Bulletin de l'Institut national d'orientation professionnelle
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- 2e SERIE. — 2e ANNEE
- N° 1-2
- JANVIER-FÉVRIER 194£
- CO'IStJtlTÈR
- JR PLACE
- BULLETIN
- lTNSTITUT national
- détude duTravail
- ET
- dORIENTATION
- PROFESSIONNELLE
- L XhJLX
- Cnam SCD
- 1 2501 00044493 8
- AU SIEG
- TITUT
- 41, Rue Gay-Lussac, 41 PARIS
- TOUS DROITS RESERVES
- A PLACE
- REVUE MENSUELLE
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- CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MÉTIERS
- Institut National dEtude du Travail et d’Orientation Professionnelle
- DIRECTEUR DÉLÉGUÉ
- M. Henri Piéron, professeur au Collège de France, directeur de l’Institut de Psychologie de l’Université de Paris, président de la Section des Sciences Naturelles de l’Ecole Pratique des Hautes Eludes.
- COMITÉ DIRECTEUR
- Le Directeur du Conservatoire National des Arts et Métiers.
- Le Directeur délégué.
- M. H. Laugier, professeur à la Sorbonne, directeur général des Relations culturelles au Ministère des Affaires Etrangères.
- M. P. Pouillot, inspecteur général honoraire du Travail.
- M. H. Wallon, professeur au Collège de France.
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- 2® Série. 2‘ Année N° 1-2 Janvier-Février 1946
- Bulletin de l’Institut National D’ÉTUDE DU TRAVAIL
- et
- D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- LE PLOMBIER »
- (INSTALLATION SANITAIRE)
- par
- Guy FLACHOT
- INTRODUCTION
- On a Vhabitude d'unir la couverture et la plomberie et, le plus souvent, les mêmes entreprises réalisent ces deux sortes de travaux. Cependant ils constituent deux métiers que Von peut distinguer et isoler ; « L'installation sanitaire et la couverture sont tout à fait distincts » dit Maximilien Perret « dans couverture et plomberie ». L'évidence fait admettre que le travail sur un toit pose des problèmes spéciaux très nets : vertige et épilepsie soht par exemple des contre-indications absolues ; les intempéries sont particulièrement dures à supporter. On concevra très bien, par ailleurs, l'analogie très grande des deux métiers.
- Nous ne considérons ici que le seul métier de plombier instal-leur sanitaire.
- Aussi ne parlerons-nous pas non plus de l'industrie de la fabrication du plomb, ne demandant que des manœuvres spécialisés dont aucun n'a le titre de plombier.
- Nous considérerons successivement :
- A. — Le métier, son évolution, son obfei et sa technique actuelle.
- B. — Les aptitudes nécessaires.
- C. •— Les connaissances à posséder.
- D. — Les conditions d'apprentissage.
- E. — Les conditions faites à l'ouvrier.
- (t) Extraits de la monographie d’un élève de l’I.N.E.T.O.P., avril 1943.
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- A. — Le métier
- Objet. — Arrivant sur un chantier, autant à la ville qu’à la campagne, dans le château que dans la villa ou dans un immeuble de rapport, le plombier y répand un réseau de canalisations prenant leur source et aboutissant, en sous-sol, à des circuits collectifs (eau, gaz, égouts). Le gros-œuvre s’achève ; les murs et les planchers sont en place. Des spécialistes, dits « colonnards » peuvent intervenir entre le « coffret » de la Compagnie du gaz, dans l’immeuble, et ceux de distribution aux étages.
- Le plombier revient ensuite sur îe chantier, après le plâtrier, le carreleur et le paqueteur, mais aVant les. peintres, pour poser les appareils que, généralement, il fournit : appareils sanitaires, robinetterie, compteur d’eau et jusqu’aux cuisinières quelquefois.
- Définition. — Il serait difficile de parler d’une définition, la plomberie actuelle en exigeant de différentes selon que l’on envisage la réparation et l’entrètien ou bien les installations nouvelles, soif dans une construction neuve, soit dans une ancienne habitation dont on améliore le confort. La première définition répond à un aspect de la question que chacun connaît bien : qui, en effet, n’a eu recours à cet ouvrier pour quelque fuite ou canalisation bouchée ? La plomberie, vue sous cet aspect, offre déjà des débouchés importants à bon nombre d’entrepreneurs et d’artisans. Mais il est un second aspects de la plomberie qui domine, et d’ailleurs précède chronologiquement le premier : c’est celui qui envisage le « plombier installateur sanitaire » qui « pose les appareils sanitaires et les canalisations qui leur sont nécessaires ». On a pu dire que le terme était impropre ; en réalité le travail du plomb se complique ici du travail de bien d’autres métaux et même du maniement d’autres matériaux.
- Technique. — Parmi ces matériaux citons : le grès, le ciment, l’amiante, la faïence, la porcelaine, le marbre, le verre, les revêtements : émail, vernis, goudrons, vitrification. On emploie les métaux en feuilles, en tôles, en tubes, voir en tiges. Ce sont le plomb, le cuivre, le zinc, la fonte et les aciers, le fer (galvanisé, fer noir) ; ils sont peints, nickelés, chromés, dorés.
- La diversité, caractère essentiel, se retrouve également dans les appareils :
- 1° Baignoires, lavabos, bidets ;
- 2° Eviers, réservoirs,“postes d’eau et compteurs;
- 3° Robinets, fontaines, postes d’incendie ;
- 4° W.C., chasses, urinoirs ;
- 5° Matériels d’arrosage, de pièces d’eau, pompes ;
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- ' 6° Production d’eau chaude (gaz, électricité, charbon) ;..............
- 7° Cuisinières, fours, appareils de chauffage, d’éclairage et compteurs à .gaz.
- De plus, le plombier concourt à l’installation des salles opératoires, des laboratoires, douches, piscines et bains publics..
- Les canalisations sont de quatre sortes :
- a) Arrivée cl’eau. — b) Evacuation des eaux usées vers l’égout. — c) Arrivée du gaz — d) Aération (ventilation secondaire aboutissant au toit).
- Il faut savoir dresser, c’est-à-dire aplanir, rendre régulier (on dresse aussi bien une plaque qu’un tube), emboutir, faire une rétreinte (pliage circulaire), couder en « ramenant » le plomb : (transport de métal analogue à celui du chaudronnage), agrafer, rive ter, calibrer et surtout souder (à la lampe ou au chalumeau). On ne saurait trop insister sur T importance de la soudure autogène, généralement au chalumeau oxyacëty)énique. Ce chalumeau servant aussi à cintrer les tubes et à chauffer est pratiquement indispensable dès que le chantier a une certaine importance et mérite le transport du poste de soudure.
- Outre la lampe à souder, il faut citer : les battes en bois ou en buis ou en gaïac, sortes de maillets dont le manche et la tête seraient dans le prolongement l’un de l’autre et qui servent à battre le plomb, à le ramener ; les mandrins également en bois dur, cylindre dont une extrémité tronconique sert à dresser les tubes ; les toupies en bois ou en fer, simples ou articulées et les « queues de cochon » pour trouer et évaser ; la broche et le damet pour atteindre à l’intérieur des tuyaux. Les billes, sortes d’œufs aplatis aux deux bouts, sont enfilés par sept dans une cordelette. Le plus grand diamètre de la seconde (bille mère) étant celui du tuyau, les autres (suiveurs) ont deux millimètres de moins. Le tout, poussé dans un tuyau, au besoin avec un chasse-bille, a‘pour effet de le recalibrer ; il faut évidemment plusieurs jeux de billes correspondant aux différents diamètres couramment usités.
- Autres outils : scie égoïne, ciseau, cisailles de différentes sortes, marteaux, grattoirs, râpes, pinces et clés ainsi que quelques outils de maçon, au moins une petite truelle. Niveau et compas sont moins utilisés, mais un crayon est nécessaire aux croquis faits le plus, souvent sur les murs.
- Conditions physiques du métier. — Maladies professionnelles. — R.-A. Kehoe, F. Thamann et J. Cholak ont- démontré la présence normale de plomb dans l’organisme (un squelette en a 135 milligrammes) et son élimination (0,25 à. 0,35 mgr. par 24 h.). Un kilog de cerises en contient-0,77 mgr. Mais l’introduction de
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- doses plus massives, dans l’organisme occasionne des troubles graves. Cette maladie, le saturnisme, atteint ceux qui travaillent la céruse, fabriquent les accumulateurs, ou encore ceux qui remanient le plomb ; les plombiers industriels, les clicheurs et les fondeurs de caractères d’imprimerie, monotypistes (à la fonte)... etc. On s’étonne donc de ne pas la trouver chez le plombier, malgré son nom ; le plombier qui n’est même pas désigné dans le décret relatif à l’intoxication saturnine (décret du 1er octobre 1913, modifié le 26 novembre 1934 et le 16 décembre 1934). En fait, et pour ne parler que des ouvriers possédant un minimum d’hygiène, on ne connait pas de cas de saturnisme. On peut au contraire citer des cas d’ouvriers sales, roulant leurs cigarettes ou mangeant sans se laver les mains qui, à la longue, sont atteints de ces terribles « coliques de plomb » et d’autres troubles graves pouvant parfois se transmettre à leur descendance.
- Il faut noter que le plomb est toujours gras en temps normal ; jamais à l’état de vapeurs ; rarement à celui de fines, poussières. En somme l’ouvrier propre n’a pas à craindre cette maladie d’autant que, s’il peut rarement se servir des installations sanitaires qu’il vient de poser, il peut du moins avoir chez lui un confort au-dessus de la moyenne.
- Les hernies sont nombreuses étant donné les grands fardeaux à soulever.
- Les accidents sont rares sous réserve des dispositifs de sécurité inhérents à l’usage des échelles et des échafaudages (garde-corps, plinthes, chaussures, non glissantes) et des cordes à nœuds pour les canalisations extérieures Des précautions sont à prendre contre les risques d’incendie: et les explosions (lampe à souder). Une instruction préfectorale du. 17 juin 1931 interdit les recherches des fuites par le flambage. Une certaine connaissance du bâtiment est nécessaire pour ne pas attenter à. la solidité des constructions, éviter les asphyxies en soùs-sol, les inondations...
- La caractéristique essentielle de ce métier, au point de vue moral, est, la diversité du travail, la liberté quasi absolue dont jouit l’ouvrier travaillant souvent seul ou en petite équipe sur des chantiers, parfois éloignés du siège de son entreprise. Ceci présente des avantages pour des ouvriers consciencieux, mais de grands inconvénients pour les autres. L’entrée d’une telle profession est donc à déconseiller nettement aux enfants enclins au laisser-aller et à la paresse ou n’ayant pas suffisamment la conscience du devoir.
- B. —^ Aptitudes
- Aptitudes physiques. — Uniquement métier d’homme, il nécessite une constitution générale très robuste, Une forte musculature
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- des bras et des jambes dures à la fatigue. Il est rare de voir des enfants se développer au cours et à cause de l’apprentissage. Il faut de bonnes jambes à l’ouvrier toujours debout, accroupi ou se déplaçant ; il lui faut de bons bras, à la fois pour les gestes professionnels à proprement parler, le métier exigeant parfois de grands efforts, et pour porter ou mettre en place des objets souvent lourds. Les poids des tuyaux enroulés en couronnes de 10 m. de longueur, varient évidemment suivant les diamètres ; ils sont de l’ordre de 17 kg. pour les conduites de gaz, de 35 kg. pour les. tuyaux de vidange, de 47 kg. ceux d’évacuation d’eaux ménagères et atteignant 150 kg. pour les moindres canalisations d’incendie. Les feuilles de plomb, employées plus rarement, pèsent de 300 à 700 kg. Les lavabos, baignoires, chauffe-bain sont également très lourds.
- Si la taille est indifférente, le cœur ne doit pas fatiguer et les organes digestifs ne doivent pas gêner. Autrefois les dangers du saturnisme demandaient un bon foie et de bons reins. Nous avons vu que ces' dangers sont inexistants. Les poumons doivent être dans le plus parfait état : pas le plus léger voile d’asthme ; l’ouvrier se trouvant non pas en plein air mais aux courants d’air. Les maladies cutanées sont des contre-indications si elles sont gênantes pour le travail ou si elles sont à vif. Il y aurait avantage à ce que les mains soient fortes ; l’ambidextrie est un avantage et un gaucher ne sera pas gêné.
- Pour la vue, seul le daltonisme offre une contre-indication, surtout d’ailleurs pour les opérations de forge. Le port des lunettes n’est pas une gêne particulière.
- L’ouïe est nécessaire pour l’essai et la vérification de certaines installations et pour le contact avec la clientèle, ce qui peut, du reste, n’être qu’exceptionnel.
- Un bon odorat est très utile, en particulier pour déceler immédiatement les fuites de gaz, mais le goût, lui, est indifférent.
- Il ne faut pas être sujet au vertige, bien que l’on prétend le vaincre par l’accoutumance progressive.
- Il ne faut pas être sujet aux hernies, aux varices. La paralysie est une contre-indication absolue. On peut néanmoins tolérer quelques malformations quand elles ne sont pas source de fatigue. L’emploi d’échaffaudages et d’échelles exclut l’épileptique et tous les cas de troubles nerveux graves.
- La fatigue physique apparaîtra d’abord dans les bras des apprentis, puis dans les jambes dès qu’ils iront sur les chantiers. Toutefois, la nature du travail offre une discontinuité de l’effort, permet les poses et les changements de positions. L’ouvrier peut régler le travail à son rythme, selon sa propre volonté, sans être inquiété par des surveillants. Le travail n’est pas monotone ; il
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- s’agit pour l’ouvrier de faire son installation de façon à atteindre le but qui lui a été fixé, et cela quels que soient les problèmes ou les obstacles qu’il rencontre au cours de son travail, suivant les circonstances et les dispositions particulières à chaque cas. Le travail en série est extrêmement rare et ne se présente que dans le cas d’un ensemble de vastés imméubles modernes ; les ouvriers d’une entreprise équipant les gratte-ciel de Drancy manifestèrent leur contentement dès qu’ils purent revenir à des travaux plus différenciés, « plus intelligents » disaient-ils. C’était la première fois qu’ils travaillaient sur un chantier semblable.
- Aptitudes psychiques et intellectuelles. — Raccorder un tuyau à un appareil sanitaire, par exemple, nécessite de savoir apprécier visuellement des longueurs, des épaisseurs. La question des couleurs peut avoir à jouer (travail des métaux, prise des ciments, humidité des murs...)
- Une ouïe assez fine sert à vérifier la bonne marche de certaines installations.
- Pour sa part, le toucher sera utile dans, certains cas : aspérité d’une soudure, échauffement d’une conduite... La mémoire spatiale servira à se souvenir des plans d’une installation. Les réactions rapides et la souplesse rendent plus sûr l’emploi des échaf-faudages.
- L’attention est double ; elle doit pouvoir en garder le Souvenir d’un schéma général, se prêtant aux combinaisons, se fi&er aussi sur les détails d’exécution, en action réciproque et l’imagination doit être assez étendue, toujours tournée cependant vers la solution concrète et pratique. Les imprévus ne doivent pas surprendre le plombier. Sur place il déterminera l’endroit où traverser le mur ; il décidera l’emplacement d’un robinet ; il verra comment surmonter une poutre en gardant une certaine pente, etc... Il lui faut faire preuve d’une très grande initiative. Ce n’est que sur place que se conçoit la bonne solution ; c’est toujours là qu’il faut se décider et il ne lui est pas toujours possible d’avoir recours à l’avis du technicien. Son ingéniosité doit s’exercer constamment, à la fois sur le plan d’ensemble et sur tel ou tel détail. En outre, lorsqu’il s’agit de réparations urgentes, il doit prendre ses décisions avec rapidité. L’habileté manuelle joue un certain rôle. On a mis en chanson le calme et le flegme du plombier ; en fait, il est préférable de bien combiner son travail pour éviter toute perte de temps et exécuter avec habileté un projet sérieusement conçu plutôt que de se laisser aller à une précipitation insuffisamment réfléchie.
- Il faut, pour cela, avoir une intelligence au-dessus . de la
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- moyenne et, si L'instruction de base n’est pas négligeable, il faut surtout une parfaite compréhension des problèmes techniques.
- De plus, certaines installations font preuve d’une grande recherche esthétique et Maximilien Perret écrivait : « Nos ouvriers sont de véritables artistes. Il leur faut, pour être à la hauteur de leur tâche, une intelligence de premier ordre, du goût, du soin, des connaissances professionnelles complexes. »
- Aptitudes moi'ales".---L’amour du métier doit faire éviter les
- malfaçons aux conséquences si graves, malgré le manque ou au moins la discontinuité forcée de la surveillance directe. Enregistrons avec plaisir la disparition du plombier caricatural, en espadrilles et cotte lamentables, fréquentant bien plus le café que le lieu de son travail. Ce portrait tout conventionnel ne correspond nullement à la réalité. D’autre part, signalons que l’amour du métier peut se concrétiser par l’attachement à l’entreprise, amenant une stabilité d’emploi dont chacun ne peut que profiter.
- Si l’on reconnaît un bon apprenti à l’école, certains peuvent encore se révéler sur le chantier. Il y a peut être une influence familiale, niais certains fils d’entrepreneurs ne montrent pas forcément de goût au métier dans ses formes manuelles. C’est évidemment à l’œuvre que l’on peut déceler ceux qui ont à la fois le goût et l’habileté nécessaires. En résumé, un adolescent fera un bon plombier s’il réunit :
- 1° De solides qualités morales et de conscience professionnelle.
- 2° Une force physique et une énergie très grandes, plus encore qu’une habileté manuelle exceptionnelle.
- 3° Une double attention portant à la fois sur une conception d’ensemble et sur les détails d’exécution d’une installation.
- 4° La possibilité d’acquérir des connaissances techniques de plus en plus approfondies.
- En conséquence des tests s’appliquant à cette profession porteraient :
- 1° Sur des qualités morales (autant qu’il en existe).
- 2° Sur la résistance à la fatigue des jambes et la force musculaire des bras.
- 3° Sur l’attention distribuée dans le tests de barrage de Toulouse et Piéron (plusieurs signes, en tenant plus compte de la qualité que de. la rapidité).
- 4° Une bonne réussite dans les fiches techniques A et B s’impose ainsi que dans la fiche psychologique de Piéron pour les points de la mémoire complète et d’observation, de la mémoire des formes géométriques et de l’intelligence numérique.
- D’autre part, les tests suivants peuvent être appliqués si on
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- les envisage sous un angle de compréhension et de méthode plutôt que de vitesse : Wiggly Block, Stenquist, Minesota et Pior- , kowski.
- D. — Conditions d’apprentissage
- L’appreniissage commence aussitôt après le certificat ou, sans inconvénient, un an plus tard ; un manque de maturité d’abord cause de fatigue excessive, rendrait, par surcroit, tout travail inintéressant ; d’autre part, une instruction élémentaire incomplète présenterait fatalement, par la suite, de sérieux inconvénients. Il faut à l’enfant une bonne formation première avant de se lancer dans l’étude des connaissances techniques variées dont il aura besoin. Notons en passant que les offres d’emploi sont nombreuses, ce qui paraît provenir de ce que les enfants connaissent bien cette intéressante profession et ses débouchés. Dans sept communes de la Seine, une enquête portant sur 1.022 garçons en indique 5 désirant devenir couvreur-plombier alors que le groupe professionnel du bâtiment représente 6 °/0 environ de la population active (J. Fontège, Cf Bibliographie) on peut estimer à 6.000 environ leur nombre sur la place de Paris.
- L’avenir de la plomberie est lié à celui du bâtiment; or nul doute que cet avenir soit intéressant, spécialement dans un prochain avenir.
- On envisage l’ouvrier s’installant à. son compte plus facilement dans la plomberie que dans les autres métiers; un bon ouvrier doué de solides qualités d’organisation commerciale pourra facilement répondre aux nombreuses offres de la provirice ou de la campagne ; dans plus d’un bourg, la présence d’un plombier suffirait à faire naître bien des travaux répondant à des besoins latents, constamment remis faute de la présence, à proximité, d’un homme de métier. Dans ce cas, il est nécessaire de posséder bien des aptitudes en plus qu’on exige déjà d’un bon compagnon attaché à un patron, que ce soit une grande entreprise de plus, de cents ouvriers comme il en existe une demi-douzaine à Paris, ou une moyenne entreprise de 10 à 12 ouvriers ou une petite maison souvent alors consacrée à l’entretien et la réparation.
- Pour l’artisanat rural ou non (Cf loi du 26 juillet 1925 modifiée le 27 mars 1934 et le 2 mai 1938), un ouvrier connaissant parfaitement son métier doit, par surcroit, posséder des qualités de commandement et d’exemple s’il a des apprentis, appuyées d’une connaissance de la psychologie de la clientèle parfois difficile à satisfaire, qu’elle soit rurale ou urbaine, et basé sur un goût développé de l’initiative et de la responsabilité. Il doit s’allier à un architecte ou à un entrepreneur, s’il ne l’est pas un peu lui-même ;
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- il doit avoir un sens esthétique très développé. Un avenir florissant s’offre à lui s’il dispose des fonds nécessaires à. son établissement.
- Il est difficile, surtout à l’époque actuelle, d’indiquer une somme approximative. Tant à la ville qu’à la campagne, en se basant sur le taux de 60 % du chiffre d’affaires annuelles, on pouvait, en 1939, l’estimer à 50.000 francs, car, si l’outillage et les matières premières n’exigent pas un gros apport, il faut compter sur le caractère commercial de l’entreprise et principalement.sur les avances à la clientèle.
- Un apprentissage est toujours nécessaire, même s’il s’agit d’un adulte venant de certains métiers de la métallurgie, grande ou petite. Dans ce cas, néanmoins, la formation rudimentaire est rapide, mais le métier ne s’acquiert ici plus qu’ailleurs peut-être que par une longue pratique.
- Certaines spécialisations, se rencontrent, surtout dans les grandes entreprises. On distingue :
- Le fontainier, qui doit être robuste ;
- Le gazier, possédant quelques connaissances spéciales plus poussées ;
- L’hygiéniste et l’installateur de laboratoires (physique, chimie, biologie, zoologie, médecine, chirurgie, radiologie). Cette spécialisation, très intéressante, est cependant assez limitée, en nombre, mais ne peut que croître dans l’avenir ;
- Le plombier-zingueur, souvent aussi couvreur ;
- L’ornementistes en zinc, en étain, en plomb, en cuivre ; mais ce sont déjà des matières différentes.
- Par dessus tout il faut distinguer entre les installations neuves et les réparations ou l’entretien car, pratiquement, il existe une différence capitale entre ces genres de travaux, bien que les ouvriers spécialisés dans les uns peuvent exécuter les autres... Mais ne leur en parlez pas. Déconseillons formellement toute spécialisation prématurée : l’apprenti ne peut mieux faire que d’apprendre au mieux le métier le plus, étendu possible.
- L’apprentissage patronal semble pratiquement le plus courant ; il pose chaque- fois un cas particulier, selon l’emploi que l’on donne à l’apprenti et suivant l’attention que l’on porte à l’mstruc-tion même que lui donnera le compagnon à qui on l’affectera. Cet apprentissage est complété, par des cours du soir gratuits et publics : à l’école Boulle, à la Bourse du travail, et son annexe, 67, rue Turbigo. Voir aussi à l’Union des syndicats et coopératives de production pour l’apprentissage dans le corps du bâtiment, 19, rue Renard, Paris (IVe).
- De nombreuses écoles ont une section de plomberie, y compris
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- les ateliers-écoles dont le principe fut posé et la première application réalisée par M. Charles Kula, en 1920, par la Chambre de Commerce de Paris. Pour la plomberie, 51 bis, rue des Epin-nettes (XVIIe).
- La durée d’apprentissage de trois ans pourrait être, très, exceptionnellement, réduite à deux ans, sous condition de pouvoir assimiler le programme dans ce temps réduit et surtout d’acquérir l’habileté et la maturité nécessaires. Les contrats d’apprentissage sont analogues à eeux des autres corps du bâtiment.
- On peut désigner sous le nom de garçon l’apprenti, dès qu’il est suffisamment débrouillé pour aider vraiment le compagnon.
- Par tradition, le « Compagnon » choisissait son « garçon ». Il le prenait souvent ainsi parmi ses connaissances, fils de voisins, de camarades. Mais, cette coutume tend à disparaître, bien cpie tous deux continuent à former un ensemble difficile à séparer, le compagnon assumant toute la responsabilité. Il appartient donc souvent au bureau de placement de faire appel à des indices pour venir à. cette profession. L’orientation parait devoir s'imposer dans ce domaine, elle a une grande et importante tâche à remplirK spécialement à l’époque actuelle, en prévision d’un avenir qu’il faut préparer dès maintenant.
- E. — Conditions après apprentissage
- Il est très facile à l’apprenti de se placer étant donnée la supériorité des offres des employeurs sur les demandes d’emploi. Le garçon deviendra petit compagnon ; c’est celui-ci que l’on voit courir dans les rues, muni de son sac, pour effectuer les petits travaux ou tâche qu’il exécutera seul. Puis il passera compagnon en devenant spécialiste installateur. Le maître compagnon est chargé des travaux de neuf ; il est responsable des travaux de la main-d’œuvre placée sous, ses ordres et de la marchandise (réception et emmagasinage); il est aidé par son garçon, dans ce. cas « maître garçon » et qui passera bientôt compagnon. Il est en relation directe avec le client, l’architecte, le patron.
- Il apparaît donc important de placer l’apprenti dans une entreprise connue pour les soins qu’elle apporte au perfectionnement de ses jeunes, ouvriers.
- Moins que toute autre du bâtiment, la profession ne subit de chômage saisonnier. Seul le gel ralentirait les travaux ; et encore donne-t-il plus d’ouvrage dans la branche des « réparations »..
- Il arrive que des ouvriers changent de métier, suivant des circonstances particulières, souvent attirés par des taux horaires plus élevés, en usine par exemple (soudage, serrurerie, chaudronnerie) ; mais ils. échangent alors la liberté caractérisant la plom-
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- berie contre la régularité de tâches plus automatiques. Ceci montre toutefois qu’il existe une voie de diversion possible dans ceiv tains cas particuliers (fatigue ou accident de jambes, par exemple) ; un bon plombier fera tout de suite un bon métallurgiste.
- Les cadres supérieurs sont fournis par les grandes écoles d’ingénieurs qui, après leur formation générale, se spécialisent dans cette branche (Ecole centrale, T. P., A.. M., etc...). Au conservatoire des Arts et Métiers un cours spécial concerne l’ingénieur sanitaire.
- NOTES ET DOCUMENTS
- Bases théoriques de la détermination des types
- M. P. Delaporte a fait au Congirès poux l’avancement des sciences (octobre 1945), un magistral exposé dont nous donnons, sous la signature de Mme g. Bernyer, les idées principales. Il a d’ailleurs fait uu exposé similaire à la Société de biotypologie de décembre 1944.
- Le type est défini par l’ensemble des traits, généraux qui caractérisent un groupe. Ainsi, Viola, parlant de mesures anthropométriques d’où il tirait un certain nombre d’indices, a distingué trois types humains :
- 1. Si l’indice du tronc > l’indice des membres
- — de l’abdomen > — des jambes
- — des bras >»
- 2. Si l’indice du tronc <;
- — de l’àbdomen <C
- — des bras <
- 3. Si l’indice du tronc =
- — de l’abdomen =
- — des bras =
- Type
- macrosplanchnique
- Type
- microspiaoblmique
- Type
- — du thorax l’indice des membres
- — des jambes
- — du thorax l’indice des membres
- — des jambes
- — du Thorax
- Mais, dans la réalité, on se heurte à des difficultés, car les conditions que doit réaliser un individu pour appartenir à l’un de ces types, ne sont pas toTijours concordantes. En particulier, Légalité des indices n’est jamais que très grossièrement vérifiée, et il est bien difficile de dire ce cpi’est, au juste, un normosplanch-
- nique.
- Considérées dans leur ensemble, les nombreuses classifications typologiques, plus ou moins grossièrement vérifiées et variables selon les. auteurs, demeurent pour une grande part des vues de l’esprit.
- Prenons un exemple simple, celui de la .taille, sur laquelle on peut effectuer des mesures précises et constantes pour chaque sujet. Elle donne généralement une distribution en cloche ; aussi Galton et Pèarson Lont-ils étudiée sans envisager l’existence de
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- types. Mais, s’il arrivait qu’une distribution des tailles mesurées sur une population soit bimodale, elle pourrait être considérée comme la résultante du mélange de deux types. C’est ce qu’avait cru observer autrefois Bértillon (en 1851-1860) avec les conscrits du Doubs. En fait, on s’est aperçu plus tard que la bi-modalilé pouvait s’expliquer par la superposition à la loi de Laplace-Gauss d’une loi d'erreur (due aux mesures imprécises et à l’attraction des nombres ronds) et l’hypothèse de Bertillon a dû être rejetée.
- Supposons l’existence de types, et voyons ce que donnent les méthodes de recherche des types couramment utilisées,
- Soit deux caractères, X, Y. Si on effectue les mesures de ces
- y
- a
- DC
- Fig. I
- deux caractères sur n sujets, en représentant chaque individu par un point dans le système d’axes, rectangulaires X O Y (les coordonnées du point étant les mesures des deux caractères effectuées sur cet individu), on obtient un nuage d’observation (fig. I).
- Imaginons qu’il existe deux types distincts dans la population étudiée. Par la construction de courbes d’égale densité, on verra que le nuage global se scinde plus ou moins nettement en deux sous-nuages. Mais, si nous étudions les distributions de fréquence des deux caractères, la bi-modalité n’apparaîtra pas nécessairement. On le voit par les deux exemples ci-dessous. Dans, le premier cas, (fig. II), la variable Y ne décèle aucune hétérogénéité.
- Fig. II
- Fig. III
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- Dans le second cas (fig. 111)., malgré l’existence de deux types, les distributions de fréquence des caractères X et Y apparussent toutes deux normales.
- Considérons maintenant la corrélation entre X et Y. Si les lignes de régression sont des droites, le coefficient de corrélation r sera considéré comme une mesure correcte. Or, dans le cas où la population est un mélange de deux types présentant des corrélations du même ordre, la corrélation pourra être assez differente pour l’ensemble de celle qu’on obtiendrait pour chacun des types.
- Exemple : Les corrélations à l’intérieur de chaque type étant : r, = 0,962 r5 = 0,903, on a pour le nuage global : r — 0,767.
- Fig. IV
- Ou bien, si la liaison statistique est beaucoup plus, grande à l’intérieur d’un type que pour l’autre, le coefficient de corrélation global sera intermédiaire entre les coefficients des deux groupes (fig. IV).
- Exemple : Avec des coefficients r1 = — 0,818, et rs = — 0,162 pour les deux nuages, on a trouvé pour le nuage global r = — 0,495.
- On voit, par cea exemples, l’erreur possible lorsqu’on traite un nuage global où l’on n’aperçoit pas de types. Cela nous a montré en même temps l’impossibilité d’utiliser le coefficient de corrélation r pour effectuer une décomposition en types.
- Les exemples précédents se rapportaient au cas d’une popula-li°n décqmppsable en deux types. Or,, il est probable que chez 1 .homme, .le. nombre de types doit être supérieur, ù 2. Le nuage
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- global pour deux caractères- se décomposera alors en plusieurs sous-nuages (fig. V).
- Si l’on étudie simultanément les caractères sur une population de n individus comprenant plusieurs, types, les caractères étant portés sur k axes rectangulaires, les n individus seront représentés par un nuage de n points dans un espace à k dimensions. Il y aura des types si ie nuage global est formé de petits nuages isolés.
- Comment définira-t-on le type pur ?
- 1° Ou bien on pourrait songer à le caractériser par les moyennes des caractères dans chaque sous-nuage. En pratique, cela est impossible car il y a toujours des individus ir^ermédiaires entre .les types.
- 2° Ou bien, le type pur correspondra à la forme la plus fréquente dans le type, c’est-à-dire au maximum de densité dans le sous-nuage (région d’accumulation des points d’observation). Il peut y avoir des caractères qui sont indépendants du type étudié ; on recherchera donc le .type pur seulement dans le sous-espace lié par le type. Cette deuxième définition ne fait pas d’hypothèse sur les limites des types, et la séparation des types pourra se faire plus tard.
- Reprenons, dans ce cas général, l’examen des méthodes habituelles de recherche des types.
- a) Examen des distributions de fréquence de chacun des caractères : on risque, nous .l’avons vu, d’avoir des distributions à un seul sommet, donc pas de résultat.
- b) Analyse factorielle des corrélations : elle donnera encore pour les facteurs une distribution continue, et les types n’apparaîtront pas davantage.
- c) Etude des corrélations entre personnes : Cette méthode consiste à calculer les corrélations entre deux individus d’un même échantillon vis-à-vis de-k tests. Les individus d’un même sons-
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- nuage auront entre eux des corrélations plus fortes, à condition toutefois que les caractères non liés au type n’introduisent pas de trop forts écarts. Mais, s’il existe quatre ou cinq types différents, r aura une distribution continue. De plus, deux individus voisins donneront une corrélation aussi élevée que deux individus du même type. Ainsi, les. corrélations entre personnes donneront un bon indice de ressemblance entre individus, mais ne permettront pas le découpage en types. D’ailleurs, en supposant n = 1.000, on aurait 500.000 corrélations, ce qui rendrait l’étude impraticable.
- En conclusion, P. Delaporte montre que la seule méthode possible est l’étude géométrique du nuage global. Il a lui-même appliqué ce procédé avec succès à la recherche des types dans divers échantillons de fontes. L’analyse portait sur 6.000 individus et 40.000 mesures. Le nuage global, à dix-huit dimensions, a été projeté sur cent cinquante trois , plans orthogonaux. Par l’étude de ces projections, P. Delaporte a pu mettre en évidence trois types principaux, plus deux types accessoires. Ainsi, dans des conditions favorables (mesures nombreuses et précises, petit nombre de types) l’analyse des types s’est montrée possible.
- En typologie humaine, la difficulté est plus grande car on est encore très mal outillés. Pour aboutir, il faudrait avant tout posséder de très bonnes mesures effectuées sur des populations trè» nombreuses. G..Bernyer.
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- La recherche des facteurs de caractère.
- Si les méthodes d’analyse factorielle ont été utilisées essentiellement. pour tenter d’établir la structure mentale et les fondements des aptitudes intellectuelles, elles, n’ont pas tardé à être appliquées aussf au problème de la personnalité affective, de la structure profonde du caractère, avec les tendances et les goûts.
- Dès 1915, Webb (Character and Intelligence ; British Journal of Psijchologq Monograph, n° 3) dégageait un facteur de caractère qu’il juxtaposait au facteur g de Spearan, attribué à l’intelligence générale, un facteur de volonté, de persistance dans l’effort, désigné par le symbole W.
- En 1939, Reyburn, d’après ses coefficients de saturation avec divers traits manifestés de la personnalité, individualisait quatre facteurs que leur analyse dégageait (Soine factors of personality, Brit. J. of Psgcli., 30, p. 151) : Le premier, à signification antithétique, tracerait une ligne entre le caractère léger et les. dispositions sérieuses ; le second représenterait la persévérance, mais différerai! du W de Webb, en ce qu’il s’agirait moins du maintien d’une activité dirigée dans un but que d’une capacité générale de stabilité et de continuité ; le troisième représenterait la disposition à la charité ; enfin le quatrième aurait Irait à une sorte de sensibilité sociale, sans se confondre toutefois avec la sociabilité, conçue comme instinct gré-gaire, '
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- Les. mêmes auteurs ont repris la question avec up questionnaire rempli par 115 étudiants et destiné à la détermination des tendances à l’introversion et à l’extroversion (1), et .ont appliqué l’analyse cen-troïde de Thurstone à un tableau d’intercorrélations de dix traits > (par exemple la facilité à se faire des amis, ou la tendance aux sautes d’humeur spontanées) gradués en cinq échelons.
- Ils on’ encore dégagé quatre facteurs dans lesquels ils retrouvent la persévérance, le sérieux, le sens social, et, en outre, identifient un facteur d’intérêt, confirmant l’affirmation antérieure de Cattell qu’in-trovérsion et extroversion ne sont, pas des tendances simples (2), des facteurs unitaires, mais dissocient ce que Cattell envisageait comme un facteur simple d’adaptation, à côté de ce qu’il désignait comme facteur bipolaire de « surgence-désurgence » qui se rapprocherait de leur facteur de légèreté-sérieux.
- On ne peut 'naturellement pas considérer comme définitivement valables de telles tentatives d’identification de facteurs fondamentaux du caractère, mais il paraît bien ressortir que l’analyse statistique conduit à donner le caractère de résultantes complexes aux attitudes introverties ou extroverties qui apparaissent, à beaucoup comme des tendances simples et primitives. H. P.
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- Une expérience intéressante de sélection scolaire faite en Lot-et-Garonne.
- Un essai de sélection scolaire par la méthode des tests a été conçu par M. Lebettré, inspecteur d’Académie du Lot-et-Garonne.
- Il s’agissait des examens d’entrée en 6e et dans les cours complémentaires du département en juillet 1945.
- M. Lebettre proposa au Centre d’orientation professionnelle de se charger de cette expérience. 11 s’agissait d’adjoindre au concours d’entrée aux classes citées une série d’épreuves, psychotechniques afin d’essayer d’introduire dans ces concours une méthode plus rationnelle.
- Le directeur du Céntre, M. Galibert, et une orienteuse, MIle Vignes, se chargèrent des examens.
- L’examen comprenait trois séries d’épreuves :
- — une épreuve d’at.tention (le barrage de Lahy) ;
- — une'épreuve de mémoire constituée par deux textes de Fontègne
- (pris dans l’O.P. et l’école) ;
- — une épreuve d’intelligence avec deux tests ;
- — un d’aptitude intellectuelle — à proprement parler —T « examen
- psychologique » de Mme Piéron, dite « fiche scolaire » qu: a été étalonnée en tenant, compté de l’âge (11, 12, 13, 14, 15 et le ans) et dont les questions, diversement groupées, permet ;ent de noter : la compréhension, la critique, l’invention, leur sommé :
- le niveau global et enfin, en ajoutant les résultats des deux séries parallèles de questions constituant tout le cahier : l’efficience totale, renseignement particulièrement révélateur pour les enfants lents par exemple ou très fatigables ;
- (1) W.-A. Reyburn et J.-G. Taylor. — Factors in introversion ami extraversion. «< Brit. J. of Psych. », 1941, t. 31, p. 335-340.
- (2) Cattell. — Tempérament’ tests. « Brit. J. of Psych.», 1933, t. 23, p. 308, t. 24, p. 20.
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- — l’autre, non verbal, s’adressant à l’intelligence sensible et intuitive constitué par la « fiche technique A » de Mme H. Piéron dont quelques épreuves seulement ont été données.
- Un étalonnage spécial, fut établi (d’après les résultats obtenus) pour le test de mémoire et la fiche A.
- Les résultats des tests s’expriment par un profil. L’étalonnage permet de donner à chaque enfant une place — sur 100 — pour chaque point envisagé : critique, invention, mémoire, intelligence spatiale, etc... L’examen de ce profil, la situation des différents points
- PROFIL INDIVIDUEL DE PAUL X.
- 10 20 30
- 40 50 60 70
- 80 90
- 100
- T. B. B.
- M F*i M. Fe*.
- M
- T. M,
- EXEMPLE 1
- Attention
- Mémoire
- Compréhension
- Critique......
- Invention.» • • Niveau global. Efficience lie. Intel. Spatiale
- etc
- PROFIL " RECTILIGNE " DE PAUL X..
- EXEMPLE 3
- PoulX
- PROFIL " DISPERSÉ " DE JEAN Y...
- EXEMPLE 3
- Attention
- Mémoire........
- Invention......
- Critique.......
- etc.
- Légende de l'Exemple 2 = Attention + ; Mémoire 0 ; Fiche Ptéron • ; Fiche A X
- permet de se faire une opinion sur le sujet. On peut établir les. clas-
- Cl 1 t no K «-!___ i m v » ; , . . * _ A
- .... - l-----w WtijUl,, W U {JUUL OLttUJii 1^0. UiaO-
- sntcaltorts suivantes Très bons (entre le Ier et le 10e) (sur 100) ; Bons entre le 10* et le 30e*;'Moÿéns-forts entré le 30e et le 50® ; Moyens-faî-
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- blés entre le 50e et le 70e ; Mauvais entre le 70e et le 90e ; Très mauvais entre le 90° et le 100°. Un profil dont les différents points se situent en gros dans une même zone permet de cataloguer l’enfant bon, très mauvais, moyen. Par exemple le profil reporté ici sellait celui d’enfant moyen-faible. L’appréciation est plus délicate quand on a affaire au type appelé « dispersé » dans lequel les points s’échelonnent sur toute la largeur du tableau (ex. 3).
- Afin d’avoir sous les yeux les résultats, de tout un groupe d’enfants, il fut établi un tableau récapitulatif pour chaque établissement. Sur une même feuille figuraient tous les noms des sujets et pour chacun on reportait sur une seule ligne les places obtenues pour les différents points du profil (en adoptant naturellement une légende qui permette de les distinguer). De la même façon il était possible de voir dans quelle zcne se groupaient Les points (exemple 2).
- La répartition des résultats est conforme aux lois de la statistique, c’est-à-dire que la proportion des bons, des moyens et des faibles se groupe selon le pourcentage normal (ce qui constitue la meilleure preuve quant à la valeur des tests, employés).
- Considérons les résultats : Sur 415 garçons, le nombre d’enfants au-dessus de la moyenne est de 53,25 % (4,34 % très bons, entre 1er et 10° dans l’étalonnage ; 20,48 % sont bons, de 10e a 30e à l’étalonnage ; 28,43 % sont moyens forts dé 30e à 50e).
- Le nombre de garçons' au-dessous de la moyenne (46,74 % se répartit ainsi : 21,93 % sontpnoyéns faibles, entre 50° et 70e; 20,72 % sont mauvais, entre 70e et 90°; et 4,09 % sont très mauvais entre 90e et 100e).
- Si nous faisons le même relevé pour les 251 filles soumises à l’examen, nous trouvons les résultats suivants. :
- Sur 251 filles, le nombre d’enfants au-dessus de la moyenne est de 49 % (3,58 % très bonnes ; 16,73 % bonnes ; 28,68 % moyennes-fortes). -
- Lé nombre' des su jets, au-dessous de la moyenne est de 51 % décomposé ainsi : (25,10 % moyennes-faibles ; 19,22 % mauvaises ; 5,97 % très mauvaises).
- Les conclusions suivantes en ont été dégagées qui, (d’ailleurs, s’expliquent aisément : le niveau est plus élevé parmi les candidates à l’enseignement secondaire. Il est meilleur pour le Cours complémentaire de garçons d’Agen que pour celui de filles (car c’est le seul établissement après lë C.E.P. alors que pour les garçons il y a aussi le Collège technique). Il est bas à Furnel, C.C. garçons, et en effet, ainsi qu’il fut confirmé par le Directeur, tous les candidats qui l’ont, désiré s’y sont librement présentés quelle que soit leur valeur. Il semble donc que l’appréciation basée sur les tests présentent des garanties assez sérieuses pour être prises en considération.
- Il reste d’ailleurs à examiner ce point capital : le parallèle avec les résultats scolaires. La confrontation se fit tout d’abord avec l’avis des maîtres ayant préparé les candidats à l’examen d’entrée. Aucune discordance profonde n’a .pu être signalée. Le résultat de l’examen psychologique confirme l’appréciation donnée par les instituteurs. En effet il leur avait été demandé de remplir pour chaque enfant une fiche scolaire où ils devaient le classer, dans les principales disciplines scolaires, lés'aptitudes'motrices et physiques en bon, moyen, médiocre, faible. Les. divergences s’expliquent presque toujours par des raisons d’ordre caractériel (man-
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- que de goût pour le travail scolaire ou au contraire grande application e't désir de bidn faire, opposition, animosité contre le maître). On voit tout.e l’importance des. fiches, remplies, par l’instituteur ; elles permettent de juger du caractère de l’enfant d’une manière plus saine et plus sûre que ne le feraient les tests dits de « caractère » dont la méthode est encore loin d’être au point..
- Le rapprochement se1 fit aussi avec les résultats, de l’examen scolaire lui-même. De nouveau on assiste à une similitude des conclusions mais qui cette fois-ci est moins éloquente. En effet les épreuves scolaires étaient en petit nombre : une dictée et des questions et deux problèmes et elles ont été réussies dans leur totalité par un nombre important de candidats. Un succès de cette nature ne permet pas d’affirmer un niveau intellectuel obligatoirement excellent : un enfant travailleur, moyennement doué peut et doit réussir très bien dés épreuves scolaires adaptées à son âge et à sa préparation. Ceci explique le très grand nombre d’enfants reçus à l’examen d’entrée — à peine un dixième d’échecs — car il ne fut tenu aucun compte des résultats psychologiques. L’examen psychotechnique aurait permis une sélection beaucoup plus sévère, même si on se bornait à éliminer les « mauvais » et les « très .mauvais ». En effet les « moyens-faibles » peuvent compenser leur insuffisance par des qualités de caractère (conscience, assiduité, application). Il serait peut-être profitable d’orienter tout de1 suite vers un autre enseignement qui leur serait mieux adapté les enfants dont les capacités intellectuelles sont faibles et qui ne pourront pas poursuivre avec profit les études longues et abstraites de l’enseignement secondaire ou même primaire supérieur.
- Il faut remarquer, dit le Directeur du Centre, que les épreuves psychologiquës n’ont été subies que par des candidats à l’examen d’entrée dans un établissement du deuxième degré. En principe, ne devraient pas se trouver parmi eux les enfants les plus défavorisés au point de vue intellectuel. Les résultats indiquent pourtant qu’il y en avait. Si l’étalonnage primitif avait, porté, comme il est normal, sur cette catégorie il faudrait admettre une certaine baisse de niveau. Mais, d’autre part, il faut bien considérer que lous les élèves de septième sont présentés à l’examen d’entrée en sixième. Or, le recrutement des septièmes correspond à une situation sociale qui ne signifie pas forcément sélection intellectuelle. Pour les Cours complémentaires, les. habitants des localités où se trouvent ces établissements ayant la possibilité d’y envoyer leurs enfants comme externes, n’hésitent pas à présenter leurs enfants, même si ceux-ci sont très peu faits pour les études. Ces faits peuvent expliquer la révélation par les tests de niveaux intellectuels très faibles.
- On voit donc ,que la méthode des tests permet de faire un pronostic sur l’aptitude générale à poursuivre ou non des études. Il serait intéressant de mettre en valeur la corrélation, si elle existe, entre la réussite de certains tests et celle de disciplines scolaires correspondantes. Peut.-on affirmer qu’un bon niveau en compréhension, critique, invention, révèle le succès au point de vue verbal et littéraire, alors que la réussite des tests non verbaux de la « fiche technique » qui fait appel à la représentation dans l’espace, à l’intuition des mouvements et des formes, permettrait de bons résultats en mathématiques, en physique o,t dans toutes les sciences exactes ? Il y a là un champ d’études certainement, fécond en enseignements. ...
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- C’est pourquoi il fut décidé avec les Directeurs, des différents établissements de faire, en fin de trimestre, une réunion des professeurs à laquelle assisteraient les conseillers d’orientation professionnelle et de constater dominent se répartissent les enfants après trois mois de ce nouvel enseignement. Une discrimination plus fine que celle fournie par l’examen de juillet sera sans doute davantage conforme à la répartition donnée par la méthode des tests. De plus on pourra confronter le succès dans telle épreuve psychotechnique et dans telle discipline scolaire et si la corrélation se révèle constante dans un nombre suffisamment important, de cas on pourra peut-être conclure* à la détermination par ce test de telle aptitude donnée. Cé travail de longue haleine qui demande une observation prolongée et patiente permettrait au psychotechnicien d’appliquer les tests sur des sujets bien connus de lui et dont il suivrait chacun des échecs et des réussites. Ce serait peut-être là une conception voisine de celle proposée par le Professeur Wallon .pour ses « psychologues d’école ».
- Souhaitons que cette très intéressante expérience soit renouvelée; En effet, M. l’Inspecteur d’Académie avait en vue, écrit-il lui-même, un double but et c’est lui-même qui l’expliqué et que nous citons ici dans son intéressant rapport adressé à M. le' Recteur de l’Académie de Bordeaux :
- « Mon intentiori était double :
- « 1° Fournir si possible aux « conseils d’admission » un élément supplémentaire d’appréciation en cas d’indécision ;
- « 2° Obtenir une comparaison entre îles résultats des examens traditionnels et les épreuves psychotechniques.
- « Le premier résultat n’a pu être pleinement atteint puisque nous avons fait subir les épreuves, psychotechniques le jour même de l’examen dans l’après-midi, et qu’eni raison de la correction très longue dés épreuves, il n’a pas toujours été possible aux jurys d’être en possession des conclusions des orienteurs au moment de la délibération finale. Aussi, je me propose si, comme je l’espère, l’expérience est renouvelée l’année prochaine, de faire subir ces épreuves dans le mois qui précédera l’examen. On pourra ainsi consacrer plus de temps à la correction et éviter aux enfants une fatigue supplémentaire.
- « La comparaison entre les résultats scolaires et ceux des examens psychotechniques révèle une concordance très nette entre l’examen psychologique et l’appréciation donnée par les instituteurs. La similitude est grande bien que moins nette, entre le résultat des deux examens. Les épreuves psychotechniques auraient permis, en général, une sélection plus sévère que les examens scolaires. Si j’en crois lés appréciations des chefs d’établissements et des professeurs de sixième, ces derniers exame’ns ont /d’ailleurs été beaucoup trop faciles celte année et on se plaint en général du niveau très faible des élèves.
- « D’autre part les quelques discordances constatées proviennent de deux facteurs ;
- « a) les examens scolaires ne tiennént pas compte de l’âge des candidats : la copie d’un élève de 14 ans étant, corrigée de la même façon que celle d’un élève de 10 ans.
- « Il n’en est pas de même pour les. examens psychotechniques;
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- « b) les examens scolaires sanctionnent autant la préparation do l’élève et le travail que le maître a su lui imposer que ses facultés.
- « L’examen psychotechnique, au contraire, met essentiellement en lumière les capacités intellectuelles du candidat. -
- « Les examens psychotechniques seraient donc supérieurs aux examens traditionnels pour faire ressortir l’intelligence d’un candidat et ses possibilités, et permettraient, .dans bien des cas, une sélection plus scientifique et plus judicieuse.
- « Un autre point reste à élucider : les examens psychotechniques peuvent-ils donner une indication sur l’orientation des candidats,?
- or Au stade actuel, la réponse doit être négative.
- « Cependant en généralisant l’expérience et en tenant pour chaque élève, une fiche qui indiquerait au cours de ses études ses résultats dans les diverses disciplines, il serait sans idopte possible de faire apparaître une concordance entre la réussite dans certains tests et la réussite dans telle ou telle discipline. Des conclusions fort intéressantes et très utiles pour l’orientation des élèves pourraient alors être dégagées.
- Je me permets d’attirer votre attention sur un autre point : Au moment où l’on vient de créer des sixièmes nouvelles qui doivent être essentiellement des classes d’orientatiion, il me paraîtrait judicieux d’adjoindre aux équipes de professeurs un Conseiller d’Orien-tation professionnelle. »
- Nous ne pouvons que nous associer à ce dernier vœu et féliciter M. Lebettre de cette intéressante initiative.
- M. H. P.
- A TRAVERS LES REVUES
- Une contribution éducative du Teacher’s College consacrée aux intérêts professionnels (n° 900, 1945), par Wightwick, que signalent le Psijchological Abstracts de novembre 1945, relate une comparaison de choix professionnels de 115 fémmes de collèges, d’après des interviews successives en 1933, 1937 et 1941, et des réponses au questionnant de S't.rong ; la préférence est restée la même à quatre ans d’intervalle chez 64 % et, à huit ans, chez 38 % ; et, au Strong, 57 % de constance.
- i *
- * *
- D’après une note publiée par Nature de Londrës (t. 155, 1945, p. 602) une étude relative.à 215 ouvriers aveugles dans diverses industries (électriques, métallurgiques, etc.), faite par G. Fénelon, de l’Université de Manchester, aurait montré que la disposition aux accidents ne se trouvait pas plus élevée chez eux que chez lés ouvriers clairvoyants.
- W. G. Lennox a consacré une étude à l’emploi, qui devrait se généraliser, des épileptiques dans l’industrie, cette étude se trouve dans la California Western Médecine (1945, t- 62).
- « b) les examens scolaires sanctionnent autant la préparation do l’élève et le travail que le maître a su lui imposer que ses facultés.
- « L’examen psychotechnique, au contraire, met essentiellement en lumière les capacités intellectuelles du candidat. -
- « Les examens psychotechniques seraient donc supérieurs aux examens traditionnels pour faire ressortir l'intelligence d’un candidat et ses possibilités, et permettraient, .dans bien des cas, une sélection plus scientifique et plus judicieuse.
- « Un autre point reste à élucider : les examens psychotechniques peuvent-ils donner une indication sur l’orientation des candidats,? or Au stade actuel, la réponse doit être négative.
- « Cependant en généralisant l’expérience et en tenant pour chaque élève, une fiche qui indiquerait au cours de ses études ses résultats dans les diverses disciplines, il serait sans idopte possible de faire apparaître une concordance entre la réussite dans certains tests et la réussite dans telle ou telle discipline. Des conclusions fort intéressantes et très utiles pour l’orientation des élèves pourraient alors être dégagées.
- Je me permets d’attirer votre attention sur un autre point : Au moment où l’on vient de créer des sixièmes nouvelles qui doivent être essentiellement des classes d’orientatiion, il me paraîtrait judicieux d’adjoindre aux équipes de professeurs un Conseiller d’Orien-tation professionnelle. »
- Une contribution éducative du Teacher’s College consacrée aux intérêts professionnels (n° 900, 1945), par Wightwick, que signalent le Psijchological Abstracts de novembre 1945, relate une comparaison de choix professionnels de 115 fémmes de collèges, d’après des interviews successives en 1933, 1937 et 1941, et des réponse-; au questionnant de S't.rong ; la préférence est restéé la même à quatre ans d’intervalle chez 64 % et, à huit ans, chez 38 % ; et, au Strong, 57 % de constance.
- D’après une note publiée par Nature de Londrés (t. 155, 1945, p. 602) une étude relative.à 215 ouvriers aveugles dans diverses industries (électriques, métallurgiques, etc.), faite par G. Fénelon, de l’Université de Manchester, aurait montré que la disposition aux accidents ne se trouvait pas plus élevée chez eux que chez lés ouvriers clairvoyants.
- W. G. Lennox a consacré une étude à l’emploi, qui devrait se généraliser, des épileptiques dans l’industrie, cette étude se trouve dans la California Western Médecine (1945, t- 62).
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- Le (deuxième fascicule du volume 31 (mai 1945) *des Genetic Psy-chology Monographs est 'consacré à une étude de Heinz Werner sur le comportement ' perceptif d’enfants déficients, atteints de lésions cérébrales, déterminé d’après les réponses au test des taches d’encre de Rorschach, et faisant ressortir certaines différences par rapport à des déficients sans lésions (tendances désintégratives, défaut dé contrôle sensoriel, affeetivo-moteur et associatif, méticulosité et rigidité persévérative).
- *
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- Dans le Journal of general Psychology, nous signalerons les études suivantes (dans le tome 32, I, 1945) : des suggestions pour un test étalonné de « stress » (où le, sujet doit faire face à un conflit) par G. L. Freëman, une discussion sur la nature de l’intelligence par Isidor Chein, et des données psychométriques, sur la vieillesse et les psychoses séniles par Albert I. Rabin, notant d’après 150 examinés de 60 à 84 ans, la préservation en dépit de l’âgé de la compréhension et de l’information, le déclin progressif dans le test de substitution ou du code ; (dans le tome 32, 2), une étude par George Lawton sur cettë même question -du déclin mental et de son retard ; (dans le tome 33, 1) un exposé sur un test clinique de sécurité-insécurité par A. H. Maslow, Elisa Hirsh, Mareella Stein et, Irma Honigmann.
- Le Journal of Genetic Psychology contient, parmi les. articles publiés : Volume 66, I, 1945 : une étude suivie d’énfant.s dans une famille adoptive par Marie Skodak et H. M. Skeels, les résultats de « retests » lavée l’échelle Sta'nford Binet par Zoé Isabelle Hirt (d’après 1.645 examens, avec intervalles, de six mois à dix ans) ; une étude expérimentale des facteurs associés aux changements de Q I entre la période préscolaire et la « High School » par Katherine P. Rrad-way ; Volume 66, 2 : une analyse des. tempéraments -sexuels d’après un questionnaire d’attitude par Leonard W. Ferguson, une analyse du langage d’enfants déficients ayant ou non des lésions cérébrales par S. W. Bijon et Heinz Werner, l’histoire d’un cas d’ « idiot savant » par Dudley Roberts.
- Dans le tome 67 (1, septembre 1945) du Journal of Genetic Psychology nous relevons des normes additives à une batterie de tests (choix multiple, oppositions, directions, etc.) par Grâce H. Kent, les résultats d’une exploration mentale avec les tests de Kuhlmann-Anderson dans le Tennessee par Alphonse Chapanis. et W.C. Williams, le relevé des performances au labyrinthe de Porteus chez des enfants du 5e au 11e degré par Margaret H. Sanderson, et une comparaison des sexes au point de vue de l’intelligence chez des enfants de niveau supérieur ou inférieur par W Drayton Lewis.
- Dans ,1e numéro de décembre 1945 du même journal (t. (67), une étude de Karl C. Pratt est consacrée aux peurs des enfants des campagnes (p. 179-194) ; l’influence des attitudes des. parents sur les
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- rruiTTWIllUlll
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- réponses des enfants dans les tests d’inventaire de la personnalité est examinée par W. Drayton Lewis (p. 195-201).; et. une analyse expérimentale de ['apprentissage de labyrinthes à stylet est exposée par J. G. Yoskioka et H. E. Jones (p. 203-214).
- Dans le British Journal of Psgchologg, deux études ont été consacrées par H. J. Eysenck à la question des facteurs en jeu dans les jugements esthétiques (tome 31, 1940-1941, p. 94 et p. 262), qui comprendraient un facteur général objectif T, dit de «bon goût», distinct du facteur g d’intelligence, un facteur bipolaire K qui serait lié au goût pour le clair ou l’obscur, sans compter un facteur d’attraction vers le formel ou le représentatif ; une autre étude d’analyse factorielle est celle de H. D. Wing, portant sur l’aptitude musicale, qui dépendrait d’un facteur général de musicalité, d’un facteur bipolaire de tendance analytique ou synthétique, d’un autre facteur tenant à la prédominance mélodique ou harmonique, et peut-être enfin d’un facteur d’aptitude rythmique.
- Dans le même journal de janvier 1946 (XXXVI, 2, p. 88-103), Raymond B. Cattell, qui approfondit la question dé structure de la personnalité et des mesures correspondantes, discute la question des « traits » comme unités. Il distingue les traits, communs — à des degrés variables — dans une population et les traits uniques, observés. chez un individu, et, d’autre pari, les traits de surface (groupes corrélationnels), et les traits comme sources (ou facteurs), obtenus par l’analyse mathématique, et dont l’origine peut être constitutionnelle ou provenir du milieu ; il pense, par une méthode propre (des profils proportionnels parallèles) distinguer les unités fonctionnelles qui ont une signification psychologique, c’ëst-à-dire un assez haut degré d’efficacité, dans le domaine des habiletés (c’est-à-dire des aplitudes) et dans ceux de. la personnalité et du tempérament.
- Rendant, compte, dans le British Journal of Educational Psgchologg (XI, 3 novembre 1941, p.. 223-226) d’un rapport sur des expériences organisées par des associations d’éducateurs sur 2.000 écoliers du West 'Riding au point de vue des. méthodes d’examen à l’entrée dë l’enseignement secondaire (Spécial Place Examinations, Univer-sity of London Press), C. W. Valentine relève quelques intéressantes données, relatives en particulier à l’insuffisance du critère fondé sur les jugeménts des maîtres primaires (un tiers des enfants admis, à l’encontre de ces jugements se trouvant au-dessus de la moyenne à la fin de leur première année secondaire) et le fait que les corrélations assez élevées entre les résultats des lests d’inielli-gencé et la réussite dans les études secondaires ne sont pratiquement pas augmentées par l’introduction d’épreuves d’arithmétique et d’anglais ; et il conclut qu’on pourrait admettre .un classement fondé.‘sur le§ t.ests d’intelligence et les appréciations des maîtres, mais en donnant aux premiers un poids triple des secondes.
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- L'Archiüio di Psicologia, Neurologia, Psichiatria e Psitoterapia, qui atteint en 1945 sa sixième année, et qui est publié par Ag. Ge-melli, contient dans ce sixième volume, entre autres études, des recherches typologiques sur l’apprentissage de tests moteurs par An-giola Massucoo Costa, une discussion sur l’aphasie en rapport avec la psychologie de la forme par G. A. Morselli, des conférences sur la régulation diencéphalique de l’activité nerveuse, par E. Martini (de l’Institut de Physiologie humaine de Milan), et de l’activité psychique par Virginio Porta (de la Clinique neuropsychiatrique de Milan).
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- Le Bulletin officiel de l'Education nationale, dans le numéro du 4 février 1946, a consacré une notice à l’orientation professionnelle, représentant le point de vue de la direction de l’enseignement technique :
- « L’enseignement technique, qui a la responsabilité .de l’orientation, entend lui donner désormais, au point de vue de l’organisation, une structure nationale cohérente et ordonnée, :et, au point de vue des méthodes, une valeur scientifique indiscutable. ®
- La structure de PO.P., la question des méthodes et de la formation technique, enfin la situation assurée aux orienteurs, sont successivement envisagées.
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- Dans Infantia nostra, revue de puériculture de Barcelone (août 1945) J. Piquer Y Jover demandé l’adoption générale de l’échelle Binet-Terman pour tous les examens d’enfants, et Florenoio Boada indique les. résultats d’emploi de l’examen psychogdaphique de Vermeylen chez 233 enfants du Service de protection des mineurs, avec barème d’âgé de six à quatorze ans (nombre total de points allant .de 56 à 111, alors qu.e le barème de Vermeylen part bien de 55 à six ans, mais atteint 138 à onze ans).
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- Nous relevons, dans ,1a nouvelle Rev'ue suisse de Psychologie et Psychologie appliquée, dont le rédacteur en chef est W. Morgen-thaler, à Berne, les études suivantes : H. Be.rna, fia graphoLogie et autres recherches par tests ; Rorschach, associations (en allemand, 1, 1943, p. 270-273) ; W. Morgenthaler, la méthode de Rorschach (en allemand, II, p. 117-120) ; R. Meili, propriétés fondamentales de l’intelligence (en allemand, II, p. 166-175 et 265-271) ; H. Slpreng, lé profil professionnel du commis voyageur (en allemand, IV, 1945, p. 32-42).
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- Dans le tome 220 des Comptes rendus de VAcadémie dés Sciences, p. 212 et p. 214 (Séance du 12 février 1945) se trouvent deux notes de M. Pierre Delaporte et de M119 D. Weinberg sur une expérience de vérification de la validité d’une méthode d’analyse factorielle conçue par P. D., expérience très concluante en faveur dé cette méthode.
