Bulletin de l'Institut national d'orientation professionnelle
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- ^2e Année
- N° 1-2
- Janvier-Février 1940
- Bulletin de l’Institut National D’ÉTUDE DU TRAVAIL
- et
- D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- L’HOMME ET LE TRAVAIL<‘>
- Du Taylorisme à la Psychotechnique
- par A. MANOIL
- Le développement intellectuel et le développement moral ne marchent pas toujours de pair, c’est là chose bien connue. L’intelligence et le caractère, la somme des connaissances et l'élévation morale ne sont pas toujours au même niveau.
- On n’apprend pas de la même façon à connaître les choses et à les aimer.
- Celle discordance entre le développement intellectuel et le développement moral peut, se maintenir assez longtemps quoique, en fait, ce soit le développement intellectuel qui crée les meilleures conditions de développement moral.
- Il s’agit ici d’un processus particulier tenant à la nature de l’homme et indiscutablement favorisé par nos méthodes pédagogiques. L’éducation morale, toute d’ordre qualitative, rend extrêmement difficile la mesure, la classification, le contrôle et surtout, ne présente pas une valeur pralique immédiate ; l’éducation intellectuelle par contre, peut rester toute dans le domaine de la quantité et en plus présente des avantages pratiques immédiats.
- Cette digression sur le plan individuel, rendra plus claire la situation sur le plan général. Le même déséquilibre entre
- (1) Cel article constitue une partie de l’Introduction à un ouvrage concernant les problèmes de la psychologie appliquée, qui sera publié prochainement.
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- progrès d’ordre matériel >et progrès d’ordre moral se retrouve à travers toute l’humanité.
- L'introduction du travail mécanique dans la production industrielle avait permis les espoirs les plus optimistes pour l’amélioration de la situation de l’ouvrier.
- La substitution du moins en partie du travail des machines au travail physique de l’homme en augmentant considérablement la production, aurait dû favoriser une transformation radicale de la situation morale et matérielle de l’ouvrier, el partant, celle de l’humanité tout entière. Mais, hélas ! les résultats sont loin de correspondre à ces espoirs pourtant bien raisonnables.
- Toutefois, une analyse attentive des étapes successives du travail humain, montre sinon la réalisation d’une situation meilleure pour les hommes en général, du moins une tendance vers une meilleure compréhension des rapports entre l’homme et le travail.
- Dans ce qui suit nous essayons de montrer l’évolution des rapports entre l’homme et le travail en restant dans le cadre môme du travail.
- Les conditions du travail de l’homme dans la société mo-deyie imposent une spécialisation de plus en plus accentuée.
- Avec cela l’activité humaine est soumise à des conditions particulières selon le genre de travail envisagé.
- Le progrès réalisé par les sciences biologiques et parti-lièrement par la psychologie expérimentale permet une connaissance plus approfondie de l’homme, crée ou suggère une organisation du travail non seulement plus profitable à l’industrie elle-même, mais aussi aux conditions générales de l’ouvrier. Celte connaissance de l’homme, les progrès du machinisme aidant, rend possible une organisation du travail plus conforme à la nature psychophysiologique de l’homme.
- 11 est vrai que l'introduction des machines n’a pas été immédiatement suivie d’un allègement du travail de l’homme. On a plutôt constaté le contraire.
- L introduction du machinisme, tout en étant précédé ou
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- accompagné d’un certain romantisme philosophique (1), ne fut pas moins liée à l’idée d’une augmentation de la production et, au tond, déterminée par des besoins d’ordre purement matériels. Aussi en a-t-il résulté toute une série de perfectionnements d’ordre technique sans la moindre préoccupation de la situation de l’ouvrier.
- Ce n’était pas d’ailleurs en vue d’une amélioration des conditions du travail humain que l’on introduisait les machines ; ce qui intéressait presque exclusivement c’était l'augmentation de la production avec diminution de dépenses. La devise de toute industrie devient, augmentation du rendement avec minimum d’effort (financier).
- L’introduction d’une machine représentait seulement la possibilité d’économiser la main-d’œuvre, tout en augmentant considérablement la production : en dehors de l’apport des machines la durée du travail reste la même.
- Mais il y a plus. Du moment que l’augmentation de la production se réalise par le perfectionnement des machines,
- 1 homme comme facteur du travail passe au second plan.
- L’ouvrier intéresse seulement dans la mesure où il peut devenir un parfait auxiliaire de la machine ; dans la mesure où il devient lui-même une machine.
- Le travail de l’homme est envisagé sous son aspect strictement mécanique et l’attention des employeurs est appliquée exclusivement aux facteurs matériels du travail.
- Le nouveau rythme du travail impose à l’homme une adaptation particulière, exige de sa part un effort qui, assez souvent, dépasse ses possibilités naturelles.
- Dès lors quand s’est posé le problème d’augmenter encore le rendement des machines, la première question à résoudre a été celle de l’adaptation (même forcée) de l’homme aux besoins des machines. Ainsi l’organisation du travail humain se fait selon le modèle du travail mécanique. C’est l’idée cen-* traie de la doctrine de l’organisation scientifique du travail préconisée par Taylor (2). 11 s’agit d’une rationalisation du
- (1) Sur ce point on peut consulter avec profit l’ouvrage de M. P.-M. Schuhl, Machinisme et philosophie, Paris, Alcan, 1938, 108 pages.
- (2) Pour données bibliographiques et critiques concernant la doctrine de Taylor, voy. l’ouvrage de M. J.-M. Lahy, Le système Taylor et la physiologie du travail professionnel, Paris, Gauthier-Villars, 1921, 216 pages (pre-
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- travail qui selon la définition de Hinnenthal, par exemple, « est la conception et l’utilisation de tous les moyens que la technique nous offre en vue d’une amélioration de l’économie générale ».
- Selon cette doctrine, l’ouvrier est conçu comme un être d’une plasticité absolue ; il doit pouvoir s’adapter à n’importe quel genre et rythme de travail. L’impossibilité de cette adaptation signifie incapacité professionnelle et par conséquent élimination pure et simple.
- Le critérium employé c’est le chronométrage : chaque mouvement, chaque manipulation des outils, le transport des matériaux, etc., doit se réaliser à un rylhme imposé à l’avance selon certains minima de temps rigidement fixés.
- C’est du travail à la chaîne, sous sa forme la plus brutale, étendu à toute l’industrie.
- Au fond, cette rationalisation pourrait donner certains résultats si le chronométrage en question tenait compte au moins des possibilités d’adaptation de l’homme et de ses aptitudes. Mais la mentalité prédominante à l’introduction du taylorisme était celle du machinisme à tout prix, de sorte que l’ouvrier ne pouvait pas être regardé autrement qu’un simple outil de travail. Avec cela les droits de l’homme viennent d’être sacrifiés au profit de la production et la situation de l’ouvrier par rapport au machinisme n’est autre chose qu’une forme nouvelle de l’esclavage.
- Toutefois les résultats obtenus sont loin de correspondre aux espoirs que cette organisation du travail, par un chronométrage analytique à outrance, auraient pu permettre.
- Autant sur le plan des réalisations matérielles que sur celui du progrès moral de l’homme, on a dû constater sinon la faillite totale du système, du moins ses conséquences désastreuses.
- mière impression Paris, Masson, 191G, 198 pages). Cet ouvrage qui, en fait, est le premier en France où l’on prenne position contre le taylorisme, a été * précédé par quelques éludes publiées toujours par M. Lahy, antérieurement à 1916. Voici les titres de ces études d’après J.-M. Lahy, op. cit., p. 152 ; Le système Taylor, le chronométrage et la sélection professionnelle, L’Action Nationale, juin, 1913 ; Le système Taylor et l’organisation intérieure des usines, La Revue Socialiste, 15 août 1913 ; enfin, Le système Taylor peut-il déterminer une organisation scientifique du travail ?, La Grande Revue, 25 septembre 1913.
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- Pour CO qui est des réalisations matérielles par exemple, l’augmentation de la production ne va pas de pair avec sa qualité ! D’autre part, le nombre des accidents de travail toujours en progrès menace de diminuer sérieusement au point de vue financier -— ce que l’organisation scientifique à la Taylor semblait promettre comme gains. A part cela, le travail devenant de plus en plus pénible, la fatigue, l’épuisement, imposent un changement très fréquent des ouvriers et en même temps rend assez difficile le recrutement d’autres. Et, avec tout ce régime d’abrutissements, il faudra compter aussi avec une certaine réaction des ouvriers eux-mêmes (1).
- Pour ce qui est du progrès moral de l’homme, les conséquences du taylorisme sont encore plus désastreuses.
- Le travail en série et la spécialisation exagérée enlèvent à l’ouvrier tout intérêt pour son travail. Il ne voit pas de quelle manière la pièce qu’il doit construire aura à s’engrener dans le résultat final du travail. Pour cela son activité devient monotone et mène facilement à une indifférence au travail qui ne tarde pas à être abrutissante.
- Les conséquences de cet abrutissement se manifestent aussi bien en ce qui concerne l’état d’âme de l’ouvrier, sa disposition générale, qu’en ce qui concerne son intelligence. Il est facile de considérer que le travail mécanique occupant seulement les mains laisse toute liberté au cerveau -— mais faut-il donner matière à réflexion à l’esprit, car il n’est pas prouvé que tout ouvrier puisse construire un système philosophique, — et pour que le cerveau pense, encore faut-il que le rythme du travail ne dépasse pas un certain niveau, faute de quoi le plus puissant cerveau ne saurait faire autre chose que suivre et diriger les mouvements de ses mains.
- Le taylorisme ne permet même pas de poser le problème que ces considérations supposent.
- (1) Ce qui d’aileurs n’a pas manqué de se produire. Les grèves de la maison Renault, à la suite de l’introduction du système Taylor en sont un exemple (cf. J. M. Lahy, op. cil., p. 152). « Tandis qu’il (l’ouvrier) admet, écrit M. Lahy, d’clre chronométré lorsqu’il entreprend — pour son plaisir — une course à pied ou à bicyclette, il supporte mal le chronométrage imposé par un chef, au cours de son activité professionnelle. Dans le jeu, dans les sports, en effet, toute mensuration est acceptée, sollicitée même, car elle n’indique que la mesure d’une supériorité éventuelle. Dans le travail elle est imposée pour des fins que l’ouvrier ignore ou qu’il aperçoit mal et dont il se méfie. » (op. cil., p. 136-137).
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- Le travail mécanique avec rythme surveillé et assez souvent dépassant le rythme normal de l’homme, sans laisser aucune possibilité à la réflexion, crée un abîme entre le travail et le produit du travail.
- L’activité perd son caractère d’effort conscient, intelligent.
- Elle se réduit à une série d’automatismes qui enlève toute signification à l’activité même.
- Si l’on ajoute à cela que le nombre d’heures de travail ne laisse guère de temps nécessaire à un redressement psychologique, l’œuvre de renoncement commencée par la monotonie et le manque d’intérêt au travail, vient d’être parachevée.
- Les conséquences d’ordre moral et matériel, attirent quelques fois l’attention des employeurs. Ainsi, tout en maintenant à l’honneur les facteurs matériels du travail, la situation de l’homme commence à devenir une préoccupation. Il ne s’agit pas encore d’une préoccupation portant sur la situation de l’ouvrier en tant qu’homme, mais de sa situation comme'' facteur du travail. C’est qu’on commence à voir que l’organisation du travail ne peut pas faire abstraction de l’homme, de l’ouvrier, et que, par conséquent, si l’on veut augmenter réellement la production, il ne suffit pas d’imposer à l’ouvrier de travailler selon des critères strictement mécaniques. Tl faut voir dans l’homme un facteur essentiel du travail et considérer la machine comme auxiliaire de l’ouvrier et non pas à l’inverse. Non seulement l’organisation 'du travail, mais la machine elle-même, doit être construite d’après l’homme : l’idée que l’homme peut et doit se faire à la machine perd un peu de sa valeur.
- Dans ces conditions, les progrès des idées humanitaires aidant, on constate un remarquable effort, en faveur d’une organisation du travail plus conforme à la nature de l’homme.
- Déjà, à côté du taylorisme on peut noter d’autres méthodes qui tout en maintenant une sorte de chronométrage pour la durée globale du travail, n’insistent plus sur le rythme des mouvements. Au chronométrage analytique l’on substitue le temps global, ce qui laisse à l’ouvrier la possibilité de coordonner librement ses mouvements. De cette manière l’intérêt au travail augmente et avec lui, l’activité des ouvriers dans le cadre des entreprises, perd un peu de sa brutalité. Mais ce n’est pas encore suffisant, ce sont toujours les facteurs ma-
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- tériels du travail qui prédominent. Toutefois le mouvement en faveur du travail de l’homme persiste. Et, de la même façon que le progrès technique avait favorisé un rapprochement entre la science et l’industrie, annulant, au moins en partie, la distance entre le métier et la théorie du métier, entre la recherche scientifique et les tâtonnements empiriques. de la même façon se réalise, de nos jours, un rapprochement entre les sciences de l’homme et les besoins de l’industrie, entre les sciences de l’homme et le travail.
- Les progrès réalisés dans la connaissance de l’homme par les sciences biologiques commencent à convaincre les chefs d’industrie de la nécessité d’un emploi scientifique et rationnel de la main-d’œuvre.
- Ainsi l’homme, facteur essentiel du travail, devient, en tant qu’ouvrier, objet d’études de la part des savants biologistes, médecins ou psychologues. L’ouvrier n’est plus une machine dont l’industrie peut disposer à son gré. L’ouvrier devient un homme qui, comme tel, tout en restant à la disposition de l’industrie, échappe en quelque sorte à celle-ci : l’industrie emploiera l’ouvrier, mais selon les indications qui lui seront données par les sciences de l’homme. Ainsi l’emploi des ouvriers et l’organisation du travail auront à tenir compte en premier lieu de la nature de l’homme, de ses aptitudes. Tenir compte de la nature de l’homme, des lois de l’organisme humain, cela veut dire organiser le travail, sa durée, ses conditions physiques ou physiologiques, non pas d’après les besoins exclusifs de la production, de l’industrie ou des machines, mais selon les possibilités de l’homme.
- Cette conception nouvelle du travail humain impose une transformation de la mentalité des employeurs et dans une certaine mesure une réorganisation des industries elles-mêmes.
- La médecine du travail
- Dès que fut admis ce principe que le travail doit être organisé en tenant compte des lois de l’organisme humain, les premiers appelés à s’occuper de ces problèmes ont naturellement été les médecins et les physiologistes. Ainsi | rend naissance toute une série de réglementations sanitaires, une étude approfondie des maladies professionnelles, la régie-
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- mentation du travail des femmes et des enfants et l’on arrive à l’institution de l’examen médical comme critérium d’admissibilité dans le cadre de l’industrie.
- La sélection professionnelle sur la base de l’examen médical, tout en représentant un grand progrès par rapport à la sélection opérée par le taylorisme, reste toujours une sélection à caractère négatif. L’on formule certaines contre-indications pour différentes professions, mais la connaissance de l’ouvrier se réduit à ses possibilités physiologiques. Au fond l’examen médical se limite à constater si le candidat est un individu capable physiologiquement, s’il est normal au point de vue organique.
- En relation avec le travail, on constate toute une série de recherches concernant ce que les physiologistes aiment appeler le moteur ou la machine humaine. Et, en effet, pour ce qui regarde l’aspect physiologique du travail humain on peut noter des résultats remarquables dans l’étude des échanges respiratoires, dans celle de l’effort musculaire et de ses conditions, de la circulation sanguine, etc... Pour ce qui concerne le côté pratique, des améliorations concernant l’éclairage, la ventilation, les mesures de protection des yeux, de la peau, etc..., et aussi, certaines modifications très utiles intéressant la forme et les dimensions du mobilier.
- La médecine et la physiologie du travail apportent indiscutablement une sérieuse contribution à l'amélioration des conditions générales du travail physique de l’homme.
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- Mais le travail humain n’est pas le résultat d’un effort intéressant exclusivement l’organisme anatomo-physiologique ; le iravail de l’homme représente aussi un effort conscient, un effort qui trouve sa signification dans la psychologie de l’homme. Par conséquent, tout en reconnaissant la valeur de la médecine et de la physiologie du Iravail, une organisation vraiment scientifique de l’effort humain ne saurait se passer de ce que la science psychologique pourrait procurer.
- Cet aspect du problème fut mis en évidence par l’analyse des accidents de travail. En effet, quoique au point de vue technique on se soit ingénié à construire tontes sortes d’ap-
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- pareils de protection, bien que l’examen médical opère un triage des candidats, presque 75 % du nombre d accidents de travail (1) sont imputables à l'homme. Parmi les causes les plus nombreuses de ces accidents on a dû constater le manque d’attention, la négligence, la fatigue, le manque de présence d’esprit, une mauvaise appréciation des distances, etc., et aussi une sorte de prédisposition aux accidents, ou même des accidents volontaires, tous phénomènes d’ordre psychologique que le simple examen médical ou physiologique ne peuvent pas mettre en évidence.
- A part les accidents de travail, la statistique des métiers a montré chez beaucoup d’ouvriers un très fréquent changement de profession qui n’était nullement imputable à des causes physiologiques ou économiques. L’analyse attentive de ce phénomène a montré qu’il s’agit dans presque tous les cas d’une impossibilité d’adaptation au travail déterminée par un choix professionnel non concordant avec les aptitudes.
- Enfin, la grande guerre de 1914 avec ses besoins de toute sorte et surtout la nécessité d’employer efficacement et économiquement tous les hommes, a exigé une sélection rapide parmi ceux qui n’avaient jamais connu le métier militaire. C’est ainsi, par exemple, que fut mis sur pied l’armée américaine à l’aide presque exclusivement de tests psychologiques.
- L’emploi de l’aviation surtout — et cela dans tous les pays — exigeait une préparation rapide à une activité tout à fait nouvelle. Cela a attiré l’attention sur les résultats déjà obtenus par la psychologie expérimentale et a démontré la nécessité d’une sélection professionnelle tenant compte des aptitudes de l’homme.
- Les conséquences de la guerre aussi, exigent une attention particulière eu égard à la rééducation des mutilés, ce qui impose une modification profonde des méthodes de sélection professionnelle.
- Au point de vue moral, les idées humanitaires avaient marqué un pas en avant -— la situation de l’homme par rapport au travail devient une préoccupation très générale et la
- (1) Cf. A. Manoïl, Le problème de la prévention des accidents de travail, Bucarest, 1931 (en roumain).
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- situation de l’ouvrier semblait • devoir s’améliorer très rapidement.
- Si l’on ajoute à cela les progrès réalisés par la pédagogie, par la psychologie expérimentale, par la physiologie, etc , le climat devient de plus en plus favorable à la .constitution d’une science du travail dans son acception la plus générale.
- C’est en fait Ha nouvelle science (1) qu’on appelle la psychotechnique.
- L’objet de cette science est l’étude de l’homme par rapport au travail en tenant compte de toutes les données que les sciences de l’homme, considéré dans toute sa complexité organique, psychologique ou sociale, peuvent procurer.
- Il ne s’agit pas de l’étude de l’homme en général, mais de l’étude des hommes, dans leur individualité, — le but étant, lhe right man in the right place.
- Les problèmes que la psychotechnique (2) doit résoudre sont : la sélection professionnelle, l’orientation professionnelle, la connaissance du marché du travail, et, en relation avec ces problèmes, la possibilité de conseiller une organisation du travail en parfaite concordance avec les possibilités de l’homme.
- Sélection professionnelle signifie le choix d’un individu pour une profession bien déterminée.
- Orientation professionnelle, signifie par contre, le choix d’une profession ou d’un groupe de professions techniquement semblables.
- La connaissance des besoins du travail doit être obtenue par la méthode statistique, ce qui permet à l’orientation professionnelle de se faire en tenant compte aussi des besoins, au moins probables, des différentes industries ou professions. Car on constate assez souvent une disproportion entre les besoins réels de certaines professions et le nombre des
- (1) En fait, il s’agit d’une branche de la psychologie expérimentale. Le nom de Psychotechnique est dû au fait que les premières applications concernaient le travail industriel. Parmi les noms qu’on a voulu donner à cette science, mentionnons : psychologie appliquée, technopsychologie, psychog-noslique, ergologie.
- (2) Pour un exposé d’ensemble, nous nous permettons de mentionner notre ouvrage La Psychotechnique — problèmes et méthodes —, Bucarest, 1930 (en roumain).
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- postulants. C’est aujourd’hui, par exemple, le cas des postulants pour les professions intellectuelles.
- Les applications faites jusqu’à présent par la psychotechnique montrent une grande concordance entre les prévisions théoriques et les résultats de la vie pratique.
- La psychotechnique créant pour le travail humain sous toutes ses formes les conditions les plus favorables, en respectant l’individualité de chacun, réalise en même temps un progrès moral.
- Il est à souhaiter que la grande industrie et l’organisation du travail dans n’importe quelle profession fasse de plus en plus appel à l’aide de la psychotechnique. Il en résulterait ainsi une collaboration des plus utiles autant pour l’industrie elle-même que pour l’ouvrier.
- Enquête sur les Goûts et les Projets d’avenir des Elèves de Première d’un Lycée
- par
- Mme CHAMBOULANT-HERTZ
- Notre enquête a porté sur les classes de première A, A’ et B d’un lycée parisien.
- Nous avions posé oralement trois questions :
- 1° Quelles matières préférez-vous? Si vous savez pourquoi, dites-le.
- 2° Quelles matières détestez-vous ? Si vous savez pourquoi, dites-le.
- 3° Quelles sont les matières dans lesquelles vous réussissez le mieux ?
- Et nous avions demandé, aux élèves examinés, de bien vouloir nous indiquer, si elles le savaient, la profession ou les professions qu’elles seraient tentées de choisir. (Naturel-
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- lement, il fallait qu elles aienl déjà là-des^ une laée assez précise, mais c’est cela justement que nous voulions contrôler.)
- Nous avions également bien noté que nous demandions les matières et non les enseignements préférés, éliminant ainsi île facteur subjectif dépendant du professeur, ou tout au moins, le faisant intervenir le moins possible. Nous avions demandé de nous indiquer non seulement les matières préférées au lycée, mais aussi en dehors, s’il y en avait.
- De plus, nous avions affirmé aux élèves que les questions posées ne seraient remises entre nos mains que dans un but de recherche personnelle, et surtout pour compléter lies renseignements déjà recueillis sur elles ; je leur demandais donc de répondre en toute franchise et en toute confiance. Nous avions été amené à poser toutes ces conditions afin d’obtenir le maximum d’objectivité. Nous avons eu 122 réponses aux trois premières questions, mais 52 seulement à la dernière.
- Notons tout d’abord que le nombre des matières franchement préférées est supérieur au nombre des matières franchement détestées. Je crois que la méthode de confiance instaurée permettait la plus grande objectivité, mais, malgré tout, dans ce dernier cas une arrière pensée a peut-être empêché les libres réponses.
- Dans les classes de A (A1} A2, 4 élèves de AA’), nous avons eu 43 réponses sur 44. La matière préférée est le français (19), puis le latin (8), l’histoire et la géographie (0), les mathématiques (5), sciences, physique (3), chimie (4), enfin le grec (1).
- Pour les élèves de A’ (AA’, A , A’B) nous avons eu 46 réponses dont 10 pour le français, 4 pour l’histoire, 5 pour les mathématiques, 9 pour les sciences (4 pour la physique, 2 pour la chimie, 2 pour les sciences, 1 pour les sciences naturelles), 5 pour les langues, 3 pour le dessin, 1 pour la gymnastique, 2 pour le latin et 1 pour la musique.
