Bulletin de l'Institut national d'orientation professionnelle
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- 3' Année
- N° 1
- Janvier 1931
- BULLETIN
- DE
- l’Institut National d’Orientation Professionnelle
- L’Aptitude Musicale et les Tests de Seashore
- par A.-B. et A. FESSARD
- Il est d’observation courante que les individus sont très inégalement doués pour la musique. Dans peu de domaines les différences apparaissent aussi profondes : en face de cas extrêmes opposés, nous avons moins l’impression d’une différence de degré que d’un fossé séparant deux manières de penser, deux manières de sentir irréductibles l’une à l’autre. Alors que certains enfants sont contraints sans aucun résultat a de longues et pénibles études musicales, on voit de jeunes prodiges exhiber précocement un talent considérable et acquérir sans effort des capacités d’exécution étonnantes. Sous une forme imagée, on dit parfois qu’il s’agit là d’un « don de la Nature ». Plus exactement, on veut entendre que ces qualités ne s’acquièrent pas, mais qu'on les apporte ou non en naissant. De fait, dans certaines familles, les musiciens de talent se succèdent de génération en génération : l’histoire nous en fournit plusieurs exemples, et des statistiques récentes ont confirmé l’existence de cette transmission héréditaire ; elles ont montré également qu’il ne naissait pour ainsi dire jamais de grands artistes dans les familles dépourvues d’ancêtres musiciens. Bref, sans même invoquer des cas extrêmes, on peut dire [ne des constatations de cet ordre illustrent particulièrement bien la thèse des chercheurs d’aptitudes, qui peuvent trouver la un bel exemple susceptible de justifier leurs tentatives, et un terrain sur lequel les pratiques de l’orientation et de la sélection professionnelles auront beaucoup de chances de s’exercer avec succès.
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- Cependant il ne faudrait pas oublier, surtout en ce qui concerne les applications à l’orientation professionnelle, que la nature n’est pas seule en jeu. A proprement parler, on ne naît pas musicien, mais seulement doué de certaines possibilités latentes de le devenir. Ces « aptitudes » — c’est en effet le mot qui convient parfaitement ici — ont besoin d’être cultivées. Et l’on sait qu’en matière musicale la formation préalable, surtout lorsqu’il s’agit de futurs exécutants, occupe une place considérable. Un facteur important d’éducabilité se superpose donc au facteur principal d’aptitude ; et l’on a encore à compter avec l’éclosion tardive de composantes affectives spéciales, la sensibilité artistique, le goût musical, se développant surtout après la puberté et en fonction du milieu qui environne le sujet.
- Sans doute des difficultés de cet ordre se rencontrent constamment en orientation professionnelle. Pourtant, elles nous apparaissent ici avec une particulière gravité, en même temps qu’elles nous font mieux comprendre l’importance pratique du problème. Il faut, en effet, y regarder à deux fois avant de lancer un enfant dans une voie qui réclame tant de temps et d’efforts, et qui exige aussi certains sacrifices d’argent de la part des parents. La question d’un dépistage précoce des aptitudes musicales se pose déjà à l’âge scolaire où. beaucoup d’enfants prélèvent sur un programme d’études chargé un certain nombre d’heures pour des exercices musicaux. Elle se pose également, et beaucoup plus sérieusement, lorsqu’on songe pour un enfant à une carrière musicale dont la préparation engagera toute son adolescence, et dans laquelle — plus que jamais à l’heure actuelle — il risquera de végéter médiocrement s’il ne se montre très supérieur à la moyenne.
- En quoi consiste donc l’aptitude musicale ? Il est difficile d’analyser directement une qualité latente ; mais, si l’on en juge par le degré de capacité effective auquel arrivent les musiciens de talent, on s’aperçoit sans peine de l'énorme complexité des facteurs mis en jeu, et l’on voit qu’ils appartiennent à toutes les grandes fonctions de la vie mentale de l’individu. Nous pouvons déjà, cependant, répartir ces facteurs en quelques catégories, suivant que nous envisageons le côté sensoriel, le côté moteur, ou les composantes d’ordre intellectuel et affectif du talent musical. Dans son livre sur « La Psychologie
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- du talent musical » (1), le célèbre psychologue américain Cari E. Seashore procède à une analyse très détaillée du sujet que nous traitons. Il part des attributs fondamentaux du son : hauteur, intensité, durée, extension (2), et des « caractères de l’esprit humain nécessaires à l’appréhension et à l'expression des attributs des sons » : perception, reproduction des sons musicaux, représentation mnémonique et imagination relative à ceux-ci, pensée musicale, sentiment musical.
- Voici le tableau d'ensemble qui résume l’analyse de Seashore :
- I. Sens musical : a) Formes simples d’impression. 1. Sens
- de la hauteur. -— 2. Sens de l’intensité. — 3. Sens de la durée. — 4. Sens de l’extension.
- b) Formes complexes d’appréciation. 1. Sens du rythme. — 2. Sens du timbre. — 3. Sens de la consonance. — 4 Sens du volume.
- II. Action musicale : Capacité naturelle et habileté dans la
- production précise et musicalement expressive des sons) : 1. Contrôle de la hauteur. — 2. Contrôle de l’intensité. — 3. Contrôle de la durée. — 4. Contrôle du rythme. — 5. Contrôle du timbre. — 6. Contrôle du volume. ^
- III. Mémoire et imagination musicales : I. Imagerie audi-
- tive. — 2. Imagerie motrice. — 3. Imagination créatrice. — 4. Etendue de la mémoire. — 5. Capacité d’apprentissage. ->
- IV. Intelligence musicale : I. Association musicale libre. — 2. Puissance de réflexion musicale. — 3. Intelligence générale.
- V. Sentiment musical : I. Goût musical. — 2. Réaction émotive à la musique. — 3. Expression de l’émotion musicale.
- (1) Carl E. Seashore. — The Psycholoyy o/ musical latent, 1919, Silver, Burdett et C", New-York.
- (2) Cet attribut, auquel sc rattache le sens du «volume sonore», a fait l’objet d’études récentes de la part des psychologues. De ces recherches il découle que, peut-être, il jouerait un rôle important dans la constitution de l’aptitude musicale. Seashore, au contraire, lui refuse une place de premier plan et le rattache au sens des hauteurs.
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- A cause de celte complexité, on comprend que le talent musical puisse revêtir suivant les personnes des aspects très différents, présenter tel ou tel caractère dominant, et, par voie de suppléances, s’accommoder parfois de certaines déficiences. D’ailleurs, à cette variété de facteurs correspond la diversité des carrières musicales. Pour nous en tenir seulement aux grandes divisions, rappelons qu’il y a les professions qui font intervenir surtout les qualités d'exécution et d’expression (instrumentistes et chanteurs) ; d’autres où ce sont principalement les qualités de jugement, de goût, d'appréciation qui sont nécessaires (critiques, organisateurs de concerts) ; il y a la catégorie importante des professeurs qui, outre l’aptitude pédagogique, doivent posséder un ensemble de qualités moyennes bien équilibrées ; enfin les compositeurs, qui ont à faire preuve de qualités de création et cl imagination exceptionnelles.
- Par suite de cette variété d’aspects, la tâche de l’Orienteur qui de prime abord avait pu nous paraître aisée est réellement ardue. Résultant d’un trop grand nombre de facteurs étroitement mêlés, exigeant l’activité des fonctions les plus hautes et les plus délicates de l’esprit humain, de celles dont / les lois nous sont le plus mal connues, le talent musical échap-perait-il complètement à la prévisibilité ?
- Il n’en est pas tout à fait ainsi, heureusement, si nous admettons, avec Seashore, que les composantes du talent musical sont fortement hiérarchisées, et que les plus élevées ne peuvent exister sans les plus basses qui, en l’espèce, sont les qualités sensorielles et perceptives élémentaires. La « matière brute » que façonne le musicien est constituée par des sons : avant tout cette matière doit être de bonne qualité, c’est-à-dire que l’appareil auditivo-perceptif qui la fournit doit posséder une valeur suffisante. Ainsi, une remarquable habileté motrice sera dépensée en pure perte chez un violoniste, si elle se trouve au service d’une oreille peu délicate. Pour Seashore, les aptitudes perceptives, si elles ne suffisent pas à créer l’aptitude musicale, sont absolument nécessaires à son éclosion et, par suite, doivent être examinées en tout premier lieu chez quiconque désire embrasser une carrière musicale. Or nos méthodes, en ce qui concerne de tels examens, sont bien au point et suffisamment précises. D’autre part, les fonctions les
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- plus simples, les fonctions sensorielles, sont également celles qui sont le moins sujettes à se transformer avec l’âge ou à se perfectionner par l’exercice. Bref nous aurons là une source de renseignements sûrs, capables de nous donner des contre-indications essentielles. Ensuite, mais ensuite seulement, nous pourrons chercher à aller plus loin, en essayant d’examiner les aptitudes motrices spéciales (pour certains exécutants surtout), l’intelligence générale, facteur de réussite dans n’importe quelle carrière, et les qualités plus immédiatement en rapport avec la compréhension musicale et le sens artistique.
- On trouve décrits dans la littérature psychologique et psychotechnique un grand nombre de tests dits « musicaux », appartenant à toutes les catégories que nous venons d’envisager. La plupart, établis isolément par différents auteurs, se prêtent mal à un groupement harmonieux. D’autres, bien que formant un ensemble, sont trop récents pour pouvoir être jugés sur leurs résultats (1). Nous ne retiendrons ici, comme étant à l’abri de ces deux critiques, que les épreuves élaborées par Seashore lui-même, après de longues années de recherches : il y a en effet plus de trente ans qu’il a abordé le problème, dont il s’est fait une véritable spécialité, et le travail accompli par lui et ses élèves, tant au point' de vue de la psychologie théorique que de l’application, est réellement considérable.
- Les recherches de Seashore et de son école ont naturelle- . ment porté sur tous les aspects, voire les plus complexes, du talent musical. Cependant, dans l’application, six épreuves seulement sont devenues courantes, et nous allons voir que conformément aux considérations qui viennent d’être déve-^ loppées, elles mettent surtout en jeu les fonctions perceptives les plus simples. Primitivement, leur application n’était guère possible que dans des laboratoires spécialement outillés, le dosage précis des grandeurs physiques correspondant aux qualité des sons exigeant des appareils délicats et coûteux. Seashore a eu l’idée originale de faire enregistrer ses tests sur disques (2) ce qui, étant donnée la diffusion actuelle du phonographe, les rend applicables en dehors du laboratoire
- 0) Signalons les Travaux de l'Institut d’Elat à Moscou pour l'étude die la musique, publiés dans Psychotechnische Zeitschrift, III, 4, 1928.
- (2) On peut se procurer ces disques à la Stœlting, Company, Chicago, III.,
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- de psychologie, dans des conditions de rapidité (tests collectifs) et d’objectivité extrêmement satisfaisantes.
- Nous allons décrire sommairement ces six tests, dits, pour abréger, de hauteur, d’intensité, de durée, de rythme, de mémoire tonale et de consonance.
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- 1° Sens des hauteurs. — On sait que l’attribut principal d’un son est sa hauteur, et que celle-ci est physiquement déterminée par la fréquence vibratoire fondamentale de l’émetteur sonore (1). L’oreille peut distinguer des hauteurs correspondant à des fréquences très voisines, mais cette aptitude est très inégalement répartie entre les individus. Or, personne ne contestera son importance comme facteur du talent musical. Pour Seashore, qui voue à ce test une prédilection particulière, c’est même la qualité « de baise ».
- Deux sons de hauteurs voisines, situés aux environs du « la normal », sont présentés successivement. Le sujet doit rapidement les comparer et indiquer si la deuxième note lui paraît plus élevée ou plus basse que la première. Le test comprend cent groupes de sons répartis en dix séries qui représentent dix degrés de difficulté croissante. On compte le nombre de réponses justes et l’on se reporte aux étalonnages pour trouver le centile correspondant. Une autre manière de présenter les résultats consiste à en déduire la sensibilité différentielle, mesurée par la plus petite différence perçue correctement dans les trois-quarts des cas. Voici la répartition que Seashore a obtenue sur 1.265 étudiants d’Université :
- 1 % des sujets distinguent 1/4 de vibration.
- 12% — . 1 —
- 31% — 2 —
- 23% — 3 —
- 14% 5 ' —
- 9% — 8 —
- 4% — 12 —
- 3% — 18 —
- 2% — 25 —
- 1% — 34 —
- (!) Dans les sons musicaux, il faut généralement considérer un son fondamental, qui détermine la hauteur d’une manière plus ou moins «saillante», et des harmoniques supérieurs.
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- En outre, comme pour tous les autres tests, Seashore donne deux autres étalonnages relatifs aux enfants de la cinquième et de la huitième classes (en moyenne 11 et 14 ans).
- Les statistiques semblent indiquer une moins grande finesse de discrimination chez les jeunes enfants : en réalité, il s’agirait surtout d’une moins grande capacité d’attention ( le test est long et en demande beaucoup). Par des examens individuels, on se rapprocherait des valeurs de l’adulte. L’aptitude à' discriminer les hauteurs serait donc peu influencée par l’âge, Elle ne le serait pas non plus par l’apprentissage ni par le niveau d’intelligence. Ainsi on atteindrait une limite physio- ' logique, tenant sous sa dépendance toutes les autres manifestations de l’activité musicale.
- Du point de vue de l’orientation professionnelle, Seashore, dès 1901, a donné les directions suivantes qu’aucune recherche ultérieure n’est venue modifier :
- Les sujets envisageant la possibilité d’une carrière musicale devraient possséder une sensibilité différentielle corres-^, pondant à moins de 3 vibrations ; mais, de 3 à 8 vibrations, les enfants pourraient encore recevoir une éducation musicale complète ; pour une sensibilité encore moindre, seuls devraient être encouragés les sujets témoignant d’une inclination spéciale ; toutefois, au-dessus de 18 vibrations, Seashore considère les enfants comme tout à fait inaptes. Ces règles, qui ne doivent pas être considérées d’une façon trop rigide, serviront néanmoins à fixer utilement les idées.
- 2° Sens des intensités. — Le sujet doit cette fois comparer deux sons de même hauteur mais d’intensités légèrement différentes. Le son étalon est donné d’abord, puis immédiatement le second, qui est jugé par rapport au premier et qualifié de plus fort ou plus faible. L’épreuve entière comprend cent comparaisons, groupées en cinq degrés de difficulté.
- Ici encore les différences individuelles sont très marquées. t\ Une des causes d’infériorité dans ce test peut résider simplement dans une surdité périphérique, défaut qui, à des degrés divers, se trouve assez répandu même parmi les enfants. En présence d’un résultat nettement mauvais on fera donc bien de procéder à un examen spécial de l’appareil auditif, pour voir si l’infériorité est imputable à une surdité durable.
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- Pour Seashore, nous mesurons avec le test d’intensité un deuxième élément important de l’aptitude musicale. Comme il convient à un bon test d’aptitude, l’entraînement ni l’âge ne paraissent être des facteurs essentiels de réussite. Cependant, dans les examens collectifs au phonographe, les conditions (rapidité, rigueur de la discipline d’examen) défavorisent sensiblement les sujets les plus jeunes, comme dans le lest précédent. Il faut donc se reporter chaque fois à des normes établies pour chaque âge.
- 3° Sens des durées. — Il ne s’agit pas de l’appréciation des longs intervalles de temps, laquelle met en jeu des facteurs mentaux très complexes, mais seulement de la capacité naturelle d’apprécier, par l’oreille, la durée de sons continus ou celle de brefs intervalles.
- Le test consiste à écouter attentivement trois déclics successifs et à dire si le deuxième intervalle, limité par le deuxième et troisième déclics, paraît plus bref ou plus long que le premier. Cent comparaisons sont soumises au jugement du sujet. Chaque présentation comporte toujours un intervalle d’une seconde, l’autre intervalle prenant les valeurs suivantes : 1,20 — 1,14 — 1,09 — 1,05 — 1,02 seconde.
- Les différences individuelles sont moins marquées que dans les épreuves précédentes. Avec l’âge ou l’entraînement, le rendement s’améliore sensiblement, mais cela n’empêche pas le test de mettre en évidence l’infériorité ou la supériorité naturelle de certains sujets, même jeunes : d’après Seashore, « un sens rigide du temps se manifeste en réalité dès le jeune âge ».
- 4° Sens du rythme. — Avec ce test et les suivants, nous entrons dans une catégorie d’épreuves de structure plus complexe que les précédentes. En effet, le sujet aura désormais à comparer deux groupements de notes au lieu de deux sons simples; Dans le test du rythme, en particulier, il s’agit de comparer deux courtes séries comprenant quelques chocs dépourvus de caractère tonal net et groupés suivant un certain rythme. Le sujet doit indiquer si la deuxième série est identique ou non à la première. L’ensemble comprend 50 jugements à porter sur des séries d’inégale difficulté.
- Cinq capacités fondamentales opèrent d’après Seashore dans la perception d’un rythme : d’abord le sens des intensi-
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- tés et celui des durées, étudiés dans les deux tests précédents ; puis la capacité d’avoir des images auditives et motrices assez vives, et enfin une certaine tendance motrice, largement inconsciente, à l’action rythmique. Quiconque a observé des enfants et des débutants musiciens a pu se rendre compte des grandes différences individuelles qui existent dans ce domaine. Mais dans quelle mesure l’exercice peut-il amender les infériorités primitives, c’est un point sur lequel nous ne pouvons guère répondre à l’heure actuelle.
- 5° Mémoire tonale. — Lorsqu’on a servi de sujet dans ce test, on éprouve ordinairement quelque étonnement à se sentir aussi limité dans une aptitude dont à priori on aurait cru pouvoir attendre davantage : il s’agit ici de mémoire immédiate relative à une suite de quelques notes, et, à lire la description du test, on trouve volontiers la performance très facile :
- Une suite de notes est suivie, après 1 seconde, d’une suite exactement semblable sauf pour une seule des notes, qui se trouve modifiée d’un demi-ton. Le sujet doit indiquer le rang de la note modifiée. 11 y a cinq degrés de difficulté, suivant que la série se compose de 2, 3, 4, 5 ou G notes. y
- Le fait à remarquer est qu’il n’est point besoin de dépasser ce maximum de 6 pour atteindre la limite des meilleurs sujets. Ainsi, un musicien habitué à jouer par cœur pendant plusieurs heures de suite fera généralement quelques fautes ; et, dans la cinquième classe par exemple, une réussite de 85 % serait l’indice d’une grande supériorité...
- Bien que ce test implique le jeu de beaucoup d’éléments du talent musical,^Seashore insiste sur l'insuffisance d’un diagnostic qui se fonderait uniquement sur soi) emploi isolé. -
- 6° Sens de la consonance. — Lorsqu’on donne à entendre simultanément deux notes de hauteurs différentes (accord), il en résulte une perception complexe qui possède des qualités nouvelles. En gros, on dit que l’accord est consonant ou dissonant. Mais ces termes opposés, dont il conviendra de préciser la définition, admettent en réalité une infinité de degrés intermédiaires.
- Bans le test de Seashore, deux accords sont présentés successivement, et le sujet doit simplement dire s’il trouve le se-
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- cond plus, ou moins consonant que le premier. Cinquante paires d’accords sont ainsi présentées, d’abord une première fois, puis une seconde en intervertissant les deux accords de chaque paire, soit en tout 100 jugements. Les résultats peuvent être confrontés ensuite avec des normes soigneusement déterminées par l’auteur et ses élèves, normes qui établissent pour chaque accord le rang moyennement admis dans une échelle de consonance-dissonance. Voici, pour les intervalles correspondants, l’ordre adopté après tâtonnements :
- Octave — quinte juste — sixte majeure — tierce majeure — quarte juste — sixte mineure — tierce mineure — quinte diminuée — septième mineure — seconde majeure — septième majeure — seconde mineure.
- Les étalonnages de Seashore se rapportent comme toujours aux 5e et 8° classes et aux adultes ; ils montrent la faible influence de l’âge sur les résultats.
- Ce test est certainement celui qui demande le plus de précautions de la part de l’opérateur pour être bien appliqué. Il faut en effet que les sujets commencent par bien comprendre ce qu’on veut qu’ils entendent par « consonance ». Ils devront avant tout faire abstraction de l’impression agréable ou désagréable que leur laisse comme telle la succession des accords chaque fois présentés : il ne s’agit pas de juger une progression harmonique, mais de comparer deux accords en envisageant chacun isolément. Pour Seashore, il y a trois critères de la consonance : l’accord des deux notes, c’est-à-dire l’impression quelles « vont bien » l’une avec l’autre ; l’absence de rugosité, de battements ; la pureté, c’est-à-dire la fusion des sons composant en un complexe plus ou moins analogue à un son pur.
- Ces nuances sont difficiles à saisir. Aussi l’auteur insiste-t-il pour que soient faites, à litre d’exemple, juste avant l’examen, quelques présentations au piano d’accords non compris dans le test et pour lesquels l’opérateur indique la réponse correcte. Faute de prendre ces précautions et de suivre à la lettre les instructions minutieuses données par l’auteur dans une note spéciale, on obtient des résultats qui ne peuvent être comparés aux étalonnages Bien des critiques qui ont été adressées après expérience au test de consonance tombent du
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- fait que leurs auteurs n’avaient pas respecté suffisamment ces prescriptions. Nous verrons cependant, dans notre étude critique, que cette épreuve est loin d’être satisfaisante, de l’aveu récent de Seashore lui-même, qui songe à la remanier.
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- Peu de tests, en dehors de certaines échelles d’intelligence, ont été aussi largement utilisés que les tests musicaux de Sea-shore. Actuellement, aux Etats-Unis, ils sont appliqués dans un grand nombre d’écoles primaires dès la cinquième classe (enfants âgés de 11 ans en moyenne). A ce niveau, le développement est suffisant, selon l’auteur, pour que les résultats soient significatifs, et il n’est pas trop tard pour que des sujets bien doués puissent entreprendre une éducation musicale au cas où celle-ci aurait été négligée jusque là. Seashore a également étalonné ses tests pour le niveau correspondant à la huitième classe (14 ans) après laquelle les enfants quittent l’école primaire pour apprendre un métier ou entrer dans une école supérieure. Enfin, à l’entrée des écoles de musique, les tests de Seashore font très souvent partie de l’examen imposé.
- Dans un prochain article, nous ferons état des nombreuses statistiques publiées à la suite de ces applications, et nous jugerons la méthode d’après les résultats pratiques obtenus.
- (.A suivre).
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- L Importance économique de l’Orientation Professionnelle
- par TVI. LUC
- Nous publions ici quelque-uns des principaux passages sténographiés de l’importante conlïVence faite sous ce titre, par M. Luc, à l’I. N. 0. P., le 4 décembre 1930, sous la présidence de M. Yvon Delbos.
- Le problème de l’oricnlaLon professionnelle est un problème très complexe. On peut, je crois, l’étudier à toutes sortes de points de vue, mais en particulier à deux points de vue principaux. D’abord, au point de vue de la morale.
- Au point de vue de la morale individuelle, si on en croit Pascal, qui s’èst occupé le premier de La question et dont la parole : « La chose la plus importante de toute la vie, c’est le choix du métier », reste plus que jamais vraie, ce choix peut déterminer tout le cours d’une vie. Quiconque réfléchit à l’importance que le métier tient dans sa vie s'aperçoit bien, en effet, qu’il a engagé sa vie le jour où il a choisi son métier. J’cn ai un, comme vous tous, et je maintiens que notre vie est presque tout entière professionnelle, et quand nous nous sommes acquittés des taches que notre métier nous impose, que nous avons fini de penser aux tâches du jour et de nous préparer la tâche du lendemain, il en reste bien peu pour notre vie domestique, à plus forte raison, notre vie individuelle.
- Le problème du métier, en ce qui concerne l’individu, est un problème vraiment primordial, et si le but de la vie est d’être le plus pleinement un homme, il est clair que lorsqu’on a choisi son métier, il s’agit d’être le plus pleinement un homme dans le métier qu’on a choisi. Le choix du métier revêt donc au point de vue moral une importance primordiale. Il s’agit de faire tenir ses aspirations, ses raisons de vivre, le but de service, le but de sa vie,
- dans les limites de son métier. Et je ne crois pas que ce soit
- m’exagérer l’importance de son métier que dire que quand on a choisi, on a joué sa vie entière, qu’on l’a jouée sur un coup de
- dés, si c’est aux dés que l’on a recours pour faire le choix de son
- métier.
- La vie individuelle est dominée par deux principes : je crois que, en principe, on a droit au métier pour lequel on est fait, ou tout au moins, on doit penser que l’on y a droit lorsqu’on est vraiment qualifié, et d’autre part, on a le devoir de se soumettre au métier pour lequel on a évidemment les aptitudes les plus marquées. On a d’une part droit à réaliser sa vocation, et d’autre part, devoir
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- do se soumettre à ses exigences, devoir de limiter son champ d activité. Voilà les deux principes moraux collectifs qui dominent à c<' point de vue la morale individuelle.
- Le problème de l’orientation professionnelle est aussi un problème de morale sociale. Après avoir commencé par citer Pascal, je continuerai la revue des philosophes, et vous exposerai un point do vue, il me semble platonicien. Il est très frappant que Platon dans sa «République» se place au point de vue «fonctions» et qu’il envisage la société comme un ensemble de fonctions. Point de vue excellent et sûr, confirmé un peu plus tard par Proudhon. En se plaçant .au point de vue travail, il met l’accent sur un poblème que toute la vie moderne confirme dans, sa place, qui est la première.
- 11 en résulte que l’organisation sociale est bonne si les diverses fonctions sociales sont remplies par les hommes qui conviennent le mieux pour ces fonctions. Ce qui est le corollaire sur le terrain social de ce que nous venons de voir sur le terrain de la morale individuelle. C’est ainsi que la société peut le mieux réaliser ces conditions qu’un autre grand philosophe, Auguste Comte, a montrées être pour elle les conditions fondamentales : à savoir l’ordre, sans lequel il n’y a pas évolution, changement vers le mieux, c’est-à-dire réalisation, peu à peu, d’une humanité meilleure.
- Par conséquent, en concevant la société sous forme de fonctions, posant comme condition d’une organisation sociale raisonnable la nécessité de faire correspondre les individus et les fonctions sociales, je crois qu’on donne également pour base la morale sociale à l’organisation professionnelle, au sens large oii nous voulons prendre celte éxpcession.......
- Si l’orientation professionnelle a de l’importance au point de vue moral, elle a visiblement une importance au moins aussi grande au point de vue économique. Ce terrain c’est celui de l’intérêt. Par conséquent je ne m’arrêterai pas à d’autres considérations que celle de l’intérêt pur, j’excluerai les considérations qui ne seront pas du domaine économique. 11 s’agit d’intérêt, c’est-à-dire d’argent. Il s’agit de montrer, si j’y réussis, que, aussi bien en ce qui concerne l’individu que la famille, que la société, envisagée comme société économique, que la nation et même que l’humanité, l’orientation professionnelle présente un intérêt économique, que je crois évident. Mais je m’efforcerai (h1 le mettre en relief, puisqu’aussi bien les mathématiciens pensent cpie c’est justement ce qui est le plus évident qui doit être le plus soigneusement démontré.......
- Même dans le domaine économique la part laissée au désordre tend à diminuer, et la sélection du personnel se fait sur une base
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- rationnelle et méthodique. Dans l’ensemble ce n'est pas le désordre qui règne, et en tout cas, il tend à diminuer. Mais même si on était entré par hasard dans un métier qui ne nous convienne pas, il s’opère une sélection naturelle, car on n’arrive pas à se maintenir dans un métier pour lequel on n’est pas fait. Ces succès ne sont pas durables. La statistique des faillites est là pour montrer qu’il y a tout de même une justice immanente à l’intérieur de la vie économique, bien que, évidemment elle ne soit pas infaillible et je ne veux pas dire que tous ceux qui n’ont pas réussi n’étaient pas capables ou ne méritaient pas de réussir. Il y a là aussi une,part de hasard. Mais dans l’ensemble, on peut le considérer comme un moyen de sélection, et le jour où celui qui n’a pas les aptitudes professionnelles requises est durement secoué par la concurrence, par les nécessités de la vie de chaque jour, ce vent brusque le poussera à la perte.
- La période dure dans laquelle nous sommes est peut-être le meilleur exemple dans le monde entier de cette loi de la sélection naturelle. Et je crois qu’il serait bon à l’entrée de certaines carrières, dans les indications données aux débutants, d’insister sur ces risques que courent ceux qui sont dans un métier qui n’était pas vraiment leur métier. La statistique des faillites, des échecs, et les indications économiques de tout ordre seraient d’un excellent effet. On pourra objecter que si on n’est pas entré dans le métier qiu convient, on peut en changer. On invoquera les récits qu’on nous fait de certaines vies américaines, au cours desquelles le héros .a connu quarante ou cinquante métiers différents. Peut-être les circonstances là bas le permettent-elles. Mais en ce qui concerne notre pays, je crois (pie quand on est dans un métier, le pli est pris, il y a peu de chances de s’en évader. On risque de perdre beaucoup de temps, et nous rencontrerons beaucoup d’échecs si nous enseignons qu’on peut refaire continuellement sa vio. La psychotechnique qui s’occupe de l'apprentissage, nous enseigne qu’il y a un âge optimum pour faire l’apprentissage d’un métier manuel, pour être un bon technicien, tandis que si on attend trop lard pour des raisons de tout ordre, si on a prolongé trop longtemps la période d’attente, on risque de n’arriver jamais, de ne pas avoir le goût ni la facilité d’adaptation, ni colle sécurité, qui font de nous vraiment l’homme du métier. II m’arrive souvent de causer avec des gens de la marine marchande, en essayant d’organiser cette question si difficile de l’apprentissage maritime. Eh bien, ils me disent tous que celui qui n’a pas tout jeune respiré l’air de la mer ne pourra jamais faire un vrai marin. Tl en est de même pour la question du retour à la terre. Celui qui n’a pas
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- connu très lot les travaux agricoles risque de n’en avoir jamais le goût. Par conséquent il ne faut pas trop dire qu’il n’y a rien de définitif, que l’on pourra recommencer. 11 est bien plus sage de choisir sa profession, l’apprendre sincèrement et s’y tenir, avec modération peut-on dire, mais avec fermeté.
- Donc l’orientation professionnelle présente pour l’individu un intérêt d’argent. Si je l’ai démontré pour l’individu, je crois qu’on peut également le démontrer en ce qui concerne la famille. D’abord il faut bien supposer, et c’esl vrai dans la majorité des cas, que l'intérêt de la famille coïncide avec l’intérêt de l’enfant, mais ce n’est vrai que dans la majorité des cas. .l’ai tracé ici même le problème si difficile de la liberté de la famille en matière d’orientation professionnelle, «l’ai dit edïje dirai en ce moment que celte liberté est théorique. Dans la pratique, la famille a singulièrement besoin de conseils d’auxiliaires et de collaboration éclairée.
- La famille a tort en sacrifiant au désir du gain immédiat meme s’il n’est pas possible de lui donner complètement satisfaction, sous forme de bourse ce qui est le meilleur moyen. Elle a tort d’aborcl au point de vue moral, mais aussi au point de vue strictement utilitaire. La famille a intérêt à ce cpie l’enfant rapporte bien et le plus possible, non seulement pendant un ou deux ou trois ans, mais pendant toutes les années de l’adolescence.....
- I n autre inconvénient, c’esl l’ambition, le but excessif. Au point de vue orientation professionnelle, on admet deux grands principes : qu’on a droit au métier pour lequel on est fait, et deuxièmement qu’on a le devoir de s’v tenir. Or un grand nombre de lamilles sont convaincues qu’il n’y a pas de métier qui soit au-dessus des forces de leur enfant. Bien que sur un terrain tellement scabreux je sois retenu par la pensée de blesser des amours-propres, je ne puis m’empêcher de penser qu’il n’est pas bon que le père de Trissolin ait trop d’émules, et que l’on a détourné vers les emplois de bureaux des enfants qui eussent fait d’excellents travailleurs manuels. Ces parents ont fait le malheur de leur enfant.................
- C’esl une conception bien étroite et bien fausse de la vie individuelle, comme de la vie sociale, que celle qui sépare l’humanité en deux zones : une zone de l’élite, qui a la chance inouïe de S' livrer à ses occupations qui sont en effet les seules occupations pouvant fournir une raison de vivre, métiers des lettres, artistes, ceux que d’un mot trop vague on appelle les intellectuels, et les autres qui n’ont qu’à travailler, et sont des moyens pour les autres. Lela n’est pas vrai, n’est pas juste. C’est un préjugé séculaire et
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- qui esl eu retard sur les formes de la vie actuelle. La culture est répandue à travers tous les-rangs de la société. Combien en .ai-je rencontré parmi les ouvriers, qui lisaient, qui se cultivaient, en particulier dans ce pays et dans cette ville, des hommes qui savaient beaucoup de choses et qui les savaient bien, si savoir c’est ce que l’on comprend, el non une mémoire tout en surface.
- La famille qui croit ennoblir son enfant en l’orientant vers les papiers, les emplois de bureau, commet une erreur et la famille qui croit que son enfant a déchu en prenant un marteau, un outil, cette famille se trompe grandement. Par conséquent je crois (pie les familles ont tort qui pèchent par ambition excessive. Il faut dire tout bonnement que tous les métiers se4 valent dès qu’ils sont honnêtes.
- Ceux qui veulent laisser faire le hasard, disant (pie chacun trouvera bien sa place, me semblent appartenir au règne des Atlantes qui passe pour avoir depuis très longtemps disparu.
- Ce que je voudrais montrer, bien que très imparfaitement, c’est l'intérêt économique qu’offre à ce point de vue l’orientation professionnelle. Oui s’en liasse court de bien grands risques. Parmi eux. le risque d’instabilité .En Amérique, et aussi en France, on se lamente sur les inconvénients de tous ordres du « turn over », c’est-à-dire du changement de personnel. Par.exemple, dans les accidents du travail. Les statistiques démontrent que les accidents sont d’autant plus fréquents que le personnel est moins stable, moins accoutumé aux outils. Des statistiques, très intéressantes, (ait été faites et depuis longtemps déjà, sur ce point, confirmées d’ailleurs par la psycho-technique. Un personnel d’ouvriers ayant le goût, les aptitudes convenant avec leur métier réduit très.considérablement le nombre des accidents. Une entreprise qui ne fait pas d’orientation professionnelle s’expose à faire des essais nombreux avant de s’assurer le personnel requis, ce qui est une perte d’argent pour les employeurs.
- Encore un mot au point de vue de l’équilibre de l’économie nationale. Ou’est-ce que c’est l’équilibre de l’économie nationale ? C’est pourrait-on dire, la répartition de la jeunesse entre les grandes formes de l’activité nationale. Cette question est d’un intérêt que tout le monde comprend. Eh bien, cette répartition est-elle dirigée judicieusement ?
- Si vous consultez, dans l’annuaire statistique de la France, la répartition de l’activité nationale dans les .différents corps de métier vous constaterez ce que j’v ai aussi constaté. C/est qu’il y a un écart formidable entre les hommes employés aux fonctions publiques et ceux qu’occupe l’activité économique : 2 millions
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- d’un côté contre 18 millions do l’autre. Ces chiffres vous paraissent-ils être en rapport avec ceux qui ont cours dans les écoles, et croyez-vous que les jeunes gens, au moment où ils vont choisir un métier, ont une idée juste des besoins de la France, et ceux qui les guident en ont-ils eux-mêmes une idée juste ?
- Nous nous lamentons sur notre dénatalité, et nous avons bien raison, mais au lieu de clamer sans fin les erreurs de l’adolescence française, de se plaindre que la population agricole manque de travailleurs, il serait prudent d’y porter remède et de ne pas laisser croire à la jeunesse des campagnes qu’elle peut impunément s’enfuir à la ville. Elle ne le doit pas, pour le pays. Ceux qui ont la charge de la jeunesse ont le devoir de lui montrer que, s’il y a des professions vers lesquelles les jeunes gens se sentent poussés par cet enthousiame qu’inspire tout métier neuf, comme l’électricité, l’aviation, il est d’autres métiers, moins reluisants, moins brillants, mais solides, et il est temps à l’heure actuelle qu’on veuille s’en préoccuper. C’est un devoir, au moins sur le terrain économique, de veiller à ce qu’il n’y ait pas cette ruée folle d’un côté et des lacunes si graves de l’autre...
- Je serai satisfait si je vous ai simplement montré que, même à s’en tenir aux simples questions d’intérêt et d’argent, l’individu, la famille, les groupements professionnels et la nation avaient un intérêt visible à favoriser, à organiser par tous les moyens tnt-ce au prix de lourds sacrifices pécuniaires la question de 1 orientation professionnelle.
- NOTES ET DOCUMENTS
- La fréquence des déficiences auditives
- Une étude de MM. Jimenez et Encina, publiée dans la Revisia Oto-Neuro-Ophtaimologica (n° 1 de 1930, pp. 16-23) sur la surdité des écoliers nous apprend que l’examen de 7.600 enfants dans les écoles d’Espagne a révélé chez 23 °/« d’entr’eux l’existence d une surdité, curable dans les deux tiers des cas (et due la plupart du temps aux végétations adénoïdes).
- Avec le lest de la montre, Foucault avait trouvé un chiffre analogue de déficiences notables de l’acuité auditive. Mais la grande enquête faite aux Etals-Unis sur 250.000 écoliers avec une méthode plus rigoureuse de mesure (Audiomètre collectif de la Western Electric Company, testant l’audition de séries de chiffres au
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- moyen d’un phonographe émetteur et d’une réception électrique par écouteurs) a donné moitié moins de déficiences marquées. Seulement il faudra s’entendre sur la limite de ces déficiences.
- Les parentés d’aptitudes
- D’après une étude de Küster dans la Zeitechrift fur pâdago-gische Psychologie (XXXI, 1930, pp. 399-403), il y aurait une parenté nette entre les aptitudes proprement intellectuelles, d’une part, et des aptitudes spéciales au calcul, à la musique, à la technique. Sans calculer les corrélations, l’auteur a envisagé comment se répar-tissaient les individus appartenant aux cinq premiers et aux cinq derniers centiles du classement intellectuel dans les classements effectués aux trois autres points de vue, en utilisant une répartition en tiers supérieur, moyen et inférieur. Voici cette répartition en pourcentages :
- Intellectuellement
- Supérieurs. Inférieurs.
- Aptitudes musicales :
- Supérieurs 53,7 19
- Moyens 42 53,3
- Inférieurs 4,3 27,7
- Aptitudes au calcul :
- Supérieurs '60,2 8,3
- Moyens 36,5 48,2
- Inférieurs 3,3 43,5
- Aptitudes techniques :
- Supérieurs 69,3 8,6
- Moyens 29,4 48,5
- Inférieurs 1,3 42,9
- Ainsi un bien doué au point de vue des capacités intellectuelles
- a beaucoup de chances d’ôtre bien doué aussi à d’autres points de vue, technique et musical par exemple.
- H. P.
- *
- * *
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- Criminalité et profession
- M. Stauber, conseiller d’orientation professionnelle à Zurich, publie dans le numéro d’octobre 1930 de Jugend und Beruf une
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- étude assez détaillée sur celte question de première importance. Détachoms-en quelques passages.
- Tout d’abord, quelques observations d’ordre négatif, pourrait-on dire :
- « Les motifs qui conduisent l’enfant vers une profession plutôt que vers une autre ne se trouvent pas dans les occasions qu’il pourrait y trouver de devenir criminel...
- « D’après moi il n’y a pas, dans aucune profession, de « type criminel ». Mon opinion est que la tendance au crime est fonction de l’hérédité, de l’éducation et principalement de la situation pécuniaire de l’intéressé...
- « La mauvaise littérature, le film exagéré exercent une influence fâcheuse sur les jeunes gens qui disposent de beaucoup de liberté et restent sans surveillance...
- Les. jeunes criminels se recrutent généralement parmi ceux qui n’ont pas eu l’occasion d’apprendre un métier. Ils se font travailleurs occasionnels, sont mal payés et recherchent, dans l’acte délictueux, les moyens de se procurer l’argent qui leur est nécessaire...»
- Un criminaliste donne, ci-dessous, des renseignements plus positifs :
- « Sur 100 délits d’immoralité commis par des jeunes filles, il relève 29 bonnes, 23 filles de salle, 9 couturières, 9 ouvrières de fabriques, 7 repasseuses, 6 colporteuses, 5 modistes, 5 femmes de chambre, 2 coiffeuses, etc... »
- Un directeur de prison fournit la statistique suivante portant sur o années et concernant de jeunes « criminels » de 16 à 25 ans :
- 1
- 1° Domestiques et ouvriers agricoles.................... ^
- 2° Ouvriers de fabriques................................ ^
- 3° Ouvriers qualifiés................................... ^
- 4° Employés de commerce................................. ^
- 5° Employés de bureau...................................
- 6° Professions libérales................................
- Si nous totalisons les chiffres des deux premières catégories, nous ne sommes pas peu étonnés de voir que les 721 non qualifiés ne dépassent guère les 715 qualifiés des quatre autres catégories !
- Pour permettre à nos lecteurs de se livrer au travail toujours intéressant de statistique, nous reproduisons un tableau qui con-cérne 8.908 personnes réparties en cinq groupes délictueux.
- Souhaitons avoir bientôt une statistique française qui nous aidera à mieux saisir l’influence du milieu et de la profession sur la criminalité, ce qui est de première utilité, croyons-nous, pour orienter judicieusement un enfant !
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- PROFESSIONS
- 1
- 2
- 3
- 4 b 6
- 7
- 8 9
- 10
- 11
- 12
- 13
- 14 18 16
- 17
- 18
- 19
- 20 21 22
- 23
- 24
- 25
- 26
- 27
- 28
- 29
- 30
- 31
- 32
- 33
- 34
- 35
- 36
- 37
- 38
- 39
- 40
- 41
- 42
- 43
- 44
- 45
- 46
- 47
- 48
- 49
- 50
- 51
- 52
- 53
- 54
- GROUPES
- Artistes..................
- Garçons de courses........
- Boulangers................
- Garçons de bureaux........
- Filles de bureaux.........
- Chauffeurs................
- Coiffeurs.................
- Coiffeuses................
- Couvreurs.................
- Domestiques (filles)......
- Electriciens..............
- Ouvriers de fabriques.....
- Ouvrières de fabriques ....
- Charretiers...............
- Fondeurs..................
- Ouvriers occasionnels.....
- Jardiniers..................
- Manœuvres.......... ....
- Empl. d’hôtela ) ^
- Employés de commerce. ..
- Confiseurs................
- Garçons de café...........
- Filles de salle...........
- Ouvr. agric., valets de ferme
- Cuisiniers................
- Cuisinières...............
- Infirmiers................
- Infirmières...............
- Cultivateurs..... ........
- Peintres..................
- Maçons....................
- Mécaniciens...............
- Monteurs..................
- Modistes..................
- Bouchers..................
- Voyageurs.................
- Selliers..................
- Serruriers................
- Forgerons ................
- Tailleurs.................
- Couturières...............
- Menuisiers................
- Ferblantiers..............
- Cordonniers...............
- Etudiants.................
- Tapissiers................
- Typographes........:........
- Techniciens ..............
- Horloger*.................
- Vendeuses,................
- Lessiveuses, repasseuses...
- Charrons..................
- Charpentiers..............
- Femmes de chambre.........
- Cambrioleurs Vol qualifié ^ Incendiaires Recéleurs M ! Voleurs simples Faux Détournements oj de fonds Vagabonds Mendiants "'“j Pervers moraux Filles en publiques TOTAL
- 2 16 14 9 49 90
- 19 22 8 )) 4 53
- 30 44 13 17 10 114
- 7 45 47 10 1 110
- 2 10 16 2 9 39
- 9 35 21 O 5 75
- )) . 6 2 2 16 26
- 3 14 13 3 11 44
- 16 39 13 7 b 80
- 15 118 45 14 112 304
- 9 18 26 6 5 64
- 28 30 12 21 25 116
- 3 22 20 5 68 118
- 22 58 28 8 10 126
- )) 1 )) 4 » 5
- 4b 70 14 60 29 218
- 17 36 22 19 14 108
- 201 568 146 159 107 1184
- 64 120 71 15 14 284
- » 12 » )) 28 40
- 20 107 209 30 35 40!
- 9 14 16 3 3 45
- 17 37 21 8 7 90
- 1 25 21 2 74 123
- 111 307 81 132 105 736
- 9 24 13 7 )) 53
- 1 41 20 4 23 89
- 2 2 3 1 4 12
- )) 2 2 1 7 12
- 19 10 25 6 14 69
- 33 43 43 25 23 167
- 29 52 60 31 19 191
- 50 59 40 27 21 197
- 11 23 8 10 5 57
- » 4 5 » 21 30
- 27 55 21 14 il 128
- 14 30 168 8 17 237
- 5 5 9 6 1 26
- 37 71 51 37 16 212
- 12 25 15 16 16 84
- 24 60 30 17 24 155
- 5 31 19 2 70 127
- 34 46 40 33 19 172
- 19 15 7 7 2 50
- 22 46 25 25 21 139
- » 7 36 7 14 64
- 5 6 9 3 3 26
- 3 15 18 7 5 49
- 5 15 18 7 4 49
- 26 88 39 33 22 208
- 1 13 6 4 20 44
- » 34 8 » 45 87
- 1 3 4 7 1 16
- 18 20 9 18 10 75
- )) 10 4 )) 23 37
- J. F.
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- Déficiences et supériorités sensorielles à propos de ractrrté-Jüsùeiré
- Au 3e Congrès de la Société française d’ophtalmologie (mai 1930) le Dr Coppez examine cette question : « A quelles indications doivent répondre les études d’acuité visuelle. »
- D’après lui, le nombre d’échelons dans les mesures usuelles d’acuilé est inutilement grand, et on pourrait se contenter, d’après les exigences des emplois publics, de huit niveaux : 0,10, 0,35, 0.50, 0,60, 0,70, 1. El les échelles d’acuité devraient être standardisées sur ce type.
- Mais, à ce propos, doit se poser la question des supériorités sensorielles.
- Pour la clinique, il n’y a jamais eu à se préoccuper que des déficiences. Celui qui atteint, dans un fonctionnement sensoriel quelconque, le niveau dit « normal », qui est un niveau moyen, n’intéresse plus le médecin dans sa tâche habituelle. Mais, en orientation professionnelle, si les déficiences constituent des contre-indications importantes à connaître, les supériorités sont des éléments d’aptitudes comportant des indications intéressantes que l’on n’a pas le droit de négliger. Il ne faut pas rester dans l’ornière de la tâche purement négative qui consiste à « déconseiller » .
- Dès lors les examens sensoriels ne doivent pas se limiter à la recherche clinique des déficiences, et, en matière d’acuité visuelle particulièrement, le niveau 1 (pouvoir séparateur de 1’) n’est pas un niveau limite, celui-ci approchant de 2 (angle de 30”).
- Il faut donc mesurer l’acuité exacte, dans des conditions naturellement bien définies et sur lesquelles un étalonnage aura réellement fixé la moyenne des acuités (après corrections des réfractions) à des âges donnés.
- Maintenant, on peut se contenter peut-être d’échelons en nombre limité, mais à conditions d’en prévoir sur les deux pentes autour de la moyenne.
- Il y a des métiers — celui d’horloger par exemple — où une supériorité dans le pouvoir résolutif de l’œil est particulièrement précieuse.
- H. P.
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- LES MÉTHODES ÉTRANGÈRES EN 0. P.
- L’Etude des fonctions motrices à la Section technopsychologique de l’Institut Jean-Jacques Rousseau
- Dans un très beau travail sur l’évolution et la variabilité des fonctions psychomotrices (1), Mlle II. Antipoff étalonna sur 750 sujets des deux sexes dont les âges allaient de 4 ans à l’âge adulte, 5 tests groupés par L. Walther auxquels elle ajouta la mesure de la force musculaire des mains.
- Nous donnerons la technique telle qu’elle a été exécutée et les résultats étalonnés de chacun de ces tests intéressants à connaître ou à utiliser en O. P.
- Les tableaux d’étalonnage des résultats en centiles de ces lests sont présentés de la façon suivante. Le centile 100 ne représente pas le résultat de celui qui serait le centième sur cent enfants mais le résultat de celui qui a obtenu le meilleur résultat et le centile 0 représente le plus mauvais résultat. Pour les tests de Tapping, pointillage, disques et dynamomètre, les chiffres indiquent les résultats bloqués du travail des deux mains. Il ressort en effet d’une recherche de M. L. Walther que les résultats bloqués exprimaient mieux les aptitudes individuelles et donnaient une plus forte corrélation avec les appréciations des chefs d’ateliers.
- 1° Le test du pointillage
- I. — Pointillage. — Matériel. — Deux feuilles de papier de 20 centimètres de côte ; au milieu de chaque feuille est imprimé un réseau de 100 carrés mesurant 1 centimètre carré chacun. Crayon bleu « Faber », en bois blanc, de forme ronde. Chronomètre au cinquième de seconde.
- Technique. — Le sujet assis à table, on pose la feuille devant lui et on lui donne le crayon qu’il doit saisir assez fermement dans sa main droite. On lui dit : « Nous allons voir la rapidité de vos mouvements. Vous allez marquer aussi vite que possible un point dans chaque carré. Vous commencerez par ce carré ( on montre celui de l’extrême gauche en haut) ; quand vous arriverez à celui-ci (montrer le carré extrême droit en haut), vous passerez à celui
- (lj Archives de Psychologie, tome XXI, n° 81, pages 1 à 54.
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- qui est immédiatement en dessous et ferez la seconde rangée de droite à gauche, pour la troisième rangée de gauche à droite et ainsi de suite, en lacets, jusqu’au dernie.r‘ carré. Faites attention de ne marquer qu’un seul point dans chaque carré et de n’en passer aucun ; avec la main gauche ,tenez fortement la feuille afin qu’elle ne glisse pas. Vous partirez lorsque je vous dirai : « IIop. Compris. »
- On déclanche le stoppeur au moment du départ et l’on arrête celui-ci à la fin de l’épreuve. Même technique pour la main gauche.
- Les résultats de ce test contenus dans le tableau que nous donnons ci-dessous indiquent des temps en secondes.
- POIPJTIU.ACK.
- Perc. 5-6 7-8 9-10 1 1 -12 13 14 1 5 16 17 Art
- G. | F. G | F. G | F. G | F G | F. G. 1 F‘ H. F.
- 100 127 106 84 59 46 60 62 4 9 57 4 H 54 4 4 54 47 61 47 4 5
- 90 t 58 133 93 68 73 73 67 66 6 5 57 60 56 65 52 65 55 53
- 80 167 154 101 75 81 7 9 71 70 70 6 5 61 59 f>8 55 7 0 60 55
- 75 179 158 103 79 83 80 74 72 70 68 63 62 69 58 70 61 55
- 70 187 161 104 79 84 85 78 74 72 69 64 64 69 62 71 62 57
- 60 203 162 109 84 88 89 82 76 76 73 67 70 73 63 72 63 59
- 50 221 176 115 93 92 89 84 79 89 78 68 74 75 67 75 67 63
- 40 235 183 121 94 99 92 88 83 86 85 70 75 76 71 77 71 65
- 30 249 189 129 97 101 95 90 85 89 87 7 9 76 79 71 79 74 67
- 25 262 191 131 98 103 99 91 86 89 89 80 76 81 72 80 77 70
- 20 274 194 135 101 107 101 93 90 96 95 81 80 87 74 80 80 71
- 10, 338 218 1 46 107 1 17 107 99 95 102 101 84 85 94 84 87 85 77
- 0 429 2 4.0 154 136 142 151 122 1 17 1 40 112 90 89 124 91 99 95 89
- Nombre
- de sujets 49 37 35 40 41 45 54 71 25 41 36 23 32 31 26 ' 60 53
- Ce test donne des valeurs fort différentes suivant le milieu ou il est expérimenté.
- Appliqué à 53 étudiantes et à 55 ouvrières il a donné les résultats suivants :
- Centile 100 : étudiantes 45 sec. ; ouvrières 49 sec. — Centile 75 : étudiantes 55 sec. ; ouvrières 65 sec. — Centile 50 ou médiocre : étudiantes 63 sec. ; ouvrières 71 sec. — Centile 25 : étudiantes 70 sec. ; ouvrières 77 sec. — Centile 0 : étudiantes 89 sec ; ouvrières 100 sec.
- Ce test requiert la coordination visuo-motrice, ce qui explique un développement avec l’âge suivant une progression qui après douze ans devient nulle.
- Sa variabilité a tendance à diminuer avec l’âge ce qui semblerait indiquer que nous avons à faire à une aptitude acquise.
- En définitive ce test paraît être un test de développement jusqu’à 12 ans et ensuite un test d’aptitude net surtout pour les déficiences.
- (A suivre)
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- A travers les Revues
- D,ans les Archivos Brasileiros clc Hygiène mental de septembre 1930 est publiée une version portugaise du test de Barcelone, étalonné en France par Mme Henri Piéron, et en Belgique par Decroly ; cette version a été établie par le Dr Mirandolino Cai.das, dans l’Etat de Minas Geraes (Brésil).
- » *
- * *
- Dans une étude sur l’ennui, sa'thérapeutique, sa prophylaxie, publiée par le Concours médical (20 ayril 1930) M. P. Chavigny donne à l’éducation bien dirigée le pouvoir d’empêcher l’apparition de l’ennui, en inculquant chez les enfants une appétence suffisante pour une ou plusieurs occupations.
- *
- * *
- Le Siècle Médical (septembre 1930) publie une intéressante étude sur les enfants arriérés et le rendement de 1:Institut d’Asnières, institut départemental de sourds-muets qui comporte une section de perfectionnement pour enfants arriérés (6 classes, 60 garçons et 60 filles), d’où sont sortis cette année 12 élèves (5 filles et 7 garçons) ayant terminé leur apprentissage professionnel et sur lesquels sont donnés des renseignements très complets.
- *
- * *
- Dr Evenius décrit dans le numéro de juin 1930 de Psycholech-nische Zeitschrift, l’organisation du service psychotechnique de la poste en Allemagne, en traçant la voie de son développement.
- Déjà depuis 1922, les examens psychotechniques ont commencé à être appliqués par la poste pour la sélection des employés. Dans la période entre 1925-1929, 17.001 examens ont été effectués qui ont permis d’éliminer 4.751 sujets. Parmi les employés, 0,2 °/0 ont quitté le service dans les deux premières années.
- A cette époque, le service psychotechnique était constitué par un seul laboratoire. Il manquait un centre pour diriger et contrôler l’ensemble du travail. Actuellement, le service est complètement réorganisé, il comprend des laboratoires de trois types : 1° laboratoires qui ne pratiquent que les examens psychotechniques ; 2° laboratoires qui dirigent le travail des laboratoires précédents, et
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- 3° le centre qui contrôle les procédés des examens choisis et détermine les limites de l’application psychotechnique.
- B. N.
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- Influence de la sensation d’« être observé » sur la capacité de travail. — Dans le but d’étudier l’influence qu’exerce la présence d’un observateur sur la capacité de travail d’un sujet, l’auteur (I) a comparé le rendement de ce dernier en présence et en l’absence d’un observateur.
- Un groupe de 200 sujets a effectué deux fois le test de construction de Blumenfeld et chaque fois sans observateur. Un autre groupe de 200 sujets a effectué le même test, mais une fois seul eî la seconde fois en présence d’un observateur. Il s’est montré que dans ce dernier groupe dans 54 cas le temps d’exécution du test la seconde fois, devant un observateur, était plus long que la première, tandis que dans le groupe qui travaillait seul les deux fois, il n’y avait que 37 cas où le temps d’exécution du test la seconde fois était plus long.
- La présence de l’observateur serait donc, d’après l’auteur, un facteur inhibiteur dont il faudrait tenir compte dans l’appréciation des résultats d’une épreuve psychotechnique.
- B. N.
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- Nous relevons dans Mitteilungen, Rheinisches Provinzial Institut für Arbeits und Berufsforschung, Düsseldorf (Communications. Institut provincial rhénan pour l’étude du travail et des professions) les publications consacrées aux questions pratiques de la psychotechnique : F. Giese, après avoir discuté le problème de l'examen psychotechnique et la sélection des chefs, conclut qu’il est préférable de laisser faire cette sélection spontanément par la vie elle-même. — P. Sicawran décrit l’organisation de la psychotechnique en Afrique du Sud. Cette institution, tout en étant très jeune — le laboratoire n’est ouvert qu’au courant de l’année, — a fourni déjà un travail considérable, constitué par l’étalonnage, pour le pays, des tests de Binet-Simon, Armée américaine, etc., et par l’établissement de tests nouveaux pour différents métiers. —
- (1) Dr Gust. Ichheiser. — Ueber die V erânderung der Leistungsbereilscha(t durch das Bewuszlsein, einen Zuschauer zu haben. Ein Beilrciçj zur Psychologie der Berufseignungsprüfung. (Influence de la sensation d’ « être observé » sur la capacité de travail d’un sujet. Contribution à la psychologie des épreuves psychotechniques.)
- Psychotechnische Zeitsch., 1930, 2 avril, pp. 52-53.
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- Le directeur de l’Institut rhénan, en collaboration avec les docteurs Muller et Kuhn, donne une description de 1’ « avis psychotechnique » délivré par l’institut au candidat à la suite de l’examen psychotechnique. Cet avis, en plus de la conclusion générale concernant l’orientation professionnelle du sujet, contient deux fiches divisées en cinq colonnes chacune, chaque colonne portant une indication de très mal à très bon. Les résultats de tous les tests sont portés dans ces colonnes correspondantes d’après leur rang, dans une fiche, et d’après la signification psychologique du test dans l’autre. — Dans le reste du fascicule, en plus du rapport sur le fonctionnement de l’institut et des comptes rendus bibliographiques, une place .importante est réservée à la correspondance arrivée des centres d’O. P. qui travaillent en contact avec l’Institut. Dans cette corespondancc, les auteurs discutent les méthodes de travail proposé par l’Institut apportent les résultats numériques de leurs expériences personnelles. B. N.
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- Des comptes rendus de la 6e Conférence internationale de psychotechnique (Barcelone, 23-27 avril 1930) ont été publiés par Mlle Weinberg dans la Revue de la Science du Travail (vol. 2, n° 1, 1930, pp. 100-112) et par Mme Fr. Baumgarten dans la Zeitschrift fur wigewandte Psychologie (vol. 37, nos 5-6, décembre 1930, pp. 534-545).
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- Dans le numéro d’août-septembre de Industrielle Psychotechnih, 1930, Erwin Bayer donne une description des attitudes des différents types de sujets, au cours d’un examen psychotechnique. — Ilanns Sinzig, en prenant pour exemple trois cas étudiés parmi les sujets de l’Institut psychologique de Cologne, insiste sur l’importance de l’examen psycho-analytique de l’individu névropathique pour son O. P. — E. Kôrner (chef de police Berlin Charlotten-burg) dit que le. test de l’attention concentrée (dispositif de projection de Bourdon) s’est montré très utile pour la sélection des agents de police.
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- INFORMATIONS
- Au Congrès d’Atlantic City de la National Vocational Guidance Association, ou Association nationale des Etats-Unis pour l’orientation professionnelle, une commission a été formée pour organiser des recherches sur la « mesure des intérêts », composée de K. M. Covvdery, Douglas Fryer, II. D. Kilson, D. G. Paterson, E. K. Strong et R. S. Uhrbrook. Une liste de 50 questions ont été mises à l’ordre du jour et confiées chacune à un chercheur ; parmi ces sujets, figure le développement possible des intérêts, l’influence de l’àge ,1a stabilité, la relation avec l’aptitude, etc,., etc. Il y a là une œuvre considérable mais qui pourra prendre la plus grande importance en matière d’O. P.
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- I/O. P. en Allemagne est organisée de la façon suivante : le pays est divisé en 13 régions ; cette division correspond à la division politique du pays. Un bureau central dans chaque région dirige l’activité d’un certain nombre de centres secondaires. Le nombre total de ces derniers atteint actuellement 361. Le bureau central (ou centre régional Landesarbeitsamt) se trouve pour : la Prusse orientale, à Kônigsberg ; la Silésie, à Breslau ; le Brandebourg, à Berlin ; la Poméranie, à Stettin ; le Nordmark, à Hambourg ; la Saxe, à Hanovre et Dresde ; la Westphalie, à Dort-mund ; la Rhénanie, à Cologne ; le Hesse, à Francfort ; l’Allemagne centrale, à Erfurt ; la Bavière, à Munich ; l’Allemagne du Sud-Ouest, à Stuttgart.
- (Psychotechn Zeitchrift, V., 5 octobre 1030, p. 132.)
- Nous rappelons à nos abonnés que le moyen le plus simple pour eux de s'acquitter pour 1931 est d'utiliser le chèque compte postal inclus dans le n° de décembre 1930.
- Sauf dans le cas d'cwis précis de désabonnement nous nous permettrons de faire toucher à domicile à ceux qui ne se seront pas acquittés à celte date le montant de l'abonnement pour 1931 et nous espérons qu'il sera fait bon accueil à noire demande.
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- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- H. Piéron. —L’Année Psychologique. Paris, Alcan, 1930. — La trentième année vient do paraître (2 volumes de 963 pages). Elle contient 8 mémoires originaux dont 3 se rapportent à des études de sensations.
- Un mémoire de Mlle Kohi constitue une étude du test d’imagination inséré dans la fiche psychologique de l’I. N. O. P. ; un autre mémoire (de R. Leurquin) traite' de l’étude expérimentale de l’habileté motrice et deux mémoires (l’un de Heller-Kowarski et M. François et l’autre do A. Schwcitzer) étudient l’apprentissage tous deux au moyen du test de barrage de Toulouse et Piéron.
- L’Année Psychologique donne le compte-rendu du VIe Congrès international de psychotechnique ((J. AI. Lahy),
- La plus grande partie de l’ouvrage (734 pages sur 936) est consacrée aux analyses des travaux de psychologie parus pondant l’année 1929.
- Parmi ces analyses 29 sont consacrées à habitude et mémoire, apprentissage et témoignage ; 80 à l’association et à l’imagination, à l’attention, au travail et à la fatigue ; 253 à la psychologie appliquée (applications générales industrielles et sociales, applications pédagogiques), enfin 132 traitent de la psychotechnique, des tests, de leurs résultats, des procédés de calcul de ces résultats, de l’appareillage et des techniques.
- Pour terminer, une chronique tient au courant des mouvements et créations de la psychologie du monde entier et une table alphabétique des auteurs analysés rend facile l’utilisation de cet excellent moyen de travail.
- AL IL P.
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- 3' Année
- N° 2
- Février 1931
- BULLETIN
- DE
- l’Institut National d'Orientation Professionnelle
- ----KH-CX---
- L’Aptitude Musicale et les Tests de Seashore
- par A.-B. et A. FESSARD
- (suite)
- L’exemple des tests de Seashore, sur lesquels nous désirons maintenant nous faire une opinion, va nous fournir une excellente occasion d’exposer quelques idées générales concernant la critique des tests.
- Celle-ci peut être extérieure au test, c’est-à-dire ignorer son contenu, et se préoccuper uniquement de la réussite des applications ; c’est le point de vue du praticien, celui que nous avons surtout envisagé ici. La critique intérieure, celle qui touche à la structure du test et aux idées théoriques qui ont présidé à son élaboration, est du ressort de la Psychologie pure : nous en dirons deux mots en terminant, uniquement pour indiquer la direction des améliorations possibles de la méthode.
- La valeur pratique d’un test ou d’un groupe de tests ne peut pas être seulement jugée sur l’exemple, favorable ou défavorable, d’un petit nombre de cas isolés. Cela paraît bien évident, et pourtant, étant donnée la facilité extraordinaire avec laquelle l’homme, et même l’homme de science, généralise à partir des plus maigres résultats, surtout lorsque ceux-ci s’accordent avec une opinion préconçue ou se présentent dans le sens le plus heureux, il n’est pas inutile de rappeler qu’il y a là un véritable danger, auquel nechapperu pas toujours les psychotechniciens de métier. Une pratique de sorcière semble-t-elle rendre la santé à deux ou trois malades ? Voilà, encore de nos jours et même parmi les gens cultivés, la merveilleuse nouvelle répandue alentour, et la
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- recette tenue pour infaillible : Sous peine de rappeler parfois certains procédés magiques, la méthode des tests ne peut pas être sérieusement utilisée pour une différenciation des individus sans qu’intervienne un système de contrôle bien étudié, fondé sur ;a répétition, en grandes séries, des mêmes examens.
- Avant de juger définitivement un test, il nous faudra avoir la patience d’attendre que les résultats se soient accumulés en grand nombre, et 1 honnêteté de 11e pas tirer spécialement parti des cas extrêmes, aberrants — il y en aura toujours, mais les exceptions confirment la règle — pour défendre une thèse plutôt qu’une autre.
- E11 fait, l’orienQêur, le psychotechnicien, comme le médecin à mesure quîl avance dans sa carrière, finissent par avoir vu un très grand nombre de cas et par se faire, sur l’efficacité des moyens qu’ils emploient, une idée d'ensemble qui est de plus en plus conforme à la vérité : c’est l’expérience personnelle, mais qui 11e se constitue qu’à la longue, et nous sommes pressés ! En outre, de l’impuissance de notre esprit à embrasser d’un, seul coup une multitude de données, il résultera souvent que « l’idée d’ensemble » restera vague, donc inutilisable. Et si, par un effort de synthèse, on essaie d’en préciser les contours, qui nous garantira l’impartia-lilé d’un jugement 011 entreront, sans que nous y prenions garde, nos préférences, nos croyances, nos systèmes personnels ?
- Tendance à la généralisation prématurée, tendance à la synthèse imprécise ou arbitraire, ces deux dangers nous menacent sans cesse, à moins que nous acceptions d’avoir recours aux méthodes rationnelles que les statisticiens ont élaborées dès qu’ils ont pu mettre sous une forme abstraite et générale le problème qui nous préoccupe aujourd’hui. La méthode statistique, en effet, nous révèle la vertu stabilisante des grands nombres, et nous apprend à nous reconnaître au milieu d’une foule de résultats. Grâce à elle nous arrivons à « organiser » ces ensembles, à en dégager systématiquement les traits caractéristiques et les lois moyennes, sans jamais perdre de vue l’erreur à craindre, qui, au moment des généralisations, nous rappellera à la prudence.
- Il en résulte que la critique « extérieure » d’un test ou d’un
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- ensemble de tests, telle que la conçoivent les psychotechniciens modernes, devient une entreprise assez compliquée ; en revanche, elle satisfait pleinement l’esprit par sa précision et son objectivité.
- Pour nous en tenir aux trois points essentiels de toute critique psycho-statistique, nous distinguerons seulement ici ce qui est relatif à l'étalonnage des tests, à leur cohérence. et à leur validité.
- Etalonnages
- Seashore, ainsi que nous l’avons dit dans notre précédent article, a étalonné séparément chacun de ses tests sur un grand nombre de sujets, répartis en trois catégories bien distinctes : adultes, 8e classe des écoles américaines, 5e classe. Ces sujets ont naturellement été recrutés dans un milieu non spécialement sélectionné au point de vue musical. La distinction de sexe n’a pas été faite, Seashore l’ayant trouvée sans effet systématique appréciable sur les étalonnages.
- Ceux-ci ont été publiés dans le livret d’instructions et dans le Manuel de Seashore. Ils se traduisent en courbes de fréquence et en ogives de Galton. Des ogives intermédiaires peuvent être tra.cées pour la détermination approximative des normes relatives aux enfants de niveau ou d’âge intermédiaire.
- Faisons remarquer en passant qu’un sujet répondant uniquement au hasard obtiendrait, comme c’est le plus probable, 50 0/« de réponses justes : dans ce cas, sa performance devrait être évidemment considérée comme sans valeur. Il convient donc, lorsqu’on est sujet dans le test, de répondre au besoin au hasard dans les cas où l’on hésite, mais de toujours répondre. Si cette consigne a été mal comprise et qu’il reste des cases en blanc, en nombre n-par exemple, le correcteur devra ajouter n/2 points aux réponses justes, comme si, dans les parties douteuses, le sujet s’était contenté de répondre n’importe comment.
- Il ne faudrait pas croire que l’établissement des étalonnages suffise à donner à un test sa pleine valeur d’utilisation : il faut encore, entre autres choses, que les distributions trouvées satisfassent, par leur position, leur forme, leur stabilité, à certaines exigences.
- Si l’on considère la marge des notes, de 50 à 100/ il est clair qu’une tendance centrale voisine de 75, avec de chaque
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- côté une répartition symétrique des sujets, est ce qu’on peut souhaiter de mieux. A ce point de vue, le test des Intensités est nettement trop facile, et celui des Consonances trop difficile pour tous. La forme des courbes est assez satisfaisante (un seul sommet accusé, légère dyssymétrie) sauf en général pour celles qui se rapportent à la cinquième classe (modes peu accusés). A cet âge, il faut craindre en effet, pour une proportion assez grande de sujets, une mauvaise compréhension des instructions. D’autre part, les tests peuvent être réellement trop difficiles pour les plus jeunes. Le test de Mémoire tonale et celui des Durées sont franchement dans ce cas pour la 5e classe. C’est ce qui a amené un auteur (Gaw) à proposer et à étalonner une forme simplifiée de ces deux tests. Pour les plus jeunes, Gaw recommande de n’utiliser dans le test de Durée que les trois échelons les plus faciles (00 présentations que l’on répète ensuite) et, dans le test de Mémoire tonale, de ne pas dépasser quatre notes.
- Enfin, un étalonnage ne peut être réellement utile que si on le suppose doué d’une certaine invariabilité. Or, si l’on compare les normes de Seashore à celles qui ont été publiées par d’autres auteurs, on est frappé de discordances qui ne peuvent pas seulement s’expliquer par des fluctuations de hasard. Les valeurs de Seashore sont toujours les plus élevées, ce qui peut s’expliquer en partie par le fait, que l’observation des meilleures conditions n’a pu être mieux réalisée que par Seashore lui-même. Nous devons nous attendre, en outre, à des variations systématiques provenant des différences de race et de milieu. Bref; pour une application un peu suivie, il vaut mieux avoir recours à un nouvel étalonnage, qui d’ailleurs se fera automatiquement à mesure que les résultats s’accumuleront.
- Cohérence i : ! /
- La cohérence d’un test nous indique dans quelle mesure ce test peut servir à caractériser un individu, de même que par l’étalonnage, nous avons reconnu sa valeur comme moyen de révéler des*propriétés collectives.
- Pour que les notes provenant d’un seul examen méritent detre individuellement prises en considération, il faut que nous puissions supposer qu’une nouvelle application du même test ne changerait pas beaucoup les résultats, tout au
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- moins pour la plupart des sujets. Un moyen simple d’exprimer par un chiffre le degré de cohérence consiste à calculer la corrélation entre les résultats de deux applications successives du même test. Nos meilleures épreuves, en particulier les tests d’intelligence, atteignent et dépassent la cohérence 0,90 ; mais des coefficients supérieurs à 0,80 sont encore parfailement acceptables.
- Les tests de Seashore ont été naturellement beaucoup étudiés à ce point de vue, et voici réunis en un tableau les principaux résultats obtenus :
- Hauteur Intensité Durée Rythme Mém ire tonale Consonance
- Salisbury et Smith 0,93 0,92 0,83 0,83 0,94 0,70
- Highsmith .. . 0,76 0,50 0.52 — 0.82 0,53
- Lanier l 0,92 0,80 0,75 0,52 0,85 0,62
- Lanier 2.. . 0,68 0,60 0,50 0,43 0,67 0,54
- Les divergences, considérables, peuvent être en partie expliquées. Les chiffres de la première ligne ont été obtenus dans des conditions particulièrement favorables. Les auteurs indiquent en effet que les instructions ont été données avec un soin extrême ; les sujets étaient des élèves d’école normale dont on avait spécialement excité l’intérêt en faisant jouer 1 esprit de compétition ; enfin les deux épreuves à comparer se suivaient immédiatement. Les coefficients nous renseignent donc sur la stabilité des sujets d’un moment à un autre, et nous voyons que, sauf pour le test de consonance, les épreuves se révèlent d’excellente qualité.
- Les coefficients de la seconde ligne sont calculés d’après des résultats obtenus à un jour d’intervalle, dans des condi-hons d’application certainement moins favorables ; néanmoins, si l’on réunit les résultats en une note globale, la cohérence générale monte à 0,89, ce qui est très bon.
- Dans le travail de Lanier, les chiffres de la première série, obtenus sur 109 étudiants d’école normale, sont plutôt des coefficients de représentativité (cohérence calculée d’après les deux moitiés identiques de chaque test) renseignant plutôt sur 1 homogénéité du « matériel » qui constitue chaque test que sur la stabilité des sujets. La seconde ligne se rapporte aux
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- mêmes sujets, mais la diminution de corrélation s’explique par lé fait que cinq mois se sont écoulés entre la première épreuve et la deuxième. Nous avons affaire cette fois à un coefficient de constance.
- En somme, ces résultats sont assez satisfaisants. Ils s’accordent pour attribuer au test de Hauteur et à celui de Mémoire tonale la meilleure cohérence, tandis que le test de Consonance se trouve relégué au dernier plan. Cependant, avec ce test, D. L. Larson, dans des conditions de contrôle rigoureux, a trouvé pour les adultes une assez bonne constance (0,65 après plusieurs mois). Mais, chez les enfants, les valeurs restent décidément insuffisantes (8° classe 0,54, 5° classe 0,36).
