Bulletin de l'Institut national d'orientation professionnelle
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- 10e Année
- N° 1-2
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- Janvier-Février 1938 «
- V
- BULLETIN
- l’institut National d’Orientation Professionnelle
- Etalonnage d’une fiche collective d’intelligence pour enfants de 13 à 15 ans
- par
- Mme Henri PIÉRON
- Nous avons déjà indiqué que celte fiche avait en réalité été établie pour permettre l’étude analytique de l’intelligence de tous les enfants, même de ceux qui, très lents, voient leur rendement diminué par cette lenteur.
- Pour cela nous avons établi un étalonnage des différents points du profil avec les seules questions de la première moitié que tous ont le temps de remplir dans le temps donné.
- Voici pour chaque point du profil les résultats de cet étalonnage de la première moitié. Nous indiquons pour chaque point les numéros des questions qui entrent dans l’étalonnage de ce point.
- Premier point
- Compréhension
- Questions entrant dans ce point : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 28, 31, 32, 33, 34, 41, 42, 43, 44.
- Le maximum possible est de 30 points.
- •1 10 “.0 30 40 50 60 70 80 90 100
- Garçons....... 28 21 17 15 14 11 11 8 7 b 1
- Filles 27 20 17 15 13 11 10 8 6 4 0
- (1) Voir Bulletin de l'Institut National d’O. P., 9e année, n° 8, octobre 1937,
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- Deuxième point
- Critique
- D’après la somme des points obtenus dans les questions : 25, 26, 27, 30, 39, 40.
- Le maximum de points possible est de 14.
- I -10 20 30 40 30 60 70 80 90 100
- Garçons i 13 10 8 (5 6 6 4 2 2 2 2
- Filles 11 10 8 6 6 5 2 2 0 0
- Troisième point
- Invention
- D’après la somme de points obtenus dans les questions : 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 35, 36, 37, 38.
- Le maximum de points possible est de 20,50.
- 1 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
- Garçons 20.50 16 13.50 12 11.50 10.75 10 8,25 8 6.50 1
- Filles 20.25 13.50 13.25 12.25 11.25 10.50 9.75 8.50 8 6.25 2
- Quatrième point
- Intelligence logique
- Somme des points obtenus dans les questions suivantes : 25, 26, 27, 28, 31, 32, 39, 40.
- Maximum possible : 18 points.
- 1 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
- Garçons.. 18 12 10 7 7 6 5 3 2 2 2
- Filles .. . 18 11 9 7 6 5 4 3 2 2 0
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- 3 —
- Cinquième point
- Intelligence verbale
- Somme des points obtenus dans les questions suivantes : 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24. Maximum possible : 14.50.
- 1 1 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
- Garçons 14 10 8 7.50 6.25 6 5.50 4.50 4.50 3.25 1.50
- Filles 14.25 10.25 8.25 7.25 6.50 6 5.25 4.75 4.25 3.75 1.25
- Sixième point
- Intelligence générale
- Somme des points obtenus dans les questions suivantes : 29, 29, 30, 33, 34, 35, 36, 37, 38, 41, 42, 43, 44. Max. pos. : 24 pts.
- 1 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
- Garçons 23 17 16 15 13 13 12 H 8 6 4
- Filles 23 17 15 14 13 12 11 H 8 7 3
- Septième point
- Intelligence numérique
- Somme des points des questions 1, 2, 3, 4. Max. : 8 pts.
- 1 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
- Garçons 8 8 6 4 2 2 2 0 0 0 0
- Filles 8 6 4 4 2 0 0 0 0 0 0
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- Nous donnerons, à titre d’indication, en conseillant vivement aux orienteurs de ne s’en servir que comme complément de profil analytique :
- 1° L’étalonnage de l’efficience globale de la première partie ;
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- 2° L’étalonnage du total général représentant la rapidité efficiente de l’enfant dans sa fiche entière :
- Efficience globale de la première moitié Maximum possible ; 64,50.
- . . 1 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
- Garçons...... 59 47 38 32.25 30.75 28.25 25.75 24.75 19.25 17.75 4.25
- Filles 58 43.50 36.50 32.50 29.75 27 24.50 21.25 18.75 16 3.75
- Rapidité efficiente du total de la fiche Maximum possible : 129 points.
- 1 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
- Garçons 86.25 76.50 65.50 62 35.75 51.25 47.25 42.75 38 30.75 14.50
- Filles ........ 85 75 66.75 61.30 55.50 50.80 46 41.50 36.50 30.90 15.88
- Nous donnons enfin l’étalonnage de la rapidité des sujets suivant le nombre de questions vues par eux.
- Rapidité
- Maximum : 88 questions.
- **••'*' ; • ' T 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
- Garçons 88 88 88 88 88 88 88 88 88 84 78
- Filles 88 88 88 88 88 88 88 88 85 78 56
- Utilisation des résultats. — Voici donc deux séries parallèles d’étalonnages permettant de dresser le profil analytique d’intelligence de tous les sujets rapides ou lents.
- Utilisation de la fiche. — Supposons un orienteur ayant à la, fois des enfants lents et rapides à classer.
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- Dans le cas des enfants ayant une rapidité normale, c’est-à-dire dans 80 % des cas , le profil devra être fait d’après les étalonnages donnés précédemment, c’est-à-dire embrassant les réponses de la fiche tout enlière (1).
- Dans les cas d’enfants plus lents, l’orienteur devra se servir des données contenues dans cet article et qui reposent sur le travail exécuté uniquement dans la première moitié de la fiche, c’est-à-dire jusqu’à la question n° 44 (incluse).
- Il faudra à ce profil ajouter un point pour la rapidité d’après l’étalonnage de rapidité.
- De celte façon, même chez un enfant lent que l’on ne peut toujours reprendre pour lui faire terminer son travail, on obtiendra un profil analytique sans aucune déformation.
- NOTES ET DOCUMENTS
- L’Ergographie et l’orientation professionnelle
- Une des plus anciennes méthodes d’étude de la fatigue utilisée par les psychologues vient de faire le sujet d’un beau travail de Mmes Antipoff et Assunçao.
- Il s’agit de la mesure du travail et de la fatigue par la méthode de Mosso.
- Cet appareil comprend une tablette d’immobilisation du bras et de la main laissant libre le médium du sujet qui doit, en le relevant, remonter un poids au moyen d’une ficelle passant dans une poulie et fixée à un anneau qui entoure le doigt.
- Les déplacements de la ficelle entraînent une plume qui inscrit les soulèvements avec leur hauteur absolue sur un cylindre tournant.
- La hauteur de chaque soulèvement multipliée par le poids soulevé donne en fraction de kilogramme la mesure du travail.
- La somme des soulèvements donne le travail total.
- Les auteurs firent soulever un poids de 5 kilogs au rythme,, d’un soulèvement toutes les deux secondes. Ils obtinrent quatre sortes de formes de courbes. '(
- 1° La normale ou oblique, dans laquelle le niveau des soulèvements descend régulièrement du commencement à la fin pour aboutir à zéro.
- (1) Bulletin de l'Institut National d’O. P., 9° année, n° 8, octobre 1937, p. 173-188.
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- 2° La courbe caudale dans laquelle les soulèvements après s’être abaissés à un certain minimum se répètent indéfiniment en forme de queue.
- 3° La courbe interrompue dans laquelle le travail cesse brusquement alors que les soulèvements sont encore élevés.
- 4° La courbe en plateau qui donne un tracé droit et horizon tal qui se termine brusquement alors que la hauteur des soulèvements est presque égale dans toute l’étendue de la courbe.
- D’après l’auteur les personnes aux courbes à fin graduelles se fatiguent aussi graduellement, elles sont d’un tempérament calme, leur humeur est égale et elles sont capables de se contrôler.
- Au contraire, les courbes abruptes, en plateau, se rencontrent de préférence chez des personnes plus actives, plus impulsives, plus violentes, moins contrôlées, douées d’une certaine indépendance dans la conduite, sociale, portées à dominer et à s’imposer aux autres.
- La courbe caudale semble appartenir aux personnes méticuleuses, patientes, consciencieuses, subjuguées par leur tâche et un peu portées à l’automatisme. Tout ceci intéresse au premier chef l’orienteur.
- Nous donnerons à titre indicatif l’étalonnage fait par ces auteurs sur des sujets adultes, tous féminins, mais de nationalités diverses.
- Centilage des éléments de l’ergogramme
- (100-120 personnes du sexe féminin)
- NOMBRE des soulèvements HAUTEUR de l’ergogramme en mm. TRAVAIL en kgms COEFFICIENT de fatigue
- 1 121 1.425 7.250 0.9
- 10 70 1.100 5.500 1.1
- 20 56 875 4.500 1.2
- 25 54 800 4.250 1.3
- 30 52 750 4.000 1 J
- 40 44 725 3.500 i . r>
- 50 40 625 3.250 1.7
- 60 34 600 3.000 1.8
- 70 32 550 2.500 2 »
- 75 30 500 2.250 2.1
- 80 28 425 2.000 2.2
- 90 24 375 1.750 2 3
- 100 14 150 0.750 2.5
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- L’importance du traitement thyroïdien précoce des crétins
- Dans une communication au dernier Congrès (septembre 1937) de Y American Psychological Association, le Dr A. W. Brown a relaté les résultats du traitement thyroïdien d’une série de 12 garçons et 20 fdlcs atteints de crétinisme myxœdémateux, et suivis pendant 2 à 6 ans (certains à partir de l’âge de 3 ans, certains jusqu’à l’âge de 20 ans) (1).
- Or, grâce à ce traitement, quand il ia été suffisamment précoce, il a été possible de conduire le développement intellectuel jusqu’à un âge mental de 7 à 9 ans (avec un quotient intellectuel moyen de 0,60 d’après l’échelle Binet-Stanford).
- A ce niveau, la débilité mentale n’empêche pas une utilisation sociale et professionnelle, ce qui permet donc une récupération d’individus qui, en l’absence du traitement précocement institué, auraient été justiciables de l’asile.
- On comprend toute l’importance que présente un dépistage
- précoce. p p
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- L’Orientation vers les études agronomiques supérieures
- Nous donnons ci-dessous le texte de la circulaire adressée le 3 décembre 1937 aux Recteurs par le Directeur de l’Enseignement du second degré, M. Châtelet, à la suite d’une démarche du Ministre de l’Agriculture :
- M. le Ministre de l’Agriculture vient d’appeler mon attention sur la diminution constante depuis plusieurs années, mais encore plus marquée au début de la présente année scolaire, du nombre des élèves des classes préparatoires à l’Institut national agronomique dans les lycees et collèges. Cette diminution affecte d’ailleurs non seulement le nombre des candidats à l’Institut national agronomique, mais encore celui des candidats aux écoles nationales d’agriculture, un certain nombre de jeunes gens élèves des classes préparatoires à l’Institut national agronomique se présentant en effet simultanément aux deux concours.
- Elle ne saurait s’expliquer seulement à l’heure actuelle par les années de basse natalité de la guerre 1914-1918, l’âge moyen des candidats à ces établissements étant compris entre 18 et 20 ans. Elle postule donc une désaffection dont la seule raison me paraît
- (1) A. W. Brown : The influence of thyroide trealmenl upon the mental growth of Crétins. Psycholoçjical Bulletin, 34, 9, 1937, p. 777.
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- être la diffusion de certains bruits non fondés concernant les débouchés ouverts aux élèves diplômés de l’Institut national agronomique et des écoles nationales d’,agriculture.
- Cette situation de fait laisse supposer, en effet, que les familles s’imaginent que les jeunes gens diplômés de ces établissements ont les plus grosses difficultés pour assurer leur avenir ; or, cette opinion, si l’on considère les nombreux débouchés ouverts tant dans l’Administration que dans l’Agriculture, le Commerce et l’Industrie aux ingénieurs agronomes et aux ingénieurs agricoles, ne peut manquer de paraître superficielle et fausse.
- Les ingénieurs agronomes et les ingénieurs agricoles peuvent en effet devenir : des agriculteurs et des propriétaires possédant les connaissances nécessaires pour la meilleure exploitation du sol ; des professeurs pour l’enseignement agricole à tous les degrés ; des administrateurs pour les divers services publics ou privés de la métropole et des colonies dans lesquels les intérêts de l’agriculture sont engagés (administration centrale de l’Agriculture, inspection du Crédit foncier de France, du Crédit foncier d’Algérie et de Tunisie, Associations agricoles et coopératives) ; des chimistes et des directeurs de stations agronomiques, œnologiques et de laboratoires agricoles ; des chimistes, ingénieurs et directeurs pour les industries agricoles ; des ingénieurs pour maisons de construction de machines agricoles, de préparation de semences, d’améliorations agricoles.
- Les ingénieurs agronomes seuls ont, de plus, accès aux Administrations des Eaux et Forêts, des Haras, du Génie rural, au service de la culture et de l’exploitation industrielle des tabacs.
- Cette énumération sommaire ne donne qu’un aperçu des nombreuses situations occupées, tant en France qu’à l’étranger, par les anciens élèves diplômés de l’Institut national agronomique et des écoles nationales d’agriculture.
- Je vous prie de porter ces faits à la connaissance de MM. les chefs d’établissements en'leur signalant l’intérêt que présentent les établissements supérieurs d’enseignement agricole pour l’oricn-
- tation de la jeunesse. Châtelet.
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- Fausses vocations dans les carrières libérales
- On entend souvent dire que l’orientation professionnelle se conçoit bien pour les métiers manuels, mais non pour les carrières dans lesquelles prédominent les aptitudes intellectuelles, et qu’en ces matières, avec un niveau suffisant d’intelligence, il ne peut être question que de goûts et d’intérêts.
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- Or, s’il est vrai que certains ordres d’études peuvent conduire a des carrières très variées, comme le droit par exemple, — la préparation d’écoles spéciales comme Navale ou Saint-Cyr impliquant en tout cas des orientations très étroites — il n’en est pas moins nécessaire d’avoir, pour réussir dans des professions définies comme celles d’avocat, d’ingénieur, de professeur, des aptitudes qui ne coïncident pias nécessairement avec des goûts qui déraillent parfois, ou tiennent à une insuffisante information.
- En voici deux exemples typiques :
- Nous empruntons l’un au cours du Collège de France du Professeur Pierre Janet, sur Y évolution de la personnalité} en 1920.
- Je répète toujours, y disait-il, une observation qui m’avait frappé dans ma jeunesse. C’est celle d’un brave homme qui s’était découvert une vocation de professeur. Mais il se plaignait d’un trouble particulier : « Il y a chez moi quelque chose de malheureux : Je suis destiné à être professeur ; je veux l’être ; j’aime cette profession, mais il m’est impossible de dire un mot quand il y a une personne devant moi. » Je me suis permis de lui poser une question : « Mais comment savez-vous que vous êtes un excellent professeur ? Comment l’avez-vous constaté ? » « Oh ! me répondit-il, c’est bien simple, et la preuve est radicale. Dans ma chambre, je n’ai qu’à disposer des chaises devant moi, et je fais très bien mon cours. Donc je puis faire un cours à des élèves ; seulement il ne faut pas qu’ils soient là ».
- Je lui affirmai qu’il se trompait, et qu’il avait fort peu la vocation qu’il croyait avoir.
- On aurait pu sans doute lui conseiller à cet égard de devenir conférencier par radio !
- Mais voici une erreur d’orientation reconnue, c’est celle qui conduisit Julien Benda sur les bancs de l’Ecole Centrale, comme il le raconte dans cette autobiographie intitulée : La ieunesse d'un clerc :
- « Mon séjour à l’Ecole Centrale a peut-être été le plus malheureux de mon existence... On me dira : Qu’est-ce qui vous a fait accepter d’entrer dans cette école, dont vous n’ignoriez pas l’esprit ? Une éternelle faculté de mirage. Je me voyais ingénieur d’une grande compagnie comme je m’étais vu lieutenant d’artillerie, n’évoquant que l’aspect esthétique de l’emploi, le commandement, la tenue sociale, l’élégance des résultats (c’était l’époque de la Tour Eiffel), aucunement la réalité. On me dira encore : Votre famille aurait dû s’opposer à votre démission... Et encore : Vos parents eussent dû vous empêcher d’entrer dans cette école pour laquelle il crevait les yeux que vous n’aviez aucune disposition. — Où sont les bourgeois qui ne sont pas éblouis par les grandes écoles, se demandent si leur enfant est fait pour elles ? Où sont les parents (pii étudient leurs enfants ? Nous retrouvons l’éternel problème : Eduquez les éducateurs. »
- Ces deux exemples ne sont-ils pas à méditer par ceux qui ne croient pas à l’efficacité des conseils éclairés d’orientation dans l'enseignement secondaire ?
- H. P.
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- Sens d’observation et imagination dans la formation des cadres
- A l’occasion des Journées d’étude 1937 de la Commission générale d’organisation scientifique (Cégos) de la Confédération générale du Patronat français, le président de la section « Personnel » de cette Commission, M. Alexandre Goineau, a présenté un rapport sur la formation des cadres (1) dans lequel il a tenté une analyse des éléments de l’iaction des chefs (y compris les chefs d’atelier et contremaîtres) afin de déterminer les conditions de préparation à leur rôle. Nous extrayons de ce rapport ce paragraphe relatif à l’observation et à l’imiagination :
- « Nous avons insisté, plusieurs fois, au cours de cette étude, sur les deux qualités que doit posséder un chef pour exercer son action sociale : le sens d’observation et l’imagination qui est une forme de la vie de l’esprit. Pour développer ces facultés, donnons leur une matière.
- « Cette matière, elle nous est offerte par le milieu actuel. En dehors des exposés que feront de leurs expériences personnelles ceux qui exercent des commandements, nous réserverons une très large place aux grandes expériences sociales, qui se poursuivent sous nos yeux : Caisses de compensation d’allocations familiales et caisses d'assurances sociales, avec leurs multiples institutions de service social. Organisations syndicales avec leur pratique des contrats collectifs. Ecoles d’apprentissage avec leurs services d’orientation professionnelle. Œuvres se consacrant à l’utilisation des loisirs. Services de prévention des accidents. Laboratoires de sélection professionnelle et d’étude du travail.
- « Dans le cadre modeste de notre Centre, nous avons usé largement de cette méthode. La majeure partie de' nos séances « été consacrée à l’audition de dirigeants de ces institutions, auditions complétées par la visite des institutions, elles-mêmes. Nous avons pu constater avec quel intérêt ces séances ont été suivies. J’ajouterai avec quel fruit. Notre secrétaire général, à qui nous sommes particulièrement reconnaissant d’avoir organisé et réalisé ce programme, pourra vous le dire, lui qui est mieux placé que nous pour recevoir les confidences de chacun.
- « Nous ne saurions donc trop conseiller de faire de ces études la base d’un enseignement social. »
- (t) A. Goineau. Le Problème de la formation sociale des cadres. — In-8° '^G pages, Paris, 1937. Prix : o francs.
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- Le Métier de soudeur
- Précédant, et en vue d’une étude faite par H. Laugier, D. Ko-yvarski et D. Weinberg (1) sur la sélection d’ouvriers soudeurs. M. R. Bonnardel, aidé des ingénieurs attachés à l’Office central de la soudure autogène, a fait d’une façon fort intéressante l’étude do ce métier, étude dont nous extrayons les renseignements suivants.
- Selon les définitions classiques, on appelle soudure autogène « le procédé qui consiste à réunir des pièces métalliques par la fusion franche, sous la flamme d’un chalumeau ou sous un arc électrique, de leurs bords rapprochés, avec ou sans addition dé métal d’apport de même nature que les pièces à souder ». Dans la soudure au chalumeau, la flamme soudante s’obtient le plus souvent par la combustion d’un mélange d’acétylène et d’oxygène, à volumes à peu près égaux, et la température de la partie soudante de la flamme dépasse 3.000° c. ; elle est de 3.500° c. au pôle positif dans la soudure à l’arc électrique.
- Dans ce métier l’ouvrier travaille parfois assis ; mais souvent debout ou accroupi, en positions malcommodes. Il déplace le chalumeau ou l’électrode de la main droite, alors que la gauche est occupée, dans la soudure à l’arc électrique, par le maintien du masque destiné à protéger le visage du soudeur, et surtout ses yeux, des radiations nocives de l’arc ; dans la soudure au chalumeau, la main gauche maintient et déplace le métal d’apport, les yeux étant alors protégés par des lunettes spéciales.
- Le déplacement du chalumeau ou de l’électrode se fait par un mouvement complexe : dans la soudure classique à plat, le chalumeau avance de droite à gauche, la pointe pouvant décrire, dans le plan transversal, des mouvements elliptiques en zigzag ; cette technique tend, d’ailleurs, à disparaître et le mouvement de va-et-vient se trouve remplacé par un mouvement rectiligne, surtout lorsqu’il s’agit de soudures sur faibles épaisseurs. L’amplitude des oscillations dans le va-et-vient, leur fréquence et, — quelle que soit la technique employée — la vitesse globale de l’avancement, varient suivant la nature des pièces à souder, leur préparation et les conditions particulières du travail.
- Pendant qu’il exécute ce travail, le soudeur ne cesse d’observer l’état du bain de fusion qu’il aperçoit ù travers ses verres pro-
- (1) Un essai de sélection psychophysiologique d’ouvriers soudeurs. Le Travail humain, 9° année, n° 2, juin 1937, p. 182.
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- tecteurs comme une plage lumineuse et dont l’iaspect renseigne sur le degré de fusion du métal ; les dimensions, la forme, le degré de luminosité qui va en diminuant du centre aux bords de la plage, enfin des reflets colorés dans cette perception complexe, guident les gestes de l’ouvrier, sans qu’il puisse en distinguer nettement les éléments, encore moins apprécier l’importance relative de ceux-ci et préciser les modalités des réponses motrices qu’ils entraînent.
- Car, pour cette adaptation sensori-motrice complexe, contrairement à ce qui a lieu pour la plupart des habitudes, où la situation perceptive est d’emblée exactement reconnue, la difficulté consistant à faire obéir les muscles à T intention intellectuellement bien comprise, ce sont, dans le travail du soudeur, les éléments perceptifs dont la reconnaissance ne s’acquiert qu’après un apprentissage plus ou moins prolongé, et par ceux-là seulement qui ne sont pas démunis de certaines dispositions naturelles.
- A ces nuances perceptives, les mouvements du soudeur s’adaptent dans leur forme, leur vitesse, le schéma particulier de leurs oscillations, avec un haut degré de précision. Une accélération, un ralentissement intempestifs, une variation incorrecte dans l’amplitude des oscillations ont pour effet immédiat des défauts sensibles du produit, amorce de cassure par manque de pénétration, insuffisance d’adhérence par non-fusion des bords, formation de « soufflures » qui diminuent la résistance de l’assemblage, et bien d’autres.
- La manipulation et le réglage des appareils, des "postes électriques, des robinets d’arrivée des gaz, etc., ne constituent pour l'ouvrier qu’une surcharge psychologique relativement peu importante et dont les règles sont assez vite assimilées, bien qu’elles fassent appel à n’en pas douter, à un certain degré d’intelligence technique. Elles rendent par ailleurs souhaitable la présence chez l’ouvrier soudeur d’un certain sang-froid pour réagir de façon correcte en cas d’incidents qui semblent, d’ailleurs, plus souvent impressionnants que dangereux.
- Pour les conditions ambiantes de leur action sur le travailleur, il faut envisager d’abord les radiations nocives de la flamme dont l’élimination par des verres protecteurs appropriés semble réalisée de façon assez satisfaisante ; cl’où il résulte en tous cas l’obligation pour l’ouvrier de ne pas quitter masque ou lunettes qui, s’ils laissent une luminosité bien suffisante au bain de fusion, ne permettent d’apercevoir les autres parties du travail qu’en vision crépusculaire. Pans la soudure à l’arc électrique, en particulier, l’amorçage de l’arc se fait presque en complète obscurité.
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- La proximité cle la flamme et, do l’arc, enfin, constitue une source de chaleur réellement pénible, en été surtout, et contre laquelle nul dispositif ne préserve l’ouvrier de façon satisfaisante.
- Voici d’autre part les données intéressantes du travail de II. Laugier, D. Kowarski et D. Weinberg fait en vue de la sélection des ouvriers de ce métier.
- Une analyse préliminaire du travail du soudeur, résultat d’essais personnels d’apprentissage, de l’observation des élèves soudeurs eux-mêmes, et d’entretiens avec les instructeurs, a souligné parmi les facteurs importants de réussite, la nécessité de s’adapter rapidement et avec une grande précision à des perceptions complexes et continuellement changeantes.
- Un groupe de 133 ouvriers, répartis d’après leur valeur pro fessionnelle appréciée par différents instructeurs au cours même de l’apprentissage, en mauvais (24 sujets), moyens (86) et bons (23), a été soumis à un examen biotypologique général très étendu, ainsi qu’à un certain nombre d’épreuves plus spécialement destinées à atteindre les aptitudes supposées nécessaires à l’exercice du métier. Un groupe supplémentaire de sujets a compris 16 ouvrières femmes et 16 anciens élèves diplômés des grandes écoles.
- L’examen biotypologique et les tests ont été pratiqués au début de l’apprentissage. Ils ont comporté l’étude :
- a) des données anthropométriques : taille, poids, hauteur du coude, forme de la main ;
- b) des fonctions respiratoires : capacité respiratoire, pression artérielle, fréquence cardiaque ;
- c) des fonctions neuro-musculaires : force musculaire, préci sion des mouvements, stabilité de la main, réactions motrices à un stimulus visuel en mouvement ;
- d) des fonctions sensorielles et perceptives : acuité visuelle et vision diurne, discrimination visuelle fine et continue ; acuité 'de la vision crépusculaire ; l’adaptation à la vision crépusculaire
- après éblouissement, vision stéréoscopique, appréciation rapide des petites différences de forme, appréciation visuelle des longueurs, capacité de reconnaissance rapide des nuances chromati-
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- Les valeurs individuelles dans les différentes épreuves ont été exprimées en r (ou quarts de o) ou. écarts réduits.
- A partir des données ainsi obtenues, il a été possible de calculer des valeurs moyennes de groupe pour chacune des épreuves considérées, puis de construire le profil moyen des bons, des moyens ef des mauvais soudeurs.
- Les divergences les plus grandes entre les profils des bons et des mauvais soudeurs ont été données par les épreuves d’identification des couleurs, de récupération visuelle après éblouissement, de capacité respiratoire, d’ajustement des réactions aux stimuli visuels, etc., avec, à l’autre bout de l’échelle et une différenciation moindre ou nulle, la représentation des formes et des grandeurs dans l’espace, et quelques données physiologiques telles que fréquence cardiaque, pression artérielle, poids.
- Compte tenu de ces considérations, et dans un but ultérieur de sélection, une batterie minima de tests a été adoptée comprenant l’examen de la capaacité respiratoire, de l’adaptation à la vision crépusculaire après éblouissement, de la stabilité de la main, de la discrimination visuelle fine, de l’identification des formes, de l’aptitude à la mécanique (montage d’objets).
- L’élimination d’un candidat pourrait être prononcée lorsque sa valeur dans deux épreuves se trouverait inférieure à la moyenne de 7 t ou plus, excepté dans le cas de la capacité respiratoire qui est éliminatoire à elle seule.
- Par la comparaison de la liste des sujets qui seraient rejetés par l’application de ces batteries avec la répartition en groupes professionnels, l’étroitesse de la liaison a pu être exprimée par un coefficient (association de Yule) de 0,82.
- Il est à remarquer que les femmes, en général inférieures aux
- ouvriers hommes dans les tests, sont également moins bonnes du
- point de vue professionnel. B.-F.
- 1 *
- * *
- Quelques indices biométriques chez les filles d’âge scolaire.
- Comparaison avec les garçons
- Voici les normes obtenues (moyenne arithmétique par âge) par les auteurs (1), en appliquant à 514 filles de 6 à 15 ans, élèves des écoles de la ville de Paris, un certain nombre d’examens physiologiques.
- (1) A. R. Fessard, D. Kowarsiu et H. Laugier. — Biolypologie, tome V, n° 2, juin 1937.
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- Ages 6 7 8 9 10 11 12 13 14
- Capacité respiratoire en cl. 100 116 138 150 166 195 214 233
- Force des muscles fléchisseurs de l’avant - bras en kg 5,8 6,6 7,9 8,3 8,7 10,3 11,7 11,8
- Force du poignet en kg... 7,8 9,4 11,2 12,5 13,3 16,3 17,0 18,5
- Force des muscles du dos en kg 18,0 20,7 26,3 30,7 33,7 44,3 46,9 49,4
- Fréquence cardiaque par 1/4 de minute 27,2 24,4 24,5 23,8 23,2 23,0 22,8 22,9 23,0
- Pression artérielle maxima en cm. mercure 10,4 11,1 11,8 12,0 12,6 13,1 13,8 14,6 14,8
- Pression artérielle minima en cm. mercure 5,6 5,9 6,0 6,2 6,3 6,4 6,3 6,6 6,9
- Le rapprochement de ces valeurs de celles qui avaient été antérieurement obtenues piar ces mêmes auteurs sur les garçons ont permis des comparaisons entre l’évolution de ces facteurs pendant l’enfance chez les deux sexes.
- Pour la capacité respiratoire et les mesures de force, les filles ont toujours été inférieures aux garçons, mais alors que la différence initiale entre sexes est restée sensiblement la môme pour la capacité respiratoire entre 7 et 13 ans, elle augmente considérablement avec l’âge pour les mesures de force.
- Dans le cas des données circulatoires pour lesquelles des comparaisons entre les valeurs absolues des groupes n’ont pas été possibles, par suite de la différence d’échantillonnage de ces groupes, les lois de développement constatées pour les garçons se trouvent cependant confirmées, l’évolution s’arrêtant seulement un peu plus tôt chez les filles que chez les garçons.
- En ce qui concerne les répercussions de l’exercice, notamment l’accélération du pouls et l’augmentation de pression artérielle dues à une course rapide de 50 mètres, les lois d’évolution avec l’âge préédemment dégagées des données des garçons se trouvent entièrement confirmées : ces effets croissent avec l’âge. Dans ce cas les moyennes obtenues pour les filles ont été pour les dif-
- férents âges :
- Agés. ............... 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15
- Accélération cardiaque (pulsations par
- 1/4 de minute).... 10,3 10,7 11,8 12,9 12,9 14,6 14',1 14,6 15,1 15,7
- Augmentation de pression maxima (en
- cm. Hg.). • ...... 1,2 1,6 1,7 1,8 1,8 2,3 2,4 2,9 2,3 4,8
- A. B.-F.
- - X : • ' ^
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- CONGRÈS
- Une « Journée de l’Homme au Travail » s’est tenue le 1er octobre 1937 sous les auspices de la Conférence nationale de l’organisation scientifique du travail.
- A la séance du matin présidée par le professeur Henri Laugier, les méthodes d’analyse des métiers ont été étudiées par Mlle Weinberg qui a présenté le schéma d’une fiche biotypologique pour la « description des professions ». La fiche utilise comme points de départ et rubriques de classement les grandes divisions psychophysiologiques et invite l’observateur à consigner des faits précis sans se hâter de les interpréter en termes d’aptitude ; elle tient compte de l’importance de l’ambiance et des conditions matérielles qui président à l’exécution d’une tâche professionnelle ; sont envisagées également les conditions de l’ambiance sociale et une attention particulière est donnée aux facteurs qui intéressent les fonctions biologiques des individus ; enfin, les étapes du travail et les conditions dans lesquelles il s’exerce sont envisagées au double point de vue : P des exigences que le travail pose aux fonctions psycho-physiologiques du travailleur ; 2° des modifications qu’à la longue l’exercice du métier imprime aux fonctions psycho-physiologiques du travailleur (formation et destruction des aptitudes, « déformations professionnelles », sentiment de joie ou de peine au travail, accident, maladies professionnelles, etc...). La fiche a servi utilement pour les analyses de métiers effectuées par le Laboratoire du Travail des chemins de fer de l’Etat.
- L’activité de ce laboratoire, quelques enseignements tirés de l’expérience et concernant les méthodes psycho-physiologiques de sélection du personnel ont été étudiées par M. Pierre Lévy, ingô nieur en chef attaché à la direction des chemins de fer de l’Etat.
- Mlle Courthial ia présenté le compte-rendu de l’activité du Service d’Orientation professionnelle de la Caisse de compensation de la Région parisienne. Depuis sa création en 1933, 4.600 adolescents ont pu être orientés p,ar les soins de ce service où des méthodes psychotechniques sont complétées par un travail de collaboration étroite avec le Service social de lia Caisse.
- « Le rôle de la physionomie dans l’adaptation de l’homme au travail » a été brièvement examiné par Paul Planne, organisateur-conseil, résumant notamment les essais du docteur Corman, qui a réussi, après un examen physionomique rapide de 12 vendeuses, à classer les sujets dans un ordre correspondant assez bien à la va-
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- institut NATIONALI ORIENTATION iss PBQFtoolûNNuLLE \ *
- -N"
- leur professionnelle (déterminée, par ailleurs d’après le chiffre,—«*"
- vente (1).
- La question des examens de la vision dans l’industrie a été présentée par R. Bonnardel, auteur d’une thèse remarquable sur « Vision et Profession ». W. Libeiason a examiné l’influence de la température sur le travail et rappelé, notamment, les résultats de ses expériences personnelles dans une mine artificielle.
- La séance d’après-midi, présidée par Hyacinthe Dubreuil, a été consacrée à l’étude des facteurs sociaux du travail salarié.
- Parmi les nombreuses communications présentées, citons celle de Georges Prieraiann, sur le « facteur humain et les sciences so ciales », insistant sur la nécessité de faire intervenir l’action des groupes sociaux pour comprendre les variations constatées par le psychotechnicien dans le domaine de la fatigue industrielle, dans celui des sentiments de monotonie, ou des effets des pauses du travail à la chaîne, des « stimulants », etc..., celle de Mme Via-i.atte sur « l’orientation du service social d’usine », par MUe Bou-mier sur « les services sociaux d’entreprises et inter-entreprises. ».
- D. W.
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- *- '^«ÿnement '
- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE A L’ETRANGER
- Recrutement des apprentis en Suisse
- Les diverses associations professionnelles de l’Imprimerie ont, le 26 juin 1935, signé un règlement concernant la formation professionnelle et les examens d’apprentis d’où nous extrayons les articles suivants :
- Art. 2. — Aucun jeune homme de moins de 15 ans révolus ne peut être admis comme apprenti...
- Avant d’être admis comme apprenti, le jeune homme doit se soumettre à un examen d’aptitude professionnelle et à une visite médicale. Ne peut être admis comme apprenti cpie le jeune homme ayant passé l’examen d’aptitude professionnelle et étant en parfaite santé.
- Art. 17. journée.
- L’examen d’aptitude professionnelle dure une demi
- (1) Le physique et l’abord du vendeur exercent, une influence certaine sur les clients et les clientes, il ne semble nullement improbable qu’un bon observateur sache prévoir à l’aspect des vendeuses leur succès à la vente ; quant h l’importance fondamentale et généralisée de l’examen phvsiopomique, des essais de contrôle seraient bien nécessaires avant d’en affirmer la valeur.
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- Les résultats de l'examen médical sont consignés sur une fiche du modèle ci-dessous :
- 1. Maladies ou accidents constatés jusqu’à ce jour................
- 2. Etat général (ossature, musculature, anémie, développement
- général).....................................................
- Extrémités inférieures (pieds-plats, varices, musculature, défauts de construction).........................................
- 3. Système nerveux................................................
- 4. Organes respiratoires (prétuberculose, hérédité)...............
- 5. Organes circulatoires..........................................
- 6. Organes digestifs. . . ........................................
- 7. Acuité visuelle :
- OEil droit...................................................
- OEil gauche..................................................
- 8. Myopie ou presbytie (chez typographes).........................
- 9. Daltonisme. • • .................................................
- 10. Autres raisons (éventuellement) de diminution d’acuité vi-
- suelle. .....................................................
- 11. Y a-t-il hernie ou prédisposition à hernie....................
- 12. Constate-t-on certaines infirmités............................
- 13. Y a-t-il prédisposition à maladies.......................
- 14. Hérédité familiale d’après les dires du candidat..............
- Sur le vu de ces renseignements, le candidat est apte à exercer le -métier de.........................................................
- Le médecin consultant,
- L’examen d’aptitude comporte :
- 1° Une narration, que le jury juge d’après le contenu, le style et l’orthographe (45 minutes) ;
- 2° Une dictée, notée d’après les fautes et l’accentuation (15 mi-nu les).
- 3° Une traduction d’une deuxième langue nationale (15 minutes pour l’examen oral et 20 minutes pour la version).
- 4° Quatre exercices de calcul mental et un problème écrit se rapportant aux mélanges, alliages, intérêt, etc., (40 minutes).
- 5° Un dessin ;
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- ti0 Une épreuve de mémoire (visuelle et auditive) ;
- 7° Un lest d’observation ;
- 8° L’examen du toucher ;
- 9° Un exiamcn du sens chromatique ;
- 10° Une épreuve d’attention (barrer les a et o d’un texte donné et souligner les g) ;
- 11° Un test d’achèvement de phrases (lacunes à combler) ;
- 12° Un test de critique comportant 6 phrases absurdes. (Le professeur de lycée enseignait l’alphabet à ses élèves avec le plus grand dévouement. — Guillaume Tell tua Gessler pour débarrasser son peuple ainsi que lui-même du jôug napoléonien).
- Les résultats de l’examen d’aptitude sont consignés sur la fiche
- ci-dessous :
- Compositeurs Imprimeurs
- Coefficient Coefficient
- t. Langue maternelle. • • ....................... 3
- 2. Deuxième langue nationale....................... ~
- 3. Calcul. .... ................................. 1 1
- 4. Dessin....................................... 2
- 5. Mémoire ...................................... 1 *
- 6. Sens de l’observation. ....................... 1
- 7. Toucher....................................... 1 '
- 8. Sens chromatique.............................. 1 3
- 9. Attention..................................... 1 2
- 10. Combinaison.................................... I 1
- 11. Jugement...................................... 1 1
- Moyenne des notes ................. —;— —
- Echelle des notes : 1 très bien, 2 bien, 3 passable, 4 médiocre. 5 nul.
- Un examen de ce genre a eu lieu, dernièrement, dans le canlon de Vaud. C’est à un de nos anciens élèves certifiés, M. J. Schwar, de Lausanne, qu’en a été confiée l’organisation et qui, dans le rapport succinct publié dans Berufsberatung und Berufshildunçi (décembre 1937), écrit ce qui suit :
- « Les candidats compositeurs qui dépassent la note 3 pour la langue maternelle et les candidats conducteurs qui dépassent la note 3 pour la connaissance des couleurs sont, en principe, éliminés de la profession en question, même si la note moyenne obtenue 2,1 ou 2,8 est suffisante.
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- » Les imprimeurs -ayant le droit d’engager de nom e,aux apprentis reçoivent la liste des jeunes gens qui ont réussi l’examen et qui ont été reconnus en parfaite santé par la Commission d’apprentissage.
- « D’autre part, la liste des placés disponibles est envoyée aux jeunes gens ayant réussi l’examen. Ils pein ent se présenter immédiatement. »
- Nous 11e manquerons pas de tenir nos lecteurs au courant d’initiatives semblables. Dès aujourd’hui nous les informons que de tels certificats d’aptitude professionnelle sont, conformément aux prescriptions des conventions collectives du travail, obligatoires lors de l’admission en apprentissage dans les sociétés nationalisées de constructions aéronautiques. De modestes essais ont été tentés en octobre 1937.
- Julien Fontègnf..
- L’Orientation professionnelle en Allemagne
- Le rapport annuel que, sur cette question, publie l'Institut, du Reich pour le placement et Vassurance-chômage (1er avril 1936-31 mars 1937) est des plus optimistes, principalement en ce qui concerne les débouchés offerts à la jeunesse allemande. C’est la conséquence d’un certain nombre d’arrêtés et de circulaires ordonnant l’étude minutieuse du marché du travail dans le bâtiment et les industries mécaniques où le manque de main-d’œuvre se fait encore sentir, obligeant certaines industries à avoir un nombre déterminé d’apprentis et recommandant l’emploi de jeunes gens dans les occupations agricoles et horticoles.
- De suite apparaît l’importance primordiale accordée, en O. P., au point de vue économique.
- Une autre constatation est à faire : c’est le nombre toujours croissant de jeunes gens et de jeunes filles qui s’adressent aux Offices d’O. P. : de 1933-34 à 1934-35, il passe de 600.518 à 848.371 ; de 1934-35 à 1935-36, il va-à 1.077.990, soit une augmentation de 25,4 °/o pour les jeunes gens et de 29,3 % pour les jeunes filles.
- Sur ce nombre, 87,4 °/<> proviennent des écoles primaires.
- Le tableau ci-dessous donne une idée des désirs professionnels exprimés par la jeunesse allemande.
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- Garçons Filles
- Groupes professionnels 1934-35 1935-36 1934-35 193o-36
- — — —
- 1. A griculture. Horticulture. Elevage.... 22.566 30.488 ( 11.822 17.926
- 2. Eaux et Forêts. Pêches 3. Mines. Salines. Tourbe. 1.518 5.345 1.900 \ 9.283
- 4. Industrie des pierres et des terres.. 2.137 3.807 355 541
- 5. ‘ 6. j Production et travail du fer et | des métaux, construction de ma- 1 chines. Electrotechnique. Méca- , nique de précision et optique.. 151.785 205.834 . 959 1.380
- 7. ( 8. 1 1 Industrie chimique 1 690 760 74 159
- 9. I ndustries textiles 9.852 9.056 11.784 13.182
- 10. Production et travail du papier 1.642 1.054 1.032 1.500
- 11. Production et travail du cuir 4 601 5.756 88 300
- 12. Travail du bois 23.987 27.656 242 381
- 13. Alimentation 44.284 48.104 1.511 2.486
- 14. Vêtement. 18.198 20.239 52.074 59.957
- 15. Hygiène. Soins personnels 11.793 11.559 15.874 19.564
- 16. Bâtiment 31.527 40.373 — -
- 17. Industries de multiplication (Livre).. 8.029 6.539 721 981
- 18. Arts et arts appliqués 718 702 1 299 1.404
- 19. Théâtre, musique, cinéma 1.249 1.791 396 501
- 20. Hôtels. Instaurants 5.119 5.318 2.277 3.3.3
- 21. 1 Transports. 7.207 7.735 657 1.356
- 22. Services domestiques. 72 79 84.534 109.581
- 23. Travaux de manœuvres 19.810 28.053 15.809 23.313
- 24. Machinistes et chauffeurs 58 108 — —
- 25. Professions commerciales. 50.681 06.821 108.313 148 251
- 26. Emplois de bureau 11.801 17.215 2.511 5.004
- 27. Techniciens (sauf agriculture et dentisterie) 7.396 9.455 1.278 1.825
- 28. Assistance sociale 70 49 1.057 L038
- 29. Administrations publiques. Droit. Armée. 9.242 8.737 208 271
- 30. Enseignement. Professions religieuses. 3.638 2.633 6.447 6 278.
- 31. Professions intellectuelles diverses.. 851 647 338 388
- 32. Désirs non exprimés 31.598 37.786 35.374 40.065
- 33. Continuation de l’école primaire 1 819 2 865 1.994 2.093
- Totaux 489.283 613.602 359.088 46 i. 388
- Dégageons, de ce premier tableau, quelques chiffres se rapportant à des métiers déterminés. Nous trouvons parmi les candidats :
- 37.731 serruriers..................
- 43.689 ajusteurs...................
- 27.390 mécaniciens d’autos.........
- 20.443 électriciens................
- 7.506 mécaniciens de précision....
- 24.0' 4 boulangers.................
- 15.708 maçons......................
- 5'.337 employés d; commerce........
- 43.888 couturières.................
- 95.9 6 domestiques (ville)...........
- 83.662 vendeurs....................
- pour 14.750 places vacantes signalées
- — 18.629 —
- — 4.963 -
- — 7.136 —
- — 2.153 —
- — 19.327 —
- — 11.138 —
- — 26.621 —
- — 10.262 —
- - 13.133 —
- — 26.303 —
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- Piar contre, il n’y a point suffisamment de demandes de la part des futurs fondeurs, fraiseurs, orfèvres, laqueurs, vitriers, ouvriers en béton, employés d’assurances, cartonnières, fourreurs, etc...
- Le rapport dont nous parlons ici signale le développement que prennent les examens d'aptitudes en O. P. Du 1er juillet 1935 au 30 juin 1936, il a été procédé à 160.115 examens, soit une augmentation de 19,9 % sur le chiffre de l’an dernier. j p
- A travers les Revues
- Dans les Annales Médico-Psychologiques (95e année, novembre 1937, p. 603-631), M]le J. Abramson examine, d’après les résultats d’expériences faites avec les diverses épreuves de l’échelle de Binet et, d’autres tests, les aptitudes intellectuelles des enfants instables, pervers, émotifs, etc., de la clinique du Dr Ileuyer, notant que si le niveau mental correspond à un âge inférieur à l’âge réel, c’est avec un déséquilibre des capacités, rendant particulièrement utile la détermination du profit mental, donnant un certain nombre de types de profils, comportant, comme trait commun, les déficiences dans l’attribution et les fonctions complexes d’élaboration, avec généralement une mémoire brute normale, et souvent une supériorité imaginative. _________
- Les Archives of Neurology and Psychiatry de janvier 1938 renferment un important travail de W. Malamud et Eleanor Palmer sur la détérioration intellectuelle dans les psychoses, par comparaison des résultats à l’échelle Binet-Stanford donnés par 200 psychosiques intellectuellement affaiblis et par 100 débiles congénitaux, mettant en évidence des différences notables de réussite suivant la nature des épreuves, en accord avec le fait que la détérioration mentale des aliénés apparaît essentiellement dans les activités qui exigent une direction contrôlée de la pensée, et non dans des activités automatisées.
- Deux études sur le test d’intelligence par le dessin de Goode-nough ont été communiquées à FAmerican Psychological Association, et résumées dans le Psychological Bulletin (1937, T. 34, p. 759 et 760), l’une sur la cohérence, de Dorotiiea Mc Cartiiy, très encourageante (indices de 0,94 pour deux notations par une même personne, de 0,90 pour les notations par deux examinateurs,
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- de 0,68 pour les notations de deux dessins différents d’un même enfant), l’autre sur la signification du test, de F. O. Smith qui, par comparaison avec d’autres tests pense que le dessin permet d’apprécier plutôt des aptitudes spéciales que l’intelligence générale à forme verbale, correspondant aux autres tests.
- Une étude de sept enfants d'intelligence normale mais présentant une déficience élective pour la lecture et l’écriture a révélé à L. Mach, qui publie son travail dans la Zeitschrift für Kinderfers-chung (1937, T. 46, p. 113-197), de l’instabilité nerveuse, des défauts d’articulation, de troubles de motricité oculaire, de fréquentes inversions de lettres ou de mots, et, avec de grandes différences individuelles toutefois, une faible mémoire des sons et des figures géométriques complexes.
- L’aptitude physique se marquerait par un retour plus rapide à la valeur normale du seuil du réflexe patellaire, après élévation consécutive au travail d’après les recherches de Wickwire et Burge communiquées à l’American Physiologioal Society et résumées dans VAmerican Journal of Physiology (T. 116, 1936, P- 161). _________
- D’une étude de C. IIazard publiée dans les Studies du service de Child Welfare de l’Université d’Iowa et concernant les relations entre la taille et. la latence du réflexe patellaire chez 399 enfants, il résulterait qu’avec Page la latence propre du réflexe augmenterait, mais le temps perdu de conduction diminuerait par accélération de conduction compensant l’allongement de l’arc réflexe avec la taille (accélération rapide d’abord, jusque vers 6 ans, ralentie entre 6 et 12 ans).
- Le professeur Ag. Gemelli a donné à la Rivista internazionale di Scienze sociali (novembre 1937, T. 45, p. 833) une étude sur la psychotechnique dans la conception corporative de la Société, annonçant, en collaboration avec le physiologiste F. Bottazzi, la publication d un ouvrage d’ensemble sur le facteur humain (où l’orientation professionnelle sera traitée par le professeur M. Ponzo, de Rome).
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- Dans les Acta otolaryngologica (1935, T. 22, p. 487) le docteur Saareste . a relaté les résultats de recherches otologiques pratiquées chez 1.366 écoliers de la ville de Turin, avec acuité défectueuse chez 151 (96 d’une oreille, 55 des deux), ignorée par les parents dans les deux tiers des cas, et accompagnée d’une notable infériorité scolaire.
- Une élude sur les attitudes et intérêts des élèves d’écoles moyennes en Chine a été publiée en 1932 (n° 2), avec résumé anglais par K. L. Ciiang dans les Etudes psychologiques de Yenching, utilisant les réponses de 557 garçons et 347 filles de 12 à 16 ans à un questionnaire, une vocation s’étant manifestée dans env'ron un tiers des cas.
- La revue chinoise Education et Profession, en 1934 (n° 151, p. 19) a publié une étude de H. S. Chen et W. 11. Chenc, sur les intérêts professionnels des jeunes filles des collèges (d’après un questionnaire rempli par 500 élèves), avec indication des goûts pour les professions éducatives (32 °/„), commerciales (29 °/„), publiques (12 %), industrielles (9 °/„), agricoles (9 °/0) et médicales (8 °/„).
- La revue roumaine des chemins de fer C F. R. a publié une description, par les Drs Draganescu et Filetti, dû service de psychotechnique ferroviaire organisé à Bucarest, selon les conseils de J. M. Laliy, sur le modèle du laboratoire des chemins de fer du Nord.
- Le Jurnal de Psihotehnica, de Bucarest, dans son n° 5 (novembre-décembre 1937) publie des études de I. Georgescu sur l’orientation professionnelle dans les écoles normales, de A. Maxoii. suites temps de réaction psychomotrice dans la fatigue, de 1). Mus-ter sur le facteur psychologique dans les notations (chronique docimologique), de Wester sur les cours de l’Institut psychotechnique de Bucarest, enfin de S. Carstoiu sur la méthode d’enquête en O. P.
- Une étude sur l’orientation professionnelle académique par Todoranu a paru dans la revue Indrumari de l’Université de Cluj (Roumanie).
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- Une publication de la Child research cllnic des Etats-Unis (1937, t. 2, p. 1-17) est consacrée par Richmond aux enfants exceptionnels en rapport avec la famille.
- L’acuité visuelle rninima pour la sécurité des conducteurs d autos, d’après l’étude de R. Mason dans le Journal of Missouri State Medical Association (1937, t. 32, p. 3G7) doit être de 0,5 pour un œil au minimum et 0,2 pour l’autre (de 1 pour l’œil unique chez les borgnes) avec champ visuel horizontal d’au moins 125° (d’un œil ou de deux yeux). ---------
- L’importance de l’intégrité de la vision pour le rendement industriel est envisagée par A. Vogel, dans le numéro de novembre de The IJuman Factor, sous le titre Eyesight Surveys. Du point de vue industriel encore, H. Ferguson examine des méthodes devant permettre de se renseigner sur les préférences du public dans le domaine alimentaire. Dans ce même numéro, une communication relative à l’Orientation professionnelle dans un collège américain, une note critique de Farmer, concernant l’étude des accidents par Lahy et Korngoed, et enfin une étude plus psychologique de A. Rodger : Comment les individus compensent-ils leur manque d’aptitude ? _________
- Dans un article que publie le Bull. Ass. r. mêdico-pédag. liégeoise, juillet-octobre 1937, sur Y Evolution de la Biométrie pour l'étude de l'enfance, le Dr Ledent adresse un magnifique éloge à la biotypologie française et aux méthodes préconisées par l’école de Laugier pour l’étude de l’individu. Du Dr Ledent encore, un article sur la signification du développement musculaire chez l’enfant et quelques réflexions suggérées par le Congrès de médecine scolaire de Paris. Signalons encore deux compte rendus de L. Wellens concernant le Congrès de l’instruction primaire et le premier Congrès de Psychiatrie Infantile de Paris. Enfin un plaidoyer de G. Lambert, en faveur de la suppression des compositions trimestrielles dans les écoles.
- Sous le titre La Sélection du personnel dans Fs entreprises de transport-, la Coll, des Actualités Médicales (Hermann, Paris), publie la Conférence que fit M. P. Lévy, ing. en chef aux chemins de fer de l’Etat, le 28 décembre 1935, au Conservatoire des Arts et Métiers.
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- L'Orientation Professionnelle continue, dans son numéro d’octobre, l’étude des carrières sociales auxquelles elle avait déjà consacré ses numéros d’août et septembre.
- La relation entre l’intellgence et le nombre d’enfants à l’intérieur de la famille, est étudiée pour différents niveaux sociaux, par E.-F. Bradford, dans The Brit. J. of Educ. psychol. (1937, 7, 3). Dans ce même numéro, E.-M. Nevill envisage, chez les enfants supérieurement doués, quelques difficultés d’adaptation sociale ; W.-D. Seymour affirme, en s’appuyant sur des résultats expérimentaux, la supériorité des tableaux muraux à fond jaune (craie bleue), sur le classique tableau noir (craie blanche) ; H.-W. Oddiiam présente une étude psychologique de l’aptitude spéciale aux mathématiques scolaires ; les tendances qui déterminent le choix d’une carrière sont examinées par M. D. Vernon. Signalons enfin, comme d’un intérêt particulier, une Méthode Silencieuse d’Application du Test de Perception Visuelle de Spearman (première partie) utilisant les gestes pour communiquer les instructions avec résultats d’un étalonnage sur 2.830 enfants, par S. Arsenian.
- Dans le numéro de septembre 1937 de Child Development, la Ressemblance des Jumeaux en ce qui concerne l’aptitude mécanique, est examinée par D. Brody, une attention spéciale étant accordée à l’effet de l’exercice. Ce numéro contient aussi une étude sur le Développement Mental d’Enfants de même Q. I. placés dans différentes conditions de milieu.
- Le Bulletin de V Union des Corn, du Patronage des Apprentis (mai-août 1937) reproduit sous le titre Enseignement technique et réforme de VEducation Nationale, le discours prononcé à Autun par M. Jules Julien. Dans ce même numéro, une courte note sur la préorientation professionnelle à l’école.
- Dans Character and Personnality (1937, 6, 1), C. Spearman, poursuivant une étude sur La Science Allemande du Caractère, examine les différentes théories relatives aux types humains.
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- Le supplément, au Bulletin d’octobre 1937 de la Fédération de la Seine des œuvres laïques (fiche doc. n° 17) donne sur l’Ecole des élèves officiers de marine, accessible aux jeunes gens qui ne possèdent pas les connaissances scientifiques exigées pour 1 admission à l’Ecole navale ou qui ont dépassé l’âge limite permettant de s y présenter, des renseignements accompagnés de considérations générales sur la carrière d’officier de marine.
- Dans le numéro de novembre de la Médecine Scolaire, le D R-Lu dent examine comment on peut assurer la continuité du contrôle dans la surveillance des enifants débiles.
- Le n° 65 (1937) du Bulletin trimestriel de l'Office intercom, pour VO. P. de Bruxelles, nous donne l’exposé d’un cas concret d’O. P. et le matériel d’un test d’intelligence pratique qui a été appliqué par W. Richter à 2.500 candidats officiers de marine, application dont l’auteur ne communique malheureusement pas les résultats. ___
- Les principes généraux devant présider à la détermination des aptitudes professionnelles qu’exigent les métiers, sont envisagés par W. Engelmann, dans Technische Erziehung (octobre 1937).
- Les maladies professionnelles, au cours de l’année 1936, font l’objet d'un important article de Reichsarbeitsblatt, oct. 1937, n° 29.
- INFORMATIONS
- L'Institut psychotechnique de Bucarest, en 1937-38, comporte •des (cours sur l’orientation professionnelle et,) la psychométrie, par I. M. Nestor ; la Psychologie industrielle et la statistique, par G. C. Bontila, et les problèmes médicaux de psychologie pratique, par A. Ionescu. L’Institut, dirigé par le professeur Badu-lescu-Motru, a reçu les inscriptions de 28 élèves.
- En même temps à l’Université une section d’orientation professionnelle académique a été organisée sous la direction de Radu-
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- lescü-Motru, le directeur du Laboratoire de psychologie experimentale, qui a créé, dans son Laboratoire, une section de psychologie militaire.
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- A Birmingham, la direction des Ecoles secondaires a demandé au Comité d’éducation, dans un but d’orientation professionnelle des élèves, d’organiser pour un certain nombre choisi de professeurs, une préparation à l’emploi des tests psychologiques. Pendant une année, un cours de psychologie appliquée a été fait.par MM. Hunt et Smith, et, à la suite de ce cours, un examen de 25 des professeurs qui l’avaient suivi a été organisé par YInslitut National de Psychologie industrielle.
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- Une American Association of Applied and professional Psycho-logy, affiliée à la grande Association psychologique américaine, a tenu son premier Congrès les 30 et 31 août 1937, à l’Université de Minnesota, sous la présidence de Douglas Fryer, avec 466 participants (dont 313 membres titulaires ou associés de l’Association) et 58 communications distribuées dans les neuf sections du Congrès (psychologie clinique, psychologues consultants, psychologie pédagogique, psychologie industrielle et commerciale, tests et techniques de mesure, attitudes et adaptations sociales, mesures en psychologie industrielle, problèmes d’adaptation industrielle, problèmes de personnels dans les collèges). En outre, dix commissions ont été réunies. On voit par là l’intense activité de la psychologie appliquée aux Etats-Unis, et son rôle comme-profession.
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- La Faculté de médecine de Nancy a été chargée par le ministre de l’Education nationale d’organiser l’enseignement compté-, inentaire et les examens relatifs au certificat d'aptitude à l'inspection médicale des écoles et au contrôle médical de l’éducation physique.
- A cet effet, la Faculté de médecine a prévu une première série de cours complémentaires et de stages uniquement réservés aux médecins praticiens, désireux d’obtenir ce certificat;. Cette série a commencé le 7 décembre.
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- 4c 4c
- Le jeudi 16 décembre a été inauguré, sous la présidence de MM. Février, ministre du Travail, et Léon Jouhaux, secrétaire
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- général de la C.G.T., VInstitut d étude et de prévention des maladies professionnelles, 6, rue de la Douane.
- Le Conseil d’administration est présidé par M. G. Buisson ; le Conseil de direction scientifique par M. Balthazard, avec, comme membres, en particulier, MM. les professeurs Tiffeneau, Duvoir, Etienne Martin, R. Fabre, Kohn-Abrest, Laugier.
- Le personnel de l’Institut, dont la direction a été confiée au docteur Guy Hausser, comprend : un médecin adjoint, des assistants techniques (photographie, laboratoire), un chef du service bibliothécaire, des traducteurs (anglais, allemand, italien, russe, espagnol, etc...), des secrétaires etc...
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- Après une communication de MM. PariBot et Richard sur « lautomobilisme homicide », l’Académie de Médecine, dans sa séance du 25 janvier, a, sur la proposition de M. Tanon, chargé une Commission (composée de MM. Guillain, Frédet, Laignel-La-vastine, Tanon, Crouzon et Parisot) de réexaminer la question de l’examen médical obligatoire des automobilistes.
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- La revue publiée sous le nom de « Human Factor » par l’Institut National de Psychologie industrielle, s’intitule, à partir de 1938, Occupational Psychology.
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- A la British Psychological Society, M. T. G. Rodger a fait le 21 janvier 1938 une conférence sur la planification de l’O. P.
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- Parmi les conférences qui ont été organisées par l’Enseignement technique b l’occasion de l’Exposition, un certain nombre eurent trait à l’orientation professionnelle ; elles furent faites, le 18 octobre par M. Fontègne (le mouvement international d’O. P.), le 28 octobre, par Mlle Weinberg (les bases scientifiques de l’O. P.), le 4 novembre par M. Sauzeau et Mme Alpiiandéry_Gra-tiot (la pratique de l’O. P.), le 12 novembre, par M. Heuyer (le médecin et 10. P.), le 13 novembre, par M. Piéron (la formation des conseilers d’O. P. L’I.N.O.P.), enfin le 18 novembre, par M. Luc (les problèmes actuels de l’Enseignement technique).
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- Congés International de V Enseignement technique (Berlin, 25-29 juillet 1938). — Le prochain Congrès International de l’Enseignement technique se tiendra à Berlin du 25 au 29 juillet 1938.
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- Dès maintenant et jusqu’au 1er mai, le Secrétariat du B.I.P.T., 2, place de la Bourse, Paris (2e), recevra tous les rapports et communications se rapportant aux différentes questions portées à l’ordre du jour.
- Les adhésions et souscriptions (50 francs) seront reçues jusqu’au 15 juin, 2, place de la Bourse, Paris (2e) (M. llarlé, compte chèques postaux n° 1661.67, Paris).
- Comme pour les précédents congrès, des réductions importantes seront accordées aux congressistes sur les réseaux de chemins de fer des différents pays.
- Les comptes rendus du Congrès seront adressés aux membres qui auront versé une souscription supplémentaire de 100 francs.
- A la réunion de l’Association pour le développement de renseignement technique qui s’est tenue au ministère de l’Education nationale le jeudi 27 janvier, M. Luc a donné des renseignements sur l’organisation de la préparation française à ce Congrès.
- C’est la deuxième question à l'ordre du jour qui a été confiée à la France.
- Les questions mises au programme sont les suivantes :
- 1° L’élément humain dans le travail ;
- 2° L’organisation méthodique de la formation pratique dans l’industrie ;
- 3° Le* contact des méthodes de travail dès écoles techniques et professionnelles avec la vie économique et technique ;
- 4° Le recrutement des directeurs des écoles professionnelles ;
- 5° La formation commerciale du technicien et la formation technique du commerçant ;
- 6° La formation complémentaire professionnelle des adultes.
- 7° La presse technique et l’enseignement technique.
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- Le Musée Scolaire National de Belgique a été le siège, en août et septembre 1937, d’une Exposition Internationale d’O. P. dont les échos rapportent le succès le plus complet. Organisée sous la direction de M. Furnémont, directeur du Musée Social, avec le concours de sept centres belges d’O. P. en activité et la participation des nations étrangères, l’exposition a correspondu à une session du cours préparatoire ù l’examen pour l’obtention du titre de conseiller d’O. P. en Belgique, mais a, de plus, atteint le grand public (éducateurs, parents, etc...) auquel elle était également destinée. p p<
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- L’assemblée générale de l’Association des orienteurs de France s’est tenue à Paris le 27 septembre, au Musée Social, sous la direction de M. l’Inspecteur général Larcher. Un certain nombre de rapports ont été présentés par M. Vassau (Enfants délinquents), Mlle Courthial (Les tests), M. Ménessier (Les réalisations médicales), M. Sève (Aptitudes physiques et O. P.) et M. Martin (Rapports de l’O. P. avec l’école). M. Marin a, de plus, exposé de façon très autorisée les projets de l’Association au sujet de rétablissement de monographies professionnelles qu’il préfère ne pas confier aux seuls professionnels qui, « voyant les choses de trop près, risquent d’exagérer certains détails » ; à son avis, la monographie professionnelle doit comporter deux présentations, une pour la famille et l’école, une beaucoup plus complète pour l’orienteur. La question du contrôle de l’O. P. a été discutée par MM. Poul-laouec et Réveillé. Le siège du 2e Congrès National, qui doit avoir lieu en 1939, a été fixé à Nantes, avec comme questions à l’ordre du jour : L’O. P. et la famille, et le contrôle de l’O. P.
- A. B. F.
- La Vie des Centres d’Orientation Professionnelle
- Dans une intéressante brochure intitulée L’Orientation professionnelle à l'école que nous fait parvenir le Comité de patronage des apprentis du 15e arrondissement, M. Pouillot., inspecteur divisionnaire du travail, et vice-président du Comité de patronage, fait un exposé très étendu des conditions techniques et pratiques dans lesquelles le Comité a été amené à réaliser son Office d’orientation professionnelle.
- Cet Office, qui s’occupe d’orienter les enfants terminant leurs études dans les écoles communales de l’arrondissement, aussi bien que les sujets qui se présentent spontanément à la consultation, a son siège à la mairie du 15e où des locaux ont été aménagés à cet etfet. Il est dirigé par Mlle Joyet-Lavergne, élève diplômée de II. N. O. IL, et bénéficie du concours des docteurs Baille et Mou-net, ainsi que de celui de stagiaires bénévoles.
- Le Centre a largement utilisé, pour sa mise au point technique, les conseils donnés par le professeur Laugier, dans l’expérience d orientation poürsuivie, sous sa direction, à titre de démonstration, dans quelques écoles du 15e (voir Biotypologie, décembre 1935, p. 145-182).
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- L’observation des enfants comporte des examens médicaux, anthropométriques, psychophysiologiques, et se trouve "complété par des enquêtes d’ordre divers. Les tests collectifs sont appliqués dans les écoles. Les examens médicaux ne sont faits au Centre qu’exceptionnellement, comme complément aux données du médecin scolaire.
- La liaison avec le personnel enseignant, les médecins scolaires, l’assistance scolaire, est étroitement assurée. Sur ces différents points, l’activité de M. de Paemelaere, inspecteur primaire du 15e arrondissement, et celle du Dr Laufer, tous deux ardents défenseurs et pionniers de l’O. P. dans le 15e arrondissement, est extrêmement efficace.
- Enfin, à côté de l’orientation proprement dite, il faut signaler l’importance toute spéciale qui est donnée dans le 15e arrondissement à la préorientation, qui se préoccupe d’éclairer enfants et parents sur toute la vie professionnelle, d’éveiller et de déceler des goûts et des intérêts par l’usage de conférences, de visites d’ateliers, de films, de devoirs donnés aux élèves.
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- Guy de Beaumont. — Guide pratique de Vorientation professionnelle. — In-12° de VIII, 184 pages. Paris, Dunod, 1937. Prix : 18 francs.
- Ce petit ouvrage de vulgarisation fait partie d’une série d’études corporatives. Comportant surtout des documents, soit dans le texte, soit en annexes, et fournissant en particulier une série de renseignements sur l’I.N.O.P., son organisation, sa consultation, ses méthodes, sur les institutions consacrées à l’O. P., sur les écoles professionnelles, etc., il peut rendre service à un assez large public.
- L’auteur, dit dans sa préface notre collègue le professeur Noyellc, « s’efforce de gagner ses lecteurs, de les convertir à l’idée d’orientation, et les informe de l’organisation qu’elle est parvenue à se donner en France, il leur ouvre ainsi la voie vers la recherche d’une information, d’un avis, d un conseil dont trop peu de Français encore soupçonnent l’utilité. »
- P.
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- N. Braunhau\sen. — IJEtude expérimentale du caractère. Méthodes et résultats. Edit, du Centre Nat. d Educ. Vossegal, 2, Uccle, Collection Ivoire, Cahier n° 11, 1937, p. 198.
- Ce deuxième cahier de la Collection Ivoire que publie le Centre d’éducation belge (1), constitue à son tour une mise au poinl très complète de l’étude expérimentale du caractère, qui se poursuit ici sur un plan élevé. En elfet, « passant en revue tout ce que 1 observation objective systématique et l’expérimentation ont réalisé d essentiel dans le dernier quart de siècle, principalement pour obtenir un pronostic pratiquement valable sur comportement d’un individu, l’auteur, professeur de psychologie à l’Université de Liège, ne s’est pas borné à examiner les tests et leurs résultats, mais aussi toutes les données des recherches expérimentales et les théories auxquelles elles ont donné lieu. » Cet aperçu de l’évolution des moyens d’investigation et: des résultats dans la caractérologie d’aujourd’hui, fournit assez de détails sur les méthodes les plus usitées ou les plus efficaces pour constituer entre les mains des intéressés, un recueil de documentation et un instrument de travail, pouvant les guider dans l’application des méthodes objectives et expérimentales.
