Bulletin de l'Institut national d'orientation professionnelle
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- 2e SÉRIE. — 3e ANNÉE
- N° 1-2
- JANVIER-FÉVRIER 1947
- BULLETIN
- L’INSTITUT NATIONAL
- détude du travail
- ET
- dORIENTATION
- PROFESSIONNELLE
- REVUE MENSUELLE
- Cnam SCD
- 1 2501 00044494 6
- AU SIÈGE DE L’INSTITUT
- 4l, Rue Gay-Lussac, 4!
- PARIS
- 7 OU S DROITS RÉSERVES
- !
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- CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MÉTIERS
- Institut National cTÊtude du Travail et d Orientation Professionnelle
- DIRECTEUR DÉLÉGUÉ
- M. Henri Piéron, professeur au Collège de France, directeur de l’Institut de Psychologie de l’Université de Paris, président de la Section des Sciences Naturelles de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes.
- COMITÉ DIRECTEUR
- Le Directeur du Conservatoire National des Arts et Métiers.
- Le Directeur délégué.
- M. H. Laugier, secrétaire général adjoint de l’O.N. U.
- M. P Pouillot, inspecteur général honoraire du Travail.
- M. H. Wallon, professeur au Collège de France.
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- 2e Série. 3' Année
- N* 1-2
- Janvier-Février 1947
- Bulletin de l’Institut National D’ÉTUDE DU TRAVAIL
- et
- D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- Une psychologie des différences constitutionnelles d’après W.-H. Sheldon, Ph. D., M. D., 1942
- par
- M. REUCHLIN
- L’auteur ,a publié en 1940, sous le iilre : The varieties of hum an physique un ouvrage de morphologie typologique, dans lequel il s est proposé de donner un cadre de référence aux facteurs statiques de la psychologie constitutionnelle;
- Il se propose, dans le présent travail, d’élaborer un cadre correspondant pour les facteurs dynamiques de la personnalité, dont l’ensemble constitue le tempérament, qu’il définit ainsi : « le niveau immédiatement supérieur aux fonctions physiologiques, et immédiatement inférieur aux altitudes acquises et aux croyances ».
- Il considère le physique et le tempérament comme deux aspects différents d’une même réalité.
- Il s’efforce, dans l’un et l’autre cas, d’atteindre les composantes primaires de la personnalité, au delà des traits superficiels, et. le principal problème qu’il se pose réside dans le choix des variables, dans la recherche des facteurs fondamentaux.
- Le présent ouvrage débute par un résumé du travail de 1940, résumé qui nous permettra de saisir mieux le parallélisme mis en lumière par 1 auteur entre la constitution morphologique et le tempérament.
- Voici quelles ont été aes grandes lignes de sa recherche des composantes primaires de la structure physique des individus.
- Disposant des photographies triples" (face, profil, dos) de 4.000 sujets, l’auteur et ses collaborateurs ont essayé de les classer de plusieurs façons différentes, chaque fois suivant une composante primaire supposée.
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- Pour être retenue, la composante devait satisfaire aux deux critères suivants :
- 1° Peut-on classer les photos en ordre croissant quant à la caractéristique envisagée, avec accord d’expérimentateurs travaillant séparément ?
- 2° Une composante supposée nouvelle ne peut-elle se réduire à une combinaison de composantes connues ?
- Trois traits seulement sc révélèrent primaires, c’est-à-dire irréductibles.
- L’auteur chercha alors quelles mesures anthropométriques étaient susceptibles :
- 1° de refléter le plus fidèlement les différences évidentes relevées par inspection du corps ;
- 2° de rendre ces différences plus fines et plus objectives.
- Dix-sept. diamètres (exprimés en fonction de la laile et le plus souvent mesurés sur les photographies) se révélèrent capables de définir le somatotype d’un individu.
- Ce somatotype s’exprima pratiquement en un groupe de trois chiffres, chaque chiffre évaluant de' 1 à 7 l’importance d’une des composantes primaires de l’individu considéré.
- Voici une description schématique de chacune des trois composantes :
- 1° Endomorphie. — Développement des viscères digestifs. Structures somatiques (os, muscles) peu développées. Faible poids spécifique. Sujet gras en général, mais la sous-alimentation peut amener un amaigrissement sans changement de type. Moi es se, rotondité.
- 2° Mésomorphie. Prédominance des structures somatiques, poids spécifique élevé. Sujet ferme, solide, droit, fort, larges artères. Peau épaisse aux larges pores, renforcée par le tissu conjonctif sous-jacent.
- 3° Ectomorphie. Fragilité, linéarité, poitrine plate, corps délicat. Faible développement des structures viscérales et somatiques. Extrémités longues, grêles, faiblement musclées, os délicats. Grande surface, proportionnellement au poids, grande exposition, sensorielle au inonde extérieur. Système nerveux et organes des sens peu protégés.
- Du point de vue embryologique, les viscères digestifs de l’en-domorphe proviennent de l’endodermie embryonnaire, les structures somatiques du mésomorphe, la peau et les nerfs de l’ecto-morphe proviennent respectivement du mésoderme et de l’ectoderme embryonnaire.
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- L’auteur a établi pour chaque composante des mesures anthropométriques standardisées par âge.
- A l’étude de ces composantes primaires vient s’ajouter l’étude de composantes secondaires, également standardisées. Citons par exemple :
- la dysplasie, mélange de composantes primaires en proportions différentes suivant les parties du corps ;
- la gynandromorphie, caractère de bisexualité ;
- la texture, tissus fins ou grossiers ;
- etc...
- , *
- * *
- Dans le présent ouvrage, l’auteur nous présente un travail semblable relatif aux types de tempéraments. Ayant dès lors à sa disposition une appréciation chiffrée de la constitution morphologique d’une pari, du tempérament d’autre part, il se livrera à une étude statistique des corrélations existant entre l’une et l’autre.
- 11 nous expose d’abord comment il à constitué sa- typologie de tempérament.
- Ayant rassemblé 650 traits de tempérament, il les soumet à un premier criblage qui en ramène le. nombre à 50.
- Dans une expérience initiale il examine 33 universitaires pendant une année scolaire, .au cours de laquelle il a vingt entretiens avec chacun d'eux, auxquels vient s’ajouter une observation directe des sujets dans teur milieu social. Chacun des 50 traits retenus est coté de 1 à 7 pour chaque sujet. Un tableau de toutes les intercorrélations est dressé qui révèle que les traits ont tendance à se rassembler en trois groupes (l’auteur en attendait quatre) au sein desquels les intercorrélations sont, positives, alors, qu’un trait donné corréle négativement avec tout autre trait extérieur à son groupe.
- Sont finalement retenus comme « traits caractéristiques » ceux qui ont une corrélation positive d’au moins + .60 avec les autres traits du groupe et une corrélation négative d’au moins i—.30 avec les traits des autres groupes.
- 22 traits répondent à ces critères. Quatre années durant, l’auteur va tr a varier a augmenter ce nombre, soit en analysant les sujets s’étant classés dans les types extrêmes, soit en procédant à de nouvelles applications sur des groupes de sujets, applications suivies de l’étude des intercorrélations.
- Il se confirma que le tempérament d’un individu pouvait se ramener à trois composantes fondamentales.
- Restait à donner un nom à chacune de ces composantes. Après
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- une étude critique des vocables .adoptés par les auteurs l’ayant précédé en la matière, Sheldon s’arrête aux dénominations :
- Viscérotonie, Somcitotonie et Cérébrotonie.
- L’échelle définitive pour C’appréciaiton du tempérament, que l’on trouvera ci-dessous, constitue la meilleure définition opérationnelle de chacune de ces composantes.
- I. — Viscérotonie
- 1. Relaxation dan,; la posture et le mouvement.
- 2. Aime le confort ma-
- — tériel.
- 3. Réactions lentes.
- 4. Aime manger.
- 5. Socialisation de l’acte de nutrition.
- 6. Aime digérer.
- 7. Aime les manières
- “ polies.
- 8. Sociophilie.
- 9. Aimable pour tout le monde.
- 10. Aime être aimé et approuvé.
- 11. Orienté vers autrui.
- 12. Régularité du flot émotionnel.
- 13. Tolérant.
- 14. Complaisant..
- 15. Sommeil profond.
- 16. Mal « trempé ».
- 17. D’humeur égale, com-munique facilement ce qu’il ressent, extroversion de viscé-rotonique.
- 18. Relaxation et sociophilie sous l’effet de l’alcool.
- 19. Aime être entouré quand il est affligé.
- 20. Orienté vers l’enfance et les relations familiales.
- II. — Somatotonie
- 1. Affirmé dans la pos-ture et le mouvement
- 2. Aime l’aventure.
- 3. Energique.
- 4. Resoin de jeu et d’exercice.
- 5. Goût de la domina tion, du pouvoir.
- 6. Aime risquer, tenter.
- 7. Hardiesse directe des
- — manières.
- 8. Courage physique au
- — combat.
- 9. Agressif dans la com-pétition.
- 10. Rudesse psychologique.
- 11. Claustrophobie.
- 12. Cruel sans délicatesse.
- 13. Parle à voix haute.
- 14. Indifférence Spartiate à la douleur.
- 15. Bruyant.
- 16. Hypermaturité.
- 17. Clivage mental horizontal, extroversion de somatotonique.
- 18. S’affirme, devient agressif sous l’effet de l’alcool.
- 19. Aime agir quand il est affligé.
- 20. Orienté vers les buts et les activités de la jeunesse.
- III. — Gérébiotonie
- 1. Contraint dans la
- — posture et le mouve ment
- 2. Réponse physiologique excessive.
- 3. Réactions hâtives.
- 4. Aime être « en pri-
- — vé ».
- 5. Hypertensivité men-taie appréhension.
- 6. Discret sur ses senti-ments. Contrainte émotionnelle.
- 7. Mouvements cons-
- — cients des yeux et de la face.
- 8. Sociophobie.
- 9. Inhibé en société.
- 10. Résiste à la coutume, à la routine.
- 11. Agoraphobie.
- 12. L’attitude n’est pas prévisible.
- 13. Parle à voix modérée n’est pas bruyant.
- 14. Hyperalgésie.
- 15. Dort peu, fatigue chronique.
- 16. Juvénile de manières et d’apparence.
- 17. Clivage mental vertical, introversion.
- 18. Résiste à l’alcool et aux autres drogues dépressives.
- 19. Aime la solitude quand il est affligé.
- 20. Orienté vers sa vie passée.
- forme abrégée de
- Les 30 traits soulignés constituent une l'échelle.
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- La procédure complète pour l’us,age de l’échelle est la suivante (mais l’auteur décrira plus loin des procédés abrégés) :
- observer le sujet pendant un an ;
- avoir vingt entretiens avec lui, les deux ou trois premiers servant à « briser La glace » ;
- rassembler tous les renseignements possibles sur le sujet ;
- après chaque observation ou entretien, coter sur L’échelle autant de traits que possible.
- Il est entendu que les .cotes sont données de 1 à 7, à l’aide du barême suivant. On trouvera, en regard, le pourcentage de cas observés sur 600 sujets.
- Cote % Signification
- î
- 2
- 3
- 4
- 5
- 6 7
- 4 % Extrême antithèse du trait.
- 15 % Trait faiblement représenté, mais traces présentes.
- 29 % Trait nettement présent, mais un peu inférieur à Ta moyenne.
- 29 % L’individu est à mi chemin des extrêmes. Légèrement inférieur à la moyenne dans le trait.
- 15 % Trait fort, bien que non dominant.
- 6 % Trait très fort, en évidence, proche de l’extrême.
- 2 % Extrême manifestation du trait.
- Les vingt traits caractéristiques de chaque composante ayant été ainsi colés, on fait la somme des cotes obtenues pour chaque composante, et on ramène cette somme à une cote sur 7 à l’aide d'une table (la cote de la composante est approximativement la moyenne des cotes des traits).
- On .arrive donc, pour chaque sujet, à un « indice de tempérament » composé de trois chiffres, chaque chiffre étant inférieur ou égal à 7 et représentant, l’importance relative, chez l’individu, de la viseérotonie, de La somatotonie et de La cérébrolonie.
- Rappelons que l’étude du type morphologique avait abouli à définir le « somatotype » de chaque.sujet à l’aide de trois chiffres se rapportant respectivement à l’endomorphie, la mésomorphie et l’ectomorphie.
- En rapprochant les indices de tempérament des somatotypes. hauteur aborde l’étude statistique des relations existant entre la constitution physique et le tempérament.
- *
- * *
- L’auteur prend comme groupe d’expérience 200 étudiants ou universitaires de race blanche, pour La plupart âgés de 18 à 27
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- Il rassemble sur eux un grand nombre de données, toutes chiffrées de 1 à 7 :
- les trois composantes du somatoiype ; les trois composantes du tempérament ;
- Un grand nombre de « variables secondaires » parmi lesquelles nous citerons :
- l’âge, la race, la taille, le poids; la dysplasie (définie .plus haut) ; la gynandramorphie ou bisexualité ; la composante t, relative à l'esthétique du sujet ; letat de santé ;
- la force musculaire (centrale et périphérique) ; l’intelligence physique, relative à la façon dont l’individu arrive à tirer partie de son corps ; le quotient d’intelligence ; l’intelligence esthétique ; la sexualité ;
- la gynaudrophrénie (composante du tempérament correspondant à la composante morphologique nommée gynandro-morphie).
- D’autre part, l’auteur se propose d'observer dans quelle mesure une harmonie plus ou moins bonne entre la constitution et le tempérament, ou la prépondérance de telle ou telle composante primaire,, sont liées à une adaptation sociale, à une réussite dans la vie plus ou moins grande.
- Aussi va-t-il ajouter à toutes les données précédentes des renseignements relatifs à l’histoire sociale des sujets et à leur adaptation au milieu universitaire, renseignement dont certains sont postérieurs à l’époque de l’examen.
- Il classe ses 200 sujets à ce point de vue en un certain nombre de groupes et sous-groupes :
- 1. Groupe supérieur.
- 2. Groupe normal :
- 2a : normal sans effort ;
- 26 : normal avec effort :
- 3. Inadaptés ou mal intégrés .-
- 3a : « trop bien doués » ;
- 36 : excès de somatotonie ;
- 3c : sujets chez, lesquels le somatotype est l’inverse de l'index de tempérament ;
- 3d : sujets en difficultés avec leur milieu pour des raisons diverses.
- 4. Inférieurs constitutionnels (somatopénie).
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- L'auteur constate d’abord que Ces sujets dont le somatotype est très différent de l’indice de tempérament sont en général moins bien adaptés à leur milieu que leurs camarades.
- Avant d’examiner 1 influence de chaque composante sur l’adap-tation, il souligne la difficulté d’un tel travail statistique, car la cote isoCée donnée à une composante, ou la moyenne de cotes correspondant. à des composantes différentes, sont, en fait des chiffres dépourvus de signification : la personnalité est un tout, c’est l’individu dans son ensemble qui vit et réagit.
- Sous ces réserves, voici les- résultats statistiques obtenus. -
- Deux faits principaux sont à mettre en lumière :
- 1° les facteurs morphologiques et de tempérament ont joué un rôle différenciateur dans la réussite.
- 2° les composantes statistiques (morphologie) corrélent avec les composantes dynamiques (tempérament).
- La première de ces conclusions apparait dans les tableaux I et II, qui donnent la répartition dans les groupes d’adaptation définis plus haut suivant la dominante morphologique (Tableau I) ou de tempérament (Tableau II).
- On voit dans le premier que ce sont les ectomorphes qui ont le plus de chances de réussir brillamment dans le milieu universitaire.
- On remarquera dans e second tableau que les eerebrotoniques semblent favorisés.
- Les répartitions paraissent se correspondre d’un tableau à l’autre, ce qui nous conduit à examiner les corrélations entre composantes morphologiques et composantes de tempérament.
- On trouvera plus loin le tableau des intercorrélations entre les unes et les autres. (Tableau III).
- Il semble qe’iby ait un haut degré de liaison entre endomorphie et viscérolonie, mésomorphie et somatotonie, ectomorpliie et cérébrotonie.
- Le résultat est si net que l’auteur répond d’avance aux critiques qui pourraient lui être adressées. Il insiste sur l’objectivité des mesures aussi bien dans l’un que dans l’autre des domaines explorés, et sur le caractère expérimental des résultats obtenus. Il minimise également l'effet du « halo » qui inclinerait l’observateur prévenu à surestimer, par exemp’e, la cérébrotonie d’un sujet, uniquement parce que ce sujet se présenterait devant lui avec une constitution manifestement ectomorphique.
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- Tableau I
- Répartition pour cent dans les groupes d’adaplation suivant la composante dominante du somatotype.
- Groupe 1 2a bb 3 a 3 b 3 c 3 d 4 Total
- Endomorphes • > 10 50 27 13 15.
- Mésomorphes • • 7 41 5 30 1 5 7 4 9 7 5 35
- Ectomorphes . 30 19 25 11 7 5 7 5 2(3.5
- Equilibrés .. 11 40 25 11 9 4 23.5
- Total • • • .. 29 73 54 54 5 8 14 10 100
- Tableau II
- Répartition pour cent dans les groupes d’adaplation suivant la
- composante dominante de l'indice de tempérament.
- Groupe 1 2 a 2 b 3a 3 b 3 c 3 d 4 Total
- Viscérotoniqties • . 4 61 14 7 14 u
- Somatotoniques . 8 37 35 1 7 3 9 37,5
- Cérébrotoniques • . 26 17 28 11 11 7 27
- Equilibrés . . ... 19 44 21 9 2 5 215
- Total • • • .. 29 73 54 7 5 8 14 10 100
- Tableau III
- Endomorphie Viscérotonio Mcsomorphie Somatotonie Ectomorphie Cérébrotomi
- Endomorphie • • • » + .79 —.29 —.29 —.41 —.32
- Vîscérotonie . . • + .79 )>. -.23 —.34 —.40 -.37
- Mésomorphie • . . —.29 —.23 )) + .82 —.63 —.58
- Somatotonie • • —.29 —.34 + .82 )) —.53 — .62
- Ectomorphie . . —.41 —.40 " -.63 —.53 )> + .83
- Cérébrotonie • . • —.32 —.37 —.58 —.62 + .83 ))
- N.B. — La présentation matérielle de ce tableau a été très légèrement modifiée.
- . Il tend à accorder une valeur tout à fait générale à ses résultats, susceptibles, peut-être, écrit-il, « de fournir un cadre général de référence pour toute étude de différences inlerindividueTes ».
- Il donne aussi les corrélations, de moindre intérêt, entre les composantes primaires et les composantes secondaires, et entre les composantes secondaires.
- Diverses vérifications de la fidélité des cotations ont été faites, et les indices trouvés, tant pour le somatotype que pour l’indice de tempérament ont toujours été supérieurs à +.80.
- Ces vérifications ont porté sur la version intégrale de l’échelle de tempérament. Mais cette version, exige l’observation des sujets pendant un an et n’est pas, par conséquent, utilisable dans tous les cas.
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- La forme abrégée (constituée par les trente questions soulignées dans le tableau précédent) présente .avec la forme intégrale les corrélations suivantes, données pour chacune des trois composantes :
- .73 .61 .68
- L’auteur a expérimenté une forme plus abrégée encore, qui
- n’exige qu'un entrevue de vingt minutes avec le sujet.
- Cette dernière forme présente les corrélations suivantes avec La forme intégrale appliquée sur un groupe pendant deux ans :
- .82 .84 .91
- Ces résultats ont été obtenus par lauteur lui-même. Ils n’auraient peut être pas été aussi bons si les mesures avaient été faites par un examinateur moins averti.
- L’utilisation d’un tel instrument de mesure nécessite en effet, d’après l’auteur, un long et sévère entraînement, chez un sujet bien doué et préparé à cette Lâche par des études, antérieures de médecine, de psychologie quantitative ou de psychiatrie.
- L’auteur montre par des exemples combien est vaste le champ d’application de sa technique qui permet de s’attaquer à des problèmes tels que celui-ci : dans quelle mesure des changements peuvent-ils être apportés à un groupe ou à un individu par des influences généralisées, éducatives ou autres ?
- C’est le problème classique nature-nurture qu’il examine et qui lui fournit sa conclusion, dans laquelle il intègre son travail dans un cadre philosophique très large.
- MONOGRAPHIE DU SCULPTEUR SUR PIERRE
- par
- Jeanne MONTIFROY
- Elève diplômée de 1 1.N .O.P.
- La sculpture est l’art de tailler la pierre suivant une forme prévue à l’avance.
- Ce métier remonte à une très haute antiquité.
- Les Egyptiens restés maîtres en la matière possédaient déjà une technique qui par la suite a pu être égalée mais jamais dépassée. Nous restons pénétrés d’admiration devant la puissance d’expression du « scribe accroupi ». Nous nous demandons aussi en considérant le sphinx de Giseh et quantité d’autres monuments
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- comment ils ont réussi à sculpter une matière aussi dure. On peut supposer qu’ils possédaient des outils faits avec un métal aussi résistant que 1’,acier le mieux trempé.
- Les Chaldéens et les Assyriens sculptaient également avec un rare talent : témoins les bas reliefs et les scènes de chasse, le lion et la lionne blessés.
- La sculpure subit une nouvelle évolution en Grèce. Nous voyons Phidias, Pratixèle et Scopas reproduire dans le marbre les formes corporelles de l’homme et de la femme dans des attitudes restées inoubliables. N
- La Rome antique continua à pratiquer cet art avec cependant moins d’éclat.
- Au Moyen-Age, la sculpture en France et en Europe occidentale s’allie à des monuments d’un caractère purement religieux. Elle est enseignée par les compagnons supérieurs qui apprennent la technique à ceux qui, plus tard, pourront passer Maîtres et devenir « Imagiers » ou « Tailleurs d’images ». Ils taillent avec une science remarquable et sur place les formes humaines ou monstrueuses qui s’harmonisent avec nos cathédrales.
- Mais peu à peu, les figures s’humanisent, et bien que les artistes subissent encore La loi de la stylisation, ils se rapprochent de la nature et commencent à prendre leurs modèles dans la vie.
- A cette époque de « compagnonnage.» succède la Renaissance. Le lien corporatif se rompt. Nous trouvons encore quelques grands artistes comme Donatello qui passent par des écoles de maîtrise. Mais dans l’ensemble, il y a scission entre les artistes et les èons-tructeurs. Des académies se créent et les plus fortes personnalités attirent les élèves. Les Maîtres s’inspirent de l’art Grec. La sculpture redevient plus franchement païenne. Telle elle est restée de nos jours dans son ensemble.
- Dans tous les grands pays européens et particulièrement en France, nous la trouvons toujours à l’honneur. Elle eut, certes, des périodes de sommeil relatif, mais chaque fois que des évènements importants surviennent dans l’histoire : grands règnes, guerres, expositions, relations internationales, célébration de grands hommes ou de découvertes, la sculpture connaît un nouvel essor.
- Le métier de sculpteur sur pierre tel que nous le pratiquons aujourd’hui, ne date donc vraiment que de la Renaissance, Jusqu’à cette époque, les artistes travaillaient eux mêmes la pierre ou le marbre et éxécutaient leurs modèles. A partir du moment où les élèves se groupent dans une école et travaillent suivant les traditions d’un maître dont le nom est célèbre et non plus pour une maîtrise anonyme, nous voyons ce Maître faire appel à ses élèves
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- pour exécuter ses créations qu’il signera : ainsi est né le métier de sculpteur.
- 11 prit une telle extension que la majorité des artistes se contentent de créer le modèle. Presque tous ignorent le travail de la matière et s’adressent à un spécialiste pour l’exécution.
- Si le spécialiste est capable de conduire l'œuvre entière à sa finition, il est nommé «praticien». S’il ne l'ait que dégrossir le bloc à l’aide de points de repère, il est appelé « metteur au point ».
- Lorsqu’un artiste désire terminer lui-même le travail de la pierre, il ne fait appel qu’au second de ses spécialistes.
- I
- Objet du Métier
- Ce métier est rattaché à la famille professionnelle du bâtiment et au comité social de la pierre.
- Il consiste à exécuter, dans la matière choisie par l’artiste ou le client de celui-ci, un modèle en plâtre, représentant des figures d’hommes, d’animaux ou de motifs décoratifs.
- Il permet deux formes d’activité : la statuaire et la décoration des bâtiments.
- Le modèle est primitivement composé par l’artiste à l’aide de terre à modeler : c’est la maquette.
- Comme l’argile est très fragile et perd aisément sa forme en séchant, il s’adresse à un premier spécialiste « le mouleur » qui va la reproduire exactement en plâtre.
- Si alors l’artiste désire agrandir ou réduire ce modèle, il le con fie à un réducteur ; celui-ci réussit à l’aide de calculs et d’une machine appelée « pentographe » à réaliser La dimension demandée à un centimètre près.
- S’il s’agit d’agrandir il emploie du plâtre mort plus tendre, et s’il s’agit de réduire du plâtre presque vif.
- Lorsque la commande d’exécution est passée par le client qui peut être l’Etat, une collectivité ou'un particulier, ou encor,e lorsque l’artiste désire exposer son œuvre à un Salon, il cherche le praticien capable de lui donner l’expression qu’il avait recherchée.
- Celui-ci se procurera un bloc de pierre ou de marbre qu’il fera transporter ou transportera lui même dans son atelier, s’il est établi à son compte, ou dans celui de l’artiste s’il en possède un spécialement ménagé à cet effet. Car il ne peut être 4e même que celui du maquetiste à cause de La projection-en tous sens de débris de pierre.
- Matières Employés
- Les pierres à sculpter sont de trois sortes.
- 1° Tendres : la savonmère, le lavoux du bassin du Poitou.
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- 12 —
- 2° Semi-dures : de Chauvigny (Poitou), d’Euville (Est).
- 3° Dures : de Bourgogne, de Pouillenay, de Senozan, de Com-blanchien, d’Ichaillon (Grenoble), de Lens, de Nîmes (Maison Carrée), du Brouzet.
- Les granits sont aussi de trois sortes :
- Bleu des Vosges ; jaune et rouge de Bretagne ; gris de Belgique (Soigny).
- Les marbres sont nombreux.
- Blancs : de Saint-Béat (Pyrénées), de Carrare et de Serravezza (Italie) ; Noirs de Belgique ; bleus Turquins ; jaunes de Sienne , roses de Milan (cathédrale).
- Les marbres grecs roses et blancs ne sont guère employés dans notre pays.
- Outils du Sculpteur
- Les outils employés par le sculpteur sont.
- 1° Pour le marbre :
- a) La pioche, la polka, le têtu (sorte de gros marteau), la chasse, qui servent pour l'ébauche.
- b) Une massue en fer doux de trois livres environ, servant à laper sur une pointe d’environ trente centimètres de longueur à tôle trempée, avec lesquelles se poursuit l’ébauche. On n’utilise ce second groupe d’outils que pour des blocs de petites dimensions.
- c) Un pied de biche à deux dents et à tête trempée pour dégrossir.
- d) Des gradines à trois, quatre, cinq dents et plus pour approcher de très près la forme que le praticien désire obtenir.
- e) Des ciseaux plus ou moins larges pour égaliser la dite forme.
- /) Des râpes de grain plus ou moins gros et de formes diverses.
- Le sculpteur utilise des masses de différentes grosseurs suivant
- l’outil (font il se sert.
- 2° Pour la pierre :
- Les outils sont de même forme que les outils à marbre avec cette différence que la masse est aciérée et que les outils ont un manche de bois sauf La pointe.
- 3° Pour le granit :
- Les outils sont : la pointe, le ciseau et La boucharde, sorte de masse dont l’extrémité est composée d’un grand nombre de petites pyramides, et qui sert à approcher la forme non pas en coupant la matière comme le fait le ciseau, mais en l’effritant. On obtient ainsi une surface granuleuse et'mate qui s’oppose à la surface polie obtenue en se servant du ciseau et de la râpe.
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- Travail d'Execution
- Selon son importance le travail est exécuté par un ou plusieurs ouvriers sous la direction de l’artiste. ^
- Ayant devant lui son modèle en plâtre et son bloc de pierre Si l’œuvre à exécuter est de même dimension que le modèle, le metteur au point ou le praticien prépare ses mesures à l’aide de « la machine à mettre au pvint » ou « pointraumètre ».
- Cet appareil est composé de tiges de cuivre ei de genouillères qui permettent à l’aide d’une sonde de porter des points de repères dans tous les plans.
- Son emploi repose sur ce principe : qu’à l’aide de trois points fixe on peut déterminer tous les autres points.
- On dispose d’abord ces trois points fixes convenablement choisis sur le modèle, puis on les reporte sur le bloc à dégrossir. C’est sur ces trois points que viendra reposer le pointraumètre que l’on transportera du modèle au bloc autant de fois qu’il sera nécessaire.
- Lorsque T artiste n’a pas fait appel au réducteur et qu’il désire que le modèle en plâtre soit agrandi ou réduit, le praticien et non le metteur au point se sert de compas en fer, qui lui permettront par un simple moyen de réduire ou d’augmenter les mesures prises.
- Il se sert de trois sortes de compas : droit, d’épaisseur et de profondeur.
- Pour déterminer l’emplacement des points de repère, il se sert de deux compas (d’une des trois sortes précédemment citées) pour obtenir deux mesures dans un plan quelconque. Il trouve ensuite la profondeur ou l'épaisseur par une troisième mesure placée dans un plan perpendiculaire au premier.
- Le sculpteur dégrossit donc son bloc au fur et à mesure de la mise au point. Lorsque tous les points sont obtenus, le travail du metteur au point, est terminé et celui du praticien commence.
- A l’aide de gradines de plus en plus fines et de ciseaux de plus en plus étroits, le praticien approche de la forme définitive.
- Au cours de ce dernier travail, l’artiste est venu plusieurs fois pour donner des directives et expliquer dans le détail sa conception de l’œuvre ; cela exige du praticien une grande souplesse d’adaptation et de compréhension. Lorsqu’il estime que le travail est exécuté suivant son désir, il donne Tordre de le parfaire.
- Selo/i la matière et la destination le praticien donne alors un dernier poli à l’aide de râpes de plus en plus fines et si besoin est, de grès en poudre.
- La sculpture est ensuite transportée à son lieu de destination, si elle a été exécutée dans un atelier, par une entreprise spéciale de transports.
- Lorsqu’il s’agit de monuments devant rester à l’air libre ou de
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- la décoration de bâtiments, généralement le praticien termine le travail sur place. L’éclairage étant totalement différent de célui de l’atelier.
- Il arrive aussi dans de nombreux cas, surtout lorsque l’œuvre est volumineuse, que le travail soit entièrement e'xécuté sur place. Le sculpteur est alors obligé de travaillée sur échafaudage et est exposé aux intempéries.
- Le sculpteur est donc appelé à travailler en collaboration avec l’architecte et l’entrepreneur de bâtiments ou de travaux publics.
- Conditions du Travail
- L’atelier du sculpteur doit être spacieux, bien éclairé, bien aéré. L’éclairage doit venir du Nord, soit par une large verrière, soit par une porte-fenêtre donnan directement sur une cour ou un jardin ; il faut éviter l’exposition au soleil qui modifierait l’éclairage du travail au cours de la journée. De ce fait, l’atelier est généralement froid l’hiver, parce que difficile à chauffer. Comme l’ouvrier du bâtiment, il est entraîné aux intempéries ; il est chaudement vêtu sous sa cotte blanche. Il a des sabots aux pieds et son travail est suffisamment actif pour qu’il se réchauffe.
- L’atmosphère de l’atelier est saine malgré un dégagement de poussières calcaires ou à base de chaux qui n’est pas toxique.
- En général les sculpîeurs vivent longtemps, lel Michel Ange qui sculptait des blocs importants à plus de quatre-vingts ans.
- Aptitudes Physiques, Intellectuelles et Morales
- Le métier est pénible et s’exerce debout. Il exige une bonne mus-cilla1 ure des bras et des jambes. Les femmes ne peuvent le pratiquer. Elles peuvent cependant être artistes et composer des modèles en terre.
- Une vue normale de près et de loin est nécessaire, de même qu’une ouie normale. Contrairement à des opinions fréquemment émises, un sourd ne peut être sculpteur sur pierre; c’est le son qui guide l’ouvrier lors du dégrossissage, car il doit attaquer le bloc dans le sens où les matières se sont accumulées. Le son lui indique qu’il travaille dans le sens de la force, faute de quoi il peut briser une partie détachée, un bras par exemple. Il lui indique également les défauts cachés (fentes, crapauds, cavernes) que peut recéler le bloc.
- Il faut redouter les éclats de pierre dans les yeux lors du dégrossissage du bloc. Ainsi le port, de verres protecteurs est nécessaire. Des accidents peuvent-survenir par chute quand le travail a lieu
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- sur échafaudage, ou dans le maniement des blocs bruts avec le cric ou des madriers.
- Les qualités intellectuelles et morales nécessaires sont : l’attention concentrée, l’initiative, l’imagination qui permettent de s’adapter rapidement à chaque modèle et à la façon dont l’oeuvre a été conçue par l’artiste. L’esprit d’observation, la mémoire des formes, le sens de la ligne et surtout du volume, le sens esthétique doivent être très développés. Le sculpteur devra être sobre, régulier dans son travail, avoir une belle conscience professionnelle.
- Le jeune apprenti devra posséder une intelligence supérieure à la moyenne. Il n’est pas indispensable qu’il poursuive ses études. Le certificat d’études est suffisant.
- Contre-Indications
- Hernies, varices, pieds plats, vertiges, évanouissements, épilepsie, surdité, vision binoculaire corrigée inférieure à la normale, maladie de cœur, hémophilie, faiblesse musculaire.
- Apprentissage
- Il est préférable de commencer l’apprentissage dès l’âge de 14 * ans parce qu’il doit durer au moins 4 ans. A Paris il se fait à l’e-cole des arts appliqués, mais le plus souvent chez'un artisan dont les traditions se transmettent de père en fils. Comme le jeune apprenti doit s’adapter à des tâches fort diverses, le mieux serait de conseiller un apprentissage mixte. Si le jeune apprenti entre directement à l’atelier patronal, il devra suivre des cours de géométrie et les cours du soir de dessin et de modelage de la ville de Paris. Il peut obtenir par concours des bourses de voyage.
- En province l’apprentissage peut se faire' dans les écoles des Beaux-Arts que possèdent certaines grandes villes.
- Au cours de son apprentissage l’élève peut commencer à aider un praticien ou un de .ses professeurs s’il entre à l’école des Beaux-Arts comme quelques uns le font.
- Avenir du métier
- Etant donné la nécessité de se perfectionner sans cesse, le jeune sculpteur ne pourra s’installer à son compte qu’après plusieurs années d’expérience. L’âge de trente ans paraît indique.
- Bien que le travail soit parfois intermittent, ce métier, avant la guerre, était parmi les mieux rétribués. L’artisan était payé soit à 1 heure soit au forfait. Les bénéfices réalisés restent modestes même lorsque l’artisan compte plusieurs collaborateurs.
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- On peut, en prévision d’un avenir meilleur, diriger quelques jeunes doues vers ce métier, car actuellement, les plus jeunes d’entre les praticiens ont dépassé trente ans. Un jeune homme désirant faire de la statuaire mais ne pouvant faire des études régulières dans une école des Beaux-Arts aurait intérêt à être dirige vers cette branche. Nous avons l’exemple de certains sculpteurs qui, attirés par la création artistique sont devenus de bons statuaires.
- Le métier est actif et intéressant. Il permet des déplacements en France et à l’étranger.
- Main-d’OEuvre Etrangère
- Les sculpteurs français furent toujours concurrencés par la main-d’œuvre italienne. Celte concurrence prit des proportions inquiétantes depuis la guerre 1914-1918, de sorte que les jeunes français s’éloignent de ce métier d’art.
- Les Italiens se transmettent de père en fils la tradition du travail de la pierre ou du marbre. Mais ils exécutent comme praticien et comme metteurs au point un travail moins soigné, moins consciencieux, moins artistique que les artisans français.
- De caractère plus souple et par trop conciliant ils consentent à recevoir un salaire au-dessous du tarif syndical. Aussi ont-ils la préférence des artistes et particulièrement des mauvais artistes qu’on sait à court d'argent.
- Métiers Connexes
- En cas de chômage le sculpteur peut s’adapter rapidement à la taille de la pierre, à la préparation des monuments funéraires et à la gravure en lettres sur pierre.
- Il peut également devenir mouleur sur plâtre, car souvent le sculpteur reçoit des notions de moulage au cours de son apprentissage ou céramiste auquel il se servirait aussi de plâtre pour exécuter des moules et de terre.
- Nous avons déjà parlé du réducteur qui lui aussi travaille le plâtre. C’est un artisan spécialisé qui doit avoir quelques notions de dessin et de modelage (mais jusqu’à présent il n’y en a que quatre à Paris et on ne peut prévoir qu’il y en ait davantage puisqu’ils répondent aux besoins de tous les artisans).
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- NOTES ET DOCUMENTS
- La réforme de l’enseignement et l’enseignement primaire (')
- Dans un récent article (1) le Prof. Henri 'Wallon parle de cette importan+e question qui intéres.e tant les orienteurs.
- Nous extrayons quelques passages.
- a Parler d’école unique ne peut signifier que leur fusion en un seul tout, aux parties, diverses comme U. sied, mais sans compartiments fermés. Il deviendra d’autant plus facile d’unifier l’école qu’elle s’organisera, pour mieux développer, en tout individu ses aptitudes, et pour donner à la société toutes les compétences qui lui sont nécessaires. Elle aura ses niveaux, ses spécialisations mais unis par un axe commun ; l’école sera la même pour tous les enfants, mais leur offrira, avec un enseignement identique, des. possibilités diverses suivant leur âge et suivant leurs tendances ou. aptitudes, personnelles.
- La distinction ne se féru plus selon la clientèle des établissements scolaires ; mais selon les. enseignements opportuns pour chacun. Entre les maîtres eux-mêmes, la seule distinction possible sera celle dès enseignements qu’ils, donnent. D’une part, l’enseignement indispensable à tous, d’autre part, les. enseignements spécialisés. Il n’y aura plus de maîtres primaires ni. de maîtres secondaires mais ceux de l'enseignement général et ceux des enseignements qui répondent aux orientations diverses, des aptitudes ou des goûts, d’une part, ou des. professions de l'autre.. C’est en. raison de ces différences que se fera la répartition aux différents échelons de l’école.
- L’école primaire proprement dite recevait les enfants, de 6 à 11 uns; l’école primaire supérieure de 11 à 15 ans.. L’école secondaire de 11 à 18. Un âge était commun aux deux: 11 à 15 ans. L’une inclinait plutôt vers la profession, l’autre vers les disciplines dites désintéressées Uatin, grec). Elles se rencontraient toutes deux sur l’enseignement de base, dont nul ne peut se passer à un certain niveau de vie intel-Ir>,*• *iun e»professionnelle. L’éccle unique les fondra. L’enseignement de base s’environnera, de spécialisations littéraires, scientifiques. pour répondre aux goûts, aux aspirations professionnelles de chaque enfant.
- L’enseignement qui était appelé primaire deviendra donc l’enseignement de base, qui peut être poussé. jusqu.’à 15 e| 16 ans. L’expérience pédagogique et les procédés de mesure utilisés, par la pédagogie montrent, en effet, que la croissance intellectuelle a quelque chose d’uniforme jusqu’à cet âge, mais qu.’ensuite il n’est plus possible de trouver une commune mesure pour toutes les intelligences et que leur développement ne se fait plus que dans le sens de la spécialisation. Dans la période de 11 à. 15 a.ns où peuvent déjà bourgeonner sur la croissance de l’intelligence commune des vocations spéciales, instituteurs et maîtres spécialisés collaboreront. Dans la période qui précède 6 à 11 ans, les instituteurs opéreront seuls, Dans la
- (J) L’éducation nationale 1946. (N° 45 L
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- période qui suit, les enfants qui poursuivront leurs études jusqu’aux portes de l’enseignement supérieur seront aux mains de maîtres hautement qualifiés par leur spécialisation ».
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- La dissociation du trait caractériel bipolaire « introversion - extroversion »
- La distinction de types humains fondée sur les tendances opposées à l’introversion et à l'extroversion, préconisée par Jung, a rencontré un grand succès, et l’on a, dans, les inventaires de personnalité, comme celui de Bernreuter, donné, une place éminente à ce trait caractériel bipolaire, qui a. même constitué le but exclusif de certains questionnaires. Or, dans, l’emploi, de divers, types de ces questionnaires, on a constaté que les résultats, obtenus n’avaient que des intercorrélations très, faibles. Sur 19 coefficients relevés dans la littérature par Catharine Evans et T. R. Mc Connell (1), 14 sont inférieurs à 0,40, et un essai d’analyse factorielle par Guilford a complètement échoué, à mettre en évidence un facteur commun.
- On a, en réalité, confondu sous, le même terme des attitudes Irès différentes, dont la ressemblance superficielle n’implique pas un substrat caractériel défini..
- Ayant dégagé, de son. analyse, une série de facteurs principaux, Guilford les a identifiés à trois, formes de la tendance bipolaire vers l’extérieur ou vers l’intimité personnelle, une forme de réactivité émotionnelle, une forme d’attitu.de sociale, et une forme de modalité de pensée, et en. outre à un facteur de masculinité-ffémiruté, un facteur de nonchalance, ou insouciance, baptisé. « rhathymie », nn facteur de dépression, et un autre de tendance cycloïde.
- Il a cherché à établir, sur ces bases, un nouvel inventaire de personnalité, destiné à l’appréciation de cinq parmi ces. facteurs, et qu’il a désigné sous le nom « Inventory of factors STDCR » (2) dont les indicés de fidélité atteindraient 0,84 à 0,94 (tandis que la plupart des inventaires d’inlroversion.textroversion ont des indices bien plus bas, 21 sur 29 étant inférieurs à 0,85.)
- Mais les éléments de son inventaire ne permettraient pa.s d’arriver à une identification de traits, indépendants, d’après Catharine Evans et Mc Connell, qui ont construit un inventaire nouveau pour le dépistage des trois, formes, indépendantes de la. tendance bipolaire, définies de la façon suivante :
- L’introverti de pensée a. du goût pour la pensée réflexive, plutôt abstraite, et lion dominée par des conditions objectives, tandis que l’extroverti est porté à l’action et dominé par les conditions objectives. et les. idées généralement acceptées. L’introverti social évite les contacts sociaux et les. responsabilités, a. peii d’intérêt pour le peuple, à l’opposé de l’extroverti. L’introverti émotionnel réprime et inhibe l’expression de ses sentiments et émotions, et ne donne
- (1) A new measure of introversion extroversion. « Journal of PSychology » XII, 1941, p. 111-124.
- (2) Les 5 facteurs sont d’introversion-extroversion sociale (S) et de pensée
- (thinking T), de dépression (D), de tendance cycloide (C) et de rhathymie (R). Cf. J.-P. Guilford. « Manual of Directions and Norms for an inventory of factors STDCR. », 1940. • .
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- pas. de réponse typique à des incitants émotionnels simples et directs, à l’opposé encore de F extroverti.
- Après des essais critiques, les auteurs exposent qu’ils ont abouti finalement à un test comportant 151 items (30 pour les. tendances émotionnelles, 57 pour les tendances sociales et 64 pour les tendances de pensée). Les intercorrélations entre les résultats des. 3 groupes, (chez 396 sujets) ont été de — 0,25 entre les tendances sociales et de pensées + 0,17 entre tendances émotionnelles et de pensée, + 0,24 entre tendances émotionnelles et sociales.
- 11 resterait à préciser comment les tendances schizoïdes s’apparentent à. ces trois, couples, de tendances et particulièrement aux deux premiers qui manifesteraient, d’après les résultats des intercorrélations, une certaine opposition. H. P.
- i î}î
- * * ,7
- Analyse factorielle et aptitude à la géométrie
- Holzinger et Frances Swineford ont cherché à prédire le succès eu géométrie plane chex les élèves de high school des Etats-Unis d’après des tests, d’intelligence générale et de représentation spatiale. Us, ont appliqué, à 174 élèves (dont 61 jeunes filles) une série de 11 tests, dont 3 d’intelligence et 8 de type spatial ; ils ont pratiqué une analyse bifactorielle et déterminé les saturations de tests, en G et S, les deux facteurs dégagés, saturations allant de 0,272 (un test de reconnaissance de cubes, portant des dessins sur leur faces, comme des cubes, différents) à 0,857 (séries, numériques) en ce qui concerne le facteur général, et, pour les 8 tests spatiaux, en ce qui concerne le facteur spatial, allant de 0,455 (pointer les images en miroir de dessins) à 0,673 (dessiner eu miroir des figures géométriques pre-séutées.)
- Neuf mois plus tard, un test de géométrie plane a été appliqué aux mêmës élèves, et de fortes corrélations ont été obtenues avec les résultats de la batterie initiale (autour de 0,90). Une bonne prévision (0,713) serait déjà assurée avec 3 tests seulement, celui de séries numériques pour l'intelligence, u.u test d’imagerie visuelle, et un test de représentation de ce que donnerait une fois, déplié u.u papier plié percé d’un certain nombre de trous.
- Mais il s’agit de la prévision pour une réussite eu un test défini de géométrie. Les. aùteurs ont aussi cherché la corrélation entre, d’une part, lës 2 facteurs, dégagés de leur batterie et aussi un quotient d’intelligence par la méthode classique, et d’autre part, les notes scolaires obtenues pour la géométrie et pour diverses autres matières..
- Voici les résultats qu’ils, ont obtenus :
- IQ G S
- Géométrie .381 .584 .227
- Biologie. . . . . .550 .586 — .003
- Chimie .268 .386 .257
- Histoire. .286 .374 .237
- Langue maternelle. . . .. .484 .422 .002
- Langue étrangère. ...... .487 .523 —.057
- Dessin. • . . .035 .412 .692
- I- o... 260‘ Z99'
- (l) The relation of two bi-factors to achievement in geometry and other sub-jects. « Journal of educational Psychology »Ft. 37, 1946, p. 257;è65.
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- L’indépendance du facteur de représentation spatiale vis-à-vis du facteur général apparaît avec évidence ; mais, si ce facteur est dominant pour Ig réussite scolaire en dessin, il se montre bien curieusement équivalent pour les notes en histoire, en chimie et en géométrie !
- Un travail effectué, dans le même esprit par St. G. Estes (1) dans une école d’ingénieurs (élèves^ de 18 ans) "a. établi que certains tests de pensée spatiale avaient, avec, la réussite en géométrie descriptive, une ce'rtaine corrélation montrant que leur emploi pouvait contribuer, pour une part, à la. détermination de l’aptitude.
- Quatre des tests avaient, isolément, une corrélation de 0,23 à 0,33 avec les notes de géométrie descriptive (le « Block désign » de l’échelle de Wechsler, le « Wiggly Block », le « Bcgrd test » sur papier de Minnesota, et un test de Cari, « Hollow Square Scale »).
- L’analyse factorielle par la méthode de Thurstone de ces 5 tests (appliqués à 103 sujets) ava.il révélé un facteur commun, unique en lequel la. saturation des tests allait de 0,53 à 0,68.
- Mais, ce fadeur unique, pour des tests homogènes, pouvait comporter à la fois en mélange indifférencié, le facteur général et le fa.cteur de visualisation spatiale dissociés par l’analyse de Holzinger et Frances Swineford. H. P.
- i *
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- Milieu social et niveau mental
- Une étude de Sara Saltzman (2) reprenant la question, souvent traitée, de l’influence exercée par le milieu social et, son niveau économique sur la réussite aux tests mentaux déterminant le niveau mental d’après le « quotient d’intelligence », qui fournit en réalité un niveau de développement, apporte d’intéressantes données analytiques.
- Les tests de Binet (révision Stanford) ont été appliqués, à Manhattan, à 140 écoliers des deux sexes appartenant aux quartiers les plus pauvres de cette région de New-York et à 114 appartenant au contraire à un quarHer résidentiel des plus riches.
- Le Q. I. moyen a bien été chez ces. derniers nettement supérieur (115 contre 101.8), mais, dans le détail des épreuves, cette supériorité ne s’est manifestée que sur certains points : vocabulaire, compréhension verbale, mémoire des phrases, et des chiffres, contrôle moteur.
- Au contraire les écoliers du milieu pauvre se sont montrés supérieurs dans la discrimination sensorielle, l’épreuve de monnaie à rendre, l’arithmétique. Et, en déterminant un Q. 1. avec le test du dessin de Ooodenouuh, la différence des deux groupes s’est notablement atténuée. C’est donc la. pratique verbale qui donne sa supéL riorité dans, le test aux enfants du milieu riche..
- Ceci tend à montrer que l’action éducative familiale est à l’oriaine des différences constatées, et d’autre part que le test Binet-Stanford donne une place excessive à des épreuves très fortement influencées par les conditions de vie (telles que celle consistant à rendre de la monnaie, entre autres). H. P.
- (1) A study of five tests of spatial ability. « Journal of Psychology », XIV, 1942. p. 265-271.
- (2) The influence of social and économie back-ground' on Stanford Binet performance. « Journal of social Psychology », XII, 1940, p. 71-81.
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- A TRAVERS LES REVUES
- Dans la Semaine des Hôpitaux (1946, 22, 1217-1221), un article sur le diagnostic électroencéphalographique de l’épilepsie de MM. Baudouin, Fischgold et Rémond précise ce qu’on peut attendre de la méthode nouvelle, pour un diagnostic souvent difficile, et recommande une grande circonspection pour les sujets âgés de moins de 20 ans, chez lesquels (les tracés, de type infantile se rencontrent encore chez des sujets, normaux.
- Les problèmes du vieillissement (ageing, et senility) ont été l'objet, dans, le Journal oj rnenjal Science (T. 92, 1946) d’un ensemble d’études, de H. Goldschmidt, sur les. aspects sociaux (p., 162), de A. Lewis, sur l’aspect psychiatrique (p. 15), de M. D.. Eysenck, sur les aspects psychologiques (p. 171).
- La. comparaison des deux méthodes de Binet (révision Stanford L) eL de Wechs.ler (échelle Bellevue) a été l’objel des études de F. Hal-pern et de S. B. Kutasch dans le Psychiatrie Quarterhj (T. 16, 1942, p. 206, et t. 19, 1945, p. 677), la. dernière relative à 50 délinquants adultes déficients, et relevant entre les deux méthodes, dont les avantages respectifs, sont discutés, une corrélation de 0,77.
- Arnold Gesell et Helen Thompson ont condensé dans, une étude qu’ont publiée les Genetic Psychology Monographs (T. 24, 1941, p. 3-121) les résultats de recherches poursuivies de la naissence à l’âge de 14 ans sur deux jumelles monozygotes T. et C., illustrant la méthode du xc co-twin control ».
- Dans la nouvelle revue, publiée sous la direction de G. Gurwitch, les. Cahiers internationaux de Sociologie (vol. 1, 1946), Georges Fried-mann examine la. question, de l’automatisme dans le travail industriel.
- Les Cahiers de Pédagogie d’octobre 1946 (6mo année, n° 4), publiés sous le patronage de l’Institut supérieur de pédagogie de l’Université de Liège, contiennent une nécrologie de J. M. Lahy par R. Piret et une contribution à l’étude du. vocabulaire des enfants, de 8 à 14 ans par J. E. Segers.
- Ag. Gemelli a consacré, dans la Rivista internazionale di Scienze sociali (juillet-septembre 1946), à la qu dion du développement de l’orientation professionnelle des jeunes gen en Italie, un article qui constitue un véhément appel, et apporte u.i plan, d’organisation.
- Dans le Journal of Applied Psychology d’août 1946 (T.. 30, n° 4), on trouve, de C. H,. Lawshe Jr et S. L. Ales.si, une étude d’analyse
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- factorielle portant sur une échelle d’évaluation professionnelle (d’après un plan, industriel comprenant plus de 100 classifications) avec notation à 10 degrés sous 7 rubriques, analyse aboutissant à une demande d’habileté^ tou.t à fait générale (intervenant pour 82 %), une demande d’habileté spécialisée (2 % seulement) et un facteur de caractéristiques du « job »• (16 %) ; de A. Q.'Sartain, la relation d’un essai de certains tests en relation avec les valeurs professionnelles pour la « supervision » dans une fabrique d’avions, avec échec complet ; de J. A. Mellu.re, la description d’uu périmètre nouveau, avec étalonnage de champs, visuels, en vision, binoculaire ou monoculaire chez 202 sujets, la. variabilité, pour le champ total allant de 145 à 210° (avec le mode à 190°).
- Dans la Presse Médicale du 14 septembre 1946, André. Feil, d’une enquête su.r 67 soudeurs à l’arc, conclut qu’il n’y a pas de « maladie des soudeurs », les. seules, atteintes d’origine réellement profes sionnelle étant de nature oculaire (par suite d’éblouissements, ou « coups d’arc », et de l’action nocive des radiations, qui cause des conjonctivites chez 74 % et une certaine faiblesse de vision crépusculaire chez 20 %).
- Le n° 3 du tome V (1946) de la Revue suisse de Psychologie contient un article sur la caractérologie au point de vue de la psychologie sociale par E. J. Walter, de Zurich.
- INFORMATIONS
- Une Gerontological Society a été. fondée aux Etats Unis, en 1945, et a commencé, à faire paraître un Journal o/ Geronlology, périodique trimestriel, qu’inaugure une étude de L. K.. Frank sur les. problèmes de la gérontologie, cette science de la vieillesse.
- 1 *
- * *
- Eh Angleterre le conseil de la Tavistock Clinic a créé un Tavistock Institule of Human Relations avec le colonel Morris à sa. tête (2, Bea.umont Street, London Wl), et où les officiers qui ont acquis une expérience dans les méthodes de sélection militaire, psychiatres et psychologues, vont utiliser cette compétence dans le domaine civil (hygiène menta.le, organisation industrielle).
- > *
- -4= *
- Une réunion de travail du Bureau Universitaire de Statistique et de Documentation scolaire et professionnelle s’est tenue, du 16 au 19 septembre. Mme Chamboulant a traité, la question de l’orientation, professionnelle envisagée à ce bureau spécialement pour les élèves du second degré. MIle de Toma, directrice du Bureau universitaire d’information sur les carrières, a envisagé la question du placement. , *
- * *
- L'Ecole pratique de Psychologie et Pédagogie de l'Université de Lyon entre en pleine activité, délivrant uu diplôme général, prépa-
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- rant à des certificats d’études supérieures et aux 'certificats, d'aptitude à l’inspection primaire, à l’enseignement des anormaux, etc (Secrétariat général, 160, rue Pierre-Corneille, à Lyon, 3e).
- • , *
- * *
- Les centres spécialisés pour jeunes inadaptés.. — Ces centres ont été ïattachés à la direction de l’Enseignement du premier degré par arrêté du 27 novembre 1944.
- Beaucoup de jeunes gens sont incapables, de suivre un apprentissage normal par suite de leur déficience.
- Pour lie pas alourdir les centres et entraver les progrès des normaux, la. formation de ces centres s’imposait. Il faut d’abord sélectionner les inadaptés qui sont de trois sortes suivant que la tare est d’ordre intellectuel, Caractériel ou physique.
- Cette sélection s’opère au Centre d’Observation, 45, boulevard Richard-Lenoir à Paris au cours d’une période de vie de 15 jours. Là ils subissent un examen médical et psychiatrique pratiqué par des Spécialistes., un examen par tests et des épreuves manuelles, codifiées avec observation du comportement. Entre temps une enquête sociale est menée dans le milieu, s.ocial et familial de l’élève.
- Et après conseil des. psychotechniciens, la décision de placement de l’élève est prise.
- Il y a des externats, et des. internats.. A Paris, il n’existe que deux centres spécialisés avec externats pour les. garçons : 89, rue Bobillot et 76 boulevard de Reims qui ne contiennent chacun que 115 élèves.
- Il faut ajouter 4 centres à internats toujours complets à. Bonneu.il, Montmorency, La Ferté-sous-Jouarre et Champigny. .
- Les métiers principaux enseignés sont : cannage de chaises, reliure, menuiserie, chaudronnerie, fumisterie, et l’hor.ticulture à Bonneuil et La Ferté-sous-Jouarre.
- En ce qui concerne- les filles, un seul centre fonctionne ; c’est un externat, 32, cjité des. Fleurs à Paris qui a. un effectif de 997 filles, arriérées apprenant trois métiers : cartonnage, plumeaux, houpettes.
- 11 serait désirable que éette formule put se réaliser dans un plus grand nombre de centres.
- I *
- * *
- Neuf centres obligatoires d’orientation professionnelle furent créés:
- 1° le 9 février 1946 dans la Côte d’Or ;
- 2° Le 21 février 1946 dans, la Seine ;
- 3° Le 9 mars 1946 dans l’Eure-et-Loire ;
- 4° Le# 16 avril 1946 dans le Morbihan ;
- 5° Le 28 juin 1946 dans, le Nord ;
- 6° Le 19 juillet 1946 dans le Cher. ;
- 7° Le 19 juillet 1946 dans la Charente-Maritime ;
- 8° Le 8 août 1946 dans les Ardennes ;
- 9° Le 13 septembre 1946 dans la Creuse.
- De plus six centres sont devenus départementaux obligaloires :
- 1° En Haute-Vienne le 12 janvier 1946 ; ,
- 2° Dans le Finistère le 25 février 1946 ;
- 3° Dans la Gironde, le 25 février 1946 ;
- 4° Dans l’Isère de 9 février 1946 ;
- 5° Dans la Haute-Savoie le 9 mars 1946 ;
- 6° Dans la Corrèze le 8 août 1946.
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- Nous .signalons à nos lecteurs la parution, à compter du 10 jan-
- vier 1947, de la revue « Avenirs », publication mensuelle qui se propose d’être le guide des jeunes gens, de leurs parents et de leurs éducateurs, dans le domaine du choix des études et des carrières.
- Le numéro 30 francs, l’abonnement annuel 300 francs. Etranger 400 francs.
- « Avenirs », 5, place Saint-Michel, Paris (Ve).
- DÉCRET
- INTÉRESSANT L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- Un décret du 26 novembre 1946 fixe les modalités d’application de l’ordon nance N° 45>2407 du 18 octobre 1945 sur la protection de la santé des enfants d’âge scolaire, des élèves et du personnel des établissements d’enseignement et d’éducation de tous ordres.
- Voici-ce décret •
- De la visite médicale d’incorporation scolaire
- <t Article premier. — A partir, du 1er octobre 1947, nul enfant ayant atteint l’âge de l’obligation scolaire ne sera admis dans un établissement d’enseignement ou. d’éducation public ou. privé s’il n’est vacciné, conformément aux textes et porteur d’un certificat médical d’aptitude délivré sans frais, par un médecin scolaire agréé. , Les modalités d’application de cette disposition et' le modèle de
- certificat d’aptitude seront déterminés par des arrêtés des ministres de l’éducation nationale et de la santé publique.
- Art. 2. — Entre le 1er janvier et le 30 septembre de l’année qui précède l’âge de l’obligation scolaire, les enfants doivent être pré- 1 sentés par leurs parents ou. tuteurs, après convocation administrative, au. médecin scolaire affecté au centre médico-scolaire du secteur auquel leur lieu de domicile habituel est rattaché.
- Les modalités, administratives de convocation seront établies par arrêté des ministres de l’éducation nationale et de l’intérieur.
- Les présentes dispositions entreront en vigueur en 1947.. *
- Art. 3. — A la suite de la visite médicale d’incorporation scolaire, les enfants sont classés en trois catégories : aptes, à surveiller, inaptes.
- Les résultats de la visite médicale sont inscrits sur un fascicule scolaire du. carnet de santé du ministère de la santé publique conservé au centre médjco-scolaire du secteur tant que l’enfant fré quente l’école.
- Le mode de classement des élèves. ; les. conséquences médicales et scolaires de ce classement, le modèle de fascicule scolaire du carnet de santé sont fixés par des arrêtés des ministres de l'éducation nationale et de* la santé, publique.
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- Des examens de santé des élèves
- Art. 4. — A partir du 1er janvier. 1947, tous les. élèves, des établissements d’enseignement et d’éduca.tion, publics ou privés, seront soumis à l’école, par les soins des éducateurs habituels, et, s’il y a lieu, du. professeur d’éducation physique, avec le concours du service social scolaire, à des mensurations, périodiques et à des obseix valions, portant sur le développement physique et psychique et sur leur comportement social. Les résultats en seront notés sur une fiche individuelle d’apli.tu.de qui ne comportera aucune indication relevant du. secret médical.
