal à la diminution relative du carré de l’écart étalon.
- Partis du coefficient de validité, nous le retrouvons après bien des détours, mais nous sommes maintenant mieux armés pour en saisir la signification profonde et pour comprendre tout l’intérêt pratique de son utilisation.
- (.A suivre)
- Les étalonnages de Tests
- ÉTALONNAGE I)'uN TEST D’ATTENTION
- L«“ Test de Toulouse et Piéron
- PAU
- Madame Henri PIÉRON
- Ce test est destiné à remplacer le test de barrage de lettres dans une page d'imprimerie, très souvent employé.
- Le barrage de lettres ne constitue pas un test de difficulté égale pour tous les sujets. La plus ou moins grande influence
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- exercée par le sens des mots, l’habitude et la rapidité plus ou moins grande de la lecture avantagent ou désavantagent certains sujets plutôt que d’autres.
- Les auteurs (1) ont donc établi un tableau de signes de huit sortes, tous composés d’un carré el d’une barre ; c’est la
- -an
- 6 0*13 b a-o o-ô a-p o--o. 6 g bb b p dp o- bb n g o-O'b à 9 g-o gp d 6 9 o p
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- Test de Toulouse et Pjéron réduit
- place de cette barre (pii les différencie. Pour quatre signes la barre est mise au milieu du côté (à droite, à gauche, en haut et en bas) pour les quatre derniers signes, elle est placée obliquement et part de chaque angle. '
- Le tableau contient 1.600 signes, 40 signes par côté.
- Sur chaque' horizontale il y a 5 signes de chaque sorte placés dans un ordre tel que, tout en sé répétant dans les deux moitiés du test, il ne puisse être remarqué dans le tableau. Voici comment nous avons utilisé ce test.
- (1) Cf. Toulouse el Piéron ; Technique de Psychologie expérimentale, p. 265.
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- Après avoir expliqué à l’enfant comment étaient faites les huit sortes de signes on le priait de suivre signe par signe et ligne par ligne comme s’il lisait des lettres et de barrer chaque fois qu’il reconnaîtrait un des deux signes marqués en haut de sa feuille.
- Il devait aussi faire un signe (II) chaque fois que l’on disait « Marquez ».
- On lui faisait mettre ce signe deux minutes après le signe « commencez » puis deux minutes après (donc quatre minutes après le départ) et encore quatre minutes après (donc huit minutes après le signal « commencez ». On ne tient pas compte dans les calculs des deux premières minutes afin de laisser à l’enfant le temps de s’adapter à sa tâche.
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- Ce test a été intégré dans la fiche psychologique collective d’orientation professionnelle étalonnée par le Service de recherches de l’Institut. Il est destiné dans ce cas à marquer, pour le profil de chaque enfant, d’une part la valeur du niveau d’efficience, d’autre part la vitesse de mise en train et enfin, en répétant ce test à la fin de la fiche, la fatigue.
- C’est l’étalonnage de la valeur du niveau d’efficience que nous donnerons aujourd’hui. Celle valeur représente le rendement correct à la minute sur 6 minutes (les 2 premières étant éliminées).
- Voici comment on l’obtient. On note ligne par ligne :
- 10 lous les signes omis ;
- 2° tous les signes barrés à tort.
- (L’omission d’une ligne entière ne compte pas).
- Le nombre de signes à barrer étant de 10 p'ar ligne (il y a deux signes à reconnaître) on déduit de ce nombre celui des signes barrés à tort et la moitié des signes omis. Le nombre obtenu est divisé par le nombre de minutes pendant lequel on a laissé l’enfant travailler.
- Nos expériences ont été faites an mois de juin 1928 sur 1.091 enfants des écoles de la Ville de Paris. Ce nombre se décompose ainsi : Filles 489 sujets (dont 331 élèves des écoles communales et 158 sélectionnées par le concours d’entrée aux cours complémentaires) et 002 garçons (85 sélectionnés et 517 non sélectionnés),
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- Ils se groupent en 5 âges :
- de 11 à 12 ans : 125 sujets ( 83 garçons, 42 filles),
- de 12 à 13 ans : 247 sujets (171 garçons, 76 filles),
- 'de 13 à 14 ans : 437 sujets (232 garçons, 205 filles),
- de 14 à 15 ans : 244 sujets (116 garçons, 128 filles),
- de 15 à 16 ans : 38 sujets (tous filles sélectionnées).
- Nous donnerons par groupes, en différenciant à la fois par âge, par sexe, et en sélectionnés ou non sélectionnés, le dé-cilage, c’est-à-dire le résultat obtenu par le rang Ier, 10e, 20e, 30e, 40e, 50e, 60e, 70e, 80e, 90e et 100e, le nombre d’enfants de chaque groupe étant ramené à 100.
- Dans ce décilage les rangs extrêmes sont peu probants, ils marquent des aptitudes ou très marquées ou très déficientes, intéressantes cependant en orientation ; mais c’est entre le 10° et le 80° que l’étalonnage offre le plus de régularité. Pour les derniers en effet ce n’est pas toujours l’attention qui est seule déficiente mais ce sont le plus souvent des enfants qui n’ont pas compris quelle tâche leur était demandée.
- Nous donnerons aussi les rangs 25e et 75e et l’écart semi-interquartile, de façon à rendre visible le degré de dispersion de la courbé des résultats.
- Voici l'étalonnage pour les tilles.
- Filles non sélectionnées
- AGE 1 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
- 11 à 12 35.87 21.75 19.25 17.75 10.62 14 75 12.87 11.50 8.62 96) — 68
- 12 à 13 41.75 21 18 17 15.87 14.87 13.62 12.87 11.37 10 - 64
- 13 à 14 61.25 23.50 19.02 18.00 16.65 16 00 14.50 12.62 8:62 — 44 - 69
- H à!5 76.25 23.50 20.62 18.75 17.37 16.25 15.12 13.25 12 — 41 - 68
- AGE 25 50 75 Valeur du Scmi intcrquarlile
- 11 à 12 20.25 14.75 10.58 4.83
- 12 à 13 17.75 14.87 12.50 2.62
- 13 à 14 18.62 16.00 11.75 3.43
- 14 à 15 19.50 16.25 12.62 3.44
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- Filles sélectionnée s
- AGE 1 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
- 13 à 14 57 25.35 23.25 20.87 19.50 18.25 16.50 14.87 14.50 11.37 — 17
- 14 à 19 29.5 24.5 22.62 20.87 18.87 18.75 17.87 16.50 11.12 3.5 - 70
- 15 à 16 37.25 25.87 24 13.12 21 18 87 ' 15.75 13 12 11.62 6.5 - 28
- AGE 25 50 75 Valeur du Scmi interquartile
- 13 à 14 22 18.25 14.75 34.62
- 14 à 15 22.00 18.75 12.87 4.56
- 15 à 16 23.75 18.87 12.50 5.62
- * *
- Le meme étalonnage pour les garçons nous donne les résultats suivants :
- Garçons non sélectionnés
- AGE 1 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
- H à 12 28.12 18.87 16.75 15.75 15.36 14.50 13.12 11.12 8.5 2 5 - 36
- 12 à 13 28.25 20.25 18.12 17 00 15.62 14.62 13.58 12.37 11 87 6.5 — 58
- 13 à 14 28.37 22.50 19 25 17.37 16.37 15.37 14.25 12.87 10 25 8.37 - 46
- 14 à 15 27.75 20.12 19.12 18 50 17.37 16.12 15.75 13.83 12.12 9.12 - 49
- AGE 25 50 75 Valeur du Semi iiiterquaitile
- 11 à 12 16 37 14 50 10.50 2.93
- 12 à 13 17.75 14.62 11.87 2.94
- 13 à 14 18.00 15.37 11.75 3.01
- 14 à 15 18.75 16.12 13.50 2.62
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-
- no
- G a rç on s sélect tonnés
- AGE 1 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
- 13 à ti 14 à 15 28 37 33.87 22.00 28 75 21.25 23.87 19.25 22.62 18.37 20 12 16.50 18.37 14.87 16.75 12.62 15.37 10.87 13.37 — 24 12 - 50 — 24
- AGE 25 50 75 Valeur du Semi interquartile
- 13 à 14 14 à 15 20.00 29.25 16 50 18 37 12.12 14.00 3.94 2.44
- *
- * *
- Si nous essayons d’analyser nos chiffres nous voyons que chez les filles comme chez les garçons, chez les sélectionnés comme chez les non sélectionnés, à l’intérieur de chaque décile il y a un petit gain avec l’âge, gain absolu entre extrêmes donné dans le tableau suivant ;
- Bénéfice de réussite avec l'ùge
- Filles non sélectionnées entre 11 et 15 ans 10 20 30 40 50 60 70 80
- 1.75 1.37 1.00 0 75 1.50 2.25 1.75 3 38
- Garçons non sélectionnés entre 11 et 15 ans
- 3.63 2.50 2.75 2.01 1.62 2.63 2.71 3.62
- Filles sélectionnées entre 13 et 16 ans
- 0.52 0.75 2.25 1.50 0.62 0 75 1.75 3.38
- Garçons sélectionnés de 13 à 15 ans
- 6.75 2.62 3.37 1.75 1.87 1.88 2.75 2.50
- Réunissons d’autre part la différence de réussite entre le 10e et le 80e dans chaque groupe d’âge et nous aurons le tableau suivant :
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- Différences d'efficience pour, chaque âge entre le 10e el le 80e
- 11 à 12 ans 12 à 13 ans 13 à 14 ans 14 à 15 ans 15 à 16 ans
- Filles non sélectionnées. 13.13 9.63 14.88 11.50
- Garçons non sélectionnés 10.37 8.38 12.25 8 » —
- Filles sélectionnées .... 10.85 13.38 14.25
- Garçons sélectionnés . . — — 11.13 15.38 ' —
- Ces deux tableaux montrent qu'il y a par exemple plus de différence entre la réussite de l’enfant de 12 ans classé 10e et celle de l’enfant de 12 ans classé 80e qu’entre ce même enfant de 12 ans classé 10e et l’enfant de 15 ans classé 10e également dans son groupe.
- Cela donne le droit de négliger l’étalonnage par âge et de se servir d’un étalonnage global à condition de conserver la différenciation entre les sélectionnés et les non sélectionnés.
- Voici par déciles l’étalonnage global des filles et garçons non sélectionnés.
- Etalonnage global
- 10e 20e 30e 40e 50e 60e 70e 80e
- 21.37 19.64 17.31 16.29 15.30 14.12 12.60 10.42
- 25e 50e 75e
- 18.16 15.30 11.05
- Le semi-interquartile est 3.55, ce qui représente 23,20 %.
- Pratiquement, si vous faites remplir le test à un enfant après avoir calculé son rendement correct à la minute vous pouvez savoir de suite comment il se classe.
- Si sa réussite-se place entre 16.29 et 14.12 il est moyen.
- Il esl bon si sa réussite dépasse 17.31, très bon s’il atteint ou dépasse 21.37.
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- Il est mauvais s’il n’atteinl pas 12.60 et très mauvais s’il a moins de 10.42. 11
- S’il donne un gros résultat négatif c’est qu’il est anormal ou qu’il n’a pas compris la consigne.
- Mais si l’on veut faire le profil de l’enfant à examiner il faut se reporter au décilage et voir exactement où il se classe.
- NOTES ET DOCUMENTS
- Quelques données sur acuité visuelle et finesse d’audition chez les enfants
- Le professeur Marcel Foucault, de Montpellier, a procédé à l’examen'Systématique ide l’acuité visuelle d’un grand nombre d’écoliers d’après la distance maxima à laquelle sont perçues les lettres (dont la visibilité à 5 mètres détermine l’acuité dite normale, égale à l’unité, dans la1 terminologie des opticiens). D’autre part, il a examiné l’audition d’après ta distance maxima à laquelle est perçu le tic-tac de La montre (en prenant des précautions pour s’assurer de l'audition réelle, la suggestion se produisant facilement chez l’enfant).
- Deux constatations ressortent de ces études ; la première c’est, qu’il y a un progrès notable, avec l’âge, de l’acuité visuelle et de la finesse auditive, avec ces méthodes de détermination, la seconde c’est qu’il existe un grand nombre d’yeux et d’oreilles à fonctionnement gravement défectueux.
- Voici les valeurs qu’il a obtenues pour la distance moyenne de vision des lettres et d’audition de la montre aux divers âges (environ 1.600 enfants) :
- AGE Vision Audition
- 6 ans 2m Q9 0m 495
- 7 ans 3m 26 0m 59
- 8 ans 3ni 50 0ra 62
- 9 ans ’3m 55 0m 67
- 10 ans 3m 60 0m 68
- 11 ans 3m 75 0m 72
- 12 ans 4m 04 0m 93
- 13 ans 4m 40 lm 07
- 14-15 ans ......... 4m 57 l.m 18
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- Il v a là des points de repère, quand on emploie ces méthodes, pour déterminer le degré d’infériorité ou de 'Supériorité sensorielle d'un enfant à un âge donné. Chez 25 °/„ des enfants de 12 ans et 22 % des enfants de 13 ans, Foucault a trouvé une audition ne s'effectuant pas au delà d'une distance moitié moinldre que la dis lance moyenne au même âge.
- Sur 3.320 oreilles examinées, il en trouve (sans distinction d’âge) •
- 236 entendant à moins de............... 0“ 10
- 227 entendant à moins de............... 0m 20
- 273 entendant à moins de............... 0m 30
- 373 entendant à moins de............... 0m 40
- 358 entendant à moins de............. 0111 50
- On dit communément qu’il y a une acuité auditive de I quand on entend la montre à 1 mètre ; de 0,5 quand on l’entend à 50 centimètres ; de 0,1 quand on l’entend à 10 centimètres.
- En réalité, l’intensité décroît plus vile que la 'distance (non tout à fait comme le carré de la distance, suivant la loi théorique, à cause de diverses réflexions de son), en sorte que l’enfant qui entend seulement. à 10 centimètres a une audition plus de 10 fois plus faible (40 ou 50 fois) que celui qui entend à 1 mètre. Les défectuosités d’audition sont donc encore plus graves que les chiffres ci-dessus ne paraissent l’indiquer. En ce qui concerne l’acuité visuelle (qui. cette fois, décroît proportionnellement à la distance) l’acuité de 1 correspondant à 5 mètres, sur 3.082 yeux examinés, Foucault en trouve :
- 95 dont, l’acuité ne dépasse pas 0.1 (distance’, 0m 50).
- 116 dont l’acuité est comprise entre 0,1 et 0,2 (0m 50 et lra).
- 154 dont l’acuité est comprise entre 0,2 et 0.3 (lm et. lm 50).
- 155 dont l’acuité est comprise entre 0.3 et 0.4 (lm 50 et 2m).
- 208 dont l’acuité est comprise entre 0,4 et 0,5 (2m et 2m 50).
- Cela représente 24 °/„ d’yeux gravement défectueux. Mais il n’v a pas dissociation de défectuosités corrigibles par emploi de verres appropriés et de défectuosités essentielles.
- Le progrès, avec l’âge, (de l’acuité visuelle apparente, serait sans doute moins accentué si, au lieu de lettres à reconnaître, on employait comme test des anneaux brisés, suivant la méthode de Lan-dolt, la familiarité plus grande permettant une reconnaissance plus facile des lettres.
- Mais, comme le test des lettres est fréquemment employé, les repérages de M. Foucault rendront le plus grand service.
- H. P.
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- L’Organisation de l’Orientation professionnelle
- Les élèves du cours d'organisation de VI. O. P. ont été invités à faire les deux travaux suivants :
- 1° Vous venez d'être appelé comme conseiller cl'O. P. dans une commune industrielle de 20.000 habitants. Vous envoyez un premier communiqué à la presse locale.
- 2° Dans un tract destiné aux familles, vous exposez ce qu'est un Office d'O. P. et les avantages qu'on peut en retirer.
- Nous reproduisons ci-dessous le travail d'une des élèves.
- « La chose la plus importante de toute la vie, c'est le choix du métier, le hasard en décide » a dit Pascal.
- De la solution du choix d’un métier dépendent, en grande partie, le bonheur matériel et moral de l’individu et celui des siens, ainsi que le développement économique du pays. Or, combien peu de personnes se rendent compte de l’importance du métier et se soucient de le bien choisir ?
- Comment indiquer à Vadolescent avant sa sortie de Vécole, les moyens de savoir la direction à donner à son existence et ceux de la réaliser suivant ses désirs ?
- A ce carrefour VI ange peux, il est vraiment difficile de prendre une décision. Les parents qui ne comprennent pas toujours leurs intérêts et ceux de leurs enfants, ou qui ne savent pas, se laissent volontiers fasciner par les avantages plus apparents que réels des professions dites libérales ; ils se mettent en quête d’une place quelconque, rétribuée de suite. Ce sont les suggestions de l’entourage, une question de tradition, d’hérédité : l’enfant exercera le métier du père ou bien il s’orientera vers l’activité dominante de la région. Le plus souvent, c’est l’engoûment irraisonné des enfants eux-mêmes pour une profession : certains métiers regorgent d’apprentis alors que d’autres sont complètement désertés.
- Ainsi, le choix du métier se fait au petit bonheur, inconsciemment. au gré du hasard, des circonstances ou des penchants individuels spontanés. Ce qui explique que bien peu exercent leur métier ou leur profession d’une manière irréprochable ; la majorité, les aigris de l’existence, accomplissent leur tâche automatiquement, sans goût, sans idéal.
- Comment donner aux familles et aux enfants des indications judicieuses, comment mettre à leur disposition tous renseignements
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- nécessaires pour le choix Libre 'd’un métier, d’une profession afin d’éviter les faux départs ?
- Orienter l’enfant, c’est lui faire choisir judicieusement un métier ou une profession pour lui permettre de fournir le meilleur Irai ail et d'obtenir le meilleur rendement.
- Nous allons demander les principes directeurs de celle information à La coordination des efforts du pédagogue, du physiologiste et du professionnel. L’Orientation professionnelle de l’enfancé offre un vaste champ d’activité qu’un organe de coordination s’imposera de réaliser.
- Précisément le Service d’orientation professionnelle qui vient de se créer à X... (adresse) en vue d'examiner gratuitement les enfanis de 13 à 10 ans et de les diriger vers les professions auxquelles ils paraissent les plus aptes, répond à ce besoin.
- Parents, consultez-le, il vous conseillera ; vous déciderez ensuite,, mieux renseignés.et plus confiants dans l’avenir.
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- OFFICE D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE de X.........................
- Bue ........... Téléphone...........................
- CONSEILS AUX PALENTS
- Pourquoi un Office d'Orientation professionnelle ?
- Pour un certain nombre de vos enfants, cette année scolaire sera la dernière passée à l’école primaire.
- Combien d’entre vous se posent déjà celte interrogation : « One faire do mon lils ?. Dans quelle voie engager ma fille ? »
- C’est pour répondre à ces questions, Parents, pour calmer vos inquiétudes, pour dissiper vos doutes que l’Office d’Orienlation professionnelle a été créé. Venez le consulter. N’aItendez pas surtout la fin de l’année scolaire. Notre Office vous renseignera, vous ce seillera. Vous déciderez ensuite.
- Qui doit consulter l'Office d'Orientation professionnelle ?
- Tous les parents :
- Ceux qui sont déjà fixés sur la profession dans laquelle ils veulent engager leur enfant recevront un complément d’informations sur les conditions de cette profession, sur les aptitudes physiques,
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- intellectuelles et morales de leur fils ou de leur fille pour cette carrière, sur les contre-indications d’un ordre quelconque qui auraient pu leur échapper ;
- Ceux qui ne sont pas encore fixés, seront informés sur toutes les professions, sur les moyens de s’y préparer, par l’apprentissage direct ou par l’école professionnelle.
- Comment l’Office d’Orientation professionnelle peut-il vous aider ?
- En vous indiquant, d’après les renseignements donnés par l’école et par le médecin, les professions dans lesquelles vos enfants ont le plus de chance de réussir ;
- D’après l’état du marché du travail, les professions les moins encombrées, celles qui offrent le plus de chances d’un avenir avantageux.
- En vous communiquant des monographies professionnelles qui vous feront connaître la physionomie des différentes professions . leur objet, les aptitudes physiques, psychiques, intellectuelles et morales quelles exigent, les connaissances scolaires qu’elles présupposent, les conditions de l’apprentissage, les chances d’avenir qu elles offrent, les avantages et les inconvénients inhérents à leur exercice, enfin l’indication des groupements professionnels, cours et écoles de perfectionnement, ouvrages et journaux techniques qu’il importe de consulter et de lire lorsqu’on veut réussir pleinement dans le métier que l’on a librement choisi.
- En dressant avec vous, pour chacun de vos enfants, le plan à suivre pour arriver au but fixé : temps d’études, examens ou concours s’il y a lieu, écoles spéciales à fréquenter, modes d’apprentissage direct, conditions de début, situations dans l’avenir.
- Que reste-t-il à faire après l’Orientation professionnelle ?
- L’enfant ayant été orienté vers certains métiers, il incombe à sa famille de le mettre en apprentissage et d’assurer sa formation professionnelle et technique. Parents et enfants doivent éviter de se laisser fasciner par la situation rétribuée de suite, mais qui ne pré pare pas à un métier. L’apprentissage est l’Ecole du métier.
- Le placement est la suite logique de l’Orientation professionnelle, qu’il se fasse dans un établissement d’enseignement (secondaire ou supérieur) dans lequel l’enfant fera ses études qui doivent le conduire vers une profession ;
- Dans un établissement d’enseignement professionnel où il se préparera directement au métier qu’il veut exercer ;
- Dans des établissements de préapprentissage (ateliers-écoles, cours d’apprentis, classes de préapprentissage) où l’enfant s’initiera au métier dont il veut faire l’apprentissagè ;
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- A l'atelier patronal.
- L’Office vous aidera à trouver un patron dont les aptitudes particulières, les garanties morales et techniques favoriseront le développement qui a été envisagé.
- Quelles sont les heureuses conséquences d'une bonne orientation et d'un placement intelligent ?
- Bien orientés et bien formés, les apprentis deviendront des ouvriers habiles, capables de se perfectionner et d’améliorer de plus en plus leur situation. Arrivés à l'âge d'homme;., ils gagneront de gros salaires et ne risqueront pas de rester toute leur vie des manœuvres mal rétribués comme ceux qui n’ont pas su choisir le métier à leur convenance. Chacun se sentira à sa place, là où il se plait et où il rend le plus de .services.
- « La chose la plus importante de toute la vie, c’est le choix du métier, le hasard en décide » (Pascal).
- Pour tous renseignements, adressez-vous, sans hésiter, à l’Office
- d’Orientation professionnelle de............... rue................
- qui se tient gratuitement à votre disposition pour s’entretenir utilement avec vous — sans vous imposer son choix —de l’avenir de vos chers enfants.
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- Utilisation sociale de quelques arrières psychiques. — Dans, un intéressant travail paru dans le Bulletin de l’Institut général psychologique, Mmes Coirault et Nouca montrent ce que sont devenues 88 débiles mentales ayant suivi la classe de perfectionnement.
- Un premier groupe de 48 jeunes tilles sorties de l’école en 1916 a fourni 32 sujets capables de rendement, soit les 2/3.
- Ces jeunes travailleuses, dont l’âge varie de 15 à 18 ans, ont exercé les métiers suivants : dix sont couturières, deux apprenties modistes, deux lingères, deux corsetières, une fleuriste, une blanchisseuse, une, employée dans une fabrique de chaussures, deux employées dans une imprimerie, deux bonnes et deux sont de très bonnes vendeuses. . En 1922, une seconde enquête, sur 47 jeunes filles sorties de la même classe de perfectionnement, montre que 7/10 des jeunes tilles sont utilisables.
- On v trouve quatre employées de bureau, deux aides-pharmaciennes. quatorze ouvrières de l’aiguille, une plumassière, trois employées dans la chaussure, le cartonnage, l’imprimerie, deux domestiques et une ménagère.
- Du point de vue du rapport entre la déficience mentale et les pos-
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- sibilités d’utilisation, les auteurs font remarquer qu’il y a dans les 44 enfants qui travaillent : 9 enfants sans retard intellectuel , 20 élèves dont le retard est inférieur ou égal à 2 ans ; 12 élèves dont le retard est inférieur ou égal à 3 ans. Les trois autres, ayant un retard de 4. 5 et 6 ans, ont une peine extrême à apprendre un métier.
- Mais les auteurs insistent sur ce fait que, même dans le cas de retards très faibles ou nuis, les' Lares caractérielles sont un obstacle à la vie sociale autrement difficile à surmonter que la débilité des sujets qui ont 2, 3 et même 4 ans de retard intellectuel sans tare caractérielle. L’anormalité de caractère est plus grave que l’anormalité intellectuelle.
- Dans tous ces cas, le hasard seul a déterminé l’avenir des débiles, là, plus que n’importe où, le choix de la profession devrait tenir compte des notes sur les aptitudes des sujets, consignées soigneusement sur les fiches individuelles.
- Office â'Orientation professionnelle de Marseille. — L’Office d’O. P. de Marseille vient d’envoyer sa notice pour l’année 1928-1929. Cette notice, de 15 pages, montre comment est organisé et comment fonctionne cet Office, actuellement en plein rendement.
- , En 1927, il a examiné : 1.053 enfants (578 garçons, 475 filles) et 392 adultes (82 hommes et 310 femmes). Il a placé : 461 enfants (323 garçons et 138 filles).
- Le total des contre-indications se répartit en : contre-indications médicales), 39 °/0 ; contre-indications psychiques, 61 °/„.
- Le détail des contre-indications médicales est particulièrement intéressant au point de vue statistique :
- Prédispositions aux maladies des organes respiratoires. 31 7',
- Prédispositions aux maladies nerveuses................... 7,5 °/<
- Prédispositions héréditaires...........’.............. 9 70
- Affections des organes visuels.......................... 12,5 "/.
- Affections des organes auditifs......................... 8 °/,
- Insuffisance musculaire................................. 32 "/,
- Toutes ces contre-indications sont absolues, les relatives n’étant pas retenues par prudence.
- Préparation des conseillers de vocation à Harvard. — Il y a, à Harvard, quatre sortes d’élèves étudiant l’orientation profession-
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- iielle : les futurs orienteurs, les maîtres secondaires, les intendants d’usine, les travailleurs sociaux.
- Ils doivent d’abord étudier les notions théoriques (développement physique, mental et social de l’enfant, principes psychologiques de l’éducation, hygiène mentale, rééducation, étude clinique d’enfants déficients) ; ensuite les élèves ont à s’initier aux recherches déjà faites sur les métiers, aux problèmes économiques et sociologiques qui se rapportent à ces métiers, le tout appuyé de visites aux usines et de films sur les métiers.
- De plus, les élèves doivent exécuter des travaux variés.
- Ils doivent prendre des tests sur des groupes d’élèves, préparer des fichiers de renseignements sur les métiers, analyser deux ou trois occupations typiques de l’industrie et du commerce par la bibliographie du sujet et l’observation directe ; préparer des comptes rendus de livres se rapportant à l’Orientation professionnelle ; faire des rapports sur des problèmes sociologiques et préparer des leçons pour l’enseignement des professions dans les écoles primaires. secondaires ou professionnelles.
- (Extrait de M. Sechehayc. l’Orientation scolaire et professionnelle aux Etats-Unis. Soc. Al. Binet, 1928, n° 233-234.)
- A travers les Revues
- Dans une nouvelle revue espagnole, la Ile vis la de Formacion j>ro-fessionnal, mensuelle, dont le premier numéro a paru en janvier 1929 (publication de l’Office de documentation professionnelle de la « Junta » centrale de perfectionnement professionnel, ouvrier, Prado, 20. Madrid) le premier article publié par César de Mada-ria.ga, le directeur général de la Prévoyance sociale, concerne l'orientation et la sélection dans le Statut de formation professionnelle, nouveau statut légal élaboré par l'auteur. Voici la définition tpii s’v trouve donnée de l’orientation ('l de la sélection professionnelle. à l’article 3 de ce statut : Ce sont des fonctions qui ont pour objet « la détermination initiale et la vérification continue de la formation professionnelle la mieux appropriée à chaque travailleur, à la fois dans sa méthode et son objet, et la (détermination du travailleur qui convient le mieux à chaque activité professionnelle, avec le but de permettre à chaque individu d’exercer son droit et de remplir son obligation de développer sa pleine capacité de travail. »
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- Dans la « Psycholeehnische Zeitschrift» de 1 la ns Rupp, une élude de Kathe Gaebel sur l’emploi des méthodes psychologiques 'dans l’Orientation professionnelle publique, où se trouve signalée, comme présentant la principale faiblesse de l'organisation actuelle, une insuffisance du contrôle pour la vérification de la valeur des méthodes utilisées.
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- The Personnel Journal (VII, n° 5, febr. 1929) publie une étude de C. .1. IIo sur l'application des travailleurs (« Wbicli Workers 1 lave Good Attendance ? »)
- Les recherches de M. Ho aboutissent aux résultats suivants :
- Les travailleurs d’un certain âge sont moins souvent absents ou en retard, mais plus souvent malades que les jeunes ; — Les travailleurs mariés sont plus réguliers que les célibataires ou que les veufs ; — Les femmes sont plus souvent en retard ou absentes que les hommes, mais elles ont des maladies moins longues ; Ceux qui ont des difficultés quelconques venant de leur personnalité sont moins attentifs ; — Enfin les femmes qui ont des soucis domestiques ont plus de retards, d’,absences et de maladies que les autres ; mais pour les hommes, au contraire, le fait d’avoir un foyer les rend plus réguliers au travail.
- Dans le même numéro du Personnel Journal paraît la conférence d’automne de la « Personnel Research Fédération ». Nous y relevons un tableau très détaillé et très complet de tout ce cpii se rapporte à l’industrie. Nous y trouvons notamment une classification des facteurs de la conduite humaine (1. milieu externe, 2. capacités physiques, 3. aptitudes mentales et comportement. 4. culture et organisation : milieu social, économique, politique et intellectuel, avec, en regard, les principales sciences correspondant à l'élude de ces facteurs, d’une part, et, d’autre part, le comportement du travailleur dans ses relations avec son travail, ses camé-
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- rades, le personnel et le public.
- The Journal of Educalional lleseareh, février 1929, publie une étude de Grayson N. Ivefauver, sur la nécessité d’égaliser les O. 1. obtenus d’après un groupe de tests (Need of Equating Intelligence
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- Quotients oblained from Group Teste). Chez le même individu, le O. I. varie suivant les différents lests employés ; l’écart peut même s’élever jiisqu’à 24 points. Pour corriger éelle erreur, il serait nécessaire de constituer une laide où les O. I. des différents tests seraient comparables entre eux cl à laquelle on pourrait se rapporter pour interpréter le O. I. /donné par chaque test.
- The Journal oj Applied Psychology (XIII, 1 t'ebr. 1929) publie une élude de 22 pages de M. IIsiao-llung-Hsiao sur la mentalité des Chinois.et des Japonais.
- M. IIsiao-Hung-Hsiao conclut en signalant le défaut d’adaptation des tests aux différentes races auxquelles on les applique. A ce propos, je signale l’initiative d’un directeur d’école d’Annam qui se documente sur l’O. P. en vue. cl’cn tirer quelques applications qui permettraient d’améliorer, par une bonne adaptation de noire enseignement, l’éducation des"indigènes en Indochine. Il serait à souhaiter que de multiples études fussent poussées en ce sens : l’O. P. pourrait devenir la base d’une réorganisation économique, mais surtout sociale, de toute notre colonisation. Il faudrait commencer par une psychologie d,e chacune de ces races, qui deviendrait le point de départ’ d’une psychotechnique appropriée. Ce serait un travail énorme, mais conduisant à quels résultats ! l B.
- INFORMATIONS
- Du 8 au 21 août 1929 se tiendra à Elseneur, au Danemark, dans le château- de Kronberg qu’a rendu célèbre le Hamlet de Shakespeare, le 5e Congrès de la Ligue internationale pour Véducation nouvelle, représentée, pour les pays de langues latines, par Ad. Ferrière, de Genève.
- Parmi les questions à l’ordre du jour, on peut citer • La Psychologie de l’enfant, l’enfant difficile, le rôle de la méthode des tests, les types psychologiques, la préparation des maîtres, la technique de l’enseignement, etc. Pour inscriptions et tous renseignements, s’adresser au Groupe français d’éducation nouvelle (secrétaire, Mlle Flayol ; secrétaire tré'Sorière. Mc J. Hauser), au Musée Pédagogique.
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- La Statistique des étudiants d’Université, en juillet 1928, compte 04.531 de ceux-ci, contre 60.969 en 1927, dont 50.163 Français et 14.368 étrangers, 49.480 hommes et 15.051 femmes (Droit : 17.502; Sciences : 13.852 ; Lettres : 13.912 ; Médecine et Pharmacie- : 18.997).
- L’Université de Paris compte à elle seule plus du tiers du total : 26.889 étudiants, dont 20.293 Français et 6.596 étrangers, 20.217 hommes et 0.672 femmes.
- La Chambre syndicale des entrepreneurs de menuiserie et parquets, à Paris (3, rue de Lutèce), s’est chargée d’organiser des épreuves dans divers quartiers, pour l’obtention d’un certificat d’aptitude professionnelle.
- Après Barcelone et Madrid, Bilbao vient de fonder un Service d'orientation professionnelle pour la province de Biscaye, service autonome, comptant, comme personnel, MM. Figuerido, Mener et Pardo, et muni d'un laboratoire d’anthropométrie et d'un laboratoire psychotechnique.
- Un cours a été organisé, aux Instituts d’orientation professionnelle de Madrid et de Barcelone, pour la formation du personnel des Offices et Laboratoires espagnols (chacun d’eux ayant un rué decin, un psychotechnicien et un secrétaire social). A Madrid, professent à ce cours le directeur général de la Prévoyance sociale, qui dirige aussi l’Institut de cette ville ; don César de Mada-riaga, le D1' Antonio Melian, don José Mallart, secrétaire social, Mme Mercedes Rodrigo et don José Germain, psychotechnicicns à l’Institut de Madrid ; enfin don Fuentes Martianéz (cours de statistique).
- Le 9e Congrès international de Psychologie se tiendra aux Etats-Unis, à l’Université Yale (N,ew-Haven), du 1er au 7 septembre 1929. Au Congrès sera annexée une exposition de tests et d’appareils de laboratoire, ou tout au moins de photographies d’appareils.
- Les photographies, les tests, accompagnés de tableaux numériques, graphiques, etc., devront être disposés en tableaux de 55 cm. x 70 cm. environ, et adressés au professeur Raymond
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- Dodge, Kent Hall, Yale Univ.ersity, New Haven, Connecticut U. S. A.
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- Ce premier Congrès international de psychologie appliquée a tenu ses séances à la Sorbonne, du 21 au 27 mars.
- La séance d’ouverture était présidée par M. Pierre Janet.
- Dans son discours il souligna le problème toujours actuel qui consiste à concilier la recherche scientifique et la pratique, et, après avoir montré la différence entre le vrai psychologue qui reconnaît la précarité de sa science et le praticien qui applique les méthodes, reconnaît qu’il ne faut pas trop rester dans l’abstrait, que la pratique précède parfois la connaissance des principes et qu’elle donne parfois des résultats intéressants.
- Le Congrès était divisé en cinq sections.
- Dans les communications, quelques-unes avaient trait à horion tation professionnelle et à la sélection. ,
- Parmi les auteurs de communications nous relevons les noms de MM. Piaget, Decroly, Jeanjean, Spaier, Dwelshauvers.
- Dans la séance de clôture, présidée par M. Daily, directeur de la Monnaie, furent émis un certain nombre de vœux.
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- Paul Chavigny. — La Vocation de nos enfants (Essai d'O. P.). --Delagrave, 1928. In-12, 171 pages avec une bibliographie.
- Les questions dont traite ce livre sont résumées par M. Chavigny lui-même dans sa préface :
- « 1° Pourquoi les résultats scolaires ne peuvent pas servir de base exclusive à une O. P. bien réfléchie, bien documentée ?
- « 2° Sur quelles bases doit être édifié un examen de l’individu en vue de son orientation parmi les professions intellectuelles ?
- « 3° Quel est le spécialiste qualifié pour procéder à des examens de cette sorte ?
- « 4° Quelles sont enfin les qualités indispensables pour réussir dans les diverses professions ? »
- Jusqu’ici, on ne s’est occupé, en O. P., que des métiers. Il serad tout aussi nécessaire d’examiner les professions, c’est-à-dire les carrières intellectuelles. Une O. P. s’impose après les études se-
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- condaires el primaires supérieures. Les concours et les examens révèlent la mémoire et des connaissances, mais ce qui compte clans la vie. et dans l’exercice d’une profession : les qualités, le caractère, nul concours ne les mesure, pas plus que le jugement, l’édu-. cabilité et la perfectibilité dos individus. Ce qui importe, ce n’est pas tant Y intelligence, dont on fait si grand cas, que « la façon dont elle est exercée » et « la façon dont elle est meublée ». L’intelligence n’est pas la « compétence sociale ».
- Bien plus que dans les métiers manuels, le choix de la profession est livré à l’ambition des parents, aux préjugés, au sentiment, à la mode et au hasard. Pour y remédier, il faudrait instituer des examens d’O. P. successifs et progressifs durant les études secondaires. et des cours de vacances d’essai professionnel.
- D’autre part, les caractéristiques de chaque profession seraient à établir ainsi que des « courbes d’encombrement » (état annuel des offres et demandes se rapportant à ces carrières).
- Au sujet de l’O. P. des jeunes filles, l’auteur signale qu’avec l’égalité de l’intelligence la différence tdu caractère explique la réussite des femmes dans les concours et leur échec dans les carrières.
- En résumé, le livre de M. Chavigny est intéressant, vivant, plein de suggestions heureuses et très agréable à lire. Il n’est pas écrit pour les techniciens, mais pour le grand public, auquel il serait utile et souhaitable de le faire connaître. Il est seulement à regretter que l’auteur veuille réserver au seul médecin psychiatre la ta che de l’orienteur : celui-ci doit collaborer avec le médecin et le pédagogue, mais il est surtout économiste, psychologue et psychotechnicien.
- INSTITUT NATIONAL d’Oricntàti o ri T roi c s si ormel Musée Pedagogique
- 41 » Rue Lay-Luosac,
- L. B.
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- 1" Année
- Mai 1929
- N° 5
- BULLETIN
- DE
- l’institut National d'Orientation Professionnelle
- LA DÉTERMINATION DU CARACTÈRE
- EN ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- par Mlle D. WEINBERG
- On entend parfois par caractère tout ce qui caractérise un individu au point de vue psychique ; et parfois on réserve ce terme aux tendances affectives et actives. Cette dernière conception sera la nôtre. Le caractère sera donc opposé à l’intelligence, ce qui ne veut pas dire d’ailleurs qu’il n’y ait pas, entre les deux, de nombreuses inter-actions.
- Le rôle du caractère dans la profession (i)
- L’importance du caractère dans l’exercice de la profession est très grande. Sans examiner la question en détail, il faut insister au moins sur ces deux points :
- 1° La réussite dans la profession dépend dans une large mesure de la volonté du sujet. La volonté peut suppléer en partie à l’insuffisance de l’aptitude naturelle (l’exemple de Dé-mosthène n’est pas unique). Les plus fortes aptitudes, d’ailleurs, n’aboutissent en général à un rendement supérieur qu’à condition d’être appuyées par un intérêt puissant et une capacité d’action soutenue. Les hommes qui présentent ces qualités, poliraient être appelés « bien doués du caractère ». Capables de s’attacher à une lâche et d’en poursuivre inlassa-
- (1) Les hommes éminents — savants; artistes, hommes politiques — présentent,, pour la plupart, ce trait de caractère à un degré supérieur à la moyenne. Voir l’étude de Calherine Cox qui a dépouillé systématiquement les biographies de quelques centaines d’hommes célèbres (Termann and Allii : Genetic Studies of Genius. Vol. II).
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- blement la réalisation, ils possèdent ce trait le plus précieux pour la réussite sociale ou professionnelle : continuité de l’effort.
- Inversement, l’absence de fortes tendances prédominantes ou leur instabilité et versatilité sont une cause d’échecs même en dépit d’aptitudes mentales suffisantes, voire supérieures. Les instables et les faibles pourraient être classés au bas de l’échelle, véritables «mal doués du caractère».
- 2° A côté de ces traits de caractère qui ont à peu près une influence uniforme dans toutes les professions, il y en a d’autres qui ont une signification différente pour les différentes professions de sorte que l’individu qui les présente est plus apte pour certaines activités plutôt que pour d’autres. Etre désordonnée est presque rédhibitoire pour une secrétaire, mais ne gênera en rien le travail d’une ouvrière aux machines-outils, qui n’a pas l’occasion, dans sa tâche, de se montrer ordonnée ou désordonnée. La méticulosité, indispensable chez le mécanicien de précision, pourra entraver la production de l’ouvrier en sériel Un homme scrupuleux, craintif, placé à la tête d’une entreprise commerciale vivra dans d’éternels tracas, alors qu’un autre, doué d’un tempéràmenl combatif, éprouvera, à affronter les risques de sa profession, un plaisir de sportif.
- Il y a des traits de caractère réputés amoraux et dont la présence est. indispensable pour certaines professions. Un représentant de commerce scrupuleux et impartial aurait peu de chances de réussir (1).
- Ces quelques exemples suffisent pour faire comprendre l’importance du caractère en orientation professionnelle.
- Il serait nécessaire de faire l’inventaire des principales professions du point de vue des traits de caractère qu’elles réclament. L’établissement d’une telle « caractérologie professionnelle )> a été signalé à la dernière Conférence internationale de Psychotechnique à Utrecht comme une tâche urgente de la recherche psychotechnique. A l’heure actuelle,-l’orienteur n’a pas à sa disposition que des données plus ou
- (1) Baumgarten : Zur Psychotechnik, ùnâ Charah-frroloqie des Versicher-unqsnqensten. Leipzig. Barth.
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- moins vagues, éparpillées dans les monographies professionnelles, de valeur, d’ailleurs, très inégale.
- Mais il ne suffit pas de connaître le « caractère» des professions. Il faut encore el surtout connaître celui des candidats. Et cette question se ramène à deux autres ; l’une relative à la nature du caractère, aux facteurs qui l’influencent, aux variétés qu’il présente ; — c’est une question de psychologie ; l’autre ayant trait aux moyens à employer pour déterminer le caractère du candidat, — c’est une question de méthodes de diagnostic. Une telle étude complète nous entraînerait trop loin. Force nous est de choisir et nous choisirons pour le moment la question des méthodes de diagnostic.
- Les méthodes de détermination du caractère
- Parmi les méthodes ayant été proposées pour la détermination du caractère, nous allons relever celles qui semblent d’un intérêt plus immédiat en orientation professionnelle.
- 1° L’entretien que l’orienteur aura avec l’enfant pourra-t-il permettre de connaître le caractère du candidat? On a tendance dans la pratique professionnelle, — dans celle de l’orientation, comme dans celle de l’embauche, — à attribuer à l’entretien une valeur exagérée. Il y a là une illusion.
- Des recherches expérimentales sur la valeur de l’entretien ont montré : 1° que le jugement qu’on porte sur les différents traits du caractère du candidat est influencé par une impression affective ; lorsqu’un détail quelconque dans le physique ou la parole du candidat est sympathique on antipathique on a tendance à porter sur tous les autres traits un jugement trop favorable ou, au contraire, trop défavorable ; 2° qu’un entretien de courte haleine est d’une validité tout à fait insuffisante lorsqu’on en compare les résultats avec les jugements des personnes qui connaissent le sujet de longue date (1).