- Pour les élèves de B (A’B et B) nous avons eu 33 réponses dont 18 pour le français (surtout première B : 14), 7 pour les mathématiques, 6 pour les langues vivantes, 4 pour le dessin, 2 pour la physique, 1 pour l’histoire et la géographie, 1 pour la musique.
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- Les matières détestées sont :
- total 43 en A 12 mathématiques 4 géographie 3 anglais, 3 grec, 2 latin 2 chimie 2 français
- 1 histoire.
- total 46 en A’ 21 mathématiques (AA’ 11, A’ 6, A’B 4)
- 6 latin
- 2 physique, 2 chimie 1 dessin
- 1 chant, couture, dessin 11 histoire
- • 1 langue vivante,
- total 33 en B 12 mathématiques
- 7 sciences et 4 en A’B 6 langues
- 3 histoire
- 1 littérature.
- Nous n’avons relevé que les matières notées les premières immédiatement après notre question, sans tâtonnements ni hésitation, afin d’obtenir véritablement la matière préférée et la moins aimée. A côté de ces cas tranchants, nous avons certains dégoûts d'ensemble nets, souvent par exemple : mathématiques, physique, chimie — français, grec — français, latin — histoire, géographie, français. Il y a quelques groupes nets qui reviennent, mais beaucoup sont variés (français, dessin — français, mathématiques, etc...*
- Nous pensons consacrer une étude plus approfondie au rapport qui peut exister entre ces goûts et la réussite en classe (il semble qu’il y ait un parallélisme, ce qui ne se justifie cependant pas dans tous les cas, par exemple pour les mathématiques), et au rapport entre les goûts, la réussite en classe et la réussite aux différentes épreuves auxquelles nous irions, de notre côté, soumis les élèves.
- Nous avions également posé aux élèves la question suivante : <( Dites, si vous le savez, ce que vous désireriez faire plus tard », en spécifiant que cela nous permettrait de mieux étudier le cas de chacune d’elles, et de pouvoir 'leur donner
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- tous les renseignements utiles sur ce qui les intéressait. Nous avons donc tout lieu de croire qu’elles n’ont répondu que dans les cas où leur goût était fixé. Cette question n’a été posée qu’à 100 élèves (Ai, A2, AA’, A’, A’B), et sur ces 100'élèves, 51 seulement nous ont donné une réponse positive plus ou moins précise, deux nous ont donné une réponse négative '(c’est-à-dire qu’elles savaient très bien ce qu’elles ne voulaient pas : faire de l’enseignement). Nous avons constaté par la suite que beaucoup d’élèves partageaient ce point de vue, sans toutefois l’avoir noté.
- Nous avons revu individuellement ces élèves, et rous avons pu voir qu’elles ont pour la plupart des aversions très nettes, mais non des goûts précis.
- Un grand nombre de jeunes filles' veulent partir, soit au^ colonies, soit à l’étranger, mais dans quel but ? Elles l’ignorent. Je leur ai demandé leurs raisons : elles veulent sortir de leur milieu actuel, voir de nouveaux horizons. Et ce n’es! pas une situation déterminée qui les attire, car elles ne refusent aucune éventualité, même celle d’une situation administrative stable, tant est fort en elles le goût du départ. Nous ne devons pas nous en étonner puisque nous retrouverons toujours ce goût, plus ou moins prononcé, faisant partie de l’évolution psychologique (parallèle à l’évolution physiologique) de tous les jeunes gens de cet âge. Mais, il nous semble indispensable de souligner à ces jeunes filles le manque presque absolu de débouchés existants, soit à l’étranger, soit aux colonies, dans les carrières féminines.
- Nous avions donc 51 % d’élèves ayant certaines tendances vers une profession plus ou moins bien choisie. Quelles étaient ces professions ?
- Nous voyons très nettement l’enseignement prédominer. 23 élèves sur 52, soit 46 % se dirigent vers cette branche. Sur ces 51 élèves, 19 veulent être professeurs, 3 institutrices,
- 1 jardinière d’enfants.
- Ensuite, nous verrons les vocations de médecin, 7 sur 51, puis la pharmacie, 4 sur 51 ; les infirmières, 3 sur 51 ; les laboratoires, 3 sur 51 ; assistantes sociales 3, fonctionnaires 3, droit 2, et enfin, des cas particuliers, 1 aviatrice,
- 1 théâtre, 1 écrivain. Les cas très spéciaux montrant une vocation très définie et forte sont donc de 3 %.
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- Il est très intéressant d’analyser ces différents choix. NoiS nous sommes posés deux questions : tout d’abord, existe-t-il un certain rapport entre les différentes sections ou les diffé rentes classes et les projets d’avenir, et quels rapports trouve-t-on entre les goûts et les projets d’avenir ?
- Il nous faut noter tout d’abord que les élèves de ce lycée sont réparties en six classes : Ai, Ao, AA’, A’, A’B, B.
- Nous voyons nettement qu’en Ai, 8 sur 20 élèves ayant répondu veulent être professeurs, en A2, 3 sur 19, en A’B, 4 sur 15, en A’, 4 sur 12 et aucune en AA’.
- Il ne semble pas qu’il y ait une différence entre tes sections, mais qu’il y en ait entre les classes (action des élèves les unes sur les autres) ; ainsi nous voyons en Ai, 8 sur 20, et en A2, classe parallèle, 3 sur 19 seulement, en AA’ aucune.
- Quelles sont les branches choisies ?
- Comme nous pouvions le prévoir, le français domine.
- en A 5 professeurs de français 2 histoire et géographie
- 6 littérature 2 histoire et géographie
- en A’ 1 lettres (ne pourra pas le faire, n’ayant pas étudié le grec).
- A 2
- A’ 1 4 mathématiques
- B 1
- ( 1 sciences naturelles l 1 physique
- 2 sciences
- 2 anglais, 3 gymnastique.
- Nous avons vu depuis, individuellement, des élèves et nous pouvons remarquer que leur choix avait été fait d’après leur réussite en classe. Toutes celles qui réussissent bien en une matière, envisagent immédiatement l’entrée à Sèvres. Elles ne se préoccupent que très peu des qualités et apt'tudes nécessaires pour être professeur. Nous retrouverons cette attitude dans le choix d’autres professions. Ces jeunes filles ne considèrent toujours que l'effort à fournir pour les études nécessaires en vue d’arriver à une certaine profession, et non pas à la profession elle-même.
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- Pourtant, si nous prenons comme exemple, toutes ces élèves qui veulent devenir professeurs, nous sommes bien obligés de dire qu’un certain nombre d’entre elles peuvent peut-être devenir professeur, mais non pas de bons professeurs, une timidité excessive, un manque de vie, de vivacité d’exposition, etc... enfin toutes les qualités qui composent l’aptitude pédagogique leur faisant défaut.
- Je crois qu’il serait absolument nécessaire de faire remarquer aux élèves que les qualités nécessaires pour réussir dans les études ne sont quelquefois pas les mêmes ou presque toujours’pas absolument identiques à celles nécessaires pour la réussite dans la carrière. Je montrerai très prochainement ceci d’une manière plus concrète à l’aide d’une étude entreprise au Lycée Fénelon avec les professeurs de toutes les disciplines. Cette recherche est envisagée sous deux aspects : 1° Examen des aptitudes nécessaires pour réussir dans l’étude d’une matière donnée ; 2° examen des aptitudes nécessaires à un bon enseignement de cette matière. (Encore faut-il établir des épreuves permettant de déceler ces aptitudes.) Je crois que c’est une des recherches les plus urgentes actuellement, vu le grand nombre d’élèves se destinant au professorat.
- Y a-t-il une correspondance entre les dégoûts et la profession choisie ?
- Toutes les élèves qui choisissent le professorat de français disent détester les mathématiques, sauf une qui, voulant préparer le professorat d’histoire et géographie, dit qu’elle déteste le latin (sait-elle qu’elle devra passer une interrogation en latin ?)
- Par contre, celles qui veulent passer le professorat de mathématiques ou sciences ne détestent pas le français.
- Toutes ne songent pas sans terreur à la préparation à Sèvres, mais n’envisagent pourtant pas (L’agrégation (ignorance ?)
- L’enseignement, dans bien des cas, est choisi comme critère de préférence ou d’aversion et j’ai pu me rendre compte que les parents, encore plus que les élèves, ne voient pas d’autre débouché pour leurs enfants. Sèvres est la grande attraction et l’aversion marquée des élèves n’est souvent qu’une manifestation de leur esprit d’opposition dans certaines circonstances familiales.
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- Celles qui veulent être jardinières d’enfants et institutrices sont attirées par la possibilité de recevoir immédiatement une situation, mais le plus souvent par l’amour des enfants (elles ont eu déjà des élèves ou des petits cousins, ou des frères, etc.)
- Elles ont tendance également à se diriger vers les carrières telles que médecine, pharmacie, déjà très connues d’elles.
- Il est à noter que le choix n’est pas obligatoirement influencé par la profession du père ou de la mère. Nous avons demandé directement à chaque élève pourquoi par exemple elle désirait faire de la médecine. 11 semble que pour certaines il s’agisse là plutôt d’une vocation de charité et de pitié, que d’une véritable attraction pour le métier. Nous voyons que cinq sur sept de celles qui ont choisi la médecine préfèrent les lettres aux sciences et y réussissent mieux, ce qui semble confirmer ce que nous disions précédemment. Ce ne sont pas des motifs intellectuels, mais des motifs affectifs qui jouent. On retrouvera ces mêmes motifs chez celles qui veulent être infirmières et qui elles aussi préfèrent le français aux matières scientifiques. Les quelques jeunes gens que nous avons vu choisir la médecine, paraissent obéir à des mobiles plus intéressés (attraits des grades honorifiques et salaires élevés). Il est donc bien dommage que les carrières de la médecine ne soient pas très ouvertes aux jeunes filles, qui manifestent cependant des tendances plus altruistes.
- Celles qui réussissent en sciences préfèrent la pharmacie (cette étude attire celles qui aiment la physique et la chimie, et seulement celles-là) ou les laboratoires (pour celles qui préfèrent les sciences naturelles).
- Nous n’en avons trouvé qu’une seule qui ait songé au fonctionnariat et c’était une fille de fonctionnaire.
- Deux ont songé au droit, l’une envisageant la profession d’avocate (elle est fille d’avocat), l’autre sans but précis.
- Nous avons vu choisir quelques carrières plus originales : une conservateur de musée, une bibliothécaire (ce sont deux littéraires), deux pensent au théâtre, une veut être écrivain, l’autre aviatrice.
- Aucune n’a songé aux carrières commerciales, très peu aux carrières sociales (trois élèves seulement, et notons qu’elles sont de la même classe AA’).
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- Nous avons fait une seconde enquête sur un moins grand nombre d’élèves dans un autre lycée. Nous avons retrouvé cette même absence de projets d’avenir, et dans les mêmes proportions (50 %) chez toutes les élèves. Nous avons également retrouvé ces mêmes goûts de départ, d’évasion, soit vers les colonies, soit vers l’étranger, sous n’importe quelle forme. Nous avons trouvé des attirances plus nettes vers les tendances commerciales, du moins ce débouché n’était-il pas ignoré.
- Il nous semble qu’il y a diverses tendances selon le milieu social des élèves du lycée (exemple : Fénelon, beaucoup de filles d’universitaires, Sèvres, autre milieu). Mais, nous ne pourrions l’affirmer qu’après enquête dans d’autres lycées. Il serait également très intéressant de faire des études semblables dans les lycées de garçons.
- Cette brève étude nous montre donc principalement :
- 1° L'absence de projets d'avenir chez 48 % des élèves des classes de baccalauréat et l’ignorance des différentes branches d’activités qui leur sont ouvertes.
- 2° Que le choix d’une profession déterminée se fait beaucoup plus par l'attrait des études ou la promesse d’une réussite dans ces études, plutôt que par la connaissance de la profession et des aptitudes qu'elle demande.
- 3° Les projets d’avenir chez 52 % qui ont fixé leur choix sont très limités :
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- 3 % institutrice 2 % enfants '
- 24 sur 51 % enseignement
- 2 % enfants ' )
- 7 % médecins 4 % pharmaciens
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- Les jeunes filles songent surtout au professorat, très peu envisagent les carrières administratives, très peu les carrières sociales, aucune les carrières commerciales et beaucoup de carrières possibles sont, totalement ignorées.
- 4° Les diverses carrières choisies peuvent dépendre du lycée et donc du milieu social qui y est représenté. Une étude plus approfondie dans d’autres lycées permettrait de mettre ceci beaucoup mieux en évidence.
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- 5° Il est intéressant de noter également le goût très marqué pour des carrières, d’ailleurs indéterminées, aux colonies, et à l'étranger, où pourtant peu de débouchés peuvent être envisagés.
- Au sujet des goûts et antipathies nous pouvons dire que le français est de loin la matière préférée et les mathématiques la matière détestée, constatation déjà faite depuis longtemps dans les classes des lycées.
- NOTES ET DOCUMENTS
- Une nouvelle méthode de formation professionnelle commerciale
- Frappé de l’insuffisante formation professionnelle des jeunes commerçants au cours de leur apprentissage comme aussi de l’apathie manifestée par les apprentis à l’égard des cours professionnels, un membre zurichois de la Société suisse des commerçants, M. Galliker, s’est avisé d’appliquer à la branche commerciale la formule du jeu. Il a créé, à cet effet, les Raisons sociales fictives, grâce auxquelles l’apprenti commerçant, devient pour quelques heures chef d’une maison fictive (banque, coopérative, imprimerie), caissier, secrétaire, gérant, fondé de pouvoir.
- Les règles du jeu, qui sont à peu près celles de la réalité, sont observées : elles engagent la responsabilité et réclament l’initiative du joueur, tout en lui présentant les problèmes qu’il rencontrera dans sa future carrière. Les R.S.F. se sont répandues rapidement : à la fin de 1938 on comptait, réparties dans toutes les régions de la Suisse, 141 raisons sociales fictives, intéressant près de 900 jeunes gens et le mouvement a des adeptes en Angleterre, aux Pays-Ras, en Allemagne, en Italie et aux Etats-Unis. A Genève il a créé une « Banque romande » et une « Imprimerie ». La banque romande est constituée par huit jeunes gens dont les opérations sont contrôlées par un aîné. Cette banque, tout comme une banque réelle, effectue des opérations de commerce, des achats de titres, des ventes, toute une correspondance, établit un bilan selon les règles. Seuls sont fictifs l’existence des marchandises sur quoi portent les opérations, le numéraire, les papiers-valeurs. Elle est en rapport d’affaire avec l’imprimerie (Rapide S.A.), avec des maisons fictives d’importation et d’exportation, des fabriques, des établissements divers. Elle envoie des lettres en aile-
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- mand, en italien. Elle a des démêlés avec des débiteurs insolvables, avec des fournisseurs qui ne livrent pas à temps leurs marchandises. En un mot, elle connaît toutes les situations d’une banque réelle. Aux examens de fin d’apprentissage, les « commerçants fictifs » ont obtenu une moyenne de notes très supérieure à celle des autres apprentis. (1)
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- Le Chômage dans la jeunesse
- Le bulletin du ministère du travail (janv., fév., mars 1939) fournit des indications intéressantes sur les jeunes chômeurs du département de la Seine, dont le nombre, au début de 1938, s’élevait à 1.445 dont 362 filles. Il ressort, des renseignements donnés, que la plupart d’entre eux ne possèdent, en réalité, aucun métier. Aussi un service temporaire d’O. P. et d’examen médical a-t-il fonctionné et a donné de bons résultats.
- Le bulletin indique, pour la Grande-Bretagne, la répartition de lu main-d’œuvre d’après l’âge. Nous y relevons :
- Hommes Femmes
- 14 à 15 ans......... 492.000 4,9 °/0 402.000 10,1 °/0
- 16 à 17 ans......... 677.000 6,7 "/„ 550.000 13,8 «/„
- 18 à 20 ans......... 710.000 7 "/„ 549.000 13,8 •/„
- pour un total de 10.150.000 hommes et 3.988.000 femmes.
- On trouve, comme chômeurs :
- 27.771 hommes et 30.277 femmes de 16 à 17 ans.
- 58.143 hommes et 45.804 femmes de 18 à 20 ans.
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- Les rapports de la Typologie et de la Pédagogie vocationnelle
- Pour discriminer de façon valable l’aptitude à l’exercice de telle ou telle profession il faudrait tenir compte pour chaque individu du type caractériologique auquel il se rattache. C. Narly qui a publié avec G. Zapan une Feuille d’Observation vocationnelle pour l’Institut pédagogique de Cernauti (Roumanie) reproche à la plupart des fiches appliquées dans les offices d’orientation
- (1) Bulletin pédagogique de la Société [ribourgeoise d’Education, 15 septembre 1939).
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- d’Hambourg, de Leipzig ou de Hanovre, d’aboutir à un aspect trop .analytique ou morcelé de la personnalité. 11 préconise un retour à une méthode unitaire et globale basée sur un essai de systématisation typologique.
- Les caractéristiques individuelles sont examinées sous trois angles :
- 1° Celui de Y originalité spécifique, où l’on distingue, cl’après la forme de l’intelligence et la réaction de subordination ou de domination vis-à-vis du réel, un type intuitif et un type intégratif.
- 2° Celui du milieu : rapproché ou immédiat, éloigné ou médiat, inanimé (naturel, technique, biologique, mental) ou animé. Culturel (arts, sciences de la nature, sciences de l’esprit), ou social (national, humain).
- 3° Celui du comportement habituel du sujet d’adhérence (entendu au sens de rechercher l’objet et rester simplement en contact avec lui), ou de création, de participation, de dévotion.
- Par combinaison de ces éléments on obtient un tableau de caractéristiques' professionnelles dont nous reproduisons un premier aspect.
- 1° Adhérence, milieu immédiat, type intuitif = ouvrier.
- Adhérence, milieu immédiat, type intégratif = innovateur (explorateur ou inventeur),
- Adhérence, milieu immédiat, type mixte = constructeur (ingénieur ou architecte).
- 2° Création, milieu immédiat animé, type intuitif : cultivateur.
- Création, milieu immédiat animé, type intégratif : artiste dramatique.
- Création, milieu immédiat animé, type mixte : éducateur.
- On arrive finalement à un classement de 25 personnalités voca-tionnelles, chacune admettant une pluralité de professions ce qui laisse une large marge de choix dans le conseil professionnel. La fiche de Narly a pour but principal d’aider l’adolescent à prendre conscience de son type vocationnel, elle pose le problème sur le terrain strictement pédagogique. Le diagnostic est établi à partir de 16 points portant sur des matières d’enseignements et 33 relatifs au comportement et au caractère, avec plusieurs subdivisions. Les aptitudes et les déficiences sont déterminées en confrontant, pour chaque élève, les appréciations de tous les professeurs, les jugements des camarades, les appréciations du sujet sur lui-même.
- On groupe les résultats par classement et recoupement selon un procédé employé par Laugier, Toulouse et MUe Weinberg dans
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- leur biotypologie des aptitudes scolaires. Les types de Narly ne sont établis que sur des critères psychologiques, à l’exclusion des critères anatomiques, physiologiques et psychiatriques. (1)
- I. L.
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- Une échelle d’appréciation du caractère en trente-six points
- Les instruments de mesure que nous possédons pour l’étude du caractère sont encore bien insuffisants et il n’existe pas de batterie de tests qui puisse être considérée comme complète et tout à fait au point ; force est donc de recourir à l’emploi d’une échelle d’appréciation des traits de caractère. C’est ce que E. L. Kelly a constaté après avoir appliqué sur 299 hommes et 299 femmes une batterie de tests comprenant : le questionnaire d’intérêts de Strong, l’échelle d’attitudes de Remmers, l’échelle d’Allport Vernon, les questionnaires d’Otis, Benreuter et Bell.
- Il propose donc une échelle d’appréciation en 36 points portant : 1) sur l’énergie. 2) l’intelligence. 3) l’assurance. 4) la sociabilité. 5) l’apparence générale. 6) la nervosité. 7) la popularité. 8) les sentiments religieux. 9) la ponctualité. 10) l’initiative. 11) la courtoisie. 12) la jalousie. 13) les nuances de la voix. 14) le travail en collaboration. 15) la culture. 16) l’élégance des gestes. 17) la persévérance. 18) le générosité. 19) l’honnêteté. 20) la façon de s’habiller. 21) la patience. 22) le bon sens. 23) les intérêts. 24) l’état d’esprit habituel. 25) l’altitude formaliste. 26) l’esprit de camaraderie. 27) la tranquillité ou l’agitation. 28) la sincérité. 29) les saules d’humeur. 30) les qualités en société. 31) la vanité. 32) le tact. 33) la tolérance. 34) le sens de l’humour. 35) l’indépendance. 36) l’absence d’égoïsme.
- Cette échelle est considérée comme un instrument de recherche et non de mesures (2). L L.
- A TRAVERS LES REVUES
- Une contribution à l’étude de la pathologie des soudeurs à Tare, de M. de Laet et M. Wiser, (Bulletin de VAcadémie royale de Médecine de Belgique, 6e série IV, 5, 1939, p. 240-249) met en
- (1) D’après un article de J. Bourjade dans la Revue des Sciences pédagogiques, T. VI, n° 27, p. 77 à 100.
- (2) Journal o[ psychology, 1940, 9, 97-102.
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- évidence d’après l’ctude de 14 ouvriers ayant 2 à 27 ans de pratique, l’existence de troubles gastro-intestinaux, troubles fonctionnels de la vue, de céphalées, et d’une polyglobulie notable.
- Technique de novembre 1939 reproduit une causerie de R. Be-liste (Montréal) sur les traits distinctifs du métier d’ajusteur mécanicien et les conditions de réussite dans la profession.
- Le numéro de novembre-décembre de Berufsberalung und Be-rufsbildung publie quelques notes sur l’utilité d’une formation professionnelle et sur les contre indications d’ordre physiologique, en particulier la gaucherie et l’hyperhydrose avec traitement pour atténuer la sudation.
- On consultera le numéro d’octobre-novembre-décembre de l'Enseignement technique pour y trouver des renseignements sur les écoles professionnelles de Lyon, et la formation professionnelle des apprentis. On y lira également un essai de monographie professionnelle de l’ajusteur-mécanicien, établie par une ancienne élève de l’Institut : Mm° Picard.
- Y. L. Hunsley examine, dans School and Society de novembre 1939, les variations du quotient intellectuel en fonction des habitudes de travail, des attitudes, de la conduite, et de divers facteurs sociologiques. _________
- Child and development de septembre 1939 donne avec C. Da-venport, des indications sur le métabolisme basal et la taille dans l’adolescence, et une recherche de G. S. Speer sur les désirs des enfants.
- A. Servais a envisagé le problème de l’encombrement des professions libérales dans Famille et Collège de novembre 1939. Le numéro de décembre reprend la question du surmenage scolaire.
- The British Journal of Psychology de juillet .1939 publie des recherches de L. S. Penrose sur le niveau mental d’enfants déficients en rapport avec celui de leurs parents.
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- L’Orga de septembre-octobre 1939 présente un compte rendu des activités du Congrès d’organisation scientifique du travail de Washington (1938) avec aperçu des discussions portant sur les problèmes d’apprentissage, d’orientation professionnelle et de psychotechnique. ________
- On trouvera dans Occupational psychology, de janvier 1940, une étude de E.-O. Mercer sur les désirs professionnels des femmes ; des remarques de IJ. Ungerson sur la rationalisation du travail industriel et des essais de P. Slater sur un nouveau test de jugement spatial.
