Bulletin de l'Institut national d'orientation professionnelle
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- 2e SÉRIE. — 5e ANNÉE
- N° 1-2
- JANVIER-FEVRIER 1949
- BULLETIN
- DE
- L-INSTITUT NATIONAL
- détude du travail
- ET •
- dORIENTATION
- PROFESSIONNELLE
- REVUE MENSUELLE
- AU SIÈGE DE L’INSTITUT
- Cnam SCD
- 1 2501 00044496 1
- 4I, Rue Gay-Lussac, 4I
- PARIS
- TOUS DROITS RÉSERVES
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- CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MÉTIERS
- Institut National d Étude du Travail et d Orientation Professionnelle
- DIRECTEUR DÉLÉGUÉ
- M. Henri Piéron, professeur au Collège de France, directeur de l’Institut de Psychologie de l’Université de Paris, président de la Section des Sciences Naturelles de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes.
- COMITÉ DIRECTEUR
- Le Directeur, du Conservatoire National des Arts et Métiers.
- Le Directeur délégué.
- M. H. Laugier, secrétaire général adjoint de l’O.N. U.
- M. P. Pouillot, inspecteur général honoraire du Travail.
- M. H. Wallon, professeur au Collège de France
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- 2® Série. 5* Année
- N* 1-2
- Janvier-Février 1949
- Bulletin de l’Institut National D’ÉTUDE DU TRAVAIL
- et
- D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- ESSAIS SUR L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- par
- R.-L. GILLE
- Directeur du Centre départemental
- d’O. P. de la Seine \
- I
- Le choix d’un métier, c’est plus que le choix d’un métier : c’est presque, en réalité, le choix de sa vie.Plus on y réfléchit et plus on est étonné de voir combien i’activité professionnelle dépasse son cadre et retentit sur toute la vie d’un homme.
- C est une chose évidente que le métier, le gagne-pain, est un des principaux facteurs de réussite matérielle. Et il serait superflu d évoquer à quel point, à leur tour, l’aisance ou la médiocrité, marquent de leur empreinte l’existence d’un individu.
- Mais ce n est là qu un aspect d’une influence qui s’exerce de bien d’autres manières.
- Un événement aussi décisif que le mariage est régenté par le métier plus tyranniquement que par une famille autoritaire. N’est-il pas à 1 origine de tant d unions dans les professions mixtes comme 1 enseignement, le commerce, l’agriculture, etc. ? Plus insidieusement, il intervient par le niveau matériel qu’il impose, par le prestige qu il accorde ou qu’il refuse. Les mariages entre princes et bergères ont toujours été considérés comme des choses rares et il est peimis de supposer que ce n’est pas la faute des bergères.
- Ce qui est quelquefois plus cher aux hommes que la richesse et amour . la gloire se trouve aussi étroitement lié au métier. C’est lui qui donne leur renom aux écrivains, aux artistes, aux savants, et une auiéole plus discrète à ceux qui sont grands parmi les artisans, les pédagogues, les médecins, etc.
- De même, il modèle profondément la personnalité de l’individu.
- A son contact, l’intelligence s’épanouit ou s’assoupit. De bri7 -
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- lants -esprits ont sombré dans la routine des travaux journaliers. Au contraire, des intelligences qui semblaient quelconques se sont affermies rien que par les sollicitalions de la profession. Peu d’hommes, en effet, trouvent d’eux-mêmes l’énergie nécessaire pour cultiver leur facultés intellectuelles ou physiques. C’est finalement le métier qui néglige ou impose les disciplines bienfaisantes.
- Il est facile de constater qu’il existe une mentalité particulière aux grands groupes professionnels : commerçants, pédagogues, militaires, artistes, etc. Les obligations du métier développent certaines qualités : sociabilité, scrupule, courage, originalité, ou certains défauts : roublardise, pédantisme, témérité, vanité.
- Et il n’est pas moins évident que le corps est tributaire du métier. L’allure si caractéristique du cultivateur est bien différente, par exemple, de -celle d’un bureaucrate. Entre 1-e visage du boucher et celui du souffleur de verre, entre la main du menuisier et celle du comptable, entre la voix même du chef de chantier et celle de l’employé de bureau se révèlent des différences profondes. Il n’est pas jusqu’à l’écriture qui ne traduise la variété des gestes, professionnels.
- La vie enfin, la vie tout court et non plus le genre de vie, est fonction du métier. Il y a des activités salubres et d’autres dangereuses. On connaît les maladies professionnelles : scaphandriers dont le cœur se dilate, entraînant une mort prématurée, manipuf lateurs de substances vénéneuses, ouvriers d’usines à l’atmosphère surchauffée, confinée, humide. On n’ignore pas, non plus, les accidents du travail, si nombreux, mais surtout frappants dans les grandes tragédies de la mine, de la terre et du ciel.
- Aussi, quand on embrasse avec lucidité le champ d’action si étendu du métier, est-on saisi de la portée du choix que se trouve dans l’obligation de guider ceux qui ont la responsabilité de con-i duire des enfants à leur vie d’hommes. Il peut être utile d’examiner avec eux les embûches d’une telle obligation. Les problèmes à résoudre sont nombreux et difficiles ; il faut -essayer de les analyser, non pas dans l’espoir d’obtenir des solutions parfaites — il ne-peut pas y -en avoir dans cette matière — mais pour dissiper les préjugés que l’ignorance entraîne toujours après elle. Et aussi pour éviter que des donneurs de conseils improvisés — ils sont innombrables — n’exercent une action néfaste dans l’une des plus importantes responsabilités humaines qu’il soit possible de prendre.
- II
- Le problème posé est le suivant : Comment procéder au choix et celui-ci étant fait comment aider à sa réalisation ?
- Pour mieux approcher la vérité, il convient, d’abord, de distin-
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- guer les éléments essentiels du choix. Il semble que 1 on trouve surtout, à sa base, quatre préoccupations majeures.
- La plus évidente, peut-être, est celle des aptitudes. Elle incite à rechercher l’activité professionnelle qui permettra d’obtenir la plus brillante réussite technique.
- Non moins connue, et pourtant plus imprécise, est la préoccupation goi'ds. Elle tend à satisfaire le besoin de [oie au travail quli réside au fond de chacun de nous.
- Vient ensuite la préoccupation gain, si évidente, et que malgré tout, par une sorte de pudeur, on iTosé pas toujours formuler avec netteté. Elle concentre l’intérêt sur les avantages matériels de la profession. Un mot du langage révèle assez bien la place prépondérante que l’on accorde, dans certains cas, au gain ou à ses formes dérivées. On entend dire assez souvent que l’on cherche une « situation », terme noble pour indiquer que l’on espère un « gagne-pain » substantiel.
- Plus difficile à définir est la préoccupation genre de vie qui met l’accent sur le climat de la profession. Certains principes, certaine conception de vie ne sont conciliables qu’avec tel ou tel métier. Ce ne serait pas en vain que l’on interrogerait le langage pour trouver trace de cette préoccupation. Le mot « carrière » sans la désigner expressément, marque cependant l’idée de donner une place importante au genre de vie, Vouloir faire une carrière libérale, ou sociale, ou artistique, ou commerciale, c’est opter pour une ambiance de vie professionnelle bien caractérisée.
- Tels sont, à notre sens, les éléments fondamentaux qui entrent dans le choix d’un métier. Négliger l’un d’entre eux serait augmenter les risques d’un échec. Mais ce serait également commettre une erreur que de s’en tenir là. Il ne fait pas de doute que ces éléments, dégagés pour les besoins de l’analyse n’interviennent pas isolément. 1 ont au contraire, ils n’ont de sens que par leur action mub tuelle et c’est finalement le jeu de ces inter-réactions — si fertile, d ailleurs en compensations — qui doit être examiné pour décider du elioix d’un métier.
- Enfin, ce choix est celui d'un projet. Une fois précisé, le métier n’est pas acquis : il faut le conquérir sur de nouvelles difficultés dont le guide ne peut pas se désintéresser. Il y a les difficultés1 matérielles : coût et mode de réalisation de l’apprentissage. Et il ) a les difficultés de la pédagogie propre à celui qui suit l’individu dans son évolution, laquelle est différente de la pédagogie scolaire. ( ertains négligent trop ce dernier facteur. Quelle erreur et quel danger ! Les encouragements, les réconforts sont nécessaires à notre pauvre condition humaine. Et ce n’est que par un effort acharné que les dons les plus brillants et même le génie peuvent se manifester. 1) autre part, faute d’insister sur ce point, ne faut-il
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- pas craindre de voir se répandre, chez les intéressés, l’idée qu’il suffit de posséder, au départ, les aptitudes nécessaires à un apprentissage, pour être sûr, par le libre jeu de la nature, d’acquérir la qualification professionnelle escomptée ?
- 11 convient d’essayer, maintenant, en reprenant chaque élément, de préciser les difficultés particulières qu’ils peuvent présenter.
- A lui seul, le problème des aptitudes est riche en questions épineuses* 11 suffira d’en indiquer quelques-unes.
- L’aptitude peut être considérée d’une façon absolue et d’une façon relative. Dans le premier cas, on constate sa présence ou son absence. Par exemple, aptitude à chanter juste, à distinguer telle couleur. C’est la manifestation la plus simple ; mais il est rare que le problème se présente ainsi.
- Plus souvent, l’aptitude s’exprime par le degré.d’efficience dans une activité donnée. L’aptitude à la course n’est pas la possibilité de courir, mais le fait de descendre au-dessous d’un certain temps sur une distance fixée. Or, en matière d’aptitude professionnelle, celte comparaison doit se faire à un triple point de vue.
- Par rapport au groupe de population. Il est nécessaire de savoir si, en mathématiques, par exemple, l’individu est dépassé par un nombre très grand, moyen ou faible de sujets.
- Par rapport à l’ensemble des aptitudes de l’intéressé. Il importe en effet, de connaître l’aptitude dominante. Il n’échappe pas que cette recherche est plus difficile que la précédente car elle suppose, pour être valable, une exploration systématique de toutes les possibilités.
- Par rapport, enfin aux métiers. L’aptitude à la course à pied et celle aux mathématiques n’ont évidemment pas la même valeur pour l’exercice de la profession d’ingénieur.
- On voit déjà quelques-uns des problèmes complexes posés par celte recherche. Ils nécessitent des investigations minutieuses et l’utilisation d’une technique appropriée. Mais d’autres considérations viennent en augmenter la difficulté.
- L’exploration des aptitudes se lait chez un enfant. Dans quelle mesure peut-on fonder un pronostic pour l’âge adulte sur un sujet qui n’a pas achevé son développement ? Ensuite, à quel âge peut-on valablement commencer une telle exploration ?
- Des différences 'considérables se font jour sous l’influence du milieu dans lequel vit l’enfant. On en connaît les effets sur les résultats scolaires. Tel écolier habitué à entendre un langage correct paraît doué en français ; tel autre entraîné aux commissions se montre meilleur en calcul. Or ces constatations ne sont qu’un aperçu du rôle étonnant joué par le milieu. En fait, celui-ci inters vient d’une façon toute aussi décisive que, dans la croissance d’une plante, le climat, le terrain et les soins du-jardinier. Comment dépister ce qui est fondamental de ce qui est acquis ?
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- Il est encore notoire que le même individu présente des fluctua tions de rendement. Celles-ci sont facilement repérables dans la même journée ou d’une journée à l’autre. Mais ce que l’on soupçonne moins ce sont les oscillations portant sur une longue période de temps. La boutade : « 11 y a des années où l’on n’est pas en train », est moins ironique que ne le pensait son auteur. Une appréciation prudente des aptitudes tiendra compte de ces données. Ainsi que du fait bien connu que des adolescents qui avaient semblé pendant longtemps inaptes aux mathématiques, en français ou en sciences se sont découvert soudain des facilités pour ces enseignements.
- Bien d’autres problèmes pourraient être évoqués : la richesse de la question est étonnante. Beaucoup d’entre eux sont loin d’être — résolus : en fait, malgré de brillants travaux, nous ne sommes guère plus avancés, dans ce domaine, que ne l’étaient les premiersl astronomes, au temps où ils ignoraient encore la plupart des planètes. On le voit bien lorsqu’on étudie des métiers même très caractérisés comme, par exemple, ceux d’ingénieur, de médecin, d’instituteur, de comptable, de dactylo, d’ajusteur, etc. On ne dispose pas de toutes les aptitudes essentielles. On a le sentiment qu’il existe toujours une ou plusieurs choses importantes qui échappent à l’investigation. Par exemple, le talent d’un ingénieur résulte pour une part non contestable de son aptitude aux mathématiques ; cela n’empêche pas de bons mathématiciens de faire de mauvais ingénieurs, sans qu’on ait. trouvé pour cela l’aptitude complémentaire. Par contre, on découvre souvent des personnes qui n’étant ni pédagogues, ni ingénieurs font manifestement preuve d’une aptitude marquée dans ces sortes de travaux.
- La recherche des goûts est également pleine d’embûches. On peut évoquer à son sujet toutes les difficultés de l’exploration des aptitudes et quelques obstacles supplémentaires.
- Le goût implique un choix fondé uniquement sur des raisons affectives. Cela revient à dire que l’intéressé est seul qualifié pour donner son sentiment. S’il est invité, par exemple, à déguster un mets nouveau, il n’y aura que lui, et lui seul qui pourra indique^ si le plat lui convient ou non. Le petit jeu qui consisterait à vout-loir faire un pronostic en se basant sur des plats précédents aimés' ou détestés serait parfaitement ridicule. En matière de goûts, aucune logique n’est valable. Qui oserait se mêler de prévoir que deux personnes tomberont amoureuses l’une de l’autre ?
- Ci, les professions sont des choses extrêmement complexes, au moins autant que les plats du cuisinier. Le seul moyen de savoir si quelqu un aura plaisir à les exercer est de les lui faire connaître.
- Mais il faût également qu’il se connaisse lui-même. Le moins
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- que l’on puisse dire est que ce n’est pas facile. L’adulte déjà est embarrassé. Mais l’enfant de douze ans, si puéril, l’adolescent de dix-huit ans, bouleversé par la découverte du monde et émerveillé par les choses les plus étranges, ceux-là comment se tireront-ils d’affaire ?
- On voit bien ce qui fait la difficulté particulière de cette recheq-chc. D’une part, l’intéressé seul peut se prononcer et, d’autre part, il est manifeste qu’il commet des erreurs considérables. Si l’on veut sincèrement tenir compte des g'oûts dans le choix d’un métier, il faut essayer d’apprendre aux enfants à connaître, et à connaître d’une façon concrète, le monde du travail ; il faut également leur enseigner à se défendre eux-mêmes contre leur ignorance, leur laisser-aller, leur manque de sincérité.
- Quittant le domaine des goûts, on passe insensiblement à celui du genre de vie avec lequel on le confond si souvent. Il y a, pour chacun de nous, une philosophie qui dirige notre vie selon certains principes, lesquels peuvent d’ailleurs être en opposition avec nos goûts. Il est facile d’en donner quelques exemples en ce qui concerne le métier. Tels parents ont le souci d’assurer, avant toute chose, le maximum de culture possible à leurs enfants. La spécialisation du métier leur apparaît secondaire. Chez d’autres, hantés par le chômage, c’est la sécurité du salaire qui est au premier rang des préoccupations. Ailleurs se manifeste particulièrement la crainte des besognes de plein air et de dépense physique. Mais ce ne sont là que quelques exemples ; bien d’autres raisons issues des traditions de la famille entrent en jeu. Chacun prend position par rapport à une conception de la vie ; chacun se forge une idée particulière de la sagesse et du bonheur. N’v aurait-il pas, malgré touty possibilité de dégager quelques règles d’or universellement valables ?
- L’ampleur du problème ne fait pas de doute. Elle est rendue plus inquiétante par le fait qu’il faut y trouver une solution, non pour son propre compte — ce qui, après tout autoriserait toutes les er-l reurs et tous les renoncements — mais pour des enfants évident ment incapables de formuler valablement une opinion. De plus, cette solution doit être envisagée pour une époque lointaine, quand l’enfant sera devenu adulte, ayant subi une évolution qui lui est propre, dans des conditions de vie peut être très différentes des conditions actuelles. Nouveau problème mais qui montre combien la conception d’une philosophie qui n’aurait pas une valeur universelle pourrait être maladroite dans son application à un enfant.
- Moins complexe, la préoccupation gain pose néanmoins des questions délicates. *
- Sous sa forme la plus simple, elle se traduit par le souci d’éviter le chômage. S’il suffisait, pour cela de connaître le nombre de
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- chômeurs et d’offres d’emplois par profession, il serait relativement aisé d’obtenir une solution. Encore faudrait-il que ces renseignements soient communiqués par des,personnes réellement qualifiées et compétentes. Mais ce qu’il importe, c’est de connaître ce que deviendront les professions dans l’avenir. Autrement dit, il faut essayer de se faire une idée raisonnable de l’évolution économique du pays. Il ne sera pas impossible, dans un certain nomA bre de cas, d’obtenir des réponses satisfaisantes. Mais il ne faut pas non plus se dissimuler qu’on demeurera bien souvent aussi dans l’incertitude. Le problème consistera alors à rechercher comment l’individu pourra, pour son propre compte, remédier à ces aléas.
- Les avantages matériels d’une activité professionnelle ont besoin d’être précisés par les possibilités de promotion qu’ils peuvent offrir. Possibilités pleines d’intérêt et de réconfort. On a trop tendance à penser qu’il suffit de fournir une bonne fois, au début de la vie, un gros effort pour que, par la grâce de diplômes, le reste de l’existence donne droit à tous les privilèges. La conception 'est injuste et, en fait, l’organisation professionnelle ne la suit pas servilement. '•Beaucoup de carrières permettent par un effort continu, d'accéder à des postes de mieux en mieux rémunérés. Il y a d’heureuses métamorphoses ; c’est à tel point que, dans certaines activités, on pourrait presque dire qu’il y a les professions de vingt, de trente, de quarante, de cinquante ans. Il est important de le savoir car tel métier qui apparaît bien modeste peut finalement offrir plus de satisfactions pécuniaires que tel autre, d’apparence supérieure, mais à l’borizon vite bouché.
- Il est bon enfin d’avoir une vision nullement cynique/ mais non! plus béate de la façon dont le facteur gain est lié au facteur apti-' tudes. Il arrive que ces deux éléments se conjuguent harmonieusement. Mais il se trouve aussi qu’ils sont en opposition. Par exemple, tel enfant, d’un niveau général moyen semble mieux doué en dessin que dans tout autre matière. Or des circonstances, disons familiales, lui permettent d’espérer un avenir beaucoup meilleur dans un débouché commercial. Oue fera-t-on ?
- Cette question montre qu’il ne suffit pas d’avoir une vue pénétrante mais isolée des quatre facteurs essentiels qui déterminent le choix d’un métier. L’intelligence de leur relativité est une condition sine qua non de leur juste interprétation. D’ailleurs, à tous les étages de 1 orientation professionnelle, la notion de relativité est capitale La remarque d’allure paradoxale et pourtant si instructive : « Il n y a pas de maladies, il n’y a que des malades », s’applique admirablement à l’orientation professionnelle. L’analyse que nous faisons, comme la classification en maladies ne sont que d'es moyens commodes pour se rapprocher de là vérité. Mais c’est, fina-
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- lement un individu avec son histoire particulière, et non pas une collection de renseignements qu’il faut considérer.
- Quand le jardinier choisit un nouvel arbre pour son verger, il n’envisage pas seulement les qualités de l’arbre, du sol, du climat, etc. Il examine également l’intérêt que peut présenter cet arbre par rapport à l’ensemble du verger. S’il choisit un pêcher, et/ de telle espèce, c’est qu’il y a déjà tant d’autres arbres, dont l’ent-semble répond à une conception unique de l’exploitation d’un jardin fruitier. Oue ce jardin vienne à changer de propriétaire ou que le même propriétaire veuille acheter encore un autre arbre, l’ensemble du problème sera changé.
- On fait d’ailleurs indirectement allusion à cet aspect de la question lorsqu’on se moque des méthodes d’analyse et que l’on prétend que le simple bon sens, vision globale, leur est bien supé-i rieur. Mais c’est critiquer une lacune accidentelle pour toniber dans une erreuir foncière. Le bon sens qui ne s’appuie que sur des données superficielles est faux. C’est en son nom que la bêtise sa-i tisfaite a triomphé à travers l’histoire et que tant de personnes incompétentes Se mêlent de donner des conseils d’orientation professionnelle. En cette matière, comme dans les autres, une seule attitude est acceptable : recueillir de la meilleure manière possible le maximum d’informations et, sur ces données essayer de comprendre le plus intelligemment possible la vie d’un individu.
- Cependant, le choix est fait, il faut envisager les moyens de le réaliser. Et de nouvelles difficultés se font jour.
- Les unes sont d’ordre pécuniaire. Beaucoup de parents n’ont malheureusement pas les moyens matériels suffisants à l’apprentissage normal d’un métier de leur choix. Mais ce n’est pas une raison, lorsque ce 'choix est solidement fondé, pour y renoncer. Lorsque le handicap ne vise pas l’aptitude on peut, au prix d’efforts redoublés et en utilisant des atouts auxquels on ne songe généralement pas, surmonter bien des obstacles. Là encore une information étendue est d’un grand secours.
- Il arrive aussi que, les ressources matérielles étant suffisantes ce soient les informations sur les établissements de formation professionnelle qui fassent défaut. Leur nombre, quoique insuffisant est élevé. Il faut résoudre, à son tour, la question de la document tation scolaire.
- Enfin, il existe un art de soutenir quelqu’un dans un long effort, en ramenant à leur juste proportion des échecs secondaires, en suscitant l’enthousiasme et, le cas échéant, en s’adaptant aux nouvelles données de l’expérience en cours. C’est une aptitude qui est plus développée chez certain, mais que beaucoup peuvent renforcer par une patiente sollicitude. Elle demande une information sur les grandes données de la psychologie et de la pédagogie
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- moderne ainsi qu’une étude continuelle — quoique discrète et a la dérobée — de l’enfant qui est dans son chemin professionnel.
- Ce n’est que lorsqu'on aura envisagé tous ces problèmes et qu’on les aura résolus dans la mesure où ils peuvent l’être que l’on aura vraiment aidé quelqu’un à choisir son métier, c’est-à-dire, en grande partie, à réaliser sa vie. L’effort à fournir est considérable.
- L’Etat a commencé, dans ces dernières années, à apporter son concours à cette éducation d’un genre spécial. Distinguant l’orientation professionnelle de l’enseignement, tout en le conservant dans la même famille, il a créé des organismes destinés à apporter toute l’aide humainement possible à ceux qui, de près ou de loin, prennent leur part de la responsabilité du choix d’un métier. Il a ouvert à l’usage des parents, des pédagogues, des employeurs, des assistantes sociales, des Centres d’Orientalion Professionnelle.
- NOTES ET DOCUMENTS
- Les essais d’interprétation factorielle du test d’habileté mécanique de Mac Quarrie
- L’important problème de la structure de l’aptitude mécanique, évidemment complexe, est abordé actuellement dans de nombreuses recherches. C
- L’une de celles-ci se fonde sur l’analyse factorielle du test classique de Mac Quarrie, qui comporte 7 catégories d’épreuves ,entre lesquelles une matrice de corrélations a été établie par Goodman (1):
- Tapping. ..... .48
- Dotting...............55 .47
- Copying. . .........44 .31 .34
- Location.............34 .29 .43 .54
- Blocks...............41 .29 .32 .52 .54
- Pursuit..............43 .29 .36 .48 .44 .46
- De cet ensemble d’intercorrélations, assez élevées, par emploi de la méthode centroïde de Thurstone, Goodman a extrait trois facteurs, qu’il a cherché à interpréter en utilisant la rotation des axes de manière à obtenir une structure simple.
- Voici la saturation des 7 catégories d’épreuves en ces trois facteurs, dans la structure adoptée :
- Tracing......................... .369 .445 .492
- Tapping...........................105 .352 .578
- Dotting...........................338 .405 .509
- Copying...........................116 .727 .061
- Location..........................023 .738 .084r
- Blocks......................... .080 .725 .032
- Pursuit...........................325 .595 .067
- (1) Ch. H. Goodman. The Mac Quarrie Test for Mechanical Ability.. II. Factor Ana lysis. J. of Appl. Psychol. XXXI, 1947, pp. 150-154.
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- PoujA le premier facteur, la distribution des poids, toujours faibles, n’a pas permis à Goodman de proposer une interprétation satisfaisante. En ce qui concerne le second, intervenant nettement dans toutes les épreuves et avec un poids élevé dans quatre où la fonction spatiale paraît jouer un rôle particulièrement important, c’est à cette fonction qu’il est attribué.
- Et quant au troisième, qui n’intervient de façon appréciable que dans les 3 premières épreuves, l’exécution rapide de mouvements définis, Goodman en fait un facteur de mouvements manuels contrôlés, ne se confondant pas avec l’agilité manuelle de Harrel.
- Mais les données de Goodman ont été reprises par Chapman (1) qui a utilisé une méthode un peu différente, aboutissant à une structure oblique avec une recherche d’extraction maximale de la variance, donnant moins de résidus que n’en laissait l’extraction de Goodman.
- Toujours avec les trois facteurs nécessaires et suffisants, on obtient un tableau de saturations assez différent en A, B et C, avec des valeurs négatives accentuant l’hétérogénéité des épreuves :
- Tracing.......................... .05 .52 —.09
- Tapping...................... —.05 .51 .07
- Dotting...................... —.01 .55 .27
- Copying...................... • .53 .02 .00
- Location......................... .55 —..01 .33
- Blocks........................... .54 —.02 .04
- Pursuit.......................... .40 .11 —.04
- Le facteur A correspond au facteur II de Goodman, mais se limite plus exactement aux quatre épreuves de caractère nettement spatial.
- Le facteur B, qui intervient nettement que dans les 3 autres épreuves — et, de façon douteuse dans le test de poursuite — correspondrait au contrôle du mouvement manuel, en accord avec
- l’interprétation du facteur III de Goodman.
- Beste le facteur C, qui ne parait pas plus facile à interpréter que le facteur I de Goodman, sans correspondance des saturations, dQnt 2 seulement sont à la limite de validité. Chapman se demande s’il ne s’agirait pas de l’agilité manuelle de Harrell ou de vitesse perceptive.
- En somme, dans deux essais, à base commune, il ne se dégage de vraiment nette que la présence du facteur spatial, S dans la terminologie de Thurstone, à la base de la réussite dans les tests d’habileté mécanique de Mac Ouarrie.
- H. P.
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- Quelques données nouvelles sur l’utilisation du test d’association verbale
- D’intéressantes recherches ont été poursuivies par W. T. Liberson sur l’application du test classique d’association verbale chez des nor-
- (1) R.-L. Chapman. The Mac Quarrie test for mechanical ability. Psychometi'ica, XIII, 1948, pp. 175-179
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- maux et des psychonévrosés (1). Tout d’abord, en enregistrant l’élec-trencéphalogramme chez 15 sujets, L. a constaté que la latence plus grande de la réaction associative s’accompagnait d’une durée plus longue de dépression provoquée du rythme alpha. S’adressant à des psychonévrosés et des normaux sans demander de réponse orale aux mots inducteurs, en comparant 7 mots n’ayant pas de valeur émotionnelle notable et 7 mots susceptibles d’exercer un traumatisme affectif, L. obtient une dépression nettement moindre du rythme alpha pour les premiers que pour les seconds (36 au lieu de 68 %).
- La comparaison de l’influence des mots affectivement neutres et des mots émotionnants (16 de chaque sorte) a été systématiquement poursuivie chez 100 psychonévrosés en comparaison avec 10 normaux.. Le temps de latence pour la réponse associative est, comme c’est classiquement connu, plus long avec les seconds. Les valeurs, chez les normaux sont de 3,1 contre 1,6 sec., et chez les anormaux de 5,2 contre 2,6 sec., soit sensiblement le double, dans les deux groupes.
- Il y a des différences individuelles dans ce rapport, et chaque individu est caractérisé par une valeur déterminée stable du rapport, qui est qualifié de « quotient émotionnel ». En outre dans l’ensemble des réponses a été déterminé pour chaque sujet un « indice de popularité » (pourcentage des réponses ayant un caractère commun), et ceit indice divisé par le temps de réaction moyen a donné un « quotient d’association verbale » W. A. Q. (Word Association Quotient), différent chez les normaux et les psychonévrosés (surtout à cause de l’allongement chez ceux-ci du temps de latence).
- Enfin Liberson a déterminé un « index d’association verbale » (W A I) faisant intervenir cette fois, au dénominateur, la somme des temps de réaction aux mots neutres (doublés) et aux mots émotionnants, index différenciant aussi les normaux des psychonévrosés et pouvant prendre chez ceux-ci une valeur pronostique.
- H. P.
- L’utilisation professionnelle des épileptiques
- Dans une communication à la Société Médico-psychologique du 25 octobre 1948, le Dr Marchand, à qui une longue expérience, et la compétence clinique et scientifique dont un grand ouvrage récent fait foi, donnent pleine autorité en la matière, a réclamé très justement que les épileptiques adultes sains d’esprit soient assimilés par la sécurité sociale aux travailleurs physiquement diminués.
- Chargé de la consultation des épileptiques à l’Hôpital Henri Rouselle, il a pu observer des milliers de sujets dépourvus de toute aide sociale. Il estime à 80.000 le nombre des épileptiques en France, dont un dixième seulement est hospitalisé. Sur les 70.000 autres, il pense que la moitié seraient susceptibles d’occuper un emploi.
- (I) Study of Word Association Process. I Dépréssion of alpha activity during administration of the test. II. Reactions to « average emotional » and « average neutral » ii?r n •’Q- norma^ an(^ abnormal ; populations. Efïect of elective convulsive lherapy. III. Clinical and E E G corrélations in a group of Psychoneurotic Patients. Digest of Nturology and Psychialry, XIII, 1915, pp. 594-601 et 671-680, et XIV, 1946. pp. 20-26,
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- Et il envisage le problème de l’utilisation professionnelle aux points de vue médical, social, humanitaire et économique. Pour y contribuer, il faut envisager leur infériorité sociale, compatible avec un rendement souvent normal, et leur attribuer la charte du travail, avec bénéfice de l’ordonnance du 4 octobre 1945 sur la sécurité sociale, par assimilation avec des accidentés du travail : Inscrits sur les « registres des diminués physiques » tenus par les caisses régionales, ils verraient leur capacité évaluée par le Conseil technique, et les Offices de- placement, en liaison avec le médecin, leur procureraient un poste de travail en rapport avec leurs capacités, moyennant un salaire équitable. La loi sur les accidents du travail ne jouant plus, les employeurs n’auraient plus à craindre de risques de ce chef.
- L. Marchand cite des cas d’employeurs qui ont parfaitement su utiliser des épileptiques.
- D’autre part une consultation de neuropsychiatrie devrait exercer une surveillance périodique et assurer le traitement, avec distribution gratuite de médicaments.
- Pour terminer, sont rappelées les grandes lignes des contre-indications professionnelles.
- On ne saurait trop applaudir à cet appel dans l’intérêt, à la fois de milliers d’individus sacrifiés, et de l’économie nationale.
- P.
- A TRAVERS LES REVUES
- La nouvelle revue Personnel Psychology (Journal of applied Research), dans ses trois premiers numéros de 1948, contient, parmi de nombreux articles, une recherche sur le test de Rorschach d’A. K. Kurtz, un exposé des contributions à la Personnel Psychology des recherches dans les forces armées des U.S.A., un essai de mesure du Leadership par A. C. Van Dusen, une étude sur les psychologues dans l’industrie, de R. C. Canter, des résultats sur l’emploi d’un test de sténographie, de H. Scashore et G. K. Bennett, une étude de l’interview par R. St Uhrbrock, un essai de sélection pour des opérateurs d’équipement, un exposé du nouveau système de classement de l’armée des U. S.A. par E. Donald Sisson.
- Mario Gozano, d’après les résultats de l’emploi d’une série de 11 tests d’intelligence (en y comprenant le test d’attention de Tou-louse-Piéron) sur 2.600 garçons de diverses régions d’Italie, indique, dans la Rivisia di Psicologia (juillet-septembre 1948, t. 44.3) que le rendement dans tous les tests et à tous les âges, s’est montré inférieur dans les villes du Sud de l’Italie (Bari, Messine, Ca-gliari) par rapport aux villes du Nord (comme Milan).
- Dans Avenirs de janvier 1949, on trouve une interview de M. Boisseau, directeur de l’Ecole française des cuirs et peaux, un examen du problème du travail féminin, des données sur les métiers de la
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- réparation automobile et sur la chaudronnerie, ainsi qu’un exposé sur la psychotechnique, centré autour de la tâche d’O. P., de M. R. Labois.
- Le Journal de Psychologie d’octobre-décembre 1948 a publié le rapport de M. Piéron au Congrès de Psychologie d’Edimbourg : Des relations entre psychologie et physiologie et du domaine propre de la Psychophysiologie.
- Dans le n° 5 d'Enfance (novembre-décembre 1948), nous relèverons l’essai sur la motricité du premier âge de M. Bergeron, des résultats d’une application du Rorschach à des élèves de classes nouvelles par C. Kohler, C. Couprie et R. Guyot, une théorie d’interprétation chirologique chez l’enfant de Charlotte Wolff, le résumé d’un livre sur la psychologie du dessin enfantin par Caleb Gattegno, un exposé par R. Gille d’un essai d’introduction des tests dans l’examen d’entrée des cours complémentaires industriels de la Seine.
- Nous relevons dans les numéros de 1948 du Journal of Consulting Psychology les études suivantes :
- N° 3. D. R. Olch. Structure psychométrique des schizophrènes dans le test de Wechsler. C. H. Patterson. Etude de deux formes abrégées du Wechsler. D. N. Wiener. Clefs pour emploi du Minnesota multiphasic Personnality Inventory (M. M. P. I.) W. A. Hunt et collab. Possibilités cliniques d’un test abrégé d’intelligence (le CVS). Amanda R. Rhode. Note sur l’emploi d’un test de complètement de phrases dans des organisations militaires.
- N° 4. H. Rubin. Le M.M.P.I. comme aide de diagnostic. W. A. Altus. Validité d’un test abrégé d’information (en 13 points). J. H. Clark. Usage clinique militaire du test d’ajustement d’Altus en 36 points.
- N° 5. S. B. Sarason. Le TAT et l’interprétation subjective. W. Sloan. Prédiction d’un ajustement de déficients mentaux fondée sur le Rorschach. J. Seeman. Méthodes d’interview pour le conseil d’O. P. H.-F. Hunt et collab. Efficience dans le diagnostic différentiel du M.M.P.I. H. O. Schmidt. Notes sur le M.M.P.I. Le facteur K de Meehl (« suppression variable »). Barbara S. Kendall et Fran-ces K. Grahan. Standardisation d’un test de mémoire de dessins pour enfant et adultes. W. A. Hunt et collab. Standardisation nouvelle de l’échelle d’intelligence CVS (épreuves de compréhension et similarités du Wechsler, et test de vocabulaire de 15 mots).
- Dans le n° 9 de 1948 de la Revue Générale des Sciences, L. Blinet et D. Bargeton donnent un exposé synthétique de leurs recherches sur la fatigue musculaire expérimentale chez le rat montrant un accroissement de performance et une restauration plus rapide par emploi de glucose digestif, d’oxygène respiratoire et d’hormone cortico-surrénale sous-cutanée.
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- Le British Journal of Educalional Psychology de novembre 1948 contient le texte du discours présidentiel de C. W. Valentine à la British Psychological Society sur les tendances, écueils et possibilités actuels dans le champ de la psychologie, une description d’un nouveau test général de connaissances par E. Anstey, R. F. Dowse et M. Duguid, ainsi que l’exposé du point de vue de sélectionneur par J.J.B. Dempster dans le Symposium sur la Sélection des élèves pour les différents types d’écoles secondaires.
- Etienne May, examinant la valeur du type respiratoire comme caractère sexuel secondaire chez l’adulte dans la Presse Médicale du 25 décembre 1948, insiste sur la signification de l’inversion du type : c’est dans le juvénilisme à caractère intersexuel, le syndrome adi-poso-génital, l’obésité avec gynécomastie, qu’on observe chez l’homme la respiration thoracique, dans l’obésité, les graves dysménorrhées, qu’on observe chez la femme la respiration abdominale.
- Le chef d’escadron Chandessais.continue la publication de ses réflexions sur les sciences de l’homme et l’armée (pédagogie, discipline, moral) dans les Informations militaires (n° 122, du 25 octobre 1948).
- Les essais de Th. Simon sur l’étude psychologique de l’enfant continuent à paraître dans le Bulletin 385 de la Société Alfred Binet, ainsi que des exercices pratiques de psychologie appliquée à la pédagogie pour les écoles normales (9 à 16 séances).
- Les Anales de l'Instituto Psicotecnico de la députation provinciale de Barcelone pour 1947-1948 renferment une leçon inaugurale du professeur d’hygiène industrielle C. Soler Dopff consacrée à la position du technicien industriel devant le facteur humain, des données sur les bases de la professiographie dans les secteurs industriels par l’ingénieur M. B. Paris, chef du laboratoire de Psycho-métrie, une communication au Congrès national de médecine, de P. P. Duran, chef de section de Caractérologie, sur le concept actuel du caractère, une étude par l’ingénieur V. de Buen d’un test de sélection professionnelle pour les techniciens de l’industrie comprenant 18 épreuves, un examen de la relation avec le travail des fonctions d’accommodation et de convergence par F. P. Collado, enfin, sous le titre « réalités et espérances » une relation des travaux de l’Institut par le statisticien P. A. Granada.
- R. Nyssen, de Bruxelles, a publié d’intéressantes réflexions critiques sur l’examen mental quantitatif dans les Acta Neurologica et Psychiatrica belgica de novembre 1948, insistant sur l’impossibilité de traiter arithmétiquement les âges mentaux et l’impossibilité d’appliquer à l’adulte le procédé de mesure de l’âge mental, auquel doit se substituer l’échelle en points avec des épreuves appropriées
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- et bien étalonnées, proposant d’attribuer aux différentes épreuves mi poids en fonction du degré de difficulté préalablement détermine.
- Le Secrétaire Général du Centre d’Etudes techniques des industries de l’habillement G. Dugas, a consacré aux méthodes psychotechniques un exposé de vulgarisation très élémentaire dans la Revue de l'Enseignement technique (Technique, Art, Science) d’octobre 1948.
- Le Dr Aubin, se fondant sur des recherches qu’il a entreprises au Centre de Sélection de la main-d’œuvre à Alger, expose les relations de la caractérologie et de la psychotechnique avec la psychiatrie, dans les Annales Médico-Psgchologiques de novembre 1948 (Communication à la Société Médico-Psychologique), concluant qu’« ignorer la structure caractérielle du psychopathe nous apparaîtra bientôt comme une impardonnable lacune dans l’étude du terrain ».
- Dans l’organe de l’Association suisse pour l’orientation professionnelle, D-erufsberatung und Rerufsbildung (novembre^décembre 1948), Mme Kuntz-Beitel expose le développement, l’organisation et les tâches de l’O.P. à Vienne et M. Engelbert Pfeiffer, l’organisation de la scolarité en Autriche du Conseiller d’G.P. ; M. Schwar, de Lausanne, consacre une note à la préorientation professionnelle.
- Dans le premier numéro de 1949 de l'Education nationale (6 janvier), René Zazzo, dans un article intitulé « Les tests et les oracles », donne une série de réflexions aussi justes que bien frappées, montrant qu’hostilité et fanatisme procèdent d’une même ignorance de la portée véritable de la méthode des tests, dont l’apparente facilité suscite bien des engouements maladroits, et il rappelle que « la pratique de la psychologie est un métier » et qu’a elle suppose un long apprentissage ».
- Dans Travail et Méthodes, P. H. Maucorps envisage la vocation actuelle de la psychotechnique industrielle (octobre 1948), M. P. Schützenberger traite de la fidélité des tests (novembre 1948).
- Relevons, dans la revue américaine Sociometry un article de Maria Rogers sur les problèmes des relations humaines dans l’industrie (Tome 9, 4, 1946) et une étude de Hclen H. Jennings sur a leadership » et choix sociométrique (Tome 10, 1, 1947).
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- INFORMATIONS
- La Société suisse de Psychologie organise à Zurich une réunion internationale consacrée au Rorschach les 23 et 24 avril 1949.
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- Le Texas State Board of Vocational Réhabilitation a, depuis la fin de 1945, compris dans son champ d’action les épileptiques dont la réhabilitation professionnelle est dirigée par un conseiller, et les résultats obtenus avec 42 des 52 épileptiques examinés au début de 1946 et revus en 1947, dont 34 furent placés, sont indiqués dans une étude du Dr Otto, dans VAmerican Journal of Psychiatry (décembre 1948).
- Le Dr Ombredane a abandonné la direction du Service de la formation rationnelle de la main-d’œuvre pour aller occuper la chaire de psychologie de l’Université de Bruxelles.
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- Nous avons appris la mort du psychotechnicien suisse bien connu Carrard.
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- Le dernier rapport sur VAmerican Psychological Association qui compte 1.300 membres (fellows) et 4.600 associés, et dispose d’un budget de 222.900 dollars, donne des indications sur la répartition des spécialités chez les psychologues professionnels : en psychologie clinique, 30 %, en orientation, 17 %, en psychologie expérimentale et comparée, 17 %, en psychologie du personnel (industrie) 14 %, en psychologie de l’enfant 10 %, en psychologie sociale 5 %, en psychométrie (statistique) 5 %. Le traitement annuel moyen est de 5.450 dollars (6.100 pour les hommes, 4.200 pour les femmes, 6.150 pour ceux qui possèdent un doctorat).
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- A la séance du 11 janvier 1949 de la British Psychological Society (Section industrielle) Philip E. Vernon a envisagé la question de la structure des habiletés pratiques
- A l’Université de Berne, M. Richard Meili, conseiller d’O. P. à Winterthür, a été nommé professeur extraordinaire de psychologie et de ses applications pratiques.
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- En Italie, une école de psychologie appliquée pour l’armée a été instituée ; elle est ouverte aux officiers de ’Armée, de la Marine et de l’Air.
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- Au 8e Congrès international de Génétique qui s’est tenu à Stockholm du 7 au 14 juillet 1948, la génétique humaine a tenu une place assez importante ; elle a été envisagée de façon générale dans une communication de R. Turpin et P. Schutzenberger ; les problèmes psychiatriques et physiopathologiques tinrent la première place.
- On peut citer un examen de l’hérédité de la perception auditive par H. Kalmus, et de celle de l’aptitude à la mobilité volontaire d)es oreilles, par L. Linder ; les résultats d’une enquête, par C. Gini sur l’assimilation physique des descendants d’immigrants en Italie, des données sur le diagnostic du monozygotisme gémellaire par B. Brice, par Dalhberg et Josephson et sur la psychologie des jumeaux, par G. Smith.
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- En novembre 1947 la Fédération française d’éducation physique avait organisé des journées médicales d’information sur la morphologie appliquée à l'éducation physique.
- Les contributions à ces journées viennent de faire l’objet d’une publication chez J. M. Baillère, comprenant un exposé de conclusions générales du Prof. Joannon. On y trouvera une introduction du Dr Cavel à l’étude de la morphologie humaine, une étude technique du B. P. Verdun sur l’anthropométrie -au service de morphologie, une étude morphologique des trois âges de développement par le Dr Thooris, un exposé des Docteurs Cayla et Oberthur sur la morphologie de l’âge scolaire et ses déformations, des indications sur la place de la morphologie dans la biotypologie et six autres articles.
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- Le Prof. Dr Nicolas Blatt, de Bucarest, réclame la création, en Roumanie, d’un Institut central pour l’éducation et l’assistance des aveugles, dans un intéressant volume, publié en' français (Les Aveugles et leur assistance médioco-sociale, Bucarest, 1947).
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- À l'Université de Liège, dans la nouvelle section d’orientation et sélection professionnelles ont été nommés chargés de cours M. K. Pasquasy, professeur à l’Ecole royale militaire et psycho-technicien de l’armée et le Dr Lobet, ancien élève du regretté Christiaens.
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- L’Institut organisera dans le courant du mois de juillet une semaine de perfectionnement consacrée au problème du Contrôle de l’O. P. K
- Il est rappelé à tous les Centres qui participent à l’enquête sur le Contrôle que les documents doivent parvenir à l’INOP avant le 10 mars.
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- LA VIE DU CENTRE DE RECHERCHES DE L’INSTITUT NATIONAL D’ÉTUDE DU TRAVAIL ET D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- Chef de Service : Mme Henri PIÉRON
- La validation des tests (i)
- Le principe de tout travail de validation est extrêmement simple. Il peut se schématiser ainsi : Si nous faisons subir une série de tests à un certain nombre d’élèves au moment de leur entrée en apprentissage et que nous comparions, après une, deux ou trois années les résultats que ces élèves avaient obtenu à l’atelier, nous faisons la contatation suivante : certains tests nous auraient permis des pronostics approximativement exacts, car les élèves qui avaient le mieux réussi ces tests sont aussi ceux qui ont le mieux réussi à l’atelier. Ces tests-là sont valides, et nous pourrons les utiliser dorénavant pour pronostiquer la réussite professionnelle du sujet qu’ils nous serviront à examiner. D’autres tests, bien entendu, ne se révéleront pas valides.
- En fait, dès que l’on essaie de serrer d’un peu près le problème, on se heurte à une série de difficultés dont la plupart proviennent de l’imprécision ou de l’ambiguïté des notes d’atelier qui servent à estimer la réussite professionnelle du sujet.
- Sur la population considérée dans ce travail, ces difficultés se sont manifestées de la façon suivante. Le nombre d’élèves apprenant un métier donné dans un établissement donné varie avec le métier et avec l’établissement, mais est faible en général. Il va de quelques unités à quelques dizaines d’élèves. Les calculs que l’on pourrait faire sur un seul de ces groupes d’apprentis afin de rapprocher le résultat aux tests des résultats scolaires (calcul de corrélation) donneraient évidemment des indications bien incertaines car elles pourraient varier largement d’un groupe à l’autre. En d’autres termes, les coefficients trouvés seraient affectés d’une « erreur d’échantillonnage » élevée. On est donc amené à considérer dans un calcul unique plusieur groupes d’apprentis, apprenant le même métier dans des écoles différentes, sous la direction de professeurs différents. C’est là que les difficultés surgissent.
- S’il est facile en effet d’appliquer les tests dans des conditions qui soient rigoureusement comparables d’une école à une autre, il est infiniment plus difficile d’obtenir des notes professionnelles qui, d’une école- à l’autre, gardent la même signification. Pour que la note 16 donnée par le professeur d’ajustage d’une école ait la même signi-
- (1) Nous ferons paraître dans chaque numéro quelques résultals pratiques obtenus au sein du Service des recherches de l’Institut. Ces résultats proviennent du travail eji équipe d’orienteuses et d’orienteurs formés à notre Institut.
- Ce sont, par ordre alphabétique, M'les Beck, Ledoux, Lîaumme, Pépin, Petin et MM. Léon et Wallin. ' . ,
- (]g groupe est conseille pur M. Reuchlin uttftcne du Centre des Kecnerclies ocienti-fiques. C’est lui qui a rédigé ce premier papier.
- Note de la Revue.
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- fication que la note 16 donnée par un autre professeur d’ajustage enseignant dans une autre école, il faudrait évidemment que les élèves de ces deux écoles soient de niveau comparable, car les professeurs, pratiquement, notent chaque élève par rapport à la réussite moyenne de la classe. Il faudait également que ces deux professeurs utilisent la même échelle de valeur, c’est-à-dire qu’ils adoptent les mêmes critères de classification.
- Nous allons rapporter les constatations qui nous ont conduit à penser qu’il n’en était pas ainsi ; nous proposerons ensuite des méthodes de travail permettant de pallier dans une assez large mesure à ces difficultés .
- A. — Inégalité des niveaux.
- Les jeunes gens désirant entrer dans un centre d’apprentissage ont dû subir en juillet et septembre 1947, l’application d’une batterie de tests.
- Les résultats obtenus dans ces tests (IVP 1, ITP 1, VI) parles candidats admis nous ont été communiqués pour 14 centres.
- Le graphique ci-joint permet de constater que les différents centres sont loin d’avoir les mêmes exigences.
- Les nombres portés en abscisse représentent la somme des trois résultats, chacun ayant été au préalable exprimé en tétrons (tétro-nage du Centre département d’O.P. de la Seine). Le petit triangle représente le résultat du sujet médian. La ligne représentative est limitée à gauche par par le résultat correspondant au premier quar-tile, à droite par le résultat correspondant au troisième quartile. La ligne couvre donc la marge correspondant aux 50 % les plus représentatifs des sujets admis. Mais il faut retenir que 25 % des sujets admis se trouvent en deçà d’elle et 25 % au-delà.
- Les centres sont classés sur le graphique par résultats médians décroissants. On constatera que les meilleurs élèves des centres les plus bas sont à peine au niveau des élèves les moins bons des centres les plus élevés.
- Une analyse de la variance confirmera l’impression donnée par ce graphique.
- Elle donne les résultats suivants :
- SOURCE de variation DEGRÉ de liberté SOMME des carrés des écarts ESTIMATION de la variance F
- Tous les individus. 873 96.034,364
- Intercentre 13 20.920,8968 1.609,2998 18,9294
- Intracentre 860 75.113,467 85,0157
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- SL»
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- J___________________________Z______________i
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- “I 1 I T | | |-------1-----1--------I-----I------1--------1-------1------1------1------r—
- 22 20 18 16 14 12 10 8 6 4 2 0 -2 -4 —6 -8 -10
- L’hypothèse selon laquelle il n’existe pas de différence entre les moyennes des centres n’a pas une chance sur 100 (pour 1 % F = 2,15) de se vérifier.
- B. — Diversité des critères.
- Six tests, dont on trouvera l’énumération dans la première colonne du tableau 2, figure 2, ont été appliqués dans 6 classes différentes (première ligne du tableau) d’un grand établissement d’enseignement technique de la banlieue parisienne. Ces tests ont été validés par rapport à un critère de réussite qui était la moyenne des notes obtenues en technologie, dessin industriel et atelier. Les coefficients ont été calculés classe par classe, et ils sont reproduits figure 2. On constatera qu’un même test, appliqué dans les 6 classes dans des conditions rigoureusement analogues est loin d’avoir, dans ces 6 classes, la même validité. Il ne semble pas que l’on puisse attribuer au hasard la totalité des fluctuations constatées. On pourrait le démontrer par un calcul des erreurs d’échantillonnage. Mais, sur d’aussi petits échantillons (dernière ligne du tableau), le calcul des erreurs d’échantillonnage est d’une illusoire précision. Nous nous bornerons à faire la constatation suivante : Si nous soulignons les deux corrélations les plus faibles de chaque ligne (en valeur algébrique), comme on l’a fait figure 2, on constate que les coefficients soulignes ont tendance à se grouper dans 2 des classes considérées (1° CA et 3° M). Quelle est l’origine de ce fait ?
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- Figure 2
- 1" A I" CA 1” M 3' A 3e CA 3»M
- M. H. P. 52 .40 .13 .65 .58 .32 .28
- M. H. P. 53 .14 .13 .22 .63 .38 .13
- Golf » .10 .35 .39 .59 .03
- Zyve » .30 .44 .19 .21 .62
- Pintner » .03 .30 .34 .27 .08
- M. H. P. 51 » .22 .39 .06 » .09
- Nombre de sujets .... 31 35 27 22 19 17
- On a pu démontrer que les corrélations plus faibles ne sont pas dues à une homogénéité plus grande des groupes dans lesquels elles se manifestent, ni aux différences de métiers.
- Reste à envisager une hypothèse qui nous paraît la plus vraisemblable. A l’intérieur d’une classe, tous le élèves étaient notés par les mêmes professeurs. Mais, d’une classe à l’autre, les professeurs variaient. Il est possible que les professeurs n’accordent pas tous la même importance aux mêmes qualités et que nos tests, concordant assez bien avec certaines échelles de valeurs, soient en désaccord avec d’autres échelles.
- i *
- * *
- Devant ces constatations, il nous est apparu nécessaire pour arriver à valider nos tests dans le milieu considéré :
- 1° de n’utiliser comme critère que des notes professionnelles ayant une signification précise, c’est-à-dire données d’après un système d’estimation objectif et contrôlable ;
- 2° de considérer le coefficient de validité d’un test comme la moyenne pondérée d’une série de coefficients obtenus chacun sur un groupe limité de sujets, groupe dans lequel la même note professionnelle a la même signification. Il est entendu que ces coefficients partiels doivent être assez voisins pour pouvoir être considérés comme des estimations différentes d’une seule et même corrélation vraie. La technique de validation proposée consistera donc à la fois à améliorer les données expérimentales et à adopter un traitement statistique qui leur soit approprié.
- (.à suivre)
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- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE A L’ÉTRANGER
- CONFÉRENCE INTERNATIONALE DU TRAVAIL DE SAN-FRANCISCO 31' Session — 17 Juin-10 juillet 1948 (B.I. T.)
- Notes et impressions
- relatives aux Travaux de la Commission d’O. P.
- En qualité de Conseiller technique, désigné par le Secrétariat d’Etat à l’Enseignement Technique, à la Jeunesse et aux Sports, pour les questions d’Orientation Professionnelle, il m’a été donné de participer aux travaux de la Conférence Internationale du Travail de San-Francisco, qui s’est tenue du 17 juin au 10 juillet 1948.
- De nombreuses questions figuraient à l’ordre du jour de cette Conférence :
- Salaire, liberté syndicale, relations industrielles, travaux de nuit des femmes et des adolescents, organisation du Service de l’emploi, organisation de l’Orientation professionnelle, etc...
- Ce sont évidemment les travaux relatifs à l’Orientation professionnelle qui demandent à être présentés. Pourtant, pour la bonne compréhension des choses, peut-être n’est-il pas inutile de bien situer la « partie Orientation Professionnelle » par rapport à l’organisation et aux préoccupations générales de cette Conférence.
- Cinquante-et-un pays étaient représentés, tout à la fois par des Délégués des Gouvernements, par des Délégués des Employeurs et par des Délégués des Travailleurs.
- La représentation française comprenait 9 Délégués gouvernementaux dont un Conseiller Technique, au titre du Secrétariat d Etat, comme précédemment indiqué, 4 Délégués des Employeurs, 2 Délégués des Travailleurs.
- Il doit être signalé en passant — succès important — que le Président de la Délégation française, M. Justin Godard, fut élu Président de la Conférence.
- Des Commissions eurent à traiter toutes les questions figurant à l’ordre du jour et à présenter des rapports particuliers sur chacune d’elles à l’Assemblée Générale.
- La question de l’organisation de l’Orientation Professionnelle fut confiée à la « Commission de l'Organisation de l'Emploi et de l'Orientation Professionnelle ï.
- C’est donc dans cette Commission que je fus appelé à siéger, en remplissant également les fonctions de délégué suppléant — 1© Délégué titulaire étant une personnalité du Service de l’Emploi du Ministère du Travail.
- Trois autres délégués français (2 membres employeurs et 1 membre travailleur) en faisaient également partie. La liste nominative des membres de cette Commission s’élevait à 115 titulaires ou suppléants y compris les représentants du B.I.T.
- La Commission a siégé tous les jours (sauf le dimanche) du 18 juin au 9 juillet inclus, à raison d’au moins 2 séances par jour.
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- Du 18 au 29 juin, elle s’est occupée de « l’Organisation du Service de l’Emploi » et du 30 juin au 9 juillet, elle a eu à traiter de « l’Orj-ganisation de l’Orientation Professionnelle ».
- La séance de clôture en Assemblée Générale s’est effectuée le 10 juillet.
- Dès novembre 1947, les Gouvernements par l’intermédiaire du Ministère du Travail (Ministère assurant la liaison) furent saisis de la question relative à l’Orientation Professionnelle, par le B.1.1., sous deux formes :
- 1° Un rapport général du B.LT. présentant les problèmes d’Orien-tation Professionnelle avec un schéma d’organisation possible.
- 2° Un questionnaire, reprenant les points essentiels de l’organisation envisagée auxquels les gouvernements étaient invités à répondre pour préciser leurs vues en la matière.
- Vingt-cinq pays — dont la France — ont répondu au questionnaire. Leurs réponses figurent dans des documents publiés par le B.I.T. avant la conférence pour les diverses délégations.
- Vingt-six pays ont donc gardé un silence difficile à interpréter.
- Les 25 réponses publiées sont toutes favorables à l’Orientation Professionnelle.
- Certaines d’entre elles cependant semblent ne présenter qu’un intérêt de portée limitée quant à ce qu’on peut en déduire sur une organisation d’orientation professionnelle déjà existante, ou sur la connaissance des problèmes soulevés.
- Par contre, les autres, plus ou moins étoffées — certaines d’entre elles étant très substantielles — peuvent témoigner d’un intérêt évident, pour tous les problèmes soulevés et traités en connaissance de cause comme suite, vraisemblablement à une expérience étendue.
- De ces réponses des gouvernements, le B.I.T. fit une synthèse et présenta un projet de conclusion (susceptible de recueillir en principe l’adhésion du plus grand nombre) qui servit de base aux travaux de la Commission.
- Il ne peut être question dans cet article d’analyser, même succinctement les différents rapports, questionnaires et réponses auxquels il est fait allusion.
- Environ 80 amendements au texte présenté par le B.I.T. furent déposés : il y eut quelques retraits, tous les autres donnèrent lieu à discussion, certains longuement. Chaque délégation des Gouvernements, des Employeurs, des Travailleurs, des différents pays (au total 115 membres dont plus de la moitié chaque jour en séance) affirma sa présence soit par des propositions, soit par des interventions assez souvent répétées. Tous les débats firent 1’objeit sur l’heure d’une traduction dans les deux langues officielles autre que celle employée par l’orateur (français, anglais, espagnol).
- Dans ces conditions, le travail ne pouvait qu’être long et assez souvent compliqué. Des interventions qui auraient pu être pertinentes perdaient tout intérêt à ne pouvoir se situer que plusieurs heures (voire 24 heures) après les déclarations qui les motivaient. En outre une certaine confusion résulta parfois du fait que des mots même très correctement traduits ne recouvrent pas toujours exactement les mêmes choses dans les différentes langues.
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- Quoi qu’il en soit, et malgré la vigueur de certaines discussions, l’atmosphère générale des séances fut fort sympathique, empreinte d’une grande correction, de beaucoup de compréhension et du désir évident de rapprocher des points de vue quelquefois assez différents : désir qui devait d’ailleurs se concrétiser par le vote final unanime d’un projet de «c Recommandation ».
- Les deux premières séances furent consacrées à des déclarations de principes présentées par un âssez grand nombre de délégations. Ces séances furent à mon avis très importantes — sinon décisives — car elles orientaient presque définitivement les débats dans un sens déjà assez fortement marqué par le contenu des rapports publiés.
- Sans pouvoir songer à donner un compte rendu in-extenso de ces déclarations, je crois devoir signaler les points particuliers suivants :
- Accord général sur la nécessité de principe de l’Orientation Professionnelle ; Recommandation suffisamment souple et n’entrant pas trop dans les détails afin de permettre son application effective (reconnaissance plus ou moins grande d’organisations d’orientation professionnelle déjà existantes et difficiles à modifier radicalement ; Grands pays restant entièrement à équiper, etc.) ; Liaison étroite entre l’Orientation et la Formation professionnelle avec ajustement aux projets économiques et aux besoins nationaux de main-d’œuvre ; Collaboration avec les organisations d’employeurs et de travailleurs ; Responsabilité des parents en matière d’orientation professionnelle ; Utilisation volontaire des services et libre choix de la profession ; Intérêt des initiatives privées ; L’Orientation Professionnelle ne doit pas seulement faire face aux besoins de la production, mais se préoccuper du développement de la personnalité ; Nécessité d’un personnel qualifié pour pratiquer l’orientation professionnelle, etc...
- Par ailleurs, un représentant de l’U.N.E.S.C.O. affirma le très grand intérêt de son organisme pour l’Orientation Professionnelle qui doit résister, souligna-t-il, à la tendance de tenir compte d’abord de l’emploi, et ensuite de l’adolescent qui, étant indispensable à tous les niveaux d’enseignement, devrait faire partie intégrante du système scolaire.
- A l’occasion de quoi le représentant du Secrétaire Général du B.I.T. signala que, bien qu’il ait été impossible d’éviter toute allusion au rôle de l’école en Orientation Professionnelle le Bureau avait tenté d’écarter les points ayant rapport à ce rôle.
- A défaut d’une analyse détaillée des dispositions du projet de Recommandation, votée à l’unanimité (1) je me bornerai à quelques indications sommaires empruntées en premier lieu au rapport cité.
- Constatations d'ordre général se dégageant des délibérations de la Commission :
- 1° Techniques et méthodes, actuellement en usage sont le plus souvent considérés comme ayant un caractère expérimental ;
- 2° L’Orientation Professionnelle est un processus continu qui débute pendant la scolarité : ces principes fondamentaux demeurent les mêmes quel que soit l’âge de l’individu qui en bénéficie! ;
- (1) Cf Bulletin de l’Institut National d’Etude du Travail et d’Orientation Professionnelle. 2* série, 4' année, 41-12 Nov.-Déc. 1948, pp. 179-187.
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- 3° Des services appropriés d’Orientation Professionnelle devraient être à la portée de tous ceux qui désirent y recourir, pleine liberté de déterminer leur propre ligne de conduite étant laissée aux intéressés ;
- 4° Une série de normes et de principes généraux concernant l’orientation professionnelle acceptés sur le plan international, serait d’une grande utilité pour servir de guide aux Etats Membres dans e développement des services en question.
- I. — Définitions
- On distingue « L'Orientation Professionnelle » aide apportée aux adolescents dans le choix d’une profession, des « Conseils Professionnels », aide apportée aux adultes.
- II. — Champ d’application
- Des facilités d’Orientation Professionnelle devraient être mises par les autorités publiques aussi largement et aussi rapidement que possible à la disposition des adolescents qui poursuivent ou terminent leurs études aussi bien qu’à la disposition de tous autres adolescents...'
- Des services publics de conseils professionnels devraient être mis, dans les mêmes conditions, à la disposition des adultes.
- III. — Principes et méthodes de l’Orientation Professionnelle
- La politique et le programme de l’Orientation Professionnelle devraient être établis en collaboration avec les institutions et services qui s’occupent des adolescents... afin qu’ils puissent bénéficier d’une assistance systématique et coordonnée. Collaboration avec les parents ou tuteurs, avec les associations de parents.
- Une Orientation Professionnelle préliminaire devrait être prévue pendant la période d’instruction générale ; elle devrait être plus marquée au cours des derniers stades de la scolarité.
- Cette Orientation Professionnelle préliminaire devrait comprendre la diffusion d’informations relatives aux diverses professions des visites d’Etablissements, des entretiens nersonnels.