- Néanmoins, l’entretien peut servir de complément à l’étude du caractère du sujet. Il est probable, d’autre part, que,
- (1) Dans une étude récente, des jugements « intuitifs » basés sur un entretien de 10 minutes avec l’enfant ont donné, avec les appréciations des maîtres connaissant l’enfant de longue date, un degré d’accords à peine supérieur à celui qu’on aurait obtenu si les jugements avaient été portés simplement, au hasard (C. W. Valentine, The relative reliability of men and women in intuitive judgements of charact°r. Rritish Journal o[ Psy-chology, XIX, 3 janvier 1929, p. 213)
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- clans beaucoup d’offices d’orientation professionnelle, c’est, à l’heure actuelle, l’unique instrument dont on peut disposer immédiatement. Il faudra donc se rappeler qu’il peut être rendu plus utilisable par l’emploi d’une fiche-schéma permettant de conduire l’entretien systématiquement,- sans omettre les points importants ; et que, d’ailleurs, se faire rapidement une opinion plus ou moins juste des caractéristiques psychologiques de l’interlocuteur est un art que d’aucuns possèdent à un degré élevé, alors que d’autres en sont plus ou moins dépourvus. L’orienteur qui étudie les aptitudes des diverses professions ne devra pas oublier qu’il y a là une des aptitudes à la profession de l’orienteur.
- 2° Observation du candidat pendant les épreuves psychologiques.
- Si l’on fait subir au candidat quelques tests d’aptitude par exemple, des tests de mécanique ou des tests muets d’intelligence, son attitude pendant ces épreuves peut fournir quelques renseignements utiles au point de vue du caractère. On notera si le candidat travaille avec soin, méthodiquement, ou « à la va comme je te pousse », et comment il réagit en présence des difficultés ; s’il se décourage ou s’obstine au contraire (1), etc. Cette méthode est préconisée par Lahy pour la sélection professionnelle.
- 3° Tests de caractère.
- D’autres tests ont été imaginés dans le but direct de déterminer le caractère du sujet.
- a) Certains visent à déterminer les opinions et les conceptions morales de l'enfant ; on fait, par exemple, classer par ordre de gravité une série de délits ou bien on demande d’in- » diquer ce qu’il convient de faire dans diverses situations exposées.
- En réalité, ces tests de moralité mesurent surtout l’intelligence et le degré d’instruction civique; la rectitude du jugement moral, en théorie el en présence des situations imaginées est une fonction intellectuelle qui, justement, parce
- (1) \V. Spiolinann and G. P>urt : Tito estimation of Characler Oualilies in Vocational Guidance. Industrial Fatigue Research Eoard, Report n° 33, Londres, 1926, p. 70.
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- qu'elle ne fait pas intervenir l’affectivité, ne permet guère de tirer de conclusions sur la conduite réelle.
- b) C’est donc des tests de conduite qu’il faudrait, en niellant le sujet dans une situation qui provoquerait effectivement des réactions affectives ou actives significatives.
- A cette catégorie appartiennent, par exemple, de nombreux lests d’honnêtetés imaginées aux Etats-Unis.
- On envoie, par exemple, l’enfant dans une boutique, s’étant entendu au préalable avec le marchand qui lui rend trop de monnaie ; ou bien, dans un examen collectif, on demande aux enfants en stimulant leur amour-propre,*de spécifier sur une liste de titres de livres, tous ceux qu’ils ont lus et dans la liste, on glisse un certain nombre de titres fictifs, de sorte que les affirmations fausses peuvent être facilement décelées. De même encore, on a demandé aux enfants de pointer des cercles dessinés sur une feuille de papier, en tenant les yeux fermés, les cercles étant disposés de façon à ce que l’exécution correcte de la tâche, les yeux fermés, soit impossible, les réussites permettant de déceler la tricherie.
- En Allemagne, on-a imaginé récemment des tests dans lesquels deux sujets sont appelés à travailler ensemble sur divers appareils ; on peut observer la manière d’être du sujet ; on peut voir s’il collabore avec son partenaire ou si, insoucieux de lui, il ne s’occupe que de soi-même, s’il est égoïste, brutal (1), etc...
- D’autres lests de ce genre ont été mis à l’étude.
- Quelle est leur valeur et le rôle que l’on peut leur attribuer dans les examens d’orientation professionnelle ?
- Les tests de caractère, beaucoup plus récents que les tests d’intelligence, sont moins au point que ceux-là. La difficulté principale que l’on rencontre, d’ailleurs, dans tous les tests, mais qui est particulièrement importante dans les tesls de caractère est celle de la valeur symptomatique des résultats du test. Admettons qu’un enfanl a triché plus que ses camarades dans le test de pointage les yeux fermés. Faut-il en conclure qu’il sera, dans toutes les circonstances de la vie ou du moins dans la majorité de celles-ci, moins honnête que
- (1) Comptes rendus de la IV' Conférence Internationale de Psychotechnique. Paris, Alcan (sous presse).
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- la moyenne de garçons de son âge et de son milieu? A priori déjà on serait porté à douter qu’une telle généralisation soit légitime ; on pensera, notamment, que bien des écolier* qui ne sont pas foncièrement malhonnêtes, mettent une sorte de point d’honneur à tromper le maître. Mais c’est l’expérience seule qui peut nous renseigner utilement. Or, ces expériences précises ne sonl pas encore assez nombreuses. Pour une série de cinq lests on a obtenu, avec les jugements des maîtres qui connaissaient les enfants de longue date, une corrélation de 0,58 (1). C’est encore très insuffisant, évidemment, pour servir au diagnostic des individus. Les tests de caractère ont besoin d’être remaniés et mis au point ; en particulier, il importe d’arriver à choisir les conduites assez carac-térisliques et, pour chacunes de ces conduites, choisir non pas un seul test, mais plusieurs tests, en provoquant un plus grand nombre de réponses (2).
- 4° Renseignements fournis par l'instituteur.
- Les données que l'orienteur pourra réunir au contact de l’enfant, par l’entretien ou par des tests, seront, avec nos moyens actuels, insuffisants pour se faire une idée exacte du caractère de l’enfant. Il est indispensable de les compléter par une enquête auprès de ceux qui connaissent l’enfant de longue date. L’instituteur est le plus qualifié pour fournir à l’orienteur les données qui manqueront à celui-ci. Il le pourra de deux manières : a) en appréciant les traits de caractère de l’enfant ; b) en notant son comportement à l’école et-en dehors de l’école dans la mesure où il peut connaître celui-ci.
- a) Les échelles d'appréciation. Si l’on demande au maître de donner son appréciation sur les divers traits de caractère de l’enfant, il est préférable de se servir des échelles d'appréciation.
- Dans celle-ci, l’enfant, est coté au point de vue des divers traits de caractère, sur une échelle de 5 ou 7 degrés par exemple et la présentation graphique de l’échelle rend le jugement moins flottant et plus constant. Le maître place une croix à
- (1) Vernon S. Cady : Journal od Delinquency Monograph n” 2, 1923. Cité d’après Termann, op. cit., vol. I.
- (2) Mark A. May and H. Hartsl*>rne : Pedagogical Seminary, 1925. On trouvera là une bonne revue générale des lests américains de caractère.
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- l’endroit de la ligne pour indiquer le degré de développement, chez l’enfant, du trait considéré. Ex. :
- Application au travail
- Très appliqué Appliqué Alex?A Paresseux Très paresseux
- Le maître qui remplira ces fiches devra se rappeler, d’autre part, que, dans une classe .assez nombreuse et représentative, la répartition des enfants pour les diverses fonctions mentales si l’on essaie de faire des mesures exactes, se rapproche plus ou moins d’une courbe en cloche (1); les traits moyennement développés se rencontrent chez un grand nombre d’enfants ; les traits très développés ou très peu développés se rencontrent de plus en plus rarement, à mesure qu’ils sont plus éloignés de la moyenne.
- c) A côté des échelles d'évaluation qui visent à l’appréciation d’un Irait de caractère, il y en a d’autres qui s’adressent aux habitudes de comportement. Une telle fiche analytique de comportement a été établie dans une école d’arriérés, à Massachussets. A litre d’exemple, nous en citerons le début :
- Altitudes des autres envers l'enfant :
- Le choisissent comme meneur,
- T.'acceptent comme meneur,
- Jouent avec lui occasionnellement, pas souvent,
- Recherchent sa compagnie,
- T/ignorent et sont timides avec lui,
- L’acceptent volontiers dans leur groupe.
- Sociabilité :
- L’enfant aime à être seul jusqu’à la réclusion.
- Recherche la compagnie de quelques-uns de ses camarades.
- Boude souvent.
- S’adapte à la situation sociale.
- Se querelle, se bat, etc..., avec ses camarades ; et ainsi de suite ; la fiche comporte quatorze rubriques avec des subdivisions dans chacune. Le maître souligne dans chaque rubrique les phrases qui correspondent le mieux au comportement le plus habituel de l’enfant.
- (1) Voir dans ces Bulletins l’article de A. Fessard (n° 3)
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- Nous ne reproduisons pas cette fiche in extenso, car, établie pour une institution d’arriérés, elle yi’a pas de portée générale, mais insistons sur l’utilité des fiches ainsi conçues. Celle que nous venons de mentionner- ayant été répétée deux fois, a donné des résultats «suffisamment comparables (avec un coefficient de constance de 0,77). hile a permis, en outre, de suivre les modifications de conduite en fonction d’un traitement thérapeutique dans les écoles d’enfanIsaivor maux.
- Pour les enfants d’écoles ordinaires, une fiche devra être constituée d’une façon un peu différente, mais autant que possible, d’après les mêmes principes. Il y a intérêt à éviter les jugements de valeur, les termes vagues tels que : bon, sociable, etc..., et à ne demander que des renseignements sur des données, des faits.
- 5° Interrogatoire des parents.
- Dans le même esprit il y a intérêt, chaque fois que cela est possible, de conduire l’interrogatoire des parents ; les renseignements sur le comportement de l’enfant à la maison, dans ses heures de loisirs, sont nécessaires pour compléter l’idée de la personnalité de l’enfant qui n’a pas l’occasion de se manifester à l’école sous tous ses aspects. Ce qui a été dit de la fiche à remplir par l’instituteur s’applique encore à l’interrogatoire des parents avec cette différence que, lorsqu’on interroge les parents, il est encore bien plus important d’éviter les appréciations, les jugements de valeur et de se borner exclusivement à des questions de fait.
- 6° L'examen médical.
- Si le médecin attaché à l’orientation professionnelle est psychiatre son examen pourra fournir des renseignements précieux sur le caractère de l’enfant, notamment si celui-ci présente quelques troubles pathologiques (qui, d’ailleurs, sous des formes légères, sont beaucoup plus fréquents qu’on ne le croit communément).
- *
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- A l’aide de ces diverses données dont les principales sont constituées par la fiche de l’instituteur, l’examen médico-psychiatrique et les tests de caractère, on pourra tenter de
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- construire «le profil caractérologique» de l’enfant dont l’importance, en orientation professionnelle, ne sera pas de beaucoup moindre que celle du « profil mental ».
- La validité des Tests d’aptitude professionnelle
- par
- m:. æ. fessard
- (fin)
- La question de la Validité des tests d’aptitude professionnelle mérite à elle seule les plus longues réflexions et les plus sérieuses enquêtes, puisque de là doit sortir notre opinion sur l’utilité des procédés psychométriques pour l’orientation et la sélection professionnelles. Nous n’oublions pas , certes, que nous sommes ici sur le terrain des réalisations et non des spéculations théoriques. Mais le praticien qui, sous prétexte de ne jamais quitter la réalité concrète immédiate, se refuserait à toute méditation abstraite concernant sa méthode de travail ferait, au point de vue de l’intérêt des réalisations mêmes un très mauvais calcul.
- Pour ce qui est de la notion de Validité, il y aurait lieu d’envisager successivement les moyens de la mesurer, de Yinlerpréter et de Y améliorer. Dans les trois articles précédents nous n’avons parlé que de l'interprétation : du calcul des corrélations lui-même nous n’avons rien dit, nous réservant de l’examiner dans d’autres articles. On peut à la rigueur ignorer les procédés de calcul, mais il est plus gênant de ne pas saisir le sens des résultats étant donné qu’aujour-d’hui, dans l’abondante littérature consacrée aux tests, les coefficients de corrélation sont devenus monnaie courante. Le réalisateur le plus fermé aux théories générales, doit donc, bon gré mal gré, avoir fait leur connaissance.
- Aujourd’hui, nous allons clore cette petite discussion méthodologique en essayant d’en tirer quelque profit pour le choix et Y amélioration des coefficients de validité, et pour une meilleure compréhension des origines de. nos erreurs de pronostic.
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- Quelle esl la plus petite valeur du coefficient de validité qui vaille la peine, pratiquement, d’être prise en considération? Si nous nous reportons successivement aux trois tableaux précédemment publiés, nous constatons toujours qu’avec les conventions admises notre bénéfice reste très faible aussi longtemps que nous n’atteignons pas des corrélations un peu élevées. Ainsi un coefficient de 0,60 signifie, avec nos conventions, que nos erreurs seront réduites'seulement de 8/10e en moyenne, que nous pouvons compter sur une proportion d’environ 60 pronostics justes sur 100, au lieu de 50, ou sur un accord global après sélection de 70,5 % an lieu de 50 %. Il nous semble donc qu’un coefficient situé aux environs de 0,60 puisse être considéré comme le minimum acceptable. Mais il est évidemment difficile de s’arrêter à une valeur exacte. Un coefficient positif quelconque, même très faible, pourvu qu’il soit établi avec assez de précision, représente la possibilité d’un certain bénéfice. Il ne faut pas cependant que l’avantage soit si petit qu’il ne compense pas les dépenses nécessitées par l’introduction des méthodes nouvelles : de ce que l’eau de mer contient un peu d’or, il ne résulte pas qu’on songe à l’en extraire. On se montrera d’autant plus exigeant que la méthode proposée est plus coûteuse à mettre, en œuvre.
- En fait, avec des tests isolés, il est rare de rencontrer des corrélations avec la valeur professionnelle qui atteignent 0,60. Le plus souvent, il faut s’estimer heureux lorsqu’on dépasse 0,40 : dans ces conditions on est presque toujours obligé de recourir cà plusieurs tests, à une batterie de tests comme l’on dit, dont on groupe les résultats en une note globale. Chaque épreuve peut s’adresser à une aptitude particulière, le choix des tests étant facilité par l’analyse préalable de la profession. Il y a donc lieu d’envisager pour chacun d’eux une validité-partielle, et pour la note d’ensemble une validité totale, naturellement plus élevée. Le problème se pose alors de déterminer la meilleure manière de grouper les notes de façon à obtenir le maximum de validité totale. Il ne suffit pas, comme on pourrait le croire, d’additionner purement et simplement les notes de chaque test : suivant leur importance, ceux-ci sont affectés chacun d’un poids particulier dont le calcul est,
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- une opération assez compliquée sur laquelle nous aurons peut-être l’occasion de revenir.
- La validité totale étant calculée de la meilleure manière possible, il se peut que nous désirions encore l’améliorer. Pour mieux voir de quel côté il convient de porter nos efforts, nous devons rechercher les principales sources d’erreurs : en réfléchissant aux différents aspects du mal, nous serons mieux placés pour le combattre.
- Le principal obstacle à une prévision parfaite des capacités est évidemment le fait que la capacité professionnelle n’est pas toute contenue préalablement dans l’aptitude. L’individu évolue entre le moment de l’examen et celui où il pratique son métier avec maîtrise, el cela d’autant plus que par l’exercice même de sa profession, souvent aussi par un apprentissage systématique, il acquiert des « habiletés » nouvelles suivant un taux imprévisible. Le mal ne serait pas grand si tous les individus se modifiaient parallèlement de la même manière. Mais les évolutions individuelles s’entrecroisent, des médiocres rattrapent et dépassent des très bons, tandis que certains de ceux-ci déçoivent. En réexaminant les mêmes sujets à la fin de leur apprentissage, avec les mêmes lests, on trouve une corrélation qui n’est pas parfaite (1). S’il est difficile d’obtenir des validités élevées, c’est surtout à cause de ces erreurs systématiques dont il paraît bien difficile de diminuer l’influence (2). Mais c’est parce que nous constatons que ces erreurs, quoique grandes, ne bouleversent pas entièrement nos évaluations primitives que nous nous sentons confirmés dans cette croyance que tout n’est pas acquis dans la supériorité professionnelle, et que nous croyons en somme à l’existence des Aptitudes, ainsi qu’à l’efficacité d’une orientation et d’une sélection professionnelles fondées sur leur mesure.
- A côté de cette cause d’erreur, la plus importante, il y en a d’autres sur lesquelles nous pouvons avoir plus de prise. Faisons en effet l’hypothèse absurde que les individus ne se rnodi-
- (1) Cette corrélation, intéressante à connaître, est ce qu’on appelle le coefficient de constance. Le coefficient de validité lui est inférieur, sinon par chance.
- (2) 11 faudrait au moins se préoccuper de l’aptitude à acquérir de nouvelles habiletés, utiliser des tests capables de renseigner sur la « modifia-bilité » d’un individu, sur sa plasticité
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- lient pas. Noire validité pourtant ne peut pas être parfaite, pour un certain nombre de raisons. D’abord nos tests d’aptitude d’une part, la profession de l’autre, envisagée elle aussi comme une sorte de test, ne constituent pas deux épreuves entièrement superposables. Elles foid jouer — nous y comptons bien — un certain nombre de qualités communes. Mais dans la quantité nous avons certainement oublié quelques facteurs ; nous en avons également inclus d’inutiles : notre validité s’en trouvera affaiblie, puisque c’est justement le rôle du coefficient de corrélation de nous révéler l’importance de la partie commune. Celle-ci pourrait être mise en évidence en calculant la corrélation entre les notes de capacité professionnelle et les résultats dans les lests d’aptitude lorsqu’on les applique à un groupe d’individus exerçant déjà la profession et ayant cessé par conséquent de se perfectionner. Ce nouveau coefficient préciserait le pouvoir de diagnostic du test et mesurerait ainsi l’importance de celle deuxième erreur systématique. Il va sans dire que ce pouvoir doit être élevé, beaucoup plus que la validité que l’on désire obtenir. Les améliorations doivent être recherchées du côté d’une meilleure qualité des tests, d’un plus grand nombre de ceux-ci, les indications principales étant fournies par une analyse plus serrée de la profession. Il convient également de trouver, si possible, un meilleur critère de la supériorité professionnelle.
- La validité se trouve encore diminuée par les erreurs fortuites, ou accidentelles, qui ont une double origine. Tout d’abord un individu, même s’il n’évolue pas, varie constamment d’un moment à l’autre, et rien ne nous dit que nous avons mesuré ses aptitudes et sa capacité à des moments où il se trouve dans le même état, dans son état moyen, souhaiterions-nous. Ensuite, même si nous ne concevons pas l’Aptitude en dehors d’un certain genre de tests capables de la mesurer, c’est-à-dire si nous en définissons la grandeur par le rendement dans ce genre de tests, il n’en reste pas moins que nous ne pouvons pas lier absolument la mesure de l’aptitude au test tout particulier que nous aurons imaginé dans ce genre, avec tout ce que le choix des questions composantes, le choix des opérateurs et des conditions extérieures comportent d’arbitraire.'En effet, dans le genre imposé, on pourrait imaginer avec autant de bonnes raisons une grande variété de tests
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- analogues et par conséquent chaque fois aboutir à des mesures un peu différentes : nouvelle cause d’erreur qui, avec la première, contribue encore à l’imprécision de nos pronostics. Pour rendre compte de leur importance globale, on oblige les -mêmes sujets à exécuter deux ou plusieurs fois, non pas le même test, mais des tests du même genre. On peut calculer ainsi un nouveau coefficient de corrélation, sorte de coefficient d’auto-validité, dit de cohérence, qui permet de savoir dans quelle mesure on peut prédire les résultats d’un lest à partir des résultats obtenus dans un autre test du même genre (1). Nous représenterons la cohérence des lests d’aptitude par raa. Il y a lieu de parler aussi d’une cohérence pour la note de capacité, soit rccJ le rendement professionnel étant fluctuant et l’appréciation qu’on en donne, si elle est subjective, étant également soumise à des. variations.
- Ainsi, même à l’abri d’erreurs systématiques, le coefficient de validité ne pourrait être connu avec une précision absolue, et l’on démontre que les erreurs fortuites tendent à le faire sous-estimer. On sait même calculer la valeur la plus probable de la validité vraie, c’est-à-dire la corrélation entre l’aptitude moyenne d’un individu et sa capacité moyenne, tout en ignorant celles-ci (leur détermination exigerait une infinité de mesures analogues sur chaque sujet). La formule, due à Spearman, est la suivante :
- Validité vraie
- Ainsi, pour r = 0,60, r une validité vraie de 0,75.
- 0,70, r = 0,90, on trouve
- 7 7 GC
- Cette formule nous donne une idée de l’influence des erreurs fortuités sur le coefficient de validité brut qui, toutes choses égales du côté de la validité vraie, dépend proportionnellement de la racine carrée de chaque coefficient de cohérence. La notion de validité vraie est purement théorique, le coefficient de validité brut étant toujours en fait celui que nous devons utiliser dans l’équation de régression et dans l’évalua-
- (1) Voir Année Psychologique 1927 ; article déjà cité, p. 222.
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- lion des erreurs de pronostics. La formule précédente nous montre qu’il est vain d’espérer une validité supérieure à
- puisque la validité vraie ne peut dépasser l'unité,, limite que les erreurs systématiques se chargent d’ailleurs d’abaisser considérablement. Si donc le produit des deux racines nous semble déjà trop faible, il faut éliminer les tests dont la cohérence est trop petite ou tout au moins chercher un moyen de réduire l’importance des erreurs fortuites. A côté de l'amélioration dans la qualité des tests et dans la rigueur des conditions d’application, une des premières choses à tenter est d’allonger les épreuves sans modifier leur nature ni leur homogénité. Le calcul nous permet même de prévoir l’amélioration à laquelle on doit s’attendre. La cohérence primitive étant raa, si l’on rend le test n fois plus long le coefficient de validité se trouve multiplié par :
- 1 + (n
- Pour N = 5, raa = 0,70, on trouve 1,15.
- Une validité de 0,60 devient 0,69 : cela peut suffire pour décider du maintien d’un test (1).
- Les considérations (pii précèdent laissent de côté les détails particuliers à chaque cas et montrent seulement les grandes directives générales dans le sens desquelles nous'devons agir pour* améliorer la sûreté de nos pronostics. C’est d’abord, avec l’aide la psychologie théorique, dans le sens d’une meilleure connaissance de la structure des aptitudes mentales, de façon à atteindre plus intimement et à inventorier plus complètement celles qui prédisposent à la réussite dans telle ou telle profession ; c’est par conséquent aussi vers une meilleure analyse des professions, avec l’aide de la psychophysiologie du travail ; c’est également dans le sens d’une meilleure connaissance de l’évolution de l’individu et de la plasticité humaine. Mais, les tests étant choisis, les mesures étant
- (1) Il existe des tables qui évilent le calcul par la formule. Edgerton et Toops, The Juprnal of Educational Research, vol. XVIII, n° 3.
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- faites, la Statistique trouve également son mot à dire : au moment de grouper plusieurs notes, elle nous montre la combinaison la plus avantageuse ; elle nous fournit des méthodes pour évaluer l’importance des diverses causes d’erreurs (dont nous avons distingué quatre espèces) ; enfin elle nous fait connaître numériquement l’effet probable de certaines améliorations (augmentation de la cohérence, de la longueur du test).
- Aucun effort vers plus de clarté et plus d’exactitude — l’un entraînant l’autre — n’étant négligé, l’Orientation et la Sélection professionnelles fondées sur l’utilisation raisonnée des lests d’aptitude fonctionneront à plein rendement, feront une concurrence victorieuse, n’en doutons pas, aux initiatives insuffisamment méthodiques et aux systématisations trop fantaisistes, et pourront désormais faire figure honorable parmi les autres Sciences appliquées.
- NOTES ET DOCUMENTS
- L’emploi universitaire des Epreuves d’aptitude
- Nous n’effectuons pas suffisamment la dissociation de l’aptitude et du savoir, dans les examens et les concours qui orientent les enfants et les jeunes gens dans telle ou telle voie intellectuelle. Et c’est là un problème d’une grande importance pour le développement rationnel d’une orientation professionnelle consciente de sa tâche sociale.
- A l’université d’Iowa, aux Etats-Unis, sous l’influence d’un doyen qui est un psychologue de haute valeur, à qui l’on doit une analyse féconde de l’aptitude musicale, Seashore, on a tenté de réaliser une orientation des étudiants d’après leurs aptitudes réelles. Et l’on a commencé à établir et à éprouver des séries de tests, pour les sciences, mathématiques, physiques, chimiques, pour les lettres, pour les langues étrangères, pour l’histoire.
- Dans le Psgchological monograph (XXNIX, 2, 1928, p. 92), un de mes anciens élèves de la Sorbonne, le Dr G. D. Stoddaro, expose les résultats de premières études poursuivies à Iowa, sous la direction de Seashore.
- Sur 100 étudiants se trouvant dans le premier quartile pour les épreuves d’aptitude aux mathématiques, après un semestre d’étu-
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- des, 50 sont dans les très bons élèves, 8 seulement dans les mauvais, et sur 100 se trouvant dans le dernier quartile, 9 seulement sont de bons élèves, 37 sont de mauvais (1931 étudiants ayant été examinés). Pour la chimie, les chiffres sont pour 100, dans le premier quartile des épreuves, 51 très bons élèves, 4 mauvais ; dans, le dernier quartile, 0 bons élèves, 34 mauvais (3015 examens ayant été faits). Les examens d’instruction ont donné une valeur prédictive à peu près de même ordre.
- Dès maintenant, on peut dire que les tests d’aptitude sont susceptibles de rendre de réels services. Mais ils ne sont certainement pas encore complètement au point. 11 faut travailler à leur perfectionnement. TJ p
- Un essai de sélection professionnelle au Brésil
- Nous relevons dans la Rivista Polytechnica de Sao Paulo (organe de l’Institut d’hygiène), exposés par J. O. Montero de Ca~ margo, les résultats des épreuves appliquées sous la direction de R. Mange, en 1926, à 26 élèves des cours d’apprentissage mécanique à l’Ecole professionnelle du lycée des arts et métiers de Sao Paulo.
- Treize tests ont été retenus et les corrélations furent faites pour chacun à la fois avec le résultat d’une épreuve professionnelle, avec le classement général par tests et avec le jugement des contremaîtres.
- Entre les tests et l’épreuve professionnelle l’indice de corrélation = -h 0.677 ; entre le jugement des contremaîtres et l’épreuve professionnelle il est de + 0.733 et c’est entre le jugement des contremaîtres et le classement par tests que la corrélation est la plus faible : = + 0.532. Cette série de lests permet donc de prévoir la réussite d’une épreuve professionnelle, au cours de l’apprentissage, avec autant d’exactitude que le jugement des contremaîtres avec qui ces apprentis travaillent depuis plusieurs mois.
- Sur ces 13 tests, 7 surtout ont valeur prédictive forte et si Ton se contentait des résultats de ceux-ci, la corrélation entre le classement par tests et l’épreuve professionnelle atteindrait + 0.736 au lieu de + 0.677.
- Ces 7 tests sont :
- 1° Test d'intelligence représentative. — Indiquer le sens du mouvement de poulies diversement engrenées quand un mouvement déterminé est imprimé au treuil, l’appareil restant naturellement immobile sous les veux du sujet ; corrélation + 0.807.
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- 2° Habileté manuelle. — Forme donnée à un fil de fer ; corrélation + U.627.
- 3° Intelligence manipulatrice. — Une manivelle à faire tourner en résolvant diverses difficultés ; corrélation + 0.504.
- 4° Test de perception visuelle. — Classement visuel de cylindres par ordre de grosseur ; corrélation + 0.495.
- 5° Intelligence numérique. — Trouver les chiffres qui manquent dans des nombres disposes en opérations arithmétiques ; corrélation + 0.471.
- 6° Intelligence verbale. — Complètement d’un texte ; corrélation + 0.378.
- 7° Intelligence représentative. — Indiquer le mouvement d’un poids suspendu à une branche métallique suivant le sens du déplacement imprimé à un levier relié à cette branche par une suite de transmissions pivotantes.
- Les six autres tests à corrélation plus faible sont :
- 1° Test de perception tactile. — Classement non visuel de cylindres ; corrélation + 0.197.
- 2° Habileté de frappe. — Avec un marteau à clou, percer le centre d’un cercle ; corrélation + 0.175.
- 3° Lacunes de formes à combler. — Corrélation + 0.162.
- 4° Test de perception musculaire. — Classement de poids ; corrélation + 0.157.
- 5° Test de stabilité. — Trémomètre ; corrélation + 0.141.
- 6° Précision d’appréciation. — Procédé optométrique ; corrélation + 0.092.
- ♦
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- Application des méthodes psychotechniques dans V exploitation des tramways électriques à Prague. — Fin septembre 1928, 2.800 agents des tramways municipaux et 700 conducteurs de camions avaient subi un examen portant sur : 1° l’acuité des fonctions sensorielles ; 2° l’intelligence générale ; 3° la rapidité de perception et la mémoire musculaire ; 4° la rapidité de réaction aux impressions auditives et. visuelles ; 5° le degré de concentration de l’attention ; 6° l’endurance et la résistance à la fatigue ; 7° l’équilibre émotionnel.
- Le laboratoire, lit-on dans le Bulletin de VInstitut international d’organisation scientifique du travail (mars 1929), a cherché à déterminer la corrélation qui existe entre les constatations résultant de l’examen psychotechnique, celles qui sont faites au cours de la formation professionnelle et les données fournies par l’activité pratique ultérieure du sujet.
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- On u remarqué :
- 1° Concordance complète entre les résultats de l’examen psychotechnique et ceux de la formation professionnelle ;
- 2° Rapport positif de 0.77 entre les résultats de l’examen psychotechnique et ceux de l’activité pratique ;
- 3° Rapport positif de 0.44 seulement quand « on se borne à rapprocher les constatations de la formation professionnelle de celles de l’activité pratique dans le cas de sujets n’ayant pas subi d’examen psychotechnique préalable ».
- *
- * *
- U orientation professionnelle à Dusseldorf. — Dans son article sur l’orientation professionnelle en Allemagne, paru dans la Revue de la science du travail, M. Schultx expose la méthode d’examen d’orientation employée à l’Institut pour l’étude du travail professionnel à Dusseldorf.
- Quatre examens distincts la composent :
- A. — Examen général cherchant à connaître l’enfant dans son milieu social au moyen d’un questionnaire, de 34 questions, parmi lesquelles on lui demande quels sont les enseignements qu’il préfère ou qu’il n’aime pas ; ses jeux préférés, et comment il remplit ses moments de liberté.
- R. — Un examen physique (taille, périmètre thoracique, poids, force de la main, du corps, endurance et fatigabilité du travail courbé.
- C. — Un examen de Vintelligence et des aptitudes techniques. —-D’abord des textes de complètement verbal, d’abstraction et de raisonnement. Pour les aptitudes d’ordre commercial et pratique on se sert d’un appareil appelé : Planchette universelle n° 2, composée d’une planche pourvue de 100 crochets numérotés de 50 à 149 et disposés en-désordre, et de 100 rondelles métalliques portant les mêmes numéros.
- Le sujet doit d’abord disposer les rondelles sur la table par ordre de numéros (la manière d’opérer et le temps mis indiquent la capacité d’organisation du sujet). Ensuite il doit accrocher aussi vite que possible les numéros 50' à 70 aux crochets correspondants de la planche.
- Les crochets de la planche servent aussi aux épreuves de nouage pour les ouvriers du textile et en employant du fil de plusieurs nuances on juge du sens des couleurs.
- Pour examiner l’intelligence technique on se sert de la Planche
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- universelle n° 1 qui l'ail appel à l’intelligence technique sans correspondre à aucun usage pratique.
- On présente au sujet des pièces détachées dans une boîte et il doit reconstruire le tout. Il ignore la forme définitive mais il sait seulement que les parties vont toutes bien ensemble et qu’elles se montent facilement sans outils spéciaux.
- Cette planchettte permet 10 épreuves différentes.
- Enfin une planche de répartition spéciale vise à l’utilisation économique du matériel. C’est une planche carrée de 75 centimètres de côté, divisée en 25 carrés. Il s’agit de disposer dessus 8 plaques de bois de grandeur et de forme différentes, de manière à ce que le plus grand nombre de carreaux restent libres. (La capacité de représentation spatiale, la conception visuelle de forme, jouent dans cette technique un rôle important.)
- D. — Un examen d'habileté manuelle. — Au moyen de tests d’adresse complexes et répétés plusieurs fois ils envisagent l’adresse dans le travail manuel élémentaire, dans le travail manuel exigeant de la coordination des mains sans que la précision y soit considérée comme essentielle, le travail exigeant une grande précision et enfin le travail exigeant la coordination très précise de tout le corps.
- Le travail manuel simple est testé au moyen de fiches de carton perforé que le sujet doit déplacer d’une tige fixée sur la table à une autre tige.
- Le travail conjugué des deux mains au moyen de la « Souricière », qui se compose d’un fil de fer très entortillé sur lequel il s’agit de faire glisser d’un bout à l’autre, au moyen de pinces, un anneau métallique.
- Pour l’étude de la dissociation des mouvements des deux mains le sujet doit tracer avec la pointe d’un crayon les contours d’un dessin en tournant deux manivelles.
- Un appareil à enregistrement est presque semblable mais c’est avec les deux mains que le sujet conduit le crayon. Ce crayon est fixé à un levier qui ralentit ou accélère le rythme du sujet en contrecarrant sa précision.
- Pour réussir dans ce test il faut être parfaitement maître de son corps dans n’importe quelle position. A ces épreuves on ajoute une épreuve de réaction et d’examen de l’attention.
- L’expérience a montré que les jugements sur l’aptitude du candidat fournis par cette méthode avaient un degré de certitude de 94 °/0.
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- A travers les Revues
- Dans le Journal of ihe National Instituie of Industrial Psycho-logy (avril 1929), le rapport pour 1928 de cet actif Institut, dirigé par le savant éminent qu’est Ch. S. Myers, relate la vaste expérience d’orientation professionnelle poursuivie à Londres sur 600 enfants en 1926, au point de vue des renseignements recueillis sur 97 H/o d’entre eux relativement à leur histoire professionnelle pendant 18 mois, comparativement pour ces enfants orientés, et pour un groupe de contrôle à qui n’avait été donnée aucune indication ; ces résultats montrent une plus grande stabilité dans la place et une meilleure réussite chez les premiers.
- Nous trouvons dans le premier numéro de la Revue de la Science du Travail quelques renseignements intéressants sur la psychotechnique et l’orientation professionnelle en Allemagne.
- En novembre 1918 se fit sentir le besoin d’une meilleure répartition de la jeune génération dans la vie économique et un. décret de la Commission nationale pour la démobilisation économique (9 décembre 1918) prévoit que les bureaux publics de placement se chargeront de la répartition des adultes et les offices des professions de la répartition des jeunes gens. A ce moment les bureaux d’Orientation professionnelle se sont trouvés intégrés dans l’organisation générale de la main-d’œuvre.
- En 1922-1923, les offices firent l’orientation de 235.013 cas — en 1923-1924 de 250.000 cas — en 1924-1925 de 306.503 cas — en 1925-1926 de .374.566 et en 1926-1927 de 426.092.
- C’est surtout dans l’Allemagne de l’Ouest, en Rhénanie, que l’Orientation professionnelle a fait le plus de progrès. Le chiffre total des consultants dans les bureaux professionnels rhénans est passé de 22.800 en 1922-1923 à 73.696 en 1927-1928.
- Ce ne sont pas seulement les adolescents et les parents mais encore les industriels qui s’adressent à l’Orientation professionnelle. Ces derniers leur communiquent les offres d’emplois pour les apprentis et réservent les places à ceux qui sont dirigés par les Offices. L’Orientation professionnelle en Allemagne s’appuie sur trois données essentielles :
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- 1° L’opinion des instituteurs ;
- 2° L’opinion du médecin scolaire ;
- 3° L’opinion du psychologue spécialisé en psychotechnique.
- L’école ne formule que l’opinion sur les connaissances acquises, le médecin sur les raisons de santé faisant déconseiller telle ou telle profession. Seule la psychologie des aptitudes peut déceler les vraies capacités du candidat et c’est le rôle du psychologue.
- Dès maintenant tous les grands offices professionnels allemands possèdent leurs laboratoires psychotechniques bien organisés , et pour élaborer des méthodes d’examen et les ajuster continuellement aux nouvelles exigences de la pratique, il fut créé quelques institutions purement scientifiques chargées de tenir les offices locaux au courant des nouvelles acquisitions de la Recherche.
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- La O fie in a Central de Documentation Profesional de la Junta Central de Perfeccinnarniento publie, depuis janvier 1929, un bulletin mensuel : La Revisla de Formacion Profesional. Cette revue, de grand format et d’une très belle présentation, contient des articles divers, d’amples informations sur l’O. P. dans tous les pays, des analyses de livres et une bibliographie détaillée.
- Dans le n° 1, nous relevons les études ou. rapports : de M. César de Madariaga, sur l’orientation et la sélection ; de M. Luis Valeri sur les Ateliers-Ecoles de la Chambre de Commerce de Paris ; et de MM. Dèlgado et Avello Lïgalde, sur un cours pour la formation du personnel des Offices-Laboratoires d’Orientation et de sélection professionnelles.
- Le n° 2 publie une note de M. Fuentes Martianez sur les méthodes statistiques en psychotechnique, et un rapport sur l’Ecole de travail de Sari-Sebastian.
- L’abonnement à cette revue mensuelle, qui paraît sur 32 pages, est de 15 pesetas par an.
- La Ueime Philanthropique publie, dans son numéro du 15 avril, une étude de Olga SpttzEr sur « Les Offices de la Jeunesse on Allemagne ». Les Offices de la Jeunesse sont les organes d’exécution des lois du Reich « pour le bien-être (prospérité) de la jeunesse » : « Tout enfant allemand a droit à une éducation complète qui lui assure son développement physique et moral, ainsi que celui de sa capacité sociale ». (Loi de juillet 1922.)
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- Ces Offices s'occupent des enfants placés en nourrice, des mineurs ayant besoin d’assistance, des jeunes ouvriers, et de tous les enfants en danger moral. Ils disposent d’assistants sociaux spécialisés, de maisons d’accueil et d’observations, de maisons d’éducation et de rééducation, etc., etc. Olga Spitzer donne sur ces maisons et inslilutions des détails et des chiffres fort intéressants.
- Dans son numéro d’avril, le Peisonnel-Jourrial publie, en premières pages, une étude du professeur J. 13. Miner sur 1 Institut national d’orientation professionnelle, dont l’auteur a connu la fondation et suivi les premiers travaux au cours d’un recent séjour à Paris.
- INFORMATIONS
- Une revue nouvelle vient encore témoigner de l’effort actuel de l’Espagne en faveur des études techniques : C’est Ergon, revue de Science et de Technique, organe officiel de l’Association des élèves des Ecoles d’ingénieurs industriels de Madrid, Barcelone, Bilbao. Le premier numéro, du 31 mars 1929, contient un petit article de H.-B. Mi racle sur les problèmes d’orientation en ce qui concerne la profession d’ingénieur industriel.
- Une nouvelle institution américaine va être fondée grâce à des donations atteignant 7 millions et demi de dollars (187 millions de francs), faites à l’Université de Yale (New Haven) : un Institut des relations humaines, ayant pour mission de réunir les sociologues, les biologistes, les psychologues et les économistes, joignant leurs efforts à ceux des juristes, des médecins et en particulier des psychiatres, pour développer la connaissance de l’homme dans son unité physique et mentale, de sa conduite individuelle et collective, et des nombreux facteurs influençant les actions humaines.
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- La municipalité cle Montpellier a confié à MUe \ éra Kovarsky l'inspection psychologique des écoliers de cette ville, en y comprenant l’examen des enfants à l’entrée de l'école (dépistage des anormaux et des bien doués) et à la sortie (pour faciliter, avec le concours du maître et du médecin scolaire, l’orientation professionnelle), et aussi l’examen spécial d’enfants dont la conduite ou les éludes laissent à désirer au cours de la scolarité.
- Le 5° Congrès des éducateurs d'arriérés s’est tenu à Paris les 29 et 30 mars 1929, à la Sorbonne, sous la présidence de M. Huet, d’Yvetot. Quatre questions ont été objet de rapports : L’enseignement des arriérés (M. Debray), le rôle du médecin dans les organisations, les méthodes d’examen de l’intelligence, et enfin le dessin et les anormaux (Mme Claveau). Dans la séance consacrée à l’examen de l’intelligence, M. IIuet a exposé en détail, sur exemples concrets, sa méthode d’application de l’échelle Binet-Simon, et le Dr Vermeylen, de Bruxelles, venu pour le Congrès, a rappelé les avantages des échelles analytiques permettant de tracer le profil mental des arriérés.
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- L'étude des cas. — Méthode employée à Harvard par M. Brevver, qui consiste en l’application, à l’orientation professionnelle, de la méthode1 des cas écrits employée en droit et en médecine.
- M. Brewer et ses collaborateurs ont rassemblé et classé en un recueil des cas typiques tirés de l’expérience.
- Ces cas touchent aussi bien la découverte des aptitudes que le choix ou la préparation de la profession.
- Ils démontrent à l’étudiant la nécessité de l’orientation et attirent son attention sur les principes, les solutions possibles et la technique appropriée à chaque cas. Chaque problème est suivi de questions précises et concrètes discutées en conférence.
- Les problèmes ne sont pas résolus mais on attire l’attention sur les différentes façons possibles de les résoudre. Les élèves étudient ces cas. Ils doivent se rendre compte du problème qui se trouve dans l’histoire, rapporter et rechercher la difficulté du cas; proposer des solutions possibles, et analyser les solutions de grandes
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- ou petites importances en les classant par ordre de valeur et mi donnant les raisons du classement et formuler des propositions pour prévenir de semblables difficultés.
- (D’après .U. Sechehaye, l’Orientation professionnelle aux Etats-Unis. Bull. Soc. Al. Binet. 1928, n° 233-234.)
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- M. E. Motrvet, attaché à l’inspection générale de l’enseignement industriel du Hainant, pour l’étude de l’Orientation professionnelle, publie une note sur l’étude du caractère où il envisage Yuiilisation de la méthode graphologique. Il a fait quelques essais sur une trentaine d’écoliers de 13 à 14 ans et a trouvé une corrélation qui serait voisine de 0,75 entre les appréciations des éducateurs et les siennes fondées sur l’écriture (sans aucun détail sur la manière dont aurait été obtenue cette corrélation).
- D’après lui la recherche pourrait porter sur : Intellectu,alité ; calme et équilibre ; impulsivité : sensibilité affective, activité, soin, déviations pathologiques : cyclothymie, instabilité mentale, etc. Avec quelque doute on pourrait envisager aussi : autoritarisme, volonté, sociabilité, égoïsme, agressivité.
- Le texte utilisé est une composition de 20 lignes sur un sujet donné.
- C’est la méthode de Crépieux-Jamin qui a été utilisée.
- Voici, pour répondre à une demande précise, quelques renseignements sur les Ecoles professionnelles de la Ville de Paris.
- Ecoles Municipales professionnelles de garçons
- Ecole Diderot (60. boulevard de la Villette) comporte l'enseignement de 10 professions qui se répartissent à 2 groupes : 1° Les professions qui se rattachent à la mécanique (tour sur métaux, ajustage, instruments de précision, modèle, chaudronnerie, machines-outils, électricité) ; 2° Les professions concernant des annexes au bâtiment (forge, serrurerie, menuiserie).
- Ecole Dorian (74, avenue Philippe-Auguste). — Les professions enseignées sont ; ajustage, tours sur métaux, ferronnerie, menui-
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- Ecole. Boulle (57, rue de Reuilly). — Les professions enseignées sont divisées en 2 sections : 1° Industrie du meuble (ébénislerie, menuiserie en sièges, sculpture et tapisserie) ; 2° Industrie du
- métal (ciselure, gravure sur acier, gravure en bijoux et vaisselle, monture et tournage).