- Technique de décembre 1939 publie une causerie de M. Barreau sur .les anciennes orfèvres.
- La satisfaction dans l’exercice d’une profession provient-elle surtout du changement de niveau social et économique ? Tel est le problème envisagé par D. Super dans le numéro d’octobre du Journal applied psychology, 1939.
- Occupations de décembre 1939 publie un article de E. Schmid sur la carrière de mécanicien en optique et le numéro de février 1940 présente d’intéressantes indications sur le questionnaire d’intérêts professionnels de Cleeton.
- Le premier numéro du Journal o[ Psychologie de 1940 contient les études suivantes : F.-W. Irwin et E. Newland : Etude génétique sur la façon de désigner des figures. On présente aux sujets des figures dépourvues de signification ; il doit choisir parmi des termes également inventés, d’après l’impression générale, celui qui convient le mieux à la figure. — J.-L. Despert : Méthode pour étudier les réactions de personnalité d’enfants d’àge scolaire en analysant leurs jeux. — L. Welcii et L. Long : Les stades les plus élevés de la formation des concepts chez les enfants. — E.-L. Kelly : Echelle d’appréciation de la personnalité en trente-six points. — J.-T. Cowi.es : « Réponse différée » testée par trois méthodes et en relation avec d’autres situations d’apprentissage. — H.-L. Sisk : Analyse factorielle multiple des habiletés mentales des jeunes ingénieurs.
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- Le numéro de janvier 1940 du Journal çf général psychologie contient les articles suivants : J. Gray Peatman : De la valeur prédictive des corrélations. — A.-L. Winsor and B. Korchin : Ouel-ques observations des effets de l’activité mentale sur la sécrétion de la parotide. — II.-S. Tuttle : Réponse différée dans l’émotion.
- Nous relevons dans le Journal of Genetic psychologie, 1939, n° 55, les études suivantes : L. Welcii : Comment se développe la discrimination de la taille des objets de douze à quarante mois. —1 T.-W. Richards and V.-L. Nelson : Habileté des enfants pendant les premiers dix-huit mois. — R.-W. Husband : Intercorrélations entre aptitudes à apprendre. On ne trouve aucune corrélation élevée entre différents tests d’apprentissage, sauf dans le cas de matériel à peu près similaire. — W.-R. Baller : Etude du comportement social d’adultes qui, à l’école, furent considérés comme lents d’esprit. Observations portant sur 307 individus dont le Q. I. était, en classe, inférieur à 70. On relève une tendance marquée à la délinquence, surtout chez les garçons, en comparaison avec un groupe d’individus moyens. — B. Soiiel : Etude sur le développement de l’intuition chez les enfants dans la période préscolaire. — E.-M. Clarke : Etude du développement des réactions corporelles d’enfants à un stimulus auditif brusque. — A.-J. Mi-trano : Réapplication du test de performance de Witmer à des sujets simples d’esprit. — C.-C. Moore : Relativité des jugements dans l’estimation des aptitudes des élèves.
- On trouvera dans VOrientation Professionnelle (mai 1939) la liste rectifiée des établissements agréés par l’Etat pour la préparation du diplôme d’infirmière et d’assistante sociale.
- Mme Niuoul-Fox, professeur au lycée français de Bruxelles., étudie, dans VInformation pédagogique (mai-juin 1939), la possibilité d’appliquer à l’enseignement du second degré la méthode Decroly primitivemnt conçue pour les jeunes enfants. Des disciples du Dr Decroly obtiennent en effet de bons résultats à l’école d’Uccle-les-Bruxelles et leurs élèves affrontent même avec succès les examens officiels.
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- Fred Mac Kinney passe en revue dans le numéro de décembre 1939 du Journal oj applied psychology les conditions de vie et particularités du caractère qui sont favorables à la bonne adaptation des étudiants au cadre scolaire.
- J.-M. Lahy présente des tests de vision pour conducteurs d’automobile dans le numéro de décembre 1939 du Travail humain en insistant sur la vision nocturne, l’éblouissement et le champ du regard pratique. _________
- The British Journal oj psychology d’octobre 1939 apporte une importante contribution à l’étude de la théorie des facteurs, dans des articles de Thompson, Spearman, Burt et Stephenson. On y lira également une étude de R.-C. Oedfield sur les rapports entre intérêts et tendances.
- Zeitschrift fur angewandte Psychologie und Charahterhunde aborde à plusieurs reprises, en décembre 1939, le problème de la graphologie avec R.-A. Breit Ivopf et G.-II. Unger.
- Le n° 3-4 des Informations sur la coopération intellectuelle consacre plusieurs rubriques au problème du cinéma éducatif.
- INFORMATIONS
- Nous reproduisons quelques extraits d’une publication du Bureau international de Statistique universitaire, L'Avenir des diplômés, qui traite avec beaucoup de vigueur et d’à-propos du problème du chômage des intellectuels, en renvoyant pour plus ample documentai ion au n° 3-4 des Informations sur la Coopération intellectuelle.
- « Tous ceux qui, ces dernières années, ont étudié et discuté le douloureux problème du chômage intellectuel ont été d’accord pour recommander la création des centres nationaux d’orientation universitaire et professionnelle. En indiquant les chances d’avenir qui s’offriront dans les diverses carrières aux diplômés d’enseignement. supérieur, ces centres rendraient en effet les plus utiles services, aussi bien à la jeunsse qu’à l’économie nationale. Il est
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- cependant évident que l’orientation professionnelle vers les carrières intellectuelles ne saurait s’inspirer des mêmes méthodes que l’orientation des futurs apprentis »......
- Mesures prises pour combattre le chômage des diplômés. — « Devant la détresse croissante des jeunes intellectuels, des mesures exceptionnelles ont été prises dans un grand nombre de pays, soit par les gouvernements eux-mêmes, soit par les organisations culturelles ou professionnelles. Ces mesures peuvent être classées en deux catégories pricipales selon qu’il s’agisse de mesures exceptionnelles, de secours immédiats, ou de mesures de longue haleine et de caractère permanent.
- « Dans la première catégorie, nous distinguons de nouveau deux groupes. Le premier comprend les mesures d’aide directe : rééducation du chômeur, stages volontaires ou rétribués, camps de travail, travaux de secours, allocations de chômage. Le deuxième groupe réunit des mesures tendant à soulager l’encombrement par l’élimination de certaines concurrences : exigence de diplômes universitaires pour les emplois jusqu’alors accessibles aux personnes sans formation universitaire, protection des titres académiques et de l’exercice des professions libérales, organisation corporative des professions intellectuelles, exclusion des femmes mariées des emplois, abaissement de l’âge de la retraite et interdiction d’employer des retraités, interdiction des cumuls d’emplois et de travaux supplémentaires, diminution des heures de travail.
- « La deuxième catégorie comprend des mesures ayant pour but d’amener un certain ordre dans l’afflux aux carrières par la réorganisation de l’enseignement, introduction du numerus clausus, la création de bureaux de placement et d’orientation professionnelle, la constitution de commissions chargées d’étudier le problème de l’encombrement des universités et des professions intellectuelles. »...
- « L’unique mesure vraiment efficace et permettant d’éviter les contraintes, les injustices que comportent la plupart des mesures qui ont été prises est celle grâce à laquelle la jeunesse est mise en état de prévoir, avant qu’elle ne s’inscrive à un établissement d’enseignement supérieur, l’importance probable des offres d’emplois dans les diverses professions au moment où ses études seront terminées. Seule, une telle mesure permettra à la jeunesse de se décider, en pleine connaissance de cause, pour le genre d’étude qui offre les meilleures chances de débouché et, en tout cas, elle
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- seule, mettra la société à l’abri des reproches de ceux qui, malgré tous les conseils avisés, auraient choisi une carrière évidemment encombrée. Réservée jusqu’à présent aux seuls métiers manuels, l’orientation professionnelle trouverait ainsi une nouvelle application dont les méthodes seraient bien entendu foncièrement différentes. Elle sera fondée avant tout sur une étude permanente et complète du marché de l’emploi intellectuel. »
- Après avoir défini le marché de l’emploi intellectuel et les divers mouvements de ce marché, quelques indications sont données sur la façon pratique d’aborder le problème par l’étude :
- 1° de la statistique des étudiants ;
- 2° des méthodes de recensement universitaire ;
- 3° des statistiques des professions intellectuelles ;
- 4° des méthodes appliquées aux études du marché des emplois intellectuels ;
- 5° par l’exposé de ce qu’on espère des activités des centres nationaux d’orientation universitaire ;
- 6° et par les documents centralisés par le Bureau international de statistique universitaire.
- On ne peut que souhaiter à cette organisation de multiples occasions de déployer cette intéressante et combien utile initiative.
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- Nous relevons dans le Journal Officiel du 21 février 1940 la date des examens de la session de mai :
- 1° Examen pour l’obtention des bourses dans les établissements d’enseignement primaire supérieur. Ouverture le 23 mai.
- 2° Certificat d’aptitude à l’éducation physique. Ouverture le 23 mai.
- 3° Certificat d’aptitude au professorat d’éducation physique (aspirantes). lre partie, ouverture le 3 juin ; 2° partie, ouverture le 17 juin.
- 4° Certificat d’aptitude à l’enseignement du travail manuel dans les écoles normales et dans les écoles primaires supérieures (aspirantes). Ouverture le 9 mai.
- 5° Concours pour l’obtention des bourses de 4e année d’école normale (aspirants et aspirantes). Ouverture le 20 juin.
- 6° Certificat d’aptitude à l’enseignement des enfants arriérés. Ouverture le 4 novembre.
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- 7° Certificat d’aptitude à l’enseignement des écoles de plein air. j Ouverture le 4 novembre.
- 8° Concours d’admission aux écoles normales primaires (instituteurs et institutrices). Paris, ouverture le 28 juin ; départements, le 1er juillet ; Algérie, le 17 juin.
- 9° Brevet d’enseignement primaire supérieur (sections spéciales) : lre session normale. Paris, ouverture le 20 juin ; départements, le 20 juin ; Algérie, le 24 juin.
- 2e session normale. Paris, ouverture le 7 octobre ; départements, le 7 octobre.
- 10° Brevets de capacité :
- lre session normale, a) Brevet élémentaire et brevet d’enseignement primaire supérieur (section générale). Paris,
- ouverture le 1er juillet ; départements, le 1er juillet ; Algérie, le 17 /juin. — b) Brevet supérieur, Paris, ouverture le 24 juin ; départements, le 24 juin ; Algérie, le 10 juin.
- 2e session normale : a) Brevet élémentaire et brevet d’enseignement primaire supérieur (section générale). Paris,
- ouverture le 26 septembre ; départements, le 26 septembre. — b) Brevet supérieur. Paris,' ouverture le 30 septembre ; départements, le 30 septembre.
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- M. Luc, dans une circulaire, parle des centres de formation accélérée.
- Le recrutement des centres de formation professionnelle accélérée doit être assuré dans les conditions ci-après :
- Ces centres ne doivent recevoir que les adolescents de 15 à 20 ans et de jeunes adultes sans travail. C’est dire que les élèves fréquentant les écoles techniques ne peuvent être admis dans ces centres. Jusqu’à nouvel ordre, ils doivent continuer leur scolarité normale.
- Cependant, une exception doit être faite en ce qui concerne les élèves des sections commerciales des écoles techniques. Les élèves de ces sections qui, avec l’autorisation de leurs parents, manifesteraient le désir de suivre le cours de formation professionnelle accélérée, seraient distraits pendant au moins un an de leurs études et incorporés dans les centres, en vue de l’apprentissage des professions utiles à la défense nationale (ajustage d’aviation, tourneurs, dessinateurs-ealqueurs, etc...). A l’issue de leur période de formation professionnelle, ils seront placés en usine.
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- Par décret en date du 2 février 1940, M. Louis Nicolle, directeur du Conservatoire national des Arts et Métiers, est admis, sur sa demande, à faire valoir ses droits à la retraite, à 'compter du Ier février 1940.
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- Par décret en date du 2 février 1940, M. Louis Ragey, inspecteur général, directeur adjoint de l’Enseignement technique, est chargé provisoirement des fondions de directeur du Conservatoire.
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- Par décret en date du 2 février 1940, M. Emile Bonnafous, directeur de l’Ecole nationale des Arts et Métiers de Paris, est chargé, provisoirement, des fonctions de directeur adjoint de l’Enseignement technique.
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- La Suède se propose de créer un Service centralisé d’O. P. pour la jeunesse, à qui serait confié l’établissement d’un index comprenant environ 800 fiches de renseignements sur les différents domaines d’activité professionnelle : nature du travail, aptitudes personnelles et instruction requise, durée du travail, conditions de salaires, possibilités d’avancement, etc. Cet index, constamment tenu à jour, serait imprimé et adressé aux écoles, bureaux de placement et certaines autres institutions.
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- En Hongrie, un nouveau type d’école a été créé par la loi XIII de 1939. Le « gymnase » ayant un programme d’études académiques le besoin s’est fait sentir d’une école secondaire plus pratique. Cette école secondaire à caractère professionnel a une orientation agricole, commerciale ou industrielle, mais la loi lui confère le nom collectif d’ « école secondaire économique ». Elle fait suite à l’école primaire supérieure ou aux quatre classes inférieures du gymnase. La durée des éludes y est de quatre ans. Les élèves ayant terminé ces quatre ans et passé avec succès leur baccalauréat pourront continuer leurs études dans une école supérieure correspondant au type économique d’école secondaire. Ces écoles, qui dirigeront leurs élèves vers les professions pratiques, contribueront à décongestionner les carrières libérales.
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- Au Portugal, M. Oliveira Guimaraes, directeur de l’Enseignement privé, vient d’être nommé directeur de l’Institut d’orientation professionnelle. Ancien recteur de l’Université de Coïmbra, M, Oliveira Guimaraes représente le ministère de l’Education du Portugal au Conseil du Bureau international d’Education et a présidé les travaux de la Huitième Conférence internationale de l’Instruction publique. Le nouveau directeur continuera la tradition de son prédécesseur, Dr Faria de Vasconcelos, décédé cette année.
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- L’Association des Amis de la Patagonie vient de recommander au ministère de l’Instruction publique la création immédiate de deux écoles professionnelles, à Comodoro Rivadavia et à Esquel. La première formerait des techniciens pour les terrains pétrolifères, tandis que celle d’Esquel préparerait des fermiers capables d’exploiter leurs haciendas selon les règles de l’agriculture moderne. (World, Education, sept. 1939.)
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- L’ « Association for Childhood Education » qui s’occupe de l’éducation des enfants jusqu’à 10 à 12 ans, sous tous ses aspects, tiendra sa 47e Convention annuelle et conférence d’étude à Mil-waukee (Wisconsin), du 29 avril au 3 mai 1940. Le sujet en sera : « Comment multiplier dans votre école les occasions de s’instruire ». Edna Dean Baker, présidente du « National College of Education » (pour la préparation du corps enseignant), à Evans-ton (Illinois), dirigera les groupes d’étude. L’Association a 378 branches locales, aux Etats-Unis, à Porto-Rico et Hawaï, au Japon, au Canada et dans la République Argentine. Elle compte environ 4.000 membres individuels et 30.000 membres de branches locales. Elle publie une excellente revue mensuelle, Childhood Education.
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- La Conférence internationale du travail de 1939 a discuté l’enseignement technique et professionnel et l’apprentissage. Voici le texte de quelques-unes des recommandations adoptées. Préparation préprofessionnelle. — 3. 1) Tous les enfants devraient recevoir, dans le cadre de l’enseignement obligatoire qui doit être consacré entièrement à la formation générale, une préparation qui
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- éveloppe en eux la notion, le goût et l’estime du travail manuel, et qui soit susceptible de faciliter leur orientation professionnelle ultérieure. 4) Une place importante devrait être faite dans les programmes aux travaux pratiques, qui ne devraient cepen-
- ant jamais 1 emporter sur les cours théoriques et d’enseignement général. L’enseignement pratique et l’enseignement théorique devraient être conçus de manière à s’appuyer l’un sur l’autre. Celle préparation devrait, en développant les aptitudes intellectuelles et manuelles .et en évitant toute spécialisation excessive, permet Ire de reconnaître, dans un groupe de professions, celle pour laquelle l’élève pourrait le mieux acquérir une formation complète. L’enseignement pratique et l’enseignement théorique devraient être aménagés de manière à assurer la continuité de cette préparation préliminaire avec la formation professionnelle subséquente.
- 5. 1) Chaque pays devrait disposer d’un réseau d’écoles dont le nombre, la répartition géographique et les programmes devraient être adaptés aux besoins économiques de chaque région ou localité et offrir aux travailleurs des possibilités suffisantes de développement de leurs connaissances techniques et professionnelles. 6. 1) L’admission aux écoles professionnelles et techniques devrait etre gratuite. 2) La fréquentation de ces écoles professionnelles et techniques devrait être facilitée, selon les circonstances, par une aide matérielle, par exemple sous forme de repas gratuits, de fourniture de vêtements et d’instruments de travail, de transport gratuit ou à prix réduit, ou de bourses d’entretien. 7. 1) Les cours devraient être organisés en plusieurs degrés, adaptés pour chaque branche d’activité économique aux besoins de la formation : a) du personnel d’exécution ; b) du personnel des cadres moyens ; c) du personnel de direction. 2) Les programmes des cours des diverses écoles et des divers degrés devraient être coordonnés de manière à faciliter le transfert d’une ecole à l’autre et à permettre, aux élèves bien doués et possédant les connaissances requises, le passage d’un degré à l’autre, y compris l’accès à l’enseignement technique supérieur, de rang universitaire ou équivalent.
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- LA VIE DE L’INSTITUT NATIONAL D’O. P.
- Notre 12e année d’enseignement comporte cette fois deux séries de conférences, terminées chacune par un examen donnant le titre d’orienteur après un stage de deux mois dans un centre accrédité. Cet enseignement groupé sur peu de mois n’en est cependant pas moins complet que l’enseignement des années précédentes et l’examen qui a clôturé cette série n’a pas été moins brillant comme on pourra s’en rendre compte d’après les résultats. 30 élèves s’étaient présentés, dont une refusée l’an dernier.
- Sur ces 30 élèves, on relève deux hommes, étrangers tous deux : un hongrois et un roumain. Les 28 femmes comprennent 22 françaises et 6 étrangères (deux russes, trois polonaises et une yougoslave).
- Tous les concurrents ont été reçus à l’écrit. Deux ont échoué aux épreuves pratiques. Les 28 ont été reçus à l’oral.
- Voici, rangés par ordre d’après la somme des points obtenus, les résultats de cet examen :
- lre Mlle Willemin (mention bien) ; 2e Mlle Laurent (mention bien) ; 2e MUe Lézine (mention bien) ; 2e Mme Milon (mention bien) ;
- 5e Mlle Avril (mention bien) ; 7e Mme Montier (mention bien) ;
- 8e Mlle Meier (mention bien) ; 9e Mlle Gavini (mention bien) ;
- 10e MIle Cavalier (mention bien) ; 11e Mlle Traynard (mention bien) ;
- 12e Mme Loève (mention bien) ; 13e MUe Kazinetz (mention bien) ; 14e Mlle Millardet (mention assez bien) ; 15e M1Ie Bonnasseau (mention assez bien) ; 16e Mlle Babicka (mention assez bien) ;
- 17e Mme Pourdieu (mention assez bien); 18e Mme Granowska (mention assez bien) ; 19e Mlle Jacob (mention assez bien) ;
- 20e Mlle Matic (mention assez bien) ; 21e Mlle Gutman (mention assez bien) ; 22e Mme Fredrick (mention assez bien) ; 23e Mlle Appia (mention assez bien) ; 24e Mlle Jaur (mention assez bien) ;
- 25e Mrae Sengès ; 26e Mme Vinsonneau ; 27e Mme Tencer ; 28° Mlle Job.
- L’écrit comprenait trois épreuves :
- 1° Epreuve de psycho-pédologie à choisir parmi les trois sujets suivants :
- Jer sujet : Psychologie (M. Piéron). Les sensibilités cutanées (M. Guillaume). *
- 2e sujet : Pédologie (M. Wallon). Comment l’orienteur peut-il se renseigner sur les goûts de l’enfant ? Quel usage doit-il faire de cet examen pour l’Orientation professionnelle ?
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- 3e sujet : Psychologie (M. Piéron). Exposez dans ses grandes lignes comment se pose le problème psychologique de l’O. P. (Mlle Weinberg).
- 2° Epreuve d’économie politique et d’organisation à choisir parmi les trois sujets suivants :
- 1er sujet : Orientation professionnelle (F. Fontègne). Vous venez d’être appelé comme conseiller d’Orientation professionnelle dans une ville mi-industrielle, mi-commerçante de 45.000 habitants.
- Le Maire vous demande de lui présenter un rapport dans lequel vous indiquerez succinctement le but que vous poursuivez et l’organisation que vous envisagez.
- Quatre pièces non meublées sont mises à votre disposition. Si vous êtes au courant des prix actuels, vous pourrez présenter un projet de budget en dépenses pour l’installation.
- (Nous rappelons qu’il s’agit d’un rapport.)
- 2e sujet : Economie politique (M. Noyelle). Du contrat individuel de travail à la convention collective (retracer l’évolution).
- 3e sujet : Etude du travail (M. Pouillot). Quels sont les organismes qui participent au contrôle des chômeurs, à leur rééducation professionnelle et à leur placement ? Dans quelles conditions fonctionnent ces organismes ? Insister plus particulièrement sur la situation des jeunes chômeurs et sur le concours que peuvent apporter les services d’orientation professionnelle dans la lutte contre le chômage de la main-d’œuvre juvénile.
- 3° Epreuve de physiologie, psychiatrie et pathologie générales à choisir parmi les trois sujets suivants :
- 1er sujet : Pathologie (M. Paul-Boncour). Les contre-indications d’ordre médical et leurs variétés. Donner des exemples.
- 2e sujet : Physiologie (Mlle Veil). Faites l’étude d’une glande à sécrétion interne de votre choix. Les types endocrino-logiques en général. Application à l’Orientation professionnelle.
- 3e sujet : Psychiatrie (M. Wallon). A quelles manifestations neurologiques et psychiques peut-on reconnaître l’épilepsie chez l’enfant ?
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- LA VIE DE L’AMICALE DES ANCIENS ÉLÈVES
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- L’INSTITUT NATIONAL D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- L’Amicale des Anciens' élèves de l’I.N.O.P. a adressé pour le Jour de l’an à tous les orienteurs mobilisés un colis contenant : un gilet en peau de lapin, un saucisson, un pot de confitures et des bonbons.
- D’autre part, un deuxième envoi a été fait en février contenant des rillettes, du beurre salé, des bonbons, une paire de chaussettes en laine tricotée à la main et diverses brochures traitant d’O.P.
- Les frais de ces divers envois ont été couverts par l’Amicale de l’I.N.O.P., l’Association des orienteurs de France, MUe Ros-ebery et M. Guy de Beaumont.
- Ces colis ont été adressés à : MM. Baille, Bauer, Besson, Foliau, Grawitz, Kohn, Mafille, Migault, Montifroy, Pelle, Pillot, Beveille, Schiber, Varenne, Veillas, Abbé Fasciaux.
- L’amicale a développé, tous ces temps derniers, une certaine activité et ses membres se sont fréquemment rencontrés. Différentes petites réunions locales ont été tenues. Nous avons eu le plaisir d’y voir : MUes Joyet-Lavergne, Chauffard, Mamelle, Rosebery, Lafontaine, Beizmann ; Mmes Parmentier, Chamboulant, Bayeux, Goldenberg, Kahn ; MM. Icard, Mennessier, de Beaumont, etc...
