Bulletin de l'Institut national d'orientation professionnelle
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- 5e Année
- BULLETIN
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- Janvier 1933
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- l’Institut National d’Orientation Professionnelle
- RECHERCHES SUR L'INTELLIGENCE
- Données sur la parenté de certaines formes d’intelligence
- par
- J EANNE MONNIN
- A la suite de recherches tendant à déterminer le caractère unitaire ou complexe d’activités mentales telles que la mémoire et l’intelligence, et dont les résultats furent publiés dans cette revue (1), était apparue nettement l’impossibilité d’envisager l’existence d’une fonction intelligence spécifique. Toute manifestation d’activité mentale met en jeu un système extrêmement complexe de facteurs qui interviennent à divers degrés en des combinaisons variables.
- S’il ne peut être question d’un isolement de tous ces facteurs, tout au moins la méthode statistique permet-elle de vérifier certaines indépendances fonctionnelles. C’est ainsi que des types d’intelligence ont été mis en évidence par l’analyse des résultats obtenus dans des épreuves de nature variée : types de forme numérique, verbale, logique, générale, et d’autre part, en s’attachant à l’opération mentale prédominante : fonctions de compréhension, critique, invention.
- Description des tests. — Cette recherche, dont nous devons l’initiative à M. H. Piéron, a été reprise plus particulièrement à ce dernier point de vue, et porte sur l’étude de ces fonctions. Les tests utilisés comportent un seul type d’épreuves concernant la loi d’une série ou d’un groupe, et c’ést la posi-
- (lj A. Fessard, J. Monnin et II. Piéron : Quelques données sur les indépendances fonctionnelles révélées par les épreuves psychotechniques. —-B.l.N.O.P. n" 8, 1931, pp. 197-206.
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- lion variable du problème qui détermine la mise en jeu d’activités mentales d’un ordre différent.
- Compréhension, lorsqu’il s’agit de reconnaître la loi de formation d’une série ou d’un groupe, par exemple, choisir entre plusieurs termes proposés celui qui convient à une catégorie qui est soumis à la loi. Soit la catégorie : pigeon, chauve-souris, canard, mouche, papillon, et le groupe de mots proposés : renard, lapin, chenille, abeille, rat. Le caractère commun à tous les animaux de la série est la présence d’ailes, c’est un animal ailé qui peut, seul, convenir dans ce cas : l’abeille.
- Critique, s.’il faut découvrir dans un groupe donné un élément perturbateur qui, inclus dans la série, ne convient pas. Soit : 6, 12, 18, 24, 27, 30, multiples successifs de 6, sauf 27 qui est à éliminer.
- Invention, quand le sujet doit compléter une série en ajoutant un ou deux termes. Soit le groupe : peuplier, chêne, tilleul, poirier, cerisier, auquel peut être incorporé le nom d’un arbre quelconque.
- Chacun de ces groupes de problèmes comporte 10 épreuves dont un certain nombre de nature numérique (3 ou 4) et le reste de forme verbale (parmi celles-ci, quelques-unes concrètes, les autres abstraites) ; soit en tout 30 épreuves. Pour éviter l’influence de la composition des séries de termes sur la réussite, influence qui masquerait l’importance du mode de présentation du problème, le même matériel est utilisé sous les trois formes, chaque groupe de 10 séries étant présenté alternativement comme épreuve de compréhension, de critique et d’invention ; ce qui fait une totalité de 90 exercicesi.
- Cette constitution ne permet évidemment pas l'utilisation de toutes les épreuves dans une seule séance, en raison de la longueur du test et surtout du rôle possible de la mémoire. Trois applications successives en ont été faites, à une semaine d’intervalle, chacune d’elles comportant 30 problèmes d’intégration de termes dans des catégories différentes, où les fonctions mentales étudiées étaient également représentées.
- La nature des réponses : souligner ou ajouter un élément, permet la notation par 1 ou 0 pour toutes les épreuves. Dans les problèmes numériques de la forme invention, pour limiter
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- les chances de réussite due au hasard, on a demandé aux sujets d’ajouter deux éléments nouveaux, et il n’a pas été tenu compte des réponses ne comportant qu’un terme.
- Ces épreuves ont été appliquées à des écoliers de la ville de Paris, 103 garçons et 109 filles appartenant aux cours moyens, supérieurs, complémentaires et professionnels, à la même époque de l’année (janvier et février) dans le courant de la matinée, et avec un intervalle égal entre deux séances consécutives. Les résultats obtenus dans ces conditions ont été étudiés séparément chez les, garçons et les filles, et l’étalonnage indique une valeur de différenciation satisfaisante pour les deux sexes. La courbe de répartition est très proche de la cloche de Gauss, les filles ayant une marge de disper-
- sion moins étendue que les garçons.
- Garçons :
- Moy.. n
- Compréhension. . 15,534 + 0,4293 6,46 ± 0,3035.
- Critique . 19,302 + 0,3190 4,800 ± 0,2255.
- Invention . 10,016 + 0,2506 3,888 ± 0,1816.
- Filles : Compréhension. . 17,1964 ± 0,34055 5,223 + 0,24077.
- Critique . 21,3126 + 0,28436 4,1615 ± 0,20104.
- Invention . 17,8106 ± 0,25867 3,738 ± 0,18287.
- Décilage:
- Déciles 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
- Garçons 31,5 39 43 48 51,5 54,5 58,5 63 68,5 92,5
- Filles 35 42,75 47,5 53 55 58,25 60,5 62 66,5 82,5
- D’autre part, les résultats marquent une indépendance complète quant à l’âge des sujets. Des groupes étant constitués par périodes de quatre mois, on établit la courbe des notes moyennes obtenues : 1° pour l’ensemble des épreuves ; 2° pour la réussite totale dans chacune des trois applications ; 3° pour les épreuves concernant les fonctions : compréhension, critique et invention, prises isolément ; 4° pour chaque forme (verbale et numérique) à l’intérieur des diverses fonctions. Chaque courbe affecte pratiquement l’allure d’une horizontale ; une légère saillie formée par le groupe de 14 ans 4 mois à 14 ans 8 mois est négligeable, ce groupe qui est le plus
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- faiblement représenté, ne comporte que deux sujets, particulièrement bien doués
- Moyennes des notes obtenues pour chaque fonction et dans l’ensemble des épreuves, par les différents groupes de sujets constitués au point de vue de l’âge (garçons) :
- Nombre
- Ages de sujels Compréhension Critique Invention Total
- 12 à 12,4 24 15,25 19,95 17,57 52,77
- 12,4 à 12,8 18 16,44 19,04 23,49 59,02
- 12,8 à 13 9 16,21 18,88 16,66 51,75
- 13 à 13,4 10 14,4 18,4 16,10 48,90
- 13,4 â 13,8 18 17,49 21,73 17,88 57,10
- 13,8 à 14 11 15,99 19,09 15,54 50,62
- 14 à 14,4 4 14,50 17,33 14,00 45,83
- 14,4 à 14,8 o 21,50 24,50 16,50 62,50
- 14,8 à 15 O • ) 15,33 21,60 19,60 56,65
- 15 à 15,4 4 15,50 10,25 16,75 51,50
- Fidélité. — La fidélité de ce test se révèle tout à fait reinar-
- quable, le coefficient d’homogénéité calculé entre les questions paires et impaires atteint 0,95 + 0,0053 après la correction lenant compte de la longueur totale du test. La constance, calculée entre les résultats obtenus dans les trois- applications avec un intervalle d’une semaine donne des coefficients de l’ordre de :
- 0,83 + 0,0221 entre la lre et la 2e série.