- Les fiches d’aptitude des élèves appartenant à une même classe ou. à un même cours seront conservés par l’un des éducateurs, habituels, qui les. communique au médecin examinateur scolaire et à ses auxiliaires.
- Art. 6. — A la fin de chaque armée scolaire, un extrait de la fiche d’aptitude est adressé, à la. famille de chaque élève par. les soins du chef d’établissement.
- En cas de changement d’école, la fiche d’aptitude suit l’élève.
- A la fin de la scolarité, la fiche d’aptitude, complétée par. les conseils, du. chef d’établissement, du médecin examinateur scolaire, et, s’il y a lieu, de l’orienteur professionnel, est adressée à la famille.
- Art. 7... — Les résultats des èxamens médicaux scojaires, des examens complémentaires et des. examens, spéciaux sont inscrits, sur le fascicule scolaire du. carnet de santé.
- En cas de changement d’éco.le le fascicule scolaire suit l’élève.
- A la, fin de la scolarité, il est remis à la famille pour être annexé au. carnet de s.anté.
- Des extraits sont communiqués, soit immédiatement, soit périodiquement, aux services de médecine préventive intéressés, dans des. conditions qui seront précisées par arrêté des ministres de l’éducation nationale et de la. santé publique.
- Un extrait statistique des. fiches d’aptitude et des fascicules scolaires est établi à la fin de chaque année scolaire.
- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE A L’ÉTRANGER
- Début de l’Orientation Professionnelle en Turquie
- L’orientation professionnelle n’existe, et encore à l’état souvent embryonnaire, que dans les pays les plus évolués dans les domaines de la technique et de l’éducation. Peut-être même ne serait-il pas exagéré de penser que l’état d’avancement de l’organisation des services d’orientation nous donnerait une mesure du degré de l’évolution technique d’un peuple. Aussi devons-nous nous féliciter de voir qu’une nation aussi résolument tournée vers le progrès que la Turquie vient de commencer d’organiser ses services d’orientation.
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- II y a un an, par lettre du II mai 1945, S. E. M. l’Ambassadeur de Turquie à Paris m’informait que « l’orientation professionnelle proprement dite n’existe pas en Turquie ». Or par lettre du 24 mai 1946, M. Fikri Gursel me signale que, « cette année », un laboratoire de psychologie générale et de psychotechnique vient d’être créé à l’Ecole normale d’enseignement technique d’Ankara et qu’une section spécialement chargée de l’orientation professionnelle dans les écoles de Turquie y fonctionne. M. Fikri Gursel, chef du laboratoire de psychotechnie, est chargé d’organiser ce service tout récent et, soucieux de doter son laboratoire d’un bon équipement en tests et en appareils, il nous demande une documentation appropriée.
- L’organisation du premier service d’orientation professionnelle en Turquie manifeste le crédit dont jouissent les méthodes scientifiques d’orientation et traduit la volonté d’ascension culturelle d’un peuple qui, en vingt ans, a franchi des siècles.
- P.-A . Vallès.
- LA VIE DES CENTRES D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- Situation économique du département de la Sarthe
- par
- M. HENRY
- Directeur du Centre d’O. P. du Mans
- A la veille des vacances scolaires, nous avons, comme chaque année, interrogée les enfants de toutes les écoles du département en âge de terminer leurs études primaires, afin de savoir quels étaient leurs projets d’avenir en ce qui concerne le choix de leur futur métier.
- Nous, constatons que beaucoup d’entre eux sont encore indécis : ’ ils n’ont que très peu. réfléchi à lq question et les parents, de leur
- côté, hésitent à faire un choix qu.i leur semble particulièrement difficile.
- Cette enquête, pour présenter un intérêt immédiat pour l’Orientation Professionnelle de ces adolescents, devait être complétée par une recherche des. besoins, en main-d’œuvre des différentes branches d'activité professionnelles, du département. Nous avons donc in'.errogé à. cet effet les employeurs et les organismes professionnels, mais celte étude s.’est révélée extrêmemnt difficile. Les enfants qui vont entrer en apprentissage cette année mettront trois, ans. pour acquérir les connaissances théoriques et pratiques inhérentes à l’exercice de leur futur métier et c’est seulement après cette période qu’il leur faudra envisager leur placement définitif.
- II semble actuellement, très délicat de préciser par avance quelle sera la situation générale du marché du. travail dans trois ans. Les événements que nous, venons de traverser ont apporté de profondes modifications dans la vie économique de notre pays, et les représentants de la 'plupart des professions ne possèdent pas actuellement de bases suffisamment, solides d’information pour, pouvoir porter un jugement éclairé, sur le développement futur des branches diverses de l’activité économique.
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- Ces. restrictions étant faites, nous avons, pu dégager de cette enquête les. renseignements suivants :
- I. — GARÇONS
- — 2.762 garçons vont quitter l’école primaire.
- -- 487 sent indécis.
- - 309 vont continuer des études en vue d’exercer des professions ou. des métiers demandant une instruction supérieure : enseigne-, ment secondaire ,primaire supérieur ou. technique.
- Reste donc 1.966 garçons, décidés à entrer en apprentissage dans les différentes activités agricoles, industrielles et commerciales, du département.
- Nous allons étudier successivement la situation devant laquelle nous, nous trouvons, compte tenu, d’une part, des besoins, d autre part des possibilités en apprentis. „
- I. — METIERS DE LA TERRE ET METIERS CONNEXES
- 913 garçons de nos communes rurales vont quitter les bancê de l’école primaire pour rester à la terre, tout' au moins momentanément.
- Ce sont pour beaucoup des fils de fermiers, des fils de propriétaires exploitants, des fils d’aides de culture, des pupilles de l’Assistance publique de la Sarthe ou de la, Seine.
- Ces enfants vont commencer leur apprentissage agricole, mais il ne faudrait pas croire qu’il s’agit là d’une orientation définitive et que tous resteront attachés pour toute leur vie au sol qui les a vu naître.
- Si un fils de cultivateur est fils unique, il est possible qu’il succède plus tard à son père qui lui cédera son matériel et son bétail à des conditions spéciales avantageuses, mais s’il y a deux ou trois fils dans ia famille, il y a de grandes chances pour que deux sur trois s’en aillent' chercher une occupation à la vilie, le père n’ayant pas les moyens de les installer pus tard dans une exploitation. Quant aux filsi des aides de culture et aux ressortissants de l’Assistance publique de ta Sarthe et de la Seine qui, dans la proportion de 90 % sont dirigés vers la terre leurs quatorze ans révolus, ils s’en vont dans la même proportion vers, ia ville lorsqu’ils atteignent leur majorité1, parfois bien auparavant.
- Il est intéressant de signaler que de nombreux ouvriers agricoles désertent actuellement leur village parce que les paysans préfèrent employer des prison, niers allemands (main'd’œuvre peu coûteuse) plutôt que de s’adresser à des ouvriers français.
- La Direction des Services agricoles de ia Sarthe estime que pour que l’effectif de la main d’œuvre se maintienne dans une situation normale dans le département, il est nécessaire que dans t’ensemble des écoles rurales, 50 % des enfants qui quittent l’école primaire se maintiennent à la campagne après leurs 14 ans révolus.
- C’est ce qui se passe dans la réalité (60 % environ); 19 candidats à l’apprentissage du métier de jardinier: suffisant; l candidat à l’apprentissage du métier d’horticulteur : suffisant ; 1 candidat à l’apprentissage du métier de vacher: (T. B.); divers : 5 apprentissage à n’envisager que dans quelques années seulement, 3 enfants continueront le métier du père "(éleveurs), 2 autres désirent apprendre le métier de bûcheron mais commenceront par être ouvriers de culture.
- IL — METIERS DE L’ALIMENTATION
- Boulangers. — 3 garçons veulent entreprendre l’apprentissage du métier de boulanger. Ce nombre dépasse de plus de 50 % les besoins actuels.
- Bouchers. — Il existe à ce jour dans ie département 90 apprentis bouchers dont l’apprentissage est très lent en raison du manque de viande. Les 80 candidats nouveaux qui se présentent cette année seront de ce fait très difficiles à plaoer. Si le commerce de la boucherie redevenait no-mai, il est évident que la situation s améliorerait mais, quoiqu’il en soit le chiffre de 80 restera très supérieur aux besoins.
- Charcutiers. — 22 candidats. Même situation qu’en ce qui concerne la boucherie.
- Pâtissiers. — 22 candidats. Etant donné ia situation actuelle, on aura beau coup de mal à les placer. En période normale, il serait possible d’en placer une cinquantaine dans le département.
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- Cuisiniers. — Pléthore d’apprentis cette année : 18 candidats aiors qu’il ne sera possible d’en placer que 3 oü 4.
- Il est très difficile, d’autre part', de se faire une idée même approximative, des besoins en main d’œuvre dans l’ensemble des métiers de l’alimentation, lorsque la situation sera redevenue normale, beaucoup de jeunes gens se sont dirigés, au cours des dernières années vers les différentes branches de cette activité, non pas par le goût bien arrêté, mais en raison de ce qu’on y était nourri et couché.
- En raison des bombardements, d’une part, et d’autre part, du fait du manque de matières premières beaucoup n’ont appris ces métiers que d’une façon très imparfaite, ne se considérant que dans .une situdtlori d’attente.
- Ii est donc possible que dans quelques années, peut être avant, nous souffrions d'une crise de main-d’œuvre dans les métiers de l’alimentation.
- Diverse 4 meuniers, l très possible ; 1 laitier : l’apprentissage ne commence que dans quelques années.
- III. — METIERS DE L’ARTISANAT RURAL
- une cinquantaine d’apprentis sont actuellement placés dans le département.
- Les 6 candidats bourreliers qui se présentent cette année pourront être placés.
- 17 candidats charrons: ce nombre est grandement suffisant pour les besoins actuels.
- 9 candidats maréchaux ferrants qui pourront être placés sans difficultés.
- ? sabotiers et 3 bourreliers qui pourront également être placés sans difficultés, mais on nous conseille de ne pas forcer sur les sabotiers (attention après la guerre à la "eprise du cuir). y
- 3 tonneliers facilement plaçables : pénurie complète d’ouvriers de la profession dans le département, 3 ouvriers du métier actuellement dans toute la Sarthe pour 150 patrons.
- TRAVAUX DU BOIS
- 14 candidats ébénistes se présentent cette année.
- Les ouvriers de la profession deviennent de moins en moins nombreux parce que le métier a ia réputation d’être beaucoup plus difficile que celui de menuisier (moindre effort).
- 1 seul candidat tourneur sur bols (mêmes observations que pour l’ébéniste). 1 seul candidat scieur affûteur.
- Tous les apprentis du bois seront placés sans difficultés s’ils présentent les aptitudes nécessaires.
- INDUSTRIE DU VETEMENT
- 6 candidats tailleurs;. Il en faudrait 8 pour satisfaire aux besoins de la profession.
- 1 candidat blanchisseur, fera son apprentissage chez son père.
- PAPETERIES
- Pas un seul' candidat. D’ailleurs lesi usines n’ont pas pour habitude de former des apprentis de 14 ans. Elles forment leur personnel qualifié en sélectionnant leurs meilleurs manœuvres.
- METIERS DU LIVRE x
- 2 candidats typographes, l candidat linotypiste, 1 candidat relieur.
- Pénurie marquée de professionnels dans les deux premières catégories ainsi
- que chez les conducteurs de machines.
- La reliure subit une crise due au prix très élevé des Teiiures. ouvragées. Nombre d’ouvriers actuellement suffisant.
- HORLOGERS, BIJOUTIERS, JOAILLIERS, ORFEVRES, GRAVEURS
- 1 seul candidat horloger, ii en faudrait 6 ou 7.
- Pas un seul candidat bijoutier, il en faudrait 2 ou 3.
- 2 candidats graveurs, ce chiffre est suffisant pour les besoins actuels.
- METIERS DU CUIR
- Tanneurs et corroyeurs. — Les ouvriers qualifiés sont sélectionnés dans les usines parmi les manœuvres intelligents.
- Cordonnerie.- 30 candidats.
- BATIMENT ET TRAVAUX PUBLICS
- La situation reste sensiblement la même que ce qu’elle était l’an dernier. Elle se caractérise par un manque de spécialistes de toutes les catégories.
- Le retour des Prisonniers appartenant à la corporation (1/10 de l’effectif total) n’a apporté qu’un bien léger remède à la situation.
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- On embaucherait facilement dèsi maintenant :
- 200 maçons, 40 couvreurs, 150 menuisiers, 80 plâtriers, 50 charpentiers, 30 peintres, 20 serruriers, 50 cimentiers, 40 monteurs en chauffage, 30 plombiers.
- Si ia matière première devenait moins rare, ces'Chiffres devraient être con-sidérablement cH-i^m^ntés
- Pour parer à ce manque de main-d’œuvre, il existe actuellement à peine 10O jeunes gens en cours d’apprentissage pour l’ensemble des catégories professionnelles ci-dessus et le nombre des candidats sortant des écoles primaires en Juillet 1946 est absolument Insuffisant.
- 13 maçons, 4 couvreurs, 114 menuisiers, l plâtrier, Il charpentiers, 10 peintres, 6 serruriers, pas un cimentier, pas un plombier.
- Les Ateders-Ecoles de la Chambre de Commerce, section de la maçonnerie, ne forment' plus d’apprentis en raison de la pénurie des candidats.
- Electriciens. — 82 candidats cette année, Nombre plus que suffisant il en suffirait d’une cinquantaine.
- LE COMMERCE
- 5 candidats seulement pour les diverà genres de commerce seront facilement placés. Le Syndicat de l'Epicerie nous1 signale qu’ii serait utile d’en former une quinzaine.
- SOINS PERSONNELS
- Coiffeurs. — 24 candidats cette année. 10 seulement seront admis aux Atel’ers Ecoles. On ne prendra que desi jeunes gens possédant ie CE.P. Quant aux autresi, on cherchera à les placer, sans engagement dans les salons de coiffure.
- PERSONNEL DES HOTELS ET RESTAURANTS
- On manque de serveurs et de femmes de chambre , qualifiées. On ies sélectionne parmi les garçons de café et les filles de salies les mieux douées. Les écoles hôtelières forment actuellement une demi-douzaine de jeunes sarthois.
- METALLURGIE — METAUX
- 328 candidats1 qui seront répartis de la façon suivante •
- Etablissements Renault............................... 30
- Gnome et Rhône......................................... 30
- Carel......................;........................... 10
- Collège Technique. • .................................. 40
- Ateliers Ecoles. - ................'...................' 70
- Centres d’apprentissage. . ............................ 120
- Antoigné. ....................................... 10
- Simmonds. ...................................... 10
- 320
- Reste une dizaine de candidats pour, tous les employeurs du département.
- De récentes statistiques émanant du Ministère du Travail indiquent qu’il faudra en France dans les années à venir 1.000.000 d’ouvriers qualifies dans les professions de la métallurgie, du textile et du bâtiment
- TRANSPORTS
- 14 candidats. Apprentissage à n’envisiager que dans quelques années, 2 camionneurs, l conducteur de tramways, 8 marins, 3 pilotes cl’avions
- CARRIERES EXTRACTIVES
- 2 candidats commenceront l’apprentissage comme petits manœuvres.
- PERSONNEL DE PROTECTION Carrière militaire: 3, gendarme: l, pompier: l
- PHOTOGRAPHES: 5 EMPLOYES DE BUREAUX : 15 CONTINUENT LEURS ETUDES : 309 DIVERS ! 5
- Récapitulation
- Vont quitter l’école primaire................
- Indécis sur le choix d’un métier.............
- Ont pris une décision.......:................
- Continuent leurs, études.....................
- Vont entrer en apprentissage.................
- dont 913 pour, les métiers de la terre, soit 30 %
- 2.272
- 487, soit 15 % 27275
- 309, soit 10 % 1.966, soit 70 %'
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- II. - PILLES
- 2.420 filles vont quitter l’école primaire en fin juillet.
- — 603 sont, indécises s.ur le choix de leur métier.
- — 427 continuent leurs éludes.
- Restent donc 1.390 fillettes décidées à entrer en apprentissage dans les. différentes activités agricoles., commerciales et industrielles du. département.
- METIERS DE LA TERRE
- 628 fillettes appartenant aux mêmes catégories familiales que les garçons vont rester momentanément à la culture: 300 de moins que les garçons. On se plaint amèrement dans notre monde -agricole Sarthois de ce qu’on ne peut plus trouver de filles de fermes sachant traire On constate dans ce domaine un manque de professionnelles égal à 80 % des besoins réels Les filles de ferme quittent de plus en plus tôt la campagne pour aller en vide comme bonnes à tout faire ou ouvrières d’usines.
- TRAVAIL DES ETOFFES
- 400 candidates pour l’ensemble des métiers rentrant dans cette catégorie.
- 1° Mode gros et demi-gros. — Crise dans ±e chapeau en raison de la mode actuelle qui fait que la presque totalité dés dames et demoiselles ne portent pi us de chapeaux la semaine
- 10 apprenties suffisent cette année pour la ville du Mans.
- 2° Mode détail. — Les 14 autres candidates seront facilement absorbées par ies modistes à façon beaucoup de jeunes Ailes font l’apprentissage du métier dans le seul but de s’en servir plus tard pour leurs besoins personnels.
- COIFFEUSES
- 164 candidates, 8 places à prendre à l’école de coiffure, 20 places chez les patrons.
- Les 136 autres devront changer d’orientation ou attendre l’an prochain.
- EMPLOI DU COMMERCE
- 88 candidates pour l’ensemble du département Beaucoup trop en raison de la marche ralentie des affaires dans ia plupart des branches.
- CORSET
- Aucune candidate. Les employeurs du Mans à eux seuls, recherchent plus de 20 apprenties.
- COUTURIERES
- 349 candidates il pourra en être placé :io aux ateliers Ecmes féminins, 20 chez leç couturières. Le reste devra se tourner vers la confection.
- Sur le chiffre- de 249, il est beaucoup qui ne veuient apprendre le métier que pour s’en servir plus tard pour leurs besoins personnels
- CONFECTION
- 2 candidates. L’ensemble des maisonsi de- la ville du Mans en absorberait facilement 50.
- CHAUSSONS
- Pas de candidates. Tant au Mans que dans le département le placement des apprenties reste d’aiheurs très dificile en raison du manque de matières première
- BRODERIES
- 6 candidates qui seront placées sans difficultés.
- EMPLOIS DE BUREAUX
- 71 candidates. Placement -très difficile- en raison du licenciement du personnel dans certaines administrations civiles et militaires.
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- Récapitulation
- Vont quitter, l’école primaire........................ 2.420
- Indécises sur le choix d’un métier.................... 603, soit 24 %
- Ont pris une décision........................... 1.817
- Continuent leurs études ........................ 427, soit 17 %
- Vont entrer en apprentissage.................... 1.390, soit 57 %
- dont 628 pour les métiers de la terre, soit 25 %.
- CeLte étude générale des. désirs professionnels des. enfants et des besoins des. différentes activités sociales va nous, permettre de conseiller beaucoup plus sûrement les familles sur les possibilités, d’ave-, nir de te] ou. tel métier ou profession envisagée. Nous, signalerons aux parents le danger qu’il y a à engager les. adolescents dans des activités encombrées et menacées, de chômage. Nous nous efforcerons., au. contraire, de diriger les. enfants vers les professions où le manque de main-d’œuvre risque actuellement de créer un déséquilibre profond dans la vie économique.
- ' Grâce à cette action, le Centre d’Orientation professionnelle pourra contrôler et diriger les courants inconscients du marché du travail et participer ainsi à l’organisation éccnomiqùe du département.
- LIVRES ENTRÉS RÉCEMMENT A LA BIBLIOTHÈQUE
- Léon Walther. — La psychologie du travail. Premier volume. Travail industriel. Collection action et pensée, aux éditions du. Mont-Blanc, 290 pages.
- G. de Parrsl. — Traité de Rééducation. Les Ordres, de Chevalerie, Paris, 618 pages.
- Drs N.. Beno, H. Bersot, !.. Bovet. — Les enfants nerveux. Leur dépistage et leur traitement par les services médico-pédagogiques.. Delachaux et Niestlé, Neu.fchatel et. Paris, 183 pages.
- Jean Delay. — Vélectro-choc et la Psycho-physiologie, Masson et Cie, éditeurs, 169 pages.
- Albert Crémieux, M. Schachter. et Mlle S. Cotte. — L'enfant devenu délinquant. Etude Médico-sociale et Psychologique. Comité de l’Enfance déficiente. 176 pages^
- Coleman R. Griffith. — The Junior College in Illinois. — Univer-sity of Ulinoîs Press, 1945. 252 pages.,
- Jean Piaget. — Le développement de la Notion de temps chez l'enfant. Presses. Universitaires de France, 1946, 298 pages.
- André Ferre. — Manuel de Psychologie de l'Enfant. Leçons et exercices Pratiques. Société Universitaire d’Editions. et, de Librairie. 260 pages.
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- NÉCROLOGIE
- D. Weinberg
- 16 Septembre 1897 — 15 Novembre 1946)
- Ayant eu sa santé gravement ébranlée par les émotions et les rigueurs de la vie clandestine au cours des années d’occupation et de persécution raciale, M110 Weinberg a été brusquement emportée au début de l’hiver, et sa disparition laisse un grand vide dans la psychologie appliquée française.
- Collaboratrice de Toulouse, de Lahy, de Laugier surtout, son ardeur au travail, sa haute intelligence, sa large information favorisée par la connaissance de nombreuses langues, lui avaient valu une adrnirative estime et lui avaient permis d’apporter une contribution de premier ordre à toute une série d’importants travaux.
- Elle avait assumé la charge du Laboratoire créé à Viroflay sous la direction de Laugier par le Directeur d’alors des Chemins de Fer de l’Etat Raoul Dautry. Et bientôt Laugier lui confiait en outre la charge du Laboratoire de Biométrie humaine du Centre national de la Recherche scientifique, et l’appelait à l’assister, comme directeur adjoint, dans la gestion du Laboratoire d’Organisation du Travail de l’Ecole pratique des Hautes Etudes, intégré dans l’Institut national d’Etude du Travail et d’Orientation professionnelle. Il lui confiait encore le secrétariat de rédaction de la Biotijpologie, organe de la Société de Biotypologie.
- Elle avait su faire face avec maîtrise à ces multiples activités jusqu’à la guerre. Pendant la phase initiale de la guerre, elle avait assuré une participation essentielle aux recherches du Service de Psychophysiologie et de Sélection de l’Inspection médico-physiologique de l’Armée de l’Air, se donnant toute entière à cette tâche d’intérêt national, restée inachevée.
- Elle laisse une oeuvre importante, dont malheureusement une grande partie n’avait pu être encore publiée.
- Tout le monde connaît les belles recherches de docimologie poursuivies avec Laugier, et les fécondes enquêtes sur les écoliers parisiens.
- Les travaux avec Delaporte sur le contrôle des méthodes d’analyse factorielle n’ont pas encore vu le jour. Une thèse était en préparation sur les données fournies par la sélection des apprentis de la S.N.C.F.
- Des nombreux tests qu’elle avait mis au point il n’y a que peu de traces dans les publications, mais beaucoup sont pratiquement utilisés.
- Enfin ses travaux en train sur l’orientation scolaire, en particulier à Sèvres et dans les sixièmes nouvelles, promettaient de très importants résultats, dont il faut espérer qu’il sera possible déjà de tirer parti.
- Ainsi, par s.on œuvre, riche et solide, Weinberg continue et continuera de vivre et, par l’influence qu’elle exerce, elle est encore réellement présente po.rmi nous.
- H. P.
- AGEN. — IMPRIMERIE MODERNE, 43, RUE VOLTAIRE
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- SERVICES DE L'INSTITUT
- Tél. Odéon 52-46
- SECRÉTA RI A T GÉNÉRA L ET CENTRE DE DOCUMENTATION Chef de Service : Mlle G. Chauffard.
- CENTRE D'ORIENTATION PROFESSIONNELLE Chef de Service : Mlle Nepveu.
- CENTRE DE RECHERCHE DES TESTS Chef de Service : Mme Henri Piéron.
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- i ' .
- Le Secrétariat et l’Office de Documentation sont ouverts chaque jour, non fériés, de 9 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures.
- La Secrétaire générale reçoit le lundi, de 14 h. 30 à 18 heures ; le jeudi de 14 h. 30 à 16 h. 30, et sur rendez-vous.
- La Bibliothèque est ouverte chaque jour, non férié, de 14 heures à 18 heures.
- Pour les consultations d’Orientation professionnelle, adresser une demande de rendez-vous au Chef du Centre d’Orientation Professionnelle.
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- SOMMAIRE
- I. — M. Reuchlin : Une psychologie des différences constitutionnelles d’après W.-H. Sheldon .......................................
- II. — J. Montifroy : Monographie du sculpteur sur pierre.........
- III. — Notes et Documents : La réforme de l’enseignement et l’ensei-
- gnement primaire. — La dissociation du trait caractériel bipolaire, «interversion-extroversion». — Analyse factorielle et aptitude à la géométrie. — Milieu social et niveau mental.
- IV. — A travers les Revues.......................................
- V. — Informations..............................................
- VI. ‘— Décrets intéressant l’O. P................................
- VII. — L’Orientation Professionnelle à l’Etranger ................
- VIII. — La Vie des Centres d’O. P........... ......................
- IX. — Livres entrés récemment à la bibliothèque..................
- X. — Nécrologie: D. Weinberg.....................................
- Pages
- Bulletin de l'Institut National d'Etude du Travail
- et d'orientation Professionnelle 1
- rédacteur en chef : Mme Henri PIÉRON SECRÉTAIRE DE LA RÉDACTION : M1|e Irène LÉZINE
- LES ABONNEMENTS PARTENT DU 1er JANVIER
- ABONNUMErvir :
- Pour la France... 200 fr, j Pour l'Etranger.... s 300 fr.
- Prix du numéro : 35 francs
- Pour les anciens élèves de l’I. N. E. T. O. P. : 150 francs-
- Prière d’adresser le montant des Abonnements au Compte Chèques postaux de l’Institut^
- PARIS C/C 1444-79
- Pour tout ce qui intéresse le Bulletin adresser la correspondance à Mme Henri Piéron
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- Le Gérant : Paul Arjo.
- AGEN. — IMPRIMERIE MODERNE, 43, RUE VOLTAIRE
- Dépôt légal 1947. 1er trimestre. — N° d ordre 77.
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- 1 2e SÉRIE. — 3e ANNÉE N° 3-4 MARS-AVRIL 1947
- BULLETIN DE
- L’INSTITUT national
- i d-ÊTUDE DU TRAVAIL
- • ‘ .
- ET
- I dORIENTATION „ PROFESSIONNELLE
- stitutB >n REVUE MENSUELLE ~ . / . ' * /.?' V- TU > / ^ T'' ^ (2 * ?: • U" ? ^ " T \ ? o? T* j- V \ \ AT AS' • -A V - ’">) -*• c5 J „ \* ' JTr \V AU SIÈGE DE L’INSTITUT Xj^Q) 41, Rue Gay-Lussac, 41 PARIS TOUS DROITS RÉSERVÉS
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- CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MÉTIERS
- Institut National cTEtude du Travail et d Orientation Professionnelle
- DIRECTEUR DÉLÉGUÉ
- M. Henri Piéron, professeur au Collège de France, directeur de l’Institut de Psychologie de l’Université de Paris, président de la Section des Sciences Naturelles de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes.
- COMITÉ DIRECTEUR
- Le Directeur du Conservatoire National des Arts et Métiers.
- Le Directeur délégué.
- M. TL Laugier, secrétaire général adjoint de l’O.N. U.
- M. P Pouillot, inspecteur général honoraire du Travail.
- M. II. Wallon, professeur au Collège de France.
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- 2e Série. 3* Année
- N* 3-4
- Mar s-Avril 1947
- Bulletin de l’Institut National D’ÉTUDE DU TRAVAIL
- et
- D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- TESTS DE SÉLECTION EN AVIATION MILITAIRE<'>
- par
- Henri PIÉRON
- INTRODUCTION
- L’Inspection médico-physiologique de l’Armée de l’Air que dirigeait le Médecin général Beyne comprenait une Section de Psychophysiologie et de Sélection dont la direction m’avait été confiée au début de la guerre, en septembre 1939.
- Au cours des recherches qui se sont poursuivies jusqu'à La veille de l’armistice, à la base aérienne de Mérignac dans le laboratoire installé à Fourchâteau, et, parallèlement, au Laboratoire des Chemins de Fer de Viroflay, mis à notre disposition par son directeur Henri Laugier, toute une série d’épreuves furent mises au point, avec le concours de mes collaborateurs directs, le capitaine Alfred Fessard, les lieutenants G. Durup et Louvier, et de Mlle Weinberg à Viroflay (2), d’autres étant en cours d’élaboration. Des appareils furent construits, des tests furent essayés et étalonnés (3).
- (1) Cf. H. Piéron. — L’essai de sélection du personnel navigant de l’Armée de 1 Air dans la première phase de la guerre. Rapport au Congrès national de 1 Aviation française (avril 1945).
- (2) *,e„?,ois signaler encore le concours de MM. Chweitzer et Devais. Mesdames et MH®» Albe, Bernyer, Pintiau et Reitman.
- (3) Un appareillage pour application semi-collective (par groupes de 6) d’un test complexe de réactions de choix avec manipulations variées a été mis au
- d’FtLfL T,FeSSnrd,€Ln,(Wember6 11 a été déposé à l’institut National ft hn6 du Travall et d Orientation Professionnelle. A. Fessard et Mile Alix établirent un appareil pour mesurer la vitesse d’accommodation (Cf. Année Psy-
- îl ïüir! 40, ,P’ ^ A’- Chweltzer avait à peu près achevé la mise au point ppa eil poux la détermination des tempe de réaction pour un geste gradué
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- Une batterie de tests fut utilisée sur deux promotions -d’élèves de l’Ecole de l’Air à Versailles, avec charge d’établir une sélection de pilotes — et en particulier de pilotes de chasse — d’observateurs et de navigateurs. Le dépouillement des résultats se termina au moment même où l’avance allemande obligeait à évacuer Versailles.
- Il m’a paru qu’il n’était pas inutile de donner des indications sur quelques épreuves de notre batterie de tests, dont il ne paraît pas y avoir d’équivalent -dans les autres pays d’après ce que nous avons pu en savoir.
- Je décrirai cinq tests adaptés à la sélection des navigateurs et pilotes de reconaissance, des pilotes de chasse, et des observateurs : 1° un test de plasticité des représentations spatiales (orientation) ; 2° un test d’organisation d’une mission aérienne ; 3° un test de décision ; 4° un test d’observation aérienne ; 5° un test d’observation d’images, perceptive et mnémonique.
- |
- I
- Test d’Orientation (*)
- Pour la navigation aérienne, plus encore que pour la navigation maritime, il est important de pouvoir se situer dans l’espace en se représentant des directions successives de parcours, et il y a là une capacité très inégalement répartie, que le test permet d’apprécier. Une série de tableaux fut établie, pour présentation collective, chacun d'eux comportant une série de points désignés par des lettres, une flèche indiquant une direction initiale, et une indication de repérage, sur une des 4 faces, d’un des points cardinaux.
- Une rose des vents était laissée en permanence à la vue des sujets.
- Voici les instructions données au groupe de sujets :
- Le but de ce test est d'éprouver l'aptitude à l’orientation au cours d’une mis-
- en vitesse et en amplitude (au Laboratoire de la Sorbonne). M. Devais établissait des films d’observation. Des épreuves de l’aptitude à apprécier les dénivellations (capacité d’atterrissage) ont été étudiées par Louvier et moi-même. (Cf. Année Psychologique, tome 43-44).
- (l) Ce test a été établi avec la collaboration particulière de G. Durup.
- * ;
- •; t
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- reliés par des
- sion comportant le survol d’une série de points A, B, C, etc. trajets en ligne droite.
- Regardez le plan affiché, qui va vous servir d’exemple. Les points à survoler sont figurés sur le plan, qui indique aussi le point cardinal d’où est censé venir notre avion se dirigeant vers le premier point (A).
- A chaque virage, vous aurez à trouver :
- 10 Le. sens (à gauche ou à droite);
- 2° La grandeur approximative (30°, 45°, 60°, 90°,
- 120° ou 135° au maximum) du changement de direction à effectuer ;
- 3o L’orientation qui en résulte (N, NNE, NE, ENE,
- E, ESE, etc.), toute orientation intermédiaire entre N et NE étant appelée NNE, etc.
- Regardez l’exemple affiché : vous venez de l’Est et devez survoler dans l’ordre les points A, B, C,
- D, E, puis repartir vers l’ouest.
- Au départ, l’avion se déplace dans la direction de la flèche. En arrivant au point A, il tourne à droite d’une angle de 30° et prend alors la direction AB, d’orientation WNW.
- Représentez-vous bien que l’angle à évaluer (changement de direction) est l’angle de la nouvelle direction avec le prolongement du trajet précédent.
- Pour vous exercer, vous allez continuer cet exemple en inscrivant vos réponses dans le tableau qu’on va vous distribuer. Vous pourrez toujours regarder à volonté la rose des vents.
- Pendant La présentation de l’exemple, les sujets sont invités à chercher successivement la: solution des 5 questions triples (sens de la rotation, angle de rotation, orientation du parcours) et on leur donne, les unes après les autres, les solutions correctes (1).
- Puis on découvre le premier tableau du test, comprenant aussi 5 points, pendant 8 minutes, au cours desquelles les sujets doivent sur une feuille du petit carnet qui leur a été remis, donner les triples réponses aux 5 questions :
- MODELE DE LA FEUILLE DE REPONSES
- Regardez le plan affiché et remplissez complètement le tableau ci-dessous.
- Vous disposez de 8 minutes pour cette épreuve.
- Pour aller de Sens Angle
- A à B
- B à C
- C à D D à E
- E à l’W
- Orientation
- Le deuxième tableau du test, présenté également 8 minutes, est semblable au premier.
- (l) Us tableaux du test ont été conservés à l'Institut National d’Etude du Travail et d’Orientation Professionnelle.
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- i
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- Pour les tableaux suivants, ils ne sont présentés que pendant un temps court, et c’est de mémoire que les réponses doivent être fournies sur les feuilles correspondantes du cahier.
- Les sujets trouvent, auparavant, les instructions suivantes qu’ils ont 2 minutes pour lire :
- Désormais, chaque plan vous sera présenté durant un temps limité. Vous devrez ensuite, de mémoire, fournir les réponses habituelles. On commencera par des plans ne comprenant que 3 points.
- Notez bien qu’à aucun moment, même de mémoire, vous n'avez le droit de dessiner le moindre schéma du plan : marquer des points n’importe où suffit à entraîner l’exclusion.
- N’oubliez pas, pendant la présentation du plan, que les points du trajet doivent être suivis dans l’ordre des lettres.
- Chacun des plans de 3 points va vous être présenté 10 secondes.
- Répondez comme d’habitude. Vous aurez 4 minutes pour la première épreuve.
- Le premier test d’orientation de mémoire comprend 3 points seulement ; la présentation est de 10 secondes, et le temps donné pour répondre est de 4 minutes.
- Le second comprend aussi 3 points et une présentation de 10 secondes, mais, sitôt après avoir donné les réponses, les sujets doivent, sur la feuille suivante du carnet, obéir à une nouvelle consigne, celle de refaire le chemin en sens inverse, en prenant juste le contrepied, et indiquer encore le sens et l’angle de rotation ainsi que l’orientation dans chacun des trois parcours (le temps total donné étant de 7 minutes).
- Les troisième et quatrième tests de mémoire comportent 4 points (présentation de 15 secondes, 6 minutes données pour les réponses), et enfin le cinquième comporte 5 points (présentation de 25 secondes, temps alloué de 6 minutes encore).
- Dans la figure ci-jointe sei trouvent les schémas des 8 tableaux
- SUD
- utilisés, et les solutions correctes de sens (gauche ou droit) de rotation, d’angle, et de direction sont indiquées ci-dessous.
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- Exemple (5 p.)
- Tests visibles
- I(5p.)
- d 30 WNW ? 45 SW g 90
- & 90 SSW d 135 N d 120
- d 60 w g 120 WSW d 90
- d 120 NNE 90 SSE g 60
- g 120 W 120 W g 60
- Tests de mémoire
- 1(3 P.) II (3P. ) III (<
- d 45 SW g 60 WNW g 30
- S 90 SE d 120 ENE g 120
- d 45 S g 60 N d 90
- (retour) d 60
- d 60 WSW
- g 120 ESE
- d 60 S
- IV (4 p.) V (5 p, )
- g 45 NW d 60 ENE
- d 135 E g 30 NNE
- g 120 NNW d 30 ENE
- d 30 N g 120 WNW
- d 60 N
- ssw
- WNW
- WSW
- S
- EXE
- WNW
- NNE
- E
- Voici les modes de notation :
- 1/2 faute Erreur d’angle de 15° (30 ou 60 pour 45, 120 pour 135, ou vice versa). Orientation adjacente (NNE pour NE, etc).
- 1 faute Erreur d’angle ou d’orientation supérieure aux pré-
- cédentes.
- Omission quelconque (ou réponse rayée, équivoque, etc.).
- 2 fautes Erreur de sens (lre colonne).
- Toutefois, quand une erreur de sens a entraîné une suite d’erreurs cohérentes dans la même colonne, la première erreur est comptée double (4 fautes) et les suivantes ne sont pas comptées tant qu’elles demeurent en accord avec la première.
- Ainsi, le maximum de fautes possible pour l’ensemble du test, (8 tableaux) est de 112 (18 +18 +104-20+14+14 + 18).
- Le pur hasard en donnerait environ 90.
- L’étalonnage a donné les valeurs suivantes, pour les centiles en points de pénalisation sur 446 sujets :
- 1er 10e 20e 30e 40e 50e 60e 70e 80* 90e 100*
- 0 12 17 20 24 27 30 35 40 49 68
- Le mode, en raison de la dissymétrie de la courbe des fréquences sf trouve à 21-22.
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- Voici, en réunissant les valeurs par groupe de 6 (unités et demi-unités) les répartitions des fréquences, en indiquant le chiffre médian du groupe des unités (1 pour la série des valeurs 0 ; 0,5 ; 1 ; 1,5 ; 2 ; et 2,5 par exemple).
- t 4 7 10 13 16 19 22 25 28 31 34 37 40 43 46 49 52 55 58 61 64 67
- 5 9 9 15 24 30 47 50 40 41 36 27 25 25 17 18 5 7 5 3 2 1 5
- Il y a un étalement marqué de cette courbe des fréquences.
- Deux sujets n’ont fait aucune faute, deux en ont fait 68 du 68,5.
- Dans la limite d’une unité (21 et 21.5) le nombre maximum de sujets a été de 21 ; 18 ont fait 20 ou 20,5 fautes, et 181 encore 30 ou 30j5.
- Il y a évidemment une marge très considérable dans cette plasticité des représentations spatiales, correspondant à une aptitude fort inégalement représentée dans une population pourtant relativement homogène et exclusivement masculine.
- II
- Test de Mission (')
- Pour un commandant ou un pilote dirigeant un vol, la capacité d’organisation est nécessaire. A cette capacité répond le test de mission, prévu pour des circonstances techniques précises, ce test n’étant pas destiné à des aviateurs en exercice mais à des candidats ou des Elèves d’Ecoles de l’Air militaires.
- Le test a été établi dans sa forme définitive après des essais sous forme provisoire chez une quinzaine de sujets.
- Des éléments assez nombreux sont à envisager pour une organisation rationnelle d’une mission complexe confiée à un avion de reconnaissance sur un territoire ennemi, la solution n’exigeant que du bon sens, et des qualités d’esprit d’analyse et de synthèse.
- Voici le texte des instructions écrites qui sont données, avec un plan joint, sur lequel doit être établi un tracé.
- Instruction
- Vous disposez d’un avion de reconnaissance pouvant faire 300 km.-heure avec une réserve d’eesence permettant d’effectuer 1.500 km. à altitude constante (une montée de 1.000 mètres correspondant à 10.000 en plan.
- Voici les consignes de votre reconnaissance les lettres se rapportent au plan cUjoint).
- (IJ Ce test a été établi avec' la collaboration particulière de R. bouvier et G. Durup.
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- I. — Observation directe (à 300 m. de hauteur au plus) d’une zone de tran-
- chées au niveau du point A sur 1 km.
- II. — Observation directe (à 500 m. de hauteur au plus) d’un nœud de voies
- ferrées au point B.
- III. — Photographies. Prendre des séries de photographies le long de la voie
- ferrée entre la ville C et le nœud B (les photographies peuvent être prises d’une hauteur maxima de 2.000 à 3.000 mètres).
- IV. — Lancement de tracts sur la ville C. Un tel lancement exige une hauteur
- de vol ne dépassant pas 2.000 mètres.
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- -mm.
- i
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- V. — Mission spéciale. Faire descendre, dans la clairière D d’une forêt en fond de cuvette, un parachutiste que vous aurez à emmener et dont la tâche est considérée comme importante.
- Observations générales :
- Le terrain de départ sur lequel devra se faire le retour est en E (à une altitude d’environ 50 mètres.)
- Les principales escadrilles d’avions de chasse ennemis, en arrière de la ligne du front, sont indiquées en chiffres romains (I, II, III et IV) et leis principaux postes de D.C.A. ennemis en chiffres arabes (de 1 à 8) ; les escadrilles d’avions de chasse français sont indiquées en lettres minuscules (a, b, c, d).
- La direction générale du vent, de force moyenne, est indiquée (vent venant de l’Ouest). ~ »
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- Pour éviter les repérages et la prise en chasse, vous disposez de la hauteur (avec cette réserve que vous ne devez pas demeurer plus de 40 minutes à la suite et plus d’une heure au total, au-dessus de 7.000 m. d’altitude, votre plafond étant de 8.000 m.) et des zig-zags (dans la limite de la distance totale que vous pouvez parcourir avec votre réserve d’essence).
- Organisez le plan de votre mission :
- Indiquez l’ordre dans lequel vous exécuteriez les 5 Consignes qui vous sont données en plaçant des chiffres romaine de I à V au niveau des zones de parcours où elles seraient exécutées, sur le plan ci-joint, et indiquez par une croix bien visible le point où le parachutiste serait lâché.
- Tracez par un trait continu sur ce plan le parcours que vous jugez le meilleur, avec les zigzags, ainsi que les montées et less descentes qu’il peut comporter, et cela d’aprèp les conventions suivantes :
- Au départ, une flèche placée à côté du trait représentant le parcours indique le sens de la marche.
- Ensuite, une flèche sur le trait qui représente le parcours indique une montée ou une descente, suivant qu’elle est orientée dams le sens de la marche ou en sens contraire ; les variations d’altitude seront indiquées par des cotes à côté du trajet.
- En cas de montée ou descente assez lente pour s’étendre sur un trajet d’une certaine longueur , on indiquera par des traits le début et la fin de la variation d’altitude.
- EXEMPLES i
- Une flèche dans le sens de la marche indique une montée
- Sens de la marche
- Une flèche dans le sens opposé à celui de la marche indique une descente
- Sens de la marche
- Deux traits indiquent le début et la fin de la dénivellation, quand celle-ci s’effectue sur un assez long trajet
- 1.000 2.500
- --------->----------
- ------------>
- 1.500 500
- ---------<----------
- ------------>
- 500 ' 7.000
- —1------->-------1—
- -------------->
- Sens de la marche
- La figure ci-jointe donne le plan, qui se trouve, pour le test, imprimé sur papier quadrillé pour faciliter les évaluations de distance.
- Le temps alloué pour l’éxécution du test est de 30 minutes.
- Les instructions de correction sont les suivantes, pour l’attribution des pénalisations, en points :
- Instructions de correction
- Mesurer le parcours total à la roulette, dans le sens de la marche, à 1 cm. près : x cm.
- Relever les ascensions (augmentations d’altitude, en km.),
- Les totaliser et diviser le résultat par 2 ; d’où y en cm, Additionner x + z — z cm.
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- Si z > 60 cm. (1 fois s/15), recommencer la mesure pour la
- préciser par rapport à 67,5 — 72,5 — 75 cm.
- 1. Si z > 75 cm. (1.500 km.)................................. 50 p.
- 72.5 (1.450 km.)............................... 25 p.
- 67.5 (1.350 km.).. ............................... 20 p.
- Mesurer à la roulette les parcours à 7.000 m. et plus.
- 2. Si un parcours à 7.000 m. ou plus dépasse :
- 15 cm. (300 km.) : 30 12,5 (250 km.) : 25
- 10 (200 km.) : 20
- 3. Si le total de ces parcours dépasse :
- 20 cm. (400 km.).. 30
- 17,5 .(350 km.).. 25
- 15 (300 km.).. 20
- 4. Pour une tâche omise complètement......................... 30
- Lorsqu’une pénalisation paraîtra méritée en partie seulement, on sanctionnera la faute partielle par une fraction convenable du nombre de points prévu.
- Toute tâche omise comportera, outre la pénalisation n° 4, toutes les pénalisations concernant cette tâche.
- Ordre des tâches :
- 5. Ne pas rentrer dans les lignes françaises après l’observa-
- tion des tranchées : 50 + 10 (Voir n° 19).................. 60
- 6. Observation des tranchées effectuée en :
- premier. . • • ................................... 25
- second. .......................................... 20
- 3e lieu........................................... 15
- 4® lieu. . ....................................... 10
- 7. Descente du parachutiste effectuée en :
- dernier. . . • ................................... 25
- quatrième.. • • . .........*...................... 20
- troisième. . . . .................................. 15
- second. .......................................... 10
- 8. Observation du nœud de voies ferrées avant les photogra-
- phies et les tracts (5 + 5 =).............................. 10
- Détails du trajet :
- 9. Ne pas zigzaguer en arrivant sur la zone ennemie.......... 10
- 10. Ne pas franchir les lignes, au départ, dans une direction opposée à celle qu’on veut réellement prendre.................... 20
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- 11. Ne pas rester à distance maximum entre les postes de
- DCA....................................................... 15
- 12. Ne pas rester entre les points d'avions de chasse ennemis 10
- 13. Ne pas oointer directement, en rentrant, sur la station
- d'avions de chasse français............................... 10
- 14. Ne pas utiliser du tout, dans les parcours, les repères des
- trajets de rivières...........,....,...................... 5
- Hauteurs :
- 15. Ne pas .s’élever, pour franchir les lignes :
- Au-dessus de 4.000 m............................. 40
- Au-dessus de 6.000 m............................. 30
- Au-dessus de 7.000 m. . . . ....................... 20
- Si la faute est commise 2 fois, pénaliser à 50 °/0 au retour.
- 16. Ne pas garder sur une distance d’au moins 100 km. (5 cm.) en territoire ennemi une altitude supérieure à :
- 4.000 m............................................... 20
- 6.000 m. . . ....................................... 10
- 7.000 m. . . ........................................ 5
- 17. Ne pas arriver, vers les tranchées à observer à une altitude d’au moins :
- 4.000 m. • • 30
- 6.000 m. . ....................................... 20
- 7.000 m. . . ....................................... 10
- Pour le rase-mottes : 1/2 pénalisation.
- 18. Ne pas faire un piqué rapide sur les tranchées à observer 20
- Ne pas faire un piqué brusque (spiralé)................... 10
- (Pour le rase-mottes : 1/2 pénalisation).
- 19. Ne pas rentrer du point A à basse altitude (sans remonter) 15 (Ceux qui commencent par A sont déjà pénalisés au n° 5).
- 20. Ne pas descendre vers la forêt à l'abri de la colline....... 10
- 21. Lâcher le parachutiste à plus de 1.500 m................... 30
- 1.000 (jusqu’à 1.500)................................ 20
- Le lâcher à plus de 500 m. (jusqu’à 1.000) sans s’élever,
- aussitôt après, à 2.000 m........................... 15
- en s’élevant, aussitôt après, à 2.000 m.......... 10
- Lâcher le parachutiste à 500 m. au plus, sans s’élever,
- aussitôt après, à 2.000 m..................... 10
- aussitôt après, à 4.000 m.............................. 5
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- 22. Ne pas tenir compte du vent (parachute et tracts) : 5+ 5 = 10
- 23. Ne pas jeter les tracts entre 1.000 et 2.150 m.......... 10
- 24. Ne pas faire les photographies entre 1.000 et 3.150 m... 10
- 25. Ne pas faire l’observation Ou nœud de voies ferrées à :
- 650 m. (max.)..........,............................. 20
- 26. Ne pas faire l’observation des tranchées à 500 m. au max. 20
- La pénalisation maxima atteindrait 685 points. En fait le maximum constaté (sur 451 élèves de l’école de l’Air de Versailles) a été compris entre 280 et 300), le minimum a été de 45, le médian de 130, avec une distribution des fréquences asymétrique, s’étalant, comme il est normal, du côté des pénalisations élevées.
- Voici la répartition des fréquences de 20 en 20 points :
- 40460 à 80 à 100 à 120 à 140 à 160 à 180 î900 à 220 à240 à260 à 280 à300
- 14 33 57 75 56 56 *46 34 26 20 23 8 3
- Ce test s’est montré très classant.
- (A suivre)
- LES QUALITÉS D’UN “ BON ” TEST
- d’après G. PATERSON
- par
- M. REUCHLIN
- I. — Le problème de la « validité »
- Cet article est composé d’extraits et d’analyses de certains chapitres d’un travail publié en 1930 par D. G. Paterson et plusieurs autres psychologues américains sous le titre « Minnesota Mecha-mcal Ability Tests ». L’ouvrage rapporte les résultats d’une recherche menée très systématiquement et avec d’importants moyens matériels, à l’Université de Minnesota, sur l’aptitude aux travaux manuels.
- Il nous a semblé intéressant de porter à la connaissance de nos lecteurs les principes admis et les méthodes employées par nos confrères américains dans le choix et la critique des tests, même si ces principes et ces méthodes ne sont pas valables intégralement chez nous. Ces intormations sont d’actualité au moment où le
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- Centre départemental d’O. P. de la Seine va utiliser des lests remaniés ou nouveaux, dont la validité et la fidélité feront l’objet d’une étude statistique dès que les éléments nécessaires à cette étude auront été rassemblés.
- En effet, s’il est vrai que le travail du conseiller d’orientation professionnelle comporte une part importante d’intuition et de « sens clinique », il est hors de doute que sa conclusion tient compte des mesures pratiquées sur l’enfant au cours de l’examen. Il est tout à fait souhaitable, par suite, que le Conseiller ait une notion précise de l’exactitude des instruments de mesures dont il se sert : bascule, toise.... ou tests.
- Le problème, il est vrai, est plus complexe pour les tests. Voici la façon dont Paterson et ses collaborateurs ont essayé de le résoudre :
- Partis d’une batterie de vingt-six tests, ils ont soumis chacun de ces tests à une étude statistique du point de vue de la validité et de la fidélité, ont éliminé certaines épreuves, ont modifié les autres, pour aboutir finalement à des batteries de quelques tests seulement, plus satisfaisantes que la longue batterie initiale.
- Dans ce travail de choix et d’autocritique, ils n’ont pas perdu de vue certaines considérations pratiques. « En somme, écrivent-ils, un test a un champ d’utilisation d’autant plus large que ce test est plus simple en ce qui concerne le matériel, l’application et La correction ». En particulier, le test ne doit pas être trop long à appliquer et à corriger.
- Cependant, la meilleure des batteries proposées par les auteurs exige encore deux heures environ d’examen et un quart d’heure de correction. Ces temps ne peuvent être raccourcis qu’aux dépens de la validité.
- Or les auteurs placent la validité et la fidélité au premier plan de leurs préoccupations.
- « Un test est valide, disent-ils, quand il mesure ce qu’il est censé mesurer, c’est-à-dire quand il y a une correspondance empirique réelle entre les notes obtenues au test et l’habileté dans l’activité choisie comme critère ».
- En particulier, « des tests proposés pour la mesure de l’aptitude aux travaux manuels ne seront pas considérés comme tests d’aptitude aux travaux manuels ipso facto tant qu’ils n’auront pas aussi, au cours d’un essai réel, montré une corrélation satisfaisante avec un critère adéquat ».
- Et les auteurs constatent que, « jusqu’à présent, les psychologues ont consacré beaucoup plus d’attention à l’invention et au développement des tests qu’à l’établissement des critères de validité... Dans la présente recherche, autant de travail et de temps
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- ont été consacrés à s’assurer d’un critère qu’à développer les tests eux-mêmes ».
- Ils fondent leur critère sur les notes d’atelier obtenues à l’école professionnelle, et justifiant ainsi leur choix.
- « Comment démontrer que les différents degrés de réussite à l’atelier représentent les différents degrés de l’aptitude ,aux travaux manuels ? A strictement parler, la seule justification réside dans l’opinion communément admise que, pour réussir les divers travaux proposés à l’atelier, il faut posséder l’aptitude aux travaux manuels. Il serait possible de faire faire un pas de plus à la validité du critère en déterminant s’il y a ou non une correspondance entre la réussite à l’atelier (à l’école) et la réussite des travaux manuels, dans la vie. Mais alors, cela exigerait un critère pour la réussite des travaux manuels dans la vie. On n’atteindrait jamais un point où un super-critère ne soit pas demandé, ce qui signifie que la validité du critère, ne peut pas, en dernière analyse, être établie en fonction de mesures objectives ».
- La question se pose alors de trouver pour l’aptitude étudiée une définition limitée mais telle qu’une mesure quantitative soit possible.
- C’est ce que font les auteurs dès leur premier chapitre. Après avoir rappelé que, pour mesurer l’« intelligence générale », les psychologues ont été obligés d’en donner une définition limitée, et en quelque sorte « opérationnelle », ils posent en postulat que l’aptitude aux travaux manuels, c’est « ce qui permet à une personne de réussir dans un choix donné de cours professionnels et de cours d’atelier ».
- Cette définition acceptée, il devient légitime d’adopter les notes scolaires comme critère. Encore faut-il que ces notes soient données avec une grande objectivité et les auteurs y veillent scrupuleusement.
- Dans l’élaboration du critère entrent en ligne de compte trois sortes de matériaux :
- 1° les notes obtenues à l’atelier dans le courant de l’année scolaire ;
- 2° la note obtenue en fin d’année pour une pièce faite sans l’aide des moniteurs, uniquement sur indications écrites ;
- 3° la note obtenue à un questionnaire d’une centaine de questions portant sur les outils et les matières premières.
- Les notes d’atelier sont données avec un souci de précision et d’objectivité tout à fait remarquable.
- On analyse d’abord les opérations diverses, effectuées par les
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- élèves. Par exemple, pour le dessin géométrique, on examine séparément : les cotes, le maniement du crayon et du compas, la netteté, la disposition des dessins, l’épaisseur des lignes, etc...
- Pour chacune de ces opérations, les moniteurs notent suivant l’une des techniques ci-dessous :
- 1° ils comptent les fautes faites par chaque élève (après une définition préalable des fautes possibles) ;
- 2° ils effectuent des mesures (choisies à l’avance pour chaque pièce) et déterminent ainsi de combien d’unités l’élève s’est écarté de la cote exacte.
- 3° ils comparent la pièce à noter aux pièces types, constituant une échelle. Cette échelle avait été établie au préalable par un nombre élevé de juges compétents (de 6 à 12) travaillant, suivant une technique précise.
- Les questionnaires techniques sont présentés avec toutes les précautions qui sont de règle dans la rédaction d’un test collectif, et corrigés avec la même objectivité.
- Tous les détails techniques relatifs à ces systèmes de cotation figurent dans l’ouvrage pour les métiers suivants : menuiserie, métaux en feuilles, imprimerie, électricité, dessin industriel.
- Les notes ainsi obtenues sont groupées de trois façons et donnent des critères relatifs à la qualité du travail, à la quantité de travail, à l’information technique.
- Ces critères se révélèrent à l’usage d’une fidélité tout à fait satisfaisante, et les auteurs eurent alors un moyen précis de savoir si leurs tests mesuraient bien ce qu’ils étaient censés mesurer : il leur suffit d’observer si les élèves les mieux classés aux tests étaient aussi les mieux classés d’après le critère.
- Pour cela, ils calculèrent, sur les notes obtenues, les coefficients mesurant la corrélation entre chaque test et le critère (coefficient de validité). -
- Sur les vingt-quatre testa primitivement étudiés quatre seulement montrèrent une validité suffisante. Cè sont :
- 1° Un test de montage d’objets plus long que le Stenquist (validité : 53).
- 2° Le test de relations spatiales connues chez nous sous le nom de « Minnesota » (validité : 55).
- 3° Un test « papier » de relations spatiales consistant à dessiner sur une figure géométrique donnée la position qu’occuperaient les morceaux de cette figure disposés en désordre à côté, si on les rassemblait (validité : 65).
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- 4° Un autre test « papier » de Stenquist comportant des questions sur des mécanismes ou des outil dessinés, en deux cahiers (validité : 35 et 39).
- (Ces validités se rapportent au critère qualité-information).
- Un très grand nombre de « mesures additionnelles » étaient rassemblées par ailleurs, portant sur l’âge, l’intelligence, les succès scolaires, l’expérience préalable en « bricolage », les intérêts dominants, l’habileté motrice, la vie sociale et familiale.
- La validité de ces mesures à l’égard du critère était également calculée, et certaines étaient incorporées aux batteries proposées finalement pour l’examen des enfants désireux d’entrer dans une école professionnelle, batteries permettant la détermination de leur note d’atelier probable.
- Voici comment se faisait pratiquement cette prédiction.
- Des coefficients (« poids ») à appliquer à chaque épreuve étant donnés aux correcteurs une fois pour toutes, ceux-ci effectuaient :
- 1° Le produit de la note obtenue au test par le coefficient correspondant.
- 2° La somme des produits ainsi obtenus.
- 3° Il suffisait alors d’ajouter à cette somme une constante numérique K, également donnée une fois pour toutes, pour obtenir la note d’atelier probable.
- Du point de vue de l’utilisateur, le procédé est donc extrêmement simple et ne demande pas plus de temps que l’emploi habituel des étalonnages.
- La détermination des coefficients à employer, travail qui échoit uniquement à ceux qui établissent la batterie, est un peu plus compliquée.
- Le problème a été traité dans ce même Bulletin (n° 2 de 1929) par M. Fessard, dans le cas oh la note professionnelle est à prévoir à partir d’un test seulement.
- M. Fessard nous donnait l’exemple d’un test A dont le poids était 0.60, calculé sur un groupe pour lequel la validité r nc s’était, trouvée égale à 0.80, l’écart étalon des notes professionnelles ac = 3, l’écart étalon des notes au test <sa = 4, la moyenne des notes professionnelles € m = 10, la moyenne des notes au test Am =15.
- T.e poids bae était donné dans ces conditions par la formule
- , __ . o’c
- O ac — r.ac • --
- 0.80 X t — 0 • 60 4
- BSaësâ
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- La constante numérique K était donnée par la formule K = Cm - (bao. AJ = 10 — (0.60 x 15) = 1
- Pour calculer la note professionnelle probable d’un sujet qui avait obtenu la note 10 au test, il suffisait de faire les opérations suivantes :
- (10 x 0.60) +1=7
- Soulignons bien entendu que la prévision ainsi pérmise n’est pas certaine. Elle est seulement plus probable que celle qui ne serait pas fondée sur l’utilisation du test. Nous renvoyons nos lecteurs à l’article de M. Fessard.
- La prévision de la note d’atelier à partir de plusieurs notes de tests exige de même le calcul du « poids » de chacun de ces tests et le calcul de la constante numérique. Mais ces calculs, qui incombent seulement, répétons-le, à ceux qui établissent une batterie, sont un peu plus compliqués et exigent une certaine familiarité avec quelques notions nouvelles.
- Il faut d’abord passer de la notion bien connue de corrélation brute à la notion de « corrélation partielle », que nous allons illustrer par un exemple tiré de Holzinzer, « Exercise Manual in Sta-tistics ».
- Supposons avoir mesuré sur un groupe d’enfants d’âges différents :
- 1° le degré d’ossification (rapport tiré de certaines mesures anthropométriques) : variable j
- 2° l’âge mental : variable2
- 3° l’âge chronologique : variable3
- Nous avons trouvé entre ces variables (désignées chacune par leur indice), les corrélations suivantes :
- r ,2 = 0.75 r 13'=0.87 r2î = 0.83
- Nous pouvons nous demander, par exemple, quelle serait la valeur de la corrélation entre ossification et âge mental si nous la mesurions sur un groupe d’enfants du même âge chronologique, ou, en d’autres termes, que deviendrait cette corrélation si nous éliminions l’influence de l’âge chronologique.