- Eléments du dossier d'Orienlation Professionnelle :
- Entretiens personnels, avec l’orienteur aux fins d’analyse des capacités individuelles ; rapport scolaire de caractère confidentiel ; examen médical à des fins d’orientation professionnelle avec indication, le cas échéant, de mesures curatives ou de toute autre assistance paraissant indiquée ; utilisation sur une base expérimentale de tests psychologiques et de tests d’aptitude appropriés, sous la direction d’un personnel qualifié ; informations dignes de foi relatives aux professions et activités, aux possibilités d’emploi, et de formation professionnelle par collaboration avec les institutions compétentes publiques et privées notamment les organisations professionnelles d’employeurs et de travailleurs.
- Attention particulière à porter à l’Orientation Professionnelle des
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- adolescents des régions rurales, à ceux qui présentent des inaptitudes, des anomalies ou des déficiences physiques ou mentales, des troubles caractériels.
- Les autorités nationales et locales devraient encourager l’utilisation la plus large sur la base facultative des facilités d’orientation professionnelle ; elle devrait en outre favoriser la réalisation des projets professionnels ; et prendre des dispositions permettant de suivre l’adolescent orienté pour l’aider et pour vérifier la convenance de l’activité choisie.
- IV. — Principes et méthodes en matière de conseil d’O. P.
- Dans le cadre du service public de l’emploi et les services d’orientation professionnelle, des dispositions devraient être prises afin de fournir des conseils d’orientation professionnelle aux personnes ayant besoin d’une assistance pour choisir unei profession ou changer d’emploi.
- Eléments du dossier : Ils sont, sensiblement, les mêmes que tous les dossiers d’orientation professionnelle avec, en plus, examen des antécédents professionnels et, si nécessaire, un examen technique.
- Contrôle du placement : Des efforts particuliers devraient être faits afin d’encourager la pleine utilisation des services de conseils d’orientation professionnelle sur une base facultative dans le cas de personnes entrant pour la première fois en emploi ou réduites au chômage, ainsi que pour la sélection de personnes susceptibles de bénéficier des facilités de formation et de réadaptation profes-sonnelle financées ou subventionnées par l’Etat ou encore pour la sélection de personnes désirant un transfert d’une branche d’activité, d’une profession, ou d’une région à une: autre.
- Mesures spéciales à prendre : Afin de fournir des conseils professionnels spécialisés : aux invalides, aux techniciens, aux personnes appartenant aux professions libérales, aux employés et au personnel de cadre, etc...
- Attention particulière à porter à l’élaboration et à la mise en œuvre de méthodes de sélection technique des travailleurs dans certaines branches d’activités ou professions.
- V. — Principes de l’Organisation Administrative
- « Les systèmes d’Orientation Professionnelle » et de « Conseils professionnels » devraient être organisés et coordonnés dans le cadre d’un vaste programme établi et mis en œuvre, en tenant compte des situations locales et régionales. Les autorités centrales devraient prendre des dispositions pour assurer le financement de ces services, pour leur apporter l’assistance technique appropriée pour promouvoir l’élaboration et l’emploi de méthodes et de matériel utilisable sur la base nationale. Les autorités compétentes devraient prendre toutes mesures nécessaires afin d’assurer, à l’échelle nationale et à l’échelon local, la collaboration effective des institutions publiques privées d’Orientation Professionnelle et de conseils professionnels.
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- VI. — Formation du personnel spécialisé
- Les autorités compétentes devraient s’assurer les services d’un personnel suffisamment nombreux, possédant la formation, l’expérience, et les autres qualifications nécessaires et devraient organiser le plus largement possible et en collaboration, le cas échéant, avec d’autres institutions intéressées, la formation scientifique et technique des Orienteurs et des personnes chargées de fournir les conseils professionnels : fixation de normes minima pour les qualifications, établissement d’une réglementation relative à la sélection de ce personnel, organisation d’un enseignement spécialisé pour la préparation des orienteurs avec enseignement complémentaire pour le personnel en place ; application des conditions d’engagement et d’emploi susceptibles d’inciter les personnes qualifiées à entreprendre et à poursuivre leurs activités de Conseillers d’Orien-tation Professionnelle ; publication d’une documentation technique propre à développer la valeur professionnelle du personnel, etc...
- VII. — Recherches et Publicité
- Des mesures spéciales devraient être prises dans le cadre d’un plan d’ensemble en vue de favoriser sous des auspices publics ou privés les travaux de recherche et d’expérimentation sur les méthodes relatives notamment à : la technique des entretiens individuels, à l’analyse des capacités requises pour les diverses professions, à la diffusion d’informations sur les professions à l’apparition des tests, etc...
- En collaboration avec tous les organismes ou institutions intéressées, familiariser l’opinion publique avec les buts, les principes, les méthodes d’Orientalion Professionnelle et de Conseils professionnels. ..
- i *
- '* *
- Quelles que soient les critiques qui puissent être formulées il faut constater, d’une part que les délégués (gouvernementaux, patronaux, ouvriers,) des différents pays représentés, ont été d’accord sur la nécessité de l’Orientation Professionnelle et d’autre part, que pour la première fois, un texte — sous forme de « Recommandation » à caractère international — a pu être élaboré et voté à l’unanimité grâce à l’esprit de conciliation de tous.
- Ce sont là, semble-t-il des résultats dont on ne peut être qua satisfait car ils sont susceptibles de marquer le début d’une organisation générale de portée considérable.
- Evidemment, cette première discussion — malgré le nombre de séances qui y furent consacrées — n’a pas permis que tous les problèmes fondamentaux soient traités avec la précision indispensable.
- Malgré les rapports du B.I.T. parus à ce sujet, et malgré les réponses des différents pays, un certain nombre de points importants n’ont pas fait l’objet de discussions poussées.
- Ainsi donc il est vraisemblable que faute d’avoir serré de près tous les problèmes essentiels, faute de s’être entendu préalablement
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- sur le contenu des choses et des mots, le risque d’équivoque reste assez grand. L’avenir ne devrait pas manquer de conduire à des mises au point, et dès cette année d’ailleurs, une nouvelle discussion du projet doit avoir lieu, avant de le soumettre à l’approbation des Gouvernements.
- Par ailleurs, il ne faut pas oublier que cette Conférence intéressait très spécialement le monde du travail et que les points de vue présentés témoignent assez souvent de préoccupations — certes très légitimes — mais que certains trouveront peut-être insuffisantes.
- Enfin, profitant de cette occasion de confrontations possibles, il faut signaler la position de la France dans le domaine de l’Orientation Professionnelle.
- Après avoir lu le rapport, après avoir entendu toutes les interventions et noté aussi les silences sur certains aspects des problèmes, j’ai acquis la conviction — jusqu’à preuve du contraire — que la position de la France était forte et peut, le plus souvent, être comparée avantageusement à celle des pays étrangers.
- Certes, il ne faut pas sous-estimer certaines réalisations étrangères, ni prétendre que notre organisation est parfaite, loin de là. Toutefois, il. faut relever l’équilibre de notre propre organisation qui présente, malgré des imperfections, des réalisations dont l’harmonie pour relative qu’elle soi ty mérite cependant d’être soulignée.
- Nous disposons d’une législation ; notre' personnel depuis longtemps déjà est préparé méthodiquement à sa tâche par des études sanctionnées par un diplôme ; nos laboratoires — bien qu’insuffisam-ment équipés encore — ne sont point en retard en ce qui concerne l’étude des problèmes à résoudre et les techniques utilisées dans nos examens sont d’un niveau qui font honneur aux chercheurs, enfin, et malgré des moyens financiers limités, le nombre de nos Centres judicieusement répartis dans l’ensemble du pays, permet une application pratique — certes encore insuffisante — mais déjà très intéressante.
- Par contre, dans nombre de pays, je n’ai pas eu l’impression que le même degré de développement ait été atteint sur tous les plans ci-dessus évoqués, même quand certains ont à leur actif de belles réalisations d’un ordre particulier. q Giraud
- Inspecteur principal de l’Enseignement technique chargé de l’O. P. dans l’Académie de Paris.
- CORRESPONDANCE
- Réflexions sur l’article du docteur Wautriche intitulé (( L’Analyse Factorielle ; Quelques applications »
- par
- Pierre GOGUELIN (1)
- Notre attention s’était trouvée attirée par les deux articles du Docteur Wautriche parus dans le bulletin de IT.N.E.T.O.P. (Nos 7-8
- (1) Nous insérons, sans prendre partie, en toute objectivité, quelques remarques faites par M. P. Goguelin, à propos de l’article de M. Wautriche.
- Note de la Revue.
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- et 9-10 de 1948), articles intitulés « l’Analyse Factorielle ; quelques applications ».
- Nous ne nous attacherons pas à l’article du bulletin 7-8 bien que nous fassions toutes réserves sur les interprétations de l’auteur. Il nous a paru, par contre, que le numéro suivant contenait des inexac-1 titudes propres à semer le doute- — si ce n’est l’erreur — parmi nombre des étudiants et chercheurs qui lisent ce bulletin.
- Nous nous permettons donc de faire à son sujet deux remarques :
- 1° Tout d'abord, du point de vue théorique :
- Le Docteur Wautriche met en doute la formule donnant l’erreur probable sur la différence tétrade ; erreur que, sous sa forme très simplifiée, Spearman a démontré être :
- 1,35
- Ep‘ = vzr (t'r)
- ou r est la valeur moyenne des intercorrélations du tableau et N le nombre des individus ayant passé la batterie de tests.
- A ce sujet, le Docteur Wautriche écrit : « Si, dit Spearman, la dispersion de l’ensemble des différences tétrades n’est pas sensiblement supérieure à cette valeur, on peut admettre l’existence d’un facteur unique. On peut se demander ce que signifie, en langage chiffré : sensiblement supérieure. Est-ce une fois et demie ou deux fois l’erreur probable tétrade ? ».
- Et plus loin, après avoir fait remarquer que prendre pour N le nombre des sujets lui paraissait imposer une condition presque impossible à remplir, il ajoute :
- « Aussi, dans la formule de la recherche de l’erreur probable tétrade, le dénominateur représente-t-il, pour nous, la
- valeur de la racine carrée des épreuves ou tests employés pour délimiter l’aptitude spécifique recherchée ».
- D’un point de vue général, nous rappellerons que Spearman avait d’abord déterminé avec Holzinger une formule donnant l’écart étalon théorique pour chaque différence . tétrade. Elle s’établissait comme suit pour la différence tétrade quelconque :
- tests...., i j
- k rik fjk
- 1 rü rü ,
- soit tijkl = rik rn - rjk ru
- *tijkl = M1 ~ i*ij - rkl + rs) + (1 - 2r*) s,] \
- où N était le nombre des individus de l’échantillon, r la moyenne des quatre coefficients de corrélation
- rik’ rjk’ ril * rjl >
- s2 leur variance à partir de r, soit : s_ ( rik ~ r)* + (rjk ~ if + (rn ~ r)f + (rjt - r)'
- 4 — 1
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- i
- 30
- Or, d’un tableau d’intercorrélations entre n tests, on peut tirer n (n — 1) (n — 2) (n — 3)
- 8
- différences tétrades distinctes quoiqu’elles ne soient, pas indépendantes. C’est ainsi que sur 50 tests, nous aurons :
- 0 X 9 X 8x_7 _ différences tétrades.
- Il ne peut alors être question de déterminer, pour chaque différence, l’écart étalon ou l’erreur probable correspondante.
- Aussi bien Spearman et Holzinger envisagèrent-ils de comparer la distribution des différences tétrades expérimentales à une distribution normale de moyenne nulle et d’écart type :
- — [r* (1—r)2 + (1 — R) s2]?
- V N
- où N est le nombre des individus de l’échantillon ;
- r, la moyenne de toutes les intercorrélations du tableau ;
- _ 2 S (rij ~ rY
- n (n — 1'
- s2, leur variance à partir de r : s2 =
- n dans ces deux dernière formules représentant le nombre des épreuves ou tests.
- Nous voyons donc que :
- a) contrairement à ce que paraît croire le Docteur Wautriche, Spearman a bien envisagé dans sa formule le nombre des épreuves. Cependant l’intervention de n est presque négligeable. En pratique, on admet que le terme (l-R)s2 peut être considéré comme nul, donc que :
- ’ ^i7sr(1-r)
- 1,35
- ou : RPt + -^r=- r (1 — r)
- b) d’autre part, le terme « sensiblement supérieure » peut être explicité ainsi : Supposons que nous ayons 10 tests soit 630 différences tétrades. Nous opérons une distribution de fréquences par classe de ces 630 différences tétrades prises en valeur absolue ; soit un graphique de ce type
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- Nous doublons par symétrie autour de On :
- A n
- On obtient ainsi une distribution que l’on va comparer à la distribution de moyenne zéro et d’écart type <rt
- Le problème peut être traité graphiquement ou plus rigoureusement, statistiquement, à l’aide d’une des nombreuses méthodes permettant ce travail (test de Snedecor, comparaison d’une distribution expérimentale à une distribution normale ayant même moyenne et un écart type donné par la méthode du y2 à partir d’un certain critère de probabilité).
- Remarquons d’autre part qu’il est capital de noter que l’hypothèse nulle s'infirme mais ne se prouve pas. C’est-à-dire que l’on pourra affirmer qu’il n’existe pas de facteur général pour un critère de probabilité donné mais que, si l’hypothèse nulle n’est pas infirmée, on ne peut conclure à l’existence absolue d’un facteur général, ce qui laisse planer une certaine indétermination.
- 2° D'un point de vue pratique :
- Notre deuxième remarque portera sur l’exactitude des calculs des applications que nous propose le Docteur Wautriche. Tout en regrettant qu’il ait placé une confiance qui nous paraît trop absolue dans les capacités de calcul de ses collaborateurs, nous devons constater que près de 50 % des différences tétrades calculées sont fausses. En conséquence, les conclusions que le Docteur Wautriche tire de ses exemples d’après ses hypothèses mathématiques dont nous lui laissons, par ailleurs, toute la responsabilité, sont à peu près partout l’inverse de celles auxquelles il aurait dû aboutir.
- L’ensemble de ces remarques ayant été, pour notre part, fait dans un esprit de parfaite courtoisie, nous serions très heureux si le Docteur Wautriche pouvait nous fournir des détails complémentaires et des exemples concluants sur sa méthode.
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- CAUSERIE BIBLIOGRAPHIQUE
- La participation des organisations professionnelles à la vie économique et sociale en France. — Edition du Bureau international du travail. Genève 1948. Etudes et documents. Nouvelle série n° 9 (205, boulevard St-Germain, Paris, VIe).
- Etude qui donne un aperçu des méthodes et des organismes de coopération existant en France au début de l’année 1948. Elle a été rendue possible par la mission effectuée par MM. Bessling et Viala qui ont examiné sur place les diverses institutions de représentation du personnel au sein de l’entreprise et en particulier des comités d’entreprise. Cette étude est également une analyse des textes légaux qui ont organisé les multiples formes de coopération entre la communauté française et les pouvoirs publics.
- L’étude comprend 3 parties, d’abord la participation des organisations professionnelles à la détermination de l’activité économique et sociale sur les plans national et départemental puis l’étude des industries et entreprises nationalisées et enfin la coopération sur le plan de l’entreprise.
- M. H. P.
- LIVRES ENTRÉS RÉCEMMENT A LA BIBLIOTHÈQUE
- J.-S. Anselme Bois. — Psychologie pour tous. — L’Institut Psychologique, Montréal, 1945.
- M. Fourastié. — L'Evolution économique contemporaine. — 2 volumes. — Editions scientifiques Riber, Paris.
- L. Szondi. — Experimentale Triebdiagnostik. — Berne.
- Szondi-Test. — Experimentale Triebdiagnostik.
- E. Harms. — Handbook of Child Guidance. Child Gare publications. New-York City. 1947.
- Nous prions instamment nos abonnés de régler leurs abonnements rapidement afin de nous épargner les frais de réclamation et de recouvrement trop onéreux actuellement.
- Nous prions instamment nos abonnés de régler leurs abonnements très rapidement afin de nous épargner les frais de réclamation et de recouvrement trop onéreux actuellement.
- AGEN. — IMPRIMERIE MODERNE, 43, RUE VOLTAIRE
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- SECRÉTARIAT GÉNÉRAL .
- Chef de Service : MUe C. Chauffard.
- CENTRE D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE Chef de Service : MUe Nepveu.
- SERVICËS DE L'INSTITUT
- Tél. Odéon 52-46
- CENTRE DE RECHERCHE DES TESTS Chef de Service : Mme Henri Piéron.
- CENTRE D ÉTUDES ET DE RECHERCHES DOCUMENTAIRES Directeur : M. Doladille.
- *
- '* *
- Le Secrétariat est ouvert chaque jour non férié, de 9 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures.
- La Secrétaire générale reçoit le lundi, de 14 h. 30 à 18 heures ; e jeudi de 14 h. 30 à 16 h. 30, et sur rendez-vous.
- La Bibliothèque est ouverte chaque jour non férié, de 14 heures à 18 heures.
- Le Centre d’Etudes et de Recherches Documentaires est ouvert chaque jour ouvrable, de 9 heures à 12 heures (y compris le samedi matin), et de 14 heures à 18 heures, sauf le samedi.
- uv
- Pour les consultations d’Orientation professionnelle, adresser une demande de rendez-vous au Chef du Centre d’Orientation Professionnelle.
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- SOMMAIRE
- Pages
- I. — Gille : Essais sur l’Orientation professionnelle............... 1
- II. — Notes et Documents : Les essais d’interprétation factorielle du
- test d’habileté mécanique de Mac Quarrie. — Quelques données nouvelles sur l’utilisation du test d’association verbale. — L’utilisation professionnelle des épileptiques............. 9
- III. — A travers les Revues......................................... 12
- IV. — Informations................................................. iC
- V. — La Vie du Centre des recherches de l’I. N. 0. P................ 18
- VI. — L’Orientation Professionnelle à l’Etranger................... 22
- VII. — Correspondance............................................... 28
- VIII. — Causerie bibliographique .................................... 32
- Bulletin de l'Institut National d’Etude du Travail et d'Orientalion Professionnelle
- rédacteur en chef : Mme Henri PIÉRON SECRÉTAIRE DE LA RÉDACTION : M. M. REUCHLIN
- LES ABONNEMENTS PARTENT DU 1er JANVIER
- ABOIVIVEMEIVT :
- Pour la France.... 500 fr. \ Pour l'Etranger.......... 3 dollars
- Prix du numéro : 85 trnnc*
- Pour les anciens élèves de l’I. N. E. T. O. P. : 350 francs
- Prière d’adresser le montant des Abonnements au Compte Chèques postaux de l’Institut
- PARIS C/C 1444-79
- Pour tout ce qui intéresse le Bulletin adresser la correspondance à Mme Henri Piéron
- Les Abonnés nouveaux recevront les numéros de Vannée déjà parus au reçu de leur Abonnement
- Le Gérant : Paul Ar.io.
- AGEN. — IMPRIMERIE MODERNE, 43, RUE VOLTAIRE
- Dépôt légal 19i9. l!r trimestre. — N8 d’ordre 119.
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- MARS-AVRIL 1949
- N° 3-4
- 2e SERIE. — 5e ANNEE
- BULLETIN
- DE
- L’INSTITUT NATIONAL
- d étude du tr avail
- ET
- dORIENTATION
- PROFESSIONNELLE
- REVUE MENSUELLE
- AU SIEGE DE L’INSTITUT
- 41, Rue Gay-Lussac, 41 PARIS
- TOUS DROITS RESERVES
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-
- CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MÉTIERS
- Institut National cTEtude du Travail et d Onentation Professionnelle
- DIRECTEUR DÉLÉGUÉ
- M. Henri Piéron, professeur au Collège de France, directeur de l’Institut de Psychologie de l’Université de Paris, président de la Section des Sciences Naturelles de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes.
- COMITÉ DIRECTEUR
- Le Directeur du Conservatoire National des Arts et Métiers.
- Le Directeur délégué.
- M. IL Laugier, secrétaire général adjoint de l’O.N. U.
- M. P. Pouillot, inspecteur général honoraire du Travail.
- M. H. Wallon, professeur au Collège de France
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- 2® Série. 5* Année
- N» 3-4
- Mars-Avril 1949
- Bulletin de l’Institut National D’ÉTUDE DU TRAVAIL
- et
- D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- 0-
- DU ROLE DE L’AGE DANS L’ACTION DU MILIEU /< SUR LE DÉVELOPPEMENT MENTAL
- par
- Henri PIÉRON
- Pour pronostiquer une réussite en orientation professionnelle, on cherche à évaluer des aptitudes en se fondant sur le degré de réussite dans des épreuves appropriées. Ce degré de réussite se dégage d une comparaison avec une échelle préalablement étalonnée. 11 faut donc que 1 étalonnage convienne à une telle comparaison, et que, pour un enfant d’un âge donné, il se situe dans une population d’enfants du même âge et du même pays.
- Lorsqu’on veut évaluer l’aptitude « intelligence ». crui doit toujours être envisagée dans les pronostics d’orientation, on envisage souvent comme nécessaire que la population servant d’échantillonnage de comparaison soit prise dans le même milieu que l’enfant dont on veut situer la réussite, car, dans des milieux différents, les étalonnages se montrent différents. Tel individu peut ainsi se situer dans la première moitié d’un groupe et dans la deuxième d’un au-Ire. I) après la capacité observée, on conciliera dans un cas à une aptitude supérieure et, dans le second cas, inférieure à la moyenne, d’où un pronostic différent.
- , Comme on ne Peul atteindre directement l'aptitude, et qu’on ne i apprécie que par l’intermédiaire d’une capacité, résultante de facteurs multiples, parmi lesquels les influences exercées par le milieu où un enfant a vécu jouent un rôle essentiel, cette question de 1 échelle de comparaison est d’une importance indéniable.
- Pour le pronostic de capacités ultérieures, si nous avons affaire a une série d’adolescents provenant de divers milieux, plus ou moins favorables, destinés à être réunis, par exemple dans une euole technique, où ils subiront désormais les mêmes influences, devons-nous donc les comparer, chacun à une échelle établie dans leur milieu d’origine, où tous à une échelle commune ? •
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- Si l-o nouveau milieu peut effacer les inégalités dues à la seule influence du milieu préalable, c’est la première alternative qui doit convenir, mais si, au contraire les actions nouvelles ne peuvent que perfectionner à pou près également les capacités initiales, dont les inégalités sont devenues définitives, c’est à l’échelle unifiée qu’il faut faire appel.
- .Ceci pose la question du rôle que l’âge peut jouer dans l’action différentielle des milieux.
- Chez des adultes plus ou moins avancés en âge, alors que, loin de pouvoir envisager des progrès mentaux profonds, on ne peut plus s’attendre qu’à un certain déclin, il est bien certain que le milieu ne pourra plus agir que pour ralentir peut-être le déclin. Les précisions sont d’ailleurs difficiles à obtenir, car il faut faire appel à des épreuves dans lesquelles les routines automatisées ne permettent pas d’assurer la réussite, épreuves telles que les matrices progressives.
- Mais à partir de quel âge les actions, favorables ou défavorables, de milieux cultivés ou grossiers, citadins ou campagnards, sur le nivçau intellectuel, cessent-elles pratiquement de s’exercer ? Peut-on encore les envisager efficaces après l’âge où doivent se pratiquer les examens d’orientation, vers 14 ans ?
- A cet égard, les quelques données que l’on possède paraissent bién indiquer que l’influence du milieu, capitale au cours des premières années, devient assez rapidement négligeable.
- Bayley et Jones (1) ont examiné des enfants jusqu’à l’âge de 6 ans, et déterminé l’évolution du niveau de développement, moteur et mental (ave.c une échelle d’intelligence préscolaire) ; en établissant, d’après le degré d’éducation reçue, le niveau culturel de la mère, ils ont calculé des indices de corrélation entre le niveau mental des enfants à différents âges et ce niveau maternel. A 18 mois le coefficient n’est que de 0,12, mais il s’élève rapidement, atteignant 0,37 à 21 mois et 0,52 à 2 ans. Mais après cela, il n’y a plus de gain de parenté. A 5 ans, l’indice est de 0,50.
- Evidemment la considération de milieu réduite à la culture de la mère est bien étroite, et c’est dans le jeune âge que cette influence maternelle peut le mieux s’exercer.
- Mais on trouve dans le Yearbook de 1940 de la National Society des U.S.A. pour l’étude de l’éducation (2) toute une série d’études
- ( 1 ) N. Bayley et H. C. Jones : « Envlronmental correlates of mental and motor development : a cumulative study from infancy to six years », Child Development, 8, 1937, p. 329-341.
- (2) 37th Yearbook of the National Society for the Study of Education. Intelligence : its nature and nurture, 2 vol., 1940. C’est dans le 27th Yearbook de cette Société consacré jadis à cette question, qu’avaient paru en 1928 les plus importants travaux sur le rôle respectif de l’hérédité et du milieu en matière de capacités mentales en particulier ceux de Barbara Burks et de ‘Shuttleworth.
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- centrées sur la question de l’influence du milieu qui apportent des données assez exactes.
- 11 existe à Mooseheart une cité des enfants, avec un laboratoire dirigé par Martin L. Reymert, qui constitue un milieu excellent à tous points de vue, susceptible de favoriser tout particulièrement le développement mental, certainement mieux que tous ou presque tous les milieux familiaux d'où proviennent les enfants qui y sont placés.
- Les quotients sont déterminés à l’entrée et suivis au cours du séjour (au Binet-Stanford). Or Martin L. Reymert et R. T. Ilin-ton (1) ont examiné, chez 100 enfants pris.au hasard dans une séirie d'un millier, ce que devenaient les quotients d’après l’âge d’entrée.
- Voici les. résultats, en valeurs de O. I. :
- 30 enfants 40 enfants 30 enfants
- entrant entrant entrant
- de 3 à 6 ans de 7 à 9 ans de 10 à 14 ans
- Valeur initiale 96,66 96,32 92,0
- Valeur après 1 an 102,0 97,0 92,21
- Valeur après 2 ans ... 104,8 96,85 91,66
- Valeur après 3 ans ... 101,8 95,46 91,06
- Valeur après 4 ans ... 103,25 97,0 91,65
- On voit que, pour les enfants entrant avant 6 ans, à partir de
- 3 ans, il y a un gain notable les deux premières années ; le développement mental s’accélère et assure un niveau nettement supérieur à la moyenne. Mais, à partir de 7 ans, il semble que les jeux soient faits et que les niveaux relatifs se maintiennent, sans progrès autre que celui du développement normal avec l’âge.
- A l’Orphelinat, modèle de l’Université d’Iowa, on recueille des enfants provenant de milieux très défavorisés, appartenant à des familles misérables, où les parents comprennent en général des délinquants, des débiles, des aliénés.
- Or, selon les données recueillies par Skeels (1) d’après plusieurs travaux, pour 05 enfants entrant à l’Orphelinat entre 2 et G ans (3 ans 4 mois d’âge moyen) le 0.1. moyen, qui ne dépassait pas initialement 88,5, s’élève rapidement, atteignant au bout d’un an 98,5, avec les répartitions suivantes, en pourcentage.
- 0- I- • ..................... 70-80 80-90 90-110 110 et plus
- Distribution initiale........ 6,2 20 55,4 18,4
- — Après 1 an............. 0 17 56,9 26,1
- (1) Martin, L. Reymert et R. T. Hinton. — The effect of a change to a relativity superior environment upon the IQ of one hundred children. 37th Yearbook II, p. 255-268.
- (1) H. M. Skeels. Some Iowa studies of the mental growth of children in relation to differentials of the environment : a summary. 37th Yearbook, U.
- n 9Ri-5r>o
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- Le progrès se manifeste par une corrélation relativement basse entre le Q. I. initial et celui atteint au bout d’un an : 0,65.
- Chez 306 enfants placés très tôt, avant l’âge de 6 mois, on a, au bout de quelques années, un Q. I. moyen très élevé, atteignant 117,2, et montrant bien l’efficacité de l’action favorable du milieu à une phase précoce du développement.
- Et, en revanche, chez des enfants très jeunes, un milieu défavorable agit en sens inverse et réduit les capacités mentales, bien au-dessous de ce que les aptitudes congénitales auraient permis dans des conditions normales.
- Une expérience réduite, mais très significative tout de même, a mis ce fait en évidence. Deux groupes de 13 enfants provenant des mêmes milieux défavorisés, ayant un âge moyen de 19 mois, ont été placés, pour le premier à l’Orphelinat modèle d’Iowa, et, pour le second, dans un Orphelinat assurant une simple garderie, où les enfants se trouvent assez abandonnés. Le premier groupe avait le Q. I. moyen le plus bas, 65. Or, après deux années, ces enfants, confiés chacun à une jeune fille qui s’en occupait de façon continue, avaient atteint un quotient moyen de 91,8. Pour le second groupe, au contraire, le quotient initial, nettement plus élevé — 86,7 — s’était considérablement abaissé, réduit à 60,5.
- Ces données mettent bien en évidence l’efficience du milieu chez les enfants jeunes, au-dessous de 7 ans, efficience d’autant plus marquée que les enfants sont plus jeunes.
- Il est certainement difficile de préciser l’âge à partir duquel toute action de milieu deviendrait entièrement inefficace sur le développement mental, la décroissance étant certainement progressive, et devenant à coup sûr négligeable quand les progrès du développement se trouvent fortement amortis à la fin de l’adolescence. Mais les données de Reymert et Hilton indiqueraient un âge limite évidemment très précoce, autour de 7 ans.
- Cette limitation se trouve pourtant en accord avec les données que Shultleworth (1) a tirées de mesures pratiquées pendant dix années dans un centre de Harvard sur des enfants immigrés provenant du Nord de l’Europe. En comparant un groupe de 53 sujets provenant de milieux sociaux élevés (des niveaux 1 et 2 sur une échelle de 5 degrés) et un groupe de 131 provenant des milieux inférieurs (niveaux 4 et 5), on trouve que la différence des Q. I n’est pas modifiée entre 9 et 18 ans, alors que persiste pendant toute l’adolescence la communauté de milieu qui pourrait avoir une action unificatrice. Cette différence est de 11,5 à 9 ans, 11,2 à 12 ans, 11,4 à 15 ans, 12,9 à 18 ans. Elle ne s’est atténuée qu’entre 8 et 9
- (1) P. K. Shuttleworth. The cumulative influence on intelligence of so-cio-economic difïerentials operating on the same children over a period of ten years. 37 th Yearbook II, p. 175-180.
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- ans, (14,2 entre 109,3 et 95,1 à 8 ans, 13,2 entre 109,2 et 96,0 à 8 ans et demi). Ainsi c’est à la rigueur jusqu’à 9 ans qu’on pourrait escompter une amélioration du Q. I.
- Nous sommes loin de l’âge de 14 ans, où se fera l’orientation.
- On peut penser que les actions modificatrices sociales s’exercent essentiellement dans la phase de croissance cérébrale où la plasticité organique reste grande. Et l’on sait déjà que l’acquisition du langage, si facile entre 3 et 7 ans, devient problématique quand la période critique est passée. Toutes les observations d’enfants sauvages, d’ «enfants loups» qu’on s’est efforcé d’éduquer quand ils ont été trouvés après 8 ans, s’accordent pour montrer combien réduites ont été les possibilités d’acquisition verbale. Il y a là un échec très significatif d’une des actions les plus manifestes du milieu social. Et, chez des singes, on a mis en évidence l’effet d’une privation de la fonction visuelle à partir de la naissance, pendant les deux premières années, effet qui compromet définitivement l’exercice normal de cette fonction quand on lui permet ensuite de s’exercer.
- Les atrophies par défaut d’usage deviennent pratiquement définitives quand la plasticité des centres cérébraux en plein développement s’est amortie.
- Nous sommes donc amenés à conclure qu’en dépit des rectifications que la considération des différences de milieu peut théoriquement apporter à une évaluation rétrospective des aptitudes congénitales, lorsqu’on doit en pratique faire un pronostic de capacité, on n’a plus à tenir compte de ces différences de milieu. C’est l’état, actuel qui compte seul. Même si un jeune paysan élevé jusqu’à 14 ans dans une région montagneuse assez isolée se classe dans le premier décile pairmi ses condisciples, on ne peut pour cela prédire qu’il réussira dans des études supérieures, c’est son rang dans une échelle étalonnée sur un échantillon très large de population qui seul permettra un tel pronostic, lorsqu’il sera suffisamment élevé.
- Mais, en matière sociale, on doit songer à assurer très tôt des conditions favorables au développement intellectuel. C’est vers l’Age de 2 à 3 ans que l’on a le plus de chances de permettre aux aptitudes congénitales de donner tout leur rendement grâce aux influences qui s’exerceront au cours des années suivantes.
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- UN TEST DE PUZZLE
- L’OVALE
- par
- Madame Henri PIÉRON
- Ce test consistait en dix petits morceaux de bois présentés toujours dans lé même ordre sur un carton de présentation muni de formes creuses dans lesquelles chaque petit morceau de bois s’encastrait exactement ce qui évitait l’influence du hasard de présentation celle-ci étant forcément toujours la même.
- La lettre H sur le carton marquait le haut (fig. 1).
- Figure 7
- L’ovale reconstitué se trouve sur la figure 2.
- Ce lest fait appel à l’imagination spatiale, pour essayer de se représenter la figure que l’on doit pouvoir faire, et à la rapidité motrice pour 1 exécution de la tâche après que l’enfant a su ce qu’il devait faire.
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- Technique de présentation
- Qn dit à l’enfant : Voici des morceaux de bois que l’on peut assembler les uns avec les autres.
- Regardez-les bien et essayez de deviner quelle forme ils donneront après avoir été réunis.
- On les laisse réfléchir deux minutes et l’on note leur réponse.
- Si celle-ci est incorrecte ou si l’enfant ne voit rien du tout on lui dit : Bon, eh bien La forme obtenue doit être un ovale.
- Figure 2
- Faites l’assemblage de vos morceaux aussi vite que vous le pourrez pour obtenir cet ovale.
- N’oubliez pas que toutes ces pièces s’ajustent les unes aux autres très exactement et qu’il me doit pas y en avoir de mises à l’envers.
- « Attention : Commencez ».
- Noter en secondes le temps mis pour obtenir très exactement l’ovale. On arrête l’enfant au bout de 15 minutes s’il n’a pas terminé et l’on noie le nombre de pièces correctement assemblées.
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- Les sujets
- L’application fut faite sur 1.020 sujets de 11, 12, 13 et 14 ans, dont 64.0 garçons et 380 filles.
- Ce sont les âges de 13 et 14 ans qui fournirent le plus de sujets dans un sexe comme dans "antre (11 et 12 ans donnent 204 sujets pour les garçons et 86 pour les filles, alors que pour 13 et 14 ans nous avons 436 garçons et 294 filles).
- — Les résultats
- Voici les moyennes des temps mis :
- GARÇONS AGES FILLES
- 360 secondes 11 ans 350 secondes
- 421 sec. 7 12 ans 394 sec. 5
- 487 sec. 6 13 ans 432 sec. 6
- S31 sec. 7 14 ans 417 sec. 7
- 472 sec. 9 Moyenne générale (tous les âges réunis) 414 sec. 31
- Il ressort de ces chiffres d’une façon très nette :
- 1° les filles sont plus rapides que les garçons pour cet assemblage.
- 2° la lenteur chez les garçons comme chez les filles augmente avec l’âge et d’une façon très régulière (sauf chez les filles entre 13 et 14 ans).
- Cette lenteur masculine se marque encore si l’on considère le nombre de sujets avant été arrêtés au bout de 15jninutes par l’expérimentateur.
- Il y eut 3,5 °/0 de garçons éliminés de ce chef et 1,28 ”/„ de filles.
- Si nous essayons, éliminant le temps mis, de voir si les sexes offrent d’autres différences, nous pouvons relever âge par âge, et sexe par sexe le nombre d’enfants ayant reconnu seuls que la figure doit faire un ovale ou un rond c’est-à-dire une figure à con-
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- Nous trouvons les chiffres suivants qui paraissent marquer une forme d’imagination.
- GARÇONS % de formes exactement reconnues AGES FILLES °/0 de formes exactement reconnues
- 74,49 11 ans 92,30
- 70,42 12 ans 83,33
- 74,76 13 ans 75,67
- 74,75 14 ans 87,69
- 73,75 •/o Moyenne générale °j0 82,63 */.
- Nous retrouvons là encore une supériorité chez les filles (82,63 f'/„ au lieu de 73,75 "/„ chez les garçons) mais il n’y a plus nettement la supériorité des plus jeunes sur Les aînés surtout chez les garçons.
- Etalonnage des valeurs
- Si nous éliminons les enfants de 11 ans pour réunir dans un seul étalonnage les enfants en âge de se présenter dans un centre d’orientation (12, 13 et 14 ans, soit 354 filles et 578 garçons) nous obtiendrons les étalonnages ci-dessous. ; le temps record étant marqué en secondes :
- 1 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
- Garçons O O 141 248 352 397 472 548 601 647 732 plus de 900
- Filles 100 149 242 298 351 405 450 552 649 750 plus de 900
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- NOTES ET DOCUMENTS
- Une conception ambiguë de la psychotechnique
- On peut prendre à l’égard de la psychologie, et de ses applications qui constituent le domaine de la psychotechnique, deux attitudes bien différentes. Certains psychologues pensent que. la seule méthode de travail susceptible de préciser progressivement nos moyens d’investigation consiste à décrire quantitativement le comportement des individus, à émettre en partant des faits ainsi décrits des hypothèses psychologiques, sous forme mathématique, et à vérifier ces hypothèses en confrontant statistiquement leurs conséquences avec les faits observés.
- Une telle mise au point progressive de nos moyens d’investigation n’exclut pas l’utilisation pratique de ces moyens sous leur forme actuelle. Cette utilisation consiste à recueillir tout d’abord des faits avec toute la précision possible dans l’état actuel de nos techniques ; et ensuite, dans une seconde phase, qui relève de l’art plus que de la science, à faire une synthèse de tous les faits recueillis afin de donner la solution la meilleure à un problème pratique, précis.
- D’autres psychologues pensenL que l’emploi du nombre, des mathénlatiques, de la statistique est illégitime en psychologie. Seule une « intuition qualitative et originale » nous permettrait de recueillir des faits ayant une signification psychologique. C’est là une opinion que nous ne partageons pas, mais qui a le mérite d’être nette et par conséquent de permettre une discussion et,, à notre avis, une réfutation claires.
- M. Charles Dietrich, dans la « Clinique psychotechnique » (Dervy éditeur) prétend faire une synthèse de ces deux attitudes. La clinique, écrit-il, « est la voie du juste milieu, celle qui se met entre l’absolutisme scientifique et rationaliste du behavioriste intransigeant et l'imagination effrénée des intuitifs qui essayent de peindre des personnages au gré de leur humeur et de leur goût. » (150) (1).
- Une telle synthèse, en admettant qu’elle soit possible, constituerait une tentative très intéressante. Malheureusement, elle n’est même pas esquissée dans l’ouvrage de M. Dietrich, ouvrage qui se présente en fait sous la forme d’une suite de propositions contradictoires, les unes empruntées à une psychologie intuitive qui a manifestement toute la sympathie de l’auteur, les autres à une psychologie scientifique mal connue et mal interprétée.
- Il nous sera facile de souligner les contradictions du texte, de montrer que les critiques adressées à la méthode scientifique ne reposent que sur une méconnaissance de ses techniques et de ses principes, qui ne peuvent se concilier en aucune façon avec la méthode préconisée par M. Dietrich.
- Les contradictions sont nombreuses, tant dans le détail des techniques, que dans l’énoncé des principes sur lesquels ces techniques reposent.
- L’auteur reproche à un test de « mémoire concrète » de M me Pié-ron d’avoir « une consigne svbilline », et l’oppose à un test du Doc-
- (1) Les nombres entre parenthèses renvoient aux pages de l’ouvrage cité
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- leur Carrard, le test des plaquettes, dans lequel « le sujet sait parfaitement le pourquoi et le temps d’observation, ce qui lui sera demandé de faire par la suite » (53). Mais ce même A. recommande plus loin un test dit « de notation », inspiré de Mme Bourdel, dans lequel quatre colonnes de mots sont présentées au sujet. « La première colonne vise des buts, la deuxième des moyens, la troisième est consacrée à des qualités ou des défauts, la quatrième est surtout chargée d’affectivité ». Et l’auteur ajoute en note : « Il est à remarquer que le sujet ne connut! pus celte classification théorique. » (74). Plus loin encore, l’auteur présente une modification de la consigne du Wiggly : « Nous avons donné au sujet le bloc en observation pendant 30 secondes... » et, là aussi, il ajoute en note : « Sans cependant lui dire le temps accordé à l’observation. » (92).
- Voici un autre exemple de contradiction dans le domaine technique. Comment les faits doivent-ils être décrits ? Voici les réponses successives de l’auteur :
- « 11 ne s’agira donc en aucune façon de faire dire aux épreuves ce que l’on voudrait leur faire dire ou interpréter les faits et gestes de l’individu suivant notre façon de voir, d’agir, de comprendre et de sentir » (35).
- « Ce n’est pas du reste un rapport de juge de paix, mais l’impression produite qui lui est demandée {au clinicien) et son jugement se porlera non pas sur une note mais sur la somme des impressions vécues. » (34).
- Il ne reste plus au lecteur qu’à Chercher comment des « impressions vécues » peuvent être indépendantes de « notre façon de voir, d’agir, de comprendre et de sentir ».
- Les principes sur lesquels reposent les techniques cliniques sont aussi riches en nuances que ces techniques mêmes.
- La mesure est-elle utilisable, en psychologie ? 11 arrive à l’auteur de le nier, soit de son propre chef, soit de l’avis du Docteur Carrard. C’est ainsi qu’il écrit : « Pour ces mêmes raisons, l’esprit, intimement lié au caractère, ne tombe pas sous le coup de la mesure et l’échelle métrique du niveau mental n’est elle-même qu’une mesure imprécise et grossière » (61). Il cite également le Docteur Carrard, qui lui écrivait : « Je vous demande par conséquent avec insistance de supprimer totalement ces essais d’étalonnage psychologiquement et pratiquement faux » (39). Mais, le plus souvent, l’auteur soutient que « la méthode clinique n’est, en aucune façon, hostile au chiffre et à la mesure — comme le prétendent nos détracteurs — mais elle accepte volontiers l’enregistrement et l’étalonnage chaque fois que ceux-ci s’imposent d’eux-mêmes et permettent de donner aux performances tout leur sens et que leur portée est susceptible d’être objectivement appréciée » (113). C’est le cas sans doute pour des tests tels que les plaquettes (54, note 4) ou baguette (113) que l’auteur a étalonnés contre l’avis formel, du docteur Carrard, mais nous avouons ne pas avoir compris ce qui distingue ces tests que l’on peut étalonner, d’autres tests qui ne doivent pas l’être.
- La psychotechnique, en fin de compte, doit-elle être scientifique ? Il ne le semble pas tout d’abord. « On avait tort de chercher à introduire en psychologie une réponse scientifique à l’instar des sciences naturelles » (27). Mais, huit lignes plus bas, se précise ainsi sa pensée ; « L’examen psychotechnique devra donc consister en une observation scientifique du comportement (intellectuel, caractériel,
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- manuel...) (27). Et il conclut enfin « malgré le jugement sévère de Lahy, nous ne croyons pas « scientifique » en cette matière, de suivre le progrès scientifique » (144).
- Tout au long de ces contradictions, l’auteur ne tient pas cependant la balance égale entre les deux tendances dont il prétend faire la synthèse. Ses concessions relatives aux mesures et aux étalonnages semblent faites surtout pour essayer d’éviter certaines critiques, et dissimulent mal son hostilité à l’égard de la psychologie scientifique (en employant cet adjectif autrement que par antiphrase). Or, il semble bien qu’il ne connaisse guère les techniques de cette psychologie scientifique, et qu’il en ait mal compris les principes.
- Son manque d’information n’échappera pas au lecteur attentif. Le calcul des corrélations, pour lui, « essaye de corriger l’incertitude des mesures » (25).
- Binet, Simon et Termann (sic) sont parait-il arrivés « à déterminer l’âge intellectuel d’un sujet et savoir si. son quotient intellectuel est en avance ou en retard par rapport à son âge réel » (61).
- Il détermine une seule épreuve de la sensibilité (101) avec un appareil ressemblant-au gravimètre de Piéron. C’est après lecture de deux ouvrages de cet auteur qu’il a, nous dit-il, adopté la méthode suivante. Le seuil moyen est la moyenne de deux valeurs. La première valeur est une erreur moyenne calculée sur quatre déterminations. La deuxième valeur basée sur un procédé intuitif du Docteur Car-rard qui définit une zone d’insensibilité à la pesanteur, semble calculée d’après une méthode rappelant la méthode constante.
- L’auteur prête enfin au Docteur Lagache cette idée que « si le facteur G était ramené non à l’intelligence générale, mais à la fonction synthétique de la personnalité, la corrélation du nombre d’aptitudes spéciales avec G augmenterait » (149).
- Tout cela est très exactement dénué de signification.
- Il a de même une conception tout h fait erronée des applications pratiques de la méthode scientifique. Pour les psychologues scientifiques, la personnalité n’est pas « une somme de faits psychiques, considérés comme isolés et matériels » (24). Il n’est que de lire l’article d’H. Piéron « La notion des types d’intelligence en théorie et en pratique » dans l'Année Psychologique de 1936, pour s’en convaincre.
- Ils n’ont jamais prétendu « vouloir obtenir la réponse juste » d’un sujet subissant un test d’intelligence (63).
- Ils n’ont jamais essayé de concilier le côté social et humain avec « les exigences scientifiques » sans faire appel à la clinique » (132). Tirer la conclusion d’un dossier contenant, entre autres, des renseignements obtenus par des techniques scientifiques, est une tâche délicate que les Conseillers d’O.P. ne mènent à bien que grâce à leur sens social et à leur intuition humaine.
- Il est parfaitement inutile « de prévoir la nature psychologique véritable de ces épreuves (les tests) » (144) avant de les utiliser pratiquement, si nous avons constaté par l’expérience une liaison entre les résultats aux tests et les résultats professionnels par exemple, que nous sommes chargés de prévoir.
- L’auteur reproche enfin aux scientifiques de ne pas observer le comportement au cours des tests. Le reproche ne vaut guère quand il s’applique à un test collectif de Mme Piéron opposé, pour les besoins de la cause, à un test individuel du Docteur Carrard (51 et suivan-
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- tes). Mais il vaut moins encore quand il s’applique à un test individuel comme le Wiggly (94) au cours duquel, bien entendu, les orienteurs observent et ont toujours observé le comportement du sujet. Cette observation du comportement est si peu négligée qu’elle a donné lieu à des travaux de C. Chauffard (BINOP 7-8 et 9-10 de 1947, Travail Humain 3-4 de 1948) et que d’autres travaux sont actuellement en cours sur le même thème au Centre de Recherche de l’INOP.
- Est-ce à dire que la méthode scientifique est identique à celle de M. Diétrich ? Certainement pas, mais le désaccord est plus fondamental que cet auteur ne semble penser. Il porte en réalité sur ce fait que les psychologues scientifiques appliquent seuls cette méthode expérimentale, dont l’auteur se réclame à tort par endroits, ce qui les amène à utiliser le nombre, les mathématiques, les statistiques en un sens qui semble avoir échappé à l’auteur.
- Il invoque souvent Cl. Bernard, et il. jorésente sa méthode clinique comme une application des idées de ce maître, de la méthode expérimentale. Or, la méthode expérimentale peut se schématiser en trois phases : observation objective des faits, hypothèse vérifiable expérimentalement, confrontation des résultats de l’expérience objectivement enregistrés avec l’hypothèse qui est alors confirmée ou rejetée.
- Dans la méthode clinique telle que la conçoit M. Diétrich, l’observation des faits n’est pas objective, l’hypothèse n’est pas vérifiable expérimentalement, la confrontation de cette hypothèse avec les faits n’a pas lieu.
- Nous avons déjà fait une citation dans laquelle l’auteur réclame aux psychotechniciens des « impressions vécues ». Voici une autre citation : « Il s’agit de juger les divers « moi », à chaque instant créés par le « je » et seule l’intuition, recoupée par les tests, avec la sûreté de l’instinct, saisira le tout complexe et nuancé, qualificatif et vivant de l’homme » (34). S’en remettre ainsi à la « sûreté de l’instinct » semble difficilement conciliable avec une attitude objective.
- Par ailleurs, les hypothèses émises par l’auteur ne semblent pas vérifiables expérimentalement. Par exemple, il nous décrit trois méthodes adoptées par trois groupes de sujets pour assembler un puzzle (« casse-tête »), sous les initiales A, B, et Ca. Il dit ensuite : « Au point de vue caractériel, les sujets décrits sous A, B, ou Ca présentaient une grande prudence et dans leur jugement et dans leur caractère. Objectivité, adaptation rapide aux personnes et aux circonstances les plus variées, maîtrise de soi, docilité et esprit de discipline, décision, sens de l’organisation, de l’agencement et de la combinaison d’un mécanisme, initiative sont leurs qualités principales » (88). Nous supposons que cette énumération de traits de caractère peut être prise comme une hypothèse suggérée par la conduite des sujet dans l’épreuve. L’expérience consisterait à avoir un critère extérieur pour chacun de ces traits et à vérifier que les sujets adoptant les méthodes A B, ou Ca dans les tests possèdent, dans la critère, les traits énumérés. Le nombre et la complexité de ces traits excluant toute possibilité d’une telle expérience. Le but que s’assigne l’auteur est trop ambitieux pour qu’il puisse être atteint par la méthode expérimentale. « Les conclusions données devront expliquer tous les faits et gestes du sujet » (37).
- Quant à la troisième phase, celle de la confrontation de l’hypothèse avec les faits objectivement observés, l’auteur n’en nie pas la nécessité. « Qui dit hypothèse dit opinion à éprouver, à confirmer,
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- à enrichir, au besoin à modifier, le cas échéant, à abandonner » (35). Mais en fait, cette phase de vérification n’existe pas dans les conseils de travail qu’il donne : « Observer, noter des faits, décrire des comportements, récapituler et à l’aide des comportements dominants, induire quelles sont les caractéristiques de l’individu étudié, voilà le travail du clinicien » (31). L’expérience n’a pas pour lui de caractère crucial, et n’est que l’occasion d’observations nouvelles, susceptibles de provoquer de nouvelles hypothèses, suivies de nouvelles expériences, et ainsi de suite (32). On voit bien que, par une telle méthode, les hypothèses se succèdent indéfiniment sans jamais être susceptibles d’être confirmées ou infirmées.
- Et en fait il ne peut pas en être autrement, puisque l’auteur a émis de nombreuses réserves à l’emploi du nombre, des mathématiques et de la statistique en psychologie. Il fait du chiffre « une science auxiliaire de la psychologie » (37). Nous préférons de beaucoup la conception de Thurstone, qu’il a exprimée dans, son article « Psychology as a quantitative rational science» (Science, Mars 1937 : Le chiffre n’est, qu’un moyen de description du comportement. Les mathématiques ne font que nous fournir une langue commode pour émettre des hypothèses psychologiques. Mais les désaccords entre cette hypothèse et les faits deviennent contrôlables. La statistique nous permet de savoir si ces désaccords peuvent être attribués à des facteurs fortuits ou si leur importance est telle que l’hypothèse soit à rejeter. Les mathématiques n’ajoutent rien à la vérité des hypothèses émises. Mais elle sont la seule langue permettant la confrontation effective de ces hypothèses avec les faits. En rejeter l’emploi, c’est par là même écarter toute possibilité de vérification, ce qui laisse le champ libre à toutes les fantaisies.
- M. Rbuchi.in.
- i *
- * *
- Du déclin précoce de la capacité mentale éprouvée par les matrices progressives
- Raven a établi un étalonnage par âge de ses matrices progressives, en même temps que du test de vocabulaire de Mill Hill, dont la corrélation, au-dessous de 30 ans, est de 0,60 avec les matrices, pour tomber à 0,44 au-dessus de 50 ans (1). Le désaccord progressif n’est pas pour étonner, car, en matière de vocabulaire, on a moins de chances de déclin avec l’âge (2).
- De fait, l’étalonnage comparé montre bien un désaccord croissant, comme l’indiquent les chiffres suivants concernant le score du 50e centile.
- Age 6 10 14 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65
- Matrices 43 30 44 44 44 42 40 38 35 33 30 27 24
- Vocabulaire 11 23 38 51 58 58 58 58 58 — 55 —- 52
- (1) Cf. J. C. Raven. The comparative assessment of intellectual ability.
- British J. of Psychol., 39, 1949, p. 12-19 ; et Guide to using progressive matrices.
- (2) Le test de Mill Hill est cependant donné comme un test valable d’intelligence, ayant avec le Terman une corrélation de 0,926 (150 enfants de 6 à 13 ans), les matrices en ayant une de 0,855. Mais l’élément verbal acquis joue dans le Terman un rôle important.
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- Pour le vocabulaire, une certaine régression se marquerait après 50 ans, ce qui est déjà surprenant ; toutefois au 90e centile, il n’y aurait aucune régression (73 à 30 ans et à 65), et au 95e il y aurait encore léger progrès (76 à 30 ans, 77 à 65). Mais, pour les matrices, il est vraiment surprenant de voir un déclin survenir déjà entre 25 et 30 ans (môme au 95° centile où le score passera de 55 à 54, s’abaissant à 42 à 65 ans) ; et, à 65 ans le score, pour tous les centi-les, rejoint celui qui est atteint à 9 ans.
- On peut se demander, étant donné les difficultés d’étalonnage chez les adultes, si l’échantillonnage était satisfaisant. Or le test a été appliqué à 1.047 ingénieurs, 1.145 travailleurs des Postes et 920 employés de commerce entre 14 et 65 ans, c’est-à-dire à des groupes relativement cultivés, et le défaut est, à l’inverse de ce qu’on pouvait supposer, de ne pas comprendre d’individus appartenant aux groupes de moindre culture, manœuvres, ouvriers agricoles, etc.
- Des données complémentaires fournies par l’expérience de guerre, dont la publication vient d’être autorisée, et concernant les examens de 89.764 candidats au recrutement naval, confirment pleinement ce début du déclin à 30 ans et même plus tôt (avec les matrices utilisées à temps limité de 20 minutes) (1).
- Le pourcentage d’individus atteignant divers niveaux du score (de 15 à 50 ou plus) est fourni pour 4 groupes d’âge dans 12 groupes professionnels d’après le méfier des recrues.
- Or voici, en moyenne, pour l’ensemble, la proportion de ceux qui ont atteint les scores supérieurs, au-dessus de 40, de 45 et de 50.
- Age 50 + 45 + 40 +
- 17-19 ans 3,5 16,6 41,7
- 20-29 ans 3,3 14.8 38,0
- 30-39 ans 1,4 7,2 24,1
- 40-49 ans 0,5 4,0 15,3
- C’est entre 30 et 35 que se fixerait à peu près le score du 50° centile, d’après ces données de Vernon, pour les hommes de 40 à 49 ans, comprenant cette fois un échantillonnage où font défaut les milieux les plus cultivés (54,3 % atteignant ou dépassant le score 30 et 33,5 % seulement atteignant ou dépassant le score 35).
- Raven trouve, dans son étalonnage, 38 à 40 ans, 35 à 45 ans, 33 à 50 ans. La différence de l’échantillonnage peut rendre compte de l’écart absolu, peu important en somme, des deux séries de données, avec un parallélisme général de l’évolution.
- Toutefois, dans la précocité plus grande encore du déclin d’après les résultats de Vernon, il faut tenir compte du fait que les matrices avaient été utilisées à temps limité, tandis que dans l’étalonnage de Raven, il n’y avait pas de limitation de temps. Or la rapidité est le facteur qui décline le plus tôt et le plus nettement avec l’âge.
- Ainsi une opération de pensée-exigeant des raisonnements analogiques, sous une forme qui n’est pas usuelle, paraît bien devenir déjà moins aisée à partir d’une trentaine d’années !
- H. P.
- (1) Ph. E. Vernon. Occupational norms fo'rm the 20-minute progressive matrices test. Occupational Psychology, 28, 1949, p. 58-^59.
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- L’orientation des retardés scolaires d’après le Docteur Le Moal
- Examinant l’important problème de l’orientation des arriérés in tel-, lectuels (1), le Docteur Le Moal classe ceux-ci en trois catégories : les éducables (à 2 ou 3 ans de retard), les semi-éducables (ayant 3 à 5 ans de retard), les inéducables (à plus de 5 ans de retard), imbéciles ou idiots.
- Quand le retard scolaire est bien dû à l’insuffisance intellectuelle, trois principes sont posés :
- " 1° « Plus tardive sera l’orientation, plus douteux sera le pronostic individuel et social ».
- 2° « Il faut développer au maximum la motricité et tout spécialement l’habileté manuelle ».
- 3° « Le retardé intellectuel, si l’on veut qu’il progresse, doit bénéficier d’une pédagogie appropriée ».
- Il faut créer, en conséquence, des centres de formation spécialisés, et distincts pour les éducables et les semi-éducables.
- En ce qui concerne l’orientation elle-même, le Docteur Le Moal donne les indications suivantes :
- « L’orientation professionnelle du retardé intellectuel est par certains côtés plus facile que celle des normaux. En effet, la gamme des métiers possibles est plus restreinte, les goûts du sujet habituellement plus imprécis, à moins qu’on ne se heurte comme il arrive quelquefois, à un entêtement obstiné.
- « Nous ne pouvons donner une liste complète des métiers susceptibles de convenir aux retardés intellectuels. Contentons-nous d’en citer quelques-uns : pour les garçons : menuiserie, cordonnerie, gai-nerie simple, vannerie, cannage, brosserie, peinture-vitrerie exercées à la campagne, aide-jardinier, garçon de ferme, garçon boucher, maçonnerie, manœuvre, etc. ; pour les filles : blanchisserie, repassage, stoppage, remmaillage de bas, broderie d’uniforme, fleurs artificielles, plumes, giletière, culottière, tricot, tissage, vannerie, parapluies, manutention.
- « C’est le niveau mental et le degré de débilité motrice, appréciés soit cliniquement, soit nu moyen de tests moteurs simples (Heuyer-Raille, Ozeretski), qui décideront du choix, étant bien entendu que les contre-indications médicales habituelles doivent être respectées s’il y a lieu : insuffisance musculaire pour le manoeuvre, insuffisance oculaire pour la brodeuse d’uniforme, comitialité ou daltonisme pour la peinture, etc.
- « Certaines occupations particulièrement dangereuses au physique ou au moral doivent être proscrites ; les dernières en raison de la suggestibilité fréquente du débile et malgré le peu d’aptitudes qu’elles exigent. Pour les garçons : groom, livreur en sont des exemples typiques ; pour les filles : serveuse de restaurant ou de café.
- « Souvent il y a intérêt à ce que la tâche à laquelle va s’adonner
- (1) Sauvegarde, 1948. N» 26-26, p. 3 à 20.
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- le retardé intellectuel soit semi-sédentaire. On risque, en effet, si le travail s’effectue assis et s’il est monotone (l’ouvrage étant simple, et l’automatisme utilisé au maximum) de le voir céder à l’a endormissement » : la répétition de menus gestes l’assoupit, le rendement baisse et rapidement c’est le renvoi. Certaines épreuves comme celle de la a souricière », fastidieuse pour le sujet, et aussi pour l’examinateur si on la prolonge, peuvent au moment de l’examen d’orientation professionnelle aider à apprécier la résistance à l’endormissement ».
- Et, pour réaliser l’apprentissage, sont, donnés des conseils généraux et sont indiqués les établissements utilisables en France, tout en- soulignant la difficulté du choix.
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- A TRAVERS LES REVUES
- Au sommaire du Travail Humain de janvier-juin 1949 (XX, 1-2) on trouve : R. Bonnardel, La psychométrie et la prévention des accidents (importance du facteur a intelligence concrète »). J.-M. Faverge, Etude de perforeuses mécanographes. Ch. Chandessais : application du lest sociométrique de Moreno. S. Pacaud : Recherches sur le travail des téléphonistes. A.-K. Kurtz : Une expérience pour éprouver le lest de Rorsehach. R. Bonnardel : Sur la signification de la méthode d’observation au cours du passage d’un test. Examens psychométriques et promotion ouvrière. Appréciations professionnelles et notations psychométriques. P. Goguelin : Calcul rapide du coefficient de corrélation liant deux séries de valeurs.
- L)ans le Journal o/ Consulting Psychology (X11, 6, novembre-décembre 1948) nous relevons les études suivantes : de Lee J. Cron-bach, la validation des études qualitatives de personnalité ; de W.-D. Altus, la corrélation du Rorsehach et de l’échelle de schizophrénie du groupe M.ÎVl. P.I. (Minnesota multiphasic Personnalitv Inventory) chez des étudiants normaux ; de Grâce M. Thompson, une même étude de corrélation du M.M.P.I. avec certaines réponses de mouvement au Rorsehach, et de .Terry Clark, avec des réponses de couleur ; de H.-F. Hunt, un examen de l’effet d’une déception délibérée sur le M.M.P.I. ; de J. Brozek et Nany Keelv Erickson une analyse des items du M.M.P.I. ; de S.-G. di Michael, la détermination — très succincte — des caractéristiques d’un rapport psychologique tel que devrait l’établir un conseiller d’O.P:
- Dans Psychometrika de décembre 1948, nous trouvons une note de L.-H. Tucker sur le calcul d’une table d’inter-corrélations, un examen des chances d’erreur dans l’analyse factorielle par D.-R. Saun-ders, un monogramme de Max Hamilton pour le coefficient de corrélation tétrachorique, une recherche sur la validité d’un test de persévérance au point de vue de la prédiction du succès académi-
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- que, dont J.-W. Frêneh conclut que, tout en étant encourageants, les résultats ne sont pas suffisamment nets pour justifier son intégration dans une batterie utilisée à l’entrée du collège.
- Le Journal of Personality de juin 1948 (XVI, 4) contient, entre autres, un examen de la difficulté relative des items du Stanford-Rinet en relation avec l’I.Q. par A.-L. Baldwin (les plus faciles poulies bas 10 étant plus réalistes et moins intellectuels que les plus faciles pour les 10 élevés), une étude sur la relation des somatoty-pes et psychotypes de Sheldon par C.-C. Seltzer, F.-L. Wells et E.-B. Mc Ternan (montrant une forte association entre cérébrotonie et ectomorphie (42 cas sur 50), une appréciation du rôle du TAT dans le diagnostic et la thérapeutique, une étude de B.-B. Cattell sur les facteurs primaires de la personnalité fil facteurs dégagés de 48 tests, dont 30 nouveaux).
- Dans VAmerican Journal of Physical Antliropology de mars 1947, Thurstone a donné les résultats d’une analyse factorielle de 17 mesures anthropométriques de Rees et Eysenek, aboutissant à 7 facteurs (taille, longueur du tronc, largeur de la poitrine, etc...).
- Le Journal of educational Psychology de novembre 1948 publie une étude de Ch.-W. Harris et Dorothy M. Knoell sur la solution oblique dans l’analyse factorielle, montrant qu’il n’y a pas accord entre la méthode de Thurstone et celle d’Holzinger pour cette solution.
