Bulletin de l'Institut national d'orientation professionnelle
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- • 2» Série. 6* Année
- N“ 1-2
- Janvier-Février 1950
- Bulletin de l’Institut National D’ÉTUDE DU TRAVAIL
- et
- D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- RÉFLEXIONS
- SUR L’ENQUÊTE POUR LE CONTROLE DE L’O. P.0’
- par
- Henri PIÉRON
- La généralisation progressive de l’orientation professionnelle, qui a dissipé les quelques résistances initiales, permet de commencer à se rendre compte de ses succès et de ses échecs, et de la valeur exacte de son apport dans l’organisation sociale. Aussi l’Institut national d’Etude du Travail et d’Orientation professionnelle, en accord avec la Direction de l’Enseignement technique, a-t-il mis à l’ordre du jour de la quinzaine de perfectionnement organisée en 1949 pour les conseillers d’orientation la question du contrôle des résultats obtenus dans les offices français, et une grande enquête a été entreprise dans ce but, dont les résultats objectifs permettent une très utile mise au point.
- Les données générales sont relevées avec une précision statistique impitoyable, qui, tout en réfrénant les illusions d’un optimisme trop enthousiaste, est de nature à confondre un scepticisme, que l’on rencontre encore trop souvent dans les milieux très cultivés. Dans l’ensemble, on peut souligner une grande homogénéité dans les résultats des divers centres, ce qui témoigne d une formation satisfaisante des conseillers responsables, dont on exige l’obtention d’un diplôme apportant de sérieuses garanties.
- Un premier point se dégage : Le Conseil est suivi dans la très grande majorité des cas, nettement plus des quatre cinquièmes.
- (1) Cet article sera la Préface d’une brochure à paraître vers la fin de mars rendant compte de l’enquête faite par l’I.N.E.T.O.P., enquête exposée et commentée dans la quinzaine de perfectionnement organisée en 1949 pour les Conseillers d’Orientation.
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- Or, le conseil s’oppose aux solutions de facilité qui permettent le gain immédiat ; dans près de la moitié des cas, ce sont justement des raisons économiques ou familiales qui ont empêché de suivre le conseil, en faisant préférer la solution de facilité, comme l’enquête particulièrement poussée de la consultation de l’Institut a permis de l’établir. Le conseil d’orientation contribue donc puissamment à la qualification ouvrière.
- En second lieu la réussite professionnelle, au bout de 3 ans, est presque constante quand le conseil a été suivi : les échecs ont été inférieurs à 3 %. En revanche, pour ceux qui n’ont pas suivi le conseil, plus de 17 \% ont échoué dans la voie qu’ils avaient choisie et ont dû l’abandonner (2). Il y a donc une efficacité notable de l’examen d’orientation, bien que les conditions actuelles ne permettent encore qu’un examen trop sommaire.
- Un troisième point a trait à la satisfaction rencontrée par les intéressés dans l’exercice de la profession. Ici, évidemment, il n’y a pas de critère objectif, et on ne peut s’attendre à ce que ceux qui n’ont pas suivi le conseil qu’on leur a donné, avouent facilement qu’ils ont eu tort en se déclarant mécontents. Il y a donc fort peu de mécontents. Mais on décèle ce mécontentement de façon indirecte, par la manifestation d’un regret de n’avoir pas choisi un autre métier.
- Or près d’un tiers de ceux qui n’ont pas suivi le conseil (30,5 %) expriment ce regret, au lieu de moins d’un dixième (9,8 %) chez ceux qui ont suivi le conseil.
- Dans l’enquête plus détaillée faite à l’Institut même, une réelle satisfaction se déclare chez 82 % des enfants ayant suivi un conseil conforme à leur goût (1), et chez 50 % de ceux qui ont suivi le conseil à l’encontre de leur goût, enfin chez 46 % seulement de ceux qui ont suivi leur goût à l’encontre du conseil. Les raisons de non satisfaction sont d’ailleurs parfois très contingentes. Cela montre bien, ce à quoi l’on pouvait s’attendre, que la coexistence des goûts et des aptitudes assure au mieux l’avenir professionnel d’un adolescent, son succès et sa satisfaction, mais que, en dehors d’une détermination des aptitudes, les goûts — qui ne se manifestent pas toujours et ne sont pas
- (2) Dans une enquête de l'Institut de Psychologie industrielle de Londres portant sur 321 cas seulement, avant la guerre, on notait 13 % d'échecs dans le cas où le conseil était suivi et conforme aux goûts de l'enfant, 20 % quand le conseil allait contre les goûts, mais 50 % quand les goûts étaient suivis, contre le conseil.
- (1) Dans un questionnaire adressé aux Etats-Unis à des travailleurs ayant reçu un conseil d'orientation, 82 % reconnurent la valeur et l'utilité du conseil qu'ils avaient reçu, d'après Rose G. Anderson (Journal of Applied Psychology, 33, 5, 1949).
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- d’une stabilité certaine (2) — conduisent à un pourcentage élevé d’écliecs.
- On sait bien, en matière humaine, aussi bien en ce qui concerne la sélection ou l’orientation professionnelle que la médecine, qu’il n’est pas possible d’escompter 100 % de succès et qu’un déchet est inévitable. Diminuer ce déchet, et dans ce but, connaître sa grandeur, si possible même ses causes, est essentiel pour assurer ce perfectionnement des méthodes, auquel on s’est attelé en France depuis la fondation de l’Institut en 1928.
- Que des progrès soient désirables et possibles, cela ne fait pas de doute, mais en faisant le point actuellement, on peut déjà se rendre compte de ce que la généralisation de l’orientation professionnelle apporte à la nation.
- Un échec professionnel aurait pu être évité dans 15 % des cas, où le conseil n’a pas été suivi. Sur 200.000 enfants examinés annuellement — en attendant que tous le soient en fin de scolarité primaire comme l’impose la loi — si 35.000 sont actuellement indociles, cela comporte 5.000 échecs professionnels et 10.000 cas de non Satisfaction réelle.
- Si l’on arrivait à convaincre pleinement les familles de l’utilité pour leurs enfants du conseil d’orientation, ce déchet pourrait être considérablement réduit. Mais, s’il n’y avait pas de conseil, pour les 165.000 autres enfants, combien y aurait-il chaque année d’échecs professionnels et d’états de mécontentement supplémentaires, qui se trouvent évités, grâce à l’organisation de l’orientation professionnelle ?
- N’y a-t-il pas là, pour ceux qui ont travaillé et lutté en faveur de cette application sociale d’une nouvelle technique humaine, un réel motif de satisfaction et d’orgueil ?
- (2) D'après l'enquête de l'Institut, après trois ans, dans 62 % des cas, les goûts étaient restés les mêmes ; l'instabilité dépasse donc un tiers des cas.
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- ESSAI D’APPLICATION DE TESTS SUR LES RECRUES D’AFRIQUE NOIRE
- par le
- Lieutenant FRANÇOIS
- Officier du Génie en A. O. F.
- Le besoin impérieux d’étudier et de classer rapidement les jeunes gens incorporés, s’était posé une première fois à l’armée américaine préoccupée au cours de la première guerre mondiale (1914-1918), d’utiliser au maximum dans les services ou unités d’une armée moderne des recrues peu habituées, non seulement, à la technique, mais même aux manières de penser et d’agir proprement européennes.
- On fit appel à deux séries de tests, Army Alpha et Army Beta.
- Les premiers s’adressaient aux sujets sachant parler, lire et écrire l’Anglais, permettant d’orienter les 2.000.000 de recrues vers les postes d’emplois d’une armée moderne, tout en sélectionnant : 1° les sujets susceptibles d’être élèves gradés ou officiers ; 2° les intelligences développées pouvant recevoir une formation accélérée.
- L’autre série, Army Beta, s’adressait aux sujets ne parlant pas ou parlant mal l’Anglais, aux illettrés, même à des infirmes (sourds-muets) ou déficients.
- Vingt-cinq ans après, la même nécessité s’imposait aux armées anglaises et américaines, en 42 et 43, mais sur une échelle encore plus vaste, puisqu’il fallait pour la première, mobiliser tout le « Commonwealth britannique », et pour la seconde, incorporer ces immenses populations des U.S.A. faites partiellement de noirs, d’indiens, de métis, d’immigrés d’origines, de formation, et de langues très différentes.
- Mais quand il s’agit d’appliquer une batterie de tests à des recrues d’A.O.F. dans des buts, toute proportion gardée, analogues à ceux poursuivis en 14-18 ou 42-43, il convient de ne pas comparer strictement... les noirs américains, parlant une même langue, ayant dans de fortes proportions une instruction au moins élémentaire ou même les originaires de Nouvelle-Zélande eux aussi parlant anglais et partiellement éduqués à l’européenne, d’une part, et, d’autre part les Autochtones de l’Afrique Occidentale Française, de races et langues si diverses et dont un grand nombre est à peine touché par la culture occidentale.
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- D’ailleurs il est fait une distinction au point de vue de leur statut militaire entre les « Africains » proprement dit : Guinéens, Bambaras, Mossi, etc., et les « originaires » citoyens des quatre communes de plein exercice du Sénégal, en contact depuis des générations avec la culture française.
- Beaucoup de ces « originaires » en effet, savent couramment lire et écrire et parfois même sont titulaires du certificat d’études.
- La batterie normale de Tests de S.S.P.A.T. pourraient être appliquée à certains d’entre eux, avec peut-être quelques modifications.
- On a expérimenté sur une vingtaine de jeunes soldats d’une unité en A.O.F., « originaire » de Dakar, Rufisque ou St-Louis, la fiche d’aptitudes techniques de M. et Mme Piéron, utilisée dans de nombreux organismes d’Orientation Professionnelle de la région parisienne.
- Cette fiche se compose de deux cahiers (A et B) comportant des tests variés et d’une exécution très courte (1 à 6 minutes) ; chaque test comportant une consigne lue par l’observateur et ne nécessitant pas absolument la lecture d’une question par le sujet. Ces cahiers permettent de déceler 4 groupes d’aptitudes :
- Observation et compréhension spatiale (5 épreuves) : Placer des lettres dans un tableau ;
- « Epreuve de dessin géométrique ;
- Placer des points dans une figure géométrique :
- Epreuve de marqueterie ;
- Itinéraires entrelacés.
- Imagination spatiale (6 épreuves) :
- Rotation de figures dans l’espace ;
- Reconstitution de figures géométriques ;
- Représentation spatiale (2 épreuves) ;
- Puzzle ;
- Evaluation de longueurs.
- Intelligence mécanique (5 épreuves) :
- Equilibre de poids ;
- Poids et vitesses ;
- Poids et leviers ;
- Coupes d’objets ;
- Engrenage de roues.
- Compréhension de mouvements (4 épreuves) ;
- Mouvement de roues (3 épreuves) ;
- Engrenage de roues.
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- En utilisant l’étalonnage par « déciles » établi par M. et Mmo Piéron pour les jeunes gens sortant des écoles primaires de Paris, on a obtenu pour ces originaires du Sénégal un profil se rapprochant de la moyenne, avec toutefois cette constatation que les sujets testés se sont moins bien classés dans les tests de compréhension ou d’imagination spatiale, que dans les épreuves de compréhension de mouvements ou d’intelligence mécanique.
- Quant à « l’exploration » psychotechnique des Autochtones d’Afrique noire, les « Africains » proprement dit, elle n’en est encore qu’aux premiers tâtonnements.
- Mais bien que l’instrument soit susceptible de bien des perfectionnements, on peut déjà tenir compte de certaines observations.
- 1° Le test « papier crayon » doit être proscrit, ou réduit à une application mécanique : par exemple, Barrage de signes, labyrinthe, etc.
- Il faut donc éviter, en principe, l’emploi de « tests verbaux » nécessitant la lecture de questions ou réponses par chiffres inscrits ou même barrés.
- .2° Difficulté d’emploi de tests collectifs : ou tout au moins, réduire leur application à un petit nombre de sujets, permettant le contrôle, la rectification, même l’étude du comportement du sujet par l’expérimentateur. On peut envisager si besoin est, et tenant compte de la formation d’aides déjà expérimentés, l’emploi d’un personnel testeur plus nombreux, par exemple un surveillant pour cinq ou six sujets.
- En effet, il est utile d’étudier et de noter l’attitude du sujet, son adresse ou ses hésitations, son calme ou son impatience devant l’échec. De telles observations inscrites au fur et à mesure de l’épreuve, si elles n’interviennent pas dans la notation du test et le classement, ont une valeur indicative précieuse pour la connaissance du tempérament et du caractère du jeune soldat, et peuvent remplacer partiellement, pour l’établissement d’une fiche psychologique élémentaire, l’entretien rendu difficile par l’absence d’une langue commune.
- 3° Employer de préférence des tests « appareils » pouvant d’ailleurs être simplifiés : Cubes de Kohs, plaque à ficelle de Gille, plaque à pointillage, plaque à encastrement de figures géométriques (plançhe de Séguin ou planche de Minnésota), remontage de cubes, plaque à boulonnage, etc.
- Ces tests exigent en général une consigne très simple, plus « manuelle » que verbale et susceptible d’être comprise par l’exemple des gestes de l’examinateur même lorsque le sujet ne comprend pas la langue.
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- 4° Avantage de ces tests : ce sont des épreuves très courtes, ne fatiguant pas l’attention des sujets, permettant un emploi collectif — 5 à 6 sujets pour un seul examinateur, provoquant ainsi l’émulation des « concurrents » (course de vitesse).
- Les premiers essais ont porté sur une batterie constituée ainsi :
- A. — Cube de Kohs, épreuve qui permet de mesurer :
- — La compréhension des formes géométriques ;
- — Le raisonnement logique ;
- — La combinaison dans l’espace ;
- — La faculté d’analyse.
- En un mot, se rapproche quand au résultat recherché du test Matrix de Penrose et Raven, donnant ainsi un indice d’intelligence, indépendant de toute instruction ou connaissances scolaires.
- Ce test, dont le matériel comporte des cubes de 2 cm5 d’arête dont les six faces sont respectivement jaune, bleue, rouge, blanche, jaune-bleue, rouge-blanche en diagonales et des planches découpées de quadrilatère, exige la reconstitution, d’après modèle, de figures géométriques de complexité croissante.
- La notation de cette épreuve s’effectue en comptant 1 point par cube correctement placé.
- B. — Test de barrage Toulouse-Piéron qui permet de mesurer l’attention, la rapidité et la précision. Il comporte une feuille de 1.600 signes répétant huit modèles différents, petits carrés portant un tiret soit sur un côté soit sur un angle. Un modèle de l’un de ces carrés est montré au sujet qui doit « aussi vite et aussi bien » que possible, barrer tous les signes identiques au modèle. La notation tient compte :
- 1° De la vitesse (nombre de signes examinés à la minute) ;
- 2° Du nombre d’erreurs (signes oubliés ou barrés à tort).
- La note finale s’obtient par la formule Y (vitesse) — E (erreurs).
- D. Trois tests de motricité et de dextérité manuelle impliquant une compréhension mécanique élémentaire.
- 1° Plaquette de M. Gilles, consiste en une plaque en contreplaqué percée de six lignes de quinze trous soit 90 trous. Au premier trou est attaché un lacet d’un mètre trente environ, qu’il s’agit d’enfiler successivement dans les trous en tirant chaque fois le lacet jusqu’au bout, la note correspondant au nombre de trous enfilés dans le temps fixé soit 5 minutes.
- 2° Assemblage de cube, comporte 6 plaques métalliques car-
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- rées, dont chaque côté est muni de « charnons » et 12 broches cylindriques. Les plaques carrées s’assemblent deux à deux par chacun de leur côté à l’aide des broches enfilées dans les charnons. Notation, 1 point par pièce ajustée correctement dans le temps fixé pour la confection du cube, soit une minute.
- 3° Piquetage de chevilles, consiste en une plaquette (celle du test n° 1 par exemple, dont on enlève ou déroule le cordonnet) percée de trous. Une boîte de chevilles en bois ou métal de 4 centimètres de long sur 4 millimètres de diamètre est placé devant le sujet « à longueur de bras », c’est-à-dire qu’il doit chaque fois allonger la main à fond, pour saisir une seule cheville à la fois et la poser dans les trous successifs de la plaquette aussi rapidement que possible.
- L’épreuve est exécutée une première fois avec la main droite (durée une minute), puis avec les deux mains (durée une minute). Notation, 1 point par fiche posée dans un trou, d’abord de la main droite, puis des deux mains ; une troisième note donne le degré « d’ambidextrie » du sujet, par la soustraction des deux nombres précédents, cette dernière note pouvant être soit positive, soit négative, soit « nulle », lorsque le nombre de fiches placées est égal d’une main ou des deux.
- Afin de conserver et contrôler les résultats de cette batterie, un cahier a été ouvert, dont chaque page est réservée à un sujet.
- La conservation de ces résultats, lorsqu’un nombre important d’individus aura été testé d’après la même batterie, permettra d’établir l’étalonnage de chaque test, c’est-à-dire que la note obtenue permettra de situer, de classer le sujet par rapport aux autres individus d’une série plus ou moins nombreuse (cent ou mille par exemple).
- L’on sait en effet que l’emploi de la psychotechnique sur une vaste échelle, par l’application des tests collectifs, n’a pas pour but de qualifier d’une manière aboslue le sujet testé, mais de la comparer à l’ensemble de la population ou tout au moins des individus ayant subi les mêmes épreuves, parce que c’est sur cet ensemble que doit porter le choix.
- Cela est encore plus vrai en matière de psychotechnique militaire, et plus vrai encore lorsqu’elle s’applique à des recrues d’Afrique Noire.
- Il importe peu de savoir si le tirailleur ou canonnier ou le futur tirailleur ou canonnier Dienta Maro est intelligent ou non. Il est plus utile de savoir qu’il est plus intelligent que 75% de ses semblables, moins intelligent que 25 % des autres africains testés en même temps que lui.
- Il importe peu de savoir si le sapeur ou futur sapeur Séri
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- Traoré est adroit. On ne veut pas mettre en doute l’habileté manuelle des Africains dont les masques sculptés, les outils aratoires, taillés en plein bois, les travaux de cuivre ou de cuir sont le témoignage, mais il peut être intéressant de savoir que le même Séri Traoré est plus rapide que 80 % de ses camarades lorsqu’il s’agit de manipuler un cordage et de le faire passer rapidement et avec méthode dans des ouvertures, qu’il réussit plus vite que 70 % de ses camarades, le montage d’un cube dont les pièces métalliques s’assemblent d’une façon analogue aux éléments d’un pont M2.
- Et enfin, pour en revenir à l’intelligence, celle-ci, en ce qui concerne l’objet de notre étude, ne serait-elle pas avant tout 1’ « aptitude » du sujet à comprendre plus ou moins parfaite-ment ce qu’on lui demande, à réaliser plus ou moins exactement ce qu’on attend de lui.
- Là encore, un classement par « sextiles » ou « déciles », permettrait de noter le « degré » de compréhension du sujet par rapport aux autres, (25 % qui comprennent et exécutent rapidement, 50 % qui comprennent plus ou moins vite et exécutent avec plus ou moins d’hésitation, 25 % enfin qui ne comprennent absolument pas ce qu’on leur demande, ou si peu... et incapables d’exécuter autre chose que des consignes tout à fait élémentaires) .
- On obtiendrait donc, en vue d’une orientation éventuelle un classement des sujets en :
- — Apte à un apprentissage technique rapide (conducteur auto ou même mécanicien) ;
- — Apte à l’emploi de manœuvre semi-spécialisé (pontonnier ou même artificier) ;
- — Combattant du rang ;
- — Manœuvre sans aucune qualification intellectuelle ou technique.
- De même on pourrait plus rigoureusement détecter les futurs gradés.
- Mais ces considérations dépassent, de beaucoup la compétence et les possibilités de l’auteur de ces lignes.
- Il ne saurait préjuger des perspectives que la pratique étendue des tests pourrait ouvrir en matière de sélection ou d’orientation des appelés Africains, non plus que des progrès qu’une pratique de l’orientation professionnelle appliquée sur une vaste échelle parmi les écoliers d’A. O. F. pourrait apporter à la mise en valeur de ces territoires par des Autochtones choisis pour leurs aptitudes à recevoir une formation manuelle qualifiée.
- L’auteur se propose simplement de poursuivre ces expériences
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- dans un cadre étroit, où elles n’en présentent pas moins un passionnant intérêt.
- Lieutenant R. François, Officier du Génie en A.O.F.
- USINES SANS PERSONNEL
- par
- A. VEXLIARD
- Il semble que les Conseillers d’O. P. et les Sélectionneurs auraient intérêt à se tenir au courant des nouveaux modes de production, vraiment révolutionnaires, qui, depuis la guerre surtout, tendent à s’installer dans les industries les plus diverses. Nous donnerons ici quelques indications sur le fonctionnement des « usines 'sans personnel ». Il ne s’agit pas là d’une anticipation hardie, ou de faits qui ne touchent que l’industrie américaine, mais de réalisations actuellement en cours dans le monde entier. En France, plusieurs revues spécialisées, s’adressant aux industriels et aux techniciens sont consacrées aux multiples applications de Vélectronique à la production industrielle.
- La mécanisation de la chaîne humaine. — L’une des premières phases de l’organisation et de la rationalisation de la production, fut celle du taylorisme, du système Bedeau, du fayo-lisme. On s’est attaché à l’étude des temps et des mouvements élémentaires de l’homme, intégré dans la production. La décomposition systématique des tâches successives a abouti à la création de chaînes humaines. Le but que l’on se proposait d’atteindre par ce moyen était d’accroître le rendement de la main-d’œuvre, d’abaisser le prix de revient. Chaque travailleur de la chaîne, considéré comme une unité de production, n’était plus appelé à exécuter que quelques gestes simples, élémentaires, ne demandant aucun apprentissage préalable, aucune connaissance spéciale. Le geste humain dans le cadre de la production devient de plus en plus simple, de plus en plus mécanique. De là à imaginer le remplacement de l’homme par une machine il n’y avait qu’un pas à faire. C’est ce qui a été réalisé dès avant la guerre, nous verrons comment.
- Les techniciens dressent la liste des opérations prévues. On prépare ensuite un rouleau de carton perforé, analogue à celui des orgues de barbarie. Les perforations correspondent au genre et à la durée des opérations qui doivent être exécutées.
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- Ce rouleau qui constitue l’enregistrement-pilote est introduit dans un clavier de commande où il se déroule à vitesse constante, sous un balai métallique, qui transforme les perforations en impulsions électriques transmises à la salle de production. La position des perforations assure la synchronisation des multiples opérations de la production.
- Chaque machine-outil de la chaîne est munie de deux bras mécaniques, qui saisissent l’un, les pièces à usiner, l’autre les instruments. Les opérations d’un poste une fois terminées, la pièce passe automatiquement au poste suivant. C’est de cette manière que s’accomplissent les opérations successives : laminage, découpage, poinçonnage, sciage, emboutissage, assemblage, polissage, peinture, emballage, avec une minutie et une précision rarement atteintes par l’homme.
- Bien entendu, il est encore plus facile de faire accomplir par ce procédé toutes les opérations de transport et de manipulation.
- Ajoutons que l’on est parvenu à mécaniser ainsi des machines telles que l’étau- limeur, la fraiseuse, le tour, la perceuse, la scie à métaux, rectifieuse, le tour à fileter, etc...
- Tout cela était déjà comiu avant la guerre. Pour donner un exemple de ces applications successives, prenons l’usine de châssis de la General Motors, qui employait en 1928, cinq mille ouvriers à la production journalière de 10.000 châssis. L’assemblage des 125 pièces comporte 552 opérations différentes. L’approvisionnement journalier était de 1.100 tonnes de tôles. Par étapes successives, dont nous faisons grâce au lecteur, cette même production de 10.000 châssis par jour ne demandait plus que 23 ouvriers en 1938, dont « quinze n’avaient pas grand chose à faire». En France, des perfectionnements comparables ont été apportés à la production des lames de rasoir, des ampoules électriques, des bouteilles, des chaussures, des cigarettes, des allumettes, etc...
- La production ne demandait plus de la part des ouvriers qu’une certaine surveillance, un contrôle qui ne nécessitent pas toujours une haute qualification. Nous connaissons des postes de ce genre qui sont tenus par des ouvriers sachant à peine lire et écrire.
- L’Electronique. — Aujourd’hui, la surveillance et le contrôle deviennent eux-mêmes inutiles, avec l’introduction de nouvelles techniques’ mises au point surtout pendant la guerre. Divers appareils, basés essentiellement sur les propriétés des tubes électroniques, dont la lampe triode des postes de radio, nous fournit le type, sont susceptibles de remplacer le contrôle humain et de transmettre au besoin les ordres. Les sens de l’homme
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- sont remplacés par les appareils suivants : la cellule photo-élec-rique pour la vue, le microphone pour l’ouïe, le thermocouple pour la température, le détecteur de gaz pour l’odorat, le palmer électrique pour le toucher. Il existe d’ailleurs de nombreuses variantes de ces appareils (suivant les nécessités de la production) — qui jouent le rôle d’ informateurs.
- Les renseignements recueillis par les informateurs peuvent être transmis à distance par des appareils du type téléphone. Enfin, il existe aussi des appareils qui remplacent la mémoire de l’homme ; ils s’apparentent au dictaphone, au rouleau à carton ou à ruban perforés dont il a été question plus haut, on utilise aussi des films, des appareils d’enregistrement sur matières plastiques. Enfin, les machines à calculer perfectionnées complètent cet ensemble.
- Chaque type de fabrication demande, au départ, une première mise au point minutieuse. Ensuite, la production se poursuit sans la moindre intervention humaine. Un poste de surveillance par télévision permet de contrôler l’ensemble à distance.
- C’est de cette manière que, déjà pendant la guerre, la production était automatiquement contrôlée dans les usines de caoutchouc synthétique, des produits chimiques, des huiles minérales et surtout dans l’immense usine atomique d’Oak-Ridge. A Oak-Ridge le poste central était situé à plusieurs kilomètres de l’usine, entièrement commandée par une dizaine d’ouvriers spécialisés ; ils n’avaient qu’à surveiller des tableaux de commande.
- Aujourd’hui, plus de dix mille usines vont s’équiper de la sorte aux Etats-Unis. Il existe plus de vingt mille appareils électroniques différents, susceptibles de s’adapter aux diverses productions. On a réalisé même des montages standard adaptables, qui peuvent être acquis à un prix relativement modique par des entreprises de faible importance. Le prix de ces installations d’abord coûteuses, tend à baisser étant donnée l’extension rapide que prend ce mode de production. Au surplus, on estime aux Etats-Unis, que le remplacement d’un homme « vaut » bien une dépense de 10.000 dollars. (Pour la France, il faudrait compter entre 800.000 frs et un million.)
- Dans ces conditions, la machine peut travailler jour et nuit, sans l’aide de personne. Les nouvelles usines sont même montées en plein air, sans murs ni toitures, avec un simple revêtement en matières plastiques. Ajoutons que ces usines nouvelles peuvent s’adapter rapidement à toute nouvelle production : il suffit pour cela de modifier la mise en train. Enfin, les frais généraux de ces entreprises indépendantes de la main-
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- d’œuvre sont encore abaissés du fait qu’elles peuvent être établies loin des grands centres urbains où la vie est chère.
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- Nous ne voulons pas tirer ici de conclusions de cet exposé essentiellement descriptif. Nous tenons à préciser encore une fois qu’il ne s’agit pas d’une anticipation, mais bien d’usines qui fonctionnent déjà aux Etats-Unis et en Angleterre, et dont les procédés sont en voie d’adaptation en France.
- Il convient en outre de mettre le lecteur en garde contre une opinion encore fort répandue, d’après laquelle le chômage technologique est « résorbé » après une « période d’adaptation » ; les ouvriers éliminés par la machine retrouvent, dit-on, du travail à la production des machines ou à la satisfaction de nouveaux besoins, etc... Tout cela n’était vrai qu’en partie, autrefois, lorsque les machines étaient encore façonnées par des méthodes artisanales. Or, depuis trente ans, les machines sont elles-mêmes fabriquées par des machines perfectionnées ; quant aux produits nouveaux, qui n’existaient pas autrefois (postes de T.S.F., tissus synthétiques, etc...) leur production est assurée dans des procédés qui prennent le progrès à son dernier stade. C’est dire qu’ils n’absorbent qu’une main-d’œuvre infime, pour une production considérable. Rappelons que déjà en 1935, on a pu assister à ce phénomène inouï : la production et le chômage croissant en même temps. Attendons la suite.
- Alexandre Vexliard,
- Conseiller d’O. P.
- Attaché de Recherches au C.N.R.S.
- NOTES ET DOCUMENTS
- La question de l’évolution du rôle du facteur général au cours du développement mental
- Toute une série de données tendent à montrer que, dans les débuts du développement mental, les réussites dans des tests très variés ont de fortes corrélations, en rapport avec l’intervention prédominante d’un facteur général, dont le rôle s’atténuerait au fur et à mesure de la différenciation des esprits, et de la spécialisation des aptitudes. Une étude de Frances Swineford (1) se trouve en désaccord avec cette donnée.
- (1) General, verbal, and spatial bi-factors after three years. Journal of educational Psychology, 40, 6, 1949, p. 353-360.
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- Voici quels sont les résultats qu’elle apporte.
- Elle a appliqué, en 1944 et en 1947, à un même groupe d’écoliers (au 6e puis au 9e degré), une batterie de neuf tests, dont trois considérés comme dépendant du seul facteur général G (arithmétique, complètement de séries, raisonnement déductif), trois comportant l’intervention d’un facteur verbal V (information générale, compréhension de textes, signification de mots) et trois à participation d’un facteur spatial S (punched holes, dessins, imagerie visuelle).
- Elle a établi, sur les résultats de ces tests, dans les deux séries de mesures, un pattern bifactoriel, qui a révélé une structure identique.
- Voici les saturations, dans les trois facteurs explorés, des tests des trois groupes :
- Tests 6e degré 9e degré
- G V S G V S
- 1 .634 .599
- 2 .743 .850
- 3 .572 .702
- 4 .622 .575 .692 .554
- 5 .601 .418 .758 .441
- 6 .630 .445 .669 .477
- 7 .723 .453 .743 .496
- 8 .591 .636 .669 .538
- 9 .580 .104 .693 .587
- Somme 5.696 1.438 1.193 6.375 1.472 1.621
- De l’ensemble de ces saturations, il ressortirait que la partici-
- patiou du facteur général a, dans l’ensemble, nettement augmenté. jVlais la méthode employée est-elle propre à mettre en évidence la variation exacte de la participation ? Les tests ne sont pas très satisfaisants : L’arithmétique ne dépend-elle que d’un facteur général ? Les connaissances sont-elles sous la dépendance des seuls facteurs général et verbal ? L’imagerie visuelle utilisée ne dépend-elle que du spatial et du général ? Et la méthode d’analyse est loin d’être exhaustive. Le facteur général est certainement grossi de résidus non analysés.
- Aussi les résultats obtenus ne peuvent être considérés comme réellement significatifs.
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- ; * '
- * *
- Le test de Rorschach permet-il d’apprécier l’intelligence ?
- Le test des taches d’encre est un des tests projectifs pour lequel on peut atteindre un certain degré d’objectivité dans l’interprétation, et obtenir des critères numériques. 11 a rencontré un extraordinaire succps, et les partisans enthousiastes de son emploi, qui arrivent à s’intituler « rorschachiens », en viennent à ne plus voir que lui et à prétendre qu’il peut suffire à tout.
- C’est ainsi qu’il pourrait être un test suffisant d’intelligence, q
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- les en croire, en utilisant les critères donnés par Rorschach dans son Psychodiagnoslic (au nombre de 7).
- C’est à cette question que W. D. Altus et Grâce M. Thomson ont consacré une étude systématique au Collège Santa Barbara, de l’Université de Californie (1).
- Le Rorschach fut appliqué collectivement, suivant les directives de Ruth Munroe (Applied Psychology Monograph n° 7, 1945) à 128 étudiants en 1946 et à 100 en 1947 (avec répétition du test à 6 semaines d’intervalle pour ce dernier groupe, ce qui a permis d’obtenir, pour les critères numériques, des indices de-fidélité tétrachoriques).
- Des tests d’intelligence, à type verbal, furent corrélativement appliqués sur les mêmes groupes d’étudiants : en 1946, un test d’Altus, dit d’aptitude verbale, et en 1947 la forme 21 de l’examen psychologique d’Ohio. Des 75 critères notés dans l’analyse du Rorschach, 15 furent retenus pour les calculs de fidélité (dans le 2e groupe) et de validité (corrélation avec les lests d’intelligence).
- La fidélité s’est montrée très différente, selon les critères, de 0,13 à 0.93.
- Pour la validité, elle a varié avec 12 d’entre eux, de 0,10 à 0.43 pour le groupe de 1946, de 0.03 à 0,43 pour le groupe de 1947.
- Trois seulement des critères d’intelligence proposés par Rorschach ont présenté une validité acceptable ; c’est en premier lieu, le nombre absolu de réponses de mouvement humain (M) avec la fidélité maxima (0,93) : corrélation de 0,43, 0,34 et 0,43 (groupe 1946 et épreuves répétées de 1947) ; en second lieu le nombre absolu de réponses d’ensemble W (whole) avec fidélité de 0,90 : corrélations de 0,13 ; 0,28 et 0,28 ; enfin le rapport des réponses W aux Dd (petits détails), avec fidélité de 0,87 : corrélations de 0,17, 0,24, 0,16.
- Ainsi il apparaît que l’intelligence joue bien un rôle dans les réponses au test de Rorschach, mais que la prédictivité, à partir de ces réponses, ne permet véritablement pas de considérer que le test puisse être utilisable pour le diagnostic d’intelligence.
- La relation entre les critères utilisables et les tests d’intelligence employés ne s’est d’ailleurs pas montrée linéaire. En utilisant l’indice * de corrélation, pour le critère du nombre absolu de réponses M, on a trouvé en effet une valeur plus élevée (0,54). Et, en fait parmi les individus supérieurs en intelligence il en est, disent les auteurs, qui ont très peu de réponses M, ou même aucune.
- C’est ce qui résulte, justement, des données d’un autre travail, dont nous allons parler maintenant.
- A côté de l’étude portant directement sur le problème d’Altus et Thomson qui s’adressaient uniquement à des critères d’intelligence verbale, nous trouvons, en effet, des données particulièrement intéressantes dans la recherche qu’a effectuée Anne Roe sur la psychologie de biologistes éminents des U.S.A. (1).
- Elle a procédé à l’examen, avec 3 tests, de 20 savants (d’âge moyen de 51 ans) ayant une situation éminente (dont 17 membres de l’Académie nationale des Sciences), de spécialités variées mais
- (1) The Rorschach as a measure of intelligence. Journal of Consulting Psychology {13, 5, 1949, p. 341-347).
- (1) Psychologieal examinations of eminent biologiste. Journal of Consulting Psychology, /.?, 4, f949, p, 225-246,
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- relevant toutes de la biologie ; elle a utilisé deux tests projectifs, le Rorschach et le T. A. T. et un test de 'Turnbull s’adressant à l’intelligence verbale, à l’intelligence spatiale et à l’intelligence mathématique avec 79 items au total.
- Elle a trouvé que, suivant les spécialités, le type de supériorité intellectuelle se montrait nettement différent : prédominance verbale chez des anatomistes et botanistes, prédominance mathématique-spatiale chez des généticiens et biochimistes.
- Au point de vue des caractéristiques de la personnalité, il y aurait peu d’agressivité, peu d’intérêt aux relations interpersonnelles, un faible développement psychosexuel, une forte préférence pour les réalités concrètes. Par rapport aux données moyennes, la supériorité des réponses globales (20 à 79 %) sur les petits détails (0,22 %) au Rorschach s’est montrée très élevée. Cela paraît en faveur de la validité de ce critère d’intelligence des W. Mais en déterminant la corrélation, pour les trois groupes, du test d’intelligence, avec le pourcentage de ces épreuves globales W (1), on trouve une valeur nulle pour la forme spatiale (+ 0,001) ; négligeable et négative pour la forme mathématique, et significative, mais négative justement pour la forme verbale (— 0,460) !
- La seule corrélation positive significative a été obtenue avec l’intelligence spatiale (+ 0,487) pour le pourcentage de F + , des formes nettes (mais non pour le pourcentage total de F^, à côté de corrélations limititées à + 0,085 avec l’intelligence verbale et à 4- 0,140 avec l’intelligence mathématique.
- Le nombre total de réponses (2), souvent invoqué aussi comme critère d’intelligence, s’il a présenté une certaine corrélation avec l’intelligence verbale (+ 0,364), n’en a eu aucune avec l’intelligence spatiale (— 0,016) et une faible avec l’intelligence mathématique (+ 0,276). Mais, pour ce qui est des réponses de mouvement M, qu’en est-il ? On n’en a observé de nettes que chez un seul des 20 éminents savants !
- On voit combien ce critère, le meilleur d’après les données de la première étude, serait dangereux à invoquer si on lui conféraiL une valeur prédictive. Car s’il a une relation générale avec l’intelligence, cette relation apparaît complexe, les supérieurs et les inférieurs étant également pauvres en ces Représentations de mouvement.
- De façon générale, pour explorer l’intelligence, qu’on s’adresse à des tests d’intelligence — et à des tests analytiques surtout — et qu’on ne veuille pas faire dire aux tests projectifs ce qui n’est pas de leur ressort.
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- i *
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- Usage et mésusage de l'épreuve du « khi carré »
- Don Lewis et C. J. Burke (1) constatent que, sur quatorze articles publiés dans le Journal oj Experimental Psijcliology, en 1944,
- (1) Sur les 20 biologistes, le pourcentage de W va de 20 à 79, avec une moyenne de 44,5 ; le nombre absolu va de 5 à 17, avec moyenne de 6,2.
- (2) Ce nombre total a varié de 10 à 41 avec valeur moyenne de 22.
- (1) Psychologicul Bulletin, 46, 1949, 433-489.
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- 1945 et 1946, et dans lesquels il est fait usage de l’épreuve du « khi carré », cette épreuve n’est employée correctement que trois fois.
- Il se proposent d’étudier les causes d’erreurs, et ils en distinguent neuf : défaut d’indépendance entre les événements ou mesures élémentaires, faibles fréquences théoriques, omission des fréquences de non apparition, non égalisation de la somme des fréquences observées et de la somme des fréquences théoriques, classification en catégories de façon incorrecte ou douteuse, utilisation de données autres que les fréquences, détermination incorrecte du nombre de degrés de liberté, calculs incorrects (y compris la non pondération par N quand des proportions sont utilisées au lieu de fréquences) (1).
- Après un exemple préliminaire les AA exposent la théorie fondamentale du y1 2. Plus simplement nous l'appellerons que l’épreuve du « khi carré » nous permet de tester la signification d’une différence ou d’une série de différences entre des fréquences observées et des fréquences « attendues » ou « théoriques ». Supposons que, dans trois catégories A, B et C, nous ayons constaté la présence de Fa0, Fb0, Fc0 sujets. Sur la base d’une hypothèse préalable, nous attendions dans ces catégories Fat, Fbt, Fct sujets. 11 s’agit de savoir si les différences Fa0-Fat, Fb0-Fbt, Fc0-Fct sont telles que nous puissions, à un seuil de probabilité donné, rejeter l’hypothèse qui nous a servi à calculer les fréquences théoriques. On calcule une valeur
- , = _ (Fo-Ftr “ Ft
- Une table donne, en fonction du nombre de degrés de liberté (que l’on obtient à partir du nombre de termes), la valeur de y2 à un seuil de probabilité donné.
- Les AA. vont passer en revue les utilisations les plus courantes de l’épreuve en nous mettant en garde, pour chacune, contre ses emplois erronés.
- On se sert d’abort du khi carré pour savoir si une distribution donnée peut être représentée de façon satisfaisante par la distribution d’une fonction donnée (distribution binomiale, de Gauss, de Poisson, etc.).
- Un exemple est donné à propos d’une distribution binomiale symétrique : les paris « pile » ou « face » de 96 étudiants peuvent-ils être représentés par une telle distribution ?
- Sur des données de même nature, la propriété, additive de y2 est illustrée : la somme de plusieurs valeurs séparées et indépendantes de y2 est distribuée comme y2, le nombre de degrés de liberté (d. 1.) étant la somme des nombres de d. 1. Un exemple d’utilisation incorrecte de cette propriété est donné : si les 96 étudiants précédents font chacun cinq paris successifs, on peut obtenir cinq valeurs de y*- Il serait incorrect d’en faire la somme parce que les 5 paris d’un même étudiant ne sont pas indépendants, puisqu’ils
- (1) On remarquera que les AA. emploient le terme k frequency », que nous traduisons par « fréquence », pour le nombre de cas dans une classe donnée, qui est plus correctement nommé « effectif » ; ils emploient « pro-
- portion » pour le quotient du nombre de cas dans une classe par le nombre total de cas, quotient qu’il aurait été plus clair d’appeler « fréquence ».
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- émanent du même sujet. Ce manque d’indépendance des événement^ est une cause d’erreurs fréquentes, que les apparitions soient'liées d’un essai à l’autre, ou pour le même essai.
- Un autre exemple illustre la propriété additive de y2. Cinq groupes différents de 86 étudiants chacun font chacun 5 paris successifs. On obtient 25 valeurs de y\ Les 5 valeurs d’un même groupe ne peuvent pas être additionnées pour la raison indiquée plus haut.. Mais les 5 valeurs provenant des 5 groupes différents pour l’un quelconque des 5 paris peuvent l’être. On peut également faire la somme des fréquences (observées d’une part, théoriques d’autre part) pour un pari donné, dans les 5 groupes et calculer la valeur de y}, pour ce pari, avec un degré de liberté Ce dernier procédé n’est recommandé que s’il permet d’éviter la présence de fréquences trop faibles. En effet, il diminue le nombre de d. 1. et par conséquent la stabilité de la valeur de y2.
- Les AA. insistenL sur la nécessité de n’appliquer le test qu’à des mesures indépendantes. Us citent encore l’exemple suivant. Une pièce est extraite au hasard d’un ensemble de pièces. On procède à 100 jets de cette pièce, par exemple, et on compte le nombre de « pile ». La probabilité d’apparition de « pile » étant 0,50, on peut utiliser l’épreuve du y2 pour savoir si l’hypothèse selon laquelle il n’y a pas de « biais » dans la pièce doit être rejetée. Mais si l’on prend deux pièces et qu’après 50 jets de chacune on fasse la somme des « pile », l’épreuve appliquée à cette somme n’a plus de signification car on ignore qu’elle est la contribution de chaque pièce au résultat final. Si enfin, on prend 100 pièces, que l’on jette chacune une fois, et que l’on compte le nombre de « piles », on pourra savoir si la fréquence observée est conforme à la fréquence théorique (50) pour l’ensemble, de la population, mais sans avoir d’information sur le « biais » éventuel de chaque pièce.
- En un mot, on ne peut faire de sommes de fréquences individuelles que si l’on est assuré de,l’absence de «biais», d’idiosyncrasies (sauf le cas où l’objet de la recherche est précisément l’« interaction »). On peut évidemment dans les cas où la somme de fréquences n’est pas possible, faire la somme des valeurs de y2.
- Les AA. examinent ensuite le cas où les fréquences se répartissent en plusieurs catégories.
- Le lest est fréquemment utilisé pour savoir si une distribution donnée peut être assimilée à une distribution normale. Les erreurs sont rares, si on prend garde à égaliser la somme des fréquences théoriques et des fréquences observées, à éviter l’emploi de fréquences trop faibles, et à déterminer correctement le nombre de degrés de liberté (nombre de classes moins trois).
- L’épreuve du y2 peut évidemment être utilisée de façon analogue pour tester la similitude d’une distribution donnée avec la distribution de la fonction de Poisson.
- La deuxième catégorie d’applications du y2 concerne son utilisation comme épreuve d’indépendance entre deux variables. Les deux causes d’erreurs les plus fréquentes sont : l’usage de fréquences théoriques trop faibles ou de catégories mal définies. D’après les AA., les fréquences théoriques inférieures à 10 doivent être strictement évitées dès que le nombre de d. 1. est inférieur à 4 ou 5. Ils donnent plusieurs exemples de travaux critiquables' à ce point de vue. La correction de Yates consiste à diminuer toutes les différences de ,05. Elle ne s’applique que pour 1 d, h, et fournit des
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- valeurs corrigées qui n’ont plus la propriété additive. Elle ne permet pas d’utiliser des fréquences théoriques inférieures à 10.
- La division des données en catégories est aussi délicate. Elle doit pouvoir s’appuyer sur des raisons logiques. Il ne faut évidemment pas essayer successivement plusieurs limites pour trouver une valeur de y2 correspondant à une opinion préconçue. Les catégories doivent être bien définies, autant que possible sur la base d’un critère externe. On doit pouvoir vérifier la fidélité de la division en catégories. Il faut, sauf exception, définir les catégories avant d’avoir examiné les données.
- Une troisième catégorie d’application a trait aux fonctions dans lesquelles la fréquence sert de variable dépendante. Elle est illustrée surtout par des recherches psychophysiques utilisant la fonction phi-gamma.
- Les AA. critiquent un article où l’épreuve a été utilisée sur des pourcentages au lieu de fréquences. Ils signalent qu’il faut évidemment faire une correction si la somme des valeurs de la table devient égale à 100 au lieu d’être égale à N. Il convient également de faire entrer dans le calcul la différence entre les pourcentages (observés et théoriques) de non apparition aussi bien que d'apparition. Dans le même article, les conditions d’indépendance dont il a été question plus haut ne sont pas respectées.
- Les applications du y2 à des données qui ne sont pas des fréquences sont susceptibles de conduire à des erreurs. La valeur de yj est liée en effet, dans ce cas, aux unités employées.
- Tester la linéarité d'une régression en utilisant le test yj appelle des réserves. Mieux vaut employer le rapport F.
- Dans certains cas enfin, les fréquences théoriques sont indéterminables (et par conséquent l’épreuve inapplicable). Il s’agit le plus souvent de cas où les apparitions de l’événement considéré ne sont pas indépendantes.
- Dans leur conclusion les AA. mettent en lumière les deux points principaux : indépendance, fréquences théoriques suffisamment élevées. On appliquera à une table 2x2 contenant des fréquences inférieures à 10 le traitement exact proposé par Fisher. Le nombre total de cas ne sera pas inférieur à 50.
- M. Z.
- A TRAVERS LES REVUES
- Le n° 2 (novembre 1949) de la Revue de l'Enseignement technique (Technique, Art, Science) publie sous le titre « Que devient l’habileté professionnelle dans la « Mass Production » aux U.S.A. ? » la dernière partie d’une conférence au Conservatoire des Arts et Métiers, de Georges Fiedmann sur l’industrie américaine et le facteur humain.
- Dans Enfance (n° 4, septembre-octobre 1949) nous relevons une étude sur le test de Lauretta Bender (de reproduction de dessins) par G. Heuyer, S. Lebovici et Nicole Angoulvent, un examen par P. Diel des causes de déformation psychique chez l’enfant, une recherche de Paulette Cahn sur la personnalité de l’enfant dans le
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- groupe fraternel, une rectification expérimentale par R. Zazzo des tests de Binet-Simon, une comparaison pour le pronostic de la réussite scolaire d’un test de G (progressive matrices) et du test de vocabulaire Binois-Pichot, par P. Pichot et P. Rennes, qui ont trouvé que le dernier tesL avait une corrélation élevée (0,57) avec la réussite à la fin de la 6° (tests de connaissances chez 263 élèves), le concours d’entrée ayant une corrélation moindre (0,36) et les matrices une très faible (0,15).
- Une revue sur les méthodes statistiques appliquées aux scores du test de Rorschach a été donnée par Lee J. Cronbach au Psycho-logical Bulletin, de septembre 1949 (t. 46, 5) ; et, dans les revues publiées par le numéro de novembre 1949 (t. 46, 6) il en est une qui réunit les comptes rendus de 19 rapports de recherches pour l’aviation des Army Air Forces des U.S.A., publiés par le Gouvernement en 1947-1948, et une autre, de Don Lewis et C. J. Burke, consacrée à l’emploi et au mésemploi du test du khi carré (14 articles du Journal of experimental Psychology de J944 à 1946, ayant fait l’objet d’un examen critique dont il ressort que, dans 3 seulement, l’emploi du test avait été correct).
- Hubert E. Brogden propose dans Psychometrika (14, 3, septembre 1949) un nouveau coefficient, d’efficience sélective, S, qui se confond avec r seulement en cas de régression linéaire du critère sur le prédictif ou de distribution normale pour les deux, avec application à la corrélation bisériale ; W. G. Wollenkopf examine la variation de Terreur-étalon de mesure, R. J. Wherry envisage une nouvelle méthode itérative pour la correction d’estimations erronées de « communalily » en analyse factorielle, et Frances Swineford donne quelques notes sur les différences de pourcentages.
- Dans le Journal of Consulting Psychology, d’octobre 1949 (t. 13, 5), de Virginia M. Axline, la déficience mentale, symptôme ou maladie ; de Roy SJhafer, les tests psychologiques dans la recherche clinique ; de J. R. Wittenborn, une analyse factorielle de réponses au Rorschach ; de W. D. Altus et Grâce M. Thompson, le test de Rorschach comme mesure d’intelligence ; de .T. B. Rotter, J. E. Rafferty et Eva Schachtitz, la validation des phrases à compléter de Rotter v, de M. Cotzin et J. J. Gallagher, la validité de formes abrégées de l’échelle Wechsler-Bellevue pour déficients mentaux ; de Reva A. Gerstein, une méthode d’analyse des réponses au vocabulaire du Wechsler-Bellevue.
- Le Bulletin mensuel 301 de la Société Alfred Binet (octobre-novembre 1949) contient la conclusion de l’étude sur la psychologie de l’enfant de Th. Simon en ce qui concerne la vie intellectuelle, en attendant la vie affective, et un exposé de tests non linguistiques (épreuves visuelles, auditives, motrices, intellectuelles) pour des enfants de 5 ans et demi à 9 ans, présentant des difficultés de langage, de lecture ou d’orthographe, par Mme Borel-Maisonny, qui exposera ensuite des tests linguistiques.
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- Une étude sur le conducteur d’automobile prédisposé aux accidents a été publiée dans VAmerican Journal of - Psychiatry, de novembre 1949 (t, 106, 5), par W. A. Tillmann et G. E. Hebbs, qui, en six ans, dans une compagnie de bus des U.S.A. ont relevé la fréquence des accidents graves dus au même individu, et ont examiné des cas de ces conducteurs prédisposés, relevant des antécédents sociaux et une tendance constante à l’impulsivité, à l’agressivité et à l’indiscipline.
- Dans le Journal of clinical Psychology, d’octobre 1949, nous relevons une étude de Grâce Arthur sur l’adaptation qu’elle a faite de l’échelle de performance internationale de Leiter, permettant d’évaluer, en « constante personnelle » le niveau mental des enfants de 3 à 8 ans, une analyse des interviews cliniques structurées par L. E. Abt, les résultats d’une recherche sur la fidélité et la validité des jugements concernant l’ajustement à partir des dessins par G. W. Albee et R. M. Hamlin, une détermination de l’effet de l’âge mental et de l’étiologie sur les deux facteurs de la performance dans les form boards (perception de formes et vitesse motrice), la vitesse motrice étant fonction de la maturation de façon générale, tandis que la perception des formes ne l’est que dans le groupe endogène des arriérés, et non dans le groupe exogène.
- Dans le Journal of applied Psychology, d’octobre 1949 (t. 33 5), nombreuses études très brèves : E. Glanz décrit un test professionnel pour les opérateurs de machines à coudre, donnant avec un ensemble de critères d’habileté professionnelle (concernant rapidité et qualité du travail) une corrélation de 0,67 ; W. A. Kerr et H. L. Martin examinent la prédiction du succès dans le job d’après un questionnaire d’autobiographie ; N. C. Feronte parle des tests utilisés dans les carrières de l’air aux U.S.A., N. Jaspen dégage 6 facteurs essentiels d’une analyse portant sur 47 traits, pour caractériser les travailleurs (force, intelligence, « inspection » perceptive, conditions physiques du travail, dextérité manuelle, connaissances mécaniques) ; Rose G. Anderson dégage d’un questionnaire rempli par des travailleurs ayant reçu un conseil d’O. P. (685 réponses sur 1.086) la valeur du conseil (reconnue dans 82 % des cas) ; E. K. Strong Jr expose les intérêts professionnels des comptables, et Ph. H. Kriedt des psychologues.
- L’influence de la couleur sur le protocole du test de Rorschach est examinée par R. S. Lazarus, et la signification diagnostique d’un test de dessins de mémoire l’est par Agnes A. Sharp dans le Journal of Abnormal and Social Psychology, d’octobre 1949 (t. 44, 4).
- Le Journal of educational Psychology, d’octobre 1949 (t. 40, 6) contient une étude de Frances Swineford sur l’évaluation des facteurs général, spatial et verbal au bout de trois années, par examen répété avec 9 tests adaptés à la détermination de ces facteurs chez 88 écoliers, ainsi qu’un examen des données fournies par l’applica-
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- tion du Chi carré à la détermination du pouvoir discriminatif des questions d’un test.
- L’opposition chez l’enfant et l’adolescent a fait l’objet d’une causerie du Dr Sommer, publiée par Sauvegarde (nos 34-35), d’octobre-novembre 1949, où C. Arnou parle du rôle et de la formation des assistantes sociales psychiatriques aux U.S.A.
- Occupational Psycholoyy, d’octobre 1949 (t. 23, 4) contient une autobiographie de l’ancien directeur du National Institute de Londres, G. H. Miles, un article critique de F. C. Bartlett sur ce qu’est la psychologie industrielle, une-étude de Ben S.. Morris sur la sélection des officiers dans l’armée britannique de 1942 à 1945, et un examen des stimulants chez les jeunes travailleurs, par L. T. Wilkins.
- Helen K. Bailey a fait une étude de corrélations sur 200 écoliers, entre différents tests utilisés (tests collectifs de maturité mentale, d’intelligence) et un test de réussite scolaire (achievement test), obtenant 19 valeurs allant de 0,47 à 0,81 (Journal nf Educational Research, d’octobre 1949, t. 43, 2).
- Les derniers résultats de la grande enquête poursuivie depuis 1934 sur le développement mental de 100 enfants placés chacun dans une famille d’adoption différente ont été publiés par Marie Skodak et H. N. Skeels dans le Journal oj genetic Psychology, de septembre 1949 (t. 75, 1).
- Dans le Journal of general Psychology, d’octobre 1949 (t. 41, 2), R. S. Uhrbrock expose ses essais pour la construction d’un test destiné à la sélection d’étudiants gradués -pour une organisation industrielle en se fondant sur les corrélations de 39 tests (et une analyse de 4.738 items) avec un critère de réussite de 96 personnes déjà employées, sans réussir à dépasser jusqu’à présent un indice de 0,48.
- Dans la Zeitschrift für Kinderpsychiatrie (t. 16, 3, 1949), Fran-ziska Baumgarten expose, avec des illustrations à l’appui, comment des enfants polonais ont été assez frappés par les destructions massives de leur pays, pour dessiner spontanément encore, longtemps après, des maisons détruites.
- Le premier fascicule de 1950 du Travail Humain (NUI, 1-2) contient un important ensemble d’études : D. E. Baier, «La recherche sur le personnel dans l’Armée des U. S.A. » ; P. Goguelin, « Recherches sur la sélection des conducteurs de véhicules » ; J.-M. Faverge et F. Baud, « Etudes d’appréciations fondées sur l’observation du comportement (mettant en évidence l’existence d’un seul facteur représentant un halo d’impression générale) » ; M. Reuchlin, « Etude sur l’inadaptation à l’apprentissage » ; N. Xydias, « Test de mesure de cales de précision à l’aide d’un pied à coulisse ; » R. Bon-nardel, « L’emploi des méthodes psychométriques pour le contrôle
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- des conditions psychologiques du travail dans les ateliers » ; C. Chauffard, « La sélection des cadres » ; R. Imbert, « Age physiologique et catégories sportives » ; M. Coumétou, « Abaques pour la détermination des erreurs sur les proportions et sur leur différence ».
- Dans le Boletin del Instituto Psicopedagogico national du Pérou (1949, t. 8, 1), W Blumenfeld expose son analyse des tendances intro-vertives d’après l’inventaire de Bernreuter sur 1.739 hommes et femmes des Collèges et Universités du Pérou, M. I. R. Montoya, les -résultats de Lima (1.635 sujets) d’après le test de Dounaïevsky, E. G. Guillen, les données obtenues sur la tendance à la sociabilité de la jeunesse péruvienne d’après l’inventaire de Bernreuter et l’échelle de sociabilité de Flanagan (F 2 S) ; enfin J. M. Godino a comparé des élèves d’écoles privées provenant d’un haut niveau social dans la réussite des tests (ressemblances d’objets) exigeant une pensée conceptuelle à des élèves d’écoles publiques de Lima prélablement étudiés, trouvant chez les premiers un progrès nettement plus rapide avec l’âge.
