Bulletin de l'Institut national d'orientation professionnelle
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- La Formation du Psychologue
- Lextension des applications de la psychologie pose de façon à particulièrement aiguë le problème de la formation du psychologue.
- Ce problème est débattu en Angleterre et aux Etats-Unis, et il a été évoqué au Congrès de Psychotechnique de Berne de 1949.
- Il nous a semblé intéressant de recueillir les opinions d’un certain nombre de psychologues français choisis parmi les plus représentatifs.
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- Nous sommes heureux de pouvoir vous annoncer les articles de :
- H. PIÉRON, professeur au Collège de France, qui, dans ce numéro, introduit l’enquête.
- D. LAGACHE, professeur à la Sorbonne, qui traitera de «La formation du psychologue clinicien». (TV0 Mars-Avril).
- S. P AC AU D, Chef de Travaux à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes. Chargée de conférences à l’Institut de Psychologie de l’Université de Paris : « La formation du psychologue industriel. » (7V® Mai-Juin).
- P. FRAISSE, professeur à l’Tnstitut de Psychologie ; «La formation du chercheur. » (TV0 de Juillet-Août).
- R. ZAZZQ, directeur adjoint du Laboratoire de Psycho-biologie de l'Enfant de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes : « La formation du psychologue scolaire. » (TV0 de Septembre-Octobre).
- C. BENASSY-CHAUFFARD, secrétaire générale de VJ. TV. O. P. : «La formation du Conseiller d'Orientation Professionnelle. » (TVÜ Novembre-Décembre).
- Nous essaierons, dans le numéro de Novembre-Décembre, de dégager les points communs de ces réponses et de les confronter avec les opinions des psychologues étrangers.
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- LA FORMATION DU PSYCHOLOGUE
- I. — INTRODUCTION
- par H. PIÉRON
- Quand les applications de la Psychologie commencèrent à se répandre en France, au début de ce siècle, on fut amené, dans certains milieux industriels, à rechercher des techniciens aptes à jouer leur rôle dans la nouvelle branche ; mais où les trouver ? La Psychologie figurait dans les programmes de la licence de philosophie ; dès lors certains pensèrent qu’il leur suffirait de s’adresser à des licenciés pourvus de ce diplôme. Les résultats pratiques se montrèrent naturellement désastreux, et des expériences hâtives et malheureuses ne furent pas sans jouer un rôle important dans le discrédit qui se répandit à cette époque en France sur la valeur pratique de la psychologie.
- Pour faire de la Psychotechnique, il fallait des psychotechniciens , et pour avoir des psychotechniciens il fallait assurer un enseignement à la Psychotechnique. Sitôt achevée la première guerre mondiale, ce fut un de mes soucis majeurs, en relation avec le problème du développement général de la Psychologie scientifique. Grâce aux efforts de l’administrateur Louis Liard, logicien devenu directeur de l’Enseignement supérieur, puis recteur de l’Académie de Paris, le principe des Instituts d’U-niversité autonomes, échappant au cadre étroit des Facultés, et ouverts aux grands Etablissements scientifiques ne relevant pas de l’Université, avait été établi par une loi. Je demandai aussitôt la création auprès de l’Université de Paris d’un Institut de Psychologie commun aux Facultés des Lettres et des Sciences, et, avec l’appui de Georges Dumas et d’Etienne Rabaud, le Conseil de l’Université prit une décision favorable. La création fut approuvée par le Ministre, aussitôt que les décrets d’application relatifs à l’Institution nouvelle parurent à Y Officiel.
- Dans cet Institut, le premier en France des Instituts d’Université, dont j’ai depuis trente ans assuré la gestion, je fis établir immédiatement une section spéciale de Psychologie appliquée, et je chargeai de l’enseignement pratique mon ami J.-M. Lahy, que j’avais connu au Laboratoire de Psychologie expérimentale de l’Ecole des Hautes Etudes dirigé à Villejuif
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- par Ed. Toulouse, et qui m’y avait succédé quand m’avait été confiée la succession d’Alfred Binet au Laboratoire de la Sorbonne, en 1912. Je pus, un peu plus tard, comme membre du Comité de Direction de la Section des Sciences naturelles de l’Ecole des Hautes Etudes, faire créer pour lui un Laboratoire autonome de Psychologie appliquée où purent être assurés les travaux pratiques de l’Institut de Psychologie relevant de cette Section. v
- Après quelques années, j’obtins la création d’un titre supérieur, celui d’expert psychotechnicien de l’Université de Paris.
- C’est ainsi, que peu à peu, au voisinage d’un enseignement de psychologie scientifique enfin fondé sur le Laboratoire, des psychotechniciens purent recevoir une formation de base qu’il leur appartint ensuite de développer, tant par leur expérience personnelle sur le terrain de la pratique que par leur effort continu de documentation auquel la publication de VAnnée Psychologique apportait un appui essentiel.
- Dans les buts de la section de Psychologie appliquée de l’Institut figurait l’orientation professionnelle. Mais celle-ci, si elle exige une forte base psychologique, nécessité bien davantage. Et c’est pour répondre aux besoins de l’O. P. qui s’organisait en France sur l’initiative de Léon Labbé, directeur de l’Enseignement Technique, s’appuyant sur la collaboration de Julien Fon-tègne, que je réclamai l’institution d’un organisme pour la formation des conseillers. J’obtins satisfaction après quelques années, et je fis appel à Julien Fontègne et au physiologiste Henri Laugier, pour assurer la direction scientifique de l’Institut national d’O. P., dont Léon Labbé présida initialement le Conseil d’Administration. La formation psychologique fut assurée en étroite parenté avec l’Institut de Psychologie. Mon regretté collaborateur Marcel François, qui assurait à la Sorbonne les travaux pratiques, s’en chargea également pour les futurs orienteurs, et les deux Instituts ont toujours eu des élèves communs.
- Il y avait là une formation voisine de deux catégories de spécialistes. Et cela a suscité à diverses reprises des projets d’unification, qui pouvaient à une vue superficielle paraître séduisants, mais qui, pouf de multiples raisons, tant théoriques que pratiques, n’étaient pas recevables.
- Mais actuellement, sur le terrain limité des spécialisations d’applications psychologiques, des problèmes nouveaux se posent.
- La création imminente d’un diplôme d’Etat de Psychotechnicien — qui ne sera pas exigé comme l’est celui de Conseiller d’O. P., mais qui donnera des garanties de compétence rendues nécessaires par. la multiplication des charlatans — en accord
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- avec les vœux émis par l’Association internationale de Psychotechnique de Berne en 1949, implique une formation plus complète, appuyée de stages industriels, dont l’organisation doit être maintenant envisagée.
- Et de nouvelles professions se sont organisées qui n’avaient pas été initialement prévues.
- Pour les psychologues scolaires, éducateurs qui ont particulièrement à s’occuper des « enfants-problèmes », le Professeur Wallon, dans son Laboratoire de Psychobiologie de l’Enfant, assure leur formation après l’obtention du diplôme de Psychologie pédagogique de P Institut de Psychologie, et M. R. Zazzo a la responsabilité principale de leur éducation technique.
- Dans les services hospitaliers de psychiatrie, de neurologie, de psychochirurgie, le concours de psychologues, aides de clinique, s’avère de plus en plus nécessaire, et la nouvelle section de psychologie pathologique, à l’Institut de Psychologie, est de nature à assurer une préparation qui faisait jusqu’ici défaut.
- Peut-on modifier, compléter, rationaliser davantage ? Peut-on prévoir, pour les enquêtes d’opinion et la psychologie sociale, pour la psychologie judiciaire, d’autres spécialisations ? Ne faut-il pas envisager des degrés, des niveaux professionnels différents ? Entre des fonctions d’exécution, d’aide technique, et des rôles impliquant d’importantes responsabilités, les exigences ne peuvent être en effet les mêmes, tant pour l’intelligence et la culture que pour l’étendue et la précision des connaissances.
- Le Centre d’Etudes et de Recherches Psychologiques du Ministère du Travail forme des sélectionneurs, dont le niveau qui s’était montré fort insuffisant, a été nettement rehaussé,, mais sans pouvoir atteindre toutefois celui qu’on exigera des psychotechniciens d’industrie.
- Pour les besoins des établissements d’enfants anormaux ou d’éducation surveillée, on se préoccupe de préparer des collaborateurs à une tâche d’examens psychologiques, en un rôle toutefois subordonné, avec une situation matérielle et morale qui 11e permettrait pas de très grandes exigences.
- Si nous ne pouvons prévoir, dans un avenir immédiat, l’utilisation de milliers de spécialistes, comme aux U. S. A., l’&c-croissement des besoins donne cependant à tous ces problèmes de formation dans le domaine de la psychologie appliquée, une actualité qui justifie l’enquête ouverte dans les pages du Bulletin, à laquelle ces quelques lignes ne font qu’apporter une introduction de signification uniquement historique.
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- LA VIE DES C. O. P.
- Les Etudes de Tests par les Praticiens
- Nous sommes heureux de publier un travail qui nous a été envoyé par J. Dauvegis, du C.O.P. de Lille. Nous sommes certains que beaucoup d'étude\s de ce genre sont faites ou peuvent être faites dans les Centres d'O.P. Notre ambition serait de pouvoir publier périodiquement dans ce Bulletin, plusieurs études faites sur un même test, et de confronter leurs résultats. Nous ferons suivre ces publications de quelques lignes de commentaires et de critiques constructives qui, nous Vespérons, ne blesseront aucune susceptibilité d'auteur.
- Envoyez-nous donc vos travaux — surtout vos travaux de validation — sur les tests que< vous utilisez. N'ayez pas cette fausse opinion que vos études sont trop imparfaites, et que vous vous couvrirez de ridicule. Nous vous donnerons sur elles noire avis sincère, et nous les publierons si elles présentent un intérêt pour nos lecteurs.
- Le nom'bre> des tests utilisés dans les Centres n'est pas illimité. Nous pourrons rassembler sur chacun un important faisceau de renseignements, si nous acceptons de travailler en équipe.
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- * *
- VALIDITE DU TEST DE MOUVEMENTS CONJUGUES
- pat Jean DAUVEGIS
- Appareil
- (1)
- A l’aide de deux manettes se déplaçant suivant deux axes perpendiculaires, le sujet doit faire suivre à un pointeau la courbe qui apparaît en transparence sur la plaque supérieure. Sur cette plaque se fera le contact électrique servant à l’enregistrement des erreurs.
- En dessous, un volet reçoit le papier sur lequel viendra s’inscrire le tracé de la courbe suivie par le pointeau.
- (1) Etablissements P. Dufour, 5 et 7, rue Péan, Paris (xm®)
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- fÊÊÈ
- Epreuve
- Consigne : Comme au Tour Lahy, on montre au sujet comment on peut suivre la ligne jusqu’à la fin de la première oblique.
- Puis : « Tu dois suivre cette ligne d’un bout à l’autre le plus exactement possible, en restant bien au milieu. »
- L’épreuve est répétée 2 fois et chronométrée avec inscription graphique.
- Sujets
- Pris dans deux Centres d’Apprentissage de Lille.
- 1° Centre d’apprentissage Lomme : 1 section tôlerie, 1 section ajustage.
- 2° Centre d’apprentissage Fives : 1 section tôlerie. En tout 53 sujets.
- Ces sujets ont été classés sur le travail d’atelier par les contremaîtres en 5 points : Très bons, Bons, Moyens, Mauvais, Très mauvais.
- Notation de l’épreuve
- Les résultats ont été classés en une échelle qualitative en 5 points : Très bons, Bons, Moyens, Mauvais, Très mauvais. En cherchant à réaliser approximativement les proportions : 10 %, 20 %, 40 %, 20 %, 10 %.
- Cette classification n’est difficile que pour quelques sujets, la plupart des résultats se laissant aisément classer. On tient compte du tracé graphique en premier lieu, corrigé par jugement de l’amélioration en deux épreuves et la durée, une épreuve exécutée en un temps plus court étant jugée meilleure qu’une épreuve de tracé équivalent exéccutée plus lentement.
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- Résultats
- jugés
- au
- test
- jugés en atelier
- TB B X M TM
- T B
- M
- TM
- 1 0 • 3 0 0
- 2 3 4 0 0
- 1 4 12 6 3
- 0 0 3 4 2
- 0 0 2 2 1
- 26
- 24 12 6 53
- On constate que 21 sujets seulement sur 53 corrélent exactement pour les 2 jugements.
- Pour 23 sujets il y a 1 case d’écart.
- Pour 9 sujets il y a 2 cases d’écart.
- Il y a donc un risque d’erreurs important pour 9 sujets sur 53.
- Mais on se rend compte de la valeur pronostique du test en constatant qu’aucun sujet ne se place dans les cases où coïncident : M. TM. et B. TB.
- Il en résulte, et c’est quand même un résultat positif :
- 1° Qu’un sujet très bon ou bon au test, ne peut être mauvais ou très mauvais en atelier ;
- 2° Ou’un sujet mauvais ou très mauvais au test ne peut être bon ou très bon en atelier ;
- 3° Que la classification en 5 points est inutile et qu’une classification en 3 points : 30 — 40 — 30 donnerait les mêmes résultats (que penser alors d’un décilage ?)
- On aurait alors le tableau suivant :
- test
- classe
- B X M
- 6 7 0
- 5 12 9
- 0 5 9
- 11 24 18
- 13 26
- 14
- r calculé avec ^ de couiiiètou
- = .72
- 4° On ne peut rien dire des moyens, sinon qu’ils ont une chance sur deux d’être moyens en atelier. Il serait intéressant d’étudier
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- comment se répartissent ces moyens en complétant par d'autres tests manuels ou intellectuels.
- L’étude des corrélations entre la durée de l’épreuve et la notation de la rapidité n’a donné aucun résultat et ne permet aucun pronostic.
- Les avantages pratiques de ce test sont nombreux : l’absence de compteur d’erreurs permet de l’utiliser en déplacement. La passation exige un temps très court : de 3 à 5 minutes pour les 2 épreuves y compris les manipulations.
- La notation est très rapide : il sera nécessaire de constituer une échelle photographique reproduisant des types de bons, moyens, mauvais, qui pourront être reproduits à échelle réduite et facilement utilisables.
- Il est à noter que la dispersion des résultats est beaucoup plus grande chez les scolaires garçons et filles que chez les apprentis. Les plus mauvais de ces derniers, se classeraient parmi les moyens des scolaires. Y a-t-il influence d’une éducation manuelle et caractérielle (habitudes de précision) susceptible de modifier le résultat ? C’est ce que pourra nous apprendre le contrôle exercé l’an prochain sur les scolaires ayant passé le test et entrés en Centre d’Appren-tissage.
- Commentaire
- e sont ces études de validité analogues à celle de M. Dauvetgis
- qui constituent à notre avis, l'essentiel des travaux pouvant être faits dans les Centres d'O. P. Il est inévitable que chacune se limite à un petit nombre dc\ sujets. Il serait meme souhaitable que soient donnés séparément, les résultats correspondant à chaque groupe d'élèves appréciés par le même professeur. Mais, c'est seulement en combinant plusieurs de ces résultats partiels que nous pourrons arriver à avoir une> idée sur là valeur de nos tests.
- L'emploi du coefficient ennéachorique est indiqué dans ces conditions. Notons que ce coefficient doit, être utilisé dd préférence sur des variables divisant les sujets en trois groupes égaux, ce qui n'est pas le cas ici. Il est possible que la trop grande importance du groupe médian {24 sujets pour les notes scolaires, 26 sujets pour les notes au test, sur 53) ait amené une surestimation de la corrélation.
- Le point délicat dans l'expérience nous semble résider dans la notation. La suppression du compteur d'erreurs a certainement permis un allègement de l'appareillage. Mais il serait très important de savoir si deux notateurs différents, appréciant indépendamment une même série de tracés, les jugent de la même façon. La vérification, ici n'a pu être faite, mais elle mériterait tout à fait de l'être.
- L'échelle photographique de tracés bons, moyens, mauvais, donnant au correcteur une série de repères, s'impose. M. Dauvegis nous a envoyé la sienne, que nous ne pouvons bien entendu reproduire faute de place, mais dont la réalisation est très heureuse.
- L’I. N. O. P. dispose encore d’un certain nombre d'exemplaires du » Contrôle de l'O. P. ». Nous attirons l’attention de nos lecteurs sur cette intéressante brochure qui peut être utile à tous ceux qui ont à faire connaître l’O.P. au public.
- (En vente à l’L N. O. P- au prix de 200 francs)
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- LA VIE DU CENTRE DE RECHERCHES
- Essai de notation objective d’une pièce de couture dans un atelier de première année de centre d’apprentissage(1)
- par Monique PETIN
- out travail de validation de test et, d’une manière plus géné-
- J| raie, toute comparaison ayant pour but de « définir certains facteurs de variation efficaces en ce qui concerne les résultats obte-, nus en classe ou à l’atelier » (M, Reuchlin) pose le problème de l’appréciation objective de la réussite professionnelle.
- Ce problème a déjà été examiné dans différents rapports, entre autres : « La définition objective de la réussite » et dans la communication de M. Reuchlin au Ve Congrès National d’Orientation Professionnelle de septembre 1950. Ces rapports ont mis en évidence le fait que, pour le moment, le problème de la réussite professionnelle est insoluble : « La réussite d’un individu ne peut se définir que par rapport au groupe auquel il- appartient et n’a de sens que si ce groupe est suffisamment homogène pour admettre une commune échelle de valeurs » (M. Reuchlin). Il est inutile de montrer que ces conditions ne sont pas réalisées au niveau de la profession. Ce n’est guère qu’au niveau de l’école qu’on rencontre, au moins en partie, ces conditions d’homogénéité : horaires et programmes communs à chaque catégorie d’établissement, examens communs, formation des maîtres en principe identique. Il est donc nécessaire de limiter provisoirement le problème et de l’envisager dans le domaine où il se circonscrit le mieux, c’est-à-dire à l’école..
- Mais là, encore, en y regardant d’un peu près, les difficultés surgissent si on se sert des données fournies par l’école sur la réussite des élèves : la notation est souvent ambiguë, variable d’un professeur à l’autre, d’un Centre à l’autre, et rend impossible l’étude de groupes nombreux et homogènes, (Cf. BINOP janvier-février et mars-avril 1949).
- D’où la nécessité de mettre au point un système de notation qui permette l’appréciation objective du travail effectué.
- Dans le domaine de l’apprentissage féminin, un essai de notation
- (1) Nous adressons nos remerciements à MUe Rousseau, Mlle Touzart, jypnes Boulay, Chaugny, Crouzet, Gautron, Geneste et Prigniel qui nous ont apporté une aide précieuse pour ce travail. Nous remercions également Mme la Directrice du Collège Technique Elisa Lemonnier, et Mme la Directrice du C.A. rue Michelet, Asnières, qui nous ont permis de réaliser l’essai dans leurs établissements.
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- objective a été réalisé en 1949 dans deux centres d’apprentissage sur des élèves de première année couture.
- Le plan primitif de l’expérience était le suivant :
- 1° Mise au point d’une pièce d’étude faisant appel aux principales connaissances acquises au cours de l’apprentissage (en fait pendant les six premiers mois) ;
- 2° Exécution de cette pièce d’étude dans des conditions identiques de présentation, de temps et de moyens matériels.
- 3° Mise au point d’un barème de notation en collaboration avec les professeurs d’atelier et correction des tests d’après ce barème, chaque pièce étant corrigée par plusieurs professeurs ;
- 4° Examen critique des résultats du point de vue de l’homogénéité et comparaison avec les résultats scolaires.
- Mais, en fait, l’essai s’est déroulé un peu autrement, en raison des difficultés rencontrées, et dont nous allons parler.
- Pour la mise au point de l’épreuve, une commission a été réunie comprenant : deux Inspectrices de l’Enseignement Technique, deux •professeurs de couture de Centres d’Apprentissage, deux Conseillères d’Orientation Professionnelle. Le schéma d’une pièce fut établi et ronéotypé. Un matériel identique : cotonnade de deux tons et simili blanc devait être fourni à chaque sujet, qui devait également avoir à sa disposition : machine à coudre et matériel de repassage. La durée de l’épreuve fut fixée à quatre heures.
- Mais, lorsque le principe d’une notation analytique fut posé, il apparut que, dans leur ensemble, les techniciennes ne croyaient pas beaucoup à son efficacité, en particulier, l’Inspectrice qui avait mis au point le schéma de la pièce. Elle nous donna des indications sur l’importance à accorder aux différents éléments de la pièce pour le barème analytique, tout en prenant position pour la cotation globale. A ce moment, le problème se posait différemment : il fallait, au cours de l’expérience, prévoir l’étude critique des procédés habituels de notation pour en montrer l’insuffisance, le cas échéant.
- La pièce fut appliquée dans les conditions prévues dans deux centres d’apprentissage comptant quatre ateliers de première année (environ 80 élèves).
- Au cours d’une seconde réunion, les techniciennes essayèrent de corriger quelques pièces en utilisant le barème fixé à la précédente réunion. On constata des variations considérables d’un correcteur à l’autre : le barème n’était pas assez précis et, d’autre part, les techniciennes qui participaient à la réunion n’étaient pas habituées à des procédés .rigoureux de notation. D’où la décision d’éprouver, sur un échantillon de 28 pièces anonymes les deux modes de notation :
- 1° Les 28 pièces seraient corrigées séparément par les techniciennes, sans qu’aucune consigne leur soit donnée, avec les maxima et minima qu’elles emploient habituellement, en notation globale ;
- 2° Les mêmes pièces seraient notées séparément par des Conseillères d’O. P. déjà familiarisées avec les méthodes objectives, après un travail préliminaire destiné à préciser et à améliorer le barème fixé lors de la première réunion et en tenant compte des essais réalisés lors de la deuxième réunion.
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- Résultats
- Nous examinerons successivement les résultats donnés par la notation globale, par la notation analytique puis nous comparerons les deux notations.
- 1° Notation des « professionnelles ».
- Une analyse de la variance faite sur les huit séries de notes donne un F non significatif. On peut donc considérer ces huit séries comme des échantillons extraits d’un même ensemble, et, éventuellement, les combiner.
- Une étude des inter-corrélations (r de Bravais Pearson) montre une excellente cohérence des résultats sauf pour une des professionnelles dont la corrélation maxima est inférieure à la corrélation mi-nima du reste du tableau (chiffres encadrés) :
- Correc-
- trices
- n moyenne entre toutes les techniciennes est de .77. moyenne entre les techniciennes moins la correctrice
- pies étude détaillée de la correction du n° 9 (la seule technicienne qui travaille non pas dans un Centre d’apprentissage mais dans un Collège technique) on remarque que ce professeur est le seul a avoir donné une grande importance à la compréhension du travail exécuté : quatre élèves seulement sur 28 ont pensé à faire l’ourlet sur l’envers de la pièce et ce professeur a majoré leur note
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- en conséquence. Le Chef de travaux d’un des Centres d’apprentissage a également tenu compte de la compréhension mais sans que cet élément influe beaucoup sur les notes (1 point de majoration). Ainsi apparaît un aspect intéressant de la manière (T'apprécier l’exécution d’un même travail selon le niveau général auquel on se place : alors qu’en première année de Collège technique on demande déjà à l’élève une certaine initiative et la compréhension des tâches les plus simples, il semble qu’on se borne, dans les premières années de C. A. à une honnête exécution du détail et à une présentation soignée.
- Une autre constatation s’impose : sur 8 techniciennes, 4 seulement ont mis une note unique pour chaque pièce. Les autres, ont décomposé la note en 4 ou 5 éléments, tantôt les éléments mêmes de la pièce (boutonnière, bordé, etc,..) tantôt les qualités différentes requises pour la réussite de la pièce (application, compréhension, soin, etc...). Il doit donc être possible sans tomber dans les excès de la notation en 24 points, d’aboutir à une notation analytique qui satisfasse les professionnelles et en même temps rende possible l’utilisation statistique des résultats.
- Pour vérifier la fidélité de la notation des techniciennes, la série des 28 pièces a été remise en circulation pour une seconde notation, quatre mois après la première correction. Quatre séries de notes seulement ont été rassemblées. Les quatre coefficients de fidélité (p de Spearman) ont donné : .88, .94, .84, .70. Ce dernier coefficient, relativement faible, est celui du correcteur n° 9. Celle-ci a eu connaissance, entre la première et la seconde correction, des divergences entre sa façon de corriger et celle des autres techniciennes (parmi lesquelles un chef de travaux et une Inspectrice). Ceci peut peut-être suffire à expliquer la faiblesse relative de ce coefficient.
- 2° Notation des non techniciennes d’après le barème en 24 points.
- Ce barème a été mis au point d’après les indications données par* les techniciennes, par deux Conseillères d’Orientation professionnelle dont Mlle Pépin. Quelques pièces ont d’abord été corrigées et les divergences de notation ont été discutées et réduites. Pour l’évaluation des mesures, des tolérances ont été fixées après constatation des écarts que l’on rencontrait le plus souvent. Le barème une fois établi, chacune des deux Conseillères a corrigé les 28 pièces ; la corrélation entre les deux séries de notes étant de .92, on considéra le barème comme suffisant.
- En conséquence, il fut utilisé par quatre autres non techniciennes (une Conseillère d’O. P, et trois élèves de deuxième année de l’I.N. O.P.), pour la correction des 28 pièces.
- Une analyse de variance Sur les cinq séries de notes a donné un F significatif à 1 % (1). Après élimination de la série perturbatrice, un nouveau calcul de F a montré que la combinaison des quatre séries qui restaient était possible. La corrélation moyenne de ces quatre séries est de .79 ; elle est pratiquement' égale à la corrélation moyenne des techniciennes .82. Ce résultat peut être considéré
- (1) Une série de notes se révélaient hétérogènes à l'ensemble. Cette série provenait dJune correctrice qui, n'ayant pas eu l'occasion de suivre l'expérience en cours, n'avait pas attaché assez d'importance à la stricte application du barème, et avait pris sur elle de ne pas tenir compte des indications de tolérances.
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- comme satisfaisant étant données les conditions dans lesquelles s’est faite la notation :
- a) le barème nTétait pas encore assez précis ;
- b) les correctrices ne se sont pratiquement pas concertées sur la façon d’appliqiier le barème et de remédier à ses insuffisances : on a simplement remis les pièces et le barème avec un double décimètre à la correctrice sans autre commentaire ;
- c) les correctrices étaient des « profanes » et ne pouvaient prétendre rivaliser avec les professionnelles sauf pour la bonne volonté.
- 3° Validation de la notaLion des non techniciennes d’après le barème en 24 points (moyenne des 4 notes).
- On a pris comme base de référence le classement moyen des huit techniciennes considéré comme classement idéal. La corrélation donne .88.
- Conclusions
- 1° La notation des professeurs de couture s’est révélée très valable mais :
- à) Elle ne s’est faite que sur 28 pièces ; elle aurait été sans doute moins valable sur un plus grand nombre de pièces. En effet, le professeur qui note une série de pièces peu importante compare les pièces les unes aux autres, les range déjà par ordre de mérite, sur la vue de l’ensemble. Puis la notation proprement dite commence, ou chaque pièce est reprise et étudiée plus finement. Il est évident que ce procédé, qui donne d’excellents résultats quand le nombre de pièces est petit, ne peut être appliqué en grand.
- b) Sur 8 professeurs 4 emploient pour eux-mêmes une note composée, ils en ont donc ressenti la nécessité. Il y a déjà là matière à une collaboration fructueuse.
- 2° La notation analytique, à une exception près, s’est révélée aussi cohérente que la notation globale, et assez valide, et pourtant : ù) le barème n’était pas au point ;
- b) il n’y avait pas eu accord préalable entre les correctrices.
- De plus, il est probable qu’appliquée à une série très nombreuse de pièces les notes seraient restées aussi satisfaisantes puisque la difficulté de notation d’une pièce n’est pas influencée par le nombre de pièces de l’ensemble à noter.
- ----------------- NOTRE ENQUÊTE -------------------------------------
- • A qui s’adresse le B. I. N. O. P. ? Dans quel milieu doit-il faire un
- effort de diffusion ?
- • Que souhaitez-vous trouver dans le B. I. N. O. P. ? Quelles diffi-
- cultés, parmi celles que vous rencontrez dans votre travail professionnel de tous les jours, pourrait-il vous aider à résoudre? Quel genre d'informations plus générales désirez-vous qu'il apporte ?
- • A quelles catégories de collaborateurs désirez-vous qu’il fasse appel
- (éducateurs, industriels, Conseillers d’O. P., autres psychologues praticiens, chercheurs, professeurs).
- • Avez-vous des suggestions à faire quant à la présentation matérielle ?
- Nous serions heureux de recueillir vos critiques et suggestions
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- * NOTES ET DOCUMENTS
- A propos d’un “ Sondage
- «
- par M. REUCHLIN
- Nous avons lu avec un vif intérêt le numéro d’été 1950 de Sondages, l’organe de l’Institut Français d’Opinion publique. On y rapporte les résultats d’une- enquête faite en novembre 1949 par cet Institut sur le thème « l’Enseignement en France ».
- L’enquête est introduite par M. J. Sarrailh, Recteur de- l’Université de Paris, qui en souligne l’actualité et en quelque sorte l’intérêt pratique. M. Sarrailh évoque en effet, la suite des efforts accomplis depuis la Libération en vue de la réforme de l’Enseignement, des travaux de la Commission Langevin-Wallon jusqu’à ceux de la Commission actuellement présidée par M. Paul Boncour. Et il ajoute : « Cette excellente enquête doit rendre de grands services à ceux qui ont la charge de diriger l’éducation nationale et qui en souhaitent le perfectionnement. Elle traduit, en effet, de manière lumineuse, les désirs du public et les besoins réels de la nation ».
- Ce sont ces perspectives utilisatrices effectives des résultats et la grande confiance qui semble leur être accordée, qui nous ont incités à examiner de près les fondements de ce travail.
- Il a porté sur les réponses fournies par 2.180 personnes « représentatives de diverses catégories sociologiques de la population » interrogées sur l’ensemble du territoire par les enquêteurs de l’I. F.O.P. Pour s’assurer que cet échantillon de 2.180 personnes est représentatif de la population française dans son ensemble l’I.F. O.P. s’est placé à différents points de vue, dans cette enquête, eomme dans les autres enquêtes qu’il a menées : il a vérifié que la proportion d’hommes et de femmes soit sensiblement la même dans l’échantillon et dans la population (en s’appuyant sur les chiffres du recensement de 1936) ; il a fait un contrôle analogue pour l’âge, la profession du chef de famille et le milieu économique et social.
- Ce contrôle a bien entendu le caractère approximatif et conventionnel qui est inévitable dans les travaux de ce genre, mais il est sans doute satisfaisant pour beaucoup de questions posées dans l’enquête, qui nous apporte ainsi des renseignements intéressants aussi bien sur certains états de fait comme par exemple lé nombre d’élèves par classe en France, d’après les indications des parents, que sur des aspirations telles que, par exemple, les intentions des parents d’élèves de l’Enseignement Primaire sur l’avenir de leurs enfants.
- Mais les facteurs contrôlés nous semblent tout à fait insuffisants en ce qui concerne un problème dont l’intérêt n’échappera à personne : celui de la comparaison de l’Enseignement public et de l’Enseignement libre. Cet intérêt est à juste titre souligné par les auteurs qui écrivent : « L’Etat pourra^!! dans les années à venir faire
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- face aux demandes d’entrée sans cesse accrues comme les écoles privées ? Ces dernières n’en viendront-elles pas à réclamer une subvention officielle, qui avait été établie par le Gouvernement de Vichy, et que la IVe République a supprimée ?» Et ils reproduisent les résultats déjà publiés dans Sondages du 15 février 1949, pages 44-45 aux questions : « Etes-vous partisan de la liberté de l’Enseignement ou l’Etat doit-il, à votre avis, être le seul à avoir des écoles ? » et « Etes-vous d’avis, ou n’êtes-vous pas d’avis que l’Etat subventionne les Ecoles libres ? »
- Les attitudes sont réparties en trois groupes selon les trois possibilités qui s’offrent : monopole d’Etat, liberté sans subvention, liberté et subvention. « Aucune tendance, concluent les auteurs, ne paraît susceptible de recueillir la majorité des suffrages ». Nous ne doutons pas que les chiffres rapportés correspondent bien aux attitudes dans les échantillons interrogés, mais nous ne pensons pas qu’on puisse affirmer que ces attitudes soient les mêmes dans la population. Autrement dit, le caractère représentatif de ces échantillons pour ces questions, nous paraît devoir être mis en doute. En effet, des facteurs qui de toute évidence sont liés aux réponses à ces questions, n’ont pas été contrôlés.
- Le premier de ces facteurs, qui tombe sous le sens, est celui qui classe les parents d’élèves en deux groupes : ceux dont les enfants fréquentent les établissements d’Enseignement public et ceux dont les enfants fréquentent les Etablissements d’Enseignement Libre. Il est bien certain que les parents usagers de l’Enseignement Libre sont, ipso facto, favorables à la liberté et à la subvention. La proportion des réponses favorables à la liberté et à la subvention est donc liée à la proportion de parents usagers de l’Enseignement Libre parmi ceux qui ont été interrogés. Pour que la proportion des réponses favorables à la liberté soit acceptable pour l’ensemble du pays, il faudrait que la proportion des parents usagers de l’Enseignement Libre soit la même dans l’échantillon et dans le pays. C’est-à-dire, d’après les chiffres des auteurs, que l’on ait interrogé environ, dans le premier degré 82 parents de l’Enseignement public contre 18 parents usagers de l’Enseignement Libre, et, dans le 2e degré 57 des uns pour 43 des autres.
- On pourrait également faire remarquer que l’appartenance politique ou syndicale des parents a de grandes chances d’être liée à leur attitude à l’égard du problème. Là aussi il serait bon, avant de considérer comme valables pour l’ensemble de la population les résultats obtenus sur l’échantillon, de vérifier que cet échantillon est représentatif de cette population du point de vue politique ou syndical.
- Ces facteurs ont-ils été contrôlés ? D’après les renseignements qui nous ont été aimablement fournis à l’I.F.O.P., il ne le semble pas. Il est à peine besoin de dire que l’argument selon lequel 1 échantillon étant représentatif pour l’âge, le sexe, la profession du chef de famille et le milieu économique, serait également, de façon automatique, représentatif pour tous les autres facteurs* ne tient pas. L’échantillon n’est évidemment représentatif que pour les facteurs contrôlés, ou pour les facteurs que l’on a de bonnes raisons — a priori ou empiriques — de considérer comme étroitement liés aux facteurs contrôlés.
- D’autre pari, nous concevons fort bien qu’il est naturellement
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- impossible de constituer un échantillon représentatif à tous les points de vue ou à un très grand nombre de points de vue. Mais il serait sans doute souhaitable que les questions posées au cours d’une enquête n’appellent pas des réponses manifestement liées de façon étroite à un facteur non contrôlé au cours de cette enquête. Il semble que cette précaution n’ait pas été prise ici et c’est particulièrement regrettable sur un point aussi lourd de conséquences que celui de la subvention par l’État de l’Enseignement libre.
- L’Ecole publique et l’Ecole privée sont comparées également à la page 55 de la même revue. La critique précédente ne vaut plus pour cette comparaison. En effet, on a comparé ici des pourcentages calculés à l’intérieur du groupe des parents usagers de l’Ecole Publique à d’autres pourcentages calculés à l’intérieur du groupe des parents usagers de l’Ecole privée. L’importance relative des deux groupes ne joue donc plus. Cette comparaison semble favorable à l’Ecole Privée sur plusieurs points. Par exemple, la proportion des parents jugeant favorablement les maîtres, ou contents des camarades de leur enfant, est plus forte chez les parents usagers de l’Ecole Privée que chez les parents usagers de l’Ecole Publique. Que penser de ce fait ? Les auteurs signalent, fort justement, que tous les jugements sur l’Ecole et le corps enseignant sont étroitement associés. « Il s’agit en définitive de deux tendances opposées, l’une favorable, l’autre défavorable à l’Ecole considérée ». Il faut alors remarquer que la plupart des parents qui envoient leur enfant à l’école privée ont une raison extra scolaire de juger favorablement, sous tous ses aspects, l’enseignement qu’on y donne : c’est la conscience d’appartenir au même milieu, et en général à la même Eglise que le personnel de l’Ecole. En effet, d’après la statistique générale de la France, 86,4 % des élèves de l’Enseignement secondaire libre fréquentent des écoles confessionnelles. Le caractère neutre au point de vue religieux et politique, de l’Enseignement donné à l’Ecole publique, supprime ce facteur d’accord entre parents et maîtres.
- La prédiction en psychologie clinique
- Pans son adresse présidentielle au Congrès annuel de la Cana-dian Psychological Association (Toronto, mai 1950), C. R. Myers a posé de façon intéressante le problème de la psychologie clinique. (Prédiction in clinical psychology, « Canadian Journal of psychology », 1950, 4, 97-108.
- La guerre a modifié largement la physionomie de la psychologie et les préoccupations des psychologues en Amérique du Nord. En particulier, est apparue de façon évidente une nouvelle profession, celle de psychologue clinicien. En 1950, un tiers des membres de l’Association exerce à temps complet cette activité, et quatre membres sur cinq y participent.
- Cette psychologie clinique a vu affluer vers elle bon nombre de psychologues ayant eu une formation antérieure dans une autre branche de la psychologie, et apportant à la discipline nouvelle les méthodes strictes qu’ils avaient apprises ailleurs. Aux Etats-Unis, immédiatement après la guerre, les psychologues cliniciens
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- furent réclamés partout avec une véritable fébrilité. En 1949, la nécessité de développer T« esprit de recherche » dans cette nouvelle branche de la psychologie apparut. (Conférence Boulder, août 1949).
- Le problème le plus urgent consiste à valider ses théories et ses techniques. Des conseils donnés d’après le simple bon sens ou par « intuition » ne seraient-ils pas aussi bons que ceux du psychologue clinicien ? La preuve doit en être donnée par la méthode utilisée systématiquement en psychologie appliquée : la vérification des prédictions faites. On se heurte ici à plusieurs difficultés. Tout d’abord l’atmosphère clinique, tournée davantage vers le service immédiat que vers une recherche à long terme. Mais on peut introduire en psychologie clinique la méthode scientifique, générale dont d’auteur rappelle les principes :
- 1° Hypothèse, formulée sur la base des renseignements déjà accumulés, et qui ne cherche qu’à être le « meilleur pari » ;
- 2° Prédiction qui doit être assez explicite pour pouvoir être vérifiée ultérieurement, et qui doit préciser sur quels éléments elle se fonde ;
- 3° Vérification, basée sur une observation soigneuse des faits.
- Le psychologue clinicien fait rarement des prédictions. Quand il en fait, il est rare qu’il les vérifie. Quand il essaie de les vérifier il s’aperçoit'souvent qu’elles étaient trop vagues pour soutenir le contrôle, et qu’on ne sait sur quoi elles reposent.
- Après avoir passé en revue quelques travaux de cofttrôle des prédictions, Myers se demande pourquoi ces travaux sont aussi rares. On considère la prédiction du comportement comme un but lointain, alors que c’est un moyen de contrôle immédiat. Ou bien on considère qu’une telle prédiction est impossible. D’autre part, nos méthodes statistiques s’appliquent aux groupes, non aux « cas ». Mais un symposium récent constitue un progrès sur ce point (Zubin, J., Symposium on statistics for the clinician, « Journal of clinical psy-chology », 1950, 6, 1-6).
- Quelques moyens de familiariser les étudiants avec l’idée de la prédiction sont donnés. Par exemple', on peut interrompre un interview enregistré et demander ce qui va se passer ensuite, ce quel l’interviewer demandera, ce que répondra le sujet ; la fin de l’enregistrement fournissant le moyen de contrôle.
- Voici donc les points essentiels, et évidents, que le clinicien ne doit pas oublier.
- (1) . La démarche : observer, faire une hypothèse, puis une prédiction, la vérifier, — doit être habituelle, et non pas utilisée exceptionnellement pour des recherches expresses.
- (2) . Une prédiction clinique doit s’appuyer sur quelque chose, non sur le hasard, ou l’« intuition ».
- (3) . La prédiction doit être formulée en termes assez clairs pour être contrôlables.
- (4:). Il est inutile de divulguer la prédiction. Elle doit seulement etre enregistrée pour permettre sa vérification ultérieure.
- (5) . Les prédictions non vérifiées par la suite sont inutiles.
- (6) . L’étude des erreurs est particulièrement utile.
- (7) . Intérêt des prédictions à court terme.
- M. R.
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- De l’animal à l’homme :
- Les origines du psychisme
- M. II. Piéron a fait, le 31 octobrei dernier, une conférence sous ce titre dans le cadre de la Seizième Semaine de Synthèse. Cette Semaine, organisée par le Centre international de Synthèse, portait sur le sujet suivant : A la recherche de la mentalité préhistorique. On trouvera ici le résumé de la conférence de M. Piéron.
- Si l’on compare l’homme civilisé et l’animal, un fossé immense semble exister entre eux. Pour essayer de combler ce fossé, on a tenté l’étude des peuplades primitives.
- Mais là, des difficultés insurmontables apparaissent. Beaucoup de ces peuplades primitives sont en voie de disparition (Australie, Terre de Feu) ; et celles qui existent encore (Amérique du Sud) ne se laissent pas approcher. On ne connaît guère mieux les tribus très peu civilisées comme celles des Guayaki, qui errent dans 'les forêts du Paraguay. Cependant, l’anthropologue Vellard a recueilli une fillette Guayaki de deux ans environ. Cette fillette a fait des études supérieures, appris plusieurs langues et remplit maintenant auprès de son père adoptif les fonctions d’assistante. Cet exemple met bien en lumière l’homogénéité constitutionnelle remarquable de l'Homo sapiens. Les différences considérables qui existent entre des groupes différents tiendraient uniquement à des acquisitions inégales.
- Du point de vue constitutionnel, des intermédiaires ont existé inconstestablement, au cours de la préhistoire, entre les Anthropoïdes et YHomo sapiens. L’espèce des Pré Hominidés (Pithécantrope, Sinanthrope, Africanthrope) et celle de l’Homme de Néanderthal ont révélé leur existence grâce aux squelettes qui ont été découverts. La capacité crânienne de ces squelettes a été étudiée. Si elle n’est que de 600 cm3 chez le Gorille actuel, l’homme de la Chapelle aux Saints a un crâne de 1600 cm3. Il est vrai que c’était probablement un individu supérieur à la moyenne1 de ses contemporains, moyenne qui semble s’établir, d’après d’autres découvertes, autour de 1450 cm3. C’est la capacité des Australiens primitifs actuels, alors que celle du Parisien moyen est de 1550 cm3. On voit donc que, dès le Néanderthal, le crâne humain a son volume actuel. Pour trouver des intermédiaires entre Anthropoïde et Homo sapiens, il faut remonter aux Préhominidés, chez lesquels on trouve des crânes de 1000 cm3.
- 11 est vrai que nous ne connaissons pas d’œuvres provenant de Préhominidés. Faut-il voir dans l’apparition des premières œuvres humaines, les grossiers coups de poing de l’Homme du Néanderthal, la trace de l’apparition du psychisme humain ? Ce qui est important, c’est de constater dès le Pléistocène supérieur, la présence d’ivoires gravés, témoins d’une technique trop complexe pour n’être pas le résultat d’une transmission de découvertes individuelles. C’est cette transmission qui constitue le fait essentiel.
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- Que seraient des enfants humains qui n’àuraient pas bénéficié de cette transmission ? C’est très difficile à dire. Nous connaissons une vingtaine de cas d’enfants élevés par des animaux (ourses, louves, ou même léopard). Nous savons seulement que, si la première enfance s’est écoulée sans que les acquisitions fondamentales (en particulier le langage) aient pu se faire, il est trop tard ensuite, et le déficit est irrécupérable.
- L’impossibilité où nous nous trouvons de faire le départ entre l’inné et l’acquis a rendu difficile la comparaison que l’on a tentée entre l’homme et l’animal.
- Dans le domaine des perceptions sensorielles, rien ne révèle une infériorité de l’animal sur l’homme, bien au contraire. La sensibilité tactile de la Patelle recherchant son habitat est au moins égale à celle de l’homme. La sensibilité vibratoire de la Blatte est de l’ordre du dix millième de micron (moins que la dimension d’une molécule !) tandis que celle de l’homme n’est que du dixième de micron. La sensibilité de l’œil de l’animal est comparable à celle de l’homme qui atteint dans ce domaine le minimum possible. Mais l’Abeille voit dans l’ultra-violet, et l’acuité visuelle des oiseaux de proie est supérieure à la nôtre. Pour l’olfaction, de nombreux animaux sont mieux équipés que l’homme : une seule molécule de certains corps odorants secrétés par les femelles constitue un stimulus efficace pour le Papillon.
- Pour la mémoire, les Patelles n’en sont pas dépourvues, qui reviennent exactement à l’endroit du rocher d’où elles étaient parties pour aller pâturer les algues. Les fourmis savent également revenir à leur nid. Entre les anthropoïdes et l’Homme, aucun fossé n’existe dans ce domaine.
- Dans celui de l’affectivité et des tendances, les tendances fondamentales pour le maintien de la vie de l’individu et de l’espèce existent nécessairement dès qu’existe la vie, qui s’éteindrait sans elles. Des tendances plus évoluées seraient-elles l’apanage de l’Homme ? Un singe et un enfant, élevés ensemble et de la même façon montrent la même capacité d’expression émotionnelle. Les Abeilles ont un comportement d’angoisse quand on les prive de leur reine. Le Crabe, attaché par une pince, devient capable d’autotomiser cette pince sous l’effet de l’émotion que lui cause une Pieuvre. Il en est de même de la Sauterelle menacée par une Mante.
- Si nous allons plus loin, et si nous atteignons le domaine des émotions artistiques, nous ne trouvons pas non plus de fossé entre YHomo e$theticus et l’animal. Il faut écarter des expériences suspectes faites sur des singes qui auraient réalisé spontanément des dessins comparables à ceux d’enfants de quatre ans. Mais la parade sexuelle fournit à beaucoup d’animaux l’occasion de faire, avec leurs moyens, œuvre d’art. On connaît la « roue » du paon, le chant et la danse des oiseaux, la ronde des scorpions. L’exemple le plus remarquable est sans doute celui de ces oiseaux de Nouvelle Guinée construisant avec des tiges de graminées une allée conduisant à la chambre nuptiale, allée qui sert de décor à la parade du mâle. Ces oiseaux choisissent avec soin la couleur des graminées qu’ils utilisent. Un naturaliste digne de confiance a vu les mâles peindre les tiges avec de la terre mouillée qu’ils prenaient dans leur bec. L’activité artistique, qui n’apparaît d’ailleurs pas chez YHomo sapiens avant le pléistocène supérieur, ne constitue donc pas un critère distinctif de l’espèce humaine.
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- Nous ne possédons guère d’observations nous permettant de comparer à l’animal l'Homo religiosus. On peut cependant faire remarquer que le chien domestique considère son maître comme un dieu tout puissant dont il peut espérer tous les miracles.
- Allons-nous arriver à caractériser l’intelligence humaine en considérant VHomo faber comme le voulait Bergson ? Nous trouvons en fait des instruments à des périodes très reculées, qui témoignent d’une technique transmise. Cette transmission seule constitue le caractère distinctif, car nous connaissons des animaux qui utilisent ou inventent des instruments. Les singes savent se servir de noix de coco pour lapider, certains arrivent à emmancher deux bambous pour atteindre un appât. Un cochon même a su utiliser une grille d’égout comme instrument. Mais la collectivité chimpanzé ou la collectivité cochon ne bénéficient pas de ces découvertes.
- La vie en société ne1 constitue pas non plus le propre de VHomo socius. Nous connaissons bien les sociétés animales, chez les insectes en particulier, ou la « tendance à persévérer dans l’être » se manifeste pour la collectivité et non pour l’individu. La fourmi, peureuse si elle est isolée, défend la fourmilière jusqu’à la mort. L’exemple des sociétés de castors est aussi très remarquable. Des hordes de chimpanzés, de gibbons, nous ne savons rien. Y a-t-il beaucoup de différence entre ces hordes et les hordes des hommes primitifs ? On peut en douter.
- On a cru voir dans le langage de VHomo loquens, dans la pensée conceptuelle, la logique des relations de VHomo Sapiens des caractères que les animaux ne possèdent pas.
- Quelque chose qui ressemble au langage semble bien exister cependant chez les abeilles. Une Abeille qui a trouvé du pollen le signale aux butineuses en dansant devant elles d’une certaine façon. Elle dansera autrement si elle a trouvé du nectar.
- D’autre part, des singes ont pu attacher à des jetons une signification symbolique quand ils eurent appris que ces jetons étaient échangeables contre de la nourriture ou pouvaient même « acheter » leur libération de la cage d’expérience. D’autres expériences, relatées par M. de Montpellier, tendraient à prouver qu’une certaine logique de relation est inaccessible aux animaux. Mais ces expériences seraient à reprendre avec des chimpanzés (elles n’ont porté que sur des macaques) et avec un nombre plus considérable de sujets, les différences individuelles étant trop larges pour qu’un échantillon très restreint puisse être représentatif.
- Cependant, aucun singe n’a pu imiter le langage humain, malgré que leurs organes périphériques de phonation soient suffisants pour le leur permettre. C’est le mécanisme nerveux central qui leur fait défaut, cette zone corticale qui, chez l’homme, occupe le tiers de l’hémisphère gauche chez les droitiers. Et c’est là finalement, dans ce développement considérable d’une masse cérébrale non utilisée pour les réflexes, le cortex, qu’il faut voir le caractère distinctif fondamental de VHomo sapiens. Permettant l’acquisition du langage, cette masse vierge a permis la transmission, donc l’accumulation d’une série d’inventions géniales, parmi lesquelles se place au premier plan la pensée conceptuelle, logique, que l’on doit considérer comme un caractère acquis.
- M. R.
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- Application des méthodes de tests mentaux à la psychiatrie clinique(1)
- M. Bleuler (Zurich) conclut, de ses recherches personnelles, qu’en Psychiatrie les tests « projectifs » mettent en lumière ce que les recherches cliniques permettent de constater, mais ils n’ajoutent rien d’essentiellement nouveau (tests de Rorschach, Jung, Murray, etc.).
- Dans l’exploration de contenus refoulés chez des sujets adultes, ils ne sont qu’un moyen parmi beaucoup d’autres plus importants. Chez l’enfant, par contre, ils sont un adjuvant indispensable et d’importance primordiale.
- Le diagnostic de la personnalité à l’aide des tests est trop peu sûr pour permettre des conclusions pratiques définitives dans chaque cas particulier. Surtout, ils ne servent pas à reconnaître l’importance pratique et sociale des particularités personnelles.
- Ils sont parfois utiles chez l’adulte pour rapprocher le malade du médecin en vue de la psychothérapie. S’étendant à des manifestations naturelles de l’enfant et en particulier à ses jeux, ils deviennent le principal instrument psychothérapeutique en psychiatrie infantile.
- En psychologie et en psycho-pathologie, les tests de projection ont une grande valeur pour vérifier le principe de l’intégralité et de la « Gestalt », et pour mettre en évidence différentes couches de la personnalité.
- Ils aident à reconnaître ce qui est sain dans le malade mental. Un risque leur est inhérent : se laisser entraîner à considérer certains résultats comme parfaitement objectifs et exacts, alors qu’ils sont en réalité entachés de subjectivisme..
- M. A. Guera (Madrid) étudie en particulier le test d’aperception thématique (T.A.T.) ou test projectif de Franck, basé sur le structural (primauté du structural sur l’élémentaire). L’auteur énumère les principaux travaux sur le sujet et procède à un examen du matériel du test d’après les caractéristiques propres des planches. Comme test projectif, le T.A.T. présente quelques caractéristiques d’origine reflétant une époque et une ambiance sociale déterminées. Il serait utile de donner à ces caractéristiques une plus grande adaptabilité aux divers groupes ' nationaux.
- L’auteur propose une cotation du test semblable à celle qui est employée dans le test de Rorschach et il explique le fondement rationnel de cette cotation.
- Le T.A.T. dans sa forme actuelle doit être considéré comme une méthode provisoire de travail, comme une étape de l’adaptation fonctionnelle des tests projectifs. La sélectivité de ceux-ci devra être perfectionnée si l’on veut obtenir des résultats comparables à ceux obtenus avec les tests d’efficience et la méthode d’analyse factorielle'.
- M. R. Nyssen (Bruxelles), après un court aperçu historique du
- (1) Nous remercions la « Presse Médicale » et plus particulièrement le Docteur Hesnard d'avoir bien voulu nous autoriser à reproduire cette analyse de certains rapports présentés au Congrès international de psychiatrie (Paris, 18-27 septembre 1950).
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- problème, fait la critique de la valeur métrique des tests d’intelligence et en particulier du Q.I. Il insiste sur le fait que les tests possèdent, à côté de leurs propriétés quantitatives, une valeur qualitative très appréciable : l’application du test, quel qu’il soit, crée une situation psychologique, constitue un stimulus cognitif et affectif, auquel le sujet réagira d’après ses capacités et sa structure intellectuelles et d’après ses dispositions et tendances affectives.
- Les méthodes de diagnostic de la débilité mentale et surtout de la déchéance menlale sont longuement discutées. Les nombreux obstacles limitatifs de la méthode dite de la « détérioration » n’infirment cependant pas son principe. De même, s’il paraît douteux que les épreuves conceptuelles présentent vraiment tous les avantages cliniques et en particulier la valeur diagnostique qu’on a souvent tendance à leur attribuer, il est toutefois incontestable que les tests de pensée conceptuelle caractéristiques sont d’une réelle utilité en clinique psychiatrique.
- L’auteur examine rapidement les méthodes d’examen de l’intelligence des aphasiques et des malades mentaux atteints de cécité, de surdité, ou de troubles moteurs..
- Il fait ressortir la relativité de la valeur opérationnelle des tests d’efficience intellectuelle ; il consacre de nombreuses pages à la valeur diagnostique de la dispersion (scattering) des résultats quantitatifs et en particulier de ceux obtenus par l’échelle de Wechsler-Bellevue ; il insiste sur la grande prudence que réclame rüsage de la dispersion des résultats dans le but diagnostique.
- A leur tour, les propriétés qualitatives des tests d’intelligence sont étudiées au point de vue diagnostique. A l’appui d’exemples ces propriétés qualitatives sont envisagées dans la débilité mentale, la détérioration organique, la leucotomie, l’épilepsie, la schizophrénie, la mélancolie, l’hypomanie, la psychopathie et la névropathie hyperémotives.
- L’auteur conseille, dans leur application, une grande prudence, car l’application psychiatrique de la méthode des tests, et même la méthode des tests tout court, sont encore, à beaucoup de points de vue, à leur phase expérimentale.
- M. P. Pichot (Paris) s’applique spécialement au problème de la mesure de la détérioration et de la débilité mentale, à propos duquel il expose les questions de validation empirique des mesures de l’intelligence, de l’étalonnage de ces tests, de leur validation par l’analyse factorielle, des « échelles de détérioration s basées sur un test de vocabulaire ou des batteries de tests.. Il étudie le diagnostic précoce de la débilité et la mesure des états de débilité très profonde'.
- Les progrès des méthodes de mesure de la détérioration mentale paraissent actuellement reposer sur deux points essentiels : une clarification de nos conceptions psychologiques concernant la nature de l’intelligence et des aptitudes cognitives et une amélioration technique des méthodes, liée elle-même à des possibilités matérielles suffisantes qui ne pourront être trouvées que dans une coordination des efforts des différents chercheurs.
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- Des Revues*
- Chaque article analysé est désigné par une triple référence : i° l’année, indiquée par le premier nombre. i° le Bulletin, par son numéro,
- ----- 3° l’ordre de présentation des articles. _____
- 51-1-1. — Une enquête nationale sur le niveau intellectuel des enfants d’âge scolaire.
- Population, juillet-septembre 1950, n° 3, p. 567-576.
- Cette étude porte sur 95.237 enfants examinés à l’aide du test mosaïque de Gille.
- 51-1-2. — Sur la constance du Q. I.
- G. L. Brown. — Journal of Educational Research 1950, 44, p. 151-153.
- 51 sujets ont été testés deux fois par l’auteur à douze ans d’intervalle. La première détermination a été faite à l’aide de la Stanford Révision du Binet, la seconde à l’aide soit de l’Army Alpha soit du Otis Higher Examination. La différence moyenne, exprimée en centièmes est de.3,88.
- 51-1-3. — L’évolution historique du problème des enfants doués.
- R. de Craecker, Revue Belge de Psychologie et de Pédagogie, 1950, 50, 53-62.
- 51-1-4. L’enfance inadaptée en Algérie.
- Sauvegarde de l'Enfance, 1950, 5, n° 8. Numéro spécial contenant les articles suivants : l’enfant musulman, par M. Farès ; la délinquance juvénile en Algérie, par le Docteur Porot et le Docteur Rouy-Amiot ; l’enfant algérien devant la loi et la justice pénale, par E.. Krief et G. Bourdon ; l’assistance à l’enfance inadaptée en Algérie, par S. Sutter ; la prostitution clandestine des mineures musulmanes en Algérie, par L. Co-nolien.
- ol-l-5. Evaluation du pourcentage d’enfants déficients d’après une enquete nationale.
- R. Gille, Le Cahier de l'Enfance inadaptée, 1950, n° 2, p. 8-17.
- Description de l’enquête commencée en 1943 et portant sur près de 100.000 enfants. Recherche d’un critère de déficience. Le nombre des retardés scolaires croît avec l’âge.
- 51-1-6. Les lectures clandestines de l’adolescent.
- R. Fricks, Revue Belge de Psychologie et de Pédagogie, 1950, 50, p. 63-76.
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- 51-1-7. — Connaissance des élèves au seuil de l’athénée.
- G. Maquet, R. Vandervelde, Revue Belge de Psychologie et de Pédagogie, 1950, 50, p. 77-82.
- Résultats d’une enquête auprès de 154 professeurs d’athénée sur ce que devraient savoir leurs nouveaux élèves, et sur ce qu’ils savent en fait.
- 51-1-8. — De nouvelles conditions de vie transforment une petite Indienne de l’âge de pierre, en assistante de laboratoire.
- Courrier de l'U.N.E.S.C.O., septembre 1950, Vol. III, n° 8,
- p. 8.
- On y trouvera une note sur une Indienne de deux ans, appartenant à une peuplade extrêmement primitive du Paraguay. Adoptée par un ethnologue français, elle est, à vingt ans, l’assistante de son père et fait de brillantes études. Cité dans le cadre de la lutte contre le racisme (déclaration sur le mythe du racisme, U.N.E.S.C.O., juillet 1950), cette note peut être versée au dossier des « Enfants Sauvages ».
- 51-1-9. — Le problème de la classification du personnel.
- R. L. Thorndike, Psychometrika, septembre 1950, Vol. 15, n° 3. 215-235.
- 51-1-10. — Prédiction des qualités nécessaires pour bénéficier d’une promotion.
- S. G. Dulsky et M. H. Krout, Personnel Psychology, 1950, Vol. 3, n° 3, p. 345-351.'
- S. G. Dulsky et M, H, Krout examinent dans quelle mesure les tests peuvent déceler chez les employés, ceux qui ont les qualités nécessaires pour bénéficier d’une promotion ou accéder à la maîtrise. Les résultats, de portée limitée, à cause du petit nombre des sujets, sont favorables à l’emploi des tests.
- 51-1-11. — Le travail dos femmes. — Inconvénients de la station debout prolongée.
- Docteur Marchand, Les Annales de la Médecine Sociale, septembre 1950, n° 81, p. 400-410.
- Le docteur Marchand donne notamment une « fiche de postes » relative aux exigences des postes de travail quant à la station debout, et une « fiche d’aptitudes dynamo-motrice » permettant l’estimation des individus à ce même point de vue.
- 51-1-12. — L’industrie américaine et le travail humain.
- G. Friedmann, Cahiers Internationaux de sociologie, 1950, Vol. 8, p. 40-71.
- G. Friedmann publie une étude sur l’industrie américaine et le facteur humain qui apporte des informations et des opinions intéressantes, en particulier sur le travail « à la chaîne ».
- 51-1-13. — Le rôle du psychologue social dans les entreprises et la prévention dans les accidents.
- J. Dora, Travail et Méthodes, septembre 1950, p. 36-38.
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- 51-1-14. — Mobilité sociale et dimension de la famille.
- M. Bresard, Population, juillet-septembre 1950, n° 3, pages 533-566.
- Cet article de M. Bresard porte sur la mobilité sociale en fonction de la dimension de la famille, avec, en annexe, des remarques intéressantes sur les niveaux de vie des différentes professions..
- 51-1-15. — L’ingénieur du Conservatoire des Arts et Métiers.
- L. Ragey, VEducation Nationale 1950, n° 31, 9.
- Le Directeur du Conservatoire des Arts et Métiers donne un schéma de l’évolution historique qui a conduit à l’institution de ce diplôme d’ingénieur ; il dit quel est l’esprit de la formation donnée aux candidats, et cite quelques exemples qui mettent en lumière l’importance de cette institution.
- 51-1-16. — La couleur sur les lietix de travail des entreprises industrielles.
- G. Coletta, Sec.uritas, 1950, 35, p. 97-105.
- Article bien documenté ne négligeant pas l’aspect psychologique du problème. Rapporte différents points de vue, donne des indications techniques assez détaillées. Illustrations en couleurs, bibliographie.
- 51-1-17. — La prédiction en psychologie clinique.
- C. R. Myers, Canadian Journal of Psychology, 1950, 4, p. 97-108.
- Adresse présidentielle au Congrès annuel de la Canadian Psijchological Association. Intéressante mise au point sur l’intérêt de l’expansion de la psychologie clinique, mais aussi sur les règles qu’elle doit suivre si elle ne veut pas sombrer dans le charlatanisme. En particulier, nécessité d’émettre des pronostics sous une forme telle qu’ils soient vérifiables, et nécessité de les vérifier.
- 51-1-18. — Etude du Rorschach sur les enfants doués.
- L N. Mensch, Journal of Exceptional Children, 1950, 17, p. 8-14.
- Revue de la littérature sur ce sujet. 50 travaux, la plupart postérieurs à 1940, sont cités, et l’auteur essaie d’en dégager les tendances générales.
- 51-1-19. — La validation expérimentale du test de Rorschach.
- A. L. Benton, British Journal of Medical Psychology, 1940, 23, p. 45-58.
- Après une revue des travaux consacrés à ce sujet, l’auteur conclut, après beaucoup d’autres, à la nécessité d’une grande prudence dans l’emploi du Rorschach, et au besoin de consa- v / crer à ce test des recherches nouvelles.
- 51-1-20. — Les réponses au Rorschach en liaison avec les intérêts professionnels et la satisfaction professionnelle.
- S. L. Kates, Psijchological Monographs, 1950, n° 309, p. 1-33.
- Kates soumet 100 employés de bureau à trois épreuves : un questionnaire sur la satisfaction professionnelle, le questionnaire d’intérêts de Strong et le test de Rorschach. Les relations entre ces trois estimations sont données et commentées.
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- 51-1-21. — Modifications de l’électroencéphalogramme provoquées par la vue des planches de Rorschach chez les névropathes.
- J. Faure, Revue de Neurologie, 1950, 82, 595-598. Les modifications bio-électriques rencontrées ont été en rapport avec la nature des réponses faites au test par le sujet examiné. Il y a eu correspondance entre les caractères bio-électriques qui ont suivi la vue d’une tache et la valeur affective que cette tache représentait pour le sujet.
- 51-1-22. — Le Rorschach en rapport avec l’évolution de l’électroencépha-logramme chez quelques enfants épileptiques.
- M. Z. Helman, Revue de Neurologie, 1950, 82, p. 599-601.
- Comparaisons des résultats au Rorschach, de l’examen clinique et de l’électroencéphalogramme sur trois cas.
- 51-1-23. — Le test d’élaboration de symboles S.E. T.
- J. Krout, Psgchological Monographs, 1950, 64, n° 4.
- On demande au sujet de compléter à sa guise 11 planches comportant quelques lignes et on lui pose des questions au sujet de son travail. L’auteur essaie d’établir la fidélité et la validité de cette nouvelle technique projective.
- 51-1-24. — Qualités créatrices.
- J. P. Guilford, The American psychologist, septembre 1950, Vol. 5, n° 9, p. 444-454.
- Guilford expose des conèeptions générales et un plan de travail au sujet d’une analyse des « qualités créatrices » (crea-tivity) dont il souligne à juste titre l’importance. Il dirige actuellement un travail expérimental sur ce problème.
- 51-1-25. — Etudes sur la psychologie des dessins d’enfants.
- F. L. Goodenough et D. H. Harris, Psgchological Bulletin, septembre 1950, vol. 47, n° 5, p. 369-433.