- 0,87 + 0,0170 entre la lrc et la 3e série.
- 0,89 + 0,0128 entre la 2e et la 3e série.
- Le dernier de ces coefficients est évidemment celui qui présente le plus haut intérêt, car il est le seul dans lequel n’intervient pas la première application, où la mise en contact des enfants avec la méthode des tests peut avoir une influence perturbatrice, en raison de la différence de leur attitude vis-à-vis de ces épreuves. L’adaptation à cette méthode paraît se marquer dans l’ensemble par une très légère amélioration des résultats au cours des séances successives', les sujets étant répartis par groupes d’âge comme précédemment ; il est à remarquer que cette évolution est plus nette entre la première et la deuxième série, chez les filles notamment. Cependant, elle n’est pas générale, constante, et ne peut être attribuée à
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- un facteur systématique tel que la répétition des séries, nécessitée par l’emploi d’un matériel commun pour l’étude des fonctions envisagées. Une analyse minutieuse des résultats, établissant le pourcentage de réussite pour chaque question dans toutes les formes de présentation utilisées, montre nettement que ce facteur n’a pas. l’importance qu’on peut craindre à priori, ce pourcentage étant souvent réduit au cours des trois applications.
- Corrélations. — La liaison entre les fonctions considérées a été calculée de façon globale, en utilisant la totalité des résultats obtenus.' dans les épreuves de compréhension, critique, invention ; les coefficients, très homogènes dans leur ensemble, sont :
- Garçons. Filles.
- Entre Compréhension et Critique. 0,69 + 0,0398 0,68 + 0,038
- Entre Compréhension et Invention 0,62 + 0,045 0,59 + 0,054
- Entre Critique et Invention..... 0,69 + 0,0363 0,63 + 0,039
- C’est dire qu'ils sont suffisamment élevés pour qu’on ne puisse
- conclure d’emblée à une indépendance nette de ces fonctions.
- D’autre part, les groupes de tests comportant des épreuves verbales et numériques, il était intéressant d’examiner l’importance de la forme dans la composition des résultats. Les indices déterminés à l’intérieur de chacune des fonctions, entre les deux formes considérées, atteignent :
- 0,61 + 0,0415 dans les épreuves de compréhension.
- 0,51 + 0,0492 dans les épreuves de critique.
- 0,35 + 0,0587 dans les épreuves d’invention.
- La comparaison des deux précédents tableaux de coefficients conduirait à la conclusion d’une liaison plus forte entre fonctions différentes qu’entre les formes verbale et numérique : les coefficients étudiés au point de vue de la forme sont en moyenne de l’ordre de 0,50, au lieu de 0,65 lorsqu’il s’agit uniquement des fonctions (l’indépendance la plus nette se trouvant dans les épreuves d’invention où la corrélation n’atteint que 0,35). Il y a là une confirmation de l’existence distincte, tout au moins, des deux types d’intelligence verbale et numérique déjà vérifiée antérieurement, dans le premier travail.
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- La recherche des intercorrélations entre les fonctions, reprise en tenant compte de la nature numérique ou verbale des questions^, aboutit à montrer de façon nette l’importance de ce facteur, le type numérique, moins complexe que le type verbal, reparaissant avec , plus de force à travers l’ensemble des résultats.
- Forme verbale. Forne.numérique.
- Compréhension et Critique.. 0,59 ± 0,0448 0,67 + 0,0363
- Compréhension et Invention 0,42 + 0,0556 0,65 + 0,0381
- Critique et Invention...... 0,59 + 0,0432 0,75 + 0,0285
- Cette différence constante entre les deux catégories de coefficients ainsi calculés est explicable par l’inégalité de valeur entre le travail verbal et le travail numérique dans les tests employés comme instruments de différenciation des sujets au point de vue des fonctions. Il apparaît nettement, lorsqu’il s’agit d’épreuves numériques, que l’effort doit porter de façon plus particulière sur la recherche de la loi absolue, à partir de laquelle se déduisent aisément les termes suivants de la série. Qu’il s’agisse de retrouver ce terme dans un groupe proposé (compréhension), ou de l’ajouter à la suite de la série (invention), cette différence d’opération paraît bien n’avoir qu’un rôle secondaire. Soit la série : 1, 2, 3, 5, 8, 13 ; à partir de l’instant où le sujet a trouvé que chaque nombre est formé par la somme des deux précédents, il pourra, avec une facilité presque égale, dépister le terme qui convient : 8 + 13 = 21, dans le groupe : 27, 49, 18, 21, 36, ou simplement ajouter ce terme à la fin de la série. La tâche sera plus difficile, mais ne sera pas au fond différente dans le cas de la critique, où il faudra déceler un terme qui ne convient pas, et qui, déformant la série, peut gêner la découverte de la loi.
- La position du problème a une importance tout autre, dans le travail verbal, où la découverte de la loi n’est qu’une première étape : dans les épreuves de compréhension, il faut ensuite.choisir le terme qui convient le mieux, les autres pouvant souvent s’adapter plus ou moins parfaitement, Pour l’invention, un effort évident porte sur la découverte de termes, dont le nombre est limité, et qui s’accordent plus ou moins bien avec la série.
- Les épreuves verbales permettent donc, mieux que les exercices numériques, une différenciation des individus au point
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- de vue de leur attitude vis-à-vis de ces types de problèmes, et, pour la parenté des fonctions, seuls les coefficients relatifs à la forme verbale (0,42 et 0,59) devront être retenus.
- Tétrades. — Le calcul des différences de tétrades nécessitant une quatrième catégorie d’épreuves, le test de Mira déjà appliqué en France (voir l’article de Mme H. Piéron, l’étalonnage français du test de Barcelone. (Année psychologique 1928) fut utilisé.
- Fadeurs :
- Compréhension
- Critique. . . .
- Invention. . . .
- Test de Mira.
- Inter corrélations :
- Garçons. Filles.
- r 12 0,65 + 0,0385 0,68 ± 0,0346
- r 13 0,62 + 0,0415 0,59 ± 0,0448
- r 14 0,53 ± 0,0478 0,48 ± 0,0519
- r23 0,69 ± 0,0344 0,63 ± 0,0398
- r 24 0,47 + 0,0521 0,58 ± 0,0448
- r 34 0,51 ± 0,0492 0,46 ± 0,0532
- Tétrades : ——
- fj t
- 1
- o
- 3
- 4
- 11234 = 0,0401 0,8627 garçons
- — 0,0294 — 0,549 filles
- t1243 = -- 0,0342 — 0,5524 garçons
- 0,0104 0,209 filles
- 1 1342 - — 0,0743 1,3615 garçons
- 0,0398 0,903 filles
- Les différences de tétrades, très proches de zéro, sont toutes dans la limite de trois et paraissent indiquer la présence d’un facteur général et de facteurs spécifiques, à l’exclusion de tout facteur de groupe, ce qui nous amène à conclure confor moment à la théorie de Spearman. Un facteur général, élément commun qui représenterait l’unité fonctionnelle fondamentale, semble dans ce cas jouer un rôle important, étant donnée la valeur des intercorrélations.