- Une recherche sur des critères du leadership exposée par L.-F. Carter et Mary Nixon dans le Journal of Psycholoyy de janvier 1949 (t.. 27, n° 1) a porté sur la confrontation du comportement de couples d’étudiants suivis à leur insu au cours de trois tâches communes distinctes (traduction graphique de données, classement alphabétique de cartes portant des noms, assemblage mécanique), de l’opinion du groupe d’ensemble, à la majorité, de renseignements sur l’activité, et de l’opinion générale de deux juges ; de cette confrontation il ressortirait que dons les deux premières tâches les manifestations s’accorderaient sur la valeur du leadership, mais non en ce qui concerne la troisième.
- Dans son numéro de décembre 1948, le Journal of applied Psycholoyy contient, entre autres, les articles de E. Ghiselli et C.-N. Brown sur l’utilité des tests d’intelligence dans la sélection de travailleurs (employés de commerce, ouvriers qualifiés, semi qualifiés, non qualifiés, etc.) ; de W.-T. Mc Elheny sur deux techniques pour la mesure de la compréhension mécanique (assemblage mécanique de Purdue et forme AA du test de Bennett) ; de C.-E. Jurgensen sur les normes du test de compréhension mécanique de Bennett, forme BB ; de M. Hermann et R.-B. Hackman sur les scores au Wechsler Bellevue et au test de maturité mentale de Californie chez les vétérans. de l’Armée examinés au centre d’Orientation de la Temple University.. ,
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- Le Bolctin del Instituto psicopeclagocico national du Pérou (t. III, n° 2, 1948) contient deux intéressantes études, l’une de W. Blumen-feld, sur la tendance à l’introversion dans la jeunesse péruvienne, d’après les données de l’inventaire de la personnalité de Bernreuter, sur 2.171 sujets de 16 à 21 ans (introversion beaucoup plus marquée qu’aux U.SA. et plus forte chez les filles), l’autre de Graciela Vera Porto-Carrero de Linares sur le développement du dessin imitatif dans la population féminine de Lima.
- Sauvegarde (novembre-décembre 1948) publie une étude du Docteur Le Moal sur les problèmes d’orientation chez les retardés scolaires et les déficients intellectuels, un essai sur l’utilisation des tests affectifs en neuropsychiatrie infantile de Nicole Angoulvent, (fables de Louisa Düss, histoires à compléter de Madeleine Thomas, T.A.T.), enfin la présentation par Mireille Monod d’un ouvrage de Bose Alschulcr et de Berta Weiss Hattwick (Peinture et personnalité chez les jeunes enfants), et par Raymonde Narlian du livre de Susan Isaacs sur le développement social des jeunes enfants.
- Dans les Documents militaires du 25 décembre 1948, 10 et 25 janvier 1949, le chef d’escadron Chandessais a continué et terminé l’ensemble de ses articles sur les sciences de l’homme et l’armée : Méthodologie générale, formation psychologique des cadres et organisation des services.
- Mlle Xydias a exposé les grandes lignes et les résultats d’une sélection à l’embauche par un service psychotechnique industriel dans le numéro de Travail ei Méthodes de décembre 1948 et, Mme Baum-garten, de Berne a donné dans les numéros de janvier et février 1949 une contribution à la psychologie de l’ouvrier mécanicien.
- Le Bulletin LXXX1 de la Faculté de Philosophie de l'Université de Sao Panlo (Statistique, n° 2) est consacré à une étude de quelques caractéristiques sociales et biométriques des adolescents brésiliens de Sao Paulo par Milton da Silva Rodrigues.
- Choster W. Harris traite dans le Journal of educational Psycho-logy de décembre 1948 (39,8) la question théorique de la rotation directe appliquée à une structure primaire en analyse factorielle.
- Dans la revue sioniste Hahinukh de 1945-46 (T. 18, p. 97) a été publiée une étude, en hébreu, sur la détermination du caractère en O.P. par A. H. Merzbach (bref résumé dans les Psychological Abstracts de février 1949, n° 765).
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- INFORMATIONS
- En présence d’une très nombreuse assistance, le Professeur Georges Heuyer a inauguré sa chaire de clinique de psychiatrie infantile au grand amphithéâtre de la Faculté de Médecine le 25 février 1949.
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- Une nouvelle revue trimestrielle a commencé à paraître en 1948 aux U.S.A., le Journal of Applied Physiology.
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- Le BUS a publié sur les Eludes de Médecine sa notice n° 24, donnant en particulier la proportion du nombre des médecins pour la population des divers départements français (entre 1 pour 640 dans la Seine, pour 478 à Paris, et 1 pour 3.000 dans la Moselle).
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- Au Symposium sur l'individualité humaine, dans le cadre du Congrès du Centenaire de Y American Association for the Advancement of Science, le Professeur Thurstone a fait un exposé de mise au point sur les « habiletés mentales primaires », publié comme monographie n° 50 du Psychomelric Lnboralory (University of Chicago).
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- La New-York Academy of Sciences avait organisé en 1945 une conférence sur les tests de personnalité non projectifs avec participation, entre autres, de H .-A. Abramson, Killinger, Zubin, Wechs-ler, R. Schafer, D. Rapaport, M. Scheirer, etc. Le compte rendu en a été publié par les Aimais de l’Académie (Vol. XLVI, 7, p. 531-678).
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- Dans la Section d’orientation scolaire et professionnelle de l’Institut supérieur d’Etudes pédagogiques de Y Université de Liège, ont été chargés d’enseignement MM. Van der Vael (biométrie humaine), Delmer, Van Benèden (hygiène du travail), Pirct (Sélection professionnelle, psychologie expérimentale, différentielle), Osterrieth (pédagogie psychologique) Malchair (statistique appliquée), Hecq, Paulus (physiologie) et Mme Dubuisson-Brouha (physiologie du travail).
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- Par décret en date du 15 février 1939 a été approuvée la délibération du Conseil de YUniversiié de Pennes en date du 22 juin 1948 portant création d’un Centre d'études Psychotechniques (avec sections d’O.P. et de Psychiatrie médico-sociale), l’enseignement étant donné par MM. Burloud, Dalbiez, de la Faculté des Lettres, Le Calvez, Patav, de la Faculté des Sciences, Guihéneuf, Morice (direc* teur du Collège technique), Leherpeux (du Bus), Docteur Valton, médecin du travail. La préparation au certificat d’études supérieur res de Psychophysiologie doit y être assurée,
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- Le 14 janvier 1949 a eu lieu au Laboratoire de Psychologie expérimentale de l’Université catholique de Milan, dirigé par Ag. Gemelli, un symposium sur le test de Rorschach, avec participation de Marguerite Loosli-Usteri, vVmedeo délia .Volta, professeur de l’Université de Gênes, F. Barison, S. Brambilla, et V. Porta.
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- Des journées d'études sur la formation professionnelle ont eu lieu à Asnières du 2 au 4 mars 1949, organisées, pour part, par l’Association Générale des Orienteurs. Parmi les nombreux participants, M. Reuchlin a traité la question de l’O.P. devant le problème de la formation professionnelle.
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- En Autriche, durant l’année 1947-1948, 2.800 candidats à 29 écoles professionnelles et à une école normale ont subi un examen d’orientation professionnelle avant leur admission à ces écoles. Les contrôles effectués durant toute l’année scolaire ont prouvé que les élèves des volées précédentes, qui n’avaient pas été soumis à un examen d’aptitudes, présentent des résultats moyens sensiblement inférieurs à ceux de la volée examinée. L’ancien scepticisme des maîtres à l’égard de l’orientation professionnelle a fait place à une attitude tout à fait positive. La meilleure preuve en est donnée par le fait que le corps enseignant lui-même demande son introduction dans les établissements où elle n’existe pas encore.
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- Le Conseil de l’Université de Bogota a décidé la création d’un Institut de psychologie appliquée qui comprendra plusieurs sections : sections de l’enfance et de l’adolescence ; section universitaire ; section de recherches ; section médico-psychologique et section de formation des psychologues. L’Université de Bogota comptait déjà un département de psychotechnique, dont le nouvel. Institut de Psychologie appliquée constitue un développement intéressant.
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- Sous la direction du Professeur F.-J. Schonell, Ir Centre de Rééducation de l’Institut d’Education de l’Université de Birmingham a commencé son activité en juillet 1948.. Son but est : 1° d’étudier les problèmes causés par les retards et les difficultés scolaires d’enfants normalement ou supérieurement doués ; 2° de créer des possibilités de stages pratiques pour les candidats au diplôme de psychologie de l’enfance ou au diplôme supérieur de psychologie éducative ; 3° d’établir un service de diagnostic, de traitement et d’information à l’usage des autorités scolaires locales dépendant de l’Institut. Le Centre est dirigé par un psychologue aidé d’une assistante sociale. Pratiquement, une aide occasionnelle peut lui être fournie par le personnel des départements de recherches de l’Institut et du Département de l’Education de l’Université. Les étudiants des derniers semestres devront faire un stage au centre et pourront s’y mettre entre autre au courant des diverses techniques
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- de la thérapie par le jeu : sable, eau, plaslicine, dessin, guignols, psycho-drame. (The Times Educaïional Supplément, 6 nov. 1948).
- Le prochain Congrès International de Psychotechnique, qui sera le premier après la dernière guerre mondiale, aura lieu à Berne, du 12 au 17 septembre 1949.
- A l’ordre du jour des discussions, 3 thèmes essentiels :
- 1° le rôle de la psychotechnique dans la vie sociale et politique ;
- 2° l’étude de la personnalité par la méthode des tests ;
- 3° l’analyse factorielle des professions.
- En dehors de ces thèmes de discussion, qui seront objet de rapports, deux sections seront organisées, l’une concernant l’école et l’orientation jarofessionnelle, l’autre concernant la psychologie et l’organisation du travail, y compris la psychopathologie du travail. Enfin, outre les communications relatives aux thèmes principaux et aux objets des deux sections, pourront être admises aussi des communications individuelles relevant du domaine de la psychotechnique. Des séances spéciales seront organisées pour ces communications.
- 11 est projeté une exposition d’appareils, matériel psychologique, livres de tests, etc... Les personnes qui désireraient participer à cette exposition sont priées d’en informer le Secrétariat.
- Peuvent participer au Congrès comme membres actifs les personnes connues par leurs travaux dans le domaine de la psychotechnique et comme membres associés les personnes s’y intéressant.
- Le montant de la cotisation des membres actifs est fixé à 12 dollars, soit frs suisses 30, celle des membres associés à 6 dollars, soit 1.5 francs suisses. Des réductions pourront être accordées pour des participants de pays à change bas.
- Pour des renseignemenls plus détaillés, s’adresser au Secrétariat, Thunstrasse, 35, Berne.
- Le Bureau Officiel de Renseignements, Berne, Bundesgasse, 20, se tient à la disposition des Congressistes, en ce qui concerne le logement ou toutes informations touristiques.
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- LA VIE DU CENTRE DE RECHERCHES DE L’INSTITUT NATIONAL D’ÉTUDE DU TRAVAIL ET D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- Chef de Service : Mme Henri PIÉRON
- La validation des tests (suite)
- Dans une précédente note (1), nous avons exposé les raisons qui nous ont amené dans nos calculs de validité :
- 1° A n’employer que des critères de réussite professionnelle objectifs ou aussi objectifs que possible ;
- 2° A utiliser une technique statistique particulière.
- Voici quelques remarques sur le premier de ces points ; le second fera l’objet d’une note dans le prochain Bulletin.
- La mise au point d’un système objectif de notation dépasse la compétence et les attributions du psychologue seul. Elle exige évidemment une connaissance parfaite du métier enseigné et de la pédagogie de l’apprentissage de ce métier. Notre rôle en la matière s’est borné à mener une enquête aussi large que possible sur les procédés objectifs de notation employées.
- Ce n’est guère que sur des points de détails que notre intervention a amené une amélioration des procédés existants. Cependant, en ce qui concerne les connaissances scolaires (français et calcul, du cours élémentaire à la classe de fin d’études), nous avons réalisé des . tests de connaissances qui répondent aux mêmes préoccupations générales que les méthodes objectives de notation à l’atelier (2). Nous n’hésitons pas, en ce qui concerne ces dernières, à préciser ici quelques détails techniques.. Il nous semble en effet que ces détails pourront permettre aux Conseillers d’O.P. de suggérer à certains professeurs ouverts à nos méthodes une amélioration de leur procédé de notation de nature à permettre des estimations de validité.
- Voici sur quels principes reposent les méthodes objectives de notation des travaux d’atelier.
- 1° Chaque fois que cela est possible, les notes seront des fonctions plus ou moins complexes de mesures faites directement sur la pièce. Une note partielle sera donnée automatiquement par l’écart entre la cote imposée et la cote obtenue, compte tenu de la tolérance.
- 2° Pour certaines opérations qui ne se prêtent pas à la mesure (planimétrie d’une surface), il convient de choisir des pièces types sur une série de pièces et de comparer la pièce à noter à (cette) échelle type.
- Ce choix des pièces types se fait quelquefois d’une façon empirique. Un procédé plus étudié consisterait à procéder ainsi, pour obtenir une échelle de pièces comparables à un tétronage :
- (1) Voir B.I.N.O.P., janvier-février 1949.
- (2) Ces tests de connaissances sont maintenant en vente à 1’I.N.O.P.
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- On suppose que les notes « vraies » des pièces sont distribuées suivant une courbe normale. On procède à un classement par ordre de mérite des pièces dont on dispose (plusieurs estimateurs peuvent se livrer séparément à cette opération, le classement final étant la moyenne de leurs classements).
- La pièce occupant le rang médian définit la réussite moyenne. On sait (table de la courbe normale) que le tétron 0 contient environ 10% des cas. S’il y a en tout N pièces, 10 N/100 devront êtreh placées dans ce tétron 0. La limite supérieure de ce tétron sera obtenue en comptant 10 N/200 pièces au-dessus de la pièce médiane ; sa limite inférieure, en comptant 10 N/200 pièces en dessous. On sait également (table) que 29 % des pièces sont contenues dans les tétrons +1, 0 et —1. Pour avoir la limite supérieure du tétron +1, on devra compter 29 N/200 pièces au-dessus de la pièce médiane. On aura de même la limite inférieure du tétron —1, en comptant 29 N/200 pièces au-dessous de la pièce médiane. Et ainsi de suite. Les pièces à noter par la suite se notent par comparaison avec les) pièces-types ainsi choisies.
- 3° La note globale doit être le résultat d’un nombre quelquefois assez élevé d’estimations partielles, plus faciles parce que plus limitées, et pour lesquelles on peut adopter le tout ou rien.
- Nous allons rapporter, pour illustrer ces principes, une méthode de notation employée au Collège Technique Vauban, à Courbevoie, dirigé par M. Godât.
- Dans cet établissement, M. Le Ny, professeur de l’atelier d’ajustage, renonce à échelonner ses notes sur la marge classique de 20 points, la distinction objective et fidèle de 20 degrés distincts de réussite paraissant, en effet, difficilement réalisable.
- M. Le Ny se contente de distinguer 5 groupes dans les pièces qui sont soumises à sa correction. La cotation gagne ainsi en objectivité ce qu’elle perd en illusoire finesse. En effet, les différences de réussite deviennent assez sensibles entre ces 5 groupes pour qu’ils puissent être définis objectivement, et cela de deux façons employées selon la nature des pièces à noter.
- 1° Chaque fois que cela est possible la classification dans l’une ou l’autre des cinq catégories dépend exclusivement des écarts constatés entre les cotes indiquées et les cotes obtenues par l’élève. Plusieurs mesures sont faites sur la pièce. L’écart est noté pour chacune de ces mesures et on fait, pour chaque élève, la somme de ces écarts. Ceux qui ont, au plus, un écart de 0,1 mm. par exemple, forment un premier groupe qui est appelé première catégorie ; ceux qui ont 0,2 ou 0,3 mm. d’écart sont placés en deuxième catégorie, etc... Il suffit alors de convertir ces catégories en notes en attribuant par exemple la note 16 aux élèves de première catégorie, 14 à la deuxième, 12 à la troisième, 10 à la quatrième, 8 à la cin-qüième.
- Notons que la traduction des catégories en points n’est qu’une convention qui peut être choisie selon les besoins pédagogiques du moment et cela rend le système extrêmement souple en lui conservant toute son objectivité au sein de la classe. On peut, mettre en lumière les sujets extrêmes dans un sens ou dans l’autre en accordant des « primes » ou des « pénalisations » aux pièces qui s’écartent d’un nombre fixé de dixièmes de millimètre de la norme de
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- la catégorie 1 ou de la catégorie 5. Par exemple, si une cote était donnée avec une tolérance de +0,1, les élèves ayant réalisé leur pièce dans la tolérance ont 2 points de plus que les élèves de la première catégorie qui, eux, ont dépassé cette tolérance.
- 2° Mais il. n’est pas toujours possible de définir la réussite en termes d’écarts entre les cotes exigées et les cotes obtenues. Comment apprécier, par exemple, le degré de réussite d’un exercice de limage en long ? Dans ce cas, le professeur d’atelier d’ajustage adopte un autre système également objectif. Il réunit toutes les pièces de la classe (les élèves les plus rapides ont commencé la pièce suivante en attendant la correction) et, après les avoir examinées, choisit 5 pièces types qui vont définir, pour cet exercice, chacune des 5 catégories. Il ne reste plus qu’à classer toutes les pièces par rapport à ces 5 pièces types.
- Toutes les pièces réalisées à l’atelier d’ajustage sont notées par l’un ou l’autre des procédés objectifs que nous venons de décrire. Cette façon de procéder remporte auprès des enfants le plus grand succès. Ils participent à l’élaboration du barème' Ou au choix des-pièces types et sont parfaitement capables sur ces bases, de coter eux-mêmes, sans erreur, leur propre pièce. Ils se passionnent d’ailleurs pour leur classement, discutent enlre eux des chances qu’ils ont de passer dans une catégorie supérieure au cours d’un prochain exercice. L’élimination de tout arbitraire est évidemment pour beaucoup dans cet intérêt qu’ils prennent à leur travail.
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- Nous signalons, dans l’ouvrage de Paterson, Elliott, etc. : Minnesota Mechanical ability tests, des études sur les procédés objectifs de notation. La notation des essais professionnels est étudiée pp. 401 à 422. Des questionnaires d’information technique (tests de connaissances techniques), plus discutables dans leur réalisation, sont présentés pp. 150 à 187.
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- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE A L’ÉTRANGER
- Le 1er Congrès national italien d'O. P-
- L’Ltalie a tenu son premier Congrès National d’O.P. à Turin, les 11, 12 et 13 septembre 1948.
- Le terme de premier congrès paraît surprenant dans ce pays qui compte d’éminents psychologues et qui possède, depuis déjà longtemps, un certain nombre de Centres d’O.P. (celui de Rome remonte à 1923).
- Et il est exact que l’Italie ne s’est pas désintéressée, dans le passé, de l’orientation professionnelle. Au contraire, celle-ci a fait l’objet de débats passionnés ; les réalisations des pays étrangers, dans ce domaine, ont, été suivies de très près ; et même quelques expériences, malheureusement limitées, ont été tentées. Mais tous ces efforts se heurtèrent plus violemment qu’en France, à l’hostilité de l’école et du monde, du travail. Il en est résulté qu’il fut impossible de tenter une organisation d'O.P. A l’heure actuelle, l'Italie se trouve, à cet égard, dans une situation bien inférieure à celle de la France avant le Décret-Loi du 24 mai 1938 : il n’y a ni législation, ni crédits, ni centre de formation de conseillers. Les quelques offices qui fonctionnent sont surtout des services de sélection, bénéficiant de ressources à ce titre.
- Cependant, l’opinion publique revient de ses préventions d’autrefois ; membres de l’Enseignement et travailleurs envisagent favorablement l’O.P., son rôle possible dans l’amélioration du bien être des individus et dans une utilisation plus juste et plus rationnelle des énergies humaines. Ils en réclament une organisation efficace. C’est en vue d’apporter une contribution pratique à cette réalisation que s’est, tenu le Congrès de Turin.
- Mais ce ne serait pas donner une idée suffisamment juste de la situation que de s’en tenir à ces constatations. Il est important de signaler qu’à la base de cette renaissance se trouvent des personnes singulièrement averties des problèmes posés. C’est que, pour n’avoir pas de réalisations pratiques notables, l’Ualie ne dispose pas moins d’un noyau de psycho-techniciens qui ont mûri la question de l’O.P. et qui onl une vue parfaitement lucide de ses difficultés. Ces techniciens ne se lanceront pas dans des improvisations ; ils sauront faire preuve de toute la prudence désirable.
- C’est dans cette situation et cet état d’esprit que s’est ouvert le Congrès. Tl y régnait une atmosphère à la fois ardente et modérée, un très vif désir de sortir enfin de l’inaction et un grand souci de faire toute la lumière sur les limites comme sur les. possibilités de l’O.P. Manifestation destinée à attirer avec éclat l’attention du gouvernement et de l’opinion publique, le Congrès a su éviter les enthousiasmes faciles et présenter avec un sens rare de la finesse et de la mesure les incertitudes et les promesses d’une technique extrêmement complète.
- Le programme des travaux était vaste ; il comportait les points suivants :
- 1° L’O.P. dans l’école ;
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- 2° La législation de l’O.P. dans les différents pays ;
- 3° La formation du personnel chargé de l’O.P. ;
- 4° L’O.P. aux différentes étapes de la scolarité ;
- 5° L’O.P.-dans le monde du travail.
- De plus, des représentants étrangers avaient été invités à faire part des résultats obtenus dans leurs pays respectifs.
- Malgré l’ampleur de la discussion l’ordre du jour fut suivi de point en point. 11 faut dire que les débats étaient présidés par Gemelli, Recteur de l’Université Catholique de Milan, Membre de l’Académie Pontificale des Sciences et du Conseil Supérieur de l’Instruction Publique. Sa profonde connaissance des problèmes de l’O.P. et sa forte personnalité marquèrent d’une façon magistrale le déroulement des travaux.
- 11 s’était entouré d’un Comité Technique comprenant les représentants des Instituts de Recherche Psychologique, des Universités, des Instituts de Pédagogie, des principaux services du Ministère du Travail et de l’Instruction Publique. Y figuraient notamment MM. Ponzo, Président de la Société italienne de Psychologie, Directeur de l’Institut de Psychologie de l’Université de Rome ; Ranis-soni, Directeur du Centre d’Etudes Psychologiques du Conseil National de la Recherche ; Marzi, Directeur de l’Institut de Psychologie de Florence ; Musatti, Directeur de l’Institut de Psychologie de Milan ; Piva, Inspecteur Central du Ministère de l’Instruction Publique ; Pulze, Directeur du Laboratoire de Psychologie de Bologne ; Matelli, professeur à l’Université de Padoue : Diez Gasca, Directrice des services d’O.P. de Rome ; Mme Massuco Costa, Professeur à l’Université de Turin et Secrétaire générale du Congrès, etc...
- Les promesses données par la qualité des orateurs et l’importance des questions soulevées furent tenues et le Congrès présenta un grand nombre de communications du plus haut intérêt. Des qiies-tions familières aux orienteurs français vinrent en discussion. Il y eut la classique compétition entre le Ministère du Travail et celui de l’Instruction Publique sur la prise en charge de l’O.P. Le fait que les deux Ministres étaient, l’un comme l’autre, anciens élèves de Gemelli donnait plus de piquant à la rivalité. Mais les lumières jetées par certains orateurs, en particulier Ponzo, sur la nécessité d’introduire l’O.P. dans l’école firent pencher la balance en faveur du Ministère de l’Instruction Publique.
- Le Congrès prit également position sur l’obligation faite à tous les enfants, apprentis dans une école ou chez un employeur, de subir un examen d’O.P. Une vive discussion s’engagea sur l’opportunité de faire figurer les conclusions d’O.P. sur le livret de travail. Finalement, cette mesure fut décidée.
- Une très fine analyse de Musatti ouvrit les débats sur la formation du personnel chargé de l’O.P. Le Directeur de l’Institut de Psychologie de Milan montra que ce serait une erreur d’avoir recours, soit, à des instituteurs en tant qu’inslituteurs, soit à des médecins en tant que médecins, soit même à des psychologues en tant que psychologues. Tous ces spécialistes sont handicapés par une sorte de déformation professionnelle qui tend à leur faire négliger l’ensemble du problème en faveur de certains points particuliers. En réalité, la profession de conseiller d’O.P. exige une spécialisation nouvelle, avec à la base une attitude personnelle particulière et
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- ensuite une préparation spécifique, biologique, pédagogique, psychologique.
- Une intervention très écoutée de Rev, de Genève, apporta un faisceau de remarques profondes sur la même quèstion. L’orateur tint à mettre notamment en relief le caractère contingent des aspects de l’O.P. et, par suite, la prudence qui s’impose dans les investigations à mener. Il insista sur la nécessité de procéder à une analyse psychologique objective, seule condition permettant d’aboutir à une juste vision d’ensemble des problèmes.
- L’auditoire marqua l’intérêt qu’il portait à ces questions fondamentales. Il montra son souci de concevoir une orientation professionnelle embrassant toute la personnalité de l’individu et essayant de régler les véritables problèmes posés. Ceci tout en évitant les méthodes incontrôlables et les échappatoires faciles de l’intuition.
- Le même souci de ne pas se payer de mots se révéla dans l’intérêt porté à l’aspect économique et social de l’O.P. L’Italie reste un pays très touché par le chômage (2 millions de chômeurs en septembre). Quel sera le rôle de l’O.P. vis-à-vis de tous ces enfants qu’il ne sera pas possible de placer ni dans une école, ni chez un employeur ? Il fut prêté la plus vive attention aux communications de MM. Me-lano, Chef de la Division Statistique du Travail, Romario, de la Confédération du Travail, Peroni, des industries mécaniques. L’exposé de Naville, particulièrement axé sur ces questions, fut suivi avec une vive attention.
- Il n’est pas possible de faire état de toutes les communications intéressantes. Citons, un peu au hasard, celles de MM. Banissoni sur la sélection des spécialistes dans l’armée et la marine italiennes ; de Marzi, à propos de l’orientation des étudiants ; de Kanizsa, Directeur du Service d’Orientation du Collège de la Renaissance de Milan, sur la réadaptation professionnelle des anciens combattants ; de Corbeni sur la sélection des mieux doués ; de Granone, neurologue, de Mme Rombo sur l’expérience de Winnetka, de Diez Gasca du Service d’O.P. de Rome, etc...
- Mme Massucco Costa donna un compte rendu très complet des congrès de San-Francisco (O.P.) et de Genève (psychologie scolaire).
- Les représentants français, Naville, Meuriot et Gille parlèrent de la législation et de l’organisation française de l’O.P. Henice, Direc-eur du Centre d’O.P. de Genève fit un exposé de la méthode suisse.
- Gemelli qui prit part à toutes les discussions passa en revue les réalisations de l’O.P. dans les différents pays, saluant au passage les grands noms de la psychotechnique française. Il souligna le caractère très variable de l’obligation en matière d’O.P. selon les pays : plus impérative, par exemple, en Australie qu’en Angleterre.
- Comme on le voit, au terme de ces larges débats la plupart des problèmes importants de l’O.P. furent abordés et le terrain préparé pour les décisions d’ordre pratique. Avant de se séparer, les congressistes réclamèrent « l’institution d’un organisme de direction auprès de la Présidence du Conseil avec la participation du Ministère de l’Instruction Publique, du Ministère du Travail, du Commissaire à la Santé Publique, du Conseil National de la Recherche, des représentants des organisations syndicales, des travailleurs et des employeurs, des Instituts et écoles d’Assistantes sociales, des professeurs, des médecins, des sociologues ». Cet organisme sera chargé de jeter les premières bases d’un service national d’O.P.
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- Si l’Italie s’esl laissée distancer jusqu’à présent-dans l’application des mesures propres à réaliser efficacement l’O.P., elle a pu faire la preuve, dans son Congrès de septembre, qu’elle est en pleine possession de tous les éléments lui permettant de rattraper largement le temps perdu'et même de prendre des dispositions originales. Le fait que, par l’importance de sa population, ses problèmes d’O.P. soient très voisins des nôtres nous incite à suivre avec un intérêt tout particulier les mesures qu’elle ne manquera pas de prendre dans un avenir que nous souhaitons très proche.
- 11 est de tradition de terminer de tels compte rendus par des remerciements aux hôtes qui vous ont accueilli. Mais il faudrait d’abord évoquer une atmosphère générale de gentillesse propre à cette belle province du Piémont où se tenait le congrès. Et situer ensuite, dans cette ambiance les manifestations particulières de sympathie à l’égard des invités. Ainsi pourrait-on donner une idée des mille attentions dont ceux-ci furent l’objet et exprimer le charmant souvenir qu’ils en gardent. Nous redirons notre reconnaissance à tous ceux que nous avons eu l’occasion d’approcher et qui, soit pendant les débats au Congrès, soit au cours d’excursions ou de visites, soit à l’occasion des repas pris en commun dans les « ris-toranti » de Turin nous ont donné le témoignage de la plus parfaite hospitalité.
- R. Cille.
- « * '
- * *
- Une visite ou centre de Sélection de la Rowntries C° à York
- C’est dans une grande usine de 7.000 personnes consacrée principalement à la fabrication du chocolat et des bonbons de chocolat que nous avons rencontré le meilleur exemple, le seul nous a-t-on dit dans le Royaume Uni de la psychotechnique sous la forme d’un service fonctionnant ‘dans l’usine même.
- Le service a été créé en 1920, il est maintenant parfaitement adapté à l’usine, accepté de tout le monde, et son fonctionnement se fait sans à coup. Ses fonctions sont celles de la plupart des services psychotechniques français, il n’y a rien là de vraiment nouveau : 1° Examen des sujets à l’embauche, soit jeunes apprentis, soit jeunes ouvriers avec aiguillage des sujets vers les différents services ; 2° Transfert d’un sujet mal adapté d’un travail qui lui convient mal à un travail qui lui convient mieux ; 3° Promotion.
- Tous ces examens sont fondés avant tout sur des entretiens, sur. des tests généraux et si le psychologue le juge nécessaire sur des tests assez spéciaux sur lesquels nous reviendrons.
- Le résultat de l’examen n’est qu’un avis donné au chef qui prend la décision sous sa responsabilité.
- Un point nous a paru plus original et mérite d’être spécialement signalé c’est l’intérêt que le service psychotechnique porte à l’amélioration des méthodes de travail. Le service psychotechnique, conjointement avec le chef du service des mouvements, ce qui correspond à la fois à un chef de bureau des méthodes et à un chef de service d’analyse scientifique du travail, forme des moniteurs qui perfectionnent les méthodes de travail et enseignent aux ouvriers la
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- façon de perfectionner leurs propres méthodes. Si connue que soit cette fonction, il n’est, pas si fréquent de la voir appliquer et fonctionner.
- Enfin le service psychotechnique poursuit un travail de recherche :
- — construction de tests spécialement adaptés à l’entreprise, leurs
- qualités sont étudiées suivant les méthodes statistiques classiques, mais pas d’utilisation systématique de l’analyse factorielle ;
- — Mise au point de techniques de sélection ;
- — Analyse du travail ;
- — Etude des méthodes d’apprentissage.
- Non seulement ici, contrairement à la plupart des autres services psychotechniques anglais (1) le service est dirigé par un psychologue ayant reçu une formation universitaire complète ainsi que trois de ses assistants, mais, point particulièrement remarquable, le chef du personnel est un ancien psychologue. Tous ceux qui ont travaillé en usine imaginent facilement quelle simplification et quelle compréhension cela apporte dans les rapports avec la direction. Cinq autres personnes, (assistantes, secrétaires) forment le personnel du Service. Ainsi le service comprend neuf personnes. 450 examens environ sont enregistrés chaque année. Ce chiffre fera envie à bien des conseillers d’O.P. et des psychologues d’usines, car il permet évidemment de faire un travail très approfondi et permet de consacrer un temps important aux contacts avec l’usine.'
- De cet ensemble on peut faire ressortir quelques points : 1° les examens de sélection proprement dits- reposent surtout sur l’emploi de l’entretien très détaillé et de tests classiques ; mais nous avons pu voir que le chef de service actuel essaye de mettre au point des tests de sélection aussi proches que possible du travail réel, c’est ce qu’il appelle des tests analogues. Il pense que les travaux de son usine peuvent se classer en quatre rubriques.
- — Ceux dans lesquels l’ouvrier ou l’ouvrière alimente une machine (l’ouvrier doit quelquefois s’adapter au rythme de la machine, le plus souvent il est maître de la vitesse de la machine) ;
- — ceux dans lesquels la machine fournit son travail à l’ouvrier (l’ouvrier doit toujours s’adapter au rythme de la machine) ;
- — ceux dans lesquels l’ouvrier assemble des pièces séparées ; .
- — ceux qui relèvent du travail de l’employé de bureau (dans cette dernière catégorie les tests d’intelligence jouent une part importante).
- Pour chacune des trois premières catégories des tests particuliers ont été établis :
- 2° L’intérêt porté à l’analyse du travail, recherche de l’économie de mouvements, de la position la meilleure, etc...
- 3° L’intérêt porté aux rapports entre l’ouvrier et la direction, le désir d’employer une véritable méthode dans l’amélioration de la compréhension mutuelle du chef et du subordonné.
- Nous détaillerons un peu plus ces deux aspect,?, mais il faut dire qu’ils ne sont pas particuliers à l’usine que nous avons visitée, ils font
- (1) Voir notre article précédent.
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- partie au contraire d’un vaste mouvement que le Ministère du Travail essaye de lancer sous le nom de T.W.I. (Training Within Indus-try) c’est l’enseignement du travail à l’intérieur de l’usine.
- Le Ministère du Travail a organisé des cours spéciaux qui forment des moniteurs chefs destinés à répandre les méthodes d’organisation du travail dans toutes les industries qui en font la demande. Malheureusement jusqu’ici il n’y a qu’un nombre assez restreint d’entreprises qui semblent avoir répondu à cet appel.
- Une usine peut donc envoyer un de ses ingénieurs ou chefs s’initier aux méthodes (le cours complet comporte trois sessions de chacune 6 à 8 semaines). Le Ministère envoie parfois un organisateur qui montrera sur place la façon d’entraîner les ouvriers. Le but ultime est le but classique : le meilleur rendement pour la moindre fatigue.
- L’usine que nous avons visitée nous semble assez remarquable par le sérieux et l’enthousiasme avec lesquels les méthodes du T.W.I. sont appliquées ; mais il ne faut pas oublier que le terrain était ici particulièrement bien préparé, puisque le « service des mouvements b y fonctionne depuis plus de 20 ans.
- Dans ce mouvement général du T.W.I. nous pensons qu’il n’y a rien de profondément nouveau ou original.
- Cependant les principes classiques de l’organisation sont présents sous une forme de simple bon sens évidemment assez séduisante. Par exemple voici comment on conseille d’améliorer les méthodes de travail. C’est-à-dire comment on peut utiliser au mieux les hommes, les machines et les matières premières.
- — Analyser le travail complètement et exactement ;
- — Se demander si chaque détail est nécessaire et s’il est nécessaire s’il ne pourrait pas être exécuté autrement ;
- — Elaborer une méthode améliorée en supprimant tous les détails superflus, en simplifiant les détails nécessaires.
- — Appliquer la méthode améliorée.
- Et voici comment on conseille d’améliorer les rapports entre chefs et subordonnés :
- — Chaque travailleur doit savoir comment il travaille ;
- — Il faut lui dire ce qu’on veut de lui et comment il peut s’améliorer ;
- — Il faut lui dire quand il travaille bien et le lui dire tout de suite ;
- — Il faut prévenir les ouvriers de tout changement qui pourra les toucher, leur expliquer pourquoi et les persuader d’accepter le changement ;
- — Utiliser au mieux les aptitudes de chacun ;
- — Et surtout se souvenir que les travailleurs doivent être traités comme des individus ;
- — Enfin le grand stimulant proposé est le suivant : la Grande-Bretagne doit exporter ou mourir et le travailleur ne doit pas travailler plus mais son rendement doit croître.
- Evidemment il n’y a là rien de très nouveau mais la volonté de réalisation que l’on rencontre ici mérite d’être souligné.
- C. Chauffard.
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- CAUSERIES BIBLIOGRAPHIQUES
- Germaine H. Wallon. — Les notions morales chez l'enfant. Essai de psychologie différentielle (Presses Universitaires de France 1949. Prix 500 francs).
- Ce livre est l’exposé d’une enquête fort bien menée, faite par l’auteur dans le but de connaître quel est le contenu que l’enfant, sait donner aux catégories morales des grandes personnnes.
- Les notions morales considérées étaient la bonté, la méchanceté, la malhonnêteté, la bravoure et la honte.
- Les enfants considérés étaient de tous âges dont on fit 3 grandes catégories : de 3 à 7 ans, de 7 à 12 ans, et de 12 à 15 ans, à peu près d’ailleurs en môme proportion filles et garçons.
- L’auteur a pu trouver une grande différence selon les âges et des différences encore plus grandes selon les sexes.
- Il apparaît nettement que filles et garçons s’opposent souvent par la qualité des personnages impliqués dans les exemples qu’ils donnent et que le monde qui leur est le plus familier n’est pas le même.
- Il serait désirable que d’autres enquêtes viennent compléter celle-ci et que l’on puisse interpréter, avec le sens qu’ils y donnent les récits des enfants au lieu d’attribuer à ces récits le contenu de ce que les mots employés par eux représentent pour nous. m. H.-P.
- X * *
- Henri Wallon. — Les origines du caractère chez l'enfant. — 2e édition. ln-8° de 233 pages. Paris, Presses Universitaires, 1949.
- Le livre, devenu classique, de Wallon, publié en 1934, chez Boivin, épuisé déjà depuis longtemps, était légitimement réclamé. On peut donc se féliciter de le voir réédité par les Presses Universitaires.
- Dans les trois parties de l’ouvrage, où se sont trouvés condensés' les cours de 2 années à la Sorbonne, on trouve l’important exposé relatif au comportement émotionnel des enfants, l’étude de l’individualisation du corps propre, enfin celle des manifestations de la conscience de soi, dans son éveil au cours des premiers mois.
- * H. P.
- * * (
- Pierre Gogueun. — Méthodes élémentaires de calcul statistique, avec préface de R. Bonnardel. — In-8 de 230 pages. Editions Guyot, 55, avenue Henri-Barbusse à Clamart.
- Comme le signale, dans sa préface, R. Bonnardel, l’auteur, suivant les enseignements de l’Institut de Psychologie en 1946-47, et se rendant compte des difficultés que rencontrent beaucoup d’étudianls dans le programme de statistique, après avoir organisé Un groupe d’études en cette matière, a complété son effort en mettant au point l’ensemble de ces notes, où l’essentiel du cours de M. Bonnardel se trouve exposé, en une rédaction un peu rapide, et complété par des démonstrations personnelles, des tables diverses, de nature à rendre service aux usagers.
- Il y a là un manuel élémentaire incontestablement utile aux psychotechniciens. p.
- AGEN. — IMPRIMERIE MODERNE, 43, RUE VOLTAIRE
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- SERVICES DE L'INSTITUT
- Tél. Odéon 52-46
- SECRÉTA RI A T GÉNÉRA L
- Chef de Service : Mlle G. Chauffard.
- CENTRE D}ORIENTA TION PROFESSIONNELLE
- Chef de Service : M1Ie Nepvuu.
- CENTRE I)E RECHERCHE DES TESTS
- Chef de Service: M,ne Henri Piéron.
- CENTRE DÉTUDES ET DE RECHERCHES DOCUMENTAIRES
- Directeur : M. Doladille.
- r *
- * *
- Le Secrétariat est ouvert chaque jour non férié, de 9 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures.
- La Secrétaire générale reçoit le lundi,, de 14 h. 30 à 18 heures ; e jeudi de 14 h. 30 à 16 h. 30, et sur rendez-vous.
- La Bibliothèque est ouverte chaque jour non férié, de 14 heures à 18 heures.
- Le Centre d Eludes et de Recherches Documentaires est ouvert chaque jour ouvrable, de 9 heures à 12 heures (y compris le samedi malin), el de 14 heures à 18 heures, sauf le samedi.
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- * *
- Pour les consultations d’Orienlation professionnelle, adresser une demande de rendez-vous au Chef du Centre d’Orienlation Professionnelle.
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- ____:_______SOMMAIRE ==_—-==
- Page
- I. — Henri Piéron : Du rôle de l’âge dans l’action du milieu sur le
- développement mental.................................. 33
- II. — Mmo Henri Piéron : Test de l’ovale...................... 38
- III. — Notes et Documents : Une conception ambiguë de la psyclio-
- • technique. — Du déclin précoce de la capacité mentale éprouvée par les matrices progressives. — L’orientation des retards
- scolaires d’après le Docteur Le Moal...................... 42
- IV. — A travers les Revues........................................ 49
- V. — Informations................................................ 52
- VI. — La Vie du Centre de recherches de l’I. N. 0. P................ 55
- VIL — L’Orientation Professionnelle à l’Etranger ................... 58
- VIII. — Causeries bibliographiques...................................64
- Bulletin de rinslitul National (l’Etude du Travail et d'Orienlation Professionnelle
- rédacteur en chef : Mme Henri PIÉRON SECRÉTAIRE DE LA RÉDACTION : M. M. REUCHLIN
- LES ABONNEMENTS PARTENT DU 1er JANVIER
- ABONNEMEMT :
- Pour la France.... 500 fr. | Pour /’Etranger........... 3 dollars
- l*rix (lu numéro : 85 francs
- Pour les anciens élèves etc l’I. N. E. T.' O. P. : 350 francs Prière d’adresser le montant des Abonnements au Compte Chèques postaux de l’Institut
- PARIS C/C 14=441-79
- Pour tout ce qui intéresse le Bulletin adresser la correspondance à M,l,e Henri Piéron
- Les Abonnés nouveaux recevront les numéros de l’année déjà parus au reçu de leur Abonnement
- Le Gérant : Paul Arjo.
- AGEN. — IMPRIMERIE MODERNE, 43, RUE VOLTAIRE
- Dépôt légal 1919. l'r trimestre. — N° d’ordre 110.
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- 2e SÉRIE. — 5e ANNÉE
- N° 5-6
- MAI-JUIN 1949
- BULLETIN
- DE
- L'INSTITUT NATIONAL
- dÉTUDE du TRAVAIL
- ET
- D’ORIENTATION
- « 3
- PROFESSIONNELLE
- REVUE MENSUELLE
- AU SIÈGE DE L’INSTITUT
- 41, Rue Gay-Lussac, 41 PARIS
- TOUS DROITS RÉSERVES
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- CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MÉTIERS
- Institut National cTÉtude du Travail et d’Orientation Professionnelle
- DIRECTEUR DÉLÉGUÉ
- M. Henri Piéron, professeur au Collège de France, directeur de l’Institut de Psychologie de l’Université de Paris, président de la Section des Sciences Naturelles de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes.
- COMITÉ DIRECTEUR
- Le Directeur du Conservatoire National des Arts et Métiers.
- Le Directeur délégué.
- M. H. Laugier, secrétaire général adjoint de l’O.N. U.
- M. P. Pouillot, inspecteur général honoraire du Travail.
- M. H. Wallon, professeur au Collège de France
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- 2e Série. 5e Année
- N* 5-6
- Mai-Juin 1949
- Bulletin de l’Institut National D’ÉTUDE DU TRAVAIL
- et
- D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- y, LE WIGGLY BLOÇK
- NOUVELLE COTATION ET ÉTUDE DU TEST
- par
- N. XYDIAS
- Le test de Wiggly Block est bien connu de tous. Créé par O’Connor il y a déjà de nombreuses années, il a fait l’objet de plusieurs études de son auteur, ainsi que d’autres psychologues et notamment de Remmer et de Smith.
- Ce sont ces études qui sont toujours à la base de son utilisation actuelle.
- Rappelons brièvement que ce test est un parallélépipède en bois comprenant neuf morceaux qui s’emboîtent et qu’il peut être décomposé en trois piles verticales ou trois couches horizontales. L’examinateur défait le bloc, mélange les morceaux et invite le sujet à le reconstruire le plus rapidement possible.
- On mesure le temps mis à reconstruire le bloc et on répète l’expérience trois fois de suite.
- On relève donc trois temps, qui, en général, vont en décroissant, le sujet faisant un apprentissage du test. On applique à chaque temps une pondération destinée à donner à chacun des trois essais des poids comparables, c’est-à-dire qu’on multiplie les temps obtenus par les coefficients :
- 1 — 1,5 — 1,9 ou : 1 — 1,4 — 1,7
- Ces deux variantes sont utilisées et toutes deux découlent des différents travaux cités plus haut. On additionne les nombres obtenus.
- Tous les utilisateurs de. ce test que nous avons eu l’occasion d’interroger, font à son sujet diverses observations, les unes favorables, les autres défavorables.
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- Les critiques défavorables sont assez sérieuses et précises :
- a) La constance du test si on se*réfère aux auteurs américains est faible : .35 à .40 environ. La validité ne pouvant jamais dépasser la constance, son intérêt paraît donc également limité.
- b) La no]t'e obtenue par les sufets, à la suite d’un étalonnage des temps, ne semble pas toujours exprimer de façon exacte la valeur réelle des sujets.
- Tous ceux qui ont pratiqué ce test savent qu’on se trouve parfois devant des sujets irréfléchis, brouillons ou fébriles, qui font des essais tout à fait au hasard, semblent bien n’avoir qu’une idée des plus confuse de la structure du bloc, mais qui, à force d’activité, de vivacité dans la manipulation, arrivent, un peu de chance aidant, à le reconstruire assez rapidement.
- Par contre, on trouve parfois des sujets posés et réfléchis, qui font visiblement un effort de compréhension, un effort de méthode et d’organisation de leur travail, mais qui manipulent moins rapidement les morceaux et ne font des essais qu’à bon escient. La note qu’ils obtiennent n’est pas toujours supérieure à celle des premiers.
- Cependant, le psychotecnicien juge en général que le sujet du second type est meilleur que le premier tant au point de vue de ses aptitudes d’intelligence ou de représentation spatiale que de ses aptitudes caractérielles.
- On se trouve donc devant une contradiction si girave qu’elle pourrait suffire à faire abandonner l’usage du Wiggly Block. Et cependant, malgré l’évidence de ces défauts, la plupart des utilisateurs restent fidèles à ce test et continuent à dire... « mais pourtant, c’est un test intéressant ; c’est un test intéressant parce qu’il donne des renseignements précieux sur le comportement su sujet, spécialement en ce qui concerne la méthode qu’il est capable d’apporter à son travail, sa façon de s’organiser, ses qualités d’ordre, sa représentation spatiale.
- Pour essayer de concilier ces deux points de vue, nous avons pensé que ces défauts n’étaient peut-être pas absolument inhérents au test lui-même, mais plutôt à la façon de le noter. Le test parait plus riche en possibilités que les renseignements qui découlent de la mesure des temps cle reconstruction du bloc. Par ailleurs, ne l’utiliser que comme un test permettant une observation de comportement, c’est réduire de beaucoup son intérêt, les observations de comportement étant sujettes à caution et peu fidèles ; de plus, il devient alors impossible de l’introduire dans des batteries psychométriques, ce qui est un inconvénient sérieux et limite son emploi.
- C’est, pour toutes ces raisons que nous avons essayé d’élaborer
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- une nouvelle méthode de notation, qui puisse, non pas remplacer, mais venir compléter la méthode habituelle.
- Notation des Fautes. — Il s’agit de noter le nombre de fautes que le sujet commet au cours de son travail. De même que dans les Planches de Minnesota par exemple, on compte une faute chaque fois que le sujet fait un essai erroné, de même, ici, on comptera une faute dans certaines conditions bien précises.
- Pour déterminer ces conditions, nous avons d’abord établi la liste de toutes les erreurs que l’on peut commettre au cours des essais ; certaines d’entre elles ont dû être éliminées pour diverses raisons ; nous comptons une faute dans les cas suivants :
- 1. Etant donné la structure du bloc, certains morceaux ne peuvent pas être assemblés, il y a des morceaux d’angle, de côté, le morceau du milieu. Le sujet qui cherche à assembler deux morceaux d’angle ou deux morceaux de côté, ne se représente pas la structure du bloc. Ce sont des fautes de sélection, dje choix desi morceaux.
- 2. Le sujet peut aussi prendre deux morceaux qui pourraient logiquement aller ensemble et chercher à les assembler de façon absurde, par exemple : deux faces planes l’une contre l’autire, face plane contre face courbe, face courbe contre la table, etc... Il s’agit là de fautes de présentation des morceaux.
- Parfois, on a à la fois faute de sélection et faute de présentation : par exemple : deux morceaux de côté, faces planes l’une contre l’autre.
- On ne compte, dans ce cas là, qu’une seule faute.
- 3. Certains sujets recommencent un essai infructueux plusieurs fois ; ne se rendant pas à l’évidence de leur échec, ils semblent espérer qu’un miracle se produira et que les morceaux finiront par s’emboîter.
- Nous avons renoncé à compter ces fautes d’obstination lorsqu’elles n’étaient pas défà des fautes de sélection ou de présentation auquel cas elles comptent à chaque nouvel essai.
- Nous avons donc finalement retenu deux catégories de fautes : les fautes de sélection et les fautes de présentation.
- On peut émettre un doute en ce qui concerne la pratique de cette notation : peut-on réellement arriver à compter les fautes sans en passer ? Nous avons fait, à diverses reprises, l’expérience de deux observateurs cotant le même sujet. Après un temps d’entraînement assez court, on n’observe plus d’écarts sensibles entre les observateurs. On n’observe quelques écarts que lorsqu’il s’agit de sujets très vifs, fébriles, qui manipulent très rapidement. Mais, dans ce cas-là, ils totalisent un tirés grand nombre de
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- fautes : 70 — 80 ou plus ; en oublier deux ou trois ue constitue pas une grosse lacune.
- En effet, la courbe des fautes a la forme ci-dessous :
- Elle ressemble aux courbes qu’on obtient souvent pour des temps. Les derniers sujets sont nettement espacés, et si l’on passe quelques fautes, cela ne modifie guère leur rang en queue de distribution.
- I. - Y A-T-IL LIEU DE DISTINGUER LES FAUTES DE PRÉSENTATION DES
- FAUTES DE SÉLECTION ?
- a) Nous avons cherché suir un groupe de 235 sujets toutes catégories, la corrélation entre fautes de sélection et fautes de présentation.
- Les calculs ont çté faits essai par essai, puis en considérant la somme de deux essais (2 2), puis la somme de trois essais (2 3). (Essais non pondérés.)
- Les différents coefficients trouvés se situent entre .65 et .78.
- Les corrélations les plus foirtes (.78) concernent le premier essai et la somme de deux essais. Nous verrons ci-dessous que ce sont elles qui nous intéressent le plus.
- b) D’autre part, divers groupés professionnels ayant été çoumis au test (agents de production, de planning, élèves du Centre de Formation accélérée), nous ayons cherché les validités pour ces deux catégories de fautes, ainsi que pour leur somme.
- Dans presque tous les cas, les coefficients de corrélation sont supérieurs si l’on considère le total des fautes.
- En conclusion, ces deux catégories de fautes étant liées par une corrélation forte et la validité de leur total s’avérant la meilleure, nous n avons pas jugé utile de les discriminer. Ceci simplifie d’ailleurs d’autant le travail de l’examinateur.
- II. — Corrélation entre le Temps et les Fautes
- Y a-t-il quelque utilité à faire la double notation temps et fautes ?
- Ici, on a intérêt à ce que la corrélation soit la plus faible possible ; en effet, si la corrélation est très forte, on mesure viraisem-
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- blablement les mêmes aptitudes et il devient inutile de compliquer la notation du test. Les calculs ont été faits essai par essai, et nous reportons ci-dessous les résultats obtenus :
- Premier essai.......... +.66
- Deuxième essai...... + .58
- Troisième essai........ +.67
- 2 Deuxième essai...... + .60 (Essais non pondérés.)
- 2 Troisième essai...... + .64 (Essais non pondérés.)
- Ces corrélations sont assez fortes et il fallait tout de même s’y attendre. Cependant, une corrélation de l’ordre de .60 exprime un degré de parenté entre les deux facteurs mesurés qui atteint environ 40 °/„ seulement. Donc, il semble bien que Ton saisisse deux aspects assez différents des aptitudes des sufets.
- Cette double notation paraît donc intéressante à maintenir.
- Une autre question se posait à propos de ce test :
- III. — Combien d’essais y a-t-il lieu d’adopter ?
- Le nombre de trois, adopté pour le Wiggly Block, comme pour beaucoup d’autres tests, a-t-il un fondement théorique, ou bien s’agit-il simplement d’une tradition qui se transmet de psycho-techniciens en psychotechniciens ?
- Nous avons étudié ce problème en envisageant les points suivants :
- a) Fidélité : N’ayanl: pu étudier la fidélité du test par le moyen classique de sa répétition à quelques mois d’intervalle, nous avons utilisé la méthode à laquelle les auteurs américains cités plus haut ont eu recours : Remmer et Smith ont appliqué dix essais successifs à un groupe d’enfants ; ils ont calculé toutes les intercorrélations entre essais et ont adopté leur moyenne comme indice de fidélité.
- Nous avons usé du même procédé pour obtenu les résultats suivants : nos trois essais et avons
- Fautes Temps
- Premier et deuxième essai Deuxième et troisième essai... + .61 + .61 + .66 + .64
- Les indices obtenus sont nettement plus forts que ceux de Remmer et de Smith (.37).
- La fidélité d’un essai étant connue, nous avons voulu chercher quelle serait la fidélité du test composé de deux essais.
- A cette fin, nous avons appliqué aux coefficients ci-dessus la
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- formule de Spearman-Brown (1) et avons ainsi trouvé les coefficients suivants:
- Fautes Temps
- 2 2 essais............................75 .80
- 2 3 essais....................... .82 .85
- Pour avoir un test d’une fidélité suffisante, nous croyons qu’il faut adopter au moins deux essais. Nous éliminons donc la solution d’un seul essai.
- b) La question essentielle et concrète qui se pose lorsqu’on songe à supprimer un essai est la suivante :
- Dans quelle mesure le classement obtenu à Vissue de deux essais est-il modifié par Vadfonction d’un troisième essai ? Les •perturbations dans le classement sont-elles assez considérables pour que les sujets étalonnés sur deux essais obtiennent des notes nettement différentes avec trois essais ou bien au contraire les différences sont-elles assez faibles pour qu’on arrive au même résultat pratique avec deux essais qu’avec trois ?
- Afin de chiffrer la liaison qui existe entre les résultats de 2 2 essais et de 2 3 essais, nous avons calculé les corrélations correspondantes que nous reportons ci-dessous :
- Fautes Temps
- Premier 2 2 essais essai et 2 2 essais.... et 2 3 essais + .975 + .995 + .98 + .98
- Ces coefficients sont extrêment élevés. Il semble donc bien que le fait d’ajouter des essais ne modifie guère le classement final des sujets. Cet argument nous paraît déterminant pour ne pas multiplier inutilement les essais (1).
- (1) L’application de cette méthode au cas envisagé est discutable : en effet, on l’applique en général lorsqu’on veut évaluer la fidélité d’un test plus long que le test initial, mais composé d’items de même difficulté ; or, bien que le deuxième essai soit matériellement identique au premier, il est incontestable que le sujet qui vient de reconstruire le bloc et qui doit répéter cette opération n’est plus du tout dans la même situation qu’au début de l’épreuve ; le deuxième essai se présente à lui comme une épreuve nouvelle, d’un tout autre ordre de difficulté que le premier. Nous faisons donc toutes réserves sur les coefficients ainsi déduits que nous de donnons ici qu’à titre indicatif.
- (1) Nous attirons l’attention du lecteur sur le fait qu’il ne faut pas donner à ces coefficients la signification d’une corrélation entre aptitudes mesurées en deux essais ou en trois essais.
- En effet, ces coefficients « spurious » sont artificiellement élevés par le fait qu’une de là variance de 2 3 essais est déterminée par la variance de z 2 essais.
- Il ne faut donc les considérer que comme l’expression commode d’un accord pratique entre les résultats obtenus en deux essais et ceux obtenus en trois essais.
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- c) Corrélation entre temps et fautes. — Comparons les coefficients trouvés pour le test composé successivement de un, deux
- ou trois essais.
- Nous avons :
- 1 essai................... + .66
- s 2 essais.................. + .60
- 2 3 essais. /............... + .64
- Bien que les différences ne soient pas significatives, nous voyons que le coefficient le plus faible, c’est-à-dire ici le plus avantageux, se trouve pouir 2 2 essais.
- d) Validité. — Reprenons-les différents coefficients de corrélation trouvés sur les groupes que nous avons eu l’occasion d’étudier. Calculons les moyennes de ces coefficients pour le premier essai, pour 2 2 essais, pour 2 3 essais ; nous obtenons :
- r moyen
- Premier essai........... + .53
- 2 2 essais.................. + .58
- 2 3 essais.................. + .52
- Ici encore, bien que les différences ne soient pas significatives, nous remarquons que les meilleures validités sont trouvées pour 2 2 essais.
- Résumons cette étude en ce qui concerne le nombre d’essais à conserver :
- 1) Fidélité : il est nécessaire d’assurer une fidélité minima au test, sans laquelle il n’est que de peu d’utilité. Nous éliminons donc la solution d’un seul essai.
- 2) L’adjonction d’un troisième essai n’apporte pfesque pas de modifications au classement initial (r = +.98).
- 3) La corrélation entre temps et fautes se trouve être la plus faible, donc la plus intéressante pour 2 2 essais.
- 4) Les indices de validité sont les meilleurs pour 2 2 essais.
- En ce qui concerne les points 3° et 4°, bien qu’on remarque un léger avantage en faveur de 2 2 essais, on peut considérer les coefficients trouvés comme étant d’un même ordre de grandeur ; mais on peut du moins noter qu’ils n’infirment pas les résultats du 2°, argument déterminant, et que de toute façon on ne trouve nulle part d’argument en faveur du maintien de trois essais.
- . Nous nous sommes donc arrêtés à deux essais.
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- IV. — Enfin, faut-il pondérer les essais ?
- Un lest est destiné à nous permettre de faire de bons pronostics. Nous croyons donc qu’il faut donner plus de poids à l’essai qui est le plus en corrélation avec la réussite professionnelle. Si nous calculons encore une fois les moyennes des validités calculées suit nos différents groupes professionnels, essai par essai, nous trouvons :
- Fautes Temps
- Premier essai........... + .53 + .47
- Deuxième essai. ..... + .28 + .24
- Le premier essai paraît donc, tant pour les fautes que pour le temps, de beaucoup le plus significatif.
- La pondération habituelle, qui consiste à donner au deuxième essai le môme poids qu’au premier ne paraît donc guère justifiée.
- Mais les moyennes et les a obtenus dans le premier essai sont plus élevés que dans le deuxième du fait de l’amélioration de la plupart des sujets.
- Il suffit de conserver les chiffres bruts pour obtenir une pondération naturelle en faveur du premier essai, de l’ordre de 1,5 pour le temps et de 2 pour les fautes.
- Nous avons estimé que cette pondération était suffisante.
- Nous additionnons donc les noies brutes (1).
- En conclusion, nous considérons deux valeurs :
- TEMPS et FAUTES.
- Nous donnons deux essais, non pondérés.
- Enfin, pour terminer, signalons que l’étude du Wiggly Block ne nous semble pas épuisée, loin de là. Il y aurait lieu de la poursuivre dans deux directions:
- 1) Dans presque tous les cas on observe un apprentissage tant pour les fautes que pour le temps du premier au deuxième essai. Mais cet apprentissage varie grandement suivant les sujets — parfois même on trouve des sujets qui font moins bien au deuxième essai qu’au premier.
- Il serait intéressant de caractériser la valeur de cet apprentissage par une note exprimant la perfectibilité des sujets.
- Jusqu’à présent, nous n’avons pas encore trouvé de formule satisfaisante pour l’exprimer, celles que nous avons essayées don-
- (1) Nous voulons signaler ici que dans tous les tests que nous avons étudiés, la validité du premier essai se trouve toujours être meilleure que celle des deuxième et troisième essais. C’est une observation très générale que nous ne chargeons pas d’interpréter sur le plan psychologique.
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- nant des courbes si irrégulières qu’il semble impossible de les utiliser. Mais on doit pouvoir mettre au point la notation de cette troisième valeur.
- 2) Nous croyons également qu’on devrait pouvoir utiliser une quatrième valeur qui découlerait du rapport entre le temps et les fautes. Certains sujets sont à la fois rapides et précis, d’autres rapides mais imprécis. D’autres, lents mais précis, etc...
- Fautes
- On devrait pouvoir calculer une valeur telle que "jcmpS Par
- exemple, exprimant cet aspect du comportement qui caractérise peut-être l’activité et le dynamisme du sujet.
- Là, encore, nous n’avons pu étudier jusqu’ici ce problème assez à fond pour en déduire une notation facilement utilisable, mais nous pensons que cela doit être possible et que cela serait fort intéressant.
- Nous aurions ainsi, à l’aide d’un seul test, diverses caractéristiques exprimant des aspects différents des aptitudes des sujets et nous croyons que les utilisateurs du Wiggly Block n’auraient plus alors l’impression pénible qu’ils manient un test qui est tout à la fois intéressant et insuffisant.
- MONOGRAPHIE
- LE CHARPENTIER EN BOIS (Extrait)
- par J
- Pierre TESTE
- Définition du métier
- Etymologiquement, la Ch,arpente est l’assemblage de pièces de bois que l’on emploie dans les constructions.
- C’est l’ossature de toute construction.
- Mieux encore, référons-nous à la définition d’un excellent maître de la profession : pour M. Moles :
- « La charpente est l’art de tracer, tailler et assembler les différentes pièces de bois destinées aux structures ou charpentes des diverses constructions civiles et aussi des ouvrages de travaux publics ou maritimes ».
- « L’art du charpentier a non seulement pour objet le travail du bois, mais il comprend aussi la composition de tous les systèmes ou ensembles de pièces réclamées par les constructions de tous genres ».
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- Les différents ouvrages
- Les ouvrages de charpente se divisent en deux catégories :
- 1° La charpente civile.
- comprenant des ouvrages permanents : édifices complets (habitations — hangars — halles) ou éléments essentiels du bâtiment (pans de bois — planchers — escaliers voussures — combles) et des appareillages provisoires (étais — cintres — échafaudages).
- 2° La charpente hydraulique.
- comprenant : les carcasses de navires, les pilotis, les digues, les portes d’écluses, les pertuis, les batardeaux, les ponts en bois, les jetées, les brise-lames, etc...
- Cette seule énumération nous montre l’importance et la diversité des travaux qui donnent à la charpente la place primordiale qu’elle occupe dans le bâtiment.
- La variété des choses fabriquées apparaît dans la terminologie étendue qui, dans le « Traité théorique et pratique de charpente » de Mazerolles, comporte plusieurs pages de termes particuliers parmi lesquels un grand nombre de verbes traduisan t T action directe du charpentier sur la matière directe à ouvrer ou à mettre en place à l’aide de multiples outils.