- Ecole Eslienne. — On y enseigne tout ce qui se rapporte à l'industrie du livre, depuis la fonderie des caractères jusqu’à la reliure d’art en passant par tous les modes d’illustration (gravure sur bois, taille douce, lithographie, photogravure et gravure en relief).
- Ecole des Ails appliqués' à Vindustrie (11, rue Dupetit-Thouars). — L’école forme à la fois des compositeurs de modèles et des praticiens exécutants.
- Elle a un atelier de dessin d’ameublement et d’archcature intérieure, de sculpture décorative, de dinanderie-orfèvrerie, de peinture décorative, sculpture sur bois, tabletterie, dorure, laque, tissus et papiers peints, céramique.
- Ecoles Professionnelles de jeunes filles
- Ecole Jacquard (2, rue Bouret). — Enseigne la couture, la mode, la chapellerie, la lingerie, la broderie, la fabrication du corset.
- Ecole professionnelle el ménagère (24, rue Fondary). — Enseigne les professions suivantes : couture, broderie pour robes et ameublements, fleurs artificielles, gilets, costumes ide garçonnets, tailleur pour dames, lingerie, corsets, modes, repassage et apprêts.
- Ecole Emile Dubois (14, rue Emile-Dubois). — Enseigne la confection des corsets, la coulure, la confection des gilets, la mode et la broderie.
- Ecole Elisa-Lemonnier (41, rue des Boulets). —- Les professions enseignées sont : Broderie, corset, coulure et dessin.
- Ecole professionnelle (24, rue Ganneron). — L’école comprend une section artistique (dessin et application, illustrations, publicité, reliure) et une section industrielle (broderie, corsets, couture et mode).
- Ecole professionnelle (7, rue de Poitou). — L’école forme des ouvrières (couture, corsets, moldes, broderie), des artisans (petit" sculpture sur bois, laquage el dorure) et des dessinatrices (publicité, affiche, illustration, figurine pour mode).
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- Ecole de dessin et d'art appliqué à l'industrie (24, rue Duperré). — L’école de dessin et. d’.art appliqué donne aux jeunes filles un enseignement artistique et technique pour la pratique des métiers dérivant du dessin.
- Ecole de commerce (12, rue d’Abbeville).
- Pour toutes ces écoles professionnelles de jeunes filles comme de garçons, c’est un concours qui en permet l’entrée.
- Les candidats doivent avoir 13 ans au moins, 16 ans au plus, être Français et être pourvus du certificat d'études. L’enseignement dure environ 3 ans et est gratuit pour les enfants habitant Paris.
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- Cinquième conférence internationale de Psychotechnique. Comptes
- rendus publics par le Comité national. In-8° de 318 pages.
- N. V. Dekker et V. I). Yegt et J. W. van Leeuwem, éditeurs,
- Ctrechl. — Prix : 50 francs.
- Le compte rendu de la 5e Conférence internationale de Psychotechnique, tenue à Utreeht du 10 au 14 septembre 1928, vient de paraître. Trois grandes questions donnèrent lieu à des discussions générales :
- 1° Les accidents ; prirent part : K. Marre (Wurzburg), J.-M. Lahy (Paris), S. Viteles (Philadelphia), Maria Sciiorn (Wurz burg) ;
- 2° Tempérament et caractère ; prirent part : IL Bogen (Berlin), F. Giese (Stuttgart), E. Mira (Barcelone) ;
- 3° Educabilité ; prirent part : Ch. S. Myeris (Londres), W. Peters (Yéna), M- Siricin (Kharkow).
- En outre, 41 communications individuelles sur des sujets divers y figurent.
- Nous relevons à travers les communications faites à cette conférence, les exposés suivants : 1° .T.-M. Laiiy, Le facteur humain dans les accidents du travail. Cette enquête faite par l’auteur et
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- par Mlle Rorx, surintendante d’usine, leur permet la conclusion suivante :
- 11 est indispensable de sélectionner les travailleurs pour affecter aux professions non dangereuses les moins habiles.
- 2° E. Baley : L'enfant sensitif et la psychotechnique. — L’auteur nomme sensitif chaque individu facilement en proie à une émotion pénible à toute excitation ayant 1’apparence de déprécier l’estime de son « moi ». 11 semble que c’est vers les carrières artistiques que les sensitifs devraient être dirigés.
- 3° B. Bugeleisen : La psychotechnique et l'étude du temps de travail. — Critique du chronométrage des mouvements élémentaires chez les meilleurs ouvriers (base du système Taylor) et établissement d’une méthode basée sur la mesure du temps de travail de tous les ouvriers effectuant la besogne mesurée de façon à obtenir l’image juste de la distribution des aptitudes et des normes plus exactes.
- 4° CriRiiSTiAEN : Le pronostic en orientation professionnelle et les indications fournies par la prise des tests. — L’auteur croît que les résultats des tests servant à sonder les fonctions mentales supérieures sont sujets à caution et qu’au contraire les tests qui servent à sonder les aptitudes motrices, les aptitudes psychomotrices et ce que l’on appelle l’intelligence pratique, donnent des résultats sûrs.
- 5° J. Vax Dakl : Contribution à l'étude des aptitudes motrices. — L’auteur a fait surtout des tests se rapportant à la rapidité du mouvement — 7 tests différents de tapping purement moteurs sans participation d’éléments sensoriels, puis 3 tests de Aiming.
- il ressort de ce travail qu’il n’y a ni habileté motrice générale ni rapidité motrice générale, ni rapidité manuelle générale.
- G0 O. Decroly : Sur un test coup de sonde d'intelligence verbale. — Cette épreuve comporte 15 phrases coupées en deux parties. Les parties sont, mêlées et le sujet doit les raccorder. Chez les enfants de 13 à 19 ans, les différences par âge sont peu marquées : Médians = (13 ans) 6 — (14 ans) 4 — (15 ans) 6 — ( 1G ans) 6 — (17 ans) 5 — (18 ans) 6 — (19 ans) 7.
- 7° O. Decroly : Sur un test coup de sonde d'intelligence non verbale ou pratique. — Ce test est constitué par une boîte à fermetures multiples, visibles et invisibles dont l’application a été faite sur les enfants de 14 à 17 ans. Il a été trouvé une gradation nette
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- en rapport avec l’avancement scolaire. 7e année, moyenne 3.79 — 8e année, moy. 4.57 — 9e année, moy. 7.17.
- 8° O. Decroly : Essai d'application d’épreuves de caractère. — Sur 21 sujets (14 garçons et 13 filles), il a obtenu des corrélations assez significatives entre le résultat des épreuves et les renseignements fournis par la méthode du questionnaire cl de l’observation.
- 9° L. Fejgin-Gartensteyg, : Certaines manifestations du caractère et du tempérament dans les épreuves psychotechniques.
- 10° D. Weinberg : Contribution à. l’élude des différences individuelles dans l’exercice. — L’auteur cherche à préciser la forme de la relation qui existerait entre le rendement initial et l’influence de l’exercice. Ses expériences montrent qu’il y a une relation inverse entre la grandeur du progrès et la rapidité du début, relation surtout nette pour les sujets très bons et les très mauvais.
- INSTITUT NATIONAL d’Orientatioji Professionnelle Musée Pédagogique 41, Rue Cay-Lussac, 41
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- 1» Année
- N° 6
- Juin 1929
- BULLETIN
- DE
- l'Institut National d'Orientation Professionnelle
- OK>
- Une expérience de contrôle de la validité des Tests professionnels
- par A. FESSARD
- (d’après H. 0. Roloff : liber Eignung und Bewâhrung — Beihefte zur Zeitschrift für angewandte Psychologie. — 41. 1928).
- Dans les pays mêmes où l’application des examens psychophysiologiques à la Sélection et à l’Orientation professionnelles se trouve le plus en faveur, elle n’est pas sans avoir à se défendre contre de nombreux détracteurs. Quelques cas de généralisation hâtive, l’application des méthodes par des incompétences, le caractère privé de certaines applications, sont peut-être responsables du discrédit attaché dans certains milieux à la méthode des tests. Entrepris dans un but de justification, le travail dont nous nous proposons de retracer ici quelques-uns des principaux points, a été poursuivi sous le contrôle étroit de l’Association des ingénieurs allemands, et, comme tel, ses conclusions, très favorables à la psychotechnique, ne peuvent manquer d’avoir une grande portée.
- Tl s’agissait de montrer dans quelle mesure l’examen psychotechnique permettrait de prévoir la capacité professionnelle des apprentis métallurgistes. L’ensemble de l’application représente un exemple typique de la mise au point sérieuse d’une méthode de sélection, à cela près que le nombre des sujets est vraiment trop réduit. Elle pourra être consultée avec profit par ceux qui désirent s’initier aux examens par lests. Nous nous bornerons ici à exposer les discussions de
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- méthode, soulevées par les résultats concrets de cette application .
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- Douze apprentis constructeurs de machines-outils des ateliers Heiderecht et Harheck, dix apprentis constructeurs de machines de la Société Vulkan Schiffswerft, douze apprentis, tourneurs des ateliers Reiherstiegs Schiffswerft, ont servi de sujets. Ils ont été choisis par les ingénieurs et contremaîtres chargés des ateliers d’apprentissage, parmi leur très nombreux personnel, de façon à pouvoir être facilement classés du point de vue professionnel. L’examen pychologique comportait 28 tests, répartis comme suit :
- I. — Activités sensoui-motuices
- a) Appréciations visuelles :
- 3. Appréciation de longueurs. Division de lignes (1/2, 1/3).
- 2. .Appréciation du centre d’un cercle.
- h) Sensibilité tactile :
- 3. Appréciations de différences de niveau.
- c) Sensibilité kinesthésique :
- h. Appréciation de mouvements horizontaux.
- 5. Appréciation de mouvements de rotation.
- 0. Appréciation d'une résistance (pression).
- 7. Mise en place d’une série de vis.
- d) Habileté manuelle :
- 8. Trémomètre : Introduction d’un style dans des orifices métalliques.
- 9. Visée d’un point à l’aide d’un marteau.
- 10. Frappes rythmées disposées en lignes.
- 11. Reproduction de figures en suivant un rythme.
- 12. Test du tourneur.
- 13. Reproduction d’un dessin vu dans une glace.
- 14. Reproduction de figures à l’aide de fils de fer.
- 15. Enfilage de rondelles percées dans un support.
- e) Rapidité d’appréhension et de réaction :
- 16. Réactions à des signaux optiques.
- 17. Trouver des nombres sur un tableau.
- 18. Trouver des signaux sur un tableau.
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- II. — Activités mentales
- f) Epreuves faisant intervenir des représentations spatiales !
- 19. Construction d’après des figures non tracées.
- 20. Test de Rybakow d’après des figures non tracées.
- 21. Comparaison d’objets dessinés en perspective.
- 22. Combinaison de portions de surface.
- 23. Observation de différences dans un dessin.
- g) Intelligence technique :
- 2*4. Interprétation de dessins techniques.
- 25. Défaire et refaire une serrure.
- 20. Dessiner de mémoire un appareil et le décrire.
- h) Intelligence verbale :
- 27. Compléter un texte.
- 28. Mémoire de mots associés.
- Les réultats obtenus par les sujets dans les différents tests ont permis de les classer. Il leur a été attribué : 1° Un rang dans chaque lest ; 2° Un rang pour chaque groupe de tests supposés mesurer une même fonction ou des fonctions apparentées (a, b, c, etc.) ; 3° Un rang pour les activités sensori-motrices d’une part (I), un rang pour les activités mentales d’autre part (II) ; 4° Un rang global obtenu par combinaison de I et de II. Le classement psychotechnique final, ainsi calculé, rapproché du classement professionnel a donné des corrélations élevées avec lui, soient 0,78 et 0,80 pour les apprentis-constructeurs de machines, et 0,84 pour les apprentis tourneurs. C’est le résultat essentiel, très satisfaisant, qui mesure la validité globale de l’ensemble des tests.
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- Les données objectives fournies par une application dit genre de celle que nous venons de décrire ne sont pas seulement intéressantes par leur portée pratique immédiate -— dans notre cas, la légitimation de l’emploi de l’examen psychotechnique à la sélection des apprentis métallurgistes — mais encore par les conclusions auxquelles elles conduisent, par la mise en lumière de facteurs non soupçonnés, par les défauts de méthode qu’elles révèlent, par les modifications
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- qu’elles suggèrent. En particulier l’auteur s’est spécialement attaché à montrer comment le choix des tests, leur élaboration, leur groupement, peut influer sur la valeur de la méthode.
- Dans le tableau ci-joint, les tests employés ont été rangés par ordre de validité, à l’aide de leur coefficient de corrélation avec le classement professionnel ; dans les colonnes qui suivent ont été analysés les caractères principaux de chaque lest : nature de l’épreuve (principalement mentale ou principalement sensori-motrice), degré de complexité du problème, variété des éléments impliqués, nombre de réponses demandées, durée de l’épreuve, conditions de l’examen (collectif ou individuel). Un rapide examen du tableau suffit à montrer que certaines particularités se rencontrent fréquemment parmi les tests placés en tête, tests les plus valides, et rarement chez ceux qui n’ont avec le classement professionnel qu’une faible corrélation. Ces caractères doivent évidemment être considérés comme des facteurs importants de validité. Nous constatons d’abord qu’un test complexe a en général une valeur prédictive supérieure à celle d’un test plus simple. La variété des éléments qu’il renferme est aussi un élément favorable. On vérifiera également que la longueur du test accroît sa qualité, ainsi que des considérations purement statistiques permettent de le prévoir. Mais ce qui frappe davantage dans le cas particulier envisagé, c’est l’importance des facteurs mentaux en tant qu’éléments de succès, même pour l’exercice de professions qui semblent de premier abord principalement manuelles. Il est intéressant aussi de remarquer le rang favorable occupé par les examens collectifs, souvent considérés par les praticiens de la psychotechnique comme bien inférieurs à l’examen individuel.
- Si l’on examine maintenant le groupement des tests dont l’ensemble constituera la batterie d’épreuves, un fait ressort clairement auquel nous pouvions nous attendre, c’est l’influence du nombre de lests sur la validité totale de l’examen. Les corrélations établies avec le classement professionnel pour des groupes de lests de plus en plus étendus mettent clairement ce fait en lumière. Naturellement, à partir d’un certain moment,' l’accroissement du nombre des tests ne représentera plus un gain appréciable. Pratiquement, il sem-
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- NUMÉRO des TKSTS TESTS VALIDITÉ Corrélation moyenne avec classement professionnel NATURE DU TESTS Mental = M Sens. Mot. — S COMPLEXITÉ DU PROBLÈME Complexe — C Simple = S VARIÉTÉ DES REACTIONS Variées = V Uniformes - U NOMBRE DE RÉPONSES DURÉE DES TESTS NATURE DE L*EXAMEN Collectif — C Individuel = 1
- 4 4 - Figures en fil de fer 0.82 M + S c c V nombreuses 20 minutes collectif
- 20 Figures de Ribakow 0.71 M c V — 45 — —
- 24 Intelligence technique 0.67 M c V — 30 — —
- 26 Mémoire d’un appareil 0.60 M c y — 42 — —
- 22 Combinaison de surfaces 0.88 M c V — 20 — —
- 19 Représentation de figures 0.57 M c V — 42 - —
- 26 Description de mémoire 0.55 M c V — 45 — —
- 8 Trémomètre . 0.55 S c U 500 environ. 40 — individuel
- 25 Refaire une serrure 0.49 M + S c c V nombreuses 42 — '
- 27 Complètement de Tests 0.48 M c V 50 30 — collectif
- 47 Recherches de chiffres 0.48 M c CI 200 40 — individuel
- 2 Appréciation du centre 0.43 M + S c U 47 40 — - —
- 18 Dessin dans la glace 0.42 m -T- s c V nombreuses 40 — —
- 23 Comparaison de figures... 0.42 M c V — 5 — collectif
- 28 Mémoire de mots associés 0.36 M c V 30 25 — —
- 10 Tracé de lignes; rythmé 0.36 S c U 20 40 — individuel
- 4 Mouvements horizontaux 0.36 S s U 45 40 — —
- 48 Recherches de signaux -0.33 M c U 40 8 — —
- 7 Mise en place de vis 0.32 S c U 3 6 — —
- 3 Sensibilité tactile 0.30 S s U 44 40 — —
- 42 Test du tourneur 0.29 M + S c V nombreuses 10 — —
- 21 Comparaison de corps en perspective .. 0.28 M c V — 20 — collectif
- 4 Diviser en 2 0.27 M + S s . U 20 8 — —
- 4 Diviser en 3 0.24 M + S s U 20 8 — —
- 46 Réaction à des signaux optiques 0.23 S S S U ü 400 3 — individuel
- 5 Rotation de la main et du bras 0.48 s s U 24 40 — —
- 6 Reproduction de résistances 0.47 s s U 48 40 — —
- 9 Visée d’un point 0.08 s c LT 20 4 —
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- ble bien qu’il faille fixer entre 10 et 20 le nombre souhaitable d’épreuves destinées à former une bonne batterie.
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- Quelle que soit la valeur des résultats obtenus par l’application des tests à la sélection professionnelle et le progrès acquis sur les procédés antérieurs, la méthode n’en demeure pas moins imparfaite, notamment par le fait qu’elle ignore certains traits importants de caractère chez l’individu, en particulier sa capacité d’utilisation de ses propres aptitudes. C’est pourquoi l’observation des sujets pendant l’exécution des tests peut apporter au psychotechnicien un précieux concours. C’est ici que le test individuel reprend toute sa valeur. Certains praticiens ont été jusqu’à prétendre que l’observation pouvait remplacer les données objectives de l’épreuve, qui ne lui servirait plus que de prétexte. Il était donc important de se faire une idée de la valeur des classements fondés sur la seule observation et de comparer les résultats obtenus de cette façon aux conclusions tirées des données objectives seulement.
- Au cours de chaque test individuel auquel a été soumis le sujet, l’expérimentateur a dû apprécier l’attitude générale de celui-ci au point de vue de sa facilité à comprendre les instructions, de son habileté, de son application (Sorgfall) ; pour chacun des points considérés, le sujet jugé moyen recevait la note zéro : s’il était très bon, + 1, s’il était inférieur à la moyenne, — 1. Ces données ayant été été établies pour dix tests individuels,- on a eu pour chaque sujet trente jugements émanant de sept expérimentateurs différents, soient en tout plus de 900 jugements. En additionnant ensuite les notes des sujets, il devenait possible de les classer à nouveau pour chacun des trois traits considérés ; rapprochés du classement professionnel, ces classements ont donné des coefficients de corrélation égaux à 0,35 (intelligence), à 0,51 (habileté) et 0,62 (application)# Pour les trois traits considérés, le classement global se trouve lié au classement professionnel par un coefficient égal à 0,56 au lieu de 0,83, chiffre obtenu à l’aide des résultats objectifs. De plus, l’examen des cas isolés montre que, si l’ensemble des observations recueillies pour un
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- sujet cadrent de manière étonnante avec le jugement professionnel dans certains cas, il se produit dans un grand nombre d’autre cas des divergences très marquées que le raisonnement ne parvient pas à explquer.
- D’autre part, si l’on examine l’ensemble des jugements émis par les expérimentateurs, du point de vue de leur distribution, on constate que le nombre de jugements « bons » est ,de beaucoup supérieur à celui des jugements « mauvais » : 23/1 pour l’intelligence, 7/1 pour l’habileté, 7/1 pour l’application ; autrement dit les expérimentateurs ont tendance à surestimer les individus.
- Nous voyons donc l’utilisation des résultats de l’appréciation subjective se placer nettement derrière celle fournie par les données objectives des lests : ce qui ne veut pas dire, loin de là, que celle-là doive être abandonée pour celle-ci. Bien au contraire, et c’est un point sur lequel il faut insister, l’expérience a montré que lorsque le classement par tests se trouve en défaut, la raison peut souvent en être trouvée dans quelque particularité de caractère parfois décelable par l’observation.
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- N’est-il point possible de baser l’évaluation d’un trait de caractère sur des données objectives ? Une intéressante tentative, que nous voulons encore signaler, a été faite sur ce point, en ce qui concerne le soin, l'application au travail. L’application, c’est la qualité de celui qui « dans l’exécution d’un travail, met tous scs efforts à maintenir de façon durable à son plus haut niveau la qualité de son travail ». Pratiquement, lorsqu’on demande à un sujet d’exécuter une tâche, de se soumettre à un test, trois facteurs influencent son rendement : son aptitude personnelle, sa rapidité de travail et son application. Deux données concrètes, résultant du jeu complexe de ces trois facteurs, nous sont fournies par l’expérience : la qualité du travail et sa durée d’exécution. Trois cas peuvent se présenter : le sujet se classe de façon analogue pour la qualité et la durée d’exécution ; il est bon et lent ; ii est mauvais et rapide. Supposons par exemple que nous ayons un sujet médiocre en exactitude et bon en durée ; il peut être accusé de manquer d’application, à moins que son
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- ryflime personnel ne soit particulièrement rapide. Si nous faisions la part de cette rapidité supposée connue, nous pourrions remonter de là à la valeur d’application qui nous intéresse. Mais cette notion de rapidité propre de l’individu, on peut s’en faire une idée, et même l’évaluer, à l'aide de certaines épreuves dans lesquelles la qualité d’exécution n'intervenant pas, les résultats du sujet sont exprimés en durée seulement : tests 17 et 18 (recherche de nombres sur un tableau, recherche de signaux). La différence des rangs étant due à la superposition des facteurs application et rythme propre, si on la corrige en tenant compte du rythme propre, on obtiendra un classement relatif aux qualités d’application seulement.
- Pratiquement, l’auteur a employé la méthode suivante : calculer pour chaque sujet et pour chacun des dix-neuf tests se prêtant à cette interprétation, la différence entre les rangs qui lui sont attribués pour la qualité de son travail d’une part, pour sa durée d’exécution d’autre part. Faire la somme des. différences ainsi obtenues, puis classer à nouveau les sujets (classement d'application provisoire). Additionner avec le rang du classement provisoire avec le rang obtenu dans les tests de rapidité (recherche de nombre et de signaux). Les nouvelles sommes ainsi obtenues donnent lieu au classement définitif d’application.
- I! est intéressant de remarquer : 1° que ce dernier se trouve lié au classement subjectif d’application par une corrélation de 0,70 et que cette corrélation s’élève à 0,83 si on ne considère que les six tests sur lesquels avait porté l'observation des expérimentateurs ; 2° que les corrélations entre les classements basés sur ces six tests et sur dix-neuf tests sont liés par une corrélation élevée (0,86), de même que celles qu’on observe entre un classement basé sur l’application dans les lests sensori-moteurs et clans les tests mentaux (0,88). Le facteur qui est atteint par celle méthode semble donc bien posséder un caractère de généralité ; il se manifeste dans l’exécution d’une tâche manuelle aussi bien que dans le travail intellectuel. Autrement dit celui qui est appliqué dans l’exécution d’un travail déterminé le sera bien aussi dans tout autre travail.
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- L’ouvrage contient encore une foule d’autres suggestions intéressantes ; nous nous sommes bornée à exposer celles qui nous semblaient les plus capables de fournir des renseignements utiles pour l’élaboration des tests d’aptitude professionnelle.
- Orientation professionnelle et “ Docimologie "
- PAH
- Henri PIÉRON
- L’admission à des examens — certificat d’études, brevet, baccalauréat, —ou à des concours — bourses, écoles professionnelles, écoles normales, etc. —. représente une des formes fondamentales de l’orientation professionnelle, à laquelle on ne prend plus garde parce quelle est entrée dans la tradition, bien qu’elle réalise une orientation de caractère impératif, sinon sous la forme positive de l’appel vers tel ou tel groupe de carrières, du moins sous la forme négative de la cou tre-indication.
- Or cette orientation se fonde sur un système que tout te monde accepte, parce que l’habitude est prise, mais dont ou ne se préoccupe pas d’établir la valeur, ui de perfectionner la technique.
- C’est un devoir en matière d’orientation professionnelle, d’envisager la méthode des examens et concours, de l’étudier, — c’est là l’objet de la « Docimologie » —, de la perfectionner et d’aboutir à une « docimastique » rationnelle, à une technique plus parfaite, dans laquelle, à côté des épreuves de connaissances, les épreuves d’apliludes pourront prendre une place plus importante en les appropriant au but de la sélection opérée.
- Aussi soulignerai-je dès maintenant trois points qui méritent d’attirer l'attention et que je viens de signaler aux éducateurs dans la revue L'Enseignement scientifique. (1).
- (1) N° d’avril 1929.
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- Le premier point concerne les modalités de la coupure à effectuer entre admis et refusés.
- C’est un principe général que, pour être reçu à un examen, il faut avoir la moyenne, et on tend à définir la note moyenne comme celle qui est atteinte ou dépassée par environ la moitié des individus.
- Dès lors on aboutit à cette conséquence inévitable que, pour un grand nombre de candidats, ce sera obligatoirement le hasard qui décidera de leur admission ou de leur « recalage ».
- En effet, ' on sait que, si l'on répartit un certain nombre d’individus formant un groupe homogène suivant un caractère déterminé, physique ou psychique, c’est dans la région moyenne qu’ils se massent ; si l’on aligne des individus par rang de taille par exemple, le profil réalisé — en supposant qu’on dessine avec un fil le niveau correspondant au sommet de toutes les tôles — constitue une demi-ogive couchée (l’ogive de Gallon) avec pentes rapides aux extrémités, et une ligne sensiblement horizontale au milieu. On peut facilement, avec une suffisante précision, mettre à part le quart des individus les plus grands ou le quart des plus petits. Si l’on veut couper le groupe en deux moitiés et si l’on répète les classements et les coupures, on. s’aperçoit que les variations sont nombreuses, du fait que, au point de coupure, les différences sont trop faibles et inférieures aux erreurs de mesuré.
- Or la mesure de la taille peut comporter un notable degré de précision, mais la mesure de la capacité que l’on veut évaluer dans un examen comporte une erreur moyenne beaucoup plus grande, et- dès lors c’est le hasard qui va décider pour 15 à 20 p. 100 des candidats, au moins.
- Or, si l’on envisage les statistiques du baccalauréat (lre partie et session de juillet, pour avoir des groupes qui n’ont pas déjà été sélectionnés dans un sens ou dans un autre), on constate que la coupure se fait effectivement au voisinage du médian (45'p. 100 reçus, en moyenne, en 1927).
- Il faudrait, pour obtenir une division plus juste, admettre environ 25 ou 75 p. 100 des candidats (quand ceux-ci forment un groupe homogène), soit qu’on situe le nombre critique de
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- points, supposé égal à la moitié du maximum, au niveau du premier quartile ou du troisième, au lieu du second, soit qu’on décide de taire la coupure pour un nombre critique inférieur ou supérieur à la moitié du maximum des points.
- Cette notion d’une place à donner à la note critique dans les examens touche au problème très générai de l’éducation et du contrôle des examinateurs.
- A l’heure actuelle on charge de faire passer des examens ou concours telle ou telle personne sans que jamais on ne soit préoccupé d’attirer l’attention sur la manière de procéder, sur les erreurs possibles, sur les modalités de notation, etc. Chacun fait son éducation à la diable, apprend à examiner en examinant, et les erreurs commises le seront au bénéfice ou aux dépens des candidats, dans tous les cas aux dépens de notre organisation sociale, dans la mesure où elle se fonde sur les résultats des examens et des concours. Quelques leçons de docimologie aux futurs examinateurs, quelques exercices pratiques, dans lesquels on comparerait des notations sur des épreuves écrites ou orales identiques, me paraissent tout à fait nécesaires. Il y a des « équations personnelles », selon, l’expression de M. Deccrf (1), qu’il est important de connaître et de corriger, soit au point de vue de la position de la note moyenne dans les groupes, soit au point de vue de la dispersion des notes.
- Il y a d’une part des examinateurs qui cotent trop haut et d’autres qui cotent trop bas, d’où un décalage général de la coupure, dans les cas de corrections doubles ; si l’on accouple des correcteurs de sens opposé, leurs déviations se compensent, mais s’ils sont de même signe, on aggrave la déviation, ce qui est de peu d’importance dans un concours, mais est désastreux dans un examen.
- D’autre part certains utilisent toute l’échelle des notes, d’autres se limitent à des variations de quelques points autour de la moyenne. Cela ne change pas la coupure dans un examen, mais quand on ajoute des notes (ou quand on prend
- (1) L,'Enseignement scientifique. I, 10, 1928, p. 308,
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- la moyenne dans une correction douille) celui qui utilise une plus large échelle donne par là même plus de poids à ses appréciations et influence davantage le résultat, ce qui fausse l’équilibre des épreuves, en particulier dans les concours.
- Enfin il faut envisager le cas des examinateurs instables qui, dans plusieurs évaluations successives, n’ont pas une cohérence suffisante. De tels examinateurs devraient être totalement éliminés, quelle que puisse être leur valeur intellectuelle ou pédagogique.
- Etant donné que, avec les meilleurs examinateurs, l’imprê' '•ision des classements est déjà très grande, au moins faut-il éviter les excès de fantaisie.
- Qu’on tienne compte de ce fait que, pour un des concours les plus élevés de notre organisation universitaire, deux excellents correcteurs, se considérant comme travaillant en accord, corrigeant les mêmes compositions, s’ils donnent bien des notes satisfaisant à la répartition en cloche et s’ils arrivent à réaliser une corrélation assez élevée entre leurs séries de notes (r = 0,827 ± 0,0155), n’en aboutissent pas moins à des divergences de classement telles (malgré des différences absolues généralement petites), que, pour une admission de 22 candidats, 11 seulement l’auraient été d’après le double classement : une moitié des reçus aurait été différente suivant que l’on aurait adopté l’un on l’autre de ces deux classements :
- Ce sont des constations faites par Laugier et Weinberg qui ont apporté ainsi un des premiers documents positifs de doci-mologie (1). Des recherches analogues s’imposent.
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- Un troisième point sur lequel je n’insisterai pas, c’est la nécessité de préciser le but des épreuves de sélection, dans l’examen ou le concours.
- (1) H. Laugier et D. Weinberg. Le facteur subjectif dans tes notes d’examen. Année psychologique, xxvm, 1928, p. 236-244. Sur cette question voir encore : IL Piéron. — La critique expérimentale des méthodes d’examen. Bulletin de la Société française de Pédagogie, 1928, n" 27, p. 20-26. — TJ. Laugier, IL Piéron et M"" Piéron. Examen critique de ta valeur sélective du certificat d’études. Comparaison de cet examen avec une épreuve par tests. Contribution à une docimastique rationnelle. Compte rendu de la 4’ Conférence interna lion ale de Psychologie. Paris, Alcan, 1928.
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- S’agil-il seulement de s’assurer que le candidat a acquis un certain bagage de connaissances, ou qu’il possède une suffisante maîtrise de mécanismes mentaux (parole, lecture, écriture, ortographe, calcul, solution de problèmes définis, emploi d’instruments de connaissance, comme dictionnaires, tables de logarithmes, cartes, etc.), ou enfin, qu’il est doué de certaines aptitudes, d’un certain niveau d’intelligence (pour une forme définie d’intelligence tout au moins) ?
- S’agit-il à la fois, et dans quelles proportions, d’éprouver le candidat à ces divers points de vue, très différents, et d’importance fort inégale, surtout suivant la nature de l’examen ou du concours ?
- Voilà ce qu’on ne précise pas, et tel examinateur se place de préférence à l’un de ces trois points de vue, tel autre à un autre. Comment, dans les épreuves orales, pourrait-il y avoir accord de classement ?
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- Les nouvelles techniques d’examens par tests ne présentent vis-à-vis des méthodes classiques de sélection qu’une différence fondamentale, à savoir le contrôle objectif de la précision des épreuves, .et de leur valeur, par détermination des coefficient de cohérence, de prédictivité, etc. Mais celte technique est applicable dans une certaine mesure aux épreuves classiques de sélection. Et ainsi elle permettra d’évaluer la confiance quelles méritent et, de vérifier si cette confiance pourra être accrue par des modificalions, certainement nécessaires. A l’heure actuelle on emploie la politique de l’autruche parce qu’on n’ose pas envisager les conséquences d’une étude critique ébranlant la foi en des institutions sacro-saintes, et l’on renonce ainsi à toute possibilité d’amélioration et de progrès.
- A l’heure où la gratuité prochaine de l’enseignement secondaire va rendre plus importantes encore les épreuves de sélection, le souci de l’intérêt social et de la stricte justice rend nécessaires des recherches doçimologiques, portant à la fois sur les méthodes traditionnelles et sur les procédés que fournit la psychotechnique, les épreuves par lests.
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- L’intérêt des Méthodes statistiques
- en Orientation professionnelle
- PAH
- Alfred. FESSARD
- L’Orienteur moderne doit se mettre au courant d’un certain nombre de procédés de calcul qui relèvent de la science statistique et qui lui paraissent parfois assez redoutables. Il n’est pas aisé de les décrire explicitement en quelques lignes. La demande m’ayant été faite d’en exposer rapidement l’intérêt, je reprendrai sommairement, mais dans un tout autre ordre, les idées précédemment exprimées (voir ce Bulletin, nos 2, 3, 4, 5) en renvoyant à ces articles pour plus de détails.
- Tout l’art de l’orienteur ne peut se mettre en formules : en face de certains facteurs insaisissables ou très complexes, conditions de la vie économique, organisation sociale, facteurs moraux, etc..., il faut bien compter sur le discernement personnel du conseiller de vocation. Mais, par son côté fondamental qui est la détermination des aptitudes individuelles, l’orientation professionnelle cl oit tendre à devenir scientifique, c’est-à-dire impersonnelle, on pourrait ajouter : automatique. Ce serait tout à fait le cas si les psychologues et les physiologistes étaient déjà en mesure de fournir à l'orienteur tous les lests d’aptitude désirables, et si toutes les professions avaient été scientifiquement analysées. Dans cette situation idéale, le rôle de l’orienteur, tout au moins en ce qui concerne le côté objectif de sa tâche, se bornerait : 1° appliquer des tests ; 2° à consulter un barême établi d’avance permettant de choisir au mieux la profession d’après les notes d’aptitude. Nous admettons que des statisticiens spécialisés auraient été chargés de construire de tels barêmes, fondés sur la constatation des correspondances qui existent entre certains groupes d’aptitudes et la supériorité dans certains métiers. Les calculs permettraient en outre de prévoir, jusqu’à un certain point, l’importance globale des erreurs à craindre dans les pronostics.
- Mais pensons à la situation actuelle : du côté des tests, les psychologues nous offrent déjà un matériel abondant, mais son utilisation directe n’est malheureusement pas tou-
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- jours possible par suite du manque fréquent d’étalonnages. Il existe également un certain nombre de monographies professionnelles : devons-nous cacher qu’il faut en regretter l’insuffisance, en nombre comme souvent en qualité ? Mais surtout, étant donnée la multiplicité des aptitudes et celle des professions, le nombre restreint des rapprochements qui ont été déjà faits entre les unes et les autres ne constituent finalement qu’un apport insignifiant dans la construction d’un barême général d’orientation professionnelle. La tâche de l’orienteur actuel est donc en réalité extrêmement lourde. Il est souvent obligé de construire lui-même plusieurs tests et de les étalonner, obligation qui exige de sa part une connaissance suffisante des modes de représentation des caractères collectifs. Il est amené également à faire l'élude des professions les plus importantes et les plus répandues dans la région où il travaille. Enfin, et surtout, c’est généralement à lui qu’incombe entièrement le soin d’établir le barême dont nous avons parlé.
- Le point de départ est toujours dans une expérience de contrôle dans laquelle la capacité professionnelle d’un petit groupe d’individus est mise en parallèle avec le rendement dans les tests d’aptitude : confrontation qui aboutit à la mesure d’une corrélation exprimant la validité d’un test ou d’un ensemble de tests vis-à-vis d’une profession déterminée. Ce coefficient de corrélation est la donnée statistique fondamentale d’où sortira l’ensemble du barême. Dans sa forme la plus simple, ce dernier pourra se réduire à une sorte de catalogue dans lequel, en regard de chaque profession, se trouvera indiquée la meilleure combinaison de tests, choisis parmi les plus « valides ». En même temps, on fixera chaque fois la note limite à partir de laquelle un individu sera détourné d’une profession déterminée. Sous une forme plus parfaite, ce recueil indiquera en face de chaque note d’aptitude la valeur la plus probable de la capacité professionnelle, qu’il est possible de déduire grâce à Y équation de régression. Ce sera alors véritablement un « barême ».
- Dans tous les cas, il est possible de prévoir grossièrement l’importance moyenne des erreurs inévitables de pronostic, que l’on commet en se passant du concours des tests, et c’est particulièrement ce point, le plus délicat, que nous avons développé dans nos articles antérieurs. ^ p
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- NOTES ET DOCUMENTS
- L’initiative pédagogique d’Angleur et l’Orientation professionnelle
- M. René Jadot, échevin de l’instruction publique de 1» commune d’Angleur est venu exposer à Paris, le 8 mai dernier, sur l’invitation du bureau français d’éducation, l’esprit de la création, sur son initiative, dans cette commune suburbaine de la province de Liège, d’un laboratoire pédagogique et d'une classe expérimentale, où les innovations les plus hardies ont été rendues possibles grâce à une intervention directe du ministre.
- J’ai eu le pilaisir de présenter le conférencier, ancien instituteur, ayant conquis, par son effort persévérant, une éducation technique d’ingénieur et tendant constamment vers l'idéal d’une organisation sociale plus juste et plus parfaite. Et j’avais, le 10 novembre dernier, assisté à l'inauguration de cette institution qui constitue un magnifique exemple :
- Le conseil de celle commune, qui n’a pas 12.000 habitants, i l’unanimité cle ses 13 membres (neuf socialistes, deux libéraux et deux catholiques) a décidé de consacrer une somme annuelle de deux cent mille francs belges au service nouveau, destiné à l’amélioration des méthodes éducatives dans les écoles publiques comprenant les enfants de 3 à 14 ans.
- El j’avais visité, avec beaucoup d’intérêt, le service dont l'organisation est la suivante :
- Un laboratoire, disposant de deux pièces, avec matériel fondamental d’appareils et de tests, une bibliothèque pédagogique abonnée aux principales revues mondiales ; une classe expérimentale annexée au laboratoire, l’institutrice chargée de cette classe étant placée sous la direction de l'instituteur chef de service et directeur du laboratoire ; un personnel à la disposition de ce dernier, composé d’une assistante permanente et d’un bibliothécaire archiviste, un bulletin périodique du Laboratoire ; enfin un comité d’études, présidé par cet apôtre de la pédagogie nouvelle qu’est Ovide De-eroly, et chargé de la direction scientifique générale.
- On comprend tout ce qu’une organisation de ce genre peut apporter à l’orientation professionnelle en permettant une connaissance plus exacte et plus précise dos écoliers.
- Quand trouvera-t-on en France des municipalités pour suivre l’initiative d’Angleur ? H. P.
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- Le Statut de la Formation professionnelle en Espagne
- Orientation et sélection (cl’après l'article de M. César de Mada-riaga, dans La Revisfa de Formacion Profesional, Enero 1929).
- Dès 1924, on s’était occupé, en Espagne, de la formation professionnelle de l’ouvrier, mais diverses difficultés d’ordre matériel avaient empêché La parution de la loi devant la réglementer, loi qui ne parut que le 21 décembre 1928.
- L’article 3 du livre I de ce Statut, définit l’orientation et la sélection professionnelles : « des fonctions ayant pour objet la détermination initiale et la vérification continuelle de la formation professionnelle La mieux adaptée à chaque travailleur, tant au point de vue méthode qu’au point de vu© fin a atteindre, et le choix du travailleur qui convient le mieux à chaque activité professionnelle, dans le but de rendre possible à chaque individu le plein exercice de son droit avec le devoir de développer toute sa capacité de travail ». On voit comment cette définition prévoit toutes les possibilités et exigences de'l’activité professionnelle qui déterminent, avec les circonstances subjectives individuelles, le conditionnement objectif de l’O. P., conditionnement qui nécessite une O. P. renouvelée à diverses périodes de l’activité professionnelle.
- Les circonstances objectives, auprès des conditions psycho-physiologiques du sujet, sont extrêmement variées, sans parler des conditions sociales et familiales : le travailleur peut donc être déterminé par des raisons indépendantes de ses aptitudes ; d’autre part, sa formation professionnelle est différente suivant quelle s’est faite dans des écoles, en apprentissage, ou encore conformément à l’article 10 : par un© formation libre dans laquelle l’apprenti ou l’ouvrier est assujetti au contrat de travail passé avec le patron d’une part, et. d’autre part, en dehors des heures de travail, va à l’école parfaire son instruction et acquérir les connaissances nécessaires à son métier.
- Etant donné ces diverses conditions, l’O. P. doit s’exercer de différentes manières, pour pouvoir adapter chaque sujet au mode d’apprentissage que lui impose la réalité. Pour cela, l’article 11 dit : que l’apprentissage mixte doit être inspecté par les Offices d’O. P., dans les conditions approuvées par les Comités paritaires, en avant soin que le travail constitue un apprentissage proprement dit, et en évitant les préjudices mentionnés au paragraphe j) de l’article 8 du 'livre II, préjudices causés par une non-adaptation aux conditions psycho-physiologiques du travailleur ou par une
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- basse rémunération ou un retard professionnel individuel ou collectif. •
- L’art. 14 prévoit les changements d’emploi dus aux nouvelles organisations industrielles et la nécessité d’une préparation de réapprentissage. D’après cet- article, les écoles professionnelles devront se mettre en rapport avec les institutions de rééducation professionnelle, les instituts d’O. P. et de sélection professionnelle, ainsi que les institutions de chômage forcé. Elles devront appliquer les méthodes d’appnenlissage intensif, déjà expérimentées et approuvées, et destinées à réadapter les ouvriers aux nouvelles activités.
- Le livre II s’occupe des Offices d’orientation et sélection professionnelles. L’article 10 dit ce qu’est l’O. P. suivant sa conception moderne. Quant à la sélection professionnelle, problème inverse de l’orientation, mais chaque jour plus connexe avec elle, elle doit tenir compte des contre-indications diverses, sans pourtant éliminer de certains métiers des travailleurs auxquels on ne pourrait en indiquer d’autres, favorables au plein développement de leurs facultés.
- Le ministère du Travail et de la Prévoyance s’occupe de tout cela. Les deux bases de l’organisation de l’orientation et de la sélection professionnelles en Espagne sont les deux instituts : de Barcelone, annexé aujourd’hui à l’Institut royal polytechnique ibero-américain, et celui de Madrid, dépendance de l’Union pour le perfectionnement professionnel ouvrier.
- Ce dédoublement de centralisation, loin d’être néfaste, semble, au contraire, devoir être bienfaisant en Espagne.
- Le Statut s’occupe aussi des problèmes de psychologie industrielle : rendement de travail et économie d’énergie humaine, etc., problèmes dont la solution est appelée à modifier les méthodes d’apprentissage. Enfin, dans le but. d’augmenter l’efficacité de l’O.P. et de la sélection, une classification scientifique des métiers actuels serait très utile : mais elle est encore très difficile à établir.
- L’organisation de tous ces services est d’une telle complexité que, conformément à l’article 13 du livre II, les Instituts devront travailler à l’unification des méthodes ; publier en commun les études de caractère national susceptibles d’intéresser l’Espagne et les autres pays ; divulguer à l’étranger les problèmes d’orientation par l’intermédiaire de Congrès et dé Conférences ; ils feront en commun leurs travaux d’investigation ; ils tiendront, une fois par an, une assemblée de tous les directeurs d’offices-laboratoires et collaboreront avec les Bourses de travail et autres institutions sociales s’occupant de la répartition de la main-d’œuvre.