- Validité
- La validité d’un test — pour employer le terme consacré est finalement l’indication qui importe le plus au praticien, puisque elle est obtenue en confrontant la capacité effective d’un groupe d’individus exercés avec le degré d’aptitude que l’examen approprié leur avait antérieurement reconnu. Parfois, on se contente de rapprocher immédiatement les notes du test d’un autre critère d’aptitude que le test, par raison de commodité ou de rigueur, devra remplacer par la suite (par exemple le jugement moyen d’un grand nombre de personnes) ; ou encore, on applique les épreuves à des professionnels, à des sujets déjà entraînés, et l’on compare les résultats avec les réponses données par des individus quelconques. Ces comparaisons, décisives pour l’avenir du test, sont grandement facilitées par le calcul de coefficients de corrélation, encore qu’elles puissent être exprimées de bien d’autres manières, qui toutes mettent plus ou moins en évidence le pouvoir prédictif et le pouvoir sélectif du test.
- La plus grande difficulté, en ce qui nous concerne, consiste à définir un critère suffisamment précis du talent musical, que les tests de Seashore se proposent non d’apprécier directement, mais seulement de prévoir à longue échéance, à travers cet ensemble de qualités latentes qu’on appelle l’aptitude.
- Tout d’abord la multiplicité d’aspects des manifestations de l’activité musicale rend impossible l’adoption d’un critère unique ; on est obligé de distinguer plusieurs cas, et c’est en
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- partie la raison des divergences que n.ous constaterons entre les auteurs. Ainsi dans les exemples qui suivent, il s’agira tantôt de musiciens avancés, instrumentistes ou chanteurs, tantôt de débutants, tantôt d’élèves d’écoles normales auxquels on demande surtout de savoir solfier, tantôt d’étudiants ou d’enfants non spécialisés, jugés dans leurs classes de musique sur des performances très modestes.
- Il s’agit ensuite, dans chaque' cas particulier, de trouver un bon critérium du talent musical ; on souhaiterait une évaluation objective, qui puisse faire le pendant exact de celle qu’on effectue dans l’examen d’aptitude, mais les valeurs musicales ne se prêtent guère à ce genre de notation impersonnelle. Aussi, le plus souvent, doit-on se borner à collectionner des appréciations subjectives, provenant du plus grand nombre possible de juges compétents. Comme la qualité de ces juges est variable, et que leur nombre est généralement insuffisant, il en résulte, pour de critérium, un coefficient d’imprécision considérable. Si l’on pouvait en mesurer la cohérence, on la trouverait très inférieure à celle des tests d’aptitude (probablement moins de 0,60). La qualité de la comparaison en souffre, naturellement, et l’on peut même démontrer que, dans ces conditions, la validité a tendance à être largement sous-estimée.
- Enfin, une autre raison encore risque de nous faire prendre les tests de Seashore pour moins bons qu’ils ne sont en réalité : dans bien des cas, en effet, ils ont été essayés sur des individus déjà sélectionnés, possédant en commun une certaine culture musicale. On comprend sans peine que, dans ces conditions, le pouvoir sélectif des tests ne trouve plus à s’exercer aussi pleinement que dans un groupe quelconque, et que les corrélations qui expriment la validité en soient forcément amoindries.
- Ces considérations nous permettront de mieux interpréter les exemples suivants, qui ont été publiés dans diverses revues américaines au cours de ces dernières années.
- A. W. Brown, sur 108 étudiants d’école supérieure, trouve entre le résultat moyen des six tests musicaux et le jugement des instructeurs une corrélation médiocre, soit 0,38. Mais nous avons affaire ici à un critérium peu satisfaisant, appliqué à des sujets n’ayant pas poussé assez loin leur éducation musicale pour donner vraiment leur mesure.
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- La même critique s’applique à la tentative intéressante de E. Mc Ginnis, qui a utilisé les tests de hauteur, d’intensité, et de consonance, en modifiant leur présentation, sur des enfants très jeunes (âge moyen 49 mois). La corrélation avec le jugement de deux maîtresses du jardin d’enfants n’a été que de 0,37.
- J. A. Highsmith, opérant dans l’école de musique d’un collège féminin, par conséquent dans un milieu sélectionné, a trouvé, pour les corrélations avec les notations scolaires, les résultats suivants :
- Classe de musique appliquée : 0,31.
- Classe de musique théorique : 0,49.
- Les notes obtenues en classe seraient même un peu mieux prévues à l’aide des tests d’intelligence que par les tests musicaux ! Mais cela ne nous permettrait-il pas de suspecter, plutôt que ces derniers, les procédés de notation scolaire qui font intervenir souvent (ce n’en serait pas en effet le seul exemple) beaucoup de facteurs étrangers à la qualité qu’on veut atteindre.
- Plus encourageantes sont les données suivantes, qui nous paraissent résulter d’enquêtes sérieuses :
- F.M. Brennan fait apprécier par quatre juges experts, en six degrés de mérite, les performances (piano ou violon) de 20 étudiants df' l’Ecole de musique de l’Université d’Iowa. Les sujets ont été choisis dans une très large marge de mérite. Ils avaient été antérieurement soumis aux tests de Seashore, ainsi qu’à des examens moteurs. La validité, pour l’ensemble des tests sensoriels, s’est élevée à 0,54, chiffre qui commence à présenter quelque intérêt étant donnée surtout la sélection relative des sujets. Avec les tests moteurs, la corrélation n’a été que de 0,17. Il est intéressant de comparer ces coefficients à ceux que l’auteur a obtenus en prenant comme critère le jugement d’auditeurs quelconques, soient 0,05 et 0,44, respectivement : il est probable que les juges inexpérimentés se laissent surtout impressionner par les qualités motrices des exécutants plutôt que par leur talent véritable.
- A l’Eastman School of Music, H. M. Stanton, psychologue spécialiste attaché à cette école depuis 1921, affirme, statistiques en main la grande, valeur des tests de Seashore, qui sont
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- employés à l’entrée de cette école. De 300 étudiants notés ultérieurement par les professeurs en 6 catégories (A, B, C +, C —, D, E), il détache le dixième supérieur et le dixième inférieur d’après les tests et trouve dans ces deux catégories, pour la répartition des notes, les pourcentages suivants :
- 10 o/o SUPÉRIEURS 10 o/o INFÉRIEURS
- Talent musical Sentiment musical Action rylhm. Talent musical Sentiment musical Action rylhm.
- A 20 10 10 0 0 0
- B 30 ’ 40 43 3 0 0
- C + 43 33 37 10 6 10
- C - 7 17 10 27 17 30
- D 0 0 0 47 57 37
- E 0 0 0 13 20 23
- Ce tableau fait ressortir d’une manière frappante l’accord des deux notations.
- Récemment enfin, est parue une statistique (W. S. Larson) provenant de deux écoles supérieures (Classes de musique instrumentale). Ont été examinés avec les tests de Seashore 236 sujets répartis en 4 classes : débutants, préparation à l’orchestre, orchestre junior, orchestre avancé. D’une catégorie à l’autre, une sélection s’opère, avec élimination c.es sujets les moins habiles, si bien qu’on doit s’attendre à ce que les plus avancés réussissent mieux dans les tests. C’est bien ce qui se passe en effet.
- Le tableau suivant montre seulement les différences entre les classes extrêmes en indiquant le pourcentage de ceux qui, d’après les étalonnages, se placent parmi les meilleurs (entre les cenliles 80 et 100) ou parmi les plus mauvais (entre les centiles 0 et 20) dans chaque test.
- Classes 1 Centiles 0 à 20 de début ! Centiles 80 à 1ÔÔ. Hauteur Intensité l'urée Rythme Mémoire tonale Consonance
- 16,6 29 22,8 21,1 14.3 24.4 13.4 21.4 23,9 15,3 10,5 21,9
- Orchestre t Centiles 0 à 20 avancé ) Centiles 80 à 166 . ! ! 4,2 59,6 4,2 56,3 8,4 41,7 4,2 54,2 0,0 51,1 10,4 47,9
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- L’auteur admet, sur la foi -de divers travaux, que l’entraînement ne suffit pas à expliquer de telles différences, et que celles-ci révèlent avant tout la grande valeur des tests de Seashore pour la prédiction du succès en musique instrumentale.
- Dans un autre domaine, E. A. Gaw a utilisé ces tests à lecole normale de San Francisco pour choisir les plus aptes au solfège. Il a retenu les épreuves de hauteur, d’intensité, de mémoire tonale, qui avec le test de solfège de l’auteur donnent respectivement les corrélations suivantes : 0,46 — 0,36 — 0,56.
- Mais l’étude la plus complète dans le même ordre d’idées est celle de F. S. Salisbury et H. B. Smith, sur 131 élèves d’école normale. Ces auteurs ont cherché la combinaison la plus favorable pour découvrir les meilleurs sujets capables de réussir ultérieurement en solfège. La comparaison directe sur un groupe témoin a donné, pour la validité mesurée par rapport à un test spécial, les résultats suivants :
- Hauteur. .
- Intensité 0,263
- Durée 0,022
- Rythme 0,199
- Mém. tonale 0,641
- Consonnance 0,327
- Les tests de Hauteur et de Mémoire tonale ont été les seuls retenus. L’auteur leur a adjoint un test de dictée musicale de sa composition, de validité 0,596, L’application du calcul des corrélations partielles a montré qu’on pouvait attendre, en combinant le mieux possible les trois notes, une validité de 0.84, ce qui est excellent. L’accord avec le jugement des professeurs est également très bon.
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- Cette série d’exemples suffira, sans doute, à convaincre de la grande valeur pratique des tests musicaux de Seashore, et de leur applicabilité à des cas très différents. Il s’en faut pourtant que la méthode soit parfaite, et nous ne nous sommes pas fait faute d’en signaler les faiblesses. Aussi peut-on songer à y introduire quelques améliorations.
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- Un progrès évident, d’ailleurs suggéré par les statistiques précédentes, consisterait à ne pas mettre tous les tests sur le même plan et à rechercher chaque fois la meilleure combinaison de coefficients capable d’assurer le maximum de validité à la note globale. Ainsi, il est probable que le test de Hauteur est plus signiifcatif pour les futurs violonistes que pour les pianistes.
- Déjà, d’une, manière générale, tous les tests ne se révèlent pas d’une valeur égale. Il y a quasi-unanimité pour reconnaître au test de Hauteur la meilleure validité. Le test de Mémoire tonale occupe la seconde place, suivi de près par celui des Intensités. Le moins satisfaisant est sans contredit le test de Consonance, déjà critiqué plus haut à d’autres points de vue.
- D’un autre côté, jusqu’à quel point les diverses épreuves sont-elles indépendantes les unes des autres ? Pour répondre à cette question, il faut examiner les 15 intercorrélations possibles entre les 6 tests. D’après A.W. Brown, et aussi d’après Seashore et Mount, elles seraient négligeables, sauf peut-être entre Hauteur et Mémoire Tonale, (environ 0,50). Salisbury et Smith donnent des valeurs un peu plus élevées, bien que toujours inférieures à 0,50. Seul A. Gaw trouve des intercorrélations élevées, mais les chiffres de cet auteur proviennent d’examens sur les enfants de la 5e classe, et à ce niveau les résultats peuvent être faussés par l’influence prépondérante de l’attention, de la compréhension des instructions, etc..., agissant alors comme facteurs communs.
- ÏTout ce que nous pouvons tirer des statistiques étant main tenant épuisé, il semble bien que nous ne puissions attendre d améliorations radicales que de nouveaux progrès portant sur la psychologie du talent musical, c’est-à-dire d’une manière plus heureuse de le comprendre et de l’analyser. Il ne faut pas dissimuler que, sur le terrain théorique, ou a fait à Seashore de nombreuses critiques. Ou’il y ait dans le talent I musical bien d’autres choses que ce que révèlent les tests précédents, c’est ce que leur auteur lui-mème ne songe pas à contester. A côté des essais de Seashore pour atteindre les aptitudes secondaires (en particulier motrices) et les qualités plus complexes, mentionnons les travaux de M. J. Adler (Tests d appréciation musicale), de F. Brehmer (Reproduction et
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- identification de mélodies), de H. Kônig (Mémoire des intervalles et des rythmes), de H. Lowery (Tests de cadence et de phrase), etc...
- Mais nous connaissons les raisons qui ont conduit Seashore à faire choix, pour un examen élémentaire, de tests principalement sensoriels, et nous n’y reviendrons pas. En se limitant à ce côté du problème, peut-on déjà admettre sans restriction que les 6 tests en question atteignent réellement des facteurs simples et vraiment profonds de l’aptitude musicale ?
- Si nous suivons certaines tendances, et non des moindres, de la psychologie contemporaine, nous pouvons peut-être craindre au contraire qu’un excès d’analyse, dans un domaine où là supériorité consiste dans bien des cas à pouvoir saisir les phénomènes dans leur complexité primitive, n’ait parfois conduit l’auteur à des classifications plus logiques que psychologiques. Les facteurs prétendus élémentaires seraient en réalité plus complexes que d’autres d’apparence beaucoup moins simple.
- Les tests de Mémoire tonale et de Consonance ont été particulièrement critiqués dans ce sens. En effet, une série tonale, même très simple, n’est pas perçue d’abord comme une suite de notes isolées, mais comme un tout ayant une certaine configuration mélodique. De même, une suite de deux accords forme un certain « mouvement » dont il est difficile de faire abstraction : il est même à prévoir, ce que l’expérience a vérifié (Heinlein), que les .sujets musicalement cultivés seront parfois défavorisés dans le test de consonance (1).
- Un autre reproche a été adressé à Seashore, celui de négliger une fonction d’apparence complexe qui serait, plus encore que le sens des hauteurs, fondamentalement impliquée dans l’aptitude musicale (Ogden). Il s’agit du sens des intervalles, qui est à la base de la mélodie comme le sens, des consonances est à la base de l’harmonie. Cette aptitude, qui nous permet de diviser spontanément l’octave en échelons ou intervalles égaux, se retrouve chez les peuples les plus primitifs et n’est pas forcément liée à un sens très affiné des hauteurs. Elle reposerait plutôt sur la discrimination des volumes, qua-
- (1) Seashore répond! que c’est à bon escient qu’il exige de ses sujets un effort d’analyse, d’isolement des perceptions, mais qu’il ne méconnaît nullement le caractère dynamique des ensembles musicaux.
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- lilé <[iii’ Seashore a quelque peu négligée, bien qu'elle trouve sans doule à s’exercer indirectement dans le test de Mémoire lonale.
- Ces aperçus théoriques nous montrent qu’en matière de Psychologie musicale nous avons encore beaucoup à démêler même en nous bornant aux éléments les plus simples. Aussi ne doutons pas que l’avenir ne nous apporte, avec des théories plus justes, des méthodes d’examen encore plus pénétrantes et encore plus efficaces. Mais en présence de la masse imposante de recherches théoriques et d’applications dont la méthode de Seashore peut h bon droit s’enorgueillir, il esl évident que toute réforme n’aura de poids qu’appuyée sur des arguments irréfutables et sur des vérifications certaines. En attendant, tels qu’ils sont, les tests dont il s’agit peuvent rendre déjà de réels services à l’Orienteur. Et, si nous en venons à juger par comparaison, nous reconnaîtrons sans peine que la tâche de ce dernier serait singulièrement facilitée si, dans toutes les branches de l’activité humaine, il pouvait compter sur un ensemble de tests aussi bien étudiés.
- Notes sur quelques visites à des laboratoires d’orientation professionnelle
- par M'1' J. ABRAMSON
- III. - BERLIN
- L Office d Orientation Professionnelle de la A ille de Berlin est annexé à I Office municipal du travail et dirigé d’une façon tout à lait remarquable par Helmuth Bogen. 10.000 enfants y passent par an, sur les 45.000 qui quittent, l’école primaire. 1,’examen d’une durée variant, suivant les résultats écrits, entre 4 et 8 heures, se fait, sans formulaire et il est d’une souplesse remarquable, s’adaptant a chaque cas particulier qui se présente. En guise d’introduction le candidat répond à un questionnaire composé de 78 questions dans le genre des textes collectifs américains, c’est-à-dire contenant des questions de raisonnement mathématique, logique O pratique, des questions d’information,d’instruction scolaire et d observation courante, des questions dénotant des aptitudes î combiner, etc.
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- A côté de ce questionnaire, on en fait remplir un autre portant sur les désirs, les préférences et, eu général,* sur les tendances bonnes ou mauvaises de l’enfant : sur ses occupations à la maison, sur ce qu'il n’aime pas faire, sur ses goûts et intérêts pendant ses récréations cl dans la rue, sur ses lectures, ses distractions, ses amitiés, sa vie sociale, etc., enfin sur la profession qu'il a choisie et sur les raisons de ce choix. Les réponses à ces deux questionnaires servent de points de repère pour une longue conversation avec le directeur Bogen. qui éclaircit ainsi toutes les possibilités d’après les côtés forts des sujets.
- Les examens par tests, faits par les collaborateurs de Bogen, sont plutôt de l’observation méthodique tendant à confirmer ou à infirmer les données acquises par le questionnaire écrit ('I l'entre--lien oral. Aussi cet examen par tests est-il très simple et relative, ment court, malgré le nombre considérable de tests que ce laboratoire a à sa disposition.
- Voici quelques tests utilisés pour éprouver les aptitudes sensori-molrices :
- Pour 1 (! cou}) d'œil, on se sert de deux appareils, celui de Piorkowski et celui de Rupp (Winkelsehatzer).
- On mesure l'acuité visuelle avec l'appareil de Gotlschalk-Scliulle, et avec un autre appareil, composé d’un plateau à cinq champs couverts de dépressions de plus en plus fines. Oes dépressions sont faites avec des aiguiles de plus en plus fines. Le sujet est invité à indiquer ces dépressions.
- Pour mesurer l’aptitude à percevoir les couleurs, on se sert des tableaux pseudoisochromaliques de Stilling ; l’aptitude à percevoir les peliles différences clés formes est examiné à Tarde de l'épreuve de llildebrandt, consistant à retrouver parmi 30 petites figures quadrangulaires se ressemblant, les 10 figures qui sont exactement pareilles à des figures montrées.
- Perceptions ladites : Reconnaître à l aide du tact seul 5 morceaux d'étoffes selon leur degré de rugosité. Etoffes employées : drap, serge, velours, bure et toile, à voile.
- Adresse manuelle : Enfilage et défilage de perles de différentes formes et de différentes dimensions, en suivant des signaux donnés. Les perles sont enfilées sur une aiguille immobilisée. L’attitude du sujet devant son travail est notée très soigneusement durant tout le travail, [.'appréciation se fait selon le nombre de secondes et selon la qualité du travail, mais on éprouve moins la foi •ce brute que les dispositions elles-mêmes. Cette épreuve est considérée comme épreuve principale pour l'appréciation de I in-
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- lelligence pratique, car elle dévoilerait le tempérament et le caractère de la personne testée.
- I ii autre test d’adresse manuelle est le lest de la boite d enfilage (Füdelkasten). Il est appliqué spécialement aux futurs tailleurs, maroquiniers, coiffeurs, etc., et consiste à entiler deux séries de fils de fer dans les trous disposés sur deux rangs.
- C’est une épreuve de réaction à la monotonie. On lait répéter l’épreuve et, en notant le temps de la première et de la deuxième séiie, on constate l'influence de l'exercice.
- Troisième test d’adresse manuelle : L’épreuve du « Schmir-brett » (nouer des cordes selon une figure donnée), test menliomi déjà à propos du laboratoire de Cologne cl devenu d un usage classique en Allemagne.
- La sûreté de la main est examinée à laide du trémomèlre d<‘ dièse, de celui de Moede et à l’aide du trémographe de Oolts-clialk. En outre, Bogen a construit un trémographe enregistrant le rendement, qui serait supérieur aux précédents.
- Les aptitudes proprement techniques et constructives sont examinées à l’aide du « Winkeltrieb », appareil technique composé d’une roue et de plusieurs vis. On fait manier l'appareil mont/-pendant quelques secondes. On le démonte ensuite et on le fait remonter par le sujet.
- Un deuxième test consiste en une conversation sur les propriétés de la montre comme chrono-mètre.
- Cour éprouvée 1 aptitude au dessin teèhidque et artistique, on tait faire des dessins selon les modèles donnés, et on fait exécuter des dessins et des collages en couleurs en sujets libres.
- On éprouve la compréhension pour le dessin technique et industriel en faisant indiquer les dessins qui correspondent à telle ou telle partie d’une machine en faisant construire une machine avec des parties données et selon un modèle donné. On fait également construire un dé avec 10 parties données (Inst de Bluinenfeld).
- Cour examiner l'attention : On fait enfiler avec les deux maillet en même temps des perles noires et blanches-selon deux modèle,i ditférenls pour les deux mains.
- Une deuxième épreuve est celle de la « Suchprobe ». Elle s’effectue à l’aide d’une planche à 36 casiers avec des numéros allant de 20 à 55 et dispersés cTune façon irrégulière. Il s'agit de mettre des cartons portant ces numéros sur les casiers correspondants ou sur des casiers portant un numéro supérieur ou inférieur au numéro donné, par exp. le 20 sur le 21, le 35 sur le 36, etc.
- On découvre ainsi différentes dispositions au travail et différents tempéraments de travailleurs, qui ne sont pas toujours les mêmes que les dispositions et les tempéraments en dehors du travail. On
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- y distingue ainsi le travailleur soigneux, le précipité, le saccadé (schrulige) dont l’attention est irrégulière, etc.
- Le test de barrage de Bourdon est appliqué également, mais bien modifié. Ainsi on donne 3 séries de (3 mots difficiles, el en regard de chacun de ces mots il y a I I lettres. Il s’agit de barrer parmi ces I I lettres celles qui se trouvent dans le mot donné. On a ainsi éliminé le plus grand défaut du test de barrage, son automatisation rapide car, ainsi conçu, ce test demande une adaptabilité toujours renouvelée. Pour compliquer encore la tâche, on met les lettres à barrer à l’envers de la page.
- On a repris encore à Berlin une autre vieille épreuve d'attention, le test de calcul de Kraepelin, en Je compliquant également, de façon à faire des additions, des soustractions et des multiplications successives pendant qu’on donne au candidat des sujets de distrac lions.
- L'intelligence jtralique est examinée à l'aide de plusieurs lests bien choisis. ( ’’est l'épreuve de Oiese qui consiste à faire faire plusieurs commissions de la façon la plus pratique. Ici. le test favori est l’épreuve de Winhlcr qui consiste à comparer deux images de la vie rurale. L’une de ces images représente une maison a l’abandon ; arbres dénudés, palissade abîmée, un linge pauvre sèche sur une corde, on voit quelques pauvres morceaux de bois à brûler et un chien maigre aux abois. Une deuxième image représente une autre maison plus grande el bien montée. On aperçoit des rideaux et des pots de fleurs aux fenêtres et un banc devant la maison. A côté se trouve un arbre fruitier avec une echelle préparée pour la cueillette des fruits et un gros tas de bois à brûler. Il y a plusieurs autres détails à retenir sur les deux images. On demande au sujet laquelle de ces deux maisons il choisirait pour passer ses vacances. On note 1rs réponses spontanées el on les fait compléter ensuite en disant au sujet : « Moi, je vois cela autrement », et en le questionnant sur la vie supposée des gens qui habitent les maisons, sur leurs caractères, sur leurs habitudes, etc. On compte le nombre de faits retenus comme autant de points ; on ajoute 10 points pour une seule idée directrice et 6 points supplémentaires pour chaque changement d’idée directrice' ; 2 points sont accordés pour la systématisation dans l'espace (ôrtliche systcmalik), 2 points pour des coinplexus optiques (optische complexe). 4 points sont accordés aux sujets ayant noté une forte opposition entre les deux images, 2 points dans les cas où cette opposition aperçue est plus faible, i points sont ajoutés pour des expressions rares, 2 points pour des expressions faciles. Enfin, on accorde 10 points pour la réflexion, 8 points pour les relations relevées et 2 points pour les activités notées.
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- On demande encore au sujet de développer l’idée suivante : L’Amérique a cessé de fournir du cuivre. Après une mésentente entre employeurs et ouvriers, une grève éclate. Quelles en seraient les conséquences ?
- On demande aussi au sujet de se représenter qu’il est vendeur dans une librairie. Il recommande un livre et est censé d’expliquer les raisons de ce choix, de façon à encourager à l’acquisition du livre.
- Enfin on éprouve la rapidité d’adaptabilité mentale (Geistige Umstellung), à l’aide d'un test dans le genre des tests américains et consistant à exécuter le plus rapidement possible vingt et quelque ordres très hétéroclites.
- Nous voyons ici un recueil d’épreuves choisies très soigneusement parmi celles qui se prêtent aux interprétations nuancées. Nous sommes loin des premiers essais faits à Berlin même. Ce changement est d’autant plus significatif, si l’on envisage le fait que le test y joue plutôt un rôle sur le second plan. Après les abus dans ce domaine des Américains et, à leur suite, de certains psychotechniciens allemands, la méthode des tests tend à revenir à sa vraie destination, être un instrument pour une observation méthodique faite dans des conditions scientifiquement réglées. L’observation simple, telle qu’elle a été pratiquée avant Binet n’avait jamais pu atteindre les progrès actuels de la psychologie appliquée sans ce merveilleux instrument qu’est le test.
- Mais, en utilisant des tests à l’heure actuelle, on ne peut plus se contenter d’une psychotechnique grossière basée sur des alternatives d’aptitude ou d’inaptitude. Elle est obligée de viser les tendances latentes que le test doit aider à dévoiler. C’est alors que la psychotechnique deviendra ce qu’elle est censée être : Une psychologie appliquée, différentielle, clinique et caractérologique.
- Nous voyons que le laboratoire de Berlin a fait un pas considérable en s’avançant dans cette voie. Nous verrons d’autre part dans le prochain numéro que cette tendance est extrêmement marquée dans l’activité du laboratoire psychotechnique de Stuttgart. ( 1 ravail du Laboratoire de Psychologie de la clinique de Neuvro-Psychiatrie infantile de la Faculté de Médecine).
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- NOTES ET DOCUMENTS
- Un essai des tests de Seashore
- Une démonstration des tests de Seashore ayant été faite le 3 juillet 1930 pour FI. N. O. P. au laboratoire de psychologie de la Sorbonne, il fut convenu de demander aux assistants d’effectuer réellement l’épreuve afin d’obtenir quelques indications sur les résultats qui pouvaient être obtenus, par comparaison avec les normes de Seashore. Notons tout de suite qu’à cet égard les assistants se trouvaient défavorisés, d’une part en tant qu’il leur était difficile, au cours d’une telle épreuve, d’abandonner une attitude de curiosité intellectuelle et critique et de se borner à la tâche sensorielle passive du simple sujet, et d’autre part en tant qu’il n’y eut pas, en ce qui concerne le test de consonance la démonstration préalable destinée à bien faire comprendre la nature de l’appréciation demandée.
- Il nous paraît intéressant de donner à l’occasion des articles consacrés à cette méthode, les résultats obtenus en pourcentage total de réponses justes pour les six tests de Seashore exécutés sur le gramopbone Columbia, en employant les disques à double face fournis par la Stœlting de Chicago.
- Les épreuves furent faites à la suite, dans l’ordre suivant : Intensité (100 réponsed,) ; rythme (50 rép.) ; hauteur (100 rép.) ; consonance (50 rép.) ; durée (100 rép.) ; mémoire tonale (50 rép.).
- Des feuilles avaient été préparées suivant les indications du Manuel d’instructions de l’Université d’Iowa, chaque sujet n’ayant, pour répondre, qu’à inscrire une lettre convenue dans les cases toutes prêtes de ces feuilles.
- Il n’avait pas été recommandé aux sujets 'de répondre, fût-ce au hasard, dans tous les cas, en sorte que certains quand ils se sentirent trop hésitants, s’abstinrent entièrement de répondre. Il fallut alors compter la moitié de ces réponses comme des bonnes réponses ; en effet l’étalonnage se fonde sur un zéro correspondant à 50 °/0 de bonnes réponses, ce qu’on obtiendrait par le pur jeu 'du hasard, puisque chaque fois l’on n’a à choisir qu’entre deux alternatives.
- Une première notation avait été faite, qui ne tenait compte que des bonnes réponses, ce qui défavorisait les sujets hésitants ; elle est indiquée entre parenthèses dans le tableau où ces résultats se trouvent condensés.
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- | SUJETS NT Réi 0/ ENSITÉ | MÉMOIRE D Ré 0 URÉE RYTHME CONSONANCE HAUTEUR TOTAL GÉNÉRAL ACES
- 1S. 0 Cent. Réus. o/o Cent US. '0 Cent. . J Réus. o/O Cent. Réus. o/o Cent. Réus. O/o Cent.
- M. Fe 91.5 (87). 70 98 (98) 99 84 (80) 83 94 (94) 100 76 (76) 86 87 (87) 87 530.5 (522) 1° (1°)
- M. D 94 (94) 87 94 (94) 95 81 (81) 67 94 (94) 100 63 (62) 21 82 (79) 56 508 (504)' 2° (2°)
- Mme M.-H. P. 88 (81) 45 89 (88) 85 81.5 (81) 70 98 (98) 100 71 (68) 62 78.5 (69) 38 506 (485) 3° (5°)
- MIle Ba 95 (90) 92 98 (98) 99 80 (73) 61 83 (74) 86 62 (58) 18 84 (70) 70 502 (463) 4° (7°)
- M. K 95 (91) 92 90 (90) 87 79.5 (77) 58 81 (76) 81 73 (70) 73 82 (71) 56 500.5 (475) 5° (6°)
- M. Fr 92 (91) 74 92 (92) 91 75.5 (75) 35 97 (96) 100 61 (60) 15 82 (80) 56 499.5 (494) 6° (3°)
- Mlle L. B. . .. 88 (88) 45 92 (92) 91 70 (70) 13 90 (90) 98 68 (68) 46 81 (81) 50 489 (489) 7° (4°)
- M. (Jhw 86.5 (79) 37 95 (92) 96 72.5 (65) 22 78 (74) 69 69 (64) 51 79 (68) 40 480 (442) 8° (11°)
- Mme A.-B. F. 85 (77) 29 86 (86) 79 74 (70) 28 79 (76) 74 59 (58) 10 80 (76) 45 463 (443) 9° (9.5)
- M11* Mo 93.5 (92) 85 74 (74) 50 67.5 (67) 8 73 (72) 40 68 (68) 46 79 (77) 40 455 (450) 10° (8°)
- M. Mi 88 (88) 45 82 (82) 71 61 (61) 2 78 (78) 69 62 (62) 18 73.5 (72) 22 444.5 (443) 11° (9.5)
- Mme He 86 (86) 34 60 (60) 23 66 (56) 6 74 (74) 47 46 (46) 0 85 (85) 76 417 (407) 12° (12°)
- Mme Ho 88 (83) 45 55 (48) 14 75.5 (74) 35 78 (78) 69 32 (32) 0 61.5 (54) 5.5 390 (369) 13° (13°)
- Mme O.-N. L. 77.5 (69) 8 52 (50) 11 61.5 (54) 2.5 65 (56) 5 53 (52) 0 62 (51) 6 371 (322) 14o (14°)
- Mmt F. A.... 71.5 (69) 4 31 (24) 0 59 (57) 1 55 (42) 0 32 (32) 0 36 (30) 0 284.5 (254) 15° (15°)
- ... •
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- En utilisant l’étalonnage de Scashore sur adultes (mais adultes musiciens), est indiqué, à côté de chacune des notes ainsi obtenues dans un test le centile correspondant du classement standardisé (le 100e centile correspondant au niveau le plus élevé).
- En unissant tous les tests, les 15 sujets ayant entièrement accompli F épreuve sont l’objet d’un classement global indiqué dans la dernière colonne du tableau (avec entre ‘parenthèses le classement effectué avant la correction nécessitée par les absences de réponses).
- Avec quelques divergences suivant les tests, il se dégage nettement que certains des assistants se manifestent, aux tests Seas-hore, musicalement très bien doués, et d’autres tout à fait inaptes.
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- La mesure de l’habileté manuelle
- Le quatrième Rapport du National Institute of Industrial Psycho-logy est consacré à un important travail de F. M. Earle, assisté de F. Gaw et divers autres collaborateurs sur la question de l’habi-leté manuelle ou « dextérité » et son évaluation chez les enfants. Une série de 15 tests, relatifs à des épreuves de vitesse, de précision, ou à la fois de vitesse et précision, ont été appliqués chez un grand nombre de garçons et de filles (entre 8 et 17 ans), avec indication du centilage obtenu (en particulier vers 13 ans, à l’âge de l’orientation professionnelle).
- Les épreuves ont montré, d’une façon générale, une cohérence satisfaisante quand elles ont été répétées. Mais les corrélations entre les divers tests sont assez faibles pour montrer la réelle indépendance des habiletés impliquées : « Les facteurs qui déterminent essentiellement le succès dans chaque test sont spécifiques pour la situation impliquée par le test», dit l’auteur. Cela montre qu’on n’est pas en droit de conclure de l'habileté dans un seul type d’épreuve à une habileté générale.
- Toutefois, si l’on groupe les tests en catégories, on trouve des indices de parenté plus grande entre épreuves de même catégorie, ce qui fait penser à quelques facteurs communs pour la vitesse d’un côté et pour la précision de l’autre.
- L’âge â une certaine influence et surtout l’entraînement (en particulier pour les tests de vitesse et de discrimination tactile) ; au point de vue du sexe, les garçons .se montrent en moyenne supérieurs dans les épreuves exigeant force et vitesse, les filles au contraire dans celles où est impliqué un contrôle de mouvements indépendants des doigts, de mouvements fins et délicats. Le travail constitue une solide et précieuse documentation expérimenr taie. H. P.
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- Quelques applications des méthodes psychotechniques à la sélection et à l’orientation
- du personnel ouvrier dans une usine de construction mécanique
- Les méthodes psychotechniques présentent-elles des avantages de sécurité, de rapidité, de rendement sur les méthodes plus ou moins empiriques généralement en usage pour le recrutement et le choix du personnel ?
- M. Pommerenke, sous-directeur à la Fabrique nationale d’armes de Herstal, répond affirmativement à la suite de nombreuses expériences dont les résultats remarquables ont prouvé la supériorité des méthodes psychotechniques.
- Le pourcentage d’erreurs dues à l’application à l’orientation du personnel ouvrier n’atteint pas 15 °j0.
- Le service d’embauchage du personnel ouvrier a été réorganisé comme suit : Premier échelon : examen administratif du candidat portant sur l’âge, les antécédents, le curriculum viiæ, etc. — Deuxième échelon : examen médical des candidats non écartés au premier échelon. — Troisième échelon : examen psycho-technique des candidats admis administrativement et médicalement.
- De ce troisième examen résulte l’indication d’une orientation professionnelle qui permetra au contremaître, au chef d’atelier, etc., chargé de décider en dernière analyse, de mettre le « right mcin in the right p^ace » avec un maximum de chances de succès et un minimum d’hésitations et de pertes de temps. — (Revue économique internationale. — VIII, 1930.)
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- Quelques données intéressant l’O. P, d’après les analyses de l’année psychologique
- W.-A. Berrige. — Meamring Labor Turnover a Report o Pro-gress (Mensuration des varitations du marché du travail. — Pers. J., VIII, 3, 1929, p. 197-206.
- L’auteur a essayé d’objectiver et de mesurer les oscillations du marché du travail sur une période de dix ans (1919-1929), en se servant des données statistiques de 350 usines, occupant 600.000 travailleurs.
- Ces oscillations sont exprimées à l’aide de quatre variables : 1° l’embauchage ; 2°le chômage ; 3° nombre de congédiés et 4° de départs volontaires des employés. Les résultats montrent que la marche de ces variables suit l’état économique de la vie. En 1929,
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- par exemple, au moment de la hausse des affaires, l’embauchage constituait 16 °/0 par mois, accompagné d’un important changement volontaire des emplois, qui était de 10 °/0, et une forte diminution du chômage. La crise économique de 1921 est accompagnée par contre d’une baisse, d’embauchage jusqu’à 2 °/« et une augmentation de chômage.
- Au cours des cinq dernières années, on observe une diminution de l’amplitude de ces oscillations,la moyenne de,l’embauchage était 4 °/o par mois, nombre de congédiés 3 et J °/0 (dont 3/4 était constitué par les départs volontaires).
- Ces variables peuvent donc être utilisées comme un baromètre, indiquant l’état économique de la vie, l’abaissement de leur niveau et surtout la diminution de l’amplitude de leurs oscillations plaiderait en faveur d’une prospérité stable. B. N.
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- J. Dolezal. — Psychotechnische Eigningsprüfungen und spontané Vorausese (Examens psychotechniques d’aptitude et sélection spontanée préalable). — Psychot. Z., IV, 6, p. 158-160.
- Sur plus de 3.000 enfants de 13 à 15 ans ayant passé par l’Institut psychotechnique de l’Ecole technique supérieure de Dresde, l’auteur a relevé les résultats psychotechniques en fonction de la profession envisagée par le candidat.
- Pour les tests suivants : jeu de patience de Friedrich, pliage des fils de fer, triage de Blumenfeld, papier coupé (dans le genre du test du même nom de Binet), continuation de figures de Charkov, complètement, mémoire des formes, — on a calculé le résultat moyen de chaque catégorie professionnelle de candidats et indiqué le centile auquel correspond cette moyenne dans le groupe total de tous les métiers.
- Voici ces centiles avec leurs erreurs probables pour l’ensemble des tests, le chiffre de gauche indiquant le nombre de sujets de la
- catégorie :
- 104 dessinateurs industriels......................... 60.6 + 1,8
- 59 architectes...................................... 60,3 + 1,9
- 279 typographes (tests de triage et de complètement
- seulement)....................................... 60,2 + 1,4
- 333 électriciens. ..................................... 55,6 + 1,4
- 47 maçons........................................... 54,5 + 3,1
- 85 mécaniciens électriciens.......................... 52,8 + 1,5
- 101 mécaniciens de précision.......................... 52,5 + 1.9
- 32 ébénistes-modellistes.............................. 52,2 + 1,7
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- 78 charpentiers. . . ............................... 49.2 + 1,4
- 140 mécaniciens....................................... 49,3 + 1,3
- 387 serruriers........................................ 47.4 + 0,9
- 103 coiffeurs (complètement et mémoire des formes
- seulement)................................... 45 6 + 2,1
- 209 mécaniciens d’autos............................. 45,3 + 26
- 271 ferblantiers...................................... 41,4 + 1,8
- 481 ébénistes....................................... 41,7 + 2,2
- 106 cordonniers..................................... 29 9 +'5.0
- Ainsi, il y a une hiérarchie d’aptitudes qui cadre assez bien avec la hiérarchie sociale des professions.
- Les résultats détaillés par tests montrent un parallélisme assez étroit pour tous les tests. D. W.
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- W. Moede. — Richtungen und Entwicklungsstufen der indus-triellen Anlernung und Schutung (Tendances et évolution de l’apprentissage et de la formation industrielles). — Ind. Psy-chot., VI, 1-2, 1929, p. 11-21.
- Après avoir marqué les divers degrés dans la systématisation de l’apprentissage industriel, depuis l’absence complète d’apprentissage et « mise au courant » par les camarades jusqu’aux tendances de « direction spirituelle » des ouvriers, M. Moede esquisse le rôle du centre de formation dans l’usine et formule ainsi les principes pédagogiques qui doivent être à la base des méthodes de la formation industrielle : 1° Préparer l’ouvrier à toutes les situations du travail ; a) dans les conditions normales ; b) dans des conditions spécialement difficiles ; 2° Employer la méthode intuitive dans l’enseignement et faire appel aux impressions de plusieurs'sens ; 3° Décomposer convenablement les opérations du travail ; 4° Fournir à l’élève un contrôle de son rendement; 5° Travailler d’après un plan méthodique de l’enseignement ; 6° Tenir compte de l’individualité de l’élève ; 7° Susciter le plaisir du travail et combattre le découragement et les sentiments d’infériorité. D. W.
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- LES MÉTHODES ÉTRANGÈRES EN O. P.
- L’Etude des fonctions motrices à la Section technopsychologique de l’Institut Jean-Jacques Rousseau
- 2° Tapping
- Matériel. — Une feuille de papier blanc d’environ 20 cm. de côté (nous nous servons des feuilles du pointillage en les retournant du côté blanc). Le même crayon Faber.
- Technique. — « Vous allez faire dés points sur ce papier avec ce crayon aussi vite que possible sans vous soucier d’aucun ordre ; pensez seulement qu’il faut que je les compte' ensuite, donc tâchez de ne pas les marquer les uns sur les autres. Vous partirez quand je dirai : Hop ! et vous arrêterez quand je dirai : Halte ! »
- Prenez garde que le coude du sujet soit bien appuyé sur la table, afin que le mouvement soit exécuté non avec le poignet, mais avec l’avant-bras. La durée de l’épreuve est de 6 secondes pour la main droite et 6 secondes pour la main gauche. 11 est intéressant de donner une durée de 15 secondes ensuite à chaque main et de comparer le rendement avec celle de six secondes.
- On compte le nombre de points.
- Voici les résultats indiquant le nombre de points marqués par les deux mains en six secondes.
- Tapping o sec.
- Perc. 5-6 7-8 9-10 11 12 13 14 15 16 17 Ad.
- G F. «• F. G F G. F. G F. G. F. H. F.
- 100 62 88 86 102 94 91 97 99 84 95 91 95 84 92 79 102 110
- 90 57 78 77 82 7 5 83 74 83 82 89 81 83 76 85 76 92 97
- 80 55 73 79 69 80 71 81 78 87 77 82 72 85 76 89 92
- 75 54 66 70 78 68 79 70 80 73 86 75 81 70 83 lr> 87 90
- 70 65 70 76 66 79 67 80 72 86 74 80 68 82 72 86 89
- 60 51 61 67 75 64 76 66 76 69 82 73 79 68 78 70 83 85
- 50 48 59 66 71 60 73 63 74 64 78 70 77 64 76 69 81 82
- 40 45 59 61 70 58 71 61 73. 63 76 68 75 61 74 67 80 80
- 80 41 56 59. 64 55 69 58 71 59 75 64 73 58 73 62 79 77
- 25 38 55 56 61 55 68 55 69 58 73 64 72 50 72 59 77 76
- 20 33 53 55 60 53 65 53 67 56 70 62 71 46 70 58 75 74
- 10 32 44 47 55 4 4 57 49 64 48 68 60 69 3S 68 46 73 71
- 0 15 30 30 51 34 48 39 53 34 57 49 59 33 60 4 0 65 56
- Nombre de sujets 37 36 35 38 40 4 i 56 68 25 41 37 23 32 •31 27 59 72
- Ce test marque une aptitude innée et dépend très peu de l’exercice, il ne différencie pas facilement les individus et ne dépend guère de l’âge. Ce n’est pas un bon test discriminatif.
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- Le tapping donne, comme le pointillage, des résultats notablement différents suivant les milieux. Les centiles 100, 75, 50, 25 et 0 donnent pour les étudiantes 110 points, 90, 82, 76 et 56 en 12 secondes et pour les ouvrières : 87, 72, 64, 49 et 35 points.
- (A suivre)
- A travers les Revues
- Dans le n° 38 du Bulletin trimestriel de VO[[ice intercommunal pour l’Orientation professionnelle de Bruxelles, signalons une étude de Christiaens sur « le fonds des mieux doués » créé par une loi de 1925 en Belgique, dans le but de favoriser les études des enfants bien doués par attributions de bourses et qui dans l’application se heurte aux difficultés pratiques d’une sélection rationnelle ; un traduction par Mertens d’une étude de H.-D. Kitson, professeur au Teachers Collège de Columbia University, sur les carrières offertes aux Etats-Unis par la pratique de l’orientation professionnelle ; enfin l’exposé par J. Frickx de ses recherches sur l’emploi de l’intéressant test (P. V., 2e partie) de Th. Simon.
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- L’Information universitaire a publié dans le courant de 1930 une série de chroniques sous la rubrique « Conseils pratiques d’orientation professionnelle », et consacrées aux professions intellectuelles et libérales. Ont été passés en revue : l’ingénieur des constructions navales, l’officier de pont de la marine marchande, la directrice de jardin d’enfants, l’ingénieur physicien, le chimiste et l’assistant de chimie, l’officier mécanicien d’aéronautique, l’actuaire, l’inspecteur départemental d’hygiène, le secrétariat en général et le stage d’avocat, enfin.
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- * *
- Dans la Revue d’hygiène et de prophylaxie sociale d’octobre 1930, les Drs Jacquet et Varé envisagent les relations de l’orientation professionnelle avec 1’enseignement secondaire, réclamant une extension des méthodes d’orientation pour le recrutement des professions les plus élevées.
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- INFORMATIONS
- M. Fernando Palmes, S. J., qui dirige le laboratoire psycho-pédagogique du Collège Maximo de San Ignacio à Barcelone, a décrit, dans une communication à l’Association espagnole pour l’avancement des sciences, les principes généraux d'organisation psychologique dans les établissements d'instruction et d'éducation tels qu’ils sont mis en vigueur sous sa direction : Un profil psychologique (du type en étoile de Lasourski) est établi pour chaque élève et annexe à une fiche médicale et pédagogique (des graphiques suivant les progrès hebdomadaires dans les principales branches au cours de la scolarité).
- Le Collège San Ignacio publie d’ailleurs un Bulletin du Cabinet pédométrique dont le premier donne une place importante aux considérations relatives à l’orientation professionnelle.
- On peut y voir le souci de modernisation et de rationalisation scientifique apporté dans leurs méthodes éducatives par les Pères Jésuites de Barcelone.
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- Dans les notices que publie E. Chxintreau au Centre de renseignements d'orientation professionnelle de la Fédération générale des Œuvres laïques de la Seine, celle du 15 octobre 1930 a porté sur les ateliers-écoles de la Chambre de Commerce de Paris, consacrés aux métiers de la petite mécanique.
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- L. Ki .âges : Les Principes de la Caractérologie. — (Traduction française, par W. Real. — Alcan, 1930, 263 p., 35 francs).
- Nous sommes heureux de signaler aux personnes n’entendant pas l’allemand la traduction en français de la Caractérologie de Ivlages. Il est seulement à regretter que le style ait parfois gard^ la lourdeur et le manque de clarté des phrases germaniques. Peut-être la puissante originalité de l’auteur l’exigeait-elle.
- Klages a fait à la psychologie moderne le grand reproche d’avoir perdu son véritable but : La connaissance psychologique des individus. Elle m’est plus une « science pratique de l’âme » étudiant la vie des personnalités, mais une science des « caractéristiques
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- générales de la vie de l’espril » (sensalions, perceptions, conations, voûtions, etc.) n’envisageant que l’homme rationnel, logique — et abstrait — les instincts, les passions, l'inconscient, qui sont les moteurs du comportement des individus, ont été dédaignés* et à tort.
- La grande thèse de l’auteur est que l'homme n’est pas un composé corps + esprit, mais : corps + âme + esprit, l'âme étant la véritable partie vivante et motrice aussi bien du corps que de l’esprit, desquels d’ailleurs elle est le trait d’union.
- De sa thèse découle toute une métaphysique : De la séparation de l’âme et de l’esprit est venue la perte de la personnalité et la mécanisation de l’individu. Le « progrès » n’est que la raison vainqueur de l’instinct, et par là, la perte du bonheur : La connaissance n’est que le paradis perdu. L’âge d’or = l'état d'inconscience. Et la fin du monde ne sera que le suicide de l’humanité s’éloignant de plus en plus de la nature.
- Cette thèse explique aussi les conceptions de l’auteur sur la mémoire, la perception, la structure du caractère, etc., qu’il a exposées dans des chapitres" successifs ayant chacun un profond intérêt en soi, et qu’il convient de résumer brièvement.
- La mémoire est un fait vital ; la réminiscence, un fait spirituel. La mémoire est la condition de vie de tout organisme. La remémoration est l’apport de l’esprit et reste l’apanage de l’homme.
- Dans la perception, on doit distinguer entre le contenu réceptif et l’acte perceptif. Le mode de réception et la constitution de la mémoire forment un tout inséparable.
- Dans le contenu réceptif, il faut tenir compte de l’impressionnabilité personnelle, de la plénitude personnelle (la perception est plus riche dans une âme plus riche), de la chaleur et de la mobilité p. de la matière de l'intuition, et de la profondeur p de la capacité réceptive.
- Dans l’acte perceptif, on doit envisager le degré de l’activité perfective, des directions vitale et spirituelle, subjective et objective, personnelle et impersonnelle, concrète et abstraite, intuitive et non-intuitive de la perception, et de sa direction formaliste.
- La Structure du caractère dépend :
- Vs
- 1° De l’excitabilité personnelle des sentiments : Es = —
- (1 excitabilité des sentiments est en raison directe de la vivacité des sentiments et en raison inverse de leur profondeur).
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- I
- 2° De l’excitabililé personnelle de la volonté : Ev = —
- K
- (l’excitabilité personnelle de la volonté est en raison directe de l’impulsion et en raison inverse de la résistance).
- E ,
- 3° De la l'acuité d extériorisation : X = — (l’cxtérion-
- Rx
- sation est en raison directe de l’excitation et en raison inverse de la résistance).
- L'Hystérie n’est que la réaction du besoin de représentation sur le sentiment de l’impuissance à vivre.
- La Métaphysique des différences personnelles s’explique par le tableau suivant :
- Sensation.
- i Impulsion au mouvement. \ Processus de la vision.
- J Immilsinn rlft la rrpafinn d
- Vitalité
- Ame ...
- 1 Impulsion de la création des formes. \ Acte conceptuel ou appréhension.
- Spiritualité personnelle, Cen tre du Moi...
- r Acte volitif.
- doutes les différences personnelles viennent des différences de degré et des différences de combinaisons de ces six concepts fondamentaux.
- L'Esquisse du Système des mobiles, qui termine l’ouvrage.
- montre comment l’individu est dirigé, à travers un double système de libérations ( = instincts) et de contraintes ( = raison) par des mobiles intellectuels, personnels et sensuels.
- L’auteur en donne un tableau très détaillé accompagné d’un tableau de l’affirmation de soi personnelle, ou égoïsme (égoïsmes spontanés, passifs, réactifs et isolés), complété par un tableau spécial de l'estime de soi (formes et degrés, modes de manifestation correspondants). L. B.
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- Mars 1931
- 3* Année
- N° 3
- BULLETIN
- , DE
- l’Institut National d'Orientation Professionnelle
- Kinesthésie, Dactylésie et Orientation professionnelle
- Par M. François LOUIS-BERTRAND
- A lire la plupart des tests actuellement proposés pour l’orientation professionnelle, ont est fort surpris de l’oubli extraordinaire de deux éléments essentiels, primordiaux pour toute activité manuelle : la kinesthésie et la dactylésie.
- La kinesthésie est cependant connue depuis un siècle environ et les travaux d’Alfred Binet, notamment ont prouvé son indiscutable valeur dans tout le dynamisme physio-psychologique. Comment ne pas en tenir compte quand il s’agit de discriminer soit la force que doit déployer, soit la résistance que doit offrir tel candidat ou telle candidate à un emploi d’ouvrier, d’ouvrière, de waltmann, de receveuse de tramways, etc., sans oublier les commises de magasins ou les garçons de café ? Tous ces gens-là doivent être suffisamment forts et robustes. Des épreuves spéciales paraissent donc toul à fait indiquées pour évaluer leur potentiel musculaire. Failli' de cela, par exemple, on envoie dans des écoles d’apprentissage ou professionnelles, des adolescents trop jeunes, incomplètement formés, et qui ne peuvent tenir aux six heures de travail manuel journalier.
- Il existe déjà quelques instruments ingénieux, presque parfaits même et qui permettent d’évaluer facilement l’indice K (1) de tout candidat éventuel. Ce sont, par exemple, la lime ou le rabot enregistreurs qui pourraient servir de prototype à toute
- (1) Nous proposons de désigner ces facteurs par leur initiale, ce qui permet d’établir des formulés commodes.
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- une série complète d’outils également enregistreurs. Puisque la question du dynamomètre intéressa Binet au point qu’il en créa un’nouveau modèle, nous sommes en droit de nous étonner qu’on l’ignore trop encore dans certains cabinets d’orientation professionnelle que nous avons pu visiter, soit, en France, soit en Allemagne.
- Encore est-il indispensable d’en avoir plusieurs modèles qui, à la rigueur, peuvent se réduire à deux types : celui de Binet qui sert à mesurer la force de pression de la main et un autre, tout différent, qui rappellerait l’ancien « exerciser » Michelin fort à la mode, il y a vingt ans, afin de mesurer la vigueur de contraction et d’expansion du tronc et des membres. Il n’est pas jusqu’à la classique « tête de Turc » de nos fêtes foraines qui, sous sa forme amusante, ne permette un test intéressant et utile de la vigueur K dans les coups assénés, ce qui permettrait de discriminer les garçons aptes aux durs métiers de : forgeron, frappeur, riveteur et similaires.
- Dominant toutes ces spécialités que l’on pourrait — à tort d’ailleurs — juger peut-être assez rares pour être presque négligeables, un élément général, un coefficient commun si l’on préfère, s’impose absolument quand on veut orienter quelqu’un vers un métier manuel et c’est la vigueur physique traduite assez exactement par la kinesthésie. roui un ensemble d’exercices-tests devrait être prévu, en collaboration avec des anatomistes et des maîtres de l’éducation physique. Celle-ci, mieux comprise, mieux dirigée, mieux interprétée surtout dans des fiches scolaires plus complètes, rendrait de très grands services à l’orientation professionnelle. Elle perrnet-t.rait d’éviter notamment, en plus des erreurs de direction toujours regrettables el parfois irréparables, des surmenages funestes.
- La dactylésie est moins connue. Nous en avons parlé pour la première fois dans un ouvrage récent (1) dont M. Henri Piéron a bien voulu dire un mot aimable ici et nous nous permettons tout en lui exprimant notre respectueuse gratitude, d’invoquer sa haute autorité connue le meilleur parrainage de ce nouveau-né. En observant longuement les enfants des
- (1) L’analyse psycho-sensorielle el ses applications à l’éducation intégrale (Alcan).
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- ï&mmsÿ:
- écoles de Luchon dans une suite de tests (plus ou moins imités de Binet avant d’oser devenir originaux) nous avons été amenés à distinguer la dactylésie comme une forme spécifique de sensibilité et de perceptivité. Dans l’ouvrage précité, les exemples donnés et commentés suffisent. Ici nous ne pouvons discuter plus longuement à ce point de vue et nous considérons ce fait comme définitivement acquis. Aucun des nombreux et autorisés commentateurs de notre ouvrage ne l’a d’ailleurs contesté jusqu’à présent.
- Cette dactylésie ou sensibilité spéciale de la main joue un grand rôle qui n’étonnera pas les psychologues fidèles à la théorie de l’évolution animale, dans le développement intellectuel de tout enfant. Mais combien plus imposante apparait-elle encore dans toute discrimination professionnelle ! Et personne ne paraissait y songer. Je lisais récemment, dans cette même revue, le texte d’un test étranger pour le métier de modiste qui étudiait tout sauf l’essentiel, c’est-à-dire la dextérité manuelle. Il est donc grand temps de compléter tous ces tests existants et d’y faire une place capitale à la dactylésie.
- Mais comment évaluer et juger celle-ci ?
- Ce que je disais tout à l’heure de l’éducation physique mieux comprise et devenue notre auxiliaire pour la kinesthé-sie, je pourrais le répéter maintenant pour les travaux manuels qui ont été toujours en honneur dans renseignement primaire et primaire supérieur public français. Depuis surtout que l’heureuse influence de Maria Montessori a permis aux institutrices maternelles de mieux comprendre la valeur éducative des jeux sensoriels, première initiation agréable au travail manuel, celui-ci s’est intensifié, perfectionné. Avec lui, tout naturellement, le dessin dont la valeur dactylésique est également incontestable, et qui, grâce à l’effori personnel de 1 inspecteur général Guénioux, a réalisé des progrès considérables en un quart de siècle. Mais tout cela reste séparé, compartimenté, cloisonné même, sans relation utile possible avec le but même de l’école primaire qui est la préparation à la vie, c’est-à-dire au travail nourricier. Quand on placarde, dans les antichambres du ministère de l’Instruction publique, les plus beaux dessins d’élèves de tout âge et de la France entière, cela ressemble trop à ces salons de directrices de
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- pensionnats qui veulent prouver que leurs élèves savent dessiner ou peindre agréablement, dans leur oisiveté.
- "Nous demandons tout autre chose en ce moment. Il faut que le dessin et le travail manuel (sous toutes ses formes et sans oublier le modelage ni l’atelier scolaire) soient désormais considérés non comme des divertissements artistiques ou des exercices esthétiques, mais encore et peut-être surtout comme des tests pré-professionnels. Cela ne les diminuera point, bien au contraire puisqu’à l’agréable nous joindrons l’utile. Et l’on entendra peut-être moins de parents maugréer, non sans vraisemblance parfois, contre le temps perdu à dessiner ou à découper du papier. La fiche scolaire complétée telle que nous la concevons en ce moment, devrait porter une courbe très exacte du progrès dactylésique de tout enfant. Cette courbe, plus ou moins complète, plus ou moins évoluée, permettrait de mieux discriminer, chose toujours très délicate, le futur horloger de l’apprenti ajusteur et du candidat serrurier par exemple, comme, pour les jeunes filles, la modiste de la tail-leuse et de la simple lingère.
- Un mot important à propos des jeunes filles pour regretter que, dans nos écoles publiques françaises, elles ne fassent guère que de la couture à l’heure du travail manuel. Tout en reconnaissant la grande importance des travaux au crochet et à l’aiguille, j’estime qu’il faudrait prévoir autre chose afin de compléter précisément la discrimination dactylésique féminine, au moment du choix délicat d’un métier.
- Nous n’hésitons pas à dire qu’une révision complète des programmes primaires de dessin et de travail manuel s’impose, à brève échéance, pour toutes ces raisons. Bien entendu, cette révision ne devra pas être l’œuvre des seuls universitaires, mais aussi, et en collaboration égale, de techniciens avisés. Les nouveaux programmes devraient prévoir, dans les cours supérieurs des écoles urbaines, un entraînement plus méthodique et complet, grâce à des ateliers scolaires bien outillés où les grands élèves passeraient le jeudi au lieu de courir les rues, en butte à toutes les promiscuités. Cela se faisait autrefois dans ma petite ville natale, grâce à de généreux <( compagnons » auxquels j’adresse un souvenir de gratitude émue. Il y a toujours eu, en France, d’excellentes ten-
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- latives, d’innombrables initiatives, mais personne pour les grouper.
- Souhaitons encore, dans le même but, l’invention de machines enregistreuses pour la dactylésie. Ce ne serait pas très compliqué. Un clavier de piano pour commencer, puis celui d’une machine à écrire permettraient d’évaluer la force et l’indépendance des doigts. Des solides, géométriques ou non, à surface élastique, pourraient enregistrer la force et la délicatesse de la pression palmaire, en collaboration avec le dynamomètre de Binet (à la fois bon pour D comme pour K) et avec le modelage. Les exercices, trop négligés le plus souvent, de tressage, avec raphia d’abord, vannerie légère ensuite, ne seraient-ils pas le meilleur entraînement et critérium à la fois pour cette si jolie industrie du rotin que mon excellent ami, M. Lomont, a tant contribué à rénover dans la capitale ?
- Nous n’avons point la prétention de confectionner un programme. Celui-ci, encore une fois, doit être nécessairement l’œuvre d’une collaboration aussi large et autorisée que possible. Nous demandons simplement aujourd’hui, fidèle à notre analyse psycho-sensorielle qui pourrait peut-être, rendre ques services à notre cause, que l’on veuille bien ne pas oublier l’incontestable valeur de base de cette synerjie primordiale KD dans tout travail d’orientation professionnelle manuelle.
- NOTE SUR L’EMPLOI DU CHRONOPTÔSCOPE
- par M. Henri PIERON
- L’appareil, de structure très simple, que j’ai établi sous le nom de Chronoptôscope, pour la mesure de temps de réaction visuels ou auditifs, par arrêt d’une tige en cours de chute, permet d’obtenir des valeurs sûres sans dérèglage possible comme avec un chronomètre de d’Arsonval, où les glissements d’aiguille, les variations de tension du ressort avec l’usage risquent de causer d’importantes erreurs de mesure, et nécessitent une surveillance constante,
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- Mais les manoeuvres de l’expérimentateur sont plus compliquées et plus fatigantes qu’avec un chonomètre électrique, où il suffit d’exercer une pression sur une clef, et il n’y aurait pas eu lieu de chercher une méthode nouvelle si le coût très élevé du chronomètre de d’Arsonval, sa fragilité et les complications de son équi-quement électrique n’étaient un obstacle à la généralisation d’une méthode précieuse d’investigation, généralisation que le chronop-tôscope doit rendre possible en orientation professionnelle.
- Pour faciliter l’usage de cet appareil, je pense qu’il est utile de donner quelques indications complémentaires au sujet de la technique (1).
- 1° Notation des valeurs numériques et détermination des valeurs significatives (rapidité et stabilité). — L’espace parcouru en un centième de seconde au moment où la réaction se produit — normalement entre 20 et 25 centièmes de seconde après le départ, pour une réaction visuelle — est assez grand pour que la mesure puisse se faire au millième de seconde près, mais cela ralentirait et compliquerait la lecture, assez inutilement lorsqu'on a simplement besoin de déterminer la vitesse de réaction d’un enfant (^u point de vue de l’orientation professionnelle. On se contente d’indiquer le centième de seconde correspondant au trait de la tige arrêtée le plus voisin de l’index. Si l’index se trouve juste entre deux traits, en raison de la dissymétrie due à l’accélération, on choisit le chiffre supérieur : par exemple si l’index est aussi éloigné de 20 que de 21 centièmes, on indique 21.
- Les temps — sauf anticipation exigeant une annulation — ne peuvent en aucun cas descendre au-dessous d’une valeur qui, pour des réactions visuelles, est de l’ordre de 12 à 13 centièmes. Mais, s’il se produit des distractions, et, au cours même des oscillations normales de l’attention chez des sujets lents, les temps peuvent être plus longs que-ceux que permet encore de mesurer l’appareil, soit 34 centièmes, et dans ce cas la tige tombe : il faut donc avoir au-dessous de l’appareil un panier rempli de papiers ou chiffons pour recevoir la tige en l’empêchant de sortir complètement de l’orifice inférieur.
- En ce qui concerne la notation, en cas de chute de la lige, on doit indiquer par une croix que le temps est supérieur au maximum, dépasse donc 34 centièmes.
- Ceci peut paraître une difficulté pour la détermination de la valeur significative, dans la mesure où celle-ci est exprimée par la moyenne arithmétique.
- (1) Pour la description de l’appareil, voir le Bulletin de VI. JS. O. P., de février 1929, (T, ?, p, 49-54),
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- Mais il n’est nullement nécessaire d’employer la moyenne arithmétique, et la valeur médiane, dans le cas d’une distribution nécessairement asymétrique, peut être préférée pour caractériser la vitesse propre de réaction d’un sujet (le choix du mode exigeant un trop grand nombre de déterminations pour qu’il puisse être pratiquement envisagé) (1).
- Or, pour la détermination du médian, point n’est besoin de connaître la valeur exacte des temps les plus longs, ayant entraîné la chute de la tige ; il suffit de les situer à la fin de la liste par valeurs croissantes. Sur les feuilles préparées où, au-dessous des valeurs inscrites «centième par centième, on note par une croix les temps observés, on a par exemple, pour un sujet, les résultats suivants, les quatre premiers temps étant indiqués entre parenthèses afin de n’en pas tenir compte dans le calcul portant sur les 21 temps suivants :
- 15 16.17.18.19.20.21.22.23.24.25.26.27.28.29,30.31.32.33.34. +
- X (X) X X (X) X X X (X) X XX (X)
- X X X X X X X X
- X .XX X
- 1 1 3 2 2 -3 1 2 2 1 1 2
- Le médian (c’est-à-dire la 11e valeur) donne 25 centièmes de seconde, et la vitesse propre de réaction du sujet est caractérisée par ce chiffre.
- Mais il ne suffit pas d’attribuer à un enfant une certaine vitesse propre, il faut encore apprécier la stabilité de ses réactions. Habituellement on apprécie celle-ci d’après la variation moyenne des temps dè réaction, la stabilité étant d’autant plus grande que cette variation est plus petite.
- Pour établir la variation moyenne (moyenne des écarts entre chaque valeur et la valeur caractéristique) il faut naturellement connaître le chiffre exact de tous les temps ; et quand la tige échappe, on sait que la durée de la réaction dépasse une certaine valeur, mais ne la connaît pas exactement. Aussi, là encore, faut-d substituer à la moyenne la valeur médiane, en ordonnant les écarts (positifs ou négatifs) par rapport à la valeur caractéristique dans l’ordre croissant, en ajoutant à la queue ceux qui correspondent aux chutes.
- Dans l’exemple ci-dessus, nous avons les écarts suivants :
- 0 1 2 3. 4 5. 6 7 +
- 3 3 4 3 3 1 1 1 2
- Le médian est de 3 centièmes.
- 0 ) Voir à cet égard, en appendice, les comparaisons faites entre les deux méthodes de calcul,
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- Cette méthode est simple, mais évidemment un peu grossière ; elle suffit pour déterminer des catégories dans la rapidité et la variabilité des enfants, sans permettre un classement fin ; elle convient en orientation professionnelle^, mais ne peut satisfaire aux exigences de certains sélections (les notations des temps devant alors se faire en millièmes de seconde, et le nombre des mesures notablement augmenté). S’il arrivait que l’on tombât sur un individu exceptionnellement lent, dont la durée caractéristique des temps de réaction dépasse la limite mesurable avec l’appareil (plus de la moitié de chutes), on ne pourrait obtenir par cette méthode de chiffre significatif, mais on saurait que l’on a affaire à un anormal à ce point de vue. Seulement sa variabilité propre ne pourrait plus être appréciée. On pourrait alors, pour l’évaluer, recourir à d’autres méthodes où le compteur à secondes suffirait.
- 2° Technique expérimentale. — 11 est désirable d’expérimenter avec un aide, pour faciliter les manœuvres. L’appareil, placé sur table de manière à ce que l’œil du sujet soit à hauteur de la tache rouge de la tige, est immobilisé par un serre-joint ou par un poids de 5 kgr, et la lampe est allumée ; le panier récepteur de la tige est posé à terre.
- La tige étant en place, le sujet ayant la main prête à pousser le bouton libérateur de la pince d’arrêt, regarde par l’ouverture du bâti la marque rouge de la tige, ou bien, les yeux fermés, guette le bruit de sifflet constituant le stimulus de départ ; l’expérimentateur, observant une montre à secondes, prévient, en disant « Attention », que l’excitation est imminente ; deux secondes après, environ, il délivre la tige en pressant brusquement les bras de la pince supérieure (ce qui serre la boule de caoutchouc du sifflet en cas de stimulation auditive, tout en libérant la lige, et libère seulement cette dernière dont la marque rouge disparaît aux yeux du sujet en lui donnant le signal qu’il doit réagir, en cas de stimulation visuelle).
- Le sujet a réagi assez tôt pour arrêter la lige dans son parcours, ou bien il a réagi trop tard et la tige n’a pas été prise par la pince d’arrêt. Dans le second cas, la lige est restée engagée dans l’orifice inférieur de l’appareil reposant sur le matelas de papiers et de chiffons du panier posé à terre ; on doit alors ouvrir la pince d’arrêt jusqu’à immobilisation dans le cran du taquet à ressort et remonter la tige, prise par en dessous, pour la saisir entre les mors de la pince supérieure.
- C’est pour cette manœuvre que l’aide est particulièrement utile : l'aide reste assis à côté du sujet et se charge de libérer la pince d’arrêt et de remonter la tige, et l’expérimentateur, debout, introduit la têtç arrondie de la tige, en bogue position, entre les mors
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- de la pince supérieure. Si le sujet a réagi correctement et arrêté la pince, c’est l’aide qui peut, le plus facilement, noter le temps de réaction sur la tige d’après la marque de celle-ci (la plus proche de l'index fixe) et l’inscrire, avant de prendre en main la lige, de la libérer de la pince d’arrêt et de la remonter pour (pie l’expérimentateur la mette en place.
- Si l’expérimentateur est seul : il doit, pour lâcher la tige, au moment de la stimulation de départ, se mettre debout, puis s’asseoir pour noter le temps, et faire les manœuvres de libération et de soulèvement de la tige, enfin, tenant celte dernière, se relever pour La mettre en place et se préparer à la nouvelle stimulation. Ces manœuvres exigent plus de temps quand l’expérimentateur est seul. Mais, d’une manière générale, on peut faire deux excitations à la minute. Pour faciliter la lecture des temps sur la tige, on peut marquer d’une couleur différente les intervalles compris entre 15 et 20 centièmes, entre 20 cl 25 et entre 25 et 30, de rouge, jaune et vert par exemple.
- I ii dernier point : Avant de commencer la mesure du temps, il laut expliquer au sujet quelle sera sa tâche, s’assurer qu’il a compris, et lui faire manœuvrer plusieurs fois le bouton de réaction.
- ha force nécessaire pour libérer la pince d’arrêt ne doit naturellement pas être trop grande ; dans les appareils que j’ai fait construire, cette force est de 2,5 kgr. 11 y a intérêt à ce que cette force soit toujours la même, pour faciliter les comparaisons.
- L’étalonnage chez les enfants d’une douzaine d’années sera prochainement fourni.
- ha appendice, j’indique un certain nombre de valeurs numériques d’après des recherches de Mrae Horinson dans une école de maçonnerie, pour montrer la faible différence qui provient de la substitution de la valeur médiane à la moyenne arithmétique pour la valeur caractéristique de la durée des temps et de la variabilité, aussi bien quand il s’est produit des chutes de la tige, que quand il ne s’en est pas produit.
- Appendice
- Sur les 65 sujets examinés, chez 42 se produisirent des chutes de la lige (entre I et 9. en moyenne, un peu moins de 3) ; ce sont des individus ou plus lents, ou plus variables, ou à la fois plus lents et plus variables. Comme on le voit d’après le tableau ci-joint, la durée moyenne de réaction des sujets à chute est d’environ 25 centièmes ou bien de 22 chez les autres ; l’écart médian est
- supérieur de près d’un centième de seconde.
- Dans les cas où il ne s’est pas produit de chute, la substitution de la valeur médiane des temps à la moyenne arithmétique entraîne
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- une différence moyenne de 0,82 centième (extrêmes de 0 et 2,8), différence en moins sauf dans deux cas (le médian donnant moins de poids aux valeurs aberrantes par excès dues à des distractions) ; l’écart médian donne par rapport à la variation moyenne une différence moyenne de 0,64 (extrêmes de 0,05 et 2,14) presque constamment en moins aussi (sauf 4 cas sur 23).
- Dans les 42 cas comportant des chutes de la tige, le nombre des mesures a été augmenté de manière à obtenir 20 temps pour le calcul de la moyenne. La médiane a été établie en tenant compte en outre des chutes, ainsi que l’écart médian. Dans ces conditions, le médian est généralement supérieur à la moyenne arithmétique, comme cela est normal, puisque cette dernière a éliminé les valeurs trop élevées pour être exactement mesurées : pour une différence moyenne de 0,81 centième (extrêmes de 0,1 et 3,3), on a 31 différences en plus (0,87 en moyenne) et 11 différences en moins (0,51 en moyenne). La moyenne des valeurs médianes (25,05) est un peu supérieure à celle des valeurs moyennes (24,85).
- De même la moyenne des écarts médians (3,02) est un peu supérieure à celle des variations moyennes (2,78), et les différences en plus (au nombre de 23, moyenne de 0,58) sont supérieures aux différences en moins ( au nombre de 19, moyenne de 0,30), la différence, sans tenir compte du signe, étant en moyenne de 0,45 (extrêmes de 0,02 et 2,95).
- La substitution des valeurs médianes aux moyennes n’entraîne qu’une variation en général assez faible, et, quand cette variation est grande, c’est la médiane qui caractérise le mieux le sujet, soit en évitant, pour représenter la vitesse propre de réaction ou le taux d’instabilité, de donner un trop grand poids à des valeurs aberrantes peu nombreuses, soit en faisant intervenir les chutes que le calcul de la moyenne oblige de négliger, ce qui représente plus exactement la variabilité propre au cours des mesures, sans pour cela modifier beaucoup la valeur caractéristique de la vitesse propre de réaction.
- ( Voir tableaux pp. 67 el GH).