- D’autre part, le Comité directeur s’est réuni le vendredi 2 février. Y assistaient : Mllea Argout, Mamelle, Biscaye ; MM. Metge et de Beaumont. Mlle Joyet-Lavergne y assistait également en tant que déléguée de l’Association des Orienteurs de France.
- Un banquet y fut décidé pour le samedi 24 février, celui-ci s’étant tenu à la Brasserie du Coq Vierge, rue de Cléry. Egalement on y prépara un projet de statuts de l’orienteur portant sur les appointements, les vacances, l’horaire et la priorité due aux diplômés de l’I.N.O.P. On agita enfin la question du remplacement momentané, pendant la guerre, des membres du- Comité mobilisés.
- Nous signalons aux membres diplômés de l’I.N.O.P. qui seraient actuellement libres, qu’ils ont intérêt à se faire connaître de leur amicale. Plusieurs Offices d’O.P. sont encore disponibles, surtout en province : Belfort, Clermont-Ferrand, Sochaux, Saint-Quentin.
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- D’autre part, il existe la possibilité pour les psychotechniciens et les psychotechiciennes d’aider à la sélection des ouvriers et des ouvrières sous l’égide d’un ministère. S’adresser au Président de l’Amicale (Passy 59-85).
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- LA VIE DES CENTRES D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- L’Organisation de l’Orientation professionnelle à Paris et dans la banlieue parisienne
- A la suite d’un rapport présenté par l’Inspecteur général Larcher, la Direction générale de l’Enseignemnt technique a décidé d’entreprendre l’organisation de lOrientation professionnelle à Paris et dans la banlieue parisienne.
- Ce projet qui a été approuvé par la Commission d’Orientation professionnelle qui siège auprès de la Direction générale de l’Enseignement technique, par le Comité d’inspection et par la Commission administrative des Comités de patronage d’apprentis ébauche une organisation rationnelle de l’Orientation professionnelle avec un minimum de dépenses en mettant un terme à une dispersion d’efforts qui ne pourrait aboutir qu’à une déperdition de forces et à un gaspillage de crédits.
- Cette organisation repose sur une collaboration étroite des Offices d’Orientation professionnelle et des Comités de patronage d’apprentis ; elle fait appel aux quelques Offices qui jusqu’alors avaient donné des garanties particulières par le personnel et le matériel dont elles disposent ; elle a étendu la circonscription de chacun d’eux afin de constituer des « Centres » bien équipés.
- Les Comités de patronage pourront alors plus efficacement développer leur action de placement et de patronage de ces jeunes gens que les Centres auront examiné avec toutes les garanties qu’exige le décret-loi du 24 mai 1938.
- En dehors du Centre que constitue la consultation de l’Institut national d’Orientation professionnelle pour les cinquième, sixième et treizième arrondissements sous la direction de Mlle Chauffard. l’Office du Comité du quatrième arrondissement que dirige M. Gille, conseiller d’Orientation professionnele diplôméj a été appelé a examiner les jeunes gens qui viennent des premier, deuxième, troisième, onzième et douzième arrondissements. Il va être doté d’un local approprié, 20 et 22, rue du Renard.
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- L’Office du Comité du 9e arrondissement que dirige depuis quelques années M. Sinoir, conseiller diplômé, va étendre son action aux six-seplièmc et dix-huitième arrondissements et va disposer d’un immeuble propre 24, rue des Apennins, près de la station La Fourche, reliant ainsi les 17e et 18e arrondissements.
- L’Office du Comité du quinzième arrondissement qui a été un des premiers à fonctionner va étendre son action au quatorzième arrondissement et, grâce à un sous-centre spécial où des examens pourront avoir lieu, dans le septième arrondissement, rue Oudi-not, son action s’étendra même au septième, au huitième et au seizième arrondissements ; il continuera à être dirigé par MIle .Joyet-Lavergne, conseiller diplômée, qui sera assistée par une autre diplômée.
- Enfin l’une des plus anciennes associations qui avait été constituée dans le vingtième arrondissement et qui portait ce titre significatif du « Comité de l’Ecole à l’Atelier », est chargée d’organiser l’Orientation professionnelle dans les populeux arrondissements du dix-neuvième èt du vingtième. Voici déjà quelque temps que collabore à cette organisation un conseiller d’orientation professionnelle déjà connue par son très intéressant ouvrage « Femmes au travail » : M,Ie Cordelier.
- Il convient de souligner * l’accueil bienveillant qu’a reçu cette organisation de l’Orientation professionnelle de la part des maires et maires-adjoints de Paris de tous les arrondissements, des Inspecteurs départementaux de l’Enseignement technique ainsi que des industriels. C’est avec le souci de rendre aux familles dans les circonstances présentes un service qu’elles attendent avec anxiété que s’est manifestée l’activité de MM. les Maires-adjoints Bénard, Bonnin, Devinât, Elion qui avaient été des pionniers dans celte voie et d’inspecteurs départementaux de l’Enseignement technique qui, comme MM. Fournier, Servonnet et Sagan joignent à celte dernière qualité, celle de maire-adjoint. Dans le vingtième arrondissement, M. Lorcery, inspecteur départemental de l’Enseignement technique et industriel, apporte à cette œuvre une importante contribution et toute sa conviction. *
- La banlieue ne pouvait pas rester à l’écart de cet important muvement et sa laborieuse population devait bénéficier également des avantages que présente cette institution. C’est ainsi que la Direction générale de l’Enseignement technique, en élargissant sa contribution, a permis aux Offices créés qui n’avaient pu prendre aucune extension, de répondre aux besoins que les circonstances présentes rendaient plus pressants.
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- Depuis quelques années des initiatives avaient été prises à Montreuil et à Montrouge.
- A Montreuil, un inspecteur départemental de l’Enseignement technique, M. Waelus, directeur du Syndicat de la Fonderie, avait depuis longtemps, avec M. Eck, directeur d’école, réussi à constituer un office d’orientation professionnelle qui va devenir un centre pour les communes des Lilas, de Romainvillle, de Bagno-let, de Noisy-le-Sec et de Rosny. Ce centre vient de recevoir une impulsion toute nouvelle, il est dirigé avec beaucoup d’expérience par Mme Bayeux-Caron, diplômée de l’Institut nationale d’Orientation professionnelle, ancienne collaboratrice du Service de placement des industries métallurgiques.
- Dans la même région, un très actif inspecteur départemental de l’Enseignement technique, M. Tête, industriel, a pris l'initiative d’une campagne de propagande et a constitué un centre à Saint-Maur. Il a organisé, avec la collaboration de Mlle Chauffard, une séance de démonstration qui a eu le plus grand succès et qui a provoqué l’appui et la collaboration des communes voisines. Ce centre va fonctionner pour un autre secteur de la Banlieue-Est.
- Quant à Montrouge, M. le Maire Cresp, ancien président du Conseil général de la Seine, a donné une extension importante au centre que dirige Mme Frasseto-Bouchaud avec dévouement depuis plusieurs années, elle va être désormais assistée par MIle Josslow, diplômée de l’Institut national d’Orientation professionnelle. L’action de ce centre au sud de Paris va s’étendre en même temps que l’action du Centre de Vanves que vient de créer M. Pic, maire, ancien président de l’Union des comités de patronage d’apprentis et qui, appuyé par l’Institut Lannelongue, va faire appel au concours de MUe Libersalle, diplômée de l’Institut national d’Orientation professionnelle (qui a été pendant trois ans à l’Hôpital Henri Rousselle).
- La Banlieue-Ouest était déjà pourvue d’offices, mais le Centre de Courbevoie, grâce à l’activité de M. le Maire Grisoni, va prendre une importance particulière. Avec la collaboration de M. Do-resse, directeur de l’Ecole de métiers, l’Office va être placé sous la direction technique de Mlle Petit, diplômée de l’Institut national d’Orientation professionnelle, auprès duquel elle a travaillé comme collaboratrice du service des consultations. La voie vers la réalisation de ce centre a été frayée par Mme Gratiot-Alphandéry, collaboratrice elle-même de M. le Professeur Wallon, et qui va être chargée de la direction du Centre de Boulogne. AIme Gratiot
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- sera assistée par Mme Grosval, également diplômée, et le service va prendre une importance particulière.
- Mlle Benoît-Lévy, conseiller diplômée, continue à assurer avec compétence le Service de Suresnes, créé par M. le Maire Sellier depuis quelques années, et qui va prendre, avec l’appui de la Direction générale de l’Enseignement technique, une extension que nécessitent les circonstances. Enfin, toutes les communes dont le concours avait été provoqué grûce à l’apostolat de M. Ménes-sier vont être appelées à collaborer avec le Centre de Bois-Colombes que développe M. le Maire Fillion.
- Au nord de Paris, le développement de l’Orientation professionnelle se poursuit plus lentement avec l’organisation d’un Centre h Aubervilliers.
- Grâce à cette organisation que nous étudierons au fur et à mesure de son développement, les heureuses dispositions prises par M. le Préfet de la Seine en faveur des jeunes gens de 14 à 17 ans révolus vont être complétées utilement et les familles vont avoir enfin tous les moyens d’être conseillées, guidées, éclairées dans l’angoissant problème de l’avenir de leurs enfants. En même temps va se poursuivre l’application progressive du décret-loi du 24 mai 1938 qui va permettre à toutes les activités de trouver une jeunesse bien choisie qui reconstituera rapidement la main-d’œuvre qualifiée qui fait tant défaut (1).
- LES DÉCRETS INTÉRESSANT L O. P.
- Le Président de la République française,
- Vu l’article 6 du décret du 24 mai 1938 relatif à l’orientation et à la formation professionnelles ;
- Vu le décret du 17 juin 1938 relatif à la formation professionnelle agricole ;
- Le Conseil supérieur de l’Enseignement technique entendu ;
- Sur la proposition du ministre de l’Education nationale, du ministre de l’Agriculture, du ministre de l’Intérieur et du ministre des Finances,
- (1) Tous ccs renseignements sont dus à l’obligeance de M. Larcher, Inspecteur général des Services d’orientation professionnelle.
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- Décrète :
- Article premier. — Les secrétariats d’orientation professionnelle sont entretenus au moyen des ressources d’une caisse départementale d’orientation professionnelle créée par délibération du Conseil général, dont les recettes et les dépenses sont inscrites au budget du département. Les ressources de celte caisse se composent de subventions des départements et, éventuellement, de l’Etat, des communes, des établissements publics et de souscriptions et cotisations des particuliers.
- Art. 2. — Les ressources de cette caisse sont affectées :
- 1° A l’installation et à l’entretien du secrétariat d’orientation professionnelle ;
- 2° Au service des rémunérations et frais de déplacement des médecins chargés de mission d’orientation professionnelle ;
- 3° A l’attribution de subventions aux centres d’orientation professionnelle obligatoires ; s’il existe des ressources disponibles, de subventions aux centres d’orientation professionnelle facultatifs, dans les deux cas après avis de la commission administrative siégeant auprès du secrétariat d’orientation professionnelle.
- Le service de la caisse est fait gratuitement par le trésorier-payeur général, le préfet est ordonnateur des dépenses.
- Art. 3. — Les centres d’orientation professionnelle obligatoires sont créés dans la commune, chef-lieu du département, ou dans les communes les plus peuplées du département, par arrêté ministériel pris sur le vu d’une délibération du conseil municipal intéressé. Ces communes ont la faculté d’instituer par délibération du conseil municipal, approuvée par le préfet, une caisse d’orientation professionnelle dont les dépenses et les recettes sont inscrites au budget municipal.
- Les ressources de cette caisse se composent des sommes qui sont affectées à son entretien et à son fonctionnement dans le budget municipal, de subventions de l’Etat, des départements, des communes, des établissements publics, des souscriptions et cotisations des particuliers.
- Le service de la caisse est fait gratuitement par le receveur municipal. Le maire est ordonnateur des dépenses.
- Art. 4. — Lorsqu'une commune est désignée comme siège d’un centre d’orientation professionnelle obligatoire, s’il y existe un centre d’orientation professionnelle reconnu suffisant par la commission administrative siégeant auprès du secrétariat d’orientation
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- professionnelle, ce centre peut être rendu obligatoire par décision du ministre de l’Education nationale à la demande de la municipalité.
- Art. 5. —• Le ministre de l’Education nationale, le ministre de l’Agriculture, le ministre de l’Intérieur et le ministre des Finances sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel.
- Fait à Paris, le 24 février 19.40.
- Albert Lebrun.
- Par le Président de la République :
- Le Minisire de VEducation nationale,
- Yvon Delbos.
- Le Ministre de VAgriculture, Henri Oueuille.
- Le Ministre de /’Intérieur,
- Albert Sarraut.
- Le Ministre des Finances,
- Paul Reynaud.
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- P. Nobécourt et L. Rabonneix. — Les enfants et les feunes gens anormaux, 1930, Masson et C10, Paris, 416 pp.
- Nous recommandons tout particulièrement aux orienteurs et aux élèves de l’Institut national d’étude du travail et d’orientation professionnelle, la lecture de cet important ouvrage. Ils y trouveront, traité de façon magistrale, un panorama complet de tous les problèmes que peut, poser d’étude de l’enfance et de l’adolescence anormales.
- La première section de l'ouvrage traite de l’étiologie et de la prophylaxie générale des troubles de l’intelligence et du caractère. Une deuxième partie étudie l’hygiène de l’intelligence chez les déficients, l’éducation des arriérés, en envisageant les conditions' qui peuvent faciliter leur orientation scolaire, humaine et professionnelle, et l’assistance aux arriérés, dans sa pratique et sa législation. Vient en troisième lieu l’élude des troubles du caractère et des méthodes thérapeutiques nouvelles. On trouvera dans la quatrième section un examen complet de la délinquance infantile et
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- enfin une place à part est faite à l’étude des infirmes-moteurs, des •aveugles, des muets, sourds et sourds-muets et des infirmes du cœur et de la respiration. Chaque chapitre offre ainsi une vue d’ensemble exhaustive de la question, envisagée du point de vue historique, psychologique et médico-légal. Des spécialistes compétents ont collaboré à cette très belle réalisation qui s’enrichit en outre d'une documentation historique et pratique de la plus haute importance. Il n’est pas inutile de signaler qu’on y trouve, pour chaque cas envisagé, l’adresse des centres d’instruction, de rééducation et des services sociaux spécialisés dans l’étude de ce cas. On ne saurait donc trop insister pour conseiller à chaque orienteur d’aller puiser par lui-même à cette source d’informations de tout premier ordre. I. L.
- Livres récemment entrés à la Bibliothèque
- Nadiras (P.). —- L’aspecl médical de la visite d’admission dans la métallurgie. — Vigot frères, Paris, 92 p.
- La main-d’œuvre et le chômage. III. Le chômage des travailleurs intellectuels. — Imprimerie administrative, Melun, 1938, 60 p.
- La Psychologie de l’enfant de la naissance à 7 ans. — Bibliothèque de l’Ecole maternelle. Editions Bourrelier et Ci0, Paris, 1939, 81 p.
- Wicart (A.). — Les puissances vocales. Le Chanteur.—2 vol., Ortiz, Paris, 1931, 344 p. et 318 p.
- Lacan (J.). — De la psychose paranoïaque dans ses rapports avec la personnalité. — Le François, Paris, 1932, 381 p.
- Loosli-Usteri (M.). — Le diagnostic individuel chez l’enfant au moyen du test de Rorschach. — Hermann et C°, Paris, 1938, 91 p.
- Debesse (M.). — La crise d’originalité fuvénile. — Alcan, Paris, 1936, 435 p.
- Debesse (M.). — Comment étudier les adolescents. Examen critique des confidences juvéniles. — Alcan, Paris, 1938, 169 p.
- Traité d’ophtalmologie. Tomes III et VIII. — Masson et C°, Paris, 1939.
- Gilbert-Robin. — Les drames et les angoisses de la leunesse. — Flammarion, Paris, 1934, 282 p.
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- If Nathan (M.). — Troubles fuvéniles de l'affectivité et du caractère. — Flammarion, Paris, 1030, 248 p.
- Nobécourt (P.) et Babonneix (L.). — Les enfants et les feunes gens anormaux. — Masson, Paris, 1939, 416 p.
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- Les monographies en langue anglaise qu'on peut consulter au Service de documentation. (Chaque monographie comporte une vaste bibliographie sur la question.) — Publication de la National Occupation Conférence, de 1937 à 1940.
- 1. Acteur de,cinéma.
- 2. Agent de police.
- 3. Agent d’assurances.
- 4. Architecte.
- 5. Architecte-paysagiste.
- 6. Aviation (les métiers de 1’).
- 7. Banque (les métiers de).
- 8. Beauté (soins de).
- 9. Boucher.
- 10. Boulanger.
- 11. Charpentier.
- 12. Chaudronnier.
- 13. Chimiste.
- 14. Coiffeur.
- 15. Conducteur d’autobus.
- 16. Conseiller d’orientation.
- 17. Comptable.
- 18. Couturière.
- 19. Décorateur d’intérieurs.
- 20. Dentiste.
- 21. Dentaire hygiéniste (hygiéniste dentaire).
- 22. Dentiste-mécanicien.
- 23. Dessinateur-industriel.
- 24. Détective.
- 25. Monteurs de Moteurs Diesel.
- 26. Dietetiste.
- 27. Domestique (bonne à tout faire).
- 28. Ebéniste.
- 29 et 30. Electriciens, électricien-spécialistc d’entretien électr.
- 31. Entrepreneur de bâtiment.
- 32. Entrepreneur de pompes funèbres.
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- 33. Facteur.
- 31. Fermier.
- 35. Fondeur.
- 36. Forgeron.
- 37. Instituteur.
- 38. Instituteur rural.
- 39. Ingénieur de conditionnement d’air.
- 40. Journaliste.
- 41. Garçon de café et fille de salle.
- 42. Linotypiste.
- 43. Maçon.
- 44. Mécanicien d’auto.
- 45. Métal en feuilles (travail de).
- 46. Mécanicien (V. aussi n° 25).
- 47. Musicien.
- 48. Nürse.
- 49. Opérateur des machines de bureau.
- 50. Peintre en bâtiment.
- 51. Plâtrier.
- 52. Plombier.
- 53. Pharmacien.
- 54. Photographe.
- 55. Pompier.
- 56. Publiciste.
- 57. Soudeur.
- 58. Sténographe.
- 59. Teneur de livres.
- 60. T.S.F. (les services de).
- 61. Télégraphiste (opérateur).
- 62. Urbanisme (les métiers de).
- 63. Vétérinaire.
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- 12® Année
- N° 3-4
- Mars-Avril 1940
- Bulletin de l’Institut National D’ÉTUDE DU TRAVAIL
- et
- D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- ESSAI DE MONOGRAPHIE PROFESSIONNELLE
- SUR LE
- “ PRÉPARATEUR EN PHARMACIE ”
- par
- LOUIS MOUNIER
- LE PRÉPARATEUR EN PHARMACIE
- Les « préparateurs en pharmacie » sont une institution récente (début du siècle). D’après la toi de germinal (1), seuls les aides légaux du pharmacien sont les stagiaires.
- Si la loi ne reconnaît pas les préparateurs, la jurisprudence les reconnaît, les tribunaux ont admis la responsabilité des fautes qu’ils font. De son côté, la législation sociale tient compte de l’état de fait et des conventions collectives sont signées entre préparateurs et pharmaciens.
- Tous les employés de pharmacie ne sont pas préparateurs. Ceux qui méritent ce nom coopèrent à la fabrication des médicaments dans le Laboratoire du pharmacien, savent exécuter une ordonnance médicale.
- En plus, il y a la grosse masse des vendeurs et des condi-tionneuses, surtout dans les grandes pharmacies (pharmacies commerciales).
- Les petites et moyennes pharmacies sont les plus nombreuses. Ce sont elles qui ont servi de base à notre enquête.
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- d’après un questionnaire dérivé de ceux établis par M. Fon-tègne et M. Laugier et M1Ie Weinberg (1). Ces renseignements ont été donnés par des pré para le uns et des pharmaciens parisiens.
- 1) Objet du métier.
- Le rôle du préparateur en pharmacie est d’aider le pharmacien dans son travail, sous la responsabilité de ce dernier.
- Le préparateur .doit donc être au courant non seulement de la préparation technique des préparations officinales (médicaments du codex) et magistrales (formules de médicaments établies par le médecin) mais aussi tout ce qui constitue Ja pratique journalière du métier : être apte à recevoir, servir, conseiller la clientèle, savoir faire les commandes, vérifier les livraisons, faire les prix en fonction des différents tarifs ou des prix d’achat.
- 2) Sexe.
- Les pharmaciens préfèrent les préparateurs du sexe masculin. La proportion du sexe féminin est faible (voisine de l/10e), la préparatrice étant handicapée par son sexe vis-à-vis de certains clients et même clientes, qui seront toujours, gênés de s’adresser à une femme.
- De plus, la femme est moins, résistante physiquement et a souvent moins de sang-froid. Cependant, pour des emplois secondaires les femmes ayant des notions techniques suffisantes rendent de grands services et sont recherchées : service spécialisé des ordonnances, conditionnement, approvisionnement de la pharmacie, emploi dit de deuxième ou troisième préparateur, soit service de comptoir sous la surveillance du premier préparateur et avec peu de rapports avec le public.
- 3) Nationalité.
- Nationalité de préférence française à moins que la clientèle ne soit étrangère. Parmi les Français, un préparateur originaire d’une de nos provinces et connaissant le dialecte peut être, dans certains cas, une excellente publicité pour la pharmacie qui l’emploie (préparateur breton par exemple à proximité d’une colonie de Bretons).
- (1) Voir l’article de MUe Weinberg. Bulletin de l'Institut National d’O. P., Mai-Juin 1938, p. 77.
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- APTITUDES REQUISES
- Aptitudes physiques
- 4) Tient-on compte des antécédents personnels et hérédi-
- taires ?
- Il ne semble pas. Seul l’état de santé actuel, en tant que possibilité d’arrêt dans le travail, intéresse le patron (une maladie en évolution ou une maladie contagieuse apparente est un vice rédhibitoire).
- 5) Constitution générale.
- a) Taille.
- On donne la préférence aux grandes tailles. Une taille au moins moyenne est nécessaire. Les balances de comptoir sont généralement sur une étagère en arrière du comptoir. Les pesées se font à bout de bras et pour peu qu’il y ait à verser un liquide dans une bouteille de forme haute, un litre par exemple, placé sur la balance, une personne petite n’y arrivera pas.
- b) Poids.
- Indifférent sauf si l’obésité est prononcée. Dans une pharmacie, la place derrière les comptoirs est toujours mesurée.
- c) Mains.
- Au moins moyennes. Certaines réponses donnent l’onycho-phagie comme une contre-indication relative, d’autres sont plus absolues. D’abord vis-à-vis du client : impression de malpropreté ; ensuite, au point de vue professionnel, danger d’intoxication, la personne qui ronge ses ongles le faisant à n’importe quel moment et pouvant avoir des produits toxiques après les doigts.
- d) L’aspect, agréable ou désagréable de la morphologie influe-t-il sur le succès professionnel ?
- L’aspect agréable a une grand importance sur le succès auprès de la clientèle. Un vendeur ne doit pas être laid. Mais un élève difforme, s’il connaît bien son métier, trouvera toujours un emploi dans une grande pharmacie où le service de l’ordonnance est distinct de celui de la clientèle.
- 6) Les contre-indications suivantes : rachitisme, boiterie,
- pieds plats, cyphose, lordose, scoliose, tumeurs apparentes, taches-bleues sont-elles un handicap ?