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- Nos résultats ne peuvent être considérés comme définitifs, un doute subsistant à propos/ du rôle possible de la répétition des séries au cours des séances successives. Bien qu’on ne puisse observer une amélioration systématique et que, dans beaucoup de cas, au contraire, il y ait régression dans le pourcentage de réussite, on peut admettre une influence de ce facteur, s’exerçant de façon inégale suivant la nature des séries, chez les divers sujets, contribuant à masquer en partie les différences de capacité exigées par les types de problèmes proposés.
- Cette cause d’erreur peut être évitée par une modification dans la technique ; par exemple, allonger suffisamment le test pour l’appliquer en une seule séance. Les épreuves utilisées pour ce travail s'étant révélées satisfaisantes aux points de vue de la fidélité et de la valeur de différenciation, elles ont é'ié reprises pour une nouvelle recherche dans ce sens.
- NOTES ET DOCUMENTS
- Les risques professionnels dans l’industrie de la distillation de la houille et de la fabrication du gaz d’éclairage
- Une étude complète de celle industrie a été faite par MM Heim, de Balzac, Agasse-Lafont et A. Feil.
- L’examen a porté sur un groupe important de 113 ouvriers qui ont été étudiés d’abord cliniquement (commémoratifs et état actuel) puis par divers procédés de laboratoire (examen des urines et examen du sang) ; enfin pour un certain nombre d’entre eux avec le complément d’un examen radiologique.
- Ces ouvriers étaient d’âge variable : un tiers environ âgés de vingt à trente ans, un autre tiers de trente à quarante ans, le dernier tiers de quarante à soixante-dix ans. La plupart exerçaient leur profession depuis foit longtemps, puisque nous en trouvons
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- seulement quinze entrés à 1 usine depuis moins d un an, 58 depuis un à dix ans, 45 depuis, vingt à vingt-cinq ans.
- Leurs occupations étaient variées. En dehors de six chefs d équipe, nous relevons en majorité des décrasseurs (26), des chargeurs de gazogène (21), des o uvreurs-1 ermeurs (19) ; en outre des machinistes, des boucheurs déduites, des conducteurs, des chauffeurs, des ramasseurs du coke, des dégraphiteurs, etc,
- Ou’ont révélé cliez eux ces examens ?
- Les symptômes du côté de l’appareil respiratoire sont les plus fréquemment rencontrés. Ils se caractérisent d’ailleurs cliniquement moins par les signes stéthoscopiques que par la constatation d'une tendance à expectorer. Les autres symptômes morbides sont les suivants : 1U % des ouvriers se plaignent d’être souvent incommodés plus ou moins fortement par la chaleur ; 7 °/p présentent assez souvent de la céphalée, avec association de vertiges. Quant à la tension artérielle, elle présente une maxima supérieure à la normale (16 à 20) chez 18 u/0 d’ouvriers ; 82 °/0 des ouvriers ont une maxima comprise entre 15 et II.
- L’examen des urines n’a montré d’albuminurie que dans la très faible proportion de 0,9 °/0. Une statistique de mortalité portant sur une période de huit années d’après guerre et sur la totalité des ouvriers a donné une mortalité annuelle par tuberculose d’environ 2,70 °/o et par cancer d’environ 0,9 pour mille.
- L’industrie de la distillation de la houille et de la fabrication du gaz d'éclairage expose donc les ouvriers à trois sortes de risques :
- 1° Le risque d’intoxication par des gaz nocifs, en particulier par l’oxyde de carbone. Cet oxycarbonisme peut être aigu, du lait d une fuite accidentelle au niveau des appareils ou des canalisations. Il peut être aussi chronique. Au cours de notre enquête, celle dernière forme a paru peu fréquente et peu grave. Il convient cependant de considérer qu’elle est responsable des quelques cas de céphalée, avec étourdissements, vertiges, nausées et parfois vomissements qui ont été relevés. Les ouvriers ont constaté que ces symptômes apparaissent le plus souvent au moment de l’ouverture des fours. Les chargeurs de gazogène, les boucheurs de fuites, les ouvreurs-fermeurs sont les plus exposés.
- 2° Vient ensuite le risque que fait courir l’exposition à une chaleur trop forte. Les chargeurs de gazogène, les ouvreurs-fermeurs, les dégraphiteurs sont ceux qui en supportent le plus souvent les inconvénients. Au moment de l’ouverture des fours, les ouvreurs-lermeurs travaillent pendant deux minutes environ à un mètre des
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- tours. A deux mètres des fours, la température est d’environ 70°. Certains ouvriers se plaignent d’être momentanément incommo dés par cette chaleur, surtout au cours de l’été. Mais elle ne provoqueras chez eux l’élévation de la température rectale et, d’au Ire part, il est rare que le malaise dont ils sont atteints les force à interrompre leur travail. Enfin on ne voit jamais le syndrome si spécial décrit sous le nom de fièvre des fondeurs. Ce syndrome a donc bien une étiologie complexe dans laquelle l’action de la chaleur n’entre que pour une part, comme quelques auteurs l'ont soutenu, et nous-unêmes quand nous avons étudié la fièvre des fondeurs chez les ouvriers du laiton.
- 3° Les ouvriers sont exposés à inhaler des poussières de chai-bon, qui chargent, en quantité notable, l’atmosphère de certains ateliers. L’expectoration noirâtre qui persiste, d’après eux, plusieurs jours après la cessation du travail, quelques signes radiologiques anormaux du côté des arborisations bronchiques et des ganglions hilaires, tels sont les symptômes assez fréquemment rencontrés qui peuvent faire supposer l’existence d’une anthracose pure professionnelle.
- Quelques travaux, tels que celui des décrasseurs qui travaillent à l’air libre — ou celui de certains machinistes — ne paraissent faire courir à ceux qui sont employés aucun risque.
- M. H. P.
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- L’influence du poids et de la taille sur le rendement du travail dynamométrique
- Dans un article de Max Ringelmann sur le travail mécanique de T homme, nous voyons que l’auteur a fait, au point de vue du rap port entre la taille, le poids et le travail fourni, l’étude d’ouvriers agricoles préalablement sélectionnés dans dix départements. Il les classe au point de vue de la taille, du poids et de ce qu’il appelle le coefficient M qui représente le rapport calculé du poids à la taille. Ces ouvriers furent étudiés au point de vue de la puissance fournie en travail pratiqué à la manivelle calculée en kilogramme par seconde. Voici les résultats fournis par les dix plus forts et les dix moins forts.
- Les dix plus forts concurrents (d’après les mesures dynamométriques) donnent lieu au tableau suivant :
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- Âge Taille Poids M Travail
- 25 1,700 67 39,41 18,6
- 26 1,695 70 41,29 17,1
- 24 1,820 78 42,85 16,5
- 26 1,830 82 44,80 15,5
- 36 1,775 61 34,36 15,2
- 39 1,715 76 44,31 15,0
- 23 . 1,680 60 35,71 14,8
- 38 1,790 80 44,69 14,5
- 41 1,735 66 38,04 14,4
- 23 1,700 71 41,76 14,4
- Moyenne arithmétique des • ....