- Le livre tout entier est d’une haute tenue. ^ g p
- A. Rosier. — Chômage intellectuel. Le rôle du Bureau Universitaire de statistique de Paris. 14, rue Alphonse-Paillet, Amiens. Pp. 74.
- Dans cette brochure du créateur du Bureau Universitaire de statistique, on trouvera, à côté des conditions de réalisation de ce centre de documentation permanent au profit des jeunes étudiants, un compte rendu des résultats obtenus dans les différents champs d’activité englobés (statistiques scolaires, statistiques professionnelles, monographies professionnelles, orientation professionnelle, orientation et réorientation des anciens malades du Sana des étudiants, coordination des centres locaux, etc.) et des directives d’action générale. A R F
- (1) Le premier volume de cette série : O. Decroly, J. Jadot-Decroly et J. E. Segers : L Exploration du langage de l’enfant. Epreuves de compréhension, d initiation et d expression, a tait l’objet d’une analyse bibliographique de H. Piéron dans le numéro mars-avril 1937 du Bulletin.
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- G. Boon. — Initiation générale aux Idées decrolyennes et Essai d’application dans renseignement primaire. Centre Nat, cTEduc. et Fernand Nathan, Paris, Collection Ivoire, cahier III, 1937,
- pp. 122.
- Beaucoup des conceptions originales du Dr Decroly risquent de ne plus parvenir au public qu’à travers des tiers : des oeuvres originales fragmentaires sont épuisées en librairie, des enseignements n’ont jamais été publiés. Aussi G. Boon, collaborateur de Decroly, actuellement directeur de l’enseignement spécial à Ander-lecht-les-Bruxelles s’est-il préoccupé de réunir dans ce volume « tous les fragments qui restent, encore, bases utiles pour pénétrer l’esprit de la conception pédagogique du Dr Decroly ». L’apport personnel de l’auteur dans la mise au point de cet ensemble concernant les généralités de la méthode du « maître vénéré » est loin d’être négligeable.
- A. B. F.
- G. Gallier et L. Fonteyne. — Principes et Méthodes, VEcole Decroly, l’Ermitage. Cahier I, pp. 39.
- L. Fonteyne. — L’Observation et la Mesure. Cahier II, pp. 36.
- A. Claret. — L’Association. Cahier II, pp. 49.
- L. Fonteyne et A. Claret. — L’Expression. Cahier IV, pp. 54.
- J. Degand. — Expérience pédagogique de langage visuel graphique. Méthode globale. Cahier V, pp. 38.
- La série de ces cinq publications complète, par I’expuso systématique de tous les détails de réalisation de la méthode Decroly, les généralités considérées par G. Boon. Ainsi que l'ind-que l’énumération des titres ci-dessus, les continuateurs du maître ont exposé les différentes branches de la formation éducative telle qu’elle est pratiquée à l’école de l’Ermitage, chacune d’elles faisant l’objet d’un cahier séparé. De nombreuses photographies et schémas illustrent l’exposé des méthodes. Ces brochures que l’on voudrait voir entre les mains de tous les éducateurs sont indispensables à ceux qui veulent appliquer la méthode Decroly sous l’un quelconque de ses aspects.
- A. B. F.
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- Livres entrés à la bibliothèque de l’Institut dü. P. :
- Alec Rodger. — A Borstal experiment in vocational guidance. — Ind. Health. Res. Board, His Maj. St. Off. Rep. n° 78. 1937, pp. 49.
- 0. Decroly, J. Jadot-Decroly et J. E. Segers. — L’Explora-tion du langage de l’enfant. Epreuves de compréhension, d’imitation et d’expression. — Ed. du Centre Nat. d’Ed., 2 Vossegat. Uccle, Belgique. Cah. Iv., pp. 136.
- N. Braunhausen. — L’Elude expérimentale du caractère. Méthodes et résultats. — Idem. Cahier II, 1937, pp. 198.
- G. Boon. — Initiation générale aux idées decrolgennes et essai d’application dans l’enseignement primaire. — Idem. Cahier III, 1937, pp. 122.
- Initiation à la méthode Decroly. — Ed. du Centre d’Ed., série bleue. Cahiers I à V, Uccle, 1937 :
- I. Principes et méthodes.
- II. L’Observation et la mesure.
- III. L’Association.
- IV. L’Expression.
- V. Méthode globale.
- G. de Beaumont. — Comment choisir une profession, un métier. — E. Chiron, Paris pp. 72.
- A. Rosier. — Chômage intellectuel. Le rôle du Bureau Universitaire de statistique de Paris. — Amiens, 1937, pp. 74.
- A. J. Levine. — Fundamenlals of psychological guidance. — Educ. Mon. Press. Brooklyn, pp. 96.
- 0. Burt. — Ihe subnormal mind. — Londres, Ilumphrey Mil-ford, pp. 358.
- A. Galand, P. Girod et A. Hudeio. — Permis de conduire et examens psychophysiologiques. — Extr. du Bull. Soc. Méd. des Praticiens. 1937, pp. 16.
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- CORRESPONDANCE
- Nous avons reçu la lettre suivante de l’Association suisse pour l’orientation professionnelle et la protection des apprentis :
- Zurich, le 26 janvier 1938.
- Messieurs,
- Vous avez publié dans le n° 9, octobre 1937, de votre Bulletin, page 236, un article sur l’orientation professionnelle en Suisse, signé J. F. (Julien Fontègne).
- Je tiens à vous exprimer ma reconnaissance pour cette preuve d’intérêt à l’égard de notre travail, et vous en remercie sincèrement.
- En conclusion, M. Fontègne donne un petit commentaire des chiffres publiés, concernant le placement en apprentissage : « Soit un total de 8.911 placements en apprentissage pour 18.727 candidats. C’est dire qu’à ce point de vue la situation économique de la Suisse est loin d’être réjouissante. Gare au manque d’ouvriers qualifiés d’ici quelques années. »
- Permettez-moi de vous faire remarquer q'u’en 1936, il a été passé en Suisse, 20.895 nouveaux contrats d’apprentissage, dont 8.911 par l’intermédiaire des offices d’orientation professionnelle, comme l’indique M. F. Donc, pour plus de la moitié des cas, les parents ou les tuteurs se sont chargés eux-mêmes de trouver une place d’apprentissage. Nous devons vous rendre attentifs au fait que, dans notre pays, l’orientation professionnelle n’est pas obligatoire ; -nos offices se contentent de conseiller et de placer les jeunes gens, malheureusement très nombreux encore, dont les parents n'ont, pour une raison ou une autre, pas les moyens et les connaissances nécessaires pour trouver eux-mêmes une bonne place d’apprentissage pour leurs enfants. Les chiffres ci-dessous prouvent, en effet, que la situation du marché des places d’apprentissage en Suisse est meilleure que ne pourraient le faire croire les données quelque peu incomplètes de votre honorable collaborateur. En 1936, par exemple, la proportion des apprentis placés, par rapport à l’ensemble des candidats, a été à peiLde choses près identique à celle des époques de prospérité économique. La proportion des jeunes gens placés par les offices d’orientation professionnelle, soit un bon tiers de l’ensemble des apprentis placés, n’a pas varié depuis des années déjà.
- L’orientation professionnelle suisse n’a pas la prétention de modifier, en principe, cet état de choses, mais tient compte de l’esprit d’indépendance qui se manifeste dans ce domaine également et qui est l’expression du caractère essentiellement démocratique de notre peuple.
- Veuillez agréer, Messieurs, l’assurance de notre parfaite considération.
- Le Secrétaire : Zucker.
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- 10e Année
- N° 3-4
- Mars-Avril 1938
- BULLETIN
- DE
- l’Institut National d’Orientation Professionnelle
- FICHE COLLECTIVE SCOLAIRE D’INTELLIGENCE
- par
- Mme Henri PIÉRON
- De nombreux éducateurs, soucieux de connaître d’une façon objective l’étendue et la forme de l’intelligence de leurs élèves, désiraient se procurer nos fiches établies spécialement pour les offices d’orientation.
- Il nous était impossible de répondre à ce vœu pourtant si légitime, le simple fait pour la fiche d’avoir été appliquée une fois déjà rendant impossible une utilisation correcte ultérieure.
- Nous avons donc établi pour l’école et en particulier pour les classes d’orientation une fiche nouvelle, d’emploi collectif comprenant 78 questions.
- Cette fiche doit être remplie exactement en une heure et permet une exploration d’intelligence sous les formes prédominant dans le travail scolaire.
- Chaque réponse à une question implique naturellement d’abord un acte de compréhension, puis l’élaboration inventive d’une réponse et enfin l’examen critique de la validité de cette réponse avant de la rendre définitive.
- Comme il existe des différences individuelles dans la capacité d’exécution de ces diverses opérations, nous avons cherché à permettre une évaluation de telles différences.
- Dans ce but nous avons groupé des questions identiques comme difficultés mais présentées de telles sortes que pour pour y répondre prédomine l’une ou l’autre des opérations : compréhension, critique, invention.
- Prenons, par exemple, une question demandant à l’enfant de comprendre le rapport qui relie entre eux une série de
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- mots ci qui les fait appartenir à une catégorie homogène, ainsi rossignol, peidrix, faisan, pigeon, chardonneret sont tous des oiseaux.
- Pour savoir si l’enfant, a compris cette propriété commune, on peut employer trois moyens.
- D’abord on peut lui demander de choisir au milieu d’une liste qui lui est fournie, quel est le terme qu’il pourra ajouter à la série donnée pour la compléter.
- Supposons cette liste composée ainsi : tigre, chien, moineau, rat, chèvre.
- 11 devra souligner moineau qui représente seul un oiseau.
- Il suffit dans ce cas d’avoir compris l’idée de la série puisque tous les éléments de la réponse sont donnés.
- Au contraire, supposons qu’au milieu de cette, série d’oiseaux on introduise un mot représentant par exemple un insecte : rossignol, hanneton, perdrix, faisan, pigeon, chardonneret. L’attitude critique devra intervenir en plus de la compréhenson, l’enfant devant supprimer le mot qui ne convient pas : ici le mot hanneton.
- Enfin, si présentant notre même série d’oiseaux nous demandons à l’enfant d’en ajouter un et non de le choisir au milieu d’une liste donnée, nous faisons appel cette fois à son aptitude inventive ; il devra trouver un nom d’oiseau, satisfaisant ainsi aux exigences de la relation une fois celle-ci comprise.
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- Nous avons établi notre fiche en deux parties à peu près similaires. La première partie, la plus longue puisqu’elle contient 44 questions, permet de dresser un profil d’intelligence de l’enfant au moyen des 3 points se rapportant aux trois divisions envisagées et indiquant l’opération prédominante : compréhension, critique ou invention.
- Cela permet une certaine étude analytique de l’intelligence évidemment très incomplète et partielle, mais déjà fort utile — et cela même chez des sujets lents qui n’auraient pu explorer les 78 questions de la fiche.
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- Le total des points obtenus dans la fiche, terminée ou non, permettant d’autre part d’évaluer l’efficience intellectuelle de l’enfant au cours d’une heure de travail, ce qui fait intervenir les différences de rapidité.
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- Ages d’application
- Celle fiche est valable chez les enfants, garçons ou filles de 9 ans à 16 ans, d’après l’étalonnage qui a été établi dans les conditions suivantes :
- L’application a été faite à 9.794 enfants (5.994 filles et 3.800 garçons) habitant Paris, quartiers du centre et de la périphérie ou de la province dans les proportions suivantes :
- Paris............................ 8.214 enfants
- Province......................... 1.580 enfants
- Voici leur répartition par âges :
- 9 ans, 414. — 10 ans, 774. — 11 ans, 1.542. — 12 ans, 2.196. — 13 ans, 2.078. — 14 ans, 1.568. — 15 ans, 826. — 16 ans, 354. — 17 ans, 42.
- Les résultats des jeunes gens de 17 ans, trop peu nombreux, n’ont pas été retenus dans l’étalonnage.
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- Le texte de la fiche
- Voici cette fiche (en caractères réduits) telle qu’elle est présentée à l’enfant, avec ses exemples et sans que l’expérimentateur ait besoin d’ajouter aucune explication.
- Son rôle se bornant à empêcher les enfants de copier les uns sur les autres et à faire cesser le travail exactement une heure après sa mise en train (le point de départ de l’heure accordée étant indiqué par le mot « commencez », après que les enfants auront pu inscrire leurs noms et âges. L’expérimentateur devra aussi préalablement demander aux enfants de marquer « je ne sais pas » a côté de chaque question à laquelle ils n’auront pu donner une réponse.
- Cela permet de s’assurer que toutes les questions ont été vues. ^
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- Voici des petites questions faciles ; lisez-les et rèpondez-y :
- 1. — Père vient de rentrer en pardessus neuf et taché. Il a de la glaise à
- ses chaussures et de la farine à son chapeau.
- Les seuls endroits où il ait pu aller sont Suresnes, Boulogne, Billancourt et les grands boulevards. Il n’y a pas de glaise dans les rues, sauf aux endroits où l’on répare la chaussée. Il y a des magasins de vêtements seulement aux grands boulevards, à Suresnes et à Boulogne. Il n’y a de magasins de farine qu’aux grands boulevards, à Suresnes et à Billancourt. Les grands boulevards ne sont certainement pas en réparation, et mon père n’a pu faire de course que dans un endroit.
- Où est-il allé ?
- 2. — Mon frère m’écrit : Je rentre à pied du bois de Chaville où j’ai eu hier
- le malheur de me casser un membre. Pouvez-vous deviner d’après ceci, celui qu’il s’est probablement brisé : bras droit, bras gauche, jambe droite, jambe gauche ?
- 3. — Soulignez 2 mots qui offrent la même relation d’idées que MARRON et
- MARRONNIER :
- GLAND. CHIEN. AGNEAU. CHATAIGNE. POULET. COQ. TOUPIE. CHENE.
- 4. — Soulignez 2 mots qui désignent deux choses se ressemblant le plus :
- JUSTICE. TIGRE. SOCIETE. SALADE. CHAT. TEMPS. CORBEAU. LAPIN.
- 5. — A est égal à B plus 15. C est égal à B moins 8. Par conséquent C est
- égal à :
- Soulignez la réponse exacte : à A plus 23 ; à A moins 8 ; à A moins 23 ; à A plus 8.
- 6. — A est égal à B moins 5. C est égal à B plus 18. Par conséquent C est
- égal à :
- Soulignez la réponse exacte : à A plus 23 ; à A moins 8 ; à A moins 23 ; à A plus 8.
- Voici une série de mots qui ont un rapport entre eux, qui appartiennent à une même catégorie : ROSSIGNOL, PERDRIX, FAISAN, PIGEON, CHARDONNERET.
- Ce sont des oiseaux. Dans le groupe suivant, soulignez le mot qui pourrait appartenir à celte série : TIGRE, CHIEN, MOINEAU, RAT, CHÈVRE. Le mot à souligner est MOINEAU, car il représente un oiseau.
- Faites de même les exercices suivants ; dans chaque exercice, vous trouverez d’abord la série de mots ayant entre eux un rapport, puis le groupe de mots parmi lesquels vous soulignerez celui qui se rapporte à la série c’est-à-dire qui appartient à la catégorie indiquée.
- 7. Série : RHONE, SEINE, RHIN, DANUBE, LOIRE.
- Soulignez un mot : EUROPE, GARONNE, MANCHE, PARIS, ALPES.
- 8. Série : PITIE, TENDRESSE, AMOUR, AMITIE, CHARITÉ.
- Soulignez un mot : SOLIDITE, HYPOCRISIE, ABSENCE, AFFECTION, LOUANGE.
- 9. Série : TAUPINIERE, COCON, TERRIER, FOURMILIERE, TERMI-
- TIERE.
- Soulignez un mot : REMISE, MAIRIE, EDIFICE, REFUGE, TANIERE.
- 10. Série : ABONDANCE, OPULENCE, FECONDITE, FERTILITÉ, MAGNIFICENCE :
- Soulignez un mot : VERTU, SAGESSE, RICHESSE, AUTORITE, FRATERNITE.
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- 11. Série : BOUTEILLE, CORNET, SAC, POCHE, GIBECIERE
- Soulignez un mol : GTBIER, SEAU, BONBON, CHARBON, ETIQUETTE.
- 12. Série : CUIVRE, ACIER. FER, ARGENT, OR.
- Soulignez un mot : DIAMANT, CIMENT, HOUILLE, PLOMB, PORCELAINE.
- 13. Série : TANTE, PERE, SŒUR, ONCLE, MÈRE.
- Soulignez un mot : VETEMENT, CHINOIS, AMI, COLLEGUE, COUSINE.
- 14. Série : PÊCHE, PRUNE, DATTE, CERISE, MIRABELLE.
- Soulignez un mot : BONBONS, GROSEILLE, SUCRE, CASSIS, ABRICOT.
- 15. — SOLON COMPARAIT LE PEUPLE A LA MER, ET LES ORATEURS
- AU VENT PARCE QUE LA MER SERAIT TOUJOURS TRANQUILLE SI LE VENT NE L’AGITAIT PAS.
- Marquez deux des affirmations suivantes, dont la signification vous paraît la plus semblable à celle énoncée ci-dessus :
- ....Les orateurs sont toujours le jouet du peuple.
- ....Les bons orateurs émeuvent le peuple.
- ....Le peuple restarait passif, si les orateurs ne l’excitaient pas.
- ....Les orateurs, selon Solon, sont les responsables des soulèvements du peuple.
- IG. — QUELLES QUE SOIENT NOS OPINIONS PHILOSOPHIQUES, NOUS EN SAVONS DAVANTAGE QUE CE QUE NOUS PARAISSONS SAVOIR ET CONNAISSONS LES LOIS MIEUX QUE NOUS Y OBEISSONS.
- Marquez deux des affirmations suivantes dont la pensée soit identique à celle de la pensée ci-dessus exprimée :
- ....Connaître la vérité, c’est la pratiquer.
- ....Nos actions ne sont pas à la hauteur de nos idées.
- ....Nos opinions philosophiques déterminent nos actions.
- ....Nous accomplissons des actes que nous savons ne pas devoir cire accomplis.
- Si la conclusion suivante est logique, c’est-à-dire si elle se trouve pleinement justifiée par les deux affirmations qui la précèdent, soulignez le mot « exact », dans le cas contraire, soulignez le mol « inexact ». Si vous ne savez pas, soulignez l’expression « je ne sais pas ».
- Etant donné que tous les métaux sont des corps simples, le plus rare de tous les corps simples doit être le plus rare de tous les métaux.
- EXACT INEXACT JE NE SAIS PAS
- 18. — Joseph doit 40 billes à sa sœur.
- Georges doit 50 billes à Joseph.
- Par conséquent, si la sœur reçoit 40 billes de Georges et en donne 10 à Joseph les dettes seront annulées.
- EXACT INEXACT JE NE SAIS PAS
- Etant donné les renseignements ci-dessous sur les âges des différentes personnes, pouvez-vous répondre aux questions suivantes : Soulignez, des trois réponses, celle qui vous paraît exacte.
- 19. — Jean est plus vieux qu’Andrô.
- André est moins vieux qu’Henri.
- Henri est plus vieux que Charles.
- Réponses : Charles est plus vieux que Jean. Charles est moins vieux que Jean. On ne peut pas savoir.
- 20. — Jean est plus vieux qu’André.
- André est plus vieux que Marcel.
- Réponses : Charles est plus vieux que Jean. Charles est moins vieux que Jean. On ne peut pas savoir.
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- Dans le groupe suivant, les mots ont un rapport entre eux, font partie d’une même catégorie, sauf un, qu’il faut souligner. Par exemple :
- CARPE, MERLAN, SAUMON, FOURMI, BROCHET, TRUITE, le mot à souligner est : FOURMI, car il est le seul qui ne représente pas un poisson.
- Dans chacun des exercices que vous allez faire, vous trouverez un groupe de mois, parmi lesquels un ne convient pas, n’entre pas dans la catégorie présente, c’est celui-là que vous devez souligner.
- 21. — AMERICAIN, SUISSE, ANGLAIS, NEGRE, ALLEMAND, BELGE.
- 22. — MARCHER, SAUTER, COURIR, NAGER, CHANTER, RAMPER.
- 23. — MINUTE, JOUR, HEURE, HORLOGE, SECONDE, SEMAINE.
- 24. — BOL, COU, NEZ, BOUCHE, MAT, RIZ.
- 25. — TRAT N, BICYCLETTE, CAMION, AUTOBUS, AVION, TRAMWAY.
- 26. — FATIGUE, ENCOURAGEMENT, ENNUI, CHAGRIN, TRISTESSE,
- DECEPTION.
- 27. — ESTOMAC, NEZ, LANGUE, OREILLE, ŒIL, PEAU.
- 28. — POISSON, BEURRE, LAIT, OEUF, PAIN, VEAU.
- Voici une petite phrase. Lisez-la et marque? à la fin si elle vous paraît raisonnable ou ridicule et dites pourquoi.
- 29. — Jean est coléreux : il a frappé sa sœur qui voulait le persuader que
- la douleur était beaucoup plus grande lorsque par étourderie on se mordait le nez que lorsqu’on se mordait la langue.
- Cela vous paraît-il raisonnable ou ridicule et pourquoi ?
- 30. — Alice était émue et blême et en lui louchant la main j’ai trouvé qu’elle
- était aussi froide que celle d’un serpent.
- Cela vous paraît-il raisonnable ou ridicule et pourquoi ?
- 31. — Ecrivez 2 mots qui offrent la même relation d’idées que THERMO-
- METRE et TEMPERATURE.
- 32. — Ecrivez 2 mots qui aient entre eux la même relation que HEROS et
- héroïsme.
- Reconstituez un mot avec des lettres données : Exemple, avec C - Q - I -N vous devrez faire le mot cinq. Continuez ainsi :
- 33. — H - C - T - A.
- 34. — T - B - A - H - I
- Reconstituez une phrase seulement avec les mots fournis, mais avec tous ces mots.
- 35. — paysan - la - repos - entraîne - du - souvent - du - le - jour - fin.
- 36. — suffit - la - toujours - le - richesse - ne - pas - engendrer - pour - bon-
- heur.
- Dans les exercices suivants, il faut ajouter à la série donnée un mot qui se rapporte à tous les autres, qui ait avec eux un caractère commun, qui rentre dans la même catégorie. Par exemple, vous avez la série : CHENE, PEUPLIER, TILLEUL, POIRIER, CERISIER, ce sont des arbres, aussi, vous devez ajouter le nom d’un autre arbre : SAPIN ou POMMIER ou PLATANE, etc...
- Faites de même les exercices suivants en ajoutant chaque fois un mot qui convient à la série donnée.
- 37. — Série : POULAIN, OURSON, VEAU, AGNEAU, LOUVETEAU. Ajoutez un mot :
- 38. — Série : BONTE, DOUCEUR, PROTECTION, HOSPITALITE, CHARITE.
- Ajoutez un mot :
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- 39. — Série : ACCOMMODER, ACCOLER, ACCOMPAGNER, ACCORDER, ACCLAMER.
- Ajoutez un mot :
- 40. _ Série : MORDE, HARENG, BALEINE, REQUIN, MERLAN.
- Ajoutez un mot :
- 4L — Série : BOIS, FER, CARJON, VERRE, PIERRE.
- Ajoutez un mot :
- 42. — Série : JOUR, MOIS, HEURE, SEMAINE, ANNEE.
- Ajoutez un mol :
- 43. — Série : ROUTE, ALLEE, AVENUE, BOULEVARD, RUELLE. Ajoutez un mot :
- 44 A. - FEVES, POMMES DE TERRE, NAVETS, POIREAUX, CHOUX. Ajoutez un mot :
- 44 B. — J’ai 4 livres : l’un a une couverture rouge, l’autre a une couverture jaune, le 3e est bleu et le dernier a une couverture verte :
- Je sais que l’un est écrit en français, un autre en anglais, un troisième en allemand et un autre en russe.
- Si je dis qu’en retirant le bleu et le rouge il resterait le livre anglais e-t le livre russe,
- Et qu’en retirant le bleu et le jaune il ne reste que le russe et le français,
- Pouvez-vous indiquer en quelle langue sont imprimés :
- 1° Le livre a couverture rouge.
- 2° Le livre à couverture jaune.
- 3° Le livre à couverture bleue.
- 4° Le livre à couverture verte.
- 44 C. — On a 3 boîtes de grandeurs différentes, une grande, une moyenne, une petite. L’une d’elles contient un diamant, une autre un rubis, une autre une perle. Mais on ne sait pas ce que contient chacune d’elles.
- Nous apprenons que si la boîte moyenne se trouve à côté de la petite boîte, il y aura côte à côte le diamant et la perle. •
- Et lorsque c’est la grande boite et la moyenne qui se trouvent ensemble, clics contiennent la perle et le rubis, dites maintenant :
- 1° Ce que contient la grande boite.
- 2° Ce que contient la moyenne boîte.
- 3° Ce que contient la petite boîte.
- 45. — Soulignez 2 mots qui offrent la même relation d’idées que MOUTON et LAINE :
- SOULIER, GANT, AUTRUCHE, HOMME, CHEMINÉE, PLUME.
- 46. — Soulignez les 2 mots se rapportant à deux choses se ressemblant le
- plus :
- TRAMWAY, LAURIER, MOUCHE, VENTOUSE, CAPITAINE, MALLE, PLATANE, SOLDAT, TISANES, CHENE.
- Voici une série de mots qui ont un rapport entre eux, qui font partie de la même catégorie : ROSSIGNOL, PERDRIX, FAISAN, PIGEON, CHARDONNERET.
- Ce sont des oiseaux. Dans le groupe suivant, soulignez le mot qui pourrait appartenir à cette série, à celle catégorie :
- TIGRE, CHIEN, MOINEAU, RAT, CHEVRE.
- Le mot à souligner est MOINEAU, car il représente un oiseau.
- Faites de même les exercices suivants ; dans chaque exercice vous trouverez d’abord la série de mots ayant entre eux un rapport, puis le groupe de mots parmi lesquels vous soulignerez celui qui se rapporte à la série indiquée.
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- 47. — Série : LAC, ETANG, RIVIERE, FLEUVE, MER.
- Soulignez un mot : HERBE, BIERE, RUISSEAU, VALLÉE, FORET.
- 48. — Série . ABEILLE, MOUCHE, LIBELLULE, COCCINELLE, MOUS-
- TIQUE.
- Soulignez un mot : ÉCUREUIL, AIGLE, SOURIS, HANNETON, LAPIN.
- 49. — Série : CHARIOT, CHAR-A-BANCS, DILIGENCE, CARROSSE, TOM-
- BEREAU.
- Soulignez un mol : AUTOMOBILE, MOTOCYCLETTE, TRAIN, CHARRETTE, TRAMWAY.
- 50. — Série : COLERE, HAINE, CRUAUTE, MECHANCETE, VENGEANCE. Soulignez un mot : ARRET, FUREUR, REPOS, ETONNEMENT, DEDAIN.
- 51. — Série : POLICHINELLE, POUPÉE, CERF-VOLANT, BILLE, TOU-
- PIE.
- Soulignez un mot : CHAISE, SCIE, TAMBOUR, CHEMINEE, ARBRE.
- 52. — Série : BATEAU, MAISON, SOURIS, MOUTON, LILAS.
- Soulignez un mot : FENETRE, OPULENCE, PAQUEBOT, RAT, CHEVAL.
- 53. — Série : HONNETETE, EXACTITUDE, REGULARITE, RAPIDITE,
- PERSEVERANCE.
- Soulignez un mot : ADRESSE, ETOURDERIE, POLITESSE, BAVARDAGE, RENONCEMENT.
- 54. — Série : SALADE, POMME, SUCRE, HARICOTS. EPINARDS. Soulignez un mot : BANANE, LAIT, OEUF, LARD, LAINE.
- Si la conclusion suivante est logique, c’est-à-dire si elle se trouve pleinement justifiée par les deux affirmations qui la précèdent, soulignez le mot « exact », dans le cas contraire, soulignez le mot « inexact ». Si vous ne le savez pas soulignez l’expression « je ne sais pas ».
- 55. — Etant donné quç tous les métaux sont des corps simples, le métal le plus rare doit être le plus rare de tous les corps simples.
- EXACT INEXACT JE NE SAIS PAS.
- 5G. — Villeneuve est plus grand que Saint-Rémy.
- Morteau est moins grand que Villeneuve.
- • Par conséquent Villeneuve est plus grand que Morteau.
- EXACT INEXACT JE NE SAIS PAS
- Etant donné les renseignements ci-dessous sur les âges des différentes personnes, pouvez-vous répondre aux questions suivantes : Soulignez des trois réponses celle qui vous paraît exacte.
- 57. — Jean est plus vieux que Marcel.
- Marcel est plus vieux qu’André.
- Réponses : Jean est plus vieux qu’André. — Jean est moins vieux qu’André. — On ne peut le savoir.
- 58. — Jean est plus vieux que Jules.
- Jules est plus jeune qu’André.
- André est plus vieux que Joseph.
- Réponses : Joseph est plus vieux que Jean. — Joseph est moins vieux que Jean. — On ne peut le savoir.
- Dans le groupe suivant, les mots ont un rapport entre eux, sauf un, qu’il faut souligner, parce qu’il ne rentre pas dans la même catégorie. Par exemple :
- CARPE, MERLAN, SAUMON, FOURMI, BROCHET, TRUITE, le mot à souligner est : FOURMT, car il est le seul qui ne représente pas un poisson.
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- Dans chacun des exercices.que vous allez faire, vous trouverez un groupe de mots; parmi lesquels un ne convient pas, n’appartient pas à la meme catégorie. C’est celui-là que vous devez souligner.
- 59. - CHAPEAU/ MANTEAU, CASQUETTE, SOULIERS, CHEMINEE, GANT.
- GO. — LAINE, COTON, TOILE, SOIE, CHANVRE, LIN.
- 61. — VIOLETTE, MUGUET, TULIPE, OEILLET, BOUTON D’OR, ROSE.
- 62. — ENFANT, CYCLISTE, ADOLESCENT, VIEUX, JEUNE, ADULTE.
- 63. — COUDRE, ECRIRE, REFLECHIR, FROTTER, BROSSER, BALAYER.
- 64. _ CAISSE, BOITE, ARMOIRE, MAISON, CAGE, RAYON.
- 65. — GOMME, RÈGLE, PLUME, CRAYON CAHIER, ENCRE.
- 66. — SILEX, PLOMB, MARBRE, LIÈGE, FER, BRIQUE.
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- Reconstituez un mot avec des lettres données : Exemple, avec C - Q -I - N vous devrez faire le mot cinq. Continuez ainsi :
- 67. — I - E - D - A.
- 68. — E - U - R - B - T.
- Reconstituez une phrase seulement avec les mots fournis, mais avec tous ces mots :
- 09. — Un - ami - en - livre - toute - bon - un - circonstance - est - fidèle.
- 70. — est - toutes - bel - plus - saisons - un - agréable - la - de - automne - les.
- Dans les exercices suivants, il faut ajouter à la série donnée un mot qui se rapporte à tous les autres, qui ait avec eux un caractère commun, qui appartienne à la même catégorie. Par exemple, vous avez la série : CHENE, PEUPLIER, TILLEUL, POIRIER, CERISIER, ce sont des arbres, aussi, vous devez ajouter le nom d’un autre arbre : SAPIN, ou POMMIER, ou PLATANE, etc...
- Faites de même les exercices suivants en ajoutant chaque fois un mot qui convient à la série donnée :
- 71. — Série : CONTE, LEGENDE, ANECDOTE, ROMAN, HISTOIRE. Ajoutez un mot :
- 72. — Série : POMME, POIRE, ORANGE, MANDARINE. COING.
- Ajoutez un mot :
- 73. — Série : PEQIIE, NAGE, DANSE, CANOTAGE, COURSE.
- Ajoutez un mot, :
- 74. — Série : MARTEAU, PIOCHE, BECHE, LIME, SCIE.
- Ajoutez un mot :
- 75. — Série : TRANQUILLITÉ, QUIETUDE, SECURITÉ, APAISEMENT,
- CERTITUDE.
- Ajoutez un mot :
- 76. — Série : PAUVRETE, MALHEUR, SOUFFRANCE, DOULEUR, IN-
- QUIETUDE.
- Ajoutez un mot :
- 77. — Série : VILLE, PROVINCE, CAPITALE, VILLAGE, DEPARTEMENT. Ajoutez un mot :
- 78. — Série : BRAVE, FRANC, BON, AIMABLE, TRAVAILLEUR.
- Ajoutez un mot :
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- Correction et notation de la fiche
- Nous donnerons pour chaque question, à côté de son numéro : 1° la réponse qui doit être faite ; 2° le nombre de points correspondant à une réponse correcte, toule réponse autre que la réponse exacte ne comportant l’attribution d’aucun point.
- 1. — Suresnes. ................................................. 3 points
- 2. — Bras gaucho ou bras droit s’il est gaucher................. 3 —
- 3. — Gland, chêne............................................. 1 —
- 4. — Tigre, chat................................................ 1 —
- 5. — A moins 23 ................................................ 2 —
- 6. — A plus 23 ................................................ 2 —
- 7. — Garonne................................................. 1 —
- 8. — Affection. ................................................ 1 —
- 9. — Tanière. ............................................i... 1 —
- 10. — Richesse. ............................................... 1 —
- 11. — Seau. .................................................... 1 —
- 12. — Plomb. ................................................... 1 -
- 13. — Cousine. ................................................. 1 —
- 14. — Abricot. . . ........................................... 1 —
- 15. — Le peuple resterait passif si les orateurs ne l’excitaient pas. 1 —
- Les orateurs, selon Solon, sont les responsables des soulèvements des peuples .............................. 1 —
- 16. — Nos actions ne sont pas à la hauteur de nos idées....... 1 —
- Nous accomplissons des actes que nous savons ne pas
- devoir être accomplis .............................. 1 —
- 17. — Inexact. ........................*v..................... 3 —
- 18. — Inexact. . . ............................................ 3 —
- 19. — On ne peut le savoir..................................... 3 —
- 20. — On ne peut le savoir..................................... 3
- 21. — Nègre. . . ............................................. 1 —
- 22. — Chanter ou courir si la loi a été comprise comme repré-
- sentant des verbes en er............................. 1 —
- 23. — Horloge..................... ........................... 1 —
- 24. — Bouche, .................................................. 1 —
- 25. — Avion. ................................................. 1 —
- 26. — Encouragement. ........................................... 1 —
- 27. — Estomac. ................................................. 1 —
- 28; — Pain...................................................... 1
- 29. — On ne peut se mordre le nez............................ 2 —
- 30. — Le serpent n’a pas de main................................ 2 —
- 31-32. Tout couple de mots convenant........................... 4 —
- 33. — Chat. .................................................. 2 —
- 34. — Habit.................................................... 2 —
- 35. — La fin du jour entraîne souvent le repos du paysan........ 2 —
- 36. — La richesse ne suffit pas toujours pour engendrer le
- bonheur.............................................. 2 —
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- 37. — Chaton, chiot, lionceau.................................... 1 point
- 38. — Dévouement. ................................................ 1 —
- 39. — Accueillir, accaparer...................................... 1 —
- 40. — Thon, sole (poisson ou bêle de iner)...................... 1 —
- 41. — Marbre...................................................... 1 —
- 42. — Siècle, minute. • • ......................................... 1 —
- 43. — Rue, passage. ............................................. 1 _
- 44 A. Carotte (légume)............................................ 1 '
- 44 R. 1° Français, 2" Anglais, 3° Allemand, 4° Russe................ 4 —
- 44 C. 1° Rubis, 2° Perles, 3° Diamant.............................. 3 —:
- 45. — Autruche et plume.......................................... 1 -Il
- 4G. — Capitaine et soldat........................................ 1 —
- 47. — Ruisseau. . . ............................................. 1 _
- 48. — Hanneton............................................... 1 ___
- 49. — Charrette. . . ............................................ 1 ___
- 50. — Fureur.................................................. 1 ___
- 51. — Tambour. . . .............................................. 1 ___
- 52. — Cheval....................................................... 1 ___
- 53. — Politesse.................................................... 1 ,
- 54. — Banane....................................................... \
- 55. — Inexact. . . .............................................. 3 ___
- 56. — Exact............................................. 1 " 3 —
- 57. — Jean est plus vieux qu’André............................... 3
- 58. — On ne peut le savoir....................................... 3 ___
- 59- — Cheminées....................,........................ ^ / 1 ___
- 60. — Toile. . . .................................................. j __
- 61. — Rose........................................ ...........“ i
- 62. — Cycliste. . . .................................*’"*•'...... 1 'C.__v - -
- 63. — Réfléchir. • • ................................ i -,
- 61. — Rayon. . . ....._.......................... ............. _
- 65. — Gomme ou encre si l’enfant a vu que seule l’encre, était, s. d
- liquide. ...................... 1
- 66. — Liège. • . ............................................. 2 ^ .7
- 67. — Aide. . . ............................................... 2 L_ ' »:
- 6B. — Rebut, brute ou buter.................................. o _
- 69. — Un bon livre est en toute circonstance un fidèle ami....!... 2 —
- '0- Un bel automne est de toutes les saisons la plus agréable. 2
- 71. — Nouvelle. . . ............ ,
- 72. — Nèfle......................!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!....... ! Z
- 73. — Marche. • • ..........................
- 74. — Rabot (outil).................
- 75. — Calme.................................
- 76. — Angoisse. • • ........................[..................... ,
- 77. — Commune. . . ...................... ........................ ,
- 78. — Honnête. . . ......................’ " ’..................’ ^
- Utilisation de la fiche
- Nous avons groupé dans la première partie de la fiche, partie qui va de la question 1 à la question 44 A comprise, les questions permettant de se rendre compte de l’aptitude
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- plus ou moins grande à la simple compréhension, à la critique ou à l’invention.
- Le total de cette première partie permettra d’évaluer le rendement intellectuel de l’enfant indépendamment de la rapidité.
- Au contraire, la réussite dans le travail total exécuté par l’enfant en une heure montrera son efficience dans un temps donné, avec participation de la rapidité intellectuelle.
- On pourra donc, en consultant nos étalonnages, faire pour chaque enfant un profil simple en 5 points. Profil comprenant à la fois un résultat global (5° points) et le résultat analytique (4 premiers points).
- Voici le modèle du profil que l’on peut établir pour chaque enfant.
- Profil
- Déciles : 1° 10° 20° 30° 40° 50° 60° 70° 80° 90° 100°
- EPREUVE COLLECTIVE
- 1. Compréhension...;................................... ..... .......
- 2. Critique........I.........i...L....j.... ...................... ..
- 3. Invention.......j.............J....i.... ........|...-J...;.......
- 4. Niveau global...i.........j...;.... .... ................. ....
- 5. Efficience totale... .i. .......... .... ................. .......
- *
- * *
- Signification de l’étalonnage
- Lorsqu’on a rassemblé les résultats d’un grand nombre de fiches d’enfants de groupes homogènes comme sexe et comme âge, on opère leur classement, le meilleur étant naturellement le premier, le plus mauvais résultat représentant le dernier.
- Ce classement fait, on le condense en onze groupes égaux en nombre et dont le premier est considéré comme représentatif de ce groupe, ce qui représente ce qu’on appelle un décilage.
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-
-
- — 49 —
- *
- * *
- Établissement des profils
- La fiche d’un enfant étant corrigée et le total des points étant déterminé pour chacune des cinq parties du profil, il faut d’abord établir la somme de chacun de ces groupes de points.
- On cherchera alors dans les tableaux d’étalonnage que nous donnons plus loin, à quel décile correspond le résultat et on marque un point correspondant sur le graphique.
- Il ne faut pas oublier de se rapporter au tableau d’étalonnage établi pour le sexe de l’enfant et de consulter la colonne qui correspond à son âge.
- Pour nos âges, voici à quoi ils correspondent : nous groupons sous la rubrique 9 ans, par exemple, tous les enfants ayant entre 8 ans 1/2 et 9 ans 6 mois moins un jour le jour de l’épreuve.
- Quand on a ainsi situé les 5 points, il suffit de les réunir par un trait continu pour voir de suite les infériorités ou les supériorités de l’enfant par rapport à un grand groupe d’enfants de son âge et de son sexe.
- Les pointes vers le 1° marquant les supériorités, celles qui s’avancent vers le 100° marquant au contraire les infériorités.
- *
- * *
- Les normes d’étalonnage
- Nous donnons pour chaque point du profil les valeurs en deux tableaux (un pour les filles et un pour les garçons). Chaque tableau donnant les normes par années d’âge.
- On verrâ que la fiche permet un classement satisfaisant de 9 a 10 ans, les derniers au plus jeune âge obtenant déjà un total de quelques points, les premiers parmi les plus âgés n’atteignant pas le maximum : 125 points.
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-
-
- Premier point
- Compréhension
- Somme des résultats obtenus dans les questions 1 à IG compris
- Maximum possible : 24 points.
- Compréhension
- FILLES
- GARÇONS
- DECILES
- DECILES
- Points
- 16119122124124124124124
- Points
- 19119121124124124124124
- 10|12|14|16fl8;19|21|23
- 9|13}14J17|19|18|22j23
- 8110111113 j15117119|21
- 7 10 12 14i16116118122
- 6j 8 10 11 14 16 17 20
- 6| 8j 10| 12114j 14117121
- 5 7 9 10 12 14 15 19
- 5| 7 8|11'|12|13|15|19
- 7| 8| 10|12|13|18
- 4| 6| 7| 9]11j12|14|1S
- 4 5 61 1\ 8 11112} 17
- 3 5 6| 8| 9|10!12117
- 3 4 5 6 7| 9111115
- 2 4 5 71 8! 8111115
- 2 3 4 41 5 7110| 13
- 2| 3 41 51 6
- 7110114
- 1| 1| 2| 3] 4| 5| 8|11
- 0 0| 0 01 0| 0| 0| 6
- 0| 01 01 0| 0| 0
- 7 9 10 12 15 16-18 20
- 6| 9 11 13 15 15 17121
- 75° | 2| 4| 5j 5| 6j 8! 9}14
- | 21 41 41 6! 51 8| 8115
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-
-
-
- — 51
- Deuxième point
- Critique
- Somme des résultats obtenus dans les questions 17 à 30 comprise. < ::
- Maximum possible : 24 points.
- Critique
- FILLES
- il
- Points
- 1° 115122122|22|22123122122
- 10° | 8|12|13|15|lô|17|18|20
- 20° | 7) 9|10|13|14jI6|16|19
- 30° | 5| 7| 9|11|12|14|15|18
- 40° 1 4| 7| 8| 9] 11.| 12| 14116
- 50° | 31 6| 7| 8| 101111121 IG
- 90° 1 2[ 5| 6) 7| 8| 9)10115
- 70° 1 1| 3| 5) 6| 7| 8| 9|1
- 80° | Q| 2| 4| 4j 6| 7| 9|10
- 90° | 0) 1| 2) 3| 4) 5| 8| 8
- 100° | 0| Q| Q| 0|'0| 0| 1| 2
- 25°
- 6 8 10 12 13 15 15 18
- 75° | 0| 3| 5| 5| 6| 8j 9|11
- 1°
- GARÇONS
- 9 10 11 12 13 14 15 16
- ans ans ans ans ans ans ans ans
- Points
- 117118)21122122j 23 ) 25j 21
- 10° 111111114115116)16118)20
- 20° 1 7| lu) 11112' KL 14 16:10
- 30° | 5| 8| 9111111112115117
- 40° | 4) 7| 81101101111.13116
- 50° 1 4) 6] 6) 9[ 91101,12114
- 60° 1 3) 6) 5| 71, 8] 8i,10'| 12
- 70° 1 2) 3( 4) 6) 7) 7j10] 10
- 80° 1 2] 2) 21 5( 5l""5i 8i'9
- 90° j 01 1| 1| 4)
- 100° 1 0| 0) 0] 0], 0) 0) O) 0
- 25°
- 6 9 10 12 12 13,15 19
- 75° 1 2) 3] 4) 5) 6r 6! 7fl 1
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-
-
-
- is'XrÀzr.?t Tiajim
- Troisième point
- Invention
- Somme des points obtenus dans les questions 31 à 44 A comprise
- Maximum possible : 24 points.
- Invention
- FILLES
- GARÇONS
- DECILES
- DECILES
- Points
- 22122[23122123123124
- Points
- 16| 18123124123 J 24124124
- 1517118120
- 8111114 14|16|17|20|23
- 13 15 16 19
- 7jl0|ll|12|13|14|17 21
- 1 ] 113 14 17
- 6| 9 9| 11j12|13|15|19
- 10 12| 12| 16
- 11 8 9110 j 11113118
- 9111111 -| 14
- 6| 8 8| 9|10|12|18
- 8 9 10 2
- 8 j 10110116
- 7 8 9 11
- | 4| 6| 6| 7| 8| 9|14
- 6| 7 8| 9
- 21 41 3| 5| 6 7| 8|12
- 0 0| 01 0
- 0 0 0 1
- 7 9 10 11 12 13 15 20
- 25° 6 9 10 11 12 14 15 18
- | 3| 4| 5| 6| 6| 7| 7|12
- | 2 4 4 5 6| 7| 9| 10
- r
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-
-
-
- Quatrième point
- Niveau global
- Somme des questions de 1 à 44 A comprise. Maximum possible : 72 points.
- Niveau global
- DÉCILES
- FILLES
- 10 11 12 13 14 15
- ans
- 16
- 1° Points 35149 j 54150 ] 67167167j 67 1° ^ Points 4714 3-| 51169 j 64 j 66167 ] 7 0
- 10° 126 [31|37|42|47|50|54|58 10° 1251321361 i 2 j 4 6147153 i 65
- 20° |19|26|31 |36j40f45|51|56 20° 12112613213514114214 71G0
- 30° 115123128132 j 3 7 ! /i 2 ! 4 5 ! 5 3 30° 118124129131137137 j 42 j 58
- 40° 113| 19)24128 j33138 j 4 3 j 51 40° 114121125129 j 32 ! 33 ! 4 0 j 53
- 50° |11117122 ! 2513013413914 9 50° 111118121127130] 30 ! 38 j 49
- 60° J10116| 19 j 21 j 26131136|46 60° | 8115 ] 19124127128]35j 47
- 70° | 8114116119122128133138 70° | 5112116 ] 21 • 23 ] 25 ] 3114 4
- 80° | 5| 10113| 1(5| 18)24130|35 80° | 3| 9] 13! 17120]21127137
- 90° | 4| 8 ( 10113113120120 j30 90° | 2| 61 9|13]14]15|20i32|
- 100° | 0| Oj 1| 2| 1] 4] 8J21 100° | 0| 1| 0| 1| 0] 1| 5J13.
- 25° 1 i 1 17 25 30 34 38143147!55 25° 6^5 30 33 39 39']46i59
- 75ô | 7112115118120[27131136 75° | 4110115119 ] 22124130 ] 4 2[
- GARÇONS
- DÉCILES
- 9 10111 12 13 14 15
- ans ans i ans ans ans ans aus
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-
- wm
- Cinquième point
- Efficience totale (I)
- Résultat des 78 questions. Maximum possible : 125 pendis
- Efficience totale
- GARÇONS
- FILLES
- DÉCILES
- DECILES
- Points
- 54 1751871951105110811021109
- Points
- 01175183193199 [ 9911131120
- 50|00|68|
- 10° 43 53 61 69 73 76
- 80 87 91
- 20° 35 47 5416016716
- 31 42 51 00 06
- 28 38 44 52 60
- 30° 31 40 47 63 6162
- 68! 96
- iO° 27 36 42 50155158
- 25 34 40 47 5i
- 621 65 78
- 641 87
- 50° 23 33 38 44 49 54
- 581 621 76
- 23 31 35 43 50
- 60° 120 ! 28133 (39145; 50
- 18127131138| 44
- 10° 117123 29 34 41146
- 58! 521 64
- 14 23 26 33 39
- 2120122129135 39
- I l 20 22 28 '32
- 45 58
- 52 55 59
- 9 14 13 23 26)32
- 34 50
- 1| 4 4 6 4 9
- 3 2 6 8 5
- 6 14| 30
- 25° 31 50 48 56 63
- 25° 33 43 50 56 63 64
- 70 75 90
- 114121126137 j 381
- (1) On peut sc procurer celte fiche au Service de recherche de l’Institut National d’O. P., au prix de 0 fr. 50 pièce.
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- NOTES ET DOCUMENTS
- Modalités d’organisation
- et de fonctionnement des Offices d’orientation professionnelle créés par les Chambres de métiers
- Nous publions ci-dessous le décret important du 22 février dernier concernant les offices d’O. P. des Chambres de métiers :
- Le Président de la République Française,
- Vu la loi du 26 juillet 1925 portant création de Chambres de métiers ;
- Vu la loi du 10 mars 1937 portant organisation de l’apprentissage dans les entreprises artisanales et notamment l’article 2 ainsi conçu :
- Il pourra être institué auprès de chaque Chambre de métiers un service d’orientation professionnelle pour les métiers dont les modalités d’organisation seront déterminées par décret rendu sur proposition du ministre du Travail, du ministre de l’Education nationale et du ministre de la Santé publique ;
- Sur la proposition du ministre du Travail, du ministre de 1 Education nationale, du ministre de la Santé publique,
- Décrète :
- Article premier. — Des offices d’orientation professionnelle peuvent être créés par délibération des Chambres de métiers comportant l’engagement d’assurer le fonctionnement de l’Office au moins pendant six ans. Cette délibération sera soumise pour approbation, dans la huitaine, au ministre chargé de l’enseignement technique et au ministre 'du Travail.
- Art. 2. — Les dépenses des offices d’orientation professionnelle sont, comme les autres dépenses annuelles et permanentes, fixées chaque année, par les Chambres de métiers et imputées sur leurs ressources ordinaires ; elles font l’objet dans leur budget d’un chapitre spécial.
- La gestion financière de ces offices est assurée par la Chambre de métiers.
- Art. 3. — Le directeur ou conseiller d’orientation professionnelle ainsi que le personnel de l’Office d’orientation professionnelle sont nommés par le président de la Chambre de métiers. Un méde-
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- cin, désigne par le préfet sur la proposition de l’inspecteur départemental d’hygiène, est obligatoirement attaché à l’Office.
- Art. 4. — Sont incapables de diriger un Office d’orientation professionnelle ; d’y remplir la fonction de conseiller d’orientation professionnelle ou d’y être employées à quelque titre que ce soit :
- 1° Les personnes qui ont subi une condamnation judiciaire pour crime de droit commun ou pour délit contraire à la probité et aux bonnes mœurs ;
- 2° Les personnes qui ont été privées par jugement de tout ou partie des droits mentionnés à i’article 42 du code pénal ou qui ont été déchues de la puissance paternelle ;
- 3° Les personnes qui ont été frappées d’interdiction absolue d’enseigner.
- Art. 5. — Les directeurs ou conseillers d’orientation professionnelle doivent être Français, âgés de vingt-cinq ans accomplis au moins et justifier d’un des titres suivants : diplôme de l’Institut national d’orientation professionnelle, docteur en médecine ayant obtenu le certificat de stage complet au cours complémenta:re de l’Institut national d'orientation professionnelle.
- Art. 6. — Les personnes ayant appartenu à l’enseignement public ou au cadre des inspecteurs du travail pourront être choisies comme directeur ou conseiller d’orientation professionnelle, à la condition Je justifier du certificat de.stage complet au cours complémentaire de l’Institut national d’orientation professionnelle.
- Les membres de l’enseignement public, les inspecteurs du travail ayant effectué le même st.age pourront être détachés dans ces emplois dans les conditions fixées par l’article 33 de la loi du 30 décembre 1913 sur les pensions civiles, complétés par l’article 26 de la loi du 27 décembre 1923 et par l'article 15 de la loi du 14 avril 1924.
- Art. 7. — Le directeur de l’Office ou le conseiller d’orientation professionnelle ne peuvent entrer en fonctions qu’après avoir été agréés par le ministre chargé de l’enseignement technique.
- Art. 8. -— Auprès de chaque Office d’orientation professionnelle, il sera institué par la Chambre de métiers, un conseil d’administra-tion .présidé par le président de la Chambre de métiers ou son délégué et comprenant de 8 à 12 membres désignés par la Chambre de métiers. L’inspecteur d’Académie ou son déléguné, l’inspecteur départemental d’hygiène ou son délégué, un inspecteur du
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- travail et un représentant de l’Office départerpental de placement désignés par le ministre du Travail, un inspecteur de l’enseignement technique désigné par le préfet feront partie de droit du conseil d’adm nistration de l’Office avec voix délibérative.
- Art. ü. — Le conseil d'administration sera régulièrement informé de la marche de l’Office. Il entendra le directeur qui lui rendra compte des opérations effectuées. Un exemplaire du procès-verbal sera adressé au ministre chargé de l’enseignement technique.
- Art. 10. —- Les Chambres de métiers peuvent s’entendre avec le département, les communes, les établissements publics, les associations ou sociétés, les syndicats ou fédérations de syndicats qui auront institué un Office d’orientation professionnelle, sur les conditions dans lesquelles elles désigneront ceux de ces offices qui feront subir aux jeunes gens désireux de choisir un métier artisanal, l’examen d’orientation professionnelle prévu à l’article 5 de la loi du 10 mars 1937.
- Art. 11. — Les règles concernant le recrutement des directeurs cl conseillers des offices d’orientation professionnelle créés par les Chambres de métiers s appliquent aux offices d’orientation professionnelle désignés par les Chambres de métiers.
- Ar1\ 12. — L’Office d’orientation professionnelle créé par les Chambres de métiers ou désigné par elles, ne pourra commencer à fonctionner qu’après a\oir obtenu l’autorisation dû.ministre chargé de l’enseignement technique et du ministre du Travail. La nomenclature des appareils, instruments, documents permettant de procéder à l’examen médical et psychotechnique sera adressée, avec la demande d’autorisation, en même temps qu’un exemplaire des monographies professionnelles des différents métiers artisanaux exercés dans le ressort de la Chambre de métiers.
- Art. 13. — Au moins une fois par an, la Chambre de métiers établira pour 1 Office départemental de placement, la liste des métiers artisanaux ayant besoin d’apprentis.
- Art. 14. — Les directeurs des écoles primaires publ ques devront fournir aux offices d’orientation professionnelle des Chaînée métiers les renseignements qui pourront leur être réclamés en vue de 1 orientation professionnelle.
- Art. 15. — Le directeur et le personnel de l’Office d’orientation professionnelle sont tenus au secret professionnel.
- Art. 16. — Les offices d’orienlat on professionnelle créés par les Chambres de métiers, ou désignés par elles, sont soumis au
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- contrôle de l’inspection de l’enseignement technique, de l’inspection du travail et de l’inspection départementale d’hygiène.
- Fait à Paris, le 22 février 1938.
- Albert Lebrun.
- Par le Président oie la République :
- Le Minisire de l'Education nationale,
- Jean Zay.
- Le Ministre du Travail Paul Ramadier.
- Le Ministre de la Santé publique,
- Marc Rucart.
- *
- * *
- Les définitions légales de l’Artisanat
- Nous empruntons, sur cette question, quelques passages d’une élude de M. Camille Rosier, publiés dans Le Temps du 8 mars dernier :
- La définition fiscale telle qu’elle est posée par les lois du 11 juillet 1880 et 30 juin 1923 a été nettement élargie en matière de crédit artisanal : aux termes de la loi du 27 décembre 1923 sont considérés comme artisans susceptibles de recevoir des avances individuelles : *es travailleurs de l un ou l’autre sexe exerçant un métier d’une façon indépendante — effectuant eux-mêmes les travaux manuels qui font l’objet de ce métier — n’occupant comme auxiliaires, en dehors des membres de leur famille habitant avec eux (conjoints, ascendants, enfants et petits-enfants et leurs conjoints-pupilles) que deux personnes au plus, ce nombre pouvant cire porté à trois s’il y a parmi eux un apprenti ayant passé un contrat d’apprentissage. Comme on le voit, l’artisan peut avoir un compagnon de plus qu’au regard de la loi fiscale ; c’est ce qu’a confirmé d’ailleurs la loi du 17 mars 1931 admettant au bénéfice des prêts a long terme du crédit agricole « les petits artisans ruraux faisant partie du syndicat et n’employant pas plus de deux ouvriers cl une façon permanente ».
- Si l’on passe maintenant à la définition du maître-artisan donnée par la loi du 26 juillet 1925, qui a institué des Chambres de métiers, on constate le désir du législateur de retenir une notion beaucoup moins restrictive encore.
- « Par maître-artisan, précisa en effet l’article premier de la loi du 26 juillet 1925, il y a lieu d’entendre les travailleurs de l’un ou
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- de l’autre sexe qui exercent un métier manuel, à condition d’unè part, qu’ils accomplissent leur travail par eux-mêmes., seuls ou avec le concours de leur conjoint, des membres de leur famille ou de compagnons ou apprentis, et à condition d’autre part qu’ils l’exécutent sans se trouver sous la direction d’un patron. »
- A la suite de diverses contestations et de jugements appelés à la Cour de cassation et du Conseil d’Etat, le législateur a dû intervenir de nouveau et compléter, le 27 mars 1934, la loi de 1925 :
- « par maître-artisan, a-t-il spécifié, il y a lieu d’entendre les travailleurs autonomes, de l’un et de l’autre sexe, exerçant personnellement et à leur compte, Sans se trouver sous la direction d’un patron, un métier manuel, travaillant chez eux ou au dehors, employant ou non la force motrice, ayant ou non enseigne ou boutique, se livrant principalement à la vente du produit de leur propre travail, justifiant de leurs capacités professionnelles par un apprentissage préalable ou un exercice prolongé de ce métier, accomplissant leur travail seuls ou avec le concours de leur conjoint, des membres de leur famille, de compagnons ou d’apprentis. »
- Le législateur, a jugé, en outre, nécessaire de fixer un maximum au nombre des compagnons ou apprentis : « Il ne devra pas excéder celui qui sera fixé pour chaque métier ou groupe de métiers, par arrêté du ministre du Travail après consultation des organisations syndicales d’artisans et des Chambres de métiers ; ce nombre ne pourra en aucun cas excéder dix unités, l’artisan devant assurer seul la direction de son travail. »
- La nouvelle définition av— il faut le reconnaître — des qualités de précision incontestables si on la compare, tout au moins, aux textes antérieurs : elle insiste, en effet, sur l’indépendance juridique de l’artisan ; sur l’autonomie de son autorité ; sur la nécessité de son travail personnel ; sur l'obligation, dans une certaine limite, de sa formation professionnelle préalable ; sur l’inexistence de la division du travail dans l'exploitation artisane ; sur la nature spéciale des produits vendus ; sur le caractère particulier de la main-d’œuvre utilisée.
- Mais elle ne peut être invoquée en matière d’impôts ou de crédit artisanal : une unification complète ou une mise au point serait donc encore à souhaiter.
- • *
- * * ^
- L’intelligence chez les hommes d’action
- l ne enquête de M. Romain, dans La Lumière, portait sur cette question qui intéresse actuellement tout le monde : Les hommes
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- d’action réussissent-ils surtout par l’intelligence ou par le caractère ? Des réponses, publiées dans le numéro du 18 février dernier, nous tirons la conclusion de M. J. Benda et quelques réflexions prudentes de M. J. Valéry, ayant particulièrement trait à la notion d’intelligence.
- Voici ce que dit M. Benda :
- « II. me paraît que, 'dans quelque domaine que ce soit, gouverner les hommes requiert de plus en plus, dans une nation démocratique, la pratique habile, disons même « artistique » des vertus intellectuelles : sens des réalités, sens psychologique, compréhension très vive des réalités, des passions des hommes et de leurs préjugés, le sentiment très juste de ce qu’on peut et de ce qu’on ne peut pas leur demander, 1 intuition 'des concessions nécessaires, le sens du relatif, bref des vertus éminemment intellectuelles, mais qui sont celles d’une intelligence très souple, éloignée de tout dogmatisme. »
- M. P. Valéry, soulignant le délicat problème posé par la notion de réussite, envisage la complexité de la notion d’intelligence.
- « Ou’est-ce que l’intelligence ? C’est ne rien dire de quelqu’un que le dire « intelligent ». Je crois qu’il convient 'd’envisager comme élément de succès, souvent prépondérant, la possession à un degré très élevé de la forme d’adaptation mentale nécessaire à la carrière que l’on adopte. Certaines activités requièrent une très grande puissance d’attention ; d’autres, celle du parlementaire par exemple, exigent des réactions très vives, énormément de présence d’esprit... pour ne rien dire de l’éloquence qui joue en politique un rôle de premier plan. » p
- *
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- L’âge et la fréquence des accidents d’antomobiles
- Les statistiques d’accidents d’automobiles sur routes, aux Etats-Unis, ont montré, comme le relève Science, que ce sont les jeunes conducteurs qui provoquent le plus grand nombre d’accidents. Entre 16 ans (âge limite aux Etats-Unis) et 20 ans, le nombre des accidents pour 100.000 conducteurs est double du chiffre moyen général. Si l’on ne donnait le permis de conduire qu’à partir de 25 ans, on économiserait 20 °/0 des morts (8.000 sur 40.000 victimes d’accidents mortels, annuellement). C’est autour de 20 ans que la menace est la plus grande, malgré l’habileté des conducteurs, en raison de leur imprudence.
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- Les données, qui portent sur l'élaboration des statistiques de
- cinq années, et relatives à 2.165.241 conducteurs, sont à coup sûr
- un grand poids. p
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- La continuité de l’O. P. à Vienne
- Le numéro de janvier-février 1938 de Lehrlings-Jugend und Berufsfürsorge rend compte d’une enquête entreprise par l’Office d’O. P. de Vienne sur 1.000 jeunes gens orientés en 1931.
- 513 d’entre eux — pourcentage intéressant — répondirent au questionnaire suivant :
- 1. Dans quel métier et quand (mois et année) avez-vous eu une place d’apprentissage par l’Office ?
- 2. Avez-vous terminé normalement votre temps d’apprentissage ?
- 3. Si non, à quelle époque et pour quelles raisons avez-vous arrêté votre apprentissage ?
- 4. Continuez-vous votre contrat d’apprentissage chez un autre employeur ?
- 5. Avez-vous terminé votre apprentissage chez ce deuxième employeur ?
- 6. Etes-vous encore occupé chez votre maître d’apprentissage ?
- 7. Combien de temps êtes-vous resté, votre apprentissage terminé, chez votre maître d’apprentissage ?
- 8. Avez-vous actuellement du travail dans le métier que vous avez appris ?
- 9. Avez-vous actuellement une occupation quelconque (travaux de manœuvre) ?
- 10. Etes-vous actuellement chômeur ? Si oui, depuis quand ?
- 11. Etes-vous content du métier que vous avez appris ?
- 12. Indiqucz-en les raisons.
- 13. Avez-vous le sentiment que le métier que vous avez appris répond à vos aptitudes ? Justifiez !
- 14. Qu’apprendriez-vous si, aujourd’hui, vous aviez à faire le choix d’un nouveau méfier ?
- 15. Quels travaux vous ont particulièrement plu dans le métier que vous avez appris ?
- 16. Même chose en ce qui concerne ceux qui vous ont le moins plu.
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- 17. Vous perfectionnez-vous dans le métier appris ?
- 18. Si oui, où et de quelle manière ?
- 19. Avez-vous été >malade depuis votre 14e année (maladies professionnelles ? accidents ?)
- 20. Vivez-vous dans votre famille ou chez des parents ?
- 21. Vivez-vous seul ?
- 22. Comment vous représentez-vous votre avenir ?
- 23. Remarques diverses.
- Cette enquête — on le voit — revêt surtout un caractère économique ; nous ne donnerons qu’un résumé succinct des quelques idées qui s’en dégagent.
- Changement de métier. — 106 ont quitté leur première place d’apprentissage ; 46 d’entre eux restèrent dans le métier ; 28 changèrent en même temps de métier ; 2 changèrent deux fois ; un, trois fois ; 29 devinrent manœuvres. Voici les raisons données,
- pour la plupart d’ordre économique :
- Manque de travail. Fermeture de la maison................ 25
- Mauvais traitement. Pas de salaire. Travail exagéré. Mauvaise formation professionnelle........................... 19
- Aucune joie au métier.................................... 16
- Aucune raison donnée....................................... 11
- Incidents avec l’employeur................................ 9
- Malade. Trop faible. Trop lent.............................. 7
- Commun accord.............................................. 7
- Travaux n’ayant aucun caractère professionnel............... 5
- Parcours trop long.......................................... 5
- Raisons d’ordre politique................................... 3
- Indélicatesse. . . ....................................... 3
- Désirs professionnels et joie au métier. — Sur les 501 réponses, 29 seulement accusent un apprentissage non terminé. Des 472 restantes, il ressort que 349 se déclarent satisfaits du métier choisi. Le plus gros pourcentage des mécontents se rencontre chez les vendeurs, les garçons de café, les tailleurs, les cordonniers et les employés de bureau.
- Maladies professionnelles et accidents du travail. — Les réponses ne manquent pas d’intérêt, si l’on veut bien se rendre compte
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- que- les apprentis sont impartiaux. Elles répondent d’ailleurs assez exactement à tout ce qui a été écrit sur ce point :
- Brûlures chez les électrotechniciens (courant) ;
- Fièvre chez les fondeurs ;
- Saturnisme chez les installateurs ;
- Nombreux petits accidents chez les mécaniciens ;
- Grippes fréquentes chez les zingueurs ; etc...
- Projets d’avenir. — Assez vagues ; un certain pessimisme, crainte du chômage. Mais ce sont surtout les bruits de guerre qui arrêtent les projets d’avenir.
- En bref, étude intéressante qui aurait gagné à mettre davantage 1 accent sur le problème des aptitudes, fonction de réussite dans le
- ni(^er- Julien Fontègne.
- A travers les Revues
- Les plus récentes monographies professionnelles, que publie l’Orientation Professionnelle, concernent : les carrières des bibliothèques (nov. 1937) et, l’emploi de rédacteur dans les administrations centrales de l’Etat (décembre 37, janvier et février 38). Le plus, les numéros de novembre et décembre reproduisent un a» I icle de Mme Reichle (Autriche) sur la carrière professionnelle d’une dactylographe aspirant à devenir secrétaire, tandis que le numéro de janvier donne un important compte rendu d’un travail du ür H. Kraus, directeur de l’Office d’O. P. de Vienne (Autriche) sur les « But et Evolution de l’Or. prof. ».
- La revue Santé pour tous consacre son numéro de janvier (sé-i'ie B) à la carrière de l’enseignement. Les maladies professionnelles de l’enseignement et leur hygiène préventive y sont traitées par le Dr IIoudré. _________
- Le n* 4, 1938, des Archives de VO. P. dans le Nord continue la publication de 1 article de M. 1 Inspecteur général Larcher sur la protection et l’avenir professionnels de l’adolescence. Dans ce même numéro, le professeur Debeyre envisage la question de 1 éducation physique et 1 O. P. ; M. Claisse, le cinéma au service de l’O. P.