- Le travail du charpentier
- Sans anticiper sur l’exposé des conditions requises pour être un bon ouvrier, il nous est déjà permis d’entrevoir que le charpentier devra posséder des connaissances générales en matière de Bâtiment. Il devra connaître les lois de T édification de la charpente : ainsi, un problème des formes se pose, surtout dans les villes où il faut à la fois utiliser la surface totale du terrain quels qu’en soient les contours parfois irréguliers, respecter les règlements de voirie.
- La forme de la charpente doit s’adapter encore à la destination du bâtiment qu’elle couronne (habitation,, abri ou entrepôt), à la qualité de sa couverture (tuile, ardoise, tôle.).
- Enfin, le charpentier, qui a dans ses attributions le choix des bois et leur mise en ligne, doit connaître les différentes essences employées dans la construction, leurs qualités et leurs défauts, leurs débits commerciaux et leurs moyens de conservation.
- Le travail du charpentier comprend :
- 1° Les travaux d’étaglissage et de taillage des charpentes qui se
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- font principalement à l’atelier, et quelquefois sur le lieu même cf édification, et qui comportent :
- — le tracé des épures,
- — le choix des bois et leur mise en '-igné,
- —* rétablissement sur des cales ou chantiers,
- — la taille des diverses pièces de bois ainsi tracées.
- 2° la pose de la charpente qui consiste à élever à force de bras ou à l’aide de cordages ou autres appareils élévatoires les bois qui la composent.
- Hiérachie.
- Le chantier de l’entrepreneur est placé sous la direction d’un chef d’atelier nommé « Gâcheur ».
- C’est lui qui trace les épures, pcQcôde à la mise en œuvre des bois et distribue la tâche à exécuter à des chefs d’équipe ou « Sous-gâcheurs ».
- Ces derniers tracent le travail aux « Compagnons charpentiers » qui les assistent, et, ensemble, ils exécutent les travaux sous l’œil exercé du Gâcheur.
- Les conditions du métier
- L’objet et l’histoire de la Charpenterie nous ont fait comprendre toute la variété et la toute la richesse des domaines qu’implique cette noble profession.
- Depuis l’exercice primitif de l’art de la charpente qui mettait surtout en oeuvre les possibilités physiques de l’homme, jusqu’aux plus rares qualités intellectuelles et d’invention qu’exigent les créations de nos constructeurs contemporains, en passant par la mise en œuvre des plus belles qualités dont témoignent les travaux de la Renaissance, tout montre qu’il est peu de métier aussi complet et aussi qualifiés.
- L’Outillage comprend : Les Outils à tracer (légers et précis) : le compas, l’équerre, la fausse équerre ou sauterelle, le cordeau, le plomb, le niveau de devers et le niveau à bulle d’air, la jauge et la rainette.
- Les Outils à tailler :
- la tarière, le ciseau ou ébauchoir, la gouge, la hache, l’her-minette, la bisaigüe, le maillet, la cognée, la scie à petits tenons (denture à crochets ou dents, droites) et ceux qui nécessitent le maniement à deux ouvriers : la scie à deux bras, la scie de taille, la scie passe-partout, la scie de long.
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- Lés Outils cle levage :.
- La chèvre, le palan à corde ou à chaîne, le cric, le vérin, la pince à talon, la barre d’Auspech, les rouleaux.
- Enfin dans les grandes entreprises, la machine a fait son apparition auprès de cet -outillage plusieurs fois séculaire, tant pour le travail du bois : tronçonneuses, scies à ruban, dégauchisseu-ses, que pour le levage appareils élévatoires mus par moteurs.
- Le Travail se fait presque toujours au grand air, en chantier, ou du moins, préalablement dans de vastes ateliers. Normalement l’ouvrier peut donc être exposé au froid, aux courant d’air, à l’humidité, car la pluie môme n’arrête point les travaux, ou à la chaleur.
- Toutefois, dans une grande entreprise, un travail exclusivement en atelier toujours possible exclut l’humidité, la chaleur.
- Au cours de son travail le charpentier n’est pas exposé à respirer des poussières ni des gaz toxiques.
- Le Métier s’exerce debout, le tronc pivotant avec aisance autour des hanches, fréquemment penché sur le sol, et sans pl:cr les genoux.
- Tantôt travaillant au niveau du sol, tantôt grimpant aux échelles ou s’accrochant aux parties de son propre ouvrage, le charpentier est soumis à des dépenses musculaires plus que moyennes, d’autant plus qu’il manie assez souvent des pièces assez lourdes
- Au cours des travaux de levage le charpentier accomplit des manœuvres parfois périlleuses qui nécessitent non seulement de .'adresse, de la souplesse, de 1 .agilité et de la force, mais encore une grande stabilité et un effort d’attention ininterrompu. La moindre maladresse, la moindre distraction, risquent de provoquer les accidents les plus graves, môme de mettre en danger et compromettre la vie de scs. camarades de travail.
- La tendance à une certaine distinction entre le travail en- atelier et le travail en chantier laisse une plus large latitude de recrutement et autorise des sujets de force seulement moyenne à
- pénétrer dans la carrière.
- En résumé, le métier est. sain, les maladies professionnelles y 'sont rares. Les accidents rares aussi, sont généralement dus à une négligence coupable.
- Aptitudes requises pour la profession de charpentier
- Point de vue physique. — Une force nettement au-dessus de 'la moyenne. Constitution robuste.
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- Si l’importance de l’entreprise permet une division du travail, l’exercice du métier exclusivement en atelier tolère une taille moyenne, mais pour le travail en chantier, sur échafaudages, il est préférable d’avoir une taille au-dessus de la moyenne.
- Ayant à manier des pièces de bois souvent lourdes, à les élever du sol avec les deux mains, l’ambidextrie, la possibilité de travailler des deux mains confère un avantage. La robustesse des bras, des mains, et des jambes, agissant connue des. leviers, demande la robustesse des muscles' abdominaux cl lombaires qui les meuvent ou servent d’appui.
- Au point de vue sensoriel. Une bonne vue est la condition d’un travail soigné, ajusté. La vision doit même être bonne dans l’obscurité.
- Une bonne ouïe est la meilleure garantie de prévention des accidents survenant des accidents de chute d’outils, rupture d’échafaudages, par la perception des appels d’alerte ou des chocs et craquements précurseurs.
- De plus, comme dans certains autres métiers, le son des bois an contact des chocs des outils, s’il est convenablement perçu, est un des facteurs essentiels entrant dans le complexe perceptif qui accompagne tout travail où un ouvrier dirige le contact d’un outil avec la matière.
- Les appareils locomoteur, respiratoire, circulatoire et digestif. doivent être parfaitement sains, autorisant le travail au froid, à l’humidité, et constamment debout ou penché vers le sol. On ne saurait concevoir un charpentier sans une grande souplesse et agilité, lui permettant de se mouvoir avec aisance et sécurité dans la « forêt » des éléments qu’il a déjà posés.
- Des contre-indications physiques, rendant le métier difficile sinon impossible. Ge sont des prédispositions aux déviations de la colonne vertébrale, aux hernies, aux varices et aux pieds plats douloureux (valgus), toute déficience notable de l’appareil ostéo-musculaire.
- Ce sont aussi des prédispositions aux affections pulmonaires et cardiaques, aux rhumatismes, à l’albuminerie. Enfin, une myopie prononcée ou une surdité même unilatérale.
- Si la sensibilité au vertige, normale, n’est pas à considérer parce qu’elle disparaîtra au cours d’une éducation progressive en apprentissage, par contre il faut retenir comme contre-indication absolue toutes affections comitiales, jusqu’aux plus simples équivalents quand on sait qu’une «absence», un vertige d’une fraction de seconde suffit pour causer un accident fatal.
- Au même litre, éliminer les sujets atteints de névroses ou de psychoses, ou même d’une hypérémotivité mal réglée.
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- Aptitudes intellectuelles et psychiques
- Ce travail spatial, de moyennes dimensions, variable, aussi perceptif que réactionnel, demande une bonne perception et une bonne mémoire des formes, des volumes et des distances, du coup d’œil et Çesprit d’observation, le sens de la perspective el de la représentation dans l’espace.
- Ces dons de l’intelligence doivent se conjuguer aux qualités sensori-motrices telles que l’intelligence pratique, l’habileté manuelle.
- Aptitudes morales.
- L’aspect intellectuel exigé dans l’esprit d’initiative, l’ordre, la méthode, rejoint les exigences morales de prudence, d’honnêteté, de probité, de conscience professionnelle, d’esprit d’équipe, de sociabilité, de volonté ferme qui contribuent à maintenir la bonne réputation des compagnons de ’a charpente.
- Nous avons gardé pour une mention spéciale l’exigence, non seulement d’une stricte sobriété, mais l’assurance d’une origine indemne de toute prédisposition. «
- Connaissances.
- Quelles connaissances doivent-elles être assimilées pour être mises au service des aptitudes précédentes ?
- Celles acquises au cours d’une bonne scolarité primaire, par-cu’ièrement poussées en calcul et en géométrie, en dessins, en vue de la lecture d’un plan ; en français, pour savoir rédiger convenablement une lettre d’affaires.
- Mais, s’ils ont débuté sans certificat d’études primaires, des jeunes gens ayant le goût et les aptitudes requises ont pu récemment encore obtenir leur C.A.P. en se classant très honorablement. Il est vrai que la méthode d’apprentissage par laquelle ils sont éduqués, progressive et intéressante, est appliquée par un professeur capable de vivifier l’une par l’autre, la théorie et la pratique..
- * Les caractères et la progression de l’enseignement que reçoivent les apprentis pendant trois ou quatre ans, montrent vers quoi tend la formation professionnelle et mettent mieux en lumière les. aptitudes et le minimum de savoir indispensables au seuil de l’apprentissage.
- Apprentissage
- Tant pour la nécessité d’une bonne scolarité primaire que pour des raisons d’ordre physique, l’apprentissage ne peut être envisagé avant l’Age de 14 ans.
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- L’apprentissage a lieu dans une section du bois dans les écoles professionnelles. Là, futurs menuisiers, ébénistes et charpentiers participent au môme enseignement technique, la spécialisation se faisant ensuite, chez le patron, dans l’entreprise et à l’aide des cours professionnels.
- Ceux-ci fonctionnent tant à Paris que dans les grandes villes de province, sous l’autorité et sous le contrô'e des Chambres Syndicales Patronales, des Chambres Syndicales Ouvrières, des Sociétés de Compagnons des Syndicats.
- A Paris, en particulier, les cours professionnels pour le métier de charpentier sont donnés •
- par la Chambre Syndicale Patronale : 3, rue de Lutèce (IVe) et rue du Terrage (Xe).
- — Les Compagnons Passants du Devoir : 161, avenue Jean-Jaurès (XIXe).
- — Les Compagnons Charpentiers du Devoir de Liberté : 10, rue Mabillon (VIe).
- — La Chambre Syndicale des Ouvriers Charpentiers : Bourse du Travail.
- Les apprentis en contrat d’apprentissage sont suivis par la Chambre des Métiers jusqu’au Livret de Maîtrise. Leur dossier comporte en effet une fiche d’apprenti détaillée et une fiche scolaire qui comporte tous les renseignements intéressant leur situation professionnelle.
- Il est nécessaire d’affermir, de normaliser la tendance qui permet une spécialisation dès la deuxième année dans la section de charpente d’une école professionnelle.
- Les travaux en atelier ou en chantier demandent une technique déjà avancée, des efforts physiques disproportionnés avec les possibilités des jeunes apprentis. De plus, la maîtrise comme les ouvriers, pris par leurs occupations ne peuvent distraire que de trop rares instants pour les consacrer aux jeunes gens, qui, presque toujours rélégués dans des travaux de manœuvres, finissent par être déçus par le métier vers lequel ils étaient venus avec enthousiasme.
- Au contraire, dans une école professionnel, que ce soit sous l’aspect physique : travail sur des pièces de bois moins lourdes, accoutumance au vertige par des exercices au portique, spécialement gradués pour cela, ou en vue de la formation professionnelle technique et manuelle : exécution de travaux à la fois utilitaires et éducatifs, toujours le souci d’une formation progressive soutient la joie au travail des futurs compagnons.
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- Existe-t-il de telles écoles ?
- A Paris, deux sections ont fonctionne en 1946 : l’une à l’Ecole Dorian, rue Philippe-Auguste, l’autre au Cours Complémentaire Industriel de l’Ecole de la rue Max-Dormoy.
- Il est désirable que partout en France, de plus nombreuses sections soient créées où l’on appliquerait les programmes et les méthodes qui ont donné de bons résultats h la dernière session du C.A.P. à Paris.
- Le contrat d’apprentissage lie pendant trois ans l’entrepreneur et l’apprenti dans le respect réciproque de certaines clauses dont les principales consistent pour l'employeur à enseigner la profession, à allouer une gratification journalière progressant d’une année à l’autre ; et pour l’apprenti : à recevoir avec attention, respect et docilité, ies leçons et les ordres, à se conformer avec exactitude à la discipline et aux règlements d’ateliers, à suivre les cours professionnels.
- Conclusion
- La charpente en bois est incontestablement un métier intéressant, tant pour le présent que dans un avenir lointain.
- Il est ouvert à tous les jeunes hommes ayant de bonnes aptitudes physiques et un niveau moyen d’intelligence.
- Par son évolution vers une technique moderne, ii permet l’accession à une diversité et une hiérarchie d’emplois qui, du sédentarisme au Tour de France, de l’atelier au chantier, du travail standard à la création de modèles nouveaux, du simple compagnonnage à la direction d’une grande entreprise, offre à tout travailleur la possibilité d’assurer une existence digne à la fa-miile qu’il fondera ; de conquérir la place qu’il mérite dans son groupe professionnel.
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- NOTES ET DOCUMENTS
- Une analyse scientifique du geste scriptural
- On admet depuis bien longtemps que, à chaque personnalité, correspond une modalité propre de l’écriture, celle-ci représentant la trace durable d’une forme d’activité motrice, d’un geste scriptural dont le dynamisme ne peut être vraiment saisi que lorqu’il est en cours d’exécution.
- C’est à ce geste que s’est adressé Ag. Gemelli avec deux collaborateurs (1) dans son laboratoire de Milan où il a su organiser les techniques les plus modernes d’examen biométrique. (
- Au cours de l’acte scriptural, un enregistrement continu est as-.suré, photographique d’un côté, kymographique de l’autre, avec une source lumineuse fixée à la main, une notation de la vitesse de l’écriture au cours du tracé étant assurée par des interruptions rythmées de l’inscription ; en outre, les variations de pression ont été enregistrées grâce à l’emploi d’une plume spéciale du type Bills et Stroud.
- L’étude a porté sur les modifications de l’écriture corrélatives des différences dans la grandeur et la vitesse, sur les caractéristiques propres du rythme du scripteur, sur la rapidité unitaire, etc.
- Les principaux résultats obtenus ont été les suivants :
- La durée dans le graphisme de lettres isolées est sensiblement constante pour une sujet donné, quelle que soit — entre certaines limites — la grandeur de la lettre et il y a, pour chaque lettre, un temps propre.
- Chaque sujet a un rythme propre qui s & définit par le rapport de la dimension normale de la lettre au temps de traçage de cette lettre.
- Comme caractéristique des sujets on note, en ce qui concerne l’influence de la rapidité scripturale, la possibilité de classer trois groupes distincts, l’un dans lequel en écriture rapide la hauteur totale des lettres est diminuée et la largeur accrue, un autre où la hauteur totale est un peu augmentée sans accord avec le comportement de la largeur, les angles étant accrus, et un troisième où il y a augmentation modérée de hauteur et de largeur avec accroissement des angles.
- Le rythme des sujets se manifeste encore par une individualité dans le graphisme des diverses parties d’une lettre, dans la distribution des accélérations et décélérations.
- Enfin, au cours de l’écriture d’une page entière, des variations de vitesse unitaire du graphisme se manifestent, ainsi que des variations dans la pression et la grandeur des lettres, la pa^e constituant une unité en rapport' avec une certaine attitude psychique.
- Il y a, dans cet important travail, une analyse des données essentielles du geste scriptural qui montre ce que peut donner une graphologie dynamique vraiment scientifique, voie réellement féconde, pendant que s’enlisent les graphologues.
- (1) Ag. Gemelli, Paul S. Y. Hsiao et Bodgen Radsucev. Contributo al l’analisi dei movimenti délia scrittura. Commentationes (Pontificia Academia Scientiarum), XII, I, 1948, pp. 1-66. planches 1,-XXII.
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- La Question de l’aptitude au travail suivant le rythme imposé
- Mll0Samper s’est préoccupée de déceler chez les adolescents examinés par les centres d’O. P. l’aptitude à s’adapter au travail suivant un rythme imposé, et elle a établi dans ce but, en s’inspirant du test de Couvé, u« « rytmographe ». Il s’agit d’un appareil fournissant à un rythme rapide (45 en 30 secondes) des jetons qui doivent être saisis et introduits dans, une fente. On détermine ainsi la proportion de jetons correctement manipulés.
- On obtient un renseignement sur la rapidité maxima de manipulation, dans des conditions difficiles où l’on risque de perdre la tête.
- Il y a là une aptitude à un travail très précipité pendant un temps très court, non une aptitude générale à se soumettre à tel ou tel rythme de travail.
- Il y a, pour chaque individu, un rythme préféré, se manifestant par un tempo spontané permettant un travail prolongé dans, les meilleures conditions d’exécution avec un minimum de fatigue.
- Connaître ce tempo est particulièrement important pour l’organisation du travail et la répartition ou la sélection des travailleurs. Mais il y a, en outre, des différences de plasticité, d’aptitude à se soumettre à un rythme imposé différent du rythme spontané, à atteindre un rythme plus rapide, ou à se plier à un rythme plus lent. Il faudrait dés épreuves spéciales, demandant des lâches suffisamment prolongées, mais qui seraient certainement intéressantes. Il n’est pas exclu en effet que certains individus spontanément lents réussissent à atteindre une rapidité notable quand ils y sont contraints, alors, que d’autres y échoueront. Et d’autre part il se peut que l’obligation de suivre un rythme trop lent nuise à l’exécution de la tâche
- En O. P., on ne peut sq livrer à des investigations délicates et prolongées. Le test de Mlle Samper a le mérite d’être d’exécution facile et rapide. Il doit renseigner sur une certaine maîtrise, quand on doil faire face à des impossibilités qui peuvent, entraîner de l’émotion et faire perdre la tête. Mais sa simplicité entraîne un défaut grave, qui tient à ce que la difficulté émotionnante ne sera pas égale pour tous les sujets, dépassant plus ou moins leur capacité limite dont il n’est pas tenu compte.
- Pour que l’épreuve soit tout à fait, satisfaisante, il faudrait connaître d’abord cette canacjjé limite en exécution libre, el imposer ensuite un rythme la dépassant d’une proportion constante.
- Cela pose évidemment un problème plus difficile et nécessiterait un appareillage plus complexe, mais c’est un problème qu'il vaudrait la peine de résoudre.
- H. P.
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- A TRAVERS LES REVUES
- Dans Y American Psychologist de septembre 1948, L. L. Thurs-tone expose dans une importante étude ses vues sur les implications psychologiques de l’analyse factorielle, et la traduction a déjà parue dans notre Bulletin ; en outre, dans ce numéro on trouve l’adresse présidentielle de J. E. Anderson sur l’organisation de la personnalité chez les enfants, à la nouvelle division, consacrée à l’enfance et à l’adolescence, de l’American Psychological Association.
- Dans le numéro d’octobre 1948 des Annales médico-psychologiques, MM. Fribourg-Blanc et Provost, traitant de « Sélection et Psychiatrie », entendent souligner le « rôle majeur du psychiatre devant les problèmes de sélection et orientation ».
- Dans la Revue de l'Institut de Sociologie (Institut Solvay, de Bruxelles) qui, interrompue en mars 1940, vient de recommencer à paraître (n° 1 de janvier-mars 1948) l’ingénieur G. Henri Franc envisage les problèmes cîu travail et l’analyse biologique des fonctions, proposant une méthode d’analyse et une fiche cte fonctions (c’est-à-dire des tâches des travailleurs), correspondant aux monographies de métiers.
- La Revisla Brasileira de estudos pedagogicos, dans ses numéros 23 et 24 a publié une étude de Margaret Hull.sur l’importance du diagnostic éducationnel, et une appréciation très favorable de Maria I. Leite da Costa (de Lisbonne) sur la valeur du labyrinthe manuel (1934) de Rey au point de vue de l’appréciation de l’éduca-bilité.
- E. H. Hsü a exposé dans le Journal of general Psychology (T. 38, 1948) les résultats d’un contrôle expérimental de l’analyse factorielle (comme en avaient déjà fait un la regrettée Weinberg et Delaporte) en introduisant trois facteurs artificiels dans une expérience avec 100 sujets (facteurs retrouvés par la méthode de Thurs-tone, avec adjonction d’un facteur résiduel sans base réelle).
- Signalons dans le Journal of Applied Psychology d’août 1948 (T. 32, n° 4) un examen critique par H. P. Longstzff du « Prefe-rence record » de Kuder et de l’inventaire d’intérêts de Strong ; une technique pour la construction d’échelles d’aptitudes par M. L. Edwards et F. P. Kilpatrick ; et un moyen simplifié d’évaluation des occupations (jobs) sous la forme de l’« Occupational characte-ristics check list » (O. C. C. L.) par R. M. Bellow et M. France^ Estop.
- Le Journal of social Psychology (T. 27, 1948, p. 187) publie un article de M. D. Jenkins et Constance M. Randall sur les caractéristique différentielles des étudiants noirs de niveau intellectuel
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- supérieur par rapport à l’ensemble de ces étudiants (5.578 en tout), les différences tenant surtout à une supériorité du niveau social et éducatif des familles.
- Nous relevons dans le Journal of abnormal and Social Psychology de juillet 1948 (T. 43, n° 3) trois études relatives aux tests projectifs : une description d’un nouveau test, appelé « intuition questionnaire » par A. C. Sherriffs, des données sur l’humeur et l’activité dans les histoires du T.A.T. (Thematic Aperception Test de Murray) par S. L. Garfield et L. D. Eron et une étude du « color shock » au Rorschach, par R. Wallen.
- Dans le Journal of applied, Psychology de février 1949, nous relevons une étude de H. Wallace Sinaiko sur l’application du test de dessins dè frustration de Rosenzweig dans la sélection de managers de magasins, trouvant des indications favorables à son emploi, un examen de la valeur prédictive du Rorschach dans le succès académique, avec résultat négatif par B. R. Mc Coudless, des données sur l’emploi de la clef des niveaux d’emplois dans le Strong (intérêts professionnels).
- Au sommaire du même Journal of applied Psychology d’avril 1949 (t. 33, n° 2), la quantification d’un examen d’employé industriel par J.-F. Harris, une comparaison d’analyses portant sur les items et sur l’échelle par P.-H. Kriedt et par K.-E. Clark, un examen du « job » du pilote de ligne par T. Gordon, une méthode de notation du test d’intérêts professionnels de Strong par J.-E. Greene, R.-T. Osborne et W.-B. Sanders, des examens d’échelles abrégées d’évaluations des « jobs » et leur fidélité, par D.-J. Chesler et par C.-H. Lawske et P.-C. Farbro.
- Examinant les relations de quatre tests d’art étalonnés avec l’intelligence et le succès scolaire dans le Journal of educational Research de janvier 1949, H.-O. Barrett, de Toronto, à l’Ecole Supérieure de Commerce, observe des corrélations de 0,10 à 0,40 avec les notes scolaires, de 0,05 à 0,56 avec un test d’intelligence, et des intercorrélations de 0,04 à 0,08 entre les tests d’art eux-mêmes (Mc Adory, Meier, Lawerenz et Knauber) : avec un critère d’habileté artistique (4 juges) la corrélation de ces 4 tests a été respectivement de 0,13 ; 0,35 ; 0,71 et 0,76. \
- Les résumés des participations à un Symposium sur la pratique clinique et la théorie de la personnalité ont été publiés dans le n° de janvier 1949 du Journal of A bnormal and Social Psychology ; ils sont dus à S. Rosenzweig, D.-W. Mackinnon, J. Zubin, W.-A. Snyder, A.-W. Combs, Anne Roe et G.-L. Klein.
- Dans le Journal of Social Psychology de. février 1949 (29, 1) W.-D. Blake ct‘A.-E. Harriman examinent la question de la sélection et de la formation professionnelle des « exécutives » dans l’industrie et les
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- affaires, en insistant sur le « leadership » ; R.-R. Rlake relate une recherche sur la relation entre le milieu socio-économique au cours de l’enfance (12 à 13 ans) et l’intelligence des adultes (40 hommes et 34 femmes, de 18 à 42 ans), trouvant des corrélations avec divers tests de 0,33 à 0,52 (les plus fortes concernant des épreuves linguistiques) ; Dora E. Domrin donne, d’après une recherche sur 156 jeunes filles, des corrélations entre la grandeur et la structure de la famille d’un côté, et divers tests de l’autre (le quotient ayant une corrélation négalive.de 0,310 avec le nombre des enfants).
- Le Journal of clinical Psychology de janvier 1949 (T. V., 1) contient, entre autres, des articles de I.-N. Mensch sur les effets — pratiquement négligeables — que le raccourcissement d’un test exerce sur les réponses à des items déterminés, de J.-N. Buck sur le test de deàsin de Goodenough, le H.T.P. (maison, arbre, personne) avec technique de notation qualitative et quantitative qui permettrait une exploration de la personnalité, de G. Lindzey sur l’emploi comme « prétest » du « Wonderlic Personnel test », et de Lawrence S. Kubie, sur la responsabilité médicale en matière de formation pour la psychologie clinique (en relation avec la psychiatrie).
- L’échelle de Wechsler-Bellevue fait l’objet d’une série d’articles du Journal of Consulting Psychology de février 1949 (l. 13, n° 1). Les structures obtenues dans la schizophrénie sont examinées par Louis S. Levine, et par Lennart C. Johnson, la fidélité (après une semaine et un mois d’intervalle), par R.C. Homister.
- Dans le môme numéro Mildred E. Hamilton compare les résultats donnés par l’échelle révisée de performance (forme II) de Grâce Arthur (1947) et le Binet de 1937.
- Dans Personnel Psychology (t. 2, n° 1, 1949) R. Wagner consacre un exposé critique à l’interview d’emploi, R. Bonnardel traite de l’état de la psychologie industrielle en France, L.-E. Abt décrit une batterie, de tests pour la sélection d’éditeurs de magazines techniques, H. Seashore envisagé les problèmes éthiques concernant le psychologue industriel.
- Dans le Journal of general Psychology de janvier 1949, I. Ramzy et P.-M. Pickard relatent les résultat» d’un contrôle de fidélité dans la notation du Rorschach pratiquée par l’un et l’autre de façon indépendante, pour 1219 réponses, obtenant des coefficients de contingence de 0,812 et 0,906 pour les 4 groupes de notations, après une entente préalable sur les modalités ; H. Gray apporte une critique des questionnaires pour le diagnostic des types psychologiques de Jung, en raison de l’ambiguité des résultats ; J.-S. Wilkic a fait juger du caractère de 7 personnages historiques d’après leurs portraits (dont Louis XVI, Robespierre, de Moltke) par 60 personnes (qui n’auraient pas reconnu les personnages), trouvant un accord assez général entre les jugements portés, mais sans que la validité en soit grande (les personnages sympathiques étant doués de qualités multi-
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- pies) ; en prenant un choix de 18 planches, après essai général, dans les 40 publiées par l'Américain Optical Company pour le diagnostic des altérations de la vision chromatique, L.-H. Hardy, Gertrude Raud et M. Catherine Rittler onl vérifié sur.365 normaux qu’il n’y avait jamais d’erreur sur plus de 4 planches (93 % ne faisant pas d’erreur sur plus d’une), et sur 160 anormaux que tous faisaient des erreurs sur 5 planches au moins (88 % en faisant sur 10 au moins).
- Enfance est entrée dans sa deuxième année. Au sommaire du premier numéro de 1949 (janvier) nous relevons des remarques du Dr Tournay sur les enfants paralysés, des portraits de meneurs en relation avec la psychologie du groupe du jeune André Lévy, fusillé par les Allemands en 1944 (avec une présentation par D. Lagache), une psychologie du dessin enfantin de Raymond Cordeau, une étude par Pierre Naville de la crise de 1’ « illusion professionnelle » chez l’enfant et l’adolescent, et divers autres articles, sur la psychologie scolaire à Winnipeg par Irène Lézine, sur l’adolescent et sa famille par R. Koskas, à propos des enfants caractériels par E. Jouhy,
- Trois cas de puberté et maternité précoces, montrant la dissociation du développement physique et sexuel et du développement mental (dont un cas de puberté à 8 mois et de maternité à 5 ans) sont exposés avec documents photographiques par J. Cheymol et R. Henry dans la Revue Scientifique du 15 avril 1948, parue en 1949 (n° 3295).
- Le D1' Armand Mercier a examiné l’évolution des conditions visuelles d’aptitude aux emplois de sécurité des chemins de fer et de l’aviation dans les Annales d'Oculistique de janvier 1949 (t. 182, n° 1), et il insiste en terminant sur le rôle croissant que doit jouer la psychotechnique, du fait des augmentations de vitesse qui rendent particulièrement importante la rapidité de perception et de réaction.
- Renée et Jacqueline Stora ont procédé à une comparaison entre le test primitif de Rorschach, et la série parallèle établie avec le concours de Rehn (désignée comme « Bero »), concluant à une possibilité de suppléer l’une par l’autre, avec toutefois quelques différences qui font que les deux épreuves à certains points de vue se complètent (Annales Médico-Psychologiques de février 1949).
- Les Annales de Médecine légale de janvier-février 1949 renferment un article des D,s L. Copelman et Stanesco, de Bucarest, sur l’exploration de l’affectivité en médecine légale par la méthode du réflexe psycho-galvanique (mise au point au cours du séjour du D1' Copelman au laboratoire de la Sorbonne).
- La Revue de Morpho-Physiologie humaine organe trimestriel de la Société de ce nom, dans son premier numéro (octobre 1948), con-
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- tient une étude du Dr Bize sur les fondements biologiques de la caractérologie, une théorie du psychodiagnostic de Rorschach par Arpad Mezei, un essai de classification des structures caractérielles par le test du village, du Dr P. Mabille, un exposé par Mme Lom-bard-Rau du test de Szondi pour le diagnostic expérimental des pulsions et des instincts, une contribution à l’étude méthodologique et terminologique en typologie humaine par le R. P. Dr Verdun ?
- La série des monographies sur l’orientation professionnelle publiées par la Revue Internationale du Travail organe du B.I.T., en 1948, a fait l’objet de tirages à part. Ont ainsi paru l’O.P. en Nouvelle-Zélande par R. Winterbourn, en Royaume-Uni, par H.-M.-D. Parker, en Belgique, par E. Lobet, aux Etats-Unis par H.-A. Jager, en Suède par E. Neymark, en Pologne par S. Hartman.
- La structure de la personnalité des enfants délinquants et la possibilité de prédire la délinquance des enfants font l’objet d’articles de F.-C. Zokolski dans le Journal oj genelic Psychology de mars 1949 (t. 74, n° 1), où une expérience de recherche des déficiences de vision des couleurs chez les' jeunes enfants (3 à 8 ans) avec les cartes de chiffres colorés de Dvorine est relatée par N.-H. Pronko, J.-W. Bowles, F.-W. Snyder et D.-L. Synolds.
- R.-B. Scott et F.-C. Sumner ont observé que, dans les déterminations de la capacité de vision en profondeur avec l’appareil de, Howard et Dolman, les sujets ayant une prédominance oculaire droite tendent à placer la baguette mobile (située à droite) plus souvent en arrière qu’en avant à l’inverse des sujets à prédominance gauche (Journal of Psychology t. 27, 1949, p. 479).
- INFORMATIONS
- h'Association Générale des Orienteurs de France ouvre à Marseille, les 1er, 2, 3, 4 juin 1949 son 4ine Congrès National d’Orien-tation Professionnelle dont voici le programme : 1er juin - Etude de la question : « L’examen des aptitudes en vue de la constitution du dossier d’Orientation professionnelle ». 2 juin - Conférences par MM. Rastoin, sur « La Psychologie industrielle », Juif, sur « La Psychologie de l’enfant de 10 à 14 ans », D1' Cremieux, sur « L’enfant et la Psychanalyse ». 3 juin - Rapport général, Assemblée générale de l’A. G. O. F., Banquet, Visite du Port. 4 juin - Excursion.
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- La National Academy oj Sciences des U.S.A. a dissocié sa Section mixte d’Anthropologie et Psychologie et a constitué une Section de Psychologie autonome, que préside le Professeur Boring de Harvard
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- et qui compte 22 membres. En outre, sur les 50 savants étrangers élus par l’Académie, il y a deux psychologues, les Professeurs Bartlett de Cambridge et Piéron de Paris.
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- Le 15 décembre 1948 a été célébré le 25e anniversaire de la fondation de l'Institut fiir aagewandte Psychologie de Zurich, par J. Suler, le directeur actuel étant D. Biâsch.
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- Une étude du Professeur Jacquemyns publiée par l’Institut Universitaire d’information sociale et économique de Bruxelles, sur le choix des professions chez les ouvriers et employés, d’après une enquête par sondage en 1948, met en évidence une différence entre les aînés et les cadets : les premiers ont en moyenne une situation nettement inférieure à celle des cadets : 25 % des aînés ont reçu un apprentissage spécial, alors que chez les cadets il y en a 41 %.
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- Il a été créé dans les Facultés de Médecine un diplôme de Neuropsychiatrie décerné après trois années d’étude suivant le doctorat, et comprenant des cours, des travaux pratiques et des stages (dont une année dans un hôpital psychiatrique) les épreuves comprenant des épreuves écrites, des épreuves cliniques de neurologie, psychiatrie et neuro-psychiatrie infantile et une épreuve pratique.
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- L’Institut National d’étude du travail et d’orientation professionnelle organisera en accord avec la Direction de l’Enseignement technique des journées de perfectionnement les 11, 12 et 13 juillet 1949 destinées au personnel de l’orientation professionnelle. Le thème de ces jours sera le suivant : le Contrôle de l’O.P. Tous les anciens élèves de l’Institut sont cordialement invités.
- LA VIE DU CENTRE DE RECHERCHES DE L’INSTITUT NATIONAL D’ÉTUDE DU TRAVAIL ET D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- Chef de Service : Mme Henri PIÉRON
- La validité des tests (suite)
- Pour des raisons exposées précédemment (1), nous pensons que, dans le cadre de l’Orientation professionnelle, la validité d’un test ne peut être estimée que sur des séries de petits cc groupes intacts », classes ou écoles, par exemple. Chaque groupe doit être composé d’élèves apprenant le même métier dans la même classe (ou dans des classes absolument parallèles). Tous ces élèves doivent être notés par le même professeur. Nous avons convenu de ne pas prendre de groupes inférieurs à 15 sujets.
- (1) Voir B. I. N. O. P., Janvier-Février et Mars-Avril.
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- Quand on a obtenu dans chacun de ces groupes un critère de réussite aussi objectif que possible, on peut faire, pour chaque groupe, une estimation de la validité du test.
- Ces estimations sont entachées d’énormes erreurs d’échantillonnage, étant donné le petit nombre de sujets, et ne sont donc guère utilisables telles quelles. Une combinaison d’estimations est plus stable, et elle peut être faite à l’aide des principes suivants. Voir : Fisher, Statistical Methods for research workers (dont une traduction vient de paraître aux PUF) VI, 35 et P.-R. Rider, An introduction lo modem statistical methods, New-York 1939 (VII, 53).
- On sait que l’erreur type °r d’un coefficient de corrélation r observé sur une paire d’échantillons de n’ valeurs est donné par la formule
- o" r ——
- 1 - P2
- (1)
- dans laquelle p désigne la corrélation entre les populations dont les deux échantillons sont extraits.
- Comme p est inconnu, on le remplace en général par son estimation r. Le procédé, utilisable quand n’ est grarid, est inapplicable quand n’ est petit, de sorte que l’on ignore pratiquement l’erreur-type d’un coefficient calculé sur un petit nombre de sujets.
- D’autre part, la distribution des r n’est pas normale dans les petites séries et elle change rapidement de forme quand p varie.
- Ces inconvénients disparaissent si l’on travaille sur une transformation de r proposée par Fisher et désignée par le symbole z.
- z = -j [ ]oge (l + r) - loge (1 - r)J (2)
- Fisher a montré que l’erreur type égale à :
- 1
- (3)
- est approximativement
- On remarque qu’elle est indépendante de p et qu’elle peut se calculer lorsqu’on connaît seulement le nombre de sujets dans l’échantillon.
- La distribution des z est à peu près normale et sa forme est indépendante de p .
- Supposons maintenant que l’on ait trouvé des corrélations r, r2 . •.., rk dans k échantillons indépendants comptant respectivement
- n\, n’2....... n’]c sujets. Nous pouvons faire la transformation (2).
- (Fisher donne une table).. Si nous désirons combiner ces différentes valeurs, nous devons donner à chacune un poids inversement proportionnel à sa variance, que nous tirons immédiatement de (3). La moyenne pondérée des z est :
- z = 2 [ (n’i — 3) zi ] (i = 1, 2, 3,............................k) (4)
- 2 (ni — 3)
- Cette valeur globale peut être retransformée en coefficient de corrélation r grâce à l’équation (2).
- <
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- Avant de combiner de cette façon les différentes valeurs de r, il faut toutefois tester la validité de l’hypothèse d’après laquelle les échantillons qui ont servi à les calculer provenaient de populations entre lesquelles la corrélation est identique, autrement dit que la série des z est homogène.
- Etant donné la normalité de la distribution des z et connaissant leur écart-type, on démontre que la quantité
- I (n’i — 3) zp — [ 2 (n’j — 3) zj ]2 (i = 1, 2, .. .k)
- (n’i - 3)
- est distribuée comme et qu’il convient de rejeter l’hypothèse
- si cette quantité prend une valeur significative au niveau de significations choisi.
- Si y2 n’est pas significatif, nous dirons que les z sont homogènes et nous procéderons à leur combinaison comme il a été dit plus haut.
- i *-* *
- Voici des exemples de calculs de validité faits d’après cette méthode, sur les données du Tableau 2, p. 21 du ÈINOP de janvier-février.
- Le premier exemple (MHP 52) est traité complètement de façon à montrer la disposition pratique des calculs. Le passage des r aux z se fait à l’aide de la table dressée par Fisher, que l’on trouve dans la plupart des manuels de statistique, n’ désigne ici le nombre de sujets.
- M.H.P. 52. Surfaces à déplacer, à assembler. Lignes à reproduire, dessins à déplacer. Repérer la position d’un point dans un plan.
- CLASSES r z n’ -3 (n’ — 3) z (n’ - 3) z2
- lre CA .40 .4236 26 11.0136 4.6654
- lre CA .13 .1307 30 3.9210 .5125
- 1" M .65 .7753 27 20.9331 16.2294
- 3e A .58 .6625 24 15.9000 10.5338
- 3e CA .32 .3316 14 4.6424 1.5394
- 3e M .28 .2877 28 8.0556 2.3176
- 149 64.4657 , 35.7981
- y2 — 35.7981 — (64,4657)2 149
- = 35.7981 — 4155.8265 149
- — 35 798I _ 27.8911 = 7.907
- L’hypothèse de l’homogénéité de la série de z ne peut être rejetée (pour 5 degrés de liberté et y2 = 7.289, on a P = . 20).
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- Moyenne pondérée des z = 64.4657 = .4327
- Golf. Effectuer par la pensée un trajet en ligne brisée d’après un schéma et indiquer, à chaque changement de direction, le sens de la rolation. Indiquer l’orientation de chaque direction de marche, r = .30
- Zijve. Série de questions très diverses dans lesquelles on essaie de mettre en lumière la tournure d’esprit scientifique (à l’exclusion des connaissances acquises).
- *
- La série des coefficients n’est pas homogène. La validité est de .26 dans un groupe de 4 classes, et de — .62 dans une classe.
- Pintner. Compléter l’esquisse du symétrique d’une figure donnée, r = . 18
- M.H.P. 51. Comprendre, critiquer des lois de séries de nombres, de mots, de signes dépourvus de sens.
- r = .22
- * *
- La signification de la séparation de l’un des coefficients, comme dans le Zyvc, doit être interprétée à la lumière de ce qui a été dit dans la première de ces notes. Le test ayant été appliqué de la même façon dans toutes les classes, alors que le critère a varié d’une classe à l’autre, la valeur « aberrante » prise par le coefficient de validité dans l’une des classes signifie, que, dans cette classe, les élèves sont probablement jugés par le professeur sous un angle différent de celui des autres professeurs. Il ne nous appartient évidemment pas de porter de jugement sur la validité du critère et de dire que cette façon particulière de juger les élèves est plus mauvaise ou meilleure que la façon adoptée par les autres professeurs. Mais la constatation d’un tel désaccord peut susciter, si les conditions sont favorables, une étude particulière, menée avec les professeurs intéressés sur la pédagogie du métier considéré.
- L’intérêt de la méthode proposée semble d’ailleurs plus large.
- Elle est facilement applicable. Les examens de sélection par tests à l’entrée des écoles techniques tendent à se généraliser et l’on a souvent ainsi les notes obtenues dans les tests utilisés pour la sélection par l’ensemble des élèves d’une classe. Dans celles de ces classes où un procédé objectif de notation est utilisé (ou bien est accepté, ne serait-ce que pour un « essai » unique exécuté en fin d’année, à la suggestion du Conseiller d’O.P.), on peut avoir également les notes professionnelles des mêmes sujets. C’est tout ce qu’il faut pour procéder à l’estimation de la validité dans cette classe (utiliser le r de Pearson). Si le travail de calcul gênait certains Centres, le Centre de Recherches s’en chargerait volontiers. La combinaison des estimations provisoires pourrait se faire à différents échelons : à l’échelon local, à l’usage du Centre d’O.P. intéressé, qui pourrait en utiliser le résultat pour ses pronostics relatifs à la réussite des sujets dans telle ou telle école (ou groupe d’écoles) de son secteur ; à l’échelon national, pour des pronostics plus généraux.
- Il semble donc que cette méthode constitue une heureuse occasion de collaboration entre les praticiens et les théoriciens de l’Orientation professionnelle. jq Reuchlin.
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- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE A L’ÉTRANGER
- L’Orientation professionnelle en Bulgarie
- Une enquête a été effectuée par le ministère de l’Instruction publique et le Comité central de l’Union de la jeunesse populaire auprès des élèves (garçons et filles) des lycées (enseignement secondaire) pour connaître leurs projets en vue du choix d’une profession.
- L’enquête a utilisé les réponses de 75 établissements se rapportant à 9.928 élèves.
- La majorité des élèves (5.072) ont exprimé le désir de faire des études supérieures et universitaires. Un certain nombre de jeunes gens s’orientent vers l’administration et les services publics. On relève un intérêt croissant pour l’enseignement, surtout chez les jeunes filles. L’Ecole militaire attire de nombreux jeunes gens.
- Les autres (837 garçons et 420 jeunes filles) ont exprimé le désir de suivre les cours de formation professionnelle.
- Sur les 9.928 sujets, 501 (surtout des jeunes filles) n’ont pu indiquer quelle profession ils désiraient.
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- L’Orientation professionnelle en Pologne
- Une Conférence consacrée aux problèmes de l’orientation professionnelle a eu lieu à Varsovie, sous les auspices du ministère du Travail et de la Prévoyance sociale, les 18 et 19 mai 1948. Le Bureau international du Travail, était représenté.
- Parmi les vœux adoptés, nous relevons la création d’un conseil scientifique pour les questions d’O.P., la création d’une centrale des Offices d’O.P., celle d’un centre de recherches et enfin la création auprès de chaque office d’O.P. d’ateliers-écoles d’expérimentation permettant de compléter les examens psychologiques et médicaux effectués par l’Office d’O.P.
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- L’Orientation professionnelle en Belgique
- Dans la Revue internationale du Travail de mars 1948, le directeur du Service de l’O.P. au Ministère de l’Instruction publique en Belgique, M. Lobet a fait un exposé sur l’O.P. dans ce pays avec rappel historique, depuis la fondation par Christiaens en 1912, du premier office d’Europe, en rappelant la création en 1936 du Centre national d’O.P. et la délivrance en trois sessions d’examen (1938, 1942 et 1945) de 200 certificats d’aptitude aux fonctions de conseiller d’O.P. Les offices reconnus par l’Etat doivent se conformer à un règlement type assurant leur unité. Il existe 35 offices de langue française et 43 de langue flamande. En dix ans (1936-1946), un examen complet a été assuré par 100.000 enfants.
- D’autre part, il existe un service d’O.P. de l’Armée belge. A 1 incorporation l’application de tests complétée d’un entretien avec un officier préside à la répartition du contingent dans les diverses
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- spécialités. Une deuxième épreuve, trois mois plus tard, est appliquée aux soldats désirant se perfectionner au point de vue professionnel, et, au cours du service, ils subissent une éducation pratique (ateliers divers) ou théorique (cours de langues par exemple). Au dernier mois du service, les soldats ayant suivi ces cours, sont examinés à nouveau pour recevoir un Conseil d’O. P. destiné à guider leur retour à la vie civile (renseignements donnés dans le Bulletin périodique du Service d'éducation à l'Armée de juin 1948).
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- L’Orientation professionnelle en Italie
- Voici quelques indications sur l’état présent de l’O.P. en Italie, qui nous ont été communiquées par Mme Costa, professeur de psychologie à l’Université de Turin et directrice du Service d’O. P. de cette ville.
- Comme en France, l’O.P. en Italie a des racines lointaines. Dès 1797 on signale le Mémoire de Caccia sur la Distribution des emplois dans le petit peuple. En 1871, le livre de Cestari sur Les professions que l’on peut choisir et auxquelles on peut préparer les jeunes étudiants ; en 1893 le livre de Marcotti : Guide pratique pour le choix d'une profession, etc... C’est au xixe siècle que l’activité pratique en faveur de l’O.P. se développe. De Sanctis et Ferrari introduisent l’emploi de « réactifs » mentaux au même moment que Binet et Cattel. Mosso développe Ses travaux sur la fatigue musculaire. En 1907, Patrizi et Petrazzani opèrent les premières sélections de conducteurs d’automobile. Dans cette période les études le laboratoire sur la psycho-physiologie du travail et les tests mentaux, sur la fatigue, prédominent sur les applications psychotechniques, phénomène dû pour une large part à la structure artisanale et peu concentrée de l’industrie et à l’importance de l’agriculture. Les premières tentatives de laboratoires de psychotechnique voient le jour dans l’Italie du Nord : Cabinet Psychotechnique de Modène, 1920 ; Office Professionnel de Rome, 1921 ; Institut Civique de Psychologie expérimentale à Milan, Service d’O.P. aux Ecoles de la Société Humanitaire de Milan, Service d’Orientation et de Sélection de Florence (Ecole Industrielle Léonard de Vinci), 1930 ; Département Département d’O.P. à l’Institut Biotypologique-Orthogénique de Gênes. La sélection commence à être appliquée aux aviateurs, cheminots, conducteurs de tramways et automobiles. En 1932 fut créé le Centre de Consultation et de Recherche de l’E.N.I.O.S. à l’Institut de Psychologie de l’Université de Rome, et en 1935 le Centre d’Etude du Travail à Turin et à Trieste (près de la Caisse des Maladies).
- Il n’existe encore aucune législation de l’O.P. La Charte du Travail du régime fasciste contenait des dispositions qui obligeaient les associations professionnelles à opérer une sélection parmi les travailleurs pour élever leurs capacités techniques, et une Charte Scolaire, publiée en 1939 prévoyait l’orientation et la sélection scolaires à l’école même. En 1934 une loi relative aux femmes et aux enfants décidait que ceux-ci ne pourraient être embauchés qu’avec un certificat médical garantissant qu’ils étaient « en bonne santé et aptes au travail ». Cette dernière disposition entraînait l’examen des aptitudes. Une fiche médicale-type fut rédigée en conséquence par
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- le Ministère de l’Instruction Publique, et employée dans les écoles d’apprentis et dans quelques écoles “techniques. Vidoni, del Fran-cioni et autres étudièrent à ce moment le problème des contre-indications.
- La constitution des Ecoles intermédiaires (Scuole Medie), uniques pour tous les élèves après l’Ecole primaire, facilita dans une certaine mesure la pénétration de l’idée d’orientation et les examens psychologiques. L’article 1er du règlement de ces écoles déclare que « l’Ecole intermédiaire, avec les premiers éléments de la culture humaniste et la pratique du travail, met à l’essai des aptitudes des élèves, éduque leur capacité et les oriente, en collaboration avec la famille, vers les études choisies, en les préparant à les suivre ». Pratiquement, les maîtres marquèrent une certaine répulsion envers les critères psychologiques de détermination des aptitudes, et presque rien ne fut fait. L’O.P. s’efforça donc de se développer par le moyen de Centres dispersés (Cours annuels sur l’O.P. à Rome, Milan, Turin, etc..., par exemple). Depuis 1932 fonctionne à Turin un Service d’O.P., médical et psychotechnique près de l’Institut Technique Industriel Delpiano, ainsi qu’un Centre d’Etude du Travail dirigé par M. Gatti. Mme Massuco Costa dirige (après le Prof. Cimatti) le Service d’O.P. et le laboratoire de Psychotechnique, qui furent repris après des destructions de guerre comme Centre d’O.P. de la ville de Turin. Ce Centre donne maintenant un Cours pour la formation d’Orienteurs reconnu par le Ministère de l’Instruction Publique et a pris l’initiative d’un Congrès National d’O.P. que nous signalons plus bas ; ce Congrès se propose de définir pour l’Italie le problème de l’organisation étatique ou privée des Centres d’O.P.
- A Florence existe aussi un Centre d’O.P. de la ville très développé, dirigé par M. Marzi. A Bologne, le Prof. Pulzé dirige un Centre d’O.P. en plein essor, qui donne aussi des cours pour orienteurs et travaille en liaison avec les écoles, les cliniques et les industries. A Rome, le Prof. Ponzo, directeur de l’Institut de Psychologie de l’Université, s’occupe du Service d’Orientation du gouvernement de la ville dirigé par la Doctoresse G. Diez. Le Laboratoire de Psychologie expérimentale du Prof. Gemelli, à l’Université du Sacré-Cœur de Milan, continue aussi de se préoccuper des problèmes de sélection et d’orientation. Une série d’autres initiatives existent encore, mais tout cela manque de coordination ; la Section de Psychologie du Conseil National des Recherches scientifiques, dirigée par le Prof. Banissoni, s’efforce de normaliser l’emploi des tests. Une liaison importante est aussi réalisée avec les Centres de Rééducation et les Ecoles des anciens partisans (en particulier avec le Prof. Mussatti à Milan et le Prof. Canizza à Turin). Le mouvement d’O.P. en Italie, qui semble devoir entrer dans une phase nouvelle de coordination, se préoccupe beaucoup des réalisations étrangères et en particulier françaises. p Naville.
- Dans notre derniei bulletin un oubli regrettable s’est glissé dans l’intéressant exposé de M. Gille sur le premier Congrès National italien d’O. P.
- Mlle Jaur y avait envoyé en effet un intéressant rapport qui fut présenté par M. Gemelli et que l’auteur avait ignoré.
- Nous corrigeons avec plaisir cette erreur.
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- CAUSERIES BIBLIOGRAPHIQUES
- J. Brewer. — Ilislorij of vocational Guidance. Origines and early développement (Harpers, New-York, 1942, 344 p.). — (Histoire de l’Orientation Professionnelle).
- Cet ouvrage retrace par le menu l’histoire du mouvement d’orientation professionnelle aux Etats-Unis depuis 1900, en y joignant un aperçu de l’évolution internationale de ce mouvement. 11 expose au fur et à mesure, avec une abondante documentation, tous les problèmes soulevés par l’orientation, d’un point de vue assez critique et sans opinion dogmatique. D’abord sont passés en revue les antécédents historiques de l’O.P., puis vient l’examen des premiers plans et organismes, les tentatives scolaires, les essais des municipalités, des Etats et du Gouvernement Fédéral, la presse et les publications d’O.P., la formation des Conseillers, l’utilisation de la psychologie, l’orientation scolaire, etc... Le livre discute enfin du rôle social de l’O.P., et ce n’est pas la partie la moins intéressante. L’auteur expose les différents points de vue en présence : celui des « techniciens », celui des Conseillers pour qui le cadre social où s’exerce actuellement l’O.P. (et qu’il désigne de son vrai nom, le capitalisme) reste intangible, et celui des auteurs pour qui l’O.P., par son action éclairée sur les jeunes gens, peut faire évoluer ce régime vers plus de démocratie L’auteur se rallie plutôt à ce dernier point de vue. Il est ainsi conduit à une analyse intéressante des «tendances sociales qui conduisent à l’O.P.». Il relève parmi ces tendances : la division du travail, le développement de la technologie, l’extension de l’enseignement technique et la nécessité d’un régime démocratique, favorisé, à son avis, par la situation des U. S.A. où les antagonismes de classe et la domination parentale sur les enfants ne sont pas très accusés. L’O.P., estime M. Brewer, consiste donc « à aider les jëunes gens à choisir et réaliser un métier ». Il met l’accent sur la collaboration du sujet aux examens, car celui-ci doit être mis lui-même en état de décider. Relevons deux chiffres parmi la masse de ceux qui sont publiés dans ce volume : la revue Occupations, publiée par l’Association des Conseillers d’Orientation, avait 7.374 abonnés en février 1941, date à laquelle il y avait plus de 3.000 Conseillers de plein exercice. Voilà qui peu} nous donner à réfléchir !
- Pierre Naville.
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- Edouard Guilmain. — Tests moteurs et tests psychomoteurs. — In-8 de 414 p. — Paris. Foyer central d’Hygiène, 64, rue du Rocher, 1948.
- L’auteur, qui a une grande pratique des classes de perfectionnement et des tests qu’on peut appliquer aux arriérés, a établi une* mise au point très complète relativement aux examens neuro-moteurs et psycho-moteurs.
- Dans une première partie, il fait un exposé des méthodes de Naudascher (1908) et Vermevlen (1923), des épreuves motrices utilisées en O.P., en particulier à l’I.N.O.P., des tests de Walther, de
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- Heuyer et Baille, de Van der Lugt, d’Ozeretzki et de Kwinte. Une deuxième partie est consacrée à l’étalonnage révisé des tests d’Ozeretzki, avec les aménagements que son expérience personnelle lui ont fait apparaître comme nécessaires.
- Enfin la dernière partie a trait aux épreuves propres de l’auteur pour l’examen psycho-moteur, avec description complète des /épreuves et des modes de cotation, et nombreux exemples d’examens individuels. Il n’y a plus là seulement une échelle de développement, mais une méthode de diagnostic, permettant de « déterminer les lignes directrices du type de réaction vis-à-vis du milieu social et du type d’activité ».
- LIVRES ENTRÉS RÉCEMMENT A LA BIBLIOTHÈQUE
- Goguelin (Pierre). — Méthodes élémentaires de calcul statistique. — Editions Scientifiques Guyot, Clamart.
- George D. Halsey. — Making and Using Industrial Service Ratings.
- Elton Mayo. — The Iïuman Problems of an Industrial Civilisation.
- J. Rieux et J. Bouillot. — Traité des Maladies professionnelles. — G. Doin, Paris.
- Ed. Guilmain. — Tests moteurs et lests psgcho-moleurs. — Foyer central d’Hygiène, Paris. 1948.
- Marguerite Loosli-Usteri. — Le diagnostic individuel chez l'cjifant au moyen du lest de Rorschach. — Deuxième édition révisée. Hermann et Cie, Paris. 1948.
- J.-E. Segers. — La Psychologie de l’enfant normal et anormal d'après le Docteur 0. Decroly. — Institut J.-J. Rousseau, Genève. Dela-chau£ et Niestlé, Neuchâtel et Paris.
- Henri Bouchet. — L'individualisation de l'Enseignement. L'individualité des enfants et son rôle dans Véducation. — Presses Universitaires de France.
- E.-G. Chambers. — Calcul statistique pour débutants (trad. Mme Ev. Théret-Gaillard). 1948.
- L’Hygiène mentale des enfants et adolescents. — Leçons faites à Genève sous les auspices du Département de VInstruction publique. — Institut J.-J. Rousseau, Genève.
- I. Meyerson. — Les fonctions psychologiques et les OEuvres. — Librairie Philosophique J. Vrin, Paris. 1948.
- D. Burlingham et A. Freud. — Enfants sans famille. — Presses Universitaires de France (Nouvelle Encyclopédie Pédagogique).
- François Barret. — Histoire du Travail (Que sais-je ?). — Presses Universitaires de France.
- AGEN. — IMPRIMERIE MODERNE. 43, RUE VOLTAIRE
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- SERVICES DE L'INSTITUT
- Tél. Odéon 52-46
- SECRÉTARIAT GÉNÉRAL Chef de Service : Mlle G. Chauffard.
- CENTRE D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE Chef de Service : Mlle Nepveu.
- CENTRE DE RECHERCHE DES TESTS Chef de Service : Mme Henri Piéron.
- CENTRE DÉTUDES ET DE RECHERCHES DOCUMENTAIRES Directeur : M. Doladille.
- '•V
- Le Secrétariat est ouvert chaque jour non férié, de 9 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures.
- La Secrétaire générale reçoit le lundi, de 14 h. 30 à 18 heures ; le jeudi de 14 h. 30 à 16 h. 30, et sur rendez-vous.
- La Bibliothèque est ouverte chaque jour non férié, de 14 heures à 18 heures.
- Le Centre d’Etudes et de Recherches Documentaires est ouvert chaque jour ouvrable, de 9 heures à 12 heures (y compris le samedi matin), et de 14 heures à 18 heures, sauf le samedi.
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- Pour les consultations d’Orientation professionnelle, adresser une demande de rendez-vous au Chef du Centre d’Orientation Professionnelle.
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- SOMMAIRE
- Pages
- I. — N. Xydias : Le Wiggly Block................................... 65
- II. — P. Teste : Le charpentier en bois............................. 73
- III. — Notes et Documents : Une analyse scientifique du geste scrip-
- tural. — La question de l’aptitude au travail suivant le rythme imposé...................................................... 81
- s>
- IV. - A travers les Revues.......................................... 83
- V. — Informations................................................. 87
- VI. — La Vie du Centre de recherches de 11. N. 0. P.............. 88
- VII. — L’Orientation Professionnelle à l’Etranger..................... 92
- VIII. — Causeries bibliographiques................................... 95
- IX. — Livres entrés récemment à la bibliothèque.. ................ 96
- Bulletin de l'Institut National d'Etude du Travail et d’Orieiitatiou Professionnelle
- rédacteur en chef : Mme Henri PIÉRON SECRÉTAIRE DE LA RÉDACTION : M. M. REUCHLIN
- LES ABONNEMENTS PARTENT DU 1er JANVIER
- AKOIVIVKMErVT :
- Pour la France.... 500 fr. | Pour VEtranger............. 3 dollars
- Prix (1 il numéro : 85 franc**
- Pour les anciens élèves de l’I. N. E. T. O. P. : 350 francs
- 1ère d’adresser le montant des Abonnements au Compte Chèques postaux de l’Insti PARIS C/C 1444-79
- Pour tout ce qui intéresse le Bulletin adresser la correspondance à Mme Henri Piéron
- Les Abonnés nouveaux recevront les numéros de l’année déjà parus au reçu de leur Abonnement
- Le Gérant : Paul Arjo.
- AGEN. — IMPRIMERIE MODERNE, 43, RUE VOLTAIRE
- Dépôt légal 1949. 2e trimestre. — N* d’ordre 119.
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- V SÉRIE. — 5' ANNÉE
- N° 7-8
- JUILLET-AOUT 1949
- BULLETIN
- DE
- L’INSTITUT NATIONAL
- d-étude du travail
- ET
- dORIENTATION
- PROFESSIONNELLE
- REVUE MENSUELLE
- AU SIÈGE DE L’INSTITUT
- 41, Rue Gay-Lussac, 41 PARIS
- 7 OU S DROITS RÉSERVES
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- CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MÉTIERS
- Institut National d Etude du Travail et d’Orientation Professionnelle
- DIRECTEUR DÉLÉGUÉ
- M. Henri Piéron, professeur au Collège de France, directeur de l’Institut de Psychologie de l’Université de Paris, président de la Section des Sciences Naturelles de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes.
- COMITÉ DIRECTEUR
- Le Directeur du Conservatoire National des Arts et Métiers.
- Le Directeur délégué.
- M. H. Laugier, secrétaire général adjoint de l’O.NU.
- M. P. Pouillot, inspecteur général honoraire du Travail.
- M. H. Wallon, professeur au Collège de France
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- 2e Série. 5e Année
- N» 7-8
- Juillet-Août 1949
- Bulletin de l’Institut National D’ÉTUDE DU TRAVAIL
- et
- D’ORIENTATION. PROFESSIONNELLE
- RÉFLEXIONS
- SUR
- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE RURALE
- par
- G. TALARIC
- L’importance du problème
- Alors que l’Orientation Professionnelle vers les métiers de l’artisanat, de l’industrie, du commerce, vers les carrières libé raies, connaît un essor tout particulier depuis ces dernières années, le problème de l’Orientation Professionnelle Rurale reste à un stade beaucoup moins évolué. Et si la collection des monographies professionnelles, des études de métiers, va chaque jour en augmentant, si le problème des aptitudes retient de plus en plus l’attention des chercheurs, bien peu parmi ceux-ci se préoccupent des professions rurales. Une seule étude sérieuse existe, celle de M. H. Leplôge, pionnier de l’O. P. rurale (1). Nous avons fait de larges emprunts à ses travaux au cours de cette étude, et nous le remercions également d’avoir bien voulu en prendre connaissance et de nous avoir fait part de plus d’une remarque intéressante.
- Il y a là un paradoxe en même temps qu’une insuffisance grave. Paradoxe, voire même injustice, puisque beaucoup de petits français qui chaque année quittent l’Ecole Primaire, se voient de ce fait privés des avantages que leur apporterait l’Orientation Professionnelle; insuffisance grave, puisque la France, pays autrefois rural, voit peu à peu ses campagnes se dépeupler, sa production agricole diminuer. En période excep-
- (1) Guide d’O. P. Agricole et Rurale, par H. Leplège, Librairie Agricole de la Maison Rustica, 26, rue Jacob, Paris, 1942.
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- tionnelle, les récentes années que nous venons de traverser nous l’ont cruellement montré, un tel état de chosês compromet gravement la vie même du pays. Les causes de cet exode rural sont sans doute multiples ; nous aurons l’occasion d’en signaler ultérieurement quelques-unes mais il ne semble pas, si elles ont été bien souvent soulignées, qu’on ait vraiment tenté d’y remédier profondément.