- M. Schachter relate une série de remarques à propos d’une enquête psychologique concernant des assistantes sociales dans la Revue suisse de Psychologie (t. 8, 4, 1949), montrant que des questions posées anonymement, sur invitation, par des auditrices de conférences de préparation (80, de 19 à 29 ans) révèlent des préoccupations intimes affectivo-psycho-sexuelles marquées, ce qui conduit à obtenir sur les candidates à cette profession des données caractérielles.
- Dans un numéro de Travail et Méthodes (novembre-décembre 1949) entièrement consacré à des études sur «hauts salaires et bas prix de revient » par les membres de l’Association française des Conseils en Organisation scientifique (A.F.C.O.S.) présidée par M. Danty-Lafrancç, M. André Vidal a expliqué « la position de la psychologie appliquée », cette « technique fondamentale, dont les moyens d’action sont énormes. »
- L’étude très complète, bien que succincte, de Mme Bénassy-Chauffard sur l’orientation professionnelle en France, s’inscrivant dans la série des monographies demandées par le BIT a paru dans la Revue internationale du Travail d’octobre 1949 (t. 60, 4).
- Le numéro 25-26 d-Avenirs (décembre 1949) a été entièrement consacré aux carrières d’ingénieur (profession, spécialisations, formation). Signalons la contribution sur le Conservatoire national des Arts et Métiers, due à M. Ragey, et l’article sur la question complexe des aptitudes en jeu, par Mme Chamboulant.
- Toute une série d’articles sont à signaler dans le numéro d’octobre du Journal of Psgchology (1949, 28, 2). Harold Michal-Smith relate une investigation sur la détermination du choix de la carrière
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- chez 300 étudiants de collège, vétérans de 18 à plus de 25 ans (dont un quart n’ont pas d’objectifs professionnels, et un tiers ont changé d’objectifs depuis leur entrée au Collège) ; Jack Bernard expose les résultats de recherches avec le test de frustration de Rosenzweig (normes, fidélité, relation de cas) ; J.. Rosenzweig donne son chapitre sur les méthodes d’étude de la personnalité publié dans le livre d’Andrews ; J. D. Fry a comparé 236 étudiants de collège et 207 prisonniers, au point de vue des réactions à la frustration (picture test de Rosenzweig) et des traits de personnalité déterminés d’après le MMPI ; Arthur Burton examine l’emploi des tests psychométriques et projectifs après avoir essayé 169 tests (1 à 25 applications, 3,5 en moyenne) sur un lot de 48 patients, et il donne son opinion sur un certain nombre d’entre ces tests, en indiquant aussi ceux qui ont le plus de vogue parmi les cliniciens.
- Dans Personnel Psychology (t.. 2, n° 3, 1949), nous trouvons une étude de J. A. Holmes sur la prédisposition aux accidents dans l’industrie, un essai d’évaluation en points, des « jobs » pour les petites affaires par C. H. Rush Jr et R. M. Bellows, un exatnen par L. W. Ferguson de l’influence des différences individuelles dans l’habileté à fournir des scores pour l’appréciation de subordonnés.
- L'Encéphale dans son n° 9 de 1949, a publié des Remarques et positions critiques sur le psycho-diagnostic de Rorschach, où M. Schachter, de Marseille, conclut que le test constitue un instrument nuancé entre les mains d’un psychologue clinicien, mais un instrument auxiliaire seulement et qui est loin d’être infaillible.
- INFORMATIONS
- Au Congrès de l'Union nationale des Associations régionales pour la Sauvegarde de l'Enfance et de l'Adolescence, qui s’est tenu à Nancy, les 21 et 22 octobre 1949, dont le thème central portait sur « les lendemains de la rééducation en internat », des rapports étaient présentés sur la psychologie de l’adolescent et de l’adolescente à la fin des internats de rééducation et à la sortie des instir tutions publiques, ainsi que sur les problèmes affectifs et ceux de l’orientation professionnelle (envisagée par le Dr Préaut).
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- Après avoir consacré, en 1949, 60 millions à la recherche scientifique médicale, la Caisse nationale de Sécurité sociale renouvellera cette attribution en 1950, les crédits, qui sont attribués par l’Institut national d’Hygiène, subventionneront des recherches sur des sujets parmi lesquels figurent : la caractérisation des tempéraments, l’étude de la sénescence et de la physiologie du travail, les tests fonctionnels et les tests de fatigue.
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- h'Association suisse pour l'Orientation professionnelle a organisé à l’automne de 1949, trois cours hebdomadaires, avec participation de 76 conseillers et conseillères appartenant à 18 cantons. Les directeurs de ces cours étaient MM. Bôhny, de Zurich et Benz, de Winterthur, pour le premier, Hug, dé Berne, et Wiggli, de Zurich, pour le second, Meili, de Berne, et Baer, de Zurich, pour le troisième (examen de l’intelligence et du caractère).
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- Signalons la publication aux éditions médicales Flammarion, par les soins de l’O.NU., du cours de pédiatrie sociale qu’il avait organisé (1.212 pages en 2 volumes in 4°) et où se trouvent les leçons de psychologie de l’enfant, dirigées par H. Wallon, avec Mmes Gra-tiot et Seclet-Riou, et MM. Bergeron, Zazzo et Weiler, ainsi que les leçons de neuropsychiatrie infantile, par Heuyer et Michaux, avec Le Guidant, Sauguet, Tournay, MUo Péras.
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- L’orientation professionnelle des jeunes anormaux est examinée dans un des 7 chapitres du livre de Guiseppe Vidoni (aux éditions C.V.P.A., de Gènes, 1949) : Assistenza ed educazione dei Giovanni anormali psichici.
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- Le XIIIe Congrès international de Psychologie se tiendra à Stockholm, sous la présidence du Prof. David Katz, du 16 au 21 juillet 1951.
- Dans son congrès de septembre 1949 Y American Psychological Association a confirmé l’existence de 27 sections régionales autonomes et procédé à l’élection de 989 associés nouveaux. Elle a adopté une décision s’opposant à la pratique de la psychothérapie par des psychologues cliniciens qui- n’auraient pas été assurés de conditions de collaboration sincère avec des médecins.
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- La conférence d'automne des conseillers de profession suisses s’est tenue en 1949, à Zurich. M. Muller a présenté un exposé sur la situation économique de la Suisse et l’O. P.
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- Dans le projet de réforme de l'enseignement que le Ministre de l’Education nationale a soumis pour avis au Conseil supérieur le 5 décembre dernier, nous relevons, au Titre XII (contrôle) l’article 49 : « Parallèlement au contrôle pédagogique prévu à l’article 48 de la présente loi, il est institué un contrôle psychologique des élèves destiné à fournir toutes indications utiles sur les particularités indi-
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- viduelles de l’enfant et sur son évolution psychologique. Ce contrôle est assuré, en liaison avec le médecin de l’Hygiène scolaire, prévu à l’article 33 de la présente loi, par des psychologues scolaires formés dans les Instituts universitaires de Psychologie ». Au titre XIII, l’article 51 prévoit des décrets et arrêtés précisant, entre autres modalités d’application : « Les règles d’orientation scolaire et professionnelle ».
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- v * *
- Trois journée de psychologie scolaire ont eu lieu du 19 au 21 décembre 1949, au Centre international de Sèvres ; ce sont les premières réunissant officiellement les psychologues scolaires. MM. Wallon et Zazzo ont exposé les principes qui ont présidé à la création de ce corps nouveau qui comprend une trentaine de membres dans le département de la Seine (1er et 2e degré) et une dizaine seulement dans tout le reste de la France.
- Un certain nombre de résolutions ont été adoptées et de vœux émis, dont l’un tend à ce que les psychologues scolaires « travaillent en collaboration étroite avec l.es Centres d’Orientation profesion-nelle. »
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- Nous pouvons signaler qu’il reste quelques exemplaires du volume édité en 1939 pour le centenaire de Th. Ribot.
- Ils pourront être cédés à des psychologues ou à des bibliothèques d’universités et d’institutions publiques en général, au prix de 1.500 francs pour la France et de 2.000 francs (ou 6 dollars) pour l’étranger.
- S’adresser au Laboratoire de Psychologie de la Sorbonne.
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- La Société autrichienne de Psychologie pratique a organisé, à Salzkammengut, du 11 au 16 juillet dernier, un Congrès à prétention internationale de psychologie appliquée, dans des. conditions qui paraissent avoir été singulièrement hermétiques.
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- Un Comité d’organisation d’une Société internatiosale pour les applications de la Psychologie pratique a été constitué. On pourra juger de son caractère international d’après la liste de ses membres : MM. Caruso, Koller, Schneider, Urban, Christofïel et deux Français, M. Mauco et Mme Maryse Choisy !
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- Le premier Congrès international Rorschach, organisé par la Société suisse de psychologie, et en particulier par le Dr Morgentha-ler et MUe Busmann, s’est tenu à Zurich les 20 et 21 août 1949. Parmi les participants, on peut signaler Mme Minkowska et Mme Canivet, MM. Christofïel, M. Bleuler, Zulliger, etc...
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- LA VIE DU CENTRE DE RECHERCHES DE L’INSTITUT NATIONAL D’ÉTUDE DU TRAVAIL ET D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- Les procédés d’étalonnage
- Plusieurs procédés d’étalonnage ont été proposés et sont utilisés dans les C.O.P. Il risque d’en résulter une certaine confusion, qu’il convient d’éviter.
- 1° Décilage.
- On détermine quelles notes limites sont dépassées par 10 % des. sujets, par 20 % des sujets, etc.., par 90 % des sujets. Ces 9 notes limites, ou déciles, délimitent 10 intervalles ou intcrdéciles, et on définit une note observée par le numéro d’ordre de l’interdécile à l’intérieur duquel elle tombe.
- Le procédé est très simple, mais présente l’inconvénient suivant. Quand on l’applique à une série de notes distribuées normalement ou à peu près normalement, on constate que les déciles extrêmes sont bien plus écartés les uns des autres que les déciles moyens. Autrement dit, la discrimination des sujets notés en déciles est plus fine pour les sujets moyens que pour les sujets extrêmes. Cela est psychologiquement très faux. On constate en effet qu’une même différence de points est bien moins significative dans la zone des réussites moyennes que dans la zone des bonnes ou très bonnes réussites : il est plus difficile de gagner un point sur une très bonne note que sur une note médiocre ou mauvaise.
- Le tableau I donne les écarts réduits correspondants aux déciles, et la largeur de chaque interdécile, en écarts réduits.
- Tableau I
- DÉCILES ECARTS RÉDUITS INTERDÉCILES y LARGEUR des interdéciles ECART RÉDUIT correspondant au centre de l’interdécile
- 1 00 + 1.645
- 1 + 1.282
- 2 .440 + 1.036
- 2 + .842
- 3 .318 -P .674
- 3 + .524
- 4 .271 + .385
- 4 + .253
- 5 .253 + .126
- 5 + .000
- 6 .253 — .126
- 6 - .253
- 7 .271 — .385
- 7 — .524
- 8 .318 - .674
- 8 — .842
- 9 .440 — 1.036
- 9 - 1.282
- 10 00 - 1.645
- La figure I représente une distribution normale divisée en 10 parties égalés (quant à leur aire), correspondant aux 10 interdéciles.
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- 2° Echelle en 5 catégories.
- On peut pallier à l’inconvénient signalé en regroupant les interdéciles en 5 catégories contenant respectivement 10 %, 20 %, 40 %, 20 % et 10 % des sujets (avec possibilité de diviser en deux, pour la catégorie moyenne).
- On trouvera sur la figure I ce regroupement en catégories.
- Tableau I bis
- CATÉGORIES LARGEUR des catégories ECART RÉDUIT correspondant au centre de la catégorie
- A + 00 -f 1.645
- A .758 + .842
- B 1.048 .000
- G .758 - .842
- C — 00 — 1.645
- 3° Tétronage.
- On peut également éviter l’inconvénient présenté par le déci-lage, en utilisant le tétronage.
- Dans le tétronage, on ne divise plus l'aire de la courbe normale en parties égales, comme dans la figure 1, mais on divise l’abscisse de cette courbe en parties égales à 0,25 a. On utilise pratiquement 25 divisions, numérotées de + 12 à — 12. Le tétron 0 est centré sur l’axe de symétrie (moyenne).
- Le tableau II donne, en pourcentage, l’aire de la courbe normale comprise entre la moyenne et la limite d’un tétron donné.
- Tableau II
- Limite supérieure de Limite inférieure de Pourcentage
- 0 u 0 5,0
- + 1 — i 14,6
- + 2 2 23,4
- ,+ 3 — 3 30,9
- + 4 - 4 37,0
- + 5 — 5 41,5
- + 6 — 6 44,8
- + 7 . - 7 47,0
- + 8 — 8 48,3
- + 9 - 9 49,1
- + 10 — 10 49,6
- + 11 - 11 49,8
- + 12 - 12 49,9
- La figure 2 représente une distribution normale divisée en 25 parties égales (quant à leur largeur), correspondant au 25 tétrons,
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- 4° Passage du décilage aux catégories et au tétronage.
- En superposant les figures I et II, on voit que l’on peut passer immédiatement du décilage et des catégories au tétronage quand la distribution des notes est normale.
- La figure 3 n’est que la confrontation des abscisses de la fig. 1 et de la fig. 3. On peut s’en servir d’abaque pour passer des déciles (ou catégories) - aux tétrons ou vice-versa. Imprimée en haut d’un profil, elle permettra de faire figurer sur ce profil aussi bien des résultats en tétrons que des résultats en déciles (ou catégories).
- 5° Inconvénient pratique du tétronage, et mogen d'y remédier.
- Les distributions observées ne sont pas toujours symétriques autour de leur moyenne. En plaçant l’origine à la moyenne, il arrivera que le tétronage soit tronqué, la meilleure note (ou la plus mauvaise) se situant h moins de 3 a de la moyenne.
- De sorte que les sujets les meilleurs du groupe se classeront dans le tétron + 12 ou + 11 si la distribution des notes est complète, dans un tétron moins élevé, + 6 ou + 7 par exemple si la distribution est tronquée. Les compai’aisons pratiques entre tests sont ainsi rendues difficiles.
- On peut pallier à cet inconvénient en normalisant la distribution observée autour de son médian.
- On déterminera le médian, puis on calculera les effectifs cumulés, à partir du médian, dans les deux sens.
- En multipliant par N/100 (N = nombre total des sujets) les pourcentages théoriques donnés dans la dernière colonne du tableau II, on a les effectifs cumulés théoriques. Il suffit alors de déterminer (par interpolation s’il y a lieu), sur la table observée des effectifs cumulés à partir du médian, les notes correspondant à ces effectifs cumulés théoriques. On aura ainsi les limites des 25 catégories, que l’on pourra continuer à numéroter de + 12 à — 12.
- La distribution des notes ainsi transformées sera normale, aura une moyenne peu différente de 0 et un écart type peu différent de 4, quelle que soit la forme d ia distribution des notes primitives.
- Figure 1 et 2 page suivante
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- Figure 1
- Figure 2
- 4 -5
- + 12+11 +-10+9+8 4-7 + 6+ 5+4 +3 + 2 +1 O
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- I WSSÊBÊÊÊHÊÊÊSn^W^
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- CAUSERIES BIBLIOGRAPHIQUES
- André Ferré. — Les tests à l'école. — In-16° de 187 pages. Paris éditions Bourrelier, 1949.
- M. Ferré continue son effort pour répandre chez les instituteurs les connaissances psychologiques et le goût des méthodes précises d’examen. Il donne, dans ce petit livre, l’indication de tests scolaires, de lecture, écriture, calcul, et de tests d’instruction (vocabulaire, grammaire, orthographe, arithmétique, etc...) qui peuvent être utilement introduits à l’école, et il donne quelques exemples prudents concernant les tests psychologiques de niveau mental et d’aptitudes spécialisées ; il signale les tests de caractère, et montre comment établir des profils.
- Inspecteur de l’enseignement primaire de la Seine, M. Ferré doit être félicité pour cette oeuvre utile de propagande psychologique.
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- S. S. Sargent et Marian W. Smith. — Culture and Personality. — In-8° de 219 pages. Publication eu « Viking Fund », New-York,
- 1949.
- En novembre 1947, une Congrégation organisée par le « Viking
- Fund » a réuni divers spécialistes particulièrement compétents pour traiter, chacun à son point de vue, la question des rapports de la culture et du milieu avec la personnalité individuelle. C’est ainsi que Erich Fromm a envisagé la caractérologie psychanalytique dans son application à une compréhension de la culture, Gardner Murphy a traité le problème dans sa généralité, D. Bidney a tenté une définition « psycho-culturelle » de la personnalité, Kardiner, Kluckhohn et Herzog ont traité des méthodes techniques d’étude (psychodynamique et sciences sociales, biographies, linguistique) ; des civilisations primitives ont été envisagées par Hancks, les études récentes sur les caractères nationaux par Klineberg, les influences infraculturelles par N. Komarovsky et S. S. Sargent. Pour les recherches futures, R. Linton, H.-S. Sullivan et H.-A. Murray ont apporté tous trois leurs propres suggestions. On a dans ce recueil, où sont résumées les discussions après les exposés des participants, de fort intéressantes indications sur les contributions de l’anthropologie, de la psychologie sociale, de la psychiatrie et de la sociologie au problème si préoccupant de la personnalité.
- P.
- Atti del 1° Congresso nazionale di Orientamento pofessionale. —
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- Naville, Ombredane et Meuriot, Jeanne-Marie Jaur ; en Belgique Wautriche ; en Suisse Heinis, Franziska Baumgarten, A. Rey. Mais les données essentielles concernent naturellement tous les aspects de l’œuvre accomplie en Italie, sous l’impulsion essentielle du Président du Congrès Agostino Gemelli et du prof. Ponzo, de Rome1.
- P.
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- Fr. Baumgarten. — Progrès de la Psychotechnique. — In-8° de 315 pages. Berne, A. Francke, 1949.
- Grâce à un recueil qu’a réussi à mettre sur pied Mme Baumgarten nous pouvons être très utilement enseignés sur l’essentiel de l’œuvre accomplie par les Psychotechniciens dans de nombreux pays (24 au total) pendant la crise mondiale (1939-1945). Si, sur l’Allemagne, il n’y a qu’une note très brève, et si sur la Russie rien n’a pu être obtenu (pas plus que sur la Tchécoslovaquie et la Yougoslavie), on a, en revanche, des exposés nombreux sur l’Italie et la Suisse, des contributions essentielles, comme celles de Bingham et Vitelès sur les Etats-Unis, et des collaborations de techniciens les mieux placés dans chaque pays pour donner une idée exacte de l’œuvre accomplie.
- P.
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- E. Michaud. — Essai sur l'organisation de la connaissance entre 10 et 14 ans. — In-8° de 265 pages. Paris, J. Vrin, 1949.
- L’exposé de l’auteur, directeur d’Ecole normale, qu’il a présenté comme thèse de doctorat, se rapporte à des résultats d’une expérimentation systématique consistant en l’analyse de quelque 23.000 copies d’écoliers de 10 à 15 ans à qui étaient posés de petits problèmes intellectuels, constituant des tests (une copie correspondant à chacun des huit problèmes-tests utilisés de 1937 à 1945).
- Les données qui se dégagent de cette analyse au point de vue du développement d’une intelligence comme « art de fabriquer des systèmes d’abstractions en présence d’une situation ou d’un univers » (Delacroix), tout en suivant la ligne générale tracée par Pia-get, tendant à montrer une évolution moins systématique, avec des liens plus lâches entre domaines voisins, avec des variabilités individuelles que le pédagogue tient à souligner dans sa conclusion : « On ne saurait donc traiter une classe faite d’individus, à la marche si différente, comme une unité capable de recevoir, sans discernement ni mises au point judicieuses, l’enseignement scientifique, et même l’enseignement général, que le maître développe dans une atmosphère faite de pensée rationnelle et de logique impersonnelle. » Il apparaît nettement que s’est en praticien de l’éducation que l’auteur s’est penché sur ces problèmes et il s’est gardé de tout essai d’interprétation théorique.
- H. P.
- AGEN. — IMPRIMERIE MODEftNE. *3. RUE VOLTAIRE
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- 2e Série. 6' Année
- N° 3-4
- Mars-Avril 1950
- Bulletin de l’Institut National D’ÉTUDE DU TRAVAIL
- et
- D’ORIENTATION PROFESSIONNELL
- fs A- «'
- DE LA VITESSE D’ÉCRITURE
- par
- Emile MALESPINE
- Ecrire, c’est figurer la parole ou les idées au moyen de signes. La plume que je tiens entre le pouce, l’index et le médius court, sur le papier: j’écris. L’avion qui tournoie dans le ciel, laisse échapper un ruban de fumée qui s’enroule en volutes: l’avion écrit. Le linotypiste qui aligne les uns à côté des autres des caractères d’imprimerie réalise lui aussi une écriture, tout autant que la dactylo qui frappe sur le clavier de sa machine.
- Mais écrire, c’est avant tout, ce mouvement de la main qui trace des lettres de façon à représenter des mots.
- Ce tracé est d’abord une calligraphie. Chaque lettre est un signe que la main dessine. Peu à peu l’acte de marcher, l’acte d’écrire devient automatique. Suivant son tempérament le sujet modifie, complique ou simplifie le tracé : l’écriture est devenue personnelle. Au cours de ces modifications, progressivement la vitesse d’écriture a augmenté. De l’écriture les graphologues disent qu’elle est lente ou rapide, hésitante, mouvementée, posée.
- Streletzki, utilisant un texte dicté et toujours identique a, pour juger de la vitesse, calculé le nombre de lettres écrites en une minute par le trajet. Pour Streletzki, un tracé lent est celui qui donne moins de 100 lettres à la minute. Un tracé posé correspond à une cadence de 100 à 130 lettres à la minute, un tracé rapide fournit de 130 à 200 lettres à la minute, un tracé précipité donne plus de 200 lettres à la minute.
- D’une bonne dactylographe on exige qu’elle écrive durant quinze minutes à la vitesse de 35 mots à la minute.
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- Une sténographe candidate an concours d’admission à la Présidence du Conseil doit écrire 100 mots à la minute.
- Tout ceci ne nous donne qu’une vitesse globale, celle nécessaire pour écrire un certain nombre de lettres ou de mots dans un temps donné. D’autre part l’écrit est un document statique sur lequel le graphologue cherche à recomposer en imagination le mouvement sans pouvoir en déterminer la vitesse exacte.
- La grapliographie me permet d’enregistrer la vitesse à tout moment du parcours scriptural, de se rendre compte des arrêts, des hésitations et de tous les accidents du trajet.
- Etablir mathématiquement cette vitesse consisterait à mesurer la longueur linéaire du tracé écrit dans l’unité de temps (1). Ce ne serait là qu’une précision trompeuse.
- Ecrire, répétons-le, c’est réaliser un signe. Ayant à écrire par exemple, le mot vitesse, il importe peu que l’écriture en soit grande ou petite, large ou étroite, calme ou mouvementée, seul importe le résultat, la réalisation de l’écrit. La vitesse à établir est donc une vitesse de rendement. Jadis les paysans calculaient l’étendue de leur champ, non d’après la surface, mais d’après le nombre de charretées de foin ou de boisseaux de blé que rapportait la terre. De même ici, la vitesse de l’écriture doit s’établir en calculant le nombre de mots à écrire dans l’unité de temps.
- La grapliographie a apporté à la graphologie la troisième dimension, mieux la grapliographie réalise une cinématique de l’écriture. Du coup elle donne vitesse, pression et force vive en corrélation avec l’écrit. Sur le graphogramme se lit la longueur du tracé parcouru dans l’unité de temps, mais il fallait adopter une unité de mesure, basée, non sur la longueur du tracé linéaire, mais sur le rendement. Cette unité de vitesse est le graphe.
- J’appelle graphe la vitesse d’écriture nécessaire pour écrire en 30 secondes, en lettres, la série des chiffres de un à dix. Chaque chiffre écrit en entier compte pour un dixième de graphe (un décigraphe) et tout chiffre commencé et non terminé est annulé.
- Ainsi j’écris:
- Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix.
- Si j’ai mis 30 secondes pour écrire la série des dix chiffres, ma vitesse d’écriture est de un graphe.
- (1) Comme l’ont fait A. Binet et' J. Courtier en utilisant la plume électrique d’Edison.
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- Si en 30 secondes j’avais écrit :
- Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix,
- un, deux, trois, quatre, cinq, six,
- ma vitesse d’écriture serait de 1,6 (un graphe, six décigra-phes).
- Le procédé permet une lecture directe de la vitesse.
- Un sujet moyen, au sortir de l’école primaire, à l’âge de 12 ans, a une vitesse d’écriture de: un graphe.
- La plus grande vitesse que j’ai pu enregistrer est de 3 graphes 3.
- Je réfute les objections qu’on peut faire au procédé:
- 1° Pourquoi écrire les chiffres en lettres et non pas en chiffres ? Tout simplement parce que les chiffres sont des signes très stéréotypés, écrits de façon plus automatiques que les lettres.
- 2° La série des chiffres va de un à zéro, pourquoi dix ?
- J’avais effectivement pris pour lè graphe la série des chiffres de un à zéro, mais l’expérience m’a montré que nombre de sujets habitués à écrire la série des nombres, oubliaient la consigne et écrivaient dix au lieu de zéro.
- 3° Pour que vos mesures soient justes, il faudrait que chaque décigraphe ait le même nombre de lettres, or, ce nombre varie de 2 à 6.
- Je réponds qu’il faut tenir compte aussi du temps nécessaire pour, à la fin de chaque graphe, revenir à la ligne, tenir compte aussi des signes complétifs que sont les points et les barres des t. Le graphe comprend ainsi 39 lettres et 9 signes complétifs, ce qui fait 48 lettres et signes. Pratiquement pour mesurer la vitesse d’écriture le graphe ainsi établi permet une approximation suffisante. On ne reproche pas à un maçon maniant le fil à plomb de ne pas tenir compte de la rotondité de la terre.
- 4° Cette unité de vitesse, le graphe, écrit en français, ne vaut que pour les Français.
- Le même procédé peut être appliqué à toutes les langues en employant, si nécessaire, un coefficient de correction.
- En anglais par exemple nous aurons :
- One, two, three, four, five, six, seven, eiglit, nine, ten, ce qui donne 39 lettres, comme en français et 8 signes complétifs. La longueur du graphe anglais est la même qu’en français, à un point près.
- Ce qui intéressera avant tout l’industriel, sera de savoir si
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- IN
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- sa dactylo écrit vite. Une très bonne dactylo atteint ou dépasse 4 graphes.
- Mais l’importance du gfaphe est surtout dans sa signification psychologique. La vitesse d’écriture n’est pas uniquement fonction de la culture. Elle est en corrélation nette avec l’intelligence et le tempérament.
- Aussi l’épreuve du graphe doit-elle comprendre deux épreuves : une première épreuve pour laquelle le sujet écrit normalement, c’est-à-dire en fonction de son tempérament vif ou lent. Dans une deuxième épreuve on commande au sujet d’aller vite, le plus vite possible. Suivant les sujets, c’est le cas de la plupart, la vitesse sera plus grande, mais chez les émotifs, les inhibés ou chez des sujets présentant de la viscosité mentale, la vitesse pourra être inférieure à la vitesse normale.
- Sur plus de 1.500 sujets le graphe a été ainsi étudié par le Dr Bouteloup dans sa thèse « Vitesse d’écriture et graphogra-phie » soutenue le 6 avril 1949 devant la Faculté de Médecine de Paris.
- Dans de nombreux cas l’épreuve écrite a été complétée par l’enregistrement graphographique. L’expérimentation a porté sur les enfants depuis la maternelle jusqu’au certificat d’études. L’épreuve a été continuée chez les adolescents et les adultes à l’usine et dans les Facultés. Ce nombre d’enregistrements nous a permis d’arriver ainsi aux conclusions suivantes :
- Graphe Général
- Il rassemble dans le même étalonnage un certain nombre à peu près équivalent d’enfants des écoles primaires, d’adolescents, d’adultes de toutes conditions depuis le manœuvre illettré jusqu’aux intellectuels les plus cultivés.
- Nous obtenons ainsi le graphe de l’homme moyen.
- A vitesse normale il s’échelonne de 0,1 (qu’atteint difficilement le petit enfant qui apprend à écrire ou l’adulte illettré) jusqu’à 3.
- Ou obtient après étalonnage:
- 50 % +
- 0,1 ............ 1 ................. 1,3 ............. 3
- 50 % des sujets ont donc une Vitesse d’écriture comprise entre 1 graphe et 1 graphe 3, c’est la vitesse de l’homme moyen.
- A vitesse accélérée l’étalonnage donne
- 50 %
- 0,2...........0,8................... 1,(
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- 50 % des sujets ont une vitesse accélérée d’écriture comprise entre 0,8 et 1,-6.
- C’est ce que je signale plus haut, certains sujets vont moins vite quand on leur dit d’aller vite que lorsqu’ils écrivent naturellement.
- Pour l’homme moyen nous avons donc:
- Graphe normal : — 1 ................. 1,3 +
- Graphe accéléré: — 0,8................ 1,6 +
- Le décilage du graphe général s’établit ainsi (Voir Tableau).
- Le Dr Bouteloup a d’autre part établi un étalonnage du graphe chez les travailleurs intellectuels, ce qui lui a donné les résultats suivants :
- Graphe normal
- Graphe accéléré
- Graphe général
- Normal
- 1.019 sujets
- Vite : 1.267 sujets
- 1° Vitesse d’écriture chez l'entant
- Ce n'est guère qu’à partir de G ans que l’enfant commence à écrire de façon suffisante pour que l’épreuve puisse être retenue. Toutefois l’épreuve n’a de valeur significative qu’à partir de sept ans.
- Les épreuves ont été réalisées par le Dr Bouteloup dans les écoles de la Banlieue Parisienne.
- Les deux épreuves du graphe (vitesse normale et vitesse accélérée ont été exécutées par 1.370 enfants). Ce nombre ne comprenant que les épreuves retenues, une fois éliminées les épreuves que les enfants n’ont pas comprises, ou douteuses.
- Une ascension régulière du graphe chez l’enfant au cours de ses études a pu être mis ainsi en évidence.
- N 3-1,7 1,7-1,4 1,4-1,3 1,3 1,2 1,1-1 1 1,2 1 1-0,8 0,8-0,7 0,7-0,4 0,4-0,1
- V 3,4-2 2-1,7 1,7-1.5 1,5-1,4 1.4-1,2 1-0,!) 0,9-0,7 0,7-0.6 0,6 0,2
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- Ces enfants ont été classés par âge, adoptant la définition de Page fixé par la Commission d’unification terminologique du Congrès de Psychotechnique de Moscou (1932).
- « L’âge exprimé en années doit correspondre au médian des « âges compris entre deux échelons successifs. Ainsi 10 ans « correspond aux âges qui se dispersent entre 9 ans 6 mois un « jour et 10 ans 5 mois et 29 jours. »
- Ensuite a été effectué un étalonnage par classe. Je résume les résultats de façon schématique.
- Chez l’enfant la moyenne du graphe est :
- Normal Vite
- à 7 ans M 0,5
- 8 ans 0,5 0,6
- 9 ans 0,6 0,7
- 10 ans 0,7 0,8
- 11 ans 0,8 1,1
- 12 ans 0,9 1,2
- 13 ans 1 1,3
- 14 ans 1,1 1,1
- Voici un procédé mnémotechnique pour retenir ces chiffres :
- Pour avoir la vitesse du graphe normal enlever 3 à l’âge et diviser par 10.
- Pour avoir la vitesse du graphe accéléré, enlever 2 à l’âge jusqu’à 10 ans et diviser par 10.
- Au-dessus de 10 ans, diviser seulement par 10.
- La vitesse moyenne d’écriture serait supérieure à la vitesse moyenne d’écriture des garçons du même âge.
- D’autre part approximativement, la vitesse d’écriture accélérée d’une classe correspond à la vitesse normale de la classe immédiatement supérieure.
- Pour les détails ainsi que les tableaux et les décilages, voir Thèse de Bouteloup (1).
- Influence de la vitesse d'écriture sur :
- A. — La pression. — On ne peut à ce sujet établir de règle fixe.
- Dans la plupart des cas, la pression augmente avec la vitesse ; cette augmentation peut être à peine sensible ou atteindre plusieurs centaines de grammes. Quelquefois la vitesse est
- (1) Dr Bouteloup. thèse soutenue devant la Faculté de médecine de Paris le 6 avril 1919. ’
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- sans modification sur la pression, Enfin plus rarement la pression baisse avec la vitesse. Souvent aussi l’augmentation de vitesse fait apparaître ou augmenter les oscillations de la trajectoire. -Je parle surtout ici d’une augmentation de vitesse commandée : on- dit an sujet d’écrire le plus vite possible, il semble que ce commandement produise une excitation nerveuse plus ou moins grande suivant les sujets. D’ailleurs, quand le sujet lui-même commande ou freine sa vitesse les variations de pression sont les mêmes.
- L’excitation nerveuse consécutive à un ordre persiste même après l’accomplissement de cet ordre alors qu’un autre ordre est donné. On peut voir en effet la pression scripturale rester au-dessus de la normale lorsqu’on lui ordonne d’ecrire doucement après lui avoir commandé d’écrire vite. Sur tous ces points d’ailleurs l’examen des graphogrammes est démonstratif.
- A signaler aussi que la fatigue qui augmente la pression, augmente aussi la vitesse d’écriture.
- B. — La longueur du tracé. — Le tracé envisagé ici est le tracé linéaire, celui qu’on mesurerait au fil de la plume. Sa longueur peut avec la vitesse, soit augmenter, soit se raccourcir, soit plus rarement ne pas varier.
- Ces variations se traduisent dans des modifications dans l’étalement et l’espacement de l’écrit ou dans la hauteur des lettres.
- Suivant les dimensions de l’écriture, le «graphe est plus ou moins long. Dans les écritures petites et serrées il peut se limiter à 10 centimètres ou, pour les écritures grandes et étalées atteindre 30 centimètres.
- Lorsque la vitesse augmente, le sujet chez qui prédomine la raison va instinctivement raccourcir son tracé.
- Les sujets chez lesquels l’imagination prédomine, allongent au contraire la longueur du tracé.
- C. — La direction. — La vitesse exagère la direction du tracé. Une écriture montante devient par la vitesse plus montante. Une écriture descendante plus descendante.
- Je parle ici des écritures occidentales écrites de gauche à droite.
- Pour les écritures tracées de droite à gauche, la direction est inversée et, contrairement à ce qu’affirmait Michon, un tracé descendant est en réalité grapliologiquemcnt ascendant.
- Pourquoi aussi l’écriture descend-elle ou monte-t-elle ?
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- De ces faits, je donnerai dans un prochain article une explication physiologique (1).
- A signaler enfin que la fatigue qui augmente la pression, augmente aussi la vitesse d’écriture.
- A l’école, à la Faculté, au bureau, à l’usine, l’étude de la vitesse d’écriture doit être complétée par la vitesse gestique, étudiée graphologiquement comme l’a montrée dans sa thèse le Dr Blandin (2).
- POUR UN EXAMEN ENDOCRINIEN SYSTÉMATISÉ EN ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- par le
- Docteur J. BERNFELD
- Lorsqu’on examine les fiches médicales de l’orientation professionnelle, -on est frappé par la place très discrète et mal proportionnée accordée aux glandes endocrines.
- Un examen endocrinien complet est cependant nécessaire en O. P. en raison de la fréquence des dysfonctionnements glandulaires à l’âge pubertaire et du rôle des endocrines sur les facteurs mis en jeu par l’orientation professionnelle.
- Importance du bilan pubertaire pour les indications
- ET CONTRE-INDICATIONS MÉDICALES
- La puberté joue un rôle dans le développement des aptitudes physiques : la force musculaire et la ténacité augmentent de même que la ventilation pulmonaire. Par contre, il existe au cours de la puberté une période d’instabilité pour l’aptitude aux efforts mesurés par l’épreuve de Lian et une petite incoordination motrice.
- Dans la pathologie générale, la puberté entraîne des troubles cutanés (acné, transpiration des extrémités, cyanose) transitoires, modifie les maladies allergiques — on connaît la disparition de certains asthmes ou prurigos à la puberté — et
- (1) La Direction de l’écritore par Emile Malespine (à paraître).
- (2) Dr Yvette Blandin. Graphologie et psychotechnique, thèse soutenue devant la Faculté de médecine de Paris, le 5 avril 1949.
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- influe sur le développement des cardiopathies et de la tuberculose.
- Les indications et contre-indications médicales varieront donc suivant le stade pubertaire et on ne pourra interpréter de la même façon telle hypotonie musculaire ou tel chétivisme suivant que la puberté sera terminée ou n’en sera qu’au stade préliminaire.
- Dans l’examen endocrinien d’un sujet normal de 13 à llf ans on devra s’attacher :
- avant tout' à l’étude de l’appareil génital,
- chez le garçon on étudiera les caractères sexuels primaires : testicules, bourse, verge,
- les caractères sexuels secondaires :
- poils, pubiens et axillaires, caractères de la voix, poils du visage.
- Chez la jille, on regardera si la vulve est infantile (antérieure) ou adulte (inférieure), on notera le volume des seins, la pilosité, enfin on étudiera le syndrome menstruel : date d’installation des règles, leur rythme, durée, abondance, douleur, l’existence d’un syndrome prémenstruel.
- La recherche d’un syndrome infundïbulo-végétatif se montrera presque toujours positive :
- signes végétatifs : nervosité, palpitations, dyspnée, tremblement ;
- signes vasculo-vêgétatifs : sueurs, bouffées de chaleur, cyanose des extrémités ;
- signes infundibulaires : troubles de l’appétit, de la soif, du sommeil, de la thermo-régulation.
- On pourra ainsi à la fin de cet examen faire un bilan précis par des mesures uniformes.
- Les dysfonctionnements glandulaires
- Nous ne pouvons pas dans cet article étudier, même brièvement, tous les dysfonctionnements glandulaires rencontrés au cours d’un examen d’O. P. Cest troubles viennent en seconde place, après les attitudes vicieuses (15 à 20 % des enfants examinés) .
- Certains de ces dysfonctionnements sont évidents et bien connus, tels l’obésité, l’infantilisme, les goitres, etc. Nous ne les citons que pour insister sur la nécessité, pour le médecin orienteur, de faire un diagnostic clinique et étiologique aussi
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- précis que possible et ne pas se contenter de dire: obésité ou hypotrophie staturale, de même qu’il ne dirait pas : souffle cardiaque, sans en rcehercher la signification et l’étiologie.
- D’autres troubles doivent être recherchés systématiquement parce que frustes. Parmi ceux-ci, l’insuffisance thyroïdienne est la plus fréquente. On pense beaucoup trop à l’hyperthyroïdie et jamais assez à l’insuffisance thyroïdienne dont l’importance découle de son influence sur l’activité et le psychisme et des résultats remarquables du traitement. Le diagnostic sera posé sur de petits signes — bien plus que sur l’aspect classiquement décrit — : peau un peu cireuse, lenteur et noncha-lence, frilosité, constipation, somnolence facile.
- Ces troubles doivent être recherchés dans tous les cas et surtout lorsqu’il y a un retard scolaire ou une paresse marquée. Le dosage du cholestérol s’il est au-dessus de 2 g. a une bonne valeur diagnostic et permettra une thérapeutique assez large.
- Les troubles des règles doivent également être recherchés avec soin. Sans signification dans la première année qui suit l’installation de la fonction génitale, ils prennent plus d’importance par la suite. Nous insistons sur la fréquence de l’hy-perfolliculinie qui pourra être suspectée sur quelques signes cliniques tels que : gonflement des seins prémenstruel, pesanteur pelvienne, développement excessif des petites lèvres. Mais le plus souvent le diagnostic ne pourra être établi que par la méthode des frottis vaginaux.
- En hésumk
- L’examen endocrinien complet s’impose pour faire un bilan pubertaire exact et pour dépister des troubles glandulaires dont l’importance n’est plus à démontrer. Cependant dans la plupart des cas, cet examen est inexistant ou mal conduit parce que bien souvent le médecin n’y pense pas en raison de la disposition des fiches médicales ou qu’il omet de tirer la conclusion des symptômes qu’il a pu constater.
- Pour faciliter ce travail, nous .proposons un plan d’examen adapté de celui que nous utilisons à l’Hôpital Bretonneau dans le service du Dr Jean Weill et qui a été inspiré par le Dr Licht-witz.
- Nous étudions :
- La morphologie : Taille qui peut être normale, diminuée ou exagérée.
- Corpulence : en particulier l’obésité, en étudiant son histoire, sa répartition, l’association de cellulite, de vergetures ou de rétention d’eau.
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- Le comportement : physique: activité, sous la dépendance du corps thyroïde, fatigabilité excessive )
- psychique, en particulier les retards intellectuels.
- Les troubles infundibulo-végétatifs, dont nous avons déjà parlé, doivent être recherchés à ce moment.
- L’examcnt glandulaire enfin :
- examen génital: caractères sexuels primaires, secondaires et fonction ;
- examen thyroïdien: recherche d’un goitre et d’une exophtalmie, recherche de signes d’insuffisance thyroïdienne ou d’une hyperthyroïdie ;
- examen surrénal: en particulier, recherche dans les cas d’obésité d’un syndrome métabolique et génital qui caractérise l’hypercorticisme ;
- examen hypophysaire enfin : troubles de la croissance, hyper-laxité ligamentaire, aspect général.
- Ce plan, imprimé sur les fiches médicales, devra simplement être rempli et complété par le médecin au cours de son examen. Nous donnons les exemples d’un enfant pubertaire normal, d’un syndrome d’obésité, d’une insuffisance thyroïdienne et d’un trouble des règles, qui mettent mieux en lumière l’intérêt de cet examen systématisé et uniforme.
- Exemple n° 1 : Puberté normale
- MORPHOLOGIE
- Taille : 1,50 Poids : 42,200
- Normal + Obésité depuis :
- Obésité familiale :
- localisation : cellulite : vergetures : rétention d'eau :
- Maigreur :
- COMPORTEMENT
- Physique : activité : normale
- fatigabilité : +
- Psychique : retard scolaire
- nervosité : -f tremblement : + dyspnée : o palpitations : +
- Syndrome infundibulo-végétatif : sueurs : +
- bouffées de chaleur : + cyanose des ext. : +
- Troubles de faim : + + + soif : + + + sommeil : o fièvre : o
- EXAMEN GLANDULAIRE
- — Génital ;
- Caractères sexuels primaires
- testicules : grosse prune bourse : pigmentée verge : adulte
- vulve
- petites lèvres
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- ' Caractères sexuels secondaires
- poils pubiens : PI seins :
- poils axillaires : o poils pubiens
- poils du visage : o poils axillaires
- voix : infantile acné
- acné : +
- Fonction
- érection. date des premières règles.
- éjaculation. rythme. durée. abondance. douleur. syndrome prémenstruel.
- — Thyroïdien :
- Goitre : o Exophtalmie : o
- Syndrome d’insuffisance
- aspect : o peau : o phanères : o
- lenteur : o frilosité : o constipation : +
- Syndrome d’hyper fonctionnement
- tachycardie : + amaigrissement : o thermophobie : o
- asthénie : o hyperidéation : o
- — Surrénal
- Fatigabilité : + T. A. : normale
- Syndrome d’hypercorticisme puberté précoce : o syndrome métalolique : obésité :
- vergetures : ostéoporose :
- syndrome génital : oestrogénique (chez le garçon) très rare
- androgénique (chez la fille) virilisme hirsutisme
- — Hypophysaire :
- Troubles de la croissance
- Aspect général :
- Laxité ligamentaire
- CONCLUSION
- Début de puberté avec signes infwidibulo-végétatifs.
- Exemple n° 2 : Obésité
- MORPHOLOGIE
- Taille : 1,55
- Poids : 54 kilos Normal
- Obésité Obésité depuis : 5 ans
- familiale ; localisation : générale
- cellulite : vergetures : rétention dJeau : Maigreur :
- COMPORTEMENT
- Physique : activité : normale Fatigabilité Psychique : normal
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- — 45
- Syndrome infundibulo-végétatif :
- nervosité : + tremblement . o dyspnée : o palpitations : o
- sueurs : +
- bouffées de chaleur : + cyanose des ext. : +
- — Génital :
- EXAMEN GLANDULAIRE
- Troubles de faim : + + + soif : o sommeil : o fièvre : o
- Caractères sexuels primaires
- testicules : vulve : inférieure
- bourse : petites lèvres : n
- verge :
- Caractères sexuels secondaires poilà pubiens : poils axillaires : poils du visage : voix : acné :
- F onction
- érections : éjaculation :
- Thyroidien : Goitre : o
- seins : bien déveeloppés poils pubiens : PI poils axillaires : acné : +
- date des premières règles : 49
- rythme : 28
- durée : 4
- abondance : peu
- douleur : o
- syndrome prém,enstruel : o
- Exophtalmie : o
- Syndrome d’insuffisance :
- aspect : + peau : infiltrée phanères : o
- lenteur : o frilosité : + constipation : o
- Syndrome d’hyperfonctionnement : tachycardie : o amaigrissement : ' o thermophobie : o
- asthénie : o hyperidéation : o
- — Surrénal
- Fatigabilité : o T. A. : normale
- Syndrome d’hypercorticisme puberté précoce : o syndrome métabolique : obésité : +
- vergetures : o ostéoporose : o
- syndrome génital :
- oestrogénique (chez le garçon) très rare
- androgénique (chez la fille) virilisme : o hirsutisme : o
- — Hypophysaire : *
- Troubles de la croissance : o aspect général : o Laxité ligamentaire : o
- CONCLUSION
- Obésité depuis 5 ans sans cause précise survenant sur terrain d’obèses ; troubles infundibulaires responsables peut-être de la faim, donc do la suralimentation ; >
- Petite insuffisance thyroidienne clinique pas de troubles génitaux, pas de syndrome d’hypercorticisme.
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- Exemple n° 3 : Insuffisance thyroïdienne
- MORPHOLOGIE
- Taille : 1,50
- Poids : 42 kilos Normal
- Obésité Obésité depuis :
- familial* : localisation :
- cellulite : vergetures : rétention d’eau Maigreur :
- COMPORTEMENT
- Physique : activité : comportement lent fatigabilité : o
- Psychique : Retard intellectuel : âge mental de 8 ans et demi Syndrome infundibulo-végétatif :
- nervosité : + tremblement : o dyspnée : o palpitations : o
- sueurs : o
- bouffées de chaleur : o cyanose des ext. : o
- EXAMEN GLANDULAIRE
- Troubles de faim : o soif : o sommeil : o fièvre : o
- — Génital :
- Caractères sexuels primaires testicules : bourse : verge :
- Caractères sexuels secondaires poils pubiens : poils axillaires : poils du visage : voix : acné :
- Fonction
- érections : éjaculation :
- — Thyroïdien : Goitre : o
- vulve : inférieure petites lèvres : n
- seins : début développement poils publiens : P2 poils axillaires : o acné : o
- date des premières règles : o
- rythme :
- durée :
- abondance :
- douleur :
- syndrome prémenstruel :
- Exophtalmie : o
- Syndrome d’insuffisance :
- aspect : + (air niais) peau : infiltrée et pâle
- phanères : sourcils peu fournis lenteur : + frilosité ; + constipation : -P
- Syndrome d’hyper fonctionnement
- tachycardie : o amaigrissement : o thermophobie : o
- asthénie : o hyperidéation : o
- — Surrénal
- Fatigabilité : o T. A. : normale
- Syndrome d’hypercorticisme puberté précoce ; o
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- syndrome métabolique : obésité : o vergetures ostéoporose
- syndrome génital :
- oestrogénique (chez le garçon) très rare
- androgénique (chez la fille) virilisme : o hirsutisme : o
- Hypophysaire :
- Troubles de la croissance : o aspec général : o Laxité ligamentaire : o
- CONCLUSION
- Insuffisance thyroïdienne typique à vérifier par :
- métabolisme de base et dosage du cholestérol.
- (Le métabolisme de base fait quelques jours plus tard après l’examen montré — 16 %).
- Exemple n° 4 : Troubles des règles
- MORPHOLOGIE
- Taille : 1, 52 Poids : 45 kilos
- Obésité
- familiale
- Physiuqe : activité : normale fatigabilité : o
- Psychique : normal Syndrome infundibulo-végétatif : nervosité : o sueurs : o
- tremblement : o bouffées de chaleur
- dyspnée : o cyanose des ext. :
- palpitations : o
- Génital :
- Caractères sexuels primaires testicules : verge : bourse :
- Normal +
- Obésité depuis
- localisation cellulite vergetures fétention ti’eau Maigreur
- COMPORTEMENT
- Troubles de faim : o soif : o sommeil fièvre : o
- EXAMEN GLANDULAIRE
- ül ‘ Si
- vulve : inférieure petites lèvres : brunes
- Caractères sexuels secondaires poils pubiens poils axillaires poils du visage voix acné
- seins : gros, douloureux poils puibens : P3 poils axillaires : A2 acné : +
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- Fonction
- érections : date des premières règles : août 1948
- éjaculation : rétine : 21 à 23 jours
- durée : 3 abondance : + douleur : o
- syndrome prémenstruel : +
- (gonflement des seins + ++)
- — Thyroïdien :
- Goitre : o
- Syndrome d’insuffisance :
- aspect : normal peau : n phanères : n
- lenteur : o frilosité : o constipation : +
- Syndrome d’hyperfonctionnement
- tachycardie : o amaigrissement : o thermophobie : o
- asthénie : o hyperidéation : o
- — Surrénal
- Fatigabilité : o T. A. : normale
- Syndrome d’hypercorticisme puberté précoce : o syndrome métabolique obésité : o vergetures : ostéoporose :
- syndrome génital :
- oestrogénique (chez le garçon) très rare
- androgénique (chez la fille) hirsutisme virilisme
- — Hypophysaire :
- Troubles de la croissance : o aspec général : o Laxité ligamentaire : o
- CONCLUSION
- Hyperfolliculinie clinique à vérifier par frottis vaginaux.
- • (Ceux-ci ont montré une hyperfolliculinie secondaire.)
- Conclusion
- , \
- Nous proposons d’instaurer d’une façon systématique dans les examens d’orientation professionnelle un plan d’examen endocrinien qui permettra au médecin orienteur de faire une étude complète dans le minimum de temps. Ce plan intègre dans le cadre des glandes endocrines les signes végétatifs éparpillés dans les ficlies médicales actuelles. Par le groupement des signes objectifs en syndromes, il permet de poser une conclusion clinique presque automatique qui sera vérifiée par les examnes de laboratoire.
- Enfin, il semble inutile d’insister sur l’intérêt que présenterait cette méthode pour les statisticiens ou les chercheurs qui trouveraient dans l’uniformité de ces fiches médicales une source précieuse de documents.
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- NOTES ET DOCUMENTS
- La détermination du facteur de persévération chez les épileptiques
- C’est un trait souvent noté de la mentalité épileptique que l’inertie et la viscosité se traduisant par une persévération rattachée à un facteur P.
- Pour la détermination de ce facteur, René Zazzo a employé avec Mira Sosberger (1) une série de méthodes dont il a confronté les résultats : d’une part les tests classiques permettant l’emploi de l’analyse factorielle, d’autre part des questionnaires, enfin une analyse graphométrique, avec données comparatives sur des écoliers, des étudiants, des épileptiques et divers types de malades mentaux.
- Un quotient de ralentissement dans le changement de tâche (4 tests, des minuscules-majuscules, des W, des triangles, et des dénominations de couleur), a donné des valeurs de 39 % chez les épileptiques, 28 chez les étudiants, 20 chez les divers malades mentaux.
- Les 19 questions du questionnaire ont permis d’établir un nombre de réponses persévératrices variant de 5,86 à 10, 26 entre le 1er et le 10e décile. Enfin l’étude de l’écriture par Mme de Gobineau, classant 16 caractéristiques (d’où un indice maximum de 16) sous les 4 rubriques de raideur, impulsivité, adhésivité, intimité, a porté sur 32 épileptiques et 20 malades mentaux divers. L’indice pioyen de persévération a été de 9 chez les premiers et de 4 chez les seconds. La comparaison avec les données des tests a permis d’établir un coefficient de corrélation tétrachorique de + 0.75.
- Ceci indique que ce trait peut être assez bien révélé par l’écriture. Mais il est plus simple et plus sûr d’utiliser le test.
- P.
- i *
- ‘ * *
- Une différence sexuelle révélée dans la perception spatiale
- Un exposé par Witkin (1) des résultats de recherches systématiques poursuivies collectivement au Laboratoire de Psychologie de Brooklyn College sur la psychologie différentielle de la perception, donne d’intéressantes indications sur un trait qui marque une inégalité systématique entre les deux sexes :
- Lorsque l’appréciation de l’orientation dans l’espace, c’est-à-dire de la direction de la verticale, comporte une base proprioceptive et visuelle en désaccord (le sujet étant sur un fauteuil inclinable dans une cage subissant des inclinaisons indépendantes), il y a un compromis entre les indications des deux sources, mais systémati-
- (1) t L’analyse factorielle en psychologie clinique (Recherche du facteur P chez les épileptiques). Encéphale, 21e année, 6, 1949, p. 302-316.
- (1) H.-A. Witkin. Sex différences in perception. Transactions of the New-York Academy of Sciences, XII, 1949, p. 22-29.
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- quement plus proche, chez les femmes, des données fournies par la vue : les femmes ont moins confiance dans les données propriocep-tives. Elles peuvent admettre la verticalité d’une cage inclinée jusqu’à 56°.
- De même, pour placer dans l’obscurité une baguette lumineuse en l’orientant dans un cadre lumineux qui peut être plus ou moins incliné, les femmes sont plus sensibles à la suggestion du cadre.
- Pour le maintien d’une posture droite (avec mesure d’oscillations à l’ataxiamètre) les femmes et les hommes ont la même capacité dans une pièce éclairée, mais les premières sont nettement inférieures dans l’obscurité, quand manquent les repères extérieurs.
- Dans un conflit audio-visuel pour la localisation d’une source sonore, les femmes sont aussi plus influencées que les hommes par les données de la vue. Ces dernières données ont donc une action suggestive dominante sur le sexe féminin, par rapport aux renseignements spatiaux fournis par l’audition et surtout par la sensibilité proprioceptive, kinesthésique et labyrinthique.
- H. P.
- i * '
- * *
- La conception de Sir Cyril Burt sur la structure de l’esprit
- Sir Cyril Burt a fait le point de ses conceptions après 33 ans de recherches, sur la structure de l’esprit telle qu’elle peut être dégagée de l’analyse factorielle (1).
- Voici les points essentiels des conclusions auxquelles il aboutit :
- 1. L’existence de facteurs de groupe lui paraît absolument certaine. Il en avait énuméré 11 principaux en 1926, et noté que plusieurs pouvaient se séparer en sous-facteurs. De ces facteurs ou sous-facteurs, il lui paraît que 18 sont actuellement bien établis, dont 5, très importants pour les éducateurs, ont été de façon indépendante retrouvés par une douzaine d’expérimentateurs : verbal, arithmétique, spatial, de mémoire et de rapidité.
- 2. En ce qui concerne l’organisation factorielle, ni la conception trop simple de Spearman, d’une énergie cognitive, opérant sur un grand nombre de mécanismes corticaux étroitement spécifiques, ni celle de Thurstone, d’une collection -d’habiletés primaires sans relations définies, ne lui paraissent acceptables. Elles ne sont pas en accord avec la connaissance que nous avons de l’activité mentale et de la structure du système nerveux et du cerveau, comportant une hiérarchie qui doit se retrouver dans la structure factorielle, assez complexe : Un facteur général, de compréhension couvrant toutes les activités cognitives est placé au sommet. En-dessous de lui, un petit nombre de facteurs de* groupe assez larges couvrant des activités de type différent, mais se subdivisant en des facteurs de groupe plus étroits, avec des niveaux superposés, les niveaux inférieurs comportant un nombre croissant de facteurs de plus en plus spécifiques.
- (1) Cyril Burt. The structure of the Miud. A review of the results of factor analysis. British Journal of educational Psychology, XIX, 213, 1949, p. 110-111 et 176-199.
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- Ces facteurs, systématisés en genres et espèces, ne doivent pas être pris comme des réalités concrètes isolables, à l’exemple des facultés, mais comme des principes de classification purement abstraits. Si les principaux facteurs les plus larges sont actuellement assez bien connus et identifiés, les facteurs des niveaux subordonnés, les espèces des genres, ne le sont pas encore.