- Si nous appelons r 12 la corrélation brute entre ossifications et âge mental, la corrélation partielle que nous cherchons s’appellera r12 3
- Pour la mesurer, nous pouvons :
- ou bien sélectionner un groupe d’enfants du même âge et calculer r12 sur ce groupe;
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- ou bien conserver notre groupe hétérogène (qui a l’avantage d’être plus nombreux) et nous servir de la formule :
- 7*1 li
- t'a r i 3 V 23
- Vl -rS, V7 1 — r2a:l
- Nous aurons ainsi un coefficient de corrélation du 1er ordre, parce que nous aurons éliminé en le calculant l’influence d’une variable. On pourrait de même éliminer l’influence de 2, 3, 4, n variables et avoir des coefficients de l’ordre correspondant.
- Voici la formule pour le calcul d’un coefficient du n° ordre (1) :
- r 12.34.... (n — 1)— ria.34...t" — P r2*.34 .... <n-_ 1)
- r 12,34.... n = —— — 7~ ------------
- vl — Hlrt.34.. . (n- 1) VI — r 2nM....(n—1)
- Dans l’exemple cité plus haut, nous trouverons que la corrélation entre ossification et âge mental n’est en fait, quand on élimine l’influence de l’âge chronologique, que de :
- .75 —(.87 X -83)
- r H.3 = _______A- / ' = -10
- V 1 — (-87)* vi — (.83)*
- De même que l’on passe de la corrélation brute à la corrélation partielle, on peut passer de l’écart étalon brut à l’écart étalon partiel.
- Si la dispersion des degrés d’ossification atteignait dans l’exemple précédent la valeur a { , on peut supposer que cette dispersion est provoquée :
- 1° par le fait que tous les enfants du même âge n’ont pas le même degré d’ossification ;
- 2° par le fait que tous les enfants n’ont pas le même âge dans le groupe considéré.
- On peut se demander quelle serait la dispersion du degré d’ossification si tous les enfants avaient le même âge, autrement dit en éliminant l’influence de l’âge.
- Pour trouver ce o partiel on peut :
- ou bien mesurer le a d’un groupe d’enfants du même âge ;
- ou bien employer la formule ci-dessous dans notre groupe hétérogène :
- en.2 —V 1 — r5i2
- On pourrait de même éliminer l’influence qu’ont 2, 3, 4, n variables sur o qui prendrait alors l’appellation de a du 2*, 3°, 4e, n° ordre.
- (1) G. O. Yule : An introduction to the theory of statistics, chap. XIV, p. 2«9-
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- La formule générale pour le calcul de tels a est :
- 7 1.23..-. n = 0-1 \/1 —r212 \/1 ~ ^13.2........\/1 —^2ln.23 ... (n — 1)
- Ces notions de r partiel et de o partiel sont utilisées dans le calcul des poids à donner aux tests d’une batterie en vue de prévoir la note professionnelle avec le maximum de validité.
- En effet, quand plusieurs tests sont employés pour prévoir une note professionnelle, on exige que chacun d’eux soit en corrélation avec le critère professionnel. Mais on constate aussi qu’ils sont plus ou moins en corrélation entre eux. On peut interpréter ce fait en disant que les aspects de la personnalité mesurés par chacun des tests ne sont pas indépendants. Tous contribuent à la réussite professionnelle (puisque les coefficients de validité de tous les tests sont positifs) mais ils se recouvrent plus ou moins (puisque les tests sont en corrélation entre eux) (1).
- Il est bien évident qu’un test qui corrélera fortement avec un autre test déjà existant dans la batterie nous apportera peu d’éléments nouveaux. Même si sa validité est élevée, nous n’aurons pas à lui donner un poids considérable puisque nous pouvons penser que cette validité est due à un aspect de la personnalité dont nous avons déjà tenu compte dans notre prévision lorsque nous avons pondéré le premier test.
- Nous sommes donc amenés à prendre en considération dans ce travail de pondération non les corrélations brutes, mais les corrélations partielles et les o partiels. A cette modification près, nous allons retrouver les formules données plus haut pour la prévision de la note professionnelle à l’aide d’un seul test.
- En désignant par b 12 345 le poids dont il faut affecter un test 2 en vue de la prévision d’un critère 1 dans une batterie où existent d’autres tests 3, 4, 5, nous avons
- , 7 1.2345
- 6 12.345 = r 12.345 ---
- 7 2 1345
- expression voisine de celle que nous avons rappelée tout à l’heure pour un seul test A :
- b ac = rac — ou b 12 = r 12 — (en adoptant nos nouveaux symboles)
- 7 a 7 2
- En désignant par xi la moyenne des notes professionnelles, par x 2, x 3, x 4, x 5 les moyennes des tests 2, 3, 4, 5, on a, pour la constante K à ajouter à la somme pondérée des notes psychotechniques :
- K = x, — (&12.345 X.) — (613.245 • X3) — (614 325 • x4) — (6i5.234 - X6)
- (1) Voir Paterson, ouvrage cité, chap. II » The theory of unique traits,
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- expression qui rappelle celle, plus simple, de tout à l’heure:
- K — Ctn — [b av A m) ou K — X, ' • x
- Signalons que l’addition de cette constante peut être évitée si toutes les notes, professionnelles ou psychotechniques, sont mises sous forme d’écarts réduits. A une note brute xi dans un test dont la moyenne est x et l’écart étalon ox correspond un écart réduit Zi. donné par la formule :
- X, — x
- 7m —
- Dans ce cas, les poids à employer ne sont pas les b trouvés
- plus haut, mais des poids p tirés des b :
- Il suffit de faire la somme pondérée suivant ces P des écarts réduits des notes psychotechniques pour obtenir l’écart réduit de la note professionnelle probable.
- Ce sont ces poids p que l’on trouvera dans l’ouvrage de Pater-son.
- L’erreur probable faite sur la prédiction réalisée à l’aide d’une pondération b ou p est :
- E P = . 67 45 (X1.2345
- La validité théorique d’une batterie ainsi pondérée s’élève à :
- 0- 1.2345
- Cependant, ce coefficient de validité théorique est en général supérieur à la validité réelle vérifiée empiriquement, car les erreurs provenant de l’échantillonnage qui entachent chacun des r bruts se cumulent dans le calcul de R.
- D’autres réserves sont à faire sur l’emploi de cette méthode (rectilinéarité de la régression surtout) qui rendent son emploi délicat. Elle se révèle cependant, dans l’ouvrage de Paterson comme dans un article de Burt plus résent, d’un grand intérêt pratique.
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- NOTES ET DOCUMENTS
- Les tests d’aptitude à la radiotélégraphie
- Dans les écoles de radiotélégraphie américaine, Taylor (1) signale que 30 à 60 % des. entrants ne réussissent pas à faire des opérateurs utilisables-, Aussi la nécessité d’une sélection gppropiliée s’impose-t-elle, et un essai de divers tests a été tenté chez 59 sujets mis. à l’apprentissage. Il existe aux Etats-Unis u.n test d’aptitude du Signal Corps (habileté à percevoir des différences dans des structures rythmiques, avec 78 couples à comparer). Ce tests, de fidélité 0,75, a donné, une corrélation avec la réussite de 0,52 seulement, à peu près.autant que le test d’intelligence générale de l’Armée Alpha (0,50).
- Les tests de Seashore, déjà utilisés dans ce but par B. Lahy (2) ont donné, des corrélations positives, dont certaines notables :
- Hauteur tonale (série A) : 0,49 (Lahy : 0,44).
- Hauteur tonale (série B) : 0,56.
- Durée, de sons (série A) : 0, 49 (Lahy 0, 22).
- Durée d’intervalles (série R) : 0,64.
- Mémoire tonale : 0,56.
- Rythme : 0,55 (Lahy : 0,45).
- Sonorité : 0,33.
- Timbre : 0,25.
- Un test de temps de réaction associative (donner la lettre suivant dans l’alphabet une lettre-stimulus) à valeur moyenne de 0,95 sec. a donné une corrélation de 0,45 entre la vitesse de réaction et la réussite. Un test de code (chiffres-symboles) n’a donné que 0,28. La meilleure prévision a été donnée par un test analogique proposé par Lipmann (3) : rapidité d’acquisition de huit caractères du code de radiotélégraphie ; après une demi-heure d’apprentissage, un tesl de 100 items, exigeant 20 minutes, fournit la mesure de la capacité acquise ; chacun des huit caractères est annoncé dix fois et s.a transcription doit être fournie et en outre vingt autres caractères sont annoncés dont le sujet doit indiquer, avec un zéro, qu.’i.l ne les connaît pas.
- La fidélité de ce test atteint 0,97 (et 0,94 avec seulement 50 items, qui suffiraient donc) et sa validité, s’est montrée de 0,73.
- Taylor n’a pas cherché à établir une batterie qui permettrait certainement, avec quelques-uns des tests qui se sont, montrés, les meilleurs, d’atteindre un haut degré de prédictivité. H. P.
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- * sk
- Une méthode de détermination de l'acuité binoculaire.
- La vision du relief et l’appréciation des différences de profondeur ont une grandes importance pour un certain nombre d’activités pro-
- (1) D.-W. Taylor. — The learning of radiotélégraphie code. « American Journal of Psychology », LVI, 1943, p. 319-353.
- (2) B. Lahy. — Essai d’application des tests musicaux de Seashore à la sélection des radiotélégraphistes. « C. R. Conférence internationale de Psychotechnique », 1935, p. 241-245.
- (3) O. Lipmann. — Die psychische Eignung der Funkeivtelegraphisten, « Zeitschrift für angewandte Psychologie ». XV, 1919, p. 301-340,
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- fessionnelles. Jusqu’à une certaine distance, c’est par le jeu normal de la vision binoculaire que les perceptions nécessaires sont assurées.
- A. Gemelli a dirigé des recherches, effectuées par ses assistants G. Trabattoni et R. Micale, en vue d’établir une méthode satisfaisante dé sélection d’après la capacité visuelle en jeu dans les discriminations des distances en profondeur.
- Toute une série d’expériences ont montré le jeu dynamique complexe intervenant dans ces discriminations, mais avec une base physiologique précise, consistant essentielement dans le processus de la disparation rétinienne, plus fin que celui de la convergence.
- La conclusion de ces recherches préliminaires mettant au premier plan l’acuité binoculaire, dite aussi acuité stéréoscopique (Bourdon), c’est à sa détermination précise que Gemelli s’est adressé pour l’établissement de sa méthode de sélection (1).
- Avec raison, il a évité l’emploi du stéréoscope auquel les sujets s’adaptent très inégalement en fonction surtout de leur intelligence, et il s’est préoccupé d’éliminer l’action de facteurs perturbateurs relevant de l’éclairement, du contraste, des formes, tout en rendant l’examen facile et rapide.
- Il fait examiner au fond d’une caisse parallépipédique, à 1 m. de distance, deux images présentant une certaine disparation, l’une vue par l’œil droit, l’autre par l’œil gauche, en disposant entre le plan des yeux (stabilisé par un appui-tête) et celui des images, une série d’écrans noirs (2 ou 3) percés de deux ouvertures, dans l’axe du regard pour chacun des yeux.
- Les réflexes oculaires de fusion assurent une image unique qui prend du relief.
- Les figures choisies sont celles qui donnent l’image d’une pyramide à base quadrangulaire (avec 24 mm. de côté, et écart entre les faces les plus proches des deux figures égal à 24 mm. également).
- Pour obtenir des figures présentant un jeu de disparations convenable, on photographie des dessins de grandes dimensions.
- La série comporte huit degrés de disparation, allant de 5” à 200” (soit 0,025 à 1 mm.) :
- 5” — 7, — 10 — 15 — 20 — 40 — 80 — 200
- On commencera par présenter les quatre plus fortes disparations avec trois éclairements (0,75, 0,50 et 0,25), puis les quatre plus petites (en ajoutant'chaque fois pour le contrôle une figure sans disparation).
- La notation consiste à attribuer 1 point pour chaque perception de relief (saillie de la pyramide) avec l’éclairement le plus fort, 2 et 3 points avec les deux éclairements plus faibles.
- On a ainsi un maximum possible de 144 points en répétant trois fois l’expérience.
- Les sujets sont jugés excellents quand ils atteignent au moins 130 points, bons entre 110 et 130, suffisants entre 95 et 109, médiocres entre 80 194, insuffisants à moins de 80.
- Sur 40 sujets, il a été trouvé 10 sujets excellents, 7 bons, 3 suffi-
- (i) il meccanismo délia percezione in profondita, differenze indivlduali, metodi per l’accertamento di esse « Commentationes » (Pontificia Academia Scientia-nrm) III, 19, .1943, p. 645-671.
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- sants, 8 médiocres et 12 insuffisants (les 20 derniers ayant une acuité inférieure à la normale et des défauts de réfraction).
- La répartition est évidemment très anormale. Si elle se vérifiiait sur de grands nombres, cela signifierait que la division en groupes n’est pas satisfaisante.
- La méthode est à coup sûr simple et pratique. Il serait intéressant de la mettre en corrélation avec quelques-unes des nombreuses méthodes utilisées pour l’appréciation de la capacité de vision du relief, avec emploi du stéréoscope,' ou réglage direct d’égalisation de distance, par exemple avec l’appareil de Michotte-Bra-bant. H. P.
- A TRAVERS LES REVUES
- Le fascicule XXIX (juillet 1946) de la Collection Droit Social, publié par Paul Eck, ancien médecin inspecteur général du travail, est consacré à l’orientation, la sélection et la rééducation professionnelles ; il contient désuétudes de P.-R. Bize (bases psychologiques de l'orientation scolaire ; facteurs de vocation professionnelle ; examens de sélection et O. P., étude des méthodes), de MIle Jaur (l’O. P. service social, l’expérience de Marseille), P. Eck (sélection biologique de la main-d’œuvre), S. Vallée (sélection du personnel des services commerciaux), J. Babe (reclassement et réadaptation professionnelle des prisonniers et déportés) ; M. De-france (à propos du reclassement professionnel des tuberculeux pulmonaires dans l’industrie), et en outre un rapport sur la sélection des travailleurs indochinois comme expérience de sélection de la main-d’œuvre coloniale (Institut de formation des cadres professionnels). —
- Dans le .deuxième volume du Tome II (1946) des Travaux de l'Institut national d'Hygiène relevons une enquête présentée par Tré-molières sur l’état de nutrition de la population, et une enquête dirigée par Marcel Eck sur les pneumoconioses dans les industries autres que les mines (silicose dans les industries de la porcelaine, les faïenceries et poteries, l’industrie des produits réfractaires, les industries du verre, les industries métallurgiques et sidérurgiques avec les dessableurs, mouleurs, etc., dans les entreprises traitant la terre à diatomées ou tripoli, chez les tailleurs de pierre, dans la miroiterie, la coutellerie et les travaux publics).
- Les Archives de Médecine Sociale de juillet 1946 (T. 2, n° 7) ont publié un intéressant article de MUe H. Rosebery, conseillère d’O.P., sur 1’ « occupational therapy b aux Etats-Unis, assurée dans les hôpitaux, en 1941, par 2.200 diplômés, sous direction médicale, comme cure de travail et de rééducation psychique, avec orthopédie, réapprentissage des blessés, accidentés, mutilés, au moyen d’équipements physiothérapiques appropriés.
- Dans Science (vol. 104, 16 août 1946), W. V. Bingham, psychologue chef de l’Armée américaine, dégage des données militaires d’inté-
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- ressantes considérations sur les inégalités de capacité des adultes, après emploi de l’A.G.C.T. (Army General Classification Test) chez environ dix millions d’hommes.
- L'American Psychologist, dans son premier numéro (janvier 1946) a donné une nécrologie, faite par W. V. Bingham, de Clarence Stone Yoakum (1879-1945) qui avait été au cours de l’autre guerre un des principaux psychologues militaires, et qui publia avec Yerkes le petit volume bien connu Army mental Tests.
- Dans les Annales cTOculistique (T. 179, septembre 1946), le Médecin Commandant Duguet consacre une étude d’ensemble à la question de l’examen fonctionnel de la vision dans l’aviation (acuité visuelle, équilibre oculo-moteur, vision du relief, sens chromatique, vision nocturene), et il souhaite une collaboration étroite des ophtalmologistes et psychotechniciens (en particulier pour la détermination de la vitesse de la perception, des capacités effectives de vision nocturne, etc.). ---------
- Le British Journal of Psychology de janvier 1947 (T. 37, 2) contient entre autres, les articles suivants : Une étude comparative des niveaux d’aspiration de normaux et de névrosés par Himmelweit (d’après les prévisions de performance dans un test du type du perséquomètre) ; des données sur un essai d’établissement d’un tests satisfaisant pour les hauts niveaux d’intelligence par A.-W. Heim. _________
- Une analyse factorielle de mesures anthropologiques effectuées sur des psychosiques publiée par T.-V. Moore et E.-H. Hsil dans Human Biology de septembre 1946 , t. 18, 3), aboutit, par la méthode de Thurstone à l’isolement de cinq facteurs identifiables (sur sept), un facteur linéaire, un latéral-musculaire des exrémités, un de « magnitude » (à la fois en long et en large), un d’épaisseur du tronc, et un céphalique, avec intercorrélations faibles entre ces facteurs, qui permettraient de différencier des types psychosiques.
- Le Prof. Dallenbach, de l’Université Cornell, expose dans Y American Journal of Psychology d’octobre 1946 (LIX, 4) l’œuvre, qui fut considérable, du Comité psychologique de crise créé par le « National Research Council » des Etats-Unis (division d’anthropologie et psychologie) dès l’automne de 1940 et qui continua son œuvre à l’entrée en guerre des U.S.A. (22 réunions d’octobre 1940 à décembre 1945). Il comprenait, à l’origine, 10 membres (Allport, Brotemarkle, Carmichael, Hunter, Miles, Pratt, Wolfle, Yerkes, Guthe et Dallenbach, président).
- Il constitua, pour l’étude de nombreuses questions (telles que l’établissement d’un manuel de psychologie militaire d’un enseignement de psychologie militaire, etc), des sous-commissions qui travaillèrent activement (38 au total) et dont le rôle prit place éminente dans le gigantesque effort de guerre aux Etats-Unis.
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- LA VIE DES CENTRES D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- Enquête sur les retardés pédagogiques des écoles primaires publiques et privées du département de la Sarthe
- Enquête faite par M. Henry, directeur du Centre d’Orientation Professionnelle de la Sarthe, et Coûtant, inspecteur de l’Enseignement Primaire, au Mans.
- Rapporteurs : M. Moreau, R., directeur de l’Ecole Dulac, au Mans ; M. Moreau, J., assistant de laboratoire au Centre départemental d’Orientation Professionnelle du Mans.
- RAPPORT
- Objet de l’Enquête
- La Commission Pédagogique du Centre d’Orientation Professionnelle de la Sarthe avait décidé, dans sa séance du 21 décembre 1945, d’organiser une enquête sur les élèves retardés de toutes les écoles primaires élémentaires du département.
- Cette enquête devait permettre : d'établir la proportion des retardés, de rechercher les causes des retards ;
- éventuellement, d'envisager les mesures propres à en diminuer le nombre (lorsque ces causes ne seraient pas imputables à la nature de l’enfant) ;
- et à améliorer l'instruction des arriérés rééducables afin d’utiliser au mieux leurs possibilités pour le choix et la pratique d’une profession.
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- Renseignements demandés aux Maîtres et aux Maîtresses
- Un questionnaire a été adressé trois semaines avant les vacances de Pâques (époque qui a paru la plus favorable) à tous les Directeurs et toutes les Directrices des écoles primaires publiques et privées. Un graphique simple fajsait apparaître d’une manière très claire si les élèves de chaque classe suivaient le cours correspondant à leur âge, ou les nombre d’années d’avance ou de retard. On demandait aux Maîtres et aux Maîtresses de donner, pour chacun des élèves retardés de deux ans et plus les causes du retard, et de souligner celle qui leur paraissait la plus déterminante.
- M. Coûtant, inspecteur de l’Enseignement primaire du Mans, avait classé ainsi ces causes :
- a) Inscription tardive.
- b) Mauvaise fréquentation.
- cl) Arriérés rééducables (défaut d’intelligence, lenteur d’esprit, état continuel de distractions, paresse...).
- c2) Arriérés ne paraissant pas rééducables.
- dl) Instables rééducables (indisciplinés, enfants de caractère instable ou bizarre).
- d2) Instables dangereux par la perversion de leurs tendances ou la brutalité de leurs réactions.
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- Enfin, maîtres et maîtresses avaient à exprimer leur avis sur l'attitude en classe et le travail scolaire des retardés, renseignements fournissant d’utiles indications sur la nature de ces élèves.
- Valeur des renseignements donnés
- Les questionnaires ont été sérieusement remplis dans leur quasi totalité. Un tout petit nombre étaient manifestement erronés, vraisemblablement par crainte qu’on imputât à la carence du maître le trop grand nombre de retardés ou par peur de représailles des collectivités locales défaillantes (deux soucis qui ont été exprimés par plusieurs instituteurs et institutrices) ou encore par le désir évident de briller.
- Ces questionnaires ont été écartés.
- Portée de l’Enquête
- L'enquête a finalement porté sur 336 écoles de garçons, 416 écoles de filles et 79 écoles mixtes, soit 831 écoles primaires élémentaires publiques et privées,
- fréquentées par 52.639 élèves : 25.855 garçons et 26.784 filles.
- Elle a révélé 9.535 retardés (5.314 garçons et 4.221 filles) nombre élevé, puisqu’il représente 18,11 % du total des élèves, près du cinquième.
- Considérations générales pour le département
- I. — Comparaison entre Garçons et Filles
- Le nombre des filles (26.784) dépasse de 929 celui des garçons inscrits (25.855),
- mais le mombre de filles retardées est inférieur de 1.093 à celui, des garçons retardés (G. 5.314 — F. 4.221) ;
- le pourcentage total des retardés garçons dépasse de 4,80 % le pourcentage des retardées filles (garçons 20,55 % des inscrits, filles 15,75 % des inscrites).
- Dans chaque catégorie de retardés, le nombre de garçons dépasse le nombre de files :
- de 4 pour les inscriptions tardives (G. 271 — F. 267) soit 0,05 % de retardés en plus (garçons 1,04 % des inscrits — filles 0,99 % des inscrites) ;
- de 107 pour la mauvaise fréquentation (G. 1.654 — F. 1.547), soit 0,62 % de retardés en plus (garçons 6,39 % des inscrits — filles 5,77 % des inscrites) ;
- de 900 pour les arriérés paraissant rééducables (G. 3.182 — F. 2.262), soit 3,78 % de retardés eh plus (garçons 12,30 % des inscrits — filles 8,52 % des inscrites) ;
- de 27 pour les arriérés paraissant irrééducables (G. 63 — F. 36), soit 0,11 % de retardés en plus (garçons 0,24 % des inscrits — filles 0,13 % des inscrites) ;
- de 51 pour les instables rééducables (G. 133 — F. 82), soit 0,21 % de retardés en plus (garçons 0,51 % des inscrits — filles 0,30 % des inscrites) ;.
- de 4 pour les instables pervers ou dangereux (G. 11 — F. 7), soit
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- 0,02 % de retardés en plus (garçons 0,04 % des inscrits — filles 0,02 % des inscrites).
- Il — Etude des causes des retards À. — Inscriptions tardives
- (538 garçons et filles, soit 1,02 % du total des inscrits, 5,64 % du total des retardés).
- Garçons : 271, soit 1.04 % des inscrits et 5,09 % des retardés.
- Filles : 267, soit 0,99 % des inscrites et 6,32 % des retardées.
- Elles sont dues :
- 10 à la maladie :
- 63, soit 23,24 % des retardés chez les garçons (près du 1/4) ;
- 80, soit 29,96 % des retardées chez les filles (plus du 1/4).
- Il y a proportionnellement plus de causes dues à la maladie chez les filles (6,72 % en plus).
- 2° à la négligence des parents :
- 142, soit 52,39 % des retardés chez les garçons. Plus de la moitié.
- 118, soit 44,19 % des retardées chez les filles. Près de la moitié (mais 8,20 % en moins que chez les garçons).
- Les parents font preuve d'indifférence vis-à-vis de l'école, parfois de mauvaise volonté. Les aînés de famille nombreuse aident à la maison.
- Des enfants sont inscrits avec quatre, cinq et six ans de retard . (inscriptions à 11 et 12 ans).
- D’autres n’ont pas été inscrits à temps malgré la suppression des allocations familiales.
- 3° à des faits de- guerre. En régression nette sur l’enquête menée il y a deux ans.
- 4° à l'éloignement de l'école. Certains élèves chétifs ne peuvent être inscrits qu’à 7 ou 8 ans.
- 5° à des classes trop petites ou des classes trop surchargées (l’inscription ne peut être faite qu’à G ans faits, quelquefois 7).
- — R. — Mauvaise fréquentation
- (3.201 garçons et filles, soit 6,08 % du total des inscrits et 33,57 % du total des retardés.)
- Garçons : 1.654, soit 6,39 % des inscrits et 31,02 % des retardés.
- Filles : 1.547, soit 5,77 % des inscrites et 36,65 % des retardées.
- Elle est due :
- 1° à la maladie :
- 720, soit 43,53 % des retardés chez les garçons. Près de la moitié des retardés.
- 695, soit 44,92 % des retardées chez les filles. Près de la moitié des retardées, pourcentage légèrement plus élevé que chez les garçons.
- 2° à la négligence des parents :
- 660, soit 39,90 % des retardés chez les garçons. Près des 2/3 des retardés.
- 530, soit 34,25 % des retardées chez les filles, Un peu plus du 1/3
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- des retardées, pourcentage légèrement inférieur à celui des garçons.
- Beaucoup de parents attachent peu d’importance à l’instruction.
- Dans une commune, C..., Ecole mixte 31 retardés sur 42 élèves, l’Institurice écrit : « Les parents ne s’adressent à leui’s enfants que pour leur commander des besognes matérielles ; le vocabulaire des élèves est uniquement patois ; les enfants peu expansifs se replient sur eux-mêmes ; leur esprit s’engourdit dans une demi-somnolence et le peu d’activité intellectuelle qu’ils. déploient est uniquement tourné vers la vie matérielle. »
- La fréquentation est mauvaise dans beaucoup de familles nombreuses.
- Des élèves sont surmenés par le travail qu’on exige d’eux au retour de l’école et, de ce fait, manquent fréquemment.
- 3° à des faits de guerre :
- 86 garçons (66 au Mans ville).
- 148 filles (89 au Mans ville).
- Enfants de sinistrés ou de réfugiés ayant souvent changé d’école avec des intervalles de non fréquentation.
- 4° à l'éloignement de l'école.
- La fatigue, le mauvais temps, les chemins en mauvais état incitent les enfants à rester chez eux.
- 5° au manque de vêtements et de chaussures.
- (Négligence des parents, pauvreté, difficulté d’en obtenir).
- 6° à la sous-alimentation.
- (Surtout le manque de pain dans beaucoup de communes).
- A signaler la commune d’A..., où habitent de nombreux journaliers agricoles ; l’Instituteur dit : « Des enfants manquent fréquemment la classe faute de pain ; pour cette raison ils*ne peuvent bénéficier de la cantine ; beaucoup apportent seulement, un morceau de sucre pour leur repas de midi. »
- Dans la commune de S..., des enfants venant d’un préventorium sont sous-alimentés, le sont également des enfants de parents tuberculeux (la même remarque est faite dans quelques autres communes).
- Lutte contre la négligence ou la mauvaise volonté des parents
- Maîtres et maîtresses se plaignent de ce qe les moyens de coercition soient en partie inopérants parce qu’ils demeurent à l’état de menace ; leur application rigoureuse amènerait certainement une amélioration de la fréquentation.
- Ils demandent :
- — le retrait momentané de l'allocation familiale (la menace a suffi parfois). Un certificat de scolarité exigible chaque trimestre (ou tous les deux mois).
- — le retrait des subventions du Bureau de Bienfaisance : un seul certificat de scolarité est exigé annuellement ; il en faudrait un par trimestre.
- — la suppression des prestations ou d’une partie des prestations maladie des Assurances sociales, un certificat de scolarité étant
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- exigé chaque fois qu'un enfant est malade (un élève n’est entré à l’école que sous cette pression.
- Mais que faire contre les entêtés?
- A S..., un enfant a n’a jamais encore fréquenté l’école malgré les suppressions réitérées des allocations familiales ».
- A M..., un père, arriéré mental, refuse de faire inscrire son fils à l’école.
- A T..., une fillette a des absences prolongées sans motifs valables, de trois mois parfois. Les interventions de l’Institutrice, du Maire et des gendarmes sont restées inefficaces. L’allocation familiale continue à être perçue par la famille.
- Dans cette partie du rapport il est à signaler deux autres causes de retard :
- a) les nombreux changements d'école dus à la profession des parents (bûcherons, forains, etc.).
- b) les nombreux changements de maîtres dans la même commune (à R..., vingt-deux maîtres en sept ans). Les municipalités font-elles ce qu’elles doivent pour les retenir?
- . C Déficience mentale. — Cl Arriérés rèéducables
- (Défaut d’intelligence. Lenteur d’esprit. Distraction. Paresse.)
- 5.464 garçons et filles, soit 10,38 % du total des inscrits et 57,30 % du total des retardés.
- Garçons : 3.182 garçons, soit 12,30 % des inscrits et 59,87 % des retardés.
- Filles : 2.282 filles, soit 8,52 % des inscrites et 54,06 % des retardées.
- Cette déficience existe à des degrés bien différents.
- — Une petite quantité de ces retardés obtiennent leur C.E.P. à 15 ans passés.
- —- Beaucoup terminent leur scolarité au C. M. 2° A (âge mental 10 à 11 ans).
- — Un certain nombre finit ses études au C. M. 1° A (âge mental 9 à 10 ans) parfois même au C. E. 2° A (8 à 9 ans).
- — On signale des enfants agant. de grosses difficultés de parole, des enfants sans palais.
- Dans les classes peu chargées, ces déficients acquièrent cependant un minimum de connaissance.
- Dans les écoles importantes, les classes parallèles pour chaque cours permettent à ces retardés de retirer quelque profit de leurs études.
- Château du Loir a une classe de perfectionnement à leur usage.
- Un certain nombre de ces déficients sont signalés comme « devant suivre des cours spéciaux ».
- Au Mans et dans beaucoup de gros chefs-lieux de cantons apparaît la nécessité de créer des classes de perfectionnement, à faible effectif avec des programmes spéciaux et des maîtres spécialisés, les enfants très déficients ayant droit encore plus que les autres à une instruction élémentaire.
- Une Directrice d'école du 3e canton souhaite vivement la création d'une école spéciale dans son quartier
- La Directrice de l'Ecole de perfectionnement du 2e canton du Mans se plaint de ce que son école soit mal connue et considérée
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- et par les parents et par les maîtres comme une école de grands anormaux, alors qu'elle devrait recevoir les enfants ayant à 14 ans l'âge mental d'un enfant de 9 ans, ces enfants n'étant pas aptes à bénéficier et des programmes et des méthodes des écoles primaires élémentaires. Devraient fréquenter son école, pour un temps, les élèves ayant de grosses difficultés de parole, jusqu’à ce qu’ils soient rééduqués.
- Causes' de certaines déficiences mentales
- C’est au Docteur qu’il appartient de les déceler. Il est pourtant des tares dont la cause directe est de notoriété publique.
- L'alcoolisme.
- Nous avons commencé au début du rapport à relever le nom des communes où des enfants retardés étaient signalés comme fils d’alcooliques ; nous avons dû y renoncer, le nombre de ces communes étant excessivement grand. Continuellement reviennent les mots « Hérédité alcoolique », « Parents alcooliques », « le père boit »,
- « lourde hérédité alcoolique », « grand-père alcoolique ». Et il est à la fois effrayant et navrant de constater que l’alcool fasse tant de ravages et que tant d’enfants subissent la dégénérescence alcoolique. Certaines communes semblent touchées plus que d’autres :
- A S..., en particulier, plusieurs enfants d’alcooliques sont pré-Luberculeux, sortent du préventorium... et demeurent sous-alimentés.
- A D..., à l’école de filles : 13 retardées, 11 déficientes mentales. E’Institurice écrit : « Hérédité alcoolique, qui remonte aux grands-parents. »
- A M..., l’Instituteur fait connaître qu’une visite médicale passée dans les écoles a révélé de la dégénérescence causée par l’alcoolisme.
- A V..., la déficience mentale s’accroît d’enfant en enfant dans une famille d’alcoolique.
- L'hérédité.
- De père ou la mère, parfois les deux, sont des arriérés mentaux.
- Les mariages consanguins dans quelques communes.
- A. B..., notamment, une remarque de l’Institutrice : « Le retard semble imputable à une série de mariages consanguins, contractés de générations en générations, les familles résidant dans la commune ayant des liens de parenté souvent rapprochés. »
- Dans ce domaine apparaissent la carence de la législation qui ne défend par les enfants contre les parents coupables, et surtout celle de l'Inspection médicale scolaire.
- C2 Arriérés paraissant irrééducables
- 99 au total, signalés comme tels, soit 0,18 % du total des inscrits et 1.03 % du total des retardés.
- Garçons : 63, soit 0,24 % des inscrits et 1.18 % des retardés.
- Filles : 36, soit 0,13 % des inscrites et 0,85 % des retardées.
- Le pourcentage est beaucoup plus élevé chez les garçons que chez les filles.
- L Inspection médicale ne fonctionnant que très mal dans le département, il manque le diagnostic d'un docteur pour décider des pla~ cements de ces arriérés dans un asile. / /’
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- Un grand nombre ne doivent vraisemblablement pas être des a arriérés profonds » ; ils ne peuvent suivre les cours de l'école primaire élémentaire mais tireraient profit d'une école de perfectionnement.
- Un garçon dans le 1er canton du Mans ville.
- Une fille dans le 1er canton, quatre filles dans le 3e canton du Mans ville.
- Vingt garçons dans le 1er canton du Mans ruraux.
- Treize filles dans le 1er canton du Mans ruraux.
- Vintg-quatre garçons dans l'arrondissement de Mamers (trois garçons à Mamers).
- Six filles dans l'arrondissement de Mamers (une fille à Mamers).
- Dix-huit garçons dans l'arrondissement de La Flèche (quatre garçons à La Flèche).
- Douze filles dans l'arrondissement de La Flèche (deux filles à La Flèche).
- Tous ces enfants perdent absolument leur temps à l'Ecole primaire ; ils sont souvent une cause d'indiscipline dans leur classe et une cause de fatigue inutile pour le Maître.
- Le nombre d'arriérés paraissant irrééducables 99 pour le département inscrits dans les écoles primaires élémentaires est considérable.
- DI Instables rééducables
- (215 pour le département, 0,40 % du total des inscrits et 2,25 % du total des retardés).
- Garçons : 133, soit 0,51 % des inscrits et 2,50 % des retardés.
- Filles : 82, soit 0,30 % des inscrites et 1,94 % des retardées.
- Le pourcentage des filles est très sensiblement moins élevé que celui des garçons.
- Le Mans ville signale seulement 20 instables garçons.
- Le Mans ville signale 9 instables filles.
- Le Mans ruraux en compte le plus, 55 garçons.
- Le Mans ruraux, 42 filles.
- L'arrondissement de La Flèche en compte 26 garçons.
- L'arrondissement de La Flèche, 18' filles.
- L'arrondissement de Mamers en compte 32 garçons.
- L'arrondissement de Mamers, 13 filles.
- D2 Instables pervers ou dangereux
- (18 pour le département, soit 0,03 % du total des inscrits et 0,18 % du total des retardés).
- Le Mans ville n’en signale pas.
- Le Mans ruraux en compte 6 garçons.
- Le Mans ruraux en compte 5 filles.
- L'arrondissement de L a Flèche en compte 3 garçons.
- L'arrondissement de La Flèche en compte 2 filles.
- L'arrondissement de Mamers en compte 2 garçons.
- L'arrondissement de Mamers ne signale pas de filles.
- III. — Assistance Publique
- On a demandé de signaler parmi les retardés ceux qui sont Pupilles de l’Assistance Publique. Le nombre, en parait élevé : 367, 219 garçons et 148 filles.
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- Mais il faudrait connaître le nombre total des Pupilles dans la Sarthe pour établir un pourcentage.
- Ces Pupilles appartiennent à l’A. P. de la Sarthe, TA. P. du Calvados et l’A. P. de la Seine.
- Des Pupilles fréquentent beaucoup mieux l'école et font des progrès depuis qu'on les a enlevés à leurs parents. C’est, dans ce cas, un bienfait de l’Assistance Publique. Il est regrettable que cette mesure ne puisse être prise plus aisément, l’enquête ayant fait apparaître nombre d’enfants « vivant dans un milieu familial déplorable ».
- Beaucoup de pupilles déficients mentaux devraient suivre les cours d'une Ecole de perfectionnement (sont-il connus de l’A. P. ?) Ne pourrait-elle les inscrire (après examen médical justifiant cette nécessité) ù l'Ecole existant déjà au Mans, rue du Chêne-Vert ?
- 12 Pupilles (8 garçons et 1 fdles) sont des arriérés paraissant irrééducables. Si cela est exact (le Docteur peut seul en décider) ne seraient-ils pas à leur place dans un établissement spécial?
- L’enquête montre que, dans l'intérêt des Pupilles, il devrait y avoir une étroite collaboration entre l'Assistance Publique et les Educateurs.
- Garçons
- 15 retardés pour inscription tardive ;
- 41 retardés pour mauvaise fréquentation ;
- 141 retardés déficients mentaux ;
- 8 retardés déficients mentaux « profonds » ;
- 14 retardés instables1 rééducables ;
- Total 219
- Filles
- 13 retardées pour inscription tardive ;
- 38 retardées pour mauvaise fréquentation ;
- 85 retardées déficientes mentales ;
- 4 retardées déficientes mentales « profondes » ;
- 7 retardées instables rééducables ;
- 6 retardée instable perverse ;
- Total 148
- Voeux des Rapporteurs
- I. — Nous terminons cette partie du rapport en souhaitant que pareille enquête soit faite dans chaque département tous les trois ou quatre ans. Elle donnerait une vue d’ensemble de la situation scolaire et ferait connaître pour le pays entier les besoins de l’école primaire en* dénonçant les tares dont elle souffre (classes trop chargées, manque d’écoles de perfectionnement, négligence des parents, ravages de l’alcoolisme, manque de lois défendant les enfants contre les parents coupables...). Les éducateurs seraient invités à donner leur opinion, ce qui ne serait pas sans intérêt.
- IL — Il faudrait évidemment que cette enquête générale fût suivie de réalisations pratiques.
- II1- ~ ^'Instituteurs et Institutrices prennent intérêt à
- cette enquête à laquelle ils ont participé, un résumé des conclusions pourrait-il être pub-lié dans le Bulletin départemental de l’Enseignement primaire.
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- CAUSERIE BIBLIOGRAPHIQUE
- Hubert Sesmat. — L'éducation moderne. — In-8° de 365 pages. Paris, Librairie du Cerf.
- Cette étude de « sociologie constructive » qui fait penser à Auguste Comte, avec un esprit religieux mais non mystique toutefois, comporte un plan complet et détaillé d’un système éducatif, dans lequel l’auteur n’a pas craint d’établir lui-même des programmes d’enseignement à tous les niveaux et dans toutes les branches.
- Il envisage successivement scolarité, orientation, apprentissage, qualification et études, avec un chapitre complémentaire sur les cadres.
- Au point de vue scolarité la direction de la croissance et l’instruction primaire (langage, grammaire, action, dessin) se complètent d’une préparation à la vie (celle de 1’ « usager » de l’éducation, de l’habillement, de l’habitation, des transports, de l’alimentation, de l’hygiène, de la santé, des loisirs, de l’information, des finances, de la production, du « nationisme », de la civilisation, de la puissance, c’est-à-dire de la vie militaire, enfin de l’humanisme).
- L’orientation, confiée aux maîtres, mais sérieusement appuyée de tous les moyens techniques, conduit à différencier les enfants de 11 ans engagés dans la « séquence commune » avec apprentissage (divisé en 15 sections), qualification éventuelle par spécialisation, maîtrise ou formation artisanale, et ceux qui sont appelés à parcourir la « séquence supérieure » divisée en trois cycles, celui des humanités, communes à tous, (enseignement secondaire de la 5e à la lre), et, après baccalauréat, cycle des sciences (avec trois branches, dénommées physique, biologique et sociologique) et enfin cycle des arts, comprenant vingt-et-une facultés (où l’on retrouve le droit à la faculté de sécurité, la médecine à la faculté de santé, les écoles militaires à la faculté de puissance, les services de recherche à la faculté de progrès, mais où l’on trouve aussi des facultés d’alimentation, d’habillement, d’urbanisme, de transports, de finance, de nationisme, de civilisation, aussi bien que d’éducation, de population, etc.). Cette partie des Facultés destinées à la formation des hommes nécessaires aux activités supérieures de la société, avec leurs programmes, est évidemment la plus originale du système, qui se complète par des données sur la formation des dirigeants, jusqu’aux degrés les plus élevés.
- H. P.
- AGEN.
- IMPRIMERIE MODERNE, 43, RUE VOLTAIRE
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- SERVICES DE L'INSTITUT
- Tél. Odéon 52-46
- SECRÉTARI A T GÉNÉRAL ET CENTRE DE DOCUMENTATION Chef de Service : MUe G. Chauffard.
- CENTRE D'ORIENTATION PROFESSIONNELLE Chef de Service : MUe Nepvfu.
- CENTRE DE RECHERCHE DES TESTS Chef de Service : Mme Henri Piéron.
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- Le Secrétariat et l’Office de Documentation sont ouverts chaque jour, non fériés, de 9 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures.
- La Secrétaire générale reçoit le lundi, de 14 h. 30 à 18 heures ; le jeudi de 14 h. 30 à 16 h. 30, et sur rendez-vous.
- La Bibliothèque est ouverte chaque jour, non férié, de 14 heures à 18 heures.
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- Pour les consultations d’Orientation professionnelle, adiessu une demande de rendez-vous au Chef du Centre d’Orientation Professionnelle.
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- SOMMAIRE
- Pages
- I. — Henri Piéron : Tests de sélection en aviation militaire.. 33
- II. — M. Reuchlin : Les qualités d’un bon test..................... 43
- III. — Notes et Documents : Les tests d’aptitude à la radiotélégra-
- phie. — Une méthode de détermination de l’acuité binoculaire. 52
- IV. — A travers les Revues.......................................... 54
- V. — La Vie des Centres d’O. P......... ...................... 56
- VI. — Causerie bibliographique...................................... 64
- Bulletin
- de l'Institut National d’Elude du Travail et d’Orientation Professionnelle
- rédacteur en chef : Mms Henri PIÉRON secrétaire de la rédaction : Mlle Irène LÉZINE
- LES ABONNEMENTS PARTENT DU Ier JANVIER
- \ ltO.\IVEMBI.T Ï
- Pour la France.... 200 fr. j Pour l'Etranger......... 300 fr.
- I*rix du numéro î 35 franc*»
- Pour les anciens élèves de l’I. N. E. T. O. P. : 150 francs
- Prière d’adresser le montant des Abonnements au Compte Chèques postaux de l,In|titli|
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- Pour tout ce qui intéresse le Bulletin adresser la correspondance à Mme Henri Piéron
- Les Abonnés nouveaux recevront les numéros de l’année déjà parus an reçu de .eur Abonnement
- Le Gérant : Paul Arjo.
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- = 2e SERIE. — 3e ANNÉE
- BULLETIN
- DE
- L'INSTITUT NATIONAL
- d'étude du travail
- ET
- d ORI entation
- PROFESSIONNELLE
- REVUE MENSUELLE
- AU SIEGE DE L’INSTITUT
- MAI-JUIN 1947
- N° 5-6
- 41, Rue Gay-Lussac, 41 PARIS
- TOUS DROITS RESERVES
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- CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MÉTIERS
- Institut National cTÉtude du Travail et d’Orientation Professionnelle
- DIRECTEUR DELEGUE
- M. Henri Piéron, professeur au Collège de France, directeur de l’Institut de Psychologie de l’Université de Paris, président de la Section des Sciences Naturelles de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes.
- COMITE DIRECTEUR
- Le Directeur du Conservatoire National des Arts et Métiers.
- Le Directeur délégué.
- M. H. Laugier, secrétaire général adjoint de l’O.N.U.
- M. P Pouillot, inspecteur général honoraire du Travail.
- M. H. Wallon, professeur au Collège de France.
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- 2® Série. 3* Année
- N® 5-6
- Mai-Juin 1947
- Bulletin de l’Institut National D’ÉTUDE DU TRAVAIL
- et
- D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- TESTS DE SÉLECTION EN AVIATION MILITAIRE
- par
- Henri PIÉRON
- (Suite) (1)
- III
- Test de décision
- L’esprit de décision est d’une importance capitale dans la conduite d’engins rapides, et plus encore dans les luttes qu’ont à mener des pilotes de chasse.
- C'est à l’appréciation de cette qualité qu’a répondu le test spécialement adapté pour la sélection des pilotes de chasse en utilisant une consigne correspondant à une activité de guerre, devant des images survenant brusquement au milieu d’autres indifférentes et requérant une réponse simple, mais immédiate, sous forme de 1 un ou l’autre de deux gestes, ayant une signification d’importance capitale.
- Voici la technique d'application de ce test, où les instructions données aux sujets fournissent les indications utiles :
- Faire asseoir le candidat face à l’écran.
- Placer devant lui les images de démonstration et s’y reporter pendant toute la durée de l’explication.
- « Vous allez voir apparaître sur cet écran une série d’images ; ce seront par-ioii; des numéros matricules et des initiales ; ces images ne demandent aucune réponse. Mais vous verrez aussi de temps à autre l’image de deux groupes d’avions, imaginez que vous êtes chef d’escadrille ; faites cet effort d’imagination... L’image est divisée en deux parties, en haut le groupe français, l’autre en bas, représentant le groupe ennemi » (montrer).
- Vous êtes chef d’escadrille, vous devez donc donner des ordres.
- (l) B.l.N.O.P. N» 3-4 mars-avril 1947.
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- A vous, les consignes suivantes vous sont données :
- Eviter la bataille lorsque le nombre d’avioms ennemis, c’est-à-dire ceux d’en bas, est nettement supérieur.
- Engager, au contraire, la bataille lorsque le nombre d’avions ennemis est inférieur.
- Vous donnez l’ordre d’éviter la bataille en poussant ici, à gauohe. Vous engagez la bataille en poussant ici, à droite.
- Il faut pousser bien à fond. Essayez ! C’est bien compris ?
- Vous voui; souvenez ? En haut, les avions français, en bas les avions ennemis
- A droite, l’attaque, à gauche, vous évitez la bataille.
- La consigne qui vous est donnée : éviter la bataille lorsque le nombre des avions ennemis, en bas, est nettement supérieur ; engager la bataille lorsque le nombre d’avions ennemis est inférieur.
- Faitets bien l’effort d’imagination. Vous êtes le chef d’escadrille. Il est important, Qams tous les cas, que vous donniez vos ordres très vite, au moment où vous voyez apparaître l’image des avions.
- Une série de 26 images dispersées au milieu des présentations indifférentes, comportait les deux groupes d’avions à évaluer, avec des nombres et proportions variés, de manière à graduer la difficulté de la tâche, avec 4 cas critiques, les nombres étant égaux, cas non prévus dans les instructions, afin de mieux déterminer, à la fois, l’esprit d’initiative, et la tendance, plusi hardie ou plus timide.
- Voici les nombres d’avions des deux groupes (l'ennemi en second) dans la série des images, en suivant l’ordre de présentation ;
- 1. 3 — 5 14. 6 — 9
- 2. 5 — 3 15. 12 — 7
- 3. 8 — 4 16. 10 — 6
- 4. 7 — 11 17. 5 — 7
- 5. 3 — 3 18. 6 — 6
- 6. 7 — 10 19. 4 — 7
- 7. 10 — 7 20. 8 — 12
- 8. 5 — 4 21. 10 — 5
- 9. 5 — 8 22. 4 v- 4
- 10. 9 — 5 23. 13 — 12
- IL 9 — 5 24. 5 — 5
- 12. 5 — 9 25. 6 — 7
- 13. 12 — 14 26. 5 — 8
- Dans l’épreuve semi-collective, l'emploi de compteurs permettait de déterminer les temps de réaction des divers sujets du groupe testé, et la nature des réponses était enregistrée dans l’ordre, afin de relever les erreurs commises dans la commande d’attaque ou de retraite.
- Pour les figures 5, 18, 22 et 24, les erreurs consistaient, soit à ne donner aucun ordre, soit à donner simultanément les deux ordres contradictoires, ce que firent un certain nombre de sujets. La nature de l’ordre donné était indicative de la tendance propre. Pour les figures 13 (12 et 14 avions) 23 (13 et 12) et 25 (6 et 7),
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- on admettait la validité de l’un ou l’autre des deux ordres, en tenant compte aussi du sens de la réponse dans ces cas où l’évaluation comparative pouvait être hésitante au niveau perceptif.
- Le test fut appliqué à trois groupes d’élèves (34, 74 et 68) de l’Ecole de l’Air de Versailles, dont l’un formé de polytechniciens et de sainlt-cyriens (ce qui permit de constater que, si pour les premiers la réussite était supérieure en moyenne pour les tests intellectuels, en ee qui concerne l'esprit de décision et la hardiesse, la supériorité moyenne passait aux seconds). Mais; l’invasion allemande empêcha F,application au groupe qui devait être spécialement sélectionné.
- En ce qui concerne le trait de hardiesse ou de timidité, il était évalué d’après les nombres de l’un et de l'autre des deux ordres d’attaque ou de retraite dans les 7 cas d’égalisation ou d’évaluation douteuse, les extrêmes pouvant être de 7 et 0 ou de 0 et 7.
- Mais, chez un certain nombre de sujets, les abstentions ou réactions doubles avaient pour conséquence que la somme des deux modes de réaction était inférieure à 7.
- Sur 108 sujets, nous en trouvons 32 qui ont présenté des abstentions (16 une fois, 3 deux fois, 6 trois fois, 3 quatre fois, 1 cinq fois et 3 six fois), et 20 qui ont présenté des réactions doubles contradictoires (8 une fois, 3 deux fois, 2 'trois fois, 7 quatre fois, et 1 cinq fois).
- Voici pour le nombre total de réactions d’attaque les fréquences rencontrées chez les 108 sujets avec les présentations douteuses :
- 0 1 2 3 4 5 6 7
- 6 11 7 11 19 38 11 5
- Si l’on considère que la réaction d’attaque est normale dans les cas d’égali'té (4) ou de supériorité légère (1), soit dans 5 cas, il y a excès de hardiesse dans 16 cas. Pour les fréquences des réac-
- tions de retraite, voici les résultats :
- 0 1 2 3 4 5 6 7
- 6 21 56 14 9 2 0 0
- Si nous envisageons maintenant les temps, de réaction, nous trouvons une valeur moyenne générale, en dixièmes de seconde, de 12,56.
- La répartition des fréquences de valeurs moyennes des 108 sujets est la suivante (en réunissant les temps compris dans la marge d’un dixième de seconde :
- 6,5 7,5 8,5 9,5 10,5 11,5 12,5 13,5 14,51S,5 16,5 17,5 18,5 19,5 20,5 21,5 22,5 1 0 9 6 15 17 U 9 7 8 5 0 2 3 0 0 2
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- Les quartiles sont, en valeurs arrondies :
- 1" quartille Médian 3e quartille
- 10,5 12,5 14
- En suivant la- variation des temps de réaction moyenne de tous les sujets pour la série des 26 figures, on peut noter' qu’un certain apprentissage entraîne une accélération générale des réponses, que les réactions d’attaque sont déclenchées un peu plus vite que les réactions de retraite, enfin que les temps les plus longs se rencontrent pour les figures où la perception est plus difficile et où il peut y avoir hésitation sur la réponse à donner. Pour les 4 cas d’égalité, ces temps moyens ont été de 16,1 de 16,0, de 13,0 et de 12,8 dixièmes. Les réactions d’attaque ont été déclenchées en moyenne après 12,68 dixièmes dans la première moitié ; 10,75 dans la deuxième, les réactions de retraite après 12,94 et 12,54. dixièmes respectivement, dans les deux moitiés du test.
- Un second test de décision avait été mis au point, sans qu’il ait pu être appliqué.
- Un même mode de présentation des figures était employé, et un même nombre de figures (26).
- Il s’agissait, cette fois, de commander une manœuvre de l’avion, qu’il fallait faire piquer ou cabrer.
- Les instructions données étaient les suivantes :
- Vous allez voir de temps à autre un avion de chasse venant à la rencontre ou à la poursuite d’un ou de deux avions de bombardement ennemis ; l'avion de chasse vient de tirer à la mitrailleuse eur l’ennemi visé, et doit manœuvrer pour éviter une rencontre, soit en piquant, soit en cabrant.
- Vous devez commander la manœuvre convenable :
- Si l’avion de chasse est amdecsus de l’avion visé et le champ libre, vous devez naturellement cabrer, et piquer si l’avion, dé chasse est au-dessous.
- Le temps dont dispose l’avion de Chasse étant extrêmement court, il est capital que votre décision, dans tous les cas, isoit prise extrêmement vite.
- Dans les deux premières figures, le décalage de position de l’avion de chasse est plus accentué, pour faciliter les réactions initiales.
- Les schémas sont assez uniformes, dans les positions des avions de bombardement et de l’avion de chasse (la distance par rapport à l’avion attaqué et l’inclinaison de visée étant constantes pour des positions données). L’axe de visée passe1 un peu avant de l’avion attaqué quand celui-ci vient à l’encontre, il passe dans le corps de l’avion attaqué quand celui-ci est poursuivi. La distance est moitié moindre quand l’avion attaqué est poursuivi.
- Dans 11 cas la réaction correcte consiste à cabrer, dans 11 cas à piquer, dans 4 les deux réactions s’équivalent, les deux avions se trouvant dans le même plan, sans qu’un troisième gêne la manœuvre. Dans 5 cas, la réaction correcte, du fait de la présence
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- d’un 3e avion, gênant la manœuvre commandée (avec la réserve « du champ libre »), est l’inverse de celle-ci.
- Il n’a pas été possible de mettre en corrélation les résultats de cette forme un peu différente du test de décision, d’un caractère plus exclusivement technique, avec ceux de la: forme initiale, du fait des événements de guerre.
- IV
- Test d’observation aérienne (1)
- Pour un observateur, à bord d’un avion, il est nécessaire d’enregistrer rapidement un schéma général de l’ensemble placé sous ses yeux et d’interpréter les images de manière à noter les points essentiels à retenir dans leur position respective.
- Il est donc indiqué d’utiliser un test qui se trouve tout naturellement conforme à ces exigences, celui de photographies prises en avion, présentées pendant un temps .assez court, et dont on devra tracer un schéma situant tous les éléments importants que l’on aura dégagés.
- Le problème est uniquement celui des notations.
- Trois photographies ont été utilisées, la lre et la 3e étant des vues plongeantes, la première relativement simple, et la seconde une vue oblique, donnant une perspective panoramique.
- Les vues .agrandies étaient présentées collectivement aux groupes de sujets pendant 20 secondes, et on donnait cinq minutes-pour esquisser le schéma, suivant les instructions qui étaient les suivantes :
- « On va vous présenter une photographie aérienne pendant 20 secondes. Vous devrez l’examiner attentivement pour en retracer le dessin général et les éléments intéressants. Vous disposerez ensuite de 5 minutes pour en faire le schéma de mémoire ».
- Voici les indications données aux correcteurs .avec une épreuve de chaque photographie portant les indications utiles en lettres et chiffres, comme dans les figures ci-jointes.
- Vue n° 1
- Les éléments importants sont indiqués sur la photographie par des lettres majuscules. Les éléments secondaires par des minuscules.
- Les éléments principaux sont les suivants :
- A1 à A4 Grande route partant du bord supérieur gauche de la vue.
- Bi à B3 Grande route sinueuse partant du bord' supérieur droit de la
- photographie.
- (l) Ce test a été mis au point avec la collaboration de René Louvier.
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- Cl à C2 Grande route transversale au tiers inférieur.
- DI à D4 Route en Y située au tiers gauche inférieur.
- Fl à F2 ] Hangars de chaque côté de la route Cl C2 Gl G2 G3 )
- Hl H2 H3 Groupes de maisons de chaque côté de la route Cl C2 Kl K2 )
- Tous ces éléments comptent chacun pour l point.
- al — a2 route partant de l’extrémité gauche de Cl C2 Tous ces éléments secondaires valent 1/2 point, bl — b2 bifurcation de la route Al A2 gauche
- Le maximum atteint la note 10. Soit 9 points pour les éléments principaux et 1 point pour les secondaire.
- Il est laissé au correcteur la faculté de réduire à moitié ou au quart la note attribuée à chaque élément, suivant le degré d’imperfection de position ou de forme.
- Vue aérienne N° 1
- Notation
- ---‘ga
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- Vue panoramique N* 2 - A utiliser pour la correction
- Vi*ÿ*»,v. '
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- «SSES
- • -éc.
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- Vue n° 2
- Les éléments importants sont indiqués sur la photographie par des lettres majuscules ; les éléments secondaires par des minuscules.
- Les éléments principaux sont les suivants :
- Al à A3 Cours supérieur de la rivière.
- Bl à B3 Branche droite du cours inférieur.
- Cl à C3 Branche gauche du cours inférieur.
- D ville à l’horizon.
- El à E3 Le chemin sur la rive droite du cours d’eau et conduisant à la
- ville.
- Tous ce$ éléments comptent chacun pour un point.
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-
- al à a4 b
- cl à c3 cl
- e
- f
- g
- hl à h4
- j
- kl à k2
- Chemin en S renversé sur le côté gauche de la rivière.
- Lac sur la gauche de ce dernier chemin.
- Piste longeant la boucle C de la rivière.
- La piste partant de la rive gauche de la boucle C et aboutissant à l’extrémité gauche inférieure de la vue.
- Chemin partant du milieu de la boucle B et se bifurquant pour aboutir au quart inférieur du bord droit de la photographie. Rideau d’arbres entre le cours A de la rivière et le chemin a. Chemin en accent circonflexe à la droite de la route a.
- Route longeant la berge droite du cours d’eau et bordure d’arbres Chemin réunissant le courts A et le chemin a.
- Mouvements de terrain réunissant A et B.
- Tous ces éléments, secondaires valent chacun 1/2 point.
- Le maximum atteint donc la note 10. Soit 5 points pour les éléments principaux et 5 points pour les éléments secondaires.
- Il est cependant laissé au correcteur la liberté de réduire à la moitié et même au quart la note attribuée à chaque élément, au cas où l’emplasOment ou la forme laisserait à désirer.
- Vue n° 3
- En raison de la multitude des éléments représenté!; tsur cette vue aérienne, il a été nécessaire de les classer en trois catégories.
- 1. Eléments importants : indiqués sur la photographie par des majuscules.
- 2. Eléments! secondaires : mentionné; à l’aide de minuscules.
- 3. Eléments accessoires : localisés au moyen de lettres grecques.
- I. — Eléments importants.
- De Al à A6
- Bl, B2, B3 Cl, C2, C3 Dl, D2, D3 El, E2, E3 E4
- Fl, F2, F3
- Route courant en zig-zag du 1/3 supérieur gauche au 1/3 inférieur de la photographie.
- Route occiipant l’angle supérieur droit.
- Route occupant le bord droit.
- Cours et nombreux méandres de la rivière.
- Chemin bordé d’arbres (bord inférieur droit).
- Tranchées.
- Bois sur le bord supérieur de la vue.
- Tous ces éléments valent deux points chacun.
- II. — Eléments secondaires.
- De al à a4 De bl à b2 cl, c2 dl, d2 el, e2 fl, f2, f3 gl. g2. g3
- Chemins à angle droit, moitié gauche de la vue.
- Chemins convergents (angle gauche inférieur).
- Piste en bordure de la route Cl, C2, C3.
- Chemin formant triangle avec Al A2.
- Tous ces éléments valent 1 point chacun.
- III. — Eléments accessoires.
- Chemins sous-bois de la région Fl.
- Piste doublant la route A3 A5.
- Raccourci dans la région A4.
- Piste doublant A5, A6.
- Chemins formant étoile avec la route Bl et la rivière.
- Chemin en fuseau (angle inférieur droit).
- Tous ces éléments valent 1/2 point.
- Le maximum est donc de i
- 12 points pour les éléments importants,
- 7 points pour les éléments secondaires,
- 5 points pour les éléments accessoires, soit au total 25 points.