- En particulier, il est regrettable de constater que l’Orientation Professionnelle, dont on a compris depuis longtemps la place qu’elle devrait tenir pour assurer le maintien du bon équilibre de la vie économique, n’ait encore, à quelques rares exceptions près, vraiment pénétré dans le monde rural.
- Les causes de P insuffisance du développement de VOrientation Professionnelle Rurale
- Si l’on cherche à approfondir les causes de l’insuffisance du développement de l’O.P. rurale, il convient tout d’abord de s’arrêter au texte fondamental organisant l’Orientation Professionnelle : le Décret-Loi du 24 mai 1938. On y constate en effet qu’aucune obligation de subir un examen d’Orientation Professionnelle n’est imposée aux enfants qui désirent se diriger vers les professions agricoles. Bien plus, le décret en question n’a pas même ôté contresigné par le Ministre de l’Agriculture.
- En règle générale (Tailleurs, on doit déplorer que la plupart des textes officiels régissant l’Orientation Professionnelle n’aient pas été contresignés par ce Ministre. Les quelques exceptions ne visent que les textes fixant la structure de l’Orientation Professionnelle et son organisation intérieure. Ce sont les décrets :
- a) du 18 février 1939, concernant l’ouverture et le fonctionnement des Centres Facultatifs d’Orientation Professionnelle.
- b) du 21 février 1939 précisant les conditions d’accès aux fonctions de (Secrétaire iiégional d’Orientation Professionnelle.
- C) du 6 avril 1939, fixant les conditions d’admission du Personnel des Centres d’Orientation Professionnelle Obligatoire.
- d) du 2 septembre 1939, relatif aux Commissions d’Administration d’Orientation Professionnelle et au fonctionnement des Secrétariats d’Orientation Professionnelle.
- e) du 24 février 1940, relatif aux dépenses des Secrétariats et des Centres d’Orientation Professionnelle. v.
- .Ce manque de coordination entre les Ministères de l’Educa-
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- tion Nationale et de PAgriculture compromet gravement l’essor de l’O.P. Rurale. Ce n’est pas d’ailleurs que le premier ne se préoccupe pas de l’Orientation Professionnelle vers les professions rurales. Une circulaire du 10 décembre 1941;, par exemple, attirait l’attention des Directeurs des Centres d’Orientation Professionnelle sur les métiers ruraux, mais il est évident qu’une telle action demeurera insuffisante tant qu’elle n’aura pas reçu l’approbation du Ministère intéressé.
- Le décret du 24 mai 1948, que nous avons cité, stipule l’existence d’au moins un Centre par département, au chef-lieu de ce département, ou dans la ville la plus peuplée. 11 en résulte logiquement que ce sont les enfants des régions urbaines qui bénéficient en premier lieu des avantages de l’Orientation Professionnelle. Par ailleurs le nombre des Conseillers étant nettement insuffisant pour assurer l’examen de tous les enfants du département, ceux des régions rurales, surtout si elles sont éloignées de la résidence du Centre, ne sont généralement pas examinés.
- A côté de ces dispositions légales, l’aspect particulier que revêt l’Orientation Professionnelle Rurale augmente les difficultés de son développement. En supposant en effet que les cré dits alloués permettent la création d’un nombre suffisant de postes de Conseillers d’Orientation Professionnelle il resterait encore à résoudre la question des aptitudes de ce personnel. C’est qu’en effet elles diffèrent de celles de leurs confrères exerçant dans une localité urbaine.
- Il faut tout d’abord, et cela devrait sembler évident, que les Conseillers exerçant dans une région rurale, connaissent et ai ment le monde rural, qu’ils y aient vécu, ou tout moins qu’Ls puissent s’y adapter rapidement. Il leur faut connaître la men talité de ces populations afin de vaincre les préj ugés et parioL les partis pris que peuvent leur opposer les cultivateurs, les artisans, les parents et meme parfois les Assemblées Officielles (Conseils Généraux, Conseils Municipaux, etc.). En règle générale le bon sens rural si souvent remarqué, répugne à la création d’organismes nouveaux, surtout lorsqu’ils revêtent une certaine tournure officielle et exige qu’ils leur présentent des résultats précis et tangibles. Les Conseillers d’Orientation Professionnelle exerçant dans des régions rurales, sont soumis à de fréquents déplacements, souvent longs et mal commodes, surtout s’ils manquent de moyens personnels de locomotion. Ils doivent circuler par tous les temps, se déplacer à des heures irrégulières, partir tôt de chez eux et souvent rentrer tard, prendre leurs repas où iis peuvent et parfois quand ils peuvent.
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- C’est une profession fatigante qui exige une robuste santé et ne convient donc pas en règle générale aux femmes. A cet égard il est instructif de remarquer qu’en janvier 1949, si sur 26 sections du Centre départemental de la Seine, 19 étaient dirigées par des femmes, et que toujours dans le département de la Seine, si sur 8 centres facultatifs pourvus de Direction, 8 étaient dirigés par des femmes, sur les 8 Centres Départementaux de l’Académie de Paris pourvus de Directeurs, 5 Directions étaient confiées à des femmes.
- De plus ces Conseillers ne doivent pas craindre l’isolement. Ils n’ont pas en effet les contacts avec d’autres collègues, avec des personnes différentes tant par leur formation que par leurs activités, qu’ils auraient dans une ville importante.
- Enfin, encore plus que l’Orientation Professionnelle Urbaine, l’Orientation Professionnelle Rurale exige une polyvalence d’aptitudes des Conseillers d’O.P. Ceux-ci ne peuvent se spécialiser, et alors que dans un Centre Urbain d’Orientation Professionnelle chaque Conseiller peut avoir des tâches très particulières, en Orientation Professionnelle Rurale le même Conseiller est appelé à résoudre des cas parfois très différents : orientation vers une activité manuelle, vers des établissements d’Enseignement, orientation de déficients, etc. De plus, il doit pouvoir se procurer par lui-même tous les renseignements dont il a besoin. En général les maîtres fournissent des renseignements convenables et utiles. Par contre, les fiches médicales sont remplies parfois très insuffisamment. Il est difficile d’obtenir des enquêtes sociales et même si la liaison avec les Services Sociaux est très étroite, et il doit en être ainsi, bien souvent le Conseiller doit se procurer par lui-même les renseignements dont il a besoin.
- Il faut de plus y ajouter les difficultés qu’on a pour s’entretenir avec les parents. En raison de l’éloignement il est difficile de les joindre, de les convoquer, parfois plusieurs fois de suite comme il serait nécessaire dans certains cas. De plus, les Conseillers d’O.P. ont souvent à fournir aux enfants et à leur famille ou aux employeurs certains renseignements concernant l’établissement des contrats d’apprentissage, la Sécurité Sociale, les Allocations Familiales, etc.
- « Ces petits services sont très appréciés des patrons ruraux et dans l’intérêt de l’Orientation Professionnelle, il faut qu’il soit bien au courant de ces petits à-côtés ».
- Cette Orientation Professionnelle enfin est coûteuse pour l’Administration, en raison précisément des déplacements fréquents et parfois lointains. Cet état de choses est encore
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- aggravé par le fait que la présence des enfants aux examens auxquels ils avaient été convoqués est des plus irrégulière. Il arrive parfois que sur dix enfants convoqués, cinq, quatre ou même moins se présentent seulement, surtout aux périodes des travaux des champs où l’ouvrage presse.
- Les caractéristiques actuelles de Vorganisation de l’Orientation Professionnelle Rurale
- En général, dans beaucoup de départements les enfants fréquentant d’école d’un chef-lieu de canton sont examinés par les Services de l’Orientation Professionnelle. Par contre ceux des communes de moindre importance, et spécialement ceux des communes rurales, sont plus rarement examinés.
- Dans notre Département, et au moins pour certaines d’entre elles, chaque fois qu’un examen médical est possible, nous délivrons à l’enfant un Certificat d’O.P., uniquement médical portant le minimum prévu par le Décret-Loi du 24 mai 1938 : l’indication du ou des métiers reconnus dangereux pour la santé de l’enfant. Et nous invitons les parents à nous faire connaître s’ils désirent un examen complet d’O.P. pour leur enfant. En délivrant le certificat d’O.P., le Conseiller ne se contente pas de jouer un rôle uniquement administratif, il exerce un contrôle. En effet il confronte les observations du médecin portées sur la fiche scolaire. Parfois même il a, à sa disposition, des renseignements provenant des Assistantes Sociales Rurales. Mais il faut répéter que l’insuffisance des Conseillers d’O.P. ne permet pas malheureusement de toucher tous les enfants des communes rurales.
- Les missions d’Orientation Professionnelle
- Le système que nous appliquons, et qui est en usage dans l’Académie de Clermont-Ferrand est une amélioration de celui des missions d’Orientation Professionnelle exécutées par des médecins.
- Le principe de ces missions remonte au décret de 1938 et à celui de 1939, qui spécifiaient qu’il pouvait être confié à des médecins des missions d’Orientation Professionnelle. L’article 5, deuxième alinéa du décret du 24 mai 1938 disait en effet : « Des missions d’Orientation Professionnelle pourront être confiées par le Secrétariat Départemental ou Interdépartemental à des médecins qui collaborent avec des personnes compétentes ».
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- Et les articles 23 et 24 du décret du 2 septembre 1939 étaient libellés ainsi :
- Article 23 : « Lorsqu’en raison de l’éloignement du Centre d’Orientation Professionnelle du siège de l’école, l’examen d’Orientation professionnelle ne pourra se faire au Centre, il sera procédé à la désignation de médecins chargés de mission d’Orientation Professionnelle ».
- Article 24 : « La désignation des médecins chargés de mission est proposée au préfet par le Secrétariat d’Orientation Professionnelle. Ces chargés de mission sont, de préférence, choisis parmi les médecins inspecteurs communaux ou départementaux visés par l’article 9 de la loi du 30 octobre 1886.
- Les arrêtés confiant à des médecins des missions d’Orientation Professionnelle indiqueront les centres d’Orientation Pro fessionnelle auprès desquels ces missions sont créées. Schématiquement, et suivant la circulaire du 14 avril 1939, ces missions d’O.P. consistent dans le fait qu’un médecin spécialement délégué remplit une fiche médicale en ayant connaissance en même temps de la fiche scolaire, et retourne l’ensemble au Directeur du Centre d’Orientation Professionnelle qui, au nom du Secrétaire Régional d’Orientation Professionnelle, délivre le Certificat d’O.P.
- Il semble que dans l’esprit du législateur, les missions d’O. P. ne devaient avoir qu’une existence temporaire, qu’elles n’étaient qu’un pis aller nécessité par le nombre insuffisant de Conseillers d’O.P. et qu’elles devaient être progressivement remplacées par des examens d’Orientation Professionnelle effectués suivant les processus normaux.
- Sans doute encore dans l’esprit du législateur s’agissait-il de munir le plus grand nombre d’enfants possible de certificats d’O.P., afin d’une part de leur indiquer les contre-indications médicales qu’ils pouvaient présenter, et d’autre part de les inciter eux et leur famille, une fois munis de Certificat d’Orientation Professionnelle, à demander des renseignements et au besoin un examen plus approfondis au Conseiller d’Orientation Professionnelle.
- Mais ce caractère temporaire des missions d’Orientation Professionnelle ne doit pas être perdu de vue; elles ne doivent pas, en particulier, devenir la forme normale de l’Orientation Professionnelle Rurale,
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- Les lacunes du système actuel
- L’Orientation Professionnelle Rurale dans ces conditions étant essentiellement médicale, suppose d’abord que les examens médicaux soient effectués consciencieusement et complètement. La chose est souvent extrêmement difficile à obtenir. Les fiches médicales que reçoivent les Conseillers d’O. P. sont souvent insuffisamment remplies, et ne leur fournissent pas tous les renseignements qu’ils désireraient. Il est juste de dire, à leur décharge, que les médecins des régions rurales manquent souvent de personnel subalterne qualifié (Assistantes Sociales, Adjointes d’Hygiène Scolaire, etc.). Là où ce personnel prête son concours au médecin, les tâches nombreuses et variées qui lui incombent, font que les Conseillers d’Orieiitation Professionnelle hésitent à leur demander un travail supplémentaire dans la confection de fiches spécialement destinées à leur Service. D’ailleurs la plupart des médecins chargés de la confection des fiches médicales d’O.P. n’ont pas fait le stage complémentaire à PI.N.O.P., qui leur serait si nécessaire. Des difficultés multiples s’y opposent et de plus ils répugnent parfois, parce qu’ils n’en voient pas l’utilité, à un séjour de quelques semaines à Paris pour se spécialiser dans l’Orientation Pro fessionnelle. Si les missions d’O.P. étaient faites selon les dispositions prévues dans la circulaire du 14 avril 1939, elles présenteraient des dangers. En effet, si le médecin rural connaît bien l’enfant d’une part et les métiers ruraux d’autre part et par conséquent peut donner un conseil avisé, lorsque l’enfant désire quitter la campagne il devient beaucoup plus délicat pour le médecin (Pémettre un avis vraiment qualifié. Il lui manque en effet la double connaissance, d’une part de la situation du marché du travail, des établissements d’enseignement, des postes d’apprentissage, des débouchés qu’ils offrent, etc., d’autre part sa connaissance des aptitudes ne s’étend guère au delà des aptitudes médicales et néglige au moins en partie celle des aptitudes scolaires, caractérielles, etc. Sans doute peut-on objecter qu’à la fiche médicale est jointe une fiche scolaire. Ces fiches sont en général bien remplies ; les maîtres, en effet, connaissent bien les enfants et les suivent le plus souvent durant toute leur scolarité. Ils connaissent également bien les familles et peuvent fournir des renseignements sociaux extrêmement utiles. Néanmoins nous avons montré dans un rapport présenté au deuxième Congrès de l’Association Générale des Orienteurs de France l’insuffisance relative de ces fiches scolaires et insisté sur le fait qu’à moins de se spécialiser nettement en Orien-
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- tation Professionnelle, le maître ne pouvait conseiller utilement l’enfant.
- Enfin, en supposant que la famille munie du Certificat d’Orientation Professionnelle demande un examen complémentaire la mission d’Orientation Professionnelle dans ce cas perd de son originalité propre, l’Orientation s’effectuant alors suivant les phases et avec les méthodes adaptées sans doute, mais n’en différant pas profondément cependant, de l’Orientation Professionnelle Urbaine.
- Les liases médicales de VOrientation Professionnelle Rurale
- La fiche médicale de l’Orientation Professionnelle ne doit pas différer profondément de celle normalisée, établie semble-t-il pour l’Orientation Professionnelle Urbaine, mais elle pourrait être simplifiée, parce que l’on a affaire à des populations plus saines bien qu’il soit possible de trouver dans certaines campagnes des tares locales parfois très prononcées (tuberculose, syphilis, éthylisme, etc).
- Il ne faut pas perdre de vue que si les métiers ruraux s’exercent dans un milieu plus sain que dans les villes, ce sont souvent des métiers pénibles et durs, ces conditions variant d’ailleurs avec les techniques employées, la conscience de l’employeur, etc. On ne peut s’empêcher de remarquer cependant que beaucoup d’enfants travaillant à la campagne, surtout lorsqu’ils ne poursuivent pas un apprentissage familial, exercent le plus souvent des travaux supérieurs à leur force. Dans les professions rurales la station debout est presque constante. Le travailleur est exposé aux intempéries, se lève tôt, se couche tard, la journée de travail est en général longue, se prolongeant même à l’occasion de certaines circonstances (battages, travaux des champs urgents).
- S’il est donc nécessaire que l’enfant soit soumis à un examen médical sérieux, encore plus est-il une erreur de diriger des déficients physiques vers des professions rurales, sauf dans des cas très exceptionnels.
- « Les techniques de l’examen médical ne différeront pas de celles adoptées pour l’Orientation Professionnelle Urbaine, et pratiquement une fiche suffisante pour contenir :
- a) une appréciation d’ensemble sur les aptitudes du sujet;
- &) les déficiences physiques constatées ;
- c) les contre-indications médicales ;
- d) la nécessité ou non de consulter un spécialiste ;
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- e) l’appréciation des désirs professionnels exprimés par l’en fant et la famille ».
- Peut-être cependant serait-il souhaitable de compléter cette fiche par des renseignements biométriques suffisants. Ils permettent, d’une part, de contribuer à concrétiser telle ou telle déficience de l’enfant, et par là-même d’attirer, en raison de l’insuffisance de certains renseignements médicaux que nous avons déjà soulignés, l’attention du médecin ; au besoin ils peuvent inciter le Conseiller d’O.P. à faire procéder à un examen complémentaire. D’antre part, ils fixent précisément l’état actuel d’un enfant et permettent de le suivre ultérieurement avec plus de facilité. Malheureusement, ainsi que nous l’avons déjà fait remarquer, le manque de personnel rend difficile l’obtention de tels renseignements.
- Les professions rurales et les conditions de travail
- Pour mieux aider à préciser ce que devrait être l’Orientation Professionnelle Rurale, il paraît nécessaire d’esquisser maintenant les caractéristiques des professions rurales et de préciser les conditions dans lesquelles elles s’exercent.
- Nous avons déjà signalé les conditions qui avaient trait plus précisément au domaine physiologique. Il importe de préciser celles qui ont trait au domaine psychologique et social. Dans les régions rurales les métiers sont peu nombreux. C’est essentiellement le domaine de la polyvalence des aptitudes et des fonctions au moins dans l’état actuel des choses. Les conditions de vie, d’une façon générale, sont dures. Le travailleur manque de confort. Le logement des maîtres et encore plus celui des domestiques est souvent très insuffisant et parfois en opposition formelle avec ce que réclamerait l’hygiène la plus élémentaire. Il faut constater dans ce domaine une certaine incurie et un laisser-aller inexcusable des patrons ; dans certains cas ils pourraient obtenir des crédits pour l’amélioration du logement de leurs ouvriers, et ne s’en préoccupent absolument pas. Il y a là pour le Conseiller d’Orientation Professionnelle qui place un enfant à la campagne, une question de conscience qu’il doit toujours avoir présent à l’esprit. Ajoutons également qu’à cet inconfort s’allie souvent à une promiscuité dangereuse. En ce qui concerne l’artisanat rural, où l’apprenti est généralement logé et nourri, chez son employeur, ces questions revêtent moins d’importance, mais peuvent parfois se présenter. Ajoutons enfin le manque de loisirs, l’absence de cinémas, de bals, etc.
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- Tous ces facteurs contribuent pour une grande part à expliquer la désaffection actuelle des campagnes. Il est toutefois certain que ces conditions de vie particulières aux régions rurales ont été parfois modifiées depuis ces dernières années. Le confort est entré à la ferme. Les habitations, les logements ont été améliorés et transformés, les murs repeints, le mobilier renouvelé. Il arrive même parfois que certaines grosses exploitations agricoles soient munies d’un confort qui n’a rien à envier à celui de nos habitations urbaines. De plus en plus le cultivateur dispose de la radio, du téléphone, d’une voiture personnelle. Mais il ne s’agit toutefois que d’une évolution qui n’en est dans l’ensemble qu’à ses débuts et demeure encore, particulièrement dans certaines régions de France, très insuffisante. Enfin ces dernières années ont vu s’améliorer d’une façon sensible l’exercice de certaines tâches professionnelles rurales. La machine en particulier commence à s’introduire. Sans doute l’extension du machinisme est-elle limitée d’abord par les conditions géographiques. 11 n’est pas question de voir utiliser systématiquement le tracteur dans certaines régions du Plateau Central, mais néanmoins voit-on s’introduire bien qu’encore timidement, le moteur électrique, le petit outillage mécanique, etc., qui simplifie la tâche et la rend plus agréable.
- Ces débuts d’industrialisation rurale, sont à notée sens, ex trêmement importante pour l’avenir de l’agriculture française, et par voie de conséquence pour l’Orientation Professionnelle Rurale.
- (à suivre)
- NOTES ET-DOCUMENTS
- La question toujours controversée de l’âge d’apparition d’un facteur d’intelligence technique
- L’importance, dans l’orientation scolaire, du dépistage, aussi précoce que possible, d’une forme d’intelligence non-verbale, constituant le noyau de l’aptitude technique, a provoqué, surtout en Angleterre, de très nombreux travaux, s’accordant pour dissocier un facteur — ou un complexe factoriel — du facteur général de Spear-man.
- Mais des désaccords se manifestent, tant en ce qui concerne la nature de l’aptitude en jeu qu’en ce qui a trait à l’âge où on peut la mettre en évidence.
- Le facteur M de Cox, F d’Alexander, K d’El Koussy est-il dissociable comme le pense Harrell, se confond-il avec le facteur indéniable de visualisation spatiale, dont l’importance dans les habiletés
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- techniques est certainement grande, ou doit-il s’en distinguer, ce sont là des questions qui sont en suspens (1).
- Mais, quelle que soit la nature précise de cette aptitude, elle se montre décelable par certains ensembles de tests.
- Seulement la réussite à ces tests ne se dissocierait nettement qu’à partir d’un certain âge, relativement tardif, au-dessous duquel n’interviendrait dans tous les tests d’intelligence, verbaux ou non-verbaux, que le facteur général. C’est vers 13 ou 14 ans seulement — ou du moins 14 ans d’âge mental — que la différenciation commencerait à se marquer d’après Slater et Drew, ce dernier admettant deux composantes, dont la plus tardive serait la capacité de visualisation spatiale abstraite (2).
- Mais, comme on réalise en Angleterre un aiguillage scolaire à 11 ans, cette différenciation tardive apparaît comme fort gênante, et de nombreux éducateurs la contestent, comme Bradford, Demps-ter, Peel, à l’occasion d’un Symposium sur la sélection des écoliers, à l’entrée des divers types d’écoles secondaires. La contribution de Peel vient d’être publiée et mérite d’être examinée. (3).
- Le choix d’un test a été réalisé, consistant en 2 séries (traitées comme des tests différents) d’assemblages à faire de 2 blocs de bois (choisis parmi 4 ou 5) pour reproduire un modèle donné en demi-dimension (16 et 15 items dans les 2 séries, ce qui permet d’attribuer au maximum 16 ou 15 points).
- Il a été ajouté un test collectif comportant, soit des dessins d’ornement réguliers, dans lesquels il y a une faute à indiquer, soit des couples de dessins analogues entre lesquels existe une différence à noter.
- Les 3 tests ont été appliqués à 160’élèves de deuxième année d’une école technique (13 ans d’âge) avec divers autres tests, et ont été comparés à l’appréciation en 15 points par les instructeurs de la réussite pour le travail du bois, le travail du métal et le dessin technique. L’auteur trouve que les résultats montrent la validité de ces tests pour la prédiction de l’aptitude technique. Mais les données ne sont pas précisément satisfaisantes. La corrélation des deux séries du test individuel avec les 3 appréciations va de 0,184 à 0,379, celle du test collectif de 0,253 à 0,301. Elles sont seulement un peu supérieures à celles du test verbal, ou du test non verbal de Jenkins. D’autre part, entre les 2 séries du même test, la corrélation n’est que de 0,518, et entre les 3 appréciations d’environ 0,600.
- La base, au départ, n’est donc pas très solide.
- Les tests ont été appliqués avec quelques autres, verbaux et non-verbaux, à 3 groupes d’élèves d’une « senior school » mixte non différenciée, ayant un âge moyen de 11 ans, 12 ans et demi et 13 ans et demi (70 à 80 garçons et filles de chaque groupe).
- Une analyse factorielle centroïde a été opérée, donnant 3 facteurs, intervenant dans la variance pour 49,6 ; 12,3 ; 4,9 dans le groupe le plus âgé, pour 53,1 ; 9,8 ; 3,9 dans le groupe intermédiaire ; pour 48,1 ; 11,4 ; 3,2 dans le plus jeune.
- Les saturations indiquées (sans rotation d’axe) montrent une fai-
- (1) Voir H. Piéron, Psychologie différentielle, p. 63.
- (2) Cf. B.I.N.E.T.O.P.. 2e série, 4e année, p. 17-18.
- (3) E.-A. Peel (Université de Durham). Evidence of a practical factor at
- the âge of eleven. British Journal of Educational Psychology, XIX, 1, février 1949, p. 1-15.
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- ble variabilité dans les 8 tests pour le poids du premier facteur (0,534 à 0,844), assimilé à g-, et une assez grande variabilité pour le poids du second (le troisième étant à peu près négligeable) allant de + 0,369 à — 0,585 (les valeurs négatives se trouvant affecter, en l’absence de rotation des axes, les trois tests dits d’aptitude technique). Ce second facteur est donc assimilé à l’intelligence technique, et comme les résultats sont sensiblement les mêmes dans les 3 groupes d’âge (1) l’auteur conclut que « si un facteur pratique existe à l’âge de 13 ans, il existe déjà à l’âge de 11 ans ».
- Mais peut-être n’existait-il pas nettement chez les écoliers de 13 ans examinés, ou n’y était-il pas décelé de façon satisfaisante avec les tests utilisés, assez étroits ?
- Les données de Drew paraissent toujours plus solides.
- Signalons encore, sur la même question, la polémique de Cyril Adcock et de Slater (2) au sujet des recherches de ce dernier qui concluaient à l’absence du facteur spatial chez les enfants de 11 ans. Reprenant le. tableau de corrélations de Slater, Adcock, appliquant la méthode nouvelle d’analyse factorielle de Thurstone, celle des groupes multiples, et la méthode même de Slater, mais avec des axes obliques et un facteur général de deuxième ordre, trouve que les résultats impliquent toujours 3 facteurs, dont le facteur verbal comme facteur de groupe et un deuxième facteur de groupe non verbal identifiable au K d’El Koussy.
- A quoi Slater réplique que, si l’on peut arriver à rendre compte de la variance avec un plus grand nombre de facteurs, cela n’impose pas ce nombre, du moment que deux facteurs peuvent suffire, comme il l’a vérifié, la solution la plus économique devant être adoptée.
- La question n’apparaît donc pas comme définitivement résolue.
- H. P.
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- Un coefficient de similitude des profils
- Lorsqu’on établit des profils individuels ou des profils moyens de groupes, on peut être amené à faire une comparaison de couples de profils, à déterminer leur parenté, par exemple pour des jumeaux dont a représenté le type d’intelligence ou de personnalité.
- Comment exprimer cette parenté ? En traitant les segments du profil comme une population, on peut adopter une méthode inspirée des coefficients de corrélation tétrachoriques.
- C’est ce qu’a fait Franck M. du Mas (3)
- A partir du premier point du profil on a des traits qui sont ascendants (de pente positive), descendants (de pente négative) ou de niveau constant (de pente nulle).
- Ce dernier cas a paru gênant, et l’auteur s’est décidé à l’éliminer.
- (1) Voici les saturations dans le 2« facteur :
- 11 an« 11 ans 1/2 13 ans 1/2
- 1) —.594 —.444 —.503
- 2) —.547 —.521 —.585
- Test collectif : —.219 —.152 —.090
- (2) Occupational Psychology, 22, 4, 1948, p. 213-216 et 23, 2, 1949, p. 127.
- Test individuel
- (31 The coefficient of profile similitary. Journal of clinical Psychology, V. 2, 1949, p. 123-131.
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- Il n’envisage que le nombre de cas où, dans les deux profils, la pente est ascendante ou descendante, la probabilité en étant égale. La proportion des cas d’accord (S) sur le total de ces cas (T) permet de donner un coefficient rpS allant de —l à +1, d’après la formule rpS = 2 (S/T — 0,50). Si la moitié des cas comporte accord et la moitié désaccord, c’est ce que le hasard a chance de réaliser et le coefficient est égal à 0 ; si la proportion des accords est plus faible, la corrélation est négative, et elle est positive si la pror portion est plus forte. La valeur est égale à l’unité si tous les cas comportent accord ou désaccord.
- Mais, quand deux valeurs consécutives se trouvent égales (en cen-tiles ou en tétrons) dans l’un ou l’autre des profils, l’élimination de ces segments du profil entraîne un calcul de coefficients de similitude qui peuvent être identiques dans des cas où pourtant la parenté est très différente.
- En effet si, sur 20 traits de profil il y a 5 cas où l’un des profils a un trait de niveau constant, en admettant 12 cas d’accord, la formula de du Mas donne rpS = 2 (12/15—0,50)=0,60.
- Mais, dans les 5 cas en question, il peut y avoir, dans les deux profils, identité des traits, ou au contraire désaccord. Dans la première hypothèse, la proportion des accords est de 17 sur 20, ce qui donnerait un rpS de 0,70 Dans la seconde hypothèse, le coefficient devrait être inférieur à 0,60.
- Pour préciser alors sa valeur, il suffit de considérer que le niveau constant peut être compté pour moitié comme niveau ascendant et pour moitié comme niveau descendant, c’est-à-dire que l’on a nécessairement un demi-accord et un demi-désaccord.
- Dans les 5 cas envisagés, on compterait 2,5 accords, soit S = 12 + 2,5 = 14,5/20. Le coefficient rpS = 2 (0,725 — 0,50) = 0,45.
- Ainsi, dans les cas où la méthode de du Mas donnerait une valeur uniforme de 0,60, cette valeur pourrait osciller de 0,45 à 0,70. Pour éviter cette cause d’incertitude, il suffit donc d’introduire le procédé proposé, analogue à celui qu’on utilise en psychophysique pour les seuils différentiels, où les jugements d’égalité sont comptés pour moitié comme jugements plus et pour moitié comme jugements moins, dont la probabilité est égale et de valeur 0,5, comme dans le cas des traits ascendants et descendants. jj Piéron.
- La psychologie en A. O. F.
- La vie mentale est étroitement unie à la vie alimentaire, l’effort intellectuel, comme l’effort physique étant la résultante de combustions qui restent subordonnées à l’apport du comburant. Dans les écoles européennes on sait que la sortie de l’hiver souligne un fléchissement dans le travail scolaire. Les déficiences de la saison en sont la cause. En Afrique Noire, l’immense majorité des humains, des enfants surtout, est soumise à une pénurie alimentaire constante, avec carence saisonnière accusée.
- (1) Nous reproduisons ici l’intéressant chapitre consacré à la Psychologie dans la publication du Rapport du Médecien Lieutenant-Colonel Pales sur
- le Bilan de la Mision anthropologique de l’A.O.F, de janvier 1946 à août 1948.
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- L’apathie des Noirs, leur incapacité à soutenir un effort prolongé à la manière des Blancs, sont d’observation journalière. Il n’est pas démontré que ceci soit le fait de la race, au sens anthropologique du terme. Trop d’éléments sont en jeu pour que l’on soit autorisé, de bonne foi, à la mettre en cause Mais, ces travers, ces vices, dont ceux qui les ont perçus en eux-mêmes souffrent moralement et physiquement, sont certainement d’ordre physiologique et ethnique.
- Nous avons essayé de déceler par l’étude psychologique et psychotechnique la nature et la qualité des réactions mentales et intellectuelles des Africains, en particulier des enfants et des adolescents pris dans le milieu scolaire. „
- On imagine les difficultés, les causes d’erreurs, les soucis de l’interprétation : intrusion de l’abstrait, qui nous est familier, dans le domaine du concret, absence ou méconnaissance de la langue, de la parole, expression de la pensée, connaissance imparfaite des fonds ethnique et mental, cheminements et aboutissements différents de la pensée..., rien de cela n’a fait défaut. On peut tout faire dire à certaines manifestations. L’abord de la psychologie exige des connaissances du problème, sa pratique, mais plus encore la bonne foi. l’honnêleté, la sérénité. Quelles nue soient nos imperfections, cela au moins n’aura pas manqué, la tâche étant assumée par Mlle Carbey de l’O.R.S.C.
- Pour permettre une comparaison aussi précise que possible avec les sujets d’autres races, les Européens, en particulier, nous avons eu recours à des tests dont les résultats sont connus ou en passe d’être connus dans d’autres milieux. Ces tests, très souvent tests par l’image, ont été adaptés au milieu africain toutes les fois qu’il fut, possible. Le total de ces observations s’élève à 9.000 ainsi réparties ;
- Sénégal : 1.602, Soudan : 888, Guinée Occidentale : 2.510, A.O.F. en général : 4.500. v
- Test mosaïque de Gille adapté aux populations africaines, test psychologique, examen psychologique de Pieron, tests pour adultes cultivés de Piéron, test Binet-Simon, test de Gille européen, test Burt-Piaget, tests psychologiques et psychotechniques, corrections d’épreuves scolaires, sont à la base de ces observations. Le dépouillement est en cours. Tant qu’il n’est pas terminé, les conclusions définitives, si l’on peut dire, doivent être ménagées. Cependant, un certain nombre de remarques ont été faites et j’en dégagerai quel-ques-unes, qui ont été portées d’ailleurs à la connaissance du public par nos rapports.
- On a noté tout d’abord pue le rendement des tests s’accentue en corrélation avec les deux facteurs = la traduction en langue indigène et le temps plus considérable accordé aux élèves. Ceci ne surprendra personne.
- La traduction des consignes en langue indigène n’est pas sans inconvénients ou dangers, mais elle permet d’atteindre des classes, telles que le cours préparatoire, qui sans cela seraient négligées. Elle fournit à l’élève le moyen de donner sa mesure : elle est donc plus équitable. Car, enfin, nous demandons à des enfants imprégnés de la langue maternelle, de s’exprimer (lato sensu) dans une autre langue dont on sait la complexité. Mais, avec de grands élèves Noirs, y compris les candidats au baccalauréat, la question de la compréhension précise des termes français se pose, mais la con-
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- naissance du français est incomplète. Ainsi, à l’école primaire supérieure des filles de Dakar, à l’Ecole Normale des Filles de Rufis-que, les exercices dans lesquels le mécanisme mental est étroitement solidaire du mot qui l’exprime donnent des résultats nettement inférieurs aux exercices purement logiques.
- Le facteur temporel est sensible dans toutes les classes de jeunes ou de grands élèves. L’émotivité, le conflit entre la nature de l’épreuve et les habitudes natales du petit Noir paraissent être ici deux éléments importants.
- L’écart temporel entre les sujets diminue d’ailleurs d’ampleur avec les années.
- La suite de la prospection, dans le Soudan occidental en particulier, a souligné d’autres faits.
- Tout d’abord la disparité des âges et l’éparpillement dans les classes. En l’absence d’état civil, l’âge des enfants relève de témoignages douteux ou d’évaluation au coup d’œil. Les erreurs sont donc multiples. Il y a aussi, entre les enfants d’une même classe, un écart qui peut aller de 9 à 17 ans présumés. Dans une classe soudanaise, qui est loin d’être une exception, on a noté cet éparpillement sur 9 années parmi les 68 élèves qui la composaient. Bel exemple de l’encombrement.
- L’inégalité au départ, le retard pris en cours de route, sont responsables de cet état de choses éminemment préjudiciable aux jeunes qui n’ont pas la maturité des aînés, aux aînés qui sont des traînards.
- A côté de cela vient se greffer l’hétérogénéité des races : Noirs de groupes divers, métis de Noirs et d’Africains non Noirs, mulâtres proprement dits. Enfin", dans certains Etablissements, existent des internats, où ces groupes restent spontanément scindés, sinon hostiles. Il est apparu, dans ces cas que, là où l’enfant rlfcste inséré dans son milieu social normal, le rendement est de beaucoup supérieur.
- Ces éléments, la rareté des écoles en brousse, la qualité discutable de certains maîtres africains, sont autant de facteurs dont on doit tenir compte dans les conclusions, ce qui ne simplifie pas le problème.
- En brousse, les enfants ignorant l’école ont fait la preuve qu’ils n’étaient nullement, peu intelligents ou incapables de se détacher de l’objet concret. Ils ont réagi devant nos images par des solutions naïves et improvisées, qui soulignaient simplement la part d’arbitraire et de convention de nos reproductions du réel.
- Tout ce qui vient d’être dit a permis de mieux orienter les recherches et de mieux choisir les procédés d’investigation
- En dernière analyse, à l’issue de la tournée en Guinée, les remarques portaient sur la valeur des résultats et un essai d’interprétation les concernant.
- Dans l’ensemble, les garçons apparaissent supérieurs aux filles. Parmi ces dernières il est vrai, c’est une infime minorité qui fréquente l’école et elles sont comparativement plus âgées.
- Les mulâtres, dits « métis », ont un bon comportement devant les épreuves. Les jeunes Peuls ne sont pas toujours brillants, contrairement à l’opinion généralement admise. Il est vrai qu’ils souffrent souvent de conditions physiques et physiologiques défavorables. Les écoliers des grandes villes donnent des résultats supérieurs à ceux des petits centres. Il est hors de doute que l’influence du milieu
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- familial, plus ou moins évolué, est importante, et primordiales l’intensité et la fréquence des contacts avec la civilisation occidentale.
- Les comparaisons qui ont pu être effectuées avec les étalonnages européens ont montré que la mémoire auditive brute des Africains est inférieure à celle des Européens en A.O.F., eux-mêmes inférieurs aux étalonnages métropolitains.
- Les épreuves sur la mémoire visuelle donnent également des résultats plus faibles.
- Les tests d’intelligence générale sont faibles dans l’ensemble et c’est vers 15 ans que paraît se situer un passage à un degré que nous considérons normal.
- Quant au test mosaïque de Gille, qui n’est plus utilisé au-dessus de 12 ans dans la Métropole, il donne, même adapté au milieu africain, des résultats encore intéressants chez les Africains de 14 à 15 ans.
- L’écart réel qui existe entre les Noirs africains et les Blancs européens peut relever de bien des causes, avant que soit incriminé le facteur racial. Au passif, il faut inscrire : l’état physique, les maladies chroniques (paludisme, parasitoses), les carences alimentaires, les efforts qu’exigent les allées et venues du village à l’école, les préoccupations sexuelles précoces, la juxtaposition souvent de deux enseignements qui s’ignorent — celui de l’école coranique et celui de l’école publique — le climat aussi.
- Les écoles pêchent par entassement ; il y a souvent pénurie de matériel scolaire.
- La question primordiale est peut-être celle des cadres africains et pour des raisons multiples.
- Reste enfin la question du milieu familial. La famille africaine ne prolonge généralement pas l’école.
- L’étude à l’aide du matériel psychotechnique a fait apparaître chez le jeune écolier de la brousse des faits qui, devant notre état de civilisation et le monde qu’il crée, constituent des lacunes. Tl ne saurait en être autrement. Tl faut les citer, les sou’igner, non les taire au nom d’on ne sait quel ménagement coupable des susceptibilités. Tout se passe comme si le petit africain était « incapable d’observer », peut-être simplement parce qu’il lui a manaué la formation de notre enfance et Tes procédés éducatifs auxquels nous sommes soumis dès le plus jeune âge plus ou moins sciemment.
- Le dessin enfin, lorsqu'il est livré au choix de l’enfant, tend à extérioriser le rêve intérieur de notre monde mécanisé et l’éloignement de la culture africaine. Dans l’esprit de la plupart des intéressés conscients ou considérés comme tels, comme d’ailleurs dans celui de bon nomhre d’éducateurs, ceci apparaît comme une fin là où il ne s’agit que d’un moyen. Et, ce peut être, à bien des égards, déploré. Médecin Lieutenant-Colonel Pales.
- A TRAVERS LES REVUES
- Occupational Psijchology d’avril 1949 (XXIII, 2) contient des études de P. E. Vernon sur la structure des habiletés pratiques, de Rex Knight sur ce qu’est la psychologie industrielle, de J. W. Reeves et V. W Wilson sur l’O.P, à Warrington, de Frank Holliday sur la
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- relation entre l’autoappréciation et les indications des tests en ce qui concerne l’habileté pratique.
- La note n° 190 du Centre de recherches scientifiques et industrielles de Marseille (février 1949) relate les données résultant d’un examen de 38 enfants déficients du centre départemental de Rééducation de Marseille, examen médico-psychiatrique d’un côté, et psychotechnique de l’autre (niveau d’intelligence avec le Terman et le Pintner, Rorschach, temps de réaction auditifs, tourneur, acuité visuelle, seuil différentiel de brillance, vision nocturne, seuil auditif), £ette étude préliminaire du Docteur Cain et de MIle Gavini n’apportant pas encore d’autres indications que celles d’une assez bonne concordance de la plupart des examens en ce qui concerne la déficience des enfants.
- ---------- y
- Le Journal of Personalitg de décembre 1948 contient une étude critique par A L. Baldwin du test de Stanford-Binet, expliquant des variations artificielles du 0.1. entre 5 et 9 ans, un examen des relations entre l’âge des sujets adultes et l’appréciation de l’âge des personnages représentés dans le test de dessin (D.A.P.) de Goode-nough, par G. F. J. Lehner et H. Silver, l’exposé d’une nouvelle technique projective de R W. Pickford, consistant à faire interpréter des images en commençant par les présenter dans des conditions d’éblouissement progressivement atténuées, une étude de jeunes délinquants avec une série de tests de personnalité, dont les uns révéleraient surtout la personne telle au’elle apparaît socialement,, d’autres, comme l’échelle de Sweet (1929), la personnalité cachée, enfin les contributions à un symposium sur la quantification et l’objectivation de la personnalité, présenté par Joseph Zubin et comprenant 7 contributions, relative surtout au Rorschach, l’une traitant du TAT 'de Fr. Wvot.U et une autre des cartes de mouvement de Davm M Levv (par Ralph M. Rust).
- Dans les Genetic Psgchologg Monographs de mai 1949 (t. 39, 2), Herman Feifel examine les différences qualitatives des sujets normaux adultes (1851 et anormaux (185) des deux sexes, de 15 à 80 ans, avec prédominance de schizophrènes dans les anormaux, pour les réponses données au test de vocabulaire de la Révision Stanford-Binet de 1937 (définitions de 45 mots à fournir).
- G. R. Pascal et J. B. Zeaman, dans Y American Journal of Psg-chiatrg de mai 1949 (t. 105, 11) publient une note sur la validité de l’indice de dispersion dans l’échelle de Wechsler-Bellevue, se trouvant en accord général avec Rapaport, qui a donné une méthode de calcul de cet indice et trouvé une différence significative entre normaux et malades, croissant avec la gravité (indice de 5,43 chez 49 normaux, de 7,39 chez 75 névrosés, de 9,43 dans 28 psychoses aiguës, de 10,13 dans 23 psychoses chroniques, de 11,83 dans 12 psychoses avec détérioration mentale).
- Une étude critique d’une méthode de mesure de la robustesse des travailleurs a été donnée dans les Archives des Maladies professionnelles, de Médecine du travail et de sécurité sociale (tome 9, 6, 1948) par M. Fautret, Mme Girard et M. J. Faverge qui ont appliqué cette
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- méthode, de M. Goulene, à 189 sujets, établissant les corrélations entre les 7 éléments utilisés, et dégageant un facteur général commun, dont les saturations permettent de se contenter de 3 mesures (indice pondéral, dynamométrie manuelle et lombaire), mais avec doute sur la nature du facteur commun qui peut comprendre la docilité, alliée à la robustesse.
- Dans le Journal of General Psgchologg d’avril 1949 (t. 40, 2) W. D. Mtus comparé des individus bien adaptés et mésadaptés avec les sous-tests de Wechsler pour l’armée, en application aux « mentalement limités ».
- La Revue des Sciences Pédagogiques de Bruxelles (XI, n° 46, 1949) contient un article de J. Drabs sur les nouvelles tendances de la Psychotechnique.
- Lauretta Bender expose les principes psychologiques sur lesquels elle a fondé son test de Gestalt visuo-moteur (1938) (avec des figures de Wertheimer à reproduire), utilisé pendant la guerre pour distinguer des régressions émotionnelles, dues à des lésions cérébrales organiques ou à des états schizophréniques (Transactions of the New York Academg of Sciences de mars 1949).
- Le Dr Burstin a étudié l’élaboration perceptive dans les états de désagrégation mentale d’après l’application du test de Borschach, rapprochant ses observations de celles concernant les enfants : la pensée désagrégée se manifeste par de simples juxtapositions et agglutinations sans organisation véritable, avec interférences continuelles entre motifs perceptifs et idéatifs (Annales Médico-Psgcho-logiques de janvier, février et mars 1949).
- Dans le Journal de Psqchologie de janvier-mars 1949, un examen comparatif de données sur le caractère fournies par l’analyse graphologique, par le Rorschach, par le test de dessin de Prudhom-meau, et par les renseignements obtenus, est exposé par R. Stora.
- Le Journal of clinical Psgchologq d’avril 1949 (t. 5 n° 2) contient, entre divers articles, touiours brefs, un exposé relatif à un coefficient de similarité de profil par Fr. M. du Mas, des normes préliminaires pour le test du cube de Goldstein-Sc.heerer par Foster Bagd, quelques normes relatives au TAT *avec une méthode économique pour recueillir les protocoles, par J. R. Wittenborn, une comparaison des données du Rorschach avec le comportement de laboratoire par L. M. Baker et .Tane S. Harris, une comparaison par R. G. Gibby des formes TT et I de l’échelle de Wechsler-Bellevue d’après une application à 32 psychonévrosés, concluant à un accord satisfaisant, une critique des scores pondérés du Wechsler par M. N. Brown, et une note par B. J. Barkley sur le test de gestalt haptokinétique de la Western University.
- Dans la Revisfa de Psicoloaia general g aplicada (n° 6, 1948) dirigée par José Germain et éditée par l’Tnstituto n'acional de Psicotech-nia, nous relevons une étude de José Plata sur la capacité de synthèse imaginative spatiale chez les aveugles, la suite de l’exposé de statistique dans ses applications à la psychotechnique par M. Villa r et A. Martin Sarralde, un examen par A. Guera et T. Lang du test
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- de Szondi, recommandant une coordination des tentatives de vérification de sa validité en Espagne, enfin un compte rendu d’activité de l’Office d’Orientation et sélection professionnelles de Bilbao.
- Le n° 8 (1948) de la môme revue contient une étude de José Mal-lart sur ce qu’on peut attendre de la professiologie, une description par D. Katz de son scriptochronographe, la suite des articles sur les applications statistiques de Villar et Marten Sarralde, ainsi que des commentaires sur les ouvrages de Szondi, par J.M. Sacris-tan, et de Sheldon par F. Bernard.
- Un diagramme simple pour l’obtention des coefficients tétrachori-ques de corrélation est proposé par Max Hamilton dans le British Journal of Psychology de mars 1949. (T. 39, 3).
- Dans le Journal of Consulting Psychology d’avril 1949 (vol. 13, 2) Cari R. Rogers examine les réactions des consultants d’O.P. soumis par des conseillers différents à des examens et interviews, J. R. Schlosser et R. E. Kantor signalent qu’ils n’ont pas trouvé de différence dans l’indice de détérioration de Wechsler chez des groupes de schizophrènes ou de psychonévrosés, W. A. Hunt et Elizabeth G. French donnent des indications sur l’emploi de 4 échelles individuelles abrégées d’intelligence à items non verbaux et verbaux, et sur un test de vocabulaire de 50 mots utilisé dans ces échelles.
- Maria Diez Gasca et Laura Brunelli ont relaté dans la Rivista di Psicologia de janvier-mars 1949 (T. 45, 1) une expérience de sélection d’apprentis horlogers effectuée à l’Institut d’Orientation professionnelle de Rome.
- INFORMATIONS
- Le Professeur Godfrey Thomson fera le discours présidentiel de la Section de Psychologie de la British Association for Advance-ment of Science sur le sujet . « Nature des facteurs de l’jesprit » à Newcastle-on-Tyne le 1er septembre 1949.
- *
- * *
- Trois thèses de médecine de Lyon éditées par la maison Bosc frères (1946 et 1949) intéressent la psychotechnique :
- Yves Mémin. — Sur la nécessité d'une sélection psychique des engagés volontaires dans l'armée (76 pages).
- Henri Escafit — Le test de Rorschach chez l’écolier de 10 à 14 ans. (80 pages).
- Guy Lesage. — Une épreuve collective d'associations libres dite « Jung collectif ». (148 pages).
- i *
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- Le IIe Congrès international pour la Pédagogie de l'enfance déficiente s’est tenu à Amsterdam du 18 au 22 juillet 1949 sous la présidence du Professeur I. C. van Hou Le.
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- LA VIE DU CENTRE DE RECHERCHES DE L’INSTITUT NATIONAL D’ÉTUDE DU TRAVAIL ET D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- Validation d’une batterie de tests dans deux centres d’apprentissage commerciaux (filles)
- par M. M. REUCHLIN
- Ce travail a été entrepris au début de l’année scolaire 1948-1949 à la demande de M. Baussier, directeur du Centre départemental d’O. P. de Seine-et-Oise.
- Le choix des tests, leur application, leur correction ont été assurés par les chefs et le personnel des services suivants : Secrétariat d’O.P. de la Seine, Centre départemental de la Seine, Centre départemental de Seine-et-Oise, Centre de recherches de l’I. N. O. P.
- Les épreuves scolaires à notation objective qui nous ont servi de critères ont été étudiées, appliquées et corrigées grâce au large concours des Directrices et des professeurs des C.A. de la rue Elysée Ménilmontant, de la rue A.-Roll et de la rue de l’Abbé-Groult. Le travail important qu’ont exigé ces épreuves a été partout accepté de bonne grâce et exécuté avec soin.
- A. — Les sujets
- Leur nombre a varié, suivant les séances de tests, de 138 à 143. Ce sont des élèves de première année des Centres d’Apprentissage de la rue de l’Elysée-Ménilmontant et de la rue A.-Roll, appartenant aux sections sténo-dactylo, aides-comptables, vendeuses, étalagistes.
- Voici la distribution des âges de 137 de ces sujets :
- 14 a. 14 a. 6 m. 15 a 15 a. 6 m. 16 a. 16 a. 6 m 17 a.
- 15 29 37 30 Il 12 0
- B. — Les Tests
- 1. — Description.
- La batterie suivante a été appliquée : N 11 P 70-23
- Trois dessins sont donnés Compléter la série par un quatrième dessin à choisir parmi 4 dessins proposés, de façon à ce que soient respectées les lois d’arrangement qui existent dans le groupe des 3 dessins donnés.
- Une figure géométrique subit une série de transformations successives. Classer ces transformations dans l’ordre chronologique.
- Consignes du Centre départemental d’O.P. de la Seine. Test édité par M. Arnaud.
- Vocabulaire (Binois-Pichotj.
- Trouver parmi six mots proposés le synonyme d’un mot donné.
- Consigne du Centre départemental d’O.P. de la Seine. Test édité par le Centre Psychologique, 15, rue Henri-Reine, Paris (16e).
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- V. 12 (R. Bonnardel).
- Synonymes, série de mots et de nombres, problèmes, proverbes.
- Consignes du Centre départemental d’O.P. de la Seine. Edité par R. Guyot, 55, avenue Henri-Barbusse, Clamart (Seine).
- A G 48 1.
- Une série de.signes typographiques est donnée. Classer un certain nombre de ces signes, donnés en désordre, dans l’ordre où ils se trouvent dans la série originale.
- Edition et consignes du Centre départemental d’O.P. de la Seine.
- Code Wechsler-Bellevue.
- Epreuve de substitution symboles-chiffres.
- Empruntée par D. Wechsler. The measurement of adult intelligence (Williams et Wilkins Company, Baltimore, 1944), p. 94.
- Français.
- Test de connaissance du centre de recherches de l’I.N.O.P. : mettre au pluriel des mots et phrases, corriger des fautes d’orthographe, trouver des synonymes, trouver un mot de définition donnée dans une série de mots, faire une rédaction.
- Edition et consignes de l’I.N.O.P.
- Calcul.
- Test de connaissances du Centre de Recherches de l’I.N.O.P. : effectuer des opérations, écrire des nombres, conversion.
- Editions et consignes de l’INOP.
- Vigra.
- (Test à l’étude au Centre départemental d’O.P. de Seine-et-Oise.
- On donne aux sujets une feuille blanche où est écrite la phrase :
- « Au clair de la lune mon ami Pierrot ».
- On demande aux élèves de recopier cette phrase le plus vite possible, autant de fois qu’ils le peuvent, jusqu’au signal d’arrêt.
- On donne 5 minutes, les sujets devant faire une croix à la fin do chaque minute.
- La note est le nombre moyen de lettres écrites par minute.
- Deux test à l’étude au Centre de recherches de l’I.N.O.P.
- Facture.
- Remplir un formulaire (facture) d’après des indications données nar ailleurs.
- MRP 53.
- Déceler des erreurs de typographie dans des couples de mots ou de nombres.
- 2. — Distributions.
- Après élimination du test de la facture et du test MHP 53, elles se révélèrent suffisamment voisines de la distribution normale pour que les tests restants soient utilisables sur le groupe considéré.
- On trouvera ci-dessous les étalonnages de ces tests sur ce groupe.
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- ETALONNAGES
- N. Il P Vocabulaire V 12 A. G 48 Code Français Calcul Vigra
- + 12 + H + 10 + 9 + 8 + 7 + 6 + 5 + 4 + 3 + 2 + 1 0 — 1 — 2 — 3 39,5 35.4 64,6 30,9 68,8 81.97 79,76 165,2
- 37,9 34,5 62,4 29,5 66,6 80,13 77,44 161,9
- 36,5 33,6 60,3 28,1 64,3 78,30 75,12 158,5
- 34,9 32,7 58,1 26,5 62,1 76,46 72,80 155,2
- 33,4 31,8 55,9 25,1 59,8 74,62 70.48 151,8
- 31,8 30,9 53,7 23,5 57,5 72,79 68,16 148,5
- 30,3 29,9 51,5 22,1 55,3 70,95 65,84 145,1
- 28,8 29,1 49,4 20,6 53,1 69,11 63,52 141,8
- 27,2 28,2 47,2 19,1 50,8 67,28 61,20 138,4
- 25,7 27,3 44,9 17,6 48,5 65,44 58,88 135,1
- 24,1 26,4 42,8 16,1 46,2 63,61 56,56 131,7
- 22,6 25,5 40,6 14,6 43,9 61,77 54,24 128,4
- 21,1 24,6 38,5 13,1 41,7 59,94 51,92 125,1
- 19,5 23,7 36,3 11,6 39,5 58,10 49,60 121,7
- 17,9 22,8 34,1 10,1 37,2 56,26 47,28 118,3
- 16,4 21,9 31,9 8,7 34,9 54,43 44,96 114,9
- 14,8 20,9 29,7 7,2 32,7 52,59 42,64 111,6
- — 4 13,4 20,1 27,6 5,7 30,4 50,76 40,32 108,3
- — 5 — 6 11,8 19,2 25,4 4,2 28,2 48,92 37,99 104,9
- 10,3 18,3 23,2 8.7 25,9 47,08 36,68 101,6
- •— 7 — 8 — 9 — 10 — 11 — 12 8,7 17,4 21,1 1,2 23,6 45,25 33,36 98,2
- 7,2 16,5 18,8 — 0,3 21,4 43,41 31,04 94,9
- 5,7 15,6 16,7 — 1.8 19,1 41,58 28,72 91,5
- 4,1 14,7 14,5 — 3,3 16,9 39,74 26,40 98.2
- 2,6 13,8 12,3 — 4,8 14,6 37,90 24,08 84,8
- 1,1 12,9 10,1 — 6,3 12,3 36,07 21,76 81,5
- C. — Les critères
- 1. — Construction d'épreuves standardisées.
- Les élèves examinées appartenant à des classes et même à des établissements différents, il ne pouvait être question d’utiliser les notes scolaires habituelles, pour les raisons déjà exposées (1).
- Les professeurs des deux centres d’Apprentissage furent infor-
- (1) Voir B.I.N.O.P., 1949, no 1-2, p. 18 21.
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- més de la nécessité dans laquelle nous nous trouvions de n’utiliser comme critère que des épreuves scolaires dont les conditions d’application et de correction seraient objectivement définies de façon à les rendre communes à l’ensemble des classes examinées. Ces professeurs acceptèrent même de nous prêter tout leur concours pour la construction de ces épreuves. Les difficultés vinrent surtout de différences dans les programmes traités, au jour de l’examen, dans les différentes classes. On put cependant rédiger les épreuves dont nous avions besoin.
- Avant de les appliquer sur le groupe d’expérience, il nous parut nécessaire de les essayer sur un groupe de même niveau, afin de, vérifier l’objectivité des procédés de notation et la difficulté des questions.
- L’application d’essai a été faite sur une classe, du G.A. de la rue de l’Abbé-Groult. Les épreuves ont été corrigées 2 fois : une fois par deux professeurs d’Alfred Roll, une fois par deux professeurs d’Elysée Ménilmontant.
- Au cours d’une réunion, on a confronté les résultats et mis au point les épreuves définitives.
- Ces épreuves furent ensuite appliquées rue de l’Elysée-Ménilmon-tant et rue Alfred-Roll, aux élèves qui avaient subi les tests précédemment.
- Les distributions obtenues pour les épreuves de calcul, de français et de commerce ne s’écartaient pas significativement de la distribution normale. Par contre, les épreuves de sténographie et de dactylographie donnèrent des distributions trop atypiques pour- que ces épreuves puissent être utilisées. Cela nous amena à abandonner dans la batterie définitjve, le test Vigra, qui avait été introduit pour tenter un pronostic en sténographie, et qui ne se révéla pas valide par rapport aux autres critères (voir plus loin).
- Nous donnons ci-dessous une description sommaire des épreuves finalement conservées.
- 2 — Description.
- a) Calcul. — L’épreuve comportant des opérations sur les nombres complexes, des conversions et deux problèmes. Le barême de notation, très analytique, distinguait :
- — l’exactitude (10 points sur 20).
- — l’esprit mathématique (3,5 points sur 20). La note dépendait de l’emploi, par le sujet, de tel ou tel procédé, la valeur de chaque procédé étant fixé au préalable par le barême. -
- — Le style (1,5 point sur 20).
- — L’écriture (2 points sur 20).
- — La présentation (3 points sur 20).
- La notation des trois derniers points faisant appel à une échelle en cinq échelons, plus subjective.
- On n’a tenu compte, dans le présent travail, que de la note globale, l’étude analytique de cette épreuve étant remise à plus tard.
- b) Français. — L’épreuve ressemblait au test de connaissance de Français du Centre de Recherches de l’I.N.O.P. Ellecomportait une rédaction (notée sur 30), deux épreuves d’orthographe, présemées sous deux formes différentes et notées respectivement sur 20 e! sur 10, une épreuve de vocabulaire (sur 15) une épreuve d’accord de
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- participes passés (sur 20) une épreuve de conjugaison (sur 10). C’est la note globale qui a été utilisée.
- c) Commerce. — Compléter un texte technique à l’aide des U r-aes convenables, empruntés à une liste donnée. 20 mots à trouver, un demi-point par mot exact.
- 3 — Comparaison des notes standardisées et des notes scolaires habituelles.
- Nous avons comparé les notes obtenues par les élèves, d’une part dans les épreuves décrites ci-dessus et d’autre part dans les exercices scolaires habituels (moyennes du deuxième trimestre).
- a) Forme des distributions : Nous attendions un peu une meilleure distribution des notes standardisées. Il n’en a rien été, la normalité étant à peu près également satisfaisante dans les deux cas, ce qui est à l’éloge des procédés de notation employés dans les Centres étudiés.
- b) Différences entre les établissements., — Nous avons calculé les différences des moyennes des notes obtenues par les élèves des deux établissements, d’une part pour les notes standardisées, d’autre part pour les notes habituelles. Nous avons rapporté ensuite ces différences à leur erreur type, obtenant ainsi pour chacune le rapport critique t Voici les valeurs de t obtenues :
- Notes standardisées Notes habituelles
- Calcul. . . ...................... 10,71 1,86
- Français. . - ...................... 4,71 1,18
- Commerce............................. 2,92 1,72
- On voit clairement que, si nous adoptons le seuil de probabilité .05 (qui correspond à t = 1.96), les notes habituelles ne révèlent de différence significative dans aucune des trois matières, tandis que les notes standardisées différencient nettement les deux établissements dans chacune de ces matières. Cela recoupe des faits observés ailleurs et déjà rapportés ici : des différences significatives existent entre des établissements classés administrativement dans la même catégorie, mais ces différences ne se révèlent que si l’on emploie des épreuves standardisées. Sinon, chaque professeur note par rapporl à la moyenne de sa classe, et des classes de niveaux différents arri vent à avoir des notes moyennes identiques.
- D. — Validation de la batterie
- *
- I. — Validité des tests.
- Les corrélations entre les notes obtenues dans chacun des tests et dans chacun des critères sont données dans le tableau ci-dessous :
- Français Calcul Commerce
- N 11 P .24 .27 .12
- Vocabulaire Binois. . . . .48 .16 .18
- V 12 .36 .24 .23
- AG 48 1 .16 .30 .28
- Code W B .19 .44 .16
- Français .70 .00 .11
- Calcul .08 .33 .38
- Vigra. i . .00 .01 .00
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- • Français Calcul
- V 1-2.
- .55
- .12
- Vigra..............10
- .18
- Code.
- .04
- .24
- AG 48-1.
- .09
- .33
- Vocabulaire........48
- .05
- N 11 P.
- .31
- .44
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- On s’est demandé quels étaient les tests qui pourraient être considérés comme ayant une validité à peu près identique à l’égard des trois critères, et quels étaient ceux qui semblaient permettre une meilleure prévision de l’un des critères.
- Le procédé employé a été celui du /} exposé dans le B.I.N.O.P. de mai-juin 1949. Le seuil de probabilité adopté est P = .05.
- Les 3 coefficients de validité du N11P peuvent être considérés comme homogènes. Leur combinaison donne .21.
- Le vocabulaire est plus valide à l’égard du critère « Français » (.48) qu’à l’égard des deux autres critères (validités combinées : .17).
- Les 3 coefficients de validité du V12 peuvent être considérés comme homogènes. Combinaison : .27.
- Il en est de môme pour l’AG 48 1 : .24.
- Le Code permet une meilleure prévision du critère « Calcul » (.44) que des deux autres (validités combinées : .18).
- Le test de français permet naturellement une meilleure prévision de la note de français (.70) que des deux autres critères (validités combinées : .06).
- Le test de calcul a une validité significativement plus faible pour le critère « français » (—.08) que pour les deux autres critères (validités combinées : .35).
- IL — Corrélation entre les tests.
- Le tableau ci-dessous donne les corrélations entre les tests. Le coefficient utilisé est le r ennéachorique de M. Coumétou. (1).
- N11P Vocabulaire
- .51
- .12
- .40 —.12
- Calcul.............16
- III. — Pondération de la batterie.
- a) Equations de régression.
- Le tableau de corrélations et les validités calculées précédemment ont permis d’écrire l’équation de régression de la batterie, c’est-à-dire de déterminer le coefficient à accorder à chaque test pour que la validité de la batterie soit maximum.
- Trois équations de régression ont été calculées, permettant chacune la» prévision de l’un des critères.
- Le tableau ci-dessous donne les poids dont il faut affecter les notes de chaque test exprimées en écarts réduits, pour obtenir, en en faisant la somme, la note la plus probable dans chacun des critères!,
- (1) Voir Travail Humain, no 3-4 de 1947, p. 271.
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- exprimée en écart réduit (1). La dernière colonne du tableau donne la validité théorique R de la batterie ainsi pondérée.