- Et l’effort principal, selon Cyril Burt, doit être maintenant de préciser — car c’est là l’essentiel pour les éducateurs — le rôle de l’hérédité, de la constitution génétique.
- Toute habileté mesurable est en effet le produit d’une potentialité génétique en interaction avec des conditions post-natales et des influences du milieu, et la séparation de ces deux éléments essentiels est une tâche difficile.
- H. P.
- A TRAVERS LES REVUES
- Dans Psychometrika de décembre 1949 (t. 14, 4) on trouve une représentation par matrice pour l’analyse de la variance et la covariance, par P. J. Rulon, une étude par R. B. Cattell des coefficients de similitude de pattern (en particulier de profils) avec introduction d’un nouveau coefficient rp, enfin une analvse factorielle centroïde par L. V. Jones, des tests Stanford-Binet à 4 niveaux d’âge, mettant en évidence, en l’absence de facteur général, 7 facteurs de groupe (le facteur verbal dominant) à distribution très variable aux âges de 7, 9, 11 et 13 ans.
- Le numéro de décembre 1949 (t. 13, 6) du Journal of Consulting Psychology contient principalement trois études consacrées au Weschsler-Bellevue (de Wittenborn, de W. L. Hunt, et de W. D. Altus et J. H. Clark) et sept relatives aux techniques projectives avec une introduction de Percival M. Svmonds, ces études représentant des exercices qu’il a dirigés dans un cours : R. L. Monroe a utilisé une technique (avec choix d’images) en vue du diagnostic d’incapacités d’apprendre chez des écoliers ; R. T. Reynolds emploie la méthode pour déceler les altitudes en matière raciale ; Isa-bell Wilson a employé un test de complètement de phrases pour différencier les écoliers mal adaptés ; W. H. Lundin propose des « projective movement sequences » (P.M.S.) fondées sur de courtes scènes filmées ; M. C. Hutchins a demandé de donner une signification a des groupements de syllabes, de mots étrangers ; enfin, Dorothy Day a considéré que celui qui interprète les rêves projette' assez sa personnalité pour que l’interprétation même puisse servir de test projectif.
- Le Wechsler-Bellevue a les honneurs de 3 études dans le numéro de février 1950 (t. 14, 1) : Fr. M. Gillhooly envisage la relation entre variabilité et habileté, qui, à l’encontre de Wechsler, n’est trouvée ni linéaire, ni minime (corrélation cyclique, héta de 0.83) ; G. F. Der-ner et Murray Aborn indiquent un board d’administration du sous-
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- test d’assemblage ; E. J. Shoben réfute l’hypothèse de Rashkis-Welch que le test permettrait de détecter l’anxiété. Dans le môme numéro J. R. Wittenborn applique le contrôle statistique à certaines affirmations de Rorschach sur la cohérence interne de catégories de scoring, et J. H. Clark met en relation avec le M.M.P.I. la variabilité intertests du test de maturité mentale de Californie.
- Le Bulletin 392 (décembre 1949) de la Société Alfred Binet contient le début de la 2e partie de l’étude de Th. Simon sur la psychologie de l’enfant (vie affective et morale) et la fin de l’exposé de Mme Borel-Maisonny sur les tests d’orientation, jugement et langage destinés aux enfants de 5 ans 1/2 à 9 ans présentant des difficultés de langage, lecture ou orthographe (dont le matériel est fourni par la librairie de l’Education Nouvelle, 13, rue Littré, à Paris).
- Sur la « querelle des quotients et des courbes », Th. Simon, dans le Bulletin 393 (1950) fait précéder de réflexions personnelles une lettre de R. Zazzo et une réponse de L. Bonnis, dont il suffira de citer une des dernières phrases pour faire le point : Le quotient d’intelligence « est venu trop tôt puisqu’il est venu avant que l’âge mental moyen, sans lequel on ne peut le calculer, soit connu. Cet âge mental demeure Loujours un espoir non réalisé ». Après 40 années, l’étalonnage hâtif de l’échelle B. S. n’a pas encore fait place à un étalonnage valable !
- Une étude sur la validation et l’étalonnage du test général d’aptitudes mécaniques établi pendant la guerre au titre de l’Adjutant General’s Office (test A G O) est publiée par Adam Poruben Jr dans le Journal of Psycliology de janvier 1950 (T. 29, 1).
- Dans la Personnel Psycliology (t. 2, 4, 1949) signalons une comparaison des données de l’échelle Humm-Wadsworth de tempérament sur les appréciations de vendeurs par Th. W. Harrell, un examen de l’influence de l’âge sur les capacités et les intérêts d’ouvriers semi-qualifiés par Cl. W. Brown et E. E. Ghiselli, et l’exposé des résultats du Rorschach en relation avec l’efficience de machinistes.
- Le numéro de janvier 1950 (t. G, 1) du Journal of Clinical Psycho-logy est consacré à un symposium sur la statistique pour le clinicien avec 11 contributions et 2 exposés de discusion (de J. W. Tukey et J. C. Flanagan). Parmi les thèmes traités, on peut citer particulièrement les problèmes de fidélité dans les appréciations de plusieurs juges (L. S. Kagan et J. Mc V. Hunt), une application de la typologie par l’étude des univers de traits (W. Stephenson), l’cxa-rnen de la variabilité intraindividuelle dans l’étude de la personnalité (D. Horn), les problèmes de patterning du Rorschach (A. I. Rabin).
- Un fascicule des Psychological Moriographs (n° 297, 1949) est consacré à une étude de Glen Grimsley sur la sélection de baLteries de
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- tests pour la prédiction du succès professionnel par comparaison de la méthode de Whçrry-Doolittle, et celle du multiple cutting-score, toutes deux s’étant montrées équivalentes, la deuxième représentant toutefois l’avantage d’être plus rapide et d’exiger une moindre compétence statistique.
- Dans le Journal of Eclucalional Research de décembre 1949, H. B. Lyman compare, sans trouver de différences, un test d’inventaire d’attitudes avec items « scrambleds » ou items « blooked », et G. W. Willett examine pour 7 tests, après un -an, la fidélité des scores.
- Dans Sauvegarde de février 1950 (t. 5, 2), G. Durandin publie des résultats de recherches sur le mensonge chez l’enfant inadapté.
- Occupaiional Psychology de janvier 1950 (t. 24, 1) renferme üne étude de Patricia Elton Mayo sur l’œuvre d’Elton Mayo, et des articles, entre autres, de J.. G. W. Davics sur ce qui est le succès professionnel, de J. M. Fraser, sur une nouveau type de « sélection Board », de H. J. Eysenck sur la psychologie clinique en relation avec la psychologie industrielle.
- Une conférence du Dr. Minkowski sur le test de Rorschach à la Clinique des maladies mentales de Paris est publié dans les Annales Médico-Psychologiques de février 1950.
- Dans les Annales d'Oculisiique de décembre 1949 (t. 182, 12), les classes d’amblyopes sont l’objet d’une étude de S. Delthil et J. Morel-Charron, qui envisagent le problème de leur orientation professionnelle et indiquent les principaux métiers auxquels peuvent accéder garçons et filles amblyopes.
- Esther Milner a examiné sur un groupe de 15 garçons et 15 filles âgées de 10 à 14 ans l’influence que le sexe et le niveau social exercent sur la personnalité, à l’aube de l’adolescence (Gcnelic Psychology Monographs, 40, 1949, p. 231-325).
- Dans Y American Psychologisl de janvier 1950 (t. 5, 1), W. C. Men-ninger examine les relations de la psychologie clinique et de la psychiatrie.
- Dans le Journal of applicd Psychology de décembre 1949 (t. 33, 6), E. E. Ghiselli et Cl. W. Brown ont étudié les corrélations de 8 tests papier crayon et un questionnaire d’intérêts avec les accidents subis
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- par 67 conducteurs de taxicabs durant les 5 premières semaines de leur emploi, dégageant, avec 5 de ces tests une batterie'donnant une validité de 0,59 (dotting, tappmg, jugement ét discrimination de distance, principes mécaniques) ; E. E. Daniels et W. A. Hunter ont examiné les patterns de personnalité au M.M.P.l. chez 894 vétérans de 26 professions différentes ; A. F. llicger a examiné l’emploi du test de Rorschach en sélection industrielle et pour la différenciation des personnalités professionnelies ; R. H. Seashore, F. J. Dudek et W. Holtzman ont procédé à l’analyse factorielle des tests de coordination visuo-motrice et de stabilité, trouvant 3 facteurs, dont l’un de stabilité, et 2 autres de précision, dans un seul plan, ou dans l’espace.
- Les Cahiers d'Acoustique (n° 10) ont publié une très intéressante étude sur la montre comme appareil de mesure de l’acuité auditive du regretté Dr Gaussé en collaboration avec M. Chavasse et R. Lehmann (in Annales des Télécommunications de décembre 1949, t. 4, n° 12, p. 413-424j.
- IA Industrielle, Organisation (revue suisse), dans son numéro 2 de 1950, publie : une étude de Mme Baumgarten-Tramer, qui distingue deux types chez l’homme normal, celui qui est lié au travail (Werk-gebundene) et en jouit, l’autre qui est lié à la vie (Lebensgebundene) et jouit de l’existence ; une contribution à l’emploi de la statistique de VVillly Bloch, qui propose une formule simple pour lamesure de la dispersion ; enlin le début d’un essai de rationalisation du travail intellectuel dans l’établissement des mémoires scientifiques et techniques.
- L’organisation fonctionnelle du travail (Psychotechnique et Médecine du Travail) est envisagée par le D1' ütavio de Freitas Junior dans un article du Jornal de Medecina de Pernambuco de septembre-octobre 1949 (XVL, 7).
- Les Archives oj Pedriatrics d’août 1949 (t. 66, 8) contiennent une étude du Dr Symonds sur l’epüepsie infantile d’après l’observation pendant 14 ans d’un millier de cas, sur lesquels chez 44 seulement, il y avait lieu d’interdire la fréquentation scolaire.
- INFORMATIONS
- En hommage au professeur Henri Wallon à l’occasion de sa retraite comme professeur au Collège de France, des journées d’études pédagogiques se sont tenues le 19 et le 20 février 1950. A la séance d’ouverture, présidée par Mme Paul Langevin, des discours ont été prononcés par MM. H. Piéron, G. Heuyer, Le Rolland, et de nombreux délégués étrangers, où fut fait l’éloge du savant et de l’homme.
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- L'Union Internationale de la Psychologie Scientifique est défini-vement constituée avec adhésion, jusqu’à présent, de l’Angleterre, l’Allemagne, la Belgique, les Etats-Unis, la France, l’Italie et la Suède. Son Comité exécutif, nommé au Congrès d’Edimbourg, comprend 14 membres et a désigné son bureau composé de :
- MM. Piéron (Paris), président ; H .L. Langfeld (Princeton), secrétaire général ; J. Piaget (Genève), secrétaire général adjoint ; D. Katz (Stockholm), trésorier.
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- L'Ecole Pratique de Psychologie el de Pédagogie de l'Université de Lyon délivre maintenant, au bout d’une première année, outre un certificat de psycho-pédagogie, un nouveau certificat, de psychologie du travail, l’un ou l’autre de ces certificats permettant, au bout d’une deuxième année, de se présenter au diplôme général d’études psychologiques et pédagogiques.
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- Le Dr Lafon a fait un exposé relatif au fonctionnement pendant 6 années de l'Institut de Psycho-Pédagogie médico-sociale de l'Université de Montpellier, centré sur les problèmes de l’enfance inadaptée et qui a compté 146 élèves depuis sa fondation (Sauvegarde, janvier 195U, p. 45-62).
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- Un décret du 6 janvier 1950 (J. O. du 8 janvier) a indiqué les conditions d’organisation des établissements de post-cure destinés à l’adaptation et à la réadaptation professionnelle des tuberculeux et anciens tuberculeux, spécifiant en particulier que, pour bénéficier des dispositions prévues, les tuberculeux doivent au préalable subir un examen médical et un examen d’orientation professionnelle..
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- Un Centre de Psychologie, d'Orientation et de Sélection professionnelle pour le Cameroun, dirigé par M. Stoerkel, a été fondé à Douala.
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- Une semaine de psychologie industrielle a été organisée à Madrid, en décembre 1949 par l'Institut national Espagnol de rationalisation du travail, avec visite de l’Institut national de Psychotechnique. Le Dr José Germain a prononcé la conférence inaugurale. Parmi les sujets traités figuraient l’orienlation et la sélection profesionnelles.
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- L’étude de la fatigue a été l’objet de recherches de L. Carmichael, J. L. Kennedy et L. C. Mead, qui en ont fait un exposé dans les Pro ceedings of ihe National Academy of Sciences, U.S.A. (t. 35, 1949,
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- p. 691-696), signalant qu’ils n’ont pas trouvé de baisse d’efficience dans leurs tests1 après 2 et 3 jours de travail monotone, sans sommeil, alors que les sujets (qui louchaient des primes de rendement) se plaignaient de fatigue, mais qu’il se produisait des défaillances de plus en plus fréquentes et durables (débuts d’endormissement).
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- Le- glutaminol (acide glutamique) s’est révélé un moyen efficace de favoriser le développement mental ; Zimmermann (Archives of Neurology de mars 1949) a obtenu, en 6 mois de traitement, chez des Mongoliens une amélioration nette du Q.I., et le professeur Delay a signalé une amélioration remarquable dans un cas d’oligophrénie phényl-pyravique (Annales Médico-Psychologiques 1949, n° 3).
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- Dans des cas d’idiotie (7 sur 10) un effet remarquable a été obtenu par une cysternotomie opto- chiasmatique libérant des kystes hydrocéphaliques de la région de la selle turcique (apparition de réactions affectives et d’une capacité d’apprentissage) d’après une communication de MM. Soulairac, Desclaux et du regretté psychochirurgien Puech à l'Académie des Sciences (Comptes rendus t. 230, 2 1950).
- A Munich s’est tenu, du 1er au 4 octobre 1949, un Congrès du Be-rufsverband deutscher Psychologen avec la participation de la Société allemande de Psychologie ; à l’ordre du jour, la psychologie dans la vie.
- Du 9 au 12 juillet 1950, sous la présidence du professeur Brull, se tiendra à Liège le lor Congrès international de Gérontologie, au cours duquel sera fondée une Association internationale permanente de Gérontologie..
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- La 5° Conférence internationale de Service Social se tiendra à la Sorbonne du 23 au 28 juillet 1950, faisant suite à la Conférence d’At-lantic-City de 1948 (Secrétariat, 5, rue Las-Cases, Paris, 7e).
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- Le numéro de mars-avril 1950 de Sauvegarde est consacré à l’important ensemble des conférences présentées au 1er Congrès de l'U-nion des Associations régionales pour la Sauvegarde de l'enfance, et traitant du « lendemain de la rééducation en internat » (vente au prix de 250 francs, 20, rue Euler, Paris, 8°).
- * *
- Une Annual Review of Psychology a été fondée par la Société des Annual Reviews à Stanford (U.S.A.). Le premier volume (1950) vient de paraître, édiLé par C.P. Stone et D.W. Taylor (in-8° de 330 pages).
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- MONOGRAPHIE
- LE MÉTIER DES PLEURS ET PLUMES
- par
- Th. DELAUNAY
- Une fleur, couleur qui fait « chanter » tout le reste.
- Pierre GERBER (La France travaille).
- « Faire chanter » une robe, un chapeau, une chevelure, un appartement, tel est bien le rôle des fleurs artificielles si habilement confectionnées qu’elles remplacent avantageusement dans la parure leurs sœurs naturelles. Sans en avoir la fraîcheur, le parfum, elles sont aussi des notes gaies, des notes de poésie, et, de bonne heure, la mode a su ingénieusement les utiliser.
- C’est, en effet, aux métiers manuels relevant de la mode que se rattache le métier des Fleurs et Plumes.
- Ces métiers constituent le principal débouché offert à l’activité féminine : couturières, modistes, lingères, brodeuses, fleuristes, plumassières, passementières, forment le gros de l’armée du travail féminin. •>
- 1) Organisation des ateliers. — Ils.sont tous semblables dans leurs traits généraux et l’avenir de la jeune fille s’engage selon la filière suivante :
- Apprentie : 13/14 ans, qui s’initie au métier. — Petite main : déjà habile. — Ouvrière spécialisée : qui exécute un travail déterminé. — Première : qui distribue l’ouvrage et en surveille l’exécution.
- Cette dernière doit son autorité à une compétence particulière, à des dons développés par une longue expérience.
- 2) Vie à l’Atelier. — L’Atelier est un vrai monde, une ruche où l’on travaille beaucoup et gaiement.
- 3) Gains. — Ils ont augmenté progressivement, sans cesse révisés par les Syndicats qui ont obtenu la rétribution des apprenties. Le salaire ne s’entend que par journées de travail effectif, il faut tenir compte en défalcation du dimanche et du chômage. Le chômage est de six mois chez les fleuristes et les plumassières.
- 4) Devoir de l’ouvrière. — Elle doit fournir un travail consciencieux. Elle doit comprendre son rôle dans le grand concert économique, soignant particulièrement la présentation de son ouvrage, condition importante pour le succès d’un modèle.
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- 5) Aptitudes nécessaires. — Il faut ayant tout que l’ouvrière aime son métier. Pour l’ensemble de ces métiers de la mode certaines qualités physiques sont particulièrement nécessaires :
- — une bonne vue : bonne acuité, bonne solidité ;
- — une résistance suffisante à l’anémie pour résister à la vie
- d’atelier dans un air confiné — vie d’atelier néfaste aux prédispositions tuberculeuses.
- Il faut surtout, pour le bon exercice de ces métiers de la mode, de l’habileté manuelle et un bon goût fin et nuancé.
- 6) Gomment se fait l’apprentissage. — Il se fait en Atelier ou dans une Ecole professionnelle.
- A l’Atelier : C’est le milieu où s’élabore la mode, où elle se crée : l’apprentie est initiée à tous les secrets du métier, à toutes les nouveautés. L’Atelier est ennemi de la routine. Cependant la jeune apprentie n’est pas toujours dans un bon milieu à l’Atelier ; elle n’est pas assez surveillée, elle peut entendre des conversations lestes, elle est trop livrée à elle-même et n’a pas l’appui moral nécessaire pour résister à des exemples fâcheux.
- A l’Ecole professionnelle : Le milieu est un peu artificiel. On y travaille pour une clientèle qu’il faut contenter ou perdre. Après trois ans de formation, les jeunes apprenties sont un peu inférieures à leurs collègues formées en atelier, mais elles les rattrappent vite, et c’est à elles qu’on donne de préférence les postes de premières ou de Directrices d’atelier.
- L’Ecole professionnelle offre, de plus, une garantie de moralité à la jeune fille, pour le temps où elle est à l’école et môme pour l’avenir : grâce à l’élévation de son degré d’instruction, elle sera mieux armée contre les entraînements que sa vie de travail ne lui ménagera peut-être pas.
- Désignation du Métier
- La fleuriste en fleurs artificielles fabrique des fleurs d’appartement, des fleurs d’église et des fleurs pour mode. Il existe deux spécialités :
- — La fabrication de la « Rose » ;
- — La fabrication du «Naturel», c’est-à-dire de toutes les
- fleurs et les plantes en dehors de la rose.
- Pour éviter la morte-saison, les ateliers fabriquent à la fois, et dans tous les genres de tissus, les fleurs de mode, d’appartement et d’église. Toutefois la fleur de mode fait souvent l’objet d’un commerce spécial et souvent des ouvrières se cantonnent dans la fabrication de cette fleur, quoiqu'elle ne constitue pas un métier particulier.
- L’industrialisation du métier a favorisé l’emploi des hommes
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- qui peuvent être trempeurs, découpeurs ou frappeurs, om-breurs.
- La spécialisation dans le métier de fleuriste. — La fleuriste reçoit ses fournitures de diverses usines dont la spécialisation est assez poussée. Il existe :
- — des fabricants spécialisés dans la reproduction de quelques espèces : la rose, l’œillet, la fleur d’oranger pour
- bouquets et couronnes de mariées ;
- — des fabricants spéciaux qui font et vendent les calices,
- les pistils, les étamines, les bourgeons. Ce sont les marchands d’apprêt ;
- — d’autres fabriquent les fruits et les boutons pleins ;
- — d’autres préparent exclusivement les feuilles, les folioles
- et les appendices nécessaires pour monter les branches fleuries ;
- — les « verduriers » font les herbes, les épis, les graines, la
- parure des fleurs ;
- — d’autres ont pour spécialité la fabrication des poudres
- diamantines brillantes qu’on obtient en disposant sur des plaques de verre collodionées la matière colorante en couche mince. Ces plaques sont soumises à haute température. La peinture s’écaille. Elle est recueillie, pulvérisée très finement et utilisée pour donner plus de fraîcheur à la fleur.
- Les industriels teignent chez eux ou font teindre au dehors les étoffes destinées à faire des fleurs fines (tulle, mousseline, tarare, toile de Saint-Quentin, soieries, velours de soie et de coton). Ils font mettre en œuvre et assembler les apprêts par des ouvrières fleuristes qui se spécialisent dans les fleurs sur nature ou dans les fleurs de fantaisie.
- Indépendamment des fleurs fines, elle fabriquent aussi des fleurs communes, qui ne sont guère employées qu’à composer des bouquets d’église, ou de salon, généralement faits en papier qu’on achète tout trempé chez les fabricants de papier.
- La plumassière pour parures crée des parures de toutes sortes spécialement destinées à la mode.
- Il existe deux sortes de travaux :
- 1° le travail de la plume d’autruche ;
- 2° le travail de toutes les plumes fantaisie : aigrettes, crosses, paradis, marabout, etc...
- Objet du Métier
- Les fleuristes font l’assemblage et la soudure des organes des fleurs, la confection des pétales et celle des branches fleuries.
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- L’ouvrière a devant elle, sur une table, un fil de fer appelé trait, un petit pot de gomme arabique, de l’ouate, des pinces, des boîtes contenant des pétales, des pistils et des étamines.
- Les pétales sont ensuite assemblés sur un trait à l’extrémité duquel l’ouvrière enroule d’abord de la ouate.
- Elle colle sur la ouate par l’onglet les pétales intérieurs, puis les extérieurs, puis enfin le calice.
- Cela fait, elle entoure le trait d’une bande de papier, d’étoffe ou de baudruche colorée en vert.
- Enfin, avec la baguette de sa pince, elle repasse l’extrémité de sépales et, quand la fleur est terminée, elle pique son trait dans une pomme de terre fixée sur une tige de fer.
- Les fleurs terminées sont groupées par grosses et peuvent être vendues telles quelles pour être assemblées ensuite avec des feuilles et d’autres fleurs.
- Les procédés mécaniques permettent une fabrication très rapide. L’étoffe (mousseline ou nansouk) reçoit, à la brosse, un apprêt d’amidon ou de gomme plus ou moins teintée. Lorsqu’elle est sèche, on la découpe à l’emporte-pièce. L’étoffe est pliée en 9 pour donner les pétales de la corolle et les sépales du calice appelés araignes.
- Le frappeur fait ainsi un certain nombre de pétales. Un autre ouvrier donne aux pétales le trempé et les nuances : c’est le trempeur. Il trempe les pétales un instant dans l’eau pour pouvoir par la suite leur donner une teinte bien égale. Il les débarrasse de l’excès d’humidité au papier buvard, les étale sur un coussinet et laisse tomber sur chacun d’eux une goutte de couleur qu’il dégrade soit au pinceau, soit avec le doigt. Ensuite, si c’est nécessaire, il panache le pétale au pinceau et imite toutes les nuances accidentelles que le pétale peut présenter. Il sèche les pétales à l’étuve, les tire, les met en boîte. Les boîtes de une grosse sont distribuées aux fleuristes.
- I/ombreur est spécialisé dans la peinture des feuilles. Découpées comme les pétales les feuilles passent dans les mains des ombreurs qui, au moyen de gabarits, formant réserves, peignent sur le premier fond uni des parties nuancées et figurent les rainures avec de l’eau. Les feuilles sont ensuite munies d’un trait qui leur servira de queue, puis sont frappées dans une presse à. balancier, dont le poinçon et la matrice leur donnent l’apparence d’une feuille végétale. On les passe ensuite dans un bain de cire vierge ou dans un vernis teinté ; enfin, elles reçoivent à la brosse une très légère couche de fécule de pommes de terre qui leur donne un aspect agréable. Pour les velouter, on étend sur elles une substance adhésive et transparente et on les saupoudre de tontisse. (à suivre)
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- LA VIE DU CENTRE DE RECHERCHES DE L’INSTITUT NATIONAL D’ÉTUDE DU TRAVAIL ET D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- Les différences de niveau entre Centres d’Apprentissages (garçons)
- On peut trouver, dans le B.I.N.O.P. n° 1-2 de 1949, p. 20, un graphique montrant que des différences de niveau importantes existaient entre les groupes de candidats admis en 1947 dans 14 centres d’apprentisage de la région parisienne.
- Nous pouvons publier maintenant les constatations faites en 1948 et 1949, sur les mômes centres d’apprentissage. On constatera que les mêmes différences se retrouvent entre ces centres. Cependant, puisque nous nous bornons à considérer les candidats admis, aucun sujet n’a figuré à la fois dans plusieurs examens.
- Rappelons que, en 1947 et 1948, les candidats on subi une batterie de trois tests : un test verbal, un test technique, un test spatial. Les épreuves n’ont malheureusement pas été exactement les mêmes pour tous les centres.
- L’épreuve verbale était constituée par l’IVP 1 ou par l’IVP 2.
- L’épreuve technique était soit l’IP 1, soit l’ITP 1, soit l’IT 1 ou l’IT 2.
- L’épreuve spatiale était le V 1 ou le V 47. 1.
- La note obtenue dans chaque épreuve était transformée en tétrons sur la bas© de tétronages du Centre Départemental d’O. P. de la Seine, faits à partir des réultats obtenus par des garçons de 14 ans des classes de fin d’études primaires. Les trois notes exprimées en tétrons étaient additionnées sans pondération.
- En juin 1949, les épreuves étaient exactement les mêmes dans tous les centres. Elles étaient au nombre de sept, et affectées des coeffi-
- cients ci-après : /
- Test de connaissances <i calcul » C. CL 2................. coef. 6
- Test de connaissances « français » C,. F 2................. coef. 4
- Test de dessin de Henry.................................... coef. 3
- Test technique 1 T 1....................................... coef. 2
- Test technique I T 2....................................... coef. 2
- Test spatial V 47 1........................................ coef. 2
- Test spatial Golf.......................................... coef. 1
- Les tétronages furent calculés sur un échantillon au hasard contenant 10 % des candidats. La somme globale était obtenue en faisant la somme pondérée de 7 notes en tétrons.
- Le graphique ci-après donne la position des centres par rapport à la note globale obtenue par le candidat admis de rang médian, en 1947, 1948 et 1949. (Examens de juin).
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- CENTRES D'APPRENTISSAGE 1 EN 1947 , V RÉSULTAT MÉDIAN (ADMIS) ) EN 194S . 4 ( EN 1949 O
- O 4- X7
- pi.. . Vo 4
- C - - X7 O
- V7 0+
- E P 04 V
- V+O
- G O V7 4
- H | 40 V
- V+Q
- J 4 C .
- K 0 4 0
- L.. .. . . .. ... - 4 Q K7
- P O
- N NOTI GLOBALE > BATTERIE 194?... BATTERIE 1946... BATTERIE 1949... 0 V4
- 24 22 20 18 16 14 12 10 8 6 4 2 0 .2 -4 -6 -8
- 24 22 20 l'g 16 14 12 10 8 6 4 2 0 -î -4 -6 -8
- lio 110 tOO 90 80 70 60 50 40 50 20 10 Ô - 10 - 20 - 50 - 40
- On sait par ailleurs que ces différences de niveau entre groupes d’admis se retouvent entre groupes de candidats, et que le problème est de savoir pourquoi certains C. A. reçoivent régulièrement des candidats meilleurs que ceux de certains autres C. A.
- Le facteur « métier » joue certainement, mais il n’est probablement pas le seul. A. Léon a fait l’exposé de diverses hypothèses qui pouvaient être examinées, au cours des journées de perfectionnement de juillet dernier.
- Nous serions reconnaissants aux Conseillers d’O. P. parisiens de nous faire part de leur opinion sur ce point. D’autre part, certains centres d’O. P. de province ne pourraient-ils pas vérifier si une hétérogénéité aussi stable existe aussi parmi les établissements scolaires de leur ressort ?
- CAUSERIES BIBLIOGRAPHIQUES
- Agostino Gemeli et Giorgo Zunini. — Introduzione alla Psicologia. 2e édition revue et augmentée, in-8° de 490 pages. Milan, Ed. Vita e Pensiero, 1949.
- Signalons la parution de cette 2e édition du grand ouvrage publié en 1947, livre d’idées et de doctrines, qui expose les conceptions générales du recteur de l’Université catholique de Milan, conduit
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- les discussions de diverses doctrines, insiste sur certaines données de fait et s’appuie surtout sur les nombreuses recherches effectuées ou dirigés par Gemelli dans son important laboratoire : Rapports de la psychologie et de la biologie, conscience et inconscient, activité perceptive, processus mnémoniques, états affectifs, intelligence et volonté, langage, instinct, comportement social, personnalité, caractérologie forment les principales têtes de chapitres.
- Mme Claude-François. — Enfants victimes de la guerre. Une expérience pédagogique : Le Renouveau. In-8° de 95 pages, avec préface de H. Wallon et post-face de H. Piéron. Paris, Editions Bourrelier, 1949.
- La directrice du Renouveau, où ont été rassemblés des enfants de fusillés et de déportes en 1945, a donné un exposé très vivant de la belle œuvre qui y a été accomplie, réussissant à faire naître une véritable société, imbue d’un esprit de groupe très vif et jouant un rôle animateur. Elle a fait preuve de dons pédagogiques qui lui ont permis d’agir efficacement sur des individualités enfantines très différentes, en apaisant souvent les rébellions de caractères difficiles sensibilisés par les malheurs subis.
- Et l’œuvre éducatrice se complète d’un souci d’orientation grâce auquel ces enfants trouvent un métier qui leur convient et prennent place dans la vie. p,
- i *
- • * *.
- Ch. Bettelheim. — Le problème de l'emploi et du chômage dans les théories économiques. Faits et chiffres relatifs à l'emploi et au chômage. Comment se mène une enquête sociologique. Economie politique et problèmes du travail. — Cinq fascicules in-4° de 150, 103, 54 et 140 pages. Paris, Tournier et Constant (Centre de documentation universitaire).
- Il s’agit de fascicules de polycopie du cours du prof. Bettelheim en 1948-49, cours particulièrement intéressant pour la documentation des conseillers d’O. P. en matière d’économie politique.
- Le dernier fascicule donne le texte de trois conférences faites à la 6e Section de l’Ecole pratique des Hautes Etudes, dans la direction d’études de M. Bettelheim ; deux membres du Conseil économique, MM. J. Bernard et M. Duret, y ont traité du problème du revenu national dans la théorie marxiste et de l’interprétation marxiste des crises, et M. H. Hauck, conseiller du travail à l’Ambassade française à Londres, y a envisagé les problèmes du mouvement ouvrier britannique.
- LIVRES ENTRÉS RÉCEMMENT A LA BIBLIOTHÈQUE
- Richard T. Lapière, Paul R. Farnsworth. — Social Psychology. 1949. Norman R. F. Maier. — Frustration. The Studg of Bchavior without a Goal. 1949.
- Quinn Mc Nemar. — Psychological Slalistics. 1949.
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- Personality in nature, Society and culture. Edité par Clyde Kluckhohn at Henry A.. Murray. New-York, 1949.
- Encyclopédie médico-chirurgicale. Pédiatrie. La seconde enfance. 2 volumes.
- J. Piaget, Bârbel Inhelder. — La représentation de l'espace chez l'enfant. — Presses Universitaires de France. 1948.
- Pierre Masquin et J. O. Trelles. — Précis d'anatomie-physiologie normale et pathologique du système nerveux central. — G. Doin, éditeur. Paris, 1949.
- Guy Palmade. — La Caractérologie. — Collection « Oue sais-je ? ». Presses Universitaires de France. 1949.
- Anna Freud. — Le Moi et tes mécanismes de défense. — Presses Universitaires de France, 1949 (traduit par Anne Berman).
- Hyacinthe Dubreuil. — L'équipe et le ballon (L'ouvrier libre dans l’entreprise organisée). Paris.
- E. Michaud. — Essai sur l'organisation de la connaissance entre 10 et 14 ans. — Paris, Librairie J. Vrin, 1949.
- Jean Stoetzel. — Les sondages d'opinion publique. — Editions du Scarabée. Paris.
- L'Etre humain. Santé et maladie. Encyclopédie française. VI.
- Arts et Littératures. OEuvres et interprétations. Encyclopédie française. XVII.
- Fred Mc Kinney. — The Psychology qf Personal Adjuslment. — New-York, 1949.
- Alphonse Chapanis, Wendell-R. Garner, Clifford-T. Morgan. — Applied Experimental Psychology. — New-York, 1949,
- Roger Cousinet. — Leçons de Pédagogie. — Presses Universitaires de France, 1950.
- Donald-E. Super. — Appraisirig Vocational Fitness. — By Means of Psychological Tests. New-York.
- Silvan-S. Tomkins. — The T hématie Apperceplion Test. The theory and Technique of Interprétation. — New-York, 1947.
- Fr.-Agostino Gemelli, Giorgio Zunini. — Inlroduzione alla Psicologia. — Milan, « Vita e Pensiero ». 1949..
- Encyclopedia of Vocational Guidance (deux volumes), édité par Oscar-J. Kaplan. — New-York.
- G. Politzer. — La crise de la psychologie contemporaine. — Editions sociales, Paris, 1947.
- Dr Paul Chauchard. — L'influx nerveux et la psychologie. — Presses Universitaires de France, 1950..
- L.-M. Allain. — Le travail ouvrier. — Collection Que Sais-Je ? — Presses Universitaires de France, 1949.
- Charles-H. Lawshe. Jr. — Principles of personnel Testing. — 1948, New-York,
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- AGEN. — IMPRIMERIE MODERNE, 43. RUE VOLTAIRE
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- 2e Série. 6* Année
- N' 5-6
- Mai-Juin 1950
- Bulletin de l’Institut National D’ÉTUDE DU TRAVAIL
- et
- D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- ENQUÊTE SUR LES GOUTS PROFESSIONNELS DES ENFANTS
- Enquête faite par
- Mm0 WILKOMIRSKY, MM. NOËL, QUINTARD et PERREAL
- Ce travail s’insère dans le cadre des Travaux pratiques des élèves de 2e année, dirigés par Mme Gratiot à l’Institut d’Orien-tation professionnelle.
- Nous avions à traiter des « goûts et des désirs professionnels des enfants ».
- Il nous a paru intéressant de partir de la réalité actuelle, et de pouvoir par ce sondage, entre autres résultats, vérifier un certain nombre d’idées communément admises et retrouver certaines conclusions de travaux antérieurs.
- L’enquête que nous avons effectuée au cours du mois de décembre 1950 a porté sur 1.758 enfants (garçons et filles) des écoles de Paris et de province. Un questionnaire a été élaboré à cet effet, que nous avons adressé à des Directeurs d’écoles et à des instituteurs des Vosges, de Bretagne, de Normandie, de la région lyonnaise et de la région parisienne.
- Dans l’élaboration de ce questionnaire nous nous sommes efforcés : de nous mettre à la portée des enfants dans la rédaction des questions, de ne pas demander un trop long travail aux maîtres, d’être aussi précis et concis que possible, de donner des consignes claires pour que la passation soit faite partout dans les mêmes conditions et d’essayer d’avoir le maximum de renseignements avec le minimum de questions.
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- Le questionnaire et les consignes
- Questionnaire
- G.P. et G.E.
- Qu’est-ce que tu veux être quand tu seras grand ?
- G.M.
- 1. Quel métier aimerais-tu faire quand tu seras grand ?
- 2. Dis pourquoi si tu le peux ?
- 3. Quel métiqr ne voudrais-tu pas faire ?
- (Dire aux enfants : « S’il y en a plusieurs vous pouvez les mettre »).
- G.8. F.E. — G.G. G. A.
- 1. Quel métier aimerais-tu faire ?
- 2. Pourquoi ?
- 3. Quel métier ne voudrais-tu pas exercer ?
- (Dire aux enfants : « S’il y en a plusieurs tu peux le dire »).
- 4. Quel métier voulais-tu exercer lorsque tu étais petit ?
- Consignes générales
- — Ne rien suggérer aux enfants.
- — Ne pas leur donner d’exemple de métiers.
- — Eviter les communications.
- — Leur dire qu’il s’agit d’une enquête menée dans différentes écoles et qu’ils doivent y répondre le plus sincèrement possible.
- Application
- Pour le G.E. — G.M. — G.S. — F.E. — G.G. — G.A. Réponse écrite des élèves sur une demi-feuille de cahier.
- 1° Indications à faire porter : NOM, Prénom, Age ; Profession du père et de la mère ;
- 2° Ces indications données, écrire la première question au tableau et la lire ;
- 3° Les enfants répondent (ne pas obliger un enfant à répondre à tout prix) ;
- 4° Passer à la deuxième question et procéder de même, etc. 5° Après ramassage des feuilles, indiquer par une ou deux croix en face de la profession des parents, les situations de famille extrêmes : x Misérable; x x Aisée.
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- Pour le G.P.
- La maîtresse posera oralement les questions et dressera si possible une liste portant les indications (nom, âge, etc...) Dans le cas d’un trop grand nombre d’enfants, ne faire que quelques interrogations.
- Dépouillement de l’enquête Les 1.758 réponses reçues se décomposent comme suit :
- Paris Province Total
- Garçons.............. 293 619 912
- Filles............... 504 342 846
- En dépouillant l’enquête, nous nous sommes placés à différents points de vue :
- 1° Etude de Véventail des métiers choisis (Comparaison entre filles et garçons et comparaison par classe plutôt que par âge étant donné le questionnaire) ;
- 2° Etude du pourcentage des métiers le plus souvent choisi: en général, comparaison par classe, par région, communes rurales, milieux industriels, Paris et en distinguant les garçons et les filles;
- 3° Etude des métiers rejetés: par les filles, par les garçons, à Paris et en Province;
- 4° Comparaison des goûts professionnels à deux âges différents chez un même enfant: recherche des motifs;
- 5° Rapport entre le métier choisi ou rejeté par l’enfant et le métier des parents;
- 6° Etude de la Motivation, c’est-à-dire des raisons données par les enfants.
- Nous allons voir successivement tous ces points :
- Résultats obtenus
- 1° Etude de l’éventail des métiers choisis:
- ) Nombre total des métiers choisis par les enfants :
- Garçons: 82 Filles: 49
- Ces deux nombres confirment cette remarque courante, que le nombre des métiers accessibles aux filles est nettement moins élevé que celui des métiers accessibles aux garçons ;
- ) Comparaison Paris et Province :
- Garçons : Paris........ 55 métiers choisis
- (Nombre d’enfants beaucoup moins élevé).
- Province.... 62 métiers choisis
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- Filles : Paris....... 46 métiers choisis
- Province.... 21 métiers choisis
- Nous reviendrons sur ces résultats pour dégager l’influence du milieu sur le choix du métier.
- c) Nombre de métiers choisis en fonction de l’âge :
- de V âge, Gdrcons
- es FE
- CP CE
- a) chez les garçons : b) chez les filles :
- au C.P. et C.E. Métiers choisis 47 Effectifs 264 au C P. et C.E. Métiers choisis 37 Effectifs 346
- O.M. 63 322 C.M 26 188
- C.S F.E. 42 252 C.S F.E. 27 130
- CC. 18 74 c.c 28 182
- Si l’effectif du cours complémentaire n’est que de 74 chez les garçons, nous avons pu néanmoins remarquer que toute une série de métiers choisis par les enfants du cours élémentaire et du cours moyen le sont très peu au cours supérieur et plus du tout au C. C. Parmi ces métiers citons ceux de boulanger-pâtissier (intérêt alimentaire) pompier, militaire (attrait de l’uniforme), mécanicien de locomotive (activité ludique).
- Chez les filles, le nombre et la nature des métiers restent sensiblement les mêmes dans toutes les classes.
- Nous arrivons donc à la même conclusion que Lehman et Witty dans un article du Journal of applied psychology : « Sex différences in vocational attitudes » analysé par Lahy dans le Travail Humain 1937 n° 3 : « Chez les garçons certains goûts
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- disparaissent avec la maturation, ce phénomène ne se rencontre jamais chez les filles ».
- d) Métiers manuels et non manuels Nous avons trouvé les résultats suivants :
- G-arcons
- Fili.es
- Au G. P.-G. E. :
- 22 métiers manuels •
- 25 métiers non manuels
- Au G. M. :
- 32 métiers manuels •
- 37 métiers non manuels •
- Au G. E. :
- 26 métiers manuels •
- 16 métiers non manuels
- Au G. G. :
- 7 métiers manuels Il métiers non manuels
- Au G. P.-G. E. :
- 14 métiers manuels 23 métiers non manuels
- Au G. M. :
- 9 métiers manuels
- 17 métiers non manuels
- Au G. S.-F. E. :
- 9 métiers manuels
- 18 métiers non manuels
- Au G. G. :
- 9 métiers manuels
- 19 métiers non manuels
- Nous remarquons que la proportion du nombre de métiers manuels diminue sensiblement au C. O. chez les garçons, tandis qu’elle reste constante chez les filles. Ceci tend à prouver que le cours complémentaire est pour les filles un moyen d’élargir leur connaissance, tandis qu’il est pour les garçons un tremplin qui leur permettra d’accéder à des professions plus intellectuelles.
- e) Types de métiers choisis :
- Nous avons également constaté dans cette enquête que :
- 37 sur 49 des métiers choisis par les filles sont du type sédentaire, tandis que pour les garçons la proportion est de 49 sur 82. D’autre part 23 sur 49 des métiers choisis par les filles impliquent du goût et une appréciation esthétique ; 11 de ces métiers, choisis par 189 filles’se rapportent à l’éducation où sont à tendance sociale. Chez les garçons, 20 seulement ont choisi l’un de ces 3 métiers : médecin, instituteur, prêtre.
- t II. — Etudes des m,étiers les plus souvent choisis Ces .métiers sont :
- Pour les garçons : menuisier, mécanicien, électricien, dessinateur ;
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- Pour les filles .* couturière, coiffeuse, institutrice, employée de bureau.
- Nous avons consigné ces résultats sur les tableaux suivants:
- Métiers les plus souvent choisis
- Pourcentage d’enfants
- PARIS PROVINCE
- GARÇONS CP/CE CM CS/PE CC CP/CE CM CS/FK cc Total Paris Total prov. Total gén.
- Effectif 82 126 85 6 182 196 167 74 293 619 912
- Menuisiers 11 o/° 127. 15 — 10 7. 23 7. il 7. 3 7. 13 % 17 7. 15 7,
- Mécaniciens 11 7. 15 7o 39 7. - 10 7„ 13 7. 18 7. 8 7o 21 7. 13 7. 17 7.
- Dessinateurs-industriels.. 5 7. 6 7. 14 % — 0 7. 0,5 70 5 7. 0 7. 8 7o 1,5 7. 5 7.
- Electriciens 4 7. 8 7. 10 7. — 17» 3 V 5 7. o 7. 7 7. 2.27. 5 7„
- FILLES
- Effectif 225 98 80 101 121 90 50 81 504 342 846
- Couturières 39 7„ 31 7. 9 7. 3 7. 26 7. 37 7. 32 •/. 2 7. 26 7. 24 7. 23 7.
- Institutrices 15 v. 18 7, 24 7. 16 7 o 18 7„ 14 7. 2 7. 28 7o 17 7. 17 7» 17 7.
- Coiffeuses 9 7. 4 7o 4 70 o 7. 7 7. 14 7„ 12 7o 10 7. 4 7. 4 7. 7,5 7.
- Employées de bureau-sténo. 9 7» 6 7. 21 7. 26 7. 2 7. 4 7. 2 7. 21 7. 14 7. 7 7. Il 7o
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- a) Evolution en fonction de l âge. — Cf graphiques n- 2 et 2 bis.
- évolution du choix de 3 métiers (Garçons)
- menuisier
- isier {Par,'s
- Provihcfc Parij Province
- mecanicienj
- dessinateurj^rii________
- industriel 1pro\/inrP _
- 10%.
- CS. FE
- évolution du choix de 3 métiers (Filles)
- eouburièrc {
- instjtutjjçe{^nce
- coiffe».^ {K?nte
- CS. FE
- CP.CE
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- b) Influence du milieu sur le choix du métier.
- Si nous considérons l’éventail des métiers choisis nous remarquons que pour les filles, 29 des métiers sont préférés uniquement par des enfants de Paris.
- Parmi ceux-ci citons :
- Des métiers à tendance artistiques : modéliste, étalagiste, danseuse, actrice, fleuriste, monteuse en cinéma, photogra-veuse, dessinatrice.
- Des métiers particuliers à la grande ville : blanchisseuse, repasseuse.
- Des métiers particuliers à la tendance sociale : interprète, diplomate.
- Il est certain que les petites parisiennes sont bien plus averties de la diversité des métiers auxquels elles peuvent accéder.
- Par contre tous les métiers choisis en province le sont également à Paris, si l’on excepte le métier de « ménagère ». Cette remarque est d’ailleurs intéressante, elle semblerait prouver que les parisiennes n’envisagent pas l’éventualité de rester au foyer. D’autre part nous constatons dans une école des Vosges une forte proportion d’enfants (15 %) qui envisagent de devenir ouvrière dans le textile. En Normandie 29 % des fillettes veulent devenir fermières.
- Pour les garçons nous avons fait des constations analogues. Nous trouvons des métiers spécifiquement parisiens : 17 sur 89. Parmi ceux-ci : relieur, verrier d’art, photograveur, agent de police, groom, jockey, ainsi que chimiste et infirmier.
- Mais contrairement à ce que nous avions observé pour les filles, nous trouvons 24 métiers choisis uniquement par les garçons de province et relevant pour la plupart de l’artisanat rural.
- De même que chez les filles, nous avons trouvé des métiers! spécifiques de la région : tanneur, tisserand dans les Vosges, pêcheur en Bretagne, cultivateur presque uniquement dans les. écoles de campagne.
- Nous pouvons noter toutefois qu’à Paris 3 filles voudraient être fermières et un garçon cultivateur.-.
- Par ailleurs, nous avons adressé le même questionnaire à quelques écoles des U.S.A. Des i.23 réponses reçues nous pouvons d’ores et déjà faire la remarque suivante :
- Les métiers choisis sont bien le reflet de la vie économique américaine : aucun métier artisanal, de nombreux métiers sportifs et de nombreux métiers caractéristiques d’une civilisation tertiaire.
- Nous avons pu ainsi comparer ces résultats à des enquêtes analogues faites à l’étranger qui ont également dégagé l’in-
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- fluence du milieu sur la détermination des goûts et des désirs professionnels.
- Ainsi par exemple l’enquête de Clark et Marbert à Léningrad, en 1931 (B.I.N.O.P., 1931) ou bien la statistique parue dans la revue suisse : Berufsberatung ;und Orienterung 1948.
- III. — Les métiers rejetés Talbleau des métiers rejetés Pourcentage d'enfants ayant rejeté les métiers désignés au tableau
- GARÇONS PARIS PROVINCE
- Classes CM CS CC CM CS CC Total Paris Total prov. Total gén.
- Effectif total 126 85 196 167 74 211 437 648
- Mineurs.... 6 % 8 % 40 % 14 % 1 % 7 % 18 % 12,5%
- Maçons .... 7 % 3,50% 26 % 20 % 23 % o % 23 % 14 %
- Pilotes U % 1 % 15 % 10 % 0 % 9 % 12 % 10,5%
- Menuisiers.. 8 % 5 % 7 % 7 % 12 % 6 % 7 % 6,5%
- Ouv. d’usine. 8 % 7 % 24 % 13 % —
- Instituteurs. 3 % 7 % 3 % 14 % 12 % 5 % 10 % 7,5%
- Paysans.... 1 6 % 8 % 4 % 6 % —
- Chiffonniers ) Boueux ) ' ' ‘ 33 % 54 % H % 6 % 46 % 8 % 27 %
- FILLES PARIS PROVIN CE
- Classes CM CS CC CM CS CC Total Paris Total prov. Total gén.
- Effectif total 98 80 101 90 % 50 81 279 221 500
- Couturières. 20 % 35 % Si % 19 % 14 % 27 % 35 % 20 % 22,5 %
- Coiffeuses .. 20 % 17 % 14 % H % 26 % 12 % 17 % 17 % 16,5%
- Steno-dactylo ) Empl. de bureau ) * 9 % 13 % 19 % 4 % 4 % 5 % 14 % 4 % 9 %
- Infirmière . . 10 % 13 % 14 % 8 % 6 % H % 12 % 8 % 10 %
- Bonne 14 % 20 % 6 % 10 % 8 % 4 % 13 % 7 % 10 %
- Institutrice.. 10 % 13 % 14 % 19 % 22 % 16 % 12 % 19 % 15,5%
- Usine 10 % 9 % 6 % 28 % 18 % 46 % 8 % 31 % 19,5%
- 1 Fermière ... 2 % 7 % 12 % 9 % 2 % 9 % —
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- En général les métiers rejetés sont :
- Pour les garçons : des métiers durs et pénibles (mineurs par exemple) ils le sont souvent par opposition au métier du père.
- Des métiers où il y a du risque (ils sont par contre aussi souvent demandés) ;
- Des métiers sales ou dégradants aux yeux des enfants (46 % des garçons parisiens ne voudraient pas être « boueux ») ;
- Des métiers à tendance sociale.
- Pour les filles les métiers le plus souvent rejetés sont aussi les plus souvent choisis. Les métiers d’ouvrières d’usine sont très rejetés en province, ils le sont beaucoup moins à Paris.
- IY. — Comparaison des goûts professionnels à deux âges différents
- Cette étude a pu être faite à partir de la 4me question :
- « Que voulais-tu faire lorsque tu étais petit ? ».
- Cette question ne s’adressait qu’aux élèves des C. S.. F. E., et C. C.
- a) Constance dans le goût professionnel :
- 25 % des garçons, tant à Paris qu’en Province ont maintenu leur choix.
- Pour les filles la proportion est sensiblement la même : 28 %.
- b) Changement dans le choix :
- Dans le cas où il y a eu changement, nous avons cru pouvoir
- dégager les motivations suivantes :•
- Chez les garçons :
- Imitation du métier du père......................... 14 %
- Désir de s’élever................................... 9 %
- Abandon d’un métier manuel.......................... 7 %
- Recherche d’un métier plus tranquille............... 9 %
- D’autres garçons ne savent plus quoi faire, ou abandonnent le métier du père qu’ils avaient choisi autrefois.
- Pour les filles nous trouvons sensiblement la même motivation si l’on excepte une orientation nouvelle vers des métiers à tendance sociale (12 %), désir de s’élever 11 %, abandon d’un métier manuel 9 %, recherche d’un métier plus tranquille 5 %, enfin parfois imitation du métier de la mère.
- V. — Influence parentale
- Nous l’avons envisagé sous le double point de vue d’imitation et d’opposition.
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- a) Imitation :
- Chez les garçons nous remarquons une certaine constance où l’âge ne semble pas jouer un rôle important. Cependant si 10 % des garçons parisiens choisissent le métier du père, en province cette proportion s’élève à 25 %.
- Chez les filles même différence sensible : 8 % à Paris choisissent le métier de la mère contre 18 % en province.
- En général l’imitation se produit surtout lorsque les parents sont commerçants, artisans qualifiés ou bien de profession libérale. Ceci explique le pourcentage plus élevé en province. En effet la proportion de parents exerçant une profession d’ouvrier ou de manœuvre est plus forte à Paris qu’en province ; et d’autre part on rencontre en province dans les écoles publiques beaucoup plus d’enfants dont les parents sont commerçants ou de profession libérale.
- VI. — Etude de la, motivation (raisons données par les enfants)
- Pour faire cette étude de la motivation nous nous sommes inspirés du plan adopté par E. Morgaut dans son ouvrage Les intérêts de Venfant et l'Orientation Professionnelle, Ed. Bossuet 1936.
- Morgaut distingue dans les motivations :
- La prévalence du milieu ; ;
- La pré valence individuelle.
- Nous avons trouvé le plus souvent les motivations suivantes :
- I. — Ayant trait a la prévalence du milieu a) Dues à une nécessité matérielle
- — Maintien ou amélioration de la santé : C. E. veut être pharmacienne « parce que je ne pourrais pas être malade ».
- — Désir d’aider la famille : J. C. veut être directeur d’usine « pour permettre à mes parents de gagner plus d’argent ».
- C. A. veut être « simple ouvrière pour donner un peu d’argent à maman ».
- b) Dues à des considérations matérielles
- — Désir du gain : A. M. veut être institutrice « parce qu’on y gagne beaucoup d’argent ».
- — Attrait des menus avantages : R. B. veut être à la S. N. C. F. « parce que je voyagerai sans payer ».
- —- Aptitudes : J. A. veut être mécanicienne dans la couture « parce que je sais très bien coudre ».
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- — Absence de fatigue, confort, tranquillité : M. V. veut travailler dans les bureaux parce qu’on y est bien tranquille et que c’est pas fatigant et on est bien chauffé en hiver ».
- c) Due à une suggestion
- — D’autorité : N. P. voulait être danseuse « mais maman ne veut rien savoir et dit ce n’est pas un métier ni une vie ».
- A. Q. veut être menuisier « parce que papa l’a dit ».
- — D’hétéro-imitation : A. Y. veut être infirmière « parce que ma tante y est et que le docteur a dit qu’il me prendrait plus tard ».
- S. L. veut être photograveuse « pour prendre la direction de l’industrie de mon père et lui succéder ».
- — D’opposition : R. S. ne veut pas être comptable « parce que c’est le métier de papa ».
- II. — Ayant trait a la prévalence individuelle
- a) Dues à l’instinct combatif
- Y. G. : « J’aimerais d’être boucher, parce qu’on coupe dans la viande et on tue les bêtes ».
- G. B. : « J’aimerais d’être institutrice pour corriger les élèves, gronder, arracher des pages et donner des punitions ».
- b) Dues à l’instinct parental
- L. B. voudrait être jardinière d’enfants « parce que je veux avoir beaucoup d’enfants ».
- M. R. voudrait être sage-femme « pour peser et langer les petits bébés ».
- c) Dues à des tendances diverses
- — Pour s’instruire: G. D. « Je veux être sténo-dactylo pour être très savante ».
- — Goût des voyages : J. G. veut être marin « pour voir beaucoup de pays ».
- — Sens social : M. G. veut être hôtesse de l’air « car je trouve que dans ce métier il existe une fraternité, une entr’aide que crée la possibilité du danger. Dans ce métier on apprend aussi à s’oublier et à se dominer et à acquérir une grande force de caractère que l’on doit faire partager aux voyageurs ».
- Cette énumération des motifs invoqués est loin d’être complète. Nous avons pu en distinguer 35 bien caractérisés. Certains enfants donnent, d’autre part, plusieurs raisons à leur choix, par exemple : O. M. veut être infirmière dans les colonies parce que « j’aime la médecine, je voudrais voyager, je
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- voudrais civiliser certains hommes qui sont encore un peu sauvages et pouvoir leur expliquer le moderne ».
- En ce qui concerne l’importance des diverses motivations, nous devons signaler que viennent largement en tête l’imitation d’autrui et le désir de gain, pour tous les enfants.
- Par contre, le désir d’aider et l’instinct parental ne se rencontrent que chez les filles. L’instinct combatif est plus marqué chez les garçons à part quelques exceptions, de même le goût du risque et des voyages, et chose curieuse, le désir d’un métier non salissant.
- Nous avons également constaté que la fréquence de certaines de ces motivations varient avec l’âge ; ainsi le nombre d’enfants (garçons et filles) ayant donné comme raison de leur choix l’attrait du gain ou d’avantages matériels, diminue considérablement au cours complémentaire. Par contre la motivation d’aptitudes devient beaucoup plus fréquente dans cette classe.
- D’autre part l’instinct parental et le sens social s’accroît chez les filles à partir du cours supérieur et plus encore au O.C.
- Conclusion
- En résumé nous avons au cours de cette enquête fait les constations suivantes :
- — L’éventail des métiers est plus large que ne le laisse supposer le manque d’informations des enfants et il tend à se fermer avec la maturation ;
- — Le milieu économique et social joue un rôle prépondérant dans le choix du métier. Il influence le goût de l’enfant à tel point que celui-ci devient réel et profond ;
- — Le choix du métier, et le contenu de la motivation varient avec l’âge.
- D’autre part il est important de signaler que la motivation importe plus que la désignation du métier proprement dite. Cette motivation est le reflet du caractère et des besoins de l’enfant.