- Les auteurs ont rassemblé une large documentation sur les études relatives aux dessins d’enfants.
- 51-1-26. — Attitudes émotionnelles à l’égard de la famille chez des enfants normaux, neurotiques et délinquants.
- L. Jackson, The British Journal of Psgchoîogy, General Section, 1950, 41, pe 35-51.
- Description et reproduction d’un test consistant à présenter à l’enfant six dessins représentant des scènes familiales et de lui demander de raconter sur chacun une histoire. Ce test est appliqué par l’auteur à 110 sujets de six à douze ans, garçons et filles divisés en trois groupes : normaux, neurotiques, délinquants. La fréquence d’apparition de certaines interprétations est relevée, et des différences statistiquement significatives apparaissent entre les trois groupes pour beaucoup d’entre elles. Ce travail constitue un bon exemple d’étude expérimentale d’un test projectif.
- 51-1-27. — L’examen psychomoteur.
- E. Guilmain, Les Cahiers de l'Enfance inadaptée, 1950, n° 2, p. 19-24.
- Plan de l’examen psychomoteur dont l’auteur a décrit les
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- épreuves et le mode de cotation dans son livre Tests moteurs et tests psychomoteurs (Ed. Foyer Central d’Hygiène, Paris), feuille d’examen, exemple, conclusion.
- 51-1-28, — Mesure d’une performance psychomotrice complexe au moyen d’un test imprimé.
- L. S. Nesberg et K. U. Smith, Journal of Applied Psychology, 1950, 34, p. 309-312.
- Un test de temps de réaction à stimuli complexes est remplacé par un test imprimé reproduisant les mêmes situations. Les corrélations entre les deux tests sont, suivant les groupes,
- ' de 0,64 à 0,84.
- 51-1-29. — Analyse factorielle de tests et critères. - Une étude comparative sur 7.100 pilotes.
- W. B. Michael, Psychological Monographs, n° 298. 1949, I, p. 55.
- Analyse factorielle de deux batteries de tests très voisines appliquées à deux populations différentes d’aviateurs américains, composées, l’une de Noirs, l’autre de Blancs. Bien que diverses raisons empêchent des comparaisons strictes il semble que des différences apparaissent en ce qui concerne un facteur kinesthésique, présent seulement dans la population noire. Les critères de réussite sont inclus dans l’analyse.
- 51-1-30. — Changements dans la saturation en facteurs communs des tests dont la longueur est modifiée de façon homogène.
- J. P. Guilford, VY. B. Michael, Psychometrika, septembre 1950, Vol. 15, n° 3, p. 237-249.
- 51-1-31. — Une analyse par item du test de Ishihara.
- R. V. Pickford, The British Journal of Psychology, General Section, 1950, 41, p. 52, 62.
- Le test de vision chromatique de Ishihara, si largement utilisé, est étudié planche par planche. Toutes ces planches ne différencient pas également bien les normaux des anormaux. Une version abrégée, comprenant les planches les meilleures 1, 10, 11, 14, 15, 18, 23) est proposée. On insiste sur les limites de ce test et des tests de ce genre, qui ne permettent pas de distinguer les différents types d’anomalies.
- 51-1-32. — La fidélité des tests en temps limité. .
- H. Gulliksen, Psychometrika, septembre 1950, Vol. 15, n° 3, p. 259-269.
- 51-1-33. — Etude expérimentale des effets sur les données de l’analyse par questions d’un changement dans l’ordre des questions ou dans le temps accordé pour le test.
- W. G. Mot.lenkopf, Psychometrika, septembre 1950, Vol. 15, n° 3, p. 291-315.
- 51-1-34. — Facilité de lecture des tests utilisés habituellement.
- R. H. Johnson et G. L. Bond, Journal of Applied Psychology, 1950, 34, p. 319-324.
- La présentation matérielle de certains tests est telle que les sujets n’ayant pas une grande habitude de la lecture sont handicapés. Intérêt d’avoir des tests ne présentant pas cet inconvénient, qui fausse l’examen.
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- ... et des» Livres
- 51-1-35. — Des journées d’étude de médecine du travail.
- Se sont tenues à Saint-Dié et à Senones, les 26 et 27 mai 1950, et une plaquette contenant les exposés présentés vient d’être publiée. (Imprimerie Loos, St-Dié, Vosges). Nous signalerons celles qui nous paraissent présenter un intérêt plus direct, pour le Conseiller d’O.P. Le Docteur Fourcade a parlé de l’importance et de l’utilisation pratique des études de postes en médecine du travail. La fiche d’étude de postes donne le diagramme des aptitudes physiologiques minima nécessaires pour chaque poste. La fiche de travail résume les qualités physiologiques individuelles des ouvriers. L’orientation d’un ouvrier se fait en comparant la fiche de travail aux fiches d’étude des postes disponibles.
- Le Docteur Veltin et le Docteur Gauthier donnent une analyse des pd»stes de travail dans les entreprises de chaussures.
- Le Docteur Gillon, sous le titre « La composante biologique des salaires », décrit un procédé d’estimation de postes en fonction : de la formation professionnelle, d’une composante biologique (état de santé, et aptitudes physiques), d’une composante psychologique (caractère et aptitudes mentales).
- Le Docteur Gauthier et M, Boubel traitent du réemploi des « diminués physiques » dans l’état actuel du marché du travail.
- 51-1-36. — Le niveau intellectuel des enfants d’âge scolaire.
- Enquête nationale présentée par le Professeur G. Heuyer, le Professeur H. Piéron, Mme H. Piéron, et A, Sauvy. Institut National d’Etudes Démographiques. Travaux et Documents. Cahier n° 13, in-8° de 283 pages. P.U.F., Paris, 1950.
- Cet ouvrage, si attendu, nous apporte les résultats du dépouillement de l’enquête faite sur 97.737 enfants d’âge scolaire des écoles primaires françaises. Cette enquête, qui s’est déroulée de janvier à juillet 1944, se proposait à l’origine de recenser les élèves rencontrant des difficultés dans le domaine scolaire par suite d’un retard mental ou de troubles caractériels. Comme le travail de Binet, comme les travaux des psychologues américains de la première guerre mondiale, elle a largement dépassé son but et nous apporte des données du plus
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- haut intérêt sur les différences constatées suivant l’âge, le sexe, la résidence, le milieu socio-économique défini par la profession du père et suivant le nombre d’enfants dans là famille. 42 figures et graphiques illustrent cette documentation de façon particulièrement suggestive. Les auteurs, à très juste titre, soulignent la prudence avec laquelle doivent être interprétés ces résultats, et combien, en la matière, il faut se défier des prétendues évidences. Ne cédons pas à la tentation d’utiliser le terme trop général d’intelligence ; ne croyons pas non plus qu’on peut attribuer, à un seul facteur de variation, les différences constatées entre des groupes différents sur la base de ce facteur. Il y a dans ces domaines complexes des interactions multiples, et il n’est possible de dissocier la part qui revient à chaque facteur isolé qu’après une analyse statistique plus complexe que celle qui a été faite. D’ailleurs, les auteurs nous annoncent qu’une telle analyse est en cours, et nous en attendons les résultats avec impatience.
- Il n’est pas possible de donner une analyse détaillée d’un tel ouvrage. C’est une mine de documents, dont l’élaboration représente un travail énorme. Signalons en particulier que l’on y trouve des étalonnages multiples, et très sûrs, du test mosaïque de Gille, qui constitue pour les psychologues français un moyen de travail adapté de façon particulièrement précise.
- C’est un bel exemple des travaux considérables qui peuvent être ëffectués grâce au réseau des Conseillers d’O.P. et -des instituteurs. Il est à souligner que c’est grâce à leur aide qu’a pu être réalisée cette enquête soutenant aisément la comparaison avec les travaux étrangers dans ce domaine. Qu’ils en soient remerciés, ainsi que M. Gille qui a joué un rôle important dans cette remarquable réalisation.
- 51-1-37. — Planned Seeing.
- F. Bartlett, N. H. Mackworth, Air Ministry Air Publication 3.139 B. London, His magesty’s stationery office, 1950. In-8° de 76 p. •
- Cette plaquette contient deux études faites dans l’aviation militaire anglaise, au cours de la dernière guerre, sur des problèmes psychophysiologiques ou psychologiques relatifs à la vision.
- La première concerne la mise au point, d’une façon particulièrement précise, de l’organisation des « salles de contrôle » où sont rassemblés à chaque instant tous les renseignements relatifs aux opérations en cours et d’où partent les ordres. L’officier responsable a sous les yeux une très grande carte du secteur sur laquelle des aides déplacent, suivant les indications téléphoniques qui leur parviennent continuellement, des sym-
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- boles désignant les appareils ou les unités, amies ou ennemies, actuellement engagées. La visibilité de la carte, la clarté des symboles ont évidemment une grande importance, et c’est leur mise au point, précise qui a été demandée aux psychologues.
- La seconde étude a trait à l’entraînement, sous forme synthétique, des aviateurs ayant à effectuer le bombardement des grandes villes allemandes. Au cours de ces bombardements, ils devaient se répérer sur des « indicateurs de but » consistant en une série de taches colorées dont ils devaient apprécier le centre.
- 51-1-38. — La formation professionnelle du personnel de la Radio.
- M. Gorham.
- La formation professionnelle des journalistes.
- R. W, Desmond.
- La formation du bibliothécaire.
- J. P. Danton.
- Ces trois brochures publiées et diffusées par l’U.N'.E.S.C.O. ont été rédigées par des spécialistes anglais ou américains : M. Gorham appartient au Service de Télévision de la B.B.C. ; R. W. Desmond est Président de l’école de Journalisme de l’Université de Californie ; J. P. Danton est doyen de l’Ecole de Bibliothécaires de l’Université de Californie. Ce sont donc des techniciens des métiers envisagés, et l’aspect psychologique de leurs monographies est un peu négligé. Elles apportent néanmoins, sur ces métiers, une information d’ordre général pouvant présenter un certain intérêt.
- M. R.
- ETUDE DE €AS
- ous ce titre nous envisageons de faire paraître
- O dans ce Bulletin des études de cas, groupées autour de certains problèmes généraux comme par exemple «les épileptiques», «familles désunies», «les inadaptés», etc.
- Nous comptons sur la collaboration de ceux de nos lecteurs qui se sont particulièrement intéressés à ces problèmes.
- La première « Etude de cas » paraîtra dans le prochain numéro.
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- LIVRES ENTRÉS RÉCEMMENT A LA BIBLIOTHÈQUE
- Louisa Duss. — La méthode des fables en psychanalyse infantile. Collection Psyché. L’Arche Editeur, Paris, 1950.
- Etudes de Neuro-psycho-pathologie infantile. — 3e fascicule. Comité de l’enfance déficiente. 1, rue Molière, Marseille, 1950.
- Abbé Elie Gautier. — La dure existence clés paysans et des paysannes. Pourquoi les Bretons s'en vont. Editions Ouvrières, Paris, 1950.
- J. P., Guilford. — Fundamental statistics in Psychology and éducation. Second Edition. Mac Graw-Hill Book Cie, 1950, New-York, Toronto, London.
- Frédy Chapuis. — Le test du labyrinthe. Hans Huber, Editeur.
- Georges Friedmann. — Humanisme du travail et Humanités. Librairie Armand Colin.
- Georges Gurvitch. — La vocation actuelle de la sociologie. Presses Universitaires de France. 602 pages.
- J. Malméjac. — Médecinei de l'aviation. Masson et Cie. Paris, 333 pages.
- R. Davai. et G. T. Guilbaud. — La méthode de statistique. (première partie : statistique à un seul caractère. Fascicule 1. Statistique descriptive). Presses Universitaires de France. •36 pages.
- E. Stern. — Le test d'apercep-tion thématique de Murray (T.A. T.) Delachaux et Niestlé S. A. Neuchâtel, Paris, 154 pages.
- Dr P. R. Bize. — L'évolution psycho-physiologique de l'enfant. Presses Universitaires de France. 245 pages.
- Georges Davy. — Sociologues d'hier et d'aujoud'hui. Presses Universitaires de Franco. 249 pages.
- Paul Orieger. — L'intelligence et l'éducation intellectuelle. Investigations car acl ériologi-
- ques. P.U.F. 286 pages.
- W. H. Sheldon. — Les variétés de la constitution physique de l'homme. P.U.F. 382 pages.
- C. G. Jung. — Types psychologiques. Librairie de l’Université Georg. et Cie S. A. Genève. 510 pages.
- Karl Marx. — Le Capital. Livre Ier. Tome III. Paris, Editions Sociales. 373 pages.
- Klopfer and Kelley. — The Rorschach Technique. World book Company, New York.
- C. Spearman et Dr LL. Jones. — Iluman Hability. A continuation of tha Abilities of Man. London, Mac Millan, 1950.
- F. S. Freeman. — Theory and Practice of Psychological Tes-ting. Henry Holt, New-York, 1950.
- Romolo Appiciafuoco. — Som-mario di psychologia. Orsa Maggiore, Roma, 1950.
- Maurice Halbwachs. — La Mémoire collective. Presses Universitaires de France, 1950.
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- Henri Baruk et Maurice Bachet. — Le Test « Tsedek ». Le jugement moral et la délinquance. Presses Universitaires de France, 1950.
- Industrialisation et Technocratie, recueil publié sous la direction de Georges Gurvitch. Librairie Armand Colin, 1949.
- H. G. Eysenck. — Les dimensions de la personnalité. P.U. F. 314 pages.
- Roger Clausse. — V éducation par Radio scolaire. U.N.E.S. C.O. 72 pages.
- J. P. Daubon. — La formation du bibliothécaire. U. N’. E. S. C. O. 96 pages.
- Robert W. Desmond. — La formation professionnelle des journaliste'is. U.N.E.S. C.O.
- 104 pages.
- Maurice Gorham. — La formation professionnelle du personnel de la radio. U.N.E.S. C.O. 115 pages.
- Ph. E. Vernon et J. B. Parrey. Personnel Sélection in tho British Forces. Universily of London Press L.D.T. 324 p.
- Paul Maucorps. — Psychologie des mouvements sociaux. P. U.F. 126 pages.
- Dr Pierre Mabille. — La technique du test de village. Edité par la Revue de Morpho-physiologie humaine. 154 pages.
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- LA FORMATION DU PSYCHOLOGUE
- > Le Psychologue industriel
- par S. P AC AUD
- (PREMIÈRE PARTIE)
- (( C'est par la Science appliquée à l’industrie que les nations deviennent prospères ; car la science leur apporte non seulement la gloire, mais encore la richesse. » Charles Riciiet (Le Savant).
- Répondre à la question : é Comment doit être conçue la formation d’un psychologue industriel ? » oblige à préciser :
- 1° Quelles sont les techniques auxquelles il peut être appelé à avoir recours ;
- 2° Pour quels problèmes ces techniques seront indispensables.
- Ceci nous conduit à effectuer une sorte d’étude du travail dans notre propre métier, tâche évidemment très délicate et bout nous ne pouvons qu’esquisser ici les très grandes lignes.
- Trois objectifs essentiels s’offrent aux activités d’un psychologue industriel :
- A) L’analyse du travail ;
- B) La création de l’outil expérimental ;
- C) La vérification par l’étude de validité de l’efficacité des techniques employées.
- Cette schématisation, nécessaire pour la clarté de l'exposition, ne doit avoir rien de rigoureux. Au contraire, l’interaction entie les acti\ites visant ces objectifs et leur interpéné-ti ation permanente permet le contrôle constant et le perfectionnement de chacune d’elles.
- N°us commencerons donc par examiner les techniques qui peuvent intervenir dans la première de ces trois tâches du psychologue industriel.
- A. - L’analyse du travail
- J. M. Laliy disait déjà que vouloir appliquer les méthodes psychologiques à un problème industriel sans l’analyse préalable du travail auquel elles's’adressent «reviendrait à prescrire des médicaments à un malade sans l’avoir examiné ou encore à vouloir perfectionner une machine sans connaître, ni
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- sa construction, ni son fonctionnement)). «Nous nous élevons donc, disait-il, contre l’idée, malheureusement trop répandue, que la psychotechnique repose sur un ensemble de recettes très simples et faciles à appliquer... Faire de la psychotechnique c’est faire à tout instant de la recherche. » (1).
- Or, nous assistons aujourd’hui, précisément, à ce fait inquiétant que l’extension rapide des applications psychotechniques aboutit à l’abandon, par certains « psychotechniciens » de l’analyse du travail. En effet, cette analyse exigeant une connaissance de techniques psychologiques, psychophysiologiques et souvent physiologiques variées et étendues, la plupart des applicateurs s’en affranchissent en portant ainsi préjudice aussi bien à l’enrichissement des connaissances dans le domaine de la psychologie du travail qu’à l’efficacité du concours de la psychologie appliquée pour l’industrie qui l’utilise.
- Cependant, même les praticiens qui ne négligent pas cette partie fondamentale de notre métier ne lui donnent pas toujours toute l’ampleur désirable. L’une des raisons de ce fait tient à ce que l’enseignement de la psychologie appliquée n’est pas encore suffisamment unifié, élargi et systématisé. Arrivant d’horizons différents à l’enseignement fragmentaire de la psychotechnique, le technicien, lé physiologiste, le sociologue, le psychiatre, l’économiste ou l’administrateur, le psychologue enfin, emploient plus tard, pour l’analyse du travail, les techniques qui leur sont les plus familières du fait de leur formation antérieure.
- Ainsi le psychologue au passé de technicien s’engage généralement dans la voie de la « division parcellaire du travail » (De Laveleye), voie illustrée par les noms de Taylor et L. M. Gilbreth, et dans le domaine plus directement psychologique par ceux de grands ergologistes russes (A. K. Gastew, K. J. Sotonine, J. M. Bourdiansky, V. V. Sitnov), allemands (F. Giese, G. Lehmann, L. Ascher, E. Jokl), belges (P. Sollier, J. Drabs, E. Lobet, M. De Laet), anglais (Spielman et Wilson). Un praticien de cette catégorie se sert surtout de techniques chrono graphique s, chronométriques et cinématographiques.
- Parmi les psychologues au passé de physiologistes, certains attachent une importance primordiale aux postures du squelette et emploient de préférence, dans l’analyse du travail, les techniques anthropométriques (l’école italienne de Viola et de Pende, l’école russe de P. P. Diakonow, les travaux de E. ScKreider en France et de Kohlrausch en Allemagne). D’au-
- (1) J. M. Lahy : « Le premier laboratoire psychotechnique ferroviaire français au Chemin de fer du Nord. Le Trav. Hum. 1, 4, p. 411.
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- très, les plus nombreux, s’occupent surtout de l’influence du travail sur les phénomènes respiratoires et circulatoires, de son influence sur le métabolisme, sur les variations d’oxydo-réduction dans le muscle strié, etc... L’œuvre des cliercheurs groupés autour de Sotonine à l’Institut de l’Organisation Scientifique du travail à Kazan, autour d’Atzler au Kaiser-Wilhelm Institut für Arbeitsphysiologie, autour de C. Myers dirigeant autrefois l’industrial Health Besearch Board, transformé depuis en National Institute of Industrial Psychology à Londres actuellement sous la direction de O. Frisby, autour de Pàtrizi à l’Institut de Physiologie à Bologne, en France enfin, les travaux de la Commission de Physiologie du Travail sous la direction de Frois, les recherches d’Imbert, de Lahy, de Piéron, de Laugier, de leurs collaborateurs et élèves, témoignant de l’importance que les techniques ergométriques sphygmo et plethysmographiques, cjirdiographiques, spiro et eudiométri-ques, calorimétriques mit eu pour les études des métiers.
- Le psychotechnicien de formation sociologique se tourne pins volontiers vers l’analyse de la complexe trinité produçteur-produit-production ; il se préoccupe des facteurs de motivation, satisfaction ou ennui au travail, de l’influence sur l’individu, de l’atmosphère psychologique régnant dans la collectivité, des échanges entre le chef et le subordonné, entre les membres d’une équipe, entre les groupes professionnels. Qu’il nous soit permis de remarquer à ce sujet qu’un phénomène d’un grand intérêt n’a pas été, à notre sens, exploré assez à fond dans cet ordre d’idées, à savoir : la constitution de types professionnels. En effet, la pratique des métiers que personnellement nous avons été amenée à apprendre au cours de nombreuses analyses du travail nous a montré combien puissamment le port de vêtements professionnels uniformes, la nourriture standard dans la cantine, les chocs émotionnels identiques sur le lieu du travail, les loisirs en commun, les conversations sur le même thème, les dangers identiques dans un métier de sécurité, contribuent à la formation d’un type professionnel. Tous ces facteurs créent un langage non pas professionnel-type, mais professionnel-affectif, des véritables clichés de conduite affective et émotionnelle qui exercent sur la formation professionnelle une action bien plus efficace souvent que l’analogie de la formation professionnelle et la pratique proprement dite du même métier (1).
- (1) A propos de ce que nous appelons les « clichés de conduite affective et émotionnelle » nous ne pouvons pas nous empêcher d'évoquer ici la monographie du savant, dans laquelle nous avons puisé l’exergue de cet article et où Ch. Richet peint ces clichés avec autant de finesse d’observation que de spirituelle et tendre ironie. (Collection : Les Caractères de ce Temps. Ed. Hachette, Paris, 1923).
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- Les interactions entre ces différents types professionnels sur le lieu même du travail, par exemple, dans l’usine, entre l’ouvrier conducteur de véhicules et l’ouvrier piéton, dans les gares, entre les agents-traction (mécaniciens, chauffeurs) et les agents-exploitation (aiguilleurs), l’intégration de chaque type dans la vie extra-professionnelle, par exemple celle d’un village ou celle d’une cité, ou encore son intégration dans la vie familiale, voilà ce qui, à juste titre, peut attirer le psychologue au passé sociologique. Pour connaître les interactions entre tous ces facteurs et les facteurs de l’exercice du métier au sens strict du mot, le psychologue choisira de préférence les techniques de Ventretien, des enquêtes, de l’interview, du questionnaire. Les travaux de J. N. Spielrein, Bourdiansky, F. Baumgarten-Tramer, H. Lossagk, H. llupp, H. de Man, E. Schreider, Gemelli, N. Y. Bingliam, Di 11 Scott, Elton Mayo et E. Iv. Strong ont ouvert, en psychologie industrielle, la voie à cette branche de recherche qui paraît jouir actuellement d’une faveur particulière. Mentionnons parmi les travaux plus récents ceux de : J. C. Worthy, J. L. Humblet, C. A. Macé,
- N. Balcliin, E. Boorman, Strong, W. Raphaël, E. Trist,
- O. Bail, I. Lézine, J. R: Shannon et B. Sapira. Et dans cet ordre d’idées, l’œuvre monumentale qu’est actuellement en train d’accomplir G. Friedmann en France, quoiqu’ayant un caractère plus strictement sociologique, est bien trop proche des préoccupations du psychotechnicien pour ne pas être citée ici en tant que source de précieux enseignements.
- Cependant, cette orientation de l’analyse psychologique du métier, .si elle devenait exclusive, risquerait de cacher l’arbre par l’image de la forêt. Au psychotechnicien qui l’emploie seule, on peut objecter, en paraphrasant le célèbre passage de Holderlin dans Hypérion, passage cité souvent par les psychologues praticiens (1) : « Un artisan tu vois, mais non pas l’artisan, un jjenseur, mais non pas le penseur, un prêtre, mais non pas le prêtre... »
- Le psychologue de formation psychiatrique pêche par l’exeès opposé. Non seulement la psychologie de la collectivité dont fait partie l’individu l’intéresse peu, mais pour lui Vindividu masque l’homme. Indivisé, cas unique dans son intégrité globale, « l’individuum » est difficilement explicable par les lois générales ; il ne peut être compris que par la pénétration intuitive ; ou bien encore, il peut être décrit sur la base de ses manifestations provoquées grâce aux techniques de question-
- (1) « Des artisans tu vois, mais non pas des hommes, des penseurs mais non pas des hommes, des prêtres mais non pas des hommes, des seigneurs, des serfs, des adolescents et des gens rassis, mais non pas des hommes». Holderlin, Hypérion.
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- naircs et d’interrogatoires, et surtout grâce à la technique des tests projectifs.
- Aussi, à l’exclusion de ceux à tendance typologique, les psychologues de formation psychiatrique n’élaborent-ils pas des techniques d’analyse des métiers, puisque, selon eux, l’individu, ce complexe physio-psycho-socio-caractériel, réagira de toute manière par un mode unique et particulier aux stimuli du travail professionnel.
- Il en résulte que, quel que soit le métier pour lequel plus tard un tel psychotechnicien voudra choisir les travailleurs ou encore vers lequel il voudra les orienter, l’examen effectué sera toujours le même, et cet examen sera axé presque exclusivement sur l’observation du comportement caractériel. Cette tendance est représentée par l’école de Rorschach et par certains psychanalystes. La simplification de l’analyse des professions dans les écrits de ces psychologues-psychiatres est vraiment surprenante. Les correspondances établies par Szondi entre les types de tendances psychopathologiques et les groupes de professions est le meilleur exemple de cette simplifica-. tion à outrance.
- Le psychotechnicien économiste, administrateur ou juriste de formation recherche surtout les indices chiffrés caractéristiques d’un travail donné : taux et nature des accidents provoqués ou subis par les travailleurs ; taux comparatif par métier des congés pour maladies ; variations diurnes, nocturnes et saisonnières du rendement ; variations de la stabilité de la main-d’œuvre ; influence comparative par métier des primes, des salaires, de la participation aux bénéfices ; influence de la modification de l’outillage ; influence de la durée et de la nature de la formation professionnelle ; influence de l’apprentissage sur le rendement et sur la qualité de l’exécution ; influence de l’âge, du sexe, de la nationalité, etc...
- O. Lippmann, F. Giese, W. Y. Bingham, K. Marbe, Ch. Meyers ont été les initiateurs de cette branche de la psychologie industrielle. Celle-ci a connu depuis un vif succès surtout dans les pays anglo-saxons. En effet, les techniques statistiques appliquées à des éléments chiffrés convenablement choisis et rangés en une judicieuse ordonnance ouvrent souvent au psychologue des horizons insoupçonnés sur les problèmes ci-dessus mentionnés. Il suffit de rappeler les travaux de Greenwood et Woods, de Marbe, de Newbold, de C. S. Slo-combe et de W. Y. Bingham concernant le facteur humain dans les accidents du travail, ainsi que les recherches de J. M. Lahy et les nôtres sur le facteur individuel dans la prédisposition aux blessures fréquentes, pour se rendre compte de la fécondité de ces techniques dans les analyses du travail.
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- D’un autre côté les techniques statistiques appliquées à la méthode des tests contribuent aussi puissamment à l’analyse des professions. Grâce par exemple, aux étalonnages comparés de divers groupes professionnels, aux indices de différencia-tion entre ces groupes et l’échantillon «tout-venant)), grâce à l’analyse de la variance, aux corrélations et à l’analyse factorielle, ces techniques permettent quelquefois de mettre en évidence des ressemblances entre des métiers considérés comme tout à fait différents ou encore de montrer des différences entre des métiers réputés analogues. Elles sont ainsi susceptibles de conduire à une véritable classification objective des professions. Elles permettent également d’établir une sorte de hiérarchisation professionnelle à l’égard d’une fonction psychologique ou psychophysiologique déterminée. Dans le but précis de l’analyse du travail ont employé ces procédés en France : J. M. Lahy, R. Bonnardel et nous-même et, plus récemment J. M. Faverge et P. Goguelin. Mais c’est surtout R. Bonnardel qui a donné un essort à l’étude de métiers par la méthode des corrélations et de l’analyse factorielle.
- Il est évident que selon le problème, une technique peut a priori paraître au psychologue plus adéquate qu’une autre. Mais il est au moins aussi évident qu’en cette matière, comme partout ailleurs, il est dangereux de vouloir, au moyen d’une seule technique pénétrer un phénomène où les interactions de nombreux facteurs, différents aussi bien par leur nature que par le degré de leur intensité, varient au surplus dans la dimension temps. Chaque technique saisit l’activité humaine sous un aspect particulier ; jamais aucune d’elles ne s’avère suffisante à elle seule.
- En outre, lorsque les psychotechniciens, encouragés par la réussite de leurs réalisations, se sont attachés à des activités bien plus complexes que des efforts musculaires ou des opérations manuelles simples, ou encore que des opérations plus complexes mais automatisées, la majorité des techniques précédentes se sont avérées insuffisantes pour l’analyse du travail. C’est alors qu’a été élaborée la technique psychologique proprement dite, celle que les psychotechniciens russes appelèrent la « méthode active dans l’étude des professions » et à laquelle sont attachés dans tous les pays les noms les plus connus dans le domaine de la psychologie appliquée : Y. N. Spielrein, J. M. Lahy, W. Poppelreuter, F. Giese, n. Rupp, F. Bauingarten-Tramer, Gemelli, M. Ponzo.
- Pour notre part, nous avons toujours vivement défendu le principe de la méthode active. En effet, le psychologue ne doit pas se contenter de la description du travail. Il doit apprendre lui-même le métier. Les renseignements préliminaires, la des-
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- cription des opérations fournies par les techniciens, le témoignage des exécutants, pour indispensables qu’ils soient, portent en eux-mêmes des germes d’erreurs graves.
- Le technicien voit souvent l’outil du travail en constructeur et non en exécutant. Ces indications peuvent détourner inconsciemment l’attention du psychologue de difficultés essentielles, mais fréquemment non apparentes, dans l’enchaînement des opérations psychomotrices et mentales. L’exécutant, de son côté, non formé à l’auto-observation critique, met l’accent sur l’un ou l’autre des aspects du travail, selon que cet aspect lui paraît plus difficile, plus absorbant, plus fatigant, en relation avec le niveau de ses propres aptitudes. L’un et l’autre, ayant automatisé les opérations essentielles, ne fournissent au psychologue qu’un schéma du travail, schéma des actes sélectionnés par la tradition professionnelle et par l’expérience individuelle en tant qu’actes utiles. Or, et nous ne saurions trop insister sur cette notion, l’échec d’un individu dans son métier ne réside presque jamais dans le fait qu’il n’a pas pu apprendre des actes utiles, mais bien dans celui qu’il n’a pas su se débarrasser des actes inadaptés. Autrement dit, dans la chaîne des associations conduisant, soit à des opération motrices, soit à des opérations intellectuelles et mentales, se déclanchent, outre des associations sélectionnées par la formation professionnelle, d’autres, qui tout d’abord peuvent être fortuites, mais ensuite facilitées par la répétition, déterminent chez les exécutants des erreurs professionnelles (1).
- C’est précisément la nature de ces associations, le mécanisme de leur genèse ou de leur inhibition, le degré de facilité de leur automatisation ou le degré de difficulté de leur élimination, qui intéressent au premier chef le psychologue. Aussi la phase d’apprentissage du métier, la phase d’assimilation et d’automatisation des techniques professionnelles, devra-t-elle servir de base à toute analyse psychologique du travail.
- Cependant, il existe des situations où la pratique du métier n’est pas accessible au psychologue, par exemple dans la plupart des professions engageant directement la sécurité. Dans les cas de ce genre, le psychologue doit effectuer une sorte d’apprentissage par transposition mentale. Il observe le travail et apprend le métier indirectement sans toucher aux appareils de commande jusqu’au moment où il constate que chaque geste effectué par l’exécutant est le geste qu’il aurait fait lui-même et chaque décision prise par le travailleur est celle qu’il aurait prise à sa place. C’est pendant cette période d’ap-
- (1) Nous avons eu Foccasion d’illustrer cette assertion par des exemples précis dans une Conférence faite aux « Journées de Perfectionnement » organisées par l’Association Professionnelle des Psyclioteclmiciens Diplômés en 1947 à Paris.
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- prentissage que le psychologue utilise concurrement les trois techniques que voici :
- a) L’étude des gestes professionnels. — Mais ce n’est plus la recherche des opérations parcellaires ou des éléments ergo-logiques indécomposables. C’est une analyse de la coordination motrice en fonction des informations sensorielles ou en fonction de commandes intellectuelles. C’est une analyse de l’adaptation structurée sensori-motrice et idéo-motrice aux stimuli du travail professionnel ;
- h) L’auto-observation et l’introspection critique. — Cette technique d’investigation psychologique élaborée par O. Külpe, K. Marbe et N. Ach, pratiquée par H. Watt, C. O. Taylor, A. Messer, Karl et Charlotte Bttliler, O. Selz, K. Koffka et J. Lindworsky nous a beaucoup aidée dans les analyses que ‘nous avons personnellement effectuées pour rechercher les causes des fatites professionnelles. Nous croyons que, sans pour cela admettre les principes ontologiques défendus par l’Ecole de Würzbourg ni même discuter la doctrine psychologique de cette école, il y aurait intérêt à former le psychologue industriel à cette technique ;
- c) L’observation de nombreux exécutants travaillant dans les mêmes conditions et du même sujet travaillant dans des conditions différentes. — Chaque fois que les circonstances le lui permettent, le psychologue doit modifier les conditions ou l’ordre des opérations afin de se rendre compte des erreurs éventuelles que ces modifications sont susceptibles d’entraîner ;
- d) L’étude analytique et statistiques des fautes professionnelles au moyen de relevés des punitions. — Si de tels relevés n’existent pas, le psychologue doit constituer une documentation des fautes classées d’après leur nature. Ensuite, il procède à leur étude statistique sur deux groupes de travailleurs nombreux et bien définis : l’un composé des travailleurs considérés comme bons professionnellement, l’autre de travailleurs considérés comble moins bons. En effet, si les fautes commises par ces derniers peuvent être imputables à l’absence d’aptitudes nécessaires pour exercer le métier, celles que l’on retrouve avec une fréquence relativement comparable dans les deux groupes professionnels mettent en lumière les difficultés essentielles du métier.
- Telles sont les plus importantes techniques que le psychologue industriel doit pouvoir dominer en vue de l’analyse psychologique des professions.
- Nous examinerons prochainement la formation nécessaire pour conférer à ce psychologue la qualité d’un bon expérimentateur.
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- * NOTES ET DOCUMENTS
- RÉFLEXIONS SUR LE PROBLÈME DES « BIEN DOUÉS »
- par H. PIÉRON
- M. II. Piéron, ayant accepté d'écrire une préface au livra de M. de Craecker intitulé « Les enfants intellectuellement doués » (sous presse dans la Nouvelle Encyclopédie Pédagogique des Presses 'Universitaires) a bien voulu nous communiquer le texte de cette préface Nous sommes particulièrement heureux de publier cette contribution à un problème intéressant très directement les Conseillers d'Orientation Professionnelle.
- i *
- » * *
- Le livre de M. de Craecker, dédié à son maître, lie pédagogue belge bien connu Tobie Jonkheere, sera bien accueilli, car la question de l’élite est le plus important problème qui se posie sur le terrain scientifique de la psychologie différentielle, au point de vue des conséquences pédagogiques et sociales qui découlent du développement des sciences humaines.
- Grâce à un exposé très documenté, le lecteur se trouve renseigné de façon précise sur ce qui s’est fait pour le choix et l’éducation des enfants bien doués aux Etats-Unis, et en Allemagne, surtout dans l’organisation du nazisme — les méthodes employées en U. R. S. S. n’ayant pu, faute de données abordables assez précises, figurer dans cette revue —, et d’autre part, sur les résultats des îecherches scientifiques menées essentiellement aux U. S. A., en particulier dans la très belle enquête poursuivie pendant plus de 20 ans par Terman et ses collaborateurs.
- 5 Gans une mise au point prudente et sage, M. de Craecker indique 1 état des problèmes théoriques et pratiques qui continuent à se poser, des discussions qui se poursuivent toujours, enfin de l’orientation générale qui lui paraît se dessiner.
- Dans l’ensemble de ces questions particulièrement complexes, il me paraît utile c’iest là le rôle que peut jouer un préfacier — de mettre quelques points en saillie.
- En premier lieu se pose la question de la définition et du diagnostic.
- Dans toutes les recherches effectuées aux Etats-Unis, le bien doué est défini par son quotient d’intelligence — égal ou supérieur à une certaine valeur, 130 en général — c’est-à-dire pratiquement, au cours de la scolarité, par une précocité de développement, le quotient
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- étant le rapport de l’âge mental à l’âge chronologique, et l’âge mental étant caractérisé par des tests de niveau — en général ceux de l’échelle Binet-Simon dans les révisions de Terman — faisant appel à des fonctions perceptives, mnémoniques, verbales, et à certaines formes d’intelligence. Le diagnostic est dans ces conditions très facile. Mais est-il satisfaisant ? M. de Craecker tient à distinguer le don intellectuel de la précocité. Mais avec une telle méthode de diagnostic, ce n’est pas possible au cours de la scolarité. L’échelle, établie pour déceler les retards de développement, est constituée par des tests jugés propres à l’appréciation générale du développement mental, à la différence — bien marquée par Claparède — des tests d’aptitude, qui permettent d’apprécier des supériorités ou infériorités individuelles peu influencées par l’âge.
- C’est à des tests analytiques qu’il y a lieu de faire appel, afin de tracer des profils mentaux, qui se montrent fort différents chez des enfants ayant des Q. I. identiques, en employant, pour chaque âge des notations en centiles ou mieux en écarts réduits (1).
- Le but du dépistage des bien doués est le développement aussi complet que possible des aptitudes des écoliers afin d’assurer leur meilleur succès dans la vie., ,
- Le Q. I., comme le montre, en s’appuyant sur des faits bien établis, M. de Craecker, peut être fort trompeur dans sa globalité.
- Le second point, qui découle du premier, est le pronostic que l’on peut porter sur l’avenir des écoliers. Or, si l’on peut pronostiquer le maintien d’une supériorité du niveau mental, ce qui, est statistiquement fondé, grâce à une constance assez générale de l’avance constatée au cours du développement, on se trompe très souvent quand on entend pronostiquer le succès dans la vie, et, dans leâ causes d’erreur figure au premier plan la connaissance insuffisante des enfants ou des adolescents, de leur personnalité, de leurs tendances, de leurs traits caractériels, et aussi de leurs aptitudes réelles, de leurs capacités effectives à résoudre les problèmes qui se posent sous des aspects si différents, concret ou abstrait, verbal ou symbolique, imaginatif ou manipulateur, matériel ou humain. La détermination automatisée du Q. I. ne peut suffire à établir un pronostic et M. de Craecker dit très justement qu’ « il faudrait pouvoir confier les travaux de sélection à des spécialistes- capables de conseiller les parents quant à l’orientation des études », comme c’est le but de l’institution en France des psychologues scolaires, à laquelle travaille depuis quelques années le Prof. Wallon, avec ses collaborateurs.
- (1) La grande enquête entreprise en France, en 1944, comme sondage pour la détermination de la fréquence des déficiences mentales des écoliers, a permis, grâce à l’emploi d’un test collectif unique de performance appliqué à 100.000 enfants systématiquement choisis dans diverses régions de France et dans des milieux ruraux et urbains, d’établir une échelle de développement entre 6 et 12 ans, avec des normes comportant la possibilité d’utiliser soit la détermination des Q.I., soit la répartition en écarts réduits aux divers âges (voir, dans les Travaux et Documents de VInstitut national d’Etudes Démographiques le fascicule publié en 1950 sur « Le niveau intellectuel des enfants d’âge scolaire », cahier n° 13).
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- « Chaque enfant doué, dit très justement M. de Craecker, pose un problème individuel. »
- Sur le terrain proprement pédagogique, en troisième lieu, se pose la question capitale de l'adaptation éducative aux enfants doués, étroitement liée à la définition de ceux-ci.
- Dans la mesure où l’on envisage la rapidité du développement mental, il est naturel que l’on cherche à accélérer les études dans les mêmes proportions.
- Et, à la rigueur, dans les premiers âges, où la différenciation mentale ne s’est pas nettement précisée, il est normal qu’on ne s’attarde pas inutilement sur l’acquisition des instruments indispensables, lecture, écriture, calcul, et des connaissances élémentaires de base.
- Mais, bien vite, il y a lieu d’envisager le développement éventuel du don, qui se manifeste souvent — mais non toujours, comme le signale M. de Craecker — au cours d’un développement mental accéléré, ce qui se traduit par un Q. I. élevé. Mais c’est ce don, et non le Q. I. qui importe. L’enfant fera-t-il un excellent professeur, un médecin de talent, un avocat prestigieux, un mathématicien éminent, un biologiste de valeur, un ingénieur remarquable ? Sera-t-il un manieur d’homme, un penseur, un artiste créateur ?
- Certes il est difficile de pronostiquer le génie créateur, et l’on peut éviter d’employer ce mot, banalisé par les Américains qui ont traité leur bien doué de « genius ». Mais le don créateur des artistes peut souvent se déceler assez tôt.
- M. de Craecker fait remarquer très justement que la pluralité des élites, fondée sur la diversité d’aptitudes éminentes, a constitué une des bases des projets établis en France après la première guerre mondiale par les Compagnons de l’Université Nouvelle, et, après la seconde, par la Commission de Réforme de l’Enseignement. Ayant été un des Compagnons et appelé par cet homme admirable qu’était Langevin, à l’assister comme vice-président de la Commission qui a gardé son nom, à côté de Henri Wallon, je puis dire que j’ai toujours lutté pour faire valoir cette notion qui est le fondement de l’orientation professionnelle, et qui exige un enrichissement éducatif diversifié pour tous les enfants et adolescents présentant des aptitudes déterminées. Et je suis pleinement d’accord avec M. de Craecker quand il déclare qu’actuellement « il faut offrir sa chance à chaque individu qui manifeste une supériorité », mais en sous entendant qu’offrir sa chance, cela veut dire l’accroître dans toute la mesure du possible. Or l’organisation actuelle de l’enseignement, en général, est très loin de satisfaire à ce desideratum.
- Aussi des enfants d’intelligence supérieure se montrent-ils parfois scolairement mal classés, et subissent des échecs particulièrement regrettables. C’est, comme le remarque justement M. de Craecker, que la scolarité leur est mal adaptée.
- Les méthodes d’éducation nouvelle doivent rendre de tels échecs bien plus exceptionnels. Le très bel effort de Decroly en faveur des arriérés mentaux doit donner, avec des bien doués, des résultats au moins aussi remarquables.
- Il est nécessaire de laisser se développer les initiatives des enfants
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- très intelligents, qui se révoltent contre la passivité qu’on leur impose trop souvent.
- Les éducateurs devraient méditer tout particulièrement sur le cas du mathématicien génial Evariste Galois, tué, à 21 ans, en 1832, dans un duel qui eut toutes les apparences d’un assassinat policier ; Galois dont l’extraordinaire valeur n’apparut qu’après sa mort, quand on daigna prendre une connaissance attentive de mémoires qu’à l’Institut le mathématicien Poisson avait trouvés trop rébarbatifs pour se donner le mal de les comprendre..
- Alexandre Arnoux,' dans Algorithmes, a retracé, en la romançant, la vie de ce génie parmi les plus grands, rappelant ses révoltes au cours de ses études, surtout dans la branche où il dominait ses maîtres, et son échec au concours d’entrée à l’Ecole Polytechnique, où il irrita les examinateurs qui le « collèrent » sans scrupules !
- Les examens et les concours favorisent les honnêtes médiocrités, sanctionnant faiblesses et lacunes (avec le zéro éliminatoire) sans donner aux supériorités marquées les avantages qu’elles mériteraient. La technique docimastique est encore loin d’être au point, en dépit d’études docimologiques déjà assez nombreuses.
- A des sélections brutales et mal organisées il faut de plus en plus substituer les aiguillages d’orientation, qui permettent le dépistage des dons. Les concours « passe-partout » à l’entrée de nombreuses professions devraient entièrement disparaître. Les inconvénients de telles pratiques réellement absurdes ne sont que trop évidents.
- Je connais, entre autres, le cas typique d’un jeune naturaliste ayant un don incontestable, et qui végète dans des emplois subalternes d’une organisation entomologique coloniale parce qu’il présente une anomalie — dont on connaît aujourd’hui un certain nombre d’exemples — se traduisant par une incapacité orthographique, qui lui a barré toutes les routes !
- Sur ce terrain, l’organisation pédagogique s’intégre dans l'orgcini- . sation sociale qui, dans le destin des bien doués, joue un rôle capital, comme l’indique M. de Craecker qui, sans y insister, ne manque pourtant pas de faire remarquer que le régime existant des bourses d’études secondaires et supérieures en Belgique comme en France ne. fait que consolider le privilège de la bourgeoisie ; et les prêts d’honneur aux étudiants, comme ceux aux familles par le Fonds belge des Mieux Doués, sont un palliatif plus insuffisant encore.
- Alors que les régimes totalitaires cherchent effectivement à sélectionner ceux qui se montreront le plus capable de servir la collectivité, mais à condition de se plier à un régime autoritaire qui cadre assez mal avec les exigences d’indépendance caractérisant le plus souvent les intelligences supérieures, les régimes démocratiques n’ont pas encore réussi à assurer le plein développement des aptitudes et des dons de letfrs jeunesses, la mise en valeur de ce capital — le seul légitime — constitué par les intelligences supérieures éparses dans leurs populations.
- Les supériorités intellectuelles, conditionnées par une structure héréditaire, ne peuvent se développer que dans des conditions favorables de milieu. C’est au cours des premières années quand se
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- forme le langage que la plasticité cérébrale permet un réel développement d’aptitudes, qui organiquement fondées, permettront, avec une éducation et des exercices appropriés, d’assurer des capacités effectives de niveau élevé.
- C’est déjà dans les écoles maternelles et jardins d’enfants que l’influence souvent insuffisante ou néfaste de milieux défavorables doit être complétée ou compensée, assurant une accélération du développement dont le Q. I. peut témoigner, comme des séries de recherches l’ont nettement démontré.
- C’est au cours de la scolarité du premier degré que doivent être dépistées les aptitudes marquées, au cours de la scolarité du second degré qu’elles doivent être favorisées et renforcées, avant leur pleine mise en valeur, sans qu’une absence de ressources familiar les constitue jamais un obstacle.
- Les dons artistiques, de révélation précoce, méritent d’être cultivés aussi assez tôt, du moins ceux qui, comme la musique exigent une formation éducative. Pour la sculpture, qui a donné déjà à l’époque préhistorique des œuvres remarquables, elle peut librement se développer, comme le montre l’exemple du petit berger Dardé, sculptant les rochérs avec son couteau quand le rencontra par hasard un inspecteur des Beaux-Arts qui lui. assura une carrière, Dardé, qui a réalisé d’admirables statues, tel son Faune célèbre, en taillant toujours lui-même la pierre. Le dessin d’art qui, depuis les grottes gravées de nos ancêtres, n’a pas fait de progrès et ne dépend que des talents individuels, gagnerait sans doute à ce qu’on ne s’occupe pas trop de le déformer par la banalisation académique.
- Mais, pour tout ce qui exige le langage, implique une pensée logique, et s’édifie à partir d’assises de connaissances élaborées par de nombreuses générations de penseurs et de savants, aucune manifestation des aptitudes foncières n’est ' possible sans des études qu’il faut et faudra bien toujours assurer, même si la génétique arrivait, ce dont elle est loin, à réaliser un accroissement des dons naturels. Il y a là un devoir qui s’impose aux démocraties, légitimement soucieuses d’assurer dans une atmosphère de liberté, dont la fécondité a fait ses preuves, le plein épanouissement de toutes les formes de talent, au bénéfice certes de la collectivité et du progrès général de la civilisation, mais au bénéfice aussi de la satisfaction des individus qui ne doivent pas être entièrement sacrifiés, et qui peuvent contribuer, par la réussite brève de leur vie, à l’équilibre harmo-, nieux de la Société, dans sa pérennité.
- NOTRE ENQUÊTE
- Nous remercions ceux d’entre vous qui nous ont fait part de leurs vœux en ce qui concerne ce bulletin.
- Un compte rendu des réponses paraîtra dans un prochain numéro.
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- LA VIE DES C. O. P
- J.
- ETUDE DE LA VALIDITÉ D’UNE BATTERIE
- par G. BAJARDd)
- A la suite de l’examen psychotechnique subi par les élèves de première année industrielle du Collège technique de Cons-tantine, il nous a été possible d’établir la validité de la batterie de tests employés. Le choix des tests a été fait en fonction de la nécessité de pratiquer les examens au Collège Technique même et sarrs trop gêner Femploi du temps normal des élèves. Leur application et leur correction ont été assurée par le Directeur et le personnel du C. O. P.
- Les notes scolaires qui nous ont servi de critères nous ont été communiquées par le Directeur du Collège technique.
- Les sujets
- L’examen a porté sur les soixante élèves de la classe de première année. Leur âge se distribue de 13 ans 6 mois à 17 ans suivant la répartition ci-contre. Parmi ces soixante élèves on comptait sept redoublants.
- Nous avons utilisé les moyennes trimestrielles obtenues par les élèves en: Atelier, Dessin industriel et Technologie.
- Les notes d’atelier se distribuent suivant une courbe sensiblement déportée vers les notes les meilleures.
- La déviation est encore plus accentuée pour les notes de dessin industriel, nous avons cependant essayé de les utiliser. Seule la distribution des notes de technologie est voisine de la normale.
- 13 a. 6 m. 2
- 14 ans 3
- 14 a. 6 m. 9
- 15 ans 16
- ! 15 a. 6 m. 12
- 1«< ans 9
- 16 a. 6 m. 6
- 17 ans 3
- Les Critères
- (1) C. O. P. de Constantiue. Musée Mercier.
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- ATELIER DESSIN INDUST. TECHNOLOGIE
- Ecart-type 1.845 2.650 2.747
- Moyenne :. 11.805 11.200 10.183
- Mode 13 13 10
- Médian 12.061 12.111 10.767
- Marge 7 - 15 4-15 4 — 17
- los testa
- La batterie suivante a été appliquée :
- Cubes de Yerkes : donné en 5’. Trouver le nombre de cubes contenus dans chacun des 15 tas de la feuille.
- S. P. A. : donné en 30’. Compléter les carrés ébréchés. Retrouver les arêtes et les faces d’un solide sur son développement. Couper une figure en deux de façon qu’en rapprochant les deux morceaux obtenus on obtienne un carré.
- D. 48 : (25’), épreuve qui consiste à compléter un assemblage de dominos arrangés selon une loi à déduire.
- Test mécanique de Binois : (25’), épreuve de compréhension mécanique.
- Wiggly-Block : Reconstruire un bloc constitué de 9 morceaux. Trois essais affectés des coefficients : 1 ; 1,4 ; 1,7. Il n’a pas été tenu compte des erreurs.
- Stemquist : Roîte de montage d’objets. Donné en 30’ avec bonification de temps.
- Test des poids : d’après le B.I.N.O.P. n° 4 d’avril 1933. Seule la troisième série était donnée suivant la technique indiquée. Trois épreuves par couples plus 2 classements des poids.
- Test de fil de fer : (30’). L’épreuve consiste à reproduire trois dessins avec trois fils de fer de longueur donnée (1).
- Tous ces tests, sauf celui des poids, ont été donnés collectivement : les quatre premiers (papier-crayon) dans une classe, le test du fil de fer par groupe de dix élèves, le test de Stenquist et le Wiggly-Block par groupe de 4.. Cette façon d’appliquer le Wiggly est anormale, mais nous disposions d’un laps de temps très limité. Nous n avons pu évidemment relever aucun comportement.
- Nous avons conservé l’ensemble des tests bien que certaines distributions ne soient pas très satisfaisantes.
- Etalonnage s
- Pour chaque test un étalonnage a été établi. Nous donnons seulement ci-dessous les moyennes et écarts-type des distributions :
- Yerkes S.P.A. D. 48 Test M Fil de fer Poids Wiggly Stenquist
- Moyenne Ecart-type ... 8,25 4,8 13,2 6,4 18,05 5,2 20,55 8,8 6,85 2,4 222,35 75 472,10 270 28,14 8,28
- (1) Ce test sera présenté de façon complète dans un prochain BINOP, et discuté à la lumière des résultats obtenus dans différents C.O.P. (N. de la R.).
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- Validités
- Les corrélations entre les notes obtenues dans chacun des tests et dans chacun des critères sont données dans le tableau ci-contre.
- TESTS Atelier
- Yerkes..... .33
- S. P. A .17
- D. 48 — .04
- Test mécaniquo. .44
- Fil de fer... .44
- Wiggly Block.. 423
- Stenquist. . .3-2
- Poids .23
- Dessin ind. Technol.
- .23 .08
- .35 .17
- -.13 .26
- .31 .31
- .15 .13
- — 04 — .09
- .31 .04
- .09 .00
- Intercorrélations
- TESTS S. P. A. O 00 Test M. Fil de fer W. B. Stenq. Poids
- Yerkes . 49- .28 .60 .46 .44 .52 .00
- S. P. A .08 29 .13 .17 .35 -.04
- D. 48 13 .09 — .04 .04 .23
- Test mécanique. 53 .55 .58 .09
- Fil de fer. ..... .49 .67 .17
- Wiggly Block. Stenquist
- Pondération do la battorlo
- Nous avons utilisé la méthode de Doolittle exposée par M. Reuch-lin dans le B.I.N.O.P'. n° 9-10 de 1949 et adopté la même présentation.
- Nous avons ainsi obtenu les coefficients de pondération ci-contre.
- TESTS Atelier Dessin ind. Technol.
- Yerkes + .08 + .05 — .12
- S. P. A.... — .04 + .23 + .13
- D. 48 ... . — .19 — .28 + .27
- Test mécanique. -P.22 + .32
- Fil de fer... + .28 + .06 — .36
- Wiggly Block. . — .41 — .59 -.22
- Stenquist. .. + .46 + .36 + .07
- Poids +.20 + .14 — .48
- Validité théorique do la batterie
- Les coefficients de pondération ainsi obtenus appliqués à cette batterie, nous laissent espérer les validités globales suivantes :
- N Critère atelier. • ......................... R = .66
- Critère dessin industriel. . ................. R = .62
- Critère Technologie. >. ...................... R = .60
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- Commentaires
- Nous n’avons pu, faute de place, reproduire tous les tableaux de calcul correspondant à l’application de la méthode de Doolittle pour le calcul des poids à accorder à chaque test. On retrouvera la marche à suivre dans le B.I.N.O.P. cité par l’auteur.
- Ce travail est le type de celui qu’il convient de faire pour adapter spécialement l’utilisation d’une batterie de tests à la prévision de la note professionnelle dans un établissement ou un métier donné. Dire cela, c’est en souligner à la fois l’intérêt et la spécificité : dans d’autres circonstances, ces coefficients ne conviendraient pas nécessairement à l’utilisation de cette même batterie.
- Soulignons aussi l’importance des erreurs d’échantillonnage qui sont à attendre sur un aussi petit échantillon (60 élèves). Ces calculs sont plus justifiés quand ils portent sur des groupes plus larges, quand il est possible de les rassembler. Ici, en tous cas, les coefficients de pondération pourraient sûrement s’exprimer avec une seule décimale, compte tenu de cette imprécision.
- La question des critères de réussite a, dans ces travaux, une importance capitale, et il convient d’utiliser des épreuves objectives communes à tous les sujets du groupe, chaque fois que cela est possible.
- M. R.
- INFORMATIONS
- Le groupe français d’Education nouvelle organise une série d’exposés suivis de discussion sur des sujets de pédagogie ou de psychologie pédagogique.
- Ces exposés ont lieu au Collège Sévigné, 28, rue Pierre-Nicole, Paris (5e), le mercredi à 20 h. 30, aux dates suivantes :
- Mars : 7, 14 ; avril : 4, 11, 18 ; mai : 2, 9, 23 ; juin : 6, 13, 20.
- ! *
- * *
- La séance solennelle du cinquantenaire de la Société française de Psychologie a eu lieu le 3 mars à la Sorbonne devant une assistance nombreuse.
- A cette occasion, M. Piéron retraça l’historique de ce demi-siècle de Psychologie française.
- Au nom des Société étrangères de Psychologie, des messages furent adressés à la Société française par MM. Michotte, Ponzo et Piaget.
- M. Grassé fit ensuite le rapprochement entre Biologie et Psychologie.
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- ETUDE DE CAS
- L’O. P. comme Psychothérapie
- K» ,
- par A. NEPVEU
- A son caractère social et pédagogique, l’O. P. peut joindre parfois un aspect thérapeutique. Le passage de la vie scolaire à la vie professionnelle comporte une part d’incertitude et de risques qui se traduit pour l’écolier ou sa famille par une certaine anxiété. C’est le mérite de l’organisation actuelle de l’O.P. en France d’atténuer celle-ci en ménageant un ensemble de conditions favorables, permettant à la grande majorité des jeunes dont elle a la charge (1) de trouver, avec un minimum de recherches et de heurts, les formations adaptées à leurs possibilités et leurs goûts.
- En outre, puisque les usages ou les nécessités économiques placent la préparation professionnelle pendant la période où l’adolescent se cherche et se fixe, il est permis de penser qu’une bonne orientation joue un rôle positif dans le développement de sa personnalité, en provoquant une action équilibrante.
- De plus, si des incidents s’opposent à cette préparation ou l’entravent, dans le cas des inoccupés, des malades, ou des inadaptés, l’O.P., prend un caractère curatif en permettant la « réhabilitation » économique et sociale de ces sujets. C’est ainsi qu’elle est une phase de « l’Occupational Therapy » pratiquée avec tant de succès en Grande-Bretagne. Elle exige la collaboration de l’éducateur, mais parvient sur un autre plan à préparer et parfois à renforcer l’action de ce dernier.
- Etant dans l’impossibilité d’illustrer tous les cas, nous avons choisi les quelques exemples suivants :
- Cas I. — Tension familiale provoquée par mauvaise information.
- Depuis sa petite enfance, R., fils unique a été destiné à la profession d’ingénieur-mécanicien. Toutes les ressources d’un budget modeste ont été pieusement consacrées à ce rêve. Ses parents pensent que le lycée doit en ouvrir la voie. Il y entre, s’y maintient bon élève et devient bachelier. Après la classe de Mathématiques, il est admis à l’E.N.P. en section spéciale préparant aux Arts et Métiers. Mais il est profondément déçu par l’atelier, milieu tout à fait nouveau pour lui, et ne s’adapte pas ; de plus, l’époque est
- (1) Voir Contrôle de l’O. P. Journée d’études 1949. INOP.
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- difficile (nous sommes en 1941) ; un concours incertain, trois ou quatre années d’études, paraissent insurmontables a la famille. R... abandonne sa classe au bout de 15 jours et vient nous trouver, d’autant plus désemparé qu’il provoque la déception et l’angoisse des siens par l’écroulement d’un rêve nourri de si longue date.
- L’examen de ses résultats psychologiques permet de déceler un bon niveau d’intelligence générale et d’excellentes aptitudes spatiales et graphiques qui, jointes au niveau de culture mathématique atteint, nous permettent de lui proposer la profession de géomètre. Celle-ci est alors en pleine organisation et demande des jeunes. En un an, il est possible d’obtenir le diplôme dit préliminaire, puis, après quatre ans de métier, celui d’expert-géomètre. Le niveau professionnel si brigué pourra être atteint. La famille retrouve son aplomb psychologique. En 1950, R... est géomètre en province, marié, père de famille.
- Informée sur les débouchés du moment, l’O.P. a pu proposer en reclassement scolaire immédiat et faire disparaître définitivement la tension familiale en permettant, par le contrôle des aptitudes, une excellente adaptation professionnelle et l’ascension sociale souhaitée.
- Cas II. — Développement de la personnalité et apprentissage retardés par soins et éducation d’exception.
- V... Jeanine a été examinée à 20 ans 10 mois en 1949. Le père (55 ans, cardiaque) est magasinier, ex-monteur en chaussures. La mère (50 ans, santé médiocre) ne travaille pas depuis la naissance de sa fille. Un garçon est décédé à 3 ans.
- Un lourd passé médical a entravé la scolarité de Jeanine et lui a interdit jusqu’ici toute formation professionnelle. Une comitialité apparue à 2 ans a été l’objet d’un traitement suivi et de soins attentifs ; depuis 1942, une amélioration générale du développement physique et psychique aurait été remarquée par les parents. La dernière grande crise (suivie d’une nouvelle amélioration) remonte à 1947. Mais des troubles (petites absences très courtes) seraient encore fréquents, surtout au moment des règles. Jeanine n’a donc fréquenté aucun établissement scolaire ; elle n’a su bien lire, écrire et compter qu’à 11 ans ; son instruction a été assurée par sa mère et par une religieuse jusqu’en 1945, atteignant à 17 ans le niveau du Cours moyen. Aucun apprentissage n’a été entrepris, la jeune fille ne pouvant « faire aucun travail suivi » (un essai de 15 jours dans un atelier de couture a dû être abandonné). Elle s’occupe de l’intérieur familial avec sa mère qui lui ménage de fréquents repos ; elle aime beaucoup la broderie. Etant petite, elle « était difficile avec les autres » (qu’elle mordait s’ils l’ennuyaient). Actuellement, « elle est sans défense dans la vie », reste « presque trop » avec ses parents, avec lesquels elle se montre douce, gentille, complaisante..
- Etant donné l’amélioration constatée, le médecin traitant souhaite voir Jeanine travailler (dans la mesure de ses moyens), pour s’intégrer à la vie sociale et prendre un peu d’autonomie en se séparant quelque temps de ses parents. Ceux-ci acceptent ce projet. Sans pouvoir faire de frais, ils « sacrifieront le temps nécessaire pour
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- lui permettre d’assurer son avenir... ». Ils songent pour elle au commerce (librairie ? bonneterie ?) La jeune fille exprime le désir de devenir Assistante Sociale ou Puéricultrice, « pour se dévouer ».
- Outre les restrictions provenant du retard scolaire et du milieu familial, l’orientation est rendue délicate par le handicap physique définitif et un bilan psychologique relativement pauvre. Le développement intellectuel est très modeste, sans être cependant déficitaire. Le vocabulaire est normal, mais on constate que le sujet ne, sort guère des situations concrètes, et présente une difficulté d’adaptation à certaines épreuves spatiales et une compréhension laborieuse des consignes. Pas d’incapacité motrice : gestes souples, précis et coordonnés, mais grande lenteur et fatigabilité apparente, dès qu’un effort de réflexion ou une exigence de rendement sont imposés. Jeanine travaille laborieusement, avec calme, scrupule et un goût particulier du détail. Dans son comportement, elle est effacée, timorée, hésitante. Elle doit éviter les métiers comportant des risques d’accidents et imposant un surmenage nerveux ; les professions basées sur des exigences scolaires et intellectuelles lui sont également inaccessibles ; mais les travaux manuels minutieux s’exerçant à domicile, sans exigence de rendement et suffisamment rémunérés, semblent pouvoir lui convenir.
- Le stoppage-remaillage est proposé. Un placement est organisé chez une artîsane, avec contrat mixte de reclassement professionnel, permettant de résoudre le problème du salaire. La jeune fille est logée et nourrie ; elle interrompt fréquemment son travail pour aider un peu au ménage ou faire des courses ; elle retourne chez .elle du vendredi soir au lundi matin. L’apprentissage s’effectue normalement. Les premières semaines (la sollicitude de sa mère1 lui manquant), Jeanine vient assez souvent nous rendre visite à l’occasion de ses courses (la boutique est voisine de l’Institut) ; elle tient notre médecin au courant de ses malaises. Néanmoins, elle se dit satisfaite de son travail qu’elle reprend courageusement chaque lundi matin.
- Commencée en février 1949, la formation de base s’achève à la fin d’octobre de la même année. Depuis, Jeanine travaille et se perfectionne chez elle. De temps en temps, elle revient prendre les conseils de son ancienne patronne, avec qui elle s’est liée d’amitié : pendant une maladie de celle-ci, elle a même tenu le magasin, reçu les clientes, fixé elle-même les prix. Elle a pris de l’assurance, s’habille avec recherche (si ce n’est avec goût) ; son visage est souriant elle ose affronter, le jeudi, le public de notre salle d’attente ; en été, elle nous apporte des fleurs de son jardin, et cette année nous a envoyé ses vœux sur une carte de visite imprimée à son nom.
- Autrefois timorée, totalement dépendante de sa famille, la jeune fille est arrivée à s’astreindre à un travail suivi, puis à se qualifier. Depuis qu’elle gagne sa vie, elle s’est affirmée au point de pouvoir assumer quelques responsabilités professionnelles et d’avoir enfin l’illusion d’une vie sociale normale.
- Interprétation : le détachement familial qui n’avait pu se faire en son temps a permis l’affirmation du moi. En conséquence et parallèlement, la volonté d’aboutir semble avoir provoqué la stabilité, puis la réussite dans un travail à sa portée. L’adaptation sociale a suivi. Ainsi la malade a pu surmonter les éléments annihilants,
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- conséquences de son affection. Celle-ci étant en voie de régression, le pronostic semble favorable.
- Cas III. — Délinquant par débilité.