- NI IP Vocabulaire VI2 AQ48 1 Code Français Calcul R
- Français...............19 .21 —.23 .20 .19 .69 —.34 .77
- Calcul.................11 .22 .13 .18 .31 —.27 .15 .58
- Commerce......... —.22 .20 .23 .20 —.01 —.12 .38 .50
- b) Procédé rapide pour le calcul de la note estimée.
- Comme les « tétrons » ne sont que des approximations des quadruples des écarts réduits, on peut, en affectant des poids indiqués plus haut les notes de tests exprimées en tétrons, trouver par simple sommation la note professionnelle la plus probable, exprimée en tétrons. Une légère imprécision est introduite par le procédé, puisque les échelons en tétrons ne correspondent en fait à des quadruples d’écarts réduits qu’à un huilième d’écart type près. Mais l’erreur sur la note prévue n’atteint pratiquement jamais un tétron.
- On pourra donc employer des tétronages pondérés, dans lesquels l’échelle classique de +12 à —12 sera multipliée par le poids correspondant. A titre d’exemple, voici un extrait des tétronages donnés' précédemment, avec une triple pondération, correspondant aux trois critères utilisés. De gauche à droite les trois colonnes correspondent aux critères : français, calcul, commerce.
- N 11 P Vocab ulaire
- + .38 + .22 —.44 24,1 + .42 + .44 + .40 26,4
- f .19 + .11 —.22 22,6 + .21 + .22 + .20 25,5
- .00 .00 .00 21,1 .00 .00 .00 24,6
- —.19 —.11 + .22 19,5 » —.21 —.22 —.20 23,7
- —.38 —.22 + .44 17,9 —.42 —.44 —.40 22,8
- 16,4 21,9
- Supposons qu’un sujet ait obtenu les notes suivantes dans les
- tests : Nil P Vocab. V12 AG 48 1 Code F rançais Calcul
- 23 22 41 12 *45 60 45
- Les notes prévues seraient, en tétrons : en français :
- + .38 —.42 —.46
- en calcul :
- + .22 —.44' +.26
- en commerce : —.44 —.40 +.46
- + .00 + .38 + .69
- + .00 + .62 —.27
- + .00 —.02 —.12
- + .68 = +1.25 —.30 = +.09 —.76 = —.1.28
- (1) On peut également, en mettant l’équation de régression sous une autre forme, partir des notes brutes dans les tests pour prévoir la note brute dans les critères. C’est sous cette forme que nous avons déjà eu l’occasion d’exposer verbalement le résultat de ce travail.
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- 123 —
- Pour apprécier la précision de tels pronostics on peut se rapporter aux validités R de la batterie pondérée, données plus haut.
- c) Conditions d'utilisations.
- Les équations de régression ainsi établies ne valent, en principe, que pour le groupe sur lequel elles ont été calculées. En fait, on peut se demander si la pondération calculée ici n’est pas à tout prendre préférable à une pondération arbitrairement choisie.
- En tout cas, et cette condition est absolument impérative, les poids accordés à chaque test ne valent que si tous les tests de la batterie sont utilisés. Si certains tests sont éliminés, c’est l’ensemble des poids qui est à reculer.
- Il semble donc bien que les Centres d’O.P. aient intérêt, tant pour adapter les ‘ pondérations aux groupes qu’ils examinent que pour utiliser le matériel dont ils disposent, à recalculer les poids de leurs tests sur leurs sujets. Nous donnerons dans, le prochain Bulletin un moyen simple de faire ces calculs en partant des validités et des corrélations inter-tests.
- V12
- A G 48 1
- 34,9
- 1 —.46 + .26 + .46 42,8 + .40 + .36 + .40 16,1
- —.23 + .13 + .23 40,6 + .20 + .18 + .20 14,6
- .00 .00 .00 38,5 .00 .00 .00 13,1
- + .23 —.13 —.23 36,3 —.20 —.18 —.20 11,6
- + .46 —.26 —.46 34,1 —.40 —.36 —.40 10,1
- 31,9 8,7
- Code' Français
- + .38 + .62 —.02 46,2 + 1.38 —.54 —.24 63,61
- + .19 + .31 —.01 43,9 + .69 —.27 —.12 61,77
- .00 .00 .00 41,7 .00 .00 .00 59,94
- —.19 —.31 + .01 39,5 —.69 + .27 + .12 58,10
- —.38 —.62 + .02 37,2 —1.38 + .54 + .24 56,26
- 54,43
- A
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-
-
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- 124
- Calcul
- —.68 + .30 + .76
- —.34 + .15 + .38
- .00 .00 .00
- + .34 —.15 —.38
- + .68 —.30 —.76
- 56,56
- 54,24
- 51,92
- 49,60
- 47,28
- 44,96
- LA VIE DE L’INSTITUT D’O. P.
- Diplôme d’Etat de Conseiller d’orientation professionnelle
- La session d’examen pour la délivrance de ce diplôme s’est achevée le 3 juillet 1949 par l’attribution de 66 diplômes dont 3 rentrant dans un classement spécial.
- 110 candidats s’étaient, présentés :
- 95 pour Paris ; 15 pour Marseille.
- Après les épreuves écrites, il y eut 69 candidats reçus dont 67 à Paris et 2 à Marseille.
- Il restait après l’exécution des épreuves pratiques avec l’addition ' des redoublants de l’an dernier ; sur 73 candidats présentés (71 à Paris, 2 à Marseille) 66 candidats reçus. (65 à Paris et 1 à Marseille).
- Il fut donné une mention très bien et 13 mentions bien.
- Voici la liste par ordre de mérite des orienteurs diplômés.
- Seciion Spéciale
- 1. M. Chachignon, mention bien.
- 2. Mlle Weismann, Zyva.
- 3. M. Comte, 118 points 50.
- Seciion Normale
- 1. M. Delcourt, 177 points, mention très bien.
- 2. M. Dauvegis, 166 points, mention bien.
- 3. M. Caruhel, 165 points 50, mention bien.
- 4. M. Baert, 165 points, mention bien.
- 5. M. Pichon, 164 points, mention bien.
- 6. M. Tabourel, 163 points, mention bien.
- 7. M. David, 160 points 50, mention bien.
- 8. M. Boissier, 160 points, mention bien.
- 9. Mma Jean-Amans, 159 points 50, mention bien.
- 10. M. Barthes, 158 points 50, mention bien.
- IL M. Dubuc, 158 points, mention bien.
- 12. M. Levayer, 157 points 50, mention bien.
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- 13. M. Larzul, 156 points 50, mention bien.
- 14. M. Paitel, 154 points 50, mention bien.
- 15. ex æquo, M. Chêne, 153 points.
- 15. ex æquo, Mlle Ruppe, 153 points.
- 17. Mme Genest, 151 points.
- 18. M. Romier, 149 points 50.
- 19. ex æquo, M. Bernade, 149 points.
- 19. ex æquo, M. Cornette, 149 points.
- 19. ex æquo, M. Oueguiner, 149 points.
- 22. ex æquo, MUe Combes, 148 points 50.
- 22. ex æquo, Mlle Hautier, 148 points 50.
- 22. ex æquo, MUe Lecourt, 148 points 50.
- 25. ex æquo, M. Sigognault, 148 points.
- 25. ex æquo, MUe Verrier, 148 points.
- 27. ex æquo, M. Chauvellier, 147 points.
- 27. ex æquo, M. Delahaie, 147 points.
- 27. ex æquqo, M. Delbecq, 147 points.
- 30. M. Genest, 146 points 50.
- 31. M. Pellæ, 146 points.
- 32. M. Baud, 145 points 50.
- 33. MUe Trimbur, 145 points.
- 34. Mme Cornette, 144 points 50.
- 35. M. Bernier, 144 points.
- 36. ex æquo, M. Marchandise, 143 points 50.
- 36. ex æquo, Mme Pénigaud, 143 points 50.
- 38. Mlle Lechevallier, 143 points.
- 39. M. Fontaine, 142 points.
- 40. M. Ronjat, 141 point 50.
- 41. ex æquo, M. Fiquet, 140 points 50.
- 41. ex æquo, M™ Lacombe, 140 points 50.
- 43. ex æquo, M. Lombes, 139 points.
- 43. ex æquo, MUe Potin, 139 points.
- 43. ex æquo, Mme Siro, 139 points.
- 46. M. Imbert, 138 points.
- 47. ex æquo, Mme Barthes, 137 points50.
- 47. ex æquo, MUe Foucard, 137 points 50.
- 47. ex æquo, MUe Le Lostec, 137 points 50.
- 50. Mme Bernier, 136 points 50.
- 51. ex æquo, M. Bajard, 136 points.
- 51. ex æquo, MUe Eliot, 136 points.
- 53. ex æquo, M. Garnier, 135 points 50.
- 53. ex æquo, Mlle Paul, 135 points 50.
- 53. ex æquo, Müe Rault, 135 points 50.
- 56. ex æquo, Mme Athané, 134 points 50.
- 56. ex æquo, MUe Lalonde, 134 points 50.
- 56. ex æquo, Mme Borot, 134 points 50.
- 59. ex æquo, M. Jaouan, 134 points.
- 59. ex æquo, M. Piegay, 134 points.
- 61. ex æquo, Mlle Lindberg, 133 points 50.
- 61. ex æ^quo, M110 Richard, 133 points 50.
- 63. M110 Lasilier, 132 points 50.
- Les questions posées à l’écrit avaient été les suivantes :
- 1. Psychologie : Quelles sont les principales données que l’on possède sur le rôle que jouent, dans les différences de capacité
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-
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- des individus, la constitution héréditaire d’un côté, et de l’autre, les influences qui ont pu s’exercer au cours de l’histoire de l’individu, et de quelle nature sont ces influences ?
- ou Pédologie : Quelles indications sur la psychologie de l’enfant peut-on tirer de ses dessins ?
- 2. Patholog:e : Les formes frustes et larvées de l’épilepsie.
- 3. Sciences économiques : Le vieillissement de la population, ses fac-
- teurs, ses conséquences économiques et sociales.
- ou Elude du Travail : Ou’entend-on par ordonnancement et lancement du travail ?
- 4. Technique des métiers : Le métier de menuisier-ébéniste. Les
- conditions d’exercice et les aptitudes qu’il exige. Son évolution actuelle en raison des progrès du machinisme industriel.
- , *
- * *
- Journées de perfectionnement organisées par l’Institut National d’Etude du Travail et d’Orientation Professionnelle les 11, 12 et 13 juillet 1949
- Lundi 11 juillet :
- 10 h. — Sous la présidence de M. Buisson, directeur de l’Enseignement Technique et du Professeur H. Piéron, directeur de l’Institut National d’Etude du Travail et d’Orientation Professionnelle : « Résultats du dépouillement général de l’enquête sur le contrôle de l’Orientation Professionnelle », par C. Chauffard, secrétaire générale de l’I.N.E.T.O.P.
- 14 h. 30. — Méthodes statistiques utilisées dans les travaux sur le Contrôle de l’O. P. (1er exposé), par J.-M. Paverge. agrégé de l’Université.
- 16 h. — Sous la présidence de M. Ragey. directeur du Conservatoire National des Arts et Métiers : « Quelques aspects qualitatifs du Contrôle », par A. Nepveu, chef de service du Centre d’Application de l’I.N.E.T.O.P.
- Mardi 12 juillet :
- 10 h. — Sous la présidence de M. Wallon, professeur au Collège de France : « Résultats relatifs aux tests de dépouillement de l’enquête sur le contrôle de l’Orientation Professionnelle », par M. Reuchlin, attaché de Recherches au C.N.R.S.
- 14 h. 30. — Méthodes statistiques utilisées dans les travaux sur le contrôle de l’O. P. (2e exposé), par J. M. Faverge, agrégé de l’Université.
- 16 h. — Sous la présidence de M. P. Pouillot, membre du Comité de Direction de l’I.N.E.T.O.P. : « Contrôle de la formation professionnelle dans une Société de Constructions Electriques », par R. Hu-gonnier, conseiller d’Orientation Professionnelle, directeur de la Formation professionnelle d’une Société de Constructions électriques.
- Mercredi 13 juillet :
- 10 h. — Sous la présidence de M. Giraud, inspecteur principal de l’Enseignement Technique, : « Une expérience de Sélection Professionnelle dans une école d’apprentissage d’une entreprise mécanique », par G. Bernyer, attachée de Recherches au C.N.R.S.
- « Le travail du Conseiller d’Orientation Professionnelle auprès d’un centre d’apprentissage », par A. Léon, conseiller d’Orientation Professionnel au Service de Recherches de l’I.N.E.T.O.P.
- 14 h. 30. — Méthodes statistiques utilisées dans les travaux sur le Contrôle de l’O. P. (3« exposé), par J. M. Faverge, agrégé de l’Université.
- 16 h. — Sous la présidence de M. Legay. sous-directeur de l’Enseignement Technique : « Stabilité et valeur qualitative comparées de l’apprentissage direct et de la formation professionnelle donnée
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- dans un établissement d’enseignement technique (collège technique) », par A. Séris, directeur du Centre d’Orientation Professionnelle de Sète.
- « Le pronostic et les critères de la réussite professionnelle », par J. Beaussier, directeur du Centre d’Orientation Professionnelle de Versailles.
- 4
- LA VIE DES CENTRES D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- M. Crepel, conseiller d’O.P. à Arras, aidé de M. Fourcroix, a mis au point un ingénieux appareil permettant de corriger rapidement les tests nécessitant un choix (V 47 ; A 47 B G, test de barrage, etc.).
- 11 se compose d’une boîte sans couvercle dans laquelle se trouve placée une lampe électrique. Cette boîte repose sur une béquille qui lui donne l’inclinaison d’un pupitre.
- A la partie supérieure peuvent s’appuyer des fiches en tôle perforées. La fiche placée sur la boîte il n’y a qu’à placer les feuill’es à corriger sur la plaque perforée.
- Les bonnes réponses sont éclairées par transparence et il est facile de les compter, ainsi que les erreurs et les omissions.
- Le temps de correction est ainsi beaucoup diminué, il passe de 1 ’33 secondes à 0 minute 45 secondes pour la correction de la fiche V 47 et évite la fatigue en supprimant les mouvements des yeux entre la feuilje Lémoin et la fiche à corriger, mouvements nécessaires sans l’appareil.
- CAUSERIES BIBLIOGRAPHIQUES
- Henri Piéron. — La psychologie différentielle. — In-8° de 122 pages. Presses Universitaires de France, 1949. Prix 240 fr.
- Ce livre, le premier du nouveau traité de Psychologie, contient après, une introduction, un premier chapitre sur YHérédtié :
- Notions générales sur l’hérédité en relation avec les problèmes humains.
- Hérédité d’aptitudes définies.
- L’hérédité dans les performances particulières.
- Données fournies par l’étude des jumeaux.
- Rôle de l’hérédité et possibilités d’applications eugéniques.
- un second sur les aptitudes :
- La notion d’aptitude.
- L’aptitude intelligence.
- L’analyse des aptitudes.
- 1° Fondements et évolution de l’analyse factorielle ;
- 2° Résultats de l’analyse générale des habiletés ;
- 3° Le problème de la. nature des facteurs, et le dernier sur Vindividualité et le problème des types :
- La définition des types individuels.
- La variabilité des individus.
- La différenciation des types sexuels.
- La différenciation des types raciaux.
- \
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- — 128
- Une abondante bibliographie termine chaque chapitre.
- Le traité complet publié sous la direction de M. Henri Piéron se compose de 7 volumes.
- Le second traitera de la méthode psychotechnique, le troisième de /’utilisation des aptitudes (orientation professionnelle et sélection) ; le quatrième de la formation éducative, le cinquième du maniement humain ; le sixième de l'hygiène mentale et les règles de vie ; le dernier des domaines sociaux d'application.
- LIVRES ENTRÉS RÉCEMMENT A LA BIBLIOTHÈQUE
- Wèndell Johnson. — People in Ouandaries ; The Semantics of Personal Adjustment,
- G. Dumas. — Le Sourire. Psychologie et physiologie. — Presses Universitaires de France.
- J. Piaget, Bârbel Inhelder et Alina Szeminska. — La Géométrie spontanée de l'Enfant. — Presses Universitaires de France.
- André Lalande. — Vocabulaire technique et critique de la Philosophie. — Presses Universitaires de France.
- G. Collin. — Précis d'une psychologie de l'Enfant. Tome I : Théorie ; Tome II : Applications. — Librairie Delagrave. Paris.
- L. Cornill et H. Ollivier. — Problèmes de sélection. — Librairie E. Le François. Paris, 1948.
- H. Wallon. — Les origines du caractère chez l'enfant. — 2e édition. Presse Universitaires de France.
- Germaine H. Wallon. — Les notions morales chez l'enfant. Essai de psychologie différentielle (filles et garçons). — Presses Universitaires de France.
- R. A. Fisher et F. Yates. — Statistical Tables for biological agricul-tural and medical research. — 3° édition, 1949.
- Karl J. Holzinger et Harry H. Harman. — Factor analysis. A synthe-sis of Factorial Mélhods. — The University of Chicago Press.
- W. Mc Laine. — New Views on Appreniiceship. — A Staples Publication.
- Jean Allilaire. — Les Industries de l'Habillement. — Société d’Edi-tions Françaises et Internationales, Paris. 1947.
- Encyclopédie de la Direction des Entreprises, publiée sous la direction de Maurice Guigoz.
- Tome I : J. et L. Danty-Lafrance. — Les salaires.
- Hervé Bouveret. — Les applications industrielles des interférences. (Monographies techniques du xxR siècle, collection dirigée par Maurice Denis-Papin). — Editions Desforges, Paris, 1949.
- Hegar. — Graphologie par le trait. Introduction à l'analyse des éléments de Vécriture.
- I, Texte ; II, 16 tableaux des types de traits, 102 figures. — Vigot frères Editeurs, 1938.
- AGEN. — IMPRIMERIE MODERNE, 43, RUE VOLTAIRE
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-
-
- SERVICES DE L'INSTITUT
- Tél. Odéon 52-46
- SECRÉTA RI A T GÉNÉRAL Chef de Service : Mme Benassy-Chauffaud.
- CENTRE I)’ORIENTA TION PROFESSIONNELLE Chef de Service : M"e Nepveu.
- CENTRE DE RECHERCHE DES TESTS Chef de Service : Mme Henri Piékon.
- CENTRE D ÉTUDES ET DE RECHERCHES DOCUMENTAIRES Directeur : M. Doladille.
- *
- * *
- Le Secrétariat est ouvert chaque jour non férié, de 9 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures.
- La Secrétaire générale reçoit le lundi, de 14 h. 30 à 18 heures ; le jeudi de 14 h. 30 à 16 h. 30, et sur rendez-vous.
- La Bibliothèque est ouverte chaque jour non férié, de 14 heures à 18 heures.
- Le Centre d’Etudes et de Recherches Documentaires est ouvert chaque jour ouvrable, de 9 heures à 12 heures (y compris le samedi matin), et de 14 heures à 18 heures, sauf le samedi.
- *
- * *
- - ; \ O
- Pour les consultations d’Orientation professionnelle, adresser une demande de rendez-vous au Chef du Centre d’Orientation Professionnelle.
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-
-
- SOMMAIRE
- Pages
- I. — G. Talaric : Réflexions sur l’orientation professionnelle rurale... 97
- II. — Notes et Documents : La question toujours controversée de
- l’àge d’apparition d’un facteur d’intelligence technique....... 106
- Un coefficient de similitude des profils...................... 108
- La psychologie en A. O. F..................................... 109
- III. — A travers les Revues.......................................... 112
- IV. - Informations.................................................. 115
- V. — La Vie du Centre de recherches de l’I. N. 0. P. : Validation d’une
- batterie de test dans deux centres d’apprentissages commerciaux 116
- VI. — La Vie de l’I. N. 0. P. : Diplôme de Conseiller d'O. P........ 124
- Journées de perfectionnement.................................... . 126
- VII — La Vie des Centres d’O. P........................................ 127
- / ^99 I
- VIII. — Causerie bibliographique : H. Piéron : La psychologie différentielle .............................................................. 127
- IX. — Livres entrés à la bibliothèque............................... 128
- Bulletin de l lnstitul National d’Etnde du Travail et d'Orientalion Professionnelle
- rédacteur en chef : Mme Henri PIÉRON •
- SECRÉTAIRE DE LA RÉDACTION : M. M. REUCHLIN
- ...... LES ABONNEMENTS PARTENT DU 1er JANVIER
- ABO!V!VESIKl%TT - :
- Pour la France... 500 fr. | Pour V Etranger.......... 3 dollars
- Prix du numéro : 85 franc*
- Pour les anciens élèves de l’I. N. E. T. O. P. : 350 francs
- Prière d’adresser le montant des Abonnements au Compte Chèques postaux de l’Institut
- PARIS C/C 1444-79
- Pour tout ce qui intéresse le Bulletin adresser la correspondance à Mme Henri Piéron Les Abonnés nouveaux recevront les numéros de l'année
- O
- déjà parus au reçu de leur Abonnement
- Le Gérant : Paul Ar.io.
- AGEN. — IMPRIMERIE MODERNE, 43, RUE VOLIAlhE
- Dépôt légal 1919. 3: trimestre. — N° d’ordre 119.
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-
-
- 2' SERIE. — 5e ANNEE
- N° 9-10
- SEPTEMBRE-OCTOBRE 1949
- BULLETIN
- DE
- L'INSTITUT NATIONAL
- détude du travail
- ET
- dORIENTATION
- A
- PROFESSIONNELLE
- REVUE MENSUELLE
- AU SIEGE DE L’INSTITUT
- 41, Rue Gay-Lussac, 41
- PARIS
- TOUS DROITS RÉSERVES
- p.n.n. - vue 148/226
-
-
-
- CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MÉTIERS
- Institut National d’Etude du Travail et d Orientation Professionnelle
- DIRECTEUR DÉLÉGLIÉ
- M. Henri Pikhox, professeur au Collège de France, directeur de l'Institut de Psychologie de l’Université de Paris, président de la Section des Sciences Naturelles de l’École Pratique des Hautes Études.
- CO Ml TÉ 1)1 REC TEC I{
- Le Directeur du Conservatoire National des Arts et Métiers.
- Le Directeur délégué.
- M. H. Laugier, secrétaire général adjoint de l’O. N. U.
- M. P. Pouillot, inspecteur général honoraire du Travail.
- M. H. Wallon, professeur au Collège de France
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-
- 2e Série. 5* Année N° 9-10 Septembre-Octobre 1949
- Bulletin de l’Institut National
- D’ÉTUDE DU TRAVAIL
- et
- D’ORIENTATION PROFESSIONNELL
- RÉFLEXIONS
- SUR
- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE RURALE
- par
- G. TALARIC
- (suite et fin)
- Vues d’avenir
- Cette évolution plus ou moins accusée que l’on constate depuis quelques années tant dans les conditions de vie que dans les techniques des métiers ruraux est-elle l’ébauche d’une transformation qui sera de plus en plus sensible et aura-t-elle des conséquences durables ?
- Malgré les efforts qui ont pu être faits, tant de la part des pouvoirs publics que de's organismes professionnels, il faut constater le gros retard de l’agriculture française et des métiers ruraux dans le domaine des techniques employées. Dans beaucoup de régions de France le cultivateur, à quelques variantes près, continuent à travailler avec les méthodes, les techniques de ses aïeux. L’exemple du machinisme dont nous avons rapidement parlé, si souvent rudimentaire encore, en est typique. Il montre que les travailleurs ruraux manifestent une certaine méfiance il l’égard des techniques nouvelles, qu’il est très difficile de les éduquer dans ce domaine, mais il enseigne surtout qu’ils n’ont pas encore compris, dans l’ensemble, que l’évolution des techniques agricoles devraient suivre celle des techniques industrielles." Il est évident d’ailleurs qu’une telle évolution technique varie avec les régions de grosse, de moyenne et de petite culture. Ce dont il s’agit avant tout, c’est d’adapter la culture au sol et on ne peut s’empêcher de constater, comme nous l’avons souvent remarqué, combien il est paradoxal que
- ;
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- l’on prétende cultiver le sol ingrat et dur de certaines régions de France comme on le ferait de celui de beaucoup plus riches. Il y a donc de la part du travailleur rural la nécessité : de posséder des connaissances technologiques nécessaires, qui suppose, par voie de conséquence, un niveau d'intelligence suffisant pour les assimiler d’abord et les appliquer convenablement ensuite. L’agriculture moderne demande au cultivateur de posséder certaines connaissances scientifiques sur la nature du sol, les engrais à employer, les maladies des végétaux, etc. « Il faut y ajouter encore des notions de droit rural, de comptabilité, de modalités d’application des lois sociales, etc. ».
- On pourrait faire les mêmes réflexions à propos de l’Artisanat Rural, bien que les nécessités d’une évolution de sa part, au moins dans l’état actuel des choses, soit certainement moins impérieuses. Il continue encore dans l’ensemble à travailler avec les vieilles méthodes au rendement médiocre des générations précédentes. Dans la plupart des régions, les artisans ruraux ont surtout un rôle de réparateur de machines agricoles simples : charrons, forgerons, etc. Actuellement, d’une façon générale l’artisan rural est polyvalent; il accomplit des tâches qui dans un Centre urbain seraient confiées à plusieurs ouvriers spécialisés. Par contre, il est évident que si une évolution vers un emploi plus généralisé des moyens mécaniques se produisait, cet aspect particulier des métiers ruraux varierait dans des proportions énormes. Le charron forgeron par exemple tendrait à se rapprocher du garagiste de nos cités urbaines. Il s’agirait le plus souvent pour lui, non plus de réparer telle ou telle pièce déficiente, mais bien plutôt de la remplacer par une pièce neuve, ce qui supposerait d’une part la constitution d’un stock important de matériel, ou tout au moins la possibilité d’en obtenir rapidement selon les besoins, et d’autre part la nécessité de posséder des connaissances beaucoup plus étendues et profondes dans le domaine de la mécanique, de l’électricité, etc. Quant à l’agriculteur lui-même, les mêmes connaissances plus ou moins poussées lui seraient également nécessaires afin qu’il puisse lui-même effectuer certaines réparations élémentaires, soit qu’il estime une telle façon de faire plus avantageuse pour lui, soit que les nécessités de travaux urgents l’y oblige.
- De cette évolution déjà amorcée des techniques dans les professions rurales, il en résulte une disparition relative, mais de plus en plus sensible, du caractère pénible et dur des travaux ruraux. Par voie de conséquence le point de vue médical, qui, actuellement domine tout le problème de l’Orientation Profes-
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- sionnelle Rurale, doit perdre peu à peu de son importance, sans disparaître pour cela complètement, au profit du point de vue des aptitudes intellectuelles d’abord et caractérielles ensuite, qui relativement négligé actuellement acquerra une place de plus en plus importante.
- L’examen de l’intelligence
- Il va de soi cependant qu’il ne saurait être question d’appliquer sans les adapter les méthodes d’examens intellectuels et caractériels utilisées dans l’Orientation Professionnelle Urbaine. L’examen de l’enfant en Orientation Professionnelle Rurale pourrait schématiquement être décomposé en deux stades :
- a) ’L’exambn collectif. — L’examen collectif avec tous les avantages qui en découlent, devrait être appliqué dans toutes les écoles rurales, comme il l’est déjà dans les écoles urbaines. Il permet de se faire une première opinion de l’enfant. Le principe est analogue aux tests utilisés actuellement dans les consultations d’Orientation Professionnelle, mais il est nécessaire de les adapter à la mentalité de la population locale tant en ce qui concerne la forme du test, que l’étalonnage. L’étalonnage, en effet, variera souvent dans des proportions importantes de telle à telle région du même département. Inversement d’ailleurs le même étalonnage établi pour un certain secteur, un département par exemple, peut donner une plus juste appréciation de la valeur intellectuelle de chaque enfant, lorsqu’il désire par exemple entrer dans un établissement qui accueille des enfants venant de régions assez éloignées. En ce qui concerne la forme du test il ne faut pas perdre de vue dans les questions de vocabulaire que des mots peuvent avoir des sens différents suivant les régions. Les tests de jugement et de raisonnement, surtout s’ils sont verbaux, impliquent qu’ils soient également adaptés ; de plus, en ce qui concerne ces derniers tests, il importe de se souvenir que le bon sens rural fait que les enfants répugnent souvent à des questions qui leur semblent par trop bizarres et qu’ils ne sont pas habitués aux subtilités intellectuelles des enfants de régions urbaines.
- b) L’examen individuel. — Si l’examen collectif qui permet de se faire une première opinion de la valeur de l’enfant est souhaitable, l’examen individuel par contre est toujours nécessaire, surtout si les résultats du premier sont insuffisants. L’examen clinique par le Conseiller d’Orientation Professionnelle permet de vérifier ou d’infirmer le résultat de l’examen collectif. Il permet aussi d’approfondir la réalité des désirs
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- professionnels manifestés tant par l’enfant que par sa famille, celle-ci répugnant à la confection des fiches qui lui sont demandées, celui-là variant fréquemment dans ses désirs professionnels. Cet examen individuel requier de la part du Conseiller <1’Orientation Professionnelle de grandes connaissances, beaucoup de tact, de doigté et de délicatesse. Schématiquement on pourra s’appliquer à étudier les points suivants :
- a) L’intelligence verbale. — On se rend compte rapidement de l’étendue et de la profondeur du vocabulaire de l’enfant, et on ne perdra pas de vue qu’il est en général moins étendu chez les ruraux que chez les citadins, mais par contre mieux employé.
- b) La mémoire. — On l’appréciera sans difficulté en demandant à l’enfant de raconter un livre qu’il a pu lire, un film qu’il a pu voir, des souvenirs personnels, etc...
- c) L’intelligence logique. — Toujours à partir des épreuves précédentes, on pourra mettre en évidence la façon dont le sujet enchaîne les faits. Eu général, chez les enfants ruraux le raisonnement est plus tôt évolué que chez les enfants des villes, mais le jugement est plus tardif à se manifester parce qu’ils manquent des contacts avec des camarades de milieux différents, qu’ont leurs camarades des villes.
- d) Affectivité. — On étudiera de même les relations familiales avec des parents, ses frères, ses sœurs. Est-il compris chez lui ? Se manifeste-t-il certains traumatismes familiaux ? On confrontera utilement ce que dit l’enfant avec ce que les parents ont pu dire ou diront au Conseiller d’Orientation Professionnelle. Comment l’enfant s’adapte-t-il à l’école avec ses maîtres, ses camarades ? Préfère-t-il commander ou obéir ? Participe-t-il aux activités de groupes ? La confrontation avec la fiche scolaire ou l’entretien avec le maître apportera là encore au Conseiller (l’Orientation Professionnelle des renseignements extrêmement importants. O11 approfondira également l’évolution de l’émotivité. Les enfants ruraux sont en général moins émotifs que leurs camarades des villes, l’instabilité pubertaire, en particulier, y est beaucoup moins sensible. Enfin, on essaiera de se rendre compte des idées de l’enfant sur le Travail, sur la Vie, etc. bien que de tels sentiments soient très rudimentaires en général à l’âge où l’enfant sera examiné.
- On pourra continuer l’examen individuel par quelques épreuves motrices simples. Sauf cas exceptionnels eu effet, la psychotechnique n’a pas encore sa raison d'être en Orientation Professionnelle Rurale, mais il est nécessaire que le Conseiller
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- se rende compte an moins sommairement de l’état d’évolution motrice de l’enfant. Certains gestes professionnels requièrent en effet certaines aptitudes particulières. Dans le domaine moteur les tests employés seront simples, sans matériel particulier. Ils s’inspireront beaucoup de ceux utilisés dans l’Eclielle d’Ozeretzki. Il est évident que dans ce domaine, lorsque l’examen médical est bien fait, la confrontation de ce qu’a pu observer le Conseiller avec les observations du médecin est des plus utiles. Enfin on complétera cet examen individuel par quelques remarques sur le comportement de l’enfant. On aura ainsi une vue d’ensemble suffisante dans la majorité des cas, mais cependant beaucoup plus complète que celle qui pourrait être donnée par une Orientation Professionnelle à base strictement médicale et scolaire.
- Le problème de la formation professionnelle rurale
- Il 11e suffit pas de chercher à déceler les aptitudes d’un enfant. Il faut pouvoir lui indiquer les débouchés professionnels qui s’offrent à lui. Il faut reconnaître que dans l’ensemble, la formation professionnelle dans les professions rurales est loin d’être toujours satisfaisante. Nous avons dit plus haut que la formation professionnelle directe s’exerçait souvent dans des conditions matérielles insuffisantes. Il faut y ajouter la difficulté de contrôler la valeur de la formation professionnelle donnée par P employeur. En règle générale d’ailleurs, la formation professionnelle dans les métiers ruraux est presque inorganisée encore. Les décrets et les lois sur la formation professionnelle agricole ne sont, dans beaucoup de régions de France, virtuellement pas appliqués. (Loi du 2 août 1918, modifiée par h* décret-loi du 17. juin 1938 organisant l’enseignement post-scolaire agricole. — Loi du 18 janvier 1939 organisant l’apprentissage agricole familial. — Loi du 17 août 1940 relative à la formation professionnelle agricole. — Loi du 7 juillet 1941, modifiée par la loi du 12 janvier 1943 et l’Arrêté Ministériel du 23 décembre 1943 rendant obligatoire l’enseignement du premier degré pour les garçons et les filles de moins de 17 ans, dont les parents exercent une profession agricole etc., etc.). O11 doit déplorer l’insuffisance des cours professionnels, de l’enseignement post-scolaire rural, des cours par correspondance, le manque de revues spécialisées pour les jeunes travailleurs, etc. Quant à la structure même de l’apprentissage agricole les contrats d’apprentissage sont peu employés et rarement établis. Pour les filles, les cours d’enseignement ménager sont en nombre très nettement insuffisants.
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- En ce qui concerne les écoles, si les établissements (l’Enseignement Supérieur( Grignon, Montpellier, Rennes) et Secondaire (Ecoles Régionales d’Agriculture) répondent dans l’ensemble à ce que l’on est en droit (l’attendre d’elles, les écoles d’agriculture locales et les Centres d’Apprentissage sont en nombre nettement insuffisants et la valeur de l’Enseignement qui y est donné très inégale. L’Enseignement Technique qui, il y a quelques années, avait créé dans ses Centres d’Apprentissage certaines sections d’horticulture, de jardinage, etc. a supprimé dans la majorité des cas les sections en question, qui avaient pourtant rendu d’inappréciables services.
- Il est indiscutable que dans le domaine de la formation professionnelle agricole un très gros effort s’impose aux Pouvoirs Publics et Privés.
- Les fins de l’Orientation Professionnelle Rurale
- Nous avons dit au début de cet exposé qu’un des problèmes de l’Orientation Professionnelle Rurale était le maintien à la terre des enfants. Mais il suppose et ceci est fondamental que la formation professionnelle rurale, tant directe que dans des écoles, soit organisée d’une façon suffisante. Il importe, à la fois pour des raisons économiques et de stricte honnêteté vis-à-vis de l’enfant, que celui qui en a les possibilités et le désir soit assuré de bénéficier à la campagne d’une formation professionnelle vraiment solide et complète, analogue à celle que reçoit son camarade de la yille, et qui fera de lui un travailleur qualifié et non un manœuvre.
- Tant que les problèmes soulignés ci-dessus ne seront pas résolus, tant que la formation professionnelle restera insuffisante, il est indiscutable que l’Orientation Professionnelle Rurale ne pourra avoir dans le problème du maintien à la terre qu’une activité sporadique et insuffisante. Mais lorsque tous ces problèmes seront résolus, il est non moins indiscutable que le problème de l’émigration vers les villes, actuellement si angoissant, se posera alors avec beaucoup moins d’acuité. En même temps par voie de conséquence, celui de l’insuffisance de la main-d’œuvre rurale disparaîtra également. Même actuellement il nous semble que ce problème de la main-d’œuvre rurale n’est pas tant une question de quantité, que de qualité. Dès lors, au fur et à mesure que se perfectionneront les techniques employées, qu’évoluera vers des formes plus modernes l’agriculture et les métiers artisanaux, le problème de l’Orientation Professionnelle Rurale se déplacera peu à peu de l’aspect pure-
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- ment médical qu’il revêt actuellement, vers celui de l’étude de toutes les aptitudes de l’individu, aptitudes physiques sans doute, mais surtout et encore plus aptitudes intellectuelles et caractérielles.
- Il ne faudra pas méconnaître non plus le rôle important de la préorientation professionnelle dans le domaine rural « en laissant le plus possible l’Orientation Professionnelle dans son cadre naturel : l’école. Pour que l’enfant puisse choisir judicieusement, il faut en effet lui donner à la fois le sens de la responsabilité, développer sa volonté et lui faire connaître les métiers ». « Dans cette œuvre, le rôle du maître demeure prépondérant et le Conseiller d’O.P. pourra utilement coopérer à cette tâche en lui fournissant les documents utilisables : schémas de causeries professionnelles, monographies de métiers ruraux, suggestions sur des visites à faire, etc. ».
- De plus, il ne faudra pas perdre de vue que cette préorientation Professionnelle devra s’appliquer aux garçons comme aux filles.
- Lors de sa 31e session, qu’elle a tenu à San Francisco en 1948, la Conférence Internationale du Travail, dans le Projet de Recommandation concernant l’O.P. qu’elle a adoptée, disait qu’« une attention particulière devrait être accordée à l’organisation dans le cadre du système général d’Orientation Professionnelle, de. facilités appropriées d’Orientation Professionnelle destinées aux adolescents des régions rurales... » et que « toutes mesures nécessaires et possibles devraient être prises afin de fournir, dans le cadre du système général établi, des conseils professionnels spécialisés :
- • ®) ........
- 6) .......
- c) aux personnes qui constituent, dans les régions rurales, un excédent de main-d’œuvre par rapport aux possibilités d’emploi présentes ou probables ».
- Fort de ce projet de Recommandation, il nous faut exprimer le souhait que la France mette dans nos régions rurales comme. elle l’a fait dans nos villes, l’Orientation Professionnelle à la disposition de tous.
- Georges Talaric.
- Conseiller-Directeur du C.O.P. de la Creuse.
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- PROJET DE RECOMMANDATION
- CONCERNANT
- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE ET LES CONSEILS PROFESSIONNELS »
- I. — Généralités
- 1. Aux fins de la présente recommandation, le terme ((orientation professionnelle» signifie Faide apportée à un individu en vue de résoudre les problèmes relatifs au choix d’une profession ou à l'avancement professionnel, compte tenu des caractéristiques de l’intéressé et de la relation entre celles-ci et les possibilités sur le marché de l’emploi.
- 2. L’orientation professionnelle est basée sur le choix libre et volontaire de l’individu et son principal objectif est de donner à l’individu toutes possibilités de développer sa personnalité, et de lui permettre de retirer pleine satisfaction de son travail, tout en tenant compte de la meilleure utilisation des ressources nationales en main-d’œuvre.
- 3. L’orientation professionnelle est un processus continu dont les principes fondamentaux demeurent les mêmes, quel (pie soit l’âge des individus recevant le conseil. Ces principes sont d’une importance immédiate pour le bien-être des individus, en tous lieux ét pour la prospérité de tous les pays.
- 4. Les moyens d’orientation professionnelle devraient être adaptés aux besoins spéciaux de chaque pays et établis progressivement.. Leur établissement à l’intérieur de chaque pays devrait s’effectuer en rapport avec le progrès réalisé en ce qui concerne la compréhension des buts de l’orientation professionnelle et la mise â disposition d’un système administratif approprié et d’un personnel technique qualifié.
- II. — Champ d’application
- 5. Dans la plus large mesure possible, des moyens publics d’orientation professionnelle devraient être mis la disposition de tous ceux qui, en ont besoin en tenant compte des plans et des ressources nationaux ou locaux.
- 0. Ces moyens devraient comprendre notamment des dispositions spéciales en faveur :
- a) des adolescents, y compris les écoliers, qui ont besoin de conseils relatifs à leur entrée dans une profession ou à leur future carrière professionnelle ;
- (i) Ce projet a été adopté dans sa dernière session, à Genève, par le Bureau International du Travail.
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- 1) ) de toutes autres personnes qui ont besoin de conseils relatifs à l’emploi et aux problèmes professionnels connexes. Ces personnes seront désignées ci-après par le terme «adultes».
- III. — Principes et Méthodes de l’Orientation Professionnelle des Etüdiants
- Y COMPRIS LES ECOLIERS
- 7. 1) Les principes et le programme de l’orientation professionnelle devraient être établis en collaboration avec les écoles et avec d’autres institutions et services qui s’occupent des adolescents durant la période marquant le passage de la vie scolaire à la vie professionnelle, et avec les organisations représentatives des employeurs et des travailleurs, afin que tous les adolescents qui reçoivent une orientation professionnelle puissent bénéficier d’une assistance systématique et coordonnée.
- 2) Cette collaboration devrait également comprendre la consultation et la coopération avec les parents ou tuteurs intéressés, ainsi qu’avec les associations de parents, lorsque de telles associations existent.
- 3) Pour l’application des dispositions du présent paragraphe, il devrait être tenu compte des principes d’organisation administrative posés dans la partie Y.
- 8. 1) Pendant la période d’instruction générale, il conviendrait de prévoir une orientation professionnelle préliminaire dans le cadre de l’enseignement. Cette orientation devrait tendre essentiellement à rendre l’adolescent conscient de ses aptitudes, de ses capacités et de ses goûts et à l’informer des diverses professions et carrières qui s’offrent à lui en vue de faciliter son adaptation à sa future profession.
- 2) L’orientation professionnelle préliminaire devrait prendre une importance accrue au cours du stade de la scolarité pendant lequel l’adolescent a le choix, soit de suivre des cours professionnels spéciaux, soit de recevoir une autre formation ou de prendre un emploi après avoir satisfait à l’obligation scolaire.
- 3) L’orientation professionnelle préliminaire devrait comporter :
- a) la diffusion, sous une forme appropriée, d’informations étendues relatives aux diverses professions et branches d’activité ;
- b) des visites d’établissements industriels, commerciaux ou autres lieux de travail conduites par des personnes qualifiées, dans la mesure où les circonstances nationales et locales le permettent ;
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- c) des conseils donnés au moyen d’entretiens personnels, de discussions ou de causeries en groupes.
- 9. Les méthodes d’orientation professionnelle des adolescents prévues aux paragraphes 12 à 15 devraient faire l’objet d’une attention particulière et leur utilisation devrait être encouragée dans la plus large mesure possible.
- 10. 1) Tout adolescent désirant bénéficier d’une orientation professionnelle devrait avoir toutes facilités pour obtenir un entretien à ce sujet, notamment au moment où il peut être à même de choisir des cours professionnels spéciaux ou de quitter l’école pour recevoir une autre formation, y compris l’apprentissage, ou pour travailler.
- 2) La technique des entretiens devrait être sans cesse mise au point, afin de permettre une analyse aussi complète que possible des capacités individuelles en rapport avec les possibilités de l’emploi et les exigences des diverses professions.
- 11. Le rapport scolaire, comprenant, là où cela est désirable et approprié selon les cas individuels, une appréciation des capacités, du degré d’instruction, des aptitudes individuelles et de la personnalité devrait être utilisé de la manière qui semblera convenir à des fins d’orientation professionnelle, tout en respectant dûment le caractère confidentiel des renseignements qu’il contient.
- 12. 1) Les facilités existant pour l’examen médical des adolescents devraient être utilisées à des fins d’orientation professionnelle, de la manière qui conviendra, et développées à cet effet s’il est nécessaire.
- 2) Il y aurait lieu de fournir, de la manière qui conviendra dans chaque cas individuel, des conseils quant aux mesures curatives ou quant à toute autre assistance qui paraîtrait possible et utile en vue de l’adaptation professionnelle de l’intéressé.
- 13. 1) Chaque fois qu’il est possible, il conviendrait d’utiliser des tests de capacité et d’aptitude appropriés et, si on le désire, d’autres tests psychologiques à des fins d’orientation professionnelle, selon les besoins des cas individuels.
- 2) Il conviendrait de prévoir, pour des cas individuels, des conseils quant aux mesures curatives et quant à toute autre assistance qui serait indiquée et possible en vue de l’adaptation professionnelle des intéressés.
- 14. 1) Des informations appropriées et dignes de foi, concernant les carrières ouvertes dans les différentes professions et branches d’activité, ainsi que les possibilités d’emploi et de formation professionnelle, devraient être mises à la disposition des adolescents au moyen d’entretiens avec un orienteur ou
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- autrement en tenant compte des aptitudes, de l’état physique, des capacités, des préférences et du caractère de l’intéressé ainsi que des nécessités économiques probables.
- 2) A cet égard, les autorités compétentes devraient entretenir une collaboration suivie avec lés autres institutions publiques et privées, notamment les organisations représentatives d’employeurs et de travailleurs, susceptibles :
- ) de fournir des informations quant aux possibilités éventuelles d’emploi dans les diverses branches d’activité, les professions ou métiers ;
- ) de prêter leur aide lors de l’élaboration et de la conclusion des contrats d’apprentissage et de contrôler leur application.
- 15. Il conviendrait d’examiner également l’opportunité de déterminer les aptitudes des adolescents en leur permettant de procéder à des expériences pratiques appropriées ou en leur fournissant d’autres moyens similaires.
- 16. Une attention particulière devrait être accordée à l’organisation, dans le cadre du système général d’orientation professionnelle, de moyens suffisants et appropriés d’orientation professionnelle destinés aux adolescents des régions rurales.
- 17. Une attention particulière devrait être accordée à l’organisation, dans le cadre du système général d’orientation professionnelle et en collaboration avec les services de rééducation intéressés, de moyens suffisants et appropriés pour l’orientation professionnelle des adolescents :
- a) qui présentent des inaptitudes, des anomalies ou des déficiences physiques ou mentales ;
- ô) qui manifestent des troubles caractériels susceptibles d’empêcher ou d’entraver sérieusement leur adaptation professionnelle.
- 18. Les autorités nationales et locales compétentes devraient encourager l’utilisation la plus large, sur une base facultative, des moyens d’orientation professionnelle, notamment parmi les adolescents :
- a) qui peuvent choisir entre plusieurs cours professionnels à suivre à l’école même ;
- ô) qui approchent à l’âge de fin de scolarité ;
- c) qui cherchent pour la première fois un emploi ;
- d) qui cherchent à entrer en apprentissage ou à recevoir toute autre formation professionnelle ;
- e) qui sont en chômage, qui sont employés dans des industries en déclin ou qui sont susceptibles de devenir chômeurs ;
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- /) qui présentent des inaptitudes, des anomalies ou des déficiences physiques ou mentales ;
- g) qui manifestent des troubles caractériels susceptibles d’empêcher ou d’entraver sérieusement leur adaptation professionnelle.
- 19. Les autorités compétentes devraient prendre les mesures nécessaires pour faciliter la réalisation des projets professionnels de l’adolescent, dans tous les cas où ces projets sont réalisables ; il conviendrait, s’il y a lieu, de fournir des suggestions relatives à cette réalisation et d’aider l’intéressé à se mettre en rapport avec d’autres services ou individus qui sont également compétents pour lui fournir une formation professionnelle ou un emploi dans la profession qu’il aura choisie.
- 20. 1) Les autorités compétentes devraient prendre des dispositions en vue d’organiser un système permettant de suivre l’adolescent orienté, et destiné essentiellement à l’aider, dans la mesure du possible, à surmonter toutes difficultés qu’il pourrait éprouver en poursuivant ses projets professionnels, ainsi qu’à vérifier si l’occupation choisie lui convient.
- 2) Les méthodes utilisées à cet effet devraient comprendre, dans tous les cas où cela est possible, des enquêtes générales, effectuées à l’aide de sondages, qui permettraient d’évaluer l’efficacité de l’orientation professionnelle pour des cas particuliers et d’apprécier la valeur des principes et des méthodes mis en œuvre. Ces enquêtes devraient également permettre de recueillir des informations d’ordre médical, à l’aide, si possible, des services médicaux existant sur les lieux de travail.
- IV. — Principes et Méthodes
- EN MATIÈRE D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- pour Adultes (Conseils Professionnels)
- 21. Des dispositions appropriées devraient être prises, dans le cadre du service public de l’orientation professionnelle pour adultes, afin de fournir une aide à toutes personnes qui en ont besoin pour choisir une profession ou changer d’emploi. Le processus impliqué dans l’aide ainsi apportée sera, aux fins de la présente recommandation, désigné par le terme «conseils professionnels ».
- 22. Les méthodes utilisées en matière de conseils professionnels devraient comprendre, dans la mesure où les conditions nationales le permettent et selon les cas particuliers :
- a) l’entretien avec un orienteur ;
- 1)) l’examen des antécédents professionnels ;
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- g) l’examen du rapport scolaire ou de tous autres documents témoignant de la formation générale ou formation reçue ;
- d) l’examen médical ;
- e) l’utilisation de tests de capacité et d’aptitude appropriées et si, on le désire, d’autres tests psychologiques ;
- /) la détermination des aptitudes par des essais ou des expériences pratiques ou par des moyens similaires
- g) un examen technique, oral ou autre, toutes les fois que'la nécessité en apparaîtra ;
- h) la détermination des capacités physiques de l’intéressé en relation avec les exigences des diyerses professions ;
- i) la communication de renseignements relatifs aux possibilités d’emploi et de formation et se rapportant aux aptitudes, à l’état physique, ainsi qu’aux besoins du marché de l’emploi ;
- j) un contrôle effectué à l’aide de sondage, destiné à vérifier si le placement dans un emploi ou le recours aux facilités de formation ou de réadaptation professionnelles s’est avéré satisfaisant et à apprécier la valeur des principes et des méthodes sur lesquels se fondent les conseils professionnels.
- 23. 1) Les autorités nationales et locales compétentes devraient prendre toutes mesures nécessaires pour encourager l’utilisation la plus large, sur une base facultative, des services de conseils professionnels :
- a) dans le cas de personnes prenant pour la première fois un emploi ;
- ô) dans le cas de personnes en chômage prolongé ;
- c) dans le cas de personnes réduites au chômage ou susceptibles d’y être amenées par suite du déclin d’une industrie, de transformations technologiques ou d’un changement soit dans la structure d’une industrie, soit dans son emplacement ;
- d) dans le cas de personnes qui constituent, dans les régions rurales, un excédent de main-d’œuvre par rapport aux possibilités d’emploi présentes ou probables ;
- e) dans le cas de personnes désireuses de bénéficier de moyens publics de formation ou de réadaptation professionnelles.
- 2) Toutes mesures nécessaires et possibles devraient être prises afin de fournir, dans le cadre du système général établi, des conseils spécialisés :
- a) aux invalides et aux personnes qui manifestent des troubles caractériels et dont l’inaptitude empêche une adaptation professionnelle, étant entendu que tout service approprié de
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- réadaptation serait appelé à collaborer à sa tâche si nécessaire ;
- &) aux techniciens, aux personnes appartenant aux professions libérales, aux employés et au personnel de cadre.
- 24. Il conviendrait d’accorder, dans le cadre du système de conseils professionnels, une attention particulière aux méthodes appropriées de sélection technique des travailleurs, dans certaines branches d’activité ou professions.
- Y. — Principes d’organisation administrative
- 25. Les systèmes d’orientation professionnelle et de conseils professionnels devraient être organisés et coordonnés dans le cadre d’un vaste programme d’ensemble, établi et mis en œuvre en tenant compte des conditions locales et régionales et susceptible de s’adapter à tout changement éventuel de ces conditions.
- 26. En vue d’encourager le développement des services d’orientation professionnelle et de conseils professionnels, les autorités centrales (y compris, le cas échéant, les autorités centrales des entités constituantes des Etats fédératifs) devraient prendre des dispositions pour :
- a) assurer le financement adéquat de ces services ;
- &) apporter à ces services l’assistance technique appropriée ;
- g) promouvoir l’élaboration et l’emploi des méthodes et d’un équipement utilisables sur une base nationale.
- 27. Les autorités compétentes devraient prendre toutes mesures nécessaires et désirables afin d’assurer, sur le plan national et local, une collaboration effective entre les institutions publiques et privées d’orientation professionnelle et de conseils professionnels.
- A. — Dispositions administratives relatives à VOrientation Professionnelle des adolescents, y compris les écoliers
- 28. 1) Les autorités compétentes devraient prendre les dispositions appropriées afin de coordonner les programmes et les activités en matière d’orientation professionnelle, sur le plan national et local, en tenant compte des prérogatives des parents et des attributions des institutions privées d’orientation professionnelle.
- 2) Ces dispositions devraient fendre notamment :
- a) à assurer aux adolescents un service public efficace avec,
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- le cas échéant, la collaboration des autres institutions intéressées, en évitant les doubles emplois ;
- b) à faciliter, lorsqu’il est souhaitable et en respectant les données confidentielles, l’échange d’informations concernant :
- 1) l’ampleur et la nature des besoins d’orientation professionnelle, ainsi que des moyens déjà existants ;
- II) les adolescents qui ont recours à l’orientation professionnelle ;
- III) les diverses branches d’activité, les professions et métiers ;
- IV) les possibilités d’emploi et de formation professionnelle ;
- V) la préparation et l’utilisation de l’équipement destiné à l’orientation professionnelle, y compris les tests appropriés.
- 29. 1) La compétence administrative en matière d’orientation -professionnelle devrait être clairement définie sur le plan national et local.
- 2) Tout en tenant compte de cette répartition des compétences, la responsabilité devrait incomber en premier lieu :
- a) soit, conjointement aux autorités scolaires et aux auto rites du service de l’emploi ;
- b) soit à l’une de ces administrations travaillant en collaboration étroite avec l’autre.
- 30. 1) Des dispositions appropriées devraient être prises en vue d’assurer, au moyen de commissions consultatives, la participation de représentants d’employeurs et de travailleurs à l’élaboration et à la mise en œuvre de la politique en matière d’orientation professionnelle.
- 2) De telles commissions devraient fonctionner sur le plan national et, si possible, sur le plan local ; elle devraient ai*ssi comprendre des représentants des institutions publiques et privées intéressées aux questions d’éducation, de formation professionnelle (y compris l’apprentissage), d’orientation professionnelle, ainsi qu’aux autres questions qui ont un rapport immédiat avec l’adaptation professionnelle des adolescents.
- B. — Dispositions administratives relatives à Vorientation professionnelle des adultes (conseils professionnels)
- <
- 31. 1) La compétence administrative en matière de conseils professionnels devrait appartenir en premier lieu au service public de l’emploi, en tenant compte de la compétence adminis-
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- trative attribuée par l’autorité publique à des institutions d’éducation ou à d’autres institutions.
- 2) Les bureaux du service de l’emploi devraient comprendre, autant que possible, à chaque échelon administratif, des sections ou des agents spécialisés pour fournir les conseils professionnels.
- 3) Des dispositions administratives devraient être prises pour assurer, là où cela serait nécessaire ou désirable, la collaboration du service public de l’emploi avec les services de conseils professionnels spécialisés institués à l’usage de groupes ou d’individus particuliers.
- 32. Des dispositions appropriées devraient être prises, sur le plan national et local, afin d’assurer que le système de conseils professionnels soit organisé en relation étroite avec :
- a) toutes les autres activités du service public de l’emploi ;
- 1) ) d’autres services d’orientation professionnelle ;
- c) les établissements d’enseignement général ou professionnel ;
- d) l’administration des systèmes d’assurance-chômage et d’assistance-chômage ;
- e) l’administration de systèmes de formation et de réadaptation professionnelles, ou de systèmes destinés à favoriser la mobilité professionnelle ou géographique de la main-d’œuvre ;
- /) les organisations représentatives d’employeurs et de travailleurs ;
- g) les institutions publiques ou privées de réadaptation professionnelle des infirmes.
- VI. — Formation du personnel spécialisé
- 33. 1) Afin de garantir l’efficacité des services d’orientation professionnelle, l’autorité compétente devrait s’assurer les services d’un personnel suffisamment nombreux, possédant la formation, l’expérience et les autres qualifications nécessaires, et devrait organiser, sur la plus large échelle possible et en collaboration, le cas échéant, avec d’autres institutions intéressées, la formation spécialisée scientifique et technique des orienteurs.
- 2) Les dispositions prises à cet effet devraient comprendre, par exemple :
- ) la fixation, par l’autorité compétente, des qualifications minima exigées des orienteurs ;
- ) l’établissement, par l’autorité compétente, d’une régie-
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- mentation relative à la sélection (le ce personnel sur la base de ces qualifications ;
- c) l’organisation d’un enseignement spécialisé destiné aux personnes désireuses de pratiquer l’orientation professionnelle ;
- d) l’organisation d’un enseignement complémentaire suivi destiné à tout ce personnel ;
- e) l’application, par l’autorité compétente, de conditions d’engagement et d’emploi suffisamment avantageuses pour que les personnes qualifiées soient incitées à entreprendre et à poursuivre ces activités.
- 3) Il conviendrait d’envisager :
- ) l’échange d’orienteurs entre les diverses branches‘des services auxquels ils sont respectivement attachés ;
- ) la publication d’une documentation technique susceptible de développer la valeur professionnelle de ce personnel.
- 4) Lorsqu’il y a lieu, les membres devraient collaborer à la formation du personnel spécialisé, en ayant recours, s’ils le désirent, à l’aide du Bureau international du Travail.
- VII. — Recherches et Publicité
- 34. 1) Des mesures spéciales devraient être prises, d’une façon coordonnée, en vue de favoriser, sur le plan public ou privé, les travaux de recherches et d’expérimentation sur les
- > méthodes d’orientation professionnelle.
- 2) Le service public de l’emploi devrait collaborer à de telles recherches.
- 3) Ces recherches devraient éventuellement comprendre l’étude de questions telles que la technique des entretiens individuels, l’analyse des capacités requises pour les diverses professions, la diffusion d’informations relatives aux diverses branches d’activité et de professions et utilisables à des fins d’orientation professionnelle, l’application des tests psychologiques et des tests d’aptitudes, la mise au point de formulaires-types d’orientation professionnelle ainsi que les méthodes permettant d’évaluer l’efficacité de l’orientation professionnelle.
- 35. Les autorités chargées de l’orientation professionnelle devraient s’appliquer d’une façon systématique, en collaboration avec les organisations d’employeurs et de travailleurs, et, le cas échéant, en collaboration avec d’autres institutions intéressées, à familiariser l’opinion publique avec les buts, les principes et les méthodes de l’orientation professionnelle.
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- NOTES ET DOCUMENTS
- Le rôle des facteurs génétiques dans la détérioration mentale de la vieillesse
- On a étudié le développement mental des jumeaux et mis en évidence les grandes similitudes qui caractérisent les monozygotes ; mais le milieu est généralement le même et l’on n’a recueilli de données positives que sur un bien petit nombre de ces jumeaux séparés dès la naissance.
- Au cours de l’involution sénile, les différences, souvent assez considérables, de milieu, sont la règle. Aussi les recherches entreprises par le département de Génétique médicale de l’Institut Psychiatrique de New-York à l’Université Columbia sont-elles d’un haut intérêt (I).
- On a recherché dans l’Etat de New-York, les couples de jumeaux ayant dépassé l’âge de 60 ans, afin de recueillir sur eux le plus de données possibles. On a trouvé 1602 de ces couples, atteignant jusqu’à 95 ans, sur lesquels 697 étaient des couples masculins et 905 des couples féminins, avec 30 % de monozygotes.
- La ressemblance physique de ceux-ci se montre persister de façon frappante : les deux jumeaux de 95 ans sont pratiquement indiscernables, et, malgré une vie très différente (un médecin marié de New-York et un fermier de l’Ouest), deux jumeaux de 73 ans se montrent vraiment identiques.
- En recueillant des données sur l’âge de la mort dans des couples déjà décédés, il est apparu que la différence moyenne de vie était de 36,9 mois pour les monozygotes contre 78,3 pour les dizygotes, ce qui met en évidence une influence génétique incontestable sur la longévité.
- Mais, ce qui est particulièrement intéressant, c’est la comparaison des données psychométriques qui ont pu être obtenues sur 77 couples féminins de 60 à 87 ans, dont 46 monozygotes, le nombre des couples masculins étudiés étant encore trop faible pour en dégager des indications statistiques.
- Voici les indications numériques fournies, pour les deux catégories de jumeaux avec les 6 tests utilisés.
- o Différence d’intra-paire
- Score moyen dansjencore
- Monozygotes Dizygotes Monozygotes Dizygotes
- Vocabulaire 29,5 27,0 2,0 4,5
- Test de Kohs 15,0 15,4 1,6 6,5
- Mémoire des chiffres 9,9 9,9 1,2 2,0
- Substitution (symboles-chif.) . 33,5 30,5 4,4 9,5
- Similitudes 10,2 8,9 2,5 3,8
- Coordination motrice . .. 68,3 68,4 12,4 14,5
- Sauf en ce qui concerne la coordination motrice, les différences moyennes dans les couples sont environ doubles chez les dizygotes de ce qu’elles sont chez les monozygotes.
- Il apparaît donc bien que les similitudes génétiques continuent
- (1) F. J. Rollmann et Gerhard Sander. Twin studies in senescence. American Journal of Psychialry, T. 106, 1949, p, 29-36.
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- à se manifester au cours du déclin de la sénescence. Mais les corrélations n’ont malheureusement pas été calculées.
- Il serait intéressant de comparer dans les mêmes conditions, les différences moyennes observées chez les couples d’enfants, au cours du développement, et d’adultes jeunes, avant tout déclin.
- Mais ces premières données sont déjà par elles-mêmes très significatives, et l’étude de la sénescence entreprise par la méthode des jumeaux, appuyée par la Fondation Rockfeller, est d’une incontestable importance pour le progrès de la psychologie différentielle.
- !*** H. P.
- Orientation Professionnelle et planification
- Nous donnons ci-dessous un paragraphe de l’étude de M. Alfred Sauvy, Directeur de l'Institut National d’Eludes Démographiques, consacré aux relations du progrès technique et de la répartition professionnelle de la population, et où, sous la titre de « Planification », il envisage l’intervention de l’O. P. (i).
- A l’opposé du libéralisme concurrentiel, se présente la solution de planification autoritaire. Celle-ci ne semble gfuère pratiquée qu’en Union Soviétique, et encore laisse-t-elle une grande latitude aux individus ou à leurs parents. En tout cas, une coordination très étroite entre la formation intellectuelle et professionnelle, d’une part, et les besoins économiques, planifiés ou prévus, d’autre part, ne semble guère possible dans notre régime actuel. Elle risquerait d’aboutir assez vite à la généralisation de contingentements malthusiens.
- Cependant, tout effort dans ce sens est loin d’être inutile, par le moyen général de l’orientation professionnelle. Toute orientation peut être conçue sur le plan individuel ou sur le plan collectif. Expliquons-nous sur un exemple pris dans le domaine du sport. Lorsqu’un jeune homme se rend dans un club pour se consacrer au sport individuel de l’athlétisme, ses dirigeants l’orientent selon ses capacités naturelles vers la spécialité où il a le plus de chances de réussir. Par contre, s’il pratique un sport d’équipe, ils doivent se préoccuper de l’indispensable répartition des tâches et, parfois, sacrifier des dons naturels incontestables.