- Après un étalonnage provisoire sur de petits groupes de sujets (120 a:u total), le test a été appliqué pour la sélection des observateurs parmi les élèves de l’Ecole de l’Air de Versailles et voici, pour les deux premières des vues aériennes, la répartition des fré-
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- quences dans les nombres de points obtenus (maximum de 10) en réunissant les valeurs comprises dans les limites d’une unité (par exemple 1,25 ; 1,50 ; 1,75 et 2) :
- PHOTO 3
- Notation
- -JD.- 1
- Wz I
- & ÉV \
- * ;
- Mb? Si &
- Vue n° 1
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- Vue n° 2
- 0 1 2 3 4 5 6 7 8
- — 7 54 145 127 58 12 2 - = 405
- Le semi interquartile est de 0,875 pour la pour la vue n° 2. vue n° 1 et de 0,75
- Extrême inférieur Premier quartile Médian Troisième quartile Extrême supérieur
- Vue n° 1... 0 3,5 4,5 5,25 8,25
- Vue n° 2... 0,5 2,5 3 4 6,5
- La moyenne s’établit à 4,36 et à 3,17 pour les 2 vues, le mode à 4,25 et 2,75. La répartition est satisfaisante avec une légère asymétrie, et le test est bien classant. ^ su{vre)
- LES QUALITÉS D’UN “ BON ” TEST
- d’après G. PATERSON
- par
- M. REUCHLIN
- (Suite)
- II. — La « FIDÉLITÉ )) (1)
- Nous avons suivi dans un précédent article les efforts de Patér-son et de ses collaborateurs qui, se proposant de choisir dans une batterie de vingt-six tests ceux qui mesuraient le mieux l’aptitude aux travaux manuels, éliminaient les épreuves ne se révélant pas « valides ».
- La commodité de l’exposé justifie seule celte séparation entre validité et fidélité. En fait, les auteurs, au cours de leurs travaux, ont simultanément recherché l’une et l’autre.
- Les deux concepts de fidélité et de validité sont d’ailleurs intimement liés l’un à l’autre.
- Citons la double définition de Thurstone :
- « La validité est la cohérence (consistency) d’une mesure nouvelle avec des mesures antérieures, tandis que la fidélité est la cohérence d’une mesure avec d’autres mesures similaires. »
- (l) Voir l’article précédent sur « Le problème de la Validité ».
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- Willoughby (The concept of reliability, Psychological RevieW, XLII, 1935, pp. 153-165), considérant les notes obtenues à un test comme un échantillonnage des manifestations d’une aptitude, et les notes professionnelles comme un autre échantillonnage des manifestations de cette même aptitude écrit :
- « Pour la prédiction (des notes professionnelles, à partir des notes psychotechniques), le minimum essentiel est que les subdivisions de l’échantillon puissent se prédire les unes à partir des autres (fidélité), aussi bien que l’échantillon considéré dans son ensemble puisse servir à prédire d’autres échantillons légèrement différents (validité). »
- Le même auteur remarque que tout facteur diminuant la fidélité affecte du même coup la validité. Par exemple, si les notes professionnelles données par les contremaîtres ne correspondent pas seulement à l’aptitude étudiée, mais aussi à d’autres stimuli variables avec les circonstances (insubordination, propreté des vêtements, etc.) on aura à la fois une mauvaise fidélité du critère (puisque les circonstances varient) et une mauvaise validité du test (puisque les circonstances jouant sur le critère resteront sans effet sur le test).
- « Un test est fidèle, écrivent-ils, s’il donne la même mesure d’une aptitude d’un individu quand il est appliqué —sur cet individu — à différentes reprises, en supposant que l’individu n’a pas changé «n ce qui concerne cette aptitude durant l’intervalle ».
- Ces changements possibles de l’individu semblent rendre illusoire la recherche de la fidélité du test. N’oublions pas cependant que le test doit être choisi de telle sorte qu’il .atteigne un aspect de la personnalité assez profond pour ne pas changer trop largement entre deux applications successives (à quelques jours ou quelques semaines d’intervalle). S’il n’en est pas ainsi, aurons-nous le droit de nous en servir pour prédire telle ou telle aptitude professionnelle qui ne trouvera matière à s’exercer que dans un avenir plus ou moins lointain ?
- On trouvera dans l’article de Willoughby déjà cité une analyse théorique plus poussée du concept de fidélité.
- L’auteur constate que, dans l’usage courant, les définitions proposées pour la fidélité sont purement opérationnelles : corrélation des résultats entre deux formes parallèles, entre deux applications successives, entre deux moitiés d’un même test.
- Les interprétations ne viennent en général qu’en second lieu : chercher si un test est fidèle, c’est chercher s’il est homogène en tant qu’instrument de mesure, c’est se demander jusqu’à quel point il donnera deux fois le même résultat, ou dans quelle me-
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- sure il peut être considéré comme un moyen d’obtenir un échantillon représentatif d’une aptitude.
- Willougliby se propose dans son travail de suivre un chemin inverse, et d’essayer de fixer d’abord l’objectif à atteindre avant d’examiner les moyens d’y parvenir.
- Exiger d’un lest qu’il soit fidèle, c’est vouloir que les mesures « vraies » ne soient pas faussées par des facteurs fortuits.
- Mais parler de mesures « vraies » implique un postulat : l’existence, chez le sujet testé, d’une « aptitude-noumène » à un degré donné.
- Cette aptitude « vraie » est quelquefois identifiée à celle qui se révélerait après un nombre infini de mesures.
- D’après l’auteur (qui se rapproche là de l'opinion de Thorn-dike mise en doute plus loin par Pafèrson), il vaudrait mieux l’estimer d’après la meilleure réponse obtenue, les facteurs fortuits ne pouvant jouer que dans un sens défavorable au sujet.
- Examinant ensuite ces facteurs fortuits dont l’effet diminue la fidélité du test, Willougliby constate que la plupart proviennent du sujet.* Aucun ne provient du test qui, s’il est appliqué correctement reste rigoureusement semblable à lui-même d’une application à l’autre.
- Comment expliquer alors que l’on puisse parler de tests « infidèles », qui provoquent des réponses différentes chez un même sujet, suivant les circonstances ?
- Prenons comme exemple l’épreuve suivante.
- « Faire< une croix devant ce que vous préférez :
- vok arithmétique
- lum histoire
- gav anglais. »
- Les trois premières données, dépourvues de sens, provoqueront chez le sujet une réponse due uniquement à des facteurs fortuits, et par conséquent variables d’une application à l’autre.
- Les trois autres, au contraire, permettront la manifestation d’une préférence réelle et toute modification dans le temps de la réponse donnée pourra être l’indice d’une modification effective de cette préférence.
- Dans ce cas de modification effective de l’aptitude vraie, deux résultats identiques donnés par le test seraient la preuve de son infidélité.
- Mais, devant deux résultats différents, comment distinguer la variation possible de l’aptitude « vraie » de l’infidélité possible de l’instrument de mesure ?
- Wiloughby préconise l’observation clinique, l’introspection des
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- sujets examinés, procédés qui premettront, sinon une certitude scientifique, du moins des hypothèses motivées. -
- Si ces procédés échouent ou ne peuvent être employés, le meilleur moyen statistique de s’assurer de la fidélité d’un test sera d’exiger que chacune de ses parties corréle fortement avec les autres.
- Cette condition réalisée nous permettra de supposer que toutes les questions mesurent une. même unité psychologique (que l’on peut appeler «aptitude», «trait unitaire», «facteur», etc.). Toute variation affectant simulanément toutes les questions sera donc suspecte de révéler une variation réelle de cette unité psychologique, et, dans ce sens, le test sera fidèle.
- Du même coup, il sera valide, en ce sens qu’il mesurera certainement un trait psychologique ayant une existence réelle chez le sujet.
- Mais rien ne nous permettra d’affirmer que le trait ainsi mesuré est bien celui que nous nous proposions de mesurer en élaborant le test.
- Mettre un vocable sur l’objet de notre mesure exigera une définition préalable précise de ce vocable, qui ne pourra souvent se faire qu’en termes opérationnels, avec référence à un critère extérieur au test. C’est ce qu’a fait Paterson pour le vocable « aptitude aux travaux manuels » (voir l’article précédent).
- Sur le plan pratique, par conséquent, Willoughby semble adopter comme critère de la fidélité une forte intercorrélation des parties d’un test, tandis que Paterson préfère exiger de ce test qu’il donne des résultats semblables au cours d’applications successives.
- Le moyen le plus satisfaisant de mesurer la fidélité est d’appliquer deux fois le même test à un même groupe de sujets. Les deux applications seront séparées par un laps de temps assez long pour que l’apprentissage ne puisse améliorer trop fortement le deuxième résultat ; mais cette durée ne devra pas être telle que les individus aient le temps de changer trop largement. Il suffira alors de calculer la corrélation entre les premiers résultats et les seconds : la valeur trouvée mesurera la fidélité du test. Nos auteurs éliminent les tests qui, après les améliorations possibles, ne révèlent pas une fidélité d’au moins .90.
- Cette limite de .90, bien qu’assez généralement admise, est affaire d’appréciation personnelle.
- Kelley (Interprétation of educational measuremenls, pp. 210-211) la déduit de calculs qui partent de considérations empiriques.
- Dans leur enquête, les tests collectifs ont été redonnés après sept jours d’intervalle, et les tests individuels (Stenquist excepté)
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- après deux mois. Ils obtinrent ainsi des coefficients de fidélité qui ne s’élevaient qu’à .60 ou .80 pour les tests les meilleurs, ce qui les amena aux améliorations dont nous parlerons plus loin.
- Un autre moyen de mesurer la fidélité consiste à donner non pas deux fois le môme test, mais deux formes équivalentes (« parallèles ») du même test. Ce procédé atténue l’effet d’apprentissage; mais sa difficulté réside dans l’élaboration de formes vraiment équivalentes sous leur apparente diversité. Les auteurs emploient ce procédé pour le Stenquist.
- Après avoir porté à trente-six le nombre des objets à remonter (nous en verrons plus loin la raison), ils choisissent parmi eux deux groupes de dix objets, de telle sorte qu’à un objet d’une difficulté donnée dans l’un des groupes corresponde un objet différent, mais de même difficulté, dans l’autre groupe. Le degré de difficulté n’était pas fixé arbitrairement, mais selon les réussites réelles observées au cours d’une première application. Un groupe de sujets fut soumis aux deux batteries ainsi constituées, et la corrélation entre les deux séries de résultats obtenus donna une mesure de la fidélité des vingt épreuves choisies : .77.
- Un troisième moyen, voisin du précédent, consiste à séparer en deux groupes au hasard, les questions d’un test (questions de n° pair d’un côté, de n° impair de l’autre par exemple) et de calculer la corrélation des résultats obtenus dans chacun de ces groupes. La différence avec le deuxième procédé réside dans le fait que nous ne constituons pas ici deux épreuves parallèles pouvant se donner isolément. Le test entier n’est donné qu’une fois et ce sont les résultats seulement que nous rassemblons en deux groupes différents. C’est dans cette application unique que réside le point faible de la méthode : les influences fortuites au cours de l’expérience jouent de la même façon sur les questions paires et sur les questions impaires, ce qui peut suffire à amener une corrélation injustifiée entre les deux groupes, de résultats. En d’autres termes, le coefficient ainsi calculé ne peut pas indiquer dans quelle mesure notre test est indépendant des changements de circonstances, aspect important de sa « fidélité ». Ce procédé, appliqué au Stenquist modifié, utilisé par les auteurs, accorda à celui-ci une fidélité de .94.
- Remarquons que, dans les deux derniers procédés signalés, nous comparons deux moitiés de test pour en tirer une indication sur la fidélité du test entier. Le test entier, étant deux fois plus long que chacune des batteries que nous comparons ainsi, est aussi plus fidèle. Au coefficient brut trouvé il faut donc apporter une correction suivant la formule de Spearman-Brown que l’on trouvera plus loin.
- Signalons en passant un détail intéressant. Un test donné peut
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- être' noté de différentes façons, plus ou moins bonnes. Les auteurs ont noté chaque test (autant qu’il a été possible) de cinq façons différentes et ont déterminé la fidélité du test isolément pour chacune de ces notations. Ils ont finalement choisi pour chaque test la façon de noter qui donnait à l’épreuve la fidélité la plus élevée. La note moyenne entre les diverses questions ou les divers essais s'est révélée la meilleure cotation pour 17 tests sur 25 ; la note moyenne, le premier essai ne comptant pas, a été la meilleure 4 fois ; la note obtenue au meilleur essai a été adoptée 4 fois aussi.
- Les auteurs tirent argument de ce fait pour mettre en doute la théorie de Thorndike d’après laquelle la note la plus élevée serait la plus proche de la note « vraie », les facteurs fortuits ne pouvant qu’abaisser la note obtenue.
- Le résultat de Paterson semble établir que la note moyenne est la plus fidèle, mais il resterait à établir, pour que la critique soit valable, que la note la plus fidèle est aussi la note la plus « vraie ».
- Les deux autres méthodes de cotations étudiées : note obtenue à l’essai le moins bon, ou nombre moyen des erreurs, ne se sont jamais révélées fidèles.
- Ayant ainsi étudié la fidélité de leurs vingt-six épreuves initiales avec tout le soin désirable, les auteurs se sont heurtés à des résultats inférieurs à ceux qu’ils exigaient. La fidélité des tests les meilleurs ne s’élevaient qu’à .60 ou .80, alors qu’ils s’étaient fixés une limite d’au moins .90.
- Ils ont été ainsi amenés à étudier les diverses façons d’accroître la fidélité d’un test.
- Un premier procédé consiste à rendre l’épreuve plus longue. En effet, les variations fortuites, dues à la fois aux fluctuations de l’individu et aux changements du milieu, jouent tantôt dans un sens favorable, tantôt dans un sens défavorable. Elles tendent donc à se neutraliser, à condition qu’elles soient en assez grand nombre, qu’elles puissent jouer assez longtemps. On augmente donc la fidélité d’une épreuve en l’allongeant avec des questions du même type.
- Une formule, de Spearman et Brown permet de prévoir la fidélité nouvelle rnn qu’aura un test dont la fidélité initiale était de r\l quand nous l’aurons rendu n fois plus long.
- r nn
- nrA\
- l -f(n — 1) r,i
- Des réserves doivent être faites sur cette méthode car un test ne peut pas être allongé indéfiniment sans que l’ennui et la fatigue n’en faussent les résultats.
- Holzinger a étudié les limites d’utilisation de la formule de
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- Spearman Brown (Note on the use of Spearman’s formula for reliability, J. of/Ed. Psychol., XIV, 1923, pp. 302-305).
- Il a calculé la corrélation de dix épreuves de l’échelle de Ter-man (forme A) avec les épreuves correspondantes de la forme B, appliquées les unes et les autres sur le même groupe de 135 élèves. Il a obtenu ainsi la fidélité de chacune de ces épreuves.
- Il a ensuite assimilé les épreuves à dix épreuves semblables et a étudié de quelle façon la fidélité augmentait quand on mettait en corrélation non des épreuves isolées mais des groupes successifs de deux, trois, quatre..., dix épreuves. Dans chacun de ces cas, la formule de Spearman permettait de prévoir la fidélité du groupe en fonction de la fidélité observée pour l’épreuve 1 et du nombre d’épreuves du groupe. Les 135 résultats permettaient de calculer également, dans chaque cas, la fidélité observée. Voici la comparaison des valeurs prévues et des valeurs observées.
- Nombre Fidélité Fidélité
- test groupés prévue • observée
- 1 .68 .64
- 2 .82 .81
- 3 .87 .87
- 4 .90 .91
- 5 .92 .90
- 6 .93 .88
- . 7 .94 .89
- 8 .94 .87
- 9 .95 .91
- 10 .96 .92
- Voici la conclusion de Holzinger :
- « Le résultat général qui apparaît est que la fidélité croît très rapidement avec les quatre ou cinq premiers tests groupés, mais croît ensuite plus lentement que la formule de prévision ne nous le laisserait espérer. »
- Les auteurs l’emploient cependant pour plusieurs de leurs tests.
- Le nombre d’épreuves du Stenquist, par exemple, est porté de dix à trente-six. La- fidélité initiale étant de .65 (d’après Stenquist), la formule ci-dessus permettait de prévoir, pour l’épreuve .ainsi allongée, une fidélité de .88. L’épreuve fut donneé réellement et la fidélité observée, d’après le troisième des procédés signalés plus haut, s’éleva à .94.
- Un autre procédé pour accroître la fidélité d’une épreuve con-
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- siste à accroître son pouvoir de discrimination entre les individus, à la rendre plus « classante ».
- En effet, si toutes les notes obtenues sont très voisines les unes des autres, le moindre changement dans les notes peut amener pour des causes fortuites un bouleversement complet du classement des individus. Le test dans ce cas ne saurait être fidèle.
- Les auteurs proposent trois moyens pour rendre une épreuve plus « classante ».
- On peut d’abord introduire dans le test ou bien des questions faciles (si tous les sujets ont eu une mauvaise note), ou bien des questions difficiles (dans le cas contraire), ou enfin des questions de l’un et l’autre type si tous les sujets &e serrent autour de la moyenne.
- On peut aussi présenter les questions par ordre de difficulté croissante, de telle sorte que chaque sujet puisse aller aussi loin que lui permettent ses aptitudes.
- On peut enfin modifier le temps accordé aux sujets pour faire une tâche donnée, de façon à rendre l’épreuve plus facile ou plus difficile selon le besoin. Par exemple, un test de questions mécaniques posées sur des images, élaboré par Stenquist, a vu sa fidélité passer de .74 à .93 pour l’un des cahiers et de .70 à .88 pour l’autre, uniquement parce que l’épreuve avait été rendue plus classante en diminuant de 20 °/0 le temps accordé aux sujets.
- Rendre l’épreuve plus longue, rendre l’épreuve plus classante... Il est un troisième et dernier procédé pour en augmenter la fidélité : c’est de la rendre plus objective. Si le résultat qu’un enfant obtient dans un test dépend dans une certaine mesure de l’examinateur ou du correcteur, on conçoit qu’il soit affecté de variations fortuites importantes. Les auteurs recommandent donc toutes les précautions classiques, relatives au matériel, aux conditions d’application et à la correction.
- Les auteurs soulignent l’importance de la fidélité qui est, disent-ils « l’une des plus importantes considérations dans la construc-tion d’un test ».
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- NOTES ET DOCUMENTS
- Vitesse et précision
- Sur les relations de la vitesse et de la précision (ou exactitu.de) dans l’exécution de tâches, diverses, les résultats des recherches se sont montrés contradictoires, et il en a été de même sur la question de l’existence d’un facteur vitesse, caractéristique générale des individus, ou. d’un facteur précision.
- Après avoir rappelé les travaux qui ont abouti à de si. graves divergences, Himmelweit s’est attaqué à son tour au problème (1).
- Il a utilisé 5 tests (souligner des mots ayant certaines structures, barrer alternativement les a et les. u d’un texte, faire des additions de nombre de 2 chiffres, faire un tracé avec un stylet métallique, entre des obstacles à éviter, effectuer des mesures par division de lignes, et les a appliqués à 100 névrosés, des dysthymiques (anxieux ou. déprimés) et des hystériques, tantôt en recommandant exclusive» ment la. vitesse, tantôt en donnant la double consigne.
- Après avoir vérifié la fidélité des. épreuves, (coefficients de 0,788 à 0,972 pour la mesuré du temps, ou. pour celle des. fautes commises) il a déterminé la corrélation avec l’intelligence du rendement (vitesse) et des erreurs : corrélation, négligeable en. ce qui concerne la précision, et pratiquement nulle aussi pour la vitesse avec 3 des tests, mais notable au contraire pour les premier et troisième (surtout avec une consigne exclusive de vitesse, soit 0,610 pour les. mots à souligner et 0,592 pour les additions).
- Entre vitesse et précision les corrélations, sont pratiquement nu.l-Ies (allant de 0,04 à 0,14, positives ou négatives) sauf dans le cas de la manipulation (où le dispositif rend les erreurs, perceptibles par le sujet) présentant une corrélation négative (de 0,38 avec, double consigne, de 0,56 avec consigne de vitesse).
- L’indépendance des caractéristiques, de vitesse et de précision des sujets s.e trouve appuyée par l’analyse factorielle, qui conduit à dégager effectivement deux facteurs.
- Les saturations des tests en facteur de vitesse vont de 0,41 (additions) à 0,84 (mots à souligner) avec double consigne, de 0,42 (additions) à 0,65 (mots) et 0,74 (mesures des. lignes) avec consigne de vitesse exclusive ; en facteur de précision, les saturations avec double consigne, vont de 0,34 (pour, les mots) à 0,90 (additions) ; mais elles deviennent bien plus faibles avec consigne de vitesse exclusive de (0,17 à 0,49, sauf pour les mots à souligner où la valeur de 0,81 est atteinte).
- Le facteur de vitesse (en éliminant l’intelligence) rendrait compte de 38 % environ de la variance, le facteur de précision de 41 % avec double consigné, de 24 % seulement avec consigne de vitesse exclusive.
- Les sujets féminins seraient un peu. plus, rapides, et également un petit peu plus exacts, mais sans que la différence cette fois soit significative.
- Au. point de vue des relations avec les tempéraments névrosiques, les hystériques seraient plus rapides, les dysthymiques plus précis. ________________ H. P.
- (1) Speed and accuracy of work as related te tempérament. « British Journal of Psychology », T. 36, 1946, p. 132-144.
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- Le problème des enfants sauvages
- La question du rôle du développement biologique et de la formation sociale dans la genèse psychologique de l’homme serait accessible à l’expérimentation en théorie ; mais pratiquement l’humanisme de notre civilisation s’oppose à ce que l’homme puisse être traité comme un matériel d’expérience, et il fallut le nazisme pour fouler aux pieds cet interdit moral, qui est fondamental pour nous.
- Mais la nature se charge de réaliser certaines expériences et l’on peut utiliser les données de la pathologie. Or la pathologie sociale a comporté un certain nombre de cas d’enfants qui ont vécu un grand nombre d’années complètement soustraits au contact des hommes, certains depuis une époque très proche de la naissance, en sorte qu’aucune influence sociale ne pût s’exercer-sur eux.
- De ces enfants, il en est qui furent séquestrés et traités comme des animaux, mais surtout, des jeunes enfants abandonnés furent recueillis et élevés par des animaux, le plus souvent par des loups comme dans la légende de Romulus et Remus. Retrouvés à un âge variable, entre deux et vingt-et-un ans ils devraient permettre d’établir avec précision ce que, à leur âge respectif, le manque de contacts humains entraînait par comparaison avec des enfants normalement élevés. Malheureusement, dans le relevé des trente-et-un cas connus avec quelque précision, établi par M. R. M. Zingg (1), dont le plus ancien remonte à 1344, et les derniers à 1927, on est obligé de constater que jamais un examen réellement scientifique n’a pu être pratiqué ; jamais, en dépit de morts généralement précoces, d’examen anatomique (2). Aussi les observations faites sont souvent tenues en suspicion, et les interprétations se heurtent dans des controverses, comme celle qui a opposé encore récemment Wayne Dennis, de l’Université de Virginie, et Zingg, de l’Université de Denver (3). Pour le premier, on aurait affaire à de véritables idiots, et les faits constatés n’auraient aucune signification en ce qui concerne le manque d’influence sociale. Le second au contraire pense qu’en dehors de certains cas, d’un en particulier, où il s’agissait bien d’un idiot, une enfant-loup de l’Inde retrouvé à 10 ans et dont l’état pathologique reconnu indique qu’on peut le distinguer des effets de l’isolement, il devait s’agir, dans la majorité des cas tout au moins, d’enfants normaux, dont les possibilités mentales toutefois restent incertaines, les capacités sensorielles s’étant montrées en général très développées.
- Mais, grossièrement, les caractéristiques de ces enfants sauvages se sont montrées suffisamment semblables pour que quelques don-
- (1) R.-M. Zingg. Ferai Man and extreme cases of isolation. «American Journal of PSychology », LUI, 1940, p. 487-517.
- (2) A vrai dire, dans les 31 cas relevés par Zingg, il y etn a un où l’aütopsie tut faite, révélant une atrophie cérébrale-; mais il s’agit de ce Kaspar Hauser sur lequel une abondante littérature laisse planer bien du mystère, apparaissant à Nuremberg à l’âge de 17 ans en 1828, après une séquestration prolongée, qui aurait été le fils d’un grand duc de Bade, et qu’il vaudrait mieux laisser en dehors de la discussion.
- (3) The significarice of ferai man. American Journal of Psychology a, LIV, -1941. p. 415-435.
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- nées se dégagent. La plus nette est non seulement l’absence de langage, qui va de soi, mais l’incapacité' notable d’acquisition du langage sur laquelle W. Dennis se fonde pour diagnostiquer une grave déficience congénitale. Le fameux « sauvage de l’Aveyron » à la rééducation de qui s’était attelé Itard, et que Pinel avait considéré comme un idiot, quand à l’âge de 12 ans il avait été trouvé, n’apprit jamais que quelques mots, bien qu’il ait vécu jusqu’à 40 ans. Le dernier des enfants-loups connus de l’Inde, une fillette qui mourut à 17 ans après avoir été éduquée par le révérend Singh qui l’avait recueillie neuf ans plus tôt, en même temps qu’une autre fillette qui ne vécut point, après avoir tué la mère louve, n’avait pu acquérir qu’un bagage d’une cinquantaine de mots (1).
- Tout semblerait se passer comme si l’aptitude à l’acquisition du langage, qui s’effectue avec une extraordinaire facilité dans les toutes premières années, s’atrophiait par défaut d’usage au moment propice.
- Linné, qui avait relevé huit cas dans son Systema naturæ de 1758, caractérisait l’enfant sauvage de « mutus, tetrapus et hirsutns ».
- Pour la mutité, l’accord est général ; en revanche les enfants sauvages ne sont nullement velus. Quant au second point, sur la locomotion quadrupède, il fut vérifié chez tous les enfants trouvés en compagnie d’animaux (douze cas avec des loups, trois avec des ours, deux avec des cochons, un avec des moutons, un avec des bovidés, un avec des léopards (2). Et il fut très difficile au révérend Singh et à sa femme d’habituer la jeune Kamala à se tenir debout pour marcher.
- Les enants-loups lapaient comme leur mère adoptive, flairaient avec soin la nourriture, et exploraient par l’odorat, montraient une vision nocturne aiguisée et une ouïe très fine.
- L’absence du rire et du sourire même a été généralement notée, alors que les. expressions d’impatience et de colère se montraient excessives. Une larme coula des yeux de Kamala quand mourut sa jeune compagne (3).
- Les enfants sauvages étaient attachés à la personne qui les nourrissait, mais manquaient de penchant pour les autres êtres humains en général.
- Tous ces faits semblent bien montrer le rôle essentiel que joue le milieu dans les premières années du développement, où les petits d’hommes pourraient être réellement animalisés, et ne seraient plus que fort difficilement réhumanisés ensuite.
- Le développement biologique spontané fournirait-il des capacités
- (1) Les enfants-loups de Midnapore ont fait l’objet de plusieurs notes dans 1* « American Journal of PSychology », par Squires et par Kellogg (t. 38, 1927, p. 313-315, t. 42, n° 3, 1931, p. 508-509, t. 46, 1934, p. 149-150). Mais le manuscrit de l’étude du révérend J. N. D. Singh, qui a pu être consulté par divers auteurs est resté inédit, ce qui est très regrettable.
- (2) Il se serait agi du rapt, par une femelle de léopard dont les petits avaient été tués, d’un nourrisson aveugle (par cataracte) dans un village de l’Inde, trouvé à l’âge de 5 ans par un chasseur qui venait de tuer la mère adoptive de ce petit Mowgli.
- (3) Il ne semble pas qu’il ait pu s’agir d’une sœur, étant donné les 6 années de différence d’âge des deux fillettes (ayant environ 2 et 8 ans). Une adoption simultanée est invraisemblable, une enfant de 6 ans étant trop âgée pour cela. Et à plusieurs années d’intervalle la double adoption avait peu de chances de se faire aux dépens de la même famille. Il s’agissait d’une louve qui avait pris goût au kidnapping des petits d’homme.
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- mentales assez notables, à substrat sensoriel en l’absence de l’outil verbal, en l’absence de l’éducation et de la socialisation de la pensée ? C’est ce que l’on ne peut savoir, faute d’ét'udes précises de ces cas étonnants, pour lesquels il faudrait utiliser des tests de psychologie animale, qui seuls permettraient de situer avec précision un niveau mental.
- Le problème des enfants sauvages est donc loin d’être complètement résolu. Et la rareté des données ne permet pas d’en escompter une prompte et satisfaisante solution, que pourrait apporter le cas idéal mais invraisemblable d’un couple de jumeaux monozygotes dont un seul serait appelé à devenir un enfant sauvage.
- H. P.
- A TRAVERS LES REVUES
- Dans le n° 4 (Tome V) de 1946 de la Revue suisse de Psychologie, G. Revesz examine les rapports des aptitudes mathématique et musicale, la parenté admise, et qu’il fait dériver d’une tradition erronée de l’antiquité (où la musique apparaissait comme une science des nombres), s’étant montrée illusoire d’après les résultats d’une enquête poursuivie chez 367 intellectuels (mathématiciens, physb ciens, médecins et écrivains).
- En supplément à cette Revue, le directeur Morgenthaler. a entre-, pris la publication de fascicules consacrés à des travaux sur le Rorschach, et dont le premier vient de paraître avec le titre de Rorschachiana.
- Dans le fascicule 2 du. Volume VII (avril-juin 1946) de VArchivio di Psicologia, Neurologia e Psichiatria, Mme Baumgarten-Tramer consacre u.n exposé critique au. test de Rorschach, signalant que, pour beaucoup de psychiatres, il est « le test », par ignorance de tout l’ensemble des tests élaborés par la psychotechnique et concluant par un appel en faveur d’un rapprochement de la psychiatrie avec la psychotechnique.
- Dans. VEgyptian Journal of Psychology (II, 2, Octobre 1946), en dehors des articles arabes, on peut relever un article de Paul Fraisse sur les orientations actuelles de la psychologie française, et une mise au point succincte de Cyril Burt sur l’« assessment » de la personnalité (données de l’analyse factorielle, applications, pratiques dans la pédagogie, traitement des déviations, détermination des névroses), où il est rappelé que c’est en 1914 que le London County Council inaugura les consultations pour cas difficiles e.n chargeant officiellement de cette tâche un psychologue scolaire en une « child guidance clinic ».
- Le n.° du 14 octobre 1946 de la Semaine des Hôpitaux de Pjaris a été consacré aux méthodes statistiques appliquées, à la médecine et à l’hygiène, sous, la direction de l’Institut de Statistique et de fins-
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- tiLut d’Hygiène ; on. y trouve trois articles, de P.. R.. Bize sur les stgtistiqu.es relatives, à la traumatologie dans l’industrie, avec examen des facteurs intervenant dans, la production des accidents du travail, de la. définition des accidents et de la classification, générale des causes. ; de J. Dublineau sur des indications, statistiques en médecine mentale, envisagées dans l’esprit de la technique statistique moderne ; et de P. Joannon sur statistique et progrès sanitaires, relatant l’organisation, faite en 1946 d’un cours de statisilque pour les médecins et le projet d’organisation d’un centre médicosocial d’études statistiques.
- Dans la Revue Médicale Française (n° de février 1946) P. R. Bize a consacré une étude à la « malhabileté » manuelle, dont les causes peuvent être d’ordre intellectuel par débilité mentale étendue à la motricité, d’ordre neurologique, et enfin d’ordre affectif pour certaines, dyskinésies, troubles les plu.s. fréquents, (nervosisme, instabilité, viscosité, rêvasserie, apathie, incapacité, d’observation, schizoïdie).
- INFORMATIONS
- Le 3 décembre 1946 la Section industrielle de la Dritish Psycho-logical Society a entendu un exposé du Directeur du National Ins-titute of Industrial Psychology, C. B. Frisby, sur les recherches relatives à l’apprentissage du vol en avion ; la mesure du tempérament avait été le sujet traité par H. Himmelweit à la séance du 3 novembre.
- * . *
- * *
- Il a été constitué par la Direction de l’Education professionnelle une Commission d'unification des méthodes de sélection psychotechnique dans l’Aéronautique.
- i *
- sk *
- Dans une série de conférences organisées par le Comité national de l'Enfance, le Dr Bize a parlé, le 8 janvier 1947, de l’apprentissage et de l’orientation professionnelle, et le Dr Heuyer, de l’enfance déficiente le 22 janvier.
- ! *
- * *
- La Faculté des Lettres de l’Université de Paris est maintenant en mesure de délivrer une licence libre de psychologie avec ces quatre certificats d’études supérieures : le certificat de psychologie générale, celui de Psychologie de l'Enfant et pédagogie (nouveau titre fixé par arrêté du 11 octobre 1946), le nouveau certificat (arrêté du 11 décembre 1946) de Psychologie de la vie sociale (comprenant la psychologie appliquée) et enfin le certificat, délivré par la Faculté des Sciences, de Psychophysiologie.
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- Psychologie et pédagogie expérimentale en Hongrie'1*
- L’Institut de psychologie de la Municipalité de Budapest, qui fait partie de l’Institut des Sciences de l’éducation, poursuit ses travaux suivant les attributions de ses. trois, sections : La section de pédagogie s’occupe du problème des sociétés d’enfants ; notamment de la formation des groupements spontanés à partir de l’âge préscolaire jusqu’à la puberté,. La section d’orientation professionnelle procède à des examens d’aptitude professionnelle, en particulier chez les adolescents de 14 ans. Au cours de l’annce 1946, elle a examiné 785 cas.. La section de recherches diagnostiques étudie surtout l’application du. test de Rorschach dès l’âge de 3 ans. Enfin, dans le cadre du même Institut, une école expérimentale va être ouverte à Budapest où seront appliquées la méthode Decroly et celle de l’école familiale de Mme Nemes.
- LA VIE DES CENTRES D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- SÉLECTION DANS L’INDUSTRIE TEXTILE
- Examen de bobineuses et de doubleuses par Maurice MAILLARD
- Directeur du Centre Départemental d’Orientation Professionnelle de Caen
- Le travail dont on trouvera, l’exposé ci-dessous a été entrepris à la demande de M. P. L’Honneur, directeur des Etablissements L’Honneur père et fils, à Caen.. Cette maison fabrique des filets en tous genres.. Les. filets à provisions, les filets garde-jupe pour bicyclette, les filets de ping-pong et pour les différents jeux, les hamacs, les filets pour la chasse constituent les principales spécialités de la maison.
- Les matières premières employées sont principalement la rayonne et le coton, et accessoirement le lin, le chanvre, le jute et le fil papier. Elles sont reçues en. fil simple, venant directement de filature (rayonne en cc gâteaux », coton en tubes de filature). La maison fa.it elle-même le doublage, le retordage, le cablage, le dévidage, le bobinage, le tressage, la teinture et l’apprêt avant d’entreprendre la fabrication du filet, proprement dit ; celle-ci se fait mécaniquement à l’atelier et à la. main à domicile.
- Le personnel est presque entièrement féminin ; il était peu nombreux au moment où nous avons commencé notre travail du. fait de la réinstallation sommaire de l’entreprise après la destruction quasi totale des ateliers, et des machines par les bombardements, de la
- (1) Extrait du Bulletin du Bureau International d’Education de Genève. XX' année, 3' trimestre 1946, N° 80.
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- bataille de Caen en juin 1944. Mais la remise en rou.te se faisait progressivement, M. L'Honneur nous avait demandé notre concours pour le recrutement de nouvelles ouvrières.. Il avait constaté que beaucoup d’ouvrières embauchées au. hasard ou sur recommandations devaient être remerciées au. bout de périodes allant de trois à s.ix semaines, car elles ne pouvaient arriver à s’adapter au. travail et n’obtenaient que des. rendements dérisoires.
- Le travail apparaît, assez simple. Il s’effectue debout devant des machines multiples que l’ouvrière a surtout à approvisionner et à surveiller pour en éviter l’arrêt. Le travail ne varie guère d’une machine à, l’autre, qu’il s’agisse de doubleuses, de bobineuses, de retordeuses, de dévideuses, de tresseuses ou d’ouvrières conduisant les. machines à fabriquer le filet. Une seule ouvrière surveille plusieurs bobines de fil en cours, de bobinage ou. de doublage. La machine, le plus souvent, s’arrête d’elle-même si le fil casse. L’ouvrière doit alors renouer les. bouts et remettre la machine en route le plus vite possible. Pour d’autres machines ne possédant pas de casse-fil, elle doit surveiller simultanément les bobines donnant le fil pour provoquer l’arrêt de la machine en cas de rupture ou. de fin de bobine, et examiner le travail résultant pour éviter des malfaçons dues à des causes diverses.
- Il s’agit donc d’un travail simple (manœuvres spécialisées) et justiciable d’un apprentissage rapide pour les sujets, aptes.
- i *
- • * *
- L’étude du travail poursuivie sur place et les conversations que nous, avions eu.es avec M. L’Honneur et le personnel de maîtrise nous avaient permis de penser qu.e le travail nécessitait les. aptitudes suivantes a priori :
- I. — Aptitudes physiques
- Taille. — Sans, grande importance, mais de préférence moyenne, les ouvrières tiès grandes ou très petites éprouvant plus de peine à travailler sur des machines construites pour des individus de taille moyenne.
- Force. — Sans importance. Toutefois, si le travail ne demande pas de force, il nécessite u.ne certaine résistance à la fatigue, par conséquent un bon état général.
- Acuité visuelle. — Moyenne avec possibilité, d’utiliser des verres correcteurs.
- Vision chromatique. — Normale (travail sur des fils colorés).
- Moiteur des mains. — A éviter (maniement de fils très ténus et contact avec des pièces métalliques susceptibles de rouiller.
- Voies respiratoires. — En bon. état, l’atmos.phère de l’atelier contient nécessairement en suspension des poussières de fibres, textiles qui ne sont pas. toxiques, mais qu.i, introduites à l’intérieur des alvéoles pulmonaires y demeurent, et constituent une sorte de feu.-tr.e qui gêne la respiration..
- Absence de toute contre-indication générale pour les métiers debout. Donc pas de varices, pied plat douloureux, hernies, etc...
- Ces aptitudes physiques peuvent être décelées par un examen médical courant complété lorsqu’il apparaît nécessaire, par un examen radioscopique.
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- - Aptitudes manuelles et aptitudes psychologiques
- Habileté manuelle. Le poignet doit être souple, les doigts déliés, il est nécessaire que les. deux mains puissent être employées.. Rapidité de mouvement.
- Précision du mouvement.
- Acquisition d’un automatisme.
- Compréhension technique simple.
- Attention dispersée.
- Pour la détermination de ces aptitudes, nous avions pensé, pouvoir utiliser les tests suivants dont nous indiquons, ci-dessous le mode de notation.
- 1° Disques de Wahher : Epreuve consistant à transporter d’une planchette sur une autre une série de jetons, d’abord de la main droite, puis de la main gauche, puis des deux mains à la fois. Comme nous désirions donner une importance au. travail des deux mains associées, nous avions décidé, d’adopter la notation suivante :
- Temps main droite + Temps, main gau.che m ,
- ---------------- + Temps des deux mains
- 2° Tapping. Nombre de frappes en 30 secondes.
- 3° Rondelles de Piorkowski.
- Nous avions, prévu, pour cette épreuve deux classements :
- a) Compréhension (temps, mis à comprendre la disposition des rondelles et des tiges et à enfiler un rondelle.
- b) Dextérité. Temps, après explication à enfiler les 15 rondelles sur l’appareil.
- 4° Epreuve théorique de compréhension mécanique d’après la fiche d’aptitudes techniques de Piéron. Sur une feuille représentant qua.tre groupes de trois rou..es qui s’engrènent, le sujet doit indiquer le nombre de tours fait par la roue entra.inée quand la. roue motrice fait un tour. Il doit de plu.s indiquer par une flèche le sens de rotation des. différentes roues. Le tes.t comporte 12 réponses. Un point est attribué, par. réponse correcte.
- 5° Dextérimètre à translation de rondelles enfilées de Mme Piéron dit « Souricière ». Deux classements étaient prévus pour l’épreuve.
- a) Temps brut d’exécution de l’épreuve (aller et retour).
- b) Apprentissage ainsi calculé. :
- A' + A"
- A' étant le rapport \ des deux mesures :
- Temps pour la translation des deux premiers groupes Temps pour la translation des deux premiers groupes dans, la partie aller de la translation A" étant le même rapport pour la. partie retour.
- 6° Montage d’objets : Les. objets suivants, extraits de la boîte de Stenquist (verrou, simple, targette à ressort, pince à linge, tournevis, robinet à gaz, chaînette) sont présentés au. sujet qu.i doit les remonter.. On note le nombre d’opérations, réussies.
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- 7° Dessin à suivre. Le sujet doit sans lever le crayon, tracer un trait continu entre deux lignes brisées fermées dont l’écartement est variable.
- 8° Epreuve d'attention dispersée. L’épreuve consiste en, un barrage de lettres d’un texte sans, intérêt intrinsèque pour l’ouvrière (inlerview du Professeur Piéron). En même temps qu’il dc.it barrer les lettres e et n le sujet doit examiner trois cartes, postales placées devant lui sur lesquelles des questions lui sont posées après l’épreuve.
- Le barrage dure 7 minutes. La première est considérée comme apprentissage et n’entre pas en ligne de compte.
- La correction pour le barrage se fait suivant la formule :
- , , . , , omissions ,
- Signes, barres justes — ( erreurs + ---------------)
- Au total des. points obtenus dans les 6 minutes, considérées s’ajoutent 10 points par réponse, correcte à chacune des dix questions pc.s.ées sur. les cartes postales examinées.
- i *
- * *
- Nous avions à examiner 22 ouvrières dont la valeur professionnelle était bien connue et devait permettre un classement aussi certain que possible.
- Les épreuves ont été prises au sérieux par la plupart, des ouvrières. et exécutées avec conscience : nous les avions prévenues qu’il s’agissait seulement, d’une expérience dont le résultat ne devait rien changer à leur situation à l’atelier. Cependant, pour certaines épreuves, particulièrement au. début de l’examen, alors que régnait une certaine méfiance, et en fin d’après-midi., probablement à cause de la fatigue, des ouvrières ont fait montre de mauvaise humeur et ont travaillé volontairement sans application. Il faut remarquer qu’il n’est pas besoin pour elles d’examen psychotechnique et qu’elles savent que leur valeur professionnelle peut leur permettre l’expression même violente, de leurs sentiments.
- Nous, n’avons pas cru. devoir éliminer des calcu.ls. le cas de ces ouvrières, le nombre de nos. sujets étant déjà restreint. Toutefois il faut noter que leur élimination aurait, dans la plupart des. cas, fait augmenter le coefficient de corrélation, trouvé.
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- Le test du. dessin à suivre a été abandonné dès. le débu.t pour des raisons de difficultés matérielles (crayons de mauvaise qualité, table d’examen présentant des aspérités.)..
- Nous avons donc fait passer en. tout 7 épreuves donnant lieu à 9 classements. Voici quels sont les. résultats de ces. épreuves et les coefficients de corrélations obtenus avec le classement fourni par la direction d’après la valeur professionnelle dés ouvrières.
- 1. Disques de Walther 0,52 (Si. l’on élimine
- le cas d’une excellente ouvrière qpi a travaillé avec une lenteur voulue et avoué.© 0,65
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- 2. Tapping 0,27
- 3. Ropdelles de Piorkowski : Compréhension 0,20
- 4. Rondelles de Piorkowski : Dextérité 0,65
- 5. Compréhension mécanique 0,30
- 6. Souricière : Temps brut d’exécution 0,66
- 7. Souricière : Apprentissage 0,14
- 8° Montage d’objets 0,24
- 9° Attention dispersée 0,54
- Tous les coefficients de corrélations sont positifs sauf celui de l’épreuve par laquelle nous avions cru pouvoir mesurer l’apprentissage, qui présente une corrélation négative d’ailleurs faible.
- Il n’y a rien de surprenant si nous examinons les résultats de près, en effet, nous, constatons que les bonnes ouvrières réussissent dès. le début, à la. souricière, des temps relativement courts qu’il leur est difficile d’améliorer dans les mêmes proportions que les mauvaises, qui pour un résultat final inférieur ont amélioré leur temps encore plus mauvais du début de l’épreuve. Il faudra donc rechercher un. moyen de mesurer l’apprentissage qui n’avantage pas les moins, habiles. L’erreur à craindre sur des corrélations établies pour 22 sujets étant évidemment importante, nous, n’avons, retenu pour établir un classement général que les 4 tests donnant un coefficient supérieur à 0,50 soit les épreuves suivantes :
- Disques de Walther Cor. 0,52 Ef.P. 0,10'
- Piorkowski (dextérité) Cor. 0,65 E.P. 0,08
- Souricière (rapidité) Cor. 0,66 E.P. 0,08
- Attention dispersée Cor. 0,54 E.P. 0,10
- Pour obtenir un classement général, nous additionnons les places obtenues dans, chacune des épreuves et nous, donnons la première place au classement général au. sujet obtenant le plus fa.ible total.
- Le classement ainsi obtenu est très voisin du classement professionnel. La corrélation es.t d’ailleurs, de 0,80 avec une erreur à craindre de 0,06.
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- Les tests à utiliser étant ainsi établis, nous les avons employés pour la sélection à l’embauche. Chaque ouvrière demandant à être engagée subit la batterie retenue, et le plus, souvent, à titre de renseignement supplémentaire le tapping et l’épreuve de compréhension mécanique.
- Nous établissons pour chaque candidate une fiche donnant les résultats sous forme de profil.. Nous y ajoutons, les observations que nous avons faites sur le comportement au cours de l’examen (la. souricière nous paraissant être à ce sujet un test particulièrement précieux) et. ce qu’a pu nous apprendre l’entretien qu.e nous avons eu avec la candidate, ainsi que les résultats de la visite médicale quand il y a contre-indication ou. nécessité d’affecter l’intéressée à une forme particulière de travail..
- Sur le vu du profil et des observations, la maison engage ou refuse la candidate. Il va de soi que, pour les candidates refusées, nous donnons un conseil quant au genre de travail qui pourrait leur convenir et nous nous efforçons de leur faciliter la recherche d’une place.
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- De septembre 1945 à octobre 1946 nous, avons examiné. 71 candidates à l’embauche, 39 ont été. acceptées. Aucune des candidates prises après examen n’a été. remerciée pour insuffisance professionnelle, alors que la difficulté, devant laquelle se trouvait la Maison L’Honneur lorsqu’elle fit appel à nous, était justement le fait que 50 °/„ des ouvrières embauchées devaient être congédiées, dans les premières semaines. Les résultats sont donc extrêmement probants.
- Le travail que nous, venons d’exposer n’a rien en soi de remarquable, mais nous pensons qu’il montre les résultats que l’on peut atteindre, même sur une petite échelle, avec un matériel réduit, si l’on veut bien appliquer les méthodes psychotechniques à la fois avec précision et prudence.
- Enquête sur les enfants arriérés et retardés (1) par M. HENRY .
- En ce qui concerne les arriérés.
- La. qualification même d’arriéré, est difficile à établir ; un maître à lui seul en a., à ce qu’il écrit, une collection, impressionnante.
- En ce qui concerne les retardés.
- Une discrimination nette des causes du retard est absolument impossible à faire. Pour pouvoir classer ces causes., on a essayé de les faire entrer dans le tableau suivant :
- a) Inscription tardive à l'école ;
- b) Mauvaise fréquentation (maladies, négligence des parents, etc.).
- c) Troubles du caractère (une fiche explicative a été envoyée à chaque maître) ;
- d) Troubles mentaux caractérisés.
- Il a été. impossible de partager les causes du. retard en. s’en tenant à ces quatre catégories et le tableau a été assoupli.
- On a fait d’abord le départ entre retardés et arriérés.
- Les retardés, ont été eux-mêmes classés ainsi :
- a) retards, imputables : à l’inscription tardive ;
- b) à la. mauvaise fréquentation ;
- c) à u.n manque d’intelligence ;
- d) pour les enfants, d’une intelligeft.ee
- au. moins moyenne : à la paresse, la mollesse, le manque de goût pour l’étude..
- e) aux troubles, de caractère.
- Mais, le retard d’un enfant tient le plus souvent à plusieurs causes, un même enfant peut devoir son retard à la fois à ce qu’il! a été inscrit tardivement, à. ce qu’il a. mal fréquenté, à ce qu’il est peu intelligent, à ce qu’il est paresseux.
- (1) Procèsi-verbal de la réunion de la Section pédagogique de la Commission d’études du Centre départemental d’Orientation Professionnelle de la Sarthe, en date du 7 septembre 1944.
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- Les Maîtres ont signalé les. causes, dominantes, ce qui a permis d'établir des pourcentages approximatifs qui n’ont qu’une valeur indicative mais qui mettent en lumière tout de même, les causes des retards, et leur importance ; connaissant mieux le mal, il est peut être possible d’envisager quelques remèdes.
- Cette enquête ne présente évidemment désirables.
- Elle n’englobe pas tous, les retardés ; elle devait, porter, sur les retardés d’au moins deux ans ; certains, maîtres ont compris retardés de plus de deux ans. ,
- Pas de renseignements, également sur les élèves réfugiés, mal con-, nus, ou des renseignements ont été donnés qui ne s’appliquent pas aux élèves signalés comme étant en retard.
- Des maîtres ont été embarrassés par les termes « troubles mentaux caractérisés » et n’ont pas su quels élèves inscrire dans cette catégorie.
- L’enquête aura, cependant, été utile à titre d’expérience. Si elle est étendue l’année prochaine à tout le département il sera possible de donner aux Maîtres, les indications qui leur ont manqué et d’obtenir ainsi des renseignements plus solides.
- restrictions étant faites, voici
- renseignements
- pour tout le département
- Toutei apportés :
- L’enquête a porté sur les 33 cantons du département, dans 505 écoles.
- 199 écoles de garçons.
- 213 écoles de filles 93 écoles, mixtes au total sur 33.002 élèves 16.745 garçons 16.257 filles
- L’enquête g révélé 5.178 retardés et 121 arriérés irrééducables.
- Parmi les garçons, il a. été relevé 18,23 % de retardés et 0,43 °/0 d’arriérés..
- Parmi les. filles, il a, été. relevé 13,07 °/0 de retardées et 0,29 °/0 d’arriérées.
- Soit une moyenne générale (garçons et filles) :
- de 15,68 °/„ de retardés de 0,36 0/o d’arriérés
- Les 121 arriérés représentent 0,24 0/o de l’effectif scolaire, pourcentage peu. élevé. Mais de gros centres, ceux du Mans en particulier, n’ont pas. fourni de renseignements, ce qui amènera une élévation de ce pourcentage.
- La connaissance du nombre d’arriérés sera peut être susceptible d’amener la création, de classes spéciales dans, de gros centres.
- On a signalé, des arriérés : enfants d’alcooliques ; issus de mariages, consangins successifs ; héritant de la tare de leur père ou. mère ; venant de l’Assistance Publique.
- Pour ces. derniers, peut être devrait-il y avoir obligation de leur faire suivre des écoles de rééducation.
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- En ce qui concerne les retardés : 15,68 % de l’effectif, les diverses causes en sont les. suivantes :
- a) Inscriptions tardives. Elles proviennent :
- De la maladie,
- De la négligence des parents n’attachant pas d’importance à l’instruction,
- De la. longueur du chemin pour venir à l’école,
- Des enfants, de l’Assistance publique qui sont inscrits très tard (il serait sans doute possible d’agir impérativement sur les parents nourriciers),
- b) Fréquentation irrégulière. Elle est due :
- A la maladie (45 % environ des manquements) on signale des enfants sous-alimentés,
- A la négligence des parents, qui gardent leurs, enfants pour les aider, à la longueur du chemin,
- Au manque de vêtements et de chaussures,
- Aux nombreux changements, d’écoles.
- On signale une fréquentation mauvaise dans nombre de familles nombreuses.
- c) Intelligence déficiente : 40 % environ des retardés.
- d) Enfants non dépourvus d’intelligence, mais paresseux, n’ayant pas de goût pour l’étude (1 à 3 % en moyenne du. nombre des retardés).
- e) Troubles du caractère (4 à 6 %).
- Etant donné les résultats, intéressants de cette enquête, la Commission décide de procéder en mars prochain à une enquête définitive dans toutes les. écoles du département..
- CAUSERIES BIBLIOGRAPHIQUES
- J. Riffin. — Industrial psychologij.
- Cet ouvrage publié en 1944 reproduit un cours de psychologie industrielle professé pendant la guerre au War Département (1). C’est donc un tour d’horizon assez complet des. questions soulevées par l’introduction de la psychologie dans, l’industrie, et des problèmes qu’elle peut chercher à résoudre.
- Les tests, utilisés habituellement dans les. entreprises, la formation professionnelle, la vision, la fatigue et les conditions de travail, les notations des employés, par les. chefs, les essais professionnels, les accidents du. travail, l’influence du moral sur l’efficience, sont étudiés dans un esprit qui montre une large compréhension des problèmes. industriels.
- On peut parfois, s’étonner de constater que certaines améliorations peu. importantes soient citées comme des succès ; mais on doit par contre reconnaître que les Américains semblent utiliser de façon
- (1) Ou peut se procurer cet ouvrage, en prêt aux Services Américains d’information, 20, nie Duphot, Paris.
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- absolument courante des méthodes de travail que nous connaissons mais que nous n’avons guère la possibilité, ou le souci d’appliquer systématique m e n t.
- Un style simple et clair et de nombreux détails pratiques font de cet ouvrage un véritable manuel qui ne peut manquer d’intéresser tous ceux qui s’occupent de psychologie industrielle..
- N. Xydias.
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- René Binois. —Lç. Psychologie appliquée. In-16 de 128 pages (Que Sa.is-je), Paris, Presses Universitaires, 1946.
- Dans l’excellente collection de petits manuels que les Presses Universitaires poursuivent à un rythme rapide, la psychologie appliquée a été confiée au Dr René Binois, qui, psychologue et psychiatre, a acquis en. ce domaine une compétence personnelle notable, en particulier dans le service psychotechnique de l’Armée.
- Son livre se divise en. 4 parties, les méthodes, aptitudes et personnalité, vin professionnelle et conduites, sociales.
- Il a. laiss.é de côté le domaine de la psychotérapie, n’a fait qu.’in-diquer celui de la psychopédagogie, ainsi que les applications judiciaires et militaires, obligé de se restreindre dans le cadre réduit de l.a -collection.
- Il a relativement développé les notions essentielles de méthodologie, consacré un exposé, critique aux problèmes fondamentaux des aptitudes, du. caractère, et de la structure de la personnalité.
- Dans, le cadre de vie professionnelle, il a. envisagé successivement l’adaptation de l’homme au milieu, et du. métier' à l’homme.
- Le public pourra, grâce à ce livre, prendre une vue exacte de ce qu’est, en son état actuel, la psychologie appliquée, de ses. possibilités. et de ses limites
- Quelques négligences d’impression devraient être corrigées (Muns-terberger, pour. Münsterberg, Standford peur Stanford, par exemple).
- Sur le fond, je regrette, pour ma part, que le mot d’aptitude ait été utilisé dans un sens complexe générateur de confusion (en incluant des notions d’efficience, de rendement, d’acquisition, de perfectionnement), au lieu, de distinguer la capacité, qu’on observe et qu’on mes are, et l’aptitude comme facteur constitutionnel intervenant dans la capacité à côté des autres facteurs efficaces.
- H. P.
- NÉCROLOGIE
- Dr Edouard TOULOUSE
- (10 décembre 1865 — 19 janvier 1947)
- C’est en pleine vigueur intellectuelle qu’a été emporté par une affection fatale le Dr Toulouse, cet étonnant animateur dont le rôle a été considérable pour le développement en France de la psychologie appliquée, qu’il voyait en relation étroite avec la psychiatrie.
- Arrivé très jeune comme médecin chef des asiles de la Seine, il entra dans un des services de femmes de l’Asile de Villejuif le
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- 1er janvier 1898, à 32 ans, et immédiatement il tint à y organiser des laboratoires : son interne Marchand y commença ses recherches histologiques, qu’il n’a jamais depuis lors cessé de poursuivre ; et Nicolas Vaschide, jeune roumain d’esprit brillant, rechercha, à son instigation, des méthodes d’examen psychologique. En 1900 il m’accueillit également dans son service, et, obtenant la création d’un Laboratoire de Psychologie expérimentale de l’Ecole pratique des Hautes Etudes, il nous fit nommer, Vaschide et moi-même, comme ses assistants, pour assurer l’élaboration de la Technique de Psychologie expérimentale, dont la première édition parut en 1904. J.-M. Lahy, à son tour, trouva dans le laboratoire de Villejuif des moyens de travail, s’orientant d’emblée dans le sens des applications industrielles, et, quand je fus nommé maître de conférences, il me succéda comme assistant de Toulouse, qui ne cessait pas de faire effort pour développer, dans son souci de progrès social et de rationalisation humaine, les applications psychotechniques.
- Esprit clair et ordonné, excellent écrivain, Ed. Toulouse sut, dans ses articles de journaux, toucher un très large public qu’il passionnait souvent, et ses campagnes de presse lui ouvrirent de nombreuses portes, qui facilitèrent son œuvre. La ligue d’hygiène mentale qu’il créa, l’aida aussi à saisir l’opinion de ses projets et à gagner à sa cause des parlementaires et conseillers généraux. Il put ainsi créer son magnifique service de prophylaxie mentale à l’Hôpital Henri Rousselle, avec tout un ensemble de laboratoires bien équipés, dirigés par Laugier, Lahy (pour la psychologie appliquée) Simonnet, Delaville, laboratoires qui constituèrent un Institut de l’Ecole pratique des Hautes Etudes.
- Soucieux avant tout de voir se réaliser ses idées, il s’effaçait très vite quand les choses étaient en bonne voie. Il créa ainsi la Société de Sexologie, la Société de Biotypologie.
- Rappelons encore la collection parue chez Doin comme Bibliothèque de Psychologie, qui s’intégra dans l'Encyclopédie Scientifique dont les difficultés économiques, après la première guerre mondiale, empêchèrent l’achèvement, la revue Demain qui parut pendant quelques années après que Toulouse eut quitté la direction de la Revue Scientifique.
- Enfin, en dehors de ses travaux psychiatriques, et de ses recueils d’articles généraux, Ed. Toulouse publia sur Emile Zola et Henri Poincaré deux monographies qu’il avait établies dans le cadre de son enquête médico-psychologique sur le Génie.
- Personnellement, j’ai pu, au cours d’une longue amitié, apprécier son caractère éminemment désintéressé, profondément loyal, et d’une franchise absolue.
- Dans son idéalisme clairvoyant, il a maintenu son souci d’action sociale, qui ne s’est jamais démenti, et, la veille de sa mort, il faisait encore des projets, en dépit de ses souffrances, stoïquement supportées.
- H. Piéron)
- AGEN. — IMPRIMERIE MODERNE, 43, RUE VOLTAIRE
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- SERVICES DE LPINSTITUT
- Tél. Odéon 52-46
- SECRÉTARIAT GÉNÉRAL ET CENTRE DE DOCUMENTATION Chef de Service : Mllc G. Chauffard.
- CENTRE D'ORIENTATION PROFESSIONNELLE Chef de Service : Mlle Nepveu.
- CENTRE DE RECHERCHE DES TESTS Chef de Service : Mme Henri Piéron.
- i' *A
- * *
- Le Secrétariat et l’Office de Documentation sont ouverts chaque jour, non fériés, de 9 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures.
- La Secrétaire générale reçoit le lundi, de 14 h. 30 à 18 heures ; le jeudi de 14 h. 30 à 16 h. 30, et sur rendez-vous.
- La Bibliothèque est ouverte chaque jour, non férié, de 14 heures à 18 heures.