- quatre premiers.... 25,25 1.760 74,2 42,08 16,92
- Moyenne arith. générale. 30,1 1,74 71,1 40,72 15,60
- Les dix concurrents les moins puissants donnèrent les résultats ci-dessous :
- Age Taille Poids M Travail
- 22 1,630 60 36,80 12,0
- 24 1,680 69 41,07 11,2
- 33 1,775 73 41,12 10,8
- 24 1,675 57 34,02 10,2
- 57 1,585 58 36,88 9,8
- 24 1,610 58 36,02 9,8
- 30 1,700 81 47,64 9,8
- 26 1,745 81 46,41 8,9
- 38 1,720 59 34,30 8,9
- 38 Moyenne arithmétique des 1,785 62 34,73 8,4
- quatre derniers.... 33 1,737 70,7 40,77 9,00
- Moyenne arith. générale. 31,6 1,69 65,8 38,86 9,98
- Les quatre premiers, les plus forts, ont développé, en travail
- forcé, un peu plus de 51 kilogrammètres par seconde pendant cinq minutes consécutives ; alors que les quatre derniers de tous les concurrents n’en ont fourni que 27 dans les mêmes conditions, c’est-à-dire un peu plus que la moitié de la puissance des premiers.
- L’influence de la taille, et du poids, des ouvriers ruraux sur leur puissance est connue depuis longtemps, mais il ne faut pas que le poids du'moteur soit dû à l’obésité : c’est pour ce motif qu’il y a lien de retenir l’intérêt que présente le coefficient, précédent M ou rapport du poids à la taille de l’individu, Il faut enfin tenir
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- compte de l’âge des ouvriers : les quatre premiers cités avaient de 24 à 26 ans (coefficient moyen M = 42,08), alors que les quatre derniers étaient âgés de 26 à 38 «ans (coefficient moyen M = 40,77)
- On a «admis que l’énergie des hommes serait proportionnelle à leur poids ou au cube de leur taille, ce qui n’est pas exact : Martine, en 1720, aurait reconnu que le rapport des forces est égal 4 la quatrième puissance des tailles.
- M. H. P.
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- L’éducation des amblyopes
- Entre les écoliers à vue normale, dont l’hygiène scolaire se doit de sauvegarder l’intégrité de leurs fonctions oculaires — ce qui n’est pas encore toujours le cas — et les enfants aveugles ou dont la vision est tellement diminuée que cela équivaut pratiquement à la cécité, et pour lesquels il reste, au point de vue pédagogique, beaucoup à faire, il en est une catégorie présentant des défauts de vision assez marqués pour rendre «à peu près impossible l’éducation par les méthodes courantes, mais qui toutefois ne peuvent être assimilés sans graves inconvénients pour eux «à des enfants aveugles.
- Si ces enfants sont relativement peu nombreux, environ 2 pour 1.000, ils sont généralement méconnus ; ce sont des retardés scolaires dont la déficience n’est souvent, diagnostiquée que par hasard, en l’absence — si fâcheuse — d’un examen ophtalmologique régulier des écoliers. Aussi le Comité français de prophylaxie de la cécité «’est-il attaché à obtenir la fondation, en France, de classes d’amblyopes, telles qu’il en existe déjà à Strasbourg, la seule que nous puissions opposer aux 70 qui ont été créées en Angleterre, aux 300 des Etats-Unis, sans compter celles que l’on trouve encore en Allemagne.
- Il est probable qu’une de ces classes sera prochainement ouverte à Paris, première étape dans le mouvement qui doit conduire à l’organisation rationnelle de l’éducation et de la préparation professionnelle de tous les déficients. H. P.
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- * 'M
- Le volume du oerveau et l’intelligence
- Une etiide.de M. E. Broom sur le rapport entre le volume du cerveau et l’intelligence, publiée dans le n° 935 (26 novembre 1932'' de SchooJ ami Society semble confirmer les résultats obtenus par
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- d’autres auteurs (Patterson et autres). Il en résulterait une corrélation très basse entre les deux séries de mesures et, par conséquent, l’impossibilité de présumer de l’intelligence d’après les mesures du crâne.
- L’auteur a pris une centaine de mesures de volumes du crâne chez les hommes et autant chez les femmes, en se servant des formules de Lee. L’intelligence de ces deux groupes de sujets a été testée par « Intelligence examination for H. School Grad. de Thorndike, séries de 1925-1929. ,
- Le volume du cerveau de 100 femmes variait, lorsqu’on y a appliqué la formule.masculine, entre 1.198 et 1.696 c3, avec la M. A. de 1.386,3 et 7 107,5. En y appliquant la formule fémi-
- nine Fauteur a obtenu les données suivantes : 1.158 c3 et 1.738 c3, la M. A. = 1.326 et 7 = 127 c3. Le test de Thorndike a donné les résultats allant de 26 à 98 avec la M. A. = 61,8 et 7 = 9,5. La corrélation entre les deux séries de;mësures a été de 0,24 (ea se .servant des résultats exprimés en formule féminine).
- Pour les hommes, le volume du cerveau (formule masculine) variait de 1.217 c3 à 1.714 c3, avec la M. A. = 1.459,5 et n — 130 c3. Exprimé en formule masculine, il a été de 1.152 c3 à 1.759 c3, avec la M. A. = 1.458 c3 et <7 = 129.
- Le test de Thorndike a donné, chez les hommes les notes allant de 39 à 94, avec la M. A. = 66,9 et 7 = 13. Les corrélations entre les deux séries de mesures ont été de 0,18 et de 0,12.
- A. R.
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- Un aperçu bibliQgraphique rétrospectif concernant les acquisitions de l’O. P.
- Deux auteurs américains voulant faire un compte rendu des efforts et des acquisitions de l’O. P. pendant le dernier quart de siècle, ont groupé, sous cinq rurbiques différentes, un certain nombre d’ouvrages et de rapports dont ils donnent de courts résumés. Pour les détails-de cette étude bibliographique nous renvoyons nos lecteurs à l’article même (Measuring Vocational guidance, by IL D. Kitson and E. M. Stover, The Personnel Journal, octobre 1932). Nous nous bornons ici à signaler les divisions faites par les auteurs :
- 1° Etablissement d’un plan d’O. P., six titres.
- 2° Ilétermination de la valeur des informations recueillies sur les métiers, quatre litres, „
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- 3° Renseignements sur les métiers donnés aux enfants dans les écoles au cours de leur instruction générale, deux titres.
- 4° Efficacité des conseils individuels donnés par les orienteurs, trois titres.
- 5° Efficacité du placement dans les métiers assuré par les orienteurs, trois titres.
- Notons aussi que les conclusions à tirer de l’ensemble de tous ces travaux paraissent, malgré d’innombrables difficultés qui se sont dressées devant les orienteurs et qui n’ont pas tout à fait perdu de leur actualité, tout à fait encourageantes. A. R.
- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE A L’ÉTRANGER
- Les Métiers du fer (Suite)
- L»e travail du serrurier (1)
- Voici le professiogramme du métier de serrurier dressé à Leningrad (2).
- Ce professiogramme exige les qualités suivantes :
- 1° Savoir trouver la position la plus commode pour la lime pendant le travail : d’abord pour la régularité de mouvement qui permette d’atteindre le plus de précision possible et ensuite pour permettre l’économie de l’énergie musculaire.
- Cette qualité est nécessaire pour toutes les branches du travail de la serrurerie et spécialement pour le limage.
- •2° Savoir trouver le rythme optimum pour des conditions déterminées de.travail et la stéréotypie de mouvements se produisant a des intervalles réguliers.
- C’est surtout dans le limage, le sciage, l’entaille au burin que ces qualités entrent en jeu.
- 3° Avoir la connaissance du métal et une représentation suffisamment exacte de la position de l'objet dans l’espace en se hasard sur la résistance éprouvée aux simples mouvements de la main, sans le contrôle de l’œil.