- Th... examiné le 29 novembre 1948. Petit débile de 14 ans 11 mois, retardé scolaire, Th... est placé dans un garage par sa mère, veuve, ouvrière de la métallurgie. Cédant aux suggestions de ses camarades, l’enfant vole de l’essence. Sa mère (grande anxieuse) fait une tentative de suicide ; le service social de Broussais, où elle a été hospitalisée, nous demande d’examiner le jeune garçon.
- Maigre, traqué, Th... encore sous le choc, est misérable. Cependant il réagit au maximum aux épreuves de motricité où il parvient parfois à atteindre la bonne moyenne des enfants de son âge. Sa connaissance des termes et des pièces automobiles est étonnante : il affirme une vocation de: mécano (dont il ne démordra pas par la suite).
- D’accord avec le médecin de d’O.P., pour faire diversion, le départ de Th... en Centre de plein air est prévu (son retard de développement et sa relative misère physiologique justifient d’ailleurs cette mesure). La mère, soulagée de ne pas savoir son fils « dans la rue », accepte la proposition.
- Consécutivement, deux placements semi-sanitaires, semi-professionnels, sont effectués à la campagne du 15 décembre 1948 au 15 avril 1950. Le garçon s’est quelque peu développé et a un peu bricolé ; l’insuffisance de ses aptitudes ne lui permet pas d’obtenir un CAP de mécanique. Il est donc placé comme jeune O. S. chez un fabricant de microscopes. Il travaille sur un petit tour et arrive rapidement à « rapporter » 4 à 5.000 francs par quinzaine. De loin en loin, nous avons de ses nouvelles : en janvier dernier, il gagnait 15.000 francs par mois (à 17 ans, avec un QI de 64 !)( et le calme paraissait être revenu dans cette famille.
- La « réhabilitation » de ce garçon semble acquise, par une suite de mesures sociales, psychologiques et professionnelles.
- C^s IV. — Inadaptation sociale par événements de guerre.
- André, 18 ans 8 mois (examiné le 31 octobre 1947) est le fils d’un chef d’entreprise artisanale, déporté pour faits de résistance. A peine sorti de l’école primaire, André était le plus sûr messager de son père au maquis ; il a vécu là une vie d’homme ; puis, brusquement livré à lui-même de 15 à 17 ans, il a fait différents essais professionnels de mécanique de précision et de dessin industriel et changé plusieurs fois d’employeurs.
- Au retour de captivité, le père reprend en mains une famille de 8 enfants dont l’aîné, André, est prématurément mûri, désaxé, en réaction contre son milieu, mythomane, meneur et, qui plus est, « sans métier ».
- Rebuté par le travail intellectuel et le travail manuel, le jeune homme veut devenir chauffeur de route, gagner beaucoup d’argent et se marier rapidement (il est fiancé).
- Après analyse des différents éléments médicaux et pSychologi-
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- ques, nous acquérons la conviction qu’André se reclassera par un apprentissage dit « sur le tas », immédiatement rémunérateur, pouvant l’acheminer vers un travail actif lui laissant une grande liberté et ne nécessitant pas de connaissances étendues.
- Placé sur nos conseils chez un déclarant en douanes, André fait une carrière rapide. En novembre 1948, il gagne une vingtaine de mille francs par mois et est extrêmement satisfait de son travail. Son père nous écrit en décembre 1948 : « Je dois vous dire combien je suis satisfait des résultats obtenus avec mon fils André. Il a, grâce à vous, trouvé sa voie et avance avec régularité. Du même coup, son style de vie s’est amélioré et sa conduite est devenue correcte. Il était en bien mauvais état quand nous vous l’avons conduit... »
- Nous avons depuis orienté deux des frères d’André et nous savions en janvier 1951 que ce dernier méritait encore la satisfaction paternelle.
- Dans ce cas, l’inadaptation paraissait due à une maturation trop précoce de la personnalité. Ne pouvant faire un retour en arrière, il était nécessaire de permettre une décharge motrice et affective par l’action et de donner le sentiment d’autonomie pécuniaire et sociale par le gain immédiat. Cette hypothèse s’est avérée exacte, puisque le garçon a « trouvé sa voie » et régularisé sa « conduite ».
- Cas V. — Troubles de l’affectivité — Danger moral.
- Alain, 17 ans, examiné à la mi-octobre 1948. Famille de situation pécuniaire moyenne, sans réelle aisance. Père chef-comptable, mère sans profession, une sœur de 15 ans, écolière L’entente familiale est apparemment normale : le père serait cependant coléreux ; la mère est effacée ; le frère et la sœur se « chamaillent ».
- D’après sa mère, le garçon aurait été, dans sa petite enfance; « très, très nerveux » ; « on lui a beaucoup passé », dit-elle. Alain ne s’endormait que difficilement, réclamant la présence de sa mère à son chevet et suçant son pouce jusqu’à l’âge de 3 ans. Il se serait toujours heurté à son père pour des raisons d’échec scolaire. Actuellement, dissimulé, n’en fait qu’à sa tête ; fume (depuis l’âge de 13 ans), fréquente les bars ; est fervent des boîtes de jeux du quartier latin ; a le goût du négoce ; lit tout ce qui lui tombe sous la main ; ne bricole jamais, manifestant « une maladresse insigne », dit son père. Scout, il aime les sports (mais accepte mal ces disciplines).
- Sa scolarité primaire a été régulière jusqu’à 11 ans ; puis, élève de deux collèges privés, il a dû refaire les classes de 6e et de 3e ; il vient d’échouer au BEPC. Ses parents signalent qu’il n’a jamais travaillé, ne s*e fixe à rien, s’intéresse fugitivement à certaines matières (actuellement, il est attiré par l’histoire naturelle et l’espagnol). La fiche scolaire est éloquente par l’absence totale d’appréciations.
- Le père d’Alain souhaite lui voir atteindre le niveau des cadres administratifs ou commerciaux. A défaut du baccalauréat, il désire lui faire suivre des cours préparatoires d’une Ecole Supérieure, demeurant convaincu que « s’il lutte contre sa paresse, il le peut ».
- Le sujet se présente bien (élégance sportive), répond avec franchise et volubilité à l’orienteur. Il confirme les faits scolaires et précise ses intérêts : nombreuses lectures (« dans un fauteuil, avec
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- des cigarettes ») — surprise-parties (et s’y amuse beaucoup ») —. En général, s’entend bien avec ses camarades et aime être à leur tête. Au besoin, il obéit volontiers, pourvu que l’ordre « ne soit pas bête ».
- Dans l’avenir, il désire voyager, se fixer en Amérique du Sud : il choisira le métier en fonction de ce désir. Voici ce qu’il écrit :
- « Les voyages, par les attraits qu’ils offrent, sont pour moi une chose très intéressante ; mais on peut travailler et en même temps voyager, donc le commerce peut entraîner de multiples voyages, donc carrière intéressante ».
- Examen : physiquement normal, myopie corrigée ; contre-indication temporaire : métiers de force.
- Psychologiquement, le garçon peut être considéré comme un sujet doué. Son développement intellectuel est supérieur à la normale (Merrill = + 8) ; son intelligence a une prédominance verbale marquée ; sa compréhension technique est assez vite limitée. Sous l’angle sensori-moteur, aucune anomalie n’est à signaler ; dans ce domaine cependant, le rendement est en général très médiocre et semble surtout attribuable au désintérêt affiché pour tout ce qui est manuel.
- Il faut noter qu’Alain manque d’application, regarde sa montre, siffle, chantonne ; son intérêt est fugace' (n’apparaissant qu’au début des épreuves) ; il ne se soucie ni de vitesse, ni de précision, ne persévérant que si la réussite est évidente ; son attention se dérobe souvent, malgré les encouragements auxquels il est sensible ; il affecte une désinvolture qui frise l’impertinence.
- En tenant compte du diagnostic psychiatrique : « troubles du caractère et de l’affectivité — sujet qui ne s’épanouit pas en famille — internat indiqué, à défaut psychothérapie », il est possible de conclure : sources familiales lointaines d’une inadaptation scolaire et sociale chez un sujet intellectuellement doué, qui semble courir actuellement un certain danger moral..
- Si un redressement caractériel s’opère, une formation professionnelle semble possible en s’appuyant sur la motivation présente.
- Puisqu’indépendamment du goût exprimé pour les voyages (probablement entaché de l’insatisfaction affective actuelle du sujet) aucune vocation réelle n’apparaît, l’orientation doit être nécessairement constructive. Elle s’appuyera sur les éléments positifs apparus au cours de l’information, dont les principaux sont : le potentiel intellectuel, permettant d’assumer des responsabilités (de cadre au besoin), la sociabilité, la bonne présentation, l’aisance verbale, exploitables dans les professions en contact avec le public. De plus, il faut noter les intérêts scolaires actuels : sciences naturelles, et langues vivantes. Mais il faut tenir compte également des éléments restrictifs : les aléas pouvant provenir de l’évolution caractérielle encore inconnue — le retard scolaire — le peu d’aptitudes (ou l’inin-térêt ?) techniques et manuelles..
- Recherchant d’autre part un marché du travail ouvert à l’étranger ou aux colonies, nous aurions pu proposer une formation commerciale. Cependant, nous appuyant sur les expériences de l’émigration qui accorde une réelle valeur à la formation technique des émigrants, nous avons proposé l’acquisition d’un procédé de fabrication, relativement facile à acquérir, et complété par des notions commerciales. Ce principe entraînait un enseignement mixte prati-
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- que et théorique, qui, pédagogiquement, paraissait susceptible de stimuler particulièrement ce sujet.
- Répondant à ces exigences par des conditions qu'il serait trop long d’énumérer, nous avons suggéré la formation polyvalente organisée par la Corporation des Cuirs et Peaux. Avenir professionnel : agent de fabrication ou agent commercial, évolution possible vers une direction mixte. Cette proposition rejoint en outre les vœux de la famille.
- Nous nous proposions de réaliser le conseil en deux temps : une période de réadaptation scolaire, parallèlement à une psychothérapie, précédant la formation professionnelle proprement dite.
- Suite du cas. — Novembre 1948 : La famille s’étant opposée à l’internat pour des raisons pécuniaires, Alain est admis comme externe dans une classe de réadaptation du Lycée Claude-Bernard. Il suit une classe combinée troisième-seconde ; le régime et les méthodes lui plaisent, lui donnant l’impression d’être « éludiant » ; cela ne l’empêche pas d’être très irrégulier dans son travail et de rester un fidèle du billard japonais et des « chahuts du Quartier ».
- Février 1949 : le pronostic scolaire demeure incertain. Nous recevons la visite d’Alain, peu fier de lui : « Cela ne marche pas à bloc ». Il se plaint qu’il ne peut se concentrer sur son travail ; cependant son professeur est un <r type épatant » ; il lui demandera des cours supplémentaires.
- Juillet 1949 : enquête d’une A. S. auprès du tribunal. Alain est mêlé à une histoire de mœurs (bénigne d’ailleurs). Après jugement, le garçon est laissé à la garde de sa famille.
- Octobre 1949 : Alain entre à l’Ecole des Cuirs et Peaux, section professionnelle (premier échelon de qualification).
- Mars 1950 : Alain vient nous voir, plein d’allant. Il aime beaucoup les stages et les cours de zoologie. « Je ne sais comment vous dire, mais je suis « mordu », nous dit-il.
- Fin septembre 1950 : nouyelle visite. Alain est allé en Angleterre faire un stage au pair chez un tanneur ; le séjour lui a paru intéressant, mais il estime que les Anglais ne sont pas généreux, car aucun argent de poche ne lui a été remis pendant ce stage. Bien qu’il ait encore un an à faire dans la section professionnelle, il est rentré depuis un mois pour préparer le concours de la section supérieure ; il espère ainsi devancer d’un an l’époque où, sorti de l’école, il pourra enfin aller )en Amérique du Sud, « diplômé » de l’Ecole Supérieure des Cuirs.
- Huit jours après, Alain revient nerveux : il croit avoir « raté » une-épreuve à l’examen d’entréé ; anxieux, il perd toute confiance en lui ; il faut lui parler longuement pour combattre son découragement. Nous apprenons peu après l’échec d’Alain par le Directeur, qui connaît les difficultés de cet élève, et estime ses efforts très satisfaisants ; il le juge susceptible d’arriver à franchir le concours en 1951.
- Décembre 1950 : nous apercevons Alain à la terrasse d’un café en charmante compagnie ; peu après, nous recevons la visite du garçon qui nous affirme « mener une vie monastique ». — « Cela ne vous empêche pas de prendre un « pot » au Z... » dis-je (mention intentionnellement erronée du lieu). Alain s’indigne : « Non, jamais, je ne vais plus au Z... (café fréquenté par la pègre du quartier). Dire
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- que j’en étais là quand je suis venu au Centre !... J’en suis loin maintenant !... » — « A propos du Z... répliquai-je, vous qui connaissez le genre des garçons qui le fréquentent, vous devriez nous dire comment nous pourrions arriver à les sortir d'affaire ».
- Silence... Alain réfléchit, puis fait cette réponse : « En leur rendant confiance en eux ».
- Cette prise de conscience de ses difficultés antérieures, et l’acharnement qu’il met à poursuivre son but, ne sont-ils pas les plus sûrs indices de la réadaptation de cet adolescent ?
- L’interprétation de ce cas pourrait vraisemblablement se faire à la lumière de la théorie analytique : Complexe d’OEdipe en voie de régression. y Objectivement, l'amélioration du tonus psychique qui rétablit ped à peu la situation scolaire permet d’envisager son avenir avec un certain optimisme. „ , „ y' J, -L.
- V v*' t
- appliquant le principe de « l’Orientation suivie » que le •
- C’est en appliquant le principe de « l'urientation suivie » que travail du Conseiller est efficace. Il prend dans les cas analogues aux précédents les caractères de la psychothérapie en appliquant, après une étude objective des données, une solution individuelle adéquate. Celle-ci ne joue son rôle que grâce à la « compréhension » — il faut même dire l’amitié patiente — de l’orienteur pour son sujet, et l’adhésion confiante de ce dernier.
- C’est un travail de longue haleine (1) dont nos collègues connaissent les difficultés, les déceptions, mais aussi les joies.
- (1) Qu’il me soit permis de remercier ici les conseillers et aussi les stagiaires de l’INOP, qui depuis de longues années se dévouent à nos consultants.
- Ce numéro du Bulletin a 36 pages au lieu de 32.
- Les quatre pages supplémentaires nous coûtent, pour ce seul numéro, le prix de douze abonnements.
- Aidez notre effort en vous abonnant, en faisant abonner autour de vous ceux que le bulletin est susceptible dintéresser.
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- LA VIE DU CENTRE DE RECHERCHES
- Analyse factorielle d’une batterie de tests appliquée dans deux centres d’apprentissage commerciaux
- par M. REUCHLIN
- Les données.
- On a donné, dans le numéro 7-8 de 1949 de ce Bulletin, le compte rendu détaillé de l’application de huit tests, en vue de leur validation, dans deux Centres d’apprentissage commerciaux.
- Le groupe d’expérience était constitué par 137 jeunes filles, élèves de première année, âgées de 14 à 17 ans.
- Les tests, décrits dans l’article cité, étaient les suivants (ils seront désignés par leur numéro dans les tableaux du présent article) :
- 1 — V 1-2 de Bonnardel.
- 2 — Code du Wechsler-Bellevue.
- 3 — N.I.I.P. 70-23.
- 4 — Connaissances calcul de l’I.N.O.P.
- 5 — Vigra (rapidité d’écriture).
- 6 — Connaissances français de l’I.N.O.P.
- 7 — A. G. 48.1 (Centre départemental de la Seine).
- 8 — Vocabulaire Binois-Pichot.
- Les tests furent validés en fonction d’épreuves scolaires à correction objective. Ces épreuves seront incluses dans la présente analyse sous les numéros suivants :
- 9 — Epreuve scolaire Français.
- 10 — Epreuve scolaire Calcul.
- 11 — Epreuve scolaire Commerce.
- La moitié du tableau 1 située au-dessus de la diagonale donne les corrélations observées entre les 11 variables.
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- — 59
- Tableau I
- Au-dessus de la diagonale : corrélation entre les 11 variables.
- Au-dessous de la diagonale : résidus après l’extraction de 4 facteurs
- centroïdes.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11
- 1 .21 .51 .12 .04 .55 .31 .25 .36 24 .23
- 2 .09 .12 .24 .46 .04 .12 .16 .19 .44 .16
- 3 .05 — .03 .44 .07 .31 .40 .00 .24 .27 .12
- 4 -.16 -.01 .01 .18 .16 .33 .05 .08 .33 .38
- 5 — .07 .02 — .08 .00 .10 .10 .11 .00 .01 .00
- 6 .00 — .02 -.06 .11 .04 .09 .48 .70 .00 .11
- 7 .03 .00 .04 — .09 .06 .02 — .12 •16 .30 .28
- 8 -.01 -.05 -.07 .14 .04 .04 -.10 .48.16 .18
- 9 -.05 .04 .06 -.06 — .02 .10 .08 -.03 .21 .13
- 10 .06 .11 .07 .01 — .10 .00 — .02 .03 .01 .36
- 11 .01 .03 -.10 .10 -.01 .00 -.03 .07 — .08 .00
- L’analyse centroïde.
- La méthode de Thurstone a été employée. Nous avons pris comme estimations des communalités la corrélation la plus élevée dans chaque colonne.
- Après extraction de quatre facteurs, les résidus nous ont semblé suffisamment faibles pour être dépourvus de signification sur un nombre de sujets aussi restreint. Il aurait d’ailleurs été vain d’espérer pouvoir interpréter plus de quatre facteurs à partir de onze variables.
- La moitié du Tableau 1 située au-dessous de la diagonale donne les résidus.
- Le Tableau 2 donne les projections des 11 vecteurs-tests, numérotés de 1 à 11 sur les 4 axes centroïdes numérotés de I à IV.
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- Tableau II
- Projection des 11 vecteurs-tests sur les 4 axes centroïdes.
- I II III IV
- 1 .63 .20 .28 — .12
- 2 .48 — .28 -.52 -.24
- O *J .66 -.09 .38 , —.20
- 14 • .48 — .48 .26 -.08
- 5 .28 -.20 — .29 — .41
- 6 .57 .61 .19 — .19
- 7 .44 —.32 .28 .14
- 8 .41 .43 -.28 .07
- 9 .57 .54 - .13 .18
- 10 .51 — .32 -.15 .32
- 11 .43 -.16 .07 .32
- On remarquera une indication évidente sur la signification du deuxième facteur centroïde : les épreuves ayant des projections positives sur ce facteur se rapportent toutes à la capacité verbale : V 1-2, Connaissances Français, Vocabulaire, Epreuve scolaire français. Il ne semble pas y avoir de distinction, dans ce domaine du Français, entre tests d’aptitude et épreuves de connaissances.
- Les rotations et les facteurs obliques.
- Après trois rotations, on a obtenu les saturations données dans le tableau 3 pour les 11 épreuves.. Les 4 facteurs A, B, C, D, sont des facteurs obliques dont les corrélations sont rapportées dans le tableau 4., Nous proposons les interprétations suivantes :
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- — 01 —
- Tableau 111
- Saturations après trois rotations.
- A B C D
- V 1-2 de Bonnardel.. .56 .30 , .60 .36
- Code du Wechsler-Bellevue. .09 .54 - 03 .47
- N. I. I. P N .29 .46 .66 .44
- Connaissances calcul -.06 .68 .57 .36
- Vigra (rapidité d’écriture) .02 .34 .00 .52
- Connaissances français .83 -.03 .45 .33
- A. G. 48-1 .03 .54 .54 .12
- Vocaculaire Binois-Picliot .59 — .02 .02 .06
- Epreuve scolaire français .78 .02 .22 .01
- Epreuve scolaire calcul .08 .59 . 27 - 01
- Epreuve scolaire commerce. .15 .42 .36 — .07
- Tableau IV
- Corrélations entre les facteurs obliques.
- A B C D
- A 1.00 -.10 .33 .17
- B 1.00 .56 .42
- C 1.00 .31
- D 1.00
- Facteur A. — Les saluralions les plus élevées correspondent aux épreuves suivantes :
- V 1-2 : .56,
- Connaissances Français ; .83,
- Vocabulaire : .59.
- Epreuve scolaire français : .78,
- L’interprétation est donc très claire : il s’agit d’un facteur Français, portant à peu près également sur les épreuves dites d’aptitude et sur les épreuves dites de connaissances. Remarquons les saturations nulles dans les épreuves de calcul : —.06 pour les connaissances calcul, .08 pour l’épreuve scolaire calcul.
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- Facteur B. — Les deux saturations les plus élevées concernent les connaissances calcul (.68) et l’épreuve scolaire calcul (.59). Les saturations sont nulles dans les épreuves de Français : —.03 pour les Connaissances Français, —.02 pour le Vocabulaire, .02 pour l’épreuve scolaire Français. (Le test V 1-2 arrive à .30, mais il contient des séries numériques et des petits problèmes). On pourrait donc voir dans B un facteur Calcul, pratiquement indépendant du facteur Français (Corrélation A-B ; —.10).. Cette interprétation correspondrait à la distinction pédagogique entre élèves « bons en Français » ou « bons en Calcul », distinction préparant la différenciation ultérieure en « littéraires » et « scientifiques ».
- Mais il semble que le facteur B ait un contenu un peu plus large puisque nous trouvons des saturations non négligeables pour le Code, le N.I.I.P-. et l’A.G. 48-1. On pourrait donc penser non pas seulement à une aisance dans la manipulation des symboles numériques, mais plutôt, compte tenu des tâches proposées par ces tests, à une aisance dans la manipulation des symboles non verbaux.
- Facteur C. — Les épreuves les plus saturées dans ce facteur sont les suivantes :
- — V 1-2 : .60
- — N.I.I.P. : .66
- — Connaissances Calcul : .57
- — A.G. 48-1 : .54
- Les trois premières de ces saturations suggèrent un rapprochement entre ce facteur et le facteur I, de raisonnement ou d’induction, de Thurstone. La présence de l’A.G. 48-1 (classement de signes typographiques) pourrait s’expliquer par le fait que cette tâche est accomplie de façon plus rapide par ceux qui travaillent systématiquement suivant un plan rationnel préétabli.
- Cette interprétation de C comme facteur de raisonnement de nature assez générale (puisqu’on le retrouve aussi bien dans un test verbal comme le V 1-2 que dans un test non verbal comme le N.I.I.P.) est en accord avec la constatation que l’on peut faire sur le tableau 4 : C présente plus de liaison avec l’ensemble des autres facteurs que A, B ou D. La somme de ses corrélations s’élève à 1.20, alors qu’elle n’est que de .90 pour D, de .88 pour B et de .40 pour A.
- Facteur D. — L’interprétation est difficile. Les saturations les plus élevées correspondent au Vigra et au Code. Les trois épreuves scolaires et le Binois ont des saturations nulles.. Peut-être s’agit-il d’un facteur rapidité, ce qui expliquerait la présence générale de ce facteur dans les tests, donnés en temps plus limité que les épreuves scolaires.
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- Des Revues.
- Chaque article analysé est désigné par une triple référence : i° l’année, indiquée par le premier nombre. a° le Bulletin, par son numéro,
- _____ 3° l’ordre de présentation des articles. ____
- 51-2-1. — Le développement mental chez l’enfant.
- R. Gille. — L’Education nationale, n° 34 de 1950, 5-6. Note rapportant certains résultats de la vaste enquête de FInstitut national d’Etudes démographiques sur le niveau intellectuel des enfants d’âge scolaire.
- 51-2-2. — Les aptitudes musicales chez le jeune enfant.
- M. Debesse. — L’Education nationale, 1950, n° 34. (Supplément) p. 13-18. Il s’agit d’enfants d’écoles maternelles. La « valeur d’avenir » des constatations faites à ces âges est envisagée.
- 51-2-3. — Exemples de comportement émotionnel dans le développement des individus mentalement déficients.
- B. G. Smith. — L’Hygiène mentale, 1950, 39, 57-73. Exposé des principes généraux sur lesquels est basée une méthode nouvelle d’éducation spéciale des arriérés. Les résultats rapportés dans l’article sont étonnants : sur 254 garçons et filles d’âge chronologique 12-14 ans, éduqués pendant trois ans et suivis ensuite pendant cinq ans, on observera une augmentation moyenne de QI de 40,7 points, alors qu’un groupe de contrôle enregistrait une baisse de QI de 3,6 points. Mais ces résultats ont été controversés.
- 51-2-4. — Les Gentres d’observation.
- Sauvegarde, 5, 1950, n° 9-10. Le numéro tout entier est consacré à ce sujet. Différents auteurs y traitent des sujets suivants : La technique du Centre d’observation ; conditions de l’observation des mineurs ; Les Centres polyvalents d’observation (Montpellier) ; L’Institut pédotechnique (Toulouse) ; Le Centre d’observation de Gevilly-Larue ; L’observation dans les classes de « La maison des enfants » de Lyon ; Problèmes de coordination entre l’observation et la rééducation ; Du Centre d’observation à la réadaptation sociale.
- 51-2-5. — Une étude des potentialités en vue de l’enseignement.
- J. D. O’Dea. — Journal of Educational Psycliology, 1950, 41, 473-480. Courte revue de la littérature (treize titres) concernant la validité d’un certain nombre d’indications sur le succès professionnel probable dans l’enseignement. Etude expérimentale d’un test conçu dans ce but.
- 51-2-6. — Un aspect de l’inadaptation scolaire : Le problème des examens de passage.
- N- Suares. — Enfance, 1950, 3, 434-456. Considérations d’ordre général et compte rendu d’une expérience pratique, montrant l’intérêt que peuvent présenter certains examens psychologiques au moment des examens de passage, dans un lycée.
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- 51-2-7. — L’organisation et les réalisations médico-psychologiques en Belgiaue.
- Le numéro de 1948-1949 (8) A criança portuguesa contient une importante série d’articles sur ce sujet, susceptibles d’intéresser ceux qui s’occupent d’enfants retardés, de délinquants, de psychologie scolaire et d’orientation professionnelle.
- 51-2-8. — L’échelle d’intelligence Wechsler-Bellevue et les résultats scolaires de High School.
- A. N. Frandsen. — Journal of Applied Psychology, 1950, 34, 406-411. 83 élèves de Higli School, d’un niveau correspondant à la fin de nos études secondaires, de 17 ans environ, sont examinés avec le W. B., et différentes combinaisons de questions extraites de cette échelle sont validées en fonction des notes scolaires. Le QI calculé sur l’échelle entière a une validité de .685, la combinaison la meilleure une validité de .765. Bibliographie de 25 titres.
- 51-2-9. — Les tests moteurs.
- M. de Montmollin. — Revue de Psychologie appliquée. 1, 1950, 29-49. Première partie consacrée à l’aspect théorique de la question d’une très importante revue, portant sur 400 travaux environ.
- 51-2-10. — Compte rendu d’une expérience d’application de tests.
- Centre d’O. P. de Montpellier. Feuilles de Documentation et de liaison. Décembre 1950, 46 pages, 23 planches. Les tests sont les suivants : progressive matrices 38, D. 48. Vocabulaire Binois-Pichot, Terman collectif forme A. On donne pour chacun de ces tests des remarques relatives à l’application et la correction, la distribution des résultats (sur environ 82 garçons et 82 filles), les étalonnages. Travail intéressant en soi, et par les comparaisons interrégionales qu’il permet.
- 51-2-11. — Notes en âge mental pour l’échelle d’intelligence de Wechsler pour enfants.
- W. R. Grove. — Journal of clinical Psychology, 1950, 6, 393-397.. Wechsler a publié, l’an dernier, une échelle d’intelligence pour enfants (Wechsler, D. Wechsler intelligence scale for childéen : Manual, New-York : Psycho-logical corporation 1949). Grove, dans cet article, commente le calcul d’âges mentaux à l’aide de cette échelle.
- 51-2-12. — L’utilisation des catégories désignées par des lettres.
- T. L. Kelley. — Journal of Educational Psychology, 1950, 41, 488-492. On peut définir le degré de réussite des sujets, étudiants par exemple, en les rangeant en un certain nombre de catégories, A, B, C, etc... correspondant chacune à un pourcentage donné du nombre total de sujets. Quels doivent être ces pourcentages pour que, dans le cas où la mesure considérée se distribue normalement, on ait :
- a) des distances égales entre les classes ;
- b) ' une erreur de groupement minimum ?
- L’auteur indique une méthode dont il donne les résultats pour des échelles en 3, 4, 5 et 6 catégories.
- 51-2-13. — L’analyse de la variance en psychologie.
- J. M. Faverge. — Année Psychologique 1950, 49, 341-358. Court exposé, clair et pratique des plans d’expérience permettant une utilisation efficace de l’analyse de la variance et de la covariance. Le lecteur sera sans doute incité à une étude plus complète, nécessaire pour utiliser sans contre-sens ces
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- techniques délicates. Il pourra s'y livrer dans les textes anglais cités par Fauteur ou, à un niveau élémentaire, dans son Introduction aux méthodes statistiques en psychologie appliquée, qu'il ne cite pas.
- 51-2-14. — Les techniques actuels,
- statistiques dans les psychodiagnostics
- I. N. Mensh. — Psychological Bulletin. 1950, 47, 475-492. Eevue de question (29 travaux cités) portant sur l’usage de plus en plus large des méthodes statistiques en psychologie clinique. Deux symposiums récents ont été consacrés au problème. Journal of personality, 1948, 17, 141-145 et Journal of clini-cal psychology, 1950, 6, 1-76). Les auteurs se préoccupent du bien fondé de l’hypothèse de normalité de distribution des résultats (qu'ils mettent en doute), des techniques intra- individuelles de traitement des données, de la signification des statistiques en psychologie clinique, des techniques de quantification, des techniques de traitement des données quantifiées : corrélations, analyse factorielle (P et Q), analyse par patterns, analyse de variance et etc.. Ce courant de pensée est incontestablement d'un très grand intérêt.
- 51-2-15. — Nouveaux aspects théoriques et pratiques de la mesure de la personnalité.
- R. B. Cattell. — Revue de Psychologie Appliquée, 1, 1950, 1-10. L’auteur souligne l'intérêt, dans le domaine de la personnalité, des analyses factorielles d'estimation de réponses aux questionnaires et de tests projectifs.
- 51-2-16. — Contribution aux méthodes d’observation du comportement.
- M. Reuchlin, J. Pépin, M. Pétin, A. Léon, E. Valtn. — Année psychologique, 1950, 49, 119-157.
- 51-2-17. — La notion de quotient intellectuel, sa signification et sa valeur.
- J. Perse. — Revue de Psychologie Appliquée, 1950, 1, 23-27. Historique de la notion de QI. Actuellement, cette notion n'est pas la même chez tous les auteurs.
- 51-2-18. — Contribution en faveur d’une théorie neutre de la personnalité.
- T. N. Jenkins. — Transactions of the New-York Academy of Sciences. 1950, 13, 9-12. L'auteur écarte le schéma descriptif des traits de personnalité par facteurs bipolaires (ascendance-soumission, etc...). Ses propres travaux le conduisent à admettre deux « super facteurs » A et C. Le facteur A serait associé à l'activité adrénergique et le facteur C à l’activité cholinergique.
- 51-2-19. — Les tests de personnalité peuvent-ils déceler les sujets prédisposés aux accidents ?
- F- J. Harris. — Personnel psychologxj, 1950, 3, 455-459. Après étude expérimentale, la réponse de l'auteur est négative.
- 51-2-20. — La validité d’un test projectif à choix multiple pour le « criblage » psychopathologique.
- M. Singer. — Psychological Monographs, 1950, 64, n° 8. Ce test utilise les taches du Rorschach. Les résultats sont suffisamment favorables pour justifier, d'après l’auteur, d'autres recherches dans ce sens.
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- 51-2-21. — Un essai d’évaluation numérique des résultats au test de Rorschach.
- D. J. Salfield. — Journal of general psychology. 1950, 43, 305-311.
- 51-2-22. — Etude de validité du test de Rorschah : Timidité et grégarisme chez les adultes supérieurs.
- W. H. Holtzman. — Journal of clinical psychology, 1950, 6, 343-347. L’étude est faite sur deux groupes d’étudiants, l’un de 24 sujets, Fautre de 22. Le critère est choisi soigneusement, l’élaboration des données est faite par deux méthodes différentes. Les résultats sont entièrement négatifs. Dans la même revue, le même auteur valide aussi le Borschach en ce qui concerne le trait «impulsivité». Le résultat est meilleur, à condition de considérer un grand nombre de « signes ».
- 51-2-23. — La validation du Rorschach : Quelques aspects méthodologiques.
- L. I. Schneider. — Psychological Bulletin, 1950, 47, 493-508. Kevue de 39 travaux.
- 51-2-24. — Variations expérimentales induites dans le résultat du Rorschach.
- E. Lord. — Psychological Monographs, 1950, 64, n° 10. Les résultats sont affectés par la répétition du test, par l’attitude de l’examinateur, et par l’examinateur. Bésultats acquis sur 36 étudiants testés trois fois par trois examinatrices différentes.
- 51-2-25. — Une étude normative du Thematic Apperception Test.
- L. D. Eron. — Psychological Monographs, 1950, 64, n° 9. 150 anciens combattants, divisés en cinq groupes différents, du point de vue neuro-psychiatrique, sont examinés et leurs résultats analysés : différences entre les groupes et réponses les plus fréquentes à chaque carte. Le T. A. T. ne peut être utilisé pour différencier les groupes nosologiques. L’article contient une échelle d’estimation de la tonalité émotionnelle des réponses à chaque carte.
- 51-2-26. — Mesures de santé mentale tirées de l’échelle de tempérament de Humm-Wadsworth.
- D. G. et K. A. Humm. — The American Journal of psycliiatry, 1950, 107, 442-449. Un groupe de 40 sujets bien adaptés et un groupe de 37 malades sont nettement distingués par l’indice d’intégration proposé. Les indices obtenus par 1.000 sujets pris au hasard sont donnés également, et les résultats sont cohérents avec ceux des deux premiers groupes.
- 51-2-27. — Observations d’enfants de différents âges dans les « cubes à assembler » de Knox Pintner.
- G. C. Beda. — Archivio di psichologia neurologia e psychiatria, 1950, 11, 469-475. On sait que l’épreuve consiste à assembler neuf cubes qui ne sont peints en rouge que sur certaines de leurs faces en un bloc unique entièrement rouge dont le modèle est donné. Les enfants examinés ont de trois à douze ans. On donne d’une part, des résultats numériques, et d’autre part, les types d’erreurs, les modes de construction qui sont les plus caractéristiques d’un niveau donné.
- 51-2-28. — Un test collectif de dessin pour le diagnostic rapide des insuffisances psychiques.
- P. Muller. — Revue suisse de Psychologie, 1950, 9, 462-466. Utilisation de l’épreuve de M. Prudhommeau.
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- 51-2-29. —
- Corrélations
- gramme.
- G7 —
- psychologiques avec l’électrencephalo-
- L. J. Saul, H. et P. A. Davis. — Psycliosomatic medicine, 1949, 11, 361-376. Les électrencephalogrammes cle 136 malades de PInstitut de Psychanalyse de Chicago sont pris sur une période de 5 ans. Ils sont à peu près constants pendant cette période. Les individus « passifs » ont un E. E. G. dans lequel le rythme alpha est clair et régulier. Les femmes à tendances masculines fortes ont un rythme alpha faible. Les femmes frustées, hostiles, agressives ont également un E. E. G. reconnaissable à certaines caractéristiques.
- 51-2-30.
- Médecine du travail.
- Pr. C. Simonin. — Paris, Maloine, 1950. Ce traité, destiné à des médecins constitue une source de documentation pour ceux qui, comme le psychologue industriel doivent connaître la vie à Pusine. Un chapitre traite de façon très sommaire de l’orientation, de la sélection et de la rééducation professionnelles.
- 51-2-31.
- Les travailleurs infirmes dans l’industrie.
- M, D. Kossoris. — Journal of exceptional children, 1950, 17, 44-47. 11.000 ouvriers atteints d’infirmités « sérieuses » sont étudiés en 1945 et 1946 dans 109 entreprises. Les types d’infirmités conservées sont les suivantes : orthopédique, visuelle, auditive, hernièrc, cardiaque, tuberculeuse (anciens malades), ulcéreuse, diabétique, épileptique et multiple. Le groupe est appareillé à un groupe de 18.000 travailleurs normaux faisant exactement le même travail. Les résultats sont des plus encourageants : rendement moyen égal pour les deux groupes ; même absentéisme, moins d’accidents du travail chez les infirmes, même fréquence de visites au médecin ; un peu plus de changements d’emplois chez les infirmes mais dans les conditions de l’expérience, la différence n’est pas significative.
- 51-2-32. — Facteur humain et accidents du travail.
- H. Bour. — Archives des maladies professionnelles, 1950, 2, 269-276. L’auteur insiste à juste titre dans sa conclusion, sur l’intérêt dans ce domaine d’une sélection professionnelle scientifique.
- 51-2-33. — Pré-orientation professionnelle et initiation systématique au travail.
- J Mallart. — Revista de psicologia y pedagogia aplicadas. 1950, 1, 23-47. Rôle des maîtres de l’enseignement primaire.
- 51-2-34. — La structure d’âge de la population active en France.
- P. Naville. — Cahiers internationaux de Sociologie. 1950, 9, 57-75. On trouvera en particulier dans cet article des répartitions d’âges pour certaines catégories professionnelles commentées par l’auteur qui souligne l’intérêt des études de ce genre.
- 51-2-35. — Une méthode d’analyse des interviews à l’embauche.
- H. W. Daniels et J. L. Otis. — Personnel Psychology. 1950, 3, 425-444. Les interviews sont enregistrées. Elles sont ensuite analysées en vingt catégories telles que : temps pendant lequel parle l’interviewer, le candidat ; nombre de questions posées par le candidat, etc... Les corrélations sont calculées entre ces catégories. Une telle analyse est susceptible d’améliorer les procédés d’interviews et l’entraînement des interviewers. ^
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- ... et des Livres
- 51-2-40. — Psychiatrie infantile.
- L. Michaux et coll., préface du Pr. G. Heuyer. In 8° 224 p., Paris P. TJ. F., 1950. — Cet ouvrage reprend et complète un certain nombre de fascicules du traité de pédiatrie de l’Encyclopédie médico-chirurgicale. On y passe en revue les troubles du développement psycho-moteur de l’intelligence, de l’affectivité ; puis, plus rapidement les problèmes de psychiatrie infantile médico-légale et de thérapeutique générale. Certains tests (psycho-moteurs, d’intelligence, de personnalité) paraissant, d’après l’A., présenter un intérêt en psychiatrie infantile, sont signalés.
- 51-2-41. — L’enfant sourd.
- Dr. L. Kantzer. Préface du Pr. Lemaître. In 8° de 74 pages, Paris, Maloine, 1950. — Ce petit ouvrage fort bien présenté rendra des services à ceux qui ont à dépister la surdité partielle ou totale de jeunes enfants, à éduquer ou rééduquer des enfants sourds. Il contient en particulier les techniques audio-métriques utilisables sur des enfants à partir de quelques mois, techniques qui varient, bien entendu, avec l’âge, et des tests d’intelligence applicables à des enfants sourds (tests de Mmô Borel-Maisonny).
- 51-2-42. — La techniaue du test du Village.
- P. Mabille. In 16° de 154 pages. Revue de Morpho-physiologie humaine, Paris, 1950. — On donne au sujet des éléments réduits : maisons, barrières, arbres, monuments, etc..., et on lui demande de construire un village. On lui pose ensuite un certain nombre de questions. L’interprétation est faite dans le cadre utilisé par les méthodes projectives. Cette épreuve présente le même intérêt et appelle les mêmes réserves que les autres épreuves de cette catégorie.
- 51-2-43. — Psychologie des mouvements sociaux.
- P. Maucorps. In 16° de 127 p. « Que sais-je », Presses Universitaires de France, Paris, 1950 Ce petit ouvrage a le mérite de rendre facilement accessibles un certain nombre de recherches de psychosociologie et d’attirer l’attention d’un public étendu sur l’importance, en psychologie, des éléments d’origine sociale.
- 51-2-44. — Boulangerie d’aujourd’hui.
- F. Urbain Dubois et L. Champeault. Paris, Editions Joinville, 1950, 283 pages. — Les deux premières parties consacrées à l’organisation de la boulangerie (législation, salaire, etc...) et à ses principes (conditions et méthodes de travail), peuvent être intéressantes pour l’étude du métier.
- M. R.
- AGEN. — IMPRIMERIE MODERNE, 43, RUE VOLTAIRE
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- QUELQUES RÉFLEXIONS SUR LE CHOMAGE
- ainsi que sur les répercussions qu’il exerce
- sur
- professionnelles /^iii
- l’orientation et la formation
- par P. POUILLOT
- Pans une étude parue dans le Bulletin de l’Institut National d’Etude du Travail et d’Orientation Professionnelle sous la signature d’Alexandre Vexliard, Fauteur fait ressortir pourquoi les statistiques officielles concernant le chômage ne peuvent être considérées comme exactes.
- Ce n’est pas une constatation nouvelle. Tous ceux qui se sont penchés sur ce délicat problème savent qu’à côté du chômage secouru, reflété par les statistiques, il existe un important groupe de travailleurs sans emploi, qui, pour des raisons diverses, ne perçoivent aucun secours. Ces derniers ne figurent que d’une façon très incomplète sur les dites statistiques.
- Avant la guerre on estimait que dans la région parisienne, le chômage secouru ne représentait guère que la moitié du chômage total.
- L’influence du chômage non secouru sur le placement est très bien connue. Il s’agit en l’espèce, et le plus souvent, d’une main-d’œuvre particulièrement mobile et sans attaches profondes avec sa région de résidence. La main-d’œuvre bénéficiant de secours de chô-
- mage, au contraire, est beaucoup plus stable et d’une mobilité moindre.
- C’est ainsi qu’en 1938, des tentatives de placement, d’ailleurs couronnées de succès, dans l’agriculture, les usines métallurgiques et les mines de fer, permirent de constater que 85 % des candidats volontaires aux emplois vacants, étaient composés de chômeurs ne bénéficiant d’aucun secours.
- Des mesures de placement de ce genre, si elles ne sont pas strictement réservées aux chômeurs secourus, et il est sage qu’elles ne le soient pas, peuvent donc n’exercer aucun effet sensible sur les statis-
- tiques officielles du chômage secouru.
- Un autre point doit retenir l’attention.
- D’après le même auteur, les documents officiels signaleraient (( que l’accroissement du chômage est cependant dû, eu grande partie,
- An.
- - o- - x - 7 — o-----~
- a P ouverture de nouveaux fonds de chômage dans les départements » puis, plus loin : « L’ouverture de services d’aide, dans quatre
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- départements, a largement contribué à l’augmentation générale du chômage signalé ». Ces faits se rapportant à 1949.
- Cela est évident mais, pour être tout à fait objectifs, les mêmes documents devraient ajouter que le contrôle des fonds de chômage peut avoir un effet inverse. Des contrôles massifs, par les radiations qui en résultèrent, ont eu parfois pour résultat une réduction du nombre de chômeurs secourus.
- 'Mais, sans vouloir minimiser l’intérêt considérable attaché à l’obtention de statistiques exactes du chômage, force nous est de dire qu’il est un autre aspect du chômage beaucoup plus important pour la solution des problèmes intéressant l’Orientation et la Formation Professionnelle.
- Nous entendons parler ici de la recherche de la valeur d’utilisation des chômeurs, de la recherche de leur valeur professionnelle exacte.
- Sans cette connaissance, toute étude statistique de chômage restera sans portée pratique.
- Mais, dira-t-on, c’est là travail facile. Chaque chômeur à la recherche d’un emploi a des, références, des certificats de travail. Il n’y a qu’à consulter des documents ? C’est là une erreur et nulle maison sérieuse ne s’en contente pour dispenser un candidat d’une épreuve pratique avant l’embauchage.
- Cette méthode peut être jugée suffisante dans la pratique de tous les jours pour faire une tentative individuelle de placements. Elle ne convient pas pour connaître la valeur professionnelle d’un groupe important des chômeurs et en tirer des conclusions pratiques, intéressant leur remise au travail et l’incidence du chômage sur l’Orientation et la Formation Professionnelles.
- Un groupe de chômeurs, avec l’aide du temps, sans même qu’il soit nécessaire de reteuir l’influence désastreuse de l’inactivité sur un grand nombre d’individus, ne peut que voir diminuer constamment sa valeur professionnelle et sociale.
- Lorsqu’un établissement quel qu’il soit, voit son activité réduite d’une façon durable, les mesures de licenciement qu’il est amené à prendre atteignent surtout les travailleurs dont le rendement est le moins élevé par suite ou de l’âge, ou d’une incapacité quelconque, ou d’une formation professionnelle insuffisante ou nulle. Par contre, un recrutement effectué par prélèvement chez les chômeurs porte nécessairement sur les meilleurs de ceux-ci, professionnellement parlant.
- C’est donc une erreur, dans le cas d’un chômage important et prolongé, de se contenter de comparer numériquement un groupe de chômeurs et un autre groupe d’ouvriers au travail de la même catégorie professionnelle.
- On ne peut pas davantage, dans le cas de métiers qualifiés, penser qu’il sera toujours possible de compenser des besoins en main-
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- d’œuvre, par prélèvement sur les effectifs du chômage de même qualification.
- Dans ce dernier cas, le problème de la formation professionnelle, temporairement masqué par le chômage, garde néanmoins toute sa valeur.
- C’est là une vérité qui a été mise en évidence par une enquête effectuée en 1938 et 1939 par le Ministère du Travail et la Direction de P Enseignement Technique.
- Les événements internationaux n’ont malheureusement pas permis d’en tirer toutes les conclusions pratiques qui s’en dégagèrent.
- Il n’est pas trop tard pour en parler d’autant qu’à notre connaissance, aucune enquête de même envergure n’a été tentée depuis. Il serait d’ailleurs particulièrement souhaitable que cette expérience soit renouvelée, ne serait-ce que pour mieux connaître la situation actuelle et la comparer avec la précédente.
- Nous limiterons notre exposé à la seule région parisienne laquelle représentait, à cette époque, plus de 00 % de l’ensemble du chômage en France.
- Si le recensement qualitatif du chômage ne fut réalisé qu’en 1938, l’idée n’en était pas nouvelle.
- Déjà, en 1932, M. Maurice Petsche, Député et Rapporteur du budget de l’Enseignement Technique avait déposé un projet de résolution dans ce sens.
- Au début de 1937, le Congrès des Offices Publics de Placement, tenu à Strasbourg, adoptait un vœu identique.
- La même année le Conseil National Economique faisait sienne une résolution demandant qu’il soit procédé à une enquête, d’abord limitée aux régions à fort chômage, enquête qui devait reposer sur un questionnaire à soumettre à tous les demandeurs d’emploi. En même temps, et pour bien montrer l’intérêt qu’il attachait à cette question, le Conseil National Economique décidait de faire imprimer à ses frais les 200.000 premiers questionnaires qui furent utilisés dans la région parisienne. Celle-ci à cette époque comptait 195.550 chômeurs secourus pour 301.200 sur l'ensemble du territoire.
- La technique qui fut utilisée n’a pas été retenue, ici. Disons seulement que chaque chômeur dut répondre à un questionnaire détaillé, dont les indications furent contrôlées ensuite. L’examen de la valeur professionnelle des intéressés fut confiée à des commissions paritaires formées d’ouvriers et d’employeurs de la profession considérée, placées sous la présidence d’un représentant qualifié de l’Enseignement Technique.
- Ce qui frappa tout d’abord, quand les résultats de cette vaste enquête furent connus, ce fut le vieillissement marqué des chômeurs et le nombre considérable de travailleurs âgés qu’on rencontrait parmi eux.
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- C’est ainsi qne pour les hommes, alors (pie les chômeurs de moins de 30 ans, ne représentaient que 15 % de l’ensemble, on constatait la présence de 41 % de chômeurs de 30 à 50 ans et de 44 % de plus de 50 ans.
- Pour les femmes les proportions, pour ces trois groupes, étaient de 16 %, 37 % et 47 %.
- On pouvait donc déjà (lire que plus de la moitié des chômeurs avaient sensiblement dépassé l’âge normal d’embauchage.
- Pour l’ensemble de Paris seulement, sur 83.000 chômeurs, recensés, 20.500 avaient dépassé 60 ans.
- Dans certaines catégories professionnelles ce phénomène était encore plus frappant. Le nombre de chômeurs ayant dépassé 50 ans représentait 42 % chez les brocheurs et les typographes, 54 % chez les menuisiers et 65 % chez les femmes de ménage.
- Ce vieillissement du chômage était encore mis en évidence par comparaison avec une enquête plus limitée et effectuée en 1036 dans quelques catégories professionnelles.
- C’est ainsi, à titre d’exemple, que dans les métiers du Livre, le chômage en 1936 ne comptait que 11 % d’hommes ayant dépassé 60 ans pour 24 % en 1936. Dans le vêtement le chômage comprenait 18 % de femmes de plus (le 60 ans, contre 35 % en 1938.
- En même temps, la comparaison entre deux enquêtes datant l’une de 1931, l’autre de 1938, permettait de constater un rajeunissement correspondant de la main-d’œuvre industrielle au travail dans la même région parisienne.
- En 1931, dans P ensemble des établissements ont comptait 5,25 % d’ouvriers de plus de 60 ans. En 1938, cette proportion n’était plus que de 3,92 %.
- Ce rajeunissement des effectifs était particulièrement sensible dans l’industrie des métaux (5,17 % en 1931 et 3,62 % en 1938) ainsi que dans le Commerce (4,91 % en 1931 et 3,12 % en 1938).
- Il était, par contre, moins important dans les métiers où la valeur professionnelle des intéressés peut être utilisée plus longtemps tels que les métiers du Livre où, de 5,8 % en 1931, cette proportion était encore de 5,27 en 1938.
- Sur ce point déjà, l’incidence du chômage sur l’Orientation et la Formation Professionnelles n’est pas aussi importante que les statistiques le laisseraient croire.
- Cette impression s’accentue encore si l’on observe les résultats des examens subis par les chômeurs devant les commissions paritaires et ayant permis de connaître la valeur professionnelle exacte de ceux-ci.
- Dans l’ensemble il est permis d’affirmer que très peu de professionnels qualifiés, n’ayant pas encore atteint un âge rendant leur placement difficile, figuraient parmi les chômeurs. Un grand nombre
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- inscrits comme ouvriers qualifiés furent reconnus comme pouvant faire, tout au plus, des ouvriers spécialisés voire même de simples manœuvres. D’autres, pour diverses raisons, furent déclarés inaptes à l’exercice du métier qu’ils prétendaient pouvoir exercer.
- Nous ne rentrerons pas dans le détail des résultats ainsi obtenus pour ne pas allonger exagérément cette étude. Nous nous contenterons d’en signaler quelques-uns parmi les plus caractéristiques.
- Dans le bâtiment, où la nature du travail ne permet que de conserver les meilleurs éléments et où la grande diversité des tâches facilite l’emploi d’ouvriers de valeurs professionnelles très différentes 83 % des chômeurs furent reconnus aptes.
- Dans les métiers du bois, 70 % des chômeurs examinés furent reconnus aptes mais parmi ceux-ci, une grande partie avaient dépassé l’âge de 00 ans.
- Dans le travail des métaux, sur 20.000 chômeurs inscrits dans cette catégorie professionnelle, 1.200 seulement, soit sensiblement •r>,8 % furent déclarés aptes à l’exercice de leur métier par la Commission Paritaire. Le reste n’était formé que d’ouvriers trop âgés, ou inaptes physiquement, ou tout juste susceptibles de se voir confier un emploi d’ouvrier spécialisé ou de manœuvre.
- Parmi les boulangers, sur 185 chômeurs examinés, 101 furent jugés trop âgés pour continuer l’exercice de leur métier, 132 furent écartés soit comme physiquement incapables, soit en raison de leur f<>rmation profession nelle insuffisante.
- Il n’est pas jusqu’aux professions domestiques où une épreuve pratique lit ressortir l’écart considérable qui existait entre les déclarations reçues et la valeur professionnelle des intéressés.
- Sur près de 10.000 chômeurs inscrits dans cette catégorie professionnelle’ une sévère sélection retint seulement un millier de « bonnes a tout faire » dont l’âge, le comportement et les certificats de travail présentés permettaient de penser qu’elles étaient capables d’exercer leur métier.
- Sus ces 1.000 chômeuses sélectionnées, moins de 10 % réussirent les trois épreuves pratiques de cuisine familiale, de repassage d’une Pièce simple et de réparation de vêtements.
- Et maintenant nous pouvons conclure :
- — Le recensement quantitatif, tel qu’il est pratiqué actuellement présente un intérêt administratif et social dont la valeur ne doit pas être sous-estimée.
- Mais seul, un recensement qualitatif portant sur la valeur professionnelle des chômeurs secourus, est de nature à fournir une base serieuse au placement ou au reclassement des chômeurs dans une antre profession.
- Seul, également ce recensement permet de se rendre compte de
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- Pincidence du chômage dans un métier donné, sur la formation professionnelle dans ledit métier, sur le recrutement des apprentis et sur P Orientation Professionnelle.
- — C’est une erreur trop fréquemment commise dans P indu strie que de subordonner l’embauchage des apprentis, donc de gêner indirectement l’action des Services d’Orientation Professionnelle, à l’importance du chômage dans le métier considéré.
- Redisons que c’est une erreur, parce que le chômage ne reflète que l’aspect immédiat du marché du travail et ne renseigne nullement sur son évolution future. Un apprenti 11e deviendra un ouvrier qualifié que plusieurs années plus tard. D’ici là, le marché du travail peut changer d’aspect. C’est sur un diagnostic pins étudié que doivent reposer l’orientation professionnelle et le placement en apprentissage qui en est la suite logique.
- C’est une erreur enfin, car, nous l’avons vu, le simple relevé numérique des chômeurs secourus inscrits dans un groupe professionnel ne renseigne nullement sur la valeur professionnelle de ceux-ci ni, par conséquent, sur les possibilités de replacement dans leur métier.
- Comme ultime conclusion à cette rapide étude, nous dirons qu’en dehors des ouvriers appartenant à des métiers très fortement touchés par la crise économique et des travailleurs éliminés en raison de leur âge ou de leur inaptitude physique, le chômage n’a atteint, dans l’immense majorité des cas, que des travailleurs insuffisamment qualifiés ou des manœuvres. En dehors des cas ci-dessus il 11’a pratiquement pas été recensé d’ouvriers ayant fait un apprentissage régulier.
- Une bonne formation professionnelle, laquelle suppose une orientation professionnelle préalable et judicieuse, reste donc encore la meilleure garantie contre les atteintes du chômage.
- ------- LO. P. DANS L'ACADÉMIE DE LYON ---------------------------------
- Lyon. — Le 5 mars 1951, a été inauguré officielement sous la présidence du Recteur de l'Académie et en présence des plus hautes personnalités de la région, le Centre d'O. P. de Lyon complètement réorganisé.
- Ce Centre, installé de façon parfaite, emploie actuellement un directeur, six conseillers (un poste vacant), un rédacteur, une secrétaire, une dactylo, trois médecins (24 heures par semaine).
- Saint-Etienne. — Le 11 mai 1951 a été inauguré le Centre de Sélection de machinistes de mines et de conducteurs. Ce service est géré par . la Chambre de Commerce mais placé sous la direction du C. O. P. de Saint-Etienne avec lequel il est contigu. Le poste est tenu par un conseiller d'O. P.
- Roanne. — La section de Roanne du Service départemental d’O. P. de la Loire fonctionnant depuis le 1er février 1951, a été officiellement inaugurée sous la présidence du sous-préfet, en présence de nombreuses personnalités, le 23 mai 1951.
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- LA FORMATION DU PSYCHOLOGUE
- Le Psychologue industriel
- par S. PACAUD
- (DEUXIÈME PARTIE)
- B. - L’outil expérimental(,)
- Nous ne croyons surprendre personne en affirmant que, si l’expérimentation n’épuise pas à elle seule tout le domaine de la psychologie appliquée, elle en constitue une partie essentielle. A notre avis, ne peut s’intituler psychotechnicien, celui qui n’a pas assimilé et dominé la méthode des sciences expérimentales. En effet, l’analyse psychologique du travail ne conduit le psychologue qu’au stade de l’hypothèse de recherche. Cette hypothèse il faut la vérifier, la « tester ». Or, la création et la mise au point d’un test psychologique ne diffère pas de la création et de la mise au point des tests physiques, chimiques ou biologiques. Enfin, les principes de l’expérimentation en psychologie appliquée ne sont pas différents de ceux des autres sciences expérimentales appliquées. Il en résulte que la formation expérimentale d’un psychologue industriel doit satisfaire aux mêmes exigences que celle du technicien de recherche appliquée travaillant dans un Laboratoire de Physique, de Chimie ou de Biologie.
- Cette formation revêt deux aspects :
- (i) Initiation aux techniques expérimentales ;
- h) Initiation au raisonnement expérimental, fondement de toute recherche scientifique.
- La façon dont cette tâche doit être accomplie est de toute évidence liée à la conception que l’on se fait de la méthode des tests et aussi de la psychologie appliquée.
- Disons d’abord un mot du premier point, c’est-à-dire de la technique expérimentale dans l’emploi des tests.
- Le mot « tests » est aujourd’hui dans la bouche de chacun, d’ail-hnirs avec les significations les plus diverses. Dans les jeux de société, un des partenaires, évitant le piège tendu par les autres se
- (1) La plupart des idées exposées dans cet article ont fait l'objet d'une communication que nous avons présentée à la IXmo Conférence Internationale de Psyclio-eelinique à Berne. Cette communication a été publiée sous le titre « La Psycho-echnique et les Sciences expérimentales » dans la revue Le Travail Humain XIV. ™51, pp. 90-96 ’
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- réjouit d’avoir «réussi le test» ; le monsieur qui a trouvé la solution d’un rébus imprimé dans son journal fait de même ; jusqu’à ce receveur d’autobus qui dit au voyageur sautant avec adresse dans le véhicule en marche « ça c’est un test ! », et qui identifie ainsi cette expression avec « performance sportive ».
- La popularité des tests est devenue une calamité pour le professionnel. Cette popularité prend sa source dans la facilité apparente avec laquelle l’on crée et l’on utilise les tests.
- En effet, s’il ne viendrait à l’esprit de quiconque n’ayant pas de connaissances spécialisées d’acheter un optomètre ou un audiomètre aux fins d’applications, de nombreux dilettantes, de formation extrêmement diverse, se sent l’Ame de psychotechniciens après avoir lu quelques brochures sur la question. Or, rien u’est aussi illusoire que la facilité d’emploi des tests.
- Fait plus important encore, la présence fréquente de tels amateurs de psychotechnique aux postes dirigeants dans les entreprises met souvent le psychotechnicien professionnel en délicate posture. Ces amateurs croient en savoir sur la question plus que les professionnels ; ils enfantent des tests, en achètent d’autres sans discernement, s’enflamment aussi rapidement à la suite d’une réussite fortuite qu’ils se découragent au premier échec pourtant justifié ; et, ne connaissant rien des règles de l’expérimentation, ils conçoivent la méthode des tests un peu comme un jeu de fête foraine.
- Pour résister à cet état d’esprit, il faut au psychotechnicien professionnel une intégrité et une force de caractère peu communes. Il perd un temps précieux pour défendre la méthode contre ces opérations inconsidérées et il risque de se laisser entraîner à la longue dans la voie de fâcheux compromis. C’est pourquoi nous devons insister ici sur la portée, insoupçonnée du profane, de la technique expérimentale. Cette portée est certes bien connue des professionnels, mais il est primordial d’en signaler l’importance, aussi bien pour la formation des jeunes psychotechniciens que pour l’information du public intéressé par la question.
- Kappelons, en premier lieu, que le test n’est pas une épreuve quelconque. C’est un «outil expérimental ». En tant qu’expérimental, cet outil ne peut donner de résultats valables qu’employé dans des conditions rigoureusement définies. Ces conditions font intervenir deux sortes de facteurs :
- a) Facteurs immédiats d’expérimentation ; l>) Facteurs écologiques.
- a) Considérons l’expérience dans sa conception la plus générale, en tant qu’ « observation provoquée ». Que l’on s’adresse à la matière inorganique ou organique, à l’animal de laboratoire ou à l’homme, les règles des sciences expérimentales restent toujours les mêmes.
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- L’une de ces règles recommande d’organiser l’expérience de façon telle qu’aucun phénomène étranger à celui que l’on veut détecter n’en vienne masquer ou troubler le déroulement. Dans chaque, science, les expérimentateurs satisfont à ce postulat en prenant les précautions appropriées au matériel qu’ils emploient. Le psychotechnicien, lui aussi, doit satisfaire à de nombreuses conditions expérimentales exigées par le psychisme de l’être humain et par son environnement social.
- Ces conditions; on peut les classer en trois groupes :
- 1° Conditions matérielles extérieures au sujet ;
- 2° Conditions psychologiques extérieures au sujet ;
- 3° Conditions psychologiques propres au sujet ;
- b) Quant aux facteurs écologiques qui constituent une source d’erreurs très fréquentes dans l’expérimentation, on peut considérer qu’ils sont liés à l’influence de cinq milieux :
- 1° Classe sociale ;
- 2° Milieu national ;
- 3° Milieu culturel ;
- 4° Milieu professionnel ;
- 5° Milieu familial.
- Maintes précautions destinées à tenir compte de ces facteurs sont réputées comme « allant de soi » ; et cependant elles sont plus que souvent négligées par les praticiens qui, par manque de formation expérimentale, les considèrent comme inutiles et « simplistes ».
- Les jeunes psychotechniciens travaillant dans l’industrie ou dans les administrations ont souvent le grave tort de ne point avoir lu et médité les ouvrages des premiers expérimentateurs sous prétexte que les écrits de ces auteurs concernent F expérimentation sur l’enfant ou sur le malade. Qu’il s’agisse d’enfants ou d’adultes, de malades ou de normaux, les précautions expérimentales nécessaires sont cependant analogues ; et l’on peut même remarquer que l’en-l'ant ou l’adolescent, habitué à la discipline scolaire, est plus familiarisé avec la méthode des tests que par exemple un adulte, travailleur manuel ; de sorte que, pour l’examen de ce dernier, il faut prévoir diverses précautions supplémentaires.
- Impressionnés et séduits par l’appareil mathématique qu’ils doivent savoir manier, les jeunes psychotechniciens oublient souvent que les techniques statistiques les plus correctes et les plus évoluées ne peuvent permettre l’élaboration d’une interprétation valable à partir de données expérimentales fausses par elles-mêmes. Le danger est d’autant plus grand que le traitement statistique risque par sa ligueur, d’accroître le crédit accordé à ces résultats erronés.
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- Nous ne pouvons mieux faire que de rappeler ici cette phrase de Claude Bernard : « Il faut avoir été élevé et avoir vécu dans les Laboratoires pour sentir toute l’importance de tous ces détails de procédés d’investigation, qui sont si souvent ignorés et méprisés par les faux savants qui s’intitulent généralisateurs ».
- Nous voudrions, maintenant, au moins effleurer le deuxième aspect de la formation des psychologues praticiens, à savoir la préparation à la recherche. Il est évident qu'ici eucore, quant à la méthode, il n’y a pas de différence entre la formation d’un psychologue et celle d’un chimiste ou d’un biologiste. Comme nos collègues des autres sciences, le psychologue doit isoler, décrire, et si possible mesurer un phénomène. Il doit examiner les interactions entre ce phénomène et d’autres composantes de la même structure. En un mot, il doit procéder d’abord par analyse.
- Ensuite, à l’instar du médecin clinicien moderne qui établit son diagnostic en s’appuyant sur de nombreuses données d’analyses biochimiques, le psychologue praticien, dans l’examen ultime du dossier individuel, doit reconstituer par un système de références la personnalité du sujet à partir des données objectives fournies par les résultats expérimentaux. C’est dans un tel système de références qu’un résultat chiffré isolé, n’ayant aucune valeur par lui-même, acquiert non seulement une valeur de mesure, mais toute sa signification.
- Le slogan de la « personnalité inaccessible à l’analyse expérimentale » a fait un tort inouï à l’avancement de notre science.
- Nous faisons abstraction de la circonstance que les pseudo-psychotechniciens se sont emparés de ce slogan pour s’intituler, après quelques semaines de formation, « observateurs de comportement », en maniant avec une véritable inconscience les tests cliniques, qui sont des instruments délicats, même entre les mains d’un psychiatre averti. Mais, du point de vue méthodologique*, si la personnalité ne peut être saisie que par projection intuitive, par l’interprétation révélatrice du psychologue portant sur les interprétations du sujet lui-même, alors déclarons immédiatement que la psychotechnique n’est qu’un art et non pas une science appliquée et ouvrons les portes tout arbitraire.