- Cette constatation a d’ailleurs été faite par P. Naville dans son article paru dans Enfance 19^9 n° 1, sur « La crise de l’illusion professionnelle chez l’enfant et l’adolescent ».
- Ainsi J. H. veut être « rentière de grande maison », parce que je pourrais donner un peu de mon bien aux pauvres et aux enfants sans parents ; je les adopterais dans mes hôtels très chics où ils mèneront une belle vie luxueuse ».
- Il est évident que dans ce cas, seule la motivation est intéressante. Une enquête faite auprès de l’institutrice nous a confirmé le caractère profondément altruiste de cette enfant.
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- Ainsi apparaît la nécessité d’ajouter à une enquête de ce genre, des informations obtenues auprès des familles et de l’instituteur. Ces informations que possèdent en général les Centres d’Orientation professionnelle, nous n’avons pu les obtenir dans le cadre de cette enquête rapide.
- Il faut noter également que nous nous sommes heurtés à certaines difficultés d’interprétation des motivations. Ainsi dans une classe de Paris, nous avons remarqué que presque toutes les élèves voulaient ou refusaient le métier d’institutrice poulies raisons suivantes :
- Acceptation : pour commander les enfants ; pour crier après les élèves, les gronder.
- Refus : parce qu’il faut répéter trente fois la même chose ; parce qu’il faut trop crier.
- Il nous a semblé qu’il s’agissait là d’une suggestion passagère due à la personnalité de la maîtresse.
- On ne saurait trop insister sur le caractère passager que prennent ces motivations, c’est pourquoi si une telle enquête pouvait être faite à différents moments de la vie scolaire de l’enfant elle aurait en plus l’avantage de donner au Conseiller d’O.P. un aperçu objectif de l’évolution des goûts et des désirs professionnels de l’enfant. Il pourrait alors juger de leur stabilité et leur accorder un crédit plus ou moins grand au moment de donner le conseil.
- Il nous a semblé qu’un tel travail n’était pas impossible dans un Centre d’Orientation professionnelle, en liaison avec les instituteurs.
- Nous ne devons pas oublier que, comme l’écrit M. Piéron dans la préface du livre de C. Morgaut : « L’intérêt est le levier de toute action ». Il importe que nous connaissions bien celui de l’enfant au moment de l’orienter.
- Une enquête de ce genre pourrait nous éclairer utilement.
- NOTES ET DOCUMENTS
- Une analyse factorielle à quatre niveaux d’âge de l'échelle Stanford-Binet
- En 1939, Wright avait appliqué à 456 enfants de 10 ans les tests correspondant aux âges de 7 à 14 ans de l’échelle Stanford originale, et extrait 7 facteurs, dont un général attribué à la maturation, et en outre : de raisonnement, numérique, spatial, verbal, induction, avec absence d’un facteur de mémoire (Psychometrika, 4, p. 209-220).
- En 1942, Cyril Burt et John, après application à 483 écoliers de 10 à 14 ans 1/2 de 12 items de l’échelle (niveaux de 10 à 12 ans), déga-
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- geaient un facteur général et un facteur d’àge, et, en outre, les facteurs verbal, numérique, spatial, de mémoire, de vocabulaire et de compréhension (British Journal of Educational Psiicholôqii, 12, p. 112-127 et 156-161).
- La même année 1942, Mc Nemar a appliqué la révision Stanford de 1937 à 4 groupes de 200 sujets des deux sexes, de 7, 9, 11 et 13 ans (24 items à 7 ans, formes L et M de 7 à 8 ans ; 35 à 9 ans, formes L et M de 8 à 10 ans ; 30 à 11 ans, formes L et M de 10 à 12 ans j 30 à 13 ans, formes L et M de 12 à 14 ans). 11 ne trouvait, pratiquement, à l’analyse, qu’un facteur général, 3 facteurs centroïdes n’ayant qu’un poids négligeable. (The révision of the Stanford-Binet Scale, 1942).
- Ce résultat a paru surprenant, et Lyle V. Jones (1) vient de reprendre les résultats en leur appliquant la méthode centroïde de Thurs-tone pour l’analyse factorielle à partir des matrices de corrélation tétrachorique.
- Or, il trouve qu’aucun facteur central ne se dégage, mais que des séries de facteurs de groupe orthogonaux interprétables se manifestent avec des différences suivant l’âge :
- A 7 ans :
- Facteur Verbal • • .... 11 items ont des saturations de .41 à .73
- Facteur Raisonnement. . 9 items ont des saturations de .41 à .84
- Facteur Mémoire • • ... 6 items ont des saturations de .40 à .73
- Facteur Numérique • • . A 9 ans : 4 items ont des saturations de .44 à .75
- Facteur Verbal • • 15 items ont des saturations de .43 à .64
- Facteur Raisonnement . 14 items ont des saturations de .41 à .74
- Facteur Mémoire • ... 7 items ont des saturations de .41 à .87
- Facteur Spatial .... A 11 ans : 10 items ont des saturations de .40 à .56
- Facteur Verbal • • 14 items ont des saturations de .42 à .91
- Facteur Mémoire • • ... 9 items ont des saturations de .40 à .73
- Facteur Spatial • • A 13 ans : 11 items ont des saturations de .41 à .70
- Facteur Verbal • • 13 items ont des saturations de .41 à .83
- ^Facteur Raisonnement I 7 items ont des saturations de .41 à .78
- Facteur Raisonnement II 4 items ont des saturations de .43 à .58
- Facteur Mémoire • • ... 6 items ont des saturations de .42 à .65
- Facteur Visualisation. . 3 items ont des saturations de .56 à .73
- Facteur Spatial • • 4 items ont des saturations de .46 à .67
- Il serait évidemment dangereux de prétendre tirer, des différences constatées suivant les âges, des conclusions sur leur signification réelle : multiplication des facteurs à partir de 13 ans, absence du facteur spatial à 7 ans, du facteur numérique au-delà de 7 ans, du facteur de raisonnement à 11 ans.
- Comme, suivant les âges, les tests appliqués sont différents, on pourrait attribuer les variations comme dues à une orientation' autre du sondage dans les groupes successifs d’élèves.
- (1) A factor analysis of the Stanford-Binet of four âge levels. Psychometrika, i4r 1949, p. 299-331.
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- Le seul point à retenir, est l’absence, dans cette recherche de facteurs orthogonaux, de tout facteur général, à l’opposé des résultats classiques, absence certainement plus artificielle que réelle.
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- Une sévère critique expérimentale du test de Szondi
- Le test qui consiste à faire classer une série de photographies de personnes comme physionomies sympathiques ou antipathiques, et à en tirer un diagnostic de personnalité suivant des règles statistiques simples et précises a exercé une bien curieuse séduction.
- Fondé sur une théorie biogénétique entièrement à priori, ramenant la personnalité à quatre couples pathologiques — opposant homosexualité au sadisme, épilepsie à hystérie, catatonie à paranoïa, dépression à manie, comme si le normal n’existait pas — offrant à choisir entre des types d’aliénés, le test se heurte aux plus graves objections, et il est difficile de comprendre que l’on puisse l’utiliser pour l’orientation professionnelle, pour le diagnostic de ce que Szondi appelle l’« opérotropisme ».
- Mais on a facilement tendance à dire que la question essentielle est celle des résultats que peut effectivement donner son application.
- Or, une application a été faite, sur quelque 500 sujets par MUe A.n-celin et les docteurs Duchene et Schutzenberger (1), et les résultats obtenus sont de nature à confirmer pleinement l’absurdité qu’il peut y avoir à prétendre utiliser ce test pour le diagnostic d’une personnalité normale.
- En premier lieu, les groupements dégagés donnent des proportions qui n’ont aucun rapport avec des répartitions normales. C’est ainsi, que sur 100 hommes normaux, il y aurait 77 % d’homosexuels conscients et 78 % de catatoniques refoulés !
- En second lieu, il n’y a pas d’homogénéité dans les photographies qui devraient comporter une même interprétation, et les choix se montrent régis par des facteurs étrangers (comme le fait de figures barbues). Et, dans les six séries de 8 photographies dont le test se compose, la corrélation s’est montrée pratiquement nulle entre les
- 3 premières et les 3 suivantes pour les quatre facteurs envisagés. Enfin, aucune fidélité valable n’a été obtenue d’un jour à l’autre
- chez les cent hommes adultes : il n’y a eu concordance pour les
- 4 psychodiagnostics que chez 3 sujets, et, pour 3 psychodiagnostics, chez 7. Chez 17 sujets il n’y a eu concordance pour aucun des quatre psychodiagnostics !
- Les auteurs concluent que « le problème psychologique le plus passionnant que soulève le test de L. Szondi, (c’est) celui de son succès malgré son manque complet de valeur ».
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- (1) Recherches critiques sur la théorie et le test de Szondi, Enfance, 1950, 1 p. 65-7Î1.
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- A TRAVERS LES REVUES
- Occupational Psychology d’Avril 1950 (t. 24,2) contient une série particulièrement intéressante d’études : W.-S. Porteous expose les procédés psychologiques de sélection employés dans une grande manufacture de produits alimentaires (plus de 8.000 ouvriers) ; Miss Scott intervient dans une discussion relative à la définition du succès professionnel telle que peut l’utiliser un contrôle de l’O. P. ; un rapport sur les problèmes humains de l’Industrie du Bâtiment (orientation, sélection, apprentissage) relate les travaux du Rapport du Conseil Médical de Recherches dans ce domaine ; P.-E. Vernon expose pour la première fois les données relatives aux méthodes de sélection pour le personnel supérieur utilisées par la « Civil Service Commission » en Angleterre dans la période de reconstruction d’après-guerre.
- Le numéro de mars 1950 du British Journal of Psychology (Statis-tical Section) (vol. 3, 1) contient, entre autres les résultats d’une application par P.-E.. Vernon de l’analyse factorielle à une étude des items d’un test de Rorschach par Amya Sen d’après une application à 100 étudiants de l’Inde en Angleterre, et un exposé général par Cyril Burt de sa méthode d’analyse dite des facteurs de groupe, dans son principe et dans ses techniques d’emploi.
- D’un examen général de la question des variations possibles dans le temps du niveau mental d’une population, dans un article du British Journal of Psychology (40, 3, mars 1950), L.-S. Penrose conclut à une stabilité réelle en relation avec un équilibre génétique, en dépit de quelques fluctuations possibles dues à des influences de milieu.
- Sir Cyril Burt a donné dans le British Journal of educational Psychology de février 1950 (t. 20, 1) les conclusions du Symposium qui avait été tenu en Angleterre sur la sélection des élèves dans les divers types d’école secondaire, faisant état d’un accord assez général sur la possibilité, à partir de 11 ans, de déceler, au moins dans un petit, nombre de cas, une légère tendance vers les études académiques ou techniques.
- Un exposé par R.-W. Lundin relatif au développement et à la validation d’une série de tests d’habileté musicale (discrimination tonale, transposition mélodique, discrimination de modes majeur et mineur, séquences mélodiques et séquences rythmiques dont les patterns doivent être reconnus) a fait l’objet du n° 305 (t. 63, 10, 1949) des Psychological Monographs.
- Dans le Journal of educational Psychology de janvier 1950 (t. 41, 1), H.-C. Manor examine les possibilités de pronostic en matière de capacités musicales par emploi de divers tests chez des élèves d’une école dans l’emploi d’instruments, notant l’absence complète de
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- corrélation avec les épreuves d’intelligence verbale ou non verbale, aboutissant à la recommandation de quelques tests (dont 3 de ceux de Seashore) ; R.-S. Ramaseshan relate les résultats d’une confrontation des mesures d’âge mental avec des valeurs aux fests de Thurstone (pour les habiletés primaires), les différences conduisant à rendre douteuse la validité de la notion d’âge mental (600 écoliers examinés).
- Le Journal of Mental Science d’octobre 1949 contient, parmi ses articles, ceux-ci qui méritent d’être signalés : A.-L. Annels. Problèmes scolaires chez les enfants d’intelligence moyenne ou supérieure (rapport préliminaire) ; H. Edelston, Diagnostic différentiel de quelques désordres émotionnels de l’adolescence, en rapport spécialement avec la schizophrénie précoce ; G.-D. Morgan, instabilité physiologique chez les enfants ; G.-M., de Rudolf, le traitement des déficients mentaux par la thiamine ; L.-T. Milliard, types édu-cationnals de déficients mentaux.
- Un discours présidentiel prononcé par D. Wechsler à la division de psychologie clinique et anormale de l’American Psychological Association, sur l’intelligence « cognitive, conative and non-intel-lective » a été publié par VAmerican Psychologist de mars 1950 (t. 5, n° 3) : il fait intervenir les facteurs conatifs et affectifs intervenant dans le rendement des tests d’intelligence, œuvre de la personnalité totale.
- Dans la Rivisla di Psicologia de janvier-mars 1950 (t. 46, 1) V. Bacci donne des statistiques italiennes sur les résultats de l’application du test de Zulliger et A. Marzi parle des progrès de la Psychotechnique en portant son attention sur les travaux de Mme Baumgarten.
- Dans un article sur le film et les méthodes projectives publié par VArchivio di Psicologia, rieurologia e Psichiatria d’avril 1950 (t. 11, 2), E. Fulchignoni, G. Sbordoni et Evelina Tarroni présentent leur film-test « la vita del canarino », et les données obtenues déjà avec le questionnaire sur quelques groupes de sujets.
- Les Arquivos brasileiros de Psicotecnica de décembre 1949 (t. 1, 2), contiennent le rapport à la Conférence Psychotechnique de Berne, d’E. Mira y Lopez sur l’étude de la personnalité par la méthode des tests, une étude comparée par Aniela Ginsberg et Oliva Pereira des types somatiques de Sheldon avec les types de Rorschach (introverti, extratensif, coarté) d’après 109 cas (corrélation de + 0,0147), un examen du problème psychotechnique de la motricité par S. Schwarzstein, un rapport sur l’activité du service d’orientation professionnelle scolaire.
- Mme Antipoff a publié au sujet de l’évolution mentale dans l’adolescence, sous le titre « Les deux attitudes », une intéressante étude dans la Reuista brasileira de estudos pedagogicos portant la date de
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- septembre-octobre 1947, et où elle examine en particulier les changements dhjrientation — de psychotropie — dans le sens introversif ou extroversif.
- Le Dr Ch. Provost a fait dans l'Hygiène mentale (n° 1 de 1950) un exposé général sur les services de psychiatrie, d’hygiène mentale et de psychologie appliquée de la Marine, avec indication de la méthode de classement pour l’orientation vers les services spécialisés.
- Le test d’aptitude physique cardio-respiratoire de Flack (1949) ou « Endurance-test » a été l’objet d’une étude de F. Plas, J. Bourdinaud et A. Missenard, publiée par la Presse médicale du 18 mars 1950 et fondée sur l’examen de 800 sujets au centre d’examen médical du personnel navigant de l’aviation. Il s’agit de faire maintenir en soufflant dans un tube en U une pression de 40 mm de mercure, le plus longtemps possible en notant le rythme cardiaque de 5 en 5 secondes ; un maintien prolongé de la pression de l'ordre d’une minute, avec stabilité du rythme (initialement accéléré ou ralenti chez des tachycardiques) est un bon signe d’aptitude ; des instabilités du rythme et une forte accélération progressive ou surtout l’apparition d’un ralentissement marqué forçant à interrompre l’épreuve sont des signes d’inaptitude.
- L’ingénieur G. Toutin a exposé dans Travail et Méthodes d’avril 1950 les résultats de sa pratique en matière de Psychologie industrielle comme moyen d’action de l’organisateur.
- Les études et les carrières de la Psychologie sont exposées par René Bocca dans Avenirs, d’avril 1950. (N° 28).
- Personnel Psychology (Tome 3, F. 1, 1950) contient entre autres articles : aspects psychologiques du conflit industriel, de Ross Stagner ; sélection des chimistes pour le Gouvernement Fédéral de M. Mandell ; validité des tests pour un personnel d’office d’assurances de R.-J. Holmas ; le développement d’une méthode d’évaluation de l’habileté au pilotage d’avion de Th. Gordon.
- R.-J. Cattell et L.-J. Luborsky consacrent une étude dans le Journal of general Psychology de janvier 1950 (T. n° 2, F. 1) à la P. technique comme nouvelle méthode clinique pour la détermination de la structure de la personnalité.
- Le Journal of cipplied Psychology de février 1950 (T. 34, 1) contient entre autres une nouvelle étude sur le test d’habileté mécanique, de Mac Quarrie et de C.-H. Goodman par introduction d’une technique d’analyse de temps et de mouvement (pour le tracing, le tapping, le dotting et le copying) ; une étude des scores aux inventaires d’intérêt professionnel de Strong et de Kuder comparativement à l’autoévaluation, par R.-F. Berdie, une étude de discrimination visuelle sur
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- des objets en mouvement par N.-C. Kephart et G.-G. Besnard, une analyse des exigences visuelles dans l’industrie par E.-J. Mc Cormick.
- Dans Psychometrika (T. 15, 1, mars 1950) a paru une étude factorielle de W.-C. Cattle sur les inventaires de personnalité de Strong, Kuder et Sell appliqués à 400 hommes adultes, dégageant 7 facteurs interprétables ; une note de B.-F. Green Jr concerne le calcul des poids pour obtention de la fidélité maxima d’une batterie.
- Le Journal oj geiielic Psycholoyy de décembre 1949 contient les trois premières parties d’une importante étude consacrée par Gertrude Hildreth à la manualité (handedness), à ses caractéristiques d’abord, à son développement (l’accentuation avec l’âge du pourcentage des droitiers francs), au problème de l’origine d’une dominance latérale, en attendant la publication des deux dernières parties ; en outre, dans ce même numéro Nancy Bailey donne les résultats d’une étude systématique du développement mental poursuivie chez 40 enfants testés à 38 reprises entre 1 mois et 18 ans d’âge (la stabilité des quotients s’accentuant avec l’âge, mais se montrant très inégale suivant les sujets).
- Dans le numéro d’avril 1950 du Journal of clinical Psychology (T. 6, 2) signalons l’étude de J.-I. Kitay sur le Bender Gestalt test comme technique projective, une comparaison de profils au M M P I dans des lésions centrales, frontales ou pariétales de L. Andersen et J. Hanvik, et une recherche sur la notation de certains items du MMPI par M.-N. Brown ; enfin, tout un ensemble de travaux sur le Wechsler-Bellevue, par C. Barnett, Helen E. Peixotto, A.-L. Andersen, Brigitte Gutman, L.-J. Rogers.
- INFORMATIONS
- Certaines propositions de la Commission des Economies instituée par le Gouvernement et qui ont été connues par indiscrétion malgré leur caractère confidentiel, ont vivement ému : elles comportaient entre autres la suppression de tous les fonctionnaires de l’O. P. dans le régime actuel, soit l’inspecteur général et tous les secrétaires d’O. P. des Académies. Il y a lieu de penser que de telles propositions ne seront pas adoptées par le gouvernement et par le Parlement !
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- Dans une communication à la Société française de Pédagogie (publiée par le Bulletin n° 87), M. Weiler, proviseur du Lycée de Mont-geron — annexe du Lycée Henri-IV — parlant de la collaboration entre l’école et la famille, surtout dans le second degré, insiste sur la substitution nécessaire, dans l’avenir, de l’orientation scolaire à la sélection, comme préface à l’orientation professionnelle.
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- L’Association brésilienne de Psychotechnique, fondée en septembre 1949, est présidée par le Dr J. C. Vital ; la vice-présidente est Mme Noemy da Silveira Rudolfer, et le secrétaire général le Dr Emi-lio Mira y Lopez.
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- Dans une collection brésilienne sur les Grands Educateurs (Edi-tora Globo) a paru en 1949 (volume 1) une monographie sur Claparède due à M. J. B. Damasco Penna.
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- Le Dr Otavio de Freitas Junior, fils d’un des maîtres de la médecine brésilienne, lui-même docent de psychiatrie à l’Université de Recife, a publié dans le Journal de Medicina de Pernambuco une série d’articles psychologiques et psychotechniques, sur un test d’attention dérivé de celui de Bourdon (juillet-août 1949), sur l’organisation fonctionnelle du travail (septembre-octobre), sur l’étude psychotechnique de la profession dactylographique (novembre-décembre) et sur la psychotechnique militaire (janvier-février 1950). Dans Neurobiologia de septembre 1949, il a comparé deux épreuves d’intelligence (test d’émergence de Kent et test des P.P. de Mira). Sa thèse de docent a été consacrée à l’étude de la psychotropie.
- Un cours de psychiatrie scolaire a été organisé par le prof. Heuyer à la clinique psychiatrique infantile (Hôpital des enfants malades), pour les médecins inspecteurs des écoles, les psychologues, les assistantes sociales, avec en particulier des leçons sur les tests et une leçon sur le rôle du psychiatre en O.P. (4 leçons par jour, du 5 au 17 juin).
- ! *
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- Le directeur du B.I.T., M. David A. Morse a consacré un rapport au problème de l’amélioration du niveau de vie par accroissement de la productivité. Il donne une place importante à l’O.P., déclarant que « l’expérience a montré que la sélection des travailleurs peut avoir pour effet un accroissement de 10 à plus de 40 pour cent de la productivité ».
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- MONOGRAPHIE
- LE MÉTIER DES PLEURS ET PLUMES
- par
- Th. DELAUNAY
- (suite et fin)
- Une fleur, couleur qui fait « chanter » tout le reste.
- Pierre CERBER (La France travaille).
- , Le Travail de la Plume
- Plumes « Fantaisie ». — Les plumes d’oie savonnées, puis blancliies à l’eau oxygénée, sont teintes à l’aide de produits à base d’aniline.
- Le travail de la plume d’autruche. — Les brins découpés de la plume brute sont recollés à la gutta sur une faveur donnant de la souplesse à l’ensemble. Ces plumes sont peignées après collage.
- Quelques travaux de la plumassière pour parures. — Elle crée des parures de toutes sortes spécialement destinées à la mode. Elle assure la confection de fantaisie en plumes pour la mode et la parure, soit :
- — monture des plumes d’aigrette, de crosse, de paradis, de
- héron, d’autruche, de marabout ;
- — collage en motifs de plumes d’oiseaux à riche parure et
- imitation en plumes d’oiseaux de basse-cour ;
- — confection de boas ;
- — frisure de plumes d’autruche pour le chapeau et la robe ;
- — confection de bandes de marabout ;
- — montage des étoles en autruche et en marabout.
- Tous ces travaux nécessitent une connaissance suffisante du dessin.
- Etude de i/Outillage employé
- La fabrication des fleurs artificielles comprend quatre opérations successives :
- 1° Le découpage se pratique le plus souvent avec une sorte d’emporte-pièce, le découpoir, quelquefois cependant, il s’opère avec des ciseaux et d’après les patrons tracés à l’avance sur des feuilles et pétales naturels.
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- 2° Le gaufrage, c’est-à-dire l’opération ayant pour objet de donner aux pétales et aux feuilles découpées l’aspect qu’ils ont dans la nature, se fait soit au fer chaud, soit à la pince et constitue alors le griffage, soit à la boule et se nomme le boulage.
- 3° L’assemblage a pour but de réunir autour du cœur de la fleur les pétales qui doivent la composer.
- 4° Le montage consiste à réunir les différentes parties de la fleur à la tige formée d’un fil de fer ou de laiton entouré d’une bandelette de papier ou d’étoffe colorée en vert. La même opération comprend l’assemblage des différentes tiges entre elles, afin de constituer une plante entière avec ses fleurs et ses feuilles.
- Aujourd’hui, la plupart de ces opérations se font au moyen de- machines très ingénieuses, mais le montage se fait toujours à la main.
- Les outils dont se servent communément les fleuristes sont :
- — les pinces ou brucelles pour saisir les parties à assembler. C’est en tenant la pince sur le côté qu’on trace les stries des pétales et c’est avec la tête des brucelles trempée dans la colle qu’on fixe les parties les plus délicates ;
- — les houles de dois ou de fer servent à bouler, c’est-à-dire à rendre concaves ou convexes les pétales.
- Il existe douze boules de 2 à 35 m/m. La plus petite s’appelle boule d’épingle.
- — le pied de biche est un mandrin à crochet pour former la principale côte des pétales (nervures) ;
- — le découpoir ou emporte-pièce sert à découper les pétales et les feuilles et à leur donner l’apparence des pétales et des fleurs naturelles ;
- — le gaufroir est un fer à frapper les feuilles ; ils donnent aux feuilles l’apparence de la nature.
- Outillage Mécanique
- J’ai vu, dans un Atelier de Fleurs artificielles pour couronnes en «Rhodoïd», une machine à Vemporte-pièce pour la confection des corolles et des feuilles du modèle le plus simple.
- Le patron a également mis au point une machine à confectionner des tulipes en série_, qu’on peut apparenter à une em-boutisseuse, d’un rendement satisfaisant. Ce sont deux machines simples qui ne demandent pas de grandes précautions de la part de l’ouvrière qui les fait marcher. L’ouvrière qui conduit l’emhoutisseuse devant seulement éviter de se brûler et
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- régler convenablement la chaleur et le temps pendant lequel la feuille de rhodoïd doit rester sous la presse.
- Dans quelles conditions s’exerce le métier. — Les ouvriers ou les ouvrières qui travaillent aux machines travaillent debout. Mais la plupart des tâches peuvent être effectuées dans la position assise et le métier des fleurs et plumes convient particulièrement bien aux femmes.
- Les ateliers sont généralement peu aérés et assez mal éclairés. Toutefois, il existe des ateliers plus modernes.
- Toutefois, il peut exister des dangers d’intoxication dans l’emploi de vieux procédés qui, d’ailleurs, tendent de plus en plus à disparaître, ce sont :
- 1° Danger d’intoxication saturnine :
- a) Les opérations exposant le plus particulièrement à l’intoxication sont :
- — le diamantage avec le cristal pluvérisé, le montage des fleurs.
- b) Le mode de véhiculation ou de pénétration du poison se fait par :
- — l’inhalation de poussières toxiques provenant du saupoudrage des fleurs ou se détachant des fleurs.
- c) La substance toxique est :
- — Le minium dans le cristal, les oxydes de plomb dans les laques.
- 2° Intoxications arsenicales :
- a) Les travaux exposant le plus à cette intoxication sont : le trempage et le saupoudrage des herbes séchées, l’apprêtage des étoffes, le découpage des feuilles, le montage des bouquets.
- b) La pénétration du poison peut se faire : par la peau, par l’inhalation des poussières toxiques, par absorption buccale.
- c) Les substances toxiques sont : l’arséniate de cuivre, la fuschine arséniée.
- 3° Les précautions à prendre sont :
- Contre le saturnisme : au lieu d’employer un vert formé par un mélange de bleu et de jaune (chromate de plomb), il est préférable, et c’est ce qui se fait de plus en plus, d’employer des verts non toxiques.
- Contre l’arsenic : L’ouvrier devra obéir aux prescriptions, à savoir : porter des gants, ne pas avoir d’aliments à l’atelier,
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- porter des vêtements d’un nettoyage facile qui resteront au vestiaire.
- Le 'patron devra éviter la production d’arsenic. Prendre les mesures nécessaires à l’évacuation des poussières toxiques, donner beaucoup d’espace, de lumière et d’eau.
- Aptitudes et qualités physiques nécessaires. — Elles sont les mêmes pour la fleuriste et pour la plumassière. La taille, la force (sauf pour les grandes plantes d’appartement) sont indifférentes. La santé peut être assez bonne ainsi que l’état des poumons pourvu qu’ils résistent à la vie d’atelier dans un air plus ou moins confiné. Dans le travail de la plume, le bon état des poumons n’est pas non plus très important, la plume ayant été avant tout travail nettoyée, teinte au bouillon par le teinturier. Il faut une bonne vue qui puisse être corrigée par des verres, mais surtout pas de daltonisme. Il faut une grande délicatesse du toucher, une grande dextérité et une grande agilité des deux mains et des doigts.
- Aptitudes et qualités morales ou intellectuelles. — Une bonne attention, une bonne mémoire des formes et des couleurs, un , bon coup d’œil sont nécessaires. L’ouvrière devra avoir beaucoup de goût et un sens artistique assez poussé, et aussi beaucoup d’ordre et de soins. Ses connaissances scolaires seront du niveau du Certificat d’Etudes ; elle devra nécessairement les compléter par quelques notions de dessin linéaire et de bonnes notions de dessin d’ornement.
- Contre-indication. — Elles sont particulièrement d’ordre physique : il faut éviter d’orienter vers ces métiers de. fleuriste et de plumassière les jeunes tilles sujettes d’une manière permanente à une transpiration forte des mains ou susceptibles d’avoir des engelures aux mains qui seraient très gênantes. Les ouvrières qui travaillent aux machines ne devront pas être sujettes aux varices ni aux vertiges.
- Importance numérique du métier. — Le métier de fleuriste s’exerce surtout à Paris ; il n’y a, en province, que quelques débouchés pour la fleur d’église et d’appartement.
- Le métier de plumassière s’exerce surtout à Paris.
- Mais ce sont des métiers peu répandus, ceux qui emploient le moins d’ouvrières parce qu’ils sont peu connus des enfants et assez mal appréciés. Pourtant ils nécessitent un apprentissage sérieux.
- Durée : Trois ans pour la fleuriste. Deux à trois ans pour la plumassière.
- Certes, dans les ateliers patronaux, un patron soucieux du bon rendement de son industrie peut former une deuxième fieu-
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- riste assez rapidement et la jeune fille, selon ses aptitudes, pourra arriver assez vite à devenir première fleuriste, ensuite seconde, puis première monteuse.
- Mais la véritable ouvrière qualifiée, tant en fleurs artificielles qu’en plumes, sera mieux formée dans une bonne école professionnelle au bout de trois années d’apprentissage sérieux au cours desquelles elle recevra de bonnes notions de dessin et où une culture générale plus complète lui permettra d’accéder plus rapidement aux postes plus intéressants de modéliste ou de contre maîtresse, ou de travailler à domicile soit comme façonnière, soit comme entrepreneuse.
- Cet apprentissage peut commencer dès que la jeune fille quitte l’école, soit à 14 ans.
- Emploi de travailleurs à capacité réduite. — Ces deux métiers ne nécessitant pas de grandes qualités physiques, ni intellectuelles (au moins pour les ouvrières les moins qualifiées) peuvent permettre l’emploi de travailleurs à capacité réduite : les infirmes des jambes pourront être occupés aux travaux assis. Les femmes peuvent être plus spécialement utilisées comme manœuvres aux machines, si elles ont une intelligence médiocre, pourvu quelles soient capables d’un geste précis et d’une grande attention, à condition qu’elles ne soient pas sujettes aux varices ou aux vertiges.
- De plus, ce sont des métiers calmes, qui peuvent convenir à certains malades. A Fleury-les-Au brais, sur l’initiative de M. Reyneau, les agités sont employés à la confection des fleurs artificielles. T. B. Kidner, dans sa liste d’occupations de malades tuberculeux pouvant se rendre à l’atelier, y mentionne les fleurs artificielles. Enfin, les enfants criminels de la Maison d’Education surveillée de Clermont sont employés à la préparation des plumes à l’atelier.
- Conclusion
- Ces deux métiers sont des métiers presque exclusivement féminins, quoique les hommes peuvent y trouver quelques emplois (frappeur, ombreur, teinturier en plumes).
- L’Industrie des fleurs articielles est une industrie presque essentiellement parisienne ayant acquis depuis quelques années un grand degré de perfection. Elle offre de bonnes ressources, un salaire rémunérateur aux femmes et aux jeunes filles. Le travail de la fleur est un travail facile, agréable, peu fatigant, qui développe le goût, qui peut permettre aux familles sérieuses de se créer une position indépendante, ne demandant qu’un petit capital : ainsi l’entrepreneuse à domicile dirige un ate-
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- lier, peut employer des ouvrières et des apprenties ; elle exécute des travaux pour des grandes maisons ou crée des modèles pour des maisons de moindre importance, réalisant ainsi un bénéfice intéressant.
- Lyon, Bordeaux, Nancy, Tours, Nantes et Rouen se livrent aussi à ce genre d’industrie, mais les produits parisiens l’emportent sur tous les autres de France et de l’Etranger par la perfection du travail et le bon goût.
- U Industrie de la plume est aussi une industrie bien parisienne ; cependant elle a longtemps subi la concurrence anglaise, américaine et allemande. Avant la guerre, l’Angleterre était notre principale fournisseuse de plumes brutes. L’Allemagne bénéficiait d’une main-d’œuvre peu coûteuse ; elle avait de bons ouvriers formés à notre école, sachant exploiter sans scrupule nos modèles.
- Les Etats-Unis protégeaient leur production par un droit exorbitant (50 %). En France, il convient de distinguer les maisons travaillant pour l’exportation qui ont une morte-saison pendant laquelle les ouvrières travaillent à la fabrication des fleurs artificielles.
- Quelquefois, les apprenties plumassières font, pendant les périodes de morte-saison, l’apprentissage de fleuriste, mais l’accord passé entre les deux maisons est individuel et non pas corporatif.
- Les périodes de chômage sont assez rares. Ces métiers sont des métiers agréables et faciles.
- LA VIE DU CENTRE DE RECHERCHES DE L’INSTITUT NATIONAL D’ÉTUDE DU TRAVAIL ET D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- L'observation du comportement
- Il est habituel d’observer le comportement des sujets qui subissent des tests. Mais on a parfois le tort d’exprimer directement, au cours de l’examen, des jugements ou des interprétations, telles que par exemple « bonne agilité manuelle » ou « timidité ». Des travaux récents (C. Chauffard, C. Chauffard et R. Bonnardel, J. M. Faverge), publiés dans ce Bulletin ou dans le Travail Humain ont montré combien ces jugements et interprétations étaient incertains. Il serait sans doute préférable de se borner à décrire purement et simplement certains faits ou gestes qui, dans une étude préalable, se seraient révélés significatifs. Une étude menée dans ce sens au Centre de Recherche a montré quelles étaient les possibilités et les limites d’une telle
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- technique (à paraître dans Y Année Psychologique). Vingt sept tïaits ont été ainsi observés, au cours de l’application des tests Kohs et Meili. La fidélité et la validité des observations ont été déterminées sur un groupe de 97 garçons et un autre de 88 filles, tous élèves de première année dans les Centres d’apprentissage de l’Académie de Paris. L’analyse des liaisons entre ces traits a montré qu’ils pouvaient se grouper en trois rubriques : activité organisée, activité inorganisée, activité rapide.
- I. — Les traits observables dans le Kohs
- On trouvera ci-après certains traits, observables au cours de l’application du Kohs, et qui ont semblé particulièrement significatifs. La consigne habituelle du Kohs avait été modifiée sur deux points :
- 1° Laisser échouer, le cas échéant, à la figure XI. Pour la suivante, dire au sujet : « Tu peux prendre tous les cubes dont tu as besoin ».
- 2° Si trois échecs consécutifs se produisent avant la quatorzième épreuve, continuer, pour observations jusqu’à cette dernière (toutes nos observations ont porté sur les quatorze premières épreuves'
- Activité organisée.
- K 6. — Rassemble : Noter chaque fois que le sujet rassemble des deux mains, un assemblage complet comprenant le nombre voulu de cubes en vue d’un meilleur ajustement des cubes.
- N. B. — Ce geste donne lieu à une notation s’il se produit avant, en même temps ou après que le sujet dit : « Ça y est ».
- K 9. — (C’est Y infériorité dans ce trait qui est considérée).
- Fixé à 4 cubes : (pour la figure XI seulement).
- Noter le comportement si le sujet ne résoud pas le problème parce qu’il n’utilise que quatre cubes alors que neuf cubes sont nécessaires.
- K 11. — Bandes : a) pour les 9 premières épreuves il n’y a pas lieu de noter « bande » ;
- b) pour les épreuves suivantes de 9 cubes : on note « 3 » chaque fois que 3 cubes d’une bande sont alignés consécutivement ;
- (donc pour ces épreuves : maximum 3 fois « 3 ».)
- c) pour les épreuves de 16 cubes :
- — lorsque 4 cubes d’une bande sont alignés consécutivement noter 4 ;
- — lorsque 3 cubes d’une bande perpendiculaire à une autre sont alignés consécutivement noter 3.
- K 12. — Paquets : Noter chaque fois qu’un assemblage partiel correct de 2, 3... cubes est incorporé à l’ensemble. Ne pas noter le paquet initial lorsque c’est lui qui constitue le premier assemblage partiel.
- N. B. — Cette rubrique n’exclue pas la précédente « bande » ni la suivante « couples symétriques ».
- K 13. — Couples symétriques :
- — Les axes de symétrie peuvent être les médianes ou les diagonales de la figure à çomposer ;
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- — L’unité de a symétrie » est le couple de cubes non adjacents (les 2 cubes étant placés simultanément ou consécutivement).
- Exceptions :
- — Pour 2 paquets symétriques adjacents compter 1 symétrique (et 2 paquets) ;
- — Pour 3 cubes d’angles placés consécutivement compter 1 symétrie (à condition que la figure à composer soit symétrique par rapport à ses deux médianes).
- Activité rapide.
- Kl. — (C’est Y infériorité dans ce trait qui est considérée).
- Sans agir : Déclencher le chronomètre dès que le sujet reste inactif, l’arrêter lorsqu’il se remet à travailler (ne pas le remettre au zéro et noter les temps cumulés).
- N. B. — Il faut entendre pas inaction :
- a) l’immobilité complète ;
- b) la manipulation d’un cube lorsque le regard du sujet est porté sur tout autre chose.
- K 14. — (C’est l'infériorité dans ce trait qui est considérée.)
- Temps nécessaire au sujet pour reconstituer l’ensemble des figures.
- Activité inorganisée.
- K 7. — Solation incorrecte : L’assemblage est définitif lorsque le sujet dit : « Ça y est ». On note alors « solution incorrecte » si elle ne répond pas au modèle présenté.
- IL — Conditions d’observations
- On prépare à l’avance une feuille d’observations comportant les rubriques nécessaires (on peut porter ces rubriques une fois pour toutes sur un cache de carton sur lequel peut s’insérer une feuille vierge). On fait une barre ou on écrit un chiffre en regard de la rubrique chaque fois que le trait tel qu’il est défini plus haut, apparaît. Cette notation est difficile, et il est bon, tout au moins au début, de la faire pratiquer simultanément par deux observateurs indépendants qui confrontent leurs résultats après l’épreuve et les discutent.
- III. — Etalonnage provisoire
- Les valeurs suivantes ont été calculées sur nos groupes d’expérience. En faisant deux groupes de sujets aussi voisins que possible quant à leur effectif, on a été amené à classer dans le groupe « inférieur » les garçons ayant les résultats suivants :
- K 6 < 4 K9 = 0 K 1 < 90 K 7 < 1
- K 14 < 1600
- K 11 < 30
- K 12 = 0 K 13 < 3
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- Voici les mêmes indications pour les filles :
- K 1 < 100
- K 6 = 0
- K 7=0
- K 9 = 0
- K 11 < 18
- K 12 = 0
- K 13 = 0
- M. R.
- LA VIE DES CENTRES D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- Comparaison des étalonnages établis dans la région de l’Isère avec les étalonnages parisiens
- A. — Comparaison de décilages garçons et filles :
- Il suffit de se reporter aux étalonnages ci-dessus.
- Dans toutes les épreuves les résultats obtenus par les filles sont supérieurs à ceux des garçons.
- Le décalage des rangs est de un ou deux déciles dans les deux tests, AG. 47. I et IV. PI.
- Les résultats étaient analogues dans la région parisienne quoique moins sensibles pour l’AG. 47. I, par contre les résultats des garçons à l’IV. P. I. étaient meilleurs pour les premiers déciles que ceux des filles.
- B. — Comparaison de décilages
- (Ecoliers grenoblois. — Ecoliers des autres communes du département)
- La comparaison n’était pas possible pour les filles (nombre trop faible de sujets pour l’extérieur).
- 1 10 20 30 40 50 60 70 80 90
- AG. 47. / GRENOBLE - 29i sujets. 7 6 52 46 42 39 36 33 28 21 6
- Autres villes,ISÈRE, 364isujets 73 56 40 37 34 30 27 22 15
- IV P I GRENOBLE - 289 sujets 33,73 35,50 28 24,25 2\ 18,50 15,75 15 10 6,50
- Autres villes - 378 sujets 30,73 32,25 27 22,75 20 17 14,26 12 8,75 5,25
- I T P I GRENOBLE - 297 sujets. 30 25 22 20 18 16 15 13 12 9
- Autres villes - 389 sujets 32 25 21 19 17 15 U 12 10 8
- On remarque que les résultats obtenus par les écoliers grenoblois sont supérieurs dans les trois tests à ceux des écoliers des chefs-lieux d’arrondissement ou de canton du département (Vienne, Saint-Marcelin, La Tour-du-Pin, Beaurepaire, Pont-de-Beauvoisin, Bour-goin, Voiron, Rives, Tullins, La Mure, etc...).
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- C. — Comparaison des décilages
- (Ecoliers, écolières région parisienne. Ecoliers, écolières Isère)
- 1° ACx. 47. 1.
- FILLES
- GARÇONS
- ISÈRE
- ISÈRE
- PARIS
- PARIS
- M A X
- MAX
- - 21
- - 38
- M I N
- 1 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
- G PARIS 68,25 41,50 34 30 26,15 23,15 20,15 11,15 14,75 9,75 0
- ISÈRE 55,75 32 J 5 21,50 23,25 20,50 11,15 15 12,50 9,25 6 0
- PARIS 57,75 31,25 32,2.5 28,15 26 23,25 20,15 18 10 11,25 0
- ISÈRE 58,30 36,25 30.25 21.15 24,25 20,50 11 14,15 11,15 9 0
- 3° / T P I
- 1 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
- PARIS 34 25 23 21 19 18 16 14 13 10 0
- ISÈRE 32 25 22 19 11 16 14 13 11 8 0
- Conclusion
- L’établissement d’étalonnages régionaux ou départementaux est une nécessité en raison des différences sensibles entre les résultats obtenus par les écoliers parisiens et les écoliers de notre région.
- Notons que le décalage des déciles ést particulièrement important pour l’AG. 47. I. Garçons et filles et l’IV. P. I. Garçons.
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- Remarques Générales
- 1° L’établissement des ogives de Galton pour les troits tests AG. 47. I., I. V. P. I., I. T. P. I. (nombre de sujets respectivement : 658, 667, 686 a permis des observations intéressantes. On remarque ' en particulier l’écrasement de l’ogive de l’I. V. P. 1. pour les résultats faibles (21 sujets ont une note inférieure à 2). Les conseillers savent d’ailleurs par expérience que lorsqu’ils ont affaire à des sujets de 13 à 14 ans retardés ils ont intérêt à utiliser des tests mieux adaptés à ces enfants.
- 2° Une quatrième comparaison serait intéressante, celle qui pourrait être faite avec les étalonnages des autres départements de l’Académie. Faute d’avoir le temps d’établir leurs propres étalonnages (car il s’agit en fait d’un travail qui demande plusieurs journées pour être fait-correctement) nous pensons que nos collègues pourraient utiliser avec profit les étalonnages établis dans un département de leur région. R. bELLier,
- Directeur du Centre d'O. P. de l'Isère.
- CADSER1E BIBLIOGRAPHIQUE
- Introduction aux méthodes statistiques en psychologie appliquée,
- par J. M. Faverge. Paris. Presses Universitaires de France, 1950,
- 163 pages.
- M. Faverge, qui enseigne la statistique aux étudiants de l’Institut de Psychologie et de l’I.N.O.P., vient de publier un manuel qui rendra les plus grands services non seulement à ces étudiants, mais encore à tous ceux qui éprouveraient le besoin de rafraîchir ou de compléter leurs connaissances en la matière. L’exposé, çFune grande clarté est parfaitement accessible même à un lecteur non mathématicien. Précédé d’une préface due au Dr Ombredane, il se divise en deux parties. La première traite des distributions à une seule variable. L’A indique comment représente graphiquement ces distributions, puis définit 1’ « échantillon au hasard » : considération théorique et reproduction d’une « table de nombres au hasard ». Il est ensuite question des distributions normales, qui offrent ù l’A. une occasion de nous démontrer d’une façon concrète ingénieuse qu’une surface illimitée peut avoir une mesure finie. La table de la loi normale réduite est donnée. Dans le chapitre « Statistiques et estimations », on trouvera d’autres illustrations concrètes, partant de la représentation solide d’un histogramme. Le calcul de la moyenne et de l’écart type est exposé en détail. Puis viennent des indications sur l’analyse de la variance, technique d’un grand intérêt dont l’usage se répand. Enfin, les problèmes relatifs aux étalonnages, aux erreurs d’échantillonnage et aux épreuves de signification sont traités. La deuxième partie a trait aux différents coefficients de corrélation et contient également quelques indications sur l’analyse de la covariance. On apprend enfin comment faire un pronostic à partir d’une variable ou de n variables. A la fin de chaque chapitre, quelques exercices permettent au lecteur d’assimiler parfaitement la matière traitée.
- L’ensemble constitue un outil de travail précieux, dont nous ne saurions trop recommander l’usage. M. R.
- AGEN. — IMPRIMERIE MODERNE, 43, RUE VOLTAIRE
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- 2e Série. 6" Année
- N“ 7-8
- Juillet-Août 1950
- Bulletin de l’Institut National D’ÉTUDE DU TRAVAIL
- et
- D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- ÉLÉMENTS D’ENQUÊTE PSYCHOLOGIQUE DANS UN GROUPE DE JEUNES PARACHUTISTES
- par les
- Docteur* S. PÉLAGE et G. PLATTARD
- chargés de Recherches
- à l'Office de la Recherche Scientifique Coloniale
- L’étude psychologique d’un groupe de spécialistes professionnels doit donner des renseignements précieux pour l’établissement de procédés de sélection et d’orientation. Il est utile de connaître les raisons qui poussent les jeunes à se spécialiser dans une branche (sur laquelle ils ont souvent, avant de s’y engager, des notions bien confuses) et il est intéressant de voir, après leurs premières expériences, quelles déceptions et quelles satisfactions ils ont trouvé dans la voie qu’ils avaient choisie.
- Ayant eu l’occasion de faire une courte enquête chez un groupe de jeunes parachutistes, nous avons cherché à faire préciser les motifs qui les avaient attirés vers cette activité, leurs réactions devant les difficultés et les dangers de leur tâche. Accessoirement nous avons essayé de connaître l’opinion de leur entourage (famille et amis) au sujet de leur appartenance à cette arme.
- Pour faire cette enquête, nous avions utilisé la méthode de l’interrogatoire collectif. Quatre-vingt-quatre parachutistes d’une même compagnie y participèrent volontairement. Il leur était demandé de répondre à trente-six questions posées oralement et expliquées brièvement. Chaque question était affectée d’un numéro que les participants rappelaient avant chaque réponse, celle-ci étant formulée par oui ou par non. Les sujets interrogés pouvaient indiquer facultativement leur identité, leur profession, leur lieu d’origine. Presque tous étaient des jeunes entre dix-huit et vingt-et-un ans, un seul sujet de vingt-cinq
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- uns ; conséquence de leur jeunesse, aucun n’avait eu jusqu’ici d’activité parachutiste en temps de guerre.
- La plupart venait de milieux urbains : trente-huit habitaient Paris ou une grande ville, vingt une petite ville, vingt-trois la campagne. Sans réponse : trois. Presque toutes les régions de France avaient fourni un contingent: le plus important venait de la région parisienne (treize), puis du sud-ouest (neuf), puis du Midi (sept), etc. Les professions manuelles étaient représentées en majorité : quarante-huit ouvriers (manœuvres, ouvriers spécialisés, artisans), dix-sept travailleurs agricoles. Ils se trouvaient quatre employés de bureau, deux commerçants et quatre étudiants. La plupart était célibataires, cinq mariés, une cinquantaine indiquaient qu’ils étaient fiancés.
- Tous étaient volontaires pour être parachutistes comme le montrèrent les réponses toutes affirmatives à la première question.
- L’activité parachutiste antérieure était déterminée par la seconde question :
- « Combien de sauts avez-vous déjà effectués ? »
- Les réponses 13 sauts : 4 1U sauts : 1 7 sauts : 49 1 saut : 1
- les suivantes : 12 sauts : 4 9 sauts : 8 G sauts : 9 U saut : 4.
- 11 sauts : 2 8 sauts : 1
- 2 sauts : 1
- On voit que la majorité avait déjà exécuté 7 sauts, 4 étaient entièrement novices.
- Les questions 3 à 12 étaient destinées à fixer les motifs qui avait déterminé l’orientation parachutiste des jeunes.
- Huit questions précises étaient d’abord posées, une dernière laissait toute latitude pour préciser d’autres raisons éventuelles Dites ce qui vous attirait le plus dans le parachutisme ? Question 3 : Est-ce le côté sportif ?
- Les notes suivantes furent données :
- 5 : 39 ; 4 : 9 ; 3 : 18 ; 2 : 5 ; 1 : 7 ; U : 2 ; sans réponse : 4.
- Question 4 : Est-ce le goût du danger ?
- 5 : 38 ; 4 : 13 ; 3 : 7 ; 2 : 7 ; 1 : 2 ; 0 : 6 ; sans réponse : 11.
- Question 5 : Est-ce le goût de la victoire sur soi-même ?
- 5 : 51 ; 4 : 13 ; 3 : 4 ; 2 : 4 ;; 1 : 1 ; 0 : 2 ; sans réponse : 9. Est-ce que ce sont les avantages de la spécialité :
- Question G : ...Une meilleure solde ?
- 5 : 12 ; 4 : 1 ; 3 : 5 ; 2 : 4 ; 1 : 11 ; 0 : 42 ; sans réponse : IG.
- Question 7 : L’occasion de monter en avion ?
- 5 : 26 ;4 :5 ;3 :8 ; 2 :8 ;1 :9 ;0 : 18 ; sans réponse : 1U«
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- Question 8 : Le fait d’appartenir à une arme d’élite ?
- 5 : 40 ; 4 :9 ; 3 :12 ; 2 :6 ; 1 :3;0 : 4 ; sans réponse : 10.
- Question 9 : Est-ce le prestige qu’il confère auprès des femmes ?
- 5 : 2 ; 4 : 6 ; 3 : 8 ; 2 : 14 ; 1 : 8 ; 0 : 33 ; sans réponse : 13.
- Question 10 : Auprès des parents ?
- 5 : 13 ; 4 : 8 ; 3 : 7 ; 2 : 5 ; 1 : 8 ; 0 : 31 ; sans réponse : 12,.
- Question 11 : Auprès des camarades ?
- 5 :14 ; 4 : 5 ; 3 :15 ; 2 : 12 ; 1 : 3 ; 0 : 15 ; sans réponse : 15.
- On remarque en dehors de toute analyse statistique la prévalence de certaines motivations : le côté sportif et le goût du risque dont les cotations sont très voisines, presque superposables, ont été pour la majorité un facteur déterminant. Plus encore, a compté le goût de la victoire sur soi-même qui n’a laissé indifférents qu’une douzaine de sujets environ. Les avantages de solde sont appréciés par un très petit nombre seulement. Le fait de monter en avion a représenté un attrait modéré pour la plupart. L’appartenance à, une arme considérée comme d’élite a été appréciée par la majorité comme un avantage capital. Assez contradictoirement l’appartenance à cette arme n’est pas cotée pour le prestige qu’elle confère : les chiffres tombent pour les trois questions 9, 10 et 11, la forme même des questions ayant peut-être semblé comique à la plupart et les ayant poussé à une réponse négative. Le prestige auprès des femmes est coté 0 par 33 et apprécié très modérément par quelques-uns. Les prestiges auprès des parents et surtout auprès des camarades ont compté davantage ou sont avoués plus volontiers.
- Ce peu de considération accordé au prestige auprès des femmes et des camarades est d’ailleurs en contradiction avec les résultats américains étudiant les motivations chez les aviateurs et les parachutistes, ce prestige étant lié à la profession en soi (mythe de l’homme volant) ou plus simplement encore à l’uniforme. Faut-il voir dans cette divergence une différence de mentalité ? Nous ne le pensons pas, nous sommes plus portés à croire que ce sont les méthodes d’analyse individuelle plus poussées (tests de projection, psychanalyse, narco-analyse) employées par les Américains qui ont mis en évidence les raisons, restées chez nos sujets, inconscientes ou inavouées.
- La question 12 qui ne proposait aucune raison déterminée a été laissée sans réponse par soixante-dix sujets. Elle a été pour quelques autres l’occasion d’insister sur les motifs déjà formulés plus haut : goût du risque pour sept ; certains l’expriment avec énergie : « J’adore les coups durs », « pour l’aventure », « pour la sensation et le danger ». Deux autres ont redit
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- à nouveau leur désir de se surpasser eux-mêmes : « J’ai besoin d’une nouveauté qui me dépasse et m’élève à tout point de vue ». « Pour la formation physique et le caractère ». Un autre aurait voulu « faire du sport, mais ajoute-t-il, on en fais pas ». L’un indique évasivement « pour mon plaisir ». Quelques-uns ont été guidés par les contingences de la vie militaire : trois ont été appelés, un avait fait une école d’aviation. Enfin un seul a été attiré par « la camaraderie ». Deux autres espéraient avoir une activité combattante : « Pour le combat ». « Pans l’espoir de retourner le plus tôt possible sur un théâtre d’opération « (25 ans, n’indique pas s’il a participé comme combattant à la dernière guerre).
- Les deux questions suivantes concernent ce que peuvent penser les parachutistes au début et à la fin du saut.
- Question 13 : A quoi pensez-vous le plus souvent au moment du saut ?
- On peut classer les différentes réponses en plusieurs groupes. Une vingtaine déclare leur pensée particulièrement tournée en ce moment vers des préoccupations techniques. Parmi eux, dix pensent au parachute « au pépin » ; certains précisent « au choc d’ouverture » (un), « â bien accrocher le mousqueton » (un), « si le ventrail fonctionne bien » (un). Sept pensent « à la sortie », « à passer la portière », « à bien sortir de l’avion pour ne pas plonger ». Un songe à la chute libre, 4 à l’atterrissage. Un contingent assez important (2G) n’a pas exprimé son état d’esprit à ce moment que comme un vide : ils ne pensent « à rien », « absolument à rien » ou « à peu de choses ». Pour deux c’est une attitude mentale volontaire a je m’efforce de ne penser à rien, cela vaut mieux ».
- Un tout petit groupe seulement reconnaît une crainte au moment de sauter : « Je pense à ne pas me casser la figure », « si j’aurai assez de volonté pour sauter », « à vaiucre l’émotion » (un) et plus explicitement « à vaincre la peur » (deux). Deux donnent une forme plus raffinée â leur pensée « J’ai toujours peur d’avoir peur », « Je pense au petit serrement de cœur que j’ai et j'ai plaisir à me donner du courage ».
- Onze font appel à la pensée de personnes chères : mères surtout, parents, famille, femmes. L’un s’exalte en songeant à « quelque chose de grand que je vais accomplir ».
- Trois ont ce qu’on pourrait appeler une attitude hédonique, sentant ou paraissant se sentir tout à fait à l’aise au moment décisif du saut : « Je pense au plaisir de la descente », « à jouir pleinement de toutes les sensations », « c’est merveilleux de se sentir en l’air, de se sentir libre ». Un isolé pense : « au vide ». Sans réponse : huit.
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- Question 14 : A quoi pensez-vous le plus souvent au moment de l’atterrissage ?
- Là encore un petit groupe s’cn tient au côté purement technique et pense d’abord à exécuter une bonne manœuvre : dix indiquent qu’ils songent à « plier le parachute », « serrer les jambes » ; deux cherchent à se regrouper. Deux autres très pratiques; désirent avant tout, prendre un bain ou boire « car on a eu chaud ».
- Un nombre assez important est surtout préoccupé d’augmenter le nombre de leurs sauts.
- Onze expriment leur satisfaction d’avoir un saut de plus. Quatorze espèrent refaire un autre saut, sept expriment leur contentement d’avoir atterri sans accident. Deux repensent « au danger qu’on peut avoir » ou « à ce qui vient de se passer ». Plusieurs sont heureux d’une joie mal définie (7) : « Je suis heureux », « je suis content ». Un seul avoue du « soulagement ». Trois semblent ressentir un véritable épanouissement : « la joie éclate dans mon cœur », « agréables sensations, force extraordinaire », « je respire, ça m’a donné du baume au cœur ». Aucune précision de leur part. Est-ce la conscience du danger conjuré ou la satisfaction de l’action qui est la source de cette exaltation ?
- Trois expriment avant tout leur fierté d’eux-mêmes. « Pensées variées », « rien de spécial » (trois). Sans réponse : 17.
- Les réponses à ces deux questions 13 et 14 mettent en évidence les défauts et les insuffisances d’un tel interrogatoire : son rythme rapide et son caractère d’étude introspective soulignent l’inaptitude de certains sujets à s’examiner et à s’exprimer en peu de mots autrement que par des clichés, et par ailleurs la sincérité imparfaite de ceux qui adoptent volontiers en pareil cas une a-ttiude de crànerie.