- L’orientation professionnelle peut se tourner vers la première méthode, tant qu’elle ne porte que sur un nombre d’individus restreint, car cette utilisation des capacités et des goûts apparaît éminemment recommandable. Il n’en serait plus de même le jour où elle porterait sur une fraction notable de la population. Dans l’intérêt même des individus, il conviendrait de les orienter vers les professions appelées à se développer.
- En tout état .de cause, une intervention plus poussée de la puissance publique ou d’organismes spécialisés ne pourrait remettre en question la nécessité, si impérieuse, de relever le niveau général de l’instruction, sans parler même de la formation technique. Indépen-, damment de toutes autres considérations, les progrès techniques et sociaux obligent en effet/un individu d’une profession déterminée à avoir une instruction de plus en plus développée.
- D’autre part, la sélection n’étant pas assez sûre pour s’exercer dès le jeune âge, la formation des tertiaires qualifiés exige par la loi des grands nombres qu’une instruction poussée soit donnée à un nombre d’enfants aussi élevé que possible. Mais ce qui importe alors, c’est que cette culture ne soit pas un obstacle à l’exercice du métier
- (1) Population, 48 année, 1949, p. 329-330. Sous le terme de «tertiaires»» M. Sauvy envisage les individus formés par des études supérieures.
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- manuel. Aussi les considérations présentées ici, de source démographique, rejoignent-elles les recommandations de la Commission de réforme de l’enseignement. Il est possible, du reste, que des tendances nouvelles se manifestent et que le préjugé, si tenace soit-il, cède devant une certaine uniformisation des conditions (costume, salaire mensuel, sécurité sociale, etc.) et de fortes campagnes éducatives.
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- Alfred Sauvy.
- La répartition de la population active en 1946
- Voici, d’après le Bulletin Hebdomadaire de Statistique (7 mai 1949) comment s’effectue pour les différents groupes de professions, la répartition, dans les cadres supérieurs et inférieurs de la population active d’après les données du recensement du 10 mars 1946 (en ne donnant que l’ensemble, sans distinction de sexe).
- .GROUPES ET PROFESSIONS ENSEMBLE PATRONS et cadres supérieurs SALARIÉS et cadres inférieurs
- Pêche, navigation maritime et fluviale 96,9 18,8 78,1
- Forestage, bûcheronnage, carbonisation 124,2 12,3 111.9
- Elevage et agriculture 7.290,9 3.952,9 3.338,0
- Mines et carrières, terrassements 496,9 6,7 490,2
- Métallurgie et travail des métaux 1.174,5 151,9 1.022,6
- Electricité, radioélectricité . .... 246,5 35,8 210,7
- Verrerie, travail du verre, bri-quetterie, céramique, chaux, plâtre, ciment 66,6 5,9 60,7
- Métiers du bâtiment et travaux publics 601,2 151,1 450,1
- Chimie, galvanoplastie, caoutchouc, papeterie, teinturerie, huilerie 227,9 18,1 209,8
- Industries alimentaires .. 653,5 256,9 396,6
- Textiles 341,3 18,6 322,7
- Confection, couture, vannerie, ameublement, articles de Paris, bijouterie, orfèvrerie . ... 751,6 152,4 599,2
- Cuirs et peaux 221,2 68,3 152,9
- Industrie du bois 509,9 132,2 377,7
- Façonnage du papier, impression et reproduction 121,2 15,4 105,8
- Transports par terre et navigation aérienne 346,8 31,1 315,7
- Manutention 856,4 0,7 855,7
- Commerce 1.379,6 862,2 517,4
- Services, soins personnels, santé et services sociaux 1.420,7 ‘ 350,7 1.070,0
- Emplois de bureaux 1.135,6 15,0 1.120,6
- Emplois administratifs et professions intellectuelles 965,7 725,5 240,2
- Spectacles 64,4 35,1 29,3
- Gardes et armée 451,3 52,8 398,5
- Métiers mal désignés 975,7 59,5 916,2
- Total 20.520,5 7.129,9 13.390,6
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- INFORMATIONS
- Au XIIe Congrès des Pédiatres de langue française (ler-3 juin 1949) une des questions à l’ordre du jour concernait les troubles du langage chez l’enfant.
- Parmi les communications, une de R. Zazzo concernait des dissemblances dans l’apparition du langage chez des jumeaux homozygotes, une autre, de R. Turpin, Zazzo, H. Duchêne et N. Granjon relatait 3 observations de troubles de l’orthographe (dont une de jumelles identiques) dans lesquelles on relevait les mêmes troubles chez divers membres des familles.
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- Dans l’année scolaire 1948-1949, sous la direction de E. Mira Y Lopez, la Fondation Getulio Vargas, à Rio-de-Janeiro, a assuré un cours théorique et pratique pour la formation de Psgchotechniciens, à l’Institut de Sélection et Orientation professionnelles (Psychologie expérimentale, Physiologie, Pathologie et hygiène du travail, Statistique, Psychopathologie, Psychiatrie appliquées, Théorie et pratique de l’O. P. et de la S. P., Sociologie et Economie appliquées, étude du marché du travail, organisation des Services et élaboration des conclusions pratiques).
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- Le professeur Léon Walther a publié en brochure la conférence qu’il a faite sur quelques aspects de la psgchologie du travail industriel à la Bourse de Commerce de Lyon le 22 avril 1948, sous le patronage de l’Ecole pratique de Psychologie et de Pédagogie de l’Université de Lyon, où il donne un enseignement régulier, et avec l’appui de la Chambre syndicale des Industriels métallurgiques du Rhône.
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- Le troisième fascicule du compte rendu complet, publié par l’Alliance nationale contre la dépopulation, des Journées pour l’étude scientifique du vieillissement de la population (avril 1948) a été consacré aux travaux de la section du Vieillissement individuel. Il contient le texte d’une conférence du docteur Bourlière (Biologie de la Sénescence), et, parmi les contributions, celles du docteur Sutter (âge physiologique et chronologique) ; du docteur Gillon (Prophy-lacie des effets du vieillissement); de Mme Pacaud (vieillissement des aptitudes d’après les tests de la S.N.C.F.) et du docteur Dublineau (Influence de la sénescence sur l’activité mentale et psychologie de la vieillesse).
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- Une fonction humaine expérimentale nouvelle dans l’industrie est proposée par le docteur André Gros, assisté du docteur Gillon, dans une brochure sur le conseiller de relation, fonction effectivement remplie par l’auteur aux Etablissements Gantois, à Saint-Dié, et Læderich.
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- Grâce aux fonds provenant des honoraires de vente des Moray House tests, le Godfrey Thomson Research Fund a créé un poste de lecteur de recherches éducatives à l’Université d’Edimbourg (versement annuel de 1.000 livres, après un don initial de 5.000 livres).
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- D’après des relevés statistiques effectués en Angleterre, sur 1.770.000 enfants, 519 ont été reconnus épileptiques, soit sensiblement 0,3 pour 1.000 (Peter Henderson, Lancet, 1948, p. 455).
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- La sélection psychotechnique des collaborateurs spécialistes à l’expédition polaire de Paul-Emile Victor a été systématiquement organisée. #
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- La Confédération des Syndicats médicaux français, dans une adresse aux parents et aux élèves de philosophie de l’enseignement secondaire a mis en garde ceux qui pensaient se diriger vers la profession médicale, en raison des perspectives d’encombrement imminent de la carrière.
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- Le rapport sur le fonctionnement en 1948 de la Psychological Corporation, dont le conseil de direction est actuellement présidé par l’éminent professeur de l’Université de Yale W.-R. Miles, donne d’intéressants renseignements sur l’activité des 5 divisions du service, celle des tests (dirigée par Harold Seashore), celle du testing dans les écoles de nurses (dirigée par Edith M. Potts), celle du centre psychologique, comprenant l’O. P. (dirigée par Rose G. Anderson), celle de la recherche sociale (dirigée par A.-D. Freiberg) et enfin la division industrielle (dirigée par R.-A. Fear et J.-P. Foley JD.
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- Dans un travail du Laboratoire Psychologique de Cambridge, sous les auspices du Medical Research Council (rapport non publié dans un périodique), J.-G. Wallace donne les résultats de l’application à un millier d’étudiants de huit Universités et à 200 chercheurs et lecteurs, des tests d’intelligence supérieure A H 4 et A II 5 établis par A.-W. Heim (British J. of Ps. de janvier 1947). La distribution de l’A H 5 s’est montrée la meilleure. La comparaison des résultats montre la supériorité du groupe des chercheurs, la supériorité, parmi les étudiants, de ceux de mathématiques et de physique, la supériorité des hommes sur les femmes. Entre les deux parties de chaque test et entre les deux tests, les corrélations sont d’environ 0,60.
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- Sous la présidence de Mme Nella Canivet, du Centre d’Etudes et de Recherches psychotechniques du Ministère du Travail, il s’est constitué à Paris une Association professionnelle des Anciens Elèves diplômés de l'Institut Universitaire des Sciences de l'Education, l’Institut J.-J. Rousseau, de Genève, avec comme but premier la valorisation sociale de leur profession de psychologues praticiens.
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- A TRAVERS LES REVUES
- Dans Y American Journal of Psgchologg d’avril 1949, G.-A. Foulds relate les résultats d’une étude faite sur 1.047 ingénieurs, 1.145 employés des postes et 920 employés d’une industrie photographique, de 16 à 65 ans, au moyen du test de vocabulaire Mill Hill et des matrices, d’où résulte qu’après un niveau constant de 16 jusqu’à 24 ans, le déclin se produit avec les matrices, tandis que, pour le vocabulaire il y a gain jusque vers 30 ans, et que le déclin n’apparaît pas encore nettement à 65 ans pour les niveaux élevés et reste faible au niveau moyen.
- Dans le Psychological Bulletin de mai 1949, une revue de C.-G. Mueller est consacrée aux transformations numériques dans l’analyse des données expérimentales et une autre, de Joseph Jas-tak, concerne les problèmes de l’analyse du « scatter » psychométrique (déviations par rapport aux valeurs moyennes dans les composantes d’une échelle pour un même score total).
- Le n° 2 de 1949 d'Enfance (Mars-avril 1949) contient une étude de J. Augusto dos Santos sur les troubles de la conduite en relation avec le milieu familial ; un examen des échecs en matière de rééducation des troubles de caractère par René Fau et Charlotte Mémin, le texte du questionnaire établi par Zazzo pour son enquête sur les jumeaux ; une note de Cabus, « les tests et les miracles », illustrant les mauvais usages que des éducateurs peuvent faire de la méthode.
- Le numéro de Mai-juin 1949 contient une série‘d’études intéressantes : Charlotte Wolff : « La main et les facteurs constitutionnels de la déficience mentale et morale ». Colette Chauffard : « Rigidité ou plasticité des aptitudes chez l’enfant ». Docteur Fusswerke et Mme Horinson : « La personnalité et le dessin du « moi ». Nadine Granjon : « Contribution à l’étude de la dyslexie d’évolution ».
- André Adler : « Le mouvement des pionniers en U.R.S.S. ». Irène Lézine ; « Psychologie et éducation dans la province de l’Ontario (Canada) ».
- ‘ La Revue suisse pour l'organisation industrielle (1949, n° 2)- a publié quelques considérations sur les erreurs de diagnostic de H. Spreng (de l’Institut de Psychologie appliquée de Rerne), qui conclut qu’un diagnostic sans erreur ne peut garantir entièrement une réussite professionnelle, en raison d’influences...ultérieures concernant la formation et l’ambiance professionnelles.
- Un journal italien nouveau, VIngegneria ferroviaria, dans son premier numéro (janvier 1949), a publié sur la sélection psychophysiologique du personnel de conduite des moyens de traction, une étude de Guiseppe Dragotti et Eleuterio Roganelli, concluant, d’après une pratique de 2 années, à l’établissement d’un profil en 18, points (3 d’intelligence, 2 de perception, 2 d’attention, et 9 d’activité neuromusculaire dont 8 concernant des temps de réaction).
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- Le professeur Lagache a publié une mise au point de ses cori ceptions sur Psychologie clinique et méthode clinique dans VEvolu tion psychiatrique, d’avril-juin 1949.
- De Richard Meili, de Berne, les Acta Psychologica, qui viennent de reparaître, ont publié une intéressante étude sur la nature des facteurs d’intelligence (n° 1 du vol. VI, mars 1949).
- Dans Travail et Méthodes de mai 1949, nous relevons une note sur « enseignement technique et sélection des ingénieurs » et un exposé d’Irène Lézine sur le département des relations industrielles de la Faculté des Sciences sociales de l’Univërsité Laval, à Québec.
- Un fascicule spécial a été consacré au test de Rorschach par VArchivio di Biologia, Neurologia e Psichiatria (T. X, 2, juin 1949), donnant les rapports au Symposium de Milan (14 janvier 1949), par Marguerite Loosli-Usteri, F. Barison, A. Dalla Volta, S. Brambilla, V. Porta et V. Bacci.
- Le n° 293 (1948) des Psychological Monographs est consacré à une thèse de doctorat en philosophie de Léon-V. Yarrow sur l’effet qu’une frustation antécédente exerce sur le comportement (en particulier agressif) dans uir jeu projectif de poupées chez des enfants de 2 à 6 ans (30 garçons et 30 filles).
- Dans les.Acta neurologica et psychiatrica belgica de mai 1949 (t. 49, 5), C. Mertens rend compte, après un stage en Angleterre, en particulier à la « Maudsley Hospital Medical School », des tests pour adultes appliqués en clinique, le Wechsler surtout, le Matrix, les labyrinthes de Porteus, le Vocabulaire de Mill-Hill, et, comme tests de personnalité, le Rorschach, le T. A. T.
- Les Transactions of the New York Academy of Sciences (vol. 11, n° 6, avril 1949) ont publié un exposé que William Stephenson a présenté à la Section de Psychologie de l’Académie sur sa « Q technique » pour l’étude de la personnalité (analyse factorielle fondée sur le type considéré comme un « univers de traits »).
- Dans le Psychological Bulletin de mai 1949 (t. 46, 3) une revue est consacrée par Joseph Jastak aux problèmes d’analyse psychométrique de la dispersion (scatter), tant interindividuelle qu’intrain-dividuelle, à laquelle on donne des significations diagnostiques, et dans le n° 4, de juillet, une revue historique sur la psychologie en U.R.S.S. depuis 1917 est donnée par Ivan D. Loudon.
- Un re-examen du concept de prédisposition aux accidents est donné par A. Mintz et M.-L. Blum dans le Journal of applied Psy-chology de juin 1949 (t. 33,3), où Mary F. Mosier et G.-F. Kuder exposent les résultats d’une étude sur les caractéristique, suivant les professions, des réponses données au nouveau Kuder Preference Record.
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- Dans le Journal of cducalional Research d’Avril 1949 (t. 42, 8), nous relevons'*une élude comparative d’adolescents délinquants, et de non délinquants (supérieurs en réussite scolaire, en pouvoir créateur, moins instables affectivement) par V. Kirkeness et 11.-C. Johnson, et un exposé sur la question de l’enfant délinquant au Mexique par Louise F. Harvey ; une étude par E.-C. Roeber sur la relation des éléments du Kuder Préférence Record et de ceux de l’Occupa-tional Interest Inventory de Lee-Thorpe.
- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE A L’ÉTRANGER
- Réorganisation des écoles normales en Autriche
- De nouveaux programmes sont actuellement à l’essai dans les quatre premières classes de l’école normale. La formation professionnelle commence en 3e année avec le cours de psychologie générale. En 4° année viennent s’y ajouter la psycho-pédagogie, la didactique, l’organisation et les visites de classes, les exercices pratiques d’enseignement et les discussions, à raison de 8 heures hebdomadaires au premier semestre et de 9 heures au second semestre. I.a 5° année d’études comprend la pédagogie, l’organisation et la législation scolaires, l’histoire de l’éducation et la suite des exercices pratiques. Une langue vivante (anglais, français ou russe) est enseignée à côté du latin. Un examen d’orientation professionnelle prouvant qu’il est possible de constater l’existence ou le manque de disr posifions pédagogiques chez un candidat avant le début de ses études, a été institué pour la première fois. L’expérience tentée à l’Ecole normale de Linz peut d’ores et déjà être considérée comme une réussite ; les contrôles de rendement continueront cependant à être effectués en 1948-1949.
- LA VIE DU CENTRE DE RECHERCHES DE L’INSTITUT NATIONAL D’ÉTUDE DU TRAVAIL ET D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- Comment pondérer les tests d’une batterie
- par M. REUCHLIN
- A. — Signification des Calculs et Références
- Nous avons dans le précédent Bulletin, donné les résultats d’un travail de validation aboutissant à affecter chacun des tests d’une batterie d’un coefficient (« poids ») tel que la somme des tétrons ainsi pondérés constitue le meilleur pronostic possible, avec la batterie considérée, d’un certain critère de réussite scolaire.
- On peut comprendre comme suit, très schématiquement, la signification de cette « note scolaire prévue ». Supposons que nous ayons fait passer en 1948, aux candidats à un certain Centre d’Apprentis-
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- sage (« groupe d’expérience »), trois lests A, B, C. Nous avons conservé les notes obtenues dans les tests par chaque candidat reçu. Au bout d’un certain temps, une année par exemple, nous relevons les notes scolaires obtenues par tous ces élèves et nous les conservons également. Nous pourrions alors, à la rentrée de 1949, faire un pronostic scolaire basé sur les tests A, B et C. Si un candidat de 1949 a obtenu les notes 2 dans le test A, 4 dans le test B et 3 dans le test C, nous pourrions rechercher quelles notes scolaires ont obtenu les candidats de 1948 qui avaient eu, à l’entrée, ces mêmes ré^ sultats dans nos tests. Nous donnerions comme pronostic, pour notre candidat de 1949, la moyenne des notes scolaires obtenues par ces candidats de 1948.
- Naturellement, un tel procédé est pratiquement impossible à appliquer, mais en faisant certaines hypothèses sur les caractères des distributions (normalité, etc.) on peut calculer une « note prévue » ayant la même signification. C’est l’une des méthodes permettant ce calcul que nous voudrions exposer ici, la méthode de Doolittle.
- Elle exige que nous connaissions les validités des tests de la batterie et les corrélations entre ces tests. On se reportera à l’article précédent en ce. qui concerne certaines précautions à prendre au cours de ce travail préliminaire. Pour le calcul des corrélations on se reportera à l’article de M. Coumétou, dans le Travail Humain, n° 3-4, de 1947, ou bien aux manuels de statistique tels que (en langue française) : Chambers, Calcul slatislique pour débutant (Gaulhiers-Vil-lars) ou Goguelin, Méthodes élémentaires de calcul statistique (Guyot).
- Nous allons illustrer d’un exemple emprunté aux données de Par- . ticle précédent l’exposé de la méthode de Doolittle. Supposons que nous désirions faire un pronostic de la note scolaire de français à partir de la batterie suivante : w
- N IJ P, V 1-2, Connaissance français, Connaissances calcul.
- Dans tout ce qui va suivre, l’indice [11 se rapportera aux notes scolaires de français, l’indice [2] au test NIIP, l’indice [3] au test V 1-2, l’indice [4] au test de Français, l’indice [5] au test de Calcul.
- Les calculs nécessaires peuvent être présentés en trois tableaux.
- B. — Tableau I
- Il contient les corrélations entre tests, les validités, et leur somme, avec les conventions suivantes :
- La corrélation entre deux tests est écrite à l’intersection de la ligne et de la colonne correspondant à ces tests. La corrélation du test avec lui-même est supposée égale à l’unité.
- Les validités sont écrites dans la colonne « notes scolaires d mais en les changeant de signe.
- Les sommes sont ainsi faites : pour chaque test, partir de la case contenant le nombre 1.000. Faire la somme algébrique de tous les nombres contenus dans la colonne et dans la ligne à l’intersection
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- desquelles cette case est placée (ne compter le nombre 1.000 qu’une fois). On a par exemple, pour le test de Français :
- .310 + .550 + 1.000 + .160 — .700 = 1.320
- Les lignes du tableau 1 sont désignées par une lettre minuscule entre parenthèses. Dans tout ce qui va suivre, la « ligne (a) », par exemple, désignera toujours la ligne (a) du tableau /.
- Ligne Test N 11 P V 1-2 Français Calcul Notes scolaires Somme
- (a) N II P .... 1.000 .510 .310 .440 —.240 2.020
- (b) V 1-2 1.000 .550 .120 —.360 1.820
- (c) Français... 1.000 .160 —.700 1.320
- (d) Calcul 1.000 + .080 1.800
- C. — Tableau 2
- Dans ce tableau, les nombres sont écrits aux intersections de lignes désignées par des lettres majuscules de A à Q et de colonnes désignées par des nombres : 2, 3, 4, 5, 1, correspondant aux indices définis plus haut. Une dernière colonne porte le titre « vérification ». Dans tout ce qui va suivre, une ligne sera désignée par sa lettre ; un nombre sera désigné par la lettre et le chiffre qui désignent la ligne et la colonne à l’intersection desquelles il est écrit.
- Les nombres sont écrits avec une décimale de plus que n’en comportent les coefficients de corrélation dont on part. Ici, ils sont donc écrits avec 3 décimales (on calcule 4 décimales et on augmente la 3e d’une unité si la 4e est égaie ou supérieure à 5). Lés erreurs de signe étant particulièrement à craindre, on pourra prendre la précaution de faire précéder tous les nombres de leur signe, même quand ce signe est +.
- Les indications contenues dans la colonne « Opération » permettent de remplir le tableau.
- En (A), on recopie la ligne (a) du tableau 1.
- En (B), on divise chaque nombre de A par le nombre A2 changé de signe, ce qui revient à inverser le signe des nombres de (A).
- En (C), on recopie la ligne (b). On part de la colonne 3, c’est-à-dire que l’on respecte la correspondance des colonnes des tableaux 1 et 2.
- En (D), on multiplie chaque nombre placé dans la même colonne, sur la ligne (A) par le nombre (B3).
- En (E), on fait la somme des lignes (C) et (D).
- En (F), on divise chaque nombre de (E) par le nombre (E3) changé de signe.
- Vérification : on doit obtenir les nombres figurant en (E) et (Fl dans la colonne « vérification » non seulement par l’opération indiquée en tête de la ligne, mais encore en faisant horizontalement la
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- somme algébrique des nombres de la ligne. Ici, on a pour la ligne (E) :
- + 1.820— 1.030 = + .790 et
- + .740 + .392 —.104—.238 = .790 (vérification)
- Pour la ligue (F) :
- + .790 :— .740 = — 1.068 et
- — 1.000 — .530 + .141 + .322 = —1.067 (vérification).
- Un voit, dans ce dernier exemple, que l’accord n’est pas toujours parfait, à cause des erreurs attribuables au petit nombre de décimales conservées dans les calculs. Les désaccords tolérables dépassent rarement 5 unités du dernier ordre décimal.
- On continuera ainsi les calculs ligne à ligne, en se conformant aux indications de la colonne « Opération ». On les vérifiera aux extrémités des lignes (E) et (F), (J) et (K), (P) et (Q).
- Si un plus grand nombre de tests était employé le tableau aurait un nombre plus grand de colonnes et de lignes. On prolongerait facilement, par analogie, la colonne « Opération ».
- Ligne Opération 2 3 4 5 1 Vérification
- (A) Ligne (a) + 1.C00 + .510 + .310 4- .440 — .240 + 2.020
- •B) (A) : ( —A2) .... -1.000 .510 .310 — .440 + .240 — 2.020
- iC) Ligne (b) + 1.000 + .550 + .120 -.360 4-1.820
- (B) (A) X (B3) .260 .158 — ..224 + .122 -1.030
- (E) (0 + (D) + .740 + .392 — .104 -.238 + .790
- (F) (E) s (— E3).... 1.000 .530 + .141 + 322 — 1.068
- (G) Ligne (c) ”+~ 1.000 + .160 + .700 + 1.320
- (H) (A) X (Bl) — .096 136 + .074 — .626
- O) (E) x (F4) — .208 4- .055 + .126 - .419
- (J) (G) + (H) + (I). + .696 4" .079 -.500 4- -275
- (K) (J) : (- J4) 1.000 .114 + .718 — 395
- (E) Ligne (d) 4- 1.000 4-. 080 + 1.800
- (M) (Aj X (B5) — .194 + .106 - .889
- (N) (E) X (F5) — .015 -.034 + .111
- (O) (J) X(K5) — .009 + .057 - .031
- (P) (L)+(Mj+(N)+(0). 4- .782 4-.209 + .991
- (Q) (P) : (— P5). • • • — 1.000 -.267 — 1.267
- D. — Tableau 3
- II va aboutir à l’obtention des poids cherchés, que l’on désigne d’ordinaire par la lettre grecque (3, suivie de l’indice du test. Par exemple désigne, dans ce calcul, le poids dont il faut affecter le test N II P.
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- Ce tableau n’est qu’une façon commode d’effectuer les calculs correspondant à l’application des formules suivantes :
- Qi = P»
- Ki + (P3 X K5) = p,
- F, + (P5 X F5) 4- (p* X F4) = p3 B, +(p8X B5) +(p4 X B4) 4- (p3 X BM) = ps
- Là encore, on étendrait facilement le tableau s’il y avait un nombre de tests plus grand.
- (1) P5 (5) p< (4) p3 (3) p2
- (Q)
- (K)
- (F)
- (B)
- —.267 = —.267
- + .718 + (—.267 x— .114) = +.748
- + .322 + (—.267 x + .141) + ( +.748 x—.530) = — .112
- + .240 + (—,267x— .440) + ( + .748 x — .310) + (—.112 x— .510) = +.183
- On voit que les coefficients cherchés (arrondis à deux décimales) sont les suivants :
- —.27 pour le calcul + .75 pour le français —.11 pour le Y 1-2 + .18 pour le N II P
- L’utilisation de tels coefficients a été expliquée et illustrée dans l’article précédent.
- On vérifie les calculs du tableau 3 en appliquant la formule suivante :
- P2 ' 23 -f- P3 '• 35 + P 4 r 45 + Pô — r 15 = 0
- dans laquelle r désigne le coefficient de corrélation entre les deux tests désignés par les indices.
- On a ici :
- (.183 x .440) — (.112 x .120) + (,748x.l60) — .267+ .080 = 0
- (Il pourrait, là aussi, y avoir un léger désaccord dû aux décimales non calculées).
- E. — Validité de la Batterie
- La validité globale de la batterie ainsi pondérée sera l’estimation de la corrélation entre les notes prévues sur la base des tests et les notes réellement obtenues par les élèves.
- Pour comprendre le sens d’un tel coefficient de validité (que l’on désigne souvent par R), on se rapportera à l’exemple qui illustre le paragraphe A. Un candidat a, en 1949, obtenu les notes x dans le test, A, y dans le test B et z dans le test C. Nous nous reportions, pour émettre un pronostic sur ce candidat, aux notes scolaires obtenues par tous les candidats reçus en 1948 qui avaient obtenu ces
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- mêmes notes aux tests. Si les notes scolaires de ces candidats sont très dispersées nous saurons, au moment où nous émettrons notre pronostic, que nous avons des chances de faire une erreur importante. Si au contraire, ces notes scolaires sont très groupées, nous pourrons légitimement espérer que la note réellement obtenue sera voisine de la note prévue. Dans la première hypothèse, R sera faible, dans la seconde il prendra une valeur élevée.
- Pratiquement, on calcule R en appliquant la formule
- R = V 32 r 12 -f h r 13 + 04 r 14 _|_ 0.5 r 1 5
- L’erreur type sur cette estimation est en général élevée. Ici, on aura pour R :
- R=l/~(.183x.240)—(.112x.360) + (.748x.700)+(.267 x .080) =1^1*48 =.7*
- On voit, en comparant ce coefficient à celui que l’on obtenait en employant la batterie complète (Bulletin précédent), et qui s’élevait à .77, que la batterie abrégée que nous avons choisie ici comme exemple a une validité sensiblement égale à la validité de la batterie complète. Ce calcul peut donc permettre d’estimer le gain que l’on fait en utilisant un nombre de tests plus grand, ce qui peut être intéressant à savoir, pour l’organisation pratique d’un examen de sélection.
- CAUSERIES BIBLIOGRAPHIQUES
- Franziska Baumgarten. — Orientation et Sélection professionnelles par l'examen psychologique du caractère. Traduction de Bernard Lahy). 1 vol. in-8° de 184 pages. Paris 1949, Dunod. Prix : 680 fr. — Psychologie et facteur humain dans Ventreprise. 1 vol. in-8° de 196 pages, Neuchâtel et Paris, 1948. Editions Delachaux et Niestlé. Prix : 8 francs suisses.
- Les ouvrages de Mme Baumgarten, privat-docent à l’Université de Berne, écrit en langue allemande, ne sont pas très bien connus des lecteurs français, en dehors de la vaste et précieuse mise au point sur les examens d’aptitude professionnelle, dont une traduction française par Marcel Thiers avait été publiée en 1931 par la Maison Dunod.
- On consultera donc avec profit les deux nouveaux livres, et particulièrement celui qui donne une importance essentielle à l’examen de la personnalité en O. P. On y trouve un exposé de tests originaux intéressants et un guide pour les observations caractérielles au cours de l’exécution de tous les tests, sous forme d’une fiche d’interprétation du comportement. Il y a là un livre que toùs les conseillers d’O. P. consulteront avec profit.
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- * *
- 1° Bibliothèque Scientifique internationale des Presses Universitaires.
- R.-S. Woodworth. — Psychologie expérimentale (traduction d’André Ombredane et Irène Lézine). — 2 vol. in-8° de 1183 pages. (900 et 1.100 francs).
- C.-T. Morgan. — Psychologie physiologique (traduction d’Honoré Lesage). — 2 vol. in-8° de 811 pages. (800 et 800 francs).
- A. Gesell et F.-L. Ilg. — Le jeune enfant dans la civilisation moderne (traduction d'Irène Lézine). — 1 vol. in-8° de 387 pages. (680 francs).
- A. Gesell et F.-L. Ilg. — L'enfant de 5 à 10 ans. (Traduction de Nadine Granjon et Irène Lézine). — 1 vol. in-8° de 492 pages. (900 francs).
- 2° Bibliothèque de Psychiatrie des Presses Universitaires.
- Pierre Pichot. — Les tests mentaux en Psychiatrie. — I. Instruments et méthodes. — 1 vol. in-8° de 238 pages. (500 francs).
- 3° Bibliothèque « Que sais-je ? » des Presses Universitaires.
- Guy Palmade. — La Psychotechnique. — In-16 de 128 pages.
- Paul Maucorps. — Psychologie militaire. — In-16 de 128 pages.
- La littérature psychologique de langue française s’est enrichie d’un nombre imposant d’ouvrages publiés par les Presses Universitaires, facilitant singulièrement la diffusion de connaissances scientifiques précises, grâce à la traduction de l’ouvrage fondamental de Woodworth, de l’intéressante mise au point par Morgan de tout un ensemble de travaux à peu près exclusivement américains, et de deux des livres où Gesell, avec une de ses collaboratrices, a dégagé les données essentielles d’observations poursuivies avec une technique admirable dans la clinique de Yale pour l’étude du développement de l’enfant, qu’il a fondée et que l’âge vient de l’obliger à abandonner.
- L’exposé d’ensemble du docteur Pichot relatif aux tests mentaux utilisés en psychiatrie — mais dont la plupart sont des tests généraux de psychotechnique — rendra de grands services au public français ; très clair et très complet, avec bibliographie, index des tests cités et de leurs distributeurs, il passe en revue les tests d’efficience quantitatifs et qualitatifs, et les tests — analytiques et syncrétiques — de personnalité, avec un chapitre intercalé sur les comparaisons inter-tests.
- Enfin, dans la petite collection de vulgarisation « Que sais-je », Paul Maucorps met en relief le rôle du psychologue dans la direction du personnel militaire, avec quelques mots sur son intervention dans les organisations matérielles, et montre ce qu’on a pu demander au spychologue aux armées. Guy Palmade, de son côté, envisage la psychotechnique comme visant essentiellement l’adaptation de l’homme au travail, traitant des aptitudes sensorimotrices et intel-
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- lectuelles, de l’outil mathématique, du comportement et des conduites, de l’anaylse des métiers, et concluant par un chapitre sur la socio-technique industrielle.
- H. P.
- LIVRES ENTRÉS RÉCEMMENT A LA BIBLIOTHÈQUE
- Pierre Pichot. — Les lests mentaux en Psychiatrie. — Instruments et Méthodes. — Presses Universitaires de France.
- Etudes de Neuro-Psycho-Pathologie Infantile. — Deuxième fascicule. — Comité de l’Enfance déficiente, Marseille, 1948.
- M. Tramer. — Manuel de Psychiatrie Infantile, générale. — Presses Universitaires de France. 1949.
- E. Jouhy et V. Shentoub. — L'évolution de la mentalité de l'enfant pendant la guerre, — institut J.-J. Rousseau, Genève.
- Dr F. Minkowska. — De Van Gogh et Seurat aux dessins d'enfant. A la recherche du monde des formes (Rorschach). — Exposition au Musée Pédagogique du 20 avril au 14 mai 1949.
- Nous serions heureux si nos abonnés, désireux de nous éviter des frais de recouvrement, voulaient nous adresser le montant de leur abonnement pour 19k9 en un chèque postal :
- PARIS CjC im-79
- Nous^faisons remarquer à nos abonnés qu’à partir du 1er janvier 1950 notre numéro de Compte Chèque Postal sera changé. Il sera :
- C/C PARIS 9131-59
- AGEN. - IMPRIMERIE MODERNE. 43. RUE VOLTAIRE
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- SERVICES DE L’INSTITUT
- Iél. Odéon 52-40
- SECRETARIA T GENERA L 0'hef de Service : Mnie Benassy-Chauffard
- CENTRE D ORIENTA TION PROCESSIONNELLE Chef de Service : Mlle Nerveu.
- CENTRE DE RECHERCHE DES TESTS Chef de Service : Mme Henri Piéron
- CENTRE I) ETUDES ET DE RECHERCHES DOCUMENTAIRES Directeur : M. Doladili.e.
- Le Secrétariat est ouvert chaque jour non férié, de 9 heures à 12 heures el de 14 heures à 18 heures.
- La Secrétaire générale reçoit le lundi, de 14 h. 30 à 18 heures ; le jeudi de 14 h. 30 à 16 h. 30, et sur rendez-vous.
- La Bibliothèque est ouverte chaque jour non férié, de 14 heures à 18 heures.
- Le Centre d’Etudes el de Recherches Documentaires est ouvert chaque jour ouvrable, de 9 heures à 12 heures (y compris le samedi matin), el de 14 heures à 18 heures, sauf le samedi.
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- ♦ *
- Pour les consultations d’Orientation professionnelle, adresser une demande de rendez-vous au Chef du Centre d’Orientation Professionnelle.
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- SOMMAIRE
- Pages
- I. — G. Talaric : Réflexions sur l’orientation professionnelle rurale... 129
- II. — Projet de recommandation concernant l’O. P. et les conseils
- professionnels................................................ 136
- III. — Notes et Documents : Le rôle; des facteurs génétiques dans la
- détérioration mentale de la vieillesse......................
- Orientation professionnelle et planification..................
- La répartition de la population active en 1916..................
- IV. — Informations..................................................
- V. — A travers les Revues..........................................
- VI. — L’O. P. à l’étranger..........................................
- VII — La Vie du Centre de recherches de l’I. N.0.P....................
- VIII. — Causeries bibliographiques.....................................
- IX. — Livres entrés à la bibliothèque................................
- MO
- 147
- 148
- 149 151 153 153 158 160
- Bulletin île l'inslitui National d'Elude du Travail et (l'Orientation Professionnelle
- héimci i'.uii kn chef : M"ie Henri PIÉRON SUCRKTAIHK I)K J,A RÉDACTION : M. M. REUCHLIN
- LES ABONNEMENTS PARTENT DU 1er JANVIER
- AK'OnnVKMIClVT :
- Pour la France.... 500 fr. | Pour l'Etranger.......... 3 dollars
- l*i*ix du numéro : 85 l'ninc*
- Pour les anciens élèves de l’I. N. E. T. 0. P. : 350 francs Prière d’adresser le montant des Abonnements au Compte Chèques postaux de l’Institut
- PARIS C/C 14-44-79
- Pour tout ce qui intéresse le Bulletin adresser la correspondance à M!"e Henri Piéron
- Les Abonnés nouveaux recevront les numéros de l’année déjà paruS au reçu de leur Abonnement
- Le (Lérart 1 :
- Paui, Ar.io.
- AGEN. — IMPRIMERIE MODERNE, 43, RUE VOLTAIRE Dépét légal 1919. 4e trimestre. — N” d’ordre IM.
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- 2* SÉRIE. — 5e ANNÉE N° 11-12 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1949
- BULLETIN
- DE
- L'INSTITUT NATIONAL
- dÉTUDE du TRAVAIL
- ET
- d ORI entation
- PROFESSIONNELLE
- REVUE MENSUELLE
- AU SIÈGE DE L’INSTITUT-
- 41, Rue Gay-Lussac, 41 PARIS
- TOUS DROITS RÉSERVES
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-
-
- CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MÉTIERS
- Institut National d’Étude du Travail et d Orientation Professionnelle
- DIRECTEUR DÉLÉGUÉ
- M. Henri Piéron, professeur au Collège de France, directeur de l’Institut de Psychologie de l’Université de Paris, président de la Section des Sciences Naturelles de l’École Pratique des Hautes Etudes.
- COMITÉ DIRECTEUR
- Le, Directeur du Conservatoire National des Arts et Métiers.
- Le Directeur délégué.
- M. H. Laugier, secrétaire général adjoint de l’O.N.U.
- M. P. Pouillot, inspecteur général honoraire du Travail.
- M. IJ. Wallon, professeur au Collège de France
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- 2® Série. 5* Année
- N* 11-12
- Novembre-Décembre 1949
- Bulletin de l’Institut National D’ÉTUDE DU TRAVAIL
- et
- D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- L’EXAMEN DES APTITUDES
- EN VUE DU DOSSIER D’ORIENTATION
- » --------------
- Les Graphiques du Travail
- par
- Mme DUCHAPT-MICHEL
- C’èst au titre des observations journalières d’un Conseiller d’O. P., au cours de ses examens, que nous vous présentons les réflexions et les études suivantes.
- Le problème peut se résumer dans les termes mêmes de M. Piéron, lors de l’inauguration des journées d’études de l’Association Professionnelle des psychotechniciens diplômés, 1948 : « la psychotechnique étant une discipline qui régit les problèmes humains en ce qui concerne la psychologie, et employant des méthodes psychométriques, le psychologue reste loin des certitudes, d’où son double souci ; rester scientifique et ne pas négliger les cas ».
- Pour répondre à ces deux .exigences, le Conseiller d’O. P. a besoin de :
- Capter et garder le maximum d’aspects du travail fourni par le sujet afin de se réserver toutes les facilités d’une étude et d’un jugement ultérieurs.
- Pour aboutir, pour rencontrer ces exigences — rester scientifique, ne pas négliger les cas — le Conseiller d’O. P. dispose actuellement des méthodes suivantes :
- 1. L’observation au cours du travail. Le Conseiller d’O. P. traduit en langage ce qu’il a observé ; il dit comment sont les gestes ou plus exactement, comment il trouve que sont les gestes, comment il pense que le sujet conduit le travail ; il dm»-
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- clie à fournir le compte rendu le plus descriptif possible de l’observation qu’il a faite. Les jugements d’ensemble offrent une plus grande fidélité lorsqu’ils sont exprimés par notation quantitative, comme nous l’avons vu, mais, ici, le détail, le particularisme valent la peine d’être notés.
- 2. Les graphiques de travail qui apportent des renseignements plus laconiques mais gardent sur l’observation l’avantage d’une certaine objectivité et répondent ainsi aux recommandations de M. Piéron : « parce que « le flair » n’est pas infaillible, il faut se servir de l’analyse aussi longtemps que l’on peut, laissant indéfrichée l’ultime fraction inanalysée ».
- Ces graphiques, ce sont les traces laissées par le travail lui-même quand il est possible d’obtenir une inscription directe, comme c’est le cas dans le dynamographe enregistreur ; l’inscription dans le test du tourneur apporte de précieux renseignements et répartit, sur le parcours, le total des erreurs enregistrées au compteur ; elle permet une comparaison plus fine des trois essais et illustre mieux que la progression décroissante des chiffres relevés au compteur, comment a eu lieu l’apprentissage, comment le souvenir des premières erreurs a été gardé, où ont été les réelles difficultés du sujet, etc.
- Lorsque le graphique direct ne peut être obtenu — soit à cause de la nature de l’épreuve, soit parce qu’un enregistrement mécanique n’a pas encore été conçu et construit — c’est en somme l’opérateur qui se substitue aux compteurs et qui note le déroulement dans le temps de l’exécution du test ; ce procédé peut être appliqué à différents tests.
- Considérons spécialement le test du Wiggly-bloc :
- Dans ce test, la notation quantitative du temps total passé pour l’assemblage a toujours été noté et a servi de base aux premiers étalonnages américains.
- Le seul étalonnage américain utilisé au moment de notre stage à l’I.N.O.P. (1940-41) pour une application de trois essais, s’intéressait aux résultats exprimés en « temps passé » pour la construction du bloc ; le résultat de chaque essai était affecté d’un coefficient d’apprentissage 1 — 1,4 et 1,7 ; ce barême reflétait bien le souci de pénaliser le manque d’adaptation à une situation dominée une première fois ; ces coefficients avantageaient à la fois, là mémoire de la première expérience, l’adresse manuelle, l’amélioration de l’organisation, sans qu’il soit possible à travers cette pénalisation du temps, de juger de l’un plutôt que de l’autre de ces facteurs.
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- Dès 1941, nous avons appliqué ce test en O. P. cPune manière fréquente et parfois, pour certaines catégories d’adolescents, d’une manière systématique, dans le but de rechercher la possibilité d’isoler puis de mesurer un ou plusieurs facteurs moins complexes que l’agglomérat « temps passé » des Américains.
- Suivant notre méthode de « capter et garder » une trace de l’exécution dans le temps, nous avons noté, minute par minute, par un trait, l’assemblage réalisé ; pour chaque essai il y a huit assemblages.
- Cette première notation donne une répartition des assemblages dans le temps et rend compte de la progression de la. réussite.
- Cette notation peut laisser la place à une notation plus délicate, qui remplace le simple trait par une lettre conventionnelle ; il y a neuf lettres suivant notre schéma.
- Le schéma répété sur chaque feuille d’observation rappelle la lettre par laquelle chaque morceau est identifié ; chaque fois qu’il est placé, il est inscrit dans le carré de la minute pendant laquelle il a été assemblé.
- Cette deuxième notation rend compte de l’existence d’une méthode, de sa formation, de sa stabilité, de son absence.
- D’autre part, nous avons cherché, dès 1942, à rendre sensible, mesurable, la compréhension ou l’incompréhension de la structure du bloc, comme nous pouvions du moins la mesurer à travers les détériorations du sujet — ses essais d’assemblages.
- L’observation quotidienne des sujets « aux prises » avec le bloc, nous conduisait à penser que le facteur S n’était pas le plus important à retenir — puisque le bloc peut se reconstruire les yeux fermés, à partir de Videntification des pièces, par le toucher et sans plus d’essais infructueux que ne le permet la simple logique.
- Nous avons donc préféré définir, inscrire et compter ce que nous avons appelé des erreurs logiques.
- Erreurs logiques une erreur logique est comptée au sujet :
- — pour chaque contact et aussi pour sa répétition, même immédiate :
- essayé à une autre place qu’une 1° pour chaque morceau d’an- place d’angle ; essayé sans
- gle g d g d............... 'voir deux faces planes à
- l’extérieur.
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- essayé à une autre place qu’à celle d’un morceau latéral ; essayé sans avoir sa face plane à l’extérieur.
- essayé à une autre place que la place centrale.
- superposition d’un élément de la couche inférieure sur un élément de la couche supérieure, dans la position qu’il aurait dans sa place réelle ; superposition d’éléments appartenant à des piles différentes, dans la position qu’ils auraient à leur place réelle. Deux faces planes l’une contre l’autre, une face non plane à l’extérieur.
- En aucun cas, on ne compte d’erreurs si les morceaux sont à une place logiquement déduite de leur identification, mais ne s’adaptent pas du fait de leur courbure.
- Les morceaux à assembler étant au nombre de 9, le nombre d’assemblages à réaliser est de 8 et ce nombre n’est pas dépassé dans le cas d’assemblages réalisés sans aucune erreur logique et, de plus, avec le maximum de chance ou de coup d’œil.
- Avec le minimum de chance et de coup d’œil, à condition toutefois que les mêmes essais ne soient pas répétés, le nombre de tentatives d’assemblages est de 32 et se dénombrent ainsi :
- 2° pour chaque morceau latéral o o g (1...............
- 3° pour le morceau central o
- /<-° pour chacun des morceaux du bloc. . .
- Morceau latéral n° 1, de la base inférieure, o : élément de premier assemblage, quelle que soit sa position, avec la seule réserve que sa face plane serve de base au
- bloc...................
- Morceaux d’angle n° 1. . .. Morceaux d’angle n° 2. . ..
- Morceau central 0..........
- Morceaux latéraux n° 2. . .. Morceaux latéraux n° 3. . .. Morceaux latéraux n° 4. . .. Morceaux d’angle n° 3. . .. Morceaux d’angle n° 4. . ..
- Total....
- 0 essai infructueux.
- 0 à 7 essais infructueux. 0 à 5 essais infructueux. 0 à 7 essais infructueux. 0 à 5 essais infructueux. 0 à 3 essais infructueux. 0 à 1 essai infructueux.
- 0 à 3 essais infructueux. 0 à 1 essai infructueux.
- 0 à 32 essais infructueux,
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- essais logiques qui peuvent 11e pas aboutir à des assemblages exacts, dans le cas où une aide n’est apportée par la visualisation et où le plus mauvais des hasards à joué.
- A côté du dénombrement des véritables erreurs logiques, il n’a pas été tenu compte de ces essais logiques qui n’aboutissent pas à un assemblage exact ; toutefois, l’on peut estimer d’une manière grossière que si leur nombre dépassait 32, c’est que ces essais qui n’ont pas donné satisfaction ont été répétés, soulignant un manque d’ordre et de méthode dans le travail.
- Nous avons enregistré les erreurs logiques des sujets de nos échantillonnages courants et avons établi des étalonnages.
- 8G garçons de 13 ans 6 mois 100 garçons de 14 ans 6 mois
- à 14 ans 5 mois à 15 ans 6 mois
- 7"
- ERREURS LOGIQUES ERREURS LOGIQUES
- 1 C. . . . 0 le 0
- I 10 C. . . . 3,28 10 C 3,9
- 20 c. . . . 5^62 20 c 4,9
- 30 c. . . . 9^8 30 c 7
- 40 c. . . . 12,3 40 c. . . . . 10,7
- 50 c. . . . 17,9 50 c. . . . . 14,7
- 60 c. . . . 25,7 60 c 17,9
- 70 c. . . . . 314 70 s. , . . . 23^2
- : NO C. . . . 39,98 80 c 31,9
- 90 c. . . . 40^94 90 c 40^2
- 100 119 100 c ru
- (Figure 1, courbes de la valeur des centiles pour des scolaires 13 ans G à 14 ans 5 et de 14 ans 6 à 15 ans 5).
- i *
- * *
- L’inscription des erreurs logiques, minute par minute, jointe à celle des assemblages, laisse-t-elle vraiment à la disposition du Conseiller un ensemble interprétable, mesurable, significatif ? Cette mesure des erreurs logiques signifie-t-elle la présence d’aptitudes particulières ?
- La recherche des corrélations nous apporte quelques contributions à ce sujet.
- Il est intéressant de mentionner ici que des recherches pa-
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- rallèles sur des erreurs logiques commises au cours du montage du Wiggly-bloc ont été entreprises par Mlle Xydias, chef de service psychotechnique de la S.N.E.C.M.A. et que les indications des résultats qui ont été donnés en juin 1948 à PI.N. O.P. (Association Professionnelle des Psychotechniciens diplômés) coïncident assez étroitement avec nos propres résultats. Nous rappellerons les résultats obtenus par MUe Xydias sur des groupes différents des nôtres, chaque fois qu’il sera nécessaire ; nous avons du reste pu joindre M1,e Xydias, dès cette époque, pour préciser les termes communs de cette comparaison et conduire éventuellement une investigation comparable sur des échantillonnages différents.
- Corrélations. — Le groupe choisi pour l’étude est constitué par les élèves d’une première année de Centre d’apprentissage — Métaux Légers, Courbevoie — (Seine) examinés en octobre 1944 et désignés en juin 1945 comme «élèves standards », c’est-à-dire capables de bénéficier de l’enseignement donné.
- Les polygones de fréquences des résultats en erreurs logiques construits suivant l’étalonnage Courbevoie 1944 (14 ans) s’établit comme suit : (figure 2) et ne montre pas une superposition absolue.
- Polygone de fréquences
- ERREURS LOGIQUES TEMPS
- Centiles N 1er 2 Centiles N 1er. . 1
- 10e 0 20e 3 30e '8 10e 7 20e 2 30° 7
- 40e 2 50e 9 60e 5 70e 6 80e 7 90e 13 100e 7 40e 10 50e 2 60e 1 70e 5 80e 6 90e 12 100e 9
- Figure 2
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- Les corrélations internes du test ont été recherchées sous les mêmes aspects que ceux retenus par Mlle Xydias sur ses apprentis.
- Tableau des corrélations internes
- * Duchapt Xydias
- Tl — T 2 .40 .66
- T 2 — T 3. .41/42 .64
- T 1 — T 3 .-. .36 J
- Tl — T 1 2 .85 .98
- T 1 2 - - T 1 2 3 .93 .98
- El — E 2 .60 .61
- E 2 — E 3 .76 .61
- El — E 3 .46
- El — E 1 2 .86 .975
- E 1 2 — E 1 2 3 .97 .995
- El — Tl .68,5 .66
- E 2 — T 2 .73 .58
- E 3 — T 3 .59 .67
- E 1 2 - T 1 2 .60
- E 1 2 3 — T123 .53 .64
- Figure] 8
- Les erreurs et le Temps qui retiennent notre attention, par erreurs de ces essais, sont d’emblée positives et significatives : .40 et .60 — mais ce sont les corrélations établies entre les corrélations et le Temps qui retiennent notre attention, par leur chute inscrite au fur et à mesure de la répétition des essais. Elle pourrait nous mettre en présence de deux aspects de l’individu mis en jeu dans l’exécution du test :
- — une participation intellectuelle indépendante ;
- — d’un mode d’activité variable et personnel.
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- Recherche de l’activité
- Moyens 13
- 1 15 1 ' 9
- 2 4 2 9
- 3 1 3 3
- 4 7 4 3
- 5 1 5 6
- 6 1 6 1
- Meilleurs pour les erreurs Meilleurs pour le temps
- Réfléchis Impulsifs
- Figure 4
- La répartition des sujets (apprentis) de l’étude s’établit, comme le montre la figure 4, dans un polygone de fréquences où les meilleurs pour les temps et les meilleurs pour les erreurs ont été séparés ; tous les sujets meilleurs pour les erreurs sont placés à gauche de la moyenne et s’en écartent suivant qu’ils ont 1, 2, 3, etc... déciles de différence entre leurs résultats erreurs et leurs résultats temps. A droite, sont rangés de la même manière les meilleurs pour le temps. Une vérification des résultats pour la somme des trois essais, pour le Temps et pour les Erreurs — indique que les concordances exactes, c’est-à-dire, les cas où les élèves se classent aussi bien ou aussi mal en Erreurs et en Temps est de 17,8 %, les cas pour lesquels l’écart n’est que d’un décile est de 32,87 % ; il reste donc environ 50 % des sujets pour lesquels deux facteurs étudiés dans l’épreuve ont pu être différenciés.
- Il reste naturellement à rechercher les temps moyens pour chacune des réussites au point de vue erreurs logiques, pour obtenir un classement au point de vue de l’activité du sujet.
- i *
- * *
- 4. Conclusion. — Nous espérons replacer ainsi dans le dossier d’O. I*. des renseignements plus riches de signification et de nuances.
- Les aptitudes variées et différenciées des adolescents avaient exigé de nous un examen individuel, mais nous avons désiré aboutir — tout en tenant compte du cas — à un tableau d’ensemble, lisible, mesurable ; et c’est pourquoi, tout en reconnaissant la valeur d’une observation encore subjective, nous
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- avons retenu le résultat de l’expérience traduit par une mesure chiffrée.
- Pour assouplir la rudesse de cette expression du rendement d’un sujet, nous avons tenté de capter et de garder un témoin de la manière dont il avait travaillé : le graphique du travail ainsi obtenu s’interprète d’une manière globale ou se prête déjà à des mesures partielles plus fines.
- Nous avons tenté :
- — de maintenir ou d’augmenter la recherche communicable ;
- — de parvenir à des « procédés d’observation aussi rationnels que possible » que souhaitait M. Bonnardel dans son étude sur les recherches de MUe Chauffard, en raison, disait-il, « de la supériorité des méthodes psychométriques sur les estimations des examinateurs au cours des examens ».
- Notre méthode de travail peut paraître moins immédiatement satisfaisante qu’une interprétation subjective du comportement de l’individu ; elle donne, par contre, des éléments nettement plus communicables, plus stables, capables d’être revus, repris, reconsidérés, comparés puisqu’ils s’expriment en quantités.
- NOTES ET DOCUMENTS
- Génie et Folie
- Sous l’influence de Lombroso, le Dr Adèle Juda, d’Innsbruck, a consacré 16 années (de 1927 à 1943) à une étude exhaustive de 294 grands hommes germaniques, qui ont vécu de 1650 à 1900, et de leurs familles, ascendants et descendants, au total 19.000 personnes dont 5.000 purent être directement examinées, dans des conditions confidentielles exigeant l’anonymat.
- Le résultat de ces investigations n’a pas encore été publié, mais un résumé des données obtenues, d’après le manuscrit allemand de l’auteur, a .été publié en anglais par le Dr L.-F. Bleyer, de Madi-son (1).
- Il est important de connaître l’essentiel des résultats obtenus par une investigation de cette envergure.
- Les hommes éminents, tous créateurs considérés comme géniaux, comprenaient 113 artistes (2) et 181 savants (3). Sur ce nombre, 72
- (1) American et of Psychiatry, n° 6, 1949, p. 296-307.
- (2) 12 architectes, 18 sculpteurs, 37 poètes, 20 peintres, 26 compositeurs.
- (3) 9 historiens, 15 juristes, 3 pédagogues, 9 linguistes, 9 philosophes, 6 théologiens, 5 astronomes, 12 mathématiciens, 16 physiciens, 18 chimistes, 6 minéralogistes, 6 géologues, 10 botanistes, 8 zoologistes, 25 médecins, 18 hommes d'Etat ou explorateurs.
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- artistes (63,7 %) et 137 savants (75,7 %) étaient psychiquement normaux, exempts d’anomalies psychiques, ce qui représente une proportion bien inférieure à la normale.
- Si, comme le constate l’auteur, on peut conclure que le génie — ou du moins le talent — n’est pas conditionné par la folie, ce qu’une observation banale permettait déjà d’affirmer, il s’associe du moins avec une fréquence particulière à des anomalies psychiques, d’ordre psychopathique ( schizoïdie, instabilité émotionnelle, faiblesse de caractère, hystérie, excitabilité excessive) ou psychosique (schizophrénie, folie maniaque dépressive, en y ajoutant la démence sénile, la paralysie générale) ainsi qu’à l’alcoolisme (trois cas chez les artistes, un seul chez les savants) et au suicide (deux cas chez les artistes, trois cas chez les savants).
- En différenciant les artistes des savants, les premiers ayant une plus grande fréquence d’anomalies, on trouve chez ceux-ci 31 cas de psychopathie (dont 10 schizoïdies) contre 26 (dont 8 schizoïdies) chez les savants, 13 de psychoses (dont 3 schizophrénies et aucune folie maniaque dépressive) contre 23 chez les savants (dont 7 folies maniaques dépressives et aucune schizophrénie). Les différences apparaissent donc nettement dans' les deux groupes ; elles se maintiennent dans les caractéristiques des familles.
- C’est ainsi que chez les parents des artistes il y a 13 % de psychopathes contre 5,6 % chez les parents des savants ; chez les enfants des premiers, 17,5 % de psychopathes et 2,2 % de débiles contre 11,6 et 1,4 % chez les enfants des seconds.
- Au point de vue vitalité générale, les artistes sont en moyenne inférieurs aux savants : durée moyenne de vie de 61 à 65 ans contre 71 à 75 ; pourcentage de mariés de 72 (83 cas) contre 82 (157 cas) ; nombre moyen d’enfants chez les mariés, de 2,85 contre 3,70.
- Au point de vue des transmissions héréditaires, il a été noté que des individus intellectuellement éminents étaient nombreux dans la descendance (enfants et petits-enfants) des artistes et savants de grand talent, et que chez les ascendants se manifestaient, soit des aptitudes de même ordre (surtout pour les peintres, musiciens, mathématiciens, techniciens) ou des aptitudes apparentées (habileté manuelle pour les artistes, verbale pour les poètes). a
- Enfin, une remarque importante concerne la situation des grands hommes au point de vue de l’ordre des naissances : Le nombre moyen de frères et de sœurs étant de 5,5 chez les artistes, on compte 43 premiers nés (38 %) et 27 nés en second (24 %) ; le nombre moyen est de 5,1 chez les savants, et l’on compte 64 premiers nés (35 %).
- C’est là un fait en accord avec les données statistiques relatives au niveau mental des enfants, et d’après lesquelles les premiers nés sont à cet égard les plus favorisés, fait qui est susceptible d’interprétations diverses.
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- ENQUÊTE SUR LES JUMEAUX
- par
- René ZAZZO
- Directeur-adjoint à l’Ecole pratique des Hautes Etudes (1)
- Les psychologues savent depuis longtemps l’importance de la méthode des jumeaux en psychologie génétique, et notamment pour l’étude de la détermination des aptitudes. En effet, la comparaison des jumeaux identiques (même milieu, même hérédité) aux jumeaux non-identiques (même milieu ; hérédité différente) permet de calculer la part relative de l’hérédité et du milieu dans la formation de la personnalité ; tout au moins de poser les premiers termes d’un tel calcul. La comparaison est en effet plus compliquée que ne peut le faire croire une formulation très simple. La situation gémellaire (le fait d’être un couple de même âge), la place de naissance dans l’ensemble des autres frères et sœurs, l’expérience personnelle de chacun des jumeaux sont autant de facteurs qui différencient un milieu pourtant réputé identique. La mesure des influences dues respectivement à l’hérédité et au milieu se complique donc du fait que le milieu n’est jamais rigoureusement semblable et que cette différenciation de milieux entre jumeaux est variable d’un couple à l’autre.
- La solution de ce problème exige alors un examen minutieux des couples dont on peut connaître avec précision les conditions d’existence. Elle exige aussi, pour vérifier les hypothèses qu’un tel examen a pu suggérer, un contrôle statistique portant sur plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de couples à tous les âges de la vie et dans les milieux les plus divers.
- Une telle entreprise ne paraît pas irréalisable si l’on sait que la proportion des accouchements gémellaires est de l’ordre de 1 pour cent, soit 2 % de la population, ce qui représente pour la France un total supérieur à 800.000 jumeaux. Mais il nous faut, pour mener à bien cette enquête, la collaboration d’un public intéressé par les questions de psychologie.
- (1) Laboratoire de Psycho-biologie, 41, rue Gay-Lussac, Paris.
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- C’est pourquoi nous nous adressons, par l’intermédiaire du B.I.N.O.P. non seulement aux jumeaux qui pourraient lire cet appel, mais à tous les lecteurs qui voudraient bien nous aider, et notamment aux Conseillers d’Orientation Professionnelle, qui, par leur fonction, peuvent connaître et atteindre une large population d’enfants et d’adultes.
- Nous demandons à tous de transmettre aux intéressés le questionnaire, dont nous donnons le modèle ci-dessous. Ce questionnaire s’adresse, en totalité ou en partie, à tous les jumeaux : quel que soit leur âge, leur situation, qu’ils soient identiques ou non. Puisqu’il s’agit, précisément, d’établir des comparaisons entre catégories différentes.
- Nous remercions d’avance tous ceux qui voudront bien nous ' aider dans nos recherches en participant directement ou indirectement à cette enquête dont nous publierons ultérieurement les résultats.
- ENQUÊTE SUR LES JUMEAUX
- Nous prions les intéressés de répondre de façon brève et précise.
- Les renseignements fournis, destinés à résoudre statistiquement des problèmes d’ordre psycho-biologiques, seront considérés comme strictement confidentiels.
- QUALITE DES PERSONNES AYANT REMPLI CE QUESTIONNAIRE (parents, maîtres, ou les jumeaux eux-mêmes)
- Identité.
- 1. — Nom et prénoms : .................
- 2. — Adresse : .......................
- 3. — Date de naissance : .............
- 4. — Eventuellement date de décès d’un
- des jumeaux : ................
- Famille.
- 5. — Date de naissance du père : .....
- 6. — Date de naissance de la mère :....
- 7. — Profession du père : ............
- 8. — Profession de la mère : .........
- 9. — Liste des autres frères et soeurs
- (avec âge) : .................
- 10. — Y a-t-il d’autres jumeaux dans la
- , famille (préciser degré de parenté et ascendance paternelle ou maternelle) : ...............
- 11. — L’un des jumeaux ressemble-t-il
- plutôt physiquement au père P
- 13. — L’un d’eux ressemble-t-il plutôt
- physiquement à la mère ? .........
- 14. — L’un d’eux ressemble-t-il plutôt
- moralement (par le caractère ou
- les aptitudes) à la mère P .......
- 12. — L’un d’eux ressemble-t-il plutôt moralement (par le caractère ou les aptitudes) au père ? .................
- % Données biologiques :
- 15. — Y avait-il un seul placenta à la
- naissance ? ......................
- 16. — Poids à la naissance : ............
- 17. — Poids actuels : ...................
- 18. — Tailles actuelles : ...............
- 19. — Quel est le premier-né ? ..........
- 20. — Quel est le plus fort physique-
- ment, le moins fragile ?..........
- 21. — Maladies graves pour chacun
- d’eux (énumération et, approximativement, dates) : .............
- 22. — Quel est le degré de ressemblance
- physique (peut-on ou a-t-on pu les confondre et jusqu’à quel âge ?) : ......................
- 23. — Même couleur de cheveux ? .........
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- 24. — Même couleur des yeux ? ...........
- 25. — Sout-ils droitiers ou gauchers ? ..
- 26. — Autres éléments de ressemblances
- ou de différences physiques : ..
- Communauté de vie.
- 27. — Ont-ils été sevrés en même temps ?
- 28. — Avaient-ils dans la petite enfance
- un langage à part qu’eux seuls comprenaient ? exemples si possible : .........................
- 29. — A quel âge ont-ils parlé (premiè-
- res phrases) de façon compréhensible ? .....................