- Il nous semble que, si l’analyse expérimentale ne permet pas encore aujourd’hui de comprendre la personnalité en tant qu’un « tout », c’est parce que l’outil expérimental dont nous nous servons a dévié. Nous savons tous que parmi les innombrables tests créés continuellement dans les laboratoires, il y en a peu qui satisfont aux conditions requises pour un instrument de mesure. Mais il y a une chose plus grave : dès que nous nous trouvons en présence d’un comportement complexe, les tests habituels s’avèrent inopérants. O’est même dans cette insuffisance d’un outil quotidien et standardisé qu’il faut voir l’origine de la tendance à l’abandon de la méthode
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- expérimentale et au retour à l’observation des attitudes globales. Ce découragement nous paraît cependant injustifié et, comme toujours, dû à l’impatience. O11 a pensé trouver d’emblée des « tests » pour les comportements complexes sans passer par le long chemin de la recherche expérimentale où chaque résultat conduit à ajuster un peu mieux l’organisation de l’expérience afin de la rendre de plus en plus propre à déceler et à mesurer les phénomènes.
- Si notre discipline n’est pas capable de dépasser l’étape de « tes-tation » elle signera l’arrêt de son progrès, et par là même l’arrêt de sa mort.
- On a trop oublié que le mot « test » veut dire expérimentation standardisée, et qu’avant d’être standardisée, celle-ci était nécessairement expérimentation tout court. L’esprit de « testeur » a voulu reinplacer l’esprit de « chercheur ». Mais l’esprit de « testeur » n’assurera pas le progrès en psychologie appliquée.
- En effet, le testeur n’enregistre que le résultat final d’un processus psychique. Or, chez différents individus, des processus différents peuvent aboutir au même résultat final. Et si tel qu’il est, statique et inerte, ce résultat permet la différenciation des individus, combien l’étude de la personnalité ne serait-elle plus avancée, si le processus même, demeuré inconnu jusqu’à présent, ne devenait accessible à l’analysé expérimentale et à la mesure !
- C’est à ce but que nous devons lions attacher de plus en plus.
- Savoir quel enchaînement de prémisses a conduit le sujet à une réponse correcte ou fausse dans un test de raisonnement.
- Savoir quel est le facteur le plus puissant dans le-jeu des inductions associatives chez un individu donné : est-ce le facteur de contiguïté dans l’espace ou dans le temps ; est-ce le facteur des catégories logiques où encore le facteur des qualités affectives dont est chargé tout « vécu » !
- Savoir par quel procédé mnémotechnique le sujet obtient un résultat X dans un test de mémoire !
- Savoir à quoi sont dues ses oscillations d’attention : est-ce à une disposition organique telle que l’insuffisance du tonus musculaire, ou aux distractions volontaires d’un comportement négligent et « je m’en fichiste » ? Est-ce parce que les associations trop indisciplinées empêchent le maintien prolongé d’une constellation d’idées, de sorte (P>e ne peuvent s’exercer les fonctions de contrôle ? Ou est-ce l’impulsivité, l’impatience affective qui pousse certains sujets à aller de plus en plus vite et leur rend intolérable, au même titre qu’une tâche monotone, tout exercice de vérification ?
- Connaître l’évolution d’une réaction psychomotrice et non pas seulement la résultante finale !
- Savoir comment ! Connaître pourquoi ! Xe pas se contenter de constater, mais chercher à expliquer.
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- Que l’on ne dise pas que ce but est trop ambitieux, qu’il est impossible à réaliser. Impossible n’est pas un mot que la science accepte dans son vocabulaire. Avec une étincelle d’imagination expérimentale, on peut élaborer, à partir de tests courants, des procédés d’expérimentation mettant en lumière les processus psychiques, l’expérimentation conservant, bien entendu, la rigueur des conditions standardisées.
- Il résulte incontestablement de tout ceci que la formation d’un psychologue praticien doit tendre à la création de l’état d’esprit de « chercheur ». C’est ainsi que nous comprenons notre enseignement pratique à l’Institut de Psychologie de l’Université de Paris et la formation des stagiaires dans les Laboratoires Psychotechniques où nous assumons des fonctions de Conseil scientifique.
- Par exemple an Laboratoire Psychotechnique de la S.N.C.F. et à celui de la Régie Nationale des Usines Renault, nos élèves peuvent voir plusieurs appareils dénommés couramment « tests », composés tous de quelques signaux lumineux, de quelques sonneries, de quelques manettes. Mais, suivant l’organisation de l’expérience, ces appareils servent à mettre en lumière des processus psychologiques entièrement différents. Fréquemment les étapes successives de la même expérience constituent des « tests » de fonctions différentes ou même un test d’un processus évolutif. Autrement dit, l’outil matériel est par lui-même polyvalent. Tout dépend de la conception expérimentale qui préside à son utilisation.
- Dans le prochain article, nous parlerons de l’étude de validité de l’efficacité des techniques.
- L’assemblée Nationale, le 23 avril 1951, et le Conseil de la Répit-à blique, le 5 mai 1951, ont voté des dispositions importantes pour notre profession.
- 1° La loi de budget 1951 de l’Education Nationale comprend l’article 11 suivant :
- « A l’aide des emplois existants, il est créé dans chaque académie une inspection de l’Orientation Professionnelle dont le fonctionnement est entièrement à la charge de l’Etat.
- « Par transformation des centres obligatoires d’O.P. sont créés des centres publics d’O. P. — La rémunération du directeur et des conseillers, ainsi que les rémunérations du personnel administratif et les vacations des médecins des centres publics sont à la charge de l’Etat. La titularisation des directeurs et conseillers des centres publics d’O.P. sera réalisée par paliers et dans des conditions fixées par décret contresigné par le Ministre chargé de la Fonction Publique et par le Ministre du Budget ».
- 2° A la suite du vote de cet article, le chapitre 5220 du Budget, primitivement rédigé « subventions en faveur de l’Orientation Professionnelle » est ainsi libellé : « rémunération du personnel de l’O. P. et subventions en faveur de l’O.P., 250 millions de francs ».
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- Notre Enquête sur le B. I. N. O. P
- Nous avions demandé aux lecteurs du Bulletin, dans les numéros 11-12 de 1950 et 1 de 1951, de nous faire part de leurs suggestions quant au contenu et à la présentation de cette Revue.
- Nous avons reçu quinze réponses. Toutes émanent de praticiens de l’Orientation professionnelle, dont treize provinciaux. 11 y a là une première indication sur le public qui s’intéresse le plus au Bulletin.
- Nos correspondants pensent tous, naturellement, que le B.I.N. O.P. s’adresse d’abord aux Conseillers d’O.P. Mais ils ne sont pas d’accord en ce qui concerne sa diffusion an delà de ce milieu. La majorité est favorable à une diffusion auprès des éducateurs, des psychologues de l’industrie, et, à un moindre degré, auprès des industriels, des chambres syndicales ouvrières et patronales, des assistantes sociales, des médecins psychiatres, des Ecoles ou Facultés où la psychologie est enseignée. Une minorité est réticente ou hostile à la diffusion du B.I.N.O.P., surtout parce qu’elle voit dans cette diffusion un danger de divulgation des tests. Enfin, trois collègues ont eu la même idée, qui semble pouvoir concilier les thèses en présence : le contenu du Bulletin lui-même serait choisi en vue d’une large diffusion ; mais les Conseillers d’O.P. recevraient seuls un supplément contenant, en particulier, les détail des tests publiés, moyennant un prix d’abonnement plus élevé. La solution présente un certain nombre de difficultés : danger de désaffection des lecteurs non Conseillers ; difficulté pour rassembler suffisamment de matière en vue d’assurer une périodicité régulière au Supplément ; prix de revient très élevé de ce supplément, à cause du tirage restreint. Mais nous retenons cependant, pour étude, cette proposition.
- La partie la plus importante des réponses concerne le contenu des articles.
- Tout d’abord, des souhaits d’ordre général :
- — Que le Bulletin soit un organe de liaison entre praticiens et chercheurs ou professeurs. Nous partageons totalement cette opinion : cette enquête même le prouve.
- — Que le Bulletin soit un organe de formation, apportant aux Conseillers les résultats obtenus par les chercheurs, les enseignements nouveaux des professeurs de l’I. N. O. P., voire des éléments permettant de consolider ou de rappeler certaines connaissances de hase, particulièrement en statistique. Nous partageons ce point de vue.
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- — Que le Bulletin soit « pratique » plutôt que « théorique ». Nous pensons que les deux points de vue sont inséparables, qu’une science « pure » s’opposant à des « applications » pratiques est impensable. Mais nous nous refusons à donner des « recettes » utilisables mécaniquement par des incompétents. Nous nous refusons également à tomber dans les anecdotes ou les « nouvelles familiales ».
- Quelles sont les rubriques proposées ?
- Des sujets. généraux, traités par des personnes compétentes de tous milieux. « La formation du psychologue » correspond à ce désir.
- De la documentation hibliographique. Nous continuons de notre mieux le long travail de dépouillement réalisé jusqu’ici par M. et Mme pjéron. Certains regrettent (pie les articles cités soient inaccessibles. Nous pourrons, très prochainement, répondre à ce désir, en mettant à la disposition de nos lecteurs les microfilms des articles analysés ; cela à des conditions très avantageuses pour les. Conseillers (l’O. P., grâce à la compréhension du Service de Documentation du Centre National de la Recherche Scientifique.
- Des études réalisées par des praticiens. Nous avons fait un appel pour que de telles études nous soient envoyées, dans le n° 1 de cette année. La parole est aux praticiens.
- Des travaux du Centre de Recherches de l’I.N.O.P. Depuis deux ans déjà, cette rubrique existe. Certains nous demandent de lui donner plus d’importance, et nous en sommes très heureux. Cependant, il faut savoir quelle masse énorme de travail matériel est à accomplir avant d’atteindre le moindre résultat, pour comprendre que nous ne pouvons publier tous les deux mois un travail volumineux et décisif. D’autre part, il est de fait que si certains Conseillers sont en mesure de suivre ce genre de travaux, baucoup d’autres ne peuvent s’y intéresser. Nous avons reçu plusieurs fois des demandes de renseignements portant sur des points explicitement traités dans cette rubrique. L’existence même de l’article était souvent inconnue de nos correspondants.
- Des études de tests. Ces études ne peuvent être faite par le Centre de recherches seulement. Au cours de leur travail habituel, les Conseillers recueillent nécessairement des milliers de résultats qui permettent, mieux que toute expérience « gratuite », des étalonnages ou des déterminations de validité. Dans la grande majorité des cas, la collecte des résultats doit à notre avis être faite par les Centres. Bien entendu, ces résultats ne seront utilisables que dans la mesure où les applications et les corrections se feront de façon parfaitement stricte. L’unification des consignes permettrait de rassembler des résultats provenant de Centres différents, et nous nous en préoccuperons. Le traitement des résultats (étalonnages, corrélations) peut être fait
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- soit par le C.O.P. lui-même, au besoin avec les conseils du Centre de Recherchés ; soit par le Centre de Recherches. D’autre part, une batterie de seize tests collectifs est à l’étude depuis un an au Centre de Recherches. Nous comptons procéder à son analyse et son étalonnage définitif avec l’aide des Centres d’O. P., à la fin de la présente année.
- Des articles émanant du Centre d’Etudes et Recherches documentaires de VEnseignement Technique. Nous avons exprimé ce désir de nos lecteurs, désir que nous partageons, au Directeur de ce Service.
- Des études de cas. MUe Nepveu a ouvert cette rubrique dans le dernier numéro. Il faut maintenant l’alimenter et, si plusieurs Conseillers ont exprimé le désir de voir publier des études de ce genre, aucune ne nous a été adressée. Le danger est grand, ici, de tomber dans l'anecdote pittoresque sans intérêt réel. Nous insistons pour obtenir des faisceaux de cas centrés sur un thème donné, dont on puisse dégager une constatation, un enseignement utiles dans des circonstances analogues.
- Des articles d’étudiants, des informations sur la vie de l’I.N.O.P. Les travaux d’étudiants qui présentent de l’intérêt ont été publiés dans le passé et continuerons à l’être. La « Vie de l’I.N.O.P. », telle que la conçoivent certains de nos correspondants, relève davantage d’un Bulletin d’Amicale d’anciens élèves, que du Bulletin sous sa forme actuelle. L’affectation des diplômés pourrait peut-être y trouver place. Nous y penserons.
- La présentation matérielle n’a pas soulevé beaucoup de critiques. Certains nous demandent de paraître chaque mois, et sous un volume plus considérable. Cela est difficile pour plusieurs raisons. Du point de vue financier le Bulletin qui, jusqu’ici, a couvert ses frais, sera en déficit cette année par suite de la hausse massive du prix du papier. Pue augmentation du prix de l’abonnement sera nécessaire, mais elle ne peut dépasser certaines limites sans restreindre le nombre des abonnés. Du point de vue de la matière, il est difficile de rassembler assez d’articles pour alimenter un Bulletin plus volumineux sans sortir de notre domaine ou accepter du « tout venant ». Enfin, la charge de l’édition incombe au Centre de Recherches qui a trop d’autres obligations pour pouvoir,, dans l’état actuel des choses, fournir pour le b.i.n.o.p. un effort plus grand. Nous essaierons cependant, dans la mesure où nous le pourrons, de satisfaire nos lecteurs sur ce point. C’est ainsi que le dernier numéro a eu 30 pages au lieu de 32. Des abonnements supplémentaires faciliteraient notre tâche.
- Nous remercions encore ceux qui nous ont écrit, et nous espérons que cette enquête marquera le point de départ d’un échange de vues régulier entre lecteurs et rédacteurs du Bulletin.
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- * NOTES ET DOCUMENTS
- UN PROBLÈME SOCIAL ET ÉCONOMIQUE :
- L’adolescence retardée et les O. S.
- Nous relevons sous ce litre un édilorial de C. Dulos paru dans Technique, Art, Science, 1951, 5. Des statistiques fournies par MM. Giraud et Dolladille, ressortent les constatations suivantes: un tiers des enfants de quatorze ans poursuivent leurs études, plus d’un tiers s’intégrent à la production, le reste est inoccupé ; dans le commerce et l’industrie, sur une population active de 12 millions, 5 millions d’ouvriers sont des ().. S., certains groupes professionnels employant presque exclusivement des O. S. ; un cinquième des enfants de quatorze ans est constitué soit par des retardés pédagogiques, soit par des déficients.
- L’auteur rapproche alors les grands besoins industriels en O. S., du grand nombre d’adolescents inoccupés, ou retardés, et se demandent si ces adolescents, convenablement préparés, ne pourraient pas satisfaire à ces besoins.
- Mais le problème de la formation se pose. La classification des Centres d’Apprentissage existants pourrait être étudiée : Centres normaux, Centres pour retardés, Centres pour déficients. Les avantages de Centres polyvalents qui initieraient leurs élèves à diverses occupations d’un groupe professionnel déterminé sont soulignés.
- Permettons-nous de rappeler que nous avons versé au débat, en ce qui concerne la classification des Centres existants, un certain nombre de documents expérimentaux que l’examen systématique par tests des candidats parisiens de la Seine a permis de rassembler : voir le Bulletin de l’I.N.O.P. 1949, 5, p. 18-21 ; Le contrôla de l'Orientation professionnelle, Paris, I.N.O.P. 1949 (communications de A. Léon et de M. Reuch-lin) ; Bulletin de l’I.N.O.P. 1950, 6, p. 61-62.
- Ces documents mettent en lumière le fait suivant : les candidats se présentant aux différents C. A. ne sont pas de même niveau ; ces différences sont stables, le niveau moyen des candidats à un C. A. donné variant peu d’une année à l’autre.
- Recherches sur quelques tests d’aptitude appliqués aux apprentis d’une école mécanique
- ous ce titre, G. Rernyer a publié, dans l'Année Psychologique de
- 1950, un mémoire susceptible d’intéresser les psychologues indus-
- triels et les Conseillers d’O. P.
- Dix tests ont été utilisés : test composite classique d’intelligence, matrices progressives, assemblage de surfaces, relations de forme, des-
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- sins de mémoire, mouvements mécaniques, lest mécanique, Wiggly, montage d’objets, tourneur. Les sept premières épreuves sont collectives, les trois autres individuelles.
- Ces tests ont été appliqués à 139 apprentis de 14 à 17 ans. Les notes scolaires nécessaires aux validations portaient sur la première année d’étude, pour les matières suivantes : mathématiques, sciences, français, technologie, dessin industriel, atelier.
- L’analyse factorielle des notes scolaires, faite par la méthode Spear-man-Delaporte et par la méthode de Lawley révèle deux facteurs de réussite dans l’apprentissage : le premier intervient dans toutes les branches d’enseignement théorique : le second n’intervient que dans les trois matières constituant l’enseignement professionnel : atelier, technologie, dessin indutriel.
- L’analyse des tests, faite par la méthode de Spearman, aboutit à un facteur général spatial et à trois facteurs de groupe: u, dans les tests d’intelligence verbale et abstraite, v qui opposerait intelligence concrète et intelligence abstraite et w, facteur mécanique. Par la méthode de Lawley suivie d’une rotation faite suivant la méthode des « vecteurs étendus » de Tursthone, on "aboutit à. un facteur mécanique, et à deux autres facteurs plus difficiles à interpréter.
- La valeur prédictive des tests est étudiée par une analyse factorielle de l’ensemble des épreuves (tests et notes scolaires). 11 semble qu’il y ait intérêt « à utiliser des fiches d’intelligence verbale et abstraite et des épreuves spatiales papier-crayon pour prédire la réussite dans les études théoriques, alors que, pour la réussite pratique, si les épreuves spatiales papier-crayon ont encore un poids appréciable, ce sont les tests de performance (montage d’objets) et le dessin de mémoire qui ont la meilleure valeur prédictive. »
- La mesure de la personnalité chez les enfants (l)
- Cinquante enfants normaux et cinquante enfants neurotiques de 9 à 14 ans sont examinés à l’aide d’une série de tests de personnalité fournissant au total 28 notes sur chaque sujet. Les deux groupes sont appareillés pour l’âge, le sexe et le Q./I. Chaque enfant subit les tests en trois séances. On recherche quels sont les tests qui différencient le mieux les de ux "groupes. Ce sonl :
- Verbal Provocation Test (Partie B). Test collectif : une situation est décrite, dans laquelle l’enfant est le spectateur d’un acte agressif, provocateur. On lui demande de choisir entre plusieurs réactions possibles, dont certaines sont passives et d’autres actives. C’est le nombre de réactions de chaque type qui constitue la note. Les résultats moyens des normaux. et des neurotiques diffèrent à un seuil de probabilité inférieur à .001, les normaux choisissant plus souvent des réactions actives.
- (1) H. T. Himmelweit. — British Journal of Educational P.sychology, 1951, 21, 9-29.
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- Sentence, Completion Test. 11 faul compléter des phrases du genre de celle-ci : « Henri regardait ses frères et sœurs et pensait que... » L’épreuve est notée suivant le nombre de réponses à certaines phrases qui impliquent la critique, la peur de l’échec, etc... Les normaux font moins souvent de telles réponses (P. <( .001).
- Picture Frustration (Parlie A). Des images sont présentées au sujet représentant des scènes dans lesquelles un personnage est provoqué injustement par d’autres. Le sujet doit choisir, parmi des phrases proposées, ce que répondrait le personnage provoqué. La note est le total des réponses agressives. Les normaux choisissent plus souvent les réponses agressives. (P <( .01).
- Static Aiaxia Test. On demande à l’enfant de rester une minute debout, immobile, les yeux fermés et les talons joints. Note : 5 points par demi-pouce d’oscillation, l’oscillation la plus grande étant choisie. Les normaux ont des oscillations plus faibles. (P <) .05).
- Persistence Test. On demande au sujet d’assembler un puzzle dans lequel une pièce manque. (Le sujet en est prévenu). On mesure le temps pendant lequel il travaille. Les normaux travaillent plus longtemps (P <( .05).
- Word Likes-Dislikes Test. Des mots se rapportant à des personnes (enfant, garçon, fille, etc.), à des animaux pouvant être effrayants pour des enfants, à des objets relatifs à la nuit et au rêve sont présentés au sujet qui doit dire, pour chacun, si ce mot lui plaît ou ne lui plaît pas. Les normaux trouvent déplaisants un moins grand nombre de mots. (P <( .05).
- « Plodding » Test (Partie B). L’enfant doit faire avec des lettres empruntées au mot cducalor le plus grand nombre de mots possible. Quand il déclare avoir terminé, on lui dit qu’il s’agit d’un test de persévérance, et qu’il peut continuer s’il le désire. C’est le temps pendant lequel il travaille au cours de cette seconde période qui constitue la note. Les normaux travaillent plus longtemps. (P <( 05).
- Suggesiibilitg Test. L’enfant tient un poids suspendu dans un verre. On lui répète plusieurs fois que le poids se balance, qu’il va toucher les parois... La note est le temps qui s’écoule avant que le poids ne touche le verre. Les normaux résistent plus longtemps à la suggestion. (P. .05).
- M. R.
- u 13 au 16 avril a eu lieu à Asnières, la IIme Exposition des Moyens de Formation Professionnelle, sur l’initiative d’un
- Comité d’organisation présidé par le Docteur J. Huet.
- Plus de 50 écoles du département de la Seine étaient présentes à cette Exposition dont le but était : donner aux familles un catalogue aussi complet que possible des possibilités qu’offre la région parisienne pour donner un métier à leurs enfants, le mot métier étant pris dans le sens le plus large puisque le Centre d’Apprentis-sage voisinait avec le Lycée.
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- LA VIE DES C. O. P
- ÉTUDES DU TEST « FIL DE FER »
- Nous nous excusons de ne pouvoir reproduire intégralement faute de place, ces trois études très complètes.
- EXTRAIT DE L’ÉTUDE DE P. VOISIN (Centre d’Alger)
- En 1948, M. Meili, au cours d’une causerie sur son test de transmission de mouvements, donnée au C.E.R.P. indiquait qu’il utilisait l’épreuve de Spreng modifiée pour la rendre plus difficile : une boucle devait être faite au milieu de chaque côté du triangle équilatéral et à l’extérieur du triangle. La première forme en effet, celle du triangle sans boucle, ne présentait pas assez de difficultés et ne permettait pas de séparer avec assez de netteté les bons sujets des moyens.
- Le seul fait d’ajouter les boucles modifie complètement la nature du lest qui, de test ne demandant que très peu d’effort intellectuel, devient une épreuve où les qualités d’observation, de compréhension et de méthode commandent le résultat.
- /. — Matériel utilisé.
- a) pinces à bouts ronds ;
- b) modèle : triangle équilatéral en fil d’acier pour soudure au chalumeau :
- — diamètre 2 millimètres.
- — longueur utilisée : 50 centimètres.
- c) fil de fer : fil identique à celui
- du modèle, mais recuit au four pour le rendre plus malléable.
- — longueur : 50 centimètres.
- Il- — Technique d’application.
- Ce test peut être donné individuellement, ce qui permet de noter de fructueuses observations sur ia méthode de travail et le comportement. Nous ne l’avons appliqué, jusqu’à maintenant que sous une forme collective.
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- Boucles Côtes
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- Chaque sujet a à sa disposition le modèle, une pince et le fil de fer.
- a) Consigne
- Avec cette pince et ce fil de fer (montrer) vous devez faire un objet exactement semblable à ce modèle (montrer). *
- Vous devez bien observer le modèle et travailler avec beaucoup de soin.
- Vous pouvez manipuler le modèle sans le déformer.
- Vous avez quinze minutes pour faire ce travail.
- Vous avez bien compris 1 Commencez.
- Prévenir les sujets cinq minutes avant la fin.
- Notez le temps mis.
- Arrêter à quinze minutes.
- b) Barème de notation.
- 3 côtés....................... 1 ! Fermeture exacte. . ..............
- uotes 0 i Côtés
- S ]Angles '£> I 0,5 x 2 P- f Angles 1x2 =
- vjotes assez droits 0,5x3=.........
- g i Côtés bien droits 1x3.............
- £ i Boucles rondes 0,5x3=..............
- 45 J Boucles' bien rondes 1x3=.........
- S ] Angles à la base assez soignés :
- I 0,5x2 = . • • . ..................
- Ph [ Angles à la base parfaits :
- ) Triangle isocèle...................
- (Triangle fermé......................
- Triangle équilatéral................
- /Trois boucles.
- Placées à l'extérieur (0,5 par boucle) . ...............................
- Placées au milieu des côtés (0,5 par boucle).........................
- Total : 17
- III. — Etalonnage.
- L’étalonnage proposé a été établi avec les résultats de 302 sujets dont l’âge variait de 17 à 30 ans, stagiaires dans les Centres de Formation Professionnelle accélérée de l’Office Régional du Travail d’Algérie (Métiers de la mécanique et du bâtiment).
- Niveau scolaire : de l’illettré au niveau du C.E.P.
- Répcivlition des notes :
- L’examen de la courbe montre que la répartition est à peu près nor-
- male.
- Moyenne • Mode . . . Médian . . Ecart type
- 9,09
- 9
- 8,38
- 2,55 (marge 17)
- Nous utilisons un étalonnage en treize échelons, chacun valant 9
- (la répartition en vingt-cinq échelons du tétronnage ne donnant pas, dans notre cas particulier, des renseignements supplémentaires).
- IV. — Corrélations avec d’autres tests.
- Les corrélations du tableau ont été établies avec des résultats obtenus
- par des stagiaires de deux Centres de Formation Professionnelle Accélérée de la Mécanique.
- Coefficient utilisé : p de Spearman.
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- TESTS CENTRE I 162 sujets CENTRE II 100 sujets
- Calcul ... .17 .25
- Minnesota CPI. A et B) .,*16 - .41
- Groupe I... Cubes de Yerkès .37 .31
- Briques .40 .33
- Stenquist .48 .41
- Groupe II .. Tourneur : temps .33 .21
- Tourneur : nombre d’erreurs .64 .55
- Tourneur : durée moy. des erreurs... .63 .42
- Pointage : frappes totales J6 .01
- Pointage : bonnes frappes .15 .08
- Groupe III.. 1 Chevilles : main droite .20 .11
- Chevilles : main gauche .23 .25
- Dynamomètre : main droite .24 .07
- Dynamomètre : main gauche .17 .11
- Note globale .64 .55
- De l’examen de ce tableau il ressort :
- — Qu’il n’y a pas ou très peu de liaison entre le fil de fer et :
- — le niveau scolaire (test de calcul) ;
- — la force manuelle ;
- — la rapidité motrice
- à rythme libre : chevilles à rythme imposé : pointage de Lahy.
- — Que la liaison est assez forte avec des tests de visualisation (Gr. I).
- — Qu’elle est encore plus élevée avec des épreuves d’habileté manuelle (Stenquist) et de coordination motrice (Tourneur, particulièrement nombre d’erreurs) (Gr. II).
- Par contre, la rapidité d’exécution (Temps du Tourneur) est en liaison plus faible.
- En résumé, ce test semble mettre en œuvre des qualités de coup d’œil, d’observation, et d’habileté manuelle, sans être beaucoup influencé Par le niveau scolaire et la rapidité motrice.
- Y- — Validité.
- Les corrélations que nous avons calculées ( p de Spearman) sur différents groupes, entre la note du test et la note professionnelle (donnée Par la note obtenue en Travaux pratiques à la fin des stages de Formation Professionnelle Accélérée) appellent les réserves suivantes :
- — Les candidats ayant eu un mauvais examen psychotechnique — avec, le plus souvent, une mauvaise note au fil de fer —, ont été déclarés Captes et n’ont donc pas été admis en stage. Si tous les sujets examinés, aptes ou inaptes, avaient pu être admis, il est certain que les coefficients de validité auraient été plus élevés ;
- — Le nombre des sujets constituant certains groupes est peu élevé. Nous donnons cependant, à titre indicatif, le coefficient de validité.
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- MÉTIERS NOMBRE DE SUJETS VALIDITÉ p
- Soudeurs (arc) 26 .67
- Electriciens du bâtiment 12 .68 .40 .67 .48
- Mécaniciens auto 15
- , ( a 19
- Béton arme | ^ 25
- la. 58 .47
- Maçons j ^ 48 .32
- VI. — Fidélité.
- Il n’a pas été possible de faire subir le test deux fois, à des intervalles de temps assez grands, à des sujets restée semblables à eux-mêmes.
- Nous avons pu cependant, l’appliquer aux stagiaires d’un Centre de Formation Professionnelle Accélérée du Bâtiment à l’entrée et à la sortie d’un stage de six mois. Ces sujets ont donc bénéficié entre les deux applications du test, d’une formation professionnelle, ce qui rend moins valable le coefficient de fidélité qui est de : o — .72
- Conclusion générale.
- Cette forme du test de fil de fer nous semble intéressante en raison :
- — du matériel simple qu’il exige ;
- — de la possibilité dé l’utiliser collectivement ;
- — de la bonne répartition staListique des résultats ;
- — de sa validité suffisamment élevée.
- f *
- * *
- EXTRAIT DE L’ÉTUDE DE G. BAJARD (Centre de Constantine)
- (£,’épreuve el le matériel sont les mêmes qu'au Centre d'Alger)
- Technique d’application.
- Consignes : Chacun de vous va recevoir une paire de pinces rondes, un modèle et une tige de fil de fer (les montrer). Distribuer le matériel. Dire ensuite : « Votre travail consiste à reproduire le modèle à Faide du fil de fer et en utilisant les pinces. On laisse 15 minutes.
- Correction : Elle peut être sujette à critiques car elle laisse une part de subjectivité à l’examinateur. Néanmoins, un correcteur entraîné et ayant revu ses corrections après un nombre assez important de candidats soumis à ce test, arrive facilement à corriger toujours de la même manière.
- i de la forme.
- Nous tenons compte : ' des boucles faites.
- ( de la présentation.
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- D’après le barème suivant Forme :
- Triangle isocèle. • • • ....
- Triangle équilatéral. • • •
- Boucles :
- 3 boucles faites. • • • ........................ 1
- 3 boucles à l’extérieur......................... 3 (Ipt. par boucle)
- 3 boucles au milieu des côtés. ................. 1,5 1,5 (0,5 par boucle)
- Présentation :
- Fermeture exacte. • • .......................... 2 (tolérance 2 m/m)
- 3 côtés rectilignes. • • ....................... 1,5 (0,5 par côté)
- Angles à la base aigus.......................... 1 (0,5 par angle)
- Boucles rondes. • • ............................ 1,5 0,5 par boucle)
- Finition, soin (on voit la netteté et la précision 1,5 du coup de pinces d’après les traces laissées par les morsures).
- Maximum : 18
- Ce test peut être appliqué collectivement (de 10 à 12 sujets). La surveillance de l’exécution est facile, il faut surtout veiller à ce qu’un sujet ne fasse pas remarquer à ses camarades que les boucles sont à l’extérieur.
- Validité : Nous ne possédons que celles obtenues vis-à-vis des critères « Atelier, Dessin industriel et Technologie » sur les 59 élèves de lre année industrielle du Collège Technique de Constantine.
- | Fil de fer...... ATELIER DESSIN IND. TECHNOLOGIE
- .ïï .15 .15
- EXTRAIT DE L’ÉTUDE DE R. BELLIER (G. 0. P. Grenoble)
- (Adaptation du lest de Fontègne)
- A. — L’épreuve et sa notation.
- /. — Matériel.
- Pour un sujet :
- — un modèle (lettre P dessinée sur carton bristol).
- — 4 fils de fer 34 cm. 8 — galvanisé n° 7.
- , — un double décimètre.
- Pour deux sujets Y (un de chaque'côté du conseiller) simultanément :
- — deux modèles.
- 8 fils de fer.
- II. — Consignes.
- « Je vais voir si vous avez du coup d’œil. Voici un fil de fer qui a exactement la même longueur que la lettre P que voici :
- Vous allez, à la main, reproduire cette lettre. Si votre travail est bien exécuté, lorsque je le mettrai sur le modèle, il le recouvrira exactement ». (Le sujet approuve généralement).
- Répétez si on s’aperçoit qu’il n’a pas compris.
- Avant de travailler regardez d’abord attentivement le modèle à reproduire (laisser observer pendant 30” environ).
- Maintenant, ne cherchez pas à aller trop vite ; ce qu’il faut c’est reproduire le mieux possible la lettre P sans poser, bien entendu, votre fil de fer sur le modèle.
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- Si vous commettez une maladresse, vous pouvez redresser le fil de fer et recommencer avant de rendre votre travail.
- « Travaillez » (Donnez le fil de fer).
- Avant le deuxième essai : bien, tâchez de faire encore mieux.
- Avant le troisième essai : bien, tâchez de faire encore mieux.
- Avant le quatrième essai : allez, dernier essai.
- III. — Remarque.
- Le fil de fer employé doit avoir la même longueur que le modèle. Aussi le plus simple est de réaliser une lettre qui se juxtapose exactement sur le modèle puis de la redresser et de couper ensuite les autres fils de fer à la même longueur.
- Il est possible d’utiliser trois ou quatre fois chaque fil de fer mais dans ce cas, il faut contrôler fréquemment sa longueur, car, ainsi travaillé, il s’allonge facilement d’un o\i deux millimètres.
- IV. — Correction.
- Nous avons admis les conventions suivantes :
- Soit : A, B, C, D, E le modèle, A’ B’ C’ D’ E’ l’épreuve réalisée par le sujet. On applique l’épreuve sur le modèle de manière que A’ B’ vienne sur AB — B’ coïncidant avec B. Les erreurs se mesurent alors de la manière suivante :
- AA’ + hi + 2 fg (voir figure n° 1).
- On dispose d’un tableau sur lequel on reporte les résultats.
- Figures
- N* 1
- i
- £ Hâ
- r
- t
- »
- /
- I
- )
- 1
- I
- I
- A
- V. — Etalonnage.
- 210 garçons 13, 14, 15 ans.
- GROUPES
- MOYENNE DES ERREURS DES 4 ESSAIS EN MM.
- Groupe I. . Groupe II . Groupe 111 Groupe IV, Groupe V .
- 4 à 7,9 8 à 11,i 11,2 à 17,9 18 à 23,3 23,4 à 44
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- Le classement des sujets dans les groupes ne présente pas de difficulté puisque la moyenne des erreurs sur 4 essais s’exprime toujours soit par un nombre entier, soit par un nombre se terminant par 0,25-0,50-0,75.
- B. — Remarques sur l’emploi du test de pliage de fil de fer'
- I. — Justification de notre technique d’application du test.
- Cette étude commencée en 1947 sur les bases du test de Fontègne nous a conduit, après quelques expériences de contrôle dans les Cenlres d’Apprentissage d’usine de Grenoble, à ne pas limiter brutalement le temps laissé pour chaque épreuve. Les durées des exécutions successives sont cependant notées chaque fois que possible de manière à faire activer ceux qui dépasent les temps indiqués dans nos consignes. Après quelques tâtonnements nous avons également fixé à quatre le nombre de reproductions du modèle à réaliser. Lorsqu’on examine les erreurs faites par les sujets dans les essais successifs on remarque des variations souvent importantes d’un essai à l’autre. Pour diminuer l’influence du hasard, quatre essais nous ont paru nécessaires.
- Les expériences de validation du test poursuivies par la suite semblent nous donner raison puisque les p ont toujours été nettement inférieurs en comptant les trois premiers essais au lieu des quatre.
- Par exemple .60 au lieu de .68 (expérience 1948)
- .56 au lieu de .65 (expérience 1950).
- Certains-conseillers estiment que le temps d’exécution du test est un peu long avec quatre essais. Or, nous avons calculé les moyennes des temps pour les quatre essais sur quarante sujets pris au hasard soit : 11’21” avec un temps minimum de trois minutes cinquante-cinq secondes et un temps maximum de 17’10”.
- Ces temps ne sont pas excessifs si on les compare au temps nécessaire à l’exécution d’autres tests tels que ;
- Le tourneur Lahy (de 6’ à 24’) ;
- Le Dextérimètre (de 13’20” à 23’ 10’’ rien que pour l’aller). •
- Les temps moyens calculés sur les essais successifs donnent pour le premier essai 3’ 19”, le deuxième 2’54”, le troisième 2’39”, le quatrième 2’29”
- C’est donc seulement en moyenne 2’l/2 qui sont nécessaires pour faire un quatrième essai avec l’espoir d’augmenter la validité de l’épreuve.
- Ue plus, avec un peu de pratique on peut tester aisément deux sujets simultanément d’où gain de temps appréciable.
- //. — Etalonna fie du test.
- Notre ensemble peut être considéré comme l’échantillon d’un ensemble parent de -garçons de 13-14-15 ans n’ayant pas commencé l’apprentissage des métiers manuels ; néanmoins nous souhaitons recevoir les résul-
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- tats obtenus par nos collègues de manière à établir des étalonnages portant sur un plus grand nombre de sujets classés par âge.
- -L’histogramme des fréquences de notre ensemble est asymétrique, la classe ayant l’effectif le plus nombreux étant celle qui contient les valeurs continues de 10,1 à 12 mm. inclus, le médian étant 13,6, les valeurs extrêmes relevées 4 mm. et 33 mm. (sensibilité suffisante).
- Nous avons utilisés un étalonnage en cinq classes, les pourcentages de sujets dans chaque classes étant les suivants :
- Groupe I
- Groupe II,
- Groupe III
- Groupe IV.
- Groupe V
- III. — Validité du (est.
- Depuis 1947, nous avons eu plusieurs fois l’occasion de comparer la réussite à l’atelier des apprentis de sections ajustage première ou deuxième année des Centres d’Apprenlissage, avec leurs résultats obtenus précédemment au test de fil de fer. Nous n’avons pas encore expérimenté dans d’autres sections (bois, forge, électricité).
- En 1948 par exemple, nous obtenions sur 24 élèves de première année, section ajustage, au Centre d’Apprentisage Guynemer, à Grenoble, une corrélation p de .68.
- En 1950, une expérience analogue faite au même Centre sur 28 élèves donne un p de .65. La validité du test calculée à nouveau sur le classement à l’atelier de ces apprentis, en 1951 (moyenne des notes du premier trimestre) donne une corrélation p .61.
- En appliquant les méthodes de Fisher on obtient une corrélation r = .664 pour 52 sujets.
- Fessard relate dans le Bulleiin de fl.N.O.P., n° 6 de 1929, une expérience du contrôle de la validité des Lests professionnels et dans le tableau de la page 157 on remarque qu’un test dit du fil de fer (définit seulement reproduction de figures à l’aide de fils de fer) a la meilleure corrélation, 82 avec la réussite professionnelle des apprentis mécaniciens laissant loin derrière lui les 27 autres tests utilisés pour cette expérience. Nous avons indiqué que la technique d’application nous paraissait essentielle pour assurer la validité du test ; la nôtre, bien que l’appréciation des erreurs soit parfois chose délicate, est vraisemblablement l’une des plus simples à utiliser. Nous avions songé, ou début, à tenir compte d’autres critères, tels que : déformation des angles, torsion des figures dans différents plans, mais nous avons abandonné ces modes de correction difficilement objectifs et. surtout nécessitant une technique d’emploi beaucoup plus complexe. Il est certain que les sujets très maladroits ont autant de difficultés pour construire la lettre dans une plan que pour respecter les proportions du modèle. Il importe de noter dans la colonne « observations » du tableau des résultats les remarques faites à ce sujet.
- . -— 10 % supérieurs de la population envisagée . — 20 % suivants . — 40 % suivants . — 20 % suivants . — 10 % inférieurs
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- En résumé :
- Si le test présente quelques inconvénients, dans l’utilisation :
- —- Difficulté pour noter exactement les erreurs (tout au moins au début) ;
- — Difficulté pour certains conseillers de redresser correctement les fils de fer entre les exécutions successives (s’ils n’ont pas un jeu très important de pièces) ;
- — Nécessité de vérifier fréquemment la longueur du fil de fer si on l’utilise plusieurs fois, par suite de l’allongement.
- Il a par contre des avantages importants :
- — Validité, pour prévoir la réussite dans les travaux de précision ;
- — Facilité de transport ;
- — Bon marché ;
- — Possibilité de garder les épreuves témoins de la réussite des sujets (1).
- (1) Sans engagement de notre part, nous pourrions essayer de fournir à nos collègues qui en feraient la demande un modèle de quelques fils de fer galvanisés n0 7, coupés à la dimension, bouts limés. (Adresser les demandes à M. Bellier, C. O. P. de Grenoble).
- Dans un prochain B.I.N.O.P. nous discuterons cle ces différentes éprennes, de leur notation et nous vous proposerons une technique expérimentée cettei année au Service de Recherches.
- S
- ous la présidence des Professeurs René Leriche, du Collège de France, et Georges Heuyer, de la Faculté de Médecine de Paris, une journée d’études consacrée à la commémoration de l’œuvre scientifique de Pavlov a eu lieu à la Salle de Géographie le 9 décembre dernier. Le Médecin français, 1951, 11, n° 2 (février) publie certaines des conférences prononcées à cette occasion, et en particulier celle du Professeur II. Piéron qui a traité de : « Pavlov et la psychologie contemporaine ».
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- INFORMATIONS >
- Ies Associations régionales pour la Sauvegarde de l’Enfance et de l’ado-^lescence ont, tenu leur 2Ù Congrès du 28 au 31 octobre dernier. Le numéro de février-mars 1951 de Sauvegarde donne un compte rendu sub-tantiel des travaux de ce Congrès, qui était consacré à la formation des principaux techniciens de l’Enfance inadaptée : pédo-psychiatre, assistant de psychologie, éducateur spécialisé, assistante sociale spécialisée, maître de formation scolaire et professionnelle. La formation de l’assistant de psychologie nous intéresse directement. Les personnalités suivantes ont fait des rapports ou des communications sur ce sujet : A. Rey, J. Boutonnier, D. Lagache, Husson, A. Le Gall, G. Sinoir, P. R. Bize, A. Kirschen. Nous aurons sans doute à revenir ultérieurement sur les opinions exprimées à propos de notre propre enquête, plus générale, sur « La formation du Psychologue ». Nous nous bornerons aujourd’hui à reproduire le vœu définitif adopté par le Congrès :
- « 1° Le Congrès estime que l’appellation d’assistant de psychologie a l’inconvénient de subordonner la qualification professionnelle des psychologues à une fonction d’assistant qu’elle déborde. 11 propose de lui substituer celle de psychologue, assistant près d’un service de...
- « 2° Le Congrès juge nécessaire d’exiger des candidats aux fonctions de psychologue, sous réserve d’équivalence éventuelle, la culture générale exigée pour l'inscription dans les Etablissements d’Enseignement Supérieur. Toutefois il souhaite que l’année propédeulique soit, en ce qui concerne la psychologie, aménagée de façon à combiner avec les cultures littéraire et philosophique une certaine initiation scientifique, spécialement biologique.
- « 3° Le Congrès estime que tous les psychologues doivent recevoir avant de se spécialiser une formation de base commune ; il constate que la licence de psychologie, telle qu’elle a été instituée en 1947, constitue sous réserve des aménagements que suggérera l’expérience, la partie théorique de cette formation.
- « Il demande en conséquence que la préparation de cette licence soit complètement organisée dans les principaux centres universitaires et que, à cet effet, il soit fait appel, dans les cas où la Faculté des Sciences ne1 dispose pas de ressources en personnel ou en matériel suffisantes pour le Certificat de Psycho-physiologie, au concours de la Faculté de Médecine. Mais il juge que la formation théorique ainsi acquise doit être doublée d’une formation pratique et d’une formation humaine.
- « 4° La formation pratique doit comporter :
- « a) des travaux pratiques à insérer dans le cadre des études théoriques, ce qui implique la création de postes universitaires nécessaires ;
- « b) des stages poursuivis parallèlement avec les études théoriques dans les divers services ou organismes dont l’activité comporte un aspect psychologique.
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- « 5° La formation humaine a pour rôle de mettre l’étudiant en psychologie en contact direct avec l’existence ; elle pourra être donnée notamment par la participation à des camps de vacances, mouvements de jeunesse ou par l’exercice de fonctions dans les services pédagogiques, professionnels, sociaux, médicaux, judiciaires ou autres, qui le mettent en présence du problème humain concret.
- « 6° L’ensemble des trois formations : théorique, pratique et humaine, définies par les articles 3 à 5, doit durer au minimum trois ans ; il conviendra d’y ajouter une formation spécialisée dans tous les cas où les fonctions que le psychologue sera appelé à remplir le réclament, notamment lorsqu’il se consacrera à la rééducation, collaborera avec les médecins dans leurs activités thérapeutiques ou aura à faire acte de psychologie judiciaire.
- « 7° Il y aura lieu de prévoir des cours de perfectionnement obligatoires, à certains intervalles, pour les psychologues en exercice.
- « 8° Enfin, le Congrès signale que le problème de la formation des psychologues confié à son examen ne pourra recevoir une solution vraiment satisfaisante que lorsque les psychologues connaîtront d’une façon précise leurs conditions de travail et les titres requis d’eux pour exercer leur profession. Ils demandent à l’U.N.A.R. de mettre ce problème à l’étude ».
- e Congrès des médecins aliénistes et neurologistes de France
- I et des pays de langue française tiendra sa XLIX° session à Rennes du 16 au 23 juillet 1951. Signalons parmi les rapports présentés, celui du P* 1' Lafon sur « Le problème des comportements \ pervers chez l’enfant et l’adolescent » et celui du Pr Fontan sur
- « Les gauchers ».
- n symposium sur L'Etude du Problème des « tests » mentaux
- et de leurs applications », a eu lieu à Milan le 9 juin 1951, sous
- les auspices de la Revue Arcliivio di. Psicologia neurologia c psi-chiatria. Parmi les noms des nombreux participants, nous avons relevé ceux de A. Gerrielli, P. Pichot, A. Rey, R. Meili, J.-M. Jaur, M. Ponzo, M. Gozzano, etc...
- Sua proposition du Ministère de la Santé Publique, la direction l’Enseignement Technique fait savoir dans une circulaire que les jeunes infirmes et déficients sensoriels (en particulier les aveugles) qui n’ont pas atteint 18 ans devront être examinés, à leur demande ou à celle des Services du Ministère de la Santé publique, par les Centres obligatoires d’O.P. Certains Centres pourraient se spécialiser dans ces examens de déficients graves.
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- De» Kevues...
- Chaque article analysé est désigné par une triple référence : i° l'année, indiquée par le premier nombre. a° le numéro du présent B. 1. N. O. P.
- _____ 3° l’ordre de présentation des articles. _____
- 51-3-1. — Le problème de l’intelligence.
- H. Piéron. — Revista de psicologia y pedagogia applicadas, 1950, 1, 9-22. Notion de « valeur ». Définition. Intelligence et instinct. Intelligence et fonctions intellectuelles. Niveau moyen des fonctions mentales. L’acte intelligent comme forme globale du comportement. Influence des intérêts et de la vie affective. Formes de Inintelligence. Arbitraire de la hiérarchie entre ces formes. Indétermination des processus mentaux. Les tests d’intelligence. Les types d’intelligence. L’intelligence n’est qu’un effet, une résultante fonctionnelle dans des conditions définies, une valeur de comportement. Importance sociale pratique du problème.
- 51-3-2. — Les théories et les méthodes psycho-sociologiques de Kurt Lewin.
- R.-P. Girod. — Cahiers internationaux de sociologie, 1950, 9, 129-155.
- 51-3-3. — Qu’est-ce oue le psychologue scolaire ?
- R. Zazzo. — Les Cahiers de l’Enfance inadaptée, 1951, n° 4, 1-5. ITn essai de définition de la fonction de psychologue scolaire : « Le psychologue doit être un maître, mais un maître détaché de ses fonctions d’enseignement, de ses fonctions d’instruction, de discipline, d’éducation, et spécialisé dans ses fonctions d’analyse psychologique... La psychologie scolaire n’a pas de problème qui lui soient propres. Ces problèmes sont ceux de l’école, de la pratique pédagogique ».
- 51-3-4. — Les notes scolaires et leur interprétation en vue de l’O. P.
- A. Sud an. — Berufsberatung und Berufsbildung, 1951, 36, 35-45. Première partie d’une étude dans laquelle l’auteur signale la signification variable, d’un maître à l’autre, des notes scolaires.
- 51-3-5. — Méthode de diagnostic de l’inadaptation scolaire.
- G. IIeuyer. — Journal de Psychologie, 1950, 43, 525-545. L’auteur examine les méthodes pédagogique, psychologique (tests) et psychiatrique. Le problème des tâches respectives du psychologue et du psychiatre est évoqué.
- 51-3-6. — Le contrôle de l’évolution des élèves et des prévisions de l’examen d’entrée.
- La Fonta. — Revue pédagogique, 1951, n° 3, 16-20. Un professeur de Centre d’Apprentissage confronte graphiquement le classement de 22 élèves, à l’examen d’entrée et au Centre. Le principe du travail est très heureux. Mais le petit nombre de sujets ne peut fournir que des estimations très incertaines des corrélations. Un travail systématique de ce genre, portant sur toute une série de C.A. est en cours au Service de Recherches.
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- 51-3-7. — Motivation de prestige chez les enfants doués.
- D.-P. Ausubel. — Genetic psychology monographs, 1951, 43, 53-117. Contribution au problème de la mesure des traits de personnalité qui peuvent aider au pronostic de réussite des enfants doués. Un test objectif est passé par 79 enfants : deux tâches simples (lettres à barrer, additions) sont accomplies chacune dans deux conditions différentes. Le prestige de l’enfant est en cause dans la première ; le travail est anonyme dan3 la seconde. La différence entre les performances accomplies dans ces deux conditions constitue la note. On validé les résultats pour les vingt-cinq sujets les meilleurs et les vingt-cinq moins bons en prenant comme critères des estimations fournies par les parents et par les maîtres. La fidélité et la validité de Pépreuve semblent indiquer qu’elle peut présenter un intérêt pratique.
- 51-3-8. — Sur quelques aspects médico-psychologiques et sociaux de la fugue juvénile.
- M. Bergeron, P. Bensoussaü, B. Koger. — Annales médico-psychologiques, 1951, 1, 217-222. Compte rendu d’une communication faite à la Société médico-psychologique. La fugue juvénile serait « un type de réponse inadéquate à un désir d’émancipation normal chez l’adolescent, mais rencontré et vécu par un individu immaturé dans un milieu familial et social presque constamment perturbé ».
- 51-3-9. — Guide supplémentaire pour l’application et la notation de l’échelle d’intelligence de Weschler Bellevue.
- H. Kitzinger, E. Blumberg. — Psychological monographs, 1951, n° 319, 20 p.
- 51-3-10. — Le test de barrage de signes.
- J. M. Lombard. — Feuilles de documentation et de liaison du Secrétariat d’O. P. de Montpellier, 1951, 8, n° 4. Le C.O.P. de Montpellier utilise le test de barrage de signes extrait du cahier Es de Lahy Des étalonnages garçons et filles sont donnés pour la vitesse et l’exactitude, ainsi qu’une courbe de travail établie à titre indicatif sur 176 garçons en comparant le rendement dans quatre périodes de deux minutes après une minute d’entraînement.
- 51-3-11. — Validation par analyse factorielle des mesures de talent musical Seashore.
- Mc Leish. — British Journal of Psychology, Statistical section, 1950, 3, 129-140. Les différents tests de Seashore sont analysés factoriellement, et se résolvent en un facteur général d’aptitude musicale (29 % de la variance), un facteur bipolaire séparant les tests de discrimination immédiate des tests de mémoire immédiate (10%), des facteurs spécifiques (38%) et des facteurs d’erreur (23%) ; ces derniers étant estimés sur la base de la fidélité des tests estimée par partage. L’identification des facteurs se fait non pas seulement par examen des épreuves fortement saturées, mais encore en faisant intervenir des critères externes, notamment les résultats dans d’autres tests musicaux (Orégon, Wing). On propose pratiquement d’écarter le test de « consonnance », très peu fidèle.
- 51-3-12. — L’analyse factorielle des données qualitatives.
- C. Burt. — British Journal of Psychology, Statistical Section, 1950, 3, 166-185. Des variables telles que la couleur des yeux ou des cheveux, la forme de la tête, etc... peuvent être soumises à l’analyse factorielle. Exposé de la méthode proposée, et illustration sur des données anthropologiques.
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- 51-3-13. — Etude de la personnalité par la méthode de tests.
- M. Bénassy. — Le Travail Humain, 1951 14, 103-117. Texte d’un rapport très dense présente au Congrès psychotechnique de Berne (septembre 1949). La personnalité est définie comme « l’intégration unique de réponses habituelles motivées et fixées par des récompenses, et d’un organisme inséparable de son milieu ». L'étude analytique peut en être faite par la méthode des tests qui étudie des aspects limités du comportement auxquels elle donne une expression quantitative. Dans l’état actuel de la psychologie, la synthèse ne x>eut être que clinique ou artistique.
- 51-3-14. — Les utilisations du Thematic Apperception Test.
- H. A. Murray. — The American Journal of Psychiatry, 1951, 107, 577-581. Note qui précise les conceptions actuelles de l’auteur du T.A.T. en ce qui concerne la technique d’application et l’interprétation de son test.
- 51-3-15. — Etude de la validité des questionnaires de personnalité.
- W. J. Lodge.— The Journal of educational psychology, 1951, 42, 21-30. Deux groupes de 244.enfants des « grades » 5, 6 et 7 répondent de différentes façons à un questionnaire de personnalité. Comparées à différents critères (intelligence, compréhension des lectures, niveau socio-économique) les notes obtenues se révèlent dépourvues de validité.
- 51-3-16. — Etude expérimentale d’un questionnaire psychodiagnostique.
- O. de Freitas Jr. — Jornal de mediciha de Pernambuco, 1950, 46, 359-374. Les 30 questions d’un questionnaire de personnalité du type Bernreuter sont séparées, a priori, en trois groupes de dix, devant s’adresser .-en principe aux tendances Introversion-Extroversion, Névrose-Normale, Pessimisme-Optimisme. L’étude empirique des liaisons statistiques entre les questions ne confirme ce classement que dans une certaine mesure. Danger des dénominations a priori.
- 51-3-17. — Note sur la table des corrélations obtenue par Sheldon entre traits tempéramentaux.
- A. Lubin. — British Journal of Psychology, Statistical Section, 1950, 3, 186-189. Le B.I.N.O.P. a publié une analyse de l’ouvrage de Sheldon The Varieties of tempérament et, èn particulier, la table des corrélations entre traits, particulièrement suggestive (n° 1-2 de 1947). Lubin montre que cette table ne peut pas avoir été obtenue, certaines corrélations étant incompatibles. Au moins trois des coefficients de Sheldon sont faux.
- 51-3-18. — Etude critique de la notion d’intérêt.
- A. Fabre. — Pour l’Eve Nouvelle, 1951, n° 8, p. 1-16. Après avoir critiqué la notion d’intérêt dans le mouvement de l’Education nouvelle, et les postulats d’une pratique pédagogique fondée sur le rôle des intérêts spontanés, l’auteur assigne à l’éducation le but suivant : « Créer des intérêts conscients, capables de susciter la volonté et de diriger aussi l’activité ».
- 51-3-19. — La vérification scientifique des résultats et des théories psychanalytiques.
- The British Journal of medical psychology, 1951, 24, 26-41. Trois articles traitent de ce problème, écrits respectivement par E.' Stengel, H. Ezriel, (La séance de psychanalyse en tant que situation expérimentale) et B. A. Farrell.
- 51-3-20. — Besoins actuels dans le domaine de la recherche en O. P.
- A. Kodger. — Occupationnal Psychology, 1951, 25, 44-49. L’auteur souligne le besoin pressant de travaux systématiques dans ce domaine. Il serait possible et nécessaire de commencer par faire une enquête étendue et précise sur l’état actuel des institutions et des méthodes. Trois thèmes de recherche lui paraissent essentiels : le critère de réussite professionnelle, les exigences des professions, la classification des professions. Il faudrait également étudier la valeur des méthodes d’entretien, le choix des données importantes, le rôle des tests.
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- ... et des Livres
- 51-3-28. — Fields of Psychology.
- J. P. Guilford et Coll. In 8° de 779 pages. Van Nostraiid, New-York, 1950 (2e édition). — Deuxième édition, mise à jour, d’un ouvrage déjà publié en 1940. L’ouvrage est le résultat de la collaboration, sous la direction de J. P. Guilford, des auteurs suivants : À. Anastasi, H. B. Englisli, G. L. Freeman, D. Fryer, J. P. Guilford, K. Hevner, D. Katz, M, Metfessel, L. F. Shaffer, M. S. Yiteles, C. J. Warden, R. ï. Watson. Ce sont des comptes rendus assez brefs, et suivis de références, des méthodes et des résultats principaux de différentes branches de la psychologie : psychologie animale, de l’enfant, pédagogique, sociale, pathologique, différentielle, clinique, professionnelle, physiologique. Commè d’ordinaire dans les ouvrages américains, le travail des psychologues français est passé sous silence;
- 51-3-29. — Psychotechnique théorique et pratique.
- G. Flachot. In 16° de 248 p. Cujas, Paris, 1950. Des opinions et des travaux de valeur très diverse sont rassemblés en trois parties : les fondements théoriques et sociaux, les moyens, les applications de la psychotechnique.
- 51-3-30. — Mental testing.
- F. L. Goodenoügh. In 8°, 609 pages. Rinehart, New-York, 1949. La première partie de cet ouvrage sur la méthode des tests est consacrée à l’évolution historique : besoin ressenti dans le domaine social et pédagogique d’une méthode satisfaisante de diagnostic mental ; fondements scientifiques ; premiers tests ; développements ultérieurs ; état actuel. Les principes et méthodes sont examinés dans la deuxième partie : influence des théories sur l’interprétation des tests ; échantillonnage ; analyse et choix des questions ; unités de mesure ; normes d’âge et quotients ; moyenne, médian et percentiles ; notes standardisées ; autres procédés d’interprétation ; critique des tests ; corrélation ; analyse de la variance. La troisième partie contient la présentation d’une série de tests et d’échelles et la quatrième passe en revue les grands domaines d’application. Malgré son volume, l’ouvrage reste élémentaire. Les résultats acquis par l’analyse factorielle, les perspectives ouvertes par l’analyse de la variance ne font l’objet que d’allusions très superficielles.
- 51-3-31. —1 Retour du tuberculeux à la vie sociale et professionnelle. Sa réadaptation.
- Docteur E. P. Laurent. — In-16° de 167 pages, Doin, Paris, 1950. Cet ouvrage pourra rendre des services à ceux qui ont à conseiller un ancien malade. Il contient un exposé général du problème et des indications pratiques (notes, textes, adresses).
- 51-3-32. — L’individualité humaine.
- ïn-8° de 164 pages. Edité par la Revue de Morpho-Physiologie humaine. Paris, 1950. Ce volume contient une série de cours qui ont été donnés en mars 1949 sous les auspices de la Chaire d’hygiène et de médecine préventive de la Faculté de Médecine de Paris (Professeur P. Joannon). 11 contient les leçons suivantes :
- Professeur P. Joannon : Anthropologie différentielle et destins individuels. — Docteur M. Tisserand : Introduction à l’Etude typologique. — Docteur P. Mabille : Bref historique de la Typologie humaine. — M. R. Khérumian : La Contribution de l’Anthropométrie à la Différenciation interindividuelle. — Professeur L. Camille Soula : Le Problème physiologique des Types humains. — Professeur H. Wallon ; Le Développement psychomoteur de l’Enfant.— M. René Zazzo :Développe-
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- ment mental et Types Inintelligence. — Docteur P. Mabille : Les Tests de Projection. — Docteur P. R. Bize : Psycho-typologie et Psychanalyse. — Les facteurs cliniques somatiques. Essai de Nomenclature des caractéristiques morphologiques et de définition des Standards dévaluation. — Docteur Thooris : Morphologie et Hygiène. — Docteur Cavel : La Typologie appliquée à PEducation Physique et au Sport. — Docteur Martiny : Orientation de l'Homme vers sa Profession. — Docteur P. E. Vannier : Typologie et Terrain morbide. — Pr Debesse : Les Problèmes Psychologiques de la Typologie.
- 51-3-33. — Les sourds-muets.
- P. Oléron. — Collection Que sais-je 1 Presses Universitaires de France. Paris, 1950. On trouvera dans cet excellent petit ouvrage des indications sur la fréquence les formes, les degrés, Pétiologie et la prothèse de la surdimutité. L'enfance du sourd-muet, sa vie psychologique, son langage, les possibilités et les méhodes d"édu-cation font l'objet des deuxième et troisième parties. Mais c'est la quatrième partie qui intéressera le plus pratiquement le conseiller d'O.P. ou le sélectionneur. Elle est consacrée à la vie familiale et sociale, en particulier à la vie professionnelle et nous y apprenons que la marge des professions accessibles aux sourds-muets est beaucoup plus large qu'on ne croirait.
- 51-3-34. — Manuel de psychologie appliquée.
- S. Chamboulant. — Préface de R. Gal. In-8° de 216 pages, Payot, Paris, 1951. Dans son avant-propos l'auteur écrit : « Le but de cet ouvrage est de mettre à la portée des cadres d'industrie, du personnel social, du pédagogue, et de toute personne curieuse de ces problèmes un moyen de connaissance du large champ d'action de la psychologie appliquée. L'ouvrage est divisé en trois parties : l'étude du facteur humain (méthodes empiriques et méthodes des tests, épreuves analytiques, étude de la personnalité) ; l'étude du facteur travail (conditions matérielles et psychologiques, analyse de poste) ; domaines d'application, vie professionnelle, vie de l'enfant (organisation scientifique du travail et facteur humain, mise en place du personnel, formation professionnelle, vie de l'enfant). Un lecteur non initié à la psychologie appliquée trouvera certainement dans cet ensemble des indications qui l'intéresseront. On peut seulement regretter que l'effort de vulgarisation n'ait pas porté davantage sur les méthodes statistiques d'analyse et surtout de contrôle, ce qui aurait permis de mettre le lecteur en garde de façon plus nette contre certaines méthodes (graphologie, morphopsychologie) présentées ici avec beaucoup trop d’indulgence.
- 51-3-35. — Compte rendu du 51' Congrès international des écoles de Service social.
- Présenté par le Professeur René Sand, président du Comité International des Ecoles de Service Social. Collection Informations Sociales, U.N.C.A.E., 66, Chaussée d'Antin, Paris, 9e. Un volume de 108 pages. Sont successivement présentés dans cette brochure : les rapports de Mrs Kendall (Nouveaux objectifs à atteindre dans l'enseignement du service social), du Docteur J. F. De Jongh (Le sercive social en Europe : la formation sociale et ses problèmes actuels), d'Ellinor J. Black (Les sciences de base dans l'enseignement du service social), du Professeur Gino Ber-gami (l'enseignement de la biologie dans la formation du personnel de service social), du Docteur L. Bovet (la formation psychiatrique du travailleur social), du Docteur Gunna Heckseher (Les sciences sociales dans la formation des travailleurs sociaux).
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- LIVRES ENTRÉS RÉCEMMENT A LA BIBLIOTHÈQUE
- Pr C. Simonin. — Médecine du Travail, Maloine, 913 p.
- R. Lafon. — Psycho-pédagogie médico-sociale, P.U.F., 158 p.
- Dr L. Kantzer. — L'Enfant sourd, Maloine, 74 p.
- E., Staufer. — La méthode relationnelle en psychologie sociale et en sociologie selon M. Léopold von Wiese, Delachaux et Niestlé, 218 p.
- M. Aron et P. Grasse. — Biologie animale, Masson, 1.235 p.
- L. Michaux. — Psychiatrie infantile, P.U.F., 224 p.
- Ministère des Finances et des Affaires Economiques. — Mouvement économique en France cle 1938 à 1948. (Mis à jour pour 1949), P.U.F., 413 p.
- R. B. Cattell. — Personality. A systematic theorical and Facturai Study. Mc Graw, Hill Book Company, New-York, Toronto, London, 689 p.
- W. P. Alexander. — Une échelle de performance pour la mesure de l'intelligence pratique. Traduction du Centre de Psychologie Appliquée. Ed. du Centre de Psychologie Appl., Paris, 55 p.
- M. A. Wenger, K. J. Holzinger, H. H. Harman. — The estimation of pupil Abilily by three faclorial solutions. University of California Press, Berkeley et Los Angeles, 161-262 p.
- K. Koch. — Der baum-test. Ver-lag Hans Huber, Bern, 88 p.
- E. Kretschmer. — Géniale Mens-chen, Sprenger-Verlag, Berlin, Gottingen, Heidelberg, 217 p.
- U. Dubois. — Boulangerie d'aujourd'hui, Joinville, 280 p.
- V. Fontes. — Morfologia do Cortex cérébral, Lisbonne, 375 p.