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- INFORMATIONS
- Organisation provisoire du contrôle médical dans les établissements publics d’enseignement du second degré.
- Le contrôle médical des élèves des lycées, collèges classiques, collèges modernes vient d’être organisé.
- Il a pour objet de surveiller la santé des élèves, d’apprécier l’aptitude de chacun d’eux 5 la vie scolaire, de dépister les maladies latentes ou les affections contagieuses méconnues pouvant être nuisibles à la collectivité.
- Il doit aussi surveiller les conditions d’hygiène collectives et est complété par lés examens médicaux des maîtres et agents des établissements.
- Il est distinct, du service médical de l’internat.
- Le contrôle médical comporte deux visites, par an : la première, pendant le premier trimestre ; la seconde, au trimestre du printemps.
- Les renseignements concernant les antécédents sanitaires sont fournis par les parents au moyen d’un questionnairé, qui leur est remis le jour de l’entrée de l’enfant dans l’établissement.
- L’examen des élèves devra être aussi complet que possible et devra permettre de remplir les différentes rubriques d’une fiche comportant obligatoirement une conclusion et le classement de l’élève dan^ un des groupes prévus pour l’éducation physique.
- Cette fiche demeure secrète et suit l’enfant pendant toute sa scolarité et, à la fin de la scolarité de l’enfant, remise à la famille sur sa demande.
- Le médecin peut convoquer la famille dans le cas d’un examen complémentaire. Le médecin ne doit faire aucun acte thérapeutique ni délivrer d’ordonnance au cours des séances de contrôle médical.
- En cas d’épidémie, le médecin peut être appelé par le chef d’établissement à procéder à deè examens supplémentaires.
- Le dépistage de la tuberculose est assuré dans chaque académie par des médecins^ phtisiologues. Il comporte annuellement une réaction tuberculinique (cuti,-réaction ou percuti-réaction) et un examen radioscopique eu radiographique.
- Les médecins sont assistés pour les pesées, mensurations, etc., d’une infirmière auxiliaire titulaire du diplôme d’aide médico-sociale de la Croix-Rouge.
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- Création d’un diplôme d’ingénieur social.
- Ce diplôme est décerné par le Conservatoire national des Arts et Métiers aux candidats qui possèdent déjà un diplôme d’ingénieur et qui font une scolarité et réussissent à un examen.
- Ils doivent suivre les cours ci-dessous désignés et subir les examens annuels en vue de l’obtention des certificats correspondants :
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- — Organisation du travail et associations ouvrières ;
- — Organisation scientifique du travail ;
- — Physiologie du travail et' orientation professionnelle (cours et travaux pratiques) ;
- — Sécurité du travail.
- Tout candidat doit, avant l’examen final, avoir accompli un stage d’une durée minima de six mois dans les services sociaux d’une entreprise.
- Leurs certificats obtenus, les candidats doivent s’inscrire pour l’examen et indiquer où ils ont effectué leur stage, la durée de celui-ci et ce qu’ils ont fait et fournir des attestations de l’employeur.
- L’examen comporte des épreuves écrites et orales.
- Une épreuve écrite sur les cours suivis (quatre heures).
- Un examen oral pour ceux qui ont obtenu à l’écrit une note égale ou supérieure à 12 sur 20.
- L’épreuve orale consiste en interrogations, sur chacun des cours suivis. Les candidats ayant obtenu un minimum de 12 sur 20 doivent ensuite soutenir un mémoire qu’ils ont dû travailler sous la direction de l’un dés professeurs qui leur auront d’ailleurs indiqué un sujet.
- Cette soutenance comprend :
- 1° un bref exposé oral par le candidat ;
- 2° une discussion du mémoire par les membres du jury ;
- 3° une interrogation sur les résultats de son stage.
- Le titre conféré aux candidats est libellé « Ingénieur Social du Conservatoire national des Arts et Métiers » et porte l’abréviation C.N.A.M.
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- Comité technique de l'Institut National d’Etudes démographiques
- Par arrêté du Ministre de la population, en date du 1er décembre 1945 ont, été nommés membres du Comité technique de l’Institut national d’Etudes démographiques :
- M. Henri Burrle, inspecteur général du Service national des Statistiques ;
- M. Robert Debre, professeur à la Faculté de Médecine ;
- M. Pierre Doublet, maître des requêtes au Conseil d’Etat, membre du Haut Comité de la Population ;
- M. Jean Langevin, agrégé des Sciences physiques ;
- M. Henri Laugier, professeur à la Sorbonne, directeur général des relations culturelles au Ministère des Affaires étrangères ;
- M. Georges Mauco, secrétaire du Haut Comité de la Population ;
- M. Francis Perrin, professeur à la Sorbonne ;
- M. Paul Rivet, député, directeur du Musée de l’Homme.
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- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE A L’ÉTRANGER
- L’O. P, en Grande-Bretagne.
- Le Français qui traverse la Manche pour se rendre au pays de Galton, au pays de Spcarman, de Myers, 'de Bartilett, de Burt et de tant d’autres psychologues, psychotechniciens C.u biométriciens éminents, s’attend à y découvrir des réalisations psychotechniques considérables. Et s’il a foi dans les vertus démocratiques de l’Angleterre, il s’imagine une organisation de l’Orientation professionnelle particulièrement remarquable, réalisant la mise en accord des aptitudes individuelles avec les exigences professionnelles, la sélection par la valeur propre à tous les échelons de l’activité sociale.
- Aussi éprouve-t-il une certaine déception lorsqu’il lui faut constater que la réalité est très différente de ce qu’il avait imaginé. En fait l’orientation professionnelle des enfants quittant l’école primaire n’a été T objet d’aucune attention particulière/Le Gouvernement britannique n’a pas encore senti la nécessité de créer un organisme spécialisé chargé de veiller sur l’enfadt au moment de son passage de l’école à la vie ou aux études plus poussées classiques modernes ou techniques.
- Il existe, dépendant du Ministère du Travail, des Juvénile Advi-sory Comit.tees (I) (annexés aux bureaux de placement officiels) ou des Juvénile Employment. Committees (2) (annexés aux organismes scolaires). Ces comités qui comprennent des employeurs, des ouvriers, des instituteurs et certaines autorités locales ont une activité sociale très louable.
- Dans l’intervalle de leurs sessions, c’est un fonctionnaire permanent, le Juvénile Employment Officier qui prend en charge le fonctionnement du service. Il reçoit les garçons et filles qui au sortir de l’école primaire sont contraints de gagner leur vie et leur indique l’adresse d’un employeur. En 1945, une commission d’étude a rédigé un rapport sur le fonctionnement du Juvénile Employment Service, et les moyens de l’améliorer. Les membres de cette commission ignorent certainement qu’ils sont les compatriotes de Bart-lett, de Myers et qu’il existe à Londres un Institut de Psychologie Industrielle où, sous la direction du Professeur Frisby, on étudie et perfectionne la technique de l’orientation professionnelle. Ils ne conçoivent pas d’autre méthode d’investigation que l’entretien avec l’enfant. Ils ignorent l’usage des. tests d’aptitude. En ce qui concerne l’évaluation de l’intelligence ils conseillent : « L’appréciation peut être faite avec le quotient d’intelligence, ou lorsque l’employé n’est pas spécialement entraîné à cela par une estimation générale sous un des cinq titres : pauvre, inférieure à la moyenne, moyenne, supérieure à la moyenne, remarquable. Si l’on pense que l’employé est souvent un débutant qui attend d’être nommé au service de placement des adultes après deux ans de stage au Juvénile Service, on imagine trop aisément la fantaisie des dossiers qui sont, ainsi constitués.. Pas plus que de psychotechnicien, il n’est question de médecin
- (lï Au nombre de 275.
- (2) Moins nombreux fnous n’avons pu connaître le nombre exact).
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- et c’est le même employé qui apprécie « la santé générale, le physique et les incapacités physiologiques s’il y a lieu ».
- M. le Professeur Frisby nous affirmait avec une certaine amertume que l’entrevue entre l’enfant et le fonctionnaire 'bien souvent ne dure pas plus d’un quart d’heure.
- Dans de telles conditions, il faut parler de bureau de placement et non de service of vocational guidance.
- Ceci est la règle générale, toutefois lorsqu’il s’agit d’un Juvénile Employaient Committee, il arrive que les autorités scolaires prennent le problème au sérieux et tentent alors de perfectionner le fonctionnement du service.
- Mais la formation de praticiens de la psychotechnique reste quantitativement insuffisante, les méthodes mises--au point dans les laboratoires ne peuvent donc être répandues et il s’agit plus souvent d’efforts de bonne volonté que de réalisations efficaces.
- L’O.P. en Angleterre n’exist.e donc qu’en potentialité. Il suffirait qu’un jour un ministre daigne accorder au National Institute of Industrial Psychology des crédits suffisants pour que celui-ci devienne rapidement l’homologue de notre I.N.E.T.O.P. Il suffisait que des initiatives comme celles de Birmingham où un groupe d’instituteurs a réalisé une magnifique expérience de contrôle de l’efficacité de l’O.P. scientifique (1), il suffirait que de telles initiatives soient encouragées matériellement pour que naisse vite une organisation à la taille du pays. Mais actuellement le père qui conduit son fils à la consultation d’O.P. du N.I.I.P., doit payer trois à quatre livres, l’étudiant qui désire obtenir une formation de psychotechni-cien doit payer également et, dit le Prof. Frisby, oc nous sommes obligés d’organiser nos cycles de formation sous une forme assez condensée pour en rendre le prix abordable ».
- Voilà où en est la démocratique et moderne Angleterre. Au pays de Spearman ce sont des employés de bureau qui apprécient au jugé des aptitudes des adolescents.
- Que cette situation puisse durer, il ne le semble pas et nous formons pour nos collègues psychotechniciens britanniques le vœu qu’ils puissent bientôt appliquer sans entrave matérielle des méthodes qui sont, aujourd’hui universelles mais dont ils ont été parmi les meilleurs instigateurs. y Galifret
- LA VIE DES CENTRES D’O. P.
- Voici une liste de postes pour lesquels des orienteurs sont demandés : '
- Nogent-sur-Marne : Un Conseiller d’O.P. —• S’adresser à la Directrice du Centre d’O.P. de Montreuil (Mairie de Montreuil). Noisy-le-Sec : Un Conseiller d’O.P. — S’adresser à la Directrice du Centre d’O.P. de Montreuil (Mairi.e de Montreuil).
- Evreux : Deux Conseillers d’O.P. (Un directeur, un orienteur). — S’adresser à M. La'cùoix, directeur du Centre d’O.P., 207, boulevard du Palais, Evreux.
- (1) Nous rendrons compte de cette expérience dans un prochain numéro.
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- Versailles : Un Conseiller d’O.P. S’adresser à Mme Petit, directrice du Centre d’O.P., 9, place Hoche, Versailles.
- Nantes : Un Conseiller d’O.P. — S’adresser à Mme Plantard, 8, rue Lekain.
- Digne : Un Conseiller d’O.P.
- Cavaili.on : Une Conseillère d’O.P.
- Orange : Une conseillère d’-O.P.
- Aix : Un Conseiller d’O.P.
- Marseille : Plusieurs Conseillers ou Conseillères.
- Sl’adrèsser pour ces cinq derniers postes, à M. Leplège, secrétaire régional d’O. P., 21, rue Gaston-de-Saporta, Aix-en-
- Provence.
- Centre d'.Observation des mineurs délinquants de Paris : Un Conseiller (homme ou femme). — S’adresser à M. Sinoir, Centre des Mineurs délinquants de Paris, Château de Champagne, Sa-vigny-sur-Orge.
- Région de Bretagne : Plusieurs Conseillers d’O.P. — S’adresser à M. Abraham, secrétaire régional /d’O. P., 2, rue de Coëtquen, Rennes (Ille-et-Vilaine).
- Montpellier : Secrétariat régional d'O.P. — Un Conseiller (homme, 25 à 30 ans). ' V
- Montpellier : Centre départemental d'O.P. — Un directeur Conseiller (homme, plus de 30 ans) ; Un Conseiller adjoint (homme de préférence).
- Perpignan : Un Conseiller (homme ou femme).
- Nîmes : Deux Conseillers adjoints (hommes de préférence).
- Alès : Un Conseiller adjoint (homme ou femme).
- Carcassonne : Un Conseiller adjoint, (homme ou femme).
- Pour ces derniers postes, s’adresser à M. le Secrétaire régional d’O.P., 5, rue de la Croix-d’Or, Montpellier.
- Pas-de-Calais : Les Services d’O.P. du Pas-de-Calais demandenl trois Conseillers ou Conseillères d’O.P. (hommes ou femmes) pour les Centres d’Arras, de Lens et de Béithune. — S’adresser à M. Blique, directeur du Centre départemental d’O.P. du Pas-de-Calais, 99, avenue Salengro, à Saint-Laurent-Blangy, Pas-de-Calais. ' •
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- Secrétaires départementaux d’O. P.
- Par arrêté du 26 .décembree 1945 ont été créés les secrétaires dé-
- parteentaux suivants :
- Paris : M. Doladille, 11, rue Tronchet.
- Besançon : M. Migault, en résidence à Montbéliard, 3, rue du Port.
- Bordeaux : M. Desmarets, 30, rue Castéja.
- Aix : M. Terrasson, 21, ru.e Gaston-de-Saporta.
- Caen : M. Dujardin, 18, rue de Sébastopol, Mont Saint-Aignan.
- Clermont-Ferrand : M. Leplège.
- Dijon : M. Brisson.
- Grenoble : M. Vallès, 5, rue de l’Ancien Champ de Mars.
- Lille : M. Gagneul, 53, rue Sailly, Nœux-les-Mines (P.-de-C.).
- Lyon : M. Lacroix, Inspection Académique, 58, cours de la Liberté.
- Montpellier : M. Vivien, 5, rue de la Croix-d’Or.
- Nancy : M. Marcan, 58, rue Henri-Deglin. .............. ...........
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- Poitiers : M. Imbert, promenade des Coûts, Barraque 3. Toulouse : M. Gambier, 3, rue Maletaclie.
- Rennes : M. Abraham, 2, rue de Coëquen.
- Strasbourg : M. Panon, 8, place de l’Université.
- NÉCROLOGIE
- Hippolyte LUC
- (1884-1946)
- Après une longue et pénible maladie, dans laquelle une grave intervention chirurgicale n'avait pu .apporter qu’un répit passager, Hippolyte Luc s’est éteint le 20 février. 1946, à l’âge de 62 ans, après une carrière essentiellement vouée au développement en France de l'enseignement technique,auquel il était passionnément attaché.
- Agrégé de philosophie, inspecteur d’académie, il ne tardait pas, après l’autre guerre,, à être appelé par Léon Labbé à la direction générale de l’Enseignement technique, récemment intégré dans le Ministère de l’Instruction publique, et, tout naturellement, à la retraite de celui-ci, le directeur adjoint qu’il était- devint à son tour directeur général en 1933, et le resta jusqu’à ce que son état de santé l’obligeât à se faire mettre en congé.
- Sa simplicité affable, sa bienveillance naturelle, la familiarité de son accueil, lui valaient l’affection de tous ceux qui avaient affaire à lui. Son intelligence ouverte et compréhensive, sa facilité de parole, la chaleur de son élocution, lui permettaient d’exercer dans les milieux les plus divers une très forte action en faveur des causes qui fui tenaient à cœur, en faisant partager ses convictions.
- Continuant l’œuvre de Léon Labbé, il l’orienta plus nettement dans un sens universitaire, cherchant le contact et la Collaboration avec les autres ordres d’enseignement, ce qui n’allait pas toujours sans difficultés et sans heurts.
- Il avait compris d’emblée l’importance que devait jouer une orientation professionnelle reposant sur la connaissance des aptitudes et des exigences des métiers, et il intervint activement en 1928 pour assurer la prise en charge par l’Enseignement technique de l’Institut national d’orientation professionnelle que Léon Labbé voulut, conformément à sa politique, voir créer comme établissement libre. ,
- Succédant à Labbé comme président du Conseil d’administration de notre Institut, il n’eut de cesse qu’il ne l’eût intégré, comme organisme d’Etat, dans les cadres de l’Enseignement technique Supérieur, faisant construire l’immeuble approprié à sa destination et équiper ses services. La création d’instituts au Conservatoire national des Arts et Métiers lui donna les moyens de réaliser son vœu.
- En dépit de la multiplicité accablante des tâches que comportait sa direction générale, il se tint constamment en contact avec la ' direction de l’Institut d’orientation, avec son personnel, avec ses élèves, à qui il aimait, chaque année, venir parler à cœur ouvert. Aussi est-ce vraiment un deuil familial que la mort d’Hippolyte ' Luc a apporté dans notre maison.
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- Personnellement, c’est un ami que j’ai perdu. Nos liens s’étaient évidemment relâchés quand le Gouvernement de l’Armistice avait gagné Vichy, et que Luc l’y avait suivi. Après nos derniers entretiens à Bordgaux, dans la cour du Lycée, où je l’admirais de ne pas se laisser abattre et de faire encore des projets, je fus longtemps sans le revoir, et ne fis rien pour reprendre le contact. Je savais bien que, si Luc se maintenait, malgré toutes les difficultés qu’il rencontrait, toutes les couleuvres qu’il lui fallait bien avaler, c’était pour assurer la défense de son oeuvre ; mais je savais aussi que ce maintien exigerait, bien ‘des concessions compromettantes de sa part, et que dans sa bonté, son désir d’accord, tel que le « non » n’existait pratiquement pas dans son vocabulaire, il ne pourrait toujours résister jusqu’à affronter le risque nécessaire de la brisure ; et ce me fut un réel chagrin que de le voir rester quelque temps dans le ministère d’un Abel Bonnard ; il n’y serait certainement pas resté jusqu’au bout, mais la maladie se chargea alors de réaliser d’office la rupture. Et j’avais eu plaisir à le retrouver, après son opération, dans l’attente confiante, mais impatiente, de la libération proche. Mais le destin s’accomplissait, qui ne devait pas lui permettre de reprendre, redevenu lui-même, une activité féconde dans notre France redevenue elle-même.
- H. PlÉRON.
- Robert FAILLIE
- (1895-1945)
- Au mois de novembre dernier, à la veille de la rentrée des cours du Conservatoire national des Arts et Métiers, le professeur Robert Faillie est mort après une courte maladie.
- Ainsi disparaît prématurément l’un des très rares Français qui avaient acquis une grande compétence en physiologie du travail et qui eut encore apporté à cette science d’utiles et intéressantes contributions.
- Toute la carrière du docteur Faillie a été consacrée à l’étude des problèmes de l’homme au travail : marche en -terrain horizontal, sur plan incliné en montée ou en descente, transport par brouette, pelletage, maniements de pompes à bras, influence de l’éclairement et des couleurs sur le rendement et la fatigue.
- Attentif, doué d’une grande adresse manuelle et d’une remarquable ingéniosité expérimentale, il fut toujours un homme de laboratoire. Assistant dévoué pour ceux qui furent ses maîtres, J.-P. Langlois, André Broca, Henri Pottevin, collaborateur du professeur Laugier, il mit au point d’intéressantes méthodes d’enregistrement et s’attacha à l’équipement du laboratoire de physiologie du travail du Conservatoire des Arts et Métiers, installé sous sa direction, dans le bel immeuble de l’institut d’orientation professionnelle, rue Gay-Lussac.
- C’est là qu’il aimait à passer de longues heures auprès des jeunes travailleurs dont il guidait les travaux de recherche, toujours orientés vers des réalités industrielles ou pratiques.
- Ston oeuvre scientifique, qu’il poursuivait sans orgueil et sans chercher à lui donner tout le retentissement qu’elle mérite, restera expressiye des préoccupations à la fois, techniciennes et sociales de ce temps: Préoccupé d’abord dé mieux'comprendre le fonc-
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- tionnement du «Moteur Humain», Robert Faillie enregistré l’énergie dépensée dans Faction, puis il la mesure par les échanges respiratoires. De son étude de la marche, il dégage l’importance de l’élasticité du sol ou des semelles, la pente optima des plans inclinés dans les ports et autres lieux de travail. Par celle des fourches à ballast, il détermine le modèle qui assure le meilleur rendement.
- Ensuite il dépasse cet étroit problème du rendement pour rechercher les moyens d’améliorer le «confort humain», l’ambiance du travail. Prenant pour point de départ, ses travaux en collaboration avéc Henri Pottevin sur la variation du temps de réaction psychomotrice visuelle en fonction de l’éclairement, il détermine successivement l’influence de l’éclairement sur la fatigue dans le travail, les avantages des lumières jaunes non éblouissantes, l’importance de la couleur des encres, et de la couleur des papiers utilisés dans les bureaux, l’influence des modes de chauffage et de l’état hygrométrique dans les ateliers.
- Dès 1922 il avait créé un Centre d’Orientation Professionnelle et depuis il fut continuellement associé aux travaux de l’Institut d’Orientation Professionnelle comme à maintes organisations qu’il a contribué à fonder dans le département de la Seine.
- Il aurait voulu que l’Orientation dirigeât l’enfant vers un « grpupe de métiers » et que le futur travailleur trouve dans les. écoles professionnelles, grâce à dés examens périodiques, les précisions et corrections progressives indispensables, à une orientation méthodique et rationnelle.
- Ses élèves garderont le souvenir de son obligeante courtoisie et de la solidité d’un enseignement clair, robustememt assis sur des travaux exacts et. concrets.
- Ses amis déplorent la perte d’un homme de cœur, fidèle et droit.
- Ce médecin était capitaine d’artillerie, officier de la Légion d’honneur, deux fois blessé, cinq fois cité. Pendant les années tragiques de l’occupation il a rendu à la cause française des services difficiles avec une discrétion dont la Libération ne l’avait pas fait se départir.
- L’amitié très vive qui me liait à Robert Faillie m’interdit aujourd’hui de forcer la délicatesse de cette réserve.
- Louis Ragey,
- Directeur du Conservatoire des Arts et Métier1s.
- AGEN. .— IMPRIMERIE MODERNE, 43, RUE VOLTAIRE (312-318)
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- SOMMAIRE
- Pages
- Guy Flachot : Le Plombier................................... 1
- Notes et Documents : Bases théoriques de la détermination des types. — La recherche des facteurs de caractère. — Une expérience intéressante de sélection scolaire en Lot-et-Garonne.... 11
- A Travers les Revues....................................... 21
- Informations................. •............................. 25
- L’Orientation Professionnelle à l’Etranger : L’O. P. en Grande-Bretagne................................................... 27
- La Vie des Centres d’O. P
- Nécrologie : Hippolyte Luc. — Robert Faillie................ 30
- Bulletin de l’Institut National d'Elude du Travail et d’Orienlalion Professionnelle
- rédacteur en chee : M,ue Henri PIERON SECRÉTAIRE DE LA RÉDACTION : M11* Irène LÉZINE
- LES ABONNEMENTS PARTENT DU 1er JANVIER
- AHOXIVEIIENT :
- Pour la France...... 150 fr. \ Pour l'Etranger.... 225 fr.
- I*rix. «lu numéro s francs
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- SERVICES DE L'INSTITUT
- Tél. Odéon 52-46
- SE GRÉ TA RI A T GÉNÉRA L ET CENTRE DE DOCUMENTATION Chef de Service : Mlle C. Chauffard.
- CENTRE D'ORIENTATION PROFESSIONNELLE Chef de Service : MUe Nepveu.
- CENTRE I)E RECHERCHE DES TESTS Chef de Service : Mme Henri Piéron.
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- Le Secrétariat et l’Office de Documentation sont ouverts chaque jour, non fériés, de 9 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures.
- La Secrétaire générale reçoit le lundi, de 14 h. 30 à 18 heures ; le jeudi de 14 h. 30 à 16 h. 30, et sur rendez-vous.
- La Bibliothèque esl ouverle chaque jour, non férié, de 14 heures à 18 heures.
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- Pour les consultations d’Orientation professionnelle, adresser une demande de rendez-vous au Chef du Cenlre d’Orientation Professionnelle.
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- 2e SÉRIE. — 2e ANNÉE
- N° 3-4
- MARS-AVRIL 1946
- ByLLETIN
- DE
- L’INSTITUT national
- détude du travail
- ET
- dORIENTATION
- PROFESSIONNELLE
- REVUE MENSUELLE
- AU SIÈGE DE L’INSTITUT
- 41, Rue Gay-Lussac, 41 PARIS
- TOUS DROITS RÉSERVÉS
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- Institut National cTÉtude du Travail et d Orientation Professionnelle
- CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET METIERS
- DIRECTEUR DELEGUE
- M. Henri Piéron, professeur au Collège de France, directeur de l’Institut de Psychologie de l’Université de Paris, président de la Section des Sciences Naturelles de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes.
- COMITÉ DIRECTEUR
- Le Directeur du Conservatoire National des Arts et Métiers.
- Le Directeur délégué.
- M. H. Laugier, professeur à la Sorbonne, directeur général des Relations culturelles au Ministère des Affaires Etrangères.
- M. P. Pouillot, inspecteur général honoraire du Travail.
- M. H. Wallon,, professeur au Collège de France.
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- 2e Série. 2* Annéê
- N» 3-4
- Mars-Avril 1946
- Bulletin de l’Institut National D’ÉTUDE DU TRAVAIL
- et
- D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- CONTROLE DE LA VALEUR
- DE
- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE SCIENTIFIQUE
- L’EXPÉRIENCE DE BIRMINGHAM
- par
- M. Yves GALIFRET
- En Angleterre le placement des jeunes est la tâche des services dépendant soit d’un comité local constitué à cet effet, soit des autorités scolaires locales (1). C’est ce deuxième mode d’organisation qui permet en général les réalisations où l’intérêt de l enfant est le mieux compris, à défaut des spécialistes les instituteurs sont en effet les plus qualifiés pour résoudre les problèmes que pose l’orientation professionnelle des élèves en âge de quitter l’école.
- Birmingham, où l’orientation professionnelle dépend ainsi des autorités scolaires est depuis plus de vingt ans un foyer de recherches très actit. Très tôt on y a-compris non seulement la nécessité d une organisation rationnelle de l’orientation professionnelle, mais aussi 1 intérêt de l’utilifsation des méthodes psychotechniques.
- Une première expérience critique y fut organisée dont les résultats furent publiés en 1932. Sur 32S enfants à orienter la moitié avait reçu le conseil d O. P. après examen psychotechnique, examen médical et visite au domicile des parents, l’autre moitié avait reçu le conseil d O. P. après une simple entrevue. Les enfants furent suivis deux ans après leur placement. On constatait après ces deux ans que ceux qui n’avaient pas subi l’examen com-
- (1) Voir numéro précédent.
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- piet ou cpii, l’ayant subi, n’avaient pas suivi le conseil donné, étaient désavantagés par rapport à leurs camarades s’étant conformés aux résultats de l’examen complet.
- Une telle conclusion confirmait des résultats de même ordre obtenus par le Pr. Myers du National Institute of Industrial Psy-choiogy.
- Mais cette première expérience ne portait que sur 328 enfants, on pouvait souhaiter d’une part un échantillonnage plus étendu, d’autre part une analyse plus poussée des résultats. Une seconde expérience fut donc entreprise sur l’initiative des deux instituteurs qui avaient organisé seuls la première; Mrs P. Hunt et Mr. P. Smith. Ces deux infatigables pionniers firent la campagne parmi leurs collègues et parmi les fonctionnaires des bureaux de placement, des vocations se levèrent et, la bonne volonté ne suffisant pas, des cours d’initiation d’une durée de un an, sanctionnés par un diplôme de sortie, furent organisé^ au National of Industrial Psyehology.
- Au total, 78 instituteurs et 9 fonctionnaires des offices de placement, obtinrent le diplôme. Il fut convenu que chaque instituteur serait chargé de l’examen des enfants fréquentant son école.
- Les examens. —1 On fit encore deux groupes, un groupe d’enfants soumis aux tests, un groupe de contrôle. Mais chaque groupe fut ensuite divisé en trois sections. Pour les sujets testés la première section subissait également un examen médical et le domi-cdé familial était visité), la deuxième section faisait seulement l'objet de la visite familiale et la troisième section n’avait ni examen médical ni visite familiale.
- Pour les sujets non testés, une même procédure fut adoptée. On allait donc pouvoir juger non seulement de l’efficacité de l’exa-meni psychotechnique mais aussi de l’examen médical et de la visite familiale (1).
- Pour chacun des enfants le directeur d’école fournit un rapport concernant le travail et le caractère. Pour ceux des sections I, l'examen médical fut conduit comme il l’est actuellement en France dans les bons centres d’O. P., la fiche médicale proposant les possibilités de contre-indications suivantes : métiers supposant : station debout, position assise, ascension, atmosphère chaude, atmosphère froide, atmosphère humide, atmosphère poussiéreuse,
- travail en salle close, travail au dehors, exposition aux intempéries, mains sèches', effort musculaire, effort nerveux, bonne audition, bonne vue.
- (1) En fait, cet ordre de résultats n’a pas été publié.
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- Pour céux des enfants non soumis à la visite médicale d’orieri-talion professionnelle on utilisa la fiche médicale scolaire.
- La visite au domicile des enfants des sections 1 et 2 eut pour but, d'une part de provoquer l’intérêt des parents, d’autre part de recueillir des renseignements sur le milieu familial. Pour éviter une trop grande variabilité dans les estimations le nombre de ((visiteurs» fut réduit au minimum'et un questionnaire précis fut élaboré avec échelles d’appréciation à cinq degrés lorsque c’était possible.
- Pour les enfants de la section 1 du lor groupe, l’investigation psychologique comprenait :
- 1. — L’administration de tests.
- A) Cinq tests de Performance : Cube cà reconsti-
- tuer, Formes de Dearborn, Labyrinthes de Porteus, Cube à reconstituer suivant modèle (faces diversement colorées) « Pass-Along » d’Alexander.
- B) Trois tests de dextérité manuelle : planche et
- chevilles, « turbuckle », écrous et boulons.
- C) Un test d’aptitude mécanique, le Cox, modèles
- 1 et 2.
- D) Cinq tests dits d’aptitude à'la couture : tissage,
- appréciation de distances, appréciation de parallèles, précision du pointé, mémoire des descriptions verbales.
- E) Un test d’intelligence, fiche collective d’intelli-
- gence du NIIP n° 34.
- F) Un test d’aptitude aux fonctions de bureau-fiche
- collective du NIIP, n° 25.
- 2. — L’observation du tempérament, conduite d’après une
- fiche portant sur vingt-neuf points avec échelle d'appréciation à cinq degrés pour chaque point.
- 3. — Une discussion avec l’enfant afin de connaître ses inté-
- rêts, ses goûts et autant que possible son milieu social.
- Pour tous les enfants du 1er groupe les conclusions furent tirées après réunion des deux organisateurs, des maîtres ayant donné les tests et des fonctionnaires du service de placement.
- Le conseil d'O. P. fut transmis aux parents par les fonctionnaires du service de placement.
- Pour tous les enfants du 2me groupe les conclusions furent tirées par les deux organisateurs en collaboration avec le directeur de l’école ou le maître de la classe.
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- Pour ce groupe de contrôle les éléments du dossier étaient évidemment fort réduits mais on fit le maximum pour donner le meilleur conseil possible à partir des quelques renseignements réunis.
- Le contrôle. —- Il fallut ensuite suivre les enfants au cours de leur vie professionnelle. La guerre ne favorisa pas les choses mais néammoins après une période de deux ans le contact était gardé avec 1.639 enfants et deux ans plus tard avec 603 enfants encore.
- On obtint des précisions sur leur situation par les moyens suivants :
- — Correspondance provoquée par les directeurs d’école demandant aux enfants de leur indiquer leur activité et la façon dont ils 1 apprécient.
- — Correspondance avec les employeurs.
- — Renseignements obtenus par les instituteurs auprès des amicales d’anciens élèves de l'école.
- — Renseignements fournis par les services de placement, les jeunes devant à 18 ans se présenter à nouveau à ces services.
- — Renseignements extraits des rapports rédigés par les membres des Group Care Committees après leur visite au domicile des jeunes travailleurs.
- Résultats. — Sur les 1639 enfants suivis pendant deux ans, 853 font partie du groupe testé et 786 du groupe de contrôle. Sur 603 qui purent être suivis pendant 4 ans, 322 font partie du groupe testé et 281 du groupe de contrôle.
- Pour le groupe testé 77 °/0. des sujets choisissent un métier en accord avec le conseil d'O. P., 56 0/o de ces sujets sont encore dans leur première place après deux ans et 46 p/0 après quatre ans.
- Pour le groupe de contrôle (non testé) 64 °/0 choisissent un métier en accord avec le conseil d’O. P., 37 °/0 d’entre eux sont encore dans leur première place après deux ans et 27 0/o après quatre ans.
- On voit donc que d’une part le conseil d’O. P. est mieux suivi lorsqu’il a été donné après examen psychotechnique et surtout que la stabilité profesionnelle des enfants du lor groupe est plus grande.
- Mais on peut changer d’employeur sans changer de métier comme on peut changer d’employeur pour changer de métier. Sur les 322 sujets du groupe testé, 92 °/0 occupaient après 4 aiis un emploi en accord avec le conseil d’O. P., sur les 281 du groupe de contrôle, 47 °/0 seulement étaient dans le même cas. Ici les résul-
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- lais sont clairs, l'expérience pratique a démenti le psychotechm-eien dans 8 °/0 des cas, elle a démenti l’« intuitif », l’« impressionniste » dans 53 °/0 des cas (1).
- En ce qui concerne l’appréciation des enfants, après 4 ans parmi-ceux qui ont suivi le conseil d 0. P., 60 °/0 sont très satisfaits, 33 °/0 sont satisfaits, 7 °/„ ne sont pas satisfaits ; parmi ceux qui n’ont pas suivi le conseil d’O. P., 19 0/o sont très satisfaits, 14 °/0 satisfaits et 67 °fQ ne sont pas satisfaits, ceci pour le groupe testé. Pour le groupe de contrôle les chiffres correspondants sont 41, 23 et 36 °/n (conseil suivi) et 50, 28 et 22 °/0 (conseil non suivi). Le conseil d’O. P. a donc plus de chance de coïncider avec les désirs de l’enfant et de lui donner satisfaction s’il est appuyé sur un examen psychotechnique.
- Les appréciations de l’employeur sont aussi à l’avantage des enfants testés et ayant suivi le conseil d’O. P. Après 4 ans, 4 °/« de ceux-ci sont jugés insuffisants, contre 15 "/« n’ayant pas suivi le conseil d’O. P. Parmi ceux du groupe de contrôle 7 °/» de ceux qui ont suivi le conseil d’O. P. sont jugés insuffisants, contre 6 0/« de ceux qui ne l’ont pas suivi.
- Voici donc quelques aspects des principaux résultats de cette belle expérience. Il resterait à évaluer l'influence respective de l’examen psychologique, de l’examen médical et de la visite familiale sur la valeur des conseils donnés, ce travail n’a pas encore été fait.
- En tout cas, et dans l’état actuel du dépouillement il n’est plus possible de mettre en cloute la nécessité d’une orientation professionnelle scientifiquement conduite. L’enfant orienté- selon les méthodes utilisées à Birmingham et qui sont à peu près celles qu’enseigne l’I. N. E. T. O. P. aux orienteurs français, cet enfant est celui qui a le plus de chance d’être satisfait de son métier, de satisfaire son èmployeur, d’être stable dans son emploi.
- Les expérimentateurs anglais s’appuient sur les résultats qu’ils ont obtenus pour demander dans leur pays une généralisation de l’O. P. et l’utilisation des méthodes psychotechniques.
- Chez nous ces résultats doivent être le coup de grâce donné aux petites chapelles, qui tentent encore de dénigrer des méthodes qui ont besoin d’être perfectionnées certes, mais dont le bien-fondé n’est plus à mettre en doute.
- J1) H faudrait évidemment diminuer ces chiffres du pourcentage de sujets n’ayant pas encore trouvé leur voie, mais les valeurs relatives n’ont aucune raison d’en être modifiées.
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- NOTES ET DOCUMENTS
- Un nouveau cas de jumeaux séparés à la naissance
- Dans le livre sur les jumeaux que Newman a publié en collaboration avec Freeman et Holzinger sont relatés 19 cas où des couples de monozygotes élevés séparément avaient été objet d’un examen et d’une analyse expérimentale.
- Entre 1934 et 1940, malgré ses efforts, Newman ne put avoir connaissance que de deux cas nouveaux et un seul de ceux-ci put être étudié. Il a relaté les résultats en collaboration avec le professeur de psychologie de l’Université Baylor, à Waco (Texas), Mme Gard-ner (1) qui avait découvert en 1938, deux jeunes filles indistinguables, entrant à l’Université à l’âge de 18 ans, mais qui ne s’étaient que (très rarement vues jusque là. Il s’agissait de deux jumelles, Lois et Louise, dont la mère était morte en les mettant au monde, et qui avaient été prises, la première par un ami de la famille résidant à Waco (ville de 60.000 habitants), la seconde par un oncle paternel vivant dans un bourg rural du Texas (de 2.000 habitants) et qui l’adopta.
- Ainsi école urbaine d’un côté, rurale de l’autre, milieu familial analogue (avec des enfants, garçon et fdle de 10 à 13 ans plus âgés, des deux côtés), mais quelque insécurité chez celle des jumelles qui était recueillie et non adoptée.
- Maladies d’enfants, en partie communes, en partie différentes (scarlatine grave chez Lois).
- A la naissance, Louise était un peu plus légère (5 livres contre 6), mais, élevée à la campagne, était plus lourde à l’entrée à l’Université (108 livres contre 100), avec bientôt égalisation des poids. Taille exactement la même ; môme chevelure noire avec quelques cheveux blancs épars, mêmes dimensions de la tête, même couleur des yeux, même forme des oreilles ; empreintes palmaires extraordinairement semblables pour la main droite, une des jumelles ayant les empreintes de la main gauche assez différentes de celles des trois autres mains (cas fréquent).
- Au Stanford-Binet, avec l’étalon de 16 ans, le quotient est de 110 chez Louise, de 107 chez Lois, au test d’Otis les nombres de points sont de 54 et 53, au test collectif international, de 224 et 215.
- An test d’« Achievement » de Stanford, l’âge éducatif est de 16 ans 8 mois chez Louise, 16 ans 11 mois chez Lois (à cause de la supériorité aux épreuves d’arithmétique) ; au test de l’American Council, à l’entrée au Collège, Louise atteint 99 et Lois 86.
- Les profils tracés d’après le test de Downey, pour la personnalité, sont très exactement semblables (cotes totales de 56 et 58) ; au Pressey, dont les hautes cotes indiqueraient la tendance névrosique, Louise atteint 187 contre 153 chez Lois.
- Au test de Woodworth-Mathews, il y a des réponses identiques à 69 questions sur 75.
- (I) Iva C. Gardner et H.-ïI. Newman. — Mental and physical traits of identifiai twins reared apart. «Journal of Heredity» XXXI, 19-ib, p. 119-126.
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- Dans les Associations libres (Kent-Rosanoff) il y a identité dans 19 cas ; les réponses franchement inhabituelles sont de 9 chez Louise contre 19 chez Lois. Au Bernreuter, pour la tendance névrosique, forte cote (96 %) ; pour l’auto-suffisance, cote très faible (1 %) ; pour l’introversion, cote haute (86 et 87 %) ; pour la dominance, cote faible (6 et 5 %) ; pour la confiance en soi, cote très élevée (97 %) ; pour l’indépendance-insociabilité, cote faible, un peu inégale (6 et 10 %).
- Dans l’ensemble structures des personnalités tout à fait semblables ; mais à l’Université, dans sa ville, la citadine est un peu moins timide que la campagnarde.
- Le couple montre la plus grande similitude que Ne\yman ait rencontrée dans les vingt cas de jumeaux élevés séparément, similitude supérieure à celle que présente la majorité des couples élevés ensemble.
- A ce propos Newman fait quelques réflexions, revenant sur son livre où ses collaborateurs, des éducateurs, qui étaient de cœur « environmentalistes », ont à son avis contribué à exagérer l’importance donnée aux facteurs de milieu, par réaction contre bien des auteurs qui n’en tenaient pas assez compte dans l’étude des jumeaux (1).
- Il releve que dans ses vingt couples élevés à part il n’y en a que quatre chez lesquels on a trouvé des différences appréciables (dans l’un, où la différence des quotients atteignait 24 points, il y avait une différence de treize années dans la durée de scolarité). Dans les seize autres, les différences de milieu n’avaient donc pas atteint le seuil d’efficacité modificatrice pour les traits envisagés de la constitution physique, de l’habileté mentale et du tempérament.
- Pour modifier ces traits chez des individus héréditairement identiques, il faudrait donc des différences importantes de milieu, conclut très raisonnablement Newman.
- Et, de fait, quand on compare à ces ressemblances notables-l’extrême diversité des types soumis à une action formatrice identique du milieu, on ne peut,-sans méconnaître à plaisir la réalité des faits, envisager comme secondaire le rôle de la structure héréditaire, à la base des aptitudes. — H. P.
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- Dépistage des troubles endocriniens
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- Le Dr Michel Pelletier (2), adjoint comme médecin-inspecteur régional de l’hygiène scolaire et universitaire de l’Académie de Paris, expose ces méthodes de dépistage en vue de conclusions médicales d’orientation professionnelle.
- Il essaye de créer un profil synoptique que les médecins des centres devront eux-mêmes remplir.
- La période d’orientation correspond en général à la puberté et il est nécessaire de déceler la prépuberté et la puberté pathologique.
- (1) Dans la préface du livre «Twins», de 1937, il est précisé que Freeman a eu ia charge des tests psychologiques, Holzinger de l’élaboration statistique, et que les conclusions générales ont été établies « after a considérable discussion of divergent interprétation of the data».
- (2) Archives de Medecine sociale, tome I, n° 10, décembre 1945.
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- Ce qui lui paraît le plus intéressant pour l’O. P. c’est l’orientation des petits infirmes qui sont légion.
- Il rappelle d’abord brièvement les syndromes endocrinîens-types et aborde ensuite l’étude des' méthodes de dépistage de ces troubles.
- Les mesures biométriques lui semblent d’une importance indubitable. Le poids, la taille, le périmètre thoracique et la longueur du buste mesuré assis lui permettent de tirer des rapports qui, mis en profils et comparés aux profils normaux, permettent de déceler beaucoup de troubles endocriniens. Après ces mesures biométriques, il est nécessaire de faire un examen clinique et cet examen n’aboutit lui aussi qu’à des doutes sur l’intégrité du fonctionnement glandulaire.
- Pour avoir la certitude, des examens spéciaux sont nécessaires.
- D’abord la radiographie qui permet de mettre en évidence des troubles discrets d’ossification. Viennent ensuite l’électrocardio-gramme, la chronaxie (cas fruste de tétanie). Le métabolisme basal et le quotient respiratoire donnent également des indications précieuses.
- En troisième lieu les examens du sang (p.H. et réserve alcaline, calcium et chlorure de sodium).
- L’interférométrie donne de bonnes indications dans le cas d’obésité et de rhumatismes déformants.
- La typobiologie, la psychométrie indiquent les anomalies intellectuelles et caractérielles. D’où la nécessité de mesurer chez les sujets observés le niveau mental et la fatigabilité.
- Restent les troubles caractériels qui sont difficiles à déceler et dont l’étude s’adresse à de nombreuses méthodes.
- Quant aux indications que les orienteurs doivent tirer de ces troubles dépistés, elles sont assez variées.
- D’abord le milieu social de l’usine est contre-indiqué et ces petits endôcriniens seront mieux orientés vers l’agriculture, l’artisanat et de petits emplois de bureau.
- Si l’attention est déficiente et s’il y a dystrophies osseuses il faut contre-indiquer les conduites de véhicules. Dans le cas où la déficience intellectuelle s’accompagne de déficience morale, il faut supprimer tout métier à responsabilité et à tentation.
- Enfin les émotifs et les nerveux devront surtout être artisans ruraux.
- I. auteur termine en souhaitant que l’étude des monographies professionnelles se développe permettant de dégager des contre-indications ou des indications médicales précises pour le placement des endocriniens.
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- Analyse factorielle d une série de tests verbaux
- Nous relevons dans les 41e et 42e Années Psychologiques 1940-1941, un travail de M. Bonnardel consacré à l’analyse factorielle d’une série de tests verbaux (1).
- M. Bonnardel emploie les tests suivants bien connus des orienteurs :
- 1° fiche collective d’intelligence de M. et Mme Piéron •
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- 2° cahier d’intelligence logique de J.-M. Lahy ;
- 3° batterie VI.2 de Bonnardel.
- Ils ont été appliqués à 127 élèves d’une école d’apprentissage industriel dont l’âge moyen était de 14 ans.
- L’analyse fut effectuée au moyen de trois méthodes :
- 1° méthode centroïde de Thurstone ;
- 2° méthode de Spearman ;
- 3° méthode d’Holzinger.
- Des tableaux indiquent la comparaison des valeurs obtenues par l’utilisation de ces différentes méthodes :
- a) pour les saturations dans le facteur général ;
- b) pour les saturations dans les facteurs particuliers :
- 1° Evocation verbale ;
- 2° Séries numériques ;
- 3° Mot en trop ;
- 4° Proverbes ;
- 5° Syllogismes.
- L’auteur donne ensuite ses conclusions sur la compréhension du facteur commun U à l’ensemble des tests verbaux (1).
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- La relation entre le niveau intellectuel des enfants et leur nombre dans la famille.
- En 1937.. E.T.G. Bradford (2) avait dégagé, d’une, enquête qssez large cette double conclusion que, plus grande est une famille, moins est élevé le niveau moyen d’intelligence des membres de cette famille, et que, plus le niveau moyen d’intelligence des enfants est élevé dans un groupement professionnel, moins les familles sont grandes.
- La question a été reprisé à Edimbourg par Gérard S. A. O’Han-lon (3), qui a utilisé des. données recueillies sur l’intelligence de 1.000 enfants de 5 à 8 ans plusieurs années auparavant par Shepherd Dawson, et dent environ 300 furent "retrouvés, ce qui permit d’obtenir sur leur famille tout un ensemble de données permettant un établissement de corrélations.
- Les quotients d’intelligence dès enfants s’étageaient entre 0,61 et 1,25, autour d’un mode un peu inférieur à l’unité (0,86-0,90) ; le nombre moyen des naissances dans les familles était élevé (6,3) avec, comme enfants vivants, un chiffre proche de 5 (4,87).
- Dans le groupe total fut mis à part un petit lot de 28 cas, dans lequel, la mère ayant atteint ou dépassé 45 ans, la famille pouvait
- (1) Année psychologique 1940-1941. Presses Universitaires, Paris.
- (2) Bradford. — The relation of intelligence to varying birth rate in different social grades. « British Journal of Educational Psychology » ni, 1937, p. 229.
- (3) G. O’Hanlon. — An investigation into the relationship between fertility and intelligence. Idem, X, 1940, p. 196.
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- être considérée comme complète (avec 6,39 enfants vivants en moyenne).
- La corrélation entre le niveau d’intelligence des enfants et le nombre total de naissances dans la famille s’est montrée négative, et égale à — 0,207 pour le groupe total, et — 0,413, valeur très significative, pour le petit groupe de familles, complètes.
- Les autres facteurs envisagés ont été les conditions de nutrition (sans renseignements sur la manière de l'établir), la grandeur relative .de l’habitation (rapport du nombre des /pièces au nombre des personnes), les revenus, l’âge de 'la mère :au moment du mariage et au moment de la naissance de l’enfant testé.
- Etant donné certaines corrélations existant entre ceg divers facteurs, ne peuvent avoir de signification que des corrélations partielles, à autres conditions constantes.
- D’après ce qui en ressort, pas d’influence de la grandeur de l’habitation, influence favorable de la nutrition (0,159) et du nombre d’années de mariage précédant la naissance (0,270), ce qui signifie que les enfants plus tard venus tendraient à être plus intelligents.
- En ce qui concerne le nombre toLal des naissances, son influence défavorable apparaît légèrement accentuée (— 0,293 pour le groupe total au lieu de — 0,207).
- Le fait paraît donc bien établi. Oufant à son interprétation, elle est sans doute dans la tendance bien connue à une restriction plus étroite des naissances par les couples de niveau intellectuel plus élevé, qui sont généralement aussi les plus instruits, les plus prévoyants, les plus renseignés. p p
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- Un essai de sélection des sujets capables de faire du planning.
- Une des anciennes élèves de notre Institut, M1Ie Gavini, a fait, sous l’égide du Prof. Canac, directeur du Centre de Recherches, de Marseille, une très jiolie étude de ce métier que nous désirons résumer.
- Le Planning est un méthode d’organisation et dé contrôle du travail ; c’est la représentation graphique sur un tableau mis constamment à jour, des prévisions et des réalisations du travail.
- Vingt-quatre sujets bien connus de la direction des Aciéries du Nord pour qui fut fait le travail sont venus passer l’examen psychologique.
- La concordance entre leur classement à l’examen et leur classement dans la réussite professionnelle fut satisfaisante puisque la corrélation est de 0,85.
- L’auteur a dressé un tableau des qualités nécessaires aux bons planneurs.
- Aptitudes mentales :
- — Facilité à se servir de symboles ;
- — Bonne mémoire visuelle ;
- — Aptitude à visualiser ;
- — Attention ;
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- — Esprit critique et d’observation ;
- — Sens de l’organisation ;
- — Sens pratique ;
- — Méthode ;
- — Précision.
- Aptitudes caractérologiques :
- — Pas de paresse d’ësprit ;
- — Persévérance ;
- — Ordre ;
- — Honnêteté et sécurité ;
- — Foi dans le travail ;
- — Aptitude au commandement.
- Voici la composition de la batterie utilisée.:
- — Test d’intelligencë (Examen d’intelligence pour adultes cultivés n° 1 de Mme Henri Piéron) ;
- — Test d’attention concentrée (test de barrage de Toulouse et Piéron, modifié par J.-M. Lahy) ;
- — Tests de mémoire (de la fiché Piéron) ;
- — Mémoire des formes géométriques ;
- — Mémoire concrète et observation ;
- — Mémoire logique ;
- — Un test de mémoire de formes coloriéés de Gavini ;
- — Test d’apprentissage et de code (test de Terman) ;
- — Test de Wiggly-Block ;
- — Test des- réglettes coloriées (Gavini) ;
- — Test des boîtes à remplir (Gavini).
- Le comportement avait été soigneusement étudié pendant l’exécution des tests surtout pendant le test de la boîte à remplir.
- Les t.ests les plus caractéristiques semblent être ceux de la boîte à remplir, de mémoire logique, de mémoire dës formes coloriées, d’attention concentrée (exactitude), d’intelligence logique et. critique (fiche Mme Piéron). Les résultats gagneraient à être pondérés par l’introduction de coefficients différents donnés aux tests de la batterie. Les coefficients les plus forts étant réservés aux tests les plus significatifs.
- L’autëur pense qu’étant donné la corrélation P = 0,85, la batterie est une bonne indicatrice et que le flottement entre les résultats vient du fait que l’on ne tient pas assez compté que des éléments caractérologiques et moraux peuvent constituer, soit une compensation à certaines déficiences psychologiques, soit un empêchement à l’utilisation de certaines qualités.
- M. H.. P.
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- 1
- - Un rapport d’Henri Belliot a été consacré au problème de l’apprentissage dans la réunion du Congrès de la Ligue de l’Enseignement, signalant le déficit annuel en France en ouvriers qualifiés, se montant à 80.000, et réclamant à juste titre un large développement de l’enseignement technique. D’après lui, les. examens d’aptitudes, s’ils sont importants, ne sont pas déterminants. Le rapporteur aurait même affirmé : « On peut presque prendre n’importe qui pour faire n’importe quoi. » Affirmation singulière et qui est une contre-vérité que l’on regrette de trouver ainsi lancée péremptoirement ! Cela n’empêche pas d’ailleurs H. Belliot de demander que le§ instituteurs possèdent des notions d’orientation et que les directeurs d’école soient mis. en mesure de faire des examens psychotechniques de sélection !
- Dans le journal Y Enseignement du 17 novembre, Mme Lévy-Bruhl, Mlle Semper, Mlle Charlin et Mme Duchapt-Miche.l ont tenu à répondre à M. Belliot, dont oertaines affirmations rapportées avaient ému nombre de Conseillers d’O.P. Mais le compte rendu du rapport dans le numéro du 13 octobre n’aurait pas été exact, et M. Belliot a tenu à rectifier, dans les termes suivants (numéro du 24 novembre) :
- « Il s’est glissé, dans certaines de vos citations, des erreurs qui dénaturent un peu ma pensée.
- « Je ne vous en aurais pas parlé si, au cours d’une récente réunion, je 'n’avais pas été pris à partie, à cause de ce que vous me faites dire dans le paragraphe intitulé « l’examen d’aptitudes n’est pas déterminant ». A ce propos, j’ai effectivement prononcé le mtot de « fumisterie », mais non pas à l’adresse des Instituts de psychotechnique. J’ai attribué cette épithète à la prétention que formulaient certains sélectionneurs de classer à quatorze ans de futurs apprentis en ajusteurs, tourneurs, fraiseurs. J’estime, en effet, qu’il est parfaitement inutile et impossible d’orienter à S’avance, avec autant de précision, des jeunes gens, .entre trois professions aussi voisines. »
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- Un décret du 19 janvier {journal Officiel du 20) sur l’organisation de la direction de l’enseignement au Ministère des Colonies (confiée à M. Maxime Laborde), rattache à cette direction l’orientation professionnelle).
- A l’Institut catholique de Paris (dans l’Institut supérieur de Pédagogie) vient d’être créé un Centre d'Etu,des anthropotechniques, placé sous la direction de l’Abbé Jean Besson, diplôme de l’I.N.E. T.O.P. et de l’Institut de Psychologie de l’Université de Paris, et comprenant des laboratoires de recherches et un enseignement théorique et pratique, inauguré le 19 janvier par une leçon de l’Abbé Besson qui assume l’initiation à 1a, psychotechnique.
- Les conférenciers sont le Père Verdun, M. Delpech, M1Ie Jaur et M. Bertier. Le Père Verdun est chargé d’une initiation à la pratique de la biotypologie. (Sëcrétaire : MUe Brichet, 12, rue du Regard, Paris, 6e). , *
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- La liste des candidats admis au diplôme d’Etat de Conseiller d’O.P. a été publiée par arrêté (du 11 avril 1945). « Sont admis â recevoir Je diplôme d’Etat... » au Jojirnal Officiel du 12 décembre 1945.
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- A TRAVERS LES REVUES
- Un rapport sur l’orientation professionnelle des militaires réfor-, més a. été publié en. Australie par deux officiers, appartenant à l’Office de recherches et d’orientation du Collège technique de Sydney, sur lequel l’attention est attirée par la. Revue Occupational Psycho-logy (XVIII, octobre 1944, p. 174), rapport fondé sur 615 cas examinés de 1942 à 1943, et dont les deux tiers, ne pouvant plus reprendre leur ancienne profession, avaient du être réorientés (W.. M.. O’Neil et J.-P. Young. Vocational Guidance of the disabled soldier, Report 41181 â de la Branche d’éducation technique de New-South Wales).
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- La Revue suisse d’hygiène « Gesundheil und Wohlfart » a publié un.e étude de E. Moschlin (novembre 1943, p. 512) sur le choix de la profession et vocation à la campagne, au cours de trois générations, dans un bourg, avec une phase de désertion de la campagne pour le travail d’usine, et une nouvelle période de chômage et d’orientation professionnelle, qui marque un certain retour au travail de la terre.
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- D’une étude expérimentale de M. D. Wheathley sur des lésions de l’hypothalamus, chez des chats publiée dans les Archives of Neuro-logy and Psychialry (t. 52, 1944, p. 296-316) il ressort qu’une lésion en une région bien définie du. noyau, ventro-médial entraîne un changement de caractère, l’animal ne répondant plus, affectueusement aux caresses mais réagissant avec violence et sauvagerie, ce qui met en. évidence le substrat organique des traits de caractère.
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- Le nouveau Journal of Clinical Psychology (t. I, 1945, p. 288-295) a publié une étude de R.-F. Berdie relative à des mesures d’intelligence chez des adu.ltes (56 recrues de la marine) suspects de déficience mentale par. comparaison du. test de Goodenough (dessiner un homme) avec le test de Bellevue-Wechsler (forme B), d’où résulte une corrélation aussi forte entre les deux tests qu’entre une partie du test de Wechsler et l’ensemble restant.
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- Les. Contributi del Laboratorio di Psicologia de l’Université catholique du Sacré-Cœur, à Milan, publiés en 1944, par le père Ag. Ge-melli, contiennent des séries de travaux dont nous relèverons les suivants :
- 12e série : A.. Gemelli, La sélection du. soldat moderne p. 67) ; G. Zunini, La personnalité dans la psychologie et Sexualité et personnalité (p. 163 et 139) ; A. Gemelli, nouveaux points, de vue et critères. en sélection et orientation professionnelles ; C. Trabattoni, La signification des différences individuelles dans la perception de la
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- profondeur ; C. Colombi et F. Schapfer, Une méthode d’adaptomè-trie objective par enregistrement du réflexe optocinétique ; A. Ala-ba.stro, échelle métrique du développement de la motilité, et profils moteurs à l’époque de la croissance (4 à 16 ans).
- 13e série : Auguste Alabastro et Agata Sidlanskaite ; Nouvelles recherches sur les. enfants instables : cette étude a porté sur 100 enfants de 6 à 15 ans (histoire clinique, diagnostic, profil moteur et mental) et il en résulte que l’instabilité, symptôme de cérébropathie résultant de facteurs étiologiques variés, se rencontre associée à des niveaux mentaux ou. moteurs très inégaux, et à des. types mentaux et moteurs très divers.
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- La revue du « National Institute of Industrial Psychology », Occu-pational Psychology, dans la période de 1940 à 1945, a publié un grand nombre d’études intéressantes, que nous indiquerons ci-dessous :
- Eric Farmer (XIV, 1940, p. 121) examine la prédisposition aux accidents du. travail, qu’il distingue de la « liability », correspondant à la somme des facteurs déterminants, dont la prédisposition fait partie, à côté de l’âge, de l’expérience, de la fatigue, des. méthodes de travail, de la vitesse et des conditions de milieu (ventilation, éclairage, éblouissement)..
- Al. Chleusebairgue (XIV, p. 146), exilé d’Espagne, expose les méthodes de sélection des conducteurs d’automobiles qui étaient utilisées à Barcelone dans l’Institut que dirigeait E. Mira.
- La. question de tests abrégés, pour évaluer les. bas niveaux d’intelligence a. fait l’objet d’un symposium dirigé par. P.-E. Vernon, auquel ont participé le psychiatre F..-J.S. Esher et E.-L. Triât (XV, 1941, p. 107-131), proposant chacun un ensemble de tests permettant d’assurer, en particulier dans l’armée, u.n dépistage pratique des débiles, mentaux.
- W.-H.-N. Hotoph, du. Laboratoire de psychologie de Cambridge (XV, p.. 133), donne les résultats d’une étude sur les intérêts de 416 écoliers, entreprise en vue de déterminer la valeur que les intérêts peuvent présenter en orientation professionnelle, le manque de maturité révélé par des intérêts restés enfantins tendant à indiquer une moindre aptitude à des situations, exigeant une autorité et impliquant des responsabilités.
- L’ingénieur Franck Holliday, qui avait déjà exposé des recherches sur la sélection d’apprentis ingénieurs d’une us.i.ue (XIV, p. 69), revient sur la question après une expérience de près de trois ans (XV, 1941, p. 173), insistant sur la nécessité d’une étude de chaque cas individuel, sans se limiter à une sélection par tests qui ne se montre pas infaillible ; puis il expc.se en détail les résultats des corrélations entre les. tests d’une batterie et la réussite dans six groupes d’élèves ingénieurs, avec corrélations, allant de 0,361 à 0,706, les corrélations avec le seul test d’intelligence allant de 0,286 à 0,589 pour les six groupes, avec une constance de 0,80 à 0,82 pour l’ensemble (XVII, 1943, p. 168).
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- L’emploi d’un questionnaire chez 186 fillettes de 13 à 16 ans a permis à Joan Lingwood (XV, p. 185) de déterminer l’étendue de leurs connaissances, en matière de professions, et l’influence d’informations qui leur sont fournies., en fonction de leur âge.
- La. valeur de la statistique dans la psychologie professionnelle a fait l’objet d’une excellente mise au point par Cyril Burt (XVI, 1942, p. 164, et XVII, 1943, p. 25)..
- De Clifford W. Shuttleworth, le résumé d’une thèse de Master of Arts à l’Institut d’éducation de l’Université. de Londres sur les tests d’aptitude technique (XVI, p. 175), utilisant une batterie de trois tests mécaniques et treize de jugement spatial, d’intelligence, de dextérité, dont l’analyse factorielle fait dépendre la. réussite d’un facteur général d’intelligence pratique, d’un facteur d’aptitude mécanique-spatiale, avec intervention secondaire d’un facteur visuel et d’un facteur verbal, l’emploi de cette échelle ayant montré la supériorité des tests à l’entrée d’une école technique sur les examens de forme académique (pronostic meilleur, économie de temps, objectivité).
- Après 17 ans de pratique de l'orientation dans l’Institut de Londres, Miss Stott examine la question de Dévaluation de la réussite de l’O. P. (XVII, p. 6) et des critères sur lesquels cette évaluation peut s.e fonder (salaires, promotions, stabilité d’emploi, satisfaction du travailleur, efficience, etc.), et indique quelques résultats obtenus. déjà.
- Mrs Patricia IIunt (Miss AUen) résume les résultats des •expériences. poursuivies, à Birminghan, mais interrompues, par la guerre, sur la sélection et l’orientation professionnelles (XVII, p. 53).
- Une note sqr l’emploi du. centilage, en particulier dans la comparaison avec la notation des quotients, d’intelligence, est due à Patrick Slater (XVII,. p, 73).
- Du Dr Alice Haas (XVII, p. 87) un examen de la place importante que joue l’O.. P. dans une clinique pour enfants (Child Guidance Clinics) où elle a acquis une expérience prolongée.
- A.-H. Sèvmour expose des suggestions pour la sélection et la préparai ion de managers industriels (XVII, 1943, p. 186).
- La question de l’appréciation du tempérament par les « Occupatio-nal psychologists » fait, l’objet d’un article du chef du département d’orientation professionnelle de l’Institut de Londres Alec Rodger (XVII, 1943, p- 194), cependant que son prédécesseur. Angus Macrae présente des réflexions, sur les. problèmes professionnels en temps de guerre (XVII, p. 105).
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- Une expérience de tests pronostiques pour de futurs architectes est relatée par D.-W. Harding (XVII, p. 126).
- Pour la sélection, des écoliers qui, à la fin du premier degré, doi-. venl. être admis dans l’enseignement secondaire ou dans, les écoles techniques, Patrick Slater expose des. séries de tests (XV,' 1941, p. 10), puis relate les résultats d’expériences sur leur emploi, avec analyse factorielle, d’où se dégage l'intervention notable de deux facteurs seulement, le facteur général de Spearman et un facteur verbal, limité au groupe des tests verbaux (dans les 18 types faisant l’objet de notation) ; il fait remarquer qu’aucun facteur propre aux tests de jugement spatial (du. type crayon-papier) ne se dégage chez les enfants à l’âge examiné (11 ans), et conclut que, dans la sélection, il y a lieu de diriger vers les. écoles secondaires ou techniques tous ceux ayant un niveau ass.ez élevé, d’intelligence générale, avec choix entre les deux types d’après le degré d’aptitude verbale (XVII, 1943, p. 139).