- Nous verrons que certaines des questions suivantes peuvent donner lieu aux mêmes réflexions.
- La question 15 concerne l’opinion de jeunes au sujet de l’action parachutiste isolée ou en groupe :
- Que considérez-vous dans le parachutisme comme le plus efficace au point de vue militaire, l’action individuelle ou l’action en unité constituée ?
- La grosse majorité (64) attribue le maximum d’efficacité à la mission individuelle ; certains parmi eux indiquent « courage individuel ». Quatorze considèrent au contraire que l’emploi d’unités organisées est préférable. Deux plus prudents et plus avisés répondent que cela dépend de la mission. Sans réponse : (4).
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- Il est évident que la valeur des réponses à une semblable question est liée aux conceptions militaires du moment. On peut penser que cette conception individualiste prévalente traduit autant l’inexpérience de jeunes jamais encore réellement engagés que l’aspect romantique de leur vocation.
- Le groupe des questions suivantes : dites ce que vous appréhendez le plus dans le parachutisme est divisé suivant les différents temps du saut.
- Au moment du saut.
- Question 16 : Est-ce la crainte de la défaillance morale (dégonflage) ?
- 5 : 5 ; 4 : 3 ; 3 : 11 ; 2 : 20 ; 1 : 20 ; 0 : 8 ; sans réponse : 7.
- Question 17 : Est-ce la crainte de la défaillance physique ? 5:4;4 :0;3:3;2:9;1 : 9 ; 0 : 43 ; sans réponse : 16}. Dans le saut.
- Question 18 : Est-ce la non-ouverture du parachute f 5:7 ;4:1;3:3;2:7 ;1 : 14 ; 0 : 45 ; sans réponse : 7.
- Question 19 : Est-ce Vévanouissement ? 5:2;4:0;3:2;2:3;1:7 ;0:63; sans réponse : 7.
- Question 20 : Est-ce la blessure par ennemi ?
- 5 :12 ; 4 : 8 ; 3 : 15 ; 2 :15 ; 1 : 6 ; 0 : 22 ; sans réponse : 6* Question 21 : Est-ce la séparation d’avec les camarades ?
- 5 : 6 ; 4 : 3 ; 3 :13 ; 2 : 19 ; 1 :14 ; 0 : 23 ; sans réponse : 6. Au sol.
- Question 22 : Est-ce un accident physique au sol ?
- 5 : 4 ; 4 : 3 ; 3 :15 ; 2 : 18 ; 1 :12 ; 0 :18 ; sans réponse : 4.
- Question 23 : Est-ce une commotion trop forte ? 5:3;4:1;3:5;2:7;1:9 ; 0 : 49 ; sans réponse : 10^ Question 24 : Est-ce l’action de l’ennemi ?
- 5 :10 ; 4 :13 ; 3 : 24 ; 2 :14 ; 1 : 10 ; 0 :10 ; sans réponse : 4.
- Question 25 : Est-ce la difficulté de la mission f 5 : 2 ; 4 : 1 ; 3 : 13 ; 2 : 16 ; 1 : 12 ; 0 : 33 ; sans réponse : 7.
- Notons que les questions 20, 21, 24 et 25 représentent pour les jeunes parachutistes des éventualités assez lointaines dont ils n’ont pu avoir jusqu’ici l’expérience n’ajant fait d’entraîner ment que depuis quelques mois. La possibilité d’une blessure au cours du saut ou à l’arrivée au sol semble redoutée très modérément.
- La défaillance morale, bien que n’étant appréhendée que par quelques-uns l’est davantage que la défaillance physique au moment ou au cours du saut. L’accident physique au sol ne
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- représente pas un sujet d’inquiétude. La non-ouverture compte pour 0 aux yeux de la majorité.
- Les deux questions suivantes plus directes que les précédentes font particulièrement appel à la sincérité du sujet.
- Question 26 : Avez-vous eu peur du premier saut ?
- On obtient 59 réponses négatives, 16 positives, 2 répondent à la fois « oui et non ». Enfin deux n’ont pu fixer à ce moment aucun souvenir, l’un parce qu’il était dans le « cirage » et l’autre n’a rien vu. Sans réponse : 5.
- Question 27 : Avez-vous encore peur au moment du saut ?
- On trouve ici 56 réponses négatives, 17 réponses positives et celles-ci n’émanent pas, sauf quelques exceptions, des sujets qui reconnaissaient avoir eu peur au premier saut. Pour un seul existe une « appréhension », Un répond « un peu » et deux encore « oui et non ». Sans réponse : 7.
- Soulignons le petit nombre de réponses positives à ces deux questions.
- Question 28 : Etes-vous concentrés ou détendus ?
- 50 se disent concentrés ou contractés, 19 détendus, 2. libres. Sans réponse : 13.
- Question 29 : Etes-vous gais ou tristes au moment du saut ?
- 60 sont gais, 9 tristes, 3 ehtre les deux, 1 « normal », un autre « ni l’un ni l’autre». Sans réponse : 10.
- Remarquons que tous les sujets détendus sont en même temps gais pendant le saut.
- Les 7 questions suivantes et dernières sont destinées à sonder l’opinion de la famille et de camarades des jeunes militaires.
- Questions 30 à 36 : Quelle est l’opinion de votre entourage sur votre activité parachutiste f
- L’opinion de chacun des membres de l’entourage des jeunes gens devait être formulée par l’un des qualificatifs suivants : très favorable, favorable, neutre, défavorable, très défavorable. Nous groupons les réponses dans le tableau ci-dessous.
- Trcs favor. Favor. Neutre Défavor. Très Péfavor. Sans réponse
- Question 30 Père 4 26 23 14 4 13
- Question 31 Mère 1 13 6 33 15 16
- Question 32 Frères 5 21 8 2 6 42
- Question 33 Sœurs 5 12 8 7 0 52
- Question 34 Femme 0 0 0 1 1 82
- Question 35 Fiancée, amie 2 13 5 19 11 34
- Question 36 Camarades. . . 15 21 7 15 8 18
- Ajoutons à ce tableau quelques réponses isolées qui traduisent
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- certaines attitudes particulières vis-à-vis de l’entourage. L’un répond à la question 31 : que pense votre mère... ? « Elle ne le savait pas, elle s’en doutait ». (Ce qui laisse à penser qu’il a caché ou essayé de cacher à sa mère son engagement pour les parachutistes).
- En réponse à la question 35 : opinion de votre fiancée on de votre amie ? « Elle me croit fou ». Enfin deux autres caractérisent ainsi l’opinion de leurs camarades : « Ils m’envient », « Ils sont émerveillés, incrédules ».
- Notons pour l’ensemble l’opinion généralement favorable des pères, des frères et des sœurs, l’opinion assez partagée des camarades et l’opinion franchement défavorable des mères, des femmes (?) et des fiancées.
- Nous avons vu en cours de route à quelles critiques peut prêter une telle étude, elle nous donne toutefois quelques lumières sur la façon dont ces jeunes envisagent leur spécialisation militaire.
- D’après les renseignements que nous pouvons posséder, il ne semble pas que l’on se soit jamais livré du moins en France à l’étude simultanée des réactions psychologiques et psysiologi-ques chez les parachutistes. Une observation directe et systématique des modifications vasculaires, toniques et sérologiques avant et après le saut, combinée à une observation psychologique approfondie par un personnel qualifié, présenterait cependant nn intérêt incontestable. Les éléments fournis par une enquête comme celle à laquelle il a été procédé ici ne peuvent servir que de point de départ à de semblables recherches.
- Du point de vue psychologique on voit aisément quelles indications on peut en tirer pour la sélection et l’instruction des recrues. Les travaux américains de la dernière guerre qui nous sont les seuls connus à cet égard, ont montré combien de semblables études s’avéraient profitables tant au point de vue de rendement tactique de l’unité qu’au point de vue de l’équilibre mental individuel.
- Contrairement à ce qu’on pourrait penser les contr’indica-tions psychologiques ont été pour le moins aussi nombreuses que les contr’indications physiologiques. Il serait donc à souhaiter que les médecins attachés à ces unités reçoivent une formation psychologique et même psychiatrique leur donnant la possibilité, en même temps que d’assurer le meilleur rendement militaire, de faire toutes recherches scientifiques sur le comportement de l’homme placé dans des conditions aussi paradoxales que celles où le mettent l’aviation moderne et le parachutisme.
- Muté en A.O.F., après trois ans passés au service prémilitaire, où il eut l’occasion de faire subir les épreuves de Tests,
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- (batterie du S.S.P.A.T.) à des milliers de jeunes gens des classes 47, 48 et 49, l’auteur a voulu apporter sa contribution à la recherche des tests exploitables pour l’examen psychotechnique des recrues Africaines, en vue de leur éventuelle sélection et orientation.
- L’officier examinateur s’est d’ailleurs strictement tenu aux recherches déjà entreprises dans cette direction par le groupement Psychotechnique de l’E.M.A. et aux directives qui font l’objet d’une des leçons du stage d’officiers sélectionneurs, complétées par les expériences de l’Institut National d’Orientation Professionnelle.
- NOTES ET DOCUMENTS
- Résultats du transfert en 2e ordre du facteur général pour des données d’Alexander
- En 1935, Alexander (1) avait appliqué une analyse factorielle cen-troïde orthogonale à des données fournies par l’application de 20 tests à 4 groupes de sujets, d’où résultait une conciliation de Thurs-tone et de Spearman.
- En effet il dégageait un facteur général commun à tous les tests, outre 4 facteurs de groupe, le facteur verbal, un facteur F, d’habileté technique ou spaciale, un facteur X considéré comme caractériel, et enfin un facteur Z non interprété
- Mais ,pour arriver à ce résultat, Alexander avait procédé à une rotation jusqu’à trouver une position favorable à l’extension maxima du facteur identifié avec G.
- Mariano Yela (2) a repris les données d’Alexander, et appliqué la méthode oblique des Thurstone, en choisissant, dans la rotation, une position obéissant au critère de Thurstone ,de la structure la plus simple.
- Dans ces conditions le facteur général disparaît comme facteur primaire, et revient comme facteur de second ordre, du fait des intercorrélations entre les facteurs de groupe dégagés, le facteur général ayant des corrélations élevées (de 0,500 à 0,755) avec 4 d’entre eux, mais nulles avec un cinquième, qui ne serait pas d’ordre intellectuel.
- Ces facteurs de groupe coïncident avec ceux d’Alexander pour le facteur verbal V, pour le facteur spatial S (F d’Alexander), pour le facteur X considéré comme caractériel et qui sature des tests scolaires de connaissance. Mais, en plus, le facteur Z, laissé sans interprétation par Alexander, mais qui se manifeste dans les tests exigeant qu’on forme ou complète une configuration, correspondrait à la capacité de synthétisation perceptive, à la vitesse de « closure », dissociable en la « perceptual closure » (A) et la « flexibility of clo-
- (1) British Journal of Psychology Monograph Supplément, n° 19, 1935.
- (2) Application of the concept of simple structure to Alexander’s date. Psychometrika, xxv, 1949, p. 121-135.
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- sure » (E). Enfin, un facteur de plus, saturant les tests d’analogies et des problèmes divers d’Otis, Terman, Cox, Spearman, serait le facteur thurstonien de raisonnement R.
- Les analogies et les différences des deux analyses d’Alexander et de Yela se marquent dans les saturations respectives des 20 tests, classés en groupes homogènes, par les facteurs dégagés, données dans le tableau ci-joint.
- CA CA ALEXANDER YELA
- H Z X V F G Z X V F (S) R
- 16 .40 .34 .56 .47 .29
- 19 .35 .51 .47
- 18 .22 .63 .39 .21
- 15 .24 .28 .39 .27 .25
- 1 — .45 • .50 .24 -.38 .49 .35
- 2 .77 .36 .76 .31 .36
- 3 .56 .35 .45 .55 .45 .20
- 4 .63 .48 .29 .65 .57
- 5 .39 .66 .26 .42 .70
- 6 .82 .40 .70
- 7 .78 .43 .66
- 8 .55 .67 .44 .26
- 9 .65 .58 .59
- 17 .70 .22 .70
- 12 .21 .40 .56 .40 .24
- 13 -.20 .41 .50 41 .21
- 14 .28 .49 .27
- 10 — .22 .28 .73 .27 .46
- 11 .76 .52
- 20 -.23 .69 .37
- Il y a accord général montrant que la structure oblique, en faisant passer au deuxième ordre le facteur général, n’a pas apporté de modification importante à l’organisation générale de la structure orthogonale. Mais le critère de position, choisi, dans la rotation, a donné, dans l’analyse du jeune psychologue madrilène, une systématisation plus cohérente et plus satisfaisante.
- H. P.
- Une confrontation de trois méthodes d’analyse factorielle
- Dans une importante recherche portant sur 291 sujets (152 garçons et 139 filles), de 10 ans 1/2 à 13 ans 1/2, avec 24 tests (7 verbaux, 9 non verbaux, -8 de mémoire) de fidélité généralement très élevée (supérieure à 0,80 dans 17, inférieure à 0,70 dans 2 seulement), Wenger, Holzinger et Harman (l) ont employé, pour l’ana-
- (1) M. A. Wenger, K. J. Holzinger et H. H. Harman. — The estimation of pupil ability by three factorial solutions. University of California Publi-tions in Psychology, t. 58, 1948, p. 161-252.
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- lyse factorielle des résultats, trois méthodes différentes, la méthode bifactorielle, la méthode multifactorielle centroïde orthogonale, enfin la méthode oblique dont la solution a été établie par Thurs-tone lui-même.
- Avec la première méthode il a été dégagé, à côté du facteur général, trois facteurs de groupe entièrement indépendants.
- Avec les deux autres, quatre facteurs de groupe significatifs sont apparus, les trois premiers correspondant bien à ceux de la solution bifactorielle.
- Le premier comprend des tests de spatialisation non verbaux et le second les tests verbaux ; quant au troisième il ne concerne que les tests de mémoire immédiate verbale ou verbalisable, sans qu’un facteur unitaire de mémoire ait été dégagé. Enfin le 4e facteur des deux méthodes multifactorielles ne s’est montré en rapport net qu'avec les seuls 2 tests d’analogies (verbales et non verbales) et a été attribué à un processus d’induction. Pour la solution oblique les intercorrélations des 4 facteurs dégagés ont été comprises entre 0,416 et 0,722.
- La comparaison des saturations des tests en chacun des facteurs montre un maximum général de saturation du facteur spatial pour un form-boârd sur papier (0,602 ; 0,686 ; et 0,522) et pour les dessins invertis (0,436 ; 0,567 ; et 0,468) ; du facteur de mémoire immédiate pour les tests des mots (0,665 ; 0,637 ; et 0,609) ; enfin du facteur verbal pour le vocabulaire (0,324 ; 0,797 ; et 0,530), et pour la compréhension des ordres (0,317 ; 0,317 ; 0,758 ; et 0,558).
- Les auteurs avaient cherché à isoler un facteur de rapidité et un facteur de puissance mentale (power), deux tests ayant été donnés sans limite de temps, mais, ils n’ont rien dégagé en ce sens.
- Quant au facteur général de la méthode bifactorielle il s’est trouvé en corrélation élevée avec le facteur verbal commun aux deujc méthodes multifactorielles, et, avec le succès scolaire ; la corrélation du facteur verbal de ces méthodes s’est montrée aussi grande que celle du facteur général : avec le niveau scolaire, corrélation de 0,56 poulie facteur général, de 0,51 et 0,58 pour le facteur verbal ; avec la réussite scolaire moyenne de 76 élèves du 5e degré les corrélations ont été respectivement de 0,61 (facteur général) et de 0,40 et 0,61 (facteur verbal). Une fois extrait le facteur général par la méthode bifactorielle, le facteur verbal n’a plus qu’une corrélation avec le niveau scolaire de 0,28 et, avec la réussite scolaire au 5e degré, de 0,10.
- Avec l’âge chronologique les 12 corrélations sont comprises entre 0,10 et 0,26. Avec l’âge mental, chez les 76 élèves du 5e degré (méthode collective de Henmon-Nelson), le facteur général a une corrélation de 0,83 ; pour les facteurs de-groupe, voici les corrélations avec l’âge par les 3 méthodes.
- M émoire
- Facteur : Spatial Verbal immédiate Induction
- M. bifactorielle. i i ......... —.08 .29 .10
- M. orthogonale. • • ................. .20 .63 .12 .57
- M. oblique............................. .32 .74 .57 .37
- On voit que les diverses méthodes donnent des résultats qui sur certains points montrent un très intéressant accord, mais qu’il persiste quelques sérieuses divergences prêtant à discussion.
- , ' ‘ H. P.
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- A TRAVERS LES REVUES
- Le sommaire du Travail Humain de juillet-décembre 1950 (t. 13, 3-6) comporte le discours d’ouverture de H. Piéron au Congrès de Berne sur Psychotechnique et Sociotechnique, l’étude d’un test collectif d’intelligence technique par M. Lefetz, l’étude expérimentale d’un test d’orthographe par R. Bonnardel, un examen par G. Verdeaux du problème des épdepsies frustes en médecine du travail, l’exposé d’une nouvelle épreuve de précision des mouvements des mains, le test sinusoïde, et d’une méthode rapide pour le calcul des corrélations moyennes par R. Bonnardel.
- Dans le Journal of Personality de mars 1950 (t. 18, 3), de nombreuses études ont été consacrées à la « Rosenzweig Picture-Frustration study », de Paul Rosenzweig (examen de quelques problèmes et normes révisées pour la forme adulte, sur 874 sujets), et de Rosenzweig et Esther Lee Mirmow (validation de la forme enfantine) ; de Gard-ner Lindzey (un test expérimental de validité de la « stady »), d’Ir-wing Simes (examen préliminaire de l’emploi psychiatrique), de J. L. Mc Cary (réactions ethniques et culturelles à la frustration). Dans ce même numéro, Eisa M. Siipola examine l’effet qu’exerce la couleur sur le test des taches d’encre par examen comparatif des mêmes taches neutres ou colorées, trouvant que la couleur exerce des actions affectives particulières, telles qu’un blocage associatif, de fortes réactions émotionnelles et une désorganisation dans la pensée conceptuelle et le comportement.
- Dans une étude assez confuse E. J. Furst examine la relation des tests d’intelligence avec des tests de pensée critique et de connaissance au cours de 2 années de scolarité de deux groupes de 60 et 63 étudiants (Journal of educalional Research, avril 1950).
- S. D. Porteus relate brièvement les résultats de 35 ans d’expérience avec son test du labyrinthe dans le Journal of Abnormal and Social Psychology d’avril 1950 (t. 45, 2 )qui contient aussi une nouvelle étude sur les criLères du leadership par L. Carter, W. Haythorn et Margaret Howell.
- Dans la comparaison de 30 profils masculins et 30 profils féminins d’adultes normaux au Rorschach, le Docteur Schachter a trouvé une prédominance de l’extratensivité chez les femmes (56,5 contre 40 %) et de la coartativité chez les hommes (33 contre 13,3 %) comme il le signale dans une brève étude publiée par les Acta neurologica et psychiatra belgica de mars 1950 (t.. 50, 3), où il relate aussi les résultats d’examens, au Rorschach, d’ophtalmopathies congénitales.
- Dans le Journal of educalional Psychology de mars 1950, A. F. Berdie et Nancy A. Sutter examinent la question de la prédiction du succès chez les étudiants en <c engineering ».
- Dans la Wiener Zeitschrift fiir praktische Psychologie d’avril 1950 (t. 2, 6, le Professeur Kammel termine une étude sur le problème du
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- conseil dans le choix de la carrière chez les élèves et étudiants universitaires, J. Lhotsky publie sa communication au Congrès de Berne sur le film-test ou test à 4 dimensions.
- L’échelle de Weschsler-Bellevue tient encore la vedette dans le numéro d’avril 1950 du Journal of Consulting Psgchology (t. 14,2) avec Ouinn Mc Nemar (échelles abrégées), Fr. M. Gillhooly (fidélité et validité diagnostique), H. Seashore, A .Wesmann et J. Dappelt (étalonnage chez les enfants) ; R. B. Ammons ; W. L. Larson et Ch. R. Shearn (sous-test de vocabulaire) ; sont encore envisagés le TAT par C. H. Saxe, le Rosenzweig par L. R. French, le Rorschach (en relation avec les réflexes psychogalvanique) par Jeanne R. Lévy et (en relation avec une brève psychothérapie) par Edith Lord.
- Le Docteur Bergeron étudie les fugues et le vagabondage chez l’enfant dans le numéro de mai 1950 des Annales Médico-Psychologiques.
- Dans le Journal of applied Psgchology d’avril 1950 (t. 34, 2), W. A. Owens Jr donne des résultats d’une application à 725 sujets (Classe d’Engineering d’Iowa) d’un nouveau test plus difficile, de compréhension mécanique, donnant une bonne prédictivité ; Ph. H. Dubois et R. I. Watson, relatent l’essai d’une batterie de tests pour une sélection de policiers ; S. F. Klugmen donne des indications sur la relation des intérêts professionnels, plus ou moins dispersés (d’après le Kuder) avec l’inventaire d’ajustement de Bell ; M. L. Baas donne les patterns d’intérêt au Kuder chez les psychologues professionnels.
- Dans le Journal of Psychology d’avril 1950 (t. 29, 2), articles à signaler : Miriam S. Haines, réponses égocentriques chez des enfants normaux ou posant un problème de comportement ; R. Stone, un test d’aperception auditive enregistrée, comme une nouvelle forme de technique projective ; Edith A. Weisskopf, un index de transcendance proposé comme mesure dans le TAT, et une étude de l’effet de la brillance et de l’ambiguité sur la projection dans ce test.
- Le Psychological Monograph 303 de 1949 (t. 63,8) est consacré à une étude de A. Hartman sur un examen expérimental de la valeur du TAT pour le diagnostic clinique de personnalité, d’après un examen comparé fondé, d’une part sur une analyse aveugle des documents, d’autre part sur une expérimentation avec une série de tests et d’entretien, enfin sur un examen psychiatrique en application à 35 adolescents d’une clinique ; de nombreuses corrélations biséria-les sur une série de traits conduisent à une conclusion très favorable au TAT. Toutefois si entre l’expérimentateur et le psychiatre la corrélation générale est de 0, 44 à 0, 39, entre .T.A. T. et, respectivement expérimentateur et psychiatre, elle n’est que de 0,15 ou 0,19 et 0,17 ou 0,28
- La questin de l’établissement de profils de « rigidité » de la personnalité a fait l'objet d’une recherche de Leymour Fisher qui publie
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- les résultats dans le n° 307 des Psychological Monographs (t. 64, 1 1950).
- La regrettée Barbara S. Burks avait procédé à une étude de 4 couples nouveaux de jumeaux séparés peu après la naissance et examinés pour 3 d’entre eux à l’état adulte, et les données recueillies ont été publiées par les soins d’Anna Roe (Psychological Monographs, 63, 5, n° 300, 1949). Les données relatives en particulier au O. I. et aux traits de personnalité (profils au Rorschach en particulier), confirment les résultats antérieurs : les ressemblances restent plus marquées qu’entre jumeaux fraternels (différence d’I. O. de 10, 13 et 15 points). A noter qu’une des jumelles d’un couple a été seule atteinte d’une psychose maniaque dépressive, ce qui met en évidence le rôle des conditions de milieu.
- Le problème du choix de la profession est l’objet d’une étude de E, Ginsberg, I. W. Ginsburg et autres collaborateurs dans l'American Journal of Orthopsychiatry de janvier 1950 (t. 20, 1) où T. Bur-ling examine la question de la récupération professionnelle des handicapés mentaux.
- Le Docteur H. Duchêne donne, dans Sauvegarde de mai 1950 (5e année, 5) un résumé de l’histoire des enfants loups de l’Inde d’après les ouvrages du Révérend Singh et du Professeur Zingg (Wolf childron and Ferai Man, de 1939) et de Gesell (Wolf Child and Human Child, 1940). Dans le numéro de juin 1950, une étude du Professeur Fontes, de Lisbonne, relative à l’interprétation psychologique du dessin anthropomorphique infantile, spécialement observé chez les oligophréniques.
- Le Canadian Journal of Psychology a publié dans* son numéro de décembre 1949 (t. 3, 4) une étude de Claire Mathieu-Fortin sur l’emploi du test de Rorschach dans l’étude anthropologique d’une société paysanne, et dans le numéro de mars 1950 (t. 4, 1) des données sur la validité d’un test d’aptitude pour des éducateurs, de H. Bowers, et un exament par Dorothy H. B. Cadwell de la précision prédictive de divers items d’un examen pour le service civil.
- La revue trimestrielle Educational and Psychological Measurenient dans son n° 1 (T. 10) de 1950, contient un grand nombre d’articles dont nous signalerons les suivants :
- L.-J, Cronbach : Les réponses en séries et la structura du test ; R. B. Kamen et C. G. Wrenn : L'acceptation de Vinformation dans les conseils professionnels ; C. H. Coombs : Les concepts de fidélité et d'homogénéité ; Anne Anastasi : Le concept de validité dans l'interprétation des scores ; E. A. Suchman : La logique de la construction d'une échelle ; E. E. Cureton : Validité, fidélité et « baloney » ; E. A. Rundquist -.Les réponses en séries ; W. R. Borg : Intérêts dos étudiants en art ; R. W. Kleemeier et F. J. Dudek : Recherches factorielles sur la flexibilité ; J.. E. Moore : Standardisation du test de Moore (coordination œil-main et matching de couleur) ; W. A. Mc Clelland et H. W. Sinaiko : Recherche d'un questionnaire d'attitudes du conseiller.
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- Dans Technique, Art, Science de mai 1950, où R. Gai consacre l’éditorial à Technique et Culture, on trouve quelques données sur l’O. P. en Suède au cours de l’étude de C. Sylvian sur l’enseignement technique en Scandinavie.
- Guy Palmade a publié un exposé sur son test de positions caractérielles dans la revue Psyché de novembre-décembre 1949 (n° 37-38).
- Dans la Revue Suisse de Psychologie (t. 9, 2, 1950) André Rey a publié son étude d’une épreuve d’analyse perceptive impliquant la reproduction en plan d’un dessin géométrique assez complexe présenté sur papier transparent, enroulé dans un tube de verre, épreuve étalonnée (avec décilage) sur 5 groupes de sujets (adolescents et adultes de niveaux primaire, secondaire et supérieur) et mise en corrélation avec divers tests.
- Le Docteur E. Boganelli a publié dans la Tecnica projessionale de 1950 (n° 3-4) un bref exposé sur la méthode statistique en psychotechnique, et, avec le Docteur C. Dragotti une étude sur le contrôle psychotechnique de conducteurs, en matière de transports automobiles publics, dans la revue Transporti publici de novembre-décembre. 1949 (n °11-12).
- INFORMATIONS
- Une Semaine Internationale d'Anthropologie différentielle consacrée à l’étude des éléments — morphologiques, physiologiques, psychologiques — de différention individuelle, organisée par la Société de inorpho-physiologie humaine, et présidée par le Professeur Joannon, se tiendra à l’abbaye de Royaumont, du 11 au 16 septembre 1950. Le Secrétaire général chargé de l’organisation est le Docteur P. Mabille, 34, rue Raynouard, Paris.
- Un Congrès International de l'Enseignement des Sourds-Muets, s’est tenu à Groningue, du 5 au 9 juin 1950, avec trois thèmes de discussion, dont le second était consacré à « l’examen psychique des sourds-muets » et aux « problèmes psychlogiques de la langue et de la pensée ».
- Une Association dénommée Groupement français du Rorschach, ayant son siège, 41, rue Gay-Lussac, vient de se constituer sous la présidence du Professeur Lagache, avec MUe Beizmann comme secrétaire générale.
- Le rapport du président du « Board of Trustées » de VEducatio-nal Testing Service des U.S.A., à Princeton, M .Henry Chauncey, consacré à l’année 1948-1949, 'avec bibliographie des publications des membres, vient de paraître.
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- La revue Psijche avait assigné pour diffamation en un million de dommages et intérêts le Groupement des Etudiants en Psychologie de PUniversité de Paris, en raison de critiques parues dans leur Bulletin. Mais, à l’appel de la cause, en juin, Mme Maryse Choisy a retiré sa plainte.
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- * *
- L'Office fédéral Suisse de l'Industrie, des Arts et Métiers et du Travail a publié récemment la statistique des cas traités en 1949 par tous les offices d’orientation professionnelle de Suisse, statistique qui accuse une notable augmentation sur l’année précédente. En effet, près de 40.000 jeunes ont bénéficié des conseils de l’orientation professionnelle, soit 4.500 de plus qu’en 1948. Depuis 1933, date de la première statistique, cette institution s’est développée régulièrement et c’est pour la première fois que l’on constate un tel bond en avant d’une année à l’autre. Au cours de ces dernières années, 38-42 % des jeunes ayant terminé leur scolarité obligatoire s’adressaient à l’orientation professionnelle. Or, en 1949, la moyenne suisse a été de 47 %.
- Une autre constation va de pair avec le nombre grandissant des jeunes qui s’adressent à l’orientation professionnelle : on ne cherche plus seulement la sécurité matérielle dans un emploi soi-disant « sûr », mais — et cela toujours davantage — dans un métier étudié à fond et qui correspond vraiment aux aptitudes et aux inclinations* personnelles.
- LA VIE DES CENTRES D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- Centre d'Orientation Professionnelle de Lot-et-Garonne
- Extension de l’Orientation Professionnelle au secteur rural Résultat de la tentative de 1947-48 par M.-R. GALIBERT
- En créant l’obligation de l’examen d’Orientation Professionnelle par le décret du 24 mai 1938, le législateur s’est rendu compte que l’application serait d’abord limitée par le nombre des Centres et leur équipement. Pour palier à cette insuffisance, il avait été prévu — décret du 2 septembre 1939, titre IV, article 23 — que des médecins seraient chargés de missions d’Orientation Professionnelle.
- Cette mesure devait permettre l’extension de l’Orientation Professionnelle à tous les secteurs. Il ne semble pas qu’elle ait été réalisée.
- En 1947-1948 il m’avait semblé que, grâce à l’arrivée d’une conseillère et à la réorganisation de l’Inspection médicale scolaire, il serait possible de combler cette lacune.
- A tous les instituteurs — c’est-à-dire à ceux des communes autres que celles (une vingtaine à caractère plus ou moins urbain) qui bénéficient déjà des services d’Orientation Professionnelle, — il a été
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- demandé une fiche scolaire sur chaque enfant de 14 ans. Les parents étaient invités à fournir une feuille de renseignements et le médecin devait remplir la fiche médicale. Malgré des rappels le nombre de documents reçus est resté assez faible. Finalement, l’essai a été plutôt un sondage qu’une véritable réalisation d’Orientation. Il a porté sur 450 enfants. Tel quel, il. contribue à fournir une réponse objective à la question :
- Faut-il étendre l’Orientation Professionnelle au Secteur Rural ?
- On répond généralement par la négative. C’est Roland Maspetiol qui, dans L'Ordre Eternel des Champs, paru en 1946 (essai sur l’histoire, l’économie et les valeurs de la paysannerie), pages 561-562, exprime cette opinion de la façon la plus catégorique.
- « L’Orientation Professionnelle est appelée davantage à éloigner « de la terre de jeunes ruraux qu’à faire venir à la campagne des « enfants de la ville.
- « Une politique de maintien à la terre paraît incompatible avec la « pratique de l’Orientation professionnelle dans les écoles rurales. « Les premiers essais ont été concluants (1).
- « Le personnel des Centres, étranger par sa formation à la men-« talité rurale et souvent méprisant quelque peu celle-ci, croirait « accomplir son devoir en décelant chez un enfant une aptitude lui « ouvrant la porte de l’évasion, il s’efforcerait de drainer vers cer-« tains métiers manuels les sujets capables de devenir de bons ou-« vriers spécialistes et contribuerait à priver les campagnes de leurs « meilleurs éléments.
- « On aggraverait ainsi une tendance qui ne s’est que trop déve-« loppée dans tous les pays industriels, celle que constate Aldous « Huxley en Angleterre : « Depuis un siècle, les membres les mieux « doués des petites communautés rurales ont eu tendance à quitter oc leur foyer à chercher fortune- dans les villes, aussi ce qui subsiste « dans les villages et les bourgades des pays industrialisés a le ca-« ractère d’une population résiduelle, sélectionnée dysgéniquement, « pour son absence d’initiative et de dons intellectuels. »
- Ce sont là arguments contestables. •_
- Remarquons brièvement que l’activité rurale n’est pas plus inconnue du Conseiller d’Orientation Professionnelle que la plupart des professions artisanales industrielles et commerciales. Et pourquoi l’Orienteur ne contribuerait-il pas à maintenir à la campagne, mais d’une façon raisonnée des jeunes ruraux qui veulent s’en évader (comme s’exprime l’auteur à qui le mot évasion s’est naturellement imposé). L’expérience citée comme preuve n’était-elle pas vouée à l’échec ? Ne s’agissait-il pas'd’habituer de jeunes urbains, peut-être déjà inaptés sociaux, à une vie dont les conditions rendent l’acceptation prolongée très difficile pour des transplanLés ?
- Un compte rendu récent du service de sélection professionnelle et d’apprentissage agricole est tout de même plus encourageant (Feuillets documentaires du B.U.S., 1er décembre 1948).
- (1) Dans les comptes rendus des séances de l’Académie d’Agriculture 1941, page 759, les résultats obtenus en mars 1939, en Eure-et-Loir, au Centre d’Orientation Professionnelle de Chateaudun, on notera que la répulsion pour la vie paysanne est plus marquée chez les filles que chez les garçons, parmi les enfants d’ouvriers agricoles que parmi les enfants de cultivateurs.
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- Ce n’est pas le moment de réfuter plus longuement les affirmations de R. Maspetiol.
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- ün grand principe sur lequel l’accord est facile est qu’il faut maintenir à la terre, par propagande et persuasion, une forte proportion de jeunes qui n’ont, — bien que ce ne soit pas leur opinion actuelle ou celle de leurs proches — rien à gagner à vivre en ville.
- Vouloir détourner de la terre ceux qui en ont le goût, et les pos-dibilités serait de la perversité.
- Mais encore ne convient-il pas de les y maintenir purement et simplement. Il faudrait aussi leur donner une formation professionnelle et une culture générale qui donnerait aux agriculteurs le sentiment qu’ils ne sont pas inférieurs aux autres catégories sociales, qui rehausserait leur prestige, à leurs propres yeux d’abord. Ce’s remarques concernent aussi ceux qui resteront agriculteurs un peu à contre cœur d’abord. Elles intéressent tous les petits campagnards, filles comprises. Au moins les sujets bien doués du point de vue intellectuel, devraient avoir autre chose qu’une formation professionnelle routinière sur le tas. Il est regrettable qu’il y ait peu d’élèves du Lot-et-Garonne à l’Ecole de Fazanis (6 pour une promotion, disait un jour le directeur). On a créé heureusement le baccalauréat technique industriel. Pourquoi pas le baccalauréat technique commercial et agricole ?...
- Il faut y maintenir également des futurs artisans ruraux fils eux-mêmes d’artisans ou fils d’agriculteurs qui auront une adaptation plus facile que les ouvriers citadins, mais en leur donnant aussi l’occasion d’acquérir une formation professionnelle « méthodique, progressive et complète ». Leur passage dans les Centres d’apprentissage est tout indiqué.
- Il faut y maintenir, ou même y adapter ceux dont la santé le nécessite. C’est une opinion biein établie, justifiée sans doute, mais plus en principe qu’en fait .Dans ce domaine il y a lieu de se montrer prudent, car si le grand air est favorable à une bonne évolution de certaiens affections, les conditions de logement, de travail, de nourriture même ,malgré l’abondance, le sont beaucoup moins.
- Par contre, maintenir à la campagne ceux qui présentent certaines déficiences serait une faute.
- Déficieinces physiques : Parmi les enfants vivant à la campagne il y en a qui ont des insuffisances des membres, de l’appareil respiratoire, du cœur. Ils doivent pouvoir s’employer utilement ailleurs avec moins de peine.
- Déficiences mentales : Certes, tous les niveaux sont utilisables à la campagne, mais ce n’est pas en prenant l’habitude d’y maintenir ou d’y envoyer (comme on l’a tenté et comme on le préconise trop souvent) tous les débiles qu’on revalorisera la main-d’œuvre agricole et la vie rurale.
- D’ailleurs compte tenu de l’incapacité, pour les déficients mentaux qui sont souvent des déficients moteurs, d’atteindre certains rendements et de la nécessité d’éviter les risques d’accident, c’est dans l’industrie que les postes d’activité, grâce à la division du travail, sont assez simplifiés pour être tenus par les déficients de l’intelligence. Il semble qu’il y ait là des notions à réviser.
- Déficients du goût, des tendances caractérielles : On ne peut empêcher qu’il y ait à la campagne des enfants qui rejettent l’idée de
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- rester à la terre, qui conserveront cette répulsion et qui réaliseront plus tard ce qu’ils considèrent comme une « évasion » (terme employé par M. Maspétiol lui-même page 525, qui repousse l’idée du maintien à la terre par réquisition. Il assimile des textes du 23 novembre 1940 et 9 mars 1941 aux prescriptions du Bas-Empire romain).
- La prétention de certains auteurs de trouver des différences raciales entre citadins et ruraux est évidemment excessive (1). Quoique la réadaptation dans le sens ville-campagne soit plus difficile que dans le sens campagne-ville le passage d’un genre de vie à l’autre est toujours possible sans qu’une mutation biologique soit nécessaire. Il n’en reste pas moins que les règles d’existence sont très différentes à la campagne de ce qu’elles sont à la ville. Si des tendances légères ou accusées du caractère empêchent la bonne adaptation sociale à la ville, sauf cas favorables mais rares, l’effet sera encore plus net à la campagne.
- C’est souvent le caractère jouant sur des éléments affectifs, des contingences familiales et économiques qui entraîne à quitter la terre des agriculteurs confirmés depuis plusieurs années.
- Au fond on ne peut espérer de vrai retour à la terre que d’une . élite du caractère... quand la situation d’agriculteur exercera une attraction certaine. Ce sera même la netteté de ce courant qui attestera que le métier de paysan est enviable et envié, plus que verbalement. Il ne semble pas que cet avenir soit immédiat et même proche.
- Les déficiences sociales et économiques : On ne peut astreindre tous les enfants des métayers, des salariés agricoles ou des familles nombreuses à rester à la lerre pour y devenir des domestiques dont la situation n’est encore jalousée par personne.
- Le dépouillement des documents rassemblés au cours du sondage confirme quelques-unes de ces réflexions.
- Sur :
- 360 enfants, pour lesquels les intentions professionnelles (ou l’absence d’intention) ont pu être relevées, on trouve :
- — 27, près de 8 % qui n’ont pas d’idée affirmée ;
- — 206, près de 59 % qui seront agriculteurs, parmi eux :
- 190, un peu plus de 54 % paraissent devoir l’être sans difficulté.
- Mais pour 16, près de 5 % du total, il y a :
- — soit opposition de l’enfant ;
- — soit nécessité de placement.
- — 84, près de 24 % désirent une profession non agricole — artisa-
- nat — commerce et divers ;
- — 33, un peu plus de 9 % choisissent des métiers nécessitant
- quelques études ou manifestent l’intention de poursuivre des études sans objectif déterminé.
- A ce premier point de vue il y a donc de 41 à 46 % des enfants
- (1) René Porak. — Un village de France (Psycho-physiologie du paysan), 1943. Paulette Bernege. — Explication (essai de biosociologie dirigée).
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- qu’i! serait utile d’examiner. Il n’est pas douteux que pour un certain nombre l’influence de l’Orientation professionnelle s’exercerait peut-être pas toujours en vain, dans le sens du maintien à la campagne. Les cas de ces filles terminant leur scolarité à un cours moyen médiocre et voulant devenir sténos-dactylos, — y arrivant parfois, au grand dommage de leurs employeurs, — de ce fils unique de propriétaires dans une riche vallée, à côté d’une ville importante, qui veut faire vendre la propriété pour devenir menuisier, sont les plus typiques mais non les seuls où les intentions professionnelles sont comiquement erronées.
- Sur les 138 fiches médicales reçues (73 filles, 65 garçons) on relève 99 enfants (58 filles, 41 garçons) qui sont dans un état de santé et de développement satisfaisant ou presque. Si l’on ajoute aux 39 autres les élèves pour qui les fiches scolaires fournissent des renseignements sur la santé on trouve 95 enfants sur 450 qui ont des déficiences assez graves pour que le choix d’une profession soit soumis à certaines précautions :
- Il en' est signalé :
- 46 pour un développement insuffisant, un état maladif ;
- 8 pour des déficiences osseuses, musculaires, articulaires ;
- 9 pour des déficiences de l’appareil respiratoire ;
- 4 pour des insuffisances cardiaques ;
- 3 pour des déficiences de l’appareil digestif ;
- 7 pour des déficiences sensorielles ;
- 5 pour des déficits neurologiques, des dysharmonies endocrinien-
- nes graves ;
- 13 pour des difficultés caractérielles.
- Etant donnée la double origine des renseignements (fiches médicales, fiches scolaires), ces dernières étant souvent dépourvues de toute indication à ce sujet, il n’est pas possible de calculer un pourcentage précis. Mais on peut l’évaluer à 25 % sans crainte d’exagérer. 41 % d’un côté, 25 % de l’autre, en tenant compte des chevauchements on peut affirmer que 50 % au moins des jeunes ruraux du Lot-et-Garonne auraient intérêt à être vus par l’Orientation Professionnelle.
- Au point de vue scolaire : les renseignements obtenus donnent les résultats suivants sur
- 289 données utilisables (151 f.,.138 g.) ;
- — 190 ont un niveau normal ou approchant (103 f., 87 g.).
- Y sont compris :
- 142 étant estimés à un niveau normal (103 f., 87 g.) ;
- 10 enfants jugés au-dessus de la moyenne (6 f., 4 g.) ;
- 38 enfants jugés en retard de 1 an (24 f., 14 g.) ;
- — 44 ont un retard de 2 ans (20 f., 24 g.) ;
- — 25 ont un retard de 3 ans (12 f., 13 g.) ;
- — 13 ont un retard de 4 ans ( 7 f., 6 g.) ;
- — 8 ont un retard de 5 ans ( 3 f., 5 g.) ;
- — 3 ont un retard de 6 ans ( 2 f., 1 g.) ;
- — 3 ont un retard de 7 ans
- — la un retard de 8 ans (1 f.) :
- — 2 ont un gros retard sans autre indication
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- soit 99 qui ont un retard de plus d’un an (48 f., 51 g.) et parmi eux 17 ont un retard de plus de 4 ans (9 f., 8 g.)
- ' Malgré l’impossibilité de continuer dans le même sens l’effort commencé, ces résultats incitent à ne pas l’abandonner complètement.
- Il semble préférable de s’intéresser à un secteur plus restreint mais d’une façon plus complète. Deux ou trois cantons suffiraient à cette nouvelle expérimentation, les résultats ne devant faire l’objet d’une statistique qu’au bout d’un temps assez long.
- Il va sans dire que tous les maîtres pourront continuer à demander des renseignements au Centre, à lui soumettre les cas particuliers.
- Il ne paraît pas inutile de rappeler que deux organismes dont l’importance n’échappe à personne préconisent l’extension de l’Orientation Professionnelle dans les milieux ruraux.
- Dans son rapport préparatoire pour la Conférence Internationale du Travail (31e session, San-Francisco 1948) le B.I.T. consacre plusieurs pages (surtout 103 à 108) aux efforts déjà tentés dans ce domaine.- Il s’en dégage un courant favorable à cette généralisation.
- Au cours de son 33e Congrès, l’Association des Maires de France, adopte la même attitude puisque, après des considérants elle « demande la multiplication des centres techniques d’Orientalion Professionnelle et de toutes les écoles techniques permettant la mise au point de la vie rurale ». Ce vœu a été émis sur le rapport de la 6e Commission « Lutte contre l’exode rural » (Bulletin Officiel de l'Association des Maires de France, numéro de janvier-février 1949).
- Examen par tests et pronostics de réussite scolaire sur les élèves entrés en sixième par M. R. GALIBERT
- Centre d’O P. d’Agen (Lot-et-Garonne)
- Si leur évolution scolaire a été normale ces enfants devaient ter-terminer leur troisième en juillet dernier et subir les épreuves du Brevet du Premier Cycle.
- C’est pourquoi j’ai cherché dans les procès-verbaux les noms des jeunes gens et jeunes filles qui avaient passé l’examen par tests en 1945. Les résultats sont résumés dans le tableau ci-dessous :
- sur classés par test collectifs ont été présentés soit ont été reçus soit
- 23 très bons 9 39 % 9 39 %
- 130 bons 53 42 % 47 36 %
- 183 moyens-bons 47 28% 35 19 %
- 147 moyens-faibles 29 20 % 16 H %
- 120 mauvais 8 6,5 % 5 4 %
- 22 très mauvais 1 4,5 % 1 4,5 %
- 625 150 24 % 114 18 %
- Autrement dit les chances de parvenir sans encombre jusqu’à la
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- Troisième et d’obtenir le diplôme couronnant les études du Premier Cycle, ont été :
- 1 sur 25 pour les très mauvais et mauvais ;
- 1 sur 10 pour les moyens-faibles ;
- 1 sur 5 pour les moyens-forts ; presqùe 1 sur 2 pour les bons et très bons.
- Si l’on tient compte qu’à une dizaine près les candidats de la 2me session sont ausi ceux de la première, le pourcentage des reçus pour les deux sessions s’élève à 72 % des présents (363 sur 510).
- Pour les candidats ayant subi l’examen par tests la proportion est sensiblement la meme : 76 % (114 sur 150).
- La grosse majorité des candidats au Brevet .du Premier Cycle en 1949 paraît donc composée d’enfants entrés en Sixième avant 1945. En général (il y a évidemment des cas inverses), les examens mentaux aboutissent à créditer les élèves de moyens intellectuels supérieurs à ce qu’ils sont estimés par les professeurs. Cette observation confirme celle qui est faite dans les classes de fin d’études.
- L’expression numérique de ces résultats, sèche et sans nuance, est réconfortante. Des observations plus nuancées sur la façon dont l’appréciation finale avait été obtenue, sur l’évolution scolaire des enfants, sur l’âge, l’aisance ou la difficulté avec laquelle le. diplôme avait été obtenu, sur la récupération vraisemblable de nombre d’entre eux parmi les plus jeunes et le mieux doués apporteraient d’autres satisfactions.
- D’ailleurs ce contrôle de réussite sera continué les années suivantes pour le brevet du Premier Cycle et pour le Baccalauréat.
- Tels quels ces résultats démontrent que les examens par tests ont une sérieuse valeur de pronostic. Si le système pouvait être généralisé et perfectionné, en particulier complété par des informations prises auprès de ceux qui connaissent le candidat (parents, maîtres, médecins), il apporterait des garanties plus grandes encore qu’une simple batterie collective surtout que l’examen d’admission habituel.
- Parmi tous les problèmes posés par ces expériences, l’un des plus importants serait de trouver les raisons pour lesquelles une forte majorité d’enfants classés moyens-bons et surtout bons et très bons n’ont pas été reçu ou n’ont même pas été présentés. Il ne faut pas oublier que ceux qui doivent continuer jusqu’au baccalauréat n’étaient pas obligés — n’auraient même pas dûs — se présenter au B.E.P.C., quelques élèves peuvent avoir respecté cette prescription.
- Cette réserve faite, vraisemblablement, on pourrait ranger les causes d’échec scolaire partiel ou total, avec toutes les interférences imaginables, sous l’un des Lrois titres suivants :
- — Développement, état de santé ;
- — Tendances caractérielles ;
- — Action du milieu (influence éducatrice positive ou négative, résonances affectives, économie, etc...)
- En effet, avec les capacités intellectuelles, ces trois groupes d’éléments déterminent l’attitude et la réussite scolaires. Cette recherche des causes devrait être continuée par un effort pour les éliminer de façon que tous les enfants admis à poursuivre leurs études aient un rendement scolaire en rapport avec leurs aptitudes.
- C’est toute la question de la psychologie scolaire qui est ainsi posée. R. Galibert.
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- LA VIE DU CENTRE DE RECHERCHES DE L’INSTITUT NATIONAL D’ÉTUDE DU TRAVAIL ET D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- Chef de Service : Mme Henri PIÉRON
- L’observation du comportement (suite)
- Le test des systèmes de leviers de R. Meili
- Dans le dernier Bulletin nous présentions la description, le groupement, les conditions d’observation et l’étalonnage provisoire des traits de comportement observables au cours de l’application du test des cubes de Kohs. La même étude a été menée en ce qui concerne le test des systèmes des leviers de R. Meili. Nous donnerons les caractéristiques de ce test, moins bien connu que le premier, avant de préciser les traits de comportement qui s'y rapportent.
- I. — Description et objet du test
- Le matériel comprend : une plaque métallique, des réglettes métalliques, des fiches, des chevilles, des « obstacles ».
- La plaque métallique de 23 cm. sur 19 cm. est percée de 6 rangées de 9 trous de 4 mm. de diamètre, formant quadrillage.
- Les réglettes sont au nombre de 15 : 4 réglettes percées de 5 trous, 4 de 4 trous, 4 de 3 trous, 3 de 2 trous. Les trous des réglettes de 5, 4 et 3 trous correspondent à ceux de la plaque dans le sens de la largeur et dans le sens de la longueur, tandis que les trous des réglettes de 2 trous ne correspondent à ceux de la plaque que si ces dernières sont placées en diagonale, à 45°, par rapport aux rangées de trous de la plaque.
- Les fiches (fiches d’antenne de T. S. F.) servent à fixer les réglettes. Elles peuvent traverser les trous des réglettes et entrer à frottement doux dans ceux de la plaque de manière que la réglettte fixée puisse pivoter autour de la fiche.
- Les chevilles à tête servent à articuler les réglettes. Elles peuvent entrer dans les trous des réglettes mais sont assez courtes pour traverser 2 réglettes superposées sans toucher la plaque sur laquelle ces réglettes sont placées.
- Les « obstacles » sont de petits prismes de bois munis de fiches. Ils peuvent être fixés sur la plaque de manière à compliquer les problèmes posés au sujet.
- Ces problèmes au nombre de 12, sont donnés par ordre de difficulté croissante et ramènent au schéma suivant : l’expérimentateur fixe 2 réglettes sur la plaque et demande au sujet de construire, à l’aide du matériel restant, un système de leviers tel qu’un mouvement donné impri méà l’une des 2 réglettes ait pour conséquence le déplacement, dans un sens donné, de l’autre réglette.
- IL — Quelques détails d’application du test 1° Présentation du matériel
- L’expérimentateur dispose le matériel sur une table horizontale, plaque perforée au milieu, réglettes rangées par. ordre de grandeur
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- à droite du sujet, fiches et chevilles rangées dans une boîte à gauche du sujet. Il présente alors le matériel au sujet en insistant sur la correspondance qui existe entre les trous des réglettes et ceux de la plaque.
- 2° Essais
- Avant de commencer l’épreuve proprement dite, à l’expérimentateur propose au sujet un problème simple mais de même nature que ceux qui vont suivre. 11 l’aide éventuellement à résoudre le problème en lui précisant le rôle respectif des chevilles et des fiches. Il lui indique les critères d’une solution correcte. Celle-ci ne doit pas comporter d’articulations à l’extérieur de la plaque ; de plus, les deux réglettes initiales doivent être maintenues dans leur position de départ.
- Il lui recommande enfin de rechercher, pour chaque problème, la solution la plus simple et d’aller le plus vite possible parce que le temps est pénalisé..
- Lorsque ces explications ont été fournies, l’expérimentateur démonte lui-même le système réalisé à titre d’essai et remet soigneusement en place les réglettes, les fiches et les chevilles.
- 3° Déroulement do l'épreuve, temps et « aides »
- Au début de chaque épreuve, l’expérimentateur fixe les régleLtes initiales sur la plaque, les manœuvre successivement de manière à montrer les déplacements qu’il s’agit d’obtenir. Aucune explication n’est fournie au sujet pendant le déroulement de l’épreuve.
- Si le sujet propose une solution éronnée, l’expérimentateur se contente de rappeler l’énoncé du problème.
- Pour chacune des 4 premières, on accorde 2 minutes. Pour chacune des 8 épreuves suivantes, si au bout de 2 minutes le sujet n’a rien trouvé, l’expérimentateur lui remet les réglettes nécessaires à la réalisation d’une bonne solution et lui accorde une minute supplémentaire (aide).
- Si, au moment d’arrêter l’épreuve (2 minutes pour les 4 premières, 3 minutes pour les suivantes) le sujet est sur le point de terminer un système correct, on lui accorde un temps supplémentaire, au plus égal à 15 secondes.
- Si le sujet n’a pas trouvé de bonne solution dans le temps accordé pour une épreuve, l’expérimentateur réalise le système correct avant de passer à l’épreuve suivante.
- Au cours de ce montage, l’expérimentateur ne donne aucune explication susceptible de favoriser le transfert de la technique utilisée. Le sujet doit découvrir lui-même les analogies possibles entre deux ou plusieurs épreuves.
- A la fin de chaque épreuve l’expérimentateur invite le sujet à démonter le système construit sur la plaque. Si le sujet omet de ranger certaines pièces l’expérimentateur les remet soigneusement à leur place sans rien dire au sujet.
- L’observation du comportement porte sur les 8 premières épreuves. Elle est interrompue au cours des « aides » éventuelles.
- III. — Notation
- Le test des systèmes de leviers fait l’objet d’une double notation : temps et qualité du travail.
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- a) Temps : on fait la somme des 12 temps partiels relatifs aux 12 épreuves.
- b) Qualité : pour chacune des 12 épreuves on accorde un maximum dépendant de la difficulté de l’épreuve. Ce maximum est pénalisé pour certaines infractions à la consigne et pour défauts mécaniques. Pour qu’un système donne lieu à l’attribution du maximum il doit remplir les conditions suivantes :
- — Répondre aux exigences fixées dans la consigne : réglettes initiales maintenues dans leur position de départ — montage à l’intérieur de la plaque.
- — Ne pas comporter d’inversion du sens de déplacement d’une réglette intiale.
- — Ne pas comporter, à l’exclusion des réglettes initiales, d’extrémités libres (les extrémités des réglettes doivent servir de points de fixation ou d’articulation).
- La note globale est obtenue en additionnant les 12 notes partielles avec pénalisations éventuelles, se rapportant au 12 épreuves.
- A la notation du temps et de la qualité du travail il convient d’ajouter d’une part, la reproduction, sur des feuilles préparées à cet effet, des 12 systèmes proposés par le sujet, d’autre part, l’observation des traits de comportement que nous présenterons dans un prochain article.
- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE A L’ÉTRANGER
- L’Orientation Professionnelle en Belgique
- par
- R. PASQUASY
- Chargé de cours à l'Université de Liège Attaché au Centre d’Etudes et de Recherches psychotechnipues de l’Armée belge
- Historique
- Initiative privée, épreuve du temps, consécration officielle : telles sont, comme dans beaucoup d’autres pays, les trois étapes de l’histoire de l’orientation professionnelle en Belgique.
- Alors qu’en Allemagne, dès 1902, un service est créé à Munich pour l’application du principe des aptitudes en placement des apprentis, alors que Boston, en 1908, fonde son premier « Bureau for Vocatio-nal Guidance », il faut, en Belgique, attendre 1912 pour voir naître à Bruxelles le premier office d’orientation professionnelle. A dire vrai, la Société belge de Pédotechnie s’est, dès 1908 déjà, intéressée à l’éducation professionnelle et à la mise en apprentissage. En 1911, elle crée un bureau de placement pour adolescents. Un an plus tard, sous l’impulsion d’Arthur Christiaens, — esprit ouvert et homme de cœur, — ce service devient le premier office d’orientation professionnelle belge.
- Ainsi, de préoccupations relatives à la formation et au placement des jeunes, surgissent rapidement des vues très nettes sur les pre-
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- miers éléments du problème de la mise au travail. En effet, dans cet office, qu’anime Christiaens, étroitement épaulé par Decroly et van Biervliet, « le public pourra faire examiner les enfants au point de vue de leurs aptitudes et recevoir des conseils quant à la voie qui semble la mieux indiquée. »
- C’est mettre clairement l’accent sur l’orientation en fonction des dispositions du sujet. Du coup, c’est aussi faire passer le souci de l’épanouissement de la personnalité de l’enfant et la liberté du père de famille avant les contingences économiques et certaines tendances dirigistes.