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- Dans le Bulletin de In Société A. Binet, octobre-novembre 1937, sont exposés, accompagnés d’un étalonnage, un certain nombre de tests de connaissances pour les jeunes enfants : lecture, grammaire, arithmétique. ________
- Sous le titre « Sélection et Orientation », M. Roger expose, dans le numéro de janvier de Y Ecole et la Vie, quelques réflexions suggérées par les réformes relatives à la 6e des lycées. Dans ce même numéro, le « Dépistage des enfants anormaux », par le Dr T. Simon. ________
- Parmi toute une série de travaux intéressants, signalons dans le numéro d’octobre 1937 du J. of. appl. Psychol., l'Application de deux tests de dextérité à la sélection d’ouvrières en horlogerie, par Candee et Blum ; une évaluation des form-board de Ferguson avec nouvel étalonnage de Williams et Line ; enfin une Etude de F. R. Eliott sur la mémoire et la réclame, que complète dans le numéro de décembre umsecond travail sur la même question. Dans le numéro de décembre également, T. Moore présente un nouveau test de coordination sensori-inotrice et D. D. Lucas traite de la valeur relative de la position et de l’importance des réclames imprimées dans les revues et journaux.
- Dans Pour VEre Nouvelle (novembre 1937), E. Flayol, au cours d’un bref exposé des journées de la classe d’orientation, exprime son étonnement de voir écarté l’emploi des tests pour parfaire la connaissance de l’enfant. Ce même numéro reproduit la fiche scolaire de M. Fontègne destinée aux classes d’orientation. Le numéro de décembre est entièrement consacré à la classe d’orientation : Quelques problèmes d’ordre pratique et administratif (par L. Verel) ; Du massacre des Innocents à l’orientation (.1. Lefranc). Signalons enfin sur celte même question, un article de A. Car-roi : Pour la classe d’orientation, dans le numéro de janvier.
- Le numéro de décembre et une partie du numéro de janvier de La Médecine Scolaire sont consacrés à un travail du Dr Maranon sur l’Influence de la puberté sur le développement de l’enfant.
- Le numéro d’octobre-novembre de Berufsberalung und Berufs-bildung contient la liste impressionnante des offices d’orientation professionnelle rattachés à l’Association suisse pour l’O. P. Une
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- feuille jointe au journal donne également l’adresse de tous les organismes officiels suisses où peut être établie une analyse psychologique de l’individu, en dehors même des conseils d’O. P.
- Dans le bulletin trimestriel de l’Off. Intercomm. de l’O. P. (Bruxelles, oct., nov., déc. 1937), M. Poionar.d expose quelques cas concrets d’application immédiate de la continuité de l’O. P. Sous le titre : Que faire de nos enfants ? sont envisagées les possibilités d’activité professionnelle dans l’artisanat pour les élèves de 1’enseignemènt moyen. Enfin, II. Mertens présente un nouvel acou-mètre fonctionnant directement, sur le réseau électrique alternatif.
- Dans le numéro de décembre 1937 de Child Development, un travail de Speer étudie les souhaits, les craintes, les intérêts chez de jeunes délinquants. Les variations de O I pour plusieurs applications du même test ont été l’objet, d'une enquête de O’Neil, à la Child Guidance Clinic de Philadelphie.
- Le n° 3 (juillet-septembre 1937) de P Ass. Gén. des Or. de Fr. est entièrement consacré au compte rendu de son assemblée générale (pii s’est tenue à Paris le 27 septembre 1937. On y trouvera in-extenso le rapport de AI. Marin sur les monographies professionnelles, tandis que l'étude de AL Poullaouec concernant les vœux du congrès de Rome relatifs à l'O. P. et à sa continuité se trouve exposée dans le numéro octobre-décembre 37 de cette revue.
- Parmi les travaux originaux que publie Y Année Psychologique à côté de son énorme contribution en analyses (1936, décembre 1937), citons dans le domaine sensoriel et perceptif, les importantes études de 11. Piéron sur la latence de perception des accroissements de luminosité cl la sonométrie hétéronale’, et celle de Gereewicz sur le rôle du temps dans la perception de profondeur. Crie série d études émanant des Laboratoires psychologiques de Louvain traite des aptitudes motrices ' et perceptives (Fauville, Deroyn et Oeeis). La notion des types d’intelligence est de plus envisagée par II. Piéron, tandis que J. Monnin traite de la recherche des facteurs de groupe dans les épreuves d’intelligence.
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- Sont décrites dans le numéro de novembre 1937 de Occupations, les professions du « radio-service man » (ingénieur-mécanicien qui se charge de réparer et remettre au point les appareils de T.S.F.) du « Public relations counsellor » (sorte d’expert conseil consulté par les firmes, pour leurs rapports avec le public, etc...) ; dans le numéro de décembre, la carrière du « Air conditioning engineer » (ingénieur pour le conditionnement de l’air), et les activités liées au fonctionnement d’un poste émetteur de T.S.F. (artistes, employés, speakers, administrateurs, techniciens), enfin dans le numéro de janvier 1938, les professions d’architecte et de mécanicien dans l’aviation, et les emplois dans l’industrie hôtelière. On voit que si les fonctions envisagées existent chez nous, elles ne correspondent pas toujours à un emploi spécialisé pour lequel il nous est parfois difficile de trouver un terme équivalent.
- Le numéro d’octobre-décembre 1937 de Industrielle Psychotech-riick reproduit une importante conférence de Moede sur la sélection des travailleurs dans les industries des hauts-fourneaux.
- Le Brü. J. of Psychol. publie, dans son numéro de janvier 1938 une étude de S. M. Harvey, traitant de l’influence de certains facteurs suggestifs sur les résultats d’une interview ; les causes psychologiques des accidents du travail sont examinées par II. Ranis-ter, et une Méthode d’établissement de la courbe de travail, par F. A. Birtwiste.
- Des travaux d’ordre divers sont à signaler dans le numéro de décembre 1937 du Travail Humain, où Ch. Spearman, à propos de l’examen de l’intelligence, présente deux tests qu’il estime particulièrement favorables à décéler le facteur g. Le facteur individuel dans les accidents du travail fait l’objet d’une étude approfondie de Laugier, Monnin et Weinberg, tandis que la prévention des accidents est examinée par G. Iciiok. Jonckeere et Dn\B&-con sacrent un long travail à l’exposé psycho-pédagogique qui permettrait de mesurer le degré d’intérêt d’une leçon.
- Dans Biotypologie (n° 3-4, 1937) se trouvent consignés in-ex-tenso les comptes-rendus de la réunion internationale de biotypologie du 24 juillet 1937. Parmi ceux-ci signalons : Les méthodes à recommander pour l’examen des fonctions auditives d’un sujet
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- adulte (11. Causse) ; les méthodes d’examen des fonctions motrices volontaires (M. Ponzo) ; les méthodes de diagnostic du caractère (A. Gemelli) ; l’examen de l’intelligence (Ch. Spearman).
- La revue de l’Association française pour l’avancement des sciences, intitulée Sciences, dans son numéro 18 (janvier 1938) publie une communication faite au dernier congrès de l’A, F. A. S. par le professeur Spearman, délégué de la British Association, sur les aptitudes de l’homme (p. 484-492).
- Dans la Revesta de Psihologie (T. I, n° 1), parmi les études publiées en roumain, avec résumé français, après l’avant-propos du professeur Stefanesco Goanga, signalons les intéressants articles de MM. Margineanu sur la mesure des attitudes sociales, Hosca sur la psychologie des intérêts, Todoranu, sur l’orientation universitaire, Cupcea, sur l’expertise psychologique, Arcan, sur le problème de l’orientation et de la sélection professionnelle.
- La Presse Médicale du 2 février 1938 (n° 10), a donné une note d’André Feil sur le rhumatisme chez les travailleurs des mines (fréquence % des arrêts dus au rhumatisme, de 9 °/„ chez les travailleurs de fond contre 7 % chez ceux de surface dans les mines, et de 22 °/„ contre 17 % dans les ardoisières) ; et. en outre, un article d’André Plichet, sur « Psychologie et pathologie nouvelles créées par l’automobilisme » (envisageant en particulier les aptitudes à la conduite). ________
- De Ch. H. Brown, une série d’études relatives aux réactions émotives au cours des examens, publiées dans The Journal of Psychology (Vol. 5, janvier 1938, p. 1, 11 et 27).
- Les relations entre les caractères physiques et la personnalité des adolescents font l’objet d’un numéro de Geneüc Psychology 'Monographs de P. S. de Q. Calot (n° 1 du vol. 20, février 1938).
- Dans Y Humanisme économique (Bulletin mensuel de liaison du groupes d’études C. E. P. IL), nous relevons une étude de Paul Chanson, en faveur de la création de Caisses autonomes profes-
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- sionnellcs (n° 6, février 1938). et, une déclaration du président du Centre d’études des problèmes humains, Jean Coutrot, sur l’organisation du travail, Science de Vhomme (n° 7, mars 1938).
- Les Cahiers rationalistes (54, rue de Seine), publient dans leur n° 64 (janvier 1938) la conférence de M. Jean Zay, ministre de l’Education nationale, faite à l’Union rationaliste le 29 novembre 1937 sur la réforme de l’Enseignement.
- Un volume des Studies of Ckild Development de l’Université de Toronto (nos 11-16, prix 4 dollars), a été consacré, aux quintuplâtes Dionne. réunissant une série d’études très complètes de MM. Blatz, Millichamp, Fletcher, Mason, Mac Arthur, Ford, Chant, Charles, etc., monozygotes, très semblables, les cinq jumelles ont un retard notable de développement du langage.
- Dans Y American Journal of Optometry (XIV, 1937, p. 302), W. J. Tait relate les résultats comparatifs de l’examen d’acuité de 432 sujets avec deux méthodes (l’échelle de Suellen et un télébinoculaire), ne trouvant pas d’écarts supérieurs à 10 %.
- Une nouvelle revue américaine, Sociometry, dans son premier volume (1937, p. 99) contient une étude de H. Jennings sur le « leadership », ses conditions et son développement.
- L’emploi de tests répétés dans une période de 10 ans chez 469 sujets (analogies, oppositions, complètement, vocabulaire), a permis à Freeman et Flory (Monographies de recherches sociales, Child Development, II, 1937, n° 2) de constater de grandes différences individuelles dans la croissance intellectuelle qui indiquent une faible accélération un peu avant l’adolescence et continue au delà de la 20e année.
- La psychologie de l’aptitude mathématique et verbale a été l’objet de recherches de Max Grau, exposées dans YArchiv fiir die gesamte Psychologie (T. 99, 1937, p. 80-128).
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- Des rapports sur la délinquence infantile par le Dr Villalba et sur les rapports de la criminologie et de l’endocrinologie par le Dr Clavijo ont paru dans la Rivista Columbiana de Biologia cri-minal (II, 1, 1938) que publie le Directeur général des prisons de Colombie, Fr. Bruno. ________________
- Dans la Medizinische Klinlk (3 septembre 1937, p. 1196) Froe-lich relate l’observation de deux jumeaux de 12 ans, présentant l’un et l’autre une hypertension essentielle et dans la Wiener Kli-nische Wochenschrift (24 septembre 1937, p. 1329), Kellner signale les modifications de la formule sanguine corrélative des efforts de natation (leucocytose lymphocytaire).
- Des recherches sur 28 sujets jeunes normaux au cours du travail, au sujet des modifications des fonctions circulatoires (absorption d’oxygène et débit cardiaque) sont exposées par G. Z.efer, dans le Zentralblatt für innere Medizin (10 avril 1937, p. 305).
- De Spaeth, dans les Archives o[ Ophtalmology (1937, 18, p. 248) une étude sur la durée de l’éblouissement chez les chauffeurs de locomotives qui ont regardé le foyer, d’après des mesures de temps de réaction à l’apparition d’un signal de route (temps s’élevant jusqu’à 26 à 56 secondes).
- Le British Journal of médical psychology (XVII, 2, 1938) renferme des études de Cyril Burt, sur l’analyse du tempérament, de Maria Rickers Ovsienkima, sur l’application du test de Rorschach à des normaux et à des schizophrènes, et de J. C. Hill sur une critique des tests de lecture et de composition de Burt dont la réussite se montre fortement influencée par le milieu.
- La revue Voile und Rasse (XII, 1937, p. 275-280) contient une étude de C. Ceiiak, relative aux vitesses de frappe dans les épreuves de pointillage en fonction du sexe et de la race (les femmes se montrant plus rapides que les hommes, les nordiques ayant le temps le plus lent, mais manifestant plus de puissance de concentration).
- L’accoutumance à l’accélération rotatoire est différente pour les divers types de constitutions d’après H. Buck (Unlersuchungen
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- zur Psychologie und Philosophie, XI, 1936) qui trouve l’adaptation rapide chez les extravertis et lente chez les introvertis, ainsi que chez les schizothymiques. manifestant une forte tendance à la persévération. _________
- Dans les Unlersuchungen zur Psychologie und Philosophie de 1936 (T. XI), deux cahiers sont consacrés à des études de Pour (recherches expérimentales sur la typologie des graphologues) et de Knôpfel sur les rapports entre la structure de la personnalité et La capacité de localisation des sons (avec supériorité initiale des extravertis sur les intravertis, disparaissant dans l’apprentissage).
- INFORMATIONS
- L’Académie de Médecine ayant chargé une commission spéciale d’étudier la question de l’examen des automobilistes, après avoir entendu M. Tanon, rapporteur, MM. Fredet, Strohe, Souques, etc., a adopté les conclusions qui lui ont été proposées, et dont voici le texte :
- « La commission après avoir examiné et discuté la question et reconnu le danger que peut offrir l’absence d’examen médical des conducteurs d’automobiles, reconnaît qu’en matière de transports en commun ou de poids lourds, l’examen établi donne des garanties suffisantes, mais qu’en matière de tourisme il n’existe pas et qu’il serait utile pour chaque conducteur et nécessaire dans l’intérêt de tous les automobilistes de le réclamer.
- « Elle confirme ainsi les conclusions émises par les commissions antérieures et propose de demander à nouveau au ministre des travaux publics de constituer une commission qui aura à examiner ce point de vue spécial. »
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- La séance du 14 février de la Société de Bioiypologie a été. consacrée, sous la présidence de M. G. Darmots, vice-président, à deux exposés, l’un,de M. Teissier, sur un essai d’analyse factorielle (dans un cas particulier, celui des variants sexuels d’un crustacé), et de M. Laugier et MUe Weinrerg sur une fiche biotypologique pour l’analyse des métiers.
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- Le 23 février 1938, à la salle des conférences de la Mairie du XVe, M. Pierre Pouillot, inspecteur divisionnaire du travail et de la main d’œuvre, a fait, sous la présidence de M. Luc, une conférence sur le classement professionnel des chômeurs et Vapprentissage.
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- L’Association française pour le développement de Venseignement technique organise la publication d’une revue nouvelle, avec M. Jean Luc comme secrétaire de la rédaction, et M. Court, comme secrétaire administratif.
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- Une nouvelle revue roumaine vient de paraître (n° 1 en janvier-mars 1938), la Résista de Psihologie, dirigée par le professeur Stefànesco Goanga, directeur de l’Institut de Psychologie de l’Université de Cluj.
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- La Psychologie et la Vie, organe de l’Institut Pelman, dont la publication avait été arrêtée en février 1937, reparaît à partir de 1938.
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- Au programme de la 77e Assemblée de la Nouvelle Education, réunie du 12 au 16 avril 1938 à Paris, a la Faculté de médecine, nous relevons une conférence de M. Debesse, docteur ès lettres, professeur à l’Ecole Lavoisier, sur les adolescents (phases et modes de développement), et une de M. E. Morgaut, directeur adjoint de l’Office d’O. P. du Loiret, sur « aptitudes intellectuelles et aptitudes manuelles ».
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- A Berne, une Journée de Psychologie et Orientation professionnelle a été organisée par l’Office central d’O. P. de Berne et la Section Psychotechnique de l’Institut de Psychologie de l’Université bernoise, grâce aux soins de Mmo le Dr Baumgarten-Tramer, privat-docent à l’Université. Au programme, après une allocution de M. Münch, directeur de l’Office, une conférence de M. Piéron
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- sur le rôle et l’importance des épreuves psychologiques en O. P., une du Dr Tramer sur la psychologie de la puberté, et une de M. H. Hegg sur les relations avec les jeunes gens.
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- La Commission nommée par le Ministre pour l'examen de l'expérience des classes d'orientation et la présentation d’un rapport au Conseil supérieur de l’Education nationale, a tenu sa première séance le samedi 2 avril, sous la présidence du Recteur Roussy.
- Elle a entendu des exposés de MM. Monod et Châtelet, après un discours introductif de M. Abraham, directeur du cabinet, représentant le ministre empêché, et elle a organisé son travail, désignant une sous-commission d’étude d’une quinzaine de membres, parmi lesquels a été désigné M. Piéron, directeur délégué de l’L N. O. P.
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- Le Bureau du Groupe français d'Education nouvelle, présidé par M. Piéron, a porté le jeudi 31 mars à M. Jean Zay, ministre de l’Education nationale, une note élaborée par une commission du groupe, après enquête, sur les classes d'orientation, préconisant une organisation des programmes se fondant sur des centres d’intérêt, avec mise en œuvre des méthodes actives justement préconisées par le ministre, et une préparation des maîtres de ces classes à la connaissance psychologique des enfants, et à la pratique de leur examen.
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- La Conférence d'orientation professionnelle et scolaire, qui s’est tenue le 8 janvier, au collège de l’Université de Londres, a réuni environ 200 personnes ; des discussions ont été engagées sur les buts et les méthodes de travail de certaines organisations d’O. P., et sur l’emploi de la nouvelle révision (Terman-Merril) des tests de Binet-Simon.
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- A la suite de l’annonce de l’organisation à Lille, pour 1939,d’une Exposition du progrès social dans les 14 départements libérés, M. Poullaouec, chargé de réunir à Nantes le deuxième Congrès national d’ O. P., s’est désisté en faveur de M. R. Lallau, pour laisser à la ville de Lille l’honneur de recevoir ce congrès qui se tiendra du 17 au 19 juillet 1939.
- Le président du comité d’organisation est M. Maurice Planque, secrétaire général de la Mairie de Lille, M. Raymond Lallau est commissaire général.
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- M. l’Inspecteur général Fontègne a fait à la T. S. F., pendant le mois de décembre (progr. de Radio post-scolaire), une série de causeries concernant l’O. P. « Rappelons quelques conseils sur le choix d’un métier », « Les aptitudes physiques », « Les aptitudes intellectuelles et scolaires », « Honorons le travail manuel ».
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- Signalons que le nouveau catalogue 1938 de la librairie de l’Enseignement technique : Léon Eyrolles, éditeur, 61, boulevard Saint-Germain, Paris (5e), vient de paraître.
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- La librairie de l’Enseignement technique envoie son catalogue général, ù titre gracieux, à toute personne qui en fait la demande.
- La Vie des Centres d’Orientation Professionnelle
- Le rapport sur le fonctionnement au cours de l’année 1936-1937 de l’Office d’O. P. et de placement en apprentissage de Lyon, nous signale la nomination comme nouveau directeur de cet office, de M. Granier, professeur à l’Ecole de la Martinière de cette ville, en remplacement de M. Perret qui, pour des raisons personnelles, a exprimé sa volonté d’être relevé de ses fonctions.
- Au cours de l’exercice 1936-37, des conseils ont été donnés à 2094 enfants dont 1213 garçons et 881 filles (contre 690 en 1928). Parmi les enfants qui ont exprimé une préférence pour une profession déterminée, 1075 ont pu être approuvés, 854 ont dû être détourné de leur choix. Pour 429 enfants, un prolongement des éludes a été conseillé. Conformément à ce qui a déjà été constaté dans d’autres centres, et en dépit de toute l’ingéniosité déployée dans ce sens, la proportion des enfants qui ont pu être placés en apprentissage directement par les soins de l’Office est inférieure à celle des années précédentes, soit : 12,7 % contre 17,7 en 1936 et 21,8, 20,6, 26,5, 28, 34 et 30 °/0 pour les années antérieures.
- Des enquêtes auprès des établissements où des apprentis avaient été placés par les soins de l’Office ont révélé la stabilité de placement dans 84 % des cas.
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- Centre d’O. P. de Lille
- Au cours de l’année 1937, l’Office municipal d’Orientation professionnelle de Lille a procédé à l’examen de 791 enfants soit 78,5 °/0 des enfants sortant des écoles primaires, contre 78 % en 1936.
- Des contre indications pour le métier primitivement choisi, formulées dans 146 cas chez les garçons, dans 94 cas chez les filles, se sont réparties comme suit : Contre-indications d’ordre médical : 77 garçons et 58 filles ; d’ordre économique : 7 garçons et 11 filles ; d’ordre scolaire : 41 garçons et 17 filles ; d’ordre caractériel : 18 garçons et 8 filles ; d’ordre mental : 3 garçons.
- Les membres de l’Office ont également prêté leur concours à l’examen médico-psychique et d’O. P. des mineurs délinquants, pour l’observation de 166 enfants (138 garçons, 28 filles). L’examen a fait apparaître 56 cas de débilité mentale et 1 cas d’imbé-cilité ; 1 cas de débilité motrice et 2 cas de faiblesse physique prononcée. L’acuité auditive s’est trouvée diminuée dans 2 °/„ des cas (contre 7 et 8,5 % chez les enfants des écoles) et l’acuité visuelle dans 10 °/o des cas (enfants des écoles 25 et 26,3 %) ; par contre, les aberrations de la vision chromatique ont été beaucoup plus fréquentes chez les délinquants (10 %) que chez les écoliers (5 et 0,3 °/0).
- La Vie de l’Association des Anciens Élèves de l’I. N. 0. P.
- Assemblée générale du 25 mars 1938. — Etaient présents : Mlles Argoud, Benoît-Lévi, Biscay, Bugnion, de Sercey, Ilurel, Lagarde, Malaval, Mamelle, Pougnet, Rosebery ; Mme Mézei et MM. Dr Baille, Beaume, Foliau, Montifroy, Mounier, Vial.
- Excusés : Mmes Favre, Mazé, Mourruau ; MM. Fée et de Tur.
- L’asemblée est ouverte sous la présidence de MUe Biscay, assistée de MUe Mamelle et de Beaume.
- Elections. — Le dépouillement du scrutin donne les résultats suivants : Réélu : Metge. Nouveaux membres du C. D. Mlle Argoud, M. Pellé. Notre bon camarade Fée ne sollicitait pas le renouvellement de son mandat. Il y avait 29 votants dont 11 par correspondance.
- Ce résultat annoncé par la présidente, la parole est donnée à
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- Mlle Mamelle pour le rapport financier. Le rapport de notre dévouée trésorière est adopté à l’unanimité. Il en ressort que si notre situation n’est pas brillante, elle est assez bonne eu égard aux difficultés de tous ordres et notamment de recrutement.
- Dans le rapport moral, Beaumc résume l’activité de l’Association, en apparence ralentie. En réalité, rien n’a été négligé pour essayer d’arriver à un résultat sérieux. C’est ainsi que lorsqu’il fut question d’organiser des classes d’orientation, des démarches furent décidées par le C. D. auprès de MM. Châtelet et Monod. Mlle Mamelle et Beaume furent reçus par M. Monod, et Beâume correspondit — même pendant les vacances — et sans succès, avec le Directeur de l’Enseignement du second degré.
- Tout récemment, lorsqu’il lut l’annonce d’une conférence au Musée Pédagogique par M. Monod, sous la présidence de M. Châtelet, il prit .l’initiative d’écrire à nouveau, se rendit à la confé-l'cnce, mais la conversation avec M. Monod n’apporta aucun éclaircissement, et peu d’espérances.
- Et ce peu de succès dans nos démarches nuit à l’augmentation de l’effectif de l’Association. C’est un cercle-vicieux ; nous sommes peu nombreux parce que TO. P. n’est pas réellement organisée, avec des orienteurs diplômés, et le peu d’importance de notre groupement rend notre action insuffisamment efficace. Beaume signale pourtant avec plaisir l’adhésion massive et enthousiaste de la promotion sortante dont la cohésion s’est aussi manifestée à propos des élections. Il en félicite les membres. Aucune question n’est posée, et ce rapport est également adopté.
- MUe Biscay complète les informations du secrétaire relatives aux classes d’orientation. Il ne fut pas fait appel à cette occasion aux maîtres diplômés de l’I. N. O. P. ce qui justifia une lettre courageuse de M. Piéron, agissant en tant que directeur délégué de l’Institut.
- M. Masbou répondit que trois centres seulement existent dans le département, qu’il a été nécessaire de faire appel par priorité au personnel qui se trouvait sur place, « mais (pie, si l’expérience se poursuit je ne manquerai pas de signaler ù M. le Recteur chargé des nominations, les élèves de cet Institut... »
- A ce moment, Beaume intervient pour signaler qu’une lettre egarée empêcha nos adhérents d’être mis au courant de cet échange dî correspondance. Et il s’en excuse.
- Puis Mlle Biscay parla de quelques postes offerts apparemment provisoires, et d’auxiliaires, au ministère du Travail ; du fameux Projet d’organisation de l’O. P. toujours en chantier, et du projet
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- de la Chambre des métiers, où il est indiqué que les conseillers d’O. P. seraient de préférence d’anciens élèves de l’I. N. O. P.
- Enfin, La question d’une fusion avec les orienteurs fut débattue. Après avoir sollicité les avis, MUe Biscay émit son opinion, fédération et non fusion. Il n’y eut pas vote sur le principe, mais cette opinion obtint la quasi-unanimité. Une réunion spéciale sera consacrée à cette importante question.
- Dans l’échange de vues qui suivit, Beaume signala que l’an passé quelques postes furent disponibles à la Caisse de compensation, mais que l’on négligea de prévenir le bureau de l’Association, ce qui fait que ces postes qui auraient pu convenir à certains d’entre nous ne purent leur être attribués.
- Le prochain C. D. aura lieu le 6 avril, pour l’élection du nouveau bureau, et préparer la séance qui aura à discuter de l’accord avec les orienteurs.
- Lè Secrétaire,
- C.-G. Beaume.
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- T. H. Hunt. — Measurement in Psychology. (De la mesure en psychologie) Prentice Hall, New-York, 1936, p. 467.
- Ce livre diffère de nombreux autres manuels traitant de la mesure en psychologie en ce qu’il ne se limite pas à un domaine spécial de la psychologie, mais prétend couvrir tous les aspects de l’application de la mesure à la psychologie.
- Dans des sections séparées sont examinés successivement : les instruments de mesure (tests, échelles, questionnaires, mesures, etc.), la mesure des qualités intellectuelles, la mesure des aptitu des, la mesure des rendements scolaire et professionnel, la mesure dans le domaine industriel (analyse du métier, sélection, accidents, contrôle du personnel), la mesure de la personnalité et du caractère, les mesures physiologiques dans leur rapport avec la psychologie.
- Bien qu’il s’agisse en réalité d’un manuel pour étudiants, ce livre constitue un bon instrument de travail, car on y trouve résumé sous forme concise, simple et critique bon nombre de renseignements. Mais ce n’est en aucun sens un traité de statistiques qui y occupent une place insignifiante.
- A. B. F.
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- 10e Année
- N° 5-6
- Mai-Juin 1938
- BULLETIN
- DE
- l'institut National d’Orientation Professionnelle
- QUELQUES REMARQUES SUR L’ÉTUDE DES PROFESSIONS
- par
- Mlle D. WEINBERG
- La connaissance psycho-physiologique des métiers intéresse l’orientation professionnelle au triple point de vue :
- 1° de la structure économique du métier, des débouchés qu’il présente, de l’état du marché du travail ;
- 2° des aptitudes que le métier exige pour être exercé avec succès ;
- 3° des modifications qu’à la longue il imprime à la personnalité du travailleur.
- Laissant de côté le problème économique, nous envisage-l'ons dans les pages qui suivent quelques problèmes que soulève l’étude de la structure psycho-physiologique du métier.
- Cette étude n’est pas nécessairement réalisée par le seul exercice du métier. Un technicien excellent peut ignorer les soubassements psychophysiologiques de la tâche que, journellement, il accomplit.
- S’il ne risque pas, à la réflexion, d’en perdre l’usage comme le mille-pattes interrogé sur la manière de déplacer ses pattes et incapable, dès lors, d’avancer, du moins n’échappe-t-il pas nu danger de certaines graves erreurs d’interprétation.
- C’est par des analyses systématiques utilisant les observations des techniciens concurremment avec d’autres sources de renseignements et avec d’indispensables contrôles que l’on arrive à dégager la physionomie psycho-physiologique des
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- divers métiers. A cette tâche, les psychologues, les psychotechniciens, les orienteurs s’appliquent depuis quelques années.
- Un certain nombre de monographies professionnelles ont été établies, parmi lesquelles celles de Fontègne, en France, s’inspirent directement des préoccupations de l’orientation professionnelle. La tâche qui reste à remplir est encore vaste et la transformation des techniques industrielles crée tous les jours des spécialités professionnelles nouvelles. Letude psychophysiologique des métiers constitue une préoccupation toujours actuelle.
- I. — Sources d’information pour la
- DESCRIPTION DU MÉTIER
- La première étape dans l’étude du métier est donnée par la description aussi complète que possible des tâches du métier et des conditions dans lesquelles il s’apprend d’abord et s’exerce ensuite. Pour cette étude, plusieurs sources de renseignements peuvent être utilisées, souvent concurremment.
- 1° L’observation des ouvriers et, notamment, l’utilisation des chronométrages-, ont été largement exploités par Taylor et ses disciples qui se sont appliqués à décomposer l’acte de l’ouvrier au travail en ses différentes parties constitutives, en chronométrant soigneusement la durée de chacune. Ces études ont été entreprises initialement en vue de modifier la marche de certaines opérations, la disposition des outils, la spécialisation des tâches, etc..., de manière à augmenter la production horaire d’un ouvrier, et si, sur ce point, les résultats sont critiquables, la « taylorisation » du travail ayant trop souvent entraîné une intensification excessive avec, pour l’ouvrier, des risques de surmenage, des éléments de la méthode restent utilisables en tant que moyens d’investigation. Les procédés d’un élève de Taylor, Gilbert, ont été utilisés dans cet esprit (Fairchild). Le travail étant décomposé en parties de durée arbitraire (sherbligs), l’enchaînement de ces parties peut être figuré sous une forme concise, indiquant l’intervention des bras et de l’œil, la position du corps ; ainsi que certains aspects psychophysiologiques d’après le schéma, peut-être quelque peu arbitraire de Fairchild ; ce dernier point,
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- d’ailleurs, constitue non plus une description objective, mais déjà un glissement vers l’interprétation dont il sera question plus loin.
- 2° Les avis et les impressions des techniciens du métier complètent utilement, nécessairement, les renseignements recueillis au cours de l’observation des hommes au travail. Sur un point, ils ne sauraient être suppléés par aucune autre source d'information : les attitudes affectives, caractéristiques d’un métier, les sentiments de plaisir, d’ennui, d’orgueil ou d’humilité qu’il entraîne chez ceux qui l’exercent, sont difficiles à connaître autrement que par un contact amical avec ceux qui l’exercent de longue date. Malgré l’importante variabilité de ces réactions affectives qui varient, en effet, d’un individu à l’autre et, pour le même individu, suivant de multiples circonstances d’ordre intérieur ou extérieur, on aperçoit, cependant, que plusieurs métiers possèdent, en quelque sorte, une cote affective particulière.
- 3° L’apprentissage personnel du métier par le psychophysiologiste qui désire en étudier la structure, constitue un procédé auxiliaire dans bien des cas utile, mais d’un emploi évidemment limité. Il n’échappe pas, en outre, aux dangers auxquels toute introspection se trouve soumise ; en particulier il est dans la nature même de cette méthode d’empêcher ou de réduire les ensembles automatisés qui n’apparaissent généralement qu’après un exercice prolongé du métier et qui ont pour effet d’en transformer assez profondément la nature psychologique.
- 4° Pour les activités où prédominent les éléments moteurs, tous les procédés d’enregistrement graphique, photographique, cyclographique, cinématographique (notamment au ralenti) permettent d’analyser les gestes de l’ouvrier. Ces procédés deviennent particulièrement heureux lorsqu’ils s’appliquent comparativement à des ouvriers de qualité professionnelle inégale. Ils permettent parfois de déceler des différences caractéristiques de comportement, des éléments de l’aptitude professionnelle.
- 5° Les variations de la production au cours de la journée de travail, les statistiques relatives aux maladies professionnelles et aux accidents du travail renseignent sur les dangers
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- professionnels du métier, sur le degré de fatigue ou d’usure qu’il entraîne.
- II. — Une fiche biotypologioue pour LETUDE des professions
- Pour classer commodément les renseignements réunis, pour ne pas omettre d’en recueillir sur tous les points importants, nous avons établi, en collaboration avec le professeur Laugier, un modèle de « Fiche biotypologique pour l’étude des professions » qui constitue, croyons-nous, un instrument de travail commode pour rétablissement des monographies professionnelles. Le lecteur trouvera dans ce numéro une fiche remplie par 'MUe Boumier qu a étudié la profession du vendeur des grands magasins (1).
- Par les quelques remarques qui suivent, nous voudrions justifier le schéma proposé :
- 1° Les points devant faire objet de la description. — Le nombre de rubriques envisagées dans la fiche peut paraître élevé, mais aucun detail relatif à la constitution du métier ne paraît négligeable lorsqu’il s’agit de l’adaptation de l’homme au travail. Et, dans un métier, la tâche professionnelle proprement dite ne constitue pas le seul élément important, exigeant certaines aptitudes et rendant rédhibitoires certaines défaillances physiques ou mentales : les conditions dans lesquelles s’exerce la tâche quotidienne, le régime de vie qu’elle impose, le milieu social quelle crée, constituent autant d’éléments d’une extrême importance. C’est pourquoi les conciliions matérielles de l’ambiance professionnelle figurent en bonne place sur la fiche et, de même, les conditions relatives au milieu humain el à l’organisation sociale du travail.
- 2° Les rubriques de classement. -— Les renseignements dont la fiche a pour bul de recueillir, sont destinés à faciliter les réalisations de l’orientation et de la sélection professionnelle. C’est dans la mesure où ils agissent sur l’homme, dans la mesure où ils comportent des indicajpions ou contreindications
- (1) Le modèle de la fiche a été récemment modifié sur certains points de détail. On trouvera la reproduction du nouveau schéma dans un des prochains numéros de la Biotypologie (Bulletin de la Société de biolypologie) où se trouve analysé le métier de l’aiguilleur des chemins de fer.
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- relatives- aux aptitudes de l’homme que ces aspects du travail doivent être inclus dans l’étude de la profession. Aussi a-t-il paru commode d'en esquisser d’emblée une classification psycho-physiologique. Aussi, après avoir envisagé les conditions d’accès, la répartition par âge et par sexe, les questions ont été classées sous les- grandes rubriques psychophysiologiques : fonctions biologiques, sensorielles, mentales et affectives. Ces rubriques ne sont pas envisagées comme une clarification des aptitudes, mais comme repères commodes pour une analyse psychophysiologique d’un métier.
- 3° Description et inter prétalion. — Sans doute, le rattachement de tel aspect du travail à une fonction psycho-physiologique plutôt qu’à une autre, comporte une part d’interprétation parfois discutable, mais il est bon de réduire cette part au minimum strictement indispensable. Les questions sont formulées de manière à solliciter des descriptions en termes concrets et objectifs ; il ne faut pas se hâter de les traduire immédiatement en termes d’aptitudes, mais de fournir une description claire et objective des situations concrètes du travail (1).
- ÉTUDE DU MÉTIER DE VENDEUR DES GRANDS MAGASINS
- d’après la fiche biotypologique de LAUGIER et WEINBERG
- par Mlle BOUMIER
- Surintendante d’Usine
- Profession ou spécialité analysée :
- Vendeur de grands magasins.
- N° d’après la Statistique générale de France.
- N° d’après les grilles pour la sélection et orientation professionnelle de Bonnardel et Laugier.
- Définition assez explicite.
- Le vendeur esl celui gui exerce l’art de vendre. L art de t endre cou stsie à pure partir des Marchandises gai ne reviendront pas entre les mains de clients gui reviendront (Filene).
- (1) On pourrait se procurer le modèle de la fiche en s’adressant au Service de recherches de l’Institut national d’orientâiion professionnelle.
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- Enumération des tâches du métier :
- A) Travail journalier.
- Préparation de la vente. — Rangement et nettoyage du rayon et des marchandises.
- Réassortiment (se fait à l’aide d’imprimés spéciaux permettant au chef de rayon et à l'employé de réserve, de tenir facilement à iour l'état du stock).
- Etalage : Disposition des marchandises sur le rayon.
- Vérification de l’état des marchandises (articles défectueüx). Classement par marques, prix, tailles, couleur, genre.
- Vente. — Acte de vente (accueil du client, présentation de la marchandise, démonstration ou essayage; argumentation).
- Empaquetage (vérification de la marchandise).
- Encaissement à l’aide cle caisses enregistreuses ou rédaction de la fiche de venie ou expédition de la marchandise vendue (opérations différentes suivant le mode d’expédition ou de livraison).
- Suite de la vente. — Rendus : Vérification des articles rendus. Rédaction de fiches spéciales permeitant de régulariser la comptabilité.
- En fin de fournée, calcul du chiffre des ventes de la fournée.
- B) Travail occasionnel.
- Inventaire des marchandises du rayon.
- Travaux de marques spéciales ou de démarque.
- Conditions de l’analyse : le travail a été étudié dans une seule entreprise plusieurs entreprises (leurs noms si possible).
- Dans plusieurs entreprises.
- Par M..............., psychologue, médecin, physiologiste, ingénieur.
- Mlle Boumier, surintendante aux Grands Magasins Deeré, Nantes. Méthodes utilisées :
- Observation des travailleurs,
- Oui.
- Observation des apprentis,
- Oui.
- Interrogatoire des travailleurs,
- Oui.
- Interrogatoire des chefs,
- Oui.
- Apprentissage personnel du travail,
- Oui.
- Enregistrement photographique, cyclographique, cinématographique des gestes du travailleur,
- Non.
- Elude des documents biographiques,
- Oui.
- Autres sources de renseignements.
- Exercice du métier ; organisation des cours de vente, direction du personnel.
- Conditions d’entrée dans la profession d’admission à un emploi
- 1. — Préparation professionnelle : durée de l’apprentissage, établissement où il s’effectue. Conditions d’accès à ces établissements.
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- Apprentissage de dieux années, effectué sur le lieu même du travail : Cours professionnels dans rétablissement et pendant les heures de travail (5 heures par semaine).
- Stagies pratiques dans-les différents râpons ou services sous la direction d’un moniteur.
- Sanction : C.A.P. d'aide-vendeur passé en fin de seconde année. Sélection des apprentis par les soins de l’Office'd’O. P.
- Aux Galeries Lafayette, les vendeurs et vendeuses âgés de 18 ans ne présentant aucune référence professionnelle peuvent être embauchés en qualité de débiteur ou de débitrice. Ils suivent pendant 3 ou 6 mois les cours professionnels et ne passent au grade de vendeur que lorsqu’ils sont reconnus aptes.
- 2. — Age et sexe (voir plus loin). Nationalité.
- Autres conditions limitatives : sauf celles envisagées dans les paragraphes suivants :
- Les deux sexes.
- Nationalité française exigée.
- 3. — Garanties de compétence exigées à l’admission dans l’emploi : degré de
- culture générale ; diplômes ; concours ; titres ; certificats de travail ; examens professionnels particuliers ; publications antérieures.
- Certificat d’études exigé pour les apprentis.
- Pour les adultes, sérieuses références professionnelles généralement exprimées dans le certificat de travail et vérifiées par enquêtes verbales ou par écrit chez les différents employeurs.
- Dans les grands magasins parisiens, le certificat d’études est exigé en principe.
- Un tour de priorité est donné aux sufets parlant une langue étrangère.
- 4. -- Conditions particulières préalables : Achat de la charge ; dépôt d’un
- cautionnement ; apprenlissage payé ou non ; coût de l’apprentissage ; temps qui s’écoule entre le moment d’entrée en apprenlissage et le gain normal.
- Aucun cautionnement.
- Apprentissage payé :
- 125 francs les 6 premiers mois.
- 150 francs les 6 mois suivants.
- 175 francs les 6 mois suivants.
- 200 francs les 6 derniers mois.
- 5- — Degré d’encombrement de la procession (statistiques).
- 0. — Possibilités d’avenir (voir plus loin p. 93).
- Réponse p. 93.
- •*» Age et sexe
- — Age d’entrée dans la profession :
- Minimum :
- Moyen :
- Limite supérieure :
- Minimum....... 14 ans pour les apprentis.
- 18 ans pour ceux ayant défà exercé le métier.
- Moyen.......... 21 ans.
- Supérieur..... 50 ans pour les femmes.
- 50 ans pour les hommes.
- Galeries Lafayette et Printemps : Age d’entrée dans la profession :
- Minimum....... 17 ans pour les débitrices.
- 18 ans pour les vendeuses.
- /
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- Moyen.......... 20 ans.
- Supérieur...... 35 ans.
- 2. — Limite d’âge supérieur pour la continuation du travail professionnel.
- 50 ans pour les femmes.
- 65 ans pour les hommes.
- 3. — Courbe d’efficience professionnelle en fonction de l’âge :
- 4. — Les deux sexes sont représentés dans la profession :
- Avec fréquence égale, inégale ?
- 2/3 de femmes.
- 1/3 d’hommes.
- Avec possibilités égales, inégales d’avancement ?
- Mêmes possibilités d'avancement.
- Avec égale, inégale eTicience ?
- Egalité d’efficience.
- 5. — L’accès du métier est interdit à l’un des deux sexes : de droit ? En
- fait '!
- La vente de certains articles exclusivement féminins, est en fait interdite aux hommes. La vente de certains articles très lourds est interdite de droit aux femmes {linoléums, fourneaux de cuisine, etc...) Mudilications temporaires de ce stalul (pendant la guerre par exemple) et résultats de l’expérience.
- ti. — Morbidité professionnelle.
- Forme humaine
- 1. — Types morphologiques qui semblent prédominer dans le milieu des
- travailleurs
- 2. — Les individus :
- De grande, de petite taille, plutôt maigres, plutôt obèses ;
- Aux membres inférieurs longs, courts, aux grandes, aux petites mains, aux doigts longs, courts ; semblent favorisés, handicapés ?
- (Préciser dans quelles parties du travail).
- Lès individus de taille moyenne, bien proportionnés, semblent favorisés. Les vendeurs de petite taille sont handicapés, spécialement pour la vente et l’essayage des chapeaux, les vêtements d'homme ou de femme, la chemiserie d’homme.
- Les vendeurs ayant des membres supérieurs courts sont handicapés pour le métrage des tissus.
- Ceux de grande taille sont gênés pour la vente des 'chaussures.
- 3. — Les altitudes imposées par le travail favorisent-elles les déformations
- du squelette ? •
- Aon.
- 4. — L’aspect agréable ou désagréable de la morphologie générale influe-t-il
- sur le succès professionnel ?
- (Préciser dans quelles parties de la tâche ; dans quelle mesure).
- L’aspect morphologique agréable influe d’une façon très particulière sur le succès de la vente, le client étant plus aisément attiré et convaincu par un vendeur d’aspect agréable et de physionomie sympathique.
- Les Trois Quartiers attachent une importance toute particulière à l’aspect très agréable des vendeuses.
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- Les mains soignées sont particulièrement utiles pour rehausser la valeur de la présentation de la marchandise (surtout pour articles délicats et fragiles).
- Les dents bien entretenues sont indispensables au charme du sourire, etc...
- Fonctions digestives
- 1. — Les repas peuvent-ils être pris à des heures régulières ?
- Oui, en général, cependant les heures peuvent être légèrement modifiées (demi-heure d’avance ou dé retard) par suite de travaux urgents à accomplir, ou en période de grande activité de vente.
- 2. — Doivent-ils être pris sur le lieu du travail (cantine, provisions tirées du
- sac, etc...)
- Repas pris le plus souvent au dehors.
- 3. — Temps alloué ?
- Deux heures à Nantes.
- Repas pris sur place, temps alloué :
- Galeries Lafayette....................... 1 h. 10
- Printemps................................ 1 h.
- Bon Marché. ............................ 1 h. 10
- Prix du repas : 6 francs retenus sur salaire mensuel. Repas pris au dehors, temps alloué :
- Aux Trois Quartiers ................... 1 Ti. 30 *
- 4. — Obligation de se soumettre à des régimes alimentaires particuliers (colonies, voyages à l’étranger).
- Non.
- 3. — Obligation des repas, « apéritifs d’affaires ».
- Non pour le simple vendeur. Oui pour les sous-chefs ou chefs chargés des achats et obligés de se déplacer die la province à Paris ou dans des centres de fabrications. ^
- 6. — La sécheresse de l’air provoque-t-elle des soifs fréquentes ?
- Oui, absorption d’eau des lavabos en grande quantité.
- Les Galeries Lafayette mettent à la disposition de leur personnel un bar à chaque étage, distribuent de l’eau fraîche, du tlié chaud, et, en été, du coco.
- I. — Conditions particulières qui favorisent, empêchent la prise abondante
- des boissons alcooliques ou autres, des nourritures.
- 8. — Le travail est-il sédentaire ? Permet, exige des mouvements modérés, violents, rares, fréquents ?
- Alternatives de repos assis et de mouvements fréquents mais modérés.
- b. — Efforts musculaires violents immédiatement après les repas ?
- Non.
- 10. — Possibilités d’interruptions au cours du travail.
- Le travail n’est pas continu, il est entrecoupé de périodes d'inaction.
- II. — Maladies professionnelles du système digestif.
- Troubles gastro-intestinaux consécutifs à la rapidité, parfois excessive des repas et eeja spécialement chez les femmes habitant loin du lieu de travail et obligées de préparer et servir le repas familial.
- Fonctions circulatoires
- 1- — Intensité et nature des efforts musculaires exigés. (Voir plus loin : fonctions musculaires).
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- 2. — Travail debout ? (Surcharge du système veineux).
- Le Iraoail s'exécute debout, avec piétinement sur place. Possibilité de s’asseoir en dehors des ventes, la loi prévoit un nombre de sièges suffisants pour les vendeurs, ce repos est pratiquement impossible en période d’affluence des clients.
- 3. — Travail à chaud (voir plus loin).
- 4. — Emotions imposées : dangers permanents et brusques ; chocs ; tracas ;
- responsabilités.
- 5. — Maladies professionnelles cardio-vasculaires.
- Variées.
- Fonctions respiratoires et régulation thermique
- 1. — Travail exercé en plein air ? Dans des endroits clos ?
- A l’exception des vendeurs préposés aux étalages extérieurs, le travail est exercé dans des endroits clos.
- 2. — Température ambiante : climat ; température habituelle du lieu du
- travail.
- Température surchauffée en hiver (chauffage à air chaud ou à eau chaude, grand nombre d’individus circulant, éclairage intense).
- 3. — Présence des sources spéciales de chaleur (fours, chalumeaux).
- 4. — Changements brusques de température ambiante.
- Peuvent exister, en passant des locaux de vente, généralement surchauffés, aux différents services ou annexes, tels que réserves, dteliers, etc... où la température est plus basse.
- 5. — Manipulation d’objets très froids ou très chauds.
- G. — Secrétion sudorale :
- Manipulation d’objets pouvant être détériorés par secrétion sudorale ?
- Les soieries, les feutres, les cuirs, argenterie, coutellerie, orfèvrerie. Gestes lins de déplacement ou de maintien dont la précision est gênée par la moiteur des mains ?
- Gcne pour autrui : aspect du visage, odeur.
- Les secrétions sudorales nuisent à l'aspect correct et soigïïë nécessaire au vendeur.
- 7. — Ventilation : air coniiné, poussières minérales ou métalliques, émana-
- tions toxiques.
- Air confiné. La ventilation qui s'exerce normalement par les ^orties donnant sur l’extérieur et les cages d’escalier et d'ascenseurs, n’est pas suffisante en période d’affluence.
- 8. — Pression atmosphérique.
- 9. — Etat hygrométrique.
- Très sec.
- 10. — Maladies professionnelles des poumons et des voies respiratoires.
- Tuberculose pulmonaire, rhumes, grippes. Toutes maladies infectieuses qui se transmettent par l’air.
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- Fonctions neuro-musculaires
- A) Position de travail.
- 1. — I.e travail s’exerce debout, assis, dans des positions spéciales, exige
- de l'immobilité, s’accomode de mouvements, en exige.
- Le travail s'exerce debout, dans des positions normales, s’accomode de mouvements modérés pouvant être suivis de moments de repos.
- 2. — Fréquence et durée des marches, des déplacements passifs (véhicules
- conduits par d’autres) ; semi-passifs (véhicule qu’on conduit soi-même).
- B) Caractéristiques générales des efforts musculaires a fournir (dépenses de force).
- 3. — Soulèvement de charges lourdes, modérées.
- Peu de charges lourdes en dehors des pièces de linoléum et appareils de chauffage ou meubles que le vendeur peut être appelé à déplacer, ou pièces de tissus, piles de vêtements, etc...
- 4. — Efforts statiques de soutien (groupes musculaires intéressés, charges,
- durées).
- 5. — Port des fardeaux lourds, modérés, en plaine, en montée. Importance
- des déplacements, leur vitesse.
- 6. — Mouvements violents : coups de marteau, coups de barre, etc... Inten-
- sité, durée, fréquence ; groupes musculaires intéressés.
- 7. — Mouvements légers : des bras, des mains, des doigts.
- Mouvements légers fréquents, consistant à déplacer ou atteindre un article pour le présenter au client
- Dextérité nécessaire pour la démonstration de certains articles (fouets mécaniques, appareils électriques, etc...) Habileté et précision pour essayages (confection, gants, chapeaux, chaussures, etc...)
- C) Caractéristiques des efforts de coordination.
- G. — Groupes musculaires intéressés : tout le corps (équilibration), membres, mains, doigts. Mouvements simultanés de plusieurs membres. Travail bimanuel. Importance de la main droite, gauche. Gaucherie admise ?
- Spécialement bras et mains. La gaucherie peut être admise si cela ne nuit pas au rendement du sufet.
- 7. — Nature des stimuli sensoriels exigeant de l’adaptation sensori-motrice : Stimuli kinesthésiques, visuels, auditifs, autres. Leur linesse. Leur évolution dans le temps (stimuli permanents, changeants, prévus, imprévus, à caractère de choc émotif). Dimensions des pièces à manipuler.
- 8- — Le mode de réponse : réponse rapide, lente, routinière, variable, à caractère répétitif (travaux monotones).
- Réponses variables et promptes.
- G. — Degré de précision des mouvements exigés. Son importance (pour la qualité et la quantité des produits, la sécurité du travailleur, la sécurité d’autrui).
- D) Organisation des efforts neuro-musculaires.
- 10. — Les mouvements peuvent-ils être automatisés ; jusqu’à quelles limites ?
- Non.
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- — SS-
- II. Rythme du travail : libre, à la chaîne, rôle de la vitesse.
- Libre, cependant la vitesse du travail dépend en grande partie du savoir faire du vendeur et du caractère vif ou lent du client.
- E) Accidents et maladies du système neuro-musculaire.
- Rares, sauf ptoses abdominales (surtout ptoses des reins).
- Fonctions cutanées et kinesthésiques.
- Fonctions labyrinthiques
- 1. — Perception des différences thermiques au toucher.
- *2. — Sensibilité douloureuse, occasions de sensations douloureuses, petites brûlures, petites coupures (obligation de porter des gants; ?
- 3. — Discrimination tactile des petites différences d’épaisseur, de rugosité,
- de forme, de grandeur.
- Spécialement pour le toucher des tissus, des décors sur porcelaine, des gravures, des cuirs.
- 4. — Perception des variations dans la position des membres, du corps.
- 5. — Perception des variations d’effort, de résistance.
- 6. — Positions d’équilibre dangereuses (échafaudages, toits).
- Montée sur échelles ou escabeaux pour atteindre ou ranger des marchandises ; décrocher des lustres, des tableaux, des tentures.
- 7. — Accidents et maladies professionnelles de la peau. Troubles des fonc-
- tions labyrinthiques provoqués par l’exercice du métier.
- Fonctions olfactives et gustatives
- 1. — Nécessité de remarquer des odeurs anormales (industrie chimique).
- 2. — Manipulation d’objets à odeurs caractéristiques (« tolérance olfactive » ;
- plaisir ou déplaisir).
- Vente des produits de parfumerie, de certains produits d'entretien.
- 3. — Nécessité de distinguer de petites différences olfactives.
- Spécialement pour la vente de la parfumerie, des fourrures, des cuirs.
- 4. — Appréciation esthétique des odeurs.
- 5. — Nécessité de distinguer de petites différences gustatives (dégustation
- des thés, des crus, etc...)
- G. — Appréciation de la qualité des mets, des boissons.
- Fonctions auditives et vocales
- 1. — Ambiance bruyante ou silencieuse. Caractéristiques du bruit, intensité,
- complexité, hauteur.
- lïrnit continu, intermittent, régulier, irrégulier, agréable, désagréable.
- Ambiance bruyante (conversations à voix haute, appels, sonneries, musique, déclics d'ascenseurs, piétinements, chocs de chaises ou de tiroirs, etc...)
- 2. — Nature et intensité des excitants auditifs' à percevoir : parole (distincte,
- indistincte par insuffisance d’intensité, d’élocution, de distorsion du spectre sonore) ; bruits de moteur ou autres, tons musicaux.
- Nécessité de percevoir distinctement les paroles, les adresses et 'es noms, les conversations téléphoniques, les appels.
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- 3. — La perception auditive a-t-elle lieu au milieu du silence ou des bruits
- parasites (inlensilé de ceux-ci).
- Perception au milieu des bruits énoncés A I.
- 4. — Nécessité de distinguer des faibles différences d’intensité, de hauteur,
- de timbre, de rythme.
- 5. — Nécessité de localiser la source sonore.
- Oui,
- t>. — Appréciation esthétique des consonnances, des mélodies, d’œuvres musicales.
- Uniquement pour les vendeurs d’instruments de musique, de disques de phonographe, des appareils de T.S.F. ; cependant la connaissance des œuvres musicales (airs connus du répertoire classique et moderne) est plus utile que leur interprétation.
- 7. — Nécessité de retenir, de reconnaître, de reproduire vocalement des
- œuvres musicales.
- Oui, pour lès vendeurs d’articles énumérés à 6.
- 8. — Nécessité d’une ouïe absolue.
- Oui.
- 9. — Utilisation de la voix dans la parole publique (importance de l’inten-
- sité, du timbre).
- Timbre de voix agréable et persuasif est utile.
- 19. — Maladies professionnelles de. l’oreille.
- Fonctions visuelles
- U — Ambiance lumineuse : lumière diurne, artificielle, intensité, coloration, etc...
- Lumière artificielle en totalité ou pendant la plus grandie partie de la fournée de travail.
- Forte intensité lumineuse. Parfois lumière colorée « Néon ».
- 2. — Dimensions des objets à observer ; distances, éclairage (voir aussi 3).
- Très variable.
- 3. — Estimation du degré de l’acuité diurne exigée. Prescriptions à ce sujet :
- port de verres correcteurs, permis, contre-indiqué.
- Nécessité d’une vue normale ou corrigée par des verres ne nuisant pas à l'esthétique du sujet.
- 4- — Travail en éclairage crépusculaire : finesse ; importance ; temps d’adaptation tolérables.
- Passage rapide d’un éclairage intense à l’obscurité et inversement.
- ü. — Eblouissement, nécessité d’adaptation rapide après éblouissement à la vision diurne, à la vision crépusculaire.
- Nécessité de corriger les nuances suivant leur présentation à la lumière artificielle ou à la lumière du jour.
- 9. — Discrimination des faibles différences de clarté, de saturation, de nuances ; rapide, de brève durée, prolongée.
- Nécessité de distinguer rapidement les variétés des nuances et leur harmonie.
- 7- — Discrimination des faibles différences de relief (conditions), de distances.
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- 8. — « Coup d’œil » : discriminalion des grandeurs, des surfaces, des lon-
- gueurs, de la position de l’objet. Appréciation visuelle des volumes. Finesse. Rapidité.
- Milité, spécialement pour les vendeurs de confection, ayant à apprécier la taille (mannequin du client), ou examiner les défauts possibles de la marchandise (bas, dentelles).
- 9. — Appréciation de la vitesse, de la direction, du déplacement des objets
- en mouvement.
- 10. — Possibilité d’accidents oculaires (par radiations nocives ; par projection de corps étrangers ; port de verres protecteurs).
- Accidents psychiques par excès de lumière.
- Possibilité de fatigue nerveuse due à l’excès de lumière surtout lorsqu’elle est colorée.
- Certaines vendeuses se plaignent de travailler à proximité d’enseignes lumineuses au « Néon », éprouvant, disent-elles, de fréquentes migraines.
- Capacité d’efficience (attention). — Courbe de travail
- 1. — Le travail s’accomode ou ne s’accomode pas des oscillations d’effi-
- cience (accidents).
- 2. — Le travail est automatisé ? Exige un effort constant d attention volon-
- taire ?
- 3. — Le travail comporte l’exécution d’une seule tâche spécialisée et indéfiniment répétée (combien de fois dans la journée) ?
- L’exécution de tâches complexes ?
- De plusieurs tâches simultanées ?
- De plusieurs tâches successives ou alternantes ?
- L’exécution des tâches «à échéance » '! (Indiquer dans ce dernier cas ce qui assure le rappel).
- Tâches complexes dont la durée et la fréquence sont variables
- Certaines ventes d’articles demandait une rectification ou un envoi ultérieur, obligent le vendeur à rédiger une fiche de rappel permettant de s’assurer de la livraison de l’article en temps convenu.
- 4. — L’effort d’attention porte :
- Sur la perception de stimuli de faible intensité.
- Sur la perception de stimuli intermittents et l’exécution correcte (rapide) de la réaction appropriée.
- Sur des efforts de coordination motrice et l’adaptation aux effets successifs du travail.
- Sur des tâches mentales.
- Sur les réactions d’autrui.
- Sur les réactions d'autrui.
- 5. — L’intérêt intrinsèque de la tâche permet-ii de substituer l’attention spontanée ou involontaire -à l’attention volontaire ?
- Oui.
- fi. — Présence des poisons du système nerveux.
- Psychoses d’origine professionnelle.
- Fonctions mnésiques
- 1. — Nécessité ou du moins utilité de fixer aisément des souvenirs sensoriels élémentaires, des physionomies, des noms propres, des chiffres, des associations entre ces divers éléments, des schémas graphiques, des
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- mélodies, des dispositions topographiques, des pièces de vers ou de prose, des enchaînements logiques, des séries de faits particuliers (historiques, géographiques, etc...) « Volume de l’acquis ».
- Nécessité de fixer aisément les physionomies, les noms propres, les chiffres, les enchaînements logiques et surtout les emplacements des différents articles du rayon, afin de présenter rapidement devant le client la marchandise demandée.
- 2. — Nécessité (utilité) d’une bonne fixation involontaire.
- Nécessité.
- 3. — Ténacité : degré, matériel (voir plus haut), durée.
- 4. — Nécessité d’évoquer aisément : évocation volontaire, involontaire.
- Nécessité d’évoquer aisément : évocation volontaire et involontaire.
- 5. — Les fonctions mnésiques interviennent-elles surtout pendant l’appren-
- tissage ? ou dans l’exercice même du métier ?
- Surtout dans l’exercice du métier.
- G. — Maladies professionnelles (voir plus haut, paragraphe relatif à l’attention).
- Fonctions de l’intelligence
- 1. — Le travail exige essentiellement des conduites routinières, de l’adapta-
- tion à des siluations nouvelles, imprévues, difficiles.
- Exige une adaptation à des siluations nouvelles.
- 2. — L’adaptation est essentiellement une adaptation à la matière, artistique
- (à préciser), numérique, technique, commerciale, aux situations de la vie pratique, aux êtres humains, aux idées (philosophiques ou scientifiques).
- Décrire en détail le mode d’adaptation.
- Adaptation commerciale, aux méthodes en usage dans l'établissement, à la conduite à tenir en certains cas précis, adaptation au genre et au caractère du client.
- Le vendeur doit examiner l’attitude du client et la façon dont il se coin porte, fuger rapidement à quelle catégorie de clients il appartient, et adapter sa façon d’agir, de parler, au genre du client.
- 3. — L’adaptation consiste essentiellement : à imiter, à assimiler (compren-
- dre!, à juger, à apprécier et à vérifier (esprit critique), à systématiser et à exposer les résultats acquis (vulgarisation scientifique, enseignement), à convaincre, à imaginer des solutions nouvelles (esprit créateur).
- A assimiler ; à convaincre le client des qualités de l'article proposé.
- 4. — La qualité du travail intellectuel est-elle le facteur prépondérant ? Sa
- vitesse importe-t-elle ? Dans quelle mesure ?
- La vitesse doit se foindre à la qualité. (Etablir moyenne de rente en divisant le chiffre de vente fournalier par le nombre de ventes).
- Fonctions affectives, caractère, “intelligence sociale”
- A) Action et milieu social.
- (Noter si une forme d’organisation sociale du travail est obligatoire ou facultative pour le travailleur).
- Caractères généraux du milieu social représenté dans le travail. Dissociation entre le milieu familial, pauvre ou médiocre, et le milieu
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- du travail luxueux ou confortable, qui oblige à la recherche des vêlements et de la parure.
- 2. — Travail solitaire ou en présence des autres.
- Travail en présence d’un grand nombre d’individus.
- 3. — Travail individuel ou collectif (équipes, etc...)
- Travail individuel : s’exécute entre le client et le vendeur.
- Le vendeur cependant collabore à l’entretien du rayon.
- 4. — Emulation, concurrence (d’un caractère sportif ou âpre).
- Concurrence âpre, peut cependant revêtir caractère sportif lorsque le chef sait diriger dans ce sens.
- 5. — Relations de subordination et de commandement : collaboration immé-
- diate avec le chef ; direction des subalternes, commandement des masses (armée, etc...)
- Collaboration fréquente avec le chef, pour transmettre observations des clients, commandes ; farfois l’avis du vendeur est demandé pour les réassortiments, les achats, etc...
- 6. — Action à exercer par la parole (sermons, meetings politiques, confé-
- rences publiques).
- 7. — Relations avec le public : renseignements, secours, persuasion intéres-
- sée (vente, représentation commerciale) ; persuasion désintéressée (action éducative, service social).
- Voir plus haut.
- 8. — Relation avec des individus « dépendants », prisonniers, malades, en-
- fants (mise en jeu des tendances altruistes, sadistes).
- 9. — Relations avec les individus de l’autre sexe : obligation de privations
- sexuelles permanentes ou temporaires ; présence des individus de l’autre sexe ou collaboration avec eux.
- Les deux sexes travaillent en collaboration sans qu’il soit possible de mesurer l’efficience de l’un ou l’autre sexe. Cependant la vente de certains articles masculins semble plus facile ’orsque confiée à des femmes (cravates, chemiserie, gants, etc...)
- B) Milieu matériel et organisation du travail.
- 10. — Durée et intensité du travail ; horaires, durée, régularité, obligation de disponibilité permanente (gardiens, etc.,.), hâte, dangers.
- 48 heures par semaine (1), présence fournalière interrompue pendant 2 heures pour le défeuner : 8 h. 10 à 11 h. 45, 13 li. 45 à 18 h. 45 (à .Vantes). Repos le lundi malin. Présence régulière indispensable.
- 11. — Degré de confort dans le travail.
- Grand confort dans le travail, et vestiaires et lavabos spacieux et propres.
- 12. — Obligation de manipuler des objets malpropres, malodorants, répugnants.
- Non.
- 13. — Privations physiques imposées par l’exécution du travail (faim, soif, froid, etc...)
- Les vendeurs préposés aux étalages extérieurs souffrent du froid, de l’humidité ou de la chaleur.
- (1) Cette fiche a été établie avant la promulgation de la loi de 40 heures.
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- conditions économiques.
- Mode de paiement : A l’heure, à la journée, au mois, à la tâche, à la vacation, au forfait, participation aux bénéfices de l’entreprise, primes de rendement.
- Gain : De début, gain normal (moyen), gain minimum et maximum suivant •les entreprises, suivant l’habileté du travailleur.
- Paiement mensuel (d’après les accords Matignon du 18 juin 1936). Salaire fixe augmenté d’une guelle sur le chiffre d'affaires mais dont l’ensemble ne doit pas être inférieur aux minima suivants :
- 17 ans 19 ans 21 ans 23 ans
- Hommes 500 700 825 925
- Femmes 500 625 675 725
- Prime annuelle d’ancienneté à partir de 23 ans :
- De 240 fr. après 2 ans de présence.
- De 180 fr. après 5 — —
- De 180 fr. après 10 — —
- Sécurité. Avantages économiques divers (logement, durée du congé payé, etc...)
- Inconvénients : Risques de perte d’argent, de chômage, retenues, paie de la casse, etc...
- Allocations familiales.
- Remise de 12 °/„ sur tous achats faits pour l’employé ou sa famille Congé payé de 12 fours après un an de présence ; après 5 ans dp présence, 1 four de congé payé de plus par année au-dessus de la 5e avec limite de trois semaines.
- Salaires minima des petites et moyennes maisons de nouveauté et des magasins à prix uniques :
- 17 ans 18 ans 19 ans 20 ans 21 ans
- Hommes. . . .. 700 7 00 850 900 1000
- Femmes .... . . . 623 623 7 00 7 50 825
- Premières vendeuses de lingerie : 900 fr.
- Dans les maisons qui nourrissent actuellement leur personnel, le prix du défeuner à déduire des salaires est fixé à 4 fr.
- (.Accords Matignon du 21 fuin 1936).
- Salaires minima des grands magasins appartenant à la Section spéciale de la Chambre syndicale du commerce de la nouveauté, à Paris.
- 18 ans 19 ans 20 ans 21 ans 23 ans 2i ans
- Hommes.... 800 923 1030 117.5 1275
- Femmes ... . . . 750 823 900 1000 1075
- (.Accords Matignon du 21 fuin 1936).
- 15. — Satisfactions et stimulants qui relèvent de l’amour-propre : possibilités d’avancement, émulation, notoriété publique, récompenses, décorations, etc... Sanctions morales.
- Possibilités d’avancement, concours du meilleur vendeur ou du plus bel étalage ; primes, citations dans le fournal de la maison, récompenses en public, remises de décorations aux vieux employés.
- 16- — Satisfactions et stimulants qui se rattachent aux résultats du travail et relèvent des tendances altruistes : possibilité d’action sociale ou individuelle utile, consécration d’un système religieux ou moral, etc...)
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- 17. — Stimulants et satisfactions qui se rattachent à l’execution même du travail (satisfaction de « l’ouvrage bien fait », satisfactions d’ordre intellectuel, esthétique, physique).
- Un bon vendeur esl généralement satisfait lorsqu'il a réussi une vente importante ou particulièrement difficile. Le fait d’avoir gagné la sympathie du client, de l’avoir convaincu lui donne la satisfaction d’un succès remporté.