- Edith O.. Mercer, conseillère technique pour la section féminine de l’armée, expose les. méthodes psychologiques utilisées pour la sélection du personnel de services militaires confiés à des femmes (XIX, 1945, p. 180).
- L’organisation de l’orientation professionnelle dans un comté d’Ecosse est l’objet d’un exposé de John Meiklejahn (XIX, p. 201).
- Le directeur de l’Institut de Londres C.-B. Frisby consacre quelques notes à la fonction des* psychologues, professionnels (dans l’industrie, dans l’0„ P. particulièrement).
- Dans une grande entreprise d’ « engineering » on a été amené à accepter toute la main-d’œuvre qui s’offr.git au. cours de la. guerre, mais toutefois, à titre d’expérience, une batterie de sept tests a. été appliquée, et la confrontation avec la réussite dans divers, postes de travail a montré que les échecs — qui se sont élevés à 40 % — auraient été réduits à 20 % s.i on avait tenu, compte des.tests, pour la sélection, d’après les données exposées par Amy C. Andrews (XVIII, 1944, p. 126).
- Dermot Straker, psychologue dans u.n service de combattants, expose les difficultés qui y sont rencontrées par la recherche dans le domaine psychologique (XVIII, p. 133)..
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- E.-L. Thorndike a consacré aux ressemblances fraternelles deux études dans le Journal of geneiic Psychologg (t. 64, 1944, p, 249 et 265), après étude de 409 couples de frères (corrélation de 0,41 pour l’intelligence, de 0,37 pour le poids, de 0,50 pour la taille), et de deux groupes, de 812 et 486 couples, de « siblings », sans distinction de sexe (corrélations de 0,45 et 0,435 pour l’intelligence), concluant que les. faits sont vraiment « damaging » pour les théories qui attribuent au milieu une grande influence.
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- Le Journal of the Institution of Electrical Engineers (t. 91, 1944, p. 148) a publié un exposé par R.-C. Wooda et A.-S. Mc Donald du travail, d’un service de séleclion organisé, depuis onze ans dans une industrie d’éclairage électrique, avec les tests utilisés (d’aptitude spatiale, d’intelligence verbale, de dextérité manuelle, de jugement pratique) leur emploi chez des. employés, ouvriers et apprentis ingénieurs avec des. observations complémentaires et la pratique de l’interview.
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- Nous relevons dans Lqs Cahiers du Musée Social, n° 4, 1945, p. 220, un intéressant article du Dr René Barthe sur Psychologie et Sociologie du service médical d’usine. Il passe ' successivement en revue l’action médicale sur les lieux de travail, et le statut biologique du travail moderne avec ses différentes attributions : hygiène du travail, détermination des aptitudes des ouvriers, prévention médicale des risques industriels (examens périodiques) et recherches scientifiques.
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- La revue Hommes et Techniques, décembre 1945, n° 11-12, donne l’indication d’une expérience d’O.P. en vue de l’apprentissage faite à Marseille dans le centre d’O.P. de la rue Saint-Jacques.
- On y trouve des renseignements sur l’examen de J40 élèves de l’Ecole d’apprentissage de S.N.G.A.S.E. à Marignane.
- On y trouve également dans le même numéro un article de Guy Palmade sur les mécanismes de sélection.
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- Les Anales del Instituto Psicotecnico de Barcelona ont recommencé à publier, en mars 1945, un fascicule consacré aux travaux de cet Institut entre 1939 et 1944, qui contient des études sur les sujets suivants :
- La psychotechnique de l’objet en relation avec la prévention des accidents et l’hygiène, et le niveau mental pour la personnalité professionnelle par Manuel Borras Paris, ingénieur, chef du laboratoire psychométrique ; étude critique sur la détermination du niveau mental par Pedro Poravella Daran, chef du département carac-térologique et de psychologie infantile ; quelques considérations à propos des types morphologiques de Kretschmer par Salvador Massons Trullols, chef du laboratoire médico-anthropomctrique ; l’adaptation du système cardiovasculaire au travail par le Prof So-ler y Dopff, chef du département de physiologie du travail, et A. Rivas Miro ; la capacité visuelle professionnelle en relation avec le rendement et les accidents du travail ; et les défauts visuels des écoliers en rapport avec l’orientation professionnelle, par F. Palo-mar Gollado, chef du 'laboratoire d’ophtolmologie ; les bases fion-
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- damentales d’un travail efficient et. publicitaire par Antonio Rivière Monen, chef du laboratoire de statistique ; enfin poids, taille et capacité respiratoire (mesures effectuées sur 10.752 sujets, enfants à partir de 12 ans, adolescents et adultes), par Agust.in Granada Pich, chef du département de statistique.
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- Le nouveau Journal of clinical Psychology a consacré dans son premier tome une série d’études aux problèmes d’orientation professionnelle :
- La formation du Conseiller d’orientation par H. D. Kifson (p. 180); la nature et le but de l’O.P. par G. E. Myers (p. 176) ; le rôle du psychologue en O. P. par M. R. Trabue (p. 182) ; le conseil clinique en O.P. par R. H. et V. H. Rixler (p. 186).
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- La Revisla de Psihologia teorelica si aplicata d’avril-juin 1944 a rendu compte, sous la plume de M. Mihail Peteanu, de l’organisation, par l’Institut Psychotechnique de Cluj, d’un examen d’aptitudes d’élèves admis à l’école textile supérieure de Bucarest, dont 40 % se seraient montrés doués d’aptitudes insuffisantes.
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- Articles relevés dans The Journal of Psychology de 1945 :
- Arthur Burton et Wallher Joël, normes d’adultes pour les tests Watson-Glaser de pensée critiqué (19, 1, p. 43) ;
- P. R. Farnsworth, nouvelles données sur l’obtention des valeurs dans l’échelle de Thurstone (19, 1, p. 69) ;
- David Wechsler, une échelle de mémoire étalonnée pour usage clinique (19, 1, p. 87) ;
- R. H. Bittnér, prédictions quantitatives à partir de données qualitatives (19, 1, p. 97) ;
- Benjamin Balinsky, test collectif de choix multiple Rorschach (de Harrower-Erickson) pour une sélection d’employés, ce test ne se montrant pas approprié (19, 2, 203) ;
- R. C. Chaliman, sur le même test, avec l’opinion que ce test peut être de quelque utilité pour un triage (20, 1, p. 41) ;
- W. C. Halstead, un facteur de puissance (P) dans l’intelligence générale et les effets des lésions cérébrales (20, 1, p. 57).
- G. A. Geil, une échelle Wechsler-Bellevue abrégée utilisable en clinique, comprenant les tests de compréhension, similitudes, chiffres .et. Block-designs, ne nécessitant que 25 minutes et ayant avec l’échelle entière une corrélation de 0,966 (20, 1, p. 103);
- Paul R. Farnsworth, construction d’une échelle d’attitudes et méthodes des intervalles d’apparence égale (20, 2, p. 245) ;
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- Beth L. Wellman, revue des travaux (au nombre de 56) sur les changements du quotient d’intelligence dans les années préscolaires, changements moyens allant de 0,5 à 5 points (20, 2, p. 347) ;
- N. Frank Sitump, sécurité industrielle et fonctions visuelles, les blessures industrielles étant réductibles de 25 % du fait d’une exigence de certains niveaux des fonctions visuelles (20, 2, p. 369).
- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE A L’ÉTRANGER
- Quelques aspects de l’orientation professionnelle aux Etats-Unis
- I. — Historique.
- L’orientation naît aux Etats-Unis en 1908. Pendant les premières années, son développement s’est effectué lentement dans les écoles, et plus, lentement encore dans les universités. En. 1938, un service d’O. P. et d’information sur les carrières et les métiers a. été créé au sein du Ministère de l’Education. Grâce, en partie, au rôle stimulant de ce service, 31 départements, le district de Colombie, Hawaï et Pcrto-Rico ont organisé en 1941 une inspection départementale d’orientation. En 1938, lors, du dernier recensement, 2.286 personnes appartenant au. cadre de 1.297 établissements, d’enseignement secondaire consacraient leur activité principale à l’orientation. On comptait, en 1932, 49 groupes scolaires, possédant des services d’O. P., nombre qui avait presque doublé en 1942.
- En 1935 a lieu la première tentative en faveur de l’orientation, en dehors de l’enceinte de l’école. A cette époque, l’Administration nationale de la Jeunesse (National Youth Administration), dès sa. création, organise et développe peur les. jeunes des centres dont le but est de déceler les aptitudes, d’encourager la formation professionnelle ainsi que des stages, d’entraînement pratique.
- Par ailleurs, la réorientation des adultes est organisée et prend de l’extension, surtout pendant la grande période de chômage, c’est-à-dire au cours des dix ans. qui eut précédé la dernière guerre (1). Dans, les principales villes, des services spéciaux de réorientai ion sont établis pour fournir aux adultes, tous renseignements, utiles sur les métiers et les carrières, avec mise à la disposition du public de tests, psychologiques, psychotechniques et de consultations d'orientation.
- (t) Il est trop tôt pour évaluer aujourd’hui les effets du chômage aux Etats-Unis, dans ses rapports avec l’orientation.
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- II.. — Pratique de l’orientation : la documentation,
- LA CONSULTATION, LE PLACEMENT
- Actuellement, l’O. P. aux Etats-Unis porte ses efforts sur la constitution d’une documentation abondante et exacte destinée aux orienteurs, puis la consultation d’O. P. proprement dite, et enfin sur le placement et le résultat obteiyj. par le placement.
- 1. — Documentation. — Sources et diffusion. — De multiples organisations analysent et classent les métiers et les professions, étudient les tendances du marché du travail. Parfois ces. centres de recherches font partie des. ministères de l’éducation nationale ou. du travail, ou. de l’agriculture., Parfois, aussi, ces études sont entreprises par le corps enseignant des universités, ou par des organismes comme l’Administration Nationale de la, Jeunesse. L’armée et la marine possèdent également leur bureau, d’études et d’informations professionnelles
- Certains groupements font des enquêtes spéciales touchant les questions professionnelles, et adressent des’ questionnaires à tout un segment de la population, comme la jeunesse agricole d’un département. Les enquêtes sont ensuite dépouillées, analysées, classées et mises à la disposition des orienteurs.
- Parmi les organismes, supérieurs qui donnent une nouvelle activité et une nouvelle étendue au rôle de l’orientation, nommons le service d’information et d’orientation, du. Ministère de l’Education Nationale (Occupational Information and Guidance Service of the U. S. Office of Education).. Son but est de créer et de développer des programmes d’O., P. dans les communes, et les départements.
- D’autre part, très souvent, les écoles prévoient des cours ou des débats, sur les questions d’O. P. auxquels il convient d’ajouter encore les visites d’usines, des reportages à la T.S.F., des séances de cinéma, etc..,. Dans un grand nombre de ces. centres d’information, il est. fait appel à la compétence des conseillers, car leur formation les prépare tout particulièrement pour, cette première étape de l’orientation.
- 2. — Consultation d'O. P, — Le conseiller, s’efforce d’aider l’individu à connaître mieux ses aptitudes et les questions qui l’intéressent, en vue d’assurer sa formation professionnelle ou son placement ultérieur. Parfois l’orienteur doit tenir compte aussi d’une situation, familiale malheureuse qui peut entraver la marche à suivre.. Problèmes essentiellement humains que le conseiller tente de résoudre-en liaison avec les services sociaux : services de santé, psychiatriques, etc....
- Le conseiller dispose d’un véritable arsenal de renseignements qui lui permettent de connaître le sujet à orienter. Tests psychologiques et psychotechniques, carnet scolaire, informations provenant de groupements de jeunesse, références, d’employeurs, s’il s’agit d’un travailleur, etc... ; tous ces éléments groupés et interprétés forment le dossier d’O. P.
- Au. cours de l’entretien individuel qui reste une des bases principales de l’orientation, le conseiller s’efforce de clarifier le problème, d’y apporter des. éléments, nouveaux, gu besoin de rectifier des erreurs. Il s’agit, en effet, avant tout, de donner un conseil non
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- d'imposer un verdict. Car l’O. P. est mise au service du public dans un esprit largement démocratique ; l’intéressé, (ou sa famille) de-meure toujours libre de suivre ou non les propositions formulées. En général, les fonctions du conseiller se bornent à faire connaître les. aptitudes et les contre-indications, ainsi que les possibilités offertes au candidat et à le laisser faire ensuite lui-même son propre choix.
- Evidemment, aux Etats-Unis., comme ailleurs, le rôle du conseiller n’est pas compris, par tous de même manière.. Pour certains, l’orientation est avant tout une question de renseignements précis donnés à bon. escient ; pour d’autres, le conseiller es.t comparable a.u médecin qui fait son. diagnostic et prescrit aussi le traitement.
- 3. — Le placement. — Le placement est la suite logique de l’orientation, placement qu’il ne faudra ensuite pas perdre de vue. Car si le contrôle du. placement est nécessaire, cela est évident, dans, l’intérêt de l’individu lui-même, ce contrôle sert aussi de base à des études precieus.es. Grâce aux rapports faits par les. orienteurs, l’Association Nationale des Directeurs d’établissements d’enseignement secondaire a réuni des analyses, des tableaux et des statistiques relatifs à la stabilité et au succès d’un, grand nombre de placements effectués pendant les dernières années.
- III.. — Rapports entre l’orienteur et les autres, services
- Le conseiller maintient, on l’a. vu plus haut, u.ne liaison avec les services de psychiâtrie ou de santé ; bien entendu, ses. rapports avec les offices de placement sont encore plus étroits.. En fai|, l’orienteur ne néglige aucun organisme susceptible de contribuer à l’orientation et au placement du sujet. En sens inverse, d’autres institutions font appel à la compétence du conseiller, l’armée par exemple.
- a) L'orienteur et la sélection professionnelle dans l'armée. — A la sortie des écoles, qui a lieu, à 18 ans, aux Etats-.Unis, les directeurs d’écoles remettent à l’armée deux questionnaires établis par le gouvernement fédéral. Le premier questionnaire est destiné a.u psy-chiâtre du. centre de recrutement et fournit les éléments relatifs à l’adaptabilité du sujet. Le second questionnaire, d’intérêt général, porte sur l’instruction, l’éduca.tion reçues et doit servir à la sélection professionnelle, des soldats. (Ce dernier questionnaire ést souvent employé aussi par les. offices de placement civils).
- Comme il faut avant tout satisfaire les besoins péremptoires de l’armée, la technique employée est celle de la sélection, professionnelle ; celle-ci a. nécessairement un caractère d’autoritaris.me qui ne se reflète pas dans les libres, services, civils d’O.. P.. Avant d’être classé selon les postes, à pourvoir, le soldat doit passer par les. tests en. usage dans l’armée et l’entretien personnel. La formation technique à donner au soldat est déterminée par les tests d’in.telligence et d’aptitudes, tandis que l’entretien avec le sujet met en relief son éducation et son expérience. Au cours de cette entrevue, il est fait usage des questionnaires fournis par l’école.
- Parfois le travail imposé au soldat par la sélection professionnelle ne lui plait pas, mais parfois., il découvre ainsi des aptitudes nou--
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- velles et un monde nouveau, d’activités dont il ne. soupçonnait pas l’existence.
- b) L'Orientation et les Anciens Combatt ants. — En 1918, les anciens combattants, ont été. formés, puis, reclassés sans l’aide des orienteurs. Mais, en 1945 et 1946, il en est tout autrement. Les centres créés pour Tes anciens combattants dans toutes les grandes villes des. Etats-Unis accordent une large place aux conseillers, et à leurs méthodes. Le service officiel des anciens combattants (Vétérans’ Administration) est en train d’établir environ 100 offices d’O. P. et de rééducation dans les universités ; les anciens combattants diminués physiques, ou sensoriels, y trouvent, s’ils le désirent, les conseils. nécessaires, à leurs études ou à leur formation, technique. La Vetarans’Administration prend en charge les frais de cetl.e orientation dans les universités.. Le candidat a. droit à l’examen, le plus détaillé, et aux renseignements professionnels adaptés, de manière très individuelle à chaque cas.
- Beaucoup d’autres associations publiques et privées organisent des services d’orientation, non seulement pour les. milliers de démobilisés.. mais aussi pour les hommes el femmes licenciés par les industries de guerre. Entre autres, il convient de citer les 1.500 branches du. service fédéral de placement (U. S. Employement Service). On trouve dans, chaque filiale un service d’orientation.
- c) L'Orienteur et la Rééducation. — L’O. P. est une étape préliminaire essentielle en. matière de rééducation.. En 1944, les services d’orientation., les tests psychologiques et psychotechniques forment la bas.e de toute rééducation civile, tendance qui s’accentue avec le retour des combattants. Entre le diagnostic médical, la formation, puis, l’adapta.tion du rééduqué à ses nouvelles fonctions, s’échelonnent un certain, nombre d’étapes successives.
- Prenons un exemple précis, de rééducation, celle des. tuberculeux, question dont l’acuité, n’échappe à personne. N’a-t-on pas estimé, que pour la France, le nombre de tuberculeux est de l’ordre de grandeur de 300.000 à 400,000 personnes ? Et encore, cette évaluation ne tient pas compte des prisonniers, tuberculeux rapatriés.
- Voici, dans s.es grandes lignes, le rôle du. conseiller aux Etats-Unis pendant la. période de rééducation du tuberculeux.
- a) Il convient d’envisager le plus vite possible le travail futur, ceci au moyen des tests, habituels., du dossier médico-socia.l et de l’examen du. pass.é professionnel,
- b) Egalement, sans, perdre de temps, il faut faire des projets pour la formation technique ou intellectuelle.
- c) Tous les. liens utiles avec les divers services sociaux seront maintenus pour assurer cette formation.
- d) Enfin le placement, puis les vérifications, périodiques de ce placement, avec, au bes.oin, une nouvelle tentative si le premier essai n’a pas. pleinement réussi.
- Rappelons pour mémoire deux séries de tests couramment employés par le personnel spécialisé de l’Association nationale de défense contre la tuberculose : (National Tuberculosis Association) :
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- Tests d'intelligence :
- Tests de Pressey (classement et vérification., degré supérieur) ;
- Tests de Minnesota (emplois de bureau), inventaire de Bell (questionnaires spéciaux pour étudiants et adultes). Questionnaire de Strong (goûts professionnels).
- Tests mécaniques :
- Tests de Minnesota (relations spatiales) ;
- Tests de Johnson O’Connor (dextérité digitale) ;
- Test « des pinces » de J. O’Connor (dextérité) ;
- Test de Minnesota (également pour la dextérité).
- Au fur et à mesure que la guérison du malade se dessine, le rôle du conseiller se manifeste de façons variables et multiples ; l’orienteur fournit au médecin, à l’assistante sociale, au moniteur de rééducation, des propositions concrètes concernant le travail futur du malade, notamment pour l’activité du malade à l’hôpital. Simultanément, des livres, des brochures sur la carrière ou le métier, des leçons ou des. cours portant sur les questions professionnelles sont mises, à la disposition, du malade. Puis lorsqu’une vie plus active est autorisée par les médecins., le travail surveillé commence à l’atelier de fhôpital (« occupational therapy workshop »). Toutes ces. mesures, doivent être parfois combinées, parfois suspendues, mais elles s’efforcent toujours d’amener progressivement avec la guérison, la repris.e du travail
- Pour que les conseils de l’orienteur soient fructueux, il faut évidemment que- le malade achève sa cure. C’est pourquoi le conseiller veille par tous les moyens à ce que le malade ne quitte pas prématurément le sanatorium. Après, la sortie de l’hôpital, la question du traitement à suivre risque d’indispos.er certains, professeurs, d’é.coles professionnelles, voire certains employeurs. Les heures, de traitement au dispensaire peuvent aussi entraver l’horaire de l’école ou. de l’atelier. Le conseiller essaie aveé tact et habileté d’obtenir une modification, de l’emploi du. temps qui permette à l’ancien malade de suivre à la fois, le traitement et les cours. Autant d’interventions délicates du. conseiller, qui doit constamment veiller à ne pas empiéter sur le. terrain professionnel des autres spécialistes.
- Le placement demeure le but ultime du conseiller. C’est pourquoi l’orienteur reste, ici, comme ailleurs, en liaison avec les offices de placement et les chefs d’entreprises. Dans ses rapports avec l’employeur, le conseiller ne fait pas appel à la pitié, il met en relief les qualités professionnelles et morales du candidat. Surtout l’orienteur ne limite pas le champ d’activité du tuberculeux guéri et rééduqué. à la réparation de montres., aux travaux de vannerie ou. de saunage de chaises, etc... Il sait qu’un emploi dans, un bureau, ou. un atelier bien aéré vaut mieux qu’un travail de plein air, où la chaleur alterne avec le froid et l’humidité.
- En matière de rééducation et de placement d’anciens, malades, le conseiller dc.it connaître les réponses aux questions suivantes, et à bien d’autres encore :
- Quels sont les traits, caractéristiques des métiers et des. carrières ?
- Quelles, industries, sont à court de main-d’œuvre ? A quel moment ?
- Y a-t-il de nouveaux débouches ? Lesquels ?
- Quels préjugés sont à combattre pour fa.ire accepter l’aucien malade après sa rééducation ?
- Ces préjugés sont-ils en régression ou. nçn ?
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- IV. — L’orientation professionnelle dans les ecolës
- Mais c’est surtout aux élèves des écoles que s’adresse l’orientation ; elle n’est du. reste pas appliquée uniformément sur l’ensemble du territoire, puisque la législation varie souvent d’un département à l’autre. Un examen du fonctionnement de- l’orientation pris au hasard dans deux départements permet de se faire une idée des méthodes, en usage.
- a) Activités dans le North Dakota. — L’inspecteur d’O. P., du North Dakota fait connaître les résultats obtenus pour lu dernière année scolaire. En voici le résumé. :
- — Tests officiels donnés à 200 élèves des lycées.
- — Etablissement de méthodes et distribution de matériel pour tests dans 16 lycées, (tests d’intelligence, tests d’intérêt et d’aptitudes, spéciales).
- — Formation de conseillers parmi les -membres du personnel enseignant (dans, le comté de Mac Kenzie).
- — Conférences réunissant, des directeurs d’écoles et des professeurs. de 20 groupes, scolaires pour organiser et développer des programmes d’O. P. dans, les écoles.
- — Directives données a.ux écoles normales pour l’organisation de cours destinés à former des orienteurs.
- b) Activités dans le South Dakota. — Voici les résultats obtenus d’après l’inspecteur départemental d’O. P. du South Dakota, dans un lycée de sa circonscription (à Lake Preston) :
- — Tests d’intelligence.
- — Testa d’aptitudes.
- — Groupement de toutes les informations, nécessaires à l’O. P.
- — Catalogue de ces. informations d’après, le dictionnaire des métiers et professions.
- — Orientation proprement dite des élèves.
- V. — Organisation professionnelle : Le certificat b’orienteur et les associations
- Que l’orientation connais.se un nouvel effort et soit mise en. face de responsabilités croissantes., c’est un fait certain. Il serait intéressant de savoir comment se défend le niveau des études, comment est comprise l’organisation de la profession.
- En 1944, l’Association nationale d’O. P. a ouvert ses portes à deux catégories, de membres : la première* section réservée aux professionnels. proprement dils,. et l’autre section, aux membres non spécialisés.
- a) Le certificat d'orientation professionnelle. — Sept départements (1) exigent pour le conseiller affecté, aux écoles de l’Etat un certificat d’O.. P. tandis qu.’onze autres départements (2) offrent les moyens de préparer le certificat sans toutefois qu.’il soit obligatoire.
- Presque toutes, les grandes facultés et beaucoup de petites comprennent dans, leur programme des cours supérieurs d’O.. P.
- (1) Caiifornia, Connecticut, Delaware, Kentucky, New-York, Ohio, Pennsylvania.
- (2) Colorado, Illinois, Kansas, Maine, Montana, Nevada, New-Hampshire, Oregon, Rhode Island, Wisconsin, Wyoming.
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- Les « standards » de l’0. P. varient d’un département à l’autre. Dans le département de New-York, par exemple, on insiste sur l’expérience technique et professionnelle de l’orienteur., tandis., que dans d’autres. départements, diverses associations de psychologues appuient davantage sur la nécessité d’une formation psychologique plus approfondie. D’autre part, de nombreux services d’O. P. tiennent pour indispensable une formation sociale venant étayer celle du. conseiller.
- De plus, en plus nette se manifeste une tendance générale en faveur d’un certificat obligatoire pour l’orienteur des écoles, publiques, certificat basé, sur les méthodes et les techniques, de l’O. P., la connaissance des métiers et des professions, etc...
- b) Les Associations professionnelles..— Le Conseil des orienteurs et ties Associations de chefs de personnel groupent toutes les organisations professionnelles. On en compte trois très importantes et neuf plus petites. Le Conseil coordonne les programmes et les réunions de ses trois, membres principaux.
- VI. — Tendances de l’O. P. aux Etats-Unis en 1945
- Avant la dernière guerre, le but de l’orientation était surtout de protéger les intérêts de l’individu et de veiller peut-être en second lieu aux besoins, de la communauté. Certes, pour -que chacun bénéficie de chances égales, il est indispensable d’accorder à chacun des examens et des conseils individuels. ; c’est là un des principes essentiels de l’Association nationale des. orienteurs ; mais les services rendus. par l’orientation se prolongent au delà des êtres. Aujourd’hui les orienteurs accordent une attention croissante aux besoins de la société, non seulement aux besoins immédiats, mais aussi aux plans d’ensemble pour l’avenir du. pays. La guerre a mis en. évidence la nécessité impérieuse d'élaborer des projets de courte et de longue durée pour la société d'abord, sans négliger en rien l’intérêt individuel.
- Helene Rosebery, Conseiller d O. P.
- DÉCRETS ET ARRÊTÉS INTÉRESSANT L’O. P.
- Classification des emplois dans les industries du vêtement.
- Arrêté du 31 mai 1945, relatif aux salaires dans les industries, du vêtement (1).
- I. — Industries de la Mesure
- A. — Couture..
- • B. — Tailleur.
- C. — Chemiserie sur mesure.
- D. — Corsets sur mesure.
- E. — Lingerie sur mesure.
- F. — Dentelles et broderies :
- l° Broderies main toutes branches, sauf broderie blan£ et ouvrage de dames;
- /l) Journal Ofliciel du 13 juillet 1945.
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- 2° Broderie machine toutes branches;
- 3» Broderie dessin toutes branches ;
- 4° Broderie et fantaisie pour mode ;
- 5° Broderie blanc et ouvrage de dames ;
- 6° Passementerie militaire et mode ;
- 7° Broderie militaire et ornements d’église et mode.
- IL — Industries de la Confection
- A. — Confection pour hommes et garçonnets.
- B. — Confection pour dames, fillettes, et enfants.
- C. — Lingerie masculine.
- D. — Lingerie féminine et colifichets.
- E. — Linge, de maison.
- F. — Faux-cols et accessoires.
- G. — Blouses, tabliers.
- H. — Corsets série.
- I. — Parapluies.
- J. — Arts funéraires.
- K. — Houppes.
- L. — Cravates.
- III. — Mode et Chapellerie
- A. — Mode, mode en gros, fournitures, pour modes (fabrication).
- B. — Chapellerie hommes et dames.
- C. — Fleurs, plumes, fruits et graines.
- Nous relevons dans le Journal Officiel du 19 juillet 1945, le classement des ouvriers de la métallurgie de la Région parisienne prévu à la Convention collective du 12 juin 1936, suivant les dispositions de l'arrêté du 11 avril 1945.
- Catégories générales :
- f.
- Centrales, électriques d’usines. — Etirage, tréfilage., laminage. — Laminage à chaud du cuivre et. des alliages. — Fonderie. — Grosse forge (au-dessus de deux tonnes). — Petite forge (au-dess.ous de deux tonnes).— Forge mécanique à. façon. — Traitement thermique, de forge et estampage.. — Fabricants de ressorts à lames pour suspension de voitures. — Soudure «autogène. — Galvanisation, étamage et plombage à chaud. — Instruments de pesage. — Manonètres et thermomètres industriels. — Découpage, des métaux par sciage. — Fabricants de cycles et motocycles.. — Construction électrique, catégories communes. — Accumulateurs plomb. — Accumulateurs alcalins. — Piles. — Fils et câbles électriques (femmes). — Fils et câbles électriques (hommes). — Lampes d’éclairage. — T.S.F. — Appareils de mesures et relais, électriques. — Compteurs électriques.. — Isolants (matières moulées). — Travail du métal en feuilles.. — Emaillerie. — Petits ressorts industriels (lames et boudins). — Professions, du polissage. — Fabricants de lits et sommiers métalliques. — Affineur de vieux métaux. — Optique. — Aviation.
- Emplois divers
- Assimilation aux ouvriers professionnels du premier échelon
- Conditions générales :
- Centrales électriques, d’usines. — Etirage, tréfilage, laminage. — Petite forge (au-dessous de deux tonnes). — Forge mécanique à façon, — Traitement ther-
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- mique de forge et estampage. — Galvanisation, étamage, et plombage à chaud. — Fabricant de ressorts, à lame pour suspension des .voitures. — instruments de pesage. — Manomètres, et thermomètres Industriels. — Découpage de métaux par sciage. — Fabricants de cycles et motocycles. — T.S.F. — Appareil de mesure et relais électriques. — Compteurs électriques. — Emaillerie. — Fabricant de scies (scies à ruban). — Fabrication de scies circulaires. — Fabrication de. lits et sommiers métalliques. — Instruments, de précision. — Affinage de vieux métaux. — Profession du polissage. — Profession de la caiosserie. — Optique.
- Assimilation aux ouvriers professionnels deuxième échelon
- Grosse forge (deux tonnés et au-dessus). — Emaillerie. — Instruments, de précision.
- Ouvriers professionnels
- ' Catégories générales :
- Centrales électriques d’usines.. — Fonderie (générale). — Fonderie (ornement).
- — Fabricants de ressorts à lames, pour suspension des voitures. — Chaudronnerie.
- — Soudure autogène. — Décolletage. — Instruments de. pesage. — Manomètres, et thermomètres industriels. — Fabricant de cycles et motocycles. — Construc. teurs, installateurs de brûleurs, à mazout. — Mobilier chirurgical. — Appareil de stérilisation. — Instruments de chirurgie.
- Ouvriers en pièce de lime, ouvrier en instruments tranchants, ouvrier tourneur bijoutier, premier échelon
- Prothèse cuir et. bois et orthopédie. — Prothèse duralumin. — Bandages. — Construction électrique, catégories communes. — Ouvriers de ville des ascenseurs.. — T. S. F. — Appareils de mesures et relais, électriques. — Compteurs électriques.. — Emaillerie. — Petits ressorts industriels (lames ou boudins). — Fabricant de lits et sommiers métalliques. — Instruments de précision. — Gravure. — Professions du polissage. — Professions de la carosserie. — Optique. — Aviation.
- Professionnels deuxième échelon
- (professionnels dont, le salaire minimum était au moins égal à 7,75 en 1936)
- Professions^ communes :
- Fonderie (générale). — Fonderie (ornement). — Moule et modèle métal. -Forge et estampage. — Outillage en matrices. — Petite forge (au-dessous de. deux tonnes). — Instruments de pesage. — Appareils de stérilisation. — Instruments * de chirurgie. — Construction électrique. — Instruments de précision. — Gra-
- vure .— Profession de la carosserie. — Optique. — Aviation.
- Professionnels troisième échelon
- (professionnels dont le salaire minimum était supérieur à 8 francs en 1936)
- Professions communes :
- Moule et. modèle métal. — Modelage bois, — Outillage en matrices. — Grosse forge (deux tonnes, et au-dessus.). — Forge mécanique à façon. — Fabricants de lits et sommiers métalliques. — Optique.
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- LA VIE DES CENTRES D’O. P
- Nous sommes heureux de publier un Intéressant' travail de M. Lallau, Conseiller d’O. P.
- Evolution des désirs professionnels des écoliers lillois de 1935 à 1945.
- Lorsque l’enfant, qui va quitter l’école primaire, se présente au Centre d’Orientation Professionnelle, il exprime un désir professionnel ; tel veut être mécanicien, tel autre aviateur ou... tout sim-
- plement confiseur, comme son papa. Il n’est pas question ici de rechercher si le goût exprimé est ou une vocation irrésistible, ou un désir raisonnable et raisonné, ou un caprice passager et sans consistance. Nous avons voulu tout simplement établir une sorte de statistique indiquant les fluctuations dans les désirs professionnels exprimés par les écoliers lillois qui se sont présentés au Centre d’Orientation Professionnelle de Lille de 1935 à 1945.
- Voyons tout d’abord les groupes professionnels les plus représentatifs de l’agglomération lilloise :
- Métallurgie et travail des métaux. — Avant la guerre, beaucoup de garçons étaient’attirés par la métallurgie : de 35 % en 1935, le pourcentage était monté à 50 % en 1939.
- Depuis la guerre, après avoir connu une grande vogue en 1941 et en 1942 (65' % environ), au détriment des autres groupes professionnels (en particulier des industries du bois), la métallurgie attire encore chaque année environ 50 % des garçons arrivant au terme de leur scolarité.
- Vêtement, Travail des étoffes, paille, plume, vannerie, sparterie.
- - Avant la guerre, quelques garçons se dirigeaient vers ce groupe : de 5 % en 1935, le pourcentage descendait à 1 % en 1939. Depuis la guerre, c’est à peine 1/2 %.
- Ce groupe est, bien entendu, beaucoup plus demandé par les filles. Toutefois le pourcentage qui était de 50 % en 1935 était des-: cendu à 20 % en 1939 au profit, semble-t-il, des commerces divers, de l’industrie textile et des emplois de bureau. Depuis la guerre, le pourcentage paraît stabilisé à 42 %.
- Commerces divers. — Pour les garçons, le pourcentage oscille entre 6 et 8 %.
- Pour les filles, avant la guerre, il était passé de 20 % en 1935 à 38 % en 1939. Depuis la guerre, le pourcentage se maintient aux environs de 38 %.
- Industrie du Livre. — Voici un groupe professionnel qui subit une défaveur marquée èt imméritée.
- Pour les garçons, avant la guerre, le pourcentage descendait déjà
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- •de 16 % en 1935 à 10 % en 1939. Depuis la guerre, c’est à peine s’il se maintient à 3 %.
- Quant aux filles, elles semblent peu séduites par ces métiers (à peine 1 %).
- Industries textiles. — On pourra s’étonner des chiffres dans une région comme la nôtre, mais il faut savoir que les industries textiles reçoivent de gros apports de main-d’œuvre des régions, minières. C’est par trains entiers que chaque jour les ouvrières, filles de mineurs, arrivent à Lille et sont employées dans ce groupe.
- Pour les garçons lillois, à peine 1 %.
- Pour les filles, de 5 % avant la guerre, le pourcentage est descendu à 3 % pour ce groupe professionnel, un des plus représentatifs de la région.
- Les groupes professionnels suivants n’attirent pas les écoliers lillois :
- Industries extractives.
- Industries chimiques.
- Travail des métaux fins.
- Travail des pierres au feu.
- Ceux-ci sont très peu demandés :
- Pêche, forêts, agriculture garçons, 1 à 2 % ; filles, à peine 1/2 %.
- Industries de l'alimentation : garçons, 1 % ; filles, 1/4 %.
- Caoutchouc, papier, carton : garçons, aucune demande ; filles,
- 1 %•
- Cuirs et peaux : garçons, le pourcentage oscille entre 1 et 2 % ; filles, à peine 1 %. ‘
- Terrassement, constructions en pierre : reste toujours aussi peu demandé ; garçons, à peine 2 %.
- Manutention, manœuvres : garçons, 1/2 %.
- Transports : garçons, de 2 à 4 %.
- Services domestiques : filles, à peine 2 %.
- Pour terminer cette rapide revue, il convient de parler des groupes suivants :
- Industrie du bois : garçons, le pourcentage oscille entre 7 et 8 % après avoir connu une baisse en 1941 (2 %) en faveur de la métallurgie.
- Commerces de l'alimentation : garçons, 6 % environ ; filles, à peine 2 %.
- Soins personnels : garçons, à peine 1 % ; filles, oscille entre 5 et 7 %.
- Professions libérales : garçons, avant la guerre, 2 % ; depuis la guerre, 7 % ; filles, inférieur à 2 %
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- Emplois administratifs : garçons, avant la guerre, 8 à 1Ô % ; depuis la guerre, le pourcentage est descendu à 3 % ; filles, avant la guerre, assez grande vogue (de 10 à 20 % suivant les années) ; depuis la guerre, la proportion descend de 8 à 2 %.
- R. Lallau,
- Directeur du Centre d'Orientation Professionnelle de Lille.
- CAUSERIES BIBLIOGRAPHIQUES
- R. Zazzo. — Le Devenir de l'Intelligence, in-8° de 158 p., P.U.F.
- Il m’est impossible de parler du livre de René Zazzo sans évoquer l’époque où nous hésitions devant l’affiche de « l’Institut de Psychologie » sur les matières à option que représentaient alors ces certificats pour un candidat à la licence.
- En un intervalle de temps qui me paraît incroyablement court, l’Institut national d’Etude du Travail et d’Orientation professionnelle est né, le Nouveau Traité de Psychologie de Dumas est paru, des débouchés imprévus se sont ouverts et il serait même bientôt question d’une licence de psychologie à la Sorbonne ! Les étudiants qui bénéficieront de ces conditions de travail pourront-ils comprendre nos difficultés, nos enthousiasmes ? Je crois que le livre de R. Zazzo : « Le Devenir de l’Intelligence » peut servir de lien entre deux générations si proches et déjà si différentes.
- « Le Devenir de l’Intelligence » présente en effet une mise au point très complète de ce qu’un étudiant doit, en 1946,, connaître des efforts qui préludèrent aux réalisations actuelles dans le domaine de l’évaluation expérimentale de l’intelligence.
- D’un style clair et alerte, R. Zazzo retrace les grands courants de la psychologie contemporaine en analysant leur filiation et leur interdépendance, mais nous nous intéressons moins à l’exposé historique qu’à la façon de considérer les problèmes qui marque une véritable transition dans l’enseignement actuel de la psychologie.
- Dans les chapitres consacrés à la « Genèse de l’Intelligence » (lre partie) : 1. de l’animal à l’homme ; 2. de l’enfant à l’animal ; 3. du primitif au civilisé, R. Zazzo nous montre combien les notions que nous avions coutume d’accepter de nos. manuels comme des vérités intangibles sont fragiles et équivoques et tout en marquant à chaque pas le terrain gagné par la psychologie dans son effort pour s’ériger en science indépendante il oppose la barrière de la critique à la tendance naturelle que nous avons à dévier vers le domaine de la métaphysique dès qu’il s’agit de conscience ou d’intelligence.
- Après avoir adopté l’attitude « résolument matérialiste que commande l’expérience » pour ne s’attacher qu’aux conditions biologiques et sociales de la pensée et de son développement, Zazzo dans la « Mesure de l’Intelligence » passe au crible les formules que nous appliquons trop souvent sans avoir réfléchi aux conditions de leur élaboration, d’ou des erreurs d’interprétation sur
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- le fond qui entraînent à leur suite des illusions dont riôüà avons peine à nous démettre. Il faut recommander tout particulièrement aux orienteurs les pages où R. Zazzo nous donne une étude très complète du Binet Simon trop souvent saccagé dans son application et où il développe les rectifications ingénieuses déjà proposées dans le Bulletin d'O.P. de décembre 1943. Après avoir montré Üous les problèmes que pose l’établissement des courbes de croissance intellectuelle, R. Zazzo est amené à proposer le remplacement de la notion de Q.I. par celle de Q. d’âge (point de vue qu’il développera dans une étude annoncée aux Presses Universitaires 90us le titre d’ « Intelligence et Quotient d’Age »). Il explique ensuite à partir du C.Â.V.D. de Thorndike trop peu connu du public ignorant la langue anglaise que la notion de niveau intellectuel prise en soi sans (Considérer son édenda\& ne nous donne qu’une appréciation bien fragmentaire : « le niveau intellectuel c’est l’aptitude à résoudre une difficulté d’un certain degré, mais plus le niveau est élevé, plus nombreuses les tâches d’égale difficulté ».
- L’intelligence est comme ces pnaisons à encorbellement qui s’élargissent d'étage en étage avec cette différence cependant que les étages supérieurs de l’intelligence peuvent être infiniment plus larges que le rez-de-chaussée, p. 104.
- Niveau, surface appellent à leur suite la 'notion de profondeur ou de puissance et là la formule fait défaut au statisticien, car « tout nous conduit à croire que ce dernier: (élément est de nature affective ».N'ous aboutissons ainsi à l’étude du caractère dont celle de l'intelligence ne peut se dissocier.
- Après nous avoir mis en garde à cette occasion contre les préjugés qui s’attachent aux notions ^de milieu, de race, d’hérédité et nous avoir donné des éclaircissements sur la « méthode des jumeaux » récemment introduite en France, R. Zazzq, étudie la progression qui nous mène au carrefour de la psychologie intégrale, depuis l’examen du principe des profils psychologiques de Ver-meylen et Rossolimo jusqu’au seuil de l’analyse factorielle non sans avoir dénoncé le danger d’une nouvelle .illusion métaphysique.
- L’analyse factorielle ne nous révèle les multiples aspects du comportement humain qu’à condition ,d’en confirmer l’indissoluble unité. A la lumière de cette, nouvelle analyse l’intelligence n’apparaît plus comme une unité immuable ou comme une position invariable. Elle est « un mode de comportement » (Piéron).
- Le livre de René Zazzo est trop dense pour que nous puissions rendre en un si bref exposé tout l’intérêt des suggestions que peut faire aux biométrieiens et aux orienteurs ,un psychologue aussi compétent en matière clinique qu’en matière expérimentale.
- G. de Beaumont. — La psychotechnique au service de Ventreprise. Collection publiée sous la direction du C.P.A. de la Chambre des Métiers. Société d’Editions françaises et internationales, 35, rue Go-dot de Maurois (IXe), Paris, 1945, 135 pages.
- Le travail qui n’a de but que de marquer clairement les jalons de la route suivie par une jeune science : la psychotechnique, laquelle dit l’auteur doit être l’étude des méthodes ou techniques permettant de mesurer le psychisme comprend six parties.
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- Dans la première est envisagé l’historique des. applications de la psychotechnique.
- Dans la seconde, la psychotechnique est définie et les méthodes connues, les appareils, utilisés et les grands, laboratoires, sont décrits..
- Le troisième chapitre montre l’évolution de la. psychotechnique lies moyens de connaissance de l’homme, une nouvelle méthode globale d’analyse efficiente, étude des facteurs généraux).
- La quatrième partie passe en revue l’utilisation (analyse des métiers, examens, des cadres).
- Les chapitres V et VI traitent du service de psychotechnique de l’entreprise.
- Une petite bibliographie de 55 volumes termine l’ouvrage.
- M._ H. P.
- Jean Delay. — La psycho-physiologie humaine. — Collection « Que Sais.-je ? ». Presses Universitaires, in-32 de 118 pages. Paris, 1945.
- Après avoir exposé l’objet et les méthodes, les divisions de la psycho-physiologie humaine, après avoir noté les différents types psychiques et somatiques, l’auteur traite des. applications pratiques de la psycho-physiologie : la sélection, l’éducation, la guérison.
- Une petite bibliographie termine l’ouvrage.
- LIVRES ENTRÉS RÉCEMMENT A LA BIBLIOTHÈQUE
- G. de Beaumont. — La psychotechnique au service de l'entreprise. Société d’Editions françaises et internationales, Paris, 1945, 135 pages.
- Paul-A. Osterrieth. — Le test de copie d'une figure complexe. Imprimerie Delachaux et Niestlé, Neuchâtel, 1944, 149 pages.
- Marguerite Loosli-Usteri. — De l'anxiété enfantine (Etude psychologique et pédagogique). Editions Hans Huber, Berne, 1943, 148 pages.
- Madelaine Ganz. — La psychologie d'Alfred Adler et le développement de l'enfant. Imprimerie Delachaux et Niestlé, Neuchâtel, 189 pages.
- Jean Mersch. — A la découverte de l'Entreprise. Les Editions Ouvrières, Paris, 123 pages-
- Jean Delay. — La Psycho-physiologie humaine. Presses Universitaires de France, Collection Que Sais-je, 118 pages.
- José Mallart. — La orientacion profesional y la escuela, Madrid, 1944, 300 pages. »
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- SOMMAIRE
- Pages
- I. — Yves Galifret: Contrôle de la valeur de l’Orientation Profession-
- nelle Scientifique .. ;....„ 33
- II. — Notes et Documents : Un nouveau cas de jumeaux séparés à la
- naissance. — Dépistage des troubles endocriniens. — Analysé factorielle d’une série de tests verbaux. — La relation entre le niveau intellectuel des enfants et leur nombre dans la famille.
- — Un essai de sélection des sujets capables de faire du « planning » 38
- HL — Informations 44
- IV. — A Travers les Revues 45
- V. — L’Orientation Professionnelle à l’Etranger 51
- . VI. — Décrets et arrêtés concernant l’O. P . 57
- VII. — La Vie des Centres d’O. P. .. 60
- VIII. — Causeries bibliographiques 62
- IX. Livres entrés récemment à la Bibliothèque 64
- Itulleliu de l'Institut National (l'Etude du Travail et d'Orienlation Professionnelle
- rédacteur en chef : M,ne Henri PIÉRON secrétaire de la rédaction : M1Ie Irène LÉZINE
- LES ABONNEMENTS PARTENT DU 1er JANVIER
- ABOnHVEMElVT s
- Pour la France..... 150 fr. j Pour VEtranger........... 225 fr.
- Prix clu numéro : franco
- Prière d’adresser le montant des Abonnements au Compte Chèques postaux de l’Institut
- IP_A_:R.IS C/C 1444-79
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- Le Gérant : Paul Arjo.
- AGEN. — IMPpiMERlE MODERNE, 43, RUE VOLTAIRE Dépôt légal 1945. 2* trimestre. — N° d ordre 52.
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- SERVICES DE L’INSTITUT
- * Tél. Odéon 52-46
- SECRÉTARIA T GÉNÉRAL ET CENTRE DE DOCUMENTATION
- ' -, I -
- Chef de Service : MIle G. Chauffard.
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- CENTRE D'ORIENTATION PROFESSIONNELLE Chef de Service : Mlle Nepveu.
- CENTRE DE RECHERCHE DES TESTS Chef de Service : Mme Henri Piéron.
- ! * 1
- * *
- Le Secrétariat et l’Office de Documentation sont ouverts chaque jour, non fériés, de 9 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures.
- La Secrétaire générale reçoit le lundi, de 14 h. 30 à 18 heures ; le jeudi de 14 h. 30 à 16 h. 30, et sur rendez-vous.
- La Bibliothèque est ouverte chaque jour, non férié, de 14 heures à 18 heures.
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- Pour les consultations d’Orientation professionnelle, adresser une demande de rendez-vous au Chef du Centre d’Orientation Professionnelle.
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- SÉRIE. — 2e ANNÉE
- N° 5-6
- MAI-JUIN 1946
- BULLETIN
- DE
- L-INSTITUT NATIONAL
- détude du travail
- ET
- D'ORI entation
- PROFESSIONNELLE
- REVUE MENSUELLE
- AU SIÈGE DE L’INSTITUT
- 41, Rue Gay-Lussac, 41 PARIS
- TOUS DROITS RÉSERVÉS
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- CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MÉTIERS
- Institut National cTÉtude du Travail et d’Orientation Professionnelle
- DIRECTEUR DÉLÉGUÉ
- M. Henri Piéron, professeur au Collège de France, directeur de l’Institut de Psychologie de l’Université de Paris, président de la Section des Sciences Naturelles de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes.
- COMITÉ DIRECTEUR
- Le Directeur du Conservatoire National des Arts et Métiers.
- Le Directeur délégué.
- M. H. Laugier, professeur à la Sorbonne, directeur général des Relations culturelles au Ministère des Affaires Etrangères.
- M. P. Pouillot, inspecteur général honoraire du Travail.
- M. H. Wallon, professeur au Collège de France.
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- 2e Série. 2* Annéé
- N* 5-6
- Mai-Juin 1946
- Bulletin de l’Institut National D’ÉTUDE DU TRAVAIL
- D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- La méthode de Rorschach appliquée à quelques tests de pratique courante en Orientation Professionnelle
- Jacqueline STORA
- Les psychologues et familiers du test de Rorschach sont unanimes à regretter de ne pouvoir appliquer ce lest systématiquement dans le$ consultations de pédagogie et d’orientation professionnelle. Qu’ils soient disciples orthodoxes ou dissidents, .analystes ou psychologues du comportement, aucun ne peut nier la valeur et le nombre de renseignements qu’apporte cette épreuve des taches d’encre.
- Mais ce test est d’un emploi délicat, voire dangereux, long d’application, plus long encore de dépouillement, il demande uni expérimentateur averti, formé par plusieurs années d’étude et de pratique, en outre un matériel actuellement hors de portée, épuisé et trop cher.
- C’est pourquoi une préoccupation constante s été ùa recherche de test de caractère équivalents, ou simplement de tests de caractère. Aussi, bien que les expérimentateurs utilisent des profils d’intelligence donnant des précisions numériques sur la compréhension ou la critique, ils aimeraient savoir la dose d’altruisme, de droiture, de force de caractère de leurs sujets. Ce problème ambitieux et simpliste est encore loin de s,a résolution, ils ont actuellement l’observation seufe pour guide.
- Nous voudrions montrer aujourd’hui, non pas l’aide cjue peut donner le Rorschach lui-même, mais celle que sa connaissance apporte dans la pratique journalière des différents autres tests de la consultation d’orientation professionnelle.
- La méthode de Rorschach est une somme d’observations appliquée à un comportement d’ensemble : (la réaction d’un sujet, à des
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- taches d’encre), une analyse précise traduite en un langage de symboles indiquant des petits laits imperceptibles soigneusement étiquetés. Ainsi dans un domaine limité Rorschach nous a donné une terminologie nombreuse, bizarre à qui n’y est pas familier, plus de vingt symboles sont utilisés ils s’appliquent aux formes plus ou moins précises, aux mouvements, aux nuances de gris, ils notent la valeur des ensembles et du détail par rapport au tout, ils donnent une valeur à chaque indication du contenu. Que le sujet s’intéresse, par exemple, aux paysages, aux objets, aux ossements aux jeux, ou à la nourriture, chacune de ces indications sera notée en formule. L’habitude de ce langage force l’observation et, qui y est rompu, apportera dans son bagage d’expérimentateur un clavier d’enregistrement plus sensible. La même méthode peut être appliquée dans l’observation et le dépouillement d’autres tests.
- Voici par exemple le test de Polack, le trémomètre et le Porteus regardés sous cet angle :
- Lejpremier test se compose d’un livret de planches présentant chacune un chiffre ou une forme en points colorés sur un fond de points de couleurs différentes. Nous appliquons le test de Polack à tous nos sujets ; si nous excluons les daltoniens; pour le dépistage desquels ce test est conçu, nous pourrons examiner les réactions des sujets normaux. Le sujet réagit plus ou moins vite à la figure présentée. On note d’abord sa rapidité et sa régularité, pour les formes dont certaines parties sont plus distinctes que d’autres ; les sujets qui ont une vue d'ensemble des problèmes sauront lier ces parties entre elles, ce seront des sujets capables d’une certaine logique, d’une certaine «généralisation». Les débiles, au contraire, nommeront chaque partie distinctement sans faire de rapport entre elles : au dieu de voir « un serpent », ils diront « une tête » et « une queue de serpent », ou « des poissons », considérant chaque partie comme un tout.
- La précision de la perception se voit à la plus ou moins grande précision des réponses, le sujet peut voir un « 7 » au lieu d’un «1», un « 5 » au lieu d’un «3 », (bien entendu nous disons qu’il y a perception imprécise seulement quand le sujet est capable, après une deuxième question de l’expérimentateur de lire le chiffre exact indiqué, donc quand il n’y a pas de trouble dans la vision des couleurs).
- Nous avons remarqué que les sujets dont la perception des formes est mauvaise au P. V. ou au Form-Board présentent de ces soi-disant lapsus au Polack.
- Certains sujets très émotifs Remarquent la couleur, certains autres inquiets avant de commencer décrivent : « Ce sont des points rouges et bleus ». Dans les premières pages du livret de
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- Polack sont trois formes représentant des genres de serpents, certains sujets donnent la même réponse stéréotypée « serpent » pour toutes ces formes, d'autres, aux associations plus riches se renouvellent et se corrigent, capables de donner deux ou trois interprétations pour la même forme, ou en, tout cas capables d’en changer à chaque nouvelle forme présentée : « Serpent, poisson, vipère, anguille ». Nous n’avons jamais trouvé ce type de réponse « en cascade » chez un sujet médiocre.
- L’affectivité et l’émotivité ne se manifestent pus seulement comme réaction à des stimuli couleurs, eûtes répondent aussi au stimulus auditif ; nous en pouvons faire la remarque très facilement en observant le comportement au trèmomètre ; destiné à mesurer le tremblement et par là le contrôle du geste il n’est pas seulement un test d’habileté, le comportement du sujet y est très significatif. Nous utilisons l’appareil de Garrard faute d’un autre modèle. Il se compose d’une plaque de métaü dans laquelle sont percées des lignes, le - sujet doit les suivre avec un stylet et la difficulté croît, naturellement, avec l’étroitesse de la ligne ; quand il touche les bords une sonnerie se déclanche, l’enfant en a d’ailleurs été averti par plusieurs démonstrations. L’impulsif, l’égocentrique, réagissent avec une violence qu’ils ne cherchent pas à contrôler; les filles beaucoup plus que les garçons ont parfois des paniques hystéroïdes accompagnées de petits cris et de mimique, d’autres réagissent au premier bruit par un tremblement, mouvement du corps ou froncement de sourcils, se maîtrisent aussitôt et continuent sans plus réagir aux sonneries suivantes ; d’autres encore ne montrent aucune perturbation, comme s’ils ne s’apercevaient même pas du bruit causé par leur maladresse. Les premiers exemples correspondent aux couleurs (C), couleurs formes (CF) et formes couleurs (FC) de Rorschach qui indiquent des degrés et des tendances diverses d'affectivité. Il nous semble curieux de noter que nous n’avons jamais rencontré de sujet présentant par ailleurs un certain développement littéraire, artistique ou simplement humain (attachement prononcé à La mère, au petit frère, au camarade, sentiment religieux) qui reste absolument sans réaction .au trémo-mètre.
- De même aux labyrinthes de Porteus se discrimine facilement le type logique généralisateur, du type concret et du type minutieux à vision trop restreinte. Le premier examine sa feuille avant de commencer puis va directement d’un bout à l’autre du trajet. Le second commence immédiatement et trouve intuitivement sa solution, quant au dernier son hésitation se marque à chaque tournant.
- Les tendances oppositionnelles s’observent parfois comme dans les planches de Rorschach lorsque l’enfant tourne systématiquement la feuille du côté contraire où elle lui a été présentée.
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- Ces indices sont certes remarqués par tous les expérimentateurs attentifs, mais la synthèse de foutes ces remarques est plus .accessibles à celui qui a longtemps cherché les rapports dans le domaine du test de Rorschach ; ainsi pouvons-nous considérer ce test comme un moyen nécessaire au perfectionnement du psychologue.
- Si nous avons pu appliquer cette méthode à des tests physiologiques et moteurs, combien plus féconde encore se montre-t-elle dans les épreuves verbales ou graphiques non étalonnées : dans les dessins, les rédactions, les récits oraux, la conversation. Le type de perception, la succession d’idées et les associations, le mouvement, les couleurs et les formes, les impressions diffuses et le contenu peuvent y être étudiés avec presque autant de précision que dans les interprétations de taches d’encre, et si nos conclusions à ces épreuves sont moins précises que celles d’un Rorschach, c’est à notre avis, simplement parce que notre observation est insuffisante, notre technique d’observation insuffisamment mise au point, insuffisamment sensible. Nous poursuivons actuellement des recherches dans ce domaine de l’imagination en essayant toujours de trouver des critères objectifs mais la multiplicité des points de vue rend les étalonnages aussi délicats que longs à établir.
- Quelques données statistiques sur une Tentative de Sélection par méthode des Tests à l’Institut des Hautes Etudes Cinématographiques
- par
- I. LÉZINE
- Attachée de recherches au C. N. R. S.
- L’Institut des Hautes. Etudes Cinématographiques fondé en septembre 1943 par la direction générale de la Cinématographie nationale (1) est une des premières écoles publiques de France à avoir donné libre accès au personnel délégué par l’Institut National d’Etude du Travail et d’Orientation professionnelle de Paris pour y esquisser une tentative de contrôle des résultats de Texamèn par la méthode des tests.
- Ce sont ces premiers résultats que nous voulons présenter en limitant nos observations aux données statistiques obtenues.
- (1) Pour se documenter sur les activités et l’enseignement de l’Institut, consulter la plaquette parue chez Vuibert (programme des écoles) et dans les Cahiers de Cinéma édités par 1 1. D. H. E. C.
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- A l’écrit du 'concours, en sus du programme portant sur les matières scolaires, les candidats ont été examinés au moyen du test G. de Spearman. En gardant la correction primitivement conseillée par l’auteur, nous obtenons une notation brute s’étendant de 0 à 28 dans, le décilage suivant :
- 1 10 20 30 40 30 60 70 80 90 100
- 140 candidats... 28 27 27 26 25 24 23 22 20 15 0
- En adoptant la correction conseillée par Mme H. Piéron, qui consiste à compter 1 point par bonne réponse, retirer 1 point par erreur, et pénaliser les omissions de la façon suivante : retirer 0,50 si le nombre des réponses à donner dans l’exercice est de 2 ; 0,33 si le nombre est de 3 ; 0,25, si le nombre est de 4 ; 0,20, si le nombre est de 5, notre étalonnage devient :
- 1 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
- 111 109 107,5 105,23 103,4 100,75 93 85,6 75 55,25 15
- valeurs légèrement supérieures à celles obtenues par Mm6 Piéron pour 91 élèves de l’EN.O.P.
- 1 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
- 111 109 106 104,55 96,15 93,27 88,55 80,12 71 54 - 21
- qui diffère sensiblement de celui des 190 sujets d’Ecole communale:
- 1 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
- 111 69 53,27 42,83 33,74 21,26 15,97 12,05 5,33 1,31 — 19
- L’épreuve n’est pas suffisamment classante pour les étudiants de l’I.D.H.E.C., elle nous permet cependant de faire des réserves sur les incapacités par trop criantes,
- A l’écrit nous avons utilisé le questionnaire d’intérêts de Vernon Allport. traduit par Grenier. Les valeurs, obtenues ne diffèrent pas grandement de son étalonnage si l’on ne tient compte que de la valeur moyenne des. notes.
- Etalonnage Grenier :
- 10 20 ' 30 40 50 60 70 80 90 100
- 37 35 32 30 28 26 24 23 17 0
- Valeurs trouvées par Lézine sur 90 sujets :
- 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
- 44 38 35,5 31,5 29,5 27 24,5 21,5 19 0
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- m
- . JmTg i n ft.
- Si, au contraire, nous dissocions de l’ensemble les notes obtenues pour les intérêts esthétiques seuls nous trouvons les chiffres suivants :
- 40
- 44
- 50
- 42
- 60
- 40
- 70
- 37,5
- 80
- 35
- 90
- 32
- 100
- 12
- Il y aurait donc une dominance très nette de ce point de profil chez nos jeunes futurs cinéastes. Lorsqu’on examine les notes obtenues par les candidats définitivement reçus on constate qu’ils ont tous, une note supérieure au premier décile de Grenier à l’exception d’un cas, valeurs oscillant entre 32 et 57 avec une moyenne de 44. On pourra donc déjà se fier à ceitte épreuve et se servir de cet étalonnage, encore très rudimentaire, pour faire des sondages d’intérêts artistiques chez des sujets se destinant à des professions où ces intérêts ont l’occasion de s’exprimer et, de s’affirmer, ï 'épreuve est donc à retenir e*t à retravailler en lui donnant une base plus spécifiquement cinématographique en se servant d’un groupe contrôle de cinéastes ayant déjà donné des preuves d’aptitude professionnelle.
- La Direction de l’I.D.H.E.C. a également essayé de donner plus de vie aux épreuves d’oral en cherchant non seulement à contrôler les connaissances ou évaluer la culture générale, mais en faisant des observations sur le caractère et les aptitudes des candidats.
- C’est ainsi que le jury avait imaginé une épreuve de critique de films où le jugement, le bon goût, l’esprit d’observation avaiènt au moins autant d’importance que la culture cinématographique. Une autre épreuve, intitulée de sens pratique mettait les sujets en contact direct avec certaines difficultés à résoudre où la rapidité d’adaptation et la débrouillardise du sujet permettaient de le classer dans des conditions assez proches de celles que crée par la suite le milieu professionnel.
- Le psychotechnicien intervenait à l’oral avec une épreuve d’ingéniosité non encore étalonnée et une épreuve d’imagination (tache d’encre de Piéron) corrigée suivant le même principe que celui de la fiche psychologique de M. et Mme Piéron. Notre étalonnage donne évidemment un niveau bien supérieur à celui des sujets des écoles.
- Etalonnages Piéron. f 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
- Garçons 41 23 18 16 13 11 9 8 4 4 0
- Filles 40 24 18 17 14 12 10 9 7 4 0
- IDHEG, 76 sujets .. 126 96 84 72 64 56 52 44 40 32 12
- Cette épreuve, rapide et amusante, s’est montrée assez classante et a donné des indications précieuses au jury. Cependant la direc-
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- lion de l’I.D.II.E.C. a bien compris qu’un tel examen par tests, bmité à un nombre restreint d’épreuves et appliqué dans des conditions d’émotivité et de fatigue ne peut encore permettre des appréciations suffisamment valables.
- Il fut donc décidé, d’installer au sein même de l’I.D.II.E.C. un laboratoire de psychotechnique où les. recherches et observations se poursuivraient en cours d’année, tant sur les élèves qui serviraient de groupe témoin que sur les techniciens des métiers du cinéma qui serviraient de groupe contrôle.
- Nous avons cherché à établir le profil psychologique de chaque candidat en nous, servant d’une batterie de tests dont nous allons signaler les principaux éléments.
- Pour évaluer l'attention, nous avons choisi le test de barrage modifié par René. Zazzo qui permet de distinguer la vitesse et l'exactitude en attention concentrée et attention distribuée. Nous ne pouvons vous indiquer les détails d’application et correction de cette épreuve, l’auteur n’ayant pas encore publié ses étalonnages, mais nous pouvons indiquer les valeurs extrêmes atteintes par nos sujets.