- - * * *
- Pour les consultations d’Orientation professionnelle, adresser une demande de rendez-vous au Chef du Centre d’Orientation Professionnelle. x
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- SOMMAIRE
- Pages
- I. — Henri Piéron : Tests de sélection en aviation militaire. Test
- de décision et test d’observation aérienne (suite)...... 65
- II. — M. Reuchlin : Les qualités d’un « bon test » d'après G. Pater-
- son (suite)................................................ 74
- III. — Notes et Documents : Vitesse et précision. — Le problème
- des enfants sauvages .................................... 82
- IV. — A travers les Revues........................................ 85
- V. — Informations................................................. 86
- VI. — La Vie des Centres d’O. P. ,....................... 87
- VII. — Causeries bibliographiques.................................. 94
- VIII. — Nécrologie............................................... 96
- Bulletin de l'Institut National d’Elnde du Travail et d'Orientation Professionnelle
- rédacteur en chef : Mme Henri PIÉRON secrétaire de la rédaction : M"' Irène LÉZINE
- LES ABONNEMENTS PARTENT DU 1er JANVIER
- 4BOIVIVEIUE\T :
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- Prix <lu numéro : 35 franc»
- Pour les anciens élèves de 1T. N. E. T. O. P. : 150 francs
- Prière d’adresser le montant des Abonnements au Compte Chèques postaux de l'Institid
- PARIS C/C 1444-79
- Pour tout ce qui intéresse le Bulletin adresser la correspondance à Mme Henri Piéron
- Les Abonnés nouveaux recevront les numéros de l’année déjà parus au reçu de „euv Abonnement
- Le Gérant : Paul Arjo.
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- Dépôt légal 1917. 2e trimestre. — N° d ordre 77.
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- 2e SÉRIE. — 3e ANNÉE
- N° 7-8
- JUILLET-AOUT 1947
- BULLETIN
- DE
- L’INSTITUT NATIONAL
- détude du travail
- ET
- d ORI ENTATION PROFESSIONNELLE
- REVUE MENSUELLE
- AU SIEGE DE L’INSTITUT
- 41, Rue Gay-Lussac, 41 PARIS
- TOUS DROITS RÉSERVÉS
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-
- CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MÉTIERS
- Institut National dfÉtude du Travail et d’Orientation Professionnelle
- DIRECTEUR DÉLÉGUÉ
- M. Henri Piéron, professeur au Collège de France, directeur de l’Institut de Psychologie de l’Université de Paris, président de la Section des Sciences Naturelles de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes.
- COMITÉ DIRECTEUR
- i ' (
- Le Directeur du Conservatoire National des Arts et Métiers.
- Le Directeur délégué.
- M. H. Laugier, secrétaire général adjoint de l’O.N.U.
- M. P Pouillot, inspecteur général honoraire du Travail.
- M. H. Wallon, professeur au Collège de France.
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- 2® Série. 3* Année
- N» 7-3
- Juillet-Août 1947
- Bulletin de l’Institut National D’ÉTUDE DU TRAVAIL
- et
- D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- ÉTUDE SUR LE COMPORTEMENT AU COURS DES TESTS
- par
- Colette CHAUFFARD
- On a parfois voulu opposer en orientation et en sélection professionnelle deux écoles : l'une n’,accorderait de valeur qu’à la-mesure, l’autre qu’aux observations cliniques. En fait, psychologues et praticiens éprouvés sont généralement d’accord pour penser que la mesure doit être employée dans tous les domaines où l’on possède des instruments exacts, mais étant donné.les résultats actuels acquis en psych.ométrie, il semble que l’on doive dans certains domaines, en particulier dans celui du caractère, suppléer au manque d’instruments de mesure par l’observation du- comportement au cours des lests, par l’entretien, par des enquêtes sur le sujet dans son milieu familial, scolaire, professionnel, c’est-à-dire par des méthodes dans lesquelles la valeur du clinicien entre pour une large part.
- Il est remarquable de constater que chacun ou presque se croit « bon psychologue » capable de juger'infailliblement autrui. Nous nous sommes alors posés, après bien d’autres, le problème suivant:
- 1° Si chacun juge correctement les traits de comportement d’un sujet, plusieurs observateurs porteront le même jugement sur un sujet donné ;
- 2° 11 semble légitime de penser que les traits de comportement comme les caractéristiques biologiques en général doivent se répartir suivant une distribution gaussienne ; dans ce cas chaque observateur devra obtenir une telle distribution lorsqu’il aura jugé un nombre suffisant de sujets.
- Il est généralement admis qu’un observateur obtiendra des renseignements d’autant plus nombreux et d’autant plus intéressants d’une épreuve qu’il la connaîtra mieux, c’est-à-dire qu’il l’aura plus longuement pratiquée. Nous croyons ce point de vue tout à
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- 1 il
- fait juste et l’avons personnellement bien, souvent vérifié. L’observateur qui connait bien une épreuve, sait d’avance « ce qu’elle donne » les caractéristiques qu’elle permet de mettre en évidence ; le fait d’avoir vu de très nombreux sujets travaillant à la même épreuve permet de les comparer plus facilement, d’avoir des points de repère.
- Nous appuyant sur ces quelques remarques, nous avons choisi neuf tests individuels, parmi ceux qui sont couramment appliqués dans les consultations d’Orientation Professionnelle et en particulier à la consultation de l’I.N.E.T.O.P. : Planches de Minnesotta, Wiggly-Block, Montage d’objets, Pointage, Porteus, Cubes de Kolis, Tourneur, Rondelles de Piorkowski, Heuyer-Baille. Pour chacune de ces épreuves, nous avons noté les traits de comportement qu’ils permettaient d’établir, nous en avons proposé une définition què nous, avons soumise à la critique de plusieurs praticiens, puis nous avons établi pour chaque épreuve une fiche du type de celle reproduite ci-contre pour le Wiggly-Block.
- I N O P
- WIGGLY-BLOCK
- Nom du sujet :
- Opérateur :
- Date : ...................................................
- A + 4% A 24 Vo B 44 % C 24 % C — 4 °/0
- 2. Méthode..................
- 3. Perfectibilité de la méthode 5. Aisance des gestes des
- membres supérieurs .
- II). Conscience.............
- 11. Persévérance.............
- 12. Ardeur au travail......
- 13. Emotivité en général.. .
- 13b Emotivité à la difficulté
- intellectuelle.....
- 8 bis Régularité d’effort. . .
- 14. Docilité...............
- 15. Vitesse - Précision ....
- 17. Extériorisation des sentiments .. . ..........
- 20. Confiance en soi........
- L’observateur doit mettre une croix dans la colonne qui correspond à l’intensité avec laquelle le sujet considéré possède la caractéristique donnée ;
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- — la colonne A + correspondant aux sujets possédant la carac-
- téristique à un point très élevé ;
- — la colonne A à ceux la possédant à un point élevé ;
- — la colonne B à ceux la possédant à un point moyennement
- élevé ;
- — la colonne C à un point peu élevé ;
- — la colonne C— a un point très peu élevé.
- Pour faciliter la notation et' s’assurer que les colonnes correspondent bien pour chaque observateur au même degré de la qualité, nous avons établi des définitions intermédiaires de chaque qualité correspondant aux-colonnes A+, A, B, C, G—; toutefois, il est à remarquer que rétablissement de ces définitions est très difficile et prête à une critique facile, nous les publions cependant (tableau 1) car il nous a semblé qu’elles aidaient l’observateur dans son travail. 11 reste cependant bien admis que l'on ne doit pas être esclave de ces définitions qui ne doivent servir qtre de points de repère et que l’élément essentiel est la préoccupation de comparer le sujet observé au groupe des sujets auxquels il appartient et d’avoir toujours, à l’esprit les pourcentages des colonnes qui représentent en gros une courbe normale. En somme nous avons voulu essayer de maintenir le point de vue de l'étalonnage qui permet lorsqu’on examine un sujet de le comparer à son groupe dans, de bonnes conditions, quand toutefois l’échantillon qui a servi à établir l’étalonnage a été bien choisi. (1).
- Nous avons alors appliqué les tests de la façon suivante : un sujet subissait une épreuve, la consigne lui était donnée par un observateur qui notait le comportement du sujet sur une feuille du type de celle reproduite figure 1, trois autres observateurs assistaient à l’épreuve et notaient également le comportement sur des feuilles analogues.
- Nous tenons ici à remercier Mlle Nepveu, Mlle Chene et M. Bac-quet qui ont bien voulu observer les sujets avec nous et nous ont apporté dans l’établissement des définitions des traits de comportement une aide précieuse.
- Les observateurs ont fait un certain nombre d’essais à blanc avant de commencer l’expérience proprement dite, c’est-à-dire que pour une trentaine de tests, chaque cas a été discuté après application de l’épreuve, tant sur les résultats divergeants que pouvaient obtenir les observateurs que pour le choix définitif des points à observer pour chaque test.
- O) Cette étude sur le comportement s’intégre dans une série d’autres travaux sur la personnalité que nous poursuivons par ailleurs avec le Dr Bénassy et dans lesquels nous essayons de standardiser les résntats des appréciations subjectives pour permettre de les comparer d’un observateur à l'autre? —__—
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- Tableau I
- I. N. 0. P.
- H. Baille : 1, —
- Feuille Clef
- Minnesota : 3. — Piorkovvski : 4. — Pointage : 5. Tpurneur : 8. — Wiggly : 9
- A B
- — Porteus : 6. — Stenquist : 7
- V
- Intelligence
- la Attention 1-4-6-8.
- Très attentif.
- Ecoute bien.
- Ecoute à peu près. x Ecoute à peine.
- N’écoute pas, se précipite.
- lb Compréhension de A parfaitement com- Comprend bien, la consigne 1-4. pris.
- Comprend à peu Comprend à peine. N’a rien compris, près.
- 2 M^hode 2-3-6-9 .Construit dans son Trouve une bonne Avant de travailler Procède par essais et Se lance dans le tra
- (construction avant l’ac- esprit la meilleure méthode de travail trouve une méthode erreurs (ne réfléchit vail. Agit complète
- (sait réfléchir). imparfaite (réfléchit guère). ment au hasard (sans
- tion, d’un schéma de méthode de travail,
- travail).
- il’applique d’emblée (réfléchit avant de tra* vailler).
- un peu).
- réfléchir).
- 3 Perfectibilité de la Sans méthode au dé- Améliore très nette- .-Améliore un peu sa Aucun progrès, n’a- Non seulement ne méthode (au cours du part, arrive à la meil- ment sa méthode. méthode. méliore pas sa métho- fait aucun progrès
- t. imagine des perfec- leure. de. mais regresse au cours
- tionnements de son ac- ' - du travail
- tion) (ne pas tenir
- compte de la qualité de ’ v
- la méthode au départ)
- 3-9.
- Motricité Corps très souple, Souple, accompagne Un peu raide, s’as- Rakle. n’aocompa- Gestes saccadés dé-
- 4 Aisance de l’attitude bien équilibré, suivant assez bien ses gestes, souplit assez souvent. gne pas ses gestes. passant le but impul-
- ” — «. harmonieusement tous . sifs, lents où brus-
- les mouvements des qU€c
- membres.
- du corps. 5-8.
- 5 Aisance des gestes Gestes souples et ra- Gestes' souples, Gestes as*éz précis, Raideur du geste qui Gestes saccadés
- dé-
- des membres supérieurs pides, précis, écono- exacts, économes, ra- souvent inutiles, en est peu précis. Nom- passant le but. Impré-
- , <,oT,r> " mes, exactement mesu- pides. général assez rapides, breux gestes inutiles, cis. Lents ou brus
- rés.
- 1-3-8-7-9.
- gestes
- avec apparente rapi- ques. •dité.
- 6 Aisance des gestes Gestes souples et ra- Gestes souples, Gestes assez précis. Raideur du geste qui Gestes saccadés défies doigts 1-4-7 pides, précis, écono- exacts, économes, ra- souvent inutiles, en est peu précis. Nom- passant le but. Impré-
- l e ’ mes, exactement mesu- pides. général assez rapides, breux gestes inutiles, cis. Lents ou brus-
- r£S ’ avec apparente rapi- ques.
- idité.
- 7 Adaptation motrice. Peu adroit au dé- Gros progrès; le ges- Adroit ou non. pro- Gestes maladroits ou Aucun progrès, ges-Elément moteur de l’ap- but, parvient à une te semble de plus en gresse nettement au non, se perfectionne un tes maladroits ou pré-
- nrentissage abstraction aisance parfaite. plus facile à mesure cours du travail. peu au cours du tra- cis restant sans chan-
- faite de^ l’aspect qua- que le travail progrès- vail. gement, quelquefois
- lité 1-4-8. se- regresse.
- 8 Fluctuation de l’adaptation. 18.
- Le rendement garde Légères et rares bais- Quelques variations Plusieurs variations Très nombreuses va-
- même caractère, pas ses de rendement. de rendement à peu de rendement, de du- dations du rythme du
- forcément bon au près égales peu, m&r-, rée inégale. travail qui est très
- cours du travail. quées. inégal et heurté.
- 9 Anomalies motrices surtout, tremblement (accessoirement synei-nésies-gestes figés.
- Inexistants.
- A peine visibles. Peu marquées, ne Marquée pouvant gê- Très intenses, ren-
- gênant pas le travail, ner le travail. dant le travail pres-
- que impossible.
- Caractère
- .10 Conscience 1-2-3-4-5-6-7-8-9 (aspect moral, désir de bien faire et non pas intérêt pr le tr. ou disposition naturelle).
- Il persévérance 12-3-4-6-6-7-9.
- Travaille très atten- Attentif. S’efforce de Assez attentif à son Peu attentif à son Travaille sans atten-
- tivement. bien faire. travail, un certain dé- travail, ne se soucie tion. Souhaite visible-
- sir de bien faire. guère de bien faire. ment en avoir bientôt
- fini. Aucun souci de la qualité du travail.
- Ne se laisser rebuter Essaie de vaincre les Essaie de vaincre les Se laisse facilement S’arrête et renonce à.
- par aucune difficulté, difficultés, ne se laisse difficultés d’un travail rebuter par la difficul- la moindre difficulté,
- poursuit son effort que peu influencer par qui l’intéresse. SI le té ou par l’inintérêt incapable de tout ef-
- avec une énergie vou- l’ennui d’un travail travail ne l’intéresse du travail, renonce fort suivi,
- lue même si le tra- peu intéressant. . pas, doit être stimulé, après quelques efforts, vail est inintéressant. ’
- 8 bis Régularité d’effort (sous l’aspect de l’effort moral, 2-S-6-7-9.
- Voir dans motricité, point 8.
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-
-
-
- A
- B
- C
- A +
- C —
- fiAqrdeur SU travail ^ Plait de lui-même Travaille volontiers Travaille avec au travail qu'il ac- et avec activité. activité modérée,
- compiit très activement et avec goût.
- une Mou. Le travail est Mou, indolent, sem-accepté avec résigna- ble paresseux, accom-tion. plit son travail à con-
- tre cœur, cherche des excuses pour ne rien faire.
- 13 Emotivité en géné- Ras ému du tout, ral.
- A. peine ému.
- Emotion, se calmant Emotion se calmant Emu d’un bout â rapidement. ‘ lentement. l’autre.
- 13a Emotivité à la difficulté motrice 1-5-7-4-8 2-3.
- Aucune émotion, la difficulté est abordée en se jouant.
- Légère émotion stimulant vigoureusement le sujet.
- A peine gêné, quefois stimulé l’émotion.
- quel- Gêné dans le travail Complètement inhibé par par l’émotion qui lui par la difficulté, fait voir la difficulté plus grande qu’elle n'est.
- 13 b Emotivité à la difficulté intellectuelle 2-3-6 9.
- Aucune émotion, la difficulté est abordée en se jouant.
- Légère émotion stimulant vigoureusement le sujet.
- peine gêné, quelquefois stimulé par l’émotion.
- Gêné dans le travail par l’émotion qui lui fait voir la difficulté plus grande qu’elle n’est.
- Complètement inhibé par la difficulté.
- 8
- 13c Enr fiv.té au bruit ‘N’est pas gêné par le bruit, ni dans son compt., ni dans son rendement.
- A peine ému par le Légère émotion, bruit, pas d’influence sur le travail.
- Gêné par le bruit, Bouleversé par le son rendement s’en res- bruit qui lui fait per-sent nettement. dre la tête.
- I3d Emotivité à la machine (adaptation au rythme) 5.
- Pas ému du tout, le travail est fait avec indifférence ou intérêt.
- L’émotion traduit l’intérêt, le rendement ne s’en ressent pas.
- Peu ému par la machine.
- Emu par là' machine, s’adapte difficilement â son rythme.
- Très ému. incapable de s’adapter au rythme de la machi-
- 14 Tempérament
- (tendances générales) Docilité 1-3-4-5-6 7-8.
- La docilité exagérée frise l’indifférence et l’apathie.
- Très docile, suit bien et volontiers la consigne.
- Suit bien la consigne avec quelques tentatives pour s’en évader.
- Suit difficilement la consigne. Essaie toujours de faire à son idée.
- Rebelle, n’en veut faire qu’à sa tête. Dès que la consigne le gêne. proteste.
- 15 Vitesse précision. 1-3-5-6-7-8.
- Ne recherche visiblement que la rapidité, sacrifie constamment l’exactitude (téméraire).
- Recherche volontiers la. rapidité mais garde le souci de l’exactitude (hardi).
- Essai constamment de maintenir l’équilibre entre rapidité et exactitude ou bien fait prédominer l’une ou l’autre alternativement (sage).
- Recherche visible* ment l’exactitude mais garde ie souci de la rapidité (prudent).
- Ne recherche constamment qué l’exactitude. Sacrifie toujours la rapidité (timoré).
- 16 Tenue (aspect, vê- Très soigné, méticu- Soigné, propre, tements, figure, che- leusement propre, veux, mains).
- 17 Extériorisation des Ne manifeste aucun Cache de^son mieux sentiments (exclama- sentiment. Absolument ses sentiments, mais tions, paroles, rires, fermé. ne peut s’empêcher de
- grimaces, mouvements les laisser paraître,
- du corps) 1-2-3-4-5-6-7.
- Un peu négligé, pro- Négligé, à peine pro- Très négligé, sale, pre. pre.
- S'extériorise de temps Manifeste assez vive- Manifeste brifyam-en temps, mais tou- ment ses sentiments, ment et sans aucune jours avec modération, mais de temps en contrainte.
- temps et avec une certaine retenue.
- 18 'Gaîté, tous les Vif et gai d'allure. Plutôt gai. points.
- Ni gai. ni triste. Un peu triste. Triste et lent
- 19 Naturel, tous les Tout de suite à. son points. aïs®, aimable sans ef-
- . , fort.
- Assez naturel dès le « Comme il faut », début, plutôt aimable, devient plus naturel à mesure que le contact se prolonge.
- Un peu compassé, Cérémonieux, correct gêné. avec excès ou renfro-
- gné tout au long de l’examen.
- 20 Confiance en sol Absolument sûr de 1-2 3-4-5-6-7-8 9. lui-même, ne doute pas
- de son succès.
- Assez sûr de lui. Travaille avec une Travaille avec conflan- confiance modérée et ce dans le succès. avec des alternatives de confiance et de dou te.
- Doute visiblement de Aucune confiance en lui-même et de son soi. Se croit voué à succès. l’échec, aurait besoin
- d’encouragements constants.
- 21 Confiance dans les Est visiblement et Entre bientôt en con- N’acriüive qu’assez autres, tous les points, tput de suite en con- fiance, malgré quel- tard à la confiance fiance avec l’examina- ques réticences, teur.
- Reste un peu méfiant Visiblement méfiant, malgré quelques mani- le reste tout au long festations de conflan- de l’examen, ce.
- 22 Adaptation, tous les points.
- S’adapte facilement et tout de suite auj changements de tra vail, de personnes.
- S’adapte vite aux changements malgré quelques difficultés vite surmontées.
- D’abord gêné par les changements, les surmonte bientôt.
- Assez gêné par les changemenst mais arrive assez tardivement à les surmonter.
- Très gêné par les changements de travail ou de personne avec qui il est en contact.
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-
-
- — 104 —
- Pour l’expérience proprement dite, chaque observateur inscrivait ses notes de comportement sans discuter avec les autres observateurs et dès l5épreuve terminée, les feuilles d’observation de chaéun des quatre juges étaient relevées et. classées.
- Il a été ainsi appliqué à des adolescents (garçons) de 14 à Kl ans, 153 tests dont 100 Wiggly-Block, ce qui a permis de noter 1.943 points.
- Un premier dépouillement a été fait sous la forme suivante : il a été relevé le nombre de cas où tous les examinateurs étaient d’accord, où trois se trouvaient d'accord, deux et aucun. Voici les résultats en pourcentage :
- Tous d’accord : 31,04 °/o des cas ;
- Trois d’accord ; 43,90 °/o des cas ;
- Deux d’accord : 24,55 °/o des cas ;
- Aucun accord : 0,51 °/o des cas.
- Cette appréciation très grossière des résultats permet de constater que les cgs où les quatre observateurs ont chacun un avis différent sont rares (10 sur 1.943); dans ces cas les appréciations s’échelonnent donc de A+ à C ou de A à C—, soit pour une caractéristique quelconque les avis s’étagent de très à peu, ou de élevé à très peu élevé.
- Il n’y a qu’un tiers des cas où les 4 observateurs ont été tous du même avis et il y a lieu de noter que sur ces 31,04 °/„, 13,28 % sont dus pour les seuls points 10, 11 et 14, nous verrons un peu plus loin les conclusions que l’on peut en tirer.
- Un deuxième dépouillement des résultats a été opéré de la façon suivante : on a relevé pour chaque juge, le nombre de cas qu’il avait placé dans les diverses catégories A + , A, R, C, C— et ceci pour chaque trait. Il a été fait, un relevé de l’ensemble des 153 cas et un relevé des 100 Wiggly-Rlock, puis les résultats ont. été traduits en écarts réduits suivant la méthode classique qui permet les changements de mesure. Ta moyenne arithmétique pour chacun des points a été calculée et donne la valeur du juge idéal. U a été alors facile de calculer pour chaque point et pour chaque juge de la fraction de 6 dont chaque juge s’écarte du juge idéal.
- Nous donnons dans le tableau 2 les notes obtenues pour le juge idéal et les écarts des quatre juges pour l’ensemble des résultats, dans le tableau 3, les mêipes indications pour le Wiggly-Block (1).
- Nous publions ces résultats de façon détaillée, car à notre connaissance cette expérience n’avait pas encore été tentée et il serait certainement souhaitable que d’autres groupes de praticiens reprennent des expériences de ce genre, la comparaison des divers résultats serait, sans doute fort instructive. (A suivre)
- (1) Tous les points de la feuille-clef n’ont pu être étudiés, nous n’avons tenu dompte que de ceux pour lesquels, nous possédions un minimum de 100 observations.
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-
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- Note en —
- Noie en —
- Ecart
- par rapport au Juge idéal
- Noie en — 6
- Ecart
- par rapport au Juge idéal
- Note en — 6
- Ecart
- par rapport au Jugeidéel
- Noie en — 6
- Ecart
- par rapport au Juge idéal
- v m
- —ar—
- Tableau II
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-
-
-
- Juge idéal
- Juge 1
- 106 —
- Juge 2
- Juge 3
- Juge 4
- H |«x> fl © S |co fl © r* etf % *© 2 ^ t-t g— cS P- © H l<© C © r* « £ •* u 5«— « O.B H l<o fl © - 2-S cS Pi © H |CD fl © t! r S.3 S
- O z O z W “ a «31-» O z ta *- s fl O z; ta 2 “ O z; ta u » »•§
- Point 11
- A + + 2,40 + 2,3 0,10 + 2,48 0,08 + 2,49 0,09 + 2,33 0,07
- A + 0,26 + 0,33 0,07 + 0,36 0,10 + 0,27 0,01 + 0,07 0,19
- B —1,18 —0,97 0,21 —0,94 0,24 —1,03 0,15 —1,76 0,58
- C —2,01 —1,94 0,07 —1,89 0,12 —1,72 0,29 —2,49 0,48
- C— —2,65 —2,72 0,07 —2,70 0,05 —2,47 0,18 —2,72 0,07
- Point 12
- A + + 2,12 + 1,84 0,28 + 1,84 0,28 + 2,06 0,06 + 2,72 0,60
- A + 0,88 + 0,56 0,32 + 0,82 0,06 + 0,82 0,06 + 1,33 0,45
- B —0,31 —0,52 0,21 —0,23 0,08 —0,31 0 —0,17 0,14
- C —1,62 —1,57 0,04 —1,37 0,25 —1,49 0,13 —2,06 0,44
- C— —2,79 —2,73 0,06 —2,73 0,06 —2,71 0,08 -—3 , 0,21 J
- Point 13
- A + + 2,57 + 2,33 0,24 + 2,73 0,16 + 2,49 0,08 + 2,74 0,17 1
- A + 0,68 + 0,66 0,02 + 1,28 0,60 + 0,58 0,10 + 0,21 0,47 1
- B —0,72 —0,56 0,16 —0,34 0,38 —0,73 0,01 —1,26 0,54 1
- C —2,19 —1,84 0,35 —2,22 0,03 —2,49 0,30 —2,22 0,03 1
- C— —3 —3 0 —3 0 —3 0 —3 0
- Point 13 b
- A + + 2,66 + 2,25 0,41 + 3 0,34 +2,40 0,26 + 3 0,34 1
- A + 0,87 + 0,77 0,10 + 1.25 0,38 + 0,93 0,06 + 0,53 0,3 J
- B —0,37 \—0,40 0,03 —0,11 0,26 —0,20 0,17 —0,75 0,38 I
- C ' —1,61 —1,58 0,03 —1,51 0,10 —1,37 0,24 —1,96 0,35J
- C— —2,74 —2,64 0,10 —2,65 0,09 —2,65 I 0,09 —3 0,26 1
- Point 14
- A + + 2,40 + 2,33 0,07 + 2,23 0,17 + 1,54 0,46 + 3 0,60 1
- A + 0,04 + 0,07 0,03 + 0,01 0,03 + 0,04 0 + 0,04 " 0
- B —1,92 —1,76 0,16 —2,14 0,22 —1,72 0,20 —2,06 0,14
- C —2,86 —2,72 0,14 —3 0,14 —3 0,14 —2,71 0,15
- C— —3 —3 0 —3 0 —3 0 —3 0
- P(
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-
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- Noie en
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- Note en
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- Ecart
- par rapport au Juge idéal
- 05 05 W O M
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- Note en
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- Ecart
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- au Juge idéal
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- Note en
- iO 00 CO W O
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- Ecart
- par rapport au Juge idéal
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- Note en
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- par rapport an Juge idéal
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- — 108 —
- Juge idéal
- Juge 1
- Juge 2
- Juge 3
- Juge 4
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- 2^
- Point 3
- A + + 3 + 3 0 + 3 0 + 3 0 + 3 0
- A + 1,55 + 1,25 0,30 + 1,60 0,05 + 1,60 0,05 + 1,75 0,20
- B + 0,40 + 0,24 0,16 + 0,57 0,17 + 0,28 0,12 + 0,52 0,12
- C —0,68 —0,76 0,08 —0,55 0,13 —0,84 0,16 —0,57 0,11
- C— —1,98 —1,96 0,02 —2,06 0,08 —1,96 0,02 —1,96 0,02
- Point 5
- A + + 3 + 3 0 + 3 0 + 3 0 + 3 0
- A + 1,5 + 1,76 0,26 + 1,64 0,14 + 0,71 0,79 + 1,89 0,49
- B —0,19 —0,13 0,06 —0,11 0,18 —0,47 0,28 —0,08 0,11
- C —2,23 —1,75 0,48 —2,58 0,35 —1,56 0,67 —3 0,77
- C— —2,89 —2,58 0,31 —3 0,11 —3 0,11 —3 0,11
- Point 8 b
- A + + 2,66 + 2,33 0,33 + 3 0,34 + 2,33 0,33 + 3 0,34
- A + 0,51 + 0,58 0,07 + 0,85 0,34 + 0,47 0,04 + 0,15 0,36
- B —0,78 —0,53 0,25 —0,38 0,40 —0,67 0,11 —1,55 0,77
- G —1,92 —1,48 0,44 —1,64 0,28 —1,56 0,36 —3 1,08
- C— -, —3 —3 0 —3 0 —3 0 —3 0
- Point 10
- A + + 2,47 + 2,27 0,20 + 2,58 0,11 + 2,58 0,11 + 2,58 0,11
- A + 0,29 + 0,34 0,05 + 0,25 0,04 + 0,21 0,08 + 0,39 0,10
- B —1,40 —1,04 0,36 —1,25 0,15 —1,25 0,15 —2,06 0,66
- C —2,79 —3 0,21 —3 0,21 —2,17 0,62 —3 0,21
- C— » —3 —3 0 —3 0 —3 0 —3 0
- Point 11
- A + + 2,62 + 2,17 0,45 + 3 0,38 + 3 0,38 2,33 0,29
- A + 0,36 + 0,41 0,05 + 0,40 0,04 + 0,23 0,13 + 0,39 0,03
- B - —1,21 —0,86 0,35 —0,94 0,27 -1,17 0,04 —1,89 0,88
- C —2,01 —1,96 0,05 —1,96 0,05 —1,81 0,20 —2,33 0,31
- C— —2,58 —2,58 0 —2,58 0 —2,58 0 —2,58 0
- Point 12
- A + A B C
- C—
- + 2,11 +1,96 0,15
- + 0,94 +0,69 0,25
- —0,28 —0,44 0,16
- —1,66 —1,64 0,02
- —2,90 —3 0,10
- + 1,96 0,15 + 1,96
- + 0,96 0,02 + 0,79
- —0,20 0,08 -*-0,32
- —1,48 0,18 —1,48
- —2,58 0,32 —3
- 0,15 + 2,58 0,47
- 0,15 + 1,34 0,40
- 0,04 —0,16 0,12
- 0,18 —2,06 0,40
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- -1,95 —1,56 0,39 —2,17 0,22 —1,74 0,21 —2,33 0,38
- -2,89 —2,58 0,31 —3 0,11 —3 0,11 —3 0,11
- Note en — 6
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- Ecart par rapport au Juge idéal
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- Ecart par rapport au Juge idéal
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- Ecart par rapport au Juge idéal
- ___________________.
- Juge idéal Juge 1
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- TESTS DE SÉLECTION EN AVIATION MILITAIRE
- par
- Henri PIÉRON
- (Su/fe et fin) ( I )
- V
- . r ' .• '
- Test d'observation d'images
- Ce test s’est fondé sur un matériel préparé par M’me Henri Piéron pour la Technique de Psychologie expérimentale de Toulouse et Piéron. Il consiste en des couples de reproductions de tableaux, avec, sur un des éléments du couple, une modification par addition ou suppression plus ou moins importante.
- Dans une première série, 12 couples d’images sont présentés simultanément sur les deux faces d’un cahier, une image hoés série étant d’abord montrée a titre d’exemple. Dans une deuxième série, où la capacité d’observation est rétrospective et implique un appel à la mémoire, la première: image de chaque couple est présentée isolément sur une feuille du cahier, et la deuxième est visible sur une feuille suivante, en tournant la page. Il y a 13 couples, dont 10 comportent des modifications et 3 où la deuxième image répète la première sans changement.
- L’épreuve est semi-collective par emploi d’une série de cahiers identiques.
- Les cahiers sont faits de feuilles de carton noir. Les images sont des épreuves photographiques (12 x 8,5 cm.), un éclairement d’une centaine de lux est assuré.
- Voici les instructions données aux sujets :
- Instructions pour le test des images simultanées
- Voviri avez devant vous un cahier dans lequel vous trouverez de? couples d’images semblables, présentant toutefois entre elles une certaine différence que vous devrez essayer de découvrir.
- Voici d’abord un exemple. Tournez le premier feuillet. — Sur l’image du haut, vous pouvez voir au mât du bâtiment de gauche un pavillon qui ne se trouve pas sur l’autre image. Les différences sont toujours constituées par des détails bien définis : il ne faut pas tenir compte des variations possibles de la tonalité générale des photographies, ni des petits défauts visibles dans la plupart de? clichés.
- Passez maintenant à la page suivante, qui ne contient pas d’images.
- A un signal donné, vous tournerez le feuillet et découvrirez deux nouvelles images. Vous aurez 25 secondes pour chercher leur différence.
- A un second signal, vous masquerez ces images en tournant le feuillet et vous aurez alors 35 secondes pour écrire succinctement sur la feuille blanche donnée, la différence trouvée, s’il y a lieu.
- (1) B. I. N. O. P. n°“ 3-4 et 5-6 1947.
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- Ne parlez pas pendant que vous examinerez les images. Attention au signal. Nous allons commencer.
- Instructions' pour le test des images successives
- Vous avez devant vous un cahier dans lequel se trouve une série'de photographies de tableaux. Vous aurez à les comparer deux à deux, Tune après l’autre. Certaines de ces images présentent entre elles une différence nette que vous essaierez de découvrir en regardant la seconde image ; quelques-unes ne présentent, pas de différence. La différence, quand il y en a une, est toujours très nette ; vous ne devrez pas tenir compte des petite défauts du cliché, ni du fait qu’un tirage est plus foncé que l’autre.
- Je vouis préviens qu’on vous montrera, d'abord la première image pendant 10 secondes. Au signal, vous' devrez tourner le feuillet et vous verrez alors la deuxième image. Vous aurez un peu plus hé temps pour la regarder, mais il est bien entendu que vous n’avez pas le droit de revenir à l’image' tprécédente.
- Si vous voyez une différence, décrivez-là brièvement, mais aussi exactement et clairement que possible sur la feuille blanche qui est devant vous et à la ligne correspondante au numéro de l’image.
- Si vous ne voyez rien de changé, mettez eh fac(e le numé|ro de l’image : « Pas de différence ».
- « Ouvrez le cahier. Regardez l’image pendant 10 secondes ». Au bout de dix secondes : « Tournez la page. Regardez la deuxième image et inscrivez sur votre feuille, en face dû numéro 1, la différence que vous avez observée. »
- Au bout de 45 secondes t « Vous avez tous vu et inscrit qu’un personnage manque sur la deuxième image ».
- (Si l’un des candidats n’a pas vu cette ^différence ou manifeste quelque étonnement. lui permettre de revenir en arrière, cette fois-là).
- « Maintenant tournez la page. Vous avez devant vous une feuille où il n’y a aucune image. Au signal donné, vous tournerez ce feuillet et vous travaillerez de la façon que je vous ai indiquée tout à l’heure ». a Attention. Tournez la page ».
- Laisser chaque fois 10 seconde^ pour la première image de chaque couple et 45 secondes pour la deuxième image et l’inscription de la différence.
- Voici quelques indications sur la’ nature des images utilisées.
- I. — Présentation simultanée
- Modèle. Débarquement de la pêche dans un port breton ; bateaux avec leurs voiles. Il y a dans la première image un drapeau au haut d’un mât.
- 1 Un vieux et une vieille devant une cuve fumante dans une cabane dont la porte est ouverte. Sur une planche, au fond, à l’ombre, il y a un litre dans la première image.
- 2. Une femme arabe portant une cruche sur l’épaule. En arrière,
- entourée d’aloès, une guérite de pierre comporte-, dans la deuxième image, une fenêtre sur surface latérale.
- 3. Un homme tire et une femme pousse une charrette contenant
- leur mobilier avec à côté une vieille et une enfant. Sur la deuxième image, on voit une femme passer au fond devant un édicule.
- 4. Une cour de ferme où la fermière donne des grains aux poules.
- L’entrée de la cour est fermée par une porte dans la première image.
- 5. Un garçonnet parle à l’oreille de sa grand’mère assise près
- d’un secrétaire. Sur la manche de sa veste claire, il y a trois petits galons dans la deuxième image.
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- 6. Des Laveuses au bord d’une rivière, un rideau de peupliers, et un groupe de maisons ; à l’extrémité droite, dans la deuxième-image, il y a un petit bâtiment de plus avec une cheminée.
- 7. Un berger rentre son troupeau d.ans la cour de la ferme dont il repousse la porte. Dans la deuxième image, il y a une cheminée sur le toit du bâtiment du fend.
- 8. Un groupe de forgerons. On voit l’un d’eux sortir du four une boule incandescente, invisible dans, la deuxième image.
- 9. Un groupe de femmes arabes à la fontaine. La cruche de l’une d’elles porte une arabesque dans la deuxième image.
- 10. Un berger avec ses moutons dans la montagne sous un ciel d’orage. Un mur au fond, très sombre, avec une barrière mobile à trois traverses dans la première image, une seule dans la deuxième.
- 11. Trois jeunes femmes dans un jardin assises autour d’une table avec leur ouvrage. L’une d’èlles porte un collier dans la deuxième image.
- 12. Un groupe de bretons autour d’une marmite sur le feu en plein air. Le bonnet d’une des femmes a une calotte dont le fond est noir dans la première image, et blanc dans la deuxième.
- II. — Présentation successive
- 1. .Une femme assise.au bord d’un .iif, avec une expression de terreur tient sa main sur un enfant dans son berceau. Sur la deuxième image, on voit un homme étendu sur le lit, en arrière,
- 2. Un berger avec son chien et une douzaine de moutons .sous un arbre. Les deux moutons à l’extrême droite ont disparu dans la deuxième image.
- 3. (Sans changement). Pont de pierre, église sur la hauteur, laveuses au bord de la rivière.
- 4. Une jeune femme assise près de la fenêtre, se retourne vers une compagne qui, derrière elle, se penche Dans la deuxième image, le rideau de la fenêtre porte des ornements légers.
- 5. Figure d’homme dont la physionomie est changée dans la deuxième image (rides disparues).
- 6. Trois modistes assises autour d’une table ; au fond, à l’ombye, dans la deuxième image, il y en a une autre, debout.
- 7. (Sans changement). Un valet de ferme, sur un cheval, près de l’abreuvoir, regarde deux bretonnes qui viennent de l’église,
- 8. Une rangée d’autos devant un trottoir ; il y a dans la deu-
- xième image une auto de moins.
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- 9. Un potier devant l'ouverture du four, sombre dans la première image, lumineuse dans la deuxième.
- 10. Une femme debout devant sa maison ; dans le paysage, une
- maison blanche est visible au loin dans la première image,
- . non dans lu deuxième!.
- 11. Un chien aboie après un chat agrippé à un mou de bœuf sus-
- pendu ; un homme armé d'un fouet entre. A terre, un baquet autour duquel deux jeunes chats se dissimulent, dont un disparu dans la deuxième image.
- 12. (Sans changement). Une jeune hollandaise assise, lit près de
- la fenêtre, une autre est debout'derrière elle. Près de la porte grande ouverte, un rouet.
- 13. Cinq jeunes chats jouent dans et autour d’un petit panier pour
- l’envoi des fleurs. 11 n’y en a plus que quatre visibles dans la deuxième image.
- Voici, pour le test à présentation successive, des indications sur la difficulté relative des différents couples d’images, d’après le pourcentage des cas d’observation exacte des différences chez 318 sujets, et d’autre part, le pourcentage des cas où une différence imaginaire se tro'üv.e indiquée. Dans le cas des couples 3, 7 et 12, où les deux images sont identiques (et où une action suggestive tend à faire trouver une différence) lé seul renseignement est fourni par ce pourcentage d’observation! fausse, d’imagination erronée.
- Numéro °/o des sujets ayant observé ”/0des sujets ayant indiqué
- es couples la différence (1) . uue différence erronée
- 1 * 92,4 1,9
- 2 * 75,8 3,5
- 3 , ' —: ’ 25,1
- 4 38,9 15,4
- 5 • 7,2 21,3
- 6 89,3 4,7
- 7 — 20,4.
- 8 69,8 6,9
- 9 34,5 12,2
- 10 66,3 7,5
- 11 45,8 18,5
- 12 — • 27,6
- 13 91,2 2,2
- Comme il est normal, il y a d’autant plus d’erreurs que le couple est plus difficile et que le pourcentage d’observation exactes est
- (1) Dans ce pourcentage on ne compte que pour un demi les cas où l’observation de la différence n’est pas entièrement exacte.
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- plus faible, comme le montre bien l’ordination des deux séries de mesures, l’une descendante, l’autre ascendante (avec une inversion pour les couples 11 et. 9).
- Numéros. ............ 1 13 6 2 8 10 11 4 9
- Obs. exactes, . ..... 92,4 91,2 89,3 75,8 69,8 66,3 45,8 38,9 34,5
- Erreurs. . . ........ 1,9 2,2 4,7 3,5 6,9 7,5 18,5 15,4 12,2
- Les indications de correction prévoyaient, dans le cas des présentations simultanées, une notation d'un point pour chaque couple dans lequel la différence était indiquée (par écrit). Pour les présentations successives., les cas étant plus complexes, les indications suivantes ont été données :
- — Ne pas tenir .compte de différences générales négligeables (vraies ou fausses) comme plus ou moins clair ou sombre, plus ou moins net ou flou.
- — Donner1 un point pour les différences exactes signalées même très brièvement, comme moutons (2e image), homme couché (lre image).
- — Donner un demi-point pour les différences signalées avec quelque erreur (par exemple : un mouton manque, alors qu’il en manque deux), et un demi-point pour des différences aperçues de façon imprécise (rideau plus clair dans le n° 4, où ce sont des dessins ornementaux du rideau qui ont disparu ; physionomie changée, dans le n° 5, où il y a un effacement des rides).
- — Noter à part les différences inexactes (qu’il y ait ou non une différence exacte notée d’autre part).
- En outre, des indications précises étaient, données pour chaque couple, d’après les réponses observées dans les essais préalables.
- La notation, dans la série successive, s’obtenait en déduisant du total de points obtenus, le total des erreurs commises.
- Voici les résultats obtenus, sous forme de répartition des fréquences des notations totales dans les deux séries de présentations.
- 1° Série simultanée :
- Le maximum est de 12 points ; il a été obtenu par 8 sujets sur 406 ; le minimum observé étant, de 2 (un seul sujet) :
- Notes ..2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
- Nombre. • • .... ... 13 7 14 38 63 82 81 76 33 8
- Premier quartile Médian Troisième quartile Semi-interquartile
- 7 8 10 1,5
- 2° Série successive : • <
- En tenant compte seulement des observations exactes (1 point)
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- ou approximatives (1/2 point) pour les 10 couples présentant des différences, la répartition est la suivante (chez 459 sujets), le maximum de 10 points étant, obtenu par 2 sujets.
- 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4 4,5 5 5,5 6 6,5 7 7,5 8 8,5 9 9,5 10
- 11 2 2 15 15 31 29 51^43 JM 58 31 32 7 10 » 2
- 2 4 30 60 94 129 89 39 10 2
- Premier qiiartile Médian Troisième quartile Semi-interquartilq
- 5 6 7 1,0
- Pour les erreurs, elles se répartissent de façon très asymétrique, plus de la moitié des sujets ne faisant aucune erreur ou une seule, et le maximum des erreurs étant do 7 (chez un seul sujet) :
- Nombre d’erreurs. . , 0 1 2 3 4
- Nombre. 116 121 94 66 40
- Premier quartile Médian Troisième quartile Semi- inlerqüartile
- 0 1 3 1,5
- Enfin, pour le score total obtenu par chaque sujet (nombre de points avec déduction des erreurs), voici lé répartition, qui comporte des valeurs négatives, quand les erreurs sont plus nombreuses que les observations exactes (ce qui se produit chez 16 sujets). Le maximum, qui est de 10 (toutes les. différences bien vues et aucune erreur) a été atteint par un seul des sujets sur 459.
- Notes... -3 -2,5 -2 -1,5 -1 -0,5 0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5
- Nombre.. 2 3 4 - 3 4 12 8 19 17 15 22 29 17
- 5 4 7 ^20^ " 36^ 37 ^
- Nètes... 4 4,5 5 5,5 6 6,5 7 7,5 8 8,5 9 9,5 10
- Nombre.. 45 31 41 18 35 22 27 8 10 1 5 - 1
- 76 59 5*7 35 ”~lf~ 5^ 1
- Premier quartile Médian Troisième quartile Semi- interquartile
- 2,5 4,25 6 1,75
- Les courbes de fréquences sont satisfaisantes, et, si le test en présentation simultanée est un peu trop facile, en présentation successive la difficulté est bien adaptée pour le groupe de sujets constitué par les Elèves de l’Ecole de l’Air,
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- Entre les erreurs imaginatives (fausses différences) et l'observation exacte des différences réelles, il y a une certaine opposition (corrélation négalive : r = — 0,269 + 0,046).
- Entre l’exactitude d’observati-on perceptive directe dans les présentations simultanées et la capacité de noter les différences par appel mnémonique, la corrélation est extrêmement faible, presque négligeable (r = + 0,125 + 0,032), ce qui montre une indépendance très grande et la nécessité d’évaluer séparément les capacités impliquées par ces deux ordres de tâches.
- NOTES ET DOCUMENTS
- Un exemple instructif d'analyse factorielle
- Godfrey H. Thompson a prononcé un bien intéressant discours présidentiel à la réunion, à Durham, de la British Psychological Society, en 1946. 11 l’a consacré à l’analyse factorielle, et, au cours de son exposé, il a donné un exemple d’application de la méthode centroïde de 'Thurstone en employant des données dont on pou-, vait, connaître la signification.
- 11 a supposé que les mesures qu’il utilisait pouvaient être considérées comme des tests appliqués à un ensemble de boîtes. Ces mesures, au nombre de 7, étaient, le carré de la profondeur, la surface d’un fond, celle du couvercle, la diagonale d’un côté, la somme de la longueur et du carré de la largeur, la somme de la profondeur et du carré de la longueur, enfin la largeur
- A partir des tableaux d’intercorrélations, l’application de la méthode fournit trois facteurs, le premier rencontré dans les tests 3 à 6 (mais négligeable en 5), lo second dans les tests 2, 3, 5 et 7, le troisième dans les tests 1, 2, 4 (et 6, mais avec une saturation négligeable).
- Recherchant des facteurs primaires indépendants, en une structure simple orthogonale, il échoue complètement, malgré toutes les rotations des axes. Il en vient alors, comme Thurstone a été conduit à le faire pour trouver des interprétations psychologiques vraisemblables des facteurs dénombrés, à admettre une obliquité des axes, ce qui implique une certaine corrélation entre facteurs, qui perdent leur indépendance, concession que Thurstone a rattrapée en admettant l’insertion d’un facteur général s’attachant à chacun des facteurs particuliers et rendant compte de leur parenté apparente, en accord avec la théorie de. Spearman. On arrive alors à une obliquité des axes qui fournit les taux de corrélation entre les trois facteurs, désignés comme E, B, D, et qui prennent effectivement une signification en dimensions de l’espace, longueur, largeur et profondeur.
- Dès lors, on peut contrôler les résultats obtenus par le calcul fondé sur l’analyse factorielle avec ceux que donne un calcul direct. Or l’accord est assez satisfaisant, comme le montre le tableau sui-
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- vant, où les valeurs vraies des corrélations entre les dimensions des boîtes sont indiquées entre parenthèses :
- L
- L
- B .506 (.589)
- D .150 (.144)
- B
- .506 (.589) .164 (.204)
- D
- .150 (.144) .164 (.204)
- Et les saturations des tests en ces trois facteurs s’accordent en général assez bien avec la nature des mesures (1).
- En revanche, en admettant la présence d’un facteur général commun] (de dimension) permettant de maintenir des facteurs orthogonaux, on n’obtient plus aucune interprétation acceptable.
- Sans tirer des conclusions exagérées de Cet essai de vérification de la méthode , G. H. Thomson se défend d’être devenu un disciple convaincu de la méthode de Thurstone. Il n’y. a pas de doute, déclare-t-il, que si l’on réalise des tests artificiels avec un petit nombre de facteurs primaires, Thurstone est en mesure de les découvrir à partir des intercorrélations ; mais il n’est pas convaincu que l’inverse soit vrai, et que le fait de découvrir une structure simple soit incompatible avec une tout autre structure réelle.
- Et il continue à penser que les soi-disant facteurs sont le résultat de groupements et de chevauchements, d’innombrables petites influences, tant héréditaires qu’imposées ^r le milieu, aussi bien matérielles que spirituelles, les choses pouvant se passer dans les différences individuelles comme si quelques facteurs agissaient seuls. H. P.
- *
- * *
- Comparaison des divers groupes professionnels et scolaires au moyen d’une batterie de tests verbaux
- MM. Bonnardel et Coumétou ont appliqué à de nombreux groupes de niveaux scolaires ou professionnels différents une batterie de tests verbaux (VI-2) synonymes, antonymes, séries de mots, séries numériques, proverbes, questions qui paraissent mettre en jeu un important facteur commun.
- - Ils ont pu remarquer qu’à partir d’un certain âge la différence , entre les individus issus de l’enseignement primaire et de l’enseignement secondaire s’est révélée faible.
- Pour l’enseignement technique les élèves des classes régulières de l’école d’apprentissage se situent dans le prolongement des écoles primaires et sont notablement inférieurs aux classes de l’enseignement secondaire d’âges correspondants.
- Les employés administratifs examinés sont nettement supérieurs aux techniciens d’ateliers et les chefs d’équipe, les régleurs et les
- (1) Pour 1 (D2), .82G D ; pour 2 (BD), .536 B + .701 D ; pour 3 (LB), .612 L + .499 B ; pour 4 (\/ L1 2 -(- D2). -895 I, + .266 D ; pour- 5 (L + B2), .880 B
- (où L se trouve inapparent) ; pour 6 (L.2 + D), .809 L (où ici D se trouve inapparent) ; pour 7 (B), .912 B. L'hypothèse étant d’additivité simple des facteurs, il ne peut y avoir accord complet avec des combinaisons où interviennent des produits, des carrés et une racine carrée.
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- ouvriers d’un grand atelier se sont montrés inférieurs à ceux des apprentis et des écoliers.
- Les Parisiens ne sont pas supérieurs aux provinciaux et les résultats des filles et des garçons des écoles ont été pratiquement identiques.
- Au contraire, parmi les employés administratifs femmes et hommes, les groupes d’hommes surclassent nettement celui des femmes.
- «
- ! * îfe 5* '
- L’Autospirophonie
- Dr. Miolæ Popa, de Bucarest, a trouvé une méthode d’examen de l’audition dont ia caractéristique est que la source sonore se trouve à l’intérieur du sujet examiné alors que normalement soit par la méthode de la voix parlée ou chuchotée, ou la méthode de la montre ou de l’acoumètre, soit encore celle des sons purs diapasons de sifflets, comporte une source sonore placée en dehors du sujet examiné.
- En obstruant les méats auditifs par pression, la respiration nasale est perçue dans la cavité naso-pharyngienne : c’est ce que l’auteur appelle autospirophonie.
- Certains états pathologiques de l’oreille peuvent être dépistés en cherchant la manière dont se comporte cette autospirophonie (1).
- i *
- * *
- Controverses sur la théorie du tempérament de Rosanoff
- Rosanoff, partant de données psychiatriques, a attribué au tempérament, de façon générale, trois composantes. décelables chez les individus normaux, mais dont l’exagération caractérise les cas pathologiques, l’une considérée comme « antisociale », et représentant une tendance aux manifestations hystéroïdes et psychopathiques, une ^autre définie comme « cyclothymique » tendant aux réactions maniaco-dépressives, une dernière désignée comme « sexualité chaotique », identifiée à la tendance schizophrénique.
- Mais Rosanoff fait appel à un quatrième facteur, de « normalité », facteur d’inhibition et de contrôle des autres tendances du tempérament. Les manifestations d’allure pathologique se produiraient chez les enfants lorsque le développement du facteur inhibiteur ou de normalité se trouverait retardé, et disparaîtraient du fait de la maturation de ce facteur.
- C’est l’existence réelle de ce facteur, essentiel dans la théorie de Rosanoff, qui est contestée par P. E. Meehl (2) sur la base de recherches effectuées au moyen du « Minnesota multiphasic perso-nality inventory » de Hathaway et Mc Kinley (alors que l’échelle
- (1) Bulletin de l'Académie de Médecine de Roumanie. Xe année, n° 1-3, 1945. p. 7.
- (2) Paul E. Meehl. — An investigation of a genefal normality or control factor in rersonality testing. « Psychological Monographs 59, 4, 1945. »
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- t.
- de tempérament de Humm-Wadsworth est entièrement fondée sur la théorie de Rosanoff).
- Meehl a constitué, dans le questionnaire de Minnesota, un groupe de 78 items, pour lesquels on a admis comme normale la réponse « vrai » ou la réponse « faux » (entre lesquelles les sujets doivent, choisir). Il a, sur ce groupe, confronté le taux de normalité d’individus présentant un excès notable d’une des tendances' anormales (d’après l’inventaire total), mais restant cependant dans les limites de ce qui n’est pas considéré comme pathologique. Or il n’a trouvé entre lés deux groupes aucune différence significative de l’indice de normalité. Mais l’élaboration psychométrique par des méthodes statistiques rigoureuses des données fournies par les questionnaires servant de test pour la personnalité, ne laisse pas de contraster singulièrement avec le caractère bien fragile des données de base.
- EL l’auteur donne un exemple bien caractéristique de l’incertitude des bases fondamentales des interprétations : Il y a, dans l’échelle Humm-Wadsworth, 7 items qui se retrouvent sensiblement identiques dans celle de Minnesota et qu’il a utilisés dans son groupe de 78 pour le critère de normalité.
- Or les réponses considérées comme normales dans les deux échelles sont juste inverses, en sorte que le normal type pour une échelle serait un anormal type pour l’autre (1).
- H. P.
- A TRAVERS LES REVUES
- Nombreux articles à signaler dans le numéro d’octobre 1946 du Journal of Applied Psychology (T. 3, n° 5) :
- W. N. Kellogg donne le résultat de l’application de sa méthode d’enregistrement des réactions de l’élève pilote pendant les vols d’apprentissage pour la détermination de la courbe d’apprentissage ; Ç. H. Lawshe, Semanek et J. Tiffin donnent des indications sur le test d’adaptabilité mécanique de l’Université Purdue (questionnaire permettant d’apprécier la familiarité des sujets avec les faits de pratique mécanique) ; Marjorie Case Winfield expose les résultats de l’emploi chez des femmes militaires du Test de Rorschach employé comme test de choix multiple Harrower-Erickson comparé avec le « Multiphasic Personality Inventory » de l’Université de Minnesota, qui est d’autre part l’objet de plusieurs études par Paul Meehl et S. R. Hathaway et par M. P. Manson et H. M. Grayson ; une révision de l’ordre de difficulté des items de six sous-tests de l’échelle Relle-vue-Wechsler (information, compréhension, similitudes, complètement d’images, arrangement d’images et désignation de blocs) d’après 300 examens de sujets normaux, est donnée par A. I. Rabin, J. C. Davis et M. H. Sanderson.
- (l) Voici deux rie ces items : « Je sui» sûr qu’il n’y a qu’une vraie religion » (réponse normale pour H. W. c « faux », pour M. : « exact »). « Je pense, que beaucoup de gens mentiraient pour se pousser » (réponse normale pour H. W. : « faux », pour M. : « exact »).
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- Le numéro de novembre 1946 du British Journal of Educational Psychologij (Tome XVI, 3) contient la contribution de Godfrey Thomson au symposium sur la. personnalité organisé par cette revue (et qui doit être clos dans le prochain numéro par un exposé synthétique de Cyril Burt) ; on y trouve en particulier les réflexions au sujet du conflit entre l’attitude scientifique universalisante défendue par Burt et celle d’Allport, clinique et individualisante, et au sujet des essais d’analyse factorielle de la personnalité, encore peu avancés, et où les quatorze facteurs de Cattell paraissent s’opposer — plus qu’ils ne s’opposeraient réellement — aux deux ou trois facteurs particuliers de Burt distingués à côté d’un facteur général d’émotionnalité qui, selon Thomson, appartiendrait plutôt aux observateurs estimant les divers traits (par un effet de « halo ») qu’aux personnalités dont les traits sont estimés.
- Dans les Annales Médico-Psychologiques (numéro de novembre 1946), M'ne Minkowska publie un exposé de ses observations sur les rapports de l’épilepsie avec les résultats du test de Rorschach.
- Dans le Journal of Psychology (T. 18, 1944), nous relevons les éludes, suivantes :
- Une échelle de personnalité pour fes. enfants eu 22 traits p:.r Ama-tora Tsehechtelin, un syllabus élémentaire de tests psychologiques par J. Rosenzweig, L. E. Bundas, K. Lus.ury et Helen W. Davidson ; la validité de l’échelle de tempérament Humm-Wadsworth par Dou-caster G. Humm et Kathryn A. Humm ; la validité du « Viclory Corps Aeronaidi.es Aptitude Test » et de l’a Office of Education Scienlific Aptitude Test » par. David Segel.
- INFORMATIONS
- La revue le Travail Humain vient de reparaître en un numéro unique pour l’année 1946. Voici le sommaire de ce gros numéro : H. Laugier : J.-M. Lahy. — R. Ronnardel et M. Coumetou, avec la collaboration de R. Barban, R. Gervaise, M. Grosjean et J. Migault : Comparaison de divers groupes scolaires et professionnels au moyen d’une batterie de tests verbaux. — S. Pacaud : Recherches sur la sélection psychotechnique des agents de gare dits « Facteurs-enre-gistrants ». — S. Pacaud : Recherches sur la sélection professionnelle des opératrices de machines à perforer et de machines comptables. La « sélection-omnibus » est-elle possible en mécanographie ? — I. Lézine : Enquête sur les goûts, les intérêts et les méthodes de travail des chercheurs scientifiques. — R. Bonnardel : Etudes de classifications de métiers au moyen des méthodes statistiques. — R. Bonnardel : Application de la méthode d’analyse factorielle de Thurstone à l’étude de la notation des copies d’examens. — R. Bonnardel : La position actuelle de la psychotechnique en France. — R. Bonnardel : Etude sur l’évaluation de l’aptitude professionnelle de la maîtrise subalterne et sur les jugements analytiques portés
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- sur différents aspects du comportement, de l’homme. — R. Bonnar-del : Liaisons existant entre tests verbaux et tests de visualisation. Etude portant sur de jeunes apprentis. — M. Coumetou : Calcul abrégé de l’écart moyen d’une distribution de valeurs. —* M. Dratz : Appareil pour l’étude de la vision nocturne. — J. Dourgnon : Dispositif d’étude de l’influence d’un champ périphérique variable sur la vision centrale. — R. Bonnardel : Le test du double-labyrinthe B. 19-D. T..
- r *
- * *
- Par arrêté des 18 novembre et 9 décembre 1946, le Centre facultatif d’Orientation professionnelle de Chalon-sur-Saône, est transformé en Centre départemental obligatoire : son siège est transféré à Mâcon.
- *
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- Conférences d’information psychiatrique
- T.'Ecole Normale Supérieure organise cette année une série de conférences d’information psychiatrique suivies de débats sur le thème : Les méthodes de connaissance de l'homme dans la neurobiologie actuelle.
- Programme : I. La théorie évolutionniste et le problème intégration-désintégration dans le système nerveux, par M. Ajuriaguerra ; 2. Béhaviorisme et neuro-pathologie, par M. Hecaen ; 3. Cénétiq'ue et neuro-psychiatrie, par M. Duchenne ; 4. Gestalthéorie et neuropathologie, par M. Follin ; 5. Vitalisme et neuro-psychiatrie, par M. Guiraud ; 6. La psycho-pathologie à la lumière du matérialisme dialectique, par M. Tosquelles ; 7. Phénoménologie et psychiatrie, par M. Solanes ; 8. Les apports de la psychanalyse à la connaissance de l'homme, par M. Lacan ; 9. Existentialisme et psychiatrie, par Ms Pache ; 10. Ethnologie et neuro-psychiatrie, par M. Pelage.
- La première de ces conférences a eu lieu le mercredi 29 janvier.
- . *
- * *
- La Direction de l’Enseignement technique développe ses centres de formation professionnelle.
- Elle a obtenu de la Direction du premier degré le détachement de 304 instituteurs pour ces centres.
- i *
- * *
- A la Commission consultative d’O. P.
- La réunion de cette Commission présidée par M. Wallon a examiné le projet de prise en charge par l’Etat des budgets des centres d’O.P. Elle a étudié en outre la réorganisation du Centre de Documentation professionnelle.
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- Ce Centre payé par l’Etat, sera chargé d’une part des recherches de documentation statistique ayant trait aux besoins de la main-d’œuvre en liaison avec les services analogues déjà existants dans d’autres ministères.
- Tl sera chargé également d’établir des monographies sur les principaux métiers de base.
- ! * '
- * *
- Il a été créé une sous-commission de formation professionnelle dans la Commission d’études et de coordination Armée-Education nationale chargée d’étudier la coordination des méthodes d’enseignement entre l’Enseignement technique et la formation technique qui peut être donnée dans l’armée pour faciliter le réemploi des militaires ayant terminé leur temps.
- LA VIE DES CENTRES D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- Observations sur la variabilité du rendement
- par
- M. REUCHLIN
- Il est assez fréquent de remarquer, tant dans l’exécution d’un test que d’une tâche quelconque, que les sujets qui réussissent mal travaillent d’une façon plus irrégulière, avec plus d’à coups que les sujets mieux doués.