- 18. — Degré de monotonie et de variété du travail (variations de la tâche, voyages, etc...)
- Travail varié ; l’intérêt se renouvelant avec chaque type de client.
- 19. — Degré de liberté et d’initiative personnelle dans l’organisation du travail.
- Le vendeur est libre de conduire la vente à sa guise, mais en tenant compte des réactions du client.
- 20. — Responsabilités.
- Le vendeur doit être pénétré de sa responsabilité : chaque vente manquée ou chaque client mécontent peuvent causer un préfudice au renom de la maison qui emploie ce vendeur et par le [ait même à l’ensemble du personnel.
- 21. — Gestion des biens d’autrui.
- Les marchandises confiées aux vendeurs représentent des sommes importantes ; Il est chargé de les écouler dans le temps le plus court mais aussi de les entretenir et d’en prendre le plus grand soin.
- *
- * *
- Autres particularités du travail dont la dépendance biologique est difficile à préciser à priori.
- La vente est basée sur des réactions d’ordre psychologiques entre le client et le vendeur ; on peut les décomposer de la manière suivante : L’accueil courtois et aimable du vendeur attire la sympathie du client. La connaissance de la marchandise gagne la confiance.
- La présentation attractive éveillé le désir d’acheter.
- NOTES ET DOCUMENTS
- Le Décret-loi sur l’Orientation professionnelle
- Dans le Journal Officiel du 25 mai, dans le train des décrets-lois, se trouve, contresigné par le président du Conseil et les ministres de l’Education nationale, du Travail, de l’Intérieur et des Finances, la loi qui concerne l’orientation et la formation professionnelles. Nous donnons ci-dessous la partie du rapport introductif concernant l’O. P.
- « Ces deux parties du décret se lient étroitement l’une à l’autre. 1 'éducation professionnelle est d’autant plus fructueuse qu’elle s’adresse à des jeunes gens dont les aptitudes et les goûts répondent aux exigences du métier : pas de qualification sans orientation préalable. Nous croyons devoir souligner à cet égard que notre texte respecte pleinement la liberté de l’enfant et celle de la famille comme celle de l’employeur. Il ne s’agit pas d’imposer un
- MHHBi
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- choix, mais de rendre obligatoire une consultation. Et nous avons tenu à entourer cette consultation de toutes les garanties utiles, tilles seront réalisées par la création de secrétariats départementaux ou interdépartementaux et des centres d’orientation professionnelle obligatoires, par la composition de la Commission administrative des secrétariats, par la coordination étroite de l’œuvre d’orientation et de l’œuvre d’éducation, par la collaboration depuis lonfgtemps éprouvée des organismes d’enseignement technique et des organismes de placement, par le contrôle permanent de l’utilité et de la qualité des centres facultatifs. Il nous a paru que l’organisation projetée pouvait et devait être mise en activité dans un délai de trois ans, les progrès déjà accomplis par l’orientation professionnelle autorisant cette ambition. »
- Voici maintenant le texte du titre I de ce décret.
- De l’Orientation professionnelle
- Article premier. — Il sera institué par décret, dans chaque département ou groupe de départements, un secrétariat d’orientation professionnelle soumis à l’autorité préfectorale et placé dans les attributions de l’inspecteur d’Académie du département où est fixé le siège du secrétariat. La création de ces secrétariats sera échelonnée sur une période de Irois ans.
- Les secrétariats d’orientation professionnelle ont pour mission de coordonner les travaux des centres d’orientation professionnelle, d’en contrôler le fonctionnement et d’assurer avec la collaboration do l inspection de l’enseignement technique, la liaison des centres avec les écoles et les offices de placement.
- Art. 2. — Chaque secrétariat d’orientation professionnelle est assuré par un secrétaire nommé par le ministre chargé de l’enseignement technique et auquel est attribué, à la charge de l’Etat, le même traitement qu’aux secrétaires d’inspection d’Académie.
- Les conditions de nomination à l’emploi de secrétaire seront déterminées par décret pris sur proposition du ministre chargé de l’enseignement technique, après avis du Conseil supérieur de l’enseignement technique.
- L’autorisation de créer des emplois de secrétaire sera demandée au Parlement par voie budgétaire.
- Art. 3. — Sous l’autorité de l’inspecteur d’Académie, le secrétaire est assisté d’une commission dont la composition est fixée par décret pris sur proposition du ministre chargé de l’enseignement technique après avis du Conseil supérieur de l’enseignement lech-nique cl, du minisire du Travail.
- Les membres de cette Commission où un représentant du minis-
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- 1ère de l’Agriculture sera appelé à siéger à côté de praticiens de l’orientation, d’éducaleurs, d’industriels, de commerçants, d’ouvriers et d’employés, seront choisis, après avis du préfet, en majorité iau sein de comités départementaux de l’enseignement technique.
- L’inspecteur d’Académie est membre et vice-président de droit de ladite commission, laquelle élit son président.
- Les délibérations de la commission sont soumises à l’approbation du préfet.
- Art. 4. — Un décret pris après avis du Conseil supérieur de 1‘enseignement technique déterminera les conditions de fonctionnement des secrétariats et notamment leurs rapports avec les offices de placement prévus par les articles 85 et suivants du livre premier du Code du travail.
- Art. 5. — Dans chaque département, il est créé obligatoirement un centre d’orientation professionnelle au chef lieu du département ou dans la ville la plus peuplée. 11 peut, en outre, être institué facultativement plusieurs centres dans le même département par décisions de conseils municipaux ou des groupements professionnels.
- Des missions d’orientation professionnelle pourront être confiées par le secrétariat départemental ou interdépartemental à des médecins qui collaborent avec les personnalités compétentes.
- La mise en application des dispositions du présent article ne pourra donner lieu à aucune création d’emploi public.
- Art. 6. — Un décret ultérieur fixera les conditions dans lesquelles seront assurées les dépenses afférentes au fonctionnement des secrétariats et des centres d’orientation professionnelle.
- Art. 7. — Un décret pris sur la proposition du ministre chargé de l’enseignement technique, après avis du Conseil supérieur de l’enseignement technique, déterminera les conditions d’ouverture et de fonctionnement requises, au point de vue de la compétence, des centres facultatifs créés par les communes ou par les associations et groupements professionnels. Ce décret déterminera les modalités d’un contrôle permanent des centres facultatifs.
- Art. 8. — Après le délai de trois ans fixé par l’article premier susvisé, aucun enfant Agé de moins de dix-sept ans ne pourra être employé dans une des entreprises visées à l’article 9 s’il n’est muni d’un certificat délivré gratuitement par le secrétariat départemental ou interdépartemental d’orientation professionnelle sur atlestatipn des centres publics ou privés d’orientation professionnelle:
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- Ce certificat devra comporter au moins l’indication du ou des métiers qui ont été reconnus dangereux pour la santé de l’enfant.
- - *
- * *
- Hérédité et milieu, d’après Boas (i)
- Les données psychologiques, à l’exception peut-être des plus simples phénomènes de psychologie physiologique ne peuvent pas être discutées au point de vue de l’individu, car dans toutes ces données, les variations du milieu culturel jouent un rôle important qui n’est pas négligeable dans des questions telles que le développement de l’expérience des sens. Quand un enfant est tenu em-maillolté et attaché à une planche de berceau pendant plus d’un on, son expérience des sens est limitée de plusieurs façons et ne se développe pas comme celle d’un autre enfant qui, depuis sa première enfance, peut remuer librement les membres et la tête. L'es enfants élevés dans un orphelinat, jouissant des meilleurs soins médicaux, mais tenus de façon à ce que tous ceux du même âge soient à la charge d’une garde-malade affairée, n’entendent pas la parole humaine et n’apprennent à parler que lorsqu’ils sont mis ensemble avec des enfants plus âgés.
- Les tests d’intelligence, tests d’émotion, de la personnalité sont l’expression des caractères innés aussi bien que de l’expérience basée sur la vie sociale des groupes auxquels les sujets appartiennent. Ce fait est clairement indiqué par les tests pratiqués par le Dr Otto Klineberg sur l’intelligence clés enfants nègres dans nombre de villes américaines. Les nouveaux arrivés provenant des régions rurales et qui n’étaient pas adaptés à la vie urbaine ont donné des résultats très pauvres. Ceux qui avaient vécu à la ville pendant un certain nombre d’années ont montré qu’ils s’étaient adaptés aux exigences de la vie urbaine et aux tests applicables à la vie urbaine.
- Le test d’intelligence a manifesté une constante amélioration. Llus la période de temps écoulé depuis la date d’immigration était longue, plus les résultats accomplis par le groupe étaient bons. Ce progrès ne saurait s’expliquer par un processus de sélection qui aurait amené dans la ville de meilleurs éléments dans les premières années, car le môme phénomène se retrouve dans des expériences analogues faites à des époques différentes. Les nègres ruraux, au cours de la grande guerre, ont fourni les mêmes résul-
- (1) Nous donnons ici quelques extraits de l’important rapport du grand anthropologiste américain F. Boas au Congrès international de la population, 'enu à Paris en 1937 et publié dans Races et Racisme (I, 5, 1937, numéro spécial, p. 18).
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- tats par comparaison avec les nègres citadins. Les observations de Brigham au sujet des Italiens qui avaient vécu aux Etats-Unis pendant cinq, dix, quinze ans ou plus et dont les tests d’intelligence présentaient des résultals d’autant meilleurs qu’ils y avaient plus longtemps habité, sont aussi réductibles à une meilleure adaptation. Dans ce cas, les difficultés linguistiques des nouveaux arrivés et l’acquisition graduelle de l’anglais ont dû être une cause de plus des progrès graduels, beaucoup plus que parmi les nègres du Sud dont le dialecte et le vocabulaire limité doivent être tenus pour un handicap.
- Une autre expérience réalisée par Klineberg est instructive. Il a examiné des jeunes filles indiennes et des jeunes filles blanches par rapport à leur habileté à reproduire des dessins pareils à ceux qui sont faits dans la broderie de perles par les femmes indiennes. Les résultats ont montré clairement que cette habileté dépendait de la connaissance familière qu’elles avaient du sujet, non de sa technique, car cette industrie était tombée en désuétude dans le groupe. Les jeunes filles indiennes ont produit le meilleur travail. De ces observations et d’autres du même genre, il s’ensuit que les réactions dues à l’intelligence innée — si nous admettons un tel terme qui embrasse un grand nombre d’éléments — diffèrent énormément suivant l’expérience sociale du groupe et montrent, au moins dans le cas des nègres urbains, qu’avec une expérience sociale semblable, les blancs et les nègres se conduisent de la même façon, que la race est entièrement subordonnée au cadre culturel.
- Une autre observation faite par Klineberg trouve ici son application. Les tests intellectuels fondés sur la vie de la cité, poussent à la vitesse, tandis que la vie rurale permet un mouvement d’action plus lent. Ces observations sur les blancs et les indiens font ressortir la vitesse et l’inexactitude pour les urbanisés, moins de vitesse et plus d’exactitude pour les groupes ruraux.
- Nous concluons de ces observations que, dans toutes les observations psychologiques, nous nous trouvons en présence d’influences en partie organiques, en partie culturelles. S’il faut tirer une déduction à l’égard de l’élément organique, la phase culturelle doit être exclue.
- La langue offre un exemple quelque peu complexe, mais instructif, qui montre que les différences anatomiques entre les individus sont aplanies dans leur fonctionnement par la force des conditions culturelles uniformes. Dans une communauté donnée, les formes anatomiques des organes d’articulation varient fortement.
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- La bouche peut être petite ou grande, les lèvres minces ou épaisses, le palais haut ou bas, les dents peuvent varier en position et eu grandeur, la langue en forme. Néanmoins pour le groupe de la population l’articulation dépendra essentiellement de la forme traditionnelle du langage de la région. Dans une région voisine, les memes variétés de formes anatomiques existeront, mais on pourra y trouver une forme différente d’articulation. Les individus diffèrent dans le timbre du son et dans des particularités secondaires qui peuvent être ou ne pas être déterminées anatomiquement, mais ces variations ne déterminent pas le caractère essentiel de la production du son. Au contraire, la position de la mâchoire et le développement des muscles de la face sont modifiés par le langage...
- Il serait hautement désirable d’ajouter à ces remarques les résultats des recherches établissant jusqu’à quel point la personnalité est influencée par les conditions sociales. Malheureusement, les méthodes d’étude de lia personnalité sont très peu satifaisantes, en partie parce que les traits à étudier manquent de clarté : une étude de M. Léopold Makari sur des Italiens immigrants, tous originaires d’un même village, et sur leurs descendants en Amérique, indique une grande solution de continuité entre les personnalités des deux générations, ce qui corrobore les résultats de nos études sur le crime et les maladies mentale. Une autre étude, faite par le docteur LIarriet Fjeld sur La personnalité des enfants dans les différents types d’écoles, montre aussi des différences marquées dans les manifestations de la personnalité. Une troisième étude faite par Mlle Weiss sur les enfants des mêmes familles, dans laquelle compte est tenu de la situation intime de la famille, donne les mêmes résultats.
- La difficulté de l’enquête réside dans la nécessité d’étudier La personnalité dans ses manifestations. Si l’on pouvait démontrer ([ue dans une population parfaitement homogène au point de vue social, les individus de différents types réagissent d’une manière différente devant les mêmes circonstances, le problème du groupe pourrait être résolu. Il est douteux que ces conditions puissent jamais être atteintes.
- Les investigations portant sur des jumeaux identiques corroborent nos résultats. Les jumeaux identiques élevés à part, dans des milieux quelque peu différents, ont été étudiés par H.-II. New-mann. Il a observé que 1a différence de milieux exerçait une influence positive sur la conduite mentale de ces paires. A.-N. Mi-renova a soumis à un régime d’éducation spéciale un des deux jumeaux d’un certain nombre de jumeaux identiques, laissant l’au-Ire. L’expérience a donné pour résultat une différence incontes-
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- table dans leurs réactions, sous l’effet de lests correspondants. Elle dit : « Les observations montrent que des changements marqués ont eu lieu dans toute la conduite et dans le développement général des jumeaux spécialement, formés. Ils sont devenus plus actifs, plus indépendants, plus disciplinés. Le niveau intellectuel du jumeau dressé s’est aussi élevé en comparaison avec les contrôles. Quelques-uns des caractères ont paru se développer par suite de l’influence directe de l’éducation spéciale, tandis que d’autres se sont probablement développés par l’organisation des moyens d’éducation ».
- Notre examen de la forme anatomique et des fonctions du corps (y compris les activités intellectuelles et sociales) ne fournit aucun appui à l’idée que les habitudes de vie et les activités culturelles sont déterminées à aucun degré important par la descendance de race. Il y a des familles possédant des caractères prononcés provenant en partie de l’hérédité et en partie de certaines facilités de développement culturel, mais une grande population, pour uniforme qu’elle soit en son type apparent, ne reflète pas des personnalités innées. Ces personnalités (pour autant qu’on puisse parler de personnalité d'une culture), dépendent des conditions extérieures qui dominent le sort du peuple, de son histoire, des individus puissants qui surgissent de temps en temps, d’influences étrangères. F. Boas.
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- Un Étalonnage du test B-D collectif
- MM. Wellens et Maréchal ont publié dans le Bulletin de VAssociation Médico-pédagogique liégeoise (Janvier 1938, n° 39, p. 14-16) les résultats de l’application à 1284 enfants de Liège (687 garçons et 597 filles de 5 ans 9 mois à 6 ans 10 mois) du test élaboré au laboratoire Decroly (test Buyse-Decroly), où on peut se le procurer, et dont les mesures bruxelloises ont été données dans les Archives belges des sciences de /’Education en 1936.
- L’étalonnage a été établi d’après les résultats de 1000 enfants, après élimination d’étrangers et des débiles, les différences de sexes, insignifiantes ou milles, ne comportant pas la nécessité d’étalonnages distincts. Les valeurs des déciles à ce test ont été de 70, 61, 57, 55. 52, 50, 48, 45, 42, 37, 17 (semi interquartile de 6,5, avec quartiles de 56, 50 et 43). Les auteurs trouvent que le lest est un bon outil de classement, permettant un dépistage facile des bien doués et des peu doués à l’entrée <à l’école.
- IL P.
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- L’Emploi des machines de bureau et son influence sur les conditions de travail du personnel
- Rapport élaboré par le R. I. T. que publie la Revue Internationale du Travail (octobre 1937), qui fait ressortir certains phénomènes d’ordre physiologique et psychologique affectant à la fois l’individu et la collectivité.
- Fatigue physique, d’abord : avec une machine à écrire ordinaire, la frappe d’une touche équivaut à un déplacement sur 15 m/m d’une force de 1.000 grammes, ce qui, pour 50.000 caractères frappés en une journée de travail, occasionne une dépense d’énergie mécanique d’environ 750 kilogramètres.
- Influence du bruit et des trépidations causées par les machines effort visuel enfin.
- La machine ayant donné deux caractères particuliers au travail de bureau : la rapidité et l’uniformité, il en est résulté pour l’employé certains inconvénients, particulièrement une augmentation de la tension nerveuse, qui peut aller jusqu’à l’angoisse et causer des troubles physiologiques et même psychiques. Il est juste d’ajouter, cependant, que « certains types psychologiques s’accordent fort bien d’un rythme .de travail accéléré et que, d’autre part, l’uniformité du travail —- on pourrait dire la standardisation de l’effort intellectuel — peut conduire à une accoutumance qui libère l’esprit de l’employé et restitue une certaine liberté à son cerveau. »
- Une conséquence psychologique de la nouvelle organisation des bureaux, c’est que la division et la spécialisation du travail ont entraîné, pour l’employé, la perte de ce que de Man a nommé»la satisfaction de l’instinct d’importance », du fait qu’il n’apparaît plus guère aujourd’hui que comme une unité dans la masse.
- Le rapporteur fait remarquer que le développement des méthodes de sélection n’est pas étranger à l’apparition d’un « sentiment d’infériorité » chez l’employé subalterne : d’où nécessité de redonner à l’employé de bureau « des motifs de s’intéresser à son travail »...
- J. F.
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- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE A L’ÉTRANGER
- L’Orientation professionnelle en Belgique
- La première session des jurys pour la délivrance des certificats d’aptitude aux fonctions de conseiller d’orientation professionnelle (2e épreuve) s’est tenue à Bruxelles au Musée scolaire de l’Etat du 11 au 23 avril dernier.
- Le jury français était présidé par M. IL Lorent, directeur général honoraire au ministère de l’Instruction publique ; M. le Dr Bouckaert, professeur ù la Faculté de médecine de l’Université de Louvain, présidait le jury flamand.
- Au total 89 récipiendaires inscrits dont 46 flamands et 43 français. Un cours préparatoire aux épreuves avait été organisé à leur intention en août dernier au Musée scolaire de l’Etat, mais des 120 élèves qui le suivirent, 89 seulement affrontèrent l’épreuve.
- Ces 120 élèves comprenaient 62 candidats qui avaient réussi en avril 1937 la première épreuve de l’examen et 58 dispensés (docteurs en médecine, docteurs et licenciés en sciences pédagogiques)
- Des 89 inscrits pour la deuxième épreuve, 69 la subirent avec succès (32 français et 36 flamands).
- Les jurys avaient également à examiner les demandes de titres d’équivalence introduites par des anciens élèves diplômés de l’Ecole d’Ergologie annexée à l’Institut des Hautes Etudes de Bruxelles. Le titre d’équivalence a été accordé à 52 candidats.
- La Belgique dispose donc à l’heure actuelle de plus d’une centaine de récipiendaires porteurs du certificat d’aptitude aux fonctions de conseiller d’orientation professionnelle.
- On peut prévoir qu’en fin de l’année 1938 une vingtaine d’offices, organisés dans différentes villes du pays, auront obtenu ou seront sur le point d’obtenir la reconnaissance officielle de l’Etat belge.
- Si l’on songe que le Centre d’orientation professionnelle du Musée scolaire de l’Etat a été fondé en février 1936 par le Ministère de F Instruction publique, il y a lieu de se féliciter des résultats obtenus à ce jour.
- Quelques observations au sujet de l’O. P. en Allemagne
- Le Reichsarbeitsblaü du 25 décembre dernier, analysant le rapport annuel relatif à l’O. P., présente les quelques observations suivantes :
- 1° Augmentation du nombre d’enfants s’adressant aux offices
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- d’O. P. el do placement en apprentissage : 1.184.000 en 1936-37, contre 1.078.000 l'année précédente ;
- 2° Augmentation du nombre de places d’apprentissage mises à la disposition des ‘dits offices : 507.000 contre 395.000 ;
- 3° Tendance de plus en plus marquée à harmoniser les désirs professionnels des enfants avec les besoins économiques ;
- 4° Influence grandissante de l’école en matière de « préorienta-t on professionnelle » ;
- 5° Ce qui nous amène à conclure — ce que nous savions déjà — qu’en Allemagne les offices d’O. P. mettent au premier plan les désirs exprimés par les enfants et la situation économique de la famille.
- Quelques chiffres seulement !
- 1° En 1936-37, 2.585 jeunes gens 'demandent à exercer le métier de mouleur. 3.827 places sont vacantes. Les offices d’O. P., après avoir éliminé un certain nombre d’enfants ne possédant pas les aptitudes physiques nécessaires, finissent par en diriger 3.334 vers le métier.
- Même résultat en ce qui concerne les cartonnières : 796 places sont offertes ; 478 candidates seulement se présentent ; à la fin de l’année, il est possible de pourvoir à 714 offres.
- 2° Dans un sens opposé — mais dans le but d’arriver au même résultat égalisateur — les 21.648 candidats boulangers de 1934-35 pour 12.584 offres se transforment, en 1936-37, en 24.054 candidats pour 20.370 offres.
- 3° Même effort d’« égalisation » du côté des employeurs. En 1931-32, on ne demande que 522 apprentis-maçons, alors que 3.009 candidats se présentent ; en 1936-37, nous relevons 18.853 offres (employeurs) pour 22.314 demandes (apprentis).
- Il nous a paru intéressant de signaler cet effort allemand en matière d’O. P. et surtout de placement en apprentissage. Sans doute est-il encore quelques régions qui éprouvent certaines difficultés, mais si l’on veut bien retenir qu’en 1936-37, 26.000 enfants (17.861 garçons et 8.837 filles) furent placés hors de leur région, on saisira mieux l’importance qu’attache l’Allemagne au problème du placement en apprentissage. y p
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- A travers les Revues
- Le Bulletin du groupement français cté'tudes de neuro-psgcho-patliologie infantile, récemment fondé (T. I, n° 2, mars 1938) contient, entre autres études, des observations de Th. Simon sur la définition de la débilité mentale, un exposé statistique et critique de Mme J. Jamet et M. Brissot sur le certificat d’études dans les écoles d’anormaux, des réflexions de Dubi.ineau sur quelques troubles de l’émotivité chez l’enfant.
- Une analyse des relations»entre tests d’habileté mécanique, artistique et musicale est donnée par R. S. Morrow dans le Journal of Psychologij (T. 5, 1938, p. 253-2G3).
- Une conférence de Mme le Dr Serin sur l’enfant épileptique et l’enfant hystérique a été publiée dans les Annales de VEnfance, Bulletin du Foyer central d’hygiène (mars 1938, n° 112), où Ton trouve aussi des conférences du Dr Ruaud sur les otites de l’enfance et leur retentissement dans le domaine intellectuel, et du Dr Benoit sur le daltonisme et l’examen du sens chromatique.
- Le Jurnal de Psiholehnica (Bucarest) dans son numéro d’avril-juin 1938 (II, 2) contient une étude de Nestor sur la rationalisation des examens universitaires, un exposé, dû à V. Pavelcu, de la méthode dite F. O. V., en psychotechnique scolaire, introduite par Narty et Zapan, une comparaison par Maria Sandulescu des résultats des lests d’intelligence et des notes de baccalauréat.
- Dans les Practica de F Académie d’Athènes (T. 12, 1937, p. 432), N. Exarciiopoulos, continuant à examiner l’influence du milieu sur le développement de l’intelligence, expose des recherches sur 141 enfants (examen par le Binet-Simon au début et à la fin de l’année polaire) d’où résulte une augmentation du O. I. chez 75 %, d’entre eux, attribuée à l’influence scolaire.
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- M. Sueda a communiqué à l’Académie de Médecine de Kiolo (Mélanges, T. 21, 1937, p. 1290) des expériences sur des femelles de rais blancs qui, soumises à des vibrations, ont subi de graves perturbations du cycle oestral, ce qui confirme les observations déjà signalées de troubles génitaux chez les femmes employées dans les autobus ou les ascenseurs.
- La revue Cercal Chemisiry (XIV, mai 1937, p. 382) a publié une étude du Dr Katz sur les appréciations des farines par les boulangers, montrant les divergences d’appréciations entre praticiens différents et l’ambiguité des critères, alors que des méthodes objectives peuvent apporter des résultats beaucoup plus précis.
- I >e G. ,T. Dudycita, une étude qualitative de la ponctualité dans le Journal o[ Social Psijchology de mai 1938 (T. 9. pr 207-217).
- Un clironoscope portatif électrique (construit par les établissements Chaix, de Nancy), fonctionnant sur le courant alternatif à 110 v. à la façon des horloges électriques indéréglables est décrit par P. Miciion, dans la Presse Médicale (23 avril 1938, p. 645) pour la mesure des temps de réaction.
- Dans la Zestschrift für angewandte Psychologie und Charakter-Icunde (T. 54, 1938) les problèmes graphologiques sont l’objet de deux études, de M. Hartge (graphologie en pédagogie et en O. P., p. 92-127) et de W. IIoiilmann (écriture et caractère héréditaire, p. 128-137). ________
- L’influence des cfforls sportifs sur le cœur d’après les électrocardiogrammes est examinée par Laukosz dans Polsha Gazeta Lekarska (T. 17, 13 et 20 février 1938. p. 126 et 143).
- Des remarques sur la myopie des écoliers ont été données par le Dr Lagrange dans la Revue médicale française de février 1938 (p. 121). ________
- L’importance sociale du traitement du strabisme est envisagée par le Dr IIarms dans la Deulsche Mediziniche Wochenschrift du 18 mars 1938 (p. 405).
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- Le Journal of the ’american mecUcan association du 19 février 1938 (T. 100, p. 559) signale, d’après Graulich, le fiait que six paires de jumeaux sont nés successivement des mômes conjoints.
- Une étude sur l’Orientation professionnelle dans les écoles secondaires villageoises, aux Etats-Unis, fondées sur l’analyse de 60 réponses à un questionnaire, a été publiée par Bronner, Lorge et Price dans le Teacher’s College Records (1937, T. 39. p. 218)
- Le n° 1 du T. 52 (1938) du Journal of Genetic psycliologg renferme des articles de Marguerite R. IIërtz (un essai d’étalonnage et de notation du test de Rorschach, p. 15-64, de P. R. Farnworth (examen des résultats obtenus avec l’inventaire de la personnalité de Bernstein, p. 3-13), de Fialken et Beckman (examen de l’influence exercée par le mois de la naissance sur les résultats des tests d’intelligence des adultes, p. 203-209).
- Dans le Journal of general Psychology (vol. 18, 1938, p. 31) R. Harrison et R. N. Dorcus se sont demandé si la vitesse d’exécution des mouvements corporels avait une valeur unitaire chez chaque individu, comme s’il y avait un facteur général de vitesse et ont trouvé, à l’encontre de cette hypothèse, entre 8 types d’épreuves chez 50 sujets des corrélations faibles, tantôt positives, tantôt négatives, mais sans avoir donné de consigne d’exécuter les mouvements le plus vite possible, afin d’obtenir un temps naturel et spontané. _________
- L’Office de Documentation économique et d’orientation professionnelle créé et administré par les Chambres de Commerce et la Chambre des métiers d’Ille-et-Vilaine nous adresse les quatre premiers numéros de son Bullétin d’information professionnelle qui consacre quelques pages intéressantes à F O. P.
- A lire dans la Revue de VOrientation intellectuelle d’avril 1938 : Comment orienter les jeunes filles (P. Bloch), un article sur « les surnuméraires des P. T. T. » et des renseignements intéressants sur la carrière d’ « adjoint aux chefs de service départementaux de la révision des évaluations foncières. »
- L’Education d’avril 1938 publie une étude assez complète sur les carrières de marine de guerre : officiers de marine, officiers mécaniciens, commissaires de la marine, ingénieurs de l’artillerie navale, du Génie maritime et du Service hydrographique.
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- INFORMATIONS
- L’Humanisme économique dans son numéro d’avril 1938, annonce, sous la signature de Pierre Aube, la création d’un service d’orientation professionnelle médicale, qui fait appel aux industriels cherchant des apprentis, et qui se dit doté d’une subvention nationale.
- Or, pour sélectionner les jeunes gens en âge d’apprentissage le service déclare utiliser « la méthode physiognononique du professeur Corman », « procédé scientifique éprouvé par l’expérience » !
- Voilà qui peut paraître singulièrement dangereux !
- • *
- * du
- h’Enseignement Technique, tel est le titre de la nouvelle revue mensuelle que publie l’Association française pour le développement de l’Enseignement technique. Prix de l’abonnement : 00 fr., l'amené à 50 pour les membres de l’association.
- Dans le premier numéro d’avril 1938, M. Luc reproduit la très intéressante conférence qu’il fit aux « stagiaires » de la dernière semaine d’ O. P. sur « les problèmes actuels de l’Enseignement technique ». On y lira volontiers les quelques pages qu’il consacre à l’O. P. Relevons cette opinion toute d’actualité : « En tant qu’elle ï'elève de l’éducation, l’O. P. a des rapports étroits avec l’orientation scolaire. On choisit son métier en choisissant ses études. Celui qui veut devenir ajusteur et celui qui veut devenir avocat ne peuvent pas faire les mêmes études, cela est impossible. Et qu’on le veuille ou non, en s’engageant sur une route, on s’écarte d’autres chemins, et l’écart ne cesse de grandir à mesure que l’on s’avance dans la direction adoptée. Bien entendu, l’O. P. ne se confond pas avec l’orientation scolaire, mais je voudrais qu’on ne dissociât point tout à fait les deux notions. »
- Et au sujet du projet de loi en préparation sur l’O. P. obligatoire, il ajoute : « Qu’entendons-nous donc par obligation ? Il ne s agit pas de l’obligation, pour les familles, de suivre certains conseils, mais de l’obligation, pour l’Etat, de donner ces conseils, afin qu’aucun père de famille ne soit livré entièrement à ses inquiètes incertitudes en face des mouvements quasi vertigineux
- de l’économie actuelle... » *
- * *
- L’Institut de coopération intellectuelle vient d’éditer un ouvrage de 280 pages sur « la coordination des enseignements du deuxième degré ». Nous y relevons plus particulièrement :
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- Maftiny : Le rôle du médecin dans l’O. P.
- Meili : Les méthodes de sélection pour l'admission aux écoles secondaires.
- Fontègne : L’O. P. dans les Congrès internationaux de l’Enseignement technique.
- * îk îk
- L’Office of Education des Etats-Unis a entrepris, il y a deux ans, une vaste enquête sur l’organisation de l’O. P. Le rapport fait ressortir lia difficulté rencontrée partout du fait du manque de personnel capable de s’acquitter de sa tâche avec compétence. Le personnel enseignant n’est pas encore suffisamment convaincu que l’orientation de l’élève fait partie intégrante de l’éducation qu’il reçoit en classe. Le rapport insiste également sur la nécessité de suivre les élèves après leur, sortie de l’école5 ainsi que sur l’utilité d’être renseigné aussi exactement que possible sur le marché du travail.
- *
- * sk
- Signalons les causeries d’orientation professionnelle (émissions post-scolaires de Radio-Paris, à 19 heures ; le lundi pour les garçons, le vendredi pour les filles).
- • *
- :k ±
- La répartition des élèves dans VEnseignement secondaire. — Voici, d’après une statistique officielle donnée en réponse à une question posée au ministre, la répartition des élèves dans les Lycées et Collèges de garçons et de filles en France au 5 novembre 1937 :
- Mathématiques. . . ... 4.581 1.249 560 33
- Philosophie 4.045 1.532 2.364 589
- F- A 3.819 1.198 1.216 338
- A’ 5.305 2.489 2.103 777
- B. 3.483 1.630 1.513 565
- 2e A 3.348 1.030 1.174 416
- A’ . . 4.250 1.995 2.052 ‘ 729
- B 3.114 1.565 1.865 699
- 3* A. . . 3.450 1.085 1.198 439
- A’ . . 4.052 1.812 2.094 693
- B. . . 3.154 1.645 2.050 822
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- bê A 3.380 1.060 1.426 470
- A’ 4.415 1.915 2.082 798
- B. . . 3-. 479 1.890 2.147 931
- 5e A. . . 8.836 3.475 4.229 1.015
- B 3.175 1.913 2.241 980
- 0e A. . . 10.852 4.882 5.476 2.201
- B 2.792 1.561 .1.873 821
- Un Institut pour la protection et Vamélioration de la race sera créé à Rome, en application d’un décret signé le 23 avril.
- Cet institut aura pour mission de surveiller et éventuellement de corriger le développement physique et psychique des nouvelles générations, de rechercher les moyens de prolonger l’existence productive des travailleurs et d’orienter ces derniers vers les métiers les plus appropriés à leurs aptitudes constitutionnelles ; d’étudier, enfin, les problèmes de la race et plus particulièrement ceux de la biologie et de la dénatalité.
- Les concours professionnels qui ont lieu tous les ans depuis 1934 dans l’ensemble du Reich se sont terminés à la fin d’avril à Hambourg. Ces concours, auxquels prennent part des jeunes gens et jeunes filles de tous les métiers, ont pris un développement remarquable.
- De 500.000 la première année, le nombre des concurrents s’est élevé celte année à 2.800.000. La participation est volontaire. Après des sélections successives, il est resté 7.000 concurrents.
- Ce concours semble avoir suscité une amélioration de la valeur professionnelle. La proportion des travaux déclarés insuffisants est tombée de 22 % à 11 °/„. Celle des travaux qui ont mérité la note « très bien » est montée de 5,7 à 9,5 %. Les gagnants de chaque branche obtiennent des promotions importantes. Ils sont désignés comme des ouvriers modèles.
- Le laboratoire scolaire d'Angleur, que dirige Mlle Jadoui.i.e, installé dans des locaux spacieux, a beaucoup développé son activité, d’après les renseignements donnés dans la «. Chronique commu-
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- n,ale » de mars dernier. De nombreux tests sont appliqués aux enfants des écoles et des étalonnages sont établis. M. Claparède. accompagné de Mme Decroly, a visité le laboratoire où l’éminent échevin, M. Jadot, l’a accueilli.
- *
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- En avril et mai 1938, YInstitut de Psychologie expérimentale de Y Université de Rome, dirigé par M. Ponzo, a organisé un cours de psychotechnique du travail avec la collaboration de plusieurs psychologues et psychotechniciens. C’est Mme Gasca-Diez qui a fait les conférences relatives à l’orientation professionnelle.
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- * sk
- A YInstitut national de Psychologie industrielle de Londres, les consultations d’O. P. entre octobre 1937 et mars 1938 ont été au nombre de 628 contre 518 au même semestre de l’année précédente (494 garçons et 134 filles). Des démonstrations des méthodes en O. P., ont été faites à l’Institut, avec projeqtion de films les 14 et 25 mai.
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- * *
- A la British Psychological Society, le 23 mars, MM. IIill et Stepiienson ont parlé de l’emploi et de l’abus des lests ; le 27 avril, MM. C.-S. Myers et M. Culpin ont examiné ce qu’était le psychologue industriel.
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- La consultation médico- pédagogique de YHôpital Léopold Bel-lan a été confiée à Mme le Dr Hoffer ; la consultation s’adresse aux enfants retardés, voyant, entendant et surtout parlant mal, ainsi qu’aux adultes présentant des troubles de la parole.
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- Les 2 et 3 mai s’est tenu 1 e Congrès de Y apprentissage dans les industries de Vameublement de la région parisienne. Lia séance inaugurale, au Conservatoire des Arts et Métiers, a été présidée par M. Luc.
- * •
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- La Midwestern Psychological Association a envoyé à tous les membres du Comité international des Congrès de Psychologie une
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- note pour demander que le XII0 Congrès ne se tienne pas à Vienne comme il avait clé décide cà Paris, l’été dernier, au XIe Congrès. Le XIIe Congrès devait se tenir sous la présidence du professeur Bühler, qui a été momentanément emprisonné au moment de L « Anschluss ».
- • *
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- La Conférence internationale de Psychotechnique qui devait se tenir à Philadelphie en 1938 sera reportée à 1939 et se tiendra en môme temps que la première réunion de la nouvelle American Association of Applied Psychoiogy'
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- * a
- MUe D. Weinberg a été nommée directeur adjoint, du Laboratoire d’organisation physiologique du travail de l’Ecole pratique des Hautes Etudes, placé sous la direction du professeur H. Laugier.
- *
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- Le professeur Freud a quitté Vienne pour s’installer à Londres.
- Nous avons eu le regret d’apprendre la mort, à Duke University, à la fin de mars, du professeur W. Stern, installé aux Etats-Unis depuis qu’il avait dû quitter Hambourg. Tout le monde connaît son œuvre considérable dans la domaine de la jisychologie de l’enfance et de l’adolescence. C’est lui qui a introduit la notion du quotient d’intelligence.
- *
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- M. Luc, directeur général de T Enseignement technique, a inauguré, le jeudi 12 mai, VExposition des travaux d’élèves de l’Ecole de Haut enseignement commercial pour les feunes filles, 15, rue Mayet, Paris (6e). Il s’ est particulièrement intéressé aux thèses exposées par les élèves de deuxième année.
- Les élèves de première année avaient exposé des catalogues et des maquettes.
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- Ees Commis clés contributions indirectes. — Editée par le « Bureau de documentation professionnelle », Ligue Française de l’Enseignement, 3, rue Récamier. Paris, la Fiche monographique n° 23 'ndique pour cet emploi : les conditions d’admission, les aptitudes nécessaires, les formalités d'inscription, le programme du
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- concours, les sujets proposés depuis 1930, le degré d’accessibi-lilé, la situation et l’avenir possible du commis.
- Envoi franco contre 1 fr. 75 en timbres poste d’usage courant.
- • *
- Signalons cpie le nouveau catalogue 1938 de la Librairie de l’Enseignement technique : Léon Eyrolles, éditeur, 61. boulevard Saint-Germain, Paris (5°), vient de paraître.
- Pour être facile à consulter, un catalogue doit conduire rapidement à l’ouvragé désiré quand on en connaît le titre ou l’auteur : cl’où les deux tables alphabétiques : litres des ouvrages, nom des auteurs.
- La Librairie de l’Enseignement Technique envoie son catalogue général à titre gracieux, à toute personne qui en fait la demande.
- La Vie de l’Institut National d’Orientation professionnelle
- La dixième année d’enseignement de notre Institut s’est terminée par les examens de fin mai.
- Il y eut cette année dix-neuf candidats dont deux qui avaient échoué l’année précédente.
- Sur ces dix-neuf candidats, un a échoué aux épreuves pratiques.
- Ces candidats étaient représentés par treize femmes et six hommes. Celle année, tous les candidats étaient français, sauf un homme de nationalité grecque.
- Voici les noms des élèves diplômés dans Tordre déterminé par le nombre de points obtenus : Mlle Danger (bien) ; Mlle Beizmann (bien) ; Mlle Petit (bien) ; Mlle Goldenberg (bien) ; M. de Beaumont (assez bien) ; Mmo Lévy-Bruhl (assez bien) ; MUe Collin (assez bien) ; .Mme Kahn (assez bien) ; M. l’abbé Fasciaux (assez bien); M. Migault (assez bien) ; MIlc Bertrand (assez bien) ; Mlle Mathieu (assez bien) ; M116 Stora (assez bien) ; M. Simkine (assez bien) ; Mme Bayeux-Caron ; M. Mafille ; Mlle Cauchois ; M. Papanastas-siou.
- L’écrit comprenait trois épreuves :
- 1° Epreuve de psycho-pédologie à choisir parmi les trois sujets suivants :
- Premier sujet (VL Wallon). Des différences entre l'intelligence de l’enfant et celle de l’adulte.
- Deuxième sujet (M. Piéron). Quelles aptitudes sensorielles et
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- sensori-motrices examineriez-vous chez des candidats au métier d’horloger ?
- N’entrez dans les détails que pour deux de ces aptitudes — celles que vous considérerez comme les plus importantes — et décrivez les tests usuels correspondants. (M. Fessard).
- Troisième sujet (M. Piéron). La fixation et l’évanouissement des souvenirs. L’examen de la mémoire en orientation professionnelle. (Mlle Weinberg).
- 2° Epreuve d’économie politique, d’organisation, de sélection, à choisir parmi les trois sujets suivants :
- Premier sujet (M. Noyelle). Les conventions collectives à l’heure actuelle.
- Deuxième sujet (M. Fontègne). D’aucuns disent qu’il n’y a pas (i’O. P. agricole. Quel est A Olre avis ?
- Troisième sujet (M. Lahy). L’orientation professionnelle est fondée sur la connaissance d’un certain nombre d’aptitudes psycho-physiologiques chez les individus. Enumérez et caractérisez ces aptitudes. Indiquez les méthodes de mesures qui permettent de déterminer la valeur de chacune d’elles.
- 3° Epreuve de psychologie, psychiatrie et pathologie générale, à choisir parmi les trois sujets suivants :
- Premier sujet (M. Laugier). Comment concevez vous une fiche physiologique destinée à l’O. P.
- Deuxième sujeit (M. Paul-Boncour). L’orientation professionnelle des prétuberculeux.
- Troisième sujet (M. Male). Les perversions instinctives.
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- Inscription des Élèves
- Les demandes d’inscription à l’I. N. O. P. peuvent être reçues entre le 1er juin et le 1er novembre. Parmi les conditions d’admission figure l’exécution d’une épreuve de niveau mental.
- L’admission est prononcée par le Conseil de direction, en tenant -compte de l’ordre des demandes d’inscription, des titres et des résultats de l’épreuve.
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- La Vie de l’Association des Anciens Élèves de PI. N. 0. P.
- Le Conseil directeur s’est réuni le 6 avril pour procéder à l’élection du bureau. Etaient présents : Mlles Argoud, Biscay, Mamelle. MM. Beaume et Vial. Excusés : Mme Favre, M. Pcllé.
- Mlle Biscay ayant terminé ses trois années de présidence, fut remplacée par M. Vial, 73, rue de Lille, Litt. 49-40 ou Gob. 64-72.
- Conservèrent leurs fonctions : Trésorière, MIle Mamelle, 153, boulevard Brune. Le nouveau numéro de téléphone sera donné prochainement.
- Secrétaire : M. Beaume, 67, Ranelagh, Jas. 50-48.
- Mlle Biscay donna lecture de la lettre qu’elle venait d’adresser à M. Menessier, au nom de l’Association, relative à une collaboration plus poussée avec les orienteurs.
- Le 3 juin un apéritif aura été offert aux élèves de la promotion sortante, qui nous procurera le plaisir de fêter leur succès, et de prendre contact.
- Et le conseil directeur du 10 juin aura eu à s’occuper de la réponse (en date du 12 mai) de la Société des orienteurs à la lettre mentionnéç ci-dessus, et à'fixer notre attitude.
- Enfin nous donnerons notre adhésion à l’organisation du 2° Congrès national d’O. P. (Lille-1939) et notre président fera partie
- du Comité de patronage. T ^ ^
- Le Secrétaire : Constant Beaume.
- La Vie des Centres d’Orientation Professionnelle
- L’O. P. en France. — Le Bulletin du Ministère du Travail (ocl.-nov.-déc. 1937) fournit quelques statistiques sur l’activité, en 1934-35, des Offices d’O. P. annexés à des Offices de placement.
- Sur 89 départements, 58" possèdent un de ces services ; 14 feraient usage des tests Piéron et Binet-Simon ; un nombre à peu près égal posséderait un matériel scientifique.
- Le nombre d’enfants examinés par l’ensemble des services d’O. P. serait de :
- 14.870 garçons, 10.765 filles, soit au total : 25.365.
- Des chiffres se rapportant à 48 offices indiquent que :
- 5.457 enfants ont été placés dans la profession choisie en premier lieu ;
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- 1.414 dans celle qui avait été indiquée en deuxième lieu ;
- 1.502 dans une autre profession.
- Les motifs qui ont guidé les enfants dans le choix de leur profession — indiqués par 45 départements — se répartissent ainsi :
- 5.743 déclarent s’inspirer de leur goût personnel.
- 1.207 désirent exercer le métier de leur père ou de leur mère.
- 1.916 obéissent à d’autres suggestions.
- En ce qui concerne le département de la Seine :
- 10.560, dont 4.160 filles, ont été examinées par les Offices d’O. P.
- 1.106 avis donnés ne _sont pas conformes au désir de l’enfant ;
- 2.832 ont été placés en apprentissage par les services d’O. P.
- 7.178 ont poursuivi leurs études, dont 2.873 dans l’enseignement technique.
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- L’activité des Offices d’O. P. — Les trois rapports annuels qui nous parviennent de Marseille. Nantes et Paris (17e arrondissement) confirment l’intérêt que, de toutes parts, on attache à l’O. P. pratique.
- 1.007 fiches-questionnaires reviennent judicieusement remplies, à l’Office du XVII0, avec 248 enfants seulement -— garçons et filles — désirant apprendre un métier ;
- Nantes examine, en 1937, 1.195 garçons et 497 jeunes filles et signale 11,6 °/„ de contre-indications scolaires, 13 % de contre-indications physiques et 15,3 % de contre-indications économiques. Sur les 1.692 orientés, 548 sont invités à rester à l’école ou à poursuivre leurs études ;
- Marseille accuse 3.632 élèves ayant suivi des « cours de préo-rientation et de métiers », 5.347 visites ayant occasionné 2.877 examens médicaux, 252 examens psychiatriques et 352 examens psychologiques.
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- L. L. Tiiurstone. — Primary mental abilities. — In-8° de 121 pages. University of Chicago Press.
- Dans cette monographie, la première des « Psychometric Mo-aographs » qu’édite la nouvelle « Psychometric Society », Tliurs-lone expose les résultats de son essai d’analyse factorielle, qui représente un travail vraiment énorme.
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- Toutes les intercorrëlat’ions, 57 lests (sur 60) appliqués à 240 sujets (dont 218 arrivèrent jusqu’au boni) ont etc calculées, cl l’élaboration par les méthodes propres de T. l’ont conduit à dégager 12 facteurs d’intervention non négligeable. D’après le poids de ces facteurs dans les différents tests, T. a proposé une interprétation psychologique de 9 d’entre eux, l’un d’ordre visuel spatial, un perceptif, un numérique, deux verbaux (dont un lié aux mots), un mnémonique, un inductif, un déductif, un probablement lié au raisonnement arithmétique. Notant la diminution avec, l’ûge des intercorrélations (fait plusieurs fois signalé déjà et qui se dégage en particulier des expériences de Jeanne Monnin), il admet la différenciation progressive des habiletés mentales au cours du développement:
- Notons enfin l’élaboration d’une batterie limitée de tests (au nombre d’une quinzaine), fondée sur le choix d’épreuves ayant la saturation maxima en chacun des facteurs invoqués, ce qui permettrait l’appréciation la plus économique de l’ensemble des aptitudes correspondant à ce que T. appelle les « secteurs » de l’esprit.
- Il y a là un très beau travail apportant déjà de précieuses données sur la voie qui s’ouvre à la psychométrie dans le cadre biométrique. jj j)
- D. Brooks. — Child Psychology. — Houghton Mifflin C°, New-York, 1937, p. 600.
- Sous le titre de Psychologie de l’Enfant, l’auteur .traite d’un point de vue très large le développement physique et mental de l’enfant jusqu’à la fin de- la 12e année faisant ainsi en quelque sorée de ce livre le complément de sa psychologie de l'Adolescence.
- Les données de faits, résultant de l’étude systématique de l’enfant sont très nombreuses, mais ne constituent pas une simple compilation ; elles se présentent souvent sous forme de courbes et de tables, faciles à consulter. Une importance toute spéciale est accordée aux facteurs biologiques, aux mécanismes de l’hérédité, au développement des structures et des fonctions avant et après la naissance. ABF
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- 10e Année
- N» .7-8
- Juillet-Août 1938
- BULLETIN
- DE
- l’Institut National d’Qpientation Professionnelle
- MONOGRAPHIE
- DE LA PROFESSION DE GÉOMÈTRE
- par
- Jacqueline DANGER
- Généralités sur la profession
- Etymologiquement, le géomètre est celui qui « mesure la terre » ; mais le rôle de géomètre-expert ne se borne pas seulement à mesurer ou à arpenter.
- La définition de la profession de géomètre-expert adoptée par la Fédération internationale des géomètres est la suivante :
- « Le géomètre-expert est le professionnel qui détermine l’assiette de la propriété foncière, connaît des litiges se rattachant à celle détermination et participe à son amélioration.»
- D’où un triple rôle : a) Technique ; — b) Juridique ; — c) Economique.
- a) Au point de vue technique, la compétence du géomètre touche à la géodésie et va de la topographie, c’esl-à-dire des relevés en plan et nivellement de grande étendue, à l’arpentage, c’esl-à-dire au simple mesurage d’un champ ;
- b) Au point de vue juridique, la fonction principale du géomètre est la délimitation et le bornage. Mais le géomètre doit bien connaître toutés les lois et la jurisprudence relatives à la propriété foncière, lois sur les loyers, les lotissements et 1 urbanisme, l’expropriation, le cadastre, le remembrement.
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- c) Au point de vue éconoinupie, le géomètre est essentiellement estimateur d’immeubles urbains ou ruraux. En outre, i! participe à l’amélioration et à la mise en valeur de la propriété foncière par son intervention dans les études de lotissements, d’aménagement des villes, de remembrement, de drainage et d’irrigation.
- Le métier de géomètre est classé parmi les professions libérales.
- Nous exposerons plus loin en quoi consistent dans la pratique les principales opérations de cette profession.
- Histoire
- La géométrie ou art de mesurer la terre est une des sciences les plus anciennes. L’historien grec Hérodote, qui visita l’Egypte au v° siècle avant Jésus-Christ, croit qu’elle prit naissance en Egypte quand Sesostris, environ deux mille ans avant Jésus-Christ, entreprit de partager ses terres entre ses sujets.
- Mais on a retrouvé en Chaldée de véritables plans cadastraux datant de deux mille trois cents ans avant Jésus-Christ, qui montrent qu’à cette époque la géométrie était déjà une science très avancée.
- Dans toute l’antiquité, égyptienne, grecque et romaine, l’ancêtre du géomètre actuel était une sorte de prêtre et les opérations de la délimitation et du bornage s’entouraient de cérémonies religieuses qui avaient pour but d’assurer le respect de la propriété.
- A Rome, le géomètre qui s’appelait « agrimensor » ou mesureur de champ, avait un rôle très important d’arbitre et même de juge.
- L’art du géomètre semble avoir été introduit en Gaule parles armées de César. Toutefois, il faut remarquer que c’est une mesure agraire proprement gauloise, « l’arpent », peut-être antérieure à l’occupation romaine, qui a donné chez nous au géomètre et à son art les noms : arpenteur, arpentage, qu’ils ont conservés au cours des siècles.
- Le ternie d’arpenteur est aujourd’hui un peu désuet, mais la plupart des traités de topographie continuent à désigner le lever de plan de détail sous la dénomination d’arpentage.
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- Avant la révolution de 1789, les arpenteurs-jurés formaient une corporation dont les attributions étaient réglementées el le nombre limité. Pendant quelque temps, l’arpenteur fût en même temps notaire s’appelant : arpenteur juré notaire royal.
- La révolution de 1789 supprima, avec les autres privilèges, celui du notaire arpenteur juré.
- La Convention rétablit le privilège des notaires, mais non celui des arpenteurs.
- Notons que le titre et la fonction d’arpenteur-juré subsistent encore dans nos anciennes colonies de la Martinique et de la Guadeloupe.
- Différentes situations de géomètre
- Il existe actuellement deux catégories principales de géomètres :
- Les géomètres fonctionnaires et les géomètres indépendants.
- A. -— Géomètres fonctionnaires
- Les principaux services de géomètres fonctionnaires sont :
- a) Le service du Cadastre qui dépend du ministère des lAnances et comprend : le service du renouvellement du Cadastre, le Cadastre de la Savoie, le Cadastre d’Alsace-Lor-raine, la révision des évaluations foncières.
- Traitements entre 7.000 et 50.000 francs, plus diverses indemnités.
- b) Les services topographiques des Colonies suivantes : Algérie, Tunisie, Maroc, Indo-Chiné, Afrique Equatoriale, Afrique Occidentale, Madagascar, Nouvelle Calédonie.
- Traitements allant de 10.500 francs à 50.000 francs, plus indemnités coloniales, de charges de famille et, dans certains services, des indemnités de travaux à la tâche.
- c) Le service du plan de Caris dépendant de la préfecture de la Seine.
- Traitements allant de 10.500 francs à 60.000 francs.
- d) Les services de géomètres des Chemins de fer. — Traitements de 10.500 francs à 42.000 francs environ, plus diverses indemnités.
- Les chiffres de traitements de ces divers services sont don-nés à titre indicatif, car ils sont assez fréquemment révisés.
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- B. — Géomètres indépendants
- Les géomètres indépendants exercent librement leur profession, soit comme employés chez des géomètres établis à leur compte ou dans des sociétés d’entreprise, soit comme patrons titulaires d’un bureau, acquis ou créé.
- Parmi les géomètres, indépendants on peut distinguer :
- a) Les géomètres ruraux qui exercent dans les villes de province et s’occupent surtout de travaux ruraux, relevés de fermes, bornages, mesurages de moissons, partages, etc... ;
- b) Les géomètres urbains, qui s’occupent surtout de levers de plans d’immeubles bâtis, de levers d’architecture, plans, coupes, élévations, d’estimations immobilières, de lotissements, d’urbanisme, de délimitations, de plans d’alignement, nivellements.
- Ces géomètres portent généralement le titre de géomètre-expert.
- c) Les géomètres topographes beaucoup moins nombreux que les précédents, qui font des levers topographiques de grande étendue, pour études de travaux publics, barrages, roules, chemins de fer, des plans parcellaires pour expropriations, des plans de villes entières, etc...
- En dehors de ces spécialisations générales, il existe encore chez les géomètres des différenciations importantes dues à certaines conditions locales.
- C’est ainsi que dans l’Ouest de la France (départements de la Sarthe, la Mayenne, le Maine-et-Loire et ceux de Bretagne et Vendée), le géomètre est moins technicien qu’expert-foncier. En d’autres termes, il fait moins de travaux de relevés de plans que d’estimations de terres, d’expertises, de gérance de domaines.
- Dans le département des Landes et dans les zones de forêts de pins, les géomètres sont surtout experts pour des évaluations forestières.
- Dans les zones minières, il y a des géomètres de mines qui font surtout des levers souterrains.
- Dans le département du Rhône, les géomètres sont en même temps « métreurs », c’est-à-dire s’occupent d’établir les devis de constructions et le règlement des mémoires d’entrepreneurs
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- pour les architectes, alors que dans le reste de la France il y a une démarcation très nette entre le géomètre et le métreur.
- Ces divers techniciens, bien que désignés sous la même dénomination générique de « géomètres » emploient des méthodes souvent très différentes, mais partant cependant des mêmes principes.
- On estime le nombre de géomètres indépendants établis en France à trois mille environ, dont la moitié groupés en syndicats départementaux ou régionaux et fédérés en une association dite Union des géomètres-experts et topographes français. Cette Union fait elle-même partie de la Fédération internationale des géomètres qui tient tous les quatre ans un congrès dans une capitale différente.
- La profession de géomètre est peu connue en France et dans certaines régions, comme la Bretagne, de nombreuses villes ne comptent aucun géomètre.
- L’Union des géomètres-experts et topographes français s’efforce depuis longtemps de faire connaître et d’organiser une profession particulièrement utile à la propriété foncière et est très soutenue, depuis 1929, dans son effort, par la direction de l’Enseignement technique.
- Modes d’accession à la profession
- A. — Géomètres fonctionnaires
- L’accession aux différents services de géomètres a lieu par voie d’examen ou de concours suivant des programmes particuliers à chaque service. Les programmes de ces concours comportent en général des mathématiques, du dessin, de la topographie et des éléments de droit.
- Les travaux confiés aux géomètres fonctionnaires sont à peu près de même nature que les travaux des géomètres indépendants et présentent les mêmes différenciations.
- C’est ainsi que les géomètres du service du Cadastre s’apparentent aux géomètres ruraux, les géomètres du plan de Pa ris s’apparentent aux géomètres urbains, les géomètres des services topographiques coloniaux s’apparentent plutôt aux géomèt res topographes.
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- B. -— Géomètres indépendants
- L’exercice de la profession de géomètre indépendant est libre et aucun diplôme n’est exigé pour fonder ou reprendre un bureau.
- Toutefois, il existe depuis 1929 un diplôme d’Etat délivré après une série d’examens et un stage donnant le titre de géomètre-expert diplômé par le gouvernement, et les jeunes gens qui veulent embrasser cette profession doivent avoir une culture générale suffisante pour leur permettre de préparer ce diplôme. Ce minimum est le certificat d’études primaires supérieures ou le brevet élémentaire ou le baccalauréat mathématiques élémentaires.
- Rien ne s’oppose en principe à l’accession des femmes à cette profession, mais jusqu’à présent nous ne connaissons qu’une femme‘l’ayant exercée.
- Formation professionnelle et enseignement
- La formation du géomètre se fait actuellement en France de deux façons différentes :
- a) Par apprentissage ;
- b) Dans les écoles techniques.
- a) Apprentissage.
- La plupart des géomètres sont formés par apprentissage chez un géomètre ou dans un service employant des géomètres. Cet apprentissage dure un minimum de trois ans, mais doit être complété pour la partie théorique par un sérieux travail personnel de l’élève, soit qu’il suive les cours par correspondance créés à cet effet par deux écoles : l’Ecole spéciale des travaux publics et l’Ecole universelle, ou par les cours du soir gratuits du Conservatoire national des Arts et Métiers.
- Les géomètres ne sont pas soumis au contrat d’apprentissage en tant qu’exerçant une profession libérale.
- b) Ecoles techniques.
- Il existe depuis quelques années un enseignement spécial donné par l’Ecole nationale technique de Strasbourg et par
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- l’Ecole spéciale des travaux publics de Paris, qui délivrent l’une et l’autre un diplôme reconnu par l’Etat.
- Les élèves, admis au diplôme de l’Ecole de Strasbourg, après deux ans d’études et une année de stage, portent le titre d’ingénieurs géomètres diplômés de l’E.N.T. de Strasbourg.
- Les élèves de l’Ecole spéciale des travaux publics, admis au diplôme après deux ou trois années d’études suivant le niveau à l’entrée et un stage de six mois, portent le titre d’ingénieurs géomètres diplômés E.T.P.
- Enfin, il existe une école régionale de géomètres à Nancy, créée par l’Office économique de l’Est, qui décerne un diplôme après une année d’études.
- c) Diplôme d'Etat.
- Le diplôme d’Etat qui donne le titre de géomètre-expert diplômé par le gouvernement, a été organisé par la direction de l’Enseignement technique en 1929.
- Ce diplôme est décerné aux candidats âgés de 25 ans au moins, ayant subi avec succès deux examens séparés par un stage pratique de cinq années. Il existe un certain nombre de dispenses pour les diplômés de certaines écoles.
- Description des principaux travaux du géomètre
- Le champ d’action du géomètre est très étendu et ses-travaux très variés ; c’est pour cela, comme nous l’avons dit plus haut, que les géomètres sont le plus souvent spécialisés, soit dans les travaux ruraux, soit dans les travaux urbains, soit dans la topographie.
- Voici en quoi consistent les principaux travaux de ces diverses catégories de techniciens :
- a) Géomètre rural.
- Le géomètre que nous appellerons rural travaille, comme ce qualificatif l’indique, surtout à la campagne quoi qu’il ail généralement son bureau dans une ville de province assez importante : préfecture ou sous-préfecture.
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- Son travail principal est le mesurage de fermes, de terrains de culture et le bornage de propriétés dont les limites sont incertaines.
- <( La pratique de l’arpentage, dit le dictionnaire Larousse, suppose que l’on sait jalonner une ligne, mesurer la distance entre deux points, mesurer un angle, abaisser ou élever une perpendiculaire sur une ligne jalonnée, opérations qui s’exécutent à l’aide d’instruments spéciaux tels que jalons, chaîne d’arpenteur, équerre, boussole, etc... » Ces opérations se font naturellement au grand air. Le géomètre rural doit être bon marcheur. Il part de bon matin, chaussé de solides souliers et guêtré, car il aura à parcourir en tous sens des terres labourées, à franchir des haies ou des ruisseaux. Il sera accompagné d’un ou plusieurs aides, qui seront ses employés' ou ses élèves. 11 ne doit pas avoir peur de manier une bêche ou une pioche pour rechercher ou planter une borne, une serpe pour se tailler un layon à travers les bois. Il ne doit pas craindre les intempéries car il peut être surpris dans les champs par un orage ou la pluie et aussi parce qu’il est appelé à travailler dehors en toute saison. Il doit savoir parler aux paysans et les comprendre, être familier avec eux fout en leur en imposant par son caractère et son intégrité, car il est appelé à leur servir d’arbitre dans des conflits souvent très apres quand il s’agit de la terre.
- En dehors de ce travail de lorrain, il aura à mettre au net- dans son bureau les résultats de ses mesurages. Alors interviennent ses connaissances mathématiques pour accorder ses mesures, calculer les surfaces des terrains relevés et sa science du dessin pour présenter son plan clairement et avec art. Il doit pour cela savoir bien dessiner et écrire et faire des teintes cà l’aquarelle.
- C’est encore à son bureau qu’il recevra ses clients qui viendront le consulter pour des contestations sur des limites, pour des estimations de leurs terres, pour'des conseils juridiques relatifs aux servitudes de passage, d’écoulement des eaux et aussi pour des améliorations à apporter à leurs domaines : remembrement, drainages, irrigations.
- Le géomètre rural est le collaborateur constant du notaire qu’il aide dans l’élaboration de la désignation des propriétés à vendre, dans les partages de terres entre des héritiers, dans
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- la recherche sur le terrain de terres mal désignées dans de vieux actes, et le conseiller habituel des cultivateurs.
- b) Géomètre urbain.
- Le géomètre urbain est celui qui exerce dans de très grandes villes, mais particulièrement à Paris. 11 opère surtout dans les immeubles bâtis et comme les terrains qu’il mesure ont une très grande valeur (on a vendu des terrains boulevard Haussman à plus de 16.000 francs le mètre carré) il doit employer des méthodes de très grande précision. En outre, il a souvent à mesurer des intérieurs de constructions avec tous les détails des pièces et à relever aussi des coupes et des façades de maisons. 11 est alors appelé, comme le métreur ou l’architecte, à monter sur les toits et sur les échafaudages. Pour ces sortes de travaux, spéciaux aux géomètres urbains, il ne faut pas être sujet au vertige.
- Le géomètre urbain est souvent appelé à étudier des lotissements, c’est-à-dire la division en plusieurs lots d’un plus grand terrain avec l’étude du tracé de voies nouvelles ou même, beaucoup plus Parement, des plans d’alignement et d’extension de villes entières. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui l’urbanisme. Ces travaux nécessitent naturellement des connaissances spéciales que tous les géomètres n’ont pas acquises.
- Le géomètre urbain a également très fréquemment à faire l’estimation de propriétés bâties ou non. Ce travail exige l’étude de l’évolution du prix des terrains voisins de celui qu’on a à évaluer, l’étude de la valeur des constructions d’après la nature des matériaux, l’ancienneté et l’état d’entretien de l’immeuble, enfin la connaissance des valeurs locatives, des taux habituels de capitalisation, de la législation sur les loyers.
- Géomètre topographe.
- Le géomètre topographe opère sur de grandes étendues, des centaines ou des milliers d’hectares et est appelé à travailler très loin de son domicile, dans toute la France et même aux colonies. Dans ce cas, il ne doit, pas craindre la vie dans le bled, ni le manque de confort, ni les intempéries.
- Sur le terrain, il dessine à main levée sur un croquis tous les détails utiles du terrain, routes, maisons,, rivières, bois,
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- etc., puis il mesure les angles au moyen de théodolites de très grande précision, il mesure des distances et les nivellations du terrain au moyen d’instruments spéciaux dits tachéomètres. Ces travaux de terrain se font généralement pendant la belle saison.
- Les travaux de bureau, calculs, report à l’échelle et dessin des plans se font autant que possible pendant les périodes de mauvais temps.
- Situation du personnel. — Lois sociales
- a) Généralités.
- Les géomètres ne sont soumis qu’aux lois sociales qui s’appliquent aux professions libérales : congés payés, allocations familiales, assurances sociales, accidents du travail. En revanche, ils ne sont pas soumis au contrat d’apprentissage, aux contrats collectifs, à la semaine de 40 heures.
- Bien qu’aucune statistique précise ne permette de chiffrer exactement le nombre des employés, on peut admettre que, dans l’ensemble de la France, les patrons géomètres n’ont guère plus d’un employé et un élève en moyenne. La plupart des employés sont donc appelés à devenir eux-mêmes patrons. Seuls, quelques bureaux de Paris occupent de nombreux employés parfois spécialisés dont certains peuvent occuper des postes permanents de chefs de service.
- Bien que les géomètres ne soient pas astreints au contrat collectif du travail, l’Union des géomètres-experts français a étudié en collaboration avec les groupements d’employés : l’Amicale des employés géomètres et topographes, le Groupement des employés géomètres et topographes de la région parisienne et le Syndicat des employés géomètres affiliés à la C.G.T., un statut du personnel avec un barême de salaires.
- Ce projet de statut est actuellement à l’étude et nous donnons, à titre indicatif, la classification du personnel et le tableau des appointement qui en font partie :
- b) Classification du personnel.
- La classification du personnel comprend :
- 1° Les élèves stagiaires.
- Durée de stage, environ trois années. Début vers 16 ans.
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- sement un la région
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- 2° Aides-géomètres ou opérateurs topographes.
- Titre acquis, d’après le projet de statut, après un examen professionnel correspondant à l’examen préliminaire du diplôme.
- 3° Géomètres ou chefs de brigade.
- 4° Géomètres principaux, fondés de pouvoirs, chefs de service.
- c) Barême des appointements.
- 1° Elèves.
- lre année............... par mois.... 250 »
- 2° année................ par mois.... 550 »
- 3° année................ par mois.... 800 »
- 2° Aides-géomètres et opérateurs-topographes.
- 2e classe, l’heure.. 6 fr. par mois.... 1.200 »
- lTe classe, l’heure.. 7 fr. 50 par mois.... 1.500 »
- Hors classe, l’heure 8 fr. 50 par mois.... 1.700 »
- 3° Géomètres ou chefs de brigade.
- 2° classe, l’heure.. 9 fr. par mois.... 1.800 »
- lre classe, l’heure.. 10 fr. par mois.... 2.000 »
- Hors classe, l'heure 11 fr. par mois.... 2.200 »
- 4° Les traitements des chefs de service, employés principaux ou fondés de pouvoirs se règlent par convention écrite établie de gré à gré, avec un minimum de traitement de la catégorie hors blasse des géomètres ou chefs de brigade.