- (1) Consulter B.I.N.O.P. n° 9, novembre 1932, p. 235-237, cl n“ 10, décembre, p. 270-273.
- (2) Clark, Bilibine et Couchinnikoff : La Consulta lion <le la sélection professionnelle, Moscou et Leningrad (en russe).
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- GetteVjualité a surtout son application au limage,
- 4° Détermination relativement fine et précise de petites variations de frottement, surtout pour toutes les mesures au compas d’épaisseur.
- 5° Savoir accorder le rythme optimum avec la sûreté et 1 égalité des coups, surtout pour le travail au burin.
- 6° Savoir trouver une position stable pour la main gauche et donner avec elle des impulsions dans le rythme adopté par la main droite.
- Ceci est particulièrement important dans le limage et tout le travail d’entailles au burin.
- 7° Exactitude et régularité de petits mouvements des doigts de la main droite, qualité très nécessaire dans le polissage.
- 8° Savoir bien marquer les points sur les différentes parties de l’objet travaillé en adoptant les mouvements bien coordonnés au coup d’œil qui doit être précis.
- 9° L’application pratique des habitudes et dés connaissances acquises à la préparation des objets d’un genre déterminé lorsque l’on se retrouve dans une installation peu connue ; rapidité et exactitude au travail, facilité de la compréhension du principe de la construction d’une machine et de ses détails de même que du procédé pour la diriger.
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- Le métier de tourneur sur métaux
- \oici, du même centre de Leningrad, l’étude du métier de tourneur et les qualités requises pour le bien exercer.
- 1° Pouvoir bien comprendre la construction dit tour, avoir une bonne connaissance de ses détails et cela pour tous les genres de travail au tour.
- 2° Savoir choisir les conditions les mieux appropriées au genre de travail à exécuter, par exemple le choix du patron pour donner une forme à l’objet.
- 3° Savoir bien présenter l’outil tranchant suivant la résistance do 1 objet et la rapidité avec laquelle il tourne.
- 4° Régularité et continuité de mouvements rotatoires des deux mains s accordant, avec les impressions visuelles (dimensions de f objet à travailler). **
- • >° Stereotvpie et succession régulière de mouvements se répé-
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- tant à des intervalles déterminés, leur exactitude et leur autorisation.
- Cette qualité, nécessaire plus ou moins dans tous les genres de travail, est primordiale dans Tincision.
- 6° Savoir déterminer, à l’aide des sensations visuelles, le degré de la résistance en appliquant l’outil tranchant.
- 7° Rapidité du mouvement et netteté de l’embrayage et de l’arrêt du tour.
- Cette qualité est nécessaire dans le travail au moteur sur de petites surfaces surtout et, en particulier, en coupant le métal.
- 8° Savoir bien discriminer la différence de degré de frottement et de résistance, surtout dans les mesures de diamètres ou de longueurs d’objets à l’aide d’un compas.
- 9° Savoir déterminer le centre de l’objet tout en conservant la précision et la coordination des mouvements de la main.
- 10° Savoir bien graduer la pression et la diriger sur 1’objet ; se représenter clairement la position de l’objet dans l’espace sans contrôle de la vue surtout dans le façonnement autour du burin.
- 11° Savoir bien s’adapter à une ambiance peu connue, être ingénieux et savoir s’adapter rapidement à -des conditions de travail qui changent fréquemment comme cela a lieu dans tous les genres de travail au tour quelque peu compliqués.
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- La profession de forgeron (i,
- A la suite d’une étude attentive des gestes du forgeron, Heugei. a dressé une longue liste d’aptitudes nécessaires pour les différents travaux du métier.
- Ce métier comprend un assez grand nombre de techniques différentes.
- On y peut noter : 1° La trempe ; 2° Le sciage ; 3° Le ciselage au burin ; 4° Le forage ; 5° Le limage ; 6° Le rivage ; 7° Le ferrage des chariots ; 8° Le ferrage des chevaux ; 9° La soudure, 10° Le forgeage proprement dit.
- Voici les qualités indispensables dans ces branches :
- 1° Un bon coup d’œil est absolument nécessaire dans toutes les branches du métier, sauf dans la trempe.
- (1) Heugkl : Beilrâge zur Berufskunde und einungsptufüng des Schmieds ; mit besonderer licrücksichtigung der arbeil in den Stadt una Dorfschmicdcn (Jndustr. Psychot. 1925).
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- 2° Une bonne discrimination des luminosités dans l’incandescence ne sert au contraire que dans la trempe, la soudure et le forg^&ç7^eCficp 6^
- 3° Une bonne mémoire de ces mêmes différences de luminosrt6L£^^l_7^ dans l’incandescence est également indispensable dans les mêmes branches.
- 4° Des sensations articulaires fines s'imposent dans le sciage, le ciselage, le forage, le limage et les deux sortes de ferrage.
- 5° Une bonne maîtrise de ses impulsions se fait désirer dans le ciselage, le rivage, les deux formes de ferrage, la soudure et le forgeage.
- 6° La sûreté des mouvements des bras est indispensable dans le ciselage, le rivage, la soudure et le forgeage.
- 7° La précision, la sûreté de la visée des coups est nécessaire presque partout.
- Seuls la trempe, le sciage, le ferrage et le limage n v font pas appel.
- 8° La rapidité et la précision du rythme de travail est souhaitable partout, sauf dans la trempe, le forage et le ferrage des chevaux.
- 9° Seuls la trempe et le forage ne demandent pas une grande force physique des bras.
- 10° Los réactions rapides sont indispensables dans le forage, la soudure et le forgeage.
- 11° Il faut avoir un sens exact du temps dans la trempe, la soudure et le forgeage.
- 12° Beaucoup de mémoire des formes, en plan et dans l’espace, sont necessaires partout, sauf dans la trempe, le forage et le rivage. ^
- 13° Les connaissances techniques des éléments des machines ne sont necessaires qu’au forage et au ciselage. M H P
- A travers les Revues
- La Revue générale de VElectricité, qui avait déjà accueilli, il y a deux ans, un article sur l’O. P. de M. G.-E. Bfrtin, maire adjoint du Xe arrondissement, vient de publier une nouvelle étude de cet auteur (29 octobre 1932, p. 573) sur l’action de la Chambre de Commerce de Paris, en matière d’apprentissage et d’O. P.
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- Les tests musicaux. — Grâce Van Dyke More étudie, dans le numéro de novembre 1932 du Journal of Educational Research, la valeur de 15 tests d’aptitude- musicale dont 5 tests originaux de l’auteur, 6 tests de Seashore, 2 tests de sensibilité mélodique et harmonique de Kwalwasser, le test de Schœne de discrimination des hauteurs et le test de lecture silencieuse de Hutchinson. Tous ces tests ont été appliqués sur les élèves d’un collège féminin de Caroline du Sud.
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- Le choix des professions pouvant convenir aux déficients mentaux fait l’objet d’une consciencieuse étude de N. Keys et J.-M. Nathan, publiée dans le n° 5 (octobre 1932) du Journal of Applied Psychology.
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- S. Blachowski publie dans le n° 3 du tome VI de la Psycho-technika (revue trimestrielle polonaise), un article sur la Psychotechnique en Tchécoslovaquie. C’est à la fois un tableau de l’état actuel des institutions psychotechniques et un essai historique montrant les étapes principales de leur évolution
- J. Wojciechowski rend compte, dans la même revue, des premiers essais d'examens psychotechniques entreprises à l’Ecole secondaire de coopérateurs (préparant des employés pour diverses coopératives). On trouvera dans cet article, à côté des résultats globaux, l’énumération et la description des tests employés.