- Dr R. Bize, Dr Cavel, Pr Debesse, R. Kherumian, Dr P.. Mabille, Dr M. Martini, Pr Soula, Dr Thooris, Dr M. Tisserand, Dr P. Vannier, P1' Wallon, R. Zazzo. — L'individualité humaine, Revue de Morpho-physiologique humaine, Paris, 164 p.
- G. L. Freeman, E. K. Taylor. — TIow to pick Leaders, Funk et Wagnalls Company et Modem Industry Magazine, New-York,
- 226 p.
- P. Chauchard. — Physiologie de la conscience, P.U.F.,134 p.
- L. Filho. — Testes ABC, Melho-ramentos, 164 p.
- G. Berger. — Questionnaire carac-tériologique, P.U.F., 16 p.
- S. Chamboulant. — Manuel de Psychologie Appliquée, Payot, 219 p.
- J. de Ajuriaguerra et H. Hecaen. — Le cortex cérébral, étude neuro-psycho-pathologique, Masson, 413 p.
- G. Morin. — Physiologie du Système nerveux central, Masson, 267 p.
- P. Reinald. — De l'esprit des masses. Traité de Psychologie collective, Delachaux et Niestlé, 378 p.
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- Dr E. P. Laurent. — Retour du tuberculeux à la vie sociale et professionnelle. Sa réadaptation, Doin, 167 p.
- Dr M. Bergeron.. — Psychologie du premier âge, P.U.F., 139 p.
- A. Anastasi, H.-B. Englisch, G. L. Freeman, D. Fryer, K. Hevner, D. Kates, M. Metfessel, L. F. Shaffer, M. S. Viteles, C. J. Warden, R. I. Watson. — Ficlds of Psgchology, Guilford, Toronto, New-York, London, 778 p.
- G. Flachot. — Psychotechnique théorique et pratique. Cujas, Paris, 248 p.
- D1' A. P. L. Beley. — L'enfant instable, P.U.F., 140 p.
- Dr Gilbert-Robin. — La guérison des défauts et des vices chez l'enfant, Domat, 470 p.
- G. Bouthoul. — Histoire de la sociologie, P. U. F., 127 p.
- P. Oleron. — Les sourds-muets, P.U.F., 126 p,
- F. L. Goodenough. — Mental tes-ting. Rinehart, New-York, 610 p.
- G. Friedmann. — Où va le travail humain ? Gallimard, 389 p.
- J. E. Bell. — Projective technique. Longmans, Green, New-York, 533 p.
- H. Zullinger. — Les enfants difficiles, L’Arche, 203 p.
- A. Gemelli. — De l'enfant à l'hom-mc\, l’Elan, 342 p.
- Ce numéro du Bulletin, comme le précédent, contient 36 pages.
- Nous pourrons maintenir ce volume et même l'accroître si vous aidez notre effort.
- Abonndz-vous. Faites abonner tous ceux qui, autour de vous s'intéressent aux problèmes de psychologie appliquée et de l'Orientation professionnelle.
- AGEN. — IMPRIMERIE MODERNE, 43, RUE VOI TAIRE
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- LA FORMATION DU PSYCHOLOGUE
- La formation du chercheur et la méthode expérimentale
- par Paul FRAISSE
- La recherche scientifique à une époque qui peut être caractérisée par le prodigieux essor technique dont nous sommes les témoins émerveillés et effrayés, s’est étendue au-delà des laboratoires de nos Universités pour assurer aussi bien le progrès de nos connaissances que celui de uos moyens d’agir sur la matière et sur l’homme. Ce mouvement a fait dans une large mesure éclater l’opposition entre la science pure et la science appliquée.
- Le progrès 11e s’embarrasse plus de cette distinction, en Psychologie comme dans toutes les sciences. Tantôt le désir de vérifier une hypothèse suggère de nouvelles expériences : citons par exemple l’immense effort des chercheurs pour comprendre les mécanismes de la vision des couleurs, ou des lois de l’apprentissage, ou la structure de la vie mentale (analyse factorielle) ; ces travaux, alors que ce n’était pas leur but premier ouvrent la voie à l’utilisation de nouvelles techniques, suggèrent ou confirment des applications cliniques techniques ou pédagogiques. Tantôt, au contraire, le besoin de résoudre un problème pratique fait progresser notre connaissance de l’homme. La méthode des tests, inventée d’abord pour contrôler des méthodes pédagogiques ou pour dépister des arriérations, au delà de ces services immédiats, nous permet sans cesse de préciser et d’approfondir les relations et les hiérarchisations des divers aspects de la conduite. La méthode psychanalytique imaginée pour réduire les névroses est à l’origine de nouvelles conceptions de la nature humaine, sources elles-mêmes de recherches théoriques pour vérifier et préciser les hypothèses fondamentales. La psychochirurgie née de tâtonnements destinés à guérir des psychoses nous permet de comprendre de mieux en mieux le rôle et les fonctions des diverses parties du système nerveux central.
- Tout progrès de la connaissance permet directement ou indirectement des applications plus fécondes. Toute recherche pratique entraîne non seulement de nouvelles applications mais aussi un progrès de la théorie.
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- Le véritable clivage n’est pas là, surtout en psychologie. Il m’apparaît être beaucoup plus entre la recherche dite pure ou appliquée et l’application. Le psychologue dans l’application utilise les moyens mis à sa disposition pour orienter, sélectionner, diagnostiquer. Son souci premier est d’aider les hommes qui lui sont confiés pour un temps plus ou moins long. Tous les problèmes qu’il a à résoudre sont d’abord des problèmes individuels.
- Loin de moi la pensée de minimiser cette action fondamentale valorisée par toute son importance sociale, mais il faut constater que la recherche et l’application liées dans leurs objectifs font appel à des hommes ayant des formes d’esprit et des hiérarchies d’intérêts différentes.
- Le praticien s’intéresse d’abord à la singularité de chaque cas. Il le considère dans toute sa complexité. Le chercheur, par nécessité, au-delà du cas particulier, doit toujours se poser un problème sous un angle plus général, que ce soit la détermination de la valeur d’une technique d’application, ou la mise au point de nouveaux procédés d’investigation ou enfin la connaissance d’une loi des conduites humaines.
- Si le but ultime du chercheur est sans doute, pour lui aussi, de faire œuvre utile, il doit accepter le long détour des vérifications, la longue patience des élaborations. Il lui est demandé plus de rigueur que de zèle et pour reprendre les oppositions de Pascal, plus d’esprit de géométrie que d’esprit de finesse. Le chercheur n’est pas pour autant confiné dans un laboratoire. Prenons l’exemple de l’orienteur : Il y a des orienteurs qui, face aux innombrables enfants qui leur sont confiés s’efforcent de résoudre tous les cas avec la passion dominante d’offrir à chaque homme sa chance, il y en a d’autres qui, tout en faisant aussi de l’application se posent sans cesse le problème des moyens de l’O. P., de la validité de ses pronostics. Les uns et les autres sont indispensables et le progrès dépend de leur collaboration, mais l’efficacité des premiers est fonction de leur esprit clinique, celle des seconds de leur esprit expérimental. La méthode fondamentale de la recherche est en effet la méthode expérimentale, au sens large du mot, et le chercheur est celui qui sait et qui aime l’utiliser.
- Toute autre distinction est inadéquate. Le vocabulaire courant utilise des condensations trompeuses. Il n’y a pas une psychologie clinique et une psychologie expérimentale, mais une méthode clinique et une méthode expérimentale ; il n’y a pas une psychologie de laboratoire et une psychologie appliquée, mais des chercheurs — que leurs laboratoires soient des locaux universitaires, des usines, des écoles ou des hôpitaux — et des praticiens, qui utilisent souvent ces mêmes laboratoires, mais pour résoudre d’abord des cas individuels. Et les
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- mêmes hommes suivant les heures peuvent se transformer en chercheurs ou en praticiens.
- L’application de la méthode expérimentale en psychologie présente cependant certaines difficultés et certains aspects particuliers. Par suite d’erreurs d’interprétation, trop de psychologues ne se doutent pas de ses possibilités, et. cependant, là ou la méthode expérimentale n’est pas employée, c’est la science elle-même qui stagne.
- La méthode expérimentale consiste toujours à essayer d’isoler par une. analyse la cause d’un phénomène ou plus généralement d’en dégager la loi de variation. Et c’est ici que beaucoup arrêtent le psychologue. Il n’est ni possible ni légitime, disent-ils, d’analyser une conduite humaine. Tout comportement dépend à chaque instant de trop d’influences incontrôlables pour que l’on puisse conclure.
- On abandonne, à la rigueur, à l’expérimentateur les conduites segmentaires, l’étude des lois sensorielles, des lois d’apprentissage, mais aussitôt qu’il s’agit d’un acte engageant vraiment la personnalité dans son ensemble, la science devrait s’arrêter et laisser place aux intuitions du clinicien. Cette objection repose en réalité sur une conception beaucoup trop étroite de la méthode expérimentale. L’expérimentation commence dès qu’il y a une observation systématique, une observation qui dépasse « le cas » pour s’élever à la recher-elle...des causes. Prenons un cas extrême : Il n’est certes pas possible d’expérimenter sur le crime; mais cette situation 11e nous oblige pas à n’étudier chaque criminel que comme cas unique. Cas unique, il l’est sans aucun doute à la limite, mais la science, comme l’a déjà proclamé Aristote, ne commence qu’au général. 11 est possible de déterminer par l’étude de nombreux cas l’influence relative du milieu, de la débilité mentale, des origines familiales, etc., sur le crime ou la délinquance. Et cette connaissance déjà scientifique des facteurs 11e sera pas sans importance pour le juge ou le psychiatre qui aura à comprendre le « cas » d’un criminel.
- Dans l’expérimentation proprement dite, le psychologue n’est d’ailleurs pas obligé de faire varier les situations extérieures d’une manière artificielle. La vie des individus dans différents milieux, dans différentes situations sociales, dans différents systèmes d’éducation, offre des possibilités de comparaison qui correspondent très exactement aux tables d’absence ou de présence qu’élaborait Bacon il y a cinq siècles. Différences de situation mais aussi différences de personnalité. La diversité des niveaux d’intelligence par exemple suivant les hommes nous permet, tous les jours, d’étudier la relation entre l’intelligence et des aptitudes ou des traits de caractère.
- Il n’est pas toujours besoin d’imaginer quelque procédé d’analyse de la conduite, mais il s’agit d’utiliser toutes les ressources de la vie avec un souci profond d’exploration et de rigueur, en se proposant pour but d’expliquer. Même dans cet esprit il est évidemment diffi-
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- cile d’isoler une cause ou d’obtenir un seul groupe de réponses. Mais la statistique nous offre le moyen technique de vaincre cette difficulté. Elle nous permet de dégager la conduite dominante et sa variabilité, de prédire si deux séries de comportements sont différentes par hasard ou pour une raison significative, de calculer l’importance relative de plusieurs causes de variations (analyse de la variance) ou de faire des hypothèses sur le jeu et la pondération des causes explicatives (analyse factorielle). La méthode statistique est coextensive en psychologie à la méthode expérimentale, ne serait-ce que sous sa forme primitive de tableaux de classement et de recherche des fréquences d’une conduite donnée.
- Nous avons suivi le chercheur dans son activité, dans son souci d’une compréhension qui dépasse la résolution du cas individuel. 11 faudrait aussi ajouter que le chercheur se distingue du théoricien de la psychologie, du psychologue philosophe, en ce qu’il cherche toujours à appuyer ses affirmations sur des lois générales ne se contentant pas de citer à l’appui de ses hypothèses des cas favorables ! Il sait que cette démarche n’est légitime que pour préciser une hypothèse qui attend de l’expérimentateur sa vérification.
- Sans cesse proche des problèmes que pose la vie, sans cesse soucieux de les expliquer, le chercheur ne fait jamais confiance ni à sa seule intuition ni à ses rationalisations. Il se soumet aux faits.
- Ces réflexions tendent seulement à montrer l’esprit dans lequel doit être orientée la formation du chercheur.
- Nous avons insisté fondamentalement sur l’orientation de ses intérêts, qui nous paraît capitale sans être évidemment suffisante.
- Le chercheur doit avoir une très solide formation générale qui dépasse le cadre psychologique. Le psychologique doit sans cesse s’interpréter en fonction des déterminations physiologiques et sociologiques ; en réalité le chercheur en psychologie doit avoir le souci d’une information qui s’étende à toutes les sciences humaines.
- Il est aussi indispensable qu’il ait une formation critique. Il ne suffit pas seulement en effet d’expérimenter. Expérimenter c’est toujours préciser ou vérifier une hypothèse. Mais l’hypothèse elle-même pour être féconde doit sans cesse se dégager de l’appareil conceptuel d’hier pour forger celui de demain. Notre connaissance de la matière progresse par une élaboration constante de la notion d’atome. La psychologie ne se développera qu’en substituant aux grossiers concepts d’intelligence, de volonté, d’attention, etc..., qui furent élaborés à partir du sens commun, de nouveaux concepts qui se rapprocheront de plus en plus d’une réalité analysée scientifiquement.
- Toute cette culture fondamentale doit s’allier à une formation méthodologique.- L’expérimentation demande des qualités morales de patience, de ténacité, de profonde honnêteté et de modestie, car l’on ne progresse jamais qu’à petits pas. Mais elle demande aussi un
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- savoir-faire, ce savoir qui, sans mutiler la réalité psychologique, sait isoler les facteurs fondamentaux de variation et contrôler les autres. Nous nous sommes efforcés dans nos travaux pratiques du diplôme de psychologie expérimentale de développer cette formation méthodologique, mais l’initiation à la recherche ne commence qu’avec la recherche elle-même.
- Par ailleurs, le chercheur ne peut se former que dans une équipe. Il lui faut apprendre à limiter et à préciser ses hypothèses, car le jeune chercheur pense toujours pouvoir tout prouver à la fois. Il amoncelle souvent des résultats trop complexes pour pouvoir être élaborés. Il doit aussi s’initier aux techniques, si variables suivant les domaines et les recherches, apprendre à dégager des résultats les données essentielles et neuves. Ces apprentissages ne peuvent se faire que sous la conduite d’un expérimentateur qui possède déjà cette formation. L’intuition et les livres ne sauraient y suffire. C’est dans cet esprit que fut fondée l’Ecole Pratique des Hautes Etudes : Créer des centres d’initiation où le jeune chercheur après ses années de formation universitaire puisse apprendre son futur métier. Ces laboratoires décernent un diplôme après la soutenance d’un mémoire original. Les psychologues ont plusieurs laboratoires à leur disposition : Laboratoire de Psychologie expérimentale (Professeur Piéron), Laboratoires de Psychologie appliquée (Professeur Bonnardel), Laboratoire de Psychologie de l’Enfant (Professeur Zazzo), Laboratoire de Biologie et Ethologie comparée (Professeur Brassé). Si ces laboratoires ont une grande activité scientifique favorisée par la présencce de chercheurs du C. N. R. S., il faut reconnaître que les diplômés en psychologie n’ont pas pleinement compris le rôle qu’ils pouvaient jouer dans leur formation.
- Nous avons cité en premier lieu les Laboratoires de l’Ecole des Hautes Etudes parce qu’ils sont d’abord des centres de formation de chercheurs, et qu’ils sont habilités à donner un titre sanctionnant cette formation. Mais il serait injuste de leur attribuer le monopole de cette activité. De nombreux services de recherches, des instituts, des laboratoires sont ouverts à de jeunes chercheurs.
- Il faut souhaiter que les jeunes Psychologues, même s’ils se destinent à devenir des praticiens, se préoccupent d’acquérir cette formation expérimentale qui leur permettra une plus grande objectivité et une plus grande rigueur dans leur travail professionnel.
- Quant aux autres qui voudraient aller plus loin, ils connaîtront les marches à tâtons, la résistance des techniques, les longues élaborations, mais aussi, s’ils ont eu ténacité et courage, les pas en avant dans la connaissance de l’homme.
- La fin de l’article de Mme Pacaud sur « La formation du psychologue industriel » paraîtra dans un prochain numéro du Bulletin.
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- LA VALEUR ÉCONOMIQUE
- des gestes professionnels
- par P. NAVILLE
- MM. (le Laet et Lobet se sont proposés de donner à un certain nombre de gestes physiques nécessaires à l’exercice de la plupart des professions manuelles industrielles une valeur chilfrée. Us ont publié leur travail dans un ouvrage intitulé Etude de la valeur économique des gestes professionnels (Bruxelles, 1949).
- Au lieu de déterminer cette valeur, qu’ils appellent « valeur économique des gestes professionnels », en fonction d’un poste de travail, d’une occupation ou d’un métier déterminés, ils se sont efforcés de lui trouver une signification moyenne pour l’ensemble des métiers, ou plutôt pour l’ensemble des professions manuelles considéré comme « marché du travail », pour la Belgique. Ils obtiennent donc un coefficient de valeur économique nationale moyenne des gestes professionnels.
- Les critères auxquels les enquêteurs se sont arrêtés pour déterminer ce coefficient sont les suivants : coefficient d’importance relative de chaque profession dans l’ensemble du marché du travail, c’est-à-dire de la population active ; appréciation du degré de nécessité des divers mouvements que comportent normalement ces métiers ; fixation de la valeur de chacun de ces mouvements pour l’ensemble du marché du travail.
- Voyons comment les auteurs définissent ces critères. La définition indiquera du même coup la limitation du champ de l’étude.
- 1. — Détermination de la structure du marché du travail.
- On se base sur les rubriques principales de la classification de 1937 de l’Institut National de Statistique belge, qui donnent environ 1.300 professions-types : 900 masculines et 340 féminines. Seuls sont considérés des métiers ouvriers (manuels). Les chiffres de recensement donnent 1.073.542 hommes et 510.000 femmes pour l’ensemble de la population ouvrière. Ces nombres sont répartis dans les rubriques de la classification, et l’on calcule leur proportion en °/ 00.
- Pour chaque métier-type, on répartit ensuite le nombre total a) selon le sexe, b) en métiers spécifiques (« qui a pour but d’effectuer un travail spécialisé exclusivement adapté à une forme, détermi-
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- née de production »). Ceux-ci ne sont pas forcément qualifiés mais peuvent comprendre des occupations de « manœuvres spécialisés », qui interviennent dans des métiers spécifiques. Par exemple : monteur d’appareils radio-électriques est un métier spécifique qualifié ; aide-jardinier sera un métier spécifique non qualifié ; c) En métiers généraux». Ceux-ci sont communs à plusieurs formes d’activité économique. Ils peuvent être qualifiés, c’est-à-dire exigeant une préparation professionnelle plus ou moins spécialisée, ou non qualifiés.
- Malheureusement, les auteurs n’ont fourni les nombres et pourcentages entre qualifiés et non qualifiés que pour les métiers généraux. Pour les métiers spécifiques, ils n’ont donné que des chiffres globaux sans distinguer entre ces activités.
- Pour l’ensemble de la Belgique ils estiment que les métiers spécifiques groupent 75 % des travailleurs masculins et 89 % des travailleurs féminins. Le pourcentage moyen des métiers généraux qualifiés est de 5 % pour les hommes. Ces métiers n’existent pas pour les femmes.
- L’effectif total des métiers généraux non qualifiés atteint donc environ 20 % pour les hommes et 11 % pour les femmes
- Sur les bases de cette nomenclature les auteurs fournissent les coefficients de la population en °/OQ.
- Par exemple, l’industrie verrière groupe 13,77 °/OQ de la population active totale masculine, et 8,72 °/QO de la population féminine. Les métiers spécifiques féminins y représentent 6,12 °/00 et les métiers généraux non qualifiés féminins 2,60 °/OQ, etc. Dans les métiers spécifiques, les cireuses en gobeletterie ne représentent à leur tour que 0,16 %Q.
- Les auteurs ont bien prévu ici l’objection fondamentale que l’on pouvait faire aux indices de « valeur économique » calculés sur la base des chiffres d’un seul recensement (dans ce cas, celui de 1917).
- Aussi déclarent-ils que ces données ne doivent être considérées ni comme permanentes, ni comme universelles. Elles ne sont pas permanentes parce, que la structure de la main-d’œuvre varie, comme le montre l’évolution du rapport entre les grandes catégories de professions ci-dessous, pour la Belgique, entre 1910 et 1930 :
- 1910 1920 1930 en %
- Agriculture, forêts, pêche .... 21,7 18,5 17
- Industries 44,7 45 54,6
- Commerce 16,9 17,8 14,5
- Professions libérales 3,3 3,5 3,7
- Autres professions 13,4 15,2 10,2
- Comme on le voit ces chiffres .accusent des variations Hissez fai-
- : (tout au moins jusqu’en 1930) : : recul des activités agricoles.
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- accroissement des professions libérales, développement des professions industrielles. Il y a d’ailleurs lieu de remarquer que ces tendances ne reflètent pas pleinement le mouvement signalé dans d’autres pays pour la même époque des professions « secondaires » (industries de fabrication) vers les « tertiaires » (gestion et services).
- En tout cas les changements survenus sont d’incidence assez faible sur les qualités requises de la main-d’œuvre, car de nombreuses exigences anatomo-physiologiques sont analogues dans l’agriculture et l’industrie, où elles s’y compensent, lorsque l’on considère les métiers spécifiques. Or, le total des deux sections représente 66,4 % de l’activité totale du pays en 1910, 63,5 en 1920 et 71,6 en 1930, soit une fluctuation de moins de 1/10 en vingt ans.
- Les fluctuations de pays à pays sont beaucoup plus larges : la structure sociale fournira donc des valeurs économiques des gestes professionnels assez variables d’un pays à l’autre, ce qui n’a d’ailleurs pas lieu d’étonner.
- Les auteurs considèrent cependant « qu’une variation numérique dans la population d’une catégorie économique ne se traduit nullement par une modification équivalente et parallèle dans la valeur des mouvements professionnels, puisque des exigences identiques existent dans des métiers de plusieurs de ces catégories...» Si l’on totalise la main-d’œuvre de l’industrie, de l’agriculture et de la pêche, qui sont presque exclusivement envisagées ici (car on ne trouve que peu de travailleurs manuels spécifiques dans le Commerce et les professions libérales), on obtient les pourcentages suivants de la main-d’œuvre totale :
- Grande-Bretagne • • . 1931 54,4 Suède 1930 68
- U. S. A. . ....1930 57,2 Allemagne . . . 1933 69,5
- Pays-Bas . . 1930 59,8 France 1931 70,8
- Canada . . . 1931 62,6 Japon 1930 71,6
- Belgique . . 1930 66 Italie 1931 75,4
- Suisse . . . . 1930 66,3
- On voit que la Belgique occupe une place presque exactement médiane dans la série, et exactement moyenne (= 66,05). Les écarts aux extrêmes ne sont que de 1/10 environ, écarts « quasi négligeables, disent les auteurs, dans le jeu que doit comporter, par exemple, un barème d’invalidités ». Ils en concluent que la position internationale de la Belgique est par conséquent favorable pour proposer des taux objectifs de ces valeurs basés sur la structure de la main-d’œuvre belge.
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- 2. Analyse des gestes professionnels.
- Les auteurs ne se sont pas risqués à évaluer la valeur économique (le l’ensemble des fonctions corporelles, mais seulement de certaines d’entre elles qu’ils nomment les « gestes professionnels ». Les gestes sont ici surtout les mouvements des membres et du tronc.
- La question se pose de savoir quelle est la signification d’un indice de valeur d’un geste analytiquement défini et quelle est l’importance de cette valeur. En effet, l’étude des postes de travail les plus divers montre que le geste proprement dit, c’est-à-dire le déplacement de tout ou partie du corps exerçant une action mécanique immédiate sur un objet, n’est que l’aboutissant et le point d’application d’un ensemble de fonctions anatomo-physiologiques et de comportement, et une intégration de celles-ci. Par conséquent il ne faudra pas oublier que les valeurs obtenues n’ont qu’une signification partielle, et que leur hiérarchie est le point à retenir. C’est justement pourquoi nous avons procédé plus loin à ce classement hiérarchique sur la base des données fournies par les auteurs.
- Voici les « gestes professionnels », ou plus exactement les mouvements simples qui ont finalement été retenus :
- 1. Pince unguéale. — Ex. : tirer une épingle d’une pelote. — 2. Pince bidigitale. — Ex. : prendre une feuille de papier (le pouce n’est pas remplaçable dans ce geste mais l’index peut y être suppléé plus ou moins par un autre doigt). — 3. Pince digito-thénar (serrer un objet entre les quatre derniers doigts et la bosse charnue située à la base du pouce). Ex. : couper au sécateur. — 4. Etau. Saisir un objet entre le pouce et les autres doigts réunis. Ex. : prendre un livre, un verre. — 5. Empaumement. Diriger un objet allongé, tenu dans la paume entre le pouce et les trois derniers doigts, l’index étant étendu et appuyant sur l’objet. Ex : couper au couteau, limer (on assimilera le maniement du crayon, burin, etc...). — 6. Poignée. Saisir à pleine main un objet qu’entourent le pouce d’une part, les autres doigts, d’autre part. Ex. : tenir le manche d’un marteau, saisir une barre. — 7. Presse. Pression d’un doigt étendu sur une surface. Ex. : dactylo, piano. — 8. Extension. Ecartement d’un segment de membre du membre voisin, Ex. : ouvrir des ciseaux comporte l’extension du pouce et de l’index. — 9. Flexion : mouvement inverse du précédent. — 10. Flexion-extension du poignet. — 11. Mouvement de latéralité du poignet. Ex. : geste de faire avancer une aiguille sur un cadran. —12. Flexion-extension du coude. — 13. Pronation supination. Une articulation du coude permet à l’avant-bras et à la main de tourner autour de leur axe de façon à décrire un demi-cercle. Ex. : geste de tourner une clef dans la serrure, visser. — 14. Extension antérieure du bras. — 15. Extension latérale du bras. — 16. Extcnsioh
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- postérieure du liras (ces trois derniers mouvements liés à ceux de l’épaule). L’extension antérieure et latérale du bras droit permettra aux doigts d’atteindre le bouton arrière du col. Dans l’extension postérieure, l’avant-bras droit doit pouvoir se placer aisément derrière le dos. — 17. Flexion-extension du cou (« oui »). — 18. Rotation de la tête (« non »). — 19. Flexion-extension du tronc : incliner et redresser le tronc. — 20. Torsion de la colonne vertébrale sur son axe. Les hanches et les jambes restant fixes, le torse doit pouvoir exécuter 1/4 de cercle de gauche à droite et vice-versa (ex. : faucher). — 21. Flexion antérieure et extension postérieure de la hanche. — 22. Ex tension latérale. Ecartement des jambes. — 23. Rotation de la hanche, la jambe étant étendue, droite, doit pouvoir tourner autour de son axe, la pointe du pied décrivant aussi un arc de cercle d’environ 1/4 de tour. — 24. Flexion-extension du genou. — 25. Flexion-extension du coup de pied. — 20. Rotation du coup de pied. (Ex. : action sur des pédales). — 27. Flexion et extension du gros orteil. — 28. Flexion et extension de l’orteil.
- Pour chacune des professions en cause, on a examiné si chacun de ces mouvements est indispensable dans son intégralité ( + ) à l’exercice de la profession ; s’il y est utile ( + ) ; ou inutile (o). On obtient ainsi une série de tableaux dans lesquels apparaissent, pour chaque profession, à la fois le degré d’utilité de chacun de ces mouvements, rapportés à la main principale, à la main secondaire, aux membres supérieurs, au tronc et aux membres inférieurs, et le pourcentage de travailleurs occupés dans chaque profession.
- On admet par hypothèse que toute personne incapable d’effectuer dans son intégralité (amplitude et force) un mouvement indispensable (coté + ) « est amoindrie dans sa capacité ouvrière générale dans une mesure correspondant à l’importance numérique que le métier qui lui est ainsi interdit occupe dans l’ensemble de la population ouvrière du pays ».
- Des mouvements cotés +, c’est-à-dire utiles sans être indispensables, sont d’interprétation difficile. Les auteurs estiment que les recherches actuelles ne permettent pas encore de leur assigner une valeur précise. En effet, dans certains cas, l’utilité du mouvement considéré peut être très minime, voire nulle ou être compensée par un autre mouvement ; dans d’autres cas, elle peut être considérée comme avoisinant la nécessité rigoureuse. On s’est donc contenté d’attribuer à ces mouvements une valeur moyenne, égale à la moitié du coefficient d’importance de la profession correspondante. C’est donc une valeur qui n’a de sens que pour le total de chaque profession, et non pour un cas particulier.
- La cote o indique que le mouvement considéré n’a aucune valeur pour l’exercice du métier considéré, et que sa valeur économique par rapport à l’ensemble de la main-d’œuvre en est diminuée d’autant.
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- On obtient ainsi en fin de compte une valeur
- N + n N (-)-) + n +
- où I = Importance économique d’un mouvement ou d’une fonction physiologique.
- N = Nombre d’ouvriers occupant l’ensemble des professions pour l’exercice normal desquelles ce geste ou cette fonction est indispensable dans son intégralité (intégralité nécessaire à la fonction (= +).
- n = Nombre d’ouvriers occupant l’ensemble des professions pour l’exercice normal desquelles ce geste est utile, mais ni intégralement ni exclusivement (= + ). On prend la moitié de ce nombre, considérée comme moyenne.
- T = Nombre de travailleurs ouvriers occupant l’ensemble du marché du travail.
- En appliquant cette formule, les auteurs ont en définitive obtenu les valeurs suivantes pour les 50 gestes énumérés :
- Tableau I
- Valeur en %
- A. — Main jjrincipale (droite chez le droitier). Hommes Femmes
- Pouce 1 Pince unguéale....................... 23.9 46.5
- > — 2 Pince bidigitale....................... 54.5 77.7
- — 3 Etau.................. 58.5 56.3
- — 4 Empaumement........... 42.3 26.8
- — 5 Poignée............... 85.9 68.6
- — 6 Presse............... 8.9 19.5
- — 7 Extension........... 19.1 40.8
- Index 8 Pince unguéale....................... 23.9 46.5
- — 9 Pince bidigitale...... 54.5 77.7
- — 10 Pince digito-thénar. . ............. 38.6 15.3
- — 11 Presse............................ 18.2 35.1
- — 12 Extension............. 19.3 40.8
- B. — Main secondaire (gauche chez droitier).
- Pouce 13 Pince unguéale....................... 7.7 17.3
- — 14 Pince bidigitale...... 50.8 71.7
- — 15 Etau.................. 71.6 52.1
- — 16 Empaumement............ 9.9 9.0
- — 17 Poignée............... 66.3 44.2
- — 18 Presse................. 8.0 6.3
- — 19 Extension.............. 7.7 1.4
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- Valeur en % Hommes Femmes
- Index 20 Pince unguéale . .
- — 21 Pince bidigitale . .
- — 22 Pince digito-thénar
- — 23 Presse...........
- — 24 Extension........
- C. — Membres supérieurs.
- 25 Flexion extensive 1). ...
- 26 Flexion extensive G. ...
- 27 Latéralité D.............
- 28 Latéralité G...........
- 29 Flexion extension D . ...
- 30 Flexion extension G . ...
- 31 Pronation supinat. D . .
- 32 Pronation supinat. G . .
- 33 Extension antérieure I) .
- 34 Extension antérieure G .
- 35 Extension latérale D . .
- 36 Extension latérale G . .
- 37 Extension postérieure D .
- 38 Extension postérieure G .
- D.
- E.
- — Tronc. Cou (tête)
- 39 Flexion extension
- 40 Rotation..........
- ,41 Flexion extension
- Col. vertébrale j42 Tol,sion
- Membres inférieurs.
- !43 Flexion extension . 44 Extension latérale .
- 45 Rotation............
- 46 Flexion extension . (47 Flexion extension .
- (48 Rotation............
- 49 Flexion extension .
- Hanche
- Genou
- Coup de pied
- Gros orteil Autres orteils 50 Flexion extension .
- 7.7 17.3
- 50.8 71.7
- 14.1 3.2
- 9.9 18.8
- 0.0 1.9
- 71.0 67.7
- 55.0 46.8
- 61.8 65.8
- 33.3 37.9
- 82.2 81.8
- 68.8 73.0
- 69.6 78.8
- 39.4 51.9
- 75.0 76.7
- 65.9 67.2
- 63.9 60.3
- 37.8 33.5
- 47.3 41.8
- 22.7 19.7
- 56.2 46.8
- 44.8 29.7
- 78.9 73.8
- 54.5 42.9
- 67.4 58.2
- 47.9 18.2
- 43.1 17.4
- 64.3 45.4
- 52.4 47.0
- 31.5 25.9
- 21.3 0.5
- 14.0 0.5
- En publiant les tableaux détaillés et les valeurs finales ci-dessus qui en découlent, les auteurs n’ont pas tiré de conclusions particulières. Leur travail est purement empirique, et la seule indication qu’ils donnent est l’usage qui pourrait en être fait dans l’évaluation des barèmes d’invalidité.
- Il nous semble cependant que les chiffres en question portent à
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- un certain nombre de remarques de portée générale, qui intéressent l’orientation et la formation professionnelles. Ces données, qui sont à notre connaissance les premières du genre, comportent des enseignements importants.
- L’ensemble de ces données présente de façon en quelque sorte polarisée des aspects individuels et des aspects généraux ou globaux des gestes professionnels.
- En effet, l’examen des tableaux détaillés permet de préciser la valeur brute de ces gestes pour un métier particulier, et pour un travailleur de ce métier. De nouvelles études de postes de travail pourront faire apparaître certaines modifications comme nécessaires. En tout cas l’ensemble des tableaux présente une sorte de répertoire, portant sur près de 1.300 métiers, et ils pourront être consultés avec fruit. Sous cet angle, ils complètent des travaux comme ceux de M. Bonnardel sur la vision et les professions.- Ils présentent donc un aspect d’utilité immédiate pour l’orientation professionnelle individuelle.
- Mais les indices d’utilité économique générale présentent l’autre pôle du problème, à savoir la valeur économique des différents gestes considérés globalement (ici sur le plan national), et présentent donc un intérêt certain pour l’orientation et la formation professionnelles collectives. Ce sont certaines des indications intéressantes de ce deuxième point de vue que nous voudrions relever maintenant.
- 3. — Marge de la valeur économique des gestes professionnels.
- Une première constatation s’impose, c’est que la marge de la valeur économique des gestes professionnels est très étendue. L’Indice va de 0,5 à 81,8 % pour les femmes, et de 2 à 82,2 % pour les hommes, échelle sensiblement égale pour les deux sexes, ce qui tend à montrer que la valeur relative des gestes est due aux conditions technologiques qui exigent ces gestes plutôt qu’aux personnes qui les exercent.
- Toutefois, le phénomène principal est celui-ci : certains gestes « valent » 80 fois plus que d’autres, proportion qui peut d’abord surprendre. Mais ce que montre cette extension de la valeur des indices, c’est tout simplement que certains gestes sont indispensables à l’exercice de métier à la fois nombreux et couvrant un emploi étendu, et que d’autres présentent de l’importance pour un nombre d’opérations techniques beaucoup plus faible, ou bien sont facilement suppléables.
- Si nous traçons un polygone de fréquences pour les valeurs indices, pour chaque sexe, et pour les deux sexes réunis, nous obtenons une courbe trimodale, qui montre que nous avons affaire à trois groupes de gestes, dont chacun a une distribution tendant vers la normale.
- Dans la distribution des valeurs les plus basses (I = 0 à 26—30)
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- nous trouvons surtout (les gestes en extension des doigts et orteils ainsi que ceux du bras gauche (secondaire).
- Dans la distribution des valeurs moyennes (I = 26—30 à 60) nous trouvons plutôt des gestes des articulations du bras, du tronc, de la jambe, ainsi que du pouce qui se différencie des autres doigts.
- Nous trouvons dans les valeurs supérieures (I = 60 à 82) des mouvements des mêmes organes, mais appliqués surtout en force (poignée, pince, extension du côté droit).
- En somme, les valeurs supérieures groupent surtout des mouvements d’articulation ample : ceux du poignet, du coude et de l’épaule c’est-à-dire du bras principal, puis ceux de la colonne vertébrale et de la hanche. Les valeurs inférieures affectent surtout certains mouvements des doigts et des pieds, notamment pour les membres secondaires (en général gauche). Cette indication paraît naturelle en ce qui concerne la latéralité, mais est moins évidente lorsqu’il s’agit des valeurs relatives des mouvements des doigts ou des membres.
- 4. — Corrélations entre hommes et femmes
- Voyons maintenant les différences entre hommes et femmes.
- Nous constatons des différences de valeur dans les deux sens. Pour 20 gestes sur 50 la valeur est supérieure chez les femmes. Cette supériorité est surtout marquée pour les gestes de la main principale et des bras (mouvements de faible extension). Les indices sont supérieurs chez les hommes pour tous les gestes du tronc et des membres inférieurs. D’où l’on peut conclure que, dans les conditions actuelles d’exercice des métiers et du volume de l’emploi de ces métiers, les métiers où les femmes sont en proportion importante comportent surtout une activité des bras et des mains, tandis que les métiers « masculins » impliquent une plus large utilisation de tout le corps.
- Cette constatation générale n’empêche pas qu’il existe une‘corrélation générale positive entre les Indices pour les deux sexes, ce qui est normal. La distribution des valeurs sur toute l’échelle ne permet pas de calculer la corrélation de Pearson. Si l’on se borne aux petites séries, par organes principaux, en utilisant le coefficient de Spear-man, on obtient des chiffres très élevés. Par exemple, main principale (nos 1 à 12) = 0.66 ; Membres supérieurs (25 à 38) = 0.91.
- En résumé, l’échelle des indices fournit une indication intéressante pour l’examen anatomo-physiologique en orientation professionnelle. Elle permet de mettre l’accent sur les gestes qui ont la plus haute « valeur économique », et sur les différences à cet égard entre filles et garçons. Les Indices n’ont pas une valeur individuelle, mais générale ou moyenne, étant donnée la distribution réelle des métiers. Pour l’importance de chaque geste dans les 1.300 métiers considérés, on pourra se reporter au volume de tables de MM. de Laet et Lobet.
- #
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- * NOTES ET DOCUMENTS
- Où va le travail humain ?
- G. Fiuedmann. — In 8° de 389 pages, Gallimard, Paris 1950.
- L’ensemble d’observalions de voyage, d’analyses critiques de travaux étrangers et de réflexions personnelles que M. Friedmann a rassemblé sous ce titre intéressera certainement tous ceux qui ont à résoudre, les problèmes humains du travail, et plus spécialement les problèmes posés par le développement des techniques modernes.
- Dans une première partie, il s’attache à faire comprendre et surtout a faire sentir le passage du milieu naturel ou milieu technique. Le milieu naturel, c’est celui des champs, de la forêt et du ruisseau, celui du paysan et de l’artisan des civilisations prémachinistes. Il y a certainement une part de convention dans ce qualificatif de « naturel ». Mais le passage entre ce mode de vie eL le mode de vie de l’homme moderne, habitant d’un monde essentiellement technique', n’en est pas moins nettement marqué. Le témoignage d’un homme qui a intensément vécu ce passage, et a été capable d’exprimer son expérience est analysé : c’est le livre de Georges Navel, Travaux.
- Le milieu technique se présente sous une forme particulièrement évoluée aux Etats-Unis, et dans sa deuxième partie l’auteur nous présente des observations personnelles et des témoignages sur les aspects de ce milieu dans ce pays. On y aborde, entre autres, le problème noir, l’étude des activités des « Personnel. Department s » des grandes entreprises, la description des formes actuelles du travail à la chaîne, le problème de la qualification professionnelle, enfin, la question fondamentale du rapport entre les formes du travail industriel et les formes de la Société.
- La troisième partie groupe, en particulier, sous le titre, « Témoignages sur le milieu technique », une étude des travaux du psychoLechni-cien L. Walther, une esquisse d’une psycho-sociologie du travail à la chaîne, des réflexions sur la fausse opposition entre « l’humanisme du travail » et les « humanités », et à ce propos une analyse détaillée est faite des fins et des moyens de l’Enseignement Technique.
- Enfin, la dernière partie pose et s’efforce de résoudre, au moins à court terme, la question qui fournit le titre de l’ouvrage. Deux appendices sont consacrés, l’un à cc Marx et la revalorisation du travail dans la société socialiste », l’autre à « Milieu technique et structure sociale ».
- L’une des qualités de ce travail est son incontestable effort d’objectivité. On se demandera cependant, devant certaines pages, si cet effort n’a pas conduit l’auteur, par le biais d’une sorte de technicisme socio-logique, à essayer d’isoler de leur contexte social, c’est-à-dire politique, des problèmes qui, ainsi isolés se vident de contenu. En voici un exemple (page 371) : « ...cinquante heures par semaine de travail sur la chaîne d’assemblage des moteurs dans une usine de tracteurs ou d’automobiles
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- sont-elles, en soi, plus « attrayantes » à Gorki qu’à Détroit ». L’expression en soi, malgré le correctif qui est apporté par le paragraphe suivant, est caractéristique. On peut se demander si cinquante heures de travail peuvent psychologiquement exister en soi, et si l’attrait qu’elles présentent n’est pas étroitement lié à la situation de l’ouvrier qui les accomplit dans l’Etat dont il est citoyen, à la mesure dans laquelle il approuve les fins des dirigeants de cet Etat. L’importance de ces liaisons est d’ailleurs indiquée par l’auteur (p. 200), à propos de l’attitude de certains milieux américains de l’O.N.U. et de l’Û.N.E.S.C.O. « On y espère dissoudre par des études, circulaires, conférences, recommandations, les « états de tension » entre individus, nations, empires, dont les causes, certes, sont parfois psychologiques (méfiance, ignorance, complexes de persécution, etc...) et relèvent alors en partie de ces techniques, mais sont souvent et plus profondément économiques et sociales, étroitement liées à des structures sur lesquelles les plus ingénieuses recommandations des experts sont incapables de mordre ». Ce qui est vrai des états de tension nous semble vrai pour l’ensemble des problèmes que traite M. Friedmann. Toute modification des structures fondamentales nous semble devoir entraîner une modification profonde de ces problèmes. C’est pourquoi son ouvrage apparaît surtout comme un témoignage particulièrement lucide des problèmes humains posés par le développement des Techniques en société capitaliste, mais nous semble difficile à suivre dans ses généralisations à toutes les formes de société.
- M. R.
- DEUX TESTS VERBAUX « DIFFÉRENTIELS »
- • le B VC 16 et le B VC 8 (l)
- Par « lest différentiel » R. Bonnardel désigne un test établi de telle manière qu’une certaine catégorie de sujets xtonne, de préférence, certaines réponses déterminées, alors qù’une auLre catégorie de sujets, d’un niveau différent, donne de préférence, d’autres types de réponses.
- Une étude détaillée des fréquences d’apparition de chaque réponse proposée aux sujets permet de séparer de façon relativement nette les réponses correspondant à un niveau élevé et celles correspondant à un niveau faible, eL permet même d’établir pour chaque réponse possible une notation différente. On accordera par exemple, pour une question Q du test :
- — La note + 2 à la bonne réponse.
- — La note 0 aux mauvaises réponses.
- — Les notes —1 et —2 aux très mauvaises et plus mauvaises ré-- ponses.
- De tels tests sont évidemment beaucoup plus sensibles que les tests à notation univoque. Leur construction est aussi plus délicate et le but proposé n’est jamais parfaitement atteint.
- (1) Editions Scientifiques et Psychotechniques, 55, avenue Henri-Barbusse, Clamart (Seine).
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- Deux lests de celte conception, dus au professeur Bonnardel, méritent d’être signalés :
- Le B V C-16, test de compréhension verbale abstraite, est surtout applicable à des niveaux supérieurs au C.E.P., particulièrement aux niveaux Brevet Elémentaire et Baccalauréat. Il se compose de 11 maximes de moralistes du xvne siècle, ou phrases-témoins suivies chacune de 6 phrases-réponses parmi lesquelles il faut en choisir 2 dont le sens se rapproche le plus ou s’éloigne le moins de la phrase-témoin correspondante.
- Son application est commode, il est rapide, puisque l’épreuve dure 15 minutes, facile à corriger. Peut-être- pourrait-on contester la légitimité d’un barème dont les bonifications d’une part, les pénalisations d’autre part ont été établies d’après les résultats de 2 groupes totalement différents. (Cf. Journal de Psychologie normale et pathologique n° 2. Avril, juin 1950).
- Une intéressante étude faite sur 4 classes de mathématiques élémentaires et de philosophie par M. Merlin, professeur à Grenoble, confirme la valeur discriminative de cette épreuve et les résultats obtenus sont très satisfaisants. (L'Orientation, Bulletin du Secrétariat régional d’O. P. de Grenoble, mars 1951, n° 14).
- Le B. V. C 8 est un Lest de « compréhension de mots ». Il s’adresse à une gamme plus étendue de sujets (des écoliers aux étudiants) et permet à chaque- échelon une différenciation suffisamment fine. Chaque item est constitué par une série de 6 mois. Cinq de ces mots ont une signification très voisine, celle du sixième diffère de façon plus ou moins nette. La tâche du sujet consiste à découvrir ce dernier.
- Cette épreuve est, comme la précédente, basée sur la notion de « Lest différentiel ». Elle a été élaborée de façon très rigoureuse et très approfondie comme en témoigne l’étude publiée récemment dans le Travail humain n° 2 d’avril-juin 1951.
- Nous ne saurions mieux faire que d’en recommander l’usage aux praticiens.
- E. V.
- G,entza 3nteznati<mciL de Uônfance-------------------------
- La cinquième réunion du Conseil d’administration du Centre international de l’Enfance s’est tenue les 21 et 22 mai 1951, au château de Long-champ, à Paris, sous la présidence du Pr Kobert Debré. Le secrétaire général a rendu compte au conseil de l’installation du Centre au château de Longchamp et fait le point de la situation financière et budgétaire du Centre. Il a donné des renseignements sur les activités du Centre au cours de l’année 1951, et tracé en outre les grandes lignes des activités prévues par le C.I.E. au cours de l’année 1952. Le Président a indiqué que certains pays de l’Afrique et du Moyen-Orient seraient désireux d’obtenir l’aide du Centre et, éventuellement, de l’O.M.S. et de l’U.N.I.C.E.F. pour engager une campagne contre le trachome, maladie de l’enfance.
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- Cette étude du test d’intelligence logique I.L.B., parallèle au test de Lahy a été réalisée par la Commission d’études du Secrétariat d’O. P. de Toulouse, sur un groupe de 207 sujets de classe de fin d’études.
- POURCENTAGES DE RÉUSSITES AUX DIFFÉRENTES QUESTIONS DE L’I. L. B.
- LA VIE DES C. O. P.
- Il0
- Numéro des questions Pourcentage Numéro des questions Pourcentage Numéro des questions Pourcentage j
- * 1 44.92 \ 1 12.07 ( 1 28.50
- 30 56 !
- 2 75.36 ( 2 50.24 ( 2 18.35
- 3 84.05 i 1 26.57 \ 1 31.88 '
- 4 43.47 31 j 2 19.32 57 ) 2 30.43
- 5 44.92 32 50.72 58 32.83
- 6 72.94 33 54.58 59 30.91
- 7 49.27 34 62.80 60 14.97
- 8 6.28 35 81.64 61 18.84
- 9 7.24 36 31.40 62 43.47
- 10 21.25 37 66.66 63 28.50
- 11 84.05 38 54.58 64 2.88
- 12 84.05 39 28.01 65 1.44
- 13 69.56 40 19.32 66 0.96
- 14 50.72 41 21.73 67 39.13
- 15 86.95 42 32.85 68 65.70
- 16 18.84 43 19.80 69 49.75
- \ 1 55.07 44 36.23 70 19.32
- i7 i 2 34.78 45 35.75 71 28.01
- a \ 1 23.67 46 43.96 72 23.18
- 18 | 2 44.92 47 35.75 73 39.61
- 19 53.62 48 60.38 74 9.66
- 20 58.45 49 51.20
- 21 42.50 50 14 49
- 22 43.47 51 1.93
- 23 42.99 52 6.76
- 24 42.99 53 11.11
- 23 10.14 54 21.73
- 26 42.99 53 27 53
- 27 55.55
- 28 42.99
- 29 3.38
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- LA VIE DU CENTRE DE RECHERCHES
- LE TEST «FIL DE FER»
- par P. VALIN
- Nous vous avons présenté dans le 13.1.N.O.P. n° 2 de mars-avril 1951 trois études du test « fil de fer » faites par MM. Voisin (d’Alger), Bajard (de Constantine) et Bellier (de Grenoble). 11 ressort de ces études que ce genre d’é$u*euve présente d’incontestables avantages : matériel simple et économique, compréhension facile de la tâche, intérêt du sujet, possibilité d’application collective, validité satisfaisante. Mais il apparaît également que la difficulté majeure réside dans l’établissement d’un barême de notation objectif et rapide.
- Voisin et Bellier utilisent tous deux la comparaison au modèle dessiné : pour le premier l’exactitude est notée sans instrument de mesure. Mais si la notation basée sur la simple observation visuelle paraît suffisante pour les réalisations presque parfaites, il nous semble que, pour les épreuves plus ou moins défectueuses, l’appréciation est plus délicate. Dans ce cas, l’erreur à craindre n’est plus négligeable.
- L’épreuve plus simple utilisée par Bellier permet au contraire un nombre restreint de mesures précises. Le procédé est certainement satisfaisant bien que dans la pratique, un certain nombre de difficultés surgissent ; il serait cependant trop long et délicat à appliquer à la figure complexe de Voisin.
- I. — Travail du Centre de Recherches.
- Dans le’cadre de l’étude d’une batterie de sélection aux métiers d’art, nous avons été amené à mettre au point les consignes d’application et de correction de l’épreuve de> Spreng modifiée (triangle équilatéral avec trois boucles extérieures au milieu des côLés). L’application s’çsL effectuée collectivement. La figure à réaliser était dessinée à l’encre de chine sur papier Canson (75x 75) et affichée au tableau. Chaque sujet était muni d’un morceau de papier ordinaire (un huitième de feuille de cahier), d’un crayon ordinaire (8 mm. de diamètre) et d’un morceau de fil de fer recuit de 8/10 à 10/10 de diamètre, et de 30 cm. de longueur.
- a) Technique d’application :
- 1° Faire débarrasser les tables. Distribuer : papier, crayon, fil de fer. Faire écrire sur le papier nom et prénom du sujet. Faire poser les crayons et faire prendre le fil de fer.
- 2° « Nous allons commencer par redresser ce fil de fer. Pour cela, vous allez progresser patiemment en avançant petit à petit, d’un bout à l’autre du fil, comme ceci (montrer). » Montrer également ce qu’il ne faut pas faire : faire glisser le fil de fer dans la main fermée, ce qui ne le redresse pas. Lorsque le fil de fer est bien droit, le faire poser sur la table.
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- 3° « Ne commencez pas votre travail avant cTen avoir reçu Tordre. -(Afficher le dessin au tableau). Avec le fil de fer vous aurez à faire tout à l’heure un triangle comme celui-ci- »
- Faire trouver aux élèves que :
- — le triangle est équilatéral,
- — les boucles sont extérieures, c’est-à-dire en dehors du triangle,
- — les boucles se trouvent au milieu des côtés,
- — le triangle se ferme en haut,
- — les côtés sont bien droits dans tous les sens,
- — les angles sont pointus : ne pas faire d’angle rond,
- — les boucles sont bien rondes.
- 4° « Cet exercice permet de montrer ce que vous savez faire avec vos mains. Il demande de l’adresse, mais surtout baucoup de soin. Il faut travailler avec patience. (Montrer un triangle déjà fait). Vous voyez, vous allez essayer de faire aussi bien que ceci. Bien sûr, tout le monde ne peut pas réussir très bien, mais en s’appliquant on peut parvenir à faire un beau triangle. Laissez votre fil de fer sur la table, ne commencez pas encore. »
- « Par quoi commenceriez-vous ? » (Il faut commencer par faire le triangle équilatéral, puis les boucles).
- 5° Prenez le fil de fer, vous allez commencer. Eegardez, comme ceci. Pour cela, partagez le fil en trois parties égales (montrer attitude). On obtient un grand triangle équilatéral. Puis, avec le crayon, on façonne les boucles en commençant par le premier côté, puis le deuxième, puis le troisième. Attention, ne recommencez pas si le défaut est petit, car il est très difficile de rectifier une petite erreur.
- (Le sujet travaille en même temps que l’opérateur.)
- Fermez le triangle en haut (ne pas accrocher les* bouts, montrer.)
- 5° Au bout de six minutes dire : « Il vous reste deux minutes, dépêchez-vous. » Arrêter l’exercice au bout de huit minutes. » Faire passer le premier côté du triangle et une boucle (sans déchirer le papier — montrer la méthode) au travers du papier portant les nom et prénoms du sujet.
- Remarques sur l’Application
- Avant l’exéculion de l’épreuve, chaque sujet doit redresser son fil de fer, ce qui constitue une adaptation préalable à la tâche.
- L’analyse de la figure, faite collectivement, élimine le facteur compréhension : le test devient essentiellement une épreuve visuo-motrice.
- L’exemple actif de l’applicateur d’une part, la réalisation collective d’autre part, créent chez le sujet une stimulation, une motivation plus fortes que chez le sujet livré à lui-même.
- Le temps d’exécution (8’) peut être modifié suivant l’âge des sujets. A l’expérience, il est apparu qu’au-dessus de cette limite le facteur temps n’intervenait pas de façon significative dans la perfection du travail.
- b) Notation ; Total max. : 21.
- 1° Respect des données visuelles : Max. 6.
- — Triangle : Max. 3 : %
- Triangle équilatéral 3 (toi. 2 mm. de différence entre deux côtés).
- Triangle isocèle 2 (sauf si le plus petit côté est égal ou inférieur à la 1/2 des grands côtés).
- Triangle scalène 1
- Figure informe 0.
- — Boucles : max. 3
- 1 pt par boucle si les trois boucles sont à l’extérieur et au milieu du côté (toi. 4 mm. entre les deux demi-côtés).
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- Soit :
- 1/2 pt par boucle si elles sont à l’ext.
- 1/2 pt par boucle si elles sont au milieu des côtés.
- 2° Réalisation motrice :
- — côtés, max. 6
- 1/2 par côté s'ils sont à peu près droits.
- 1 par côté s’ils sont droits dans un plan.
- 2 par côté s’ils sont droits dans tous les plans.
- — angles, max. 4
- 2 par angle si c’est très bien fini.
- 1 par angle si c’est satisfaisant.
- 1/2 par angle si c’est passable.
- 0 si l’angle n’est pas du tout marqué.
- — boucles, max. 3
- 1/2 par boucle ronde.
- 1/2 par boucle dans le plan.
- — Extrémités : max. 2.
- Dans le cas où les angles sont au moins passables on compte :
- 2 si les bouts sont bien joints (Toi. 1 mm.).
- 1 si les bouts sont à peu près joints (toi. 2, 3, 4 mm.).
- 1/2 si les bouts sont à peu près joints (Toi. 5, 6 mm.).
- 0 s’il y a plus de 6 mm, entre les deux bouts.
- Fidélité du barême de notation
- Le test a été appliqué dans trois C.A. de filles et deux C.A. de garçons. Une quadruple correction a été réalisée sur les épreuves d’un Centre « Filles » et une double correction sur les épreuves des autres Centres (temps moyen de correction 55 secondes par épreuve).
- Corrélations ( p de Spearman) obtenues entre les quatre correcteurs A, B, C, D ayant noté les épreuves du C.A. Filles (25 sujets) :
- entre A et B .83 entre A et B .73
- B et C .78 B et D .68
- A et C .87 C et D .72
- Corrélations obtenues entre deux correcteurs ayant noté les épreuves de deux autres C.A.
- entre C et D .75 (sur 42 garçons) C et D .84 (sur 26 filles)
- Corrélations obtenues entre deux correcteurs ayant noté toutes les épreuves des cinq Centres :
- r Bravais Pearson : entre C et D .70 (sur 154 sujets) r ennéachorique : entre C et. D .77 (sur 154 sujets)
- Dans tous les cas la distribution des notes est sensiblement normale. Nous avons également testé la différence de moyennes entre les correcteurs A et B, A et C, B et C, C et D. Au seuil de .01, les moyennes ne
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- diffèrent pas significativement entre A et B, A et C, B et C. Elles diffèrent significativement entre D et C.
- Nous pouvons donc conclure que les sujets sont placés sensiblement dans le meme ordre et obtiennent approximativement la même note des quatre correcteurs à l’exception d’un seul dont la notation est plus sévère.
- c) Validité :
- Nous avons déjà signalé les bonnes validités obtenues avec la réussite technique des garçons. Voici d’autres corrélations obtenues sur différents groupes :
- .29 avec réussite à l’atelier (22 dessinatrices en figurines de mode) ;
- .36 avec moyenne générale deuxième trimestre (même groupe) ;
- .21 avec la décoration (26 filles, C.À. métiers d’art) ;
- .46 avec le dessin (26 filles C.A. métiers d’art) ;
- .42 avec l’atelier (44 ébénistes, C.A. métiers d’art).
- Ces validités sont parmi les meilleures des validités obtenues avec les tests de la batterie. Leur faiblesse relative s’explique aisément par le fait qu’elles ont été calculées sur un échantillon très sélectionné.
- II. — Conclusion
- Ainsi conçue l’épreuve du fil de fer présente de nombreux avantages pratiques et des qualités psychotechniques certaines. Seule la notation objective est délicate à réaliser et pose le problème de l’étalonnage.
- Comment procéder pour obtenir un étalonnage satisfaisant ?
- 1° Cas où le Conseiller est seul au Centre, ou seul à appliquer et à corriger le test : il établira son étalonnage personnel et vérifiera s’il est d’accord avec lui-même en corrigeant une deuxième fois un lot d’épreuves après un certain délai. (Calcul du t de Student). (1)
- 2° Cas où plusieurs Conseillers sont appelés à corriger le test :
- a) Si la corrélation entre les deux correcteurs est satisfaisante et s’il existe une différence significative entre les moyennes, cette différence sera soit ajoutée aux notes du correcteur indulgent soit retranchée de celles du correcteur sévère avant d’établir l’étalonnage.
- (Autre méthode : les deux correcteurs corrigeront ensemble quelques épreuves afin de polir leur système de notation. Cette méthode est moins rigoureuse que la première, la marge de désaccord entre les correcteurs risquant de s’élargir par la suite).
- b) Si la corrélation entre les correcteurs est satisfaisante et s’il n’y a pas de différence significative entre leurs moyennes, l’étalonnage établi sera valide pour ces correcteurs.
- (1) Epreuve de signification de la différence entre deux moyennes dans le cas d’échantillons appareillés :
- md : Moyenne des différences entre les variables x et x’ (en tenant compte de leurs signes).
- c : Ecart-type de la distribution de ces différences.
- N : Nombre d’éléments de l’échantillon considéré.
- (Voir Méthodes statistiques en Psychologie. .T.-M. Faverge, p. 75).
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- La Docutn&tiaUûH sua MUcAôfiùn
- Certains de nos lecteurs nous ont signalé que l’intérêt qu’ils portaient à nos analyses d’articles de revues était limité par la difficulté — quasi insurmontable pour les Centres de Province — de se procurer ces articles. Nous leur signalons aujourd’hui une solution leur j)ermettant de se documenter.
- Le Centre de Documentation du Centre National de la Recherche Scientifique dispose d’un Service photographique qui se charge en particulier de la reproduction sur microfilm (film de cinéma de 35 mm.) des articles de périodiques dont la référence • précise lui est fournie.
- La lecture de ces films se fait à l’aide l’un « lecteur de microfilm », appareil analogue à un agrandisseur photographique.
- Le prix de ces reproductions et de l’appareil qui en permet la lecture nous semblent en rendre l’acquisition possible, au moins à l’échelon des Secrétariats régionaux d’O. P. Cette acquisition met à la disposition de tous les Conseillers d’O. P. de France le texte intégral des articles analysés dans le B.I.N.O.P. D’ailleurs, le C.N.R.S. publie un Bulletin Analytique dont la section Philosophie contient un très grand nombre d’analyses d’articles parus dans le monde entier, en psychologie, et les Conseillers pourraient également, en s’abonnant à cette revue, puiser à cette source.
- Voici des indications pratiques pouvant être utiles à ceux qui voudraient utiliser ces possibilités.
- Le lecteur de microfilms
- Les plus simples de ces appareils valent de 15.000 à 30.000 francs.
- Commande de la reproduction sur microfilm
- Nous avons pris contact avec le Centre de documentation du C.N.R.S. qui a bien voulu accorder aux Centres d’O. P. le bénéfice du tarif réduit qu’il réserve au personnel et aux laboratoires de l’Université. Ce tarif est le suivant :
- 30 francs la bande de 10 pages ; un droit de recherche de 100 francs par article est facturé en sus pour les documents non analysés au Bulletin Analytique.
- Pour bénéficier de ce tarif, il convient de suivre la marche suivante :
- 1° Se procurer un Bulletin de Commande. Nous avons envoyé un certain nombre de ces Bulletins dans tous les Secrétariats d’O. P.
- 2° Remplir de façon complète ce Bulletin. La colonne « Référence du Bulletin Analytique » ne sera pas remplie si l’article n’a pas été choisi parmi les analyses de ce Bulletin Analytique.
- La commande ne peut être faite qu’au nom de Monsieur le Secrétaire d’O. P.
- de l’Académie de....... ou de Monsieur le Directeur du Centre d’O. P. de...........
- sans indication de nom de personne.
- 3° Renvoyer ce Bulletin au Service photographique du C.N.R.S., 18, rue Pierre-Curie, Paris (5e), qui enverra en échange le ou les microfilms demandés, accompagnés du mémoire en triple exemplaire permettant le règlement.
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- Sources de références
- Le B.I.N.O.P. dépouille la quasi-totalité des revues de psychologie qui arrivent à Paris et signale dahs sa rubrique Des revues... les articles susceptibles d’intéresser le Conseiller d’O. P. et en général le psychologue praticien.
- L’Année Psychologique (Presses Universitaires de France) publie des analyses plus détaillées d’articles sélectionnés ou des « revues de questions ».
- Le Bulletin Analytique du C.N.R.S., section Philosophie, 18, rue Pierre-Curie, analyse, en principe, tous les articles parus dans le monde en psychologie. Les analyses ne sont pas plus détaillées que celles du B.I.N.O.P.
- Le Courrier du Centre International de l’Enfance, 2 bis, avenue du Parc de Passy, Paris (16e), publie une bibliographie analytique dont certaines sections peuvent intéresser le psychologue praticien. Cette Revue fournit gratuitement à ses abonnés, sur simple demande, les microfilms des articles analysés ; il suffit que le demandeur s’engage à ne pas faire un usage commercial de la reproduction.
- Plusieurs grandes Bibliothèques, et en particulier la Bibliothèque de la Faculté de Médecine, ont un service microfilms et envoient les textes demandés moyennant une rétribution très raisonnable.
- Les journées de perfectionnement réservées aux Secrétaires régionaux d’O. P. se sont déroulées à l’I.N.O.P. du 1er au 9 juin dans une atmosphère particulièrement cordiale. Des conférences d’actualité ont été faites par :
- — Professeur Piéron : L’influence du milieu et l’O. P.
- — M. Bresson : La psychologie sociale.
- — Dr Barthes : La médecine du travail et d’O. P.
- — Pr Heuyer : Les inadaptés physiques.
- — M. Larcebeau : La réadaptation des déficients physiques en Grande-Bre-
- tagne.
- — Mme Benassy : Les tendances actuélles de l’O.P.
- D’autre part des travaux pratiques étaient organisés par :
- — Mme Benassy : présentation et démonstration de tests.
- — M. Dolladille : Documentation.
- — M. Reuchlin : statistiques.
- Le texte (ou le résumé) ronéotypé des principales conférences (celle de l’après-midi) sera mis en vente par l’I.N.O.P au prix de 150 francs dans le courant du mois d’octobre.
- S’inscrire dès maintenant auprès de M. le Directeur de l’I.N.O.P., pour le nombre d’exemplaires désiré.
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- INFORMATIONS
- L’O. P. dans les territoires de l’Union Française
- « L’Assemblée de l’Union Française,
- « Invite le Gouvernement à développer, dans les Départements d’Algérie, les Départements d’Outre-Mer, les Territoires d’Outre-Mer et les Territoires sous tutelle, une organisation d’Orientation professionnelle adaptée aux besoins particuliers des Départements et des Territoires et aux caractères propres des populations, et s’adressant à l’enfance et à la jeunesse, ' scolarisées ou non ;
- Et à créer, là où il n’en existe pas encore, d’nne part des secrétariats régionaux et des Centres départementaux territoriaux ou locaux d’Orientation professionnelle, d’autre part des centres régionaux de statistique et de documentation scolaires et professionnelles, adaptés aux besoins particuliers des Départements et des Territoires et aux caractères propres des populations.