- Evidemment, ce barême, comme tous les prix dans la période actuelle, est susceptible de modification ; en outre, il s’applique à la région parisienne et peut être modifié dans le reste de la France. Néanmoins il peut donner une idée de la situation moyenne des employés.
- Le statut prévoit que les employés doivent être promus d’une classe à l’autre dans leur emploi, au plus après deux ans d’exercice dans leur classe, et trois ans pour les chefs de brigade pour passer de la deuxième à la première.
- d) Etal actuel du chômage. Situation d’avenir.
- La situation économique actuelle a touché sérieusement un grand nombre de bureaux, principalement dans la région
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- parisienne, et comme ce sont précisément les bureaux qui occupent le plus d’employés, beaucoup de ces derniers ont été licenciés au cours des années 1933 à 1936. Certains sont entrés dans des administrations, particulièrement le service des révisions foncières au ministère des Finances, ou ont changé de métier. A l’heure actuelle, il n’existe plus de chômage parmi les employés géomètres.
- Certaines régions n’ayant pas de géomètres, un bon employé avec un petit capital peut avoir l’espoir, s’il connaît bien son métier et s’il est sérieux, de se faire une situation indépendante et intéressante sans même avoir besoin d’acheter un cabinet.
- Actuellement, un capital d’une trentaine de mille francs doit permettre à un employé d’acheter le matériel nécessaire à son installation, d’ouvrir un cabinet et de se faire une petite clientèle dans certaines villes de province, ou d’y acheter un cabinet. Les bureaux de géomètres se vendent sur la base de une lois et demie à deux fois et demi le bénéfice net annuel calculé sur les trois ou sur les cinq dernières années. Le plus souvent c’est le principal employé qui succède à son patron et de grandes facilités de paiement lui sont accordées.
- Journaux corporatifs et Bibliographie
- Journal des géomètres-experts et topographes français. Administration à Bray-sur-Seine (S.-et-M.).
- Bulletin de l'Union des géomètres-experts français. Secrétariat de l’Union des géomètres-experts français, M. Brazier, à Anizy-le-Château (Aisne).
- Bulletin mensuel de l'Amicale des employés géomètres et topographes. Administration : 265, rue des Pyrénées, Paris (20:e).
- Les carrières dans Ici topographie, par René Danger. Librairie de l’Enseignement technique, 57, boulevard Saint-Germain, Paris.
- Organisation et rémunération des travaux du géomètre, par Raymond Danger. Librairie de l’Enseignement technique, 57, boulevard Saint-Germain, Paris.
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- Aptitudes physiques et psychiques nécessaires pour l’exercice de la profession de géomètre
- I. — Aptitudes physiques
- A. — Aptitudes physiques générales
- Le métier de géomètre se place au nombre des métiers actifs. D’une manière générale, la profession demande une santé et une constitution assez robustes. Mais elle s’exerce dans des conditions très saines et assez variées pour pouvoir être indiquée même dans le cas de contre indications légères relatives, soit au travail de bureau, soit au travail de plein air. Par exemple, un tuberculeux guéri y trouvera tantôt une activité saine hors du bureau, et tantôt un travail calme au bureau.
- D’autre part, le métier ne cause pas de surmenage nerveux, et la fatigue physique résultant de longues marches dans des terrains plus ou moins mauvais, et par tous les temps, n’excède pas ce que peut supporter un homme (ou une femme) de santé moyenne, à condition toutefois qu’il ou elle ne souffre pas d’une infirmité sérieuse des membres inférieurs.
- B. — Aptitudes physiques spéciales
- La taille, la corpulence n’ont pas d’importance, non plus que l’état du cœur, des ofganes respiratoires et digestifs, sauf bien entendu les cas de maladie grave où le médecin doit être seul juge.
- Le géomètre doit nécessairement avoir l’usage de ses deux bras, notamment pour les mesurages au ruban d’acier et poulies croquis à main levée sur le terrain. Mais l’ambidextrie est inutile, les aptitudes manuelles indispensables sont les mêmes que pour toutes les professions du dessin de haute précision : sûreté absolue du geste, pas de moiteur.
- L’état des jambes est important. Toute paralysie est une contre indication absolue, ainsi que les pieds plats douloureux ou l’amputation d’une jambe.
- La conformation (en O, en X) est indifférente tant qu’il n’y a pas de souffrance ni de fatigue à la marche.
- Le métier n’exigeant pas de station debout prolongée, est
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- accessible aux personnes présentant des varices (ceci comme toujours sous réserve d’un avis médical).
- La profession ne demande ni la répétition fréquente d’un même geste, ni une grande promptitude des mouvements. Mais il est souhaitable que les géomètres réagissent assez rapidement à un signal. (Dans les mesurages de grande précision, le ruban d’acier étant tenu aux deux extrémités par les opérateurs, l’un d’eux doit faire la lecture de la distance au moment précis où l’autre signale qu’il se trouve exactement au-dessus d’un repère déterminé.)
- Au point de vue esthétique, un physique agréable est un avantage, ainsi qu’une prononciation nette, car le géomètre est appelé à de fréquents contacts avec le public, clients et collègues. Mais une infirmité apparente, un défaut de langage ne sont pas des contre-indications absolues.
- Il n’y a pas de maladies professionnelles et les accidents du travail sont tout à fait exceptionnels.
- C. — Aptitudes sensorielles
- a) La vue. — Une bonne acuité visuelle est indispensable, avec ou sans lunettes. Un borgne peut exercer la profession, les visées dans les lunettes des instruments se faisant avec un œil, et les oculaires pouvant se régler à la vue de chacun.
- De bonnes qualités visuelles sont également nécessaires dans les travaux de dessin qui doivent être exécutés avec une précision de 1 à 2 dixièmes de millimètre.
- Le daltonisme est gênant, car certains plans doivent être teintés, mais ce n’est qu’une légère contre-indication.
- b) L'ouïe. — Une très grande acuité auditive n’est pas indispensable. Cependant, un degré accentué de surdité est une gêne d’une part sur le terrain, car le géomètre peut avoir à communiquer de loin avec ses aides, et d’autre part au bureau dans ses rapports avec ses employés ou son patron et ses clients.
- Aucune autre aptitude sensorielle (gustative, olfactive, kiné-sique, etc...), ne présente d’intérêt particulier.
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- II. — Aptitudes psychiques
- A. ’— Aptitudes psychiques générales
- a) Intelligence générale. — Une bonne intelligence générale est nécessaire puisque le niveau d’études minimum nécessaire est le brevet élémentaire ou le certificat d’études primaires supérieures et que l’examen préliminaire du diplôme a un programme de mathématiques sensiblement équivalent à celui du baccalauréat mathématiques élémentaires.
- b) Mémoire. — Une mémoire exacte et précise est un atout précieux, comme dans toute profession où l’on mène de front une série d’affaires distinctes. Le géomètre sera avantagé par une bonne mémoire des nombres. En effet, il a de nombreux caeuls à effectuer au bureau. De plus, il doit, dans certaines opérations sur le terrain, faire plusieurs lectures consécutives de nombres sur une mire à l’aide d’appareils d’optique spéciaux (tachéomètres) et transcrire des cotes sur un carnet. Il gagne beaucoup de temps et son travail est plus précis s’il peut retenir dans sa mémoire quatre lectures consécutives sans quitter l’oculaire de son instrument, et reporter sans erreur ces nombres sur un carnet.
- c) Attention concentrée. — Nécessaire pour le calcul et le dessin de précision.
- d) Imagination. -— Certaines spécialités requièrent de l’imagination, par exemple l’étude des lotissements et l’urbanisme, qui sont des œuvres de création.
- e) Aptitude artistique. — La présentation des plans est un travail où interviennent le goût et la personnalité artistiques.
- f) Initiative. — L’initiative est toujours nécessaire, car chaque travail est un cas d’espèce auquel le géomètre doit savoir adapter ses méthodes.
- B. — Aptitudes psychiques spéciales
- a) Aptitudes pour les mathématiques et le dessin. — Nous avons, à plusieurs reprises, souligné la grande place que tiennent les mathématiques et le dessin dans les travaux du géomètre. On peut donc considérer comme absolument fondamentales les deux aptitudes correspondantes,
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- b) Soin. Goût de l'ordre et de la précision. — On doit signaler également l’importance du soin, du goût de l’ordre et de la précision pour la tenue des croquis où le géomètre doit dessiner avec minutie tous les détails du terrain, des carnets où il doit inscrire sans erreur les mesures relevées pour l'organisation de ses calculs dans lesquels tout désordre est une cause d’erreurs, enfin pour le classement des dossiers qui a une très grande importance dans un bureau.
- c) Aptitude à la direction. — Le géomètre opère rarement seul. Employé, il est appelé à diriger un ou plusieurs aides ou même une brigade topographique composée d’un chef de brigade, un opérateur qui manipule l’instrument, et deux, trois ou quatre porte-mires. Patron, il est appelé à diriger plusieurs employés et aides. Il lui faut donc l’autorité et l’aptitude à la direction.
- d) Qualités morales. Conscience professionnelle. — La probité doit être la qualité fondamentale du géomètre. Le commandant Clerc, un célèbre topographe français, a dit : « Pour être bon topographe, il faut être avant tout honnête homme. »
- Dans ses travaux techniques, levers, calculs, plans, le géomètre doit avoir une grande honnêteté scientifique et ne rien laisser au hasard pour obtenir la précision nécessaire.
- Lorsqu’il est arbitre amiable ou expert désigné par un tribunal, son impartialité et son intégrité doivent être à l’abri de toute influence.
- CONCLUSION
- La profession de géomètre comporte des activités extrêmement variées et permet à celui qui l’exerce de se spécialiser dans celle qui convient le mieux à ses goûts et à ses aptitudes.
- D’une façon générale, elle satisfait en même temps le goût de la vie au grand air, de la nature, de l’activité physique et le goût du travail minutieux et calme du calculateur et du dessinateur.
- Celui qui préfère la vie assurée à l’imprévu et au risque, se dirigera de préférence vers les situations de fonctionnaire.
- Celui qui préfère l'indépendance se dirigera vers les situa-lions de géomètre libre.
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- L’amaleur de voyage sera topographe et ira exercer son métier dans les colonies lointaines ou à l’étranger.
- Celui qui aime la vie de famille sera géomètre urbain ou rural selon ses préférences. Il pourra même, dans ce cas, trouver dans sa femme une collaboratrice, soit pour les travaux de terrain, soit pour- les travaux de bureau.
- C’est donc un métier très intéressant, qui exige un jeu très complet d’aptitudes hétérogènes, et peut satisfaire des goûts très variés.
- C’est en outre une profession en voie d’organisation et susceptible de développement car elle répond à des besoins multiples.
- L’ANALYSE DU TEMPÉRAMENT
- (Application de l’Analyse factorielle à la détermination des tempéraments, d’après Cyril Burt)
- par C. NONY
- L’auteur préconise l’extension de la méthode statistique qui a éclairé tant de problèmes pratiques en psychologie pédagogique et industrielle, à la psychologie pathologique, particulièrement en ce qui concerne la pathologie de l’émotion. Non qu’il faille attendre de cette analyse qu’elle nous renseigne plus quelle ne l’a fait jusqu’ici sur la nature vraie des phénomènes mentaux, mais elle peut rendre les plus grands services pratiques à la psychiatrie en aidant à classifier les cas en vue du diagnostic et du traitement. On sait que, en fait, le nombre des malades qui rentrent sous la description classique des psychoses et des psychonévroses est extrêmement restreint ; le clinicien expérimenté envisage chaque catégorie psychiatrique comme un portrait composite auquel ses malades ressemblent à des degrés divers, mais avec lequel aucun malade ne s’identifie jamais complètement. La méthode statistique se propose de mesurer avec précision la grandeur exacte de ces ressemblances, de ranger les cas en groupes empiriques chevauchant les uns sur les autres, d’indiquer — ne serait-ce que grossièrement — la valeur qu’il faut attacher à tel symptôme particulier et finalement de donner le degré de probabi-
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- lilé des déductions que l’on peut tirer de tout cela. Dans la pré-sente étude (1) les données statistiques ont été fournies par plus de 500 écoliers londoniens qui ont été adressés à l’auteur, au Laboratoire de psychologie de University College, en raison de désordres nerveux ou de problèmes moraux, et qui furent examinés et mesurés physiquement et mentalement.
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- Dans une recherche déjà assez ancienne sur « Les Facteurs généraux et spécifiques sous-jacents aux émotions primaires » [Bril. Ass. Ann. Rep. 1915, pp. 694-6), l’auteur était déjà arrivé à la conclusion que l’analyse factorielle conduit indiscutablement à admettre l’existence de certains facteurs hypothétiques, analogues aux facteurs généraux et aux facteurs de groupe qu’on admet dans la mesure des caractéristiques intellectuelles au moyen des tests mentaux. En éliminant le facteur le plus général de tous, qu’on peut appeler « émotivité générale », les corrélations spécifiques révélèrent deux entités antithétiques bien marquées, correspondant en gros aux types extroverti et introverti. Burt essaya de classer chacun de ces types hypothétiques suivant l’intensité de ses différentes émotions. En pratique il dressa pour chaque personne le tableau numérique de ses caractéristiques émotionnelles, traçant ainsi son « profil de tempérament » ou « psychographe ». On s’aperçoit alors que les mêmes graphiques se reproduisent indéfiniment, et qu’il existe des types émotionnels tout comme des types intellectuels, ainsi que le révèlent les résultats des tests mentaux. Les coefficients de saturation, c’est-à-dire les « poids » attribués aux différents tests ou aux différents traits, déterminent la place de chaque test ou trait dans le graphique ; et la corrélation entre la note totale d’un individu et celle du type indique approximativement la constitution émotionnelle de cet individu et mesure sa tendance vers tel type ou tel autre. Ainsi, en examinant un enfant « difficile », on dira par exemple que son niveau d’âge est 7,0 années pour l’émotivité générale, ou bien on mesurera son extroversion par la note 0,30 ; ce qui sera plus court et aussi utile que de dire son âge mental est de 8,5 années ou son Q. I. 0,81.
- (1) Britisli Journal o/ Medical Psycholoçjy, 1938, p. 158-188.
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- Dans sa recherche l’auteur s’esl proposé de confirmer, et si possible d’élargir, les déductions précédentes et en particulier de répondre à la question : Etant donné un groupe échantillon de cas cliniques, quel est l’ensemble le plus simple de concepts empiriques capable de nous donner une image à la fois concise et compréhensive de chaque enfant particulier ? En d’autres termes, quelle est la meilleure classification des tempéraments émotionnels. *
- L’étude a porté sur un groupe de 11 enfants de 9 à 16 ans, huit garçons et trois filles, soigneusement sélectionnés de la manière suivante :
- 1° Sur les plus de 500 enfants des écoles municipales de Londres qui, nous l’avons vu, lui avaient été adressés pour délits divers ou désordres nerveux, et qui, par conséquent, présentaient vraisemblablement une extrême émotivité, il en choisit d’abord 124 : ceux dont la note moyenne pour les différentes émotions était à peu près la même et ne différait pas de la moyenne totale de plus d’un quart de l’écart étalon, c’est-à-dire ceux qui se trouvaient à un niveau moyen sous ie rapport de l’émotivité générale, et cela pour éliminer les différences dues au facteur général.
- 2° Sur ces 124 enfants il en retint finalement 11, considérés comme suffisamment représentatifs des variations du groupe : après avoir divisé les 124 cas en 13 sous-types (environ neuf ou dix cas par sous-type), il choisit dans chacun l’enfant le plus représentatif du sous-type. Puis après avoir calculé les corrélations de-, 13 groupes, il en rejeta deux comme représentant des sous-types assez rares qui semblaient déranger les corrélations.
- Les mesures ont porté sur les émotions appelées par Mc Dougall et Shand « émotions primaires » (colère, affirmation de soi, sociabilité, curiosité, joie, sexualité, dégoût tendresse, chagrin, peur, soumission), non que Burt adopte définitivement leur nomenclature, il ne s’en sert au contraire que comme de catégories commodes en vue d’une classification préliminaire. Un questionnaire tiré au Ronéo fut envoyé aux instituteurs, docteurs ou assistantes sociales qui avaient la surveillance de ces enfants. Il portait, pour chacune des émo-lions primaires, sur dix situations ou objets vraisemblable-
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- ment capables de les provoquer, et sur dix inodes de réaction ; il y avait donc vingt questions pour chaque émotion, chaque émotion étant dotée de 5 points qui devaient noter la fréquence, l’intensité, la durée et les effets de l’exictation et de la réaction ; de sorte que chaque enfant était finalement décrit sous 11 catégories et noté sur une échelle de 1 à 100.
- Les corrélations furent calculées d’abord entre les traits. Burt prit pour point de départ les notes exprimées comme écarts autolir des moyennes des variables : c’est-à-dire qu’on lit la moyenne des notes de chaque enfant, puis que l’on convertit sa note totale en écart autour de sa propre moyenne (les chiffres en sont à peine modifiés puisque les enfants furent choisis de telle sorte qu’ils eussent à peu près tous la même moyenne). Puis on fit la moyenne des notes pour chaque trait et on les exprima comme écart autour de la moyenne de chaque trait (ce qui ne produit pas non plus grand changement).
- On calcula ensuite les covariances et les corrélations entre les traits, puis on fit la même chose pour les personnes.
- Un remarque tout de suite que les différentes émotions se rangent en deux groupes bien distincts : à quelques exceptions près, celles qui font partie d’un groupe ont entre elles une corrélation positive et une corrélation négative avec celles faisant partie de l’autre groupe. De plus les deux groupes tendent à chevaucher l’un sur l’autre : par exemple la joie dans le premier groupe et la tendresse dans le second, ont une corrélation positive et le dégoût (dans le deuxième) et la colère (dans le premier) ont, sinon une corrélation positive, du moins une corrélation négative exceptionnellement petite. Ces observations amenèrent à envisager au moins deux facteurs de groupe capables chacun d’une influence à la fois négative et positive.
- Quels sont ces facteurs hypothétiques capables de rendre compte des covariances et des corrélations observées ?
- Pour mesurer dans quelle proportion un trait particulier dépend d’un facteur particulier, Burt propose la formule qu’il a appelée « formule de sommation ».
- Coefficient factoriel pour le trait K
- moyenne des corrélations (ou co-variances) dans la colonne K moyenne de toutes les corrélations (ou co-variances) du tableau
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- Les résultats montrent tout de suite l’existence d’un facteur bi-polaire qui se manifeste surtout par 1’ « affirmation de soi » quand il est positif, el par la peur quand il est négatif. Dire d'après- cela que les enfants anormaux se divisent en deux types principaux, les agressifs et les inquiets — les premiers comprenant la majorité .des délinquants, et les seconds comprenant la majorité des névrosés -— serait sans doute une simplification abusive, mais contiendrait quand môme une bonne part de vérité.
- En poussant l’analyse plus loin, Burt trouve finalement que
- quatre facteurs suffisent à rendre compte des corrélations,
- mais que les deux premiers facteurs seuls le font dans une
- mesure égale à 90 %. *
- * .*
- Les corrélations entre les personnes, calculées à partir des notes originales, en multipliant les colonnes entre elles au lieu des rangs et en faisant les sommes produits pour chaque personne, conduisent aux mêmes facteurs et aux mêmes coefficients. Une autre manière, plus simple, de calculer les coefficients de corrélation des personnes est de mesurer la corrélation de chaque personne avec le type auquel chaque facteur conduit ; ies coefficients de saturation des personnes montrent dans quelle mesure chacune se rapproche plus ou moins de
- chaque type. *
- * *
- Mais quelle est la légitimité de ces facteurs hypothétiques ? Un autre observateur, partant de traits différents et d’un groupe d’enfants différents — normaux par exemple — ifobtiendrait-il pas, avec la même analyse, des facteurs et des types entièrement différents ?
- Examinons d’abord le premier facteur. On voit que, pour ce facteur, les charges factorielles et les coefficients de saturation des traits sont tous positifs en ce qui concerne les six premières émotions, — colère, affirmation de soi, sociabilité, curiosité, joie et sexualité — et négatifs pour le reste : dégoût, tendresse, chagrin, peur, soumission. Cela permet de penser que ce premier facteur est une tendance générale qui, lorsqu’elle est positive, prédispose à une conduite affirmative, active ou agressive, et lorsqu’elle est négative, vers la soumission, la peur, le chagrin, la tendresse, le dégoût, en un mot
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- les émotions inhibitrices ; bref, un facteur bi-polaire correspondant à peu près aux types « explosif » et « inhibé » de James, « romantique » et « classique » de Ostwald, « objectif » et « subjectif » de Binet, « extroverti » et « introverti » de Yung, « cyclique » et « schizoïde » de Kretschmer et de Kraepelin, etc... On a vu plus haut que ce facteur contribue à la variance totale pour plus de la moitié et est la cause de presque toutes les différences- les plus remarquables entre les sujets.
- On est également fondé à admettre l’existence du deuxième facteur, car, après élimination du premier facteur, plus de la moitié des résidus sont significatifs. C’est également un facteur bipolaire, positif pour la joie et, à un degré moindre, pour la tendresse, la soumission, l’affirmation de soi, la curiosité ; négatif pour la colère, le chagrin, le dégoût et la peur ; en somme, négatif pour les émotions franchement désagréables et positif pour celles qui sont agréables à un degré quelconque, opposition bien connue depuis Hippocrate et Ga-îi'en et qui se retrouve toujours la même h travers- les noms divers que lui ont donnés les psychiatres modernes : types « optimiste-pessimiste », « extroverti-introverti », « sanguin-flegmatique », « cholérique-mélancolique », etc., avec la différence qu’il ne s’agit plus ici de spéculations théoriques ni de jugements impressionnistes, mais de résultats numériques.
- Les deux autres facteurs ont une signification très douteuse, sauf cependant le troisième, qui serait en rapport avec un penchant sexuel plus ou moins prononcé.
- *
- * *
- Enfin tous les enfants furent examinés et mesurés physiquement ; et d’après ces mesures trois types furent établis, finalement réduits à deux pour être en conformité avec les travaux des anthropométristes américains et italiens, le type « gros » et le type « maigre », ce qui confirme la classification de Kretschmer (type pyenique et type asthénique). Mais les corrélation entre l’aspect physique et l’aspect psychique du tempérament, bien que souvent positives- (en particulier celle entre la maigreur et la tristesse pour le type introverti), ne furent jamais assez élevéesqiour permettre des conclusions certaines.
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- NOTES ET DOCUMENTS
- Le rôle du travail manuel dans l’appréciation des aptitudes
- A propos d’un article de J. Fontègne dans Y Information Pédagogique (11 mars 1938), sur le travail manuel dans la classe d’orientation aucpiel la compétence de l’auteur en matière d’enseignement technique communique une valeur particulière, signalons les remarques concernant le rôle de l’activité manuelle pour l’observation des aptitudes de l’enfant ; aptitudes non seulement professionnelle, mais aussi générales : physiques, intellectuelles, morales et sociales. '
- « Que se passe-t-il quand nous demandons à un enfant d’exé-« cuter un objet, une boîte en carton, par exemple ?
- « 1° L’examen du but à atteindre, de la quantité de matière « première mise à sa disposition fixera les dimensions à donner ,
- « 2° Le modèle présenté '— à moins, et nous le verrons plus « loin, qu’il s’agisse d’un travail libre — obligera ù une observa--« tion précise, quant à la forme, aux rapports de dimensions, à la « couleur employée ;
- « 3° Les explications données amèneront certains élèves à quel-« que combinaison s’éloignant du travail « classique », pourrait-on « dire ;
- « 4° L’imagination aidant, il arrivera que les objets exécutés « varieront dans la présentation qui en sera faite.
- « Autant d’observations d’ordre intellectuel qu’il vous sera pos-« sible de faire avant la mise en route, sans compter les « pour-« quoi » et les « comment » que vous entendrez de part et d’autre.
- « Et ces questions vous permettront de vous assurer que l’en-« fant se représente — facilement ou difficilement — l’objet qu’il « a à exécuter ; qu’il comprend ou ne comprend pas le but de tel « pliage ou de tel collage, ce qui ne peut que vous aider à vous « faire une idée de l’intelligence technique de cet enfant.
- « Voyons donc maintenant l’enfant au travail. Comme dans un « travail intellectuel, nous aurons à examiner sa mise en train. « Sera-t-elle lente ou rapide ? Si elle est lente, §era-ce une preuve « d’incompréhension, de crainte, de paresse ou d’un souci légi-« time de bien faire ? Car il ne faut pas se leurrer : un coup de « couteau mal donné ne se répare pas aussi facilement qu’un trait « au crayon d’un dessin.
- « L’enfant se met au travail : examinez le calme ou l’énerve-
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- « inent avec lequel il agit. : entendez-le poser des questions à tout « instant ; voyez son air inquiet à la plus petite difficulté : ce « sont les ciseaux qu’on rejette bruyamment sur la table, ce sont « des trépignements de pied, etc... Attitude au travail qu’il con-« viendra d’observer minutieusement.
- « Et, voyons maintenant le travail en lui-même ; n’y a-t-il pas « un certain tremblement de main qui fait que l’enfant découpe « de travers ; la coordination visuo-motrice des mouvements « est-elle judicieuse chez celui-ci qui n’arrive pas, avec son cou-« tenu ou ses ciseaux, à suivre le trait tracé. S’il en est ainsi, « quelle en est la cause : déficience visuelle, inattention, trouble « nerveux, indifférence ?
- « Que dire de cet enfant qui n’a pas su dégrader son effort « et a taillé trop profondément dans le morceau de carton. Inca-«. pacité au travail des petits muscles, manque de coordination « bimanuelle, sens kinesthésique peu développé ?
- « Et de même l’examen attentif des enfants au travail vous per-« mettra d’être renseignés utilement sur :
- « La régularité, l’exactitude, la force, la précision, la sûreté, « la coordination des mouvements.
- « Et vous verrez que tout ceci vous conduira à vous faire une « idée exacte sur l’habileté manuelle de l’enfant, un des princi-« paux buts des classes d’orientation.
- « Mais il sera possible aussi de saisir en poursuivant l’obser-« vation des facteurs plus généraux tels que l’édueabitité et la « fatigabilité. Enfin à toutes ces remarques viendront s’ajouter cel-« les qui concernent les manifestations du caractère — initiative, u énergie, volonté, persévérance, soin, propreté, esprit de colla-« boration, etc...
- *
- * :K
- Une enquête internationale sur l’Orientation professionnelle
- Tous ceux qui s’occupent d’Orientation professionnelle se doivent de connaître dans son ensemble l’exposé des résultats de l’enquête internationale sur l’O. P. menée par J. Fontègne sur la prière du Bureau international de l’Enseignement technique, exposé que publie dans son numéro de mars le Bulletin internalional de VEnseignement technique, sous le titre : « Le Problème de l’O. P. au bureau international de l’Enseignement technique » (B. I. E. T., 14, 1938, p. 9-94, 2, place de la Bourse, Paris).
- Le texte du questionnaire envoyé aux différents pays couvre des problèmes relatifs aux rapports de l’O. P. avec la famille, l’école, le corps médical, les groupements professionnels, etc., la prati-
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- (jue et les résultats de l’O. P., le placement en apprentissage, la législation, l’organisation et le budget de l’O. P., l’O. P. dans l’enseignement secondaire et supérieur, la formation des conseillers, les desiderata et projets en matière d’O. P., etc...
- Ont répondu aux questionnaires les pays suivants : l'Allemagne, le Chili, l’Egypte, l’Esthonie, les Etats du Levant sous mandat français, la France, l’Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Pologne, la Suisse (cantons de Bâle et de Lausanne). De plus des informations d’origine diverses ont pu être envisagées en ce qui concerne : l’Autriche, la Bulgarie, la Grande-Bretagne, la Belgique, l’Espagne, les Etats-Unis, le Portugal, l’U.R.S.S., la Tchécoslovaquie, la Lettonie.
- Un rapport de l’auteur sur l’O. P. au congrès international de l’Enseignement technique (Rome déc. 1936) suit l’exposé des résultats de l’enquête.
- Devant l’impossibilité de donner ici, même succinctement, un aperçu des données très denses de cette importante mise au point, nous nous bornerons à en reproduire les conclusions générales :
- « 1° L’O. P. d’un adolescent est, avant tout, déterminée par les « goûts et aptitudes de cel adolescent.
- « 2° Ces aptitudes sont d’ordre morphologique, physiologique, <( sensoriel, affectif (moral et social).
- « 3° Ce qui importe, ce n’est peut-être pas tant la prédominance « de telle ou telle aptitude particulière que le comportement de « l’individu tout entier.
- « 4° Il y a lieu de tenir compte, pour l’orientation profession-« nelle, d’un certain jeu de compensations et de suppléances qui « interviennent dans le comportement général.
- « 5° Les méthodes éducatives actives et les tests permettent, « par l’observation et l’expérimentation, de déceler et de détermi-« ner les aptitudes.
- « 6° En principe, les aptitudes sont éducables. Là réside l’idée <( directive de toute formation professionnelle.
- « 7° Cette formation professionnelle, pour toute une catégorie « de métiers, exige certains modes d’intelligence, des formes dé-« terminées d’attention et de mémoire adéquates à la profession u apprise ainsi qu’à l’exécution de gestes variables en force, en « durée cl en précision.
- « 8° L’orientation professionnelle, préface logique de tout ap-« prentissage rationnel, doit tenir un compte important des con-« naissances acquises et à acquérir, ces connaissances devant être « comprises et non simplement retenues.
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- « 9° Le côté économique du problème doit être envisagé au « môme titre que les aptitudes et les monographies professionnel-« les doivent présenter une vue d’ensemble de l’activité à exercer . « métiers déficitaires et métiers encombrés ; activités en régres-« sion et activités nouvelles, métiers qualifiés, sans métiers, etc...
- « 10° Les contre-indications, de quelque nature qu’elles soient, « relatives ou absolues, prennent la première place dans l’orien-« tation professionnelle, ce qui n’exclut nullement une O. P. posi-« tive.
- « 11° Il ne faut pas confondre orientation professionnelle et « sélection professionnelle, bien que les méthodes d’investigation « et de choix soient sensiblement les mêmes.
- « Les rapports ont montré également le rôle important qu’avait « à jouer l’école (l’école primaire surtout) dans cette œuvre émi-« nement éducative qu’est l’orientation professionnelle.
- « Ils ont insisté sur cette idée très ancienne, mais bien incom-« plètement. réalisée, que l’école devant préparer à la vie, il • « avait, par le pré-apprentissage général, une transition heureuse « à établir.
- « Ils ont indiqué très nettement les collaborateurs de l’O. P. : « école, services médicaux, groupements professionnels, orien-« teurs, en faisant ressortir l’aide précieuse qu’ils attendaient des « familles.
- « Ils ont reconnu à la science le rôle qui lui incombait dans les « recherches d’ordre économique, statistique, biologique, psycho-« logique.
- « Ils ont enfin proclamé qu’il n’y avait point obligation, con-« Irainte. A. B. F.
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- La Psychologie dans la préparation des Maîtres
- La 6e Conférence internationale de l’Instruction publique, à Genève, en 1937, avait mis à l’ordre du jour l’importante question de l’enseignement de la psychologie dans la formation pofessionnclle des éducateurs du 1er et du 2e degré. Un questionnaire avait été adressé par M. Piagel, directeur du B.I.E., aux divers gouvernements dont les réponses ont été l'objet d’une publication d’ensemble (1). Nous citons, de celle publication, une partie de l’introduction.
- ... Il semble évident que le pédagogue doive connaître l’enfant et l’adolescent et qu’ainsi l’étude de la psychologie lui soit nécessaire. Si indispensables que soient non seulement la connaissance
- (1) Documents oi(iciels sur l’enseignement de la psychologie dans la préparation des maîtres. Bureau International d’Education, Genève. In-8“ de 130 pages.
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- des branches à enseigner, mais encore la vocation personnelle de l'éducateur, le talent pédagogique et les qualités plus ou moins innées'd’autorité, de contact, etc..., qui font un bon maître, il est clair qu’il lui reste à connaître l’esprit de ses élèves ; une certaine information psychologique est ainsi impliquée dans toute préparation péda'gogique, car pour former des esprits, il faut savoir selon quelles; lois ils se constituent et selon quelles lois ils fonctionnent.
- Comment donc se fait-il qu’une telle vérité ait été aussi longtemps méconnue/et qu’elle ait commencé si récemment à être appliquée d’une manière systématique dans les divers pays ? Deux raisons très simples expliquent ce fait ; la première se ramenant d’ailleurs à la seconde. En premier lieu, tout le monde se croit psychologue, tandis que l’on ne s’attribue point de science anatomique ou physiologique infuse. Il a donc paru superflu, ou plutôt l’idée même n’en est venue que tardivement, de consacrer un temps déterminé à l’étude d’un domaine que chacun croit connaître suffisamment par la pratique. En second lieu, la psychologie de l’enfant et de l’adolescent ne se sont constituées à titre de sciences que tout récemment, trop récemment pour que l’opinion soit encore convaincue de la valeur de leurs premiers résultats, par rapport à la connaissance psychologique intuitive et commune. Bien plus, il faut affirmer sans hésiter que la psychologie de l’enfant et celle de l’adolescent ne sont point faites, qu’elles débutent seulement et qu’ainsi il est parfaitement naturel qu’elles ne jouent point encore, dans la préparation des maîtres primaires et secondaires, le même rôle que l’anatomie et la psychologie dans la préparation des médecins.
- C’est cette situation très particulière d’un enseignement essentiel à la formation des maîtres, mais trop récent pour avoir encore donné tous ses fruits, qui a poussé le Bureau international d’Education, à procéder à l’enquête dont nous donnons auourd’lmi les résultats.
- Après ces quelques lignes de M. Piaget, qui a utilisé la collaboration de MUo Edith Meyetî, viennent le texte du questionnaire, un résumé général et l’ensemble des documents recueillis auprès des ministères de 42 pays. A la suite de l’examen des réponses, la Conférence a adressé des recommandations, dont nous donnons ci-dessous le texte en ce qui concerne cette question de la formation psychologique des éducateurs.
- La Conférence internationale de l’Instruction publique,
- Convoquée a Genève par le Bureau international d’Education, et s’y étant réunie le 10 juillet en sa sixième'session adopte le 23 juillet 1937. la recommandation suivante :
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- La Conférence,
- Considérant que toute éducation et toute technique pédagogique aux différents degrés de l’enseignement, doit être adaptée à La mentalité des enfants ou des adolescents.
- Que les sciences psychologiques ont réalisé dans ces dernières années des progrès Irès marqués dont la connaissance est de grande importance pour les éducateurs, môme lorsque ces progrès ne comportent pas d’application immédiate et directe.
- Qu’au reste il importe moins de donner aux futurs éducateurs des connaissances psychologiques spéciales que de développer en eux le goût et le sens de l’observation, ainsi qu’une attitude de prudence et de respect à l’égard de l’enfant et des lois de son développement psychique.
- Recommande aux Ministères de l’Instruction publique des divers pays :
- 1° Que les futurs éducateurs acquièrent une solide formation psychologique intégrée dans leur préparation pédagogique générale et en particulier dans leur préparation didactique ;
- 2° Que cette formation ne porte pas seulement sur la psychologie générale, mais aussi, et surtout sur la psychologie de l’enfant et de l’adolescent ; et qu’elle ne se borne pas à initier les futurs maîtres à l’emploi de tests variés et de méthodes métriques, emploi qui suppose un esprit critique développé et une certaine maturité scientifique, mais qu’elle comporte une étude qualitative du développement mental et de la structure de l’esprit de l’enfant, sous les aspects intellectuels et affectifs, individuels et sociaux ;
- 3° Qu’outre l’étude de l’enfant et de l’adolescent normaux on prévoie celle des enfants difficiles ou anormaux (en liaison avec les services médico-psychologiques), des aptitudes et caractères individuels (en liaison avec les services d’orientation scolaire et professionnelle) et des divers milieux, familiaux, scolaires, etc., dans lesquels se développent les enfants ;
- 4° Ou’en chacun de ces domaines, la préparation psychologique consiste essentiellement en des observations, des expériences et des recherches personnelles sur le développement intellectuel, moral et social d’enfants variés ; que ces observations précèdent et accompagnent les cours ex cathedra, lesquels risqueraient sans cela d’une part d’être mal compris des élèves si ceux-ci n’avaient pas été préparés par des expériences directes à saisir le sens des problèmes et notions psychologiques, et d’autre part, de substituer dans leur esprit le respect exagéré des formules à l’examen des faits ;
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- 5° Que cette formation psychologique soit donnée aux futurs éducateurs à un âge où leur maturité d’esprit, leur culture générale et leur préparation biologique soient suffisantes pour leur permettre de bien comprendre toute la signification des espérien-ces auxquelles ils sont appelés ù collaborer.
- 6° Oue cet enseignement soit donné par des professeurs suffisamment préparés eux-mêmes, non seulement par leur culture philosophique, mais encore et surtout par leur pratique de l’expérimentation scientifique et des techniques de la psychologie.
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- Relations de la puberté et de la croissance
- L’examen anthropométrique de 1.871 filles et 1.884 garçons des écoles de Chicago (de 6 à 18 ans) a conduit M.-G. Ilicm:y à des remarques sur.les relations de la croissance (d’après le poids cl la taille) avec la puberté (1).
- En divisant garçons et filles, séparément, en trois groupes, selon que la puberté s’est montrée précoce, normale ou tardive, R. note qu’à âge égal, ceux dont la puberté est précoce sont aussi plus grands et plus lourds que ceux de puberté normale et ces derniers que ceux de puberté tardive.
- Il y a donc une certaine corrélation entre la croissance morphologique et la maturation sexuelle, corrélation non précisée toutefois.
- R. note l’accélération prépubérale de croissance et remarque que les différences dans la croissance entre groupes de puberté précoce ou tardive ne se maintiennent pas après 15 ans chez les filles, après 17 ans chez les garçons. P.
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- La mesure de l’intelligence chez l’étudiant d’Université
- MM. À. Ley et M. L. Wauthier, tout en admettant qu’une bonne mémoire doit être la base d’une intelligence bien développée, mais trouvant que dans les examens la mémoire joue un trop grand rôle, ont essayé de créer un ensemble de tests pour étudiants d’université.
- (1) The relation of accelerated, normal and retarded puberty to the heiglit and weight of school children. Monogr. Soc. Res. Child Deuelopmerït, 1937, nu 8, p. 1-67.
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- Cette fiche colleclivc comprend cinquiante questions et demande une demi-heure de travail.
- Le lest collectif appliqué sur 71 étudiantes ci 209 étudiants comporte des épreuves d'achèvement, d’assemblage, de compréhension, de raisonnement et de jugement, d’esprit critique et de relations d’idées, sur lesquelles les auteurs s’excusent de ne pouvoir donner que des indications très générales pour en assurer le caractère inédit. Les étudiants examinés, tous âgés d’une vingtaine d’années environ, proviennent des établissements suivants, classés suivant leur meilleur rendement dans cette épreuve : Ecole polytechnique, Médecine, Sciences, Philosophie,. Ecole de pédagogie.
- L’étalonnage est fait d’après le nombre des réponses exactes ; on y voit peu de différences entre les résultats des deux sexes.
- Moyenne des résultats obtenus pour l’ensemble des sujets. Moyennes des réponses exactes : Mode, 23 ; Médian, 24 ; Moyenne arithmétique. 25.
- La répartition des sujets en déciles donne les valeurs suivantes : 1er décile, 33 à 41 réponses exactes. — 2e, 31 à 33. 3°, 28 à 31.
- - 4e, 26 à 28. — 5°, 24 à 26. — 6e, 22 à 24. — 7e, 21 à 22, — 8e, 19 à 21. — 9e, 16 à 19. — 10e, 10 à 16.
- Au moyen de ce lest, les auteurs recherchent la valeur des corrélations entre réussite dans les examens universitaires et résultats dans leur test. La corrélation est faite surtout pour les sujets supérieurs et les sujets très inférieurs, la zone moyenne ne permettant pas des appréciations très nettes. « Il serait donc important, disent-ils, de faire précéder les examens universitaires d’un examen mental. »
- Cela permettrait de distinguer l’étudiant intelligent qu’une faiblesse accidentelle a pu faire échouer d’un étudiant peu intelligent mais plus heureux. Et surtout si cet examen avait lieu dès la première année, il permettrait' d’éliminer les étudiants mal doués qui, travailleurs, parviennent cependant à force de temps à réussir dans leurs examens.
- Envisageant ensuite, la question des énormes lacunes dans certaines connaissances élémentaires et fondamentales chez les élèves des grandes écoles, ces mêmes auteurs ont établi une série d’épreuves portant sur des connaissances élémentaires sur l’enseignement primaire et secondaire et sur des notions de culture générales très simples afin de vérifier dans quelle mesure celles-ci sont conservées. Ce nouvel ensemble fui appliquée à 145 élèves avant subi le test d’intelligence sus-indiqué. Ils ont trouvé une corrélation positive évidente entre les deux groupes de résultats.
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- Ce sont les sujets les plus intelligents qui ont conservé avec le plus d’exactitude les connaissances acquises dans les éludes primaires et moyennes, mais en général l’oubli de ces notions élémentaires est énorme chez les étudiants. M.-H. P.
- CHRONIQUE DOCIMOLOGIQUE
- Les nouvelles dispositions relatives au Certificat d’études
- Par arrêté en date du 22 mars 1938, le certificat d’études primaires a été- notablement remanié.
- Les principales dispositions sont les suivantes :
- 1° Commission d’examen
- La commission, nommée par l’inspecteur d’académie sur proposition de l’inspecteur primaire, siégeant dans chaque chef-lieu de canton (avec institution d’autres commissions si le nombre des candidats à examiner dépasse 50), est ainsi composée :
- 1° L’inspecteur primaire de la circonscription, président ;
- 2° Un ou plusieurs vice-présidents, choisis parmi les membres de l’enseignement public suivants : directeur, directrice et professeurs des écoles normales ; proviseurs, directrices et professeurs de lycée ; principaux, directrices et professeurs de collèges ; directeurs, directrices et professeurs des écoles primaires supérieures et des écoles d’enseignement technique ; directeurs et directrices d’écoles avec cours complémentaire ou cours supérieur ; instituteurs ou institutrices chargés de cours complémentaires.
- Lorsque la commission doit examiner des élèves des écoles privées, elle comprend un membre de l’enseignement primaire privé.
- Pour l’examen des jeunes filles, des dames font nécessairement partie de la commission ;
- 3° Des sous-commissions composées chacune de deux membres, dont l’un au moins est un instituteur (ou une institutrice) public chargé d’un cours moyen ou d’un cours supérieur et dont l’autre est, soit un membre ou un ancien membre de l’enseignement public ou privé, soit un délégué cantonal.
- Les sous-commissions sont constituées de telle manière que, si des maîtres en exercice dans un canton sont appelés à siéger dans les jurys d’un autre canton, les maîtres en exercice dans ce dernier canton ne puissent pas figurer dans les jurys du premier.
- Ce sont les sous-commissions qui corrigent les épreuves écrites et font passer les épreuves de lecture et de chant.
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- 2° Examen
- Une seule série d’épreuves, pour une examen d’une journée, comprenant une rédaction (sur la vie scolaire ou familiale) servant aussi d’épreuve d’écriture, une dictée de dix lignes avec trois questions (deux sur l’intelligence du texte, la troisième sur la connaissance de la Langue), cinq questions d’arithmétique, un problème d’arithmétique pratique, une interrogation écrite de sciences (trois questions) et d’histoire et de géographie (trois questions), dont une comportera un croquis géographique très sommaire), les réponses devant être brèves ; un exercice simple de dessin (ou de couture pour les filles), un de lecture courante (avec une question sur l’intelligence du texte) et l’exécution d’un chant.
- Sujets choisis par l’inspecteur d’académie, correction des copies sous condition d’anonymat (le nom se trouvant sous pli fermé).
- Notation de 0 à 10 (et de O à 5 pour dessin, lecture et chant). La note 0 n’est éliminatoire qu’après délibération du jury. Toute faute grave dans la dictée entraîne une suppression de deux points.
- Admission. — Les candidats ayant obtenu la moyenne (60 points), sans note éliminatoire y sont admis.
- Il n’y a pas de mention.
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- Ces dispositions marquent un certain progrès vis-à-vis des règles antérieures.
- Moins d’importance est donnée à cet examen de contrôle de la formation primaire, plus d’objectivité est assurée, et les épreuves de questions écrites tendent à introduire le principe des méthodes de tests.
- Restent les vieilles routines relatives à l’admission d’après la note moyenne (qui devrait alors être obtenue par les deux tiers ou les trois quarts des candidats, et perdre ainsi la valeur dite « moyenne »), à l’importance exagérée donnée à l’orthographe, et au principe de la note éliminatoire (qui risque de jouer le plus souvent pour l’orthographe) (1).
- Peut-être ne faut-il pas trop demander d’un coup. On peut en tout cas se féliciter de voir l’examen ramené à un contrôle des capa-
- (1) Un léger correctif est apporté par le paragraphe suivant de- l'arrêté ministériel : Toutefois, lorsqu’un candidat, qui réunit le total des points nécessaires à l’admission, se trouve dans le cas d’être éliminé pour avoir fait de 5 à 7 fautes dans la dictée, le jury est autorsé à examiner l’orthographe usuelle du candidat dans sa rédaction ; si cette orthographe est satisfaisante, le candidat peut être déclaré admis.
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- cités élémentaires qui doivent être -acquises .au cours de l’enseignement du premier degré, en laissant ouverte la question des aptitudes devant entraîner l’aiguillage ultérieur dans une des voies du second degré ou de l’apprentissage professionnel.
- A quand le tour de la révision du baccalauréat et d’une organisation de l’orientation à l’entrée des universités ? H. P.
- A travers les Revues
- Dans le Journal of Genetic Psychology (I. 52, 2, 1938), on peut signaler, entre autres, les études de M. A. Durea sur les caractéristiques personnelles des jeunes délinquants en rapport avec La gravité des délits (p. 269), de Virginia L. Nelson et T. W. Richards sur le développement mental (emploi de tests de Gesell), de D. S NY g sur la relation entre l’intelligence des mères et celle de leurs enfants recueillis dans des orphelinats (coefficients très faibles, de l’ordre de 0,130 avec l’échelle Stanford-Binet), d’A. Lichtenstein sur des recherches relatives au retard dans l’apprentissage de la lecture.
- Dans les Archives suisses de Neurologie et de Psychiatrie (I. 41, n° 1, 1938) de nouvelles observations sont présentées par A. Guir-dham sur la méthode de Rorschach, résumant en particulier son travail sur l’application du test de Rorschach chez les épileptiques paru dans le Journal Mental Science d’octobre 1935.
- Le n° 10 du tome 77 (10 mars 1938) de la revue tchèque Casopis Leha.ru Ceskych est consacré à un Congrès de médecine préventive dans lequel ont été présentées de nombreuses études de médecine scolaire et d’hygiène mentale et sensorielle (vue et ouïe) des écoliers.
- Le n° 187 (15 juillet 1938) d'Europe (qui a consacré une série d’études à « l’homme, la technique et la nature ») renferme un article de René Maublanc sur Charles Fourier et l’Enseignement polytechnique, où il souligne, sous la forme souvent ridicule des utopies phalanstériennes, la profondeur des idées de ce grand précurseur de la détermination des aptitudes, de l’orientation professionnelle et de l’emploi des méthodes de tests. Dans le même
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- numéro, l’étude sur l’enseignement technique, dont nous citerons prochainement quelques importants passages, a été laite par le directeur général, M. Luc.
- Les carrières dans l’aviation commerciale font l’objet des numéros d’avril, mai, juin 1938 de l'Orientation Professionnelle.
- Un article de R. C. Cattell dans le Brit. J. of Psychol. (avril 1938) étudie les modifications- dans la vie sociale d’une population, corrélatives à un abaissement du quotient d’intelligence moyen.
- Le Brit. J. of Educ. Psychol. publie dans son numéro de février 1938 la suite du travail de M. V. Vernon sur les mobiles présidant au choix des carrières, et celle de l’étude de M. W. Oldham sur l’étude psychologique de l’aptitude aux mathématiques. Une comparaison des tests d’appréciation artistique y est présentée par H. Dervar.
- Le numéro de mars 1938 du Petit Guide des Familles contient une liste avec adresse des centres d’orientation professionnelle et des écoles professionnelles (deux éditions différentes, une pour Paris, une pour la province).
- Dans le numéro de mars 1938 de Occupations est examinée, accompagnée d’une importante bibliographie, la carrière de l’« Ac-countant », c’est-à-dire de l’employé de commerce dont les fonctions consistent à mettre sur pied le budget, à inscrire, à vérifier, interpréter tous les actes financiers concernant l’affaire à laquelle il appartient, à faire les compte rendus et agir comme conseil. Les devoirs du pilote de haute-mer sont présentés sous forme dia-loguée. Dans le numéro de mai, signalons les carrières du journalisme, de l’employée de maison de beauté et les futurs emplois concernant la télévision.
- Dans le Trait d'Union, mai-juin 1938, un article de P. Chas-sang traite du rôle des éducateurs en orientation professionnelle ; il est accompagné d’une fiche d’observation scolaire en usage au Collège Saint-Ignace. _________
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- Le Dr Heuyer ,a consacré un article dans le numéro 1 1938, de la Revue Médico-Sociale el de Protection de l'Enfance, à la collaboration médico-pédagogique dans la récupération des enfants déficients.
- A signaler dans le numéro février-mars 1938 du Bull, de la S. Al. Binet, « Une classe d’adapation à la vie pratique », par Mme Benoit.
- Les métiers du livre sont envisagés dans le numéro de mars 1938 de la revue Santé pour tous, dans trois articles : Les Métiers du Livre, par Paule Charrier ; Le saturnisme, maladie professionnelle du typographe, par le Dr Henri Lambert ; Les typographes et la loi, par Germaine Green.
- Un étalonnage du test B. D. (Buvse-Decroly) est publié par L. Wellens et G. Marichal dans le numéro de janvier 1938 du Bull, de l'Ass. médico-pédag. liégeoise.
- Le n° 26 de La Gazette des Métiers (juillet 1938) donne un compte rendu du 5e Congrès artisanal national, organisé par le Comité d’entente et d’action artisanales de France, et qui s’est tenu à Grenoble les 17, 18 et 19 juin 1938, tandis que le n° 27 rend compte de la Conférence internationale artisanale réunie à Oslo les 3 et 4 juin 1938. _________
- Dans le numéro de mai-juin 1938 de Pour l'Ere Nouvelle, citons : Développement moteur et mental chez l’enfant de H. Wallon, L’extraordinaire évolution pédagogique du Chili par A. Ferrière, Les deux tâches de l’éducation de P. Gehebb, Les instituts pour ouvriers dans l’Espagne républicaine de L. Vincent.
- Un test d’attention diffusée avec présentation mécanique de l’apprentissage et mesure de 1a durée des réactions, par Lahy, est décrit avec un grand luxe de details techniques dans le numéro juin 1938 du Travail Humain. Dans ce numéro, signalons de plus une importante revue analytique de la législation française du travail en 1937, avec répertoire alphabétique, par G. Iciiock.
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- Dans le n° 3, tome II, 1938,.du Jurnal de Psihotehnica (Roumanie) Mmes Ené et Benari, qui ont fait à Paris cet hiver un séjour de plusieurs mois, consacrent un article, la première à l’hygiène mentale et à l’Orientation professionnelle en France, la deuxième à la sélection professionnelle en France. On y trouve également un article critique de psychologie militaire du lieutenant Chap-
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- Une importante conférence de Mme Borel-Maisonny, directrice du service de rééducation de la parole à l’Hôpital des enfants assistés, est reproduite dans le numéro de juin des Annales de rEnfance. Dans ce numéro également, « Un exemple de cours complémentaire à demi-temps en Angleterre », illustre la manière dont il a été possible, dans certains cas, de mener parallèlement l’apprentissage professionnel et la continuité de l’instruction.
- Dans le Manuel général de VInstruction primaire (n° 41, juillet 1938), un bref article de A. Gérard, « Mon franc parler », traite de l’Orientation obligatoire.
- La sélection des étudiantes infirmières est envisagée dans le numéro d’avril 1938 du Journal of Applied Psychology qui, par ailleurs, traite de l’utilisation possible des déficients mentaux dans certaines industries telles que la fabrication des lacets. Une étude expérimentale met en lumière les relations de La « personnalité » avec le succès dans la vente. A signaler aussi la comparaison de groupes d’étudiants se préparant à des professions différentes.
- Le Bulletin du Bureau international d'éducation (n° 2, 1938) signale l’adhésion de la France au B.LE.
- Uu important et très sérieux travail de Cattell et Willson, dans le British Journal of Educational Psychology (juin 1938) explique par l’hérédité le coefficient de corrélation extrêmement élevé (0,9) qui a été obtenu entre la moyenne des niveaux d’intelligence des parents d’une part, et celui des enfants d’autre part.
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- Dans le numéro de juin 1938 de l'Orientation Professionnelle, fin de l’étude sur r,avi.ation commerciale (voir numéro avril et mai) et début d’une monographie sur les carrières de la banque.
- Dans Santé pour Tous (mai 1938), signalons deux petits articles sur le métier de pharmacien : Ferons-nous de nos enfants des pharmaciens, de Estève ; Le pharmacien et la loi, par J. Isorni
- Le métier de « boulanger » est décrit dans le numéro de juin 1938 de Occupations. _________
- Dans le numéro de mars de Industrielle Psychotechnik, F. Bir-zele considère l’intérêt de la reproduction des silhouettes humaines pour la détermination du caractère. L’orientation professionnelle basée sur la graphologie y fait l’objet d’un article de IL Unger. L’examen psychotechnique des conducteurs de poids lourds est étudié par V. Neubauer.
- Sous le titre « L’expérience en cours : ce qu’on peut en penser », un article de R. Ciiibon sur les classes d’orientation a paru dans le numéro de juin 1938 de Y Education.
- INFORMATIONS
- La conférence internationale du travail. — Dans sa séance du 31 juin dernier, à Genève, la conférence a discuté le rapport de la commission chargée d’étudier la réglementation de l’enseignement technique et professionnel et de l’apprentissage.
- Ce rapport, qui a été adopté, conclut à l’opportunité de préparer pour l’an prochain une ou plusieurs recommandations. En vue de l’élaboration de ces textes, la commission a établi une liste de points sur lesquels les gouvernements devront être consultés par le Bureau international du Travail.
- La conférence a également adopté deux projets de résolution. L’un prie le conseil d’administration du Bureau international du travail d’envisager l’opportunité d’inscrire la question de Vorientation professionnelle à l’ordre du jour d’une des prochaines sessions de la conférence. Le deuxième invite le conseil d’administra-
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- lion à examiner l’opportunité d’inscrire à l’ordre du jour d’une des prochaines sessions de ta conférence la question de la rééducation et du reclassement professionnel des travailleurs adultes.
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- Réforme de renseignement en France. — G. Pelorson donne, dans Volontés (20 janvier 1938) un plan de réforme s’établissant comme suit :
- Scolarité obligatoire : G à 18 ans.
- La « cellule scolaire initiale » comprend un enseignement commun de 6 à 11 ou 12 ans, un enseignement complémentaire jusqu’à 15 ans ; un enseignement moyen constitue le deuxième degré de 15 à 18 ans, avec des sections agricoles, commerciales, industrielles, générales ; le troisième degré, ou enseignement spécial, est consacré à la formation des élites, à partir de 18 ans, dans les écoles normales actuelles, 12 écoles centrales et 5 écoles centrales d’administration.
- Le projet de Pelorson comporte également une revalorisation du niveau de vie et, par suite, du « standing » moral du personnel de l’Enseignement.
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- Aux Etats-Unis. — Orientation professionnelle et placement. — La nécessité de créer des services spécialisés pour le placement des jeunes gens s’étant fait particulièrement sentir durant la crise, le service de placement, aidé de l’Administration nationale pour la jeunesse, y a pourvu ces dernières années, dans 65 villes (ressortissant à 28 Etats et au district de Golumbia). Des experts, rétribués par l’Administration nationale pour la jeunesse, ont été rattachés aux bureaux publics de placement et sont chargés d’établir les capacités et l’expérience des jeunes gens de 16 à 25 ans en quête d’emploi et de leur donner des conseils. Le nombre des jeunes gens inscrits dans ces bureaux et de ceux qui ont été placés dans l’industrie de mars 1936 à août-1937 s’est élevé à 165.738 et 70.192 respectivement. La création de ces services spécialisés se poursuit régulièrement.
- L’Administration nationale pour la jeunesse pourvoit également à l’orientation professionnelle des jeunes gens en quête de travail en leur fournissant des informations sur les possibilités d’emploi, les aptitudes requises et les perspectives d’avenir ; elle a créé, à cet effet, des bureaux et des cours spéciaux. La Commission fédérale de l’apprentissage, actuellement rattachée au département du
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- travail, et composée de représentants du gouvernement, des employeurs et des travailleurs, a pour objet d’encourager la formation d’apprentis et d’améliorer leur protection.
- (Informations Sociales, 28 mars 1938).
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- Le Centre d’études des problèmes humains (C. E. P. H.), de M. J. Coutrot, a fondé un Institut de psychologie appliquée dirigé par MM. Artiius, Baudouin, Masson-Oursel et Salzi.
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- Sous la présidence ae M. Luc, une réunion d’information s’est tenue le 11 juillet au B. I. O. S. (Bureau d’information et d’orientation sociales, 55, avenue Georges-V), dans laquelle M. Pouillot, inspecteur divisionnaire du travail, a exposé les solutions adoptées en France pour la réadaptation des chômeurs et l’orientation professionnelle des adolescents sans travail.
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- Les classes d’orientation. — A la suite de l’examen par une commission spéciale dont le rapport fut apporté par M. Le Lay, des résultats de l’expérience partielle des classes d’orientation, le Conseil supérieur de l’Instruction publique a décidé (par 44 voix et 4 abstentions), la reprise en 1938-39, de cette expérience, étant entendu que l’on profitera des données acquises pour perfectionner l’expérience.
- En particulier la Commission a envisagé une préparation des maîtres à l’emploi de méthodes d’examen pour l’obtention d’une connaissance plus précise des enfants.
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- A 1a. Société de Pédiatrie, le D¥ Turpin a relaté l’observation de deux jumeaux monozygotes présentant une disposition morphologique et fonctionnelle « en miroir » : l’un est gaucher, l’autre droitier ; une anomalie du carpe se rencontre clans la main gauche de 1’ un et dans la droite de l’autre ; même symétrie inversée pour l’implantation des cheveux.
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- De nombreuses communications sur les jumeaux avaient été faites à La Journée de la Deusche Gesellschaft für Vererbungs wissenschaft qui s’était tenue du 18 au 20 mars (compte rendu dans Klinische Wochenschrift, XVI, 21, p. 759 et 22, p. 795) : chez les monozygotes, caractéristiques communes de l'adaptation à l’obscurité (lions), concordance des traits du sommeil (Geyer), de la motricité en faisant tracer des lignes (Becker), etc...
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- Le directeur de 1‘Institut für Jugendkunde de Brême, le Dr Va-* eentiner, dans son 27e rapport (mai 1938) expose le travail de son Institut au point de vue de la sélection des écoliers pour les études supérieures, et des examens d’aptitude professionnelle (au nombre de 598, dont 13 pour la profession de dentiste).
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- Examen médical et psychotechnique des automobilistes. —- La commission consultative pour le retrait du permis de conduire de la llaute-Vienne a adopté, il y a quelques mois, à la suite d’un long rapport de Mme le docteur Masson, les vœux suivants :
- « La Commission consultative pour le retrait du permis de conduire de la Haute-Vienne émet le vœu que l’examen médical soit exigé pour tous les -candidats au permis de conduire les véhicules automobiles et que cet examen offre le maximum de garanties.
- « La commission émet également le vœu que des laboratoires psychotechniques soient installés dans chaque département où les candidats pourraient demander à subir un examen facultatif préalable. »
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- La régression de la myopie scolaire en Suède. — En 1894, il y avait 5,2 °f0 de myopes dans les classes inférieures des écoles suédoises, et 24,6 7» dans les classes supérieures. En 1920 il n’y en avait plus, respectivement que 3,7 et 19,1, l’amélioration générale de l’hygiène étant, d’après le Dr Nordgren, la cause de cette diminution.
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- La stérilisation des déficients mentaux au Danemark. — Depuis les lois de 1929 et 1935, prévoyant la stérilisation des déficients
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- mentaux, sur 35.000 individus de ce type (dont 10.000 sont objet de contrôle et de soins), 400 ont été stérilisés (300 femmes et 100 hommes), en majorité des débiles simples (quotient compris entre 0,55 et 0,75), les imbéciles (quotient de 0,30 à 0,55) et les idiots (moins de 0.30) étant proportionnellement moins nombreux.
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- Les ueclarations du Ministre de l’Education nationale sur l’Orientation professionnelle :
- Dans une interview prise pour Le Temps par M. Guy Laborde, le ministre de l’Education nationale, M. Jean Zay, a commenté les récents décrets-lois sur l’orientation et la formation professionnelles. Nous citons ici quelques-uns des principaux pasages de ses déclarations telles qu’elles ont été reproduites :
- « J’ai prévu la création d’un centre public d’orientation professionnelle, au chef-lieu de chaque département ou dans la ville la plus peuplée. Ce qui fait, à peu près 90 centres pour tout le pays.
- « Après approbation du projet par le conseil supérieur de l’enseignement technique, la mise en train s’étendra sur trois années, pratiquement de janvier 1939 à janvier 1942.
- « — Quel est l’objet de ces centres ?
- « — Examiner les enfants de 13 à 17 ans, ayant quitté l’école, de façon à leur indiquer les métiers pour lesquels ils paraissent inaptes. Le centre donne donc une contre-indication...
- « Par département ou par groupe de départements, selon la densité de la population, un secrétariat, d’orientation professionnelle, placé sous l’autorité de l’inspecteur d’académie, contrôlera et coordonnera l’activité des centres publics et privés.
- « Au besoin, il les documentera ; il leur fera parvenir les monographies professionnelles.
- « Le rôle du secrétariat eêl un rôle de liaison. De même, il sera chargé d’assurer une liaison efficace entre les centres et les écoles d’où sortent les futurs apprentis : écoles primaires, primaires supérieures et privées, enseignement technique. Il assurera aussi la liaison avec les offices de placement.
- « Ma préoccupation est, vous le voyez, de coordpnner les efforts et, en perfectionnant un organisme dont les bases étaient déjà jetées, de lui donner une homogénéité nécessaire à son bon fonctionnement.
- <n C’est pour assurer l’efficacité de la liaison que le secrétariat d’orientation dépend de l’inspection académique. Il ne peut y avoir de bonne orientation sans consultation...
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- « En outre, une commission d’orientation professionnelle sera chargée d’assisler le secrétaire et de l’éclairer au besoin.
- « Elle sera composée d’hommes compétents, pris en majorité parmi les membres de la commission départementale d’enseignement technique. J’envisage d’y faire entrer des représentants des associations de parenls et d’élèves, là où elles existent. »
- « Si, avant d’entrer dans un métier, ses études terminées, l’adolescent doit être l’objet d’une consultation par le centre, le centre lui-même pourra, en certains cas, se déplacer. Des médecins seront chargés de missions d’orientation et iront sur place examiner les enfants...
- « Il sera muni d’une fiche scolaire indiquant ses aptitudes dans la mesure où les maîtres ont pu les observer.
- « De même, il disposera d’une fiche médicale, établie par le médecin attaché au centre. On y indiquera les métiers pour lesquels il paraît peu apte pour des raisons de santé.
- « Sur le vu de ces fiches, le centre se prononce, délivre un certificat. dans lequel sont notées les observations faites. C’est une information préalable, condition nécessaire d’une liberté véritable. Muni de ce certificat, le futur apprenti choisit alors sa profession...
- « — En donnant cette contre-indication, en montrant au futur apprenti les métiers dans lesquels il risque de ne rencontrer que des déboires, on lui offre les garanties les plus sûres d’avenir.
- «— Pensez-vous tenir compte, dans celte orientation, des besoins des industries ?
- « — Les centres disposeront de monographies professionnelles indiquant, outre les qualités requises pour chacune d’elles, leur vie mouvante, leurs possibilités, leurs besoins...
- « Pour connaître d’une manière plus précise les besoins des industries, il est possible de se servir de la liaison entre le secrétariat et les offices de placement. Ainsi pourra-t-on se tenir à jour régulièrement et renseigner de façon efficace les futurs apprentis... »
- La Vie de l’Institut National d’Orientation professionnelle
- Enseignement normal
- En raison de la m;se en œuvre prochaine de la préparation au certificat d’aptitude aux fonctions do secrétaire départemental d’orientation, conformément aux décisions du décret-loi du 25 mai (les décrets d’application devant paraître d’ici la fin de I année) une
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- réorganisation de l’enseignement., en vue du diplôme de conseiller d’O. P., entraîne le rétablissement pour 1938-39 d’une seule année de cours et travaux pratiques, avec obligation d’assiduité entre le début de novembre et le début de juin.
- Les programmes seront publiés dans le n'uméro d’octobre du Bulletin.
- Les élèves qui ont suivi déjà une première année, et qui bénéficieront d’une priorité d’inscription, seront tenus néanmoins de suivre les mêmes cours et travaux pratiques que les élèves nouveaux.
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- Stages et Certificats
- Le certificat d’études spéciales délivré aux orienteurs ayant assisté à deux périodes de stage après soutenance d’un travail personnel ne pourra plus être obtenu après 1939.
- Il pourra désormais être délivré un certificat de stage, sur déci sion d’un jury d’examen de trois membres, après deux interrogations orales subies à l’issue de La période de stage, et envoi (clans un délai de trois mois) d’un rapport de stage et d’un mémoire sur un sujet indiqué par le jury.
- En 1938-39 seront organisés deux stages, l’un pour les orienteurs, l’autre pour les médecins (en collaboration avec le Laboratoire d’hygiène de la Faculté de médecine, dirigé par le professeur Tanoni).
- La Vie des Centres d’Orientation Professionnelle
- L’Orientation Professionnelle dans la Seine-Inférieure
- Dans une circulaire en date du 27 mai 1938 adressée aux maires du département, le préfet de la Seine-Inférieure, M. Hoger Ver-i.oume a signalé l’existence du Service départemental d’orientation professionnelle organisé, à partir d’octobre 1937, par décision du Conseil général, et communiqué une notice relative à l’O. P.
- La circulaire prévoit une agrégation des communes au service, agrégation donnant droit à la fourniture d’imprimés (affiches, tracts de propagande, fiches d’orientation) et aux directives (par voie de correspondance ou de conférences) fournies par le 'directeur du service, M. Dumontier, sous réserve d’une participation financière proportionnée à la population communale (100 francs
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- au-dessous de 1.000 habitants, 300 francs de 1.000 à 3.000, 600 francs jusqu’à 5.000, 1.000 francs jusqu’à 10.000, 1.500 francs jusqu'à 15.000, 2.000 francs jusqu’à 20.000 et 2.800 francs au-dessus de 25.000).
- Les maires sont invités à saisir leur Conseil municipal au cours de la plus prochaine session.