- C’est pour préciser cette remarque courante que les quelques mesures suivantes ont été faites avec les moyens très modestes dont peut disposer un centre d’Orientation Professionnelle.
- Un premier sondage fut fait sur un groupe très réduit de sujets, 20 garçons et filles de 14 ans environ, à qui fut appliqué le test d’enfilage de rondelles de Piorkowski avec une technique un peu particulière r on s’efforça de relever le temps consacré à l’enfilage de chacune des quinze rondelles, l’épreuve de compréhension ayant £té subie au préalable suivant la technique habituelle. La moyenne arithmétique de ces quinze temps permit de classer chaque sujet dans le groupe expérimental au point de vue de sa vitesse, de son rendement global. L’écart moyen de ces quinze temps fut calculé pour chaque sujet d’où on tira un coefficient de variation de formule.
- y___ Ecart moyen X 100
- Moyenne arithmétique
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- et les sujets furent également classés d’après ce coefficient,, les moins variables étant classés les premiers.
- Le coefficient de corrélation de rangs entre ces deux classements atteignit une valeur suffisamment élevée pour être significative malgré le petit nombre de sujets :
- p = .62 -g .09
- Pour exprimer ce résultat d’une façon plus nuancée, on calcula la moyenne des cœ'fficients de variation pour les cinq sujets les plus rapides, pour les dix sujets moyens, pour les cinq sujets les plus lents. Les trois valeurs trouvées furent :
- 20.9 21.2 36.9
- On peut remarquer que les sujets sont d’autant plus variables qu’ils sont moins rapides. Le fait est particulièrement marqué pour les sujets les plus lents.
- Ces remarques faites sur un nombre de sujets aussi restreint ne pouvaient être guère qu'une première indication. Un calcul analogue fut fait sur 129 garçons de 14 à 16 ans, apprentis tôliers ou élèves d’un Centre de formation professionnelle, à qui avait été appliqué le test du Tourneur. On disposait, pour chaque sujet, des trois temps correspondant aux trois applications successives de l’épreuve. La moyenne de ces trois temps fut retenue comme cote représentative de la rapidité du sujet, tandis que l’écart moyen indiquait sa variabilité. Le coefficient traduisant la corrélation entre les deux séries de résultats fut trouvé égal à
- r =, -.54 + .04
- Comme précédemment, on calcula la variabilité moyenne des 34 sujets les plus rapides, des 61 sujets moyens et des 34 sujets les plus lents. Les trois valeurs trouvées furent :
- 16.57 24.40 46.80
- Là encore, les sujets les plus lents se révélaient les plus variables, cela étant particulièrement vrai pour les sujets très lents.
- Un essai fut alors tenté dans une direction toute différente : on se servit de la mesure de l’attention par le test de barrage de la fiche abrégée Pieron, et on compara le rendement de 109 sujets (pris parmi les 129 précédents) au cours de la deuxième, de la troisième, de la quatrième minute de travail. Les résultats furent élaborés de la même façon, la moyenne des trois notes indiquant le rendement global du sujet, et leur écart moyen.sa variabilité. Mais
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- contrairement aux exemples précédents, aucune corrélation ne fut trouvée entre les deux séries de valeurs :
- Les 109 sujets ayant subi à La fois le test du Tourneur et le test de barrage permirent de constater qu’aucune liaison n’existait entre la notation de la variabilité au cours de ces deux épreuves :
- r = .03
- L’indicé adopté pour l’estimation de la variabilité (écart moyen) ne permet guère, dans les mesures précédentes, d’avoir de renseignements sur la nature même de cette variabilité. Les effets de l’apprentissage et de la fatigue se traduisent en effet par une augmentation de l’écart moyen tout comme ceux d’une oscillation du rendement non systématique et non limitée au début ou à la fin de la période de travail.
- Il n’a pas semblé possible de déceler les effets de la fatigue au cours de tâches aussi brèves que celles qui étaient proposées aux sujets.
- Les effets de l’apprentissage, par contre, étaient manifestes. Sur les 129 sujets examinés au Tourneur, 108 avaient réussi à améliorer leur temps au cours des trois essais. La différence des temps entre le premier et le troisième essai fut adoptée comme cote d’« apprentissage ».
- Il convenait de s’assurer que cette façon de coter n’exprimait pas le même fait que l’écart moyen déjà envisagé. Le coefficient de corrélation entre «apprentissage» et «variabilité» ne s’éleva pas à une valeur significative. On obtint : -,
- r = .16 ± .06
- D’autre part., la corrélation entre la vitesse moyenne et- l’apprentissage ne s’élevait .aussi qu’à :
- r = .02
- En désignant :
- par 1 le temps moyen pour les trois essais, par 2 la « variabilité ». par 3 T« apprentissage ».
- on avait donc :
- Ti2 = -.54 r,:, = .02 r23 =.16
- N.
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- Comme on pouvait s’y attendre, la corrélation partielle entre vitese et variabilité, l’apprentissage étant éliminé, se révéla peu différente de r12 . On obtint en effet :
- r is-3 ~ -.55
- l/apprentissage ne semble donc pas modifier la mesure de variabilité adoptée plus haut.
- Le test de barrage n’ayant, pas révélé de liaison entre rendement et variabilité, la question de discriminer l’apprentissage de la variabilité ne se posait pas.
- On put vérifier néanmoins que, là aussi, apprentissage et rendement n’étaient pas liés. En appelant « apprentissage » la différence des points obtenus au cours de la première et de la troisième minute, la corrélation rendement-apprentissage ne s’éleva pas à une valeur significative :
- r -.08
- ! *
- *. *
- De l’ensemble de ces résultats, deux faits semblent se dégager :
- 1° Au cours des épreuves considérées, aucune liaison n’est apparue entre l’apprentissage et le rendement global. Ce qui signifie que les « mauvais » n’améliorent pas leurs résultats plus que ne le font les « bons » et que, par conséquent, il est probable que dans plusieurs répétitions de la même épreuve, le classement des sujets ne variera guère.
- 2° Les oscillations fortuites de rendement sont d’une amplitude d'autant plus grande que le sujet est plus mauvais (dans les deux tests moteurs étudiés).
- | * }
- * *
- On essaya de vérifier la première de ces conclusions à une échelle de temps beaucoup plus considérable. Trois sujets adultes exécutèrent 10 fois l’épreuve du Tourneur et celle de Piorkowski, les 10 essais étant échelonnés sur un laps de temps de trois mois. On les classa une première fois d’après la mcjyenne de leurs trois premiers essais, et une autre fois d’après la moyenne des trois derniers, cela pour chacune des deux épreuves. Voici quels furent les résultats :
- N
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- pour le Tourneur :
- Sujets Classement initial Classement terminal
- ' A 1 1
- B 2 2'
- C 3 3
- jaour le Piorkowski : N
- Sujets Classement initial Classement terminal
- A 1 1
- B 2 3
- C 3 2
- La constance de classement se vérifiait donc dans une certaine mesure.
- Ces résultats seraient à rapprocher peut-être, à une échelle de temps plus considérable encore de ceux observés au cours de plusieurs déterminations d’âge mental sur un même groupe d’individus, à des âges réels différents. L’âge mental croît pour tous avec l’âge réel, mais il ne croît pas plus vite chez les «mauvais» que chez les « bons » de sorte que l’on obtient des courbes « en éventail », les «bons» conservant et même augmentant, leur avance.
- La liaison constatée entre la variabilité et le rendement global dans deux tests moteurs peut, donner lieu à quelques rapprochements et à quelques hypothèses.
- Elle peut être due d’abord à l’attitude du sujet devant le test. Certains auteurs ont établi en effet que les résultats de plusieurs applications d’une même épreuve sont les plus voisins quand on demande au sujet de fournir un effort maximum. La variabilité est plus grande quand on ne leur demande de ne consacrer à leur travail qu’une partie de leur effort seulement. Peut être est-il permis de supposer que ceux de nos sujets qui sont parvenus à concentrer toutes leurs forces sur la tâche à accomplir ont atteint par là même les résultats à la fois les meilleurs et les plus réguliers, provoquant ainsi l’apparition d’une corrélation notable. Pour employer une image, on a l’impression qu’ils ont. heurté un « plafond » qu’ils retrouvent à peu près à la même hauteur ou légèrement ascendant à chaque nouvel essai, tandis que les autres oscillent plus librement en deçà de leur limite et à une hauteur moins grande.
- D’autre part, Lahy et Korngold, au cours de leurs recherches sur les accidents du travail ont trouvé un caractère d’instabilité
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- (mis en évidence par une variation plus grande au cours de l’épreuve des temps de réaction) très accusé chez les « fréquemment blessés » et se demandent s’il ne faut pas y voir la manifestation d’une fatigabilité nerveuse plus grande.
- Ils citent également les travaux de Mayerhofer, Rothe, Bena. et Kugler qui attribuent l’instabilité du rendement soit à des troubles névropathiques, soit au surmenage, soit à l’abus de l’alcool.
- On pourrait enfin rapprocher les présentes observations, faites sur un nombre très faible.de sujets et de tests, des résultats sur T hétérogénéité normale des aptitudes établis par M. Pieron avec des batteries beaucoup plus considérables et sur des groupes beaucoup plus importants. M. Piéron a signalé que les sujets dont le rendement global est le plus mauvais sont aussi ceux dont le rendement est le plus inégal d’une aptitude à l’autre. Ce qu’il a établi pour des aptitudes différentes à un moment donné semblerait se vérifier aussi pour une aptitude donnée, à des dates différentes. Il convient toutefois de. remarquer que les déterminations du rendement dans les différentes aptitudes considérées ont été faites nécessairement à des dates différentes .Les variations constatées peuvent donc être dues à la fois à des inégalités foncières et constantes entre les aptitudes et à des oscillations fortuites du « niveau », ce dernier facteur jouant précisément, le plus chez les sujets les plus mauvais.
- CAUSERIES BIBLIOGRAPHIQUES
- André Ferré. — Manuel de Psychologie de l'enfant, ln-8 de 261 pages. Paris, Sudel, 1946.
- L’auteur de ce manuel, comportant des leçons et exercices pratiques, est un directeur d’Ecole normale, particulièrement bien infermé, et qui a eu le souci de fournir un instrument de travail, qui se montrera précieux, pour l’application du. programme actuel des Ecoles normales, qui impose très, justement, aux futurs instituteurs, pourvus du baccalauréat, une étude systématique de la vie mentale de l’enfant.
- Dans un excellent esprit, avec données précises, sujets proposés d’expériences h faire, descriptions de nombreux tes.ts, sent examinées, en 23 leçons, toutes les grandes questions, (croissance physique, langage, activité, sensorielle, perception, prise de conscience, structure mentale, âge mental, attention, mémoire, imagination, émotions, tendances, sentiments, activité., habitudes, volonté, caractère).
- Il faut féliciter l’auteur de celte utile mise au point.
- H. P.
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- • *
- * *
- Roger Gal. — L'Orienlalion Scolaire. (Nouvelle Encyclopédie pédagogique). InH6 de 147 pages. Paris, Presses Universitaires, 1946.
- M.. Roger Gal, conseiller pédagogique auprès de la direction, du Second degré au Ministère de l'Education nationale, et l'un des membres. les plus actifs de la Commission dé réforme de l’Enseignement, s’est particulièrement soucié du problème capital de ('orientation des écoliers, et il expose le résultat de ses études, de ses réflexions et de son expérience dans, cet intéressant petit livre.
- Il montre tout d’abord quelle est l’importance d’une orientation bien conduite, sur le terrain scolaire, d’abord, où l’on est conduit de proche en proche jusqù.’à l’orientation professionnelle. Les rapports avec le problème de la culture, la nécessité de l’introduire sur le terrain pédagogique, les. transformations scolaires qu’elle implique, sont les sujets des chapitres, dont le dernier est consacré à l’importante question des lechniqu.es (observation, tests de niveau mental et d’aptitudes, caractérologie, et appréciation synthétique sur l’ensemble de la personnalité individuelle). H. P.
- LIVRES ENTRÉS RÉCEMMENT A LA BIBLIOTHÈQUE
- Herbert Herz. — La Graphologie. Collection Que Sais-je ? Presses Universitaires de France. 116 pages. ^
- Dr. Edouard Claparède. — Psychologie de l'Enfant et Pédagogie Expérimentale. II. Les Méthodes. Delachaux et Niestlé, Neuf-chetel et Paris. 246 pages.
- Dr. P. Wautriche. — Introduction à la Psychotechnique. Editions l'Avenir. Bruxelles. 248 pages.
- Etudes de Neuro-Psycho-Pathologie infantile. Comité de l’Enfance Déficiente. Marseille. 157 pages. t
- L. -L. Thurstone. —» Multiple-Factor Analysis. A development et
- Expansion of the Vectors of Mind. The University of Chicago Press. Chicago Illinois. 535 pages.
- M. Schachter et Mlle S. Cotte. — L'enfant Enurétique. Etude clinique et Médico-Sociale. 1941, Librairie Universitaire des Allées Maupetit, Marseille. 75 pages.
- Mue» Cotte, G. Roux et M.-A. Aureille. — Utilisation dii Dessin comme test psychologique chez les enfants anormaux (nouvelle Edition revue et augmentée de : La personnalité de l’enfant vue à travers ses dessins). Comité de l’Enfance Déficiente, Marseille, 1947, 48 pages.
- E. F. Lindquist. — Statistical Analysis in Educational Research. Houghtoir Mifflin Company. The Riverside Press Cambridge. 266 pages.
- Henri Baruk. — Psychoses et névroses. Collection Que Sais-je V Presses Universitaires de France. 135 pages.
- AGEN. - IMPRIMERIE MODERNE, 43, RUE VOLTAIRE
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- SERVICES DE L’INSTITUT
- Tél. Odéon 52-46
- SECRÉTA RI A T GÉNÉRA L ET CENTRE DE DOCUMENTATION Chef de Service : Mlle G. Chauffard.
- CENTRE D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE Chef de Service : Mlle Nepveu.
- CENTRE DE RECHERCHE DES TESTS Chef de Service : Mme Henri Piéron.
- Le Secrétariat et l’Office de Documentation sont ouverts chaque jour, non fériés, de 9 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures.
- La Secrétaire générale reçoit le lundi, de 14 h. 30 à 18 heures ; le jeudi de 14 h. 30 à 16 h. 30, et sur rendez-vous.
- La Bibliothèque est ouverte chaque jour, non férié, de 14 heures à 18 heures.
- « * '
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- Pour les consultations d’Orientation professionnelle, adresser une demande de rendez-vous au Chef du Centre d’Orientation Professionnelle.
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- SOMMAIRE
- Pages
- I. — Colette Chauffard : Etude sur le comportement au cours des
- des tests................................................. 97
- II. — Henri Piéron: Tests de sélection en aviation militaire (test
- d’observation d’images) (suite et fin)........................ HO
- III. — Notes et Documents : Un exemple instructif d’analyse facto-
- rielle. — Comparaison des divers groupes professionnels et scolaires au moyens de tests verbaux. — L’autospirophonie.
- — Controverses sur la théorie du tempérament deRosanoff. 116
- IV. — A travers les Revuee......................................... 119
- • i
- V. — Informations................................................... 120
- VI. — La Vie des Centres d’0. P. ................................... 122
- VII. —Causeries bibliographiques...................................... 127
- Bulletin de l'Institut National d'Elude du Travail et d'Orienlalion Professionnelle
- rédacteur en chef : Mme Henri PIERON secrétaire de la rédaction : Mlle Irène LEZINE
- % / LES ABONNEMENTS PARTENT DU 1er JANVIER
- . ABÔNIVËMEIVT :
- Pour la P rance.. 200 fr. j Pour V Etranger........ 300 fr.
- Prix du numéro : 35 franc»
- Pour les anciens élèves de l’I. N. E. T. O. P. : 150 francs
- Prière d’adresser le montant des Abonnements au Compte Chèques postaux de Plnstit®|
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- Pour tout ce qui intéresse le Bulletin adresser la correspondance à Mme Henri Piéron
- Les Abonnés nouveaux recevront les numéros de l’année déjà parus au reçu de .eur Abonnement
- Le Gérant : Paul Arjo.
- AGEN. — IMPRIMERIE MODERNE, 43, RUE VOLTAIRE Dépôt légal 1947. 2e trimestre. — N“ d ordre 77.
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- 2e SÉRIE. — 3e ANNÉE
- N° 9-10
- SEPTEMBRE-OCTOBRE 1947
- BULLETIN
- DE
- L’INSTITUT national
- d êtude du travail
- ET
- d ORI ENTATION PROFESSIONNELLE
- REVUE MENSUELLE
- AU SIEGE DE L’INSTITUT
- 41, Rue Gay-Lussac, 41 PARIS
- TOUS DROITS RÉSERVÉS
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-
-
- CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MÉTIERS
- Institut National d’Étude du Travail et d Orientation Professionnelle
- DIRECTEUR DÉLÉGUÉ
- M. Henri Piéron, professeur au Collège de France, directeur de l’Institut de Psychologie de l’Université de Paris, président de la Section des Sciences Naturelles de l’Ecole Pratique des Hautes Études.
- COMITÉ DIRECTEUR
- Le Directeur du Conservatoire National des Arts et Métiers.
- Le Directeur délégué.
- M. H. Laugier, secrétaire général adjoint de l’O.N.U.
- M. P Pouillot, inspecteur général honoraire du Travail.
- M. H. Wallon, professeur au Collège de France.
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- 2e Série. 3* Année
- N° 9-10
- Septembre-Octobre 1947
- Bulletin de l’Institut National D’ÉTUDE DU TRAVAIL
- et
- D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- ÉTUDE SUR LE COMPORTEMENT AU COURS DES TESTS
- par
- Colette CHAUFFARD
- (Suite)
- Exposé des résultats
- L’ordre dans lequel se placent les juges par rapport au juge idéal n’est pas le même qu’il sfagisse du relevé général ou des seuls Wiggly-Block. Le juge 1 reste le premier dans les deux relevés et le juge 4 le dernier mais alors que le juge 2 dans le relevé général ne s’écartait que de 0 a 05 du juge 1, donc pratiquement obtenait les mêmes résultats, il s’écarte de 1 o 17 du juge 1 pour les Wiggly-Block et se classe 3e. Le juge 3 du relevé général devient le juge 2 pour les Wiggly-Block.
- L’étude détaillée de la répartition des appréciations de chaque juge permet d’expliquer ces écarts, le juge 2 semble attiré dans les Wiggly-Block par la moyenne et surtout le juge 4 emploie avec une préférence très marquée la colonne A, il est particulièrement indulgent.
- Le fait de construire le juge idéal en partant de quatre juges seulement petit paraître insuffisant, toutefois il semble bien qu’il soit admis que quatre ou mieux cinq juges permettent d’obtenir des résultats satisfaisants. En outre, il faut noter que les juges de l’expérience ont tous une pratique assez longue des examens psychologiques (de 12 ans pour le plus ancien à 2 ans pour le plus nouveau) et ce facteur doit entrer en ligne de compte, en effet les résultats des quatre juges dans le cas présent ne sont pas superposables, mais voisins, il n’en est pas de même quand on prend
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- — 130
- des juges tout à fait novices dans les examens psychologiques. Notre expérience dans ce domaine est trop réduite pour que nous puissions publier des résultats précis, mais nous avons fait appliquer depuis le début de l’année -scolaire la même méthode d’élude du comportement par les élèves de l’I.N.O.P. comme exercice d’entraînement. Dans le cas des débutants pour la grosse majorité des cas les avis s’échelonnent cle A à C, de B à C— ou de A+ à B, il n’est pas rare que les avis s’échelonnent sur quatre rubriques A+ à C ou A à C—, par contre les cas où les avis ne s’échelonnent que sur 2 rubriques sont exceptionnels et nous n’avons trouvé aucun point où les observateurs étaient tous d’accord. Ces remarques portent environ sur 250 points. Il faut ajouter que les observateurs-stagiaires étaient 10 ou 12 ce qui rend l’accord plus difficile à obtenir. Les résultats n’en restent pourtant pas moins significatifs.
- Nous ne pouvons malheureusement pas reproduire ici les polygones de fréquence pour chaque trait et pour chaque juge, toutefois nous pouvons noter que :
- 1° en aucun cas on obtient une courbe à double sommet ; f 2° seuls les points 2 (méthode), 3 (perfectibilité de la méthode), 15 (vitesse-précision) offrent une répartition normale ou presque ;
- 3° pour le point 5 (aisance des gestes des membres supérieurs), les juges 1, 2 et 4 ont placé de 80 à 90 °/0 des sujets dans le groupe -B, le juge 3 en place seulement 40°/«-
- 4° pour les points 12 (ardeur au travail), 13 (émotivité en général), 13 bis (émotivité à la difficulté intellectuelle) les modes se trouvent bien en B, mais on n’obtient pas de courbe symétrique, la courbe est nettement déportée vers la gauche, vers les notes A ;
- 5° pour les points 10 (conscience), 11 (persévérance), 14 (docilité) les modes se trouvent en A, en particulier pour les points 14 le juge 1 place en A 91 °/0 des sujets pour les résultats généraux et 87 °/0 pour les Wiggly^Block.
- le juge 2 : 94 °/o pour les résultats généraux et 92 °/<* pour les W. B.
- le juge 3 : 86 °/0 pour les résultats généraux et 94 °/o pour les W. B.
- le juge 4 : 97 % pour les résultats généraux et 98 °/0 pour les W. B.
- Il ne faut pas s’étonner de ne pas trouver dans les traits carac-
- tériels une courbe normale, on a souvent remarqué, en particulier Allport que les traits caractériels qui amènent une sanction sociale se répartissent suivant une courbe en J.
- i— On a souvent noté dans les appréciations subjectives l’effet dit « de halo », l’observateur se laissant influencer par l’impression générale favorable ou défavorable que produit le sujet. Les observateurs de la présente expérience étaient prévenus contre ce
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- danger et ont fait un effort spécial pour ne pas subir cette influence. Nous avons cependant étudié les corrélations qui existaient entre certains points pour chaque juge (10-11^12-14-15) qui nous semblent être particulièrement liés, les points 10, 11, 12 et 14 spécialement. Nous nous sommes servis du coefficient de contingence C, les répartitions n’étant pas normales, le coefficient de corrélation r de Pearson ne pouvait être utilisé. On sait que C ne varie pas comme r de —1 à +1 mais ne peut dépasser des valeurs différentes suivant le nombre de classes de la répartition, pour 5 classes ce qui est le cas de notre expérience, C ne peut dépasser 0,894.
- Juge 1 Juge 2
- 10 11 12 H
- 11 ,572
- 12 ,295 ,486
- 14 ,232 ,385 ,353
- 15 ,615 .360 ,475 ,476
- Juge 3
- 10 11 •12 14
- 11 ,736
- 12 ,530 ,506
- 14 ,441 ,353 ,378
- 15 ,451 ,355 ,676 ,304
- 10 11 12 14
- 11 ,581
- 12 ,420 ,533
- 14 ,323 ,237 ,429
- 15 ,298 ,268 ,510 ,121
- Juge 4
- 10 11 12 14
- 11 ,560
- 12 ,205 ,430
- 14 ,197 » ,126 ,189
- 15 ,108 ,163 ,417 ,182
- Conclusions
- 1. — Une étude de ce type est salutaire à ceux qui y participent en ce sens qu’ils prennent conscience de façon concrète dè'ienf manière de juger, de leurs tendances à l’indulgence ou à la sévérité. Elle entraîne à faire un effort de différenciation entre les sujets qui rompt une certaine routine dans laquelle on est tenté de tomber après un certain nombre d’années d’exercice. Elle permet de se référer à des normes générales et non plus seulement au petit code personnel que chacun se crée au cours de sa pratique journalière.
- t
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- 2. — Les juges s’améliorent de façon très sensible par l’exercice (Voir différence entré juges entrainés et débutants). Un entrainement suffisamment long permet d'obtenir des résultats très concordants entre les juges. Une expérience faite par 14 observateurs dans le Service de Sélection de l'Armée Anglaise l’a prouvé.
- 3. — Les points qui sont, les mieux jugés sont : la méthode, la perfectibilité de la méthode, l’aspect vitesse-précision.''0i; ce sont justement ces points que des résultats quantitatifs permettent dans bien des cas de déduire. Toutefois il arrive fréquemment que les chiffres seuls soient insuffisants, l’indication du comportement donnera une signification élargie aux chiffres pour ces points.
- 4. — L’appréciation des traits caractériels donne des résultats décevants et ce sont ceux surtout que Ton recherche dans l’étude du comportement. Au moment de l’exécution d’une tache déterminée, d’un lest, le sujet a un comportement qui lui est propre qui est bien partie intégrante de sa personnalité et que le psychologue peut juger. Mais cette situation de test est exceptionnelle (1-) ; elle ne permet dans la grande majorité des cas que de juger de l’attitude du sujet dans ce cas exceptionnel, on ne peut en déduire le comportement général du sujet dans la vie, voire même dans la vie de travail.
- 5. — L’examen des coefficients de contingence permet de remarquer que :
- a) La liaison entre les différents points est assez variable d’un observateur à l’autre. Le juge 1 qui est celui qui se rapproche le plus du juge idéal et qui, en outre était parvenu aux meilleures répartitions quant à .ses appréciations pour chaque trait n’est pas celui qui fait les observations les plus indépendantes pour les différents traits. Au'contraire c’est le juge 4 qui était le plus éloigné du juge idéal et qui avait des courbes particulièrement déportées vers A qui obtient les coefficients les plus bas. Il y a donc deux qualités à noter chez le juge : sa place par rapport au juge idéal et sa possibilité de juger les différents traits indépendamment. Et encore du fait qu’un juge est capable de noter de façon indépendante les traits, comme le juge 4, faut-il en conclure que ces traits sont bien notés, nous ne le croyons pas ; mais on peut en déduire un souci de raffinement dans la désignation des traits.
- b) On retrouve des coefficients élevés chez les 4 juges pour les points 10-11 et 12-15, ce qui montre qu’il n’est pas possible à un
- (1) Nous savons combien l’attitude du psychologue peut contribuer à atténuer le caractère exceptionnel du test ; toutefois il reste pour la grande majorité des sujets qu’ils sent placés dans une situation qui leur rappelle les taches scolaires ; qu’ils doivent exécuter un travail devant une personne qu’ils ne connaissent pas, et que l’effort que l’on exige d’eux est strictement limité dans le temps.
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- observateur même bien entraîné de porter des appréciations valables au cours des lests sur des traits aussi voisins que conscience et persévérance, ou ardeur au travail et vitesse-précision. Les observateurs ont confondu l’ardeur au travail avec la rapidité ce qui n’eèt pas très étonnant dans des épreuves dont la durée ne dépasse guère un quart d’heure et il faut en conclure que cet aspect ardeur au travail n’est guère décelable par la 'seule observation au cours des tests.
- Dans un précédent article (1) dans lequel nous rapportions les résultats décevants d’une expérience de contrôle d’un test de tempérament (il s’agissait de demander à des instituteurs leur avis sur certains traits de tempérament de leurs élèves) nous indiquions qu’il est possible d’améliorer la méthode employée à condition : 1° qu’on puisse utiliser les notes de plusieurs juges pour un même sujet ; 2° qu’on entraîne préalablement les juges en leur apprenant à noter de même manière un même trait chez un même sujet de façon à obtenir des jugements comparables ; 3° que les juges possèdent une culture psychologique égale et soient tous également « capables ». — Nous avons réalisé dans la présente expérience les deux premières conditions et la première partie de la troisième, reste la capacité des juges. Nous avons pu juger les juges sous deux angles différents, il serait intéressant alors, de pousser l’expérience pour permettre de savoir quelle est la plus importante des deux qualités précitées, pour permettre de savoir, dans quelle mesure le juge parfait doit combiner l'une et l’autre. Bien que des contrôles de ce genre soient difficiles et sujets à de nombreuses causes d’erreurs, ils ne nous semblent pas impossibles et nous espérons pouvoir les tenter au, cours de prochains travaux.
- 6. —• La présence positive d’un trait caractériel (colonne A ou B) ne semble pas avoir de signification particulière, si ce n’est que le sujet se conduit dans ce cas comme la très grande majorité des sujets devant une telle tâche. La présence d’un de ces traits notée dans la colonne A+, C ou C— est significative et est un indice qui demande une étude plus approfondie.
- 7. — Les enquêtes sur le sujet du point de vue de son attitude dans les milieux scolaires ou professionnels, ainsi que familial restent donc tout à fait nécessaires, mais il serait souhaitable qu’elles soient menées par des juges entrainés.
- 8. — Certains sujets ont été reconnus unanimement, exceptionnels par les juges sous différents aspects en particulier pour l’émotivité, mais ce sont aussi ces cas pour lesquels les juges ont mon-
- (1) MM. Benassy et C. Chauffard : Comment étudier la validité d’un test de tempérament. Biotypologie. Tome VIII, juillet 1946.
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- tré les opinions les plus divergeantes, les uns interprètent les causes probables de l’attitude du sujet, les autres notent seulement ses manifestations. Nous croyons que dans un travail du genre de celui-ci et quand une telle méthode est employée, les juges doivent s’efforcer de rester objectifs, c’est-à-dire de noter seulement les manifestations qu’ils observent chez le sujet, sinon ils risquent de donner un aspect précis à des observations toutes subjectives, ce qui nous paraît un des écueils qui doit être évité avec le plus de soin.
- 9. — L’étude du comportement reste une chose précieuse pour la connaissance du sujet, mais les indications qu’elle fournit doivent être utilisées avec prudence, car il ne faut pas oublier la marge d’erreurs dont elles sont entachées, erreurs dues aux conditions mpmes dans lesquelles le comportement a été étudié et erreurs dues au juge.
- 10. —• Un examen psychologique doit aboutir à un diagnostic^ souvent à un pronostic. Pour comprendre de façon complète un 'sujet dans sa complexité vivante, le psychologue doit faire la synthèse de tous les renseignements recueillis, tests, comportement, enquêtes, après le travail d’analyse il y a uni travail de synthèse, l’imagination y jouera une part, le sens, clinique du psychologue le guidera, il saura alors qu’il ne fait plus un travail qui relève de la science mais un travail qui relève de l’art. Nous croyons que dans l’état actuel du développement de la psychologie, ces deux étapes sont nécessaires, l’important à notre’ avis est de ne pas les confondre. Cette confusion peut entraver pour une part les progrès de la psychométrie et donner aux utilisateurs de ses méthodes (jeunes gens, famille, entreprises industrielles, etc...) une idée tout à fait erronée des services qu’elle peut rendre ainsi que de scs limites.
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- '/*
- La Fiche d’intelligence pour adultes cultivés (MHPn°l) appliquée aux enfants des Lycées
- par
- Mme Henri PIÉRON
- Nous avons donné dans le numéro 1-2 -du Bulletin de l’année 1945 une fiche -destinée aux sujets ayant reçu une forte culture secondaire et même supérieure et qui cependant ont parfois l’occasion de se présenter devant un orienteur pour lui demander un conseil.
- Nous avons donné la technique complète et l’étalonnage des huit points du profil susceptible d’être établi.
- Mais cet étalonnage fait sur des sujets dont 73 °/0 avaient soit une licence complète soit une licence incomplète ne pouvait servir facilement aux enfants qui n’ont que préparé le baccalauréat.
- Nous avons donc refait dans les lycées de la région parisienne l’étalonnage adapté ci-dessous.
- Elèves des lycées de la région parisienne (15-16-17 ans)
- 250 garçons. — 175 filles
- Compréhen sion
- Max. : 85 points
- 4 40 20 30 40 50 60 70 80 90 400
- Garçons 79 69 64 61 59 54 49 46 39 28 49
- Filles 78 70 64 60 58 55 50 44 37 29 21
- Critique
- Max. : 50 points
- 4 10 20 30 ... s. 40 50 60 70 80 90 400
- Garçons 42 38 36 34 32 30- 26 24 20 40 8
- Filles 43 40 38 36 34 32 28 22 48 12 8
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- Invention
- Max. : 28 points
- 1 -10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
- Garçons 27 25 24 23 22 21 19 16 15 13 10
- Filles 26 24 23 22 21 20 18 16 14 12 10
- Efficience totale de la fiche
- Max. : 163 points
- 1 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
- Garçons 145 140 131 122 117 100 91 80 71 52 20
- Filles 145 139 129 121 116 98 89 79 75 56 24
- V'
- Intelligence logique
- Max. : 50 points
- • 1 10 20 *r\ 30 40 50 60 70 80 90 100
- Garçons 42 38 36 34 32 30 26 24 20 10 8
- Filles 43 40 38 36 34 32 28 22 18 12 8
- Intelligence verbale
- Max. : 18 points
- 1 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
- Garçons 18 18 16 16 15 14 14 13 12 11 7
- Filles 18 18 17 16 15 14 14 13 11 10 5
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- Intelligence numérique
- Max. : 24 points
- ' 1 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
- Garçons 21 18 15 15 12 9 6 3 0 0 0
- Filles 21 21 18 15 12 9 6 3 3 0 0
- Intelligence générale
- Max. : 71 points
- 1 10 20 30 40 50 60 70 80 90 O O
- Garçons 66 62 58 54 49 46 39 32 28 20 12
- Filles 65 60 56 51 ' 47 43 35 30 27 17 10
- NOTES ET DOCUMENTS
- Validation des tests servant à la sélection du personnel
- par
- M. REUCHLIN
- Voici une analyse d’un article de Burt paru sous ce titre dans le British Journal of Psychology (XXXIV, I, Sept. 1943, pp. 1-19).
- Une partie de ce travail, faisant appel au calcul matriciel a été passée sous silence.
- Nous renvoyons nos lecteurs, pour le reste, à l’article paru récemment dans le Bulletin sur la validité et la corrélation multiple.
- La sélection psychotechnique dans l’Armée pose certains problèmes tels que les suivants :
- 1° Comment combiner une batterie de plusieurs tests pour obte nir une appréciation unique sur l’aptitude d’un homme à remplir un emploi donné ?
- iijj
- in
- *
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- .
- 2° Une batterie étant appliquée et étudiée sur un groupe restreint forcément sélectionné, comment étendre les résultats obtenus à une population beaucoup plus étendue, donc plus hétérogène ?
- 3° Comment prévoir avec une seule et même batterie les résultats qu’obtiendrait un homme dans des tâches diverses ?
- Ces problèmes, et d’autres problèmes connexes, ne sont pas nouveaux. La psychologie scolaire et l’O. P. leur ont déjà apporté des solutions qui sont valables pour l’Armée.
- L’auteur ne pouvant publier les résultats de ses travaux militaires (nous sommes en septembre 1943) va illustrer ses techniques à l’aide de données empruntées à son expérience de psychologue scolaire.
- 11 choisit comme exemple ses recherches sur la prévision de la réussite dans les travaux « mécaniques ».
- 4 facteurs semblent entrer en ligne de compte : intelligence générale, aptitude verbale, aptitude numérique, aptitude mécanique.
- Pour décider de leur importance relative, une batterie de quatre épreuves (épreuves scolaires ou tests proprement dits) est constituée : épreuves d’intelligence (verbale et non verbale), d’Anglais, d’Arithmétique et de travail manuel.
- 354 garçons de 12 a 6 m à 13 a 6 m y sont soumis, sur lesquels on recueille par la suite les renseignements suivants servant de critères de validité aux épreuves : notes à la fin de l’apprentissage, réussite dans la profession.
- Un tableau de toutes les corrélations entre le critère et les tests et entre les tests est dressé, et l’auteur examine sur ces données trois méthodes permettant de combiner les résultats des tests en vue de la meilleure prévision de la réussite professionnelle.
- 1° Chacun des tests peut recevoir un poids proportionnel à sa validité. Mais c’est là une méthode grossière, qui peut amener des erreurs importantes.
- En effet, le coefficient de validité exprimant la corrélation avec le critère ne vaut que pour chaque test pris isolément. Quand plusieurs tests sont employés,- en batterie, il faut tenir compte, pour la pondération, des corrélations entre tests.
- Dans l’exemple cité par l’auteur, une pondération proportionnelle aux coefficients de validité de chaque test ne donne à la batterie qu’une validité globale de . 562.
- 2° Cette validité globale va s’élever à . 625 en pondérant chaque test suivant son coefficient de régression partielle.
- Contre cette deuxième méthode se sont élevées des objections d’ordre théorique et d’ordre pratique.
- Burt pense que l’emploi croissant de la méthode dans d’autres
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- branches de la science appliquée (économie et agriculture) prouve qu’elle a un fondement théorique solide.
- Quant aux difficultés pratiques de calcul, il estime qu’elles sont considérablement diminuées par l’emploi de la méthode décrite par lui dans un autre ouvrage : VAppendice (seul publié) de « Weighting Tests for Personnel Sélection » (1).
- Dans l’enquête choisie comme exemple, la validité globale de la batterie pondérée suivant cette méthode s’est élevée à . 625, alors que la validité du meilleur test (intelligence) n’était que de . 545.
- Les poids étaient les suivants .
- Intelligence • 513.
- Anglais —. 208.
- Arithmétique . 059.
- Travail manuel . 319.
- La faible pondération des épreuves d’Anglais et d'Arithmétique révèle que leur validité (. 292 et . 346) était surtout provoquée par leur corrélation commune avec l’intelligence (.688 et .579).
- Ces épreuves ne seraient pas aussi faiblement pondérées si aucun test d’intelligence n’était inclus dans la batterie. Dans ce cas, un autre calcul donne respectivement aux notes d’Anglais, d’Arithmétique et de Travail manuel les poids approximatifs de 1, 3 et 7. La corrélation d’une telle batterie avec le critère serait d’environ .52.
- 3° On peut enfin combiner les résultats des tests en faisant simplement la somme des notes obtenues pour chacun. Mais alors on devra additionner non pas les notes brutes, mais les‘notes exprimées en « écarts réduits » (2).
- D'après Burt en effet, l’augmentation de validité que l’on observe quand on pondère une batterie ainsi qu’il a été dit provient en grande partie de l’élimination d’une pondération fortuite qui affecte en réalité des tests dont on additionne sans précaution les notes brutes. La pensée de l’auteur pourrait peut être s’illustrer par un exemple familier : si nous additionnons les notes obtenues par un élève à deux épreuves, l’une notée sur 20 et l’autre notée sur 10, la première note sera, en fait, affectée du coefficient 2. C’est ce qui se passe pour une série de tests, sans qu’on y prenne garde, quand les résultats de chacun ne s’échelonnent pas sur une même
- (1) Ouvrage malheureusement difficile à trouver. S’adresser, dit l’auteur, au Psychological Laboratory University College, Londres.
- (2) Rappelons que la note en écart réduit z, correspondant à une note brute X, dans une distribution de résultats où la moyenne est X et l’écart étalon <rx est donnée par la formule :
- X, — X o-x
- Z,
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- marge. La notation en écarts réduits supprime cette cause d’erreur.
- Quand elle est adoptée, la corrélation entre la somme des résultats des tests et le critère à prévoir s’élève, nous dit Bùrt, à
- r» ..... . ___ S ri°
- Ko (l+2 + 3+ -. + n) — ----
- V 22 Tij
- L’indice 0 se rapporte au critère, les indices 1, 2...Î, /... n se rapportent aux tests.
- 2 i'w est donc la somme des coefficients de validité.
- 22 nj, la somme générale de toutes les corrélations entre tests.
- Ce procédé, appliqué à l’exemple précédemment étudié par Burt, donne pour la batterie une validité globale de .524, inférieure par conséquent à celle obtenue par la méthode de pondération suivant les cœfficents de régression partielle (.625).
- L’erreur d’échantillonnage sur le coefficient Ko. 12... n. exprimant la validité globale de la batterie pondérée suivant les coefficients de régression peut s’évaluer selon la formule suivante, donnée en o (Rappelons que l’erreur probable vaut 0.6745 a).
- 1 — R-o. 12... n
- o-Ro. 12.... n= -
- V N — n — 1
- N = nombre de sujets.
- n = nombre de tests.
- Dans cette formule, N-n-1 représente le nombre de degrés de liberté, mais est en fait assimilable à N, ce qui ramène la formule donnée à la forme habituelle.
- Ayant ainsi traité le premier,des problèmes qu’il posait au début de son article, Burt aborde le second, que les mêmes données experimentales vont servir à illustrer.
- En effet, les 354 garçons qui ont servi de sujets, étaient des élèves d’écoles professionnelles. Ils ne représentent donc qu’un échantillon sélectionné de la population scolaire en général. La batterie de tests qui a été établie et pondérée dans le chapitre précédent à l’intérieur d’écoles professionnelles ne peut donc pas être appliquée telle quelle pour sélectionner les candidats à l’entrée dans ces écoles. Nous avons affaire dans le premier cas à un échantillon sélectionné, dans le second à la population générale. Or la sélection a pour effet, en général, d’abaisser la valeur des coefficients de corrélation (coefficients de validité ou corrélations entre tests) et cet abaissement est d’autant plus considérable qu’iil y a une différence d’hétérogénéité plus grande entre le groupe sélectionné et la population générale.
- En appelant o l’écart étalon dans le groupe sélectionnée et 2 l’é-
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- cart étalon dans la population générale par une même épreuve X, Burt calcule le « coefficient d’hétérogénéité » du groupe sélectionné suivant l.a formule :
- On peut avec cet indice passer des coefficients de corrélations r observés dans le groupe sélectionné .aux valeurs R que prendraient ces coefficients dans la population générale grâce à la formule :
- Rxy — l'xy hx hy -j- V 1 — h“x V 1 — &1 2//
- dans Laquelle les indices æ et y représentent deux tests, ou bien un test et le critère.
- Une batterie étudiée sur les élèves d’une écofe professionnelle peut alors être utilisée pour l’examen d’entrée dans cette école. Les élèves de l’école nous donneront les valeurs r et <j. Nous expérimentons nos tests à l’extérieur de l’école pour avoir les valeurs i (1). Nous pourrons alors calculer les valeurs R tirées de r, et pondérer notre batterie, en vue de l’examen d’entrée, d’après ces valeurs.
- Nous pouvons espérer obtenir ainsi une validité d’environ .70.
- Burt donne une illustration pratique rapide de la signification d’une telle validité.
- Supposons que noüs ayons à désigner les 100 meilleurs sujets sur un groupe de 1.000. En utilisant une batterie d’une validité de .70 , 47 des sujets que nous désignerons se classeront effective-
- ment, dans la profession, parmi les 100 meilleurs (en supposant que l’on dispose, par la suite, de renseignements sur la réussite professionnelle des 1.000 sujets que nous avions examinés).
- Cela semble peu satisfaisant. Mais il convient d’ajouter :
- 1° qu’en sélectionnant nos 100 sujets au hasard, 10 seulement auraient été choisis à bon escient, au lieu de 47.
- 2° que les sujets pour lesquels notre prédiction se révélera inexacte seront très voisins, en général de la limite inférieure des « bons », ce qui ne serait pas vrai si nous n’avions pas utilisé de tests.
- Si nous supposons maintenant, pour matérialiser d’une autre façon la signification pratique de notre validité de .70, que nous choisissions, avec la même batterie, 100 sujets dont on exige une note professionnelle supérieure à la moyenne, 5 °/„ de nos prédic-
- (1) La valeur 1 pour le critère devra être calculée, puisqu’il ne sera pas
- possible d’obtenir empiriquement l’efficience professionnelle des sujets écartés par l’examen d’entrée. Mais cela ne change rien à l’idée générale de la technique étudiée.
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- tîons seulement se révéleront inexactes, alors que nous nous tr om-pei’ions 50 fois sur 100 si nous ne nous servions pas de tests.
- La « correction pour la sélection » préconisée par Burt amène des changements notables dans les poids et dans la vaLeur du coefficient exprimant la validité globale de la batterie pondéiée
- K (Ko. 123... «)• v
- Si, dans l’exemple cité, nous désignons le critère par l’indice 0, T Intelligence, l’Anglais, l’Arithmétique et le Travail manuel respectivement par les indices 1, 2, 3 et 4 nous pouvons dresser le tableau suivant.
- |3 01.93* S 02.134 ,3 03.124 |3 04.123 R 0.1234
- Valeurs brutes .513 — .208 .059 .319 .625
- Valeurs corrigées pour la sélection.. .578 — .279 .079 .399 .742
- Remarquons que si tous les indices augmentent en valeur absolue, cet accroissement n’est pas proportionnel à leurs valeurs brutes. Négliger cette correction peut donc amener des erreurs dans l’importance relative à accorder aux tests.
- Mais Burt a reconnu dès le début de son article que « l’enquêteur non statisticien sera sceptique à juste titre sur des résultats non vérifiés obtenus seulement .au moyen de calculs ».
- Aussi va-t-il vérifier empiriquement les solutions proposées ci-dessus et celle qu’il va apporter au troisième des problèmes posés au début.
- 1784 élèves d’écoles primaires furent soumis à fa batterie dont l’auteur s’est servi dans son premier exemple. Ils furent ensuite classés par leurs maîtres de deux façons : une première fois suivant leur aptitude à l’enseignement secondaire, une deuxième fois suivant leur aptitude à l’enseignement technique. Ces deux classements étant adoptés comme critères, l’auteur se proppose de tirer de la batterie unique deux estimations différentes : estimations de l’aptitude à l’enseignement secondaire d’une part, à renseignement technique d’autre part.
- Il y parvient en faisant deux calculs distincts de corrélation multiple, qui aboutissent à deux séries de poids, selon que l’on veut avoir Tune ou l’autre des estimations.
- En affectant la note d’intelligence d’un élève du coefficient .416, celle d’Anglais du coefficient .326, celle d’arithmétique du coefficient .261, celle du travail manuel! du coefficient —.220, et en faisant la somme des notes ainsi pondérées, il obtient avec une vali-
- J
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- dite de .806 une estimation de son .aptitude à l’enseignement secondaire.
- Si les mêmes notes sont affectées respectivement des coefficients .155, —.162, .204 et .523, il obtint alors avec une validité de .654 une estimation de son aptitude à l’enseignement technique (1).
- Voici comment Burt va se servir de ces mêmes données peur vérifier sa formule de correction pour la sélection.
- Sur les 1.784 élèves examinés, 257 entrèrent par la suite dans une école secondaire, la sélection étant basée sur les notes obtenues aux tests d’Anglais et d’Arithmétique.
- Burt regroupe les résultats -obtenus aux quatre tests pour ces 257 élèves seulement, et recalcule les poids et corrélations globale avec le critère, tels qu’il les aurait trouvés s’il était allé dans l’école secondaire, après l’examen d’-entrée, examiner les élèves admis.
- Il suppose par conséquent qu’il ne dispose plus que :
- 1° de ces 257 résultats pour les 4 tests provenant du groupe sélectionné (o-15 <ts, <t3, <r4, <70 et tous les r).
- 2° des 1.784 résultats en Anglais et en Arithmétique provenant de la population totale puisque tous les élèves ont subi ces 2 épreuves en vue de -l’examen d’entrée (s2 et z3, Rs3).
- Il se propose alors de retrouver par le calcul seulement, la valeur des*poids et de R 0.1234 dans la population générale non sélectionnée.
- La vérification consiste à comparer ces valeurs estimées et les valeurs primitivement mesurées réellement sur fes 1.784 élèves, non sélectionnés.
- Voici les résultats :
- ,/3 01.234 P 02,134 j3 03.124 /3 04.123 R 0.1234
- Valeurs estimées .. . .379 .294 .273 — .131 .791
- Valeurs observées... .416 .326 .261 — .220 .806
- Il semblerait que les différences ne dépassent pas les fluctuations dûes à l’échantillonnage.
- Le même travail fut fait sur les 116 élèves admis postérieurement dans une école professionnelle. Mais l’admission avait été
- (l) Toutes les notes étant exprimées en écarts réduits. Soulignons que ces chiffes ne valent que dans les circonstances pour lesquelles Burt les a calculés. Ils ne figurent ici qu’à titre d’exemples et ne sauraient être utilisés tels quels.
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- prononcée dans ce cas en tenant compte des notes obtenues aux 4 tests.
- L’auteur se donnait par conséquent dans son calcul :
- 1° Les a, les intercorrélations et les validités dans le groupe sélectionné de 116 admis.
- 2° Les 2 et les intercorrélations dans la population générale (on supposait que le critère n’était connu que pour les sélectionnés)
- Il avait à retrouver les validités et les poids dei chaque test, ainsi que la corrélation globale pour la population générale.
- Puisqu’on fait ces valeurs étaient connues, on peut dresser un deuxième tableau de comparaison.
- (3 01.234 /3 02.134 /3 03.124 (3 04.123 R 0.1234
- Valeurs estimées.... .135 — .050 .165 .417 .566
- Valeurs observées... .155 — .162 .204 .523 .654
- Le résultat est moins bon pour plusieurs raisons : le nombre d’enfants était moins élevé ; les notes de travaux manuels et les notes critères d’aptitude à l’enseignement technique étaient moins fidèles, parce que données par des instituteurs d’écoles primaires ayant rarement l’occasion d’apprécier la valeur de leurs élèves au point de vue manuel ; enfin l’effet réel des facteurs ayant causé des modifications dues à la sélection a pu ne pas correspondre complètement aux hypothèses sur lesquelles les formules de sélection étaient basées.
- Burt souligne en ces termes l’intérêt qui s’attache à son travail :
- « Il est maintenant évident qu’en employant deux systèmes de pondérations différents, nous pouvons utiliser la même batterie de tests pour deux fins très différentes, par exemple sélectionner les élèves possédant des aptitudes classiques pour les écoles secondaires, et en même temps les élèves possédant des aptitudes mécaniques pour les écoles professionnelles. Il s’ensuit pour l’Orientation professionnelle, aussi bien dans l’Armée qu’ailleurs, qu’une combinaison convenable de différents tests peut nous éviter l’obligation d’utiliser des batteries de tests spéciales pour les différents types d’emplois ».
- Il donne une justification théorique de ce procédé en effectuant' une analyse factorielle des données qui lui ont servi d’exemple. (Groupe de 1784 sujets).
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- Par sa méthode de « sommation simple et d’approximation successive » (1), il arrive aux saturations suivantes :
- MOTEUR INTELLIGENCE ANGLAIS ARITHMÉTIQUE TRAVAIL manuel APTITUDE RU secondairo APTITUDE au tccliuiquo
- 1 .843 .810 .727 .618 .773 .614
- 2 .114 .370 .131 — .513 .369 — .471
- 3 .140 .183 — .176 .152 — .164 — .135
- Burt pense que le facteur 1 est un facteur général d’intelligence ; le facteur 2, un facteur bipolaire classant les enfants selon leur tendance vers les études classiques ou techniques respectivement ; le facteur 3, un facteur de signification douteuse, séparant peut-être l’aptitude verbale de l’aptitude arithmétique.
- Ces résultats l’amènent à affirmer la possibilité de mesurer des aptitudes plus spéciales que le facteur général, et même, souligne-t-il de mesurer plusieurs aptitudes différentes avec la même batterie
- , ' i *
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- De l’influence du mois de naissance sur le développement intellectuel de l’enfant
- Plusieurs auteurs-en'Amérique se sont occupés de ceLtg^ question.
- Blomsky, le premier remarqua que sur 450 enfants dont il connaissait le quotient intellectuel, les enfants nés au printemps présentaient des quotients intellectuels plus élevés.
- En 1931, Pintner se servant de données portant sur 4.925 écoliers de tous âges a trouvé que la seule donnée significative est celle fournie par le groupement suivant :
- Les écoliers nés entre novembre et avril ont un 0.1. de 96,15, inférieur à celui des enfants nés entre mai et octobre dont le quotient intellectuel moyen est de 98.5.
- En 1933, Pintner et Forlano reprirent la question sur 17.502 enfants. Ils trouvèrent aloi’s que les enfants nés en hiver sont inférieurs à ceux nés dans les autres saisons, sans distinctions nettes entre celles-ci.
- Nous avons repris la question profitant de l’étude d’une de nos fiches d’intelligence appliquée à 11.308 enfants, fdles et garçons, appartenant à neuf âges différents, répartis de la façon suivante : 644 de 9 ans, 1.032 de 10 ans, 1.644 de 11 ans, 1.948 de 12 ans, 2.340 de 13 ans, 1.780 de 14 ans, 832 de 15 ans, 493 de 16 ans et 632 de 17 ans.
- (l) Burt, C. (1940). Factors of the Mind, p. 462.
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- Si l’on classe nos sujets par mois de naissance en réunissant tous les âges, nous avons :
- 1.004 enfants nés en janvier dont la réussite moyenne est 29.627.
- 916 — février — — 28.924.
- 1.014 — mars — — 27.393.
- 904 — avril — — 30.377.
- 880 — mai — — 29.357.
- 946 — juin — — 28.306.
- 916 — juillet — — . 26.897.
- 950 — août — — 28.949.
- 950 — septembre — — . 30.507.
- 924 — octobre — — 29.295.
- 888 — novembre — — 28.864.
- 900 — décembre — — 29.164.
- Si nous envisageons l’hypothèse de Blomsky avec les résultats obtenus par nous au moyen d’une feuille de 36 questions se rapportant à l’intelligence proprement dite, nous verrons que nos résultats comme moyenne obtenue par les enfants nés au printemps (mars, avril, mai) nous donnent une moyenne de 29.037 un peu supérieure à celle obtenue avec tous les autres mois qui est de 28.814.
- Mais cette différence (0.223) est trop minime pour, être significative.
- Appliquons en second lieu nos résultats à l’hypothèse faite en 1931 par Pintner.
- Nos enfants nés entre novembre et avril donnent une moyenne de 29.055 et les enfants nés entre mai et octobre une moyenne de 28.895.
- La différence (0.160) est trop minime encore pour être significative mais elle se marque en sens inverse de l’hypothèse de Pintner.
- Si l’on groupe les mois comme l’ont fait Pintner et Forlano en 1933 nous trouvons encore l’inverse de ces auteurs.
- Les enfants nés en hiver ont obtenu une moyenne de 29.238 alors que pour les neuf mois suivants la moyenne n’est que de 28.881 soit une différence de 0.357 encore trop petite pour être significative.
- Nous avons alors groupé nos sujets, non en mois de naissance mais en périodè de conception.
- Nous avons alors trouvé pour la conception d’hiver 29.535 de moyenne, 29.238 de moyenne pour les conceptions du printemps, 29.042 pour celles de l’été et 28.050 pour celles de l’automne.
- Les différences vont toujours dans le même sens. Ce sont les conceptions d’hiver qui donnent les meilleurs résultats puis viennent celles de printemps, puis de l’été, pour aboutir aux résultats les plus mauvais qui sont ceux des conceptions d’automne.
- Ces moyenes s’ordonnant très régulièrement (29.535 — 29.238 — 29.042 — 28.050) fournissent cette fois entre l’hiver et,l’automne une différence plus nette de 1.485.
- Il semble que l’on peut dire, en groupant en deux demi-années, que les enfants conçus en hiver et printemps donnent de meilleurs résultats dans ce test d’intelligence générale (moyenne de 29.387) que les enfants conçus en été et en automne (moyenne de 28.546).
- La différence entre ces deux groupes qui est de 0.841 est encore significative mais ce sont encore des résultats trop minimes pour pouvoir établir une influence nette de l’époque de la conception sur le développement mental de l’enfant. M. H. P.
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- La réussite en mathématique
- Une étu.de scientifique de cette question, bien menee par M .F. Washburn, sur des. élèves de réthorique, a amené l’auteur à des constatations assez curieuses. L’auteur a examiné, deux groupes d’élèves, l’un de cinquante-quatre sujets, forts en mathématiques, l’autre de cinquantemeuf sujets faibles en mathématiques. Il les a ensuite soumis à un test de logique n’ayant rien de mathématique et composé de vingt phrases, à juger comme logiquement côrrec-tes ou. fausses.
- Voici par exemple deux questions typiques :
- 1° Si la lumière n.’est pas. réfractée près, de la surface de la lune, la lune ne peut avoir de crépuscule ; mais si la lune n’a pas d’atmosphère, la lumièrg n’est pas réfractée à sa surface ; par conséquent, s.i la lune n’a pas d’atmosphère, elle ne peu.t avoir dé crépuscule.
- 2° Quelques composés minéraux ne sont pas décomposés par la chaleur. Toutes les substances organiques sont décomposées par la chaleur ; en conséquence, aucune substance organique n’est un composé minéral.
- Après avoir dépouillé les erreurs, commises et les. avoir réparties selon les groupes, Washburn en arrive à la conclusion qu’une bonne aptitude mathématique ne garantit pas. plus un bon raisonnement qu.’un bon raisonnement n’implique une bonne aptitude mathématique et — ce qui plus, es.t —- qu.’il semble plus difficile de bien raisonner que d’être fort en mathématiques (I).
- CHRONIQUE DOCIMOLOGIQUE
- La légalisation, dans les examens, des injustices sociales
- Parmi, les manifestations les plus révélatrices de l’état d’esprit du gouvernement collaborateur de Vichy, on doit relever une circulaire vraiment magnifique d’Abel Bonnard adressée aux Recteurs le 24 juin 1943, à la suite de réclamations et de plaintes, justifiées relatives h un examen :
- « Je dois d’abord rappeler en principe aux élèves et aux parents qu’ils tomberaient dans, une faiblesse inexcusable s’ils ne savaient pas supporter fermement les résultats des examens, alors même qu’ils, déçoivent leurs espérances. Quelque effort qu’on fasse pour réduire la part de hasard qui entre dans les épreuves des examens et des. concours, il est inévitable et nécessaire qu’elle subsiste en quelque chose, car elle ne fait que représenter celle qui se trouve toujours dans les épreuves de la vie ».
- Il est nécessaire, déclarait donc le Ministre de l’Edu.cation nationale du. Maréchal Pétain, que le hasard intervienne dans le choix
- (lt Revue des Sciences pédagogiques, t. VII, 1945, n° 32.
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- des hommes, et il semble qu’il acceptait avec quelque faveur une telle nécessité, comme il acceptait que le hasard de la naissance favorisées bénéficiaires de fortunes acquises par leurs ancêtres, tout comme les. élus de la ra.ce des seigneurs.
- Il n’y avait qu’à s’incliner devant les injustices sociales au rang desquelles les examens pouvaient s’inscrire, examens, auxquels on pourrait en. scmme, après avoir sauvé au besoin certains favorisés, substituer quelques tirages âu sort commun comme ceux qui désignaient autrefois, les élus, pour 7 ans, de la conscription. Foin donc des perfectionnements d’u.ne docimolcgiè égalitaire !
- On était bien là dans la logique du. régime qu.i était imposé à la France. f[ p
- A TRAVERS LES REVUES
- Un intéressant article de The Américain Psychologist (I, 11, novembre 1946) est consacré par W. L. Hunter à la psychologie dans la guerre d’après l’expérience américaine (Sélection et apprentissage, vision, contrôle du tir, communications).
- Mme pia Gasca Diez s’est préoccupée d’établir quelle connaissance réelle les écoliers avaient des métiers ; elle a donné dans la Rivista di Psicologia de 1943 T. 39, p. 25 et p. 251) les résultats de deux séries de recherches sur des écoles romaines des deux sexes, : dans la première, elle a fait établir à chacun une liste aussi complète que possible des métiers et professions qu’il connaissait, avec, ensuite, indication d’un choix préférentiel ; dans la seconde, elle a fait illustrer par un dessin la représentation que chacun se faisait d’une certaine activité professionnelle (que fait le commerçant?, que fait l’employé ?) ; ces résultats montrent que les connaissances des écoliers sont aussi pauvres que peu exactes, les idées qu’ils se font des métiers sont des clichés conventionnels, des « images collectives » selon l’expression de Ponzo.
- Le Journal of Applied Psgchology de décembre 1946 (T. 30, 6) contient une étude de C. H. Goodman sur une application du test d’habileté mécanique de Mc Quarrie pour la sélection d’opérateurs d’assemblages de Radio (corrélation avec l’estimation de réussite de 0,42 obtenue également avec quelques épreuves seulement du test) ; une détermination de corrélations dans une clinique oculaire industrielle entre des appréciations cliniques (acuité, pho-rie, etc.) et les résultats d’ « Ortho-Rater tests » de la Maison Rausch et Lomb par Jane Davis ; un exposé des différences systématiques dans les résultats de l’inventaire multiphasique de la personnalité de Minnesota suivant la profession (40 employés de bureau, 27 employés de commerce et 30 ouvriers opticiens) par Wille Maud Ver-gniaud ; un réétalonnage de l’échelle Rêta révisée (par Kellog et
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- Morton en 1934) afin d’établir un IQ du type adopté par Wechsler, par R. M. Lindner et Milton Gurvitz (Le « Bêta IQ », avec corrections d’âge et d’état social, se montrant valable pour les adultes).