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- 23 sujets sans chute de la tige
- Moyenne
- Médian
- Différence
- Var, moyenne Écart médian
- Différence
- + 0.33
- 4- 0 1
- + 0.48
- + 1.00
- + 0.19
- M22.12
- 21 52
- ÔSgSS*KÇ.:'.r
- agam&a
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- 42 sujets avec chute de la tige
- NOMBRE de chutes MOYENNE (sans les chutes) MÉDIAM (avec les chutes) DIFFÉRENCE Var, moyenne (s: ns les chutes) Ecart médiam (avec les chutes) DIFFÉRENCE
- 2 22 4 22 0.4 2 43 2.5 0.07
- 2 21.2 20 1.2 3 il 2 — 1.11
- 9 23.7 29 + 3.2 3 05 6 4 2.93
- 3 23.6 23 0.6 3 27 O 0.27
- 1 23.3 26 -h 0.7 2 12 2 — 0.12
- 4 22 6 22 - _ 0.6 2 57 2.5 — 0.07
- 8 27.6 28 4- 0.4 2 76 4 4 1 24
- 5 27.3 29 + 1.5 2 60 3 4- 0.40
- 4 26.4 27 0.6 3 35 3.5 4 0.15
- 3 23.8 27 4- 1.2 3 47 5 4 1.53
- 7 23.7 28 4- 2.3 3 27 5 4 1.73
- 3 24.4 23 + 0.6 3 54 4 + 0.46
- 2 23.4 26 + 0.6 2 75 3 0.25
- 1 23.7 24 + 0.3 3 45 3 ^ — 0.45
- 3 237 24 + 0.3 3 14 -r — 0.14
- 4 23 5 24 + 0.3 4 03 4.5 4 0.45
- 1 22.3 23 + 0.5 2 05 2 0.05
- 2 22.1 22 0.1 2 <‘6 3 H— 0.34
- 1 21.7 22 + 0.3 2 35 2 — 0.35
- 2 23.4 24 + 0.6 2 91 3 4- 0.09
- 1 23.7 23 0.7 3 04 2 1.04
- 1 23.1 24 + 0.9 2 35 3 4 0.63
- 3 24.8 25 + 0.2 3 39 4 4 0.61
- 1 24.3 23 4- 0.5 3 55 4 + 0.45
- 2 20.3 22 4- 1.5 2 90 3 4 0.10
- 3 29 5 30 -h 0.5 2 15 2 0 15
- 3 27.3 28 + 0.7 2 62 3 4 0.38
- d 24.3 24 0.5 2 05 2 0.05
- 2 23.0 22 — 1 0 2 90 3 4 0.10
- 1 23.7 23 — 0.7 2 88 2 0.88
- 4 27.0 28 4- 1.0 1 80 2 4 0.20
- 2 23.3 26 -i- 0.5 2 75 2.5 0.25
- 1 26.9 27 + 0.1 2 65 2.5 — 0.15
- 2 26.7 26 0 7 2 97 3 + 0.03
- . 4 23.7 27 + 1,3 3 05 3 — 0 05
- 3 23.9 24 •4 0.1 2 05 2 — 0.05
- 3 26.4 26 — 0.4 1 44 1.5 + 0.06
- 2 26.4 27 -f- 0.6 2 35 3 4 0.45
- 3 27.8 29 4- 1.2 2 98 3 4- 0.02
- 2 23.4 27 4- 1.6 3 59 3.5 — 0.09
- 4 26 4 29 4- 2.6 3 74 4 5 ~r 0.76
- 2 24.8 23 + 0 2 2 73 2.5 — 0.25
- M : 2.8 24.83 D: -f 23.03 0.20 0 .81 2.78 D : 4 3.02 - 0.24 0.45
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- Notes sur quelques visites à des laboratoires d’orientation professionnelle
- par M‘" J. ABRAMSON
- IV. — STUTTGART
- Stuttgart possède une station d’orientation professionnelle qui est rattachée à l’Ecole Polytechnique et dirigée par le professeur Giese. Son rôle est des plus considérables, tant au point de vue pratique qu’au point de vue théorique. C’est en effet une Station de création continue dans le domaine des tests et dans celui des procédés d’investigation. D’un autre côté c’est une Station Centrale qui rayonne sur tout le sud-ouest allemand (Würtemberg et Bade). 35 offices sont alimentés par la Station Centrale. Celle-ci est un centre plutôt scientifique, ayant pour but d’éprouver les épreuves elles-mêmes, avant de les envoyer dans les autres offices. Monsieur Giese a un assistant, le Dr Schweitzer, et une assistante-femme, qui circulent d’un office à l’autre pour y mettre au point les épreuves de l’Office Central. Ces procédés d’investigation y sont centralisés depuis 1926.
- D'activité de cette Station Centrale est très variée. D’abord on travaille dans les écoles. Le professeur Giese a élaboré un test collectif pour leé élèves des écoles communales. Il se compose de 13 épreuves : mémoire des personnes, de figures géométriques (coefficient 1), mémoire des mots couplés et des commissions (coefficient 2) ; rédaction dans laquelle l’enfant, fait connaître ses intérêts et désirs ; calcul (coefficient 3) ; séries logiques (coefficient 5) ; aptitude à combiner : trouver des rimes, construire des phrases, etc. (coefficient 1) ; raisonnement logique : phrases ahsur-, des, analogies (coefficient 3 à 5) ; code secret (coefficient 3) ; test de rapidité d’adaptation (coefficient 3) ; texte à compléter avec choix d’un mot approprié dans une série de mots donnés (coefficient 4).
- Voici le tableau des normes obtenues : Maximum de points 445.
- Rendement moyen
- 30-40 °/0 O 70 1 o 50-60 % 60—70 %
- Garçons... . IKK ICO icq i n(\ 170 mi
- f illes . . 149—161 161-174 174—185 185—198
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- Rendement au-dessous de la moyenne Rendement au-dessus de la moyenne
- 0—10 % 38— 109 39- 114 10—20 % 109-129 114—134 20—30 % 129—145 134-145 Garçons.. Filles .... 70—80 Vo 191—204 198-210 80—90 °/0 204-223 210-229 90-1007. 223-293 229-336
- Il y a également une collection très lâche d’épreuves d'aptitudes, collection qu’il me serait difficile d’énumérer ici. Je mentionnerai seulement les deux épreuves courtes pour apprentis techniques et pour apprentis de commerce, chacune se composant de 4 lests. Dans l’épreuve technique il y a un dessin à reproduire, un test de découpage et deux tests de raisonnement technique. L’épreuve de l’apprenti de commerce se compose d’un test de calcul, d’un test de phrase à former, du test classique du schéma et d’un test de 10 commissions à faire. Le candidat doit partir à 0 heures et demie et être de retour à 1 heure de l’après-midi. 11 ne doit pas oublier que la poste et les magasins ferment à midi. Il peut se servir de tramways. Voici les commissions à faire : 1° Porter des chaussures chez le cordonnier ; 2° Porter des pantalons chez le tailleur ; 3° Déposer un paquet à la Poste (poids 5 kilos) ; 4° Payer les impôts à l’Hôtel de ville (il n’est ouvert que de 8 à 10 heures du matin) ; 5° Aller chercher une machine à écrire ; 0° Acheter 20 gâteaux (il y en a des frais à partir de 11 heures) ; 7° Acheter une demi-livre de café ; 8° Acheter une demi-livre de saucisson ; 9° Acheter une livre de margarine ; 10° Aller chercher un ami à la gare (arrivée du train à midi et demie). (On donne au sujet un plan schématique).
- Des normes sont établies pour les deux sortes d’épreuves. Nous voyons qu’on n’a pas négligé ici, la question de l’étalonnage des tests, un des problèmes les plus importants en psychologie appliquée. Nous allons voir ce que l’on a fait pour éclaircir l’autre face du problème, celle de la typologie caractérologiquc.
- La tendance qui nous est familière dans l’activité du laboratoire dirigé par Bogen. à Berlin, et qui consiste à ne pas se contenter des réactions de surface, mais à viser plutôt les tendances profondes de l’individu qu’on éprouve, est ici érigée en principe et Ciiese a créé un terme qui le sanctionne, celui de « Ticfenpsycholo-gie », psychologie en profondeur. Un autre terme, créé également par Giese, celui d’« épreuve de travail » (Arbeitsprobe), indique assez le but que poursuit cette nouvelle psychotechnique. On ne
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- met plus le sujet devant une tâche artificielle et simplifiée comme dans les anciens procédés d'examen psychotechnique. Le candidat se trouve plutôt devant une tâche complexe et rapprochée de la vie, tâche qui dévoile les goûts et les tendances de la personne lestée.
- On a ainsi éprouvé 25 « épreuves de travail », épreuves qui demandent normalement une heure de temps. Quelques-unes de ces épreuves sont devenues classiques, comme celle du coup d’œil, ou celle du fil de fer à courber selon deux modèles donnés, dont un facile et un autre plus difficile, ou le test d’enfilage de perles' d’après des modèles donnés, etc. Le comportement et la fatigue sont toujours soigneusement notés.
- Les tests les plus intéressants et les plus significatifs son;, ceux où se manifeste pleinement la manière d’être particulière de l'individu testé. Ainsi, celle épreuve des images à décrire. Parmi plusieurs images représentant les thèmes les plus variés, le sujet choisit, pour la décrire-, celle qui lui plaît. L’instruction est vague et on lui donne 20 minutes de temps. Voici un test infiniment supérieur aux descriptions d'images imposées, car il dévoile, d’une façon beaucoup plus adéquate, les tendances et les désirs des sujets
- Un autre tesl visant le même but, est celui qui consiste à donner au sujet une petite boîte avec de petits objets et une autre grande avec de gros objets. Les uns choisissent plutôt les petits objets, les autres plutôt les objets grands. Les premiers seraient plutôt aptes aux travaux fins, comme l’horlogerie ou les pierres précieuses, aux autres conviendraient plutôt des travaux grossiers. Certains aiment ce qui seul mauvais (certains arriérés).
- Un autre test, dévoilant également des types significatifs de comportement ost le « lest, du miroir ». Il s’agil de relier cinq points devant une glace, la main étant soustraite à l’observation directe. Ce test a mis à jour différents types de solutions, un type primitif donnant un résultat désordonné, un type abstrait faisant la figure cinq fois plus petite que l’original, etc.
- Un autre test révélant les types d’intelligence pratiqué est le « test d’emballage » (Packtest). Tl consiste à emballer et à transporter dans une caisse plusieurs objets entassés, entre autres une bouteille vide.
- Parmi les tests de création plus récente, il y en a un qui est particulièrement séduisant. C’est le « test d’assortiment » (Sortier-tesl). Il s’agit de ranger dans une sorte d’armoire plusieurs objets hétéroclites. C’est une armoire de magasin se composant de quel--ques compartiments ouverts avec des planches ainsi que quelques tiroirs peints en couleurs vives et se trouvant au bas de l’armoire
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- Les objets sont de différentes dimensions, de différents usages, connue un chapeau de paille ou un thermomètre. La consigne est de ranger ces objets d’une façon pratique et esthétique, afin qu’ils présentent un attrait pour l’acheteur. Les façons de procéder des sujets sont soigneusement protocoles et la solution est photographiée, avec son auteur à côté.
- Voici différents types bien distincts de solutions : un type esthétique, un type « de dimanche » (Sonnestagstypus), c’est le type pratique et moyen ; un type normal et logique (le type a une tendance à mettre les objets inutiles dans les tiroirs que les autres types ne voient guère) ; un type arithmétique et pédantesque ; un type accumulateur, logique et pratique (Haufurigstvpus) ; un type indécis ; un type qui ne prend que des objets petits et ayant une tendance à tout dessiner en plus petit ; un type « zigzaguant », manifestant les mêmes tendances dans les dessins. Un représentant de ce dernier type est une jeune fille boiteuse, qui marche donc en zig-zag.
- Imperceptiblement nous passons ainsi aux types anormaux et décidément nous entrons en pleine caractérologie expérimentale. Et c’est le moment de le dire : la psychotechnique ne peut progresser que parallèlement aux progrès de la caractérologie expérimentale. En suivant les progrès des laboratoires que nous avons visités, nous avons vu cette vérité percer de plus en plus. Le laboratoire de Zurich fait de la caractérologie tout court, sans faire de la caractérologie expérimentale, mais les deux autres, sans s’annexer telle ou telle doctrine, ont suivi leur propre chemin, en se servant de leur propre expérience. Il en est issu une ébauche de caractérologie expérimentale digne du plus haut intérêt et doué d’un grand avenir. Cependant, il faut se garder de confier cette méthode très délicate à un nombreux personnel qui n’aurait ni le temps, ni les aptitudes pour s’en pénétrer suffisamment, il s’ensui-vrail fatalement ce qui est arrivé eu Amérique, un discrédit complet pour tous les « Will test » « Tempérament test », etc., sinon pour tous les tests en général. Je suis persuadée que les progrès si intéressants des deux laboratoires en question sont dus en grande partie au fait que leurs deux directeurs,. Bogen et Giese, sont restés les animateurs de leurs collaborateurs, peu nombreux et très dévoués.
- (Travail du Laboratoire de Psychologie appliquée à la Clinique de Neuro-Psychiatrie infantile de la Faculté de Médecine).
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- NOTES ET DOCUMENTS
- Des diverses manières de concevoir la notion de caractère
- Nous lirons de la revue critique publiée par Bowen sur 1’ « Etat présent de la caractérologie général » (1) ce résumé condensé des principales conceptions, très divergentes, de la notion de caractère.
- « Récapitulons encore ici, en formules succinctes, en images, en raccourcis, ce long exposé de doctrines disparates à première vue.
- 1. Delmas et Boll : La personnalité à deux étages : 1° le tempérament, soit cinq dispositions innées : Avidité, bonté, sociabilité, activité, émotivité, nées des quatre grandes fonctions primordiales de la v ie ; au-dessus : 2° l’étage de La personnalité acquise ou mentalité (souvenirs, croyances, habitudes, goûts, inclinations, passions). Quatre émotions-chocs irréductibles rendent compte du mode de réaction de l’homme aux vicissitudes de sa lutte avec la vie. Et le caractère, c’est tout ce qui précède ;
- 2. Utitz : Le caractère gît dans son orientation, qui peut être unie ou pluridimensionnelle..., etc. ;
- 3. Hoffmann : Le caractère ? Un agglomérat plus ou moins fusionné de radicaux génétiques, transmis des générateurs aux rejetons, et qui se déploient et s’organisent en tendances ; 1° primitives ; 2° psychiques, cl 3° centre du moi, pouvoir suprême et contrôle-censure des faits moteurs ;
- L Hvbeulix : L'àme... un compromis de deux tendances : tendance à être soi, tendance de fusion universelle, élaborées en volontés homonymes, le caractère individuel étant défini par rattitudo dans la xie, l’attitude à l’égard de la Aie et leurs nombreuses modalités ;
- o. Kl âges : Le caractère..., trois aspects : ses matériaux, sa charpente, ses qualités. Scs matériaux : des aptitudes ; s,a charpente : des modes (réactivité, affectivité, volition) ; ses qualités : des tendances (conservation, don de soi) ;
- 0. Kronfeld : La personnalité à deux étages : 1° dispositions innées ; 2° attitudes : a) à l’égard du Moi ; b) de la réalité ; c) d’autrui ; d) de la femme ;
- (1) Journal cle Psychologie XXVIIe année, N° 9-10.
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- 7. Apfelbach : La personnalité, le caractère tient dans ces six aspects : sexualité, modalité, émotionalité, moralité, intellectua-1-ité, éléments accessoires ;
- 8. Ewald : La personnalité : deux étages : 1° l’étage dû tempérament (biotonus) ; 2° l’étage du caractère (tendances), et quatre fonctions (Eindrucks, Retentions, Ableitungsfahigkeit, intrapsychis-che Verarbeitung) qui les définissent ;
- 0. Jung : L’àrne à deux étages (l'inconscient collectif et l’inconscient individuel), somme des expériences de la race et de son spécimen, oscillant entre deux mondes, Moi et Non-Moi, qui sollicitent son intérêt et son effort. Le caractère réside dans la formule de ses préférences (extraversion-introversion) ;
- 10. Adler : L’àrne ? Ldi élan ambitieux, une volonté de puissance égoïste, tendue vers un idéal du Moi — inhibée par le sentiment de communauté (sympathie) ;
- 11. Freud : A’ision de l’àrne, tiraillée entre deux réflexes l’inertie et la vie, qui restitueraient, l’un, le passé lointain, l’autre, le passé immédiat de la race. — L’inertie visant à l’inanimé ; la vie, à l’animé, sous l’aspect des générateurs de l’indivrdu.
- L’àrne individuelle, tripartie : le Soi, inconscient (somme d’égoïsme autonome), le Moi, conscient, parcelle du Monde ambiant, de ses lois et de ses exigences, le Surmoi, inconscient, intermédiaire entre les deux autres, et qui les relie. Le caractère gît dans l’histoire de cette genèse.
- 12. Monakow : Développement de l’àrne humaine, plutôt que du caractère. Acheminement ascensionnel et expansif d’une force vitale (Horrne), actionnée du dedans, au cours de la vie intra-utérine, par ses sensations intrinsèques, puis, dès la naissance, du dedans et du dehors, par l’appoint des sensations éveillées par le contact avec l’ambiance. Energie développée en fonctions et en organes de plus en plus complexes, qui adaptent et chevillent l’individu de mieux en mieux ù la vie, en lui assurant l’usage des instruments chronologiquement appariés à leur objectif, dans un temps donné : Horrne, hormétères, noohorrnétèrcs... Le plein rendement de cette force vitale culmine en une fonction première et dernière (syneidesis) qui contrôle tous les processus de l’être et les guide convergents vers un but suprême, individuel, social, religieux, cosmique, fixé par le passé, dans l’avenir. Epopée chronologique de l’aine dans son milieu, »
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- L’Epreuve de la montre et sa signification pour le registre d’audition
- On sait que les bruits sont des sons complexes dans lesquels les différentes tonalités intimement mêlées ne se laissent pas analyser, en sorte que les sensations tonales font plus ou moins complètement défaut; mais l'analyse physique,' de plus en plus parfaite, permet d’établir les « spectres sonores » des divers bruits et de déterminer, avec leur intensité propre, les divers sons composants, de fréquence vibratoire définie. Dans des laboratoires américains, on a .ainsi déterminé le spectre sonore du tic-tac de la montre, ou du moins du tic-tac d’une certaine montre dont on peut supposer que les autres diffèrent assez peu. Si nous examinons la répartition des sons composants, d’après la figure publiée par Fletcher dans son bel ouvrage « Speech and Hearing » (p. 208), nous voyons qu’ils s’étagent sur environ 3 octaves (de 512 à 4.906 v. d. ou de lut 4 à l’ut 7) avec intensité maxirna autour de 2.048 v. d.
- Une bonne audition de la montre signifie donc que la capacité auditive est satisfaisante pour des sons élevés, mais la montre pourra être bien entendue malgré des défectuosités auditives et même une surdité complète aux sons graves ou moyens.
- Mais la plupart des sons caractéristiques du langage (composantes des voyelles et des consonnes) se trouvant dans les mêmes octaves que les composantes du tic-tac de La montre, celle-ci peut constituer toutefois un test approximatif d’audition verbale (J). Bien entendu, il faut que l’épreuve soit bien utilisée, et elle garde un caractère assez approximatif et grossier. Mais, telle quelle, elle devrait être généralisée à tous les enfants d’écoles. Nous reviendrons d’ailleurs sur cette question des épreuves élémentaires d’acuité auditive. H. P.
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- La relation de l’école et de l’apprentissage en Russie
- Dans les récentes observations rapportées par Pierre Dominique de son voyage en Russie, et qu’a publiées le journal La République (Chez les Soviets en 1930), tout un chapitre est consacré à l’éduca-Oon. L’école maternelle reçoit les enfants de 3 à 8 ans ; au-dessu,
- (1) On sait que l’on a lié- la mutité des enfants à une surdité pour les sons dune sixte, dite de Von Bezold, soit du si 3 au sol 4, soit du mi 4 à 1 ut 5. Quand on rencontre des lacunes auditives, celle qui intéresse cette sixte abolit la perception verbale, et, en revanche quand- cette région auditive est conservée le langage peut être entendu, et il n’y a pas surdi-mutité.
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- vient l’école unique, avec, à la base de l’enseignement, le travail organisé et collectif.
- « L’école unique, dit P. Dominique, comporte deux degrés : le premier, composé de 4 classes (pour les enfants de 8 à 12 ans), correspond à notre école primaire. Le deuxième degré, pour les enfants de 12 à 17 ans, comprend 3 a 1 classes. Dans ce deuxième degré- on vise à développer, à étendre les notions acquises plus tôt, mais surtout on s’efforce de développer chez les adolescents leurs dispositions particulières. On multiplie les tentatives de spécialisation en cherchant toujours à relier les études au travail de telle sorte que l’enfant puisse passer naturellement, non seulement de l’école au bureau, mais de l’école à l’usine et de l’école aux champs. »
- En somme, en Itussie, l’atelier-école est l'institution fondamentale de l'enseignement moyen. P.
- Quelques données intéressant l’O. P. d’après les analyses de l’année psychologique
- W.-J. Bleicttkr et P.-G. Koijsmina. — Les Profils psychologiques des apprentis d'usine s (en russe). Problèmes de Pédologie normale et pathologique, Kharkoff, 1928, p. 77-90.
- 298 apprentis dont 209 garçons entre 12 et 21 ans ont été examinés collectivement. Les auteurs ont divisé les apprentis en deux groupes : les jeunes et les plus âgés. En comparant les deux groupes ils ont constaté que la hauteur moyenne du profil est égale dans les deux groupements, mais, en ce qui concerne ses composants, ils ont trouvé que dans le groupe des jeunes gens tous les processus excepté la mémoire sont supérieurs chez les garçons, cette dernière étant supérieure chez les filles. En ce qui concerne la structure du profil, les auteurs ont constaté dans le groupe le plus âgé, le type hypotonique-dément chez 55,4 °/n des garçons et chez 75 % des filles ; le type amnésique-dément comptait 14,4' % chez les garçons et 19,5 "/„ chez les filles. Chez les jeunes, ils trouvent à peu près les mêmes chiffres. Bien entendu, les enfants d’employés ont des profils supérieurs à ceux des ouvriers ; mais dans leur totalité les profils les plus fréquents sont les profils de hauteur moyenne. J. A.
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- M. Branson Stedmann. — A Study of the Possibility of Prognosis of School Success in Typewriting (Une étude de la possibilité de pronostiquer le succès scolaire en dactylographie). — J. of. appl. Ps. XIII, 5, 1929, p. 505-515.
- Sur les élèves de Junior High Schools les tests d'intelligence collectifs de Terrnan ont donné, avec la vitesse de la copie dactylographique, mesurée par un examen objectif, des corrélations de 0,326 dans un groupe de 800 élèves dont les âges chronologiques variaient de 12 à 19 ans; à âge chronologique constant la corrélation a été abaissée à 0,212. Des tests d’arithmétique et d’orthographe ont donné des corrrélations à peine plus élevées. Ce sont les notes scolaires en comptabilité qui semblent avoir un peu plus de relation avec la dactylographie (corrélation 0,522 avec l’exactitude et 0,398 avec la vitesse en dactylographie). A. O. I. constant, les élèves plus âgés réussissent mieux. D. W.
- LES MÉTHODES ÉTRANGÈRES EN 0. P.
- L’Etude des fonctions motrices à la Section technopsychologique de l’Institut Jean-Jacques Rousseau (suite)
- 3° Découpage
- Matériel. — Une feuille de papier de 50 cm. de longueur, assez fort, avec trois lignes imprimées dont deux grecques et une ondulée de 6 m/m 5 de largeur. Une paire de ciseaux de 12 centimètres de long.
- Technique. — « Vous couperez ces lignes aussi vite que possible sans sortir du noir. Vous partirez au : IIop ! et vous arrêterez à : Halte ! » On donne 20 sec. pour chaque ligne en commençant par la ligne ondulée.
- On compte le nombre de fragments numérotés coupés sur chaque ligne et on les additionne ensemble. Chaque faute (non pas une simple entaille dans le blanc, mais une coupure du blanc provenant du fait que le sujet coupe une partie de la courbe en abrégeant ainsi son trajet) est soustraite de la somme des fragments bien coupés.
- Voici, étalonnés, les résultats de l’efficience (valeur du travail pénalisé pour les fautes) ;
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- Découpage.
- Perc. 5-6 7-8 9-10 11 -12 13 14 15 16 17 Ad
- G F. G. F. G F. G. F. G. F. G. F. „ i F.
- 100 27 33 35 42 47 49 49 39 46 49 54 50 47 53 .62 59 69
- 90 18 21 29 33 36 36 38 36 38 4 0 4 0 41 43 4 5 49 42 47
- 80 16 20 26 32 35 31 35 34 37 35 38 38 42 39 46 38 45
- 75 15 18 26 30 34 30 33 33 35 34 37 38 41 39 42 37 44
- 70 14 17 2fi 30 33 28 : 32 32 -34 33 37 36 4 0 38 41 37 43
- 60 13 14 23 27 30 27 31 31 33 31 35 35 38 36 39 35 42
- 50 12 11 22 26 29 26 30 29 31 29 32 35 36 34 37 34 39
- 40 1 1 10 20 26 28 25 29 28 31 27 30 34 33 33 36 31 38
- 30 10 9 18 24 2j 22 29 27 29 26 29 32 32 32 35 29 36
- 25 9 9 17 23 27 21 27 26 28 25 29 30 32 30 33 27 34
- 20 8 8 16 23 26 21 25 25 26 23 27 30 31 28 32 25 32
- 10 6 7 13 20 2 4 20 22 22 25 22 25 2 8 2 5 26 30 23 30
- 0 2 5 1 1 1 1 17 19 17 13 23 20 22 21 18 22 28 12 23
- Nombre de sujets 47 40 35 40 36 45 58 69 28 38 29 23 2 5 31 26 60 61
- 4° Enfilage des perles
- Matériel. — 30 perles de verre d'une couleur, cylindriques, formées de fragments de tube de verre de 4 m/m de diamètre intérieur. Une aiguillée de coton de 28 cm. de longueur, à l’une des extrémités de laquelle on attache une perle de couleur (la 31e perle), à l’autre bout est enfilée une aiguille à canevas dont la pointe est émoussée.
- Technique. — « Vous allez enfiler ces perles aussi vite que possible, en tenant l’aiguille dans la main droite et en prenant les perles une à une avec la main gauche. Vous enfilez 4 perles sur l’aiguille, puis vous les descendez en bas du (il, puis de nouveau vous enfilez 4 perles sur l’aiguille et vous les descendez et ainsi jusqu’à la dernière aussi vite que possible. » L’aiguille devra être tenue à la hauteur de 5-10 cm. au-dessus de la table. L’expérimentateur devra avoir quelques perles à portée de la main pour les remplacer si le sujet en laisse tomber par terre. Noter le temps.
- Le tableau suivant donne le temps, en secondes, mis pour enfiler
- les 30 perles.
- t * "
- ENFILAGE DE PERLES.
- Pcrc. 5-6 7-8 9-10 11- 12 13 14 15 16 17 Ad.
- G. F. G. | F. G. F G. F. G. F. G. F. H. F.
- 100 99 77 59 52 53 55 50 54 53 50 49 57 46 55 45 48 46
- 90 105 91 63 62 61 63 58 57 59 57 54 60 52 58 51 56 50
- 80 115 95 72 64 64 64 63 60 62 60 54 60 53 62 54 60 53
- 75 120 99 72 67 67 65 63 60 64 62 55 62 53 63 54 61 54
- 70 124 100 74 68 68 65 64 62 64 64 57 63 54 6 5 56 61 55
- 60 130 103 75 70 7 0 67 70 65 69 66 58 64 56 66 56 63 58
- 50 134 107 84 71 73 70 72 67 72 70 59 65 56 67 57 64 62
- 40 143 117 88 73 76 74 73 70 75 72 61 69 58 70 58 65 62
- 30 147 130 90 76 78 77 75 74 78 75 64 70 59 73 61 67 64
- 25 155 137 95 78 80 78 78 75 82 76 65 71 61 74 63 70 66
- 20 165 151 98 90 82 82 81 75 84 76 66 72 63 75 63 73 67
- 10 190 162 105 93 88 84 86 80 94 82 74 75 69 85 65 77 72
- 0 307 189 123 124 120 120 113 96 136 93 77 80 73 107 67 85 117
- Nombre 43 37 34 38 35 47 50 69 28 42 24 24 31 31 26 59 55
- de sujets
- {A suivre)
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- A travers les Revues
- Dans un article d'Alfrodo \iceforo : Les Applications possibles de la Vision cinématographique à VOrganisation du travail (Revue internationale du Cinéma Educateur, juillet-août 1930, p. 839-879), nous signalons spécialement les paragraphes : Examen des mouvements et des oulils. L’observation de la fatigue. L’examen de l’aspirant à un travail : orientation et sélection. La recherche des aptitudes professionnelles et la cinématographie, Quelques remarques au projet de la psychologie des vocations. La connaissance approfondie de la profession ou monographie professionnelle « intégrale », etc.
- L'enfance anormale. — Sous ce titre, Roger Dupouy et Pierre Male, médecins au Centre de Psychiatrie et de Prophylaxie mentale de la Seine, ont publié dans La Prophylaxie mentale de novembre 1930 (1) une étude pratique sur les mesures à prendre en présence d’un enfant anormal, soit par suite d’arriération mentale, avec ou sans instabilité, soit par suite de troubles du caractère.
- Ils énumèrent, en ce qui concerne les débiles, les services de renseignements, les consultations de neuro-psychiatrie infantile de la Seine (au nombre de 1 1), les classes de perfectionnement de Paris et de la Seine (au nombre de 15 pour les garçons et les biles, en dehors dç l’Institut départemental d’Asnières), et en province (Alger, Angers, bordeaux, Marseille, Montluçon, Montpellier, Saint-Etienne, Salies-de-Béarn, Tours, Toulon, Toulouse) ainsi que les écoles autonomes (externats du Mans, Tours, Poitiers, Strasbourg, Mulhouse, Colmar et Metz) et les pensionnats privés, enfin les établissement spéciaux, maisons de santé, asiles, pour le traitement des débiles instables et l’hospitalisation des déficients graves.
- En ce qui concerne les enfants présentant des troubles du caractère, les pervers, les délinquants enfin, des séries d’indications sont également données au sujet du placement ; et l’on trouve encore des séries d’adresses pour les services d’orientation professionnelle dans la région de Paris et de la Seine et pour certaines oeuvres d’éducation professionnelle, ainsi que pour les maisons recevant des enfants infirmes, épileptiques et sourds-muets.
- Le recueil de renseignements est précieux.
- (1) Organe de la Ligue nationale d’Hygiène mentale, édité par le Mouvement sanitaire, 52, rue Saint-Georges, Paris, 9",
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- tion, bien entendu, que ces occupations n’entraînent ni surmenage, ni responsabilités. Et si une carrière administrative est choisie, il importe que l’individu ne soit qu’exceptionnelle-ment en contact avec le public : il doit travailler isolément et n’avoir affaire qu’à des gens au courant de son état en prévision d’un attaque. On peut objecter qu’au moment des crises l’épileptique' sera parfois plusieurs jours absent ? Si les crises sont rares (et actuellement je n’envisage que cette forme) peut-on reprocher des interruptions qui sont tolérées lorsqu’il s’agi-t de bronchites, de rhumatismes, d’angines, etc. Que d’employés cessent, en raison de ces affections, leur service plusieurs fois par an ! Pourquoi plus de sévérité à l’égard d’un épileptique ?
- Des épileptiques d’intelligence supérieure n’acceptent pas qu’on limite leur activité et entendent choisir des situations à leur gré. J’ai vu des comitiaux préparer des concours (Ecole des chartes par exemple) et y réussir, mais j’en ai vu d’autres qui, pour acquérir la situation désirée, se sont fatigués ou bien ont éprouvé de vives émotions au moment d’un exa: men ou d’un concours : d’où une recrudescence ou une réapparition des crises.
- Le conseiller d’orientation ne doit pas céder aux désirs des épileptiques et de leurs familles : il a le devoir de les prévenir des éventualités possibles et des risques d’un choix non conforme à la règle. Quand il s’agit de l’avenir d’un épileptique même peu atteint, il ne faut être ni pessimiste, ni optimiste : en raison du degré d’imprévisibilité qui existe toujours, la responsabilité de l’Office ne doit pas être engagée. Avant d’accepter une guérison comme certaine plusieurs années doivent s’écouler. En outre, il est recommandé de se méfier des affirmations de l’intéressé ou des siens. Parfois la croyance à la guérison est sincère, mais parfois aussi les gens dissimulent soigneusement la tare et affirment énergiquement l’existence d’une excellente santé. Cette attitude est presque la règle lorsque les crises ne sont que nocturnes : on ne met pas en doute qu’il en sera toujours ainsi !
- Le médecin d’un office d’orientation doit donc être particulièrement prudent et ne pas pécher par omission, ce qui implique de tenir compte de tous les phénomènes même les plus négligeables en apparence. Reconnaissons que nous som-
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- mes' désarmés devant cette attitude, car l’adolescent se garde bien de demander un conseil lorsqu’il vient d’avoir une crise ou s’il se trouve dans une période pré ou post-paroxystique durant laquelle des phénomènes de déséquilibre nerveux peuvent être dépistés. Néanmoins, il est des cas où l’erreur peut être évitée : le médecin orienteur doit examiner un individu avec un soin minutieux : tous les aspects morphologiques, si minimes soient-ils, peuvent éviter les erreurs : par exemple les morsures de la langue, les cicatrices céphaliques, certains troubles vaso-moteurs (« white spots » signalés par Tracy). Quelques auteurs prétendent que l’on est informé de la maladie comitiale en examinant l’état psychique à l’aide de réponses suscitées par des mots provocateurs. Gelma a proposé des signes tirés de la répétition incessante des mots, de la lenteur des opérations mentales. Je fais remarquer que ces symptômes n’existent que chez les sujets dont l’intelligence n’est pas indemne : or ce n’est pas le cas qui est ici envisagé.
- Des renseignements sur l’état de santé de l’enfant habilement pris donnent l’éveil : par exemple le sommeil agité, le somnambulisme, l’énurésie, les grincements de dents, les traces de sang sur l'oreiller, l’existence de convulsions infantiles, de traumatismes crâniens, des irrégularités de révolution psycho-motrice, etc.
- Epileptiques d’intelligence normale, mais affectés de troubles du caractère
- Deux cas peuvent se rencontrer : 1° les perturbations caractérielles sont purement transitoires étant liées au paroxysme, qui comprend trois phases : a) préparoxystique ; b) paroxystique proprement dite ; c) postparoxystique ; or si les troubles du caractère n’apparaissent qu’au cours des périodes pré et postparoxystiques, ils demeurent plus ou moins longtemps, mais ensuite tout rentre dans l’ordre et, dans la phase inter-paroxystique le comportement est régulier ou acceptable. Ce cas se confond avec le précédent.
- 2° Les anomalies caractérielles sont permanentes ; elles constituent cet état décrit dans les manuels sous le nom « d’état mental des épileptiques ». Au moment des paroxysmes, leur intensité peut s’accroître. Mais, d’une façon habi-
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- tuelle, le sujet est irritable, coléreux, violent, susceptible, impulsif et parfois dangereux. Les réactions sont engendrées par des causes, qui, chez un normal, sont négligeables. Il est évident qu’un épileptique de ce type ne doit, à aucun prix et quelle que soit son intelligence, être mis en contact avec des personnes étrangères : le travail isolé est une nécessité et c’est pour cette raison que l’apprentissage d’un métier est chose difficile. A moins que ne soit découvert un patron patient et averti qui accepte de former l’épileptique, il ne reste qu’une solution : placer le malade dans un établissement spécialement adapté à cet usage.
- Mais, je le répète, le choix du métier est important, puisque l’épileptique doit être dirigé vers une occupation dans laquelle il sera en contact avec un minimum de personnes. Tout métier où l’individu travaille seul est donc l’idéal (par exemple : relieur, dessinateur, giletière, etc.).
- Epilepsie larvée
- Je mentionne cette forme souvent inaperçue de la famille et que le médecin orienteur a pour mission de dépister. Les accidents, s’ils sont constatés, sont mis sur le compte de la digestion, de migraines, de rémotion et, en raison de leur brièveté, ils sont négligés. Ces formes sont également méconnues des instituteurs, comme je l’ai démontré antérieurement (1) dans une étude sur l’écolier épileptique qui'« subit durant quelques secondes une pause complète de l’intelligence ». C’est une très légère absence, une sorte d’inhibition, suivant l’expression du Dr Gilbert Robin. J’ai examiné récemment un jeune homme de 18 ans, aide-comptable et renvoyé parce qu’il avait trop souvent des erreurs dans ses calculs. La famille a supposé que cette occupation ne convenait pas et est venue me demander un avis sur le choix d’un métier. Au cours de mon interrogatoire, j’ai appris qu’à l’école ce sujet était classé parmi les étourdis et semblait parfois très loin de ce qu’on lui demandait. Un maître avait écrit à son sujet la note suivante : u C... paraît de temps en temps complètement abruti. » La mère m’ayant affirmé qu’à l’âge de deux ans
- (1) Anomalies mentales chez l’écolier. 1908. Alcan, éditeur.
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- il avait eu quelques accidents encéphalo-méningés, j’ai conclu à un état épileptoïde. Poussant plus loin mes investigations, j’ai réussi à savoir qu’au cours d’une promenade (quatre ou cinq ans auparavant) il avait présenté une perte de connaissance avec émission d’urines et quelques spasmes faciaux. Un médecin consulté avait attribué cette convulsion à un début d’insolation.
- Quand on examine des adolescents qui viennent consulter sur le choix d’un métier, il n’est pas rare de rencontrer de ces cas d’épileptoïdie, mais on ne fait le diagnostic qu’à la condition d’y songer en raison de la légèreté des phénomènes.
- Comment agir en face de ces cas ?
- Un épileptique de ce genre a des chances de devenir un convulsif, et même si l’intelligence et le caractère sont normaux, il est prudent de déconseiller les métiers réclamant une attention continue (caissier, comptable, travaux de précision ou entraînant la manipulation d’objets fragiles, par exemple employé chez un antiquaire).
- A fortiori faut-il redoubler de prudence lorsque on a devant soi des absences ou des vertiges répétés. Je considère qu’une épilepsie de ce genre, môme sans convulsions, est très rebelle au traitement et devient un état chronique surtout si elle n’a pas diminué au cours de la période pubertaire. D’ailleurs lorsque les crises larvées deviennent fréquentes, il est rare que l’intelligence ne soit pas touchée et, par ailleurs, toute activité devient difficile. Ces derniers cas rentrent dans ceux que je vais envisager.
- Epileptiques â crises rares mais débiles intellectuels
- L’orientation de ces débiles ne se différencie pas de celle des débiles non épileptiques, à la condition, bien entendu, que les conditions de sécurité physique et intellectuelle soient réalisées. L’occupation sera donc subordonnée aux possibilités mentales et motrices du sujet : brosserie, corderie, vannerie, industrie du carton, confection de nattes, de chaussures, de paillassons, pour les plus débiles. Pour les moins touchés : rempaillage de chaises, bourrellerie, travaux simples de cordonnerie, travaux de couture, fabrication de filets, de
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- hamacs, de fouets, ganterie, fabrication de couronnes mortuaires ou de fleurs artificielles, reliure, maroquinerie.
- Certains peuvent être utilisés à des travaux de jardinage ou d’agriculture, ou encore à des travaux domestiques ; mais ces occupations doivent faire appel uniquement à l’automatisme et être surveillées en raison des accidents possibles.
- Comment les métiers sont-ils enseignés ?
- C’est là, comme toujours, la difficulté. Lorsque l’enfant peut être formé dans sa famille, le problème est résolu. Dans le cas contraire, l’apprentissage peut se faire chez un particulier, ou dans un petit atelier et bien surveillé. Petit, afin que le débile ne se trouve qu’avec un nombre restreint, de compagnons. Bien surveillé, en ce sens que les patrons ou les éducateurs veilleront à ce que les compagnons n’abusent pas de la faiblesse de l’apprenti et qu’on ne le confine pas dans des tâches subalternes.
- Fâcheusement, il est difficile de trouver ces milieux éducatifs, c’est pourquoi il est désirahle que la profession soit enseignée dans des organismes spécialement réservés aux épileptiques ou aux anormaux. Je reviendrai sur ce point.
- Epileptiques à crises fréquentes
- Ces sujets sont dans la très grande majorité des cas affectés d’une débilité intellectuelle accentuée, et, par suite de l’état de confusion qui accompagne les crises et se prolonge démesurément (quelquefois durant plusieurs jours ou plusieurs semaines si les crises sont très rapprochées), on ne peut songer à enseigner un métier même ridiculement simple.
- En admettant que l’intelligence ne soit pas trop altérée et permette une certaine activité, la répétition des crises s’oppose à toute formation au sens propre du mot. L’avenir de ces sujets est d’autant plus sombre que progressivement les facultés s’affaiblissent.
- Dans les périodes de calme, il est bon d’utiliser ces malheureux à des travaux simples, peu fatigants, et sans danger. En somme, ce type morbide ne rentre pas dans le cadre de cet article.
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- Cet exposé démontre que très fréquemment la formation professionnelle des épileptiques adaptables ou semi-adaptables doit se faire dans un organisme spécialement réservé. Même ceux que j’ai signalés comme susceptibles de figurer dans un atelier ou d’être formés chez un patron, bénéficient d’un séjour dans un établissement ad hoc.
- L’épileptique, surtout s’il est débile, même s’il est toléré au milieu de compagnons, est souvent négligé et confiné dans des tâches omnibus incapables de lui procurer des gains suffisants. Et puis, pour former professionnellement un débile, il importe d’avoir une patience et une aptitude spéciale qui font défaut chez beaucoup de maîtres ouvriers. Ces conditions ne peuvent se rencontrer que dans des établissements réservés à des épileptiques. Or il faut le dire franchement rien n’existe en dehors des asiles d’aliénés (1). Certes les épileptiques très atteints y sont bien à leur place, de même que ceux qui ont des impulsions dangereuses ou des perversions instinctives ; mais tous ceux qui sont éducables et dont l’intelligence est subnormale ou moyennement débile souffrent de la promiscuité avec des incurables, des confus, des délirants.
- Et puis il faut aussi songer qu’une forte proportion d’épileptiques, après avoir été formée professionnellement, pourra jouir d’une certaine liberté et reprendre sa place dans la famille ; or ils auront contre eux d’avoir été internés dans un asile d’aliénés.
- Pour toutes ces raisons, des esprits pratiques' et pleins d’humanité réclament la création d’organismes spécialement réservés aux épileptiques, organismes qui fourniraient à la fois l’instruction et l'éducation professionnelle. Comme je l’ai souligné dans une autre étude (2) les écoles ordinaires et même les écoles ou internats de perfecl ionnement à l’usage des arriérés (loi du 15 avril 1909) n’acceptent pas les épileptiques : les ateliers les refusent également. Il est donc logique de prévoir des établissements autonomes comprenant à la fois un internat et un demi-pensionnat où seraient données
- (1) Et que d’asiles d’aliénés ne s’occupent pas de cette formation ou s'en occupent d’une façon sommaire !
- (2) Les épileptiques d’âge scolaire. L’hygiène mentale, n” 10, 1929.
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- Véducation scolaire et Véducation professionnelle. L’enfant y entrerait à 7 ans et pourrait y rester jusqu’à 18 ans : il en sortirait ayant acquis les connaissances scolaires dont il est capable et surtout possédant un métier conforme à ses aptitudes et à sa nature biopathologique. Au cours de l’écolage, les soins médicaux et hygiéniques indispensables seraient appliqués. Comme les internats de perfectionnement, ces établissements auraient un comité de patronage qui s’occuperait du placement des sujets à leur sortie et pourrait les surveiller le cas échéant.
- Bien entendu, ces établissements devraient être réservés aux seuls épileptiques éducables, adaptables ou utilisables, chaque type figurant dans des sections spéciales.
- Les familles qui ne veulent pas se séparer complètement de leurs enfants pourraient profiter du système d’externat. ; elles pourraient également n’envoyer l’épileptique à cette école qu’au moment de l’apprentissage.
- Il faut, avant tout admettre : 1° Que tout épileptique capable d'un travail utile et rémunérateur doit être mis ci même de s'y préparer ; 2° Ou'il ne peut en général y parvenir par des méthodes ordinaires; 3° Que celte préparation est utile au point de vue économique el au point de vue thérapeutique. Toute discipline qui assure l’activité de l’esprit et du corps est indispensable à des individus dont l’intelligence a besoin d’être soutenue ; 4° Qu'un organisme, comme celui que je préconise, aurait ù se préoccuper el du placement et de l'orientation du sujet. L’épileptique, vers 14 ou 15 ans, se trouve devant une perspective nouvelle : gagner sa vie. Or il ne sait pas choisir son chemin, et la famille n’en est pas plus capable, sans parler des parents qui se désintéressent totalement de l’adolescent, ou le maltraitent parce qu’il ne sait, pas se débrouiller.
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- Pour être complet, il me resterait à entrer dans des considérations sur l’assistance des épileptiques adultes. A côté de ceux jouissant d’une liberté surveillée se placent ceux qui ne peuvent vivre dans leur famille et qu’il serait inhumain d’interner dans un asile d’aliénés. Pour résoudre le problème,
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- il suffirait de créer des centres de travail mi-partie agricoles, mi-partie industriels, où seraient groupés ces épileptiques. Les uns y travailleraient constamment, les autres pourraient travailler au dehors ou être placés chez des particuliers.
- Rien n’empêche que des écoles, qui sont la base de toute adaptation, soient incluses dans ces établissements ; mais il faut tenir compte aussi des désirs des parents qui s’effraient de l’éloignement des enfants ; aussi est-il désirable qu’il y ait des écoles urbaines auxquelles seraient annexés des centres d'occupation à l'usage des épileptiques. Utiliser au maximum la capacité de travail des épileptiques, tel est le but à atteindre : ce qui précède donne une solution au problème ou tout au moins contribue à le résoudre.
- LES PSYCHOTECHNICIENS A BARCELONE
- (CONGRÈS INTERNATIONAL 1930)
- pat J.-M. LAHY
- Dans ce Congrès qui s’est tenu à Barcelone les 23-27 avril, les discussions ont porté presque exclusivement sur 3 questions proposées : 1° Critique des tests de fatigue industrielle ; 2° Minimum de mesures statistiques nécessaires pour l’étalonnage d’un test, psychotechnique ; 3° Méthode à conseiller pour l’étude de la personnalité.
- Il est rare que dans un congrès les questions principales ne soient pas « noyées » dans le flot des communications individuelles. Il faut se réjouir que Barcelone ait fait exception à cette règle.
- Ecartons la première question comme un peu éloignée des préoccupations de l’orientation professionnelle.
- La seconde question était, elle, beaucoup plus en rapport avec les problèmes courants de la psychotechnique appliquée à l’orientation professionnelle. On ne doit pas trop compter, en effet, sur des étalonnages faits une fois pour toutes pour chaque test. Ils sont rares et — osons le dire — pas toujours certains. Des facteurs étrangers — comme la technique expérimentale particulière à chaque laboratoire — interviennent souvent pour fausser un étalonnage. Je recommande — pour ma part — de refaire des étalonnages pour chaque test et pour chaque organisation
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- psychotechnique. La chose n’est d’ailleurs ni longue, ni difficile. On recueille les premiers résultats et on les ordonne conformément à La méthode. Les premiers sujets qui — peut-on dire — sont sacrifiés ne sont pas très nombreux ; cela ressort des travaux du Congrès sur cette question.
- MM. Fessard et Piéron ont montré qu’en général une centaine de mesures sont suffisantes pour faire un étalonnage. Ils ont indiqué que le degré de précision de ces étalonnages apparaissait avec la variabilité de la fluctuation des indices de répartition de la valeur de l’interdécile (différence entre deux déciles successifs), si l’on accepte une fluctuation relative de 1 à 2 °/n pour des valeurs numériques, bien définies.
- J’ai montré, dans une communication faite avec MUe Weinberg et relative au même problème, que ce sont les déciles extrêmes qui sont les plus stables. Si bien que — ainsi que de nombreuses expériences me l’avaient montré — même lorsque l’étalonnage est fait avec un nombre faible de sujets, ceux qui sont très bons ou très mauvais dans le test, sont décelés avec une certitude très satisfaisante pour les besoins de l'orientation et de la sélection professionnelles.
- M. Syrhin, de Karkhof, qui s’est fait dans les mathématiques appliquées à la psychologie une place des plus brillantes, a fixé les points sur lesquels le psychotechnicien devait porter sans cesse son attention, lorsqu’il voulait se rendre compte de la valeur d’un test comme instrument de mesure : précision du test indiqué par sa cohérence, degré de difficulté du test mesuré par le pourcentage des réussites et des échecs de chaque élément, et validité du test.
- Pour la troisième question je n’apprendrai rien à nos lecteurs en leur disant que l’étude du caractère est actuellement la pierre d’achoppement de la psychotechnique. Il ne faut pas cependant désespérer devant les difficultés du problème. M. J.afora, un éminent psychiatre de Madrid, a analysé en biologiste les éléments qui constituent le caractère : à la base, facteurs bio-physiologiques étudiés par le médecin, et en superstructure les apports psycho-sociaux que l’observateur avisé peut, déceler.
- Tout cela reste un peu loin encore de nos méthodes de mesures. Mais la méthode d’observation n’est pas interdite aux psychotechniciens. M”16 Baumgarten-Tramer a donc fait connaître une sorte de « guide » de l’observation pendant les épreuves psychotechniques qu’il est bon de suivre pour pénétrer les détails du caractère d’un sujet, en vue de prédire son succès dans la vie.
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- Nous passerons sous silence les communications individuelles, dont certaines .avaient, certes, un grand intérêt, parce qu’elles seront reprises et développées au mois de septembre 1931, à Moscou.
- NOTES ET DOCUMENTS
- L’organisation de l’Orientation Professionnelle envisagée par la C. G. T.
- Nous tenons à publier intégralement le rapport établi par la Sous-Commission technique de la C. G. T., et publié dans La Voix du Peuple de Novembre 1930, rapport très fudicieux et dont les conclusions méritent la plus sérieuse attention (ce rapport ayant été adopté par la Commission Confédérale de VEnseignement le 27 novembre 1930).
- Préambule
- L’orientation professionnelle n’esi en réalité qu'une partie du problème général de ta sélection envisagée dans le projet d’organisation de l’école unique. Elle a pour but de diriger et d'orienter chacun vers la profession où, en raison de ses aptitudes naturelles ou acquises, il est susceptible de fournir le meilleur travail et de satisfaire pleinement à ses besoins.
- Elle s’adresse d’abord et surtout à l’enfant qui, au sortir de l’école primaire, tâtonne et cherche sa voie.
- Doit-il entrer immédiatement dans la vie active, quelle est la profession pour laquelle il semble le mieux fait, où le portent à la fois ses goûts et ses aptitudes ? Désire-t-il, préalablement, compléter son instruction ? Quel genre d’études lui conviendra le mieux et, par suite, quel type d’enseignement choisir ?
- I. — But de l’Orientation Professionnelle
- L’orientation professionnelle a un but beaucoup plus négatif que positif dans l’état actuel des choses.
- Elle ne devra d’ailleurs pas se borner à conseiller l’enfant au moment du choix de sa profession, mais devra également le suivre de près là où il aura été placé (patron, cours ou écoles) ; le conseiller et, le cas échéant, modifier l’orientation primitive,
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- Elle doit tendre surtout à éviter que les enfants ne se dirigent vers des professions pour lesquelles ils ne possèdent ni les aptitudes physiques nécessaires, ni les connaissances voulues ou encore vers des professions sans avenir, soit du fait des transformations industrielles en cours, soit du fait d’un trop grand afflux de main-d’œuvre.
- Elle tendra à éveiller chez l’enfant le choix d’une profession mieux adaptée, et lui fournira, en tout état de cause, les moyens les plus aptes à lui permettre d’apprendre son métier, selon les moyens matériels de ses parents, selon ses aptitudes propres et son degré d’instruction.
- L’orientation professionnelle est un problème d’ordre moral et social, puisque de sa solution dépend le bonheur de l’individu et, par contre-coup, celui de la collectivité ; chacun sait, en effet, que les épaves sociales sont fréquemment des hommes mal orientés (pii n’ont pas trouvé dans leur profession le contentement intérieur auquel ils ont droit.
- Chaque pays devra donc utiliser au mieux toutes ses forces et tous ses moyens d’action, en vue d’une production en rapport avec les besoins de la consommation. Or, le facteur humain jouera un rôle essentiel dans cette organisation, d’où l’importance capitale de la question qui nous préoccupe.
- II. — Facteurs qui interviennent dans Vorientation professionnelle.
- Nous l’avons vu tout à l’heure, l’orientation professionnelle aura surtout pour but d’éviter que l’enfant s’aiguille vers une profession dans laquelle il ne peut réussir, soit en raison de sa constitution physique, soit en raison d’une instruction ou d’une intelligence qui se révèle comme n’étant pas en rapport avec les exigences de la profession, soit encore en raison de la profession choisie.
- Pour que l’orientation professionnelle soit à même de remplir son rôle, il faudra que nous connaissions parfaitement :
- a) La nature de l’enfant, ;
- b) Les exigences de la profession choisie ;
- c) L’état du marché du travail.
- C’est donc ces trois ordres bien distincts de renseignements que nous aurons à rechercher, à réunir et à classer.
- Comment connaîtrons-nous l'enfant ?
- Bien connaître l’enfant, cela suppose qu’on l’aura suivi de très près depuis son entrée à l’école, qu’on aura noté ses défaillances,
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- ses pointe faibles du point de vue physique, qu’on aura, en un mot, un résumé exact de son développement physique, intellectuel et moral depuis l’âge de son entrée à l’école.
- Ce résultat ne sera atteint qu’autant qu’on aura rendu obligatoire et qu’on aura véritablement organisé l’inspection médicale scolaire obligatoire et la fiche médicale et pédagogique.
- C’est là une revendication posée depuis longtemps par le mouvement ouvrier organisé et nous ne saurions trop insister sur la nécessité impérieuse de la faire .aboutir, si l’on veut vraiment et utilement organiser l’orientation professionnelle.
- Sur quels points portera cet examen ? De quelle nature sont les renseignements à recueillir ?
- Il saute immédiatement aux yeux de tous qu’il importe essentiellement de connaître si l’appareil respiratoire (bronches, poumons) est sain ; s’il n’y a pas de prédipositions à la tuberculose, aux varices, aux hernies ; si la vue, l’ouïe sont normales ; s’il n’y a pas de troubles physiologiques déjà accusés, etc...
- Ii est donc indispensable que l’enfant soit, au moment de choisir une carrière, examiné à fond par un médecin.
- Il n’est pas moins nécessaire de déterminer ses aptitudes intellectuelles, c’est-à-dire de préciser quelle est sa forme d’attention, son type de mémoire, son pouvoir de réaction, son aptitude à combiner, d’arrêter quelle précision, quelle force, quel rythme il sait donner à ses mouvements volontaires, etc... Cet examen psychologique comportera en particulier de courts entretiens, où l’enfant se donnera tel qu’il est, fera connaître ses goûts, ses désirs, voire ses faiblesses.
- Est-il besoin d’insister sur la nécessité de posséder des données, aussi sûres que possible, sur le degré d’instruction de l’enfant, sur la valeur de ses connaissances en orthographe, calcul, calcul mental, dessin ?...
- Quant aux aptitudes morales, nul doute que les parente et les maîtres ne puissent fournir, à ce sujet, d’utiles indications.
- Ainsi se dégage l’impérieuse nécessité d'obtenir la collaboration éclairée et régulière des médecins (qui auront surtout à signaler les contre-indications), des parente et des maîtres de classe, instituteurs et professeurs.
- Ouvrons ici une parenthèse et répondons par avance à l’objection qu’on ne manquera pas de nous faire : « L’Ecole, dira-t-on, vous renseignera bien sur les ressources intellectuelles de l’enfant ; par elle, vous savez qu’il a une mémoire heureuse et fidèle, des facilités pour l’étude des mathématiques ou pour le dessin, mais comment saurez-vous s’il est adroit, s’il a du goût et des aptitudes pour JêS travaux {paquets et, CQnséquemiqent, s’il est
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- vraiment qualifié pour l'apprentissage d’une profession ? Ces renseignements sont pourtant indispensables pour permettre d’orienter convenablement l’enfant.
- Mais nous ne pourrons les obtenir que lorsque sera enfin réalisée l’importante revendication de la scolarité, prolongée d’abord jusqu’à 14 ans, puis jusqu’à 15 ans, et l’organisation pendant cette période complémentaire de cours d’initiation manuelle. L’enfant y sera entraîné plusieurs heures chaque semaine à exécuter des travaux manuels variés ; bien choisis au point de vue éducatif, ces travaux révéleront ses dispositions naturelles et permettront de porter un jugement assuré quant à ses véritables prédispositions à l’apprentissage. Mais, et ici nous nous permettrons d’insister, l’organisation du préapprentissage est une nécessité sociale, car si nous voulons que l’enfant puisse nous révéler ses aptitudes innées ou acquises, il- faut évidemment lui en fournir et' l’occasion et le moyen.
- Comment connaîtrons-nous la profession ?
- Nous demanderons à des monographies minutieusement établies de nous documenter exactement au sujet de chaque profession, sur les aptitudes de tous ordres nécessaires pour l'exercer dans de bonnes conditions ; sur les conditions générales et locales de l’apprentissage et le degré d’instruction préalable qu’elle comporte ; sur l’avenir de celle profession (chances de développement) et la situation à laquelle les ouvriers peuvent prétendre ;.sur les maladies professionnelles et les accidents de travail auxquels ils sont exposés ; sur les ressources d’ordre matériel, intellectuel ou moral qui sont mises à leur'portée : cours de perfectionnement, ouvrages techniques, etc...
- Ces renseignements, de nature si variée, nous les aurons empruntés à toutes les compétences : aux professionnels eux-mêmes et à leurs associations, aux techniciens de nos écoles et cours professionnels, aux syndicats professionnels, aux Comités de patronage des apprentis, aux œuvres de prévoyance et d’assurances sociales ; nous les tiendrons à la disposition constante des intéressés, c’est-à-dire des enfants et des familles et des « conseillers de vocation »... Mieux, nous les répandrons à profusion sous forme de tracts, de brochures, qui iront à domicile solliciter l’attention et la réflexion. On ne se doute généralement pas à quel point nombre de professions, cependant intéressantes restent ignorées de la masse : il faut donc en diffuser la connaissance largement, par tous les moyens propices. (Disons en passant, qu’à nos yeux, le cinématographe ne sera pas le moins efficace des
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- moyens : « un bon film » est susceptible d’éveiller des vocations qui s’ignorent).
- Comment connaître l’étal du marché du travail ?
- Supposons-nous renseignés suffisamment par l’examen physiologique et intellectuel d’un enfant. Nous avons recueilli à son endroit des contre-indications nettes ; nous savons donc, d’une façon certaine, qu’il est inapte à exercer utilement telle profession déterminée. Nous connaissons, d’autre part, ses aptitudes et ses goûts et nous pensons qu’il pourrait réussir dans telle autre. Mais n’est-il pas évident que si la première conclusion est rigide, la seconde l’est beaucoup moins et permet presque toujours le choix entre des professions diverses. Or, il y en a parmi ces professions qui peuvent manquer de main-d’œuvre qualifiée,' alors que d’autres sont encombrées et menacées de chômage. Il est donc nécessaire, pour conseiller utilement' les familles de connaître parfaitement l’état du marché du travail et d’orienter les enfants vers une profession qui assurera leur avenir.
- Ainsi apparaît comme particulièrement précieuse la collaboration régulière; des offices municipaux ou syndicaux de placement. Mais, ces offices de placement ne pourront nous renseigner que sur l’état présent du marché du travail. Il nous faudra aussi être renseignés sur l’avenir de. la profession et cela nous ne le pourrons qu’aulant. que.nous serons en contact étroit avec la profession organisée, c’est-à-dire avec les organisations syndicales.
- III. — Recherche et centralisation des renseignements
- Création d’offices municipaux d’orientation professionnelle. — La recherche et la centralisation des renseignements que nous venons de considérer comme indispensables pour procéder à une orientation professionnelle rationnelle doit, à notre avis, être confiée à un organisme à créer et qui, pour être à même de remplir pleinement sa mission, doit se trouver en contact étroit avec le milieu familial, d’une part ; l’école et le milieu industriel, d’autre part.
- La création d’offices municipaux d’orientation professionnelle, dont les efforts seraient coordonnés par un office départemental, nous paraît s’imposer, qui aurait pour principales attributions :
- 1° De recueillir toute documentation utile, en vue de l’établissement de monographies professionnelles complètes, périodiquement mises à jour ;
- 2° De grouper, concernant chaque enfant, d’une part, les résultats de l’examen médical ; d’autre part, les observations de toute
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- nature recueillies par les parents ou les maîtres (en les faisant compléter, s’il en est besoin, par un examen psycho-physiologique approprié) ;
- 3° De confronter ces deux ordres de renseignements et d’en tirer les indications et contre-indications qu’ils recèlent au point de vue de l’exercice d’une profession ;
- 4° Enfin, par voie de conséquence, de donner aux familles des conseils autorisés et, après examen attentif du marché du travail, de diriger les futurs apprentis vers les professions où ils ont le plus de chances de réussite, où ils obtiendront le meilleur rendement avec le minimum de fatigue et d’efforts, partant, pour l’avenir, le plus de satisfaction et de bien-être.
- L’Office d’orientation professionnelle aura d’ailleurs un autre rôle à jouer qui est d’attirer vers l’apprentissage d’un métier le plus grand nombre possible des enfants quittant l’école primaire, de réhabiliter les travaux manuels et de créer en quelque sorte un mouvement d’opinion en faveur d’une vie professionnelle saine et active.
- Et cette œuvre de propagande qui, après tout, n’est pas la moindre, se fera avec la collaboration de l’école, des familles, des organisations professionnelles et des œuvres laïques post-scolaires.
- IV. — Organisation d'un office municipal d’orientation professionnelle
- Conseil d'administration. — Ce Conseil se compose de représentants :
- De la ville ;
- Du corps médical ;
- Du personnel enseignant ;
- Des syndicats ouvriers et patronaux ;
- De l’Office de placement.
- Direction. — Nous estimons que dans les villes, il est nécessaire que l’Office d’orientation professionnelle ait à sa tête un directeur technique, dont la présence sera en rapport avec l’importance de la commune.
- Budget. — Indépendamment des traitements et indemnités alloués au personnel et des frais d’administration générale, il faut faire entrer ën ligne de compte : le matériel nécessaire (fiches scolaires individuelles, formules d’enquête, achat de quelques livres ayant trait à l’orientation professionnelle, abonnement à certains journaux, affiches, tracts, instruments d’observation psycho-physiologique, etc.).
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- L’Office d’orientation professionnelle doit être un organisme régulier et obligatoire. Les dépenses qu’il occasionne devront donc figurer parmi les dépenses obligatoires des communes qui pourront, le cas échéant, recevoir à cet effet des subventions, dons ou legs.
- V. — Fonctionnement d’un Office municipal d’orientation professionnelle
- Tout Office d’orientation professionnelle — organisme essentiellement neutre au point de vue confessionnel ou politique — étendra son action sur toutes les professions, aussi bien manuelles qu’intellectuelles,
- Il apparaît, et ceci sans autre commentaire, qu’il y aura surtout à s’occuper des enfants qui voudront s’orienter vers une profession. Pourtant, il ne négligera pas ceux qu’une conception erronée de la part des parents, ou que les nécessités matérielles conduiront à rechercher des occupations qui rapportent immédiatement, mais qui réservent de douloureuses surprises pour l’avenir. Le sort des anormaux, arriérés pédagogiques, faibles d’esprit, ne le laissera pas non plus indifférent.
- L’Office d’orientation professionnelle aura à sa tête un directeur aimant avant tout cette jeunesse qu’il a à conseiller. Ce directeur devra être initié aux grandes questions économiques et sociales actuelles et s’intéresser spécialement à la vie professionnelle de la région.
- Voici les différentes tâches auxquelles il aura à satisfaire :
- 1° Au début de l’année scolaire, il réunira, d’accord avec les autorités scolaires, les instituteurs de la commune pour leur communiquer les remarques qu’il a pu faire au cours de l’année précédente et pour s’entendre avec eux sur les modalités de leur action commune. De tout temps, les maîtres de la jeunesse ont été, avec des moyens insuffisants et imparfaits, des conseillers de vocation écoutés des familles ; ils seront donc les meilleurs collaborateurs de l’œuvre nouvelle : la direction de l’Office peut être sûre d’être entendue quand elle leur demandera d’apporter tout leur cœur à l’observation attentive de l’enfant et de consigner avec soin et méthode les observations de toute nature qu’ils pourraient être amenés à recueillir sur son activité physique et intellectuelle,
- 2° Dans le courant de l’année scolaire, il organisera une enquête destinée à connaître le nombre approximatif des enfants qui vont bientôt quitter l’école et qui demandent à entrer en apprentissage dans telle ou telle profession ; d sollicitera d’autre part de l’Office municipal de placement et des différents organismes intéressés, la liste approximative des places d’apprentissage (à l’atelier, dans
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- les cours ou les écoles professionnelles!) qui pourront être utilement sollicitées par les enfants à la fin de leur scolarité.
- La confrontation de ces listes permet de connaître la situation réciproque de l’offre et de la demande.
- Deux cas extrêmes peuvent se présenter :
- a) Les demandes dépassent de beaucoup les offres (c’est ce qui se produit généralement pour les mécaniciens, électriciens, employés de bureau, couturières, etc...).
- b) Les offres dépassent de beaucoup les demandes (agriculture, alimentation, services domestiques, etc...). L’équilibre pourra être rétabli grâce à une propagande judicieuse, exempte de tout charlatanisme, consistant :
- En causeries familières faites par des gens de métier aux parents et aux enfants ;
- En visites d’ateliers, bureaux, fabriques, écoles professionnelles, etc., etc...
- Dans le commentaire de tracts, brochures, ouvrages de lecture se rapportant à la vie professioiThelle, fait par les maîtres des dernières classes ;
- Le tout couronné, si possible, par des séances cinématographiques dont les films présenteront les différents aspects de notre vie économique.
- 3° A cette époque seulement doivent être envoyées dans les différentes écoles de la commune les fiches scolaires d’orientation professionnelle dans lesquelles l’enfant consigne les renseignements d’ordre général sur sa famille, ses goûts et ses aptitudes et ses propres désirs d’apprentissage ; des indications précises le concernant y sont relevées par le médecin-inspecteur et par les maîtres de tous ordres.
- 4° Ces fiches, renvoyées à l’Office d’orientation professionnelle, sont classées en vue d’un examen psycho-profess’onnel ultérieur auquel pourraient être soumis les enfants si le besoin en était reconnu. Nous nous sommes suffisamment expliqués sur ce point, nous tenons néanmoins à faire remarquer :
- a) L’importance considérable qu'il faudra attacher à la fiche sanitaire de l’enfant et plus particulièrement à la dernière visite médicale scolaire. Il faut donc de toute nécessité obtenir l’inspection médicale obligatoire dans tontes les écoles. Les médecins ne devront d’ailleurs pas se contenter de quelques mensurations, mais ils devront porter toute leur attention, lors de la dernière visite médicale, sur l’incompatibilité qui peut exister entre les professions indiquées par les enfants et certaines faiblesses ou infirmités physiques ou physiologiques, ou sensorielles,
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- b) L’intérêt qu'il a fréquemment à contrôler, à compléter les données de toutes sortes par un examen des facultés mentales et motrices des sujets.
- Disons de suite qu’il n’entre pas dans notre esprit de demander pour chaque office d’orientation professionnelle un laboratoire luxueusement monté où ne se trouveront que des appareils de la plus grande précision : notre avis est qu’une orientation professionnelle, judicieuse se fera davantage par l’observation psychologique que par l’expérimentation compliquée. Toutefois, nous reconnaissons qu’il est certaines épreuves (ou tests) d’attention, de mémoire. de réaction, de dynamique du travail, de compréhension mécanique, etc..., qui peuvent être tentées par tout conseiller de vocation, quelque peu initié aux principes fondamentaux de la psychologie expérimentale.
- 5° Faisons surtout ressortir que l’enfant qui a été ainsi examiné n’est pas, comme on pourrait peut-être se l’imaginer, un composé plus ou moins hétérogène d’éléments distincts et analysés séparément. Il importe que tous les renseignements obtenus de divers côtés^oient en quelque sorte synthétisés et ramenés à une impression d’ensemble qui dictera la décision à prendre.
- L’Office aura à conseiller bon nombre de parents sur l’opportunité qu’il y a de faire continuer leurs études à des enfants véritablement doués, ou sur les débouchés divers qui peuvent s’offrir à certaines catégories de jeunes gens, selon la nature de leurs études.
- L’expérience prouve abondamment que les enfants ne sont pas seuls indécis au moment du choix d’une carrière, mais que leurs parents bien souvent ne se montrent pas mieux renseignés qu’eux-mêmes.
- VI. — L'Office départemental d'orientation professionnelle
- L’Office départemental coordonne les efforts des offices municipaux d’orientation professionnelle, dont il suscitera la constitution dans toutes les villes importantes du département et ceux des municipalités. Il sera administré par un comité composé de délégués de l’office départemental de placement et du Comité départemental de l’enseignement technique.
- Feront partie de droit de ce Comité :
- Le directeur de l’Office départemental de placement, ou son délégué ;
- Le directeur du Comité départemental d’hygiène ;
- Un médecin visiteur des écoles ;
- L’inspecteur d’académie ou un inspecteur primaire désigné par
- lui ;
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- Quatre membres du corps enseignant (enseignement général, enseignement technique) ; \ \
- Le directeur des Services agricoles du déparlement ;
- Le ou les inspecteurs du travail ;
- Des représentants 'des organisations patronales et ouvrières.
- Chacun des membres de droit assistera ou se fera représenter aux examens préparés dans chaque commune par les offices municipaux d’orientation professionnelle à la fin de l’année scolaire pour les élèves quittant définitivement l’école.
- L’Office départemental aura à sa tête, un directeur chargé d’éla-blir une liaison entre les divers offices municipaux et les municipalités, de les guider, de leur préparer toute documentation utile ou de leur indiquer les moyens par lesquels ils pourront se la procurer.
- VIL — Budget de l’Office départemental
- Organisme régulier, l’Office départemental de l’orientation professionnelle devra être doté sur le budget départemental.
- Office national d'orientation professionnelle
- Le rôle de l’Office national d’orientation professionnelle sera surtout de provoquer, de rassembler et de mettre à la portée des offices départementaux et municipaux les études scientifiques ou statistiques se rapportant aux différents éléments qui concourent à l’orientation professionnelle.
- Il se tiendra en liaison notamment avec l’Institut national d’orientation professionnelle et tous autres organismes se préoccupant d’études psychologiques et psychotechniques, et avec les services de la Statistique générale.
- Il concentrera la documentation relative à l’orientation professionnelle, la portera à la connaissance des offices départementaux et, par l’intermédiaire de ceux-ci, à celle des offices municipaux.
- A la demande de ceux-ci, il procédera à toute recherche utile à l’accomplissement de leur mission.
- Il aura enfin à s’assurer du bon fonctionnement des offices départementaux et municipaux, à les contrôler et à les conseiller.
- Il fonctionne sous l’impulsion d’un Comité mixte composé de représentants :
- 1° Du Conseil national de la main-d’œuvre, du Conseil supérieur de l’enseignement technique ;
- 2° De représentants du corps enseignant, tant d’enseignement général que d’enseignement professionnel ;
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- 3° De représentants des organisations nationales professionnelles patronales et ouvrières.
- Les dépenses afférentes à son fonctionnement seront inscrites au budget national.
- La Sous-Commission de /’Enseignement technique.
- Un essai d’analyse fonctionnelle de la mémoire
- La méthode expérimentale et les évaluations numériques, dont l’emploi, pour les besoins des applications, est d’abord resté tout à fait empirique, comportent actuellement un effort d’analyse dont la signification théorique vient éclairer utilement et guider la pratique.
- Grâce à l’élaboration statistique, les notions d’unités fonctionnelles peuvent être mises à l’épreuve, et le résultat tend à mettre en évidence la constitution complexe des formes d’activité mentale qui paraissaient autrefois dépendre de facultés abstraites, unités purement verbales et qui semblent encore aujourd’hui représenter tout au moins des unités fonctionnelles.
- A cet égard un travail récent d’E. R. Bolton (1) fournit des données de grand intérêt sur la mémoire.
- L’auteur, sur une quarantaine de sujets, a appliqué une série de douze tests assez variés, dont il a gardé sept, ayant la meilleure cohérence (pourtant bien faible encore pour certains d’entre eux) ; tests de reconnaissance de mots et syllabes, test de rappel de dates, test logique au point de vue du rappel littéral, ou du rappel de sens, enfin test de rappel de mots de Peterson et test d’Otis. La corrélation de ces divers tests entre eux et avec deux épreuves d’intelligence (test Alpha de l’Armée et test d’Otis) après correction d’atténuation montre que le rappel logique a avec les épreuves d’intelligence une assez grande parenté, tandis que les tests de reconnaissance n’ont avec elle qu’une corrélation faible.
- Les épreuves de reconnaissance et celles de rappel forment des groupes en grande partie indépendants, leur corrélation étant faible (surtout lorsqu’on la détermine à intelligence constante).
- Et le critère de Spearman pour la recherche du facteur commun montre, d’après les diverses intercorrélations des lests de mémoire,
- (1) The relation of memory lo intelligence. Journal of experimental psy-chology, XIV. I, 1931. pp. 37-67.
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- qu’on ne peut envisager une fonction unique (les différences de tétrade gardant une valeur trop élevée) mais que des facteurs mui tiples interviennent, se superposant partiellement dams les diverses épreuves.
- Certes la méthode ne permet pas, si elle ne s’appuie pas sur une investigation psychologique plus concrète, de démonter les rouages de ces mécanismes complexes, mais elle prouve cette complexité, elle rappelle opportunément qu’une appréciation globale et unique sur la mémoire d’un enfant ne peut dans la plupart des cas avoir de signification pratique utile.
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- Une expérience à l’École primaire supérieure de Limoges
- M™ Delage, directrice de l’Ecole primaire supérieure de Limoges ayant testé ses élèves, au nombre d’une centaine, par la méthode du Dr Simon (épreuves d’intelligence et d’instruction), ce dernier, sur le simple vu des résultats, classa les enfants en 12 groupes de valeur hiérarchiquement décroissante. Après 4 ans, Th. Simon signale la correspondance du classement avec la réussite des fillettes, montrant ainsi toute la valeur que peut prendre l’examen par tests en orientation professionnelle (1).
- Dans les quatre premiers groupes, une seule élève a abandonné dans les groupes moyens (5 et 6) 8 l’abandonnent en lreou 2e année (3 °/o), dans les groupes inférieurs (7 à 12) 27 abandonnent (60 °/0). Dans les quatre premiers groupes 80 °/„ réussissent au brevet élémentaire (dont 75 °/0 au bout de leurs trois années de scolarité), dans les six derniers 9 °/o seulement, et, dans les groupes rnoyerîs 50 %.