- La formation du personnel des Offices-laboratoires doit être par-
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- ticulièrement soignée. Trois fonctions distinctes : celle du médecin-physiologiste, celle du psycho-technicien, celle du « secrétaire social », trois fonctions essentielles, ayant chacune son champ d’action déterminé. Le médecin-physiologiste doit établir les contre-indications et même les indications positives. La fonction du psy-cho-teclmicien est, à proprement parler, la mission concrète et spécifique des Offices d’O. -P. Quant au secrétaire social, il doit contrôler la formation sociale de chaque sujet, Actuellement les physiologistes sont choisis parmi les professeurs d’hygiène industrielle des écoles industrielles, les psycho-techniciens parmi les professeurs de psychologie de l’enseignement, secondaire, et les secrétaires sociaux parmi les diplômés de l’école sociale du ministère de Travail et de la Prévision.
- La sélection professionnelle, d’après le-Statut, se fait de la façon suivante : on examine les aptitudes par les méthodes scientifiques d’analyse psychologique et physiologique et on compare les résultats avec les caractéristiques psycho-physiologiques du travail pour lequel on sélectionne. Ce système est défectueux, car on ne sait si le sujet a été examiné d’un point de vue médico-pathologique, empiriquement, ou d’une manière technico-professionnelle.
- Par l’article 32, un sujet examiné par un Office privé autorisé, a le droit de faire vérifier l’examen par l'Institut d’O. P. et de S. P. L’article 33 réglemente les changements d’emploi.
- En résumé, le Statut actuel de formation professionnelle, en développant simplement les fonctions qui incombent à l’Orientation et à la Sélection, a fixé les jalons de la route ‘que doit parcourir la formation professionnelle de ^ouvrier. Cette formation est surtout un travail de distribution, de comparaison et de compensation. Il ne faut pas oublier (pie l’ouvrier doit y faire appel à différentes périodes de sa vie, c’est pourquoi l’orientation et la sélection professionnelles doivent être la base de toute loi future sur les organisations de formation professionnelle,
- Normes de développement (Poids et taille)
- A propos de recherches qui viennent d’être effectuées au Japon sur un grand nombre d’enfants et,d’adolescents, sur l’accroissement de la taille et du poids avec l'Age, nous indiquons ci-dessous, à côté de ces données nouvelles relatives aux normes de développement physique dans la race jaune, les données anciennes de Quételet en Belgique, celles de Variot et Chaumet pour les enfants de la région parisienne, les données anglaises, et les données aîné-
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- ricaines (établies sur 14.000 écoliers de race blanche dans quatre Etats, d’après le Public Health* Report du 19 mai 1922) :
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- Les facteurs de la délinquence juvénile et la nature de la prédisposition
- D’une enquête faite par les D,s Heuyer, Paul-Boncour et Rou-rixovitch, sur les mineurs délinquants de la région parisienne, se dégagent une série d'intéressantes observations.
- Sur 300 cas, une mentalité normale ne s’est rencontrée que dans 54 cas (18 7„) ; dans 53 cas (.18 °/o), il Y avait débilité mentale simple (retard de 2 ou 3 ans), et dans 181 (00 °/o), instabilité mentale simple (31 "/„) ou associée à de la débilité et à des troubles du caractère (29 '%) ; dans 10 cas il y avait de l’épilepsie, et une seule fois un syndrome postencépbalitique.
- Les troubles du caractère, très fréquents chez les enfants et adolescents enclins à la délinquance et à la criminalité sont surtout les suivants : la paresse, le goût du mensonge, /'instabilité capricieuse de /’humeur.
- Dans près de la moitié des cas on notait une déchéance familiale (exploitation précoce de l’enfant employé à des travaux ne nécessitant pas de formation professionnelle, ou môme contraint à des actes délictueux ; abandon plus ou moins complet), tandis (pie la misère simple n'intervenait (pie dans 5 "/„ des cas.
- L'alcoolisme (5 °J0), la crainte de la rigueur paternelle (4 °/o), le besoin d’argent pour satisfaire des instincts de luxe ou des charges précocement assumées (8 °/o) peuvent jouer un rôle déterminant. Et constatant la possibilité d'un redressement, d'une thérapeutique de la délinquence des mineurs, Je Dr Roubinovitch fait cette constatation :
- « ... Et quand nous autres, médecins psychiatres, nous avons bien établi que ces enfants ont besoin d’être éduqués et formés professionnellement dans des établissements appropriés à leur cas, nous constatons avec regret et honte que notre grand Paris, notre riche Paris est d’une pauvreté, d'une insuffisance blessantes pour notre amour-propre. Nous manquons, notamment, à Paris, de maisons organisées conformément à la loi facultative du 15 avril 1909 sur l’éducation des enfants arriérés ou instables. Nous n’avons pas d’établissements destinés à rééduquer, à redresser, à reformer nos petits Parisiens pervers, voleurs, débauchés, homosexuels,.. Nous n’avons pas de « maisons d'observation » avant l’envoi des mineurs dans les prisons. »
- On peut rattacher à cette grave lacune l'insuffisance générale des établissements pour arriérés (dont 39.000 sur 40.000 seraient privés des organisations nécessaires d’après le Br Appert, qui déclare qu’en dehors de l’Alsace, on ne dispose en France, pour eux, que de 7 internats, 3 écoles autonomes et 30 classes annexées à des écoles- publiques).
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- A travers les Revues
- Dans le Journal de Psychologie de 1929 (Nos 1-2, p. 122-139), A. Fauville procède à une critique serrée de l’échelle analytique d’intelligence de Vermeylen, montrant qu’elle apporte une bonne méthode de délérmination de l’intelligence générale (avec un étalonnage qui rend ses évaluations trop sévères) mais qu'elle ne permet pas une analyse satisfaisante, la différenciation des vrais groupes de lests, apportée aux fonctions d’acquisition, d’élaboration ei d’exécution, ne se trouvant pas en accord avec la distribution des corrélations ; et les types de débiles ne. paraissent nullement indu dividualisés, du moins par les épreuves de tests, en laissant entièrement de côté les données fournies-par l'examen clinique.
- Nous relevons dans La Psychologie et la vie un article de M. Fontègne sur l’Orientation professionnelle et l’éducation nouvelle, où il indique que selon lui l’orientation professionnelle est avant tout une question d’éducation à la fois de la jeunesse, de la famille, des employeurs et des éducateurs eux-mêmes.
- Cette éducation devra permettre de déceler, non pas le sujet qui sait mais celui qui peut ; et de pouvoir apprécier ses possibilités et ses aptitudes en vue de l’utilisation rationnelle de chacun.
- Le Bulletin de l'Institut international d'organisation scientifique du travail (Genève), publie, dans son numéro d’avril, des notes abondantes sur le mouvement international de rationalisation : Mécanisation en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, Statistiques de la rationalisation en Autriche, L’industrie automobile américaine en 1929, Les employés et la rationalisation. Conférence de la paix industrielle en Australie, etc.
- Ces notes sont suivies d’une étude sur les applications pratiques de la rationalisation : La réorganisation du régime d’approvision nement et d’achats dans une usine de construction mécanique suisse.
- Les notes techniques finales portent sur le facteur humain, la rationalisation technique el la rationalisation économique.
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- La Gazelle des Métiers du 10 mai donne un « Rapport sur les cours d’adultes et cours professionnels de jeunes gens, ayant fonctionné à Wasselonne pendant les mois d’hiver 1928-29».
- Le but de ces cours est de continuer le développement des qualités intellectuelles et morales des jeunes gens, d’améliorer leur formation professionnelle, et de faciliter l’apprentissage et l’exercice de leur métier, en leur procurant une bonne instruction générale et des connaissances pratiques. Leur durée totale est de 20 semaines. Les programmes, portent sur l’étude du français, de l’arithmétique, de la comptabilité et du dessin professionnel.
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- Dans YArchiv für Psychiatrie, le professeur Gourevitch se basant sur les recherches de Kretschmer étudie l’importance de la fonction motrice pour lliappréeiation de divers types humains. Ayant étudié un grand nombre d’enfants de chaque âge il donne avec son collaborateur Oseretsky une échelle de fonctions motrices analogues à l’échelle métrique de l’intelligence de Binet.
- Il les divise en quatre types :
- Premier type : Mouvements harmonieux, proportionnés, adroits, précis, correspondent au caractère cycloïde de Kretschmer et à la constitution pycnique.
- Deuxième type : Mouvements anguleux exagérés, maladroits • correspond à la constitution athlétique.
- Troisième type : Mouvements moins faibles et maladroits ; correspond à la constitution asthénique et au caractère schizoïde.
- Quatrième type : Mouvements gracieux, puérils, imprécis qui correspondent à la constitution infantile gracile.
- Les asthéniques se mettent au travail plus lentement mais travaillent à meilleur rendement que les types pyeniques et athlétiques.
- Ils réussissent bien les travaux d’assemblage qui exigent une attention grande et soutenue.
- Le pycnique travaille très vite et peut soutenir son rendement très longtemps. Il est supérieur aux deux autres types comme faculté motrice globale.
- Il est moins habile que l’asthénique mais plus que l’athlétique.
- L’athlétique dépense une grande force dans son travail, mais il est vite épuisé.
- Les mouvements de percussion et de pression leur sont plus faciles que les mouvements d’assemblage.
- (Travaux de la clinique psycho-neurologique infantile de Moscou.)
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- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- Parmi les livres dont les diverses revues nous donnont des comptes-rendus, nous relevons comme particulièrement intéressants les Ouvrages suivants :
- Dott. Leone Cimatti. — Corso di Orientamiento professionale. (Biblioteca dell Ente' Nationale Italiano per l’Organizzazione scientifica del Lavora. Série I, n° 8. Rome, 1928).
- Florence L- Goodenough. — The Kuhlmann-Binet Tests. A criti-cal study et évaluation. (University of Minnesota. The Institut of Child Welfare. Monograph Sériés n° 11, 1928, 146 p.).
- Etude critique et évaluation des lests Kuhlmann-Binet, à la suite d’expériences faites sur 495 enfants Agés de 2 à 4 ans.
- Leta S. Hollingworth. — The Psychologn of the Adolescent. (D. Appleton et C°, New-York, 259 p., $ 1,50).
- César de Madariaga. — Orgizaciôn cientifica del Trabajo. I. Las Ideas. (Biblioteca Marva, Madrid.)
- L’auteur y examine l’organisation scientifique en tant que système économique, système social et système individuel.
- Walter S. Monroe et Others. T en Years of Educational re-search. (Press of the University of Illinois, Urbana, 367 p., $ 1).
- E. Mouivet. — Orientation professionnelle des jeunes gens et des jeunes filles. (Librairie Leich, édit. Mous, Belgique, 1928,
- '238 p., 20 fr.).
- Recueil de 160 monographies professionnelles avec indications relatives à leur technique d’emploi.
- E.-G. Rodger. — Careers. (New-York, Appleton C°, $, 1,50).
- Etude de neuf carrières (journalisme, médecine, affaires, commerce extérieur, professorat, etc.), d’après les interviews de neuf personnalités des Etats-Unis ayant particulièrement réussi dans ces carrières.
- Fred Strickler. — The Training and Expérience of 480 Industrial Arts Teachers. (Lincoln School Studies. Bureau of Publications, Teachers College, Columbia Universitv, New-York City, 1928, $ 1).
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- lft Année
- N» 7
- Juillet 1929
- BULLETIN
- DE
- l’Institut National Orientation Professionnelle
- La Consultation professionnelle à Moscou
- par N. LÉVITOF
- Directeur du Cabinet psychotechnique de l’Institut, pour l’étude des maladies professionnelles de Moscou
- Le travail systématique pour la consultation professionnelle de Moscou, date de 1925. C’est l'Institut des recherches scien Cliques sur les maladies professionnelles (du nom de V. Obouch) à qui appartient la direction méthodologique dans ce travail. A Moscou il y a présent la C.P. de l’Institut nommé et celle du Département de la santé publique. L’organisation et les méthodes des deux établissements sont à peu près identiques.
- Chaque consultation comprend un laboratoire psychotecl nique et des cabinets médicaux : thérapeutique, neuro-psychiatrique, oto-rhinolaryngologique, ophtalmique et biomt-trique. La C. P. à l’Institut est aidée pour les autres spécialités médicales par la polyclinique, en outre elle a un laboratoire pour analyses chimiques. La structure des C.P. montre que la coordination entre la médecine et la psychologie est une base pour toute la diagnostique.
- Le but principal des C.P. est un triage médico-psychotechnique des adolescents pour les écoles d’apprentissage des fabriques et usines et d’apprentissage des brigades individuelles. Un apprenti a-t-il des aptitudes nécessaires pour le travail qualifié? Peut-il faire l’apprentissage aux écoles des fabriques et usines ou seulement aux brigades individuelles ? A quel courant professionnel peut-il appliquer ses capacités individuelles avec succès ? Telles sont les questions que la C.P. tâche de résoudre.
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- Les matériaux que nous utilisons pour les conclusions finales sont les suivants :
- 1. Anamnèse ;
- 2. Enquête clés intérêts professionnels ;
- 3. Données du développement physique ;
- 4. Diagnoses médicales ;
- 5. Examen psychotechnique.
- Voici quelques détails sur l’examen psychotechnique.
- On peut classifier les fonctions et les procédés éprouvés de cette manière :
- a.) Intelligence générale. Méthode Lévitof et Toltchinsky. (5 tests) : direction, complément, classification, analogie, récit-titre.
- b) Attention. (Tests : Bourdon, Mc Quarry.)
- c) Mémoire des chiffres et des mots concrets et abstraits.
- d) Aptitudes motrices : le temps (lests Mc Quarry), la coordination des mouvements, faire des nœuds, enfilage.
- e) Intelligence technique (tests Friedrich, Thurstone, Rupp).
- Toute la série des épreuves comporte de 15 à 17 tests collectifs et individuels. La C. P. possède des barèmes pour garçons et jeunes filles d’éducation et d’âges différents. De 4.000 à 4.500 adolescents passent annuellement par la C.P. de l’Institut et 10.000 par la C.P. du Département de la santé publique.
- Outre les apprentis nous prenons sous notre surveillance les écoles de deuxième degré avec le but de donner les conseils suivants :
- 1. Quelle direction doit suivre l’élève dans son instruction.
- 2. Quel niveau de l’instruction peut-il atteindre (cours, technicum, université).
- 3. Quel travail professionnel peut-on recommander aux élèves qui ne peuvent pas continuer leur instruction.
- Nous ne pouvons pas résoudre ces problèmes bien complexes sans les données scolaires (réussite pour chaque discipline scolaire, observation des professeurs, ouvrage des élèves, etc.). Nous complétons aussi notre méthode psychotechnique par les tests de l’investigation des aptitudes spéciales : pédagogie, mécanique, clés employés de bureau et de commerce. La commission qui comprend des médecins psychologues et pédagogues, oriente l’enfant car elle se base sur toutes ces sortes d’information et tient compte du procédé
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- du travail. Les données statistiques des résultats obtenus, principalement pour tes indices de la validité des tests, sont satisfaisantes.
- En plus des indices statistiques nous appliquons- une méthode de la régistration et de l’analyse des cas. Ces analyses demandent des épreuves et des observations supplémentaires assez longues. L’augmentation des gens faisant appel à la consultation et les résultats scientifiques montrent la valeur de l’organisation de notre méthode de travail.
- En dehors des recherches pratiques exercées sur les adultes, la C.P. de l’Institut s’occupe d’études méthodologiques et théoriques.
- Nous pouvons noter ces thèmes principaux de nos recherches :
- 1. Problème cle l educabilité des fonctions psychologiques (Rapport à la 5e conférence psychotechnique à Utrecht.)
- 2. Influences des facteurs sociaux du milieu siip l’intelligence générale et le progrès scolaire.
- 3. Structure des aptitudes motrices.
- 4. Méthode expérimentale dans la psychographie.
- 5. Indices dynamiques des aptitudes professionnelles,
- 0. Méthodes des observations scolaires.
- 7. Intérêt et intelligence.
- La C.P. de l’Institut sert de centre de préparation des médecins psychotechniciens destinés à la province. Ils étudient la pratique des méthodes de la sélection et de l'orientation professionnelle dans la médecine psychotechnique et la pédagogie. Il existe un lien étroit entre l’Institut et ces médecins qui continuent à recevoir de l’Institut toute l’information nécessaire.
- La C.P. en masse est une œuvre très difficile, surtout si elle n’est pas dirigée par un institut scientifique ou s’il n’y a pas de coordination entre les branches de la médecine, psychologie et pédagogie. Nous soulignons toujours cette coordination comme condition sine qua non pour obtenir des résultats valables. Le lien avec les autres instituts qui cherchent à solutionner les mêmes problèmes est une base indispensable dans nos recherches.
- Nous croyons que les conférences des travailleurs de la C.P. peuvent rendre un service inestimable à un échange réciproque de l’expérience et de la pensée scientifique dans notre domaine. ]\j_ Lévitof.
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- Comment organiser l’Orientation Professionnelle
- dans un Centre de moyenne importance
- ;pa.r 3VT. KÉGITIER (i)
- Directeur des Cours complémentaires Secrétaire de l’Ollice d’Oiientaiion Professionnelle de Bellegarde sur-Va!se. ine
- Les grandes villes, disposant de ressources pécuniaires suf-lisantes, peuvent organiser des offices d’orientation pourvus de tout le matériel d’investigation et de tout le personnel technique nécessaires. Il n’en va pas de même dans les petits centres où l’organisation doit revêtir un caractère plus familial.
- Je vais essayer d’envisager ce que pourrait être une telle organisation, en prenant pour base de mon étude la conception que nous essayons de réaliser actuellement dans un centre industriel et commercial de 5 à 0.000 habitants.
- L’orientation pose les deux problèmes essentiels suivants :
- a) L’Orientation proprement dite qui vise à donner à reniant le métier répondant à ses aptitudes et qui suppose une double étude : celle des enfants et celle des métiers.
- 1)) La formation et le placement de l’apprenti.
- A. — Le Problème de l’Orientation
- I. Connaissance de l'enfant. — Je place l’école h la base de cette connaissance. L’inspection médicale méthodiquement organisée et la collaboration intime des parents et des maîtres permettent d’en faire le centre de cette étude.
- On s’efforcera, non d’établir un état statique de l’enfant à un moment donné, mais de détermier la courbe de son évolution, de dégager des virtualités.
- Toutefois une grande lacune subsistera toujours du fait que le jeune homme ou la jeune fille ne pourront être suivis jusqu’après l’époque de la puberté qui a une si profonde
- (1) Nous sommes heureux de publier ce premier Iravail d’un collaborateur de province. Le vœu qu’il exprime à la fin de son étude peut être facilement réalisé, si tous ceux qui, en France, s’occupent d’orientation professionnelle, veulent bien considérer le Bulletin de l’Institut national d’O. P. comme le leur, nous envoyer des communications, nous faire part de leurs difficultés, nous signaler leurs résultats — bons ou mauvais —, nous poser des problèmes. . (N. D. L. R.)
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- influence sur L’évolution du tempérament et du caractère. A ce moment, la scolarité est achevée et la profession souvent choisie.
- Au point de vue psychologique, la méthode d’investigation est celle de l’observation par le maître, à laquelle se joindra aussi souvent que cela est possible, l’emploi des tests judicieusement choisis, bien que ce deuxième procédé me semble devoir présenter de sérieuses difficultés d’application résultant des qualités spéciales de doigté et de finesse qu’elle nécessite chez l’expérimentateur.
- Chaque élève a son double carnet renfermant, l’un des renseignements d’ordre psychologique, l’autre d’ordre physiologique. Les deux carnets sont séparés, la fiche médicale devant demeurer confidentielle.
- Les observations psychologiques portent sur les quatre points suivants :
- a) Activité intellectuelle ;
- b) Activité physique ;
- c) Caractère ;
- d) Degré d’instruction.
- Elles sont consignées pendant les trois ou quatre dernières années de scolarité. Pour que les appréciations antérieures n’influencent pas le jugement des maîtres, les observa-lions sont inscrites sur des fiches volantes annuelles relevées sur le carnet en fin d’année scolaire, par le directeur en collaboration avec le maître intéressé. Lorsque la scolarité esl terminée ces observations annuelles sont' résumées en une interprétation d’ensemble sur l’évolution psychologique.
- Les reseignements fournis par le milieu familial complètent ceux uni sont tirés du milieu scolaire.
- La fiche médicale est établie dans des conditions analogues.
- Dans les localités où l’inspection médicale ne fonctionne point on organisera, aux frais de l’Office, deux visites annuelles pendant les deux ou trois dernières années de scolarité. La dépense ne peut à mon avis être un obstacle insurmontable.
- IL — Connaissance des métiers. — La documentation portera sur les points suivants :
- a) Aptitudes que requiert chaque métier. Ce qu’il importe de bien étudier en premier 1 jeu, ce sont les métiers locaux ou régionaux.
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- Comment y procéder ? Plusieurs moyens se présentent :
- 1° Par une « Rose des métiers » établie, par exemple, sur le modèle de celle de M. Mauvezin. Je déclarerai toutefois que je me défie des indications fournies par ce procédé ; cette notation mathématique manque de souplesse, sa rigidité ne tient pas assez compte des nuances.
- 2° Par les études ou monographies de métiers. Certains ouvrages renferment des études fort complètes et judicieusement établies. Je leur préfère toutefois celles qui sont faites sur place par les soins de l’Office. Elles donnent des indications plus précieuses parce que plus nuancées et mieux adaptées au caractère local (tes industries envisagées. Le travail s’effectue avec la collaboration de la Chambre des métiers, des chefs d’industrie ou d’ateliers, clés'contremaîtres et ouvriers.
- On s’efforce avant tout de déterminer les contre-indications d’ordre physiologique ou d’ordre mental, élément primordial d’une orientation bien comprise.
- La confrontation des carnets d’orientation d’une part et des monographies de l’autre permettra de déterminer les aptitudes et les inaptitudes du jeune homme ou de la jeune fille.
- Besoins en main-d’œuvre. — Perspective d’avenir
- DU MÉTIER
- Cet élément ne doit point être négligé. La situation du marché du travail a, en effet, une importance sérieuse. S’il est logique de diriger l’enfant vers la profession à laquelle le destinent ses aptitudes, il importe non moins de s’assurer que celle profession lui procurera dans l’avenir une situation aisée.
- Cette documentation sur les besoins en main-d’œuvre et sur les salaires pratiqués dans chaque branche de l’activité économique, implique une liaison étroite avec les organismes de placement, les associations patronales ou ouvrières de l’industrie et du commerce, les centres de statistique. La situation locale toutefois est facilement connue par la documentation que peuvent fournir les services municipaux ou les chambres de métiers.
- III. — Comment procéder ci Vorientation ? — L’Office n’impose pas ses décisions : il conseille. Toute la forme de son action est déterminée par ce fait.
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- Les conseillers d’orientation confrontent les indications fournies par le carnet individuel, avec les désirs de l’enfant et les intentions des parents ; ils s’entourent des conseils du médecin, des éducateurs, des chefs d’industrie, des ouvriers qualifiés. Ils encouragent l’enfant et les parents si le choix fait par eux semble judicieux ; dans le cas contraire, ils s’efforcent de dissuader et d’orienter vers une autre profession.
- Mention de ces suggestions est portée au carnet.
- C. — Formation et placement du jeune homme
- L’enfant ayant choisi sa voie, un deuxième problème reste à résoudre : assurer sa formation générale et professionnelle, et lui trouver un emploi.
- Quoique ce problème ne soit plus spécifiquement d’ordre d’orientation professionnelle, l’Office ne saurait moralement s’en désintéresser.
- 1° Il organise dans la localité — s’ils n’existent déjà — les cours professionnels répondant aux nécessités économiques du milieu. Il surveille la formation des apprentis non seulement à ces cours, mais encore à l’atelier en s’assurant que l’apprentissage est méthodique et régulier ;
- 2° Il exerce en outre une sorte de contrôle moral sur ces mêmes apprentis, s’intéresse à leurs efforts qui sont récompensés, leur fournit des distractions saines (lectures, conférences, cinéma éducateur), complète leur formation purement technique par des conférences sur l’hygiène du métier, la législation ouvrière', etc... Enfin, s’il est nécessaire, il s’efforce de leur trouver un emploi soit directement pour la,localité ou la région, soit par l’intermédiaire d’offices de placement ou d’autres offices d’O. P. pour les emplois au loin ;
- 3° Enfin, si l’apprenti est fixé dans un autre centre, celte tutelle morale est exercée par l’organisme similaire de ce centre auquel on a recommandé le jeune homme.
- C. — L’organisme
- De ce qui précède, il est aisé de concevoir ce que doit être un Office d’orientation professionnelle dans le milieu envisagé.
- Les éléments qui doivent y figurer soid les suivants (leur proportion par rapport à l’ensemble pouvant varier suivant les conditions locales) ;
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- a) Les personnes appelées à étudier l’enfant : directrice et directeur des écoles, membres du personnel enseignant, membres du corps* médical de la localité ou de la région.
- b) Les représentants'des métiers locaux et régionaux : délégués patrons et délégués ouvriers nommés par le Conseil ai la Chambre des métiers.
- c) Représentants des intérêts collectifs : le maire de la commune, président de droit, délégués de l’Administration préfectorale, du Conseil municipal, de la Chambre de commerce.
- d) Représentants des organismes locaux ou régionaux relevant du ministère du Travail : inspecteur départemental du Travail, chef de l’Office régional de placement ou son délégué-chef de l’Office départemental de placement ou son délégué.
- e) Professeurs et membres de l’enseignement technique : contremaîtres, chargés de cours, etc...
- II est facile de se rendre compte qu’une telle organisation permet d’étudier avec compétence et par suite, de solutionner judicieusement les différents problèmes que j’ai envisagés au cours de cette étude.
- Mais encore sera-t-il nécessaire de la compléter par une Maison organique de tous les offices d’orientation professionnelle unis dans un effort commun.
- Sur ce dernier vœu, qui répond à une lacune regrettable, c terminerai mon étude. j Régnier
- NOTES ET DOCUMENTS
- L’examen psychotechnique de la Consultation professionnelle à Moscou
- Nous complétons l’intéressant article de M. Levitof par un exposé dos lests employés tel qu’il l’a fait lui-même à la IVe Conférence internationale de psychotechnique, à Paris. '
- Quatre séries d’épreuves :
- l.a première série est l’examen de l’intelligence générale.
- La série de tests de Levitof et Toltchinsky y est employée. Elle se compose de cinq tests :
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- a) ( ’ompréhension des ordres ;
- b) Complètement de textes (méthode dérivée de celle d’Ebbin-gliaus) ;
- c) Classification ;
- d) Analogies ;
- c) Trouver des titres pour des récits.
- Cette série de tests a été vérifiée sur des écoliers, des apprentis et des ouvriers. Son coefficient de cohérence (reliability) est de 0.84, le coefficient de constance (corrélation entre deux applications du lest à intervalle d'un an) est de 0.80. La valeur pronostique de la série au point de vue du travail scolaire des apprentis donne des corrélations de 0.60 à 0.80.
- La seconde série examine l'attention. . '
- Quatre sortes, de tests :
- a) Test de barrage de Glazof (deux figures à barrer sur un tableau qui en contient de dix formes différentes) ;
- b) Test de Mc. Ouarry (suivre de l’œil le mouvement de lignes ondulées et marquer à la fin le chiffre que la ligne porte à son commencement) ;
- c) Coilationnemenl de copies (copies d’adresses) ;
- d) Correction d’épreuves.
- La troisième série s’adresse à l'intelligence technique, c’est-à-dire aux aptitudes qui interviennent dans l’utilisation du matériel au point de vue du travail professionnel.
- Six tests :
- a) Test pour l’examen du coup d’œil (Mc. Quarry). Copier des figures en conservant la forme, la direction et, la longueur des lignes ;
- c) Test imité de Krupp. Trouver pour chaque figure marquée par une lettre la figure identique parmi les autres qui sont marquées d’un chiffre ;
- d) Test imité de Friedrich. Indiquer les pièces qui s’ajustent exactement dans les lacunes des figures dessinées en haut de la page ;
- e) Test de représentations spatiales de Thurstone et Jones (rhombes). Indiquer pour un losange celui qui coïncide avec lui après l’avoir fait tourner dans l’espace mentalement ; déterminer l’endroit où il faut indiquer un cercle dessiné dans un angle du premier losange ;
- /) Test combiné de problèmes techniques.
- La quatrième série examine les aptitudes psychomotrices.
- Cinq tests :
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- a) Test de vitesse dans un travail rythmé (Mc. Quarry) ;
- b) Tesl de vitesse dans un travail non rythmé (Mc. Quarry) ;
- <•) Tesl d'adresse motrice (Toltschinsky); après un exercice préa
- labié, le sujet doit tracer une ligne entre deux nu 1res lignes sans les loucher ;
- d) Test d’adresse motrice de Mc. Quarry. Tracer une ligne au crayon en passant par tous les trous sans en toucher les bords ;
- e) Test des anneaux (Bewl). Passer le plus vite possible un aune,au métallique sur un fil de 1er entortillé en ne se servant que d'une seule main. (Une épreuve pour chaque main.)
- El vo'icj quelques remarques au sujet de cet examen psychotechnique :
- L'examen de l’intelligence générale a donné des corrélations positives pour les métiers examinés saut les tisserands. Les corrélations étaient : Métallurgistes, 0.57 ; imprimeurs. 0.69 ; te.nl u-riers, 0.58 ; tisserands, 0.
- Les combinaisons de tests qui semblent avoir la meilleure valeur pronostique sont :
- Pour les métallurgistes : Intelligence générale, les rhombes et Krupp (corr. 0.75).
- Pour les imprimeurs : Intelligence générale, collationnemenl de copies, correction des épreuves (0.7'i).
- Pour tes teinturiers : Intelligence générale, correction des épreuves, test de vitesse de lecture selon M. Cal) (0.62).
- Pour les tisserands : Friedrich, barrage, Tolchinsky, M. Cnil (0.75),
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- Activité de l'Office d’orientation de la Chambre de commerce de Bourg
- en 1928
- \ous extrayons d'un rapport établi par \I. Robelet, directeur, sur l'activité de l’Office d’orientation professionnelle et de placement en apprentissage de la Chambre de commerce de Bourg les renseignements suivants :
- Un des moyens déjà employé en 1927, et qui avait donné de bons résultats, a été employé en 1928 : C’est un concours de rédaction, dont le sujet était : « le choix d’un métier », établi par fous les élèves, filles ou garçons, n’ayant pas encore le certificat d’éludes primaires ou devant quitter l’école.
- Le but est double : il s’agit d’abord d'amener automatiquement l’enfant et sa famille à réfléchir au choix de la profession et, ensuite d’établir, à l’aide des réponses obtenues, la statistique des professions choisies et d’en tirer toute déductions utiles à l’orientation des enfants. Le sujet était ainsi posé : « Vous allez quitter voire
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- ccolc à la fin de l’année scolaire. Quelle profession désirez-vous exercer ? Pour le cas où vous ne pourriez pas l'embrasser, quelle autre ou quelles au 1res auraient vos préférences et pourquoi ? »
- Sur 159 garçons : 25 désirent être instituteurs, 17 cultivateurs, 13 menuisiers. 7 mécaniciens sur auto. 7 commerçants, 6 menuisiers ébénistes, 6 comptables, 5 coiffeurs, 4 ébénistes, 5 mécaniciens électriciens, 4 dessinateurs au P.L.M., 4 cuisiniers, 4 tourneurs sur bois, 3 dessinateurs industriels. Pour le reste des enfants, ils se répartissent dans des métiers différents par 1 ou 2 pour chaque métier.
- Si l’on classe ces devoirs en groupes, on voit que dans le groupe des enfants de 12 ans (classe du certificat d’études), tous choisissent une profession sans être embarrassés. Aucun devoir ne mentionne, avec quelque précision, les avantages ou les inconvénients de l'occupation choisie.
- 23 °/<> seulement ont le souci du gain et 4 n/„ seulement songent à leur vieillesse.
- 12 "/„ essayent de se rendre compte des aptitudes nécessaires à l'exercice du métier de leur choix, et, parmi eux, 10 °/0 seulement se demandent s’ils possèdent les aptitudes qu’ils croient nécessaires.
- Dans le second groupe (enfants ayant 13 et 14 ans) placés dans dos cours préparatoires ou aux écoles professionnelles, les métiers choisis sont plus précis, mais les aptitudes nécessaires ne sont pas plus envisagées ; 15 montrent de l’hésitation. Dans le 3e groupe (jeunes gens de 16 à 17 ans) la précision s’accentue dans le choix de la profession. Mais il y a encore 14 °/n d’indécis. Ils connaissent mieux les qualités requises pour l’exercice du rué tier (24 °/„).
- Tl convient, de noter que l’on voit progresser avec l’âge le souci de la retraite (4, 9 et 12 °/„) ; le goût, des voyages (4, 6, 8 °/„) ; le goût de la vie aux champs (2, 6 et 14 "/„). Par contre, la préoccupation d’être à l’abri et au chaud tend à disparaître (15, 12 et 8 "/„).
- Si l’on examine ensuite les professions demandées par les jeunes filles, on voit qu’elles ont un choix de carrière moins étendu mais elles manifestent moins d’hésitation que les jeunes gens. Elles savent mieux ce qu’elles veulent fait* et leurs raisons sont
- plus étudiées. ^ .
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- Enquête sur les conditions dans lesquelles des jeunes gens ont changé
- de métier
- Nous relevons dans le rapport du service d’orientation professionnelle et de placement en apprentissage de Nantes les résultats d’une enquête relative à 196 jeunes gens qui, ayant commencé leur apprentissage, se sont présentés au service en 1927. Sur ces
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- 196 jeunes gens, 38 avaient été orientés par le service à leur sortie de l’école primaire.
- Ils se divisent ainsi :
- a) 12 ont été placés par le service. Sur ces 12 enfants, 9 n'ont pas changé de métier, 3 en ont changé.
- b) 9 ont été placés par leurs soins conformément aux conseils reçus. Dans celle catégorie, 6 n’ont pas changé de métier, 3 en ont changé.
- o) 17 ont été placés par leurs soins contrairement aux conseils reçus; parmi eux 5 seulement n’ont pas changé de métier, 12 en ont changé.
- Les 158 autres s’étaient placés par leurs soins sans intervention du service.
- Parmi eux 40 n’ônt pas changé de métiers et 118 ont-changé une ou plusieurs fois.
- Celte enquête met en relief l’intérêt qui s’attache à ce que les enfants n’abordent pas la vie professionnelle sans avoir été amenés à y réfléchir dès l’école primaire.
- Vocation médicale au Maroc
- Dans une école du protectorat marocain, le sujet d’une composition était le suivant : « Quel métier choisiriez-vous et pourquoi ? » La revue Le Maroc médical a reproduit quatre compositions d’enfants ayant déclaré leur intention de choisir la profession médicale.
- Voici ces compositions, dont l’orthographe est respectée :
- H... (Français). — Plus tard après avoir fini mes études je pense aller en France pour continuer mon instruction et devenir médecin ; cela sera dur, mais comme le métier de médecin me plaît je ferais tout mon possible pour l’être ; après avoir eu mon agrégation de sciences, je viens m’installer à Rabat dans une jolie maison où j’aurais mon bureau, mes appartements pour recevoir les gens, une autre salle pour les gens qui attendent.
- Je voudrais être médecin parce que j’aime les sciences et surtout les sciences naturelles, les plantes je les étudie avec plaisir ; d’un autre côté je pense ne pas être chirurgien parce que quand je vois une plaie cela me donne la chair de poule et ça me fait mal au cœur. Pour être médecin, il faut avoir de l'intelligence et surtout beaucoup de mémoire pour pouvoir se rappeler tant de noms de médicaments et surtout de noms de formules.
- Quelquefois on est responsable si une opération ne réussit pas.
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- X... (Français). — Quand j’aurai terminé mes études, je me ferai médecin ; je prendrais ce métier plutôt qu'un autre parce que j’aime soigner les malades, que de sauvée de la mort des personnes est très beau et que je sauverai non pas pour me faire voir mes pour le bien d’autrui ; je gagnerai ainsi de l’argent et je dépenserais cette argent pour mes parents en même temps que pour moi si j’aurai des enfants je les ferai aller à l’école pour qu'ils gagnent eux aussi leur pain quand ils seront grands ; je penserais ainsi à mes parents car il ne faut pas les oublier ils nous ont nourri quand nous étions petits il faut que nous aussi à notre tour nous assurons leurs vieux jours.
- B... (musulman). — Quand je serais grand je préfaire faire docteur. parce que, au Maroc, il n’v a pas beaucoup de docteurs marocains et pour soigner les pauvres Arabes qui sont dans la rue et ils sont bien malades ; ces pauvres n’ont pas d’argent pour aller chez un docteur européen ; je les soignerai quand je serai docteur sans argent et aussi avant que les Français arrivent au Maroc mon père m’avait raconter qu’il y avait un docteur anglais et qui était très gentil, et il soigne tous les pauvres sans argent ; je voudrais bien faire comme cet homme.
- B... (Israélite). — Le métier que je préfère quand je serais grand est de médecin, parce que le médecin aujourd’hui gagne beaucoup d’argent ; quand quelqu’un est gravement malade, on appelle le médecin ; il le voit, il sait ce qu’il a ; s’il lui faut l’opération il lui dit et s’il lui faut pas il lui dit. ou bien il lui écrit une ordonnance pour acheter les médicaments qu’il y a écrit dans l’ordonnance. Il présente l’ordonnance, on lui donne le médicament et l’ordonnance avec, alors on donne ce médicament au malade ; il le boit puis sa lui sert à rien.
- On appelle encore le médecin, il voit le malade, il le trouve qu'il est gravement malade, plus qu’il était l’autre, le médecin dit à sa famille il faut qu’il fasse l’opération, mais la famille demande s'il peut vivre avec l’opération, le médecin répond qu’il ne peut assurer la vie du malade, la famille accepte que le malade doit faire l’opération ; le médecin lui fait l’opération, il meurt, le. médecin prend l’argent avec lesquels il a fait l’opération au malade, et le malade est mort. Voilà la raison pour laquelle je veux être médecin.
- Les Tests mathématiques
- M. de Saint-Lagük a fait paraître dans I « Orientation professionnelle » (N° 115) la conférence faite le 7 janvier 1929 à l’Institut
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- d’Orientation professionnelle. Nous en extrayons les renseignements suivants :
- Essayant de dégager les aptitudes caractéristiques des mathématiciens, il déclare que lorsqu’on cherche ce qui peut distinguer le mathématicien du non mathématicien on voit que les qualités qui sont, indispensables aux mathématiciens ne sont pas toujours les mêmes et se retrouvent .dans bien d’autres techniques intellectuelles.
- L’attention et la mémoire jouent un rôle de tout premier ordre : l’esprit de compréhension et celui d’invention sont particulièrement indispensables en mathématiques. Il en est de même de la visualisation, c’est-à-dire de la possibilité d’imaginer les figures géométriques se construisant ou se déformant sous les yeux. Savoir voir, savoir retenir, savoir comparer, telles sont quelques-unes des qualités les plus essentielles des mathématiciens.
- L’auteur passe ensuite à une étude sommaire des tests plus propre me nt m athéma t i q ues.
- Il signale les tests de calcul sur les quatre règles de Woody, les lests d’addition de Courtis.
- D’autres tests ukrainiens s’adressent non pas uniquement à des qualités nécessaires au mathématicien au sens abstrait du mot mais à celle dont se sert le mécanicien. Ce sont d’excellents tests de visualisation.
- Les lests de ITolz sont des essais de discrimination des aptitudes mathématiques chez des enfants ayant déjà fait de l’algèbre.
- Viennent ensuite les tests de mathématiques pures de Agnes Lon Rogers. Cet ensemble comprenait 14 sortes de tests. Après application préalable on rien garde que 6.
- Le premier, qui se révèle le meilleur de beaucoup, est celui du calcul alqébrique. Il comporte des exercices de simplifications d’expression du premier degré.
- Viennent ensuite, à peu près sur le même plan, les cinq tests suivants :
- 1° Nombre omis. Dans des progressions' arithmétiques il y a un seul terme omis, mais c.es progressions sont croissantes ou décroissantes, arithmétiques ou géométriques.
- 2° Géométrie. On donne une liste de neuf propriétés qui sont les théorèmes les plus élémentaires de la géométrie et une suite de six exercices simples à résoudre en utilisant ces théorèmes.
- 3° Mise en équation. Lue liste de dix énoncés'est donnée et. d’autre pari, une liste de dix équations. Il faut faire correspondre chaque équation à un énoncé.
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- 4° Nombres omis. Dans des progressions arithmétiques on a omis de 2 à 10 termes. Il faut les rétablir.
- 5° Problèmes. Il y a ici deux groupes de trois problèmes aspez analogues : (Exemple, il est 4 b. 05. Si vous m’aidez une demi-heure maintenant et 10 minutes avant le souper qui est à 6 heures, vous pourrez jouer le reste du temps. Combien restera-t-il de temps à l’enfant pour jouer ?) L’ensemble de ces six tests traduisant chacun un des aspects du problème donnent, par la moyenne des notes obtenues, une réponse, en parfait accord avec ce que les meilleurs maîtres peuvent savoir des aptitudes de l’élève.
- Une contre-indication professionnelle : Vertige ou cremnophobie
- Dans un certain nombre d'activités professionnelles, pour les couvreurs ou les pompiers, et, en général, dans .los métiers du bâtiment nécessitant le travail sur l’échafaudage, la prédisposition à ce qu’on appelle le vertige des hauteurs est évidemment une contre-indication formelle.
- Mais l’expression de vertige est ambiguë. Le vertige véritable, d’oigine labyrinthique, n’a rien à voir avec cette manifestation émotive souvent violente qui constitue la peur du vide. Aussi dans une étude publiée par la Revue Neurologique (mars 1929, p. 437), deux médecins de Genève, A. Bernard et Ch. Jung, proposent-ils le nom de « cremnophobie ».
- C’est un état d’anxiété créé par la vue ou par la représentation imaginaire d’un vide dans lequel il y a possibilité de chute, état irraisonné (que Goethe, paraît-il, était arrivé à surmonter par accou-tremance progessîve). Soumettant une série de personnes à la vue du sol du haut d’une tourelle de 30 mètres de hauteur, Bernard et Jung ont constaté chez les sujets prédisposés à cette phobie particulière des troubles respiratoires (accélération et irrégularités) immédiats, avec sueurs froides, dérobements des jambes (pouvant expliquer en partie la pseudo « attirance » par le vide) et une grande lassitude. Il y a une émotion vraiment, épuisante. Les symptômes débutent en général à partir de 5 à 10 mètres de hauteur. La peur de voir tomber quelqu’un s’exposant au bord d’un précipice peut, se manifester, comme signe général d’émotivité, même en l’absence de cremnophobie vraie. Il est probable qu’une rééducation convenable, qu’une psychothérapie bien conduite, pourrait faire disparaître dans bien dès cas cette phobie comme
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- les autres. Mais il est utile de connaître son existence et son intensité en orientation professionnelle. ' H. P.
- La fréquence des asymétries sensorielles et motrices
- L’ambidextrie est rare, la droiterie est normale, la gaucherie est exceptionnelle. Quelles sont les fréquences respectives de ces éventualités au point de vue moteur ?
- En utilisant les dossiers admirables des recherches numériques poursuivies par Galton et conservés dans des archives dont l’inventaire n’est pas terminé, Woo et PearIson viennent de faire les calculs sur 6.992 cas observés (individus des deux sexes de 6 à 75 ans), au point de vue des mesures de la force dynamométrique des deux mains. Or voici les fréquences relatives (sur 100) de la prédominance de force du côté droit ou gauche, ou de l’égalité des deux
- mains : Dextralité. Sinistralité Ambilaléralité
- — — —
- 64,62 ± 0,39 28,79 ± 0,37 6,59 ± 0,20
- L’àge n’a aucune influence systématique sur ces proportions.