- En vue de ce développement de l’Orientation professionnelle Outre-Mer, l’Assemblée invite le Gouvernement :
- a) à envisager et à favoriser l’envoi d’étudiants d’Outre-Mer à l’Institut national d’études du travail et d’orientation professionnelle, ou aux Instituts analogues, en vue de permettre la formation de Conseillers d’orientation professionnelle diplômés ;
- b) à préparer la création, à l’Institut national d’études du travail eL d’Orientation professionnelle, ou dans les Instituts analogues, d’une section d’Outre-Mer chargée d’étudier les problèmes particuliers aux Pays d’Outre-Mer et l’adaptation aux besoins et aux conditions des populations d’Outre-Mer des méthodes de l’orientation et de la formation professionnelles.
- L’Assemblée de l’Union Française souhaite que ce développement de l’Orientation professionnelle Outre-Mer soit réalisé en relation avec l’élude et la réalisation des problèmes se rapportant à l’enseignemenL lechnique, a l’apprentissage et à la formation professionnelle, en suscitant une harmonieuse collaboration des Services de l’enseignement et des Services du travail ».
- (Extrait d'an rapport présenté à l'Assemblée cle VU. F.).
- L'école pratique de psychologie et de pédagogie de l’Université de Lyon publie un Bulletin contenant le compte rendu des cours professés à l’école. 11 est divisé en trois parties : une partie générale dans laquelle nous relevons par exemple une série d’articles de M. Husson sur les grandes orientations de la psychologie contemporaine ; une partie réservée aux candidats à l’Inspection primaire et au Certificat d’aptitude pédagogique ; une troisième partie consacrée à la psychologie et à la psycho-pédagogie. (160, rue Pierre-Corneille, Lyon, 3e).
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- Des RevueSé..
- Chaque article analysé est désigné par une triple référence : i° l’année, indiquée par le premier nombre. i° le numéro du présent B. I. N. O. P.
- _____ 3° l’ordre de présentation des articles. _____
- 51-4-1. — Quotient d’intelligence de Stern ou constante personnelle de Heinis ?
- R.-C. Da Costa. — Revista brasileiras de estudos pedagogicos, 1948, 12, 39-81. Cet article intéressera, par sa documentation (nombreuses références, en particulier aux articles de Heinis) et par sa discussion, ceux qui se préoccupent de la signification, si difficile à préciser, du Q. I.
- 51-4-2. — La prédiction de la réussite dans des matières spécifiques à la Faculté.
- Wallace (W.-L.). — Journal of Educational Research 1951, 44, 587-597. 323 étudiants ont passé une batterie de tests fournissant huit notes à leur entrée dans l’Enseignement supérieur. Ces notes vont-elles permettre des pronostics spécifiques, tel test, spécialement choisi à cette fin, permettant surtout un pronostic en Sciences, etc ? Il ne semble pas. Tous les tests ont des validités relativement fortes à l’égard de certaines notes scolaires, des validités relativement faibles à l’égard de certaines autres. Cela probablement pour des raisons purement techniques, relatives au critère : forme d’épreuve scolaire, hétérogénéité entre classes, etc... La validité à l’égard de la note globale scolaire est de .53. Ce qui doit rendre prudent à l’égard des pronostics exclusivement basés sur des tests, surtout lorsque ces pronostics prétendent viser autre chose qu’un niveau général de réussite. Il ne faut peut-être pas généraliser de telles constatations, mais elles correspondent en tous cas à celles que nous avons pu faire dans les Centres d’ap-i prentissage parisiens.
- 51-4-3. — La stabilité des résultats aux tests de connaissance d’une classe à l’autre.
- Lennon (R.-T.). — Educational and psychological measurement 1951, 11, 121-127. Toutes les classes d’un groupe scolaire (« community ») sont examinées à l’aide de tests de connaissance. Cela est fait pour 81 groupes scolaires. Quelles corrélations existe-t-il entre les notes moyennes des classes, pour ces 81 groupes ? Elles sont relativement faibles (de l’ordre de .60).
- 51-4-4. — Les tests psychologiques et la clinique mentale.
- H. Wallon. — Enfance 1951, 4, 1-4. Intérêt des tests en clinique, leurs limites. Danger d’interprétation erronnée des résultats considérés comme expression d’une réalité fondamentale dont les troubles mentaux ne seraient que la conséquence. Importance du milieu, négligé dans l’interprétation des facteurs.
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- 51-4-5. — Etalonnage du test P.M. 38.
- J.-M. Lombard. — Feuilles de documentation et de liaison des services d’O. P. de l’Académie de Montpellier. 1951, 8, 5, 36-37. Etalonnages dn Matrix 38 de Raven sur 136 garçons et filles, de 15 à 16 ans et sur 51 garçons et filles de 17 à 18 ans, élèves de cours complémentaires et de classes nouvelles du Lycée, examinés à Montpellier.
- 51-4-6. — Standardisation dees Q.l. classioues, en écart réduit pour l’échelle IPAT n° 2, indépendante de la culture.
- R.-B. Cattell. — Journal of Consulting psychology, 1951, 15, 154-159. L'influence du milieu scolaire sur les résultats aux tests tendrait à diminuer l'écart type des Q. I. Les tests nouveaux, indépendants de la culture, ont des Q. I. se dispersant davantage. Mais on est tellement habitué, dans l'appréciation des résultats, à la dispersion ancienne, qu’une table de conversion de ces nouveaux Q.l. en Q.l. classiques, moins dispersés, est utile.
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- 51-4-7.
- Symposium tion ».
- Nécessité et moyens de réaliser la « contre-valida-
- C.-I. Mosier, E.-E. Cureton, R.-A. Katzfll, R.-J. Wherry. — Educational and psychological measurement, 1951, 11, 5-28. Les poids à accorder à chaque test en vue de la prédiction d'un certain critère ayant été déterminé sur un échantillon, il est nécessaire d’établir l’efficacité de cette pondération sur un autre échantillon (supposé extrait du même ensemble) : c’est en cela que consiste la « contre-validation » dont les participants examinent successivement différents aspects.
- 51-4-8.
- Test de rédaction.
- II. Antipoff. — Revista bradileira de estudos pedagogicos, 1948, 12, 148-172. L’auteur fait de la rédaction une épreuve non seulement littéraire et scolaire, mais encore d’intelligence et de personnalité. Effort intéressant de dépouillement quantitatif.
- 51-4-9.
- Les dimensions du tempérament.
- L.-L. Thurstone. — Psycliometrika. 1951, 16, 11-20. Les treize notes fournies par trois inventaires de personnalité de Guilford sont analysées factoriellement sur 156 sujets. Neuf facteurs seulement peuvent être invoqués, et des hypothèses sont faites sur sept d’entre eux : actif, vigoureux, impulsif, dominant, stable, sociable, réfléchi.
- 51-4-10.
- Les. images du « monde » chez les enfants. Nature et emploi du jeu du « monde ».
- M. Lowenfeld. — Sauvegarde de l’Enfance. 1951, 4, 291-319 et 320-325. Deux articles donnant des traductions de travaux parus en Angleterre il y a une dizaine d’années. Il s’agit d’une épreuve projective où l’on demande au sujet de construire une scène avec tout un matériel varié mis à sa disposition : sable, eau, petits personnages, etc...
- il I
- 51-4-11. — Le test du catalogue de livres.
- V. Vaz. — Arquivos brasileiros de psicotecnica. 1950, 2, 7-39. Présentation du test (liste de livres entre lesquels le sujet doit choisir) et du barême de notation. Résultats sur deux groupes examinés en 1949 et en 1950, composés chacun de 525 sujets (adultes et adolescents des deux sexes).
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- 51-4-12. — Le test du géosigne : une épreuve de dessin semistructuré utilisée comme test de criblage en ce qui concerne l’adaptation.
- W. Reichenberg-Hackett. — American Jornai of Orthopsychiatry, 1950, 20, 578-594. Il faut, dans cette épreuve compléter un dessin géométrique. L’auteur donne ses conclusions sur l’épreuve, tirées de l’examen de 147 garçons et 401 filles de 18 à 21 ans, étudiants. 8 dessins sont reproduits et commentés.
- 51-4-13. — La rééducation des mineurs de justice.
- P. Lutz. — Les Cahiers de l’Enfance inadaptée. 1951, n° 5, 2-5. Quelques adresses d’institutions et quelques renseignements sur les méthodes qui y sont appliquées.
- 51-4-14. — Le traitement en institution du mineur délinquant.
- J.-L. Costa. — Rééducation, 19$1, 5, 1-19. L’auteur, directeur de l’Education Surveillée au Ministère de la Justice, étudie successivement, dans ce rapport présenté au cycle d’étude sur la délinquence juvénile, organisé par l’O.N.TJ. à Rome (décembre 1950), les différents types d’institution, les méthodes de traitement, les résultats du traitement en internat.
- 51-4-15. — Contrôle permanent d’un service psychotechnique.
- J.-M. Eaverge. — Revue de Psychologie appliquée. 1951, 1, 73-80. Suite d’un article paru dans le numéro 1 de la même revue. L’auteur indique ici des techniques facilement utilisables permettant le contrôle permanent d’une proportion, d’un coefficient de corrélation entre deux variables, d’un coefficient de corrélation à partir d’estimations indépendantes successives, ou entre deux séries dichotomisées.
- 51-4-16. — Applications de la psychologie dans le domaine de l’Orientation.
- R.-H. Mathewson. — Transactions of tlie New-York Academy of Sciences. 1951, 13, 174-177. Le besoin d’applications cle. la psychologie à la pédagogie et à l’Orientation est ressenti. On examine comment peut se faire cette application et comment doivent être formés les Conseillers d’Orientation.
- 51-4-17. — Un cas d’O.P.
- F. de Villemor Amaral. — Arquivos brasileiros de psicotecnica. 1950, 2, 56-74. Cet article intéressera surtout le lecteur français comme un exemple détaillé des techniques employées par nos collègues brésiliens, qui se révèlent assez semblables aux nôtres. Il s’agit d’un adulte de 23 ans.
- 51-4-18. — La notation objective et unifiée des exercices pratiques d’ap-prentis.
- Divers. — Technique, Art, Science, 1951, 5, 39-48. Compte rendu d’un travail réalisé en collaboration par des spécialistes de l’apprentissage (C.A. parisiens) et de l’O.P. (Service de Recherches de l’I.N.O.P.).
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- 51-4-19. — Le problème du choix professionnel.
- B. Ginzberg, S. W. Ginsburg, S. Axelrald, J. L. Herma. — American Journal of ortliopsychiatry, 1950, 20, 166-201.
- 51-4-20. — Carrières ouvertes aux femmes.
- Mme «T. Bayet. — Association des Parents d'élèves du lycée Fénelon, Paris, 1951. Mme Bayet nous offre la troisième édition, augmentée et mise à jour de sa plaquette sur les Carrières féminines. Ce petit ouvrage contient les premiers renseignements pratiques permettant de se faire une opinion rapide sur chacune des nombreuses carrières envisagées.
- 51-4-21. — Buts et efficacité de l’Orientation Professionnelle.
- R. Gille. — Le Travail Humain, 1951, 14, 97-102. L’O.P. poursuit deux buts : l’aide apportée à la personnalité humaine manifestant une légitime aspiration à un certain idéal de bonheur ; Peffort en faveur de la plus judicieuse utilisation possible de Phomme dans le cadre d’une société donnée.
- 51-4-22. — L’Orientation Professionnelle et le placement des jeunes gens déficients ou infirmes.
- W. Duncan. — Occupational Psychology, 1951, 25, 56-63. A Liverpool, une section spéciale du Bureau de placement des jeunes s’occupe do ce problème. L’auteur pense qu’il ne faut pas restreindre a priori le nombre des métiers dans lesquels de jeunes déficients ou infirmes peuvent être placés. 11 est arrivé à placer 343 garçons dans 71 types d’emplois et 236 filles dans 58 (pour une année). Un nombre de possibilités plus grand qu’on ne le croit généralement existe en fait pour chaque sujet.
- 51-4-23. — Vingt-cinci ans de recherche en Orientation Professionnelle.
- P. Smith. — Occupational Psychology, 1951, 25, 35-49. L’auteur, jusqu’à ces derniers temps Principal Assistant Organizer du Birmingham Education Committee, a longtemps travaillé avec le National Institute of Industrial Psychology. Il rapporte les résultats des expériences de contrôle de l’O.P., faites à Birmingham, et dont les lecteurs du B.I.N.O.P. ont été informés. Il expose également le résultat de ses travaux sur la sélection des apprentis. (Six rapports de Smith du Birmingham Education Committee).
- 51-4-24. — Etude psychométriaue sur le personnel d’un atelier d’outillage mécaniaue.
- R. Bonnardel. — Le Travail Humain, 1951, 14, 66-75. 131 outilleurs sont examinés à l’aide d’une vingtaine de tests de performance. Us appartiennent aux spécialités suivantes : ajusteurs, tourneurs, fraiseurs, rectifieurs, contrôleurs. On donne, on utilisant un décilage établi sur un millier d’ouvriers de série, les profils suivants : groupe total, chaque spécialité, « meilleurs » et « moins bons » de chaque spécialité. Certaines remarques sont faites et en particulier : inexistence de différences très nettement caractéristiques entre les résultats des divers groupes de spécialistes pour les diverses épreuves psychométriques utilisées ; large indépendance entre la pratique du maniement des machines-outils et la réussite dans les tests de coordination des mouvements, cependant similaires.
- 51-4-25. — La sélection des étudiants en vue de l’enseignement dans les domaines professionnel et industriel.
- H. S. Belman et R. N. Evans. — The Journal of educational psychology, 1951, 42, 52-58.
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- 51-4-26. — Une enquête par sondage sur l’emploi.
- Bulletin Mensuel de statistique. Supplément janvier-mars 1951, 1-24. 13.500 personnes de quatorze ans et plus choisies sur l'ensemble du territoire suivant un plan d'échantillonnage précis ont été interrogées. D'intéressants résultats sont ainsi fournis sur de nombreux points tels que la répartition de la population suivant l'activité et l'inactivité, l'influence des enfants à charge sur l'activité des femmes, la durée du travail, les activités secondaires, le mode de rémunération, la distance du lieu de travail, l'horaire journalier, la durée du repos hebdomadaire, etc...
- 51-4-27. — Le service social du travail.
- Informations sociales, 1951, 5, n° 5-6. L’Association nationale des assistantes sociales a publié une étude en deux parties sur le rôle et les activités de la Conseillère du Travail. La première partie contient des exposés généraux : L'institution du Service social du Travail (évolution de la législation, son étude critique) ; Les activités de la Conseillère du Travail ; L'adaptation du Service social du travail aux différentes formes d'entreprises. La seconde partie contient des études pratiques : étude des postes, psychotechnique, utilisation rationnelle et humaine des déficients physiques, réadaptation des tuberculeux, main-d'œuvre féminine.
- A L’ÉTRANGER
- ♦ La psychologie scolaire en Australie.
- Depuis 1949, les Services de psychologie scolaire ont été étendus à l’ensemble des Etats australiens. Les psychologues scolaires possèdent, en général, un grade universitaire, ont fait au minimum deux ans d'étucles de psychologie et doivent avoir une expérience pédagogique suffisante. Ils examinent en particulier les aptitudes des élèves qui passent du primaire au secondaire ou qui sont déjà dans le secondaire. Les renseignements recueillis au cours de la scolarité d'un élève aboutissent aux services de l'emploi du Commonwealth australien.
- ♦ L’O. p. aux Pays-Bas.
- Pendant les trois derniers mois de 1950, aux Pays-Bas, le nombre de personnes ayant reçu un conseil d’orientation professionnelle s'est élevé à 4.255 hommes et 831 femmes. Parmi elles, 2.119 hommes et 121 femmes étaient âgées de 21 ans et plus et 3.251 personnes avaient subi des tests.
- ♦ L’O. p. en Suisse.
- Les 308 Offices d'O. P. officiels, affiliés à l'Association Suisse pour l'Orientation professionnelle et la protection des apprentis se sont occupés, en 1950, de 40.300 cas contre 39.782 l'année précédente. Le nombre des placements en apprentissage est passé de 14.216 en 1949 à 14.538 en 1950. D’autre part, ces offices ont pu placer 10.294 jeunes dans des écoles ou dans l'industrie. Environ 47 % des jeunes libérés de la scolarité obligatoire ont eu recours à l'O. P. individuelle.
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- ••• et des JUivres
- 51-4-28. — Les techniques projectives.
- J.-E. Bell. — Projective techniques, in 8° de 533 p. Longmans, New-York, 1948-1949. Revue des techniques psychologiques projectives et de certains travaux qu’elles ont suscités. Cette revue est assez large, et les épreuves sont décrites avec suffisamment de détails pour que l’ouvrage présente un intérêt documentaire, accru par les bibliographies qu’il contient. L’auteur, dans son dernier chapitre, cite honnêtement les critiques qui ont été faites à ces méthodes (en particulier notre incertitude quant à leur objectivité, leur fidélité, leur validité) et conclut fort justement à la nécessité de recherches complémentaires.
- 51-4-29. — Le développement psychologique de la première enfance.
- O. Brunet, I. Leztne. — P.U.F., 1951, 129 p. Deux collaboratrices du Professeur H. Wallon (qui a préfacé l’ouvrage) présentent une échelle française de baby-tests, qui sera des plus utiles aux psychologues travaillant sur des enfants d’âge pré-scolaire. L’Introduction contient un bref aperçu des travaux étrangers, en particulier ceux de A. Gesell et de C. Bühler, dont les auteurs se sont inspirées. Puis l’échelle française est présentée. Elle est d’application simple et rapide, aboutit à un quotient de développement objectivement déterminé. Les épreuves et les questions posées aux parents vont de un mois à cinq ans, âge au delà duquel on pourra utiliser le Binet. La technique d’application est exposée en détail pour chaque épreuve de' chaque âge. L’élaboration statistique, qui a porté sur 1.500 dossiers, permet d’intéressantes remarques. Notons, par exemple, le retard des enfants élevés dans les crèches, qui annonce les différences constatées par d’autres auteurs, à des âges ultérieurs et pour d’autres tests, entre sujets de niveaux socio-économiques différents. Ici, le retard est rattrapé quand l’enfant peut être transféré dans un milieu plus favorable. L’évolution de crois types d’enfante suivis de 4 mois à 30 mois est décrite en détail. Fort prudemment, des réserves sont faites quant à la valeur pronostique des baby-tests. Parmi les éléments perturbateurs, nous voyons apparaître le milieu qui, à partir de deux ans, semble bien favoriser les enfants issus de milieux économiques ou culturels « supérieurs ». Mais l’usage des baby-tests pour le dépistage précoce des arriérés reste très souhaitable, et cet excellent ouvrage ne pourra que faciliter son extension.
- 51-4-30. — Les variétés de tempérament.
- W.-H. Sheldon et S.-S. Stevens. — Traduction française de A. Ombredane et J.-J. Grümbach. 570 p., P.U.F., Paris, 1951. Ce volume continue Les Variétés de la constitution physique de l’homme, des mêmes auteurs (Traduction parue chez le même éditeur). Il a été publié en anglais en 1942, et le B.I.N.O.P. en a déjà rendu compte en soulignant son intérêt (n° 1-2 de 1947). Mais Lubin a fait des critiques graves sur la table de corrélations qui est à la base de la typologie de Sheldon (Voir notre analyse 51-3-17).
- 51-4-31. — Manuel de diagnostic psychologique.
- R. Meili. — Lehrbuch der psychologischen Diagnostik. In 8° de 372 pages, Hans Huber, Berne, 1951. Ce « Manuel de diagnostic psychologique » contient les résultats de la longue expérience en la matière du Pr Meili. Dans son introduction, il définit les buts pratiques du diagnostic psychologique et esquisse un historique. Il critique les méthodes préscientifiques (par exemple l’évaluation de l’intelligence d’après l’expression du visage) et leur oppose des méthodes plus récentes et. de plus grande valeur scientifique. La partie suivante est consacrée aux
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- caractéristiques psychiques et à leur étude. Tout d’abord l’intelligence sous sa forme générale, les problèmes que posent l’existence de formes et de types d’intelligence, les « facteurs » de l’intelligence (et K,. Meili rappelle ici les facteurs de Complexité, de Plasticité, etc..., qu’il a proposés ailleurs), les tests d’intelligence, dont il cite quelques exemples. Ensuite, les aptitudes ou formes d’intelligence : aptitude verbale, pratique-technique (l’Auteur présente ici son test des systèmes de leviers), la représentation spatiale, la mémoire, l’attention, l’habileté motrice et manuelle. Enfin le caractère, ses fondements psychologiques et les méthodes d’examen (interrogations, questionnaires, tests d’intérêts, graphologie, tests de projection : Rorschach, Wartegg, Murray, Düss, J ung, Szondi, tests de situation de groupe). La troisième partie traite des techniques d’examen, de l’appréciation et du traitement des résultats. A propos de l’examen, l’auteur envisage l’influence du moment, de la durée, du lieu, de l’examinateur, des types de candidat, de la surveillance et des observations. Pour apprécier les résultats, il compare les jugements et l’usage d’étalonnages. La quatrième partie contient les méthodes classiques d’analyse et de contrôle des résultats de tests : forme des courbes, fidélité, validité. Enfin, dans une cinquième partie, on envisage l’influence des facteurs généraux sur les tests : âge, sexe, milieu, pratique. Un Appendice contient de façon détaillée la technique de certains tests, et quelques notions élémentaires de statistique.
- 51-4-32. — La psychothérapie.
- G. Palmade. — Collection Que sais-je 1 P.U.F., Paris, 1951, in 16° de 128 p. Information générale, objectivement présentée, sur les techniques psychothérapeutiques. Après avoir situé la psychothérapie par rapport à la psychiatrie, l’auteur décrit successivement : les psychothérapies sans fondement systématisé (repos, isolement, activité, éducation, suggestion, psychothérapies de « direction » et de « compréhension»), la psychanalyse (présentation générale de ce que l’auteur appelle avec un certain optimisme, la « science » psychanalytique, et de la thérapeutique psychanalytique), l’efficacité symbolique (psychothérapie d’enfants, de schizophrènes), les thérapies de groupe (psychodrame, sociodrame, etc...). Dans sa conclusion, l’auteur dit un mot de la narco-analyse et de la médecine psycho-somatique, et insiste fort justement sur la nécessité de contrôle précis, qui. font défaut dans une large mesure à l’heure actuelle.
- --------------------------------------—WBSMŒmmstm&m
- Des cours de « promotion du travail » sont organisés à Nantes depuis octobre 1950. Ils permettent aux travailleurs de l’industrie de compléter leur formation jusqu’à pouvoir accéder aux emplois d’ingénieur. On trouvera' un compte rendu de cette expérience dans le numéro de mars 1951 de Technique, Art, Science.
- Dans ce même numéro, on trouvera le texte d’une allocution prononcée par M. A. Buisson, directeur général de l’Enseignement technique, IIe Congrès de l’Union Nationale des Association régionales pour la sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence (Paris, 28, 29 et 30 octobre 1950). Il a en particulier signalé le travail de dépistage réalisé par l’O.P. dans le domaine de l’Enfance inadaptée et a suggéré « d’ajouter à la préparation traditionnelle des conseillers d’O. P., et pour certains d’entre eux, une étude approfondie des diverses catégories de jeunes inadaptés, d’après un programme établi par les spécialistes ».
- AGEN. — IMPRIMERIE MODERNE, 43, RUE VOLTAIRE
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- LA FORMATION DU PSYCHOLOGUE
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- Formation du Psychologue scolaire
- par René ZAZZO
- Nous nuirions à jamais et d’une manière aussi stable que légitime la méthode empirique et la méthode rationnelle, méthodes dont le divorce malheureux et les fâcheuses dissonnances ont troublé tout dans la famille humaine.
- F. Bacon.
- Après six années de fonctionnement réel, sinon d’existence officielle, la définition de la psychologie scolaire me paraît bien pins difficile à formuler, mais aussi bien plus complète, bien plus satisfaisante. .Te ne parle pas d’une définition purement verbale mais de la définition précise- des fonctions de la psychologie scolaire et, en conséquence, de ce que doit être la formation du psychologue scolaire.
- Au point de départ, en 1945, quand l’organisation de la psychologie scolaire me fut confiée, j’avais pour guide les conseils d’Henri Wallon pt l’expérience d’un certain nombre de pionniers. L’expérience des Soviétiques et des Américains. Plus proche de nous, en France, l’expérience de Dagmare Weinberg et de Mme Chamboullant. Fins proche encore de nos intentions, en Belgique, la très modeste mais aussi la meilleure des institutions psycho-pédagogiques qu’il m’ait été donné d’observer : le petit laboratoire d’Angleur, que Mlle Jadoulle dirige depuis 1928.
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- Le besoin général auquel répondent ces diverses expériences est clair : il s’agit de favoriser l’adaptation de l’élève à l’école et de l’école à l’élève dans un monde dont les structures sociales deviennent de plus en plus complexes, dans un univers culturel de plus en plus riche et diversifié.
- Mais comme le révèle l’enquête internationale publiée en 1948 par le Bureau International de l’Education, les formules d’organisation de la psychologie scolaire sont extrêment variées depuis celle qui confie la fonction de psychologie au maître lui-même, en tant
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- que tel, jusqu’à la formule du laboratoire autonome où travaillent des psychologues n’appartenant pas au corps enseignant. Pour des raisons qui tiennent évidemment à la situation de l’école française mais aussi dans l’intention très claire de créer le meilleur climat au mariage de l’expérimentation et de la pratique, il fut décidé, dès la création du premier poste en 1915, que les psychologues scolaires seraient recrutés exclusivement parmi les maîtres et que leur lieu de travail serait l’école. Enfin qu’ils appartiendraient encore à l’école par la nature des problèmes étudiés et des solutions cherchées.
- Ce principe une fois admis, on peut aisément déduire les grandes lignes générales d’organisation de la psychologie scolaire. Les •lignes générales certes, mais pas les détails de fonctionnement, les modalités d’adaptation qui font de toute création un être viable. En confrontant ses moyens et ses buts avec ceux des services plus anciens, comme l’Orientation Professionnelle et la Médecine Scolaire, en s’étendant de Paris à la province, en gagnant les lycées, après s’être installée dans les écoles communales, la psychologie scolaire acquerrait sa pleine signification. Mais en même temps et par là même s’accusaient la diversité des problèmes posés, la nécessité pour les psychologues scolaires d’une formation plus solide et surtout mieux adaptée à leurs nouvelles fonctions. Enfin, à mesure que l’extension progressive de la psychologie scolaire relâchait les liens qui avaient pu s’établir à l’origine avec l’Institut de Psychologie de Paris, à mesure que les examens d’écoliers absorbaient de plus en plus l’activité de chaque psychologue-scolaire, le problème renaissait de l’union entre la pratique et la théorie, problème qu’il ne suffit pas de formuler pour le résoudre, ni même pour le comprendre convenablement.
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- Il serait paradoxal qu’après avoir hautement proclamé cette nécessité pour le psychologue scolaire d’être une homme de l’école, j’aie la prétention de déterminer, du haut de mou laboratoire (situé comme chacun sait au cinquième étage du building de la rue Gay-Lussac) ses fonctions et ses études, de régenter le développement et l’avenir de la psychologie-scolaire. Sans doute ai-je participé pendant cinq ans, presque chaque jour, flux efforts et aux travaux des pionniers de la psychologie scolaire. Sans doute est-il admis dans la plupart des pays où cette institution existe que « les plus importantes réalisations de la psychologie scolaire (sont) dues à des chercheurs travaillant dans des laboratoires ou instituts de psychologie ». (P. 37 du rapport du B.I.E, 1948.) Mais il fallait résister à cette tentation, à cette solution facile de transposer à l’école les préoccupations du laboratoire, il fallait faire de telle sorte que les
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- problèmes, les méthodes de travail, les solutions, se précisent dans les milieux scolaires eux-mêmes, et quand je dis les milieux scolaires, je pense à l’extrême diversité de nos écoles françaises et de notre enseignement.
- C’est pourquoi je réclamai, dès l’instant où l’institution fut ébauchée à la fois dans le premier et le deuxième degrés, et que la preuve de son utilité fut certaine, qu’un comité inter-directions fut constitué pour que soient définies les fonctions de la psychologie-scolaire et en conséquence les conditions de recrutement et de formation des psychologues-scolaires.
- Ce comité, créé par un arrêté du Ministère de l’Education Nationale, tenait sa première réunion, au Musée' Pédagogique, le 21 juin 1951.
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- Les travaux du Comité étant en cours, je m’interdirai d’exposer ici toute opinion personnelle sur ce que devrait être l’organisation technique et administrative de la psychologie-scolaire. Je me limiterai à la question de la formation des psychologues-scolaires, rejoignant d’ailleurs de cette façon les idées directrices qui sont apparues si clairement dans les excellents articles de Mme Pacaud et de M. Fraisse.
- Qu’il s’agisse en effet de « psychologue industriel », de « psychologue-scolaire » ou même de « psychologue de laboratoire », la science psychologique exige toujours à la fois rigueur expérimentale et sens de l’humain. Or ce sont deux qualités qui paraissent s’exclure. Mieux ou pire encore, il semble à certains que cette opposition existe fondamentalement dans la nature des choses : l’humain ne serait pas du domaine de l’expérimentation et une psychologie, digne du nom de science, tendrait à l’établissement de lois générales où l’individu, comme tel, disparaîtrait: ainsi se perpétue le divorce entre une psychologie prétendue concrète, faite d’intuitions et de recettes, et une psychologie expérimentaliste étrangère à l’humain à force d’abstractions.
- En fait, la psychologie progresse dans la mesure où cette opposition est surmontée. Sans doute y a-t-il, et faut-il qu’il y ait des praticiens, occupés à résoudre quotidiennement des cas individuels, sans doute aussi des expérimaptateurs doivent-ils s’appliquer à des recherches de longue haleipjjf. Mais cette distinction n’a qu’une valeur pragmatique: elle nq traduit absolument pas l’existence de deux psychologies. Le praticien utilise les notions et les techniques qui lui viennent de la science psychologique et du sens commun. L’expérimentateur part, consciemment ou non, des questions que pose la pratique des hommes. Le praticien, quand il essaie de comprendre un individu, quand il a pour tâche d’établir un portrait psychologique,
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- ne s’interroge pas sur la valeur de ses notions, de ses instruments, de ses techniques : il les suppose valables, pratiquement au moins, pour l’usage qu’il en fait, au moment où il les emploie. L’interrogation qui lui est propre porte sur un individu, pris dans sa totalité et sa particularité, et ses instruments ne sont que des moyens d’approche jmur l’établissement de points de repère, d’évaluation schématique qu’il coordonne par un effort de synthèse, qu’il complète et fusionne grâce à toute l’expérience informulée qu’il a des hommes et de lui-même. L’expérimentateur travaille dans le même univers de notions mais son rôle est d’ébranler cet univers, de mettre en doute systématiquement ces notions, d’aller au-delà.
- Il y a là non pas deux psycliologies mais deux fonctions indispensables, deux attitudes complémentaires, deux moments nécessaires au progrès indéfini d’une même science.
- Une psychologie intégrale exigerait-elle donc des psychologues complets, c’est-à-dire non seulement conscients et capables de ces deux attitudes, mais les adoptant effectivement ? Le risque est permanent, en effet, par la division du travail, par la spécialisation des fonctions, d’une coupure par laquelle la connaissance de l’individù se pervertirait en même temps et sous les mêmes formes psychologiques que l’élaboration des lois générales dont elle est profondément solidaire.
- Ainsi, pour l’expérimentateur, étranger aux problèmes humains, la signification psychologique risque-t-elle de s’évanouir dans des spéculations inadéquates sur la signification statistique de ses épreuves. Et pour le praticien, privé du véritable esprit expérimental, c’est ou bien l’oracle d’une intuition ignorante de ses illusions et de ses limites, ou bien la pseudo-science d’instruments qui se substituent à la réalité. Dans tous les cas, c’est la régression à une mythologie d’autant plus prétentieuse, d’autant plus dangereuse, qu’elle s’oriie des attributs de la science : chiffres, formules, graphiques. Dans les services de psychologie de tous les pays du monde, combien d’enfants, d’adolescents, d’adultes, ont-ils ainsi été volatilisés par la prestidigitation des tests ! On comprend alors que d’excellents esprits, justement inquiets, préconisent comme mesure de salubrité publique, le rejet pur et simple de ces instruments. C’est évidemment une solution que de supprimer la maladie en tuant le malade. Une autre solution consiste à créer des conditions telles ^ue le mal s’atténue et disparaisse. Conditions de la formation théorique et pratique des psychologues, conditions de l’exercice même de leur travail.
- Avant de se spécialiser, professionnellement, que le futur psychologue apprenne convenablement comment se situe son domaine dans l’ensemble des sciences humaines. Qu’il explore les versants biologique et social de la psychologie. Mais aussi et surtout qu’il apprenne à observer, à critiquer, à expérimenter.
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- Les professeurs de psychologie, quand ils parviennent déjà à dépasser le stade des spéculations métaphysiques ou littéraires, se bornent trop souvent, par la force des programmes et de leurs habitudes, à renseignement d’une science inerte. Tout ce qui fait la science vivante — l’observation et l’expérimentation — n’est pas prévu, n’est pas enseigné. Les travaux pratiques, quand ils existent, se limitent à l’acquisition de recettes et de trucs dont la tricherie n’est pas toujours absente. Pas de contact suffisant avec la réalité complexe qui pose les problèmes ; aucune familiarité avec l’intransigeante rigueur des méthodes expérimentales.
- On parle beaucoup, certes, d’observations et d’expérimentation, mais on n’en connaît rien : et c’est alors que, sur le plan verbal, renaissent les mythes archaïques et la vaine opposition de la Concrétude et de l’Abstraction.
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- La distinction entre théorie et pratique 11e doit être, nulle part, réalisée : elle n’est pas évidemment un clivage entre les années d’études et l’exercice de la profession ; elle ne doit pas séparer non plus le praticien proprement dit et le chercheur — ce que dans le langage des médecins on peut symboliser par les deux termes de clinique et laboratoire.
- U11 circuit continuel — prise de contact avec le réel, réflexion, expérimentation — s’opère à tous les niveaux de l’investigation psychologique. Mais il est bien évident que des niveaux existent, que des plans de réalité se dessinent en fonction des méthodes employées et, plus profondément, de la structure même des choses : c’est alors que les clivages de la science doivent être connus et convenablement interprétés. Un processus psycho-physiologique est une réalité, un individu est une réalité, un groupe humain est une réalité, réalités solidaires et distinctes, qui posent des pseudo-problèmes chaque fois qu’011 semploie à les réduire l’une à l’autre, chaque fois que le démon du verbalisme nous conduit à chercher entre elles la plus concrète, la plus réelle.
- Pour éviter des discussions irritantes et vaines, il suffirait, je crois, de ne pas confondre la fonction de chaque type de psychologue avec une définition générale de la psychologie, de ne pas élever au rang de méthodologie générale un ordre d’urgence ou une technique valable dans un domaine particulier. En d’autres termes, pour chaque psychologue, il convient de bien comprendre quel est l’objet de son travail, d’une part pour l’investir par des méthodes adéquates, d’autre part pour savoir le situer par rapport au travail des autres. De bien remplir sa fonction propre.
- Un travail d’équipe réunissant des chercheurs, bons spécialistes
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- dans leurs domaines respectifs, et ayant en commun une solide formation psychologique, est la formule la plus sûre, sinon la seule, pour l’avancement de notre science.
- Pour le psychologue-scolaire, sa fonction quotidienne est de s’attacher à l’examen individuel des élèves. Et les problèmes dont il s’occupe sont ceux mêmes que posent l’école et l’écolier. La fonction psychologique qu’il s’emploie à développer n’est pas nouvelle : elle est, comme je l’ai souvent écrit déjà, une différenciation progressive à partir de la fonction globale d’éducation et d’instruction. La double exigence de services immédiats et de progrès scientifique dans la psychologie de l’écolier crée un double risque: ou bien le retrait dans un empirisme psychologique au jour le jour, ou bien l’évasion vers des recherches de si longue haleine que le psychologue perdra bien vite de vue ses écoliers et son école.
- Le travail d’équipe résoud ce dilemme. Travail d’équipe entre psychologues-scolaires et enseignants. Travail d’équipe des psyclio-logues-scolaires entre eux. Sur des problèmes bien délimités, des recherches sont entreprises dont le plan et les étapes d’exécution sont fixés en commissions. Les techniciens du laboratoire où se réunissent périodiquement les psychologues-scolaires peuvent donner leurs cou seils sur les conditions mêmes de l’expérimentation. Le laboratoire peut encore intervenir dans une étape ultérieure du travail, quand il s’agit d’établir des comparaisons entre plusieurs groupes scolaires, quand les dépouillements ou les élaborations exigent des machines ou des procédés techniques dont ne disposent pas, individuellement, les psychologues-scolaires.
- Ainsi s’établit à la fois une solidarité et une différenciation des tâches — la tâche primordiale, celle de poser les problèmes, appartenant aux usagers, c’est-à-dire, au-delà des psychologues-scolaires, aux élèves et aux maîtres.
- Pour remplir convenablement sa double tâche de pratique et de science, le psychologue-scolaire devrait être formé dans l’esprit défini tout à l’heure. O11 exige actuellement de lui 5 ans d’ancienneté dans l’enseignement, deux diplômes de l’Institut de Psychologie : Psycho-Pédagogie, Psychologie appliquée.- Cela suffirait si les 5 ans d’ancienneté correspondaient toujours à 5 ans de service effectif. Et surtout si la préparation aux diplômes était capable de développer la double qualité d’observateur, d’expérimentateur, bref de psy-
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- chologue au plein sens du terme. J’ose espérer que les efforts conjugués de l’Institut de Psychologie et du Ministère de l’Education Nationale permettront, à brève échéance, d’instituer l’enseignement qui convient aux futurs praticiens de la psychologie.
- O11 s’étonnera peut-être qu’en ce Bulletin je n’aie pas parlé des rapports de la psychologie-scolaire avec l’Orientation Professionnelle, à propos de quoi des polémiques passionnées ont éclaté il y a cinq ans. C’est qu’en fait, le temps a apporté une solution correspondant, à peu de choses près, à ce que prévoyait dès l’origine, Henri Wallon. Les centres de psychologie-scolaire n’ont pas nui à l’activité des centres d’orientation professionnelle. Bien au contraire. Une collaboration cordiale s’est établie à peu près partout. Et pour les circonscriptions où la psychologie-scolaire fonctionne depuis 1946 les conseillers d’orientation professionnelle disposent maintenant sur la plupart des enfants d’une richesse de documentation qui facilite singulièrement leur tâche d’orienteur qui leur permet aussi d’approfondir les problèmes qui leur sont propres.
- L’avenir proche dira ce que la psychologie-scolaire apporte non seulement pour l’adaptation et l’orientation intellectuelles de l’enfant mais aussi pour l’adaptation de l’homme à son métier.
- — UNE BIBLIOTHÈQUE AU BOIS DE BOULOGNE-------------------------------
- Le Centre International de l'Enfance a ouvert le 25 juin, au Château de Longchamp, sa bibliothèque spécialisée : elle comporte déjà 20.000 fiches de références, 540 périodiques français et étrangers, des monographies et des ouvrages sur tous les problèmes médicaux et médico-sociaux intéressant l'enfance.
- Elle est plus particulièrement à la disposition des pédiatres, des psychiatres, des travailleurs sociaux et des hygiénistes. Heures d’ouverture : de 10 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures.
- Des cars assurent le transport de l'Etoile (angle de l'Avenue Mac-Mahon et de la rue de Tilsitt) au Château de Longchamp : à 10 h., 11 h., 14 h.,
- 15 h., 16. h., 17 h.
- Le retour à l'Etoile est assuré par les mêmes véhicules partant du Château de Longchamp à : 10 h. 30, 12 h. 15, 14 h. 30, 15 h. 30, 16 h. 30 et 18 h. 15.
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- RAPPORT DE LA COMMISSION sur la Formation des Psychotechniciens
- Une commission présidée par le Dr G. B. Frisby a adopté le texte suivant sur la formation des psychotechniciens, problème à propos duquel le B.I.N.O.P. a recueilli récemment l’avis autorisé de M'me Pacaud.
- Nous sommes heureux de publier ce texte, et nous remercions M. Piéron qui a bien voulu nous le communiquer, ainsi que que ÏI/lle J. Pépin qui s’est chargée de le traduire.
- Introduction
- 1° A la dernière session du IXme Congrèè de l’Association Internationale de Psychotechnique qui s’est tenu à Berne en 1919, il fut décidé de créer une commission sous la présidence du Dr C. B. Frisby, pour étudier le problème de la formation des psychotechniciens.
- Les personnes dont les noms suivent acceptèrent l’invitation du président à faire partie de la commission.
- Dr P. H. Cook (Australie) ; professeur J. Elmgren (Suède) ; professeur F. A. Geldard (U.S.A.) ; Mme S. Pacaud (France) ; professeur M. Ponzo (Italie) ; professeur A. Bey (Suisse) ; D1' J. Van Dael (Hollande) .
- 2° Comme les membres de la commission parlaient au nom de pays dont les statuts sociaux et universitaires varient largement on ne pouvait espérer un accord que sur les questions les plus générales. On se propose dans ce rapport d’indiquer l’importance de l’accord réalisé sur quelques uns des différents aspects de la question. Le Dr J. Van Dael n’a pas jugé bon de signer ce rapport à cause de son désaccord sur certains points ; les plus importants de ceux-ci sont mentionnés en notes.
- Suggestions
- 3° En ce qui concerne la définition du terme « psychotechnique » la plupart des membres semblaient comprendre le mot dans son sens le plus large, comme par exemple « la pratique de la psychologie par opposition à son enseignement ». Ceci se réfère bien entendu à la définition contenue dans l’article 1 des statuts de l’Association. On
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- •admet le besoin croissant de moyens de formation en psychotechnique— que l’on considère le. nombre d’étudiants prêts à suivre cette formation ou l’importance des postes réservés à des psychotechniciens — bien que la Société ne reconnaisse pas partout encore la valeur de la contribution que le psychologue peut lui apporter. D’ailleurs, dans une discussion sur cette formation, il ne faudrait pas oublier que des études longues et coûteuses ne pourront être entreprises que si les bénéfices sociaux et matériels tirés de la pratique sont tels qu’ils justifient les sacrifices que l’étudiant doit faire. Il se peut qu’il y ait de bonnes raisons pour chercher ultérieurement à établir et à améliorer le statut du psychotechnicien professionnel si on se propose d’allonger la période de formation ou d’imposer pour la pratique un âge limite minimum.
- * 4° Si la question de la formation doit être discutée d’abord en considérant les besoins des jeunes, on pense que des dispositions spéciales doivent être prises pour ceux qui, d’âge plus mûr et déjà familiarisés avec un certain travail professionnel ou administratif, désirent étudier les techniques psychologiques en vue de travailler comme psychologues qualifiés dans le même domaine. Comme une telle expérience peut être d’une grande utilité pour leur travail de psychologue il est bien dans l’intérêt de la profession de les aider à se qualifier professionnellement à condition que ce soit possible sans pour cela réduire les standards de qualification actuels. On pourrait prendre pour eux des dispositions spéciales sous la forme de cours du soir suivis d’un examen pour lequel un diplôme pourrait être décerné.
- 5° Au sujet des études envisagées pour la formation il y a un accord général sur les points essentiels. Il est admis que la formation doit être poursuivie à deux niveaux, d’abord dans une université oû la psychologie peut être étudiée comme un sujet d’une importance théorique majeure et oû l’application d’une méthode scientifique serait enseignée. Dans le but d’assurer une solide formation méthodologique on insiste sur l’importance du travail pratique au laboratoire ou « sur le tas ». Une telle formation concerne directement les études de l’étudiant psychologue (un membre de la Commission se réfère à une université où les étudiants partagent leur temps par moitié entre les lectures et le travail pratique) ou bien une méthode scientifique pourrait être acquise à partir des travaux pratiques dans une autre branche scientifique comme la biologie ou la
- * Le D' Van Dael critique la suggestion exprimée clans ce paragraphe et clans Je suivant (en ce qui concerne ^acquisition d'une méthode scientifique clans quelque autre domaine) ; cette critique doit être considérée à la lumière de ses réserves sur la seconde recommandation, parag. 9.
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- physiologie, cours d’introduction qui compléteraient les études de psychologie.
- 6° De plus il est admis que la deuxième partie de la formation de l’étudiant doit être essentiellement pratique et doit être poursuivie dans une large mesure dans le milieu où il sera appelé à jouer son rôle professionnel, mais on pense que les possibilités actuelles de l’Université ne permettent pas de répondre pleinement à ces exigences. On admet généralement que la meilleure solution à ce problème ne consiste pas à laisser l’étudiant perdre tout contact avec l’Université après avoir terminé ses études. Une suggestion largement approuvée concerna la délégation de fonctions d’enseignement supérieur (post-grad-uate) à des institutions reconnues, se consacrant professionnellement à des travaux psychologiques et affiliées en même temps à une ou plusieurs facultés (comme c’est le cas pour les hôpitaux-écoles britanniques qui jouent ce même rôle dans la formation des médecins). 11 reste entendu qu’il rentre dans les attributions des facultés de sanctionner la qualification finale ainsi acquise, de façon à ce qu’un niveau suffisant et uniforme de formation et de qualification soit assuré.
- 7° Une liaison entre les études pratiques et théoriques peut être trouvée dans la recherche. La participation à un solide programme de recherche permet à l’étudiant de voir les problèmes généraux d’un domaine de la psychologie dans une large perspective et lui donne la formation méthodologique de base nécessaire pour son champ de travail.
- 8° On pouvait s’attendre à ce que l’accord soit faible en ce qui concerne la durée de la formation parce que le montant de l’aide financière que l’étudiant peut attendre de son gouvernement varie beaucoup d’un pays à un autre et que l’intensité de la formation universitaire est aussi sujette à de grandes variations. On peut dire peut-être que, étant douné l’accord obtenu au sujet du niveau de la qualification finale, la durée nécessaire de formation irait de soi. Cependant il est possible que la- durée de la formation soit aussi déterminée par la réponse à la question : « Quelle sorte de personne est susceptible de suivre cette formation ? ». Si ce sont seulement les très jeunes étudiants sortant à peine de l’école et n’ayant aucune idée de la voie qu’ils désirent suivre, il est évident que de longues études (qui leur donneront l’occasion de s’initier aux applications variées du sujet et de choisir une spécialisation) seront exigées. D’un autre côté, l’étudiant plus âgé qui sait dans quel domaine professionnel il désire entrer peut être formé d’une façon satisfaisante en un temps plus court.
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- Recommandations
- 9. A la lumière de ce qui précède, les recommandations suivantes peuvent être faites. Il est important de souligner le caractère d’essai de ces propositions ; d’abord parce que la situation internationale actuelle est telle qu’aucun plan à long terme ne peut être beaucoup plus qu’un acte de foi; et en second lieu parce qu’on a déjà fait beaucoup dans quelques-uns des pays représentés, grâce aux gouyernements ou aux organisations officielles de psychologues.
- (I) Une estimation des demandes probables — demandes adressées aux services professionnels de psychologie par la Société en général et demandes par les étudiants d’une formation psychologique permettant l’acquisition du niveau de qualification professionnelle — devrait probablement être effectuée dans le but de fournir une base ferme pour les propositions concernant la. formation.
- (II) On devrait reconnaître que la formation nécessaire pour le psychologue praticien doit recouvrir trois domaines. Premièrement, il est demandé au psychologue une compréhension profonde des principes qui régissent la conduite humaine et la connaissance des moyens par lesquels ces principes s’expriment. A cette fin une formation en psychologie générale, comprenant le travail de laboratoire, est nécessaire. Deuxièmement la formation doit fournir une large perspective scientifique et la maîtrise d’une méthode scientifique. Cette formation peut s’acquérir de différentes manières, soit par un travail expérimental dans un laboratoire de psychologie, soit par un entraînement scientifique dans quelque autre discipline par exemple les sciences naturelles. Troisièmement, le psychologue praticien doit connaître parfaitement les conditions de la profession qu’il va embrasser et doit être spécialement entraîné à l’emploi des techniques appropriées à la pratique dans ce domaine. *
- (III) Les projets de formation doivent être assez souples pour s’adapter aux trois principaux groupes de candidats : ceux qui ne sont pas encore diplômés, ceux qui sont diplômés dans une autre science et
- * Dr Van Dael exprime l'opinion que la seconde condition de la formation ne doit se réaliser que par un travail expérimental dans un laboratoire de psychologie. En ce qui concerne la troisième condition il souligne que le psychologue doit être formé, non seulement en vue des conditions de la profession qu'il a l'intention d'exercer, mais aussi dans les quatre domaines suivants :
- 1. Psychologie industrielle et orientation professionnelle des adultes ;
- 2. Education et orientation profesionnelle des jeunes gens ;
- 3. Diagnostic de psychologie infantile ;
- 4. Jugement sur les situations de conflit.
- Il justifie ce projet de formation plus étendue par le fait que le psychologue praticien doit s’attendre à rencontrer des problèmes faisant intervenir ces différents champs d'étude, bien que son travail professionnel le conduise à se spécialiser seulement dans l'un d’entre eux.
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- ceux qui ont une expérience pratique autre que psychologique dans leur sphère professionnelle. Un plan de formation complet embrassant les trois domaines signalés dans le paragraphe précédent serait applicable seulement à ceux qui ne sont pas encore diplômés. O11 peut considérer que celui qui est diplômé dans une autre science a déjà acquis une culture scientifique et la maîtrise d’une méthode scientifique, tandis que la personne d’âge mûr qui a de l’expérience dans un certain domaine pratique sera familiarisée avec les conditions générales de cette profession. *
- (IV) La nécessité d’arriver à des modes convenables de formation pour les différentes branches de la psychologie devrait être considérée comme des plus urgentes puisque jusqu’à ce que cette formation soit reconnue les difficultés sont inévitables pour parvenir à une définition du psychologue praticien.
- Comme il est très important que la formation soit entreprise ou supervisée par les Universités ou par des institutions d’un niveau scientifique reconnu, toutes les mesures doivent être prises pour attirer leur attention sur l’existence de ce problème et pour les presser de chercher une solution en tenant compte des grandes lignes de ces recommandations.
- P. H. Cook, J. Elmgren, C. B. Frisby,
- F. A. Geldard, S. Pacaud, M. Ponzo,
- A. Key.
- * Le D1 Cook îVapprouve aucune réduction du programme complet de formation (voir en II), excepté si on introduit le principe selon lequel une expérience d’une certaine qualité dans un domaine donné est admise comme un équivalent satisfaisant pour une formation psychologique spécifique de ce domaine.
- Le Dr Van Dael n’est pas d’accord en ce qui concerne « la souplesse des plans de formation » recommandée ici. 11 considère que celui qui est diplômé dans une autre science et 1’ « individu déjà mûr », ont besoin d’être formés dans ces trois domaines car il est douteux que la culture scientifique du diplômé ou l’expérience de ' la personne déjà mûre soient de quelque valeur dans un travail spécifiquement psychologique.
- 3e CONGRÈS DE L’U. N. A. R.
- L’Union Nationale des Associations Régionales pour la Sauvegarde dè l’Enfance et de l’Adolescence organise son IIIe Congrès National qui se tiendra à Marseille les 27, 28, 29 et 30 octobre 1951.
- Ces journées seront placées soüs le Patronage d’honneur de MM. les Ministres participant au Comité Intel ministériel de coordination des Services de Protection de l’Enfance déficiente, délinquante, en danger moral et victime de la guerre et sous la Présidence de M. Berger, Professeur de Psychologie à la Faculté des Lettres d’Aix-en-Provence.
- Le thème général des études est le suivant : « Aspects de la prévention de l’inadaptation juvénile et du dépistage des inadaptés ».
- S’incrire au Secrétariat du Congrès : 66 a, rue Saint-Sébastien, Marseille.
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- ETUDE D’UNE BATTERIE DE TESTS
- SUR DES APPRENTIS VERRIERS
- par Jean ORMEZZANO
- Nous résumons ici une étude d’étalonnage et de validation d’un examen psychotechnique pour des apprentis de la verrerie à la main, portant sur 82 sujets. Ce sont des jeunes gens embauchés depuis un ou deux ans aux Usines Daum, Baccarat, Saint-Louis, des garçons et adultes venant en apprentissage à la verrerie-école de Croismare près de Lunéville.
- Nous avons dû constituer trois groupes d’âge :
- I. 13 ans 7 mois-14 ans G mois : 26 enfants venant de l’école primaire, et qui se destinent à un apprentissage complet.
- II. 14 ans 7 mois-16 ans G mois : 34 adolescents ayant pour la plupart, une expérience limitée du travail.
- III. IG ans 7 mois-22 ans G mois : 22 sujets presque adultes ayant à peu près tous déjà travaillé dans la verrerie et demandant un apprentissage accéléré ou de spécialisation.
- Epreuve^ étudiées
- Les épreuves étudiées ont été appliquées sous la direction de M. Drillet, Conseiller d’O.P. du Bureau Central d’apprentissage des Industries du Verre, de 1949 à 1951. Elles comprennent les mesures staturales classiques, quelques mesures physiologiques, des épreuves de force, et divers tests dont nous donnerons l’étalonnage. Les tests moteurs ont été spécialement construits pour la profession.
- a) Test de vissage : Huit écrous à serrer le plus vite possible de l’extrémité des doigts, et des deux mains sur des vis placés en vis-à-vis.
- b) Test de tournage : consiste à faire tourner des doigts, dans un mouvement coordonné, deux tiges déplaçant des index. La rapidité et l’exactitude sont également notées.
- c) Test d’appréciation de poids-: il s’agit d’ordonner du bout d’une canne, 5 séries de cinq poids, de difficulté croissante. Deux ou trois essais sont prévus pour chaque série. Le seuil différentiel d’appréciation est de 50 grs, 30 grs, 10 grs sur des masses de 130 et
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- 270 grammes. Nous testons ainsi à des niveaux différents, la possibilité de discrimination de faibles différences de poids (1).
- Ces épreuves tendent à se rapprocher le plus possible des gestes professionnels exigeant un mouvement souple et coordonné des doigts pour tourner la canne et nue bonne appréciation de la parai-son au cueillage.
- d) O’ (Jonnor : Test classique de rapidité : petites tiges à placer sur un socle.
- e) Tests « papier-crayon » : ce sont des tests classiques dont nous donnons la liste — le B.C.A. (a) et le B.C.A. (b) étant de légères adaptations du N.I.I.P.
- Pour chaque test, 40 à S0 mesures ont été prises dans des conditions techniques satisfaisantes et ont été utilisables statistiquement, des variations et adaptations d’épreuves s’étant produites pendant ces trois aunées pour des raisons diverses.
- Notes professionnelles
- Ce sont celles des apprentis de la verrerie-école de Croismare, réparties sur les deux ans. Elles nous furent communiquées par le Directeur M. Seigneur dont la collaboration a permis ce travail. Nous avons seulement demandé une notation en trois groupes égaux, A, 13, C (bon, moyen, mauvais) pour les neuf notes dont nous donnons ici les intercorrélations.
- a b c d e f g h i
- a) Ordre et méthode 42 72 72 76 77 75 39 42
- h) Habileté manuelle 88 88 84 88 92 44 26
- c) Fait beaucoup de progrès 95 87 71 99 41 43
- d) Note générale 88 88 95 40 30
- e) Qualité du cueillage 96 88 35 25
- /) Qualité du soufflage 85 45 25
- y) Appréciation générale 46 44'
- h) Enseignement général i) Application — Bonne volonté. 87
- — Les notes de a) à f) ont été données par le moniteur principal de la halle, contremaître très qualifié, au jugement sûr, ayant l’habitude des travailleurs.
- (1) Voir plus loin (par. Epreuves motrices) une importante précision apportée par 1JA. à propos de la signification de ce test. (N. D. L.R.)
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- — Les notes h) et i) ont été attribuées par le Professeur d’Enseignement général.
- — La note g) est une note globale donnée par M. Seigneur qui, lui-même, suit le travail de ses apprentis à la balle.
- La simple étude qualitative des résultats nous permet de dégager un facteur général d’appréciation dans lequel la note g) est la plus fortement saturée, et par ordre décroissant, viennent ensuite les notes d’atelier e), f), d), c), b), a) ; et un facteur d’appréciation scolaire (donné par b) et i). Nous retiendrons donc-, comme notes caractéris--tiques : g) note générale de réussite ; a) note spécifique d’atelier ; b) note de classe.
- Etalonnage et corrélation
- Nous avons fait de même l’étalonnage de nos résultats psychotechniques, selon une répartition en trois groupes égaux (A, B, C) indépendamment dans les trois groupes d’âge I, II et III.
- Nous n’avons pu établir la matrice complète des corrélations entre toutes les notes psychotechniques et l’appréciation du travail. Nous avons seulement calculé le coefficient de Coumétou (ayant comme limite de signification celui de Bravais-Pearson) entre chaque résultat de l’examen et les trois notes professionnelles nommées précédemment. Pour l’appréciation professionnelle, le notateur a tenu compte subjectivement des différences d’âge, du niveau d’apprentissage, etc... Pour les notes psychotechniques, les trois groupes d’âge tiennent compte de ces inégalités : une discrimination plus fine visant à obtenir des groupes plus homogènes aboutissait à un morcellement des résultats inutilisable statistiquement. Comme A, B, C, ne sont pas des notes brutes mais des proportions comparables, on peut assimiler, par exemple, pour les corrélations les sujets de la classe A des divers groupes d’âge et les mettre en rapport avec les classes A, B, C d’appréciation du travail.
- Résultats
- Nous donnons seulement le tableau des corrélations obtenues avec les trois notes choisies :
- a) atelier ; h) enseignement ; g) note globale.
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- Les corrélations significatives sont indiquées en chiffres gras. Nombre de sujets Corrélation a h avec g
- Mesures physiologiques Taille 57 .03 .01 .10
- Poids 54 .02 .00 .09
- Périmètre thoracique 73 .00 .01 .02
- Différence insp. et expir 51 .54 .45 .45
- Indice de Pignet 52 .00 — .08 .04
- Périmètre ombilical 17 — .20 — .08 — .30
- Apnée avant effort 34 .00 .08 .10
- Apnée après effort 54 .15 .30 .31
- Spiromètre 02 .35 .43 .38
- Temps de saignement 10 .20 .25 .30
- Force
- Maintien de poids 52 .40 .41 .35
- Dynamographe Temps 51 .06 .05 .03
- Dynamographe Force. . . 50 .15 — .03 .19
- Dynamomètre droite 77 .30 .15 .26
- Dynamomètre gauche 77 .42 .20 .36
- Traction lombaire 09 .50 .04 .41
- Force scapulaire 58 .16 .18 .14
- Tests moteurs
- Vissage 07 .15 — .13 .10
- Tournage moyen. 04 .12 .20 .28
- O’Connor Droite 72 .40 .10 .36
- O’Connor Gauche 72 .42 .00 .30
- O’Connor (les deux) 72 .45 .20 .24
- Temps de inaction 37 .00 .13 .23
- Appréciation de poids 35 .48 .64 .52
- Tests papier-crayon
- B.C.A. (a) 03 .23 .45 .34
- B.C.A. (b) 03 .12 .68 .33
- Mécanique * 05 .16 .36 .52
- Myers 00 .26 .52 .30
- VI 2G .23 .74 .51
- Matrix. . . , 20 .20 .48 .43
- D 48. 33 .41 .34 .50
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- Mesures physiologiques : En général, ce sont <le bons scores de développement. Nos normes sont tontes inférieures à celles trouvées par d’autres auteurs, même compte tenu des limites de confiance, surtout pour le poids et la taille. Nous n’enregistrons pas cet accroissement de développement dans la population parisienne, durant ces dernières décades, dont parle le Docteur Bize. Le retard de développement est d’un an environ, dans cette population en majorité lorraine. Il n’y a pas là l’influence d’un facteur pathologique expliquant ce déficit et agissant d’une façon spécifique, car nos ensembles restent normaux.
- En général, les mesures staturales, même l’indice de Pignet, apparaissent sans signification. Comme le rappelle dans son travail, M. Finkelstein, une taille moyenne de 1 m. 68 à 1 m. 72 est optima pour ce métier, mais à cet âge elle ne présente pas de signification statistique pour la profession.
- Au contraire, les mesures physiologiques ayant un rapport avec la capacité vitale, le potentiel respiratoire, sont intéressantes, et en particulier une mesure aussi simple que le périmètre thoracique, différence entre inspiration et expiration. 11 semblerait à première vue, que l’importance de la respiration soit à retenir dans ce métier de souffleur de verre : il n’en est rien. Nous avons calculé le coefficient r.
- Il est plus faible pour les notes profession-----------------:_________
- nelles que pour les notes scolaires. (Voir a b c g h i tableau ci-contre). Ceci prouve l’indépen- ~ ... ~ Z,
- dance de ce facteur respiratoire et (les apti- -----------------------
- tuiles professionnelles spécifiques. Malgré la faible corrélation générale existant entre atelier et école, nous trouvons ici un même facteur de réussite, qui est surtout en rapport avec l’ordre, l’application, la bonne volonté, la capacité d’effort, l’énergie, le dynamisme : somme toute c’est un facteur de bonne santé. Ce résultat est corroboré par ceux donnés par la spirométrie, l’apnée après effort, le maintien de poids, le temps de saignement et l’hémoglobinométrie.
- En faisant la transformation A = 4, B = 2, C = 0 on peut convertir en scores additionnables les groupements de notre étalonnage. Dans la courbe normale la valeur centrale des classes A et C se situe sur l’axe des abeisses en un point z = + .97 1. Une note quelcon-
- que x peut être obtenue par la transformation a + 2 et m + 2.
- (Cette transformation, les pondérations utilisées, les scores obtenus n’ont rigoureusement ni base, ni portée théorique. Ils ont été adoptés pour des commodités de notation. Leur établissement est empirique et leur signification est avant tout pratique : ils peuvent cependant servir de point de départ pour une éventuelle étude factorielle) .
- On peut alors faire un pronostic satisfaisant de réussite géné-
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- raie tant à l’atelier qu’à l’école avec le score respiratoire donné par : SR = (2 x Dit. entre expir. et inspir.) + Apnée après effort + Spi-rométrie.
- Epreuves de force. — Le dynamographe n’apparaît pas satisfaisant comme notation. Il faudrait choisir d’autres valeurs quantitatives. Le dynamomètre de la main gauche, et la traction lombaire, apparaissent les plus significatifs. Le dynamomètre main droite, le maintien de poids, et la force scapulaire, par ordre décroissant ont cependant leur importance comme facteur de réussite, surtout à l’atelier. La moyenne des corrélations est de :
- a) .28 h) .12 g) .24
- Le facteur force sera donc donné, d’après l’importance des corrélations, par le score :
- SF = (Dynam. M. g. Traçt. lomb) X 4 + Maint, de poids -f- Force scapul
- "3 2
- Epreuves motrices. — Un certain ralentissement de la motricité semble se produire dans notre échantillonnage, avec l’âge et surtout avec les différences d’origine des sujets. Les tests moteurs dits professionnels, n’ont pas répondu à ce qu’on attendait d’eux. Vissage, tournage, sont très peu significatifs. La rapidité ne semble pas essentielle à la profession, malgré ce qu’on aurait pu croire (cf. temps de réaction à stimulus visuel). Au contraire, un test aussi simple que le O’Connor donne un bon pronostic avec le travail à la halle et la réussite générale :
- SM = Vissage + Tournage (Moyen) + O’ Connor (Dr. + g. + les ^ • 2 mains)
- Ce score fait apparaître un facteur de vitesse, de souplesse, de précision dans le geste, non négligeable pour la réussite à l’atelier. Le test d’appréciation de poids donne des résultats paradoxalement intéressants. Cependant, le nombre de sujets est trop faible. C’est sans doute plus un test de classement de poids, avec un facteur intellectuel important, comme l’item de Binet-Simon, qu’un test de sensations kinesthésiques.
- Tests papier-crayon. — Notre échantillonnage montre ici aussi, une régression des facteurs intellectuels avec l’âge, la fin de la période scolaire, le travail à l’usine. Le troisième groupe n’a pas la même qualité que les deux autres. Il n’a pas non plus la môme attitude devant ce genre de test. Cependant, nous avons pour des raisons diverses fondu les trois groupes. Remarquons enfin que nos normes sont plus faibles que les normes habituelles. Il apparaît une fois de plus que les tests collectifs les plus simples et les plus économiques n’utilisant qu’un matériel de papier et de crayon, donnent les corré-
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- lations les plus satisfaisantes. Ce sont les tests classiques s’adressant à des facteurs perceptifs, de compréhension mécanique, logique, etc... Il s’agit pourtant là de valider un travail manuel pour lequel on a quelquefois prétendu que l’intelligence était secondaire. Le pronostic pour la réussite scolaire est .51 en moyenne, .42 pour la réussite globale, .20 pour l’application à l’atelier. Certains tests semblent donner surtout un pronostic de réussite scolaire, pouvant s’exprimer par le score :
- SI 1 = BCA (b) + Myers + V 1-f —-A_Ja' + Matnx
- 2
- Au contraire, le score
- SI 2 = Mécanique + Y 1 -|- D 48 -f-
- BCA (a) -|- BCA (b) -f- Myers 4- Matrix 4
- est surtout un pronostic de réussite générale à l’école et à l’atelier.