- Les élèves des quatre premiers groupes, finalement, sont presque toutes à la préparation des concours (Ecole Normale, Postes), celles des groupes moyens sont en majorité placées comme employées de commerce ou de bureau, celles des derniers groupes devenant couturières ou modistes, sans avoir reçu l’éducation professionnelle qui leur aurait mieux convenu que l’enseignement scolaire. L’orientation apparaît à Tb. Simon comme légitime à l’âge de 13 ans où la valeur relative serait déjà fixée.
- Mais, en relatant ces résultats, le président de la Société Alfred
- (1) Bulletin de la Société Alfred Binet, octobre-novembre 1930, pp. 15-30.
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- Binet se demande s’il est juste que certaines professions drainent exclusivement les intelligences inférieures.
- « Si donc une certaine médiocrité, dit-il, suffit à devenir employé de commerce, n'y aurait-il pas cependant avantage à ce que des élèves doués choisissent cette carrière ou même des carrières plus modestes ? J'imagine qu’autrefois la préparation des intelligences dans les métiers manuels était plus grande que de.nos jours, et je me demande ce que vaut l'orientation actuelle des valeurs ».
- 11 y a là évidemment une question délicate, mais pour la résoudre, il faut tenir compte des diverses formes d’intelligence, tandis que Th. Simon continue à envisager l’intelligence comme unique.
- H. P.
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- Les thèses d’éducation aux Etats-Unis
- La publication de la liste des thèses de 1930-31 sur des questions d’éducation, établie par Good (1) dénote un souci d’économie des efforts qu’apprécieront tous les travailleurs intellectuels.
- La liste compte 587 titres et ceux-ci sont présentés d’abord groupés sous un certain nombre de divisions commodes puis par ordre alphabétique d’auteurs avec indications de l’Université et du directeur de thèse.
- Un fait nous a frappé, c’est le petit nombre de thèses ayant pour objet : l’éducation artistique, l’éducation commerciale, l’étude des langues étrangères, les arts ménagers, les arts appliqués, la musique.
- On peut demander la liste à la The Public School Publishing C°, Bloomington (Illinois, U.S.A.). D.
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- Quelques données intéressant l’O. P. d’après les analyses de l’Année psychologique
- A.-P. Netchaeff, — Recherches psychologiques sur les élèves de l’école commerciale de comptabilité (en russe). Recherches psycho hygiéniques et neurologiques, Moscou, 1928, p. 148-150.
- L’auteur a examiné 100 élèves de cette école, 64 garçons et 36 filles entre 15 et 19 ans. Il a étudié la mémoire, l’attention, le juge-
- (1) G. Good, Journal o/ Educational Research, janvier 1931.
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- ment, la rapidité de l’écriture, la précision dans le choix de petites cartes et l’imagination.
- Il a obtenu les coefficients suivants :
- Pour la mémoire entre Pour l’attention entre Pour le jugement entre
- 2,45 et 4,41 2,24 et 3,98 2,80 et 4,10
- Pour la rapidité de l’écriture entre 2,86 et 4,10 Pour le niveau de l’intelligence entre 2,45 et 3,95
- En comparant ces résultats avec ceux obtenus dans les écoles de travail de la ville de Moscou, l’auteur a constaté : 1° un niveau moyen inférieur chez les élèves de l’école étudiée ; 2° une plus grande variabilité. Ainsi chez 34 °/0 des élèves seulement de l’école commerciale, il a constaté un niveau pareil à celui des élèves des écoles de travail, 22 °/0 sont légèrement arriérés par rapport aux élèves des écoles de travail et 44 °/0 ont manifesté une arriération profonde. En ce qui concerne les deux sexes il n’a pas trouvé de différence notable. Quant à la rapidité et la précision dans le choix des cartes, les filles se sont montrées supérieures aux garçons dans la précision de l’exécution, mais elles leur sont inférieures dans la rapidité. Le rendement des garçons se rapproche de celui d’ouvriers spécialisés (tisserands, meuniers). J. A.
- P. M. Symonds. —1 Choice of items for a lest on llie basis of diffi-culty (Choix des éléments d’un test d’après la difficulté).
- J. of ed. Ps., XX, 7, 1929, p. 481-493.
- En partant d'hypothèses simples, et en posant comme exigence la recherche du maximum de précision, l’auteur démontre mathématiquement les règles suivantes, qui doivent servir à guider le choix des éléments composant un test. Le test le plus précis pour l’examen d’un'individu est celui qui se compose d’éléments semblables correspondant pour cet individu à une exactitude de 50 °/„. S’il s'agit de comparer deux individus entre eux, le mieux qu’on puisse faire est de composer le lest avec des questions dont la difficulté se trouve à mi-chemin entre les deux degrés de difficultés qui correspondent à 50 % de réussite pour chacun des sujets. Si l’on a affaire à un groupe, le meilleur test se compose d’éléments représentant un succès de 50 "/„ pour les sujets moyens du groupe. Enfin, pour étudier une suite de groupes consécutifs (âges, classes, etc.) la difficulté des questions devra se répartir uniformément entre celle qui correspond à 50 °/„ d’exactitude pour le sujet moyen du groupe le
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- plus bas, et celle qui admet 50 % de réussite pour le sujet moyen du groupe supérieur.
- Actuellement, le besoin le plus urgent en ce qui concerne la méthode des tests serait la préparation de listes de toute espèce comprenant des questions soigneusement étalonnées quant à leur difficulté et relativement aux groupes les plus caractéristiques. Et, au lieu d’examiner un groupe bien défini à l’aide d’un ensemble hétérogène de questions réparties sur une marge très étendue de difficulté, il serait préférable de puiser chaque fois dans les listes des éléments ayant à peu près la même difficulté, et de choisir conformément à la règle précédente (et grâce à une estimation préli minaire approximative) la difficulté qui permet au sujet moyen d’obtenir 50 °/„ de réponses exactes.
- A. r .
- A. C. Schneider-Arnoi.di. — Die psychologische Begutachtung von Seidenwebern mit Hitfe von Arbeitsprüfungen und Arbeits-chanuhr (L’examen psychologique des tisserands en soie au moyen des épreuves de travail et de l’ergo-chronoscope). — Psychot. Z., IV, 1 et 2, 1929, p. 1-15 et 45-52.
- Ayant enregistré le travail des tisserands en soie à l’aide de l’er-go-chronoscope enregistreur de Poppelreuter, S. conclut en examinant les courbes des temps perdus (temps d’arrêt du métier pour la réparation des casses) à l’importance primordiale de l’attention pour l’exécution correcte de ce travail.
- Les tests ordinaires de courte haleine ne lui auraient pas donne satisfaction. S. a adopté les épreuves de longue durée de Poppei-reuter, et notamment une épreuve d’adresse, — enfilage des bandes de papier d$ns les ouvertures de bandes perforées, — et une épreuve d’attention consistant à rechercher certains signes au milieu d’autres semblables. Les résultats sont exprimés d’après l'examen de la courbe du travail, d’une façon toute qualitative.
- Sur 85 apprentis soumis aux épreuves, 29 auraient fourni des accords complets entre l’appréciation psychologique et le jugement, du contremaître.
- J J. W.
- J. H. Mc Fadden. — A Further Note of the Differentiat Iqs of Siblings (Une nouvelle note sur les différences des O. I. des frères et sœurs). — J. of appl. Ps., XIII, 1, 1929, p. 86 91.
- F. rapporte de nouvelles données montrant, en accord avec ce qu’avait trouvé Arthur, que, dans les familles ayant plusieurs
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- enfants, les 0. I. des cadets sont en moyenne régulièrement plus élevés que ceux de leurs frères aînés. La différence est encore plus nette pour les enfants anormaux. Cependant, elle n’a été constatée que pour les révisions des tests Binet-Simon, et non pour les tests collectifs Nationaux qui semblent relever, plus que les tests Binet, de l’acquis scolaire.
- La question de savoir si cette supériorité des cadets est due à quelque facteur relevant de la technique des tests, ou bien s’il s’agit de différences d’aptitude innée, reste ouverte.
- D. W.
- Ciir. Hansen-Tybjerg. — Différences in the Talents and Abilities of Young People (Différences d’aptitude et de capacité parmi les jeunes gens). — J. of appl. Ps,, XIII, 5, 1929, p. 451-468.
- Description de tests mis au point pour apprentis imprimeurs avec l’indication des résultats, par quartiles, fournis par un groupe de 96 apprentis à Copenhague. Voici la série des tests : 1° Composition typographique avec notation de l’éducabilité au cours de 5 épreuves successives ; 2° classement de caractères en casses ; 3° orthographe ; 4° lecture ; 5° correction d’épreuves ; 6° mémoire visuelle des phrase ; 7° disposition des titres et des annonce? ; 8° vision chromatique ; 9°discrimination des clartés des épreuves typographiques ; 10° compréhension de problèmes de mécanique ; 11° questions de bon sens , 12° dessin en perspective.
- Ces tests se rapprochent du travail professionnel. Des indications sur leur validité font défaut. jy
- M. Gamsa et A. Salkind. — Contribution à l’étude de quelques tests d’attention. — Ar. de Ps., XXI, 83-84, 1929, p. 307-319.
- Les auteurs ont étudié cinq tests d’attention : a) Test de Ryba-koff (Numération 'de points disposés en désordre à des degrés différents de densité pour une même surface) ; 6) Test de Schulte : Reconstituer l’ordre de séries de nombres se suivant, présentées en désordre ; c) Test de Toulouse et Piéron, de barrages de signes ; d) Test de Rossolimo ; pointer et compter des barres et des cercles dans un tableau renfermant en outre des croix ; e) Test de Rybakoff. Compter simultanément des ronds et des croix irrégulièrement disposés. Les expériences ont porté sur 140 sujets féminins dont 50 adultes et 90 fillettes (de 9, 12 et 15 ans). Elles visaient principalement à déterminer les progrès réalisés avec l’âge et la corrélation erdre les différents tests.
- En ce qui concerne le premier point voici les résultats obtenus :
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- - 12-9 ans 15-12 ans Ad. — 15 ans Ad. - 9 ans
- v - — - —
- TEST
- gain en o/b gain en 0/0 gain en 0/0 gain en 0/0
- absolu absolu absolu absolu
- b 6-5 20 10-6 67 13-10 30 13-5 160
- d 4-3 33 4-4 0 6-4 50 6-3 100
- C 53-45 18 76-53 43 88-76 16 88-45 91
- e. \ .. 14-12 17 14-14 0 21-14 50 21-12 75
- c’ 89-84 6 84-89 — 6 91-84 8 91-84 8
- (le lest a n’a pas été appliqué aux enfants. Le test c représente le barrage en quantité, et c’ en qualité). — Que penser de ces chiffres. — Le. coefficient de gain du test 6, le plus élevé, s’explique facilement* L’accoutumance aux nombres qu’il s’agit de classer par ordre, sera, évidemment plus grande chez un adulte .que chez reniant. Pour les autres tests, comme pour le premier du reste, il 11e faut pas oublier.que le rendement est mesuré par la vitesse du travail. Peut-011 induire d’une plus grande rapidité possible à un pouvoir attentif plus élevé. C’est assez discutable, car il y a là certainement un complexe, dont l’élément attention n’cst qu’une composante, Au contraire, si l’exactitude du travail (c’() on voit que le progrès est insignifiant entre 9 ans et l’âge adulte. Ces chiffres, je le crains bien, montrent une fois de plus qu’en essayant de mesurer l’attention, en nous efforçant de séparer une fonction attentive de mécanismes auxquels elle s’applique peut-être, nous ne poursuivons qu’une irréalisable utopie. Cette idée, je la vois renforcée par les coefficients de corrélation que les auteurs ont trouvés entre leurs tests. Le plus élevé (entre d et b) n’atteint pas 0,40. La plupart oscillent entre 0,20 et 0,30 ce qui est vraiment tout à fait insuffisant. Je sais que les auteurs ont opéré sur peu de sujets, et 11’ont pas mesuré le coefficient de stabilité des tests en les répétant plusieurs fois sur les mêmes sujets. Cependant il laul bien conclure que les tests ne peuvent vraiment pas se^ comparer entre eux, et encore une fois ceci n’est pas pour me surprendre. M p
- 1L J. Ball. — .4n objective measure 0/ emotional instability (Une mesure objective de l’instabilité émotionnelle). — J. of appl. Ps., XIII, 3, 1929, pp. 226-256.
- L’auteur a employé un test de labyrinthe que le sujet doit parcourir du doigt, les yeux fermés, jusqu’à exécution correcte, sans en-
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- trer dans un cul-de-sac. On a choisi vingt délinquants juvéniles, dont 'dix parmi ceux qui présentaient des troubles de caractère ou de l’instabilité affective et dix autres « normaux » à ce point de vue.
- Les résultats différencient assez bien les deux groupes, si l’on considère les moyennes. Les « normaux » ont mis, en moyenne, 32’ 08” à apprendre (16,4 essais avec 51,8 erreurs) ; les « instables » ont employé 50 minutes en moyenne et ont dû faire 24,7 essais avec 112,3 erreurs. Mais il y a chevauchement de quelques résultats individuels et la dispersion est assez forte à l’intérieur de chaque groupe.
- Les courbes des instables sont en général beaucoup plus irrégulières ; l’auteur essaie d’en avoir une mesure par l’écart étalon du sujet par rapport à sa moyenne ; mais il comprend lui-même que c-ette mesure est influencée non seulement par l’irrégularité de la courbe, mais encore par sa pente.
- Il ne semble pas y avoir de relation significative entre l’intelligence mesurée par les tests Binet-Stanford et la vitesse d’apprentissage. D. W.
- lv. Broich. — FiXhreranforderungen in der Kindergruppe (Qualités exigées du chef dans les groupes d’enfants). — Z. für ang. Ps., XXXII, 1-3, 1929, p. 164-212.
- Enquête auprès des élèves d’écoles primaires de 10 à 14 ans, à qui on demandait de désigner le camarade qu’ils auraient choisi comme chef en indiquant les raisons de leur choix.
- Les résultats viennent confirmer, en général, les résultats des enquêtes précédentes sur le même sujet. A noter, en particulier, les différences entre les garçons et les filles. Les filles insistent davantage sur les qualités de tact, d’ordre, de souplesse. Elles semblent craindre le joug d’une seule élue alors que les garçons sont plus souvent disposés à se soumettre à l’autorité d’un camarade dont ils auraient reconnu les qualités. D. W.
- LES MÉTHODES ÉTRANGÈRES EN 0. P.
- L’Etude des fonctions motrices à la Section technopsychologique de l’Institut Jean-Jacques Rousseau (suite et fm)
- 5° Les disques de Walther
- Matériel. — Deux planches de 30 cm. de côté de papier mâché ou de bois, dans lesquels sont taillés 41 trous de 25 mm. de diamètre. La profondeur des trous de la planche A est de 2,5 mm. et
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- celle de la planche B est de 5 mm. ; 41 cylindres en bois de 23 mm. de diamètre et de 10 mm. de hauteur.
- Les disques cylindriques avant chaque épreuve se trouvent dans les trous de la planche A. Il s'agit de mettre tous les disques de la planche A sur la planche B, placée à côté de la première, aussi vite que possible. On le fait trois fois : une fois avec la main droite (la planche A se trouve du côté gauche de la planche B), une fois avec la main gauche (Ig. planche A est du côté droit) et une fois avec les deux mains, chaque main ne prenant qu’un seul disque à la fois (la planche A se trouve de nouveau à gauche de la planche B).
- Noter le temps pour chaque épreuve.
- On ne se préoccupera pas de l’ordre dans lequel les sujets replacent les disques, mais il sera intéressant de noter la façon de chacun, car elles peuvent révéler des traits de caractère différents (travail systématique, avec ordre, sans ordre).
- Avoir 2-3 disques disponibles pour le cas où le sujet en fait tomber quelques-uns.
- Les résultats obtenus dans ce lest sont les suivants :
- Disques.
- Perc. 5-6 7-8 9-10 1 1 -12 13 14 15 16 17 Ad.
- O. F G. F. G. F- G. F. G. 1 F' G. F' » F.
- 100 174 184 140 115 114 106 109 117 109 1 12 112 107 108 102 108 99 95
- 90 207 187 150 123 125 120 1 1.8 123 118 117 114 115 114 108 1 15 111 106
- 80 223 203 151 124 1 33 1 52 123 125 122 120 117 115 117 1 17 1 16 116 113
- 75 230 207 153 130 134 126 125 126 124 123 119 121 119 118 118 118 114
- 70 236 208 158 131 1 36 130 128 126 124 125 120 123 120 119 121 121 116
- 60 249 216 163 136 136 131 132 128 130 127 121 130 123 123 122 128 116
- 50 255 222 172 138 141 133 134 132 132 131 124 130 125 124 123 129 118
- 40 261 232 178 143 144 135 139 134 135 135 127 131 126 129 1-24 133 121
- 30 275 244 186 145 146 137 141 137 142 137 132 133 128 131 128 136 125
- 25 281 248 188 148 148 140 142 139 144 140 133 135 129 132 130 138 130
- 20 288 249 191 148 147 142 146 140 1 49 142 134 137 131 132 130 139 130
- 10 304 279 197 156 159 147 154 144 1 57 146 138 138 134 138 136 1 43 133
- 0 450 309 236 174 184 189 176 165 178 156 177 140 147 151 137 164 160
- Nombre de sujels 44 34 39 34 34 4 3 53 70 25 4 3 32 23 30 31 26 60 51
- 6° Test du dynamomètre
- Matériel. — Dynamomètre elliptique de Collin dont les deux diamètres sont de 5 et de 13 cm. Les enfants au-dessous de dix ans se servaient d’un plus petit modèle.
- Technique. — L’épreuve se fait debout. Le sujet saisit le plus commodément possible le dynamomètre entre le pouce et les quatre doigts, etend le bras de côté à la hauteur de l’épaule et, tenant le dynamomètre verticalement, le serre de toutes ses forces. La main opposée se trouve au moment de la pression sur la hanche du même côté.
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- On presse d’abord avec la main droite, puis avec la main gauche ; ensuite on recommence avec la main droite et la main gauche.
- On note chaque fois la position de l’aiguille, qui indique la près sion en kg. Le résultat définitif des deux mesures pour chaque main est fourni par le chiffre maxima.
- Voici le tableau d’étalonnage de ce test.
- Dynamomètre.
- Perc. 5-8 7-8 9-10 11- -12 13 14 15 16 17 Ad.
- G F G. I F- G. F' (i. F G. F- G. F H. F-
- 100 2 4 33 42 61 59 86 61 105 63 102 72 101 76 119 78 1 31 83
- 90 18 23 40 53 51 68 54 70 60 86 64 96 67 115 66 115 72
- KO 17 20 38 52 4 9 81 53 68 56 82 61 87 61 104 65 110 67
- 75 17 19 38 50 48 60 52 67 55 81 60 87 60 102 64 108 65
- 70 17 19 37 48 48 59 51 65 51 79 59 87 59 100 63 106 64
- tiü 15 17 34 46 44 52 49 62 50 77 55 85 57 95 61 100 62
- 50 14 15 31 42 41 47 46 57 47 72 52 81 55 92 53 95 57
- 4 0 14 14 31 41 40 45 44 54 4 5 67 51 80 53 88 50 92 55
- 30 13 14 29 40 39 4./« 41 52 42 >5 47 77 52 82 47 90 53
- 25 12 13 28 38 38 43 40 51 41 65 46 76 51 80 47 87 53
- 2 0 12 13 27 37 37 4'1 38 50 39 63 45 76 46 79 46 84 51
- 10 10 12 23 33 32 38 36 48 36 57 43 68 40 73 4 4 79 48
- 0 8 9 18 27 31 35 30 31 33 47 33 59 36 64 41 73 29
- Nombre de sujets 25 37 34 34 34 35 54 59 28 39 31 20 32 35 25 60 73
- A travers les Revues
- Le n° 7 (octobre 1930) de Psychologische Rundschau est consacré à la psychotechnique. Ici sont publiées les communications faites à la conférence psychotechnique suisse, qui a eu lieu à Mag glengen le 28-30 août 1930. Ces communications se rattachent au problème du rôle de l'observation psychologique au cours de l’examen psychotechnique et la valeur pratique de ce dernier. Dr Su te h (de Zurich) fait l’historique de l’évaluation de l’intelligence par les méthodes psychologiques. Dr Ackermann discute la valeur d’une observation psychologique, énumère les moyens employés pour rendre cette observation la plus objective possible et pratiquement utilisable. Dr F. Bossart décrit les moyens d’effectuer le contrôle pratique des résultats et les résultats obtenus par un tel contrôle Dr HeiniiS traite la question de l’observation chez l’adolescent (particularités psycho-physiologiques de la période de puberté).
- Dr Brandt : Observation des anomalies mentales, au cours de l’examen psychotechnique.
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- A la-rubrique Orientation, professionnelle de Y Information universitaire dans le premier trimëstre 1931, vous trouverez des indications sur le chirurgien-dentiste, l’ingénieur-céramiste, sur l’industrie hôtelière, sur des services de marine (service de santc, interprètes), sur l'Office de documentation professionnelle de l’Union nationale des étudiants de France (dirigé par Mlle Keysa Bernson), enfin un appel aux Universités pour la création, en leur sein, de services d’O. P., déjà réclamés par M. Paul-Emile Simont, dans Y Echo de Paris du 13 janvier.
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- Dans Y Hygiène mentale de mars 1931, le Dr Heuyer décrit très complètement l’organisation de la cité industrielle de Newark, toute proche de New-York, pour la protection intellectuelle et morale de l’enfant, .grâce au concours de psychiatres, de psychologues, d’éducateurs et d'assistantes sociales et à de nombreuses institutions d’enseignement et d’assistance. Dans le « Child Guidance Departement », qui assure l’examen psychologique systématique de tous les écoliers, on se préoccupe aussi de la recherche des capa,cités professionnelles.
- Dans la Zeitschrift fur Psychologie (vol. 118, 1930, p. 1-81), M®6 Maria Neel relate une étude poursuivie sur 300 élèves d’écoles d’apprentissage pour jeunes filles (vendeuses, couturières, coiffeu ses, etc.) avec des tests d’intelligence (de Bobertag-Hylla. complètement d’Eblinghaus, etc.) et des épreuves scolaires, ainsi qu’au moyen d’examens pour caractériser le tempérament afin de mettre en relation les résultats avec la réussite professionnelle. Le résultat le plus notable (et qui va a l’encontre des jugements de beaucoup de directeurs d’écoles professionnelles) c’est que la corrélation des épreuves d’intelligence avec le succès technique est très faible (indices compris entre 0 et 0,20).
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- INFORMATIONS
- Un effort intéressant à l'Office d’O. P. de l’Office régional de la main-d’œuvre de Marseille. — Nous sommes heureux de signaler celte lentative qui nous est signalée par l'Office régional de !a main-d’œuvre.
- « Notre Office d'orientation professionnelle , dit-il, a commencé à réaliser un projet des plus intéressants d’accord avec l’Inspection académique : il s’agit d’organiser l'orientation professionnelle des écoliers à l’école même. Nous avons reçu l’adhésion d’un certain nombre d’écoles où l’horaire scolaire a été modifié de façon à mettre l’orientation professionnelle dans le programme comme si c’était une matière d’enseignement : une séance d’une heure par semaine, ce qui donnera de mars à la fin mai un total de 12 séances.
- La première de ces séances est destinée à une causerie sur le choix de la profession en général, les autres séances sont destinées soit à la présentation des métiers pouvant faire l’objet d’un choix, soit à la détermination des aptitudes psychologiques.
- Enfin, les dernières séances seront employées aux examens psychiatriques assurés par les médecins de l’Office.
- Entre temps, une infirmière visiteuse chargée de maintenir la liaison entre les familles, l’Office et l’Ecole aura visité les parents à leur domicile et noté leur avis.
- À la fin du mois de mai, les dossiers des élèves étant arrêtés, ’e Conseiller d’orientation les étudiera et puis s'entretiendra avec les élèves (qu’il, connaîtra déjà depuis longtemps ayant pu' les observer à loisir depuis mars pendant les séances d’orientation professionnelle) et les familles convoquées à l’Ecole par le Directeur.
- Le Conseiller d’orientation donnera à celles-ci les conseils nécessaires ; ces conseils d’ailleurs seront rédigés par écrit à l’avance sous forme d’un avis motivé qui sera remis aùx parents à la fin de l’entretien.
- De mai à juillet l’Office d’orientation professionnelle aura donc le temps nécessaire pour chercher les places en apprentissage, de-sorle que les élèVes qui le désirent seront placés dès la sortie de l’école.
- Les fiches psychologiques de l’Instjtul National d’O. P. serviront à dresser le profil psycho-professionnel des élèves au cours des séances destinées à cet effet ; les expériences seront faites par le Conseiller d’Orientation et les résultats communiqués au psychiatre qui en tirera la conclusion lors de son examen.
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- Pour le moment, ce projet sera réalisé dans les écoles seulement dont les directeurs accepteront de collaborer avec l’Office d’orientation professionnelle sous cette forme ».
- Conférence d’O. P. au Collège du Blanc (Indre). — M. Billiei1, principal du Collège du Blanc, a organisé, en accord avec l’Office d’O. P. de cette ville, une série de conférence sur ies principales professions qui peuvent être envisagées par ses elèves, carrières médicale, professorale, judiciaire, chemins de fer, pharmacie, etc. La première, faite par le Dr Bazin, a naturellement visé à détourner le plus possible les jeunes gens de la médecine, très encombrée actuellement.
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- La vie de l’Institut national d’O. P.
- Bourses pour la quinzaine provinciale
- Comme l'an dernier une série de bourses, d’une valeur moyenne de 1.000 francs, seront attribuées à des personnes désirant suivre les enseignements de perfectionnement d’O. P. organisés pendant une quinzaine d’octobre 1931 (du 19 au 31) à l’I. N. O. P. Les candidats à ces bourses devront adresser* leur demande avant le 30 juin prochain, dernier délai, au directeur de l’I. N. O. P. avec indication de leur âge, de leur situation et de leurs titres.
- La Vie de l’Amicale
- Le bureau a été reçu par M. Pomaret, sous-secrétaire à l’Enseignement technique. Les membres de la délégation ont particulièrement insisté sur l’absence de débouchés offerts aux élèves diplômés de l’Institut. M. Pomaret a demandé un rapport écrit qui lui sera fourni fin avril.
- Le conseil directeur s’est réuni le 27 mars. Il a été mis au courant par le secrétaire des conditions dans lesquelles une situation était offerte à un ancien élève diplômé de l’Institut, à Casablanca (Maroc).
- Le conseil directeur s'est occupé de l’audience de M. Pomaret et du rapport qui doit lui être fourni. Une circulaire sera envoyée à tous les élèves diplômés. Une réunion a été prévue le 14 avril pour dépouiller les réponses.
- Pour la séance de travail d’avril, les convocations individuelles seront envoyées.
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- 3' Année
- Etalonnage do Test ùaMleté mécanique de Steognist
- Par J.-M. LAHY
- I. Historique. — Lorsque la commission américaine chargée de rétablissement des tests de sélection pour l’Armée eut à établir une technique applicable aux illettrés elle pensa à adopter le test de Stenquist. Après avoir été appliqué à 14.010 hommes, ce test fut rejeté comme n’ayant pas une valeur suffisante pour mesurer l’intelligence. Le test Beta lui fut substitué.
- En reprenant l’étude et l’étalonnage de ce test nous n’avons donc pas eu l’intention de le considérer comme une épreuve d’intelligence générale. En l’absence de tests éprouvés pour mesurer l’aptitude mécanique, nous avons pensé qu’il serait intéressant de savoir si le « Stenquist » pourrait convenir pour cet usage spécial. Si même — tel qu’il est -— ce test présentait quelque intérêt il serait possible pensions-nous de le modifier et de l’adapter aux besoins français.
- Cest dans cet esprit que l’étudie a été entreprise.
- IL Le test. — Le test de Stenquist est destiné à mesurer l’habileté mécanique. Le matériel du test consiste en objets usuels ayant un agencement mécanique comme la serrure simple, la pince à linge, le bouchon dit automatique, etc...
- Ces objets sont placés démontés chacun dans une boîte comprenant 10 compartiments. Il y a un objet par compartiment.
- Chaque objet sert pour une épreuve.
- Le test comprend donc 10 épreuves. Mais on dispose de 3 séries de dix renfermées dans trois boîtes distinctes.
- Ces 3 séries ont été préalablement étudiées et standardisées.
- Les séries 1 et 2 sont de difficulté égale ; elles constituent
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- deux tests parallèles et conviennent pour des sujets de 12 à 16 ans et pour les adultes.
- La 3e série est moins difficile. Elle est réservée pour les enfants plus jeunes.
- Le test est individuel. Le prix de l’outillage est trop élevé pour permettre des applications collectives. En outre, il y a beaucoup à tirer de l’observation du sujet pendant l’exécution du travail ce cpii serait impossible si l’opérateur testait plusieurs sujets à la fois.
- La série 1 avec laquelle nous avons opéré l’étalonnage contient :
- 1° un verrou ; 2° une pince à linge ; 3° une pince à papier ; 4° une chaîne ; .5° une sonnette de vélo ; 6° un fermoir de jarretelle ; 7° un bouchon mécanique ; 8° un bouton de sonnette électrique ; 9° une serrure ; 10° un piège à souris.
- III. Technique cVapplication. — On place la boîte ouverte devant le sujet avec le couvercle près de lui, et on lui dit : « Voici plusieurs objets qui sont démontés. Vous allez les remonter. Commencez par ici (montrer le compartiment A). Prenez les parties et mettez-les ensemble de façon que l’objet puisse fonctionner. Puis vous ferez celui-ci (montrer le compartiment B). Ensuite, vous ferez le suivant, et ainsi de suite. Si vous en trouvez un qui vous semble trop difficile, prenez le suivant, et s’il vous reste du temps à la fin, vous essayerez de terminer celui que vous avez abandonné. Plus vous construirez d’objets, plus vous aurez de points. Attention ! Allez ! »
- On accorde une demi-heure, ce qui équivaut à une moyenne de 3 minutes pour chaque modèle.
- Ceci est la technique américaine. Nous y avons apporté un petit changement qui nous a paru nécessaire. Nous avons supprimé la phrase finale « plus vous construirez d’objets plus vous aurez de points » afin d’éviter que les sujets ne sacrifient l’exactitude — qui est pour nous la chose essentielle — à la rapidité qui est accessoire. Toutefois lorsque l’opératrice qui observait attentivement le sujet constatait sa nonchalance, elle le stimulait en l’encourageant à aller plus vite.
- En outre, au lieu de limiter le temps à 3 minutes nous avons décidé de laisser au sujet le temps de terminer sa
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- tâche si l'opératrice s’apercevait qu’il avait compris le mécanisme de l’objet.
- Ce temps limite de 30 minutes pour le test entier a été maintenu.
- Notation. — La technique américaine prévoit d’accorder iü points pour les assemblages complets et corrects de chaque objet. Le maximum est donc de 100 points pour le sujet qui fait le travail en 30 minutes exactement.
- Dans le cas où les assemblages ne sont qu’incomplèlement réussis on note de 1 à 9 selon le degré de réusssite.
- Si le sujet met moins de 30 minutes pour l’ensemble du test, il bénéficie de | point par minute gagnée ce qui élève le maximum des meilleurs sujets.
- Afin d’éviter l’appréciation un peu subjective de l’opératrice dans le cas de réussites partielles nous avons essayé de négliger cet élément de notation. Malheureusement les échelles obtenues étaient trop grossières. Elles avaient aussi l’inconvénient d'être moins nuancées dans la partie inférieure — la plus intéressante pour l’orientation et la sélection professionnelles — en raison de ce que les mauvais sujets ne gagnant pas de temps n’avaient comme résultat que des multiples entiers de 10, tandis que les meilleurs sujets avaient des notes intermédiaires qui étaient fonction du temps gagné.
- V. Les sujets. — L’application du test a été confiée à Mmc Mazé qui s’est servie exclusivement de la série n° 1. Elle a examiné pendant l’année scolaire 1929-1930. 523 sujets (1) de 12 ans et au-dessus se répartissant ainsi :
- 12 ans, 100 sujets ; 13 ans, 113 sujets ; 14 ans, 79 sujets ; 15 ans, 79 sujets ; 16 ans, 75 sujets ; 17 ans, 27 sujets ; adultes, 50 sujets ; en tout : 523 sujets.
- En raison du petit nombre de sujets de 17 ans nous avons abandonné ce groupe dans l’élude statistique.
- (1) Nous avons le plaisir de remercier les directeurs des écoles publiques de la rue de Lesseps, de la rue Sorbier, de la rue Carnou et de la rue Rouvier ainsi que les instituteurs de ces écoles qui ont bien voulu nous prêter leur concours pour cet étalonnage et s’intéresser aux résultats obtenus par chacun de leurs élèves.
- L’école des apprentis de la S. T. G. R. P. qui d’ailleurs utilise les méthodes de la sélection technique pour le recrutement de ses élèves nous a permis non seulement d’appliquer ce lest pour avoir de*» éléments d’étalonnage, mais aussi pour apprécier sa validité.
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- Les âges sont comptés de 6 mois au-dessous à 5 mois au-dessus de l’âge considéré : ainsi le groupe des enfants de 12 ans comprend tous ceux qui avaient au moment de l’épreuve de 11 ans 7 mois à 12 ans 6 mois.
- VI. Etalonnage (1). -— Le tableau n° 1 montre la réparti-
- Tableau des répartitions des résultats totaux bruts par âge
- AGES Résultats 12 13 11 15 16 17 Adultes
- Totaux bruts
- 0— 4 8— 9 1 1 i 0 1 — — — -
- 10— 14 5 4 1 1 — — —
- 15— 19 2 1 1 1 — — —
- 20- 24 5 6 1 1 — — 2
- 25— 29 4 4 4 — 3 — —
- 80— 31 14 11 4 4 2 1 1
- 35— 39 4 8 5 4 — 1 —
- 40— 44 7 7 6 7 — 1 2
- 45— 49 8 6 2 3 3 1 1
- 50— 54 8 9 5 7 2 3 5
- 1 55— 59 5 7 7 3 11 1 2
- 00— 64 8 12 9 3 12 2 1
- 65— 69 8 3 7 6 7 — 2
- 70— 7 î 7 10 6 6 6 4 3
- 75— 79 3 10 2 5 5 3 ' 4
- 80— 81 3 5 O 6 9 2 4
- 85— 89 6 2 3 5 4 1 4
- 90— 94 1 3 1 7 4 1 8
- 95— 99 2 4 7 2 4 1
- 100 -104 1 4 2 3 — 6
- 105—109 110—114 1 1 1 1 1 2 4
- Total de cas 100 113 79 79 75 27 50
- DÉCILAGE PAR AGE
- Nombre de sujets 100 113 79 79 75 50 27
- Age Décilage 12 13 14 15 16 Adultes 17
- Minimum 2 0 6 15 25 22 31
- C 10 21 24.5 29.875 36.125 49.1666 45 43.5
- C 20 80.7142 33.0909 88 8 43 43 57.2272 54 52.33
- C 30 30.2857 39.5 46.75 51.93 60.625 67.5 60.25
- C 40 42.8571 48 56.1428 61 » 63.75 76.25 71 »
- C 50 49.375 55 61 3888 69.58 68.2142 82.5 74.375
- C 60 56 61 8333 66 76.40 74.1666 88.75 78.67
- C 70 63.75 70.5 71.92 83.58 80.8333 92.5 84.75
- C 80 69.5 76.1 82.2 90.86 85 100 95.75
- C 90 80 83.6 96.375 96.50 94.375 104.6666 99.125
- Maximum 94 106 105 105 111 108 109
- (1) Les calculs ont clé effectués à l’aide des machines a calculer Brunswiga et Astra de le. maison Neumann, 25, rue de l’Echiquier, à Paris.
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- lion des résultats bruts en intervalle de classe de 5 unités et le tableau n° 2 en résume le décilage.
- Le tableau 3 donne les moyennes et les écarts étalons par âge. On y a rappelé les médians de chaque âge et indiqué la différence entre les cenliles 90 et 10 (intervalle D).
- Moyennes et disp3rsion par âge
- AGES N M C Médians D
- 1 2 ans 100 48.95 21.65 49.375 59.00
- 13 ans 113 53.95 22.70 55.00 59.10
- 11 ans 79 60.65 23.65 61.39 66.50
- lo ans 79 66.60 23.20 69.58 60.375
- 16 ans 75 69.60 18.50 68.21 45.21
- 17 ans 27 72.55 20.90 74.375 55.625
- adultes 50 77.00 22.75 82 50 59.67
- VIL Comparaison avec Vétalonnage américain. — L’étalonnage américain a été établi sur une échelle absolue (T) en unités de 0,1 * pris sur le groupe des enfants de 12 à 13 ans. Notre étalonnage étant établi sur une base différente, la comparaison devenait impossible. On a donc traduit les résultats français en unités de T et pour cela on a appliqué la méthode indiquée par Stenquist (1).
- Le tableau 4 est constitué d’une part avec les résultats de l’étalonnage français fait sur l’échelle absolue T en unités de 1 basé sur un groupe d’enfants de 12 à 13 ans, d’autre part avec les résultats de l’étalonnage américain établi avec la même méthode. Le graphique 5 résume la comparaison des deux étalonnages à l’aide des médians d’âge.(T. pp 126,127128) On est frappé par la différence qui sépare ces deux courbes de croissance à tous les âges. Le médian français de 12 | est supérieur au médian américain de 15 Malgré le soin extrême qui a été apporté tant dans l’application du test que dans l’étude statistique des résidais, nous ne saurions conclure sans d’expresses réserves à une supériorité des sujets français sur les sujets américains. Signalons 3 causes qui pourraient être invoquées pour expliquer cette divergence de résultats.
- (1) Stenquist measurements of mechanical Abilily. Teachers collège Columbia University New-York 1923, p. 34 el 47. Cf, ; Mc Call How lo measure in Education, New-York 1929, p. 287,
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- Comparaison de l'étalonnage français avec l'étalonnage américain
- POINTS T français T américain Pourcentage de sujets ayant dépassé le résultat donné + la moitié du o/o ayant juste atteint ce résultat pour chaque âge
- 12 ans à 12 ans non compris 13 ans à 14 ans non compris 14 ans à 15 ans non compris 15 ans à 16 ans non compris 16 ans à 17 ans non compris Adultes
- Fr. N —109 Am. Fr. N= 98 Am. Fr. N = 66 Am. Fr. N= 89 Am. Fr. N — 61 Am. Fr. N= 50 Am Armée
- 0 — 1 21 24 99.8 99.6 100
- 2 — 3 27 30 98.9 98.7 99.8 99
- 4 — 5 29 31 98.4 97.3 99.6 96.8 99
- 6 — 7 29 33 98.0 95.1 99.4 98.8 95.6 99.5 99
- 8 — !» 29 35 97.3 91.9 98.2 97.6 99.6 94.8 99.5 99
- '10 — Tl 31 38 96.6 88.8 96.9 94.0 99.2 93.6 99.1 97.4 98
- 12 — 18 32 40 95.4 85.2 95.9 90.8 98.8 91.2 98.8 94.1 97
- 14 — 15 34 42 94.3 81.6 94.9 88.7 98.4 87.9 98.5 91.5 96
- 16 — 17 35 43 92.5 78.9 93.8 85.9 98.0 85.1 98.3 89.8 95
- 18 — 19 #5 44 91.5 75.3 92.8 82.3 97.5 82.3 98.0 88.2 95
- 20 — 21 36 45 90.2 71.2 91.8 77.9 96.9 80.3 96.9 86.6 94
- 22 — 28 38 46 88.8 67.2 88.2 77.9 96.3 78.3 96.6 85.5 98.0 93
- 24 28 88 47 88.2 62.2 87.5 73.8 95.8 75.8 96.3 83.4 99.2 97.5 92
- 26 — 27 38 48 87.6 58.1 86.7 71.4 93.5 72.2 96.0 81.2 97.6 97.0 91
- 28 — 29 40 49 86.9 55.0 84.7 69.0 92.3 67.8 95.8 79.1 96.8 96.5 90
- 80 — 31 40 50 83.3 49.6 82.1 62.9 91.2 65.4 93.5 75.9 95.9 96.0 88
- 32 — 38 42 51 79.6 43.3 79.0 57.7 90.1 63.7 91.3 71.5 94.3 95.5 87
- 34 — 35 43 52 76.8 37.9 75.5 54.9 88.9 60.6 90.2 68.5 93.5 95.0 87
- 36 — 37 44 53 74.1 32.9 72.4 51.6 84.4 56.9 89.0 65.6 92.7 94.3 87
- 38 — 39 44 54 71.3 28.4 70.9 48.0 79.0 54.9 87.6 63.0 92.3 93.8 87
- 40 — 41 46 55 68.1 23.9 68.8 45.6 74.5 51.6 86.2 61.3 92.0 93.0 78
- 42 — 43 47 56 65.3 20.8 66.3 43.2 70.7 46.8 84.8 58.1 91.7 91.0 75
- 44 — 43 47 57 63.0 18.5 63.2 38.7 69.2 42.0 83.4 54.4 91.3 90.3 72
- 46 — 47 48 58 59.8 16.7 62.0 33.1 67.6 37.9 81.8 52.2 91.0 89.7 69
- 48 — 49 48 59 86.6 14.5 60.7 28.7 65.4 35.9 79.5 51.1 90.2 89.0 66
- 30 — 31 49 60 82.9 11.3 57.1 25.4 63.1 33.9 75.6 47.9 89.4 84.0 63
- 32 — 53 oO 60 50.1 9.0 53.0 22.6 61.1 31.1 71.7 44.7 88.6 81.5 60
- 54 — 55 ol 61 46.5 9.0 51.0 19.8 60.0 29.5 69.4 42.0 87.7 79.0 57
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- POINTS T français T américain Pourcentage de sujets ayant dépassé le résultat donne + la moitié du o/o ayant juste atteint ce résultat pour chaque âge
- 12 ans à 12 ans non compris 13 ans à 14 ans non compris 14 ans à 15 ans non compris 15 ans à 16 ans non compris 16 ans à 17 ans non compris Adultes
- Fr. N =109 Am. Fr. N= 98 Am. Fr. N = 66 Am. Fr. N= 89 Am. Fr. N = 61 Am. Fr. N= 50 Am. Armée
- 56 — 57 52 62 42.8 7.2 49.0 17.1 58.5 28.3 67.2 42.0 82.0 77.0 54
- 58 — 59 52 62 40.5 7.2 45.4 16.2 56.2 25.4 63.8 38.2 78.3 75.0 51
- 60 — 61 5o 63 37.7 5.4 41.8 14.5 52.4 22.6 59.4 35.0 74.6 73.0 47
- 62 — 68 54 64 35.9 5.4 36.2 12.9 50.2 22.6 57.1 31.8 68.9 72.3 44
- 64 — 65 55 64 34.0 5.4 32.6 11.3 47.9 19.0 54.9 26.9 62.3 71.7 41
- 66 — 67 56 65 30.4 5.1 31.5 9.7 43.3 19.0 51.5 22.6 57.4 71.0 38
- 68 — 69 56 66 26.2 4.1 30.3 8.5 40.3 16.2 48.7 20.5 54.9 69.0 35
- 70 — 71 58 67 22. ! 3.2 29.1 7.3 35.7 13.7 43.7 17.3 53.3 68.0 31
- 7^ 73 58 68 17.9 3.2 27.0 7.3 32.7 11.7 41.7 13.5 50.0 67.0 28
- 74 — 75 59 68 15.6 3.2 .25.5 6.1 29.6 10.1 89.8 10.8 44.3 63.0 25
- 76 — 77 59 69 13.0 3.2 23.5 6.1 26.o 8.5 38.0 8.7 36.9 58.0 22
- 78 — 79 60 70 11.5 2.3 21.4 5.3 25.1 5.7 35.8 8.7 33.6 55.0 19
- 80 — 81 61 72 9.2 1.4 18.9 5.3 22.0 3.7 33.0 6.0 30.3 52.0 17
- 82 — 83 62 74 6.9 0.4 15.3 3.7 19.0 2.9 30.8 3.8 24.6 49.0 14
- 81 — 85 63 74 5.1 13.8 3.7 17.5 2.0 27.4 3.8 18.9 46.0 11
- 86 — 87 64 75 3.7 12.2 2.4 16.0 1.2 23.0 3.8 17.2 42.0 9
- 88 — 89 66 75 1.8 11.2 2.4 14.4 1.2 21.0 2.2 15.6 39.0 7
- 90 — 91 66 79 1.4 10.2 0.8 12.9 1.2 18.5 0.5 13.9 34.0 6
- 92 — 93 68 80 0.9 8.9 0.8 11.4 0.4 14.6 12.3 26.0 5
- 94 — 95 69 80 0.5 7.6 9.9 10.6 10.7 21.0 4
- 96 — 97 69 81 5.6 8.7 6.2 7.4 19.6 3
- 98 — 99 70 81 4.6 7.6 3.4 6.6 18.3 2
- 100 — 101 71 82 3.6 4.6 2.8 5.7 17.0 1
- 102 — 103 74 82 2.0 2.3 2.2 4.1 11.0
- 1 -104 — 105 76 83 1.3 0.8 1 .7 3.3 7.0
- 106 — 107 78 83 0.5 1.3 2.5 4.0
- 108 — 109 80 84 0.9 0.8 1.0
- 110 — 111 81 0.6 •
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- DEÔ ETALON/'AGEb FEANÇA,
- 1. Nous avons accordé à quelques-uns de nos sujets qui comprenaient le test un petit délai pour terminer tout l’assemblage tandis que Stenquist plus rigoureux les arrêtait après 3 minutes. Notre tolérance a été peu importante en raison du petit nombre de sujets qui en ont bénéficié.
- 2. Stenquist semble avoir été moins net dans l’application des règles de notation. Il dit en effet que l’on peut, à la rigueur se passer des résultats partiels pour noter les sujets, sans se rendre compte semble-t-il, que l’on a pu de ce fait, affecter son étalonnage d’une erreur systématique.
- 3. Stenquist ne donne pas de précision sur le recrutement de ses sujets, ni sur les classes dan lesquelles a été appliquée la variante définitive de son test, ni sur le nombre des sujets par âge. Toutefois il semble avoir choisi ses sujets exclusi-
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- vement dans des écoles primaires. Par contre l’échantillonnage du nôtre a été soigneusement surveillé, mais, volontairement nous avons mêlé à nos effectifs un certain nombre d’enfants des cours professionnels et d’apprentissage en raison de la nécessité d’avoir des groupes aussi nombreux que possible de chaque âge.
- VIII. Graduation du test. — Stenquist indique que les 10 épreuves de son test sont classées par ordre de difficulté croissante. C’est dans cet ordre que le test a été appliqué. Il apparaît que nos résultats ne confirment pas cette manière de voir — du moins en ce qui concerne les sujets français. On se rend compte en effet dans le tableau 6 indiquant la fréquence des résultats par. épreuve et par âge et dans le tableau 7 indiquant la moyenne des points des mêmes catégories ainsi que les écarts étalons, combien la dispersion est forte, malgré la petite modification que nous avons introduite dans la technique d’application. Nous pensons que les différences de points moyens sont assez significatives pour nécessiter un changement dans la graduation des épreuves.
- Le rang des épreuves déterminé par la difficulté reste sensiblement le même pour les âges de 12, 13, 14 et 15 ans. La graduation française pour ces cas pourrait donc être :
- Epreuves. Graduations.
- Française. Américaine.
- Pince à linge.............................. 1 2
- Pince à papier............................. 2 3
- Fermoir de jarretelle...................... 3 6
- Chaîne..................................... 4 4
- Sonnette de vélo........................... 5 5
- Bouchon mécanique.......................... 6 7 -
- Verrou..................................... 7 • 1
- Bouton de sonnette électrique. ... 8 8
- Serrure.................................... 9 9
- Piège à souris............................. 10 10
- Nous ne proposons pas d’adopter pour les âges de 16 ans et au-dessus la même graduation en raison de la différence constatée dans la fréquence des résultats. Rien ne s’oppose d’ailleurs à ce que dans la pratique on adopte deux graduations selon l’âge des sujets.
- (Voir tableaux, pages 150 et 151).
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- Fréquences des divers résultats par épreuve et par âge
- Prés, brut 0 4 à 5 6 à 9 10 Total des points
- Age 42 43 44 lo 16 ad. 42 13 44 45 46 ad. 12 13 4 4 45 46 ad. 42 13 44 45 16 ad. 42 43 44 15 46 ad.
- Test N... 100 143 79 79 75 50 400 143 79 79 75 50 100 143 79 79 75 50 400 443 79 76 75 50 400 443 79 79 75 50
- A 47 43 26 20 6 7 44 46 42 41 44 2 )) )) » T> )) )7 39 54 41 48 58 44 460 620 470 535 635 420
- B 22 22 45 6 4 8 )) 4 » 4 4 4 i) » » » » )) 78 90 64 72 70 44 780 902 640 722 702 442
- C 24 20 43 47 48 43 2 » 3 » » 4 » )) » » t i) 77 93 63 62 57 33 774 930 636 620 570 338
- D 38 44 24 20 46 5 8 4 4 2 6 2 6 3 6 5 7 6 48 62 45 52 46 37 532 648 496 556 544 410
- E 48 45 28 23 20 45 2 9 2 )) 4 » 0 O 6 5 )) 2 45 61 43 54 53 33 489 658 484 540 544 345
- F 48 20 44 45 7 0 43 9 5 6 6 » 30 22 6 44 7 45 39 62 54 47 55 35 656 814 598 570 648 470
- G 40 39 49 24 48 44 44 23 47 3 42 2 3 2 )) 1 )) 2 43 49 43 54 45 35 522 602 505 532 501 377
- H 75 70 44 33 35 7 5 4 3 5 2 4 7 4 5 3 5 5 13 35 27 38 33 37 493 393 345 425 369 404
- I 59 68 39 35 28 40 5 5 3 8 )> » 27 33 22 49 23 21 9 7 15 47 24 49 275 t-S GO <x> 296 347 378 316
- J 84 95 52 49 52 25 2 4 5 » » .) 3 4 4 5 4 4 44 42 48 25 49 24 167 444 224 285 218 238
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- "3
- MOYENNES DE POINTS ÉCART ÉTALON RANG DE DIFFICULTÉ RANG MOYEN de difficulté
- Age 42 43 44 45 46 ad. 42 42 44 15 46 ad. 42 43 44 45 46 ad. 42 43 44
- en entier
- Test N 4 00 443 79 79 75 50 400 443 79 79 75 50 400 413 79 79 75 50 et 45 ans
- A 4.60 5.49 5.95 6.77 8.47 8.40 4.62 4.64 4.54 4.29 3.05 3.53 7 6 7 6 2 2 6.5 7
- B 7.80 7.98 8.40 9.44 9.36 8.24 4.44 4 » 3.92 2.77 2.40 3.77 4 2 4 4 4 3 4.25 4
- C 7.74 8.23 8.05 7 85 7 60 6.76 4.14 3.82 3.88 4.44 4.27 4.54 2 4 2 2 4 8 4.75 2
- D 5.32 5.73 6.28 7.04 6.85 8.20 4.74 4.84 4.54 4.34 4.32 3.09 4 5 5 4 6 4 4.5 4
- E 4.89 5.82 6.09 6.84 7.25 6.90 4 83 4.84 4.66 4.48 4.44 4.57 6 4 6 5 5 7 5.25 O
- F 6.56 7.20 7. 57 7 22 8.24 9.40 3.96 3.95 4.02 4.08 3.42 0.94 3 3 3 3 3 4 3 3
- G 5 22 6 39 6 73 6 68 7 54 4 64 4 47 4 22 4 58 4 28 5 7 4 7 7 6 5 75 6
- H 4.93 3.48 3.99 5.38 4.92 8.08 3.56 4.58 4.66 4.74 4 77 3.55 9 8 8 8 9 O 8.25 8
- I 2.75 2.55 3.75 4.04 5.04 6.32 3.50 3.34 3.98 4 » 4.20 3.63 8 9 9 9 8 9 8.75 9
- J 4.67 4.27 2.84 3.64 2.94 4.76 3.50 3.47 4.23 4.66 4.42 4.82 40 40 40 40 40 40 40 40
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- IX. Cohérence du test. — a) Graduation américaine. — Nous n’avons pu, laute de temps et aussi faute de confiance dans l’égalité de difficulté des séries appliquer aux sujets français des séries 1 et 2 comme des tests parallèles. Dès lors, nous avons dû nous contenter pour établir la cohérence du test, de comparer les épreuves paires et les épreuves impaires et d’établir à l’aide de la formule Spearmann-Brown la cohérence probable pour le test entier.
- Les corrélations pour les divers âges sont indiquées au tableau 8. Elles varient de 63 à 81 pour le test entier, l’âge
- Coéfficients de cohérence du test
- Corrélations entre les questions paires et impaires (dans l’ordre américain)
- AGE N M P n P M i CT i Y P* Rpi cohérence probable du test entier
- 12 100 23.6+9.7 10.5±0 5 25.3±0.9 13.0±0.6 0.68±0.036 U) 0 81+0.026
- 13 113 25.6+0.8 12.4+0.6 27.7±0.8 13.1±0.6 0.51±0.047 0.68± 0.042
- 14 79 28.7±1.0 13.3±0.7 30.2+0.9 12.3±0.6 0.60+0.048 0.75+0.038
- 15 79 31.8±0.9 11.9±0.6 32.5±1.0 13.7+0.7 0.46±0.059 0.63+0.055
- 16 75 32.3±0.8 9.9±0.5 34.8±0.9 11.1+0.6 0.32+0.070 0 485±0080
- adultes 50 38.6+0.97 .10.2±0.7 36.0±1.2 12.8±0.9 0.55X0.066 0.71+0.055
- (1) Les erreurs probables sont puisées dans les tables de Harold A. Edgerton (J. of. appl. Ps XIV‘ 3, 1930, p 29*1-302).
- de 16 ans mis à part en raison de sa cohérence beaucoup plus faible encore que celle des autres groupes: La corrélation aberrante fournie par les sujets de 16 ans s’ajoutant s au fait que nous avons déjà signalé, de l’arrêt ou même de la régression dans la croissance de l’habileté mécanique, se rattache à un problème plus général qu’il n’y a pas lieu d’aborder ici mais sur lequel nous ne manquerons pas de revenir ultérieurement. * *
- b) Graduation française. — La cohérence du lest avec la graduation américaine, c’est-à-dire avec celle que nous avons suivie n’est, donc pas très favorable. Bien que la méthode soit
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- un peu factice nous avons calculé de nouveau la cohérence en nous référant à l’ordre rationnel établi au tableau 8. Cela nous a obligé à recommencer sur ces nouvelles bases les calculs de corrélation des épreuves paires et impaires. Le tableau 9 indique ces dernières corrélations qui sont natu-
- CoefFicients de cohérence des test de stenquist
- Corrélations entre les preuves paires et impaires (après reclassement des épreuves d’après la graduation française)
- AGE N M P <7 P M i <7 i Y P‘ R pi cohérence probable du lest entier
- 12 100 22.0±1.8 18.4+1.2 26.8±1.8 18.6± 1.3 0.72±0.046 0 84+0 022
- 13 113 24.1+0.8 12.5+0.6 28.8+0.8 12.1+0.5 0 64±0.037 0.78±0.028
- 14 79 27.5+0.1 13.0±0.7 31.3±0.9 12.3±0.7 0.68±0.041 0.81+0.029
- 15 79 30.6±0.1 12.8+0.7 33.9±0.9 12 3±0.7 0.53+0.054 0.69+0.0)6
- 16 75 30 9+0.9 11.2+0.6 36.4±0 7 9.1+0 5 0.32+0.070 0.48+0.080
- Tellement un peu plus favorables bien que encore insuffisantes.
- X. De la valeur du test en orientation prof essentielle. — Notre étude réduite à un simple problème d’étalonnage ne nous permet pas d’étendre nos conclusions jusqu’à la recherche de la spécificité de l’habileté mécanique. Toutefois nous croyons pouvoir rappeler ici les travaux de Earle et Ma-crae (1) faits dans des conditions analogues aux nôtres mais en s’orientant davantage vers la recherche de la nature de l’aptitude testée. Ces auteurs ont trouvé dans l’aptitude méca-niyue trois éléments de succès : l’intelligence générale, une aptitude à l’appréciation des formes et l’adressse manuelle. (Tel là un fait important pour l’orientation professionnelle.
- Dès qu’un sujet se montre inférieur dans les tests mentaux Ü y a donc lieu d’essayer un test d’aptitude mécanique car
- (1) F. M. Earle, A. Macrae, et autres. Tests of Mechanical Ability, 3e Rap-1“ P°rt « o/ the natonal institute o/ industrial psycholor/ij », 42 pages, 1930.
- Un compte rendu de cet ouvrage a été donné dans le Bulletin d’orientation
- li
- professionnelle.
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- le sujet peut compenser son manque d’intelligence par les autres aptitudes indiquées plus haut.
- Dans quelque temps il nous sera possible de faire connaître la validité du test.
- A priori, nous pouvons dire quelle ne sera pas nulle. Nous nous basons sur ce fait que l’observation des sujets pendant le test et les résultats numériques obtenus par chacun des sujets ont concordé avec les avis des instituteurs connaissant par ailleurs très bien ces enfants.
- Nous ne pensons donc pas qu’il soit nécessaire d’abandonner ce test à la suite des résultats que nous rapportons plus haut, surtout en l’absence de tests plus favorables.
- Aux âges où l’on doit tenter l’orientation professionnelle, 12 à 15 ans, ce test peut servir, à la fois comme test de développement et comme test d’aptitude. La prudence des orienteurs est appelée sur ce fait.
- Il est hors de doute que les enfants les plus habiles d’une part et les plus maladroits de l’autre se dégagent nettement dans chaque âge.
- Si l’on désire conserver ce test, il y aura lieu d’y apporter les modifications suivantes qui vraisemblablement l’amélioreront beaucoup :
- 1° Substituer aux objets de Stenquist des objets moins habituels et mieux gradués comme difficultés. Il y aurait lieu d’imaginer des tests en rapport avec les conbinaisons mécaniques usuelles sans être les objets usuels eux-même. C’est à une réalisation de cet ordre que nous travaillons actuellement.
- 2° Allonger le test de 5 épreuves. Le temps supplémentaire que demandera l’application sera compensé par l’intérêt qui s’attache à la mesure de l’habileté mécanique en orientation professionnelle. Il faut en effet tenir compte que ce test présente des difficultés cumulées de compréhension mécanique et d’exécution. 1
- 3° Employer exclusivement la notation avec les réussites, partielles.
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- NOTES ET DOCUMENTS
- La famille et l’orientation professionnelle
- D’une interview de M. Albert Bayet, directeur à l’Ecole pratique des Hautes Etudes, sur la question des relations de la famille et de l’école, demandée par le journal L’Action Familiale (mars 1931), nous extrayons le passage ci-dessous relatif à l’O. P. :
- « — Voyez-vous pour les familles d’autres occasions d’intervenir ?
- « — Oui, et d’une manière particulièrement efficace, en ce qui concerne l’orientation professionnelle ; grave problème, et lourd de responsabilités que de dire à un enfant : « Telle voie est fermée, et telle autre est ouverte. » El il serait très délicat et imprudent de remettre cette décision à un seul examen portant sur la constatation des connaissances acquises.
- « Pour guider les enfants, la famille ne doit pas être mise en présence d’un résultat brutal d’examens tels qu’ils sont conçus actuellement ; il faut, au contraire, que les examens ne soient que les sanctions des études faites, et que l’avis des maîtres entre lar-genment dans les éléments qui permettront de prendre une décision.
- « Mais l’avis des maîtres sera utilement éclairé par la collaboration des familles qui prendront le soin d’indiquer, au cours de l’année scolaire, les événements intéressant la santé de l’enfant, les transformations qui ont pu s’opérer dans son caractère, dans ses goûts, les lectures qui auront retenu plus particulièrement son attention, les préoccupations qui se seront davantage imposées à son esprit, les questions ou les hommes qui auront éveillé ses admirations et ses enthousiasmes. Alors, rapprochant ces données, que seule la famille peut fournir, des constatations faites au cours de l’année scolaire, du travail fourni, des notes obtenues, et des connaissances acquises, les maîtres pourront, sans trop grand risque d’erreur, donner à la famille et à l’enfant un avis judicieusement motivé. »
- La critique des examens actuels ne peut qu’être retenue. Mais c’est être bien optimiste que de penser que les maîtres pourront seuls, même avec les renseignements donnés par les familles, assurer des conseils d’O. P, P,
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- Une contribution docimologique du laboratoire d’Angleur
- Nous avons signalé en son temps la fondation, par la municipalité d’Angleur (faubourg de Liège), sur l’initiative de son actif échevin de l’instruction publique René Jadot, d’un laboratoire psychopédagogique appuyé de classés expérimentales. Nous trouvons dans l’intéressant journal Nos Ecoles à Vœuvre, bulletin mensuel des œuvres scolaires d’Angleur (février 1931), la relation d’une recherche dont le laboratoire a pris l’initiative sur la valeur des notations d’examen. Une composition a été faite en 2e et en ëe années, comprenant des problèmes et des questions relatives à la compréhension d’un texte lu. Les copies ont été confiées à quatre correcteurs qui les ont notées de 0 à 10.
- Ces quatre, correcteurs se classent en un certain ordre de sévérité croissante, l’un d’eux se montrant, par rapport à ses collègues, plus indulgent pour le calcul et plus sévère pour l’autre épreuve. Ceci vaut en moyenne, mais avec des divergences irrégulières dans les cas particuliers. Et la dispersion des notes est très inégale ; l’un des correcteurs masse ces notes aux environs de la moyenne, sans donner des notes extrêmes, il se montre donc indulgent pour les faibles, mais il est sévère pour les forts.
- Les divergences individuelles entraînent des classements différents des élèves ; des exemples sont donnés (mais sans calcul des corrélations, malheureusement) : un élève classé 14e par l’un des correcteurs l’est 31e par un autre ; celui qui est classé 23e par l’un, l’est 6e et 14e par les autres. Une deuxième expérience a consisté à faire évaluer sur une échelle (de 1 à 5) la difficulté d’épreuves proposées par les instituteurs des 3e et 4e degrés pour les examens de fin d’année (6e année d’études).
- |0r, pour deux classes similaires, les épreuves furent évaluées d’une difficulté moyenne égale à 4,2 et à 2,15 (huit éducateurs), ce qui montre que les enfants sont soumis, suivant les cas, à des épreuves singulièrement inégales. Et l’appréciation des difficultés a été souvent très différente d’un observateur «à un autre. La conclusion de l’étude est la suivante, aussi pessimiste (pie juste : «Quelle conclusion pratique tirer de tout cela, sinon que /’arbitraire le plus absolu préside au choix comme à la correction des épreuves proposées. Celles-ci n’ont rien d’objectif et il est impossible, en se basant sur elles, de se rendre compte, ni du rendement des classes, ni du rendement d’une méthodologie spéciale. Elles ne permettent pas non plus de juger de la valeur com-
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- parée des élèves, ni de porter un jugement pour l’avenir. Elles ne peuvent enfin servir à renseigner l’instituteur pour son travail ultérieur. » r II. P.
- La comparaison des salaires en 1911 et 1930 dans la région parisienne
- D’après les données de la statistique générale de la France, l’indice moyen des salaires a passé de 100 en 1011 à 891 comme salaire horaire pour un ensemble de 38 professions masculines dans les villes autres que Paris, et de 100 à 1045 comme salaire horaire et 866 comme salaire journalier dans sept professions féminines (repasseuse, couturière, lingère, giletière, dentellière, brodeuse, modiste). Mais pour les différentes professions la variation des salaires ne s’est pas faite au même taux. Voici les valeurs pour 26 professions de la région parisienne :
- MOYENNE DES SALAIRES INDICES octobre 1930 1911 Salaires
- PROFESSION par heure par jour par heure i par jour horaire journal1
- Imprimeur compositeur. . . . 6,60 52,80 0,80 7,20 825 733
- Relieur .. 5,35 42,80 0,60 6,00 892 713
- Tailleur d’habits . . 6,50 52,00 0,75 7,50 866 693
- Tourneur en bois . . 6,75 54,00 0,75 7,50 900 720
- Ebéniste . . 6i.75 54,00 0,90 9,00 750 600
- Scieur de lonq .. 6,25 53,10 — — ' — —
- Charpentier .. 6,25 53,10 1,00 9,00 625 590
- Menuisier 6,25 53,10 0,80 8,00 781 664
- Plombier .. 6,50 55,25 0,95 8,00 812 690
- Forgeron .. 6, 45 51,60 1,60 10,00 645 516
- Serrurier . . 6,50 52,00 0,90 8,00 722 650
- Tourneur en métaux. . . . .. 6,45 51,60 0,825 » 8,25 782 625
- Horloger -— — 0,70 7,00 — —
- Carrier . . 6,50 52,00 0,70 7,00 928 743
- Tailleur de pierres . . 9,25 74,00 1,00 "9,00 925 822
- Maçon. . ’ .. 6,50 52,00 0,95 8,55 684 608
- Terrassier . . 6,25 50,00 0,80 7,60^ 781 658
- Couvreur .. 6,50 55,25 0,95 8,00 684 691
- Peintre en bâtiment 6,50 52,00 0,85 7,25 765 717
- Sculpteur-ornem .. 7,50 60,00 1,20 i—i 0 00 0 625 555
- Briquetier .. 6,50 55,25 — — — —
- ^Vitrier 53,20 0,90 7,65 739 695
- ^Moyenne de l’ensemble. .. .. 6,61 53,76 0,875 » 8,12 774 668
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- Age mental et quotient d’intelligence
- L’étude du niveau de développement permet de réaliser parmi des écoliers d’âges divers des groupes plus homogènes quand on se fonde sur leur âge mental. /
- Mais la considération de l’âge mental est-elle suffisante et n’y a-t-il pas lieu de donner une importance particulière au quotient d’intelligence, rapport de l’âge mental à l’âge chronologique ? Une intéressante étude d’Helen Davidson (1) montre qu’une prévision de capacités d’apprentissage n’est pas exacte quand on la fonde sur le seul âge mental. S’adressant à la capacité d’apprendre à lire et comparant trois groupes d’enfants de même âge mental (4 ans) les uns précoces, les autres normaux, les derniers retardés, elle a constaté que cette capacité est d’autant plus grande que le Q. I. est plus élevé, à même niveau de développement. C’est ainsi qu’après des leçons communes, les enfants de 3 ans (O. I. de 1,33) reconnaissaient dans un texte 129 mots en moyenne, ceux de 4 ans (O. I. de 1), 55 mots, et ceux de 5 ans (Q. I. de 0,80), 40 mots seulement, donc moins du tiers chez les retardés que chez les précoces.
- Il y a là une importante donnée. H. P.
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- * *
- Les tests américains pour employés de bureau
- M. Anderson, de Columbia University, présente la bibliographie de la plupart des tests américains destinés à sélectionner les employés de bureau. Certains de ces tests n’ont pas été complètement mis au point et standardisés. Pourtant l’auteur les a présentés afin de servir à l’illustration d’une méthode ou d’une technique II ne faut pas oublier non plus que tous ces tests ont été conçus pour répondre à certaines conditions bien définies et ne peuvent être utilisés que dans des conditions identiques. (Personnel Journal, 1929, p. 234).
- E. D. Bartlett. — Test de connaissances commerciales, appelé Business Test « Q ». Se compose de 75 questions divisées en 5 catégories : A, B, C, D, E. Les intercorrélations sont les suivantes :
- (1) An experimental Study of bright, average and dull Children at the four year mental level. Genetic Psycliology Monographs, 1931, IX, 3-4.
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- Voici quelques-uns des lests qui nous oui paru les plus dignes
- d’intérêt :
- A................................. 0,80
- B................................. 0,88
- C................................. 0,79
- D................................. 0,83
- E................................. 0,37
- La validité du lest calculé sur 50 sujets se trouve être de 0,79.
- H. E. Burtt. — Test pour l’industrie du caoutchouc. Dix tests
- d’attention, de mémoire, d’association et de vivacité : quatre seulement furent retenus qui sont : Test 2 : Souligner les lettres qui composent des mots sur une page imprimée contenant des lettres sans intervalles ; test 3 : test d’arithmétique ; test 4 : test d’analogie ; test 5 : test de lecture.
- La corrélation entre les résultats obtenus dans ces épreuves et les appréciations des chefs de service, est de 0,56.
- D. G. Paterson. — Test d’employé de fichier pour la Scott Compagnie.
- Test 1 : Six groupes de 5 questions chacun. Durée : 2 minutes.
- Test 2 : Une liste de 39 noms. Un alphabet a été divisé en 7 parties qui portent chacune un nombre ; il s’agit d’écrire les nombres corrects devant chaque nom.
- Test 3 : Disposer des noms dans l’ordre alphabétique. Durée : 3 minutes.
- Test 4 : Il se compose de 9 séries de nombres que l’on doit numéroter de 1 à 6 suivant leur valeur numérique. Durée : 3 minutes.
- Test 5 : Cinq phrases à classer par ordre d’intérêt. Après chacune, on a placé des mots : le sujet doit indiquer celui qui correspond au sens de la phrase. Durée : 3 minutes et demie.
- Test 6 : Six courts paragraphes suivis de 5 questions s'y rapportant. Durée : 3 minutes et demie.
- Sur 43 sujets, on trouva que la validité était de 0.82. L’auteur a aussi calculé la corrélation entre ces épreuves et un test de vivacité mentale ; il a obtenu 0,68.
- L. L. Thurstone. — Un test étalonné pour les employés de bureau.
- E. Une liste comprenant 40 noms propres et 40 noms de villes ; le sujet doit disposer les noms par ordre alphabétique sous les cotes désignées.
- F. Le sujet raye des polices d’assurances suivant des conditions définies.
- G. Résoudre 12 problèmes arithmétique.
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- II. Le sujet doit accorder deux par deux onze proverbes avec onze autres cpii ont le même sens.
- Durée moyenne : 40 minutes.
- Le lest a été étalonné sur 100' employés d’une compagnie d’assurances. La qualité du travail donnait comme corrélation :
- Exactitude dai » le test ............. . 0,50
- llapidité................................ 0.42.
- Instruction............................... 0,47
- Age....................................... 0,35
- 11 semblerait que l’exactitude et la rapidité dans l’épreuve soient plus caractéristiques de l’aptitude à faire un bon employé de bureau que l’instruction et luge (Revue de la Science du travail).
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- Quelques données intéressant l’O. P. d’après les analyses de l’Année psychologique
- IL Dukcker. — Psychologische Untersuchungen ïiber die Àrbeil arn laufenden Bnnd (Recherches psychologiques sur le travail à la chaîne). — Ind. Psychot. V. 7, 1929, p. 214-224.
- Les recherches très suggestives de l’auteur ont porté sur des travaux simples, — additions, tracé au crayon — effectués tantôt au rythme libre, tantôt au rythme imposé, comme dans le travail « à la chaîne » industriel. Dans le premier cas les nombres à additionner apparaissaient dans la fente d’un appareil de présentation, dès que l’opération précédente était terminée ; de même, dans le travail moteur, les trois points à réunir par un trait en « huit » apparaissaient sur une bande roulante après que le tracé précédent eût été terminé. Dans le « travail à la chaîne » le rythme a été régulier et indépendant de la vitesse du sujet.
- Les résultats de ces expériences répétées plusieurs jours de suite (et dont un exposé plus détaillé doit paraître à part) semblent nettement montrer la supériorité du travail « à la chaîne » sur le travail au rythme libre : 1° la quantité du rendement est supérieure de 25 °/0 environ ; 2° les erreurs sont de beaucoup moins fréquentes ; 3° la fatigue subjective fait défaut, le sujet se sent entraîné comme par une force étrangère, alors qu’il .a l’impression d’un effort pénible dans le travail libre ; et objectivement aussi le travail libre semble plus épuisant, car les erreurs s’accumulent vers la fin de la séance et si l’on effectue deux séances le même jour, la deuxième séance (travail au rythme libre) fournit des résultats meilleurs lorsqu’elle a été précédée d’une séance de travail à la chaîne que lorsque la première séance a été occupée par le travail libre. D. W.
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- D. Fischler el I. Ullert. — Contribution à l'étude des tests de mémoire immédiate. — Ar. de Ps., XXI, 83-84, 1929, p. 293-300.
- La recherche a porté sur 530 sujets, 80 adultes, et 50 enfants (25 garçons et 25 filles) de chaque âge, de 7 à 14 ans. Cinq tests ont été étalonnés, dont les résultats sont donnés en quartiles pour les différents âges, qui visent à mesurer la mémoire immédiate des mots, des chiffres, des formes, des images, des objets. Malheureusement les présentations ont été différentes selon les tests et les techniques ne sont pas toujours comparables. Les chiffres obtenus montrent une indépendance à peu près complète des différentes formes de mémoire. La corrélation la plus élevée est, entre les mots et les images, de 0,47 chez les filles, de 0,25 chez les garçons ; on trouve entre les chiffres et les phrases 0,30 chez les filles, 0,13 chez les garçons, toutes les autres sont négligeables absolument, et celles-là sont loin d’être étroites ! Le fait le plus intéressant que ce travail met en relief est l’absence à peu près complète de progrès avec l’àge, de la mémoire immédiate des chiffres. Or on sait que les échelles dites de niveau, emploient fréquemment ce test, pour différencier des niveaux d’âge en fonction du nombre de chiffres retenus. C’est le cas pour l’échelle de Binet-Simon (à laquelle ce reproche fut déjà adressé) et pour celle de Tennan (où ces épreuves ont une importance pondérale plus grande encore). Il semble bien, d’après les quartiles obtenus par F. et U. qu’il s’agisse là beaucoup mieux d’une aptitude, et l’épreuve serait à rejeter complètement des échelles de développement. M. F.