- Attention concentrée :
- ' Vitesse..... 500 (t’55”) à 169,9 (5’53”) moyenne : 282,9 (3’32”)
- Exactitude.... 1 (0 fte) à 0,912 (11’) — : 0,98 (2’)
- Attention distribuée :
- Vitesse....... 187,3 à 83,8 moyenne : 118,7
- Exactitude.... 0,991 à 0,793 — : 0,963
- Ce test nous a permis de distinguer nettement les candidats, de la première promotion, groupe rapide, instable, inexact, de ceux de la seconde, considérablement plus lent, plus minutieux. Cette épreuve se prête également à des observations caractérielles vérifiées par R. Zazzo sur une population clinique importante à l’Hôpital Henri Rousselle.
- Mémoire : nous avons étudié la mémoire concrète ou d’observation, la mémoire des chiffres, la mémoire, topographique, la mémoire logique et la mémoire des mots couplés, normes que nous publierons lorsque nous aurons recueilli des résultats sur des groupes plus étendus.
- Enfin, parmi les tests bien connus des orienteurs, pour les épreuves manuelles nous avons utilisé le test, de Piorkowski, le Wiggly Black et certaines épreuves de Carrard.
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- Le Test de Piorkowsld nous donne les valeurs suivantes :
- Compréhension...... 10” à S’ moyenne 30”
- Rapidité........... i’9” à 4’ 10” — 2’
- Le Wiggly-Block 118 à 525 : 224 (en utilisant l’étalonnage en secondes de O’Connor, notre groupe, en moyenne, est supérieur au 1er quartile des sujets de 20 ans).
- Toutes, ces épreuves pour lesquelles nos comparaisons sont faites d’après les étalonnages courants à défaut de documents obtenus sur les spécialistes de la profession, nous ont servi à observer les candidats dans des travaux non scolaires, nous ne pouvions guère en conclure qu’en ce qui concerne l’attention, la mémoire, la dextérité manuelle et l’ingéniosité, mécanique des sujets ; remarques intéressantes toutefois lorsque nous les comparions aux notes obtenues dans les travaux pratiques de montage ou aux appréciations des professeurs. Nous publierons ultérieurement les corrélations obtenues.
- Nous avons pu examiner 55 sujets au test de Rorschach, travail sur lequel nous nous proposons de nous étendre par la suite, mais dont nous ne publions pour l’instant que certains résultats numériques.
- Promotion 1943-1944 33 sujets 44/45 = 22 sujets
- Durée de l’exp. = 30’ (15 à 75) 35’ (13 à 75)
- Nombre de Rép. = 79 (22 à 198) 71 (20 à 205)
- type de perception D D
- Type dé réactivité c : K K C
- F % 78 % (68 à 98) 82 (70 à 90)
- A % 41 % (22 à 75) 40 (15 à 70)
- banalités 7 (3 à 11) 6 (3 à 13)
- Organisation 29,5 (10 à 108,5) 36 (12 à 58,5)
- Dbl 6 (0 à 34) 6 (0 à 38)
- D° 0 (0 à 3) 0 (0 à 1)
- K 4 (0 à 3) 8 (0 à 22)
- C 3 (0 à 5) 1 (0 à 1)
- CF 1 (0 à 5) 1 (0 à 8)
- FC 9 (0 à 9) 2 (0 à 11)
- F (c) 0 (0 à 18) 3 (0 à 11)
- clob 0 (0 à 5) 0 (0 à 1)
- H 4 (0 à 28) 7 (1 à 32)
- HG 8 (1 à 23) 9 (1 à 33)
- Masques 2 (0 à 9) 1 (0 à 3)
- Ana 1 (0 à 5) 2 (0 à 9)
- Sq 1 (0 à 4) 2 (0 à 4)
- Sang 0 (0 à 9) 0 (0 à 2)
- bot 3 (0 à 13) 2 (0 à 14)
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- geo 2 (0 à 12) 2 (0 â 8)
- feu 4 (0 à 19) 2 (0 à 19)
- eau 0 (0 à 7) 1 (0 à 5)
- art. 2 (0 à 18) 2 (0 à 9)
- Nous ne mentionnons évidemment que les éléments les plus souvent indiqués dans les normes classiques.
- Si nous confrontons ces résultats avec les normes données par Rorschach pour une population d’artistes nous voyons que nos
- jeunes gens sont assez loin du type artiste défini par Rorschach
- avec . F °/„ = 90 à 100
- K = 5
- FC = 1 et 2
- CF = 2 et 3
- C = 1 et 2
- type G =
- A °/„ = 10 à 20
- Cependant nous avons trouvé parmi nos élèves un sujet doué d'un véritable tempérament d’artiste et dont le travail en deuxième année n’a fait que confirmer notre pronostic. Il se détachait de notre groupe avee les valeurs suivantes :
- F °/o = 85 K = 17 FC = 2
- CF = 1
- C = 8
- type G
- A °/„ 28 °/„
- organes : 108,5 ce qui est la valeur supérieure du groupe!
- Notons que les étudiants se sont montrés anxieux et instables ; ils sont douteurs et opposants, plus émotifs et impulsifs que bien adaptés. Les sujets de la première promotion se distinguent nettement de ceux de la promotion suivante par leur anxiété, ce qui s'explique par l’époque à laquelle nous avions fait passer le test (mars à juin 1944). Beaucoup d’entre eux étaient en situation irrégulière et menacés de départ en Allemagne. Nous avons constaté que sur ce groupe de trente-trois sujets, vingt d’entre eux analysaient largement leurs souvenirs de guerre à partir des. paysages '9 réponses géographiques. Dans la deuxième promotion, vue après la libération, le thème de la guerre s’est résorbé, (sauf pour quelques évocations rattachées au drapeau tricolore ou à des sujets russes). Dans les deux promotions les évocations d’art sont liées à des points précis du programme de l’année ou à des souvenirs
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- scolaires et surtout littéraires. Mais il s’y ajoute des évocations liées au théâtre et au cinéma (photographies, prises de vues, dessins animés, souvenirs de. films, éclairages, décors) cpii témoignent a quel point les intérêts et les occupations des étudiants se reflètent oans les associations à partir des planches de Rorschach.
- Nous comptions développer et préciser ce travail en expérience tant sur les spécialistes et techniciens de la corporation afin de pouvoir fournir quelques indications pour une classification des intérêts et proposer quelques critères qui puissent permettre de définir le type du cinéaste d’après ces différentes épreuves qui, jusqu’à présent ne peuvent être considérées que comme des points de repère dans un sondage rapide et sommaire.
- NOTES ET DOCUMENTS
- La fréquence des déficiences auditives d’après les enquêtes américaines
- Profitant des afflux de populations aux Expositions de New-York et de San-Francisco, les acousticiens des Etats-Unis ont mesuré, avec des sons de cinq fréquences, l’acuité auditive de plus de 35.000 personnes de tous âges. Ils ont ainsi déterminé la proportion, en fonction du sexe et de l’âge, des déficiences auditives pouvant être caractérisées pratiquement comme surdités (déficit d’au moins 45 décibels).
- Voici le nombre trouvé pour 1.000 individus, avec des sons dont les fréquences sont les plus importantes pour l’audition du langage, en séparant les hommes et les femmes :
- Fréquence
- 10-19 ans 20-29 ans 30-39 ans 40-49 ans 50-59 ans
- 880 ' 1760 3520
- ( Hommes . ..... 6 6 18
- ( Femmes 6 4 3
- ( Hommes ....... 1 3 27
- ( Femmes ....... 4 3 7
- [ Hommes ....... 3 6 60
- ( Femmes 12 8 16
- ( Hommes 14 26 160
- ( Femmes 21 15 30
- ( Hommes 26 60 270
- ( Femmes 40 30 70
- On voit la progression notable de la fréquence des surdités avec l’âge, surtout marquée pour le son le plus haut dans cette échelle moyenne de fréquences, et la curieuse différence entre les deux
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- /O
- sexes pour le son le plus haut, qui n’est pratiquement plus entendu d’un quart de la population masculine entre 50 et 60 ans (1).
- Dans une enquête poursuivie sur place dans divers districts des. Etats-Unis, où 9.324 personnes furent soumises à des mesures analogues, la différence entre les sexes s’est montrée nettement moindre, mais la surdité était rapportée au déficit d’audition pour les deux fréquences de 1.024 et 2.048 seulement (2). Ce n’est guère qu’entre 65 et 75 ans que la prédominance masculine s’est avérée notable, comme le montrent les nombres de ces surdités pour 1.000 personnes (déficit d’au moins 47 décibels) :
- AGE
- Moins de S ans 5-14 ans 15-24 ans 25-34 ans 35-44 ans 45-54 ans 55-64 ans 65-74 ans
- Hommes.. 0,49 2,95 3,51 4,76 9,70 14,93 29,27 73,64
- Femmes .. 0,43 2,26 2,93 4,99 9,28 15,45 26,43 54,68
- Il est naturellement hasardeux d’étendre ces données à la population française, mais, comme il n’est pas à prévoir que nous puissions de longtemps avoir des renseignements du même degré de précision (mesurés avec des audiomètres de la Western) et de la même étendue, l’ordre de grandeur des fréquences de surdités en fonction de l’âge peut être admis en première approximation. H. P.
- , *
- * *
- Comparaison des aptitudes techniques chez les écoliers croates et parisiens
- M. Z. Bujas, qui a travaillé à Paris pendant plusieurs années, a procédé à Zagreb à l’examen des aptitudes techniques de 346 écoliers de cours complémentaires (entre 13 et 16 ans, d’âge moyen 14,4), en utilisant une batterie de 16 tests dont 13 étaient repris des fiches A et B de notre Institut, avec identité dans la technique d’application (3).
- Le décilage, comparé à celui résultant de l’examen des écoliers parisiens, montre des différences assez notables. La moyenne des écoliers croates est inférieure à celle des Parisiens dans presque %tous les tests visant à déterminer l’imagination spatiale, l’observation et la compréhension spatiale, la compréhension des mouvements ; en revanche, elle s’est montrée un peu supérieure dans les tests d’intelligence mécanique.
- Une figure montre le profil de l’écolier croate moyen sur l’échelle étalonnée à Paris, et de l’écolier parisien moyen sur l’échelle établie d’après les résultats de Zagreb, profils de symétrie inversée.
- (1) Cf. J.-C. Stelnberg, H.-C. Montgomery et M.-B. Gardner. Results of the World’s Fair Hearing Tests. « Journal of the Acoustical Society », XII, 1940, p. 291-301.
- (2) Cf. Willis C. Beasley. Characteristics and distribution of impaired hearing in the population of the United States » Journal of the Acoustical Society», XII, 1940, p. 114-121.
- (3) Etude publiée dans la revue « Prestampeno iz Napretka» de 1941 (t. LXXXII, n° 1).
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- La différence inaxima se rencontre pour le lest H1 (chercher dans un grand tableau les lettres correspondant à des points situés dans des cadres de dimensions réduites), test trop facile pour les Parisiens (dont le médian atteint 19 sur 20, et le dernier décile 14)-, et un peu trop difficile pour les Croates (0 au 9e décile, 13,5 au médian).
- Mais il y a identité complète pour tous les déciles avec le test 21P (correspondance entre des objets d’emploi mécanique et une représentation en coupe et élévation) ; et, pour le test IIP (roues engrenées), le médian est le même. Enfin, pour le groupe 14P-17P (fléaux de balance avec des poids), si le premier et le dernier décile correspondent encore dans les deux cas au maximum et au zéro, le médian est un peu plus élevé à Zagreb (12 sur 17 au lieu de 10).
- En général le résultat global du sujet croate moyen est atteint ou dépassé par 65 % des Parisiens, et la réussite du sujet moyen de Paris n’est atteinte ou dépassée que par 38 % des écoliers de Zagreb.
- Tels sont les résultats de cette très intéressante étude comparative, qui serait à mettre en parallèle avec les résultats de diverses villes ou régions de France.
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- L’épreuve de la voix parlée pour l'appréciation des déficiences auditives
- Une comparaison a été faite, dans une clinique otologique des Etats-Unis, de la méthode d’appréciation des déficiences auditives par l’audiométrie, en utilisant les fréquences les plus importantes pour l’audition du langage (512, 1.024 et 2.048 p. sec.) et des méthodes fondées directement sur la compréhension verbale, en utilisant, soit les tests d’intelligibilité établis par la Bell Téléphoné C° (9 phrases), soit les tests de l’Université Harvard (mots dissyllabiques, à accentuation de spondée).
- Les mesures ont été faites dans une chambre insonore, et, pour l’emploi de la voix parlée, le contrôle de l’intensité vocale était fait, avant l’émission, par le « speaker », se fondant sur les indications d’un décibelmètre, et, au cours même de l’émission.
- Dans ces conditions, chez 129 sujets, les corrélations des mesures en décibels du déficit d’audition par le test verbal de la Bell Téléphoné avec les tests audiométriques ont été les suivantes, en n’en-
- visageant les résultats de ces derniers tests que pour l’oréille la meilleure.
- Avec la fréquence de 512 p. sec. : 0,63
- Avec la fréquence de 1.024 p. sec. : 0,68
- Avec la fréquence de 2.048 p. sec. : 0,59 avec la moyenne pour les 3 fréquences : 0,69
- C’est le déficit moyen qui permet le mieux de prévoir le degré de surdité pour les sons de langage, mais avec la fréquence de 1.024, la prévision est presque égale.
- Mais les corrélations sont plus élevées encore du test verbal de Harvard avec les tests audiométriques. Elles ont été établies sur quatre groupes de patients, soit au total 682 personnes, atteignant
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- avec le déficit moyen pour les trois fréquences les valeurs suivantes :
- 283 sujets : 0,75.
- 199 sujets : 0,82.
- 100 sujets : 0,71.
- 100 sujets : 0,77.
- La supériorité des tests de Harvard à ce point de vue serait d’ailleurs un peu exagérée (et est considérée par l’auteur comme négligeable) du fait que-, dans ces dernières mesures, test verbal et test audiométrique étaient passés à la suite, tandis que, dans les premières, il y avait plusieurs jours d’intervalle entre les deux séries.
- En tout cas les coefficients de fidélité avaient été sensiblement les mêmes, aussi bien dans les mesures audiométriques que dans les deux tests de compréhension verbale, autour de 0,75. Ainsi le test clinique verbal se montrerait satisfaisant pour un dépistage rapide des surdités pratiques, mais il faut noter les précautions prises (contrôle de l’intensité vocale, chambre insonore, tests éprouvés pour la langue anglaise des Américains). ' u p
- CHRONIQUE DOCIMOLOGIQUE
- Soucis ministériels
- Un légitime souci de rendre plus satisfaisant l’examen par excellence, le baccalauréat, anime notre Ministre de l’Education Nationale, dont une circulaire aux Recteurs, du 15 mars dernier, émanant du Cabinet, renferme quelques passages qui méritent d’être relevés, car is montrent qu’on a renoncé en haut lieu à la politique de l’autruche vis-à-vis de l’épreuve sacro-sainte :
- « Les rapports et les statistiques que plusieurs d’entre vous m’ont adressés après les sessions de 1945, et qui ont fait l’objet d’une étude attentive, y est-il dit, montrent que l’imperfection principale des examens du baccalauréat est due à l'inégalité des épreuves et à l'hétérogénéité des jurys.
- «... En attendant qu’il soit matériellement possible de mettre les épreuves au même niveau dans toutes les Académies par l’envoi des mêmes sujets comme il est prévu à l’article 9 du décret du 7 août 1927, je vous prie de profiter du passage des inspecteurs généraux de l’Enseignement du second degré pour demander aux Doyens de solliciter leur avis sur les sujets qu’ils comptent choisir...
- « L’hétérogénéité des jurys est due à la nécessité dans laquelle on se met d’employer un trop grand nombre de professeurs pour examiner dans le moins de temps possible le plus grand nombre de candidats. Il en résulte, d’un jury à l’autre, les statistiques le prouvent, une absence de corrélation qui donne parfois à l'examen figure de loterie. Il n’est pas rare de constater, dans la même Académie, que tel jury a fait , dans la même série, 70 % d’admissibles, et tel autre 30 %. On ne saurait dire que pareils résultats soient l’expression et la garantie d’un examen irréprochable. Or il importe socialement que soit irréprochable l’examen qui confère le premier grade universitaire... Il n’importe pas moins, pédagogiquement et moralement, qu’aucun candidat ne puisse, avec une apparence de vérité,
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- expliquer son échec par le hasard de l’ordre alphabétique qui l’a classé dans tel jury plutôt que dans tel autre.
- « Je vous prie de veiller scrupuleusement à la constitution de nos jurys. Elle fait partie de vos attributions. Il vous appartient de ne désigner comme examinateurs que des professeurs éprouvés ».
- Le souci est très louable, mais l’illusion est grande de se fier aux remèdes proposés pour rendre « irréprochable » l’examen.
- Il y a des problèmes techniques posés et qu’on ne cherche aucunement à résoudre. Un « professeur éprouvé » n’est pas, par cela même un bon examinateur, d’autant qu’on lui laisse une liberté qu’on peut qualifier d’anarchique en matière d’interrogations orales.
- Un apprentissage de la technique d’examen, avec une standardisation assez poussée, est nécessaire, et un contrôle de la réussite effective : la capacité des examinateurs est elle-même passible de vérification et d’examen !
- Les problèmes ne sont pas différents en psychotechnique et en docimologie. Les examens classiques relèvent d’une psychotechnique empirique, tâtonnante et maladroite.
- Et quelle unification peut-on espérer par un choix de sujets établis après simple consultation d’inspecteurs généraux ?
- Même si des sujets uniques étaient utilisés pour toute la France, quelle garantie y aurait-il d’une difficulté égale pour les sujets donnés d’une session à une autre ?
- C’est le problème qu’il a fallu résoudre pour les tests d’intelligence. Une organisation « irréprochable » ne pourrait être assurée que lorsqu’on l’aurait résolu aussi dans la pratique docimologique.
- H. P.
- A TRAVERS LES REVUES
- Dans la Revista Brasileira de Estudo^ pedagogicos, Betti Katzens-tein examine la question de la conception et de l’expresssion chez les enfants, à propos de l’application du test de Kohs, qui lui est apparu comme sans valeur en ce qui concerne la détermination de l’âge men.tal, mais précieux pour révéler des. mécanismes de conception enfantine, repris avec de nouveaux tests de construction (T. V. Septembre 1945, p. 353-368). Un résumé de conférence de Gertrude Driscoll, de Colombia, sur la conduite de l’enfant à l’école et les moyens de l’observer, est donné par Fr. Cespedes (T. VI, octobre 1945, p. 25-43). Dans un rapport sur l’activité, de 1938 à 1945, de l’Institut national d’études pédagogiques du Brésil que dirige Lourenço Filho, sont donnés des renseignements sur la Section d’Orientation et de Sélection Professionnelles ( dont le chef est J. Maia) et celle de Psychologie appliquée (dont le chef est A. Hil-debraqd), ces deux sections comprenant chacune un personnel de 8 collaborateurs (Idem. p. 95).
- Le n° 11 d'Abeona (Cahiers du Centre de Recherches et d’Etudes pédagogiques) contient une étude sur la thermométrie, comme industrie d’avenir en France, en raison de la disparition du marché des thermomètres médicaux, presque exclusivement fabriqués en Allemagne et au Japon (industrie en grande partie artisanale, man-
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- quant de main-d’œuvre qualifiée, d’où la nécessité de créer une école spéciale) ; el, d’autre part, dans le chemin du métier un article sur l’apprentissage dans la haute couture (comment on devient midinette).
- Dans la revue The Military Surgeon (T. 88, 1941, p. 2.277) le médecin colonel américain Tuttle a donné les résultats de l’examen de 200 pilotes de ligne de 20 à 47 ans, des Panamerican Airways, et des services d’aviation de marine (dont 140 pilotes effectuent les vols transpacifiques) à la base aérienne de San-Francisco, avant la guerre, examen surtout physique, dans le but de caractériser,les bons pilotes, mais dont ne ressort aucune caractéristique très notable (type physique vigoureux, avec taille et poids supérieurs à la normale, basse fréquence du pouls et pression assez basse, hyperglo-bulie, capacité vitale élevée, temps de réaction marquant une rapidité plus grande que le groupe témoin, normalité générale pour la vue et l’ouïe). _________
- Le n° 3 du tome I de la nouvelle revue La Médecine Aéronautique (Bulletin du Service de Santé de l’Air) contient un article du médecin commandant Duguet sur les hétéropheries chez les candidats au personnel navigant de l’aviation, signalant que, sur 748 sujets de 18 à 25 ans ont été trouvées 257 orthophories (34,3 %) et 491 hétéro-phories (65,7 %) supérieures à la dioptrie prismatique, surtout des ésophories, sans relation avec l’acuité visuelle, et compatibles avec l'exercice normal de la vision stéréoscopique, quand elles n’atteignent pas ( dans le sens horizontal) 10 dioptries prismatiques (8 cas seulement sur le total des sujets).
- Le « biotype artiste » est l’objet d’un bref examen par le docteur Bize dans les Archives Internationales de Neurologie (janvier 1946, p. 75-81), où il envisage les exigences physiques et sensori-motrices dans les arts plastiques et graphiques (optico-manuels), les arts musicaux (acoustico-manuels), lyriques et dramatiques (acoustico-vocaux), chorégraphiques (acoustico-gestuels), littéraires enfin (verbo-graphiques), avec un complément dans, le U° de. mars 1946 (p. 142-150).
- Signalons dans le numéro de novembre-décembre 1945 de Berufs-beratung und Berufsbildung un article où G. Niggli analyse les sept raisons de la crise de main-d’œuvre en Suisse : prolongation inévitable de l’économie de guerre caractérisée par des besoins relativement élevés en personnel, importation de matières premières qui provoque un accroissement de l’activité surtout dans l’industrie textile, élévation des salaires des industries exportatrices contribuent à entretenir la demande de main-d’œuvre.
- La population active s’élève à 2.200.000 personnes soit 220.000 de plus qu’en 1938. Des données démographiques intéressantes, expliquent la crise particulièrement grave de la main-d’œuvre juvénile.
- Par rapport à 1930, le nombre total de la population ayant de 15 à 29 ans a diminué de 100.000 en chiffres ronds. De 1910 à 1937 le nombre de naissances est passé de 93.514 à 62.480 puis est remonté soudainement à 83.049 en 1943. Dans l’ensemble Dévolution démographique du pays paraît suivre la courbe de toutes les nations haute-
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- ment civilisées. La crise de main-d’œuvre féminine est particulièrement aigüe justement parce que la diminution de population atteint Vs générations âgées de 15 à 29 ans. Ce sont les. âges de participation active de la femme à la vie économique du pays. Au-delà le mariage et les devoirs familiaux provoquent le retour de la femme au foyer. La crise en main-d’œuvre masculine est moins grave parce que les âges des. travailleurs, hommes s’étalent de 15 à 50 uns ce qui atténue la répercussion en pourcentage de lg récente diminution de population.
- Une telle situation accroît le rôle des Services d’orientation qui doivent s’efforcer de compenser la pénurie de main-d’œuvre par une appropriation plus rigoureuse des jeunes à leur profession.
- P.-A. Vallès.
- Dans, le Journal of Educatiom.il Psychology (t. 37, 1946, I, p. 21) une étude de Natalie T. Darcy sur les effets que le bilinguisme exerce sur les apprécigtions d’intelligence chez les jeunes enfants (2 groupes de 116 enfants comparés, avec égalité de garçons, et de filles, et, équivalences des âges, compris entre 2 ans et demi et 4 ans) donne un quotient moyen de 98,69 chez les monoglottes et de 90,85 chez les bilingues. au. Stanford-Binet, de 1937, et de 88, 95 et 97,50 respectivement au test non verbal d’Atkins (Object-fitting), le sens opposé des différences se maintenant dans les divers groupes d’âges de l’un et de ' autre sexe. La motivation du choix des professions chez des élèves de Collège (high school) est examinée par Urban H. Fleege et Helen J. Malone (t. 37, 2, p. 77) d’après une enquête sur 533 individus des deux sexes, dans laquelle les garçons indiquaient leur préférence pour 78 métiers, les filles pour 50 (75 % des motifs invoqués sont égoïstes, les plus fréquents étant l’intérêt pour le travail, les chances d’avancement personnel, l’aptitude pour le travail, mais aussi les chances de contribuer au progrès de l’humanité).
- La revue Hommes et Techniques, décembre 1945, n° 11-12, donne l’indication d’une expérience d’O. P. en vue de l’apprentissage faite à Marseille dans le centre d’Ô.P. de la rue Saint-Jacques. On y trouve des renseignements sur l’examen de 140 élèves de l’école d’apprentissage de la S. N. C.A. S. E. à Marignane.
- On y trouve également dans le même numéro, un article de Guy Palmade sur les mécanismes de sélection.
- Nous relevons dans Les Cahiers du Musée Social, n° 4, 1945, p. 220 un intéressant article du Docteur René Barthe sur psychologie et sociologie du service médical d’usine. Il passe successivement en revue l’action médicale sur les lieux du travail et le statut biologique du travail moderne avec ses différentes attributions : hygiène du travail, détermination des aptitudes des ouvriers, prévention médicale des risques industriels (examens périodiques) et recherches scientifiques.
- Le Médecin Français du. 25 novembre 1945 g publié une conférence d’Henri Laugier sur la formation du médecin, dans laquelle il ré-
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- clame une sélection à l’entrée de la préparation professionnelle, et l’organisation d’études élargies pour une extension des spécialisations, en faisant en particulier une place importante à la psychologie, normale et pathologique, individuelle et collective, et même à la psychotechnique, ainsi qu’à la biométrie différentielle, avec les données indispensables de statistique.
- Le n° de mars 1946 de Psycliometrika contient des études de L. R. Tucker sur la validité maxima d’un test avec des questions équivalentes, de Thurstone sur l’application de la méthode factoifielle d’analyse aux types somatiques d’après les mesures anthropométriques (dont 4 facteurs se dégageraient), de E. H. Hsu sur une analyse factorielle de l’olfaction (jugements sur le caractère plus ou moins agréable de 21 odeurs) dont se dégagerait un facteur d’action probable sur le trijumeau et deux autres liés à la présence respective de l’oxvgène ou de l’azote, de W. S Zimmerman sur une méthode graphique pour la rotation des axes dans la méthode de Thurstone, de Ch. C. Peters, sur un nouveau coefficient de corrélation, valant pour des régressions non linéaires., le coefficient parabolique.
- Dans la même revue, signalons aussi, dans le tome X, 1945, p. 73 et p. 105, d^ux études de Thurstone, la première décrivant une méthode permettant d’éviter le calcul laborieux des corrélations résiduelles après chaque extraction de facteur, et reposant sur la sélection d’une série de constellations de vecteurs, la seconde examinant les effets, en analyse factorielle, de la sélection des sujets et de celle des tests, montrant que l’addition d’une ou plusieurs notations (fondées sur des combinaisons linéaires de tests déjà utilisés) entraîne l’intervention d’un ou plusieurs facteurs accidentels, mais sans affecter la structure factorielle, quand la batterie comporte une structure simple. Louis Guttman (X, 1945, p. 255) s’adresse à l’analyse de la « reliability », avec une méthode de détermination de la limite inférieure des coefficients dans le cas de l’application unique du test.
- Dans le Journal of Experimentnl Psychology de février 1945, (T. 35, p. 57), Warden, Brown, et Ross ont examiné la marge des différences individuelles de 28 jeunes gens, ayant tous une bonne acuité, dans la perception du mouvement en vision crépusculaire, pour différents points de la rétine, et trouvé que cette marge était considérable (seuils allant de 1 à 42) et qu’il n’y avait aucune corrélation entre cette acuité et l’acuité diurne en vision immobile (coefficient de 0,07) ; ils proposent un test simplifié d’aptitude au vol de nuit fondé sur leur méthode.
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- INFORMATIONS
- Les certificats d’aptitude à l’enseignement des aveugles et des sourds-muets
- Il a été prévu par arrêté du 25 avril 1942 l’institution d’un certificat d’aptitude à l’enseignement des aveugles et un certificat d’aptitude à l’enseignement des sourds-muets, cet arrêté du gouvernement de Vichy ayant été validé est complété par des arrêtés du 23 avril 1946. Une instruction du Ministre de la Santé Publique et de la Population a fourni un commentaire pour l’application de ces arrêtés, que complètent des programmes (<Journal Officiel du 3 mai).
- Pour les sourds-muets, un certificat du premier degré et un du second degré sont institués au titre de l’enseignement général, et un examen pour la titularisation de chefs d’ateliers au titre de l’enseignement professionnel.
- L’enseignement général, dans l’examen du premier degré, comporte des données sur le surdi-mutisme, l’anatomie et la physiologie de l’appareil vocal et de l’appareil auditif, l’acoustique, la psychologie et la pédagogie spéciale. Dans l’examen du deuxième degré c’est l’histoire de la pédagogie des sourds-muets qui est exclusivement envisagée.
- Pour les aveugles, il est institué également un certificat du premier degré et un du deuxième degré, et, en outre, un certificat d’aptitude à l’enseignement musical, et un autre à l’enseignement professionnel de l’accordage. Mais, ici le programme d’enseignement général est assez sommaire pour le.premier degré, et comporte des matières réparties sur trois années pour le second degré : Physiologie et Psychologie de la motricité et des sensations ; psychologie des aveugles ; histoire de la protection sociale et de la pédagogie des aveugles. „
- Dans le programme du certificat d’enseignement musical, des données sur la profession de musicien, sur les tests d’aptitude musicale et sur l’orientation professionnelle des aveugles se trouvent incluses.
- Le Journal Officiel du 14 février 1946 publie un décret du 10 février relatif à la délivrance des diplômes professionnels suivants :
- 1° Certificat d’études complémentaires industrielles, commerciales et ménagères.
- 2° Brevet d’enseignement industriel.
- 3° Brevet d’enseignement commercial (1er et 2e degrés).
- 4° Brevet d’enseignement hôtelier (1er et 2e degrés).
- L’activité de la Société de Biotypologie a repris en mars 1945. Depuis cette date et jusqu’en mars 1946 les mémoires suivants ont été présentés (par ordre chronologique) :
- H. Simonnet et Èd. Toulouse : Le problème de la sénescence dans son aspect biologique et social.
- H. Piéron : La question des types psychophysiologiques.
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- P. Delaporte : Essai sur une méthode statistique de recherches des types.
- J. Dublineau : La notion de résistance biologique et le problème typologique. Exposé de quelques recherches.
- D. Weinberg : Essai d’un contrôle expérimental des méthodes d’ana-
- lyse factorielle.
- J. Stoetzel et M. Girard : Résultats d’une récente enquête sur les conditions du sommeil en fonction de l’âge, du sexe et du milieu physique.
- J.-J. Gillon : Notion d’une personnalité collective basée sur l’observation d’un travail scientifique par équipes.
- La séance du 12 juin a été consacrée à la commémoration des travaux du regretté professeur Charles Spearman. Elle a donné lieu aux communications suivantes :
- H. Piéron : Spearman, l’homme et le psychologue.
- C. Burt : L’analyse factorielle et l’œuvre du professeur Spearman. G. Darmois : L’hommage d’un mathématicien à Charles Spearman. P. Delaporte : Prolongement de la méthode d’analyse factorielle de Spearman en utilisant la statistique mathématique.
- E. Schreider : Coup d’œil sur les travaux suscités par l’œuvre de
- Charles Spearman. ______________
- Le Congrès de Pâques
- du Syndicat national du personnel des centres d’O. P. de la C. G. T.
- Voici la liste des Conférences faites lors du Congrès de Pâques : La Réforme de l'Enseignement (M. Canonge).
- La Formation Professionnelle (M. Girard, secrétaire du Syndicat de l’Enseignement technique).
- La Sélection dans l'Armée (Dr Binois).
- La Mesure (M. H. Piéron).
- L'Evolution technique des Métiers (M. Pouillot).
- L'Analyse factorielle (Mme Bernyer).
- Une conférence sur la sélection psychotechnique des aviateurs a été faite par M. Dugué, maître de conférences de mathématiques à la Faculté des Sciences d’Alger, le jeudi 2 mai, à l’Institut Henri Poincaré, sur l’invitation de l’Institut de Statistique de l’Université de Paris, que dirige M. G. Darmois.
- Dans un exposé aux Recteurs présenté le 6 avril 1946 sur l’hygiène scolaire et universitaire par le Directeur de ce Service, le Dr Douady, nous relevons, à propos d’hygiène nerveuse et mentale, l’annonce de la création au Lycée Claude Bernard d’un centre psycho-pédagogique destiné à prévenir les troubles du caractère chez les lycéens et les collégiens de Paris, centre comprenant deux psychologues pris dans les cadres des' lycées de Paris et affectés à temps plein à cette tâche, et des médecins psychiâtres travaillant par vacations.
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- Le Centre de Documentation des Services américains d’information est transféré 20, rue Duphot (Paris).
- Ce Centre, ouvert de 9 à 12 h. et de 14 h. à 18 h., possède actuellement environ 3.000 volumes et est abonné à plus de 400 revues américaines. Parmi les livres, signalons une importante collection d’ouvrages techniques, surtout de médecine, de physique, de chimie, de travaux publics et d’architecture.
- Le premier numéro de la Revue de l'Education surveillée, publication bimestrielle sous le patronage du Ministère de la Justice (14, place Vendôme), vient de paraître.
- Au Congrès de VAmerican Association for Advancement of Science tenu à Saint-Louis du 27 au 30 mars 1946, l’Association américaine de Statistique avait organisé un symposium consacré à la question de la sélection du personnel par des tests psychologiques sous la présidence du capitaine John G. Jenkins, avec le lieutenant-colonel M. W. Richardson comme rapporteur principal, et la participation du colonel J. C. Flanagan, du commandant E. Lowell Kelley, du Dr J. W. Dunlap et de M. Henri Chauncey (du Conseil pour les examens d’entrée dans les collèges).
- •JU Jmrrr^tTrfT-
- Le Congrès annuel de la British Psijchological Society (11-16 avril 1946) comprenait, - avec le discours présidentiel sur l’analyse factorielle de Godfrey Thomson, des symposia sur les aspects psychologiques de la guerre et sur le rôle des techniques de sciences sociales. ________
- A la section industrielle de cette même British Psychological Society, dont elle quittait la présidence, Mrs W. Raphaël a donné, le 12 mars 1946, une adresse sur les relations entre psychologue industriel et communauté industrielle, relevant les facteurs d’opposition et les facteurs favorables, ainsi que les causes de succès ou d’échec.
- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE A L’ÉTRANGER
- Rapport sur la Semaine suisse d’hygiène mentale
- Dans les premiers jours d’octobre a eu lieu à Genève sous les auspices du département de l’Instruction Publique la semaine d’hygiène mentale. Des conférences et des visites furent organisées pour intéresser à la psychologie et à ses applications un public varié, spécialisé ou non : assistantes sociales, infirmières, institutrices, médecins scolaires venus de tous les coins de la Suisse. Les représentants français à ce congrès étaient M. le docteur Morelli,. médecin de la marine et M. le docteur Donzimette.
- Ces conférences offraient un grand intérêt pour les orienteurs
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- français, nous avons pu ainsi saisir sur le vif l’organisation scolaire genevoise et aussi — en ce qui concerne l’O. P. — les deux conceptions rivales.
- Nous donnons brièvement ce qui nous a paru caractériser les écoles genevoises. Disons d’abord à la gloire de cette république que depuis 1536 la scolarité y est gratuite et obligatoire ; actuellement elle s’étend de 6 à 15 ans révolus et reste facultative de 4 à 6.
- Les classes ne comportent en moyenne pas plus de 26 élèves. Il y a des classes spéciales, des classes de développement pour enfants retardés et des classes normales. L’enseignement est concret mais suit les programmes officiels, il n’y a pas de centres d’intérêts (Ecole du Mail), sauf à la Maison des Petits.
- L’écriture script est imposée dans le canton de Genève pendant toute la scolarité, réforme qui nous paraît fort inopportune mais que préconise M. Dottrens. Par contre les mathématiques sont enseignées d’une façon concrète et graduée qui donne d’excellents résultats.
- Les classes de perfectionnement sont nombreuses, nous avons eu le plaisir en visitant l’une d’elles d’assister à une démonstration remarquable de MUe Descœudres.
- . Quant à l’orientation professionnelle proprement dite, la ville de Genève a créé un office municipal d’O. P. dirigé par M. Heinis. Dans les. spacieux locaux d’une école, quatre personnes (le psychologue-orienteur, une assistante secrétaire, un correcteur, un préposé aux appareils) assurent le service. Le nombre d’enfants examinés par an s’élève à 7 ou 800 cas.
- L’examen d’orientation d’un enfant dure 15 heures réparties en 4 séances. La ville subventionne seulement, les consultations ne sont pas gratuites ; l’examen coûte 30 francs suisses, soit — au cours officiel 345 francs — et en réalité 2.100 francs, (des exonérations sont accordées sur demandes justifiées.) Les épreuves sont collectives et écrites pour la plupart car le docteur Heinis n’est pas partisan des examens oraux ; il est procédé à une centaine de mesures par sujets, voici quelques exemples :
- Les épreuves.
- 1. Nous retrouvons le test d’attention de M. Pieron modifié (ronds
- avec barre au lieu de carré) ; courbe de travail, concentration,
- • dessins à l’encre.
- 2. Comme test d’imagination le docteur Heinis emploie pour chaque
- enfant une feuille de format commercial présentant dix taches d’encre symétriques et noires. Il mesure donc l’imagination d’une façon analogue à la tache d’encre de M. Pieron.
- Pour mesurer la vision spatiale et l’habilité manuelle, M. Heinis utilise des plans de pièces dessinées de face et de profil, le sujet doit les modelée à la pâte. On examine ainsi en même temps la rapidité, le soin, l’exactitude et l’adaptation à la tâche.
- 4. Un test de transpiration utilisé par les horlogers depuis fort longtemps donne d’excellents résultats à M. Heinis : il fait tordre à l’enfant un fil de fer poli au préalable. Après quelques jours on constate que le fil de fer. est devenu rouge en cas de
- • transpiration acide, ou. a terni en cas de transpiration, non acide, ou reste indemne en cas de non transpiration.
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- T». Un petit établi et un marteau sont mis. à la disposition de l’enfant qui doit redresser des clous courbés de différentes façons. M. Heinis trouve, comme M. Fcntègue, cette épreuve intéressante pour l’étude du comportement.
- M. Heinis nous a aussi fait part de quelques observations personnelles. Il a constaté que l’âge d’O. P. le plus favorable est entre 14 et 16 ans — âge de maturation de chaque aptitude.
- Autre constatation intéressante parce qu’elle est discutée, il affirme que la sensibilité cutanée ne varie pas selon la profession. Ainsi, pendant la crise, des horlogers suisses qui ont fait des travaux de terrassement durant plusieurs années retrouvent après quinze jours leur sensibilité antérieure.
- En somme le docteur Heinis applique la psychotechnique, manière ingénieuse et systématique.
- Par ailleurs il existe aussi à J.-J. Rousseau un centre d’enseignement d’O. P. et une consultation où les étudiants font des stages. La conception de M. le docteur Rey diffère sur certains points importants de celle du docteur Heinis : au lieu de prendre une série de mesures, de rechercher les diverses aptitudes, M. Rey décèle les niveaux d’intelligence, l’intelligence globale et il part de ce niveau pour fermer ou ouvrir au candidat un certain nombre de professions. Il a appliqué ensuite au sujet une série de tests manuels permettant d’obtenir en plus des résultats objectifs comparables une observation précise et riche du comportement et de pronostiquer sur le sens pratique du sujet.
- Nous avons aussi repris contact avec Mme Loosli qui continue à J.-J. Rousseau son enseignement du test de Roschach. Elle nous a paru beaucoup plus en accord , avec la conception américaine de Piotorvski que ses articles de 36-37 ne laissaient prévoir.
- Voilà un bref résumé de l’essentiel de cette semaine. Seraient à ajouter de nombreuses conférences sur l’intelligence, une sur la graphologie, une visite à la Maison des Petits, à la Maison des Charmilles, à l’Ecole du Mailet à l’hôpital psychiâtrique. Le docteur Brantmay nous a aussi longuement parlé, de su consultation médico-pédagogique.
- La pratique régulière de cette semaine annuelle de psychologie nous a paru particulièrement nécessaire parce qu’elle nous a permis de reprendre des contacts interrompus par la guerre et de confronter nos méthodes.
- LA VIE DES CENTRES D’O. P.
- Les intérêts des enfants lillois
- M. R. Lallau, chef de l’Office d’O. P. de Lille veut bien nous transmettre le document suivant qui nous a paru intéressant pour ses collègues comme élément de comparaison.
- Il nous a paru intéressant de recueillir quelques indications sur les intérêts des enfants se présentant au Centre d’Orientation Professionnelle de Lille.
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- GARÇONS
- 1° Chez les garçons, la matière d'enseignement préférée se fixe comme suit :
- Calcul (29,5 %), Histoire (15,5 %), Science (14 %), Dessin (9 %), Orthographe (9 %), Géographie (7 %). Ne viennent ensuite que la dictée, la composition française, la grammaire, la lecture, et en dernier lieu, l’écriture.
- 2° Pour ceux qui manifestent une'avcrsion pour une matière d'enseignement, nous notons la répartition suivante :
- Calcul (9 %), composition française(7,5 %). Viennent ensuite : les sciences, l’orthographe, la dictée, la grammaire, l’histoire, la géographie, le dessin, le vocabulaire, et, pour finir, la récitation.
- 3° Les jeux favoris à l'école peuvent se diviser en jeux violents ou sportifs (61 %) et en jeux de groupe (39 %).
- Dans les jeux violents, notons : courir (34,5 %), fooLball (25 %), autres sports (1,5 %).
- Les jeux de groupe comprennent : gendarmes et voleurs, la petite guerre, le jeu de balle, le jeu de barres, la balle au cavalier, le cache-cache, etc... qui sont d’ailleurs de nouvelles occasions pour l’enfant de courir et de se livrer à une activité physique, réaction naturelle des heures d’études.
- î
- 4° Les jeux favoris à la maison montrent au contraire, pour des • raisons que l’on comprend très bien sans insister, le retour au calme et l’on note :
- Lecture (23,5 %), dessin (12 %), jeux de sociétés : cartes, dames, petits chevaux, jacquet, nain jaune, dominos (23 %).
- Jeux calmes : mécano, constructions, soldats de plomb (11 %) ; une minorité se livre au. bricolage (3 %), à l’éducation physïque, à la musique.
- Les autres garçons restent muets sur leurs jeux à la maison.
- FILLES
- 1° Chez les filles la matière d'enseignement préférée s’étgblit comme suit :
- Calcul (22 %), français (15 %), histoire (11 %), puériculture (7 %). Viennent ensuite : la couture, l’enseignement ménager, la composition française, les sciences, la géographie, la lecture et en dernier lieu la grammaire.
- 2° Pour celles qui manifestent une aversion pour une matière d'enseignement, nous notons la répartition suivante :
- Géographie (12 %), histoire (9 %), calcul (7 %), sciences (5 %), composition française (4 %). Ensuite viennent : la, couture5 le dessin, la gymnastique, la grammaire, le chant.
- 3° Les jeux favoris à l'école peuvent se diviser, comme pour les garçons, en jeux violents ou sportifs (42 %), en jeux de groupe (40 %).
- Dans les jeux violents, notons : courir (39 %). Sports divers (3 %).
- Les jeux de groupe comprennent : saut à la corde (13 %), jeu de
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- balle (11 %), jeux divers : chat perché, à la délivrance, ca.che-ca.che, l’épervier, etc... (16 %).
- Chez les fdles apparaissent les jeux calmes : au proverbe, etc..., les promenades à deux, et... les bavardages.
- 4° Les jeux favoris à la maison, pour les mêmes raisons que les garçons, indiquent le retour au calme et nous notons :
- Lecture (32 %), dessin (8 %), couture et tricot (4 °/0), musique (1 °/0), jeux de société : cartes, dames, petits chevaux, nain jaune, jeu de l’oie (18 %).
- Jeux calmes : à la ménagère (6 %), à la poupée (3 %), autres jeux (10 %).
- Les autres filles n’indiquent pas comment elles utilisent leurs loisirs à la maison dans le domaine des jeux.
- 25 mars 1946. R. Lallau.
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- Etude de métier dans le cadre local
- Nous avons reçn de M. Vallès, secrétaire d’O. P., l’intéressant travail de M. Espinasse, directeur du centre d’O. P. de Nancy, qui intéressera, certainement, de nombreux orienteurs.
- La connaissance des métiers dans le cadre local implique deux grandes études :
- — une étude quantitative et qualitative des métiers : c’est un aspect de l’économie locale.
- *— et une étude des métiers par rapport au facteur humain : c’est l’étude psychologique du problème.
- Je passerai assez rapidement sur l’étude psychotechnique des métiers, nous en connaissons tous la technique pour l’avoir étudiée et pratiquée pendant nos années d’études.
- Par ailleurs, peu de Conseillers disposent du temps suffisant pour mener à fond l’étude d’une monographie complète de métier.
- Enfin, le besoin de réaliser localement des monographies se fait de moins en moins sentir. H y a une cinquantaine d’années les métiers que nous rencontrons le plus habituellement dans l’économie locale pouvaient comporter, d’une région à l’autre, des différences assez sensibles : méthode, tour de main, économie étaient assez variables pour que les conditions d’adaptation de l’hommé à son métier soient partiellement variables.
- Depuis ce temps, l’accroissement en rapidité et en facilité dés transports a créé un brassage qui tend à effacer les différences régionales. Les progrès rapides, de la technique créent des exigences qui restreignent de plus en plus l’individualité professionnelle de chaque région pour arriver à un alignement dans la technique des métiers.
- Par ci, par là, il reste encore des activités purement locales : c’est à ellés que les Conseillers devront réserver leurs études.
- Je crois cependant, qu’il y aurait lieu de réviser les méthodes habituellement employées, jusqu’ici.
- Pendant leur période de formation, les Conseillers étudient les principaux métiers et. se forment aux différentes méthodes d’investigations qui leur permettront d’établir par eux-mêmes une monographie dé métier.
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- La plus habituelle décompose l’étude en cinq points principaux :
- I. — Historique. Généralités.
- II. — Qualités physiques et sensorielles.
- III. — Aptitudes intellectuelles et psychiques, connaissances.
- IV. — Aptitudes morales.
- V. — Moyens de formation, avenir, promotion.
- Le Conseiller se met en rapport avec des techniciens, des ouvriers, les interroge sur leur métier ; observe et analyse lui-même le travail pendant son exécution ; examine des ouvriers qui ont réussi dans le métier, d’autres qui, au contraire, ont échoué et détermine les causes de la réussite et de l’échec ; prépare une première rédaction de la monographie, puis après en avoir discuté avec les principaux intéressés, rédige l’édition définitive.
- Pour ma part, si je trouve cette méthode de travail absolument nécessaire en tant que moyen de formation du Conseiller, je l’estime insuffisante et incomplète quand il s’agit de réaliser un outil de travail, un moyen d’information exact, et précis à l’usage des Conseillers.
- Il est, en effet, difficile à une seule personne d’envisager avec une égale compétence les différents aspects intéressant un même métier. C’est pourquoi ma préférence va à la monographie, synthèse d’un travail d’équipe, chaque membre de l’équipe représentant un aspect différent du problème.
- L’équipe pourrait ainsi se grouper :
- — un Médecin spécialisé dans la médecine du travail (aspect
- médical) ;
- — un Conseiller d’orientation (aspect psychologique) ;
- — un Patron
- — un Ingénieur ou un Technicien
- — un Ouvrier qualifié
- (aspect technique).
- J’y ajouterais volontiers :
- — un Professeur technique spécialisé dans
- l’apprentissage du métier étudié
- — un apprenti en cours de formation ;
- (point de vue de l’apprentissage).
- — une assistante sociale (aspect social) ;
- — et un spécialiste des questions économiques professionnelles
- (aspect économique).
- Chaque membre de l’équipe étudie le métier sous l’angle de sa spécialité et rédige une monographie en approfondissant particulièrement l’aspect qui lui est le plus familier.
- La synthèse de ces œuvres se fera après lecture et discussion en équipe elle donnera naissance à une monographie complète, équili brée,' portrait, véritable du métier.
- Peu de Centres ont la possibilité de réunir une telle équipe, c’est pourquoi de telles études pourraient être faites à l’échelon national par une équipe spécialisée.
- Reste l’étude quantitative et qualitative des métiers à l’échelon local ; c’est, avant tout, une étude statistique.
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- Il s’agit, en effet, de déterminer la répartition quantitative de la main-d’œuvre dans les différents secteurs de l’activité locale, en vue d’apprécier les possibilités de son renouvellement.
- Les moyens pour arriver à un tel résultat ne sont pas nombreux.
- S’il est relativement facile d’établir la liste des. entreprises locales et le nombre global d’ouvriers et d’employés (il suffit pour cela de se mettre en relations avec les Chambres de Commerce, de Métiers et les Caisses d’allocations familiales), il est beaucoup plus difficile de connaître la répartition exacte des ouvriers et employés par spécialité. Ici, deux moyens seulement :
- — l’envoi de questionnaire, soit directement, soit par l’intermé-
- diaire des Offices départementaux du travail ;
- — lé contact direct avec chaque entreprise.
- Le questionnaire est un moyen apparemment facile mais ses résultats sont aléatoires.
- Tout d’abord, il est très difficile d’établir un bon questionnaire.
- 1° la présentation des observations doit être simple et, surtout, ne pas donner lieu à des interprétations différentes suivant le lecteur. Les questions doivent être claires, faciles à comprendre et appeler des réponses courtes.
- L’ensemble du questionnaire doit pouvoir être rempli dans un temps assez court, sinon il a des chances de ne jamais être retourné ou d’être retourné incomplet ;
- 2° la rédaction des observations doit être facile et rapide ; il faut éviter les questions nécessitant de longues réponses car le dépouillement en devient très difficile et terriblement long. Les réponses demandées devraient pouvoir se condenser en un seul mot ou chiffre ; la rédaction des observations en devient plus rapide et plus exacte.
- Malgré ces précautions on ne peut espérer que tous les questionnaires seront remplis consciencieusement et, surtout, que tous reviendront ; il peut donc rester une marge d’erreur relativement importante.
- Reste le contact direct avec chaque entreprise.
- C’est, évidemment, un moyen de choix mais il a un inconvénient essentiel : il demande un temps considérable.
- Effectué sous forme de visite d’usine, il se révèle particulièrement fructueux.
- L’observation directe de l’ambiance, du travail, de la vie de l’entreprise, les contacts personnels avec les dirigeants sont d’une autre valeur que les renseignements fournis par un questionnaire anonyme.
- A l’issue de la visite, les Conseillers consignent dans un rapport le résultat de leurs observations. Ce rapport, évidemment confidentiel, est à leur seul usage. On doit y trouver la plupart des renseignements que voici :
- —• Raison socialé, but et caractère de l’entreprise.
- — Différents métiers pratiqués, à l’intérieur de l’entreprise.
- — Nombre total d’ouvriers et d’employés.
- — Nombre total d’apprentis.
- — Répartition des apprentis, ouvriers et employés par métiers.
- — Possibilités annuelles d’embauche d’apprentis et de jeunes ou-
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- — Moyens de formation des apprentis.
- — Résultats acquis. — Possibilités de promotion.
- — Valeur pédagogique de l’apprentissage.
- — Conditions générales du travail.
- — Conditions d’ambiances physiques et morales.
- — Conditions techniques et économiques.
- — Conditions sociales.
- — Opinion de la direction sur l’apprentissage considéré dans le
- cadre de l’entreprise.
- — Opinion du personnel de maîtrise sur l’apprentissagè.
- — Opinion des ouvriers sur l’apprentissage dans l’entreprise.
- — Opinion des apprentis.,
- A ces renseignements de source directe, il .convient d’ajoutier tous ceux, très intéressants, quii peuvent être obtenus par des contacts avec :
- l’Inspecteur du travail, l’Inspecteur de l’apprentissage ;
- l’Officë départemental de la main-d’œuvre ;
- les Organisations syndicales, patronales, et ouvrières.
- La plupart de ces renseignements sont confidentiels et sont au service exclusif des Conseillers d’O.P.
- Pour être facilement utilisable une telle étude doit être complétée par deux fichiers :
- 1° Un fichier entreprise.
- Toutes les entreprises sont classées alphabétiquement dans le cadre de leur activité générale.
- Chaque fiche comporte :
- au récto : les renseignements techniques sur l’entreprise ;
- les placements d’apprentis par le Centre (nombre, date, résultats).
- au verso : un résumé rapide des renseignements plus confidentiels contenus dans le rapport des Conseillers.
- 2° Un fichier métier.
- Les métiers sont classés par ordre alphabétique.
- A chaque métier correspond :
- a) le nombre total d’ouvriers qualifiés du métier à l’échelon
- local ;
- b) le nombre total d’apprentis ;
- c) la répartition, entre les. diverses entreprises, des ouvriers
- et .apprentis.
- Un travail semblable doit également être fait pour les Administrations locales. : publiques et privées.
- Il est nécessaire que les Centres soient avertis des concours et des vacances de poste pouvant convenir aux jeunes à l’issue de leur scolarité.
- Voilà, à mon sens, les. grandes lignes de l’étude des métiers dans, le cadre local. Pour la réaliser sérieusement il faut beaucoup de temps. Il en faut également pour la maintenir à jour et suivre l’évolution économique locale.
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- I/O. P. DANS LA FRANCE D’OUTRE-MER
- Nous extrayons, d’un article de Charles Bruriold sur l’enseignement technique et professionnel en Afrique du Nord les passages suivants (l) :
- « L'Orientation professionnelle ». — Il nous reste, pour compléter cette étude des œuvres. d’Enseignement professionnel en'Afrique du Nord, à montrer l’intérêt qui s’attache au. développement de l’Orientation Professionnelle.
- Au moment où se pose le problème de l’industrialisation du pays, il est à peine utile de souligner l’intérêt que présente ce développement. Devant les. besoins, considérables de main-d’œuvre qui peuvent se manifester, il es.t. indispensable de ne pas livrer au hasard l’attribution de tel ou. tel métier à tel ou tel individu, mais de déceler les. aptitudes — et aussi les inaptitudes — qui détermineront tel choix ou en interdiront tel autre. L’exploitation, rationnelle du. « capital humain » a, elle aussi, ses méthodes ; elles ne sauraient exclure am cune des considérations qui. donnent à ce capital s.a vraie valeur : traditions familiales, goût inné pour telle activité, valeur morale requise pour telle profession, etc..
- Or, à l’heure actuelle, il n’existe nulle part, si ce n’est en Tunisie, de Centre d’O. P. ; celu.i qui a été créé à Tunis a pris le nom de Centre d’orientation, et de placement en apprentissage qui définit son double but : déceler, d’une part, les aptitudes qui guideront le choix du métier. ; tenir à jour, d’autre part, l’inventaire des. emplois, offerts par l’industrie locale aux jeunes, apprentis ; ainsi le centre qui est installé dans, une école primaire, rue de la Loire, place les jeunes gens avec le minimum d’erreurs et choisit pour ce placement des patrons qui, ayant témoigné, d’un large esprit social, s’intéresseront à leurs jeunes apprentis.
- L’Algérie et le Maroc ne seront pas longtemps en retard sur la Tunisie dans, le domaine de l’orientation professionnelle.
- Deux centres sont à l’étude en Algérie, l’un aux ateliers industriels de Pair de la. Maison-Blanche, l’autre à Oran, ainsi qu’un Institut de psychobiométrie, à l’Université d’Alger. Le budget de l’Algérie de 1946 prévoit l’ouverture de quatre secrétariats d’O. P., un secrétariat central et un par département..
- La création d’un centre est prévue au Maroc, en 1946.
- Il faut dans. ce. domaine faire vite pour rattraper le retard et mettre en place les organismes, qui pourront jouer un. rôle déterminant, au fur et à mesure que le plan d’indus.tria.lisati.on poursuivra ses réalisations.
- Ajoutons et c’est là un point essentiel, que l’orientation professionnelle ne doit pas seulement se développer dans le domaine scolaire, mais s.’étendre aux adultes dont elle doit faciliter, le placement. Une étroite collaboration s’impose ici, entre l’Université et l’Inspection du Travail.
- Qu.’on nous permette, à ce point de vue, une suggestion ; puisque tout est encore à faire, en Afrique du Nord, dans ce domaine de l’orientation, ne pourrait-on, dès que les centres seront créés, les préparer à leur tâche de sélection, et d’adaptation par quelques, é.tu-
- (l) «Bulletin officiel du ministre de l'Education nationale», 18 mars 1946.
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- des portant sur des collectivités ou. des groupements, ethniques dont on cherchera.it à définir les aptitudes, en, étudiant un certain nombre de sujets pris au hasard dans chaque collectivité. Cet inventaire géographique des. richesses humaines et de leur qualification .est aussi utile à la valorisation, du. pays que celui qui porte sur les ressources naturelles du sot et du s.ous-sol.
- DÉCRETS ET ARRÉTËS INTÉRESSANT L’O. P.
- Le diplôme d’Etat de conseiller d’O. P.
- Un arrêté du 6 février 1946 a validé, en modifiant légèrement le programme des épreuves, l’arrêté du 16 février 1944 fixant les conditions d’obtention du diplôme Ü’EtaV de conseiller d’O. P., créé par décret validé du 27 janvier 1944.
- Les modifications sont relatives au programme des sciences économiques et à celui de la physiologie (physiologie générale et physiologie du travail), et à la liste' des épreuves pratiques de physiologie. *
- Une brochure contenant le règlement et les programmes a été éditée par la direction de l’Enseignement technique, pour être mise à la disposition des candidats.
- ***
- Le'«Journal Officiel» du 12 mars 1946 contient l’arrêté du 21 février créant un centre départemental d’orientation professionnelle dans la Seine.
- Il contient en outre cette phrase :
- « Le centre aura la faculté d’établir des sections dans chaque arrondissement de Paris et dans chacune des autres communes de la Seine ».
- C’est M. Gilles qui a été appelé à en assumer la direction et ie Dr Marie Parmentier qui s’occupe de la partie médicale.
- *
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- Nous relevons dans le Journal Official du 18 juillet 1945 la .classification des emplois dans les industries graphiques, suivant l’arrêté du 13 juillet 1945 relatif aux salaires dans les industries graphiques.
- I. — Composition typographique,.
- II. — Impression typographique.
- III. — Lithographie-Offset.
- IV. — Offset à bobine.
- V. — Coloris.
- VI. — Héliogravure.
- VII. — Photogravure.
- VIII. — Clicherie. — Galvanoplastie. -
- IX. — Brochage.
- X. — Reliure industrielle.
- XI. — Reliure à, la main.
- XII. — Dorure.
- XIII. — Papeterie.
- XIV. — Réglure à façon.
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- Nous relevons dans le Journal Officiel du 22 juillet 1945 la classification des emplois de- l’industrie du dragage, d’après, l’arrêté du 17 avril 1945 relatif aux salaires dans les industries du bâtiment et des travaux publics.
- Catégorie I.
- Gardien de jour et de nuit de chantier à terre.
- Gardien de nuit de chantier fluvial n’effectuant aucun pompage.
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- Catégorie II.
- Auxiliaire d'atelier et manutentionnaire.
- Catégorie III.
- Premier é.chelon : second de remorqueur non commissionné.
- Aide-charpentier.
- Manœuvre de force (travaux de dragage).
- Premier échelon : terrassier de la région parisienne.
- Dragueur.
- Chauffeur non commissionné de tous appareils à vapeur (drague, remorqueur, élévateur).
- Second de remorqueur commissionné.
- Pompier.
- Troisième échelon : chauffeur commissionné de tous appareils à vapeur. Marinier qualifié.
- Catégorie IV.
- Premier échelon : mécanicien non commissionné.
- Contremaître d’appareils de levage, pontofi, mâture, force motrice jusqu’à 15 tonnes. *
- Contremaître de grue Derrick sur ponton.
- Second de drague, élévateur, refouleur.
- Deuxième échelon : Conducteur de gçue de port ou sur ponton.
- Contremaître de drague., élévateur, refouleur, conducteur de grue Derrick sur ponton.
- Mécanicien commissionné de tous appareils à vapeur ou Diésel.
- Capitaine de remorqueur.
- Contremaître d’appareils de levage, ponton, mâture au-dessus, de 15 t.
- •
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- Nous relevons dans le Journal Officiel du 22 juillet 1945 la classification des emplois dans certaines branches des industries de l’alimentation, suivant l’arrêté du 21 mai 1945 relatif aux salaires dans les industries de l’alimentation.
- I. — Biscuiterie, produits de régime, aliments, pour enfants, entremets, gla ces et crèmes glacées.
- II. — Brasserie et malterie.
- III. — Fabriques de levure.
- IV. — Pâtes alimentaires,.
- V. — Raffineries de sucre.
- VI. — Distilleries, d’alcool de pommes et de cidre.
- VII. — Produits mélassés.
- VIII. — Pectineries.
- IX. — Industries coloniales (cafés, thés, poivres, riz).
- X. — Sucreries
- XI. — Glace à rafraîchir et entrepôts frigorifiques.
- XII. — Margarineries.
- XIII. — Caramels colorants.
- XIV. — Colorants pour potages.
- XV. — Dextrineries. Colles en poudre.
- XVI. — Amidon de riz et de froment.
- XVII. — Glucoseries.
- XVIII. — Condiments. Vinaigre. Moutarde.
- XIX. — Cidreries et eau-de-vie de cidre.
- XX. — Chicorée. Houblon.
- XXI. — Salaisons, conserves de viande.
- XXII. — Chocolateries, confiseries.
- XXIII. — Potages bouillons.
- Meunerie.
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- Arrêté en date du 4 mai 1945 donnant la classification des emplois dans certaines branches des industries du bois
- Article premier. — Les différents métiers et emplois des branches d’industrie ci-après relevant des industries du bois seront classés dans les catégories fixées par l’article 4 de l’arrêté susvisé du 4 mai 1945, conformément au tableau annexé à la présente décision :
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- I — Matières plastiques.
- II. — Fabrication des stylographes, porte-mines et porte-plumes.
- III. — Tabletterie (section ivoire et écaille).
- IV. — Tabletterie et fabrication des boutons (section os et bois).
- V. — Lunettes en matière plastique, corne et écaille.
- Art. 2. — Le directeur du travail est chargé de l’application de la présente décision, qui sera publiée au «Journal Officiel» de la République Française.
- « Journal Officiel » du 8 septembre 1945.
- CAUSERIES BIBLIOGRAPHIQUES
- I. L. Kandel. — Professional aptitude tests in Medecine, Law, and Engineering-. Teachers College, Columbia University, New-York, 1940. In-8° 78 p.
- Le professeur d’éducation du Teachers College a mis au point l’état de la question des tests de sélection à l’entrée de l’enseignement, aux Etats-Unis, pour les médecins, les juristes et les ingénieurs.
- En ce qui concerne ces derniers, les recherches entreprises par la « Society for the promotion of engineering éducation » n’ont pas été poursuivies de façon très systématique : Thorndike, puis Thurstone, el, à Iowa., Hammond et Stoddard ont établi et essayé, des. batteries de tests, dont l’emploi s’est développé (78 % des établissements utilisant des tests à l’entrée en 1936). De manière générale une réussite en mathématiques serait le plus sûr garant de la réussite dans les écoles d’ingénieurs.