- Dans le nouveau Journal of occupationàl Medicine d’avril 1946 (T. I, p. 363-375) une étude de Van Amberg est consacrée à une épreuve clinique de tolérance à l’effort qui consiste à demander aux sujets de maintenir les bras étendus horizontalement sur les côtés, en croix, pendant sept minutes, avec notation du maintien de la fréquence cardiaque, des tremblements de la main et des cuisses, et des douleurs de l’épaule.
- Dans la Tribune libre de la revue officielle l'Education Nationale (n° 52 du 19 décembre 1946), M. A Lhéritier expose ses idées sur le rôle de l’initiation professionnelle polyvalente de l’O.P. et insiste sur les possibilités d’utilisation des arriérés mentaux, que caractériserait seulement leur marge étroite d’adaptation, et auxquels conviendraient particulièrement les techniques industrielles plus perfectionnées, à condition de les spécialiser étroitement, par exemple comme fraiseurs, ou décolleteurs, tandis que l’artisanat ne peut aucunement leur convenir.
- Dans un article publié par Science le 11 avril 1941, le célèbre et regretté anthropologiste de l’Université Columbia Franz Boas, a donné les résultats assez remarquables d’une étude comparée de développement physique et mental chez des élèves d’une école :.les lignes de régression dans la confrontation de la taille et du quotient d’intelligence, exprimés en écart réduit par rapport à la valeur normale de chaque groupe d’âge, indiquent en effet une très forte corrélation, les sujets de taille inférieure à la normale sont presque tous d’un développement mental retardé, et inversement, et avec une notable proportionnalité dans les retards ou les avances.
- INFORMATIONS
- Classes spéciales de dépistage des anormaux au Portugal (1*
- Un décret du Ministère de l’Education Nationale vient de créer des classe^ spéciales pour enfants anormaux. Chaque classe pourra avoir huit à quinze enfants. La sélection, est faite à l’Institut A.A. Costa Ferreira et les classes seront confiées à des professeurs spé-. cialisés formés dans le même Institut.
- (l) Extrait du Bulletin du Bureau International d’Education de Genève. XXe année, 3® trimestre 1946, N° 80.
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- En U. R. S. S.
- Nouveau développement de l'enseignement professionnel. Enseignement professionnel(1)
- Avec la fin de la guerre, l’enseignement professionnel es.t appelé à jouer, un rôle toujours plus important. L’expansion continue de l’industrie, la. reconstruction des usines et des fabriques détruites et l’accroissement de la production de biens, de consommation exigent une amélioration constante de la qualité de l’enseignement technique ains.i que la. formation générale des jeunes cuviers. Aussi un arrêté, du. Conseil des commissaires du peuple de l’U.R.S..S., en date du. 29 août 1945, a-tdl prévu, à cet effet un certain nombre de mesures applicables aux divers types d’écoles, professionnelles. Chaque école devra être pourvue d’installations appropriées. : locaux, laboratoires, ateliers, équipements scolaires, etc.,.. Un certain nombre d’écoles techniques, supérieures doivent assurer la formation du. personnel enseignant. De même, un effort doit être fait pour relever les conditions, de vie des élèves. Des maisons, de repos et des sanatoria ont été. ouverts à leur Intention. Les élèves sont encouragés à participer à des Associations sportives et à exercer diverses, activités artistiques. Pour l’année scolaire 1945-1946, le programme établi prévoit le recrutement de 300.000 élèves pour tes écoles d'apprentissage industriel et de 150.000 pour [es écoles, artisanales et les écoles de cheminots. L’enseignement dans les. différentes écoles professionnelles est gratuit. En outre, pendant toute la période de leur scolarité, les élèves sont nourris et habillés par l’Etat ; ceux dont la maison paternelle n.e se trouve pas. dans la même ville que l’école sont logés, gratuitement. Au. cours des cinq dernières an-* nées, 2..250.000 jeunes ouvriers ont été. formés dans les divers types d’écoles professionnelles et l’Etat a dépensé au total une somme de 11 milliards de roubles, pour la formation, de réserves de main-d’œuvre.
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- Ecole centrale d’atelier en Suède
- Par décision du. Parlement en 1941, i.l a été créé une nouvelle forme d’école, d'atelier, les écoles centrales d’atelier, dont le but est de donner à la jeunesse masculine, .et le cas échéant à la jeunesse féminine, une instruction, professionnelle à la fois théorique et pratique dans les. arts industriels et mécaniques. Pluieurs écoles réservées à la jeunesse sans travail ont été transformées en écoles centrales, d’ateliers, de même que deux chantiers de trava.il institués par la Commission nationale du chômage. Le nombre des écoles centrales, d’atelier atteint maintenant 17. D’autres sont en projet, car on a l’intention d’en créer une et même parfois deux, dans cha-qu département.. La. durée des études y est en. général de deux ans, mais elle peut être plus courte ou. plus longue (4 ans au. maxi-
- (l) Extrait du Bulletin du Bureau International d’Education de Genève. XXe année, 3° trimestre 1946, N° 80.
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- mura), L’année scolaire s’étend sur onze mois., à raison, de 48 heu-res par semaine. L’enseignement est gratuit et les élèves peuvent recevoir des primes sur les gains provenant de la vente des. objets confectionnés à l’école (1).
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- Un Centre d’éducation visuelle en Angleterre
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- Au cours de ces dernières années, et malgré, les difficultés de la guerre, u.U centre d’éducation visuelle a été. cré.é. au. Collège universitaire du. Sud-Ouest, à Exfiter, et a déjà, accompli un travail excel-lent et précieux. Le but principal de ce Centre consiste à essayer de résoudre les problèmes posés par l’éducation visuelle, en réunissant de la documentation, en faisant des. recherches, et en établissant des contacts avec l’extérieur. Il donne aussi aux étudiants du Département de l’éducation du. Collège une formation dans la technique de l’aide visuelle. Sa bibliothèque, consacrée au film, .est à la. disposition de toute ta région. Ma.is le Centre ne limite pas ses activités uniquement au. cinéma.. Il s’occupe de tout ce qui concerne les moyens, la matière et les. méthodes d’aide visuelle — graphiques et photographies, clichés et bandes de projection, microprojecteur, épiscope et diascope, films muets et sonores, etc... — et fait des recherches aur la télévision.. Il ne limite pas non plus son intérêt au seul progrès technique. Il se préoccupe bien davantage d'encourager l’utilisation intelligente de ces. nouvelles, méthodes pour aider à résoudre des problèmes urgents tant sociaux qu’éducatifs. Au début de juillet 1946, le Centre a tenu sa troisième conférence d’information qui a lieu, tous les. deux ans. et à laquelle prirent part de nombreux experts.
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- Dans le N° 1 (Janvier 1947) de La Défense Médicale, MM. L. Corail et N.Ollivier font un article sur la sélection médico-psychologique et psychiatrique des collectivités.
- Cette sélection devra comprendre.
- 1° Un interrogatoire du sujet par un assistant psychologue.
- 2° Applications d’épreuves de tests collectifs et individuels faites par des assistants spécialisés..
- 3° Un examen médical fait par un médecin spécialisé en biotypologie.
- 4° Un examen psychiatrique.
- La synthèse des résultats de ces 4 examens permettant de faire un profil net.
- Par arrêté des 18 novembre et 9 décembre 1946, le Centre facultatif d’Orientation professionnelle de Chalon-sur-Saône est transformé en Centre départemental obligatoire et son siège est transféré à Maçon.
- (1) Extrait du Bulletin du Bureau International d’Education de Genève.
- XXe année, 1er trimestre 1946. N° 78.
- (2) Extrait du Bulletin du Bureau International d’Education de Genève.
- XXe année, 3® trimestre 1946, N? 80.
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- Par arrêté du 15 décembre 1946, un Centre départemental obligatoire d’Orientation professionnelle est créé dans le département d’Alger.
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- Sauvegarde de novembre 1946 (n° 5) contient la reproduction complète d’un dossier type de l’Office médico-pédagogique vandois dirigé à Lausanne par le Dr. Bovet et un article du Dr. J. Dublineau sur le fonctionnement des consultations d’hygiène mentale infantile.
- Par arrêté des 25, 29 avril et 20 mai 1947, création d’instituts médicaux d’hygiène scolaire et universitaire rattachés aux Facultés de Médecine de Nancy, de Médecine et de Pharmacie de Lille, et de Lyon et création d’un diplôme d’études supérieures d’hygiène scolaire et universitaire.
- Par arrêté du 6 mars 1947 (/. O. du 19 mars 1947), création d’une commission consultative nationale d’apprentissage du bâtiment et des T. P.
- Arrêté du 14 mars 1947 (J. O. du 19 mars 1947) créant un service d’adaptation physiologique des techniques du travail ayant dans ses attributions l’étude de l’amélioration des conditions du travail (adaptation des machines à,l’homme, rythme du travail, psychologie du travail, ^rationalisation).
- Le personnel de ce service appartient à l’inspection médicale générale du travail et de la main-d’œuvre sous l’autorité du médecin inspecteur général du travail et de la main-d’œuvre.
- Par décret du 27 mars 1947, création d’un cours de sélection et orientation professionnelle au Conservatoire national des Arts et Métiers (•/. O. du 29 mars 1947).
- Les Assises Nationales de l’Enfance se sont tenues les 24, 25, 26 mai 1947 au Conservatoirè national des Arts et Métiers.
- Les questions à l’ordre du jour ont été :
- — Quelques problèmes médico-sociaux de la première enfance ; — Les crèches ;
- — L’organisation des loisirs de la jeunesse ;
- — Les inadaptés ;
- — L’orientation et la formation professionnelles des filles et garçons de France.
- M. le Professeur Wallon a présenté le rapport d’ouverture, sur « les conséquences de la guerre sur la vie des enfants ». Parmi les rapporteurs, nous citerons M. le Professeur Debre (Protection in-
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- fantile, santé de la mère et ed l’enfant), Mme Sélect-Riou (le Cadre de la Réforme de l’Enseignement), M. Girard (Orientation et Formation professionnelles), Mme Lahy-Hollebecque {les loisirs de l’enfant).
- Divers vœux ont été formulés.
- La Commission de la Formation et l’Orientation professionnelles a émis un vœu concernant entre autres :
- — l’augmentation du budget réservé à l’Education nationale ;
- — une formation professionnelle étendue à tous, ainsi quf
- l’orientation professionnelle qui devra être continuée ;
- — une aide sérieuse à l’Enfance inadaptée.
- LA VIE DE L’INSTITUT NATIONAL D’ÉTUDE DU TRAVAIL ET D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- L’examen pour le diplôme d’Etat de Conseiller d’Orientation eut lieu simultanément à Paris et à Marseille les 16 et 17 juin 1947.
- Il y eut 92 candidats admis à se présenter à l’examen, 76 pour Paris et 16 pour Marseille. 11 se présentaient pour la deuxième fois et 2 candidats inscrits ne se présentèrent pas.
- Parmi ces 92 candidats on comptait 62 femmes et 30 hommes.
- Deux classements furent faits :
- 1° le classement normal dans lequel il fallait atteindre la moyenne de 12 pour être reçu ;
- 2° le classement spécial réservé aux prisonniers, déportés et victimes de la guerre qui n’avaient besoin que d’une moyenne de 10 pour être reçus.
- La série normale comprenait 53 femmes et 6 hommes et la série spéciale 9 femmes et 24 hommes.
- Des mentions furent données : Bien avec moyenne de 14 et plus à la fois pour la série normale et la série spéciale. Il y eut 12 mentions Bien : 7 pour les femmes (5 pour la section normale, 2 pour la section spéciale) et 5 pour les hommes (1 pour la section normale et 4 pour la section, spéciale).
- Voici les noms des élèves i^çus dans l’ordre déterminé par le nombre total de points obtenus par chacun :
- Elèves reçus à la section normale
- 1. Brigant, Anne, 160 points Mention Bien.
- 2. Engerran, Andrée, 159 points 50, Mentio Bien.
- 3. Abadie, Adrienne, 158 points, Mention Bien.
- 4. ex æquo Idelon, Régine, 157 points, Mention Bien.
- 4. ex æquo Leygues, Raymonde, 157 points, Mention Bien.
- 4. ex æquo Roy, Pierre, 157 points, Mention Bien.
- 7. Ben-Kalifa, Jeanine, 152 points 50.
- 8. Monti, Claire, 151 points 50.
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- 9. ex aequo Marliangeas, Anne-Marie,, 151 points.
- 9. ex æquo Mourgues, Marguerite, 151 points.
- 11. Minihot, Odette, 148 points 50.
- 12. Dufresnoy, Jean, 148 points.
- 13. ex æquo Larroque, Odette, 147 points.
- 13. ex æquo Motin, Suzanne, 147 points.
- 15. Geraudie, Eliane, 146 points 50.
- 16. Pépin, Jacqueline, 146 points.
- 17. Méry-Riboulet, Renée, 145 points 50.
- 18. ex æquo Blique, Violette, 144 points 50.
- 18. ex æquo Magnier, Hélène, 144 points 50.
- 20. Tertian, Christiane, 144 points.
- 21. Bazillon, Anne, 143 points 50.
- 22. Nicolas, Simone, 142 points.
- 23. Castelli, Virginie, 141 points.
- .24. Lapeyre, Madeleine, 140 points 50.
- 25. Jaume, Marie-Louise, 140 points.
- 26. Bihan, Simone, 139 points 50.
- 27. Boueil, Marguerite, 138 points 50.
- 28. Bergey, Annie, 138 points.
- 29. Gély, Geneviève, 137 points 50.
- 30. Bessou, Marie-Thérèse, 137 points.
- 31. Gaspard, Georgette, 136 points 50.
- 32. Ernoul, Suzanne, 135 points 50.
- 33. Bernard, Jeanine, 134 points 50.
- 34. Commelin, Yvette, 134 points.
- 35. ex æquo Feilloucat, Jeanine, 133 points 50.
- 35. ex æquo Rouby, Hélène, 133 points 50.
- 37. ex æquo Sicard, Germaine, 132 points.
- 37. ex æquo Suzanne, Paulette, 132 points.
- Elèves reçus à la section spéciale
- 1. Léon, Antoine, 160 points 50, Mention Bien.
- 2. Pétin, Monique, 160 points, Mention Bien.
- 3. Restegue, Roger, 158 points 50, Mention Bien.
- 4. Pluot, Robert, 155 points 50, Mention Bien.
- 5. Cornet, Louis, 154 points 50, Menton Bien.
- 6. Szomorkenyi, Marguerite, 154 points, Mention Bien.
- 7. Maurin, Adrien, 153 points.
- 8. Paillard, Jacques, 152 points 50.
- 9. Guermont, Jean, 152 points.
- 10. Nahum, Charles, 150 points 50.
- 11. Thuriault, Elie, 147 points 50.
- «12. Desjardins, Jacques, 146 points.
- 13. Rosenstein, Hilda, 143 points 50.
- 14. Diverrez, Jean, 142 points.
- 15. Girerd, André, 141 points 50.
- 16. Rikkers, Rassa, 140 points 50.
- 17! Frandemiche, Robert, 140 points.
- 18. Bourdon, Colette, 137 points 50.
- 19. Malvy, Louis, 137 points.
- 20. Grimonprez, Jean, 136 points.
- 21. Jacob, Françoise, 134 points.
- 22. Rio, Raymonde, 132 points 50.
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- 23. ex æquo Bouet, André, 132 points.
- 23. ex æquo Mériau, Jean, 132 points.
- 25. d’Ornano, Marc, 129 ponts 50.
- 26. ex æç^uo Andreeti, Paul, 128 points.
- 26. ex æquo Auric, Marcel, 128 points.
- 28. Chaubet, Gaston, 122 points 50.
- 29. ex æquo Lehmann, Simone, 115 points 50. 29. ex æquo Mailles, Louis, 115 points 50.
- 31. Dupuy, Roland, 112 points 50.
- Psychologie. — La pensée symbolique dans la vie professionnelle.
- Pédologie. — Les signes et les. formes de l’instalbilté chez l’enfant.
- — 155
- Sujets des Compositions
- IL — Pathologie. — L’épilepsie chez l’enfant et l’adolescent.
- III. — Sciences économiques. — Les aspects psychologiques et
- sociaux du problème du machinisme dans l’industrie moderne, ou
- Etude du Travail. — Le problème du reclassement professionnel ” dans l’industrie.
- IV. — Technique des Métiers. — Les principaux métiers dans les
- industries du vêtement. Les conditions générales dans lesquelles ils s’exercent, les aptitudes qu’ils exigent, leur évolution actuelle. Limiter l’étude aux métiers de couturière et de modiste.
- LA VIE DES CENTRES D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- Vérification des examens psychométriques par M. HENRY
- Le Centre départemental d’orientation professionnelle obligatoire de la Sarthe constitue chaque année les. dossiers médicaux et psychologiques des jeunes gens et des. jeunes filles qui désirent poursuivre l’apprentissage d.’u.ne activité, manuelle dans les centres de formation professionnelle de Renseignement technique.
- Les conclusions des examens sont communiquées aux Directeurs des écoles intéressées et au besoin développées avec eux au début de l’apprentissage.
- Nous avons déjà insisté, sur le fait qu’il était indispensable de procéder à des enquêtes systématiques sur le comportement professionnel des enfants examinés, par notre organisme, d’une part, pour s’assurer des résultats obtenus à l’aide des procédés d’investigation scientifique utilisés., d’autre part, pour précise? les. calculs de pondération à employer pour le classement général des candidats.
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- Nous vous avions soumis un. premier essai de vérification des. examens médicaux et psychologiques subis par les élèves du Collège Technique du Mans.
- Nous, avons poursuivi notre travail de contrôle dans deux Centres de Formation professionnelle de l’enseignement technique : le Centre Cavaignac et le Centre de Funay.
- Les conclusions transmises, par notre organisme ont été lues en présence des directeurs, des. professeurs, d’enseignement général et des professeurs d’enseignement technique qui ont été ensuite invités à donner leur avis sur la réussite de leurs, élèves dans leur travail actuel. Ces enfants ont, pour la plupart, terminé leurs stages de pré^apprentissage.
- Pour obtenir un classement simple, les. cas examinés, furent répartis en trois grands groupes suivant la plus ou. moins bonne réussite des sujets, soit dans les épreuves psychométriques, soit dans les travaux professionnels.
- Premier groupe. — Sujets qui ont obtenu dé bons o.u très bons résultats, dans les épreuves psychologiques.
- — Bons ou très bons élèves au Centre d’apprentissage.
- Deuxième groupe. — Sujets qui ont obtenu, des résultats moyens au. cours de l’examen d’orientation porfessjonnelle.
- — Enfants qui se révèlent moyens dans les travaux pratiques et théoriques proposés au Centre.
- Troisième groupe. — Sujets qui ont obtenu des résultats médiocres ou faibles dans les épreuves psychologiques.
- —. Eléments, professionnels médiocres ou faibles.
- D’autre part, avant de poursuivre ces deux enquêtes, il nou.s a semblé nécessaire de poser également le principe suivant :
- Les conclusions des examens d’orientation professionnelle sont établies en fonction de la qualification professionnelle future des enfants, c’est-à-dire de leur réussite probable au C.A.P. En conséquence, nou.s avons, considéré, qu’un sujet ne réussissait pas dans l’apprentissage d’une activité, donnée, chaque fois qu’il se révélait trop faible dans les cours théoriques pour espérer jamais, être reçu à l’examen de fin d’apprentissage, même dans le cas. où son. travail pratique à l’atelier était jugé, moyen ou. satisfaisant.
- L’enquête poursuivie au Centre de formation professionnelle Cavaignac porte sur 47 élèves.
- — Cinq sujets ont obtenu de bons résultats dans les épreuves psychologiques subies, au Centre d’orientation professionnelle.
- Ces enfants se révèient tous de bons élèves à l’Ecole d’àpprentis^ sage.
- — Vingt sujets ont obtenu des résultats moyens à l’examen d’orientation professionnelle.
- — Dix^sept d’entre eux (85 %) obtiennent à l’Ecole professionnelle des notes conformes aux conclusions formulées au. moment de leur examen psychologique.
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- — Un élève de cette catégorie (5 %) donne de bons résultats.
- — Deux élèves (10 %) sont considérés par leurs professeurs comme des éléments médiocres.
- — Enfin 22 sujets ont obtenu, des résultats médiocres ou faibles au Centre d’Orientation professionnelle.
- — 19 d’entre eux (86 %) se révèlent effectivement deg éléments professionnels médiocres ou faibles.
- — 2 élèves de ce groupe (9 %) donnent des résultats moyens.
- — 1 élève (4,5 %) se clas.se parmi les bons éléments.
- En résumé, la corrélation entre les résultats obtenus au Centre d’orientation professionnelle par les. élèves du. Centre de. formation professionnelle Cavaignac et le§ appréciations, directes des. professeurs est très élevée, puisque dans. 87 % des cas examinés (41 élèves sur 47) les pronostics formulés par. notre organisme se sont révélés, entièrement valables.
- Je pense qu’il est intéressant d’analyser particulièrement les cas des sujets dont les résultats actuels ne cadrent pas. exactement avec les conclusions qui avaient été. précédemment énoncées.
- Blavette, Claude : Les épreuves psychologiques classent cet enfant dans la moyenne supérieure. Le sujet obtient des notes très médiocres à l’Ecole professionnelle, cependant ses professeurs déclarent qu’il ne fait absolument rien et que la faiblesse actuelle de son travail est conditionnée par une pares.se persistante devant les. exercices proposés.
- Simon5 Claude : Les résultats des épreuves psychomé.triques subies, au Centre d’orientation professionnelle sont en général assez moyens. Les notes passables, obtenues au. Centre de formation professionnelle par cet enfant paraissent s’expliquer actuellement : d’une part, par le retard de développement et la. fatigabilité, du sujet, d’autre part, par son caractère indolent et apathique.
- Corbin, Marcel : Le niveau, général des aptitudes de cet enfant est assez moyen avec prédominance cependant du facteur compréhension. Elève très appliqué au. Centre de formation professionnelle et qui obient actuellement des résultats satisfaisants.
- Salaiin, Emile : Ce sujet a obtenu, des notes médiocres au cours de l’examen psychologique et se révèle cependant un élément professionnel satisfaisant au. Centre Cavaignac.. Le premier métier envisagé était celui d’ajusteur. Actuellement en apprentissage dans la chaudronnerie. Il convient d’attendre les résultats futurs de cet enfant avant de formuler une conclusion définitive.
- Représentation graphique de la corrélation entre les résultats obtenus au Centre d'orientation professionnelle par les élèves du Centre de formation professionnelle Cavaignac et les appréciations directes des professeurs.
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- Résultats obtenus au Centre
- d'O. P.
- 1er Groupe / 5 / 100%
- 2e Groupe 2 1 O 7» 0 / / 17 X 85 % 1 5%
- 3e Groupe 19 y/ 86 % 2 9% 1 4,5%
- 3e Groupe 2e Groupe 1 cr Groupe*
- Résultats pratiques des enfants au Centre de formation professionnelle
- Les pronostics du Centre d’orientation professionnelle se sont révélés entièrement valables dans 87 % des cas examinés..
- L’enquête poursuivie au Centre de formation professionnelle de Funay porte sur 64 élèves.
- — 10 sujets ont obtenu de bons résultats dans les épreuves psychologiques subies au Centre d’orientation professionnelle.
- — 9 d’Intre eux (90 %) se révèlent de bons élèves à l’Ecole d’apprentissage.
- — 1 élève de ce groupe (10 %) se classe parmi les éléments professionnels médiocres.
- 29 sujets ont obtenu des résultats moyens à l’examen d’orientation professionnelle.
- — 24 d’entre eux (82 %) obtiennent à l’Ecole professionnelle des notes, conformes aux conclusions, formulées au. moment de leur examen psychologique..
- — 3 élèves de cette catégorie (10 %) donnent de bons résultats.
- — 2 élèves (6 %) sont considérés par leurs, professeurs comme des éléments médiocres.
- Enfin 25 sujets ont obtenu des notes médiocres ou faibles au Centre d’orientation professionnelle.
- Ces. enfants se révèlent tous des éléments professionnels médiocres QU faibles au. Centre de formation professionnelle de Funa.y.
- Eu ré$nmé, le rapport entre les. résultats des. examens psychologiques et les résultats, pratiques des élèves se révèle donc plus étroit encore que dans le cas. précédent puisque dans 90 °J0 des cas examinés (8 élèves sur 64) le diagnostic formulé par notre organisme s’est trouvé, parfaitement confirmé..
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- Nous devons examiner maintenant comme nous, l’avons, fait précédemment le cas des sujets dont les résultats actuels ne correspondent pas exactement avec les pronostics, qui avaient été. précédemment formulés,
- Bruneau, Pierre : Cet enfant a obetne de bons résultats dans les épreuves psychologiques, subies au. Centre d’orentation. profession^ nelle mais, se révèle cependant; un élève médiocre au. Centre de Funa.y. Le sujet s’est fracturé le bras gauche en mai 1945 et cet accident est susceptible de modifier son comportement professionnel.
- Lambert, Bernard : Les. résultats des épreuves, psychomé.triques classent le sujet légèrement au-dessus de la moyenne. Elève très moyen au. Centre de formation, professionnelle de Funay, cependant, les professeurs pensent que la faiblesse du travail actuel s’explique par la lenteur du sujet ainsi qu.e par des facteurs d’ordre caractériel.
- Fagot, André : Les résultats des épreuves psychométriques sont en général a.ss.ez moyens avec déficience de la compréhension. Cet enfant s’est révélé, inapte au. point de vue physique pour l’apprentissage du métier de menuisier. La déficience staturale et sensorielle du sujet avait été. signalée au cours de l’examen médical.
- Représentation graphique de la corrélation entre les résultats obtnus au Centre d'orientation professionnelle par les élèves du Centre de formation professionnelle et les appréciations directes des professeurs.
- Résultats obtenus au Centre
- d’O. P.
- 1er Groupe 1 10 % 9 / 90 %
- 2e Groupe 2 24 / 3
- 6% /82% 1 u %
- 3e Groupe 2.5 / / 1 oo %
- 38 Groupe 2* Groupe 1 er Groupe
- Résultats pratiques des enfants au Centre de formation professionnelle
- Les pronostics du Centre d’orientation professionnelle se sont révélés entièrement valables dans 90 % des cas examinés*
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- En conclusion, notre contrôle justificatif des examens psychologiques U porté sur 111 sujets et pour tous les cas considérés les conclusions formulées par notre organisme ont été absolument confirmées dans. 90 % des cas. Ce pourcentage est plus élevé pour les sujets qui ont obtenu de bons résultats, ou des notes médiocres dans les épreuves psychologiques, c’est-à-dire pour les extrêmes. Pour ces deux catégories de sujets on trouve que dans 94 % des cas la prévision s’est révélée exacte. Ainsi qu’on pouvait s’y attendre, les prévisions sont plus difficiles à formuler pour les. sujets qui présentent des aptitudes moyennes.
- De toute façon, les chiffres précédemment énoncés sont significatifs et précisent tout l’intérêt qui s’attache à notre procédé d’investigation par la méthode des. tests..
- Représentation graphique de la corrélation entre les résultats obtenus au. Centre d’orientation professionnelle par les élèves du Centre de formation professionnelle Cavaignac et Funay et les appréciations directes des. professeurs..
- Résultats obtenus au Centre d’O. P.
- .< 1er Groupe 1 6% 14 / / 94%
- 2e Groupe 4. 8% 41 / 84% . 4 8 %
- 3e Groupe 44 y/ 2. 1
- 94 % 4 % 2%
- 3e Groupe 2e Groupe 1 er Groupe
- Résultats pratiques des entants au Centre de formation professionnelle
- Les pronostics du Centre d’orientation professionnelle se sont révélés entièrement valables dans. 90 % des cas examinés.
- AGEN. — IMPRIMERIE MODERNE, 43, RUE VOLTAIRE
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- SERVICES DE L’INSTITUT
- Tél. Odéon 52-46
- SECRET ARIA T GENERA L ET CENTRE DE DOCUMENTATION Chef de Service : Mlle C. Chauffard.
- CENTRE D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- Chef de Service : Mlle Nepveu.
- /
- CENTRE DE RECHERCHE DES TESTS Chef de Service : Mme Henri Piéron.
- !' * 1
- * *
- Le Secrétariat et l’Office de Documentation sont ouverts chaque jour, non fériés, de 9 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures.
- La Secrétaire générale reçoit le lundi,*de 14 h. 30 à 18 heures ; le jeudi de 14 h. 30 à 16 h. 30, et sur rendez-vous.
- La Bibliothèque est ouverte chaque jour, non férié, de 14 heures à 18 heures.
- Pour les consultations d’Orientation professionnelle, adresser une demande de rendez-vous au Chef du Centre d’Orientation Professionnelle.
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- SOMMAIRE
- Pages
- I. — C. Chauffard : Étude sur le comportement au cours des tests.. 129
- II. — Mm* Henri Piéron : La fiche d’intelligence pour adultss cultivés
- (M. H. P. n° 1) appliquée aux enfants des Lycées.......... 135
- III. — Notes et Documents : Validation des tests servant à la sélection du personnel. — De l’influence des mois de naissance sur le développement intellectuel do l’enfant. — La réussite en
- mathématique ... !...................................... 137
- IV. — Chronique Docimologique.................................... 147
- V. — A travers les Revues ..................................... 148
- I
- VI. — Informations........................................... 149
- VIL — La Vie de l’Institut d’O. P. ............................ 153
- VIII. — La Vie des Centres d’O. P................................ 155
- Bulletin de l'Institut National d’Elude du Travail et d’Orienlation Professionnelle
- rédacteur en chef : Mme Henri PIÉRON SECRÉTAIRE DE LA RÉDACTION : Mlle Irène LÉZINE
- LES ABONNEMENTS PARTENT DU 1er JANVIER
- ABOÏVIVEIIIEIVT :
- Pour la France.... 200 fr. j Pôur l'Etranger..........’ 300 fr.
- Prix, du numéro s 35 francs
- Pour les anciens élèves de l’I. N. E. T. O. P. : 150 francs
- Prière d’adresser le montant des Abonnements au Compte Chèques postaux de l’Institut
- PARIS C/C 1444-79
- Pour tout ce qui intéresse le Bulletin adresser la correspondance à Mme Henri Piéron
- Les Abonnés nouveaux recevront les numéros de l’année déjà parus au reçu de .eur Abonnement
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- Le Gérant : Paul Arjo.
- AGEN. — IMPRIMERIE MODERNE, 43, RUE VOLTAIRE
- Dépôt légal 1947. 3’ trimestre. — N* d ordre 77.
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- 2S SÉRIE.
- 3e ANNÉE
- N° 11-12
- NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1947
- BULLETIN
- DE
- L'INSTITUT NATIONAL
- détude du travail
- ET
- dORIENTATION
- PROFESSIONNELLE
- REVUE MENSUELLE
- \
- AU SIÈGE DE L’INSTITUT
- 41, Rue Gay-Lussac, 41 . PARIS
- TOUS DROITS RÉSERVÉS
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-
- CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MÉTIERS
- Institut National cTÉtude du Travail et d’Orientation Professionnelle
- DIRECTEUR DÉLÉGUÉ
- M. Henri Piéron, professeur au Collège de France, directeur de l’Institut de Psychologie de l’Université de Paris, président de la Section des Sciences Naturelles de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes.
- COMITÉ DIRECTEUR
- Le Directeur du Conservatoire National des Arts et Métiers.
- Le Directeur délégué.
- M. H. Laugier, secrétaire général adjoint de l’O.N. U.
- M. P Pouillot, inspecteur général honoraire du Travail.
- M. H. Wallon, professeur au Collège de France.
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- 2e Série. 3' Année
- N° 11-12
- Novembre-Décembre 1947
- Bulletin de l’Institut National D’ÉTUDE DU TRAVAIL
- et
- D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- L’ASPECT PSYCHOLOGIQUE DE LA GÉMELLITÉ
- par
- Camille NO NY
- Le phénomène de la gémellité présente, outre les problèmes biologiques qu’il implique (variation Hans le processus normal de la reproduction humaine, détermination du sexe, etc...) un double intérêt psychologique : 1° il permet d’abord de répondre à la question si souvent posée : la ressemblance physique s’accompagne-t-elle nécessairement de ressemblance mentale ? ; 2° Il fournit la méthode de choix permettant de jeter quelque lumière sur la question si controversée de l’influence respective de l’hérédité et du milieu sur l’intelligence et les « facultés mentales » en général.
- Enfin, en retour, les renseignements fournis par les examens psychologiques peuvent dans une certaine mesure aider à formuler un diagnostic dans les cas douteux où le mono et le di-zygo-tisme sont en balance.
- *
- * *
- Certes, le problème hérédité — milieu dépasse de beaucoup à la fois la psychologie et l’humanité, c'est un des problèmes cruciaux de la biologie, ce n’est en somme rien moins que la question de l’Evolution tout entière. Mais c’est naturellement en Psychologie humaine, étant donné le développement des faits psychologiques dans notre espèce et le rôle essentiel de ceux-ci dans la vie sociale, qu’il revêt un aspect hors de toute proportion avec ce qu’on constate dans les autres espèces : c’est dans notre espèce que l’action psychologique du milieu a les effets les plus sensibles, sans requérir'nécessairement une durée de plusieurs générations : quelques années ou même quelques mois peuvent suffire, surtout dans l’enfance ou dans l’adolescence, alors que le développement n’est pas encore achevé.
- On constate en effet des différences mentales très marquées
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- entre individus ou classes d’individus, selon ie groupe humain auquel ils appartiennent : famille, village ou ville, région géographique, pays, religion, profession, type de civilisation.
- Ces différences psychologiques entre les hommes si souvent constatées, et invoquées parfois aux fins les pius diverses, et les plus contestables, ne sont-elles que l’expression indirecte de conditions de vie fort éloignées, ou au contraire résultent-elles directement de qualités héréditaires ? Et dans ce dernier cas, n’est-ce pas reculer le problème, car ces qualités héréditaires elles-mêmes ne sont-elles pas, en dernière analyse, le résultat de conditions de vie séculaires, ou tout au moins le résultat d'une collaboration entre le milieu séculaire et un certain stock primitif ? Quelle est la part qui revient à chacun de ces deux facteurs dans le type momentanément fixé dans la forme où nous le voyons ?
- Mais voyons d’abord quelle est exactement la nature et l’étendue de ces différences mentales. De nombreuses lacunes restent encore un peu partout dans ce domaine de la Psychologie différentielle où seuls quelques points de loin en loin ont été éclaircis ; la plus grande de ces lacunes est évidemment l’absence de normes aussi bien nationales ou raciales que communes à toute l’humanité, en tant que Genre ; si bien que les renseignemen's qu’on possède actuellement ne sont en réalité que de distants points de repère au milieu d un océan d’ignorances et d’incer itudes.
- On sait par exemple que les « nègres » ont une courbe de développement plus rapide que les blancs, mais on ne peut en conclure, d’après les études très limitées qui ont été fai!es jusqu’ici que leur plafond de développement est racialemènt plus bas que le nôtre.
- On n’a, de même, presqu’aucun renseignement positif sur les différences mentales entre peuples, races ou groupes régionaux, du moins rien qui permette des conclusions générales capables d’appuyer* ou de contredire les observations banales qui font la matière de tous les livres de voyage.
- Mais, par contre, sur les différents milieux sociaux, il y a des études suffisamment nombreuses et sérieuses pour nous donner des renseignements valables sur certains points restreints tels que le niveau mental ou le quotient d’intelligence (O. 1.)
- Or, ces renseignements sont spécialement importants par les conclusions qu’ils permettent de tirer et les applications sociales et politiques qui en découlent naturellement.
- Déjà en 1916, Terman, classant les enfants examinés en trois groupes, supérieur, moyen, inférieur selon la classe sociale à laquelle ils appartenaient, pouvait affirmer l’existence d’une dilfé-
- (i) L.-M. Terman. « The measurement of intelligence », p. p. 72 et 115.
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- rence de 7 points de Q. I. ou d’un an d’âge mental, en plus dans le premier, en moins dans le second, par rapport au Q. I. ou à l’âge mental de la classe sociale moyenne, qui se trouvait donc en même temps, être la classe intellectuellement moyenne.
- D’autres auteurs (1) poursuivant de façon approfondie ces comparaisons entre milieux sociaux confirment à peu près ces résultats : il y a une différence de 5 à 10 points de Q. I. entre chacun des quatre groupes de classes sociales : manœuvres, ouvriers spécialisés, employés de bureau, professions libérales, le premier groupe représentant le niveau le plus bas, et le Q. I. moyen s’élevant régulièrement à mesure qu’on monte dans l’échelle sociale ; de plus, pour chacune de ces classes, le niveau des campagnes est régulièrement en baisse par rapport à celui des villes.
- On observe le même rapport entre l'intelligence et le groupe professionnel au moyen des tests Alpha de l’Armée Américaine {2). La note médiane du groupe s’élève régulièrement quand on va des manœuvres aux professions libérales, et la graduation suit la même hiérarchie que celle de l'échelle sociale : 1° manœuvres (note médiane 35, sur un maximum possible de 212 ; 2° ouvriers demi-spécialisés (39 à 44, selon les diverses professions) ; 3° ouvriers spécialisés (45 à 66 selon une échelle de 20 professions, depuis mécaniciens, maçons, cuisiniers, etc... jusqu’à charpentier maritime) ; 4° professions commerciales, techniques, et employés de bureau (70 à 117) ; 5° professions libérales (125 à 157). De .plus, s’il y a un certain chevauchement de groupe à l’autre, c’est-à-dire si dans chaque groupe les résultats sont suffisamment dispersés pour que des individus d’un certain groupe soient dignes d’appar-tenir à un autre groupe considérablement plus élevé, et inversement, ces individus ne sont que des exceptions et n’ont pas de valeur représentative ; si bien que la majorité du groupe a, en somme, le métier qu’il mérite, c’est-à-dire que son intelligence lui vaut : le chevauchement est toujours limité, et la note la plus élevée de chaque groupe ne dépasse pas une certaine marge ; par exemple, dans le groupe des manœuvres qui présente la plus grande dispersion (points 21 à 63), le manœuvre qui a obtenu la note la plus élevée serait capable d’entrer dans le quatrième groupe (professions commerciales et techniques), et se placerait dans les télégraphistes, au niveau le plus bas de. cette profession (59), et en
- (1) Duff et Thomson. « British Journal of Psychology », 1923.
- Haggerty et Nash. « Journal of Educational Psychology », XV.
- R. B. Cattel. « The fight for our national intelligence », Londres, 1937.
- E. J. G. Bradford. « British Journal of Educational Psychology », 1937.
- Birth — Rate and Intelligence.
- Gray et Moshinsky. « Sociological Review », 1935.
- (2) w. M. Proctor. « Journal Educational Research Monographs », 1921.
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- dessous des employés de gare (note minimum 66. mais maximum 116). Par contre, il pourrait entrer à un bon niveau dans le groupe des ouvriers spécialisés, par exemple comme conducteur de train ou plombier (62) ou comme mécanicien d’autos (63). Mais il ne pourrait prétendre aux professions libérales, dont la note minimum est 98.
- Il y aurait donc dans l’ensemble, d’après les résultats des tests, un parallélisme étroit entre la hiérarchie des intelligences et la hiérarchie sociale, la seconde n’étant en somme que le reflet de la première.
- Or, cette constatation a deux conséquences de première importance :
- A) Si ces résultats ont une valeur absolue, si ces différences d’intelligence entre les milieux sociaux sont fatales et définitives, cela revient à dire que la hiérarchie sociale telle qu’on la constate autour de nous est justifiée dans les faits, qu’en fin de compte la majorité des individus se classent au rang social qu’iïs méritent de par leurs capacités mentales — donc que la société n’est pas si «mal faite» qu’on le prétend souvent, mais a des fondements biologiques solides dans l’ensemble. C’est la thèse des partisans de l’hérédité. Mais si au contraire ces différences mentales entre groupes professionnels n’ont rien de fatal et d'inévitable, si — loin d’être la cause de la structure sociale — elles en sont au contraire le résultat imposé de l’extérieur, Taboulissement d’un complexe de conditions géographiques, alimentaires, économiques et historiques, elles perdent tout caractère de fatalité et deviennent modifiables presque à volonté, à échéance plus ou moins longue, sous la baguette magique des réformateurs sociaux. C’est la thèse des partisans du milieu.
- B) Une deuxième conséquence est l’abaissement graduel de l’intelligence moyenne de la population, par suite de la plus grande fécondité des groupes sociaux qui ont les Q. I. les plus bas ; on constate, en effet, une relation inverse et constante entre l’intelligence moyenne du groupe et le nombre moyen d’enfants par famille (1), ce qui ne laisse pas d’être inquiétant pour l’avenir de l’humanité et conduit certains auteurs (R. B. Cattell surtout) (2) aux
- (1) Duff et Thomson. « British Journal of Psychology ». 1923.
- Haggerty et Nash. « Journal of Educational Psychology », XV.
- Recensement anglais de 1921 « Dependences. Orphanhood and Fertility ».
- Caradoc Jones. « Eugénies Review », juillet 1936.
- Ibid. A studio of the national réserves of intelligence. « Human Factor », 4. 1937.
- E.J.G. Bradford. The relation of intelligence to varning birth, rate in different social svades. « Br. J. of Educ. Psy », 1937, p. 232-246.
- (2) R. B. Cattell. « op. cit. ». « Human Factor », 1937.
- Ibid. Some changes in social life in a communistes with a falling Intelligence quotient. « Br. J. of Ps. », 4, 1938.
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- conclusions les plus pessimistes si la tendance dysgénique actuelle n’est pas promptement renversée per des mesures appropriées. Mais si cette infériorité de l’intelligence dans les milieux sociaux inférieurs n’est précisément qu’un, effet de l’abaissement de leurs conditions de vie, comme le croient les partisans du milieu, il suffira de relever ces conditions pour relever en même temps le niveau mental, et le pessimisme n’est alors aucunement justifié.
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- Mais comment savoir si les différencês mentales constatées par les tests sont fatales et relativement fixes, c’est-à-dire relèvent directement de qualités héréditaires et sont fixes dans la mesure où l’hérédité elle-même est fixe, ou si, au contraire, elles ne sont que le produit du milieu ? En d’autres termes, sont-elles rigides et stables, ou au contraire plastiques ? Et dans ce cas les modifications requièrent-elles pour se produire l’action prolongée d’un milieu pendant des siècles ou quelques générations, ou bien sont-elles susceptibles d’apparaître au cours d’une seule génération ?
- La seule manière de le savoir serait de pouvoir dédoubler un individu et de soumettre simultanément les deux exemplaires, l’original et son double, à l’action prolongée de milieux différents (dans le sens complet du mot, à la fois géographique, physiologique et surtout social, puisqu’au point de vue des conséquences psychologiques le côté social est le plus agissant, et de voir si chacun se développe dans un sens différent ou si au contraire les deux continuent à avoir des développements plus ou moins parallèles.
- Car si l’on prend des individus même très proches à première vue, comme des frères, le capital de départ ne sera jamais identique chez l’un et chez l’autre ; il pourra même être très différent, à hérédités et milieux égaux, de par le jeu des gènes et les mutations possibles qui sont des agents permanents de différentiation ; de sorte que, dans l’expérience ci-dessus, on ne saura jamais à quoi attribuer les divergences : à la différence dp milieu ou à des différences intrinsèques initiales.
- Or, il existe dans la nature une expérience de dédoublement idéale : les jumeaux identiques. Il suffira de trouver un nombre suffisant de cas où l’un des deux jumeaux a été transplanté dans un milieu social différent de celui du premier, et de voir s’il en est résulté des différences psychologiques importantes.
- Galton fut le premier à penser à cette méthode des jumeaux. Il ne faut pas d’ailleurs oublier de dire que cette initiative se rattache étroitement à sa préoccupation dominante qui fait de lui le fondateur de l’Eugénique et comme tel une des plus grandes figures de
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- l’Humanité : l’élévation du niveau biologique et mental de la race humaine.
- Mais par quels moyens parvenir à ce but ? Le choix de reproducteurs supérieurs est-il l’unique moyen ? Ou y en a-t-il d autres également efficaces, comme par exemple « l’éducation », que beaucoup de personnes croient même être plus efficace ?
- De la réponse à cette question dépend une orientation sociale et politique bien différente et I on peut dire que, à la base des deux idéologies rivales entre lesquelles s’est scindée 1 humanité pendant ces vingt dernières années, il y avait cette question fondamentale à laquelle l’une et l’autre avaient répondu dans deux sens opposés.
- On sait que Galton se prononça dans le sens de l’hérédité ; pour lui l’amélioration de la race humaine ne pouvait se faire qu en favorisant la reproduction des groupes humains intellectuellement supérieurs, les aptitudes de ceux-ci se transmettant héréditairement. C’est qu’à son époque les recherches écologiques étaient très peu avancées, surtout au point de vue psychologique (elles ne le sont pas davantage aujourd’hui) et il croyait ses conclusions légitimées par les résultats de sa fameuse enquête publiée en 1883 sous le titre « Inquiries into Human Faculty ». Il choisit 35 paires de jumeaux « montrant une ressemblance marquée », et 20 paires « montrant une dissemblance marquée » bien qu’ils aient été élevés ensemble, et au moyen d’une enquête verbale et écrite rechercha si les semblables avaient toujours été semblables et les différents toujours différents. L’enquête révéla qu’il en était toujours ainsi et que la maladie ou les accidents apparaissaient les seules causes capables d’introduire des différences entre les jumeaux « semblables ». Galton en conclut donc que l’influence des milieux différents traversés par les jumeaux au cours de leur vie d’adulte était nulle en regard de celle de l’hérédité, qui maintenait au cours de la vie la ressemblance ou la dissemblance initiale. Il est à présumer que le premier groupe se composait surtout de jumeaux identiques et le second de jumeaux fraternels, mais on ne possédait à l’époque de Galton aucun critère décisif sur ce point. La méthode est évidemment très critiquable, étant sujette à toutes les erreurs du témoignage verbal.
- L’étude suivante fut celle de Thorndike (1) en 1905, où il fut le premier à poser clairement les principes de la méthode des jumeaux, à montrer comment on pouvait l’utiliser dans le détail, et quelle était la portée exacte des conclusions qu’on pouvait espérer en tirer.
- (1) E. L. Thorndike. Measurement of tivins. « Archives of Philosophie, Psychologie and scientific Method ». Sept. 1905.
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- Si la ressemblance entre jumeaux, dit Thorndike, est due au milieu commun (même foyer familial, mêmes modèles parentaux, même école, et, d’une façon générale, mêmes conditions physiologiques et morales) :
- a) ils doivent se ressembler de plus en plus à mesure qu’ils grandissent : ils se ressembleront plus à 13 et 14 ans, par exemple, qu’à 9 et 10 ans.
- b) Si cette similitude d’influences de milieu est la cause de la ressemblance mentale, les frères qui n’ont qu’une faible différence d’âge, 4 ou 5 ans, tout au plus, doivent se rassembler mentalement presque autant que des jumeaux.
- c) De même, la ressemblance doit être plus grande dans le cas des épreuves susceptibles d’apprentissage, ou bénéficiant déjà de l’apprentissage scolaire (par exemple additions ou multiplications) que dans celles moins sensibles à l’influence de l’apprentissage ou n’ayant pas fait l’objet d’un apprentissage préalable (barrage de signes, trouver les contraires).
- D’autre part, si l’hypothèse inverse est vraie, c’est-à-dire si comme l’affirmait Galton « l’hérédité prévaut énormément sur le milieu toutes les fois que les différences du milieu n’excèdent pas ce qu’on rencontre habituellement parmi les personnes de même rang social et de même pays » :
- a) l’influence de l’âge chez des jumeaux élevés ensemble, c’est-à-dire l’influence prolongée d’un milieu commun, doit être presque nulle, et des jumeaux doivent se ressembler autant dans leurs jeunes années que dans leur adolescence ;
- b) ils doivent se ressembler bien plus que des frères et plus grande est la ressemblance plus celle-ci doit être attribuée à des facteurs héréditaires ;
- c) dans des activités peu soumises à l’influente de l’apprentissage, donc où les caractéristiques innées sont seules ou presque seules en jeu, ils doivent se ressembler presque autant que dans les activités relevant de l'éducation familiale ou de l’exercice scolaire.
- Le problème étant ainsi nettement posé il ne r-este plus qu’à appliquer aux différentes catégories envisagées . frères et sœurs, jumeaux jeunes et jumeaux plus âgés, des tests susceptibles de vérifier laquelle des deux hypothèses est la vraie. Il appliqua d’abord à 50 paires de jumeaux non-définis quelques uns des tests mentaux en usage à cette époque, et calcula les coefficients de cor-
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- rélation entre les résultats de chaque épreuve chez l’un et l’autre membre de chaque paire pour s’assurer d’une façon générale de l’existence de ressemblances mentales dans une telle population. Voici la liste des tests employés et les r trouvés entre les jumeaux d’une même paire.
- I._____Barrer tous les A dans une page imprimée composée de lettres majuscules.............................. r = 0,69
- IL — Barrer les mots contenant les syllabes at ou re r = 0,71
- III. — Souligner tous les mots ayant une orthographe
- incorrecte. . . ......................................... r — 0>80
- IV. - — Faire des additions.......................... r = 0,75
- V. — Faire des multiplications......j............... r = 0,84
- VI. — Trouver des contraires......................... r = 0,90
- Ces coefficients très élevés montrent suffisamment d’une part que Thorndike avait à faire à une population composée en majeure partie de jumeaux monozygotes, et d’autre part l’existence de ressemblances très marquées dans une telle population.
- Il entreprit ensuite de vérifier ses hypothèses sur l’influence de l’âge et de l’apprentissage. N’ayant pas trouvé les jumeaux plus semblables dans les habiletés apprises à l’école (addition, multiplication) que dans celles non apprises (barrage de lettres), il en conclut que leur ressemblance est surtout innée et non acquise.
- De même, n’ayant pas trouvé les jumeaux de 12 à 14 ans plus semblables que ceux de 9 à 11 ans, les ayant au contraire trouvés moins semblables, il en conclut que la ressemblance existante est due à l’hérédité et non au milieu, puisque la prolongation de l’influence de celui-ci amène au contraire des différenciations.
- Raisonnement douteux dans les deux cas : dans le premier parce que la légitimité de la distinction de principe entre capacités « innées » et « acquises » est rien moins que prouvée, les comportements apparemment les plus innés (par ex. celui du chat avec la souris) se révélant non exempts d’apprentissage ; puis parce que, en admettant la distinction fondée, le choix des épreuves est très critiquable ; enfin parce que, sous le rapport des capacités apprises à l’école, il n’y a pas lieu de supposer, comme le fait implicitement Thorndike, que les jumeaux se différencient d’un certain nombre d’autres enfants de la même classe.
- Raisonnement également douteux dans le second cas, car c’est supposer un milieu restant identique pour les deux jumeaux, or il est évident qu’à mesure que les deux enfants grandissent et deviennent plus indépendants du milieu familial, ils sont plus
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- sujets à fréquenter des milieux différent et à subir l’influence de ceux-ci. Si bien que la moindre similitude constatée dans l'adolescence pourrait très bien être interprétée dans un sens contraire à celui que Thorndike lui a donné. De plus, la différence d’âge entre les deux groupes, 3 années de plus, est sans doute trop peti e pour permettre des effets marqués.
- Mais aujourd’hui il existe des tes s mentaux très supérieurs à ceux dont Thorndike avait fait usage, du moins très supérieurs au point de vue de la mesure de /’intelligence : les aptiiudes spécifiques examinées par Thorndike ne permettent de rien préjuger quant à 1 intelligence générale, et de plus même celles supposées innées ne Sont pas exemptes des effets possibles de l’influence familiale et scolaire. C’est pourquoi dans une étude ultérieure (1) Curtis Merriman a utilisé d’autres tests qui, de l’avis généralement accepté, sont à la fois des mesures d’intelligence générale et des épreuves rela ivement indépendantes de l’apprentissage, c’est-à-dire p^Hant sur des capacités relativement innées :
- 1. — La révision Terman du Binet-Simon (sur 105 paires)
- 2. — Les 'ests Beta de l’Armée Américaine (sur 76 paires)
- 3. — Le National Test of Intelligence (sur 143 paires) auxquels il a ajouté l’estimation de l’intelligence par les instituteurs ou professeurs sur 90 paires.
- Avec ce matériel, il entreprit de vérifier les hypothèses de Thorndike : les jeunes jumeaux doivent se* ressembler davantage que les jumaux plus âgés (à condition qu’il s’agisse de jumeaux identiques, mais Merriman ne le dit pas).
- Les résultats semblent en effet à première vue confirmer cette hypothèse : chez les premiers (5 à 9 ans) la corrélation est de 0,809 en moyenne pour le Q. L. ; chez les deuxièmes (10 à 16 ans) elle est de 0,757. La différence en faveur des plus jeunes se maintient quand on examine séparément les jumeaux de même sexe, puis les filles seules, puis les garçons seuls, enfin les jumeaux de sexe différent. Cependant, aucune de ces différences n’est significative, ce qui revient à dire qu’il n’y a aucune différence dûe à l’âge, ni dans un sens ni dans un autre. Les autres épreuves confirment cette conclusion.
- A cette comparaison entre jumeaux jeunes et plus âgés, Merriman en ajoute une nouvelle : celle entre jumeaux de même sexe et de sexe différent : c’esLà-dire entre groupe où vraisemblablement prédominent les jumeaux identiques et groupe composé uni-
- (1) Curtis Merriman. The intellectuel ressemblance of twins. « Psychological Monographs », 1924, n° 152, 55 pp.
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- quement de jumeaux fraternels. Comme on pouvait s’y attendre, les corrélations sont bien plus élevées dans le premier groupe que dans le second (0,882 contre 0,774).
- Il compara aussi la distribution des différences de Q. I. par paires de jumeaux de môme sexe, de jumeaux de sexe différent, et de frères et soeurs ordinaires, et vit que les distributions des différences pour ces deux derniers groupes se ressemblaient plus entre elles que chacune de celles-ci avec le premier groupe ; ce qui conduit à penser que les jumeaux de sexe différent ne sont pas autre chose que des frères et soeurs ordinaires, c’est-à-dire provenant d’ovules distincts, la seule différence étant qu’ils sont nés en même temps.
- Une comparaison semblable des jumeaux de même sexe et de sexe différent au moyen du National Intelligence Test le conduisit aux mêmes conclusions. ^
- En 1925, Lauterbach'fit une importante étude sur 212 paires : 149 de même sexe et 63 de sexe différent, au moyen de tests psychologiques variés (tests d’intelligence, d’arithmétique et d’écriture), d’aptitudes spéciales, de dextralité) et d’un certain nombre de mesures physiologiques (1).
- Cette étude confirme les résultats de Merriman sur l’inexistence de différences significatives entre les jumeaux jeunes e( plus âgés, et l’existence de corrélations plus élevées chez les jumeaux de même sexe que chez les autres et de ressemblances plus grandes entre les jumeaux en général, qu’entre frères et .sœurs ordinaires.
- Elle confirme également l’absence de corrélations nettement plus élevées dans le cas des activités soumises à l’apprentissage que dans celui des activités relevant d’aptitudes considérées comme innées, absence déjà constatée par Thorndike.
- En 1928 Wingfield appliqua la Multi-Mentai Scale, le National Intelligence Test et le test de connaissances scolaires de Stanford University à 102 paires de jumeaux pris au hasard dans les écoles, et aboutit aux même conclusions que les auteurs précédents : pas de différences dans les corrélations entre jumeaux jeunes et plus âgés, les premiers allant cette fois de 6 à 11 ans, et les seconds de 12 à 15 ans ; ressemblance plus grande pour les paires de même sexe, les autres n’offrant que la ressemblance banale et parfois assez lointaine qu’on observe chez les frères et sœurs ordinaires ; la corrélation entre les quotients d’intelligence des jumeaux paraissant physiquement identiques était de 0,90 en moyenne, tan-
- (1) C.-E. Lauterbach. Studies iii twin Ressemblances, « Genetics », X, novembre 1925, p. 525-68.
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- dis que chez les jumeaux physiquement différents elle n’était que de 0,701 ; enfin, pour le groupe total, il n’y avait pas de différence significative entre les corrélations des quotients d’intelligence et celles des quotients d'acquit scolaire, ce qui, en particulier confirme la conclusion de Thorndike sur l’influence minimà de l’éducation et de l’apprentissage (à supposer qu’on admette la validité de son raisonnement).
- En 1930 Hirsch attaque le problème hérédité-milieu d’une façon plus fondamentale (1) car jusqu’ici*"les jumeaux examinés étant élevés ensemble les différences dues aux influences extérieures ne pouvaient être que minimes, noyées qu’elles étaient dans le fait dominant d'une ambiance familiale et scolaire commune. Tandis que Hirsch compare des jumeaux « semblables >; physiquement et mentalement, élevés ensemble d’abord avec des jumeaux « semblables » élevés séparément (38 paires et 12 paires respectivement), puis avec des jumeaux «dissemblables)) élevés ensemble (58 paires). Mais en rejetant le cas où la similarité physique s’accompagne de dissemblance mentale, tempéramentale et scolaire (13 paires) l’auteur tombe sous l’accusation de ne retenir arbitrairement que les cas les plus favorables à T hypothèse de l’hérédité.
- Entre le O. I. des jumeaux semblables et celui des jumeaux dissemblables élevés ensemble, il trouve une différence qui peut aller de la raison 1 à la raison 6, bien qu’il faille tenir compte, comme nous venons de le voir, du fait que son éhminatiorrdes cas les moins favorables a pour effet d’exagérer le contraste entre les deux groupes. Cette différence est interprétée comme due à la différence d’hérédité entre jumeaux identiques et jumeaux fraternels, les différences de milieu étant annulées.
- La différence entre jumeaux semblables élevés ensemble et jumeaux semblables élevés séparément est interprétée comme due à la différence des milieux, mais le fait que dans les cas examinés cette séparation n’ait été que temporaire, et après l’âge de 10 ans seulement, 'que le nombre des cas ne dépasse pas 4 et que les milieux n’étaient pas sensiblement différents enlève toute valeur aux conclusions de Hirsch sur ce point.
- Trois auteurs (2) ont tenté d’étudier expérimentalement d’une
- (1) Nattaniel D. M. Hvisch. Twins : Heredity and Environnent (Harvard Uni-
- versity Press, 1930).
- (2) Arnold Gesell et Helen Thomson. Leaming and Growth in identical Infant
- Twins. « Genetic Psy. Monographs », VI, I, 1929, pp. 5-120.
- Joséphine - R. Hilgard. The effect of early and delayed practice on Memory and Motor Performances Studied by the method of co-twin control. « Genetic Psy. Monographs. », XIV, 6, 1933, p.p. 493-567.
- L. G. Strayer. Language and Growth. The relative efficacy of early and déferred vocabulary training studied by the method of co-twin control. « Genetic Psy. Monographs. », VIII, 3, 1930, p. 209-319.
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- façon précise cette influence du milieu, c’est-à-dire pratiquement, celle de l’apprentissage sur un comportement isolé, celui-ci constituant la variation expérimentale, toutes les autres conditions étant maintenues strictement uniformes
- Gesell et Thomson sur le comportement moteur (grimper et manipuler des cubes), Hilgard sur la mémoire des chiffres et des objets et divers apprentissages moteurs (jeter un anneau, découper du papier, marcher le long de planches de largeurs variées), ^ trayer sur l’apprentissage du langage.
- Les trois études portent sur de très jeunes enfants,, des bébés, le principe étant de saisir ces activités à leur seuil et de donner alors à l’un des jumeaux, dans ces activités, tout l’entraînement dont il peut bénéficier étant donné son stade de développement.
- Il semblerait logique de s’en tenir alors au vrai problème, et comparer le rendement des deux jumeaux, J1 et J2, c’est-à-dire de celui ayant bénéficié 'de l’apprentissage et de celui n’en ayant pas bénéficié, dans, ces comportements particuliers, et d’interpréter la supériorité du premier — si elle existe — comme le résultat de l’apprqntissage. En fait, les trois auteurs ont dévié du but principal et la technique qu’ils ont choisie : donner un apprentissage de quelques semaines à J1 puis le même apprentissage à J2 pour une période égale ou moindre, revient seulement à comparer l’effet de l’apprentissage précoce avec celui de l’apprentissage -retardé, et à rechercher quelle méthode est plus efficace, c’est-à-dire l’importance du stade du développement dans l’apprentissage, en d’autres termes l’influence du développement sur l’apprentissage et non le contraire, qui était le problème initial.