- En même temps, Woo et Pearson ont utilisé les recherches faites sur l’acuité visuelle de l’un et l’autre œil (mesures effectuées sur 5996 sujets). Or, ici, l’égalité des deux yeux est aussi fréquente que la prédominance de l’un d’eux, et la prédominance de l’œil droit n’est sensiblement pas plus fréquente que la prédominance du gauche.
- Dextralité Sinistralité Ambilaléralité
- 25,0 ± 0,38 24,13 ± 0,37 50,87 '+ 0,44
- Enfin, la prédominance d’un œil est sans corrélation avec la prédominance de force motrice d’une main (l’indice, sensiblement nul. étant donné la valeur de l’erreur probable, est le suivant : r = + 0,0113 ± 0,096).
- La préférence oculaire
- Quand on est obligé de se servir d’un seul œil. y a-t-il une préférence et quel est alors l’œil préféré ?
- Des déterminations nombreuses ont été faites à cet égard, dont les résultats sont condensés par Coons et Mathias (Journal of ge-
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- netic psychologn, t. 35, 1928, p. 629) qui ont procédé eux-mêmes à La recherche inscrite en dernier dans le tableau ci-dessous, donnant des proportions pour 100.
- Nombre Age moyen Prédominances Sans prédominance
- de sujets (ans) gauche droite (Ambiocularité)
- 887 9,9 29,3 69.3 1.37
- 146 13,0 28,8 62.3 8,9
- 129 15,0 21,0 66,0 14,0
- 145 18,0 20,0 65,0 15,0
- 146 19,5 23’0 61.0 16,0
- 112 16.2 12,4 68,9 18,7
- On voit que la préférence est générale pour un œil, et que cet œil est le droit dans les deux tiers des cas.
- Une comparaison de l’acuité de l’œil préféré à l’autre montre qu’il y a souvent désaccord ; l’œil préféré n’est très souvent pas le meilleur quand il y a dyssymétrie visuelle. P.
- La fréquence des défauts de vision des couleurs chez les écoliers
- Une recherche de Von Planta (publiée dans l'Arc hiv für Ophtalmologie, 1928, p. 254), poursuivie sur 5.000 écoliers de Yâle (3.000 filles et 2.000 garçons) a montré qu’il existait des défauts notables de vision des couleurs chez 79,5 pour 1.000 des garçons et 4,3 pour 1.000 des filles (la plus grande rareté féminine des dys-chromatopsies ayant été depuis longtemps remarquée). En aucun cas jI ne s’agissait d’achromatopsie totale, mais de formes plus ou moins accentuées de daltonisme (du type protanope ou deutera-nope).
- L’estimation de la fréquence des dyschromatopsies avait, jusqu’à présent, oscillé entre les valeurs extrêmes de 27 et 220 pour 1.000.
- H. P.
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- Etude sur le tempérament et le caractère
- Nous extrayons de l’article du Ür Mira paru dans les Anales de la Seccion de O. P. de Barcelone, marzo 1929, ces quelques passages.
- Quelques définitions préalables semblent d’abord nécessaires :
- 1. Constitution : Synthèse statique de l’organisme, c’est-à-dire
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- l’ensemble des particularités et caractéristiques morphologiques, biochimiques et physiologiques transmises par l’hérédité.
- 2. Tempérament : Résultante fonctionnelle directe de. la consti tution, qui détermine La façon dont l’organisme tend à réagir aux différentes stimulations. Cette tendance de réaction dépend du type métabolique individuel, et représente pour ainsi dire Télément endogène de l’organisme.
- 3. Diathèse : Concept mixte, physiopathologique, qui peut e traduire approximativement comme prédisposition pathologique de réaction.
- 4. Caractère : Ce mot a une signification nettement psychologique et sert, à désigner l’ensemble des types de réaction physique prédominants de l’individu (formés au cours de La vie, sous T influence du tempérament, du facteur intellectuel, et des facteurs exogènes comme l’éducation, le milieu, etc.).
- D’après ces considérations, la constitution apparaît donc comme statique et presque immuable. Le tempérament — son dérivé fonctionnel — est, de même, constant dans son fond, mais se montre capable de subir quelques variations momentanées (sous l’influence de causes neuro-humorales principalement). Et le caractère -comme type de réaction psychique — est Te plus modifiable le tous ces facteurs, puisqu’il dépend d’un plus grand nombre d’influences.
- De quelles bases peut-on partir pour une classification des tempéraments ? Il y a peu de temps encore, toutes les classifications de tempéraments se faisaient sur une base anatomique (la plus connue est celle qui les divisait en digestifs, respiratoires, lympha-thiques, musculaires, sanguins et nerveux). Aujourd’hui on tend à tenir compte davantage des critères fonctionnels, comme pour la classification dite « endocrine » par exemple (tempéraments hyper ou hypothyroïdiens, hypophysiens, ' sexuels, surrénaux, etc.). Les auteurs modernes utilisent les divers aspects de la vie affective, et ainsi Münsterberg d’après l’intensité et la durée des réactions émotionnelles les divise en tempéraments : d’émotions lentes et superficielles ; d’émotions lentes et durables ; d’émotions rapides et superficielles; d’émotions rapides et persistantes.
- Ces types auraient une certaine correspondance, dans Tordre anatomique, avec les types anciens : lymphatiques, bilieux, nerveux et sanguins.
- D’autres auteurs se sont basés sur le « tonus » affectif, et les ont classés en : tempéraments peureux (dépressifs) ; flegmatiques (a-émotionnels) ; normaux ; colériques (excitables).
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- bearborn ne prend en considération que la tonalité euphorique ou disphorique de rhumeur et les divise en trois types : optimistes, normaux et pessimistes. Jung croit que le critérium à suivre est la détermination du degré de fixation de la libido dans l’individu, et en conséquence, il oppose les tempéraments introvertis aux extravertis, admettant entre eux le tempérament normal ou équilibré. Ruzck les différencie en classiques et romantiques. Kretsch-mer, appliquant à la psychologie normale, le critérium psychiatrique, les divise en cyclothymiques et schizothymiques, chacune de ces formes pouvant présenter diverses variantes. Cette conception est intéressante par la possibilité de l’appliquer à la psychotechnique et, plus spécialement, à l’orientation professionnelle ; Kretschmer résume ainsi les vocations appropriées à chaque tempérament :
- Poètes et littérateurs..
- Chercheurs..............
- Directeurs.............
- Temp. cyclothymique.
- ) Réalistes..............
- j Humoristes.............
- | Objectifs. . . ........
- ) Empiriques^............
- ( Organisateurs (superf:
- \ ciels).................
- ' Conducteurs de foules
- Temp. schizothymique.
- ( Pathétiques.
- < Romantiques.
- ( Artistes de la forme.
- ( Logiques.
- Systématiques.
- ( Métaphysiciens.
- f Idéalistes purs.
- Despotes et fanatiques. ( Calculateurs froids.
- Evidemment, toutes ces classifications sont excessivement fragmentaires et ne considèrent que quelques aspects du tempérament. Mais il est indispensable de les utiliser, parce que dans l’état actuel de nos connaissances on ne peut tenter une classification rationnelle, c’est-à-dire basée sur les particularités biochimiques fonctionnelles de l’organisme.
- Quels renseignements les critères médicaux et psychologiques peuvent-ils fournir à la psychotechnique en ce qui concerne l’adaptation professionnelle des tempéraments ? Trois séries de faits sont à considérer :
- 1° Les personnes de constitution lymphatique ou asthénique, avec les signes cliniques de vagotonisme et les signes psychologiques d’un tempérament peureux (prédispositions à l’angoisse et à la phobie) doivent être orientées vers les travaux qui demandent une « agressivité » (énergie, décision), minime, qui sont d’une responsabilité presque nulle, et qui peuvent être « automatisés » Au contraire, les sujets de constitution sanguine et ceux qui présentent les signes persistants de sympathicotonie, de tempérament hyperthyroïdien ou hypersurrénal (il s’agit de' cas normaux, bien entendu), sont aptes aux travaux « changeants ». Les sujets équilibrés, à des travaux mixtes.
- 2° Les personnes de tempérament schizothymique ou intraverti
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- sont moins aptes aux travaux qui exigent une grande faculté d adaptation sociale (commerce, enseignement, etc...), mais plus aptes aux travaux d’abstraction (calcul, spéculation, synthèse), que celles de tempérament cyclothymique ou extraverti.
- 3° Les personnes présentant une hyperesthésie sensorielle et affective, de tempérament « sensitif », sont celles qui peuvent réaliser avec le plus de facilite les travaux « artistiques », si leurs impulsions libidineuses peuvent être sublimées en créations plastiques.
- Comment devrait-on examiner le tempérament et le caractère en psychotechnique ? Il faut se servir d’abord de l’exploration médicale et de certaines données psychologiques, puis de l’information scientifique (systématisée) des habitudes et comportement externe du sujet. Les données paraissant essentielles pour l’investigation du tempérament sont les suivantes :
- 1° Le type somatique (constitution morphologique) ;
- 2° Le métabolisme basal, étudié sous l’influence de diverses conditions expérimentales ;
- 3° L’exploration fonctionnelle du système neuro-végétatif (particulièrement des réactions vasomotrices) ;
- 4° Le. rythme, extension, concentration et mobilité de l’attention: Sur ce dernier point, nous avons fait, dit l’auteur, des observations originales qui nous ont porté à croire que la plus ou moins grande difficulté de déplacement de l’attention volontaire du sujet est d’une importance énorme dans la détermination de son caractère, de sa vie et de ses aptitudes professionnelles. Nous désignons ce facteur par le terme de « vicosité attentive ». Les personnes qui ont un degré très faible de viscosité attentive peuvent changer continuellement d’attitude psychique (einstellung) sans aucun malaise. Nos expériences ont mis en évidence qu’il existe une relation inversement proportionnelle entre le degré d’extension maxima de l’attention et le degré de viscosité attentive. Les personnes à l’attention développée « en superficie » sont celles qui changent de travail avec la plus grande facilité, s’adaptent vite parce que se désadaptant sans effort, et sont utiles par conséquent pour les travaux changeants. Inversement, les sujets à la capacité attentive « en profondeur » perdent une plus grande quantité d’énergie pour s’adapter à leur travail ; mais une fois que les opérations psychiques appropriées se sont établies, ils ne peuvent les changer (c’est-à-dire s’en désintéresser) brusquement pour en commencer d’autres. (Comme exemple manifeste de cette viscosité, se reporter aux psychasthéniques de Janet). Il est indiscutable que ces personnes à grande viscosité attentive doivent se diriger vers les travaux déterminés, monotones ou automatisables. Il y a ici parfait
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- accord entre le résultat de nos expériences et ceux des expériences de Münsterberg et de Winkler.
- Quant à l’investigation du caractère, tout en reconnaissant l’ef-l'ort réalisé par Prcssey, nous restons sceptiques, car nous croyons que l’individu est capable de dissimuler son véritable caractère pendant les heures qu'il passe au laboratoire de psychologie. Et en ce qui concerne le témoignage des personnes qui connaissent le sujet, ce n’est certainement pas une tâche facile d’organiser d’une manière scientifique — ou prétendue telle — celte information sociale.
- De plus, il ne faut pas oublier que le caractère est le facteur qui conditionne le moins l’orientation professionnelle du sujet, bien que, au contraire, il puisse être décisif pour sa sélection professionnelle. Evidemment, les personnes qui ont un bon caractère, c’est-à-dire qui sont modestes, loyales, sincères, morales, propres, tolérantes, énergiques, etc., peuvent être dirigées, de ce point de vue, vers toutes les professions conseil labiés ; et réciproquement, les sujets menteurs, vaniteux, têtus, alcooliques, etc. devraient être exclus de toute activité professionnelle. Mais il est possible d’avoir tous ces défauts caractérisés et malgré cela, d’effectuer un travail profitable, comme on peut être un mauvais profèssionnel avec tous les éléments d’un bon caractère.
- C’est d’après cela que plusieurs auteurs — dont M. Bogen — ont proposé de distinguer entre les qualités de l’individu dans sa vie privée et ses qualités de travail. Je suis contraire à ce dualisme, dit M. le docteur Mira, et je pense que tous les cas d’opposition apparenté, observés sous les deux aspects du tempérament et du caractère, peuvent trouver leur explication dans l’existence d’autocompensations réversibles d’un seul facteur. Ils sont fréquents les cas de personnes ayant une conduite différente et même opposée en face de chacun de leurs parents, sans que pour cela nous soyons autorisés à dire qu’elles changent de tempérament ou de caractère chaque fois quelles sont avec un parent différent.
- (Traduction résumée par Leone Bourdel.)
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- A travers les Revues
- Les effets comparés de la variété et de Vuniformilé dans le travail (Rapport publié par Y Industrial fatigue research Board).
- Les expériences faites par S. Wyatt, J.-A. Fraser et F.-G.-L. Stock ont porté sur l’emballage du savon, le pliage des mouchoirs de poche et l'assemblage des chaînes de bicyclette. Ils ont déterminé la durée maxima sans changement que doit avoir chaque forme d’activité pour donner les meilleurs résultats.
- Ils ont également envisagé la durée optimum d’une activité uniforme (pesage du tabac, confection de cigarettes, assemblage de boîtes à cartouches).
- Leurs conclusions sont les suivantes :
- 1° L’uniformité des méthodes est moins productive que les formes variées du travail.
- 2° Le plus haut rendement est obtenu lorsque le genre d’activité est changé après une heure et demie ou deux heures de travail.
- 3° Des changements fréquents sont défavorables pour le rendement.
- 4° Il est probable que les changements de forme d’activité devraient être d’autant plus fréquents que le travail à faire est plus fatigant.
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- L'apprentissage en France et en Autriche. — La « Formation Professionnelle» du 5 mars 1929'publie, en 28 pages, une conférence de M. E. Labre, sur cette question.
- M. Labbé y traite les points suivants :
- 1° Plan de notre Enseignement technique :
- Pour obtenir une meilleure production, il faut organiser, stimuler et encourager : L’orientation professionnelle des enfants ; l’apprentissage à l’école pour certaines professions, par la création d’écoles de métiers ou d’écoles pratiques ; l’apprentissage à l’atelier ; les cours professionnels, pour les travailleurs de tous Ages et de toutes conditions; la formation de techniciens; la formation des ingénieurs ; l’enseignement ménager.
- 2° L’Orientation professionnelle :
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- Son but. — Comment se pose le problème de l’O. P. — Comment connaîtrons-nous la profession ? — Comment connaîtrons-nous l’enfant ? — Comment connaître l’étal du marché du travail ?
- 3° L’Apprentissage :
- L’apprentissage à l'école (il ne saurait suffire à lui seul aux professions de l’alimentation, ni à certaines professions du bâtiment, mais il convient aux professions artistiques et à celles où l’excès de spécialisation est à craindre.)
- L’apprentissage à l’atelier. 11 est moins coûteux. Malheureusement, il est des patrons qui ne veulent pas faire des apprentis, d’autres qui ne peuvent, hit AL Labbé pose la question : « Ne de-vrait-on pas intervenir auprès du Parlement pour obtenir \L’obligation de l’apprentissage ; la désignation des patrons capables de faire des apprentis ; le pourcentage nécessaire et suffisant des apprentis de chaque profession, après accord entre patrons et ouvriers. »
- 11 faut retenir les apprentis à l’atelier et sur le chantier : En leur accordant des salaires ; en créant des bourses d’apprentissage ; en stimulant les œuvres d’apprentissage ; en rénovant le contrat; en contrôlant l’apprentissage.
- 4° Les Cours professionnels :
- Ils ont un caractère économique. Ils doivent compléter la pratique apprise à l’atelier. Ils doivent avoir une valeur sociale de par leur triple rôle intellectuel, moral et civique. Ils doivent s’adresser à toutes les activités.
- Pour chacune de ces questions, après avoir dit ce qui se fait en France, ou plutôt ce qui devrait s’y faire, AI. Labbé nous rend compte de ce qu’on a fait à Vienne :
- L’apprentissage y est admirablement organisé, la; contrat est strictement établi. Les cours professionnels en 1928, ont admis 32.025 élèves. Il y eut des cours pour 72 professions différentes, et la dépense exigée pour lcür fonctionnement s’est élevée à 22.702.175 francs.
- Les programmes-types d’enseignement sont particulièrement bien établis, et dans les moindres détails.
- A signaler encore le chapitre sur les ressources financières à Vienne. Le budget des dépenses pour 1928 est de 0.306.160 shillings. Un apprenti revient à 200 shillings par an (750 francs).
- Enfin les locaux pour Cours professionnels de Vienne sont de tout premier ordre et splendidement aménagés. Les nombreuses photographies qui accompagnent la conférence en font foi.
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- Le n° de mai-juin 1929 de La Psychologie et la Vie est consacré au compte rendu sommaire du Ier Congrès international de Psychologie appliquée qui s’est tenu à Paris du 21 au 27 mars, sur l’initiative de l’Institut Pelman.
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- Dans le n° de juillet du Bulletin de VAssociation médico-pédagogique liégeoise, O. Decroly traite de l’important problème de. l’orientation professionnelle des arriérés et débiles mentaux, dont la récupération sociale fut obtenue avec succès par un enseignement spécial bien conduit (70 à 80 °/„ des élèves d’écoles d’arriérés pouvant apprendre un métier et gagner leur vie).
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- Dans le n° de juin de Pour l’Ëre Nouvelle, notons le résumé de conférences faites par W. Stern, le célèbre psychologue et pédologue de Hambourg, sur la crise de l’adolescence, et par W. Bo-ven sur la caractérologie, ainsi qu’une courte note de Mme Marguerite Reynier sur les tests de caractère, dans laquelle elle signale les révélations qui ont été données par de jeunes élèves (un 8e mixte de lycée) grâce à des réponses à cette question : « Quel est Votre jeu préféré ? »
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- Dans les University loua Studies (11, i). Cari E. Seasiiore examine l’état actuel des recherches poursuivies à lTniversité d’Iowa sous sa direction sur la psychologie de la musique, en connexion avec 1’ « Eastman School of Music », et donne une liste d’un choix de 112 publications (dont 35 de Seashore lui-même) sur ce magnifique ensemble de travaux visant en particulier à une détermination précoce des aptitudes musicales.
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- INFORMATIONS
- L'activité de V.Institut national d'orientation. — Diplômes de conseillers d'orientation. — La première année d’enseignement, de l’Office national d’orientation professionnelle vient de se terminer par la session annuelle d’examen de juin (21 élèves s’étaient fail inscrire. 19 ont été définitivement admis (un avait été refusé aux épreuves écrites, un aux épreuves pratiques).
- U y a eu 5 candidats qui ont obtenu la mention bien (moyenne générale au moins égale à 14 sur 20) et 12 la mention assez bien (moyenne générale au moins égale à 12 sur 20).
- Il y avait sur les 21 inscrits :
- 4. étrangers (3 Polonais et un Suisse) et 17 Français.
- 14 femmes et 7 hommes.
- 2 instituteurs; 2 surintendantes d’usine; 3 assistantes sociales;
- I chef de service social; 8 étudiants; 2 experts; 2 attachées aux offices d’Orientation professionnelle ; 1 professeur d’école d’ap-prentissage. (Les deux refusés, étaient étudiants.)
- Voici les noms des élèves diplômés dans l’ordre déterminé par le nombre de points obtenus :
- M1Ie Biscay (mention bien), MUe Lescot (mention bien), M. Vial (mention bien), M1Ie Frontier (mention bien) MIIe Popin (mention assez bien), M. Pivert (mention assez bien), Mlie Mamelle (mention assez bien), MUe Lechevalier (mention assez bien), M. Beaume (mention assez bien), Mlle Tournier (mention assez bien), MIle Blanc (mention assez bien), Mlle Nohlier (mention assez bien), MUe Ma-jerczyck (mention assez bien) Mme Dubrai (mention assez bien), VI. Kohn (mention assez bien), MUe Erlich, M. Pitrou.
- L’écrit comprenait trois épreuves :
- 1° Une. composition de psychologie à choisir parmi les trois sujets suivants :
- 1er sujet (M. Piéron). — L’examen 'sensoriel. Oue peut-on en tirer pour Torientiation professionnelle ?
- 2e sujet (M. Piéron). — Importance respective du caractère et de l’intelligence pour le choix du métier.
- • >° sujet (M. Wallon). — Quelle est l’importance du caractère en orientation professionnelle ? Quels moyens, l’orienteur a-t-il de le connaître et deTapprécier ?
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- 2° Une épreuve de physiologie et de pathologie à choisir parmi les trois sujets suivants :
- 1er sujet (ür Paul-Boncour). — l01 Comment dépister une insuffisance respiratoire ? — 2° Cette insuffisance étant constatée, quelle est la conduite à tenir ?
- 2° sujet (IL Laugier). — Qu’est-ce qu’un spiromètre ? — Quelles sont les mesures que l’on peut faire avec cet appareil sur l’activité respiratoire des enfants ?
- 3e sujet (Dr Heuyer). — Importance du caractère dans l’orientation professionnelle ?
- 3° Une épreuve d’organisation de rorientation et de sciences économiques à choisir parmi les sujets suivants :
- Ier sujet (W. Oualid). — Economie politique. — La division professionnelle et la division du travail. Leur évolution et leur physionomie actuelle.
- 2e sujet (J. Fontègne). — Organisation de l’orientation professionnelle. — Comment constituerez-vous le dossier d’ufi enfant de 13 à 14 ans qui, en fin de scolarité, viendra à l’Office solliciter' un conseil d’orientation professionnelle ?
- 3e sujet (M. Lahy). — Orientation professionnelle. — Vous prenez possession, le 1er octobre 1929, du poste d’orienteur qui vient d’être créé dans une agglomération où se trouvent quatre écoles de garçons ayant chacune trente enfants à orienter.
- La commune met à votre disposition des crédits qui vous permettront d’acheter :
- 1° Quatre appareils de psychologie expérimentale ;
- 2° Les formules nécessaires pour appliquer les tests collectifs et pour recueillir tous renseignements utiles à rorientation professionnelle des enfants.
- On vous autorise à faire choix d’un médecin, qui vous fournira sur chaque enfant, les renseignements médicaux dont vous estimez avoir besoin.
- Veuillez adresser au maire de la commune un rapport dans lequel vous indiquerez :
- 1° Les appareils que vous aurez choisis et les raisons de votre choix, les mesure que vous comptez prendre avec chacun de ces appareils ;
- 2’° Les mesures psychologiques que voqs pensez obtenir par l’emploi de tests collectifs ;
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- 3° Les renseignements que vous vous proposez de demander au médecin ;
- 4° Terminez ce rapport en soumettant au maire le programme de ce que vous comptez faire pour être en état de donner des conseils d’orientation professionnelle avant la fin de l’année scolaire.
- Les directeurs d’Offices d’orientation ou de placement qui désireraient faire obtenir des bourses d’études en vue de la préparation du diplôme de conseillers d’orientation sont priés d’adresser une fiche sur leurs candidats (noms, âges, études faites, titres, etc.), avec une appréciation de leur mérite.
- La séance de rentrée de 11. O. P., dans laquelle sera faite la remise des diplômes des conseillers d’orientation obtenues à la session de juin, aura lieu au Conservatoire des arts et métiers le lundi 4 novembre 1929, à 17 heures.
- Association amicale des anciens élèves de VInstitut national d’Orientation professionnelle. — Cette amicale, qui était indispensable, et dont l’action peut et doit être bienfaisante et considérable, a été constituée le 10 juin 1929. Son conseil directeur, élu le 1er juillet, est composé comme suit :
- Mmes Blanc, Mamelle, Biscay, Tournier ; MM. Beaume, Baille, Pivert, Béveillé, Vial. M. Laugier y représentera le personnel enseignant de l’Institut. Le bureau comprend : Président : M. Réveillé ; secrétaire : Ch. Pivert ; trésorière : MUe Mamelle.
- Des renseignements complémentaires seront fournis en octobre.
- Le secrétaire : Charles Pivert. •
- 6, rue de l’Arrivée, Paris (XVe).
- Une conférence sur le choix des métiers. — L’Office d’Orienta-tion professionnelle du Comité de patronage des apprentis du XIVe arrondissement a organisé le 29 avril, pour les enfants des écoles, une intéressante conférence de M. Chaintreau qui est, avec M. Jully, l’auteur des premières monographies sur les métiers publiées à Paris en vue de l’orientation professionnelle.
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- (Nous avons d’ailleurs le plaisir de posséder à noire service de documentation les documents établis par ce précurseur et nous en présenterons sous peu un résumé dans le bulletin. Note de la Rédaction.)
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- Mario Ponzo. — Alla ricerca delle atliiudini nei giovani (A la recherche des aptitudes chez les jeunes gens). — In-16 de 263 pages, Turin, G.-B. Paravia, 1929. Prix : 16 lires.
- Le psychologue de Turin, Mario Ponzo, bien connu pour ses recherches de science pure, appelé à faire un cours d’orientation professionnelle, publie ces lignes qu’il dédie à l’ingénieur Enrico Galti, directeur d’un Institut industriel piémontais, pour le bel effort de ce dernier en faveur de l’organisation de la préparation professionnelle : c’est un «‘guide de psychotechnique appliquée à l’orientation professionnelle », suivant le sous-titre du livre dont les 31 chapitres passent en revue la notion générale d’aptitude et les exigences professionnelles (avec reproduction du texte du grand questionnaire de Eipmann), l’âge convenable à la détermination des aptitudes (fixé aux environs de 12 ans), le rôle de l’examen médico-physiologique, et de l’examen psychotechnique, les méthodes d’étude pour les diverses perceptions, tactiles, musculaires et articulaires, douloureuses et thermiques, lumineuses et sonores, olfactives et gustatives, pour l’émotivité, pour les représentations spatiales et temporelles, pour les types imaginatifs, pour la motricité, pour les caractéristiques du travail, la capacité d’apprentissage, l’automatisation et la suggestibilité, pour l’étude de l’attention, des fonctions mnémoniques et de l’intelligence générale et technique.
- En conclusion de ce livre, clair, précis et admirablement informé, comme on pouvait l’attendre d’un spécialiste entraîné, d’un technicien rigoureux, tel que l’auteur. Ponzo montre qu’il est nécessaire, pour la pratique de l’orientation professionnelle d’établir chez les jeunes gens des « profils d’aptitudes ».
- H. P.
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- lre Année
- Octobre 1929
- Muses Pedagogique 4t, Rue Gay-Lussae, 41
- N° 8
- BULLETIN
- . DE
- l’Institut National d'Qpientation Professionnelle
- Institut National d’Orientation Professionnelle
- ' ANNÉE SCOLAIRE 1929-1930
- L’Institut National d’Orientation so propose trois buts :
- 1° Assurer un enseignement, capable de former des conseillers d’orientation ;
- 2° Constituer un centre de documentation pour la diffusion des données relatives à l’orientation professionnelle ;
- 3° Favoriser en vue des questions d’orientation et de sélection scolaire les recherches nécessaires au progrès de ces méthodes et an contrôle de leurs résultats.
- 3 ° Enseignement pour la préparation au diplôme
- DE CONSEILLER D’ORIENTATION
- Diplôme. — L’Institut décerne un diplôme de conseiller d'orientation aux élèves régulièrement inscrits ayant suivi avec assiduité, pendant un an, les enseignements théoriques et pratiques organisés pour la préparation à ce diplôme, fait un stage dans des offices d’orientation désignés à cet effet, et subi avec succès les épreuves de fin d’année.
- Il pourra en outre être décerné un diplôme supérieur d’orientation dont les conditions d’obtention seront ultérieurement fixées.
- Inscriptions. — Pour être inscrit comme élève de l’Institut, il faut présenter un demande écrite, sur papier libre, accompagnée d’un extrait de l’acte de naissance, et une notice sur les études déjà faites et les diplômes obtenus. Le registre d’inscription est ouvert au Secrétariat pendant le mois d’oc-
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- tobre. L’admission est prononcée par le Conseil de Direction et est justifiée par l’octroi d’une carte d’inscription. Le nombre des inscriptions est limité.
- Pour s’inscrire à l’examen, il faut présenter une demande écrite* appuyée de certificats d’assiduité aux travaux pratiques délivrés par les chefs de travaux, et fournir un rapport de stage. L’admission aux épreuves est prononcée par- le conseil directeur, après vérification de l’assiduité aux cours sur' les registres de présence. Sur justifications spéciales, des dispenses d'assiduité peuvent être accordées. En particulier, les médecins peuvent être dispensés de certains cours et travaux pratiques ; tes directeurs d’Office d’orientation peuvent être dispensés de stage, etc.
- Droits d'inscription et d'examen, dispenses. — Le droit d’inscription (donnant droit aux cours et aux travaux pratiques) est fixé à 150 francs, qui doivent être versés au moment de la délivrance de la carte.
- Le droit d’examen est fixé à 100 francs, versés au moment de l’inscription pour l’examen.
- Toutefois seront dispensés des droits :
- 1° Les membres de l’enseignement public ;
- 2° Les membres des offices d’orientation professionnelle ;
- 3° Les boursiers des départements et des villes ;
- 4° Les étudiants et travailleurs spéciaux qui, ayant présenté une demande justifiée, auront obtenu la dispense accordée par le Conseil directeur.
- Examen. — Une session d’examen pour l’obtention du diplôme a lieu tous les ans entre le 15 juin et le 14 juillet, à une date fixée par te Conseil directeur. Les épreuves consistent :
- 1° En trois compositions écrites d’une durée de deux heures chacune et portant sur :
- a) La physiologie et la pathologie (générale el psychia-
- trique).
- b) La psychologie.
- c) L’organisation de l’orientation et les sciences écono-
- miques.
- 2° En trois épreuves pratiques, d’une durée de deux heures chacune et relatives :
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- a) A l’examen physiologique.
- b) A l’examen psychologique.
- c) A la technique de l’orientation.
- 3° En cinq interrogations orales portant sur :
- a) La physiologie et la pathologie (générale el psychia-
- trique).
- b) La psychologie.
- c) L’orientation et les sciences économiques.
- d) La pédologie.
- c) La technique des métiers.
- Nota. — Lorsque la composition écrite sera exclusivement consacrée à la physiologie, l’interrogation orale portera exclusivement sur la pathologie, et inversement. De même, lorsque la composition écrite sera exclusivement consacrée à l’organisation, l’interrogation orale portera exclusivement sur les sciences économiques et inversement.
- Les épreuves écrites sont cotées de 0 à 20. Un total de 30 points est nécessaire pour être admissible aux épreuves pratiques. Les épreuves pratiques sont également cotées de 0 à 20, et un total de 30 points est nécessaire pour être admissible aux épreuves orales. Les interrogations orales sont cotées de 0 à 10.
- Pour être définitivement admis, il faut un minimum total de 85 points. La mention assez bien est accordée aux candidats dont le total des points atteint 102 (moyenne de 12 sur 20) ; la mention bien à ceux dont le total des points attint 119 (moyenne de 14 sur 20) ; et la mention très bien à ceux dont le total atteint 136 (moyenne de 16 sur 20).
- La mention figure sur le diplôme décerné aux candidats admis.
- Le bénéfice des admisssibilités (première ou deuxième admissibilité) acquises à une. session d’examen, pourra être conservée à la session suivante.
- PROGRAMME I. — Physiologie
- 20 leçons faites au Conservatoire national des Arts et Métiers (292, rue Saint-Martin).
- I. — Généralités. Poids, taille, surface du corps, indice de ro busticité.
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- II. — La cellule et le milieu intérieur ; sang, lymphe.
- III. — La circulation :
- a) cœur ; mécanique, fréquence.
- b) pression artérielle, pression veineuse ;
- c) phénomènes vasomoteurs.
- IV. — La respiration :
- a) mécanique respiratoire, fréquence respiratoire ;
- b) échanges gazeux ; quotient et coefficients respira-
- toires ; spiromètres.
- V. — T^a digestion :
- a) aliments, ration alimentaire ;
- b) phénomènes chimiques de la digestion ; assimila-
- tion.
- VI. — Les secrétions : externes et internes. Corrélations humorales.
- VIL — Le rein : secrétion urinaire.
- VIII. — Chaleur animale, métabolisme, thermométrie, calori-métrie.
- IX. — La contraction musculaire.
- X. — Les fonctions nerveuses :
- a) nerf : excitabilité, conductibilité ;
- b) Les centres nerveux : moelle et réflexes ; encé-
- phale, inhibition, dynamogénie.
- XI. — Phénomènes électriques de l’activité némomusculaire ; influx nerveux, électrocardiogramme, électromyogramme.
- XII. — Le mouvement volontaire :
- a) précision, coordination, apprentissage de mouve-
- ments ;
- b) l'onus ; marche et équilibre.
- XIII. — La fatigue :
- a) effort physique ; fatigue physique ;
- b) surmenage, fatigue industrielle.
- XIV. — Aptitudes physiologiques requises par les divers groupes de métiers.
- XV. — L’établissement d’une fiche physiologique.
- Cours annexe facultatif. — M. Laugier fait au Conservatoire des Arts et Métiers, les mercredis et samedis à 21 h. 1/4, à partir du 16 novembre, un cours de quarante leçons, sur les grandes fonctions physiologiques et la physiologie du travail. Ce cours, sans faire partie des cours de l’I. O. P.,
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- peut fournir un complément utile aux élèves de l’Institut qui auraient le loisir de le suivre. Les cours et les travaux pratiques qui l’accompagnent le dimanche matin sont entièrement gratuits. Aucune condition n’est exigée pour l’admission ; il suffit de s’inscrire au Secrétariat du Conservatoire National des Arts et Métiers, 292, rue Saint-Martin.
- Voici le programme de ce cours :
- I. — Les grandes fonctions physiologiques :
- La vie cellulaire. Le milieu intérieur. La circulation. Les échanges respiratoires. Alimentation. Digestion et assimilation. Les sécrétions. La contraction musculaire. Le nerf et l’influx nerveux. Les centres nerveux. La chaleur animale.
- IL — Physiologie du travail :
- Mécanique, précision, coordination, apprentissage des mouvements. Effort physique. Phénomènes musculaires, nerveux, respiratoires, circulatoires, humoraux, sécrétions accompagnant l’effort, la fatigue, le surmenage, dans le travail physique, le travail mental, l’activité professionnelle. Théories sur la fatigue et pharmacologie du travail. Méthodes d’études du rendement du moteur humain, par l’analyse des échanges respiratoires. Rendement et conditions du travail ; lumière, température, répartition des pauses, etc. Etude synthétique, à titre d’exemple de quelques formes du travail (travail de nuit, travail dans les mines, travail à la chaîne, travail féminin). Les méthodes de rationalisation au point de vue biologique. Les épi-euves biologiques, étalonnage, hiérarchisation des individus au point de leurs fonctions biologiques. La sélection des spécialistes. Laboratoires d’essai du moteur humain. Techniques et méthodes.
- IL — Pathologie a) Pathologie générale (6 leçons faites au Musée pédagogique)
- lre leçon : Généralités sur le rôle du médecin en orientation professionnelle. Dépistage des défectuosités et des maladies. Les contre-indications absolues, relatives, temporaires. — Antécédents héréditaires et personnels : leur valeur, leur interprétation. — Les renseignements du médecin scolaire.
- 2e leçon : Examen somatique et morphologique : les anomalies
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- de la taille et du poids. — La débilité constitutionnelle et l’aptitude aux maladies. — Les troubles endocriniens. Anomalies de l’évolution pubertane.
- 3e leçon : Affections de la peau et du cuir chevelu. — Affections du tissus sous-cutané. — Le système locomoteur (muscles, os, articulations) et ses défectuosités (scolioses, arthrites, pieds plats).
- 4e leçon : Système circulatoire (cœur, vaisseaux). — Système respiratoire : ses insuffisances, ses maladies.
- 5e leçon : Appareil respiratoire (fin). — Système digestif : dents, estomac, intestin, hernies. — Insuffisance hépatique, intoxications. — Appareil urinaire et génital. Ectopie. Incontinence urinaire.
- 6e leçon : Maladies générales. — Les organes des sens et leurs anomalies. — Conclusions pratiques : valeur des constatations médicales. — La fiche médicale. La surveillance de l’apprenti. — Le rôle du médecin scolaire. La préadaptation professionnelle. — Le secret médical.
- b) Psychiatrie
- (4 leçons faites au Musée pédagogique)
- 1° Les maladies nerveuses et les maladies neuropsychiques de l’enfant et leur rapport avec l’orientation professionnelle ;
- 2° La débilité intellectuelle chez l’enfant et son rapport avec l’orientation professionnelle ;
- 3° Le déséquilibre psychique d’origine affective chez l’enfant et son rapport avec l’orientation professionnelle ;
- 4° Les perversions instinctives chez l’enfant et leur rapport avec l’orientation professionnelle.
- III. — Psychologie
- (25 leçons faites au Musée pédagogique)
- 1° Le rôle de la psychologie en orientation professionnelle. La psychologie, science du comportement et ses méthodes objectives.
- L’apport constitutionnel héréditaire et l’apport éducatif dans la mentalité biologique et sociale.
- 2° La vie affective et l’activité.
- La direction de l’activité : instincts, tendances, la régularisation des niveaux d’activité. La sthénie affective et les perturbations émotionnelles : la douleur (signes objectifs) et la résistance à la douleur. Les moyens d’examiner les caractères propres de l’affectivité.
- 3° La perception. Son caractère syncrétique primitif, avec analyse et synthèse ultérieures.
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- 4° Les perceptions visuelles. Fonctionnement et examen de la vision.
- 5° Perceptions auditives. Fonctionnement et examen. Les perceptions d’ordre chimique (goût et odorat). Fonctionnement et examen.
- 6° Les perceptions tactiles (sens mécanique, thermique, kinesthésique). Fonctionnement et examen.
- 7° Les perceptions d’équilibration. Les coordinations réflexes. Le rôle du labyrinthe et la kinesthésie.
- 8° Activité réflexe et volontaire. L’exécution des mouvements, la vitesse, la précision, les réactions et leur latence. Méthodes d’examen.
- 9° L’entraînement et la fatigue. Les types individuels.
- 10° Les niveaux d’efficience (attention). Détermination quantitative. La stabilité et la mobilité volontaire, Méthodes d’examen.
- 11° La mémoire. Sa nature et son rôle. Le processus d’acquisition. L’évanouissement, l’évocation et la reconnaissance.
- 12° Les différentes catégories du souvenir et les types de mémoire. Caractéristiques individuelles. Méthodes d’examen. La déformation du souvenir et le témoignage.
- 13° Symbolisme et langage, sa fonction verbale, ses modalités, son examen.
- 14° Les fonctions symboliques supérieures et la pensée. La logique.
- 15° La hiérarchisation des individus. La notion de volonté et celle d’intelligence. Développement mental et intelligence. Les types d’intelligence.
- 16° Les méthodes d’examen de l’intelligence.
- 17° Le caractère.
- 18° Les différenciations de types. Les sexes et les races. La notion d’aptitude. Méthodes de détermination.
- 19° Les méthodes psychotechniques. Méthodes cliniques et méthodes expérimentales d’examen. Le questionnaire. (Notations moyennes.)
- 20° Le test. Ses caractéristiques.
- 21° La critique du test. Notions de cohérence, stabilité, prédic-tivité.
- 22° La notation. Valeurs significatives. Dispersion.
- 23° La notion de corrélation et ses emplois. Les divers indices.
- 24° Le calcul de corrélation.
- 25° Etablissement et choix des tests. Epreuves analytiques et synthétiques. L’application. L’élimination de la variabilité évitable.
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- IV. — Pédologie (10 leçons faites au Musée pédagogique)
- 1° Les grandes lignes de la psychologie de l’enfant.
- 2° Le développement psycho morphologique de reniant.
- 3° Les types psycho nerveux.
- 4° L’éducation musculaire.
- 5° L’apprentissage moteur.
- 6° Les aptitudes sensorielles chez l’enfant.
- 7° Les aptitudes mathématiques (leur reconnaissance, leur culture).
- 8° La notion de loi et de loi naturelle.
- 9° Les aptitudes aux arts plastiques.
- 10° Le caractère et ses composantes.
- V. — Economie politique et sociale (20 leçons faites au Musée pédagogique)
- 1° La vie économique et ses éléments. Besoins cl biens. But »T moyens.
- 2° Le milieu économique. Milieu naturel et milieu social. Technique, juridique et politique.
- 3° La production économique et ses facteurs : Nature, travail, capital.
- 4° Les caractères et les aspects moderne-s du travail.
- 5° L’élément quantitatif du travail : La population.
- (£>° L’élément qualitatif du travail : L’organisation. Organisation naturelle ou spontanée. L’évolution des méthodes de production.
- 7° La division du travail : Division professionnelle Division technique. Division méthodique.
- 8° L’organisation « scientifique » du travail. Le taylorisme. Ses caractères et son extension.
- 9° L’organisation méthodique de la vie économique : Le problème à résoudre. L’adaptation de la production à la consommation. Les moyens spontanés. L’offre et la demande. Le mécanisme des prix.
- 10° Les moyens systématiques. La rationalisation individualiste ou sociétaire et la socialisation.
- 11° L’organisation contemporaine de la production et de la vente. Concentration d’entreprises et ententes ou fusion d’entreprises.
- 12° Les défauts d’adaptation : Les crises économiques et leur répercussion sur la vie ouvrière.
- 13° Le travailleur et la vie économique. Le problème de la
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- répartition et de la consommation. La part du travailleur dans lé produit social. Le salaire, son taux, ses variations. Leur explication.
- 14° Le salaire au point de vue économique. Le salaire prix du travail et ses modalités modernes.
- 15° Le salaire au point de vue social. Le pouvoir d’achat du salaire et les compléments du salaire.
- 10° Le marché du travail et son organisation. La formation des travailleurs. Orientation et enseignement. Le placement du travailleur. L’emploi du travailleur et le contrat de travail.
- 17° L’action des travailleurs. Groupements professionnels et contrats collectifs de travail.
- 18° L’action du législateur. La législation du travail. Ses causes. Son évolution. Ses caractères,
- 19° La protection légale des travailleurs. Salaire. Durée. Hygiène du travail.
- 20° Les risques des travailleurs. Leur prévention et leur réparation. Les assurances sociales.
- VI. — Technique des métiers A. — (7 leçons faites au Musée Pédagogique).
- Etude des caractères techniques de quelques professions exercées :
- 1° Dans les milieux à atmosphère confinée (industries du vêtement, du livre, des métaux fins).
- 2° Dans les milieux à température chaude et humide (blanchisseries, filatures, teintureries).
- 3° Dans les milieux à température élevée et chaude (verreries, industries métallurgiques).
- 4° Dans les milieux souillés de poussières (poussières de bois, poussières silliceuses, poussières métalliques).
- 5° Dans les milieux souillés de gaz incommodes ou toxiques (industries chimiques).
- 6° Dans un milieu bruyant (chaudronnerie, décolletage, tissage).
- 7° Avec un outillage dangereux (machines à bois, presses à découper et à emboutir).
- B. — (8 visites d’établissements industriels et commerciaux)
- Des visites seront faites dans des établissements appartenant aux catégories suivantes :
- 1° Industries de l’alimentation.
- 2° Industries du cartonnage.
- 3° Industries du vêtement.
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- 4° Industries du livre.
- 5° Industries des métaux.
- 0° Industries du bois.
- 7° Industries du verre.
- 8° Grand magasin.
- . VII. — Organisation et pratique de l’orientation L'orientation professionnelle. Organisation générale et pratique. (20 leçons faites 2, place de la Bourse)
- 1° Les origines du mouvement d'orientation professionnelle.
- 2° Les collaborations nécessaires : généralités.
- 3° L’écoie primaire et l’orientation professionnelle : la préorientation professionnelle.