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- V. M. Borowski. — Psychology in lhe U. R. S. S. {La psychologie dans VU. R. S. S.). — J. of. gen. Ps., II, 2-3, 1929, p. 177-184.
- Le centre le plus important est, depuis 1923, l’Institut d’Etat pour la Psychologie Expérimentale, à Moscou. Auparavant, l’Université était favorable à l’introspection pure, ce qui s’accordait mal avec la philosophie soviétique. Quand Kornilov fut nommé directeur du nouvel Institut, il formula les principes suivants : ne regarder le psychique que comme une propriété des systèmes physico-chimiques les plus complexes el n’employer l’introspection que lorsqu’un contrôle objectif est possible ; dans le déterminisme de la conduite humaine, donner la plus grande importance aux facteurs sociaux ; ne pas vouloir tout ramener aux réflexes,
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- les phénomènes complexes, comme tels, ayant des propriétés spéciales. Physiologie et réflexologie étudieront seulement homo sapiens, tandis que la psychologie, avec ses méthodes particulières, considérera aussi le type social.
- L’institut comprend maintenant 4 sections : psychologie générale (Kornilov), pédologie (Rybnikov), zoopsychologie (Borovski), psychotechnique (Spilrein). A Léningrad est l’Institut de Pédagogie Scientifique ; à Kharkov, un Institut Psychoneurologique (Bibliographie russe). G. D.
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- K. C. Garrison. — An Investigation of Some Simple Spced Acti-vities (Une étude de quelques épreuves simples de vitesse). — J. of appl. Ps., XIII, 2, 1929, p. 167-172.
- Voici les corrélations de quelques tests faisant intervenir la rapidité de discrimination ou la rapidité motrice entre eux et avec les tests d’intelligence d’Otis, calculées sur un groupe d’une soixantaine d’étudiants.
- Les tests employés sont les suivants :
- 1. — Rapidité des réponses verbales avec matériel mélangé (objets, couleurs, formes, mots, etc. mélangés sur 6 pages). 2. — Idem sur matériel ordonné. 3. —• Substitution de lettres aux nombres pendant 130 sec. 4. — Barrage des c, i, m et r pendant 100 sec. 5. — Barrage des 4 sur une liste de chiffres pendant 100 sec. G. — Placer des croix (à deux reprises pendant 95 sec. chaque fois). 7. — Distribution de cartes (40 cartes 5 essais de chaque. 8. — Tirage do cartes (40 caries 10 essais de chaque). 9. Test d’Otis.
- TEST 1 2 3 4 5 6 7 8 9
- 1 0.77 0.38 0.10 0.15 0 13 0.20 —0.07 0.28
- 2. ' 0.41 o.-os 0 26 —0 03 0.19 —0.08 0.18
- 3 0.47 0 70 0.19 0.30 0.28 0.01
- 4 0.26 0.21 0.16 0.18 — 0.14
- 5 0.32 0 22 0.09 —0.09
- 6 0.51 0.24 0.01
- 7 0.20 —0.02
- 8 —0.22
- 9
- On remarque que sauf, pour des tests très semblables, ces corrélations sont extrêmement basses. D. W.
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- LES MÉTHODES ÉTRANGÈRES EN O. P.
- La rapidité de mouvement par le tapping-test
- Dans le Journal of the National Instilute oj Industrial Psycho-logy (report 4), F. M. E\rle expose différents moyens d’évaluation de la dextérité manuelle par les tests ; la rapidité du mouvement est appréciée par le tapping-test. (test de frappe) dont il donne la technique. Quelques instructions sont d’ordre général et concernent tous les tests d’habileté manuelle :
- Technique. — L'opérateur doit noter : si le sujet est droitier, gaucher ou ambidextre ; il est préférable d’étudier la main dont il se sert habituellement, mais ne pas varier au cours de 1 expérience ; s’il a pratiqué un instrument de musique, lequel, depuis quand, combien de temps ; s’il a fait de la dactylographie ou quelque travail avant pu développer son habileté manuelle de façon spéciale.
- Le signal « attention » doit être donné une ou deux secondes avant « commencez ».
- Pendant l’épreuve l’opérateur observera les signes de fatigue locale ou générale : tremblement des mains, etc., et notera l’attitude du sujet : calme ou excité par la rapidité du travail. S’il paraît indécis, décourage par une insuffisance de vitesse, ennuyé de la monotonie de ce test, etc.
- Si le sujet paraît n’avoir pas saisi l’idée de rapidité, répéter une ou deux fois « rapidement » sans plus.
- Le temps de l’épreuve, en minutes et secondes, et iés résultats seront inscrits très discrètement.
- Le tapping lest peut être appliqué de différentes façons :
- 1° Frappe de l’index, le poignet étant mobile ;
- 2° Frappe de 4 doigts avec mouvement du poignet.
- Et dans chacun de ces cas, en vue de connaître l’allure habituelle ou la vitesse maximum du sujet
- I — Frappe de l’index, poignet mobile, a l\ vitesse maximum
- Ce test nécessite : l'appareil de tapping. 1 chronomètre, 1 appui-bras. Présenter 1 appareil au sujet comme un dispositif permettant de connaître la vitesse de ses mouvements, chaque frappe étant
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- enregistrée. Démontrer en frappant trois ou quatfe fois avec l’index .
- Faire asseoir le sujet à côté de la table, en plaçant la ligne des épaules en angle droit avec le bord de celte table sur laquelle repose parallèlement l’avant-bras droit, le coude soutenu par l’appui-bras.
- La chaise est à une hauteur telle que le coude étant appuyé, la ligne des épaules demeure horizontale.
- Dire : « Avec votre doigt, celui-ci (montrer), vous allez frapper ici (montrer le levier), aussi vite que vous pourrez. Vous ferez d'abord un essai, attention ! Commencez ! ». Arrêter le sujet après 10 fra| >pes, remettre l’aiguille à 0.
- Puis : « Maintenant, quand je dirai : commencez ! frappez de nouveau, aussi vite que vous pouvez, jusqu’à ce que je dise : halte ! Rappelez-vous, aussi vite que vous pouvez. Attention ! Commencez ! ». Arrêter le sujet après 20 secondes. Noter le nombre de frappes enregistrées.
- Pendant l’épreuve, l’appareil est maintenu immobile.
- Faire observer au sujet qu’il n’est pas utile d’employer une grande force, mais qu’il faut appuyer à fond sur le levier pour que la frappe soit enregistrée.
- Si le test a pour but de connaître l'allure habituelle modifier les instructions qui ne doivent pas suggérer l'idée de rapidité.
- Demander au sujet de frapper régulièrement jusqu'au- temps d’arrêt.
- Voici l’étalonnage de cette forme. Vitesse maximum :
- AGE CENTILES
- GARÇONS 00 7o 50 25 40
- 42.6 .... 431.5 42 i 440 402.5 91
- 13.6.... 426 424 110.5 400 90
- 43.10... 438 426 417 108 97
- FILLES
- 42.6.... 449.5 440 102 97 90
- 43.6.... 430 lit 442 407 98.5
- 43.40... 434 4 19 409 99 91
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- II. — Frappe des 4 doigts, poignet mobile
- Meme matériel et même position que précédemment s’il s’agit de la main droite.
- Dire : « Voulez-vous frapper avec chacun des 4 doigts, comme ceci (montrer les doigts, le pouce étant replié. Frapper eu commençant avec le petit doigt : 4, 3, 2, 1, 4, 3, 2, 1, etc..) Faites-le exactement dans l'ordre et frappez aussi vile que vous pouvez. Essayez pour voir si vous comprenez. Attention ! Commencez ! ». (Permettre deux ou trois essais et s’assurer que l’enfant frappe bien dans l’ordre voulu).
- Puis : « Oua’nd je dirai : Commencez ! frappez de nouveau aussi vite que vous pouvez jusqu’à ce que je vous arrête. Souvenez-vous aussi vite que vous pouvez. Attention ! Commencez ! ».
- Faire cesser au bout de 20 secondes. Noter le nombre de frap-es enregistrées.
- Pour l'allure habituelle, mêmes modifications que précédemment.
- Si le sujet emploie la main gauche, même position dans l’autre sens : rendre invisible pour lui le cadran où les frappes sont inscrites.
- Voici l’étalonnage de la frappe de plusieurs doigts :
- AGE CENTILEg
- GARÇOSS 00 75 50 25 10
- 12.6.... 47.5 40 37 33 30.5
- 13.6 62.5 46 41 37 34-
- 13.10. .. 06 50 44 37 31.5
- FIL LF S
- 12.6 64 52 4o 39 36.5
- 13.6 69.5 54 51 48 42.5
- 13.10.... 68 59.5 52 45.5 40
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- A travers les Revues
- Une étude de E. V. Moore de la Psychologie al Clinic (1930, p. 105) est consacrée aux méthodes objectives dans l’interrogatoire en vue de l’orientation professionnelle, insistant sur les perturbations que peuvent apporter des attitudes variables avec les sujets et la nécessité de rester impersonnel.
- Dans le Journal of the National Institule oj Industrial Psycho-logy, de janvier 1931. se trouvé une étude d’ANcus Macrae sur les résultats obtenus en suivant un groupe de jeunes gens orientés par l'Institut en 1927, dont 59 sur 80 sont bien restés en contact, et dont certains ont suivi les conseils donnés et d’autres non. D’après celle intéressante enquête, il résulte que les prédictions se sont réalisées dans 85 % des cas, ce qui est un résultat très honorable et fort encourageant, les cas dont il s’agit étant en général particulièrement difficiles.
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- Dans le Personnel Journal d’avril 1931, W. R. Miles et TIomer Craig, de l’Université Stanford, relatent les résultats de leurs recherches sur l'acbromaptosie avec les tests d’Ishihara : sur 375 employés de commerce masculins de San Francisco, appelés à manipuler des objets de couleur, ils ont trouvé 27 daltoniens, soit 7,2 °/o. Sur des étudiants, les proportions trouvées ont été de 8,1 % en 1927 (590 examens), dé 8,3 °/<> cn 1928 (696) et de 8,8 °/„ en 1929 (55-i).
- INFORMATIONS
- L’Association française pour le développement technique organise un Congrès international de VEnseignement technique qui se tiendra au Coservatoire National des Arts et Métiers, du 24 au 27 septembre 1931. avec M. IIerriot comme président et M. Henri Gaillard comme commissaire général. M. Lomont, directeur général des ateliers Ecoles de la Chambre de Commerce de Paris est secrétaire général. M. Luc, directeur général adjoint de l’Ensei-
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- gnement technique, rapporteur général, et M. Fontègne, rapporteur général adjoint.
- Les adhésions doivent être adressées au secrétariat général.
- Au programme du Congrès figurent six questions générales : la première est consacrée à l’Orientation professionnelle, et la dernière au rôle du cinéma dans l’orientation professionnelle, l’apprentissage et l’enseignement technique.
- Succédant au regretté Lord Balfour, c’est le Vicomte d àbërnon, ancien ambassadeur d’Angleterre à Berlin qui préside le Conseil de 1 Institut national de Psychologie industrielle de Londres. Il avait déjà, en 1928, au Congrès annuel de cet Institut, prononcé un intéressant discours sur le choix d’une carrière.
- 11 s’est fondé en Pologne une Société scientifique de pédagogie dont le but est d’organiser et d'encourager les recherches scientifiques concernant les problèmes de pédagogie en général, et ceux de l’éducation polonaise en particulier.
- Elle édite un bulletin international dont le premier numéro vient de paraître et où l’on peut relever entre autres études celle de Ilelena Radomska-Strzemecka, sur le test de définition où l’auteur expose tour à tour : la description des expériences, la classification la plus générale des définitions données par les enfants au point de vue de la forme, les formes de la définition par rapport à la catégorie des mots à définir, les différences et caractéristiques dans la définition, les corrélations de la définition, et l'évolution des idées chez les enfants.
- La Vie de l’Amicale
- Dans sa réunion du 15 avril, le Comité directeur a pris connaissance des résultats de l’enquête menée auprès des élèves diplômés. Les résultats confirment nettement les affirmations du bureau à M. le Sous-Secrétaire d’Etat à l’Enseignement technique.
- Le Comité directeur a fixé les grandes lignes de la lettre qui sera adressée à M. Pomaret au nom de l’Association. ^
- La séance de travail du 15 mai a été consacrée à une conférence de M. Dumontier dont nous donnerons un bref compte-rendu dans le prochain numéro.
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- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- Livres entrés dans le 1er trimestre 1931 à la Bibliothèque de l’I. N. O.P.
- Klemm otto et Fiedler Ivurt : Aus der Praxis der Berufsbera-tung. — 1930, Leipzig.
- Fr. Gemelli : Recherches expérimentales sur la forme des mouvements volontaires. — 1930, Milan.
- Bragdon D. IIei.en : Counseling the College Student. — Harvard University Press. — 1929, Cambridge.
- Maverick Lewis Adams : The vocational guidance of College Students. — Harvard University Press. — 1929, Cambridge.
- GowiN Enoch Burton, Wheatley William Alonzo et Brewer M. John. — Occupations. — Ginn et G0, Boston, New-York, etc.
- Mouvet E. : Orientation professionnelle des jeunes gens et enfants. — 1930, Paris et Bruxelles, 2e édition.
- Baijgmarien Fr., trad. Mvrcel Thiers : Les examens d'aptitude professionnelle. — Dunod, 1931, Paris.
- Arthur Grâce Pu. D. : A point seule of performance tests. — The Commonwealth Fund Division of Publications, New-York.
- E. Ivretschmer : La Structure du corps et le caractère. — Payot 1930, Paris.
- Dr C. Jesinghaus : La orieritacion Hacia la carrera de la Medi-cina. — Instiluto de Psicotecnica y • de orientacion profesional. 1930, Buenos-Aires.
- Dr F. C. Smith : Vocational Education and guidance, 1930.
- Dr Schulz, Walther : Die Wohlfahrtspflege in der Rheinpro-vinz 1929. — Dusseldorf.
- Adams Elizabeth, Kemper, Pii. D. — Women professional wor-hers. — The Mac Millam C° 1930, New-York.
- Verl A. Teeter, M. A. : A Syllabus on Vocational guidance. — The Mac Millan C°, 1930. — New-York.
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- 3' Année
- N° 6
- Juin 1931
- BULLETIN
- DE
- Nnstitut National d’Orientation Professionnelle
- ------K>H>-<---
- IMPORTANCE MORALE ET SOCIALE
- DE L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- par M. LUC.(l)
- Mesdames,
- Messieurs,
- J’ai l’intention d’aborder un sujet qui est immense, comme vous allez vous en rendre compte : c’est l’importance morale et sociale de l’orientation professionnelle.
- Ceux qui sont venus l’autre jour au Conservatoire des Arts et Métiers se souviennent peut-être que j’ai parlé de l’importance économique de l’orientation professionnelle, et que j’ai dit ce jour-là que ce n’était qu’un des aspects du problème. Ce problème, selon moi, peut-être envisagé sous deux aspects différents : l’aspect économique et l’aspect éthique et moral.
- C’est donc le second de ces aspects que je me propose d’envisager aujourd’hui.
- Il est assez difficile de définir la morale, mais je crois que, en gros, c’est le problème des fins. Mon avis, qui sera certainement le vôtre, est qu’il est au moins aussi important que celui des intérêts.
- Je m’accroche toujours à Pascal, sans doute parce qu’il est très solide, et je le ferai encore cette fois. Dans les Pensées je lis ceci : « C’est une chose déplorable de voir tous les hommes ne délibérer que des moyens et point de la fin, etc. »
- Je crois que Pascal a raison. Je crois que c’est une chose en effet déplorable que voir les hommes délibérer tant des moyens et si peu des fins. C’est donc des fins que nous allons essayer de délibérer ensemble.
- (1) Extrait de la conférence de M. Luc, prononcée à l’Institut d’Orientation Professionnelle, le 22 février 1931.
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- Première proposition que j’avance et vais essayer de prouver. C’est que l'orientation professionnelle, le choix raisonné d’un métier, est un devoir.
- Je crois que c’est un principe excellent que le principe des stoïciens qui dit qu’on a le devoir de se réaliser soi-même, c’est-à-dire le devoir d’être pleinement soi. Chacun d’entre nous réalise un certain ty pe, a des tendances, des aptitudes ; un des principes fondamentaux de la morale individuelle, c’est de réaliser ce but là, d’être pleinement le type d’homme «qu’on est, à condition que ce type d’homme soit bon, bien entendu. Il me semble qu’il y a dans la doctrine individuelle — un des noms de la doctrine stoïque — quelque chose d’irréfutable : faire des hommes.
- Or, cette réalisation de soi peut avoir lieu de différentes manières.
- On peut se faire de soi une idée excessive.
- On peut s’imaginer qu’on est une admirable statue, plus grande que nature.
- Mais en relevant cette forme de la réalisation de soi dont je parle, je pense aux dangers. On les voit tout de suite. C’est que quand on veut se grandir sans en avoir les qualités, on assume des responsabilités qu’on n’est guère en état de garder.
- Combien de braves garçons, capables de petites choses, avaient fait des études de médecine qui, se trouvant brusquement devant le malade, le carnet à la main, cherche désespérément dans son cerveau les leçons du maître, ce qu’il faut dire, faire. Elle est terrible la situation du médecin qui n’a pas une profonde instruction, qui n’a pas fait de solides études, qui, surtout, n’est pas l’homme du métier. A vouloir plus qu’on ne vaut, on assume des responsabilités qu’on ne peut pas tenir.
- C’est une profession très difficile, et on est vite inquiet d’être un mauvais médecin. Quand on a une conscience professionnelle ce doit être très inquiétant.d’être mauvais avocat, très inquiétant d’être mauvais professeur.
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- On peut se réaliser en dessous de soi.
- C’est également un grand mal.
- Le manque d’ambition, cela prend de jolies formes : la modestie. Ou bien les disciples d’Epicure : la vie tranquille, douillette, un petit mur derrière lequel on se met à l’abri, être le moins possible en vue, afin de ne pas courir de dangers, afin de ne pas faire de mal, afin, surtout, de ne pas recevoir de mal, la recherche de la sécurité qui fait que tant de gens, au début, de la vie, se disent : j’aurai une retraite, j’aurai, pendant chaque année de ma vie, deux mois de vacances, j’aurai fait tranquillement ma vie.
- Je crois vraiment que c’est décidément un défaut que de vouloir se « minimaliser » quand on a des ailes faites pour un vol plus haut que celui que l’expérience de la famille, la prudence, tendent à nous enseigner. C’est à ce propos qu’il faut nous rappeler la parole terrible : « Celui qui se fait ver peut-il se plaindre d’être écrasé ? » Quand on a choisi ces destinées médiocres, quand la cage est étroite, si on en souffre, il faut se rappeler qu’on est responsable.
- Voilà deux défauts extrêmes. Les anciens disent que la vertu est dans un juste milieu. C’est le moment de l’appliquer. La vertu consiste à n’être ni au-dessus, ni au-dessous de ce qu’on peut être, mais elle consiste à être ce qu’on doit être. On se le doit à soi-même, pour son bonheur, car si les gens sont inquiets, malades quand on leur demande un effort trop grand, on est également malheureux quand on n’est pas à même de donner tout ce qu’on peut donner. On est seulement heureux quand on est à sa place.
- C’est une question morale, car c’est bien de faire tout son devoir, -car ce n’est pas simplement pour soi qu’on travaille, mais aussi pour les autres.
- Voilà pour le principe : le choix du métier est un devoir.
- Maintenant les conséquences de ce principe.
- Première conséquence individuelle. Si on veut être l’homme de son métier, il faut commencer par se connaître. Le premier devoir moral qu’implique l’orientation professionnelle, c’est le devoir de la connaissance de soi-même. Vous n’igno-
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- rez pas l’historique de l’idée : doctrine grecque, vieille maxime inscrite sur le temple de Delphes ; examen de conscience religieux, puis actuellement : le freudisme, l’idée qu’on ne se connaît jamais complètement, qu’on ne connaît guère que l’écorce, mais qu’il y a un fond bien trouble, des choses très laides qu’il faut faire sortir.
- Cette nécessité de la connaissance de soi existe au point de vue physique. Il faut donc apprendre à l’enfant à se connaître physiquement.
- Si les gens se connaissaient mieux, s’ils prenaient de leur étal physique une connaissance plus grande, l’éducation physique aurait un sens, le redressement des tares et des défauts, qu’elle doit être. Nous aurions tous à y gagner.
- 11 ne s’agit pas seulement de déterminer son état général, mais aussi ses dispositions, son adresse. Je vous recommande à ce sujet l’admirable analyse de l’adresse et la maladresse de l’enfant par le Dr Wallon, de la Sorbonne, dont les travaux me paraissent définitifs.
- Nécessité de se connaître également au point de vue intellectuel. Vous me direz que c’est fait, que la vie scolaire nous révèle nos aptitudes. Je n’en suis pas convaincu. J’ai enseigné pendant longtemps, pour mon bonheur, et j’enseigne encore, puisque ce soir j’ai la prétention de vous faire un cours, eh bien j’ai l’impression que la vie scolaire ne nous révèle pas à nous-mêmes. Noire scolarité n’a pas tenu compte du tout de la notion d’aptitudes. Ce que nous pouvons n’a pas assez préoccupé nos maîtres. Quand nous faisons faire un exercice de mémoire aux enfants, avons-nous dans l’esprit l’Idée de mesurer la mémoire de l’enfant ? Nous appliquons-nous à mesurer leur jugement, leur bon sens ?
- On peut dire que la vie scolaire, faute d’une orientation plus nette dans ce sens-là, ne fait vraiment pas bien connaître les aptitudes des enfants. C’est grand dommage. Il faut essayer de les connaître, le métier exige que l’on témoigne d’aptitudes intellectuelles vraies. L’ouvrier devant la machine n’a pas besoin d’imaginalion, mais de précision, de bon sens. Il faut développer ces qualités, qu’il y ait un écart moins grand entre la culture scolaire et les exigences du métier.
- Enfin, il faut se connaître au point de vue moral.
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- Le métier met en œuvre le corps, l’intelligence et aussi le caractère, c’est-à-dire les aptitudes morales. J’ai parlé des médecins, des avocats, des professeurs, j’ai donné des exemples. Toiit cela se résume d’un mot : la conscience professionnelle : ensemble de qualités très difficiles à discerner, à acquérir, à maintenir. J’ai dit et je répète que, bien que je ne sois pas tenté de louer exagérément les Anglo-Saxons, ni de souscrire à ce mot « A quoi tient la supériorité des Anglo-Saxons », il y a chez eux une éducation dont nous devrions nous inspirer, l’éducation qui met l’accent sur les qualités de caractère. Cet accent est bon.
- Il suffit d’être ouvrier, d’être homme pour se rendre compte que la trame de la vie tient aux qualités de caractère. Il y a des moments de découragement, et si on ne recommence pas son travail le lendemain, du même cœur, on n’est pas un homme. Donc c’est la volonté, c’est le caractère qu’il faut éduquer.
- Deuxième conséquence individuelle.
- Il faut penser au métier.
- L’orientation professionnelle consiste à choisir un métier, avant de le choisir, il faut y penser. A partir de quand ? Le plus tôt possible. En d’autres termes, je suis partisan de la pré-orientation. Dès l’école primaire, il faut se préoccuper du métier. Je le rappelle à ceux qui sont un peu troublés par cette tache d’huile qui s’appliquerait à l’école primaire : à l’étranger on est moins timide : dans la Constitution de Weimar l’école primaire allemande est devenue l’Arbcits-chule, c’est-à-dire d’orientation vers le travail.
- On admet très bien que l’école primaire, si elle a pour but de donner à tout citoyen cette base de connaissances rudimentaires indispensables, son véritable but c’est de donner à des milliers d’enfants qui ont autre chose à faire que de poursuivre des études désintéressées des notions pratiques. Elle doit préparer la vie professionnelle, rappeler aux enfants qu’on doit travailler, que le travail s’impose à tout le monde. Ce point, de vue pragmatique, autoritaire, introduit dans l’éducation rendrait grand service aux éducateurs eux-mêmes. A l’école on s’abstient trop souvent de juger. On poursuit un
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- idéal de connaissances, qui me paraît d’abord inaccessible, et ensuite pas bon.
- Je crois que, dès l’école primaire, on doit penser au métier, à la vie professionnelle et cette méthode active compléterait singulièrement cette réforme de l’école primaire dans laquelle on s’est engagé, précisément en substituant les méthodes actives aux méthodes passives.
- Si l’on donnait à l’école normale au cours d’économie sociale comme, objet l’étude des métiers, l’orientation professionnelle, les candidats instituteurs l’étudieraient avec beaucoup de profit et ce cours aurait pour eux un intérêt qu’il n’a pas actuellement.
- Troisième conséquence.
- Nécessité du choix, c’est-à-dire de l’orientation professionnelle.
- La difficulté c’est le problème de la vocation. Il y a une opinion latente qu’on trouve chez certaines personnes qui ont poussé l’optimisme un peu loin : « Les vocations sont tellement nombreuses et précises qu’il suffirait d’y faire appel pour que le problème de l'orientation professionnelle fut résolu. »
- Mais il n’en est rien. Rien n’est plus rare que les vocations professionnelles, être appelé vers une fonction déterminée, en avoir à la fois le goût et les aptitudes. C’est quelquefois vrai, mais prodigieusement rare, et n’existe que pour quelques professions exceptionnellement rares.
- Donc se fier à la vocation et croire que la vocation permette de résoudre les problèmes d’orientation professionnelle est une illusion. La vocation, très souvent, est rare, tardive, ce n’est pas sur elle que l’on peut compter.
- Mais sur quoi compter ? Sur les aptitudes, les aptitudes professionnelles qui permettent d’exercer facilement tel ou tel métier. Cela suppose que l’analyse des métiers, du point de vue des aptitudes, est faite. Or, elle n’est pas comimencée. On s’est aperçu qu’il fallait la faire ; on a commencé un travail d’enquête en Allemagne, en France, un peu partout.
- Une indication des services que peut rendre cette analyse
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- est fournie par un très intéressant article, dont je vous recommande la lecture, paru dans le Bulletin d'Orientation professionnelle, n° 3, 2e année r « Les qualités des défauts et les aptitudes professionnelles », certaines déficiences peuvent fournir des indications, un enfant sourd supportera le bruit de certains ateliers, une intelligence lente, sans imagination, s’accomodera parfaitement d’une occupation monotone.
- Mais je crois que pratiquement le véritable essai de vocation et, des aptitudes c’est encore et surtout l’exercice du métier qui le fournit. En d’autres termes, l’orientation professionnelle ne peut guère être dissociée du pré-apprentissage. Dans l’état actuel des choses, le mieux est de mettre l’enfant en face des outils de ce métier et, graduellement, lui faire exécuter les gestes élémentaires du métier.
- Avant essayé de savoir qui on est à tous les points de vue, ayant pensé au métier, dès l’école, s’étant efforcé de le choisir d’une manière raisonnable, on doit être pénétré d’une morale professionnelle et qui se résume dans les mots très simples, déjà indiquée dans ce terme de « conscience professionnelle. »
- Les aptitudes requises pour le personnel de la fabrication
- dans les usines de matières colorantes
- Par MM. H. LAUGIER et R. BONNARDEL
- Le personnel de la fabrication peut être réparti de la manière suivante :
- 1° Conducteurs d’appareils ;
- 2° Ouvriers demi-spécialisés ;
- 3° Chauffeurs de four ;
- 4° Manœuvres (aides des conducteurs d’appareils, ouvriers du broyage) ;
- 5° Manœuvres forts (manutention) ;
- 6° Manœuvres travaillant des produits dangereux ;
- 7° Ouvriers emballeurs.
- Conducteurs d'appareils
- Le travail des conducteurs d’appareils peut être schématisé ainsi : Etant données des consignes préalablement reçues, conduire les réactions chimiques par la manœuvre de diverses vannes (chauf-
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- fage, arrivée et sortie des différents produits) en se basant sur les indications fournies par des thermomètres et des manomètres.
- C’est là un poste très important dans l’usine. D’une part, en effet, de lui dépend la qualité et la quantité de la production ; d’autre part les corps entrant en réaction étant ou explosifs, ou inflammables, ou toxiques, la moindre défaillance dans l’activité professionnelle de ces ouvriers peut déclancher de graves accidents.
- Aptitudes psycho-physiologiques nécessaires pour cet emploi 1° Aptitudes psychiques :
- Une certaine compréhension pratique est nécessaire pour saisir les ordres donnés et adapter ses réactions aux indications des appareils de mesure.
- Le conducteur d’appareils ne doit pas être sujet aux distractions ; il doit être capable d’attention soutenue et distribuée ; soutenue, parce qu’a aucun moment il ne doit perdre de vue la marche de la réaction chimique qu’il conduit, et celle-ci dure pendant des heures ; distribuée, c’est-à-dire répartie entre les différentes observations et les manœuvres en résultant. Cette fonction nécessite de la présence d’esprit pour répondre par le geste approprié à tout événement même imprévu. Notons en passant que la rapidité de la réponse n’est ici nullement indispensable, l’ouvrier disposant dans la plupart des cas de quelques minutes pour réagir. Nous verrons plus loin que cette rapidité serait plutôt une contre indication. Ce qui importe ici c’est l’adaptation et la constance de la réponse. Le conducteur d’appareil doit posséder un tempérament calme, pas émotif, ce ne doit pas être un nerveux. Il doit en effet conserver son sang-froid quand les réactions chimiques sont irrégulières, qu’il y a menace d’accident, de prendre les mesures propres à les éviter ou à les circonscrire. L’ouvrier doit suivre ponctuellement les ordres donnés, à cette seule condition le rendement le meilleur sera atteint, il devra donc avoir un caractère docile. Cette docilité est d’autre part indispensable pour qu’en cas de phénomènes anormaux le conducteur mette son chef au courant qui seul souvent pourra faire prendre les précautions efficaces ou les mesures utiles. Ce point particulier trouve sa justification dans l’étude des accidents survenus dans les usines de matières colorantes. Signalons enfin que le travail de conducteur est monotone, l’ouvrier reste le plus souvent peu actif devant son appareil ; le candidat à ce poste doit posséder une bonne résistance à la monotonie du travail.
- Remarquons que cette analyse nous permet d’éliminer des ouvriers que, à première vue, on aurait été tenté d’orienter vers cette
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- fonction. Parmi les hommes qui se présentent à l'embauchage, en voit-on un vif, débrouillard, particulièrement intelligent, on envisagerait volontiers d’en faire un conducteur d’appareils. Ces qualités cependant, comme notre analyse nous le montre ne sont pas indispensables. De plus elles pourraient même contre indiquer dans une certaine mesure l’orientation si l’on tient compte des difficultés qui existent de trouver réunies chez un même individu à la fois ces qualités et celles qu’on doit exiger des conducteurs d’appareils.
- Nous savons, par exemple, qu’un homme vif ne possède pas en général un tempérament calme et que, s’il peut faire preuve momentanément d’attention concentrée, il lui est difficile de la soutenir pendant une période de temps assez longue. Or tempérament calme, attention soutenue sont deux qualités maîtresses du conducteur d’appareil ; un homme particulièrement vif ne devra pas de prime abord être orienté vers cette voie.
- Autre exemple : un sujet débrouillard ne possédera pas la docilité nécessaire. Il cherchera à se placer dans les conditions qui rendront son travail le plus facile et non dans celles qui lui sont dictées pour obtenir un rendement maximum. Il sera amené à faire usage, pour régir son activité professionnelle, d’une initiative qui pourrait être féconde dans un autre poste, mais qui, ici pourrait être dans certain cas particulièrement dangereuse.
- Dernier exemple : nous savons que d’ordinaire plus un individu est intelligent et moins il est capable d’effectuer un travail monotone. Plus le conducteur sera intelligent, plus son travail qui est monotone lui pèsera et moins il sera susceptible de fixer une attention soutenue sur cette activité dénuée, pour lui, d’intérêt.
- Ceci nous montre qu’on ne devrait pas se laisser obnubiler dans le choix des conducteurs par des aptitudes très nobles certes, mais pour le moins inutiles, et qu’on doit se préoccuper essentiellement de qualités plus modestes mais indispensables que nous résumerons ainsi : une certaine compréhension pratique une attention soutenue et distribuée, de la présence d’esprit, un tempérament calme, inémotif, un caractère docile, une bonne résistance à la monotonie du travail. Telles sont les aptitudes psychiques qu’on doit demander aux conducteurs d’appareils.
- 2° Aptitudes physiologiques.
- Ces ouvriers travaillant des produits souvent toxiques doivent posséder un foie normal, capable, par sa fonction antitoxique, de préserver l’organisme et particulièrement les globules sanguins et le système nerveux de l’action destructive des poisons ; des ëmonctoires en bon état : poumons intacts, reins perméables, peau ni érythémateuse ni dyshydrotique.
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- Le travail des conducteurs d’appareils s’effectuant debout, est contre-indiqué aux porteurs de varices. 11 ne demande pas d’habileté digito-manuelle, aucune force, mais seulement l’intégrité de tous les mouvements.
- On devra éloigner de ce poste tout alcoolique et ceci pour trois raisons : d’abord pour le danger d’ivresse pendant le travail, puis pour l’atteinte constante du foie chez ces individus et la fréquence des troubles moteurs ; enfin pour ce renforcement particulier de l’effet toxique des matières organiques sur les sujets éthyliques. Enfin, point essentiel, devront être éloignés de ces postes non seulement tous les sujets atteints de troubles mentaux ou de maladies nerveuses confirmées (tabes, paralysie générale, sclérose en plaques, épilepsie), mais aussi les sujets ayant des troubles légers du comportement mental et des perturbations neuromotrices (tremblements, troubles de l’équilibre et des réflexes).
- 3° Aptitudes sensorielles.
- La lecture des thermomètres demande une bonne vision. Aucune indication spéciale pour l’audition . Quant à l’appareil labyrinthique l’équilibration doit être normale, le sujet ne doit pas présenter de vertiges. En outre, il faut signaler que les différents postes de conducteurs d’appareils ne sont pas absolument semblables.
- En effet, certains postes commandent des réactions dangereuses dans lesquelles la moindre défaillance du conducteur peut provoquer de graves accidents (par exemple travail des produits nitrés) d’autres au contraire ne peuvent entraîner aucun désordre grave (fabrication des azoïques).
- Les différentes fabrications comportent des dangers d’intoxication très variables : grandes par exemple avec les produits chlor-nitrés, nulles avec les azoïques où les réactions se font à basse température et par conséquent où l’évaporation des produits est très faible.
- Dans toutes les fabrications, l’exactitude avec laquelle les ordres sont suivis influe sur le rendement. Mais il est des réactions dans lesquelles les écarts interviennent beaucoup plus que dans d’autres. Une différence de quelques degrés modifie grandement, par exemple, le rendement des colorants azotiques.
- Enfin tandis que la plupart des conducteurs n’ont la direction que d’un seul appareil, il en est un petit nombre qui en dirige plusieurs.
- Nous pouvons donc répartir les conducteurs de la manière suivante :
- Conducteurs de réactions dangereuses.
- Conducteurs de réactions toxiques.
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- Conducteurs de réactions demandant le plus de précision.
- Conducteurs de plusieurs appareils.
- Tous doivent posséder un système nerveux intégralement intact et un comportement mental normal. Mais de plus pour le conducteur de réactions dangereuses il faudra exiger un tempérament calme, inémotif, un caractère docile, de la présence d’esprit, une attention soutenue. Pour le conducteur de réactions toxiques il faudra insister surtout sur les aptitudes physiologiques : intégrité du système de défense contre les intoxications. Pour les réactions demandant à être conduites avec précisions on devra appuyer sur-la compréhension pratique, sur l’attention soutenue et l’exactitude des réponses du sujet.
- Pour les conducteurs de plusieurs appareils, c’est surtout sur la répartition, la distribution de l’attention qu’on insistera.
- L’emploi de conducteur d’appareil est le plus important. Passons maintenant en revue les autres postes.
- Les chauffeurs de four
- Leur travail consiste à introduire les produits dans le four, les déplacer en temps voulu à l’aide d’un ringard à l’intérieur du four, puis quand la réaction est terminée : détourner. C’est un travail qui exige une certaine force. Il faut toutefois noter qu’il comporte de longues pauses commandées par le temps d’accomplissement des réactions chimiques. Ce poste n’exige guère d’aptitudes spéciales. Au point de vue psychique : la compréhension des ordres reçus. Au point de vue physiologique : une force moyenne, des systèmes cardio-vasculaires et respiratoires normaux.
- Les ouvriers demi spécialisés
- Ce sont eux qui préparent les charges, traitent les eaux résiduelles. On peut les considérer comme des bons manœuvres.
- Les manœuvres
- Peuvent être répartis en trois groupes : les manœuvres ordinaires, les manœuvres forts et les manœuvres maniant des produits dangereux.
- Pour les manœuvres ordinaires (aides des conducteurs d’appareil : ouvriers des filtres presse, broyeurs, etc.) nous n’aurons à signaler que les contre-indications physiologiques notées précédemment pour les ouvriers les plus exposés aux produits toxiques.
- Pour les manœuvres forts, en dehors d’un système puissant musculaire, nous indiquerons des poumons, un cœur et des vaisseaux normaux. Ni varices, ni hernie.
- Pour les manœuvres maniant des produits dangereux (benzine, alcool, acide picrique, chlore, chlore nitrés, gaz comprimés, phos-
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- gène, etc.) ou travaillant à des soutirages dans lesquels existent de tels produits (soutirage du naphtonate par exemple) il faudra se rendre compte qu’ils sont capables de fournir l’attention soutenue qu’exige leur travail et qu’ils ne sont porteurs d’aucune tare neurologique ou mentale).
- Les emballeurs
- Particulièrement ceux qui mettent les colorants en boîtes, les empaquettent et leur collent les étiquettes, doivent être recrutés principalement pour leur vivacité et leur habileté digito-manuelle.
- (Travail du laboratoire de Physiologie du Travail du Conservatoire national des arts et métiers.)
- NOTES ET DOCUMENTS
- La surdité professionnelle
- On sait, en particulier d’après les travaux d’HABERMANN (Archiv für Ohrenheilhunde, XXX 1890 et LXIX, 1906) que les ouvriers longtemps exposés à une vie professionnelle dans un milieu bruyant présentent une surdité qui est la conséquence d’une véritable traumatisation de l’oreille interne. C’est ainsi que l’autopsie initiale d’un chaudronnier de 75 ans, présentant une surdité prononcée, avec disparition complète de P audition des sons élevés montra une disparition totale de l’organe de Corti et de la membrane basilaire dans le premier tour de spire et des lésions moins accentuées de la région haute du limaçon.
- Un examen ultérieur de 107 cas avec 10 autopsies permit à Habermann de compléter l’observation initiale : les lésions de l’organe de Corti et des éléments nerveux se rencontrent surtout à l’union du 1er et du 2e tour de spire ; la limite supérieure des sons est abaissée et la limite inférieure élevée, l’échelle étant restreinte et l’acuité très diminuée dans la région conservée.
- Depuis lors, des expériences sur les animaux ont montré qu’en soumettant un organe auditif à un son intense et prolongé d’une certaine hauteur, on provoquait la surdité pour ce son seul, avec une lésion corrélative de l’appareil récepteur dans la région affectée à la réception du son. Récemment, Guns et Heymann, du laboratoire de physiologie des organes des sens de l’Université de Louvain, ont étudié des ouvriers d’un atelier de chaudronnerie. (A propos de surdité professionnelle. Annales des maladies de l’oreille, XLIX, 1930, p. 386-384) et ont constaté un abaissement notable de la limite supérieure d’audition chez tous ceux qui étaient dans cet
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- atelier depuis de longues années. La surdité, très prononcée pour les sons élevés et aussi pour les sons bas (ce qui indiquerait une atteinte de l’appareil de transmission suivant les conceptions oto-logiques courantes), est heureusement le moins marquée pour la zone de hauteur des sons du langage.
- Une combinaison d’expériences et d’observations cliniques, a permis à Losanov de vérifier la validité des conclusions tirées d’études jusqu’ici parallèles et indépendantes. (On the professio-nal traumatisation of the ear of industrial workers, Acto olo-larygo-logica, XIV, 1930, p. 393-438.)
- Il a placé des lapins pendant 5 mois dans une clouterie aux heures de travail ; au bout de ce temps il a constaté la destruction complète de l’organe de Corti dans la spire médiane du limaçon.
- En donnant des jours de repos à l’animal, les lésions étaient notablement moindres. Au contraire, lorsqu’on obligeait les ani-t maux, par obturation nasale, à respirer par la bouche, les altéra/ tions étaient nettement accélérées.
- Après 5 mois de repos, les destructions n’étaient pas réparées (malgré quelques régénérations nerveuses) et la surdité corrélative paraissait bien définitive. Cliniquement on observe aussi que les atteintes auditives sont plus marquées chez les ouvriers ayant des défauts des voies nasales lès obligeant à respirer par la bouche.
- De ces données, plusieurs conclusions peuvent se dégager : la première c’est qu’il y a intérêt à diriger vers les ateliers de chaudronnerie ou clouterie les enfants ayant déjà une atteinte auditive (surtout pour la région haute de l’échelle des sons) ; la seconde c’est qu’il ne faut pas envoyer dans ces ateliers des enfants ayant une obturation nasale avec une bonne audition ; la troisième c’est qu’il faut étudier dans de tels ateliers une organisation protectrice, par obturation du conduit auditif, par interposition d’écrans absorbant les bruits, ‘par institution de repos, etc.
- Il y a là un important problème professionnel. H. P.
- Les chances de chômage des métiers
- Dans l’évaluation des salaires, et en l’absence d’assurance contre le chômage, les probabilités de non-emploi doivent être envisagées dans les renseignements relatifs aux métiers que doit réunir un conseiller d’orientation.
- C’est à ce titre que dans une étude de YAusiralasion Journal of Psychol’ogy (1931, p. 681), un économiste de Sydney, Ronald Walker, publie le tableau ci-dessous, donnant le pourcentage moyen d’ouvriers sans emploi dans différentes branches profes-
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- sionnelles en Australie pendant une période de 15 années (1913-
- 1928) :
- Métiers du bois............................ 6,3
- Métiers du métal........................... 8,5
- Alimentation, tabac....................... 10,5
- Vêtements. . .............................. 5.4
- Imprimerie, livres......................... 2,8
- Manufactures diverses...................... 9,7
- Bâtiment................................... 6,7
- Mines et carrières......................... 9,8
- Transport.................................. 4,4
- Dans l’ensemble............... 7,8
- Des statistiques plus détaillées et de caractère non plus même national, mais régional, seraient utilement fournies aux conseillers d’orientation par les offices de placement et de main-d’œuvre. avec une courbe de variations permettant peut être certaines prédictions d’avenir. P.
- Le problème du rôle de la puberté dans la vocation
- On a constaté que l’apparition de la puberté — facile à noter surtout chez les filles en raison de l’apparition des règles — avait une influence notable sur les jeux préférés, dont certains sont abandonnés juste à ce moment.
- Lehman et Witty qui ont étudié déjà cette influence de la puberté, se sont préoccupés récemment de celle qui s’exerce sur les goûts d’après les préférences professionnelles indiquées quand on demande aux enfants ou adolescents ce qu’ils veulent devenir (1).
- Ils n’ont pas, toutefois mis en relation individuellement les changements de goûts avec la maturation physiologique sexuelle ; mais ils ont mis en rapport les variations de fréquence de certains choix, entre 11 et 18 ans avec les proportions moyennes <de pubères à ces différents âges.
- Par exemple, d’après des données d’AnuNSON sur 6875 cas, à 12 ans il y a 3 0/00 de fdles pubères, 185 à 13 ans, 580 à 14 ans, 894 à 15 ans, 987 à 16 ans, toutes l’étant à 17. Or, pour 100 fillettes de 10 à 11 ans qui veulent être actrices de cinéma, il ne s’en rencontre plus que 72 un an après, puis 57, 43, 32, 18, 15 et 10 les
- (1) H.-C. Lehman et Paul A. Witty. A Study of vocational attitudes in relation to pubescence. American Journal of psychology, t. 43, 1931, pp. 93-101.
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- années suivantes. Ce parallélisme fait penser aux auteurs que c’est la puberté qui est en jeu dans la décroissance de ces choix.
- Mais, de 10 à 17 ans, il y a une évolution mentale qui n’est pas non plus sans importance. Aussi ces données statistiques énumérant des séries de choix professionnels qui décroissent pendant les années où la puberté fait son apparition, chez les garçons et les fdles, ne permettent pas d’attribuer les changements de goûts ou du moins de goûts avoués à la maturation sexuelle sans plus. La question est importante, car l’orientation tend à se faire souvent au moment de l’instabilité des goûts, mais il faudrait des recherches plus poussées pour déterminer les facteurs de variabilité. H. P.
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- Test pour la sélection professionnelle de différents emplois * de bureau
- Cette recherche entreprise par M. S. Munroe et M. Raphaël (1) à l’Institut Londonien, pour le compte d’une grosse usine de produits chimiques dépendante du trust, Impérial Chemical industries. Ltd, a pris 6 mois, et avait un double objectif : d’abord l’organisation d’un service psychotechnique d’embauchage, de mutation el de promotion : puis l’élaboration et l’étalonnage d’une série de tests pour la sélection professionnelle de 10 emplois de bureau.
- Ls auteurs se bornent à relater, dans ce premier article, leurs travaux en rapport avec 4 catégories d’employés : 1° les sténos-dactylos ; 2° les messagers ; 3° les employés de bureau ; 4° les poinçonneuses.
- Le tests choisis dans les cas envisagés sont ou professionnels ou psycho-professionnels ; ils ont été éprouvés par la méthode comparative classique et leur valeur diagnostique s’est déjà avérée satisfaisante.
- Voici pour chaque emploi les épreuves employées :
- 1° Sélection des sténos-dactylos : a) Dictée sténographique à la vitesse de 60, 80 et 1001 mots par minute, pendant 90 secondes et transcription dactylographique : 6) test de la copie dactylographique de 12 commandes (12 lignes) à taper en 4 minutes ; c) test d’ortographe, lettre commerciale dactylographiée comportant des fautes d’orthographe dans les textes.
- 2° Sélection des messagers ou garçons de courses : a) Epreuve
- fl) M. S. Munroe and W. Raphaël. — Sélection Tests for Clérical Occupations. (Tests pour la sélection professionnelle des emplois de bureau.' J. of N. I. of Ind. Psych vol. V, n° 3, Juiltet 4930, pp. 127-137.
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- d’intelligence générale ; b) épreuve de mémoire verbale des instructions : compréhension d’instructions écrites aptitude à la sériation verbale écrite, aptitude à identifier les codes, aptitude à reconnaître des synonymes.
- 3° Sélection des employés de bureau : Epreuve « omnibus » comportant quatre fois deux problèmes à résoudre : a) . 2 problèmes d’intelligence générale ; b) collationnement de noms, codes chiffrés ; c) contrôle et pointage de noms, marques, chiffres ; d) classement de chiffres.
- 4° Sélection des poinçonneuses : a) Epreuve de mémoire visuelle immédiate des chiffres ; b) épreuve d’attention concentrée, avec ou sans distraction ; c) épreuve d’intelligence génrale.
- Au demeurant, choix judicieux et application intéressante, bien faite pour montrer aux industriels, que la sélection des employés de bureau pour lesquels les candidats sont toujours si nombreux,, est non seulement une possibilité mais une réalité, facile et profitable.
- Quelques firmes la réalisent déjà en Belgique, il est vrai, sur un plan sensiblement différent, et s’en déclarent très satisfaites.
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- Quelques données intéressant l’O. P. d’après les analyses de l’Année psychologique
- 1. H. Schultz. — Beruf und Nervositât (La profession et la nervosité). — A. Z. für P. und ps. H., II, 4, 1929, p. 232-242,
- L’auteur pose le problème, si la nervosité du sujet, définie comme une constitution innée, caractérisée par une hypersensibilité aux excitations extérieures pourrait être une contre-indication dans l’orientation professionnelle. Il se demande également, si la profession peut être rendue responsable de la nervosité du sujet.
- En s’élevant contre la tendance d’identifier le « nerveux » et le « faible », et de contraindre le premier aux occupations-, dites faciles, qui seraient en réalité en dessous de son niveau, l’auteur fait remarquer le bon rendement professionnel des « nerveux ». En effet, après une période d’adaptation à la profession, qui est plus longue et plus difficile dans ce groupe de sujets, que chez les personnes bien équilibrées, leur rendement professionnel dans des occupations très diverses est souvent au-dessus de la moyenne. La forme un peu étrange, que prend parfois cette activité, et qui s’explique par des raisons psychologiques, l’activité professionnelle étant un moyen d’élever la confiance en soi, ou de fuir la réalité ou soi-même, contribue au bon rendement professionnel. Le « ner-
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- veux » est absorbé entièrement par la profession, il ne vit qu’a travers elle. On comprend donc toute l’importance d’une orientation professionnelle chez le nerveux, le surmenage serait moins à craindre ici qu’une activité qui risquerait de ne pas satisfaire le sujet.
- Pour déterminer s’il y avait une relation entre les symptômes nerveux présentés par le sujet et son activité professionnelle, relation qui pourrait être expliquée par le surmenage de l’une des fonctions psycho-physiologiques, l’auteur a fait une enquête portant sur 200 personnes : dentistes, infirmières, secrétaires, boxeurs. Il semble, d’après cette enquête, que les dentistes et les secrétaires présenteraient une irritabilité du caractère, les infirmières seraient sujettes à dépression, les boxeurs seraient sensibles, auraient des larmes faciles. B. N.
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- A. Gemelli. — L’abilita manuale (L'habileté manuelle). Archivio di Scienze biologiche, XTV, I, 1929, extrait 50 p. — Ricerche sperimentali sulla natura e sulla diagnosi dell, abilita manuale (Recherches expérimentales sur la nature et le diagnostic de Vhabileté manuelle. — In-8 de 53 p., Milano, Societa « Vita e Pensiero », 1929.
- Publié sous deux formes,, ce rapport à l’Association italienne pour l’avancement des Sciences (Turin, 1928) contient un essai de mise au point, une discussion théorique et des données expérimentales d’un grand intérêt.
- L’auteur établit tout d’abord que l’influence de l’exercice sur une activité ne peut être ramenée à une simple automatisation, mais comporte une véritable organisation, conformément aux remarquables analyses de mouvements au cours de l’apprentissage réalisées par Van der Veld.
- Il s’appuie à cet égard sur les résultats d’une recherche (1) qu’il a effectuée en faisant suivre à des sujets avec une pointe métallique fixée à l’index le contour de figures faites d’un filet métallique encastré dans une planchette que l’on déplace avec une certaine vitesse, les erreurs se marquant en nombre et durée quand le contact du style et du filet métallique se rompt, avec enregistrement électrique. En outre, par photographie, on peut suivre les arrêts, les discontinuités du mouvement.
- Pour un sujet donné, la fréquence de ces discontinuités (F), qui croît comme la îacine carrée de la vitesse de déplacement angu-
- (1) Exposé préliminaire de ces recherches dans : Ricerche sperimentali sulla forma nei movimenti volontari. Âtli delta Pont. Accademia delle Scienze miovi Lincci, LXXXII 1929, 7 juillet, pp. 268-278.
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- Iaire des figures(«) est affectée d’un coefficient de proportionnalité K qui a été envisagé comme une caractéristique individuelle par Lehmann. Dans la relation F = \Z~7> la constante mesurerait le seuil d’excitation du centre de régulation de la motricité volontaire. En fait, il y a bien des différences entre les sujets, mais, chez le même sujet, la constante varie avec l’exercice, indiquant une modification profonde dans la modalité d’exécution des mouvements.
- En effet, le nombre des erreurs, à une vitesse donnée, diminue bien avec l’exercice, mais les discontinuités deviennent au contraire plus fréquentes, quand la vitesse croît, l’accroissement en devient plus rapide, la constante s’élève.
- s D’autre part, dans l’exécution d’un mouvement avec extension et flexion, on voit, avec l’exercice se modifier les amplitudes et les rapports de vitesses de la flexion et de l’extension : au début la première phase est plus rapide que la seconde, aussi bien dans la flexion que l’extension, et l’extension est la plus rapide, tandis que progressivement le rapport s’inverse et c’est la seconde partie qui devient la plus rapide, avec égalisation des vitesses d’extension et de flexion.
- De celte donnée d’une « Gestalt » motrice, il résulte que. pour la prévision des habiletés particulières, le test synthétique analogue doit se montrer très supérieur à des tests analytiques. Et c’est ce qui ressort avec évidence de quelque séries d’expériences industrielles.
- Sur 35 filaleurs, une série de 12 tests a donné avec le succès d’après le jugement fourni dans la maison des corrélations toujours positives mais constamment faibles, comprises entre 0,07 et 0,35 (impulsimètre de Mœde : 0,21 ; Sleadiness de Whipple 1 et 2 : 0,10 et 0.00 ; Dotting : 0.16 ; Tapping : 0,15 ; Disques de l’Institut Rousseau : 0,12 ; Perles de Kraepelin : 0, 16 ; Disques à points de l’Institut de Londres : 0,21 ; Pegboard : 0,12 ; Dynamomètre : 0,07 ; Attention diffusée : 0,28 ; Temps de réaction : 0,35) ; tandis que 4 tests synthétiques ont donné des indices compris entre 0,71 et 0.90 (et même, en prenant le groupe des ouvriers les plus entraînés, de 0,77 à 0,98).
- Dans la mesure où l’on doit pratiquer des sélections moins étroitement spécialisées, du moins doit-on éviter de s’adresser, pour les épreuves, à une seule modalité d’activité, pour examiner l’influence de l’exercice ; il faut, dit G. envisager un ensemble d’activités variées et construire un profil psychotechnique des individus.
- H. P.
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- LES MÉTHODES ÉTRANGÈRES EN 0. P.
- Aptitudes physiques et contrindications professionnelles (Dr. Luis TRIAS de BES)
- (Anales de la Seccion de 0. P. Barcelona)
- Pour compléter les fiches psychologiques du Dr Mira, publiées
- antérieurement, il nous paraît intéressant de donner ici les fiches
- médico-orientatriccs du Dr Luis Trias de Bes :
- Maçon. — Taille moyenne ou grande. Bonne force musculaire. Incompatible avec toutes les sortes d affections respiratoires et circulatoires Sens normal de l’équilibre, acuité visuelle normale. Contrindiqué aux personnes ayant des varices.
- Armurier. — Compatible avec les affections respiratoires et circu latoires. Exige une excellente acuité visuelle et une bonne per ception des couleurs. Sensibilité tactile normale.
- Scieur-mécanicien. — Travail debout. Ne prédispose pas aux maladies professionnelles. Bonnes forces musculaires. Acuité visuelle normale.
- Aviateur — Profession incompatible avec les maladies constitu tionnelles. Absolument contrindiquée aux personnes atteintes de lésions cardiaques ou de maladies nerveuses (tremblements, tics) Sens de l’équilibre normal. Excellente acuité visuelle et auditive.
- Barbier. — Travail debout, incompatible avec des varices. Taille moyenne ou haute. N’exige pas de force musculaire. Est incompatible avec les affections respiratoires, mais s’accorde avec les affections cardiaques bien supportées. Incompatible avec les affections chronique de la peau. Exige une bonne acuité visuelle Bonne présentation extérieure.
- Compositeur typographe. — 'Travail debout. Taille moyenne ou haute. Compatible avec les affections circulatoires bien supportées. Bonne sensibilité tactile. Excellente acuité visuelle.
- Chaudronnier. — Profession éminemment physique. Grande force musculaire. Incompatible avec l’existence de toute affection morbide. N’exige pas une acuité visuelle très grande. Bonne sensibilité tactile. Compatible avec la surdité.
- (A suivre).
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- A travers les Revues
- Dans le numéro de mai 1931 de Y Hygiène mentale, outre une étude, très imprégnée de l’esprit psychanalytique, de René de Saussure sur la prophylaxie du crime et de la délinquance dans la jeunesse, se trouve un intéressant, article du Dr Heuyer et de MIle Abramson sur le profil mental dans l’examen des jeunes délinquants, profil qui comprend 5 parties : raisonnement et compréhension (phrases absurdes, situations, raisonnement mathématique) ; attention (signes à barres, chiffres à rebours) ; mémoire (objets, mots, récits, chiffres, couples logiques) ; imagination (verbale par récit avec des mots donnés, d’interprétation de gravures, de taches d’encre, de la rédaction) ; et observation concrète (comparaison d’objets de Rybakoff).
- Dans la nouvelle revue Adaptation qui constitue l’annuaire du Laboratoire de Pédagogie et de Psychologie d’Angleur, se trouvé publié un rapport sur l’observation jples écoliers, donnant en annexes les pièces du dossier médicopédagogique (enquête familiale et sociale, antécédents personnels, examen physique, examen des yeux et de la dentition, examen de la motricité avec quelques lests, examen d’intelligence Vermeylen, examen de l’affectivité, observations scolaires, graphiques de poids et de taille) sous la forme simple, et sous la forme très complète (avec de nombreuses épreuves cette fois) pour les cas méritant une attention spéciale.
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- Dans VAustralasian Journal of Psychology de mars 1931, M. Ronald Walker, lecteur à l’Université de Sydney, envisage les aspects économiques de l’orientation professionnelle, rappelant que les anciens économistes tel Adam Smith n’ont pas aperçu le rôle que pouvait jouer cet important facteur dans la production, et montrant que l’aspect psychologique de la question ne peut suffire, le problème des chances d’emploi en fonction des aptitudes intervenant nécessairement, et la question des risques d’accidents devant être mise en parallèle avec celle des risques de chômage.
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- INFORMATIONS
- Le Comité National d’Eludes sociales et politiques a consacré sa séance du 18 mai 1931, dans les locaux de la Cour de cassation, à la question de l’orientation et de la sélection professionnelle sous la présidence du Dr Marchoux, en présence d’une assistance nombreuse et choisie. L’exposé général a été fait par P. Soi.lier, qui a donné la priorité aux problèmes de sélection, ce qui a suscité une discussion assez animée à laquelle ont participé, entre autres, MM. PeRret, Luc, Piéron, Laugier, Lahy, Chauffard, Lacoin, et des représentants de diverses associations (familles nombreuses, parents d’élèves, école des parents, etc.). Nous rendrons compte plus longuement de cette séance quand sera publié le bulletin qui lui doit être consacré.
- Une Association générale des Orienteurs de France vient de se créer, grâce à l’initiative de MM. Court et Ménessier : elle compte parmi les membres du bureau, M. Reveillé, président de l’Amicale des anciens élèves de l’I. N. O. P. et plusieurs des directeurs d’Offices qui ont assisté à notre première quinzaine d’octobre 1933.
- Nous souhaitons plein succès à la jeune association avec laquelle l’I. N. O. P. compte bien entretenir d’étroits rapports.’
- Le Dr André Salmont, professeur au Conservatoire National des Arts et Métiers, a inauguré son cours de prévention des accidents du travail, le lundi 4 mai 1931.
- Au 1er Congrès panrusse de psgchophgsiologie appliquée et psychotechnique, qui s’est tenu à Leningrad en décembre 1930, avec le Dr Mitnikoff comme secrétaire, les questions présentées ont été les suivantes :
- Science et description des professions ; Sélection et orientation professionnelles ; Psychophysiologie et psychotechnique en relation avec l’état des formes socialistes du travail ; Psychophysiologie du travail et rationalisation ; Organisation de l’activité psychotechnique en Russie.
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- La Conférence internationale de la silicose qui s'est tenue au Transvaal, à Johannesburg, du 13 au 27 août 1930, a reconnu que la silicose était bien une maladie professionnelle, capable de réduire la capacité de travail des mineurs, et a déclaré que les ouvriers qui en étaient atteints devaient être aussitôt placés dans un climat sec et ensoleillé.
- 11 vient de se constituer à Nancy une Société de psychologie appliquée de VEst, dont le président est le professeur Souriau et le secrétaire général le D* P. Varé ; elle édite une Revue de psychologie appliquée de l'Est, dont le premier numéro a paru en mai 1931 et qui doit être trimestrielle. Dans ce numéro est publiée la conférence que le professeur II. Wallon a été appelé à faire à la séance inaugurale de la Société ; nous y trouvons mentionnée une conférence de M. Larcher à la Commission municipale d’orientation professionnelle à Nancy, le 15 mai dernier.
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- Sur demande du ministre de la Justice, M. Labbé vient d’inviter les offices d’orientation professionnelle à examiner les jeunes délinquants, afin de faciliter leur reclassement social.
- La Chambre syndicale des entrepreneurs de charpente de Paris. qui a fondé l’Ecole des métiers de la charpente a édité une monographie professionnelle du charpentier en bois.
- La 7e Conférence internationale de psychotechnique se tiendra à Moscou du 6 au 11 septembre 1931 sous la présidence de N. Spil-rein. Des rapports seront présentés sur les quatre questions suivantes :
- 1° Fondements théoriques de la psychotechnique (Lahy, Spilrein, Stern).
- 2° Relation entre la vitesse et la précision du travail (Hellers-TEIN, RüPp).
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- 3° Traitement mathématique des données psychotechniques : La notion de validité (Fessard et Piéron. Svrkin).
- 4° La professiographie (F. Baumgarten, O. Lippmann, E. Mira).
- En outre, un certain nombre de communications diverses sont prévues.
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- L’Institut des sciences de l’éducation de l’Université de Genève organisera l’été prochain un cours de vacances comprenant une trentaine d’heures de leçons et d’exercices pratiques sur les questions psychologiques et pédagogiques modernes.
- Parleront à ce cours qui durera une semaine (du 27 juillet au Ie” août 1931) : M. le professeur Edouard Claparède sur « La psychologie expérimentale » ; M. le professeur Pierre Bovet sur « Les principes et réalisations de l’école active » ; M. le professeur Jean Piaget sur « Le jeu et la pensée symbolique chez l’enfant » ; M. Cii. Baudouin sur « La psychagogie ou science de la conduite de la vie » ; MUe A. Descoeudres sur « La psychologie des petits », et M. L. Walther sur « L’orientation professionnelle ».
- Le cours de l’Institut sera suivi immédiatement d’un cours organisé par le bureau international d’éducation sur l’éducation internationale, comprenant aussi un grand nombre de leçons d’ordre psychologique et pédagogique.
- Le droit d’inscription au cours de l’Institut est de 30 francs suisses.
- Pour de plus amples renseignements s'adresser au secrétariat de l’Institut, 44, rue des Maraîchers, Genève, qui fournira le programme détaillé.
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- La Vie de l’Amicale
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- Le Comité directeutr s’est réuni le vendredi 6 jui^.. Il a pris connaissance de la réponse de M. Pomaret, sous-secrétaire d’Etat .4 l’Enseignement technique. Celui-ci, tout en ne promettant rien d’une façon ferme, laisse place aux espérances lointaines pour les élèves diplômés.
- La séance de travail d’octobre sera consacrée aux impressions d’un séjour en Allemagne de Mme Mazé.
- Une excursion est projetée en juillet.
- Un appel sera fait auprès des élèves sortants pour qu’ils viennent grossir les rangs de l’Association.
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- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- Quelques livres entrés au mois de Mai à la Bibliothèque de l’I.N.O.P.
- John M. Brewer : Cases in the administration oj guidance. — Mc Graw-Hill Book Company New-York et London. — 304 p.
- William Martin Proctor. — Educational and vocational guidance. — Hpugliton Mifflin Company Boston, New-York, etc. — 352 p.
- Catherine Filène. — Careers for- women. — Iloughton Mifflin Company Boston et New-York, 570 p,
- Charles Gide. — Principes d’économie politique. — Recueil Sirey 1931, Paris, 682 p.
- Douglas Fryer, Pu. D. —- Vocational self-guidance, Lippincott Company. — London et Chicago, 385 p.
- Harold Ernest Burtt, Pii. D. — Principles of employmenl psychology. —- Iloughton Mifflin Company, Boston, New-York, etc., 568 p.
- IIarry Dexter Kitson. — The psychology of vocational adjusl-ment Lippincott Company, London et Chicago, 273 p.
- Mxy Rogers Lane. -— Occupational sludies, International Text-book C°, 1927, U. S. A., 96 p.
- Th. de Veys-Chabot. — Grand dictionnaire Français-Russe et Russe-Français, Garnier frères, Paris, 534 p.
- Jean Rizo. — Petit dictionnaire Français-Roumain, Garnier frè-
- res Paris, 303 p.
- Tu. de Veys-Chabot. — Nouveau vocabulaire Français-Polonais, Garnier frères, Paris, 416 p.
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- 3* Année
- N° 7
- Juillet 1931
- BULLETIN
- l’Institut National d'Orientation Professionnelle
- TECHNIQUES SIMPLIFIÉES DE LABORATOIRE
- Le Chromatophanomètre pour l’examen de la sensibilité aux teintes et aux couleurs
- par Henri PIERON
- L —Introduction. Le principe et le dispositif du cylindre.
- La perception visuelle des teintes et nuances joue un rôle important dans toute une série de métiers et il ne suffit pas de déceler, comme contre- indication formelle, des troubles graves, de dépister de daltonisme : l’examen clinique doit se compléter d’une appréciation de la finesse discriminative. Celle-ci s’adresse, en général, non à des qualités de la lumière, mais aux propriétés réflexives des surfaces, plus ou moins claires ou foncées, plus ou moins fortement colorées (par électivité réflexive).
- Juger de la clarté relative de deux gris, de la saturation relative de deux couleurs de même nuance, juger d’une différence de nuances de deux couleurs également saturées, tels sont les problèmes essentiels qui se posent et pour lesquels il faut savoir si un enfant ou un individu donné est normal, supérieur ou inférieur.
- Dans ce but, la méthode la plus pratique utilise la fusion de stimulations successives à un rythme de fréquence suffisante, pour réaliser un mélange homogène de deux couleurs donnant, suivant la proportion des composantes, un jeu complet de nuances intermédiaires, ou bien un mélange d’une couleur donnée avec un gris d’égale clarté donnant tous les degrés de saturation, ou bien enfin un mélange de deux gris, l’un clair (blanc) et l’autre foncé (noir) donnant toutes les clartés intermédiaires.
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- La fusion se réalise habituellement par rotation de disques comprenant des secteurs dl'étendue respective variable et où sont représentés les éléments du mélange.
- On peut obtenir simultanément tous les degrés du mélange par une disposition spéciale des secteurs qui, du centre à la périphérie, croissent angulairement pour l'un des éléments du mélange, tandis que l’autre décroît.
- A cette méthode classique, j’ai substitué celle de la fusion par rotation d’un cylindre portant à sa surface les éléments à mélanger en proportion relative variable. 11 est en effet beaucoup plus facile de faire désigner avec précision un point sur une génératrice linéaire du cylindre que sur le rayon d’un disque tournant.
- Le chromatophanomètre (1) que j’ai fait construire est un cylindre léger de zinc sur bâti de bois, et est mis en rotation par la manivelle d’une meule de type commercial courant, ce qui permet d’établir un appareil économique.
- Un tour de la manivelle commande 13 tours de l’axe avec les meules que j’ai utilisées (meules avec roulements à billes du type « Arp »). On peut imprimer facilement à la manivelle deux tours à la seconde, ce qui fait 26 tours du cylindre. Pour assurer une fusion complète en bonne lumière il faut que les alternances des éléments aient une fréquence assez grande, et il est bon d’être assez au-dessus de la fréquence critique pour éviter tout papillotement. Aussi la surface du cylindre est-elle divisée en quatre bandes égales où se juxtaposent les éléments du mélange, l’alternance se produisant donc quatre fois par tour de cylindre, ce qui donne 104 alternances pour un rythme de rotation de deux tours de manivelle à la seconde, nettement plus que ce qui est nécessaire pour assurer une fusion complète.
- IL — La méthode.
- La méthode consiste à présenter, soit un gris d’une certaine clarté (par un mélange d’un blanc et d’un noir donnés en proportions définies), soit une couleur à un certain ni-
- (1) Le nom correct de l’appareil, pour la mesure des sensibilités chroma-• iques et phaniques (clartés) devrait être : Chromatophanesthésimètre. Pour abréger nous avons adopté chromatophanomètre (ce qu: voudrait dire strictement appareil die mesure des couleurs et clartés).
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- veau de saturation (par mélange en proportions définies d’une couleur donnée avec un gris de même clarté réalisé lui-même par une proportion convenable de noir et de blanc), soit enfin une nuance chromatique définie (par mélange de deux couleurs en proportions déterminées).
- L’étalon est réalisé à une extrémité du cylindre, et, à côté, un mélange progressif donne de% variations de clarté, de saturation ou de nuance partant do valeurs nettement inférieures et allant jusqu’à des valeurs nettement supérieures à celles de l’étalon.
- Sur une échelle linéaire placée au-dessus du cylindre, on demande aux sujets d’indiquer où ils retrouvent l’aspect de l’étalon, et, plus exactement d’indiquer, sur la droite et sur la gauche, le point où l’aspect est modifié, par exemple du côté où l’aspect devient plus clair et du côté où il devient plus sombre que l’étalon, du côté où l’aspect est plùs coloré, plus saturé, et du côté où il l’est moins, etc. La comparaison des proportions quantitatives dans l’étalon et aux niveaux où l’aspect cesse d’être semblable dans un sens et dans l’autre donne des éléments numériques pour l’appréciation de la sensibilité différentielle.
- Cette comparaison est laite pour la clarté réflexive, ou « albedo » des surfaces — du noir au blanc — pour l’électivité réflexive, ou intensité du « chroma » de ces surfaces (saturation chromatique) avec les principales couleurs (le rouge, le vert et le bleu), enfin pour la qualité chromatique ou nuance (étudiée par mélange de rouge et de bleu, donnant la série des violets et des pourpres, et par mélange de vert et de bleu).
- III. — Caractéristiques de l’appareil.
- Le chromatophanomètre est essentiellement composé d’un cylindre tournant sur lequel on dispose des bandes de papier portant des surfaces convenablement disposées.
- Les modèles que j’ai fait construire dans mon laboratoire par mon mécanicien, Maurice Boivin, comportent un cylindre léger de zinc assujetti d’un côté à l’axe d’une meule, et de l’autre à un support de bois, avec planchette articulée venant recouvrir obliquement la surface du cylindre dont une bande est visible grâce à un rectangle découpé dans la planchette, à la base duquel une échelle millimétrique est placée.
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- Les figures ci-jointes montrent le cylindre avec une bande de papiers noirs et blancs pour l’étude de la perception du gris, d’une part au repos, avec la planchette relevée, et d’au-
- Figure 1. Le chromatophanomètre préparé pour la discrimination des gris, vu de dos, avec le cylindre immobile et la planchette relevée (pour la fixation de la feuille).
- tre pàrt en rotation avec la planchette abaissée, tel qu’il se présente au cours de l’observation par le sujet (figure 2). On voit, à droite, le gris étalon que l’on doit retrouver et délimiter dans la zone dégradée allant du plus clair (à gauche), au plus foncé (à droite). Une petite bande de carton sépare, dans la fenêtre de la planchette, la région de l’étalon pour éviter les effets de contraste (se produisant au contact de la zone étalon avec la région la plus foncée qui lui est adjacente).
- Les feuilles établies pour le chromatophanomètre sont les suivantes :
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- A. Echelle des gris.
- Cette échelle est construite avec un papier noir et un papier blanc d’Hering.
- Au « Stufenphotometer » de Pulfrich, le papier blanc réfléchit 74 % ce la lumière réfléchie par Je blanc de baryte, et le papier noir 3,3 % (et 4,5 % de la lumière réfléchie par le papier blanc).
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- Figure 2. Le chromatophanomètre pendant la rotation du cylindre, vu de face, tel qu’il se présente au sujet pour la discrimination des gris avec notation sur l’échelle millimétrique à la base de la fente d’observation du point où le dégradé devient plus foncé et du point où il devient plus clair que l’étalon (à droite).
- L’étalon (de 2,5 cent, de large) comporte un mélange de 20 % de blanc et de 80 % de noir, ce qui représente, en vertu de la loi logarithmique, un gris déjà clair.
- L’étalon est reproduit sur une largeur de 2 cm. dans la région 'moyenne du cylindre. „Une zone, à droite, comporte des gris plus foncés, allant de 10 à 20 % de blanc sur 8 cm., et une zone à gauche, de 20 à 45,8 % sur 10 cm. Dans
- iî.:
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- chacune des zones, la variation n’est pas linéaire, mais se fait suivant la loi de variation physiologique des clartés, en progression géométrique. Voici les valeurs proportionnelles du blanc, de centimètre en centimètre, de droite à gauche :
- 0 4 2 3 4 5 6 7 8 9 40
- 40.0 10.9 44.9 43 44.4 45.4 46.8 48.3 20 20 20
- 44 42 43 44 15 4.6 17 48 49 20
- 24.65 23.55 25.6 27.85 30.25 32.9 35.7 38.8 42.45 45.8
- „ r
- B. Echelle des saturations du rouge.
- Pour la construction des échelles, les mêmes papiers noir et blanc servent pour établir le gris isophane du rouge, représenté par un papier d’Hering, reflétant 3,5 % de la lumière totale, 50 % de la lumière rouge, 4,4 % de la lumière verte et 3 % de la lumière bleue, réfléchies par le papier blanc, d’après les déterminations faites au Stufenphotomètre, et 26 % de la lumière totale réfléchie par le blanc de baryte.
- Pour avoir le gris de même clarté, isophane, il faut que la partie achromatique soit constituée par 68 % du papier noir et 32 % du papier blanc.