- Les résultats ne sont pas très nets en ce sens que les rôles respectifs du développement et de l’exrcice ne peuvent être exactement délimités ; mais les conclusions suivantes ressortent cependant de ces trois études : la maturation est un facteur'important puisque dans les trois catégories d’épreuves les progrès de J1 sont plus longs que ceux de J2, à cause de la. différence de maturation ; mai^ l’.exercice est également un facteur important puis-qu’à la fin de la deuxième période d’apprentissage, et même plusieurs semaines après, J1 se trouve en tête, car il a continué à progresser seul, bien qu’à la fin de son temps d’apprentissage (plus court) J2 Tait rattrapé.
- De plus, Gesell et Thomson constatent que J1 garde de son entraînement précoce une différence d’attitude psychologique bien marquée : plus de confiance et d’assurance.
- Notons que dans cette étude il n’est plus question d’hérédité mais de développement, ce qui, nous le verrons plus loin, est très important. (A suivre)
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- LE MÉTIER D’OUVRIER DU VERRE D’OPTIQUE
- par
- M. SUZANNE CAVALIER
- Tout ce qui est qualifié d’optique se rapporte, comme l’indique l’étymologie du mot, à la vision et à la lumière, condition sine qaa non de la vision. C’est ainsi que les métiers du verre d’optique ont pour but d’utiliser les propriétés du verre ou (mais rarement en raison de son prix élevé), du cristal de roche, relativement à la lumière — en vue d’une correction, d’un amendement, d’un accroissement de la vision, ou de la transformation, de la diffusion de la lumière. De ces métiers relève la fabrication des lunettes, lorgnettes, télescopes, loupes, microscopes, phares, objectifs d’appareils photographiques, etc... Ils ont été rangés à juste titre dans le groupe des industries «d’art et de précision».
- Historique du métier
- Etant donné l’importance primordiale de la vision dans la vie humaine, et le rôle qu’y joue la lumière, les problèmes de l’optique furent très tôt posés. Aristote l’un des premier, dit-on, jeta les fondements de cette science à laquelle devaient s’adonner tant d’hommes illustres (Ptolémée, Al-Itagen, Léonard de Vinci, Descartes, Grimaldi, Newton, Kéfler, Huyghens, Maxwell, Fresnel, Xirchoff, Bunsen, Becquerel, Niepce et Daguerre, etc..., pour ne citer que les plus connus). Mais, si les Anciens connaissaient quelques-unes des propriétés optiques du verre, comme en font foi des récits tel que celui, passablement extraordinaire d’ailleurs, de l’incendie d’une flotte à l’aide d’un simple miroir, ou des écrits comme certain passage d’Aristophane dans les Nuées (1), ils ne semblent pas avoir utilisé leurs connaissances dans la vie courante. Ils construisaient leurs miroirs en métal poli ou en obsi-
- (1) Socrate et' Strepsiade sont en scène : Soc. : «Je suppose que l’on t’intente un procès de cinq talents, comment ferais-tu pour échapper à la condamnation ? ». Strep : « J’ai trouvé un moyen des plus adroits pour anéantir le jugement.» — Soer. : «Quel est-il ?» — Strep. : «As-tu jamais vu chez les marchands de drogues cett'e pierre brillante et diaphane avec laquelle on allume le feu » — Soor. : « Tu veux dire le cristal ? j> — Strep. : « Ne pourrais^ je pas, lorsque le greffier écrirait la condamnation, prendre le cristal et, me tenant à l’écart, faire fondre au soleil toutes les lettres du jugement ?» — Lesl jugements étaient' écrits, au moyen d’un style, sur des tablettes enduites de cire.
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- dienne, ignorant l’étamage du verre qui ne fut découvert, en Occident, qu’au xme siècle.
- Et c’est seulement au xiv° siècle qu’apparaissent les bésicles, ancêtres de nos lunettes (1). Dès lors l’emploi du verre en optique devient primordial, pour ne pas dire exclusif, et des artisans consacrent leur activité à la fabrication des lentilles pour lunettes. Ce sont les premiers représentants de la profession d’opticien, qui restera longtemps toute artisanale, et ne groupera qu’un petit nombre d’ouvriers, travaillant en ateliers familiaux et avec un outillage assez rudimentaire.
- C’est l’un'de ces « lunetiers », le Hollandais Nétius, qui en 1609 construisit la première longue-vue, guidé non par des principes théoriques, mais par la découverte toute fortuite de ses jeunes enfants, qui avaient accolé par jeu un verre concave et un verre convexe. L’année suivante, Galilée apporta de grands perfectionnements à cette découverte, qui fut suivie de bien d’autres, mais ne transforma pas beaucoup la situation des artisans du verre d’optique.
- C’est après Fresnel et ses géniales découvertes que, d’artisanale et plus ou moins empirique, la fabrication du verre d’optique devint industrielle et scientifique. A l’atelier familial succéda peu à peu l’usine. Dans certaines régions (vallée du Loing par exemple) l’usinage des lentilles et miroirs se faisait encore récemment chez un certain nombre de petits artisans qui travaillaient en famille, avec un outillage peu coûteux qui leur appartenait. Mais peu à peu les grandes entreprises (Sautter-Harlé, Saint-Gobain, B.B.T., etc.) se sont annexé les petites, et il n’existe pratiquement plus de petits ateliers indépendants.
- La machinisme, en ce qui concerne le travail du verre, n’a pas beaucoup évolué depuis le début du siècle dernier. Il n’a subi aucune évolution ; mais, de simples perfectionnements partiels, on pourrait dire de simples retouches, permettent actuellement de l’utiliser sans apprentissage spécial. Il n’en était pas de même lorsqu’on ne savait pas mouler le verre et lui donner, avant tout usinage, une forme approchée de celle qu’il devait avoir pour être utilisé. Il fallait alors que l’adresse de l’ouvrier ne le cédât en rien à la parfaite adaptation de l’outil à la matière.
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- (l) Le document le plus ancien que l’on possède relatif aux lunettes date de 1303 et se trouve dans la «Grande chirurgie» de Gui de Chauliac. Après avoir prescrit l’usage de certains collyres, cet auteur ajoute s «Si cela ne suffit pas, il faudra recourir aux bésicles. »
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- Le Métier
- (ses travaux, ses conditions d'exercice)
- Les métiers d’optique font appel à des activités très variées, et la dénomination générale d’ouvrier opticien s’applique à des travailleurs formés à des spécialités présentant souvent peu d’analogies entre elles.
- C’est ainsi qu’on désigne aussi bien sous cette rubrique :
- 1° Les ouvriers en monture de lunettes, qui savent monter, régler une paire de lunettes, tout en ignorant le travail du verre.
- 2° Les ouvriers qui, travaillant chez un opticien détaillant, savent faire essayer des verres à un client ; mais ne connaissent, en fait de travail du verre, que l’ajustage à la meule nécessaire pour faire entrer les verres dans une monture appropriée.
- 3° Les ouvriers qui transforment du verre brut, moulé, en éléments de verre travaillé, présentant des propriétés optiques particulières, tels que lentilles, prismes, miroirs, etc...
- C’est du travail de ce dernier groupe d’ouvriers, des aptitudes, qualités, connaissances qu’il requiert pour être exercé avec succès, des modifications qu’il peut à la longue imprimer à la personne des travailleurs, des ressources et des satisfactions qu’il peut leur procurer, que nous ferons l’objet de notre étude.
- Pour éviter toute ambiguité, et ne pas se trouver dans l’obligation de refaire toujours les mêmes distinctions, nous n’emploierons pas la désignation d’ouvrier opticien, mais celle d’ouvrier en verre d’optique.
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- Ayant pour but la taille optique du verre, l’usinage doit essentiellement réaliser le surfaçage du verre brut (dont la fabrication est en général assurée par une entreprise différente de celle qui transforme le verre moulé). Le travail du surfaçage consiste à donner à la matière première sa forme et son poli définitifs (1). C’est un travail long et minutieux. (Il faut au minimum deux heures de travail effectif à un bon ouvrier pour « surfacer » un dcm2.) 11 se fait au moyen d’outils de fonte ou de cuivre présentant des surfaces planes (plateaux) ou courbes, convexes (balles) ou concaves (bassins), sur lesquels les verres sont frottés jusqu’à ce qu’ils épousent parfaitement la forme de ces surfaces. Il comprend essentiellement trois opérations :
- (1' C'e^t au cm2 de surface réfléchissante qu’est' calculé le prix de vente du wn d’optique.
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- 1° Le dégrossissage ;
- 2° Le doucissage ;
- 3° Le polissage.
- 1° Le dégrossissage consiste à donner à la pièce en verre brut une forme approchée en l’usant au moyen d’un frottoir métallique (habituellement fixe), présentant grossièrement le profil de la pièce, avec interposition entre la pièce et le frottoir de grès mouillé.
- 2° Le doucissage a pour but d’adoucir les gros traits laissés par le dégrossissage et de donner à la pièce sa forme finale, avec interposition entre la pièce et le frottoir d’émeri mouillé de plus en plus fin jusqu’à ce qu’on obtienne un « douci » parfait dans lequel aucune raie ne soit plus visible même à la loupe.
- 3° Le polissage consiste à donner à la pièce son poli définitif. Il se fait au moyen des mêmes machines que le doucissage, mais les frottoirs sont recouverts de feutre imbibé d’eau, sur lequel est répandu du rouge à polir, ou rouge anglais (qui est du peroxyde de fer).
- A ces trois opérations principales s’ajoutent des opérations secondaires qui leur sont antérieures ou postérieures, et dont l’ensemble constitue le collage, le décollage, le biseautage, la vérification.
- Le collage : Pour être dégrossie, puis doucie et polie, fa pièce de verre doit être fixée solidement (collée) sur la machine, ce qui se fait en quatre temps :
- 1° chauffage du verre au four pour le porter à une température de 70° environ ;
- 2° confection du mastic à coller, mélange de poix et de brai de houille, fondu dans une marmite et maintenu à une température de 80 à 90°. Ce mélange est appliqué sur la surface libre du verre ;
- 3° chauffage au chalumeau des machines, dans les parties qui reçoivent la pièce de verre à travailler ;
- 4° centrage, qui consiste à placer la pièce sur la machine en s’assurant de l’exactitude de la position des axes de courbure.
- Le verre, le mastic et la partie de la machine qui reçoit le verre, refroidissent simultanément, ce qui donne un collage robuste.
- Le décollage : La pièce, étant usinée, est séparée (décollée) de la machine par un coup de marteau (en buis) sec, assez délicat à mesurer. Il reste à la débarrasser du mélange brai-poix avec des coins en bois et de l’essence (démasticage).
- Les pièces passent ensuite à la vérification et au stockage en magasin.
- Toutes ces opérations constituent le travail journalier.
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- Le métier s’exerce en atelier. Celui-ci est très propre, car la propreté est requise pour la qualité du travail lui-même.
- L’éclairage général est assuré très souvent par de grandes verrières, et lorsqu’on a recours à la lumière artificielle, celle-ci est toujours assez faible. L’éclairage général est suffisant dès -qu’il permet à l’œil de distinguer les machines, outils, obstacles, transmissions, etc... Aussi, il peut sans inconvénient ne pas dépasser 20 à 30 lux. La raison en est que, pour travailler, l’ouvrier dispose de lampes portatives individuelles (dites balladeuses) qu’il promène fréquemment le long de la surface du verre pour vérifier la bonne marche et l’état d’avancement du travail. Ces lampes sont à filament de carbone, qui résiste mieux aux chocs que le filament de tungstène ordinaire. De plus, la coloration légèrement jaune de la lumière produite est moins éblouissante.
- L’ouvrier est assis la plupart du temps ; il n’a pas beaucoup à se déplacer.
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- Les Travailleurs
- Il y a évidemment une hiérarchie dans le personnel d’une usine de verre d’optique. Il y a :
- les manœuvres spécialisés, les chefs d’équipe, les contre-maîtres et chefs d’atelier, les ingénieurs et chefs de service.
- Et il va de soi que la formation du personnel de maîtrise sera plus poussée que celle des simples ouvriers.
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- Manœuvres spécialisés. — Les tâches du métier proprement dit, telles qu’elles ont été décrites plus haut, étant essentiellement manuelles, la catégorie d’ouvriers la plus nombreuse est celle des manœuvres spécialisés. En raison du perfectionnement et de la simplicité de l’outillage, la spécialisation peut se faire en quelques semaines dans l’atelier d’un fabricant. Un manœuvre de cette catégorie peut, le jour même de son embauchage, fournir un travail utile. Il n’est donc pas question pour lui de formation professionnelle antérieure à l’exercice de la profession. Aucune culture n’est exigée de cette catégorie d’ouvriers. Le recrutement est ordinairement familial ou «par connaissances».
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- Chefs d’équipe, contre-maîtres, chefs d’atelier. — Il n’en est pas de môme pour le personnel de maîtrise. Ce sont en effet les chefs d’équipe (dans les ateliers de quelque imporlance), les contremaîtres, qui dirigent les opérations du surfaçage, président au collage des verres, à leur centrage, jugent si le travail de l’une des opérations est assez avancé, décident du passage d’une opération à la suivante, procèdent à la vérification, apprécient la perfection du résultat.
- Celte catégorie d’ouvriers devra donc posséder de bonnes notions théoriques d’optique et une. sérieuse formation pratique.
- Cette formation il peut l’acquérir dans des écoles spéciales.
- Malgré l’incontestable supériorité de la formation donnée par ces écoles, la formation par la pratique directe du métier a pu donner d’excellents techniciens. Aussi le C.A.P. n’est, pas absolument exigé pour l’entrée dans la profession, mais considéré très favorablement. Il est probable, de l’avis de plusieurs ingénieurs, qu’il deviendra un jour quasi obligatoire.
- Ingénieurs, chefs de service. — Quant au personnel dirigeant, c’est à lui qu’appartient soit de mettre sur pied, partant des desiderata des clients, des projets dont la réalisation sera rationnelle, pratique et économique, et les devis qu’il soumettra, discutera et fera admettre au client ; soit de diriger des études, établir les calculs complets, déterminer les caractéristiques de réalisation pratique ; soit d’assurer le contrôle technique, d’élaborer les méthodes d’essais, etc..., etc... Il lui faut donc posséder une culture spéciale, au moins égale à celle qui correspond aux certificats de licence d’optique, et une culture générale, celle qui est requise de tout ingénieur.
- L’Ecole Supérieure d’optique, 3-5, Boulevard Pasteur, Paris, assure la meilleure formation du personnel dirigeant. Elle reçoit des élèves des deux sexes, qui doivent justifier d’une formation mathématique au moins équivalente à celle cpii correspond au. programme de mathématiques généralçs. Les candidats possédant ce certificat, ou admissibles à l’une des grandes écoles, sont admis sans examen.
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- Conditions d’age, de sexe, de nationalité
- Il n’y a pas de conditions d’admission particulières à la profession relativement à l’âge. L’âge minimum est de 14 ans ; l’âge maximum n’a d’autres limites que celles de l’habileté de l’ouvrier. Comme le travail est peu fatigant et ne nécessite aucune dépense exceptionnelle d’énergie, il n’st pas rare de trouver dans ces mé-
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- liers des ouvriers de soixante ans qui s’acquittent fort bien de leur tâche.
- En fait comme en droit le métier est accessible aux deux sexes. Dans.les travaux manuels, le personnel féminin prédomine nettement, et pour certaines opérations (doucissage et polissage de verres de petites dimensions, biseautage et démasticage) la main-d’œuvre féminine est même préférable. Il va de soi qu’en temps de guerre, le pourcentage de cette main-d’œuvre croît encore.
- Les étrangers sont admis dans la profession, dans la proportion de 10 °/0. Il n’y a pas de prédominance marquée d’une nationalité sur une autre.
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- Aptitudes physiques et sensorielles
- Le métier d’ouvrier du verre d’optique peut se classer parmi les métiers dits « légers ». Il est sédentaire ou quasi-sédentaire et ne réclame que des mouvements modérés et de fréquence moyenne (1). Il n’exige donc pas une robustesse particulière (on a déjà signalé qu’il convient fort bien à des femmes).
- Aucune particularité de taille (grande ou petite) ou de corpulence (maigreur ou obésité), ne semble handicaper ou favoriser les ouvriers dans leur travail. Mais certaines opérations, telles que montage des petites lentilles dans l’industrie des jumelles et des objectifs photographiques, paraissent plus faciles à des ouvriers aux doigts fins.
- La longueur des membres inférieurs est sans influence car bon nombre d’opérations se pratiquent dans la position assise ; celles qui exigent la station debout (travail aux tours sur lesquels s’effectuent des opérations de courte durée), se font sur dés planchers mobiles, en raison de l’abondance des projections d’eau sur le sol, projections qui ne sont pas accidentelles, mais nécessaires pour abattre les poussières d’abrasifs. Ces planchers peuvent être rehaussés facilement pour les individus aux jambes courtes.
- Les positions de travail peuvent et doivent être correctes. Certains ouvriers sont légèrement voûtés, après plusieurs années de travail sur des établis ; mais ces déformations ne peuvent résulter que de positions vicieuses, faciles à éviter.
- (l) Il faut toutefois1 signaler que la manipulation de certains bassins de travail et de certains frottoirs, dont le poids peut atteindre 50 kilos, nécessité, au moment où on les dép’ace, un effort assez violent. Mais cet effort test demandé souvent aux manœuvres des équipes d’entret'ien dans les grandes entreprises. Dans, les petites entreprises, où l’ouvrier doit manœuvrer lui-même son outillage, celuLci ne dépasse guère 10 kilos.
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- Fonctions digestives. — Les repas peuvent être pris à heures régulières. Pour celui de nudi, le temps alloué est de une heuie et demie, comme dans beaucoup d’industries. Il n y a donc rien de spécial à signaler sur ce point ; si ce n’est le risque de certaines intoxications et gastrites, d’ailleurs légères, pour les ouvriers appelés à manipuler les mastics, couramment employés pour coller et sceller dans certains appareils les prismes et les divers anneaux des lentilles à échelons, si ces ouvriers n évitent pas de porter leurs doigts à la bouche et ne prennent pas la précaution de se laver soigneusement les mains avant de prendre leur casse-croûte ou repas. En effet, ces mastics contiennent certains produits toxiques, tels que le minium en poudre.
- Fonctions circulatoires. — Un certain nombre d’ouvriers se sont plaints de varices, qui seraient déterminées par la pression qu’exercent sur les cuisses des tabourets assez hauts.
- Pour les femmes, certaines opérations comme le dégrossissage présentent un inconvénient périodique, ddficilement remédiablc. En effet, le dégrossissage s’effectue comme , on l’a vu plus haut, au moyen d’un mélange de grès et d’eau, qu’il n’est pas possible de répartir sur le verre autrement qu’à la main — tous les dispositifs de distribution mécanique automatique essayés se sont révélés inefficaces ou insuffisants. Le séjour des mains dans l’eau froide au moment des règles est très pénible et entraîne incontestablement quelques désordres circulatoires. Dans certaines usines, on a essayé de remédier partiellement à cet inconvénient en faisant distribuer de l’eau chaude ; mais le brassage d’air produit par la rotation du plateau de la machine refroidit rapidement l’eau.
- Fonctions respiratoires. — Le travail se fait en atelier clos, à l’abri des intempéries. La température ambiante est en général normale et ne subit pas de variations de température brusques ou importantes. L’état hygrométrique de l’ambiance est un peu supérieur à la moyenne (travail dans l’humidité, projections d eau sur le sol). Une aération fréquente est nécessaire à cause de dégagements de vapeurs d’essence et d’oxyde de carbone par les chalumeaux. Mais ces dégagements sont peu abondants et ne se produisent qu’au moment du collage. Le métier est très propre, et ne présente pas, du point de vue pulmonaire, le danger des poussières comme on serait tenté de le croire. En effet celles qui résultent de l’usure du verre par les frottoirs sont constamment abattues par projection d’eau et les abrasifs ne sont jamais employés que mouillés.
- Fonctions neuro-musculaires. — Comme on l’a déjà signalé, les mouvements violents sont exclus du travail du verre d’optique (ce
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- qui se justifierait déjà amplement par la fragilité de la matière travaillée !). Les mouvements sont presque toujours des mouvements légers des bras, et surtout des. mains et des doigts. Il faut une certaine agilité et justesse du geste. Il faut également que l’ouvrier sache aussi bien dégrader la force de ses mouvements pour certains travaux, que l’entretenir constante pour d’autres.
- Une borïne coordination lui est également nécessaire, car il faut souvent exécuter des mouvements simultanés de plusieurs membres, en particulier des deux bras ; par exemple : serrage des frottoirs et répartition de l’abrasif.
- La gaucherie ne semble présenter aucun inconvénient particulier.
- Bien que le travail soit monotone (il faut agir d’un bout à l’autre par une usure progressive), il ne peut pas, dans l’ensëmble, être automatisé. La plupart des mouvements exigent un certain « doigté », et ne peuvent atteindre leur objet avec une pleine efficacité que si le jugement intervient et règle le mouvement. Jugement très simple, à la portée de tous, mais indispensable.
- Fonctions cutanées. — Elles sont à examiner avec une particulière attention chez les ouvriers du verre d’optique.
- ) La sécrétion sudorale est un point très important, à un double point de vue :
- 1° la maculation de la surface polie des verres par la transpiration des mains oblige à un nettoyage délicat et long, les taches grasses déterminées par la sueur étant difficiles à effacer ;
- 2° la moiteur des mains gêne et diminue la précision des manipulations.
- Il y a lieu de considérer qu’en raison de son très faible coefficient de conduction de la chaleur, le verre reste «froid aux mains », ce qui augmente encore les inconvénients de la transpiration en facilitant la condensation des sécrétions sudorales.
- ) Là perception des différences thermiques au toucher est très utile dans le métier. C’est un moyen couramment employé pour apprécier la température des verres que l’on sort du four pour les coller sur les machines, celle des cercles de machine chauffés au chalumeau, celle du verre en cours de polissage. Toutes ces mesures, si l’on peut leur donner ce nom, ne peuvent guère être faites qu’au « jugé ».
- c) La discrimination tactile des petites différences d’épaisseur, de rugosité, etc..., est indispensable pour apprécier les imperfections du dégrossi et du douci, et éviter de recourir trop souvent à l’examen oculaire, assez long, puisqu’il nécessite un nettoyage et un séchage préalables des surfaces.
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- d) Il n’y a pas de maladies cutanées spécifiques du métier, mais un épiderme trop délicat aurait évidemment à souffrir de sa pratique. Le fait de manipuler constamment un mélange d’eau et de grés, ou d’émeri, fait gonfler l’épiderme de la paume, le ramollit, favorise l’apparition des crevasses, le grès rend la peau rugueuse.
- Fonctions auditives. — L’ouïe n’a pas à intervenir directement dans les métiers de l’optique, et, d’autre part, elle n’a pas à redouter de bruits considérables. L’ambiance est bruyante, mais modérément.
- Fonctions olfactives et gusthtlves. — Elles ne jouent ici aucun rôle.
- Fonctions visuelles. — Une bonne vue est indispensable à l’çxercice concret du métier. A côté des miroirs paraboliques, de 2 m. 30 et plus de diamètre, il y a les petites lentilles de viseur de 8 mm. de diamètre. De plus, il faut que les ouvriers soient à même de discerner les petits défauts du verre : « piqûres » sur la surface polie du verre, grains de grès subsistant, parties grises sur le poli, etc.... Ce travail de vérification est plus particulièrement réservé au contre-maître vérificateur, mais il est très utile que chaque ouvrier puisse faire lui-même une vérification préliminaire avant de solliciter l’avis du vérificateur.
- Une vue naturelle déficiente peut, sans inconvénient, être compensée par le port de lunettes.
- Le daltonisme est très gênant pour le lunetier-opticien qui doit distinguer les différentes sortes de verres colorés ; mais il est sans importance pour l’ouvrier du verre qui n’a pas à faire de discrimination de ce genre.
- Les accidents par projection de corps solides sont rares ; car toutes les particules de grès, émeri, etc..., étant noyées et agglomérées par l’eau, ne « volent » pas.
- Les accidents par radiations nocives sont exclusivement ceux qui résultent de la brillance très grande de certaines sources (lampes, à arc et à incandescence, de forte puissance) utilisées pour la vérification de pièces d’optique. Ces accidents se réduisent d’ailleurs à des migraines ophtalmiques, conjonctivites légères, et autres affections passagères, qu’il est aisé d’éviter en portant des verres colorés lors de ces vérifications.
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- Aptitudes psychologiques, morales, etc.
- Le travail proprement manuel du verre d’optique ne réclame pas d’aptitudes psychologiques et intellectuelles marquées. Mais
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- en raison de la fragilité de la matière usinée et de la précision du travail demandé (de l’ordre de 1/10.000® de mm. et plus !, alors que l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarettes est de 3/100® mm.) (1), il requiert beaucoup de soin, de propreté, le goût du travail soigné et minutieux.
- Si le travail s’accommode d’oscillations de l’attention pour toutes les opérations du dégrossissage, doucissage, polissage, biseautage, parce que ces opérations sont très longues à réaliser (Cf. p. 176), il risque fort d’en souffrir pour les opérations de rodage sur plateau, d’écaillage du verre, car le travail est alors relativement rapide. Une bonne attention, susceptible de se concentrer en même temps que de se porter sur plusieurs points à la fois, semble donc indispensable.
- On a vu plus haut que le travail, routinier par certains côtés, ne peut cependant pas être automatisé. Contrairement à ce qui se passe dans le travail à la chaîne (impossible ici), les tâches ne sont pas* réduites à des opérations élémentaires, simples et de courte durée. Elles sont complexes, successives, alternantes. Il ne' s’agit pas d’un travail strictement spécialisé et indéfiniment répété, comme le serrage des écrous dans une usine de construction de moteurs, par exemple.
- Par contre, le travail ne demande aucune adaptation spécialement rapide, difficile ou imprévue. Il exige au contraire un caractère plutôt calme, patient, persévérant, une certaine lenteur même, et placidité dans le comportèment.
- L’ouvrier n’a à prendre que de petites initiatives, et rarement. (Dans le cas de décollage accidentel du verre et autres incidents semblables.)
- On peut tolérer de l’ouvrier en verre d’optique qu’il ait une mémoire médiocre.
- Le travail s’exécute en atelier — sauf rares exceptions — et assez souvent en équipe, pour les pièces de série et de faibles dimensions. Il est donc indispensable que l’ouvrier soit d’humeur sociable, qu’il soit patient, ce qui est déjà requis par le travail lui-même.
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- Avenir de la profession
- Il n’ÿ a pratiquement pas de chômage pour les ouvriers qualifiés du verre d’optique. Et les applications de plus en plus nom-
- (1) Mais cette précision rigoureuse porte beaucoup moins sur les dimensions de la pièce, pour lesquelles on peut tolérer des variations de l’ordre de 1 mm. que sur la perfection du surfaçage. La courbure d’une lentille, la surface d’un prisme ne peuvent admettre la moindre déntvellation, fut-elle de 1/10.000 nun ,
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- breuses et scientifiques des propriétés optiques du verre font prévoir que la profession devra de plus en plus faire appel à ces ouvriers.
- Il n’en est pas de même pour les simples manœuvres spécialisés : en raison des progrès réalisés dans l’industrie du moulage soqs pression et du soufflage du verre, on peut de plus en plus livrer à la consommation courante (appareils d’éclairage ordinaires, projecteurs pour tous usages commerciaux, etc...) des pièces qui n’ont subi aucun usinage postérieur au moulage ou au soufflage. Cette production réduira donc progressivement le nombre des manœuvres spécialisés.
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- Conclusion
- On voit que l’exercice parfait des métiers du verre d’optique exige beaucoup plus, de la part de leurs ouvriers, de la conscience, de l’application, du bon sens, que des aptitudes physiques, psychologiques ou intellectuelles particulièrement développées.
- Travail sam et léger, il est spécialement à recommander à des individus physiquement déficients, mais capables d’efforts légers. Les affections cardiaques permettant de fournir une activité physique moyenne, la tuberculose à lésions arrêtées et la prétuberculose (sous réserves de bonnes conditions hygiéniques de travail), l’acuité auditive diminuée, le port de lunettes, la perte d’un membre inférieur, ne constituent pas des contre-indications pour cette profession.
- Elle procure à ses ouvriers, avec un salaire relativement élevé, les satisfactions d’un travail d’-art et de précision.
- NOTES ET DOCUMENTS
- Etude des inégalités dans les possibilités intellectuelles
- des adultes
- d’après Walter V. BINGHAM
- Psychologue chef du IVar Departement (1)
- Cet article rapporte les résultats de l’application sur dix millions d’hommes du Test militaire de classification générale (AGCT)’de l’Armée américaine. Pendant la guerre, ce test a servi à prévoir jusqu’à quel degré de difficulté un homme pouvait assimiler fen-
- il) Science. Août 1946. Vol. 104. n 2694, pp. 147-152.
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- traînement. Son application a apporté, selon l’auteur, de précieuses indications sur la population américaine en général.
- On n’a pas cherché dans ce test à établir un quotient d’intelligence, d’abord parce que la notion de QI n’a plus de signification à l’âge de la mobilisation, mais aussi pour une raison pratique : peu nous importe de connaître ce qu’était l’intelligence d’un soldat à la naissance, ce qu’elle aurait pu devenir si les conditions de milieu avaient été différentes. Nous voulons savoir ce qu’il est capable d’apprendre maintenant, sans faire de distinction entre ce qu’il y a d’inné et d’acquis dans ses possibilités actuelles.
- Différentes formes furent établies pour le test, verbales ou non verbales, en différentes langues et même mimées, ou a focalisées » sur les niveaux d’aptitude élevés ou inférieurs.
- La fidélité de ces diverses formes se situe entre .94 et .96.
- Les tâches proposées sont de trois sortes . : verbales, arithmétiques et spatiales, et les questions vont du simple au complexe.
- Le sujet répond en marquant la réponse qu’il choisit parmi celles qui lui sont proposées sur la feuille de réponses.
- Le test dure 40 minutes, une fois les consignes données et comprises.
- Les sujets se classent en cinq échelons (« grades ») selon la note obtenue. Les limites de ces échelons (en écarts réduits) sont les suivantes :
- 1er échelon : au-dessus de + 1,5 2e échelon : de + 0,5 à + 1,5
- 3e échelon : de — 0,5 à + 0,5
- 4e échelon : de — 1,5 à — 0,5
- 5e échelon : au-dessous de — 1,5 (1)
- Il est facile, d’une part, de calculer le pourcentage de cas devant être inclus dans chacun des échelons ainsi déterminés sur une courbe de Gauss parfaite ; d’autre part, d’observer le pourcentage de sujets s’étant classés, dans l’épreuve réelle, dans chacun de ces
- échelons.
- Voici le tableau comparatif :
- Echelons 5 4 3 2 i
- Pourcentage théorique. . . . 7 24 38 24 7
- Pourcentage observé 8.8 28.5 30.7 26.2 5.8
- Les divergences proviennent d’une part de ce que les sujets appelés représentent un échantillon déjà sélectionné à certains points de vue et d’autre part de ce que le test ne fut initialement étalonné que sur 3.000 sujets seulement.
- Examinant les compositions de l’échantillon de 10.000.000 de sujets soumis à l’AGCT, l’auteur souligne qu’un tiers'des officiers environ ne le passèrent pas, que des dispositions différentes se succédèrent durant les cinq années de guerre, à l’égard des illettrés et des hommes ne parlant pas l’anglais, faits qui expliquent les très légères imperfections de la courbe, et ses faibles changements de forme d’une année à l’autre.
- (l) Il suffit évidemment de multiplier ces nombres par 4 pour avoir des limites des 5 échelons exprimés sur l’échelle en tétrons qui nous est familière.
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- Quoi qu’il en soit, Bingham affirme très nettement la validité de l’AGCT au point de vue militaire.
- La quasi totalité des sujets classés dans les deux premiers échelons devinrent par la suite des techniciens habiles, des spécialistes, des officiers. Sur un groupe de trente-cinq hommes admis à une école d’officiers malgré le mauvais pronostic de l’AGCT, trente-deux échouèrent dans leurs études.
- Dans les' autres échelons également, la réussite confirma les prévisions du test.
- On verra dans le tableau suivant que le pourcentage de chances de succès dans les trois spécialités suivantes : météorologiste, secrétaire, mécanicien, est étroitement lié à la réussite dans l’AGCT. (Par succès, nous entendrons : obtenir une note au moins égale à la moyenne, à la fin de l’instruction).
- 0
- Note en écart réduit dans l’AGCT — 2 — 1 moyenne ' +1 + 2
- Nombre de succès observés :
- Météorologiste 3 12 35 65
- Secrétaire 1 5 20 47 76
- Mécanicien 5 17 40 67 88
- Il s’agissait, dans le dernier cas, de mécaniciens d’aviation, et dans cette spécialité comme dans d’autres s’pécialités manuelles du même genre, un test de niveau intellectuel comme l’AGCT se révéla beaucoup plus valide que les tests d’habileté manuelle qui furent essayés.
- L’auteur examine ensuite le niveau universitaire des sujets se classant dans les deux premiers échelons. Il constate que beaucoup (environ 2.000.000) n’ont pas fait d’études supérieures, et il pose alors la question :
- « N’y a-t-il pas là plusieurs centaines de milliers d’hommes ayant les aptitudes requises mais qui ne firent pas ce qu’ils auraient pu faire, dans la paix comme dans la guerre, parce que leur éducation fut écourtée ? »
- 11 arrive à une conclusion analogue quand il considère les métiers exercés. Dans l’échantillon considéré se dessine une hiérarchie des métiers, la plupart des chimistes par exemple se classant près du maximum, et la plupart des ouvriers agricoles près du minimum. Cela étant, il est particulièrement intéressant d’étudier les zones de recouvrement : on s’aperçoit par exemple que le quart supérieur des conducteurs de camions surclasse le quart inférieur des gérants et des fonctionnaires ; que neuf pour cent des chaudronniers font aussi bien que la moyenne des avocats.
- Bingham tire de ce fait la conclusion qu’il y a là un gaspillage des aptitudes de la partie la mieux douée de la jeunesse américaine.
- Il pense que l’extension à la vie civile des procédés employés pour la sélection militaire apportera une solution à ce, grave problème. M. R.
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- La sélection psychotechnique des agents de gare
- Les qualités nécessaires sont multiples indique Mme S. Pacaud (1) dans son étude de ce métier.
- — L’aptitude au changement de sens d’activité au cours de tâches
- complexes.
- — L’intelligence doit être d’un niveau assez élevé.
- — Le pouvoir de concentration doit être élevé.
- — Il faut rapidement appréhender des point de repère.
- — Les consignes reçues doivent être exécutées rapidement.
- — Il est nécessaire d’avoir de l’ordre dans l’organisation du tra-
- vail.
- — L’attention diffusée doit être bonne.
- — Les réactions rapides ainsi que l’adaptation.
- — Enfin le comportement caractériel doit laisser espérer une per-
- fectibilité possible.
- Une batterie de tests a été créée et appliquée à 100 facteurs de la région du Nord et à 78 de la Région Sud-Est.
- Ces agents étaient, dans chaque groupe, mi-partie bons et mi-partie moins bons.
- Les résultats de la batterie se montrèrent en corrélation de + 0.70 pour le contingent Nord et + 0.74 pour le contingent Sud-Est avec les résultats du classement professionnel.
- * *
- * ak
- La sélection omnibus est-elle possible en mécanographie
- Mme Pacaud qui a étudié cette question répond par la négative, parce que l’analyse du travail montre qu’il y a à la fois des tâches standardisées et des tâches où l’intelligence intervient constamment.
- Dans les tâches simples et standardisées, les tests les .meilleurs sont ceux qui mettent en jeu l’attention concentrée, la rapidité de perception et la possibilité de déplacer rapidement le globe oculaire. A ces tests s’ajoutent la rapidité et la régularité des temps de réaction.
- Dans les tâches non standardisées, le bloc des tests intellectuels et mentaux est nécessaire à ajouter à ces tests qui mesurent sur-, tout la rapidité.
- Il faudrait grouper en famille les aptitudes répondant aux différents types de famille de travail et chercher des batteries de tests pour chaque groupe de famille.
- Une simple batterie de tests ne peut donc suffire (2).
- *
- îk M
- Recherche de facteurs de personnalité chez les très jeunes enfants
- Préoccupée de déceler très précocement les signes de nervosisme, Helen L. Koch a été conduite à une étude de la personnalité des tout
- (1) Le travail humain, IX* année, 1946.
- (l) Le Travail humain, IX» année, 1946, page 3.
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- jeunes enfants, et a cherché à dégager les facteurs responsables des principaux traits du comportement (1).
- La méthode a été la suivante : notation par des observateurs entraînés de traits définis du comportement de façon discontinue, chaque fois pendant une demi-minute seulement (400 périodes réparties sur huit mois), cela chez 21 garçons et 25 filles âgés de 21 à 58 mois dans une école « nursery ».
- Les vingt traits observés (au. cours, de situations variées, jeux libres, toilette, habillement, audition de musique ou. d’histoires, exercices rythmiques, etc..) ont été. les suivants : crier ou pleurer ; bouder ; sourire ou. rire ; faire le bravache sans parler ; se montrer bruyant, exagéré dans le comportement ; jouer seul ; rêver ; jouer à côté d’autres enfants sans inter-action ; jouer coopérativement ; refuser de participer à une activité de groupe organisée ; se prêter à des requêtes d’adultes, ou. d’enfants ; parler de soi et de ce qu’on possède ; participer à des attaques physiques (mordre, griffer, etc.), ou à des attaques verbales. ; refus d’aide demandée, activité. inconstante (trois changements, au. moins en la demi-minute) ; persister dans une tâche quand une difficulté, est rencontrée. .
- Les intercorrélations de& 20 traits ont été calculées, et la méthode d’analyse centroïde de Thurstone a été appliquée, avec rotations indépendantes des axes par la méthode de Tucker pour ajustement destiné, à l’identification de neuf facteurs dégagés, (ajustement satisfaisant les critères de Thurstone après 32 rotations)..
- D’après les saturations des traits en ces neuf facteurs, ceux-ci correspondraient .aux caractéristiques suivantes : l’extroversion sociale ; le manque d’agressivité ; la tension ; la craintivité ; l’hypersensibilité ; la conscience ; l’absence de maturité ; la tendance à l’autisme ; enfin un facteur, reste problématique.
- Celui-ci, ainsi que l’autisme ©t 1’ « immaturité » seraient tout à fait indépendants. ; ma.is. les autres, présentent des intercorrélations, ce qui conduit à dégager, des facteurs secondaires communs au nombre de deux, un bipolaire, la tendance expansive-constructive, et la socialisation (influence activante de valeurs établies par l’approbation sociale). H. P.
- INFORMATIONS
- Suisse.
- Pour les enfants difficiles. Aide médico psychologique1 (2)
- Le groupe romand de l’Association suisse en faveur des enfants difficiles s.’est réuni les 9 et 10 octobre, à Yveçdon. Les institutions qui s’occupent de la protection de l’enfance, et en particulier dés enfants difficiles., étaient représentées, ainsi, que les maisons d’éducation, les Départements de l’Instruction publique de Genève, Vaud et Neuchâtel, et les Départements de Justice et de Police des cantons de Vaud et de Genève. Le thème des travaux était le patron-nage des enfants, et adolescents irréguliers. Les exposés de spécia-
- (1) A factor analysis of some measures of the behavior of preschoolchildren. « Journal of general Psychology », t. 27, 1942, p. 257 287.
- (2) Extrait du Bulletin du Bureau International d’Education de Genève. XXe année, 3* trimestre 1946, N° 80.
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- listes des services médico-pédagogiques. et des patronages d’enfants et d’adolescents irréguliers ont montré l’utilité incontestable d’un dépistage précoce et d’une intervention appropriée, tels qu’ils sont institués depuis quelques années en* Suisse romande. Les frais qu’entraîne le bon fonctionnement de ces services officiels, de l’enfance sont largement compensés -par une meilleure adaptation de quantité d’enfants aux exigences de la vie familiale, scolaire et professionnelle. Sans doute, et les. exposés font bien, montré, les techniques médico-psychologiques et thérapeutiques sont en pleine évolution ; mais les. conférences et les discussions ont permis de constater les progrès accomplis depuis quelques années grâce à des efforts plus scientifiques, plus méthodiques et mieux ordonnés.
- Nouvelle-Zélande. —Education des apprentis(1)
- Dans son rapport publié le 9 novembre 1945, la. Commission d’en-quête sur l’apprentissage et les questions, connexes, qui avait été créée en avril 1944 en Nouvelle-Zélande, attache, entre autres, une importance particulière à l’éducation et à la formation théorique des apprentis. Ceux-ci devraient être encouragés non seulement & suivre les cours obligatoires, mais, aussi à acquérir des connaissances. théoriques aussi larges et aussi solides que possible. La Commission recommande que l’on développe l’orientation professionnelle à l’école, de manière à fournir aux élèves davantage d’informations sur les carrières qui leur sont accessibles et sur la na.ture des. cours d’apprentissage dans, les divers métiers.. Les directeurs d’écoles techniques devraient faire connaître largement l’œuvre de leurs établissements et, afin, de donner aux cours un caractère plus proche de la réalité, ils devraient faire appel dans toute ta mesure utile à la collaboration des. commissions consultatives d’employeurs et de travailleurs des différentes industries. En procédant à là, sélection des jeunes gens, les commissions d’apprentissage devraient veiller à ce que les. candidats admis soient aptes à acquérir les connaissances théoriques nécessaires à l’exercice d’un métier déterminé. Il y aurait lieu, d’instituer un système de bourses pou.r permettre aux jeunes gens des. régions rura.les où il n’existe pas d’école technique de perfectionner dans un établissement de l’extérieur leur formation professionnelle.. De plus, les apprentis qui montrent des dispositions particulières, devraient pouvoir obtenir des bourses d’Etat pour continuer leurs études techniques au delà du stade pro-féssionnel de l’ouvrier de métier. (D;après la Revue Internationale du travail (janvier-février 1946).
- Un Centre départemental obligatoire d’Orientation professionnelle est créé dans le département des Vosges (arrêté du 20 janvier (1947). ---------
- Le centre facultatif d’O. P. de Toulon (Var) devient Centre obligatoire par arrêté du 24 janvier 1947.
- Nous relevons dans le n° 22 (décembre 1946) des Pages sociales un très intéressant article sur la « structure et fonction de l’orien-
- (l) Extrait du Bulletin du Bureau International d'Education de Genève. XX* année, 3* trimestre 1946. N° 80.
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- tation professionnelle en France » de MUe H. Rosebery, insistant surtout sur les liens qui doivent unir l’orienteur et l’assistante sociale et faisant presque de l’O.P. une branche du service social.
- A TRAVERS LES REVUES
- Dans le Jdurnal of Educational Research de septembre 1946 (t. 40, n° 1), Claude Mitchell examine la question de la validité des données fournies par les questionnaires d’analyse professionnelle utilisés pour l’orientation d’après les résultats d’une enquête sur 53 anciens élèves d’une High School, examinés dix-huit ans auparavant, et dont une moitié occupent effectivement les professions qu’ils avaient déclaré vouloir choisir.
- Signalons, dans Psychometrika (Tome II, 3, 1946) des diagrammes pour le calcul des coefficients de corrélation tétrachoriques à partir de différences de pourcentages, établis par S. P. Rayes, et l’exposé, par R. J. Wherry et R. H. Gaylord, d’une nouvelle méthode de sélection de tests (items d’un test ou tests d’une batterie) assurant le meilleur poids. _________
- La Médecine Aéronautique de juillet-août 1946 (T. I, 7-8) contient un exposé général par J. Malméjac, D. Dugué et J. Costantino, des méthodes employées pour la sélection psychophysiologique du personnel navigant dans l’Armée de l’Air, et un article de J. Placidi sur les aspects psychologiques du pilotage d’avion.
- Le numéro de janvier 1947 d'Occupational Psychology (XXI, I) contient une notice nécrologique sur C. S. Myers par Cyril Rurt, avec une très belle photographie du défunt regretté, une note posthume de Myers sur l’essai d’analyse de l’intelligence de Meili, des notes de C. R. Frisby sur des essais en vue de perfectionner l’apprentissage du pilotage d’avion, avec en particulier un dispositif pour apprendre à atterrir, enfin un important travail de L. J. Drew sur la mesure de l’habileté technique, d’où résulterait qu’à partir de l’âge de 13 ans, au plus tôt, l’aptitude technique peut être décelée avec une échelle de performance (comprenant les trois tests de construction de cubes, de block design et de pass-along, du type Alexander), que deux facteurs sont en jeu, en plus de g, l’un K, associé aux relations spatiales d’ordre abstrait, et l’autre F, impliquant un exercice mental d’ordre concret avec manipulations.
- Dans le Journal of Educational Research de novembre 1946 (XI, 3), Earl W. Seibert a fait une comparaison du Kuder Preference Record (1944) destiné à apprécier les intérêts en vue de l’O.P. et un inventaire nouvellement établi, le Job Qualification Inventory (du National Institute of Vocational Research de Los Angeles, Keith van Alleyn, 1945), par application simultanée à 157 étudiantes appartenant à douze groupes d’études, avec constatation d’une analogie générale des résultats, la deuxième méthode couvrant une plus grande*variété des zones d’intérêt que la première.
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- Dans le Journal of Educational Psychology, le n° 6 (septembre 1946) contient des études de Mary Woods Bennett sur les facteurs sociaux influençant la réussite de tests d’intelligence, et de Léonard Cohen sur la prédiction du succès universitaire, et le n° 7 (octobre 1946) des articles de Frederick B. Davis sur la construction des tests, de A. R. Mead, sur le transfert de l’entraînement, de Edna G. Bottorf sur la comparaison des habiletés artistiques et de l’intelligence générale, de G. A. Zirkle sur une étude analytique de tests d’analogies en choix multiple.
- Dans Psychometrika de décembre 1946 (vol. XI, 4) E. E. Cure.ton consacre un article à la question de la psychologie quantitative comme science rationnelle, H. C. Brogden examine la variation de validité des tests en fonction de leurs difficultés et le degré de leur de leur intercorrélation, J. A. Weichelt propose une nouvelle méthode rapide d’estimation d’un coefficient de corrélation, donnant des résultats semblables à ceux de la méthode de Pearson.
- Le Journal of Psychology de janvier 1947 {23, 1) contient une étude de F. L. Wells sur la facilité verbale dans ses relations avec divers autres traits, un examen des déductions de la théorie de l’intelligence comme habileté à apprendre par Dorothy Simvall, qui trouve que ces déductions ne se vérifient pas, une comparaison par S. F. Klugman de divers tests avec l’« aspiration board » de Rotter destiné à apprécier la personnalité d’après les niveaux d’aspiration.
- La Revue de l'Education Surveillée a publié un numéro (janvier-février 1947) entièrement consacré à la Belgique, où nous relevons un article de M. A. Rouvroy sur l’observation médico-pédagogique des enfants de justice.
- Dans les deux derniers numéros du volume XXXII du Journal of Educational Psychology (novembre et décembre 1946) nous relevons : une importante étude théorique de K. J. Holzinger sur la comparaison des valeurs des deux méthodes d’analyse factorielle, la méthode centroïde, et celle, qu’il considère comme supérieure de l’axe principal ; une application dans un cas de la détermination du coefficient de fidélité par corrélation des moitiés, en utilisant des divisions au hasard des « items », par Lee J. Cron-bach ; les résultats par Al. Mintz, de l’examen de 95 arriérés au point de vue de la lecture, de la prédominance manuelle et oculaire, d’où il ressort que les retards dans la lecture sont proportionnellement rares chez les droitiers complets ; une étude de la relation entre l’état socio-économique d’un côté, et les données de l’inventaire de personnalité et des tests d’acquisition scolaire de l’autre par H. G. Gough ; une note de W. H. Clark sur les gains de l’I. Q. dans des examens répétés, gains attribués principalement à la répétition de certaines épreuves ; des données sur l’application du test d’Harrower-Erikson (Rorschach à choix multiple) pour la différenciation des élèves mésadaptés de higb school, par T. L. Engle.
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- Dans le rapport de la Commission préparatoire de TU. N. E. S.C. O., à la suite de la session de Paris, en 1946, nous relevons, parmi les projets à entreprendre en 1947, au titre de la Section d’Educa-tion, sous rubrique K : Conférence internationale sur la sélection et l’orientation dans l’enseignement secondaire et supérieur, composée de représentants des administrations scolaires, de spécialistes de psychologie éducative, de médecins, d’experts en orientation et d’économistes.
- L'Institut pédagogique Saint-Georges de l'Université de Montréal publie depuis 1939 un Bulletin dont 9 numéros ont paru jusqu’en 1946. Le n° 3 contient une étude critique du test d’intelligence logique de Lahy par le Frère Chrysostome et Jean Martin, le n° 5, les rétsultats d’une application par le Frère Luc de la méthode de Rorschach à des délinquants ; le n° 6 une étude expérimentale du vocabulaire compris par les enfants dans les livres écrits pour les adultes par le Frère Bertrand, le n° 7 une épreuve collective d’habileté mentale générale élaborée par Paul Larchevêque (avec étalonnage sur 1876 écoliers des 2 sexes entre 12 et 18 ans), le n° 8, une très intéressante étude du Frère Gédéon sur l’intelligence des relations spatiales, indice de l’aptitude aux mathématiques (avec mise au point d’une batterie de tests inspirés des séries de Dou-naïevsky, étalonnée sur 1380 filles et 2118 garçons, de 7 classes, et donnant des indices de corrélation de 0,58 à 0, 75 chez les filles, de 0,34 .à 0,78 chez les garçons avec la réussite en mathématiques), enfin le n° 9 les résultats d’une enquête sur les enfants déficients de l’ouïe (10 % environ des 611 écoliers examinés), qui se montrent constamment inférieurs aux normaux dans tous les tests.
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- LIVRES ENTRÉS RÉCEMMENT A LA BIBLIOTHÈQUE
- L.H.Ç. Tippett. — The Methods of Statistics. An introduction mainly for experimentalists. — London, 284 pages.
- André Rey. — Etudes des insuffisances psychologiques (enfants et adolescents) IL Le diagnostic psychologique. — Delachaux et Niestlé, Neuchâtel et Paris, 208 pages.
- L. Détaillé. — La pédagogie contemporaine. Tome I. Pédologie expérimentale. — Bruxelles, Maurice Lamertin, éditeur, 258 p.
- Isabella Tarcsay. — Grundriss der Psychodiagnostik. — Rascher, Zurich, 391 pages.
- L.L. Thurstone. — A factorial study of perception. — University of Chicago Press, 148 pages.
- Dael Wolfle. — Factor Analysis to 1940. — Üniversity of Chicago Press, 69 pages.
- L.L. Thurstone et Thelma Gwinn Thurstone. — Factorial studies of Intelligence. — University of Chicago Press, 94 pages.
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- TABLE DES MATIÈRES
- Tome III de la deuxième série (1947)
- ARTICLES
- Cavalier (S.) : Le métier d’ouvrier du verre d’optique. — N° 11-12, p. 173.
- Chauffard (C.) : Etude sur le comportement au cours des tests. — N° 7-8, p, 97 ; n° 9-10, p. 129.
- Montifroy (Jeanne) : Monographie du sculpteur sur pierre. — N° 1-2, p. 9.
- Nony (C.) : L’aspect psychologique de la gémellité. — N° 11-12,
- p. 161.
- Piéron (Henri) : Tests de sélection en aviation militaire. — N° 3-4, p. 33 ; n° 5-6, p. 65 ; n° 7-8, p. 110.
- Piéron (Mme Henri) : La fiche d’intelligence pour adultes cultivés (M. H. P. n° 1) appliquée aux enfants des Lycées. — N° 9-10, p. 135.'
- Reuchlin (Maurice) : Une psychologie des différences constitutionnelles d’après W. H. Sheldon. — N° 1-2, p. 1.
- Reuchlin (Maurice) : Les qualités d’un bon test. — N° 3-4, p. 43 ; n° 5-6, p. 74.
- NOTES ET DOCUMENTS
- Acuité binoculaire. — Une méthode de détermination de l’acuité binoculaire. — N° 3-4, p. 52.
- Agents de gare. — La sélection psychotechnique des agents de gare. — N° 11-12, p. 187.
- Analyse factorielle. — Analyse factorielle et aptitude à la géométrie. — N° 1-2, p. 19.
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- Analyse factorielle. — Un exemple instructif d’analyse factorielle. — N° 7-8, p. 116.
- Aptitude à la géométrie. — Analyse factorielle et aptitude à la géométrie. — N° 1-2, p. 19.
- Autospirophonie. — L’autospirophonie. — N° 7-8, p. 118.
- Développement intellectuel. — De l’influence du mois de naissance sur le développement intellectuel de l’enfant. — N° 9-10, p. 145.
- Enfants sauvages. — Le problème des enfants sauvages. — N° 5-6, p. 83.
- Enseignement primaire. — La réforme de l’enseignement et l’enseignement primaire. — N° 1-2, p. 17.
- Extroversion. — La dissociation du trait caractériel bipolaire « introversion-extroversion ». — N° 1-2, p. 18.
- Facteurs de personnalité. — Recherche de facteurs de personnalité chez les très jeunes enfants. — N° 11-12, p. 187.
- Groupes professionnels. — Comparaison des divers groupes professionnels et scolaires au moyen d’une batterie de tests verbaux. — N° 7-8, p. 117.
- Groupes scolaires. — Comparaison des divers groupes professionnels et scolaires au moyen d’une batterie de tests verbaux. — N° 7-8, p. 117.
- Inégalités. — Etude des inégalités dans les possibilités intellectuelles des adultes. — N° 11-12, p. 184.
- Introversion. — La dissociation du trait caractériel bipolaire « introversion-extroversion ». — N° 1-2, p. 18.
- Mathématique. — La réussite en mathématique. — N° 9-10, p. 147.
- Mécanographie. — La sélection omnibus est-elle possible en mécanographie ? — N° 11-12, p. 187.
- Milieu social. — Milieu social et niveau mental. — N° 1-2, p. 20.
- Mois de naissance. — De l’influence du mois de naissance sur le développement intellectuel de l’enfant. — N° 9-10, p. 145.
- Niveau mental. — Milieu social et niveau mental. — N° 1-2, p. 20.
- Possibilités intellectuelles. — Etude des inégalités dans les possibilités intellectuelles des adultes. — N° 11-12, p. 184.
- Précision. — Vitesse et précision. — N° 5-6, p. 82.
- Radiotélégraphie. — Les tests d’aptitude à la radiotélégraphie. — N° 3-4, p. 52.
- Réforme de l’enseignement. — La réforme de l’enseignement et l’enseignement primaire. — N° 1-2, p. 17.
- Réussite en mathématique. — La réussite en mathématique. — N° 9-10, p. 147.
- Sélection. — La sélection psychotechnique des agents de gare. — ' N° 11-12, p. 187.
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- Sélection omnibus. — La sélection omnibus est-elle possible en mécanographie ? — N° 11-12, p. 187.
- Sélection du personnel. — Validation des tests servant à la sélection du personnel. — N° 9-10, p. 137.
- Tempérament. — Controverses sur la théorie du tempérament de Rosanoff. — N° 7-8, p. 118.
- Tests d’aptitude. — Les tests d’aptitude à la radiotélégraphie. — N° 3-4, p. 52.
- Tests verbaux. — Comparaison des divers groupes professionnels et scolaires au moyen d’une batterie de tests verbaux. — N° 7-8, p. 117.
- Théorie du tempérament de Rosanoff. — Controverses sur la théorie du tempérament de Rosanoff. — N° 7-8, p. 118.
- Vitesse. — Vitesse et précision. — N° 5-6, p. 82.
- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE A L’ÉTRANGER
- Début de l’Orientation professionnelle en Turquie. — N° 1-2, p. 25.
- A TRAVERS LES REVUES
- A travers les Revues. — N° 1-2, p. 21 ; n° 3-4, p. 54 ; n° 5-6, p. 85 \ n° 7-8, p. 119 ; n° 9-10, p. 148 ; n° 11-12, p. 190.
- INFORMATIONS
- Informations. — N° 1-2, p. 22 ; n° 5-6, p. 86 ; n° 7-8, p. 120 ; n° 9-10 ; p. 149'; n° 11-12, p. 188.
- CHRONIQUE DOCIMOLOGIQUE
- La Légalisation, dans les examens, des injustices sociales. — N° 9-10, p. 147.
- LA VIE DE L’INSTITUT NATIONAL D’ÉTUDES DU TRAVAIL
- ET D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- La vie de l’Institut National. — N° 9-10, p. 153.
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- LA VIE DES CENTRES D’O. P.
- N° 1-2, p. 26 ; n° 3-4, p. 56 ; n° 5-6, p. 87 ; n° 7-8, p. 122 ; n° 9-10, p. 155.
- Décrets intéressant l’O.P. — N° 1-2, p, 24.
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- Binois (René). — La psychologie appliquée. — N° 11-12, p. 95.
- Ferré (André). — Manuel de psychologie de l’enfant. — N° 7-8, p. 127.
- Gai (Roger). — L’Orientation scolaire. — N° 7-8, p. 128.
- Riffin (J.). — Industrial Psychology. — N° 5-6, p. 94.
- Sesmat (Hubert). — L’Education Moderne. — N° 3-4, p. 64.
- LIVRES ENTRÉS A LA BIBLIOTHÈQUE
- Livres entrés à la Bibliothèque. — N° 1-2, p. 31 ; n° 7-8, p. 128 ; n° 11-12, p. 192.
- Il
- NÉCROLOGIE
- Weinberg (Mlle D.). — N° 1-2, p. 32. Toulouse (Dr Edouard). — N° 5-6, p. 95.
- AGEN. - IMPRIMERIE MODERNE, 43, RUE VOLTAIRE Dépôt légal 1947. 4' trimestre. — N* d’ordre 77.
- A.
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- SERVICES DE L'INSTITUT
- Tél. Odéon 52-46
- SECRÉTARIAT GÉNÉRAL ET CENTRE DE DOCUMENTATION Chef de Service : Mlle C. Chauffard.
- CENTRE D'ORIENTATION PROFESSIONNELLE Chef de Service : M,le Nepveu.
- CENTRE DE RECHERCHE DES TESTS Chef de Service : Mme Henri Piéron.
- Le Secrétariat et l’Office de Documentation sont ouverts chaque jour, non fériés, de 9 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures.
- La Secrétaire générale reçoit le lundi, de 14 h. 30 à 18 heures ; le jeudi de 14 h. 30 à 16 h. 30, et sur rendez-vous.
- La Bibliothèque est ouverte chaque jour, non férié, de 14 heures à 18 heures.
- Pour les consultations d’Orientation professionnelle, adresser une demande de rendez-vous au Chef du Centre d’Orientation Professionnelle.
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- SOMMAIRE
- Pages
- I. — C. Nony : L’aspect psychologique de la Gémellité ............ 161
- II. — S. Cavalier: Le métier d’ouvrier du verre d’optique.......... 173
- III. — Notes et Documents : Etude des inégalités dans les possibilités
- intellectuelles des adultes. — La sélection psychotechnique des agents de gare. — La sélection omnibus est-elle possible en mécanographie. — Recherche de facteurs de personnalité chez de très jeunes enfants ............................... 184
- IV. — Informations................................................. 188
- V. — A travers les Revues...................•.................... 190
- VI. — Livres entrés récemment à la bibliothèque.................... 192
- VII. — Table des matières de l’année 1947 ....................... . 193
- Bulletin de l'Institut National d’Elude du Travail et d’Orieutation Professionnelle
- rédacteur en chef : Mme Henri PIÉRON secrétaire de la rédaction : MlIe Irène LÉZINE
- LES ARONNEMENTS PARTENT DU 1er JANVIER
- ABON1VEMEIVT s
- Pour la France.... 200 fr. \ Pour l'Etranger.......... 300 fr.
- Prix du numéro : 35 franc*
- Pour les anciens élèves de l’I. N. E. T. O. P. : 150 francs
- ’ière d’adresser le montant des Abonnements au Compte Chèques postaux de l’Insti
- C/C 1444-79
- Pour tout ce qui intéresse le Bulletin adresser la correspondance à Mme Henri Piéron
- Les Abonnés nouveaux recevront les numéros de l’année déjà parus au reçu de leur Abonnement
- Le Gérant : Paul Arjo.
- AGEN. — IMPRIMERIE MODERNE, 43, RUE VOLTAIRE
- Dépôt légal 1947. 4e trimestre. — N* d’ordre 77.
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