- Les contre-indications énumérées sont un handicap complet quand elles sont très prononcées.
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- Elles sont sans importance si elles sont peu apparentes.
- Toutefois, les pieds-plats devront porter des semelles orthopédiques car le préparateur en pharmacie reste debout sans arrêt.
- 7) Les attitudes imposées par le travail favorisent-elles les
- déformations du squelette ?
- Les réponses ne signalent aucune constatation fâcheuse.
- 8) Une voix claire, forte, distincte est-elle nécessaire? Les
- défauts de langage sont-ils une contre-indication ?
- La voix doit être calme, claire, agréable. Un conseil est donné à un client distinctement mais à voix suffisamment basse pour ne pas être entendu des autres clients présents.
- Les défauts mécaniques de langage, les accents de terroir et des réponses ajoutent les expressions triviales, les fautes de français sont des contre-indications, s’il y a contact avec la clientèle.
- Fonctions respiratoires et régulation thermique
- 9) Où s'exerce le travail ? (Endroits clos, confinés, change-
- ments brusques de température.)
- Le travail à l’officine se fait en général en endroit clos, de température normale sans brusques changements. Il y a seulement lieu de se méfier des caves très fraîches quand il y a lieu d’y descendre pour chercher un produit.
- 10) Manipule-t-on des obfets très froids ou très chauds ?
- Non, ou il est fait usage de pinces.
- 11) Secrétion sudorale : manipulations d'objets pouvant être
- détériorés, gestes fins de déplacement ou de maintien
- dont la précision est gênée par la moiteur des mains,
- gêne pour autrui.
- La sueur des mains ne gêne que si elle est très prononcée (pour rouler les pilules par exemple). Le point important est l’odeur dégagée (hyperhydrose plantaire) si elle est franche-chement sensible, il y a contre-indication.
- 12) Ventilation ; air confiné, poussières, émanations toxi-
- ques, état hygrométrique.
- Poussières gênantes possibles dans quelques cas de tamisation de poudres, mais à titre exceptionnel.
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- 13) Maladies professionnelles des poumons et des voies res-
- piratoires.
- Rien à dire, môme pas pour les préparateurs occupés régulièrement aux analyses.
- 14) Les engelures, crevasses présentent-elle une gêne sé-
- . rieuse dans le travail ?
- Les engelures gênent tout travail manuel.
- Dans la pharmacie, le personnel a ce qu’il faut pour se soigner.
- Fonctions circulatoires
- 15) Cardiopathies ? Maladies professionnelles cardio-vascu-
- laires ?
- Le métier ne présente pas d’exercices violents. Il y a lieu cependant de tenir compte du travail continuel en position debout, éventuellement de l’obligation de remonter de la cave touries, casiers de bouteilles, et des émotions en cas d’accidents (contre-indications relatives).
- Fonctions digestives
- 16) Les repas peuvent-ils être pris à des heures régulières ?
- Oui, mais quelquefois à des heures qui ne sont pas les heures habituelles (10 Heures du matin ou 14 heures).
- 17) Temps alloué?
- Deux à trois heures selon les pharmacies.
- 18) Où les prend-on ?
- La majorité des préparateurs ont la possibilité de prendre les repas à la maison. Les restaurants fréquentés par les pré-w parateurs sont des restaurants ouvriers ou en tous cas de prix très moyens.
- 19) Fait-on des efforts musculaires violents après le repas ?
- Non.
- 20) Au cours du travail est-on porté à borne ?
- En principe non, à la condition de ne pas accepter d’apéritifs de la part des clients. Ne pas oublier que le préparateur a sous la main des préparations alcoolisées. Si c’est un buveur, il se laissera facilement entraîner.
- En manipulant des poudres desséchantes, il arrive de boire de l’eau ou des préparations désaltérantes.
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- 21) Au cours du travail esl-on porté à manger ?
- Le travail étant réparti au maximum sur 11 heures coupées, il ne semble pas indispensable de manger pendant le travail à moins de boulimie. Certains préparateurs ayant à leur portée de la confiserie pharmaceutique (bonbons, pâtes, pastilles digestives, gommes diverses, etc.) sont portés à y goûter fréquemment. Mais, en général, ce prélèvement est très discret.
- 22) Maladies professionnelles du système digestif.
- Néant.
- 23) Particularités à signaler sur les organes digestifs ?
- Quelques rares cas d’hémorroïdes.
- Vue
- 24) Ambiance lumineuse.
- Bonne ambiance lumineuse ; même lorsqu’il est fait appel à la lumière artificielle.
- 25 el 26) Minimum de vision souhaitable. Que penser des troubles de la vue ?
- La myopie, l’hypermétropie, l’astigmatisme, corrigés par de bonnes lunettes, ne sont pas une contre-indication.
- Borgne serait une contre-indication si aspect déplaisant pour la clientèle.
- En pratique, l’employé doit être capable de voir ce qu’il fait à bout de bras (verser du liquide dans le goulot d’un litre).
- Le strabisme peut être une gêne (contre-indication relative).
- Le daltonisme est une contre-indication absolue, en ne permettant pas la vérification de certains produits.
- 27) Le « coup d'œil » (discrimination des grandeurs, surfa-
- ce;5, longueurs, position des oblels).
- Le coup d’œil est très important pour évaluer les poids, le volume d’un plante, d’une poudre, etc... On demande une discrimination rapide des volumes, des poids et surfaces de la position des objets (possibilité par maladresse d’accidents par projections de liquides).
- 28) Accidents oculaires.
- Possibles (27) mais rares. Les verres protecteurs ne sont pas en usage.
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- Ouïe
- 29) Ambiance bruyante ou silencieuse du milieu de travail.
- En l’absence des clients, l’ambiance est plutôt calme, sauf dans les pharmacies qui laissent leur porte ouverte dans une rue mouvementée.
- L’ambiance normale d’une pharmacie est celle d’un magasin de vente, sans bruits spéciaux.
- 30) La perception auditive a-t-elle lieu au milieu du silence
- ou des bruits parasites ?
- Pratiquement au milieu du silence.
- 31) Nécessité de localiser la source sonore ? De distinguer
- de fctibles différences d’intensité, de hauteur, de timbre, de rythme.
- Nécessité d’entendre un interlocuteur parlant à mi-voix.
- 32) Peut-on considérer comme contre-indication relative ou
- absolue la dureté d'oreille?... La surdité?
- La dureté d’oreille, la surdité sont des contre-indications absolues, elles ne permettent pas de travailler avec le publie.
- f ;
- 33) Maladies professionnelles de l'oreille.
- Aucune.
- Goût et Odorat
- 34-35) Nécessité de remarquer les odeurs ? Lesquelles ?
- Nécessité de distinguer de petites différences olfactives ?
- L’odorat est très important et doit être développé autant que possible pour permettre l'identification des produits utilisés et pour éviter toute erreur (dans une préparation à chaud d’une pommade au menthol par exemple, l’odeur de ce dernier indique un commencement de mal façon).
- La perception des petites différences olfactives est également utile (lorsqu’il faut parfumer ou aromatiser une poudre par exemple).
- 36) Ces odeurs ont-elles des conséquences sur le comportement. général ?
- Certains sujets peuvent être légèrement indisposés par des odeurs comme l’ipéca, l'éther.
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- 37; Nécessité de distinguer de petites différences gustatives ?
- Oui, il faut avoir le goût assez développé. Le préparateur peut avoir à sucrer, à édulcorer une potion, un tonique ou un amer.
- Fonctions neuro-musculaires
- 38) Le travail s'exerce assis, debout, dans des positions
- spéciales, exige l'immobilité, s'accommode de mouvements ; en exige.
- Le travail s’exerce debout, très rarement le préparateur peut s’asseoir (lorsqu’il fait une grande quantité de pilules ou de paquets).
- L’immobilité n’est que relative, le travail nécessite des déplacements continus.
- 39) Le métier est-il compatible :
- a) Avec une insuffisance musculaire ?
- Le métier n’exige pas une très grande force musculaire.
- Peu de poids lourds à soulever (bonbonnes de 10 à 15 kgs, caisses de lait concentré 25 kgs) et toujours sur des petites-distances.
- En revanche, il arrive de constater un peu de fatigue des mcmlrres supérieurs (préparatrice), après^ des travaux de broyage ou demandant des mouvements rapides (maniements du pilon). Il faut également pouvoir porter à bout de bras, d’une seule main, un bocal de 2 litres plein d’eau et le maintenir en position horizontale quelques minutes.
- b) Avec la laxite articulaire.
- c) Avec les rhumatismes, les hernies, ectopies, etc...
- Autant que possible, pas de jambes trop variqueuses.
- 40) Fatigue.
- a) Comment se caractérise la fatigue ? Est-elle physique ou nerveuse ?
- La fatigue est plus nerveuse (tension d’esprit) que physique bien que celle-ci ne soit pas nulle, surtout après certaines journées.
- b) A quel moment apparaît-elle la plus fréquente ?
- Le travail intensif est très irrégulier comme heures et comme durée.
- c) Quels sont les travaux les plus et les moins pénibles ?
- d) D’où provient cette fatigue ?
- Travaux pénibles : compositions de pilules, suppositoires, pommades.
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- Travaux moins pénibles : paquets, poudres, cachets, potions, sirops, solutions.
- Fatigue nerveuse : Elle provient d’un grand nombre de calculs et est aussi provoquée par l’attention soutenue (maniements des substances toxiques).
- Elle se produit également en fin de journée aux heures d’affluence. (Fatigue nerveuse et physique.)
- e) Des périodes de repos sont-elles nécessaires ?
- Non, sauf exceptions. Elles sont du reste données dans bien des cas par les irrégularités de la clientèle.
- f) Le métier exige-t-il qu’un même mouvement soit exécuté fréquemment ?
- Le métier est surtout fait de quantité de mouvements différents.
- g) Si oui, la monotonie est-elle une cause de fatigue ?
- h) Le métier exige-t-il que des mouvements soient exécutés rapidement.
- Oui, dans certaines préparations, mais le travail ne se fait pas aux pièces et demande dans la majorité des cas qu’il soit exécuté sans excès de précipitation.
- /) Cette vitesse occasionne-t-elle la fatigue ?
- Non.
- î) Constatez-vous une différence de fatigue chez les apprentis, les femmes, les hommes.
- La fatigue est sensiblement la même pour les hommes et les femmes. Le débutant se fatigue plus vite que le titulaire entraîné mais l’habitude vient vite.
- 41) Précision.
- a) Faut-il travailler des deux mains à la fois? Importance de la main droite, de la main gauche ?
- La gaucherie est admise.
- b) La coordination des mouvements des deux mains est-elle nécessaire ? Pour quels travaux ?
- La précision des gestes est indispensable et demande l’activité simultanée des deux mains dans le même mouvement (pilules) ou dans des mouvements différents (pesées-paquets).
- c) Quels sont les travaux les plus minutieux à exécuter ? comment se manifeste la précision ?
- Les pesées de petites quantités à un centigramme près. Comme minutie, la préparation de produits stérilisés, de collyres.
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- d) L’apprentissage arrive-t-il à améliorer beaucoup la précision dans les mouvements ?
- L’apprentissage arrive à améliorer la précision des mouvements dont certains deviennent automatiques.
- e) Arrive-t-on à constater la routine ?
- Oui, au point même de pouvoir provoquer des erreurs (comme prendre un flacon pour un autre, si le flacon a été enlevé de sa place habituelle).
- Certaines préparations faciles arrivent à se faire machinalement.
- /) Le tremblement de la main est-il gênant ?
- Le tremblement de la main ne permet pas de travailler proprement et ne peut être compensé. Léger, il est gênant, accentué, il est une contre-indication.
- g) Une bonne mémoire motrice est-elle souhaitable ?
- Oui, pour certains tours de main : fabrication de pommades, conditionnement, pesées, etc...
- Fonctions cutanées et kinesthésiques
- F ONCTIONS LABYRINTHIQUES
- 42) Perception des différences thermiques au toucher ?
- Perception fréquente des différences de température.
- 43) Sensibilité douloureuse.
- Par manque d’attention (tubes à essais trop chauffés).
- 44) Discrimination tactile des petites différences d'épaisseur,
- de rugosité, de forme, de grandeur ?
- Discrimination de rugosité dans différentes manipulations (par exemple : pulvérisation d’un granulé).
- 45) Perception des variations d'efforts, de résistance ?
- 46) Appréciation de différences de poids ?
- Oui, dans les pesées.
- 47) Positions d'équilibre dangereuses ?
- Ne se présentent pas.
- 48) Accidents et maladies professionnelles de la peau ?
- Pratiquement pas.
- 49) Un sufet au vertige peut-il réussir dans le métier?
- Oui.
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- Fonctions intellectuelles
- 50) Mémoire.
- a) Oucl rôle joue la mémoire dans le métier?
- La mémoire joue un rôle important et est indispensable. Bien plus que les fonctions physiques, les fonctions intellectuelles conditionnent l’aptitude à la profession.
- b) Genre de mémoire ?
- Pas de mémoire, pas de commerçant, et encore moins de pharmacien.
- Mémoire des physionomies (reconnaître les clients).
- Mémoire spatiale (lieu des objets).
- Mémoire des nombres (posologie).
- Mémoire des noms (produits et spécialités) (1).
- c) Les fonctions mnésiques interviennent-elles surtout durant l’apprentissage ou dans l’exercice même du métier ?
- La mémoire est mise à contribution, sans arrêt dans la pratique journalière, depuis le commencement jusqu’à la fin du métier.
- 5L) L'attention.
- a) Le métier demande-t-il que l’attention se concentre longtemps sur un même objet, sur plusieurs objets à la fois, ou n’est-elle nécessaire qu’à certains moments ?
- De l’attention apportée dans le travail dépend en quelque sorte la vie des clients. Les erreurs en pharmacie sont plutôt des fautes d’attention que des fautes d’ignorance.
- Une attention concentrée est exigée à certains moments (pesées délicates, calcul de proportions), mais elle ne doit pas être négligée aux autres moments moins importants.
- Elle peut porter sur plusieurs objets simultanément (surveillance au cours du travail) surtout aux moments de presse.
- b) Cette attention concentrée est-elle exigée dans un travail où la vitesse intervient ?
- Quelquefois, le soir principalement où les ordonnances sont toujours urgentes. En règle générale, la vitesse n’intervient pas.
- c) Aurait-il inconvénient à ce que l’attention fut détournée au cours d’un travail par une impression quelconque (lumière, bruits).
- Oui, et le préparateur doit être à même de maintenir con-
- (1) De plus en plus les spécialités sont utilisées. Il en existe actuellement GO à 80.000. Les pharmacies se transforment en magasins de vente (80 % du chiffre d’affaire absorbé dans les spécialités).
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- centrée son attention même s’il travaille dans le magasin au milieu des clients.
- 52) Réaction.
- Le métier demande-t-il des réactions rapides à un signal donné, dans quelles opérations ? Ce signal est-il visuel ou auditif ?
- La rapidité de décision est indispensable :
- 1° Sur la demande d’un client angoissé qui vient pour un cas urgent et ne sait pas exactement où il en est.
- 2° En présence d’un accidenté grave.
- 3° Au cours d’une réaction chimique ou devant des signes visuels ou auditifs que présentent des produits altérés.
- 53) Imagination.
- Qu’entendez-vous par ce mot ? L’imagination est-elle nécessaire dans le métier ?
- L’imagination est prise ici dans le sens de création et de compréhension.
- Elle est assez importante par exemple :
- Pour essayer d’obtenir de meilleurs résultats dans une préparation (meilleure méthode pour préparer une formule en laissant à chacun des constituants le maximum de ses propriétés).
- Dans la confection des vitrines.
- L’imagination aussi pour comprendre les explications des clients.
- 54) Intelligence.
- a) Le travail exige-t-il essentiellement des conduites routinières, de 1 adaptation à des situations nouvelles, imprévues, difficiles ?
- De la routine il y en a comme partout, mais les pharmaciens recherchent un personnel ayant de l’initiative, sachant s’adapter aux circonstances comme il est montré au précédent.
- b) Mode d’adaptation.
- C’est avant tout une adaptation aux circonstances pratiques posées.
- Adaptation technique (nouveaux produits, nouvelles techniques).
- Adaptation commerciale (changements de pharmacie).
- Adaptation sociale ; s’adapter à la mentalité du quartier, à chacun des clients. Elle comporte une compréhension rapide, complète et précise de la situation exposée. Souvent la situation est mal présentée. Il faut la faire décrire dans tous ses détails, puis voir les obstacles à éviter, décider la
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- solution, l’exposer clairement à des gens plus ou moins ignorants de la pharmacie et affolés, et la rendre convaincante.
- La solution n’est jamais entièrement nouvelle. Elle est généralement elle-même une adaptation d’une solution standard à une situation particulière.
- 55) Instruction.
- a) Quels degrés d’instruction faut-il posséder pour commencer l’apprentissage ?
- Instruction secondaire ou primaire supérieure indispensable. Si l’élève est capable de parfaire son instruction, le certificat d’études est un minimum.
- b) Diplômes souhaitables.
- Il n’y a pas de diplôme spécialement nécessaire. Le brevet élémentaire est une bonne référence. Il semble qu’il y a peu de préparateurs en pharmacie diplômés d’une école de chimie.
- c) Quelles connaissances scolaires sont les plus utiles ?
- Le calcul exact est rapide.
- L’orthographe.
- La chimie.
- La rédaction.
- Les sciences physiques et naturelles.
- Sans oublier une bonne écriture.
- Fonctions affectives, caractère, intelligence sociale
- 56) Quels sont les caractères généraux du milieu social
- représenté dans la profession.
- Milieu d’employés petits bourgeois, ayant une certaine instruction et assez indépendants. Dans les petites pharmacies, milieu « artisanat familial ».
- 57) Le travail est-il solitaire ou en présence d'autres ; indi-
- viduel ou en équipe ?
- Le travail est parfois solitaire. En général, le préparateur travaille en compagnie de son pharmacien et d’un aide.
- 58) Voit-on de Vémulation de la concurrence ?
- Dans les petites et moyennes pharmacies, on ne peut guère parler d’émulation. On la trouve quelquefois quand le personnel est intéresé à la vente. Pas de concurrence. Dans les pharmacies à deux ou trois préparateurs, une hiérarchie s’établit entre les préparateurs selon leur ancienneté dans la maison et parfois leur âge. De plus, la profession n’offre guère de débouchés en dehors du poste de premier préparateur.
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- 59) Quelles sonl les relalions avec le pharmacien, les cama-
- rades, les subordonnés, les stagiaires ?
- Les relations avec le pharmacien sont de collaboration et de confiance réciproque. Quand le préparateur se tient correctement et qu’il montre qu’il s’intéresse à la marche de la maison il est traité plutôt en collaborateur qu’en employé, tout au moins dans les petites pharmacies.
- Les exceptions plus ou moins connues entraînent à brève échéance la séparation (inimitié avec la femme du patron, vols, etc.).
- Il en est de même avec les camarades. Il n’est pas possible dans une petite pharmacie de pouvoir travailler sans une bonne camaraderie.
- Avec les subordonnés dans l’ensemble, bons rapports limités au service.
- Dans les pharmacies agréées, le préparateur à un rôle de directeur technique auprès des stagiaires.
- 11 montre à ces futurs patrons les détails pratiques du métier.
- 60) Comment se manifestent les relations avec le public ?
- Le préparateur est en contact constant avec le public et ses relations sont celles d’un commerçant avec sa clientèle. Il ne doit être ni trop distant, ni trop familier.
- Il y a cependant un caractère d’intimité dû au fait que le préparateur est au courant de bien des détails par suite des renseignements qu’il est appelé à donner (secret professionnel).
- Il a un rôle social de premier plan à remplir. La persuasion intéressée pour pousser la vente est nécessaire, mais en respectant la neutralité vis-à-vis des marques demandées par les clients. Persuasion désintéressée aussi. Avant de chercher à faire une recette, il doit donner le conseil qui sera le meilleur pour le malade.
- Conseil non seulement technique, mais surtout moral (malades démoralisés à remonter, œuvres appropriées à indiquer, avortements à éviter, tuberculose à dépister, etc...), compte tenu des capacités pécunières du malade.
- En résumé, le préparateur a besoin de discrétion, de” patience, de conscience, de connaissance de la psychologie des clients.
- 61) Relalions avec les individus dépendants (malades, en-
- fants, etc...)
- Pour tous les clients, les principes de moralité sont les mêmes et sans tourner au pédagogue le préparateur a de
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- nombreuses occasions d’instruire le public des grandes questions d’hygiène physique ou sociale.
- Les clients de l’A. M. G. (assistance médicale gratuite) sont à servir aussi bien, sinon mieux que les autres aün de leur faire oublier leur misérable condition.
- 62) Quelles sont les relations avec les individus de l'autre
- sexe ?
- Vis-à-vis des clients de l’autre sexe, la tenue doit être irréprochable : toute consultation, tout examen sont d’ailleurs interdits.
- Vis-à-vis des autres employés, les réponses s’accordent à constater qu’elles sont celles de gens bien élevés ou de camarades corrects.
- G3) Peut-on causer entre camarades pendant le travail ?
- Les conversations entre camarades, limitées par les exigences du travail, sont permises lorsqu’il n’y a pas de clients dans la boutique.
- G4) Préférez-vous les préparateurs tranquilles, remuants ?
- Pas grandes préférences, le travail au comptoir exige suffisamment d’activités pour que le préparateur n’ait pas à y ajouter de déplacements, de gestes inutiles ou inconsidérés.
- 65) Quelles sont les qualités morales recherchées ?
- La première qualité indispensable à un préparateur est la conscience, ce qui suppose une honnêteté scrupuleuse, vis-à-vis d’autrui et de lui-même, aussi bien pour les questions d’argent que pour les questions d’exécution du travail. En pharmacie, il ne peut y avoir de composition avec le travail à exécuter, quoi qu’il en coûte d’efforts ou d’argent.
- L’ordre, le soin, la persévérance ou la patience sont des conditionnels inéluctables.
- La sobriété et l’humilité (le préparateur n’est pas un pharmacien) sont à ajouter à cette liste.
- Force de caractère : résistance à la toxicomanie, tentation de la part de clients peu scrupuleux (mœurs, poisons A ou B).
- GG) La propreté étant nécessaire, comment l'entendez-vous ?
- Propreté sur la personne, propreté dans le travail (la propreté est inhérente aux notions d’asepsie). Bonne tenue du laboratoire (le préparateur peut contribuer à tenir propre le laboratoire tout en n’étant pas chargé de le nettoyer).
- Propreté également en tant que goût dans le travail (livre d’ordonnances bien tenu, présentation des flacons, etc.). Une
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- présentation propre et élégante fait mieux apprécier la maison et les drogues désagréables à prendre.
- 6/) En combien de temps reconnaît-on qu'un apprenti fera
- un bon préparateur ?
- Trois mois au moins. L’apprenti possédant de bonnes aptitudes devra faire preuve d’activité, d’initiative, de curiosité, d’inlelligence, de soins, de minutie même, de complaisance, de désir de s’instruire.
- 68) Le métier expose-t-U à certains dangers moraux ? Que
- fait-on pour les prévenir ?
- En raison des renseignements cpii sont demandés par les clients, il est nécessaire que les apprentis soient mis au courant de tout ce qui concerne les organes intimes de l’homme et de la femme. C’est peut-être la meilleure méthode pour éviter certains dangers moraux.
- 69) Peut-on recommander le métier aux personnes ayant une
- tendance : à la colère, à l'impatience, à la mélancolie,
- à la crainte, au manque de confiance en soi, aux troubles nerveux ?