- 11 y a lieu de souhaiter que l’appel du préfet de la Seine-Inférieure soit entendu, et M. Dumontier ayant fait une très utile propagande, il est très probable qu’il le sera (1).
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- Gomment fonctionne le Centre d’Orientation Professionnelle de Vincennes
- Par délibération du 12 avril 1938, le Conseil municipal a autorisé le fonctionnement, à litre d’essai, du 1er mai au 31 octobre 1938, d’un centre d’orientation professionnelle destiné à conseiller les parents sur l’orientation à donner à l’activité de leurs enfants pour le choix d’une profession.
- En exécution de la délibération du Conseil municipal, le centre a été installé à l’annexe de la mairie, 43, rue Raymond-du-Temple, où le médecin cl les assistants orienteuses reçoivent les parents avec leurs enfants, sur rendez-vous.
- Le service médical du centre est assuré par M. le docteur Macé de Lepinay, médecin psychiatre, ancien chef de clinique de la Faculté de médecine de Paris, l’orientation étant confiée à M1 11® de Sercey et à Mme Guérin.
- Les familles qui écrivent au maire pour demander un conseil d’orientation professionnelle en faveur de leurs enfants, sont convoquées au Centre. Les enfants sont l’abord soumis à un examen collectif d’une heure trente environ. Les résultats de cet examen ont pour but de guider l’assistante dans le choix des épreuves individuelles qu’elle devra faire subir ultérieurement à l’enfant.
- Après cet examen collectif, a lieu l’examen médical en présence du père ou de la mère de l’enfant, en vue de dépister tous les troubles aigus et chroniques. Au cas où une affection aiguë est découverte, l’examen d’orientation professionnelle est suspendu et le médecin recommande aux parents de voir le médecin de famille
- (1) Nous publierons prochainement de larges extraits d’une conférence de M. Dumontier devant la Chambre des métiers de la Seine-Inférieure. Signalons l’organisation d’un excellent stand d’O. P. par M. Dumontier à l’Expo-
- sition artisanale régionale de Rouen.
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- pour prendre tonies dispositions utiles, en vue d’assurer La gué-rison.
- Si l’enfant est reconnu sain, il est soumis à un examen psychologique qui porte sur les mesures anthropométriques (taille, poids, largeur de poitrine), la pression artérielle, l’acuité visuelle cl auditive,'la capacité respiratoire, etc...
- Après ces deux examens, les enfants sont convoqués à nouveau accompagnés de leurs parents. En attendant celle deuxième convocation, les notes scolaires sont demandées par l’assistante au Directeur ou à la Directrice de l’école de Vincennes, fréquentée par l’enfant. Aussi, quand l’enfant se présente pour la deuxième fois à l’assistante, celle-ci est fixée sur son intelligence, son caractère et ses notes de classe.
- 11 est alors soumis à un examen psychologique individuel qui porte sur sa mémoire, sa sensibilité, son habileté.
- Lorsque tous ces examens sont terminés, l’assistante interroge le père ou la mère de l’enfant et groupe tous les renseignements recueillis pour permettre que le conseil d’orientation professionnelle donné pour l’enfant ait pour lui une portée pratique.
- Voici un exemple.
- Les parents du jeune D... ont demandé un conseil d’orientation professionnelle.
- L’enfant a 13 ans, son père est employé, sa mère est femme de ménage. Il a une sœur aînée qui est ouvrière d’usine.
- Son caractère est facile et influençable. Il se classe dans la première moitié de sa classe, il aime le calcul, mais n’a pas d’orthographe.
- Il veut être mécanicien et ses parents approuvent son choix.
- L’examen médical révèle un état physique suffisant, mais une acuité visuelle médiocre. L’enfant a une légère scoliose qui nécessite de la gymnastique médicale.
- L’examen psychologique fait ressortir des aptitudes intellectuelles très médiocres. L’enfant s’adapte très difficilement au travail ; il est lent et présente peu d’adresse manuelle.
- Le défaut de vision et le médiocre résultat obtenu aux épreuves motrices conlre-indiquent nettement la mécanique.
- Le Centre a donc conseillé aux parents un métier qui n’exige ni une bonne acuité visuelle, ni une bonne adresse manuelle, ni un examen intellectuel difficile.
- Après un entretien avec les parents, il est conseillé à ceux-ci d’orienter leur enfant vers l’agriculture, et tous renseignements leur sont donnés sur les conditions d’admission de diverses écoles d’horticulture ou de divers centres d’apprentissage horticole.
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- De ce qui précède, il résulte que :
- 1° les parents du jeune D... n’avaient aucune idée sur les aptitudes et les possibilités physiques de leur enfant ;
- 2° si l’enfant s’était orienté pour la mécanique, il aurait perdu son temps, ou abandonné le métier qu’il s’était assigné, une fois l’apprentissage terminé. Il est spécifié que les conseils donnés par le Centre d’orientation professionnelle n’ont toujours que la valeur d’un conseil et non d’une obligation, la liberté des familles restant entière.
- Après deux mois et demi de fonctionnement, 80 enfants ont déjà été examinés et un conseil d’orientation professionnelle a déjà été donné aux familles pour leur plus grande satisfaction.
- La Municipalité ne saurait donc trop remercier les familles pour la confiance et l’empressement avec lesquels elles se sont adressées à ce nouvel organisme dans l’intérêt de leurs enfants.
- Comme les écoles, le Centre ne fonctionne pas pendant les grandes vacances scolaires, c’est-à-dire pendant les mois d’août et septembre. Il rouvrira en octobre pour fermer normalement en novembre, date à laquelle le Conseil municipal statuera à nouveau sur son fonctionnement, d’après les résultats de son activité, résultats qui s’avèrent dès à présent très intéressants et très encourageants.
- (Renseignements donnés dans le Bulletin Municipal de Vincennes.)
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- M. Loosli-Usteui. Ce diagnostic individuel chez l'enfant au moyen du test de Rorschach. — Act. Sc.. et Ind., n° 639, Hermann, Paris 1938, pp. 92.
- Cet ouvrage, le troisième de la série « Psycho-Biologie » que dirige dans la collection des Actualités scientifiques, le professeur Wallon, a le mérite de présenter dans son ensemble au public de langue française la méthode dite de Rorschach, si répandue à l’étranger, et qui prétend à la détermination des lignes fondamentales du caractère, de la nature et de l’origine des troubles affectifs, voire même du degré d’intelligence, par l’interprétation de taches d’encre noires et colorées. L’auteur s’est proposé d’en faire à la fois un guide pour servir à l’application du lest et un plaidoyer en faveur d’une méthode ardemment louée par certains, très critiquée par d’autres.
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- Les chapitres 1 et 11 sont consacrés à la technique et à la théorie du lest, les chapitres 111 et IV à l'élude statistique d’un certain nombre de résultats obtenus sur des enfants ; le chapitre V à l’interprétation des données d’application du test. On y verra que si l'application proprement dite de l’épreuve est relativement aisée, l’évaluation et surtout l’interprétation des résultats sont loin d’être faciles et demandent d’être pratiquées sinon par des spécialistes, du moins par des personnes très entraînées ; cette interprétation est complexe, subtile et comporte un vocabulaire spécial ; l’importance de la personnalité de l’observateur y est si considérable qu’elle motive les critiques de ceux qui refusent de reconnaître ù la méthode un caractère objectif scientifique.
- Il faut admettre cependant, que l’élaboration des techniques et la systématisation des résultats basée sur les données de nombreuses applications, lui confèrent entre des mains compétentes, une valeur diagnostique incontestable, dans un domaine où le manque d’instruments appropriés se fait vivement sentir.
- A. B. F.
- H. Wallon. — La vie mentale. — Tome VIII de YEncyclopé-die Française, 1938, librairie Larousse, dépositaire, 13 à 21, rue du Montparnasse, Paris.
- Du magistral et original exposé de la vie mentale que constitue, sous la direction du Pr. IL Wallon, le 8e volume de l’Encyclopédie Française, nous dégagerons pour le signaler à nos lecteurs, comme plus étroitement consacré aux problèmes du travail, l’important chapitre sur La Profession, où La nature et Vorganisation du travail professionnel ont donné lieu à des exposés nécessairement rapides mais très documentés de Mlle Weinberg (Sélection et O. P.) et de G. Friedmann (diversité des tâches et types professionnels), tandis que La profession et les troubles psychiques sont, examinés par le Dr P. Scliiff.
- En signalant encore dans le chapitre des méthodes, les pages consacrées par H. Piéron à La psychotechnique, celles qui concernent La psychologie différentielle (Guillaume), La caractérologie (Wallon), L’organisation de la recherche psychologique et notamment de l’O. P. (G. Alphandéry), nous sommes loin d’avoir épuisé les questions traitées qui sont, susceptibles de retenir l’intérêt de ceux que préoccupent les problèmes psychologiques dans leurs rapports avec l’O. P.
- A. B. F.
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- Livres entrés à la Bibliothèque
- A. Ombredane. -— Le problème des aptitudes à l’âge scolaire. — Actual. Scient., n° 439, Hermann, Paris. 1936, 57 p.
- A. Ombredane, Mme N. Suarès et N. Canivet. — Les inadaptés scolaires. — Actual. Scient., n° 440, Hermann, Paris, 1936, 84 p.
- M. Loosli-Usteri. — Le diagnostic individuel chez l'enfant au moyen du test de Rorschach. — Act. Scient., n° 639, Hermann. Paris, 90 p.
- R. Husson. — Principes de métrologie psychologique. — Act. Sdlent., n° 555, Hermann, 1937, 82 p.
- La Vie mentale (Encyclopédie française de A. de Monzie). Directeur IL Wallon. :— Larousse, dépositaire, Paris, 1938, 864 p.
- Z. Bujas. — 10 La mesure de la sensibilité différentielle dans le domaine gustatif. — Extr. de « Acta Instituti Psychologici », Zagreb, 1937, 18 p.
- 2° Kontrast und Ilemmungserscheinungen bel disparaten simul-tanene Gesciimachreizen. -— Id., 12 p.
- R. Bujas et Z. Bujas. — Ein Test zur Untersuchung der Lese-barkeit von Drucshschriften. — Id., 9 p.
- 2° Die Distribution der Noten œls Miltel zur Bestimmung der Schwere des Lehrplans. — Id., 6 p.
- W. Rawson. -— A la recherche de la liberté. — Examen de la portée sociale de l’éducation nouvelle. — Traduction française, Fustier, Paris, 1938, 314 p.
- Proceedings of lhe Third Instituts on the Exceptional Child, of Ihc Child Research Clinic of lhe Woods Schools, Langhorne, Pa, Ü. S. A. Années 1935-1936.
- Child Research Clinic Séries. Vol. I et IL — Langhorne, Pa, LT. S. A. Années 1935-1936.
- H. Krauss et V. Neubauer. — Die Berufsberatung und Lehrs-tellenvermittlung in Oesterreich. (L’O. P. et la répartition de l’apprentissage en Autriche). Vienne, 1937, p. 88.
- B. S. Sanders. — Environment and Growth (Milieu et Croissance). — Warwick et York, Baltimore. 1934, pp. 375.
- F. D. Brooks, Child Psych'ology (Psychologie de l’enfant). — Iloughton Mifflin C°, Cambridge, 1937, pp. 600.
- Toxicity of industrial organic solvent (Toxicité des solvants organiques industriels). — 80° rapport de Ind. Health. Res. Board, Londres 1937, pp. 396.
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- 10e Année
- Octobre 1938
- N° 9
- BULLETIN
- DE
- l’Institut National d’Orientotion Professionnelle
- LE CHÔMAGE
- par
- GUY DE BEAUMONT
- L’on sait que les causes économiques sont à l’origine du chômage. Or celui-ci creuse un trou important, chaque année, dans le budget de la Nation. Le problème du chômage est donc, non seulement d’ordre social et moral, mais aussi d’ordre financier.
- C’est un argument qui doit obliger les économistes, juristes et parlementaires préposés au fonctionnement de la chose publique à se pencher sur l’étude de l’orientation professionnelle, envisagée comme un des moyens de lutter contre ce fléau des temps modernes.
- Malheureusement, l’O. P. ne pouvant donner de résultats immédiats et tangibles, et pour cause puisque s’adressant à la jeunesse, son intérêt ne leur apparaît qu’au second plan.
- Il s’agit de parer au plus pressé, soit au chômage de
- l’adulte.
- Dans quelles proportions est-il anormal Quelles sont les mesures théoriques permettant d’y pallier ? A quelles difficultés pratiques se heurtent-elles ?
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- Le point culminant du chômage, en France, a été atteint en février 1935, avec 503.512 chômeurs secourus.
- •Les crédits des budgets départementaux et communaux destinés à la lutte contre le chômage se sont élevés, en 1935, à 20.387.487 francs. Ceux de l’Etat à 3 millions seulement.
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- Diverses- mesures oui été envisagées pour réduire le chômage. Réduction d’heures de travail, semaine de 40 heures. Deux jours de repos hebdomadaire, congés payés, etc...
- On a annoncé alors de grands travaux qui l’absorberaient. A ce sujet, les circulaires du 23 février 1935 et 8 août 1935, la loi du 18 août 1936 prévoyaient 20 milliards de travaux.
- Par ailleurs-, des circulaires en date du 19 août et 12 septembre 1935 ont été rédigées, prévoyant le retour des chômeurs dans leur pays d’origine.
- En dehors de ces mesures « sociales », c’est le décret du 30 octobre 1935 qui aborde la lutte contre le chômage du point de vue strictement professionnel qui est celui qui nous occupe aujourd’hui.
- Ce décret estime que le reclassement professionnel des chômeurs doit alléger la charge des allocations de chômage, témoignant ainsi de l’intérêt budgétaire qui s-’y attache. Il prévoit des Centres de formation professionnelle pouvant bénéficier de subventions au budget du Ministère du Travail, sous certaines conditions. Un premier crédit de 600.000 francs est ouvert à cet effet.
- Actuellement, une douzaine de centres existent.
- Trois à Paris : 97, rue de l’Ouest ; 192, avenue de Clichy ; 94, rue d’Angoulême.
- Neuf eu province : Albert, Beaugency, Bordeaux, Château-dun, Châteauroux, Clermont-Ferrand, Le Havre, Limoges et Nantes.
- Ces centres reclassent cinq cents chômeurs dont le coût individuel revient à 6.000 francs.
- Comme il existe plus de 440.000 chômeurs, c’est dire (pie le développement de ces Centres, tout en étant, éminemment souhaitable, n’est pas possible à concurrence d’un tel chiffre.
- Il faut donc tendre à reclasser dans le cadre des possibilités, c’est-à-dire en dépensant peu. Pour cela un examen technique du chômeur s’impose, afin de le réadapter le plus rapidement possible, dans la branche la plus voisine de ses goûts et de ses capacités et économiquement moins touchée.
- Ce reclassement pourrait passer dans le domaine pratique en trois temps.
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- 1° Observai ion par personne compétente du chômeur avec conclusion d’une orientation générale à donner à celui-ci. Renvoi devant telle Commission technique de telle catégorie professionnelle aux fins d’examen des aptitudes du sujet.
- 2° a) Dans la négative, retour du chômeur devant l’orienteur professionnel assisté cette fois d’un Conseil de plusieurs membres qualifiés.
- h) Dans l’affirmative, reclassement du chômeur dans la catégorie indiquée par formation technique dans Centre spécialisé.
- Comme le décret du 31 octobre 1935 prévoit la possibilité du maintien des secours de chômage aux rééduqués pendant une période de trois mois, le chômeur passant ensuite devant une Commission de contrôle, il y aurait donc possibilité financièrement d’entamer ce reclassement.
- De plus, chaque corps de métier désigné par le ministère du Travail pourrait être .tenu de créer un centre de formation destiné à ces chômeurs. Les syndicats et grandes entreprises seraient tenus d’y participer financièrement, puisque bénéficiant en définitive de l’amélioration qualitative de sa main-d’œuvre.
- La mise en route de ce travail de reclassement consisterait dans l’obligation qui serait faite à tout chômeur depuis plus de X temps de passer un examen de réorientation.
- Ensuite dans l’obligation pour le chômeur jugé apte à être sélectionné, de suivre les cours de formation professionnelle, sous peine de se voir supprimer le secours.
- Parallèlement à cette mise en route, il y aurait lieu de rechercher les métiers nécessitant un appel de main-d’œuvre, ainsi que les industries manquant d’ouvriers spécialistes, ou obligés de faire appel à l’étranger. 11 faudrait rechercher également quelles sont les industries aptes à se développer du fait des progrès économiques.
- Dans le but d’établir celte liste, des conversations avec les présidents des Chambres syndicales, les économistes, les banquiers, les conseillers du commerce extérieur, les industriels, seraient utiles et ouvriraient certainement des horizons.
- Comme éléments de comparaison précis, on ne dispose actuellement dans le domaine du passé récent que des statis-
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- tiques de 1906 à 1931 établissant les recensements suivants Irès marqués :
- Catégories professionnelles ayant augmenté
- Banques, assurances, agences............... 275 %
- Métallurgie.................................. 93 %
- Caoutchouc, papier, carton................... 91 %
- Industries chimiques......................... 84 %
- Catégories professionnelles ayant diminué
- Pailles, plumes, crins..................,.. 40 %
- Etoffes, vêtements........................... 37 %
- Manutention.................................. 36 %
- Pierres et moulages.......................... 20 %
- Services domestiques......................... 19 %
- Peut-être des ajustements aux possibilités d’absorption de main-d’œuvre de certaines catégories doivent-ils être faits de temps à autre pour éviter des réactions certaines.
- Un autre coup d’œil sur les offices d’orientation et de placement qui en 1935 étaient au nombre de 456, dont 90 départementaux et 326 municipaux permet de constater que 65 % des enfants s’inspirent de leur goût personnel pour choisir un métier; 13 % s’inspirent. du métier des parents ; 22 % obéissent à des suggestions. Voici les métiers vers lesquels, sur 30.000 enfants orientés, se sont dirigés en majorité :
- Les garçons vers : Métallurgie, métaux, agriculture, industries du bois, construction, commerce d’alimentation, commerces divers, industries du livre, etc., dans l’ordre.
- Les filles vers : Vêtements, étoffes, commerces divers, agriculture, industries textiles, commerce d’alimentation.
- Par contre, voici les métiers les plus abandonnés :
- . Par les garçons : Industries chimiques, industries extractives, transports, caoutchouc, papier, etc., dans l’ordre.
- Par les filles : Industries extractives, transports, industries chimiques, industries du bois.
- Ceci à titre indicatif.
- Notons en passant que la dépense moyenne d’un placement revient à 17 fr. 30.
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- Si l’on se réfère maintenant au Bulletin du Marché du Travail on constate que les demandes d’emploi non satisfaites sont les plus nombreuses dans les catégories ci-dessous dans l’ordre :
- Industries du bâtiment et travaux publics, manutentionnaires et manœuvres, industries métallurgiques et mécaniques, employés de commerce et de bureau, industries et commerce de l’alimentation, industries textiles, services domestiques, industries du vêtement.
- Par contre les offres d’emploi les plus nombreuses se produisent dans :
- Services domestiques, agriculture, industries et commerce de l’alimentation, industries métallurgiques et mécaniques, l’industrie extractive est aussi à mentionner.
- D’une façon plus précise, il faut mentionner les offres d’emploi sans réponse de :
- Service domestique : dans la Seine, la Moselle, le Bas-Rhin, le Haut-Rhin, l’Aude, les Bouches-du-Rhône, le Doubs ; industries extractives : Moselle ; industries métallurgiques : Moselle ; industries forestières : Landes, Doubs, Oise, Vosges ; vêtements, étoffes : Bas-Rhin ; métaux : Oise (tourneurs, ajusteurs, fraiseurs, mortai-seurs) ; travail des pierres : Oise, Vosges (mouleurs, démouleurs et gratteurs} ; commerce de l’alimentation : Haut-Rhin et Moselle ; agriculture : Côte-d’Or, Jura.
- Il a dû être fait appel à la main-d’œuvre étrangère pour 1 agriculture, les mines et les services domestiques.
- 11 faut probablement en conclure qu’il y* a répugnance de la main-d’œuvre nationale à s’employer dans ces trois catégories.
- Le problème se pose maintenant de savoir : 1° où reclasser immédiatement certains chômeurs ; 2° dans quelles directions réorienter les autres ; 3° s’il n’y a pas lieu de transférer les inaptes à tous métiers, de la caisse de chômage à celle de l’assistance publique après contrôle médical.
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- Réponses a la question 1
- « Où reclasser immédiatement certains chômeurs? »
- — Dans les branches où l’on a manqué de main-d’œuvre :
- « Agriculture, mines, services domestiques. »
- Agriculture. — Relever les noms et adresses des chômeurs ayant accepté de retourner à la terre. Les convoquer et les envoyer au service de la main-d’œuvre agricole. Leur appliquer facilités de transport, et d’acclimatation après entente avec les départements ayant manqué de cette main-d’œuvre.
- Il faudrait aussi obliger les agriculteurs à occuper la main-d’œuvre âgée selon un certain pourcentage.
- Mines. — Relever les noms et adresses des chômeurs avant dit qu’ils accepteraient n’importe quelle situation .Les convoquer et les envoyer en Moselle et Ras-Rhin où des centres leur apprendront le métier de piqueur, après visite médicale (celle-ci à passer à Paris, bien entendu). Pour les inciter à, partir, et étant donné la sûreté du métier, leur maintenir tout ou partie de leur allocation de chômage aetuelle pendant trois mois, ce qui leur ferait un gain appréciable.
- Chantiers forestiers. — De même (examen physique bien entendu, avant le départ).
- Services domestiques. — Faire une sélection dans les domestiques et bonnes à tout faire inscrites actuellement au chômage.
- Leur faire suivre des cours spéciaux à leur intention, de cuisine, ménage, couture, hygiène de l’habitation, puériculture, après entente avec diverses écoles ménagères. Les cours pourraient au besoin avoir lieu dans chaque mairie (sauf centralisation si élèves peu nombreuses). Leur promettre et leur donner un certificat d’études spéciales d’enseignement ménager, qui leur permettrait de faire rapidement prime sur le marché et suppléerait à l’insuffisance de certificats passés.
- De plus, aider au transfert des chômeuses (de préférence sans famille ou seulement avec bébé) qui accepteraient d’aller en Moselle, Ras-Rhin, etc... Au besoin, maintien momentané de l’ai toc a lion.
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- Réponses a la question II
- « Dans quelles directions orienter les autres chômeurs ? »
- — Le probème doit être abordé sous l’angle chronologique :
- a) Avant le service militaire ;
- b) Du retour du service militaire à 45 ans ;
- c) De 45 ans à 65 ans ;
- d) Au-dessus de 65 ans.
- A) Avant le service militaire. En principe, il n’y a pas là matière à rééducation puisque les sujets sont neufs et ma-léables. Il s’agit de les former professionnellement. C’est une question d’examen général du sujet, puis de formation technique que le ministère de l’Education pourrait prendre en charge financièrement mais en suivant les avis économiques qui lui seraient donnés par le ministère du Travail ; avis basés sur les recensements et indices que celui-ci aura recueillis. Les chômeurs de celte catégorie A seraient tenus de se faire inscrire et de suivre les cours techniques vers lesquels les orienteurs les auraient dirigés. A cet effet, la gratuité des études serait naturellement prévue. Le ministre de l’Education devrait constituer des centres de formation en nombre suffisant, sauf accord avec les municipalités, chose à réaliser en premier lieu.
- En somme, avant même que l’apprentissage obligatoire soit voté, commencer par le réaliser pour les jeunes chômeurs.
- De suite, afin d’attirer l'attention publique sur l’urgence sociale qu’il y a à liquider ce problème, il serait créé par les soins du ministre du Travail, une équipe de service civil, sorte de brigade destinée à réveiller l’ardeur et le courage des jeunes. Ce serait là, dans le sens absolu, ni un camp de travail, ni un centre de formation technique, ni un patronage, ni un service de préparation militaire, ni un club sportif, mais tout cela à la fois.
- D’abord, dans l’enquête qui va être menée dans- les Mairies, auprès des chômeurs de moins de 18 ans, les jalons seraient posés sous la forme de cette question à développer : «.Accepteriez-vous de faire partie d’une équipe volante de sports et de -travail ? »
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- Il y a, à Paris, 025 chômeurs de relie catégorie et environ un millier en banlieue.
- Une partie de ces 1.000 chômeurs sera certainement intéressée et donnera un accord de principe.
- Une conférence pourrait être faite ensuite aux volontaires.
- Il s’agirait, en somme, de faire appel aux bonnes volontés, de réveiller l’espoir et le courage de tous ces jeunes pour qui la vie apparaît désespérément hostile. Déclancher en eux l'étincelle qui va mettre le moteur en marche. Créer la brigade volante de secours social. Des dégoûtés de la vie, faire des secouristes.
- Voici quel pourrait être le programme et le but concret, le temps total de ces jeunes- gens étant pris suivant un horaire précis :
- Mise au point scolaire :
- Orthographe, calcul, histoire, géographie, sciences naturelles, etc...
- Mise au point physique :
- Culture physique (1 heure tous les jours), courses à pied, lutte, poid, elc...
- Mise au point moral :
- Causerie amicale sur l’homme et le monde qui l’entoure, leçons de bonne éducation, etc... Généralités sur le service social.
- Mise au point artistique :
- Quelques visites de musées et de jolis coins de Paris.
- Mise au point professionnelle :
- Travail en atelier, dessin industriel, mécanique, ajustage, plomberie, électricité, menuiserie, peinture, etc... Artisanat rural, ressemelage.
- Une sorte d’entraînement militaire serait aussi donné de façon à créer une cohésion et un esprit de corps.
- Chaque fois qu’il y aurait manque de main-d’œuvre, pour des travaux saisonniers, au lieu de faire appel à l’étranger, c’est cette équipe qui partirait. Aussi l’appellerait-on ((volante », et ces voyages attireront certainement la jeunesse : Que ce soit pour aider à l’arrachage des betteraves dans le
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- Nord, à des travaux de maçonnerie dans l’Est, à des extinctions d’incendie dans l’Estérel, c’est celte brigade qui serait mobilisée.
- Pour lui conserver un caractère essentiellement mobile, il y aurait au besoin roulement par sections au bout de trois mois maximum.
- Lorsque le jeune homme aurait une formation suffisante, il serait pourvu à son placement, dans des conditions certainement bien plus aisées qu’auparavant.
- Un certificat et la réputation du corps y aideraient.
- Il se pourrait aussi que certains s’implantent en province et deviennent des artisans ruraux.
- Les jeunes gens représenteraient, par ailleurs, des cadres tout indiqués en cas de conflit.
- La réalisation de cette équipe doit être possible à peu de frais et l’effort moral en résultant serait, je crois, important.
- {A suivre.)
- NOTES ET DOCUMENTS
- Le nouveau régime des Bourses
- Nous donnons à peu près in-exlenso les nouveaux arrêtés et documents, qui intéressent directement les orienteurs, sur les conditions d’attribution des bourses nationales.
- Les dispositions de l’arrêté du 15 février 1926, modifié par l’arrêté du 23 février 1933 et par l’arrêté du 22 juillet 1935, sont remplacées par les dispositions suivantes :
- Article premier. — Le concours commun institué par le décret du 12 février 1926 pour constater l’aptitude des candidats aux bourses nationales a lieu chaque année, un jeudi du mois de mai, au chef-lieu de chaque département.
- Art. 2. — Les familles qui désirent présenter leurs enfants au concours commun des bourses doivent constituer un dossier comprenant les pièces suivantes :
- 1° Une demande sur papier timbré écrite et signée par le père, la mère ou le tuteur, indiquant dans l’ordre de préférence les ordres d’enseignement et les établissements pour lesquels il sollicite une bourse. Le père, la mère ou le tuteur y prend l’engage-
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- ment de payer, le cas échéant, la partie des irais de pension qui pourrait être laissée à sa charge. Il indique, en outre? la nature de la bourse (pension, demi-pension, externat surveillé ou simple) qu'il désire et s’il demande, en outre, une bourse d’entretien.
- 2° L’acte de naissance de l’enfant (sur papier timbré), et, s’il y a lieu, une pièce justifiant de sa nationalité française.
- 3° Un certificat signé par le chef de l’établissement où l’enfant a bail ses études, indiquant d’une manière précise et détaillée ses notes et ses aptitudes.
- 4° Un extrait des rôles des contributions payées par les parents du candidat, certifié exact par le percepteur.
- 5° Une feuille de renseignements, établie sur un modèle fourni par l’inspection académique. Celte déclaration est visée par le maire.
- Mention est faite que toute déclaration reconnue inexacte entraîne la radiation du candidat.
- Les- inscriptions sont reçues au secrétariat de l’inspection académique de la résidence des candidats ou de la résidence de leur famille. Les dates d’ouverture et de clôture de la période d’inscription soiit fixées, chaque année, par arrêté ministériel.
- Art. 3. — Les dossiers des candidats au concours commun sont soumis, dans charpie département, à la Commission instituée par l’article 6 du décret du 12 février 1926.
- La Commission départementale est composée ainsi qu’il suit :
- Le préfet, président, ou son délégué ;
- L’inspecteur d’académie, président, en l’absence du préfet ;
- Des membres de l’enseignement en exercice ou en retraite, en nombre égal pour chaque ordre d’enseignement ;
- Des pères de famille nommés par le préfet sur la proposition de l’inspecteur d’académie, en nombre égal à celui des membres de l’enseignement visés à l’alinéa précédent ;
- Le président ou un délégué de la section permanente de l’office départemental des mutilés, combattants, victimes de la guerre et pupilles de la nation, pour l’examen des dossiers des pupilles de la nation ;
- A titre consultatif, un inspecteur des contributions directes désigné par le directeur départemental.
- Cette Commission classe les candidats en deux catégories :
- a) Candidats dont la situation de famille justifie l’aide éventuelle de l’Etat et que la Commission propose d’admettre à subir les épreuves de l’examen :
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- b) Candidats dont la demande d’inscription ne paraît pas justifiée par la situation de famille et que la Commission propose d’écarter de l’examen. Ces doubles propositions sont transmises au recteur de l’académie qui les soumet à la Commission régionale visée par l’article 4 du présent arrêté.
- Art. 4. — La Commission régionale est composée ainsi qu’il suit :
- Le Recteur d’Académie, président ;
- Des membres de l’enseignement en nombre égal pour chaque ordre d’enseignement, choisis par le recteur parmi les professeurs en exercice ou en retraite, les inspecteurs primaires et les instituteurs ;
- Des membres choisis par le recteur parmi des pères de famille ;
- A titre consultatif, un inspecteur des contributions directes désigné par le directeur départemental du siège de l’académie.
- Un délégué de chacun des offices départementaux des pupilles de la nation du ressort de l’académie est adjoint à la Commission pour l’examen des dossiers des candidats pupilles de la nation.
- La Commission régionale centralise et harmonise les propositions des commissions départementales. Elle établit la liste définitive des candidats admis à subir l’examen d’aptitude aux bourses. Notification des décisions de la Commission régionale doit être faite aux familles dont les enfants ne sont pas admis à concourir dans les trois jours qui suivent la décision de rejet.
- Art. 5. — Les familles des candidats non admis à subir l’examen d’aptitude peuvent, au cas où elles ont à fournir des renseignements complémentaires de nature à faire revenir la commission sur sa décision, faire appel de cette décision devant le recteur de l’académie, qui soumet, de nouveau, le dossier à la coni mission régionale avec les explications de la famille.
- Les réclamations des familles doivent être formulées dans les huit jours qui suivent la notification de la décision de rejet, de la Commission régionale. Passé ce délai, aucune réclamation n’est examinée.
- Le recteur de l’académie statue en dernier ressort.
- Art. 0. — Le 1er mai, au plus tard, la liste des candidats admis à subir l’examen doit être définitivement arrêtée el toutes notifications utiles terminées.
- Art. 7. — La Commission d’examen de chaque département est nommée par le recteur. Elle est composée d’au moins six
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- membres comprenant des représentants de chacun des enseignements.
- L’inspecteur d’académie préside la commission d’exiamen.
- Les sujets de composition sont choisis par le ministre. Ils sont envoyés à l’inspecteur d’académie sous autant de plis cachetés qu’il y ,a de centres d’examen dans le département. Ces plis ne doivent être ouverts qu’en présence des candidats.
- Art. 8. — L’examen de la première série porte sur le programme du cours moyen des écoles primaires élémentaires. Il comprend les épreuves suivantes :
- 1° Une dictée de douze lignes environ ; durée : 15 minutes, coefficient 2.
- 2° Trois questions relatives l’une à la connaissance du vocabulaire et les deux autres à la grammaire et à l’intelligence du texte : durée, 30 minutes, coefficient 2 ;
- 3° Deux problèmes d’arithmétique pratique et de système métrique, avec solution raisonnée ; durée : 50> minutes, coefficient 2.
- La durée indiquée pour les épreuves doit s’entendre de leur durée réelle, indépendamment du temps de la dictée des textes ou sujets. Pour la dictée, les 15 minutes prévues sont consacrées par les candidats à relire et à corriger leur dictée.
- Art. 9. — L’examen de la deuxième série porte sur les programmes du cours supérieur des écoles primaires, du cours préparatoire des écoles primaires supérieures et des écoles pratiques et de la classe de sixième des établissements d’enseignement secondaire. Il comprend les épreuves suivantes :
- 1° Composition française (description, portrait, récit ou lettre d’un genre simple) ; durée : une heure et demie, coefficient 2.
- 2° Composition d’ayitlunétique. Solution raisonnée de deux problèmes ; durée : une heure et demie, coefficient 2.
- 3° Epreuves à option :
- A. — Exercice latin consistant en traduction de phrases très simples de latin en français et de français en latin, et en questions de grammaire relatives aux formes et aux règles élémentaires de la syntaxe latine. Il sera tenu le plus grand compte de l’orthographe française ; durée : 45 minutes, coefficient 2.
- B. — Dictée d’environ quinze lignes, suivie de cinq questions au maximum relatives les unes à l’intelligence du texte, les autres à la connaissance de la langue.
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- Il est accordé .aux candidats 45 minutes pour relire la dictée et répondre aux questions ; coefficient 2. Dix points sont attribués à la dictée et dix aux questions. La note zéro en dictée, maintenue après délibération du jury, entraîne T ajournement du candidat, quelle que soit la note qu’il obtienne pour les questions.
- Art. 10. —- Toutes les épreuves sont appréciées de 0 à 20.
- Toute épreuve nulle entraîne, après délibération du jury, l’ajournement du candidat.
- Le nombre des candidats qui peuvent être déclarés admis est fixé, chaque année, par arrêté ministériel, pour chacun des trois ordes d’enseignement. Nul ne peut être admis s’il n’a obtenu la moyenne des points pour l’ensemble des épreuves.
- Art. 11. — La Commission départementale examine les vœux formulés par les familles au sujet de l’affectation de leurs enfants et se met en rapport, avec elles s’il y a lieu ; elle établit, sans distinction d’enseignement, conformément aux dispositions de l’article 6 du décret du 12 février 1926, la liste des candidats reçus au concours en les classant par ordre de préférence.
- Les listes dressées par les commissions départementales sont envoyées par l’inspecteur d’académie vingt jours après le concours, délai de rigueur, au recteur de l’académie, qui les soumet à la Commission régionale.
- Art. 12. — La Commission régionale centralise et harmonise les propositions des commissions départementales et établit, pour chaque ordre d’enseignement, une liste des candidats, classés par ordre de préférence avec l’indication de la nature et du montant de la bourse proposée, ainsi que de l’établissement auquel le candidat peut être affecté.
- Art. 13. — Le Comité des bourses nationales, institué par l’arti-vle 8 du décret du 12 février 1926, est composé ainsi qu’il suit :
- Le directeur de l'enseignement du second degré, le directeur de l’enseignement technique, le directeur de la comptabilité ;
- Deux inspecteurs généraux, deux chefs d’établissement, deux professeurs (de chacun des trois ordres d’enseignement) ;
- Deux membres élus du Conseil supérieur de l’instruction publique pris dans l’enseignement primaire supérieur et un membre du conseil supérieur de l’enseignement, technique ;
- Un chef de bureau, un sous-chef de bureau, un rédacteur (de chacune des trois directions).
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- Art. 14. — Le ministre réunit le comité au plus tard dans la première quinzaine de juillet.
- Le Comité donne son avis sur les modifications qu’il y aurait lieu d’apporter, le cas échéant, aux suggestions et propositions failés par les commissions régionales et propose au ministre une répartition des crédits entre les trois ordres d’enseignement. Il est tenu compte, pour cette répartition, et du nombre des candidats et de la différence des tarifs.
- Art. 15. — Le ministre procède à l’attribution des bourses et à la fixation de leur montant.
- Les bourses de première série sont attribuées pour deux années scolaires.
- Les bourses de deuxième série sont attribuées pour une année scolaire.
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- A ces dispositions qui sont communes à presque toutes les sortes de bourses, les arrêtés du 25 mars 1938, du 28 mars 1938 du ministre de l’Education nationale et l’arrêté du 25 mars 1938 (Enseignement technique) donnent des précisions.
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- Pour les élèves des classes d'orientation, candidats aux bourses dont le nombre sera fixé par arrêté ministériel pour chacun des trois enseignements, le concours ne sera pas nécessaire.
- Les candidats seront choisis parmi ceux dont la candidature aura été acceptée par la commission régionale et d’après le classement résultant des notes qu’ils auront obtenues pendant l’année scolaire.
- « Le conseil d’enseignement fera des propositions en les justifiant par les notes des candidats. Il indiquera pour quel ordre d’enseignement et pour quel établissement la bourse lui paraît devoir être attribuée ».
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- * *
- Pour l’attribution de bourses nationales d’enseignement secondaire dans les séries supérieures, le recrutement est le suivant :
- « Les boursiers de troisième série sont recrutés parmi les élèves de la classe de cinquième des établissements d’enseignement secondaire, âgés de moins de quinze ans au 31 décembre de l’année en cours. Les bourses de troisième série donnent accès à la classe de quatrième de ces établissements.
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- « Les boursiers de quatrième série sont recrutés parmi les élèves de la classe de quatrième des établissements d’enseignement secondaire, âgés de moins de seize ans au 31 décembre de l’année en cours. Les bourses de quatrième série donnent accès à la classe de troisième de ces établissements.
- « Les boursiers de cinquième série sont recrutés parmi les élèves de la classe de troisième des établissemements d’enseignement secondaire âgés de moins de dix-sept arts au 31 décembre de l’année en cours. Les bourses de cinquième série donnent accès à la classe de seconde de ces établissements.
- « Les boursiers de sixième série sont recrutés parmi les élèves de la classe de seconde des établissements d’enseignement secondaire âgés de moins de dix-huit ans au 31 décembre de l’année en cours. Les bourses de sixième série donnent accès à la classe de première de ces établissements.
- « Le nombre de candidats qui peuvent être proposés pour une bourse de troisième, quatrième, cinquième ou sixième série est fixé, chaque année et pour chaque académie, par arrêté ministériel.
- « Les candidats proposés pour une bourse de troisième, quatrième, cinquième ou sixième série sont choisis parmi les élèves dont la candidature a 'été acceptée par la Commission régionale et d’après l’ensemble des notes qu’ils ont obtenues pendant les deux premiers trimestres de l’année scolaire.
- « Le conseil de classe dresse la liste des candidats proposés pour une bourse. Les candidats sont inscrits par ordre de préférence établi d’après leurs notes scolaires et d’après les ressources et les charges de leur famille.
- « Les listes ainsi dressées sont envoyées par l’inspection académique au recteur qui les soumet à la commission régionale.
- « La commission régionale centralise les propositions des établissements. Elle les équilibre et établit la liste définitive des candidats classés par ordre de préférence avec l’indication de la nature et du montant de la bourse proposée, ainsi que de l'établissement auquel chaque candidat peut être affecté.
- « Le ministre procède à l’attribution des bourses.
- « Les boursiers sont, affectés à l’établissement le plus proche du domicile de la famille, sauf exception justifiée par des motifs dûment contrôlés.
- « Les bourses accordées aux candidats de troisième, quatrième, cinquième ou sixième série sont attribuées pour une seule année scolaire.
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- « Les boursiers ne peuvent bénéficier de leur bourse pour la continuation de leurs études qu’a près en avoir obtenu, chaque année, la prolongation par décision rectorale, sur la proposition de l’inspecteur d’académie après avis du conseil de classe.
- « Les titulaires d’une bourse dans la classe de cinquième sont soumis aux mêmes conditions pour le passage en quatrième et ultérieurement.
- « Les pupilles de la nation devront avoir, au 30 septembre de l’année scolaire en cours :
- « Poiir être inscrits en 4e série, moins de 17 ans.
- « Pour être inscrits en 5e série, moins de 18 ans.
- « Pour être inscrits en 6e série, moins de 19 ans.
- « Sous cette réserve, les dispositions du présent arrêté sont applicable aux pupilles de la nation. »
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- « Les boursiers d’enseignement primaire supérieur sont recrutés parmi les élèves de la classe de première année des écoles primaires supérieures et des cours complémentaires, âgés de moins de quinze ans au 31 décembre de l’année en cours.
- « Les bourses de troisième série donnent accès à la classe de deuxième année des écoles primaires supérieures et des cours complémentaires.
- « Les boursiers de quatrième série sont recrutés parmi les élèves de la classe de deuxième année des écoles primaires supérieures et des cours complémentaires âgés de moins de seize ans au 31 décembre de l’année en cours.
- « Les bourses de quatrième série donnent accès à la classe de troisième année des écoles primaires supérieures et des cours complémentaires.
- « La Commission régionale centralise et harmonise les propositions des conseils des professeurs et établit la liste définitive des candidats classés par ordre de préférence avec l’indication de la nature et du montant de la bourse proposée, ainsi que de l’établissement auquel chaque candidat peut être affecté.
- « Des bourses peuvent être accordées, pour entrer en quatrième année et pour les années suivantes d’école primaire supérieure, aux jeunes gens et jeunes filles qui ont s-ubi avec succès les épreuves du brevet d’enseignement primaire supérieur ou du brevet élémentaire et qui ont adressé à l’inspecteur d’académie une demande accompagnée du dossier prescrit à l’article 2 de l’arrêté du 24 mars.
- « Le ministre procède à l’attribution des bourses.
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- « Les boursiers sonl affectés à rétablissement le plus proche du domicile de la famille, sauf exceptions justifiées par des motifs dûment contrôlés.
- « Les bourses d’internat peuvent varier de la moitié à la totalité du prix de la pension.
- « Les bourses de troisième série, de quatrième série et de quatrième année d’école primaire supérieure sont attribuées pour une seule année scolaire.
- « Les boursiers ne peuvent bénéficier de leur bourse pour* La continuation de leurs études qu’après en avoir obtenu, chaque année, la prolongation par décision rectorale, sur la proposition de l’inspecteur d’académie, après avis du conseil des professeurs et ou comité de patronage. Les propositions sont adressées au ministre par l’intermédiaire du recteur qui donne son avis.
- « 'fout boursier qui, pour l’ensemble de ses notes scolaires, n’atteint pas la moyenne de 10 sur 20, est proposé pour la suppression de sa bourse ou, dans le cas d’excuses valables, pour le redoublement de La classe. La suppression de la bourse est prononcée par le ministre ; le redoublement de la classe est autorisé par le recteur.
- « Quand les boursiers se présentent à l’examen du brevet d’enseignement primaire supérieur ou du brevet élémentaire, au concours d’entrée à l’école normale ou à tout autre examen de fin d’études, l’inspecteur d’académie met leur dossier et leurs notes annuelles à la disposition de la commission d’examen.
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- Attribution des bourses dans Venseignement technique
- « Nul ne peut être appelé à jouir d’une bourse nationale d’enseignement technique des troisième et quatrième séries dans les écoles pratiques, les écoles de métiers, les écoles professionnelles de la ville de Paris, les sections techniques des écoles primaires supérieures, ou d’une bourse de troisième série dans les sections professionnelles des cours complémentaires, si l’insuffisance des ressources de sa famille n’a été établie au préalable.
- « Les inscriptions sont reçues par l’inspecteur d’académie aux dates fixées chaque année par arrêté ministériel.
- « Les boursiers de troisième série sont recrutés parmi les élè ves de la classe de première année des écoles pratiques, écoles de métiers, écoles professionnelles de La ville de Paris, sections d’en seignement technique des écoles primaires supérieures et des cours complémentaires et parmi les élèves de deuxième année des ate
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- liers-écoles, âgés de moins de seize .ans au 31 décembre de l’année en cours.
- « Les bourses de troisième série donnent accès à la classe de deuxième année des écoles pratiques, des écoles de métiers, des écoles professionnelles de la ville de Paris, ou des sections techniques des écoles primaires supérieures ou des sections professionnelles des cours complémentaires.
- « Les boursiers de quatrième série sont recrutés parmi les élèves de la classe de deuxième année des écoles pratiques, écoles de métiers, écoles professionnelles de la ville de Paris, sections d’enseignement technique des écoles primaires supérieures et des cours complémentaires, âgés de moins de 17 ans au 31 décembre de l’année en cours.
- « Les bourses de quatrième série donnent accès à la classe de troisième année des écoles pratiques, écoles de métiers, écoles professionnelles de la ville de Paris, sections techniques des écoles primaires supérieures.
- « Les bourses de troisième et de quatrième séries sont attribuées en principe pour la durée des études pratiques.
- « Les candidats proposés pour une bourse de troisième ou ne quatrième série sont choisis parmi les élèves dont la candidature a été acceptée par la Commission régionale d’après leurs aptitudes et les notes qu’ils ont obtenues pendant les deux premiers trimestres de l’année scolaire.
- « Le conseil des professeurs de l’école fréquentée par chaque candidat dresse la liste des propositions de bourse. Ces propositions sont rangées suivant un ordre de préférence fondé sur les aptitudes professionnelles, les notes scolaires et les classements des candidats.
- « Les listes dressées par les conseils des professeurs sont envoyées par l’inspecteur d’académie au recteur, qui les soumet à la Commission régionale.
- « Des bourses — dites de cinquième série —- peuvent être accordées pour entrer en quatrième année d’école pratique, aux jeunes gens et jeunes filles titulaires d’un brevet d’enseignement technique (brevet d’enseignement industriel, brevet d’enseignement commercial, brevet d’enseignement hôtelier) et qui ont adressé à l’inspecteur d’académie, entre le 1er avril et le 15 mai, une demande de bourse accompagnée du dossier prescrit à l’article 5. Les propositions du Conseil des professeurs doivent être envoyées par l’inspecteur d’académie directement au sous-secrétaire d’Etat de l’enseignement technique (3e bureau) avant le 15 juillet.
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- « Le sous-secrétaire d’Elat de renseignement technique procède à l’attribution des bourses.
- « Les bourses d’internat peuvent varier de la moitié à la totalité du prix tic pension.
- tt Les boursiers sont affectés à l’établissement le plus proche du domicile de la famille, sauf exceptions justifiées par des motifs dûment contrôlés.
- « Aussitôt qu’il est informé des décisions du sous-secrétaire d'Etat de l’enseignement technique, le recteur en avise les inspecteurs d’académie qui les notifient aux familles et. aux chefs d’établissement.
- « Des promotions de bourses peuvent être accordées aux élèves méritants, sur la proposition de l’inspecteur d’académie, après avis du Conseil des' professeurs, et du Conseil de perfectionnement. Les propositions sont adressées au sous-secrétaire d’Etat de renseignement technique (3° bureau) qui statue et notifie ses décisions aux inspecteurs d’académie, lesquels en avisent les familles et les chefs d’établissement.
- « A la fin de chaque année scalaire, le directeur communique au Conseil de perfectionnement, un extrait du livret de scolarité avec une appréciation sur les aptitudes, le travail et la conduite de chaque boursier.
- « Tout boursier qui, pour l’ensemble de ses notes scolaires, n’atteint pas la moyenne 10 sur 20. qui n’a pas d’excuse médicale et dont les aptitudes sont, insuffisantes, est proposé pour la suppression de sa bourse ou, dans le cas d’excuses valables, pour le redoublement de la classe. La suppression de la bourse est prononcée par le sous-secrétaire d’Etat de l’enseignement technique ; le redoublement de la classe est autorisé par le recteur. »
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- Les Méthodes de mesure
- Nous donnons ci-dessous le résumé de la conférence faite par M. PiénoN au Congrès de l’Enseignement primaire et de l’Education populaire (juillet 1937) dont le compte rendu vient de paraître.
- 1° Pourquoi mcsure-t-on ?
- Les nécessités de l’organisation sociale impliquant des choix, des sélections, c’est-à-dire des comparaisons et des classements, ceux-ci peuvent se faire directement quand on a affaire à un petit nombre d’individus et à des caractères apparents : on mettra d’un côté le plus grand et de l’autre le plus petit de deux individus ; mais si, comme c’est la règle, on doit classer un grand nombre
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- d'enfants, du point de vue de leurs connaissances ou de leurs aptitudes, on est contraint de fonder le classement sur des notations individuelles, des appréciations numériques, des mesures.
- 2° Que mesure-t-on ?
- Il y a des mesures physiques qui paraissent relativement simples, comme le poids ou la taille, le périmètre thoracique ou le métabolisme ; encore faut-il bien préciser les conditions de ces mesures pour avoir des valeurs numériques satisfaisantes.
- Le plus souvent on doit classer les individus d’après des capacités, des « efficiences » apparaissant au cours de l’exécution de certaines consignes, de certaines tâches, ce qui implique une collaboration active des sujets mesurés ; une force musculaire au dynamomètre, la vitesse dans une course, la hauteur du saut, la rapidité de réaction, le rendement dans l’exécution d’un travail et sa stabilité (barrage de lettres par exemple donné comme une « mesure d’attention »), la validité du travail exécuté (calcul, écriture correcte sous dictée, etc).
- En matière pédagogique, il y.a quatre catégories de capacités sur lesquelles on peut se fonder pour établir des classements, par une mesure d’efficience dans la tâche imposée : capacité de manifester des connaissances (historiques, géographiques, scientifiques, etc.), de mettre en œuvre des mécanismes acquis (la parole, l’écriture, le calcul, etc.), d’appliquer dans des cas variés des recettes générales acquises (une règle de trois par exemple ou une méthode de solution des équations du second degré, l’emploi d’un dictionnaire ou d’un allas, etc.), enfin de se débrouiller clans des situations nouvelles, c’est-à-dire de résoudre des problèmes sans recettes appropriées, de faire preuve d’intelligence. Dans les examens et les concours, les quatre catégories d’efficiences interviennent, mais très inégalement suivant les cas, et l’on ne se préoccupe généralement pas de ce que l’on veut mesurer et du but du classement que l’on doit effectuer : Pour le contrôle des connais sances acquises, du degré d’habileté à manier les mécanismes courants, et de la capacité d’appliquer des recettes, tous résultats de l’éducation, qui sont fonction à la fois des capacités propres de l’enfant, de la continuité de son effort, et de la valeur pédagogique des méthodes employées, ce sont là des efficiences dont le contrôle permet de différencier, de sélectionner les individus qui peuvent être considérés comme convenablement préparés par un cycle donné d’études, au premier, second ou troisième degré, ce qui est le but normal d’un examen de fin d’études.
- Mais quand, dans un concours, une épreuve de sélection, parmi des sujets dont on s’est préalablement assuré que le niveau de
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- formation éducative était satisfaisant, on veut choisir les plus aptes à subir une certaine formation, intellectuelle ou professionnelle, il faut connaître les capacités propres des individus sous l’écorce des apparences (faussant souvent les évaluations par une préparation trop habile qui permet de faire illusion), et, dès lors, on doit évaluer l’intelligence sous la forme appropriée à la voie dans laquelle elle doit s’engager. Les épreuves doivent donc être très différentes de celles qui conviennent aux examens de fin d’études, et la science, si nécessaire des examens et concours, pour laquelle j’ai proposé le nom de « Docimologie », imposera à cet égard des réformes essentielles. Le contrôle expérimental des notations d’examens (en particulier dans l’importante étude de Laugier et Weinberg sur le Baccalauréat) a bien montré le peu de confiance que méritaient à l’heure actuelle les valeurs numériques données par des examinateurs même très entraînés ; or, une des raisons c’est que celui qui doit mesurer ne sait pas très bien ce qu’il mesure et que, de l’un à l’autre des examinateurs, l’im-por'ance donnée à l’une ou à l’autre des quatre formes d’efficience que nous avons énumérées diffère beaucoup.
- Que signifie la mesure ?
- Dans certains cas on peut être appelé à mesurer, des grandeurs pour lesquelles conviennent des appréciations numériques en uni tés définies ; une force dynamométrique est donnée en kilogrammes, un temps de réaction en centièmes de seconde. Dans d’autres cas on arrivera à des numérations relativement simples encore, comme pour des fautes clans une dictée ou dans une série d’opérations arithmétiques. Dans d’autres enfin, on n’a plus de bases numériques définies, comme lorsqu’on note par un cihffre une composition française.
- Les différences paraissent très grandes dans ces trois cas ; elles ne le sont pas autant qu’elles le paraissent. En effet, dans la dictée, le nombre de fautes ne peut avoir la même signification, au point de vue de la mesure, suivant la nature et la longueur du texte, et, avec un certain nombre de fautes, si le texte est différent, un sujet peut être cependant supérieur à un autre qui n’en a fait que moi'ié moins. Même pour des mesures de force ou de vitesse, les conditions sont aussi essentielles (rôle des groupes musculaires en jeu, d’une inhibition possible par la douleur, etc.)
- Le fait qu’un sujet donne une pression en kilogrammes double d’un autre ne permet pas de dire simplement, qu’il a une force double pour l’évaluation de la supériorité, car il y a une marge limitée des capacités humaines, et la valeur d’un progrès de même
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- grandeur numérique est très différente suivant, que l’on est plus ou moins près du plafond.
- Le gain d’une seconde pour une course de cent mètres est peu de choses en soi, et ne compte pas beaucoup dans la comparaison des vitesses de jeunes gens non entraînés, mais représente une supériorité considérable quand il s’agil d’athlètes en compétition pour le record du monde.
- La signification de la mesure, c’est uniquement celle d’un classement. Le champion, qui est mis en première place, l’est grâce à une appréciation numérique de son efficience, et le chiffre, dépourvu de valeur absolue, est destiné à permettre, par comparaison, de situer une place dans un classement hiérarchique.
- Toutes les valeurs numériques, quelles qu’elles soient, sont susceptibles d’unification par traduction statistique en valeurs de rang, par un « centilage » ou « décilage » (tel chiffre signifiant que sur cent individus ou dix individus, ou groupes d’individus, celui qui l’a obtenu est le premier ou le dernier, ou occupe tel ou tel rang déterminé, au-dessus ou au-dessous du médian représenté par le 50° centile ou le 5° décile).
- Quelle valeur peut avoir la mesure ?
- La valeur de la mesure est extrêmement différente suivant la manière de mesurer et l’on doit faire un grand effort de « métrologie » pédagogique pour le perfectionnement des méthodes d’appréciation, des méthodes d’examen. La psychotechnique fournit à la jeune science docimologique d’importantes directives à cet égard.
- 11 faut en effet, comme on fait la preuve en arithmétique, se soucier de contrôler les mesures et fonder sur des données scientifiques, expérimentales, l’appréciation de leur valeur propre, de la confiance qu’on leur peut accorder. Les premiers résultats des recherches docimologiques montrent combien il est nécessaire de modifier les errements usuels. Il faut définir ce que l’on veut mesurer, assurer des conditions précises pour diminuer la variabilité, préparer à leur' tâche difficile ceux cjuj doivent mesurer — ce dont on ne s’est encore jamais préoccupé — et contrôler la variabilité des notations (en éliminant les examinateurs qui ont des coefficients propres de variabilité trop élevés), enfin assurer par des moyens appropriés plus d’objectivité et de comparabilité.
- C’est à quoi s’est attelée depuis bientôt un demi siècle la psychologie expérimentale et sa branche spécialisée, la psychotechnique. avec l’emploi des tesls, qui sont des épreuves très semblables au fond â des compositions, mais dont les conditions d’application
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- el de notation uniformisées, permettent des classements satisfaisants.
- En fait, l’étude des transmissions héréditaires de capacités mentales, mesurées au moyen de tests convenables, a fourni des coefficients pour la parenté de jumeaux, de cousins, etc., identiques à ceux qui ont été obtenus pour la transmission de caractères physiques, ce qui est' la preuve expérimentale de l’égale validité des deux catégories de mesures, précieux encouragement et grande
- leçon- H. Piéron.
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- Un Questionnaire permettant l’étude du caractère
- Le caractère est défini par Vermeylen (1) : la manière dont l’homme s’affirme dans son milieu et celui-ci a dressé une série de questionnaires permettant, l’établissement de six types fondamentaux formant deux groupes de vitalités opposées dont les termes sont respectivement un moyen et deux extrêmes. Les réponses recueillies au moyen de ces questionnaires permettent de placer chaque enfant dans une aire caractériologique.
- Ces questionnaires sont remplis par les parents, l’institutrice et l’enfant. C'est. avec ce matériel que l’auteur a étudié le caractère de 16 élèves d’une classe de l’Ecole de l’Ermitage de Decroly, à Uccle.
- Les questionnaires étaient donnés et complétés par trois sortes de tests :
- 1° L’enfant devait tracer sur du papier de petites lignes aussi vite que possible pendant une minute.
- 2° Il devait ouvrir la boîte Decroly n° 2.
- 3° Une conversation libre complétant le travail.
- L'auteur donne un modèle des cercles concentriques permettant de schématiser graphiquement le caractère de l’enfant.
- Voici cet ensemble de questions ayant trait :
- 1° Au milieu expérimental.
- 2° Au milieu social (familial).
- 3° Au milieu scolaire.
- (1) Eva Steinitz : La Recherche expérimentale d’après le questionnaire du Dr Vermeylen. Archives Belges des Sciences de l’éducation, 2e année, tome II, octobre 1936, p. 115-126.
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- .4) Milieu- expérimental
- 1. — Attitude fondamentale :
- 1. Comment se comporte de façon générale l’enfant vis-à-vis de
- l’expérimentateur ?
- 2. L’enfant est-il facile ou difficile à aborder (attitude) ?
- 3. Comment se comporte-t-il au cours de l’interrogatoire ? Entre-t-il
- facilement en conversation (côté verbal) ?
- 4. Quelle opinion a-t-il de lui-même (sûr de lui-mème, sentiment de
- supériorité, d’infériorité, etc...) ?
- 5. Comment s’exprime cette opinion dans sa manière d’être géné-
- rale ?
- IL — Résultantes actives :
- 1. Comment aborde-t-il les épreuves ?
- 2. Montre-t-il des préférences pour certains types d’épreuves ?
- 3. Quel est son mode d’exécution (régularité, précision, méthode,
- rapidité) ?
- 4. Manifeste-t-il du laisser-aller, de l’intérêt, de l’initiative, etc... ?
- III. — Résultantes affectives :
- 1. Quelle impression lui fait l’examen ?
- 2. Comment manifeste-t-il ses sentiments '!
- 3. Y a-t-il une prédominance nette de certaines espèces de senli-
- ments (égoïstes, altruistes, etc...) ?
- 4. Réagit-il facilement aux diverses attitudes de l’expérimentateur
- (louanges, reproches, appel à l’amour-propre) ?
- IY. — Résultantes intellectuelles :
- 1. Quelle est la direction générale de ses intérêts (littéraires,
- scientifiques, pratiques, etc...) ?
- 2. Comment se manifeste de façon générale son intelligence
- (imaginatif, intuitif, schématique, etc...) ?
- 3. Est-il régulièrement ou unilatéralement doué (aptitudes spécia-
- les, faiblesses) ?
- 4. Aime-t-il la lecture ? Quel genre de lecture ?
- V. — Résultantes sociales :
- 1. Quelle est la réaction générale de l’enfant à l’égard du milieu
- ambiant ? Quel est son degré d’adaptabilité ?
- 2. Quelle modification d’attitude amène la présence à l’examen des
- parents ou des personnes qui accompagnent l’enfant ?
- 3. Quelle est son opinion à l’égard de ses parents ? -
- 4. Quelle est son opinion à l’égard de ses maîtres ?
- 5. Quelle est son opinion à l’égard de ses amis ?
- B) Milieu social (familial)
- I. — Altitude fondamentale :
- 1. Quelle est son attitude générale dans le milieu familial (degré
- d’adaptation aux exigences de la vie familiale) ?
- 2. A l’égard de son père ? De sa mère ? De ses frères et sœurs
- (plus âgés, moins âgés) ? Des sujets ?
- 3. Quel est son degré de dépendance à l’égard de sa famille ?
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- II. — Résultantes actives :
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- 1. A-t-il une tendance à s’occuper et comment ?
- 2. Aide-t-il aux diverses activités familiales ?
- 3. Fait-il spontanément ses devoirs et dans quelle mesure doit-il
- être aidé ?.
- 4. A quoi occupe-t-il ses loisirs (jeux, lecture, travaux manuels) ?
- III. — Résultantes affectives :
- 1. Comment réagit-il aux différentes manifestations sentimentales
- et affectives de la famille ?
- 2. Comment réagit-il aux incitations (louanges, reproches, etc...)
- de son entourage (colère, inertie, larmes, etc...) ?
- 3. Les états affectifs présentent-ils des suites durables et lesquel-
- les (chagrin, rancune, indifférence) ?
- 4. Comment traite-l-îl les animaux domestiques et les plantes ?
- IV. — Résultantes intellectuelles :
- 1. S’occupe^-t-il spontanément de questions intellectuelles et des-
- quelles ? Cherche-t-il à s’instruire et comment ?
- 2. Présente-t-il de l’initiative dans les travaux qu’on lui fait faire
- (courses, activités diverses) ?
- 3. A-t-il une préférence pour les questions scientifiques, littéraires,
- artistiques ou pratiques ?
- 4 Aime-t-il la lecture, les. films et de quel genre ?
- V. — Résultantes sociales :
- 1. Quelle est sa valeur sociale dans la famille ?
- 2. A quel degré présente-t-il des qualités sociales actives (amour
- de la vérité, honnêteté, entr’aide) ?
- 3. Participe-t-il aux intérêts culturels de sa famille (lecture, politi-
- que, religion, sciences, arts, théâtre, cinéma, sociétés, tourisme, sports, etc...) ?
- 4. Dans quelle mesure sa famille s’intéresse-t-elle à ses activités
- (scolaires, jeux,' intérêts) ?
- (') Milieu scolaire
- I. — Attitude fondamentale :
- 1. Comment se comporte de façon -générale l’enfant à l’écoie ?
- (Aime-t-il d’aller à l’école, d’apprendre) ?
- 2. Quelle est son attitude à l’égard de ses maîtres, de ses cama-
- rades ?
- 3. Quelles sont ses réactions vis-à-vis de l’étude ?
- 4. ' Cherche4-il à se faire valoir et par quelles manifestations fsupé-
- riorité physique, sportive, intellectuelle, morale) ?
- II. — Résultantes actives :
- 1. Se montre-t-il actif en classe, et de quelle manière (stabilité, per-
- sévérance, initiative, méthode) ?
- 2. Quels sont les mobiles de cette activité- (intérêt, désir de satis-
- faire, docilité, etc,..) ?
- 3. Comment réagit-il à l’égard des difficultés scolaires ?
- 4. Travaille-t-il mieux seul ou en groupe ?
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- IM. — Résultantes al{cctives :
- 1. Quelle est son humeur générale à l’école ?
- 2. Quelles sont les mesures pédagogiques qui se sont montrées
- les plus favorables pour le sujet (punitions, louanges, collaboration) et comment y réagit-il ? .
- 3. Quelle est son opinion sur la valeur de son travail scolaire ?
- 4. Quels sont les éléments affectifs qui se manifestent le plus au
- cours de son travail scolaire et notamment dans ses rédactions (imagination, sentimentalité, objectivité) ?
- IV. — Résultantes intellectuelles :
- 1. L’enfant présente-t-il un intérêt général pour le travail scolaire ?
- 2. Présente-t-il un intérêt spécial pour certaines matières ?
- 3. Quel est le type de son activité intellectuelle (intuitif, empirique,
- imaginatif, spéculatif, dogmatique, schématique) ?
- 4. Son activité intellectuelle est-elle spontanée ou dépendante du
- milieu ? Se limite-t-elle au travail scolaire ? Aptitudes spéciales ?
- V. — Résultantes sociales :
- 1. L’enfant participe-t-il à la vie du groupe scolaire et de quelle
- manière ?
- 2. Comment est-il considéré par ses maîtres, par ses camarades ?
- 3. Comment se comporte-t-il en classe ?
- 4. Comment se comporte-t-il au cours des jeux, des excursions,
- des fêtes ?
- 5. Quelle est son altitude envers l’autre sexe ?
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- L’École normale « École de métier »
- Dans une conférence faite en juillet 1937 au Congrès de l’Enseignement primaire et de l’Education populaire, l’éminent directeur de l’Ecole normale supérieure de Saint-Cloud, M. Auriac, a envisagé la formation générale et professionnelle des élèves-maîtres (Compte rendu, p. 405-411) ; au cours de cette conférence il a très justement montré que les éducateurs devaient se préparer à obtenir de l’enfant une connaissance réellement scientifique né cessaire pour contribuer à la tâche essentiellement éducative de l’O. P.
- Nous citons ci-dessous, de cette conférence, un passage qui précise bien la pensée du conférencier.
- Ces leçons diverses d’adaptation constitueront une bonne part de l’éducation professionnelle à l’Ecole normale considérée comme une véritable « école du métier d’instituteur ».
- Mais, en outre, une autre des fonctions de 1 Ecole normale est d’ajouter à l’instruction générale antérieurement acquise des connaissances nouvelles : connaissance scientifique de l’enfant, pratique de la psychométrie, orientation professionnelle, apprentissage des méthodes d’information psychologique, historique, géographique et sociologique, etc... Une plus large place serait assurée à l’enseignement agricole et au travail manuel, aux arts ménagers, à l’hygiène, à la puériculture, à la législation rurale, à l’organisation communale ; et nous n’oublierons pas non plus la culture esthétique. O. Auriac.
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- Les Maladies professionnelles susceptibles d’ouvrir des droits à réparation
- Dix tableaux figurent, actuellement dans la loi de réparation des maladies professionnelles, ils concernent :
- Le saturnisme, l'hydrargyrisme, l’intoxication par le tétrachlo-réthane, le benzinisme, le phosphorisme, les intoxications causées par les rayons X ou des substances radio-actives, la spirochétose ictéro-hémorragique et le tétanos contractés dans les égouts, les lésions cutanées causées par les ciments, les dermatoses causées par le trichloronaphtalène, enfin les ulcérations causées par l’action du bichromate de potassium.