- Signalons également un compte rendu avec de nombreuses données statistiques de VActivité de l'Office d'O. P. du Patronage de la jeunesse artisanale à Lutoir (Léopold) couvrant la période de mars 1927 à décembre 1931.
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- Une courte notice de B.-D. Wood, dans le numéro du 3 décembre 1923 de School and Society, mentionne une nouvelle méthode inventée par le « Columbia University Statistical Bureau » pom corriger d’une façon rapide F « Interest Test » de Strong. (Ce vaste questionnaire est destiné à connaître les goûts et les intérêts des sujets à orienter.)
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- bans la rubrique a ErJucalional Review » de la même revue nous relevons une notice signalant un nouveau questionnaire de Ai.i-î-ouT et Vernon sur l’Apprentissage de la personnalité (A. Study of Values, lloughton Mifflin Company, Boston, Manual, l'esls, Score slieet), de même qu’une analyse d un livre récent de kvri: Burr Johnson, directrice de White House pour la santé el la protection de l’enfance, sur les enfants déficients. (Orgarii/.ation for lhe Gare of Handicapped Children, The Century Company, New-Vor-k). >
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- Dans le n° 937 (10 décembre 1932) de « Scliool and Society », D.-H. Kllp donne un aperçu de l’état actuel de l’enseignement officiel, général et professionnel dans les îles de Hawaï, au Japon et en Chine.
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- Nous signalons une intéressante étude sur le pronostic des aptitudes professionnelles et de la réussite, d’après les photographies, dues à M. S. Viteles et X.-R. Smith (Journal of Experimental Psychology, tome XV, n° 6, décembre 1932). Cette continuation des recherches antérieures de Lundis et Phelps semblant apporter des données utiles en ce qui concerne l’usage de la physiognomonie dans l’O. P.
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- J.-S. Roucek étudie, dans School and Society (n° 934, 19 novembre 1932), les systèmes d’examen terminant les études secondaires, en usage dans divers pays d’Europe (examen de « maturité » et baccalauréat). 11 passe en revue toutes les tendances réformatrices provoquées par l’encombrement des professions libérales.
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- Le Bulletin ergologique publie, dans le n° 11 (15 novembre 1932). une étude sur les manifestations morbides professionnelles des ouvriers utilisant les marteaux pneumatiques due au Dr Feie
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- line étude statistique de la répartition des âges et des professions du peuple allemand présentée en tableaux graphiques d’une lecture facile, due à J.-F. Von Foerster, est publiée dans Industrielle Psychotechnik (nos 11-12, novembre-décembre 1932).
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- l\ Soi.lier et J. Dr.vus publient, clans les n01* 7-8 (juillet-octobre 1932) du Journal de psychologie une vaste élude théorique sur le problème des aptitudes.
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- Dans, un court article publié dans les nos 11-12 (novembre-décembre 1932) de Industrielle Psychotechrdk, W. Mol de présente, en grandes lignes, les méthodes d’examens psychotechniques employées à l'Ecole technique supérieure de Charlottenburg.
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- Une courte notice de A. Bechet est consacrée, dans le nu 12 (10 décembre 1932) de U Ecole et la Vie à la question de remploi des retraités.
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- Le 1* Congrès annuel de 1’ « American Vocational Association » s’est tenu à Kansas-Üity les 7 et 8 décembre dernier. Citons, parmi les communications, celles de A.-E. Hôlder « Vocational Education for .changing conditions a, de E. Sirgel « Relraining for em-ployment and training to prevent unemployment the Neu-York-Cily program », de W.-E. Spain « Retraming for employaient in the typographical Lrades ».
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- Les n08 49 et 50 (2 et 9 décembre 1932) de La Gazette des Métiers, publient, en allemand, un article suri’unification de la législation française sur l’apprentissage. On y trouvera une revue systématique de toutes les lois et amendements depuis 1912 à nos jours.
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- Une vive polémique à propos des classes spéciales profession nelles à créer pour les enfants ayant marqué à l’école des aptitudes pratiques est engagée dans le n° 37 (25 novembre 1932) de Beruf und Schule.
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- La question de l’artisanat est traitée dans le n° 11 (novembre 1932) de Berufsberatung und Beruf sbildung (Orientation et formation professionnelle trilingue). O. Stocker y parle de l'attitude
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- de l’U. P. à l'égard de l'artisanat el le Dr F. Bossant des conditions préliminaires favorables à l’apprentissage d’un métier artisanal.
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- Nous relevons dans le n° 15 du Bulletin Ergologique (15 novembre 1932) une étude de G. Mâes sur ,1a façon de rédiger une annonce de journal pour le recrutement du personnel de bureau.
- INFORMATIONS
- Au Journal Officiel du 3 décembre 1932 a paru la déclaration à la Préfecture de la Charente d’une association, Le Foyer des apprentis,, oeuvre complémentaire de l’O. P., patronée par l’Office d’Angoulême, dont le but est de développer l’esprit de solidarité, soustraire les jeunes gens aux flâneries pernicieuses de la rue (siège à Angoulême, 140, rue Monlogis).
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- En novembre 1932 est paru le premier numéro d’une nouvelle publication espagnole, organe des offices d’orientation professionnelle de la République, le Boletin de las Oficinas de Orientacion profesional, qui paraîtra mensuellement, et a sa rédaction à Sar-ragosse et son administration à Vallalolid. Dans ce premier numéro, E. Mira rend compte du Congrès de psychologie de Copenhague et Wellens du Congrès de l’enseignement technique de Bruxelles ; J. Mali.art envisage la mission des offices d’O. P. ; C. de Madariaga traite de l’O. P- collective, et Chleudesaigue parle de la Luminoergologie.
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- L’Ecole nationale de lunetterie de Morez signale, dans son programme, l’existence de ses quatre sections, d’optique et lunetterie, de mécanique de précision, de grosse et moyenne horlogerie, et enfin de menuiserie (quatre années d’études, délivrance de diplômes officiels d’élèves brevetés).
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- La Vie de l’Institut National d’O. P.
- Nous publions ci-dessous une bibliographie sommaire d’ouvrages
- écrits en français, établie à l’usage des élèves de l’Institut.
- I. — Orientation professionnelle Généralités.
- Compte rendu du premier Congrès international d’orientation professionnelle. Toulouse, septembre 1924. Préface de M. Labbé. Cabinet d’O. P. de Toulouse. 182 pages, 1925.
- P. Borrcmons, Ponthiers, J. Maquel, etc. : L’Orientation professionnelle la mesure des aptitudes. La connaissance de l’enfant et de la profession. Librairie Falk fils, Bruxelles, 1923, 430 pages.
- A. Cendrier : L’organisation de l’Orientation professionnelle. Thèse de droit. Librairie des lois et décrets commentés, Paris, 1931, 222 pages.
- DT Paul Cliavigny : La vocation de nos enfants. Essai d’O. P. Librairie Delagrave, Paris, 1928, 171 pages.
- A.-G. Christiaens : Une méthode d’Orientation professionnelle. A. La-mertin, Bruxelles, 1925. 202 pages.
- Claparède : L'Orientation professionnelle, ses problèmes et ses méthodes. B.I.T., Genève, 1932. Etudes et documents, série J.