- Non, dans tous les cas.
- Conditions d’apprentissage et de travail
- 70) A quel âge conseillez-vous d'entrer en apprentissage ?
- 14 à 18 ans, le meilleur est à la sortie du brevet.
- 71) Combien dure l'apprentissage ?
- Trois à cinq ans, suivant l’intelligence et la bonne volonté du candidat et l’importance de la maison où il est apprenti.
- Il n’existe pas d’apprentissage officiel, c’est au bout de dix années qu’un préparateur connaît son métier.
- 72) Quels sont les travaux successifs confiés à l'apprenti ?
- On commence par les soins de propreté (lavage des bouteilles) et la mise en ordre de l’officine et des réserves.
- L’apprenti passe ensuite, successivement aux petits travaux manuels : division des paquets, cachets, etc..., préparation des stocks (sirop, pommades, conditionnements).
- Puis aux préparations magistrales simples avec remarques sur la posologie, la matière médicale, etc...
- Enfin au service des ordonnances pour finir par les relations directes avec les clients, le service achat, la réception des commandes et des livraisons.
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- 73) Qui Vinitie?
- L’instruction de l’apprenti est l’œuvre du pharmacien et du premier préparateur.
- 74) Existe-t-il des écoles professionnelles et des cours ?
- Oui, des cours professionnels.
- De plus, les préparatrices peuvent suivre des cours d’infirmières.
- 75) Que penser d'un C. A. P. de préparateur en pharmacie ?
- Les réponses sont divergentes et les pharmaciens semblent peu partisans actuellement de ce diplôme.
- 76) Peut-on se spécialiser ?... Quand?... A quoi?...
- Pratiquement pas : La spécialisation dans un service (préparation, analyse, clients) n’augmente pas les débouchés.
- 77) Peut-on faire sa carrière dans sa maison d'apprentis-
- sage ?
- Un jeune aura avantage à changer de pharmacie pour acquérir une plus grande expérience dans le métier. Les méthodes de travail varient avec les pharmaciens et les clientèles. Le jeune faisant plusieurs officines évitera de plus l’esprit routinier qui existe dans la profession.
- 78) Peut-on se mettre à son compte en devenant herboriste...
- parfumeur...
- L’installation à son compte pour un préparateur est une évasion du métier. La situation de gérant d’une pharmacie avec un diplômé prête-nom est illégale et à déconseiller absolument.
- L’apprentissage de préparateur ne favorise guère les professions d’herboriste (diplôme à avoir) ou de parfumeur.
- 79) Les renvois ?
- Beaucoup après apprentissage.
- Ensuite, généralement pour cause de suppression d’emploi ou pour fautes lourdes (distractions fréquentes entraînant ou risquant d’entraîner des erreurs dans les préparations magistrales, malhonnêteté, incompatibilité d’humeur).
- La question salaire est également un motif de débauchage.
- Les délais de renvoi sont ceux du contrat collectif.
- 80) Votre métier emploie-t-il des gens qui ne font aucun
- apprentissage ?
- Oui : garçons de courses, conditionneuses.
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- 81) Observe-t-on des préparateurs qui changent de profes-
- sion ?
- Comme il a été dit an § 78, quelques préparateurs deviennent herboristes, bandagistes, etc...
- D’autres se lancent dans la représentation.
- Il est fréquent de voir des préparateurs s’évader vers la représentation de matières premières de pharmacie. Leur apprentissage leur ouvre les portes des pharmaciens et ils peuvent, dans certains cas, conseiller ces derniers pour leurs achats.
- 82) Quel est actuellement l'encombrement dans le métier ?
- Le marché de la main-d’œuvre est fermé. Il n’y a pas d’embauche. Mais le- manque d’apprentis se fera lourdement sentir dans la profession dans quelques années lorsque les préparateurs en place et dont l’âge moyen est élevé devront être remplacés.
- 83) Quel est l'avenir réservé aux préparateurs intelligents
- et travailleurs ?
- Il est regrettable qu’actuellement aucun avenir réel ne puisse être envisagé pour le préparateur intelligent et actif, les conditions matérielles d’exploitation de la pharmacie ne leur faisant aucune place. Du reste, des abus seraient à prévoir si les préparateurs avaient tendance à devenir pharmaciens de 2e classe par exemple.
- 84) Echelle des salaires.
- Suivant les conventions collectives (Préparateurs de lre, 2e, 3e catégorie).
- 85) Touche-t-on des avantages en nature ?
- Rarement à Paris (Ristourne sur les achats 20 °/u).
- SH) Heures de présence.
- Variables suivant les officines. L’application stricte de l’horaire est pratiquement impossible dans beaucoup de pharmacies en raison de l’heure tardive à laquelle les médecins font leur visite à domicile.
- 87) Travaille-t-on le dimanche... La nuit?
- A Paris, les pharmaciens sont de garde toutes les cinq à six semaines. La garde est assurée par le pharmacien ou le préparateur, suivant accord. En cas de service le dimanche, il y a récupération en cours de semaine.
- Certaines pharmacies de la capitale travaillent la nuit avec des équipes spéciales.
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- 88) Confort dans le travail : vestiaire, lavabos, etc...
- Les conditions de confort sont très généralement suffi-santés.
- 89) Doit-on manipuler des objets malpropres, mal odorants,
- répugnants ? .
- Quelques menus ennuis, peu importants.
- Organisations professionnelles et divers
- 90) Leur but ?
- Les vrais préparateurs travaillant assez isolés ne sont guère portés à s’affilier à un syndicat et ces derniers ont des effectifs assez réduits.
- 91-92) Livres, journaux et revues.
- Le Livre du préparateur (par Goigout).
- Codex.
- L’Echo de la Presse.
- La Revue de l’O.C.P.
- Le Bulletin de la Cooper.
- Union pharmaceutique de la région parisienne.
- 93) Maladies professionnelles et accidents les plus fréquents ?
- Très peu. Quelques brûlures ou coupures de la main.
- 94) Un estropié, un arriéré pourrait-il entreprendre certains
- petits travaux? Lesquels?
- Un mutilé d’une jambe, s’il peut se déplacer ne présente pas une contre-indication pour être préparateur.
- L’absence d’une main est une contre-indication absolue.
- Il y a possibilité de travail s’il manque un doigt ou deux. Les arriérés sont pratiquement inaptes à être employés dans une pharmacie sauf peut-être pour le lavage des bouteilles.
- 95) Autres remarques.
- Néant.
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- NOTES ET DOCUMENTS
- Asymétrie des ondes alpha de l’électrencéphalogramme et bégaiement
- Un examen des ondes électriques du cerveau, simultanément dans les deux hémisphères, a été pratiqué chez deux jeunes gens bègues, de 23 et 25 ans, par Donald B. Lindsey (1).
- Les inscriptions indépendantes, soit dans la zone occipitale, soit dans la zone pariétale motrice, au repos, ou au cours de la parole chez ces bègues, ont montré une indépendance des deux hémisphères notablement plus grande que chez les normaux. Cette indépendance se traduit par la durée relative des phases où les ondes alpha des deux hémisphères cessent d’être en synchronisme, et par la durée relative de l’arrêt unilatéral des ondes (soit spontanément, soit sous l’action de stimulations). L’asynchronisme n’est pas influencé par.la parole, mais c’est quand le bègue parle que l’on observe la plus forte proportion d’arrêts unilatéraux (prédominant dans l’hémisphère droit chez un des bègues, dans l'hémisphère gauche chez l’autre).
- Ces deux bègues n’étaient franchement, d’après l’auteur, ni droitiers, ni gauchers, ayant ce qu’il appelle une « latéralité mixte ».
- Voici quelques chiffres pour donner la comparaison des bègues et des normaux :
- Le pourcentage d’asynchronisme atteint 22,2 °/„ et 16,6 °/n dans la région occipitale chez les deux bègues, et 20,5 et 23,1 °/„ dans la région pariétale, respectivement ; dans la région occipitale, ce pourcentage est de 11,8 °/„ chez les droitiers (48 sujets), s’élève à 16,3 % chez les gauchers (8 sujets), et à 23,3 °/o chez les ambidextres (9 sujets).
- En ce qui concerne le pourcentage des phases d’arrêt unilatéral, qui n’est que de 2,2 °/o chez les droitiers, 3,6 0/„ chez les gauchers, et 2,7 "/« chez les ambidextres, il atteint au repos chez les deux bègues 7,8 °l„, et, pendant la parole, 12,3 °/„ chez l’un et 18,1 7„ chez l’autre. 11 y a donc là une manifestation très caractéristique d’indépendance anormale des deux hémisphères, corrélative du bégaiement.
- H. P.
- (1) Bilateral différences in brain potentials from the two cérébral herais-pheres in relation to laterality and stultering. (Journal o{ experimental Psy-cholor/y, 1940, XXVI, 2, p. 211.225.
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- Recherches sur la pensée scientifique
- V. Noll a toujours souligné que le but principal de la discipline scolaire était de développer chez l’enfant une méthode de pensée telle qu’il puisse de bonne heure apprendre à considérer les choses de façon objective et avec une certaine retenue dans ses jugements.
- Et c’est surtout pour inculquer aux enfants l’habitude de penser de façon scientifique et pour donner aux éducateurs un moyen d’en contrôler les effets que Noll a construit un test permettant d’évaluer les qualités intellectuelles indispensables à l’établissement d’une méthode de travail efficace et fidèle à ses propres principes.
- Il envisage ainsi dans son questionnaire : l’honnêteté intellectuelle, l’adresse à dépister les relations de cause à effet, la maîtrise de soi lorsqu’il s’agit de résister à la précipitation et à la prévention dans les jugements, l’esprit critique et la précision dans toutes les opérations mentales.
- Encore fallait-il éprouver la validité de cette épreuve et c’est ce dont se charge G. M. Blair, en étudiant les résultats obtenus sur un groupe de scientifiques et la cohérence même des réponses de ces sujets-critères. Le test a donc été soumis à 16 scientifiques, assistants ou professeurs d’université, appartenant aux disciplines suivantes : bactériologie, botanique, chimie, entomologie, physique, psychologie, zoologie. Mais _on constate immédiatement qu’aucun sujet n’atteint le maximum prévu dans le corrigé établi par l’auteur (112 points) ce qui, étant donnée la qualité d’élite des sujets se montre déjà d’un assez fâcheux pronostic quant à la composition de l’épreuve.
- Par ailleurs, les notes moyennes obtenues par ces autorités dans le domaine scientifique ne diffèrent que de bien peu de celles d’en-
- fants de 12 ans et de jeunes étudiants, ce qui ne laisse pas d’être
- assez surprenant : Scientifiques Première épreuve Deuxième épreuve
- Scientifiques .... 93,1 87,1
- Enfants .... 81 81
- Etudiants. .... 89,8 86,7
- On n’est donc plus outre mesure surpris de relever ensuite que 51 questions sur 150 ne donnent lieu qu’à des réponses assez dou-
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- teuses, l’adhésion des sujets critères leur étant assurée dans des proportions insuffisantes pour garantir aucune validité.
- On trouve même des questions auxquelles les scientifiques sont unanimes à répondre de façon absolument contraire à celle primitivement prévue par l’auteur. Bref, le questionnaire de « pensée scientifique » de Noll, doit pour être utilisable de façon intéressante, être profondément remanié, 17 questions au moins devant être modifiées et 12 supprimées cbmplètement. Cependant, les épreuves portant sur la précision dans divers types d’appréciations pourraient déjà dès maintenant être utilisées avec un certain profit. Les critiques de Blair, animées du désir sincère de tirer le meilleur parti possible de ce genre d’épreuves, se montrent fort légitimes ; il est évident qu’un test qui prétend renseigner sur une attitude particulièrement précise et critique de l’esprit et pouvoir servir de moyen de contrôle constant, ne saurait moins que tout autre, se passer d’une mise au point absolument impeccable (1).
- I. L.
- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE A L’ÉTRANGER
- L’Activité des Offices d’Orientation professionnelle de Transylvanie
- Les offices d’orientation professionnelle de Transylvanie (Arad, Brasox, Cluj et Timisoara), fondés au mois d’octobre 1937 ont commencé à partir du 1er février 1938 l’examen et l’orientation professionnelle de tous les apprentis trouvés dans le rayon de leur activité. Ces offices travaillent sous les directives de l’Institut psychotechnique de Cluj, fondé par le Ministère du Travail en 1935. Dans lé rapport ci-dessous on expose l’activité de ces offices pendant l’année 1938.
- Chaque candidat a un dossier psychotechnique qui comprend cinq fiches : 1. la fiche avec les données sociales, scolaires et économiques du candidat ; 2. la fiche psychologique ; 3. la fiche morphologique et physiologique ; 4. la fiche médicale ; 5. la fiche de contrôle du candidat.
- Pendant l’année 1938 les quatre offices d’orientation professionnelle de Transylvanie ont examiné et orienté un nombre de
- (1) G. M. Blair. La validité du test de pensée scientifique de Noie. J. o( Educ. Ps., 1940, XXXI, 1, p. 53-GO.
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- 3.300 garçons et 644 filles, ce qui fait an total de 3.944 candidats.
- L’orientation donnée par ces offices aux jeunes hommes a été basée sur un examen psychologique et médical fait à chaque candidat.
- Du total de 2381 apprentis examinés aux offices d’orientation professionnelle de Arad, Brasov et Cluj en 1938, 1.815 apprentis ont été orientés pour la profession désirée, ce qui fait 76,22 °/0, pendant que le resté de 566 apprends ou 23,78 °/0 ont été orientés pour une profession autre que celle désirée. Le pourcentage de ceux qui ont été contre-indiqués d’après le total dçs apprentis examinés, est le suivant :
- i Nature de la contre-indication Nombre de sujets Pourcentage
- a) Psychologique. 356 14,95 n/n
- b) Médicale. 141 5,94 %
- c) Psychologique et médicale... 69 2,89 °/o
- Du total des apprentis auxquels on a recommandé une autre profession que celle désirée, 367 ou 64,84 °/„ voulaient entrer dans l’industrie métallurgique et 199 ou 16 °/„ dans d’autres professions.
- Le rapport contient des données sur les apprenties examinées aux offices d’orientation professionnelle.
- .D’un total de 346 apprenties, 293, ou 84,68 °/„ ont été orientées vers d’autres métiers, en se basant sur les contre-indications sui-
- vantes :
- Nature de la contre-indicatiou Nombre de sujels Pourcentage
- a) Psychologique. 28 8,09 %
- b) Médicale 15 4,33 °/o
- c) Psychologique et médicale... 10 2,90 »/„
- Trois tableaux comprennent les données sur l’examen médical des apprentis et apprenties examinés aux Offices d’orientation professionnelle de Arad, Brasov, Cluj et Timisoara en 1938.
- Un autre tableau nous montre qu’on a mis en évidence L260 affectations différentes ou 32 °L un individu présentant quelquefois deux, trois, quatre affections.
- Un tableau spécifié les contre-indications médicales données à 293 apprentis et apprenties.
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- Le pourcentage se présente comme il suit :
- 1. Contre-indications pour l’état pulmonaire 28 0 / 1°
- 2. les troubles de réfraction.... 26 0/o
- 3. débilité physique 9 °/«
- 4. cardiopathies. 8 °/o
- 5. — hernies. 6 0/ /O
- 6. — discromatopsie 6 ° / 10
- 7. lésions ostéo-articulaires. . .. 4,5 0/o
- 8. surdité de transmission 2,7 °/o
- Cela nous montre l’œuvre d’assistance sociale qu’ont fait les médecins de ces quatre offices d’orientation professionnelle. Dans 909 cas, ou 23 % les candidats ont été orientés, réexaminés et traités par des sections de spécialité pour leurs affections.
- A TRAVERS LES REVUES
- R. L. Tiiorndike a consacré une revue générale à la question, la constance du Q. I., citant 112 travaux, dans le Psychological Bulletin (tome 37, n° 3, mai 1940, p. 167.186).
- Dans le Médecin d'usine (1939, II, 5, 509-519) le Dr A. Feil, à propos du diagnostic radiologique de la silicose, souligne que la radiographie seule, sans l’appui de l’examen clinique et des épreuves de laboratoire, ne permet jamais d’affirmer l’existence d’une pneumoconiose silicosique.
- Les Investigations of professionnal deafness in shipyard and machine factory labourers » de B. Larsen, dans les Acta Otola-ryngologica (1939, supp. 36, de 255 pages) ont porté sur 250 ouvriers exposés à des bruits intenses, en particulier des chantiers navals, et a montré que se développait chez eux, avec le temps, la surdité nerveuse classique aux sons élevés.
- Le n° 44 (novembre 1939) de la Schweizerische^tWizinische Wo-J chenschrift contient des études de IIessberg (contribution à l’exa-
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- men d’aptitude dans les chemins de fer), Heinonen (le strabisme chez les jumeaux), Sciiwark (les borgnes dans la conduite des automobiles). _________
- Dans Y Union médicale du Canada (décembre 1939, t. 68, n° 12), le profil criminologique de la démence précoce est esquissé par Yarbean et Lecavalier.
- Berunfsberatung and Berunfsbildung de février-mars 1940 publie son rapport annuel sur la situation actuelle de l'Orientation professionnelle et du placement en apprentissage en Suisse romande.
- A. Rosca nous donne quelques indications sur la valeur de l’auto-estimation de certaines taches d’habileté manuelle, de mémoire, d’attention, d’observation et d’intelligence dans le n° de janvier-février-mars du Jurnal de Psihotechnica.
- L'information pédagogique de janvier-février 1940 présente le compte-rendu d’une expérience faite au lycée Henri IV au cours de l’année 1938-1939 par le Dr Fiocconi et aboutissant à un projet de fiche physiologique, sportive et médicale.
- II. Luc définit le but de l’orientation professionnelle dans l’industrie de guerre dans Y Enseignement technique de janvier-février-mars 1940 ; on trouvera dans le meme numéro des indications sur les métiers féminins à travers le monde.
- On lira avec intérêt dans Psicotecnica de janvier 1940 des articles de J. Mallart sur .la réadaptation sociale et professionnelle des mutilés et invalides, de* A. Melian sur la fatigue oculaire et de R. Ibbarola, .1. Mallart, L. Ruiz-Castillo sur l’établissement de professiogrammes. ________
- Le bulletin du premier trimestre 1940 des Annales de ïenfance reproduit un rapport de M,,e G. Matiiiot sur l’utilité de l’enseignement ménager pour la rééducation des fillettes retardées et déficientes.
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- Les cahiers de pédagogie de mars 1940 soumettent à notre réflexion une mise au point de Buyse sur le rôle et la règlementation de l’application des tests aux examens psychologiques.
- A. Bois traite de la prévention des accidents dans Technique de février 1940.
- Education de février 1940 étudie, avec A. Ferrière, un projet d’école expérimentale.________________
- On consultera, au numéro 364 du Bulletin de la Société Alfred Binet, des notes du Dr A. Tournay sur la déficience mentale et les troubles moteurs à l’école.
- Un intéressant examen psychotechnique des apprentis d’usines est proposé par A. Mazi dans VOganizzazione scientifica del lavoro de mars 1940.
- Occupations de mars 1940 consacre une rubrique à l’orientation dans les collèges. ________
- On consultera avec profit un rapport de L. Michaux sur le problème de l’orientation scolaire et post-scolaire des épileptiques, suivi d’une bibliographie et d’une discussion qui a eu lieu en juin 1939 au Groupement français d’Eludes de neuro-psycho-pathologie infantile, vol. 2, 1939, n° 4.
- The United States department of the interior publie un intéressant numéro illustré (bulletin 1939, n° 3). entièrement consacré aux divers aspects que peut prendre l'Education et l’orientation scolaire aux Etats-Unis.
- British Journal of Educational Psychology de février 1940 reste près des problèmes d’actualité, si on en juge d’après les recherches de C.- Burt sur la fréquence des symptômes neurotiques chez les écoliers évacués ; on y verra aussi des critiques de I. E. Stub-bins sur les examens d’admission aux écoles secondaires, et un
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- nouveau type clc questionnaire pour l’étude du tempérament, présenté par C. W. Valentine.
- Les deux derniers numéros de Biotypologie sont riches en travaux qui méritent d’être étudiés attentivement par les orienteurs ; le numéro de juin 1939 contient une recherche du Dr J. Dublineau sur la typologie réflexologique, des suggestions de Mme Moderne Monod sur l’orientation professionnelle au professorat de l’enseignement secondaire féminin d'Etat, et une contribution à l’étude des tests de fatigabilité du Dr Miliiaud ; le numéro de septembre 1939 contient l’important travail de Delaporte et D. Weinberg sur les aptitudes physiques et mentales des enfants et leur réussite scolaire en relation avec le niveau de vie des familles.
- Occupational psychology d’avril 1940 nous offre une enquête de F. Holliday sur la sélection des apprentis dans les métiers industriels ; des observations de M. Smith et M. Leiper sur des jeunes chômeuses dans un centre d’instruction, et des remarques de J. W. Davies sur les caractéristiques individuelles qui différencient les chercheurs en psychologie.
- Le Journal de psychologie de janvier-mars 1939 s’intéresse en plusieurs endroits à la pédologie. On y lira des articles de Piaget et Szeminska sur la conservation des quantités continues chez l’enfant, et de IL Cousinet sur l’idée de mort chez les enfants. On pourra par ailleurs se documenter auprès de P. Courbon sur « l’in-volution mentale sénile » et de F. Baumgarten-Tramer sur « la méthode des cas possibles dans la solution des tests ».
- Le tome LVI, 1940 du Journal of genelic pychology contient les études suivantes : L. Welch : Développement génétique des structures associatives dans la pensée abstraite, p. 175-206. B. Balinsky et I. R. Stone : Normes des écoles supérieures pour le test de dessin au miroir : étoile à six points, p. 207-210'. M. G. Ric.g : Variabilité relative de l’intelligence chez garçons et tilles, p. 211-214. T. W. Richards : Note sur l’échelle de Joël sur la maturité du comportement, p. 215-218. R. Pintner et J. Lev : Soucis des écoliers, p. 67-76.
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- Nous relevons dans le Journal of Social Psychology, 1940, XI, ces articles qui peuvent intéresser les orienteurs :
- E. B. Skaggs : Différences de sexe dans les attitudes morales, p. 3-11. R. Gould et N. Kaplan : Relation entre le et niveau d’aspiration » et les facteurs scolaires et facteurs de personna-lité, p. 31-41. Pintner et Forlano : ^Influence de la tonalité agréable des mots sur la rétention, p. 147. Bryng Bryngelson : Etude de la latéralité chez bègues et normaux, p. 151.
- INFORMATIONS
- Un centre de rééducation d&s enfants arriérés dans le Calvados. — A la suite de donations charitables, le département du Calvados se trouvait depuis plusieurs années en possession, à Anctoville, d’un vaste château où était installé un orphelinat pour fillettes et jeunes filles. Des agrandissements et d’importants aménagements viennent de permettre d’y recevoir des enfants arriérés rééduca-bles, pour lesquels aucun établissement n’existait jusqu’alors dans la région. Ces enfants étaient ainsi, pour la plupart, destinés à finir leurs jours dans des asiles, à charge à la collectivité, faute de pouvoir se suffire à eux-mêmes par leur travail.
- A Anctoville, un médecin spécialisé, attaché à l’asile du Bon-Sauveur de Caen, vient tous les mois examiner les pensionnaires et prescrire les soins à donner. Une infirmière suit journellement les fillettes, fait les piqûres nécessaires, tient à jour leurs dossiers médicaux, que complètent les observations scolaires des institutrices.