- A droite, sur 2,5 cm., l’étalon est fait de 70 % de rouge et de 30 % de gris (ou plus exactement de 20,4 % de noir et de 9,6 % de blanc). Puis, avec variation linéaire cette fois, sur 8 cm. on passe de 15 à 30 % de gris (et de 85 à 70 % de rouge isophane) ; l’étalon est reproduit sur 2 cm., puis la variation linéaire continue de 30 à 60 % de gris sur 8 centimètres (avec 70 à 40 % de rouge isophane).
- C. Echelle des saturations. du vert.
- Construction identique à la précédente, avec un papier vert de Hering réfléchissant 70 % de la lumière totale, 22,5 % de la lumière rouge, 75 % de la lumière verte et 38 % de la lumière bleue réfléchies par le papier blanc, et 52 % de la lumière totale réfléchie par le blanc de baryte.
- L’étalon comporte encore 70 % de vert et 30 % de gris isophane (à 31,5 % de noir et 68,5 % de blanc) ce qui fait 9,5 % de noir et 20,5 % de blanc. Même variation de 15 à 30, puis de 30 à 60 % du gris (et corrélativement de 85 à 70 % et de 70 à 40 % du vert).
- Echelle en cm % de blanc..
- Echelle en cm 0/„ de blanc..
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- D. Echelle des saturations du bleu.
- Le papier bleu de Hering employé reflète 30 % de la lumière totale, 5,6 % de la lumière rouge, 13 % de la lumière verte et 50 % de la lumière bleue réfléchies par le papier blanc, et 22 % de la lumière totale réfléchie par le blanc de baryte.
- L’étalon comporte 70 % de bleu et 30 % de gris isophane (à 73,5 % de noir et 26,5 % de blanc), ce qui fait 22 % de noir et 8 % de blanc.
- Variation linéaire de 15 à 30 % du gris sur 8 cm., étalon reproduit sur 2 cm. et variation de 30 à 60 sur 8 cm.
- E. Echelle des nuances du rouge au bleu.
- Avec les papiers rouge et bleu de Hering ci-dessus indiqués, on prend une nuance pourpre étalon faite de 30 % de bleu et de 70 % de rouge, sur 2,5 cm. de large, puis sur 8 cm., on passe linéairement de 15 % de bleu (et 85 % de rouge) à 30 %, valeur étalon reproduite sur 2 cm., puis, sur 8 cm., on passe de 30 % à 60 % de bleu (et 40 % de rouge).
- F. Echelle des nuances du vert au bleu.
- Avec les papiers vert et bleu ci-dessus indiqués, on prend un étalon de 30 % de bleu et 70 % de vert, et, dans les mêmes conditions que pour les nuances du rouge au bleu, on passe de 15 à 30 %, puis de 30 à 60 % de bleu.
- IV. — La préparation des feuilles.
- Sur des feuilles de bristol de 47 cm. de long et de 22,5 cm. de large, on délimite quatre bandes de 11,1 cm. qui constituent les unités pour le mélange, et, après avoir découpé dans les papiers colorés, d’après les patrons établis, les bandes convenables, on les colle sur le bristol.
- Pour les nuances, on peut coller sur la bande entière de bristol un des papiers colorés, le vert ou le rouge, et sur la base de chaque bande de 11,1 cm. on place le patron bleu (qui, pour représenter les 30 % de l’étalon, a 3,33 cm. à droite, puis varie de 1,66 à 6,66 cm.).
- Pour les gris, on colle le papier blanc sur la bande de bristol et on aligne ensuite les patrons de noir découpés. Pour les échelles de saturations on colle sur toute la bande le pa-
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- pier noir (ou le blanc) et on aligne les patrons du papier coloré et du papier blanc (ou du noir).
- Les feuilles ainsi préparées s’ajustent sur le cylindre au moyen de trois goupilles avec écrous, en sorte que la partie visible des feuilles (qui a 44,4 cm.) soit bien composée des quatre bandes partielles correctement établies, l’étalon étant visible à droite.
- V. — La technique d'examen.
- Pour se servir du chromatophanomètre, il y a intérêt à pratiquer des examens en séries, à déterminer sur un certain nombre d’enfants la perception des gris, puis des nuances du rouge au bleu, puis du vert au bleu, puis des saturations, afin de n’avoir pas à changer trop souvent la feuille placée sur le cylindre, ce qui est la seule opération un peu délicate et au cours de laquelle, si l’on ne prend pas beaucoup de soin, on abimera (en particulier en les touchant avec les doigts sales) les feuilles dont la préparation est ce qu’il y a de plus coûteux, parce que longue et minutieuse.
- Si l’on peut disposer simultanément de plusieurs cylindres, portant chacun une feuille différente, l’inconvénient est atténué, puisqu’on peut faire l’examen pour un certain nombre des six épreuves que comporte la détermination des finesses discriminatives visuelles.
- On s’assure, avant d’examiner un enfant, que l’échelle linéaire de la planchette du cylindre est correctement placée, le O étant à la séparation de l’étalon et du dégradé continu (en sorte que c’est entre les centimètres 8 et 10 que l’étalon est reproduit), et on recouvre d’un papier le dispositif pour que le sujet ne puisse pas voir les papiers avant la rotation.
- On met en marche le cylindre en tournant la manivelle, au rythme d’environ deux tours à la seconde, et on indique à l’enfant l’étalon, séparé dans la fente de la planchette par la petite strie. On lui explique que le gris, par exemple, qu:il voit là, se retrouve quelque part vers la gauche, et qu’il doit indiquer l’endroit où cela commence à être un gris plus clair, d’un côté, l’endroit où cela commence à être un gris plus foncé de l’autre, et l’on note les points sur l’échelle, ce qui permet de retrouver, d’après un tableau que l’on a établi des variations, les pourcentages de noir et de blanc qui com-
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- mencent à paraître plus clairs, et plus foncés que l’étalon. Entre ces deux valeurs il y a une différence, une marge, d’autant plus petite que la finesse diseriminative est plus grande. On fait refaire trois fois la détermination, pour prendre les valeurs moyennes (et préciser leur cohérence). O11 procède de même pour les saturations en faisant indiquer où la couleur paraît moindre, et où elle paraît plus vive (plus rouge ou moins rouge, plus vert ou moins vert, plus bleu ou moins bleu), et de même aussi pour les nuances, en faisant indiquer où la couleur paraît plus rouge (ou plus verte) et où elle paraît plus bleue.
- Pour toutes ces déterminations, il faut opérer à la lumière du jour, en se mettant près d’une fenêtre (non ensoleillée, au nord de préférence) quand le jour est assez clair, l’enfant ne faisant pas ombre sur la planchette, et l’on se place latéralement pour manœuvrer la manivelle, observer l’enfant de profil et faire les notations.
- VI. — L'étalonnage.
- L’étalonnage, après quelques tâtonnements expérimentaux, a été fait par Mme Mazé chez des écoliers parisiens (une centaine de tilles et à peu près autant de garçons) et les résultats en seront publiés avec des données sur les relations des diverses formes de sensibilité diseriminative et les rapports avec les examens classiques pour la recherche du daltonisme et d’autres épreuves faisant intervenir des perceptions chromatiques.
- De cet étalonnage, je donnerai seulement les valeurs relatives aux quartiles, valeurs représentant la grandeur de la marge d’incertitude (écart entre la valeur jugée supérieure et la valeur jugée inférieure).
- Pour le gris, avec un étalon ayant 20 % de blanc et des extrêmes de 10 et 40 % (la fente de la planchette laissant voir l’étalon et 18 cm. du cylindre, soit 8 cm. + 2 cm. + 8 cm.), les extrêmes des marges sont 0 et 18 % chez les garçons, ce qui veut dire que, pour la discrimination la moins bonne, il y a une différence de 18 % dans le blanc du gris jugé plus clair et du gris jugé plus foncé (les gris paraissant égaux à l’étalon avec des compositions en blanc et noir depuis 11 et
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- 89 % jusqu’à 29 et 71 %, en admettant la symétrie de discrimination du côté plus clair et du côté plus foncé).
- De même les extrêmes pour la marge dans la saturation du rouget pour un étalon de 30 % de gris (et 70 % de rouge), sont de 0 et de 33,8 % (dans ce dernier cas, des rouges sont jugés égaux quand leurs proportions vis-à-vis du gris sont d’environ 53 à 87 %).
- Les coefficients de variabilité (écart moyen des trois déterminations successives par rapport à la valeur représentative pour les déterminations supérieure et inférieure) ont oscillé entre 0,8 et 1,9 % comme coefficient moyen des garçons ou des filles aux diltérentes épreuves, (yoù tableau ci-après, p. 183;.
- Sans insister ici sur la comparaison des résultats des garçons et des fdles (généralement supérieures sauf pour la distinction des nuances comprises entre le vert et le bleu), on voit que les valeurs, voisines, montrent qu’un individu moyen a une marge d’incertitude qui varie de 5 à 10 % suivant la nature des discriminations à effectuer, et que la moitié des enfants a une marge comprise, suivant les discriminations, de 2 à .8 % pour la plus faible, de 5 à 15 % pour la plus grande.
- CONCLUSION
- Avec ces données, l’étalonnage complet permettant un dé-cilage plus précis, et avec cette méthode qui comporte, au moyen d’un dispositif assez simple et peu dispendieux, une précision assez grande pour fournir des résultats numériques satisfaisants (par l’emploi, bien entendu, des mêmes papiers, conservés, dans l’intervalle des expériences, à l’abri de la lumière), on sera en mesure de connaître les aptitudes des enfants pour les discriminations chromatiques, l’appréciation des nuances, des teintes, des échelles de gris.
- Pour certaines épreuves de sélection, la méthode doit s’imposer ; mais elle mérite d’être généralisée en matière même d’orientation professionnelle. Pour le dépistage du daltonisme, les résultats des mesures faites avec les diverses, couleurs peuvent attirer 'l’attention sur des insuffisances discri-minatives suspectes, mais les papiers de Hering ne permettent pas un dépistage sûr par eux-mêmes, car ils ne fournissent pas des couleurs assez pures, même en utilisant des feuil-
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- EXT. SUPER. • . 1" QUARTILE MÉDIAN 3’ QUARTILE ;ext. in fer. COEFFICIENT D Valeurs moindres E VARIABILITÉ Valeurs élevées
- I. — Garçons
- Gris 0 2.50 5.50 7 70 18 0.83 1 06
- Saturation du rouge 0 2.. 45 6.75 12 75 33.8 1.19 2 43
- Saturation du vert 0 4.10 9.55 14 55 31.8 1.10 1 92
- Nuance du bleu 0 2.0 7.45 II 60 29.3 0.94 1 92
- — rouge-bleu 0 4.10 9.75 13 15 29.3 0.59 1 61
- — vert-bleu 0 4.95 9.35 14 65 30.1 0.90 1 65
- Moyenne générale. 0 3.35 8.06 12 40 28.7 0.92 1 76
- II. — Filles
- Gris 0 1.70 4.1 6 70 18.4 0.80 1 .02
- Saturation du rouge 0 3.00 7.5 12 65 33.8 1.21 1 .78
- Saturation du vert 0 2.75 6.4 13 10 31.2 1.09 1 .70
- Nuance du bleu 0 2.05 6.75 il 25 30.4 0.83 1 .41
- — rouge-bleu 0 3.50 7.4 13 80 32.3 1 26 1 87
- — vert-bleu 0 5.80 11.0 14 95 37.5 1.20 1 .75
- Moyenne générale 0 3.23 7.20 12 07 30.6 1.06 1 59
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- les spéciales que j’ai fait établir pour la mesure des seuils absolus de saturation perceptibles (la variation, sur le cylindre, allant de ta couleur pure au gris isophane pur, avec des proportions graduées linéairement de 0 et 100 % à 100 et 0).
- Les tableaux de Schaal' et surtout d’Ishihara permettent de faire, très facilement, le diagnostic du dallonisme, par application à tous les cas suspects, d’après les résultats de l’examen par le chromatophanomètre.
- NOTES ET DOCUMENTS
- Le contrôle de l’Orientation professionnelle à l’Institut de psychologie industrielle d’Australie
- Fondé sur le modèle de celui de Londres, l’Institut australien de psychologie industrielle a organisé aussi un service d’orientation professionnelle et il a aussi cherché à contrôler les résultats de ce service en enquêtant, par moyen de questionnaires, auprès de ceux qui étaient venu chercher une consultation (200 en deux années). Des réponses furent obtenues de 90 personnes, soit 45 °/„. dont 78 avaient suivi l’avis donné et 12 ne l’avaient pas suivi.
- Des 12 derniers un seul se trouvait satisfait de son métier, 3 n’étaient pas trop mécontents, mais 8 l’étaient tout à fait, soit les deux tiers.
- Au contraire, pour les 78 autres il n’y en avait que 2 qui fussent mécontents, 4 étaient à peu près satisfaits, et 72 l’étaient tout à fait (soit plus des neuf dixièmes).
- En outre un tiers de ceux qui n’avaient pas suivi l’avis donné avaient changé plusieurs fois d’occupation et les changements de place ne s’étaient présentés que chez environ un dixième de ceux qui avaient suivi les conseils donnés, en sorte que pour la stabilité de la main-d’œuvre, l’orientation professionnelle bien conduite paraît pouvoir jouer un rôle important, remarque Marjorie Mirk, auteur du rapport (1). H. P.
- (1) Report of sortie résulls of vocational guidance. Australasian Journal o/ Psychology, IX, 2, 1931, p. 144-149.
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- La cataracte dans les industries du verre et des forges
- On a beaucoup discuté sur la responsabilité des conditions de vie professionnelles dans l’étiogénèsé de la cataracte des verriers
- Expérimentalement il est possible de provoquer la cataracte avec des rayons infra rouges et des ultra violets. Dans les foyers des fours de verriers il y a un fort rayonnement infra rouge et également de l’ultra violet, mais le port de lunettes protectrices devrait empêcher l’action nocive pour l’œil de ces radiations.
- En fait constate-t-on chez les verriers l’existence de cataractes plus fréquentes ?
- Une étude a été consacrée à la question .dans YArchiv für Ophtalmologie (Linsentrübungen bei Glasarbeitern, tome 126, 1931, par Judith Kaplan, de l’Institut des maladies professionnelles de Moscou (service ophtalmologique du prof. Samo.ij.off).
- Des statistiques sont très divergentes, peut-être du fait d’une inégalité dans la protection des travailleurs ; on donne en effet chez les ouvriers du verre des chiffres de fréquences des cataractes allant de 2,9 à 50 °/0 du total des travailleurs ; en tenant compte de l'âge, on trouve 1,7 à 9,5 °/0 comme extrêmes au-dessous de 40 ans, 4,2 à 60 °/0 au-dessus de 40 ans, par action simultanée de l’âge et aussi de la durée d’action nocive dans les conditions du travail.
- Une recherche personnelle de l’auteur a été faite chez des ouvriers des forges (au nombre de 850) comparés à d’autres ouvriers (au nombre de 509) non exposés à des atteintes oculaires par foyers radiants.
- Voici la fréquence des cataractes rencontrées dans les deux groupes (en pourcentages) :
- Globalement Moins de 20 ans 20-29 ans 30-39 ans Plus de 40 ans
- Forge 9.0 S.8 5.2 4.5 26.6
- Centille b 0 2.5 3 8 4.6 10.4
- La statistique indique une action pathogène nette des conditions professionnelles pour les travailleurs de la forge, et, peut-être parce qu’ils prennent moins-de précautions, les travailleurs jeunes sont déjà fortement atteints.
- Mais la durée du travail est tout de même un facteur important dans l’étiologie de la cataracte, si l’on lient compte des durées de
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- séjour dans les ateliers de forge, avec une fréquence de 6,6 °/o pour moins de 10 ans et de 16,6 °/0 pour plus de 20 ans.
- P.
- La propension au mal de mer et 1!0. P.
- Il n’est pas rare que les enfants des villes montrent du goût pour le métier de marin, et cela compense la désaffection qui tend à s’observer dans les populations de la côte. Mais bien souvent l’expérience de la mer fait complètement défaut chez les citadins ; or la propension marquée au mal de mer doit constituer une contre-indication formelle ; comment, sans expérience, la déceler.
- A cet égard Martin Flack a fait de nombreuses recherches, orientées d’ailleurs vers la propension au « mal d’air » au point de vue de la sélection des aviateurs, mais les résultats de ses observations sur les effets de la rotation dans la chaise tournante permettraient une prévision valable au sujet du mal de mer (1).
- La rotation (10 minutes 20 secondes) engendre chez certains sujets, prédisposés aux vertiges et nausées, une forte accélération du pouls, une élévation de la pression sanguine, et du déséquilibre oculaire, tandis que, chez d’autres, c’est la pâleur et une forte chute de la pression diastolique qu’on observe, marquant une prédisposition à l’évanouissement. Quand on a affaire à des sujets nerveux, prédisposés au mal de mer psychique, l’accélération du pouls et l’élévation de la pression précèdent la rotation.
- Pour Flack, le signe le plus certain du véritable mal de mer. c’est le déséquilibre oculaire engendré par la rotation. Si l’on n’observe pas ce déséquilibre, il pourra y avoir des malaises (avec pouls lent et chute de pression), mais passagers et peu graves, mais non le mal de mer.
- Ainsi pour la navigation, déséquilibre oculaire post-rotatoire représente une contre-indication formelle. H. P.
- Quelques données intéressant l’O. P. d’après les analyses de l’Année psychologique
- C. J. Ho. — Personnel Studies of Section Managers in a Department Store (Etude des caractéristiques individuelles des chefs
- (1) Martin Flack. Note on the Sea-Sickness. Britisli Medical Journal, n* 3656, 31 janvier 1931, p. 176A77.
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- «- itil -*
- de rayon d'un grand magasin). — Pers. J., VIII, 4, 1929, p. 225-231.
- Pour déterminer les caractéristiques personnelles d’un bon chef de rayon, 107 chefs d’un grand magasin divisés en bons, moyens et mauvais, ont été étudiés. Il s’est montré, que les hommes mariés de 35 ù 45 ans, et les femmes célibataires de 25 à 35 ans prédominaient parmi les bons. L’âge moyen des bons — 27 ans. était supérieur à celui des mauvais, qui n’était que 24 ans. 25 °/0 des bons avait l’âge entre 35 et 45 ans, parmi les mauvais il n’y avait que 6 0/o de sujets de cet âge.
- Par contre, le niveau d’intelligence ainsi que le degré de l’ins-truction s’est montré inférieur dans le groupe des bons.
- 11 ne parait pas y avoir de différence au point de vue sexe. Dans le groupe des bons on voit la même proportion d’hommes et de femmes, cependant dans le groupe des mauvais, il y avait une prédominance des hommes. Ce serait là l’effet d'une sélection plus sévère des femmes au moment de l’embauchage. B. N.
- M. Sciiorn. — Uniersuchungen über die Ilandgeschichlichkeit (Recherches sur l’habileté manuelle). — Z. f. Ps., CXII, 4-6. 1929, p. 325-378.
- Divers tests d’habileté manuelle ont été appliqués d’abord aux élèves d’une école dentaire, ensuite à des groupes plus étendus. Par les résultats on peut classer les tests, d’après leurs corrélations, en trois groupes, dont chacun répond à un aspect différent de l’aptitude :
- 1° Adresse manuelle : elle peut être mesurée par deux épreuves de modelage (reproduction à la pince d’un modèle en fil de fer. et au couteau d’un objet découpé dans la plastiline) ;
- 2° Aptitude à des mouvements précis et rapides et à la subordination des mouvements des doigts à ceux des mains : Deux épreuves (enfiler des perles, relier par un 111 de fer qui les entoure une série de vis à demi enfoncées dans une planche) ;
- 3° Précaution et patience dans le maniement délicat des objets (prendre des pois dans un verre et en remplir des éprouvettes dans un certain ordre).
- On peut classer les sujets selon qu’ils se montrent supérieurs ou inférieurs soit dans une tâche seulement, soit dans plusieurs ou dans toutes. Les hommes se montrent généralement très supérieurs aux femmes, surtout dans les épreuves du premier et du troisième groupe.
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- Mais celle analyse est encore incomplète, car une épreuve d’habileté manuelle intéresse toute la personnalité. Beaucoup d’échecs sont dus à des inhibitions morales ou au manque d’intérêt : le succès et le plaisir au travail vont de pair. Des arriérés montrent un degré de maladresse extraordinaire ; il ne s'établit pas un contact suffisant entre 1 enfant et sa tâche, les propriétés de la matière a travailler ne sont pas familières, le problème est mal compris. En somme, l’intérêt de cette étude est de montrer que ces épreuves d’habileté manuelle mettent en jeu tout autre chose que les aptitudes de la main. P. G.
- M. J. Adler. — Music appréciation : an experimental approach lo iis measurement (1 /appréciation musicale : tentative expérimentale pour la mesurer). — Ar. of Ps., n° 110, 1929,102 p,
- Ce fut pour l’auteur une tâche difficile — et ingrate — d’établir un test' du goût musical (le premier de ce genre) et de l’appliquer à plusieurs groupes de différents degrés d’instruction musicale. Six passages de choix (2 pour chaque qualité : mélodie, harmonie, rhythme) furent joués aux sujets, en 4 versions chacun : originale, terne (la plus voisine de l’original en valeur musicale), sentimentale (aux effets faciles) et chaotique (avec introduction d’éléments étrangers, etc.). Les sujets ignoraient la nature et les détails du test et devaient indiquer pour chaque morceau la version qu’ils préféraient personnellement et celle qui leur plaisait le moins, sans se préoccuper des qualités artistiques, sans analyser fa musique.
- Le test (renouvelé — et amélioré — avec 6 autres morceaux) montra, chez les sujets d’instruction musicale faible, une préférence pour .la version sentimentale, chez ceux d’instruction musicale élevée, un choix fréquent de l’original, puis de la version terne.
- Un questionnaire général, rempli au préalable devait permettre d’apprécier l’éducation musicale des sujets. D’autre part, leurs connaissances étaient mesurées par le nombre des morceaux qu’ils identifiaient ou dont ils indiquaient Fauteur. Les connaissances musicales furent un facteur nettement favorable, mais de bons tests furent obtenus en l’absence totale de connaissances. Un ne put rien fonder de précis sur le questionnaire d’éducation musicale, rempli avec trop de variation entre les individus et entre les groupes.
- L’auteur (qui fait une critique détaillée de sa tentative, et la compare aux travaux analogues en poésie et en peinture) conclut que son test, médiocre à cause des nombreuses difficultés d’applica
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- tion, renseigne non tant sur le goût musical que sur la faculté d’écouter plusieurs morceaux afin de pouvoir les comparer.
- G. D.
- F. S. Salisbury. — Prognosis of Sight Singing Ability of Normal School Siudents (Le pronostic de l’aptitude au chant à vue chez les élèves d’école normale). — J. of appl. Ps., XIII, 1929, p. 425-439
- Etude judicieuse de tests musicaux en vue d’un classement d’élèves d’école normale en plusieurs cours de chant. Après essais des six tests de Seashôre et de quelques tests de capacité musicale mis au point par lui-même, l’auteur a établi une combinaison de tests convenablement tarée (d’après les équations de régression multiple) fournissant le pronostic le meilleur (corrélation multiple de 0,84 avec un test de chant à vue). Les trois tests avec leurs poids respectifs sont : 1° un test de dictée musicale, le sujet devant inscrire les notes de 4 tons entendus à trois reprises au piano . poids 0,54 ; 2°’ test des hauteurs tonales de Seashôre : 0,22 ; 3° test de mémoire tonale : 0,22. D. W.
- LES MÉTHODES ÉTRANGÈRES EN 0. P.
- Aptitudes physiques et contrindications professionnelles (Dr. Luis TRIAS de BES)
- (Anales de la Seccion de O. P. Barcelona)
- Valet de chambre. — Bonne présentation extérieure. Bonne santé. N’exige pas une grande force musculaire. Bonne acuité visuelle et excellente acuité auditive. Incompatible avec les affections cutanées chroniques.
- Chanteur. — Profession incompatible avec l’existence d’affections respiratoires. Absence d’affections de la gorge. Excellente acuité auditive.
- Charpentier. — Travail debout, qui exige une taille de préférence élevée. Bonne force musculaire. Sensibilité tactile normale. Excellente acuité visuelle.
- Carossier. — Travail demandant une bonne force musculaire. Sen-
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- sibilité taclile normale. Absence d'hyperhydrose. Renne acuité visuelle.
- Chauffeur. — Profession non fatigante. Incompatible avec les maladies circulatoires mal supportées. Système nerveux normal. Excellentes conditions visuelles (champ visuel, acuité). Bonne acuité auditive.
- Cuisinier. — Travail debout, compatible avec les tailles petites et moyennes. Absence totale de tout genre de maladies respiratoires. Bonne sensibilité tactile. Odorat et goût normaux. Con-trindiqué aux individus atteints de gastropathies.
- Matelassier. — Travail exclusivement physique, qui exige une bonne résistance à la fatigabilité musculaire. N’exige pas de conditions spéciales visuelles ou auditives. Profession contrin-diquée aux individus malades de l’appareil respiratoire.
- Commerce (employé commissionnaire. — Bonne constitution physique en général. Profession à déconseiller aux malades de l’appareil digestif. Bel aspect extérieur. Incompatible avec le bégaiement. Sensibilité tactile normale. Bonne acuité visuelle et en particulier des couleurs et de leurs tonalités. Excellente acuité auditive.
- Commerce (employé aux écritures). — Travail non fatigant, s’exerçant en position assise. Compatible avec l’existence d’affections respiratoires et circulatoires non évolutives. Propre aux individus de constitution physique précaire. Excellente acuité visuelle.
- Confiseur. — Travail à déconseiller aux individus atteints de maladies contagieuses. Sensibilités olfactive et gustative normales. Bonne acuité visuelle.
- Contremaître (dans les tissus). — N’exige pas de conditions spéciales de santé. Travail non fatigant. Bonne acuité visuelle et auditive.
- Tanneur. — Travail éminemment physique et fatigant. Taille moyenne ou haute. Prédispose aux maladies occasionnées par le froid. Incompatible avec les affections respiratoires et rhumatismales.
- Dentiste. — Taille de préférence élevée. Incompatible avec l’existence de maladies respiratoires. Bonne force musculaire. Absence de tremblements. Bonne acuité visuelle.
- Dessinateur. — N’exige aucune taille spéciale. Profession non fatigante, compatible avec une constitution physique déficiente. Exige une parfaite acuité visuelle. Bonne vision des couleurs.
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- Doreur. — Travail assis et non fatigant. Compatible avec les affections circulatoires bien supportées et respiratoires non évolutives. Excellente acuité visuelle et bonne perception des couleurs. Sensibilité tactile normale.
- Ebéniste. — Conditions d’aptitudes physiques identiques à celles du charpentier.
- (à suivre)
- A travers les Revues
- Dans la Psychotechnische Zeitschrift d’avril 1931, une étude de R. A. Bif.gel (du Laboratoire Psychotechnique du Service allemand des P. T. T. ) est consacrée aux épreuves d’aptitude pour les radiotélégraphistes, épreuves non verbales (donc internationa-lisables) et qui ont permis, dans trois classes préparatoires (56 élèves en tout), de pronostiquer exactement la capacité professionnelle dans 54 °/„ des cas, et l’incapacité dans 70 % des cas des élèves incapables.
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- La Revue de France du 15 janvier 1931 a publié un article sur la pléthore médicale, du professeur Sergent qui a réclamé une sérieuse barrière à la fin de la première année des études médicales, sans toutefois aller jusqu’à une limitation du nombre des admissions et à l’institution du concours. 11 ,a rappelé qu’en 28 ans le nombre des médecins en France avait passé de 16.815 à 27.500, avec concentration dans les villes (augmentation de 1.000 médecins en 4 années dans le département de la Seine).
- INFORMATIONS
- Les publications du Centre de renseignements d’orientation professionnelle de la Fédération générale des Œuvres laïques de la Seine, par les soins de M. Chaintreau, continuent très utilement. Dans celle qui est consacrée aux écoles primaires supérieures parisiennes, se trouve une intéressante statistique des professions et carrières de 6.196 anciens élèves des écoles Turgot, Colbert, Lavoisier, J.-B. Say et Arago (469 dans l’administration, 129
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- dans les carrières libérales, 178 dans l’enseignement, 227 dans les divers métiers, 2.345 dans l’industrie, comme employés techniques, ingénieurs, directeurs, patrons) et 2.848 dans le commerce ; on trouve également la répartition des situations occupées au Crédit Lyonnais de Paris par les 288 anciens élèves de ces écoles qui s’y trouvent actuellement
- La Municipalité du XVe arrondissement a inauguré le samedi 27 juin, la 5e Exposition de l’apprentissage, à la mairie de la place de Vaugirard, sous la présidence de M. Luc, directeur général adjoint de l’Enseignement technique, remplaçant le sous-secrétaire d’Etat, M. Pomaret, empêché, assisté du maire adjoint, président du Comité de Patronage d’apprentis, et de diverses personnalités qui avaient répondu à l’appel de la municipalité, en particulier, MM. Fontègne et Piéron.
- Après les discours, eut lieu la visite de cette fort intéressante -exposition.
- D’autre part, à la mairie du Panthéon, c’est le 4 juillet qu’a été Inaugurée une exposition analogue, sous la présidence de M. Fontègne, organisée par la Municipalité et le Conseil d’administration de l’Aide de l’apprenti du Ve arrondissement grâce à l’action énergique du maire, le Dr Moulin, dont on connaît les efforts réalisateurs en matière d’orientation professionnelle.
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- L’assemblée générale de l’Aide aux cardiaques a eu lieu le 15 mai dernier à l’Hôpital de la Pitié ; celte œuvre, présidée par le professeur Vaquez, et qui comporte un appui moral et matériel pour ces malades, se préoccupe de l’orientation des jeunes gens porteurs d’affections cardiaques vers des carrières compatibles avec leur état ; elle a, dans les différents hôpitaux de Paris, des filiales que dirigent le professeur Clerc et les docteurs Aubertin, Donzelot, Laubry et Lian.
- Le Service d’orientation professionnelle annexé à l’O. D. a tenu, le 20 mai, à Angoulême, une séance à laquelle assistaient 150 instituteurs et institutrices du département.
- M. Larcher, inspecteur général au Sous-Secrétariat d’Etat de l’enseignement technique, a exposé les méthodes qu’il convient d’appliquer en matière d’orientation professionnelle des jeunes
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- gens, garçons et filles, clans les diverses professions du commerce, de l’industrie et de l’agriculture.
- Après échange de vues, des mesures ont été adoptées par l’assemblée en vue de développer les services d’orientation dans les principaux centres du département.
- La Vie de l’Institut national d’O. P.
- La troisième année d’enseignement de l’I. N. O. P. vient de se terminer par la session d’examen de juin.
- Cette année 17 élèves s’étaient fait inscrire ; 14 ont été définitivement reçus, un avait été. refusé aux épreuves écrites et deux ont été refusés à l’oral.
- Il y a eu un candidat qui a obtenu la mention très bien (moyenne générale au moins égale à 16 sur 20). 4 candidats ont obtenu la mention bien (moyenne générale au moins égale à 14 sur 20). 4 candidats ont mérité la mention assez bien (moyenne générale au moins égale à 12 sur 20). Il y avait sur les 17 inscrits : 13 français et 4 étrangers : 2 polonaises, 1 suisse, 1 palestinienne ; 10 femmes et 7 hommes.
- 1 orienteur, 4 instituteurs et institutrices, 5 étudiants et étudiantes, 1 professeur d’école d’apprentis, 1 maître technique, 1 assistante sociale, 1 directrice de gymnase, 1 directrice d’école pour-anormaux, 1 infirmière, 1 herboriste.
- Voici les noms des élèves diplômés dans l’ordre déterminé par le nombre de points obtenus :
- M. Metge (mention très bien) ; Mlle Bugnion (mention bien) : Mme Chapiro (mention bien) ; M. Fée (mention bien) ; Mlle Matz (mention bien) ; Mlle llubault (mention assez bien) ; M. Lavergne (mention assez bien) ; MIle Benoit-Levi (mention assez bien) ; Mme Mourruau ; M. Theulière, MIle Joyet-Lavergne ; M. Chanlot ; MUe Je-not.
- L’écrit comprenait trois épreuves : P Sujet (M. Piéron). L’audition en orientation professionnelle ;
- 2° Sujet (M. Piéron). La fatigabilité, comment peut-on la déterminer ? Quelles indications en peut-on tirer ? ;
- 3° Sujet (M. Wallon). Quelle sorte de sources, de renseignements, d’examens, l’orienteur peut-il utiliser pour apprécier le caractère d’un enfant.
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- 2° Une épreuve de physiologie et de pathologie à choisir parmi les trois sujets suivants :
- 1° Sujet (M. Laugier). Quelles sont les mesures qui permettent de juger de la robustesse d’un individu ? Indications à tirer pour l’orientation professionnelle ;
- 3° Sujet (M. Paul-Boncour). Comment orienter un enfant suspect de tuberculose ?
- 3° Une épreuve d’organisation de ïorientation et de sciences économiques à choisir parmi les sujets suivants :
- 1° Sujet (M. Oualid). Les compléments sociaux du salaire : indemnité de cherté de vie ; échelle mobile ; allocations familiales :
- 2° Sujet (M. Fontègne). Comment procédez-vous pour obtenir au cours d’un entretien que vous avez avec un enfant de 13 à 14 ans, les renseignements qui vous sont nécessaires au point de vue de l’O. P.
- 3° Sujet (M. Lahy). Une grande maison de construction d’automobiles désire embaucher 10 apprentis pour leur enseigner le dessin industriel. Faites l’analyse des aptitudes requises pour l’exercice de cette profession et indiquez les tests qui seraient susceptibles de'donner des renseignements utiles pour déceler les aptitudes nécessaires à la réussite de ces apprentis.
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- H. Gaillard et'A. Lomont : Du choix d’un métier. — Orientation professionnelle pratique par la méthode expérimentale des ateliers-écoles. — In-8° de 386 pages. Editions de l’Information professionnelle, 31, rue de Bourgogne, Paris, 1931.
- Dans ce volume, luxueusement édité et préfacé par M. Edmond Labbé, les auteurs — dont l’un préside la Commission administrative des ateliers-écoles que l’autre dirige — fournissent un exposé documenté et illustré de l’organisation féconde, et universellement connue, des ateliers-écoles de la Chambre de commerce de Paris.
- On trouve, dans l'avant-propos, deux discours du président de la Chambre de commerce, M. André Baudet, l’un à la réception de l’IIôtel-de-Ville (20 mars 1926) en l’honneur des membres des
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- offices d’orientation, l’autre à l’inauguration de l’I. N. O. P. (9 novembre 1928).
- En annexes, une série de causeries radiophoniques retracent les caractéristiques d’une série de métiers, masculins et féminins, propres à la région parisienne.
- Et, dans le cours du volume, en une série de 7 chapitres, les auteurs envisagent la crise de l’apprentissage et le rôle de l’ô. P., la question du choix du métier et l’organisation pratique de l’O. P. par les ateliers-écoles dont, grâce à cet ouvrage, on apprendra à connaître avec, précision le fonctionnement. P.
- P. Cornuet. —• La revue de Vorientation intellectuelle (1). — C’est là un très bon journal qui compte aujourd’hui un an d existence, et dont le succès auprès des familles a prouvé futilité. 11 est venu apporter un peu de lumière dans l’orientation des jeunes gens qui, une fois acquis le baccalauréat, ne savent vers quelles études se diriger.
- Jusqu’ici on s’est surtout occupé en O. P. des métiers manuels ou de bureau. C’est en vue de ces métiers que les tests actuels, les films et tous les autres moyens de documentation par tracts ou par livres, ont été créés. Pour les carrières intellectuelles on n’a rien fait ou presque.
- La Revue de l’orientation intellectuelle ne prétend pas encore faire œuvre de science : mais elle est déjà un organe de documentation très précieux donnant des renseignements complets et détaillés d’ordre pratique :
- 1° Des monographies diverses, où la partie psychologique et psychotechnique est généralement sacrifiée il est vrai, et pour cause, mais où sont soigneusement étudiés et exposés : l’ensemble de la profession, sa préparation, sa position dans l’état du marché du travail, ses débouchés, son avenir ;
- 2°Des analyses, et parfois, des extraits des meilleurs livres traitant : de la psychologie appliquée et de la mesure des facultés
- mentales, de l’organisation du travail intellectuel et des méthodes, de l’éducation, de l’orientation, etc., etc. ;
- 3° Des informations, tenues strictement à jour, sur les concours et examens, avec une notice explicative sur chacun d’eux et les traitements des professions auxquelles ils conduisent.
- (1) 119, rue Cardinet, Paris.
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- Parmi les études les plus remarquables parues au cours de l’année il convient de mentionner : l’expert comptable, les médecins, le journalisme, les carrières de la publicité, les grandes écoles, les situations administratives, le Ministère de l’Air, les carrières féminines et les situations aux colonies. L. B.
- Livres nouveaux entrés à la bibliothèque
- Alfred Cendrier. — Organisation de l'orientation professionnelle (Thèse) 2 ex. — Librairie des lois et décrets commentés, 1931, Paris, 222 p.
- Dr Doris Jaehner. — Zwei Tage aus dem Leben Dreier Gesch-wister. — Johann Ambrosius Barth, 1930, Leipzig, 173 p.
- Carus. — Guide général pour la jeunesse. — Librairie Carus, 1931, Paris, 1052 p.
- L’Ecole des parents. —• L'Adolescence. — Compte-rendu du Congrès de décembre 1930, F. Lanore, Paris, 349 p.
- Dr E. Claparède. — L’éducation fonctionnelle. —• Delachaux et Niestlé, Neuchâtel et Paris, 263 p.
- Gertrude H. Hildretii, Ph. D. — Pshijcological service for school problems. — World Book Company. New-York, 317 p.
- Mordecai Ezekiel. — Methods of corrélation analysis. — John Wiley et Sons, 1930, New-York, 427 p.
- Arnold Gesell. — The Guidance of mental Growth in infant and child. — The Macmillan C°, 1930, New-York, 322 p.
- Dr P. Chavigny. — Organisation du travail intellectuel. — Librairie Delagrave, Paris, 1930, 130 p.
- John Dewey et Evelyn Dewey (trad. B. Dutliil). — Les Ecoles de demain. — Ernest Flammarion, Paris, 274 p.
- R. Hubert et H. Gouhier. — Manuel élémentaire de pédagogie générale. — Librairie Delalain, Paris, 1930, 322 p.
- Henri Hauser. — Les débuts du capitalisme. — Félix Alcan, Paris, 1931, 326 p.
- H. Gaillard et A. Lomont. — Du choix d’un métier. — Editions de l’Information professionnelle, Paris, 386 p.
- Dr Victor Pauchet. — L’Enfant. Sa préparation à la vie. — Editions J. Oliven, Paris, 247 p.
- Berthold C. Friedl. — Les idéals des enfants (thèse). — Imprimerie Drivon, 1931, Paris, 72 p.
- Ottoheinz v. d. Gablentz et Cari Mennicke, etc. — Deutsche Berufskunde. — Bibliographisches Institut Ag., 1930, Leipzig, ^519 p.
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- N° 8
- Octobre 1931
- BULLETIN
- DE
- l'Institut National d’Orientation Professionnelle
- QUELQUES DONNÉES
- SUR
- Les indépendances fonctionnelles relevées par les épreuves psychotechniques
- (En particulier en ce qni concerne les formes et types d’intelligence) (i)
- PAR
- A. FESSARD, Jeanne MONNIN et H. PIERON
- La méthode des tests analytiques révèle l’impossibilité d’envisager comme unités simples les grandes fonctions mentales. Elle met en évidence, par l’intermédiaire de l’analyse statistique, l’existence de systèmes fonctionnels déterminés par des facteurs multiples intervenant en combinaisons différentes dans les formes variées d’activité mentale.
- En ayant pour but cette étude analytique des systèmes fonctionnels, des dépouillements statistiques ont été entrepris sur les résultats obtenus par l’emploi de la fiche psychologique collective de H. Piéron. Bien qu’établie en vue de déterminer des profils d’enfants dans un but pratique et non pour des recherches approfondies, cette fiche a permis néanmoins d’obtenir quelques résultats susceptibles d’orienter de plus amples investigations.
- Description de la Fiche.
- L’analyse a porté sur des résultats obtenus dans les Ecoles de la ville de Paris chez 564 garçons et 389 filles de 11 à 15 ans, ayant obtenu le C.E.P. et faisant partie des cours moyens et supérieurs.
- Les éléments utilisés de la fiche ont été ceux qui avaient trait à l’intelligence, à l’imagination et à la mémoire.
- Pour l’intelligence, la matière des épreuves, établie au point de vue de l’opération mentale prédominante (compréhension, critique, invention), comporte :
- (1) Communication à la 7' conférence internationale de Psychotechnique, Moscou. septembre 1931.
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- Pour la compréhension :
- 7 épreuves dans lesquelles le sujet doit trouver la loi de variation de séries de nombres ;
- G questions où il s’agit de souligner des mots ayant entre eux une certaine relation d’idée (analogies simples ou complexes) ;
- 4 questions logiques ;
- 2 questions d’interprétation ;
- Pour la critique :
- 4 épreuves consistant à découvrir des absurdités ;
- 4 questions logiques (raisonnements à forme syllogistique, dont on doit juger si la conclusion est ou non exacte) ;
- Pour l'invention :
- ô épreuves : dans les deux premières le sujet doit indiquer des mots ayant entre eux une certaine relation d idée, dans les deux suivantes il doit trouver des analogies, et dans la dernière une série d'antonymes.
- Ces épreuves d’intelligence peuvenL être considérées également au point de vue de la nature du problème posé, comme s'adressant à des formes d’intelligence, à des types plus ou moins caractérisés : types numérique, verbal, logique, général.
- Les épreuves d’intelligence numérique consistent 'en 1 séries de nombres à compléter suivant une loi.
- Les épreuves verbales comportent la recherche de relations d’idées, d’analogies, de contraires ; dans certains exercices le sujet doit souligner, dans les autres trouver des mots.
- Le type logique est étudié au moyen de 4 épreuves de raisonnement : épreuves d’alternatives ou d’exclusions.
- Les épreuves d’intelligence générale concernent, pour 4 d’entre elles, des absurdités à découvrir, et 2 question^ d’interprétation (dont un proverbe).
- L’imagination est étudiée par le test de la tache d’encre de Rybakoff (une seule épreuve).
- L’étude des différentes formes de mémoire, de type verbal, logique ou concret, ainsi que de la mémoire des formes géométriques, est basée sur les résultats d’épreuves dans lesquelles les sujets ont :
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- 1° à reproduire une série de 30 mots, une demi-heure après la lecture (1’ 1/2) pour la forme verbale ;
- 2° à reproduire les idées contenues dans un texte qid vient d'être lu pendant 1’ 1/2 pour la forme logique ;
- 3° à retrouver sur des dessins d’objets simples la disposition et certains détails observés 7 minutes auparavant dans la série correspondante pendant 1 minute, pour le type concret ;
- 4° à reconnaître enfin, au milieu d’autres, certaines figures géométriques vues pendant 30”.
- Mode de correction.
- La forme alternative avec réponse par oui ou non, ou par un mot à souligner, fut adoptée dans la plupart des épreuves ; dans les exercices où l'on fait intervenir un élément nouveau en demandant aux sujets de trouver des mots, pour supprimer l’arbitraire, des listes de réponses correctes el de réponses inadmissibles furent remises au correcteur ; d’ailleurs pour celte catégorie d’épreuves la correction fut confiée à une même personne.
- ÉTALONNAGE
- Garçons Moy. e. p. (M) <7 e. p. (a) Max.
- Mémoire : formes géom.. 0.796 +0.061 2.201 +0.0435 8
- concrète..... 8.209 +0.155 5.54 +0 109 36
- logique...... 4.24 +0.094 3.367 +0.066 10
- verbale...... 2.217 +0.163 5.841 ±0.115 3(7
- Intelligence : générale..... 7.27 +0.119 4.258 +0.084 16
- logique....... 7 564 +0.106 3.802 +0.075 20
- verbale....... 13 42 +0.104 3.717 ±0.073 30
- numérique... 3.695 ±0 112 4.018 ±0 079 14
- compréhension.. 11.751 ±0.192 6.867 ±0.085 40
- critique....... 8.072 +0.108 3.867 ±0.076 16
- invention.... 11.59 ±0.083 2.965 ±0.058 24
- Imagination.................. 13.652 +0.222 7 964 ±0.156
- e. p. (M) et e. p. ( a ) sont les erreurs probables sur la Moyenne et sur l’écart type (a), c’est-à-dire les limites en plus ou en moins qu’on a autant de chances de dépasser que de ne pas atteindre.
- y Filles Moy e. p. (M) <r e. p. (o-) Max.
- Mémoire : formes géom.. 0.740 ±0.0645 1.887 ±0.0456 8
- concrète........ 8.56 ±0.187 5.492 ±0.1327 36
- logique......... 5.205 ±0.102 2.993 ±0.0921 10
- verbale......... 2.846 ±0.184 5.391 ±0.1307 3(7
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- Intelligence générale.... 6.639 ±0. 143 4.2008 ±0.102 16
- logique 6.812 ±U. 132 3.8626 ±0.093 20
- verbale 13.7115 ±0.139 4.083 ±0.098 30
- numérique.. 3.162 ±0.123 3.6222 ±0.087 14
- compréhension. 8.139 ±0.228 6.590 ±0.141 40
- critique .... 7.884 ±0.125 3.666 ±0.088 16
- invention... 8.178 ±0.113 3.307 ±0.079 24
- Imagination 13.337 ±0.275 8.055 ±0.194
- Précision.
- La constitution même de la fiche rend impossible le calcul de sa cohérence, en raison de la brièveté des épreuves, mais cette brièveté, qui peut être une objection grave à la précision de nos mesures, est cependant un avantage incontestable au point de vue de l’homogénéité des résultats : elle permet d’obtenir en une seule séance une étude assez complète des sujets. D’autre part la variété des épreuves évite la lassitude et paraît être une garantie de meilleur rendement.
- L’étalonnage des résultats, qui indique une répartition satisfaisante dans l’ensemble, marque cependant une altération de certaines valeurs. Ceci paraît dû à la mauvaise compréhension des instructions, en particulier dans les épreuves d’intelligence numérique, générale, de mémoire logique et concrète, où le pourcentage de 0 est suffisant pour qu’on puisse conclure à l’incompréhension de la fiche de la part d’un certain nombre d elèves.
- Homogénéité :
- Dans l’application de cette fiche nous avons recherché les meilleures conditions d’homogénéité : sélection de groupes d’enfants, uniformité de technique, choix de la méthode de correction.
- En ce qui concerne le choix des sujets, nos efforts ont tendu vers l’élimination des facteurs .systématiques facilement discernables tels que l’âge, le sexe, les différences de milieu.
- Certaines conditions d’homogénéité étaient assurées par la source même du recrutement des sujets : écoles de la ville de Paris où garçons et filles sont étudiés séparément. L’obtention du certificat d’études primaires est l’indication d’un niveau analogue de connaissances scolaires, sans présenter
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- l’inconvénient d’une sélection trop rigoureuse des sujets qui enlèverait à leur groupe son caractère représentatif d’ordre assez général.
- Des conditions identiques furent observées dans l’application des tests : un même opérateur, expérimenté, employant une technique uniforme, à une époque déterminée de l’année (mois de juin) le même jour de la semaine et à la même heure. Ceci dans le but d’éviter l’influence de facteurs externes tels que la différence de saison, les périodes diverses de l’année scolaire où la fatigue serait plus ou moins accusée, le degré de mise en train variable suivant le moment de la journée ou de la semaine.
- La disposition des épreuves plus spécialement étudiées, dans la suite des tests contenus dans la fiche psychologique, après une épreuve d’attention du début (test de barrage) qui favorise la mise en train des.sujets, permet de considérer cette période de travail comme celle du meilleur rendement de l’enfant. D’autre part la limitation de temps, l’uniformité des instructions concourent également à l’identité des conditions d’application.
- Cependant, l’homogénéité des résultats s’est montrée compromise dans certains tests par l’influence de l’âge.
- Les garçons, dont les résultats ont fait l’objet de recherches plus approfondies, se répartissent en :
- 84 sujets de 11 à 12 ans ;
- 171 sujets de 12 à 13 ans ;
- 228 sujets de 13 à 14 ans ;
- 81 sujets de 14 à 15 ans ;
- Les individus étant groupés au point de vue de l’âge, par périodes de 4 mois, la courbe des notes moyennes de chacun des groupes indique une légère évolution des. valeurs en fonction de l’âge pour les épreuves de : compréhension, intelligence générale et intelligence verbale, et une indépendance à peu près complète pour les autres.
- TABLEAU DES MOYENNES
- Fréquence Age Compréhension Intel, gén. Intell, verbale
- 12 11 ans à 11 ans 4 m. 9.50 3.67 12.91
- 34 11 a. 4 m. - 11 a. 8 m. 10.45 6.23 13.26
- 38 11 a. 8 m. — 12 a. 11.34 6.21 13.09
- 56 12 a. — 12 a. 4 m. 10.50 5.82 12.59
- 64 12 a. 4 m. — 12 a. 8 m. 13.38 7.44 13.11
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- Fréquence Age Compréhension Intell. gén. Intell, verbale
- SI 12 a. 8 m. — 13 a. 12.09 7.80 13:42
- 68 13 a. — 13 a. 4 m. 11.23 6.76 12.56
- 102 13 a. 4 ni. — 13 a. 8 m. 11.45 7.57 14.12
- S8 13 a. 8 m. — 14 a. 12.42 7 86 14.09
- 43 14 à. — 14 a. 4 m. 14 03 9.16 13.63
- 31 14 a. 4 m. - 14 a. 8 m. 13.13 8.19 14.33
- 7 14 a. 8 m. — 15 a. 16 10.86 15.39
- Dans ces trois cas l’évolution des valeur •s paraît considé-
- rable à première vue, mais, si l’on tient compte de l’irrégularité de la distribution, les fréquences des notes extrêmes étant relativement très faibles, l’importance de l’action de l’âge est peu grave.
- Les coefficients de corrélation, calculés entre l’âge et chacune de ces séries d’épreuves dans le but de modifier, ainsi qu’il convient, les intercorrélations étudiées par la suite, sont de l’ordre de :
- + 0,11 + 0,028 entre l’âge et la compréhension ;
- + 0,22 + 0,027 entre l’âge et l’intelligence générale ;
- + 0,13 + 0,028 entre l’âge et l’intelligence verbale.
- Notons que, dans la série de compréhension (19 épreuves) figurent 6 épreuves qui se retrouvent dans la série d’intelligence verbale (sur 8) du type des analogies et similitudes de sens, et 2 qui se retrouvent dans la série d’intelligence générale (interprétation d’un proverbe et d’une pensée).
- Il existe en outre dans la compréhension les 7 épreuves de l’intelligence numérique (qui ne sont pas celles pour lesquelles l’âge joue un rôle notable) et 4 épreuves d’alternative appartenant à la série de l’intelligence logique.
- Intercorrélations et tédrades (1).
- Voici les valeurs obtenues pour les deux groupements des tests d’intelligence :
- I. Facteurs
- Intelligence logique.........
- verbale...........
- générale.......
- numérique.........
- Intercorrélations
- 12
- ri3
- P14
- r23
- r24
- r34
- Garçons
- -F 0.26 4- 0.47 + 0.14 4- 0.24 + 0.19 4- 0.19
- (1) Voir la note explicative finale.
- 1
- 2
- 3
- 4
- Filles 4- 0 23 4- 0.41 + 0.06 — 0.28 — 0.18 — 0.01
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- Tétrades t
- G t
- tl234 “ — 0.0399 - 1.90 G.
- - 0.0702 - 3.04 F.
- tl243 = 0.0158 1 33 G.
- — 0.0141 - 0.97 F.
- tl342 = 0.0557 2.82 G.
- 0.0566 II. Facteurs 2.29 F.
- Compréhension . .. 1
- Critique ... 2
- Invention...... .. 3
- Imagination ... 4
- Intercorrélations
- Garçons Filles
- ri2 + 0.31 + 0.20
- ri3 r,14 r23 + 0.27 + 0.36
- 4- 0.11 + 0.11
- + 0.31 + 0.28
- + 0.08 + 0.18
- r34 + 0.23 -t- 0.22
- Tétrades t et
- tl234 - 0.0497 + 3.12 G
- — 0.0203 - 0.98 F.
- tl243 — 0.0372 +2.79 G
- 0.0131 + 1.15 F.
- tl342 -- — 0.0125 — 1.32 G
- 0.0333 + 1.57 F
- Pour les intercorrélations des épreuves de mémoire, si l’on prend comme critérium minimal de parenté le quadruple de l’erreur probable, les coefficients sont absolument négligeables ; ils sont de l’ordre de : 0,01 ; 0,04 ; 0.12 ; 0,08 ; 0,06 ; 0,03 ; chez les garçons ; et 0,18 ; 0,17 ; 0,16 ; 0,11; 0,08; 0,01 ; chez les filles.
- Ceci confirme certains travaux antérieurs et montre le polymorphisme de ce que nous englobons sous le terme de mémoire.
- Les tétrades n’ont pas été calculées, car étant de la forme de 0 x 0 — 0 x O elles eussent été forcément nulles, dans les limites de 3 a-, et auraient semblé indiquer la présence d’un facteur général (nul ou très petit).
- Dans le tableau des intercorrélations entre : compréhension., crit'cfue, invention, on note un bon équilibre des coefficients :
- 0,31 ; 0,27 ; 0,31 ; pour les garçons ;
- 0,20 ; 0,36 ; 0,28 ; pour les filles.
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- Entre imagination et critique, imagination et compréhension la corrélation devient : 0,11 et 0,08 (garçons), 0,11 et 0,18 (filles) ; c’est-à-dire environ 4 fois l’erreur probable. Elle augmente, comme on pouvait s’y attendre, entre invention et imagination : 0,23 et 0,22.
- Entre certains coefficients obtenus chez les filles et chez les garçons on note des divergences frappantes surtout entre critique et imagination où l’on a 0,18 et 0,08, différence qui pourrait faire penser à un facteur de groupe accidentel chez les filles.
- Les coefficients relativement élevés entre invention et imagination : 0,22 (garçons) et 0,23 (filles), confirmeraient la présence d’une parenté escomptable à priori, responsable de la grandeur de 2 différences de tétrades. Car on a :
- Un coefficient de 0,31 entre critique et compréhension paraît indiquer également un facteur de groupe chez les garçons, tandis que l’autre tétrade ne compte guère et que, chez les filles, où le même coefficient n’est que de 0,20, les tétrades sont toutes négligeables. Ce facteur, auquel on ne se serait pas attendu à priori, est probablement accidentel-Parmi les intercorrélations entre les types d'intelligence, on remarque que le coefficient entre intelligence logique et intelligence générale est le plus élevé ; il est 0,47 chez les garçons et 0,41 chez les filles. On note en même temps l’importance de tétradifférences assez élevées :
- tl342 = 0,0557 11342 = 2,82 chez les garçons
- et
- tl342 = 0.05668 tl342 = 2,29 chez les filles,
- Tt
- tétrades qui se confirment mutuellement et paraîtraient systématiquement trop grandes, s’il n’y avait pas un facteur de groupe, dont la nature serait à préciser (en tenant compte du fait que les épreuves d’intelligence comportent des absurdités à découvrir pour lesquelles vaut une forme logique de pensée).
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- On peut noter la valeur beaucoup plus faible des coefficients obtenus entre l’intelligence numérique et les autres types.
- Par exemple chez les garçons :
- 0,14 (logique et numérique) ;
- 0,19 (verbal et numérique) ;
- 0,19 (général et numérique) ;
- et chez les filles :
- 0,06 (logique et numérique) ;
- 0,18 (verbal et numérique) ;
- 0,01 (général et numérique).
- Quelques-uns d’entre eux sont un peu supérieurs au quadruple de l’erreur probable, mais même dans ce cas il est difficile de dire qu’ils sont significatifs, en raison de l’incompréhension de beaucoup de sujets dans les épreuves numériques, ce qui fait surestimer les coefficients.
- Cette influence se retrouve dans les différences de tétrades qui sont relativement élevées, comme :
- 11234
- fft
- = — 3,04 chez les filles
- On peut en trouver une confirmation dans la faible valeur des tétrades 1243 :
- tl243
- <n
- tl243
- o-t
- = 1,33 chez les garçons
- = — 0,97 chez les filles
- Ces tétrades, pratiquement négligeables, et d’ailleurs de signes opposés, sont les seules dans lesquelles ne figurent ni les coefficients entre l’intelligence logique et générale ni les coefficients les plus élevés de ceux qui ont trait à l’intelligence numérique.
- Dans l’ensemble, la présence de facteurs de groupes, dont certains escomptables à priori, paraît réelle entre invention et imagination, mais sans doute accidentelle pour les autres cas où peut intervenir par exemple l'incompréhension de la part de beaucoup de sujets dans les épreuves numériques.
- Le problème qui reste posé concerne surtout la nature de
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- relations entre intelligence logique et intelligence générale, où paraît bien aussi se marquer l'action d’un réel facteur de groupe.
- En ce qui concerne la question toujours controversée du facteur G, il n’est pas possible d’utiliser ces résultats comme des éléments décisifs au point de vue du critère de Spear-man.
- Mais, des données acquises, il résulte que ni l’intelligence au sens strict, ni la mémoire ne constituent des fonctions unitaires, et qu’elles représentent bien des activités complexes dans lesquelles, en dehors du facteur général possible, représentant peut-être lui-même un ensemble complexe mais invariable, des facteurs multiples interviennent en des associations essentiellement variables.
- Au point de vue pratique les types d’intelligence prennent une réalité qui oblige à en tenir compte plus qu’on ne le faii, la réussite dans une catégorie d’épreuves ne permettant pas la prévisibilité du succès dans une autre.
- Note explicative. — On appelle intercorrélations les coefficients de corrélation calculés entre les tests pris deux à deux de toutes les façons possibles.
- Les différences de tétrades, ou simplement tétrades, sont dies expressions de la forme :
- ri2 X m — I'13 x C24
- que pour abréger on désigne par le symbole tl234, les 4 chiffres en indice étant, dans leur ordre, ceux des 2 premiers coefficients de corrélation utilisés dans l’expression précédente.
- Si toutes les tétrades possibles sont nulles (dans les limites des fluctuation à craindre), c’est la preuve que les fonctions étudiées ne dépendent que d’un facteur commun à toutes (général), accompagné d’un facteur particulier à chacune d’elles (spécifique). Sinon, des facteurs communs seulement à quelques-unes (facteurs de groupe) sont à envisager.
- On ne s’y résout généralement que lorsqu’on en est bien sûr, c’est-à-dire quand l’expression t/<rt approche ou dépasse la valeur 3. Le critère de sûreté est en effet conventionnellement pris égal à trois fois l’erreur type (ou parfois à 4 fois l’erreur probable).
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- NOTES ET DOCUMENTS
- Le dépistage précoce du talent
- Une intéressante étude de Ivnauber (1) sur l'examen des dessins 'ibres ou exécutés suivant des directives par 115 enfants d’âges divers pendant cinq semaines consécutives montre que le talent du dessin peut se manifester déjà à un âge très précoce.
- Déjà, chez les enfants de deux ans, on trouve des différences individuelles très considérables dans l’habileté manifestée au cours du dessin et dans l’intérêt qui y est pris — intérêt dont l’intervention pour le développement du talent naturel se montre capital et qu’il faut savoir éveiller — et déjà des pronostics paraissent possibles.
- Il serait intéressant de les préciser. Au point de vue de la fréquence de l’aptitude, l’auteur évalue à un treizième des enfants ceux-qui manifestent, à ses yeux, un talent réel. H. P.
- La question de l’anthracose et de la silicose comme maladies professionnelles
- Un décret du 16 novembre 1929 a rendu obligatoire pour les médecins la déclaration des « affections pulmonaires déterminées par l’absorption des poussières siliceuses », ainsi que par des « poussières de charbon », en vue de l’extension éventuelle de la législation sur les maladies professionnelles
- Or, le diagnostic précis et étiologique de ces deux affections n'est pas toujours très aisé à établir.
- Le professeur Leclercq, de Lille, a exposé à l’Académie de médecine les difficultés que peut rencontrer le médecin praticien dans celte déclaration et propose un certain nombre de mesures propres à y rémédier.
- L’anthracose est, en effet, constante chez les ouvriers ayant travaillé à l’extraction du charbon, sans pour cela constituer toujours un état pathologique. Au point de vue anatomique, elle se caractérise par un véritable « tatouage » du parenchyme pulmonaire sans développement accusé du (issu scléreux.
- La silicose, par contre, pure ou associée à la tuberculose, est caractérisée par une sclérose pulmonaire parfois étendue. On la
- (1) A study of the art ability found in very young children. Child Development, H. 1931, pp. 66-71.
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- rencontre chez des ouvriers travaillant au rocher. Mais, par suite de son imprécision symptomatologique et de la complexité des cas cliniques, son diagnostic reste très difficile à établir. Elle peut parfois se manifester par la gêne respiratoire, de la toux et de l’expectoration, de la fatigue cardiaque et de la diminution de ia ventilation pulmonaire comme dans toute sclérose.
- Les examens radiographiques peuvent apporter d’intéressants renseignements : la plupart des poumons silicosés paraissent, en effet, parsemés de petites taches arrondies à contours nets, à tendance confluente dans les cas anciens, et plus spécialement réparties au niveau des lobes moyens et inférieurs des deux poumons, à peu près symétriquement, en dehors de la zone hilaire étalée. 'I en résulte des images en « papillon ».
- Mais cet aspect n’est pas spécial à la silicose. On le rencontre également dans certaines tuberculoses fibreuses.
- Aussi l’auteur demande-t-il la création dans les houillères de centres de dépistage pourvus du matériel nécessaire et du personnel compétent, et l’établissement d’une documentation générale sur la question.
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- L’Orientation professionnelle à l’Institut biotypologique de Gènes
- L’Institut biotypologique de Gènes s’était adonné surtout à des recherches d’ordre scolaire ; par la voie des écoles professionnelles, il en vient actuellement à des travaux visant les problèmes de l’O. P.
- Les Drs G. VinoNi et T. Tamburini, chef de section et assistant à cet Institut relatent (1), en ce sens, leurs comparaison d’élèves ajusteurs ou tourneurs excellents, bons ou médiocres, au point de vue des résultats de quelques épreuves d’acuité visuelle, d’habileté manuelle et d’attention. L’appréciation psychotechnique fondée sur ces quelques épreuves n’a été en désaccord que 17 fois sur 65 cas avec l’appréciation des chefs d’ateliers.
- Chez les ajusteurs la finesse de sensibilité tactile, l’habileté manuelle, l’attention, le sens des proportions dominent ; chez les tourneurs la vue et l’ouïe avec le sens des proportions et l’attention sont au premier plan.
- Mais les données sont assez sommaires, les épreuves peu nombreuses, et il n’y a pas d’élaboration statistique.
- H. P.
- (1) Contributo all’attivita pratica dell’Onentamento professionale. Rivisia di psi-cologia, XXVII, 2, 1931, pp. 84-89.
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- Le chômage des intellectuels en Allemagne
- En 1931, sur 350.000 personnes ayant les diplômes universitaires en Allemagne, 30.000, soit presque 10 °/„ sont sans travail.
- En 1928, il y en avait 10.000, et en 1929. 10.000.
- Parmi les chômeurs d’aujourd'hui se trouvent, : 19.000 ingénieurs diplômés (presque la moitié de tous les ingénieurs diplômés allemands), 4.000 médecins (sur le nombre total de 50.000) Tandis qu’avant la guerre on comptait un avocat sur 7.000 habitants, on a un avocat sur 3.800 à l’heure actuelle.
- On ne trouve pas, paraît-il, de chômeurs parmi les théologiens. L’Allemagne possède 35.000 personnes ayant fait leurs études à la Faculté de Théologie.
- Un fait est à noter : dès qu’on manque de spécialistes dans un domaine quelconque, on en a trop l’année suivante, ce qui prouve que dans le choix de la profession, les jeunes gens, aux moments de crise, ne suivent ni leurs désirs ni leur vocation, mais sont obligés de se conformer à la nécessité de pouvoir gagner leur vie.
- D. M.
- A travers les Revues
- Dans la Psy^hotechnische Zeilschrifl de juin 1931, I f ans Zi un relate les résultats d’une étude psychotechnique, faite sous La direction de Marbe, sur la détermination des aptitudes des cordonniers, d’après l’application à 30 apprentis d’une série de neuf tests qui se sont montres satisfaisants, (d G. Révész publie un travail d’applications psychotechniques à une fabrique de cigarettes.
- Dans la Presse médicale du 8 août 1931, un article de H. Cris-tiani sur la prophylaxie des émanations industrielles signale l’action nocive, lentement progressive, des gaz fluorés (cachexie de la « fluorose ») produits dans la fabrication de l’aluminium et des engrais artificiels, action généralement méconnue et sur laquelle l’attention doit être attirée.
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- Dans le Siècle médical, le professeur Carrière, de Lille, consacre un nouvel article à la question de la pléthore médicale et
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- des remèdes à y apporter, parmi lesquels une plus grande sévérité aux examens avec exclusion de tout étudiant refusé cinq fois de suite à des épreuves écrites anonymes d’admissibilité aux examens de fin d;année, corrigées par des membres d’autres facultés que celles à laquelle appartient l’étudiant ; car actuellement, dit-il,
- « en plus de trente ans de vie universitaire je n’ai jamais vu un seul étudiant, si paresseux, si inintelligent soit-il, qui 11e parvienne à décrocher-son diplôme... Il n’y a jamais de fruit sec parmi les étudiants en médecine ».
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- Une expérience d’éducation musicale. — Marion E. Scharr, dans le numéro de décembre 1930 de la Nouvelle Education, signale comment l’un des cercles d’études de la « Child Study Association of America » a résolu le problème de l’éducation musicale en remplaçant les mauvaises méthodes généralement employées par une nouvelle méthode qui ne manque pas d’originalité.
- On réunit des enfants de 6 à 16 ans (au nombre de 18 pour commencer, déjà 30 au bout de quatre semaines), à raison de trois fois par semaine : une leçon de musique, une leçon de travail manuel, une leçon de musique d’ensemble.
- Ils fabriquèrent eux-mêmes leurs instruments : des tambours, avec des barils à clous et- du parchemin attaché avec des lacets de souliers ; — des violons et violoncelles, avec des boîtes à cigare ; — des carillons, avec des verres de table et des pots de fleurs, etc., etc., chaque enfant choisissant pour le fabriquer d’abord et en jouer ensuite l’instrument qui l’attirait le plus.
- Les résultats ont été merveilleux, le fait de créer soi-même l’instrument — et avec des objets familiers — stimulait 1 enthousiasme des enfants. Certains d’entre eux, jusque là rebelles à tout enseignement musical, se passionnèrent dès lors pour la musique.
- La méthode .a été appliquée par la suite dans plusieurs écoles
- de Chicago et des environs. , L. B.
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- Un compte rendu de la 6e réunion de 1 « Arbeitsgemeinsehaft > de psychotechnique autrichienne (Graz, avril 1930), et de la 7e réunion du « Deutsches V erbund der pràktischen Psychologen » (Uortmund, juin 1930) est publié par la Psychotechriische Zeitschrift de juin 1931 (VI, 3, p. 92-96).
- Dans le Bulletin trimestriel n° 14 (juillet 1931) de la puissante Fédération internationale des associations d'instituteurs, on trouve
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- une documentation très complète et particulièrement précieuse sur l’obligation scolaire dans tous les pays du monde, et sur l’organisation légale de renseignement post-scolaire. On peut signaler que l’âge minimum au-dessous duquel le travail des enfants dans l’industrie est interdit sans réserve est de 10 ans-dams quatre pays, de 12 ans dans quinze pays (dont la France), de 13 ans dans six pays (dont l’Allemagne), de 14 ans dans quinze pays (dont la Belgique et l’Angleterre) et de 15 ans dans deux pays qui sont le Guatémala et la Pologne. +
- Dans la Revue de l'Orientation intellectuelle (organe de documentation des étudiants, dirigé par Pierre Cornuet, 119, rue Car-dinet, à Paris!), continuent à paraître d’utiles notices sur les situations administratives, les carrières libérales, etc. Dans ses neuf premiers numéros, plus de 170 notices ont déjà paru.
- INFORMATIONS
- A l'occasion de la haute distinction conférée au Président de noire Conseil d'administration, M. Labbé, promu Grand Croix de h Légion d'honneur, qu'il soit permis aux directeurs, professeurs et anciens élèves de I I. N. Ü. P. d'adresser leurs respectueuses félicitations au Directeur général de l'Enseignement technique, qui a su donner une si vigoureuse impulsion à F organisation en France de l'O. P.
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- Au 17e Congrès international des sourds-muets qui s’est réuni à la Cité des informations de l’Exposition Coloniale, les vœux suivants ont été adoptés tendant à ce que :
- « 1° L’enseignement primaire et secondaire, l’éducation et la rééducation professionnelle des sourds-muets aveugles soient donnés sous l’autorité et le contrôle du ministère de l’Instruction publique en application des lois en usage sur l’enseignement public et privé et notamment de la loi du 16 juin 1881, de l’article 4 de la loi du 28 mars 1882 et de la loi du 28 juillet 1919 sur l’enseignement technique.
- « 2° Que les dépenses générales de l’instruction soient à la charge du ministère de l’Instruction publique dans les memes conditions que pour les autres débouchés de l’enseignement public : que les dépenses d’internat, d’économat, d’entretien des élèves et des universités soient à la charge du budget du ministère de la
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- Santé publique qui y pourvoit en totalité dans les établissements publics agréés, des bourses et des subventions puissent être accordées dans les mêmes conditions qu’actuellement. »
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- Une conférence d’éducation du « British Commonu calth » a eu lieu au Bedford College, à Londres, du 24 au 30 juillet 1931, avec quelques séances consacrées, d’une part aux examens et aux tests (Cyril Burt, Wallis, etc.), et d’autre part à l'orientation professionnelle (A. Macrae, F. M. Earle).
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- Au Congrès de la Confédération des travailleurs intellectuels qui s’est tenu à Paris, à l’occasion de 1 Exposition coloniale les 9 et 10 mai 1931, Mmu Suzanne Grinberg, avocate, a présenté un rapport-sur les conditions morales et matérielles du travail de la femme, et Mlle Juliette Talandier sur les carrières féminines libérales (juridiques, médicales, architecture, pharmacie, art vétérinaire, art dentaire), scientifiques, littéraires, administratives et les carrières d’enseignement ; enfin MUe Bernson a présenté un rapport sur l’orientation professionnelle et le chômage des intellectuels (publications dans le Bulletin n° 37 de la C. T. I., juillet 1931).
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- L’Ecole de perfectionnement de Poitiers — la seule existant dans l’Ouest et le Sud-Ouest, et recevant des enfants de nombreux départements — doit être transformée en école départementale si le Conseil Général vote les crédits exigés par le projet dont les grandes lignes sont les suivantes :
- Pour répondre aux besoins pressants, on créera un internat recevant, à la fois, les garçons et les filles avec ateliers divers et jardins et qui sera un véritable institut médico-pédagogique, car rien de bon ne saurait se faire sans la collaboration constante du médecin et du professeur d’arriérés. Dès le début, on prévoit de la place pour une centaine d’élèves. On envisage l’installation de huit classes — quatre pour les garçons et quatre pour les filles — toutes spacieuses et éclairées, deux grandes cours de récréation avec préaux couverts, quatre dortoirs, deux grandes salles d’études, deux infirmeries avec salle d’isolement, un cabinet de consultation médicale, un cabinet dentaire, une salle de pansement, deux grands réfectoires, une salle de fêtes, une installation de bains-douches. Enfin, les ateliers pour les garçons : ateliers de
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- menuiserie, cordonnerie, reliure, brosserie, chaiserie ; pour les ' filles, atelier de couture, et pour les deux sections, un grand jardin maraîcher.
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- La Vie de l’Institut national d’O. P.
- La quinzaine qui commencera le lundi 19 octobre pour se terminer le samedi 31 octobre et dont voici le programme, comprendra :
- 1° Les leçons du matin, à 9 heures et 10 h. 30, qui auront lieu au Musée pédagogique, 41, rue Gay-Lussac (5e), et seront réservées aux boursiers et aux auditeurs autorisés.
- 2° Les conférences du soir, à 18 heures, qui auront lieu au Conservatoire national des Arts et Métiers, 292, boulevard Saint-Martin, elles seront publiques et annoncées par voie d’affiches. Les boursiers seront tenus d'y assister.
- Lundi 19 octobre. — Séance d’ouverture au Musée pédagogique, à 10 h. Conférence de M. Luc : « L’O. P. et l’individu ».
- A 14 h., M. M. François : Exercices pratiques de psychologie au laboratoire de psychologie de la Sorbonne.
- A 18 h., au Conservatoire des Arts et Métiers, M. Piéron : « Les bases psychologiques de l’O. P. »
- Mardi 20. — A 9 h., M. Fontègne : « Les origines du mouvement d’O. P. »
- A 10 h. 30, M. Paul-Boncour : « Les troubles de la croissance et les contre-indications qui en résultent. »
- A 14 h., Exercices pratiques de psychologie.
- A 18 h., M. Laugier : « La Fiche physiologique et son application à l’O. P. »
- Mercredi 21. — A 9 h., M. hleuyer : « L’importance de la débilité motrice dans l’O. P .»
- A 10 h., M. Oualid : « Les modalités du salaire moderne. »
- A 14 h., Exercices pratiques de psychologie.