- L’éducation fonctionnelle. Delachaux et Niestlé, Neufchâtel et Paris, 263 pages.
- Arthur Fontaine : Dix conférences sur l’Orientation professionnelle. (Publication de l’Institut Lannelongue). F. Alcan, Paris, 1923, 131 pages.
- Julien Fonlègne : Nouveaux entretiens sur l’Orientation professionnelle. Librairie de l’enseignement technique, Paris, 1925, 37 pages.
- Julien Fontègne : L’Orientation professionnelle et la détermination des aptitudes. (Préface de F. Buisson). Delachaux et Niestlé, Neuchâtel et Paris, 263 pages.
- A. et L. Franchet : Pour former les hommes qu’il faut à la France de l’après-guerre. Bibliothèque d’éducation, Paris, 192 pages.
- G. Gaucher : L’O. P. par les écoles pratiques de commerce et d’industrie. (A l’usage du personnel enseignant, des parents et des enfants.) Bibliothèque d’O. P., n° 3. Librairie de l’E. T., Paris, 1927, 52 pages.
- F. Mauvezin : Bose des métiers pour l’Orientation professionnelle des garçons. Editions des roses, Bordeaux, 229 pages.
- J. Perret, B. Noyer et P. Mazel : L’Orientation professionnelle. Flammarion, Paris, 1926, 283 pages.
- Organisations pratiques.
- J.-P. Arend : L’Institut Emile Metz, 1913-1932. Donnneldange, 31 p.
- Jeanne Clément : Le mouvement d’Orientation professionnelle. Paul Roubaud, 1924. Aix-en-Provence, 244 pages.
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- Emile Marin : L’Orientation professionnelle et le placement des^ apprentis dans les Hautes-Pyrénées. Imprimerie Tarbaise, 1929, Tarbes, 51 pages.
- Office d'Orientation professionnelle et de placement en apprentissage : Rapport sur l’activité de l’Office et les rédactions^ concernant le choix d’une profession faites en 1928 par les élèves des écoles de Bourg. Chambre de Commerce, Bourg, 20 pages.
- Office régional de la main-d'œuureu : Rapport à la Commission d’orientation professionnelle sur le fonctionnement, en 1927, du Service d’orientation professionnelle et de placement en apprentissage. Nantes, 24 pages.
- L. Schloessinger et R. Théry : Rapport à la Commission d’O. P. sur le fonctionnement, en 1928, du Service d’Orientation professionnelle et de placement en apprentissage. Office régional de la main-d’œuvre, Nantes, 1928, 20 pages.
- Ministère du Travail : Rapport sur le fonctionnement, en 1929, du Service d’orientation professionnelle et de placement en apprentissage, Office régional de la main-d’œuvre, 1930, Nantes, 24 pages.
- H. Sellier, E. Deslandres, A. Luquet et G. Lemarchand : Rapport sur l’organisation de l’Orientation professionnelle dans le département de la Seine, Paris, 1923, 91 pages.
- Odette Simon : L’Orientation professionnelle en France et à l’étranger. Préface de M. Fontègne. F. Alcan, 1927, 178 pages.
- Bureau central d'O. P. de Prague : 1° Détermination des aptitudes professionnelles (1926, 42 pages). 2° L’O. P. en Tchécoslovaquie.
- Pré-Orientation.
- Henri' Gaillard : Ateliers-Ecoles d'Orientation professionnelle et de préparation à l’apprentissage. Chambre de commerce, 1928, Paris, 51 pages.
- R. Laufer et G. Paul-Boncour : L’Orientation professionnelle du point de vue particulièrement scolaire. La préadaptation scolaire. Institut d’Orientation et d’hygiène professionnelle et librairie Dela-grave, 1924, Paris, 36 pages.
- H. Leufeuvre et M. Henry : La- Préorientation professionnelle h 1 école primaire. (Choix de sujets de dictées, compositions, problèmes, etc.). Librairie de l’E. T., Paris, 1928, 232 pages.
- II. — Psychologie professionnelle Généralités.
- H. Piéron : Psychologie expérimentale. Armand Colin, 1927, Paris, 220 pages.
- H. Piéron : Le développement mental et l’intelligence. Félix Alcan, 1929. Paris, 95 pages.
- Howard C. Warren : Précis de psychologie. Marcel Rivière, 1923, Paris, 444 pages.
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- 0. P. ET PHYSIOLOGIE. APTITUDES PHYSIQUES.
- Pierre Bovet : L’Instinct combatif. Flammarion, 1928, Paris, 280 p.
- DT André Collin : Les enfants nerveux (diagnostic, pronostic, aptitudes). J. Ballière et fils, Paris, 1924, 155 pages.
- ,/. Fontègne : Le choix d’un métier et les aptitudes physiques. G. et M. Ravisse, Paris, 1932, 30 pages.
- DT René Ledent el Lucien Wellens : Précis de biométrie. Vaillant-Carmanne, Liège, 370 pages.
- DT Léon Mac-Auliffe : Développement, croissance. Librairie scientifique Amédée Legrand. Paris, 1923, 224 pages.
- Dr Léon Mac-Auliffe : Les tempéraments. N. R. F., Paris, 1926.
- Dr Jean Phillipe el Dr Paul-Boncour : Les anomalies mentales chez les écoliers. (Etude médico-pédagogique). Paris, 1922, Félix Alcan, 156 pages. * \
- Wallon : L’enfant turbulent. Paris, Alcan, 1925.
- O. P. ET PSYCHOLOGIE. CAPACITÉ MENTALE.
- Alice Descœudres : Le développement de l’enfant de deux à sept ans. Delachaux et Niesllé, Paris, Neuchâtel, 327 pages.
- Georges Dumas : Traité de psychologie. (Volume I et II). Félix Alcan, Paris, 1923-24, 964-1173 pages.
- E. Kretschmer : La structure du corps et le caractère. Payot, Paris, 1930, 252 pages.
- Pierre Mendousse : L’âme de l’adolescent. (Bibliothèque de philosophie contemporaine). Félix Alcan, Paris, 1926, 315 pages.
- Pierre Mendousse : L’âme de l’adolescente. (Bibliothèque de philosophie contemporaine). Félix Alcan, Paris, 1928, 328 pages.
- E. Mouvel : Contribution à l’étude du caractère. Recherche des tendances intellectuelles, affectives el morales chez les pré-adolescents, par la mélhode graphologique, 6 pages.
- Dr Th. Simon : Documents relatifs à la corrélation entre le développement physique et la capacité intellectuelle. G. Carré et Naud, Paris, 1900, 69 pages.
- DT G. Vermeijlen : La psychologie de l’enfant et de l’adolescent. Maurice Lamertin, Bruxelles, 1926, 297 pages.
- DT Henri Wallon : Principes de psychologie appliquée. Armand Colin, Paris, 1930, 224 pages.
- DT H. Wallon : Psychologie pathologique. Félix Alcan, Paris, 1926, 100 pages.
- Questions d’éducation.
- Alfred Bimel : Les idées modernes sur les enfants. Flammarion, Paris, 1929, 348 pages.
- Alfred Binet et Th. Simon : Les enfants anormaux. Armand Colin, Paris, 1927, 211 pages.
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- Lucie-Renée Bonnis . Le développement de l'intelligence chez les arriérés. A. Commelin, Vannes, 1926, 68 pages.
- Claparède : Psychologie de l’enfant et pédagogie expérimentales. Librairie Kundig, Genève, 1926, 571 pages.