- En matière de droit, dans plusieurs universités des expériences de sélection ont été systématiquement organisées et poursuivies, en particulier à Columbia et à l’Université de Californie, où les étudiants peuvent être admis, depuis 1938, quand ils n’ont pas le degré de bachelier et des notes minima données aux dernières années de collège,, après, des tests, d’aptitude et une interview « compréhensive », et les résultats se seraient montrés très satisfaisants.
- C’est pour l’entrée dans les Ecoles de Médecine que la question d’une sélection fondée sur les aptitudes a été traitée de la façon la plus complète grâce surtout aux efforts de l’« Association of American Medical College », depuis 1927.
- Les test établis à cette date par le docteur Moss donnèrent des corrélations avec les degrés obtenus en fin d’études de 0,59 dans l’ensemble, et de 0,72 dans deux des 14 écoles de médecine ayant participé à l’expérience, sans être inférieures à aucune d’elles à 0,45. En 1937, les étudiants testés avant admission se montaient à près de 11.000. Les tests subissaient au cours de ces dix années des modifications par les soins d’un Comité spécialement nommé par l’Association. La dernière forme comprenait des tests d’information générale, de vocabulaire, d’orthographe, de raisonnement logique, et de compréhension, tous les tests de mémoire, de formes diverses, précédemment utilisés, ayant été abandonnés.
- En utilisant les mêmes tests chez différentes catégories d’étudiants, on obtint avec le succès des études, des indices de corrélation, de 0,11 pour les ingénieurs, 0,47 pour les juristes, 0,28 pour les élèves d’écoles commerciales, et 0,29 pour les aspirants officiers
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- de marine, alors que pour les étudiants en médecine, la valeur était notablement plus élevée (0,60).
- Une répartition en déciles d’un groupe d’étudiants ayant passé les tests en 1938, a donné les résultats suivants :
- Décile...... 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
- °/0 d’échecs.. 2 8 8 10 10 12 14 18 19 25
- Note moyenne 85 82,4 81,9 81,1 80,8 80,3 79,8 78,5 77,8 76,4
- La limite dans le score aux tests ayant été très différente dans diverses écoles, il a été constaté que le nombre des échecs augmentait nettement avec le degré d’indulgence.
- Des tests différents de ceux de Moss ont été élaborés à l’Université de Minnesota, a,vec des coefficients de corrélation du même ordre (0,57 à 0,61). Cette Université utilise, à l’entrée de l’école de médecine, ses propres tests d’aptitude médicale, mais aussi ceux de Moss, et en outre le test d’intérêts professionnels de Strong et un test de culture générale.
- Pratiquement, l’emploi de test de sélection pour les futurs médecins est en voie d’universalisation dans les Universités américaines, dont on sait l’entière indépendance.
- Les données fournies par ce petit livre sont très intéressantes,' mais elles ne comportent aucun renseignement sur le détail dés méthodes et la nature exacte des tests utilisés. « p
- LIVRES ENTRÉS RÉCEMMENT A LA BIBLIOTHÈQUE
- A.-T.. Poffenberger. — Principles of Applied P&ychology. D. Apple-ton-Century Company. 655 pages.
- Jean Fourastie et Henri Montet. — L'Economie française dans le monde. Collection Que Sais.-je ? Press.es Universitaires de France. 136 pages.
- Charles Rist. — Précis des Mécanismes économiques élémentaires. Librairie du Recueil Sir.ey. 377 pages.
- Pierre George. — Géographie économique et sociale de la France. Editions Hier et Aujourd’hui. 223 pages.
- Jean Chateau. — Le réel et l'imaginaire dans le jeu de l'enfant. Librairie Philosopbhique J. Vrin. 287 pages.
- T.. WolftMachoel. — La réadaptation de la jeunesse et des déracinés de guerre. 190 pages.
- William Brown et Godfr.ey H. Thomson. — The essentials of mental measuremcnt. Cambridge University Press, 256 pages.
- Gordon W.. Allport, — Personality. A psychological Interprétation. Henry Holt and Company, New-York. 589 pages.
- AGEN. — IMPRIMERIE MODERNE, 43, RUE VOLTAIRE (312-318)
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- SOMMAIRE
- Pages
- I. — Jacqueline Stora: La méthode de Rorschach appliquée à quelques test de pratique courante en Orientation professionnelle.. 65
- II. — Irène Lézine : Quelques données statistiques sur une tentative de sélection par méthode des tests à l’Institut des Hautes Etudes Cinématographiques . . '............................................ 68
- III. — Notes et Documents : La fréquence des déficiences auditives
- d’après les enquêtés américaines. — Comparaison des aptitudes techniques chez les écoliers croates et parisiens. — L’épreuve de la voix parlée d’après l’appréciation des déficiences auditives, 74
- IV. — Chronique Docimologique : Soucis ministériels .............. 77
- V. — A Travers les Revues........................................ 78
- VI. — Informations................................................ 82
- VII. — L’Orientation Professionnelle à l’Étranger : Rapport sur la
- Semaine suisse d’hj'giène mentale .. ...................... 84
- VIII. — La Vie des Centres d’O. P. ................................. 86
- IX. — L’Orientation professionnelle dans la France d’Outre-Mer ... 92
- X. — Décrets et arrêtés intéressant l’O. P....................... 93
- XI. — Causeries bibliographiques.................... ^............. 95
- XII. — Livres entrés récemment à la Bibliothèque................... 96
- Bulletin de l'Institut National d’Etnde du Travail et d'Orientalion Professionnelle
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- rédacteur en chef : Mme Henri PIÉRON secrétaire de la rédaction : M1Ie Irène LÉZINE
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- 2e SERIE. — 2e ANNEE
- N° 7-8
- JUILLET-AOUT 1946
- BULLETIN
- DE
- L'INSTITUT NATIONAL
- détude du travail
- ET
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- Institut National d Etude du Travail et d’Orientation Professionnelle
- DIRECTEUR DELEGUE
- M. Henri Piéron, professeur au Collège de France, directeur de l’Institut de Psychologie de l’Université de Paris, président de la Section des Sciences Naturelles de l’École Pratique des Hautes Études.
- COMITÉ DIRECTEUR
- Le Directeur du Conservatoire National des Arts et Métiers.
- Le Directeur délégué.
- M. H. Laugier, professeur à la Sorbonne, directeur général des Relations culturelles au Ministère des Affaires Etrangères.
- M. P. Pouillot, inspecteur général honoraire du Travail.
- M. H. Wallon, professeur au Collège de France.
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- 2° Série. 2* Annéè
- N“ 7-8
- Juillet-Août 1946
- Bulletin de l’Institut National D’ÉTUDE DU TRAVAIL
- et
- D’ORIENTATION ' PROFESSIONNELLE
- TECHNIQUE D’UTILISATION DU STÉRÉOMÈTRE
- par
- Yves GALIFRET
- On peul mesurer l’acuité stéréoscopique, capacité de percevoir des différences de profondeur entre les objcls, de deux façons différentes, soit en présentant des objets réels disposés dans l’espace d’une manière déterminée, soit en présentant un cliché stéréoscopique.
- A l’emploi du cliché stéréoscopique deux reproches sont à faire. D’une part l’utilisation du stéréoscope nécessite un entraînement préalable des sujets, La plupart d’entre eux éprouvant au départ de la difficulté à fusionner les deux images monoculaires. D’autre part les clichés actuellement en usage (cliché de Pulfrich édité par Zeiss et cliché de Hurault et Mazuir édité par la société d’Op-tique Militaire) ne sont pas conçus de façon rationnelle. Il est impossible dans de telles conditions d’apprécier avec quelque certitude l’acuité stéréoscopique d’un sujet.
- Pour la présentation d’objets réels, on utilise soit des tiges ou des fils verticaux soit de petites boules. C’est l'appareil à tiges ou à fils des premiers psychophysiologistes qui est utilisé le plus couramment dans les services psychotechniques. Dans les -services cl’Ophtalmologie on utilise depuis 1935 un dispositif imaginé par Davidson dans lequel le sujet de la distance relative de têtes d’épingles blanches se détachant sur fond noir. L’étude critique et l’appréciation de ce procédé restent à faire, il semble que certaines modifications de détail pourraient l'améliorer notablement.
- Mais nous nous bornerons ici à étudier l’emploi du stéréomètre à tiges. .
- Dans l’appareil construit par Michotte, un chariot portant un cadre sur lequel sont tendus deux fils verticaux distants latéralement de 2 cm. coulisse sur un socle de bois de 50 cm. de long. A mi-course, deux fils verticaux également distants de 2 cm. sont soli-
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- claires du socle. Chaque couple de fils détermine un plan perpen^ diculaire à l’axe longitudinal de l’appareil. Par translation du chariot, on peut amener les 2 plans à coïncider, les 4 fils sont alors équidistants latéralement de 1 cm. L écart entre les 2 plans se lit sur une échelle millimétrique. Les iils sont noirs mats et ont un diamètre d’environ 3/4 de mm., ils se détachent sur un fond lumineux. Seule la partie médiane des Iils est visible par une fenêtre de 3 cm. de haut sur 12 de large pratiquée dans un panneau qui, fixé à l’avant, masque tout le reste du dispositif. A l’aide d’une longue corde dont les extrémités sont attachées 1 une à l'avant, l’autre à l’arrière du chariot et par le jeu d’une poulie, le sujet peut à distance (4 à 6 m.) provoquer le déplacement, des fils mobiles.
- On se sert de ce dispositif en employant la méthode de 1 eneui moyenne. Les fils mobiles étant à 1 une ou à 1 autre extrémité de l’appareil on demande au sujet de les amener dans le plan des fils fixes. On fait faire ainsi une vingtaine d’essais, quelquefois 10, quelquefois^ (?) et on calcule la moyenne des erreurs lues sur ^ l’échelle millimétrique.
- Il faut le dire, une épreuve de ce genre a bien peu de valeur. On sait tous les inconvénients de la méthode de 1 erreur moyenne, qui la' font rejeter par les psychophysiciens. Dans le cas particulier qui nous occupe ces inconvénients sont particulièrement
- accentués.
- Le fait que le sujet ait à déplacer le chariot l'oblige à partager son efficience entre une activité motrice et une activité sensorielle aux dépens de cette dernière. A acuité stéréoscopique égale, deux sujets pourront donner des résultats différents si 1 un est déficient au point de vue moteur et incapable de mesurer ses gestes avec la délicatesse nécessaire. L’intelligence pratique est aussi à considérer et participe dans une large mesure non négligeable. Ainsi beaucoup de sujets, les enfants en particulier, impriment au chariot quelques mouvements de va et vient, puis arrêtent les fils mobiles dès qu’ils leur semblent sur le plan des fils fixes. Dans ce cas les résultats sont groupés sur le bord de la'marge d’indistinction qui entoure le O de l’appareil, ^marge qui est égale au double du seuil. Et selon que le geste final a été de grande ou de faible amplitude l'arrêt se produit, à l’intérieur de la marge, plus ou moins près du O. Des sujets plus méthodiques repèrent les limites de cette marge d’incertitude, points pour lesquels ils commencent à percevoir les fils mobiles en avant ou en arrière des fils fixes, puis, d’un geste bien mesuré ils tentent d’arrêter le chariot au centre de cette marge ; s’ils sont habiles ils peuvent grouper leurs déterminations très près du O ; (ce
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- procédé dit « du balancement » est recommandé aux télémétristes pour améliorer la précision de leurs pointés).
- On. voit par ces quelques indications que le résultat final dépend de bien autre chose que de l'acuité stéréoscopique.
- D’autres défauts seraient à signaler. En voici un encore qui est important. Très généralement, on observe une dissymétrie dans lé seuil différentiel, l’écart au-dessus et l’écart au-dessous du niveau de référence n’étant pas perçu avec la même facilité, il y a décalage du O subjectif dans un sens ou dans l’autre. Ainsi si un sujet, arrête son chariot toujours du même côté des fils fixes on n’aura que la moitié des mesures nécessaires pour évaluer le seuil.. Si on passe outre — ce qui n’est que trop courant — on risque d’obtenir une valeur très éloignée de la valeur réelle car le décalage est souvent notable.
- Il y aurait bien d’autres remarques à faire sur les mauvaises conditions physiologiques de l’épreuve, sur l’élaboration mathématique du résultat, mais il y a assez d’arguments accumulés pour que la preuve soit faite de rechercher une autre technique d’emploi du stéréomètre.
- La méthode constante (méthode des cas vrais ou faux) est la plus appréciée des p sy ch op h y sîoièns, l'idéal serait de {pouvoir l’utiliser; malheureusement on dispose rarement (surtout dans les services d’O. P.) du temps nécessaire à l’application de cette méthode.
- Mais en Sélection professionnelle et plus encore en Orientation professionnelle, il s’agit bien moins de mesurer le seuil avec précision que de situer les possibilités du sujet avec assez de sécurité dans une marge définie. Pour cela il faut éliminer les inconvénients de la méthode de l’erreur moyenne.
- On sait que l’acuité stéréoscopique s’exprime par la différence entre les angles sous lesquels chaque œil voit la droite joignant les 2 points dont la différence de profondeur est juste perceptible.
- Si a est la distance interpupillaire du sujet examiné, d la distance du point (ou du fil) de référence au sujet, et x la différence de profondeur juste perceptible, l’acuité stéréoscopique.
- p a a ax _________ad!**
- J d— x d (d — x) d dl
- (a; étant minime par rapportât) soit en secondes: 200.000-^-
- a
- L’acuité normale est. voisine de 10 secondes. Avec une échelle composée des 4 repères suivants : 5, 15, 35 et 75 secondes ij est possible d’opérer une différenciation suffisante entre les sujets.
- Le sujet en examen aura pour seule tâche d’observer les fils et de juger leur position relative. C’est l'opérateur qui présentera
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- des écarts correspondants aux valeurs angulaires indiquées ci-dessus.
- L’appareil de Michotte pourra être avantageusement modifie. Au lieu de 4 on n’utilisera que 3 fils, le fil du milieu étant mobile. Ainsi il sera plus facile de faire 'comprendre la consigne aux enfants (juger la position de celui du milieu par rapport aux autres). Les fils à coudre peuvent être remplacés sans inconvénient par des fils de fer plus gros qui ont l’avantage d’être moins fatigants à observer.
- L’éclairage artificiel du fond est préférable mais on veillera à ce qu’il ne soit pas éblouissant.
- Le sujet devra avoir la tête totalement immobile, appuyée sur une mentonnière, les yeux exactement à la hauteur de la fenêtre de l'appareil (cette fenêtre étant munie d’un volel permettant l'obturation pendant le réglage par l’opérateur). On a intérêt à mettre la plus grande distance possible entre le sujet el l’appareil (4, 5 ou 6 m.).
- Voici des caractéristiques numériques utiles. :
- § jë U B - .22 ’5* S * . U O Æ .SP CÆ © ~<D NJ g * ~ S ÉQUIVALENCE MÉTRIQUE DE L’ÉCIIELLE ANGULAIRE (pour une distance inlerpupillaire de 64mm)
- Pc une d du < à l’appa CS Q -§ « s .SP P ~ <D 75” 35” 15” 5" 0 5” 15” 35” 75”
- 4_ mètres, 1,6 111,11 1g mm 91111111 43111111 18111 ni g mm 0 g mm 13 nim 43111111 91 mn)
- 5 mètres. 2,0 - 20 — 142 - 06 — 29 — 10 — 0 10 — 29 - 66 — 142 -
- à mètres. 2,4 - 24 - 205 - 96 - 41 - 14 - 0 14 - 41 - 96 - 205 -
- On présentera chaque écart en avant, et en arrière un .certain nombre de fois (8, 12 selon le temps dont on disposera. On notera sur une fiche préparée à l’avance les réponses du sujet devant (—), derrière ( + ) au même niveau ( = ).
- Avec un peu d’habileté l’épreuve peut être assez courte.
- Présenter l’écart positif maximum. « Vous voyez ici 3 fils noirs, regardez-les attentivement, le fil du milieu est en arrière des deux autres. Le voyez-vous en arrière ? » Obturation. Présenter l’écart négatif maximum. «Maintenant le fil du milieu est en avant des deux autres. Le voyez-vous en avant ? » Obturation.
- Pour les sujets qui disent ne pas voir, recommencer 2 ou 3 fois la présentation. S’il n’y a aucune amélioration arrêter là l’épreuve. Pour les autres :
- « Vous observerez bien ces 3 fils quand je vous les montrerai
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- et vous me direz à chaque fois si le fil du milieu est devant les 2 autres, derrière ou au même niveau ».
- « Regardez » — Présenter + 35”. « Ici le fil du milieu est ? » « Et ici ? » Présenter — 35”.
- On présente ainsi 2 fois 35”, si les réponses sont correctes aller à 15”, si elles sont incorrectes aller à 75”.
- Après 6 ou 7 présentations on a repéré la zone du seuil et le sujet est suffisamment familiarisé avec la tâche.
- L’épreuve véritable commence.
- Aucun ordre immuable ne peut être établi pour les présentations, puisque selon les sujets la marge est plus ou moins grande.
- •Il est seulement nécessaire que les sujets aient l’impression d’une succession au hasard des différents écarts.
- Voici un exemple de fiche d’examen :
- Nom Prénom Acuité monoculaire OG : 1 OD: 1 Istignialismc : Néant
- 75 35 15 5 0 5 15 35 75
- — = = = + +
- — — — z= G- 4-
- —, — = — — 4- i*
- — = -= - + + 4
- — — = = = + X*
- — — Và”L = -4-
- — — =F= = -+ + -4 -
- —; =: z=z — . 4r
- 8 3 0 0 2 8
- On peut sans calcul se faire déjà une idée de l’acuité du sujet,
- il perçoit nettement — un écart positif de 75” 8 et un écart négatif
- de 35”.
- Si on veut une approximation du seuil (50% de réponses correctes) on procède par interpolation linéaire. Pour l’exemple présent, on a :
- Seuil pour l’écart négatif : 15” + Seuil pour l’écart positif : 35” -f-
- (35”-15”) (4-3) ...
- (8-3) ~
- (75” — 35”) (4 —*2)
- (8 — 2) ~
- c -, 48”+19”
- Seuil moyen : —-------=34
- Lorsque dans une même colonne on trouve à la fois des réponses — et des réponses + on totalise les réponses correctes en considérant (arbitrairement) qu’une réponse et une réponse +
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- données pour une même valeur d’écart s’annulent et équivalent à deux réponses =.
- Il est évident qu’avec 8 présentations de chaque écart nous ne pouvons pas espérer tirer du résultat autre chose qu’un ordre de grandeur. Souvenons-nous que la précision croît avec'l/" n et que si n — 8 chacune de nos valeurs est entourée d’une large marge <Tincertitude. Mais ceci tient aux circonstances regrettables qui obligent souvent l’orienteur à expédier en toute hâte ses examens psychotechniques, il suffirait de multiplier les présentations pour atteindre une précision satisfaisante.
- Cependant, même appliquée rapidement la technique proposée a l’avantage d'éliminer autant qu’il est possible toutes les causes d’erreurs qui dans la méthode de l’erreur moyenne venaient vicier les résultats et leur enlever toute signification et j! serait très souhaitable qu’elle lui soit préférée... au mépris de la tradition.
- MESURE PRATIQUE DE LA VISION EN PROFONDEUR
- par
- M. P. HENRI
- L’appréciation des distances en profondeur est le plus souvent examinée au moyen do l’appareil de Michotle. La Pratique des expériences révèle que ce dispositif présente certains inconvénients qu’il convient de préciser :
- Les sujets ont la possibilité de provoquer à leur gré Je déplacement. du cadre mobile au moyen d’une longue corde jusqu’à ce que les fils leur paraissent dans le même plan. Ces conditions expérimentales particulières leur laissant une certaine liberté d’action, peuvent donner lieu aux critiques suivantes :
- 1° Les sujets, en faisant glisser le cadre d’avant en arrière/ont la possibilité de faire jouer des éléments de comparaison alors que cette méthode se révèle absolument impossible à appliquer dans la pratique, l’individu devant déterminer la position de deux objets sans qu'il lui^soit possible d’évaluer par tâtonnement la position de l’un par rapport à l’autre.
- 2° Les sujets disposent de tout le temps voulu pour arriver successivement à une précision suffisante alors que la pratique des métiers dans lesquels une bonne vision en profondeur est nécessaire nous indique que l’individu doit généralement évaluer très rapidement certaines distances.
- 3° La précision dés gestes du sujet,-la méthode quj intervient
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- dans les choix des positions successives du chariot peuvent voiler les résultats obtenus.
- 11 était donc souhaitable d’apporter une amélioration dans l’évaluation de cette mesure de manière à éliminer ces diverses causes d’erreurs. Les constatations précédentes ont servi de base de départ à la construction par Pierre Henri, Conseiller d’Orientation Professionnelle au Centre départemental d’Orientation Professionnelle obligatoire de la Sarthe, d’un nouvel appareil de mesure qui présente les caractéristiques suivantes :
- Un fil noir fixe est tendu verticalement au milieu de l’appareil.
- Un chariot porte un cadre dans lequel sont tendus dans le meme sens deux autres fils de même couleur et de même diamètre. Ce chariot est entraîné'régulièrement, à une vitesse réduite d’une extrémité à l’autre de son chemin de roulement par un moteur électrique. Les changements de sens s’effectuent automatiquement. Un débrayage et un freinage électriques assurent l’arrêt absolument instantané du chariot lorsque l’on serre les deux branches d'une presselle de réaction. Dès que F on relâche l’action sur la presselle, le chariot reprend sa course.
- Un index rivé au chariot se déplace devant une échelle millimétrique et permet d’évaluer les erreurs en millimètres.
- Pour éviter tout éblouissement, l’appareil est enfermé dans une boite dont l’intérieur est peint en noir mat. Les trois fils se détachent sur un fond blanc en verre dépoli faiblement éclairé par une lampe de manière à obtenir une luminosité égale et douce.
- Les fils sont visibles par une fenêtre pratiquée dans le panneau avant du dispositif, la règle graduée par une fenêtre latérale.
- Le-sujet est assis sur un tabouret à une distance de cinq mètres de l’appareil face à la fenêtre. Sa tête doit, être immobile. Il tient à la main la presselle. On lui demande d’arrêter le chariot lorsque îes trois fils lui paraissent dans le même plan en appuyant sur la presselle, ce qui permet à F investigateur de noter la position de Findex sur la règle graduée. Le sujet, est. ensuite invité à relâcher la presselle pour libérer le chariot qui reprend son mouvement.
- Plusieurs essais préliminaires facilitent l’adaptation du sujet. ^ Au début de l’expérience, le cadre se trouve toujours à l’extre-mité arrière de l’appareil.
- Au cours de l’expérience, le chariot se déplace sept fois d’une extrémité à l’autre de son chemin'de roulement; les trois fils se trouvent donc quatorze fois dans le même plan.
- Les conditions expérimentales étant absolument les mêmes pour tous les sujets, il est possible de construire des courbes de vision en profondeur.
- La durée de l’expérience est. d’environ douze minutes.
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- Cet appareil offre l’avantage de restreindre la liberté d’action personnelle du sujet dont nous avons signalé plus haut les inconvénients. Ceux-ci n’ont plus la possibilité de faire aller et venir le chariot comme il leur plait. et ne .peuvent, par conséquent déterminer par tâtonnements la meilleure position des fils.
- D’autre part, la méthode utilisée, la précision des gestes qui intervenaient dans la mesure de la vision en profondeur au moyen de l’appareil de Michotte ne sont plus à redouter.
- Enfin, le cadre se déplaçant à une vitesse constante, le sujet doit faire preuve d’une certaine rapidité de jugement et de décision dans l’arrêt du chariot : s’il hésite trop longtemps, le cadre dépasse la position convenable.
- Cet appareil a été construit pour des fins pratiques, directement utilisables ; c'est pourquoi le constructeur a pensé que les conditions de l’expérience devaient se rapprocher autant que possible de celles qui interviennent généralement dans la vie professionnelle.
- L’appareil va être étudié sur un certain nombre d’ouvriers des corps de métiers intéressés : conducteurs de camions, de ponts roulants, etc... et les données théoriques comparées avec les résultats pratiques des sujets examinés.
- Dans sa séance du !) mai l’appareil a été présenté à la Commission psychotechnique du Centre départemental d’Orienlat.ion Professionnelle obligatoire de la Sartlie (pii a manifesté son intérêt en ce qui concerne son fonctionnement et particulièrement son application immédiate dans la pratique ; après en avoir relevé et noté les caractéristiques. • (1).
- (1) Note de la Revue. — Nous avons cru intéressant de faire connaître, à la suite l’une de l’autre, deux méthodes permettant d’apprécier la vision en profondeur. Mais l’appareil construit par P. Henri qui est susceptible de rendre de grands services ne mesure pas exactement ce que mesure l’appareil de
- Michotte.
- L’auteur dit «Enfin, le cadre se déplaçant à une vitesse constante, le sujet doit faire preuve d’une certaine rapidité de jugement et de décision dans l’arrêt du chariot; s’il hésite trop longtemps, le cadre dépasse xa position
- convenable ». Cette remarque parfaitement exacte, marque clairement quelle signification il faudra donner aux résultats.
- Le dispositif et la technique ne sont pas conçus pour la mesure d’un seuil à 1’ « état brut » mais pour celle de l’efficience dans une tâche relativement complexe, efficience qui dépend de cette acuité stéréoscopique brute mais aussi de facteurs de tempéraments (tempo) et caractériels (rapidité en décision) entre autres.
- La mesure de l’acuité stéréoscopique avec élimination au maximum de tout facteur perturbateur sera donc faite avec le stéréomètre de Michotte et selon
- la méthode des cas vrais ou faux (Année psychologique 1941-42). Mais vu
- l’anamgie de l’épreuve imaginée par P. Henri avec de nombreuses situations professionnelles il est probable que les résultats obtenus seront intéressants. Et pour divers métiers il est certain que cette épreuve est' à préférer à l’épreuve classique de mesure de seuil.
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- NOTES ET DOCUMENTS
- Vitesse et précision dans l’apprentissage
- Il y a naturellement un certain antagonisme entre la précision des mouvements, et la rapidité avec laquelle on cherche ù les exécuter. Vaut-il mieux, au cours de l’apprcntiss.age recommander plutôt la vitesse ou au. contraire la précision.
- Une intéressante recherche a été faite à cet égard par Ruth Euter-line Fulton (1).
- Pour un mouvement de frappe au centre d’une cible, ou de traçage au miroir, soixante étudiants, ont été divisés eu deux groupes, l’un devant s’efforcer avant tout d’accroître la vitesse d’exécution, l’autre de réaliser la plus grande précision possible, au cours de l’apprentissage.
- Les progrès furent notés, tant pour Ig vitesse que pour la précision, et des corrélations négatives furent initialement observées (de l’ordre de 0,50 à 0,70) entre ces deux catégories de performances.
- Dans, l’épreuve de visée, le progrès de la vitesse est beaucoup plus grand dans le groupe qui a la consigne de la vitesse, et la supériorité continue assez longtemps au cours, d’épreuves où on ne donne plus de consigne. Mais, dans l’épreuve de traçage, si le progrès de la vitesse est bien moindre aussi dans le groupe qui recherche Ig précision, il y a, lorsque cesse la consigne, un progrès brus--que qui égalise presque les deux groupes.
- En ce qui concerne la précision, elle est moindr.e initialement comme il est normal, dans le groupe recherchant la vitesse, mais les performances, se rapprochent beaucoup quand on fait intervenir, la consigne de rechercher à la fois vitesse et précision. ,
- En somme, il existerait une capacité virtuelle, acquise au cours de l’apprentissage, d’effectuer des mouvements plus rapides quand on a surveillé uniquement la précision, ou d’effectuer des mouvements plus précis quand on a surveillé uniquement la vitesse.
- Mais ce travail ne permet pas de donner une réponse définitive à la question de la meilleure modalité, d’apprentissage, même sans tenir compte des différences éventuelles de valeur respective, au cours du travail, de la précision et de la vitesse.
- H„ P.,
- r *
- * *
- Un cas de plus de jumeaux élevés séparément
- Les précieuses observations, de jumeaux vrais séparés, dès la naissance doivent être soigneusement recueillies. Elles ont une valeur capitale pour la détermination de la marge réelle d’influence du milieu sur les caractéristiques mentales.
- Malheureusement les différences de milieu, sont généralement assez faibles. C’est encore le cas des jumeaux étudiés par Stephen et
- (l) R.-E. Fulton. Speed and accuracy in learning movements. « Archives of Psychology », n° 300, 1945.
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- Thomson (1) adoptés à la. naissance par deux familles différentes, en raison de la situation misérable des parents, à Sait Lake City.
- Il s’agissait bien de monozygotes, à empreintes palmaires presque identiques, qui ne. se retrouvèrent qu’à 18 ans, apprenant alors l’existence de leur père véritable.
- L’un continua à vivre dans sa ville natale, à côté d’une fillette également adoptée par le jeune ménage dont le mari était agent commercial, l’autre fut élevé, à New-York, et traité en fils unique, le père adoptif se trouvant dans le journalisme. Ils allèrent l’un et l’autre à la High School, mais n’entrèrent pas au Collège. Ils furent examinés, à l’Université d’Utah.
- Lés quotients, intellectuels avec deux échelles (Otis et Hammon-Nelson) ont été de 104 et 101 pou.r l.’u.n, 97 et 98 pour l’autre, avec similitude presque absolue pour les réussites et les é<vhecs aux diverses questions.
- Tous les deux se montrent faibles dans l.es épreuves mathématiques ou de signification verbale.
- Au test de personnalité de Downey, les profils furent entièrement superposables, mais, au test de Californie, si des différences ne se manifestent que pour '20 questions, sur. 180, ces. différences furent très marquées en ce qui concerne les. attitudes scolaires et les tendances antisociales, manifestes seulement chez l’un.
- C’est de ce côté que l’influence du milieu s’est manifestée, ainsi que le goût, plus marqué chez l’un pour la. musique, chez l’autre pour le dessin.
- En revanche, bien musclés et sportifs l’un et l’au.tre, ils furent tous deux passionnés pour la boxe, et emportèrent également des championnats.
- .Les différence éducatives furent évidemment minimes, le niveau social analogue. Mais le fait, de se trouver pour l’un dans la grande ville de l’Est, pour l’autre dans une ville bien moins importante de l’Ouest des. Etats-Unis a influencé les attitudes sociales, s.ans modifier la personnalité profonde, ni le niveau, intellectuel moyen des deux jumeaux. jj p
- i * 1
- * *
- Technique P. F.
- pour le dépistage des enfants anormaux
- Nous avons mis au point et employons depuis janvier 1944, dans le Service officiel de dépistage des enfants anormaux de la Seine, une technique qui nous a permis de sélectionner parmi plus de 70.000 enfants, ceux relevant des classes de perfectionnement.
- Le travail comporte trois groupes d’opérations :
- 1° Une pré-sélection portant sur tous les enfants inscrits à Té.cole ;
- 2° L’examen proprement dit ;
- 3° L’établissement de dossiers individuels, et le compte rendu au personnel enseignant.
- (1) F.-E. Stephen et R.-B. Thompson. The case of Mihan and George, identical twins reared apart. « Journal of Heredity » XXXIV, 1943, p. 109-114.
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- — 107 —
- I. — Pré-Séi.ection.
- a) Etablissement d’un état collectif dans chaque classe des enfants qui présentent un décalage scolaire d’un an et plus au cours préparatoire et de deux ans et plus aux cours, élémentaires et moyens.
- Au cas où l’état revient avec la mention « néant » par suite de l’accession systématique de chaque enfant à la classe supérieure sans qu’il soit tenu compte de ses. impossibilités, les. investigations portent sur le dernier fiers de la classe.
- b) Envoi d’une feuille de renseignements individuelle qui sera remplie par le maître de la classe.
- • c) Examen des feuilles de renseignements, individuelles et établissement de la liste des enfants à examiner avec mention des épreuves que chacun d’entre eux devra subir.
- II. — Examen proprement dit.
- a) Examens collectifs de base.
- 1° Feuille de dessins de Prudhommeau.
- 2° Epreuve de dictée .
- 3° Feuille d’opérations..
- 4° Feuille de problèmes...
- Ces examens ont lieu dans l’ordre indiqué, mais ne sont pas subis indistinctement par fous les élèves.
- Chacune des épreuves fait l’objet d’interprétalions et de cotations. L’ensemble permet d’apprécier, outre le niveau scolaire, le caractère et le niveau intellectuel de chacun des élèves.
- L’examen collectif de 50 élèves ou plus peut être réalisé, en moins de deux heures par un dépisteur a.idé, d’un ou deux surveillants qui procèdent à la distribution et au. ramassage des feuilles.
- D’autres épreuves collectiveSj mises au. point par M. Pru.dhom-meau, peuvent, le cas échéant, être utilisées pour contre^épreuve : rédaction d’après, image, comptage et additions d’après • tableau, points à joindre, cases à noircir, dessins sur quadrillage.
- b) Epreuve individuelle.
- Feuille de lecture et de comptage.
- III. — Etablissement des dossiers et compte rendu au personnel enseignant.
- Les renseignements recueillis sur. chaque élève permettent de dom ner sur le champ à l’instituteur des. indications d’ordre pédagogique et psychologique.
- L’étude approfondie de chacun des cas, complétée s’il y a lieu par des examents de laboratoire, permet d’établir :
- a) L’orientation de chaque enfant vers le milieu pédagogique qui. lui convient ;
- b) La nature de l’action pédagogique à exercer.
- M. Prudhommeau, J. Fresneau,
- Professeurs cl'enfants arriérés, chargés du Service de dépistage clés enfants anormaux de la Seine.
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- CHRONIQUE DOCIMOLOGIQUE
- Nous extrayons de la dernière année psychologique (tome 41-42), cett'e analyse de Mm® Camille Nony.
- H. Alec Evans. — The secondant school careers of childi'en not recommanded bij heads of their elementanj schools (Comment réussissent au lycée les enfants non recommandés par leurs directeurs d’école primaire). — Br. J. of Ed. Ps., X, 2, 1940, p. 154-170.
- Il s’agit des enfants ayant réussi au Concours des bourses malgré l’avis défavorable porté sur eux par le directeur de leur école primaire. 11 y a en effet un accord frappant entre les réussites et l’opinion du directeur : pour les enfants « recommandés » par celui-ci, la proportion de réussites est de 78,2 %, contre 31,5 % pour les non recommandés. Il est donc intéressant de suivre la carrière scolaire de ces derniers , afin de savoir qui a porté le jugement le plus exact sur l’intelligence de l’enfant et son avenir, le directeur d’école ou le verdict du concours, et par la suite conformer à cette conclusion le principe des admissions. Le Prof. Valentine estime en effet que la carrière scolaire ultérieure des enfants admis malgré l’avis de leur directeur suggère que un tiers de ceux-ci devraient être rejetés et remplacés par un tiers des refusés recommandés.
- Cette enquête porte sur 21 écoles secondaires et 1.273 enfants du deuxième groupe (non recommandés) contre 5.706 du premier. Si les directeurs ont eu absolument raison, on doit trouver les enfants du deuxième groupe en queue de tous les examens ultérieurs, et en effet leur groupe tombe en moyenne au-dessous du premier groupe à la fin de la première année d’école secondaire. Néanmoins environ un tiers du groupe des non-recommandés se place au-dessus de la moyenne des enfants admis en même temps, recommandés et non-recommandés confondus. Ce résultat se maintient encore à la fin de la quatrième année. De plus on constate une tçndance pour les non-recommandés à s’améliorer par rapport à leur concours d’entrée, et à dépasser, à la fin de la première année de lycée, les enfants recommandés qui avaient obtenu approximativement la même note qu’eux dans le concours d’entrée. Parmi les cas frontière qui avaient été admis tout juste, environ 25 % se classaient, à la fin de la première année, au-dessus de la moyenne du groupe total. Là conclusion est que, quelle que soit en gros la valeur de l’opinion du directeur primaire, elle est inapplicable à certains élèves qui se développent ensuite d’une façon qui n’avait pas été prévue, ni par les directeurs ni par les concours d’entrée. .Ce fait suggère que l’âge auquel a lieu le concours, onze ans, est trop prématuré pour un certain nombre d’enfants, et qu’il serait juste de laisser à ceux-ci la porte ouverte à un stade ultérieur de leur développement. — Camille Nony.
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- A TRAVERS LES REVUES
- Dans le Journal of Applied Psychologij, nous relevons quelques^ uns. des articles publiés après l’interruption, des relations. :
- Volume XXIV (1940), n03 3 à 5.
- A. ^P. Johnson. — Etude des critères utilisés par une compagnie pour la sélection de gradués de collège.
- Margaret Seder. — Intérêts professionnels, des femmes employées dans une profession.
- D. -D. Feder et J.-S.. Kounin. — Problèmes de motivation dans le conseil donné aux étudiants.
- R.-M. Stogdill. — Une interview-test pour enfants délinquants.
- M. L. Blum. — Contribution à la mesure de l'aptitude manu.elle dans l'industrie.
- J.-E. Crawford. — Test pour la visualisation structurale à trois dimensions.
- R. Berdie. — Le champ de la psychologie appliquée.
- A « -F. Dodge. — Quels sont les traits de personnalité, du travailleur de bureau qui. réussit.,
- R. B. Stevens. — Attitude des étudiants de collège vis-à-vis des professions féminines.
- Volume XXV (1941), n°s 2 à 6 :
- C. R. Adams. — Une nouvelle mesure de la personnalité.
- B. Gross et R. H. Seashore. — Caractéristiques psychologiques des étudiants en composition musicale et des compositeurs.
- I. Lorge et E. L. Thorndike. — Valeur des réponses dans un test de complètement et dans un test d’associajion libre pour l’indication des traits de personnalité.
- E. N. Brush. — Habileté mécanique comme facteur d’aptitude des ingénieurs.
- Bl. Crider. — Constance et validité de deux graphologues (corrélation avec les tests pour des traits mesurés de 0,146 et 0,268, corrélation avec lui-même de 0,175 chez un d’eux, de 0,818 chez l’autre).
- W. C. Middleton. — Habileté de sujets non entraînés à juo-er de l’intelligence et de l’âge d’après l’écriture.
- T. M. Livesay. —, Relation de l’intelligence testée chez des étudiants de Hawaï avec la profession de leur père.
- R. C. Crosby et A. L. Winsor. — Validité de l’estimation par les étudiants de leurs intérêts.
- J. C. Heston et Ch. F. Cannell. — Relation entre l’âge et la performance à quatre tests psychométriques chez les adultes.
- A. L. Benton. — Etude de la performance d’adultes jeunes au test de Kohs.
- E. F. Peters. — Facteurs qui contribuent au choix professionnel de la jeunesse. m
- J. H. L. Roach. — Etude expérimentale de la suggestibilité chez des introvertis et des extrovertis.
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- E. Ewart, S. E. Seashore et J. Tiffin. — Analyse factorielle d’une échelle de mérite industrielle.
- D. E. Super et Sylvia Roper. — Technique objective pour tester les intérêts professionnels.
- G. A. Wallar. — Une aide pratique pour l’orientation professionnelle.
- E. Weitzman. — Note sur un test de compétence sociale.
- D. G. Humm et G. W. Wadsworth. — Emploi de l’échelle de tempérament Humm-Wadsworlh.
- T. M. Livesay. —1 Intelligence testée et profession future chez les étudiants de Hawaï.
- K. S. Yum. — Habiletés mentales primaires et réussites scolaires à l’Université de Chicago.
- Dans la collection des dernières années de /’syclwlogical Bulletin, où les problèmes de guerre ont occupé, dans chaque numéro, une place importante, et même exclusive dans certains, nous relèverons particulièrement •:
- Au cours du symposium consacré en septembre 1944 aux questions soulevées par la fin de la guerre, l’étude de Carroll L. Shartle sur le « counseling » professionnel des démobilisés, avec emploi des tels d’aptitude particulièrement étudiés par les services de psychologie militaire, et tentative de groupements professionnels (pour les 30.000 occupations distinguées) (n° de décembre 1944, t. 41, 10) ; au Congrès annuel de la Commission de Sélection et Formation des pilotes d’aviation de juin 1945, le rapport de Morris S. Viteles sur cinq années de recherches, dans 39 centres universitaires, avec 140 références bibliographiques (n° d’octobre 1945, tome 42, 8) ;
- la revue générale consacrée par Ralph F. Berdie aux facteurs en relation avec les intérêts professionnels, à l’influence du sexe, de l’âge, de l’habileté, des actions familiales et scolaires, de l’expérience du travail, et de la personnalité en général, revue fondée sur 62 articles et livres (n° de mars 1944, t. 41, n° 3).
- Le British Journal of Psycliology, dans son numéro de mai 1946 (XXXVI, 3) publie un article posthume du regretté Spearman, fournissant une mise au point magistrale de sa théorie du facteur général, dont l’existence paraît bien décidément démontrée et dont est tentée une interprétation expérimentale.
- Dans le même fascicule un nouvel article de R. R. Cattc.il sur la structure de la personnalité et sa mesure envisage la détermination et l’utilité de ce qu’il appelle « trait modality », et une étude de Himmelweit est consacrée à la relation avec le tempérament de la vitesse et de la précision dans le travail (le type hystérique tendant à une prédominance de la vitesse, le type dysthymique à celle de la précision).
- Le n° 4 du tome VIT de la Biolgpologie, qui dirait paraître en décembre 1939 est sorti avec six années de retard. II comprend des articles du regretté Ichok sur la taille des conscrits dans les régions urbaines et rurales, du Dr Benaiges sur la croissance des écoliers
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- toulousains et la suggestive étude de Covaicu et D. Weimberg relative à des corrélations entre caractères physiques d’où ressort que la pression artérielle est .essentiellement fonction du poids corporel (avec relation suivant une courbe en S).
- Le n° 121 des Archives de Psychologie, qui vient de paraître, contient une importante étude de Richard Meili sur l’analyse de l’intelligence, d’où ressort la conclusion que si l’on ne peut actuellement fonder un diagnostic individuel d’aptitudes intellectuelles sur les données de l’analyse factorielle, l’utilisation des résultats permettra une définition scientifique des aptitudes. « Seules les définitions en termes de facteurs donneront .aux monographies des professions la valeur scientifique qui leur fait défaut actuellement », déclare M. Richard Meili.
- Dans l’American Journal oj Psychiatry (T. 102, 1945, p. 174) une analyse factorielle de 15 tests cliniques de mémoire appliqués à 60 névrosés, dans un hôpital militaire, avec un test d’intelligence, a montré à Eysenck et Halstead que ces tests étaient beaucoup plutôt des épreuves d’intelligence que de mémoire (ayant avec le test d’intelligence des corrélations de 0,63 à 0,96, et ne comportant, pour rendre compte de la variance, au taux de 74 %, que le facteur g).
- Dans le Journal de Médecine de Lyon (n° 628, 1946, p. 201), MM. Péhu et Thévenin ont envisagé la méthode des tests et l’examen mental des enfants.
- Le Bulletin n° 817 (1945) du Bureau of Labor Satistics de Washington a donné un ensemble d’informations destinées aux conseillers d’O. P.
- Le Journal of Educational Research de mars 1946 (p. 506-516) contient une étude de Stephen J. Knezevich sur la constance du O. I. chez des élèves d’écoles secondaires, d’après des examens répétés à deux ans d’intervalle chez 113 élèves du Wisconsin avec le test de Henmon-Nelson (moyennes de 104 et 106,4, corrélation de 0,70 ; identité dans 7,8 % des cas, changements inférieurs à cinq points dans environ la moitié des cas, différence maxima observée de 32 no • 1 en plus et de 15 en moins).
- Dans le Journal of educational Psychology de mars 1946 (T. 37 signalons une étude de W. W. Turnbull sur une méthode graph n normalisée pour l’analyse des « items » (ou questions des tests) et une autre de .1. R. Witterborn sur les corrélatifs de la « handed-ness » (ou prédominance manuelle,' droiterie ou gaucherie).
- Dans le Journal of applied Psychology (30 avril 1946) Harriet Foster compare les tests de vision chromatique d’Tshihara avec les 48 planches de PAmerican Optical Company sur 200 sujets, trouvant
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- des résultats sensiblement identiques, tandis que les tests de Millon B. Jensen échouent dans plusieurs cas à déceler des achromatop-sies ; P. L. Mellenbruch décrit le test de Miami-Oxford, comprenant une série de six blocs de couleurs différentes, divisés par des sections plus ou moins irrégulières en trois à douze morceaux, et qui doivent être réajustés, avec mesure des temps.
- INFORMATIONS
- A la séance du 2 juillet de la Section industrielle de la British Psychological Society, le Dr P..-E. Vernon a examiné la validité des méthodes de sélection utilisées, en Angleterre dans l’Armée et dans la Marine.
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- L’Association France-U.R. S. S. publie un Bulletin trimestriel d’informations dont le n° 1 a paru, au premier trimestre 1946. Une série de Commissions se chargent d’assurer les informations générales bibliographiques sur l’U.R. S.S. La Commission de pédagogie est présidée par le professeur H. Wallon et comprend M1Ie Marchand,
- M. Fresneau, M. Wei.ler et., comme secrétaire, Mrae Roubakine.
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- Par décret du 13 juin 1946 (./. O. du. 15 juin) il est créé à l’Université. de Montpellier, avec la collaboration de l’Union régionale (Association pour lu sauvegarde de l’Enfance et de l’Adolescence dans, la région de Montpellier) un « Institut de psychopédagogie médico-sociale de l’Université de Montpellier », Institut d’Univer-sité relevant des Facultés de droit, des lettres et de médecine, et dont l’objet est de « répandre et perfectionner les connaissances relatives à l’éducation des enfants, inadaptés et à l’orientation humaine, à leurs méthodes et leurs applications ». C’est à la fois un centre de recherches et d’enseignement, délivrant un diplôme après deux ans d’études, réussité à trois, examens sur les cinq prévus (forma-lion générale, pédagogie spéciale, biométrie et psychotechnie, psychologie appliquée, sociologie et connaissance du. milieu.) compre- j liant obligatoirement le premier, et enfin, présenta.tion d’un travail personnel écrit.
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- Il a été créé le 14 août 1945 un centre national d’informations économiques en. France pour remplacer l’ancien centre d’informations professionnelles supprimé.
- i *
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- Il vient de paraître le premier numéro d’une Revue des Associations régionales pour la sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence, sou.s le titre de Sauvegarde (21, avenue de l’Opéra). Le Comité de rédaction est présidé par le Dr Le Guillant.
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- Par arrêté en date du 8 mai 1946, l’Université d’Alger, est autorisée à délivrer un diplôme de médecine et physiologie aeronautiques, accessible aux étudiants et docteurs en médecine. Le programme et les conditions d’examen sont indiqués.
- • *
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- L’Association générale des. Orienteurs de France a organisé, à Paris, les 4 et 5 juillet 1946, des « journées d’cludes ». Les questions suivantes y ont été traitées*:
- 1° Présidence de Mlle Hardouin, Directrice du Service social de la Caisse de compensation de la Région Parisienne, L'Aspect Social de l'O. P., par M1Ie Courthial, chef du Service d’O. P. de la Caisse de Compensation de la Région Parisienne.
- 2° Présidence de M. David, Inspecteur général de l’Instruction primaire, administrateur de l’Enseignement primaire de la Seine, Evolution des rapports entre l'Ecole et l'O. P., par M.. Brisson, Directeur du Centre d’O. P. de Belfort.
- 3° Présidence de M. Larcher, Inspecteur général honoraire des Services d’orientation professionnelle au. Ministère de l’Education Nationale.
- Nouvelles méthodes psychotechniques appliquées à l'O. P., par M. Toutain, directeur du Centre d’O. P. de Roubaix-Tourcoing, Rapporteur général M. Moreau, directeur du. Centre d’O. P. d’Angers.
- Par arrêté du 6 juin 1945, il a été créé en Belgique un Commissariat général du gouvernement à la promotion du. travail.
- Ce Commissariat s’attachera notamment à favoriser le progrès de l’enseignement technique et professionnel, de l’orientation professionnelle et de la réadaptation professionnelle des. travailleurs menacés par le chômage.
- i *
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- Pour l’incorporation des conscrits des. nouvelles classes, les méthodes, psychotechniques sont désormais, après les études du service dirigé par A. Fessard, avec la collaboration" de Binois et de Rennes, systématiquement utilisées. C’est le 2e et le 3e jour de l’arrivée au Centre d’appel de Vincennes que sont pratiqués les examens sur lesquels s.e fonde une affectation en rapport avec les aptitudes.
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- DÉCRETS ET ARRÊTËS INTÉRESSANT I/O. P.
- Arrêté du 13 juin 1945 donnant une classification des emplois dans les commerces de détail non alimentaires
- Enumération des commerces visés :
- 1° Commerces de détail de toutes marchandises ;
- 2" Bibliothèques des gares et dû métropolitain ;
- 3° Commerces de détail de bijouterie, joaillerie, orfèvrerie.
- 4° Commerces de détail des chaussures;
- 5° Commerce de détail des fleurs naturelles ;
- 6° Commerces de détail de la librairie ;
- 7° Commerce de détail de la quincaillerie, des combustibles ;
- 8° Commerces de détail non sédentaires.
- « Journal Officiel » du 31 août 1945.
- Salaires dans les établissements ressortissant aux industries des textiles naturels
- Article premier. — Le présent arrêté a pour objet de fixer les salaires! des ouvriers de l’un et l’autre sexe occupés dans les établissements ressortissant aux industries des textiles naturels.
- Il s’applique à l’ensemble du territoire métropolitain.
- Art. 2. — Les industries visées par l’article précédent sont celles qui sont comprises sous les rubriques suivantes de la nomenclature des industries et professions de la statistique générale de la France, telle qu’elle résulte du décret du 9 avril 1936 relatif au classement des industries et professions.
- Sous-groupe 4 Fa (industries textiles mal désignées).
- Sous-groupe 4 Fb (filature de lin, chanvre, jute, corderie).
- Sous-groupe 4 Fc (tissage de toiles).
- Sous-groupe 4 Fd (industries cotonnières).
- Sous-groupe 4 Fe (industries lainières).
- Sous-groupe 4 Ff (industries de la soie).
- Sous-groupe 4 Fg (blanchiment, apprêt, teinture, impressions de fils et tissus), à l’exclusion du n° 4.459 : fabrique de toiles cirées, moleskine, etc...
- Sous-groupe 4 Fh (fabrique de bonneterie).
- Sous-groupe 4 Fl -(fabrique de dentelles, guipure, broderie, tissus légers, etc...) à l’exclusion des nos 4.463 et 4.4639 (dentelles à la main), de la broderie au métier Cornély figurant au n° 4.466 et des n»s 4.467 et 4.4679 (broderies à la main).
- Sous-groupe 4 Fj (fabrique de passementerie, rubans), à l’exclusion de la passementerie pour vêtements figurant au n° 4.468 et de la passementerie militaire figurant au n° 4,4693.
- M
- Journal Officiel)) du 8 août 1945.
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- LA VIE DES CENTRES D’O. P.
- Vérification d’examens psychométriques
- Nous sommes heureux de publier les très intéressantes études de M. Henry, directeur du Centre départemental de la Sarthe (Le Mans) sur la vérification des examens psychométriques.
- Les méthodes psychométriques, ébranlent des notions acquises et robustement établies concernant le recrutement des apprentis. Jusqu’à une époque récente, les examens spécifiquement scolaires étaient, en effet reconnus, seuls susceptibles, d’établir une discrimination entre les candidats et leur emploi était, et est encore aujourd’hui grandement généralisé.
- Aussi les industriels ou les Directeurs d’Ecoles professionnelles se tiennent-ils parfois sur la réserve quant aux résultats de certains procédés préconisés par les psychotechniciens, les psychologues, et les physiologistes, et attendent pour se faire une opinion qu’aient été oblenus des résultats décisifs. L’attitude de certains autres est plus catégorique encore.
- Cet état d’esprit provient dans une large part de ce que la science de l’Orientation_ Professionnelle est généralement considérée en France tout au moins, comme une discipline théorique et non comme une recherche devant être élaborée pratiquement en profitant de la leçon des faits.
- Un principe scientifique ne se vérifie que lentement, prudemment, au cours d’expériences nombreuses qui permettent d’explorer complètement et de contrôler les données théoriques.
- Cette union harmonieuse et nécessaire entre la pratique et la science est aussi rigoureusement indispensable dans le domaine de l’Orientation Professionnelle.
- Il ne suffit pas, en effet, de déterminer les capacités physiques des adolescents, leurs- possibilités intellectuelles, techniques et pratiques, il est indispensable également de s’assurer non -seulement sous la foi d’impressions à priori mais par des démonstrations expérimentales de la valeur des résultats obtenus et des progrès successivement réalisés. Les expériences pratiques et les faits directement observés permettent seuls de rechercher les modifications qui s’avèrent nécessaires d’améliorer les méthodes et de compléter ou de réformer les appareils de contrôle pour la discrimination des aptitudes.
- L’organisation rationnelle du contrôle justificatif des examens psychologiques correspond d’ailleurs à deux nécessités également importantes :
- D’une part à la vérification des moyens scientifiques utilisés, d’autre part à la recherché des modalités, de leur application dans telle ou telle entreprise.
- Les sections d’apprentissage préparent en effet, les apprentis en vue de fonctions bien déterminées dans l’usine ou les ateliers dont elles dépendent. Le mode d’exercice des professions, les connaissances théoriques et pratiques spécialement enseignées et par conséquent, les aptitudes requises pour les assimiler varient souvent d’un établissement à un autre.
- Pour qu’une concordance aussi satisfaisante que possible s’éta-
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- blisse entre noire diagnostic et les observations recueillies auprès des chefs d’entreprises il est donc indispensable de tenir compte dans nos résultats des qualités prédominentes exigées dans les différentes sections d’apprentissage. Dans ce domaine également les coefficients qu’il convient d’a.ttribuer à tel ou. tel groupe d’aptitudes n’apparaîtront que grâce à une confrontation minutieuse des notes professionnelles avec les résultats, des examens psychologiques.
- C’est donc un courant d’échanges à double sens qui doit se créer entre le Centre d’Orientation Professionnelle et les organismes professionnels.
- Je pense qu’il est intéressant de vous soumettre dès maintenant un premier essai de vérificalion des examens psychométriques subis par les candidats au concours d’entrée au Collège Technique en 1944.
- Depuis 1943, l’examen d’Orientation Professionnelle est devenu obligatoire avant l’entrée au Collège Technique du Mans, grâce à l’intervention compréhensive du Directeur, et se traduit par une note chiffrée entrant dans le total des points exigibles pour l’admission des candidats.
- M. le Directeur du Collège Technique a bien voulu me transmettre les moyennes obtenues dans chaque matière par les élèves de première année et il est nécessaire de préciser qu’il s’agit de la moyenne de tous les exercices de Tannée et non des seules compositions trimestrielles.
- La première observation que nous pouvons faire en examinant les fiches des élèves est que le classement tient compte dans une large part des résultats scolaires puisque 14 coefficient résument les résultats techniques et pratiques des enfants.
- Dans ces conditions il apparaît nettement qu’une modification s’impose dans l’attribution de la moyenne représentative des résultats obtenus au cours de l’examen d’Orientation Professionnelle.
- Cette note était jusqu’ici fixée de la manière suivante : nous calculions la moyenne des résultats obtenus par les candidats dans les épreuves d’intelligence verbale, puis la moyenne des résultats obtenus dans les épreuves d’intelligence technique et manuelle ; finalement nous établissions la moyenne de ces deux résultats pour obtenir une note chiffrée sur 20. représentative de l’examen. Nous pensions, en effet, que les facultés intellectuelles, techniques et manuelles interviendraient dans les résultats futurs des apprentis sans toutefois pouvoir déterminer exactement leur rapport réciproque. Les premiers résultats connus il convient donc de préciser maintenant les coefficients qu’il convient d’attribuer à ces deux grands groupes d’aptitudes générales.
- Cependant avant d’entreprendre cette recherche, j’ai pensé qu’il serait souhaitable d’apporter quelques modifications aux résultats généraux qui nous ont été transmis.
- La valeur morale, par exemple, tient compte de l’assiduité, de la conduite, du sérieux de l’enfant ; si elle intervient normalement dans les résultats globaux de Tannée, elle risque de cacher les résultats effectifs scolaires et professionnels des apprentis.
- La moyenne obtenue en anglais g retenu, également mon. attention, j’ai pensé qu’un enfant qui suit les cours du Collège Technique peut se désintéresser d’une matière qui ne lui semble peut être pas immédiatement en rapport avec son futur métier. S’il réussit ou ne
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- réussit pas dans cette matière d’enseignement, ce n’est pas un caractère suffisamment sûr pour que nous puissions en tenir véritablement compte. Enfin la note d’écriture si elle est nécessaire pour stimuler l’effort d’un enfant ne fait absolument pas intervenir ses capacités générales.
- En conséquence, une vérification rigoureuse des résultats scolaires techniques et pratiques risquait d’être faussée par l’intervention de ces trois moyennes. Je les ai donc éliminées et me suis arrêté à celles qui tenaient exclusivement compte d’une capacité effective rigoureusement mesurable et dans lesquelles les sujets apportaient en principe le maximum d’attention. Ces matières sont les suivantes : composition française, orthographe, lecture et récitation, histoire, géographie, arithmétique, géométrie, physique, chimie, dessin de machines, technologie, atelier.
- J’ai calculé la moyenne générale nouvelle à partir de ces douze matières d’enseignement puis le classement définitif des élèves.
- Ce premier travail accompli, une seconde modification s’imposait.-Dans les matières précédemment énoncées 12 coefficients intéressent l’intelligence purement verbale et la mémoire des enfants, ce sont les matières scolaires normales : 7 coefficients correspondent à l’intelligence technique et aux aptitudes pratiques et manuelles : le dessin de machines, la technologie et l’atelier. Dans ces conditions si nous voulons faire une comparaison judicieuse entre les résultats des examens psychométriques et les résultats pratiques des enfants il convient de faire intervenir dans la même mesure les moyennes obtenues au Centre d’Orientation Professionnelle dans ces trois ordres d’aptitudes. J’ai donc donné à la moyenne des épreuves d’intelligence verbale le coefficient 12 et le coefficient 7 à la moyenne des épreuves techniques et manuelles.
- A partir de ces données j’ai calculé la nouvelle note représentative des examens psychométriques puis le classement primaire des candidats à la suite de ces examens.
- Ces précautions prises la comparaison des résultats était scientifiquement sérieuse et les conclusions formulées d’autant plus significatives.
- I,e premier travail d’examen comparatif des résultats consistait à déterminer si les sujets qui n’ont pas obtenu la moyenne générale 10 au coiirs de cette première année de travail, c’est-à-dire, les élèves qui se révèlent à l’épreuve très moyens ou médiocres avaient été pressentis au moment de l’examen d’Orientation Professionnelle.
- Deux élèves n’obtiennent pas la moyenne au Collège Technique, le premier obtient la note générale 9,3 alors que la note représentative de son. examen ps.ychométrique était de 9,2. Le second obtient la moyenne générale 9,8 alors que la note représentative de son examen psychologique était de 8,3. Dans ces deux cas le pronostic formulé s’est révélé absolument valable. Un autre enfant n’a pas obtenu sa moyenne au Centre d’Orientation Professionnelle où son travail était noté 9,1 ; cet élève obtient jusqu’ici au Collège Technique la moyenne générale : 10,9.
- Nous pouvons constater que la discrimination des sujets qui n’étaient pas susceptibles d’obtenir ultérieurement leur moyenne avait été établie d’une manière très satifaisante à la suite de l’examen subi au Centre départemental d’Orientation Professionnelle.
- Il est intéressant de rechercher maintenant si cette différencia-
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- lion pouvait être établie, à la suite du concours spécifiquement scolaire d’entrée au Collège Technique. Malgré les notations très rigoureuses du concours d’entrée l’examen des résultats révèle que dans c'e cas il était pratiquement impossible d’être renseigné d’une manière suffisamment précise sur les sujets qui étaient susceptibles de ne pas obtenir leur moyenne dans les diverses matières d’enseignement.
- Il m’a semblé également intéressant de rechercher si la différenciation entre les sujets qui se révèlent pratiquement des élèves capables et ceux qui ne réussissent que d’une manière moyenne ou passable avait été établie par l’examen d’Orientation Professionnelle.
- Les notes générales du Collège Technique s’étagent entre 9 et 14. J’ai donc pris la moyenne 11 comme susceptible de partager les élèves. Les constatations suivantes se dégagent de cette recherche :
- — Quatorze enfants obtiennent au Collège Technique une note supérieure à 11.
- Sur ces 14 sujets 13 ont une note d’O. P. supérieure à 11.
- — Sept élèves obtiennent au Collège Technique une note inférieure à 11.
- Sur ces 7 enfants :
- — Six avaient obtenu une note d’O. P. inférieure à 11.
- — Un une note d’O. P. très légèrement supérieure à cette moyenne : 11,3.
- Vous pouvezvous rendre compte que la discrimination a été dans ce cas presque parfaite puisque dans 19 cas sur 21 un accord complet s’est établi entre notre diagnostic et les résultats pratiques des enfants.
- Dans ce domaine également il convient d’examiner d’une manière auss.i précise si les notes du concours scolaire auraient permis une différenciation susceptible de donner des résultats pratiquement utilisables comme ceux que nous venons de constater.
- Les résultats scolaires se révèlent alors valables dans 12 cas seulement sur 21.
- Le rôle du mouvement d’O. P. a été rempli d’une manière aussi satisfaisante que possible puisque le but fixé était de dégager les sujets intéressants et personnellement adaptés au mieux à l’enseignement proposés et à désigner les enfants incapables de suivre normalement le programme des cours.
- Les examens d’O. P. présentent donc un intérêt pratique évident.
- Cependant je n’ai pas voulu m’arrêter à cette conclusion déjà intéressante en elle-même, mais j’ai pensé qu’il était souhaitable de poursuivre cette recherche d’une manière plus approfondie encore.
- C’est ainsi que j’ai pu enregistrer les résultats suivants :
- Dans 90 % des cas la moyenne des élèves du Collège Technique s’écarte de moins de 1 point, 5 de la note représentative fixée à la suite des examens d’Orientation Professionnelle-; si nous faisons un calcul identique en prenant pour base de départ la moyenne scolaire du concours d’entrée, ce pourcentage se réduit à 25 %.
- Dans 66 % des cas la moyenne des élèves du Collège Technique s’écarte de moins de 1 point de la note fixée par le Centre d’O. P. Ce pourcentage se réduit à 5 % si l’on considère les notations scolaires.
- Si nous voulons obtenir une valeur comparative non plus particu-
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- lière mais générale de la sûreté du pronostic qui peut être formulé à la suite de ces deux examens nous constatons que la somme des différences entre l’ensemble des notes d’Orientation et l’ensemble des moyennes correspondantes de l’année s’élève à 18 points soit un écart moyen de 0,8. Le même calcul révèle, si l’on considère les notations scolaires, du concours d’entrée, un total de 55 points soit un écart moyen de 2,7. v
- Le concours scolaire se révèle donc trois fois moins précis que l’examen d’O. P.
- Enfin et pour être complet, nous devons examiner maintenant le rapport qui existe entre le classement des sujets établi à la suite de l’examen psychométrique et le classement des mêmes sujets après une année de travail.