- « Le but poursuivi, écrit Christiaens (1), est uniquement de renseigner les parents et leurs enfants, sur les dispositions naturelles de ceux-ci, sur la valeur économique des professions parmi lesquelles le choix peut se porter, sur l’avenir de ces professions, sur les obligations que leur exercice entraîne... »
- Peut-être, est-ce là le grand mérite de Christiaens, sur lequel on n’a pas assez insisté : le souci du respect de l’individu et de ses prérogatives sociales.
- Pendant la guerre 1914-1918, l’office de Bruxelles est placé en veilleuse, mais un plan d’intercommunalisation est mis au point dans la clandestinité.
- Dès avant la fin des hostilités, l’attention des pouvoirs publics est confidentiellement attirée sur la nécessité de l’orientation professionnelle scientifique.
- En 1919, l’intercommunalisation de l’Office est chose faite. Depuis sa fondation, il a examiné près de 10.000 cas. Christiaens met au point sa méthode, qu’il publiera deux ans plus tard avec quelques monographies professionnelles qui sont des modèles pour l’époque. Malgré une activité scientifique intense, tant dans le domaine de la recherche que dans celui de la formation des conseillers, le fondateur de l’orientation professionnelle en Belgique se dépense sans compter dans des conférences de propagande qui touchent les milieux les plus divers : parents, instituteurs, membres du corps enseignant des écoles techniques, groupements patronaux et industriels.
- En 1925, le mouvement « La Jeunesse syndicale » qui deviendra bientôt « Jeunesse Ouvrière chrétienne », consacre à l’orientation professionnelle tout un chapitre du programme de son premier congrès national. Trois ans plus tard, aidée par Christiaens, elle fonde à Bruxelles le premier office libre et organise bientôt un service d’orientation professionnelle itinérant.
- L’épreuve du temps est longue et difficile. I.es pionniers œuvrent dans l’indifférence, les sphères dirigeantes ignorent complètement leurs réalisations. Pourtant, les différentes crises économiques et sociales qui ont suivi le premier conflit mondial, montrent aux pouvoirs publics la nécessité d’une meilleure utilisation des forces humaines, mais faute d’envisager la question par le commencement, — c’est-à-dire la détection précoce des aptitudes ainsi que la répartition des potentialités en tenant compte des besoins individuels, sociaux et économiques, — on n’apporte que des solutions fragmentaires au problème du travail.
- Mais, comme l’écrit E. Lobet (1), apparaît heureusement en 1936
- (1) « TJne méthode d’orientation professionnelle », p. 11. Bruxelles, Bamartin. 1934.
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- un gouvernement de rénovation nationale qui décide « de s’attacher concrètement au problème de la jeunesse ».
- Voici, enfin, après 25 ans de jeûne, la consécration officielle : un arrêté royal du 20 février 1936 institue, au Ministère de l’Instruction publique, le Centre national de l’Orientation professionnelle. L’Etat reconnaît ainsi une œuvre d’assistance sociale qui n’a pas attendu la bénédiction administrative pour prendre son essor.
- Ce rattachement du nouveau service à l’instruction publique montre bien qu’en Belgique, l’orientation professionnelle a partie liée avec l’école, dont elle est la plaque tournante, et que, contrairement à ce qui se passe en Angleterre et en Allemagne, par exemple, elle est dissociée du placement.
- Ainsi, les offices d’orientation professionnelle peuvent s’intéresser aussi bien à ceux qui continuent leurs études après les classes primaires qu’à ceux qui se destinent à l’apprentissage ou à l’exercice d’un métier manuel.
- Avec des moyens financiers extrêmement modestes, le Centre national de l’Orientation professionnelle amorce un vaste mouvement de propagande, constitue un service de documentation, s’occupe de la formation des orienteurs et de la création d’un premier réseau d’offices.
- Un arrêté royal du 21 août 1937, — toujours en vigueur, — règle l’organisation et le fonctionnement des offices qui sollicitent la reconnaissance de l’Etat : conditions matérielles (local, mobilier et appareillage) et conditions administratives (gratuité, conseiller d’orientation professionnelle porteur du certificat d’aptitude, inspection de l’Etat, activité suffisante : 100 examens par an au minimum). La subvention allouée aux offices agréés comprend une part d’intervention dans le traitement du conseiller, une participation <*ans les frais de fonctionnement, la fourniture d’imprimés ainsi que Penvoi de documents et d’appareils.
- L’unité administrative étant ainsi réalisée, un arrêté ministériel d’exécution, sn 4ate du 22 août 1937, établit une certaine communauté de vues dans le domaine technique en spécifiant les divers éléments de l’examen individuel (épreuve médicale, épreuve psychotechnique, constitution du dossier et communication des résultats) ainsi que la liste des appareils indispensables au bon fonctionnement de l’office et qui sont ceux de la méthode Christiaens (appareillage médical : bascule-toise, ruban métrique, dynamomètre, stéthoscope, thermomètre, échelle optométrique avec projecteur de lumière, texte pour l’examen de la vision rapprochée, série de laines ou de cartons de différentes couleurs, stéréoscope, acoumètre, chro-noscope ; appareillage psychotechnique proprement dit : kinésier-gographe, pour la mesure de la mémoire motrice et du réglage de l’effort musculaire, dextérimètre, jeu de plein-cintre, boîte type Decroly et compteur mécanique, pour l’appréciation de la rapidité motrice).
- En outre, les offices reconnus doivent se conformer à un règlement-type d’ordre intérieur et établi un rapport annuel d’activité (nombre d’examens complets, de consultations et d’examens de contrôle ; nombre d’avis conformes aux préférences de l’enfant et nombre d’avis non conformes, avec le genre de contre-indications ; nom-
- (1) « I/orientation professionnelle en Belgique », p. 6, Genève, B.I.T. — 1948 —
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- bre d’enfants indécis inspirés par l’office ; nombre de cas spéciaux pour lesquels l’office est intervenu : anormaux physiques et anormaux mentaux).
- Des circulaires ministérielles facilitent aux offices l’application des arrêtés et donnent des instructions précises quant au rôle des autorités administratives, du conseiller-directeur, du médecin, du personnel de service, etc...
- Grâce à l’intervention et à l’aide, pourtant assez réduite (1), de l’Etat, l’orientation professionnelle ne cesse de se développer de 1937 à 1940. Des offices se créent un peu partout, tant dans les grandes villes que dans certaines régions deshéritées comme la Campine.
- Au cours de la dernière guerre, le Centre national de l’Orientation professionnelle se garde de toute compromission avec l’occupant. De 1940 à 1947, il agrée quelques nouveaux offices, au civisme irréprochable, dus surtout à l’initiative privée, principalement à celle des conseils provinciaux (Liège et Hainaut) et de la Jeunesse ouvrière chrétienne.
- II. — Situation actuelle
- Le tableau ci-après, mentionnant le nombre d’offices reconnus, montre le progrès accompli en un an seulement.
- Région flamande Région wallonne Ensemble du pays
- 1917 41 26 67
- 1948 .. 43 35 78
- Pour 1947, la répartition des offices agréés s’établit ainsi :
- a) Région flamande : 3 offices organisés par les pouvoirs publics (provinces et communes) et 38 relevant de la Jeunesse ouvrière chrétienne ;
- b) Région wallonne : 10 offices organisés par les pouvoirs publics et 16 relevant de la Jeunesse ouvrière chrétienne.
- Parmi les organismes nouveaux agréés en 1948, on trouve 4 offices provinciaux, 3 offices communaux et 4 office libres.
- Grosso modo, on peut dire que la Relgique compte un office d’orientation professionnelle pour 100.000 habitants.
- Afin de lutter contre l’encombrement de certaines écoles, afin aussi de fournir aux élèves de l’enseignement moyen et technique une aide psychologique, médicale et sociale, un arrêté du Régent en date du 2 mai 1949, crée auprès des établissements d’instruction importants de l’Etat, des centres psycho-médicaux-sociaux. En somme, les conseillers attachés à ces derniers, — dont quelques-uns, tels ceux d’Etterbeek, Hasselt, Morlanwelz, Gand et Pâturages, sont déjà en activité, — jouent le rôle des psychologues scolaires américains. Ces centres s’occupent donc avant tout d’orientation scolaire. Si l’on songe qu’en Relgique 1 élève sur 5 parvient aux termes des humanités, on avouera qu’il est temps d’organiser la sélection scolaire ainsi que la tutelle psychologique et sociale au cours des études moyennes.
- (1) La subvention allouée à chaque office couvre à peine le tiers de ses dépenses.
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- Le personnel des centres comprend :
- a) Un conseiller d’orientation professionnelle, porteur du certificat d’aptitude ou de la licence en orientation et sélection professionnelles ;
- b) un secrétaire-opérateur, porteur du diplôme de l’enseignement moyen du degré supérieur ou de l’enseignement normal ;
- c) une assistante sociale diplômée ;
- d) une infirmière diplômée ;
- e) un messager-huissier ;
- /) un médecin part-time.
- Suivant les circonstances, les charges de conseiller, de secrétaire-opérateur, d’assistante sociale et d’infirmière, peuvent être conférées à temps plein ou à temps réduit.
- Mesure très sage, les conseillers sont choisis parmi les membres du personnel enseignant comptant au moins dix années de services et parmi les membres de l’inspection de l’Etat.
- L’armée belge, qui possède depuis 1945 son service de sélection vient de mettre sur pied, à Tervueren, près de Bruxelles, à partir de janvier 1949, un centre d’orientation professionnelle, où fonctionnent 7 officiers orienteurs full-time aidés par une équipe de sous-officiers testeurs spécialisés.
- Un sondage effectué par le Service d’Education à l’Armée montre que 30 % des miliciens sont désireux de subir une épreuve d’orientation professionnelle avant la fin de leur service militaire. Annuellement, quelque 10.000 recrues sont justiciables du centre de Tervueren. La sollicitude ainsi témoignée aux militaires démobilisés est de nature à réaliser l’intégration toujours plus intime de l’armée dans la vie de la nation.
- Dans le domaine scientifique, des centres de recherches comme ceux des Universités et celui de l’Ecole d’Ergologie de Bruxelles ainsi que des organismes comme le Centre libre d’Orientation professionnelle, qui groupe tous les offices libres de Wallonie, et la Centrale voor Berceporiëntering, institution similaire pour le pays flamand, contribuent, avec le concours des conseillers en fonction, à la mise au point des techniques et à l’élaboration de tests..
- On peut dire qu’en Belgique, à l’heure qu’il est, l’orientation professionnelle a le vent en poupe. Certes, le chemin qu’il reste à parcourir est long et ardu, mais le présent n’est-il pas le plus sûr garant de l’avenir ? ' ’ (A suivre)
- LA VIE DE L’INSTITUT NATIONAL D’O. P.
- Diplôme d’Etat
- de Conseiller d’Orientation Professionnelle
- Les épreuves du diplôme d’Etat se sont déroulées du 15 juin au 12 juillet. Les épreuves écrites ont eu lieu comme les années précédentes à Paris et à Marseille, les épreuves pratiques et orales ont eu lieu à Paris.
- Les épreuves écrites ont été soumises à la double correction.
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- 123 candidats se sont inscrits au diplôme. 108 ont composé à Paris et 12 à Marseille. Parmi les candidats se présentant à Paris, 2 avaient fait une première année à Marseille et 6 à Alger. En outre, 7 candidats, après 2 ans d’études à Marseille, avaient refait une troisième d’enseignement à l’I.N.E.T.O.P.
- 76 étudiants ont été admissibles aux épreuves pratiques plus 4 anciens admissibles de la dernière session.
- 75 candidats ont été admissibles aux épreuves orales, plus 3 anciens admissibles.
- Enfin 75 candidats ont été définitivement admis à recevoir le diplôme d’Etat de Conseiller d’Orientation Professionnelle (65 de Paris et 10 de Marseille).
- Les épreuves écrites à Paris et à Marseille avaient eu lieu le 15 et 16 juin ; après la délibération d’admissibilité tenue le 3 juillet, les épreuves pratiques se poursuivirent les 6 et 7 juillet à l’I.N.E.T.O.P.
- La seconde admissibilité fut prononcée le 7 juillet et les épreuves orales eurent lieu le 11 et 12 juillet.
- Voici les sujets de compositions :
- Pédologie : L’évolution intellectuelle de l’enfant étudiée à travers
- le langage.
- ou Psychologie : Les données physiologiques, expérimentales et physiopathologiques donL doit tenir compte une théorie de l’émotion..
- Etude du travail : Les accidents du travail. Leurs principales causes.
- ou Sciences économiques : Les modes de rémunération du Lravail.
- Pathologie : Traitement des troubles du caractère et du comportement chez l’enfant et chez l’adolescent.
- Technique des métiers ; 1 questionnaire des métiers.
- Et voici par ordre de mérite, les noms des nouveaux diplômés :
- Meniion Bien :
- 1. M. Sorin ; 8. Mme Schlesser ;
- 2. Mme Armand ; 9. M. Lombard ;
- 3. M. Fondu ; 10. M. Savary ;
- 4. M. Quintard ; 11. M. Buffet ;
- 5. M. Maes ; 11. M. Drevillon ;
- 6. M. Pages ; 13. M. David ;
- 7. M. Burel ; 14. M. Vesperant ;
- 15. Mma Cusseau ; 28. M .Mieu-Vintux’a
- 15. Mlle Lenoble ; 30. M. Lafuste ; -
- 17. Mlle Le Gall ; 31, Mlle Lucas ;
- 17. M. Mongarde ; 31. M, Roux ; ;
- 17. MIle Vidal ; 33. M. Gouedar ;
- 20. Mlle Twitchin ; 34. Mme Giovanangels
- 21. MIle Dubroca ; 35. MUe Peau ;
- 22. Mlle Jarnier ; 36. MUe B riche ;
- 23. Mme Tissier-Voisin ; 36. Mme Pages ;
- 23. M Wilkomirski ; 36. Mme Paitel ;
- 25. Mme Cartal ; 39. MUe Nicot ;
- 26. Mrae Godissart ; 40. M. Adda ;
- 26. M. Perreal 40. Mlle Goapper ;
- 28. M. Goliard ; 40. MUe Rougier ;
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- 40. Mlle Vinatier ; 44. M. Baudry ;
- 44. M. Dhaussy ;
- 44. M. Prince ;
- 44. M. Torres ;
- 48. MUe Bethular ; 48. M. Bouvier ;
- 48. M. Ormezzano ;
- 51. M. Porte ;
- 52. M116 Cotelle ;
- 52. Mme Mongarde ;
- 54. Mlle Tanguy ;
- 55. Mlle Ricard ;
- 55. M. Salasca ;
- 57. Mme Diehl ; 57. MUe Gérin ;
- 57. Mlle Marchesseau ;
- 60. Mlle Maurel ; 60. M. Schmitt ; 60. M. Seznec ;
- 63. Mlle Guérin ;
- 64. Mlle Calmette ;
- 65. M. Crovizier ; 65. Mlle Laurier ;
- 67. M. Dupont ;
- 68. Mlle Le Cœur ; 68. MUe Mourre ; 70. Mlle Metzger ;
- Classement spécial :
- 1. M. Elmer, mention bien ,
- 2. M. Garnier ;
- 3. M'. Cusseati ;
- 4. Mme Dissoubray ;
- 5. M. Ouiennec.
- CAUSERIES BIBLIOGRAPHIQUES
- Georges Friedmann. — Humanisme du travail et humanité. In-8 de
- 55 pages. Paris, Armand Colin, 1950.
- Soucieux de l’humanisation de la technique, Georges Friedmann, qui est un grand humaniste, et qui a acquis des techniques industrielles une expérience personnelle approfondie, esL particulièrement bien placé pour traiter des problèmes d’organisation de l’enseignement, qui doit, former des techniceins éprouvés mais assurer en même temps leur culture humaine. On doit lire ces pages qui feront réfléchir et sauront convaincre. Et l’on goûtera la savoureuse introduction écrite par Lucien Febvre et qui évoque avec fougue les travaux de feu la Commission de réforme de l’Enseignement.
- P.
- R. P. M. Verdun. — Le Caractère et ses corrélations. Tome I. Carac-lèr% milieu, constitution. In-8 de 496 pages. Paris, J.-B. Baillière, 195°. ; , ||U
- Le Père Verdun, ancien interne des Hôpitaux, a consacré de nombreuses recherches à la biotypologie, qu’il enseigne à l’InstituL catholique. Il apporte, dans l’exposé des questions traitées dans ce premier volume, outre le reflet de connaissances très étendues, les données tirées d’une expérience prolongée et des vues personnelles souvent originales, en particulier sur les relations des types morphologiques — déterminés avec précision — avec certains traits de caractère, -en se fondant sur les fréquences relatives des concomitances, qu’il désigne du nom de « corrélations cliniques ».
- P.
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- » *
- * *
- Edouard de Rougemont. — Cours gradué de Graphologie, 3e édition.
- In-16 de 229 pages. Paris, M.. Rivière, 1950.
- Initiation méthodique à l’usage des débutants, établie après 13 années au Collège libre des Sciences sociales, ce « cours gradué », illustré d’exemples nombreux, dont 2 éditions ont été épuissées, peut être très utile à tous ceux qui veulent apprendre à analyser des écritures. P.
- *
- * *
- Paul Maucorps. — Psychologie des Mouvements sociaux. In-16 de
- 128 pages. Paris, Collection Que sais-je ? P. U. 1950.
- La psycho-sociologie tend à se développer comme une discipline autonome, et Paul Maucorps se spécialise dans cette direction. Ce petit volume est essentiellement consacré aux problèmes fondamentaux qui en relèvent.
- La première partie traite des bases psychologiques du comportement social, des croyances, attitudes, opinions et de . la propagande. La deuxième expose les techniques de la sociométrie américaine, rattachée à la microsociologie de Gurvitch, et envisage les relations de l’individu et du groupe.
- P.
- ! *
- * *
- André Le Gael. — Caractérologie des enfants et des adolescents à
- l'usage des parents et das éducateurs. In-8 de 459 pages, Paris.
- P. U., 1950.
- M. Le Gall, inspecteur d’Académie de Haute-Savoie, très informé de la psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent, a envisagé les questions caractérielles au point de vue de l’éducation, et de la rééducation, quand elle est nécessaire, d’un grand nombre de types, désignés comme nerveux, sentimentaux, coléreux, passionnés, sanguins, flegmatiques, amorphes apathiques, pervers, en dehors des paresses extra-caractérielles et des difficultés sexuelles, envisagées dans les chapitres distincts.
- Les exposés de l’auteur, très concrets, sont de nature à contribuer utilement au but que l’auteur s’est proposé, la « compréhension des caractères ». P.
- LIVRES ENTRÉS RÉCEMMENT A LA BIBLIOTHÈQUE
- A. Ferre. — Les tests à l'école. — Carnets de Pédagogie pratique. — Editions Bourrelier et Cie, Paris, 1949.
- Claude François. — Enfants victimes de la guerre. — Une expérience pédagogique. — Le Renouveau. — Editions Bourrelier, Paris.
- Samuel J. Beck. — Rorchachs Test. I. Basic Processes. — Grune et Stratton, New-York, 1949.
- AGEN. — IMPRIMERIE MODERNE, 43, RUE VOLTAIRE
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- pour
- ERRATA
- le N° 9-10 de 1950
- De nombreuses erreurs se sont glissées dans la reproduction du travail de M. Pierre Romier : « Goût professionnel ». Nous nous en excusons auprès de nos lecteurs et les prions d’insérer cette feuille rectificative au début du n° 9-10 de 1950.
- Page Ligne Au lieu de... Lire...
- 129 7 des généralités de généralités
- 129 19 interprofessionnelle interpersonnelle
- 130 renvoi 2 Ajouter : janvier-février
- 131 4 (3) 1949, p. 41-53. (1)
- 131 14 (1) (2)
- 131 30 (2) (3)
- 131 renvoi 2 apparaising appraising
- 133 35 assez, non assez, ?, non
- 135 17 on lui a conseillé on le lui a conseillé
- 136 9 vers un tel métier vers tel métier
- 136 11 regroupements recoupements
- 137 dernière ligne du tableau Ajouter : 20 20 18 21
- 137 dernière ligne de la page quartille quartile
- 140 dernière ligne du tableau 7 “/. 100 %
- 141 11. Avantages : Réponse : oui 60 66 46 60 66 54
- 141 11. Avantages : Réponse : non 40 34 54 40 34 46
- D’autre part, le tableau de la page 138 est à remplacer par le tableau suivant :
- FILLES GARÇONS
- Toutes 13 ans et moins 14 ans et plus Tous 13 ans et moins H ans et plus
- Réponse : Oui Réponse : Je ne sais pas 27 •/„ 72"/. 23 % 77 % 32 V. 66 •/« 40% 58 »/. 32 o/0 67 V. 45 % 52 •/.
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- 2e Série. 6* Année
- N* 9-10 Septembre-Octobre 1950
- Bulletin de FInstitut National D’ÉTUDE DU TRAVAIL
- et
- D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- GOUT PROFESSIONNEL
- par
- Pierre ROMIER
- Conseiller d’Orientation Professionnelle
- Cet article est le résumé d’un travail dont deux exemplaires originaux sont déposés l’un à la Bibliothèque de l’I. N. O. P. (l’autre au Centre départemental d’O. P. de Saint-Etienne).
- Nous avons volontairement restreint le champ de notre étude, préférant travailler en profondeur qu’en étendue.
- Une enquête trop vaste dans son objet aurait eu l’inconvénient de traiter des généralités et de manquer de précision. C’est pourquoi nous ne parlerons que des goûts professionnels des enfants et adolescents de 12 â 17 ans. La majorité de nos sujets pour nos différentes enquêtes provieunent des classes de Fin d’Etiules Primaires (12 à 15 ans) et de jeunes gens et de jeunes filles de 15 à 17 ans avant leur entrée dans la vie professionnelle.
- C’est dans la perspective d’une conception molaire de la conduite que nous traiterons, dans cette étude, du goût professionnel. Nous n’avons pas voulu étudier cette réalité psychique comme réalité abstraite, valeur unique ; nous considérons le goût intégré dans la personnalité de l’individu et de ce fait eu relation interprofessionnelle avec l’entourage.
- La terminologie en ce domaine est très riche, ce qui explique la confusion qu’on y rencontre. Les travaux les plus divers utilisent des termes nombreux assez voisins : désir professionnel, choix professionnel, préférence professionnelle, goût professionnel, etc. Il apparaît donc nécessaire, dès le départ, de définir ces diverses réalités. La tâche s’avère difficile car il s’agit très souvent de simples différences de nuances ; nos définitions seront nécessairement rigides, nous prions le lecteur de s’en sou-
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- venir et de se rappeler qu’à cliaque terme 11e correspond pas nécessairement une réalité psychologique différente.
- Le désir professionnel apparaît comme une base essentielle du goût qu’on ne peut cependant confondre avec lui. Le milieu intervient, en effet, directement pour fonder le goût alors qu’il ne joue qu’un rôle secondaire vis-à-vis du désir. Par contre les tendances profondes jouent davantage dans le désir professionnnel que dans le goût professionnel. Le goût en effet est en général plus réfléchi, plus étudié, c’est un résultat complexe ; le désir au contraire a pour caractère essentiel la spontanéité.
- Le choix professionnel est un résultat, un aboutissement ; il suppose un conflit de motivations. 11 peut être en accord direct avec le goût professionnel, le couronner en quelque sorte, mais il n’en est pas toujours ainsi. Une obligation pécuniaire, une inaptitude physique, un verdict économique peuvent en effet obliger le sujet à opter pour un métier différent. Cette option est le résultat d’une lutte, elle implique une décision immédiate, une prise de position nette. 11 semble bien que le goût ait, à un moindre degré, ce caractère volitionnel et soit d’essence plus affective.
- 11 est plus difficile par contre de distinguer goût et intérêt professionnel. Tous deux en effet sont le symptôme de besoins. Arbitrairement, il semble qu’on puisse les distinguer sur le plan temporel, goût impliquant davantage l’idée de permanence qu’intérêt. En ce sens on peut dire que le goût professionnel est l’expression directe (1) et plus ou moins permanente de l’intérêt professionnel. P. Naville n’accorde que peu de crédit à ce qu’il nomme désir professionnel :
- « O11 a beaucoup exagéré l'importance pratique, en orientation professionnelle notamment, des questions posées aux enfants au sujet de leurs « désirs». Même corrigé par la négative («ce que je ne voudrais pas faire») le désir exprimé est presque toujours (au moins jusqu'à 13-14 ans) le désir d'un instant. Ce désir change au cours de la même journée, d'un jour à l’autre, d'un mois à l'autre, selon l'interlocuteur, il est en moyenne très peu enraciné, il reste vague, et le terme derrière lequel il se cache est l'emblème d'un ensemble d'aspirations ou de' suggestions fuyantes. On ne peut donc faire fond sur lui pour déterminer une aspiration profonde de l'enfant, s'il en a vraiment (2). »
- Nous croyons pouvoir montrer dans les pages qui suivent que Naville se montre assez pessimiste dans ces lignes, et que le goût professionnel correspond vraiment à une réalité psychologique chez un grand nombre d’enfants et d’adolescents de 12 à
- (1) Expression directe = expression actuelle, totale. Ne pas confondre avec expression directe au sens où l'entend Jaspers.
- (2) P. Naville : la crise de l’illusion professionnelle dans Enfance.
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- 17 ans. Naville est par contre d’une grande sagacité lorsqu’il parle de l’illusion ‘professionnelle qui est :
- « ...la représentation que l’enfant ou l’adolescent se font du métier avant d’avoir pu effectivement prendre contact avec lui (3). »
- Le fait de nous référer à la notion de personnalité pour parler du goût professionnel nous introduit naturellement, sur ce plan, au principe d’intéraction des facteurs « nature » et « nur-ture ». C’est ce que souligne Super en formulant sa théorie des intérêts :
- « An objective theory would recognize tke fact of multiple causation, tlie principale of interaction, and the joint contributions of nature and nur-ture... Interests are the product of interaction between inherited aptitudes and endocrine factors, on the one liand, and opportunity and social évaluation on the other (1). »
- L’Etude du goût professionnel
- Les moyens d’étude les plus classiques du goût professionnel, de l’adolescent sont : l’entretien direct, oral, la rédaction ayant pour thème l’avenir professionnel du sujet, les nombreux questionnaires plus ou moius variés et plus ou moins complets, les fiches diverses (scolaire, familiale, médicale, etc...) remplies par le sujet ou un tiers. On peut ranger à part l’enquête sociale comme moyen d’investigation en ce sens qu’elle est moins utilisée et qu’elle prend aux yeux du sujet un aspect plus administratif. Il existe aussi des tests d’intérêts professionnels, des « inventories » et des « records », d’un usage courant aux UJ3.A. mais encore peu utilisés en France.
- Mais cette classification nous paraît trop descriptible ; nous préférons employer la classification des techniques proposée par M. le Professeur Lagache, parce que plus centrée sur l’étiu de et la connaissance du sujet lui-même (2). Notre but essentiel en effet est de parvenir à une saisie et à une compréhension plus complète de l’adolescent. Nous allons donc voir successivement : les techniques historiques qui sont le témoignage et la technique documentaire, l’emploi des tests et la méthode clinique.
- Techniques historiques
- 1. Le témoignage. — Il est double : apporté par le sujet lui-nrème ou apporté par un étranger (parent, éducateur...). Dans ce dernier cas il convient de soumettre le témoignage à la critique et de se souvenir que :
- (1) Janvier-février 1949, p. 41 à 53.
- (2) Super : Apparaising Vocational fitness, p. 406.
- (3) « Sujet » pris dans son sens psychologique ; ici, l’adolescent.
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- « La découverte de la « tendance » d’un témoignage a non seulement pour résultat d’établir la vérité, mais encore constitue en elle-même un gain... en même temps qu’un renseignement vrai ou faux, le témoignagne est une expression indirecte du témoin (1). »
- La connaissance du milieu de vie de l’adolescent, à la fois « inéluctable » et « choisi » (De Greef) est importante pour l’étude de la personnalité de l’adolescent et indispensable pour la compréhension des motivations de son choix professionnel. Connaître les métiers des parents, frères et sœurs aînés du sujet, voire même ceux des grands-parents, oncles et tantes fournit souvent d’utiles enseignements. Les chiffres cités dans les pages suivantes souligneront la nécessité d’une bonne information sur la vie professionnelle de l’entourage de l’adolescent. C’est pourquoi un entretien avec la famille, une enquête sociale, un dossier familial complet nous paraissent indispensables. Le questionnaire constitue lui aussi un témoignage. De nombreux questionnaires ont été établis, ayant pour thème le goût professionnel. En élaborant un questionnaire il convient de se mettre à la portée des enfants dans la rédaction des questions et la durée de passation ne doit pas être trop longue. C’est à partir de ces réflexions que nous avons élaboré un questionnaire personnel, comprenant 19 items assez variés. Nous avons établi des consignes claires et assez strictes à l’usage des instituteurs et des institutrices pour fixer les conditions de passation du questionnaire que voici :
- 1. Quel est le métier de ton père, de ta mère ?
- 2. Ce métier te plaît-il ou te déplaît-il ?
- Pourquoi ?
- 3. Quel est le métier que tu voudrais exercer si tu pouvais le choisir tout
- à fait selon tes désirs, et si tu avais toutes les qualités pour y arriver P
- 4. Pour quelles raisons P
- 5. Quel est le métier que tu ne voudrais exercer à aucun prix P <5. Pour quelles raisons te déplaît-il ?
- 7. Quel métier penses-tu exercer plus tard ?
- 8. Pour quelles raisons le choisis-tu ?
- 9. As-tu déjà vu faire ce travail P
- Où donc ?
- 10. Donne des noms d’outils ou de machines utilisés dans ce métier P
- 11. Connais-tu les avantages de ce métier ?
- Enumère-les :
- 12. Connais-tu les inconvénients de ce métier ?
- Enumère-les :
- 13. Penses-tu être capable de bien réussir dans ce métier P
- (Réponds par oui, non, je ne sais pas).
- 14. As-tu choisi ce métier tout seul ?
- Quelqu’un te l’a-t-il conseillé ? Qui donc t’en a parlé ?
- 15. Si par hasard tu ne pouvais exercer le métier qui te plaît, qu’aime-
- rais-tu faire d’autre ?
- 10. Pourquoi ne le choisis-tu pas en premier P
- (1) Sauvegarde n° 21, mai 1948. Article de Lagache, page 5.
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- 17. Ecris tous les noms de métier que tu connais. Mets dans la colonne 1 :
- les métiers qui te plaisent ; dans la colonne 2 : les métiers qui te sont indifférents ; dans la colonne 3 : les métiers que tu n'aimes pas.
- 18. Que font tes frères aînés ?
- 19. Que font tes soeurs aînées P
- Il reste bien entendu que nous faisons nôtre la phrase de Piéroii à propos des questionnaires :
- « La Araleur des réponses est subordonnée au postulat de la sincérité, attitude sociale loin d'être prise par tous, le dépistage de l'insincérité est utile, mais enlève toute signification aux autres éléments que l'on espérait recueillir (1). »
- 2. La technique documentaire qui se borne pratiquement à la rédaction.
- L’expérience que nous retirons de nos différents essais et de nos enquêtes personnelles nous incite à penser que le texte de la-rédaction doit être court, rédigé en termes simples, il doit (ni outre fournir un plan net à l’adolescent.
- Emploi des Tests
- A part le test de Baumgarten et le questionnaire de Laugier et Weinberg de formule semblable et qui mériterait d’être appelé test, la plupart des tests de goûts professionnels sont d’origine anglo-saxonne. Le plus important, celui sur lequel on a fait le plus d’études, est le « Vocational interest blank » de vSfrong.
- Méthode clinique
- L’examen clinique constitue le moyen le plus riche et le plus valable d’étude des goûts professionnels. Le contact direct du sujet permet au psychologue d’orienter dans le sens où il le désire la conversation.
- Nous allons étudier maintenant les méthodes employées pour utiliser les résultats.
- 1. Les profils professionnels. —
- Prenons par exemple, le questionnaire de Laugier et Weinberg où le sujet doit souligner l’une des réponses : beaucoup, assez, non, pas du tout.
- Les résultats ont été exprimés par des graphiques (profils) portant en ordonnée la série des métiers et en abeisse la note moyenne du groupe de sujets considérés pour chaque métier.
- 2. Statistique descriptive et compilative. —
- C’est la méthode la plus simple et la plus utilisée. Elle consiste à établir l’effectif et le pourcentage des métiers désirés,
- (1) Préface de : l’Etude objective du Caractère, p. 7.
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- des métiers refusés, des diverses motivations du choix, etc. Nous avons établi personnellement deux coefficients que nous dénommons coefficient de prestige et coefficient' de connaissance. Nous les calculons d’une façon très simple à partir de l’item 17 de notre questionnaire. Pour le coefficient de prestige nous octroyons + 1 aux métiers cités dans la colonne 1 (les métiers qui me plaisent sont :) et — 1 aux métiers cités dans la colonne 3 (les métiers que je n’aime pas sont :) ; pour chaque métier nous faisons la somme totale et obtenons des coefficients positifs, négatifs et nuis. Pour le coefficient de connaissance nous octroyons + 1 à chacune des 3 colonnes ; nous faisons ensuite la somme totale (nécessairement positive cette fois) pour chaque métier, elle nous donne le coefficient recherché.
- 3. Statistique inductive. —
- Elle permet d’établir des rapports, des corrélations. Dans les pages suivantes, nous étudierons les rapports entre la stabilité du goût d’une part et l’âge, l’intelligence, la connaissance du métier, l’intérêt porté par la famille et les aptitudes d’autre part. *
- 4. Analyse factorielle. —
- En matière de goût professionnel, cette .méthode a été utilisée par Thurstone (2) qui a prévu l’établissement d’un profil pour chaque sujet, profil qui permet de voir un classement en positif ou en négatif dans chacun des 8 facteurs de référence.
- Enquêtes personnelles
- Notre première enquête porte sur 238 garçons de 12 à 15 ans de classes de Fin d’Etudes Primaires. Tous fréquentent des écoles stéphanoises de quartiers très différents. En voici la répartition chronologique : 38 sujets de 12 ans à 12 ans 6 mois ; 101 sujets de 12 ans 7 mois à 13 ans 6 mois ; 99 sujets de 13 ans 7 mois à 15 ans.
- Cette enquête nous permettra d’étudier la stabilité du goût professionnel sur une période de trois mois. Une expérience de pré-orientation et d’orientation professionnelle tentée en 1944 et en 1945 au Centre d’O. P. de Saint-Etienne nous a fourni des documents d’un grand intérêt pour cette étude. Chaque dossier d’enfant examiné comprend des fiches de stages professionnels (appréciations des maîtres sur le comportement caractériel, professionnel et l’intérêt porté par le jeune au métier envisagé). 20 séances de 3 heures (par mois) sont consacrées à des stages
- (X) Tlrarstone : Vocational Interest schedule.
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- professionnels. Ces stages durent trois mois et comprennent : menuiserie, ajustage, chaudronnerie, maçonnerie, électricité, tailleur.
- Notre seconde enquête porte sur 422 enfants de classes de Fin d’Etudes Primaires du Département de la Loire (269 garçons du département entier, et 153 filles de Saint-Etienne). Là encore les âges s’étalent de 12 à 15 ans. Grâce au questionnaire nous allons pouvoir étudier les points suivants : l’influence et le rôle du milieu, les motivations du choix et du refus, la connaissance du métier par le sujet et les aptitudes qu’il pense avoir. L’influence et le rôle du milieu seront étudiés à partir des questions : 1, 2?>9, 14 et 18 ou 19. Dans les questions 1 et 2 l’enfant prend position vis-à-vis du métier paternel (s’il s’agit d’un garçon), maternel (s’il s’agit d’une fille). Dans la question 9 il mentionne à quel endroit il a vu pratiquer le métier qu’il pense exercer plus tard. Dans la question 14, il dit qui lui en a parlé ou lui a conseillé. Dans les questions 18 et 19, il donne les noms des métiers des frères et sœurs aînés. Les motivations du choix du métier idéal sont'contenues dans la question 4, celles du métier refusé dans la question 6, celles du métier réellement choisi dans la question 8 et celles du métier compensateur dans la question 16. La. connaissance du métier choisi est étudiée à partir des questions 9, 10, 11 et 12. Le lieu où l’enfant a vu s’exercer le travail est mentionné dans la question 9. Les noms d’outils et de machines utilisés dans ce métier sont contenus dans la question 10. Dans les questions 11 et 12, le sujet décrit les avantages et les inconvénients de ce métier. Dans la question 13, le sujet répond s’il pense être capable ou non de bien réussir dans ce métier (étude des aptitudes présumées). Les autres questions nous permettent d’établir les effectifs du métier idéal (question 3), du métier refusé (question 5), du métier choisi (question 7) et du métier compensateur (question 15). La question 17 nous permet d’établir les effectifs des métiers qui plaisent, de ceux qui sont indifférents et de ceux qui déplaisent, elle permet en outre d’établir les coefficients de connaissance et de prestige dont nous avons déjà parlé.
- Valeur du Goût
- Des questions très diverses se posent quand on aborde le problème de la valeur du goût professionnel. La psychologie classique employait beaucoup le terme de vocation. Aujourd’hui nombre d’auteurs se posent la question de savoir si elle existe pt comment la définir.
- Son existence ne nous fait pas de doute, mais à partir d’un
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- certain âge seulement, la véritable vocation nécessitant une étude complète des possibilités obligatoires pour la réussite dans le métier qui correspond à un idéal. Une certaine maturité d’esprit est donc souhaitable. Le terme de vocation ne se réduit pas à la simple vocation religieuse, il y a des vocations de professeur, d’infirmière... Cependant la vocation est un phénomène exceptionnel ; dans la majorité des cas il s’agit plutôt d’un goût professionnel, d’une attirance plus ou moins consciente et réfléchie vers un tel métier. Une étude critique de véritable vocation demande un travail minutieux et l’utilisation d’un matériel très varié permettant des regroupements nombreux. Pour répondre avec suffisamment de garantie à la question de savoir s’il s’agit vraiment d’une vocation, il faut employer des tests caractériels et collecter les renseignements des sources les plus variées. Il reste bien entendu que le problème de la vocation religieuse dépasse les cadres de la psychologie.
- Le goût n’a une certaine valeur que s’il est stable. Ceci nous amène donc au problème de la permanence de la vocation professionnelle. Nous avons déjà soulevé ce problème à propos de l’influence de l’âge sur le goût. L’enquête de Lehmann et Witty nous a montré par exemple la décroissance de la courbe des enfants voulant être cow-boys entre 8 et 18 ans. Les auteurs notaient cependant que pour la plupart des métiers il existe une certaine stabilité entre 13 et 17 ans (1).
- Notre enquête porte sur des sujets de 12 à 15 ans, elle va nous permettre de comparer nos résultats à ceux de Lehmann et de Witty.
- Voici tout d’abord un tableau récapitulatif : au maximum le sujet peut indiquer 5 métiers (instabilité absolue) et au minimum 1 seul métier (stabilité pour une période de 3 mois). Le sujet a, en effet, été sollicité 5 fois : à la visite médicale, sur la fiche familiale, sur la fiche scolaire, dans la rédaction et à l’entretien avec le Conseiller d’O. P.
- Tous les sujets De 12 ans à 12 ans 6 mois De 12 ans 7 mois à 13 ans 6 mois De 13 ans 7 mois à 15 ans
- N'ont cité aucun métier 22 3 10 9
- (les 5 fois)
- Ont cité un seul métier 150 21 69 60
- N'avaient pas de goût au dé-
- part, ont cité un seul métier ensuite. . . • 35 11 11 13
- Ont cité 2 métiers. . • Ont cité 3 métiers et davan- 26 3 11 12
- 5 0 0 5
- Total. • • • 238 38 101 99
- (1) Lehmann and Witty : article cité in : Journal oj Educational Psycho-logy, 1931, p. 481.
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- L’analyse de ce tableau nous montre que 83 % des sujets ayant effectivement manifesté un goût au début de l’enquête le conservent. Nous obtenons les proportions suivantes pour les trois groupes (du plus jeune au plus âgé) : 87 %, 80 % et 77 %. Si la stabilité paraît un peu plus faible dans le dernier groupe, il ne faut pas oublier que dans une plus large proportion les sujets les plus âgés se sont prononcés au départ. L’influence des stages professionnels apparaît importante, elle se manifeste sur 53 sujets : 19 sujets changent de métier â cause des stages et 34 sujets qui n’avaient pas de goût au départ ont choisi un métier parmi les six qu’ils ont entrevus au cours de leurs stages. (Au total plus de 22 % des sujets). Grâce à l’enquête familiale, à la partie de la fiche familiale remplie par les parents et à l’attitude des parents quand le conseiller d’O. P. donne les conclusions de l’examen, nous avons pu classer Vattitude des parents devant l’avenir professionnel de leur enfants en trois points : désintérêt, intérêt moyen, intérêt bon. Intérêt prend ici le sens de préoccuaption pouvant se traduire sur le plan pratique par des actes se rapportant au métier futur de leur enfant. Le désintérêt est plus net dans Un milieu cosmopolite que dans un milieu liofnogène français. La motivation de l’attitude d’intérêt semble surtout être l’amour paternel ou maternel et le désir de voir réaliser par l’enfant ce que les parents n’ont pu réaliser eux-mêmes.
- Nous présentons un tableau explicite pour ce qui concerne l’intérêt porté par les parents â l’avenir professionnel de leur enfant :
- I ousles sujets De 12 ans
- à 12 ans 6 m à 13 ans 6 m à 13 ans
- % % % %
- Ont maintenu leur goût : Intérêt bon (90 sujets) 70 72 74 68
- Désintérêt parental (39 sujets) 51 50 56 47
- N’ont pas maintenu leur goût
- Intérêt bon. 11 9 2 20
- Désintérêt parental. • •
- Il semble donc qu’on assiste à une sorte d’émancipation du jeune adolescent vis-à-vis de l’autorité parentale, au fur et â mesure où il vieillit.
- Pour étudier les rapports entre 1 'intelligence et la permanence du goût professionnel, nous avons utilisé la Fiche Psychologique abrégée de Piéron. L’exameu du profil intellectuel de cette fiche nous a permis de classer nos sujets en 3 groupes : 1° sujets les plus intelligents (premier quartille) : 60 sujets ;
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- 2° sujets moyens (deuxième et troisième quartilles) : 87 sujets ; 3Ü sujets les moins intelligents (dernier quartille) : 45 sujets. Dans le premier groupe, 66 % ont maintenu leur goût et 6 % ne l’ont pas maintenu (les autres n’ont pas affirmé leur goût dès le départ) ; dans le troisième groupe ces proportions sont; différentes et traduisent bien l’influence du facteur intelligence sur le goût : 57 % ont maintenu leur goût et 29 % ne l’ont pas maintenu (la différence est particulièrement significative sur ce dernier chiffre).
- L’étude des rapports entre la stabilité du goût et les aptitudes découvertes chez le sujet et nécessaires à l’exercice du métier futur s’est avérée assez complexe. Nous nous trouvions, eu effet, en présence de métiers très variés dont il était difficile de définir avec précision les aptitudes requises. D’autre part, nous n’avons tenu compte que comme valeur de recoupement des fiches de stages, les renseignements donnés par les différents maîtres traduisant assez souvent leur subjectivité. C’est pourquoi nous livrons sous toute réserve les résultats suivants :
- Nos sujets ont été classés en trois groupes : aptitudes bonnes, moyennes, médiocres. Parmi les sujets ayant de bonnes aptitudes : 84 % ont'maintenu leur goût, 6 % ne l’ont pas maintenu.
- Parmi les sujets ayant des aptitudes médiocres : 67 % ont maintenu leur goût, 16 % ne l’ont pas maintenu. Il existe donc des différences entre ces deux groupes qui semblent nous permettre de dire que, toutes choses égales, pour un métier donné, un enfant ayant de bonnes aptitudes maintiendra son goût professionnel plus aisément qu’un enfant en ayant de mauvaises.
- Un problème connexe est celui que nous appellerons : des aptitudes présumées. Nous l’abordons dans l’item 13 de notre questionnaire : Nous donnons ces résultats dans le tableau suivant :
- FILLES GARÇONS
- Toutes 13 ans et moins 14 ans et plus Tou» 13 ans et moins 14 ans et plus
- Je ne sais pas. . 27 % 23 32 58% 32 45
- Oui. 72% 77 66 40% 67 52
- Ce tableau est assez révélateur : il nous montre que les garçons (à âge égal) présentent plus d’assurance au sujet des aptitudes qu’ils pensent posséder que les filles. Il nous montre aussi que les sujets plus jeunes sont moins affirmatifs sur l’accord entre leurs possibilités propres et les aptitudes requises au métier envisagé que les sujets plus âgés (le pourcentage des oui augmentant avec l’âge).
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- La connaissance du métier est le facteur le plus influent sur la stabilité du goût professionnel. Pour savoir de quelle façon les garçons connaissent le métier choisi nous avons utilisé les données de l’entretien, de la fiche familiale et de la rédaction ; ces données nous ont permis de classer, avec sûreté, leur connaissance du métier en trois points : médiocre, moyenne, assez bonne. Après un certain nombre de travaux de vérification nous avons admis que sur 201 sujets : 16 % avaient une connaissance médiocre, c’est-à-dire pratiquement nulle ou en grande partie illusoire du métier qu’ils voulaient exercer ; 51 % en avaient une connaissance moyenne (ils avaient vu l’aspect général, essentiel du travail, mais de nombreuses lacunes subsistaient encore)' ; 33 % en avaient une connaissance assez bonne.
- Nous commenterons dans les lignes suivantes le tableau ci-dessous :
- GARÇONS : enquête 1944-1945 Tou» le» sujets De 12 a. à 12 a. 6 m. °/o De 12 a. 7 m. à 13 a. 6 m. °l 0 De 13 a> 7 m. à 15 a. °/o
- Ont maintenu leur goût : Connaissance assez bonne. 90 100 90 88
- (66 sujets) Connaissance médiocre 31 11 58 18
- (32 sujets) N’ont pas maintenu leur goût Connaissance assez bonne 3 0 0 5
- Connaissance médiocre • 34 22 33 45
- Une très forte majorité des sujets bien informés sur le métier qu’ils pensent exercer ont maintenu leur goût. Il apparaît donc nettement que le facteur : connaissance du métier est un facteur particulièrement efficace sur la stabilité du goût professionnel. Les facteurs : intelligence, intérêt parental et aptitudes ne sont cependant pas à négliger, leur influence est moins nette certes mais elle n’en existe pas moins. En effet, un sujet ayant de bonne aptitudes ou dont les parents se préccupent beaucoup (sur le plan avenir professionnel) manifeste une permanence plus grande du goût ; enfin il faut reconnaître que les sujets les moins intelligents n’out pas maintenu leur goût dans une plus large proportion que les enfants les plus intelligents.
- Nous allons maintenant faire état de travaux personnels à partir de notre questionnaire sur le poblème de la connaissance du métier. La question 9 (as-tu déjà vu faire ce travail ?... oû donc ?) nous fournit les résultats suivants : 80 % des filles et 76 % des garçons répondent après avoir vu exercer ce métier et citent le lieu où ils l’ont vu ; 20 % des filles et 24 % des gar-
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- çons ne Pont jamais vu exercer. Il n’y a donc pratiquement pas de différence entre les sexes. Ces chiffres nous paraissent forts, il est probable que de nombreux enfants n’ont vu exercer le métier que d’une façon superficielle ou ne l’ont pas vu exercer très souvent.
- Quels sont les lieux les plus fréquentés par l’enfant qui lui permettent de « voir le métier » ? C’est ce que le tableau suivant va nous dire :
- FILLES GARÇONS
- 1. A la maison, à râteliez- 011 l’usine de papa on — —
- de maman. • . ...................................... 26% 23%
- 2. Chez mon frère ou ma sœur, à son atelier........... 4 % 3 %
- 3. Chez mes grands-parents. . ........................ 2 % 3 %
- 4. Chez un parent (oncle, cousin).................... 10 % 11 %
- 5. Chez un voisin ou ami de la famille............... 18 % 14 %
- 6. Sans précision : exemple : « «Fai vu exercer le
- métier de menuisier chez un menuisier»......... 26% 28%
- 7. Chez un camarade de l'enfant................... 1 % 2 %
- 8. Rôle de la propagande (dans un film documen-
- taire, lors d’une visite d’usine)................... 13% 9%
- 9. A la campagne (lorsque j’étais chez les paysans
- ou en colonie de vacances)........................... 0% 7%
- Total................................... 100 % 7 %
- Là encore, garçons et filles ne se différencient pas.
- Contrairement à ce que pensent certains auteurs, le rôle de la propagande n’est pas inexistant. Il n’en reste pas moins que le milieu familial et le milieu parafamilial (voisins, amis..) constituent essentiellement .le milieu dans lequel l’enfant pourra étendre sa connaissance du métier futur (60 % chez les filles, 54 % chez les garçons). Ajoutons enfin, que 25 à 30 % d’enfants ont vu exercer ce métier dans leur milieu de vie inéluctable. La question 10 a trait aux outils et aux machines utilisés dans ce métier. La moyenne générale des outils et des machines cités avec raison par chaque enfant est de 3,12 pour les garçons (outils : 2,54, machines : 0,58) et de 2,39 pour les filles (outils : 1,71, machines : 0,68).
- Les questions 11 et 12 se rapportent elles aussi à la connaissance du métier. (Question 11 : connais-tu les avantages de ce métier ?... ênumère-les. Question 12 : connais-tu les inconvénients de ce métier ?... énumère-les). Nous avons enregistré les résultats suivants :
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- FILLES GARÇONS
- 13 ans 14 ans 13 ans 14 ans
- toutes et moins et plus tous et moins et plus
- °/o °/o ° ! o ° l O °/o °/o
- 11. Avantagea :
- Réponse : oui GO 66 46. 58 57 60
- Réponse : non 40 34 54 42 43 40
- 12. Inconvénients :
- Réponse : non 4G 45 46 53 50 55
- Réponse : oui 54 55 54 47 50 45
- La lecture de ces chiffres nous indique que les enfants connaissent mieux les avantages d’un métier que ses inconvénients (nous ne donnons d’ailleurs qu’une valeur relative à cette affir-' mation). Elle nous enseigne aussi que dans l’ensemble les filles semblent moins connaître les inconvénients du métier futur que les garçons. Notons enfin que les différences avec l’âge sont assez peu nettes.
- (A suivre)
- NOTES ET DOCUMENTS
- Seuil de fusion dans le papillotement visuel et intelligence
- Lorsque l’œil est soumis à un éclairement intermittent, il perçoit Un papillotement qui fait place à une impression stable quand la fréquence des intermittences dépasse une certaine valeur critique.
- Cette fréquence varie beaucoup suivant les conditions, dépend du rapport des durées, dans une période, de l’éclairement et de l’intermittence, s’élève avec le niveau de luminance, s’abaisse dans, la fatigue, dans les atteintes centrales, dans l’anoxie, et varie dans une certaine marge d’un individu à l’autre.
- Deux facteurs interviennent dans la détermination de la fréquence critique, d’une part l’inertie plus ou moins grande de l’appareil récepteur, d’où dépend la persistance de l’impression lumineuse, et d’autre part la finesse discriminative dans la perception des variations de luminance, car la stabilité de l’impression lumineuse se manifeste dès que, dans l’intervalle entre deux phases d’éclairement, la variation sensorielle devient juste imperceptible.
- Tant du point de vue de la finesse discriminative que de la plus grande souplesse physiologique (ou moindre inertie), on peut penser que la fréquence criLique de fusion doit être plus élevée avec un appareil cérébral supérieur, et doit, dès lors varier aussi avec le niveau mental.
- Halstead, cependant, dans son livre Brain and intelligence, signale qu’il n’a trouvé que de faibles corrélations, toutefois positives, entre
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- la fréquence critique et le niveau déterminé par deux tests d’intelligence- Les expériences ont été reprises par W. P. Tanner (1) qui n’a pas utilisé la méthode classique à égalité des phases d’éclairement et d’obscurité, ni celle de Halstead utilisant une durée constante et très brève (0,01 ms) d’éclat (ce qui réduit la phase d’éclairement au moment de la fusion — 20 c/s — à 1/5000 de la période).
- 11 a utilisé des durées d’éclat fixes, de 8 à 250 ms, et déterminé dans chaque cas la plus grande durée d’intermittence juste compatible avec la fusion. Il a mis en corrélation les valeurs obtenues avec les résultats au test d’intelligence A. C. E. (College édition) chez 25 sujets dans une série, 21 dans une autre.
- Voilé les corrélations qu’il a obtenues (négatives avec la durée, donc positives avec la fréquence) pour les diverses durées des éclats.
- Durée d’éclat (ms) 8 16 38 84
- Première Série
- ' Corrélation .182 .193 .233 .264
- Durée d’éclat (ms) 38 84 135 250
- Deuxième Série
- Corrélation .513 .485 .147 .147
- Le fait général de la rélation positive se dégage nettement, mais la variabilité des valeurs est surprenante et pose des problèmes que l’auteur ne prétend pas résoudre dans cette note préliminaire. 11 est regrettable qu’il n’ait pas comparativement utilisé la méthode classique d’égalité des phases chez ses mêmes sujets.
- En tout cas ce n’est pas en mesurant la fréquence critique que l’on peut déterminer le niveau mental.
- H- P.
- > * '
- * *.
- La fréquence, suivant l’âge, des surdités partielles
- On a profité aux U.S.A., de grandes expositions pour faire des déterminations biométriques sur les personnes qui, dans le public, voulaient bien s’y prêter. On avait en particulier en 1940 à New-York et San Francisco examiné l’audition de 35.000 personnes, et nous avons donné les fréquences selon l’âge des fortes déficiences auditives d’après ces résultats des mesures (2e Série, 2e année, mai-juin 1946, p. 74-75).
- A l’exposition de San Diego, 3.600 personnes se sont prêtées à des examens semblables d’audition (2). Des résultats obtenus et de ceux qui l’avaient été précédemment, nous tirons les valeurs moyennes des fréquences (en %) des surdités fortes ou légères (à partir d’une
- (1) W. P. Tanner Jr. A préliminary investigation of the relationship between visual fusion of intermittent light and intelligence. Science, 112, 1950, p. 201-203.
- (2) J. C. Webster, H. W. Hunes, et M. Lichtenstein. San Diego County Fair Hearing Survey. Journal of Acoustic. Society, 22, 1950, p. 473-483,
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- minution de 25 décibels), fréquences utilisées. pour les hommes et les femmes,
- Age Fréquence : 440/880 1760 3520 7040
- 11-19 H. • 1,3 1,25 3,45 5,55
- F. . . 1,45 1,75 1,20 1,45
- 20-29 H. 0,95 2,35 11,5 12,0
- F 1,8 1,5 1,65 2,25
- 30-39 H. , . - 2,15 5,8 17,0 18,45
- F 3,75 4,3 4,95 7,85
- 40-49 H. . . - 5,4 10,85 32,0 34,85
- F 6,8 8,0 8,1 16,75
- 50-59 H 7,35 20,6 52,0 62,4
- F. 10,65 17,2 19,85 36,8
- Il apparaît que l’accroissement des surdités avec l’âge de plus en plus marqué pour les sons élevés atteint bien davantage les hommes que les femmes.
- La dissociation du facteur spatial de Thurstone
- Le facteur S, individualisé dès le début par-Thurstone dans les habiletés primaires, est celui qui a été le plus constamment retrouvé dans les analyses factorielles portant sur des ensembles de tests, et qui est apparu comme jouant un rôle essentiel dans l’intelligence technique, la compréhension des mécanismes. Mais, pour la plupart des habiletés primaires, il est apparu que leur simplicité apparente recouvrait en réalité un complexus qui se manifeste lorsqu’on utilise une qtssez grande variété d’épreuves répondant, sous des aspects divers, à l’aptitude envisagée. Il en a été ainsi pour les facteurs verbaux, perceptifs, mnémoniques. Pour le facteur spatial, Thurstone a déjà été appelé lui-même à le subdiviser. Dans un récent travail, W. B. Michael (1) est conduit à envisager un facteur propre de visualisation spatiale Vz comme distinct du facteur S, qui correspondrait à une compréhension des relations spatiales-
- Il a appliqué à un groupe de 360 étudiants (âge moyen de 22 ans) et à un autre groupe de 290 élèves de collège (151 garçons et 139 filles, de 17 ans d’âge moyen) une série de 15 tests sur la base desquels il a procédé à une analyse factorielle centroïde (avec critère de la simplicité de structure, et du maximum de positivité, en utilisant le procédé graphique de Zimmermann).