- 4° Les monographies professionnelles (1).
- 5° Les monographies professionnelles (II).
- 6° Le travail manuel, révélateur d’aptitudes.
- 7° L’orientation professionnelle par les ateliers-écoles.
- 8° Détermination des aptitudes professionnelles.
- 9° L’apprentissage, fonction des aptitudes déterminées.
- 10° L’observation par le maître. Le livret scolaire en vue de l’orientation professionnelle.
- 11° L’orientation professionnelle, les groupements professionnels et les offices de placement.
- 12° La pratique de l’orientation professionnelle. Les offices d’orientation professionnelle. Leur constitution. Leur budget.
- 13° L’orientation professionnelle vers les carrières commerciales.
- 14° Métiers d’industrie et métiers d’artisanat.
- 15° Les méthodes d’orientation professionnelle à l’étranger (I).
- 16° Les méthodes d’orientation professionnelle à l’étranger (II).
- 17° Quelques exemples devant servir à la préparation des stages (examen de dossiers).
- 18° L’orientation professionnelle scolaire. Une expérience dans une école primaire.
- 19° Le caractère et son rôle en orientation professionnelle.
- 20° L’orientation professionnelle et la prolongation de la scolarité.
- VIII. — Sélection et orientation (5 leçons faites au Musée Pédagogique).
- 1° Le problème de l’orientation professionnelle et les méthodes qui permettent de le résoudre.
- 2° La psychologie professionnelle. Classement des professions
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- d’après leurs caractères psychologiques. Etude des aptitudes professionnelles.
- 3° et 4° Le dossier Tf orientation professionnelle (deux leçons) :
- a) Coordination des données anthropométriques, physiologiques et médicales ;
- b) Coordination des données scolaires, psychotechniques et sociales ;
- Organisation et fonctionnement d’un service de psychotechnique appliqué à l’orientation professionnelle.
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- Horaire des cours et travaux pratiques Cours
- Lundi, 18 heures, du 18 novembre au 3 février : Pédagogie, 10 leçons (au Musée pédagogique) ; du 10 au 24 mars : Technique des métiers, 7 leçons (au Musée pédagogique).
- lardi, 18 heures, du 5 au 8 avril : Economie politique, 20 leçons (au Musée pédagogique) ; du 6 au 27 mai : Psychia-trie, 4 leçons (au Musée pédagogique).
- Mercredi, 18 heures, de novembre à avril : Physiologie, 20 leçons (au Conservatoire National des Arts et Métiers) ; du 30 avril au 4 juin : Pathologie] 6 leçons (au M'usée pédagogique).
- Jeudi, 14 heures, du 7 novembre au 10 avril : Organisation, 20 leçons (2, place de la Bourse) ; du 1er mai au 5 juin : Sélection et Orientation, 5 leçons (au Musée pédagogique).
- Vendredi, 18 heures, du 15 novembre au 30 mai : Psychologie, 25 leçons (au Musée pédagogique).
- Conférences complémentaires
- Des conférences complémentaires sont prévues.
- La première sera faite par M. Luc, directeur adjoint de l’Enseignement technique, le jeudi 28 novembre, à 18 heures, au Conservatoire des Arts et Métiers, sur le sujet suivant : L’orientation professionnelle et la liberté des_ familles.
- Travaux pratiques et exercices d’application
- Jeudi, de 9 h. 30 à 11 h. 30, à partir du 14 novembre Psychologie (Laboratoire de psychologie de la Sorbonne).
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- Samedi, 16 heures, à partir du 16 novembre : Physiologie (Laboratoire de physiologie du Conservatoire des Arts et Métiers).
- Mardi, 14 h. 30, de mars à mai : Technique des lests scolaires (Ecole communale de jeunes filles, rue Geoffroy-Las-nier).
- Mercredi, du 12 février au 2 avril, visites d'usines en deux séries, l’une le matin, l’autre l’après-midi.
- Jeudi, de février à avril, à 15 heures, après le cours d’Organisation, présentation avec commentaires de Films de métiers (2, place de la Bourse).
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- Organisation des stages
- Les élèves de l’Institut national d’O. P. auront intérêt à assister aux causeries sur l’orientation professionnelle qu’organisent pendant toute l’année les Comités de patronage d’apprentis des différents arrondissements. La liste de ces causeries et entretiens leur sera remise au début de chaque mois.
- Des comités scolaires d’O. P. ayant été créés dans un assez grand nombre d’écoles, toutes dispositions seront prises pour que, durant le 3e trimestre, les élèves participent aux travaux de ces Comités.
- Comme l’an dernier, les stages se feront, au moment voulu, da'ns les services d’O. P. des Comités de patronage d’apprentis, dans les offices d’O. P. de banlieue, à la Direction générale des Ateliers, Ecoles de la Chambre de Commerce, au Comité de l’Ecole à l’atelier, rue de Lesseps, à la Direction de l’Office départemental de placement, 16, rue de l’Abbaye, etc...
- Des examens spéciaux d’enfants auront lieu, à une date qui sera fixée ultérieurement, sous la direction de M. le Dr G. Paul-Bbncour.
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- 2° La documentation
- Le service de documentation, dirigé par MUe Leone Bour-del, s’efforce de recueillir tous renseignements se rapportant à l’orientation, à la sélection et à l’étude des métiers.
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- Il classe et centralise ces documents (au nombre de 3.000 environ actuellement) qui sont à la disposition des élèves aux heures de Bibliothèque.
- II répond dans la mesure du possible aux questions précises qui lui sont adressées.
- Enfin il recueille un fond de bibliothèque de travail également à la disposition des élèves, uniquement pour le travail sur place à l’heure d’ouverture du Secrétariat (tous les jours, de 3 h. à 6 heures, sauf le samedi).
- Cette bibliothèque qui n’a qu’une année d’existence compte déjà plus de 330 volumes qui se répartissent ainsi :
- 38 livres d’Orientation Professionnelle : Cours de bibliographie (5). — Cours d’Orientation Professionnelle (Généralités) (17). —-Organisation pratique (11). — Pré-orientation (5).
- 54 livres de psychologie professionnelle : Généralités (15). — Aptitudes physiques (physiologie) (6). — Capacité mentale (16). —-Education (17).
- 21 ouvrages sur le travail : Généralités (13). — Apprentissage (2). — Fatigue (5). — Mouvement et temps (1).
- 157 livres de sélection professionnelle : Généralités (1). — Le personnel (3). — Les professions et métiers (monographies et autres (153).
- 7 livres d’Orientation Professionnelle féminine.
- 55 livres de psychotechnique : Généralités (8). — Les tests et leur emploi (20). — Etalonnage et technique psychométrique (4). — Calculs et corrélations (3).
- Le nombre de fiches documentaires et de fiches bibliographiques atteint déjà 3.000.
- Les fiches correspondant aux articles parus dans les revues ou dans les livres que possède la bibliothèque de l’Institut portent au recto le cachet de l’Institut. Tonies les fiches sont cataloguées : 1° fiches avec nom d’auteur suivant'l’ordre alphabétique, 2° fiches documentaires sans nom d’auteur sous les sept rubriques suivantes :
- 1° Orientation professionnelle ; 2° Psychologie professionnelle ; 3° Le travail ; 4° Sélection professionnelle et métiers masculins ; 5° Les carrières féminines ; 0° Psychotechnique ; 7° Bibliographie complémentaire (cinéma, hygiène, législation, médecine, statistique, etc.).
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- 3° Le service de recherches
- Cinq séries de recherches ont été poursuivies d’octobre à juillet.
- 1° Etalonnage d’une fiche collective d’orientation professionnelle qui a été exécutée par 1.610 enfants (garçons et filles) de 42 écoles de la Ville de Paris. La correction est complètement terminée et le centilage est à peu près achevé. La fiche sera utilisable vers le mois de décembre ; nous donnerons l’étalonnage de chaque point du profil dans notre bulletin.
- Ces fiches qui ne sont pas dans le commerce actuellement peuvent être cédées à prix coûtant (1 fr. 50 pièce plus frais d’envoi) par le centre de recherches.
- 2° Détermination du niveau de difficulté de lests d’habileté motrice et d’intelligence pratique et générale, exécutés sur 1.382 enfants de 26 écoles communales de Paris, dans le but de constituer des fiches collectives de contenu différent et de signification équivalente. Les tests exécutés représentent 27.000 réponses environ ; ils ne sont pas encore corrigés ni notés.
- 3° Essai d’une série de tests (habileté motrice, intelligence générale) afin de déterminer ceux qui sont susceptibles de révéler des aptitudes professionnelles.
- Ces épreuves devront être répétées plusieurs années de suite sur les mêmes sujets pendant tout l’apprentissage. Elles sont exécutées sur toutes les élèves des écoles professionnelles de jeunes filles, rue Bouret et rue Ganneron, et sur les élèves de l’Ecole professionnelle de garçons (Ecole Diderot). Nous avons ainsi des documents se rapportant aux métiers suivants : Broderie, corset, couture, mode, dessin, lingerie, chapellerie pour les filles ; et mécanique, menuiserie, serrurerie pour les garçons.
- Nous avons fait exécuter 15.450 feuilles de tests comportant 136.200 réponses environ, mais nous n’avons corrigé et relevér encore que 3.990 feuilles de tests.
- Ces résultats seront mis en corrélation avec la réussite professionnelle au cours de l’apprentissage scolaire.
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- Nous nous proposons de faire exécuter ces mêmes exercices dans les ateliers-écoles comportant les mêmes métiers et ensuite dans l’industrie elle-même.
- Nous tenons à remercier bien vivement les chefs d’établissement auprès de qui nous avons trouvé un si bienveillant et si intelligent accueil et qui continueront à nous servir, nous espérons, dans nos recherches futures.
- 4° Essai de tests individuels de caractère sur les élèves d’une école professionnelle de jeunes filles et dans deux écoles communales de fillettes et de garçons de 12 à 14 ans.
- 5° Essai de tests individuels de mesure de finesse de sensation (teintes, saturation, rugueux, épaisseur, etc.) dans une école professionnelle de jeunes filles.
- NOTES ET DOCUMENTS
- Ateliers-Ecoles d’Orientation Professionnelle et de préparation à l’Apprentissage de la Chambre de Commerce de Paris
- (Année 1928)
- Rapport de M. Henri GAILLARD
- 1. — Organisation pratique de VO.P. dans les Ateliers-Ecoles
- Elle est à la fois scientifique et expérimentale.
- 1° L’Orientation à la direction générale. — La propagande est faite par les tracts, les conférences, la radiotéléphonie, les expositions et les projections cinématographiques. Le service de l’O.P. est. installé à la direction générale et fonctionne avec un orienteur doublé d’un médecin.
- 2° L’Orientation dans les ateliers-écoles. — Elle se poursuit pendant une période de trois à six mois l’expérience confirme ou infirme les résultat du premier diagnostic. Tous les apprentis sont tenus de passer un certain temps dans plusieurs ateliers (trois ou quatre généralement) où ils étudient les métiers dits de base avant de faire leur choix définitif. Ces stages obligatoires sont d’un mois ou de six semaines pour chaque atelier. Le contremaître fait connaître aux enfants le métier qu’il enseigne, ses avantages, ses inconvénients, les qualités qu’il réclame, les débouchés divers qu’il offre. Parallèlement aux travaux pratiques, l’enfant reçoit un en-
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- seignement général : on observe là son intelligence, son attention, sa volonté. Sa vigueur, son tempérament, son développement musculaire £ont étudiés pendant les leçons d’éducation physique. Enfin on note sa conduite et son caractère.
- A la lin des stages, le directeur, muni de tous ces renseignements, professionnels, psychologiques et médicaux, les confronte avec les desiderata formulés par la famille et donne ses conseils.
- II. — Organisation générale des Ateliers-Ecoles
- La Chambre de Commerce collabore de plus en plus avec les chambres syndicales. Elle a été sollicitée par celles de l’alimentation, de la réparation automobile, du décolletage, des tapissiers, de la marbrerie, de la photogravure, de la mercerie, des dentelles, etc., pour la création de cours nouveaux. De nouveaux ateliers ont donc été ouverts ; d’autres sont en préparation.
- Dans les concours, les élèves des ateliers-écoles obtiennent de très bonnes places. Ils ont pris part en outre à un certain nombre d’expositions d’apprentissage.
- III. — Situation particulière des Ateliers-Ecoles
- Les ateliers-écoles sont actuellement au nombre de 13. L’un d’eux a jusqu’à 363 élèves ; quatre autres en ont plus de 200.
- Le. rapport de M. Gaillard est suivi d’un rapport de M. Templier sur l’Education physique dans les ateliers-écoles pendant l’année 1928, et d’annexes diverses : fiches d’O.P., fiche médicale, fiches d’ateliers, etc...
- A travers les Revues
- Les Archives suisses de Neurologie et de Psychiatrie ont publié (vol. xxiv, fascicule i), le rapport présenté par W. Boven, à la réunion de la Société suisse de Psychiatrie, à Zurich, sur l’état actuel de la caractérologie, au point de vue biologique (avec exposé du système de Kretschmer, de la classification endocri-mienne de Pende, et des vues de l’école morphologique française de Sigaud, de Lyon).
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- Les classes sélectionnées à l'étranger. — Dans le numéro 2 de 1’ « Ecole Nouvelle » (Charleroi-Belgique), paraît un article de M, Jean Nélis sur ce sujet.
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- De par son organisa lion actuelle, l’école primaire ne suffit pas à sa tâche. Le système de sélection des élèves par leur âge réel, et leur répartition en classes superposées aboutisent à ce résultat fâcheux que plus de 50 °/0 quittent l’école sans avoir achevé le programme, et 15J[„ ayant terminé l’école primaire sont incapables de suivre un enseignement professionnel élémentaire faisant suite an programme (enquête de Genève). D’où la nécessité de créer un enseignement adapté aux diverses catégories : mieux-doués, moyens, arriérés et anormaux.
- 1. En Allemagne, le système de Mannheim, par sa division des classes en quatre séries parallèles, permet à l’enfant de travailler en donnant toute sa mesure bien qu’en évitant tout effort exagéré. Ce système de Mannhein s’est répandu en Allemagne.
- A Berlin, le système des classes mobiles, en établissant le même horaire pour toutes les classes d’une école et pour toutes les branches principales, permet de placer à la même heure dans toutes les classes une leçon appartenant à la même branche. De celte façon, un élève de deuxième année, faible en calcul par exemple, mais normal pour les autres branches, ira suivre le cours de calcul en première année, tandis qu’un avancé ira les suivre en troisième.
- 2. En Suisse^ les systèmes de Bâle et de Genève sont à classes fortes et classes faibles. En outre, il existe dans chaque école primaire des classes pour anormaux.
- 3. Aux Etats-Unis, le système d’Oakland comprend cinq types de classes : 1° pour les arriérés de plus de trois ans ; 2° pour les retardés et les lenls ; 3° pour les chétifs ; 4° pour les normaux : 5° pour les mieux-doués. Le système fonctionne à l’école primaire et à l’école secondaire (lligh School).
- 4. En Angleterre, on ne rencontre que des initiatives isolées ou des adaptations des systèmes de Mannhein et de Genève.
- De partout, écrit M. Nélis, on signale que le travail de ces classes Sélectionnées est nettement supérieur à celui des classes traditionnelles.
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- VEnseignement en lhissie Soviétique (d’après A. Epstein, aili-cle paru dans 1’ « Université Nouvelle », numéro mars-avril 1929). — L’U.R.S.S. a fait une œuvre énorme au point de vue de l’enseignement. « En l’espace de sept ans, l’Etat a publié 250 millions de livres et d’écrits, et plus de 70 °/o ont été destinés aux paysans, aux ouvriers, aux élèves élémentaires. » Les librairies sont nombreuses et les livres soigneusement appropriés à l’intelligence de ceux à
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- qui ils sont destinés. Les ouvrages de vulgarisation scientifique et de propagande marxiste sont les plus répandus.
- ^analphabétisme diminue dans des proportions rapides : le taux des lettrés qui s’élevait à 33,7 °/0 pour les hommes et 11,7 % pour les femmes en 1898, est passé à 44,6 °/„ (hommes) et 25,8 % (femmes) en 1920, et 58 °/„ (hommes) et 34,4 °/0 (femmes) en 1926.
- Le plan d’application de l’instruction obligatoire a été établi d’après la situation intérieure des républiques, {/enseignements se fait dans les langues maternelles, ce qui amène une affluence d’élèves bien plus considérable.
- L’enseignement secondaire se développe lui aussi rapidement : En 1926-1927 : 1.300.00 élèves. — En 1927-1928 : 1.600.000. — En 1928-1929 : 1.750.000 élèves prévus.
- INFORMATIONS
- Association Amicale des anciens Élèves de l’Institut National d’Orientation Professionnelle (i)
- STATUTS Titre I
- Constitution et but de VAssociation .
- Article premier. — Il est formé par les anciens élèves de l’Institut national d’Orientation professionnelle à Paris, une association qui a pour titre « Association amicale des anciens élèves de l’Institut national d’Orientation professionnelle ».
- Art. 2. — Les buts principaux de l’Association sont :
- a) De créer et de maintenir des liens de relations cordiales et d’entr’aide professionnelle entre les élèves de l’Institut entre eux et son personnel enseignant, après la cessation de leurs éludes.
- b) De suivre, d’encourager et d’aider par tous les moyens moraux ou matériels dont elle pourra disposer, les travaux et recherches de ses membres en Orientation professionnelle et dans les sciences annexes.
- c) De faciliter à ses membres l’utilisation de la documentation
- (1) Nous sommes heureux de faire connaître dans notre Bulletin la vie de cette jeune Association et nous servirons le plus possible de lien entre ses membres.
- N. D. L. 1t.
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- de l’Institut d’O.P. et des résultats acquis par ses services de recherches.
- d) De contribuer au développement de l’Orientation professionnelle par une coordination plus étroite des efforts individuels de ses membres, par la mise à l’étude de problèmes d’actualités importants, et par tous autres moyens qui seront en son pouvoir.
- e) De défendre les intérêts professionnels des membres de l’Association s’occupant d’Orientation professionnelle ou de questions similaires.
- Art. 3. — Exclusivement amicale, professionnelle et scientifique, dans ses tendances, l’Association est strictement neutre au point de vue politique et religieux et, s’interdit formellement de laisser d’introduire toute considération cultuelle ou de parti dans ses travaux, délibérations, résolutions ou vœux.
- Art. 4. — La durée de l’Association est illimitée. Son siège est à Paris. Il pourra être déplacé sur simple décision du Conseil directeur.
- Titre II
- Composition de VAssociation
- Art. 5. — L’Association comprend :
- 1° Des membres titulaires, recrutés parmi les anciens élèves de l’Institut national d’Orientation professionnelle avant été régulièrement inscrits à cet Institut qu’ils soient pourvus ou non du diplôme de fin d’études de conseiller d’Orientation.
- 2° Des membres associés recrutés, parmi le personnel enseignant de l’Institut national d’Orientation professionnelle.
- 3° Des membres stagiaires, recrutés parmi les élèves en cours d’études à l’Institut d’Orientation, et y étant régulièrement inscrits.
- 4° Des membres honoraires. — Sont admises comme telles toutes les personnes qui, s’intéressant aux questions ressortissant à l’activité de l'Association, sont disposées par leur influence ou par leur collaboration, à contribuer à la prospérité de l’Association.
- 5° Des membres bienfaiteurs. — Tout membre de l’Association a droit à ce titre après le versement en une fois d’une somme minima de cinq cents francs.
- Art. 6. — Le nombre des membres titulaires, stagiaires, honoraires et bienfaiteurs est illimité.
- Art. 7. — Les personnes désireuses de faire partie de l’Association, quand leur entrée à l’Association n’est pas sollicitée par le Conseil directeur lui-même, sont admises sur demande adressée par eux au secrétaire général, qui la transmet au Conseil direc-
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- leur, lequel slulue sur l’admission. Le conseil n’esl pas tenu de justifier ses décisions.
- Les candidats qui ne seraient pas majeurs lors de leur demande d’admission, sont tenus de joindre à cette demande une autorisation sur papier libre de leurs parents (père ou mère), tuteur ou représentant.
- La demande d’admission è l’Association implique l’adhésion sans réserves aux présents statuts et règlements intérieurs.
- ' Titre III Administration
- Art. 8. — L’Association est administrée et dirigée par un Conseil directeur. Le Conseil comprend neuf membres, élus parmi les membres titulaires majeurs et français, possesseurs du diplôme de conseiller d’Orientation. Il s’adjoint un délégué ayant voix délibérative et prenant part aux voles, désigné par le personnel enseignant de l’Institut d’Orientation. Les membres élus du Conseil sont renouvelés par tiers chaque année. Le Conseil élit chaque année, parmi ses membres, un bureau dont la composition détaillée est définie par le règlement intérieur. Les membres du Conseil sont rééligibles. Les membres du bureau le sont également. Toutefois le président ne pourra exercer ses fonctions pendant une durée excédant trois années consécutives.
- Art. 9. — Les membres du Conseil sont nommés chaque année par l’Assemblée générale réunissant au moins le tiers des membres titulaires présents ou votant par correspondance. Le vole s’effectue au scrutin secret. Les membres votant par correspondance devront enfermer leur bulletin de vote dans une première enveloppe ne portant aucune autre suscription que- la mention « Bulletin de vote », et enfermer cette enveloppe cachetée, dans une seconde, envoyée au président avant la réunion de l’Assemblée générale.
- Seuls, les membres titulaires sont admis à participer au vote devant désigner les membres du Conseil. Les candidats au Conseil directeur sont tenus de faire acte de candidature par lettre adressée au secrétaire général, qui en accusera réception immédiatement, au moins un mois avant la réunion de l’Assemblée générale. La liste des conseillers sortants et des candidats au Conseil est portée à la connaissance des membres de l’Association en même temps que l’ordre du jour de l’Assemblée générale.
- Art. 10. — Chaque année, l’Assemblée générale élit un censeur, parmi les membres titulaires n’appartenant pas au Conseil, chargé
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- de la gestion financière de l’Association dans les conditions prévues au règlement intérieur. Le censeur est rééligible.
- Art. 11. — Les fonctions de membre du Conseil directeur, de membre du bureau et de censeur sont entièrement gratuites.
- Art. 12. — Les candidats au Conseil ou au poste de censeur doivent réunir, pour que leur élection soif valable, la majorité des suffrages exprimés.
- Titre IV
- Recettes et dépenses
- Art. 13. — Les ressources de l’Association sont les suivantes :
- 1° Les droits d’entrée et les cotisations annuelles ;
- 2° Les fonds placés et les intérêts échus ;
- 3° Le produit des publications, conférences, fêtes, etc., organisées au profit de l’Association ;
- •4° Les dons, legs et subventions et toutes autres sources de recettes non expressément prévues au présent article.
- Art. 14. — Le droit d’entrée (dû par les seuls membres titulaires et associés) est fixé à dix francs. Les membres stagiaires ne paient le droit d’entrée qu’au moment où ils deviennent titulaires.
- La cotisation annuelle est la suivante :
- 30 francs pour les membres titulaires et associés ;
- 80 francs au moins pour les membres honoraires ;
- 10 francs pour les membres stagiaires.
- Les membres titulaires et associés ont droit au service gratuit du Bulletin de l’Institut d’Orientation professionnelle. La cotisation est exigible à partir du 1er janvier et payable en une seule fois. Les cotisations des membres entrant dans l’Association aux mois de novembre et décembre, est valable pour l’année suivante.
- Art. 15. — Les dépenses principales de l’Association sont les suivantes :
- 1° Les frais annuels d’administration et de propagande;
- 2° Les cotisations ou souscriptions à des œuvres d’encouragement ou de solidarité et à des groupements auxquels l’Association aurait intérêt à s’affilier ;
- 3° Les publications diverses entreprises par l’Association, les enquêtes décidées par l’Association ou par le Conseil, les frais d’achat des livres ou revues dont l’acquisition serait jugée utile ;
- 4° Les versements éventuels faits à des membres de l’Association pour les encourager ou les soutenir dans leurs recherches ou Ira-
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- vaux personnels, visant l’orientation professionnelle ou des sciences annexes.
- Art. 16. — L’engagement et le règlement des dépenses de l’Association est prévue dans son détail par un paragraphe spécial du règlement intérieur.
- Art. 17. — Le capital de l’Association est inaliénable. Il ne peut y être touché sans résolution expresse votée à la majorité absolue par une assemblée extraordinaire réunissant au moins les trois quarts des membres titulaires présents ou votant par correspondance, sur proposition du Conseil. Les fonds de l’Association ne peuvent être placés qu’en fond d’Etat français, ou garantis par l’Etat français.
- Titre V
- Assemblées générales
- Art. 18. — Les membres de l’Association se réunissent obligatoirement en assemblée générale ordinaire, une fois par an, au cours du 1er trimestre. Ils peuvent être convoqués en assemblée générale extraordinaire par le Conseil directeur, chaque fois que celui-ci le juge utile ou sur demande motivée signée d’un cinquième au moins des membres titulaires.
- Art. 19. — La convocation et l’ordre du jour de chaque assemblée sont adressés à chacun des membres, dix jours au moins avant l’assemblée. La date et l’ordre du jour sont arrêtés par le Conseil. L’Assemblée générale ne peut discuter valablement que sur les questions portées à l’ordre du jour. Toutes questions non portées à l’ordre du jour introduites par un membre titulaire, seront renvoyées au Conseil qui prendra toute décision utile, et en particulier décide, le cas échéant, de la convocation d’une assemblée extraordinaire.
- Art. 20. — Toute question ou proposition dont l’auteur (qui ne peut être que membre titulaire) demande l’inscription à l’ordre du jour, doit être formulée par écrit et transmise au secrétariat avant le 1er janvier.
- Art. 21. — Les assemblées générales, en dehors des votes spéciaux, dont la validité est définie par des articles spéciaux des présents statuts, peuvent valablement délibérer quel que soit le membre des membres présents. Leurs décisions et résolutions sont prises à la majorité abolue au premier tour, et à la majorité relative au second tour. Les votes se font à main levée, sauf le cas de scrutin secret.
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- Art. 22. — Le bureau des assemblées générales est composé du bureau de l’Association, du censeur, et des deux assesseurs désignés parmi les membres titulaires présents Le ou les bureaux spéciaux de vote ne pourront comprendre que.des membres titulaires non candidats et n’appartenant ni au bureau, ni au conseil. Ils sont désignés par l’Assemblée.
- Titre VI
- Démission, radiations, réintégrations
- Art. 23. — La démission de membre de l’Association est adressée par écrit au secrétaire qui la transmet au Conseil. Elle n’est acceptée que si l’intéressé est en règle avec la caisse de l’Association. Tout membre qui n’aura pas donné sa démission avant le 31 décembre, reste débiteur de sa cotisation pour l’année suivante.
- Art. 24. — Sera exclu de l’Association tout membre qui se rendrait coupable d’actes entachant l’honneur personnel ou professionnel ou d’attaques et manœuvres pouvant nuire aux intérêts moraux et matériels de l’Association. L’exclusion est prononcée par le Conseil, l’intéressé ayant été invité au préalable à présenter sa défense ou justification de vive voix ou par écrit. Le membre exclu sera privé de ses droits et avantages dès que la décision du Conseil lui aura été notifiée. Il pourra en appeler devant la prochaine assemblée générale qui se prononcera sans appel, à la majorité des membres présents.
- Art. 25. — Tout membre en retard d’un an et un jour dans le paiement de sa cotisation sera radié provisoirement. Et si un mois après à la suite d’un avertissement recommandé, il n’a pas régularisé sa situation, sa radiation deviendra définitive.
- Art. 26. — Un ancien membre, demandant sa réintégration à l’Association est soumis aux mêmes formalités et se trouve dans la même situation qu’un candidat nouveau, il n’est pas dispensé du droit d’entrée. Aucune demande de réintégration ne pourra être admise si la radiation a été déterminée pour l’un des motifs visés à l’article 24 des présents statuts.
- Art. 27.'— Le Conseil est juge de toutes les contestations qui pourraient s’élever sur l’interprétation et l’exécution des articles 24 des présents statuts et du règlement intérieur, et dans tous les cas non expressément prévus.
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- Modifications aux statuts ; dissolution
- Art. 28. — Seuls les membres titulaires ont le droit de proposer des modifications aux statuts, de les discuter, approuver ou rejeter. Toute demande de modification aux statuts, si elle n’émane pas du Conseil, devra réunir la signature d’un quart au moins des membres titulaires, et être adressées au secrétariat avant le les janvier. En cas d’urgence, les membres titulaires ou le Conseil ont le droit de provoquer une assemblée extraordinaire, dans les conditions définies à l’article 18 des présents statuts.
- Art. 29. — La dissolution de l’Association ne peut être envisagée et discutée que sur la proposition des trois quarts au moins des membres titulaires Elle sera prononcée en assemblée générale extraordinaire et ne sera définitive que si elle est votée par les trois quarts au moins des membres titulaires présents ou votant par correspondance.
- Art. 30. —- Des fonds disponibles lors de la dissolution de l’Association seraient versés à une œuvre d’encouragement scien tifique, désignés par l’Assemblée extraordinaire ayant voté la dissolution.
- Titre VIII Règlement intérieur
- Art. 31. — Lu règlement intérieur arrête les conditions propres à assurer l’exécution des présents statuts et à régler la marche détaillée de l’Association. 11 peut être modifié provisoirement par le Conseil, ses modifications ne devenant définitives qu’après approbation par la prochaine assemblée générale ordinaire.
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- Prenez note que l’Amicale des anciens élèves de l’Institut, d’O.P.* organise un banquet le samedi 7 décembre, à 20 heures.
- Nous espérons que les anciens élèves, les élèves et aussi MM. les Professeurs et tous les amis de l’Institut d’O.P. se retrouveront ce soir-là pour fêter l’Amicale et l’Institut.
- Le lieu et le prix du banquet seront indiqués au prochain Bulletin... mais retenez d’ores et déjà la date du 7 décembre pour être des nôtres.
- (Le. Bureau de VAmicale des A.E. de VInstitut d’O.P.)
- INSTITUT NATIONAL
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- 1” Année
- Novembre 1929
- Professionnelle
- Musée Péilabfôgique
- 41, Rue Gny-Lussac, 41
- N» 9
- BULLETIN
- l’Institut National Orientation Professionnelle
- L’Interprétation des Résultats numériques dans les Examens d’aptitude
- PAR
- JVC. FESSARD
- Traduire par un nombre le résultat de tout examen physiologique ou psychologique des aptitudes est devenu une règle essentielle de la psychotechnique. La formule est excellente à condition de savoir interpréter convenablement les nombres auxquels on aboutit. Or, si les moyens d’« arithmétiser » une méthode de diagnostic ne manquent pas, ils sont loin d’être tous de la même qualité quant à la richesse de signification des nombres qu’ils fournissent. De plus, le même résultat peut, suivant notre but, être interprété de plusieurs manières. En face de la multiplicité des points de vue, il importe donc, avant toute recherche ou toute application, d’avoir les idées claires.
- Le cas le plus favorable est celui où nous pouvons attacher un sens précis à la valeuK^numérique elle-même, soit qu’elle nous intéresse théoriquement, soit que nous lui trouvions une signification pratique évidente.
- La première de ces deux attitudes conduit à ce qu’on peut appeler une interprétation scientifique des résultats. Il est d’abord nécessaire que la grandeur soumise à la mesure soit définie rigoureusement. Mais Ce n’est pas suffisant : il faut qu’elle soit intéressante, c’est-à-dire que la mesure vise à faire connaître des propriétés assez simples et assez profondes, se rattachant suivant des liens connus (lois de la physiologie et de la psychologie) à d’autres propriétés. Ainsi nous pourrons
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- âvoir cette attitude devant une détermination de chronaxie, parce qu’elle nous fera connaître une propriété intime d’un complexe neuro-musculaire, qui nous renseignera d’un coup sur une foule de qualités : rapidité de contractions, intégrité de certaines synergies, etc... Et, dans la mesure où ces qualités se seront montrées en relation avec une supériorité professionnelle, l’orientateur aura, lui aussi, cette attitude.
- Nous pourrons juger de manière analogue une mesure de seuil sensoriel, de temps de réaction, etc... Mais plus nous nous aventurerons vers les manifestations complexes, aux lois moins bien connues, de l’activité humaine, olus nous obtiendrons des nombres dont la signification, au point de \uie qui nous occupe maintenant, ira en s’appauvrissant.
- Il y a d’ailleurs toutes les transitions entre les cas où l’interprétation scientifique va d’elle-même et ceux où elle n’est plus possible. Ainsi, dans les tests composés d’éléments approximativement équivalents, et bien qu’il s’agisse parfois de phénomènes déjà très complexes, on peut se livrer à des dénombrements intéressants pour eux-mêmes : par exemple, le nombre de mots retenus dans un temps donné, dans un test de mémoire construit avec un matériel homogène. Mais dans un test de mémoire faisant intervenir des idées disparates, ou encore dans des tests d’intelligence, d’imagnination, etc., il faut bien se convaincre que la valeur brute, obtenue à l’aide d’unités arbitraires, ne possède aucun sens par elle-même. Voici un test d’intelligence se composant de cent questions diverses, à chacune desquelles correspond un point : Dirons-nous que 60 points représentent deux fois plus d’intelligence que 30? Nous ne dirons même oas qu’ils représentent deux fois plus de quelque chose d’autre, car aucun dénombrement psychologiquement intéressant n’est possible.
- Un nombre sans intérêt théorique peut cependant avoir un sens concret dans la pratique, par exemple s’il est directement interprétable en termes de supériorité professionnelle : à côté de l’interprétation scientifique, il y a l’interprétation pratique. Supposons qu’un certain travail, ou qu’un élément de ce travail, consiste à enfiler des perles, et que la supériorité professionnelle, s’il n’y a pas d’erreurs à craindre, consiste simplement à aller le plus vite possible, il est clair qu’un test à
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- l’image de la profession (lest synthétique) sera tout indiqué, et que le nombre indiquant la durée sera à prendre directement en considération (sous réserve, s’il s’agit de candidats, des renseignements supplémentaires qu’on pourra demander à des tests analytiques d’éducabilité, de fatigabilité, etc.).
- Enfin, dans le cas le plus fréquent, le mérite individuel, s’il n’est pas encore — en l’état actuel de la science — dosable en fonction de certains paramètres numériques qui en expriment les causes profondes, ne peut pas non plus s’apprécier directement en termes de rendement professionnel. En traduisant numériquement les résultats, n’allons-nous pas donner l’illusion d’une apparente rigueur et*faire croire à une perfection des méthodes qui n’est pas vraiment atteinte? En réalité, et c’est là le point essentiel, la note individuelle que l’on obtient dans les tests mentaux acquiert un sens dès que l’on peut la comparer à la distribution des notes obtenues par un groupe d’individus formant un échantillon bien représentatif de la collectivité particulière dont le sujet fait partie. A défaut (ou à côté, suivant les cas) d’une interprétation scientifique ou pratique, la donnée numérique recevra alors une interprétation statistique.
- dette dernière, cependant, correspond à une situation provisoire. Pour le praticien de la psychologie appliquée d’une part, la tendance bien naturelle sera d’essayer de remonter de l’interprétation statistique à une interprétation pratique. Il effectuera ce passage grâce à la détermination préalable des coefficients, de validité et de l’équation de régression, qui lui fera connaître, à partir du résultat brut, le rendement professionnel le plus probable. D’autre part, le théoricien essayera d’interpréter scientifiquement certains résultats statistiques (par exemple la théorie de l’Intelligence générale de Spearman) ou, en s’aidant de certaines hypothèses, tentera de. construire des échelles plus significatives (dites absolues).
- Dans un cas comme dans l’autre, il est nécessaire de faire subir aux données brutes diverses transformations profondes. Nous y reviendrons dans de futurs articles. Aujourd’hui, nous terminerons en indiquant les calculs et transformations qu’il convient d’effectuer tout d’abord pour réduire l’arbitraire des résultats immédiats dans ce qu’il a de plus gros-
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- sier. Ces opérations auront surtout pour but de rendre statistiquement comparables les données de divers lests.
- 1° Parfois le résultat d’un lest s’exprime simplement par la mention « bien » ou « mal », « vrai » ou « faux ». 11 n’y a pas d’échelons intermédiaires. L’étalonnage se réduit à la détermination du nombre de sujets qui, dans le groupe de référence, ont réussi l’épreuve. Il est clair que ce nombre doit être transformé en pourcentage, dit pourcentage de réussite. La mention de réussite ou de non réussite, par laquelle nous exprimons le mérite, ne prendra sa signification qu’accompagnée de ce renseignement fondamental.
- 2° Si le test aboutit à un classement des individus, on ne manquera pas de mentionner, à côté du rang des sujets auxquels on s’intéresse, le nombre total des autres sujets. Être le premier sur 10 n’est pas équivalent à l’être sur 100. Pour faciliter les comparaisons, il est bon de recalculer tous les rangs en ramenant à 100 le nombre de sujets.
- 3° Toutes ces considérations sont très simples. Lorsqu’on a affaire à des valeurs numériques, les choses sont un peu plus compliquées. Pour rendre comparables dans ce cas les résultats de différents tels, il existe deux méthodes principales : la méthode du centilage et la méthode de l’écart réduit.
- a) Méthode du centilage. — Elle consiste à retourner à la notation par rangs. Grâce à l’étalonnage préalable, il est possible de remonter de la noté obtenue au pourcentage d’individus qui, dans le groupe de référence, ont obtenu une note inférieure ou égale à celle du sujet considéré, c’est-à-dire au rang, ramené à 100, qu’il aurait eu s’il avait fait partie de ce groupe. Ainsi, la note 60 par exemple deviendra, si elle correspond au rang 80, ce qu’on appelle le 80e centile. La valeur numérique, jugée peu intéressante par elle-même, ne sert que d’intermédiaire et n’est pas conservée. Nous n’avons pas à envisager ici pour quelles raisons le rang se trouve traité avec plus d’égards que la valeur.
- L’équivalence des centiles de même rang étant postulée, les comparaisons deviennent possibles. Il serait absurde de dire que la mémoire d’un sujet est meilleure que son intelligence parce qu’il obtient la note 80 dans un test et la note 60 dans l’autre (même si l’échelle de ces deux tests avait la même
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- étendue). Mais si nous transformons ces nombres en rangs et que nous trouvions 75 et 50, respectivement, nous pouvons dire au moins que, relativement au groupe de référence, notre sujet laisse plus de sujets derrière lui en mémoire qu’en intelligence, et ce dans la proportion de 75 sur 50 : C’est une interprétation statistique parfaitement claire des données, et il ne faut pas pour le moment leur en demander plus.
- b) Méthode de l'écart réduit. — Dans cette méthode, on interprète le mérite du sujet d’après l’écart de sa note A avec la moyenne Am du groupe. Cet écart est noté positivement si le sujet dépasse la moyenne et négativement s’il se tient en dessous. Mais ce n’est pas tout. Le mérite est sans doute d’autant plus grand que l’on s’écarte davantage, et positivement, de la moyenne : mais il n’est pas le même, à écart égal, selon que les sujets du groupe de référence s’écartent eux-mêmes peu ou beaucoup, en général, de la position centrale. Autrement dit, l’écart ne prend sa signification que par rapport à un indice de dispersion du groupe. Il est d’usage de prendre comme unité l’écart type ou écart étalon o-. L’écart brut, divisé par a-, devient alors Y écart réduit.
- Par exemple, si A = 20
- Am = 50 a = 15
- on a, pour l’écart (observer les notations qui seront utilisées dans d’autres articles) :
- a = A — Am = 20 — 50 = — 30 et pour l’écart réduit :
- Ce qui, en langage ordinaire, pourra s’énoncer ainsi : Le sujet est inférieur à la moyenne de son groupe de deux fois l’écart étalon de celui-ci.
- Grâce à ce principe unique, des notes de provenances dis- ' parafes peuvent être légitimement rapprochées. La situation est analogue lorsque nous voulons comparer deux échelles thermométriques différentes, Centigrade et Farenheit par exemple. Nous commençons par faire correspondre deux points pris comme origine, ici 0 et 32, comme nous faisons correspondre nos moyennes ; puis nous définissons deux
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- intervalles équivalents, 100 et 180, comme nous proclamons l’équivalence des écarts étalons.
- De ces méthodes, laquelle devons-nous employer de préférence ? La première a l’avantage de la simplicité, de la rapidité, et comporte une transformation qui peul s’accorder avec certaines vues théoriques, d’ailleurs fragiles. La seconde, utilisée principalement par les auteurs anglais et les américains, est d’un calcul plus pénible. Mais elle ne change pas réellement réchelonnage à l’intérieur du test (puisque les valeurs brutes ne subissent qu’une transformation linéaire) et c’est un avantage lorsqu’on ne refuse pas tout intérêt aux valeurs numériques. Enfin, et surtout, les écarts réduits peuvent se combiner linéairement pour aboutir à des indices globaux d’aptitude. Pour l’application pratique, et sous réserve d’autres restrictions, notre choix ira donc de préférence à cette deuxième méthode.
- L’Instruction publique et la Question Professionnelle en Bulgarie
- P A II .
- IMIlle L. BOURDEL
- La Bulgarie- est actuellement un pays très pauvre, par suite de la perte de ses plus riches provinces, et cependant la proportion des illettrés y est, moins grande qu’en France, et le niveau intellectuel moyen particulièrement élevé. Les Bulgares ont un penchant pour l’étude, déjà inné chez eux, encore renforcé par leur patriotisme ardent, et qui trouve facilement à se satisfaire grâce à une organisation bien comprise de l’Instruction publique. *Ce pays, auquel on ne prête pas assez d’attention en France, est pourtant le plus cultivé de l’Europe orientale, et c’est un étonnement, pour un Français qui va là-bas, de voir comment s’y sont développés l’enseignement général et l’instruction populaire, car d ne faut pas oublier qu’il y a cinquante ans, la Bulgarie était encore sous le joug turc.
- La question professionnelle y a été envisagée beaucoup plus tard, et, à l’heure présente, en s’en préoccupe d’une
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- façon toute particulière, à cause de certains problèmes qui se posent, et dont nous reparlerons plus loin.
- I. — L’Enseignement national général
- 1. — L'Enseignement national proprement dit. — Cet enseignement est obligatoire pour tous les enfants jusqu’à 14 ans. Il débute dans les écoles enfantines, où les enfants sont admis de 5 à à 7 ans, et où on les développe au moyen de jeux, chansons, travaux manuels et causeries appropriés à leur âge. Ces écoles sont entretenues par les communes et sont obligatoires dans les villes de plus de 20.000 habitants. Au dernier recensement publié, on en comptait 38, réunissant un total de 1.715 enfants.
- A 7 ans, le petit Bulgare doit entrer à l’école primaire où il reste quatre années, puis il passe au progymnase, où il continue à recevoir pendant trois ans un enseignement gratuit, obligatoire et mixte.
- A l’école primaire, les élèves ne doivent pas avoir plus de quatre heures de classe par jour pendant les deux premières années et pas plus de cinq heures les années suivantes. Ainsi tout surmenage est-il évité ; et, ceci est à remarquer, quatre heures par semaine doivent être en outre consacrées à des excursions au grand air, à des visites d’atelier, etc. Le programme comporte l’étude des branches suivantes : enseignement religieux, langue bulgare, arithmétique, géométrie pratique, géographie du pays, instruction civique leçons de choses, sciences naturelles, dessin, chant, gymnastique, ouvrages à l’aiguille..
- Toute localité ayant plus de 20 enfants d’âge scolaire doit ouvrir une école primaire et un progymnase. L’année scolaire va normalement du 15 septembre au 12 juillet, mais, dans les villages, elle peut durer moins de dix mois.