- Nous constatons également dans ce domaine une supériorité extrêmement sensible des examens d’O. P. puisque 60 % des enfants se placent pratiquement conformément aux pronostics formulés, par le Centre alors que 30 % seulement des notations scolaires se révèlent susceptibles de fournir une indication suffisante.
- On pourrait penser que cette supériorité des examens psychomé-ques sur les examens scolaires que nous venons de constater dans le cas du Collège Technique provient du fait que des qualités techniques et manuelles particulières interviennent dans les moyennes générales de cet établissement, qualités qui logiquement, normalement, ne peuvent être pressenties par un examen de connaissances scolaires. Dans ce cas, ou pourrait être amené à conclure que l’idéal consiste à calculer une moyenne représentative judicieuse de la moyenne scolaire du concours d’entrée et de la note d’O. P.
- En réalité, les examens psychométriques ont pour but de mesurer les facultés, générales des individus, non seulement leurs aptitudes techniques et manuelles ainsi que pourrait le laisser supposer le terme impropre de psychotechnique mais aussi leurs facultés intellectuelles verbales, c’est-à-dire, leurs possibilités de compréhension, d’invention, de logique, de critique, etc... et ces aptitudes particulières sont à la base de l’acquisition des connaissances spécifiquement scolaires.
- Il m’a donc semblé intéressant de préciser le rapport exact qui existe entre la moyenne des épreuves d’intelligence verbale subies au Centre d’O. P. et la moyenne des matières strictement scolaires comprises dans l’enseignement du Collège Technique.
- Jusqu’ici les examens et concours scolaires sont généralement considérés comme logiquement, normalement, capables de déterminer les possibilités de réussite scolaire des enfants. Dans le cas particulier du Collège Technique nous examinerons parallèlement les. rapports entre la. moyenne scolaire du concours d’entrée et la moyenne scolaire générale de l’année.
- Dans 70 % des cas examinés la moyenne des notes scolaires des élèves du Collège Technique s’écarte de moins de 1,5 de la moyenne des épreuves d’intelligence verbale au Centre d’O. P. ; si nous faisons le même calcul en prenant pour base de départ la moyenne scolaire du concours d’entrée ce pourcentage se réduit à 50 %.
- Dans 50 % des cas la moyenne scolaire des élèves s’écarte de moins de un point de la note d’intelligence obtenue à la suite de l’examen psychométrique. Ce pourcentage ,se réduit à 35 % si nous considérons les résultats du concours scolaire.
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- Enfin si nous procédons comme précédemment nous constatons que 61 % des enfants se placent pratiquement au point de vue scolaire conformément aux indications formulées à la suite des examens psychométriques alors que 35 % seulement des moyennes scolaires se révèlent susceptibles de fournir un pronostic valable.
- Dans ce dernier cas il est d’ailleurs extrêmement intéressant de préciser que la somme des différences globales constatées entre le rang des sujets dans le classement établi à la suite de l’examen d’O. P. et le rang des mômes sujets dans le classement du Collège Technique s’élève à 58 soit un écart moyen de -deux places. Si nous faisons le même calcul en prenant pour base d’examen les notes du concours d’entrée nous constatons que la somme précédente augmente considérablement et s’élève alors à 124 soit un écart moyen de 6 places.
- Ces chiffres indiquent sans contestation possible la marge d’erreur considérable qui intervient quand on veut sélectionner des enfants au moyen d’un concours spécifiquement scolaire, même dans le cas où ces enfants doivent ultérieurement suivre des cours d’enseignement général.
- Dans ce cas particulier, l’examen psychologique se révèle pratiquement d’une valeur discriminative très supérieure au procédé normal de recrutement.
- Je tiens à préciser que les épreuves d’intelligence verbale utilisées au Centre d’O. P. ne tiennent absolument pas compte du niveau des connaissances scolaires des enfants mais exclusivement de leurs possibilités d’adaptation devant les problèmes qui font appel à des facultés intellectuelles particulières.
- A la suite de ces constatations, je tiens à insister également sur le fait que les résultats qui viennent de vous être exposés ne constituent pas un indice définitif et permanent de la valeur des pronostics qui peuvent être formulés à l’aide des examens psychologiques mais seulement une indication première de leur efficacité, une certitude que la méthode choisie est bonne et se révèle pratiquement supérieure aux méthodes habituelles de recrutement et qu’on est par suite en droit d’en attendre des résultats plus intéressants encore à condition qu’elle soit vérifiée avec précision et améliorée dans les années à venir.
- Nous poursuivrons l’an prochain l’étude des résultats des enfants que nous venons d’examiner. Les épreuves psychométriques tiennent compte de la rapidité générale des sujets et en deuxième année de Collège Technique le temps, d’exé.cu.tion commence à. en-trer eu ligne de compte.
- Nous pourrons donc recueillir à la fin de cette seconde année des indications particulièrement intéressantes.
- Dans le domaine de nos examens nous avons introduit cette année des exercices de mémoire qui complètent les épreuves d’intelligence verbale pour pressentir le sens des résultats scolaires des enfants. Les épreuves techniques et manuelles sont également plus approfondies et autorisent une discrimination plus rigoureuse des candidats.
- Je me propose à la fin de cette année d’élargir cette vérification pratique des examens d’O. P. à toutes les écoles d’apprentissage. Grâce à cette recherche' entreprise en commun nous pourrons déduire peu à peu de nouvelles règles de conduite susceptibles de
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- donner de meilleurs résultats. En outre ces études seront je l’espère riches en enseignements de toutes sortes.
- Je suis convaincu qu’une orientation professionnelle scientifiquement conduite est une œuvre appelée à rendre d’importants services à la collectivité.
- Lorsque les résultats obtenus par le mode d’investigation des tests auront été démontrés expérimentalement, lorsque la prédecti-vité des examens psychométriques se révélera pratiquement supérieure à celle des examens de culture générale, les personnalités incrédules ne pourront que s’incliner devant' les faits et notre effort se situera alors dans le climat le plus favorable à son développement.
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- * *
- Nous relevons dans les «Journées d’études de juillet» du groupe régional Nord (Bulletin de liaison mars 1946 (n° 17), une intéressante communication de M. Toutain, directeur du Centre d’O. P. de Roubaix-Tourcoing sur des ouvrières d’une filature de coton.
- « Le Centre de Roubaix-Tourcoing a examiné un groupe de soigneuses de continu (filature de coton) destinées à devenir monitrices d’apprenties.. Un étalonnage a été. établi d’après leurs résultats dans les test manuels qu’elles ont subis. Evidemment, ces étalonnages n’ont qu’une valeur relative étant donné le nombre réduit des sujets. Mais les centres disposant de très peu d’étalonnages d’adultes et notamment d’étalonnages faits d’après des ouvriers du textile peut être ces étalonnages intéresseront-ils certains de nos collègues.
- 1 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 Nbr
- Ecrous visés 33 31 30 28 27 26 24 23 22 19 16 26
- Tiges métalliques .. 26 24 23 22 22 20 20 19 17 16 14 27
- Dés et chevilles.... 110 112 115 116 118 123 124 125 131 132 145 22
- Perles triées 80 78 73 69 65 64 63 61 60 52 42 21
- Disques de Walther.. 111 129 131 133 135 138 139 145 147 150 25
- Minnesota : Temps.. 364 442 506 524 588 620 662 710 770 840 1289 27
- Erreurs 4 10 12 13 14 16 18 21 23 26 33 27
- Gravimètre 7 13 18 20 26 28 32 34 47 59 68 26
- Nota. — Les consignes utilisées pour le gravimètre ne sont pas celles parues dans le bulletin de l’I. N. O. P.
- Nous avons. comparé ces étalonnages à ceux établis à Roubaix-Tourcoing d’après un nombre assez important (500 à 1.500 sujets) d’enfants de 13 à 15 ans. Nous constatons pour l’épreuve des dés et chevilles que 10 % des enfants et 40 % des soigneuses mettent moins de 120 secondes et que 50 % des enfants et 90 % des soigneuses mettent moins de 132 secondes.
- Pour les tiges métalliques : le 1er décile (enfants) équivaut au 4 (soigneuses) ; le 5 (enfants) au 8 (soigneuses).
- Pour les perles triées : le 1er décile (enfants) équivaut au 3 (soigneuses) le 5 (enfants) au 8 (soigneuses).
- Pour les disques de Walter : le 1er décile (enfants) équivaut au 3 (soigneuses) ; le 5 (enfants) équivaut au 8 (soigneuses).
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- Pour les autres épreuves les étalonnages se juxtaposent à peu près. x
- L’exercice du métier de soigneuse semblerait donc développer les capacités de réussite dans les épreuves : tiges et dés, fiches métalliques, perles triées, disques de Walter. Nous avons l’intention eo suivant des résultats professionnels des fillettes examinées par nous et qui travaillent comme soigneuses de continu, de rechercher s’il n’y a, pas rapport entre la réussite dans ces. épreuves et la réu.ss.ite dans ce métier.
- Nous aimerions que les Centres des régions textiles nous fassent part de leurs observations à ce sujet ».
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- Création d’un Centre départemental dans la Seine
- Le département de la Seine a maintenant un centre obligatoire d’orientation professionnelle. La mesure a été décidée par un arrêté ministériel en date du 21 février 1946 et a eu effet à partir du 1er mai.
- Certains pourront s’étonner du caractère tardif de cette décision qui découle du décret-loi du 24 mai 1938 et qui vient après la création de Centres départementaux en province. En réalité, la situation dans la Seine était telle que l’on aurait plutôt des raisons d’être surpris de voir enfin aboutir les efforts des artisans de la départementalisation. Surprise d’autant plus grande que le nouvel organisme est créé précisément au moment des pires difficultés financières.
- Aussi ce serait se montrer bien injuste que de ne pas commencer, dans cet article,- par rendre hommage à ceux qui ont œuvré pour le Centre départemental. Il faut dire, parce que c’est la vérité, le dévouement total de M. Giraud, inspecteur principal de l’Enseignement technique, à une cause qui est.devenue toute sa vie ; il faut remercier le Syndicat des conseillers d’orintation dont la jeune ardeur s’est dépensée sans compter ; il faut être reconnaissant à nos maîtres, MM. Piéron et Wallon, d’avoir jeté dans la lutte le prestige de leur autorité. C’est en considérant la somme de tous ces efforts que nous mesurerons mieux les obligations qu’impose l’intérêt du public au nouvel organisme en fonction.
- Trente-un centres facultatifs se sont intégrés dans le Centre départemental. Jusqu’à présent, Chaque directeur de' ces centres a fouillé plus particulièrement les problèmes que ses origines, sa formation et ses goûts lui conseillaient. Il ' en est résulté un incontestable enrichissement des techniques de l’orientation mais aussi une certaine hétérogénéité dans les résultats. Ici l’on a été surtout heureux dans le domaine des tests, là dans les démarches sociales, ailleurs dans le placement des apprentis. Mais on a peut-être sous-estimé, faute de temps et de moyens pour se documenter, tout un champ d’activités d’une utilité indéniable.
- L’heure est venue avec la création du Centre départemental de préciser ce qu’est l’ensemble des activités d’un service d’orientation professionnelle et de donner aux praticiens les moyens de faire face aux multiples obligations de leur tâche.
- L’efficacité de l’orientation professionnelle ne dépend pas comme
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- on l’imagine encore trop souvent d’un examen et d’un conseil ; elle résulte, au contraire, d’une action complexe et continue dont les services d’orientation doivent être les animateurs et les responsables, mais non pas toujours les exécutants. Il suffira d’énumérer les chaînons de l’orientation pour comprendre la nécessité de concours extérieurs considérables et disciplinés. Pour exercer une action profonde sur les individus, l’orientation proessionnelle demande :
- 1° des examens proprement dits ;
- 2° le recueil de renseignements sur les enfants auprès des maîtres ;
- 3° la préparation des enfants au choix du métier (action par les maîtres et les parents) ;
- 4° la mise à jour de la documentation ;
- 5° la liaison avec l’enseignement technique considéré comme l’ensemble des moyens de formation professionnelle ;
- 6° la liaison avec le monde du travail ;
- 7° le contrôle et la continuité de l’orientation.
- Il est évident qu’il n’est pas possible à un service isolé de faire porter des efforts réellement efficaces sur chacun de ces points. Mais le Centre départemental de la Seine par son importance, par le nombre de ses sections ainsi que par sa situation privilégiée au cœur du pays est à même d’assurer les indispensables liaisons avec l’extérieur. Aussi avons-nous l’intention de demander :
- 1. Pour l'organisation des examens proprement dits :
- a) le concours de laboratoires d’études psychotechniques en vue de répondre aux besoins particuliers de la région parisienne (recherche de batteries de tests pour les diverses catégories d’enfants à examiner ; étude statistique de ces tests). Les praticiens présenteront leurs suggestions ; ils mettront leurs services à la disposition des laboratoires ; le cas échéant, ils participeront eux-mêmes à certains travaux ; mais leur rôle est surtout de faire de l’orientation professionnelle appliquée et il convient de les décharger de travaux qui sont du ressort du laboratoire ;
- b) le concours de laboratoires d’études physiologiques ; en effet, nos services prennent des mesures : ou bien ces mesures sont intéressantes et il est naturel d’en tirer — avec toute la prudence nécessaire — des normes qui aident à préciser les idées, ou bien ces mesures sont inutiles et il vaut mieux ne pas perdre son temps à les relever. D’ailleurs des travaux ont déjà été entrepris dans ce sens, par exemple, en ce qui concerne la taille et le poids des écoliers ; il serait nécessaire de pousser plus loin les recherches, surtout en ce qui concerne la notion de résistance à la fatigue qui joue un rôle primordial chez les adolescents actuels ;
- c) le concours de services d’études démographiques ; nous pensons, à cet égard, aux travaux- d’Halbwachs qui, dans le domaine des faits sociaux, entendait « attribuer une importance particulière à tout ce qui peut être mesuré et compté ».
- 2. Pour la liaison avec les écoles primaires :
- le concours officiel des maîtres en ce qui concerne la préparation . au choix du métier ; cette notion doit entrer dans le programme des
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- dernières années de la scolarité ; notainment il est souhaitable qu’un certain nombre de centres d’intérêt étudiés en commun par des pédagogues et des conseillers d’orientation soient diffusés et mis en oeuvre dans les écoles ;
- le concours plus systématique des maîtres au sujet des renseignements fournis sur les enfants ; si grâce à une formation particulière des maîtres (formation qu’il faudra organiser) les résultats scolaires et surtout les observations relatives au comportement pouvaient être plus fouillées, des recoupements extrêmement précieux seraient possibles avec les indications obtenues au cours des examens psychologiques ;
- le concours des maîtres et des assistantes scolaires pour éduquer dans une certaine mesure les parents (contacts personnels ou causeries) et pour veiller à la suite donnée au conseil d’orientation (le maître jouissant d’une autorité qu’il importe d’utiliser),
- et naturellement le concours des psychologues scolaires partout où ils commenceront à exercer leur activité.
- 3. Pour la liaison avec Venseignement technique :
- le concours des professeurs pour le contrôle de la validité des tests et, dans une certaine mesure des conseils d’orientation ; nous disons dans une certaine mesure car la réussite dans une école technique ou l’échec ne correspond pas automatiquement à une réussite ou à un échec dans la vie ;
- le concours des professeurs pour l’étude des métiers ;
- le concours des services centraux de la Direction de l’Enseignement primaire et de l’Enseignement technique en vue de mieux adapter le nombre et les spécialisations des écoles aux besoins du marché du travail et aux aptitudes des individus.
- 4. Pour la liaison avec le monde du travail :
- le concours des organisations patronales, syndicales et du ministère du Travail permettent d’aboutir à un placement satisfaisant des enfants qui font directement leur apprentissage dans l’industrie. D’autre part, nous désirerions également avoir certains renseignements sur les professions et, des indications tenues à jour sur le marché du travail.
- 5. Pour la liaison avec les services sociaux :
- le concours des diverses catégories d’assistantes sociales et scolaires.
- Comme on le voit, nous ne proposons rien de nouveau ; les contacts envisagés avec l’extérieur ont été déjà pris spontanément soit par les uns, soit par les autres. Partout où l’on a eu la possibilité de les étudier avec soin ils ont donne d’excellents résultats. Aussi sommes-nous tout naturellement amenés à vouloir, d’une part, les généraliser et, d’autre part, tranformer leur caractère officieux en caractère officiel pour que les organismes intéressés reconnaissent franchement l’obligation de travailler pour l’orientation professionnelle, de'lui consacrer une certaine part de leur temps et des efforts sérieux.
- Ainsi l’orientation professionnelle acceptée au grand jour par tous et bénéficiant des avantages qui découlent de cette situation
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- officielle deviendra véritablement ce grand service que l’évolution du climat social tend de plus en plus à lui réserver. Elle fait partie de cette sollicitude en faveur de l’amélioration des conditions de vie des individus qui se dessine avec une telle force non seulement en France — création d’un ministère de la Population — mais à l’étranger qu’on a pu dire. « que ce que l’éducation publique a été pour la seconde moitié du dernier siècle dans le développement de l’idéal démocratique les mesures sociales pourront bien l’être pour la première moitié de ce siècle » (Odurn). Nous espérons que la naissance du Centre départemental de la Seine favorisera l’essor du grand service qui, malgré quelques dernières résistances, est en traya de
- secréer- • Gille.
- CAUSERIES BIBLIOGRAPHIQUES
- P. R. Bize. — Orientation et Sélection professionnelles. In-8° de 95 pages.
- Ce rapport très étudié a été présenté au Centre de Coordination et de Synthèse des études sur la 'reconstruction.
- Après quelques définitions préliminaires, l’auteur examine successivement l’orientation scolaire, l’orientation professionnelle et universitaire, le placement, l’admission (sélection à l’entrée dans les écoles ou à l’apprentissage), le, problème des méthodes à employer (examen médical et psychotechnique) et de leur utilisation pour l’établissement d’un profil récapitulatif et de conclusions pratiques (avec un additif sur les monographies professionnelles), la rationalisation de l’apprentissage, enfin l’organisation administrative de l’orientation professionnelle.
- Le Dr Bize préconise une orientation continue avec emploi d’un carnet scolaire détaillé grâce à la collaboration des instituteurs, et coordination de la formation professionnelle avec l’orientation. Il envisage un examen spécial par les offices des seuls cas difficiles, après triage effectué à l’école. Il pi’écise sa conception du rôle des secrétaires et propose la création d’une sous-direction ministérielle et d’une commission nationale.
- Dans ce rapport, beaucoup de remarques très justes et de vues générales rationnelles, mais aussi quelques conceptions discutables : de quoi fournir matière à réflexions utiles. — H. P.
- *
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- Louis Mounier. — Pratique de l'orientation professionnelle, petit 11/17 de 124 pages avec 25 illustrations. Lés Editions ouvrières, Paris XIIIe, prix 65 francs.
- L’auteur, directeur de l’Office populaire d’Orientation professionnelle commence ce petit livre surtout pratique par des généralités sur l’Orientation professionnelle et il relate les dix ans d’activité de son service.
- Il indique ensuite ce qui, selon lui, constitue les facteurs princi-
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- paux de l’Orientation professionnelle. D’abord le goût de l’enfant et pour que ce goût ne réponde pas au hasard ou à un caprice, il préconise d’apprendre à l’enfant par des causeries, des leçons, des bricolages, ce qui caractérise les diiférents afin de guider ce choix enfantin.
- Viennent ensuite les désirs des parents et l’avis des éducateurs.
- L’auteur place ensuite 1a recherche des aptitudes.
- Il développe alors les. tests qu’il croit bon.d’employer à son centre :
- D’abord les tests collectifs :
- Le test d’attention de Tolchinsky, ce qu’il appelle le sens géométrique (tes.t de Rybakof modifié, carré à reconstituer).
- Un test d’arithmétique, continuation de séries numériques, un test d’orthographe (fautes à déceler dans un texte) puis les. tests d’intelli, gence proprement dits, (analogie^ phrase à construire, questions de bon. sens et d’organisation pratique).
- Viennent ensuite des tests de mémoire (immédiate ou lointaine), un test de dessin libre.
- Les. autres épreuves s.ont des épreuves individuelles
- a) mémoire visuelle (appareil, du Dr Fay) ;
- b) mémoire motrice (appareil de Michotte, légèrement modifié) ;
- c) les temps de réaction (appareil de Pichon) ;
- d) réaction réfléchie (tableau de Poppelreuter) ;
- e) dessiu au. miroir ;
- /) rapidité (disques de Walther) ;
- g) rapidité, de précision (les billes à sortir du flacon) ;
- h) dextérité. ;
- i) coordination des mouvements des mains (Tourneur) ;
- j) Test de coup d’œil (test du. perceur) ;
- k) appréciation des distances (brachyscope) ;
- /) sensibilité, musculaire (classt. de boîtes de poids, différents) ;
- m) force musculaire (dynamomètre).
- n) fatigabilité (dyn.amographe de Ch. Henry et Mosso modifié) ;
- o) tremblement des mains (appareil de Verdun).
- Eprèuves réservées aux jeunes filles :
- a) précision d’un tracé (ambidextérimètre) ;
- Test Houyer-Baille (aiguilles, paquets de tiges, chevilles colorées, perles, triées, chevilles et dés).
- En. dernier lieu, viennent les constatations médicales.
- Il termine en parlant de l’étude du milieu, du. travail, de la portée sociale de l’orientation et du. contrôle des résultats.
- En somme un petit ouvrage pratique d’Orienta.tion destiné, par l’auteur à éclairer, les. dirigeants des mouvements de jeunesse, les assistantes sociales, les instituteurs. M. H P
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- Agostino Gemelli. — La Psicolecnica applicala ail' indus tria. In 8° de
- 278 pages, Rome, Milan, et Naples.. Sociela éditrice Libraria., 1944.
- La Psicologia délia ela évolutive. In 8° de 231 pages : Milan, Dott,
- Gi.u.ffré, Editeur, 1945. —L'Operaio nella industria moderna. In 8°
- de 395 pages. Milan, Société éditrice Vita e Pensiero, 1945.
- Depuis, la guerre, nous avons été sans relations intellectuelles, avec l’Italie, de par la volonté du. gouvernement, fasciste. Aussi nous
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- ri avons pas. eu connaissance d’un ouvrage d’Agoslino Gemelli consacré à la psychologie au service de l’orientation professionnelle, publié en 1943 et dont une 2e édition a. paru, en 1945. Mais, la reprise des communications nous a permis de recevoir, du. Professeur Gemelli, recteur de l’Université catholique de Milan, se» derniers ou.vrages, qui intéressent tous l’orientation.
- Le volume consacré à la psychotechnique dans. s.es applications industrielles comporte en effet un chapitre traitant des méthodes psychotechniques dans la. sélection et l’orientation professionnelles, à côté des questions, d’apprentis.sage, d’ana.lys.e du. travail, d’habileté manuelle, du travail à la. chaîne et du rythme de travail, de la fatL gu'e, de l’action du. milieu, de la monotonie, des. incitants au travail, du. chronométrage (méthodes sur lesquelles l’auteur fait, de sérieuses réserves), de la réadaptation des minorisés, du. chômage, des. accidents du travail.
- La psychologie de l’âge évolutif (en collaboration avec Agata Sid-lanskaite), suivant le développement depuis la naissance jusqu’à la 19e année, se termine sur la question de l’entrée dans. la. profession, pour laquelle l’orientation est envisagée comme un. problème pédagogique, soluble dans la mesure où les éducateurs, sauront dépister les aptitudes des. adolescents.
- Enfin, dans la collection des. problèmes, sociaux contemporains, l'ouvrage consacré, à l’ouvrier dans l’indu.s.trie moderne, dans un esprit social chrétien, donnant une grande place à la personnalité du travailleur, à côté de la lutte contre les accidents, de l’hygiène, de la pathologie, de 1a physiologie du travail envisagée comme fonde, ment de la psychotechnique industrielle, de l’organisation scientifique, de la. lutte contre la fatigue, la monotonie, le chômage et des problèmes de salaire ou de rapport entre le travailleur et la. machine, un chapitre, consacré à la sélection et à l’orientation, envisage la valeur des méthodes employées et les profils de métiers.
- Les. vues de l’auteur, qui. a consacré à ces problèmes de nombreux travaux depuis une trentaine d’années, même dans leur caractère succinct et général, ne peuvent manquer d’être envisagées avec intérêt et sympathie.
- L'Orientation professionnelle. — In-16° de 187 pages. Tournai-Pa-ris, Casterman, 1946.
- L’Association des patrons, et ingénieurs catholiques de Belgique, convaincue du rôle capital que doit jouer l’orientation professionnelle dans la reconstruction économique, a pris l’initiative d’assurer la publication d’un ouvrage réunissant des contributions de divers auteurs : L’aspect social et moral est traité par l’aumônier de l’Association J. M. Laureys, S. J., les rapports avec l’enseignement professionnel le sont par O. Peters, ingénieur, professeur à l’Université de Louvain, l£ rôle du médecin est envisagé par le Prof, de Nayer, lè travail du psychologue par le Prof. Fauville, le problème de la main-d’œuvre par l’ingénieur F. Feuillat, et enfin l’aspect économique par le Prof. Cracco. En annexe une liste des offices d’O. P. reconnus par l’Etat belge. — P.
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- A. Fauvilee. — La psychologie el le choix de la profession. — In-16° de 83 pages. Tournai-Paris, Casterman (collection « BàLir » pour la restauration de la Société chrétienne).
- Le professeur Fauville, de l’Université de Louvain, dans ce petit volume, fournit une mise au point condensée des problèmes relatifs à l’aspect psychologique de l’O.P.
- Une première partie est consacrée aux méthodes de la psychologie individuelle et à la pratique des mesures, une seconde aux théories de la personnalité, une troisième à la question de la formation de la personnalité, du développement psychique et du rôle respectif, dans cette formation, de l’hérédité et du milieu.
- Il n’y a, bien entendu, que de brèves indications, mais résultant d’une élaboration approfondie par un esprit scientifique, à la critique rigoureuse et fort bien informé, dont l’objectivité n’est pas atteinte par ses convictions spiritualistes. — P.
- LIVRES RÉCEMMENT ENTRÉS A LA BIBLIOTHÈQUE
- Smith and Roos. — A guide io guidance. Prenlice-Hall, INC Néw-York, 1942. 440 pages.
- Barbet Inhelder.. — Le diagnostic du raisonnement chez les débiles mentaux. Editions Delachaux et Niestlé. 306 pages.
- Pierre Naville. — Psychologie, Marxisme, Matérialisme. Essais cri-tiques. Librairie Marcel Rivière et Cie? Paris. 206 pages.
- Robert S. Woodworth. — Expérimental Psychology. Henry Holt and Company, NSw^York. 889 pages.
- Myers. — Principles and Techniques of Vocaiional Guidance. Mc Graw-Hi.tl Book Company. 377 pages.
- Kandel I.-L. — Professional Aptitude Tests in Medicine, Lawn and Engineering. Bureau of Publications Teachers Collège, Columbia University, New-York. 78 pages.
- AGEN. — IMPRIMERIE MODERNE, 43, RL'E VOUAI RE (312-3 U)
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- SOMMAIRE
- Pages
- I. — Yves Galifret : Technique d’utilisation clu stéréomètre ......... 97
- II. — P. Henri : Mesure pratique de la vision en profondeur....... 102
- III. — Notes et Documents : Vitesse et précision dans l’apprentissage.
- Un cas de plus de jumeaux élevés séparément. — Technique P. F. pour le dépistage des enfants anormaux............... 105
- IV. — Chronique Docimologique.....................................* 108
- V. — A Travers les Revues....................................... 109
- VI. — Informations................................................ 112
- VII. — Décrets et arrêtés intéressant l’O. P........................ 114 '
- VIII. — La Vie des Centres d’O. P. ................................. 115
- IX. — Causeries bibliographiques.........................v...... 125
- X. — Livres entrés récemment à la Bibliothèque................... 128
- Bulletin de l'Institut National d'Elude du Travail et d’Orientalion Professionnelle
- rédacteur en chef : Mme Henri PIÉRON secrétaire de la rédaction : M1U Irène LÉZINE
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- 2e SÉRIE. — 2e ANNÉE
- N° 9-10
- SEPTEMBRE-OCTOBRE 1946
- BULLETIN
- DE
- L’INSTITUT NATIONAL
- d’étude du travail
- ET
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- PROFESSIONNELLE
- REVUE MENSUELLE
- AU SIEGE DE L’INSTITUT
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- CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MÉTIERS
- Institut National cTEtude du Travail et d’Orientation Professionnelle
- DIRECTEUR DÉLÉGUÉ
- M. Henri Piéron, professeur au Collège de France, directeur de l’Institut de Psychologie de l’Université de Paris, président de la Section des Sciences Naturelles de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes.
- COMITÉ DIRECTEUR
- Le Directeur du Conservatoire National des Arts et Métiers.
- . i
- Le Directeur délégué.
- M. H. Laugier, secrétaire général adjoint de l’O. N. U.
- M. P. Pouillot, inspecteur général honoraire du Travail.
- M. H. Wallon, professeur au Collège de France.
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- 2e Série. 2* Année N* 9-10 Septembre-Octobre 1946
- Bulletin de l’Institut National D'ÉTUDE DU TRAVAIL
- et
- D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- LA PSYCHOLOGIE DE LA PUBLICITÉ AUX ÉTATS-UNIS
- par
- M. René ZAZZO
- Cet article est extrait' d’un ouvrage qui devait faire suite aux Psychologues et psychoiogies d’Amérique, publié en 1942. Après avoir situé dans l’histoire des idées les théories et ies théoriciens de la psychologie scientifique, nous voulions voir nos psychologues à l’œuvre dans les laboratoires, les cliniques, ies écoles, les usines.
- Terminé en 1939 mais dépassé et vieilli par cinq années de guerre, ce second ouvrage consacré aux techniques et aux pratiques américaines exigerait pour sa publication une mise au point qui n’est pas encore possible
- Le-récit que nous publions aujourd’hui se termine en septembre 1938, c’est-à-dire à peu près à la date où il fut écrit. Nous espérons pouvoir le compléter bientôt.
- De toutes les branches de la psychologie appliquée, la psychologie de la publicité est celle qui possède la moins riche bibliographie. Cela s’explique d’abord par les conditions spéciales dans lesquelles travaille un expert en publicité. Dans ce domaine les longues controverses théoriques sont inutiles : la sanction du'succès ou de l’échec est immédiate ; quant aux recherches qui ont conduit à l’emploi d une technique féconde on comprend bien qu’elles ne soient pas divulguées par les bénéficiaires.
- Mais il y a une autre raison ; de toutes les applications possibles de la psychologie, c’est celle qui apparaît la plus impure. Des hommes comme Cattell, comme' Münsterberg ont préconisé depuis bien longtemps une psychologie du marché. Mais la trivialité des expériences compromettent la dignité de l'expérimentateur. Les éditeurs eux-mêmes craignent de publier des ouvrages d’une apparence subversive, et quand W.D. Scott veut publier ( il y a. de cela vingt-cinq ans) un ouvrage sur la psychologie de la publicité, il doit substituer dans son titre le mot théorie au mot psychologie.
- Hollingworth qui fut un des premiers psychologues à s’occuper sérieusement d’advertising nous raconte, avec l’ironie d’un paria qui aurait reconquis le droit de cité, les modestes débuts de cette
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- science méconnue. En 1910, un premier cours de psychologie appliquée est organisé à New-York sous le contrôle du Teachers College. Trois leçons doivent être consacrées à la psychologie de la publicité. Or il se trouve que, dans le môme temps, la Ligue des agents de publicité de New-York cherche à s’instruire sur cette question. Elle délègue donc à ce cours trois de ses membres ce qui porte à cinq le nombre total des auditeurs. Les agents de publicité sont enchantés. Chacun des trois délégués est chargé à son tour de faire une série de dix conférences; et le succès est tel que ces conférences sont refaites plusieurs fois devant des auditoires de plus en plus nombreux.
- La Ligue offre alors à l’Université de Columbia des fonds importants pour encourager les recherches sur la psychologie de la publicité. Très digne l’Université refuse. Cependant les appels des commerçants, des fabricants, des agents de publicité se font de plus en plus pressants. Les jeunes psychologues plus audacieux répondent à ces appels, et ce sont alors les insinuations malveillantes des incorruptibles : « Savez-vous que Hollingworth a reçu des fonds pour ses expériences sur la caféine ? » Hollingworth avait pourtant pris grand soin en publiant le compte rendu de ses expériences d’en justifier l’intérêt.
- E. K. Strong, alors frais émoulu des épreuves du doctorat en philosophie entreprend de larges enquêtes sur des questions publicitaires. Il parvient à faire publier dans les Archives of psycho-logy un article sur «Les mérites de la publicité». En 1913, Hollingworth publie pour la Ligue des Agents de publicité un recueil de conférences intitulé « Vente et publicité ». Cette même Ligue prend l’inititative d’organiser à la School of Business de l’Université de New'-York un cours sur «l’Economie de La publicité». En 1915, les professeurs chargés de cet enseignement publient une sorte de manuel qui tente de réunir en un seul volume tous les aspects des questions publicitaires : Publicité ; Principes et. Pratiques.
- Les préventions contre la psychologie de Vadvertising s’affaiblissent progressivement et les « vieux maîtres », Yerkes, Thorn-dike, Warden, commencent à s’y intéresser ; il leur arrive même de pénétrer accidentellement dans le domaine jadis interdit ; mais, objectent-ils à leurs jeunes collègues, pourquoi prétendre instruire et corriger les agents de publicité dans leur pratique. Le rôle du psychologue serait plutôt d’employer les matériaux publicitaires pour illustrer les lois psychologiques, par exemple la formule de Weber, la courbe de l’oubli. Ce n’est pas l’opinion des jeunes psychologues qui délaissent le laboratoire scolaire pour installer leur centre de recherches dans les bureaux, dans les magasins, dans les usines. Et c’est au contact direct des réalités in-
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- dustrielles et commerciales que se forme en un quart de siècle la psychologie de la publicité.
- L’Economic-Psychologic Association, en -sa brève existence, puis la Psychological Corporation fondée en 1921 organisent la collaboration de businessmen et de psychologues pour tout ce qui concerne les applications industrielles et commerciales de la psychologie ; elles sont donc amenées à s’occuper sérieusement du problème de la publicité. La Psychological Corporation mène des enquêtes comme celle qui consiste à éprouver auprès de 2.000 ménagères la popularité de certains slogans publicitaires : Quel réfrigérateur est dual automatic ? — Quelle pâte dentifrice annonce Pinlc Toothbrush? — Quelle société annonce I smell smoke?
- La technique des enquêtes est précise et variée. Le lecteur trouvera dans le pérodique français Le Travail humain ou mieux encore dans The journal of applied Psychology des comptes rendus de plus en plus nombreux de travaux américains sur l’adver-tising. Il s’agit par exemple de déterminer pour l’efficacité de la publicité radiophonique, la part respective de divers facteurs : durée de la publicité, type du produit, publicité faite antérieurement dans la presse, culture de l’auditeur, etc. (Recherches de IL V. Gaskill et R. L. Holcomb) ; ou bien d’apprécier l’importance des caractéristiques matérielles d’une annonce : L. M. Ferguson établit ainsi qu’il n’y a aucun rapport entre la dimension de l’annonce et le degré d’attention qu’elle obtient, que la place de l’annonce et le choix de la page n’ont pas d’importance, mais par contre que l’efficacité de l’annonce varie suivant le jour de la semaine, enfin que les femmes lisent mieux les annonces que ne le font les hommes ; c’est encore dans le même domaine que G. Schiller poursuit ses recherches expérimentales sur les .caractères d’imprimerie et certaines combinaisons de couleur : les sujets doivent classer par convenance 15 types de caractères d’imprimerie par rapport à-5 marchandises ; 20 combinaisons de couleurs par rapport à 5 qualités abstraites.
- L’ouvrage américain le plus récent et le plus complet sur La psychologie de la publicité est celui de H. E. Burtt (1938). Il passe en revue en vingt-quatre chapitres les différents champs. d’investigation, les méthodes employées, les résultats obtenus. Riche des matériaux accumulés par vingt-cinq ans de pratique publicitaire il reprend d’un point de vue nouveau les problèmes classiques de la mémoire, de l’attention, de la suggestion, des différences individuelles. Il étudie dans le détail toutes les caractéristiques matérielles d’une réclame : artifices mécaniques, couleurs, grandeur, mouvement, effets de contraste, présentation typographique. Il s’arrête longuement sur la valeur des marques de fabrique, des prospectus et de la radio comme moyen de publicité, plus longue-
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- ment encore .aux problèmes économiques des « besoins du consommateur ».
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- Malgré quelques résistances et quelques malédictions l’étude de la publicité est donc entrée dans les temples de la psychologie officielle.
- E. K. Strong, professor of advertising and selling, enseigne à Stanford University la psychologie de la publicité et de la vente.
- E.K. Nixon, qui avait d’abord enseigné à la School of Business, est actuellement assistant professor of advertising à Columbia.
- La psychologie de la publicité gagne les unes après les autres toutes les Universités d’Amérique. Et l’on peut prévoir, après la création de l’American Association of Applied Psychologists, un développement plus rapide encore de ces recherches. La collaboration des applied psychologists au Congrès de l’American Ps.y-chological Association (A.P.A.) (septembre 1938) a permis que soit traité pour la première fois devant cette Assemblée solennelle de la « Méthode pour mesurer l’effet des influences publicitaires sur le comportement des gens ». Il convient d’ajouter que le rapporteur, membre de la Psychological Corporation, n’était pas même universitaire...
- Profanation de la science « pure » telle que l’imaginaient les expérimentalistes de 1880, c’est la Grande Invasion des « profanes » que Titchener prévoyait et déplorait déjà au début du siècle.
- Certes une tour d’ivoire ne risque pas d’êlre envahie : sa porte est trop étroite.
- Mais pour progresser, pour étreindre toujours plus étroitement la réalité multiple et complexe la science psychologique doit, comme toutes les autres sciences, courir certains risques. Et les Américains l’ont bien compris.
- René Zazzo.
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- LE MÉTIER DE MÉCANOGRAPHE DU SERVICE D’ÉLECTRO-COMPTABILITÉ PAR CARTES PERFORÉES
- par
- M,le Simonne LAURENT
- Monographie établie comme travail de fin d’année par une brillante élève de 1*1.N.O,P.
- A. — Généralités
- Nature du métier 1° Objet cia métier.
- Le but essentiel de la mécanographie est de fournir aux divers départements d’une entreprise ou d’une administration, des renseignements plus précis, plus nombreux et dans le moins de temps possible. Pour cela on transforme en données numériques tous les éléments d’un document et on les fixe sur une carte par perforation ; on pourra ensuite faire entrer ces éléments dans toutes les combinaisons voulues au moyen de machines.
- La mécanographie permet donc :
- ) de manipuler une seule fois le document initial ;
- ) de ne faire aucune erreur matérielle de classement ou de calcul ;
- c) de multiplier sans difficulté le nombre de classements d'un même fait.»
- Quelques mots d'historique, ne nous paraissent pas inutiles. Bien avant d'arriver aux bilans et statistiques compliqués de nos modernes entreprises, les hommes ont eu le souci de simplifier les calculs. Des bouliers, simples comme ceux des enfants, ont été retrouvés dans les fouilles des civilisations les plus anciennes ; nous citerons pour mémoire la table de Pythagore, les abaques et le» règles à calcul avant d’arriver aux véritables machines à calcüïei-dont la première fut inventée par Pascal en 1642 ; d’autres, plus pratiques, furent construites par Thomas de Colmar en 1820 ; mais la première machine à statistiques, que l’on peut voir au Conservatoire des Arts et Métiers, fut établie à la fin du xixe. siècle, aux Etats-Unis, pour le recensement de la population.
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- A l’heure actuelle, le métier de mécanographe comprend trois parties :
- 1° La codification qui est faite par des employés de bureau ei ne sera p.as étudiée ici.
- 2° La perforation qui consiste à porter sur une carie les éléments d’un document de base. L’employée lit ce document et choisit le.» éléments utiles ; or ces éléments ne sont pas toujours dans l’ordre des zones établies sur la carte ; l’opératrice doit donc choisir très rapidement et en même temps taper les chiffres sur un clavier qui se trouve à portée de sa main droite, de façon à ce que chaque perforation se trouve exactement dans la zone où elle doit être ; il faut qu’elle ait dans l’esprit le dessin de la carte et il y a parfois 20 dessins de cartes.
- La perforation est suivie d'une vérification. C'est exactement le même travail avec cette différence que la machine ne perfore pas mais s’arrête quand elle rencontre une erreur.
- 3° Le travail des grosses machines : depuis les machines trieuses qui préparent les documents dans l’ordre d’utilisation de la machine qui suivra, jusqu’aux tabulatrices qui sortent le travail définitif, bilans, statistiques ou factures ; en passant par la calculatrice. les perforatrices en série et les interclasseuses, qui perforent ou classent automatiquement des séries de cartes d'après une carte maitresse. Le travail de l’employée consiste à alimenter en cartes préalablement perforées et vider la machine, surveiller son bon état de marche pour ne pas la laisser bourrer (surveiller aussi le document qu’elle est en train d’établir), transporter et placer des piles de cartes, vérifier par transparence ou à l’aiguille s’il ne s’est pas glissé dans la pile une carte qui ne doit pas y être ; mais le travail le plus important et le plus délicat est rétablissement du tableau de connexions. Le tableau de connexions commande la marche de la machine, il est comparable à la fois à* un standard téléphonique et à la bande d’un métier Jacquard. C’est un tableau carré ou rectangulaire, percé de trous correspondant chacun à une zone de la carie. Dans ces trous, ou plots, on introduit des fiches de façon à sélectionner différents éléments d’une série de caftes, en vue d’établir un document nouveau. Une fois les fiches mises en place, les connexions s’établissent automatiquement dans la machine qui sort, soit une nouvelle carte perforée, soit une facture, soit un bilan, soit une statistique.
- Le travail de perforation et le travail des grosses machines sont deux spécialisations d’un même métier. Ce sont des travaux assez différents et nous les étudierons séparément au point de vue des aptitudes et (les conditions d’exercice.
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- Lieu où il s exerce.
- Le travail, dans tous les cas, se fait en local clos mais généralement dans des salles vastes, puisqu’elles doivent contenir des grosses machines, et bien éclairées.
- III. — Comment il s’exerce.
- Pour la perforation, l’employée est toujours assise, c’est le bras droit qui travaille, et plus exactement le poignet et le médius. Une bonne perforatrice ne doit sentir aucune fatigue de l’épaule. Pour le travail aux grosses machines, les employées sont toujours debout ; le seul travail musculaire consiste à transporter des piles de cartes qui ne sont jamais très lourdes.
- Conditions physiques du métier
- IV, V. — Maladies professionnelles. •
- On ne signale aucune maladie propre au métier de mécanographe. Il n’expose ni aux refroidissements, ni au danger d’infection ; il n’y a aucun dégagement de poussières ou de vapeurs.
- VI. — Accidents du travail.
- Les machines comptables ne présentent aucun danger.
- VIL — Dangers moraux.
- Ce sont ceux auquels les travaux exécutés en commun exposent toujours les caractères faibles, et nous verrons plus loin que ce métier exige des aptitudes morales qui sont une assurance contre certains dangers.
- B. — Aptitudes
- Aptitudes Physiques VIII. — Constitution générale.
- La perforatrice doit avoir une constitution générale moyenne, avec une bonne musculature dorsale et aucune prédisposition à la scoliose, car elle travaille assise et légèrement de biais pour pouvoir lire facilement les documents placés sur sa gauche. D’autre part, il est préférable qu’elle ne soit pas sujette aux rhumatismes qui pourraient atteindre un jour l’articulation du poignet.
- L’employée qui travaille sur les grosses machines doit avoir une bonne constitution générale, le travail debout étant plus fatiguant, il est indispensable qu’elle ait une excellente circulation et ne soit pas atteinte de hernie,
- ht-, iJty.
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- IX. — Taille.
- Pour la perforatrice une petite taille est préférable afin qu’elle ne se penche pas trop sur sa machine.
- L’employée aux trieuses, tabulatrices, doit être assez grande pour être à la hauteur de certaines machines ; elle ne devra pas avoir moins de 1 m. 60.
- X, XI, XII, XIII. — Cœur, poumons- voies respiratoires ci digestives.
- Rien de particulier au sujet de ces organes. Signalons que la perforatrice travaillant assise, il est nettement préférable qu’elle ait le tube digestif en parfait état, mais elle pourrait, sans grand inconvénient, souffrir d'une légère insuffisance cardiaque.
- XIV. — Peau.
- Les employées qui travaillent aux grosses machines ne doivent pas être sujettes aux mains moites pour deux raisons :
- d’abord parce qu’elles manipulent des cartes assez fragiles qui, à la longue, seraient détériorées ;
- ensuite parce qu’une parcelle d’humidité pourrait être cause d’un mauvais contact dans les machines électriques et gâcher le travail.
- XV. — Mains.
- C’est, pour les perforatrices, le point le plus important. En effet, c’est la main droite qui fait tout le travail. La main peut être petite ou grande, il n’est pas nécessaire qu’elle soit très forte. Toutefois, il vaut mieux des doigts solides, en particulier le médius ; mais il est indipensable que le poignet soit extrêmement souple pour pouvoir exécuter sans fatigue des mouvements très rapides.
- Il est à noter qu’on pourrait employer à la perforatrice des personnes ayant eu un accident au bras gauche, allant même jusqu’à une paralysie presque complète.
- Pour les employées aux grosses machines, des mains longues et souples sont de beaucoup préférables pour manipuler d’assez gros paquets de caries. En outre, elles doivent avoir l’intégrité parfaite ' des deux bras.
- XVI. — Vue.
- ' Une bonne vue est nécessaire ou, en tous cas, une vue bien corrigée, le port de lunettes n’étant pas une contre-indication. Seules les personnes atteintes de cécité complète doivent être écartées de ce métier.
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- XVII, XVIII. — Ouïe, goût et odorat.
- Une bonne ouïe est préférable, mais on pourrait admettre une légère dureté d’oreille. Les machines sont bruyantes, d’un bruit continu mais non assourdissant.
- XIX. — Jambes.
- Les perforatrices travaillant assises pourraient presque être infirnjes sans inconvénient pour le métier. Par contre, les employées aux grosses machines doivent avoir des jambes normales. Les varices et les pieds plats douloureux sont considérés comme contre-indications absolues.
- XX. — Système nerveux.
- Une bonne mécanographe doit être maîtresse de ses nerfs. En . particulier, le manque de confiance en soi serait néfaste : une perforatrice ne peut se permettre d’hésiter avant de frapper la touche et une tabulatrice ne doit pas être tëntee de refaire à la main les calculs exécutés par la machine. D’un autre côté, selon les chefs de service, la nonchalance est une contre-indication absolue. Le but du métier étant d’aller très vite, il vaudrait mieux encore une personne'trop nerveuse. Naturellement, il ne peut être question d’employer une épileptique dans un service où elle est en contact avec d’autres personnes.
- XXI. - Fatigue.
- Les jeunes apprenties perforatrices se plaignent d’avoir mal à la tête, à l’épaule et au bras. Cela vient du fait qu elles 11e trouvent pas d'emblée la bonne position et commencent par travailler avec tout le bras. De plus, elles doivent faire un effort pour s’adapter au rythme très rapide de ce travail ; par la suite, il devient absolument mécanique et la fatigue est purement nerveuse, c’est celle occasionnée par tout travail monotone. Dans v presque toutes les entreprises, le travail est coupé de deux pauses de 10 minutes, une le matin, une l’après-midi.
- Aux grosses machines, il y a une part de fatigue musculaire provoquée par la station debout ; une certaine fatigue nerveuse qui provient du souci de ne pas laisser bourrer la machine, de mettre et retirer les cartes au bon moment ; enfin, une part de fatigue cérébrale pour préparer le travail qui suivra et l’établissement d’un tableau de connexions qui est un travail long et difficile.
- XXII. — Esthétique.
- Sans aucune importance.
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- Aptitudes psychiques et intellectuelles
- XXIII. — Sens de la vue.
- A ce qui a déjà été dit, nous ajouterons que les perforatrices, pour opérer le choix parmi les éléments du document de base, doivent avoir un champ visuel très étendu et une grande rapidité de perception.
- XXIV. — Sens de l’ouïe.
- Il ne serait pas mauvais que les employées aux grosses machines puissent déceler par l’oreille des changements dans le rythme des machines, qui leur indiqueraient que quelque chose d’anormal se passe dans le mécanisme.
- XXV. — Sens du toucher.
- Toutes celles qui manient des piles de cartes doivent apprécier au toucher si elles sont bien rangées sans une seule qui dépasse et risque d’arrêter la machine.
- XXVI. Mémoire.
- Une bonne mémoire visuelle est nécessaire à la perforatrice pour se graver dans l’esprit La forme du clavier de touches et la disposition des zones de la carte.
- L’employée aux grosses machines doit pouvoir se .souvenir de l’opération en cours sur chaque machine, de la place des paquets de cartes dont elle aura à se servir et des différents éléments qu’elle doit considérer pour établir un tableau de connexions.
- XXVII. — Réaction.
- Une mécanographe doit avoir des réactions à la fois rapides et bien coordonnées, car, s’il est bon de pouvoir réparer une erreur au moment même où on la commet, il serait fâcheux de l'aggraver par un geste mal dirigé.
- XXVII1. — Attention.
- Les perforatrices n’ont pas besoin de se concentrer sur leur travail ; il s’automatise au point qu’elles peuvent bavarder en le faisant, il semble même que les chiffres qu’elles lisent aillent des yeux à la main sans passer par le cerveau ; c'est là un exemple assez frappant de coordination sensori-motrice.
- Par contre, le travail aux grosses machines exige de l’attention sous toutes ses formes : attention concentrée pour établir un tableau de connexions, attention diffusée pour surveiller plusieurs machines, attention différée pour alimenter une machine en cours de travail et la vider avant qu’elle n’ait bourré.
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- XXIX. — Imagination. -
- Pour la perforatrice aucune imagination n'est nécessaire.
- Les employées aux tabulatrices, calculatrices, peuvent .avoir de l’imagination à condition quelle soit tempérée de bon sens. En effet, le travail peut toujours être amélioré, de nouvelles combinaisons d’éléments peuvent être faites, des données inédites ajoutées à une statistique, mais, les. possibilités de la machine étant infinies, l’employée doit savoir faire la part des modifications utiles et travailler toujours dans le sens de la simplification Un bon chef de service examine toujours les suggestions qui lui sont faites par ses employées.
- XXX. — Mouvements.
- Le rôle, de l’habileté manuelle est primordial dans le métier de mécanographe. 11 faut à la perforatrice des gestes précis, souples et rapides, ajoutons à cela un certain sens musculaire de l'espace ou de la. mémoire de mouvements pour travailler sans jamais regarder les touches. Elle doit avoir, selon l’expression courante « son clavier dans les doigts ».
- Pour l'employée aux grosses machines, la rapidité est moins importante mais une grande précision de mouvements et beaucoup d’adresse sont indispensables. En effet, elle doit prendre des piles de cartes, le§, battre pour en faire un paquet homogène, saisir ce paquet entre le pouce et les quatre doigts et l’introduire dans le magasin d’alimentation. Si, par un geste maladroit à un moment quelconque de son travail, elle laisse tomber les cartes, il faut les trier à nouveau et c’est une perte de temps, considérable dans un service dont le but est de gagner du temps.
- XXXI. — Intelligence.
- D’après ce qui précède on peut voir qu’une perforatrice n’a pas besoin d’être intellligente, son travail ôtant purement mécanique. Un chef de service mécanographique interrogé sur ce point va jusqu’à dire qu’une employée intelligente ne restera pas perforatrice, car elle ne pourra pas supporter longtemps cette tâche monotone.
- Il en va tout autrement pour l’employée aux grosses machines. On pourrait définir ainsi la mécanographe intelligente : « celle qui comprend vile les données du problème, saisit avec précision les rapports entre les éléments à utiliser, établit rapidement son plan de travail et surtout est capable d’avoir une vue d’ensemble du résultat avant d’avoir commencé l’exécution ».
- Cette définition s’applique à celle qui est capable d’établir un tableau de connexions. Un tableau de connexions est toujours un
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- problème nouveau, si les éléments restent sensiblement les mêmes, leurs combinaisons varient à l’infini et le résultat cherché est toujours différent. On voit donc que le mécanographe doit posséder cette «faculté de s’adapter par la pensée à des problèmes nouveaux », dont parle Claparède. Elle doit, en outre, avoir une intelligence claire et simple pour ne pas compliquer les problèmes. Si elle possède ces qualités, l’employée peut devenir chef de service,, sinon son rôle se bornera à surveiller et alimenter les machines.
- XXXII. — Aptitudes artistiques.
- Inutiles pour les perforatrices. Chez celles qui établissent les états ou les factures, un certain goût dans la présentation des pièces sera le bienvenu. On ne peut pas parler de véritables aptitudes artistiques, mais plutôt d’un sens de la clarté, de la netteté dans l’ordonnance des éléments à faire figurer sur une pièce.
- Aptitudes morales
- XXXIII. — Qualités nécessaires.
- Probité et honnêteté sont nécessaires à toutes celles qui travaillent avec d’autres employées. Il y en a toujours une qui laisse traîner son sac ou tout autre objet, mais en dehors de cela, le métier n’expose à aucune tentation.
- Une mécanographe doit être consciencieuse quel que soit son emploi, le moindre relâchement peut provoquer une erreur que les machines multiplient à l’infini.
- De l’ordre et du soin sont indispensables, le dicton « une place pour chaque chose, chaque chose à sa place ». est particulièrement vrai dans ce métier. Le moindre désordre entraîne des recherches longues et inutiles et un ralentissement de tout le service. Persévérance et volonté sont nécessaires et J a nonchalance est rédhibitoire. Nous ajouterons ù ces qualités de la souplesse et de la discipline. Il faut se soumettre aux indications du chef de service qui distribue à chacune son travail en fonction des nécessités du moment, et, s’il n'est pas défendu d’avoir des idées, il faut obéir d’abord, car le travail n’attend pas, exposer ses idées ensuite.
- Divers
- XXXIV.. — On reconnait au bout de quelques jours qu’une apprentie perforatrice fera une bonne employée si elle est adroite et vive, et si elle n’a p.as peur de gâcher des cartes, l’essentiel au début de l’apprentissage étant, non pas de frapper juste, mais de frapper vite.
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- En ce qui concerne les apprenties sur grosses machines, il faut attendre quelques semaines avant de se prononcer. On peut dire qu’une apprentie sera une bonne mécanographe si elle a l’esprit éveillé et curieux, un raisonnement clair, le souci d’apprendre et de se perfectionner, de l’ordre et des mouvements sûrs. Par dessus tout, elle doit aimer son métier, car il est absorbant et 11e peut pas être exercé avec ennui et pour s’en débarrasser.
- Nous ajouterons quelle doit posséder l’esprit d’équipe et de solidarité, la bonne marche du service dépend de la coordination de tous les rouages ; si une erreur a été commise, toutes doivent s’employer à la réparer, la mauvaise camaraderie ne peut pas être tolérée.
- C. — Connaissances
- XXXV, XXXVI. — Aucune connaissance particulière n’est nécessaire, néanmoins une bonne instruction primaire est souhaitable. Une jeune fille qui a l’habitude de réfléchir, de discipliner sa pensée, de classer ses idées, a beaucoup plug de chances, de réussir, à intelligence égale, que celle qui aurait laissé inemployées ses aptitudes intellectuelles.
- En ce qui concerne les perforatrices, le cas est un peu différent ; il suffit qu’elle sache bien lire les chiffres et on pourrait envisager de faire exercer ce métier par une arriérée scolaire ou une jeune fille dont le niveau mental serait légèrement en dessous de la moyenne. Par contre une anormale n’aurait aucune chance d’être embauchée.
- D. — Conditions d’apprentissage
- XXXVII. — Age.
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- L’apprentissage peut commencer de 14 à 16 ans, selon le degré de développement physique. Nous avons vu que la nonchalance est le plus grave défaut d’une mécanographe, or une jeune fille en pleine évolution physiologique est parfois un peu endormie et ne pourrait s’adapter au rythme très rapide de la perforation. D’autre part,' le travail aux grosses machines est fatiguant du fait qu’il s’exerce debout et il exige une certaine maturité ; ajoutons la maladresse passagère propre aux adolescentes et l’on comprendra qu’il vaut mieux attendre pour commencer l’apprentissage, que la période fatigante de la croissance soit terminée. Par contre, il n’y a pas de limite supérieure et une femme assez âgée peut apprendre le métier si elle a conservé suffisamment de souplesse, souplesse d’esprit et souplesse d’articulation.
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- XXXViil. — Offres et demandes.
- Il n’y a pas beaucoup d’apprenties et il y aura de plus en plus de demandes, étant donné que beaucoup d’entreprises et d’administrations s’équipent en machines électro-comptables.
- XXXIX. — Avenir du métier.
- De ce qui précède il ressort que l’avenir général du métier est encourageant. L’avenir de chaque employée dépend de sa valeur personnelle. Une bonne perforatrice a peu de chance de dépasser-ce stade, mais une employée aux grosses machines peut devenir conductrice de machines, monitrice, et les chefs de service sont généralement recrutés parmi les employés.
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- XL. — Spécialisations.
- Le métier comporte les deux spécialisations que nous avons vues. On conseille à une jeune fille qui a les aptitudes pour travailler sur les grosses machines de ne' pas commencer par être perforatrice.
- On ne peut exercer ce métier sans apprentissage, mais parfois les entreprises forment elles-mêmes leurs employées recrutées parmi le personnel existant déjà.
- XLI, XLII, XLIII, XLIV. — Ecole d'apprentissage.
- Nous venons de voir que l’apprentissage peut se faire dans les entreprises qui utilisent les machines comptables. Cette méthode a des avantages : elle met l’élève dans l’atmosphère du travail et lui permet de s’exercer sur des données réelles ; mais elle présente des inconvénients, en particulier celui de ralentir considérablement le rythme du Service'et de ne pas laisser à l’apprentie toute sa liberté d’exercice parce qu’elle craint de gâcher le travail. En outre, si elle perd sa place, elle ne possède aucun diplôme prouvant ses capacités professionnelles. Pour que cette méthode soit efficace, il faudrait que l’apprentissage dans les entreprises soit organisé et contrôlé, ce qui n’est pas encore le cas.
- Le mieux est donc, à l’heure actuelle, de faire l’apprentissage en école. Arrivés à ce moment de notre exposé, nous devons nous expliquer sur le point suivant : la plupart des écoles de commerce et de comptabilité font un cours sur l’emploi des machines comptables; mais, d’une part, ce cours n’est qu’une partie d’un programme comprenant des connaissances très diverses, et d’autre part, le métier de comptable auquel préparent ces écoles est très différent du métier de mécanographe d’électro-comptabilité par carte perforées. Pour celui-ci la société électro-comptable a ouvert une école située 29, rue de Berry. 11 n’y a aucune condition d’âge
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- ou dS scolarité à remplir pour commencer l'apprentissage. L’enseignement ss divise en deux parties : la perforation et les grosses machines.
- Pour la perforation l’aprentissage dure de G semaines à 3 mois selon les aptitudes personnelles. Les exercices consistent à taper d’abord des séries de chiffres en ordre, puis des séries de chiffres sans ordre, ensuite des documents réels de plus en plus compliqués. Tout le progrès consiste à aller de plus en plus vite, faire de moins en moins d’erreurs et finir par diminuer le gâchage. A la- fin du cours, les jeunes filles reçoivent une attestation reconnaissant qu’elles sont aptes au travail de perforation.
- Pour le travail aux grosses machines, la durée d’un apprentissage convenable est d’au moins 5 mois. L’enseignement consiste à familiariser l’apprentie avec toutes les machines, elle apprend à les surveiller, les alimenter, à manier des piles de caries et petit à petit à établir des tableaux de connexions de plus en plus compliqués.
- L’apprentie passe au bout de 5 mois le diplôme d'opérateur débutant. A ce moment là, elle peut se placer. Si elle suit pendant un an les cours du soir, 3 jours par semaine, elle pourra passer le diplôme d’opérateur du deuxième degré. Il y a ensuite un cycle de cours de perfectionnement à mesure que tes machines elles-mêmes se perfectionnent, mais il n’y a pas de diplôme supérieur. Le diplôme d’opérateur du deuxième degré se passe sous le contrôle du ministère du Commerce.
- L’école est gratuite, mais l’élève ne reçoit aucune rémunération durant son apprentissage et il y a un certain déchet au cours même de l’apprentissage, le métier reste longtemps abstrait et quelques jeunes filles se découragent.
- Il n’y a pas de contrat d’apprentissage.
- XLV, XLVI, XLVII. h— Orientation professionnelle et placement des apprenties.
- Nous avons vu qu’aucun examen ne présidait à l’entrée en apprentissage. Il semble cependant qu’il y aurait avantage à opérer une sélection et à s’adresser pour cela aux méthodes habituelles de l’orientation professionnelle. On peut imaginer une série d’épreuves en vue de cette sélection, nous les soumettons sous réserve bien entendu de les expérimenter et d’en vérifier le pouvoir de prédiction.
- Pour les perforatrices :
- 1° Rapidité du mouvement.
- Test du tapping ou, plus simplement, frapper le plus grand nombre de points sur un papier blanc au moyen d’un crayon.
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- 2° Rapidité de lecture et perception visuelle.
- Faire lire des séries de chiffres d'abord de gauche à droite, puis de haut en bas, de bas en haut et suivant La diagonale.
- 3° Coordination sensori-motrice.
- Etablir sur du papier une image du clavier .avec des ronds, portant les chiffres, puis faire lire à la jeune fdle des séries de chiffres sur un document en lui demandant de les pointer avec un crayon sur l’image du clavier.
- Pour les employées aux grosses machines :
- 1° Adresse manuelle. — Faire battre et ranger des paquets de cartes de plus en plus volumineux.
- 2° Attention concentrée. —- Test du barrage des signes.
- 3° Attention diffusée. — Faire exécuter simultanément plusieurs lâches simples.
- 4° Attention différée. — Donner, au début de l’épreuve, un ordre à exécuter à la fin de l’épreuve.
- 5° Intelligence. — Nous nous en tiendrons sous ce rapport aux épreuves d’intelligence en usage dans les examens psychologiques.
- En ce qui concerne les qualités du. caractère, l’examinateur devra faire appel à son intuition psychologique pour les déceler au cours de l’examen lui-même et pendant un interrogatoire dirigé.
- Ce ne sont là, d’ailleurs, que des suggestions destinées à montrer dans quel sens peuvent s’orienter les recherches en vue de la sélection des apprenties mécanographes.
- E. — Conditions après l’apprentissage
- XLVIII, XLIX, L, LI. — Placement, salaires (1).
- Le placement des apprenties, se fait facilement ; il est généralement effectué par l’école elle-même : la Société électro-comptable ne vend pas, mais loue ses machines et, la plupart du temps, fournit en même temps le personnel destiné à les faire marcher ; ce personnel est recruté naturellement parmi les élèves de l’ccole qui sont placées au fur et à mesure des demandes.
- Le salaire des employées est fixé par un contrat collectif.
- Une perforatrice sans brevet gagne 850 frs par mois. Titulaire du brevet et après trois mois de présence, elle gagne 1.300 frs par mois.