- Il a isolé 8 facteurs, dont 2 n’ont, pu être identifiés. Pour les 6 autres, se manifestent avec les tests utilisés, un facteur de compréhension verbale V, un autre de raisonnement général R, un de facilité numérique N, un de vitesse perceptive P, et enfin, grâce à la multiplicité des tests appropriés à l’analyse recherchée, deux facteurs spatiaux, S et Vz, intervenant, mais inégalement dans ces
- (1) W. B. Michael. — The nature of space and visualization abilities : some recent findings based on factor analysis. Transactions of the New-York Academy of Sciences, XI, 1949, p. 275-281,
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- tests. Les saturations en Vz et S sont de 0,52 et 0,21 pour un test de formboard, de 0,52 et 0,25 pour un test où il faut se représenter dans une feuille de papier supposée dépliée la position de trous découpés dans la feuille pliée, de 0,62 et 0,44 pour le test spécifique de visualisation spatiale de Thurstone ; les dominances sont inverses pour le test des drapeaux (0,20 et 0,43), et celui d’orientation spatiale (0,42 et 0,58).
- Le facteur S représenterait la capacité de comprendre l’arrangement des éléments d’un pattern visuel par rapport à son propre corps, le facteur Vz la capaciLé de manipuler des images visuelles, par rotation, inversion, etc.
- En reprenant les données fondamentales de Thurstone, de 1938, Fruchter a, de son côté, retrouvé les 2 facteurs, avec des saturations en Vz et S de 0,62 et 0,50, pour le formboard, de 0,63 et 0,34 pour les « punched holes », de 0,29 et 0,72 pour les drapeaux, de 0,07 et 0,77 pour les cubes ; et Zimmermann aboutit, de son côté, aux valeurs suivantes :
- Form board Punched Holes Drapeaux Cubes
- Vz. • • • 0,62 0,62 0,37 0,30
- S- , r , 0,32 0,27 0,73 0,59
- S seul (Thurstone). ... 0,42 0,34 0,64 0,62
- La question est certainement complexe et n’est pas définitivement résolue. Dans certains tests, les solutions peuvent être quelquefois obtenues par des mécanismes différents, et il est très difficile d’établir des épreuves correspondant exclusivement à un mécanisme bien défini.
- Mais, de plus en plus on doit bien se rendre compte qu’il n’y a pas des aptitudes élémentaires constituant des unités isolables et que, comme Burt le soutient, les facteurs représentent des groupements de processus ; avec un test on isole une famille, comme mémoire ou perception, avec plusieurs on distingue des genres, avec un plus grand nombre, des especes.
- H. P.
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- * *
- Une étude « longitudinale » du développement intellectuel
- C’est sous ce litre que A. Hilden (1) expose les résultats d’une étude poursuivie par le « Child Research Council » du Colorado et l’Ecole de Médecine de Denver, sur 30 enfants normaux du niveau supérieur (Q. I. moyen de 122,5), testés chaque année entre 4 et 16 ans, (avec la révision Terman de 1916 jusqu’en 1937, avec la forme L ensuite).
- On a pu suivre ainsi, d’un côté la variation générale du Q. I.
- (1) Arnold H. Hilden. — A longitudinal study of inteilectual development. J. of Psychology, 28, 1949, p. 187-214.
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- moyen (établi d’après les normes de Terman-Merrill), et d’autre part les fluctuations individuelles d’une année «à l’autre.
- Voici les valeurs moyennes du groupe :
- Age: 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16
- Q.I.: 119,1 118,5 116,6 115,4 118,9 119,0 121,2 121,7 122,6 123,5 125 0 124,9 124,1
- La légère augmentation du O.I. peut être liée dans une certaine mesure à l’apprentissage. Mois une comparaison chez 28 enfants, à un moment donné, du test répété et d’un test nouveau, celui de Wechsler-Bellevue, a montré la marge de cette action. Le Q. I. par les deux méthodes n’a divergé que de 10 points (130,8 et 120,9).
- Les cas individuels permettent de distinguer des types particulièrement stables, d’autres fortement instables, ce qui pose le problème de l’origine réelle des différences-
- Voici le cas le plus instable :
- Age : 3,5 5,7 6,11 8,0 9,0 10,0 11,0 12,0 13,0 14,0 15,0 16,0
- Q.I. : 137 107 106 108 119 144 139 122 130 125 131 132
- Voici le cas le plus stable, entre 8 et 17 ans :
- Age : 8,0 9,0 10,0 10,9 11,9 12,1 15,0 15,11 17,0
- Q.I. ; 113 116 113 116 113 117 115 115 117
- Dans le premier de ces cas, avec un O.I. moyen de 125, la variation moyenne est de 10,5 points ; dans le second, avec un O.I. moyen de 115, la variation moyenne n’est que de 1,3 point. Telle est la marge d’écart dans la stabilité pour ces 30 cas.
- P.
- A TRAVERS LES REVUES
- Gertrude Hildreth a publié dans le Journal of genclic Psychology de mars 1950 (t. 76, 1, p. 39-145) les parties 4 et 5 de son étude très considérable sur le développement et l’apprentissage de la dominance manuelle.
- Psychomelrika, dans son numéro de juin 1950 (t- 15, 2) contient des études de H. Gulliksen et S. S. Wilks sur la comparaison des lignes de régression dans l’application de tests à plusieurs échantillons ; de IL G. Johnson sur la correction d’atténuation et l’appréciation de la fidélité ; de Û. Reiersol sur la possibilité d’identification de paramètres dans l’analyse factorielle multiple de Thurstone, de C. H. Hamilton sur les Lests de choix multiple, donnant une formule pour dégager les scores vrais des scores bruts.
- Dans le Journal of Psychology de juillet 1950 (t. 30, 1), Th. E. Ba-rik montre que le sous-test de Wechsler'du chiffre-symbole représente un test de coordination motrice beaucoup plus que d’appren-
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- tissage ; D. G. Humm et Kathryn A. Hnmm comparent les données de l’échelle Humm-Wadsworth de tempérament à la réussite professionnelle dans le département de police de Los Angeles ; A. W. Somerville et E. C. Sumner examinent la persistance des préférences professionnelles chez 150 personnes ayant particulièrement réussi dans leurs carrières (affaires, droit, médecine, armée, etc.), ce maintien n’étant observé que dans 41 % des cas ; Rosenzweig, clans la technique de son test de frustration, établit qu’il est inutile d’interdire aux sujets de donner des réponses « humorous » ; M. Roff a rassemblé les données concernant les ressemblances intrafamiliales au point de vue des traits de personnalité-
- La récupération professionnelle et sociale des déficients sensoriels (aveugles, sourds muets) et des inadaptés psychiques (déficients mentaux et caractériels) est l’objet d’une étude systématique de P. Doussinet dans l'Hygiène, mentale (n° 2 de 1950).
- A. W. Heim et J. G. Wallace ont relaté dans le nouveau Quar-Icrly Journal of experimental Psychology (t. I, 4, 1949 et t. II, J, 1950) les résultats de recherches sur l’effet de la répétition d’un test d’intelligence, d’une part sur un petit groupes d’adultes normaux, d’autre part sur des déficients mentaux de 15 ans (au nombre de 12), avec application une fois par semaine à 10 reprises du test AH 4, donnant la courbe moyenne de progrès et les courbes individuelles, s’amortissant en plafond d’autant plus vite, mais avec accélération initiale d’autant plus grande, que le niveau mental est plus élevé.
- G. A- Foulds et J. C. Raven résument dans le Britisli Journal oj educational Psychology de juin 1950 (t. 20, 2) l’ensemble des expériences faites en 1947 sur 1844 sujets de diverses catégories par application des matrices progressives (séries I et II) d’où résulte, comme fait principal, que la fidélité (par double application à quelques semaines d’intervalle), faible avant 11 ans (0,76) augmente très vite au delà (0,86 à 12 ans et demi, 0,91 chez les adultes).
- Dans la Riuista di Psicologia d’avril-juin 1950 (t. 46, 2), Mario Ponzo consacre un exposé au problème de l’O. P. en Italie en rapport avec l’école, dans l’attente de dispositions législatives, et E. Va-lentini publie sa communication au Congrès Psychotechnique de Berne sur les moyens audio-visuels en O. P..
- Le n° 309 des Psychological Monographs (t. 64, 3, 1950) est consacré à une étude de Solis L- Kates (thèse de doctorat en philosophie
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- de Columbia) sur la relation des réponses au Rorschach avec les intérêts professionnels et la satisfaction dans le travail.
- Anna S. Elonen a comparé, dans leur application à des adultes, les deux tests de développement mental de Kuhlmann et de Binet, (révision Stanford), et son travail constitue le n° 11 du tome 63 (1949) des Psychological Monographs.
- La place de la psychologie dans l’organisation moderne a fait l’objet d’une communication de Marion A. Bills publiée dans les Transactions of the New-York Academg of Sciences de juin 1950, (t. 12, 8).
- R. R. Blake et G- P. Wilson Jr, dans une étude sur la sélectivité perceptive comme fonction de tendances dépressives publiée par le Journal of Abnormal and Social Psychology de juillet 1950 (t. 45, 3) concluent de recherches sur les réponses au Rorschach en corrélation avec les données sur la. dépression du MMPI que l’état d’ajustement d’un individu guide bien la sélectivité des perceptions évoquées par des stimuli visuels complexes.
- IJn exposé général de l’état de la psychologie en Australie, dû à D. W. Mc Elwain a paru dans Occupational Psychology de juillet 1950 (t. 24, 3).
- Dans Personnel Psychology (t. 3, 2, 1950), M- Mandell examine la validité d’un test oral de performance pour applications en groupe, H. F. Rothe exposé des données normatives et de validité sur le test d’adaptabilité mécanique de Purdue.
- Dans les Arquivos brasileiros de Psicoiecnica de mars 1950 (t. 2, 1) W. Rehder expose une recherche sur l’adaptabilité professionnelle des élèves du Senai, et Jorge de Abreu Paiva une technique d’analyse de la personnalité (technique de Sheldon et Stevens appuyée d’une interview systématisée et d’un questionnaire d’attitude) dont l’application a révélé une fidélité satisfaisante et une corrélation élevée avec le Rorschach et le Myocinétique de Mira. Le numéro de juin (t. 2, 2) contient une étude comparative d’épreuves collectives de motricité (tapping, tracing, labyrinthe) avec ou sans mouvement des doigts par J. L* Furlado Portugal, des observations statistiques sur le test myocinétique de Mira par A. de Oliveira Pereira, un exposé de Betti Katzenstein sur l’O. P. au Brésil, et une professiographie du menuisier du meuble par Emilia Melo Ribeiro.
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- Dans le n° d’avril 1950 du Journal of educational Psychology (t. 41, 4), on trouve des notes sur la mesure de la rapidité mentale de M. W. ïate, et surtout une étude posthume du regretté E. L-Thorndike relative aux intercorrélations de 48 traits de personnalité dégagés des biographies de 89 hommes célèbres.
- Le Dr O. de Frcitas Junior publie dans son Jornal de Medicina de Pernambuco de mai-juin 1950 (t. 46, 3) les résultats d’un test d’affectivité imité du X-0 de Pressey, en vue de l’orientation professionnelle.
- Dans la Revue de Filmologie (t. 2, 6, 1950) est publiée une brève communication d’Ag. Gernelli sur le film comme procédé d’analyse projective-
- Mmo Minkowska a consacré une étude au « Rorschach » et à son aspect clinique, formel et humain, dans les Annales Médico-psychologiques de juillet 1950 (t. 108, II, n° 2).
- Pierre Fleury a publié un article consacré aux Examens subjectifs rapides en optométrie, avec l’appareil qu’il a mis au point et dont l’usage parait indiqué en O. P., dans la Revue d'Oplique (t. 29, 7, 1950, p. 384).
- Dans le Journal of Consulting Psychology de juin 1950 (t- 14, 3) relevons les études de P. E. Meehl (le scoring structural) ; G. F. Derner, M. Atorn et A. H. Canter (Fidélité des sous-tests du Weschsler-Bcllevue) ; J. D- Holzberg et A. A. Deanc (Signification diagnostique d’une mesure objective de la dispersion d’intratest de l’échelle Weschsler-Bcllevue) ; A. D. Mueller (Problèmes de personnalité dans les atteintes médullaires) ; M. P. Manson (Mesure d’intelligence de 102 paraplégiques masculins) ; J. R. Wittenborn (implications de certaines suppositions relatives à l’emploi du TAT) ; A. L-Carp et A. R. Shavzin (la susceptibilité à une falsification volontaire des réponses dans le Rorschach) ; T. E. Bassent (Note sur la validité de l’échelle internationale de Leiter).
- Dans le numéro d’août 1950 (t. 14, 4), nous citerons les articles suivants : G. D. Barahal, L. M. Brammer et E. L. Shostrom, une tentative d’O. P. centrée sur le « client » ; J. R. Wittenborn, une analyse factorielle des 20 catégories de scoring du Rorschach (système Klopfcr), d’où résulte une distinction de 4 facteurs ; Francis Merchant Carp, l’appréciation de la « constriction » de la personnalité par 3 tests projectifs (Rorschach, construction et dessin) ; J. E. Tucker, relation avec l’intelligence de réponses au Rorschach ; Grâce M. Thompson, réponses banales au Rorschach en relation avec la longueur du record ; Charlotjte Fox et J- E. Birren, accord des tests Wechsler-Bellevue et Babcock Levy pour la détérioration intellectuelle des vieillards.
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- Dans les 22 articles du n° de juillet 1950 du Journal of clinical Psychology (t. 6, 3), nous citerons particulièrement la présentation par M. R. Harrower de son « Most unpleasant concept test », test projectif de 5 minutes, appliqué déjà à 511 sujets (dessin de la chose la plus déplaisante) ; un exposé par M. W. Mc Cullough des changements constatés au Wechsler-Bellevue après loboLomie, une analyse par Grâce Arthur de la difficulté relative de divers Lests chez 60 débiles, une relation sur les changements aux dessins de Goode-nough corrélatifs de changements dans l’ajustement social par Eleanore Ochs ; enfin de R. C. Bills, un essai de provoquer la projection chez les enfants par des dessins d’animaux, avec examen de la validité du TÀT.
- Nous relevons dans le Journal of applied Psychology de juin 1950 (t. 34, 3), les articles suivants : MM. Mandell, test de jugement administratif ; E. W. Hay, validation de tests d’aptitude aux emplois de bureau ; A. Poruben Junior, une batterie de tests pour actuaires ; W. A. Kerr, prédisposition aux accidents dans des départements d’une manufacture ; R. H. Bittner et E- A. Rundquist, méthode de notation par comparaison de rangs (combinant l’ordination et la comparaison par couples) ; E. R. Carr et H. F. Rothe, validité d’une clef d’objectivité appliquée à un questionnaire de personnalité industriel ; A. H. Ford, prédiction du succès des études dans trois écoles d’infirmières ; S. A- Wesley, D. Q. Corey, et Barbara M. Stewart, relation intra-individuelle entre intérêt et capacité ; R. B. Ammons, Margaret N. Butler et S. A.. Ilerzig, un test projectif pour recherche et orientation professionnelle au niveau du Collège (tesL VAT, vocational apperception tes t) -
- Dans l’organe de l’Association suisse pour l’O. P., Orientation cl Formation professionnelles, de mai-juin 1950 (t- 35, 5-6) MUe G. Niggli publie son exposé à la Conférence annuelle des Conseillers de Lucerne (1949) sur une révision de la statistique de l’O. P.
- INFORMATIONS
- Le Cinquantenaire de la Société Alfred Binet a été célébré au Centre national de Pédagogie spéciale de Beaumont-sur-Oise sous la présidence du maire de cette ville qui n’est autre que l’ancien Secrétaire général de la Société M. Roussel.
- ! *
- * *
- Le 15° Symposium de Biologie quantitative consacré à l’origine et l’évolution de l’homme s’est tenu du 9 au 17 juin 1950 au Laboratoire
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- de Biologie marine de Cold Spring, aux U.S.A. avec des représentants de 8 pays d’Amérique du Sud, d’Asie et d’Europe (Angleterre, Allemagne, Danemark, Italie et Suède) ; on y a examiné en particulier la question de la race, et l’analyse génétique des traits raciaux.
- En juillet 1950 a paru le premier numéro d’une nouvelle revue, Les Cahiers de l'Enfance inadaptée, organe d’information et de travail des professeurs de classes de perfectionnement (Sudel, 134, rue d’Assas, Paris).
- > *
- * *
- A la suite de l’arrêté du 15 juillet 1949, il a été instauré, à titre d’essai, en Belgique, au titre de l’Instruction publique, des Centres psycho-médico-sociaux, pouvant comporter un conseiller d’orientation professionnelle, un secrétaire opérateur, une assistante sociale et une infirmière diplômée.
- i * 1
- * *.
- M. André Feil a examiné la question de l'emploi des travailleurs âgés. Il donne la statistique suivante d’une répartition par âge du personnel d’une grande usine comprenant plusieurs milliers de personnes :
- A( >E OUVRIERS °/o COLLABORATEURS °/o
- 14 à 18 ans 5,52 1,16
- 19 à 25 ans 16,70
- 26 à 30 ans.. 10,55 /
- 31 à 35 ans 12 • 61,84
- 36 à 40 ans 16,10 i
- 41 à 45 ans 15,62
- 46 à 50 ans .. 11,50 14,66
- 51 à 55 ans 6,75 11,22
- 56 à 60 ans 3,38 7,21
- 61 à 65 ans...... . 1,49 2,56
- Plus de 65 ans 0.39 1,35
- Il souligne la nécessité, en raison de la prolongation de la vie et du retard progressif de la sénilité grâce aux progrès de l’hygiène et à l’amélioration des conditions de vie, de permettre le maintien de la vie active dans toute la mesure où la capacité en est maintenue.
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- LA VIE DU CENTRE DE RECHERCHES DE L’INSTITUT NATIONAL D’ÉTUDE DU TRAVAIL ET D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- Chef de Service : Mme Henri PIÉRON
- Le comportement dans le test de Meili par M. REUCHLIN
- Des traits de comportement définis aussi objectivement que possible (voir B.I.N.O.P., 5-6 de 1950) peuvent être observes dans le test de Meili qui a été décrit dans le précédent Bulletin-
- On trouvera ci-dessous la description de ceux de ces traits qui ont semblé, par leurs liaisons avec d’autres traits et par leur validité, les plus significatifs.
- Activité Organisée M8 — Mime système :
- On note le comportement chaque fois que le sujet mime le mouvement d’un système de leviers.
- 1° Sans manipuler de réglettes ;
- 2° En manipulant des réglettes.
- Ces réglettes peuvent :
- a) ne pas être assemblées ;
- b) former un système complet défectueux sans articulation fixe (Voir M 6, 2e).
- On exclut de la notation des mimes :
- 1° les systèmes erronés (M 5) ;
- 2° les systèmes défectueux (M 6) ;
- 3° les manipulations qui accompagnent ou suivent la réussite (il est prescrit dans la consigne que le sujet doit manœuvrer le système correct après l’avoir construit) ;
- 4° les mouvements d’ajustement ayant pour but l’assemblage de deux réglettes.
- Dans la notation de ce comportement, l’unité est constituée par le mouvement qui répond aux conditions fixées ci-dessus et qu'une main effectue dans un sens.
- Ainsi, si les deux mains impriment simultanément un mouvement de va-et-vient à une réglette (la même réglette ou une réglette distincte pour chaque main), on note quatre unités-
- Activité Rapide M2 — Agit d'emblée :
- On note le comportement lorsque le sujet exécute, dès la fin de l’énoncé de la consigne, un mouvement ayant pour objet la résolution du problème (recherche d’une pièce, manipulation des réglet-
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- tes initiales, mime, etc.) La réaction du sujet est immédiate. Elle ressemble à un mouvement réflexe.
- Si le sujet mime un système dès la fin de l’énoncé de la consigne, on note simultanément les comportement « agit d’emblée » et « mime » (V. M8).
- Activité 1 n o h g a nj s ée
- Ml — Questions :
- On note le comportement :
- 1° Chaque fois que le sujet demande des précisions sur l’énoncé du problème au début ou en cours d’épreuve ;
- 2° Chaque fois quil demande à l’expérimentateur si le syslème qu’il vient de construire est correct-
- Il est nécessaire que la question du sujet entraîne une réponse de l’expérimentateur. Dans le cas contraire on considère la ques-tion comme un commentaire du travail.
- M4 — Réglelles « en diagonale » :
- On note le comportement :
- 1° Chaque fois qu’une réglette de 3, 4, 5 trous est fixée en deux de ses points au moins suivant une ligne non parallèle aux bords de la plaque ;
- 2° chaque fois qu’une réglette de 2 trous est fixée h ses deux extrémités parallèlement aux bords de la plaque.
- M5 — Système erroné :
- On note le comportement chaque fois que le sujet :
- 1° actionne un système erroné ;
- 2° reproduit puis actionne, pour la môme épreuve, le même système erroné.
- On entend par système erroné un système complet tel que le sens de déplacement des réglettes initiales est différent de celui prescrit dans la consigne-
- M6 — Système défectueux :
- On note le comportement chaque fois que le sujet actionne un système défectueux ou reproduit et actionne, pour la même épreuve, le même système défectueux.
- On enlénd par système défectueux :
- 1° Tout système rigide, bloqué, qu’il soit partiel ou complet, le comportement est noté même si le sujet actionne, dans ce système, une réglette non bloquée ;
- 2° tout système complet construit d’une manière telle que l’absence d’articulation fixe (fiche) entraîne un déplacement indépendant des deux réglettes initiales (une réglette initiale peut se déplacer alors que l’auLre reste immobile. Pour donner lieu à une notation, la manipulation de ce second système doit s’accompagner d’un commentaire ou d’une mimique montrant manifestement que le sujet s’attendait à trouver une bonne solution.
- En l’absence de ce commentaire ou de mimique, la manipulation de ce système sera notée en tant que mime (V- M8).
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- M7 — Change après réussite :
- On note le comportement chaque fois que le sujet, après avoir construit un système répondant au problème posé, démonte ce système sans avoir dit « Ça y est ».
- Le comportement sera noté même si la réussite n’est pas totale (réglettes initiales fixées dans une position différente de leur position de départ par exemple).
- On ne tiendra pas compte des systèmes corrects mais imparfaits que .le sujet démonte afin d’y apporter un perfectionnement.
- M9 — Réglettes fixées obliquement :
- On note le comportement chaque fois qu’une réglette est fixée de telle sorte qu’une de ses extrémités prend appui sur la plaque tandis que l’autre extrémité s’appuie sur une autre réglette-
- Le comportement n’est noté que lorsque la réglette, posée obliquement, est fixée à l’aide de fiches ou de chevilles en deux de ses points au moins. Il va sans dire que si deux réglettes ayant un point commun d’articulation sont fixées obliquement, on note deux fois le comportement.
- M10 — Désordre :
- On note le comportement chaque fois que le sujet laisse des pièces en désordre après avoir démonté un système eu fin d'épreuve. Le désordre consiste :
- 1° A mêler des réglettes de longueur différente (réglette de 3 trous mêlées aux réglettes de 4 trous par exemple).
- Dans ce cas, on note le comportement si la distance qui sépare deux réglettes identiques est supérieure ou égale à la distance qui sépare deux réglettes différentes ;
- 2° À disposer les réglettes en tas (les réglettes se chevauchent) ;
- 3° A laisser des chevilles non posées à plat sur le fond de la boîte ;
- 4° A laisser des chevilles ou des fiches hors de la boîte.
- Pour une épreuve déterminée, le maximum de « désordre » est donc de 4 unités.
- Lorsque le sujet bénéficie d’une « aide » dans l’une des épreuves 5, 6, 7, 8, l’observation du « désordre » est reportée à la fin de la période d’« aide ».
- Mil — Chutes :
- On note le comportement chaque fois qu’un bruit indique la chute d’une pièce (réglette, fiche, cheville), à terre ou sur la table- Les chutes doivent se produire avant l’arrêt du chronomètre pour donner lieu à une notation.
- M13 — Note obtenue dans le lest, d’après la consigne de notation (c’est l'infériorité dans ce trait qui est considérée).
- , *
- * *
- Les conditions d’observation sont les mêmes que pour le test de Kohs.
- L’étalonnage provisoire n’a porté que sur le groupe de 97 garçons, élèves de Centres d’Apprentissage de l’Académie de Paris-
- En constituant, sur la base des observations, deux groupes de sujets à peu près égaux en nombre, on est amené à classer dans le groupe « inférieur » les sujets ayant les résultats suivants. Il est entendu que nous dénommons « inférieur » un sujet qui présente
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- le trait moins fréquemment que le sujet médian, que ce trait paraisse favorable ou non quant à la réussite professionnelle.
- M8 < 30
- Mg <; 5
- M J = 0 M4 < 4 M5 = 0'
- m6 =-o m7 = 0'
- Mg < 2 MiO< 3 M[] = 0 M13 < 14
- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE A L’ETRANGER
- L’Orientation Professionnelle en Belgique
- par
- R. PASQUASY
- Chargé de cours à l’Université de Liège Attaché au Centre d’Etudes et de Recherches psychotechnipues de l’Armée belge
- (fin)
- III. — Résultats obtenus
- Un travail statistique effectué en 1948 par le Centre national de l’Orientation professionnelle, révèle que, pour une période de dix ans, de 1936 à 1946, les offices reconnus ont examiné complètement près de 100.000 adolescents, soit 66.663 garçons et 27.129 filles.
- L’âge moyen était de 13 à 14 ans.
- Dans 60 % des cas pour les garçons et dans 65 % pour les filles, les conclusions des orienteurs concordent avec le goût exprimé par le sujet.
- Les principales contre-indications relevées se répartissent comme suit :
- Garçons Filles Moyennes
- Contre-indications scolaires et psychologiques. . • 12% 8 % 10%
- Contre-indications médicales. 8% 6 % 7 %
- Contre-indications économiques. 2% 1,75 % 1,75%
- Ce tableau indique bien l’importance du rôle que joue le psychologue dans la réussite scolaire et l’appropriation à la tâche. D’autre part, si, comme le fait remarquer E. Lobet (1), l’on admet que les deux tiers des contre-indications scolaires relèvent de facteurs d’or-
- (1) op. cit., pp. 12-13.
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- dre médical, l'intervention du médecin se justifie dans 12 à 15 % des cas.
- En général, les offices d’orientation professionnelle se chargent eux-mêmes du contrôle de la validité de leurs pronostics. Le plus souvent, ils procèdent par enquête écrite (questionnaire adressé aux parents, éducateurs et employeurs) ou par enquête orale (intervention de l’assistante sociale). Sinon d’une manière rigoureusement scientifique, à tout le moins avec probité, la plupart d’entre eux suivent les sujets orientés et tirent des observations ainsi recueillies les leçons qui s’imposent quant h la mise au point des procédures utilisées dans la détection des aptitudes. E. Lobet (2) signale que, pour quelques offices importants, 80 % des jeunes gens «nt tenu compte des conseils reçus et que 90 % en sont satisfaits, ce qui porte h 70 % l’efficience de l’orientation professionnelle pour le contingent soumis au contrôle.
- Le bilan suivant, dressé par l’Office libre de Liège, est une preuve évidente de la valeur sociale de l’orientation professionnelle.
- En 1946, cet organisme a examiné près de 800 sujets et l’assistante sociale a pu en suivre quelque 200. 1
- 90 % de ceux-ci ont entrepris les études générales ou professionnelles qui leur avaient été conseillées et ont réussi un premier examen. Or, en Belgique, sur les 52.000 enfants qui, annuellement, continuent h fréquenter l’école après leurs classes primaires, 60 % échouent, par manque d’aptitude, dès la première année.
- 79 % des jeunes gens contrôlés ont choisi la profession recommandée par l’orienteur et s’y plaisent. Or, l’expérience montre que sans l’orientation professionnelle, 60 % des apprentis changent de deux h six fois de métier avant de se stabiliser.
- Sur les 800 sujets, 59 % furent dirigés vers l’école professionnelle, 29 % vers l’apprentissage immédiat et 9 % vers les études générales. Or, actuellement, en Belgique, sur les 100.000 enfants qui, chaque année, sortent de l’école primaire, 25 % entreprennent des études générales, 27 % des études professionnelles et, 43 %-entrent en apprentissage. Cette ruée vers l’enseignement moyen et ce dédain pour les activités manuelles, font que les carrières intellectuelles sont nettement, encombrées alors que les métiers manquent de bras. La crise de la main-d’œuvre qualifiée, qui est la conséquence immédiate de cette mauvaise répartition économique des forces humaines, est un grave danger pour un pays comme la Belgique qui, pauvre en matières premières, doit vivre de la transformation des produits.
- Ce contrôle, tout limité qu’il soit, prouve que l’orientation professionnelle peut beaucoup pour la réduction des échecs dans les écoles, la lutte contre l’instabilité professionnelle et la répartition rationnelle de la main-d’œuvre.
- IV. — La formation des Orienteurs
- Les ouvriers de la première heure sont formés par Christiaens. A partir de 1920, des cours théoriques de psychologie sont organisés à l’Université de Gand et des cours pratiques à l’Office intercommunal de Bruxelles.
- En 1923, est fondée l’Ecole d’Ergologie de Bruxelles, nouvelle section de l’Institut des Hautes Etudes de Belgique, où sera enseignée la science du travail.
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- Chri.st.iaens sera le premier titulaire de la chaire d’orientation professionnelle. Classée parmi les établissements techniques du degré supérieur, l’Ecole d’Ergologie décerne actuellement, au titre légal, le certificat de conseiller d’orientation professionnelle (Section A) ainsi que, mais au titre scientifique cette fois, celui de psychotechnicien (Section B) et celui de conseiller d’organisation des entreprises (Section C). A ce jour, elle a délivré quelque 200 diplômes d’orienteur, dont un grand nombre à des étrangers.
- C’est un arrêté royal du 22 octobre 1936 qui institue un examen officiel d’aptitude aux fonctions de conseiller. Par suite de la pénurie d’orienteurs, ie Centre national organise trois sessions d’examen en 1938, 1942 et 1945. Pour la première, des cours préparatoires sont donnés à Bruxelles. Pour les deux autres, ce sont les Universités de Eiège et de Gand qui s’en chargent. Environ 200 diplômes sont ainsi décernés, dont un quart à des femmes.
- Devant la nécessité sans cesse manifestée de donner aux orienteurs une formation universitaire, un arrêté du Régent du 13 janvier 1947 crée dans les Instituts supérieurs de Sciences pédagogiques des Universités de l’Etat, à Gand et à Liège, une section d’orientation scolaire et professionnelle qui confère le grade et délivre le diplômée scientifique de licencié en orientation et sélection professionnelles.
- Nul n’est admis à cet examen s’il n’est porteur du diplôme de candidat en philosophie et lettres, de candidat en sciences, de candidat en sciences naturelles et médicales, de candidat-ingénieur civil, de candidat en sciences politiques ou sociales, de candidat en sciences pédagogiques ou de tout autre diplôme universitaire légal ou scientifique jugé équivalent par le Conseil de l'Institut.
- L’examen pour le grade de Licencié en orientation et sélection professionnelles, fait l’objet de deux épreuves et de deux années d’études au moins.
- En 1949, l’Université de Liège a délivré quinze de ces nouveaux diplômes, dont près de la moitié à des orienteurs déjà en fonction et quelques-uns à des officiers attachés au service de sélection de l’Armée.
- De son côté, l’Institut de Psychologie appliquée et de Pédagogie de l’Université catholique de Louvain possède, dans sa section de psychologie appliquée, une sous-seclion relative à l’orientation et à la sélection professionnelles qui conduit au grade de licencié dans les mômes conditions que celles des Universités de l’Etat.
- Enfin, il est intéressant de signaler que des instances officielles ou libres organisent fréquemment des journées d’études à l’intention des praticiens. Tant vaut l’orienteur, tant vaut le conseil. Les problèmes psychologiques, sociaux et économiques que postule le choix d’une carrière réclament, pour les résoudre efficacement, des hommes dont la spécialisation repose sur une large culture ainsi que sur les acquisitions les plus récentes des sciences de l’homme.
- V. — Les méthodes d’Orientation professionnelles
- EMPLOYÉES EN BELGIQUE
- Partant du principe que toute profession exige des qualités d’ordre physique et physiologique, Christiaens (1) . demande une investigation médicale soignée. Bien mieux, il fait passer l’examen clinique avant tous les autres.
- (1) Cf. «Une méthode d’orientation professionnelle», op. cit.
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- Bon -nombre de professions dites manuelles réclament des dispositions motrices, c’est-à-dire, selon Christiaens toujours, des dispositions naturelles à mesurer son propre effort musculaire. D’autre part, l’exercice d’un grand nombre d’activité postule un certain degré d’intelligence. Enfin, le caractère est un facteur dominant dans nombre de carrières libérales, manuelles, commerciales et administratives. Aussi, ChrisLiaens préconise-t-il, après l’épreuve médicale, un examen des dispositions motrices et psycho-motrices, un examen psychologique ainsi qu’une investigation caractérielle.
- Dès 1911 déjà, Christiaens est convaincu que l’orientation professionnelle scientifique n’est réalisable qu’à la condition d’examiner spécialement les aptitudes physiques et psychiques..
- « L’orientation professionnelle n’esL possible, écrit-il (1), que si l’on parvient à établir, pour l’enfant, un profil mettant en évidence ses dispositions héréditaires, et à trouver, d’autre part, sur quelles dispositions naturelles sont greffées les qualités exigées d’un très bon professionnel, dans chaque métier. »
- En même temps qu’il montre la nécessité de l’analyse psychologique des professions et de la validation des méthodes d’orientation professionnelle, Chirstiaens établit une distinction, — qui est une des bases de son système, — entre la disposition naturelle et la disposition acquise.
- Pour lui, Une aptitude professionnelle est toujours acquise, mais elle a pour support une disposition native. Elle est donc le résultat de l’exercice et la rapidité de son développement est le signe du degré d’éducabilité du sujet (de nos jours, on parle plutôt d’aptitude quand on veut indiquer la disposition naturelle et de capacité quand on désire signifier la disposition acquise).
- L’essentiel est donc de mesurer le degré d’éducabilité du sujet : lui seul donnera la valeur de la disposition naturelle et permettra ainsi l’établissement d’un pronostic d’adaptabilité.
- Parmi les dispositions motrices et psycho-motrices qui sont la marque des travailleurs d’élite, Christiaens distingue la rapidité, la mémoire de l’effort musculaire, la dextérité ainsi que l’aptitude à régler son effort musculaire en appuyant et en frappant. Les deux premières ne semblent guère perfectibles pqr l’exercice tandis que, pour les deux autres, l’apprentissage moteur est l’élément indispensable de la réussite.
- De l’avis du fondateur de l’orientation professionnelle en Belgique, il n’y a pas de perfectibilité générale mais des dispositions à l’apprentissage spécifiques.
- Pour apprécier la rapidité motrice, il emploie le compteur mécanique à cliquet ; pour la mémoire motrice, le kinésimètre de Mi-chotte ; pour la dextérité, un appareil de son invention ou il s’agit d’introduire un stylet dans des trous sans en toucher les bords ; pour le réglage de l’effort musculaire, son kinésiergographe à marteau. Deux testings sont requis pour ces deux dernières dispositions : le premier mesure l’acquis ; le second qui, se passe 48 heures après, mesure, par différence, l’éducabilité.
- Christiaens apprécie ensuite les principaux aspects de l’intelligence : attention visuelle externe (test de barrage de Toulouse- et Piéron), attention interne (test d’addition de Kraepelin), attention audiLive (test des lettres de van Biervliet), mémoire visuelle et sa
- i ibid., pp. 18-19.
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- persistance à 48 heures d’intervalle (des formes, des images, des phrases et des idées), mémoire auditive et sa persistance à 48 heures d’intervalle (des chiffres, des phrases et des idées), visualisation (cubes de Yerkes, logique spatiale de Dounaïewsky), activité intellectuelle complexe (Lest verbal mesurant la perception des rapports lu compréhension du langage, la compréhension et l’invention), intelligence pratique (boîte Decroly et plein-cintre à démolir).
- Enfin, pour juger le caractère, Christiaens utilise un questionnaire qu’il adresse aux parents et aux éducateurs ainsi que l’observation du sujet au cours des différentes épreuves.
- La méthode de Christiaens, la première en date utilisée en Belgique, reste en honneur dans de nombreux offices. Evidemment, elle a évolué. Les formulaires ont été perfectionnés, les épreuves ont changé, les étalonnages ont été réajustés. Mais l’esprit reste.
- Cependant, les conceptions de la psychologie moderne (la structure, la forme, le personnalisme de Stern, etc...) ainsi que les progrès techniques dans le domaine de l’investigation du psychisme, en caractérologie notamment, font que beaucoup d’orienteurs belges emploient les tests synthétiques, les épreuves de comportement (souricière de Moede, bloc de Wiggly, etc...) et celles de projection (Wartegg, Rorschach, Zulliger, Murray, Van Lennep, etc...).
- De plus en plus, on est convaincu que les conclusions d’orientation professionnelle constituent un pronostic d’adaptabilité, comme le dit Piéron, et non un inventaire exact d’aptitudes nettement distinctes. De plus en plus, on pense qu’une particularité psychique n’a de valeur qu’en fonction de l’ensemble de la personnalité et que c’est cette dernière qu’il faut connaître pour l’intégrer dans une activité ou un groupe d’activités favorable à son épanouissement..
- Çà et là, en Belgique, on peut distinguer certaines tendances régionales en ce qui concerne la technique de l’orientation professionnelle.
- Les centres de la province de Liège emploient la méthode de Hutli. Celle-ci consiste en une série de 24 épreuves fondamentales (cube démontable, perles, fil à plier, dessins d’outils, poids à rattraper, etc...). Le choix des épreuves, et par conséquent l’ordonnance générale de l’examen, ne part pas de la profession mais bien du sujet. Ce dernier ne doit pas être engagé trop tôt dans une direction déterminée. Ainsi, s’il choisit une carrière commerciale, il ne suffit pas de l’examiner au moyen des épreuves dites de « bureau », mais il importe de s’assurer si le sujet n’est pas plus apte aux Lravaux manuels. Pour HuLh, les dispositions naturelles passent avant les inclinations. L’originalité de ces 24 épreuves réside dans le fait qu’elles se complètent réciproquement.
- Des résultats contradictoires fournissent des indications précieuses sur les troubles provoqués par certaines lignes de forces de la personnalité.
- La Centrale voor Beroepsoriëntering préconise la méthode de Coetsier : examen des aptitudes périphériques, c’est-à-dire celles par lesquelles l’homme entre directement en contact avec le monde extérieur (fonctions sensorielles, rapidité de réaction, aptitudes motrices, attention, mémoire, visualisation, intelligence technique et intelligence verbale) ; ensuite examen des caractéristiques profondes de la personnalité par des épreuves de travail (pliage de fils, triage de jetons, épreuve d’organisation, etc...) et une interview. La méthode psycho-diagnostique de Coetsier, qui fait l’objet de deux séan-
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- ces d’examen, veut être une synthèse du quantitatif et du qualitatif. Elle part du fait qu’à l’intérieur de la structure des aptitudes d’un individu, il existe des possibilités d’influence et d’intégration qui font qu’une carence est compensée par d’autres fonctions, à condition, évidemment, que le niveau psychique général ne soit pas trop bas. Par la recherche des potentialités et de l’intégration des symptômes relevés dans la personnalité LoLale, la méthode Coetsier ne se limite pas à rendre compte de ce qu’un sujet est capable de faire mais, en même temps, des mobiles qui mettront ses aptitudes en action.
- Quant à la méthode du Centre libre d’Orientation professionnelle, elle s’intéresse plus également à la recherche des potentialités profondes de l’individu qu’à un inventaire de ses apLitudes. En un mot, elle emprunte à Mac Dougall un peu de sa psychologie dynamique.
- Elle soumet d’abord l’examen mental à une double appréciation : une appréciation quantitative d’après des normes précises et une appréciation qualitative qui permet de dresser un profil psychologique à échelons comparables grâce à un critère commun à toutes les épreuves : le degré de difficulté. Elle obtient ainsi deux classements de base : le niveau mental et le type mental. Il reste à savoir ce que l’individu peut faire de ses potentialités : c’est le but de l’étude du caractère. A cet effet, les fiches d’enquête comportent un pctiL questionnaire caractériel rempli par les parents, les instituteurs et les éducateurs et dont la disposition est telle qu’il rend aisée la comparaison des appréciations des différents juges.
- L’orienteur recueille ces éléments caractériels et en tire une hypothèse de travail qu’il vérifie au cours de l’interview et par l’observation systématique du sujet aux tests moteurs (souricière, bloc de Wiggly). Conçue comme un véritable examen clinique et comme le couronnement de l’examen d’orientation professionnelle, l’interview détermine les inclinations professionnelles du sujet, ses prédominances caractérielles et son type d’activité.
- On peut dire que les différentes méthodes d’orientation professionnelle employées en Belgique doivent quelque chose d’elles-mêmes à la technique de Christiaens, dont les principaux aspects ont été consacrés par les instructions officielles émanant du Ministère de l’Instruction publique.
- Dans chacune d’elles, on retrouve ainsi les éléments communs suivants :
- 1° Anamnèse du sujet (fiche individuelle, scolaire, familiale, etc.) ;
- 2° Examen médical spécifique ;
- 3° Observation (surtout aux tests de comportement) ;
- 4° Expérimentation (appréciation des potentialités manuelles, principalement du degré d’éducabilité du sujet ; appréciation des potentialités intellectuelles ; appréciation des potentialités caractérielles, principalement par l’interview) ;
- 5° Phase conclusive (établissement d’un diagnostic d’aptitudes, d’un pronostic d’utilisation scolaire ou professionnelle, de conseils psychologiques et pédagogiques, de renseignements pratiques).
- IV. — Conclusion
- S’il fallait caractériser en quelques mots l’orientation professionnelle en Belgique, on pourrait dire :
- 1° que du point de vue administratif, il existe une unification marquée, quelle que soit l’origine de l’office ;
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- 2° que du point de vue technique, les moyens d’investigation employés à savoir l’enquête écrite et orale, l’observation et l’expérimentation, se trouvent dans toutes les méthodes en honneur dans les centres officiels ou libres ;
- 3° que du point de vue social, l’orientation professionnelle est dissociée du placement et considérée comme un service accessible à tous les adolescents, la liberté du père de famille restant entière.
- L’orientation professionnelle belge, — qui est loin d’avoir atteint l’extension désirable : 1 enfant sur 10 s’adresse à un office après les études primaires, — entend se montrer digne de la probité scientifique et des conceptions humanitaires de son fondateur et de ses premiers pionniers. R. Pasquasy.
- CAUSERIE BIBLIOGRAPHIQUE
- Jean Sutter. — L'Eugénique (Cahier n° 11 des Travaux et Documents de l’Institut national d’Etudes Démographiques). In-8° de 254 pages. Paris, P.U.F., 1950.
- Excellente mise au point, très complète, avec données historiques, juridiques, démographiques, etc. Le chapitre VIII, sur la valeur intellectuelle, fait état des données de la psychotechnique, et des recherches de psychologie différentielle. P.
- LIVRES ENTRÉS RÉCEMMENT A LA BIBLIOTHÈQUE
- H. E. Burt. — Applied Psijchologij. — New-York, Prentice-Hall, Inc.
- Docteur Etienne de Greef. — Ames criminelles. — 1949.
- Docteur Lévy-Valensi. — Précis de Psijchiairie. — 3e édition. —_ Paris, 1948.
- Armand Cuvillier. — Manuel de Sociologie. — Avec notices bibliographiques, 2 volumes. — Presses Universitaires de France, 1950.
- Jean Fourastié. — Le grand espoir du xx° siècle. — Progrès technique. — Progrès économique. —Progrès social. — Presses Universitaires de France, 1949.
- W. Van Dyke Bingham et Bruce Victor Moore. — llow lo interview.
- Lewis M. Terman et Melita H. Hoden. — The gifted Child Grows up. Stanford University Press.
- Godfrey IL Thomson. — L'analyse factorielle des aptitudes humaines. — Presses Universitaires de France. 1950. — Traduit par Pierre Naville.
- P. Reboud. — Précis d'Econornie politique. — 2 volumes. — Paris, 1939.
- John Farquhar Fulton. — Physiologie du système nerveux.— Avec 112 figures et 1 hors texte. — Paris, 1947.
- Hans Zuluger. — Behn-Rorschach-Test. — Berne.
- Godfrey H. Thomson. — The faclorial Analysis of Humait Abilily. — Londres.
- AGEN. — IMPRIMERIE MODERNE, 43, RUE VOLTAIRE
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- sA nos lecteurs
- M
- \\*-
- La Rédaction serait heureuse d’avoir les critiques et les suggestions des lecteurs à propos de la diffusion, du contenu et de la présentation du Bulletin. Voici quelques questions pouvant suggérer des remarques à nos correspondants.
- Ht A qui s’adresse le B. 7. TV. 0. P. ? Dans quel milieu doit-il faire un effort de diffusion ?
- 9 Que souhaitez-vous trouver dans le B. 1. TV. 0. P. ? Quelles difficultés, parmi celles que vous rencontrez dans votre travail professionnel de tous tes jours, pourrait-il vous aider à résoudre ? Quel genre d'informations plus générales désirez-vous qu'il apporte?
- ® Jl quelles catégories de collaborateurs désirez-vous qu’il fasse appel (éducateurs, industriels, conseillers d'O. P., autres psychologues praticiens, chercheurs, professeurs) ?
- 9 Jlvez-vous des suggestions à faire quant à la présentation matérielle ?
- NOUS attachons une grande importance à cette enquête.
- Nous serions heureux de recevoir avant le 3o janvier i y51, non seulement des réponses individuelles, mais encore des réponses arrêtées après une discussion en commun, à l'occasion par exemple, d’une réunion professionnelle dans le cadre administratif ou dans le cadre syndical.
- Nous sommes persuadés qu’une collaboration étroite des lecteurs et des rédacteurs du B.I. N. O. P. fera de notre Revue un instrument de travail toujours plus utile.
- La Rédaction.
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- 2® Série. 6' Année
- N° 11-12
- Novembre-Eécembre 1950
- Bulletin de l’Institut National D’ÉTUDE DU TRAVAIL
- et
- D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- GOUT PROFESSIONNEL
- par
- Pierre ROMIER
- Conseiller d’Orientation Professionnelle (suite et fin)
- Enquêtes personnelles
- Si (l’une année à l’autre, en période économique relativement stable il n’y a pas de grande différences entre les métiers les plus demandés, on ne peut en dire autant si les époques sont nettement différentes (1944 et 1945 d’une part et 1948 à 1950 d’autre part).
- Garçons
- Métiers les plus demandés < e T _«s ^ 3 ^ JS 1944 et 1945 1948 et 1949 1949 et 1950
- i Menuisier ébéniste I 1 18,3 % 15,5 % 16 %
- 2 Ajusteur 4 4 15,7 % 7,3 % 6,9 %
- 3 Electricien. . . 5 5 15,7 % 5,7% 6,1 %
- 4 Mécanicien. • . 2 2 8,5 % 11,6 % 13,9 %
- 5 Boulanger-pâtissier. . . - 6 3 8,4 % 9 % 8,7 %
- 16 Plâtrier-peintre 6 1 0,8 % 3,8 % 3 %
- D’une part l’éventail des métiers est moins grand en période économique instable, d’autre part les proportions des métiers les plus demandés sont différentes. La réduction des métiers disponibles (par la guerre et ses conséquences) joue donc un rôle vis-à-vis du goût professionnel. On peut donc dire que la guerre est un facteur différenciateur important. (A cette époque en effet, 3 enfants voulaient devenir « maquisard »). Une
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- période de relative stabilité économique, au contraire, influe assez peu sur les goûts professionnels.
- L’item 17 de notre questionnaire nous permet de calculer deux coefficients : un coefficient de prestige et un coefficient de connaissance. Notons que les garçons ont cité en moyenne : 5,4 métiers qui leur plaisent, 3,90 métiers qui leur sont indifférents et 3,95 métiers qui leur déplaisent (soit donc au total 13,3 métiers cités par chacun d’eux). Les filles n’atteignent pas des chiffres aussi élevés : 4,1 métiers leur plaisent ; 2,9 leur déplaisent et 2,6 leur sont indifférents (au total donc chacune ne peut citer que 9,6 métiers). Nous sommes donc en accord pour dire avec la plupart des auteurs que les filles choisissent un moins grand nombre de métiers que les garçons. Ce fait est très explicable puisque leurs possibilités de choix sont à l’heure actuelle moins étendues.
- Dans le département de la Loire, auprès des garçons et des filles de classe de Fin d’Etudes Primaires, les métiers ayant, à l’heure actuelle, les coefficients de prestige les plus élevés sont les suivants :
- 269 garçons 153 filles
- + 161 menuisier-ébéniste + 59 couturière
- + 95 mécanicien + 50 sténo-dactylo
- + 90 boulanger-pâtissier + 42 ménagère
- + 59 électricien + 41 commerçant (s. précision)
- + 45 ajusteur + 29 institutrice
- + 45 chauffeur (autos, camions, + 23 comptable
- + 35 commerçant (s. précision) + 16 secrétaire
- + 28 dessinateur industriel + 16 employée de bureau
- Les coefficients de prestige les moins élevés sont :
- 269 garçons 155 filles
- — 117 mineur — 20 blanchisseuse
- — 54 boueux (gadou) — 15 femme de ménage
- — 26 vidangeur — 11 bonne
- — 25 cultivateur — 11 coiffeuse
- — 24 cantonnier — 9 cultivatrice
- — 22 manœuvre dans une — 7 tisseuse
- usine — 6 repasseuse
- — 22 fripier, chiffonnier
- Les cinq métiers ayant les plus forts coefficients de prestige pour les garçons correspondent aux cinq métiers les plus souvent choisis. Par contre, comme le souligne Mme Samper :
- « Chez les filles on rencontre plus de métiers où il entre du rêve » (n° 31 de la Circulaire des Offices d’O.P.)
- Chez les filles les métiers de ménagère et de commerçante qui ont beaucoup de prestige ne se trouvent en effet choisis qu’en 15me position (0,65 % pour chacun d’eux). Les cinq métiers les
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- plus demandés se répartissent ainsi : 1° Couturière : 30 % ; 2° Institutrice : 14 % ; 3. Sténo-dactylo : 7,5 % ; 4° Infirmière : 7,5 % ; 5° Employée de bureau : 6,8 %.
- La divergence subsistant entre le prestige et le choix effectif pour les métiers d’institutrice et d’infirmière semblerait prouver que ces métiers correspondent à un idéal de vie profond qui engage vraiment ses auteurs.
- Tableau des métiers les plus refusés :
- Garçons. Filles
- Mineur 32 % Couturière 22,5 %
- Boueux 7 % Coiffeuse 11,5 %
- Vidangeur 5,9 % Infirmière 11 %
- Maçon 4,4 % Ouvrière dans une usine. 7,4 %
- Employé de bureau. . . ... 2,5% Passementière 5,6 %
- Aviateur 2,5 % Modiste 4,9 %
- Les coefficients de connaissance se répartissent ainsi :
- Garçons (2840 noms de métiers cités) Filles (1.055 noms de métiers cités)
- Menuisier-ébéniste. . 231 Couturière ... 147
- Boulanger-pâtissier. . 195 Commerçante ... 94
- Mineur 149 Institutrice ... 93
- Mécanicien 136 Sténo-dactylo ... 79
- Maçon. . . . 124 Coiffeuse ... 77
- Electricien 114 Infirmière ... 69
- Chauffeur. . - 104 Modiste ... 67
- Instituteur. . 91 Ménagère ... 64
- Commerçant 88
- Ajusteur 86
- Boucher 85
- Les 3 métiers les plus connus de l’éventail des métiers (137 métiers cités pour les garçons, 85 pour les filles) correspondent à un pourcentage de 23 % chez les garçons et de 31 % chez les filles du nombre total de métiers cités. Les 8 premiers métiers de ce même éventail correspondent alors à 43 % chez les garçons et 65 % chez les filles. Il est à noter que la plupart de ces métiers n’offrent que peu de débouchés alors que des métiers peu connus en présentent davantage.
- Signification des Goûts Professionnels
- On ne peut s’en tenir à la simple affirmation du goût par l’adolescent, il reste à lui demander les motifs de son choix. Il est particulièrement intéressant, en effet, de connaître les motivations qui interviennent pour fonder ce goût. Dans ce domaine du goût professionnel, la motivation apparaît essentiellement comme un besoin ou comme une tentative de réduction d’un état émotionnel pénible. La première distinction à faire serait : motivations inconscientes et motivations conscientes. Les chif-
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- fres que nous allons citer ont tous trait à des motivations conscientes, exprimées par le sujet. Par pur souci de clarté nous classerons ces motivations sous trois rubriques : 1° motivations personnelles ; 2° influence prévalente du milieu ; 3° motivations professionnelles.
- Cette classification a un caractère d’arbitraire en ce sens que nous nous référons d’habitude à une conception molaire de la conduite. On ne peut distinguer normalement, aussi facilement que cette classification l’implique, le rôle du milieu et celui de la personnalité propre du sujet. Il y a en effet intéraction entre le système des conditions personnelles et la relation avec l’entourage. Dans une plus large mesure les garçons s’opposent au métier du père que les filles au métier de la mère (54 % contre 16 %). 15 % de filles et 18 % de garçons ne prennent"pas position devant le métier parental et 69 % de filles et 28 % de garçons trouvent que le métier parental leur plaît.
- Cette nette différence entre les deux sexes est imputable au fait que beaucoup de mères sont ménagères (65 %) et que leurs filles dans une très large proportion aiment ce métier (85 %). Il n’en reste pas moins que la fille est plus suggestible que le garçon. Cette opposition, chez le garçon, est plus nette après 14 ans qu’avant alors que chez la fille il n’y a pratiquement pas de changement avec l’âge dans l’attitude vis-à-vis du métier de la mère. (Opposition chez le garçon : avant 14 ans, 42 %, après 14 ans : 62 %. Opposition chez la fille + avant 14 ans : 18 %, après 14 ans : 14 %). Pour justifier leur attitude les garçons donnent plus de motifs que les filles (22 motifs contre 9 motifs).
- Avant 14 ans Après 14 ans
- Pour chaque fille : 0,62 motif 0,61 0,63
- Pour chaque garçon : 0,96 motif 0,75 1,08
- Il semble donc que le garçon prenne avec la maturation plus facilement conscience que la fille de la motivation de son attitude vis-à-vis du métier parental. L’un et l’autre donnent trois motifs essentiels de cette attitude : (% par rapport au nombre total de motifs).
- Filles Tous Avant 14 a' Après 14
- 1. Motif affectif 52,6 % . 47,9% 57,4 %
- 2. Travail s'exerçant à la maison 3. Possibilité d'utiliser ses connaissances à la 15,9 % 20,8 % 10,6 %
- maison. . • • 16,8 % 16,6 % 16, 8%
- Garçons
- 1. Motif affectif 20,4 % 29,3 % 16,8 %
- 2. Travail pénible fou non) 20,3 % 20 % 20,8 %
- 3. Travail dangereux fou non) 17,3 % 17,3% 17,3 %
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- L’attitude du garçon paraît beaucoup plus réaliste parce que centrée sur les avantages et les inconvénients du métier envisagé. L’attitude de la fille est beaucoup plus affective parce qu’en rapport direct avec une attitude maternelle et le besoin de bien-être. Cette influence consciente du milieu de vie sur le goût professionnel est étudiée aussi grâce à l’item 14 de notre questionnaire. Il reste bien entendu qu’aucun enfant n’échappe à l’influence de son entourage mais il en est qui ne la subissent pas d’un manière consciente et d’autres qui réagissent d’une façon très personnelle (1) aux diverses actions du milieu.
- De 12 à 15 ans : 45 % des garçons reconnaissent choisir leur « métier tout seul » ; 55 % reconnaissent le choisir avec l’aide ou sous l’influence de quelqu’un (pas de différence dans cette attitude avec l’âge). Les filles semblent subir davantage l’influence du milieu, mais cette influence baisse quand l’âge augmente : 33 % choisissent seules leur métier avant 14 ans et 42 % après 14 ans.
- L’influence du milieu de vie inéluctable (père, mère, frères, sœurs) apparaît plus important chez les filles que chez les garçons. Chez les filles, 74 % des influences subies consciemment viennent de la famille ; chez les garçons 62 % des influences subies consciemment viennent de la famille.
- Cette influence du milieu de vie inéluctable reste identique avec la maturation chez la fille alors qu’elle baisse chez le garçon (avant 14 ans : 71 % des influences subies, après 14 ans : 56 % des influences subies). Si donc, le milieu para-familial joue un moins grand rôle chez la fille après 14 ans, le milieu familial lui-même conserve toute son autorité et tout son prestige.
- Nous allons étudier maintenant grâce aux items 4 et 8 de notre questionnaire les motivations du métier idéal et celles du métier choisi.