- A 18 h., M. Fontègne : « L’Ecole primaire et l’O. P. »
- Jeudi 22. — A 9 h., Mlle Veil : « Les mesures anthropométriques. »
- A 10 h. 30, M. Wallon « : Les principaux caractères différentiels de l’intelligence chez l’enfant et chez 1 adulte. »
- A 14 h., Exercices pratiques de psychologie.
- A 18 h., M. Oualid : « L’évolution internationale de la légisation du travail. »
- Vendredi 23. — A 9 h., Mlle Veil : « Mesures relatives à l’appareil circulatoire. »
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- A 10 h. 30, M. Piéron : « Les sens et leur examen. »
- A 14 h., MUe C. Veil : « Exercices pratiques de physiologie (Laboratoire de physiologie du travail du Conservatoire des Arts et Métiers) ».
- A 18 h., M. Paul-Boncour : « Le rôle du médecin dans un office d’O. P. »
- Samedi 24. — A 9 h., Mlle Veil : « Mesures relatives à l’appareil respiratoire. »
- A 10 h. 30, M. Piéron : « L’activité et l’efficience. »
- A 14 li., M. lleuver (Conservatoire des Arts et Métiers) : « L’émotivité morbide et l’épilepsie ; leur importance dans l’O. P. ».
- Lundi 26. — A 9 h., M. Oualid : « Les crises économiques et la lutte contre le chômage. »
- A 10 h. 30, M. Piéron : « La Mémoire. »
- A 14 h., Exercices pratique de physiologie.
- A 18 h., M. Fessard : « L’application des méthodes statistiques en O. P. »
- Mardi 27. — A 9 h., M. Fessard : « La valeur représentative des mesures et la corrélation. »
- A 10 h., M. Lomont : « L’O. P. par les ateliers-écoles. »
- A 14 h., exercices pratiques de physiologie.
- A 18 h., M. Fessard : « L’application des méthodes statistiques en O. P. »
- Mercredi 28. — A 9 h., M. Lahy : « Profils psychologiques d’enfants à orienter. »
- A 10 h. 30, M. Luc : « L’O. P. et la famille. »
- A 14 li., exercices pratiques de physiologie.
- A 18 h., M. Larcher : « L’organisation administrative des offices d’O. P. »
- Jeudi 29. — A 9 h., M1Ie Veil : Les mesures relatives à l’appareil neuro-musculaire. »
- A 10 h. 30, M. Fontègne : « La pratique de l’O. P. »
- A 14 h., Mme Henri Piéron : « Exercices pratiques de tests collectifs (laboratoire de psychologie de la Sorbonne) ».
- A 18 b., M. Wallon : « La crise physiologique, morale et intellectuelle de l’adolescence. »
- Vendredi 30. — A 9 h., M. Fontègne : « L’O. P. à l’Etranger. » A 10 h. 30, M. Wallon : « Des sources et des méthodes utilisables pour étudier le caractère chez l’enfant. »
- A 14 h., exercices pratiques de tests collectifs.
- A 18 h., M. Luc : « L’O. P. et l’Université. »
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- Samedi 31. — A 9 h., MUe Weinberg : « Les fiches psychologiques et leur emploi. »
- A 10 h. 30, M. Piéron : « L intelligence et ses formes. »
- A 14 h., séance de clôture. Conférence de M. Luc : « L’O. P. et l’Etat », au Conservatoire des Arts et Métiers.
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- ENSEIGNEMENT POUR LA PRÉPARATION AU DIPLOME 1)E CONSEILLER D’ORIENTATION
- (Année scolaire 1931-1932)
- Diplôme. — L’Institut décerne un diplôme de conseiller d’orientation aux élèves régulièrement inscrits ayant suivi avec assiduité, pendant un an, les enseignements théoriques et pratiques orga-•nisés pour la préparation de ce diplôme, fait un stage dans des offices d’orientation désignés à cet effet, et subi avec succès les épreuves de fin d’année.
- 11 pourra en outre être décerné un diplôme supérieur d’orientation dont les conditions d’obtention seront ultérieurement fixées.
- Inscriptions. — Pour être inscrit comme élève de l’Institut, il faut présenter une demande écrite, sur papier libre, accompagnée d’un extrait de l’acte de naissance, et une notice sur les études déjà faites et les diplômes obtenus. Le registre d inscription est ouvert au secrétariat pendant le mois d’octobre. L’admission est prononcée par le Conseil de direction et est justifiée par l’octroi d’une carte d’inscription. Le nombre des inscriptions est limité.
- Pour s’inscrire à l’examen, il faut présenter une demande écrite, appuyée de certificats d’assiduité aux travaux pratiques délivrés par les chefs de travaux, et fournir un rapport de stage. L’admission aux épreuves est prononcée par le conseil directeur, après vérification de l’assiduité aux cours sur les registres de présence. Sur justifications spéciales, des dispenses d’assiduité peuvent être accoi'dées. En particulier, les médecins peuvent être dispensés de certains cours et travaux pratiques ; les directeurs d’office d’orientation peuvent être dispensés de stage, etc.
- Droits d'inscription et d’examen, dispenses. — Le droit d’inscription (donnant droit aux cours et aux travaux pratiques) gst fixé à 150 francs, qui doivent être versés au moment de la délivrance de la carte.
- Le droit d’examen est fixé à 100 francs, versés au moment de l’inscription pour l’examen.
- Toutefois seront dispensés des droits :
- 1° Les membres de l’enseignement public ;
- 2° Les membres des offices d’orientation professionnelle ;
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- 3° Les boursiers des départements et des villes ;
- 4° Les étudiants et travailleurs spéciaux qui, ayant présenté une demande justifiée, auront la dispense accordée par le Conseil directeur.
- Examen. — Une session d’examen pour l’obtention du diplôme a eu lieu tous les ans entre le 15 juin et le 14 juillet, à une date fixée par le Conseil directeur. Les épreuves consistent :
- 1° En trois compositions écrites d’une durée de deux heures chacune et portant sur :
- a) La physiologie et la pathologie (générale et psychiatrique).
- b) La psychologie.
- c) L’organisation de l’orientation et les sciences économiques.
- 2° En trois épreuves pratiques, d’une durée de deux heures chacune et relatives :
- a) A l’examen physiologique.
- b) A l’examen psychologique.
- c) A la technique de l’orientation.
- 3° En cinq interrogations orales portant sur :
- a) La physiologie et la pathologie (générale et psychiatrique).
- U) La psychologie.
- c) L’orientation et les sciences économiques.
- d) La pédagogie.
- e) La technique des métiers.
- Nota. — Lorsque la composition écrite'sera exclusivement consacrée à la physiologie, l’interrogation orale portera exclusivement sur la pathologie, et inversement. De même, lorsque la composition écrite sera exclusivement consacrée à l’organisation, l’interrogation orale portera exclusivement sur les sciences économiques et inversement.
- Les épreuves écrites sont cotées de 0 à 20. Un total de 30 points est nécessaire pour être admissible aux épreuves pratiques. Les épreuves pratiques sont également cotées de 0 à 20, et un total de 30 points est nécessaire pour être admissible aux épreuves orales. Les interrogations orales sont cotées de 0 à 10.
- Pour être définitivement admis, il faut un minimum total de 85 points. La mention assez bien est accordée aux candidats dont le total des points atteint 102 (moyenne de 12 sur 20) ; la mention bien à ceux dont le total des points atteint 119 (moyenne de 14 sur 20) ; et la mention très bien à ceux dont le total atteint 136 (moyenne de 16 sur 20).
- La mention figure sur le diplôme décerné aux candidats admis.
- Le bénéfice des admissibilités (première ou deuxième admis-
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- sibilité) acquises à une session d’examen, pourra être conservé a
- la session suivante. _
- Programme
- Pour le programme détaillé des cours de physiologie, pathologie, psychologie, pédologie, sélection et orientation, consulter le Bulletin de l’Institut National d’Orientation professionnelle (10e année), n° 8, octobre 1929, pages 207 et suivantes.
- Pour l’organisation pratique de 1 orientation et pour les conférences complémentaires de M. Luc, consulter le Bulletin de l’Institut National d’Orientation professionnelle (20e année), n° 8, octobre 1930, pages 202 et 203.
- I. — Physiologie
- 20 leçons faites au Conservatoire national des Arts et Métiers, 292, rue Saint-Martin.
- Conservatoire des Arts et Métiers. — M. Laugier, professeur au Conservatoire des Arts et Métiers, co-directeur de l’Institut national d’orientation professionnelle, fait à partir du mois de novembre, un cours : la physiologie du travail, sur l’hygiène industrielle et l’orientation professionnelle. Ce cours, sans être à aucun degré obligatoire pour les élèves de l’Institut, peut servir de complément utile à ceux qui auraient le loisir de le suivre. 11 a lieu au Conservatoire, 292, rue Saint-Martin, le mercredi et le samedi soir, à 21 h. 15 (amphithéâtre A). Le cours est public et ouvert à tous sans aucune formalité.
- IL — Pathologie 4) Pathologie générale
- (6 leçons faites au Musée pédagogique) b) Psychiatrie
- (4 leçons faites au Musée pédagogique)
- III. — Psychologie
- (25 leçons faites au Musée pédagogique)
- IV — Pédologie
- (10 leçons faites au Musée pédagogique)
- V. — Economie politique et sociale (20 leçons faites au Musée pédagogique)
- Première partie. — Conditions et organisation de la production
- 1° Les bases psychologiques de la vie économique : besoins, utilité, valeur. Les biens.
- 2° Les conditions de la production : a) la nature et la technique.
- 3° Les conditions de la production : h) le travail (population).
- 4° Les conditions de la production : c) le travail (organisation!).
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- 5° Les conditions de la production : d) le capital (formes, rôle).
- 6° Les conditions de la production : e) le milieu social.
- 7° Les formes de l’entreprise de production ;
- 8° La concentration de la production.
- 9° Le mécanisme de l’équilibre économique : les prix.
- 10° Le déséquilibre économique : les crises. L’économie dirigée.
- Deuxième partie. — Conditions et organisation du travail
- 1° Le salaire et ses lois.
- 2° Les modes de rémunération du travail : a) en fonction du rendement ;
- 3° Les modes de rémunération du travail : b) en fonction des besoins du travailleur.
- 4° Les modes de rémunération du travail : c) en fonction de la productivité de 1 entreprise.
- 5° Le contrat de travail et la protection du travail : a) contrat individuel et contrat collectif.
- 6° Le contrat de travail et la protection du travail : b) hygiène, sécurité, durée du travail.
- 7° Le contrat du travail et la protection du travail : c) protection du salaire et de ses compléments.
- 8° Education ouvrière, contrôle ouvrier.
- 9° Syndicats et groupements ouvriers.
- 10° Organisation internationale du travail.
- VL — Technique des métiers A. — (8 leçons faites au Musée Pédagogique))
- 8 conférences relatives à l’hygiène industrielle sous la direction de M. Auribault et de Mme Letellier.
- 1° Les vapeurs et gaz insalubres, incommodes ou toxiques.
- 2° Les poussières industrielles.
- 3° La couture et la mode.
- 4° La confection pour hommes et dames.
- 5° La fourrure.
- 6° Les emplois dans les bureaux.
- 7° et 8° Visite d’usine.
- B. — Conférences-visites qui se feront sous la direction de M. Fontègne, le jeudi, à des heures qui seront fixées d’accord avec les élèves.
- VII. — Organisation et pratique de l’orientation ICorienlation professionnelle. Organisation générale et pratique.
- (20 leçons)
- A. — Cours de M. Fontègne (16 leçons)
- B. — Cours de M. Lomont (4 leçons)
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- VI1L — Sélection et orientation (5 leçons faites au Musée Pédagogique)
- Conférences complémentaires Conférences publiques de M. Luc
- Ces conférences auront lieu le jeudi, à 5 heures, au Conservatoire des Arts et Métiers (Les dates seront fixées ultérieurement).
- Horaire oes cours et travaux pratiques
- La séance d'ouverture aura lieu le 6 novembre, à 17 heures. Lundi, 18 heures, 9 novembre au 18 janvier : Pédologie.
- 19 leçons (au Musée pédagogique) ; du 25 janvier au 14 mars : Technique des métiers, 8 leçons (au Musée pédagogique).
- Mardi, 18 heures, du 1U novembre au 12 avril : Physiologie,
- 20 leçons (au Conservatoire des Arts et Métiers) ; du 26 avril au 7 juin : Pathologie, 6 leçons (au Musée pédagogique).
- Mercredi, 18 heures, du 18 novembre au 2 avril : Economie politique, 20 ieçons (au Musée pédagogique) ; du 27 avril au 18 mai : Psychiatrie, 4 ieçons (au Musée pédagogique).
- Jeudi, 14 heures, du 12 novembre au 7 avril : Organisation,
- 20 ieçons ; du 14 avril au 19 mai : Sélection et Orientation, 5 leçons (au Musée pédagogique).
- Vendredi, 18 heures, du 13 novembre au 27 mai : Psychologie, 25 ieçons (au Musée pédagogique).
- Travaux pratiques et exercices d’application
- Jeudi, de 9 h. 30 à IL h. 30, à partir du 12 novembre : Psychologie (Laboratoire de psychologie de la Sorbonne).
- Samedi, 16 heures, à partir du 14 novembre : Physiologie (Laboratoire de physiologie du Conservatoire des Arts et Métiers).
- Mardi, 14 h. 30', les 2, 9 et 16 mai : Technique de lests scolaires (Ecole communale de jeunes filles, rue Geoffroy-Lasnier).
- Jeudi, de février à avril, à 15 heures, après le cours d’organisation, présentation avec commentaires de Films de métiers ; du
- 21 avril au 5 mai, technique des tests scolaires, laboratoire de psychologie à la Sorbonne, à 15 h. 30.
- Exercices pratiques d’orientation et stage
- Douze séances d’examen d’enfants et de pratique d’orientation seront organisées sous la direction de M. Eontègne avec la collaboration de M. Anfroy, ancien directeur d’école de la ville de Paris.
- Les jours et heures de ces séances, organisées par petits groupes d élèves, seront fixés en accord avec les élèves intéressés.
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- La Vie de l’Association des Anciens Elèves
- En juillet, les anciens élèves se sont retrouvés à l’Exposition coloniale en une soirée familiale — et au restaurant du Stade Français, dans le Parc de la Faisanderie en un dîner amical.
- Le Conseil directeur s’est réuni le 2 octobre. Il a préparé la séance de travail de fin octobre où le président Ph. Réveillé rendra compte du congrès international de l’Enseignement technique, en ce qui concerne l’O. P.
- Le banquet annuel est fixé au 1er décembre. Il se tiendra probablement rue Dareau, à la Brasserie Dumesnil. Des convocations seront envoyées aux membres de l’Association. Mais on peut, dès maintenant envoyer son adhésion à Mlle Mamelle, 99, boulevard Brune. Les amis de l’O. P. peuvent assister à ce banquet ils y seront les bienvenus.
- Une demande d’audience est faite à M. Spinasse, député, rapporteur du budget de l’Enseignement technique. Un compte rendu de cette audience sera fait dans le bulletin. prochain.
- Le Conseil directeur suit de très près le bureau international permanent de Paris créé lors du dernier Congrès international de l’E. T.
- D’autres formes d’action ont été envisagées par le Conseil directeur. Elles seront communiquées aux membres de f Association.
- Anciens élèves, amis de l’O. P., secondez l’action de l’Association en envoyant votre adhésion à Mlle Mamelle, 99, boulevard Brune.
- Le secrétaire,
- Charles Pivert.
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- Gertrude H. Hildreth. — Psychological Service for school problems. — In-8° de 317 pages (Measurement and adjustement sériés, de L. M. Terman). Yonkers on Iludson, World Book Cy, 1930.
- L’auteur indique le but d’un service psychologique dans les établissements d’éducation, montre comment il peut être organisé et fournit des directives pour l’emploi des tests, pour le dépistage et l’étude des enfants exceptionnels (anormaux par déficience ou sufnormaux), etc. En outre, elle fournit une importante bibliographie de près de 400 travaux et une liste de tests et d’échelles d’intelligence, d’instruction, de caractère, etc., classés par ordre alphabétique d’auteurs ou d’institutions, avec indications des firmes qui les publient, liste éminemment précieuse, mais exclusivement américaine. P.
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- ^Novembre 1931 \
- 3* Année
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- BULLETIN
- ORIENTATION PROFESSIONNELLE ET ORGANISATION DU TRAVAIL EN U. R. S. S.
- par Henri PIERON
- Dans l’immense chantier que const il ne 'actuellement l’U. R. S. S., ([ni occupe un sixième du monde, une place de premier plan est donnée à la technique humaine, et en particulier à l’organisation rationnelle du travail ; on y applique les résultats des recherches qui se poursuivent dans divers pays depuis quelques années, avec un souci de contribuer activement aussi au progrès de In technique par l'organisation de ta recherche.
- Ce que j’ai pu voir à Moscou cl à Léningrad, au cours du séjour que j’ai été appelé à faire en Russie à l’occasion de ta réunion internationale de psychotechnique m’a très vivement intéressé et je pense qu’il n’est pas inutile d’examiner attentivement le travail qui s’accomplit à l’Est de l’Europe, où un système dictatorial permet la réalisation très rapide d’organisations qui ne peuvent prendre place dans les Etats possédant une armature plus rigide qu’avec une bien plus grande lenteur.
- Le système éducatif général esl le suivant : école primaire obligatoire mixte jusqu’à 12 ans, et école secondaire mixte, également obligatoire, pendant trois années, de 12 à 15 ans, (avec, exceptionnellement, autorisation de sortie à 14 ans). A l’issue de l’enseignement du second degré (sans examens ni diplômes), tous les enfants doivent être examinés par les offices d’orientation professionnelle pour être répartis dans les écoles d’apprentissage professionnel de divers types où ils restent trois années, avant d’entrer, vers 18 ans, dans les
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- ateliers industriels ou dans des écoles techniques supérieures.
- Cette organisation actuelle se double de dispositions transitoires, tenant à ce que l’industrialisation progressive rend nécessaire l’emploi d’un grand nombre d’adultes, de paysans n’ayant pas eu la formation ouvrière ; il y a pour eux des écoles professionnelles (avec séjour de deux années), pour eux des examens spéciaux d’orientation, et, quand besoin est, comme actuellement à Léningrad, l’embauchage direct reste autorisé, les représentants d’usines venant cueillir à la gare des paysans qui débarquent pour chercher un travail d’hiver à la ville.
- D’autre part, le dernier mot n’est pas dit, avec le projet actuel de « polytecnisation » préconisé par Staline, et la généralisation à tous d’un véritable enseignement du troisième degré, pour la diffusion d’une culture philosophique, lectinique, artistique et militaire, par réduction à six heures de la durée quotidienne du travail pendant les quatre jours ouvrables de la semaine de cinq jours, mais se complétant de deux heures obligatoires d’étude.
- La place de l’orientation professionnelle est capitale dans le système qui s’édifie actuellement ; toutefois la nécessité d’assurer dès aujourd’hui le rendement maximum des ouvriers dont on dispose, quel que soit leur âge, ou leur passé, explique que l’orientation professionnelle apparaisse à certains comme secondaire, et en particulier au directeur de l’Institut central du travail, à Moscou, Gastev.
- Gastev est une des figures les plus intéressantes parmi les dirigeants de la science du travail. Il a travaillé en France avant la guerre, en particulier dans les usines Renault, où .il s’est lié avec un camarade français, Forgeât, qui est venu le rejoindre et collaborer avec lui.
- Gastev, communiste convaincu et grand admirateur de Lénine, bien qu’il ait démissionné du parti quand il a cessé de s’entendre avec ses dirigeants, est un homme de foi et de caractère, mais c’est aussi une intelligence.
- C’est lui (pii a organisé l’apprentissage rationnel dans les écoles de métiers de toute la Russie et même des autres
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- républiques de l’U. R. S. S., à partir du noyau central, servant de cellule-mère et constituant un magnifique modèle, qu’est son Institut de Moscou. Il y aurait environ 20.000 instructeurs déjà formés pour près de 200 métiers ou professions.
- Gastev envisage un matériel humain donné et considère que ce n’est pas l’étude des aptitudes de chacun pour son utilisation industrielle qui importe avant tout (1) mais, suivant les besoins de la main-d’œuvre, la formation professionnelle de ce matériel, destiné à satisfaire aux besoins, avec, lorsque les besoins changent, obligation d’adapter les mêmes individus à des tâches nouvelles. Il y a, dans la philosophie qui est à la base de l’organisation soviétique et qui implique une véritable foi en un certain nombre de principes métaphysiques, une surestimation de l’influence des facteurs sociaux, dans la constitution de la personnalité humaine, comparés aux facteurs biologiques, héréditaires. Les nécessités d’une adaptation plus conforme aux réalités conduisent bien actuellement, à la réhabilition des aptitudes individuelles, mais la première réaction a été d’opposition vis-à-vis d’une psychotechnique dite « bourgeoise » qui favoriserait sciemment les enfants des classes possédantes sous le prétexte d’aptitudes supérieures, pure apparence recouvrant une formation culturelle différente, plus développée dans les milieux aisés.
- Mais, que ce soit, dans des milieux bourgeois ou dans des milieux prolétariens, nous savons que les différences constitutives permettent une répartition des individus suivant la courbe en cloche, quand on détermine la fréquence avec laquelle se rencontrent les différents niveaux d’une aptitude quelconque. Lt c’est cela (pii esl à la base de l’orientation professionnelle.
- Tout en se plaçant à un point de vue différent, pour des raisons pratiques actuelles et pour des raisons philosophiques e| politiques permanentes, Gastev, qui est un observa-
- (1) Contrairement à celle attlude, il existe des organismes de sélection, en particulier dans les chemins de fer, où le laboratoire central (dirigé par une femme médecin et comportant un personnel de 80 médecins, psychotechniciens, statisticiens et employés) et les 20 laboratoires annexés, non compris le wagon-laboratoire ambulant, examinent et répartissent les apprentis et procèdent à la sélection des mécaniciens (avec une ligne «expérimentale » pour l’étude professionnelle concrète).
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- leur et un technicien de premier ordre, a retrouvé les différences individuelles et leur a fait place, mais à un autre point de vue. Analysant diverses formes de travail, par des méthodes ingénieuses et précises, it a constaté que l’on pouvait diviser le travail en trois phases, l’une de préparation, une autre d’exécution et une dernière de contrôle. Pour limer une pièce d’acier, il faut préparer l’étau, placer convenablement la pièce ; ensuite le travail proprement dit s’effectue et le contrôle du travail, par mesure de l’épaisseur de la pièce limée, devra compléter l’exécution. Avec des dispositifs enregistreurs qui sur des compteurs spéciaux marquent le temps employé à chacune des opérations élémentaires constitutives du travail complet, et trois totalisateurs qui fournissent la durée totale des opérations de préparation, d’exécution et de contrôle, on s’aperçoit que ce ne sont pas les mêmes individus qui sont les plus aptes à l’une ou à l’autre de ces trois phases du travail. Cela a conduit au grand principe de l’organisation du travail par la méthode de Gastev : confier- à des ouvriers différents les opérations de préparation, d’exécution et de contrôle, par une répartition convenable des méthodes de travail (avec de nombreux perfectionnements techniques) et choisi]-, d’après leurs aptitudes, dans quelque métier qu’ils soient utilisés, les ouvriers à qui seront confiées Ielles ou telles de ces opérations.
- Cette méthode a, paraît-il, permis un accroissement notable du rendement. La visite de l’Institut central du travail, avec ses équipes de chronométreurs surveillant, du haut de leurs passerelles, comme des commandants de navires, les ouvriers placés à leur établi, la communication étant assurée au moyen de signalisations par lampes, avec l’outillage remarquable des psychotechniciens et des physiologistes, contrôlant tes effets du travail et l’apparition de la fatigue, cette visite est au plus haut point impressionnante. Et, dans le détail, nombre de trouvailles heureuses paraissent être nées des recherches qui s’y poursuivent. Mais le côté technique n’est,pas le seul dont soit préoccupé Gastev, théoricien de l’organisation communiste, soucieux d’ailleurs de faire remonter à Marx les principes de rationalisation industrielle.
- Pour obtenir- le meilleur rendement possible du travail
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- ouvrier, le problème psychologique des mobiles, des forces agissantes, des tendances, doit naturellement se poser.
- Or, dans une organisation capitaliste, dit Gastev, l’ouvrier craint d’exagérer son effort, car le bénéfice lui en échappera (souci du chômage, par diminution de main-d’œuvre, crainte d’une réduction de prix de base dans le salaire aux pièces, etc.) ; ce n’est que dans l’organisation communiste que peuvent se manifester pleinement les capacités de travail ; pour libérer ces réserves socialistes du potentiel ouvrier, il faut développer !’ «émulation socialiste», qui comporte deux aspects, l’un,'strictement communiste, se fonde sur l’enthousiasme et la foi, crée une mystique du travail (« honneur et gloire ») et de la solidarité ; l’autre, faisant appel à des mobiles éternels, consiste à éveiller l’esprit d’ « équipe », forme déjà plus individualisée, et à profiter de la contagion imitative (en mettant en rivalité des ateliers et des usines, en faisant appel à des « brigades de choc », etc.) et même la vanité personnelle (attributions de décorations — l’ordre de Lénine — et figuration sur des promenades, comme le grand parc de Culture, à Moscou, des effigies des meilleurs ouvriers —des « oudarniks » — sous forme de bustes en simili-bronze renouvelés tous les mois), sans même oublier, dans certaines adaptations nouvelles l’intérêt direct (par le salaire aux pièces).
- C’est un des problèmes de l’organisation du travail que de déterminer si chaque ouvrier, pendant la durée de sa tâche, "se donne bien pleinement à celle-ci, s’il libère tout son potentiel. S’il ne le fait pas, une action morale s’exercera sur lui, il ne touchera son salaire que dans des locaux éloignés du lieu de son travail, tapissés d’affiches infamantes !
- L’orientation professionnelle vient seulement d’obtenir eu Russie son statut d’ensemble. Les débuts ont eu des points de départ différents, et son organisation initiale —' à Leningrad surtout psychotechnique, à Kharkov surtout médicale — s’est montrée aussi divergente. Le Commissariat du Travail, celui de la Santé publique ont pris l’un et l’autre l’initiative des examens d’orientation.
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- L ue loi de janvier 1922 institua un examen médical et, a titre d’expérience, à Leningrad et à Moscou, un examen psychotechnique à l’entrée des écoles de métiers ; en décembre 1922, une nouvelle loi rendit obligatoire l’examen médical préalablement à l’admission au travail de tous les jeunes gens. En mai 1930, un (’onseil central de l’orientation professionnelle a décidé une coopération générale de la clinique médicale et de la psychotechnique, proclamant cette formule générale : « A chacun suivant sa santé et scs capacités ».
- C’est à Leningrad que le développement technique de 10. P. a été le plus rapide et c’est de là que part aujourd’hui la généralisation de la méthode à toute la Russie.
- J’ai eu le plaisir de visiter, à l’Institut d’hygiène et de prévention des accidents du travail dirigé par M. Kerensky,. et situé près de la Néva, dans le beau palais qu’Alexandre II avait donné à l'épouse qui fut devenue impératrice s’il n’avait été assassiné à ce moment, entre autres services, tous fort bien outillés, celui de psychotechnique que mon ancien élève et ami A. Toltciiinski dirige actuellement, et qui a le contrôle général de l’examen psychotechnique en O. P. J’ai été aimablement invité à y faire une conférence sur l’organisation actuelle de l’O. P. en France, puis à visiter le grand Office installé, à côté de la Bourse du Travail, dans un immense immeuble d’une des plus belles voies du rayon de Pétrograd, véritable ruche en activité trépidante. Au moment de sa création, en 1927, sur l’initiative de feu Bechterev, l’Office avait son siège dans l’Institut d’étude réflexologique du cerveau, mais il dut, assez vite émigrer, en raison de son développement. En 1928, il avait procédé à 5.563 examens (1) ; en 1930, plus de 40.000 enfants y furent examinés et, cette année, il y en aura au moins 60.000. Leningrad, en effet, a commencé à se développer industriellement dans des proportions considérables, sa population augmente tous les jours — ce qui ne facilite, ni le logement, ni les transports — et tous les écoliers de 15 ans sont obligatoirement dirigés vers une branche d’activité professionnelle par l’Office (qui a le choix entre
- (1) Cf. dans le Bulletin de l'I.N.O.P., T. TI, p. 260, une petite note de M. Fontègne d’après le premier rapport de l’Office de Leningrad,
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- 140 écoles d’apprentissage, à Leningrad même, et, pour toute l’U. R. S. S., entre 40 à 50 écoles techniques).
- L’intérêt collectif, en U. R. S. S., prime tout, et l’on n’accorde nulle place à la liberté des individus et des familles.
- Si les enfants ne sont pas satisfaits de leur métier, ou si les écoles d’apprentissage ne les jugent pas aptes, une commission de révision peut, sur appel, les examiner. Mais, sauf ce recours, les décisions de l’Office sont obligatoires et pour l’enfant et pour l’école d’apprentissage. C’est dire que l’Office encourt une sérieuse responsabilité. Mais il faut reconnaître que les décisions ne sont pas prises à la légère, et que l’Office de Leningrad, à beaucoup de points de vue, peut être considéré comme un modèle.
- Sous la direction scientifique de M. A. F. Clark — auquel est adjoint, comme dans toutes les institutions scientifiques russes, un directeur administratif communiste représentant le parti —- avec, à la tête du département psychotectique, M. A. Kuschinnikov, l’Office comprend une centaine de collaborateurs, soit environ 40 médecins, 20 psychotechniciens consultants et 40 statisticiens et employés.
- Tous les psychotechniciens, conseillers d’O. P., ont dû pratiquer, personnellement, un métier manuel, ce qui donne, dans l'ensemble, des compétences directes pour toute une série de branches de l’activité industrielle, et ils gardent le contact avec les écoles d’apprentissage.
- Les examens d’écoliers se font trois fois par an, et dans notre visite, avec ma femme, le 19 septembre, nous nous sommes trouvés en plein coup de feu ; les groupes de garçons et de filles se pressaient dans tous les services où nous pûmes suivre, trop rapidement, la marche des examens, avec la rédaction guidée des réponses au questionnaire initial, dès l’entrée, l’exécution des tests collectifs, l’observation clinique complète, les mensurations anthropométriques, les examens spéciaux d’ophtalmologie et d’otorhinolaryngologie, etc., et assister aussi à la distribution des fiches d’envoi dans l’école à laquelle les enfants, examinés à une séance antérieure, avaient été affectés.
- Voici quelques détails sur la méthode employée à l’Office.
- Les éducateurs doivent remplir une fiche pédagogique spéciale pour chaque enfant et l’adresser à l’Office. L’enfant, à
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- son arrivée, reçoit un questionnaire à remplir ; tout un groupe est installé dans une salle spéciale, sous la direction d’un consultant psychotechnicien qui donne des renseignements et des indications sur la signification des questions posées, relatives aux goûts propres de l’enfant, aux désirs des parents, à la situation de famille, au niveau social (taux des salaires), etc.
- Lue liste des métiers offerts, au nombre de 17, est donnée (un petit musée, à l’entrée, fournissant sur ces métiers des renseignements imagés et concrets, en attendant l’installation projetée, mais non réalisée encore, d’un cinéma de films professionnels) ; et l’enfant doit, marquer d’un trait ceux qui lui plaisent le [tins et effacer ceux dont il ne voudrait absolument pas.
- Le groupe (d’une vingtaine d’enfants) est ensuite installé dans une salle où les pupitres, pour deux élèves, comportent une paroi isolante, et ou se fait l’épreuve de la fiche psychologique collective établie par Toltchinski (avec des tests d’intelligence, d’aptitudes techniques, etc.).
- De là les enfants sont dirigés sur le service médical où ils sont examinés comme les conscrits, mais de façon beaucoup plus complète, mensurés, regardés par l’oculiste, à la chambre noire, avec détermination de l’acuité et des anomalies de réfraction, par l’oto-rhino-laryngologiste et par le neurologiste.
- L’examen psychotechnique individuel n’intervient que poulies cas douteux, avec les dispositifs classiques pour détermination de la finesse de discrimination kinesthésique et d'appréciation visuelle (ouvertures angulaires), de la stabilité motrice (Irémomètre), de la coordination bimanuelle (test du tourneur), de l’intelligence mécanique (appareil démonté à reconstituer), etc.
- Il ne semble pas que l’examen proprement physiologique (fonctions respiratoire et circulatoire, visuelle et auditive) soit réellement organisé ; il est évidemment long et délicat et le nombre de sujets à examiner est énorme, mais il serait utile aussi dans certains cas, où l’on ne peut se contenter de l’observation clinique et du classement anthropologique (tempéraments d’après Sigaud et Kretschmer, suivant l’élaboration originale du distingué médecin-chef du service).
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- La décision est prise d’accord par deux consultants, un psychotechnicien et un médecin, en tenant compte des goûts de l’enfant, des aptitudes et des exigences de la main-d’œuvre. Les apprentis sont suivis ensuite, et l’on continue à mettre en corrélation les évaluations faites d’après les fiches d’aptitude avec la réussite, appréciée par les chefs d’ateliers, ou objectivement déterminée d’après les. travaux exécutés. L’accord se montre plus grand avec les appréciations (coefficients de corrélation aux environs de 0,80) qu’avec les notations des épreuves de travail, considérées comme objectives (coefficients de l’ordre de 0,50) mais cela ne peut étonner car la cohérence des épreuves de travail n’est elle-même pas très grande (ne dépassant pas 0,60).
- Dans l’intervalle des périodes d’examen, quand il n’y a plus que le petit courant des adultes venant consulter l’Office et l’organisation des dossiers, soigneusement classés, le personnel est utilisé à des études professiographiques.
- Le schéma ci-contre donne la structure générale de l’Office, d’activité riche et complexe, sous la direction éclairée et énergique de Liai k. Voir le schéma page 230.
- L’orientation professionnelle, qui a en Russie un budget de plusieurs millions de roubles, est devenue aujourd’hui une des pièces fondamentales» de l’édifice que construit l’U. R. S. S. Elle est conçue sur des bases scientifiques solides, et — l’obligation mise à part — ne diffère pas de celle que nous pouvons concevoir en n’envisageant que l’intérêt général et les bases scientifiques des différences d’aptitudes entre les individus, suivant notre idéal démocratique. Mais, passagèrement sans doute, les préoccupations politiques dominent encore quand il s’agit de diriger vers les carrières intellectuelles, les professions artistiques ou scientifiques. Que l’on réclame de ceux qui travaillent principalement avec leur cerveau — et dont la situation sociale prédominante est rétablie aujourd’hui en U. R. S. S. — un stage de travail manuel, ceci peut se soutenir ; mais que l’on s’occupe plus de leur ardeur politique et de leur origine prolétarienne que de leurs
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- Bureau Central et Méthodologique en relation avec les 5 Sections suivantes :
- I. — Secteur médical II. = Secteur psychotechnique.
- A B C D
- Méthodo- Examens Examens Elaboration
- logie individuels collectifs statistique
- A B C D E
- Clinique Neurologie Ophtalmo- Rhinolaryn- Anthropo-
- générale logie gologie métrie
- III. — Secteur de Consultation professionnelle préalable. IV. — Secteur de Consultation professionnelle définitive
- A B C D E A B C
- Entretiens Consulta- Consulta- Musée Conférenc's Statistiques Commissions
- tions
- collectifs tions d’écoles d’usines de sur les Fichiers des marches du d’Orientation Profess11'
- Enquêtes individuel'5 et Clubs Métiers métiers travail (au nombre de 3)
- y
- V. — Secteur de relations avec l’Industrie.
- A B C D E F G H I J
- Indust. Indust. Indust. Indust. Indust.
- Indust. du Bois Métallur- d’Alimen- du Indust. Indust. Indust. du Caout- Indust.
- Electriques Constructions Cuir Chimiques du Livre du Papier chouc Textiles
- giques tation
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- aptitudes (en faisant désigner par exemple les candidats aux études d’université, les futurs médecins, professeurs, chercheurs, par les syndicats d’usine), c’est ce qui choque quand on envisage l’organisation rationnelle de la société du point de vue purement scientifique.
- Mais je pense, d’après l’évolution des dernières années, et en dépit, de la pllace qu’y tient encore la phraséologie métaphysique, qu’assez vite on se rendra compte en U. R. S. S. que d’intérêt bien compris de la collectivité doit être, pour les tâches intellectuelles aussi et surtout, de mettre ces aptitudes au premier plan, et d’instituer, pour toutes les professions sans exception, le système d’une orientation rationnelle objective, pratiquement limitée encore aux métiers manuels.
- NOTES ET DOCUMENTS
- L’Orientation Professionnelle en Portugal
- Des renseignements sur l’organisation de l’ü. P. au Portugal sont fournis dans le Bulletin de l’Association médico-pédagogique (XXI, 17 octobre 1931, p. 18) par Faria de Vasconcellos, directeur de l’Institut « Maria Luisa Barbosa de Carvalho », à Lisbonne, institut qui porte le nom de la généreuse donatrice grâce à laquelle il dut de pouvoir naître. Les décrets qui réglementent cet institut (1925-1926) mettent à sa charge les services suivants :
- 1° Examen d’orientation professionnelle et de sélection mentale des élèves des écoles primaires et techniques et des lycées ;
- 2° Examen semblable des enfants délinquants ;
- 3° Sélection professionnelle pour les services d’Etat ;
- 4° Organisation des services d’O. P. dans tout le pays ;
- 5° Formation scientifique de conseillers d’O. P. ;
- 6° Etude de tous problèmes ayant trait à l’orientation, à la sélection et à l’organisation du travail.
- L’Institut, qui est autonome, comporte 11 personnes pour le service technique et 8 pour le service administratif ; les six sections de travail sont consacrées à l’étude médicale, physiologique, psychologique, économique, pédagogique et documentaire.
- Les sujets sont examinés par groupes de quinze, quatre ou cinq séances étant, consacrées à chaque groupe (interrogatoire, examens
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- clinique, anthropométrique, physiologique, psychologique et pédagogique).
- En 1929-1930, il fut procédé à 375 examens. L’Institut poursuit des recherches et fait un gros effort d’organisation et de propagande. H. P.
- L’Utilisation des aptitudes et l’organisation éducative dans l’opinion ministérielle
- L’Orientation professionnelle se trouve assez étroitement liée à des problèmes de sélection, l’entrée d’un grand nombre de carrières étant commandée par des épreuves sélectives, par des concours.
- En particulier, il y a une orientation vers l’enseignement de culture du second degré, l’enseignement secondaire des lycées, dont .la gratuité décidée doit permettre l’accès indépendamment des ressources familiales.
- Ce principe général a été bien affirmé dans l’excellent discours prononcé par le Ministre de l’Instruction publique, M. Mario Roustan, à l’occasion du Cinquantenaire de l’école laïque, et où il a montré la nécessité d’une prolongation de la scolarité et d’une organisation plus complète de l’enseignement post scolaire.
- L Orientation professionnelle, a-t-il déclaré, permettra d’utiliser les aptitudes individuelles conformément aux intérêts essentiels de la nation. Et il a rappelé les belles paroles de Jules Ferry : « Il n’est pas vrai que tout le.monde ait droit à l’enseignement secondaire, mais ceux-là seuls qui sont capables de le recevoir, et qui, en le recevant, peuvent rendre service à la Société. »
- Le problème de la fatigue au 6e Congrès international des accidents et maladies du travail
- Au Congrès qui s’est tenu à Genève du 3 au 8 août 1931, la question de la fatigue avait été mise à l’ordre du jour.
- Le professeur Atzler avait apporté une importante mise au point dans son rapport, en vue d’établir des conditions plus rationnelles pour un travail intense, moyen ou léger. Dans son rapport, .M. Dill, des Etats-Unis, a spécialement étudié l’influence de la température extérieure montrant que la fatigue survient d’autant plus vile qu’il fait plus chaud, et cela en raison de l’accélération cardiaque.
- Un japonais, M. Teruoka, a spécialement examiné le travail
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- féminin, au point de vue de la croissance et de la fonction maternelle, réclamant 1 interdiction totale de travail chez les femmes enceintes pendant les deux derniers mois de la grossesse.
- Enfin M. Vernon, de Londres, a examiné l’influence des diverses conditions de milieu, non seulement de la température excessive qui peut, dans les usines quadrupler les accidents et diminuer le rendement de 40 °/„, mais de l’humidité, de l’éclairage, du bruit, de la position au cours du travail.
- Une discussion relative à ce problème de la fatigue n'a guère fait qu’en souligner la complexité. P.
- La cohérence des épreuves d’acuité auditive
- Lorsqu’on détermine par l’épreuve de la montre et de la parole chuchotée l’audition des écoliers, quelle confiance méritent les résultats ?
- En répétant les épreuves chez une cinquantaine d’enfants et en mettant en corrélation les résultats obtenus, Harvey Péterson et Kuderna ont constaté que c était avec la parole (en utilisant environ 60 mots) que la cohérence était la plus grande (0,88 au lieu de 0,70 avec la montre).
- D’autre part les résultats obtenus avec une des épreuves s’accordent-ils avec ceux de l’autre. L’accord, à cet égard, n’est pas> très satisfaisant, le coefficient de corrélation ne dépassant pas 0,50 à 0,55. Il n’y a pas lieu de s’en étonner outre mesure car les composantes tonales du bruit de la montre, toutes assez élevées (supérieures à 500 v. d.), ne sont pas les mêmes que celles qui prédominent dans la parole. H. P.
- LES MÉTHODES ÉTRANGÈRES EN 0. P.
- Aptitudes physiques et contrindications professionnelles
- Dr Luis TRIAS de BES (Anales de la Seccion de O. P. Barcelona)
- Electricien (qui fait des installations). — Bon état de santé. Profession non fatigante. Sens normal de l’équilibre. Bonne vision. Sensibilité tactile normale.
- Tapissier. —- Profession éminemment physique et assez fatigante. Travail debout, contre indiqué aux personnes ayant des va-
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- rices. Bonne force musculaire. Sens normal de l’équilibre. Vision normale.
- Relieur. — Travail debout, relativement fatigant. Force musculaire normale. Tactile normal. Acuité visuelle normale.
- Sculpteur de pierre. — Travail physique et assez fatigant. Exige une bonne force musculaire. Prédispose aux maladies de l’appareil respiratoire (calcicose). Acuité visuelle normale.
- Sculpteur-graveur. — Travail debout. Taille moyenne ou haute Sens musculaire normal. Bonne acuité visuelle.
- Emailleur. — Travail non fatigant. Compatible avec les états physiques déficients. Absence de tremblement. Excellente acuité
- visuelle. Bonne discrimination des couleurs et de leurs tonalités.
- Horticulteur. — Travail physique, relativement fatigant. Exige une constitution physique robuste. A déconseiller aux prédisposés aux maladies respiratoires. Bonne vision des couleurs. Sens olfactif normal.
- Photograveur. — Travail assis et peu fatigant. N’exige pas de taille spéciale. Exige une acuité visuelle très fine. Incompatible avec l’existence de tremblements.
- Fumiste. — Profession éminemment physique et fatigante. Développement musculaire normal. Sens normal de l’équilibre. N’exige pas de conditions spéciales d’acuité visuelle.
- Graveur. — Travail assis. N’exige pas de grands efforts. Compatible avec un état de santé déficient. Exige une excellente acuité visuelle. Incompatible avec l’existence de tremblements.
- Forgeron. — Travail éminemment physique et fatigant. Exige un grand développement musculaire et un indice dynamométriquepf élevé. Incompatible avec les affections respiratoires et circulatoires. Ne demande pas de conditions spéciales d’aptitude visuelle et auditive.
- Ferblantier. — Travail physique non excessivement fatigant Bonne force musculaire. Acuité visuelle normale. Sens musculaire normal.
- Imprimeur (machiniste). — Travail debout, à déconseiller aux personnes ayant des varices. Equilibre normal. Agilité des mouvements. Bonne acuité visuelle et auditive.
- Plombier (qui installe l’eau et le gaz). — Travail debout, médiocrement fatigant. Sens normal de l’équilibre. Sensibilité normale. Bonne acuité visuelle.
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- Bijoutier. — Travail assis, non fatigant. Profession compatible avec les constitutions 'débiles. Bonne sensibilité tactile et musculaire. Incompatible avec l’existence de tremblements. Exige une excellente acuité visuelle.
- Marbrier. — Travail particulièrement physique et fatigant. Exige grande force musculaire. Incompatible avec l’existence de maladies en évolution, spécialement respiratoire. Ne demande pas une grande acuité visuelle.
- Mécanicien (ajusteuij). — Travail debout, à déconseiller aux personnes ayant des varices. Bonne force musculaire, spécialement des extrémités supérieures. Sens musculaire normal. Sensibilité tactile normale. Acuité visuelle normale.
- Mécanicien (forgeron). — Travail physique, éminemment fatigant. Exige une grande force musculaire. Incompatible avec les constitutions débiles et avec l’existence des troubles respiratoires et digestifs. Incompatible avec l’existence d’affections aiguës du globe oculaire (conjonctivites). N’exige pas une grande acuité visuelle.
- Mécanicien (tourneur). — Travail debout, modérément fatigant. N exige pas une grande force musculaire. Excellente acuité visuelle.
- Boulanger. — Travail éminemment physique et fatigant. Exige une grande force musculaire des bras. Expose aux maladies occasionnées par le froid. Contre indiqué à tous’ ceux qui souffrent des affections respiratoires. N’exige pas de conditions spéciales d’aptitudes visuelle.
- Coiffeur. — Travail peu fatigant. Compatible avec les constitutions débiles. Exige une fine sensibilité tactile et une excellente acuité visuelle.
- Pilote (de la marine). — Contre-indiqué aux constitutions débiles. Incompatible avec les lésions cardiaques. Exige une excellente acuité visuelle et auditive. Sens normal de l’équilibre.
- Peintre. — Travail physique, qui s’exerce debout. Bon sens de l’équilibre. Absence d’antécédents alcooliques et syphilitiques. Absence d’affections rénales. Travail incompatible avec les constitutions débiles. Vision normale et bonne discrimination des couleurs et de leurs tonalités.
- Tailleur (coupeur). — Travail debout, peu fatigant. Compatible avec les constitutions débiles. Exige une bonne acuité visuelle.
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- Sensibilité tactile normale. Contre-indiqué aux individus atteints d hyperhydrose.
- Chapelier (chapeaux de paille). — Travail assis et relativement peu fatigant. Bonne sensibilité tactile. Vision normale.
- Chapelier (chapeaux de soie). — Travail physique peu fatigant. Compatible avec les constitutions débiles. Contre-indiqué aux individus atteints d’hyperhydrose. Bonne sensibilité tactile. Acuité visuelle normale.
- Tisserand (ouvrier). — Travail debout, fatigant. Incompatible avec constitutions débiles. Contre-indiqué aux malades des voies respiratoires. Acuité visuelle normale. Sensibilité tactile normale.
- Tisserand (technicien). — Travail assis, peu fatigant. Exige une grande acuité visuelle. Bonne sensibilité tactile. Bonne vision des couleurs.
- Verrier (souffleur). — Travail éminemment physique. Incompatible avec les constitutions délicates. Profession spécialement contre-indiquée aux individus atteints d’affections respiratoires et circulatoire. M’exige pas d’acuité visuelle spéciale.
- Plâtrier. — Travail physique. Sens normal de l’équilibre. Profession spécialement contre-indiquée aux malades des voies respiratoires. Acuité visuelle normale.
- A travers les Revues
- La différenciation des aptitudes professionnelles est le sujet d’une étude publiée par C. L. Hull, dans La Psijchological Clinic (1930, XIX, p. 201-209), d’après laquelle la marge de variation entre la moindre et la plus grande aptitude serait d’environ 1 à 2 \ ou 3.
- *k
- Dans la Psijchological Clinic (1931, XX, 55-04) E. 1. Burr ♦ examine l’adaptation professionnelle des délicients mentaux, d’après le Bureau d’Orientation pour les jeunes filles de New-York, qui a défini les exigences mentales minima pour un grand nombre de métiers, mis au point des tests pour l’évaluation de
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- l’adaptation dos déficientes (lests mentaux et psychomoteurs), et organisé une expérience d’apprentissage professionnel des débiles en collaboration avec le « Board of éducation » de New-York.
- Dans les Michigan Business Studies (1931, 111, 2, 282), d’après mi résumé des Psychological Abstracts, une étude de G. E. Man-son est consacrée aux intérêts professionnels féminins d’après une enquête qui a obtenu 13.752 réponses (âge moyen de 37 ans, salaire moyen de 1.926 dollars), montrant qu’une assez forte proportion des femmes n’aiment pas leur profession.
- Dans le Bulletin du Comité de patronage d'apprentis et de l’Office cl'O. P. du ÀT° arrondissement (juillet-septembre 1931, n° 25) sont reproduites quelques compositions d’écoliers de cet arrondissement (cours complémentaires, cours supérieurs et cours de préapprentissage) sur la question du métier préféré, posée à la demande de l’Office d’O. P., d’accord avec l’inspecteur primaire ; les compositions publiées sont celles 'des quatre garçons et trois filles classés en tête et dont les préférences ont été pour les professions de peintre-décorateur, mécanicien, instituteur, métreur, et d infirmière, couturière et modiste.
- L Industrielle Psychotechnik, en avril 1931, a publié une étude de Joachim Schaller sur le profil vocationnel de l’ingénieur (élec-trotechnique, constructeurs de machines, etc.), publiant trois catégories de profils comportant chacun une quarantaine de traits) pour les trois degrés du dirigeant, de l’ingénieur d’atelier et du guide de machine ; dans le numéro de septembre, une étude de Rèinhardt concerne les. aptitudes au métier de constructeur, signalant, les défauts fondamentaux qui peuvent servir de contre-indications pour la construction électrique (concernant en particulier la représentation spatiale, la perception de dureté, le soin, la force de résolution).
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- INFORMATIONS
- l ne nouvelle association de psychoteclmiciems vient de se fonder en Allemagne sur l’initiative de Poppei.reuter, sous le nom de « Reichsvereinigung fur praktische psychologie », à laquelle ont adhéré entre autres Ach, Bogen, Fischer, Giese, Hische, Klemm. Lipmann, Reuter, Rupp, Stern, Wunderlich.
- ***
- G’est à i\ice que se tiendra, du 29 juillet au 12 août 1932 la Sixième Conférence internationale de In Ligue d’éducation nouvelle, sous la présidence de P. Langevin. Le sujet mis à l’ordre du jour est : L’éducation dans ses rapports avec 1 évolution sociale. L’éducation professionnelle doit y être spécialement envisagée, ainsi que les problèmes d’examen et de sélection.
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- Le Cercle parisien de la Ligue française de l’Enseignement organise le jeudi de chaque semaine une séance cinématographique d’orientation professionnelle, où les films de métiers se complètent d’un film documentaire et d’un film comique pour la satisfaction des jeunes auditeurs. Chaque séance est répétée quatre jeudis de suite. Les métiers du tourneur sur métaux, du ferronnier et du fondeur d’art, du plombier, de l’ébéniste passent en novembre, décembre et janvier ; en février, c’est la céramique et la fabrication du livre, en mars et avril, des métiers féminins (repassage, broderie, lingerie, chapellerie).
- *k
- La 2e Conférence de l’Institut international d'organisation scientifique du Travail, qui s’est tenue à Genève, sous la présidence de M. de Peyerirnhoff, a adopté le 4 juillet 1931 une résolution sur la rationalisation, pour mieux faire comprendre la nature de celle-ci, injustement accusée dans les circonstances économiques difficiles de l’heure présente, et pour en faciliter le progrès.
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- Un centre médico-légal d’examen des enfants anormaux et délinquants a été fondé à Lyon sous la direction de la Faculté de médecine, avec un service d’orientation professionnelle de ces enfants ; il a été décrit par le professeur Etienne Martin et le docteur Mairet dans le Journal médical de Lyon.
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- Le Centre d'études des métiers français nous a adressé la note suivante :
- « En prévision du prochain décret du ministre du Travail, portant création de « Conseiller des métiers français », il est fait appel sur tout le territoire national aux divers praticiens possédant des connaissances professionnelles et une expérience éprouvée : économistes, juristes, journalistes, architectes, médecins, hygiénistes, financiers, ingénieurs, agriculteurs, commerçants, industriels, assureurs, techniciens, chefs d’entreprises, artistes, maîtres et professeurs, etc., susceptibles d’apporter aux artisans l’appui de leurs connaissances et de leurs conseils.
- « Les candidats doivent fournir en outre de leur curriculum vitae les références personnelles de nature à établir leur compétence professionnelle. Les postulants agréés feront partie du Centre d’études des métiers français constitué à Paris, sous la présidence de MM. les sénateurs Clémentel et Serre assistés de MM. le député Thoumyre et le professeur Escarra de la Faculté de droit de PariS, vice-présidents.
- « Le décret à intervenir déterminera les conditions dans lesquelles le titre officiel de censeiller des métiers pourra être ensuite conféré aux personnes qui se seraient spécialement distinguées dans l’étude des questions économiques ou sociales soumises à leur compétence.
- « Pour tous renseignements et candidatures, écrire au Centre d'études des métiers français, 30, rue des Vinaigriers, Paris (Xe) ».
- Au Congrès du Centenaire de la British Association for advan-cernent of sciences (23-30 septembre 1931), avaient été invités MM. Laiiy, Laugier et Piéron ; mais seul M. Laugier est revenu à temps de la Conférence psychotechnique de Moscou pour y assister et présenter son rapport au symposium sur la psychophysiologie du Travail, auquel participaient aussi MM. Atzler, Munro, Myers, Vernon, Wilson.
- Une autre discussion était consacrée aux tests psychophysiologiques pour la sélection des pilotes d’avion.
- L’orientation professionnelle était envisagée dans une conférence publique d’ANGi s Macrae (Guidance in the choice of an occupation) et dans des communications d’Emc Farmer sur les tendances actuelles en O. P. et de Wyatt, sur les facteurs personnels d’efficience industrielle.
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- Nécrologie
- C’est avec un vif regret qu’a été accueillie la nouvelle de la mort, le 2 septembre dernier, à l’âge de 71 ans, d’Arthur Fontaine, président du Conseil d’administration du Bureau international du I ravail, toujours soucieux de rationalisation, et notamment d’une organisation scientifique de l’orientation professionnelle. Il avait en particulier tenu à présider, en 1922, les conférences sur l’orientation professionnelle organisées par l’Institut Lannelongue et faites par F. Gley, Frois, Magne, Christiaens et Piéron.
- Lia Vie de l’Institut
- Comme l’an dernier, et grâce au Parlement qui avait maintenu le supplément budgétaire destiné à l’organisation de cette quinzaine, nous avons pu recevoir les trente boursiers dont les noms suivent :
- Mlle Thérèse Barbe, directrice d’école, Munster (Haut-Rhin;).
- Mlle Reysa Bernson, directrice de l’Office de documentation professionnelle des étudiants, 219, boulevard de la Liberté, Lille (Nord).
- M. Jean Boyer, orienteur à l’Office départemental et municipal de Placement, Strasbourg (Bas-Rhin).
- M. J. Brousse, médecin-inspecteur d’hygiène chargé d’O. P., l'ulle (Corrèze).
- M. Jean Bruyère, professeur à l’Ecole pratique, 34, rue Rouget-de-l’Isle, Nîmes (Gard).
- M. Roger Cathelinaud, directeur de l’Office municipal de placement et d’O. P., 12, rue de Cagouillot, Cognac (Charente).
- M. Edmond Chauveau, directeur de l’Office municipal et départemental, Niort (Deux-Sèvres).
- M. Emile Paru, professeur à l Ecole supérieure de Dax, membre du Comité d’O. P., villa Lorraine, boulevard Claude-Lorrain, Dax (Landes).
- M. J. Delbos, chargé d’O. P. à l’Office départemental de placement du Tarn, 9, avenue de Millau, Albi (Tarn).
- Mlle Elirard, directrice d’école de filles et de cours complémentaire, Nuits-Saint-Georges (Côte-d’Or).
- M. A. F aruel, secrétaire des Cours professionnels municipaux, instruction publique, mairie de Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord).
- M. Roland Felder, directeur de l'Office départemental d’O. P., Chaumont (Haute-Marne).
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- M. Marcel Fillatre, directeur de l'Ecole de garçons, La Lande-d’Airon, par Villedieu-les-Poëles (Manche).
- M. Louis Pouilleuse, contrôleur de la main-d’œuvre, 2, rue Riquet, Toulouse (Haute-Garonne).
- M. Emile Garabiol, directeur de l’E. T. de l'apprentissage et de 1 O. P. à la Chambre de Commerce, Chambre de Commerce, Grenoble (Isère).
- Mlle Léonie Graille, 'secrétaire de l’Office d’O. P., 24, rue Rouget-de-l’lsle, Saint-Etienne (Loire).
- M. Emile Helstroffer, professeur à l’Ecole pratique, Haguenau (Bas-Rhin).
- M. Marcel Henry, directeur de l’Office départemental de placement, préfecture, Le Mans (Sarthe).
- M. Laurent Hibrant, professeur à l'Ecole professionnelle de Tarbes (Hautes-Pyrénées).
- M. Emile Marin, directeur de l’Office d’O. P., 17, rue Brauhau-ban, Tarbes (Ha u tes-Py rénées).
- Mlle Henriette Muller, diplômée de l'Ecole de formation sociale, à Strasbourg, infirmière, 32, rue Jacques-Preiss, Mulhouse (Haut-Rhin).
- Mlle Charlotte Mulnet, A. E. diplômée E. T. Lyon ; secrétaire de l’Office d’O. P., 20, quai de la Guillotière, Lyon (Rhône).
- Mlle Germaine Misse, institutrice, à Faujeaux (Aude).
- M. F. Petit, directeur en retraite, Ecole supérieure et pratique, à Saint-Julien (Isère).
- M. Marcel Profit, instituteur, à Gélannes (Aube).
- Mlle Renée Prothet, ancien élève diplômée E. T. Lyon ; secrétaire de l’Office d’ O. P. Lyon, 20, quai de la Guillotière, Lyon (Rhône).
- M. Prosper Ivast, directeur de l’Ecole de perfectionnement industriel, commercial et ménager, Ecole municipale de perfectionnement, Guebwiller (Haut-Rhin).
- M. Adolphe Kurth, instituteur, Herrlisheim (Bas-Rhin).
- M. Eugène Lombard, capitaine, 1, rue Saint-Denis, Nantes.
- Mlle Marguerite Legros, médecin-chef, inspectrice médicale des écoles, Service d’inspection médicale des écoles, Angers.
- Cette quinzaine qui a duré du lundi matin 19 au samedi soir 31 octobre, a été ouverte et clôturée par une conférence de M. Luc, directeur adjoint de l’enseignement technique. C’est avec un très grand entrain et dans une ambiance de travail intensif que ce sont déroulées ces journées où le contact de la science et de la pratique a été si fécond, où il n’y avait ni maîtres ni élèves mais des hommes désireux d’échanger ce que leur science ou leur pratique leur avait appris.
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- L’Institut serait heureux que le contact ne se bornât pas à ces deux semaines de travail et il espère que les boursiers continueront à se souvenir que son désir est toujours de leur rendre service dans les limites de ses possibilités. Il compte qu’ils voudront bien le tenir au courant de leurs essais et de leur réussite dans les centres.
- Le bulletin désirerait être le lien entre tous ceux qu’intéresse LO. P. et dans ce but faire paraître sous la rubrique «La vie des centres d’O. P. » les résultats obtenus par chacun, les difficultés éprouvées et comment elles ont pu être vaincues, renseignements bien utiles, puisqu’ils éviteraient à beaucoup le même écueil et les mêmes pertes de temps.
- La Vie de l’Association des anciens Elèves de l’I. N. 0. P.
- Le jeudi 29 octobre, les anciens élèves prenaient contact avec les élèves de la quinzaine à la Brasserie Cipp.
- M. Réveillé exposa les décisions prises au Congrès de l'Enseignement technique. Une discussion s’engagea sur ce compte rendu. Il a été décidé d’élaborer des fiches de renseignements sur les débouchés possibles quant à la préparation professionnelle. Toutes les indications sont centralisées par M. Baille, 116, rue du Cherche-Midi. Lui écrire.
- Le banquet annuel reste fixé au mardi 1er décembre (27 fr. 50 service compris) à la Brasserie DumeSnil, rue Dareau (1.4e!). Adresser les inscriptions à MUe Mamelle, 99, boulevard Brune (1 îe).
- Le Secrétaire,
- Charles Pivert.
- La Vie des Centres d’O. P. (1)
- Le Centre de Valence (Drôme)
- Au cours de l’exercice 1930, l’Office d’orientation professionnelle de Valence (Drôme) a «xaminé 195 enfants (136 garçons et 59 filles).
- Parmi ces enfants il y avait 22 pupilles de la Nation ; 13 enfants
- (1) Nous serions heureux de recevoir directement au centre de recherches (Laboratoire de M. Piéron, Sorbonne, 45, rue des Ecoles) tous les renseignements se rapportant à cette rubrique. Nous faisons appel tout particulièrement aux anciens élèves et aux boursiers de l’Institut.
- Nous ferons paraître des résumés sans délai.
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- dont une fille n’avaient manifesté aucun désir ; 1 \4 ont vu des décisions prises conformément aux désirs qu’ils avaient exprimés.
- Sur ces 195 enfants, 121 continuent leurs études (dont 13 sur les conseils du Centre) et 9 furent placés par l’Office : 2 garçons dans la métallurgie, 2 filles dans l’industrie du livre, 1 garçon dans le commerce et 4 dans des métiers divers. Notons l’effort de l’Office au üoint de vue propagande auprès des employeurs, emploi du cinéma en vue de la préorientation à l’école et de l’étucle de la technique des métiers, achat d’appareils pour les examens physiologiques permettant une base plus scientifique pour les orientations. Ajoutons 1 organisation de visites d’ateliers et rétablissement de monographies locales, travail si essentiel et si précieux dans un centre d’orientation professionnelle.
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- Livres nouveaux entrés à la bibliothèque
- F. Baumgarten, H. Bogen, W. Eliasberg, etc. — Objetksspsy-chotechnik. Hanclbuch sachpsychologischer Arbeitsgestaltung. — C. Marhold, Halle a. S., 1930, 833 p.
- P. Feiok. — Zur Analyse des Bankberufs. J. A. Barth, Leipzig, 1930, 18 p.
- l)r F. Giese. -—- Handwoerterbuch der Arbeilswisseasçhaft vol.
- I et IL — C. Marhold, Halle a./S., 1930, 5.232 p.
- Dr Rudolf Wiedwald. — Technik der Berufsberatnng und Lehrstellenvermittlung. — C. Heymanns, Berlin, 1931, 50 p.
- Marg. Wooster Curti, Ph. D. — Child Psychology. — Long-mans, Green et Cie, N.-York, London, Toronto, 19 ’>0. 527 p.
- Tous les métiers, vol. I et II. — L’information 'professionnelle, Paris, 297 p.
- G. Latham Hatcher, et Emery N. Ferriss, — Guiding rural Boys and Girls. — Mc Graw-Hill Book Cie, 1930, New-York, 326 p.
- Patterson, Elliot, Anderson, Toops et Heidbrkder. — Minnesota mechanical ability tests. — The University of Minnesota Press. —- Minneapolis, 586 p.
- Percival M. Symonds. — Tests and interest questionnaires in the guidance of hich school boys. — Teachers College, Columbia University, 1930, New-York, 61 p.
- Reginald Dekoven Mac Nitt, Ph. D. — Introversion and extroversion in the High School, Richard G. Badger, Boston, 224 p.
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- Patterson, Ëlliot, Anderson, Toops et Heidbreder. — Min-ncsülu mechanical abilily tests. — In-8° de 586 pages. — Minneapolis, 1930.
- Voici un important ouvrage qui résume un énorme travail, .aboutissement d'un effort collectif d’une belle ampleur.
- Le département de psychologie de l'Université de Minnesota s’est chargé d’une recherche, subventionnée par le Conseil national des recherches des Etats-Unis (Commission de l’immigration, présidée par le psychologue Yerkes), pour la détermination d’épreuves d’habileté mécanique douées d’une valeur prédictive satisfaisante. Le travail a duré quatre années et 51 personnes y ont participé.
- Et les cinq auteurs se présentent sur la couverture avec leurs attributions comme dans la présentation des films modernes : Donald G. Paterson et Richard M. Elliot ont été les directeurs des recherches ; L. Dewey Anderson a été le « chief investigator » ; Herbert A. Toops est présenté comme Statisticien consultant et Edna Heidbreder comme l’éditrice du rapport, clair et complet Par des approximations successives et constamment contrôlées, en essayant de nombreux tests et en combinant des batteries de plus en plus satisfaisantes, d a été possible, après des essais qui auraient pu paraître au début peu encourageants, d’atteindre un taux-élevé de prédictivité en ce qui concerne l’habileté mécanique professionnelle, dont l’appréciation a pu atteindre une cohérence très satisfaisante, ce qui donne à l’ensemhle des tests choisis une haute valeur pratique. Il y a eu là un immense travail, en particulier au point de vue statistique, mais un travail réellement fructueux au point de vue pratique.
- Des données théoriques intéressantes résultent en outre de l’examen des relations de l’habileté mécanique avec d’autres qualités individuelles ; des corrélations très faibles montrent une indépendance pratiquement complète de cette habileté vis-à-vis de l’in-’ telligence abstraite d’un côté, de l’agilité motrice et de la force musculaire de l’autre.
- Il y a là un travail que les psychotechniciens ne pourront pas négliger désormais.
- H. P.
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- Décembre 1931
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- ’• 3e Année - ma 7.7^,
- BULLETIN
- essi
- REVUE MENSUELLE
- SOMMAIRE
- I
- J. Fontègne : L’Orierilatio» professionnelle au Congrès international
- de l'Enseignement technique.................................... 243
- Mad. Mazé : Hecherchcs sur la finesse des perceptions chromatiques
- chez les écoliers.............................................. 236
- Notes et Documents : L’Orientation professionnelle et la sélection au comité national d’é'udes sociales. — 1 n conseil aux orienteurs.
- — Les goûts des étudiants de «City Collige » à New-York. —
- Les goûts de quelques écoliers nancéens........................ 268
- A travers les Revues.................................................. 272
- Informations....................o..................................... 273
- La Vie de l’Association des anciens élèves............................ 274
- La Vie des centres d’0. P............................................. 273
- Bulletin bibliographique................................................ 273
- Table des matières de 1931.............................................. 279
- Cnam
- Ch. 1 2501 00044482 1
- Institut National ^Orientation Professionnelle
- MUSEE PEDAGOGIQUE
- 'il, Rue Gai/ Lussac, 'il
- PARIS
- (Tous droits réservés)
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- INSTITUT NATIONAL
- d’Oi'ientation Professionnelle
- Etablissement reconnu var l’État (Décret du 25 juin 1930)
- COMITÉ DE DIRECTION
- MM. J. Fontègne, inspecteur général de l’Enseignement technique, adjoint au direc tour de- l'Enseignement de la Seine
- H. Laugier, professeur au Conservatoire des Arts et Métiers, maître de Conférences à la Sorbonne, directeur de Laboratoire à l’Ecole pratique des Ilautcs-Eludes.
- H. Piéron, professeur au Collège de France et à l’Institut de Psychologie de l’Université de Paris, directeur du Laboratoire de Psychologie de la Sorbonne.
- BUREAU DU CONSEIL if ADMINISTRATION
- Président : M. Labbé, Directeur général de l’Enseignement technique.
- Vice-présidents : MM. Barrier, inspecteur d’Académie, adjoint au directeur de l'Enseignement primaire , Gaillard, président de la Commission exécutive des atcïicrs-écoles de la Chambre de Commerce de Paris ; Luc, directeur-adjoint de l’Enseignement technique ; Sellier, ancien président du Conseil général de la Seine.
- Secrétaire pénéral : M. Fontègne.
- Trésorier : M. Oualid, professeur à la Faculté de Droit.
- CONSEIL D’ADMINISTRA TION
- Outre le Bureau :
- M11* Caron, directrice honoraire des Lycées. — MM. C. Bouglé, directeur-adjoint de l’Ecole Normale Supérieure ; Contenot, conseiller municipal, inspecteur régional de l’Enseignement technique ; Félicien Court, directeur de l’Office d’O. P. d" Toulouse ; Dubreuil, membre de la Commission exécutive de la Confédération générale du travail ; Fagnot, chef du Service central de la main-d’œuvre au Ministère du Travail ; Lahy, directeur de Laboratoire à l’Ecole pratique des Ilautes-Eludcs ; Langevin, professeur au Collège de France, président de la Société Française de Pédagogie ; Lapicque, de l’Institut, professeur à la Sorbonne ; Larcher, inspecteur général des services d’Orienlalion professionnelle ; Laugier, professeur au Conservatoire des Arts et Métiers, maître de Conférences à la Sorbonne ; A. Mayer, professeur au Collège de France ; Paul-Boncour, professeur à l’Ecole d’An-thropologie, médecin-chef de l’Institut médico-pédagogique de Vitry ; H. Piéron, professeur au Collège de France ; Roger, inspecteur général de l’Instruction publique ; Thiercelin, médecin des hôpitaux ; Toulouse, médecin-directeur de l’Hôpital Ilenri-Rousselle, directeur de l'Institut de Psychiatrie à l’Ecole pratique des Hautes-Etudes.
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- 3* Année
- Décembre 1931
- BULLETIN
- l'Institut National d’Orientation Professionnelle
- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE Au Congrès International de l’Enseignement technique
- (Paris, 24-27 septembre 1931)
- Par M. J. FONTÈGNE
- La question de l’Orientation profession nette a été inscrite au premier rang de celles qui figurèrent à l’ordre du jour du Congrès international de renseignement technique.
- Disons tout de suite qu’elle y prit une place d’honneur :
- 1° Par. les nombreux rapports qui furent présentés (nous en relevons 47, sans compter les rapports généraux qui, presque tous, y firent allusion) ;
- 2° Par la valeur de la plupart de ces rapports, venus de tous les pays : Autriche, France, Allemagne, Suisse, Hollande. Belgique, Portugal, Italie, etc... ;
- 3° Par les très intéressantes déclarations que furent amenés à faire, au cours du Congrès, M. Pomaret, l'actuel sous-secrétaire d Etat de l'Enseignement technique ; M. E. Herriot, président de l’« Association française pour’ le développement de renseignement technique », organisatrice du Congrès, et M. H. Luc, rapporteur général ;
- 4° Par l’affluence des congressistes aux travaux de la première Commission.
- <( Assistance nombreuse : séance commencée dans le calme, continuée dans une atmosphère par moment, houleuse et terminée dans la concorde », écrit Mlle Lucie Schmidl. secrétaire de séance. Telle fut, en effet, la physionomie des.discussions qui eurent lieu et où s’abordèrent, en se heurtant parfois, pra-
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- liciens et théoriciens, pédagogues, médecins, psychotechniciens, etc...
- Un grand pas a-l-il été fait dans la voie de l’orientation professionnelle ? Les confusions qu’à plusieurs reprises nous avons signalées entre l’orientation professionnelle, la sélection professionnelle, la formation professionnelle, la détermination scientifique des aptitudes, le placement en apprentissage ont-elles complètement disparu ? Nous ne le croyons pas.
- La faute en est. sans doute, au vague de la question posée : l’orientation professionnelle. Ce qui amena tel congressiste à essayer une définition qui aurait l’avantage de ne pas trop ressembler à celles qui ont cours actuellement ; tel autre à présenter une panacée — presque universelle — capable, seule, de supprimer toutes les difficultés ; ce qui conduisit un troisième à parler de tout sauf d’orientation professionnelle ; un quatrième à se lamenter sur la triste situation financière de l’Office d’O. P. qu’il dirige, etc...
- Il fallut, à vrai dire, le doigté de Carrard (Zurich) qui, en l’absence de Stocker (Bâle) présida la première Commission pour apaiser certains « mouvements de foule », pour préciser ce qu’il fallait entendre par O. P., pour calmer ceux qui estiment que la science de l’O. P. fait faillite, pôur sauver enfin une idée que certains considéraient déjà comme tout à fait disparue...
- Certes si l’affluence cause toujours une très grande satisfaction aux organisateurs d’un congrès, elle n’est pas sans exercer une influence, parfois fâcheuse, sur la marche des travaux. Ou’il y ait une majorité parisienne de congressistes, par exemple, voilà que renaît la question du rôle des comités de patronage d’apprentis en O. P. ; que réapparaît celle de la taxe d’apprentissage — problèmes locaux qui, à vrai dire, ne pouvaient être traités dans un congrès international ! Que cette majorité soit belge, c’est un « étalage » des nombreuses discussions qui ont lieu chez nos amis : on se croirait, alors qu’on est à Paris, dans une réunion de Bruxelles, de Charleroi ou de Liège ! A telle enseigne que, dans les couloirs, on parlait d’ « académie parisienne », de « lavage de linge sale », que sais-je encore !
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- Et pourtant, le distingué rapporteur J. F. Court (Toulouse) avait su, par son amabilité coutumière, sa compétence reconnue et son bel esprit de conciliation, conquérir la quasi-totalité des suffrages. El c’est d’un commun accord que tous applaudirent des phrases comme celles-ci :
- « Evitons le dogmatisme et l’intransigeance. Avec le temps, et sans heurt, chaque chose se mettra ou se remettra dans son plan normal. Auparavant, grâce au concours désintéressé, aux efforts convergents des bons ouvriers qui, abstraction faite momentanément de leur conception particulière, prétendent servir l’orientation professionnelle — les charlatans mis à part, bien entendu — celle-ci aura bataille gagnée et elle devra à tous un égal hommage. » »
- « Par ailleurs, il semble unanimement admis qu’il est nécessaire de donner une base scientifique à l’orientation professionnelle, mais les réserves sont nombreuses au sujet du caractère, du résultat de certains procédés préconisés par des psychotechniciens, des psychologues, et même des physiologistes. Ce n'est pas de la défiance, c’est de l’hésitation... »
- Et c’est du même sentiment de concorde que procéda l’adhésion à la lormule finale de Carrard que relève le rapport analytique de Mlle Schmidt, à savoir que I « orientation professionnelle est une question île collaboration, mais aussi de mentalités — différentes — qu’il s’agit d’accorder à un même diapason : la réalité. »
- Nous n’avons pas la prétention, dans cette seconde partie de notre compte-rendu, d’analyser tous les rapports qui ont été présentés. Malgré l’intérêt évident d’une telle étude, nous serions fatalement amené à de nombreuses redites, à des puérilités même que nous désirons épargner à nos lecteurs. Essayons, néanmoins, de grouper tons ces rapports en trois ou quatre catégories.