- Les scores SB, SF, SM, SU et S12 nous ont permis de grouper les notes ayant des corrélations semblables d’après leur signification et par là de mettre en évidence d'hypothétiques facteurs « respiration » « force musculaire » « qualité motrice » « intelligence ».
- Conclusion
- La batterie ainsi constituée n’est pas définitive et doit être maintenant revalidée sur une population plus importante d’apprentis-verriers. Le C.O.P. de M. Blique à Nancy doit participer à ce travail. La batterie sera complétée par des épreuves destinées à en étendre le champ d’investigation. Il est inutile de préciser, que ces résultats quantitatifs ne sont que des indications et que leur rigueur ne suffit nullement à assurer une sélection rationnelle systématique. De plus, le cas particulier de chaque enfant, l’aspect qualitatif de l’examen individuel, la visite médicale, qui n’interviennent pas dans l’étude de validation, sont des dimensions importantes de la sélection et de l’orientation professionnelles. En réalité, il en est tenu le plus grand compte dans l’examen d’entrée à l’école.
- COMMENTAIRES
- Voici un nouveau travail de validation portant sur un nombre restreint de sujets. Il ne faut pas, à notre avis, considérer cette imperfection comme imputable à l’auteur. Travailler sur un nombre restreint de sujets est une donnée inhérente à la plupart des problèmes de validation, qui se posent en fonction de groupes sociaux restreints, pour des raisons sur lesquelles le psychologue ne jieut avoir de prise. On ne pourrait augmenter ce nombre qu’en négligeant des
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- facteurs d’hétérogénéité qui, en fait,- priveraient les conclusions de toute signification concrète. C’est en multipliant les expériences limitées et en utilisant les méthodes statistiques valables pour les groupes restreints, méthodes que nous devons à Fisher, qu’il faudra probablement essayer de progresser. Ici, cependant, le petit nombre de sujets entache les corrélations d’erreurs d’échantillonnage très considérables, et rend peut-être problématiques les considérations sur la forme des distributions de résultats (le caractère normal de la population considérée étant supposé démontré par la forme de certaines de ces distributions).
- Du point de vue du traitement statistique l’auteur souligne à juste titre que ces « facteurs » ne sont qu’hypothétiques, puisque suggérés seulement par l’inspection des corrélations. Néanmoins, il est heureux que le choix des critères de réussite professionnelle s’appuie au moins sur une telle inspection, qui, à tout prendre, est préférable! au choix a priori tel qu’il se pratique en général. De même la pondération des différentes variables, en vue de l’obtention de scores de réussite probable n’est qu’une approximation très empirique du calcul des poids d’après l’équation de régression multiple. Mais, on ne saurait le reprocher à l’auteur, d’abord parce qu’il est lui-même conscient du caractère pratique et seulement préliminaire de son travail, et aussi parce qu’une élaboration statistique plus poussée, sur un nombre aussi restreint de sujets, n’aurait guère pu apporter de précision.
- A remarquer, une nouvelle fois, le peu de valeur des tests choisis en fonction de leur ressemblance étroite avec les gestes professio?i-nels, et la bonne validité des éqtreuves collectives.
- M. R.
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- * NOTES ET DOCUMENTS
- CONGRÈS INTERNATIONAL DE PSYCHIATRIE
- On trouvera dans Enfancq 1951, 4, 150-188 un certain nombre de rapports présentés au Congrès International de Psychiatrie (Paris, 1950).
- B. Di Tullio : A propos de la nomenclature des troubles du caractère en particulier chez les mineurs antisociaux et délinquants.
- R. Fau, C. Mémin : Pronostics des troubles du caractère : avenir des enfants sortis d’un Centre de caractériels depuis trois à six ans.
- Mme Szymanska Korytowska : Pronostic des troubles caractériels de l’enfance et de la jeunesse.
- A. Favre : Analyse et valeur thérapeutique de la première audition de sa propre voix.
- Van Krevelen : Psychologie de l’enfant unique.
- V. Fontes, etc. : Influence de la guerre sur la jeunesse d’un pays qui n’a pas fait la guerre.
- A. J. Bonnard : La phobie de l’école est-elle un syndrome ?
- H. Gratiot-Alphandéry et I. Lézine : Traitement des troubles du caractère en milieu scolaire.
- LE PROBLÈME DU CHOIX PROFESSIONNEL
- E. Ginzberg, W. Gïnsburg, S. Axelrad, J. Herma. — American Journal oj Orthopsychiatry, 1950, 20, 166-201.
- Les auteurs, appartenant à des disciplines différentes (psychologie-sociologie-économie) se proposent d’apporter une contribution à une théorie dynamique du choix professionnel. Après avoir critiqué le caractère statique et ' atomistique de l’orientation professionnelle actuelle, les auteurs considèrent le problème du choix dans une perspective génétique. Au lieu de se poser la question de savoir pourquoi un individu choisit tel métier, on doit rechercher comment cet individu est amené à choisir ce même métier. 11 s’agit de saisir la nature du processus du choix professionnel et de comprendre, dans leurs intéractions, les facteurs qui y. participent.
- Les auteurs s’adressent à un groupe d’étudiants âgés de 11 à 23 ans et appartenant à une classe sociale de niveau élevé. La technique utilisée est « l’interview structurée ». Les facteurs dégagés sont classés sous trois rubriques :
- 1° Les capacités, intérêts, buts et valeurs de l’individu
- 2° Les conditions externes qui comprennent les stimulations et informations reçues par l’individu, le statuL socio-économique de la famille, les exigences de l’admission à tel établissement, etc...
- 3° L’influence directe ou indirecte exercée par certaines personnes (parents, amis, éducateurs) sur le choix professionnel de l’individu.
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- Les données recueilllies à l’entretien sont organisées, d’une part, en normes d’âge (problème du choix à 11, 13, 15, 17 ans), d’autre part, en patterns de choix typiques (choix précoces, différés, etc...). Les auteurs traitent ensuite des rapports de la personnalité et du choix professionnel. La théorie psychanalytique considère essentiellement le choix professionnel comme un moyen propre à satisfaire les besoins instinctuels inconscients, transformés par le phénomène de sublimation. Ainsi, tel garçon qui manifeste un vif intérêt à orienter son jet pendant la miction devient un grand ingénieur dans le domaine de la contruction de canaux et de ponts. Tel grand chirurgien éprouvait du plaisir, lorsqu’il était enfant, à sectionner la queue des chiens. Soulignant l’insuffisance des théories analytiques, les auteurs préfèrent envisager le choix comme un problème de psychologie du « moi ». Ils mettent ainsi en relief quatre déterminants essentiels du choix : l’intérêt, l’identification, l’aptitude à ajourner les 'satisfactions immédiates, l’aptitude à résoudre les conflits par un compromis.
- En ce qui concerne le rôle du milieu, les auteurs passent en revue la famille, l’école, l’orientation professionnelle et le système culturel.
- A travers les influences exercées -par ces différents milieux, les auteurs soulignent les dangers d’une conception métaphysique de la liberté (rupture entre l’individu et son entourage) qui préside souvent à l’élaboration du choix professionnel. Cependant, ils n’indiquent pas d’une manière assez précise les conditions d’une liberté effective dans le choix d’un métier. Ils ne dégagent pas non plus comme ils se proposaient de le faire, les intéractions entre les différents facteurs du choix professionnel.
- En bref, cet article contient un certain nombre de critiques pertinentes sur le problème du choix professionnel, mais souffre d’une grande indigence en matière de propositions constructives.
- A. L.
- MACHINES SPÉCIALES POUR USINAGE EN GRANDE SÉRIE
- P. Bezier. — Arts et Métiers, 1951, .5, 5-11.
- Après avoir présenté différents types de machines spécialisées, l’auteur étudie d’une manière plus détaillée la machine-transfert, série de machines devant lesquelles on fait circuler des montages portant une pièce qui subit de nombreux usinages orientés dans plusieurs directions.
- L’utilisation des machines-transfert modifie sensiblement l’organisation du travail à l’usine. Pour prendre un exemple on tend à ôter au régleur le soin de déterminer l’instant où il convient de changer les outils pour les envoyer à l’affûtage. Ce sont des appareils compteurs de pièces qui en donnent l’ordre à intervalles réguliers.
- Ces machines complexes ne nécessitent pas un encadrement plus nombreux ni une équipe d’entretien plus importante que les chaînes de fabrication classiques. Sur le plan humain le travail est moins faligant que sur les machines élémentaires : des moyens de manutention perfectionnés sont mis à la disposition de la main-d’œuvre à qui on demande, par contre, plus de soin et d’attention, en raison du prix du matériel qui lui est confié.
- L’emploi généralisé de ces machines doit tendre à élever le niveau de la condition physique et intellectuelle de l’ouvrier moderne.
- A. L.
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- Le Xe Congrès international du Psychotechnique
- INFORMATIONS
- Malgré de graves retards dans l’organisation du Congrès de Gôteborg, retard dus à différentes causes, ce Xme Congrès de l’Association internationale de Psychotechnique, présidé par le professeur Elmgrcn, a réuni plus de 300 membres et ses travaux se sont effectués avec beaucoup d’ordre.
- En dépit de l’absence d’aide de la part de la direction des Relations culturelles, les Français constituaient — naturellement après les Suédois — la délégation la plus nombreuse ayant plus de 20 membres, avant la Belgique, le Brésil et l’Italie
- Les questions à l’ordre du jour ont été l’objet de communications très inégalement abondantes et dans celles de ces communications qui étaient annoncées, il y eut des défaillances — celles des Suisses en particulier — comblées par des rapports de dernière heure.
- L’analyse des professions et l’O. P. d’un côté, l’examen de la personnalité de l’autre tinrent la plus grande place. En ce qui concerne le travail humain, la conférence du professeur Friedmann, qui ouvrait d’importants aperçus sur la collaboration des psychotechniciens et des sociologues dans l’important domaine de la psychologie, a légitimement tenu la vedette.
- La séance la plus importante — présidée par M. Fraisse — a été consacrée au rapport que le docteur Frisby avait établi au sujet de la formation des Psychotechniciens à la suite des travaux d’une commission composée, sous sa présidence, de MM. Cook (Australie), Elmgren (Suède), Gel-dard (U. S. A.), Ponzo (Italie), Rey (Suisse), Van Dael (Hollande) et de Mme pacaud (France). Les conclusions, finalement adoptées unanimement, furent l’objet de nombreuses et ardentes discussions, s’adressant surtout d’ailleurs au terme même de Psychotechnique de la langue française, et à sa définition, certains voulant le rétrécir à l’extrême, d’autres l’élargir jusqu’à embrasser tout ce qui peut être application tant psychologique que socio-logique. Le rapport de M. Frisby employait d’ailleurs le terme d’« applied psychologisi ». Le mot de psychotechnicien est discutable, mais il a pris
- place dans la langue française et dans des textes légaux. Et l’on pourrait aussi bien chicaner le terme d’ingénieur et de « génie » civil ou militaire.
- L’important est de s’entendre sur le sens, et sur les correspondances dans les diverses langues, celui de « technopsychologist » étant l’équivalent utilisé par le plus éminent des psychotechniciens des U.S.A., W. J. Bin-gham, qui, dans une conférence générale, insista sur l’unité réelle de tous les aspects de la science psychologique, ausi bien pure qu’appliquée.
- Une place particulière doit être faite à la communication de l’abbé Ver-net sur le Centre national d’orientation des prisons organisé à Fresnes et qui promet d’assurer aux détenus récupérables les moyens de retrouver une vie normale à leur sortie de prison.
- Le Congrès a adopté une motion de félicitations et un vœu de développement de cette œuvre de rééducation professionnelle. La place tenue par
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- la langue française fui très grande, et l’on doit remercier le professeur Elmgren de l’avoir constamment employée.
- • Les congressistes garderont le souvenir de l’accueil qu’ils ont reçu, de la belle ville de Gôleborg., de ses parcs et de ses avenues animées, de son Université, dotée d’une très belle aula, de son grand port, de_la lumineuse soirée passée à la station balnéaire de l’île de Marstrand, et, dans la magnifique édifice Bôrsen, du banquet, animé par la participation des petits chanteurs provençaux, qui éveillèrent une vive émotion exprimée dans son toast par Emilio Mira, un des peu nombreux participants de la Conférence initiale de Genève qui avait accueilli l’Association dans son Institut de Barcelone en 1921, et qui anime maintenant, loin de son pays natal, un grand mouvement de psychotechnique brésilienne.
- H. Pieron.
- L’Association internationale de Psychotechnique
- Au Congrès de Gôteborg s’est tenue une réunion du Comité directeur de l’Association, ainsi que l’Assemblée générale statutaire.
- Les réunions ont été rendues difficiles par l’absence de la secrétaire générale, Mme Baumgarten-Tramer, qui, au dernier moment, avait décidé, en raison des difficultés financières qu’elle avait rencontrées, de résigner ses fonctions et de s’abstenir de participer au Congrès de GoLeborg. Elle avait envoyé un rapport, mais le trésorier, M. Coumétou, n’ayant pas les éléments nécessaires pour l’établissement de son rapport financier, n’avait pu s’acquitter de son devoir..
- Les décisions prises ont consisté à nommer M;me Baumgarten secrétaire générale honoraire, à désigner, pour la remplacer, le docteur Bonnardel, à renouveler les membres sortants du Comité directeur, à accepter enfin de tenir le prochain Congrès à Paris en 1953, sur l’invitation de l’Association des Psychotechniciens diplômés. L’Association gardera son président encore pendant ces deux années.
- Une révision générale des statuts doit être faite en 1953, et un Bulletin de l’AssociaLion devra êLre publié.
- Le Comité directeur est ainsi constitué : Allemagne, M. Jacobsen ; Angleterre, MM. Frisby et Mearusharw ; Autriche, M. Pipereck ; Belgique, MM. Cœtsier et Piret ; Brésil, M. Mira eL Mlle Katzenstein ; Espagne, M. Germain (suppléant, M. Mallart) ; Finlande, M. Van Fieandt ; France, MM. Bonnardel et Coumétou (suppléant, Mme Pacaud) ; Hollande, MM. de Grook et Van Dael ; Italie, MM. Banissoni et Ponzo ; Japon, M. Ohwaki ; Norvège, M. Havin ; Pérou, M. Blumenfeld ; Pologne, M. Blachwski ; Porto-Rico, Mlle Mercédès Rodriga : Portugal, M. Fontes ; Roumanie, M. Nestor ; Suède, MM. Elmgren et Fellenius ; Suisse, Mme Baumgarten et M. Rey ; Uruguay, M Rimoldi ;• U.S.A., MM. Bingharri et Vitclès.
- H. Pieron.
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- LA VIE DE L’INSTITUT NATIONAL D’O. P
- Diplôme d’Etat
- de Conseiller d’Orientation Professionnelle
- Les épreuves du diplôme d’Elal ont eu lieu entre le 15 juin et le 12 juillet,
- Les épreuve écrites ont eu lieu à Paris, pour les élèves de l’Institut National d’Etude du Travail et d’O. P., à Marseille pour les élèves de l’Institut de Biométrie Humaine et d’O. P. ; elles ont été soumises à une double correction.
- Les épreuves pratiques et orales ont eu lieu à Paris pour tous les candidats.
- 104 candidats se sont inscrits pour participer aux épreuves dont 100 pour composer à l’écrit ( 2 étudiants se représentaient aux Travaux Pratiques, 2 se représentaient à l’oral).
- 97 seulement étaient présents à l’ouverture de la session d’examen.
- 86 étudiants de l’I.N.E.T.Q.P. (59 de la prorn. 45-51, 27 ayant échoué précédemment) ;
- 11 étudiants de l’LB.H.O.P.
- 78 candidats ont été admis aux Travaux Pratiques (49 de la prom. 49-51, 20 ayant échoué précédemment) :
- 69 étudiants de l’LN.E.T.O. P. ;
- 7 étudiants de l’LB.H.O.P. ;
- 2 étudiants admis à se représenter aux T. P.
- Parmi ces 78 candidats, 74 ont été admis aux épreuves orales :
- 65 étudiants de l’LN.E.T.O.P. (47 de la prom. 49-51, 18 ayant éch. préc.j;
- 7 éudianls de l’LB.H.O.P. ;
- 2 étudiants admis à se représenter à l’oral..
- Parmi ces 74 étudiants admis à participer aux épreuves orales :
- 64 étudiants de l’LN.E.T.O.P. (46 de la prom. 49-51, 18 ayant préc. éch.);
- 7 étudiants de l’LB.H.O.P.
- soit 71 candidats ont été définitivement admis à recevoir le Diplôme d’Etat de Conseiller d’Orientation Professionnelle. ,
- Femmes............... 42
- Hommes. ............ 29
- EL voici par ordre de mérite, les noms des nouveaux diplômés :
- 1. M. Louchet, Pierre, mention B. 6. M. Pinguet, Daniel, mention B.
- 2. Mlle Meny, Monique, mention B. 6. Mlle Sazias, Claudine, men-
- 3. Mlle Vente, Sabine, mention B. tion B.
- 4. M. Leplat. Jacques, mention B_ 8. M. Honoré, Serge, mention B.
- 5. Mlle de Kormonicka, Sophie, 8. M1]e Guinot, Germaine, men-
- mention B. tion B.
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- 10. Mlle Naudin, Jeanne, mention B.
- 11. Mlle Agnel, Paulette, mention B.
- 12. M. Gourot, Jean-Paul, mention B.
- 12. M. le Gat, André, mention B.
- 14. M. Lebreton, Paul, mention B.
- 15. Mlle Morando, Marie-Thérèse.
- 16. Mlle Cabal, Eliane.
- 17. Mlle Bâcher. Françoise.
- 18. M. Bertin, André..
- 18. Mme Odru, Madeleine.
- 20. Mme Chambon, Madeleine.
- 21. M. Méhat, Pierre.
- 21. M. Barnley, Pierre.
- 23. MUe Chatelot, Georgette.
- 23. Mlle Joly de Brésillon, Janine.
- 25. M. Justet, Lucien.
- 26. M. Ruban, René.
- 27. Mlle Chene-Carrère, Jeanne-Marie,
- 28. Mlle Boyer, Simone.
- 28. Mlle Hastey, Aline.
- 28. Mlle Thabourey, Alberte.
- 31. M. Delpech, Michel.
- 32. MUe Marzin, Jeanne.
- 33. MUe Recourt, Madeleine.
- 33. M. Mirailles, Jean.
- 33. M. Noël, André.
- 33. MUe Perrin, Lucie.
- 37. M. Arnal, Roland.
- 37. MUe Novi, Janine.
- 39. Mme Baccot, Claire.
- 39. M. Fargeon, Marcel.
- 39. M. Gourdin, Paul.
- 42. Mlle Anthony, Geneviève. 42. Mme Fargeon, Léone.
- 42. MUe Le Comte, Jeanne.
- 42. M. Le Palmec, Albert.
- 46. M. Moulin, Jean.
- 47. M. Carsuzaa, Henri.
- 48. Mlle Genin, Marie-Thérèse. 48. M, Mourdon, Henri.
- 50. MUe Defranoux, Gisèle.
- 50. Mlle Moreau, Simone.
- 50. Mlle Navarret, Catherine.
- 53. MUe Bertoix, Micheline.
- 54. M. Valin, Pierre.
- 55. Mme Colsaet, Simone.
- 56. M. Affre, André.
- 56. MmB Bernard, Micheline. 56 Mlle Trotabat, Alberte.
- 59. Mlle Chefnoury, Irène.
- 60. Mme Lacombe, Denise.
- 61. Mme Badez, Marguerite.
- 61. M. Jarjat, Jean.
- 63. Mlle Rocchi, Anne.
- 64. M. Bru, Charles.
- 65. M. Bernard, Jacques.
- 66. MUe Chavasse, Aimée.
- 66. MUe Guet, Maryvonne.
- 66. MUe Jourdan, Henriette.
- 66. M. Roussel, Henri. ' -66. M. Simonneau, Eugène.
- 66. MUe Ducros, Line
- V
- SUJETS PROPOSÉS A L’ÉCRIT :
- 1° Psychologie : Le conditionnement : sa nature, son rôle dans la vie psychologique.
- Pédologie : Les Principales étapes de révolution affective chez l’enfant.
- 2° Pathologie : Psycho-pathologie de l’adolescent
- 3° Sciences économiques : l’Economie dirigée, ou
- Etude du Travail : Vous visitez un atelier d’usinage de petiLes pièces métalliques sur machines-outils. Faites le plan du rapport de visite que vous établirez pour juger des risques que peut courir le personnel tant au point de vue de sa santé que de sa sécurité-accident. (Il s’agit de rassembler et d’ordonner tous les points concernant l’hygiène du travail).
- 4° Technique des Métiers : Un questionnaire comprenant 100 questions a été proposé aux candidats.
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- Période probatoire (12-21 Juillet 1951)
- Il est apparu préférable de fixer la période probatoire en vue de l'admission des étudiants à l’I.N.O.P. au mois de juillet au lieu d’octobre. Cetle mesure semble bonne aussi bien pour les membres de l’enseignement que pour les autres candidats, les uns et les autres pouvant ainsi en temps utile prendre les dispositions nécessaires en cas d’échec.
- Ainsi chaque année les inscriptions seront acceptées jusqu’au 1er juillet et la période probatoire aura lieu au cours de la deuxième quinzaine du mois.
- Il est à noter que le déchet entre candidats inscrits à la période probatoire et candidats présents aux épreuves a diminué celte année de 10 % par rapport aux années précédentes.
- Le nombre des candidats présents à la période probatoire a augmenté cette année de 52 unités par rapport à 1950.
- On trouvera ci-dessous quelques précisions sur l’origine des candidats.
- Les épreuves ont comporté comme les années précédentes des tests d’intelligence sous forme verbale et non verbale, un test de connaissance ne portant pas sur un programme scolaire déterminé, ainsi qu’une visite médicale et des entretiens et exercices pratiques aidant à déceler les contre-indications importantes à la profession de Conseiller d’O. P.
- CANDIDATS CANDIDATS TOTAL GÉNÉRAL
- Instituteurs ayant fait demande bourse sans demande bourse TOTAUX
- Candidats présents à la H. F. IL F. il F. H. F. H. et F.
- période probatoire. . 44 64 20 42 16 52 80 158 00
- Admis 13 13 7 10 3 8 23 31 54
- 30% O G O G'! 35 % 23 % 19% 15% 29 % 20 % 23 %
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- Des Revues...
- Chaque article analysé est désigné par une triple référence : i° l’année, indiquée par le premier nombre. i° le numéro du présent B. 1. N. O. P.
- _______ 3° l’ordre de présentation des articles. _____
- 51-5-1. — La psychologie et le développement de l’enfant.
- W.-V. Brickman. — Scliool and Society, 1950, 72, 342-348. Revue critique d’un nombre assez important d’ouvrages récents (1948-1950) sur ce sujet.
- 51-5-2. — Le service d’observation méthodique des écoliers de Forest (Bruxelles).
- A. Van Waeyenberghe. — A criança portuguesa, juillet 1949, 121-144. Compte rendu du fonctionnement d’un service médico-psycho-pédagogique, qui assure en particulier des tâches d’orientation scolaire et professionnelle.
- 51-5-3. — Le difficile problème des enfants difficiles.
- Th. Simon. — Société Alfred Binet, 1950, 213-237. Première partie dune étude importante sur ce sujet. Première ébauche de définition, par inadaptation sociale. Hypothèses et théories : le « mauvais sujet », le point de vue médical, le milieu comme origine des troubles du caractère. Discussion et conclusion de cette première partie, La suite de ce travail est parue dans le même Bulletin, 257-270 et 285-308.
- 51-5-4. — Note sur les effets de l’apprentissage dans les tests d’intelligence.
- Peel (E.-A.). — The British Journal of Educational Psychology, 1951, 21, 122-125. Cinq groupes d’enfants de dix à onze ans comprenant chacun de 1.200 à 1.600 sujets pont testés deux fois, à quatre ou cinq semaines d’intervalle, à l’aide d’épreuves verbales (tests de Moray-House). Le gain moyen est de l’ordre de cinq points de Q. I. Le gain croît avec le niveau initial, jusqu’à un niveau de 120 ou 130, puis décroît.
- 51-5-5. — Essai de modification dans la présentation et l’application du Stcnauist Weinberg.
- P. Quinton, J .-H. Lombard. — Feuilles de documentation et de liaison du Secrétariat d’O. P. de Montpellier, 1951, 8, 2-7. Les auteurs éliminent la targette à ressort, la chaîne, la sonnerie, la serrure. Ils présentent l’ensemble des pièces mêlées, et laissent cinq minutes au sujet (après 20 secondes d’observation). Etalonnage sur 150 garçons de 14 à 15 ans (classes primaires et C. C.).
- 51-5-6. — L’étude de la formation des concepts.
- N. Canivet, N. Suares. — Enfance, 1951, 4, 97-123. Etude portant principalement sur le test de Haufmann-Kasanin (qui ont repris en 1942, des hypothèses émises par Vigotski en 1930). L’épreuve assez complexe, consiste à faire classer en quatre
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- groupes des figures géométriques en bois différant par la forme, la hauteur, la couleur, le volume. Un seul groupement est vraiment satisfaisant. La notation semble très difficile. Les auteurs de l'article ont examiné cinquante sujets de formation universitaire, vingt-cinq sujets de formation secondaire, vingt-cinq de formation primaire, et deux groupes de vingt-cinq lycéens. Des différences intéressantes se manifestent entre les groupes (d’après l’âge et le niveau de culture) et entre les individus.
- 51-5-7. — Contribution de deux techniques de discussion collective à une batterie de tests validée.
- A.-G. Arboüs, J. Marée. — Occupational Psychology. 1951, 25, 73-89. — Deux épreuves collectives de discussion sont ajoutées à une batterie destinée à la sélection du personnel administratif. Ces epreuves se révèlent valides, et, relativement indépendantes des autres tests. Leur appréciation analytique n’apporte rien de plus qu’une note, globale. Bibliographie de seize titres sur les épreuves de ce genre.
- 51-5-8. — Une considération statistique en recherche psychologique.
- B. Wilkinson. — Psycliological Bulletin. 1951, 48, 156-158. Rappel assez évident, mais non inutile, de la définition de l’expression « statistique significative au seuil p pour cent ». On souligne qu’en calculant 100 de ces statistiques, on peut attendre p résultats significatifs par le seul fait du hasard. Des tables sont données, fournissant la probabilité d’obtenir n statistiques significatives sur N, par le seul fait du hasard, aux seuils de .01 et de .05. Nous pouvons en tirer dans notre domaine, cette conséquence : en multipliant les validations de tests différents, certains résultats significatifs apparaîtront nécessairement. D’où la nécessité de valider plusieurs fois chaque test.
- 51-5-9. — Les méthodes statistiques n médecine du travail.
- R. Huron. — Archives des Maladies professionnelles. 1951, 12, 162-179. Présentation claire, en quelques pages, de rudiments de statistique, destinés à un auditoire de médecins non initiés.
- 51-5-10. — Rotation des facteurs par la méthode des vecteurs étendus.
- Sutherland (J.). — British Journal of Psychology (Statistical Section), 1951, 4, 21-30. Exemple détaillé de rotation.
- 51-5-11. — Une méthode d’approximation successive pour rendre maximum la validité d’un test.
- G.-C. Gleser, P.-H. Du Bois. — Psychometrika, 1951, 16, 129-139. Méthode de choix des items de façon à rendre maximum la corrélation d’un test avec un critère.
- 51-5-12. — Méthode factorielle d’interprétation du Rorschach.
- C.-J. Adcock. — Journal of general Psychology, 1951, 44, 261-272. — L’auteur a analysé lés résultats fournis au Rorschach par un groupe de 88 enfants des îles Cook et par un groupe de 30 enfants de Nouvelle-Zélande. Trois facteurs sont retrouvés dans les deux groupes : fluency, introversion, intelligence, qui peuvent être considérés comme basiques. Un quatrième facteur varie largement d’un groupe à l’autre. Le petit nombre de sujets et de variables (15) suggérera sans doute quelques réserves.
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- 51-5-13. — Quatre expériences avec le test de Szondi.
- I.-A. Fosberg. — Journal of Consulting Psychology, 1951, 15, 39-44. Les résultats sont en majeure partie négatifs, et cela de façon si nette que l'auteur conclut, à juste titre que la « charge de la preuve » revient à ceux qui sont favorables au test, et non à ceux qui le critiquent.
- 51-5-14. — Recherches statistiques sur le test de Szondi.
- C. Remondino. — Archivio di psicologia neurologia e psichiatria. 1950, 11, 578-584^. Aucun chiffre, aucune indication précise sur les techniques employées. Il est donc impossible de savoir dans quelle mesure sont fondées les conclusions, beaucoup moins sévères que celles de Schützemberger.
- 51-5-15. — Utilisation d’une modification du test Thematic Apperception.
- F.-L. Thrower. — The american Journal of psychiatry, 1951, 107, 498-500. Utilisation en clinique neuropsychiatrique, de huit planches seulement du T.A.T. Les réponses ne servent au psychiatre qu’à orienter plus rapidement le premier entretien avec son malade.
- 51-5-16. — Psychodiagnostic myocinétique.
- C.-M. de Meneses. — Revista Brasileira de Estudos pedagogicos, 1948, 12, 198-229. Présentation générale et exemple d’interprétation du test de Mira.
- 51-5-17. — Etude objective de dessins d’enfants représentant des personnages humains.
- A. Weider et P.-A. Noller. — Journal of Clinical Psychology, 1950, 6, 319-325. Etude du niveau socio-économique comme facteur influant sur la prise de conscience des différences entre les sexes. Les dessins sont suivis d’interviews. L’étude porte sur 73 garçons et 80 filles de 8 à 11 ans, choisis en quatre niveaux socio-économiques. L’influence de ce facteur est peu nette.
- 51-5-18. — La valeur prédictive de l’inventaire multiphasique de personnalité du Minnesota (M.M.P.I.) chez les élèves infirmières.
- C.-A. Weisgerber. — The Journal of Social Psychology, 1951, 33, 3-11. 72 étudiantes répondent au questionnaire M.M.P.I. Des estimations de 19 traits de personnalité sont fournies par plusieurs moniteurs ou professeurs les connaissant bien. Les confrontations entre résultats du test et jugement sont concluantes : aucune valeur ne peut être accordée aux indications fournies par le test.
- 51-5-19. — Constance des notes d’intérêt à vingt-deux ans d’intervalle.
- E. Iv. Jr Strong. — Journal of Applied Psychology, 1951, 35, 89-91. Le questionnaire de Strong fournit 34 notes d’intérêt professionnel pour chaque sujet. Si un sujet passe deux fois le test, on peut mettre en corrélation les 34 notes obtenues la première fois et les 34 notes obtenues la seconde fois. La corrélation médiane observée dans un groupe de 228 étudiants testés à 22 ans et à 44 ans est de .75. Nombreuses données du même type : la corrélation croît avec l’âge au moment de la première application, et en raison inverse de l’intervalle entre test et retest.
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- ... et de» JUivres
- 51-5-20. — Machinisme et bien-être.
- Le livre de J. Fourastié (Machinisme et bien-être, 225 p. Les Editions de Minuit, Paris, 1951), sera précieux à un large public d'économistes, de sociologues, d'historiens et de psychologues, autant par les documents et les idées qu’il contient que par les développements qu'il suggère. Il est consacré aux incidences du progrès technique sur le niveau et le genre de vie. L'étude est faite dans le temps et dans l’espace, la deuxième de ces dimensions pouvant se ramener à la première, car le mode de vie des nations actuellement défavorisées est très comparable à celui que connurent jadis les nations actuellement plus évoluées. Nous ne tenterons pas, dans le cadre restreint du Bulletin, d'aller plus loin dans l'analyse d'un ouvrage aussi dense, mais nous voudrions souligner combien ce travail est riche de suggestions.
- M. Fourastié montre les possibilités que les progrès de la technique ouvrent aux acquisitions intellectuelles. C'est la technique de fabrication du verre à vitre qui, permettant à l’homme de résoudre le dilemme lumière-étanchéité, a permis du même coup le développement d'une civilisation écrite au Nord de la Loire. L'auteur fait des remarques analogues par exemple à propos des méthodes modernes de climatisation. Ne pourrait-on noter alors que, dans notre Société, un nombre élevé de ces techniques modernes qui ont transformé les conditions de vie (chap. 6) sont inaccessibles à une fraction importante de la population. Ceux qui ne peuvent jouir ni d'un appartement aux dimensions raisonnables, ni du chauffage central, ni de la salle de bains, ni de l'automobile sont littéralement des « arriérés » au point de vue technique. Le psychologue ne s’étonnera pas alors, en considérant le déterminisme étroit dont parle M. Fourastié qu'ils fassent également — en moyenne — figure d'« arriérés » au point de vue mental, et que les résultats moyens obtenus dans les tests par des groupes différents soient liés au niveau socio-économique de ces groupes. Et cela d’autant plus nettement que les institutions sont telles que des lignées entières sont économiquement favorisées par rapport à d'autres et qu'il est à peu près impossible de nier toute hérédité des caractères acquis. L'auteur limite son propos à ce qu'il appelle le réel, en laissant à d'autres le soin d'évoquer le possible. Il y a là une distinction difficile et qui laissera à certains le regret de voir écarter de l'ouvrage des idées et des faits qui semblaient s'y rattacher étroitement. L'une de nos institutions, l'impôt, permet à l'Etat d’amasser des richesses considérables. Ces richesses le mettent seul en mesure dans bien des cas, d'entreprendre les grands travaux qui sont nécessaires pour que le progrès des techniques se réflète effectivement sur le niveau et le genre de vie. Se demander quelle utilisation l'Etat doit faire de ses ressources, c’est bien entrer dans le domaine du possible que l'auteur s'interdit d'aborder. Mais c'est cependant uil fait réel que les controverses actuelles à propos par exemple, des incidences éventuelles du réarmement sur le niveau de vie. Il aurait été sans doute intéressant d'étudier les conséquences sur la productivité des désaccords profonds qui se manifestent sur la nature même des marchandises devant être produites. La connaissance des possibles et ses conséquences sont des faits réels qui méritaient d'être examinés. D'ailleurs, l'auteur n'entre-t-il pas lui-même dans le domaine du possible quand il écrit : « deux heures de travail de plus piar semaine dans' l’industrie et le commerce français, c’est une année de scolarité de plus pour chacun de nos enfants » (p. 172) ? Et ne peut-on chercher dans les désaccords signalés plus haut sur l'utilisation des ressources de l'Etat, l’une des raisons pour lesquelles « les classes ouvrières sans bien comprendre qu’elles réduisaient ainsi le niveau de vie au bénéfice du genre de vie et le temps de scolarité des jeunes gens au bénéfice des loi-
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- sirs des adultes ont revendiqué un abaissement général de la durée du travail. » (P- 163).
- Le psychologue trouvera dans ce livre des documents qui éclaireront son champ d’observation : le comportement des hommes d’un groupe social donné, à un moment donné de l’évolution des techniques. « L'honnête homme », dans toutes les acceptions du terme, y trouvera matière à des réflexions plus générales encore.
- M. Reuchlin.
- LIVRES ENTRÉS RÉCEMMENT A LA BIBLIOTHÈQUE
- R. Liège. — Pratique médicale scolaire. G. Doin et Cie, Paris-, 171 p.
- C. Launay. — Précis de Médecine infantile. Masson, Paris, 1017 p.
- 13. Nogaro. — L’économie contemporaine. P.U.F., 128 p.
- J. Chateau. — L’enfant et le jeu. Editions du Scarabée, Paris, 184 p.
- R. Cousinet. — La vie sociale des enfants. Editions du Scarabée, Paris,
- 115 p.
- M. Boll et J. Dourgnon. — Le secret des couleurs. P.TJ.F., 128 p.
- J. Maisonneuve, — Psychologie sociale. P.TJ.F., 128 p.
- A. Sauvy. — La Population, P.TJ.F.,
- 128 p.
- Dr R. Meîli. — Lehrbucli der psycholo-gischen diagnostik. Verlag, Hans Huber, Bern, 372 p.
- Jean Fourastié. — Machinisme et bien-être. Les Editions de minuit, 1951.
- H. Wallon et E. Evart-Chmielniski. — Les mécanismes de la mémoire en rapport avec ses objets. P.TJ.F.
- O. Brunet et I. Lézine. — Le développement psychologique de la première enfance. P.TJ.F. 122 p.
- J. Piaget et B. Inhelder. — La genèse de l’idée de hasard chez l’enfant. P.TJ.F., 261 p.
- W.-H. Sheldon, S.-S. Stevens. — Les variétés du tempérament. P.TJ.F., 570 p.
- A. Ombredanne. — L’aphasie et l’élaboration de la pensée explicite. P .TJ. F., 440 p.
- H. Piéron. — Les problèmes fondamentaux de la psycho-physique dans la science actuelle. — Hermann, Paris, 63 p.
- Mrae Jean Bayet. — Carrières ouvertes aux femmes. Edité par l'Association des parents d’élèves du Lycée Fénelon, 1951, 43 p.
- ERRATUM
- Dans le-compte rendu des Journées d’information réservées aux Secrétaires Régionaux d’O. P. paru au dernier B.I.AT.O.P. (n° 4, juillet-août 1951) une erreur nous a fait attribuer au Pr Heuyer la conférence du P' Tournay sur « Les inadaptés physiques », et omettre la conférence du Pr Heuyer sur « Les inadaptés caractériels ». Nous nous en excusons.
- AGEN. — IMPRIMERIE MODERNE, 43, RUE VOLTAIRE
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- Nouveau contenu et nouvelle présentation du B. I. N. O. P.
- L'enquête réalisée cette année, et dont nous avons rendu compte dans le numéro 3 (mai-juin 1951) nous a suggéré certaines modifications de contenu et de présentation du Bulletin.
- Le Conservatoire National des Arts et Métiers ayant bien voulu nous accorder lei concours financier indispensable nous pourrons, l'année prochaine, réaliser la formule suivante :
- Six numéros paraîtront dont cinq numéros de 48 pages au lieu de 32, et un numéro spécial qui sera approximativement double des numéros réguliers et entièrement consacré à une étude originale (travail de recherche dans le domaine de la Psychologie appliquée, expérimentale et clinique).
- Ces numéros, présenteront sous une couverture nouvelle :
- 1° Une enquête dans le monde du travail : « Qu'est-ce que la Eéussite Professionnelle ? ». Nous publierons des interviews de dirigeants syndicaux, patronaux, cadres, artisans, agriculteurs et de groupements de jeunes.
- 2° Des articles d'enseignement :
- — d'économie politique, étude du travail, études et recherches documentaires, technique des métiers, médecine du travail, psychologie industrielle.
- — de psychologie, pédologie, psychiatrie, méthode des tests, statistiques.
- — de documentation, législation, administration de l'O.P.
- 3° Des notes et documents ;
- 4° Des études réalisées par des praticiens (études de tests et études cliniques) ;
- 5° Les travaux du Centre de recherches de l'I.N.O.P. ;
- 6° Des analyses d’articles de revues et de livres français et étrangers ;
- 7° Des « nouveautés techniques » : nous tiendrons nos lecteurs au courant des tests nouvellement édités ;
- 8° Des échos et informations.
- Dès la parution du numéro 1 (janvier-février 1952) nous vous demandons de faire un effort de diffusion parmi les psychologues, psychotechniciens, éducateurs, industriels ; de recueillir des abonnements, d'eùvisager des dépôts pour la vente dans les écoles, les facultés où la psychologie est enseignée, dans les librairies d'éditions professionnelles et sociales.
- Le prix du numéro a été fixé à 200 francs pour la France, 300 francs pour l'étranger.
- Le numéro spécial 400 francs pour la France, 600 francs pour l’étranger.
- Abonnement pour la France, 1.000 francs, 1.500 francs pour l’étranger.
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- LA FORMATION DU PSYCHOLOGUE
- Sur la formation du Psychologue Clinicien
- par Daniel LAGACHE
- Difficultés initiales. — Dans le problème de la formation du psychologue clinicien, on se heurte à la difficulté initiale de savoir ce qu’il faut entendre par « psychologue clinicien ». Cette question est obscurcie par des conflits et des préjugés de groupes. L’essor de la méthode clinique a suscité des réactions parfois vives de la part des psychologues, craignant pour la rigueur scientifique de leur science et opposant les psychologues savants aux médecins praticiens ; beaucoup sont rassurés aujourd’hui, et reconnaissent volontiers que toute application de la psychologie à un problème humain et pratique doit être imprégnée « d’esprit clinique », c’est-à-dire d’un effort d’ajustement aux particularités de chaque problème. Les réactions critiques de quelques médecins restent plus actuelles, dans la mesure où la psychologie clinique semble menacer d’empiéter sur leur domaine et leurs responsabilités.
- Les psychologues cliniciens ont en effet un rôle variable, depuis un rôle de direction, le médecin jouant un rôle consultatif, jusqu’à des fonctions auxiliaires sous le contrôle d’un médecin, avec parfois, dans ce dernier cas, des sentiments de frustration qui remplissent les colonnes de certains numéros de VAmerican Psychologist. On n’en-'•eprendra pas de résoudre ces conflits de personnes et de groupes ; ils sont inévitables parce qu’il y a des chevauchements inévitables entre la médecine psychologique et la psychologie appliquée. Ainsi, ce qui sera dit sur la formation des psychologues cliniciens ne pourra manquer d’avoir une incidence sur la formation des médecins psychologues. L’épithète de clinique, accolée à la psychologie, n’est pas un programme de dépossession des médecins, c’est un hommage ; elle est la reconnaissance de l’immense valeur pratique et théorique de la méthode et de la formation cliniques. La clinique a accru l’efficacité de la psychologie, comme la psychologie a étendu le domaine de la médecine.
- La psychologie clinique. — On s’est expliqué à diverses reprises sur la psychologie clinique et la méthode clinique. On pourra n’y reve-
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- nir qu’avec un minimum de détails, mais on y reviendra quand même ; ii est évident que la conception de la psychologie clinique commande la formation des psychologues cliniciens.
- 11 faut la distinguer de la psychopathologie clinique. Celle-ci a pour objet les désordres pathologiques de la personnalité et de la conduite : psychoses, névroses, perversions, criminalité, inadaptations sociales. L’ordre dans lequel ou les énumère est tel qu’à mesure que le médecin s’éloigne des psychoses et se rapproche des inadaptations sociales, il tend de la médecine psychologique vers la psychologie clinique ; ce faisant, il applique les techniques cliniques à de' nouveaux objets, son rôle social devient de plus en plus important, mais il reste essentiellement un clinicien. Et socialement et scientifiquement, on ne peut que souhaiter la progression de la médecine et de la psychiatrie vers la psychologie sociale et appliquée, à condition que les médecins et les psychiatres ne se contentent pas de la formation théorique et technique, excellente mais trop spécifique, que confère la psychiatrie pure. L’extension de la médecine et l’extension de la psychologie rendent donc les chevauchements inévitables.
- D’une manière positive, la psychologie clinique peut être caractérisée par les besoins auxquels elle répond, les moyens qu’elle emploie, les buts qu’elle poursuit.
- Les besoins auxquels répond la psychologie clinique sont essentiellement les problèmes posés par l’ajustement des individus à leur entourage ; la conception de cet ajustement peut être formulée de la façon suivante : le programme négatif est la prévention ou la réduction des conflits et des conduites inadaptées ; le programme positif est la réalisation des possibilités de l’individu. Par exemple, le conseil d’orientation professionnelle répond au besoin d’un adolescent de se fixer sur le métier le plus adéquat à ses désirs et à ses possibilités ; le psychologue scolaire, après examen, place un inadapté scolaire dans telle classe de réadaptation.
- Les moyens de la psychologie technique convergent dans l’étude approfondie du cas individuel, c’est-à-dire de l’individu concret et complet aux prises avec des situations vitales. C’est dire que ses investigations impliquent le recours aux techniques de la physiologie et de la médecine. Quant aux moyens proprement psychologiques, nous en avons bien souvent déjà dressé l’inventaire :
- 1° Techniques historiques reposant principalement sur des témoignages et des documents, collectés dans des questionnaires, des enquêtes.
- 2° Observation directe, entretien avec le sujet : outre les informations données par le sujet, cette partie de l’examen constitue une sorte de test de situation sociale ;
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- 3° Tests standards, mesurant çles traits personnels et surtout des aptitudes ;
- 4° Epreuves cliniques, visant des aspects plus globaux de la personnalité (par exemple, les tests projectifs) ;
- 5° Techniques morphopsychologiques ;
- 6° Techniques graphologiques ;
- 7° Observation continue, par placement du sujet dans un centre d’observation ;
- 8° Investigations psychanalytiques, qui se différencient des investigations clinico-psychologiques ordinaires par leur façon spéciale de traiter et d’utiliser la relation du sujet avec le psychologue.
- Avec quelques autres, nous avons formulé certaines règles logiques de la psychologie clinique. Nous nous bornerons à rappeler l’exclusion des examens fondés sur un seul ordre d’investigation (un examen morphologique ou graphologique ou un Eorschach, par exemple). L’étude clinique d’un cas doit en règle générale reposer sur plusieurs ordres de données. En aucun cas, on ne peut se passer de l’anamnèse et de l’observation du sujet au cours d’une « rencontre » personnelle avec le clinicien.
- Le diagnostic est l’acte essentiel de la psychologie clinique : elle peut se réduire au diagnostic ; si elle le dépasse, à tous les moments, le diagnostic reste la démarche essentielle, parce qu’il établit la base rationnelle et réelle de toute action psychologique. Malgré sa résonance médicale, le diagnostic, en psychologie clinique, n’est nullement le diagnostic d’une maladie ; il désigne l’interprétation raisonnée de données particulières en fonction des relations générales dont se compose la science psychologique et la discipline qui correspond spécifiquement au domaine d’application en cause ; il peut porter sur des aspects partiels de la personnalité, ou, au contraire, sur des aspects globaux ; dans ce dernier cas, il vise essentiellement à synthétiser les données dans une représentation d’ensemble, visant les rapports concrets et particuliers de l’individu avec son entourage, considérés comme un moment de l’évolution d’une personnalité.
- Dans l’établissement du diagnostic, le rôle du psychologue clinicien est variable ; tantôt il est chargé de la recherche d’une partie des données, tantôt il intègre les données apportées par plusieurs collaborateurs, tantôt enfin il assure à la fois la recherche des données et leur intégration.
- Le diagnostic ne se limite pas à identifier et formuler un certain état de choses, pour clore les investigations et passer à l’action. Base rationnelle et réelle de toute action, non seulement à ses débuts mais dans les stades successifs de son développement, le diagnostic se mêle inextricablement à toutes les formes et à toutes les étapes de la pra-
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- tique psychologique. On peut dire qu’une action pratique est psychologique et scientifique précisément dans la mesure où elle s’appuie sur un diagnostic progressif, c’est-à-dire sur l’approfondissement et la révision de ce qu’on sait déjà et la reconnaissance des changements qui surviennent à mesure que l’action se développe. Le diagnostic occupe ainsi une place centrale dans la pratique psychologique.
- La nature des buts pratiques dont la poursuite s’appuie sur le diagnostic découle des besoins auxquels la psychologie clinique est appelée à répondre, c’est-à-dire :
- 1. La prévention et la réduction des conflits ;
- 2. La réalisation des possibilités de l’individu.
- Pratiquement, on peut distinguer trois types d’activités :
- 1. Les activités de conseil, qui tendent de moins en moins à être du type « autoritaire », sauf indications particulières, et de plus en plus à être du type « démocratique » de la discussion en commun ;
- 2° Les activités du type rééducatif, qui visent à la réduction des conflits et à la compensation des inaptitudes ; nous y rangeons les psychothérapies sans préjuger la question de savoir si elles doivent être accomplies ou surveillées par un médecin.
- 3° Les activités du type éducatif et formatif, dont le but idéal est la réalisation des possibilités de l’individu ; naturellement, toute pédagogie et toute « psychagogie » n’est pas psychologique et clinique ; elle est souvent du type « autoritaire », cherchant par exemple à couler les divers individus dans un même moule ; elle devient une forme de psychologie clinique dans la mesure où, s’efforçant de s’ajuster aux possibilités et aux difficultés de chaque individu, elle s’appuie sur les connaissances et les techniques de la psychologie scientifique. Il y a ainsi dans la vie sociale une quantité d’activités où, d’une manière formelle ou non, quelque chose comme la psychologie clinique intervient. Bornons-nous à mentionner, parmi les conquêtes que la psychologie clinique est en train de faire, Porganisation et la conduite rationnelle des petits groupes.
- Sélection des 'psychologues cliniciens. — Dans ce domaine comme partout ailleurs, et plus que partout ailleurs, une sélection plus ou moins sévère, mais en tout cas consciente de ses buts, de ses moyens et de sa portée, devrait précéder la formation. Il est évidemment coûteux et peu rentable de s’en remettre, pour la sélection, à la sélection naturelle qui s’accomplit au cours de la formation et de la carrière, alors que l’on dispose aujourd’hui de moyens qui permettraient avec un pourcentage d’erreurs réduit, de ne donner la formation qu’à ceux qui sont susceptibles de réussir dans le genre d’activité en cause. Quelles seraient, dans le choix des psychologues cliniciens, les carac-
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- téristiques désirables, celles qu’une formation ultérieure devrait dégager et renforcer ? Quelques auteurs ont abordé cette question. Sans revenir sur le détail, on peut les résumer dans l’idée d’objectivité, entendue non pas ou nou pas seulement comme une qualité logique du jugement, mais comme une attitude vitale par rapport au monde, par rapport aux autres et par rapport à soi-même ; il faut que le psychologue soit suffisamment affranchi de l’égocentrisme et de l’ambivalence pour accéder à la pleine reconnaissance de la valeur d’autrui et des valeurs « communes », en particulier de la vérité ; faisant état des connaissances actuelles relatives au développement et à la socialisation de la personnalité, il est souhaitable qu’il présente au maximum les indices de maturation ou de maturité propres à son âge. Ces vues très générales se différencient en vues plus particulières et plus précises relatives aux attitudes du psychologue par rapport aux tâches, par rapport aux situations sociales et à autrui, par rapport à lui-même. Dans ce domaine, il reste à faire un travail considérable et d’un intérêt tout particulier, puisqu’il conditionne en partie la valeur du travail psychologique qui se fera dans d’autres domaines de la vie sociale.
- Formation. — La formation des psychologues cliniciens comprend principalement une formation théorique, une formation technique et une formation pratique.
- Il y a peu de choses à dire sur la formation théorique sinon que la psychologie clinique requiert une formation théorique complète psychologie comparée, psychologie physiologique, psychologie sociale, psychologie de l’enfant, psychologie génétique, psychologie générale. C’est à peu près le cycle d’étude que comporte la licence de psychologie, en soulignant la part qui revient à la psychologie de la personnalité et du groupe, en renforçant les programmes en matière de psychopathologie et de psychanalyse.
- Dans l’organisation actuelle des études de psychologie, il y a peu d’universités françaises, en dehors de Paris, qui aient les moyeus d’assurer cet enseignement, et il est fâcheux qu’on ait étendu la licence de psychologie à toutes les universités sans leur donner en même temps la possibilité d’y préparer ; au surplus, le personnel enseignant ne s’improvise pas.
- Par formation technique, nous entendons ce qui est habituellement enseigné sous la rubrique de travaux ou exercices pratiques. La plus grande part de cet enseignement consiste dans l’apprentissage de la statistique et des tests standards. Il aurait besoin d’être élargi, avant tout dans le sens des techniques historiques et d’observation ; il est indispensable qu’un psychologue clinicien soit à même d’établir correctement une biographie et de dresser un tableau fidèle des rapports d’un individu avec son entourage. L’enseignement technique
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- aurait aussi besoin d’être élargi dans le sens des épreuves cliniques, en se centrant sur l’apprentissage sérieux d’un nombre limité de techniques types. Il serait à nos yeux essentiel d’entraîner les élèves à ce que nous avons appelé l’emploi clinique des tests, c’est-à-dire à l’observation du comportement dans l’accomplissement de tâches concrètes, pratiquement de tests de performance : on n’a pas encore suffisamment reconnu le rendement caractérologique de cette forme d’investigation, particulièrement en ce qui concerne la détection et l’évaluation des niveaux de comportement (impulsivité, contrôle, inhibition). L’initiation aux techniques graphologiques et morphologiques est à examiner. Celle aux techni^fis d’organisation et conduite (.les groupes limités est en train de l’être. En résumé, l’enseignement des techniques conserve une forme surtout psychométrique et devrait s’étendre à d’autres procédés d’investigation, qui bien que moins rigides, peuvent atteindre un niveau de rigueur qui dépasse celui de l’intuition.
- Actuellement, l’enseignement technique le plus systématique et le plus complet est donné par la préparation aux diplômes de l’Institut de Psychologie de l’Université de Paris ; les diplômes de psychologie pédagogique, psychologie appliquée, psychologie pathologique intéressent directement les psychologues cliniciens ; le diplôme de psychologie sociale appliquée, dont la création a été décidée, est à l’étude. Pour les épreuves cliniques dont l’apprentissage est long, telles le Rorschâch, les programmes de travaux pratiques ne peuvent donner qu’une teinture insuffisante et que certains considèrent comme dangereuse ; la formation approfondie appartient en général à des organisations semi-officielles ou privées ; dans l’avenir, on peut étudier la possibilité de lui donner une forme plus officielle, par exemple en la réservant à des étudiants sélectionnés ou déjà en fin d’études. Les cours de perfectionnement de quelques semaines sont une ressource qui n’a pas encore été assez employée, et qui pourrait aider à résoudre les problèmes de formation technique posés par les étudiants de province, lorsqu’ils appartiennent à des universités dont les moyens sont insuffisants.
- Par formation pratique, nous entendons celle qui s’acquiert, en mettant l’apprenti psychologue aux prises avec des problèmes psychologiques réels, à la solution desquels il doit appliquer ses connaissances théoriques et techniques ; c’est la formation clinique proprement dite. Cette formation continue pendant toute la carrière, selon un rythme et avec des limites qui dépendent des possibilités d’apprentissage des individus. Elle débute souvent trop tard avec le début même de la carrière. Le problème pédagogique est de savoir quand et sous quelle forme elle doit commencer et prendre place dans les études.
- Le rôle des démonstrations cliniques, des études de cas indivi-
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- duels est évident ; l’emploi de cet instrument s’étend maintenant bien au-delà de la médecine et de la psychiatrie, mais pourrait être étendu bien davantage ; la participation active des élèves à la discussion du problème en est un élément important.
- Quant à l’activité proprement dite de l’étudiant psychologue, elle peut être précoce, mais pas sous les formes habituellement pratiquées. En phase d’initiation, ce n’est pas une bonne chose de collQquer un stagiaire dans un coin de consultation où il fait passer des tests de Binet-Simon à longueur de journée ; c’est là un entraînement technique certainement utile, mais ce n’est pas une formation pratique, précisément parce qu’elle est d’emblée trop technique et trop partielle : si l’initiation se fait dans le cadre d’une consultation, elle se ferait mieux en employant le stagiaire à des tâches variées, sans technicité particulière, par exemple à la réception de la clientèle, à des travaux de secrétariat, de manière à ce qu’il ne perde pas de vue l’ensemble de l’organisation et l’ensemble des cas ; pour notre part, nous pensons que l’initiation à la pratique psychologique se ferait mieux en mettant les débutants aux prises avec des problèmes psychologiques concrets et non techniques, par exemple en les utilisant comme éducateurs dans un institut médico-pédagogique, comme moniteurs dans une colonie de vacances, de manière à ce qu’ils rencontrent des difficultés et se posent des questions, sans jamais perdre de vue le caractère « molaire » et pratique des problèmes.
- Après le stage d’initiation viendraient les stages de formation proprement dits, où le jeune psychologue serait appelé à participer à une organisation psychologique avec un rôle déterminé ; trois conditions principales nous semblent nécessaires au bon rendement de cet instrument :
- 1° Que le travail du stagiaire soit contrôlé par un technicien éprouvé ;
- 2° Que l’organisation soit telle qu’il puisse toujours se rendre compte de la place de sa contribution dans le travail d’équipe ;
- 3° Que le stagiaire soit non seulement contrôlé dans son travail objectif, mais conseillé et aidé dans les difficultés personnelles qu’il peut rencontrer dans son adaptation à son rôle. Lorsque ces difficultés sont trop grandes, et interfèrent d’une manière trop marquée avec son activité psychologique, il y aurait lieu, soit de l’orienter autrement, soit de parer aux difficultés par une psychothérapie. Si cette façon de faire ne peut être généralisée, soit en raison de préjugés, soit pour des raisons simplement pratiques, l’observation du comportement de l’apprenti psychologue dans ses contacts avec ses « clients », la discussion de ses difficultés et des solutions qu’il y apporte sont une partie essentielle, jusqu’ici trop méconnue, de la formation du
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- psychologue clinicien. Elle est indispensable à une profession où l’interaction du praticien et d’autrui joue un rôle aussi important.
- Les stages de perfectionnement seraient destinés à des psychologues déjà entrés dans la carrière. Ils peuvent avoir pour objet l’apprentissage de techniques nouvelles, ou l’adaptation des psychologues à des activités nouvelles, mais ce n’est pas là leur aspect le plus intéressant. Leur véritable fonction est de perfectionner le travail clinique, non par l’adjonction d’éléments nouveaux, mais dans ce qui en est l’instrument essentiel, c’est-à-dire dans la personne du psychologue clinicien, dans son attitude par rapport à son travail et à ses « clients ». Les praticiens devraient y être amenés soit par le sentiment de leurs difficultés, soit par la suggestion de collègues ou de conseillers. Imaginons, afin de fixer les idées, qu’on en réunisse une dizaine pour un stage de quatre semaines ; la méthode consisterait dans une étude clinique du travail de chacun et des discussions de groupes soutenus par le concours de psychologues particulièrement experts. On pourrait en attendre des résultats comparables à ceux que d’autres ont obtenus dans le perfectionnement des moniteurs (1).
- ^ La formation psychologique
- du
- Conseiller d’Orientation Professionnelle
- par Colette BÉNASSY-CHAUFFARD
- Depuis sa création (2), l’I.N.O.P. a toujours essayé de donner aux futurs conseillers d’O. P. une formation qui leur permit d’entreprendre efficacement leur travail, c’est dire que depuis 23 ans où la première promotion commençait ses études certaines modifications ont pu être envisagées correspondant tant à l’évolution des sciences sur lesquelles l’O. P. repose qu’aux exigences de la profession.
- Mais il est bien certain que le souci dominant et permanent de la formation a toujours été et demeure de permettre aux étudiants d’acquérir une sérieuse méthode expérimentale et de développer leur sens critique vis-à-vis de leur propre travail : ceci d’ailleurs paraît
- (1) Bavelas, A., et Lewin, K. — Training in Démocratie Leadership. Journal of Abnormal and Social Psycliology. Vol. 6, 194.
- (2) L’Institut National d’Orientation Professionnelle a été créé en 1928 par H. Piéron, H. Laugier et J. Fontègno.
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- évident quand on sait que l'animateur de l’Institut a été et demeure le professeur Henri Piéron.
- Nous n’étudierons pas l’histoire de l’O. P. qui nous permettrait pourtant d’éclairer notre propos, mais qui dépasserait le cadre qui nous est assigné aujourd’hui. Nous essaierons donc seulement en exposant les problèmes concrets qui se posent actuellement aux Conseillers d’O. P. de dégager les principes et la ligne générale de la formation des Conseillers d’O. P. telle qu’elle se présente en ce début d’année scolaire 1951.
- Les problèmes posés aux praticiens de l’Orientation deviennent de plus en plus variés : examen systématique des adolescents terminant renseignement du 1er degré ; cas d’inadaptation scolaire ou familiale, adolescents infirmes ou ayant dû interrompre leurs études à cause de longues maladies, participation aux examens de recrutement des centres d’apprentissage, d’écoles spécialisées pouvant toucher des domaines aussi divers que ceux des Beaux-Arts ou du Service Social.
- Les problèmes posés se diversifiant sans cesse, les recherches de psychologie et leurs applications prenant dans tous les pays une importance sans cesse accrue, il semble bien qu’après une période d’extension on en vienne à une période de spécialisation dans laquelle à l’intérieur même de l’O. P. se dessinent plusieurs courants.
- Les uns voient avant tout dans l’O.P. un problème individuel, chaque cas est étudié isolément, c’est avec minutie que le Conseiller d’O. P. cherche à saisir les problèmes qui se posent au sujet et à comprendre ses motivations. Il étudie avec soin l’environnement familial, scolaire, professionnel s’il y a lieu de chacun. Pour lui chaque adolescent est un cas absolument unique. Certes il utilisera les méthodes précises de la psychologie appliquée qui permettront de comparer le sujet étudié au groupe des sujets auquel il appartient par son âge, son sexe, son niveau scolaire, etc. Il est également à l’affût de toutes les méthodes et techniques nouvelles qui l’aideront à saisir la personnalité du sujet, mais là il ne doit pas se laisser entraîner par l’urgence du besoin pour utiliser des méthodes qui n’ayant pas été soumises à une sévère expérimentation ne peuvent'qu’entraîner à des spéculations hasardeuses. En somme comme le dit M. Piéron, « l’O. P. n’est et ne peut être qu’un art social... » ce qu’il faut « c’est prendre une connaissance objective des faits, apprécier avec critique les données que fournissent les recherches, sans laisser déformer son jugement par des opinions a priori et des préoccupations doctrinales ».
- Mais la compréhension d’un cas ou un diagnostic psychologique n’a de signification qu’à condition d’aboutir à une sanction éducative ou thérapeutique. Le Conseiller ne se contente pas de donner un simple conseil de métier ou de profession, d’inciter l’adolescent à sui-
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- vre telles ou telles études, mais il tente de l’aider à s’adapter au milieu social. Dans les cas dits normaux le Conseiller aidera l’adolescent à résoudre certains problèmes concrets qui se posent à lui. Et le fait de résoudre ces problèmes même de l’extérieur permet à l’adolescent de résoudre de lui-même de l’intérieur d’autres problèmes et en ce sens l’action du Conseiller est thérapeutique, c’est toute la thérapeutique par l’environnement. Mais s’il s’agit d’une personnalité pathologique, ce que le conseiller appelle couramment « les cas difficiles » il fera appel à un psychiatre auquel il demandera essentiellement de lui indiquer si l’anomalie est structurale ou réactionnelle. La sanction thérapeutique demeurant bien entendu exclusivement du ressort du médecin. Il faut noter en passant que c’est fréquemment le psychiatre qui demande au Conseiller d’O. 1*. son avis, sachant que le choix d’une activité qui intéressera l’adolescent et dans laquelle il pourra réussir est un adjuvant indispensable au traitement qu’il entreprend.
- Bien eiitendu le psychiatre n’est pas le seul spécialiste auquel le conseiller d’O. P. fasse appel : dans les cas de déficients physiques, une étroite collaboration s’établit ou devrait s’établir entre médecins et conseillers d’O. P. Il est à souhaiter que dans ce domaine on étende en France les méthodes de VOccupational Therapy, largement utilisées en Grande-Bretagne, qui permettent non seulement des réussites médicales mais sociales remarquables et dans lesquelles le conseiller d’O. P. a un rôle important à jouer.
- En dehors des médecins, le conseiller d’O. P. travaille en contact étroit avec le psychologue scolaire chaque fois qu’un tel spécialiste existe, avec les éducateurs spécialement ceux auxquels sera confié l’adolescent pour sa formation professionnelle afin qu’ils poursuivent par un lent travail d’éducation, les points perçus dans le rapide examen d’O. P. Enfin fréquemment le Conseiller d’Orientation n’hésitera pas à demander à une assistante sociale de joindre ses efforts aux siens pour le seconder dans l’exécution de démarches souvent impossibles à accomplir par la famille et qui pourtant sont essentielles pour que le conseil soit agi et ne reste pas formulation verbale. L’assistante sociale pourra également donner sur le milieu familial des indications de haute valeur.