- 30. — A quel âge ont-ils marché P........
- 31. — Ont-ils été séparés l’un de l’autre
- (combien de fois, combien de temps, à quels âges) ? ..........
- 32. — Ont-ils beaucoup souffert d'être
- séparés ? .......................
- 33. — Ont-ils (ou ont-ils eu) une cham-
- bre commune et pour eux seuls ?
- 34. — Partagent-ils ou ont-ils partagé le
- même lit ? ......................
- 35. — Ont-ils toujours fréquenté la mê-
- me école ? ......................
- 36. — Ont-ils toujours été dans la même
- classe ? ........................
- 37. — Fréquentent-ils les mêmes groupe-
- ments, les mêmes sociétés ? ....
- 38. —- Ont-ils (ou ont-ils eu) tendance à
- s’isoler ensemble, h, faire bande à part ? ........................
- 39. — Ont-ils toujours eu les mêmes
- amis, les mêmes camarades ? ..
- 40. — Sont-ils l’un pour l’autre le confi-
- dent le plus intime ?............
- 41. — Lequel des deux prend le plus sou-
- vent la direction du couple, l’initiative (jumeau dominant) ?
- 42. — Ont-ils toujours été vêtus de la
- même façon (sinon jusqu’à quel âge) ? ..........................
- 43. — Ont-ils souhaité ne plus être vêtus
- de la même façon (à quel âge) ?
- 44. — Cherchent-ils à se distinguer l’un
- de l’autre et de quelle façon ?..
- 45. — Ont-ils le même caractère P .......
- Orientation.
- 46. — Niveau scolaire (pour les enfants
- indiquer la classe actuelle, pour les adultes, donner par diplôme ou toute autre indication, le niveau atteint) : .................
- 47. — Lequel des jumeaux réussit ou
- (pour les adultes) réussissait le mieux en classe ? (indiquer éventuellement le classement)..
- 48. — Pour chacun d’eux, matière sco-
- laire où il réussit le mieux :....
- 49. — Pour chacun d’eux, matière sco-
- laire où il réussit le moins bien
- 50. — Pour chacun d’eux, préférences
- scolaires : ....................
- 51. — Pour chacun d’eux, profession dé-
- sirée : .........................
- Vie adulte.
- 52. — Sont-ils mariés ou célibataires ?
- (le cas échéant, indiquer date du mariage) : ......................
- 53. — Le mariage a-t-il été pour les ju-
- meaux une séparation pénible ?
- 54. — Le conjoint est-il lui-même un
- jumeau ? ........................
- 55. — Pour chacun des jumeaux, pro-
- fession actuelle : ..............
- 56. — Nombre d’enfants (ont-ils eu, eux-
- mêmes, des enfants jumeaux ou souhaitent-ils en avoir ?).......
- Tous les jumeaux répondront personnellement si possible, aux questions. suivantes :
- 57. — Quel est votre plus ancien souve-
- nir ? ...........................
- 58. — Quel âge aviez-vous ?..............
- RENSEIGNEMENTS COMPLÉMENTAIRES RELATIFS A LA PETITE ENFANCE
- Les parents, dont les enfants jumeaux n’ont pas encore atteint l’âge de ces comportements, sont priés d’en noter la date d’apparition, et de transmettre alors leurs observations au laboratoire.
- POUR CHACUN DES JUMEAUX
- B 1. — A quel âge a-t-il répondu, réagi à
- son prénom ? .................
- B 2. — A partir de quel âge a-t-il fait une différence entre "son prénom et celui de son jumeau ?
- B 3. — A quel âge a-t-il dit son prénom 1 B 4. — A quel âge a-t-il dit moi et toi 1 B 5. — A quel âge a-t-il dit mon et ton 1 8 & — A quel âge a-t-il dit je et tu P,,
- B 7. — En l’employant lui-même, confondait-il son prénom avec celui de
- son jumeau ?....»................
- B 8. — Lui arrivait-il de dire moi à la place de toi, et inversement ? (confusion entre son jumeau et
- lui-même) .......................
- B 9. — Lui arrivait-il de dire mon à la place de ton, et inversement ?.. B 10, — Lui arrivait-il de dire je à la place de tu, et inversement P..,.
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- B 11. — Dans le miroir, lui arrivait-il de se confondre avec son jumeau ? B 14. — Pouvez-vous citer d’autres situations où les enfants se confondaient Pun avec Pautre P......................
- B 12. — Sur une photo, à partir de
- quel âge s’est-il reconnu P..........
- B 13. — Sur une photo, lui arrivait-il de se confondre avec son jumeau ?........................................
- B 15. — Considérait-il que certains objets (jouets par exemple) lui appartenaient en propre et pas à
- son frère ? (sentiment de propriété) .........................
- B 16. — A quel âge le sentiment de propriété s’est-il manifesté à l’égard
- du jumeau ? .....................
- B 17. — A quel âge s’est-il manifesté à l’égard des autres personnes ?..
- 18. — L’un des deux jumeuax servait-il de modèle à Pautre ?
- B 19. — L’un des deux tyrannisait-il
- Pautre ? ........................
- B 20. — Etaient-ils timides ou au contraire très à l’aise avec autrui ?
- UN CADRE SYSTÉMATIQUE POUR LA DESCRIPTION DE LA PERSONNALITÉ1’
- par
- E. DUFFY
- L’Ai pose tout d’abord le problème. Les quelque cent cinquante termes décrivant des traits de personnalité ne se prêtent pas à un usage commode et précis. Il faut, pour arriver à un système de concepts plus satisfaisant, classer les différentes variations fonctionnellement significatives du phénomène à décrire en quelques larges types de variation, dont chacun correspondrait à un aspect premier de ce phénomène.
- Comment y parvenir ? L’analyse factorielle suppose elle-même un cadre psychologique sans lequel elle ne peut interpréter ses facteurs. Elle ne pourra donc à elle seule nous fournir le cadre cherché.
- On peut commencer par définir la personnalité d’un sujet par « le type de son comportement adaptatif » ou par « sa façon particulière de résoudre ses problèmes ». Alors, les différences de personnalité se ramènent à des différences dans les formes de comportement décrites en psychologie générale, et il ne doit plus y avoir de psychologie de la personnalité distincte de la psychologie générale. Les concepts de base, propres d’après l’A. à se substituer aux concepts classiques d’émotion, attention, perception, etc., pourraient se réduire à deux : la direction du comportement et son intensité, susceptibles bien entendu de recouvrir chacun une série de termes descriptifs plus détaillés. L’utilisation de ces deux concepts permettra de réduire le nombre de termes employés dans les descriptions de
- (1) The .Journal of abnormal and social psycliology, avril 1949, pp. 175-190.
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- personnalité, de définir ces termes plus clairement, de mettre en lumière des relations entre phénomènes qni sont actuellement masquées par le manque de principes d’organisation dans notre vocabulaire, d’éviter des confusions, et d’intégrer la psychologie de la personnalité dans la psychologie générale.
- L’A. discute ensuite la solution qu’il vient de proposer. Il montre que les deux dimensions du comportement, direction et intensité, ne sont pas déduites abstraitement des concepts de la psychologie générale, mais qu’elles constituent un moyen satisfaisant de classer et de décrire les réactions réelles des organismes. Il souligne le fait que direction et intensité sont l’une et l’autre mesurables : la direction à l’aide d’observation des réponses manifestes (time sampling method) ou des réponses implicites (questionnaires, tests d’association ; tests d’attitude, d’intérêts, techniques projectives) ; l’intensité, à l’aide de la mesure des processus physiologiques mis en jeu en vue de la mobilisation de l’énergie nécessaire à la réponse.
- Après d’autres considérations que nous ne rapporterons pas, l’A. propose une traduction des traits de personnalité dans son système à deux dimensions. Cette traduction vise à établir que toutes les caractéristiques de la personnalité énumérées par d’autres auteurs peuvent trouver place dans le cadre qu’il propose. Il part des termes descriptifs employés par C. W. Heath et ses collaborateurs dans : What people are ; a study of normal young men. (Cambridge : Harvard University Press, 1946). On trouvera ci-après une traduction intégrale de cette partie de l’article. Pour chaque trait figure d’abord la description de Heath, puis, entre parenthèses, la traduction dans le système « direction-intensité » de Duffy!
- 1. Fonctions autonomes instables : anxiété, tremblement, rougeur, transpiration accrue, palpitation, trouble fonctionnel des systèmes urinaire et gastro-intestinal. (L’anxiété se rapporte à la fois à la mobilisation de l’énergie et à la direction du comportement. Les autres termes correspondent à des indicateurs physiologiques d’une intense mobilisation d’énergie.)
- 2. Personnalité de base.
- a) Personnalité 4)ien intégrée : constant, stable, réglé, soigneux, sincère et digne de foi.
- b) Personnalité de base incomplètement intégrée : changeant, inconstant, sporadique ou déréglé.
- (Dans la mesure où cette description se rapporte à Vintégration du comportement, elle a trait au maintien d’une direc-
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- lion vers un but. «Constant)), «stable» et «réglé» opposés à « changeant », « inconstant » et « sporadique », se rapportant à un comportement qui vise certains buts de façon stable. « Sincère » et « digne de foi » décrivent d’autres aspects du comportement dont la direction effective est la même que la direction apparente. Le « soin » est la direction de l’attention et de l’action vers les détails de la situation et non vers ses aspects principaux seulement. Bien que les individus bien intégrés puissent d’ordinaire être plus sincères et plus soigneux, ces termes tendent à rendre la classification confuse. Elle est sans doute basée sur le degré d’intégration du comportement survenant à un certain moment avec le comportement survenant à un autre moment.)
- 3. Humeur dominante. Fluctuations de l’humeur. Humeur très marquée, ou changements frappants d’humeur. (« Humeur très marquée » se rapporte à une mobilisation d’énergie remarquablement haute ou basse. « Fluctuations de l’humeur » se rapporte à des changements rapides ou fréquents de la mobilisation d’énergie.)
- 4. Affect : expression d’un sentiment, d’une émotion ou d’un désir.
- a) Affect vital. Vitalité et recherche de l’affect ; force spontanée et énergie qui ne dépend pas d’un effort volontaire. (Tendance vers une mobilisation d’énergie relativement élevée.)
- b) Affect doux : atone et neutre dans les réponses affectives ; groupe stable, qui n’est pas affecté autant par les troubles émotionnels. (Tendance vers une mobilisation d’énergie relativement basse.)
- c) Affect sensitif : porté vers l’esthétique, accorde plus d’importance aux valeurs culturelles, socialement timide ; ajustement difficile aux réalités de la vie. (Comportement dirigé vers les aspects esthétiques et culturels de l’environnement. Est sensé rencontrer des difficultés d’adaptation. S’il en est ainsi, cela produirait une mobilisation d’énergie plus grande. Ce n’est pas une description nette d’un aspect quelconque du comportement.)
- 5. Comportement strict (1). Systématique, net, méticuleux, ordonné, rigide. (IJ ordre est un aspect des choses que tel individu apprécie et vers lequel il dirige son comportement.)
- 6. Fonctions volontaires :
- a) Inhibé : consciencieux, contraint, manquant de sponta*
- (1) « Just-so behavior »,
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- — ITT
- néité. (L’individu « consciencieux » maintient constamment son comportement en accord avec les règles qu’il accepte. Cela implique l’« inhibition » mais il en est de même de chaque fois que l’on maintient une direction. L’inhibition dans ce cas implique souvent un choix conscient entre les alternatives. La « contrainte » et le « manque de spontanéité » peuvent être en corrélation avec la « conscience », mais ils décrivent un aspect différent du comportement. Ils se reportent à une limitation, une inhibition des réponses dans les situations sociales.)
- h) Autoconscient et introspectif : grandement intéressé par ses propres pensées et sentiments ; a intensément la sensation d’être observé par les autres. (Direction de l’attention.)
- c) Auto-direction. Degré élevé de self-contrôle, de puissance de volonté, d’aptitude à se forcer soi-même à faire quelque chose. (Constance de la direction vers des buts significatifs lointains, malgré la compétition de buts attractifs immédiats.)
- 7. Fonctions intellectuelles.
- a) Motivation vers les sciences physiques ;
- h) Motivation vers l’organisation pratique ;
- c) Motivation vers l’idéationnel ;
- d) Motivation vers le créatif et l’intuitif ;
- e) Motivation vers le culturel.
- (Ces classifications représentent la directin du comportement vers certains aspects de l’environnement.)
- /) Inarticulé : inaptitude à s’exprimer par un langage. (Se rapporte à l’apparition d’une expression de l’énergie donc à la direction du comportement préférée, non par rapport à l’environnement, mais par rapport aux voies de la libération d’énergie dans l’organisme.)
- g) Verbal : facilité de langage. (L’inverse de «inarticulé».)
- 8. Fonctions sociales.
- a) Amical. (Réponses dirigées vers les personnes en tant que valeurs.)
- h) Asocial : La vie sociale, les amitiés intimes et l’intérêt à l’égard des personnes sont sans importance. (Réponses non dirigées vers les personnes en tant que valeurs).
- c) Timide : tension et maladresse dans les situations sociales ; désire les contacts humains et regrette que la timidité l’amène à éviter les événements sociaux. (Réponses manifestes s’écartant des contacts sociaux tandis que les implicites sont plus fortement orientés vers eux.)
- 9. Attitudes de vie.
- a) Pragmatique ;
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- h) Humaniste ;
- c) Politique ;
- d) Absence de but et de valeurs.
- (Les trois premières catégories décrivent des types particuliers d’orientation ; la quatrième un manque d’orientation. Toutes se rangent sous l’aspect « direction » du comportement.)
- L’A. dans un dernier chapitre examine enfin les relations entre sa schématisation de la personnalité et les systèmes proposés par Stagner, Kurt Lewin, Allport et Murray.
- INFORMATIONS
- Le Comité Directeur de VAssociation Internationale de Psychotechnique, élu au Congrès de Berne, est ainsi composé :
- Allemagne : M. Jacobsen.
- Angleterre : M. Frisby.
- M. Hearnshaw, University of Liverpool.
- Autriche : M. Hackl.
- Suppléant : M. Glaser.
- Belgique : M. Drabs.
- Suppléant : M. Piret.
- Brésil : M. Mira.
- Suppléant : Mlle Betti Katzenstein.
- Danemark : M. Rubin.
- Suppléant : M. Bahnsen.
- Colombie : Mme Mercédès Rodrigo-Bellido.
- Espagne : M. Germain.
- Suppléant : M. Mallart.
- Finlande : M. V. Fieandt.
- France : M. Piéron.
- M. Coumétou..
- Suppléant : Mme Pacaud.
- Italie : M. Gemelli.
- M. Ponzo.
- Suppléant : M. Banissoni.
- Hollande : M. de Groot.
- M. van Dael.
- Norvège : M. Havin.
- Pologne : M. Blachovski.
- M. Targonski.
- Portugal : M. Fontès.
- Pérou : M. Blumenfeld.
- République Argentine : M. Rimaldi.
- Suppléant : M,le Ucha.
- Roumanie : M. Nestor.
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- Suède : M. Elmgren.
- M. Fellenius.
- Suisse : Mme Baumgarten.
- M. A. Rev.
- U.S.A. : M. Bingharn.
- M. Viteles.
- Le 9 août 1949 est décédé le grand psychologue américain Edward Lee Thorndike, âgé de 74 ans, professeur émérite d’ « edu-cational Psychology » au Teacbers Collège de l’Université Columbia. Il laisse une œuvre considérable, depuis les recherches expérimentales sur les animaux, et les singes en particulier, jusqu’aux études techniques de tests, en particulier pour la mesure de l’intelligence, en passant par la psychologie différentielle (étude des jumeaux en particulier) les travaux sur le développement mental et la psychologie pédagogique.
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- Un Centre international de l'Enfance va être créé à Paris, sur l’initiative du prof. Robert Debré, par le Cxouvernement français, avec l’appui du Fonds international de secours à l’enfance et de l’organisation mondiale de la Santé. Une de ses sections sera constituée par un Centre de psychologie sociale sur lequel le professent Heuyer a fourni un rapport.
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- Le Cercle de Pédagogie de l’Université de Liège a transformé son nom en celui de Cercle de Pédagogie et d’Orientaiion Professionnelle^ el s’est divisé en trois sections.
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- Les données d’une étude sociologique des populations noires de l’Oubangui à l’aide de tests anthropologiques et psychologiques ont été communiquées à la Société de Statistique de Paris par Jacques Genevay, où elles ont été vivement critiquées par le Dr Schut-zenberger. Elles comportaient des affirmations très générales sans rapport avec le fondement expérimental très limité, et en bien des points fort peu satisfaisant.
- Ces données ont été acquises au cours d’une mission confiée par le Gouverneur Mauberna à Mme Léone Bourdel, dont Jacques Genevay est le collaborateur, dans le but d’étudier les possibilités de création en Oubangui-Chari d’un Centre de Psychobiologie comportant une section de formation accélérée.
- Il est regrettable que cette mission n’ait pas été mieux organisée, et que le Centre de la Recherche coloniale n’en ait pas pris la responsabilité, car, en particulier pour l’étude des Pygmées, encore si mal connus, et qui forment une population très homogène, une recherche anthropopsychologique bien conduite serait d’un très haut intérêt.
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- A TRAVERS LES REVUES
- Le Travail Humain, de juillet-décembre 1949 (t. 12, 3-4) publie de nouvelles recherches de R. Bonnardel et Colette Chauffard sur la méthode d’observation au cours du passage d’un test, une étude critique, par E. Degardin, des échelles de motricité, un exposé par Ch.-A. Martens de la situation et des tendances de la psychologie industrielle en Angleterre, ainsi que des recherches de Bonnardel sur la promotion des ouvriers dans les cadres de maîtrise.
- Les publications 54, 55 et 56 du Psycliometric Laboratory de l'Université de Chicago (mars à mai 1949) contiennent une description des tests collectifs et des tests individuels utilisés pour le dépistage de l’aptitude mécanique par Thelma Gwynn Thurstone et L.-L. Thurstone, et une analyse factorielle, par ce dernier, des 22 tests collectifs appliqués à 350 jeunes gens, conduisant à l’isolement de trois facteurs spatiaux différents (SI, S2 et S3), de deux facteurs mnémoniques (M2 et M3), de deux facteurs de « closure » (Cl et C2), un facteur d’imagerie hinesthésique K, et le facteur d’induction I.
- Le Mouograph Supplément XXVII du British Journal oj Psy-chology est consacré à une recherche sur la mesure, la répartition et le développement de la capacité musicale, grâce à des tests d’habileté musicale et d’appréciation, par Herbert Wing, principal de Collège, qui a été dirigé par Cyril. Burt. Les test essayés comportent des appréciations d’intervalles, analyses d’accords, cadences, timbre, dictées musicales, mémoire, information, etc... et des jugements esthétiques de rythmes, de formes mélodiques, d’harmonies, de composition, d’habileté créatrice, etc... Une échelle standardisée a été établie (3.373 sujets), permettant une sélection satisfaisante.
- Une étude sur l’effet relatif de l’âge et de la difficulté des te'sts sur la structure factorielle, de H.-A. Curtis, a fait l’objet d’une publication dans les Genetic Psychology Monographs (t. 40, 1947, p. 99-148) : entre 9 et 12 ans, le rôle du facteur général augmente un peu ; aux deux âges, le rôle du facteur général, diminue et celui des facteurs de groupe augmente avec la difficulté des tests.
- André Rey étudie, dans les Archives de Psychologie (t. 32, n° 125, juillet 1949) l’évolution au cours du développement — à partir de 6 ans — d’une forme de coordination motrice, pour laquelle le progrès apparaît lié à une activité intériorisée présidant à l’exécution de l’acte, à une représentation des effets des mouvements.
- Le deuxième fascicule des Etudes de Neuro-Psycho-Pathologie infantile publiées par le Comité de l’enfance déficiente de Marseille, contient une étude de Lucien Cornil et Henri Ollivier sur la narco-analÿse psychosomatique en psychiatrie infanto-juvénile, une étude clinico-psychologique de M. Schachter sur les petits tyrans domestiques, une étude neuropsychologique sur les enfants épileptiques de M; Schachter et MUe Cot, enfin une étude médico-sociale et psy-
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- chologique de la prostitution, des mêmes auteurs, fondée sur l’application du Rorschach à 17 adolescents et 100 adultes.
- Dans Travail et Méthodes de juillet-août 1949, G. Friedmann consacre une étude à Industrie et Société aux Etats-Unis, et P.-H. Mau-corps parle de la technique des Trade-Tests pour le contrôle des qualifications professionnelles.
- Une analyse du test de la souricière après application à 600 sujets, et comportant comparaison avec d’autres tests moteurs a été donnée par F. Bemelmans dans les Cahiers de Pédagogie et d'Orien-tation Professionnelle de juin 1949 (9e année, 2) publiés à Liège.
- Dans le Journal of applied Psychology d’août 1949, nous relevons les articles suivants : K. E. Clark : Un test d’intérêt professionnel au niveau des ouvriers qualifiés, expérimenté à l’American Fédération of Labor ; E. B. Knauft : une batterie pour la sélection des boulangers ; A. Barnett, une note sur l’aptitude mécanique testée au Collège technique du Texas ; J. R. Wittenborn : Certaines catégories de réponses au Rorschach et les habiletés mentales ; J. J. Kirk-patrick et E. E. Cureton : difficultés des items du vocabulaire et fréquence des mots.
- Psychometrika, dans son numéro de juin 1949, publie une détermination de la longueur optima d’un test par Paul Horst, une méthode de matrice d’analyse pour une structure de groupe par R. D. Luce et A. D. Perry, une note sur l’estimation de la fidélité par la formule de Kuder-Richardson, par L.R. Tucker, une application du concept de structure simple à des données d’Alexander par Mariano Yela.
- Dans le Journal of educational Psychology, nous relevons les articles suivants : W. A. Owens et W. C. Johnson, quelques traits de personnalité mesurés chez des étudiants ne réussissant pas (janvier 1949) ; H. Kahn et E. Singer, recherche des facteurs en relation avec le succès ou l’échec dans une école de commerce ; J. E. Murray, analyse de l’habileté géométrique (février) ; K. J. Holzinger, applications de la méthode simple d’analyse factorielle ; F. Swine-ford, un facteur numérique (mars) ; A. G. Wesman, séparation des groupes de sexes dans une relation de tests ; D. C. Shaw, relation entre les habiletés mentales primaires de Thurstone et le succès en liigh school (avril).
- Le Journal of Abnormal and Social Psychology de juillet 1949 contient une étude sur les déterminants du niveau d’aspiration de I. I.. Child et J. W. M. Whiting, un examen de la délinquance des enfants uniques par W.-W. Wattenberg, un essai de J. Jastak pour la détermination d’un critère rigoureux de débilité mentale, une critique de la cohérence des structures factorielles de personnalité d’origine différente.
- Dans le Journal of Consulting Psychology d’août 1949 (vol. 13, n° 4), on trouve les résultats d’un examen par tests (Rorschach, TAT, et intelligence verbale, spatiale et mathématique) de 20 biologistes éminents des U,S.A. par Anne Roe, un test projectif (dos-
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- sier à compléter) de masculinité-féminité par Kate Franck et E. Rosen, des patlerns de schizophrènes au Wechsler-Bellevue, par S.-I. Garfield, une mesure de fidélité du MMPI raccourci par J.-D. Holzberg et S. Allessi, une critique du test de Rosenzweig pour la mesure des réponses de frustration par J.-C. Franklen et J. Bro-zek, enfin deux études sur le Rorchacli (analyse des réponses discrètes, validité du critère des 8-10 % aux planches 8 à 10 pour la responsivilé à la couleur), par J.-R. Wittenbow, et par B.-R. Sap-penfield et S.-L. Baker.
- La relation des somatotypes de Sheldon avec la supériorité physique est examinée dans le Journal of educatiorial Research, de mai 1949, par C.-E. Willgoose et M.-L. Rogers, qui ont déterminé le Physical Fitness Index (P.F.I.) sur 153 étudiants de 18 à 30 ans, classés par Sheldon, et constaté que cet index était d’autant plus élevé que la mésomorphie était plus accentuée, d’autant plus bas que l’endomorphie était plus notable.
- L’Orientation professionnelle en Argentine est l’objet d’un exposé de Juan Kaplan, qui fait suite à ceux consacrés précédemment à la Nouvelle-Zélande, au Royaume-Uni, à la Belgique, la Pologne, la Suède et aux Etats-Unis, dans la Revue internationale du Travail d’août 1949 (LX, 2).
- L’épreuve des P, indiquée par Mira (et consistant à écrire, pendant 5 minutes, le plus de mots possibles commençant par cette lettre) a été utilisée par Oclavio de Freitas junior, à Pernambouc (Brésil) chez 139 sujets adultes employés de commerce, d’instruction primaire, comme test d’intelligence, obtenant en moyenne 25 mots (avec quartiles de 18 et 31), et il en rend compte comme d’un moyen pratique de sélection dans le Journal de Mcdicina de Per-nambuco de mai-juin 1949.
- La psychologie du guerrier est envisagée dans un article de Jean Cazeneuve publié en français par l’jEgyptian Journal of Psy-chology de juin-septembre 1949, à côté de divers articles de psychologie militaire en langue arabe.
- Le Bulletin xle la Société Alfred Binet (n° 390, août-septembre 1949) contient une nouvelle série de tests pour l’appréciation de l’intelligence des adolescents établie par Guy Trembelland, à Savi-gny, sur un millier de sujets de 13 à 18 ans (test T2 comprenant cinq épreuves rapides étalonnées en âge, de vocabulaire, de dessins de mémoire, d’images à interpréter, de textes et de fables à comprendre) ; à côté d’un chapitre de Th. Simon, sur le problème des aptitudes (n° 5 de son étude psychologique de l’enfant), on trouve un nouvel article de L. Bonnis sur les courbes du B. S., où, avec quelques réserves, est fyialement reconnue comme juste la critique sévère de Zazzo.
- Sauvegarde, de juin 1949, publie une conférence de J. Ajuria-guerra sur les troubles d’évolution de la mo'tricité, du langage et du caractère, à disfonctionnement conjoint, et une étude sur les histoires d’enfants comme méthode d’investigation et de traitement par Edith Herzog. Dans le numéro de juillet, le Dr Le Moal examine les problèmes d’orientation des caractériels,
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- Dans le Journal of general Psijchology, de juillet 1949 (t. 41, I), Jerry H. Clark examine les relations du test de maturité mentale de Californie avec le Wechslei’-Bellevue (corrélation globale de 0,81), tandis que Th.-F. Johnson indique le sens des recherches que réclame l’emploi diagnostique de ce test de Wechsler, en raison des contradictions qu’on relève à cet égard dans nombre de travaux.
- Dans son premier volume (fascicule 3, 1948), le Journal of Child Psychiatry contient, entre autres, une étude de Ernest Harms sur l’éveil à la conscience d’un symbolisme collectif subconscient comme méthode thérapeutique, en se fondant en particulier sur le dessin, d’après un cas de schizophrénie juvénile, un article de Charlotte Bühler sur l’influence de l’idéologie culturelle dans le training des enfanlg, et un examen par Hanna Colm de l’emploi du Rorschach chez les enfants pour éclairer les difficultés de leurs relations avec les parents.
- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE A L’ÉTRANGER
- Le IXe Congrès international de Psychotechnique par M. REUCHLIN
- Ce Congrès s’est tenu à Berne, du 12 au 17 septembre dernier, sous la présidence de M. Piéron, le Secrétariat général étant assumé par Mme Franziska Baumgarten. C’est M. Piéron et Mme Baumgarten qui ont réussi à mener à bien la tâche ingrate de renouer, après une interruption de quinze ans, la tradition des Congrès internationaux de psychotechnique. Les délégués de trente-deux nations, venus de quatre continents, s’y sont rencontrés, et cent-quarante communications figuraient au programme, rangées sous trois thèmes : « Rôle de la psychotechnique dans la vie sociale et politique », « Etude de la personnalité », « Analyse factorielle des professions ». C’est dire quels efforts d’attention ont été demandés au congressiste assidu, et combien il serait vain de prétendre, dans un cadre limité, essayer de signaler toutes les communications dignes d’intérêt. Il faut espérer qu’un volume puisse être publié, contenant le texte, ou au moins des analyses substantielles, de toutes les communications. Nous nous bornerons ici à dire quelques mots du discours d’ouverture de M. Piéron et à signaler les communications qui nous ont paru susceptibles d’intéresser davantage les Conseillers d’O. P., parmi celles que nous avons entendues.
- M. Piéron a fait le point de l’état actuel du problème individu-milieu. Il a rappelé l’antagonisme ancien entre ceux qui, comme Durkheim, pensaient que la Société n’est qu’une âme collective, qu’elle forme l’individu, et ceux qui, comme Tarde, pensaient que la Société est entièrement explicable par la psychologie des individus qui la composent. Il a remarqué, à travers les travaux de Blon-
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- del, de Gurvilch, de Moréno, que cette opposition s’atténuait. Il a fait une synthèse rapide des travaux effectués, notamment sur les jumeaux et les « enfants sauvages ». Après avoir nié la pseudo fatalité des transmissions génétiques, base erronée des théories racistes, il a exprimé l’opinion que l’homme était régi par ses mécanismes psychophysiologiques, mais que la très ancienne Société au sein de laquelle il vit a sur lui une action formatrice assurant la cohésion nécessaire des groupes humains.
- Nous avons eu ensuite des rapports généraux sur la personnalité et son étude par la méthode des tests, qui ont eu le grand mérite de donner des définitions et des têtes de chapitres fort utiles dans cette question embrouillée. Nous citerons celui de M. Bé-nassy et celui de M. Mira. Plus tard, M. Morali nous a parlé du test Z. de Zulliger, test de taches d’encre projetées sur un écran, dont il a soumis les résultats à une analyse factorielle. Signalons, dans le même domaine, la communication de M. Schützenberger et du Dr Duchêne qui se sont attachés à mettre leurs auditeurs en garde contre l’emploi du test de Szondi. Ils ont présenté des procédés de Szondi une critique très solide qui, faisant suite à un article de M. Duchêne et M. M.-P. Schützenberger « Quelques réserves sur la méthodologie du Docteur Szondi », peut, à notre avis, être considérée comme définitive. Ce résultat est à souligner ici, car il serait regrettable que les Conseillers d’O. P. utilisent une épreuve aussi incertaine.
- Mme Pacaud a traité de la méthode et des techniques expérimentales en psychologie. Dans sa conclusion, elle a mis en garde contre l’impatience injustifiée qui pourrait naître des imperfections provisoires de nos méthodes. Elle a condamné le slogan de la personnalité inacessible à l’analyse.
- Dans un tout autre domaine, une collaboratrice du professeur Ponzo (Rome) nous a présenté une étude bien conduite sur « les adolescents et le cinéma ».
- La formation du psycholechnicien a été également examinée par M. Frisby (Londres) dans sa communication « Training industrial psychologist » et par une réunion de quelques congressistes autour de M. Mira. On a insisté sur l’importance d’une solide formation théorique dans un grand nombre de domaines, formation théorique qui pourrait, pour M. Frisby, durer trois ans et correspondre au niveau de notre licence. La formation pratique, sous forme de stages, durerait deux autres années.
- M. Friedman a esquissé « quelques aspects psychologiques et sociaux du travail à la chaîne dans ses récents développements », et a rejoint, dans ses conclusions, le thème traité par M. Piéron.
- Une série de communications ont été consacrées à l’Orientation professionnelle proprement dite. Elles ont surtout consisté à rapporter les réalisations accomplies dans différents pays, entre autres la Belgique, l’Argentine, l’Italie, l’Israël et la Suisse. En nous gardant de tout chauvinisme, nous avons eu l’impression que les réalisations françaises soutenaient honorablement les comparaisons.
- M. Gille nous a fait un exposé très intéressant de quelques-uns des résultats de la vaste enquête faite sur 100.000 écoliers français à l’aide de son test mosaïque. La division des sujets en groupes selon leur sexe, leur âge et différents facteurs de milieu permet de savoir lesquels de ces facteurs sont liés aux résultats du test,
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- Trois communiçations nous ont semblé particulièrement intéressantes pour les Conseillers d’O. P. : celle de M. Degardin sur l’analyse factorielle d’échelles de motricité qui est parue dans le Travail Humain, n° 3-4 de 1949, et à laquelle nous renvoyons le lecteur ; celle de M. Lobet sur 1’ « étude de la valeur économique des gestes professionnels » et celle de M. Coetsier sur « La classification générale des professions aux Pays-Bas et en Belgique ».
- Nous attendions avec intérêt les communications relatives à l’analyse factorielle des professions, mais aucun Congressiste, à notre connaissance, n’a traité ce sujet.
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- Un banquet généreusement offert par les autorités suisses eut lieu à la fin du Congrès et se termina par des discours et des toasts.
- Dans une fort belle allocution, M. Piéron souligna que la vérité ne pouvait être cherchée, proclamée et défendue que dans un climat de liberté, et il but à la Vérité et à la Liberté.
- Ce toast nous a fait repenser à certaines communications que nous avions entendues, et dont nous nous bornerons à citer deux exemples.
- Certains orateurs ont assigné à la Psychotechnique des buts dont on voit difficilement par quels moyens expérimentaux ils pourraient être atteints, mais dont on voit fort bien par contre les idéologies et les intérêts qu’ils pourraient servir. Nous avons écouté avec un certain étonnement un délégué venu d’Espagne nous dire que la psychotechnique pouvait permettre d’assigner à chaque nation la catégorie de tâches auxquelles l’appelait son génie propre. C’est une doctrine contre laquelle nous avons eu à nous défendre déjà de 1940 à 1944, quand certains pensaient que le génie propre de la France la destinait exclusivement à l’artisanat, l’agriculture et l’élevage. Une psychotechnique scientifique pourrait-elle dans un avenir raisonnablement proche, résoudre objectivement de tels problèmes ? M. Piéron a fort justement émis quelques doutes à ce sujet.
- Nous avons également entendu, et lu, que « les chances de chômage sont multipliées parce que le nombre de ceux qui n’ont qu’une aptitude mécanique médiocre devient de plus en plus grand. » Cette conclusion ahurissante est amenée par des constatations sur l’hérédité prétendue de certaines aptitudes naturelles faites dans des conditions qui n’ont que de lointains rapports avec la méthode expérimentale.
- Ce qui constitue le trait commun à ces opinions, et à d’autres que nous ne citons pas, c’est qu’elles présentent à la fois un grand mépris ou (ce qui est plus dangereux) un pseudo respect des méthodes expérimentales et statistiques, et une tendance manifeste à résoudre les problèmes sociaux dans un sens peu équitable.
- Et c’est, là que nous rejoignons le toast de M. Piéron. Nous pensons en effet qu’il est important de défendre la vérité et la liberté contre ceux qui voudraient porter atteinte aux libertés individuelles fondamentales en se servant de la psychotechnique d’une façon contraire à la vérité scientifique telle qu’elle peut être établie par la méthode expérimentale.
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- Deux vœux ont été adoptés à Berne par l’Assemblée générale de l’Association internationale de Psychotechnique.
- En voici la teneur :
- « L’Association internationale de Psychotechnique, réunie à Berne pour son 9e Congrès,
- « Considérant que, dans de nombreux pays, toute liberté est donnée à des ignorants et à des charlatans de s’intituler pSycho-techniciens, et de s’introduire auprès des collectivités et des familles pour donner des conseils en ce qui concerne des organisations d’entreprises, des choix d’employés ou d’apprentis, des directives d’avenir pour des enfants et des adolescents, etc ;
- « Considérant que l’ignorance et de bas intérêts peuvent avoir des conséquences néfastes au point de vue tant individuel que social, en compromettant gravement la Psychotechnique,
- « Emet le vœu :
- « Que, dans chaque pays, soit organisée la profession de psychotechnicien, avec contrôle de compétence, tout comme pour la profession médicale et sur les mêmes bases, tant pour la formation générale que pour les préparations spécialisées. »
- .« L’Association internationale de Psychotechnique émet le vœu :
- « Oue les Associations professionnelles de psychotechniciens s’intéressent très activement à la formation et à la réglementation des études des futurs psychologues-praticiens.
- « Il est souhaitable (vœux déjà anciens de la Société internationale de psychotechnique) que les futurs psychologues praticiens aient une culture générale et une formation universitaire de base en psychologie, formation sanctionnée par un diplôme.
- « Avant d’être autorisé à exercer une des spécialisations de la psychologie, il est désirable de suivre une formation supplémentaire par des stages rigoureusement surveillés dans la pratique de la spécialisation ».
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- LA VIE DU CENTRE DE RECHERCHES DE L’INSTITUT NATIONAL D’ÉTUDE DU TRAVAIL ET D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- Validité des tests IVP1, ITP1, VI dans une série de centres d’apprentissage
- Nous avions signalé, dans une précédente note (B.I.N.O.P., 1-2 de 1949, p. 20-21) que la validité d’un test, calculée sur une série de groupes, variait largement d’un-groupe à un autre. Une partie de cette variation semblait systématique, les coefficients de validité les plus faibles se groupant, pour des tests différents, dans les mêmes groupes. Les sujets étaient 151 élèves d’un même établissement, divisés en six classes.
- Voici des constatations analogues, faites sur 400 élèves se répar-tissant en 19 sections (7 sections de mécanique, 7 sections de menuiserie, 2 sections de métaux en feuilles, 3 sections d’électricité), dans neuf centres d’apprentissage différents.
- Les questions des tests 1VP1 et ITP1 sont empruntés aux diverses fiches de iMme Piéron. Le premier porte sur du matériel, verbal : proverbes, contraires, séries de nombres, etc... Le second est composé de questions sur des engrenages, des poulies, des leviers, etc... Le test V 1 n’est autre que le Minnesota Paper Form Board, dans lequel on demande au sujet de dessiner les limites des morceaux d’une figure géométrique que l’on aurait découpée, la figure entière et ses morceaux étant donnés. Ces tests ont été subis par nos sujets (garçons de 14 à 15 ans) en juin 1947, à l’occasion de l’examen de recrutement des Centres d’apprentissage.
- Trois critères ont été utilisés dans chaque section. Ce sont les moyennes annuelles des notes scolaires obtenues dans le courant de l’année scolaire 1947-1948 (donc la première année de scolarité de nos sujets) dans les trois matières suivantes : atelier, technologie, dessin industriel.
- Toutes les notes données dans la même section concernent des élèves apprenant le même métier. Toutes les notes concernant, dans la même section, la même matière, ont été données par le même professeur. Nous n’avons pris en considération (à une exception près) que des sections de 15 élèves au moins. Pour modestes qu’elles soient, ces exigences ont limité considérablement le nombre de nos résultats.
- Ces résultats ont été rassemblés et en partie traités par les élèves de l’Institut au cours de leur stage de statistique.
- Nous les donnons ci-après en deux tableaux : le tableau 1 pour les sections Mécanique et Menuiserie, le tableau 2 pour les sections Mélaux en feuilles et Electricité. Dans ces tableaux, toutes les corrélations ont été multipliées par 100. Pour chaque section, on trouve, de gauche à droite, les validités des tests en fonction des critères Atelier, Technologie, Dessin, et, après une accolade, N, le nombre d’élèves dans la section.
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- Les validités rapportées dans les tableaux 1 et 2 ne doivent pas faire illusion. A cause du petit nombre de sujets par section, cha-
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- cune est entachée d’une erreur d’échantillonnage considérable. Les tableaux 3 et 4 permettront d’avoir une idée de l’ordre dp grandeur de cette erreur sur un coefficient donné. Le tableau 3 permet de transformer grossièrement les r des tableaux 1 et 2 en z (voir B.I.N.O.P., 5-6 de 1949, p. 88-91). Le tableau 4 donne l’erreur type o-z sur z pour un groupe d’effectif N. On sait que la valeur vraie Z de z a 95 chances sur 100 de tomber à l’intérieur de l’intervalle délimité par les limites de confiance z — 1,96 <rz et z + 1,96 o-z
- Pour connaître les limites entre lesquelles la valeur vraie correspondant à un coefficient des tableaux 1 et 2 a 95 chances sur 100 de se trouver, il suffit de transformer le r en z à l’aide du tableau 3, de lire sur le tableau 4 i’erreur type correspond au nombre de sujets sur lequel le coefficient a été calculé, de calculer les limites de confiance, et de les retransformer en r à l’aide du tableau 3. On verra que ces limites sont en général très écartées.
- Mais on peut tirer des tableaux 1 et 2 des renseignements moins imprécis en faisant des combinaisons de corrélations, comme il a été dit dans le B.I.N.O.P. 5-6 de 1949 (Remarquons que le nombre de cas est désigné par n dans l’article précédent et par N dans celui-ci).
- On trouvera ci-après, par exemple, les combinaisons faites, pour chaque test, et pour chaque métier, de l’ensemble des estimations de validité pour le critère « atelier » (tableau 5). On voit que, en général, le test IVP I semble moins valide que les deux autres. On voit aussi que nos prévisions en mécanique se vérifieront sans doute moins bien qu’en menuiserie ou en électricité.
- Ce sont là des constatations qui peuvent avoir un intérêt pratique. D’un point de vue plus général, ces données semblent appuyer l’idée selon laquelle les critères de réussite varient significativement d’un groupe à un autre. Les sujets qui constituent notre série de groupes ont même sexe, même âge, même niveau scolaire ; dans une série donnée de sections, tous apprennent le même métier. Les tests sont les mêmes partout et ont été partout appliqués dans les mêmes conditions. La dispersion de sujets à l’intérieur des Centres ne varie pas de la même façon que les coefficients de validité. Seule, une variation systématique du critère peut donc justifier une variation systématique des estimations de validité. Or, cette variation systématique des estimations semble bien exister. Si nous nous bornons à examiner la validité d’un seul test à la fois, nous constatons déjà, dans la série des sections « menuiserie », que la dispersion des coefficients observés pour le test IVP 1 et pour le test ITP 1 n’avait pas cinq chances sur 100 de se vérifier si toutes les estimations correspondaient à une même validité.
- On peut rendre les deux séries homogènes en écartant le Centre d’Asnières. Mais si, dans ce Centre d’Asnières, nous testons l’homogénéité des coefficients de validité des trois tests pour la même section « menuiserie », nous aboutissons à un y2 non significatif : 3,26 pour 2 degrés de liberté. Autrement dit, les coefficients « aberrants » tendent à se grouper, pour des tests différents, dans un même Centre. On peut faire la même constatation, par simple inspection des données, pour la série des validités « mécanique », des Centres comme Pantin ou, de nouveau, Asnières, tendant à rassembler les valeurs négatives. Ces constatations suggèrent bien l’idée de facteurs de réussite propre à ces Centres.
- Il faut donc être prudent, à notre avis, quand on invoque des
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- — 189 —
- facteurs de réussite qui seraient communs à tous les individus apprenant le même métier, même dans le cas privilégié où tous ces individus ont même sexe, même âge et même niveau scolaire.
- Tableau 1
- CENTRES TESTS MÉCANIQUE MENUISERIE
- Al Tec Des N Al Tec Des N
- 1VP 1 -20 —20 07 12 65 26 i
- Pantin 1TP 1 —12 — 12 05 43 25 67 53 21
- V 1 -07 24 17 46 67 53 \
- 1VP 1 23 54 17 68 74 56 /
- Aubervilliers ITP 1 45 61 09 38 51 61 51 16
- V 1 41 52 19 24 35 00 \
- IVP 1 61 13 61 )
- Montreuil ITP 1 61 -13 00 14
- V 1 00 29-16 )
- IVP 1 45 54 47 /
- Gennevilliers ITP 1 67 47 55 >15
- V 1 46 69 61 \
- IVP 1 11 56 00 81 00 81 /
- Clamart (Section A) ITP 1 46 31 30 23 78 -29 78 \ 15
- V 1 39 33 31 61 00 61 1
- IVP 1 29 48 40
- Clamart (Section B) ITP 1 36 36 54 23
- V 1 33 00 23
- / IVP 1 -24 33 23 ) 00 21 48 /
- Asnières " ITP 1 — 12 - 11 00 17 —09 20 36 21
- V 1 12 -11 23 44 17 58 \
- IVP 1 29 55 45 t
- Saint-Ouen ITP 1 15 30 29 16
- V 1 29 28 71 \
- IVP 1 00 03 21 ) 56 54 56 )
- Saint-Denis ITP I 13 52 26 33 67 24 28 18
- V 1 07 59 24 ) 16 40 55 \
- Tableau 2
- CENTRES TESTS MÉTAUX en FEUILLES ÉLECTRICITÉ
- At Tec Des N At Tec Des N
- IVP 1 14 40 15
- Clichy ITP 1 33 61 17 17
- V 1 67 51 30
- IVP 1 -31 —64 -73 39 00 41
- ! Pantin ITP 1 53 57 77 17 61 16 69 18
- V 1 53 45 35 28 16 42
- IVP 1 00 00 00 00 00 -26
- Saint-Denis ITP 1 47 16 13 18 -13 41 01 17
- V 1 11 00 40 65 00 29
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-
-
- - 190 —
- Tableau 3
- r .10 . la .20 .25 .30 .35 .40 .45
- z .19 .15 .20 .26 .31 .37 .42 .48
- r .50 .55 .60 .65 .70 .75 .80 .85
- z .55 .62 .69 .78 .87 .97 1.10 1.26
- Tableau 4
- N 10 15 20 25 30 35 40 50
- *z 0,38 0,29 0,24 0,21 0,19 0,18 0,16 0,15
- N 75 100 125 150 175 200 225 250
- *z 0,12 0,10 o,oy 0,08 0,08 0,07 0,07 0,06
- Tableau 5
- TEST MÉCANIQUE MENUISERIE METAUX EN FEUILLES ÉLECTRICITÉ
- r N r N r N r N
- IVP 1 .05 193 .54 99 — .13 35 .19 52
- ITP 1 .19 193 .58 99 .50 35 .30 52
- V 1 .20 193 .36 120 .32 35 .55 52
- CAUSERIES BIBLIOGRAPHIQUES
- Henri Desoille. — Cours de Médecine du Travail. — In-8 de 668 pages (en 2 volumes). Paris, Le François, 1949.
- Dans cet utile ouvrage on trouve, avec la leçon inaugurale du Prof. Desoille, dans sa chaire de médecine du travail, un résumé de l’ensemble des conférences dues à plusieurs collaborateurs, qui, depuis quelques années, forment un ensemble systématique pour la préparation du diplôme organisé par l’Institut d’hygiène industrielle et de médecine du travail. Parmi ces conférences, outre l’organisation du travail (M. Vallée) figure le rôle de la Psychotechnique, exposé par le Dr Coumétou, MUe Xydias et M. Reuchelin.
- P.
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- * *
- Charles Provost. — La Sélection des Cadres. — 1 vol. de la Collection Que Sais-je. Paris, P. U., 1949.
- Le Médecin en chef de la Marine, qui a eu à s’occuper des problèmes de sélection, donne sur la sélection des cadres un utile essai de mise au point, passant en revue les caractéristiques des chefs, la psychologie du commandement, les critères et les méthodes de sélection, envisageant, d’un point de vue pratique, la constitution d’un « jury de sélection » avec trois ,ou quatre examinateurs, faisant appel à des questionnaires, des épreuves individuelles, des épreuves de groupe, des entretiens et élaborant, au cours d’une
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-
- discussion en commun, une conclusion synthétique et., s’il est besoin, un classement en quelques grandes catégories. p
- i *
- * *
- Guy Palmade. — La Caractérologie. — Collection Que Sais-je. In-IG de 128 pages. Paris, P. U., 1949.
- Après une introduction générale où l’utilité de la détermination des caractères est soulignée et où les méthodes et les systèmes sont indiqués, l’auteur envisage, dans les cinq chapitres : en premier lieu la morphologie somatique et la caractérologie psychanalytique comme caractérologies causales, en second lieu la caractérologie clinique et la caractérologie corrélationnelle, enfin la « caractérologie des propriétés » (Malapert, Jaensch, Jung, Ileymans, Le Senne).
- Les données fournies sont nécessairement très succinctes et ne constituent guère que des indications, avec une tentative générale de classement situant les principales méthodes d’approche dans les trois groupes très différents en lesquels G. P. les a groupées.
- i * P.
- * *
- Frédy Chapuis. — Le test du labyrinthe. — In-8 de 141 pages. Berne. Hans Huber, 1949. Prix : 12 fr. 50 (suisses).
- L’auteur a systématisé l’épreuve de Portéus, avec trois types de labyrinthes rendus difficiles, et de difficulté croissante, qui doivent être parcourus d’un trait de crayon continu, à deux reprises. Des points de pénalisation ajoutés au temps d’exécution fournissent une valeur numérique, complétée par des observations sur le comportement du sujet. Appliqué dans les Chemins de fer fédéraux, le test a permis une appréciation de qualités intellectuelles et caractérielles importantes dans les professions envisagées.
- Des normes sont fournies et des exemples donnés (45 figures de labyrinthes) relatifs à diverses catégories de sujets (près de 1.500
- au total). P.
- . * -
- * *
- G. Labrunie. — Les études de 11 à 18 ans. Guide pour l'année scolaire 1949-1950. — Brochure de 158 pages. Librairie Paul Fer-ron, 42, rue Longue-des-Capucins, Marseille. Prix : 200 francs (franco 230 francs).
- Pour la septième fois, l’auteur — qui est secrétaire de l’Inspection Académique de Marseille — publie son guide, tenu parfaitement au courant, et qui est précieux pour les éducateurs et les Conseillers d’O. P.
- Les titres de la table des matières donnent une idée des services que ce guide peut rendre :
- I. La réforme de l’enseignement en cours d’élaboration (les classes nouvelles). — IL Orientation scolaire et O. P. — III. L’admission dans les classes de sixième. — IV. L’attribution des bourses nationales. — V. Les trois dernières années d’enseignement primaire. — VI. Les cours complémentaires. — VIL L’enseignement du second degré classique et moderne. — VIII. L’enseignement, technique. — IX. L’enseignement agricole. — X. Questions communes aux divers enseignements. —- XI, Les carrières ouvertes aux diplômés. Red.
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- LIVRES ENTRÉS RÉCEMMENT A LA BIBLIOTHÈQUE
- P. Naville. — Matériaux pour l’étude des problèmes d’adaptation de la main-d’œuvre juvénile. Paris, 1949.
- Bertrand Nogaro. — Eléments d’économie politique. 5° édition. Paris, 1949.
- Georges Dumas. — La Vie affective. — Presses Universitaires de France, 1948.
- Enquête sur le chômage. Institut scientifique de recherches économiques. et sociales.
- Tome I. — G. Letellier, J. Perret, H.-E. Zuber, A. Dauphin, Meunier. — Le chômage en France de 1930 à 1936. (Paris, 1938.)
- Tome IL — M. Bamberger, G. Letellier, R. Marjolin. — Les chômeurs d’après les fiches des fonds de chômage de Paris, Lyon et Mulhouse. (Paris, 1942).
- Tome III. — G. Letellier. — Dépenses des chômeurs et valeur énergétique de leur alimentation d’après les budgets de 265 familles. (Paris, 1949).
- Hélène Deutsch. — La Psychologie des Femmes. (Traduit par le Dr Hubert Benoit). — Presses Universitaires de France, 1949.
- Tome I. — Enfance et adolescence.
- Tome IL — Maternité.
- M. de Laet et E. Lobet. — Etude de la valeur économique des gestes professionnels. — Editions de Visscher, Bruxelles.
- Ch. Provost. — La sélection des cadres. — Collection Que Suis-Je ? — Presses Universitaires de France.
- Pierre Naville. — Psychologie, Marxisme, Matérialisme. Essais critiques. 2° édition revue et augmentée. — Paris, 1948.
- H. E scafit. — Le tests de Rorschach chez l’écolier de 10 à 14 ans. — Thèse présentée à la Faculté de Médecine et de Pharmacie de Lyon. 1948.
- Y. Memin. — Sur la hécessité d’une sélection psychique des engagés volontaires dans l’année. — Thèse présentée à la Faculté de Médecine et de Pharmacie de Lyon. 1948.
- Guy Lesage. — Une épreuve collective d’associations libres dite « Jung collectif ». Thèse présentée à la Faculté de Médecine et de Pharmacie de Lyon. 1948.
- James-S. Plant. — Personality and the Cultural Pattern. New-York. — The Coinmonwealth Fund. 1937.
- CHANGEMENT D’ADRESSE
- La section du Centre départemental obligatoire des Ier, 2e, 3° et 4e arrondissements, anciennement
- 20, rue du Renard (4e)
- est transférée à la
- Mairie du 3e arrondissement 98, rue des Archives
- Téléphone : TUR 56-80 Aile B Escalier B
- Métro : Temple, République, Arts et Métiers
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- TABLE DES MATIÈRES
- Tome V de la deuxième série (1949)
- ARTICLES
- Duchapt-Michel (Mme) : L’examen des aptitudes en vue du dossier d’orientation. — N° 11-12, p. 161.
- Gille (M.) : Essais sur l’Orientation professionnelle. — N° 1-2, p. 1.
- Piéron (Henri) : Du rôle de l’âge dans l’action du milieu sur le développement, mental. — N° 3-4, p. 33.
- Piéron (Mme Henri) : Test de l’ovale. — N° 3-4, p. 38.
- Talaric (G.) : Réflexions sur l’orientation professionnelle rurale. — N° 7-8, p. 97 ; n° 9-10, p. 129.
- Teste (P.) : Le charpentier en bois. — N° 5-6, p. 73.
- Xydias (N.) : Le Wiggly-Block. — N° 5-6, p. 65
- NOTES ET DOCUMENTS
- Aptitude au travail. — La question de l’aptitude au travail suivant le rythme imposé. — N° 5-6, p. 82.
- Association verbale. — Quelques données nouvelles sur l’utilisation du test d’association verbale. — N° 1-2, p. 10.
- Capacité mentale. — Du déclin précoce de la capacité mentale éprouvée par les matrices progressives. — N° 3-4, p. 46.
- Epileptiques. — L’utilisation professionnelle des épileptiques. — N° 1-2, p. 11
- Facteurs génétiques. — Le rôle des facteurs génétiques dans la détérioration mentale de la vieillesse. — N° 9-10, p. 146.
- Facteur d’intelligence technique. — La question toujours controversée de l’âge d’apparition d’un facteur d’intelligence technique. — N° 7-8, p. 106.
- Folie. — Génie et Folie. — N° 11-12, p. 169.
- Geste scriptural. — Une analyse scientifique du geste scriptural. — N° 5-6, p. 81.
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- 194 —
- Habileté mécanique. — Les essais d’interprétation factorielle du test d’habileté mécanique de Mac Quarrie. — N° 1-2, p. 9.
- Intelligence technique. — La question toujours controversée de l’âge d’apparition d’un facteur d’intelligence technique. — N° 7-8, p. 106.
- Interprétation factorielle. — Les essais d’interprétation factorielle du test d’habileté mécanique de Mac Quarrie. — N° 1-2, p. 9.
- Jumeaux. — Enquête sur les jumeaux. — N° 11-12, p. 171.
- Orientation professionnelle. — Orientation professionnelle et planification. — N° 9-10, p. 147,
- Orientation des retardés scolaires. — L’orientation des retardés scolaires, d’après le Docteur Le Moal. — N° 3-4, p. 48.
- Personnalité. — Un cadre systématique pour la description de la personnalité. — N° 11-12, p. 174.
- Planification. — Orientation professionnelle et planification. — N° 9-10, p. 147.
- Population active. — La répartition de la population active en 1946. N° 9-10, p. 148.
- Profils. — Un coefficient de similitude des profils. — N° 7-8, p. 108.
- Psychologie en A.O.F. — La psychologie en A.O.F. — N° 7-8, p. 109.
- Psychotechnique. — Une conception ambiguë de la psychotechnique. — N° 3-4, p. 42.
- Retardés scolaires. — L’orientation des retardés scolaires, d’après le Docteur Le Moal. — N° 3-4, p. 48.
- Rythme imposé. — La question de l’aptitude au travail suivant le rythme imposé. — N° 5-6, p. 82.
- Similitude des profils. — Un coefficient de similitude des profils. — N° 7-8, p. 108.
- Test d’association verbale. — Quelques données nouvelles sur l’utilisation du test d’associaiton verbale. — N° 1-2, p. 10.
- Test d’habileté mécanique.. — Les essais d’interprétation factorielle du test d’habileté mécanique de Mac Quarrie. — N° 1-2, p. 9.
- Vieillesse. — Le rôle des facteurs génétiques dans la détérioration mentale de la vieillesse. — N° 9-10, p. 146.
- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE A L’ÉTRANGER
- Conférence internationale du Travail de San-Francisco, 31e session. 17 juin-10 juillet 1948.. — N° 1-2, p. 22.
- Le Ier Congrès national italien d’O. P. — N° 3-4, p. 58.
- Le IXe Congrès international de Psychotechnique. — N° 11-12, p. 183. L’orientation professionnelle en Bulgarie. — N° 5-6, p. 92
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- — 195
- L’orientation professionnelle en Pologne. — N° 5-6, p. 92.
- L’orientation professionnelle en Belgique. — N° 5-6, p. 92.
- L’orientation professionnelle en Italie. — N° 5-6, p. 93.
- Réorganisation des écoles normales en Autriche. — N° 9-10, p. 153.
- A TRAVERS LES REVUES
- A travers les Revues. — N° 1-2, pv 12 ; n° 3-4, p. 49 ; n° 5-6, p. 83 ; n° 7-8, p. 112 ; n° 9-10, p. 151 ; n° 11-12, p. 180.
- INFORMATIONS
- Informations. — N° 1-2, p. 16 ; n° 3-4, p. 52 ; n° 5-6, p. 87 ; n° 7-8, p. 115 ; n° 9-10, p. 149 ; n° 11-12, p. 178.
- LA VIE DE L’INSTITUT NATIONAL D’ÉTUDE DU TRAVAIL
- ET D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- La Vie de l’Institut national. — N° 7-8, p. 124.
- LA VIE DES CENTRES D'O. P.
- N° 7-8, p. 127.
- LA VIE DU CENTRE DE RECHERCHES DE L’I. N. O. P.
- N° 1-2, p. 18 ; n° 3-4, p. 55 ; n° 5-6, p. 88 ; n° 7-8, p. 116 ^n° 9-10, p. 153 ; n° 11-12, p. 187.
- CORRESPONDANCE
- N° 1-2, p. 28.
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- Brewer (J.). — History of vocational Guidance. Origines and early development. — N° 5-6, p. 95.
- Baumgarten (Franziska). — Orientation et sélection professionnelles par l’examen psychologique du caractère. — N° 9-10, p. 158.
- Ghapuis (Frédy). — Le test du labyrinthe. — N° 11-12, p. 191.
- Desoille (Henri). — Cours de Médecine du Travail. — N° 11-12, p. 190.
- Gesell (A.) et Ilg (F.-L.). — L’enfant de 5 à 10 ans. — N° 9-10, p. 159.
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- — 190 —
- Gesell (A.) et Ilg (F.-L.). — Le jeune enfant dans la civilisation moderne. — N° 9-10, p. 159.
- Goguelin (Pierre). — Méthodes élémenlaires de calcul statistique. — N° 3-4, p. 64.
- Guilamin (Edouard). — Test moteurs et tests psychomoteurs. — N° 5-6, p. 95.
- Labrunie (G.). — Les- études de 11 à 18 ans. Guide pour l’année scolaire 1949-1950. — N° 11-12, p. 191.
- Maucorps (Paul). — Psychologie militaire. — N° 9-10, p. 159.
- Morgan (C.-T.). — Psychologie physiologique. — N° 9-10, p. 159.
- Palmade (Guy). — La Psychotechnique. — N° 9-10, p. 159.
- Palmade (Guy). — La participation des organisations professionnelles à la vie économique et sociale en France. — N° 1-2, p. 32.
- Palmade (Guy). — La Caractérologie. — N° 11-12, p. 190.
- Pichot (Pierre). — Les tests mentaux en Psychiatrie. — N° 9-10, p. 159.
- Piéron (Henri). — La psychologie différentielle. — N° 7-8, p. 127.
- Provost (Charles). — La Sélection des cadres. — N° 11-12, p. 190.
- Wallon (Germaine). — Les notions morales chez l’enfant. Essai de psychologie différentielle. — N° 3-4, p. 64.
- Wallon (H.). — Les origines du caractère chez l’enfant. — N° 3-4, p. 64.
- Woodworth (R.-S.). — Psychologie expérimentale. — N° 9-10, p. 159.
- LIVRES ENTRÉS A LA BIBLIOTHÈQUE
- Livres entrés à la Bibliothèque. — N° 5-6, p. 96 ; n° 7-8, p. 128 ; n° 9-10, p. 160 ; n° 11-12, p. 192.
- AGEN. - IMPRIMERIE MODERNE, 43. RUE VOLTAIRE
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- SERVICES DE L'INSTITUT
- Tél. Odéon 52-46
- SECRETA RI A T GÉNÉRAL
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- Chef de Service : Mme Benassy-Chauffard.
- CENTRE D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE Chef de Service : Mlle Nepveu.
- CENTRE DE RECHERCHE DES TESTS Chef de Service : Mme Henri Piéron.
- CENTRE DÉTUDES ET DE RECHERCHES DOCUMENTAIRES Directeur : M. Doladille.
- • *
- * *
- Le Secrétariat est ouvert chaque jour non férié, de 9 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures.
- La Secrétaire générale reçoit le lundi, de 14 h. 30 à 18 heures ; le jeudi de 14 h. 30 à 16 h. 30, et sur rendez-vous.
- La Bibliothèque est ouverte chaque jour non férié, de 14 heures à 18 heures.
- Le Centre d’Etudes et de Recherches Documentaires est ouvert chaque jour ouvrable, de 9 heures à 12 heures (y compris le samedi matin), et de 14 heures à 18 heures, sauf le samedi.
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- • *
- Pour les consultations d’Orientation professionnelle, adresser une demande de rendez-vous au Chef du Centre d’Orientation Professionnelle.
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- SOMMAIRE
- Pages
- I. — Mme Duchapt-Michel : L’examen des aptitudes en vue du
- dossier d’orientation.................................... 161
- II. — Notes et Documents : Génie et Folie........................ 169
- Enquête sur les jumeaux.................................... 171
- Un cadre systématique pour la description de la personnalité. . 174
- III. — Informations................................................ 178
- IV. - A travers les Revues......................................... 180
- V. — L’O. P. à l’étranger...................................... 183
- VI. — La Vie du Centre de recherches de l’I.N.O.P................. 187
- VII. — Causeries bibliographiques.................................. 100
- VIII. — Table des matières du Bulletin de l’Année 1949 ............ 193
- Bulletin de l'Institut National d’Etude du Travail
- et d'Arien talion Professionnelle
- * ___________________________
- rédacteur EN chef : Mme Henri PIÉRON SECRÉTAIRE DE LA RÉDACTION : M. M. REUCHLIN
- LES ABONNEMENTS PARTENT DU 1er JANVIER
- A. B OIVIV EMENÏ s
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- Pour les anciens élèves de l’I. N. E. T. O. P. : 350 francs
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