- De l’examen du tableau I, il ressort que les garçons donnent dans l’ensemble un plus grand nombre de chefs de motivations (31 chefs contre 23 chefs) que les filles. Par contre, ils donnent sensiblement le même nombre de motifs par individu. (Pour le métier idéal : 1,36 par fille, 1,31 par garçon et pour le métier choisi : 1,09 par fille, 1,16 par garçon).
- (1) Au Bens moral du terme.
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- Tableau I
- DÉNOMINATION DES MO f IVA TIONS Métier choisi°/o par rapport à toutes les motivations Métier idéal % par rapport à toutes les' motivations
- fillea garçons 611e. garçons
- Motif affectif (ce métier me plaît, je l'aime bien) 46,8 38,8 38,8 39,8
- Recours aux aptitudes (j'en suis capable, je peux
- le faire) 4,8 4 3,8 4,5
- Milieu de vie inéluctable 4,8 8 2,5 4,8
- Influence de parents ou d'amis 0,8 2 1
- Milieu de vie scolaire 0,3
- Propagande, visite d’usines, films 0,8 1
- Métier actif 0,8 1,2 0,6
- Métier sociable. . . . 2,3 0,8 7,6 1
- Goût de l'aventure, du risque, des voyages 4 0,6 6
- Esprit de recherche 3,1 0,4 2,5 1
- Liberté dans le travail 0,4 0,6
- Avenir professionnel. . . 1,6 2
- Variété dans le travail 1,5 0,4 0,3
- Métier s'exerçant dehors 2,4
- Métier s'exerçant dedans, à l’abri des intempéries 0,8 0,4 1,2 1
- Métier stable (besoin de sécurité) 1,6 2
- Métier ayant du prestige 0,8 0,6
- Gain-possibilité d’aide financière aux parents... 4 8,4 8,2 8,1
- Métier facile à apprendre et à exercer 1,6 0,6 1,3
- Travail non pénible 2,3 4,4 5,1 4,5
- Travail propre, non salissant 2,3 7,2 2,5 7,4
- Possibilité d'utiliser ses connaissances à la
- maison. • • • 13,4 0,8 8,9 0,3
- Travail sain, non dangereux 0,8 2 0,6 2,4
- Qualité du travail dans ce métier 0,8 2 1,3 1,3
- Développement physique, corporel trouvé dans ce
- 0,8 0,3
- Utilité générale (pour la communauté) 0,8 1,6 0,6 0,6
- C'est un bon métier 4 2 8 1,2 3,1
- A cause de la retraite 2,3 0,4
- Métier calme, tranquille 1,5 0,4 1,2 0,3
- Amour des enfants 2,3 8,9
- Pour prendre du grade 0,4 0,3
- Pour m'établir à mon compte 0,8 0,6
- Le motif affectif est de beaucoup le principal chez les garçons comme chez les filles, pour le métier idéal comme pour le métier choisi, de sorte qu’on peut émettre l’hypothèse qu’il n’est peut-être qu’un ajustement à une situation particulière (celle de répondre à un questionnaire) ressemblant, malgré nos efforts, à une situation d’examen.
- Les 6 motivations les plus fréquentes, chez les garçons, sont les mêmes pour le métier choisi que pour le métier idéal :
- — Motif affectif (dont nous venons de parler) ;
- — Gain, possibilité d’aide financière aux parents et d’émancipation personnelle ;
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- — Recours aux aptitudes (assurance plus ou moins gratuite) ;
- — Influence consciemment subie du milieu de vie inéluctable ;
- — Travail non pénible (l’enfant entendant souvent l’adulte se plaindre de la fatigue) ;
- — Travail propre, non salissant (conduite d’opposition à un état jugé par tous désagréable).
- Dans ses motivations comme dans le choix d’un métier, le garçon se montre plus réaliste que la fille. On ne constate pas chez elle la même homogénéité des motivations pour le métier idéal et pour le métier choisi. Parmi les 6 premières motivations il n’j en a que trois communes : motif affectif ; possibilité d’utiliser ses connaissances à la maison ; gain et possibilité d’aide financière aux parents.
- Les autres motivations ont trait aux aptitudes, à l’influence du milieu de vie inéluctable et à l’amour des enfants (instinct maternel). Une autre motivation : « c’est un bon métier », intervient elle aussi.
- Une enquête personnelle portant sur 121 sujets (garçons) de 14 ans 6 mois à 17 ans 6 mois donne comme motivations les plus fréquentes (métier choisi) : 1° motif affectif : 4,4 % ; 2° gain : 8,7 % ; 3° milieu de vie inéluctable : 7,6 % ; 4° métier propre, non salissant : 6,5 % ; 5° métier stable : 4,3 % ; 6° c’est un bon métier : 3,8 %.
- Nous pouvons constater qu’il y a assez peu de différence entre les chefs de motivations des sujets de classes de fin d’études primaires et ceux d’adolescents désirant entrer en apprentissage. Il semble cependant que les motivations soient encore plus réalistes chez les sujets les plus âgés.
- L’examen du tableau II nous indique que les filles donnent pratiquement une gamme de motivations de leur refus aussi étendue que celle des garçons (19 motivations contre 20 motivations). Cette remarque était à faire car il s’agit ici d’une exception (au bénéfice des filles).
- I. — Signification du Goût par rapport au Sujet lui-même
- L’attitude du sujet vis-à-vis de son goût professionnel est assez différente selon les individus. Nous allons étudier successivement ces diverses attitudes.
- Dans l’esprit de certains leur goût correspond à un choix définitif, tout essai de discussion se traduisant de leur part par une agressivité plus grande. L’anxiété plus ou moins corré-
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- II. —• Tableau des motivations des métiers refusés
- DÉNOMINATION DES MOTIVATIONS
- Motif affectif (ja n'aime pas, cela me déplaît)..
- Manque d'aptitudes..............................
- Influence du milieu (parents, amis). ...........
- Métier inactif..................................
- Métier insuffisamment sociable..................
- Métier sans avenir..............................
- Contrainte (on est sous les ordres de quelqu'un)
- Monotonie du travail............................
- Métier s'exerçant aux intempéries...............
- Métier confiné. • • ............................
- Métier insuffisamment stable....................
- Manque de prestige...............................
- Petit gain. . • ................................
- Difficile à apprendre ou à exercer..............
- Pénible. . • • .................................
- Métier sale, salissant..........................
- Métier dangereux................................
- Métier malsain..................................
- Pas de qualité dans le travail..................
- Travail de nuit (ou veillées tardives)..........
- Ce n'est pas un bon métier......................
- Il faut être méchante avec les élèves...........
- Trop de responsabilité..........................
- FILLES °l o par rapport à toutes les motivations GARÇONS °/o par rapport à toutes les motivations
- 25,7 9,5
- 17,9 3
- 1,5
- 0,7 0,3
- 0,7 0,3
- 0,3
- 3,1
- 3,1 1,1
- 0,7 4,6
- 1,5 3,8
- 0,3
- 1,5 1,9
- 0,7 0,7
- 7 1,5
- 11 7,2
- 12,5 20,5
- 0,7 21,2
- 7 16,7
- 0,3
- 1,5 1,1
- 0,7 0,7
- 3.1
- 0,7
- lative à la situation d’examen trouve ainsi un mode de réduction dans cette agressivité. Ce ne sont en général d’ailleurs pas ces sujets-là qui fournissent le plus grand nombre de motifs pour justifier leur goût ; mais chez tous, sans exception, on découvre le motif affectif : « parce que cela me plaît ». Il nous semble en outre que cette attitude est plus développée chez les adolescents de 15 à 17 ans que chez les enfants de 12 à 14 ans. En somme pour eux : s’attaquer à leur goût c’est s’attaquer à leur personnalité propre. Nous avons rencontré une attitude aussi rigide à deux reprises chez un même sujet à un an d’intervalle. En 1949 il ne voulait rien autre que menuisier, en 1950 il refusait toute activité autre que mécanicien sur autos. La contradiction interne de son attitude ne lui apparaissait pas. Un garçon de 14 ans nous a répondu qu’il était « assez grand pour se décider tout seul » et une fille de 13 ans : « personne ne m’a conseillé ce métier parce que je ne pense pas que mes parents interviennent ».
- D’autres sujets adoptent une attitude très différente. Ils ont un goût, une préférence personnelle mais ils cherchent surtout à satisfaire leur besoin de sécurité. Ce qui leur importe avant tout, c’est de trouver du travail. Ils tiennent davantage compte
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- cependant (pour la plupart du moins) de ce qu’ils ne veulent pas faire. Leur réaction pourrait se résumer en somme dans la réponse d’un garçon de 15 ans : « n’importe quoi, mais pas ce métier ». Il y a même des sujets qui 11e semblent pas avoir de préférence.
- Dans la plupart des cas le sujet accorde une grande valeur au goût qu’il exprime, si 011 lui demande de faire un effort pour le préciser ou le motiver davantage, il adopte en général, une attitude de défense. Dans une certaine mesure cependant, il accepte l’argumentation d’autrui.
- Ainsi donc, nous devons reconnaître que chaque sujet accorde au goût professionnel une place différente dans sa vie personnelle.
- II. — Goût Professionnel et Personnalité de l’Adolescent
- et de l’Enfant
- Dans ce domaine des goûts professionnels, nous avons étudié plus particulièrement jusqu’ici les facteurs de variations inter-individuelles, notre étude serait incomplète si nous ne parlions davantage des facteurs de variations intra-individuelles. Pour ce faire, nous allons exposer et utiliser quelques exemples cliniques.
- Nous avons remarqué dans notre étude de motivations du métier idéal, du métier choisi, du métier refusé et du métier compensateur que les motifs les plus constants étaient les motifs personnels, affectifs. Ce fait est certes explicable en partie parce que le sujet trouve dans son attitude un mode d’ajustement immédiat à la situation d’examen, il n’en reste pas moins que l’importance et la constance d’une telle motivation nous inclinent à penser que la personnalité intervient dans la formation et l’expression du goût. Comme nous l’avons déjà souligné l’influence des facteurs de milieu et des facteurs d’ordre biologique 11e sont pas subies passivement par le sujet ; il réagit au contraire d’une façon spécifique et intègre à ces expériences nouvelles, à sa personnalité propre, par un processus d’inté-raction. Il 11e faut pas oublier en effet que la personnalité de l’enfant et de l’adolescent sont en perpétuel devenir. A cette époque, en effet, la structuration de la personnalité est incomplète, elle se modifie et s’enrichit grâce à l’action du milieu et de la maturation. Cette constatation nous ramène à la définition classique de Allport :
- « La personnalité est l’organisation dynamique dans l’individu de ses systèmes psycho-physiques qui déterminent ses ajustements originaux à son entourage. »
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- L’organisation de la personnalité n’est pas statique, fixée une fois pour toutes, mais elle est continuellement mise en cause, modifiée dans une certaine mesure, cela d’une façon encore plus nette, chez l’enfant et l’adolescent que chez l’adulte.
- Conclusion
- Nous pouvons conclure que, contrairement à une opinion trop répandue, la stabilité du goût professionnel de l’enfant de 12 à 15 ans est assez grande. Dans la majorité1 des cas (83 %) il ne s’agit pas en effet d’un désir passager ou d’un intérêt épisodique. Nous n’oublions pas certes que notre étude de la stabilité ne porte que sur une durée de 3 mois, mais d’autre part il ne conviendrait pas d’omettre que tous nos sujets ont été placés dans des conditions particulières. Le fait d’être en présence de 6 disciplines professionnelles les incitait, dans certains cas, à une option différente. Il existe donc une relative permanence du goût professionnel, permanence d’autant plus grande qu’entre en jeu un plus grand nombre de facteurs favorables.
- Parmi les facteurs du goût professionnel, il semble que le plus important (pour en assurer la stabilité) soit la connaissance du métier. D’autre part, le milieu de vie inéluctable apparaît comme le plus influent sur le goût professionnel parmi les différents milieux de vie de l’enfant (plus par exemple que le milieu scolaire ou le milieu para - familial). Les facteurs d’ordre biologique jouent eux aussi un certain rôle. L’étude de Carter sur les jumeaux montre notamment la place de l’hérédité. L’âge, le sexe et les aptitudes sont autant de facteurs de différenciation.
- Mais notre étude n’est vraiment significative que parce qu’elle laisse une large place à l’étude des motivations du goût.
- Pierre Romier,
- Conseiller d’O. P-, Licencié ès Psychologie, Diplômé d’Etudes Supérieures de Philosophie.
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- CE QU’IL FAUT SAVOIR SUR LE CHOMAGE
- ou
- POURQUOI LES STATISTIQUES DE CHOMAGE SONT FAUSSES?
- Le placement des jeunes devient difficile, pour ne pas dire plus ; quant à celui des hommes de pins de 40 ans, il représente un véritable « tour de force », suivant l’expression d’un collègue qui s’occupe de reclassement professionnel. Et pourtant, les statistiques officielles du chômage indiquent seulement 40 à 60 mille chômeurs complets secourus pour la France et 140 à 160 mille « demandes d’emploi non satisfaites », ce qui représente moins de 1 p. cent de l’ensemble des salariés, proportion infime qui ne paraît nullement justifier les difficultés actuelles de placement.
- La vérité, c’est que les statistiques officielles du chômage sont en quelque sorte « organiquement » fausses et en voici les raisons essentielles qu’il importe de connaître :
- En France, les statistiques de chômage ne tiennent pas compte des catégories suivantes :
- 1° Jeunes chômeurs n’ayapt jamais travaillé.
- 2° La grande majorité des chômeurs intellectuels.
- 3° Chômeurs n’ayant pas six mois de résidence dans une commune ayant un fonds de chômage.
- 4° Chômeurs dont le conjoint ou les enfants touchent un salaire.
- 5° Ceux dont les cotisations d’assurances sociales ne sont pas à jour.
- 6° Tous ceux qui pour une raison quelconque ne se sont pas fait inscrire. (Fierté, ignorance, possession de quelques économies, espoir de trouver bientôt du travail).
- 7° Tous les chômeurs qui*habitent une commune ne disposant pas d’un fonds de chômage.
- En ce qui concerne ce dernier point, il est bon de signaler qu’en avril 1949 il n’y avait de fonds de chômage que dans 34 départements et en avril 1950 dans 52 départements. Dans chaque département, seules quelques communes importantes ont un fonds de chômage. Avant la guerre, au plus fort de la « crise » de chômage, il n’y avait aucun recensement dans plus de 34.000 communes. Pour comprendre l’importance de ce fait, au point de vue de l’information, nous citerons un passage du Bulletin
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- d’information du Ministère du Travail (N°30, 1er avril 1949, p. 2). Constatant un certain accroissement du chômage, le rédacteur écrit : « Cet accroissement est cependant dû en grande partie à Vouverture de nouveaux fonds de chômage dans les départements. Et il reprend à la page suivante : « L’ouverture de services d’aide dans quatre départements a largement contribué à l’augmentation générale du chômage signalé ci-dessus ».
- En d’autres termes, supprimons les « services d’aide » (ce qui fera quelques chômeurs de plus) et il n’y aura plus de chômeurs. Car les statistiques officielles dans tous les pays, ne tiennent compte que des chômeurs secourus. Et pour être chômeur secouru, il faut réunir des conditions telles que, justement les plus défavorisés ne peuvent bénéficier d’un secours.
- Par ailleurs, il est possible de rapporter une preuve en quelque sorte officielle de la fausseté des statistiques de chômage :
- Pour 1936, la Revue Internationale du Travail publiée par le B.I.T. indique dans son n° de mars 1936 (Vol. XXXIII, n° 3) pour la France : 487.374 chômeurs (p. 432) et en général, les chiffres-publiés avant-guerre ne dépassaient guère 500.000.
- Or, VAnnuaire des Statistiques du Travail, 1947-1948, publié par le B.I.T. (Genève 1949) indique pour cètte même année 1936 : 864.170 chômeurs pour la France, dont 624.747 hommes et 239.243 femmes est-il précisé (p. 15).
- C’est en quelque sorte un cas de « flagrant délit ». Des « rectifications » analogues se trouvent dans les statistiques des Etats-Unis, où l’on voit figurer pour la même année, tantôt 7 millions de chômeurs, tantôt 13 à 15 millions.
- Avant la guerre, les statistiques officielles signalaient dans le monde plus de 30 millions de chômeurs secourus, auxquels, selon les évaluations du B.I.T. il fallait ajouter environ 6 millions de jeunes chômeurs n’ayant jamais travaillé.
- En 1950, en Allemagne, à côté des chômeurs adultes dont le nombre est évalué à 1,5 à 1,8 millions, il faut a jouter, d’après les Frankfurter Hcfte (1), plus de 500.000 jeunes chômeurs qui, en majorité n’ont même pas de domicile et, à la fin de cette année il y en aurait 500.000 nouveaux, dont la moitié sans domicile.
- Ces brèves indications constituent une mise au point importante au sujet du problème du chômage.
- Xous aurons peut-être l’occasion de revenir sur cette question, en signalant les importantes erreurs commises par la plupart des économistes en ce qui concerne les « causes » du chô-
- ma^e' Alexandre Vexliard.
- (1) Bulletin des Frankfurter Hefte 1950. Edité en Français.
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- NOTES ET DOCUMENTS
- Problèmes fondamentaux et actualité scientifique en Orientation Professionnelle
- Le 17 octobre dernier, M. H. Piéron a fait, au siège du Secrétariat d'O. P. de la Seine, une conférence destinée aux Conseillers d'Orienlation Professionnelle de l'Académie de Paris. Sa causerie a été suivie avec le plus vif intérêt par un public nombreux, nous en donnons ci-dessous un résumé.
- M. Piéron évoque tout d’abord les dangers qui menacent l’Orientation Professionnelle, à cause des difficultés financières actuelles. Le meilleur moyen de défendre l’O. P. c’est de faire la preuve de son efficacité. Pour que l’O. P. soit efficace, il est indispensable tout d’abord que les conseils donnés par les orientateurs soient suivis. A ce sujet, on peut se féliciter des résultats du contrôle de l’O. P. qui ont montré que 80 % des conseils donnés étaient suivis. Pour qu’un conseil soit suivi, il doit évidemment être acceptable par l’intéressé, mais il doit surtout être valide. Cette notion de validité a deux aspects : un aspect objectif, la réussite dans le métier et un autre aspect, la satisfaction éprouvée par l’intéressé.
- On peut distinguer trois grands groupes de facteurs de réussite : ceux qui ont trait aux possibilités physiques du sujet, ceux qui ont trait à ses aptitudes ou ses inaptitudes, et enfin ceux qui ont trait à sa personnalité, son caractère. Ces trois groupes de facteurs vont être examinés successivement.
- La détermination des possibilités physiques revient évidemment au premier chef aux médecins d’O. P. Les contre-indications pour un métier donné sont relativement faciles à déceler, mais il convient de ne pas s’arrêter là et de donner à l’examen médical d’O. P. un aspect positif qui est d’ailleurs plus délicat. Il faut que le médecin d’O. P. ait, dans toute la mesure du possible, une attitude physiologique. Il doit définir des niveaux même dans le domaine du normal. Par exemple, dire d’un sujet qu’il a 1 comme acuité visuelle, c’est seulement définir une limite que ce sujet a peut-être dépassée. L’acuité 1 ne correspond qu’à la moyenne et il y a grand intérêt à déceler les acuités visuelles supérieures à 1. Cela, d’autant plus, est techniquement facile et fournira au Conseiller d’O. P. des indications précieuses nécessaires à l’orientation de sujets vers certains métiers exigeant des qualités de vision particulières. Le médecin d’O. P. doit se rapprocher de la médecine sportive qui ne se borne pas à mettre dans la même catégorie tous les sujets atteignant ou dépassant un certain résultat.
- Cet examen médical positif pose évidemment le problème du temps d’examen dont dispose le médecin, mais une partie de ce travail d’examen peut être confié à des aides. Cela est possible en particulier pour les déterminations sensorielles.
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- Au sujet des aptitudes il faut bien mettre en lumière le caractère potentiel, latent des aptitudes. Les aptitudes sont des caractéristiques congénitales, constitutionnelles de l’individu. Dépister des aptitudes, c’est émettre un pronostic. Le seul moyen dont nous disposons pour dépister une aptitude, c’est de constater une certaine capacité au moment de l’examen.
- Or, si l’hérédité conditionne les aptitudes, le milieu conditionne, dans une large mesure, les capacités. On peut rappeler à ce sujet toutes les observations faites sur les « enfants sauvages ». Il semble bien qu’il y ait une période critique du développement de l’individu : la période où le cerveau de l’individu se développe. Si les fonctions ne sont pas exercées à ce stade, la récupération ne sera pas possible une fois la période critique passée, et cela même si l’aptitude native était grande. Il semble donc bien que l’éducation des jeunes enfants ait une importance considérable. Il ne faut pas confondre aptitude et capacité. Le test de la monnaie dans le Binet-Simon est réussi évidemment beaucoup mieux par les enfants qui ont l’habitude de faire des commissions. Mais si l’on a affaire à des individus appartenant au même milieu et ayant reçu la même éducation, alors la hiérarchie de ces individus, d’après leurs capacités, correspondra à la hiérarchie de ces individus d’après leurs aptitudes.
- Ces considérations nous amèneraient à accepter l’idée d’étalonner les tests suivant les milieux puisque, d’après ce qui précède, des capacités inégales peuvent correspondre à un même degré d’aptitudes, si les conditions de milieu ont été différentes.
- Cet emploi d’étalonnages différents suivant le milieu est valable dans certaines conditions. Il faut tout d’abord remarquer que, à 14 ans, âge normal des examens d’O. P., la récupération des sujets qui auraient été défavorisés par leur milieu n’est déjà plus possible. Si on entend utiliser l’étalonnage comme moyen de prédiction de la réussite dans un établissement donné, le groupe sur lequel l’étalonnage doit être utilisé dépend naturellement de la zone de recrutement de l’établissement considéré. Si c’est, par exemple, une Ecole Normale d’instituteurs, la compétition aura lieu entre sujets de l’Académie intéressée, et c’est un étalonnage local qu’il faudra utiliser. S’il s’agit par contre de l’Ecole Normale Supérieure, dont les élèves se recrutent dans la France entière, c’est alors un étalonnage portant sur l’ensemble de la population qu’il faudra employer.
- Certaines incapacités ont peu d’importance puisqu’elles constituent des retards facilement récupérables. On connaît les résultats de l’expérience de Gesell qui a entraîné systématiquement une fillette à monter des escaliers, tandis que sa sœur jumelle était privée de cet entraînement. Au bout d’un certain temps, lorsque les deux fillettes se trouvèrent en présence d’un escalier, celle qui avait été entraînée monta l’escalier beaucoup mieux que sa sœur, mais le retard de celle-ci fut comblé si rapidement qu’il ne méritait pas d’être considéré. Il en est probablement de même pour certaines formes de calcul, par exemple, où il semble bien qu’un apprentissage systématique puisse permettre de rattraper très vite les retards. Le problème est de savoir à quel âge chaque aptitude est fixée définitivement, c’est-à-dire à quel âge de telles récupérations cessent d’être possibles. C’est un problème encore mal élucidé et auquel des travaux ultérieurs devront être consacrés.
- Un autre problème est celui de l’inventaire des aptitudes. On sait que l’on a utilisé parfois des profils factoriels pour décrire les
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- riffi «Suac^-.,.—
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- aptitudes d’un individu. On se propose par là de décrire cet individu seulement par ce qu’il a d’essentiel et de fondamental.
- Cependant, le problème de l’analyse factorielle est des plus complexes. L’analyse factorielle donne bien le nombre de variables qui interviennent mais ne nous renseigne pas clairement sur leur nature. La rotation des facteurs nous permet d’apporter la solution la plus vraisemblable.
- D’autre part, les facteurs ne sont certainement pas des entités séparables comme les facultés de l’ancienne psychologie. Ce sont probablement des complexes fonctionnels traduisant des dominances inégales de tel ou tel système. On peut rapprocher cela des effets des lésions cérébrales se manifestant par des troubles différents selon leur localisation. Il y a d’ailleurs, dans certaines expériences, un accord des plus intéressants entre les données pathologiques et les données de l’analyse factorielle.
- Cette inter-dépendance des facteurs a conduit à l’utilisation de facteurs obliques, c’est-à-dire de facteurs statistiquement liés. De plus on a dissocié des facteurs qui semblaient tout d’abord unitaires. Sur une batterie de tests très hétérogènes, on a pu mettre en lumière un seul facteur mémoire, un seul facteur verbal, etc... Mais, en utilisant des batteries comprenant un grand nombre de tests de mémoire ou un grand nombre de tests verbaux, on est arrivé à dissocier plusieurs facteurs mémoire et plusieurs facteurs verbaux. Il y a là une démarche analogue à celle du naturaliste qui, au fur et à mesure qu’il enrichit ses collections peut dissocier les familles en genres et les genres en espèces. C’est une idée qui a été exprimée par Burt et on peut se demander où doit s’arrêter le morcellement des aptitudes. Il y a là aussi un problème qui réclame de nouvelles recherches.
- Un autre problème lié à l’analyse factorielle, et qui serait pour l’orienteur du plus grand intérêt, est celui de l’application de l’analyse factorielle à l’étude des professions. Ce thème de travail, au Congrès de Psychotechnique de Berne, n’a pas suscité de communication et c’est extrêmement regrettable.
- Le troisième groupe de facteurs de réussite a trait à la personnalité. Dans ce domaine on a utilisé aussi l’analyse factorielle, mais on s’est heurté à de grandes difficultés à cause de l’imprécision des mesures. Tous les moyens de mettre en lumière les traits de personnalité se ramènent à les « projeter » par un moyen ou par un autre. On a donc donné au sujet l’occasion de manifester les aspects de sa personnalité que Ton ne peut atteindre directement. Mais, dans ces épreuves projectives, la subjectivité dans l’interprétation est souvent extrêmement grande et Ton a pu dire que le dépouillement d’une épreuve de personnalité constituait en lui-même un test de projection pour le psychologue qui s’y livre. Ces dangers d’interprétation subjective existent également en psychanalyse. De plus, il semble que le psychanalyste suggère au psychanalysé certains concepts, les concepts freudiens par exemple. Si le psychanalysé résiste et n’admet pas les suggestions de psychanalyste, celui-ci voit dans sa résistance même une preuve supplémentaire de la vérité de ses hypothèses.
- Un autre danger réside dans le fait que des classifications faites sur des malades ont été trop souvent utilisées pour la grande masse des sujets normaux. Un exemple typique de ces abus est constitué par le test de Szondi, véritable roman génétique. D’après Szondi,
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- chaque individu normal devrait être porteur d’un gène pathologique. Cette idée est absurde et une analyse expérimentale des résultats du test de Szondi a montré l’absence complète d’intérêt que présentait cette épreuve.
- Il est souhaitable que l’esprit de recherche s’étende à ce domaine si difficile des études de personnalité. Pour que de telles recherches soient possibles il est tout à fait souhaitable qu’une coordination existe entre les Centres d’O. P., les Secrétariats et le Service de recherches de l’I. N. O. P.
- M. R.
- A TRAVERS LES REVUES
- A. Rey donne un aperçu de la méthode d’examen qu’il a adoptée pour le diagnostic psychologique en vue de l’O. P. dans le n° 1-2 de 1947 de Orientation et Formation professionnelle.
- Le n° 24 (décembre 1948) de Newes Kraftfahrzong fachblatt contient un article de W. Moede dans lequel il décrit les méthodes d’examen psychophysiologique de sujets soumis à des stimuli successifs ou simultanés susceptibles de créer chez eux un état d’affolement. Cet examen est surtout conçu en vue de la sélection des conducteurs.
- Au 1er Congrès national d’O. P. qui s’est tenu à Tunis, en 1948, Mme Fr. Raumgarten a fait une communication sur les exigences du métier de l’orienteur professionnel, d’après les résultats d’une enquête sur l’orientation professionnelle dans le canton de Rerne et
- d’expériences personnelles.
- Dans le n° 11-12 (novembre-décembre 1949) de Trasporti publici, E. Boganelli et G. Dragotti donnent la liste des tests qu’ils utilisent, avec leurs poids respectifs, pour le contrôle psychotechnique des conducteurs de moyens publics collectifs de transport.
- P.-L. Reynaud a écrit dans la Revue de l'Instilul de Sociologie (n° 1 de 1950) un article sur le problème de l’élite ouvrière, à la lumière de la psychologie moderne.
- Le British Journal of Psychologg publie, depuis octobre 1947, une Section statistique dans laquelle tous les titres d’articles seraient à citer. Faute de place, nous nous bornerons à énumérer les suivants, empruntés aux premiers numéros parus :
- Dans le numéro d’octobre 1947 : une comparaison de l’analyse factorielle et de l’analyse de la variance par C. Burt. Ordre de naissance, âge de la mère et intelligence par R.-J. Fraser. Les variations de l'intelligence avec le métier, l’âge et la localité, par P.-E. Vérnon.
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- Dans le numéro de juillet 1948 : les facteurs humains de personnalité chez la femme, comparés avec ceux de l’homme, par R.-B. Cattell.
- Dans le numéro de novembre 1948 : une analyse par question du Terman-Merrill par R. Coles. L’étude factorielle des traits de tempérament chez la femme par C. Bankes.
- J.-R. Mauning donne dans le numéro de juin 1950 du British Journal of Psychology une étude précise de trois tests destinés à déceler la prédisposition aux accidents chez les conducteurs d’automobiles.
- Nous relevons dans Industrielle Organisation (n° 6 de 1950), un article de A. Gemelli sur la position de la psychotechnique devant les problèmes sociaux du travail.
- Dans Personnel Psychology (n° 2 de 1950), M. Mandell décrit l’application et la validation d’un test oral collectif consistant à apprécier le comportement d’un sujet au cours d’une discussion. L’épreuve paraît constituer un complément utile à d’autres méthodes.
- L’éditorial du n° 12 de 1949 de la Revisia de psicologia general y aplicada est consacré à l’O. P. et contient des idées générales sur la question. Des articles sur les enfants déficients ou anormaux ont été écrits par J. Bladergroen et J.-D. Arnal.
- La revue italienne Ingegneria fcrrouiara a publié deux études intéressant les psychotechniciens. L’une, en janvier 1949, sur la sélection psychophysiologique du personnel de conduite des moyens de traction (G. Dragotti et E. Boganelli) ; l’autre, en juillet-août 1950, sur la sélection psychophysiologique des mécaniciens (E. Boganelli).
- Dans La Médecine aéronautique (1er trimestre 1950),' nous relevons un article dé P.-J. Beyne sur la mesure correcte de l’acu:té visuelle chez l’homme, et le résumé de la thèse de médecine de A. Jacob sur la psychologie de l’aviateur.
- Dans le numéro de mars-avril 1950 du Jornal de Medicina de Per-nambuco, O. de Freitas Jr trouve un coefficient d’association de Yule de 0,3 entre les réactions de Kahn positives (syphilis) et les troubles psychiatriques, sur 441 cas.
- Le Dr O. de Freitas Jr présente, dans le numéro mai-juin 1950 du Jornal de Medicina de Pernambuco un test d’ « affectivité » inspiré du test X. O. de Pressey.
- Dans le numéro de juillet-août 1950 du Jornal de Medicina de Pernambuco,.O. de Freitas Jr publie une contribution à l’étude des réponses de symétrie au psychodiagnostic de Rorschach.
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- Le numéro de juin-juillet 1950 de Rééducation est consacré aux « pervers ». Après une étude du Dr Bize sur la notion de perversité, on y trouvera les réponses de nombreux psychologues, éducateurs’, médecins aux questions d’une enquête sur ce sujet. Citons en particulier : F. Deligny, J. Boutonnier, J. Dublineau, de Greef, Heuyer Lagache, Logre, etc... ’
- R. Francey dans le Canadien Journal of Psychology (juin 1950), publie une étude sur la « personnalité épileptique », au cours dé laquelle il essaie de choisir parmi les questions du Minnesota Multi-phasic Personality Inventory celles qui permettraient de distinguer un groupe de sujets épileptiques de deux autres groupes : l’un de normaux, l’autre de paraplégiques. Mais les sujets sont peu nombreux et les résultats appellent d’autres études.
- Le Dr M. Bour a donné à la revue Medicina dei déporté y del tra-bajo (juin 1950) un article sur le facteur humain et les accidents du travail dans lequel est évoqué, en particulier, l’aspect psychotechnique de la question.
- Le Dr A.-R. Vernengo publie, dans le numéro d’août 1950 de Medicina dQl Déporté y del Trabajo, un article sur la sélection médicale dans 1 Armée argentine, article où il est également question de l’aspect psychologique du problème.
- Le Dr Bonnardel publie, dans le Journal de\ Psychologie d’avril-juin 1950, une étude d’un test de compréhension verbale abstraite, le B.V.-16. Il introduit à cette occasion la notion de « test différentiel ».
- Au nombre des travaux suscités par les recherches de Sheldon (qui ont été présentées déjà aux lecteurs de ce Bulletin), il faut ajouter deux articles parus dans le numéro de juin 1950 du Journal of Personality : celui de I.-L. Child et celui de J.-S. Janoff et coll
- Signalons dans la Revue de Morpho-Physiologie humaine (numéro de décembre 1949) un article de R. Bize, chargé de cours de sélection et d O. P. au Conservatoire national des Arts et Métiers sur l’examen neurologique clinique en psychologie appliquée.
- Le n 7 (avril-mai 1950) de Pour l'Ere 1\ouvelle* contient quelques-unes des allocutions prononcées en l’honneur d’H. Wallon au cours des journées pédagogiques des 19 et 20 février dernier, ainsi que la réponse du grand psychologue.
- M. Sanai présente, dans le numéro de mai 1950 du Journal of social psychology, une étude factorielle des attitudes sociales. Les liaisons existant entre les 16 questions d’un questionnaire appliqué à 250 personnes pourraient s’expliquer, d’après la méthode d’analyse de Burt, par la présence d un facteur général de « progressisme » (30,6 % de la variance) et par deux facteurs bipolaires moins importants, représentant des formes différentes de cet esprit progressiste.
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- Dans le Journal of general psychology de juillet 1950, W.-S. Kagan recherche si les résultats dans un test, le Wechsler Bellevue, peuvent aider le diagnostic psychiatrique. Toutes les précautions voulues étant prises, deux groupes de malades présentant des troubles différents ne se sont pas différenciés quant au résultat dans le test.
- Mme F. Minkowska présente dans les Annales Médico-psychologiques de juillet 1950 un mémoire sur le test de Rorschach, son aspect clinique, formel, humain.
- Dans le n° 2-3 de 1950 des Cahiers du Musée Social, le Prof. Heuyer examine le problème social posé par l’existence en France de 10.000 enfants épileptiques. Il préconise la création de centres médico-professionnels où les enfants, après orientation professionnelle, pourraient entreprendre l’apprentissage d’un métier compatible avec leur état.
- M. Hourcq donne un exposé concret sur le problème de la rééducation en internat des mineurs délinquants dans le numéro de juillet 1950 de Sauvegarde de l'Enfance.
- Le Journal of exceptional Children a publié, dans son numéro de janvier 1950, un article de G.-O. Johnson sur l’orientation scolaire et professionnelle des déficients mentaux ; dans son numéro de février 1950 un article sur un sujet voisin par E.-P. Willenberg.
- Nous avons relevé dans le numéro de mars 1950 des Arquivos brasi-Iqiros de psicotecnica l’exposé par J. de Abren Paiva d’une technique d’analyse de la personnalité s’inspirant en particulier des travaux de Sheldon ; dans le numéro de juin 1950, une note sur l’O. P. ai Brésil, par Betty Katzenstein.
- Le numéro de juillet 1950 de Occupational Psychology contient : un exposé assez général de C-A. Mace sur l’analyse des aptitudes humaines, les aptitudes « sociales » des chefs et des dirigeants étant surtout considérées ; un compte rendu de D.-W. Mc Elwain sur le développement de la psychologie en Australie ; la contribution de J.-W. Reeves à une série d’articles sur le thème : Qu’est-ce que le succès professionnel, thème si important pour le Conseiller d’O. P. que nous donnerons ultérieurement une analyse détaillée de ce « symposium » ; un article de D. Chapman se rapportant aux problèmes sociaux dans l’industrie ; un autre de C.-B. Frisby sur les facteurs humains dans la conception des machines et des méthodes de travail ; N.-A.-B. Wilson expose le point de vue de l’utilisateur sur le problème de la formation des psychologues.
- Le Bulletin officiel de l'Education nationale publie, en un supplément à son numéro du 24 juillet 1950, une Bibliographie établie par la Commission des livres du Ministère de l’E. N. pour les bibliothèques des établissements de l’enseignement public
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- On trouvera, dans le numéro de juillet 1950 de la Revue Internationale du Travail, une enquête sur la formation des cadres et des agents de maîtrise en Europe.
- On trouve régulièrement, dans la Revue Internationale du Travail, d’intéressantes statistiques sur le chômage et l’emploi, le coût de la vie et le prix de l’alimentation, les salaires et les horaires de travail dans les différents pays du monde.
- Une courte note sur la sélection psychotechnique des employés de bureau figure dans le Personnel Journal (juillet-août 1950) sous la signature de B.-A. Doub.
- Le Dr E. Thibaudet publie, dans Travail et Sécurité (mai-juin 1950), un article sur la fonction visuelle et ses relations avec l’hygiène du travail. On y trouvera notamment une étude des facteurs d’inadaptation visuelle au travail.
- Les sujets suivants sont traités, entre autres, dans le numéro de juillet 1950 de Avenirs : Que faire en cas d’échec au baccalauréat (G. Renard) ; La préparation aux métiers du livre (Olivier) ; L’apprentissage maritime (R. Tannay).
- Dans Jeune Patron (juillet-août 1950), Guy Flachot présente trois tests caractériels : le test des goûts et tendances (questionnaire), le test des ébauches (schémas non significatifs à transformer en dessins), le test du village (construction d’un village à partir de ses éléments). L’A. signale — et nous partageons son avis — que ces épreuves doivent être complétées par d’autres, à cotation plus scientifique.
- Signalons dans le numéro de mai de Medicina del Déporté y del Trabajo, un article du Dr F. Pataro sur l’absentéisme.
- On trouvera, dans le n° 169 d'Esprit (juillet 1950), une série de documents sur la jeunesse délinquante : rapports de police et rapports d’observation, expertises psychiatriques, lettres, mémoires ou « œuvres » des délinquants eux-mêmes. Ces documents sont présentés par Chris Marker et Henri Michard. Ce dernier présente ensuite un article d’information et de commentaire sous le titre : Que fait la Société ? Dans la même revue, nous relevons, à propos de l’exposition « Parents 1950 », quelques chiffres intéressants relatifs au nombre d’exemplaires vendus de chacun des principaux illustrés pour enfants, en 1948 (p. 130).
- Dans le numéro de juin 1950 du Journal of Applied Psychology, S.-M. Wesley et coll. étudient les relations entre intérêts et aptitudes, sur le plan de l’orientation professionnelle. Cette liaison n’apparaît pas très nettement, sinon dans le cas d’aptitude ou d’intérêt très marqués.
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- Dans le numéro d’août 1950 du Journal of Applied Psychology, on trouvera, entre autres articles, une étude de C.-E. Jurgensen sur une échelle d’appréciation, une comparaison faite par W.-C. Cottle entre le test M.M.P.I. (Minnesota Multiphastic Personality Inventory) présenté sous forme de fiches et ce même test présenté sous forme de cahier.
- Dans les Informations sociales (1er août 1950), on trouvera un projet de recommandation concernant la formation professionnelle des adultes y compris les invalides, adopté par la Conférence internationale du Travail dans sa 33B session. Dans le numéro du 15 août, on trouvera quelques informations sur la formation professionnelle des jeunes travailleurs en Italie.
- Le numéro d’août 1950 des Cahiers de Pédagogie et d'Orientation professionnelle publiés à Liège contient un article de F. Macours sur la pédagogie scientifique, un tour d’horizon large, mais rapide, de R. Pasquasy sur la psychotechnique militaire telle qu’elle se pratique dans différents pays, un article de I. Delatte sur l’enseignement de l’histoire, un autre d’E. Natalis sur l’éveil du sens du passé chez le jeune enfant, et enfin un travail de R. Piret sur la psychotechnique et les accidents du travail.
- Les Annales de Médecine Sociale d’août 1950 (n° 80) reproduisent une statistique faite par la Caisse régionale de Sécurité sociale de Marseille, relative aux accidents du travail survenus en 1947 dans cette région. Les accidents y sont répartis par causes, nature et siège des lésions, sexe, âge et qualification professionnelle de la victime, lieu et heure de l’accident, jour de la semaine.
- Le numéro d’août 1950 de Archivio de psicologia neurologia e psi-chiatria est consacré au compte rendu du Congrès de la Société italienne d’électrencéphalographie.
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- INFORMATIONS
- Le nouveau projet de loi sur le service militaire institue une présélection des recrues. Dans le système actuel, c’est à leur arrivée au corps que les jeunes soldats subissent des épreuves psychotechniques.
- Le nouveau projet de loi prévoit que c’est dans l’année qui précédera leur incorporation que les jeunes gens seront examinés. Ils seront soumis, dans un centre militaire et pour une période de trois jours au plus, à une série d’épreuves physiques et psychotechniques.
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- L’Association professionnelle des psychotechniciens diplômés a organisé des Journées de perfectionnement qui ont eu lieu à l’I.N. O.P., les 10, 11 et 12 novembre derniers. Voici quel en était le programme :
- Conférence d’ouverture, par le Dr R. Bonnardel.
- L’inhibition rétroactive, par S. Pacaud.
- Vérification expérimentale de la précision de certaines estimations de corrélations, par M. Reuchlin.
- Etude du T.A.T. appliqué à un groupe de sujets normaux, par C. Benassy.
- Le Laboratoire Psychologique des Transports Routiers, par
- M. Roche.
- Un élément de la rentabilité de la psychotechnique : La prévention des accidents du travail, par M. Bourdon.
- L’éclairement des locaux de travail, par le Dr M. Coumetou.
- L’analyse factorielle des différents emplois d’officiers, par le Commandant Chandessais.
- Une méthode d’étude des jugements, par J. Faverge.
- Etude du test « Z » de Zulliger, par le Dr A. Morali-Daninos,
- N. Canivet, B. Thierry-Mieg.
- Influence du bruit sur le seuil auditif binaural et l’efficience dans quelques tests, par H. Gavini.
- Barrage et signes de perception, par P. Goguelin.
- Contribution à l’étude d’un test d’intelligence, par M. Lefetz.
- Organisation des examens psychotechniques aux usines Renault : Nécessité de rentabilité et techniques scientifiques, par J. Bonnaire.
- Expérience de sélection de masseurs aveugles, par N. Xydias.
- Etude d’un questionnaire d’intérêt par P. Rennes.
- Des films intéressant les psychotechniciens furent également projetés au cours de ces journées au Conservatoire National des Arts et Métiers .
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- LA VIE DU CENTRE DE RECHERCHES DE L’INSTITUT NATIONAL D’ÉTUDE DU TRAVAIL ET D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- Quel coefficient employer dans les calculs de validité ?
- Cette note ne contient que des indications d’intérêt immédiat destinées aux praticiens Le travail dont elle est extraite a été exposé par M. Reuchlin au cours des Journées de Perfectionnement de l’A.P.P.D. dont on trouvera par ailleurs le programme. Ce travail sera publié ultérieurement.
- ( *
- * *
- Dans des articles précédents parus dans cette rubrique, l’attention des Conseillers d’O. P. a été attirée sur le fait qu’il convenait, pour valider les tests qu’ils utilisent, de. calculer la corrélation entre ces tests et des critères objectifs de réussite professionnelle et de faire ce calcul pour chacun des sous-groupes (classes d’apprentis par exemple) dont ils disposent. Les différents coefficients sont transformés et combinés à l’aide d’une méthode due à Fisher. (Voir B.I.N. O. P. n° 5-6 de 1949).
- Mais quel coefficient de corrélation employer ? La méthode de Fisher ne s’applique en principe qu’au r de Bravais Pearson. Une expérience a été faite pour savoir si l’erreur commise pratiquement en employant d’autres coefficients, qui peuvent être imposés par les circonstances, n’est pas trop considérable. Elle a consisté à calculer des séries d’estimations de corrélation à l’aide de différents coefficients dans un cas artificiel où l’on connaissait la valeur vraie de 1p corrélation. N’ont été conservés que les coefficients dont les estimations, traitées suivant la méthode de Fisher, se sont rapprochées suffisamment de la valeur vraie, et ont été suffisamment groupées autour de cette valeur.
- Les résultats ont été les suivants : outre, bien entendu, le r de Bravais Pearson, la méthode de Fisher peut s’appliquer pratiquement au coefficient de coordination p de Spearman (ce qui confirme un résultat déjà publié par J.-M. Faverge dans son Introduction aux Méthodes Statistiques) et au coefficient r ennéachorique de M. Couiné tou.
- Il convient donc pratiquement, pour procéder à la validation d’un test dans un cas où le r de Bravais Pearson n’est pas utilisable, de rechercher un critère de réussite scolaire ou professionnelle ou bien sous la forme d’un classement des élèves par ordre de mérite (autant que possible sans ex-æquo) ou bien sous la forme d’une répartition des élèves en trois catégories contenant chacune le même nombre de sujets : bons, moyens, moins bons par exemple. On appliquera le coefficient p dans le premier cas, le r ennéachorique dans le second. La méthode de calcul de p se trouve en particulier dans le manuel de J.-M. Faverge déjà cité ; celle du coefficient ennéachorique dans le Travail Humain 1947, 10, p. 271-276.
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- CAUSERIES BIBLIOGRAPHIQUES
- Mme Roudinesco et M. Guiton. — Le développement de l'enfant. In-8 de 56 pages. Paris, P. U., 1950.
- Ce petit manuel est formé d’extraits du livre de Gesell, Develop-mental diagnosis. On y trouvera l’Introduction et la Table des matières de l’ouvrage original et surtout la description technique précise des méthodes d’examen, les normes détaillées du développement du jeune enfant, de quatre semaines à quarante-deux mois. Des feuilles d’examen toutes préparées sont même reproduites. L’ensemble constitue un outil de travail particulièrement commode pour tous ceux qui, ayant lu le texte du travail complet de Gesell, désirent retrouver, sous une forme pratique et en français, toutes les indications nécessaires à l’application des tests.
- Louis Mounier. — Pratique de l'orientation professionnelle. In-16 de 123 pages. Paris, Les Editions Ouvrières.
- L'Orientation professionnelle. In-16 de 108 pages. Paris, Les Editions Ouvrières.
- M. Mounier a une longue expérience de Conseiller d’orientation professionnelle, qu’il a acquise dans le centre de la J.O.C., avenue Sœur-Rosalie. C’est surtout la pratique du travail effectué dans ce centre qu’il nous décrit dans le premier cité de ces ouvrages. Le second est écrit d’un point de vue plus général, sans que soit jamais perdu de vue l’aspect humain et concret des tâches offertes à l’O. P. , *
- * *.
- J. Delay. — L'électricité cérébrale. — In-16 de 127 pages. Paris, Presses Universitaires de France, 1950.
- On trouvera dans cet ouvrage un exposé parfaitement clair des techniques d’inscription de l’activité électrique du cerveau (électroencéphalographie). Les applications de ces méthodes d’étude sont ensuite envisagées : applications psychophysiologiques (sensation, travail mental, sommeil) ; applications médicales (maladies mentales, épilepsie), , „.
- * *.
- G.-H. Thomson, etc. — The trend of scottish intelligence. —- In-8 de 151 pages. Londres, University of London Press, 1949.
- Ce petit livre rend compte d’un travail considérable et des plus intéressants. C’est la comparaison de deux vastes enquêtes psychologiques faites, l’une en 1932, l’autre en 1947, sur des enfants écossais de 11 ans Les examens collectifs ont porté, en 1947, sur 70.805 sujets et, en 1932, sur 87.498 sujets. Entre autres résultats, on voit que les enfants ont mieux répondu au test en 1947 qu’en 1932, et que le résultat au test est en corrélation négative avec le nombre d’enfants dans la famille. , *
- * *
- M. Raruk et M. Bachet. — Le test « Tsedek ». — In-8 de 89 pages, Paris, Presses Universitaires de France, 1950.
- Ce test, dont on trouvera la reproduction dans l’ouvrage, consiste à demander l’avis du sujet sur une décision pratique prise dans une
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- situation à propos de laquelle des jugements moraux différents peuvent être portés. Des comparaisons sont faites entre les réponses données pour différents groupes de sujets, normaux ou malades. Ces groupes étant souvent très peu nombreux, on peut regretter que la signification statistique des différences constatées ne soit pas éprouvée.
- * *
- A. Chevalier et E. Lecoeur. — Le livret de l'apprenti débutant. — In-4° de 64 pages, Paris. Delagrave, 1949.
- Deux professeurs techniques de l’E.N.N.A. donnent un manuel de technologie générale parfaitement clair. Il intéressera évidemment d’abord ceux qui ont à former des apprentis. Mais le psychotechnicien cherchant à utiliser des critères objectifs de réussite professionnelle pourra consulter avec profit les leçons 16 (contrôle des surfaces planes), 17 (dimensions ; parallélisme des surfaces planes) et 18 (angles, état superficiel), ainsi que les paragraphes « Particularités de contrôle » inclus dans les autres leçons.
- ! *
- *
- Industrialisation et technocratie. — In-8 de 214 pages, Paris. Armand Colin, 1949.
- Le Centre d’Etude Sociologique a organisé, en 1948, une « Semaine » sur le thème Industrialisation et technocratie. Un recueil, portant ce titre, et publié sous la direction de G. Gurvitch, contient le principal des exposés et des discussions. A côté des communications des participants étrangers (E.-C. Hughes, de Chicago ; H.-I. Laski, de Londres), nous citerons celles de E. Mounier, J. Fourastié, G. Friedmann, M. Byé, C. Bettelheim, J. Vernant, H. Lefébure, A. Va-ragnac et G. Gurvitch. L’ensemble présente un intérêt certain pour ceux qui, comme les Conseillers d’O. P., se trouvent placés devant les aspects multiples des problèmes posés par l’importance prise par la technique dans notre civilisation.
- *
- * *
- Le troisième fascicule des Etudes de Neuro-psijcho-pathologie infantile, publiées par le Comité de l’Enfance déficiente de Marseille est paru. Il contient une série d’articles intéressant les Conseillers d’O. P. L. Cornil, H. Ollivier et M. Gastaud y traitent ce sujet : Médecine scolaire et enfance déficiente. Parmi les différentes phases de la sélection des enfants déficients, il est prévu un examen par tests. Albert Crémieux propose un c’assement des fugues et vagabondages, illustré d’exemples. M. Schachter et S. Cotte publient des recherches clinico-psychologiques sur l’enfant énurétique ; elles comprennent en particulier un dépouillement statistique des réponses faites dans le test de Rorschach, par 70 enfants, et une bibliographie. Les mêmes auteurs donnent également des recherches et contributions à l’étude médico-psychologique des troubles de langage de l’enfant, portant sur 170 enfants choisis parmi 2.000 dossiers. Enfin, S. Cotte et G. Roux publient des remarques au sujet de l’adoption. Les auteurs ont examiné, à l’aide du test de Rorschach, non seulement les adoptés, mais aussi les adoptants et se félicitent des premiers résultats obtenus à l’aide de cette méthode.
- M. R.
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- LIVRES ENTRES RECEMMENT A LA BIBLIOTHEQUE
- J.-M. Faverge. — Introduction aux méthodes statistiques en psychologie appliquée. — Presses Universitaires de France, 1950.
- Daniel Lagache. — L'unité de la Psychologie. — Presses Universitaires de France, 1949.
- Ferdinand Giraldon. — Le relieur pratique. — (Bibliothèque des Professions des Arts et des Métiers). — Librairie Hachette.
- Carroli. L. Shartle. — Occupational Information. — Its development and application — New-York, Prentice Hall, Inc.
- André Le Gall. — Caractérologie des (infants et des adolescents à l'usage des Parents et des Educateurs. — Presses Universitaires . de France, 1950.
- M. Verdun. — Le caractère] et ses corrélations. — Tome I. Caractère. Milieu. Constitution.. J-B. Baillière et Fils, Paris, 1950.
- Charles Bettelheim. — Bilan de l'Economie Française, 1919-1946. — Presses Universitaires de France, 1947.
- The World Of Learning, 3e édition, 1950. London, Europa Publications L.T.D.
- Jean-C. Filloux. — Psychologie des animaux. — Collection « Que Sais-je ? ». Presses Universitaires de France, 1950.
- Jean Delay. — L'Electricité Cérébrala. — « Que Sais-je », Presses Universitaires de France, 1950.
- Jean Rudel. — Technique de la Peinture. — « Que Sais-je ? », Presses Universitaires de France, 1950.
- Jean Campredon. — Industries et commerce du bois. — « Que Sais-je ? », Presses Universitaires de France, 1950.
- Louis Mounier. — A la découverte dà l'Orientation Professionnelle. — Les Editions Ouvrières, Paris.
- Louis Mounier. — Pratique de l'Orientation Professionnelle. — Les Editions Ouvrières, Paris.
- Sherman Tinkelman. — Difficulty Prédiction of Test It»ms. — New-York, 1947.
- Henri Baruk. — Précis de Psychiatrie. — Collection de Précis Médicaux, Masson et Cie, 1950.
- Mme Roudinesco et Dr Micheline Guiton. — Le Développement de l'Enfant (Manuel d’instructions pour l’application des tests du Pr. Arnold Gesell). — Presses Universitaires de France, 1950.
- Gaston Berger. — Traité pratique d'analyse du caractère. - Presses Universitaires de France, 1950.
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- TABLE DES MATIÈRES
- Tome VI de la deuxième série (1950)
- ARTICLES
- Bernfeld (J.) : Pour un examen endocrinien systématisé en orientation professionnelle. — N° 3-4, p. 40.
- François (Lieutenant) : Essai d’application de tests sur les recrues d’Afrique noire. — N° 1-2, p. 4.
- Malespine (E.) : De la vitesse d’écriture. — N° 3-4, p. 33.
- Noël, Quintard et Perréal et Wilkomirsky : Enquête sur les goûts professionnels des enfants. — N° 5-6, p.. 65.
- Pelage (S.) et Plattard (G.) : Eléments d’enquête psychologique dans un groupe de jeunes parachutistes. — N° 7-8, p. 97.
- Perréal, Wilkomirsky (Mme), Noël et Quintard : Les goûts professionnels des enfants. — N° 5-6, p. 65.
- Piéron (Henri) : Réflexions sur l’enquête pour le contrôle de l’orientation professionnelle. — N° 1-2, p. 1.
- Plattard (G.) et Pelage (S.) : Eléments d’enquête psychologique dans un groupe de jeunes parachutistes. — N° 7-8, p. 97.
- Quintard, Perréal, Wilkomirsky (Mme) et Noël : Les goûts professionnels des enfants. — N° 5-6, p. 65.
- Romier (P.) : Goût professionnel. — N° 9-10, p. 129 ; N° 11-12, p. 163.
- Wilkomirsky (Mme), Noël, Quintard et Perréal ; Enquête sur les goûts professionnels des enfants. — N° 5-6, p. 65.
- Vexliard (A. : Ce qu’il faut savoir sur le chômage ou pourquoi les statistiques de chômage sont fausses. — N° 11-12, p. 173.
- Vexliard (A.) ; Usines sans personnel. — N° 1-2, p. 10,
- NOTES ET DOCUMENTS
- Alexander. — Résultats du transfert èn 2e ordre du facteur général pour les données d’Alexander. — N° 7-8, p. 105.
- Actualité scientifique en O. P. — Problèmes fondamentaux et actualité scientifique en Orientation Professionnelle. — N° 11-12, P-
- Analyse factorielle. — Une analyse factorielle à quatre niveaux d’âge de l’échelle Stanford-Rinet. — N° 5-6, p. 78.
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- Analyse factorielle. — Une confrontation de trois méthodes d’analyse factorielle. — N° 7-8, p. 106.
- Dévelpppement intellectuel. — Une étude « longitudinale » du développement intellectuel. — N° 9-10, p. 144.
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- Epileptiques. — La détermination du facteur de persévération chez les épileptiques. — N° 3-4, p. 49.
- Epreuve du « khi carré ». — Usage et mésusage de l’épreuve du « khi carré. — N° 1-2, p. 16.
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- Etude « Longitudinale ». — Une étude « Longitudinale » du développement intellectuel. — N° 9-10, p.. 144-145.
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- Fréquence. — La fréquence, suivant l’âge, des surdités partielles. — N° 9-10, p. 142.
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- Khi carré. — Usage et mésusage de l’épreuve du « khi carré ». — N° 1-2, p. 16.
- Papillottement visuel — Seuil de fusion dans le papillottement visuel et intelligence. — N° 9-10, p. 141.
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- Problèmes fondamentaux en O. P. — Problèmes fondamentaux et actualité scientifique en O. P. — N° 11-12, p. 175.
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