- Ainsi on peut concevoir l’Orientation Professionnelle soit comme faisant partie intégrante d’une éducation, soit comme étant un adjuvant essentiel d’une action thérapeutique et dans les deux cas on admet un point de vue normatif soit qu’on s’efforce par l’éducation d’aider un sujet à devenir un membre heureux d’une communauté donnée, soit qu’on s’efforce de l’introduire dans un environnement où il sera capable de se comporter en sujet normal, cest-à-dire adapté.
- Mais il est bien évident que le Conseiller d’O.P. qui envisage sa tâche sous cet angle est très limité quantitativement dans son action.
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- Chaque cas requiert de lui des efforts et un temps qui ne lui permettent que de s’occuper d’un nombre restreint d’adolescents. Et cependant les demandes affluent aux Centres, les parents, les écoles pressent les conseillers de résoudre les difficultés, c’est ainsi qu’une autre attitude de travail est nécessaire chez les conseillers d’O. P.
- Ici le conseiller travaille dans une perspective. tout autre que celle de son collègue qui s’intéresse aux « cas ». Il souhaite tout d’abord que son action s’étende à un nombre aussi élevé que possible de sujets. Par ailleurs il souhaite travailler avec le maximum de sécurité, pour cela son travail sera avant tout basé sur l’expérimentation et les résultats statistiques. C’est grâce à eux qu’il améliorera sa technique et son action. Il travaille sur des groupes et procède par examens collectifs, pour lui l’outil de choix est le test collectif, dont il s’efforce d’améliorer la valeur.
- Il considère l’examen psychologique comme une expérience et le conduit avec rigueur même dans des détails qui peuvent paraître futiles au profane. Il cherche à employer des instruments qui possèdent les qualités métrologiques nécessaires et qui, en particulier soient valides, ce qui soulève aussitôt le délicat problème de l’étude des critères. De nombreux efforts ont été faits dans ce sens au cours des dix dernières années par les psycliotechniciens. En effet, si le cadre des références auquel on va comparer les résultats obtenus aux tests est fragile, aucune conclusion valable n’est possible.
- Lorsqu’on considère l’O. P. dans cette perspective il est absolument nécessaire que l’action du conseiller soit étayée par un service de recherches bien équipé en constante relation avec le praticien. C’est pour répondre à cette nécessité que dès sa création l’Institut a eu un Service de Recherches, ce service actuellement dirigé par M. Reuchlin fait un effort particulier pour établir des contacts toujours plus étroits avec tous les conseillers d’O. P. de France et d’Afrique du Nord dont le nombre total va bientôt atteindre 500.
- Certains conseillers peuvent être amenés â exécuter des travaux nécessaires à leurs besoins propres et à ceux des collègues de leur région : étude de la population sur laquelle ils travaillent, établissement d’étalonnages locaux, comparaisons de groupes pour lesquelles l’analyse de la variance sera un outil de travail précieux. Cependant il n’est pas possible au praticien de mener à lui seul des recherches psychotechniques importantes. Mais il peut poser au Servive de Recherches les problèmes à résoudre, il peut recueillir des résultats qui ne seront pas élaborés par lui mais dont il contrôlera l’efficacité pratique et contribuera ainsi grandement au progrès des méthodes.
- Enfin un problème qui préoccupe â juste titre tous les conseillers d’O. P. est celui de l’étude des métiers. On peut penser avec Vernon que les domaines de la sélection et de l’orientation professionnelles ont été obscurcis par des spéculations non vérifiées sur les qualités
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- requises par les métiers. Actuellement des efforts sont faits pour clarifier le problème et le rendre accessible, les progrès dans ce domaine contribueront certainement pour une part très importante aux progrès et à l’efficacité de l’Orientation.
- Nous pensons que les deux attitudes que peuvent avoir les conseillers sont indispensables dans la pratique de l’Orientation professionnelle. Il faut tantôt analyser l’individu en fonction du groupe ou des groupes dans lequel il vit ou vivra (méthode expérimentale et statistique), tantôt analyser l’individu en fonction de ses problèmes propres (méthode clinique). Pour faire le départ entre les sujets dont l’efficience et l’adaptabilité sont moyennes et pour lesquels des méthodes collectives jointes à des éléments de documentation, d’information et de placement sont suffisants et les sujets qui requièrent une étude particulière, les méthodes expérimentales et statistiques rendent déjà des services très appréciables et en rendront encore certainement davantage.
- Si ces deux attitudes sont non seulement légitimes mais se complètent heureusement nous pensons qu’il est absolument nécessaire que tous les conseillers d’orientation aient une formation de base commune dans laquelle les deux aspects que nous avons tenté de dégager soient équilibrés.
- Aussi pendant les deux années que les futurs conseillers passent dans les Instituts de formation (1) s’efforce-t-on de leur faire acquérir la méthode et l’esprit critique dont nous parlions au début de cet article. Nous nous rejoignons ici avec les auteurs des articles précédents, Mme Pacaud, MM. Fraisse et Zazzo, car il est bien certain que dans tout métier ayant pour fondement les sciences humaines un esprit lucide capable d’expérimenter et de critiquer son propre travail est la base essentielle de tout travail utile. Il serait vain que le futur conseiller se spécialise trop tôt et le faire avant de commencer ses études serait bien évidemment absurde. Les nécessités pratiques voire l’évolution des goûts, des intérêts du Conseiller lui-même peuvent d’ailleurs fort bien l’obliger à adopter successivement les deux attitudes. D’ailleurs, le débutant qui n’étudierait que l’aspect clinique de la psychologie sans posséder une culture psychologique générale et expérimentale solides sentirait vite l’insuffisance de ses efforts ou serait amené à formuler des conclusions superficielles voire hasardeuses ou même dangereuses pour ceux auxquels il les appliquerait. Le débutant qui voudrait tout envisager sous l’angle statistique découvrirait vite la pauvreté de ses chiffres, n’en comprendrait pas le
- (1) En dehors de l’Institut de Paris, l’Institut de Biométrie Humaine de Marseille est habilité à préparer au diplôme d’Etat de Conseiller d’O. P., diplôme créé par Décret validé du 27 janvier 1944, nécessaire pour exercer les fonctions de Conseiller d’Orientation professionnelle.
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- contenu et perdrait de vue cette vérité essentielle qui ressort souvent des travaux des psychologues statisticiens les plus éminents tels Burt et Thurstone : la statistique en psychologie est un moyen qui permet de trier et de contrôler les données, elle n’est jamais en elle-même un but, et ne permet jamais par elle-même de faire découvrir des vérités psychologiques.
- En dehors de la culture générale et des techniques d’ordre psychologique que l’on essaie de donner aux conseillers, il n’est pas négligé dans la formation l’aspect proprement professionnel, nous voulons parler de l’étude des métiers et professions. Cet aspect de la formation n’entre pas dans le cadre de.cet article mais étant donné son importance dans la formation du conseiller d’O.P. nous avons voulu le mentionner.
- Certes on peut penser qu’acquérir toutes les connaissances nécessaires au Conseiller d’O. P., mais surtout de les avoir assimilées, intégrées de façon à les dominer, à les utiliser avec aisance et non pas à en être l’esclave est bien difficile en deux années seulement. Nous ne serions pas éloignés de penser ainsi, bien qu’il faille savoir que les étudiants des Instituts de formation de Conseiller d’O. P. sont occupés toute la journée par les cours, les travaux pratiques et les stages, ce qui permet une préparation intensive qui est peut-être parfois un peu pénible pour l’étudiant mais certainement féconde.
- D’ailleurs nous l’avons dit ceux qui ont la charge de la formation des conseillers ont toujours eu le souci de leur donner une formation adaptée aux exigences de la profession, c’est dire que la porte reste ouverte aux aménagements nécessaires.
- Rapport du Congrès international de Psychiatrie
- Les rapports du Ier Congrès International de Psychiatrie (Paris 1950) ont été publiés en six volumes aux Editions Hermann. Ils sont groupés en six sections : psychopathologie générale, psychiatrie clinique, anatomo-physiologie cérébrale et biologie, thérapeutique biologique, psychothérapie, psychanalyse, psychiatrie sociale. Le même éditeur annonce pour la fin de Pannée la parution de huit volumes de compte rendus.
- Laboratoire d’Expérimentation sociométrique et psychosociologique
- On annonce l’inauguration d’un Laboratoire d’expérimentation sociométrique et psychosociologique contrôlé par le Conseil de la 6e Section de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes. M. Jean Maisonneuve sera le Secrétaire Administrateur du Laboratoire dont le travail sera guidé par un Comité Scientifique qui sera probablement constitué comme suit : F. Braudel (Secrétaire de la VIe Section), L. Febvre (Président de la VIe Section), G. Gurvitch, G. Le Bras, C. Lévi-Strauss, J. Meyerson, H. Piéron, Poyer, H. Wallon. Secrétaire du Comité : Paul H. Maucorps.
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- f LE Xe CONGRÈS INTERNATIONAL
- DE PSYCHOTECHNIQUE
- par Mme DUCHAPT
- Le Xe congrès international de psychotechnique s'est tenu à Gôteborg, du 24- au 28 juillet 1951 ; le président d'honneur en était M. le Professeur Henri Piéron et le président du congrès, M. le Professeur John Elmgren, accueillit dans l'Université de Gôteborg, les quelque 200 participants, venus de 23 pays ; il rappela les préoccupations des pionniers de la psychotechnique, qui étaient d'introduire les points de vue de la psychologie théorique dans les domaines pratiques ; il indiqua aussi que le sens du congrès était d'intensifier les contacts et les échanges d’idées dont tout psychologue a besoin, puis de tenter de rassembler les faits en une synthèse.
- Tout d’abord, la commission présidée par le Dr C.-B. Frisby, de Londres, présenta le rapport de ses travaux concernant le « training of applied psychologists » (préparation des psychotechniciens.) Cette question semble délicate, du fait de la dissemblance des conditions dans lesquelles s'exerce la psychotechnique dans les différents pays concernés ; néanmoins, le rapport conclut sur la nécessité d'études sérieuses, à la fois dans le domaine théorique et dans le domaine pratique, distribuées et supervisées par les Universités ou par des établissements de valeur scientifique reconnue.
- Les séances de travail ont été successivement consacrées aux applications de jour en jour plus nombreuses de la psychologie et, sans qu'il soit possible de les passer toutes en revue, voici néanmoins, l'essentiel des rapports qu'il nous a été possible de suivre sur :
- l'étude des tests et des fonctions psychiques ;
- l’analyse des professions et l'orientation professionnelle ;
- l’examen de la personnalité ;
- la psychologie d'application sociale ;
- la psychologie judiciaire ; ,
- le travail humain ;
- la psychologie du chef.
- Nous nous permettrons de les regrouper comme suit :
- I, — Etude de tests et fonctions psychiques.
- II. — Sélection professionnelle. Orientation Professionnelle.
- III. — Etude de la personnalité.
- I. — Etude des tests et des fonctions psychiques.
- M. le B' Migliorino, de Palerme, présenta un test d'attention distribuée : une bande de papier où sont tracés des lignes et des disques colorés, est remise au sujet qui doit relier les disques par un trait de crayon, en respectant d'abord la consigne suivante : « La couleur du disque commande la couleur de la ligne colorée vers laquelle il faut se diriger » ; puis en observant la consigne inverse : « La couleur de la ligne atteinte commande la couleur du disque vers lequel il faut se diriger ».
- On note le temps, les fautes, l'acquisition de l'automatisme et le renversement de celui-ci, les phénomènes de blocage, d'inhibition et, parfois, jusqu'à l'impossibilité de poursuivre l'épreuve.
- Ce test qui rappelle l'étude de l'inhibition dans le sens de Pavlov (réflexe conditionné qui doit faire place à un autre réflexe), qui met en lumière la capa-
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- cité d'adaptation et la plasticité du sujet — comme le test RAP étudié récemment en sélection professionnelle par Mma Pacaud — sert, dit le Dr Migliorino dans les recherches de laboratoire et a été employé dans la sélection des employas des Chemins de Per.
- M. Mongruel, de Rio de Janeiro, communiqua, par l’entremise de M. le Professeur Mira y Lopez, les résultats de la méthode des perturbations stimulatrices dans l’apprentissage industriel. Cette recherche qu’il poursuit depuis 20 ans, a son origine dans l’expérience personnelle qu’il fit lorsque, enfant, il étudiait le violon, tandis que les taquineries de sa soeur l’obligeaient à une plus grande concentration ; sa sœur étant partie en pension, il s’aperçut que ces perturbations lui manquaient ; il répéta cette expérience, plus tard, avec un ami, puis avec des apprentis et il trouva que la domination de l’apprentissage était meilleure et plus rapide dans ces conditions perturbées que dans des conditions normales.
- M. Mongruel en vient donc à cette conclusion qu’il fallait faire de l’apprentissage une occasion de vaincre un record, en exagérant quelques difficultés initiales ; c’est une méthode que l’on utilise maintenant pour l’apprentissage du ski ou du patinage, ainsi que dans l’armée américaine : pour se former aux tirs d’artillerie et d’infanterie, on commençait autrefois par dés tirs sur des cibles immobiles, alors que, maintenant, l’on débute par des tirs sur des cibles mobiles et, parfois, encore, pour augmenter la difficulté, le tireur lui-même est mobile.
- On commence donc par ce qui est difficile, c’est-à-dire, que l’on inverse le processus habituel ; M. Mongruel se demanda si la méthode était valable pour l’apprentissage industriel ; son expérience a été conduite dans les écoles de Rio-de-Janeiro : il y avait un premier groupe de contrôle et un deuxième groupe soumis à la méthode Mongruel ; le deuxième groupe atteignit le plafond de l’apprentissage plus vite que le premier groupe et montra une plus grande self-correction des erreurs.
- Naturellement, conclut M. Mongruel, il faut adapter le rythme et le degré des perturbations stimulatrices aux possibilités de l’individu.
- M. le Dr Van Peype, d’Utrecht, présenta un test d’habileté technique consistant en une boîte cylindrique qu’il faut fermer par un couvercle possédant deux mécanismes additionnels qui constituent les difficultés à vaincre ; la fermeture de cette boîte peut donc être obtenue de différentes façons qui situent le degré d’aptitude technique du sujet. (Matériel et manuel sur demande à : Nederlandsche Stichting voor Psychotechniek. TJtrecht).
- M. le Professeur Coetsier, de Gand, donna les résultats de son étude sur les aspects quantitatif et qualitatif du travail intellectuel chez les écoliers. Il analyse, en particulier, les erreurs et les omissions qui apparaissent dans les tests écrits ; utilisant un procédé d’enregistrement des omissions et. des erreurs, il trouve des corrélations élevées entre les omissions et les erreurs d’une part et les résultats scolaires d’autre part (.62).
- M. le Professeur Coetsier analyse également le moment où apparaissent dans les épreuves les erreurs et les omissions et cette zone d’incertitude plus ou moins étendue, renseigne sur le type de l’intellect : esprit net, ou confus, superficiel, etc., enfin, la moyenne des points par sections du travail, par rapport au rendement total donnç une indication sur la productivité. Les aspects qualitatif et quantitatif étant complémentaires, M. le Professeur Coetsier conclut qu’il est intéressant d’allouer du temps supplémentaire dans les examens individuels, et, pour les épreuves collectives, il les reprend avec les sujets en leur faisant faire le commentaire oral des erreurs de la zone d’incertitude. Ce commentaire et la motivation des erreurs permettent de mieux connaître les possibilités vraies du suj^t.
- II. — Sélection professionnelle. — Orientation professionnelle.
- M. le Professeur Mira y Lopez, de Rio-de-Janeiro, décrivit les services de sélection professionnelle et d’orientation professionnelle de la fondation Vargas de Rio-de-Janeiro, dont le budget est de $ 130.000 par an (45.500.000 francs français environ) et le personnel de 50 personnes, à temps complet (35 heures par semaine) ou non.
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- Le service essaie de donner satisfaction à Fhomme et à l'employeur qui demande du rendement. Les diverses branches d'application de la psychologie sont :
- 1° L'Orientation professionnelle scolaire dans les classes de passage du primaire au secondaire ; le travail de l’élève est suivi ; un dossier est constitué et un conseil est donné en fin d'année :
- 2° L'Orientation professionnelle individuelle fait face à des cas très divers pour lesquels la consultation est payante ; on trouve dans cette catégorie de nombreux cas de psychologie clinique, aussi le service est-il en rapport avec d'autres organismes qui traitent, s'il y a lieu, les cas particuliers.
- 3° La Sélection professionnelle : a) préalable à l'apprentissage dans les écoles spécialisées, dans l'armée, dans les services du corps diplomatique ; c'est ici, surtout, une opération de criblage ; b) puis une sélection des meilleurs pour un poste donné ; en Amérique du Sud, même les candidats à un poste élevé acceptent de passer un examen de sélection professionnelle ;
- 4° Réadaptation professionnelle ;
- 5° Documentation ;
- 6° Section médicale : l’examen biotypologique et l'examen médical sont indispensables (voir à ce sujet les rapports dans le journal de l’Institut de Rio-de-Janeiro).
- 7° Enquête sociale conduite d'une manière générale et en particulier, l’étude de la chambre du sujet est retenue, comme très riche de renseignements ;
- 8° Section psychologique et application des tests d'intelligence et de personnalité 6 ou 7 sont appliqués à chaque sujet (...........) ;
- 9° Section des statistiques conduite par un statisticien et non par un psychologue ; la section travaille d'une manière autonome et une grande importance est donnée à ses résultats.
- M. le Professeur G. Friedmann, de Paris, nous entretint de quelques problèmes actuels du travail, dans leurs rapports avec la psychologie des entreprises et la condition ouvrière. Rappelant qu'une analyse qualitative des professions est actuellement dressée — du point de vue international — il signala que les métiers globaux concernent 10 % des travailleurs, à côté de 90 % des métiers de série. Le secteur non-global augmente d'année en année ; c'est celui des semi-qualifiés (semi skilled) ; ces ouvriers sont en réalité partiellement qualifiés, avec peu ou pas d'initiative ou de responsabilité personnelle.
- Le rythme des globaux est plus lent ; par contre, les travaux de Wunderlicht sur la typologie des besognes premières mentionnent que l’instruction est une contre-indication pour les métiers de série. (Voir Cahiers Internationaux de Sociologie).
- M. le Professeur Eriedmann passa en revue les questions actuelles suivantes :
- — le bruit : l'ouvrier s’en plaint ou le trouve nécessaire comme excitation au travail ;
- — le complexe homme-machine : le rapport d'une ouvrière à ce sujet fait bien la distinction entre les machines et la Machine ;
- — le « mechanical instinct » : y a-t-il un réel test mécanique ?
- — le degré de libération de potentiel des travailleurs : M. le Professeur Friedmann signale le livre de Ch. Léger qui traite de ce sujet : La démocratie industrielle en Suède.
- — l'appel aux qualités d'homme de l’ouvrier : suggestions, boîte à idées, etc... ;
- — la monotonie : la tâche monotone est celle qu’on appelle ainsi et les définitions varient avec les individus ; c'est surtout celle qui apporte de l'ennui, de l’insatisfaction ;
- — les réactions aux changements de poste : exemple : les Noirs de Detroit redoutent la dispersion de l'équipe, craignent de ne plus pouvoir faire du day-dream, de s’évader mentalement ;
- — les relied men or women placés à côté des chaînes de travail, permet-
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- tant la non interruption de la chaîne en même temps que la détente et l’absence momentanée des travailleurs ;
- — la constitution des groupes de travail ; elle semble nécessaire et peut donner d’excellents résultats, comme à Soleurn (Suisse) où le Professeur Waltlier les a constitués ;
- — le rythme physiologique ;
- — la liaison de la psychotechnique et de la sociologie.
- M. Goguelin, de Paris, parla de l’analyse des professions en tant que base de travail et présenta — à côté de la description des analyses différentielles et factorielles — une analyse évolutive dans laquelle on recherche dans quelle mesure le métier accentue les aptitudes initiales. Un graphique donne pour différents métiers, les résultats aux tests obtenus au début de l’exercice du métier, puis les résultats après un an et après 3 ans du même métier. On trouve que si les résultats de départ sont égaux, ils s’ouvrent en éventail avec les années! et suivant la qualification et les caractéristiques des métiers choisis.
- M. Palmade, de Paras, donna les résultats d’une étude sur la validation pratique d’examens psychotechniques d’ingénieurs ; la condition indispensable est une batterie suffisante de tests et, à côté de plusieurs épreuves d’intelligence générale et technique, la présentation de plusieurs épreuves de personnalité, un entretien, une auto-biographie.
- Puis, il compara l’ensemble de ces résultats avec les avis des chefs de service et il construisit l’histogramme des accords et des désaccords relatifs ou complets. En comparant l’histogramme que donnerait le hasard seul avec celui-ci, l’on trouve une accentuation importante des cas de désaccords. L’accord 9 fois sur 10 devient, avec le hasard une fois sur 2, d’où M. Palmade conclut à la valeur indiscutable de prédiction — présente, sinon totale — qui existe dans la sélection professionnelle comme elle est pratiquée actuellement.
- M. Alastair Héron, de Londres, présenta également une étude poursuivie sur 80 ouvriers pour lesquels il possédait d’une part : des critères d’ajustement professionnel, leur productivité pendant 67 semaines et un classement de leur adaptation aux demandes de la situation du travail par six surveillants et, d’autre part : les résultats à 22 tests administrés individuellement.
- Mrae Duchapt, de Paris, exposa l’action de Y Orientation professionnelle en secteur rural français ; après quelques mots pour décrire la situation économique du secteur concerné les constatations effectuées sur l’adolescent rural, au point de vue physiologique et psychologique, furent comparées aux notes et aux résultats des enfants des villes et en particulier de la région parisienne ; puis, les goûts des adolescents, la formation professionnelle effectivement entreprise et les besoins des professions furent comparés pour en dégager les facteurs qui doivent être pris en considération dans l’Orientation Professionnelle de ces adolescents.
- Le R. P. Vernet, de Paris, ouvrit une page nouvelle en parlant de VOrientation Professionnelle des prisonniers de Fresnes. Ce service a un triple aspect :
- — le recrutement pour le centre d’orientation professionnelle est un travail social ;
- — l’application des tests forme la partie psychotechnique ;
- — enfin, le reclassement auquel on désire aboutir représente le côté humain du service.
- Les « longues peines », c’est-à-dire, les détenus qui ont au moins 5 ans, sont vus en priorité ; les éducateurs et les éducatrices ont 15 à 20 détenus à leur charge ; on les regroupe en ateliers homogènes. A Fresnes, seul endroit où fonctionne ce service actuellement, un groupe de 80 détenus a été examiné en un mois et demi ; en octobre 1951, le service sera équipé pour examiner 150 sujets par mois.
- Au point de vue des tests, la batterie du Ministère du Travail est appliquée, ainsi que plusieurs tests de caractère, les mots de Jung, 3 planches du test Z (Zulliger), des tests individuels, bois et tourneur ; il y a aussi un entretien (une enquête sociale a toujours lieu avant même l’examen). Aucune note n’est prise
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- devant le délinquant, pour éviter la dissimulation et le mensonge qu'il pourrait faire devant quelqu'un qui note tout ce qu'il dit — comme l'ont fait précédemment devant lui les greffiers de tribunaux, etc...
- La motivation chez les délinquants est étudiée spécialement ; on aboutit à un compte rendu qui donne 2 ou 3 possibilités d'Orientation professionnelle ainsi que des contre-indications et un pronostic de récidive ou de non-récidive.
- Ce rapport a suscité un énorme intérêt et, en fin de congrès, avec les félicitations du président, le vœu a été émis que tous les pays s’inspirent de cette réalisation pour organiser des services similaires.
- III. — Etude de la personnalité.
- M. le Professeur Bell, de Worcester, présenta le cas de Peter : une analyse des performances de Peter dans le test Myokinétique de Mira, ainsi que dans le test de dessin de Mira : figure humaine, maison, visage aimé et visage non aimé.
- Les tests musculaires étaient bien, mais l'arrêt intervint quand il fallut faire preuve d'imagination, d'organisation, d'intervention personnelle — ce qui correspond à l’âge mental de 6-10 ans où s'est arrêté le développement du sujet.
- M. le D' Ravin, d’Oslo, posa la question suivante : La personnalité totale de l’examiné nécessite-t-elle l’investigateur total ? •
- Les mathématiques sont incapables d'analyser les faits psychologiques, dit-il, où les facteurs cognitifs et émotifs sont si intimement unis. Pour respecter la personnalité entière, l'investigateur doit donner de la sympathie, car il a à comprendre ; de plus, ce que l'investigateur obtient ne sont que certains points de l'image totale de la personnalité. L'ensemble de l'étude conclut au grand danger qu’il y a dans l'approche atomistique de la personnalité.
- Le R. P. Vernci, de Paris, présenta le test de Fresnes, du Professeur Baruk ; c’est un questionnaire genre Gallup, au sujet du conformisme moral. En prison, où l'on trouve 12 % d'illetrés, contre 3 % qui est le taux normal en France, les jugements faux proviennent des anormaux, des schizoïdes et des souteneurs.
- l/a pidi cation de ces marnes tests faite sur des classes de 4; et de 3e de lycée a révélé qu'en 3P, on est moins conformiste qxi'en 4e , d autre part, on n'a pas trouve de corrélation valable entre les tests d'intelligence et les résultats au test dp jugement moral.
- M. Weil, de Rio-de-Janeiro, présenta son test : « afectivo diagnostic ». Après une étude sur le Rorschach où il avait relevé des réactions électrocutanées par galvanomètre, ainsi que des émotions et inhibitions sans réaction et inversement, M. Weil a pensé que, si des taches d'encre provoquaient des réactions électrocutanées, à plus forte raison, un contenu significatif pouvait le faire.
- Le test comporte la présentation de 13 images significatives pour lesquelles en sollicite une réaction verbale et de 5 images neutres de contrôle ; puis enfin, de 20 mots inducteurs. Le sujet ayant des électrodes aux mains, on note s'il y a déviation, ainsi que le temps entre le stimuli et la première réaction verbale.
- M. Weil a étudié l'émotivité, sur le plan neuro-végétatif, telle qu'elle est révélée par le galvanomètre et étalonnée comme un test d'intelligence ; sur 39 stimuli, combien y a-t-il de réactions ? A Rio-de-,Janeiro, sur 130 personnes, la moyenne est de 22, le sigma de 9.
- Puis, il étudia la liaison ou l'indépendance qui existe entre les temps de réactions verbale et les réactions électro-cutanées et trouva une corrélation de 0 ; il a aussi noté que 50 %, c’est-à-dire le % du hasard, des impossibilités de réponses sont accompagnées de réactions électro-ctatanées et il conclut qu'il faut au moins 2 faits, et encore ! pour parler d'un complexe. Enfin, il a trouvé une corrélation .70-.85 entre le nombre de réactions aux images et le nombre de réactions aux idées, ainsi qu'une corrélation de .89 entre les résultats de la première et de la deuxième expérience, en ce qui concerne la stabilité de l'évaluation de l'émotivité.
- Dans une application du test, les points suivants sont recherchés :
- 1° l'émotivité : a) neuro-végétative, par le nombre de réactions électro-cuta-
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- nées ; b) verbale, par le temps total des réactions, les impossibilités de réponses et les retards à certains stimuli.
- On trouve soit une inhibition ou une difficulté verbale : par exemple, chez les bilingues, les étrangers ; soit une exaltation donnée par des réponses affectives : exclamations, réponses euphoriques, disphoriques, accompagnés de C ou de CF au Eorschach.
- 2° l’attitude de l’individu : objective, intellectuelle, descriptive, subjective, esthétique, affective quand elle est accompagnée de réactions électro-cutanées.
- L’étude statistique a donné les premières indications suivantes : avec des réponses intellectuelles, il y avait souvent des réactions électro-cutanées :
- de type objectif 45 % avec réactions électro-cutanées
- de type subjectif : 75 % avec réactions électro-cutanées.
- Dans l’établissement des planches du test, on a retenu 5 catégories de stimuli : disphorie, religion, sexualité, culpabilité, famille ; aussi peut-on noter une accumulation de signes dans l’un ou l’autre de ces secteurs ; cettë disposition) peut servir aux psychanalystes pour voir si le sujet est en attitude de défense et principalement dans quel secteur.
- Ce test demande 20 minutes d’application et de correction ; M. Weil rappelle que, pour éviter une trop forte attitude de défense de la part des sujets, un homme doit examiner un homme et une femme, une femme.
- M. l’Ingénieur Wirdenius, de Stockholm, contribua à l’étude de la psychologie du chef, par son rapport sur la sélection des surveillants chefs : il leur applique un test de jugement où, devant une situation donnée, ils ont à choisir entre 5 solutions différentes — il y a 36 de ces solutions de la vie courante à trouver — ainsi qu’un test de compréhension et d’habileté technique.
- Il nous semble que le Xe Congrès international de psycho-technique ait donné, non un rapport exact des multiples applications de la psychologie dans des domaines de plus en plus variés, dans tous les pays, mais un reflet et un échantillon^ pourrait-on dire, des recherches, des efforts et de toutes les activités qui prennent leur point de départ dans la connaissance de la psychologie.
- Ce développement, comme l’a esquissé M. le B' W. V. Bingham, de Washington, bien qu’inégal suivant les pays, requiert maintenant, d’une manière internationale, une mise en place bien définie de la profession, ainsi que la formation adéquate de spécialistes ; ce sont ces points que le Comité Directeur de l’Association de Psychotechnique avait déjà estimé nécessaire d’étudier en 1949, à Berne, et qu’il devient indispensable de résoudre à l’heure actuelle.
- A Iv’I. IV. O. F».
- * Les textes ronéotypés des Conférences faites aux Journées d’Etudes des Secrétaires régionaux d’O. P. (1-9 juin 1951) sont en vente au Secrétariat de l’Institut au prix de 150 francs. Frais d’envoi en sus.
- * La Période Probatoire d’admission à l’Institut National d’Orientation professionnelle a bien eu lieu du 16 au 21 juillet et non du 12 au 21 juillet. Les cours ont repris le lundi 5 novembre. M. Piéron a prononcé la conférence d’ouverture.
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- * L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- ET LA PROFESSION DE COIFFEUSE
- par le Docteur Marianne CHOTIAU
- La profession de coiffeuse est une des plus recherchées actuellement par des jeunes filles ne possédant pas un gros bagage scolaire et qui sont tentées par le côté plaisant d'un métier qui flatte leurs goûts de coquetterie et d'élégance.
- Un certain nombre de points méritent cependant d’attirer l’attention de l’orienteur, et c’est à un examen très approfondi de la jeune fille que l’on doit se livrer avant de délivrer le certificat d’orientation.
- Nous envisagerons successivement ;
- Les qualités morphologiques ;
- Les qualités manuelles ;
- Les qualités intellectuelles et psychiques ;
- Les qualités physiques.
- Qualités morphologiques.
- Avoir le « physique de l’emploi » est essentiel. La coiffeuse doit être agréable à regarder. Il ne faut pas dire par là que seules des beautés pourront être coiffeuses, mais l’orienteur doit juger des possibilités d’adaptation du physique par la coiffure, le maquillage, etc. En général, le port des lunettes est défavorable.
- Enfin, la taille joue un rôle essentiel. Il faut éliminer les jeunes filles de petite taille, pas seulement du point de vue esthétique, mais en raison des nécessités même du métier. Une trop petite taille, en obligeant la jeune fille à lever les bras est une gêne pour l’exécution du travail, sans parler de l’excès de fatigue qui en résulte.
- Qualités manuelles.
- La coiffure exige des qualités d’habileté manuelle, de précision et de rapidité du geste, beaucoup de dextérité des doigts, en même temps que la finesse et la légèreté du toucher.
- Qualités intellectuelles et psychiques.
- Le niveau scolaire est moyen. Toutefois, le sujet devra s’exprimer en un français correct et être capable d’établir rapidement, le compte de la cliente.
- Enfin, on se rendra compte si la candidate est capable d’assimiler la technologie indispensable à la formation d’une bonne ouvrière.
- La coiffeuse doit faire preuve de goût, de justesse de coup d’œil. Le travail exigé demande beaucoup de soin et d’application.
- Les qualités psychiques sont celles demandées à tonte personne qui est en contact avec le public : amabilité, assurance, sans arrogance, patience, souplesse
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- et tact. Enfin, la coiffeuse devant rester un temps assez long auprès de la cliente, elle devra pouvoir soutenir une conversation, sans jamais être importune.
- Qualités physiques.
- C'est le chapitre le plus important, et il faudrait au moment de l’examen médical d’orientation pouvoir faire barrage. Trop d’apprenties sont obligées d’interrompre un apprentissage déjà assez avancé pour des accidents qui, dans un grand nombre de cas, auraient pu être évités par un examen plus approfondi.
- Le métier de coiffeuse est fatigant et exige une excellente santé.
- Nous envisagerons successivement les diverses contre-indications médicales, en les étudiant par grandes fonctions.
- Appareil respiratoire.
- Affections pulmonaires graves, tuberculose, asthme.
- Appareil circulatoire.
- Grosses lésions cardiaques.
- Troubles circulatoires des membres inférieurs, et avant tout varices.
- Appareil digestif.
- Troubles gastriques s’aggravant par l’horaire irrégulier des repas.
- Grosse insuffisance hépatique.
- Nous en rapprocherons le diabète.
- Appareil génito-urinaire.
- Néphrite chronique avec albuminurie.
- Prolapsus génitaux.
- Système osseux, articulaire et musculaire.
- Toutes les grosses déformations vertébrales, le genu valgum, le pied plat.
- Luxation de la hanche.
- Toutes les déformations des épaules, des coudes et des mains avec impotence fonctionnelle.
- R. A. A.
- Déficiences de la paroi abdominale (hernies).
- Organes des sens et système nerveux.
- Troubles de la phonation, de l’ouïe, de l’olfaction, du toucher.
- Daltonisme, strabisme. Une très bonne vue n’est pas indispensable, mais nous avons vu plus haut que le port de lunettes était à éviter.
- L’épilepsie, les affections neurologiques.
- Peau.
- C’est là le point le plus important de cette brève énumération. En effet, on connaît l’importance des lésions eczémateuses chez les coiffeuses, lésions qui obligent à l’interruption du métier.
- Les produits les plus souvent employés en cosmétique renferment des substances irritantes pour la peau. Ce sont :
- — des bases caustiques ou des alcalins ;
- — des alcools ou des acides ;
- — de l’eau oxygénée (de 10 à 80 vol.) ;
- — du chlorhydrate de paraphénylène diamine.
- De plus, certains de ces composés chimiques peuvent réagir les uns sur les autres au cours de manipulations successives.
- Les réactions présentées par certains sujets peuvent être considérées comme des phénomènes d’anaphylaxie ou d’intolérance, qui se manifestent soit dès le premier contact, soit à la longue par suite de sensibilisation progressive.
- Il convient donc d’étudier tout particulièrement l’état de la peau du sujet examiné et de connaître ses réactions possibles aux produits utilisés.
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- Pour cela, par rinterrogatoire, on recherchera s’il y a déjà eu des manifestations eczémateuses ou urticariennes.
- Ensuite, par le système des « touches », on étudiera la sensibilité aux différents produits.
- Et l’on éliminera d’emblée tous ceux qui présentent des réactions de sensibilisation.
- C’est un devoir pour l’orienteur d’empêcher une fillette d’embrasser une profession qu’elle sera obligatoirement amenée à abandonner dans un avenir plus ou moins lointain. Il est bien évident que le fait de n’avoir pas réagi aux « touches » n’est pas une assurance contre une sensibilisation future. En effet, il peut se créer, par l’emploi répété des substances incriminées une inadaptation progressive. De plus, l’emploi de nouveaux produits ou de nouvelles réactions peut amener des lésions imprévisibles. Toutefois, il s’agit là de cas particuliers qui n’enlèvent rien à la valeur de la méthode préconisée.
- ! * '
- * *
- En résumé, il paraît indispensable d’effectuer sur les jeunes filles se destinant à la profession de coiffeuse un examen d’orientation professionnelle extrêmement approfondi. La sélection doit se faire hardiment. Et de cette façon l’examen d’orientation aura rempli son but, qui est avant tout de diriger le sujet envisagé vers la profession qui, en répondant à ses aspirations et à ses aptitudes, lui permettra le plein épanouissement de tout son être.
- L’ÉCOLE DES PARENTS
- Le Professeur Heuyer a inauguré le lundi 15 octobre la première d’une série de Conférences qu’organise l’Ecole des Parents tous les lundis à 21 heures à l’amphithéâtre Yulpian de la Faculté de Médecine de Paris. Les quatre premiers cours ont été consacrés à l’étude de. ce qu’apprennent aux Parents la psychiatrie infantile, la psychologie expérimentale, la psychanalyse et la caractérologie. Les conférenciers se proposent d’examiner ensuite quelques accidents de l’éducation : enfants renfermés, instables, inattentifs. Voici le programme des mois de décembre 1951 et janvier 1952 :
- 3 décembre. — Les troubles de parole (Prof. Heuyer).
- 10 décembre. — Les tics (D" Lebovici).
- 17 décembre. — L’anxiété et la peur (Dr J. Boutonnier).
- 7 janvier. — L’énurésie (Dr Berge).
- 14 janvier. — Les troubles de l’alimentation (Dr A. Doumic).
- 21 janvier. —'Les troubles du sommeil (Dr F. Dolto).
- 28 janvier. — Les troubles sexuels (D' Launay).
- Nous publierons la suite du programme dans le prochain numéro.
- L’Ecole des Parents (9, rue Faraday, Paris 17e, tél. WAG. 64.11), où sont souscrits les abonnements à la publication du cours (700 frs), donne aux parents qui le désirent des consultations sur la manière de résoudre les problèmes que soulève l’éducation de leurs enfants.
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- * NOTES ET DOCUMENTS
- Les différences entre profils moyens
- J. Block, L. Lévine et O. McNemar développent, sous le titre : Testing for tlie existence of psgchometric patterns (1), une application de l’analyse de la variance à un problème qui se pose souvent aux psychotechniciens. Si G groupes contenant chacun m sujets nous ont fourni V mesures par sujet (V tests par exemple), on peut dresser un profil moyen pour chacun des G groupes. On peut ensuite se demander si ces G profils moyens sont significativement différents, si l’on peut par exemple différencier plusieurs types d’établissements scolaires ou plusieurs groupes professionnels (voir par exemple notre analyse 51-4-24 d’un travail de R. Bonnardel).
- Dans ce cas, les auteurs préconisent une analyse de variance à trois facteurs de classification. Les V variables correspondent aux colonnes, les G groupes aux blocs, les m individus aux lignes. Les sommes et moyennes sont faites pour chaque ligne et chaque colonne de chaque bloc, ainsi que les sommes et les moyennes générales par colonne. Dans un tel schéma, on voit immédiatement que le problème posé se ramène à celui de savoir si les différences entre moyennes des colonnes sont les mômes pour tous les blocs, c’est-à-dire à éprouver la signification de l’intéraction, Colonnes x Blocs. Le rapport F de Snedecor est donc utilisable. Le fractionnement de la somme des carrés et des dqgrés de liberté est donné et discuté, avec référence au manuel de statistique de McNemar (2) dans lequel l’exposé des méthodes d’analyse de la variance est en effet d’une grande clarté.
- Les applications et les limites de la méthode sont discutées. On peut y voir une contribution à la tendance, qui semble se développer, de l’emploi en psychologie clinique de certaines mélhodes statistiques convenablement adaptées.
- ______________M. Reuchlin.
- Premiers apprentissages, premiers problèmes
- Deux fascicules d’I. Lezine. — I. La vie physiologique de l’enfant. — IL L’éducation du caractère.
- Deux brochures agréablement présentées, de bonne vulgarisation :
- — Conseils pratiques pour l’éducation du jeune enfant de 0 à 4 ans. Rappel des principales étapes du développement de l’enfant. Examen de quelques problèmes.
- — Sans préconiser une méthode pédagogique unique, l’auteur met en évidence la nécessité d’une bonne organisation de la vie de l’enfant et l’importance de l’exemple familial. Elle propose une éducation basée sur l’expérience vécue.
- Ces brochures sont éditées par la « Fédération des Conseils de Parents d’Elèves des Ecoles Publiques », 3, rue Récamier, Paris (7me).
- F. Bâcher.
- (1) J. Abnormal and Social. Psychol. 1951. 46, 356-359.
- (2) McNemar (Q.). — Psychological statistics. New-York : John Wiley, 1949.
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- Des Revues*..
- Chaque article analysé est désigné par une triple référence : i° l’année, indiquée par le premier nombre. i° le numéro du présent B. 1. N. O. P.
- _____ 3° l’ordre de présentation des articles. _____
- 51-6-1. — La place de la théorie en psychologie expérimentale.
- R.-H. Thoüless. — British Journal of Psychology, 1950, 41, 14-24. — Utilité pratique d’une telle mise au point. La théorie scientifique en général : elle doit avoir la possibilité d’être-démentie par les faits. Signification du langage scientifique théorique. Le pseudo-problème de la « réalité » (réalité des facteurs par exemple). Dangers d’un rejet systématique, ou affectif de mots ayant provoqué des controverses (facultés, aptitudes, etc...). Les formulations conceptuelles équivalentes (solutions factorielles multiples). Utilité de plusieurs théories opposées à une théorie unique.
- 51-6-2. — La délinquance juvénile en France.
- J.-L. Costa. — La Documentation française, Notes et Etudes documentaires. 19 janvier 1951, n° 1423. 28 pages. Le problème de la délinquance juvénile. La juridiction de la délinquance juvénile en France. La législation française protectrice de l’enfance en danger. Les institutions françaises de protection de l’enfance délinquante.
- 51-6-3. — Le placement familial des adolescents inadaptés.
- Dr R. Preaut, J. Ormezzano, M. Buffet. — Sauvegarde de l’Enfance, 1951, 6, 586-602. Les auteurs proposent une méthode qui permettrait l’amélioration des placements. Il s’agit d’une étude parallèle de l’enfant et des familles dans des cadres systématiques se correspondant. L’enfant est décrit sur un profil en huit points : sevrage, inéducation, apathie morale, apprentissage de la vie, caractériel, instabilité, atonie, création personnelle. Chacun de ces points est noté à l’aide de dix critères objectifs que l’on peut tirer du dossier et des observations ou enquêtes. Par exemple, pour le point sevrage, on note : 1° absence des parents ; 2° hospitalisme ; 3° égocentrisme, etc... (chacune de ces définitions est précisée de façon à rendre la notation plus nette.). La famille est elle-même décrite en huit points : nidation, dressage, équilibre moral, autonomie contrôlée, redressement, sédation, stimulation, créativité. Chacun de ces points comprend lui-même dix critères. Pour nidation : 1° père et mère d’âge mûr ; 2° dégagés de préoccupations affectives ; 3° vie sociale réduite, etc... Il y a dans ce travail un très intéressant effort d’objectivation et de systématisation d’observations cliniques. Deux exemples, donnés par les auteurs montrent que cet effort peut être pratiquement utile. On pourra cependant se demander si les dix critères considérés pour chaque point des deux profils peuvent être indépendants et additifs et souhaiter que la technique puisse faire place aux multiples interactions qui existent nécessairement entre les critères et entre les points.
- 51-6-4. — Les bases physiques de la perception des obstacles par les aveugles.
- Y. Twersky. — American Journal of psychology, 1951, 44, 409-416. Susceptible d’intéresser les psychotechniciens faisant des travaux sur les aveugles.
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- 51-6-5. — Mesure du temps de réponse à des Questions de perception spatiale.
- V R. Cane et V. Horn. — Quarterly J. exp. Psychol. 1951, 3, 133-145. Effet, sur les réponses, du temps accordé, du nombre d'alternatives offertes (pour les tests à choix multiple), différences entre tests à choix multiples et tests en temps libre. Accessoirement, on trouvera dans cet article des exemples de questions de tests spatiaux et surtout une illustration intéressante d'analyse de variance faite d’après une expérience systématiquement planifiée.
- 51-6-6. — Les tests moteurs.
- M. de Montmollin. — Revue de Psychologie Appliquée, 1951, 1, 227-230. La troisième partie de cette revue de questions des plus complètes porte sur les études de validation. Soulignons cependant la nécessité de se reporter aux travaux originaux pour juger de la signification des coefficients rapportés, afin d'avoir les indications indispensables sur l'hétérogénéité du groupe et sur la nature du critère, ces deux éléments pouvant faire varier très largement les résultats.
- 51-6-7. — La construction des tests et l’échelonnage des questions.
- C. Burt. — British Journal of Psychology, Statisticdl Section, 1951, 4, 95-129. Très important article sur la question de la détermination de la difficulté des questions et sur la signification de cette détermination. Examen critique de différentes méthodes. Une méthode est proposée, exposée en détail et illustrée d'un exemple pratique.
- 51-6-8. — Détermination de la fidélité des résultats psychotechniques.
- L. Berlioz. — Revue de Psychologie Appliquée, 1951, 1, 139-145. Position générale du problème. Estimation de la fidélité : 1° dans le cas où il n'y a pas d'effet de pratique au cours des essais successifs ; 2° Cas où l'effet de pratique est sensible au cours des essais successifs. L'auteur pense qu'il est impossible d'estimer correctement la fidélité d'une note de test pour une population définie, sans procéder au minimum à deux applications.
- 51-6-9. — L’analyse factorielle comme fondement scientifique de l’Orientation et de la sélection professionnelles.
- M. Yela. — Revista de psicologia general y aplicada, 1950, 5, 75-84. Etat actuel de l'O.P. Ses deux aspects. Les trois phases de l'établissement des fondements scientifiques de l'O.P. L'analyse factorielle en O.P. Limites de l'analyse factorielle. La recherche factorielle en O.P. (Communication au IX® Congrès international de Psychotechnique).
- 51-6-10. — Deuxième étude sur l’analyse par item : Effets de méthodes variées sur la fidélité des tests.
- J. E. Ely. — Journal of Applied Psychology, 1951, 35, 194-203. Comparaison de quatre méthodes d'analyse, six groupes d’importance différente, quatre longueurs de test. Trois méthodes se révèlent voisines et meilleures que la quatrième quelle que soit l'importance du groupe et du test (analyse de variance en cube latin). Bibliographie suivie d'une note critique de Jungensen niant toute signification pratique (opposée à statistique) aux différences de valeur entre les quatre méthodes.
- 51-6-11. — Sur certaines difficultés rencontrées dans l’utilisation des plans factoriels et de l’analyse de variance dans les expériences psychologiques.
- B. B. Smith. — British J. of Psychology 1951, 42, 250-267. Dans certaines expériences psychologiques, deux des hypothèses fondamentales de l'analyse de la variance ne sont pas vérifiées : caractères additifs des effets, indépendance des observations.
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- Illustration, de cette remarque à propos de «l'illusion de Muller-Lyer ». Dans ces cas, les méthodes habituelles d'interprétation sont inadéquat-es.
- 51-6-12. — Le test de classification d’objets de l’I.S.O.P.
- E. Schneider. — Arquivos Brasileiros de psicotecnica, 1950, n° 3, 39-44 et 1951 3, n° 1, 49-57. Présentation du test et des résultats obtenus. L'auteur conclut à l'intérêt de son test, non seulement pour l'examen de la capacité d'abstraction mais aussi comme épreuve de personnalité et d'intérêts.
- 51-6-13. — Une étude de tempérament sur les adolescents.
- A.. Héron. — British Journal of Psychology 1951, 42, 218-237. Les garçons de 12 à 17 ans se divisent en deux groupes, selon qu'ils éprouvent ou non de l’intérêt pour les jeunes enfants. Signification de cetts observation. Les questionnaires ayant servi à ce travail sont reproduits.
- 51-6-14. — Etude critique de l’inventaire multiphasique de personnalité
- (« test » de Minnesota).
- L Gayral et Coll. — Annales médico psychologiques, 1951, 109, T. 2, 166-178. Description du test. Discussions relatives à l'utilisation des différentes échelles dans le domaine pathologique. Le test est surtout utile pour les « petits mentaux », certains malades au début (dysthymiques, schizophrènes, psychasthéniques).
- 51-6-15. — Le test de frustration de Rosenzweig. Adaptation, standardisation et étalonnages français.
- P. Pichot et S. Danjon. — Revue de Psychologie Appliquée, 1951, 1, 147-225, Théorie générale de la frustration, d’après Rosenzweig. Description de l’épreuve (individuelle ou collective) : des dessins sont présentés au sujet, dessins comportant deux personnages dans une situation de frustration de type courant (automobiliste ayant éclaboussé un piéton, par exemple). L'un des personnages est supposé prononcer une phrase dont le texte figure sur le dessin ; le sujet doit écrire la première réponse lui venant à l'esprit, attribuable à l'autre personnage. Cotation des réponses : réponses types permettant de noter immédiatement environ 50 % des réponses normales. Utilisation de la feuille de dépouillement.
- 51-6-16. — Aspects perceptuels de la « censure ».
- I. M. Rosenstock. — Journal of abnormal and social psychology, 1951, 46, 304-315(. Travail portant sur un essai de vérification objective et expérimentale de certains concepts psychanalityques. Des phrases décrivant des attitudes agressives ou sexuelles à l'égard des parents sont perçues plus difficilement, et plus facilement déformées, que des phrases neutres, quand les unes et les autres sont projetées sur un écran, dans des conditions telles qu’elles soient difficiles à lire.
- 51-6-17. — Etudes psychologiques de physiciens.
- A. Roe. — Genetic Psychol. Monographs, 1951, 43, 123-235. Etude portant sur 22 physiciens très hautement qualifiés (Professeurs ou chercheurs éminents), et comportant un entretien, des tests d'intelligence et un Rorschach (passé également par 48 autres physiciens). Le groupe se différencie nettement de la population générale. A l’intérieur du groupe les théoriciens se distinguent des expérimentateurs.
- 51-6-18. — Prévision de l’aptitude au métier de dentiste.
- B. G. R. Moore, E. A. Peel. — Occupational Psychology, 1951, 25, 192-199
- Un test d'habileté manuelle (coordination œil-main) et un test collectif d'intelligence générale et spatiale sont recommandés. L'étude n'a pu porter que sur 40 sujets.
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- 51-6-19. — L’appariement des hommes et des exigences professionnelles.
- M. F. Rothe. — Personel psychology, 1951, 4, 291-301. Les activités exigées pour les postes de cadres, de direction, peuvent être décrites en un profil composé de six points : dresser un plan, décider, organiser et déléguer, communiquer, diriger, analyser. Méthode permettant de comparer ce profil, pour un poste donné, au profil correspondant des candidats à ce poste.
- 51-6-20. — Recherches expérimentales sur la cotation des essais professionnels
- R. Bonnardel, L. Dumont. — Travail humain, 1951, 14, 153-215. Trente cotateurs notent indépendamment suivant un barême précis 18 pièces dressai exécutées par dix-huit apprentis ajusteurs (ces 18 essais se subdivisent en trois groupes de six d’après la pièce à exécuter). Analyse de la variance des notes données, qui montre que les différences entre essais et entre cotateurs sont significatives. Analyse factorielle des corrélations entre les notes élémentaires composant la note globale. TJn facteur général rend compte de la plus grande partie de la fraction explicable de ces corrélations. Les notes de « précision » (mesures) relèvent de facteurs spécifiques. Sur la base de ces analyses, les auteurs étudient les améliorations possibles aux systèmes de cotation utilisés.
- 51-6-21. — Les habiletés professionnelles dans l’industrie, leur nature et leur acquisition.
- W. D. Seymour. — Travail Humain, 1951, 14, 216-227. L’auteur considère que « ...les habiletés spéciales sont... le résultat, de schèmes de réponses complexes à des stimuli sensoriels également complexes ». Il démontre alors, en relatant le résultat d’expériences effectivement réalisées, que l’apprentissage peut être accéléré dans une large mesure par une méthode consistant à enseigner successivement 1, 2, 3... etc... éléments de travail. Les perceptions sensorielles ou les réactions motrices supra-normales exigées par certains travaux constituent des thèmes d’entraînement préalable.
- 51-6-22. — Organisation et technique du reclassement professionnel des déficients.
- D. Solomonidis. — Berujsberatung und Berufsbildung, 1950, 35, 272-279. Suite et fin d’une revue critique de douze travaux consacrés à ce sujet.
- 51-6-23. — Variabilité dans le temps de réaction et susceptibilité aux accidents d’automobiles.
- W.-L. Cation, etc... — Journal of Applied Psychology, 1951, 35, 101-107. Sur 104 conducteurs, pas de liaison entre variabilité du temps de réaction (déplacer son pied d’une pédale à une autre quand un signal rouge s’allume) et nombre d’accidents.
- 51-6-24. — La prévision de l’aptitude à la conduite.
- P.-F. Bartelme, etc... — Journal of Applied Psychology, 1951, 35, 98-100. Cinq tests papier-crayon et deux tests de performance sont validés en fonction d’une épreuve professionnelle standardisée de conduite automobile. Les coefficients calculés sur des groupes allant de 127 à 217 sujets sont pratiquement nuis.
- 51-6-25. — Réduction des frais de dactylographie à l’aide de tests d’aptitude.
- A. Blakemore. — Personel Journal, 1951, 30, 20-24. Validation sommaire (sur 27 employées seulement) de tests utilisés pour la sélection de dactylographes. Les validités vont jusqu’à .62.
- 51-6-26. — La validation des tests en sélection professionnelle.
- P. Goguelin. — Hommes et Techniques, 1951, 7, n° 79-80, p. 35-39 et n° 81, p. 39-43. Les étapes d’une étude de sélection : établissement d’une batterie de tests, examen par cette batterie d’individus bien connus professionnellement, validation des tests, détermination de la batterie définitive et pondération des tests.
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- ... et dest Livres
- 51-6-27. — Theory of mental tests.
- Harold Gdlliksen. — Theory of Mental Tests. — Wiley. New-York.
- Cet ouvrage très substantiel, dont la majeure partie est accessible au lecteur possédant des éléments de statistiques, couvre tout le champ de la théorie des tests mentaux. Il rassemble les hypothèses d'où dérivent les formules de base de la méthode des tests, hypothèses et formules qui étaient jusqu'à présent dispersées dans différents livres et périodiques.
- L'auteur met surtout l'accent sur le raisonnement qui conduit à ces formules et donne les dérivations particulières de ces formules. Il passe en revue, de façon très claire et très complète, les travaux antérieurs sur :
- — les équations fondamentales d'erreurs fortuites : erreurs de mesure (substitution et prédiction).
- — les effets de l'allongement d'un test sur la fidélité et la validité.
- — les effets de l'hétérogénéité du groupe sur la fidélité et la validité (problèmes posés par la sélection).
- — les méthodes expérimentales pour obtenir la fidélité d’un test (critère statistique du « parallélisme » de deux tests).
- — les problèmes posés par la difficulté et la rapidité de l'épreuve.
- — les méthodes de notation, standardisation et mise en équation des résultats, de pondération et de prédiction différentielle.
- — l'analyse statistique des items.
- L'auteur expose également plusieurs de ses techniques originales dont les plus importantes portent sur :
- — la théorie de la sélection indirecte : cas général de deux groupes de variables en corrélation. Si on sélectionne les meilleurs sujets sur la base de l'un des groupes de variables (explicit sélection) il se trouve que ces sujets sont aussi parmi les meilleurs dans l'autre groupe de variables (ineidental sélection).
- Des calculs matriciels permettent d'évaluer la fidélité et la validité de l’une de ces catégories de variables à partir de certaines données concernant l'autre catégorie de variables, données recueillies sur les deux groupes (candidats et admis).
- — Les problèmes posés par les tests de performance dans lesquels la rapidité intervient de façon significative. La détermination des temps-limites et de leurs effets sur l’estimation de la fidélité est étudiée.
- — La théorie mathématique d'analyse des items : le but est ici d’étudier la liaison fonctionnelle entre les paramètres de l'ensemble du test et les paramètres des items sélectionnés.
- Le livre contient en annexe une abondante bibliographie, un formulaire mathématique, des questions d’examen sur les techniques statistiques et sur la méthode des tests, et les réponses aux nombreux problèmes d'application présentés après chaque chapitre.
- On doit cependant regretter que les hypothèses servant de point de départ à certaines analyses théoriques soient parfois difficilement conciliables avec la réalité, et ceci nous incline à penser que cet excellent ouvrage ne présente peut-être qu'un intérêt académique.
- E. Valin.
- 51-6-28. — La délinquance juvénile.
- Kate Friedlander. — La délinquance juvénile, traduction française d’Anne Berman. P. U. F. Paris.
- L'ouvrage de K. Friedlander est divisé en trois parties distinctes. Dans la
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- première, après avoir brièvement exposé les différents points de vue concernant le problème de la délinquance : pénal, psychiatrique, psychanalytique hauteur reprend la théorie freudienne orthodoxe de l'évolution instinctuelle chez l'enfant (phase orale, anale, œdipienne, phallique, latence sexuelle, puberté) et insiste sur l’importance des rapports mère-enfant dans l'adaptation sociale.
- La deuxième partie est consacrée à l'étude de l'inadaptation. L'auteur expose le cas de Billy et distingue les facteurs primaires qui interviennent jusqu'à l'âge de 5 ans : milieu familial perturbateur, des facteurs secondaires surgissant à partir de la période de latence : fréquentation, distractions faciles, chômage, métier mal choisi. K. Friedlander analyse successivement le délinquant ordinaire, le délinquant névrotique, le perverti sexuel, le déficient psychotique et organique, elle suggère la classification suivante :
- 1° Groupe à structure caractérielle antisociale : responsabilité dominante du milieu et de la constitution ; 2° Groupe à troubles organiques : le moi est paralysé par l'atteinte somatique ; 3° Groupe à troubles psychotiques du moi : absence de contrôle des pulsions instinctuelles par suite d'un moi distinguant mal fantasme et réalité.
- Dans la troisième partie consacrée au traitement et à la prévention, l'auteur insiste sur la nécessité de créer des centres de diagnostic, d'une étroite collaboration entre médecin, psychologue, assistant de psychiatrie. Il expose les fondements de la cure : le transfert, pour considérer ensuite à tour de rôle les différentes méthodes quotidiennement utilisées : psychothérapie analytique, psychothérapie directe, isolement du milieu perturbateur, psychothérapie de groupe. Abordant enfin le problème de la prévention de la délinquance, K. Friedlander reconnaît la difficulté de résoudre le problème tant que les conditions économiques pesant sur le milieu familial n'auront pas été résolues, tant qu'existeront le chômage, la crise du logement, les logements insalubres. Elle propose une éducation rationnelle des parents, le traitement des parents anormaux, des cours de psychologie infantile en fin de scolarité, des méthodes d’enseignement mieux adaptées, l'organisation en groupe des loisirs, le rôle actif joué par l'O. P., la formation d’assistants spécialisés ayant suivi un enseignement homogène.
- G. Adda.
- L’EXAMEN MÉDICAL DES ADOLESCENTS
- Dans sa 29e session du 19 septembre 1946, le Conseil d'Administration du Bureau International du Travail avait élaboré deux conventions relatives à l'examen médical d'aptitude à l'emploi dans l'industrie des enfants et des adolescents. Ces conventions qui ont été ratifiées par la France sont parues au Journal Officiel (8 août 1951). Elles sont complétées par une « recommandation » destinée à protéger la santé des enfants et des adolescents contre les risques qu'un emploi ne leur convenant pas pourrait leur causer. Sans préjudice de l'examen médical d'entrée destiné à certifier l'aptitude de l'enfant ou de l’adolescent pour un travail déterminé, il conviendrait de faire subir autant que possible avant la fin de la scolarité un examen médical général dont les résultats pourraient être utilisés par les Services d'Orientation professionnelle.
- Pour faciliter l'Orientation ver-5 des métiers ou professions pouvant leur convenir des enfants et des adolescents dont l'examen médical aura révélé qu'ils manquent de résistance physique ou qu'ils sont atteints d’anomalies déterminées, il conviendrait que soient dressées, par les soins de spécialistes qualifiés et sous la responsabilité conjointe des Services médicaux et des services compétents dans les problèmes de l'emploi, des listes des métiers et professions pouvant convenir à chaque catégorie de jeunes travailleurs déficients ou infirmes. Ces listes pourraient être utilisées par des médecins examinateurs, sans que leur usage soit obligatoire.
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- LA FORMATION DU PSYCHOLOGUE
- Formation du Psychologue 1 I, Introduction (H. Piéron).. Formation du Psychologue industriel (S. Pacaud)..........
- Formation du Chercheur, Méthode expérimentale (P.
- Fraisse). ...........................................
- Formation des Psychotechniciens (Rapport de Commission)
- Formation du Psychologue scolaire (R. Zazzo).............
- Formation du Psychologue clinicien (D. Lagache)..........
- Formation psychologique du Conseiller d'O. P. (C. Bénassy-Chauffard). . . .........................................
- ARTICLES DIVERS
- Profession de coiffeuse (Dr M. Chotiau)..................
- Réflexions sur le chômage (P. Pouillot)..................
- Valeur économique des gestes professionnels (P. Naville)..
- NOTES ET DOCUMENTS
- Adolescence retardée et les O. S. (C. Dulos).............
- Application des méthodes de tests mentaux à la psychiatrie
- clinique (Dr Hesnard)................................
- A propos d'un sondage de PI.F.O.P. (M. Reuchlin).........
- « Bien doués » (Réflexions sur le problème des) (H. Piéron) Choix professionnel (Problème du) (E. Ginzburg, S. Axel-
- rad, et J. Herma)....................................
- Différences entre profils moyens (Block, Lévine et
- McNemar).............................................
- Machines spéciales pour usinage en grande série (P. Bézier) Mécanique : Recherches sur quelques tests d'aptitude (G.
- Bernyer).............................................
- Mesure de la personnalité chez les enfants (H. T. Him-
- melweit).............................................
- Origines du psychisme (H. Piéron)........................
- Où va le travail humain ? (G. Friedmann).................
- Prédiction en psychologie clinique (C. R. Myers).........
- Premiers apprentissages, premiers problèmes (I. Lézine).. Tests verbaux « différentiels » (R. Bonnardel)...........
- N° 1, p. 2.
- N° 2, p. 33 et N° 3, p. 75.
- No 4, p. 105. N° 5, p. 144. N» 5, p. 137. N® 6, p. 170.
- N° 6, p. 177.
- No 6, p. 189. N° 3, p. 69. N» 4, p. 110.
- No 3, P- 84.
- N° 1, P- 21.
- No 1, P- 14.
- N® 2, P- 41.
- NJ® 5, P- 157.
- No 6, P- 192.
- No 5, P- 158.
- N° 3, P- 84.
- N® 3, P- 85.
- No 1, P- 18.
- No 4, P- 119.
- N» 1, P- 16.
- No 6, P- 192.
- No 4, P- 120.
- TABLE DES MATIÈRES
- 2me Série — Tome VII — Année 1951
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- LA VIE DES C. O. P.
- Etude de cas : l’O.P. comme psychothérapie (A. Nepveu).. N° 2, p. 50.
- Test « fil de fer » (Voisin, Bajard, Béllier)............ N° 3, p. 87.
- Test -I.L.B. : % de réussites aux questions.............. N° 4, p. 122.
- Test de mouvements conjugués (J. Dauvegis)............... N° 1, p. 5.
- Tests pour apprentis verriers (J. Ormezzano)............. N° 5, p. 149.
- Validité d'une batterie (Gr. Bajard)..................... N° 2, p. 46.
- VIE DU CENTRE DE RECHERCHES
- Analyse factorielle de tests « commerciaux » (M. Reuchlin) N° 2, p. 58.
- Notation objective d'une pièce de couture (M. Petin)..... N;0 1, p. 9.
- Test « fil de fer » (P. Valin)........................... N° 4, p. 123.
- INFORMATIONS
- B.I.N.O.P. : (Enquête Sur le)............................ N° 3, p. 81.
- B.I.N.O.P. : Nouveau contenu, nouvelle présentation...... N° 6, p. 169.
- IIe Congrès des As. Rég. pour la Sauvegarde de l'Enfance.. N° 3, p. 96.
- Xe Congrès International de Psychotechnique (Mme Du-
- chapt). • • ......................................... N° 6, p. 183.
- Xe Congrès International de Psychotechnique (H. Piéron) N° 5, p. 159.
- N° 5, p. 160.
- Congrès International de Psychiatrie..................... N° 5, p. 157.
- L’O. P. dans les Territoires de l’Union française........ N° 4, p. 129.
- I.N.O.P. : Diplôme d'Etat de Conseiller d'O. P........... N° 5, p. 161.
- I.N.O.P. Période probatoire.............................. N° 5, p. 163.
- Ecole des Parents........................................ N° 6, p. 191.
- Documentation sur microfilm.............................. N° 4, p. 127.
- ANALYSES
- On trouvera dans le prochain B.I.N.O.P. une table récapitulative, par rubriques, des analyses parues dans les Bulletins de 1951.
- AGEN. — IMPRIMERIE MODERNE, 43, RUE VOLTAIRE
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