- Certaines de ces maladies professionnelles concernent des industries bien délimitées, comme la fabrication du bichromate de K, ou des condensateurs électriques dans laquelle on utilise le trichloronaphtalène ; le phosphore blanc n’est plus utilisé que dans certains jouets à détonation, et dans la préparation de bandes pour rallumer les lampes des mineurs ; le tétrachloréthane est employé dans la fabrication des perles artificielles et sert comme solvant dans des travaux assez variés ; la benzine est déjà d’usage plus général, mais c’est le plomb et le mercure qui tiennent la plus grande place. Aussi est-il utile d’indiquer les maladies professionnelles susceptibles d’être provoquées par l’emploi de ces métaux, contre-indiqué dès lors en cas de certaines déficiences fonctionnelles des jeunes gens, et les industries qui devraient être objet de la contre-indication correspondante, d’après les tableaux annexes de la loi :
- SATURNISME PROFESSIONNEL (Maladies causées par le plomb et ses composés)
- Délai de responsabilité : un an
- Maladies engendrées par Vintoxication saturnine
- Coliques de plomb ;
- Rhumatisme saturnin ;
- Paralysie des extenseurs et autres paralysies saturnines ;
- Néphrites ;
- Accidents cardio-vasculaires saturnins ;
- Goutte saturnine ;
- Anémie saturnine ;
- Méningo-encéphalite saturnine ;
- Amaurose saturnine.
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- Travaux industriels susceptibles de provoquer /’ intoxication saturnine des ouvriers
- Métallurgie el raffinage du plomb ;
- Fonte, laminage du plomb et de ses alliages ;
- Fonte du zinc plombifère ;
- Traitement des minerais contenant du plomb y compris les cendres plornbeuscs d’usines à zinc ;
- Trempe et revenu au plomb ;
- Fonte de caractères 'd’imprimerie en alliage de plomb ;
- Fabrication’ et polissage de poteries dites d’étain en alliage de plomb ;
- Soudure à 1 aide d’alliage de plomb ;
- Travaux de soudure de pièces métalliques en plomb ou plombifères ;
- Conduite de machines à composer utilisant un alliage de plomb :
- Etamage à l’aide d'un alliage contenant du plomb ;
- Fabrication de jouets en alliage de plomb ;•
- Fabrication de capsules et couvercles métalliques renfermant du plomb ;
- Dessoudure des vieilles boîtes de conserves et autres objets soudés à l’aide d’alliage de plomb ;
- Manipulations des caractères d’imprimerie en alliage de plomb ,
- Manipulation ou emploi des encres d’imprimerie plombifères ;
- Fabrication des composés du plomb ;
- Cristalleries (préparation et manutention de composés plombifères dans les) ;
- Fabrication et broyage des couleurs à base de plomb ;
- Travaux de peinture de toute nature comportant l’emploi de substances plombifères ou s’appliquant à des substances plombifères ;
- Travail au chalumeau de matières couvertes de peintures plombifères ;
- Fabrication et réparation des accumulateurs au plomb ;
- Fabrication d’huiles siccatives et vernis plombifères ;
- Fabrication des émaux plombeux et leur application ;
- Fabrication de la poterie et de la faïencerie avec émaux' plombifères ;
- Décoration de la porcelaine à l’aide d’émaux plombifères ;
- Emaillage des métaux à 1 aide de plombifères ;
- Vernissage et laquage à l’aide de produits plombifères :
- Emploi de couleurs ou de substances plombifères en teinture ;
- Fabrication de fleurs ai tificelles aux couleurs de plomb ;
- Polissage au moyen de limaille de plomb ou de potée plombifère.
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- HYDRARGYRISME PROFESSIONNEL (Maladies causées par le mercure et ses composés)
- Délai de responsabilité : un an
- Maladies engendrées par l'intoxication mercurielle
- Slomalile mercurielle ;
- Tremblements mercuriels ;
- Paralysies mercurielles ;
- Anémie mercurielle ;
- Néphrite mercurielle.
- Travaux industriels susceptibles de provoquer l’intoxication
- des ouvriers
- Distillation de mercure ;
- Fabrication des lampes à incandescence et des ampoules radiographiques à l’aide de trompes à mercure ;
- Fabrication des baromètres, manomètres et thermomètres à mercure ;
- Dorure, argenture, étamage au mercure ;
- Fabrication des composés du mercure (azotate, chlorures, cyanure, etc...) ;
- Secrétage des peaux par le nitrate de mercure et feutrage des poils secrétés ;
- Travail des fourrures et pelleteries à l’aide de sels de mercure ;
- Broyage et damasquinage à l’aide de sels de mercure ;
- Empaillage d’animaux à l’aide de sels de mercure ;
- Fabrication des amorces au fulminate de mercure ;
- Fabrication et réparation des accumulateurs au mercure.
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- L’Examen médico sportif
- Le Dr Couturat fait quelques réflexions sur l’examen médico sportif (Presse Médicale du 20 juillet 1938) à propos de l’expérience faite par la Société médicale belge d’éducation physique et de sports à l’occasion du « Cross du Soir » (course de 7.200, 2.500 ou 1.250 mètres suivant les catégories), et dont les résultats ont été publiés par le Bruxelles Médical du 16 janvier.
- La résistance physique à l’effort doit être liée à la stabilité fonctionnelle du cœur et des poumons ; de fait, le vainqueur ne présentait qu’une faible accélération cardiaque et une dyspnée bien modérée, avec retour rapide aux conditions normales. L’examen
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- spirométrique doit être considéré comme particulièrement important ; de fait, à l'arrivée, les concurrents ayant terminé la course présentaient une capacité vitale nettement supérieure la moyenne.
- Mais l’examen rénal ne doit pas être oublié, car l’acidité résultant du travail musculaire intense est irritante pour le rein, et la diurèse est progressivement diminuée au cours de l’effort.
- L’examen médico-sportif doit s’imposer si l’on veut éviter des risques d’accidents sérieux, et il faut surtout être prudent avec les enfants jeunes, la limite d’âge de 13 ans devant être en tout cas scrupuleusement respectée pour l’admission à une forme quelconque d’entraînement sportif. Telles sont les principales réflexions du Docteur Couturat.
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- La Silicose, comme maladie professionnelle, en Belgique
- Dans la liste des maladies professionnelles donnant droit- à ré paration a été introduite la silicose en septembre 1937, mais seulement en cas de décès ou d’incapacité permanente, totale ou partielle, non en cas d’incapacité temporaire. Les conditions médicales fixées furent de présenter, dans les expectorations, des pliago cytes contenant des poussières industrielles, ou de présenter, après trois ans de travail, des images radiographiques pseudo-humorales. Comme industries incriminahlcs n’ont été indiquées que les fabriques de faïence, de porcelaine, de produits réfractaires et de carreaux de céramique, la question des mines ayant été réservée.
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- Enseignement technique et orientation professionnelle
- La revue Europe a consacré plusieurs numéros à une grande et intéressante enquête sur « l’homme, la technique et la nature ». A cette enquête une importante contribution a été apportée par M. II Luc, qui a traité du rôle de l’enseignement technique. Nous citons ci-dessous quelques passages, relatifs aux relations de l’O.P. et de l’enseignement technique.
- Quels sont, donc les principes et les problèmes de l’enseignement technique ? Parce qu’il est né du besoin, on l’en croit esclave. Non, il sert, honnêtement. Il recrute pour lia production et c’est un aspect de l’orientation professionnelle. Faut-il donc fermer pudiquement les yeux sur celle nécessité du recrutement ? Fiaul-il l’abandonner au hasard pour que le désordre y règne et l’injustice, pour que ces activités essentielles, l’industrie, le commerce, l’agriculture, ne soient que le refuge des médiocres quand elles offriraient carrière aux meilleurs et pour le meilleur d’eux-mêmes, le
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- plus original, le plus fécond ? Faut-il que nous ayons trop de diplômés et de bureaucrates, trop peu d’ouvriers qualifiés ? Ou croit-on que ceux qui échouèrent aux emplois de bureau réussiront tardivement dans l’industrie et le commerce ? L’apprentissage est pour la production. Il ne peut en être autrement. Il importe, pour chacun et pour tous, que la France ne soit pas mendiante — qui lui ferait l’aumône ? — qu’elle produise beaucoup e' bien, assez pour se nourrir, assez pour avoir confiance en soi, envie de vivre. Il est donc naturel qu’on forme des ouvriers, des techniciens, des ingénieurs, des employés pour les tâches précises qu’ils auront à remplir, et que les horaires, les programmes de l’éducation professionnelle portent, gardent en eux les marques profondes de celle destination. Débouchés, rendement, utilité ne sont point en eux-mèmes des mots honteux et vils ; les choses qu’ils désignent ne sont pas infamantes. Cette production qui fait vivre les hommes et dont les progrès sont condition et signe de civilisation, mérite qu’on s’y prépare, qu’on l’avoue comme un des buts de l’éducation. On glorifie justement le travail. Ne serait-il beau qu’en littérature ?
- Mais la production n’est pas tout. La partie du patronat qui ne voit qu’elle, combattant jadis l’école professionnelle, moins capable, disail-on que l’atelier de former dès mains habiles et productives, s’opposant encore aux progrès, dans ces écoles, de l’enseignement général, fait preuve d’égoïsme, non de réalisme. C’est justement au contraire que la classe ouvrière s’oppose à une spécialisation prématurée et, avide de culture humaine, demande à l’éducation, à la seule éducation qu’elle reçoit, en vue du métier,, à cause du métier, de ne point la rendre esclave cependant du métier, de l’affranchir au contraire de la servitude odieuse et totale, physique, intellectuelle, économique, qui l’a rivée au métier pendant des siècles, c’est justement qu’elle lui demande d’être instrument de libération. El c’est l’autre principe de l’éducation professionnelle qu’elle soit humaine et libératrice. C’est-à-dire éducation vraie, non dressage.
- Ainsi l’orientation professionnelle a un autre aspect. Elle est découverte de l’homme par lui-même, par les siens, par ceux qui l’émploient. Elle est recherche de la justice, mettant chacun à sa place, c’est-à-dire à la place de son mérite ; non à la place de sa naissance, de son argent, de scs relations, de sa ruse, de sa violence.
- Nous avons dit que l’orientation professionnelle veut une société juste. On la rend donc impossible, maintenant les privilèges,
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- même ceux que l’esprit de corps, les camaraderies d’école opposent savamment à l’ascension des meilleurs. Elle veut une exacte répartition des hommes selon les tâches. On la rend donc impossible, si on ne fiait à l’avance l’inventaire des places disponibles, si on ne les signale à temps aux familles et aux maîtres, si les uns et les autres n’en tiennent compte dans le choix, dans l’organisation des études, si on attend qu’il soit trop tard pour choisir un métier, se fiant à des redressements chimériques, à je ne sais quels sauts à travers les programmes ou les métiers. On méconnaît aussi les nécessités de l’orientation professionnelle si on ne pense qu’à l’élite, non à la masse. Pour les métiers innombrables, c’est la masse qui compte ; c’est elle qu’il faut guider, élever. La principe de l’orientation, c’est de ne laisser personne en route, de n’abandonner aucun homme, môme les malades ou les infirmes, car ils ont droit iau travail pour vivre et, s’il se peut, se refaire hommes. Beaucoup d’éducateurs n’ont, en bouche que ce mot de sélection. Ou’ils sont dangereux et inhumains ! L’élite surgira, en son temps, si elle a des forces. Elle naîtra, comme le blé crève le sol, son heure venue si elle est élite vraie, force inventive, originalité, puissance, créatrice de pensées et d’actes, non orgueil et dilettantisme. Or, ce n’est pas cetle élite que l’on cherche et que l’on choisit. Où sont donc, dès l’enfance, les prix de l’invention, de l’originalité, de l’énergie spirituelle ; de la fermeté du vouloir ? Ne récompense-t-il pas plutôt la récitation, la docilité, ces redites verbales qui ne créent rien ? Avec quelle peine on formera plus tard des pionniers, des guides. Et comme on aurait tort de s’étonner que la vie démente l’école et redresse, au profit des qualités profondes, l’erreur de ses jugements ! H. Luc.
- CONGRÈS
- L Orientation professionnelle au Congrès international de l’Enseignement technique de Berlin (25-29 juillet 1938)
- La question d’orientation professionnelle n’était pas à l’ordre du jour de ce Congrès ; et pourtant il semble bien qu’elle ait dominé la plupart des débats. Pouvait-il en être autrement quand la question principale étudiée avait pour titre :
- L’élément humain dans le travail
- I. — Gligorin, ingénieur et docent à Vienne, demande qu’il soit procédé à des « examens bio-physiologiques ».
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- Le rapporteur général de la question, le professeur Dr Goerens. président du Conseil de direction des établissements Fréd. Krupp, souligne que 10. P. est « le prodrome de la formation pratique ». « Quand on se représente, écrit-il, tout ce qu’un choix manqué peut comporter de découragement, de chagrin, de mécontentement, de travaux ratés et d’instabilité dans les occupations, et combien de succès — ainsi que de joie au travail — procure, par contre, un pilotage adéquat, on est en droit de dire que ces efforts récompensent la peine — quelle qu’elle soit — qu’on s’est donnée, parce qu’ils aboutissent à réconcilier l’homme avec son labeur et en font un élément précieux de la société. »
- Et le Dr Arniiold, directeur de l’Office de l’éducation professionnelle et de la conduite d’entreprises du Front allemand du travail, d’ajouter « qu’il est capital, pour le rapport organique de l’homme et de la matière, que le travailleur soit bien à sa place ît l’atelier ou à l’usine, et ceci, tant au point de vue de son caractère que sous l’angle de ses aptitudes ». Mais, précisément, déclare-t-il, de fait que nous parlons de 1’ « homme total », la constatation de l’existence d’aptitudes, de capacités éventuelles ne saurait nous suffire ; ce que nous voulons connaître, c’est, aussi exactement et aussi complètement que possible, ce qu’il appelle la « potentialité ergique » de chaque individu. C’est pourquoi l’examen d’aptitudes ne sera jamais, pour lui, une. fin en soi, mais très nettement un moyen en vue du but, sans oublier qu’il y aura grand compte ù tenir de sa nature mentale. En tous cas, la conception allemande actuelle est qu’il ne faut pas viser à la formation de « spécialistes record » : ce serait une grave erreur, tant pour l’individu lui-même que pour la rénovation raciale du peuple allemand.
- II. — Môme appel aux principes d’O. P. à l’examen du problème relatif au recrutement des directeurs des Ecoles professionnelles.
- Plusieurs analyses des qualités à leur demander ont été présentées. C’est ainsi que le professeur Heering, du Ministère de l’Education du Reich, après avoir indiqué qu’un directeur doit avoir de la personnalité, être politiquement sûr, être un bon professeur, etc..., donne, comme qualités générales d’éducateur, « la santé physique, la vigueur intellectuelle, l’esprit de jeunesse, de camaraderie, l’expérience », le tout devant conduire à « une sorte d’art dans la conduite des hommes ».
- La Confédération fasciste des industriels se demande « à quoi servent les recherches psychotechniques, les recherches sur les aptitudes pour l’enseignement des métiers, lorsque ce s métiers sont enseignés dans une atmosphère qui n’a rien à voir avec celle qui
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- leur csl propre », cl que lu direelion des écoles professionnelles est confiée « à des éléments étrangers ù l’industrie ».
- Pour l’abbé Pire, supérieur des aumôniers du travail en Belgique, il faut, à la tète d’une Ecole professionnelle, un homme qui ait, avant tout, les qualités de chef, à savoir : tact, mesure et délicatesse ; énergie, jugement, bonté, dévouement et, par conséquent, patience et longanimité...
- Il nous plaît de reproduire ci-dessous quelques extraits du remarquable rapport de Dulos, directeur d’Ecoles professionnelles a Paris : « Ce qu’on est d’abord en droit d’attendre d’un directeur, c’est un esprit de parfaite équité. La justice, aussi bien chez le personnel que chez les élèves, est un sentiment profond. Le directeur, qui ne satisfait pas à cette exigence de la conscience, crée dans son établissement un état d’esprit qui est préjudiciable à sa bonne marche. Et il faut bien l’avouer, l’équité, pour un chef, n’est pas toujours facile. Les conflits d’amour-propre, les oppositions d’intérêt ne sont pas rares parmi le personnel des écoles. Les élèves, parce qu’ils sont plus jeunes, sans doute, et n'ont pas encore vécu, sont plus attachés encore à l’esprit de justice. Il appartient au directeur d’être un arbitre équitable, plaçant toujours l’intérêt supérieur de son établissement au-dessus de toutes les rivalités personnelles. »
- Il y a, enfin, ajoute-t-il, « des qualités qu’aucune épreuve d’examen ne peut déceler... Tel directeur, très dévoué, prodigue sa personne, s’engage à toute occasion et use son autorité. Tel autre sait donner ses « instructions avec bonhomie et discrétion. Il a l’art de se retirer au moment de l'action, ou, du moins, en s’effaçant, de laisser à ses collaborateurs l’impression qu’il leur confie toute la responsabilité aussi. Le résultat acquis, le chef se remontre personnellement, mais, loin d’accaparer le succès, le laisse à celui qui l’a obtenu, critique avec tact et mesure s’il y a lieu, distribue habilement les louanges, et confère sa réelle valeur à l’effort fourni par le témoignage de satisfaction qu’il en donne. »
- Et Dulos conclut ainsi : « Tel est le,vrai chef et, en particulier, celui qui, dans une école professionnelle, est le véritable animateur et réalise cet esprit de cohésion, cette atmosphère du travail, cet enthousiasme réfléchi, seuls générateurs de progrès. »
- A quand la bonne monographie de directeur d’Ecole professionnelle ?
- III. La question de la formation complémentaire professionnelle des adultes a conduit quelques rapporteurs à exprimer un point de vue sur le problème de l’O. P. ou de la sélection professionnelle.
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- C’est ainsi que Pluyette, chef des Services de l'Enseignement technique de l’Union des industries métallurgiques et minières (Paris), souligne que « la fonction essentielle de la maîtrise réside, en définitive, dans la conduite des ouvriers de l’équipe, du chantier ou de l’atelier », ce qui nécessite force de caractère, esprit de commandement, esprit d’ordre, « qui sont plutôt le résultat d’une éducation que d’une instruction ».
- Messarius (Allemagne), essayant de baser sur la biologie l'enseignement professionnel des adultes, fait remarquer, après bien d’autres, « que la sélection professionnelle jusqu’à présent insuffisante fait qu’il y a dans l’industrie et à l’école un grand nombre de collaborateurs dont les dispositions, aptitudes et qualités professionnelles sont insuffisantes ». Bien que, dit-il, la solidité et la sûreté constillient les deux qualités les plus typiques du peuple allemand, il y a cependant lieu de noter que ces qualités ne se retrouvent pas à égale puissance chez chacun de ses membres et, tout en reconnaissant les résultats acquis jusqu’à présent, grâce aux examens psychologiques d’aptitude, il constate que ces derniers ne tiennent compte « ni des notions de biologie raciale, ni du domaine de la volonté humaine ».
- Guérin, vice-président de la Chambre de Commerce de Gap, a quelques vues heureuses sur les qualités necessaires au « technicien-commerçant » : souplesse, jugement, bon sens, intuition, finesse, vivacité d’esprit, connaissance psychologique parfaite des hommes.
- On aura pu voir, par ces quelques extraits de rapports, que le problème de l’O. P. n’avait pas été perdu de vue au Congrès International de renseignement technique de Berlin. Dans un prochain article, nous analyserons l’étude que le Dr Syrup, président de l’Office du Reich pour le placement et l’assurance-chômage, a présentée à l'Assemblée générale de la « Société internationale pour l’enseignement commercial » et dirons quelques mots de l’Exposition de l’Enseignement professionnel, (pii consacra une place importante à l O. P. Julien Fontègne.
- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE A L’ÉTRANGER
- Orientation professionnelle et placement aux Etats-Unis
- La nécessité de créer des services spécialisés pour le placement des jeunes gens s’étant fait particulièrement sentir durant la crise, le service de placement, aidé de l’Administration nationale pour la
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- jeunesse, y a pourvu ces dernières années, dans 65 villes (ressortissant à 28 Etats et au district de Columbia). Des experts, rétribués par l’Administration nationale pour la jeunesse, ont été rattachés aux bureaux publics de placement et sont chargés d’établir les capacités et l’expérience des jeunes gens de 16 à 25 ans en quête d’emploi et de leur donner des conseils. Le nombre des jeunes gens inscrits dans ces bureaux et de ceux qui ont été placés dans l’industrie de mars 1936 à août 1937 s’est élevé à 165.738 et 70.192 respectivement. La création de ces services spécialisés se poursuit régulièrement.
- L’Administration nationale pour la jeunesse pourvoit également à l’orientation professionnelle des jeunes gens en quête de travail en leur fournissant des informations sur les possibilités d’emploi, les aptitudes requises et les perspectives d’avenir ; elle a créé, à cet effet, des bureaux et des cours spéciaux. La Commission fédérale de l’apprentissage, actuellement rattachée au département du tra-' vail, et composée de représentants du gouvernement, des employeurs et des travailleurs, a pour objet d’encourager la formation d’apprentis et d’améliorer leur protection.
- (Informations Sociales, 28 mars 1938).
- A travers les Revues
- Dans le n° 4 (lre année) de Découverte (septembre 1938), un article de M. Bertrand Colson est consacré à la biométrie humaine (sélection psychotechnique des travailleurs et orientation professionnelle).
- Dans Scienlia (1er août 1938), C.-S. Spearman fait un exposé - sur la mesure de l’intelligence.
- La Pi 'esse Médicale du 5 octobre 1938 contient une étude de MM. Pacniez, Liberson et Plichet sur les électro-encéphalogrammes des épileptiques, les caractères observés permettant d’envisager l’emploi de la méthode pour la sélection et l’O. P.
- Dans le n° 1 du tome 3 (mars 1938) de Psychom.éfriha, une étude de Thurstone est consacrée au facteur de perception, l’un des sept facteurs explicites dégagés de son grand travail d’anayse factorielle portant sur les intercorrélations de 56 tests, et un article de
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- IIolzinger et Harman, relatif à la comparaison des deux méthodes d’analyse factorielle, de Spearman et de Thiirstpne (des résultats en somme très concordants étant obtenus pour les facteurs de groupe de la première méthode et ceux dégagés par Thurstone).
- Le rôle du médecin en O. P. a été l’objet dans le Siècle Médical (15 août 1938) d’un article de Denise Lemei.and, attachée au Bureau universitaire de statistique.
- INFORMATIONS
- Les Congrès de l’été. Il s’est tenu cet été un certain nombre de Congrès nationaux ou internationaux. A Pâques, à Alger, s’était tenu le 42e Congrès des médecins aliénistes et neurologistes de langue française, sous la présidence du Dr Simon, qui a parlé de l’homme normal, un rapport sur les troubles neuro-végétatifs ians les maladies mentales ayant été apporté par le professeur Sante-
- NOISE.
- A Bruxelles, du 9 au 13 juillet, ce fut le Congrès international de biologie appliquée à l'éducation physique et aux sports, présidé par le professeur Speiil.
- Signalons encore le Congrès international de physiologie à Zurich, en août, et, en septembre, le Congrès de l’Association française pour l’avancement des sciences, à Arcachon, avec des sections de psychologie et de pédagogie actives, où ont été envisages les problèmes d’orientation.
- Enfin, à Oxford, sous la présidence de C. G. Jung, de Zurich, s’est tenu un Congrès de psychologie médicale.
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- Exposition du Progrès Social (Lille, 1939). — A cette exposition, le groupe JI (enseignement, éducation physique et sports) comporte une classe 9 consacrée à l’orientation professionnelle et une classe 10, à l’enseignement technique cl à l’apprentissage.
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- A la séance du 20 octobre 1938 de la British Psychological Society, une communication d’AuEC Bouger a porté sur l’emploi des tests en O. P.
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- Le 2e Congrès national d’orientation professionnelle. — Sous les auspices de la '’e de Lille, l'Association générale des orienteurs de France, qui groupe tous les directeurs d’offices d’orientation professionnelle subventionnés par l’Etat, a décidé de profiter de l’Exposition du Progrès Social dans les quatorze départements libérés et recouvrés (Lille, 1939) pour organiser à Lille, les 17, 1S, 19 juillet 1939, son 2e Congrès national d’orientation professionnelle.
- Le Président du Comité d’organisation est M. Maurice Planque, secrétaire général de la mairie de Lille.
- Voici les questions qui seront traitées :
- 1° L’Orientation professionnelle et la famille. (Président de séance : M. F ontègne, inspecteur général de l’enseignement technique, co-directeur de l’Institut national d’orientation professionnelle).
- 2° La continuité de l’orientation professionnelle. (Président de séance : M. Larcher, inspecteur général des Services d’orientation professionnelle au ministère de l’Education nationale).
- 3° L’orientation professionnelle et la situation économique (Président de séance : M. Pouili.ot, inspecteur divisionnaire du travail et de la main-d’œuvre de la Seine).
- Le droit d’adhésion est fixé à 35 francs. Une somme de 40 francs doit être jointe au droit d’adhésion pour obtenir tous les documents, rapports et comptes rendus relatifs au Congrès.
- Les sommes doivent être versées au trésorier, M. Bunel, 2, rue Soyer, à Neuilly-sur-Seine (compte chèques postaux Paris 997.SI).
- Adresser les bulletins d’adhésion, les rapports et la correspondance relative au Congrès, au commissaire général du Congrès, M. Raymond Lallau, directeur de l’Office municipal d’orientation professionnelle de Lille et de l’Office départemen'al d’orientation professionnelle du Nord, mairie de Lille (tél. 319.71 à 319.70).
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- La Vie de l’Institut National d’Orientation professionnelle
- Enseignement pour la préparation au diplôme de conseiller d’orientation
- (Année scolaire 1938-1939)
- L’Institut décerné après examen un diplôme de conseiller d’orientation aux élèves régulièrement inscrits ayant suivi avec assiduité les enseignements théoriques et pratiques organisés pour la préparation à ce diplôme et fait un stage à la consultation d’orientation organisée par l’Institut.
- La préparation du diplôme de conseiller d’O. P. exige l’assiduité aux cours et travaux pratiques du début de novembre au début de juin. Le registre d’inscription est ouvert en octobre jusqu’au 1er novembre. Les travaux et exercices pratiques auront lieu à partir du 8 novembre.
- Sauf dispense spéciale du- Comité directeur, ne pourront s’inscrire à 1 Institut pour la préparation du diplôme que les candidats âgés de 22 ans au moins et 45 ans au plus.
- Inscriptions. — Pour être inscrit comme élève de l’Institut, il faut présenter une demande écrite, sur papier libre, accompagnée d’un extrait de l’acte de naissance, une notice sur les études déjà faites et les diplômes obtenus, et l’exécution d’une épreuve de niveau mental. Le registre d’inscription est ouvert au secrétariat jusqu’au lor novembre. L'admission est prononcée par le Conseil de direction en tenant compte de l’ordre des demandes d’inscription, des titres et des résultats de l’épreuve. Le nombre des inscriptions est limité.
- Pour s’inscrire à l’examen, il faut présenter une demande écrite, appuyée de certificats d’assiduité aux travaux pratiques délivrés par les chefs de travaux, et fournir un rapport de stage. L’admission aux épreuves est prononcée par le conseil directeur, après vérification de l’assiduité aux cours sur les registres de présence. Sur justifications spéciales, des dispenses d’assiduité peuvent être accordées. En particulier, les médecins peuvent être dispensés de certains cours et travaux pratiques ; les directeurs d’Office d'orientation peuvent être dispensés de stage, etc...
- Droits d’inscription et d’examen, dispenses. — Le droit d’inscription (donnant droit aux cours cl aux travaux pratiques) est fixé à 150 francs, qui doivent être versés au moment de la délivrance de la carte.
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- Les droits d’examen sont fixés à 150 francs, versés au moment de l’inscription pour l’examen, dont 100 francs requis pour la signature ministérielle et pour lesquels il ne peut être accordé de dispenses.
- Toutefois seront dispensés des autres droits :
- 1° Les membres de l’enseignement public ;
- 2° Les membres des offices d’orientation professionnelle ;
- 3° Les boursiers des départements et des villes ;
- 4° Les étudiants et travailleurs spéciaux qui, ayant présente une demande justifiée, auront obtenu la dispense accordée par lé Conseil directeur.
- Examen. — Une session d’examen pour l’obtention du diplôme a lieu tous les ans, en juin, à une date fixée par le Conseil directeur. Les épreuves consistent :
- 1° En trois compositions écrites d’une durée de deux heures chacune et portant sur :
- a) La physiologie et la pathologie (générale et psychiatrique).
- b) La psychologie.
- c) L’organisation de l’orientation et les sciences économiques.
- 2° En trois épreuves pratiques, d’une durée de deu^ heures chacune et relatives :
- a) A l’examen physiologique.
- b) A l’examen psychologique.
- c) A la technique de l'orientation.
- 3° En cinq interrogations orales portant sur :
- a) La physiologie et la pathologie (générale et psychiatrique).
- b) La psychologie.
- c) L’orientation et les sciences économiques.
- d) La pédagogie.
- .e) La technique des métiers.
- Nota. — Lorsque la composition écrite sera exclusivement consacrée à la physiologie, l’interrogation orale portera exclusivement sur la pathologie, et inversement. De même, lorsque la composition écrite sera exclusivement consacrée à l’organisation, l’interrogation orale portera exclusivement sur les sciences économiques et inversement.
- Les épreuves écrites sont cotées de 0 à 20. En outre, sont adjointes aux notes dé oes épreuves des notés relatives au travail de l’année, données par les chefs des travaux pratiques cf de stage, sur un maximum de G points par matière (physiologie, psycholo-
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- ÿie, tests collectifs, bibliographie, stage auprès de la consultation) soit un maximum de 30 points.
- Un total de 45 points est nécessaire pour être admissible aux épreuves pratiques.
- Les épreuves pratiques ont également; cotées de 0 à 20, et un total de 30 points est nécessaire pour être admissible aux épreuves orales.
- Les interrogations orales sont cotées de 0 à 10.
- Pour être définitivement admis, il faut un minimum total de 100 points. La mention assez bien est accordée aux candidats dont le total des points atteint 120 (moyenne d.e 12 sur 20) ; la mention bien à ceux dont le total des points atteint 140 (moyenne de 14 sur 20) ; et la mention très bien à ceux dont; le total atteint 160 (moyenne de 16 sur 20).
- La mention figure sur le diplôme décerné aux candidats admis.x
- Le bénéfice des admissibilités (première ou deuxième admissibilité) acquises à une session d’examen, pourra être conservé à ia session suivante. Un candidat ne peut pas se présenter plus de deux fois à l’examen.
- Horaire des Cours et Travaux pratiques Cours (1)
- Lundi, 17 heures, du 7 novembre au 20 mars : Organisation de FO. P.
- Lundi, 18 heures, du 7 novembre au 20 février : Pédologie.
- Lundi, 18 heures, du 27 février au 20 mars et à 17 heures du 27 mars au 5 juin : Technique des métiers.
- Lundi, 18 heures, du 27 mars au 15 mai : Pathologie.
- Mercredi, 18 heures, du 9 novembre au 7 juin : Psychologie.
- Jeudi, 14 heures, du 9 février au 9 mars : Sélection et orientation.
- Vendredi, 18 heures, du 6 janvier au 2 juin : Economie politique.
- Vendredi, 18 heures, du 18 novembre au 23 décembre : Psychiatrie.
- Samedi, 18 heures, du 12 novembre au 22 avril : Physiologie.
- (1) Tous les cours seront faits au Conservatoire national des Arts et Métiers, 292, rue Saint-Martin, à l’exception du cours de physiologie, fait à la Sorbonne.
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- Travaux pratiques
- Mardi, 17 heures (au Laboratoire de Physiologie de la Sorbonne) : Travaux pratiques de physiologie (Mlle C. Veil), à partir du 8 novembre.
- Jeudi, de 9 b. 30 à 11 h. 30 (au laboratoire de psychologie de la Sorbonne) : Travaux pratiques de psychologie (MUe J. Monnin), à partir du 10 novembre.
- Jeudi, à 14 b. 30, séance de sfcige d’orientation. Les élèves seront répartis, pour les stages, par M. Fontègne et désignés comme assistants à la consultation cl’O. P. à partir du 10 novembre, à 14 heures.
- Samedi, de 16 b. 30 à 17 h. 30, du 7 janvier au 25 mars : Technique des tests scolaires (Mme Henri Piéron, au laboratoire de la Sorbonne).
- I. — Physiologie
- M"° C. Veil, professeur (Vingt leçons)
- 1. — Les bases physiologiques de l’orientation professionnelle.
- 2. Quelques mesures du crâne, de la face et du corps. Figures,
- profils, indices et types anthropométriques.
- 3. — La cellule et le milieu intérieur : sang et lymphe. Altéra
- tions du sang dans les intoxications professionnelles.
- 4-5. — La circulation. Cœur, mécanique cardiaque, fréquence cardiaque. Pression artérielle et veineuse. Phénomènes vaso-moteurs. Aptitude cardiaque à l’effort.
- 6. -— La respiration. Mécanique respiratoire et. échanges gazeux.
- Mesures respiratoires : spirométrie, quotient et coefficient respiratoire.
- 7. — La digestion. Aliments. Phénomènes chimiques de la di-
- gestion. Assimilation.
- 8. -- Rations alimentaires et dépenses énergétiques. Evaluation
- du coût physiologique de différents métiers.
- 9. — Le rein, sécrétion urinaire.
- 10. — Les sécrétiens externes et internes. Corrélations humorales.
- 11. —- Le muscle et la contraction musculaire.
- 12. — Le nerf. Excitabilité et conductibilité.
- 13. — Moelle épinière et réflexes.
- 14. — L’encéphale. Inhibition et dynamogénie.
- 15-16. —- Les phénomènes électriques accompagnant l’activité nerveuse et musculaire : encéphalogrammes, influx nerveux, myogrammes, électrocardiogrammes.
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- 1 /. — Le tonus musculaire., précision et coordination des mouvements.
- 18-19. — L’effort physique. Apprentissage des mouvements. Fatigue physique et industrielle.
- 20. — La fiche physiologique. Son établissement, son utilisation en orientation professionnelle.
- II. — Psychologie M. Henri Piéron, professeur Chargé de Cours: M. A. Fessard et M11' D. Weinberg (Vingt-huit cours)
- 1. — La Psychologie, son domaine, ses méthodes, ses applica-
- tions en O. P. Le comportement et ses facteurs. Les différences individuelles et leurs origines.
- 2. — La direction de l’activité cl la vie affective. Bases physio-
- logiques des phénomènes psychologiques.
- 3. Les méthodes d’examen différentiel des aptitudes. Bases
- statistiques de la psychométrie. (Notations. Distributions. Etalonnages.)
- 4. — Les examens sensoriels. Généralités physiologiques et mé-
- thodologiques. Le tact et les sensibilités cutanées.
- 5-6. — La Vision.
- 7. — L’Audition.
- 8. — Goût. Odorat. Sens proprioceptifs et intéroceptifs.
- 9. — L’organisation de la perception.
- 10. — L’examen des réactions motrices. L’organisation des mou-
- vements.
- 11. — Entraînement ét fatigue.
- 12. — Le calcul des corrélations.
- 13. — Notions sur l’analyse factorielle et ses résultats généraux.
- La structure mentale.
- 14. — Les niveaux d’efficience (attention). Détermination quanti-
- tative. Les formes d’attention. Méthodes d’examen.
- 15. — La mémoire. Sa nature et son rôle. Le processus d’acqui-
- sition. L’évanouissement, l’évocation et la reconnaissance. 10. — Les différentes catégories du souvenir et les types de mémoire. Caractéristiques individuelles. Méthodes d’examen La déformation du souvenir et le témoignage.
- 17. — Symbolisme et langage. Sa fonction verbale, ses modalités, son examen. Les fonctions symboliques supérieures et la pensée. La logique.
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- 18. — Ea hiérarchisation des individus. La notion de volonté et
- celle d’intelligence. Développement mental et intelligence. Les types d’intelligence.
- 19. — Les méthodes d’examen de l’intelligence.
- 20. —- Le caractère. Définition : rôle en O. P., bases physiologi-
- ques.
- 21. — Le caractère (suite). Développement; différences indivi-
- duelles ; méthodes.d’examen.
- 22. — Les différenciations de types. Les sexes et les races. Les
- différences d’aptitude ; leur développement.
- 23. — Les méthocles psychotechniques. Méthodes cliniques et mé-
- thodes expérimentales d’examen. Le questionnaire. (Notations moyennes.)
- 24. — Le test. Ses caractéristiques.
- 25. — La critique du test. Notions de cohérence, stabilité, prédic-
- tivité.
- 26. — Le profil psychologique.
- 27. -—- Analyse psychologique du travail professionnel. Méthodes.
- Classifications psychologiques des métiers.
- 28. -— Profils psychologiques de quelques groupes de métiers.
- III. — Pathologie M. le Docteur Paul-Boncour, professeur.
- (Six leçons)
- lre leçon : Généralités sur le rôle du médecin en orientation professionnelle. Dépistage des défectuosités et des maladies. Les contre-indications absolues, relatives, temporaires. — Antécédents héréditaires et personnels : leur valeur, leur interprétation. — Les renseignements du médecin scolaire.
- 2e leçon : Examen somatique et morphologique : les anomalies de la taille et du poids. — La débilité constitutionnelle et l’aptitude aux maladies. — Les troubles endocriniens. Anomalies de l’évolution pubertaire.
- 3e leçon : Affections de la peau et du cuir chevelu. — Affections du tissus sous-cutané. — Le système locomoteur (muscles, os, articulations) et ses défectuosités (scolioses, arthrites, pieds plats).
- 43 leçon : Système circulatoire (cœur, vaisseaux). — Système respiratoire : ses insuffisances, ses maladies.
- 5e leçon : Appareil respiratoire (fin). — Système digestif : dents, estomac, intestin, hernies. — Insuffisance hépatique, intoxications. — Appareil urinaire et génital. Eclopie. Incontinence urinaire.
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- 6e leçon : Maladies générales. — Les organes des sens et leurs anomalies. -— Conclusions pratiques : valeur des constatations médicales. — La fiche médicale. La surveillance de l’apprenti. — Le rôle du médecin scolaire. La préadaptation professionnelle. — Le secret médical.
- Psychiatrie
- M. le Docteur P. Male, professeur (Six leçons)
- 1. — Généralités. Mode d’examen d’un enfant.
- 2. — Les retardés et les débiles.
- 3. — Les troubles du caractère.
- 4. — Perversions instinctives. Vues médico-légales.
- 5. — Epilepsie et troubles organiques.
- G. — Le développement intellectuel et affectif de l’enfant. Conclusions pratiques d’O. P.
- IV. — Pédologie M. H. Wallon, professeur (Quatorze leçons)
- 1. — Les méthodes dans la psychologie de l’enfant.
- 2. — Les conditions psychobiologiques du développement de l’en-
- fant.
- 3. — L’éducation musculaire.
- 4. — Les types morphologiques.
- 5. — Les types psycho-moteurs.
- G. — Les jeux, leur signification et leur rôle.
- 7. — Les intérêts et les goûts de l’enfant.
- 8-10. — L’intelligence et son développement.
- 11. — Les fonctions esthétiques.
- 12-13. — La formation du caractère.
- 14. — Révision.
- e
- V. — Économie politique M H. Noyelle, professeur (Vingt leçons)
- Première partie (14 leçons)
- Introduction : Nécessité de la connaissance économique nour les « orienteurs » professionnels. a) L’objet des études économiques.
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- 211 —
- b) Schéma du régime économique. Division du travail. Echange libre. Economie de marché.
- c) Les problèmes posés. L’idée de loi. Le facteur psychologique. Science et doctrines.
- 1. — Libéralisme. Individualisme. Capitalisme. Intervention-
- nisme. Socialisme.
- 2. — Notions fondamentales : La production des biens économi-
- ques. L’utilité. La valeur. Les conditions de l’échange. La notion de prix (prix de revient et prix de vente).
- 3. — Mécanisme de l’échange. Marchés. Offre et demande.
- 4. — Théorie de l’équilibre. L’automatisme économique.
- 5. — Evolution du régime : Artisanat. Entreprises capitalistes.
- Concentration (trusts, cartels).
- 6. — L’industrie, grande, moyenne ou petite. L’organisation-de
- la grande entreprise. Capital. Travail. La main-d’œuvre (main-d’,œuvre qualifiée et semi qualifiée. Les manœuvres).
- 7. — Les monopoles. Prix de monopole.
- S-9. — Monnaie. Crédit. Banques.
- 10. — Commerce extérieur. Change.
- 11-12. — Mouvements généraux de prix. La crise.
- 13-14. — La répartition (salaire, profit, rente, intérêt).
- Deuxième partie (6 leçons)
- . 1-2. — L’intervention du législateur. Causes. Bref historique. L’organisation professionnelle : syndicats.
- 3-5. — La législation et le code du travail. Le contrat d’apprentissage et les patronages d’apprentis. Le contrat de travail. Les conventions collectives. La durée du travail. Le travail des femmes et des enfants. Le travail intellectuel.
- 6. — Observatipns générales et indications bibliographiques pour l’étude de la législation sociale.
- VI. — Technique des métiers
- (Douze leçons, douze visites correspondantes) sous la direction de MM. J. Fontègne et P. Pouillot
- Cours Visite correspondante.
- 1. — Les métiers du vêtement.......
- r
- Ecole professionnelle, rue Ganneron.
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- oi co
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- Cours
- Visite correspondante
- 2. — Les métiers du bois et ameu-
- blement.. .................... Ecole Boulle. ,
- 3. — Les industries des cuirs et
- peaux......................... Ecole des chausseurs bot-
- tiers.
- Ecole de la fourrure.
- 4. — Les métiers de la mécanique. Ecole Diderot.
- 5. — Les métiers d’art appliqué (G.) Ecole Dupetit-Tliouars.
- 0. — Les métiers d’art appliqué (F.) Ecole, rue Duperré.
- 7. — Les métiers de l’alimentation. Ecole d’hôtellerie.
- 8. — Les métiers du bâtiment.......... Ecole maçonnerie et cou-
- verture, plomberie.
- 9. — Les métiers du livre.......... Ecole Estienne.
- 10. — Les métiers du commerce...... Le Printemps.
- 11. — Banques et assurances........ La Banque de France.
- 12. — Les métiers agricoles........ Ecole d’horticulture.
- Conférences de M. Pouillot
- (Six conférences)
- 1. — Le marché du travail.
- 2. — L’organisation générale du travail en France.
- 3. — Le chômage. Ses causes. Son influence sur le marché du
- travail.
- 4-5. — Les migrations de travailleurs.
- 0. — Considérations générales sur les différents problèmes étudiés.
- VII — Organisation de l’Orientation professionnelle
- M. J. Fontègne, professeur (Dix-huit leçons)
- 1. — Vue d’ensemble sur le problème d’O. P. Origines du mouvement. Aspect mondial.
- . — Accidents du travail et O. P. Maladies professionnelles.
- . — Définition de l’O. P. Les collaborations qu’appelle l’O. P.
- 4. -— Le rôle de l’école primaire en O. P. Préorientation pro-
- fessionnelle.
- 5. — Le dessin et le travail manuel, révélateurs d’aptitudes.
- G. — Le cinéma et l’éducation physique au service de l’O. P.
- 7. — L’observation psychologique à l’Ecole. Le livret scolaire. La fiche scolaire.
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- 8. -— La connaissance de la profession. Méthodes employées.
- Exemples. Classification des professions.
- 9. — Les monographies professionnelles. Exemples.
- 10. — La connaissance du milieu et du marché du travail : main-
- d’œuvre, lieux de travail, modalités de production.
- 11. — La pratique de l’O. P. Dossier de l’enfant.
- 12. — La pratique de l’O. P. Entretien avec la famille. Interroga-
- toire de l’enfant. Conseil d’O. P.
- 13. —. Le placement en apprentissage.
- 14-15. — Législation de l’O. P.
- 16. — L’organisation de l’enseignement en France. De quelques problèmes d’enseignement technique.
- 17-18. — Etude de quelques problèmes spéciaux : O. P. agricole.
- O. P. commerciale. Le travail de la femme. O. P. de l’ingénieur.
- VIII. — Sélection et orientation M. Lahy, professeur (Six leçons)
- L — Le problème de l’orientation professionnelle et les méthodes qui permettent de le résoudre.
- 2. — La psychologie professionnelle. Classement des professions d’après leurs caractères psychologiques. Etude des aptitudes professionnelles.
- 3-4. — Le dossier d’orientation professionnelle (deux leçons) :
- a) Coordination des données anthropométriques, physiologiques et médicales ;
- b) Coordination des données scolaires, psychotechniques et sociales ;
- 5. — Organisation et fonctionnement d’un service de psychotech-
- nique appliqué à l’orientation professionnelle.
- 6. — Révision.
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- H. P iéron et I. Meyerson. — Onzième Congrès international de psychologie. Rapports et comptes rendus. — In-8° de 571 pages. 1938. En vente à la librairie Alcan.
- Le Congrès, qui s’est tenu à Paris du 25 au 31 juillet 1937, avait comme thème général : Du mouvement à la conduite. Les rapports,
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- conférences et communications à ce Congrès constituent un ensemble d’une haute importance au point de vue psychologique.
- Citons les rapports de MM. Michotte, Cox et Fraisse (morphologie des mouvements), Koffka (la loi de l’effet dans l’apprentissage), Myers et Buytendijk (acquisition des habitudes), Gurevitch, Wallon et Carmichael (développement moteur et développement mental chez l’enfant), Itévész et Katz (comportements animaux et conduites sociales.
- Les conférences ont été faites par les professeurs Janet (conduites sociales), Adriian (électrencéphalogramines), Mc Dougall (tendances), Piaget (intelligence et habitude), Thurnwald, Bühler et Claparède. Dans les neuf commissions de spécialistes, indiquons spécialement celles relatives à l’interprétation de la thé01% des facteurs (Spearman), aux émotions (Pi Suner), à la pensée constructive, à la psychophysiologie acoustique, à l’adaptation motrice, etc...
- 11 n’est pas possible de donner une idée des 115 communications dont le résumé est donné dans ce compte rendu, publié par les soins du président et du secrétaire général du Congrès, et qui forme un élégant volume dont l’impression a été assurée par l’Imprimerie Moderne d’Agen.
- Signalons seulement encore les actes du Congrès, comportant en particulier le discours présidentiel de M. Piéron, et le discours du ministre Yvon Delbos, et illustrés d’un grand nombre de planches photographiques. ^
- Compte rendu du Congrès international de VEnsiegnement primaire et de VEducation populaire. — In-8° de 607 pages. Paris 1938, Editions Sudel.
- Le compte rendu du Congrès organisé en 1937 par le Syndicat national des instituteurs avec un très grand succès renferme un grand nombre de conférences et de résumés de communications et présente un très grand intérêt. Si nous avons le regret de ne pas -y trouver les textes des conférences sur l’orientation de M. Laugier et de MUe Weinberg, nous y pouvons lire ceux de MM. Guillaume (formation des habitudes), Koffka (développement mental et éducation), Charlotte Buhler (développement des intérêts de l’enfant), Piaget (logique enfantine), Eisa Kohler (éducation sociale d’une classe de garçons), Piéron. (méthodes de mesure), Luc (de l’école au travail), etc...
- Le compte rendu, illustré, de nombreuses planches, forme un beau volume. r>
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- Livres entrés récemment à la Bibliothèque
- Pour devenir fonctionnaire (1938). — Liste complète des carrières de l’Etat, féminines et masculines en France et aux Colonies, traitements, limites d’âge, diplômes ù produire, matières à étudier. Ed. : J. des Fonctionnaires, Paris.
- T. Ii. Hunt. — Measwement in Psychology (La mesure en psychologie). — Prentice-Iïall, N. Y. 1936, pp. 467.
- L. M. Terman et M. A. Merrill. — Measuring Intelligence (La mesure de l’Intelligence), G. Ilarrap, Londres, pp. 450.
- Dr F. Baumgarten-Tramer et J. Breny. — Zur Berufspsycholo-gie der llebamme (De la psychologie professionnelle de la sage-femme), pp. 36. — Extrait de Die Schweize llebamme, 1937.
- A. Goineau. — Le problème de la formation sociale des cadres, pp. 26. — Cégos, 4, rue de Presbourg, Paris, 16°.
- G. de Beaumont. — Guide pratique de VOrientation professionnelle, préface de H. Noyelle, pp. 203. — Dunod, Paris, 1938. Collcct. : Etudes corporatives.
- IL Duhourcau. — Commerce, Comptabilité, Calcwl. — Editions Jean Renard, 1938 , 2€4 pages.
- IL IL Newman, F. N. Freeman et K. J. Holzinger. — Tu ins a stiidy of heredity and environment. — 'Hic University of Chicago Press, Chicago, 1937, 369 pages.
- F. S. Freeman. — Individual différences. — G. G. Ilarrap et C° Ltd, London, 1934, 355 pages.
- IL E. G arrett. — Introduction par R. S. Woodworth. Statis-tics in psychoiogy and éducation. — Longmans, Green and C°, New-York, 1937, 493 pages.
- W. V. D. Bingham. — Aptitudes and aptitude lesting. — Harper et Brothers publishers, New-York, 1937, 390 pages.
- A. Manoil. — La psychologie expérimentale en Italie. Ecole de Milan. — Librairie Félix Alcan, Paris, 1937, 189 pages.
- Guide Néret. — Ecoles, Professions, Débouchés. — Les Editions de France, Paris, 1938, 348 pages.
- Dr V. R. IIeiss. — Die Lehre vom Charahter. — Walter do Gruyter et C°, Berlin, 1936, 273 pages.
- G. Arthur. — A point seule of performance tests. —- The Com-monwcalth Fund. New-York, 1933, 106 pages.
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- S. J. Beck. — Introduction to the Rorschach method. — The. american orthopschyatric association, 1937, 278 pages.
- M. Chalumeau. -— L'élément humain dans le travail. — Rapport au Congrès de l’enseignement technique de Berlin, juillet 1938. Chambre syndicale des constructeurs en ciment armé, Paris, 24 pages.
- M, Foucault. — La masure de Vintelligence chez les écoliers.— Librairie Delagrave, Paris, 1933, 135 pages.
- J. Mattiiey. — La psychotechnique et l'école. — Delachaux et Niestlé, S. A., Neuchâtel, 1933, 46 pages.
- Ür O. Dec.roly et J. E. Segerp. — Essais dûapplication du test de Ballard. — Maurice Lamertin, éditeur, Bruxelles, 1932, 149 p.
- L. L. Tiiurstone. — The fundamentals of slatii-itics. — The Macmillan Cy, 1937, 237 pages.
- L. L. Tiiurstone. — The fundamentals of statistics. — Traduction française.
- CORRESPONDANCE
- Le docteur Macé de Lépinav, Mlle de Sercey et Mme Cérin n’avaient, pas eu connaissance du texte paru dans le Bulletin Municipal de Vincennes et reproduit par le Bulletin de T Institut National d’Orientation Professionnelle de juillet-août 1938. Ils regrettent tous les détails erronés contenus dans cette note. L’Office d’orientation professionnelle de la mairie de Vincennes est encore à la période de la mise en train. Lorsque des résultats susceptibles d’intéresser les lecteurs du Bulletin de l'Institut National d’Orientation Professionnelle auront pu être recueillis, les responsables de l’Office communiqueront volontiers à ce bulletin un compte rendu exact de leur activité.
- (Communiqué de M11® de Sercey).
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- 10® Année
- JM“ 10
- Novembre-Décembre 1938
- BULLETIN
- DE
- l’Institut National d'Orientation Professionnelle
- LE CHÔMAGE
- par
- GUY DE BEAUMONT
- (Fin)
- Réponse A 2° B
- « Chômeurs rentrant du service militaire jusqu’à 45 ans. »
- Ce sont les chômeurs qui, dans la force de l’âge, sont susceptibles d’être reclassés le plus aisément.
- Comme ils ont déjà une formation professionnelle, il s’agirait de les perfectionner dans une spécialité aussi proche que possible de leurs connaissances. Comme l’on manque de spécialistes tourneurs, ajusteurs, fraiseurs, etc., la création de quelques centres de formation analogues à ceux de la rue de l'Ouest, à Paris, de Beaugency, de Châteauroux, etc., réservés à ces chômeurs serait déjà très utile.
- D’autre part, M. PouiIlot, inspecteur divisionnaire du Travail et de la Main-d’OEuvre, a pronostiqué dans une récente conférence, ce qu’il a appelé la « promotion des manœuvres » ; ceci consisterait à embaucher des chômeurs comme manœuvres et ouvriers, en remplacement de manœuvres et ouvriers actuellement en activité que l’on spécialiserait dans le but de pourvoir à la succession des techniciens atteints par la limite d’âge de la retraite éventuelle des travailleurs.
- Reste à savoir quels seraient les métiers les plus touchés en cas de réalisation de cette hypothèse. Cette connaissance permettrait de prendre les devants en procédant à la création des centres techniques indispensables.
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- I
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- Le recensement de 1931 nous indique que le pourcentage des travailleurs occupés (hommes) était de 4,67 % pour ceux dont l'âge était de 55 à 59 ans, et de 6,31 % de 60 ans et plus.
- Si l’on recherche les catégories professionnelles dont le pourcentage chronologique est supérieur à cette moyenne, nous aurons la réponse.
- Si, de plus, l’on prend le dépassement de cette moyenne, et qu’on le traduit en unités de travailleurs, nous saurons, quel est le chiffre de spécialistes qui risquera de manquer dans lesdites catégories et qu’il y aurait peut-être lieu de former, en supposant les besoins de production constants, et la mortalité restant égale à son chiffre normal, soit à la formule :
- dmy x nb 100
- dmy, étant le dépassement moyen de A + B -— 10,98, nb, le nombre.de travailleurs de la catégorie,
- A et B, les pourcentages des travailleurs de 55, 59 ans et 60 ans et plus, et 10,98 l’addition de ces deux moyennes pour l’ensemble des professions (4,67 + 6,31). On obtient :
- A B dm'/ nb
- 1“ Industries textiles. • 7,G9 12,54 9,25 329.196 30.441
- 2“ Taille de pierres et moulages. 6,29 10,28 5,69 '25.007 1.422
- 3° Cuirs et peaux 5,83 8,71 3,56 107.886 3.837
- 4° Pierres et terres au leu 6,02 8,37 3,41 176.795 6.028
- 5° Caoutehou, papier, carton.... 6,20 8,15 3,37 92.618 3.120
- 6° Vêtements. • • 6,13 8,06 3,21 93.597 3.061
- 7” Industries chimiques. . . 6,53 7,56 3.11 176.917 5.501
- 8” Bois. • • 4,97 8,54 2,53 350.823 8.875
- 9" Matières précieuses. 5,33 7,14 1,49 16.460 242
- 10° Alimentation. • • 5,28 7,07 1,37 268.147 3.672
- 11° Industries polygraphiques. ... 5,03 6,69 0,74 92.415 683
- 12“ Commerces. • 5,24 6,41 0,67 845.038 5.661
- Soit un total de 42.483 places qui pourraient devenir éventuellement vacantes en plus de la moyenne normale, pour les hommes.
- Mais il faut évidemment faire intervenir ici les variations économiques qui font péricliter certaines industries.
- Or, l’on constate qu’il n’y a guère d’offres d’emplois dans ces métiers à proportion âgée.
- Si l’on prend alors les métiers manifestant encore une vitalité par quelques offres d’emploi soit les services domestiques, l’agriculture, l’industrie et le commerce d’alimentation, l’in-
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- 7,07 268.147 h. soit 18.955
- 4,43 95.591 f. soit 4.230
- 5,46 1.192.249 h. soit 63.094
- 2,92 151.603 f. soit 4.426
- 1,67 417.761 h. soit 6.975
- 1,48 11.176 f. soit 164
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- dustrie métallurgique et mécanique ainsi que l’industrie extractive et que l’on admette comme éliminés ceux dont l’âge était déjà en 1931 de 60 ans et plus, on « promotionnerait » ainsi, services domestiques et agriculture mis à part pour des raisons connues :
- °/o nb
- Industries de l’alimentation Industries de l’alimentation Industries métallurgiques. . Industries métallurgiques. . Industries extractives. . Industries extractives. .
- Il est évident que l’on pourrait aussi chilfrer pour toutes les autres branches d’activité, le nombre d’ouvriers susceptibles d’être mis à la retraite. Si on appliquait le coefficient de 6,31 à 8.449.700 salariés hommes et celui de 6.19 à 3.713.700 salariés femmes (ces coefficients représentant la moyenne de 60 ans et .plus pour l’ensemble des catégories professionnelles) on réduirait le chômage d’un seul coup puisqu’on obtiendrait 533.176 vacances hommes et 229.878 vacances femmes. On en arriverait même à manquer de main-d’œuvre.
- Si l’on s’arrêtait à une solution proche, il apparaît que la mise à la retraite des travailleurs de 62 ans et au-delà serait de nature à.liquider la question « chômage », ce qui se ramène à un problème social et financier.
- Si l’on ne s'arrête pas à cette solution, on peut trouver un dérivatif au chômage par la formation professionnelle. Celle-ci peut avoir lieu pour les métiers à proportion âgée et pour les métiers à tendance vitale.
- Réponse A 2° C
- n c ; . r
- Reste une autre solution qui est celle des Grands Travaux. Elle peut être à cheval sur 2° B et 2° C, mais devrait plutôt s’appliquer à cette dernière catégorie, la précédente pourrait être réorientée comme on vient de le voir.
- Les Grands Travaux prévus par le Plan Marquet du 15 mai 1934 doivent être concentrés sur les Chemins de fer et les Travaux publics. Rien, sinon l’esprit public, n’empêche d’y affecter les chômeurs en recourant au besoin à des camps de Ira-
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- vail, comme en Allemagne, en Suisse, en Pologne ou en Mésopotamie. Le travail serait f ourni en échange de h allocation de chômage à laquelle un supplément serait ajouté par les Caisses départementales et municipales.
- Mais il ne faudrait pas surtout faire de grands travaux pour le plaisir d’occuper uniquement la main-d’œuvre. Il faudrait, au contraire, en profiter pour aménager notre pays sur les bases les plus modernes. On ne peut qu’être frappé, si l’on songe un instant que plus de 400.000 hommes et femmes sont entretenus à un standard de vie d’une médiocrité dégradante, dans une oisiveté complète, alors qu’il y a tant à faire pour doter le pays d’un matériel de travail et de conditions de vie modernes.
- Jamais il n’y a eu autant à œuvrer. Jamais on n’a disposé de tant de bras.
- Réponse A 2° D
- Le problème ne ressort plus de la compétence professionnelle, mais encore de la politique sociale et financière.
- Retraiter 760.000 travailleurs de plus de 60 ans ou 400.000 de plus de 62 ans, c’est dégager complètement et sans grands travaux le chômage. Mais c’est aussi mettre sur l’économie du pays une charge qu’elle n’est peut-être pas susceptible de supporter.
- Reste donc la solution plus restreinte du retrait du marché du travail de la main-d’œuvre âgée de plus de 65 ans qui bénéficierait de la retraite des travailleurs.
- Réponse A 3°
- De plus, comme il y a parmi les chômeurs un certain nombre qui ne pourra jamais rien faire par suite d’incapacité physique, l’on procéderait à un examen médical assez sévère portant pour commencer sur la patrie des chômeurs de 45 à 65 ans.
- Les « réformés » seraient rayés du chômage et transférés à l’Assistance publique, toute question financière égale (arrangement avec la Santé publique). Mais ce tri aurait l’avantage d’éliminer des éléments qui n’ont rien à faire avec le marché du travail, et ne font qu’embrouiller la question. Le problème gagnerait en clarté.
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- Quant aux chômeurs jeunes ou adultes, au-dessous de 45 ans et reconnus déficients physiquement, sensoriellement, ou psychiquement, ils seraient dirigés vers un centre à créer, combinant l’orientation et la rééducation professionnelle, et en rapports directs avec tous les hôpitaux et établissements adéquats.
- Le centre aurait mission de procéder après enquête à la création d’ateliers, écoles de rééducation professionnelle des déficients, qui enseigneraient des métiers déterminés compatibles avec la déficience. L’apprentissage y serait combiné avec les soins médicaux (exemple sur Saint-Maurice).
- Enfin il serait peut-être encore possible de supprimer du chômage les étrangers ne bénéficiant pas d’accord de réciprocité. Mais ceci ne donnerait probablement pas grand chose.
- *
- * *
- Un recensement qualitatif des chômeurs est actuellement en cours d’exécution, au ministère du Travail, au service de la Main-d’OEuvre.
- En effet, un décret du 26 septembre 1937 a décidé de faire un recensement qualitatif du chômage, en vue de faciliter le placement des chômeurs.
- Cette date est trop récente, pour que l’on puisse avoir déjà des indications définitives. Les statistiques sont trop longues à établir. Ainsi le recensement général de la population en France, de mars 1936, ne sera pas prêt avant mars 1939, soit trois ans nécessaires à son établissement.
- Cependant des résultats partiels obtenus, particulièrement pour la Seine, la Seine-et-Oise et la Seine-et-Marne, permettent de se faire une idée approximative du problème.
- Cette région comporte 238.259 chômeurs inscrits, sur un total de 410.625, soit 58 % du chômage total.
- Cette première indication dénonce déjà les méfaits de la centralisation.
- Le recensement qualitatif du chômage tel qu’il a été envisagé comporte quatre phases successives :
- a) Le recensement proprement dit, effectué à l’aide d’un questionnaire spécial, actuellement terminé pour Paris ;
- h) Le dépouillement et le classement des questionnaires afin
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- d’établir des statistiques d’ensemble et de permettre l’organisation du recensement qualitatif proprement dit en cours ;
- c) L’examen professionnel des chômeurs au moyen, en principe, de commissions établies sur la base paritaire, en vue de déterminer dans toute la mesure du possible la valeur professionnelle de chaque chômeur ;
- d) L’établissement, d’un fichier central du chômage.
- *
- * *
- Il reste actuellement à envisager le troisième stade de l’enquête sur le recensement qualitatif du chômage, lequel doit comprendre l’examen professionnel des chômeurs par le soin de commissions professionnelles établies sur la base paritaire.
- Cette opération n’a pas encore été commencée et ne pourra l’être que lorsqu'auront été fixées les conditions dans lesquelles pourront être indemnisés les membres des commissions paritaires professionnelles ainsi que les médecins qui seronl appelés à examiner certains chômeurs.
- Un essai a été tenté, dans l’industrie de la photogravure et dans la boulangerie avec le concours bénévole des organisations patronale et ouvrière deda profession. Ses résultats ont été convaincants ; ils ont permis d’établir la situation exacte de la profession en face du chômage et ont facilité, par ailleurs, le placement immédiat de quatre ouvriers photographes en chômage sur les trente-cinq examinés.
- *
- * *
- Certains renseignements démontrent que si le recensement qualitatif du chômage ne peut, à lui seul, procurer un emploi à tous les chômeurs, il est de nature à faciliter grandement le placement d’un grand nombre des demandeurs d’emploi et qu’à cet égard son influence peut ne pas être négligeable.
- Si l’on examine, en effet, les résultats du placement public dans le département de la Seine pendant le mois de février 1937, on peut faire les constatations suivantes.
- Pendant ce mois et pour l’ensemble de ses sections professionnelles, l’Office départemental de placement de la Seine a été saisi par les employeurs de toutes catégories de 8.150 offres d'emplois.
- Or, parmi les demandeurs d’emploi présentés par l’Office.
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- 6.572 seulement ont été acceptés, soit 80,6 % et 1.578 places vacantes n'ont pu être pourvues d'un titulaire malgré la présence, à ce moment, de 220.209 chômeurs inscrits aux fonds de chômage.
- Ce qui est remarquable c'est que cette situation est constatée dans toutes les catégories professionnelles sans exception.
- Tl en est ainsi dans l’alimentation, chez les restaurateurs-limonadiers et dans la boulangerie-pâtisserie-confiserie.
- De même dans la métallurgie et le travail des métaux avec 401 places offertes, 285 placements et 116 places non pourvues de titulaires malgré 22.000 chômeurs inscrits.
- Dans l’électricité, 35 emplois offerts : 26 placements seulement.
- Dans le bâtiment, avec 153 offres d’emploi, 97 ouvriers placés et 56 emplois restés vacants malgré 26.000 chômeurs secourus.
- Dans le vêtement même où l’on constate 13.000 chômeurs inscrits, 630 places offertes n’ont pu recevoir que 413 titulaires et 217 emplois sont restés vacants.
- Même situation dans le papier-carton, où 155 emplois ont été offerts mais seulement 141 pourvus d’un titulaire.
- Citons, pour terminer, les services de placement du personnel domestique intéressant une corporation où le nombre de chômeurs inscrits dépasse 17.000 unités.
- Les deux sections de l’Office départemental spécialisées dans ce placement ont.été saisies en février 1937 de 419 offres d’emploi et n’ont pu placer que 184 domestiques, 235 emplois n’ont pu être comblés par l’Office par prélèvement sur les 17.000 chômeurs inscrits.
- Ces 1.578 placements non effectués, correspondent à 1.578 chômeurs maintenus au chômage.
- Si l’on admet, ce qui est un minimum, que le chômeur moyen perçoit une indemnité de 15 francs par jour, le maintien des chômeurs ci-dessus dans les fonds de chômage représente une dépense maintenue également de 23.500 francs par jour et plus de 700.000 francs par mois.
- Sans doute le recensement professionnel des chômeurs n’eùt-il pas permis de supprimer entièrement cette dépensé, mais, très vraisemblablement, il l’eût réduite sensiblemenl.
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- Le 23 novembre 1937, une circulaire précise les conditions générales dans lesquelles devrait être effectué le rencensement envisagé.
- « Ce recensement, précise ladite circulaire, a pour objet « essentiel de faciliter le placement des chômeurs qui, malgré « les mesures qui ont été prises au cours de ces dernières « années, et plus particulièrement depuis un an et demi, sont « encore liés nombreux.
- ' « Le ministère du Travail ne possède sur ces chômeurs <( aucun renseignement précis. Il ne connaît, d'une façon « exacte, ni leur âge, ni leurs aptitudes professionnelles. Sans « doute possède-t-il la répartition de ces chômeurs en dix-huit. (( catégories professionnelles mais à l’intérieur de chacune de « ces dix-huit catégories il ignore complètement le nombre « des chômeurs physiquement et professionnellement aptes à « être embauchés, ainsi que leurs spécialités professionnelles.
- « Cette situation, ajoutait la circulaire, présente de gros « inconvénients.
- « En effet, par suite de l’absence de renseignements précis « sur la situation des,chômeurs, il est impossible de contrôler « le marché du travail et même d’avoir sur ce marché une* « vue précise. Les Offices publics de placements ne sont pas « pas à même de satisfaire les demandes de spécialistes qui, « depuis la mise en application de la semaine de 40 heures. « sont particulièrement pressantes dans certaines professions ; « la compensation des offres et des demandes d’emploi, qui « joue un rôle essentiel en matière de placement, ne peut être « effectuée d’une façon aussi large qu’il serait désirable.
- « Les renseignements que fournira le recensement qualitatif <( du chômage permettront de remédier à ces inconvénients. « De plus, ce recensement donnera au ministre du Travail « et au gouvernement les indications qui leur sont nécessaires « pour orienter leur politique de reclassement professionnel « des chômeurs, compte tenu de la conjoncture. Ainsi, il de-« viendra possible de procéder à la rééducation d’un certain « nombre de chômeurs en leur apprenant des professions dans « lesquelles nous manquons de main-d’œuvre, pour lesquelles « les inspecteurs du Travail doivent donner l'autorisation
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- « d’effectuer des heures supplémentaires et le gouvernement <( autoriser l’introduction de travailleurs étrangers afin de ne (( pas entraver le relèvement de la production.