- A. — Une vingtaine d’entre eux peuvent être classés dans les généralités : plus particulièrement celui de Iliernaux (Charleroi) qui, reprenant les discussions du congrès de Liège en 19Ô0, demande :
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- a) Ou'une discri minai ion précise se fasse entre l’orientation professionnelle et la sélection professionnelle ;
- b) Que l’étude du caractère reste l’élément dominant en O. I\, « l'éprouvette-enfant n’étant comparable en rien à l’éprouvette-matériau » ;
- c) Que l’on établisse de grands groupes de professions pour lesquelles certains tests seraient particulièrement indiqués... :
- 2° Celui de l’Office d’O. P. du XIe arrondissement de Paris, qui souligne heureusement la création d’écoles de préappren-tissage et d’orientation professionnelle, dont nous parlerons plus loin ;
- 3° Celui de Andreoni et Dompieri (Rome), qui s'attache plus spécialement au problème de l’analyse des professions, qui présente, à vrai dire, un caractère international très marqué, etc...
- B. Trois de ces rapports attachent une importance particulière aux relations (pii existent entre l’orientation professionnelle et le préapp'ren tissage : ce sont celui de Marin, directeur de l’Office d’O. P. de Tarbes, qui estime que la plupart des exercices d’initiation professionnelle peuvent être utilisés comme tests d'un caractère pratique concurremment avec les tests d’une conception plus scientifique ;
- Celui de Cabanku (Monlluçon) qui expose l’organisation et le fonctionnement de l’organisme de prolongation de la scolarité, de transition entre l’école et l’atelier, d’orientation et de préparation à la vie professionnelle et sociale que constitue le centre de la Compagnie des forges de Cludillon, Commen-Irv et Neuves-Maisons ;
- Celui de Lomont dont nos lecteurs et élèves connaissent les idées sur l’orientation professionnelle expérimentale par les Ateliers-Ecoles.
- C. — l ue dizaine de rapports s'essayent à entrer dans la pratique de l’orientation professionnelle : l’un traite des métiers d’artisanat et des aptitudes qu’ils présupposent pour être convenablement exercés : un autre, confondant O. P. et formation professionnelle, donne un programme de cours d’aviation ; quelques-uns s’attardent aux professions d’art, aux métiers de motoristes et de vélocistes. Lomont présente Une
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- étude sérieuse sur l'orientation professionnelle vers les carrières commerciales, d'où se dégage celle idée qu’il est du plus grand intérêt de diriger la jeunesse française vers le commerce actif. Mme Parlons (Bruxelles) se demande où en est l’orientation professionnelle des filles et donne le modèle des fiches qu'elle utilise.
- D. Mettons à part les trois intéressants rapports qui sonl adressés par Stocker (Baie), Lopez Martin (Portugal), Lieben-berg (Berlin) et qui exposent avec assez de précision l’organisation de l’O. P. dans leurs pays.
- E. — Il n’a guère, jusqu’ici, été question de méthode scientifique d'O. P. C’est que nous avons réservé pour la fin les sept ou huit rapports qui en parlent. Citons, au hasard :
- 1° Celui de Spreng, directeur de l'Institut psychotechnique de Bienne (Suisse), qui expose tes avantages el les inconvénients de ce qu'il appelle la méthode mathématique et la méhode psychologique el reproduit le résultat d’un diagnostic psychotechnique obtenu par un examen psychologique d’une durée d’environ trois heures ;
- 2° Celui de Bçtcqueijrisse, directeur général de l’Exploitation el des Services techniques de la S. T. C. R. P. qui, rendant compte de ce qui se fait en vue du recrutement des élèves de l’Ecole d’apprentissage, fait ressortir (pie les résultats des examens psychotechniques oui montré que la prédictivilé de la méthode d’examen psychotechnique était supérieure à celle de l’examen d’instruction générale el quelle permettait de mieux se rendre compte de l'aptitude à apprendre des candidats ;
- 3° Celui de H. Lambert (Bruxelles) qui énumère, entre autres, quelques tests simples utilisés par l’Office central de la main-d’œuvre en Bavière : épreuves d’attention, de perception et de visualité, de mémoire, d’association, d intelligence, de la manière de travailler, etc... :
- 4° Celui de Mme Elner, de l'Institut de psychotechnique de Vienne (Autriche) sur le contrôle justificatif en O. P. Le titre de ce rapport promettait beaucoup : l’auteur s’est, contenté de rappeler quelques travaux ou conceptions de Rupp, Hej-
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- landt Iieydt, etc.„ sans entrer dans le détail, ce qui, pourtant, eût été intéressant.
- Faisons une place spéciale au rapport des docteurs Martini) et Morlaas sur le dépistage médical réalisé aux ateliers-écoles de la Chambre de Commerce de Paris et sur les mesures quf y sont prises à cette époque d éducation où se fait le passage de l’enfance à l’adolescence. Les deux auteurs montrent comment,. aux ateliers-écoles, ils se soucient :
- • a) de la santé générale des apprentis ;
- b) de leur croissance physique et glandulaire :
- c) de la corrélation avec le psychisme, l’affectivité, les instincts nouveaux.
- Le rapport de MM. Pende et Vidoni, de l’Institut biotyp'ô-logique de l’Université de Gènes, a également retenu l’attention des congressistes.
- La méthocje biolypologique, outre l’examen morphologique, physiologique ou psycho-physiologique de l’individu, embrasse également « l'exploration des quatre côtés, pourrait-on dire, de la figure individuelle : le côté morphologique ou extérieur, le côté dynamique ou humoral, le côté moral, le côté intellectuel. »
- Pende admet quatre biolypes humains fondamentaux caractérisés par les notes morphologiques dynamiques générales du corps. Ce sont :
- 1° le biotype longiligne sthénique ;
- 2° le biotype longiligne asthénique ;
- 3° le biotype bréviligne sthénique ;
- 4° le biotype bréviligne asthénique.
- Il nous est agréable de reproduire ci-dessous quelques applications pratiques de cette méthode. L’Ecole industrielle de Gênes se sert, pour l’orientation professionnelle de ses élèves, des monographies qui lui ont été remises par Vidoni.
- (( Pour le mécanicien de précision, il faut avoir un développement remarquable de l’attention visuelle et de l’acuité visuelle, du pouvoir d’observation et d’intuition, de l’habileté motrice, de la patience, de la persévérance, de la diligence, de l’ordre, du sens du rythme des mouvements, de l’absence absolue de tremblements des mains,
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- Pour Le traceur-modeleur, il faut : une bonne acuité visuelle (la correction avec des lunettes est tolérée), un pouvoir attentif bon, un pouvoir d’observation bon, une bonne mémoire des formes, une habileté motrice surtout des doigts, le sentiment artistique, le sens des proportions ; il n’est pas indispensable d’avoir une bonne ouïe ou beaucoup de force musculaire.
- Pour le r édificateur, le tourneur, Y enjoliveur, les aptitudes principales sont : une bonne santé générale, une bonne acuité visuelle (la correction avec lunettes est tolérée) ; le pouvoir auditif doit être suffisant, le pouvoir d’attention et d’observation bon, bonnes aussi la vitesse des perceptions visuelles,
- 1 habileté motrice des'bras, des mains, des doigts, l’aptitude au calcul et au dessin linéaire.
- Pour Yajusteur, on demande une santé générale bonne, un état normal des voies respiratoires, un pouvoir visuel bon, une attention bonne et une habileté motrice des membres supérieurs, de l’ordre, de la diligence, de la patience, de l’aptitude au calcul, à la géométrie, au dessin linéaire.
- Pour le fondeur et le forgeur, il faut une bonne force musculaire, un état respiratoire et circulatoire normal, une intégrité des conjonctives, de la vue et de l’ouïe, une attention bonne, de la mémoire des formes, du coup d’œil, de la prudence, de l’habileté motrice des bras et des mains.
- Pour Y électricien, il faut une bonne santé générale, un pouvoir visuel el auditif bon, une intelligence générale et particulièrement intuitive, de la patience, de l’attention, de l’ordre, une absence de sensibilité exagérée au courant électrique.
- Pour le menuisier, les aptitudes principales sont : voies respiratoires normales, développement bon du sens et du tact musculaire, du pouvoir d’attenlion et d’observation, de la mémoire du mouvement et des formes des objets, le coup d’œil et le jugement rapides, la disposition au dessin, la patience, la diligence, l’ordre.
- Pour le tourneur sur bois les mêmes aptitudes.
- Pour le bobineur, on demande surtout un pouvoir visuel excellent, une grande habileté motrice, de la précision des mouvements des doigts, une sensibilité tactile et tacto-muscu-
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- laire excellente ; il n’esl pas nécessaire d’avoir de la force musculaire ni une parfaite santé... »
- Quand nous aurons signalé :
- a) Le rapport présenté par M. Luc el adopté, en 1929, par le Conseil supérieur de l’Enseignement technique ;
- b) L’étude très complète de la C. G. T. sur l'organisation de 10. P. en France ;
- c) La monographie 1res suggestive de l'Institut national d’O. P., nous aurons donné une physionomie assez complète des travaux de la première Commission du Congrès.
- v *
- Les rapports entre 10. P. el la formation professionnelle sont si intimes — puisque nulle formation judicieuse n’est possible que si elle lieid compte des possibilités physiques de l’individu, de son développement intellectuel, de ses connaissances et de ses aptitudes diverses— qu'il n'y a pas lieu de s’étonner de voir quelques études des autres commissions du Congrès effleurer le problème de l’O. P.
- C’est ainsi que Gérin, dans un rapport sur le recrutement et la formation du personnel de vente el de publicité nous donne la page ci-dessous qui ne manque pas d’originalité :
- « Tous : publicitaires, vendeurs prospectifs ou sédentaires, sont appelés à manier la pensée d’autrui. Ils doivent donc posséder les ressources de la psychologie. Deux qualités communes encore : la foi en la chose vendue, l'enthousiasme qui convainc.
- Mais le publicitaire écrit. Il lui faut donc langue châtiée, éducation assez vaste. Mais le publicitaire ne voit pas le public. On peut donc lui tolérer des tares physiques et même une certaine négligence vestimentaire sans que la vente en souffre. II serait timide que cela ne serait pas une gêne ; il est des timides qui sont hardis par la plume.
- Par contre, le vendeur sédentaire est déjà en présence du chaland. Sa physionomie doit être avenante, son allure agréable, son vêtement de bon ton. Nul besoin d’audace, car le client est là. Par contre, nécessité de subtilités el de finesses, Mais aussi utilité dun</ voix agréable, d'une élocution
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- aisée. Ici, l’élément physique vient s’ajouter au psychologique,
- Et notre prototype de vendeur ? Non seulement la présence réelle l’oblige, Le contraint aux mêmes avantages physiques, vestimentaires et oratoires, mais il ne pourrait persister s’il ne possède une qualité capitale : la santé ; certaines discussions de vente durent plus d’une heure, sont l’objet d’une tension physique et morale épuisante. Enfin et surtout : le cran, ce cran sans quoi les partes ne s’ouvrent pas ou se referment trop tôt, ce cran qui permet de tenir froidement tête à un orage et d’emporter la commande où d’autres auraient essuyé un affront... »
- Pilette nous fournit, sur le même thème, une étude assez complète. Relatant comment se fait le recrutement des futurs vendeurs du « Printemps », dont la candidature est examinée au triple point de vue : administratif, médical cl intellectuel, il confirme cette idée que quiconque n’est pas toujours apte à n’importe quel emploi.
- Est-il besoin de rappeler la monographie professionnelle du vendeur que Lomont a déjà présentée ici-même ? Retenons-en seulement qu’ « un bon vendeur doit savoir et montrer au client qu’il sait, lui présenter la marchandise d’une façon aimable et sans l’obséder, pénétrer sa pensée, découvrir ou éveiller son désir, etc... »
- Et complétant le rapport de Pilette, voici celui du Dr God-lewshi sur le rôle des services médicaux dans l’entreprise commerciale où il expose comment il pratique l’examen médical d’admission du personnel du « Printemps » :
- 1° Recherche des tares pathologiques et élimination d’emblée des indésirables ;
- 2° Examen physique des sujets sains ;
- 3° Examen psychique.
- Sans doute approuvons-nous l’auteur dans ses déclarations touchant l’examen du psychisme, à savoir que :
- « Au cours de ses examens divers, de ses interrogatoires et des réponses qui y sont faites librement, le médecin a recueilli des éléments précieux pour juger du psychisme du candidat, psychisme qui, pour le personnel de vente, exige des qualités
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- capables de compenser dans certains cas quelques insuffisances physiques.
- Le médecin notera avec profit son appréciation sur l’intelligence ainsi révélée du candidat-vendeur, sa facilité de compréhension el d’élocution, la promptitude et le ton des réparties, le savoir-vivre.
- Il est extrêmement fréquent que le médecin puisse dépister ainsi le candidat-vendeur, maussade el hargneux, qui ne fera jamais un bon vendeur.
- Le caractère du candidat apparaît très vite au médecin exercé, dans la séance sans apprêt de son examen. Or, une bonne humeur est éminemment souhaitable chez le vendeur, dont les qualités de patience, de courtoisie, d’affabilité sont conditions requises pour plaire à la clientèle et entraîner des ventes, qui, sans ces dons naturels, eussent été perdues. »
- Néanmoins, nous nous demandons si cette seule prise de contact avec l’individu suffit pour caractériser nettement son psychisme et ce n’est pas sans quelque impatience que nous attendons, pour notre Bulletin, l’article que Rachinel a bien voulu nous promettre sur l’utilisation des tests dans l’O. P.
- du vendeur. x
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- Reste une dernière question à étudier : celle du cinéma dans l’orientation professionnelle, l'apprentissage et renseignement technique.
- Peu de chose, en ce qui concerne l’O. P. Quand nous aurons signalé : le rapport de Leconte (Lille) ; celui de Burberg (Berlin) qui donne plutôt des adresses ; celui plus fouillé, plus documenté de M,le L. Bourdel (Paris), nous aurons, du coup, montré, que le domaine était insuffisamment exploré. La semence est pourtant jetée : attendons une moisson prochaine.
- En assemblée générale, le Congrès international de l’Enseignement technique adopte les vœux suivants :
- « 1° Oue l’Orientation professionnelle reste pour l’enfant le guide vers le choix d’une profession ; quelle soit complétée par des observations en cours d’apprentissage ; que celui-ci
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- ail une organisation telle que l’apprenti puisse évoluer rapidement vers une spécialité voisine. »
- « 2° Oue soit entreprise, sous la direction des offices d’orientation professionnelle, et d’accord avec le patronat et les organisations ouvrières, une enquête dans l’industrie, en vue d’analyser les qualités révélées par les meilleurs ouvriers spécialistes et les facultés grâce auxquelles ils sont devenus maîtres dans leur milieu, pour essayer ensuite de rattacher ces facultés aux observations faites sur les adolescents par ceux qui ont obtenu des résultats dans les offices d’orientation professionnelle. »
- « 3° Que les centres d’Orientation professionnelle constituent et tiennent à jour une documentation statistique, permettant de se rendre compte des disponibilités du marché du travail. »
- « 4° Que tous les efforts soient tentés pour qu’il y ait une transition graduelle entre l’école et la profession. »
- « 5° Le Congrès constate : Que l’orienteur sera amené le plus souvent à renoncer à Y orentation positive, qui vise à déterminer le métier correspondant le mieux à une individualité donnée. Il se contentera, dans la plupart des cas, de Y orientation négative, en se bornant à déconseiller aux jeunes gens les métiers qu’ils ne pourraient pas, à cause de déficiences physiques et psychiques, exercer avec de véritables chances de succès. ».
- Notre conclusion sera courte : nous l’empruntons à un article de notre ami Luc dans le numéro du 15 octobre 1931 de YInformation professionnelle, intitulé : « Après le Congrès ! »
- (( Le Congrès de Paris a affirmé des principes. Il a, au moment qù le doute commençait à naître, proclamé que l’orientation professionnelle était nécessaire, qu’elle était possible ». Puisqu’il en est. ainsi, proclamons indispensable une union harmonieuse entre la pratique et la science et souhaitons bon succès au prochain Congrès de Bruxelles.
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- Recherches sur la finesse des perceptions chromatiques chez les écoliers
- 3?a,r Madame l&A.ZÉ
- I. — Examen ai ('iiromatopiianomèthe
- Nous avons utilisé pour ces recherches le chromatophanomètre de Piéron dont la technique ,a été exposée dans le n° 7 du Bulletin.
- Cette méthode consiste à présenter, soit un gris d’une certaine clarté, soit une couleur plus ou moins saturée, soit une nuance chromatique par mélange de deux couleurs en proportions déterminées. L’étalon réalisé à une extrémité du cylindre doit être retrouvé par l'enfant et indiqué par un chiffre lu sur une échelle linéaire placée au-dessus du cylindre.
- L’enfant indique ainsi une zone comprise entre le chiffre où l’aspect lui paraît un peu plus clair que l’étalon et le chiffre où au contraire l’aspect lui paraît plus sombre.
- Nous avons.expérimenté ainsi l’échelle des gris, l’échelle des saturations du rouge, celles du vert et du bleu et enfin les échelles des nuances du rouge au bleu et du vert au bleu sur près de 200 enfants, garçons et filles, élèves des écoles de la ville de Paris.
- L’examen que nous avons pratiqué ne nous a pas permis d’établir une formule d’instruction dont on pourrait se servir à chaque expérience comme on le fait pour la plupart des Lests. Gomme il n’était pas toujours facile pour un enfant se trouvant devant notre appareil de comprendre ce qu'on lui demandait, l’instruction variait selon l’intelligence du sujet. Tandis que pour tel enfant il suffisait d’une explication très courte, il y avait des cas où l'on était obligé d’expliquer plusieurs fois de quoi il s’agissait et pour certains enfants on ne pouvait pas se contenter d’une explication abstraite : bien des fois il nous a fallu recourir à un morceau d’étoffe dégradée pour rendre plus claire à notre sujet la tâche que nous lui imposions.
- En tout cas il est absolument nécessaire de savoir avant de commencer l’expérience si le sujet comprend ce qu’on lui demande car il est facile pour un enfant peu intelligent ou peu consciencieux de se débarrasser de l’expérimentateur en lui indiquant n’importe quel chiffre.
- S’étanl bien assuré de la compréhension du sujet nous commencions notre examen, tout en veillant à ce que les conditions d’éclairage et de présentation de l’appareil soient toujours les mêmes.
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- Après .avoir obtenu deux réponses nous intercalions un autre lest, afin que la troisième réponse ne soit pas influencée par les deux premières.
- Nous avons fait des examens en série pour chaque feuille pour tous les sujets dont nous nous sommes servi pour l’étalonnage, mais voulant voir s’il serait possible de prendre un sujet pour toutes les feuilles à la fois (ce qu'on devrait faire dans un Office d’orientation pour ne pas faire revenir l’enfant plusieurs fois), nous avons examiné quelques enfants en une séance, en passant d’une feuille à l’autre. Or nous avons préféré éliminer ces sujets de l’étalonnage ayant vu l’influence de toutes leurs réponses 1 une sur l’autre, tous les chiffres donnés par eux dans ces cas-là étant à peu près les mêmes.
- Nous croyons donc qu'il serait préférable d’espacer les examens pour chaque feuille ou au moins, s'il est impossible de les répéter plusieurs jours de suite, d'intercaler d’autres tests de longue durée entre les épreuves du chromatophanomètre.
- Voici quelques résultats numériques de nos recherches :
- Tableau N° i. — DÉCILiAGE
- 1er déc 2e déc 3e déc f“ déc 5e déc Ge déc T déc 8* déc <Je déc 10e déc
- Gris Filles 0 1.4 2.2 3.4 4.1 5.6 6.3 7.9 10.7 15.6
- Garçons 0.4 1 7 3.1 4 1 5.4 6.2 7.3 8.1 117 18
- Bleu-vert Filles 1.9 3.7 6.8 9 4 11.1 12.3 14 16 2 19.9 37.5
- Garçons 1.9 3.7 6 7.6 9.1 12 13.4 15.4 19 30.1
- Bleu-rouge Filles 1.9 3 4 4 6 7.5 11 1 12.4 15.4 22.3 32.3
- Garçons 0 4 2.7 5.1 7.9 9 7 11.2 12.5 15 19.5 29.3
- Satur. Filles 0.8 2 2 3.8 6 7.5 9.8 12 14.5 18.9 33.8
- du rouge Garçons 0 1.4 3.7 5 3 6.7 8.9 11.3 15 18.6 33.8
- Satur. Filles 0' 1.9 3.7 4.8 6.5 9.7 11.3 16.9 21.3 31 2
- du vert Garçons 0 8 3.7 4.8 7.5 9.7 11.2 13 17 22.1 31.8
- Satur. v Filles 0 1.4 3 4 1 6 8 8.6 11.1 12.4 17.3 30.4
- du bleu Garçons 0.4 1.4 2.2 4.1 7.4 8.3 10.2 12.5 17.7 29.3
- Vola. — Les chiffres de ce tableau représentent les marges d’incertitude en pourcentage die l’un des éléments du mélange par rapport à l’autre.
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- Tableau n° 2
- Coefficients de cohérence du Test (<Corrélations cuire les 3 / épouses pour la meme feuille)
- lrc et Z‘ réponse. ise et 3e réponse. 2" et 3° réponse.
- —- "" -- —
- FILLES GARÇONS FILLES GARÇONS FILLES GARÇONS
- Gris
- 0,75 0,09 0,60 0,62' 0,78 0,79
- Bleu-vert
- 0,78 0.82 0,73 0,75 0,71 0,84
- Bleu-rouge
- 0,68 0,77 0,69 0,59 0,78 0,77
- Saturation du rouge
- 0,84 0,68 0,70 0,63 0,78 0,80
- Saturation du vert
- 0,82 0,77 0,70 0,76 0,7 7 0,75
- Saturation du bleu
- 0,73 0,74 0,67 0,63 0,80 0,81
- Tableau n° 3
- Coefficients de Corrélation (p)
- (Corrélation entre les réponses pour les différentes feuilles)
- FILLES
- 0,28
- 0,51
- 0,16
- 0,38
- 0,25
- 0,48
- 0,27
- 0,34
- 0,29
- Bleu-r.ouge el saturation du rouge Bleu-rouge el saturation du vert Bleu-rouge et saturation du bleu
- Bleu-rouge et bleu-vert
- Bleu-vert et saturation du rouge Bleu-vert et saturation du vert Bleu-vert et saturation du bleu Saturation du rouge et saturation du vert Saturation du rouge et saturation du bleu
- GARÇONS
- 0,26
- 0,63
- 0.24
- 0,37
- 0,41
- 0,46
- 0,26
- 0,36
- 0,33
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- FILLES Saturation du vert cl salufalion du bleu GARÇOXS
- 0,15 (iris cl bleu-rouge 6,33
- 0,27 Gris cl bleu-verl 0,60
- 0,29 Gris et saturation du vert 0,44
- 0,50 Gris et saturation du rouge '0,58
- 0,39 Gris et saturation du bleu 0,26
- 0,31 Tableau n° 4 Coefficients de corrélation atténuée (i) Gris et bleu-rouge 0,25
- 0,38 Gris et bleu-vert 0,86
- 0,40 0,59
- Gris el saturation du rouge
- 0,53 Gris et saturation du bleu 0,37
- 0,43 Gris et saturation du vert 0,35 ’
- 0,53 Bleu-rouge et bleu-vert 0,80
- 0,52 Bleu-rouge et saturation du rouge 0,50
- 0,38 Bleu-rouge et saturation du rouge 0,37
- 0,22 Bleu-rouge et saturation du vert 0,34
- 0,69 Bleu-vert et saturation du rouge 0,86
- 0,35 Bleu-vert et saturation du bleu 0,55
- 0,37 Bleu-vert et saturation du vert 0,34
- 0,64 0,61
- (1) Pour corriger les coefficients bruts d’après la cohérence des épreuves
- envisagées nous ayons utilisé la formule d’atténuation de Spearman :
- _____;>12
- Vï\y V~n
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- 11. — Les Tests pour le dépistage du daltonisme
- Les lests intercalés entre la deuxième et la troisième épreuve du chromotaphanomètre se rapportaient tous à la reconnaissance des couleurs.
- Pour dépister les daltoniens on eut recours à deux tests, celui du 1 )1 Schaaf et celui du Dr Ishihara.
- \) Le lest du Dr Schaaf
- Les tableaux à mosaïque du I)r Schaaf présentés à l’Académie de Médecine de Paris en 1925 comportent des dessins représentant des anneaux interrompus de deux couleurs (v. l’article de M. Pié-ron au numéro d’avril 1930 du Bulletin).
- On montre le tableau au sujet qui doit indiquer les anneaux et dire s’ils sont ouverts ou fermés (entiers ou interrompus). Si le sujet voit l’ouverture, on le prie de l’indiquer, s’il ne la voit pas, on lui dit de montrer l’anneau avec une baguette. Malheureusement à l'application on voit combien la question d’attention y entre en jeu. Un grand nombre d’enfants donnent une mauvaise réponse d’abord, se corrigeant ensuite, lorsqu’ils se servent de la baguette. Les uns à la simple démonstration des cartes ne voient pas les anneaux, d’autres ne remarquent pas l’ouverture tant qu’ils ne font que regarder ; il y a beaucoup d’enfants qui tout en reconnaissant très bien les couleurs, donnent une mauvaise réponse ne sachant en général pas bien regarder l’objet, qu’on leur présente.
- Ayant observé nos sujets pendant toute une année scolaire et leur ayant appliqué plusieurs lests, nous connaissions assez bien ceux d’entre eux qui étaient particulièrement peu attentifs. Pour les fillettes nous avons pu comparer les résultats de leurs réponses pour le lest du t)r .Schaaf à ceux du temps de réaction que nous avons mesuré à l’aide du chronoptôscope de M. IL Piéron. Il se trouve que toutes les élèves qui ont donné de mauvaises réponses pour les tableaux du l)r Schaaf ont été au-dessous du médian pour le temps de réaction et deux d’entre elles n’ont même pas pu entrer dans l’étalonnage, ayant des réactions tout h fait anormales. Quant à l’une d’elles à laquelle le lest du chronoptôscope n’a pas pu être appliqué, c’était une fillette excessivement timide qui a quitté l’école étant trop fragile de santé.
- Ce que nous venons de dire ne nous donne naturellement pas le droit de conclure que tous les sujets ayant des défauts d’attention donneront de mauvais résultats pour le test du Dr Schaaf, mais cela permet de croire que (au moins en ce qui concerne les en-
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- 261 —
- fünis) l’attention y joue un très grand rôle, ce qui pour nous diminue la valeur dé ce test
- Le test du Dr Schaaf comprend 10 tableaux. Nous ne nous sommes servi que des tableaux 1, 2, 3, 5 et 7.
- Le tableau n° 1 doit être reconnu par tout le monde.
- Le tableau n° 2 doit être reconnu par les normaux et les daltoniens pour le rouge, tandis que les daltoniens pour le vert ne le distinguent pas.
- Le tableau n° 3 n’est pas reconnu par les daltoniens pour le bled et pour le jaune.-
- Le: tableau n° 5 n’est pas reconnu par les daltoniens pour le vert et pour le rouge.
- Le tableau n° 7 est reconnu par les daltoniens pour le vert, mais non par ceux pour le rouge.
- Le tableau n° 1 reconnu par tout le monde, doit plutôt servir à familiariser le sujet avec le test. Nous avons cependant eu une élève d'une intelligence au-dessous de la moyenne qui n’a pas reconnu ce tableau, comme elle n'a vu les anneaux sur aucun tableau du I)1' Schaaf (sans toutefois être une daltonienne).
- Voici les résultats obtenus pour nos sujets :
- Tableau n° 1 — n° 2 n° 3 n° 5 n° 7
- Total.
- Tableau n° I n° 2. — n° 3 n° 5 n° 7.
- Filles
- Garçons
- 1 mauv. rép. 31 19
- 12 —
- 7
- 70 mauv. rép.
- 0 mauv. rép. 18 —
- 11 —
- 7 —
- 7 —
- Total
- 43 mauv. rép.
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- 262 —
- Les sujets ayant donné de mauvaises réponses pour plusieurs tableaux se classent ainsi :
- Filles
- Mauvaises réponses de mêmes sujets
- Cartes 2 et 3 I l sujets
- — 3 et 5 8 —
- g et 5. 0 —
- — 2 et 7 5
- — 3 et. 7 5 —
- — 5 et 7 fi —
- Toutes les cartes. . ................................. 1
- \ cartes. . . ....................................... 1 —
- Garçons
- Cartes 2 et 3........................................ 5 su jets
- 3 et 5........................................ \ —
- 2 et 5....................................... 0 —
- 2 et 7........................................ 7
- 3 et 7......................................... 3
- 5 et 7....................................... 3
- Toutes les cartes.................................... 3
- Parmi ces derniers. I sujet est daltonien, 2 ont l'intelligence au-dessous de la moyenne.
- n) Le lest du I)r hhihnra
- Ce test comporte des tableaux avec des chiffres en couleurs. Les couleurs sont disposées de telle manière que les normaux voient un chiffre et les daltoniens en voient un autre. Un daltonien absolu ne voit aucun chiffre sur certains tableaux, pour d’autres le contraire se produit : le daltonien voit un chiffre qui n’est pas perçu par l’œil normal.
- Ce test est excellent pour le dépistage des. daltoniens : le sujet voit le chiffre à l’instant même oii le tableau lui est présenté et rien d’autre n’entre en jeu que l’aptitude à reconnaître les couleurs.
- Nous n’avons pas trouvé de daltoniens chez les filles, tout en ayant rencontré une parmi les 15 femmes adultes à qui nous avons montré les tableaux d’Ishihara.
- Parmi les garçons nous avons trouvé deux daltoniens, deux frères dont il sera question plus loin.
- Nous avions d’abord l'intention de ne nous servir que de deux tableaux, mais dès la première séance nous avons vu l’intérêt que
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- HË « i
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- présentait ce test et les inconvénients d’un examen partiel, la question de reconnaissance des couleurs étant beaucoup plus compliquée que cela ne semble de prime abord. C’est pourquoi l’examen a été fait à l’aide de 13 tableaux dont voici la description :
- N° 1 représente les chiffres 12, vus par tout le monde.
- N° 3. <S pour le normal, 3 pour le daltonien.
- \° 3. 6 pour le normal, 5 pour le daltonien au rouge
- et au vert, rien pour le daltonien absolu.
- V 4........... 5 pour le normal, 2 pour le daltonien au rouge
- et au vert, rien pour le daltonien absolu. .
- N° 5............. 74 pour le normal, 21 pour le daltonien au rouge
- et au vert.
- \° 6. 2 pour le normal, rien pour le daltonien.
- N° 7. 0 pour le normal, rien pour le daltonien.
- \° 8. 5 pour le normal, rien pour le daltonien.
- V (J................................................. 7 pour le normal, rien pour le daltonien.
- N° 10............ le normal et le daltonien absolu ne voient rien,
- le daltonien au rouge et au vert voit 5.
- \° 11........... le normal et le daltonien absolu ne voient rien,
- le daltonien au rouge et au vert voit 2.
- N° 12............ 26 pour le normal, 6 pour le daltonien au rouge
- 2 pour le daltonien au vert.
- \° 13............ i2 pour le normal, 2 pour le daltonien au rouge
- 4 pour le daltonien au vert.
- Voici les résultats pour les sujets examinés :
- Filles
- \° 2.......................... pas de mauvaises réponses
- \° 3............................. 3 mauvaises réponses
- \° 4............................. I voit 8, 2 ne voient rien.
- \° Il............................ G sujets voient 2.
- :\° 5............................ 'ii mauvaises réponses qui se
- répartissent, ainsi :
- 1 \ sujets voient....................... 71
- 10 — ................................ 21
- 9 — ........................ 71 ensuite, 74
- 5 — ........................ 21 ens., 71
- 2 — ........................ 21 ens., 71 ens., 74
- 1 — ........................ 21 ens., 24
- 1 — ........................ 24 ens., 74
- 1 — ........................ 71 ens., 11
- En tout 32 sujets donnent de mauvaises réponses sans se corriger, 12 se corrigent,
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- Garçons
- N° 2............................ 2 mauvaises réponses.
- i\° 3........................... 3 mauvaises réponses.
- i\° 4........................... 2 sujets voient 2
- N° 11.......................... 11 sujets voient 2.
- N° 10........................... \ sujets voient 5.
- \° 5........................... 42 mauvaises réponses avec la
- répartition suivante :
- 18 sujets voient........................... 71
- 2 ________ 21
- 17 — .............:........... 71 ensuite, 74
- 2 — ......................... 21 eus., 71
- 1 -— ......................... 21 eus., 74
- 1 — ......................... 24 ens., 71
- 1 — ......................... 71 eus. 21, eus. 71
- En tout 24 sujets donnent de mauvaises réponses sans se corriger, 18 se corrigent.
- Le chiffre 21 au lieu de 71 est perçu par les daltoniens au rouge et au vert, 71 peut être vu par ceux qui ne reconnaissent pas du tout ou ne voient pas de premier abord une certaine nuance de vert, quant aux chiffres 11 et 24 donnés par plusieurs sujets, 11 nous est difficile d’en expliquer la raison.
- W. R. Miles et Craig qui ont appliqué le test du Dv Ishi-liara à près de 400 vendeurs de St-Francisco (V. The Personnel Journal, n° 6, 1931) trouvent qu’il est suffisant de se servir du tableau n° 5 pour dépister les daltoniens mais il nous semble que l’examen à l’aide de ce lest ne demandant que quelques minutes, il vaudrait mieux l'appliquer en entier et après avoir trouvé ainsi les personnes ayant quelques défauts de reconnaissance de couleurs, les examiner encore d’après d’autres méthodes.
- Le rapport entre les réponses obtenues pour le n° 5 du test d’Ishihara et le n° 5 du test de Schaaf (servant tous les deux à la recherche des daltoniens pour le vert et pour le rouge.) est le suivant :
- Filles. — Shaaf : 12 ; Ishihara : 8.
- Garçons. — Schaaf : 5 ; Ishihara : 4 (dont 1 se corrige et 2 daltoniens).
- Parmi tous les enfants auxquels ces lests ont été appliqués nous n'avons, comme il a été dit plus haut, trouvé que deux daltoniens
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- vrais, deux petits israélites polonais (1). L'aîné, connaissant son défaut, nous a prié de voir « s'il n’avait pas donné sa maladie a son petit frère » et nous l’a amené.
- Les deux sujets- ont été examinés deux fois et ont donné aux deux séances (à une distance de i semaines) des résultats absolument identiques. Voir le tableau page 266.
- Le cadet étant trop jeune, nous n’avons appliqué qu'à l'aîné le test du chromatophanomètre et celui du classement. Les écarts de la marge sont les suivants : s
- Saturation du bleu........................... 1,9 (2e décile)
- Saturation du vert.......................... 15,1 (7e décile)
- Saturation du rouge........................ 0 (1er décile)
- Bleu-vert................................... 17,6 (8e décile)
- Bleu-rouge................................... 8,7 (Ie décile)
- Le sujet avait beaucoup d'intérêt pour nos examens espérant grâce à eux se débarrasser de son défaut qui le gênait par l’impossibilité de «faire les commissions» pour son père (tailleur). Il s’appliquait beaucoup et aucun de ses chiffres au chromatophanomètre n’a été donné au hasard.
- Nous avons revu nos petits daltoniens quelques mois après l'application de nos tests pour les soumettre à d’autres examens et nous avons pu juger de l’importance du dépistage des daltoniens dans les écoles : les enfants depuis l’application de nos tests s; sont beaucoup occupé des couleurs et ont commencé à mieux distinguer la couleur de différents objets qu’on leur montrait.
- III. — Le test du classement des cartes
- Un autre lest qu’on intercalait entre les trois épreuves du chromatophanomètre et qui avait lui aussi trait à la reconnaissance des couleurs était celui du classement des cartes par couleurs et par formes.
- Le temps était chronométré et on notait les erreurs. On observait attentivement le sujet et on lui demandait après chaque séance ce qui lui avait paru plus difficile : le classement par couleurs ou celui par formes. Presque tous les sujets trouvaient ce dernier plus difficile. Le nombre de sujets plus rapides pour le classement
- (1) Nous ne considérons comme daltoniens que ceux de nos sujets qui ont donné de mauvaises réponses pour tout le lest du Dr Tshihara. Quant, à ceux qui ont donné une ou plusieurs réponses à l’un ou à l’autre de nos lests, nous trouvons qu’avant de les classer comme des daltoniens il sérail indispensable de les examiner encore par d’autres méthodes,
- ê
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- LE FRÈRE AINE
- LE FRÈRE CADET
- Test d’Ishihara
- \ bien V u par tout le monde
- 2 voit 3 Dalt. absolu
- 3 - 5 Dalt. rouge, vert
- 4 — 2 Idem.
- 0 - 21 Idem.
- 6 — 8 Le normal voit 2, le dalt. ne voit rien
- 7 rien Daltonisme
- 8 rien Idem.
- 9 rien Idem,
- 10 voit o Dalt. vert, rouge
- 11 0 Idem.
- 12 — 2 Dalt. rouge, vert
- 13 — 4 Idem.
- Test de Schaaf
- N°s 1 Bien (Vu par tout le monde)
- 2 Voit les couleurs sans distin-
- guer les anneaux
- 3 Idem
- 4 Bien (N’est pas distingué par
- les daltoniens pour le bleu et pour le jaune
- O Distingue les anneaux et les couleurs sans voir les ouvertures
- 6 Idem.
- 7 Idem.
- Test d Ishihara Test de Schaaf
- Nos 1 bien N°s 1 bien
- 2 bien 2 mal (Daltonisme pour le
- 3 o vert
- 4 2
- 5 21 3 bien
- 6 rien 4 bien
- 7 rien 5 mal (Daltonisme pour le
- 8 rien vert)
- 9 1 Le normal voit 7, le
- dalt. rien 6 bien
- 10 o
- Il 2
- 12 2
- 13 4
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- par formes que pour celui par couleurs est de 24 pour les garçons et 19 pour les filles.
- Un de nos sujets, un garçon très sérieux et ayant beaucoup d’intérêt pour les tests, nous dit qu’il était obligé de ralentir chaque fois qu’il se trouvait devant un dessin vert et qu’il avait remarqué que, tout en reconnaissant le vert, il éprouvait toujours un certain doute en apercevait un objet de cette couleur. (Ce 'Sujet voit 71 au lieu de 74 au test du docteur Ishihara. il donne de bonnes réponses mais toujours avec une certaine hésitation, pour le test du docteur Scbaaf. Ouanl au ehromatophanomètre, il a un écart de 12,4 % pour la saturation du vert (0* décile) et de 4,85 °/u pour le bleu-vert (2e décile). Pour le test en question il se place au 3e décile pour le classement par formes et au 6e pour celui par couleurs.
- Nous avons pris à part les sujets (peu nombreux) qui étaient plus rapides pour le classement par formes que par celui par couleurs et nous avons cherché à établir, en nous basant sur nos observations cl sur les résultats des autres tests, quelles couleurs ont pu causer le ralentissement. Il faut avouer que cela n’a pas toujours été possible : il y a bien des cas où l’on ne saurait pas dire par quelle couleur le sujet a été arrêté. D’autre part ce n’est pas uniquement le fait de reconnaître les formes ou les couleurs qui influe sur le classement. Il y a des sujets aux mouvements très rapides, mais qui ne se rappellent pas la place où les différentes cartes sont posées- et qui donnent des résultats moins bons que ceux, au mouvements plus lents, mais doués d’une très bonne mémoire, qui posent les cartes sans regarder la table et perdent ainsi bien moins de temps.
-
- En ce qui concerne l’utilisation de tous ces lests en orientation professionnelle, il nous 'Semble que le test du daltonisme du docteur Ishihara devrait être appliqué dans les écoles à tous les enfants sans exception pour dépister les daltoniens que l’on pourrait ensuite soumettre à d’autres examens. Celui du docteur Schaaf ne dépendant pas uniquement du facteur de reconnaissance des couleurs ne nous paraît pas donner des résultats aussi précis.
- Quant au test du ehromatophanomètre il nous semble qu’on devrait s'en servir chaque fois qu’il s’agit de déterminer l’aptitude de l’enfant a une profession exigeant une distinction très fine des nuances, mais nous attirons encore une fois l’attention de ceux qui voudront utiliser cet appareil sur la nécessité absolue de bien s’assurer de la compréhension et de l’honnêteté du sujet qui peut facilement donner des réponses à tout hasard.
- Nous avons eu la chance d’appliquer tous ces tests dans des conditions particulièrement favorables, ayant trouvé dans les
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- écoles où nous allions, beaucoup d’intérêt pour les questions d’orientation professionnelle.
- Nous prenons le plaisir d’exprimer ici notre gratitude aux directeurs et aux instituteurs des écoles de garçons de la rue de Bel-lefeuilles, de la rue St-Benoit et de la rue Geoffroy-L’Asnier, et aux directrices et aux institutrices des écoles de filles de la rue St-Benoit et de la rue Geoffrov-B’Asnier cpii ont fait tout pour faciliter nos recherches.
- NOTES ET DOCUMENTS
- L’orientation professionnelle et la sélection professionnelle
- Le Comité National d’études sociales et politiques avait organisé une grande séance le 18 mai 1931 sous la présidence de \L Marchoux. Il avait fait appel à tous les savants préoccupés de ces questions.
- Le Dr Soi i.ier présentait la question. Après avoir relaté les mé--thodes différentes employées dans les deux disciplines, il conclut en disant qu’il n'y a aucune assimilation possible entre l’O. P. et la Sélection professionnelle et qué l’on a fait une part excessive à l’O. P. ; qu’en bonne logique la Sélection professionnelle qui a pour but de rechercher les qualités requises dans les différents travaux des différents métiers aurait dû précéder l’O. P.
- Il n’admet pour les orienteurs que le droit de contre-indications physiques et médicales imitant ceux-ci à la plus grande circonspection vis-à-vis des contre-indications psychologiques en raison des transformations énormes qui peuvent survenir dans l’évolution de l’enfant.
- A cela M. Perret, de Lyon, répond que, alors que la Sélection a un but presque exclusivement économique, celui de servir les intérêts des entreprises qui se proposent de recruter du bon personnel, l’O. P. au contraire a un point de vue humanitaire puisqu’elle se propose non pas de faire un choix mais de faire un classement, une répartition et autant que possible de tout utiliser sans rien rejeter avec le souci du plus grand et plus agréable rendement de chacun étant donné ses capacités.
- L’O. P. a un champ très vaste, elle n’a pas actuellement d’ambitions exagérées et ne se targue pas, dit-il, de La prétention de certitudes formelles, elle essaye de faille œuvre utile, heureuse si à de certains moments de la vie du travailleur ses conseils peuvent être rectifiées ou mis au point par les jugements de la Sélec lion professionnelle.
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- I
- M. IIexri Piéron prend alors la parole et cherche à dégager ce que l’on peut espérer de l'O. P. Dans les choses humaines il y aura toujours un coefficient d’erreurs considérable mais ce dont on doit se rendre compte c’est qu'il existe dans notre société à tous les âges des sélections admises, celles des examens, qui brisent souvent la carrière d’un enfant pour lesquelles on ne s’est jamais demandé de combien l’on se trompe et si le coefficient d’erreur qui est grand donne le droit d’éliminer.
- On sait que dans l’O. P. on se trompera mais ce qu’il faut savoir c’est de combien l’on se trompe et chercher des modifications et de nouvelles méthodes susceptibles de faire baisser ce pourcentage d’erreurs.
- Ce que l’on fait actuellement est déjà /beaucoup mieux que de laisser le hasard maître du choix des carrières et l'on peut obtenir des résultats meilleurs encore par des procédés qui deviendront progressivement plus techniques dans la mesure où l’on pourra faire des examens plus prolongés et surtout lorsque l’on possédera des analyses de métiers précises ne faisant pas appel par exemple à la mémoire, à l’attention ou à l’intelligence sans préciser à quelle forme particulière de la mémoire, de l’attention ou de l’intelligence il est fait allusion.
- M. Luc prend ensuite la parole pour s’étonner du scepticisme du Dr Soulier en ce qui concerne l'O. P. Il montre comment l’enseignement technique attache au contraire une grande importance à ce problème.
- C’est parce que l’O. P. pose tout un ensemble de problèmes scientifiques qu’il appuie de toutes les forces les recherches et l’enseignement de l’Institut National d’O. P. cl des autres centres qui essayent de préciser les méthodes de recherches et qu’il s’intéresse activement aux 120 offices qui fonctionnent dans le pays.
- Si, en effet, la théorie guide la pratique il est aussi vrai que la pratique aide la théorie en lui posant des problèmes et en servant de contrôle et de vérification.
- Dans les métiers manuels, dit M. Luc, h' recrutement s’opérait à peu près au hasard, ce qui jouait c’était l’appât du gain. Imaginez que la Sélection professionnelle joue seule sans orientation préalable. Les gens qui seront dans les entreprises n’auront pas tous les mêmes capacités. Au fur et à mesure que la Sélection jouera des gens seront rejetés au pavé à des dates plus ou moins éloignées de leur apprentissage et l’on se trouvera devant le problème de la réadaptation professionnelle, de la réorientation professionnelle, problème infiniment douloureux.
- M. Lahy expose ensuite les résultats intéressants qu’il a obtenus d’une part en O. P. et d’autre part en Sélection.
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- M. Laugiek prend alors la parole pour s’étonner que le problème de l’O. P. ail été limité dans cette séance au domaine purement manuel et dit qu’il croit nécessaire que l’on élargisse le problème en organisant l’orientation scolaire à differentes étapes de la vie de l’écolier, créant ainsi l’organisation rationnelle de la nation fondée uniquement sur les possibilités de chacun.
- La séance se termine par leÉT exposés techniques de M. Lacoix et du lieutenant-colonel Rimailho lequel demande la création d’une école de chefs d’entreprises où l’on enseignerait la manière de s’y prendre pour faire le choix concernant l’avancement des ouvriers et des cadres dans les entreprises.
- Un conseil aux orienteurs
- Il arrive fréquemment que des orienteurs — mais il n’y a pas qu’eux — abusent de la parole dans les entretiens qu’ils ont avec les. enfants. Les lins prennent, à tout propos, un ton moralisateur qui indispose souvent le jeune homme qui est venu demander un conseil ; les autres se lancent dans des considérations psychologiques ou techniques qui n’intéressent ni enfants, ni parents ; d’autres emploient un vocabulaire qui risque d’être mal compris, voire même pas compris du tout.
- Assistant il y a quelques mois à un de ces entretiens, nous entendîmes à plusieurs reprises le mot courtois : un bon vendeur doit être courtois ; soyez courtois quand vous vous présentez chez un patron, etc... Convaincu que la grande majorité des enfants à qui s’adressaient ces conseils devaient ignorer le sens de ce mot, nous avons prié un instituteur, étudiant de l’I.N.O.P., de bien vouloir, le lendemain, demander à ses élèves, par écrit, la défini-lion du mot courtois.
- L’expérience a porté sur 35 élèves de 11 à 13 ans, d’un cours moyen 2e année. Voici les résultats :
- 7 ne donnent aucune définition,
- 1 répond : c’est un jeune homme qui a' de la courtoisie,
- 4 indiquent : c’est un jeune homme qui est petit...
- 2 s’imaginent que c’est celui qui habite la côte de France ou qui y est né (sans doute n’a-t-il pas bien entendu le camarade lui soufflant la réponse qui suit),
- 4, se souvenant de la leçon sur la féodalité, répondent « que c’est un jeune homme qui était autant (sic) des rois un jeune homme de la cour et qui servait le roi », à quoi
- 1 ajoute : c’est un jeune homme « correcte ».
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- Restent 10 réponses, un peu confuses, où apparaissent les notions de « civil et gracieux », « honnête et poli », « prêt à rendre service », « aimable », « âgé de 21 ans et gracieux », « civique » à la place de civil, sans doute, « gentil », « jeune gentleman très distingué », « bien mis », etc...
- Notre conclusion sera brève : nous demanderons aux orienteurs de ne pas trop parler, mais de laisser, sur ce point, toute liberté à l’enfant ; nous les prierons de se servir d’un langage simple et de s’assurer toujours qu’ils ont été compris.
- J. Fontëgne.
- *
- *
- Les goûts des étudiants du « City College » à New-York
- D’après les réponses relatives aux goûts professionnels du questionnaire utilisé dans l’examen psychologique systématiquement pratiqué sur les étudiants du City Collège (enseignement préparatoire), les proportions suivantes se rencontrent : 21 % désirent pratiquer la médecine, 20 °/0 comptent s’orienter vers l’enseignement, 17 °/0 vers la profession d’ingénieur, et lé "/„ vers le droit.
- Pour les écoles d’affaires on en trouve 5 °/0 ainsi que pour les études de dentiste et 4 °/o pour la banque. Il n’v a plus que poussière pour les autres professions (journalisme, chimie, etc.)
- P.
-
- Les goûts de quelques écoliers nancéens
- Nous relevons dans le rapport de M. Adrien Didier sur la v ie du centre d’orientation professionnelle les renseignements suivants :
- Sur 218 enfants à qui on avait demandé leurs préférences ou celles de leurs parents vis-à-vis des carrières qu’ils préféreraient embrasser les résultats ont été les suivants :
- Parmi les déclarations de 105 garçons qui ont été recueillies :
- 2 veulent être jardiniers ;
- 7 — imprimeurs ;
- 2 — fileurs ;
- 2 — chapeliers ;
- 7 —- ébénistes ;
- 24 ajusteurs-mécaniciens ;
- 3 — peintres ;.
- 2 — électriciens ;
- 5 — bouchers-charcutiers :
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- 2 veulent être pâtissiers-boulangers ;
- 2 —- coiffeurs ;
- 16 — employés ou vendeurs ;
- 2 — merciers ;
- 6 — ouvriers de chemins de fer ;
- 8 — militaires ;
- 15 professions diverses.
- Sur J13 tilles :
- 28 veulent être couturières ;
- 5 — 1 ingères ;
- \ — modistes ;
- 7 — piqueuses en chaussures ;
- iü — employées de commerce ou vendeuses ;
- 16 -— dactylographes ;
- 2 :— employées aux P.T T. ;
- 11 professions diverses.
- A travers les Revues
- Le Bulletin de;s comités d’orientation professionnelle de la région parisienne d'octobre 1931 donne une liste des adresses des cours professionnels qui sont parvenues à leur connaissance. Ils demandent à ceux qui en connaissent d’autres d’être assez aimables pour les aider à compléter celle liste si précieuse pour les oriente urs.
- \ous relevons dans l'Ecole libératrice (I) à propos de l’analyse des rapports présentés au Congrès fédéral par la commission de l’enseignement (1929-1931), une phrase du rapport de M. Froi-m:\Ai. à propos d’orientation professionnelle.
- Lorsqu’on parle d’enseignement technique ou d’apprentissage, dit-il, on voit trop souvent ces questions sous l’angle unique de la formation de l’apprenti dans une école professionnelle.
- C’est ne voir qu’un côté du problème car 75 "/„ du recrutement est direct. Le choix du métier est quelque chose de grave, aussi devons-nous regretter le petit nombre d’offices d’orientation. Le
- (1) L'Ecole libératrice, 30e année, n” 9, 21 novembre 1931, p. 185.
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- recrutement des apprentis ne devrait pouvoir se faire qu’après consultation de l’orienteur professionnel et du médecin de l’office qui auraient à examiner les possibilités physiques, morales et intellectuelles des jeunes postulants.
- Dans la Rivisla di Psicologia (XXVII, 3, juillet-septembre 1931), signalons une étude intéressante de G. C. Ferrari sur les éléments subsconscients dans la fatigue industrielle (relatant des recherches poursuivies par l'éminent psychiatre cl psycholechnicien, avec son fils, ingénieur spécialiste dans l’organisation du travail), et un examen des problèmes d’orientation professionnelle des anormaux psychiques par Exzo Boxavexti ra, qui envisage l’évolution de leur capacité de travail et de son rendement économique, la détermination des aptitudes pour le choix clu métier, m l’organisation sociale du travail des anormaux.
- Dans la Médecine scolaire du 1er octobre 1931, le Dr Kki.i.er. médecin inspecteur des écoles de la Seine, décrit un « acouscope > assez simple pour l’appréciation de l'audition chez les écoliers.
- INFORMATIONS
- Nous signalons le rapport sur l’activité de l'Office de documen-i<ilion professionnelle en 1930-1931.
- Ce rapport, présenté au XXe Congrès de l'Union nationale des étudiants de France (Caen, avril 1931) a été rédigé par une de nos boursières de la quinzaine provinciale de celle année. Cet office a été créé en 1928 pour étudier la question de l'encombrement des carrières intellectuelles et pour fournir aux étudiants et futurs étudiants les renseignements susceptibles de faciliter leur orientation professionnelle.
- D’Office essaye de répondre aux demandes de renseignements, aide à la création de bibliothèques pré-professionnelles, étudie l'état du marché du travail (marché de la demande cl marché de l'offre) et prépare une brochure contenant les documents recueillis sur ces questions.
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- Le directeur de l’Institut de Psychotechnique et d’Orientation professionnelle de Buenos-Ayres, G. Jesinghais, a publié, dans la Semana Medica (République Argentine), du 25 juin 1931, sou rapport sur le fonctionnement de cet Institut en 1930.
- Outre les neurologistes et psychologues attachés au City College, à New-York, et qui sont chargés de l’examen des étudiants, dans le même souci d’hygiène mentale, un endocrinologiste, le Dr Harry Benjamin, vient d’être appelé au service médical de ce Collège pour le traitement des troubles relevant des glandes à sécrétion internes.
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- \f. Robert IIoppock, secrétaire de la « National Vocational Guidance Association », à New-York, nous communique la nouvelle d’une mission confiée par la « Carnegie Corporation » avec allocation de 10.000 dollars (250.000 francs), au l)r Grayson Ke-fai'ver, professeur adjoint au Département d’enseignement secondaire au Teachers College de New-York, pour étudier, pendant deux années les résultats obtenus en orientation professionnelle, cl les méthodes utilisées en divers pays.
- La Vie de l’Association des anciens élèves
- Le banquet annuel s’est tenu le 1er décembre 1931, à la brasserie Dumesnil, rue Dareau. Il réunissait 30 convives sous la présidence de M. Laugier. Le personnel enseignant était représenté en outre par Mlle Weinberg, M. et Mme Fessard, MM. Wallon, Paul-Bon-cour, François, Anfroy.
- Après les allocutions d’usage, Mlle Weinberg et MM. Wallon et Laugier ont donné leurs impressions sur la Russie. Inutile de dire que ce fut intéressant, et au nom du bureau nous les en remercions une fois de plus.
- Une délégation de l’Association a été reçue par M. Spinasse, député, rapporteur du budget de l’Enseignement technique, le jeudi 19 novembre. L’entretien n’a pas été inutile et nous a permis de préciser nos revendications et notre position sur l’organisation de LO. P. en France.
- Une séance de travail aura lieu en janvier, tous nos adhérents et amis en seront avisés. Le secrétaire ; Charles Pivert.
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- La Vie des Centres d’O. P.
- Le Centre de Nancy
- Le centre qui compte seulement deux années d existence et qui groupe un choix de personnes agissantes et éclairées, a cette année instauré la visite des établissements scolaires. Celle-ci qui a duré du 27 mai au 3 juillet a permis de réunir pour chaque enfant (ni âge d’être orienté des observations psychologiques et médicales.
- 365 enfants se sont présentés devant la commission. 81 étaient accompagnés de leurs parents.
- Sur les 365 enfants qui ont exposé à la Commission leurs vues d’avenir, 195 (93 garçons, 102 filles) désirent poursuivre leurs éludes.
- Garçons
- 3 entreront au Lycée.
- 60 se destinent à l'Ecole supérieure.
- 23 redoubleront leurs classes.
- 2 entreront à l’Eçole de Tomblaine (agriculture).
- 1 entrera à l'Ecole Pigier.
- \ sont indécis.
- F ili.es
- I entrera au Lycée.
- 44 se destinent à l'Ecole supérieure.
- 15 entreront à l’Ecole Drouot.
- 13 redoubleront leurs classes
- 4 entreront à l’Ecole Pigier.
- 7 entreront à l'Ecole Ménagère.
- 18 sont indécises.
- La Commission qui a déjà fait effort en essayant d’établir une liaison entre les pédagogues et la vie espère créer des ateliers-écoles qui établiront mieux encore la liaison entre l’école et batelier.
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- Livres nouveaux entrés à la bibliothèque
- F.-M. E\rle. — Methods of Choosing a Career. — George G lïarrap et Company, Ltd, London, Bombay, Sydney, 333 p.
- IL Lauber. — Handbuch der Aerztlichen Berufs. — Beratnng. Urban et Schwarzenberg, 1923, Berlin. Wien, 586 p.
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- Edward L. Thorxdike. — Human Learning, The Century Co. 1931, New-York, 296 p.
- Grâce Laxgdqx. — Home Guidance for Young Children. —
- The Jolm Day Company, 1931, New-York, 405 p.
- B ex J. Roiiax. — Exploratory Science. — A means of life guidance, C. C. Nelson Publishing G0, 1931, Appleton Wisconsin, 259 p.
- I). II. Eikexrerrv. — A introduction to guidance, The F. J. lleer Printing C°, 1930, Colombus, Ohio, 349 p.
- Dr Werxer IIorx. — Eignunspruefung, Berufsberatung, Be-rufsfreude. — 11. Oldenbourg, 1930, Muenchcn, Berlin 185 p.
-
- I). A. Eikexberry et divers collaboralours. — An Introduction to guidance (guidance manual I). ln-8° de 350 pages. Ohio State Department of Education, 1930.
- Dans la préface de ce volume, le directeur de l'Education dans l’Elat d’Ohio, J. L. Clifton, soutient, très justement, que l’orien-tation est une des tâches qui incombent aux éducateurs : « tout enfant, dit-il, doit être préparé à donner tout ce qu'il peut, dans la meilleure forme possible de travail pour lui, cl à devenir, à la (In de son éducation, un citoyen responsable.
- Pour permettre aux éducateurs de l'Etal d'Ohio de remplir cette lâche, une série de 13 manuels sont prévus dont le premier, consacré à l’introduction générale, vient de paraître, composé d’une série de chapitres, dus à quinze auteurs compétents, tous appuyés cl une bibliographie — strictement américaine bien entendu — et très clairement rédigés. L’orientation envisagée est principalc-ment, mais non exclusivement professionnelle, elle est aussi so-ciale-civique, morale-religieuse, hygiénique, etc. Le chapitre spécial consacré à l’orientation professionnelle est dû à Ray Fife.
- Parmi les chapitres les plus intéressants on peut signaler ceux du professeur de Psychologie à l’L'niversité d’Etat d’Ohio, 11. A. Toops (données psychologiques générales, emploi des lests, etc), de C. W. Hall (sur le conseiller d’orientation) et de Edith Campbell, directrice du Bureau d’orientation des écoles publiques de Cincinnati, sur le placement. II. P.
- Elie Mossé. — Comment choisir une profession ou un métier? — Ou? Comment préparer une carrière? — 2 vol. in-16 (Bibliothèque Dimanche illustré) de 200 et 150 pages. Paris. Hachette.
- Ces deux petits volumes — qui sont excellents — rédigés par le directeur de FEcole Colbert, fournissent des renseignements pré-
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- cieux, le premier sur l'organisation de renseignement à tous les degrés, avec, indication des carrières que peuvent ouvrir les différentes écoles, énumération précise des conditions d’admission, etc. ; le second sur les métiers et professions, en faisant connaître dans chaque cas les conditions d’accès (recrutement, âge, degré d’instruction, préparation), avec, pour certains-métiers, des données spéciales sur les aptitudes requises, et aussi les gains ou échelles de traitements, possibilités d’avancement, etc. L’auteur envisage successivement les métiers féminins, les professions et les carrières sociales des femmes, des professions mixtes, les métiers et professions des hommes, enfin les carrières coloniales,
- H. P.
- Mme Ou \i-Liv Etude sur la sélection psychotechnique des apprentis dans une école d’apprentissage. — lu-8° de 150 pages. Paris, Jouve et L"e, 1931.
- Dans celle thèse de doctoral de I I Diversité de Paris, M"le Ou \i-Lin, ancienne élève diplômée de l'I.X.O.P., a procédé à une élude .technique, très soigneusement menée, des résultats obtenu-à l’école d’apprentis de la S. T. C. 11. P. sous la direction de J. M. Laliy, dans l'application de lests mentaux et de lests psychomoteurs, dont la prédictivité a pu être déterminée sur i8 sujets, admis après un examen de connaissances, et suiv is au cours de leurs trois années de scolarité.
- L'étalonnage des lests est donné (test d'intelligence, lest du tourneur, test d'attention concentrée et lest complexe de fonctions techniques) et la valeur prédictive pour le rendement des apprentis est calculée d’après les indices de corrélation des lests isolés et de leurs diverses combinaisons avec le rendement dans son évaluation scolaire*, ('elle valeur prédictive faible pour chacun des lests, est plus grande pour les combinaisons de deux tests et es! maxima pour les combinaisons triples ou la combinaison quadruple (indices atteignant 0,70), l’examen d’entrée ayant une pré-dictivilé nettement moindre (inférieure à 0,10 en 3e année),.et décroissante au cours des trois années à l'inverse de ce qui se constate pour la prédictivité des lests. L’auteur on lente une explication vraisemblable : « Les élèves qui entrent à l’école avec un bagage de connaissances plus vaste que certains de leurs camarades bien doués, se trouvent pendant quelque temps dans une situation privilégiée. Mais, d’autre pari, si les lests précisent mieux h* rendement des années ultérieures, il faut admettre que les aptitudes lestées y jouent un rôle plus remarquable qu'auparavant ».
- Les données sont intéressantes et le travail sérieux.
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- Mmc Ou Xi-Lin, .qui dirigeait en Chine une Ecole normale d’ins-titutrices, et qui a regagné l'Extrême-Orient accompagnant son mari, fait docteur le même jour avec une thèse sur la pédagogie de Dewey, pourra en psychotechnique et orientation professionnelle travailler utilement dans son pays, en pleine rénovation, ou elle aidera à la diffusion de la pensée et de la technique françaises et où elle fera connaître notre Institut d’O. P. H. P.
- Paul Chavigny. — Initiation générale aux études médicales. Leur technique. In-8° de 131 pages. Paris, J.-B. Baillière. — Psychologie des études médicales et des aptitudes médicales.
- — lri-16 de 206 pages. Paris, J.-B. Baillière, 1931.
- Dans ces deux livres qui se font suite, l’auteur, médecin général, professeur de médecine légale à l’Université de Strasbourg, psychiatre aux fortes études psychologiques, esprit original et curieux, expose ses idées personnelles sur l’organisation des études médicales.
- Le premier volume comporte surtout des conseils aux étudiants, fournissant d'utiles données sur les méthodes de travail, rappelant que pour la pratique de l’art médical ce n’est pas tant l’accumulation des connaissances qui vaut que la formation de l’esprit, sans oublier l’éducation du caractère.
- Le second envisage la « technique logique » des études médicales, éludes générales (pour le diagnostic clinique, l’examen de laboratoire ou la recherche) et spécialités diverses montrant le rôle essentiel du talent d’observation et tentant d’analyser les opérations intellectuelles en jeu. Beaucoup de réflexions judicieuses se rencontrent au courant de ces pages; en particulier, à propos-des aptitudes nécessaires aux professeurs des Facultés de médecine, l’auteur fait quelques remarques intéressantes sur les examens.
- 11 conclut à la nécessité d’une sélection des étudiants en médecine, dont on limiterait le nombre (ce qui se fait bien déjà pour les étudiants vétérinaires) et dont les modalités seraient celles d’un condours à la fin de la première année d’études, mais réalisant bien « un filtrage d’ordre professionnel, c’est-à-dire sur les bases de la capacité intellectuelle de la profession ».
- A. P.
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- TABLE DES MATIÈRES
- TOME III
- (1031)
- ARTICLES
- Abramson (Mlle J.) : Noies sur quelques visites à des laboratoires d'O. P. — N° 2, p. 41. N-° 3, p. 09.
- Bertrand (F.-L.) : Kinesthésie, daclylésie, el O. P. — N” 3, p. 57.
- Fessard (A.-B. et A.) : L’Aplilude musicale cl les lests de Seashore. -N 1, p. 1. N" 2, p. 29.
- Fessard (A.), Monnin (.1.), Piéron (H.) : Quelques données sur les indépendances fonctionnelles révélées par les épreuves psychotechniques. — N° 8, p. 197.
- «Fontègne (!•) : L’orientation professionnelle au Congrès international de l’Enseignement technique (Paris, 24-27 septembre 1931). — N* 10, p. 245.
- Paul-Boncour (Dr G.) : Sur la formation professionnelle des épileptiques. — N° 4, p. 85.
- Lahy (J.-Ni.) : Les psychotechniciens à Barcelone. — N* 4, j». 90.
- Etalonnnage du test d’habileté mécanique de Stenquist. — N° 5, p. 121.
- Laugier (IL) et Bonnardel (H.) : Les aptitudes requises pour le personnel de la fabrication'dans les usines de matières colorantes. — N" 6, p. 155.
- Luc (VI.) : L’importance économique de l’orientation professionnelle. -N° 1, p. 12.
- —- Importance morale et sociale de l’orientation professionnelle. — N* 0, p. 149.
- Mazé (Mad.) : Recherches sur la finesse des perceptions chromatiques chez les écoliers. — N" 10, p. 256.
- Piéron (Henri) : Note sur l’emploi du chronoptôscope. — N" 3, p. 01.
- Techniques simplifiées de laboratoire : Le chromatophanomètre pour l’examen de la sensibilité aux teintes et aux couleurs. — N" 7, p. 173.
- Orientation professionnelle et organisation du travail çn U.R.S.S. -—N* 9,
- p. 221.
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- NOTES ET DOCUMENTS
- Acuité auditive. - La cohérence des épreuves d’acuité auditive. — N' 9, p. 233.
- Acuité visuelle- Déficiences et supériorités sensorielles à propos de h acuité visuelle. — N° I, p. 21.
- Age mental. Age mental et quotient d intelligence. - N' 5. p. 138. Apprentissage. La relation de l’école et de l'apprentissage. V 3, p. 73. Aptitudes. — Les parentés d aptitudes. V I. p. IS.
- L utilisation des aptitudes et l’organisation éducative dans l’opinion ministérielle. V" 9, p. 232.
- Audition. — L/Epreuve de la montre et sa signification pour le registre d’audition. —• A" 3, p. 75.
- Caractère. Des diverses manières de concevoir la notion de caractère. V 3, p. 73.
- Cataracte. — La cataracte dans les industries du verre et les forges.
- V 7. i». 185.
- Chômage. Les chances de chômage des métiers. — N° G. p. Itil.
- Le chômage des intellectuels en Allemagne. — V 8, p. 209.
- Criminalité. - Criminalité et profession. V I, p. 18.
- Déficiences auditives. — La fréquence des déliciences auditives. V I. P. 17.
- Docimoloqie. Une contribution docimologique du laboratoire d Angleur.
- ___j\ » |, | ; >(j
- Données. Ouelques données intéressant LO. L.. d’après les analyses de
- l’année psychologique. — N° 2, p. 49. N* 3, p. 70. N“ 4, p. 110. .V’ 5,
- p. 140. V G. p. 164. N" 7, p. 180.
- Education. Les thèses d’éducation aux Llals-l ni-, V 4, p. lin.
- Fatigue. — Le problème de la fatigue au 0' Congrès international des accidents et des maladies du travail. \" 9, p. 232.
- Goûts. — Les goûts des étudiants de « City Collège ». —'N" 10, p. 271.
- Les goûts de quelques écoliers Nancécns. V 10, p. 271.
- Habileté manuelle. La mesure de l'habileté manuelle. — i\:" 2, p. 48.
- Maladies professionnelles. — La question de l’anlhracose et de la silicose comme maladies professionnelles. — N' 8, p. 207.
- Mémoire. Un essai d’analyse fonctionnelle de la mémoire. A” 4, p. 108.
- Orientation professionnelle. — L organisation de l’Orientation prol’ession-sionnnellc envisagée par la C. G. T. — i\ 4, page 9f>.
- (.a famille et 10. L. \” 5, p. 135.
- I.e contrôle- de 10. L. à LInsIilut de psychologie industrielle d’Australie. — N° 7. p. 184.
- La propension au mal de mer et l'Orientation professionnelle. N” 7. p. 180.
- L Orientation professionnelle à L ! nsi il ut biolypologique de Gènes, -r
- V 8, p. 208.
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- L'Orientation professionnelle en Portugal. N* 9. p. 231.
- LOrienlalion professionnelle el la sélection au Comité National fi ducies sociales. X° 10. p. 268.
- Orienteurs. I n conseil afix orienteurs. N" 10, p. 270.
- Puberté. Le problème du rôle de la puberté dans la vocation. N* 6.
- p. 162.
- Salaires. — La comparaison des salaires en 1911 el 1930 dans la région parisienne. — N° 5, p. 137.
- Sélection et orientation. — (Quelques applications des méthodes psychotechniques a la sélection et à I orientation du personnel’ ouvrier' clans une usine de construction mécanique. — X° 2, p. 49.
- Sélection professionnelle. Tests pour la -élection professionnelle de différents emplois de bureau. — N* 6, p. 163.
- Surdité. — La surdité professionnelle. — N" 6. p. 160.
- Talent. — Le dépistage précoce du talent. — V 8. p. 207.
- Test. — Un essai de lests de Seasfiore. — N° 2, p. 46.
- Une expérience à l’Ecole primaire supérieure de Limoges. N° 4, p. 109. Les lests américains pour employés, de bureau. - \° 5, p. 138.
- LES MÉTHODES ÉTRANGÈRES EN O. P.
- Aptitudes. Aptitudes physiques et conlrindications professionnelles par Luis Trias de Iles. — N" 6, p. 167. V 7. p. 189. \" 9, p. 233.
- Fonctions motrices. L’élude des fonctions motrices à la section techno-psychologique de l’Institut Jean-Jacques-Rousseau. — N° 1. p. 22. N* 2, p. 52. N° 3, p. 77. N* 4. p. 115.
- Tapping. La rapidité du mouvement par le tapping-test — N* 5, p. 143.
- A TRAVERS LES REVUES
- A travers les revues. *— N” L p. 24, X 2, p. 53. N° 3, p. 79. X" 4. p. 117. X° 5, p. 146. X" 6. p. 168. X* 7. p. 191. X" 8. p. 209. X” 9. p. 236. N° 10. p. 272.
- INFORMATIONS
- Informations. — X” I. p. 27. X 2. p. 53. X" 3. p. 81. X” 4, p. 119. N” 5, p. 146. X” 6. p. 169. X* 7. p. 191. X" 8. p. 211. X" 9. p. 238. X* 10. p. 273.
- LA VIE DE L’INSTITUT NATIONAL D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- La vie de l’Institut National d’Orientation Professionnelle. — X° 3,
- p. 83. N° 4, p. 120. N° 7. p. 193. N° 8. p. 213. N° 9. p. 240.
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- LA VIE DE L’AMICALE
- Vie de l’Amicale — N° 3, p. 84. N° 4, p. 120. N” 5, p. 147. N° 6. p. 171. N" 9, p. 242. N° 10. p. 274.
- LA VIE DES CENTRES D’O. P.
- La vie des Centres d’O. P. — N” 9, p. 242. N“ 10, p. 275.
- BIBLIOGRAPHIE
- Chavigny (P.)- — Initiation générale aux études médicales. — j\T” 10, p. 278. Psychologie des Etudes médicales et des aptitudes médicales, N" 10, p. 278.
- Cornuet (P.)- — La revue de l’orientation intellectuelle. — N" 7, p. 196. Eikenberry (D.-IL). — An introduction lo Guidance. — N° 10, p. 276.
- Gaillard (Ii.) et Lomont (A.). — Du choix d’un métier. — Orientation professionnelle pratique par la méthode expérimentale des ateliers-écoles. — N° 7, p. 194.
- Hildreth (Gertrlide-IL). — Psychological Service for School problems. — N° 8, p. 220.
- Klages (L.). — Les principes de la Caractérologie. — N" 2, p. 54.
- Mossé (Eiie). — Comment choisir une profession ou un métier ? — Ou, comment préparer une carrière. — N" 10, p. 276.
- Ou-Ni-Lin (M""'). Elude sur la sélection psychotechnique des apprentis dans une école d’apprentissage. — N" 10, p. 277.
- Patterson, Elliot, Anderson Toops et Heidbreder. — Minnesota mecha-nical ahilily lests. — i\" 9, j>. 244.
- Piéron (IL). — L’année psychologique. — N’ 1, p. 28.
- Nous rappelons à nos abonnés qu’avec ce numéro se termine l’année 1931 et nous serions heureux qu’ils renouvellent spontanément leur abonnement au moyen d’un chèque postal (Institut ns c/c 1444-79) ou de quelque façon qui leur paraîtrait
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