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- M. Mauvezin a ouvert à Bordeaux, 57, rue des Trois-Conils, un Laboratoire de Pédagogie professionnelle, auprès de l’Office des Métiers de la Gironde.
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- La surveillance médicale dans les lycées. — Voici les principaux passages de la circulaire que M. Yvon Delbos, ministre de VEdu-cation nationale, a adressée aux Recteurs :
- Le décret du 29 juillet 1939 relatif à la famille et à la natalité françaises institue, au chapitre IV, section 11 (Journal Officiel du
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- 30 juillet 1939, p. 9.623) la surveillance médicale dans les établissements d’enseignement. Les articles 143, 144 et 145 visent spécialement les lycées de garçons et les lycées de jeunes Tilles.
- Un décret, en date du 5 février 1940 (Journal Officiel du 8 février), vient de fixer le montant de la cotisation qui doit être demandée aux familles des établissements où est instituée la surveillance médicale. Il est donc possible de mettre en œuvre, sans plus tarder, l’importante réforme instituée par le décret du 29 juillet dernier.
- Vous voudrez bien rechercher quelles sont les villes de votre académie possédant à la fois un lycée de garçons et un lycée de jeunes filles où la surveillance médicale pourrait être instituée immédiatement. Il est désirable qu’une ville au moins dans chaque ressort académique soit désignée, dès maintenant. L’expérience acquise dans la mise en œuvre de la réforme dans cette ville vous sera précieuse pour en assurer les conditions les plus favorables.
- La surveillance médicale a essentiellement pour objet de garantir l'hygiène du milieu scolaire. Elle cherche aussi à mieux assurer l’adaptation physique de l’enfant à la vie scolaire.
- A cet effet, tous les élèves de l’établissement, internes et externes, doivent subir un examen médical qui comprend les opérations générales suivantes : pesées et mensurations, examen de la vision et de l'audition, examen du squelette et de la musculature, examen sommaire du cœur et du poumon, examen des dents et du pharynx.
- Une attention spéciale doit évidemment être donnée à la prophylaxie antituberculeuse ; il est souhaitable qu’au moins les grands élèves des établissement (classes d’examens et classes préparatoires aux grandes écoles) puissent subir un examen radioscopique, complété dans certains cas par un examen radiographique. L’expérience, instituée l’an dernier dans l’Académie de Paris, a prouvé que l’examen radioscopique, accompagné d’une cuti-réaction, pouvait être aisément pratiqué et était, en général, bien accueilli des familles. Ces différents examens sont passés, soit par le médecin de l’établissement (qui peut être assisté dans les grands centres par un interne en médecine), soit par un spécialiste de la tuberculose.
- L’examen médical ne tend qu’à dépister la maladie ou le trouble physique, mais non à les soigner. Le médecin se borne à attirer l’attention des parents sur l’état de santé de l’enfant sans avoir à formuler un diagnostic précis (il signalera par exemple qu’il y a perte de poids ou trouble de la vue, gorge à visiter, état pulmonaire à surveiller, etc...). Aucun conseil relatif aux soins n’est donné au cours de la visite.
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- L’aiiicle 143 du décret-loi porte que « toutes mesures seront prises pour que, tant à l'égard des autres élèves que de l’administration du lycée, le secret médical soit rigoureusement observé ». En conséquence :
- a) La visite médicale proprement dite (après les pesées et mensurations) doit avoir lieu dans des conditions de discrétion absolue, c’est-à-dire dans une pièce séparée où n’ont accès que le médecin, l’interne et la secrétaire du médecin ;
- b) Le secrétaire médical doit être asbolument distinct de l’administration. Le médecin de l’établissement désigne une secrétaire qui tient les fiches médicales et assure la correspondance avec les familles. L’assistante est tenue au secret ;
- c) Les résultats de la visite sont consignés sur deux fiches : l’une est la fiche médicale proprement dite, strictement confidentielle, rangée dans un fichier ou une armoire dont seuls le médecin et ses collaborateurs immédiats ont la clef. Sur une deuxième fiche, de couleur différente, sont consignées les pesées et mensurations, ainsi que les recommandations que le médecin peut avoir à transmettre à l’administration (exemple : élèves à ménager, à ne pas faire courir ou sauter, à rapprocher au tableau, etc...).
- L’organisation financière de la surveillance médicale est réglée par l’article 144 du décret du 29 juillet 1939, qui institue une cotisation annuelle par famille. Cette cotisation est fixée par le décret du 5 février à 45 francs par famille et par an (soit 5 francs par mois).
- i *
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- L’assemblée générale des survendantes d’usines. — L’assemblée générale de l’Association des surintendantes d’usines et de services sociaux a eu lieu au Musée social, sous la présidence de M. Raoul Dautry, ministre de l’armement.
- Après la lecture du rapport moral et du rapport financier, M. Detoeuf, président du syndicat général de la construction électrique, a montré combien la tâche de la surintendante d’usine était élargie du fait de la guerre, et combien cette tache était plus que jamais une œuvre de paix et de compréhension mutuelle.
- MUe Roux, surintendanle, directrice du centre scientifique de la main-d’œuvre, dans un court exposé, a montré l’impérieuse nécessité, à 1 heure actuelle, d’une sélection et d’une formation de main-d’œuvre pour les usines.
- Le ministre a montré, par des exemples pris dans la vie des dernières semaines des usines d’armement, l’effort considérable à
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- faire dans le domaine social et les résultats déjà obtenus. 11 a exprimé la gratitude du gouvernement à tous ceux qui, dans les usines travaillant pour la défense nationale : directeurs, ingénieurs, contremaîtres, délégués ouvriers, surintendantes et assistantes sociales, ont fourni ces efforts et obtenu ces résultats.
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- L’Insituto national de Psicolechnia à Madrid, est actuellement dirigé par R. Ibarroi.a, et a pour organe la revue trimestrielle Psicotechnia (10, pla/.a de Santa Barbara, Madrid), dont le premier numéro est d’octobre 1939, et le second de janvier 1910.
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- L’emploi obligatoire des femmes dans certaines industries de guerre. — M. Charles Pomarel, ministre du travail, fait connaître que, dès le mois de février, on comptait déjà 570.000 femmes employées dans l’ensemble des industries de guerre, y compris les industries textiles. Actuellement, dans les établissements de l’Etat relevant directement du ministère de l’armement, le nombre des femmes employées représente 29 °/0 du personnel.
- Il n’en reste pas moins que, dans lensemble, ces embauchages étaient trop lents. D’où l’idée de rendre obligatoire pour les employeurs l’utilisation d’un certain pourcentage de main-d’œuvre féminine. A ce sujet, le ministre du travail communique la note suivante :
- « Le décret du 28 février 1940 relatif à la main-d’œuvre féminine a autorisé le ministre du travail à rendre l’emploi des femmes obligatoire dans certaines professions, administrations ou entreprises.
- « Une première application de ce décret est décidée, dès maintenant, dans certains industries de guerre et, en particulier, dans les industries mécaniques.
- « La réforme sera appliquée dans les conditions suivantes :
- « Dans les usines de guerre désignées par l’inspection du travail, d’acord avec les services mobilisateurs, un pourcentage des nouveaux embauchages sera obligatoirement réservé à la main-d œuvre féminine dans certaines catégories d’emplois. Par exemple, une usine a besoin de soudeurs, d’ouvriers spécialisés sur tour, de vérificateurs, de conducteurs, de voitures. Elle demande 100 ouvriers de chacune de ces catégories : si pour celles-ci le
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- pourcentage d’emploi obligatoire de main-d’œuvre féminine a été fixé à 70 °/0, l’usine doit embaucher 70 femmes dans chaque spécialité.
- « Les femmes ainsi embauchées seront prises par moitié aux offices publics de placement, les industriels conservant la liberté d’embaucher directement l'autre moitié parmi les femmes inscrites à leur usine.
- « Il est recommandé aux chefs d’établissements d’accorder une priorité aux femmes privées de ressources et, en particulier, aux femmes de mobilisés n’avant que l’allocation militaire, aux femmes qui ne touchent aucune allocation ni militaire, ni de chômage, ni de réfugiée, et, enfin, à celles qui bénéficient seulement de l’une de ces dernières allocations.
- « L’opinion doit, néanmoins, se rendre compte que l’embauchage des femmes pose de graves problèmes, notamment celui de la sélection professionnelle et médicale et de la création d’insti-tions sociales en faveur des enfants ; ces problèmes ne peuvent être résolus en un jour. »
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- Dates d'examens et. concours (1). — Par arrêté du 19 avril 1940, les dates des examens et concours sont fixées comme suit :
- Concours d'admission dans les écoles nationales d'arts et métiers.
- Date de l’ouverture de la session 1940 : 20 juin.
- Date de la clôture du registre d’inscription : 30 avril.
- Lieux où se tiennent les sessions :
- Epreuve écrites : Préfectures sièges de Centres.
- Epreuves orales et pratiques : A l’Ecole nationale d’arts et métiers intéressés.
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- Concours d'admission dans les écoles nationales professionnelles et les écoles nationales d'horlogerie.
- Date de l’ouverture de la session 1940 : 29 juin.
- Date de la clôture du registre d'inscription : 31 mai.
- Lieux où sc tiennent les sessions :
- Epreuves écrites : Préfectures sièges de Centres.
- (1) Journal Of[iciel, 28 avril 1940.
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- L'enseignement professionnel dans l'Inde. — La tendance à développer l’enseignement professionnel s’affirme par la transformation de cinq des écoles secondaires officielles de la province de Bombay en écoles professionnelles, trois agricoles, une commerciale, la dernière industrielle.
- Dans les provinces centrales une Commission de réorganisation de l’enseignement recommande d’instituer l’enseignement primaire de 7 années, gratuit obligatoire et complété par une ou plusieurs formes de travail manuel productif adapté au milieu de l’enfant (filature, travaux agricoles, etc...).
- L’Etat d’Ilyderabad stipule dans ses nouveaux programmes que les travaux manuels sont obligatoires pour tous les établissements.
- (The Slatesman Delhi. The leader Allahabad.) *
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- Norvège. — Réglementation de l’apprentissage. — A la conférence d’Oslo, à laquelle étaient représentés le Ministère des Affaires sociales, le Conseil pour la formation professionnelle, l’Inspection du Travail, la Confédération des Syndicats, la Fédération patronale, la Fédération des Industries de Norvège, l’Union des paysans, l’Union coopérative norvégienne, il a été préconisé d’introduire en Norvège une réglementation de l’apprentissage relative au contrat d’apprentissege, droits et devoirs du patron et de l’apprenti, durée, examen de fin d’apprentissage, congés payés, salaire pendant le service militaire, etc...
- (Arbeiterbladet, 11 septembre 1939).
- DÉCRETS ET RENSEIGNEMENTS
- SE RAPPORTANT A L’O. P.
- Placement des Élèves sortants
- Circulaire du 12 mars 1940 (Techn., 2e bureau), aux Directeurs,
- J’ai l’honneur d’appeler toute votre attention sur le placement des élèves qui vont quitter la dernière année d’études de votre école.
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- Il appartient à l’Inspection du Travail, dans les circonstances actuelles, de décider du placement de la main-d’œuvre disponible, selon les besoins des diverses entreprises qui travaillent pour la Défense nationale. Mais il vous appartient d’entrer en rapport avec MM. les Inspecteurs du Travail afin de les éclairer, très précisément sur les aptitudes et les capacités de chacun de vos élèves.
- J’insiste tout particulièrement sur l’importance de votre rôle, en cette circonstance : il serait fâcheux, à tous égards, que des jeunes gens instruits aptes aux tâches vraiment professionnelles, qui veulent une haute qualification, soient employés à des travaux qui ne mettront pas en œuvre la valeur môme de l’enseignement reçu. Vos contacts personnels avec les industriels vous permettent, à coup sûr, d’être renseignés sur les qualités qu’ils ont à exiger de leurs collaborateurs. Vous pouvez donc très utilemnet renseigner MM. les Inspecteurs du Travail. TT T
- II. Luc.
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- Circulaire du 2 avril 1940 (Techn., 2e bureau), aux Directeurs,
- Le décret du 29 février 1940 (,/. O., 1er mars) relatif à la protection de l’apprentissage pendant la durée des hostilités, a prévu, en son article 3, la réquisition des jeunes gens âgés d’au moins 16 ans, à la sortie des Ecoles d’enseignement technique, publiques ou privées, et des centres de formation professionnelle accélérée.
- Cette réquisition doit être faite d’après un plan à soumettre au Comité départemental de l’Enseignement technique.
- En vue de l’application de ces dispositions, je vous prie de vouloir bien dresser deux états, 1 un des élèves qui vont terminer leurs études dans l’école que vous dirigez, l’autre des apprentis qui vont quitter le centre de formation professionnelle accélérée si un tel centre fonctionne dans votre école.
- Pour chacun des intéressés ces états indiqueront : 1° Les noms et prénoms ; 2° la date de sortie prévue ; 3° la qualification professionnelle ; 4° la résidence de la famille ; 5° à titre indicatif, la nature de l’emploi et l’établissement travaillant dans l’intérêt de la Nation qui aurait la préférence de la famille, avec les motifs de cette préférence et votre avis sur les aptitudes de l’élève à cet emploi exprimé dans les conditions de ma circulaire n° 12/2 du 12 mars 1940.
- Le résultat de ce recensement devra être adressé par vos soins à MM. les Conseillers techniques des centres de formation professionnelle indiqués ci-après, qui le feront parvenir aux inspec-
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- leurs divisionnaires du travail présidents des Comités de liaison :
- Pour les départements de : Seine, Scine-et-Oise, Seine-et-Marne, M. Bonnafous, directeur de l’Ecole nationale des Arts et Métiers, 151, boulevard de l’IIôpital, Paris. — Loiret, Cher, Loir-et-Cher, Indre, Indre-et-Loire, Vienne, Haute-Vienne, Allier, Creuse, M. Martin, directeur de l’Ecole nationale professionnelle de Vier-zon. — Yonne, Nièvre, Aube, Jura, Iiaute-Marne, Côte-d'Or, Haute-Saône, Doubs, Territoire de Belfort, Saône-et-Loire, M. TIelstrof-fer, directeur p. i. de 1 Ecole nationale professionnelle de Châ-lons-sur-Saône. — Aisne, Ardennes, Marne, Meuse, Meurthe-et-Moselle, Vosges, Haut-Rhin, M. Varoouaux, directeur de l’Ecole nationale professionnelle de Nancy. — Nord, Pas-de-Calais, Somme, M. Vercier, directeur de l’Ecole nationale d’Arts et Métiers de Lille. — Oise, Seine-Inférieure, Eure, Eure-et-Loir, Orne, Calvados, Manche, M. Fontègne, inspecteur général de renseignement technique, 66, boulevard Leroy, Caen. — Sarlhe, Mayenne, Ille-et-Vilaine, Côtes-du-Nord, Finistère, Morbihan, Loire-Inférieure, Maine-et-Loire, Deux-Sèvres, Vendée, M. Godât, directeur de l’Ecole pratique de Nantes. — Charente-Inférieure, Gironde, Lot-et-Garonne, Landes, Gers, Basses-Pyrénées, Hautes-Pyrénées, Charente, Dordogne, Lot, Corrèze, M. Dhommée, inspecteur général de 1’enseignement technique, 28, allée Damour, Bordeaux. — Bouches-du-Rhône, Var, Alpes-Maritimes, Corse, Vaucluse, Basses-Alpes, Drôme, Hautes-Alpes, Gard, Ardèche, M. Barbaroux, directeur de l’Ecole nationale d’Arts et Métiers d’Aix-en-Provence. — Rhône, Isère, Ain, Haute-Savoie, Savoie, Puy-de-Dôme, Loire, Haute-Loire, M. Dupin, inspecteur général de l'Enseignement technique, 6, avenue de 1 Espérance, à Caluire et Cuire (Rhône).
- Certificats et attestations d’Orientation professionnelle
- Aux termes de l’article 8 du décret-loi du 24 mai 1938. « Après le délai de trois ans fixé par l’article 1er aucun enfant de moins de 17 ans ne pourra être employé dans une des entreprises visées à l’article 9, s’il n’est muni d’un certificat délivré gratuitement par le secrétariat départemental d’Orientation professionnelle sur attestation des centres publics ou privés d’orientation professionnelle ». Et cet article ajoute : « Ce Certificat devra comporter au moins l’indication du ou des métiers reconnus dangereux pour la santé de l’enfant. »
- Ce texte un peu laconique a été développé par l’article 32 du décret du 2 septembre 1939. « Des certificats seront établis à l’aide des conclusions formulées par les centres par le Secrétariat d’orien-
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- tation professionnelle... Outre l’indication du ou des métiers dangereux pour la santé de l’enfant, ils contiendront des renseignements sur les dispositions intellectuelles ou physiques de l’enfant, sur ses aptitudes à apprendre des métiers qualifiés, sur les métiers et professions dans lesquels des emplois sont offerts. »
- Lorsque les conseillers d’orientation professionnelle examinent un jeune homme ils doivent donc se préoccuper de l’interprétation qui, au point de vue pratique, sera donnée des conclusions de leur examen.
- Or, surtout dans les circonstances présentes, il convient de considérer les besoins de l’industrie et parmi les industries celles qui relèvent de la métallurgie et du travail des métaux. Ce sont ces industries pour lesquelles a été pris le premier décret fixant le pourcentage des apprentis à admettre dans les entreprises en éxé-cution du décret-loi du 24 mai 1038.
- De l’enquête qui a été faite par le Conseil national économique auprès de ses sections professionnelles avant l’adoption du décret-loi du 24 mai 1938 on a pu tirer les conclusions suivantes :
- Dans toutes les entreprises sont employés concurremment : des ouvriers spécialistes ou qualifiés, des ouvriers spécialisés, des ouvriers.
- La répartition du personnel entre ces différentes catégories que l’on a coutume de dénommer dans l’industrie : ouvrier qualifié, manœuvre spécialisé, manœuvre non spécialisé, varie suivant les professions et même à l’intérieur de chaque profession suivant les spécialités.
- Il est évident que la formation professionnelle devra tenir compte de cette classification lorsqu’elle envisage les besoins'réels de chaque profession pour répartir le plus judicieusement possible la main-d’œuvre juvénile.
- Il est donc indispensable' de s’inspirer de la définition qui a été donnée de chacune de ces catégories dans l’appréciation des aptitudes des jeunes gens qui auront été examinés par les centres.
- L’ouvrier spécialiste ou qualifié doit avoir des connaissances générales théoriques et techniques et une pratique approfondie de son métier. Ces connaissances sont celles qui sont sanctionnées par un certificat d’aptitude professionnelle. Il doit par conséquent pouvoir posséder les connaissances d’ensemble, connaissances théoriques prévues aux programmes correspondants. Il doit être en mesure de satisfaire à l’essai professionnel d’usage dans l’industrie et doit par conséquent, pouvoir exécuter sans nouvel apprentissage tous les travaux de sa profession.
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- C’est à cette formation complète que devront pouvoir prétendre les jeunes gens qui auront été reconnus avoir une aptitude générale au-dessus de la moyenne tant au point de vue de l’intelligence générale qu’au point de vue de l’intelligence technique.
- Le bon ouvrier qui est ainsi visé doit être capable d’exécuter tous les travaux exigés dans sa profession. Ces vrais ouvriers qualifiés qui ne dépendent, dans l’exercice de leur métier, que de leurs aptitudes et de leurs connaissances sont ceux qui sont formés dans une école professionnelle.
- Celui que l’on appelle l’ouvrier spécialisé ou encore le manœuvre spécialisé apparaît comme l’ouvrier chargé de la conduite d’une machine, possédant une expérience suffisante de la tâche qui lui est confiée mais inapte à s'adapter à des conditions nouvelles de travail.
- Il est certain que les différentes spécialités nécessitent des apti-tiludes spéciales, mais ce qui caractérise cette catégorie c’est que l’ouvrier qui occupera la fonction dans laquelle elle rentre aura un degré d’aptitude moindre à s’assimiler des connaissances théoriques et que, en tout cas, son degré plus faible d’éducabilité fera qu’il sera inapte à s’adapter rapidement à des conditions nouvelles de travail.
- Au point de vue de la formation professionnelle c’est l’ouvrier qui sera adapté à un matériel déterminé dans des centres de formation accélérée, le programme d’apprentissage qui sera établi pour lui ne retiendra que les opérations strictement indispensables à l’apprentissage rapide d’une spécialité.
- Enfin, au dernier degré, on rencontrera l’ouvrier ou manœuvre non spécialisé. Cette catégorie comprendra tous ceux qui, en raison de leur inaptitude, ne peuvent rentrer dans aucune des catégories précédentes.
- L’article 9 du décret du 24 mai 1938 donne mission aux centres d’orientation professionnelle de déclarer ceux qui, parmi les jeunes gens susceptibles d’être admis dans les entreprises industrielles ou commerciales, seraient inaptes à toute éducation professionnelle. Dans cette catégorie doivent être classés tous ceux qui ne paraîtraient pas pouvoir faire un apprentissage complet et qui, par conséquent, pourraient être employés comme manœuvres non spécialisés.
- Le certificat qui, aux termes de l’article 32 du décret du 2 septembre 1939 devra être établi à l’aide des conclusions formulées par les centres, devra contenir des renseignements sur les dispositions physiques ou intellectuelles de l’enfant mais aussi sur ses aptitudes à apprendre des métiers qualifiés.
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- C’est donc en exécution de cetle prescription que le conseiller d’orientation professionnelle sera amené à considérer à laquelle des trois catégories précitées le jeune homme devra plus spécialement prétendre ou dans laquelle il devra être classé.
- Etant donné qu’il semble qu’il est bien difficile à la suite d’un premier examen d’opérer un classement trop absolu, il conviendra de ne mentionner qu’en cas d’inaptitude absolue, l’inaptitude à toute éducation professionnelle que vise le texte, mais étant donné par ailleurs, qu’il peut être possible de reconnaître l’aptitude à un métier qualifié et de la différencier de l’aptitude à un métier spécialisé, étant donné également que celte aptitude pourra être l’objet d’un nouvel examen et d’une vérification expérimentale à l’atelier même, il conviendrait de se servir de trois notes qui pourraient refléter ces nuances dans l’appréciation des aptitudes — aptitude supérieure, moyenne et inférieure et enfin inaptitude.
- Elles pourraient d’ailleurs correspondre à l’heure actuelle aux formations diverses (pii sont envisagées et qui correspondent sensiblement à ces degrés.
- a) Formation dans les écoles techniques de degrés divers : écoles professionnelles, écoles de métiers, cours complémentaires industriels, cours d’apprentis. Celte formation complète qui est normalement de trois ans pourra être ramenée à deux ans et demi.
- b) Formation professionnelle accélérée qui sera de quatre mois, de six mois ou de dix mois suivant les cas.
- c) Classes de préapprentissage.
- d) Apprentissage à l’atelier dont la durée pourra varier.