- Le progymnase, qui constitue le degré supérieur de l’enseignement primaire en même temps qu’il prépare à l’enseignement secondaire, comprend les mêmes branches d’étude que l’école primaire, avec en sus : la lecture du slavon d’église, une des trois langues modernes : français, anglais ou allemand, l’histoire bulgare, la géographie générale, le dessin géométrique, la physique, l’histoire naturelle, l’hygiene et la solidarité sociale, la chimie en liaison avec l’économie, l’agri-
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- culture, l’industrie et le commerce nationaux. Les heures de cours sont de 28 au maximum par semaine.
- Le nombre total des écoles publiques primaires est de 5.322 (3.719 écoles primaires, 1.202 progymnases, 401 écoles complètes). Ces écoles sont réparties dans 91 villes, 3.417 villages, 200 hameaux et 39 groupes de maisons. Comme on le voit par ces statistiques, l’instruction se répand partout, jusque dans les campagnes les plus reculées. Le nombre des enfants ayant fréquenté ces écoles est, de 633.495 en une année, c’est-à-dire 93 % des enfants ayant l’âge scolaire.
- 2. — L’Enseignement secondaire. — L’enseignement secondaire en Bulgarie n’est pas nettement séparé de l’enseignement primaire, mais il y fait suite. A la fin de ses études primaires, sanctionnées par un examen, l’écolier, préparé par le progymnase, entre directement au gymnase, où, pendant cinq ans, il étudiera : la langue et la littérature bulgare, la philosophie propédeutique, la science de l’éducation, une langue' étrangère (français, allemand, anglais, latin, grec, russe), les mathématiques, le dessin géométrique et la géométrie descriptive, l’histoire bulgare, l’histoire générale comprenant l’histoire du christianisme, la géographie du pays, la géographie générale, l’instruction civique et l’économie politique, la physique, la chimie, les sciences naturelles, le dessin et le chant. Il peut suivre en plus les branches facultatives : musique, gymnastique, ouvrages.à l’aiguille et travaux pratiques, sténographie.
- Comme dans notre enseignement secondaire, il existe trois sections : gymnase classique (latin et grec) ; gymnase demi-classique (seulement latin) ; gymnase scientifique (sans grec ni latin).
- Le total des écoles secondaires est de 178, fréquentées par 33.666 élèves (19.718 garçons et 13.948 filles).
- Parallèlement à ces écoles d’Etat, on a ouvert des écoles privées. Parmi celles-ci, on peut citer les collèges français à Sofia, Plovdid et Varna, qui sont dirigés par des Pères catholiques, mais où l’on ne donne aucune instruction religieuse. On y enseigne en français, et suivant les programmes de chez nous. Ces collèges sont très fréquentés, particulièrement par les enfants de l’aristocratie bulgare, et ils répandent la culture française d’une façon tout à fait admirable. Ce qu’on ne sait
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- pas assez en France, c’est que la langue française est la langue étrangère la plus parlée en Bulgarie.
- 3. — L'Enseignement supérieur. — L’enseignement supérieur est proportionnellement moins suivi là-bas que les deux autres enseignements. En effet, beaucoup d’étudiants bulgares préfèrent les universités d’occident, et viennent chercher des diplômes en France ou en Allemagne. Mais,, actuellement, le change défavorable leur rendant les études au dehors excessivement coûteuses, ils doivent rester davantage chez eux.
- Il y a deux universités à Sofia : l’Université d’Etat et l’Université libre.
- a) L’Université d’Elat comporte sept facultés : la Faculté d’histoire et de philologie ; la Faculté de physique et de mathématiques ; la Faculté de droit ; la Faculté de médecine ; la Faculté d’agronomie ; la Faculté de théologie et la Faculté médico-vétérinaire.
- L’Université décerne le grade de docteur depuis 1924. Au dernier recensement publié, elle était fréquentée par 2.388 étudiants, dont 686 étudiantes. Sa bibliothèque comptait 119.165 volumes.
- b) L’Université libre, appelée aussi Institut balkanique du Proche-Orient, est organisé sur le modèle de l’Ecole libre des sciences politiques à Paris. Elle a trois sections : 1) diplomatique et consulaire ; 2) administrative et financière ; 3) commerciale et économique. Les études durent trois ans et se font surtout dans un sens pratique : conférences, excursions d’études, etc.
- A la même époque, 1.646 étudiants y étaient inscrits. Actuellement, elle est aussi fréquentée que l’Université d’Etat.
- IL — Les Cadres
- Il existe en outre deux sortes d’écoles, dont nous n’avons pas encore parlé : les écoles pédagogiques et les instituts du même nom, où l’on prépare les instituteurs.
- a) Les instituteurs des écoles primaires, doivent « être sujets bulgares, ne pas avoir de défauts physiques, et avoir terminé l’école pédagogique ». Dans ces écoles pédagogiques,
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- ils reçoivent le même enseignement que dans les gymnases, à l’exception des langues anciennes. Mais ils y étudient d’autre part : la pédagogie, l’éthique, la logique, l’instruction religieuse, l’hygiène, la médecine populaire, la gymnastique, l’éducation physique et la sténographie. A côté de chaque école pédagogique, il y a une école-modèle à la disposition des futurs maîtres.
- Ces instituteurs primaires, nommés par les Comités scolaires — (Comités composés de citoyens ayant une instruction secondaire et habitant la commune, et ayant la charge d’établir le budget et de surveiller la bonne marche de l’école) — étaient de 13.000 en 1923. Ils sont actuellement 25.000, aussi, à cause de leur trop grand nombre, leur situation matérielle est-elle précaire : leur traitement mensuel moyen est de 2.000 leva (environ 350 francs).
- b) Les instituteurs des progymnases sont préparés dans les instituts pédagogiques, auxquels sont annexés des progyin-nases-modèles ; leur instruction est un peu plus poussée dans la philosophie, les langues étrangères et une branche technique obligatoire, dessin ou chant. Leur traitement est de
- 2.500 leva.
- c) Les professeurs de gymnases sont recrutés parmi les étudiants qui ont terminé leurs études universitaires, et qui ont fait un Stage d’un an dans le lycée-modèle de Sofia, lycée où sont réunis les meilleurs élèves et les meilleurs professeurs, stage sanctionné par un examen. Leur traitement atteint
- 3.500 leva. Les professeurs d’université, seuls ont un traitement comparativement très élevé : 11.000 leva par mois.
- III. — L’Instruction* populaire
- La Bulgarie, et l’on en est très fier là-bas, est un des pays où l’on a le plus fait pour l’instruction complémentaire du peuple.
- 1. — Bibliothèques. — A côté de très nombreux musées, dont quelques-uns sont très riches, les Bulgares ont à leur disposition deux grandes bibliothèques nationales, celle de Sofia et celle de Plovdiv, ayant chacune plus de 200.000 volumes. Deux grandes autres bibliothèques ont été ouvertes à Choumen et à Tirnovo. En outre, un minimum annuel doit
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- être prélevé dans le budget de chaque commune pour y entretenir une bibliothèque nationale publique.
- 2. — Salles de lecture. — Les salles de lecture, actuellement au nombre de 2.000, ce qui est considérable pour un si petit pays, datent de 1860, alors que la Bulgarie était encore sous le joug des Grecs et des Turcs. Elles ont été fondées à cette époque pour grouper les personnes les plus cultivées et les plus en vue, dans le but d’échanger des idées sur des questions nationales, sociales et locales, d’acquérir, par des efforts communs, des livres, des publications et des journaux, d’organiser des représentations musicales et théâtrales, etc. En dehors de leur but instructif et civilisateur, elles ont énormément contribué à unir le peuple bulgare et à développer son sentiment national.
- Aujourd’hui, ce sont surtout des biblitohèques de propagande, au rôle éducateur très important, sans aucune préoccupation politique.
- 3. — Conférences populaires..— Dans les grandes villes, on fait des conférences pour les classes intellectuelles. Mais, à côté de ces conférences « stables », il existe toute une institution de conférences populaires, dont s’occupe un nombreux personnel ambulant. Ces conférenciers vont de village en village parler sur différentes questions populaires : santé, hygiène, etc., souvent avec accompagnement de films. Lorsque l’occasion s’en présente, on choisit des sujets plus particuliers. Je citerai le cas d’un Français ayant fait dans les grandes villes des conférences sur le Maroc, qui s’est vu demander ses filins par le gouvernement bulgare et ses notes par l’un de ces conférenciers ambulants qui, tout cet hiver les relira en bulgare, aux paysans des Balkans. Ces conférences, quel qu’en soit le sujet, sont très goûtées des villageois.
- IV. — La Question professionnelle
- La question professionnelle, jusqu’ici, n’avait pas préoccupé les Bulgares. Leur pays étant essentiellement agricole, il y a beaucoup de villages, très peu de villes ; le problème ouvrier ne s’y posait pas. D’ailleurs, de nombreuses écoles, très bien organisées, préparent aux différents métiers exer-çables en Bulgarie.
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- 1. — Ecoles agricoles. — Les plus importantes sont les écoles agricoles. Elles n’ont pas été centralisées dans les grandes villes mais, au contraire, répandues jusque dans les petites villes et les villages, au cœur même de la production. Elles dépandent du ministère de l’Agriculture et sont de deux sortes :
- a) Les cours.supérieurs, dont la durée est de deux ans : Cours supérieur de viticulture, à Pléven ; cours supérieur agricole et ménager pour jeunes filles, à Tatar-Pazardjik, etc., et une Ecole supérieure coopérative, où sont admis tous ceux qui ont terminé au moins avec la mention « bien » les écoles secondaires d’agriculture ou les écoles de commerce ;
- b) Les écoles secondaires d’agriculture, où la durée des études est de cinq ans : Ecoles d’agriculture, Ecoles spéciales de viticulture et de viniculture, etc.
- Il existe en outre diverses écoles pratiques, parmi lesquelles il convient de citer les écoles d’hiver pratiques d’agriculture, fréquentées par des agriculteurs plus âgés.
- 2. -— Ecoles professionnelles. — Les écoles professionnelles, au nombre de 70, dépandent du ministère du Commerce, de l’Industrie et du Travail. Pour entrer dans ces écoles, les élèves doivent subir un examen très sévère portant sur l’enseignement général. Elles sè divisent en : Ecoles pratiques où l’on prépare des artisans et Ecoles secondaires spéciales préparant des techniciens.
- a) Ecoles pratiques. — Les écoles pratiques ont pour but de « donner aux adolescents des deux sexes suffisamment de connaissances pour exercer une profession déterminée dans le domaine du commerce ou de l’industrie ». Les élèves y sont admis à la sortie du progymnase. Les cours durent de deux à trois ans, et sont suivis d’un stage professionnel pratique de six à douze mois dans des ateliers, fabriques, etc. Les élèves en sortent ensuite avec le titre de maîtres en leur spécialité.
- Ces écoles pratiques sont au nombre d’une cinquantaine. Il y en a : pour la construction des maisons, pour les tailleurs de pierre, pour le commerce, pour la menuiserie, pour le charbonnage, pour la gravure sur bois et les jouets d’enfants, pour les potiers et les poêliers, pour les tailleurs, pour les
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- cordonniers, les graveurs, les vanniers, le lissage de la soie, la lingerie, les dentelles, etc.
- b) Ecoles secondaires spéciales. — Dans les écoles secondaires spéciales, outre les branches spéciales déterminées par le caractère de l’école, on enseigne encore la langue bulgare,- une langue moderne au moins, la comptabilité, la correspondance commerciale et les disciplines qui sont indispensables pour comprendre et étudier les branches spéciales.
- Il y a une école technique à Sofia, avec cinq sections : architecture, section d’ingénieurs, d'arpentage, forestière et des mines. Une école mécanico-électrique, de nombreuses écoles ménagères, de commerce, de menuiserie, de tissage et de teinturerie sont disséminées un peu dans tout le pays.
- Il faut aussi mentionner une école des P.T.T., une école des Chemins de fer, des écoles spéciales pour apprentis et patrons et des cours du soir de perfectionnement.
- Le travail est actuellement réglementé par quatre lois :
- La loi sur la protection du travail, l’hygiène et la sécurité ;
- La loi sur le placement, les assurances et le chômage ;
- La loi sur les assurances sociales ;
- La loi sur les accidents.
- Une loi complémentaire est prévue pour la création de Bourses du Travail dans tout centre supérieur à 1.000 ouvriers. Ces Bourses du Travail aideraient et orienteraient les ouvriers.
- Comme je l’ai dit plus haut, la question professionnelle ne se posait pas en Bulgarie ; mais aujourd’hui un double problème l’amène : la pauvreté du pays et l’excès des intellectuels. La Macédoine, la Thrace et la Dobroudja lui ont été enlevées et elle a perdu là ses plus riches ressources. D’autre part, tous les intellectuels de ses provinces maintenant sous la domination des pays voisins, quittent ces régions où ils sont persécutés parce qu’instruits, et viennent grossir le nombre déjà excessif des intellectuels de Bulgarie. On se préoccupe du problème en haut lieu, mais comment le résoudre? Une première solution : former le plus grand nombre de techniciens qui feront rendre à une terre pauvre le maximum de ce qu’elle peut donner.
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- Solution insuffisante. Alors ? Evidemment l’Orientation professionnelle, principalement des intellectuels, serait à créer là-bas. On y a pensé, mais rien n’est encore fait. J’ai demandé au ministère du Travail quels projets avaient été établis : on m’a répondu que l’organisation ouvrière bulgare prenaient pour modèle l’organisation ouvrière allemande ; que les systèmes français d’Orientation étaient trop techniques, les systèmes allemands davantage éducatifs, et que ceux-ci convenaient mieux à l’ouvrier bulgare qui est assez primitif. Est-ce juste ?
- NOTES ET DOCUMENTS
- Une enquête sur les vocations en Australie
- Une intéressante recherche a été poursuivie par G.-R. Giles, de Melbourne (1), sur la vocation professionnelle des écoliers, d’une part en 1926 (136 élèves d’écoles élémentaires et techniques) et d’autre part en 1928 (630 garçons de 10 à 16 ans, appartenant à huit écoles, élémentaires, supérieures et techniques) : des questions étaient posées sur l’âge, la profession des parents, le métier désiré, les raisons du choix et les changements possibles de vocation.
- Voici les proportions relatives des grandes classes de métiers choisies :
- 1926 1928
- Professions libérales. . . 10,3 % 12 °/„
- Commerce 2,9 12,5
- Commerce de détail. . . 3,7 3,0
- Employés 4,4 5,5
- Artisanat 63,2 61,4
- Divers 15,5 5,6
- Dans le groupe de 1928, sur 630 enfants, 194 (31 °/„) ont indiqué
- une profession de même ordre que celle du père, mais seulement
- 80 (13 °/o) le même métier, exactement. Le plus souvent, quand le choix est le même, il s’agit de l’artisanat (et cela se manifeste surtout dans les écoles techniques).
- (1) Australasian Journal of Psychology, septembre 1929, p. 212.
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- D’après les indications données, les motifs du choix sont, dans 44 °/0 des cas, dus à des influences reçues au foyer (profession du père, désirs des parents ou des amis, action du milieu), dans 16 °/0 des influences scolaires, dans 20 °/o des motifs personnels (goût, habileté, particularités physiques, etc.), dans 19 % des caractéristiques vocationnelles et dans 1 0/o des raisons diverses s’il n’y a pas simplement absence de réponse.
- P.
- *
- * *
- Une étude comparée des divers tests d’attention
- Les mesures d’attention effectuées par différentes méthodes fournissent-elles des résultats cohérents ? En ce qui concerne la comparaison de 5 tests faite par Mlles Gamsa et Salkind à l’Institut J.-J. Rousseau, les corrélations sont très peu satisfaisantes, ce qui montre que les facteurs variables l’emportent sans doute sur les facteurs communs ; mais toutefois l’absence de coefficients de cohérence (surtout avec le nombre assez petit de sujets étudiés) ne permet pas de donner à cette conclusion un grand poids.
- Il aurait fallu, en répétant la même épreuve sur les mêmes sujets, déterminer le degré de constance, qui n’était peut-être pas très grand, et comparer les coefficients de corrélation obtenus à cet indice de cohérence.
- Quoi qu’il en soit, voici, pour les tests, très divers, qui ont été
- utilisés, et dont les auteurs pensent que le 3e est celui qui convient
- le mieux pour la mesure < cherchée, les corrélations obtenues :
- Tests 1 2 a 3 ^ b 4 5
- 1. — + 0,23 + 0,22 + 0,30 + 0,07 + 0,14
- 2. + 0,23 — + 0,27 + 0,31 + 0,09 + 0,37
- q \a + 0,22 + 0,27 — + 0,26* + 0,22 + 0,28
- S‘\b + 0,30 + 0,31 + 0,26 — + 0,12 + 0,09
- 4. + 0,07 + 0,09 + 0,22 + 0,12 — + 0,20
- 5. + 0,14 + 0,37 + 0,28 + 0,09 + 0,20 —
- 1. Test de Rybakoff (I) : Numération de points irrégulièrement
- disposés.
- 2. Test de Sshulte : Reconstitution de l’ordre naturel des nom-
- bres à vue des séries irrégulières.
- 3. Test de Toulouse-Piéron : a) Quantité : Nombre de signes
- correctement barrés ; b) Qualité : Rapport des signes correctement barrés au nombre total des signes à barrer (la formule du rapport donnée par les auteurs étant inutilement compliquée).
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- 4. Test de Rossolimo : Pointage par perforation et numération
- de barres et de cercles, à l’exclusion de croix.
- 5. Test de Rybakoff (II) : Numération simultanée de croix et de
- cercles juxtaposés irrégulièrement.
- H. P.
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- Les examens d’aptitude professionnelle à l’Office d’O. P. de Francfort-sur-Main
- L’Office d’O. P. de Francfort-sur-Main employé trois méthodes pour déterminer l’aptitude professionnelle de l’enfant en quête de profession :
- 1° la méthode intuitive, c’est-à-dire la prise de contact intime — ce que les Allemands appellent Einfühlung —' du conseiller d’O. P. psychologiquement formé avec l’enfant ;
- 2° la méthode interrogative, basée sur le questionnaire auquel l’enfant doit répondre ;
- 3° la méthode expérimentale ou psychotechnique, par laquelle on vise, avant' tout, à connaître le « centre de gravité de l’aptitude » (den Bcgabungsschwerpunkt) par l’examen, non pas de fonctions élémentaires isolées, mais bien plutôt de dispositions complexes.
- Cet examen expérimental comprend, entre autres :
- a) un examen de connaissances oral et écrit, portant sur les matières d’enseignement se rapportant le plus à la profession : expression orale et écrite, orthographe, calcul, géométrie ;
- b) un examen de Y intelligence théorique ayant trait à la mémoire, à la forme d’attention, à la combinaison logique, à l’abstraction, à la concentration ;
- c) un examen de Yintelligence pratique : aptitude à l’adaptation, capacités constructives, sens de la technicité, de l’organisation ;
- d) un examen de Yhabileté manuelle': exercices simples, travail d’exactitude des deux mains, rythme du mouvement ;
- e) un examen des fondions sensorielles : coup d’œil et sens des formes, différenciation des couleurs (pour certains métiers : examen du sens olfactif) ;
- /) un examen de Y état physique : force des mains, fatigabilité, santé générale ;
- g) observations diverses...
- L’étude des résultats obtenus dans ces divers examens permet de se faire une idée de l’enfant à orienter, mais il va de soi qu’il ne peut s’agir ici que d’un avis temporaire, nous dit le Directeur
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- de l’Office d’D. P. de Francfort, puisqu’il n’a pas été possible de saisir l’influence qu’exerceront ultérieurement l’éducation, l’application au travail, le caractère, etc...
- Julien Fontègne.
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- Mc *
- Le vocabulaire des enfants d’âge scolaire
- En demandant à des enfants d’écrire pendant un quart d’heure tous les mots qui leur viendraient à l’esprit, D. A. Prescott a fait une étude du vocabulaire des enfants d’écoles primaires à Genève, reprenant ainsi, sur des bases moins larges (724 enfants de 7 à 14 ansr garçons et filles étant en nombre égal), une étude qui avait été faite aux Etats-Unis sur 16.206 écoliers (2.312.000 mots recueillis, soit environ 142 mots en moyenne par enfant), et publiée dans le Journal of educational Research (1927, XV'I, nOB 1 et suivants).
- D’après les résultats de cette recherche organisée. par l’Institut J.-J. Rousseau (publiés dans les Archives de Psychologie, t. XXI, pp. 225-261), 77.403 mots ont été obtenus (soit environ 107 mots par enfant), avec un progrès notable au fur et à mesure de l’avance d’âge, et une remarquable identité des deux sexes. Voici, en effet, les nombres moyens de mots donnés par les différents âges moyens des écoliers (50 à 54 garçons ou filles pour chaque année d’âge) :
- Age : 7 8 9 10 11 12 13
- Garçons’ : 35,5 65,5 80,8 110,9 131.7 159,2 157,7
- Filles : 35,3 67,0 78,0 114,2 135,5 159,4 156,1
- Ceci indique un progrès dans la; rapidité d’association et de graphisme avec l’âge.
- En faisant à chaque âge le lotal des mots différents obtenus, ce qui donne un indice de l’étendue du vocabulaire, on obtient les nombres suivants, avec, cette fois, une supériorité masculine :
- Age : 7 8 9 10 11 12 13
- Garçons : 581 • 975 1288 1892 1951 2171 2336
- Filles : 539 903 1190 1674 1852 2270 2143
- Ensemble : 793 1284 1758 2595 2690 3119 3222
- A 13 ans on obtient donc 3222 mots différents, et, si l’on réunit tous les âges, on trouve un total de 3482 mots dont l’auteur donne la liste complète, avec la fréquence de chaque et l’âge d’apparition; parmi ces mots il y en a 362 qui ont été donnés simultanément par plus de 50 enfants (11 par plus de 400, 30 par plus de 300, 51 par plus de 200, 162 par plus de 100, et 362 par plus de 50).
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- La liste ainsi donnée par l’auteur est précieuse pour l’éducateur qui connaîtra utilement le vocabulaire normal des enfants (à Genève du moins) ; en même temps la fréquence des mots dans la littérature est donnée d’après le,relevé d’Henmon (qui a compulsé 400.000 mots) dont 9187 différents, et 3905 se rencontrant 5 fois au moins, constituant un vocabulaire courant pour les connaissances d’un adulte).
- Pour établir des lests verbaux chez les enfants des différents âges, une telle liste est aussi infiniment précieuse. Il serait très désirable d’en établir de semblables chez des enfants de différentes régions de France.
- H. P.
- A travers les Revues
- Dans VIndustrielle Psychotechnik d’août-septembre 1929, l’ingénieur berlinois Braunschweig consacre une étude assez détaillée à l’appréciation des capacités de perception spatiale chez les apprentis d’après 25 épreuves collectives et 12 épreuves individuelles (avec des figures planes ou des modèles à 3 dimensions) appliquées (tout au moins les collectives) à 85 adolescents. Les corrélations de chaque épreuve avec le classement global ont été établies : sur les 25 épreuves collectives, 17 avaient un coefficient supérieur à 0,50 (le plus élevé atteignant 0,74), avec comme coefficient le plus faible 0,20.
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- Dans le British Journal of Psychology d’octobre 1929, une étude de P. E. Vernon de Cambridge, sur les tests de tempérament et de personnalité, peu favorable aux tests de Downey, fondés sur l’écriture, dont la cohérence est vraiment très faible et l’exactitude douteuse, et montrant le's données qui peuvent être recueillies par des observations systématiques des individus attelés à une tâche, comme l’exécution de divers tests à peu près quelconques.
- Dans le même numéro, David W. Oates examine la question générale des facteurs en jeu dans les qualités de caractère, admettant un élément commun considéré comme l’émotivité, facteur positif d’action, et des éléments divers engendrant une influence négative d’inhibition.
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- Le Commissariat du peuple de la Russie a établi, nous dit Zeilung des Vereins deutscher Eisenbahnverwaltungen de Berlin (2 mai 1929) des examens psychotechniques dans certains de ses chemins de fer. Ces examens sont appliqués déjà depuis 1923, et en 1927 il y avait déjà 1646 agents du service de la traction et 1557 autrete manœuvres qui avaient subi ces épreuves.
- Il faut ajouter à ces nombres plus de 8.000 enfants des écoles professionnelles ayant été également soumis aux épreuves psychotechniques.
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- Nous relevons dans le Business Organisation Magazine d’octobre les idées de M. Wiijson, secrétaire du « British Industrial Fatigue Research Board » sur la collaboration internationale en matière de psychologie industrielle. Une organisation internationale devrait, dit-il, être chargée de coordonner les efforts tentés dans ce domaine.
- Le champ de travail de cette organisation serait l’étude scientifique des fonctions du corps et de l’esprit humain dans l’industrie.
- Un rapport de la « Personnel Research Fédération » (Fédération des institutions poursuivant des études psychologiques) donne des chiffres frappants sur l’accroissement et l’activité de cette association, et son directeur, le professeur W. V. Bingham, termine son rapport par la question suivante : « La Fédération ne devrait-elle pas diriger très nettement ses efforts vers la création en Amérique d’un Institut de Psychologie industrielle étudiant surtout les questions fondamentales telles que les effets mentaux favorables ou défavorables de la production en masse ou de la division extrême du travail, le travail à répétition, la fatigue, le dégoût, etc.
- ' A
- Dans le Psgchological Bulletin de juillet 1929, se trouvent des revues générales consacrées aux tests : une, de R. Pintner, concerne les tests d’intelligence (125 travaux des 3 dernières années) ; une autre, de Vernon Jones, les tests d’éducation (121 travaux); enfin les tests de personnalité et de caractère (199 travaux) ont. été examinés par Mark A. May, Hugh Hartshorne et Ruth E. Weety.
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- INFORMATIONS
- Au Congrès de l’Association française de l’Avancement des Sciences, qui s’est tenu au Havre en juillet dernier, et à l’occasion duquel Al. Fontègne a fait une conférence générale sur l’orientation professionnelle, la Section de Pédagogie, présidée par M. Lan-gevin, a fait adopter le vœu suivant :
- « En présence de l’introduction dans la loi de finances de dispositions réalisant la gratuité de l’enseignement, secondaire dans les classes de sixième des lycées et collèges à partir de 1930, et d’année en année dans les classes suivantes, la section de pédagogie appelle l’attention des pouvoirs publics sur les difficiles problèmes de sélection et d’orientation que pose cette réforme et sur la nécessité de ne l’envisager que dans le cadre d’une réorganisation générale de l’enseignement publie, assurant à tous les enfants d’égales possibilités pour le choix d’une carrière conforme à leurs aptitudes.
- « L’Association signale le danger que pourrait présenter pour l’avenir de cette réorganisation, à laquelle elle attache une extrême importance, l’application d’une mesure préliminaire insuffisamment préparée dans ses rapports avec un projet d’ensemble. »
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- La 2e Conférence interprofessionnelle de l’apprentissage organisée par la Confédération générale de la production française, a adopté entre autres le vœu suivant se rapportant à l’orientation professionnelle :
- « Que les organismes d’orientation professionnelle soient destinés à renseigner les familles sur les professions industrielles et commerciales et à déconseiller aux jeunes gens d’embrasser des métiers pour lesquels ils présentent des inaptitudes physiologiques ou intellectuelles mais qu’ils laissent aux parents l’entière responsabilité du choix du métier de leurs enfants.
- Consultation d’enfants. — Sous la direction de l’abbé Jeanjean, professeur à l’Institut catholique, a lieu tous les jeudis, de 9 h. 30 a midi, 68, rue d’Assas, une consultation pour les enfants difficiles, arriérés et anormaux, et pour l’orientation professionnelle des enfants normaux sortis de l’école. Cette consultation est subventionnée par la Confédération générale des familles.
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- Guide d’orientation pour les carrières Scientifiques en Angleterre. — La Faculté des Sciences de Bristol a pris l’initiative de publier sous le titre Careers in Science (Carrières scientifiques) un petit guide pour faciliter l’orientation des jeunes gens instruits, passant en revue les possibilités d’avenir présentées par la physique, la chimie, la botanique, la zoologie, la géologie, la géographie, l’agriculture, insistant sur l’importance des langues vivantes, envisageant la durée de la préparation, et renseignant sur les salaires probables (250 à 400 livres par an).
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- Nous relevons dans la revue des revues de « La Vie technique et industrielle » l’annonce d’une conférence faite à la séance plénière du' Comité national de l’organisation française par M. L. Badois sur l’Inertie humaine. L’auteur a conclu qu’avec dès données psychologiques précises sur ce sujet il était possible d’agir d’une façon certaine en vue d’une organisation rationnelle.
- Le patronage de la Jeunesse ouvrière polonaise a institué dans ce pays le premier laboratoire psychotechnique d’orientation et de sélection professionnelle. Chaque candidat qui remplit une feuille de renseignements à l’Office d’orientation professionnelle est soumis avant tout à l’examen médical et anthropométrique, puis subit un examen psychologique et parfois donne lieu à des enquêtes sociales. — (PsychotechniLa.)
- Le IVe Congrès international d’organisation scientifique du travail s’est tenu à Paris du 19 au 23 juin 1929. A l’exposition qui s’est tenue au Conservatoire des Arts et Métiers, le Service des recherches de l’I.N.O.P. avait envoyé l’ensemble des tests déjà étalonnés ou en cours d’étalonnage ; M. Laugier représentait, au Congrès, l’I.N.O.P.
- Parmi les communications relatives aux questions d’orientation professionnelle, signalons celles du Dr Allendy, de Paris, sur le rôle de la psychologie de l’inconscient en orientation (le métier devant permettre de satisfaire les aspirations profondes que découvrent les méthodes psychanalytiques) ; de M. Simon (de Tchécoslovaquie), sur l’organisation de l’orientation en liaison avec l’école, avec d’intéressantes données statistiques ; de M. Mizzi, sur les écoles d’orientation de la Société humanitaire, à Milan (ana-
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- logues à nos ateliers-écoles), clans lesquelles on procède à des examens psychotechniques d’aptitude ; de MM. Hagkl (Autriche) et Raçhinel, sur les aptitudes des vendeurs ; de MM. Dennison et Keir sur les méthodes de choix du personnel ouvrier à la Compagnie Dennison, aux Etats-Unis ; de M. Seracky, sur les épreuves d’aptitude chez les ouvriers de l’industrie textile, poursuivies à l'Institut psychotechnique de l’Académie Masaryk, à Prague.
- Association des anciens élèves de l’Institut national d’Orientation professionnelle
- Le Comité directeur s’est réuni le 4 octobre. Il a préparé la séance de travail du 13 novembre où Mlle Biscay a exposé une classification des métiers, point de départ d’une étude sur cette question.
- M. Réveillé a été nommé bibliothécaire.
- Le Comité directeur s’est préoccupé du placement des anciens élèves et des mesures à prendre pour assurer ce placement.
- Une nouvelle réunion a eu lieu le 6 novembre.
- Le Comité directeur rappelle que les cotisations (30 francs par an et 10 francs de droit d’entrée) doivent être adressées à M1Ie Mamelle, 99, boulevard Brune (compte chèques postaux 1369-35,
- Paris). , *
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- Banquet de l’Amicale. — L’Amicale des Anciens élèves de l’Institut tiendra son banquet de fondation le samedi 7 décembre 1929 au restaurant Mirabeau, 42, rue de la Chaussée-d’Antin. Le prix du couvert est de 27 fr. 50, service compris. Nous comptons sur la présence de tous les anciens élèves et des nouveaux élèves. Nous espérons que le personnel enseignant sera largement représenté, ainsi que tous les amis de l’Institut.
- Envoyer les adhésions au secrétaire de l’Amicale : Charles Pivert, 6, rue de l’Arrivée, Paris (15e), avant le 3 décembre.
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- Erratum. —- Dans le bulletin d’octobre, aux Statuts de l’Association amicale des Anciens élèves de l’Institut national d’O. P., p. 225. Art. 14. Rayer : « 80 francs au moins pour les membres honoraires » — Lire : « Les membres honoraires ne sont astreints à aucune cotisation. Le 'service gratuit du Bulletin ne pourra être
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- assuré qu’aux membres honoraires ayant versé une cotisation minimum de 30 francs. »
- — Une erreur regrettable nous a fait omettre le nom de M. Réveillé parmi les élèves reçus au dernier examen de l’Institut. 11 avait été reçu 3® avec mention assez bien. — (Note de la Rédaction)
- NÉCROLOGIE
- Nous avons eu le vif regret d’apprendre, le 14 novembre, la mort, à l’âge de 59 ans, de M. Marcel Frois, chevalier de la Légion d’honneur, ingénieur civil des mines, ancien professeur suppléant au Conservatoire des Arts et Métiers, professeur à l’Institut d’fly-giène de la Faculté de Médecine de Paris, membre du Conseil supérieur d’hygiène publique de France et membre du Conseil supérieur d’hygiène publique et de salubrité de la Seine. Lauréat de l’Institut, M. Marcel Frois était également conseiller technique à la Conférence internationale du Travail.
- Malgré ces charges, il avait accepté d’enseigner à l’Institut National d’Orientation Professionnelle la Technique des Métiers.
- M. Marcel Frois était l’auteur de travaux très estimés sur l’organisation du travail. Son étude sur « La santé et le travail des femmes pendant la guerre » a été éditée par la Dotation Carnégie pour la paix internationale.
- Il avait publié chez Alcan, en collaboration avec le docteur Caubet, une étude sur « Le rendement de la main-d’œuvre et la fatigue professionnelle » (Le travail féminin au bottelage des poudres) et dans les publications de l’Institut Lannelongue une étude documentaire importante sur le travail de rivetage.
- Dès l’année 1922, il avait organisé une série de 10 conférences sur l’Orientation professionnelle, conférences faites par MM. Gley, Henri Magne, Henri Piéron, A .-G. Christiens, et où lui-même avait traité la question de « L’organisation technique du travail et l’orientation professionnelle ».
- Cette mort prématurée de notre éminent collaborateur représente une grande perte pour la science du travail et l’orientation professionnelle.
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- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- G. Rossolimo. — L’individualité de l’enfant. Traduction de Vera Kovarsky. ln-8° de 64 pages. Paris, librairie Alcan.
- Mlle Kovarsky a traduit sur la troisième édition russe (de 1922), un plan d’investigation établi par le regretté Rossolimo, et comprenant essentiellement un questionnaire de 225 questions et quelques données pour un interrogatoire, l’établissement d’un journal, la détermination du profil par la méthode de l’auteur, et l’examen médical. Un index alphabétique complète cet opuscule qui est un guide utile à condition de l’élaguer un peu.
- Schmaler, Rudolf. — Das Probieni der Berufsauslese fur die Industrie (Le problème de la sélection professionnelle pour l’industrie). — Iena, Verlag Von Gustav Fischer, 1929, 62 pages. Prix 1.50 R.M.
- L’auteur développe l’idée que toute forme de rationalisation du travail sera plus efficace lorsque l’on s’occupera d’abord de la rationalisation du facteur humain et que la sélection professionnelle représente une grande part dans cette rationalisation. Il indi ([lie aussi la portée des avantages qu’offre une orientation professionnelle bien organisée, basée sur la psychologie et la psycho-techmique. La bibliographie des ouvrages relatifs à la sélection et à l’orientation termine l’ouvrage.
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- 1” Année
- N° 10
- Décembre 1929
- BULLETIN
- DE
- l’Institut National (l’Orientation Professionnelle
- ----K>KX---
- L’Orientation Professionnelle à Madrid
- par
- M. Henri PIÉRON
- Nous avons déjà signalé (1) le nouveau statut de la formation professionnelle en Espagne, qui réorganise renseignement technique et institue, sur les bases les plus larges, les services d’orientation et de sélection professionnelle, en préparant la rationalisation du travail.
- Suivant les lignes générales de ce statut, qui ne reste point lettre morte, mais qui prend corps très rapidement sous l’influence animatrice d’une volonté agissante, celle de M. de Madariaga, directeur du Travail et de la Prévoyance, l’Institut d’orientation et sélection professionnelle de Madrid vient de s’installer dans de nouveaux locaux, à côté d’une école de préapprentissage, envisagée comme une véritable école d’orientation professionnelle, et tous les psychotechni-ciens d’Espagne — ils sont déjà nombreux — aussi bien ceux qui sont en place que ceux qui sont en cours d’études, ont été réunis pour suivre un ensemble de leçons communes, générales et techniques, pendant quelques semaines.
- A la demande des organisateurs, je me suis rendu à Madrid pour faire une série de six conférences sur les problèmes généraux de la psychologie, en relation avec les nécessités techniques d’application, et j’ai eu le plaisir de me rencontrer là avec Rupp, de Berlin, qui exposait ses intéressantes méthodes de sélection, et Piaget, de Genève, venu traiter de ques-
- (1) Bulletin de l’Institut national d'Orientation professionnelle, 1" année, n° 6, juin 1929, pages 169-171.
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- Iions de psychologie de reniant, devant un auditoire nombreux et attentif.
- Ce fut une occasion d’examiner les réalisations madrilènes, de se rendre compte du fonctionnement des services, et d’être mis au courant des projets en cours de réalisation.
- De ces constatations de visu ressort une impression de vive admiration pour Je magnifique effort de M. de Madariaga et de ses collaborateurs immédiats, en particulier du Dr Germain et de Mlle Mercedes Rodrigo. Et cette admiration n’est en rien influencée par l'accueil charmant qui nous a été fait, à ma femme et à moi, au cours de notre séjour à Madrid, ni par le charme de la grande ville aux parcs magnifiques, au musée riche de tant d’œuvres admirables, et aux environs si prenants dans leur cadre sévère, avec tant de beautés proches, comme l’Escurial ou Tolède l’unique : le jugement froid et objectif dans l’appréciàtion de l’œuvre déjà accomplie suffit pour inspirer ce sentiment très vif de sympathie admira-tive, qui sera partagé sans nul doute, dès la simple lecture d’un bref exposé, tant est grande l’éloquence des faits.
- L'Ecole des mutilés du travail
- Le service psychotechnique de Madrid a été tout d’abord installé dans les annexes de l’Ecole des mutilés du travail, située dans la banlieue nord-ouest de Madrid, à Carabanchel, comprenant, comme personnel, les Drs Germain (psyèhotech-nicien), Médian (physiologiste), M. Mallart (secrétaire social) et Mlle Mercedès Rodrigo qui s’occupe du service psychotechnique et aussi du service social.
- L’Ecole est située dans le château du marquis de Sala-manca, donné à l’Etat, et possédant un parc de 40 hectares. On trouve là une série de services en rapport avec les accidents du travail :
- 1° une clinique où sont dirigés tous les accidentés, envoyés par les compagnies d’assurance ;
- 2° un hôpital où sont accueillis ceux qui ont besoin d’opérations ou de soins spéciaux, avec de magnifiques organisations modernes pour la radiographie, la stérilisation, la salle opératoire, etc. ;
- 3° un asile pour les invalides définitifs ;
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- 4° Y école proprement dite de rééducation avec ateliers sur lesquels sont dirigés les mutilés guéris sortant dç l’hôpital (et qui touchent un salaire de travail au cours de cette période), après examen médico-physiologique et psychotechnique déterminant les aptitudes à telle ou telle catégorie de métiers (une dizaine d’ateliers différents étant organisés avec, en outre, des services d’horticulture) ;
- 5° un service social pour le placement des mutilés rééduqués, s’occupant aussi de propagande en faveur de la prophylaxie des accidents du travail (avec des séries d’affiches artistiques), et faisant des enquêtes sur les causes des accidents, afin de faciliter leur prévention.
- Ce milieu de l’école du travail, où règne entre tous une atmosphère de solidarité familiale, de bonne volonté et d’élan, est tout à fait séduisant. Des séances récréatives ou éducatives (conférences, concerts, cinéma, etc.) ont lieu le samedi, et tout un groupe de mutilés a pu être conduit par MIIe Rodrigo à l’exposition de Barcelone, grâce à des donations spéciales.
- De nouveaux ateliers, bien éclairés, viennent d’être construits dans le parc, sur les plans de M. de Madariaga lui-même, dont l’activité se dépense sans compter pour cette œuvre qui lui fait le plus grand honneur, dont il est resté le directeur, et pour laquelle on sent qu’il éprouve une vive affection.
- L'école de préapprentissage
- Celte année vient de s’ouvrir l’école d’orientation professionnelle de la rue Embajadores, dans le vieux Madrid, avec quatre services généraux de préapprentissage, analogues à ceux des ateliers-écoles de la Chambre de Commerce de Paris : Ferblanterie, menuiserie ; ajustage ; forge. En atelier commun de dessin sert à l’établissement, des modèles avant exécution.
- Les résultats obtenus par les élèves dirigés par M. Vinos et l’ingénieur Krahe sont fort intéressants : après'quelques semaines seulement d’enseignement, on trouvait déjà des pièces exécutées de façon réellement remarquable. Des fiches personnelles, avec les notes journalières des chefs d’ateliers, permettent de suivre graphiquement les courbes de progrès qui manifestent des caractéristiques individuelles.
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- Les élèves, au nombre de 150, doivent, la première année, passer dans les quatre services, et la seconde année, dans un seul, choisi suivant leurs aptitudes, celles-ci étant déterminées à la fois d’après la réussite d’atelier et les constatations de l’examen médico-physiologique et psychotechnique, systématiquement pratiqué sur tous les élèves. Ceux qui se montreront particulièrement doués doivent être dirigés sur les écoles techniques de contremaîtres ou d’ingénieurs ; et les autres seront envoyés dans les ateliers pour leur apprentissage professionnel’ dans le métier auquel ils seront trouvés le plus aptes, avec recrutement rationnel des ouvriers spécialisés.
- Cette école, au large patio intérieur, remise à neuf, peinte de clair, avec un excellent mobilier, de bons instruments donnés à chaque élève, donne la meilleure impression.
- L'Office d'orientation el sélection
- C’est dans le même bâtiment qu’a été installé l’Office d’orientation, avec le personnel qui se trouvait déjà à Casa-banchel (où il continue à assurer le service d’examen des mutilés).
- Ce service dispose de sept grandes salles (dont une chambre noire, une pièce d’examen médical el une salle d’examen collectif avec 50 tables individuelles).
- On trouve là une bibliothèque, de très nombreuses revues, une riche collection de tests (recueillie au cours d’un voyage d’études en Europe par le D1 Germain et Mlle Rodrigo) et un matériel psychotechnique considérable.
- L’Office est parfaitement outillé, et l’on y travaille avec ardeur. Des adaptations espagnoles de diverses séries de tests, des élaborations originales sont dues à Mlle Rodrigo et au D1 Germain.
- Les étalonnages sont en cours et les paquets de lests corrigés s’accumulent. Il émane de cet office une impression de vie et d’activité ; et certes il est heureux pour l’œuvre de M. de Madariaga que des collaborateurs se soient trouvés comme le Dr Germain dont l’intelligence lucide se joint à tant, de volonté et de bonne humeur, comme M1Ie Rodrigo, dont la vocation s’est éveillée à l’Institut J.-J. Rousseau, et qui apporte une foi et un dévouement à toute épreuve, avec tant
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- de tact et de finesse d’espril, comme le Dr Mélian dont la spécialité ophtalmologique est particulièrement précieuse, et qui est la bonté même, comme M. Mallart, organisateur actif et précis.
- I..'Organisation générale et les projets en cours
- Dans toute l’Espagne, des services d’orientation et sélection s’organisent auprès des écoles techniques d’apprentissage, chacun avec un médecin-physiologiste, un psychotechnicien spécialisé, un secrétaire social ayant des connaissances mathématiques (pour la partie statistique). 11 y a déjà douze de ces services en activité, dont sept sont rattachés à l’Institut de Madrid et cinq à l’Institut de Barcelone, le premier en date, fondé il y a déjà une dizaine d’années par l’heureuse initiative du !)' Mira, justement célèbre, et qui participe maintenant, en une collaboration dont on ne saurait trop souligner l’importance,. à l’organisation générale du Ministère du Travail pour l’Espagne entière.