- Une conductrice de machines titulaire du brevet d’opérateur débutant gagne 1.385 frs 75 par mois, et avec le brevet d’opérateur du deuxième degré 1.626 frs par mois.
- Une monitrice gagne 2.500 frs par mois. .
- (l) Tous ces chiffres sont inexacts actuellement. (N. rie la R.j.
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- Lorsqu'une employée devient chef de service, ii n’y a plus de tarif et le salaire dépend de l’entreprise qui l’emploie.
- Signalons que les mécanographes qui travaillent dans les administrations publiques et les. ministères sont en général titularisées au bout de six mois.
- LII, LIII. — Chômage.
- Le personnel de mécanographie est généralement stable, il n’y a pas de chômage à l’heure actuelle et ce métier est appelé à se développer de plus en plus à mesure que se développe le mouvement de rationalisation des entreprises privées et publiques.
- LIV. —1 Avenir réservé aux employées intelligentes.
- Nous avons vu qu’une mécanographe intelligente, active et douée de « dynamisme » pour employer un mot aussi moderne que le métier, peut espérer progresser, à condition quelle aime son métier et ne perde pas le goût de la recherche, il faut qu’elle pense à son travail en dehors des heures qui lui sont réservées et ne croie jamais qu’elle a fini d’apprendre. Les machines elles-mêmes se modernisent sans cesse et il est indispensable de suivre leurs modifications pour en faire profiter le service.
- P. — Organisations professionnelles
- Il n’existe pas d’organisations professionnelles. Les mécanographes ne sont pas groupées en syndicats ou associations. Aucune brochure ou revue ne paraît sur ce sujet. Néanmoins on peut obtenir tous les renseignements désirables à la Compagnie Electro-Comptable de France, 29 boulevard Maleshcrbes, Paris, et on lira avec fruit un ouvrage de M. René Carmilie sur « La mécanographie dans les administrations ».
- Conclusion
- Nous espérons, au terme de cette élude, avoir montré les avantages de ce métier moderne, qui, s’il exige des aptitudes bien déterminées, demande un apprentissage court ci ouvre des perspectives d’avenir très encourageantes.
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- NOTES ET DOCUMENTS
- Données fournies par l’étude psychologique de trois groupes de triplettes
- Au. cours des. recherches, systématiques qu’il poursuit sur des couples de jumeaux, René Zazzo a eu l’occasion d’étudier trois groupes de triplettes. et il a, donné u.u résumé, des résu.lta.ts obtenus, au cours d’un examen psychologique approfondi appuyé d’examens somatiques (1), grâce à une collaboration, du. Centre d’études génétiques du professeur Turpin et du. Laboratoire de psychobiologîe de l’enfant du. professeur Wallon.
- Des épreuves nombreuses de niveau mental et d’intelligence, d’attention, de mémoire, de psychomotricité et de caractère ont pu être appliquées à. deux ans d’intervalle sur un premier groupe à l’âge de 8,4 et de 8,8 puis, de 10,9 ans, sur un second groupe à l’âge de 4,10, de 5,6 et de 6,10 ans, sur un troisième enfin à l’âge de 15,3 et 17,7 ans.
- Dans le premier groupe, une différenciation très nette se marque entre une des fillettes, et ses deux sœurs, au. point de vue physique et dans les tendances affectives, et il paraît bien s’agir d’un couple monozygote complété, par un di.zygote. Et cependant des ressemblances étonnantes se marquent dans des traits anormaux semblant impliquer une hérédité névropathique commune.. C’est ainsi que, chez toutes, les trois, filles il y a arriération mentale nette au test BineLSimon et intelligence surnormale au lest non verbal du labyrinthe de Porteus. De 1941 à 1943, le quotient au. B. S. s’abaisse de 91 à 87 et de 91 à 79 chez les. deux jumelles identiques, et de 86 à 80 chez la troisième, tandis qu’au Porteus., le quotient, croît de 102 à 134, identiquement, chez les deux premières, de 98 à 140 chez la troisième (qui, seule, est gauchère). Le comportement est instable chez toutes..
- Le second groupe comportait également deux jumelles, identiques sur les trois d’après, les caractères physiques, le développement affectif étant normal chez la. troisième (seule gauchère probable) et retardé chez les deux premières ; mais chez foutes, encore, instabilité du comportement. Pas de différences appréciables dans le niveau mental (quotients, s’élevant chez toutes, de 82 à 91,. 85 à 93, 85 à 92).
- C’est le dernier groupe qui s’est montré le plus intéressant en raison de l’âge plus avancé. Dans ce groupe l’identité monozygote est. apparue comme pratiquement certaine pour deux des. jeunes filles, et probable même pour la troisième, surtout d’après l’exainen psychologique, bien que la différence dans les plis palma.ires ait semblé indiquer une origine dizygote.
- Les profils d’après la fiche analytique d’intelligence sont sensiblement identiques (avec classement, dans le 1er ou le 2e décile), l’efficience fotale atteignant 105, 118 et 115 points. Au point de vue de la. mémoire, un test analytique donne également des similitudes frappantes. Enfin les profils reintifs aux intérêts d’après L. Ver-
- (l) René Zazzo. Etude psychologique de trois groupes de triplettes, « Semaine des Hôpitaux », 7 novembre 1945, p. 1163 1172.
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- non-Alport théoriques, (très faibles), esthétiques (très marqués), économiques, sociaux, politiques et religieux (moyens, plutôt faibles) s.ont presque superposables.
- Les trois jeunes, filles ont quitté l’éccle à 16 ans pour étudier la. danse et préparer un numéro de music-hall. La communauté des actions de milieu a dû intervenir pour favoriser les ressemblances préparées par la communauté, héréditaire.
- L’une des. jumelles domine nettement dans le milieu que con.sii-tuc ce groupe de triplett.es et l’on observe quelques différences, de personnalité, (l’une plus, méticuleuse, une autre plus taquine, une enfin plus étourdie), mais toutes sont extraverties, et l’attitude dans, le monde est la même, ces différences apparaissant surtout dans leurs rapports réciproques, comme s.i la communauté de vie engendrait les différenciations.. Il y a là des éléments de nature à montrer la. complexité, du. problème, en. ce qui concerne du moins la structure de la personnalité. Pour l’efficience intellectuelle et les aptitudes, mentales, en revanche, l’influence héréditaire paraît bien de même puissance que pour ]es caractères physiques.
- H. P.
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- L’aptitude mathématique
- serait-elle différemment constituée dans les deux sexes ?
- A.-N. Blackwell a tenté l’analyse factorielle de l’aptitude mathématique en appliquant, la méthode de Thurskone aux intercorrélations. entre 10 groupes de tests d’après, les résultats obtenus chez 100 garçons, et 100 filles âgés de 13 ans \ à 15 ans (1). Cette analyse a conduit à faire intervenir trois facteurs, et à la rigueur un quatrième, ruais chez les filles seulement, le troisième étant déjà résiduel chez les garçons.
- L’analyse ayant été fa.ite séparément pour les. deux sexes en effet, il est apparu des différences notables dans les saturations des divers groupes de - tests qui étaient les suivants :
- 1° Problèmes arithmétiques ; 2° Interpolation (nombres manquants) ; 3° Calcul algébrique ; 4° Trois épreuves de type spatial ; 5° Trois épreuves géométriques; 6° Sélection logique ; 7° Sélection verbale (le mot le plu.s. exact) ; 8° Analogies ; 9° Fréquences ; 10° Relations mêlées.
- Les tests, les plus, saturés dans le premier, facteur, commun à tous, et qui s’identifie avec le G de Spearman, sont ceux du raisonnement déductif ; ce facteur rendrait compte de 27,54 de la variabilité aussi bien chez les garçons que chez les filles.
- Majs, si les. saturations sont en général voisines dans les deux sens (0,823 et 0,774 ; 0,663 et 0,657 ; 0.680 et 0,666, respectivement, chez les filles, et les garçons, pour les trois premiers groupes), il y a des. différences notables, en certains cas : par exemple, pour la sélection logique, les valeurs sont 0,480 et 0,094, pour la sélection verbale 0,056 et 0,407 chez les filles et les garçons, respectivement.
- (1) A comparative investigation iato ihe factors involved in mathématical abiiity of boys and' girls, << Journal of educatlonal psychology », X, 1940, p,212.
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- Avec le deuxième facteur, rendant compte de 16 % de la variance de$ garçons et de 14 % de celle des filles, facteur surtout spatial et manipulatif (saturations chez les filles et les garçons de 0,799 et 0,597 pour le 4e groupe, de 0,751 et 0,507 pour le 9e groupe), il y a des écarts encore plus grands : 0,070 et 0,543 pour les analogies.
- C’est surtout avec le 3e facteur, qui serait, surtout verbal (?), que les. divergences se marqueraient très considérablement, avec participation pour 11 % à la variance des filles, pour 7 % seulement à celle des garçons à saturation négative de 0,212 chez les filles, positive de 0..118 chez les. garçons, pour, le 1er groupe, positive de 0,368 chez les. filles, négative de 0,251 chez les garçons pour le 7° groupe (sélection) verbale. Saturation maxima pour les 8e et 9e groupes (0,529 et 0,300 ; 0,544 et 0,276 chez filles et garçons respectivement).
- Enfin un 4e facteur rendant compte de 6 % de la variance, ne s’est manifesté, que chez les filles (saturation de 0,524 pour les relations, mêlées et de 0,434 pour la sélection verbale), sans interprétation précise.
- Si ces données étaient entièrement valables, il en résulterait des différences, nettes, entre les sexes dans la constitution de l’aptitude. Mais, la méthode de Thurstone n’est pas assez sûre, et c’es.t peut-être une preuve de son manque de validité, qu’apportent les différences constatées. La question pourrait être résolue par emploi de la méthode de Delaporte et détermination de l’erreur probable des coefficients. de saturation. p
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- Etude du développement de la notion de partie et d’une forme verbale de la comparaison chez les écoliers Lillois
- M. Lallau cherchant à connaître le développement de la notion de partie chez les enfants de 12 à 14 ans a appliqué à 217 garçons et 221 filles une question de Burt.
- Rappelons ce test :
- « Jean dit à ses sœurs : « Ouelques-unes de mes fleurs sont des « boutons d’or. » Ses sœurs, savent que tous les boutons d’or sont « jaunes ».
- « Marie dit : « Toutes tes fleurs doivent être jaunes. ».
- « Simone dit : « Quelques-unes de tes fleurs doivent être jaunes. »
- « Rose dit : « Aucune de tes fleurs n’est jaune. »
- « Laquelle a raison. ? »
- Voici les résultats obtenus :
- à) Marie a raison : toutes les. fleurs, sont jaunes :
- 25 °A garçons et 21,5 °/Q filles.
- b) Simone a. raison : quelques fleurs, sont jaunes :
- 62.5 % garçons et 69,5 % filles .
- c) Rose a raison : Aucune fleur n’est jaune :
- 10 % garçons et. 7 % filles.
- d) Aucune n’a raison :
- 1.5 % garçons et. 1,5 % filles.
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- Il appliqua ensuite au.x mêmes enfants la variante suivante :
- « Jean dit à ses. sœurs : « Une partie de mes fleurs sont jaunes. » « Quelle est la couleur, de mon bouquet-; ? »
- Voici les résultats, obtenus :
- a) Le bouquet est jaune : 54 % de garçons et 38,5 % de filles.
- b) Quelques-unes des fleurs sont jaunes : 38,5 % de garçons et 53 % de filles.
- c) Ne savent pas : 7,5 % de garçons et 8 % de filles.
- Sur les mêmes enfants fut appliqué un test de comparaison de Burt.
- « Edith .est plus blonde que Suzanne.
- « Edith est plus brune que Lili.
- « Laquelle est la plus foncée : Edith, Suzanne ou Lili ? »
- Voici des résultats :
- a) Suzanne : Garçons 23 % et 34 % filles.
- b) Edith : Garçons 60 % et 52 % filles.
- c) Lili : Garçons 14 % et 13 % filles.
- A TRAVERS LES REVUES
- Nous relevons da.ns le Bulletin analytique du Centre de la recherche scientifique, vol. VII, n° 2, 1946, les titres suivants : ,
- Desoille. — La sélection des cadres supérieurs, les facteurs profonds. d’adapta.tion de l’homme à sa fonction (Cegos 1945, fasc. 3).
- Gourdon. — La. mesure du travail humain. (Paris, éditions, du Centre 1945.
- Dans VOccupational Psycliology de juillet 1946 (XX,. 3), le brigadier Tuck rend compte de l’emploi de la. psychologie dans l’Armée anglaise pendant la guerre, et M. Fruslon examine l’influence de la guerre sur les intérêts professionnels des jeunes gens.
- La Psychological Review de mai 1946 (T.. 53,3) contient une note de J. Levinson sur les similitudes et les différences, des tests d’habi-leté (ou. d’intelligence) et les. tes.t.s « projectifs » (comme le test, de Rorschach).
- Le n° 2 de la Revue de l'Education surveillée (mai-juin. 1946) contient une étude du Dr Heuyer sur délinquance et troubles du caractère chez les adolescents, une note sur le patronage de l’enfance et de l’adolescence (patronage Rollet) par son. directeur, M. Durey-Sohy, deux « études de cas », (l’observation d’un jeune fugueur, et d’un cas. de vol d’auto par un adolescent suggestionné par une lecture).
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- jftieKRWHlâjÿ.
- Le n° 3 du tome 30 du Journal of Applied Psychology (juin, 1946) contient une étude de Robert P.. Fischer sur la comparaison de questionnaires signés ou nc.n signés, et la prédiction du succès dans une école d’infirmières est l’objet d’un article de A.-Q. Sertain.
- Dans le Journal of Aviation Medicine (T. 16, 1945, p. 409), Hemingway et Green relèvent la fréquence du. mal de l’a.ir dans les premiers vols d’élèves pilotes (5,7 % au 1er, 1,1 % au 10e), et (p. 370) la prédisposition aux accidents chez les pilotes est dégagée par Kalez et Havde de l’analyse de 1.559 accidents, notant que 58,2 % des accidents dus. aux pilotes o;nt été causés par seulement 18,4 % de ceux-ci.
- La Revue dos Sciences Pédagogiques de Bruxelles. (T. VII, n° 32, 1945) contient une intéressante étude de L. Delys sur « l’élève de l’enseignement moyen aux prises avec les mathématiques » où la comparaison de la réussite avec le niveau, au test d’intelligence montre des corrélations variables, et existence, dans les' classes, d’une courbe de fréquence bimodale pour la réussite mathématique ; et un exposé de W.-G.. Tordeur sur les aspects actuels du placement et du préapprentissage des jeunes en Angleterre.
- Dans Pisychomeirika (XI, 2, 1946) Thurstone expose, pour l’application de l’analyse factorielle, une méthode plane simple de rotation, et Léon Festinger envisage la. signification de la différence entre des. moyennes, en. l’absence de toute référence à la distribution des fréquences.
- Le n° 239 des Psychological Monographs (1941) est consacré à une étude de Kurt Goldstein et M. Scheerer sur le comportement abstrait et concret, étudié, en pathologie mentale au moyen de cinq tests (tests de cubes, d’assortiment de couleurs, d’assortiment d’ob- , jets, d’assortiment mixte de formes et. couleurs, de reproduction et interprétation de schémas graphiques).
- Les Commenlations de l’Académie pontificale des sciences contiennent un, mémoire de Gemelli, C., Trabattoni et R. Micale sur le mécanisme de la perception de la profondeur, sur les' différences individuelles, de cette perception et la méthode de s.on évaluation (VII, n° 19, 1943).
- Dans, le tome XVI (nos 1 et 2, février et juin 1946) du British Journal of Educational Psychology, nous relevons des études présentées au Symposium sur la personnalité, de A. Maberly, sur la personnalité de l’enfant quand il se présente comme un problème (les mésadaptations relevant d’instabilité, de sensitivité, ou de manque de correspondance de maturation éducative et intellectuelle) et de Gordon W. Allport, sur le généticisme vis-à-vis de la structure du moi dans les théories, de la personnalité ; et nous trouvons aussi une importante nécrologie du regretté Spearman par P.-H. .Ballard.
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- Dans. l'Enseignement public de juillet 1946, organe de la Fédération de l'Enseignement, Jean Beaussier a examiné les problèmes de l'orientation scolaire et professionnelle.
- L'Hygiène Sociale de mai 1946 contient une étude du Dr M. Pelletier sur le contrôle médical scolaire et l’orientation professionnelle, envisageant le développement de la visite médicale scolaire afin de la faire servir comme visite médicale d’orientation professionnelle.
- Dans {'American Journal of Psychology d’avril 1946 (59, 2, p. 273) A. S. Edwards décrit un dactylotrémomètre pour l’enregistrement des mouvements d’un doigt dans les trois dimensions (qu’il croit à tort avoir été réalisé pour la première fois) et avec lequel il a enregistré. l’amplitude des tremblements avec le bras étendu, le coude appuyé, le poignet appuyé, ou la paume appuyée, observant la diminution nette des oscillations avec l’âge (de 3-4 ans jusqu’à 17-22 ans) et la plus grande amplitude chez les hommes que chez les femmes.
- Articles relevés dans le Journal of applied Psychology :
- Tome 26, n° 1, février 1942 :
- Marie Skodak et O.-L. Crissey. Visées professionnelles et test d’intérêt de Strong (le test n’ayant pas chez les jeunes filles de High School une grande valeur d’orientation du fait que malgré des intérêts — très répandus — pour certaines carrières en petit nombre, les choix effectifs, dans lesquels les capacités jouent un rôle important, détournent la plupart des jeunes filles des carrières qu’elles ne se sentent pas capables d’affronter).
- E. E. Ghiselli. Comparaison du test de Minnesota pour employés de bureau avec la batterie générale du Service de placement des U.S.A., qui ajoute de nouvelles épreuves sans gain réel.
- N° 2, avril 1942 :
- G. K. Bennett et R. M. Cruikshank. Différences entre les sexes pour la compréhension des problèmes mécaniques (avec supériorité générale notable des garçons, peu marquée pour quelques-unes des questions, considérable pour d’autres, telles que les mouvements de poulie et d’engrenage).
- R. L. Thorndike. Deux tests de criblage pour l’intelligence verbale (Choix multiple portant sur le vocabulaire et test de vocabulaire de Binet abrégé).
- Tome 27, n° 1, février 1943 :
- M. E. Allan et F.-M. Young. Constance du quotient d’intelligence chez des enfants ayant initialement 4 ans et retestés un à douze ans plus tard, avec discussion de ce qu’on peut appeler constance et des facteurs favorables à celle-ci (en particulier l’existence d’un quotient égal ou supérieur à 115).
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- N° 2, avril 1943 :
- J. C. Heston. Analyse factorielle de quelques tests cliniques de performance (méthode de Thurstone, avec trois facteurs dont deux identifiés comme visualisation spatiale et rapidité motrice).
- J. Tiffin et C. H. Lawshe Jr. Un test d’adaptabilité.
- R. F. Berdie. Goûts, dégoûts et intérêts professionnels.
- N° 3, juin 1943 :
- R. Pintner et G. Forlano. Tests de personnalité chez des enfants de vision défectueuse (ne révélant pas de pattern distinct).
- N° 4, août 1943 :
- E. N. Hay et A. N. Blakemne. Relation entre l’expérience professionnelle et le test spécial de Minnesota pour employés de bureau (donnant une légère supériorité de 7 points au groupe de 241 femmes déjà employées sur celui de 229 femmes sans expérience.
- A. 1. Rabin. Une forme abrégée du test Wechsler-Bellevue.
- A. F. Dodge. Quels sont les traits de personnalité de l’éducateur qui réussit (d’après la comparaison de deux groupes formant un total de 301 maîtres, montrant des différences significatives).
- N° 5, octobre 1943 :
- P. P. Roach. Une étude expérimentale de la caractéristique « patience au travail » (plodding) de la « persistance » (facteur juxtaposé par Thurstone à la capacité de surmonter l’inconfort, à la base de la persévérance).
- Tome 28, n° 1, février 1944 :
- E. L. Thorndike. Intérêts et habiletés (le degré de corrélation entre
- intérêts et capacités constituant un trait de caractère de la personnalité).
- F. A. Fredenburgh. Le nœud gordien de l’orientation professionnelle (critique de l’insuffisance d’une orientation qui n’est pas une affaire d’amateurs ou de philosophes dans leur chaire).
- N° 2, avril 1944 :
- H. J. Older. Un test objectif d’intérêts professionnels (intérêts révélés par des images d’activités professionnelles au nombre de 120, pour 18 grands groupes de carrièi’es pouvant s’ouvrir après la high School). v
- N0'3, juin 1944 :
- J. E. Zerga. Développement et emploi des tests à appareils dans l’industrie.
- G. K. Bennett et H. P. Gordon. Scores aux tests de personnalité et
- succès dans la carrière des infirmières (les tests de Bernreuter et de Minnesota n’ayant aucune valeur prédictive).
- N° 4, août 1944 :
- Helen M. Richardson et N. G. Hanawalt. Le leadership chez des adultes au cours d’activités professionnelles et sociales en relation avec les mesures de la personnalité de Bernreuter.
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- N° 5, octobre 1944.
- C. H. Griffin et H. Borow. Un test d’aptitude pour ingénieurs et physiciens.
- R. W. T.undin. Quelques nouveaux tests d’aptitude musicale.
- N° 6, décembre 1944 :
- C. E. Jurgensen. Un test de personnalité pour emploi dans l’industrie.
- W. E. Bingham Jr. Etude de l’effet de la présence de l’examinateur sur des scores en tests individuels (effet tendant à diminuer l’efficience par augmentation des erreurs, mais à augmenter le rendement brut, nombre d’additions par exemple).
- Tome 29, n° 1, février 1945 :
- R. T. Lennon et B. Baxter. Aspects prévisibles du travail de bureau.
- N° 2, avril 1945 :
- H. O. Schmidt. L’inventaire multiphasique de Minnesota et l’emploi de profils pour aider le diagnostic.
- L. R. Harman et N. Wiener. L’inventaire de Minnesota pour l’orientation professionnelle.
- N° 3, juin 1945 :
- L. Long. Relation entre intérêts et aptitudes (par emploi du test de Strong et du lest de Zyve, un certain accord, mais limité, ayant été constaté).
- N° 4, août 1945 :
- H. M. Hildrett. Tests de criblage psychométrique (10 questions, demandant une à deux minutes).
- R. F. Berdie. Etendue des intérêts (méthode permettant uc pi'édire l’adaptabilité à une formation militaire).
- N° 5, octobre 1945 •
- Quentin W. File. La mesure de la capacité de « supervision » industrielle.
- N° 6, décembre 1945 :
- L. G. Portenier. Aptitudes mécaniques des étudiants d’Université.
- Tome 30, n° 2, avril 1946 :
- Mary K. Bauman. Application des techniques d’habileté motrice à l’adaptation professionnelle des aveugles.
- W. D. Altus et Cl. A. Mailler. Signification de l’aptitude verbale pour le type d’occupation à donner à des illettrés.
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- INFORMATIONS
- Le bureau international d’éducation a tenu à Genève s.a. IXe conférence.
- Parmi les pointa discutés figure Légalité, d’accès à l'enseignement du 2i° degré (rapporteur. J.-A.. Lauwerys).
- Le rapporteur a passé en revue : les problèmes de sélection et d’orientation. Les mesures d’aide aux bien doués. Les facilités spéciales d’études, hors cadres accordées, aux jeunes travailleurs.
- i *
- '* *
- Au Centre départemental d’O. P. de la Seine, dont M. Gille a été nommé directeur, M&e le Dr Parmenti.er-Belou a été désignée comme médecin-chef.
- ! *
- Au. Congrès européen de l’Education nouvelle, qui s’est tenu à Paris, du 29 juillet au. 11 août, sous la. présidence de Paul Langev)in, il y avait, sur les onze commissions de travail, une commission consacrée à la psychologie de l’enfant, présidée par Jean PiageL, de Genève, avec rapport introductif de R.. Zazzo et une autre relative à l’orientation et sélection, présidée par Bajany, de Bratislava., avec rapport introductif de H. Piéron ; à cette dernière ont été. présentées des communications de Mlle Weinberg, de Mmo Joumain, de Namur, de M. Vassogne (sur l’orientation professionnelle et éducation en Belgique), de M. Tilarke sur l’emploi scolaire des méthodes employées en Angleterre pour la sélection des officiers.
- *
- * *
- Au Congrès mondial de l’enseignement, tenu eu juillet 1946, deux données ont été fournies sur l’organisation actuelle en Roumanie :
- Le cours, primaire élémentaire est obligatoire et gratuit pour tous les enfants de 7 à 11 ans.
- De 11 à 14 ans, les enfants, sont tenus de fréquenter les écoles uniques que l’on appelle en Roumanie « gymnases », Cet enseignement — obligatoire pour tous et gratuit pour les. enfants dénués de ressources (en attendant qu’il le soit pour tcus, sans exception) — a pour but de donner une culture générale et, par l’introduction des activités pratiques, de dépister les aptitudes, des élèves, en vue d’une juste orientation professionnelle. Le « gymnase unique» est en cours de réalisation. Dans les. localités où faute de locaux et de personnel, il n’a pu. être organisé, continue l’enseignement du cours primaire supérieur, gratuit et obligatoire.
- Pour les enfants, de 14 à 18 ans, il. y a les écoles secondaires de divers types. : lycées, théoriques, industriels, commerciaux, séminaires, écoles, normales, etc... Cet enseignement n’est pas obligatoire.
- Et c’est l’enseignemnt supérieur qui attend les élèves après 18 ans.
- Le service d’orientation, professionnelle a l’usage du « gymnase unique» n’est pas encore complètement organisé. Toutefois, l’Institut d’Orientation Professionnelle appartenant au Ministère de
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- l’Education Nationale a adopté et a élargi son activité. Ainsi on a étudié la possibilité d’ouvrir des centres d’enseignement unique dans les faubourgs et à la campagne. On a fait une enquête sociale parmi les. enfants des ouvriers et des paysans pour améliorer leurs, conditions matérielles, et d’assistance médicale et morale.
- - *
- * *
- MUe Juliette Boutonnier, docteur en médecine et docteur, ès lettres, agrégée de philosophie, a été nommée directrice du Centre psycho-pédagogique du. Lycée Claude Bernard, et M. Georges. Mauco, docteur ès lettres, directeur adjoint.
- La direction de l’enseignement technique qui. a déjà plus de 900 centres d’apprentissage groupant plus de 80.000 jeunes gens, vient de créer par ordonnance du 2 novembre 1945 des écoles, normales d’apprentissage.
- Ces écoles sont actuellement au nombre de cinq : trois écoles masculines, à Paris, à Lyon et Nantes., et deux écoles féminines, à Paris. et à Toulouse. La création d’une sixième école étant envisagée à Strasbourg. Ces écoles comprennent trois sections : une première destinée à la formation du personnel d’enseignement général, professeurs, professeurs adjoints, surveillants.
- Une seconde section destinée à la formation du. personnel d’en-sêignement professionnel : Professeurs techniques, professeurs techniques adjoints, chefs d’atelier et chefs de travaux, professeurs de dessin industriel et de dessin d’art, professeurs d’enseignement ménager pour les établissements féminins.
- Enfin une troisième section forme le personnel d’administr.ation : économes, sous.-économes, agents, comptables..
- LA VIE DE L’INSTITUT NATIONAL D’ÉTUDE DU TRAVAIL ET D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- L’examen pour le diplôme d’Etat de Conseiller d’Orientation eut lieu simultanément à Paris et à Marseille le 12 juillet.
- II y eut 134 candidats admis, à l’examen :
- 98 pour Paris et 36 pour Marseille. 14 se présentaient pour la deuxième fois et cinq candidats inscrits ne s.e présentèrent pas..
- Parmi ces 134 candidats on comptait 67 femmes et 67 hommes.
- Deux classements furent faits :
- 1° Le classement normal dans lequel i] fallait atteindre la moyenne de 12 pour être reçu. ;
- 2° Le classement spécial réservé aux prisonniers, déportés et résistants qui n’avaient besoin que d’une moyenne de 10 pour, être reçus.
- La. série normale comprenait 64 femmes et 28 hommes et la série spéciale 3 femmes et 39 hommes,
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- Des mentions, furent données : Très bien pour, des moyennes de 16 et plus et bien avec une moyenne de 14 et plus, à la fois pour la' série normale et pour la série spéciale. Il y eut une mention très bien et quinze mentions bien.
- Six mentions bien pour les femmes (cinq pou.r lu section normale et une pour la section spéciale) et pour les hommes une mention très bien (section normale) et neuf mentions bien (trois pour la section. spéciale et six pour, la section normale)..
- Voici les. noms des élèves reçus dans, l’ordre déterminé par le nombre total des. points obtenus par chacun :
- Elèves reçus à la section normale
- 1. M. Hugonnier, René, 179 points 75, mention très, bien ;
- 2. M. Borel, Aimé, 161 points 25, mention bien ;
- 3. M. Lafargue, Jacques, 157 points 50, mention bien ;
- 4. M.. Bourdon, Paul, 157 points, mention bien ;
- 5. Mlle Grossoleil, Jacqueline, 156 points 75, mention bien ;
- 6. MUe Seror, Andrée, 156 points. 50, mention bien ;
- 7. ex-æquo MUe Miault, Alice, 155 points 50, mention bien ;
- 7. ex-æquo Mlle Boussion, Alice, 155 points 50, mention bien ;
- 9. ex-æquo M. Blanc, Edmond, 155 points, mention bien ;
- 9. ex-æquo M. Marguin, Paul, 155 points, mention bien ;
- 11. M. Lefes.t, Michel, 154 points 50, mention'bien ;
- 12. Mme Blique, Alice, 154 points, mention bien.
- 13. MIle Gloupil, Andrée, 152 points 75 ;
- 14. ex-æquo MUe Dothun, France, 151 points 50 :
- 14. ex-æquo M1,e Pli.chon, Micheline, 151 points 50 ;
- 16. ex-æquo M. Bridon, Jean, 151 points.
- 16. ex-æquo M.. Pierron, Lucien, 151 points ;
- 18. Mlle Saillard, Marie, 150 points 50 ;
- 19. M. Le Bellec, Jean, 150 points. 25 ;
- 20. Mlle Roché, Geneviève, 150 points. ;
- 21. Mlle Combecave, Suzanne, 149 points 25 ;
- 22. Mlle Angoulvent, Nicole, 149 points 25 :
- 23.. Mme Duchery, Suzanne, 148 points 75 ;
- 24. Mlle Pinet, Marcelle, 148 points ;.
- 25. ex-æquo M. Talaric, Georges, 147 points 25 :
- 25. ex-æquo M.. Bonnet, Charles, 147 points 25 ;
- 27. MUe Dolet, Marcelle, 146 points 25 ;
- 28. Mme Bergougnoux, Madeleine, 144 points 75 ;
- 29. M. Colin, Roger, 144 points 50 ;
- 30. Mlle Le Breton, Lucette, 143 points 50 ;
- 31. MUe Cambon, Marlhe, 142 points 50 ;
- 32. M. Heroguel, Bernard, 142 points 25 ;
- 33. MUe Bordes, Suzanne, 142 points ;
- 34. M.. Duchery, Armand, 141 points ;
- 35. ex-æquo Mlle Dithiers, Paulette, 140 points 50 :
- 35. ex-æquo MUe Genu.it, Georgette, 140 points 50 :
- 37. ex-æquo MUe Budzinsky, Andrée, 140 points 25 ;
- 37. ex-æquo Mlle Passebon, Andrée, 140 points 25 ;
- 37. ex-æquo Mlle Suzanne, Paulette, 140 points 25 :
- 40. Mlle Poudreau, Renée, 140 points :
- 4L Mlle Testanière, Denise, 139 points 50 ;
- 42. M. Beausse, Germain, 139 points 25 ;
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- 43. ex-æquo Mlle Bacquelin, Geneviève, 139 points ; 43. ex-æquo Mlle Baudeau, Andrée, 139 points. ;
- 43. ex-æquo Mlle Gayrard, Hélène, 139 points;
- 46. Mlle Boffaro, Augu.sta, 138 points 75 ;
- 47.. M. Mercier, André, 138 points ;
- 49. Mme Roche, Marie-Thérèse, 137 points 50 ;
- 49. M. Fara.no, Ernest, 136 points 50;
- 50.. M. Bonneau, Rober.t, 136 points 25 ;
- 51. Mlle Vincendon. Françoise, 134 points 50 ;
- 52. MUe Latreille, Claire^ 134 points ;
- 53. Mlle Glabeî Fernande, 132 points 50 ;
- 54. ex-æquo MUe Legrand, Jacqueline, 132 points ;
- 54. ex-æquo MUe Loeseç, Nicole, 132 points ;
- 54. ex-æquo Mlle Giannanloni, Jeanne, 132 points.
- Elèves reçus à la section spéciale
- 1. M. Begarra, Raphaël, 172 points., mention bien ;
- 2. M. Deltombe, Michel, 161 points 50, mention bien
- 3. Mlle Ja.cob, Madeleine, 161 points, mention bien ;
- 4. M. Bliqne, Jacques, 154 points, mention bien ;
- 5.. M. Fouchard, Paul, 153 points ;
- 6. Mlle Matalon, Yvette, 152 points 50 ;
- 7. ex-æquo M. Maffre, Albert, 151 points 50 ;
- 7. ex-æquo M. Bailly, Robert, 151 points 50 ;
- 9. M. Merle, Paul, 151 points. ;
- 10. ex-æquo M. Teste, Pierre, 150 points 25 ;
- 10.. ex-æquo Mlle Vitorge, Edith, 150 points 25 ;
- 12. M. Es.cafet, Alfred, 147 points ;
- 13. M. Brigant, Alain, 146 points 50 ;
- 14.. M. Bloch, André, 145 points 75 ;
- 15. ex'æquo M. Barouland, Pierre, 145 points ;
- 15. ex-æquo M. Guenon, Pierre, 145 points ;
- 17. M. Giloux, Fernand, 144 points 25 ;
- 18. ex-æquo M. Javault, Jacques, 144 points ;
- 18. ex-æquo M. Lachenal, René, 144 points ;
- 20. ex-æquo M. Roché, Guy, 142 points 50 ;
- 20. ex-æquo M. Voisina, Pierre, 142 points 50 ;
- 22. M. Chandogne, Henii, 141 points. 50 ;
- 23. M. Ha.man, Lucien, 140 points 75 ;
- 24. M. Serignan, Jean, 140 points ;
- 25. M. Gi.ordam, François, 138 points ;
- 26. M. Patin, Jacqu.es, 136 points. 50 ;
- 27. M. Quintou, Paul, 135 points ;
- 28.. M. Miche, Tony, 132 points. 25 ;
- 29. M. Sautelet, Marc, 131 points 50 ;
- 30. ex-æquo M. Vasseur, Paul, 129 points 25 ;
- 30. ex-æquo M. Vautrin, Henri., 129 points 25 ;
- 32. M. Foucry,. Roger, 128 points. 75 ;
- 33. M. Bertrand, Alphonse, 127 points 50 :
- 34. M. Demarsal, Gaston, 127 points ;
- 35. M. Weil, Pierre, 126 points 75 ;
- 36.. M. Julia, Paul, 125 points. 50 ;
- 37. M. Couprie, Henri, 123 points 50.
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- Sujets des Compositions
- I. — Psychologie. — Les types d’intelligence.. Méthode d’examen.
- ou
- Pédologie. — Les effets psychologiques de la crise pubertaire.
- II. — Pathologie. —- Les malades de l’appareil respiratoire et
- I/O. P.
- III. — Sciences économiques. — Quels problèmes, nouveaux pc.se
- à l’orienteur l’organisation scientifique du travail ou
- Elude du travail. — Le taylorisme. Ses. principaux traits et sa valeur comme organisation scientifique du travail..
- IV. — Technique des métiers. — Les. métiers du. bâtiment et des.
- travaux publics. Les. aptitudes qu’ils exigent. Leur évolution technique et leur avenir.
- CAUSERIES BIBLIOGRAPHIQUES
- C. W. Valentine. — Intelligence tests for young children. — In-16 de 68 pages. Londres, Methuen, 1945.
- Le professeur d’éducation de Birmingham expose, dans ce petit volume, une série de tests correspondant aux âges de 1 an. et demi, 2 ans, 2 ans et demi, 3, 3 et demi, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10 et. 11 ans, l’utilisa.tion — faute d’une marge suffisante vers les niveaux supérieurs, ne pouvant valoir que pour les arriérés, au-dessus de 9 ans.
- Pour les tests au.-delâ de 3 ans, l’auteur a utilisé des épreuves empruntées à Binet, Burt, Gesell, Terman et Merrill. — P.
- ! * *
- * *
- Léon Walther. — Psychologie du travail. — I. Travail industriel. — In-8 de 290 pages. Genève. Editions, du. Mont-Blanc (Collection « Action et Pensée ») 1946. Prix 13 fr. 50 suisses.
- La. réédition de l’ouvrage fondamental du. psychotechnicien bien connu de Genève, « la. Technopsychologie 'du. travail industriel », publié en 1926, se présente sous une forme très séduisante.
- La bibliographie terminale en a été complétée. En se présentant cette fois comme le premier tome d’un ouvrage sur la psychologie du travail, ce volume nous, fait espérer la publication d’un livre nouveau qui sera certainement attendu avec impatien.ee. — P.
- Alex Moncrieff. — Psychology in general practice. — In-8° de 199 pages.. Londres, Eyre et Spottiswoode, 1945.
- Ce petit manuel de psychologie à l’usage des médecins praticiens traite plus particulièrement la question dans un but thérapeutique, dans la ligne générale de la nouvelle médecine a psychosomatique » qui envisage l’unité humaine pratiquement indissociable.
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- Il examine plus particulièrement les psychoses dépressives, les obsessions, l’hystérie, les névroses viscérales, les problèmes de l’enfance, y compris celui de la délinquance. — P.
- i *
- * M
- Franziska Baumgarten. — Die Charakterprüfung der Berufsanwàr-ter. — In-8 de 156 pages. Zurich, Rascher. Verlag, 2e édition
- 1945.
- Ce volume, le troisième d’une série de contributions, à l’étude du caractère et de la personnalité que publie Mme Baumgarten, fournit d’intéressantes données sur les. tests, de caractère auxquels l’auteur s’est particulièrement consacrée, en particulier son test du catalogue, et celui des proverbes relatifs a,u travail, sous, l’angle de l’orientation professionnelle. — P.
- i *
- * *
- José Mallart. — Orientation funcional y formation profesional. — In-8 de 176 pages. Madrid, Esposa-Ca.lpe, 1946. '
- Ce volume, qui est. rédigé par un collaborateur depuis de nombreuses. années, de l’InstiLut psychotechnique de Madrid, appartient à une nouvelle collection, de monographies psychologiques dirigée par José Germain, qui dirigeait autrefois cet Institut, et José Sa-cristan.
- Dans les quatre parties du livre, l’auteur envisage la question générale de l’orientation pour la préparation à une vie active, le point de départ fondé, sur la connaissance des individus, pu.is la connaissance du travail qui doit guider la formation professionnelle, enfin les. exigences techniques, et les modalités de cette formation, ou, le cas échéant, des réadaptations devenues nécessaires (en particulier chez les mutilés.). — P.
- - *
- * *
- Ag. Gemelli. — La personalita del delinquente nei suoi fondamenti biologici i psicologici. — In-8 de 321 pages. Milan, Giuffrè
- 1946.
- Etude très complète destinée à. favoriser, l'individualisation de la. peine dans la réforme envisagée du code pénal italien.
- L’auteur insiste sur le caractère unifié de l’ensemble de la personnalité et des influences complexes qui s’exercent sur elle, ce que l’anthropologie criminelle n’avait pas vu, et ce qui empêche d’établir une classification valable des délinquants, une classification des délits étant seule utilisable. — P.
- • *
- * jt.
- L'Enfance irrégulière. — In--8 de 263 pages.. Paris, Presses Universitaires 1946. %
- Réunion d’une série de conférences de psychologie clinique faites en 1942 à l’Institut de psychologie et pédagogie de Lyon pour les directeurs des Instituts, de formation professionnelle remplaçant alors, les. Ecoles normales.
- Un exposé général était fa.it par MM. Dechaume, Girard et Galla-vardin ; les retardés, intellectuels, les débiles étaient envisagés par MM. Girard et Thévenin, et les retardés pédagogiques par M. Ve-
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- rel. M. Girard traitait encore des troubles de l'émotivité, des perversions, des troubles, de l'imagination (mythomanie, schizoïdie), M. Gallavardin des troubles caractériels, tandis, que l’insta.ble était envisagé par M. Bourrai, la fatigue, et la paresse par. M. Kohler. Enfin les dernières, conférences avaient trait aux méthodes de réédu-, cation (M. Pellet) et à l’assistance (MM. Dechaume et Girard).
- H. P.
- Correspondance. — Nous recevons du professeur Delaporte quelques intéressantes, rectifications à propos de l’article de M. Bernyer paru dans noire Bulletin n° 1 (janvier^février 1946).
- Nous donnons ce rectificatif- in extenso.
- « 1° Page 11, lire Ste de Biotypologie, décembre 1945 et mai 1944.
- 2° Page 12, étude de la distribution des tailles : « C’est ce qu’avait cru observer autrefois Bertillon, (en 1851-1860) avec les. conscrits, du Doubs. En fait on )s'est aperçu plus tard que la bimoda.lit.é pouvait s’expliquer par la superposition à la loi de Eaplace-Gauss d’une loi d’erreur (...) et l’hypothèse de Bertillon a dû être rejetée. » Ce n’est à ma connaissance, que par l’étudë à laquelle j’ai procédé personnellement en 1945 qu’il a été montré, qu’il ne fallait pas y voir la superposition de deux populations ethniques différentes, mais seulement l’effet d’erreurs, de mesures très, importantes qui se trouvent dans tout le domaine de la. distribution, des tailles et spécialement visibles dans les parties extrêmes (très grandes et très petites tailles).
- 3° 4 lignes après la figure 1, lire « nuage-,observation » et non « nuage d’observation » qu.i n’a pas de sens.
- 4° Pages 12 et 13, figures 2, 3, 4.. Des points-observations doivent nécessairement se trouver à l’extérieur, des lignes, d’égales densité du nuage, sans quoi il s’agirait de contours extérieurs limitant les domaines des observations, comme il a été représenté sur les figures de M. Bernyer.
- Or on sait parfaitement que de tels, domaines sont presque toujours uniques et ne permettent aucune séparation en types.. Seules des courbes d'égale densité particulièrement bien choisies le permettraient.
- 5° P. 14, 2e et 3e lignes lire : « région d’accumulation des. points.-observations » et non « des points d’observation ».
- Nous serions heureux si nos abonnés, désireux de nous éviter des frais de recouvrement, voulaient nous adresser le montant de leur abonnement pour 1946 en un chèque postal :
- PARIS C/C 1444-79
- ou par tout autre moyen à leur convenance.
- AGEN. — IMPRIMERIE MODERNE, 43, RUE VOLTAIRE
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- SOMMAIRE
- Pages
- 1. — R. Zazzo : La psychologie de la publicité aux États-Unis...... 129
- IL — Simone Laurent : Le métier de mécanographe du service d’élec-
- tro-comptabilite par cartes perforées...................... 133
- III. — Notes et Documents : Données fournies par l’étude psychologi-
- que de trois groupes de triplettes. — L’aptitude mathématique serait-elle différemment constituée dans les deux sexes. —
- Etude du développement de la notice de partie et d’une forme verbale de la comparaison chez les écoliers Lillois..... 146
- IV. — A Travers les Revues.................................... 149
- V. — Informations............................................... 154
- VI. — La Vie de l’Institut national d’étude du travail et d’Orienta-
- tion professionnelle .................................... 155
- VIL — Causeries bibliographiques.................................. 158
- VIII. — Correspondance ........................................... 160
- Bulletin de l’Institut National d’Elude du Travail et d'Orientalion Professionnelle
- rédacteur en chef : Mme Henri PIÉRON secrétaire de la rédaction : MUe Irène LEZINE
- LES ABONNEMENTS PARTENT DU 1er JANVIER
- ABONNEMENT :
- Pour la France.... 150 fr. j Pour l'Etranger.......... 225 fr.
- Prix du numéro s 2i» francs
- Prière d’adresser le montant des Abonnements au Compte Chèques postaux de l’Institut
- PARIS C/C 1444-79
- Pour tout ce qui intéresse le Rulletin adresser la correspondance à Mme Henri Piéron
- Les Abonnés, nouveaux recevront les numéros de l’année déjà parus an reçu de leur Abonnement
- Le Gérant : Paul Arjo.
- AfiEN. — IMPRIMERIE MODERNE, 43, RUE VOLTAIRE Dépôt légal 1946. 4e trimestre. — N° d ordre 52.
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-
- SERVICES DE L’INSTITUT
- Tél. Odéon 52-46
- SECRÉTARIA T GÉNÉRA L ET CENTRE DE DOCUMENTATION Chef de Service : MUe C. Chauffard.
- /
- CENTRE D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE Chef de Service : Mlle Nepveu.
- CENTRE DE RECHERCHE DES TESTS Chef de Service : Mme Henri Piéron.
- *
- * *
- Le Secrétariat et l’Office de Documentation sont ouverts chaque jour, non fériés, de 9 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures.
- La Secrétaire générale reçoit le lundi, de 14 h. 30 à 18 heures ; le jeudi de 14 h. 30 à 16 h. 30, et sur rendez-vous.
- La Bibliothèque est ouverte chaque jour, non férié, de 14 heures à 18 heures.
- « * '
- * *
- Pour les consultations d’Orientation professionnelle, adresser une demande de rendez-vous au Chef du Centre d’Orientation Professionnelle.
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- 2e SERIE. — 2e ANNEE
- N° 11-12
- NOVEMBRE-DECEMBRE 1946
- BULLETIN
- DE
- L'INSTITUT national
- détude du travail
- ET
- d ORI entation
- PROFESSIONNELLE
- REVUE MENSUELLE
- AU SIÈGE DE L’INSTITUT
- 41, Rue Gay-Lussac, 41 PARIS
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- CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MÉTIERS
- Institut National cTEtude du Travail et d’Orientation Professionnelle
- DIRECTEUR DÉLÉGUÉ
- M. Henri Piéron, professeur au Collège de France, directeur de l’Institut de Psychologie de l’Université de Paris, président de la Section des Sciences Naturelles de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes.
- COMITÉ DIRECTEUR
- Le Directeur du Conservatoire National des Arts et Métiers.
- Le Directeur délégué.
- M. H. Laugier, secrétaire général adjoint de l’O. N. U.
- M. P. Pouillot, inspecteur général honoraire du Travail.
- M. H. Wallon, professeur au Collège de France.
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- 2° Série. 2* Année
- N* 11-12
- Novembre-Décembre 1946
- Bulletin de l’Institut National D’ÉTUDE DU TRAVAIL
- et
- D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- LES PROBLÈMES D’ORIENTATION ET L’ORGANISATION DE L’ENSEIGNEMENT (1>
- par
- Henri PIÉRON
- L’organisation actuelle de renseignement comporte, avec un système d’examens et de concours, des sélections successives assu-lant une sorte clé filtrage progressif dans un petit nombre de voies parallèles, se diversifiant davantage au niveau de l’enseignement supérieur, et dans lesquelles chacun .se trouve libre de s’engager après avoir franchi un obstacle commun.
- Le principe est celui d’une sélection opérée dans une population qui s’offre plus ou moins spontanément, et d’une sélection qui, au début du moins, se f.ait à sens unique.
- Toutes les fois qu’un barrage n’est pas franchi, il reste, comme alternative, à s’acharner à nouveau contre l’obstacle ou à chercher quelque barrage plus facile, à moins de renoncer à toutes les voies qui ne sont pas librement ouvertes et de se débrouiller dans les secteurs libres de la vie.
- Cette organisation a deux défauts extrêmement graves.
- Le premier réside dans les méthodes de sélection, dans les examens et concours qui donnent au hasard une place excessive et constituent actuellement- un très mauvais instrument. Les études docimologiques ont permis de montrer le manque de cohérence, de fidélité et de validité des examens et concours les plus importants, l’absence de préparation à leur tâche difficile des examinateurs, la variabilité des jugements d’un examinateur à un autre et souvent même d’une appréciation à une autre chez un même examinateur, le rôle d’influences subjectives variées dans ces
- (l) Rapport inaugural présenté à la 4« Commission (Orientation et Sélection î du Congrès Européen d’éducation nouvelle (Paris, août 1946).
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- appréciations, l’illogisme de coupures au niveau des réussites moyennes, etc...
- Le second défaut, plus grave encore, tient au principe d’une sorte de hiérarchie unique : tous les individus étant semblables et susceptibles d’être classés comme par rangs de taille avec liberté complète d’utilisation sociale des petits, des moyens ou des grands, en fonction seulement de leur niveau. Or, les études biotypologiques ont mis en évidence l’intime diversité des individus et l’inégalité de leurs aptitudes, aussi bien physiques qu’intellectuelles.
- Laisser s’engager dans des voies qui constitueront des impasses — à moins d’un hasard heureux faussant le mécanisme des barrages — des enfants ou des adolescents qui perdront ainsi les plus précieuses années de leur vie, et les laisser sans indications et sans guides, quand ils restent tout pantelants de s’être vainement heurtés à l’obstacle placé devant leur route, c’est là un véritable crime social.
- L’organisation nouvelle de l’enseignement doit se fonder sur le principe tout différent de d’orientation, qui comporte deux aspects complémentaires : l’institution de voies différentes correspondant aux groupes principaux d’aptitudes, à partir du moment où le développement conduit à la différenciation des individus, et la pratique d’examens objectifs permettant la détermination aussi précise que possible des aptitudes, afin d’aiguiller chacun dan^ la voie convenable où il a chance de réussir son avenir, avec possibilité, en cas de changements imprévus ou d’erreurs toujours possibles, de faire rejoindre, par des voies latérales, la direction qui apparaîtrait la meilleure. Seul, ce dirigisme éducatif, rationnellement organisé, peut éviter le gaspillage excessif des efforts humains dont souffre notre société. La substitution du principe de l’orientation à celui de la sélection est une des caractéristiques fondamentales de la réforme de l’enseignement. Elle pose un certain nombre de problèmes.
- I. —• Orientation scolaire et Orientation professionnelle
- Il existe actuellement en France une organisation d’orientation professionnelle qui impose un examen à la sortie de l’enseignement du premier degré, avant l’entrée en apprentissage. Des offices d’orientation ont été créés, des conseillers ont été formés et le système se complète chaque année afin d’assurer les examens physiques, sensori-moteurs et mentaux de tous les enfants qui, chaque année sont abandonnés par l’école.
- Mais il y a une question préalable, qui est celle de la continuation possible de la formation scolaire avec les orientations ulté-
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- rieures qu’elle comporte, et les conseillers d’orientation peuvent utilement intervenir à ce stade. Seulement, 'dans l’organisation actuelle, il y a diverses branches possibles de formation scolaire prolongée, et le choix de ces branches n’est pas rationnellement fondé sur les aptitudes individuelles.
- Nous sommes à une période de transition, et l’organisation nouvelle de l’enseignement va poser le problème du rôle respectif de l’orientation professionnelle et de l’orientation scolaire qui ont, l’une et l’autre, des traits communs, mais aussi des éléments de divergence.
- La prolongation de la scolarité va retarder, pour tous, le moment d’abandon par l’école, mais en même temps va entraîner une certaine orientation professionnelle au cours même de la scolarité. C’est l'enseignement technique qui doit se charger de l’apprentissage, de la phase initiale de la formation professionnelle. Il faudra donc orienter, à l’entrée d’un second degré commun à tous, ceux — les plus nombreux — qui doivent s’engager dans la voie du pratique, comme ceux qui prendront la direction du professionnel, et ceux qui, en minorité, continueront des études dans les branches théoriques.
- Les conseillers d’orientation professionnelle sont à même de donner d’utiles indications pour cet aiguillage, en se mettant en relations avec les éducateurs. Mais, à ce stade précoce, il est du plus haut intérêt que les enfants soient l’objet d’examens prolongés, au cours même de leurs études, et c’est ù des psychologues scolaires qu’il devrait appartenir de suivre et d’étudier objectivement les élèves au cours des classes d’orientation dans lesquelles devra se faire l’aiguillage. Ces psychologues scolaires n’auraient pas besoin de connaître le marché du travail ni la technique des métiers, mais ils devraient posséder une connaissance approfondie du développement mental et des individualités enfantines.
- C’est dans le cadre de l’enseignement technique que les conseillers d’orientation professionnelle interviendraient pour diriger, en fonction des aptitudes individuelles et des besoins de la nation, vers telles ou telles écoles professionnelles, tels ou tels centres de formation professionnelle, en évitant les concours d’entrée qui sont généralement imposés de la façon la plus inadéquate.
- Les conseillers scolaires, dans la branche théorique, continueraient à exercer sur les jeunes gens une influence pour les déterminations qu’ils seraient appelés à prendre dans le choix de leurs branches d’études, conditionnant des groupes de professions déterminées. Mais il appartiendrait aux Offices d’orientation professionnelle de fournir aux intéressés, sur les exigences, les caractéristiques et les possibilités d’avenir des différentes carrières, les données utiles en procédant aussi à des examens de contrôle au
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- point de vue de certaines aptitudes indispensables (la voix chez un professeur, un avocat, par exemple).
- IL — Marge de plasticité dans l’Action éducative
- Si de bonnes méthodes pédagogiques permettaient d’obtenir des résultats pratiquement équivalents avec des. individualités inégalement douées, les besoins sociaux d’un côté, et les désirs spontanés des enfants ou des parents, pourraient seuls entrer en jeu dans la répartition entre les diverses branches scolaires, et des techniciens de l’orientation ne seraient pas nécessaires.
- Mais on sait qu’il n’en est pas ainsi et que les aptitudes congénitales interviennent pour une part importante, en sorte que les résultats d’une même formation éducative sont effectivement très inégaux dans une population non sélectionnée.
- Mais la connaissance précise de la marge d’efficience éducative peut permettre de déterminer la valeur limite de certaines aptitudes qui sera admise pour orienter dans une voie scolaire déterminée, limite qui sera susceptible d’être élevée ou .abaissée, en fonction de la- grandeur des besoins sociaux correspondants. Une notion importante dont il faut tenir compte, c’est qu’il y a fort peu d’individus réellement interchangeables, et qu’il existe normalement un degré assez élevé d’hétérogénéité des diverses aptitudes, même chez les individus considérés globalement comme moyens, mais qui ont ptesque «toujours des côtés plus faibles et d’autres plus forts, se compensant dans une notation d’ensemble, mais impliquant une individualisation pour laquelle convient une certaine orientation.
- III. — Méthodes et Techniques
- Les psychologues et conseillers scolaires seront des éducateurs, mais spécialisés dans les techniques d’examen et pénétrés de l’esprit objectif nécessaire. Pour connaître les individualités enfantines il faut, abandonner, en effet, tout au moins momentanément, le souci de la formation éducative, et, éventuellement, du redressement. Le problème du diagnostic ne devrait p,as être mêlé aux problèmes ultérieurs de thérapeutique, qui seront résolus sur la base des diagnostics préalables exacts et précis.
- Une observation prolongée dans les conditions de vie les plus variées possibles, et des entretiens confiants, devront être complétés par des batteries de tests étalonnés permettant des évaluations des principales aptitudes mentales, par des questionnaires soigneusement élaborés, susceptibles de fournir des révélations souvent inattendues sur des goûts, des tendances, des traits profonds de
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- caractère, et éventuellement, certaines .anomalies névrosiques. Les multiples données obtenues devront servir à reconstituer l’ensemble des personnalités essentielles difficiles à appréhender.
- Le rôle des méthodes psychanalytiques reste très discuté et discutable, dans la mesure où peuvent intervenir des influences suggestives émanant d’interprétations qui ne sont pas directement contrôlables et ont un coefficient élevé de subjectivité.
- Des méthodes faisant une grande place à l’intuition, comme la graphologie et la morphognosie, doivent être soumises à un contrôle rigoureux avant qu’on leur accorde pleine confiance.
- IV. — Modalités de l’Action orientatrice
- La connaissance approfondie de la personnalité d’un écolier avec établissement du profil intellectuel et du profil affectif et caractériel, jointe aux données sur le rendement scolaire, contribuera puissamment à une bonne adaptation pédagogique, comportant une individualisation de. l’enseignement dans toute la mesure du possible.
- Mais son but essentiel sera de conseiller et diriger le choix des branches d’études. Et ainsi se pose un problème de pronostic. A quel âge peut-on décider des aptitudes manuelles, mécaniques, artistiques, littéraires, scientifiques, abstraites ou concrètes, verbales, sociales, etc'...
- Si l’on possède déjà quelques données à cet égard, des recherches prolongées sont nécessaires pour les préciser et les compléter. J] faut donc initialement beaucoup de prudence et un souci permanent de vérification et de contrôle.
- Il serait certainement très utile de pouvoir procéder sur des enfants très jeunes à des examens qui permettraient, le cas échéant, d’exercer certaines influences correctrices efficaces, et de déterminer expérimentalement les chances de pronostics exacts pour chaque âge en ce qui concerne les principales catégories d’aptitudes.
- En tout cas, c’est à partir de 10 ou IL ans que les écoliers devraient être systématiquement observés et suivis, car c’est à cet âge que l’orientation devient nécessaire. Cette orientation, comment peut-elle être assurée ? Le problème consiste à convaincre les parents qu’il est de l’intérêt de leurs enfants de les diriger effectivement dans le sens qu’on est appelé à leur indiquer. Une action directe des conseillers scolaires, susceptibles de montrer qu’ils ont appris à bien connaître les enfants, qu’ils s’intéressent à eux, et interviennent pour leur bien, sera la plus efficace auprès des parents.
- Au cas où, par entêtement, certains de ceux-ci refuseraient de
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- suivre les conseils donnés; que pourrait-on faire ? Le cas se présentera souvent. Lorsqu’on .aura réussi à dissiper des interprétations erronées, les inquiétudes injustifiées'par exemple en ce qui concerne le choix des études latines considérées comme la clef de la plupart des carrières, il sera plus rare, mais il faut bien l’envisager. Dans quelle mesure devra-t-on refuser l’entrée de certaines branches d’enseignement à des enfants qui ne sont pas doués pour les études correspondantes, comme on le fait avec les sélections par concours pour certaines écoles ? On serait davantage conduit à le faire, dans la mesure justement où il ne s’agirait pas de fermer simplement une porte, mais au contraire d’en ouvrir une autre sur le chemin qui convient. Mais, au début surtout, il serait préférable d’éviter ce qui peut paraître une contrainte et de s’en tenir au dirigisme de la persuasion. Seulement, si on ne refusait pas l’entrée dans une branche d’études voulue par des parents irréductibles pour un enfant paraissant mal doué, et compte tenu des possibilités d’erreurs qui, en matière humaine, ne seront jamais nulles, ce que l’on est en droit de faire, c’est de refuser le maintien dans cette branche quand l’expérience aura effectivement montré qu’elle conduit à un échec -prévu par le conseiller.
- Une orientation progressive, soumise à une vérification et à un contrôle continu, facilité par l’emploi de méthodes actives, qui suscitent les initiatives propres à révéler pleinement les personnalités des enfants et jeunes gens, permettra, dans le cadre d’une organisation plus souple de l’enseignement, l’adaptation sociale et professionnelle des individualités adultes, adaptation qui est l’objectif essentiel de l’éducation et qui est aussi nécessaire à la bonne marche des affaires de la nation qu’au bonheur de chacun des membres de la collectivité nationale.
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- UN TEST DE TRANSMISSION DE MOUVEMENT
- par
- Yves GALIFRET
- I.— Description. — Fonctionnement
- Le jprincipe en est emprunté à une épreuve que le psychologue suisse A. Rey proposait à des enfants de 6 à 12 ans .au cours de ses recherches sur l’intelligence pratique de l’enfant (1). L’appareil comprend un plateau de bois (2) de 570 x 400 mm.
- Présentation durplateau et des pièces pour le quatrième montage.
- (dimensions internes) et 15 pièces mobiles qui ont toutes une section carrée de 30 mm. de côté. Deux de ces pièces (A et B) voir figure) sont solidaires du plateau de telle sorte qu’on puisse seulement leur imprimer un mouvement de va et vient d’amplitude réduite.
- C’est à la pièce A que l’on imprime le niouvement. La tâche du sujet consiste à choisir et à disposer sur le plateau des pièces intermédiaires qui transmettent ce mouvement à la pièce B..
- La pièce A peut être poussée ou tirée, un système d’encliquetage lui assure une position de départ rigoureusement définie.
- La réussite de l’épreuve est sanctionnée par le fonctionnement en B d’un système dont le ressort se détend quand la pièce arrive
- (1) a. Rey. L’Intelligence pratique chez l’enfant (alean 1935).
- (2) Les nouveaux modèles sont complètement en métal teinté de deux tons et de proportions un peu plus petites.
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- à bout do course (la coiffe du ressort se trouve alors amenée en face d’un évidement par lequel elle peut sortir).
- Quatre montages de difficulté croissante peuvent être réalisés.
- Fig. St. — Premier montage.
- Parmi les six pièces mises à la disposition du’sujet, Quatre seulement sont à utiliser.
- Fig. 5. — Premier montage.
- Après fonctionueiçent le sujet a poussé la pièce A.
- Fig. 4. — Second montage.
- Sept pièces à utiliser sur les neuf présentées. Le sujet doit tirer la pièee A
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- Fig. 5. — Troisième montage.
- Dix pièces à utiliser sur les onze présentées.
- On a placé en b une barrière. Le sujet doit pousser A.
- Fig. 6. — Quatrième montage.
- Les treize pièces présentées sont utilisées. Le sujet doit tirer A.
- II. — Technique d’Application
- Le sujet est placé devant le tableau (en S — voir fig. 1). Les pièces mobiles sont disposées à la droite du sujet près du plateau. Elles sont accolées les. unes aux autres en rang de taille les plus longues étant les plus éloignées du sujet (V. fig. ï).
- a) Premier montage on dit :
- « Regardez, quand on pousse cette pièce (pousser la pièce B) on [ait sortir ce bouton (montrer). —- Vous voyez ? (répéter trois fois la manipulation).
- « Eh bien, je vais vous demander de faire la même chose, de faire sortir le bouton en poussant non pas ici, ce serait trop facile, mais là (montrer et faire manœuvrer la pièce A).
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- « 11 faut qu'en faisant ceci ici (pousser A) vous obteniez cela là (pousser B).
- « Vous aurez besoin de certaines de ces pièces (montrer) pour réussir ce que je vous demande. Elles sont à votre disposition.
- On note le temps (en sec.) écoulé depuis le signal du départ : « Vous avez compris ? Allez » jusqu’au moment où le bouton de B sort de sa loge.
- Si le sujet n’a pas compris, recommencer l’explication.
- Si, en cours de travail il s’acharne à un montage défectueux alors qu’il semble avoir compris le principe, lui dire « Il y a une façon bien meilleure de faire le montage, alors ça marche très bien ». 11 se peut aussi qu’il réalise un montage capable de' fonctionner à peu près mais peu rationnel, les pièces n’étant pas utilisées à leur place exacte. On lui dit alors : « Oui ça marche, mais on peut faire beaucoup mieux et ça marchera plus facilement encore », jusqu’à ce qu’il soit arrivé à la réalisation standard.