- On pourrait sans doute objecter que celte classification aurait l’inconvénient de ne pas tenir assez compte des possibilités de perfectibilité de chaque adolescent. Pourtant il faut considérer le temps dont peut disposer l’adolescent pour faire un apprentissage ou recevoir une formation professionnelle ; il faut donc faire entrer en ligne de compte l’âge du sujet et peut-être aussi les possibilités de la famille. 11 est bien évident que le court laps de temps dont il disposera obligera souvent le conseiller à l’orienter vers une formation accélérée qui risquera d’être trop spécialisée et non vers une formation complète qui lui permettrait ensuite de s’adapter à des spécialités diverses mais même limité dans sa formation, il aura ultérieurement la possibilité de profiter des moyens de perfectionnement et de promotion (pii lui seront offerts ; dans cette voie l’orientation professionnelle et ses méthodes pourront encore lui venir en aide. 11 ne faut pas oublier que pour certains métiers
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- qui exigent une grande précision par exemple, la dextérité indispensable qui est le résultat d’une connexion entre les éléments nerveux et les mouvements des muscles dépend de qualités héréditaires. Si donc le degré de dextérité indispensable ne peut être atteint il est difficile que, même à la suite d’éducation ou d’entraînement, le jeune homme devienne un ouvrier d’élite, il est donc préférable de lui conseiller un métier ou une dextérité moindre pourrait être tolérée.
- D’ailleurs la classification que nous venons de signaler pour les métiers relevant de la métallurgie et du travail des métaux ne pourrait suffire pour comprendre tous les métiers qualifiés. 11 importe donc que le certificat comporte des indications sur la situation du sujet par rapport aux autres catégories de métiers qui sont non moins qualifiés et qui appellent souvent des aptitudes différentes ; cette notation permettra souvent d'établir une synthèse entre les diverses aptitudes relevées, qui ouvrira le chemin vers une profession non mentionnée.
- Cette classification si difficile à établir dans l’étal de connaissance actuel des métiers peut cependant être provisoirement déterminée en s’inspirant à la fois de considérations physiques et intellectuelles, tenant compte de la part que joue le cerveau et l’excitation musculaire en même temps que la nature du travail exécuté. C’est ainsi que l’on peut différencier lé travail fin ou de précision, le travail d’art ou de goût et le travail de force et enfin, tout à fait à part, les professions commerciales sédentaires ou actives.
- Les goûts manifestés ont paru devoir être notés spécialement : goûts pour les métiers sédentaires ou actifs, goût du risque.
- Enfin, pour se conformer au texte même du décret, il convient d’indiquer sous une rubrique spéciale : les métiers dangereux pour la santé de l’enfant. Ces renseignements doivent refléter scrupuleusement les conclusions auxquelles ont abouti l’examen médical et l’examen physiologique. Il suffit, sans indiquer les raisons pour lesquelles les métiers sont dangereux à l’enfant, d’énumérer quelles sont les activités exercées qui pourraient être dangereuses. C’est ainsi que l’on indiquera comme dangereux :
- Les métiers qui exigent :
- des efforts musculaires intenses ; la sédentarité ;
- le séjour dans l’air confiné au milieu de poussières ou dans l’humidité ;
- des stations prolongées debout ;
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- la marche ;
- la position assise prolongée ;
- des stations sur échelles, échafaudages, toits, etc... ;
- une bonne vision ;
- une bonne audition ;
- des mains sèches ;
- des risques d’émotion violente ;
- une grande activité physique ;
- un travail intellectuel prolongé ;
- des changements fréquents de régime alimentaire ;
- la manipulation de matières toxiques ou dangereuses.
- Le dernier paragraphe de l’article 32 du décret du 2 septembre 1939 vise les renseignements sur les métiers et professions dans lesquels des emplois sont offerts. Pour répondre à cette exigence le certificat devra mentionner les professions ou métiers recommandés en présence des demandes de main d’œuvre et accessibles au sujet examiné.
- Ces renseignements seront principalement fournis au centre par les services de main-d’œuvre. L’article 31 du même décret stipule en effet que « les services publics de placement et les services de main d’œuvre doivent se prêter un appui réciproque pour assurer le placement des adolescents dans les meilleures conditions ».
- Les renseignements que les offices publics de placement sont invités à fournir sont « les renseignements qu’ils pourraient recueillir sur l’état du marché du travail en indiquant notamment pour chaque profession le nombre des offres d'emploi qu’ils ont reçu et de celles auxquelles ils n’ont pu donner satisfaction.
- Le certificat à l’établissement duquel ont conduit les considérations que nous venons d’exposer constitue un modèle qui, provisoirement au moins et à titre d’essai, semble de nature à répondre aux obligations légales.
- P. L. Larcher.
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- Certificat d’Orientation professionnelle
- Nom, prénoms.
- Adresse.
- Aptitude à une éducation professionnelle supérieure à devenir ouvrier qualifié
- — ouvrier spécialisé
- — un ouvrier
- Aptitude à un métier
- fin ou de précision d’art ou de goût de force
- Aptitude
- à des professions commerciales
- — sédentaires
- — actives
- Aptitude au dessin géométrique Goût pour un métier sédentaire — actif
- Goût du risque
- Métiers dangereux pour la santé de l’enfant :
- Professions recommandées en raison des demandes de main-d’œuvre et accessibles au sujet examiné :
- Possibilités pour la famille de prolonger l’apprentissage ou 1 cation du jeune homme :
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- Catégories spécialisées de la main-d’œuvre féminine (0
- Le ministre de l’Education nationale et le ministre du Travail ;
- Vu le décret du 24 mai 1938, relatif à l’orientation et à la formation professionnelles ;
- Vu le décret du 3 novembre 1939, fixant pour la durée des hostilités les pourcentages prévus à l’article 12 du décret du 24 mai 1938 ;
- Sur la proposition du directeur général de l’enseignement technique et du directeur général du travail,
- Arrêtent :
- Article premier. — La liste des catégories spécialisées de main-d’œuvre féminine susceptibles de contribuer à la compensation dans les conditions fixées par l’article 5 du décret du 3 novembre 1939 est fixée comme suit :
- Professions Opérations
- Mouleur machine.... Ajusteur.............
- Dessinateur..........
- Rectifieur..........
- Rôdeur..............
- Soudeur à l’arc.....
- Soudeur à l’autogène Tailleur d’engrenage. Tourneur............
- Fraiseur.........
- Décolleleur......
- Dresseur planeur Tôlier planeur...
- Ressortière......
- Raboteurs........
- Moulage mécanique.
- Ajustage (ajustage d'avion excepté).
- Dessin d’exécution, calquage, tirage Ozalid ou ferro. Rectifieur de fabrication. Rodage de petites pièces.
- Taillage de fabrication. Tourneur de fabrication. Dégrossissage des corps d’obus.
- Rainure de la ceinture. Finissage, rognage des douilles.
- Recolletage, tronçonnage.
- Décolletage en série.
- Tôlerie fine.
- Tôlerie fine.
- Lames ou boudins.
- Planches sur étau limeur.
- (1) Journal Officiel du 16 mars 1940.
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- Professions
- Bobineur à main...................
- Dessinateur de cadran.............
- Monteur de filaments..............
- Colleur de lentilles..............
- Opticien non précisionniste.......
- Graveur sur verre d’optique.......
- Bloqueuse, doucisseuse, polisseuse.
- Ebauchcuse professionnelle........
- Débordeuse travaux simples........
- Contrôleuse surface et couleur....
- Ebauchcuse O.S....................
- Gaineuse peaussière...."..........
- Graveuse sur manlographc..........
- Opérations
- Appareils de mesure et T.S.F. Lampe électrique et T.S.F. Pour instrument d’optique simple et de série.
- Argenture sur verre.
- Optique.
- Optique.
- Optique.
- Optique.
- Sachant tracer et couper (instruments de précision). Sachant se régler.
- Art. 2. — Le taux de compensation entre l’apprentissage et la formation professionnelle des catégories spécialisées de main-d’œuvre féminine mentionnées à l’article premier, est fixé à dix-huit femmes pour un apprenti.
- Art. 3. — Le taux de compensation entre l’apprentissage et la promotion ouvrière est fixé à douze adultes pour un apprenti.
- Art. 4. — Pour être admises à contribuer à la compensation, la formation professionnelle de main-d’œuvre féminine et la promotion ouvrière devront donner des résultats jugés satisfaisants par le comité départemental de l’enseignement technique, à la suite d’examens dont le programme et le mode de passation, ainsi que la composition des jurys, devront être préalablement approuvés par ce comité, conformément aux instructions interministérielles à intervenir.
- Art. 5. — Le directeur général de l'enseignement technique et le directeur général du travail sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent arrêté, qui sera publié au Journal Officiel.
- Fait à Paris, le 12 mars 1940.
- Le Ministre de VEducation nationale,
- Yvon Dei.bos.
- Le Ministre du Travail,
- Charles Pomaret.
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- LA VIE DE L’ASSOCIATION DES ANCIENS ÉLÈVES DE L’I. N. 0. P.
- 24 Février 1940
- L’Amicale des Anciens élèves réunissait ses adhérents à un banquet, à la brasserie du 14, rue de Cléry. Le dîner y était excellent et les convives nombreux. On a eu le plaisir d’y retrouver, parmi les Anciens élèves : Mlles Argoud, Benoît-Lévi, Beiz-mann, Chauffard, Cordelier, Mourruau, Courcelle, David, Jacqueline et Danièle Danger, Hurel, Jénot, Josslow, J. et R. Stora, Joyet-Lavergne, Mamelle, Petit, Raux, Xydias, Mmes Bayeux, Busson, Maze, Caze-Wallon, Chamboulant, Goldenberg, Grosval, Kahn, Vinal, d’Autheville, Anfroy, MM. de Beaumont, Bunel, Gille, Langlois, Menessier, Metge, Sossinski, et d’y voir ceux de la nouvelle promotion : Mlles Appia, Avril, Bonnasseau, Cavalier, Job, Jaur, Jacob, Kazinetz, Laurent, Lézine, Millardet, Meier, Traynard, Mmes Lecalot, Loève, Milon, Pourdieu, Sengès, Vinsonneau et M. Manoil.
- Mlle Mamelle, notre sympathique trésorière, fit ses adieux à ses camarades, car elle quitte le 14e arrondissement pour aller s’installer à Nice. L’allocution très émue qu’elle prononça fut particulièrement goûtée et saluée par des chaleureux applaudissements. M. de Beaumont donna ensuite des nouvelles des nombreux camarades qui n’avaient pu venir : Mme Lobstein, MUe Dalleux, Mmes Zaoui, Castaing, Favre, Tessier, Duval, MM. Chassang, Gra-witz, Chaintreau, Montifroy, Schiber, Veillas, Bauer, Beaume.
- Ensuite, le président exposa la nécessité d’établir une réglementation de l’orienteur relative à ses émoluments, ses congés, sa liberté d’action. Un échange de vue très animé s’ensuivit qui permit de faire un tour d’horizon très instructif. Il fut décidé en définitive que cette réglementation serait étudiée lors d’une prochaine réunion.
- Samedi 2 Mars
- Des représentants de l’Amicale des Anciens élèves et de l’Association des Orienteurs se réunirent à l’I. N. O. P. et procédèrent h l’étude plus approfondie de différents points d’ordre pratique intéressant les orienteurs. A l’issue de cette réunion, un vœu fut
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- rédigé maintenant les divers points sur lesquels les orienteurs s’étaient mis d’accord et destiné à être adressé par le Bureau aux autorités intéressées. Une commission fut nommée, chargée de mettre ce vécu au point. A cette commission furent nommés : MUes Joyet-Lavergne, Rosebery, Xydias, Mmes Chamboulant, Gol-denberg, MM. Menessier, Gilles et de Beaumont.
- 24 Avril 1940
- A lieu une assemblée générale à l’I.N.O.P. Mlle Argoud, remplaçant M110 Mamelle absente, donna la lecture des comptes de trésorerie qui furent approuvés à l’unanimité. Mlle Joyet-Lavergne dit quelques mots au sujet de la journée d’orientation envisagée par M. Luc et MUe Rosebery exposa le fonctionnement des réunions locales entre orienteurs et assistantes sociales, destinées à leur faire connaître les possibilités d’action mutuelle susceptibles de favoriser l’Orientation. Enfin, M. de Beaumont donna des nouvelles des camarades, mit l’Assemblée au courant de ses efforts pour faire affecter ceux qui sont mobilisés et annonça que ceux-ci allaient bénéficier de l’abonnement gratuit du bulletin.
- Enfin, il fut procédé à l’élection de quatre membres au Comité directeur. Sont sortis dans l’ordre : Mlle Rosebery, M1Ie Joyet-Lavergne, M. Reveille, Mlle Xydias, M. Beaume et M1Ie Biscay. Les quatre premières personnes font donc partie maintenant du Comité.
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- J. Abramson. — L’enfant et l’adolescent instables ; études cliniques et psychologiques (Alcan, 1940, pp. 390).
- Des années de patientes et adroites recherches permettent enfin à Mlle Abramson, collaboratrice du docteur Heuyer à la clinique-annexe de neuro-psychiatrie infantile, de présenter les caractéristiques principales du type « instable ». Après avoir donné un aperçu historique du problème et groupé une centaine d’observations sur différents types d’instabilité, l’auteur étudie le développement intellectuel, moteur et affectif des instables, en reprenant de façon détaillée l’examen des épreuves qui ont servi à ces déterminations. On lira avec un intérêt tout particulier la description d’une application de tests de niveau moteur d’Ozeretzki et Goure-vitch, encore fort peu connus en France, et d’excellents essais
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- d’analyses caractérielles. L’ouvrage se termine par des graphiques permettant de comparer le type psychomoteur pur, l’instable émotif, l’instable épileptoïde, l’instable paranoïaque et l’instable pervers, et par des considérations sur la naissance et l’évolution de l’instabilité. j j
- I. M. Nestor. — Le Diagnostic de Vintelligence des enfants entre 9 et 14 ans. — (Test de Kuhlmann-Anderscn.)
- L’auteur présente le test Kuhlmann-Anderscn pour le diagnostic de l’intelligence générale. Ce test a été appliqué et étalonné sur une population écolière roumaine, comprenant 4.500 sujets
- entre 9 et 14 ans, en différents points du pays, autant en milieu urbain, qu’en milieu rural.
- L’auteur commence par donner une définition de l’intelligence en la comprenant comme la propriété d'établir des relations correctes entre les données. Vient ensuite la description intégrale du test, avec les instructions précises, la façon de corriger et les résultats obtenus. L’auteur plaide pour la présentation la plus complète possible des tests afin d’aider les éducateurs qui veulent utiliser les méthodes expérimentales. De meme l’auteur considère comme une attitude de probité scientifique la présentation des possibilités, pour l’éducateur ou le psychologue, de contrôler et vérifier la valeur diagnostique des tests. Ainsi en dehors du test même et de son mode d’emploi, l’auteur expose les courbes de fréquence, le coefficient de validité, de fidélité, d’homogénéité, de constance, celui de la valeur de différenciation et enfin celui de la valeur pronostique du test.
- Ce livre constitue un excellent instrument de travail car on y trouve la présentation exacte, avec la technique précise de présentation des 11 tests de cette échelle et la manière de les corriger avec les réponses considérées comme bonnes. De plus des tableaux d’étalonnage et des courbes de fréquence sont présentés pour chaque test.
- Et cela en différenciant les milieux, car, dit l’auteur, on doit apprécier chaque enfant conformément au milieu dans lequel il vit. i i |
- L’auteur présente ensuite la formule connue du calcul du coefficient d'intelligence (Q.I.), avec les tableaux des résultats moyens pour chaque âge. En plus, il a calculé toutes les réponses possibles en utilisant la formule, présentant le tout dans un tableau, grâce auquel l'éducateur est dispensé de toute sorte de calcul.
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- Analysant avec pfudence les résultats, l’auteur croit à une grande valeur diagnostique du test, il trouve que ce test peut être aussi utilisé avec succès pour l’orientation professionnelle et pour la sélection des recrues dans l’armée, à condition d’avoir construit les étalonnages adaptés. yj jj p
- Traité cTOphtalmologie (P. Baii.lart, Ch. Coutela, E. Reds-i.ob, E. Velter.) Tome VIII, Masson et Cie, Paris, 1939, pp. 1002.
- Il y a bien des indications intéressantes à relever dans ce très beau travail dont quelques chapitres devraient être fréquemment consultés par l’orienteur. Nous recommandons eh particulier les pages réservées à YHygiène scolaire (P. Resme, p. 335 à 349), et les études consacrées à YHygiène et à la pathologie du travail ch. V : l’œil et les intoxications professionnelles (Ch. Coutela); . ch. VU : l’œil et l’électricité industrielle (Ch. Coutela) ; ch. VIII, fatigue et surmenage scolaire ; on aura aussi à se reporter à la partie traitant de YHygiène publique : Ch. Coutela : des maladies à déclaration obligatoire (p. 459) ; A. Cautonnet : Règlements divers d’aptitude visuelle ; armée de terre, de mer, d’air, chemins de fer, transports en commun (p. 403). A. Monthus : La Cécité (p. 473), où l’on trouvera la liste des métiers et professions poulies aveugles, et l’examen des problèmes concernant leur rééducation et l’orientation professionnelle. Toutes ces études sont complétées par d’excellentes bibliographies. j j
- Livres entrés récemment à la Bibliothèque
- Les Monographies Professionnelles qui se trouvaient provisoirement au Secrétariat du Centre d’Orientation ont été transférées à la Bibliothèque.
- Le fichier des Monographies Professionnelles comporte des documents ayant trait à plus de 200 métiers.
- Ces documents peuvent être consultés sur place aux mêmes heures et dans les mêmes conditions que les livres de la Bibliothèque.
- Groupe Lyonnais d’Etudes médicales, philosophiques et biologiques. — Médecine et Adolescence. — Lavandier, rue Victor-Hugo, Lyon, s. d., 314 p.
- Goodenougii (F.-L.). — Devclopmental Psychology. — Appleton-Century Cy, New-York, 1934, 619 p.
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- Spaerman (G.*). — Psyçhology Üown the Ages. — Macmillan and C° Limited, London, 2 vol. 454 p., 355 p.
- Thorndike (E. L.). — The Psyçhology 0/ Wants, Interesets and Attitudes. — D. Appleton-Century Cy, New-York, London, 1935, 351 p.
- Baudouin (Glu). —La Psychanalyse et les Jeunes délinquants. Conférence faite le 8 juin 1932. — Comité d Elude et d’Aclion pour la diminution du crime, 12, rue Guy-de-la-Brosse, Paris, 1932, 23 p.
- Van Etten (IL). — Ce qu'il, faut savoir du problème de l'adolescence coupable. — « Pour l’cnfancc coupable », 12, rue Guy-de-la-Brosse, Paris, 1938, 50 p.
- Cattell (R. B.). — A Guide to Mental Testing. — University of London Press, 10, Warwick Lane, London, 1936, 312 p.
- Baudouin (Ch.). — L'âme enfantine et la psychanalyse. — Dela-cliaux et Niestlé, Neufchatel, Paris, 1931, 274 p.
- Zulliger (IL). — La Psychanalyse à l'Ecole. — Flammarion, Paris, 1930, 267 p.
- Carrard. — Le Chef, sa formation et sa tâche. — Delachaux et Niestlé, Paris, 1938, 94 p.
- Spreng (IL). — La formation professionnelle des apprentis. — Dunod, Paris, 1939, 63 p.
- Goodenougii (F. L.) and Andersen (J. E.). — Experimental Child Study. — The Century C°, New-York, 1931, 546 p
- Abramson (J.). — L'enfant et Vadolescent instables. Etudes cliniques et psychologiques. — Alcan, Paris, 1940, 390 p.
- Rossolimo (G.). — L'individualité de l'enfant. — Alcan, Paris, 1929, 6-4 p.
- ERRATUM
- Une erreur d’impression nous a fait oublier dans le dernier numéro le nom de M. Manoil reçu sixième avec mention bien à l’examen d’orientation professionnelle de la session 1939-1940. Nous nous en excusons bien vivement.
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- SERVICES DE L'INSTITUT
- SECRÉTARIAT GÉNÉRAL ET CENTRE DE DOCUMENTATION
- Chef de service : Mme A. Fessard. — Téléphone Odéon 52-46.
- Secrétaire adioinle : Mlle P. David.
- CENTRE D ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- Chef de service : Mlle C. Chauffard. — Téléphone Odéon 52-48.
- Secrétaire : M. Bénech.
- SERVICE DES TESTS
- Chef de service : Mme H. Piéron. — Téléphone Odéon 52-48
- ECOLE D'ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- Conseil des Professeurs :
- MM. J. Fontègne, inspecteur général de l’Enseignement technique.
- H. Laugier, professeur à la Sorbonne, chef du Service central de la recherche scientifique.
- P. Male, médecin consultant à l’Hôpital Henri-Rousselle.
- Oualid, professeur à la Faculté de Droit de Paris, suppléé par M. Noyelle, professeur à la Faculté de Droit de Paris.
- Paul-Boncour, médecin-chef de l’Institut médico-pédagogique de Vitry, professeur à l’Ecole d’Anthropologie.
- H. Piéron, professeur au Collège de France.
- P. Pouillot, inspecteur général du Travail et de la Main-d’œuvre.
- H. Wallon, professeur au Collège de France.
- Chargés de conférences :
- M. P. Abraham ; Mme Chmielnitzki ; M. le Professeur Guillaume ; Mme Gratiot-Alpbandery ; M. Jeudon ; M. Luquet ; M. Pouillot ; MIle C. Veil ; Mlle D. Weinberg.
- Chefs de travaux pratiques .
- Mlle Monnin, Mme Piéron, M1Ie Veil.
- LABORATOIRE DE PHYSIOLOGIE DU TRAVAIL
- Chef de service : N...
- LABORATOIRE D'ORGANISATION DU TRAVAIL
- Chef de service : M. H. Laugier, directeur.
- Directeur adfoint : Mlle Weinberg.
- LABORATOIRE DE PSYCHOLOGIE APPLIQUÉE
- Chef de service : M. Bonnardel, directeur. — Téléphone Odéon 52-59.
- LABORATOIRE DE PSYCIIOBIOLOGIE DE L’ENFANT Chef de service : M. H. Wallon, directeur. — Téléphone Odéon 52-61. Directeur adfoint : M. Ombredane.
- Téléphone de Permanence : Odéon 52-48 (dans la loge du concierge)
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- SOMMAIRE
- Pages
- I. — A. Manoïl : L’Homme et le travail........................... 1
- II. — Mme Chamboulant-Hertz : Enquête sur les goûts et les projets
- d’avenir des élèves d’un lycée........................... H
- III. — Notes et Documents : Une nouvelle méthode de formation profes-
- sionnelle commerciale. — Le chômage de la jeunesse. — Les rapports de la typologie et de la pédagogie rationnelle. —
- Une échelle d’appréciation du caractère ................. 19
- IV. — A travers les Revues....................................... 22
- V. -T- Informations............................................. 26
- VI. — La Vie de l’Institut national d’Orientation professionnelle.... 33
- VII. — La Vie de l’Amicale des Anciens Élèves de l’I. N. 0. P.......... 35
- VIII. — La Vie des Centres d’Orientation professionnelle................ 36
- IX. — Décret se rapportant à l’Orientation professionnelle........... 39
- X. — Bulletin bibliographique.................................... 41
- SOMMAIRE -...
- Pages
- I. — L. Mounier : Essai de monographie professionnelle sur le “ Pré-
- parateur en pharmacie ”................................... 45
- II. — Notes et Documents : Asymétrie des ondes alpha de l’électren-
- céphalogramme et bégaiement. — Recherches, sur la pensée scientifique.............................................. 64
- III. — La Vie de l’Orientation professionnelle à l’étranger.... ..... 66
- IV. — A travers les Revues.......................................... 68
- V. — Informations............................................... 72
- VI. — Décrets et renseignements se rapportant à l’orientation
- professionnelle.............................................. 77
- VII. — La Vie de l’Amicale des Anciens Élèves de l’I. N. 0. P....... 88
- VIII. — Bulletin bibliographique...................................... 89
- Errata...........................................- • •...... 92
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