- « Enfin, le recensement prévu par les décrets susvisés, périt mettra de connaître, non seulement les chômeurs qui sont « susceptibles d’être replacés ou reclassés, mais encore ceux « qui, par suite de leur âge, de leurs infirmités ou pour toute « autre cause, ne sont plus susceptibles d’être pourvus d’un « emploi régulier.
- (( Ainsi, ce rencensement procurera aux offices publics de « placement et aux fonds de chômage des renseignements « particulièrement précieux. »
- D’autre part, le Comité d'enquête sur la production, dans son rapport général paru au Journal Officiel du 16 décembre 1937, s’exprimait ainsi dans son chapitre IV consacré aux questions de main-d’œuvre :
- u Le recensement qualitatif du chômage entrepris par le « sous-secrétariat d’Etat au Travail permettra de connaître « les ouvriers qualifiés actuellement sans emploi. Il importe (. qu’il soit accéléré et qu’il se traduise par l’établissement « d’une documentation permettant une politique rationnelle « de la main-d’œuvre.
- « 11 importe de dresser une liste détaillée des professions « et spécialités. Cette liste serait établie par le ministre du « Travail en accord avec les organisations patronales et ouït vrières intéressées. Elle devrait être mise en harmonie avec « celle appliquée pour le recensement qualitatif du chômage « et avec celle qui sert de base à la mobilisation industrielle. « Elle serait rendue publique et servirait de base aux travaux « des services de placement.
- « Elle fixerait les correspondances entre les catégories des « différentes professions, afin de permettre l’admission d’ou-« vriers qualifiés d’une profession dans une autre, avec certi-« tude d’une adaptation rapide.
- « Cette liste serait périodiquement revisée. Les programmes « des examens d’aptitude aux spécialités ainsi définies seraient « établies, en accord avec les organisations patronales et « ouvrière. »
- Pratiquement, voici comment ce recensement a été établi.
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- Chaque chômeur a rempli un questionnaire, celui a été contrôlé. Les bureaux ont ensuite classé les fiches, non seulement par lieu géographique, mais par catégories professionnelles et par ordre chronologique, ce qui permet de voir immédiatement quel est le pourcentage de chômeurs jeunes on âgés. Ceci était de la plus grande importance pour la formation éventuelle de la jeunesse.
- On a donc fait des divisions : de 14 à 18 ans, de 19 à 25 ans, de 26 à 30 ans, de 31 à 40 ans, de 41 à GO ans, de 51 à 60 ans et 60 ans et plus.
- Le résultat a fait apparaître en chiffres considérables les chômeurs âgés, soit :
- Hommes : 19,6 % de 51 à 60 ans.
- Femmes : 25,1 % de 51 à 60 ans.
- Hommes : 24,4 % de plus de 60 ans.
- Femmes : 25,1 % de plus de 60 ans.
- Ces pourcentages sont les doubles de ceux de 1936. Ce qui marque un vieillissement considérable des éléments du chômage et appelle des solutions d’ordre social.
- Cette proportion est particulièrement forte pour certaines spécialités.
- Ainsi dans l'industrie du livre, les lithographes de plus de 60 ans en chômage atteignent 36 %.
- Dans les industries du bois, les charrons 50 %, et ceux de plus de 50 ans 73 % ; les ébénistes 35,7 % et 63 %.
- Dans le travail des étoffes et vêtements, les coupeurs 53,4 % et 67 %.
- Dans les professions domestiques, les bonnes à tout faire 32 % et 59 %.
- Les ouvriers boulangers, 35,7 % et 55,8 %.
- Il y a nettement élimination de travailleurs âgés de plus de 60 ans. C’est ce qui d’ailleurs complique le problème du chômage. La moyenne en est passée de 5,25 % en 1931, à 3,92 % au lflr janvier 1938.
- Un élément surprenant est par contre le suivant : l’existence de 1.500 chômeurs de moins de 18 ans ; or, ces enfants devraient être en apprentissage ou au travail. L’on peut se demander avec angoisse ce qu’ils deviendront plus tard, et évaluer la charge budgétaire qu’ils représentent pour la
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- nation. Si à 18 ans, ils chôment déjà, que peut-on en espérer ? De toute évidence il y a là un problème moral qu’il faut s’attacher à résoudre au plus tôt.
- Avant toute chose, il est indispensable de leur permettre d’apprendre un métier, que ce soit celui qu’ils semblent avoir choisi, ou un autre plus en rapport avec leurs possibilités intellectuelles ou physiques ainsi qu’avec les chances actuelles de placement.
- Pour obtenir ce résultat, M. Pouillot, inspecteur divisionnaire du Travail, propose l’adaptation des mesures suivantes, en accord avec la direction générale de l’Enseignement technique :
- a) Nouvel examen portant sur la recherche du métier qu’il y aurait lieu de leur conseiller plutôt que sur leur passé professionnel pratiquement inexistant ;
- b) Examen médical nettement orienté vers le choix d’une profession et assuré par un médecin au courant des problèmes soulevés par l’orientation professionnelle ;
- c) Examen dans un centre psychotechnique en vue de rechercher les aptitudes les désignant plus particulièrement pour une profession donnée ou permettant de leur déconseiller d’autres professions ;
- d) Orientation professionnelle par un conseiller d’orientation spécialisé dans cette matière ;
- e) Placement des enfants ainsi orientés et reconnus susceptibles d’exercer une profession déterminée, soit dans l’industrie ou le commerce, soit dans un école professionnelle ou un cours professionnel relevant de la direction générale de l’Enseignement technique ou agréé par cette direction.
- L’apprentissage de ces enfants devrait faire l’objet d’une attention toute particulière, tant en ce qui concerne sa valeur technique que la surveillance à laquelle il devrait donner lieu.
- Il y aurait lieu, en effet, de l’assimiler à un véritable reclassement professionnel des jeunes chômeurs pendant lequel ceux-ci conserveraient, sous certaines conditions précises, le bénéfice des allocations de chômage qu’ils perçoivent actuellement.
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- NOTES ET DOCUMENTS
- Le rôle de l'Éoole en Orientation Professionnelle
- De l’intéressante conférence faite par le directeur général de l’Enseignement technique sur le sujet « de l’Ecole au Travail », au Congrès interna tional de l’Enseignement primaire, et qui est publiée dans le Compte rendu de ce Congrès, nous jugeons utile de reproduire le passage où M. Lùé pré cise sa conception du rôle de l’école dans la préparation de la vie professionnelle par l’O. P.
- Tels sont les services que le travail peut rendre à la culture. Voyons maintenant les devoirs de la culture envers le travail. Nous avons déjà dit qu’il s’agissait pour l’école de préparer l’orientation professionnelle, le choix du métier. Ce n’est pas une tâche étrangère à la vie propre de l’école. L’orientation est inséparable de l’éducation. On n’élève pas sans orienter, on n’oriente pas sans élever. Le but de l’école, de l’éducation, c’est l’achèvement de la vie individuelle. Or, elle s’achève dans la profession. Le but de l’école c’est de préparer à la vie sociale ; or, celle-ci implique métier et, par conséquent, placement, débouché. Le but de T école c’est d’assurer la meilleure organisation de la société. Elle repose sur la justice, c’est-à-dire sur le fait que chacun occupera la place qui correspond à sa nature, à ses apviiudes et à son mérite. Ainsi, l’éducation implique l’orientation ; inversement l’orientation favorise T éducation. Se préparer à choisir son métier, c’est s’obliger à se mesurer et à se connaître, par conséquent à s’élever. C’est prendre le commandement de son destin. Le souci de l’orientation oblige le maître à connaître l’élève ; il fait donc triompher contre une éducation trop abstraite, trop collective, ce sens de l’individu qui est l’âme de l’éducation véritable. Se placer à ce point de vue, c’est prendre pour but le discernement et le développement des aptitudes, non l’apprentissage des matières du programme.
- Mais comment l’école peut-elle servir Torientation ? D’abord, nous l’avons dit, par une longue préorientation, qui commence avec la vie scolaire elle-même, et. qui prend toutes les formes de l’éducation physique, intellectuelle, affective, artistique, morale el sociale. Mais vient le moment du choix de l’orientation proprement dite. Il faut en préciser le sens. Il ne s’agit pas du placement ; c’est-à-dire du discernement de cette place, souvent de hasard, que l’enfant occupera dans la vie professionnelle. Il s’agit, avant tout, de définir le champ dans lequel les aptitudes de l’enfant, souvent complexes, trouveront le mieux l’occasion de s’exer-
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- cer, dans son intérêt et dans l’intérêt commun. En ce sens, le rôle de l’éducation est prédominant. C’est, parce que, jusqu’ici, elle ne l’a pas complètement rempli, que l’orientation professionnelle a rencontré tant d’échecs. On peut être sûr que, si elle n’y manque point, l’orientation professionnelle est assurée du succès. Non qu’elle soit seule en cause... Il y faut intervention du médecin, des professionnels, et, d’abord et avant tout, de la famille, dont il s’agit simplement de conseiller, de guider la liberté.
- On voit que les maîtres doivent être formés à ce rôle dès l’Ecole normale. Celle-ci comporte des programmes de psychologie expérimentale, de pédagogie, dont l’idée d’orientation professionnelle préciserait et enrichirait le contenu. L’Ecole annexe fournirait le thème et le lieu d’exercices nombreux, aussi intéressants qu’utiles.
- * H. Luc.
- * *
- Une année de plus d'enfance
- (Ein Jahr mehr Kindheit)
- Sous ce titre, l’Association suisse de politique sociale a résume une quarantaine d’études ayant Irait à l’âge minimum des travailleurs.
- La question posée était la suivante : « L’état physique et psychique des enfants suisses âgés de 14 ou de 15 ans impose-t-il une élévation de l’âge minimum d’admission au travail professionnel ? »
- Un médecin scolaire de la ville de Berne, après avoir examiné 258 garçons et. 303 filles âgés de 15 à 16 ans, estime « qu’un quart des jeunes filles et plus d’un quart des garçons ne paraissaient pas suffisamment mûrs pour entrer dans la vie professionnelle ».
- Pour le Dr Wintsch, médecin scolaire à Lausanne, et qui a examiné plus de 3.000 enfants, cette entrée ne peut, avoir lieu « avant la quinzième année accomplie » : trois cinquièmes seulement des enfants âgés de 15 ans ont eu des mouvements de la main sûrs et conscients, tandis que les deux cinquièmes restants ne parvenaient, tout en faisant un effort disproportionné, à exécuter que des mouvements incertains et incohérents.
- Le Dr Braun, médecin scolaire à Zurich, aboutit aux résultats suivants :
- Pour cent
- Degré de maturité 12 à 13 ans 13 à 14 ans 14 à 15 ans
- Suffisant 6,8 25,5 56,5
- Conditionnel 50,2 50,4 30,4
- Insuffisant 42,9 24,1 13
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- Le Dr Heinis, de Genève, àrrive à la conclusion « que c'est en moyenne à 15 ans | en Suisse romande et à 16 ans \ seulement en Suisse allemande, que les enfants atteignent le degré de maturité psychique indispensable pour aborder la vie professionnelle ».
- Mèi'li (Institut J.-J.-Rousseau) et Biâseh (Institut psychotechnique de Zurich) arrivent, à des conclusions presque semblables, de sorte que 1’ « Association suisse de politique sociale » conclut qu’il est souhaitable « que les enfants suisses passent sous la surveillance pédagogique de l’école la plus grande partie possible de la si importante période de développement qui se situe entre le quatorzième et la seizième année » et elle se prononce pour la fixation à 15 ans de l’âge d’admission dans la vie professionnelle.
- J. F.
- *
- * *
- La valeur comparée des planches d’Ishihara pour le diagnostic
- du daltonisme
- Mme Mary Collins, qui a présidé, en 1937, la section de psychologie du Congrès de la « Britsh association for advancement of science », y a exposé les résultats d’intéressantes recherches qu’elle ,a faites sur le dépistage des daltoniens (qui ne distinguent, comme couleurs, que du jaune et du bleu) au moyen des tests classiques d’Ishihara (1). Elle a en particulier comparé des normaux et des daltoniens francs au point de vue des réponses données aux douze planches du livret d’Ishihara*. Si l’on indique le pourcentage chez les premiers et chez les seconds, des réponses qui caractérisent le type normal ou le dyschromate, on constate, comme le montrent les chiffres suivants, que certaines planches sont particulièrement aptes à permettre la distinction :
- Planches Normaux : 1 2 3 4 5 6
- Réponse normale 100 100 100 99 56 99
- Réponse dyschromate.. . . Daltoniens : 0 0 0 1 11 0
- Réponse normale 100 40 21 12 0 0
- Réponse dyschroma e. .. . 0 55 71 74 81 100
- (1) M. Collins, Tests in common use Nature, LX 4, 1937, p. 532-534 et 569-570. for lhe diagnosis of colour defect.
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- Planches 7 8 9 10 il 12
- Normaux :
- Réponse normale . 100 100 100 91 72 99
- Réponse dyschromate... 0 0 0 4 27 0
- Daltoniens :
- Réponse normale 5 o 0 5 10
- Réponse dyschromate... . 95 95 98 95 59 55
- Ce sont les planches 6 à 10 qui méritent le plus de confiance et la planche 6 à elle seule, ce qui peut singulièrement raccourcir et simplifier l’examen, paraît de nature à permettre un dépistage certain des daltoniens francs. H. P.
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- Le rôle des attitudes affectives dans certaines appréciations de caractères individuels
- Une intéressante communication a été faite par Razran, au dernier Congrès de l’Association psychologique américaine (1). Il a donné à dix personnes une série de trente portraits photographiques d’étudiants, en leur demandant de classer chacun de ces derniers sur une échelle à 5 degrés aux points de vue suivants : beauté, intelligence, caractère, charme, ambition, et sympathie générale.
- Ceci fait, au bout de 15 jours, il a redonné aux mêmes juges — représentant des types d’américains 100 °/0 — les mêmes portraits, mais en plaçant, au dessous, des noms, noms bien américains chez 15, noms irlandais chez 5, italiens chez 5 autres, juifs chez les 5 derniers.
- Or, l’influence de ces noms s’est manifestée par une modification nette des appréciations relatives aux 15 derniers. La sympathie générale s’est trouvée très fortement diminuée pour les étudiants à noms juifs, assez fortement pour les noms italiens, légèrement pour les irlandais.
- Une modification parallèle, mais un peu moins ample, a caractérisé l’estimation du caractère et de la beauté.
- En revanche, pour l’estimation de l’intelligence et de l’ambition, les étudiants à noms juifs ont été sur-cotés, ceux à noms irlandais sous-cotés.
- (1) Conditioniny away social bias by the lunction technique. Résumé. Psychological Bulletin, T. 35, 1938, p. 693.
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- En outre, le même auteur, reprenant les jugements avec 12 autres personnes, a vérifié que ces estimations étaient systématiquement modifiées quand les juges étaient à jeun et quand ils avaient bien déjeuné. H. P.
- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE A L’ÉTRANGER
- L’Orientation Professionnelle en Allemagne
- Dans une étude très documentée de Helmut Vollweiler, que publie la Revue Internationale du Travail de novembre 1938, nous lisons :
- Que l’O. P. des jeunes « constitue la méthode la plus pratique pour assurer dans les diverses branches la formation d’un nombre de nouveaux travailleurs correspondant aux exigences de la politique de l’emploi » ;
- Ou’il est superflu de souligner « que le recours à des moyens de pression ou de contrainte en vue de détourner les jeunes gens des professions vers lesquelles les portent leurs inclinations natu relies serait de nature à créer des difficultés très graves ».
- Dans une interview accordée par le Dr Robert Ley, nous relevons qu’ « il ne faut pas que la pauvreté des parents, de même que leur volonté, empêchent l’enfant de saisir le métier qui convient le mieux à ses aptitudes ».
- La Sozihlc Praxis de février*1938 donne une étude de Syrup, président de l’Institut national de placement et d’assurance-chômage, qui souligne, une fois de plus, le manque d’ouvriers en Allemagne, particulièrement dans la métallurgie, le bâtiment, l’industrie des matériaux de construction et, surtout, l’agriculture. « La mécanisation de cette dernière branche, dit-il. ne pourra pas être accomplie avant un certain temps et. d’autre part, la faible natalité des années de crise provoquera, au cours des dix prochaines années, un déficit de 1.500.000 jeunes travailleurs ».
- Aussi, par une circulaire du 1er mars 1938, prévoit-il l’enregistrement de tous les jeunes gens libérés des écoles, d’une part, et l’obligation de l’avis de l’Office de placement pour l’entrée en apprentissage, d’autre part. Ceci, comme on le voit, pose trois problèmes :
- a) s’assurer du nombre suffisant d’apprentis pour les différentes professions ;
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- b) S’assurer qu’une bonne formation professionnelle sera donnée dans les emplois qualifiés (Lehrstellen) et les emplois semi-qualifiés (Anlernstellen) ;
- c) S’assurer des aptitudes de l’individu à former.
- Nul n’ignore les difficultés du premier problème posé : c’est le dénombrement professionnel, de statistiques rationnelles qu’il s’agit ; quant au second, il demande une réponse à la question suivante : quelle est la valeur éducative de l’entreprise voulant former des apprentis ? Il appartiendra dorénavant à l’Office d’orientation professionnelle et de placement en apprentissage de de le dire. Et même, il arrivera que, le jour où on sera conduit à contingenter les apprentis, il y aura à établir un classement de ces entreprises. Sans doute se trouvera-t-il des employeurs qui, « qour des raisons tenant à leur situation personnelle ou aux conditions d’exploitation de leur entreprise », ne seront pas en état d’engager le nombre voulu d’apprentis. Ils auront à verser à l’Institut fédéral « une taxe d’exemption » fixée au taux uniforme de 50 R. M. par apprenti et par mois (soit 600 marks par an)...
- A travers les Revues
- Le Bulletin du groupement français d’études de neuro-psychopathologie infantile (L 4, 1938), publie des remarques de G. Heuyer sur la notion de débilité intellectuelle, définie par un âge mental inférieur à 10 ans (et précisée comme idiotie, imbécilité ou débilité simple), étant entendu que la débilité mentale, la « sottise » comporte autre chose que l’arriération intellectuelle, avec participation affective faisant intervenir toute la personnalité.
- Dans le numéro 139 de Pour l’Ere Nouvelle, se trouve une étude du professeur H. Wallon sur la formation psychologique des maîtres.
- Dans la Presse médicale, nous relevons les études de Fabre sur la reprise du travail et l’avenir social des tuberculeux pulmonaires (28 septembre 1938, p. 1438) et de René Barthe, médecin hygiéniste du travail, sur les facteurs de prédisposition dans les accidents du travail (revue générale, 24 novembre 1938).
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- Dans le Journal of social Psychology (août 1938, T. 9, n° 3, p 251-286) est publié un rapport sur la psychologie industrielle comme carrière, établi iau Comité de psychologie dans l’industrie de l’Association des psychologues consultants par son président R. S. Uhrbrock.
- Dans le Jurnal de Psihotehnia (II, 4. 1938), relevons une étude de psychotechnique scolaire, du directeur Radulescu-Motru, sur les buts pratiques de l’éducation ; une étude docimologique sur la rationalisation des examens universitaires de I. M. Nestor, et enfin, dans la question de l’orientation professionnelle des étudiants, un article de St Carstoiu sur lia psychotechnique dans les offices universitaires.
- La Revue de Syrïthèse (XVI, 1, avril 1938) a publié un article de W. Drabovitch sur la psychologie sociale expérimentale, où sont signalées les expériences russes piar la méthode des réflexes conditionnés sur des enfants, d’où se dégagerait la possibilité de diagnostiquer les « organisateurs », les « meneurs ».
- Une étude comparée, par la méthode de Rorschach, du développement de l.a personnalité dans 20 paires de jumeaux homozygotes, est exposée par Evelyn Troup dans les Genetic Psychology Monographs (20, 4, novembre 1938, p. 461-556).
- Dans le Psychological Bulletin d’octobre 1938 (p. 500), au compte rendu du 33e Congrès de la « Southern Sociéty fur Philo-sophy and Psychology » d’avril 1938, figure le résumé d’une communication de W. Hussell sur les tests appliqués aux « superviseurs des filatures de coton, et en particulier les tests d’intérêts (de Strong) qui rapprochent les techniciens des policemen, des comptables et des chefs boys scouts, et les éloignent beaucoup au contraire des architectes, des juristes, des surintendantes scolaires ou des techniciens de la publicité.
- Une série d’études sur l’utilisation des amoindris dans la vie ouvrière a été publiée dans la Deutsche medizinische Wochenschrift par Weskott (introduction générale, 1er octobre 1938, p. 1448 ; et diabétiques, 21 octobre, p. 1548), par Zur (les cardiaques, 7 octobre, p. 1481) et par Pleimes (ulcères de l’estomac, 14 octobre, p. 1518). ___________
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- Les rapports entre la tuberculose pulmonaire et les professions ont été examinés par le Dr Foucaud, dans la Gazette des Hôpitaux (14 septembre 1938, p. 1176).
- Une éludé de la silicose, par le Dr Matz, a paru dans Y Ameri-can Journal of the médical sciences (T. 196, 4 octobre 1938, p. 548).
- Les altérations affectives de la pression sanguine forment l’objet d’une étude du Dr Dobreff dans la Schweizerische medizinis-che Wochenschrift (T. 68, 17 septembre 1938, p. 1075).
- Dans les numéros de septembre et d’octobre 1938 du Musée Social, signalons un article sur l’activité du Bureau universitaire de Statistique au cours de l’année 1937, où l’examen des résultats acquis est aussi suggestif que les projets d’extension d’activité envisagés. ________
- Le recrutement des élèves à admettre dans les classes de perfectionnement fait l’objet d’un intéressant travail de Mlle Rémy dans les Annales de l’Enfance (juin 1938), tandis que cette même question est envisagée par le Dr Legroux dans La Médecine scolaire (octobre 1938).
- Des indications très précises pour l’examen des enfants de toute une classe tant au point de vue des connaissances que du niveau d’intelligence, d’après les méthodes préconisées par le Dr Simon et MIle Rémy, sont données dans le numéro juin-juillet 1938 du Bulletin de la Société Alfred Binet. Suivent la description d’un laboratoire de psycho-pédagogie expérimentale et un plan de travaux pratiques par le Dr Simon et l’étalonnage d’épreuves de lecture e! d’orthographe.
- Dans le numéro de juillet de Santé pour Tous figurent sous la rubrique : Etude d’un métier, deux courtes esquisses concernant les professions d’électricien ; dans le numéro de septembre, de brefs aperçus sur les aspects technique, légal et médical des professions dans l’aviation.
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- Les Carrières de la Banque sont examinées dans les numéros de juin et juillet 1938 de Y Orientation professionnelle. Une étude sur la Métallurgie participe des numéros de juillet et août.
- Dans les numéros 22 et 23 (vol. 4 et 5) de la Revue de Pédagogie (Bruxelles), A. Van Waeyenberghe publie, sous le titre : « La lecture, épreuve et exercices », une série d’études dans lesquelles les différentes méthodes connues pour évaluer et exercer les capacités d’élocution et de compréhension sont examinées et critiquées.
- Deux importantes études de Occujxilional psychologg (été-automne 1938) sont consacrées aux causes de renvoi des travailleurs dans les industries des régions de Londres et de Leeds. Dans ces mômes numéros, trois articles sont consacrés à l’O. P; : 1° Revue de quelques objections ; 2° Plan d’O. P. réalisable dans le domaine scolaire ; 3° Une recherche d’O. P. (comité d’éducation de Birmingham). Dans le domaine de la sélection, un travail de Mitchell s’occupe des emplois supérieurs dans la vente, tandis que A. Hiscock expose les procédés utilisés pour le choix des manipulateurs dans les laboratoires de chimie, pour l’industrie des colorants.
- Dans le numéro d’avril des Archives Belges des Sciences de Véducation un article de A. Clausse sur le « Transfer of training » et l’esprit d’observation, conclut à la possibilité d’un transfert de l’apprentissage dans les limites de l’intérêt et dans la mesure où les méthodes applicables sont similaires. Dans un essai d’application des tests de Terman, Segers et Neirincke suggèrent, à la lumière des observations faites au cours d’une application étendue, quelques modifications concernant des détails de technique d’application, ces critiques portant sur la première révision de Stanford et non sur la nouvelle échelle de Terman et Merrill.
- Un exposé des principes et du système de graphologie rectifié par le psychologue allemand Ludwig Klages a paru dans le n° 3, 1938, de Character and Personalily. Dans le n° 4 de celte même année, Charlotte Bühler commente le test de la balle et du champ ajouté par Terman à l’échelle de Binet et qui peut constituer, dans certains cas, une bonne épreuve pour déceler des tendances. neu-rotiques chez l’enfant.
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- Le Bulleitin d’information professionnelle, organe de l’Office de documentation et d’Orientation professionnelle de Rennes, a fait paraître, dans son numéro juillet-août, une série de monographies professionnelles qui considèrent chacun des métiers envisagés des points de vue suivants : objet du métier, aptitudes physiques, aptitudes intellectuelles, aptitudes morales, connaissances scolaires, contre-indications, renseignements économiques (apprentissage, avantages). Les métiers étudiés dans ce numéro sont : 1° Pour l’alimentation : le boulanger, le boucher, le charcutier, le cuisinier, le pâtissier ; 2° Pour le bâtiment : le couvreur, le couvreur-zingueur, le monteur de chauffage central, le maçon, le plombier-zingueur ; 3° Pour le bois : le charpentier en bois, l’ébéniste, le menuisier, le sculpteur sur bois, le tourneur sur bois ; 4° Pour l’électricité : le monteur-électricien, le mécanicien-électricien, le monteur de lignes aériennes, le bobineur ; 5° Pour le fer et les métaux : le fondeur-mouleur, les mouleurs en fonte, le serrurier, le ferblantier-zingueur. —
- Les Carrières de la Métallurgie font l’objet des numéros de juillet et août-septembre de Y Orientation professionnelle, tandis que le numéro d’octobre donne le début d’une étude sur les carrières clans l’industrie des combustibles et liquides.
- Parmi les nombreuses études psychologiques du British Journal of psychology (juillet 1938) signalons : une méthode pour tester l’appréciation, littéraire, par Fox ; la rapidité d’exécution dans les tests d’intelligence, par Slater ; l’effet de la connaissance des résultats dans l’apprenlissage, par Ei.well et Grindley.
- On trouvera, dans les derniers numéros de Industrielle Psycho-technik, une série de travaux relatifs, à l’aviation et aux industries connexes. Ce sont, dans le numéro avril-juin : un travail très poussé sur les épreuves psychotechniques d’aptitudes et l’apprentissage pour la construction des moteurs d’avion, par Neumann, et le Mal des hautes altitudes et sa prévention par Schmidt, suivi dans le numéro de juillet-août, par une analyse de la personnalité de l’aviateur aux hautes altitudes. Dans le domaine du caractère, on trouve dans ces mêmes numéros un travail de Boda sur la Personnalité (structure et examen) et une justification des examens d’aptitude dans le domaine du caractère par Engel. Signalons encore dans le numéro septembre-octobre de ce périodique, une étude sur la psychologie de l’acheteur par A. Baganz.
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- Dans le numéro de juin du Journal of Applied Psychology deux articles ou sujet, du test alpha de l’armée dont : Nouvelle révision du test de l’armée, et notation pondérale de trois facteurs primaires par Guilford. Dans ce même numéro, une étude de Dodgk s’intitule : Quels sont les traits de personnalité du vendeur qui réussit, et une étude de Smith démontre l’infériorité des ouvriers plus âgés (50 ,ans) sur les plus jeunes (30 ans) dans l’exercice d’une tâche manuelle répétée. Dans le numéro d’août, une recherche de Otis sur le travail à la machine à coudre fournit une méthode pour la détermination d’un critère objectif de rendement (qualité et rapidité), ainsi qu’une batterie de tests susceptibles de prédire la valeur professionnelle de l’ouvrière dans ce métier.
- Une étude très étendue des activités professionnelles dans les industries textiles a fait l’objet du numéro août-septembre de Be-rufsberatung und Berufsbildung.
- INFORMATIONS
- Le 3 novembre 1938 a eu lieu à Bucarest l’inauguration de
- l’Office d’orientation professionnelle, installé dans la strada Trajan
- (n° 76), et placé sous le contrôle de l’Institut psychotechnique de
- Bucarest. ' *
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- L’Institulo de Orientaciun profesional de Buenos-Ayres, section du Musée social argentin, dirigée par Gregorio Fingermann depuis' le retour en Allemagne de C. Jesinghaus, avec la prof. Délia Maria Silvia comme secrétaire, a examiné en 1937 1.967per-sonnes et pratiqué 411 études psychotechniques individuelles, donnant en outre des consultations par correspondance, et collaborant avec le ministère des travaux publics (examens d’apprentis aux ateliers des travaux du port) et les services de police. Les examens comportent 22 tests, classés en cinq groupes (les sens, 1a, capacité physique, l’habileté physique, l’habileté manuelle, l’intelligence pratique, l’intelligence abstraite).
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- Le Centre d’étude des problèmes humains de J. Coutrot a créé un Institut de psychologie appliquée (Ipsa, 9, rue Lincoln) qui se propose « l’étude de l’application aux faits sociaux des données
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- acquises par la psychologie individuelle » en assurant une meilleure information, une élaboration de principes nouveaux et de lois précises concernant les faits sociaux du point de vue psychologique, et une diffusion des notions acquises pour la formation d’observateurs et de conseillers.
- L’Institut, dirigé par le Dr Arthus, donne des cours (de biologie psychologique, de psychologie pédagogique, d’étude des conditions du travail) et des séries de conférences sur la réadaptation psychologique (Masson-Oursel), la psychopathologie du sentiment (Salzi), la rééducation mentale (Arthus), etc...
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- Au cours du 46e Congrès de l’Asisociation psychologique américaine qui a réuni à Columbus (Ohio), du 7 au 10 septembre 1938, 1.153 participants, écoutant 172 communications, La Psychometric Society et Y American Association of applied psychologuits ont tenu leurs réunions propres, la dernière sous la présidence de D. Fryer (avec réunion de 21 commissions et de 7 symposia).
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- Le 1er Congrès international de criminologie (Rome, 3-8 octobre 1938), succédant aux congrès d’anthropologie criminelle d’avant-guerre, avait mis trois thèmes à l’ordre du jour, dont les deux premiers concernaient l’étiologie et le diagnostic de la criminalité des mineurs, et l’étude de la personnalité des délinquants. Sur le premier, un important rapport avait été apporté par G. Heuyer, en collaboration avec Marguerite Badonnel.
- Sur un millier de congressistes il y avait trois Français, dont le Dr Heuyer et le Dr Por’her, qui a donné au Siècle médical un intéressant compte Vendu du congrès.
- Parmi les résolutions et vœux, nous citerons les suivants :
- En ce qui concerne la criminalité des mineurs (quatre points envisagés).
- « Le Congrès :
- « 1° Affirme la nécessité pour les recherches futures sur l’étiologie de la criminalité infantile d’arriver à l’unification des méthodes de recherches, et de procéder d’après un critérium de classement commun tant à ces recherches qu’à l’étude du traitement à instituer juridiquement pour les mineurs antisociaux en distinguant : a) les mineurs en état de danger moral ; b) les mineurs dévoyés ; c) les mineurs coupables d’infraction, normaux au point de vue biopsychique ; d) les mineurs coupables d’infractions, anormaux au point de vue biopsychique.
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- « 2° Signale comme condition préalable nécessaire pour la solution des problèmes aboutissant à la lutte contre la criminalité infantile, le diagnostic précoce fondé sur les données anamnestiques et individuelles nécessaires, et, en conséquence, l’organisation d’un recensement biologique de la population... »
- D’autre part, le congrès a émis le vœu suivant quant à l’étude de la personnalité du délinquant :
- « 1° Que la méthode à adopter pour l’étude de la personnalité du délinquant soit totalitaire et unitaire, c’est-à-dire qu’elle s’inspire du critérium de la décomposition analytique et de la reconstitution synthétique de la personnalité, après avoir déterminé tous les facteurs généalogiques, biographiques et sociologiques, efficients pendant la période de la formation de la personnalité, ceux qui en constituent 1a? composition actuelle, dans là sphère somatique et dans l’orbite psychique, et ceux qui concourent, à la déformer au moment du délit... »
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- Sur l’initiative du B. I. T. s’est tenue à Genève, du 29 août au 10 septembre 1938, la 2e Conférence internationale de la silicose. Des dix points étudiés, le huitième concernait la question de l’examen d’entrée des travailleurs dans1 les industries à poussières.
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- C’est à Helsinki, en Finlande, que s’est tenu le 16e Congrès de la Confédération internationale des travailleurs intellectuels, du 19 au 21 septembre 1938, avec la participation comme seul Français de M. L. Gallié, le secrétaire général de la C. I. T. It La question de l’O. P. a été exposée au Congrès par M. Stephen W. Smith. Sans se compromettre, dans une des résolution adoptées à l’unanimité, le Congrès dit avoir écouté « avec intérêt » cet exposé et « appelle l’attention des groupements sur la partie du procès-verbal qui en donne l’analyse ».
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- Sir Richard Paget, sous les auspices de l’Institut général scientifique (ex-institut général psychologique) que préside le professeur d’Arsonval, dont M. Lesage, président effectif de la réunion, lut un message, a fait une intéressante conférence le 27 novembre 1938, à l’Institut Pasteur, sur le langage comme forme de comportement humain. . *
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- A la British Psyckological Society, W. Stephenson a parlé des tendances récentes dans l’épreuve de l’intelligence (intelligence
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- tesling) à la section médicale le 23 novembre 1938 ; Alic Rodger a traité à la Section industrielle, le 20 octobre, la question de l’emploi des tests en O. P. ; R. E. Lucas a envisagé quelques difficultés passées et actuelles dans l’orientation des enfants à fonction éducative, le 17 octobre ; enfin, à l’assemblée générale du 22 octobre, les communications faites avaient trait à la révision des tests Terman-Merrill (J. D. Copp), au contrôle expérimental de quelques théories des tempéraments (E. G. Mountford), à La psychomotilité (BaRtlett) et aux rapports du type mental et des mesures somatiques (B. Armitage).
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- Ou annonce la publication, en 1939, en Roumanie, d'une revue trimestrielle de psychologie militaire, rattachée au laboratoire de psychologie expérimentale de l’Université de Bucarest, le Jur-nal de psihologia militara.
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- Comment obtenir une bourse nationale ? — Le Bureau de documentation professionnelle (Ligue française de l’Enseignement), 3, rue Récamier, Paris (7e), vient d’éditer à ce sujet sa fiche monographique n° 27.
- La réunion des fiches n° 27 et 4-5 (F® et 2° séries) donne maintenant, pour toutes les séries, une documentation complète et actuelle sur le nouveau régime des Bourses nationales.
- Les sujets proposés au concours organisé en 1938 sous sa forme nouvelle sont reproduits totalement
- Envoi franco des fiches n° 4-5 et 27 contre six timbre à Ü fr. 65 ou 3 fr. 90 au compte chèques postaux : Paris 220-04 (B.D.P., 3, rue Récamier, Paris (7e) (1)
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- Parmi les grands prix décernés par le jury de l’Exposition internationale de 1937, figure l’Institut national d’orientation professionnelle.
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- Aptitude physique exigée des pilotes de VAir. — Voici les conditions officielles requises (1936) en plus des conditions d’aptitude au service militaire ou au service de la flotte, pour le pilotage des avions militaires :
- (1) Voir sur cette question clés bourses le Bulletin de VI.N.O.P. (n° 9, octobre 1938).
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- 1° Une constitution bonne, sans qu’il y ait lieu de rechercher un développement particulièrement marqué de la musculature, mais la sangle abdominale doit être vigoureuse ; les hernies et les faiblesses de la paroi abdominale sont éliminatoires, de même que les cicatrices abdominales profondes ;
- 2° L’absence de manifestations imputables à une syphilis, non éteinte, de manifestations de paludisme récent, de signes d’intoxication chroniques, de commotions graves récentes ;
- 3° Une intégrité complète de l’appareil circulatoire avec une dynamique circulatoire et des réactions fonctionnelles dont les variations ne sortent pas des limites physiologiques ;
- 4° L’intégrité complète de l’appareil respiratoire ; l’intégrité anatomique de la cage thoracique ; une valeur fonctionnelle respiratoire nettement satisfaisante ;
- 5° Un fonctionnement de l’appareil digestif et de ses annexes sensiblement normal ; sont éliminatoires les dyspepsies chroniques, les ulcères digestifs, même quand ils paraissent guéris ;
- 6° L’intégrité fonctionnelle de l'appareil urinaire tout entier, l’absence de ptose rénale ;
- 7° L’intégrité complète du système nerveux. L’attention est spécialement appelée sur l’émotivité exagérée, sur les états névropathiques ;
- 8° Une acuité visuelle atteignant 1 pour chaque œil sans correction par les verres, une vision binoculaire correcte, une appréciation normale du relief et des distances, un champ visuel et un sens chromatique normaux, une vision nocturne normale. Les lésions organiques de l’œil, l’hypermétropie latente supérieure à deux dioptries sont éliminatoires ;
- 9° L’intégrité anatomique des oreilles, une perméabilité tubulaire bilatérale parfaite, une acuité auditive bilatérale faisant percevoir la voix chuchotée à trois mètres ;
- 10° L’intégrité absolue de la fonction d’équilibration.
- La Vie de l’Institut National d’Orientation professionnelle
- Un cours de perfectionnement pour les techniciens de l’orientation professionnelle aura lieu à l’I.N.O.P., du 20 au 28 février 1939. Un certain nombre de bourses, d’une valeur moyenne de 900 francs, pourront être accordées. Les demandes devront être adressées avant le 20 janvier, au directeur de l’I.N.O.P.
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- Cours de préparation aux fonotions de Médecin des Services d’Orientation Professionnelle
- En vue de préparer les docteurs et étudiants en médecine aux fonctions de médecin des services d’Orientation professionnelle, un enseignement spécial a été donné à la Faculté de médecine, sous la direction du Dr Tanon, professeur d’hygiène et de médecine préventive, et de M. Piéron, professeur au Collège de France, directeur du Laboratoire de psychologie physiologique à la Sorbonne, directeur délégué de l’Institut national d’orientation professionnelle, avec la collaboration de MM. Luc, directeur de l’Enseignement technique ; Pouillot, inspecteur divisionnaire du Travail ; Fontègne, inspecteur général deTEnseignement technique ; Larcher, inspecteur général des Services d’orientation professionnelle ; Dr Heuyer, médecin des Hôpitaux" de Paris, directeur du Centre de neuropsychiatrie infantile ; Dr Wallon, professeur ,au Collège de France ; Dr Bonnardel, chef des travaux au Conservatoire national des Arts et Métiers ; MUe Weinberg, directeur adjoint du Laboratoire d’organisation physiologique du travail de l’Ecole des hautes études ; Dr Barthe, diplômé d’hygiène industrielle et de médecine du. travail, médecin d’usine ; Dr Hilaire, secrétaire général suppléant de la Confédération des syndicats médicaux.
- Le cours était ouvert aux docteurs et étudiants en médecine, ainsi qu’à toutes personnes qui s’intéressent à l’orientation professionnelle.
- Il a compris douze leçons théoriques et six séances de travaux pratiques.
- Des certificats d’assiduité ont été délivrés.
- L’enseignement était gratuit.
- Voici les titres des conférences :
- De 5 heures à 6 heures, au Laboratoire d’hygiène, 15, rue de l’Ecole-de-Médecine.
- 5 décembre. — M. Luc : Le rôle du médecin dans l’organisation
- de l’orientation professionnelle.
- 6 décembre. — M. Pouillot : Le marché du travail.
- 7 décembre. — M. Fontègne : Les aptitudes professionnelles et
- les exigences des métiers.
- 8 décembre. — M. .Larcher : L’organisation administrative de
- l’orientation professionnelle.
- 9 décembre. — D1 Heuyer : Le développement des adolescents
- et la puberté, en rapport avec l’orientation professionnelle. 12 décembre. — Prof. Wallon : L’affectivité et les examens du caractère.
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- 73 décembre. — Prof. Piéron : Les foiic'ions mentales et les exa-
- mens d’intelligence.
- 14 décembre. —- Dr Coumétou : L’examen médico-physiologique en orientation professionnelle.
- 75 décembre. — M1,e Weinberg : L’examen psychotechnique en
- orientation professionnelle.
- 76 décembre. — Dr Bartiie : L’examen clinique et les contre-indi-
- cations professionnelles.
- 79 décembre. — Dr Hilaire : L’orien'afion professionnelle et les médecins praticiens. Déontologie.
- Prof. Tanon : Hygiène et orientation professionnelle.
- Travaux pratiques réservés aux médecins.
- De 2 h. h à 4 h. au Laboratoire de psychologie de la Sorbonne, rue des Ecoles, escalier A, 3e étage.
- 7 décembre. — Mlle Weinberg : Applications psychotechniques.
- 8 décembre. — MUe Weinberg : Applications psychotechniques
- (suite).
- 9 décembre. — Mme Piéron, chef des Travaux à l’Institut natio-
- nal d’orientation professionnelle. L’emploi des tests collectifs. 72 décembre. — M'me Piéron : L'emploi des tests collectifs (suite).
- Laboratoire de physiologie du travail du Conservatoire national des Arts et Métiers.
- 74 décembre. — Mlle Veii., assistante de physiologie à la Sor
- bonne : Les techniques d’examen anthropométrique et physiologique.
- 76 décembre. — Dr Coumétoi : Les techniques “d’examen sensoriel et présentation des grilles Laugior-Bonnardel.
- Voici une première liste des inscrits (dont le nombre total a atteint 78) :
- MM. Apert, Audet, Aubrun, Albaret, Mme Aristof, MM. Burgard, Bardin, Blanchier, Mlle Boucabeille, MM. Barthe, Beurdeley, Mme Blondel, Mme Cailleret-Mouchet, Mlle Caland, MM. Carrel, Cras, Dubosq, David, Debray, MUe Darras, MM. Gautrelet, Mme Gi-rard-Tissies, MM. Gros, Guillaumot, Guliani, Mlle Gluck Zora, MM. Herbert, MUe Ilurel, MM. Henry, Iturriaga, Jouon, Mme Klet-ler, Mme Leuret, MM. Lancelot, Luders, Mme Luz de Ibarra, M. Li.id.ant, Mmo Liberson, MM. Martini, Mauranges, Mlle Muller, MM. Maleyrie, Menessier, Mme Maldnsky, M. Millot, Mme Milhaud, MM. Mahler, Pinoteau, MUe Perot, Mme de Prailaune-Lainville, MM. Pannier, Peycelon, Placidi, Plaget, Perol, Perrot, Rapaport, Renard, Salmon, Scali, Schier, Sannier, Schongut, Tortat, Mme Tisserand, MM. Valat, Valadon, Vila Cuner, Mlle Wasserstrom, Mme Zugman. ______________
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- La Vie des Centres d’Orientation Professionnelle
- Causeries radiophoniques
- Programme du deuxième trimestre
- 6 janvier. -- Notre programme du 2e trimestre : La joie dans le travail, M. Fontègne, inspecteur général de l’E. T.
- 13 janvier. — Noire belle terre française ne veut pas mourir, M. Barrier, inspecteur général de l’I. P.
- 20 janvier. -— Une visite à la mine, M. Peyrègne, professeur à l’Ecole Diderot.
- 27 janvier. — Le secret du potier, M. Gaborit, professeur Ecole Dorian.
- 3 février. — La chanson du charpentier, M. Motch, professeur E. P. de Versailles.
- 10 février. — Le charbonnier de montagne, M. Peyrègne, professeur Ecole Diderot.
- 17 février. — Une promenade dans la forêt, M. Burleth, professeur E.N.P. Saint-Ouen.
- 24 février. — Jantou, le maçon creusois, M. Fontègne, inspecteur général E. T.
- 3 mars. — La vie du sabotier, M. Texier, professeur E.N.P. Saint-Ouen.
- 10 mars. — Dans l’échope du cordonnier, M. Texier, professeur E.N.P. Saint-Ouen.
- 17 mars. — L’appel des ailles, M. Motch, professeur E. P. de Versailles.
- 24 mars. — Les bruits de l’usine, M. G. Court, professeur E.P. Courbevoie.
- 31 mars. — Tirons une conclusion des causeries du 2e trimestre, M. Fontègne, inspecteur général E. T.
- Ces causeries radiophoniques ont lieu au poste Tour-Eiffel, le
- vendredi, à 18 h. 30. Elles durent chacune 10 minutes.
- L’Orientation Professionnelle en France par les Offices publics de placement
- D’une courte note parue dans le Bulletin du Ministère du Travail (nos 4 , 5, 6, 1938). il résulte qu’en 1935-36, 58 départements possédaient un service d’O. P. rattaché à un Office public de pla-
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- cernent ; que 3 départements envisageaient pour 1937 la création d’un service d’O. P. et que 18 départements avaient un service d’O. P. indépendant.
- D’après le rapporteur, 12 centres d’O. P. seulement feraient usages de tests. 25.524 enfants — dont 11.073 filles — auraient été examinés en vue de leur O. P. 15 départements auraient examiné un nombre d’enfants supérieur à 500, la première place revenant à la Seine-Inférieure avec 3.444 enfants orientés.
- Sur les 6.790 contre-indications relevées, 9,35 °/„ seraient d’ordre médical ; 8,94 d’ordre économique et 8,22 d’ordre scolaire.
- 8.296 enfants auraient été placés en apprentissage par les soins des dits Offices :
- 50 °/o dans la profession choisie en premier lieu ;
- 17 °/o dans la profession choisie en second lieu ;
- 33 °/o dans une autre profession.
- Quant aux motifs indiqués par 5.687 enfants, ils se répartissent comme suit :
- 57 °/0 déclarent s’inspirer de leur goût personnel ;
- 19 % déclarent vouloir exercer le métier de leurs parents ;
- 24 % obéir à d’autres suggestions.
- Dans ces chiffres, n’entre pas en ligne de compte ce qui a trait au département de la Seine, où 11.094 enfants se seraient présentés aux différents offices d’O. P.
- L’Orientation professionnelle en Seine-Inférieure
- Nous donnons quelques extraits, à notre grand regret trop courts, de la causerie faite le 19 mai 1938 par M. Dumontier, directeur du Service départemental d’O. P. devant la Chambre des métiers de la Seine-Inférieure.
- .Te me propose de traiter ce sujet en quatre parties.
- Qu’est-ce que l’Orientation professionnelle ?
- Comment fonctionne l’Orientation professionnelle ?
- Quelle est l’utilité de l’Orientation professionnelle ?
- Comment les artisans peuvent collaborer à l’Orientation professionnelle ?
- I. — Qu’est-ce que l’Orientation professionnelle
- A l’heure actuelle, l’Orientation professionnelle, avec raison d’ailleurs, est tout particulièrement à l’ordre du jour.
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- Chose rare à notre époque, tout le monde est d’accord sur un point, au moins en paroles, c’est que chacun doit embrasser le métier pour lequel il est apte, afin de l’exercer au mieux.
- Qu’est-ce donc que l’Orientation professionnelle, dont on parle tant ?
- A vrai dire, celle-ci présente un point commun avec l’artisanat : les définitions que l’on en a données sont multiples.
- Voici l’une des meilleures, à mon avis :
- L’Orientation professionnelle est la répartition aussi judicieuse que possible, dans les différents métiers, des enfants venant de terminer leur scolarité, en tenant compte, d’une part, des conditions exigées pour l’exercice de ces métiers, d’autre part, des aptitudes physiques et intellectuelles présentées par ces enfants, d’une troisième part, enfin, de la situation du marché du travail.
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- Pour donner une idée tout à fait exacte de l’Orientation professionnelle, il ne suffit point d’exposer ce qu’elle est, il convient de dire aussi ce qu’elle n’est pas.
- Une confusion trop fréquente s’établit, en effet, entre l’Orientation professionnelle, d’une part, et la préorientation professionnelle.
- II. — Comment fonctionne l’Orientation professionnelle
- Pour remplir utilement son rôle, l’Orientation professionnelle est obligée d’étudier l’enfant dans son intégralité. Elle ne doit rien ignorer de ses capacités ni de ses faiblesses, de son tempérament, de son caractère, de ses tendances ; en un mot, il y a lieu, pour elle d’établir le « bilan » de chaque sujet en tenant compte de ses défauts et de ses qualités, intellectuels et physiques.
- D’autre part, il lui appartient de suivre de près le marché du travail afin de pouvoir procurer les emplois conseillés.
- En vue d’obtenir ces diverses données, elle s’adresse notamment aux instituteurs, aux médecins et à l’Office départemental de placement.
- Aux instituteurs d’abord.
- Eux seuls, en effet, connaissent véritablement les enfants, car seuls ils sont appelés, chaque jour, à descendre dans cet obscur labyrinthe que constitue la personnalité naissante de ces derniers, d’ailleurs sans cesse à l’état variant puisqu’ils sont, suivant une heureuse définition : « du devenir qui s’ébauche ».
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- Leur collaboration, les instituteurs l’apportent au service d’orientation professionnelle en établissant, pour chaque élève, une fiche individuelle sur laquelle sont portées des notes afférentes non seulement à la valeur intrinsèque de ses travaux scolaires, mais encore à son comportement moral, intellectuel et à sa « dynamique de travail ».
- Par ailleurs, l’Orientation professionnelle fait également appel aux médecins.
- De même que, pour bien connaître l’enfant, les indications scolaires sont indispensables, de même les renseignements médicaux sur sa condition physique, précisée notamment au point de vue des lésions fonctionnelles, c’est-à-dire des contre-indications physiologiques susceptibles de le rendre inapte à certaines professions, ont un intérêt de premier ordre.
- Ainsi, occupent-ils une place capitale dans La fiche d’orientation professionnelle établie pour chaque enfant.
- J’ajoute que cette fiche contient, également, une partie à remplir par les parents et une autre à remplir par les élèves.
- De cette manière se trouvent réunis un certains nombre de renseignements permettant d’orienter l’enfant vers une profession déterminée après l’avoir détourné, le cas échéant, de celle qu’il avait lui-même choisie.
- Mais là ne s’arrête point le rôle de l’Orientation professionnelle. Il convient que ses conseils soient suivis d’un résultat immédiat et pratique, c’est-à-dire du placement en apprentissage. Or, ce placement ne peut être effectué qu’en tenant compte de la situation du marché du travail, de ses fluctuations possibles, de ses besoins de main-d’œuvre, ou. au contraire, de l’encombrement de diverses carrières.
- C’est ainsi que l’Orientation professionnelle est amenée à s’adresser à l’Office départemental de placement, tout particulièrement qualifié, par son expérience et ses statistiques, pour fournir les renseignements nécessaires.
- Les renseignements d’ordre scolaire, médical et économique sont indispensables à l’Orientation professionnelle, même s’exerçant d’une manière rudimentaire.
- Il est d’autres renseignements plus complets mis à sa disposition lorsqu’elle se pratique d’une façon approfondie véritablement scientifique, pourrais-je dire, grâce à ce que l’on appelle les « tests », c’est-à-dire les épreuves-témoins, pour lesquels d’ingé nieux instruments ont été inventés, qui permettent de déceler rapidement les diverses qualités et les différents défauts des enfants à examiner.
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- Ne voulant pas abuser de votre attention, je n’entrerai pas dans le détail des tests : a fortiori, je ne vous parlerai pas non plus de leur étalonnage.
- Toutefois, permettez-moi de vous montrer, à titre d’exemple, quelques-uns de ces instruments, dont le Service, départemental d’Orientation professionnelle vient de faire l’acquisition.
- C’est, tout d’iabord la « Souricière », qui se compose d'un long fil de fer présentant de nombreuses sinuosités enchevêtrées les unes dans les autres et le long duquel il s’agit de faire dans le moindre temps possible, un certain nombre de pièces métalliques percées d’un trou dans leur milieu. y
- Ce test est destiné, principalement, à déceler la dextérité manuelle de l’enfant. Mais, comme beaucoup de tests de ce genre, son rôle ne se borne pas là. Il sert, également, au conseiller de vocation à juger de T application de l’enfant, de sa vivacité, de son ingéniosité, comme aussi de son caractère, calme ou nerveux, distrait ou attentif.
- C’est ensuite, le « Gravimètre » de Piéron, qui sert à mesurer la finesse d’appréciation de la pesanteur.
- Il se compose de deux lévriers horizontaux semblables, sur lesquels peuvent se mouvoir deux masses métalliques de poids égal. L’un de ces leviers est enfermé dans une boîte, piar conséquent, reste caché et sert de « témoin ». l’autre, au contraire, est apparent pour permettre à l’enfant de faire glisser la masse métallique jusqu’à l’endroit où il estimera trouver une équivalence de pesanteur entre les deux leviers.
- D’autre part, voici le « Pacho-Esthesimètre ». Il comprend une lame d’acier, d’épaisseur progressive, mesurant 1 mm. £ d’épaisseur à son extrémité la plus fine et 5 mm. | d’épaisseur à son extrémité la plus grosse. Cet appareil permet de se rendre compte de la détermination tactile des épaisseurs, indispensable, si je ne me trompe, aux tourneurs, aux polisseurs, aux opticiens, etc...
- Enfin, je vous présente les tableaux colorés du docteur japonais Ishihara, qui permettent de déceler le daltonisme, c’esCà-dire l’inaptitude à discerner certaines couleurs, notamment, le rouge et le vert, assez fréquente chez Les hommes : 5 à 6 °/c,, plus rare chez les femmes : 1 à 2 °/0 et qui est inconciliable avec l’exercice de certains métiers : peintres, tailleurs, tapissiers, droguistes, céramis-tese. mécaniciens de chemins de fer, vendeurs d’étoffes, couturières, modistes, fleuristes, etc...
- Sur ces tableaux, les personnes à vue normale distinguent un certain chiffre : les daltoniens, au contraire, voient un autre chiffre.
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- 11 existe une multitude d’autres tests', d’ordre physiologique et psychologique, dont certains sont infiniment simples. Je ne vous en citerai que deux çour exemple.
- Afin de se rendre compte de l’habileté manuelle des enfants on leur met entre les mains un bout de simple fil de fer ainsi qu’une petite pince et on leur demande do reproduire une lettre majuscule, un B par exemple.
- Certains enfants exécuteront cc travail correctement ; avec certains autres, par contre, la lettre terminée s'apparentera aux choses indéfinissables dont on a dit qu’elles n’avaient de nom dans aucune langue et, pour reproduire une expression que j’ai entendue, l’autre jour, à propos de l’aspect d’un chapeau placé sur une banquette et sur lequel s’était assis, par rnégarde, un Monsieur ventripotent, elle n’aura pas « figure humaine ».
- Voici le second « test » :
- Les facultés d’intelligence, de prudence et de discernement des enfants sont examinés, en Amérique, en leur donnant un certain nombre d’objets différents et en les chargeant de les porter d’un endroit à différents autres, mais en s’y prenant de telle sorte qu’ils soient aussi bien placés que possible. A cet effet, on met sur une table assez grande plusieurs objets d'utilité courante ; petits paquets de beurre et de sucre, sachets de sel, tablettes de chocolat, ampoules électriques, œufs, flacons censés contenir de l’essence, etc... Il y a, en plus, trois autres petites tables, dont la première est arrangée de manière à ne pouvoir porter que de légers objets ; il y a, sur elle, une bougie allumée, sur la seconde est une grande jatte remplie d’eau et la troisième est branlante sur ses pieds. L’examiné doit répartir les objets de la grande table sur les petites, de façon que les bouteilles d’essence ne soient pas placées à côté de la bougie qui brûle, que les œufs ni les ampoules électriques ne soient pas mis sur la table branlante, qu’il y ait suffisamment de place disponible pour ne pas être tenté de mettre les paquets de sucre ou les sachets de sel dans la jatte d’eau, etc...
- Et à ce propos l’on raconte qu’un jour, un enfant, après avoir complètement, rempli les petites tables eut un moment d’embarras pour disposer la tablette de chocolat qu’il lui restait à placer'. Comme il ne pouvait plus la mettre que dans la jatte d’eau, où elle aurait fondu et qu’il sentait lui-même son cœur se fondre à cette navrante pensée, il eut une inspiration soudaine.
- Que vouliez-vous qu’il fît de ce chocolat ?
- Placidement, il le croqua !
- S’il fut mal coté au point de vue du test, au moins dut-il avoir une excellente note pour son esprit d’à-propos et de décision.
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- D’autre part, les résultats donnés par les «tests» servent à établir ce que l’on appelle le « profil » de l’enfant.
- Comment établir ce profil ?
- Après avoir examiné l’enfant au point de vue : robustesse physique, réactions, fonctions sensorielles, fonctions intellectuelles, on pose dans la colonne horizontale afférente à ces divers sens et facultés un point dont l’emplacement est déterminé suivant les résultats de l’examen. Par exemple, si la pression artérielle sans être très bonne, est satisfaisante, on pointe, dans la colonne 30, sur la ligne correspondante. Ainsi de suite pour le reste. Puis -on relie ces divers points entre eux par un trait et la ligne ainsi obtenue établit le profil ou, si vous aimez mieux, la sihouette physiologique et psychologique de l’enfant.
- Evidemment, le travail préparatoire d’examen, s’il veut être complet, exige un temps très long et il n’est pas encore entré couramment, jusqu’ici, dans le domaine pratique. Mais souvenons-nous que les utopies d’aujourd’hui sont souvent les réalités de demain et nul doute qu’un jour plus ou moins éloigné, lorsque les services d’orientation professionnelle seront mieux outillés et que, d’autre part, l’attention des chefs d’entreprises aura été éveillée à cet égard, il sera extrêmement intéressant pour eux de posséder les profils des enfants qu’ils voudront embaucher comme apprentis afin de pouvoir déterminer, d’un simple coup d’œil, si cet apprenti possède ou non les aptitudes requises pour la profession qu’il a choisie.
- Tel est, l’exposé à grands traits et sans détails techniques, cette conférence n’étant qu’une conférence de simple vulgarisation, le fonctionnement de l’Orientation professionnelle.
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- .TABLE DES MATIÈRES
- TOME X
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- ARTICLES
- Beaumont (Guy de) : Le Chômage. — N° 9, p. 165. — • N° 10, p. 217.
- Boumier (MUe) : Etude du métier de vendeur. — Nos 5-6, p. 81.
- Danger (Jacqueline) : Monographie de la profession de géomètre. — N'8 7-8, p. 117.
- Nony (Camille) : L’analyse du tempérament d’après Cvril Burt. — Nos 7-8, p. 133.
- Pîéron (Mme Henri) : Etalonnage d’une fiche collective d’intelligence (fin). — Nos 1-2, p. 1.
- Piéron (Mme Henri) : Fiche collective scolaire d’intelligence. — N08 3-4, p. 37.
- Weinberq (MUe D.) : Quelques remarqués sur l’étude des professions. --N0s 5-6, p. 77.
- NOTES ET DOCUMENTS
- Accidents d’automobiles. — L’âge et la fréquence des accidents d’automobiles. — Nos 3-4, p. 60.
- Aptitudes. — Voir : Travail manuel.
- Artisanat. — Les définitions légales de l’Artisanat. — Nos 3-4, p. 58. Biométrie. — Quelques indices biométriques chez les filles d’âge scolaire Comparaison avec les garçons. — Nos 1-2, p. 14.
- Bourses. — Le nouveau régime des bourses. — N" 9, p. 174.
- Caractère. — Un questionnaire permettant l’étude du caractère. — N° 9,
- p. 188.
- Caractère. — Le rôle des attitudes affectives dans certaines appréciations de caractères individuels. — N° 10, p. 231.
- Carrières libérales. — Fausses vocations dans les carrières libérales. — Nos 1-2, p. 8.
- Conditions de travail. — L’emploi des machines de bureau et son influence sur les conditions de travail du personnel. — N08 5-6,
- p. 101.
- Croissance. — Voir : Puberté.
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- Daltonisme. — La valeur comparée des planches d’Ishihara pour le diagnostic du daltonisme. — N° 10, p. 230.
- Ecole. — Rôle de l’école en O. P. — ’N° 10, p. 228.
- Ecole normale. — L’Ecole normale « école de métier ». — N° 9. p. 191.
- Enfance. — Une année de plus d’enfance. — N° 10, p. 229.
- Enquête internationale. — Une enquête internationale sur l’orientation professionnelle. — N08 7-8, p. 140.
- Enseignement technique. — Enseignement technique et orientation pro fessionnelle. — N° 9, p. 195.
- Ergographie. — L’ergographie et l’orientation professionnelle. — N°* 1-2, p. 5.
- Etudes agronomiques. — L’orientation vers les études agronomiques supérieures. — Nos 1-2, p. 7.
- Examen médico-sportif (L’). — N“ 9, p. 194.
- Formation des cadres. — Sens d’observation et imagination dans la formation des cadres. — N08 1-2, p. 10.
- Hérédité. — Hérédité et milieu, d’après Boas. — Nos 5-6, p. 97.
- Intelligence. — L’intelligence chez les hommes d’action. — Nos 3-4, p. 59.
- Intelligence. — La mesure de l’intelligence chez l’étudiant d’Université. — Nos 7-8, p. 145.
- Maladie professionnelle. — Voir ; Silicose.
- Maladies professionnelles. — Les maladies professionnelles susceptibles d’ouvrir des droits à réparation. — N" 9, p. 192.
- Méthodes de mesure (Les). — N° 9, p. 184.
- L’O. P. — La continuité de l’O. P. à Vienne. — Nos 3-4, p. 61.
- Orientation professionnelle. — Le décret-loi sur l’orientation professionnelle. — Nos 5-6, p. 94.
- Orientation professionnelle. — Modalités d’organisation et de fonctionnement des offices d’orientation professionnelle créés par les Chambres de métiers. — N03 3-4, p. 55.
- Orientation professionnelle. — Voir : Enquête internationale.
- Orientation professionnelle. — Voir aussi : Enseignement technique.
- Orientation professionnelle. — Voir : Ergographie.
- Psychologie et enseignement. — La psychologie dans la préparation des maîtres. — Nos 7-8, p. 142.
- Puberté et croissance. — Relations de la puberté et de la croissance — Nos 7-8, p. 145.
- Silicose. — La silicose, comme maladie professionnelle, en Belgique. — N° 9, p. 195.
- Soudeur. — Le métier de soudeur. — Nos 1-2, p. 11.
- Test B.-D. — Un étalonnage du test B.-D. collectif. — Nos 5-6, p. 100.
- Traitement thyroïdien. — L’importance du traitement thyroïdien précoce des crétins. — N03 1-2, p. 7.
- Travail manuel. — Le rôle du travail manuel dans l’appréciation des aptitudes. — Nos 7-8, p. 139.
- CONGRÈS
- Journée de l’homme au travail. — Nos 1-2, p. 16.
- L’Orientation professionnelle au Congrès international de l’Enseigne ment technique, à Berlin. — N° 9, p. 197.
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- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE A L’ÉTRANGER
- L’Orientation professionnelle en Allemagne. — N° 10, p. 232. L’Orientation professionnelle en Belgique. — Nos 5-6, p. 102. L’Orientation professionnelle aux Etats-Unis. — N° 9, p. 200,
- Quelques observations au sujet de l’O. P. en Allemagne. — Nos 5-6,
- • p. 102.
- Recrutement des apprentis en Suisse. — Nos 1-2, p. 17.
- A TRAVERS LES REVUES
- A travers les revues. — Nos 1-2, p. 22 ; nos 3-4, p. 63 ; nos 5-6, p. 10'i , nos 7-8, p. 149 ; n° 9, p. 201 ; n° 10, p. 233.
- INFORMATIONS
- INFORMATIONS. — N°8 1-2, p. 27 ; n°8 3-4, p. 70 ; n°8 5-6, p. 107 ; nos 7 8, p. 153 ; n° 9, p. 202 ; n° 10, p. 238.
- CHRONIQUE DOCIMOLOGIQUE
- Les nouvelles dispositions relatives au certificat d’études. — Nos 7-8,
- p. 147.
- LA VIE DE L’INSTITUT NATIONAL D’ORIENTATION PROFES SIONNELLE. — Nos 5-6, p. 112 ; n°8 7-8, p. 158 ; n° 9, p. 204 ; n° 10, p. 242.
- LA VIE DE L’ASSOCIATION DES ANCIENS ELEVES DE L’I.N.O.P.
- — N°8 3-4, p. 74 ; n°s 5-6, p. 114.
- LA VIE DES CENTRES D’O.P. — Nos 1-2, p. 31 ; n°s 3-4, p. 73 ; n°8 5-6, p. 114 ; nos 7-8, p. 159 ; n° 10, p. 245.
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- Beaumont (Guy de). — Guide pratique de l’orientation professionnelle. — Nos 1-2, p. 32.
- * Boon (G.). — Initiation générale aux idées decrolyennes et essai d’application dans l’enseignement primaire. — Nos 1-2, p. 34.
- Brooks (D.). — Ghi.ld psychology. — Nos 5-6, p. 116.
- Braunshausen (N.). — L’étude expérimentale du caractère. Méthodes et résultats. — N08 1-2, p. 33.
- Claret (A.). — L’Association. — Nos 1-2, p. 34.
- Claret (A.). — Voir : Fonteyne (L.).
- Compte rendu du Congrès international de l’Enseignement primaire et de l’Education populaire. — N” 9, p. 214.
- Degand (J.). — Expérience pédagogique de langage visuel graphique. Méthode globale. — Nos 1-2, p. 34.
- Fonteyne (L.) et Claret (A.). — L’expression. — N08 1-2, p. 34.
- Fonteyne (L.). — L’observation et la mesure. — Nos 1-2, p. 34.
- Fonteyne (L.). — Voir : Gallier (G.).
- Galber (G.) et Fonteyne (L.). — Principes et méthodes, l’Ecole Decroly, l’Ermitage. — Nos 1-2, p. 34.
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- Hunt (T. H.). — Measurement in psychology. — Nos 3-4, p. 76
- Loosli-Usteri (M.). — Le diagnostic individuel chez l’enfant au moyen du test de Rorschach. — Nos 7-8, p. 162.
- Meyerson (I.). — Voir : Picron (H.).
- Piéron (H.) et Meyerson (L). — Onzième Congrès international de psychologie. — N° 9, p. 213.
- Rosier (A.). — Chômage intellectuel. Le rôle du Bureau Universitaire de Statistique de Paris. — Nos 1-2, p. 33.
- Thurstone (L. L.). — Primary mental abiliiies. — Nos 5-6, p. 115.
- Wallon (II.). — La vie mentale. — Nos 7-8, p. 163.
- Bibliothèque de l’I.N.O.P. — Ouelques livres entrés à la Bibliothèque de l’I.N.O.P. — Nos 1-2, ]». 35 fn°s 7-8, p. 164 ; n° 9, p. 215.
- Correspondance.
- CORRESPONDANCE
- Nos 1-2, p. 36 ; n° 9, p. 216.
- Ce numéro est le dernier de l’année 1938. Nous serions heureux si nos abonnés, désireux de nous éviter des frais de recouvrement, voulaient nous adresser dès à présent le montant de leur abonnement pour 1939 en un chèque postal :
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- ou parjtout autre moyen à leur convenance.
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