- Si après 600 secondes, le sujet n’a pas réussi, faire le montage devant lui, en disant : a Regardez, ce n est pas très difficile». Et quand le montage est fait : « Vous voyez, ça marche facilement » en faisant fonctionner lentement. Puis remettre en position de départ : « Faites-le fonctionner vous-même. Vous avez bien compris ? »
- Si le sujet n’a pas compris, recommencer ces explications.
- Le premier échec pourra n’avoir lieu qu’au deuxième ou troisième montage, on procédera de la même façon pour l’explication.
- On arrête l’épreuve après deux échecs, consécutifs ou non consécutifs.
- b) Deuxième montage.
- Quelque soit le résultat au premier moulage, on passe donc au second.
- On dit } « Maintenant au lieu de pousser, vous tirerez, comme ceci (montrer) mais toufours pour obtenir le même résultat ici (montrer B).
- c) Troisième montage.
- On dit : « Maintenant vous poussez à nouveau, mais il y a cette barrière ici (la placer). Vom devez toujours obtenir le même résultat.
- d) Quatrième montage.
- On dit : « Maintenant, vous tirerez. La barrière est toujours là.
- e) Utilisation des résultats.
- On obtient donc quatre temps (en cas d’échec le temps est compté de 600 secondes par montage).
- Les montages 2, 3 et 4 sont des applications de plus en plus
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- complexes du principe que le sujet doit découvrir en réalisant le montage 1. Certains sujets qui échouent à ce premier montage réalisent correctement les autres lorsqu’on leur a expliqué le fonctionnement. Il est. donc nécessaire de considérer séparément d’une part le résultat du premier montage et d’autre part, la somme des résultats des trois autres montages. Compte tenu de la difficulté du dernier montage il est. nécessaire de lui attribuer un coefficient double. On aura donc comme résultats définitifs :
- A = durée du premier montage.
- B = durée du deuxième + durée du troisième + deux fois la durée du quatrième.
- Quelle signification faut-il attribuer à oes chiffres ? C’est ce qui sera discuté brièvement plus loin.
- Il est actuellement , impossible de donner un étalonnage du test, même grossier. 85 sujets ont été examinés pour l'établissement et la mise au point, mais moins de cinquante ont été vus dans oies conditions standard. Et ce dernier groupe constitué par des mn neurs délinquants et. si peu homogène qu’on ne peut le prendre comme échantillon même provisoire.
- III. — Justification de la Création du test.
- Remarques Générales
- Ce test sera rangé par les praticiens dans la catégorie de ceux qu’ils nomment « d’intelligence pratique » ou « d’intelligence technique» ou « d’intelligence mécanique» ou «d’aptitude mécanique ». -Il a en effet quelque parenté avec le Wiggly-Block ou le lest de montage d’objets de Stenquist ou les boites à ouvrir de Decroly. Dans toutes ces épreuves il s’agit pour l’individu d’exercer son action sur les choses pour les modifier.
- Néanmoins chacune de ces épreuves provoque un comportement différent, ce qui fait qu’elles se complètent, et le test proposé ici ne fait pas plus double emploi avec les tests classiques que ceux-ci ne font double emploi entre eux.
- Dans le Wiggly-Block, le sujet connaît le résultat final auquel il doit .aboutir dans sa construction, il lui faut découvrir que la position de chaque pièce est déterminée par sa forme. Dans le Stenquist, il Jui faut découvrir à la fois quel sera le résultat final de son montage et quelles sont la foncüon et la position de chaque pièce. Il faut dire que les pièces détachées (vis, écrous, ressort) comme les objets à reconstituer (épingle à linge, robinet, serrure) sont très souvent connus des sujets et que leur fonction est. familière. Avec la boîte de Decroly le sujet se trouve en face d’un sys-
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- tème inhabituel de fermeture dont il doit comprendre et provoquer le fonctionnement.
- Dans le test de transmission de mouvement proposé ici, on pose au sujet un problème mécanique dont il doit Imaginer la solution. Il doit choisir les pièces convenables et les disposer correctement. Ces pièces sont de telle forme que leur fonction n’est pas très apparente et que par ailleurs le rôle de la mémoire de la familiarité est absolument éliminé. Il s’agit donc là d’un comportement différent de ceux provoqués précédemment.
- En fait la présentation schématique de ces tests ne doit pas faire illusion. La nature exacte des opérations psychologiques qui constituent ces divers comportements est difficile à préciser d’autant plus qu’elle varie très certainement d’un individu à un autre. Il est facile de le montrer en opposant les deux attitudes extrêmes que provoque le premier montage du test de transmission de mouvement : Cki entend certains sujets dire : «... il faut un levier... le bras... le point d’appui.. ça y est, j’ai compris... » et' ils réalisent le montage. D’autres au contraire qui ont pu faire le montage avec autant de rapidité sont incapables d'en expliquer le principe si on le leur demande et il y a là plus qu’une difficulté d’expression verbale (de telles différences seront intéressantes pour compléter l’examen clinique du sujet). Il serait faux de croire par exemple que le fait d’avoir étudié les leviers dans un cours de mécanique constitue un réel avantage, jamais une telle constatation n’a été faite et cependant les 85 sujets témoins allaient de maîtres de l’Enseignement supérieur à des mineurs délinquants dont certains étaient à peu près illettrés.
- Quoiqu’il en soit des difficultés d’analyse, il est intéressant d’apprécier le rendement des individus dans de telles épreuves. Intéressant du pomtde vue pratique : on pourra mettre les résultats en corrélation avec le rendement professionnel et déterminer des coefficients de validité. Intéressant au point de vue théorique : on pourra par l’analyse factorielle rechercher le degré de communauté de composantes irréductibles de chaque comportement.
- Malheureusement, force nous est d’avouer que présentement peu d’efforts ont été faits dans ces domaines en France tout au moins. De telle sorte qu’il est impossible de dire quelle est la signification précise de la valeur A et de la valeur B obtenues plus haut.
- On pourrait voir en A l’indice de la vivacité de l’intelligence pratique s’exerçant à l’invention, en B l’indice de la profondeur de cette intelligence, de sa puissance, la vivacité pouvant être mise en échec par le degré de concentration que nécessite la résolution d’un problème complexe. \
- Mais tout cela n’est qu’hypothèse, intuition de clinicien. Il faut dire d’ailleurs que très souvent le psychotechnicien fait de la cli-
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- nique, de l’intuitionisme quand il est persuadé qu’il fait de la science expérimentale.
- L’appareil et le chiffre, croit-il, sont les garants du caractère expérimental de son travail. Il oublie que, le chiffre obtenu, sa tâche n’est pas terminée. Et dans l’état actuel de la psychotechnique il est contraint pour en faire usage de traduire le résultat numérique en langage vulgaire : Tel sujet a une assez bonne mémoire, il est très adroit ; pour faire tel métier il faut être vif et habile manuellement etc., etc. Si bien que par le détour de procédés impressionnants pour le profane on en revient, purement et simplement à la bonne vieille doctrine des facultés à laquelle on a mis quelques rallonges, quelques cases de plus pour les besoins de la cause.
- Aussi chaque auteur devrait-il faire accompagner son test d’une notice où l’appareil serait désigné par ses caractéristiques propres et non par les fonctions qu’il est supposé mettre en jeu. Ensuite on indiquerait la technique d’application, le moyen d’arriver au chiffre final, indice de rendement du test. Et la notice se terminerait ainsi : « L’auteur dégage catégoriquement sa responsabilité des interprétations qui pourront être faites des résultats obtenus tant qu’aucun coefficient de validité (pouvoir de prédiction, de la réussite dans des tâches professionnelles déterminées) ne sera connu et tant que ces résultats n’auront pas été soumis à l’analyse factorielle ».
- Ainsi le praticien serait à l’abri des illusions et plutôt que de jouer les faux hommes de science il s’appliquerait à être un bon clinicien, à interpréter ses examens avec finesse et pénétration et aussi avec une extrême prudence.
- Et à propos du test de transmission de mouvement comme à propos de tous lis tests il est possible de recueillir un grand nombre d’indications cliniques qui doivent compléter heureusement la signification qu’on attribue aux résultats numériques.
- L’examen par test permet donc de rassembler une somme importante d’informations diverses, le fait qu’il est systématiquement conduit, qu’il est donné à exécuter dans des conditions standard autorise la-comparaison entre individus et lui confère une légitimité certaine. Mais on ne saurait trop insister sur les dangers de compromettre la valeur de ce précieux instrument (1).
- (1) Note de la Revue. — L’étude de cet appareil doit être faite au service des tests de l'I.N.O.P. et l’étalonnage en sera publié aussitôt que le travail statistique pourra être terminé.
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- NOTES ET DOCUMENTS
- Notion de responsabilité et de justice immanente chez l’enfant (')
- Igor H. Caruso reprend les expériences de Piaget afin de vérifier 4 si l’évolution du jugement moral chez l’enfant se fait en conformité avec les. stades qualitatifs découverts par ce psychologue.
- 11 se demande s’il y"a, vers 7-.8 ans, changement qualitatif du jugement moral théorique ou. s’il y a coexistence en termes, quantitatifs et si cette évolution est synchrone pour tous les domaines du jugement moral théorique..
- Dans une première partie il considère surtout la notion de responsabilité, dans une seconde partie La justice immanente. Pour chacune de ces questions, il emploie des tests images (individuels pour enfants de 6 à 7 ans), des tests, collectifs.verbaux et la conversation libre..
- Des nombreuses expériences, faites par l’auteur, celui-ci tire les conclusions suivantes. :
- On ne peut pas parler de stades proprements dits se succédant d’une manière totale et exclusive.
- Il n’y a. pas de changements brusques et rapides dans, la façon dont les enfants envisagent le problème de la responsabilité.
- On constate, au. contraire, à 7-8 ans, la coexistence des caractères opposés de jugement moral dans des. proportions, variant avec l’âge.
- L’évolution se fait lentement et régulièrement avec l’âge.
- M. H. P.
- i * \
- > '* *
- Orientation professionnelle et arriérés.
- Nous extrayons d’un intéressant article du Dr Simon (2) faisant connaître u.n livre documenté du. Dr C.-S. Raymond de Waverley les conclusions ci-dessous qui peuvent intéresser les orienteurs :
- « Quoi qu’il en soit, ii ressort des tableaux qui précèdent, plusieurs faits intéressants :
- « 1° Certaines professions offrent des possibilités d’occupations même pour des. niveaux très inférieurs de 3 à 4 ans. D’autres ne deviennent accessibles qu’à des niveaux plus élevés.
- « 2° Dans les tableaux ci-contre, nous avons précisément disposé les professions selon le minimum d’intelligence qu’elles paraissent demander. Le ménage et. le jardinage sent accessibles à des niveaux de 3 ans.. Les travaux de couture peuvent commencer à des niveaux de 4 ans. La vannerie exige un niveau minimum de 7 ans. Et ainsi de suite.
- « Cela constitue une classification hiérarchique originale des
- (1) Igor H. Caruso. — La notion de responsabilité et de justice immanente chez ‘ l’enfant. (Arch. de Psychol., tome XXIX, n° 114, janvier 1943, p. 113-172).
- (2) Bulletin de la Société Alfred Binet, n° 307, Janvier.Mars 1945. p. 30.
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- métiers. Non certes qu’un jardinier ne puisse valoir un électricien, mais, les tâches de l’électricien excluent certains, niveaux que l’on ne rencontrera pas dans cette profession.
- « 3* Dans ces. conditions, les niveaux de 3 ans ne peuvent être guère orientés que sur trois professions ; quatre professions s’ouvrent aux niveaux de 4 ans ; sept à ceux de 5.. Ces sept professions sont les seules où des. imbéciles profonds, c’est-à-dire dont le niveau mental est compris entre 3 et 5, trouveront à la rigueur à s’utiliser.
- « Dix professions, sont ouvertes aux niveaux de 6 ans ; quinze à ceux de 7. Les imbéciles légers ont donc un. choix croissant.
- « Le choix est entre une vingtaine de professions pour les sujets atteints de débilité, mentale ou de niveau limite...
- « On notera, la rapidité de la. progression, jusqu’à 9 ans (après, tou-lefois un. départ lent, et qui ne commence guère qu’à la limite de 1 'imbécillité profonde) puis son ralentissement et sa tendance à un plateau, qui confirme une fois de plus l’importance d’un niveau de 10 ans.
- « On voit que certaines professions, le jardinage, la menuiserie offrent une gamme de tâches extrêmement étendue. Egalement les travailleurs de la ferme ou. de peinture. Les genres d?activitô qui se présentent dans ces domaines s’étalent sur tous les niveaux, fournissent des possibilités d’occupations pour des. niveaux très bas comme pour des niveaux élevés. Ce sont des. professions qui se prêtent, si. je puis dire, à caser les arriérés.. Et sans doute est-ce une des. raisons, parmi tant d’autres, qui, ont fait s’orienter, vers le jardinage la plupart des établissements d’anormaux. Les travaux de la. ferme ouvrent moins de débouchés.
- « Moins encore les professions de boucher, de maréchal-ferrant ou de coiffeur. Dans celle-ci, la dispersion des travaux selon les niveaux est beaucoup moindre.
- « Remarquons toutefois, que, dans la plupart des métiers, dès qu’on envisage un véritable travail professionnel, le rôle des anor^ maux (niveaux inférieurs à 10 ans) n’apparaît guère que comme aide, une besogne de manœuvre ou. très simple, et qui, surtout, ne peut être exécutée, sans surveillance. Exceptionnelles s.ont les tâches, confection de balais, réparation de chaussures, cannage de chaises, que l’anormal peut mener seul jusqu’au, bout.
- « Mêmes remarques si nous passons aux filles. Nous rencontrons même plus fréquemment encore des professions qui offrent des ressources variées pour les arriérées : ménage, buanderie, couture, tissage, crochet ou. tricot... Ces professions offrent., en outre, par rapport aux tâches de garçons, ce caractère d’être groupées, autour, de la maison ; et sans doute a-t-on là une des raisons pour lesquelles les filles font moins que les garçons, l’objet de placement..
- « Autre point curieux, beaucoup de tâches féminines paraissent se satisfaire de niveaux inférieurs. Raison peut-être à ajouter à d’autres pour diriger de ce côté, et par exemple exercer à la couture ou au. tricot les garçons arriérés au même titre que les filles.
- « Enfin, ces données ne sont pas sans portée pour l’orientation professionnelle considérée d’une manière générale, c’esLà-dire chez les sujets normaux.
- « En premier lieu, il est vraisemblable qu’on peu.t étendre le fait que nous avons constaté tout à l’heure, à savoir que plus une per-
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- sonne préserve un niveau mental élevé., plus elle est capable d'embrasser des carrières diverses avec des chances de succès.
- a Mais surtout, et c’est la seconde considération sur laquelle nous croyons devoir insister, une Profession, n’a pas cette belle unité que les. monographies publiées paraissent trop souvent admettre : u.ne profession comporte toute une hiérarchie d’échelons, et par là toute une hiérarchie d’aptitudes. Une question importante avant d’y engager un sujet serait de déterminer quel degré il pourra atteindre. Nul doute qu’à cet égard le nivea.u. d’intelligence intervienne, et, dans chacune des professions passées en r.evue par le Dr Raymond, d’autres échelons supérieurs resteraient à fixer auxquels, les arriérés sont hors d’état d’accéder-. »
- ( * 1 * *
- Comment l’enfant opère un choix que l’on lui impose {')
- Pour élucider ce problème, Madeleine Denès a fait des expériences avec le test du. Dr Szondi. Dans ce test en demande à l’enfant de choisir entre un certain nombre de photos les visages les plus beaux et les plus, laids..
- L’auteur cherchait à savoir comment l’acte de choisir sé développe chez l’enfant et à partir de quel âge il y a choix.
- Ces recherches furent faites sur 140 enfants d’un milieu aisé L’auteur a trouvé trois, stades, différents :
- Premier stade de 3 ans à 3 ans c’est un choix égocentrique ; le choix est déterminé par un principe entièrement étranger à la nature de l’objet à choisir.
- Deuxième stade, de 4 et 5 ans, est un stade intermédiaire entre l’égocentrisme et la véritable adaptation à la tâche ; l’enfant a de la difficulté à concevoir les superlatifs, comme notion de relation.
- Troisième stade, enfants de 6 et 7 ans ; à ce stade il y a une vraie sélection, un choix comparatif.
- L’auteur croit qu’il s’agit de différentes phases du développement et non pas de différences typiques. M H P
- • . * i
- * *
- Le Rôle des tendances profondes dans le choix des professions d'après Emmanuel MOUNIER
- Dans son Traité du Caractère (aux Editions du! Seuil, 1946) Emmanuel Mounier, envisageant les influences exercées par le milieu physique et par le milieu social, en vient au rôle qu’à ce dernier point de vue peut jouer la profession ce qui le conduit à l’origine même du choix professionnel où, justement, les grandes tendances caractérielles, sont souvent intervenues. Et il aborde, sous cet, angle, des problèmes d’orientation professionnelle.
- Voici quelques passages de ses réflexions, (p. 93 à 96) :
- « Un conflit latent oppose l’orienteur qui croit trop aveuglément à ses tests d’aptitude et à la netteté des frontières professionnelles, et le psychologue qui voit sous les options techniques et peut-être derrière les aptitudes mêmes des poussées profondes de la personnalité
- (1) Madeleine Denès. — Recherches sur l’évolution du choix des enfants normaux de 3 à 7 ans (Arch. do Psych., n° 109, mai 1940, T. XXVTII, ïp. 52-58).
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- globale. Les préférences intimes, non pas pour un certain genre d’exercice, mais pour un style de vie ou par un acte de choix qui satisfont une orientation essentielle de la personnalité peuvent aboutir à des occupations apparemment très diverses, mais qui ont une justification psychologique commune. Le simple examen psychotechnique en isolant un aspect du diagnostic risque d’être plus adapté à l’utilité sociale qu’au bonheur individuel. Et l’on sait par expérience que la collectivité humaine n’étant pas une machine, la société la mieux montée s’écroule si elle ne trouve pas des formules de compromis entre la satisfaction de ses besoins et le bonheur de ses membres.
- « Le cas le plus simple est celui où la profession choisie satisfait directement une structure fondamentale de la personnalité formée autour d’une tendance prédominante ou sublimée. Certains filiations sont évidentes : de l’autoritarisme au goût du pouvoir, de l’introversion aux vocations intellectuelles, etc. D’autres sont plus enveloppées : un penchant exhibitionniste se satisfait par la danse et le théâtre.
- « Il est connu qu’une agressivité marquée se satisfait volontiers selon la classe sociale, dans le métier de boucher ou la fonction de procureur. L’apathie affective et la peur de vivre font des bureaucrates. Les ingénieurs sont souvent recrutés chez les flegmatiques supérieurs dans l’abstraction et dans les rapports impersonnels avec les choses, ordonnés, maîtres de soi : mais comme ils sont indifférents aux hommes et malhabiles à leur égard, d’excellents techniciens peuvent faire de très mauvais directeurs d’entreprise ; la psychologie commande ici une différenciation fonctionnelle importante.
- « Les professions d’entregents, qui demandent un cœur facile, de la volubilité, du sourire, une sociabilité persuasive et bon enfant, du sens pratique sans trop de scrupules, attirent les colériques et les sanguins (EAP et nEAP de Heymans) où se recrute l’armée du commerce. Le goût de la pensée par contre, se greffe volontiers sur une tendance à la retraite devant la vie. Plus -cette tendance est forte, plus haut elle va chercher l’abstraction ; les mathématiciens ne sont pas si souvent distraits ou inadaptés' parce qu’ils- sont mathématiciens, ils se sont faits mathématiciens parce qu’ils portaient en eux un degré exceptionnel d’intraversion et d’inadaptation vitale. Ceux qui aiment la solitude et l’indépendance choisissent un métier artisanal, une profession libérale où charbonnier est maître chez soi ; ils s’enfoncent quelquefois plus loin des hommes en quelque poste en pleine nature ou en plein désert. D’autres ne savent travailler qu’en équipe ou en société, et ce vérificateur du gaz qui voit une famille nouvelle toutes les dix minutes ne changerait peut-être pour rien au monde son emploi de diable boîteux.
- « Le choix du métier est psychologiquement plus complexe quand, au lieu de satisfaire directement une tendance forte, il vient au contraire en réaction compensatrice d’une tendance déshéritée. Le cas n’est pas moins fréquent que la détermination directe. Beaucoup d’exporateurs et de capitaines onLpris leur élan vers l’aventure dans une enfance étroite et brimée qui explosa en rêve d’action sans limite : le reporter qui les interroge au retour de leurs extravagances s’étonne de les trouver guindés et timides. Un garçon humilié aspire à devenir bourreau à son tour ; et quand il ne met pas son sadisme réactionnel au service des entrepreneurs de violence il se fait pins paisiblement garde-chiourme ou juteux.
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- « Il arrive que la compensation devienne surcompensalion par l’effet d’une affectivité à saccade ou d’une volonté forte ; le métier est alors choisi à contre courant même de la tendance dominante du sujet, et sans une amnèse délicate, on se tromperait radicalement sur leS significations de ce choix : on a fréquemment retrouvé un sadisme vaincu au cœur des vocations sociales qui mettent en œuvre la pitié pour les faibles, les déshérités, les animaux ; l’intolérance de certains de leurs apôtres trahit cette faiblesse intérieure encore redoutée el le ressenliment qu’ils nourrissent contre elle.
- « La psychotechnique doil de plus en plus s’ouvrir à l’orientation psychologique, s’il est vrai que l’on choisit moins un métier qu’un genre de vie en rapport avec une histoire psychique personnelle. »
- CHRONIQUE DOCIMOLOGIQUE
- Nous relevons dans le dernier tome de l’Année Psychologique (tome 41-12), une analyse de Mad. Camille Nony sur une étude de docimologie.
- 980. — B. M. D. (Sast. — The efficienciy of different melhods of mar-king English compositions (Efficience des différentes méthodes de noter les. compositions en anglais).. — Br. ,T. of Ed. Ps., X, 1, 1940, p. 49-60.
- Ceci est la deuxième partie d’une très importante étude docimo-logique dont la première partie a été publiée dans la même revue en novembre 1939. Voici le résumé général :
- I. Quarante devoirs furent notés par douze examinateurs selon quatre méthodes différentes : 1) la méthode habituelle de l’examinateur, 2) l’impressiion générale, 3) la méthode analytique de Burt, 4) la méthode d’ «accomplissement » de Hartog. Les données furent soumises à trois analyses statistiques : A) la. comparaison des variations moyennes et des variations de hasard montre que les examinateurs diffèrent, beaucoup dans leurs exigences et dans la marge des notes qu’ils donnent au même candidat. De plus cette vieille méthode ne fournit aucun critérium simple pour éprouver la signification statistique de ces différences ou résoudre des problèmes de même nature. — B) l'analyse de la variance montre : 1) que la sévérité des examinateurs diffère de façon significative, sauf là où des restrictions sont imposées par les. instructions ; 2) que les notés moyennes reçues par les différents candidats diffèrent aussi de façon significative, c’est-à-dire que les vraies différences ne disparaissent jamais complètement. Ce qui justifie pleinement la prétention de Burt que cette méthode est celle qui convient le mieux à ce genre de problèmes. —' C) la corrélation entre les personnes (technique P) montre l’existence 1) d’un facteur général — représentant la meilleure approximation dés notes « vraies » — qui rend compte de 50 % de la variance ; 2) d’un facteur de division séparant les examinateurs en deux groupes chevauchant l’un sur l’autre : ceux qui emploient plutôt des méthodes analytiques, et ceux qui emploient plutôt des méthodes intuitives o'u impressionnistes. Les corrélations entre les examinés montrent qu’ils se séparent également en deux types : les précis, d’une exactitude mécanique, et' ceux chez qui domine l'aisance de l’expression et le désir de transmettre des informations.
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- Avec les noies obtenues par la méthode analytique, les corrélations entre les traits montrent le même facteur de division que les corrélations entre les personnes, — outre le facteur général habituel.
- II. Des quatre méthodes, l'analytique, qui donne des notes séparées à chaque point important ou à chaque qualité, bien que longue et peu populaire, apparaît presque partout la meilleure. La méthode « impressionniste » discrimine mieux ,les candidats, mais tend à les juger sur des caractéristiques, plus superficielles. Les jugements basés sur la méthode personnelle à chaque examinateur sont en général moins dignes de confiance que ceux qui s’appuient sur une procédure systématique et standardisée. La méthode de Hartog est impropre quand elle s’adresse à des élèves qui ,ont été habitués à d’autres méthodes d’enseignement.
- Cependant, étant donné la nouveauté relative des recherches doci-mologiques, l’auteur se garde de recommander trop fortement les conclusions ci-dessus et l’usage exclusif d’une seule méthode, et incline à partager la position éclectique de Burt. — Camille N on y.
- A TRAVERS LES REVUES
- Parmi les revues générales publiées ces dernières années dans le Psychologiccd Bulletin, nous en. relèverons quatre particulièrement importantes : la mesure de l’intelligence des adultes par Raymond B. Caltell (mars. 1943) où sont utilisés 137 travaux, et énumérés 44 tests anglo-américains ; les contributions proportionnelles de nature et nurture dans les différences d’intelligence par Jane Loevinger (décembre 1943) avec citation de 43 -travaux ; les méthodes « projectives » (dont l’expression a été introduite par Frank en 1939) pour l’étude de la personnalité, leur origine et leur théorie, par Helen Sargent (mai 1945) avec citation de 274 travaux divisés en rubriques (comprenant les méthodes spéciales d’art, drame, jeu. Rorschach, aperception thématique, etc.) ; enfin le test de Rorschach, par Marguerite R. Hertz (octobre 1942), à l’occasion de son accession à la présidence de l’Institut Rorschach, de Columbia, avec 317 + 29 références. —
- Dans la série des Psychologicat Monographs (n° 259, 1944), Constance Lovell a étudié (avec des séries numériques du des séries de figures.) l’effet qu’une construction spéciale des questions des tests exerce sur la composition en facteurs révélée par u.ne analyse suivant la méthode de Thurstone (en s’efforçant d’accentuer, dans, la disposition de chaque « item » un des facteurs dégagés par Guilford, d’habileté numérique, de rapidité perceptive, de vis.ualité spatiale, d’induction ou. de déduction), mais avec des résultats eu général négatifs.
- Dans la même série (n° 265, 1944), Helen Sargent décrit son essai d’application à un test papier-crayon des principes des méthodes projectives pour l’étude de la personnalité.
- Dans la Revista brasileira de esludos peclagogicos cle novembre 1945, le Directeur - de l’Institut national brésilien Lourenço Filho consacre une importante étude au, rôle de la psychologie dans les
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- problèmes d'organisation, el particulièrement ceux d’organisation du travail, dans laquelle s’intégre l’orientation professionnelle.
- Deux cahiers des Etudes Ergologiques ont été publiés en 1945 par la Société belge d’Ergologie ; le premier renferme les communications. faites aux journées d’étude consacrées à l’Orientation professionnelle les 10 et 11 mars 1945, par. J. Drabs (l’Os P. et son organisation nationale) ; W. G. Tordeur (Fondements de toute méthode d’O. P.), Verly (examen médical), Kooy (O. P. et service social), Jassogne (organisation, de l’O. P. dans les grandes, agglomérations), Van Waeyenberghe (Centre national de documentation), P. Wau-trich (Déontologie). Mlle Talloen (questions juridiques), Jassogne (Statut de l’Orienteur) ; le second est consacré, aux journées d’étude sur la Psychotechnique (communications de MM. Drabs, Van Overs-traeten, Tordeur, Terneu, Demoulin, de Schampheleire, J. Hansoul et Mori.ssens).. ---------
- La revue Psgchologia Wgchowoweza vient de faire paraître, sous la direction du Prof. St Baley son premier numéro qui, prenant la suite du Polskie Archiwum Psychologii, inaugure un tome XII ; i] comprend un article consacré à la mémoire de Claparède (d’Alina Szcminska), et un autre à la mémoire de trois, victimes des Allemand : Jeanne Ku.nicka, Ewa Hybicka et Ludwik Gorvnski (par St.. Baley), une étude sur les instincts dits sociaux (par Maria Ossowska), et une mise au. point sur la formation des psychologues, en Pologne (par Maria Zebrowska).
- Une tentative clinique d’orientation professionnelle a. élé. esquissée par C.-W. Tho'masson dans le Peabody Journdl of Education (1944, t. 21, p. 301-305), avec une série d’étapes. : tests d’intérêt professionnel ; tests d’intelligence ; tests, de personnalité. ; mesure de capacités dans les principaux champs ; mesure des habiletés particulières souhaitables pour une profession déterminée ; enfin tests de lecture (vitesse et compréhension de données diverses).
- Dans, le Bulletin de la Société Alfred Binet, qui a repris sa publication pour 1944-45, nous relevons, les études suivantes :
- Du Dr L. Bonnis., une mise au. point synthétique sur l’âge mental, dans laquelle il est précisé, que l’examen d’intelligence doit se compléter par. l’étude des. f^pteurs. constitutifs de la personnalité (état biologique, caractère, tendances affectives, intérêts., etc.), que la qualité de l’intelligence peut se montrer différente pour un même niveau global, que les pronostics doivent tenir compte des conditions de milieu et d’entraînement, et que, les mesures variant avec les circonstances, il serait opportun de fixer les normes selon les classes sociales, les régions, etc... (Bulletin 366).
- De MUe Bonnis, encore, l’exposé, d’une nouvelle épreuve d’attention et de mémoire (au moyen d’une planche de dessin comportant une striation régulière-et figurant un plan de routes) (Bulletin 368), et un exposé des échelles Terman-Merrill, allant du niveau de^ 2 ans aux trois niveaux étagés d’ <r adulte supérieur » (Bulletin 371)..
- De Mme Borel-Maisonny l’exposé de deux tests de niveau mental pour enfants ayant des troubles de langage (l’un pour, des âges men-
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- taux de 15 mois, à 3 ans., l’autre de 3 à 6 ans), et comprenant au total le premier douze épreuves, et le second sept (Bulletins 371 et 372).
- f' De M„ Galichet, Directeur de l’Ecole normale de Limoges, l’exposé. d’une fiche caractérielle en 21 points fondée sur les distinctions d’Heymans (activité, émotivité, et retentissement s.ous. forme de primarité ou secondarité.) (Bulletin 372).
- De Th. Simon, une étude sur l’orientation professionnelle des arriérés, fournissant l’indication des occupations auxquelles peuvent se livrer des arriérés des deux sexes suivant leur âge mental, d’après les données établies, par le Dr Baymond, dans l’établissement de Waverly et qui ont fait l’objet, en 1926, de la publication intitulée « Industrial possibiliti.es of the feeble-minded within an Institution » (Bulletin 367). *
- Temafc actuales de Psicologia normal y patologica, Buenos-Aires, 1945.
- Sous le patronage de la Société de Psychologie de Buenos-Aires dont il est président, le Prof. A. Mouchet a réuni dans ce volume une série de 25 études, émanant de 20 auteurs (argentins, uruguayen, espagnol, français) et dont nou.s relèverons les suivantes : José Alberti envisage les phénomènes psycho-électriques ; Austrégesilo traite du. mien et du tien comme forces psychologiques ; H. Brug-ger expose brièvement leè concepts de la psychologie appliquée et l’emploi de la psychotechnique dans le domaine du travail (orientation et sélection professionnelles, organisation de l’apprentissage, prévention des accidents du. travail, adaptation à l’homme des conditions de travail), dans celui de l’éducation, dans la médecine, enfin dans le domaine des conditions, de milieu, physique et social (géopsychologie, propagande, opinion publique, etc...) ; avec René Cruchet, de Bordeaux, il est question des troubles de la mémoire ; l’orientation professionnelle est l’objet de l’étude du Prof. Fingermann, qui a tenté, dès 1929, l’application des méthodes psychotechniques dans l’armée argentine et est actuellement chargé de la sélection des aspirants et spécialistes de la marine dé guerre, comme directeur de l’Institut d’orientation professionnelle du Musée social argentin ; l’état actuel des études psychologiques dans les pays américains est examiné par Americo Foradori ; l’ancien directeur de l’Institut de Barcelone, Emilio Mira y Lopez donne les résultats de son. psycho-diagnostic myokinétique, — qui a pris Outre Atlantique un grand développement — sur. les. adolescents uruguayens et les corrélations obtenues entre des traits dégagés de ses épreuves et la tendance névrosique ou dominatrice d’après le Bernreuter (0,69 et 0,59) ; dans les trois, articles du Prof. Mouchet, le premier concerne sa « psychologie vitale » et ses principes fondamentaux ; enfin le caractère et son interprétation par la graphologie sont l’objet d’une courte note de E. G.. Bernstein, de Montevidéo.
- A la Société de médecine du travail de Lyon, les Drs Péchoux, Morisot et Aufïray ont exposé, la question de la sélection professionnelle, distinguant les méthodes analytiques, convenant surtout pour les spécialistes ayant un travail précis, et les méthodes synthétiques s’adressant à la personnalité globale et qui devraient être appliquées. à la sélection des cadres..
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- Dans la Revue de VEducation surveillée (n° 3 de juillet-août 194G), le Prof. Lagache consacre une étude à la psychologie clinique en rapport avec la délinquance juvénile, l’opposant à la psychologie théorique et à la psychologie de laboratoire ; c’est, selon lui, « cette forme de psychologie qui prend ses racines dans la psychologie préscientifique et qui lui ajoute une conscience méthodique ». Tout praticien de la psychologie est un clinicien qui recourt à des examens. psychométriques comme le médecin à des. examens de- laboratoire. Les principales techniques d’examen sont examinées, témoignages, observations, examen clinique, méthodes expérimentales (psychométrie pour la détermination des aptitudes, aspect clinique pour celle des attitudes caractérielles), psychanalyse, et enfin techniques « parascientifiques » (graphologie et morphopsychologie) qui ne peuvent fournir que des. indications.
- INFORMATIONS
- La direction de l’enseignement technique qui a déjà plus, de 900 centres d’apprentissage groupant plus de 80.000 jeunes gens, vient de créer, par ordonnance du 2 novembre 1945, des écoles normales d’apprentissage.
- Ces écoles sont actuellement au nombre de cinq : trois écoles masculines, à Paris, Lyon et Nantes et deux écoles féminines à Paris et à Toulouse. La. création d’une sixième école étant envisagée à. Strasbourg. Ces. écoles comprennent trois, sections : une première destinée à la formation du personnel d’enseignement général, professeurs, professeur adjoints, surveillants..
- Une seconde section destinée à la formation du. personnel d’enseignement professionnel : professeurs techniques, professeurs techniques adjoints, chefs d’atelier et chefs de travaux, professeurs de dessin industriel et de dessin d’art, professeurs d’enseignement ménager pour les établissements féminins.
- Enfin une troisième section forme le personnel d’administration : économes, sousmeonomes, agents comptables..
- i *
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- Le test Mosaïque de Cille qui avait été appliqué en France à plus de ]00.000 enfants vient d’être appliqué également en Afrique Occidentale Française après adaptation aux populations indigènes africaines.
- Après avoir présenté ce test avec des dessins plus grands, mieux adaptés aux connaissances de l’enfant africain, mais ayant scrupuleusement respecté la consigne et l’idée directrice de chaque question, il fut appliqué aux populations soudanaises.
- Il se montra parfaitement adapté à ces populations à condition que les consignes soient énoncées dans la langue du pays et que le temps donné pour chaque question soit très allongé.
- L’expérience se poursuit. Déjà appliqué à plus de 1.000 indigènes les résultats fourniront une comparaison intéressante avec les résultats des enfants de la métropole.
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- ARRÊTÉS INTÉRESSANT I/O. P.
- Arrêté du 5 mai 1945 relatif à la classification des emplois dans certaines branches des industries des cuirs et peaux
- I. — Ouvriers réparateurs chez les artisans.
- II. — Talons de cuir.
- III. — Fournitures diverses pour chaussures.
- IV. — Articles découpés pour chaussures.
- V. — Contreforts.
- VI. — Cuirs agglomérés, croûtes et cartes.
- VII. — Semelles hygiéniques.
- VIII. — Parachutes.
- IX.— Formes et embauchoirs.
- ANNEXE
- I. — Ouvriers réparateurs chez les artisans.
- H. — Talons de cuir.
- III. — Fournitures diverses pour chaussures. .
- IV. — Articles découpés pour chaussures.
- V. — Contreforts.
- VI. — Cuirs agglomérés, croûtes et cartes.
- VII. — Semelles hygiéniques.
- VIII. — Parachutes.
- IX.— Formes et embauchoirs.
- « Journal Officiel » du 28 août 1945.
- Le « Journal Officiel » du 2 août 1945 donne une classification des différentes branches de métiers se rapportant :
- I. — Au théâtre, cirque, music-hall et cabaret. ,
- II. — Aux studios cinématographiques.
- III. — Aux laboratoires cinématographiques.
- IV. — A la distribution cinématographique.
- V. <— A l’exploitation des salles cinématographiques.
- Arrêté du 21 mai 1945 donnant classification des emplois dans certaines branches des industries de l'alimentation
- I. — Jus de fruits.
- II. — Conserves de fruits, légumes et poissons.
- III. — Tapioca indigène.
- « Journal Officiel » du 5 septembre 1945.
- On trouvera dans le «Journal Officiel » de la République Française, n° 215, du 13 septembre 1945, et n° 240, du 12 octobre 1945, la classification des emplois dans certaines branches des industries chimiques (industrie des corps gras, industrie des matières colorantes, raffineries de pétrole).
- -k
- Nous relevons, dans ' le «Journal Officiel)) du 1er novembre 1945, un arrêté etv date du 29 octobre portant, classification de certaines branches d’industries chimiques :
- — Carbonisation du bois. .
- — Papier carbone, rubans, encres pour duplicateur, stencils.
- •— Peintures, couleurs, vernis et encres d’imprimerie.
- — Abrasifs.
- — Parfumerie conditionnée et savons de toilette.
- Nous reievons dans le • « Journal Officiel» du 14 octobre 1945 le classement des emplois dans les entreprises de transport par terre.
- A. — TR.VVAIU.EURS MANUELS ET PERSONNEL DE SERVICE
- Première catégorie
- Coefficient 100
- Concierge de garage ou de dépôt sans ronde.
- i X6V.ÙL
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- Deuxième catégorie
- Coefficient 115
- Concierge de garage ou de dépôt avec ronde; surveillant aux voyageurs. B. — Employés de bureau
- Première catégorie
- Premier échelon : Coefficient 115 Employé aux écritures simples.
- Deuxième échelon : Coefficient 183 Magasinier comptable des stocks ; employés aux écritures.
- Deuxième catégorie Premier écheion : Coefficient 128 Facturier-taxateur, surveillant de garage, pointeau,
- Deuxième échelon : Coefficient 138
- Démarcheur simple. -
- Contrôleur des recettes des transports de voyageurs.
- Surveillant de gares routières.
- Agent de surveillance.
- Troisième catégorie
- Coefficient 150
- Chef d’équipe de manutention.
- Contrôleur de route des transports de voyageurs.
- Empioyé aux expéditions ou arrivages au trafic intérieur.
- Litigeur.
- Sténo-dactylo.
- Aide comptable teneur de livres.
- Employé aux lois sociales et au personnel.
- Quatrième catégorie
- Coefficient 170
- Contrôleur des trafics des transports des voyageurs.
- Inspecteur de déménagement.
- Employé principal (répartition du travail).
- Oh trouvera, dans le «Journal Officiel» de la République Française, n° 240, du 12 octobre 1945, la classification des emplois et métiers dans îes industries de la production et de la transformation des métaux.
- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE A L’ÉTRANGER
- La formation des “Conseillers de Profession” en Suisse
- par M, VALLÈS
- Le régime politique de la Suisse détermine presque toute l’existence de ce pays et même la formation des te Conseillers de profession » y est liée à l’organisation cantonale.
- En dehors des cours de l’Institut des Sciences de l’Education de Genève qui méritent une étude spéciale, des cours d’orientation professionnelle sont organisés au chef-lieu des cantons en vue de la formation et. du perfectionnement des Conseillers de profession. Par exemple, la revue suisse « Berufsberatung und Berufsbildung » signale des cours, au sens suisse du terme, qui ont eu lieu :
- Du 13 au 16 septembre 1944, à. La Chaux de Fonds ;
- Du 23 au 26 mai 1945, à Lausanne ;
- Le 27 septembre 1945, à Schaffouse ; v
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- Le 3 novembre 1945, à Saint-Gall ;
- Le 17 novembre 1945, à Zurich.
- Ces cours d’orientation professionnelle sont placés sous la présidence d’une autorité locale qui est, en général, Ig Directeur de l’Office cantonal d’O. P.
- L’organisation de ces cours n’a rien d’uniforme. Les uns, comme à Lucerne, sont destinés aux débutants, la plupart sont des. cours de développement pour le personnel ayant déjà quelque expérience. Tous s’efforcent de maintenir un. judicieux équilibre entre conférences et visites d’établissements.
- Souvent, toutes les activités du cours sont centrées autour d’un thème, par exemple « L’Orientation et la crise de recrutement de la main-d’œuvre », ce qui donne l’occasion aux représentants des milieux les plus divers : industrie, commerce, agriculture, orientation, autorités fédérales, d’envisager le même problème de points de vue très divers. Formule très, heureuse qui permet de projeter sur le problème étudié le maximum de clarté..
- Les sujets des exposés : examen d’un dossier: d’orientation, établissement d’un questionaire type d’orientation, présentation de tests par le Dr Heinis, de Genève, organisation des visites chez les maîtres d’état, placement en .apprentissage, bourses d’apprentissage, exposé, de cas, les aptitudes en orientation professionnelle, n’ont rien de particulièrement original. Leur banalité même montre le caractère résolument pratique de l’orientation en Suisse. Les mêmes problèmes quotidiens se posent partout. Cette identité des problèmes à résoudre fait regretter qu’aucune liaison organique permanente n’existe entre nos deux nations et dont le but serait d’instituer de fructueux échanges, de méthodes, ou de conceptions.. Faisons notre mea culpa. Nous pratiquons la politique du hérisson. Chacun se roule sur lui-même et ignore délibérément ce qu.e fait son voisin. Ce même reproche peut, d’ailleurs, être adressé aux Suisses qui, dans leur revue d’orientation, trouvent une seule occasion, durant les trois années 1943, 1944 et 1945 d’écrire un article inspiré, des travaux français sur l’oiientation professionnelle à propos des travaux de Mmo Piéron sur la « Souricière ».
- Les visites tiennent une large place dans le programme des cours : visites d’hôpitaux où des médecins traitent la question des maladies professionnelles ; visites des. usines. Gries.haberf à Schaffouse, de l’école hôtelière et de la verrerie Saint-Prex à Lausanne, de l’imprimerie Cari Meyer à Saint-Gall. Les liens entre la profession et l’orientation paraissent, en Suisse, particulièrement étroits, et féconds.
- Au total, la lecture des études ou. articles publiés par la revue suisse au sujet de la formation, des Conseillers de profession met én évidence les insuffisances comme les supériorités du système suisse' Pas d’institut central de formation, pas d’établissement qui serait l’équivalent suisse de notre Institut national d’orientation professionnelle, donc pas d’homogénéité dans la formation des» Conseillers ni des possibilités, Genève mise à part, de porter les problèmes d’orientation sur le plan de la haute recherche scientifique. En ce sens, il est à craindre que la formation de nouveaux conseillers de profession suisse ne soit incomplète.
- Par contre, une vie cantonale intense permet aux nombreux professeurs, instituteurs, employés des. offices du travail qui trouvent dans l’orientation professionnelle une activité accessoire de s’initier
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- aux problèmes sous, la direction des quelques rares personnalités vraiment qualifiées. Lorsqu’on connaît le solide bon sens du peuple suisse et sa conscience scrupuleuse, nul doute qu’en dépit d’une formation fragmentaire, les. Conseillers suisses ne fassent de bonne orientation empirique. p ^ Vallès.
- LA VIE DES CENTRES D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- La Faculté du jugement chez les écoliers lillois.
- Dans un article paru, dans « L’Année Psychologique de 1927 », Franciska Baumgarten disait : « Depuis l’introduction des tests de Binet-Simon en 1908, la technique a fait des progrès énormes qui, dans beaucoup de cas, ont bouleversé nos conceptions sur des événements historiques de la vie quotidienne. Sous ce point de vue, les. tests de BineLSimon ont vieilli et ne sont plus en état d’être un instrument de la mesu.re de l’intelligence de l’enfant moderne ».
- A l’appui, de son. affirmation, l’auteur citait quelques exemples significatifs.
- Au Centre d’O. P. de Lille, nous avons repris les tests cités qui permettent d’apprécier la faculté, de jugement. Voici les résultats qu’ils ont donné sur 182 garçons et 192 filles de 12 à 14 ans. Nous s.igna.lons les réponses obtenues telles, qu’elles nous, ont é.té. faites. Si nous, sommes d’accord avec l’auteur pour admettre que les tests de Binet-Simon sont « d’une psychologie surannée et devancée par les événements historiques », nous n’avons pas recueilli de réponses qui le prouvent abondamment, sauf dans une infime minorité de cas.
- Première question. — On a trouvé dans, la forêt un cadavre d’homme coupé en. dix morceaux.. L’on, suppose que le malheureux s’èst su.icidé. Est-ce juste ?
- Garçons :
- Oui : 4, soit 2
- Non : 16, soit 93 %.
- Ne savent pas : 9, soit 4,5 %.
- Pourquoi
- Oui : Les réponses sont incohérentes et proviennent de retardés, voire d’arriérés. En voici des exemples : (parce qu’il a peut-être volé), (parce qu’il avait de la misère), (s’il 's’est suicidé c’est bien de sa faute), etc...
- Non : 160 sur les 169 répondent : « parce qu’il ne peut pas se couper en dix morceaux ». Les. autres réponses sont franchement incohérentes et appartiennent à la catégorie des enfants retardés ou. arriérés qui ont répondu. « non. » comme il.s auraient répondu « oui ». «
- Filles :
- Oui : 3, soit 1,5 %..
- Non : 178, soit 92 \ %.
- Ne savent pas : 11, soit 6 %.
- Pourquoi
- Oui : Môme observation qu.e pour les garçons.
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- Non : 165 sur 178 répondent : « parce qu’il ne peut pas. se couper en dix morceaux ». Pour les autres, on peut faire la même observation que pour les garçons. *
- Deuxième question. — Il est arrivé un accident de chemin de fer aujourd’hui. 17 personnes ont été tuées. On. dit que ce n’est qu’un accident de peu de gravité. Est-ce exact ?
- Garçons :
- Oui : 23, soit 12,5 %.
- Non : 150, soit 82,5 %.
- Ne savent pas : 8, soit 5 %.
- Pourquoi
- Oui : La majorité des enfants répondent après réflexion : « parce qu’il pourrait y avoir plus de victimes ». Le reste s’en tient à des réponses incohérentes. : (les. rails, ont peut être été sabotés), (le chauffeur ne l’a pas fait exprès), etc...
- Non : Sau.f 5 ou. 6, tous disent : « parce qu.e 17 personnes tuées, c’est beaucoup ». L’infime minorité, signalée fait des. réponses, saugrenues. telles que : (il. n’est pas arrivé d’accident aujourd’hui), (les enfants seraient malheureux).
- Filles :
- Oui : 29, soit 14 %
- Non : 156, soit 82 %.
- Ne savent pas. : 7, soit 4 %..
- Pourquoi
- Oui : Comme pour les garçons, les filles, répondent justement : « parce qu’il pourrai! avoir plus de victimes ». Une seule dit : « parce qu’ils étaient à côté des rails », ce qui la catalogue sans hésitation.
- Non : Sauf 12, toutes font des réponses identiques : « parce que 177 personnes tuées, c’est beaucoup ». Les autres réponses sont incohérentes : (parce que c’est dangereux), (parce qu’on ne peut plus revivre), (à cause du. mécanicien qui a mal conduit), etc...
- . R. Lallau.
- CAUSERIE BIBLIOGRAPHIQUE
- René Zazzo. — Intelligence et quotient d'âges. — In-8 de 64 pages. Paris, Presses Universitaires, 1946. Pa.ris. 80 francs.
- En écrivant ce « Manuel pour l’étude du développement mental ». R.. Zazzo rend un grand service aux éducateurs et à tous ceux qui sont appelés, à déterminer u.n âge mental et à en tirer des indications et des pronostics. .
- Il montre clairement l’ambiguité de la notion du O. I., qui, d’indice de développement, devient, une fois le développement terminé, un indice intellectuel proprement dit, avec, à l’appui de la légitimité de cette transformation, le fait d’une constance suffisante pour que la précocité de l’enfant permette de prévoir la puissance intellectuelle de l’homme.
- Une critique judicieuse, des courbes bien connues de MUo Bonnis, dont l’erreur est élucidée et expliquée, avec des tableaux reçtifica-
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- tifs, et une abaque pour le calcul des quotients, que Zazzo propose justement d’appeler des quotients d’âges, ce qu’ils sont réellement, constituent l’essentiel de cet excellent manuel que complètent de très, utiles données documentaires. o p
- LIVRES ENTRÉS RÉCEMMENT A LA BIBLIOTHÈQUE
- Violet-îConil et Canivet. — L'exploration expérimentale de la mentalité infantile. — P.U.F.
- Dr Gardes. — O. P. et phoniatrie, 1946.
- L. Bourdel. — La connaissance des hommes pa'r la psgchobiologie. — Edit. Médicis.
- Zazzo. — Intelligence et Quotients d'âge. — P.U.F. 1946.
- L. Bourdel. — Sang, tempéraments, travail, races.
- Dr Corman. — L'éducation dans la confiance. — Editions Stock.
- NÉCROLOGIE
- C. S. Myers. — Le 8 octobre dernier, C. S.-Myers était venu, de sa retraite dans le Somerset, à Londres, pour assister au banquet donné à Mansion House en l’honneur du 25° anniversaire du National Institute of Industrial Psychology, qu’il avait fondé en 1921 et dont il avait été directeur jusqu’en 1938, pour en rester le « Scien-tific Adviser ». Et, quatre jours plus tard, atteint de pneumonie, il s’éteignait brusquement.
- Son rôle, dans le développement de la psychologie appliquée en Angleterre a été considérable. Sa large culture, son esprit scientifique rigoureux, la hardiesse généreuse de ses vues sociales, son autorité naturelle et son aménité l’avaient mis hors pair dans le domaine international de la psychologie, et il avait été tout naturellement choisi comme président du Congrès international de Psychologie tenu à Oxford en 1923 après la longue interruption (1909) causée par la première guerre mondiale.
- Il avait fait ses études à l’Université de Cambridge, passé un doctorat ès sciences et un doctorat en médecine, participé à la grande expédition anthropologique au détroit de Torres organisée par l’Université de Cambridge, où il était revenu comme lecteur de psychologie expérimentale, puis comme Fellovv. Psychologue consultant comme lieutenant-colonel en France (1914-1919) où il étudia le syndrome commotionnel du Shellshock, premier président de la Bri-tish Psychological Society, membre de la Boyal Society, éditeur (de 1911 à 1924) du British Journal of Psychology, il avait occupé incontestablement le premier rang dans la psychologie anglaise.
- Ses travaux ont été nombreux, dans le domaine de la psychologie ethnologique, de la psycho-pathologie, de la psychologie expérimentale (pour laquelle il a établi un des manuels les meilleurs), et de la psychologie appliquée à l’industrie (en particulier sur la. fatigue industrielle). Et au cours de la dernière guerre, de nombreux travaux ont été publiés dans Occupational Psychology en son honneur par ses disciples et ses admirateurs.
- C’était un précieux et fidèle ami de la France, et, en lui, personnellement, j’ai perdu un de mes amis les plus chers. H. P.
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- TABLE DES MATIÈRES
- Tome II de la deuxième série (1946)
- ARTICLES
- Flachot (Guy) : Le Plombier. — N° 1-2, p. 1.
- Galifret (Yves) : Contrôle de la valeur de l’Orientation Professionnelle scientifique. — N° 3-4, p. 33.
- Galifret (Yves) : Technique d’utilisation du stéréomètre. — N° 7-8, p. 97.
- Galifret (Yves) : Un test de transmission de mouvements. — N° 11-12, p. 167.
- Henri (P.) : Mesure pratique de la. vision en profondeur. — N° 7-8,
- p. 102.
- Laurent (Simone) : Le métier de mécanographe du service d’électrocomptabilité par cartes perforées. — N° 9-10, p. 133.
- Lézine (Irène) : Quelques données statistiques sur une tentative de sélection par méthode des tests à l’Institut des Hautes Etudes Cinématographiques. — N° 5-6, p. 68.
- Piéron (H.) : Les problèmes d’orientation et l’organisation de l’enseignement. — N° 11-12, p. 161.
- Stora (Jacqueline) : La méthode de Rorschach appliquée à quelques tests de pratique courante en orientation professionnelle. — N° 5-6, p. 65.
- Zazzo (R.) : La psychologie de la publicité aux Etats-Unis. — N° 9-10, p. 129.
- NOTES ET DOCUMENTS
- Analyse factorielle de tests verbaux. — Analyse factorielle d’une série de tests verbaux. — N° 3-4, p. 40.
- Apprentissage. — Vitesse et précision dans l’apprentissage. — N° 7-8, p, 105.
- L’aptitude mathématique. — L’aptitude mathématique serait-elle différemment constituée dans les deux sexes ? — N° 9-10, p. 147.
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- Aptitudes techniques. — Comparaison des aptitudes techniques chez les écoliers croates et parisiens. — N° 5-6, p. 75.
- Arriérés. — Orientation professionnelle et arriérés. — N° 11-12, p. 174.
- Caractère. — La recherche des facteurs de caractère. — N° 1-2, p. 15.
- Choix. — Comment l’enfant opère un choix qu’on lui impose. — N° 11-12, p. 176.
- Déficiences auditives. — La fréquence des déficiences auditives d’après les enquêtes américaines. — N° 5-6, p. 74.
- Déficiences auditives. — L’épreuve de la voix parlée pour l’appréciation des déficiences auditives. — N° 5-6, p. 76.
- Enfants anormaux. — Technique P. F. pour le dépistage des enfants anormaux. — N° 7-8, p. 106.
- Forme verbale de la comparaison. — Etude du développement de la notion de partie et d’une forme verbale de la comparaison chez les écoliers Lillois. — N° 9-10, p. 148.
- Jumeaux. — Un nouveau cas de jumeaux séparés à la naissance. — N° 3-4, p. 38.
- Jumeaux. — Un cas de plus de jumeaux élevés séparément. — — N° 7-8, p. 105.
- Justice immanente. — Notion de responsabilité et de justice immanente chez l’enfant. — N° 11-12, p. 174.
- Niveau intellectuel. — La relation entre le'niveau intellectuel des enfants et leur nombre dans la famille. — N° 3-4, p. 4L
- Notion de partie, — Etude du développement de la notion de partie et d’une forme verbale de la comparaison chez les écoliers Lillois. — N° 9-10, p. 148.
- Planning. Un essai de sélection de sujets capables de faire du planning. — N° 3-4, p. 42.
- Précision. — Vitesse et précision dans l’apprentissage. — N° 7-8, p. 105.
- Orientation professionnelle. — Orientation professionnelle et arriérés. — N°-11-12, p. 174.
- Responsabilité. — Notion de responsabilité et de justice immanente chez l’enfant. — N° 11-12, p. 174.
- Sélection scolaire. — Une expérience intéressante de la sélection scolaire. — N° 1-2, p. 16.
- Triplettes. — Données fournies par l’étude psychologique de trois groupes de triplettes. — N° 9-10, p. 146.
- Troubles endocriniens. — Dépistage des troubles endocriniens. — N° 3-4, p. 39.
- Type. — Bases théoriques de la détermination des types. — N° 1-2, p. IL
- Vitesse. — Vitesse et précision dans l’apprentissage. —• N° 7-8, p'. 105.
- Voix parlée. — L’épreuve de la voix parlée pour l’appréciation des déficiences auditives. — N° 5-6, p, 76.
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- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE A L’ETRANGER
- La formation des « conseillers de profession » en Suisse. — N° 11-12, p. 184.
- L’orientation professionnelle en Grande-Bretagne. — N° 1-2, p. 27. Quelques aspects de l’orientation professionnelle aux Etats-Unis. —
- N° 3-4, p. 51.
- Rapport sur la Semaine suisse d’hygiène mentale. — N° 5-6, p. 84.
- A TRAVERS LES REVUES
- A travers les Revues, — N° 1-2, p. 21 ; N° 3-4, p. 45; N° 5-6, p. 78 ; N° 7-8, p. 112; N° 9-10, p. 154; N° 11-12, p. 179.
- INFORMATIONS
- Informations. — N° 1-2, p. 25 ; N° 3-4, p. 44 ; N° 5-6, p. 82 ; N° 7-8, p. 112; N° 9-10, p. 154; N° 11-12, p. 182.
- CHRONIQUE DOCIMOLOGIQUE
- Soucis ministériels. — N° 5-6, p. 77.
- Comment réussissent au lycée l'es enfants non recommandés par leur directeur d’école primaire. — N° 7-8, p. 108.
- B.M.D. Cast. — Efficience des différentes méthodes de noter les compositions en anglais. — N° 11-12, p. 178.
- LA VIE DE L’INSTITUT NATIONAL D’ÉTUDES DU TRAVAIL
- ET D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- La vie de l’Institut National. — N° 9-10, p. 155.
- LA VIE DES CENTRES D’O. P.
- N° 1-2, p. 28 ; N° 3-4, p. 60 ; N° 5-6, p. 86 ; N° 7-8, p. 115 ; N° 11-12,
- . p. 186.
- L’orientation professionnelle dans la France d’Outre-Mer. — N° 5-6, p. 92.
- Décrets intéressant l’O. P. — N° 3-4, p. 57 ; N° 5-6, p. 93 ; N° 7-8, p. 114 ; N° 11-12, p. 183.
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- Baumgarten (Franziska). — Die Charakterprüfung der Berufsanwâr-ter. N° 9-10, p. 159.
- G. de Beaumont. — La psychotechnique au service de l’entreprise. — N° 3-4, p. 63.
- P.-R. Bize. — Orientation et sélection professionnelles. — N0 7-8, p. 125.
- Delay (Jean). — La psycho-physiologie humaine. — N° 3-4, p. 64. L’enfance irrégulière. — N° 9-10, p. 159.
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-
- Fauville (A.). —• La psychologie et le choix de la profession. — N° 7-8, p. 128.
- Gemelli (Ag.). — La personalita del deliquenle nei suoi fondamenti biologici i psicologici. — N° 9-10, p. 159.
- Gemelli (Ag.). — La psicotecnica applicata ail’ industria. — N° 7-8,
- p. 126.
- Kandel (L.). — Professionnal aptitude tests in Medecine, Law, and Engineering. Teachers College, Columbia University, New-York, 1940. — N° 5-6, p. 95.
- Mallart (José). — Orientacion foncional y forinacion profesional. — N° 9-10, p. 159.
- Moncrieff (Alex). — Psychology in general practice. — N° 9-10, p. 158.
- Mounier (Louis). — Pratique de l’Orientation professionnelle. -— N° 7-8, p. 125.
- Mounier (E.). — Le rôle des tendances profondes dans le choix des professions. — N° 11-12, p. 176.
- L’orientation professionnelle.. — N° 7-8, p. 127.
- C.W. Valentine. — Intelligence tests for young children. — N° 9-10, p. 158.
- Walther (Léon). — Psychologie du travail. I. Travail et industrie. N° 9-10, p. 158.
- Zazzo (R.). — Le devenir de l’intelligence. — N° 3-4, p. 62.
- Zazzo (R.). — Intelligence et quotient d’âge. — N° 11-12, p. 187.
- LIVRES ENTRÉS A LA BIBLIOTHÈQUE
- Livres entrés à la Bibliothèque. — N° 3-4, p. 64; N° 5-6, p. 9ft ; N° 7-8, p. 128 ; N° 11-12, p. 188.
- CORRESPONDANCE
- Correspondance.. — N° 9-10, p. 160.
- NÉCROLOGIE
- Luc (Hippolyte). — N° 1-2, p. 30.
- Faillie (Robert). — N° 1-2, p. 31.
- C.S. Myers. — N° 11-12, p. 188. |
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- AGEN.
- IMPRIMERIE MODERNE, 43, RUE VOLTAIRE
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- SOMMAIRE
- Pages
- I. — Henri Pièron : Les problèmes d’orientation et l’organisation '
- de l’enseignement ........................................ 161
- II. — Y. Galifret : Un test de transmission de mouvements ........ 167
- III. — Notes et Documents : Notion de responsabilité et de justice immanente chez l’enfant. — Orientation professionnelle et arriérés. — Comment l’enfant opère un choix que l’on lui impose. Le rôle des tendances profondes dans le choix des
- professions .......................................... 174
- IV. — Chronique docimologique : Efficience des différentes méthodes
- de noter les compositions en anglais.................. 178
- V. — A travers les Revues..................................... 179
- VI. — Informations................................................ 182
- VII. — Arrêtés intéressant l’O. P...........•................... 183
- VIII. — L’Orientation Professionnelle à l’Etranger.............. 184
- IX. — La Vie des Centres d’O. P................................ 186
- IX. — Causerie bibliographique............................... 187
- XT. — Livres entrés récemment à la bibliothèque ................ 188
- XII. — Nécrologie................................................ 188
- XIII. — Table des matières ...................................... 189
- Bulletin de l'Institut National (l'Etude du Travail
- et d’Orientation Professionnelle
- \
- rédacteur en chef : Mme Henri PIÉRON secrétaire de la rédaction : M1|j Irène LÉZINE
- LES ABONNEMENTS PARTENT DU 1er JANVIER
- AKOIVIVEIUEIVT :
- Pour la France.... 200 fr. j Pour l'Etranger........... 300 fr.
- I*rix «lu numéro ; 35 franc*
- Pour les anciens élèves de l’I. N. E. T. O. P. : 150 francs Prière d’adresser le montant des Abonnements au Compte Chèques postaux de l’Institut
- PARIS C/C 14=44-79
- Pour tout ce qui intéresse le Bulletin adresser la correspondance à Mme Henri Piéron
- Les Abonnés nouveaux recevront les numéros de l’année déjà parus au reçu de leur Abonnement
- Le Gérant : Paul Arjo.
- AGEN. — IMPRIMERIE MODERNE, 43, RUE VOLTAIRE
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- SERVICES DE L'INSTITUT
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- SECRÉTARIAT GÉNÉRAL ET CENTRE DE DOCUMENTATION Chef de Service : Mlle G. Chauffard.
- CENTRE D'ORIENTATION PROFESSIONNELLE Chef de Service : Mllc Nepveu.
- CENTRE DE RECHERCHE DES TÉSTS Chef de Service : Mme Henri Piéron.
- Le Secrétariat et l’Office de Documentation sont Rouverts chaque jour, non fériés, de 9 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures.
- La Secrétaire générale reçoit le lundi, de 14 h. 30 à 18 heures ; le jeudi de 14 h. 30 à 16 h. 30, et sur rendez-vous.
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