- Chacun des offices provinciaux eu relation avec un des deux Instituts reçoit de ce dernier ses directives, applique les méthodes qui lui sont indiquées, participe aux étalonnages et fournit des renseignements sur les résultats qu’il obtient.
- 11 se fait ainsi une coordination des efforts, avec unification des méthodes et extension du contrôle.
- De nouveaux offices doivent être prochainement créés et l’organisation des enseignements, avec des cours de perfectionnement, permet d’accroître le personnel qualifié et d’assurer les progrès techniques pour le personnel déjà en exercice.
- Enfin, non content éncore des installations réalisées à Madrid dans la rue Embajadores, M. de Madariaga va faire construire un magnifique bâtiment pour l'Institut royal de formation ouvrière, avec école élémentaire du travail, où auront leur siège les services de préapprentissage et l’Office d’orientation et sélection, avec, en outre, l’Ecole du Travail (formation de tourneurs, ajusteurs, monteurs électriciens, modeleurs, mécaniciens d’automobiles, etc.), les écoles d’artisanat, l’école industrielle (techniciens spécialistes de chimie, mécanique, électricité, électro-chimie, etc., avec grands laboratoires) et enfin l’école normale de formation professionnelle.
- Cet Institut, pour la construction duquel sont prévues des
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- dépenses de 3 millions de pesetas (environ 11 millions de francs) sera édifié sur un terrain de l’Etat ; il aura 90 mètres de façade et sera composé de bâtiments parallèles à terrasses avec cours intérieures, d’après un plan très moderne. 11 représentera un magnifique édifice.
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- On voit combien ce modernise en Espagne l’enseignement technique, en relation étroite avec les services d’orientaiton et de sélection professionnelle. Quand je songe aux difficultés qu’on rencontre en France pour faire pénétrer dans les écoles techniques les méthodes modernes et l’esprit de la psychotechnique ; quand je reviens vers les étroits locaux que nous pouvons occuper dans le Musée Pédagogique et que nous avons été déjà bien heureux d’obtenir, je me dis que nous avons beaucoup à faire encore, bien des luttes à soutenir, bien des hommes à convaincre, et je n’envisage pas sans quelque mélancolie l’organisation espagnole, où la volonté et l’intelligence d’un homme comme M. de Madariaga peuvent, en si peu d’années, mettre sur pied une œuvre si considérable.
- Quel métier doit choisir un ancien malade du sanatorium pour tuberculeux ?
- par M. WAIKENTHALER
- Nous nous faisons un plaisir de reproduire l'intéressante communication ci-dessous qu'a bien voulu nous faire parvenir le Président du Comité directeur de l'Institut d'assurance sociale d'Alsace et de Lorraine.
- La cure sanatoriale est le moyen essentiel pour guérir une personne atteinte d’une maladie pulmonaire. Ce n’est pas le seul. Si les résultats de la cure doivent être durables, il faut que le malade lui-même s’efforce à organiser sa vie de manière à s’exposer le moins possible au risque d’une aggravation ou d’une rechute.
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- Sous ce rapport, la question la plus importante est celle du choix d’une profession compatible avec les forces de chaque malade ou ancien malade et présentant des conditions d’hygiène suffisantes.
- Evidemment le malade sortant du Sanatorium populaire et qui est forcé de reprendre son travail le plus tôt possible pour nourrir sa famille, hésitera pour de multiples motifs avant de changer de métier et de trouver un emploi plus léger, mais moins bien payé. Cependant, il devrait toujours le faire. Mieux vaut, même dans l’intérêt de sa famille, gagner moins que d’abréger sa vie par un travail malsain.
- Le choix d’une profession compatible avec une capacité de travail amoindrie est plus facile pour les enfants et jeunes gens sortant du Sanatorium à un âge où eux ou leurs parents ne se sont pas encore décidés. C’est à eux en-première ligne que sont destinés les conseils qui suivent. Nous faisons remarquer que le classement des métiers en quatre groupes est fait à simple titre d’indication. Souvent les conditions de travail du même métier varient sensiblement selon les entreprises et les régions ; il appartiendra aux jeunes gens et à leurs parents de s’entourer de toutes les garanties possibles à ce sujet. Nous leur conseillons très vivement de consulter, avant de se décider pour un métier quelconque, le médecin traitant du malade ou le dispensaire antituberculeux, qui, étant sur place, seront le mieux à même de leur donner des conseils.
- Pour déterminer le degré de nocivité d’un travail, il faut tenir compte de différents éléments qu’il est impossible d’énumérer complètement. Citons seulement quelques questions essentielles :
- Le travail s’exécute-t-il au milieu de grand développement de fumée, de poussières de toute nature, dans des locaux trop restreints, mal aérés, ou dans un milieu exposé à des substances chimiques fortement irritantes? Le travail entraîne-t-il de brusques changements de température? S’agit-il de travail de nuit? Ou de travail éxigeant une forte tension intellectuelle? De travaux entraînant la propension à boire ou à mener une vie irrégulière?
- On peut grouper les différents métiers parmi lesquels le
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- malade doit choisir en quatre grandes catégories, comme suit :
- 1) métiers trop pénibles et qui sont à éviter ou à abandonner à tout prix;
- 2) métiers moins pénibles et qui sont à éviter ou à abandonner si possible ;
- 3) métiers à recommander aux personnes qui n’étaient que légèrement atteintes et peuvent être considérées comme guéries ;
- 4) métiers à recommander aux malades dont la lésion était assez étendue sous condition de non-activité, c’est-à-dire en bonne voie de guérison.
- Nous attirons l’attention sur ces deux restrictions. Il existe d’autres cas qui excluent, pour un temps plus ou moins long, toute activité professionnelle. Là encore, le médecin du Sanatorium, le médecin-traitant ou le médecin du dispensaire pourront donner tous les renseignements voulus.
- 1) Métiers trop pénibles <pii sont,à éviter ou à abandonner
- à tout prix.
- Boucher, boulanger, brasseur, carrier, charcutier, charpentier, charron, chaudronnier, chauffeur de chaudière, cimentier,, constructeur de bateaux, côrdier, cuisinier, fondeur, forgeron, maçon, marbrier, matelassier, menuisier d’atelier, meunier, métallurgiste, mineur (toutes catégories), ouvrier céramique, ouvrier de fabrique de machines, pâtissier, paveur, porcelainier, ramoneur, savonnier, serrurier en bâtiments, tailleur de pierres, tanneur, terrassier, tonnelier, tourneur (sur bois ou métaux), tripier, verrier.
- 2) Métiers moins pénibles qui sont à éviter ou à aban-
- donner si cela est possible.
- a) Hommes : Aiguiseur, brossier, chapelier, cirier, çor-royeur, coutelier, couvreur, décorateur, ébéniste, ferblantier, fdeur, fumiste, garçon (café ou restaurant), imprimeur, menuisier de construction, musicien, ouvrier (usine à papier), ouvrier usine à colle), ouvrier (usine à cellulose), peintre, pelletier, plâtrier, posticheur, rétameur, sabotier, sellier, sommelier, stucateur, tailleur de limes, tapissier, teinturier, tisserand, typographe, vulcanisaleur,
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- b) Femmes : Femme de ménage, fileuse, laveuse, repasseuse, serveuse de restaurant, serveuse de ferme, tisseuse (et métiers analogues).
- 3) Métiers à recommander aux personnes qui n'étaient
- que légèrement atteintes et peuvent être considérées comme guéries.
- ) Hommes : Ajusteur (vélo-auto), bandagiste, bibliothécaire, casquetier, clerc, chauffeur-mécanicien, cheminot, cocher, coiffeur, commissionnaire, conducteur et wattmann de tramway, cordonnier, doreur, électricien, employé bureau, employé commerce, employé ‘laboratoire, encadreur, fabricant de parapluies, fabricant d’instruments de chirurgie, fabricant de pianos, fabricant de tiges, facteur, galochier, installateur (gaz et eau), instituteur, mécanicien, orthopédiste, poêlier, potier céramiste, rempailleur, sculpteur sur bois, serrurier d’outils, tailleur, tuillier, vannier, vendeur et porteur de journaux, vernisseur, vitrier, voyageur, galvaniseur.
- ) Femmes : Bibliothécaire, coiffeuse, couturière-robes, couturière-confection, couturière lingère, dactylo, employée des Postes, employée de chemin de fer, employée de bureau, facturiste, institutrice, sténo-dactylo, surveillante cinéma, surveillante théâtre, téléphoniste, tricoteuse, vendeuse’, voyageuse.
- 4) Métiers à recommander aux malades dont la lésion
- était assez étendue sous condition de non-activité.
- a) Hommes : Agent de police, allumeur de lanternes, appariteur, bijoutier, cireur, clicheur, contrôleur de gaz, dessinateur, distributeur de réclames, électricien, garde-barrière, garde champêtre, garde voie, gardien de prison, graveur, héliograveur, horloger, jardinier, joailler, lithographe, mécanicien de précision, opticien, orfèvre, organiste, photographe, photograveur, portier, receveur buraliste, relieur, sacristain, surveillant.
- b) Femmes : Brodeuse, concierge, contrôleuse, coupeuse, dame de compagnie, fleuriste, marqueuse, ouvrière en perle, piqueuse, receveuse buraliste, relieuse, tricoteuse, vendeuse de journaux au kiosque, modiste.
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- NOTES ET DOCUMENTS
- Le 9e Congrès international de Psychologie
- Ce congrès s’est tenu à l’Université de Yale, à New-Haven (Connecticut), du 2 au 7 septembre 1929. Le jour de l’ouverture, à 9 heure® du matin, quatre intéressants discours :
- Un discours présidentiel de Cattell, le premier psychologue ayant employé ies « tests », puis un discours du président de Yale, M. J.-R. Angell, un autre de M. Cooper, représentant du gouvernement et le dernier du professeur Ed. Claparède, secrétaire général des congrès de psychologie, qui rappela l’œuvre des précédents congrès.
- Ce fut le commencement d’une période de travail intense qui durait, chaque jour, de 9 heures du matin à 6 heures du soir, avec un court intervalle pour déjeuner ; puis reprenait après- le- dîner pour écouter deux conférences générales, une de 7 à 8 et l’autre de 8 à 9, après quoi ont était convié à se réunir pour échanger des idées en se rafraîchissant, et cela pendant cinq jours sans interruption. Dans ce congrès énorme, la place de la psychologie-appliquée et de la psychologie technique a été considérable, mais la multiplicité des communications à écouler en cinq jours était si grande que celles-ci se faisaient en plusieurs salles à la fois, rendant -impossible de les entendre toutes et môme de choisir celles que l’on aurait désiré connaître plus spécialement. Les conférences générales avaient été demandées aux professeurs Pawloff* Ivôh-ler, Michotte, Piéron, Lasiïley, Stern, Ponzo, Spearman et Thorndicke. Au point de vue de la psychologie appliquée, les plus intéressantes furent celles de M. Stern sur la science de la personne humaine, et celle de Thorndicke sur « Les facteurs fondamentaux du « learning ». Parmi les autres groupes de communications faites dans les sections, les plus intéressantes pour le point spécial qui nous occupe furent les suivantes : S.-L. Pres-iSEy, La cohérence et la validité des examens oraux et l’examen écrit compréhensif. — M. V. Bingham, La psychologie industrielle en Amérique. — I. Spielrein, L’étude de la technopsychologie dans l’union soviétique. — H. Binns, Le jugement du personnel dans l’industrie et le commerce. — O. Lipmann, Psychologie et science du travail. — T. L. Kelley, La définition et la mesure de l’habileté congénitale. — H. A. .Toops, La psychologie empirique et l’équation de régression généralisée. — En outre des communications de sections, 30 symposia avaient réuni 365 communications.
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- Voici, parmi ces ensembles, ceux qui ont trait plus particulièrement à la psychologie appliquée.
- Applications de la psychologie aux méthodes d’enseignement, sous la présidence de C. H. Judd.
- La psychologie industrielle, président Poffenberger. avec les communications suivantes :
- C. S. Slocumbe (Boston), Les différences individuelles dans l’habileté industrielle. — L. M. Gilbreth, Analyse des méthodes de travail par l’étude du mouvement. — M. S. Viteles, La variabilité dans la propension aux accidents chez les opérateurs d’une sous-station électrique. — C. R. Griffith, Etudes expérimentales d’habileté.
- Les Mésadaptations, président F. L. Wells.
- Le reflexe psycho-galvanique, sous la présidence de Carney Landis.
- Le caractère et la personnalité, président F. H. Allport, avec les communications suivantes : Mark. A. May, Un plan compréhensif pour la mesure de la personnalité. — G. W. Allport, Qu’est-ce qu'un trait de personnalité ? — H. Klüver, Le type personnel existe-t-il ? — ,1. E. Downey, Une suggestion pour l’étude de la « caracter-création ». — Ch. Bühler, Les- types de personnalité établis d’après des expériences sur les enfants.
- L’intelligence générale, président E. A. Culler.
- La psychologie judiciaire, président Carl Murchison.
- Le développement de l’enfant, président J. E. Anderson.
- La psychologie de la musique, président C. E. Seashore, avec les communications suivantes : J. Kwalwasser, Quelques révélations des tests musicaux. W. S. Lyrsen, Le rôle des tests d’aptitude musicale dans l’organisation d’une école publique de musique instrumentale. — R. H. Seashore, Quelques aspects de la mesure en matière de rythme moteur. — H. M. Stanton, Sur les tests psychologiques employés pour l’admission à 1’ « Eastman School of music ».
- La nature de G., président Spearmann.
- Les méthodes statistiques, président C. L. Hui.l.
- Personnel psychology, président W. V. Bingham, avec communications de R. H. Seashore, Le progrès dans l’étude de l’adresse. — IL D. Kitson, La mesure de l’intérêt que l’ouvrier éprouve pour son travail. — C. S. Yoakum, Analyse des facteurs dans le « Vocational » progrès.
- Les tests mentaux, président M. L. Reymert, avec 28 communications, toutes très intéressantes, mais que lu place trop restreinte dont nous disposons ne nous permet pas de noter.
- M. H. P.
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- Intelligence et milieu social
- L’Office régional d’Orientation professionnelle de Aussig (Autriche) procède, chaque année, aux examens d’intelligence de tous les élèves sortants des écoles primaires de Aussig et de Türmitz. Les résultats des années 1927 et 1928 viennent d’être examinés au point de vue social. Ci-dessous quelques-unes des observations faites, sans plus de commentaires :
- A. Les élèves ont été répartis en cinq groupes correspondant à la profession des parents :
- 1er groupe : Fabricants, négociants, architectes, médecins, avocats, ingénieurs, etc...
- 2e groupe : Employés de commerce, techniciens, professeurs et instituteurs, caissiers, contre-maîtres, etc...
- 3B groupe : Artisans, commerçants, voyageurs, couturières, commissionnaires, etc...
- 4e groupe : Petits employés, ouvriers qualifiés, etc...
- 5e groupe : Ouvriers non qualifiés, manœuvres, etc...
- B. L’examen de la taille et du poids confirme que l’un et l’autre (taille et poids moyens) vont en décroissant suivant la situation sociale, principalement chez les garçons.
- Groupes. Garçons. Filles. Garçons. Filles.
- Longeur en cm. Poids en kilogr.
- J. . . 170,90 154,44 60,00 44,44
- o . ........ 154,58 154,37 42,29 44.12
- 3. . . 152,88 40,76 45,05
- 4. . 147,67 152.39 37.67 43,40
- 5. . 147,25 152,69 37,50 43,73
- C. Cette différence de développement physique s’ex plique, d’une
- part, par l'exiguïté du logement, d’autre part par l’état sanitaire.
- Groupes. Nombre moyen de pièces. Nombre moyen de personnes. 0/0 de malades 1926-1927. 0/0 de malades 1927-1928.
- 1. 6,14 4,93 2,3 1,9
- 2. 3,72 4,70 12,1 14,7
- 3. 3,44 5,22 23,0 18,6
- 4. 2,35 5,03 36,5 41,5
- 5. 2,00 5,03 26,1 23,3
- D. Même constatation en ce qui concerne le niveau intellectuel obtenu par les examens d’intelligence, comme le prouvent les chiffres ci-après ;
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- Niveau intellectuel moyen en points.
- Groupes. Garçons. Filles.
- 1 214,00 214,30
- 2 . 187,14 181,54
- 3 166,91 178.18
- 4. 174,26 175,05
- 5 163.45 146,67
- Moyenne 169.87 174,57
- E. Toutefois, on no peut nier que dans tout, groupe social, quel qu’il soit, il y ait des degrés dans l'intelligence ; que chacun d’eux renferme des intelligences supérieures, moyennes et inférieures. Ci-dessous les résultats obtenus par l’examen des 760 enfants ayant quitté l’école en 1926-27 :
- 0/o d’intelligence. Nombre des enfanls par groupe.
- Groupes. supérieurs. moyens, inférieure.
- 1. • • , 54,54 36,35 9,10 11
- 2 24.00 53,33 22,67 75
- 3. . . 20,18 45,03 34,79 161
- 4 20.46 45,91 33,63 281
- 5 18,10 41,38 40,52 232
- Nos lecteurs dégageront eux-mêmes la conclusion de ces quel
- ques constatations. Julien Fontègnk.
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- Une étude de corrélation entre divers Tests de mémoire (i)
- MUes Diana Fischler et Ida Ui.lert, sous la direction de Mme An-tipoff, a l’Institut .1 .-J.-Rousseau, ont étalonné sur 530 sujets (25 filles et 25 garçons pour chaque année d'âge, de 7 à 14 ans, et 80 adultes), une série de 5 tests de mémoire, qualifiée « mémoire immédiate» niais de techniques hétérogènes : 1° répétition des mots retenus sur un test de 30 mots après une seule audition, et désignation orale d’objets présentés visuellement une seule fois en une série successive de 30 petites images ; 2° nombre maximum de chiffres répétés après une seule audition, et nombre maximum de syllabes répétées correctement (au moins une fois sur trois) après audition, une seule fois, de phrases de plus en plus longues; 3° reconnaissance sur une planche de 25 figures d’une série de 9 formes géométriques exposées une seule fois (10 secondes).
- Avec diversité des techniques, des modes de présentation, des
- (1) Archives de Psychologie, n" 83-84, 1929, pp. 293-306.
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- matériels, on obtient des résultats qui montrent une indépendance presque absolue.
- Sauf pour les 30 mots et les 30 images (similitude de technique avec différence dans le mode de présentation) qui ont une corrélation positive de 0,25 chez les garçons et 0,47 chez les filles, et pour les chiffres et les phrases (technique classique de mesure de la mémoire immédiate) qui ont une corrélation positive de 0,13 chez les garçons et 0,30 chez les filles, les corrélations sont pratiquement nulles (positives ou négatives et toujours négligeables).
- Parmi les remarques que l’on peut dégager de ce travail (où sont donnés les résultats des qu,arides aux différents âges), la plus caractéristique, que signalent les auteurs, c’est l’absence à peu près complète de progrès dans la capacité de mémoire immédiate des chiffres avec l’âge. Il y a là des différences d’aptitude individuelle, mais non des degrés de développement mental. Déjà dans la critique expérimentale des tests Binet-Simon, on avait noté .l’erreur consistant à faire intervenir ce lest, auquel la révision de Terman a donné plus de poids encore, pour des raisons de simple commodité ! jq p
- A travers les Revues
- Maladies pendant l’apprentissage. — La Wiener medizinische Wochenschrift publie une statistique intéressante des maladies contractées de 14 à IcS ans el particulièrement par des jeunes gens en apprentissage.
- Il résulte des recherches du Dr Gerber que la moyenne des maladies, durant cette période (48,5 "/„) dépasse la moyenne générale (41 "/„).
- La durée chez les adolescents est moindre (12 jours 7) contre 16,7 de durée générale.
- Les jeunes apprentis sont plus fréquemment malades que les jeunes filles, alors que ces dernières le sont plus longtemps et accusent une mortalité plus grande.
- C’est dans les ateliers des chemins de fer, de constructions mécaniques, dans les usines de produits chimiques, dans les métiers du bâtiment et dans les sucreries qu'on rencontré le plus petit nombre de cas de maladies ; par contre les employés de commerce, les coiffeurs et les tailleurs sont fréquemment frappés.
- Chez les jeunes filles, la courbe décroissante de fréquence de maladies commence par les usines de porcelaine et se termine par les ateliers de couture en passant par les manufactures d’allumet-
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- tes, l’industrie textile* les papeteries, les manufactures de tabacs et le service des hôtels et restaurants...
- Ces statistiques concernent la période qui va de 1896 à 1910. Peut-être, fait remarquer la Revue viennoise : Lehrlingsschutz, Jugend-und Berufsfürsorge, y aurait-il lieu d’étudier l’effet que produisent sur l’état physique des apprentis d’après-guerre les réformes telles que diminution de la journée de travail, mesures de protection prises dans la plupart des industries, introduction des vacances, des colonies de vacances pour apprentis, suppression des cours professionnels du soir et du dimanche matin, etc...
- Le Dr Gerber termine son étude par un tableau donnant le nombre de calories consommées par heure dans les différents métiers:
- Hommes : Femmes :
- Tailleur......... 45 Coutures à la main 4 à 33,4
- Relieur.......... 81,5 Coutes à la machne 24 à ,49,0
- Mécanicien....... 92,3 Femmes de mén.. 84 à 157
- Cordonnier....... 77 à 122 Lessiveuse......... 124 à 214
- Ouvrier métallte . . 137 à 145
- Menuisier........ 116 à 164
- Tailleur de pierres 286 à 319
- Porteur de bois. . 370 à 406 J. F...
- Essai d’orientation des élèves à Ventrée des collèges. — Dans le Journal of educational psychology d’octobre 1929. Charles E. Limp examine quelques efforts scientifiques en vue de rorientation professionnelle, en particulier ceux de J. C. Johnston, de l’Université de Minnesota, sur la prédiction de La réussite, dans les collèges. au moment de l’entrée des étudiants (208 sur 1.088 ayant été indiqués comme incapables d’atteindre le degré C, il s’en trouva 3 seulement qui y arrivèrent), et du bureau de recherches éducatives de l’Université d’Illinois (établissement et vérification d’une batterie de tests).
- INFORMATIONS
- Séance solennelle d’ouverture de l’Institut d’Orientation professionnelle pour l’année scolaire 1929-1930. — Le 4 novembre eut lieu, dans une salle du conservatoire des arts et métiers la séance de rentrée de l’I. N. O. P. Les élèves anciens et nouveaux ainsi que le corps enseignant y étaient conviés.
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- M. Labbé et M. Petsch, par suite de complications politiques momentanées, s’étant fait excuser, la présidence fut confiée à M. D ubreuil. Après avoir distribué aux lauréats du premier examen les diplômes auxquels ils avaient droit, le président donna la parole à M. Réveïi.lé, président de l’Association amicale des anciens élèves de l’I. N. O. P. qui parlâ de cette jeune association.
- « Appelé, dit-il, à prendre la parole au titre de président de l’Association amicale des anciens élèves de l’Institut national d’Orientation professionnelle, je suis a la fois très touché et très confus.
- Très touché de la cordiale sympathie et de la confiance qu’on a bien voulu témoigner à notre jeune association en lui permettant de se présenter à cette réunion, très confus parce que j'ai été orienté vers le poste que j’occupe, par mes camarades qui n’ont pas suffisamment mesuré mes aptitudes pour une tâche où je ne suis qu’un apprenti.
- Je n’ai peut-être qu’un mérite. M’occupant depuis longtemps déjà de Cours professionnels et d’Orientation professionnelle, je connais les obstacles multiples qui se dressent devant tous ceux qui, confiants dans une possibilité d’amélioration et de progrès luttent contre la routine béate, et bien que n’en ayant pas toujours triomphé, j’ai conservé toute ma foi dans le succès.
- Que mes camarades soient assurés que sans aucune idée préconçue j’apporterai à l’intérêt de la cause que nous défendons toute l’activité qu’elle mérite. Mais je réclame à l’avance la plus grande indulgence.
- Un premier devoir s’impose à notre jeune association. C’est un devoir de reconnaissance envers le Conseil directeur de l’Institut d’Orientation professionnelle et tous nos professeurs. Nous connaissons le bel effort dont ils ont fait preuve, nous savons avec quelle compétence et quel dévouement ils nous ont initiés à cette science nouvelle qu’est l’Orientation professionnelle. Mais ce qui nous a particulièrement touché, c’est l’accueil empreint de cordialité qui nous a toujours été réservé, c’est la sympathie profonde qu’ils nous ont témoignée dans toutes nos réunions. Ce n’est jamais en vain que nous avons fait appel à leurs conseils ou à leur appui.
- Qu’il me soit permis de leur témoigner aujourd’hui notre reconnaissance et de leur dire combien je suis heureux de leur adresser à l’occasion de cette réunion l’expression de notre profonde gratitude.
- Il est un second devoir que nous avons volontairement accepté. En créant notre Association amicale nous n’avons eu nullement l’intention d’être des cotisants inertes et indifférents.
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- Nous désirons contribuer au développement de l'orientation professionnelle par une coordination plus étroite des efforts individuels des membres de l’Association, par la mise à l'étude des problèmes d’actualité importants et par tous les autres moyens qui seront en notre pouvoir. C’est l’article même de nos statuts.
- Nous avons apprécié toute la complexité des problèmes que pose l’orientation professionnelle et nous constatons avec tristesse que malgré les efforts de nos professeurs notre formation est encore bien incomplète. Aussi avons-nous tout d’abord le désir de nous perfectionner en restant en relations constantes avec l’institut d’Orientalion professionnelle, certains que ses professeurs nous recevront toujours avec cordialité et qu'ils s’ingénieront, comme par le passé, à mettre leur insigne compétence à la portée de tous.
- Nous constituons une bibliothèque qui permettra à nos camarades de se tenir au courant des perfectionnements apportés dans les procédés d investigation psychologiques et physiologiques des sujets à orienter. Nous inaugurerons demain nos séances nouvelles de travail.
- Nous n’avons certes pas la vaine prétention de tenter dans ces réunions des expériences très compliquées de psychotechnique et nous ne pensons pas cette année découvrir le moyen infaillible de mettre chacun exactement à la place qui lui convient.
- Nous voulons simplement communiquer nos impressions, signaler les remarques que nous avons faites dans les écoles, dans les usines, dans les offices, chercher ensemble des moyens de propagande efficaces.
- Nous savons que dans le monde entier le côté psycho-physiologique de l’orientation professionnelle est étudiée par de nombreux savants et nous avons conscience du peu de valeur de la collaboration que nous pourrions apporter à l’autorité d'un psychologue comme .Vf. Piéron et d’un physiologiste comme VI. Laugier.
- Directeurs ou futurs directeurs d’offices d’orientation professionnelle, nous désirons simplement adapter à la pratique les découvertes de ces savants, expérimenter les méthodes qu’ils préconisent sur un grand nombre déniants et venir leur rendre compte des résultats obtenus, leur dire ce qui esl possible, non plus dans un laboratoire mais dans un oüice ou, avec un personnel très restreint qui se réduit souvent à une seule personne, on doit chaque année guider plusieurs centaines d’enfants dans le choix d’une profession.
- Notre œuvre sera modeste mais nous espérons que sa portée ne sera pas négligeable. Nous nous permettons de signaler dès maintenant que ce qui nous manque le plus dans nos offices
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- d orientation professionnelle c’est l’étude expérimentale des travaux professionnels.
- Chaque office s’ingénie à publier des monographies en s’inspirant de celles qui existent déjà. Certains orienteurs déclarent indispensables pour l’exercice d’une profession des aptitudes qui sont considérées par d’autres comme seulement désirables. Quelques-uns même réclament tant de qualité* pour l’exercice d’un métier très simple que nous ne les trouvons jamais toutes réunies chez nos sujets les plus brillants.
- Nous souhaitons que se multiplient dans les cenlres industriels les laboratoires psychotechniques pour que les métiers soient étudiés au point de vue technique hygiénique, physiologique, psychologique et social dans le but d’aider puissamment à l’orientation professionnelle, à la sélection professionnelle, à la prévention des accidents.
- .le ne voudrais pas terminer sans rendre pleinement justice à 1 effort remarquable accompli en France depuis quelques années en faveur de l’orientation professionnelle sous l’impulsion de la direction de l’Enseignement technique et en particulier de M. Fon-tègne.
- Un certain nombre de municipalités et de groupements professionnels ont créé des offices et quelques milliers d’enfants profitent déjà des bienfaits d’une inspection médicale parfaitement organisée et d’une orientation logiquement conduite, l.es constatations que nous faisons dans les cours professionnels nous prouvent qu’il reste encore beaucoup à faire.
- Maintenant que l’orientation professionnelle est entrée dans nos mœurs, (pic tout le monde est d’accord pour en signaler les heureux résultats et l’impérieuse nécessité, il est urgent que le nombre des centres s’augmente, rapidement.
- Loin de nous la pensée de vouloir substituer une autorité quelconque à celle du père quand un enfant entre dans le monde professionnel. Nous ne souhaitons qu’une seule chose : mettre l’enfant et sa famille dans la possibilité de faire un choix judicieux. Il esl de toute nécessité de le faire.
- Nous essayerons de collaborer de tout notre cœur et de toute notre activité à cette œuvre d’intérêt social et de stricte justice. Nous avons une confiance profonde dans la réussite de l’œuvre entreprise, le but (pie nous poursuivons nous apparaît nettement.
- Nous espérons que le succès récompensera nos efforts. »
- M. Piûron prenant ensuite la parole rappelle le but de l’enseignement donné à l’Institut national d’O. P. 11 s’agit de fournir à ceux qui peuvent être appelés à pratiquer l’orientation profes-
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- sionnelle les moyens indispensables pour l’accomplissement d’une lâche complexe cl difficile.
- L’examen vise à s’assurer que les candidats au diplôme de conseiller d’orientation possèdent le minimum de connaissances nécessaires et sont capables de mettre ces connaissances en œuvre. Le diplôme ainsi conçu n’est pas une garantie suffisante des capacités du conseiller d’orientation : il n’y a pas, en effet, d’épreuves d’aptitude, épreuves qui s’imposeraient si l’on réalisait une école normale destinée à fournir des conseillers d'orientation aux offices, école par laquelle il serait nécessaire de passer. L’organisation actuelle des offices, leur indépendance ne permet pas à l’heure actuelle une telle organisation. Et il ne suffirait pas alors d’une seule année pour la formation complète des conseillers, il en faudrait plusieurs, avec de longs stages pratiques.
- L’organisation actuelle permet d’assurer une préparation à la pratique d’un art qui doit donner à la technique une place de plus en plus grande au fur et à mesure du progrès de la recherché.
- M. Piérox, après avoir parlé de la pratique de l’orientation et des aptitudes que doivent avoir les conseillers, examine les résultats. fort encourageants, de la première année de scolarité, au cours de laquelle les élèves de l’Institut ont fait, de façon générale, et souvent dans des conditions difficiles, un remarquable effort. 11, donne quelques indications sur la critique expérimentale qui a été fa,ite de l’examen lui-même, et, en se félicitant de la collaboration apportée par l’Association des anciens élèves, il montre les modifications envisagées pour la seconde année, en partie afin de donner satisfaction aux desiderata exprimés par l'Association.
- Et il déclare compter sur la collaboration continue des anciens élèves de l’Instilut qui, livrés aux difficultés de la pratique, continueront à assurer le progrès des méthodes en mettant en commun leurs expériences personnelles, et en faisant l’essai des techniques élaborées par les services de recherche, avec cet esprit expérimental dont l’acquisition doit être le principal bénéfice de leur formation et qui seul garantit le progrès.
- Enfin il indique que, si l’organisation des services d’orientation en France n’est pas encore vraiment réalisée, .elle apparaît bien comme prochaine, assurant aux techniciens qui se seront préparés à leur tâche des situations honorables. En particulier, malgré des retards dus à des difficultés dans des formules d’élaboration administrative, l’office d orientation du département de la Seine, dont l’absence ne laisse pas d’être à l’heure actuelle si surprenante. ne peut plus tarder à être institué, et il doit constituer le
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- principal des instruments du progrès dans la pratique de l’orientation en liaison avec notre Institut.
- Enfin M. I(ennui ii, après avoir remercié les orateurs, exposa la joie qu il ressentait à voir l’effort fait pour rendre plus rationnel le choix du métier ; mais il fit remarquer qu'il était nécessaire de poursuivre sans arrêt l’étude de ces métiers, leurs changements étant incessants et tous progrès techniques réagissant sur eux ; on se trouverait vite dépaysé si l’on ne se tenait pas très au courant de la vie des ateliers. Il remarque aussi qu’il y a une véritable révolution dans l’introduction de la mesure dans les choses humaines et (pie c’est déjà grâce à des mesures précises dans les techniques de l'atelier même qu’on a pu organiser le travail en série, standardisé par la fabrication de pièces rigoureusement interchangeables.
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- Mlle Blanc, diplômée de l’Institut, a obtenu une bourse de séjour en Amérique, bille est admise pour une année à suivre les travaux du Service social de Boston et envisage surtout d’étudier ce qui se fait au point de vue de l’orientation professionnelle.
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- La Vie de l’Amicale
- L'Activité du Conseil directeur de /’Amicale
- Le Conseil directeur de l’Amicale s’est réuni le 1er juillet, le 10 juillet, le 4 octobre, le 6 novembre et le 27 novembre.
- Il a organisé une enquête parmi les anciens élèves et en a transmis les résultats à la direction de l’Institut.
- I ne bibliothèque circulante est en voie d’organisation.
- Le Conseil directeur s’est aussi préoccupé de trouver des situations aux anciens élèves.
- II espère que les anciens et les nouveaux élèves ainsi que les auditeurs libres, se joindront à eux.
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- i.e travail de l'Association
- Dans sa séance de travail du 13 novembre, M1Ie Biscay nous a l i et commenté le travail ci-dessous. Nous demandons à tous de l’étudier et de venir le discuter à la séance de travail du vendredi 17 janvier, à 21 heures, 41, rue Gay-Lussac. Tous les membres de l’Association, les anciens élèves et les nouveaux élèves sont invités, Il ne sera pas envoyé de convocation individuelle,
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- Les listes de métiers. — « Vous m’avez demandé de vous faire une causerie sur les métiers, ou plutôt sur une liste méthodique ci raisonnée des métiers.
- Le sujet est tellement vaste que, si vous le voulez bien, nous nous en tiendrons plutôt à un exposé bibliographique de la question.
- Depuis fort longtemps, en effet, des esprits distingués se sont préoccupés de la question de l’orientation professionnelle. Il me suffira de citer les travaux les plus récents et les plus connus :
- Mortier 1910 ; Chair.lreau (Ligue de l’enseignement) 1910 ; Imbert 1910 ; Mm‘ Blanche Schwcig (1910 ; Offices cantonaux d’apprentissage de la Suisse romande 1910 ; Kritchewsky 1911 ; Max Lazard 1912 ; Comité de patronage des apprentis du XIII' 1916 ; Société de Saint-Vincent de Paul 1918 ; De-croly 1919 ; Office national des pupilles de là nation 1920 ; M"e Hélène Bureau 1921 ; Fontègne 1921 ; Mauvezin 1921 ; Christiaens 1921 ; Comité de patronage des apprentis du X' 1922 ; les carrières féminines (action populaire) 1922 ; Dr Paul-Boneour 1922 ; Laufcr 1922 ; Claparède 1922 ; Mira 1922 ; Lippmann ; Pierkovsky ; Piéron, Magne, Gley. Frois 1923 ; Petitpierre; Perret 1926 ; Odette Simon 1927 ; Labbé 1928 ; Mouvel 1928 ; M"e Vénard 1929.
- J’en oublie certainement, mais peut-être à dessein, car ces travaux nous intéressent plus particulièrement en ce sens que leurs auteurs se sont proposés de donner une liste complète et raison-née, soit des métiers en général, soit des métiers dérivant d’une catégorie déterminée. Il ne faut pas perdre de vue, en effet, qu’avec les progrès dont les cinquante dernières années ont été les témoins, les métiers se sont transformés. Il y a les métiers qui naissent ; il y a ceux qui meurent. Aucune formule rigide ne pouvait être élaborée jusqu’en ces derniers temps où il semble, en attendant de nouvelles découvertes, c’est-à-dire de nouveaux progrès que les métiers, d’une manière générale, se soient stabilisés.
- Si donc, nous avions un travail à présenter sur la liste complète des métiers, il nous 'faudrait avoir recoins aux documents ci-après :
- Liste des métiers établie par l'Association française pour le développement de l’Enseignement technique au Congrès de Roubaix en 1911. — Travail éminemment sérieux, procédant d’une vaste enquête ouverte à l’occasion d’un congrès qui a élé comme la préface de l’essor de notre Enseignement technique.
- Liste des métiers énumérés dans le rapport Henri Sellier, au Conseil général, en 1922, établie d’après les travaux complets de MM. Mortier, Mauvezin, Fontègne, pour ne citer que les principaux.
- Liste des métiers établie par le Ministère du Travail, liste officielle, par conséquent.
- Enfin, liste — également officielle — donnée par la Direction générale de l’Enseignement technique, à propos de la Taxe d’apprentissage, et reproduite dans l’ouvrage de M. Edmond Labbé : L’apprentissage et la Taxe d’apprentissage.
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- I >e ccs diverses listes, j en retiendrai deux : la première, celle du rapport Sellier, parce qu elle donne1, en r,accourci, toutes les grandes indications relatives à l'orientation professionnelle.
- La seconde, celle de l’administration de l’Enseignement technique capitale — parce qu elle constitue le règlement officiel relatif aux exonérations accordées aux industriels ou commercants, notamment en ce qui concerne l’orientation professionnelle.
- Le dernier document essentiel a été utilisé par un autre groupement économique de Paris qui a jugé opportun de résumer le règlement à l’usage de ses membres susceptibles d’exonération. J’ai pu me procurer un certain nombre de ces brochures à votre intention, ce qui abrégera considérablement ma tâche (1).
- II ne nous est pas indifférent, en effet, dans notre rôle d’orienteur, de ne pas nous borner à « faire uniquement notre métier », si je puis dire, mais à faire de la propagande en faveur de l’O. P. Avec cette brochure, chacun de nous, Je cas échéant, aura la possibilité d’engager tel ou tel industriel ou commerçant, soit — lorsqu’il est isolé —- à faire de l’O. P., soit, dans une ville ou centre important, à se grouper avec des collègues de même industrie ou commerce, pour fonder une oeuvre d’O. P.
- Prenons quelques exemples, en sachant tout d’abord que l’assujetti à la base d’apprentissage paie, en général, 2 francs pour 1.000 francs de salaire.
- Un patron —• isolé —- payant 500.000 francs de salaires, doit à la taxe d’apprentissage deux fois 500 francs, soit» 1.000 francs.
- Si nous prenons un métier féminin : la couture pour laquelle le taux de réduction du montant total, de la taxe est de 80 °/0 pour l’O. P. ; et un métier masculin : la mécanique pour laquelle ce taux est de 75 °/n ce patron peut donc disposer, dans le premier cas de 800 francs et dans le deuxième cas de 750 francs, si la preuve est faite que, par brochures, tracts, voire même rémunération à un orienteur qualifié, il a dépensé la somme correspondante pour i’Ô. P.
- Or il n’est pas indifférent pour un patron, soucieux de l’avenir de son industrie, de faire faire quelques causeries ou de distribuer des brochures ou tracts aux élèves des écoles de sa commune ou de sa ville. — La somme relativement faible obtenue par un i-olé peut être important lorsque plusieurs industriels du même métier s’associent pour une propagande de cet ordre.
- J’en arrive maintenant aux listes du rapport Henri Sellier.
- (1) Ces brochures ont été distribuées aux auditeurs.
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- Etablies, il y a presque dix ans, ces listes nécessitent, probablement, une mise à jour. Toutefois, elles englobent les grands groupements professionnels, cl pour chacun d'eux, leurs prinei-] aux métiers ou métiers mères, c’est-à-dire ceux qui réclament un apprentissage essentiel pour permettre à l’apprenti, devenu ouvrier, de se spécialiser dans la branche la plus adéquate à ses goûts, a ses aptitudes, a ses connaissances.
- Vous avez celte liste en mains (1).
- Prenons par exemple le mécanicien d’aviation. L’apprenti commence par apprendre la mécanique en général, pour se .spécialiser, plus tard, dans l’aviation ; mais la base du métier est toujours constituée par l’étude des principes fondamentaux de la mécanique, c’est-à-dire : ajustage, tournage, limage, etc...
- Tous les métiers de ces listes ont été étudiés au point de vue de leurs exigences physiques, psychiques, intellectuelles et momies ; ce sont de véritables fiches d’aptitudes professionnelles. Nous lisons . En vue d’une utilisation pratique de ces tableaux de professions, l’orienteur établit une fiche des caractéristiques de l’enfant. La colonne de sa fiche individuelle s’adapte exactement, ligne pour ligne, à la colonne du tableau des professions, de sorte que la comparaison se fait instantanément avec précision. Méthode recommandée lorsque l’orienteur doit examiner un grand nombre de sujets en très peu de temps. Méthode utile parce qu’elle peut, en l’absence d’orienteur qualifié, être mise en pratique par des personnes peu compétentes sur la question.
- Voici, donc, les documents qui m’ont paru susceptibles de vous intéresser. 11 y aurait bien, comme conclusion pratique de cette causerie, de pouvoir, muni de ces listes, les étudier plus en détails ; ne pas s’en remettre seulement aux livres, mais demander conseil aux patrons et ouvriers — faire pour chaque métier une élude particulière, une étude à soi, afin de s’en servir dans les localités où, je le souhaite, notre activité aurait l'occasion de s'exercer.
- Nous nous constituerions ainsi un recueil précieux de notes auquel chacun de nous aurait recours pour tel ou tel métier, et surtout, une documentation dont l’association pourrait bénéficier pour le plus grand profit des orienteurs, et par suite des enfants.
- M. Biscay.
- (1) Cette liste polycopiée a été distribuée aux auditeurs ; il en reste encore quelques exemplaires.
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- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- D1 André Salmont. — Les services de médecine el d'hygiène industrielles el l'organisation scientifique du Traînai. (Brochure de 16 pages, 5 francs. Editée par le Comité national de l’organisation française; 1928.)
- 1 e qui importé surtout, ce n’esl pas tant le rendement de la machine matérielle (pie celui de la machine humaine dont l’autre dépend. « Ee bon état de sauté physique et moral chez le personnel est synonyme de bon rendement et de production accrue », d’où une organisation scientifique du travail devant reposer sur la médecine et sur l’hygiène.
- Ce Service de médecine el d'hygiène industrielles est en quelque sorte « le serv ice d’entretien de la machine humaine » ; il joue un double rôle, industriel et commercial, et a pour luit : « le choix la conservation, l’entretien el la préservation du capital humain employé ».
- Dr André Thouvenel. Remarques sur l'exploration fonctionnelle du cœur et des poumons chez les écoliers. (VI. Lac, éditeur, Caris, 1929, 40 pages.)
- A. Thouvenel s’est proposé d’étudier une méthode d’évaluation (les réactions circulatoire et respiratoire à l’eff/rt, et de fixer les limites entre lesquelles évoluent ces réactions chez des enfants normaux.
- Ses recherches ont porté sur 80 gravons de 9 à 14 ans, dont on a mesuré le pouls, la tension artérielle, le nombre des respirations et le débit respiratoire maximum avant el après un effort. Les conclusions du docteur Thouvenel sont assez vagues et assez brèves : à l’âge scolaire, les réactions de l’appareil cardio-pulmonaire à l’effort varient suivant les sujets dans de larges limites, et on ne saurait se montrer trop circonspect avant d affirmer, sur les résultats d’une épreuve d’effort, l’existence d’une insuffisance fonctionnelle du cœur ou du poumon, surtout si cette affirmation comporte une sanction pratique, connue se serait le cas pour l’orientation professionnelle ».
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