- DT P. Chavigny : La vocation de nos enfants. Essai d’O. P. Librairie Uelagrave, Paris, 1928, 171 pages.
- J. Fonlègne : Manualisme et éducation. Préface de M. Labbé. Librairie de l’Enseignement technique, Paris, 1923, 259 pages.
- M. Foucault : Psychologie scolaire. Delagrave.
- Guillaume : L’imitation chez l’enfant. Paris, Alcan, 1925.
- Jean Piaget : Le jugement et le raisonnement chez l’enfant. Dela-chaux et Niestlé, Neuchâtel, Paris, 1924, 343 pages.
- Jean Piaget : La représentation du monde chez l’enfant. Félix Alcan, Paris, 1926, 424 pages.
- Jean Piaget ; La causalité physique chez l’enfant. Félix Alc'an, Paris, 1927, 347 pages.
- Dr Th. Simon : Pédagogie expérimentale. Ecriture, lecture, orthographe. Armand Colin, Paris, 1924, 275 pages.
- III. — Le travail
- Généralités.
- Jules Amar : Le travail humain. Librairie Plon, Paris, 1923, 102 p.
- L. Bargeron : Physiologie du travail, 5e série. Institut Lannelongue. Félix Alcan, Paris, 1923, 58 pages. w
- Georges Bricard : L’organisation scientifique du travail. Armand Colin, Paris, 1927, 210 pages.
- Guide Labor : Editions Labor. La Rochelle, 1929, 202 pages.
- A. Imbert : Le système Taylor. Analyse et commentaires. G. et M. Ravisse, Paris, 1920, 155 pages.
- J.-M. Lahg : Le système Taylor et la physiologie du travail professionnel. Gauthier-Villars et C°, Paris, 1921, 216 pages.
- L. Lapicque, M. F rois et M. Magne : Physiologie du travail, 2e série. Institut Lannelongue, F. Alcan, Paris, 1921.
- Paul Razous : Conférence faite le 20 mars sur la valorisation du travail humain. Librairie de l’Enseignement technique, Paris, 1921, 71 pages. ,
- Frederick W. Taglor : Ce que Taylor dit de sa méthode. Michelin et Cie, Clermont-Ferrand, 1927, 23 pages.
- C. Thumen : Le rendement du travail industriel. Préface du Dr Claparède. Delachaux et Niestlé, Neuchâtel et Paris, 239 pages.
- Apprentissage.
- Association suisse de conseils d'apprentissage : Jubilé du 25e anniversaire, 1902-1927, 272 pages.
- Confédération générale du travail : L’apprentissage. C. G. T., Paris, 188 pages.
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- Gustave A’ass : L’ü. P. el, l’aprenlissage. Préface de M. Vidal-C. Béranger. Paris et Liège, 1925, 114 pages.
- Fatigue.
- Marcel Frois : Physiologie du travail (élude du rendement de la main-d’œuvre et de la fatigue professionnelle.) lre série. Félix Alcan, Paris, 1920, 104 pages.
- IV. — Psychotechnique
- Généralités.
- H. Piéron : Eléments de psychologie expérimentale. Librairie Vui-bert, Paris, 1926, 107 pages.
- Alfred Binet : L’étude expérimentale de l’intelligence. Alfred Costes, Paris, 1922, 307 pages.
- DT G. Vermeylen : L’examen psychographique de l’intelligence. Cahier des modèles. Maurice Lamertin, Bruxelles.
- Les tests et leur emploi.
- Alfred Binet et Simon : La mesure de développement de l’intelligence chez les jeunes enfants. Société pour l’étude psychologique de l’enfant. Paris, 1926, 66 pages.
- D1 E. Claparède : Comment diagnostiquer les aptitudes chez les écoliers, avec 17 figures. Flammarion, Paris, 1927, 300 pages.
- G. Décroît) et R. Buyse : La pratique des tests mentaux. Préface par H. Piéron. Félix Alcan, Paris, 1928, 402 pages.
- G. Décroît) et R. Buyse : La pratique des tests mentaux. Atlas. Félix Alcan, XXIII planches.
- DT Victor Dhers : Les tests de fatigue. Baillière et fils, Paris, 1924, 185 pages.
- J. Frikx : Contribution à l’étude de la méthode des tests. H. Lamertin, Bruxelles, 1928, 28 p.
- Jean Frikx : Deux applications de la méthode des tests. Lamertin, Paris, Î927, 92 pages.
- Marguerite Hallers : Du choix des tests dans la détermination pratique de l’âge mental. Préface de P. Haushalter. Félix Alcan, Paris, 1925, 152 p.
- Institut national d'orientation professionnelle : Examen psychologique du Centre de recherches, Paris.
- DT J. Joteyko : La méthode des tests mentaux et sa valeur scientifique. Editions Atlas. Varsovie, 1924, 272 pages.
- Kiamil Nassri : Les tests d’intelligence et rendement scolaire. Les presses universitaires de France, Paris, 1930, thèse, 241 pages.
- H. Piéron : Fiche destinée à l’Orientation professionnelle, Paris.
- M. et Mme II. Piéron : Instructions pour l’emploi de la fiche psychologique d O. P. I. N. O. P., Paris, 27 pages.
- Sydney L. Pressey et Luella Pressey : Initiation à la méthode des tests. Librairie Delagrave, Paris, 1925, 262 pages.
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- Franziska BaumgarUn : Les examens d'apUlude professionnelle
- Théorie et pratique. Traduction M. 1 hiers. Lituanie Duuod,
- ris, 1931. T» •
- R. Nihard : La méthode des tests. 1 vol. Les éditions du Cerf, Pai ,
- 1932, 235 pages.
- Etalonnage, technique psychométrique.
- Jadwiga Abramson : Le profil mental de l’enfant. Extrait de L Hygiène mentale. G: Doin et Cie, Paris, 1923.
- Vira Kovarsky : La mesure des capacités psychiques chez les en an s et les adultes normaux et anormaux. La méthode du profil p. yc logique. Félix Alcan, Paris, 1927, 178 pages.
- Mmc H. Piéron : L’étalonnage français du lest de Barcelone (Lxtrait de l'année psychologique). Félix Alcan, Paris, 1928, p. 11 «
- G. Rossolimo : L’individualité de l’enfant. Traduit du russe par V. Kovarsky. Félix Alcan, Paris, 64 pages.
- Procédés de calculs, moyennes, corrélations.
- DT Ed. Toulouse et H. Piéron : Technique de psychologie experimentale, 2 vol.. Octave Doin et fils, 1911, Paris, 288 pages.
- O. Decroly et R. Buysc : Introduction à la Pédagogie quantitative. Lamertin, Bruxelles, 1929, page 151.
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- * *
- La Vie de l’Association des anciens élèves
- Le Conseil directeur de l’Association s’est réuni le vendredi 16 décembre.
- Comme suite aux conversations ayant eu lieu lors du banquet du 2 décembre, il a discuté sur Yaction à mener pour aboutir à faire créer l’Orientation professionnelle et assurer une situation aux conseillers d’O. P. diplômés de l’I. N. O. P.
- Il a été décidé de solliciter au préalable audience de M. Luc et de demander à M. le Dr Laugier de bien vouloir nous accompagner dans notre démarche.
- Le C. D. «’est également occupé de la préparation de l’Assemblée générale. r .
- Le secrétaire,
- C. G. Beaume.
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- René Nihard. — La méthode des tests. — In-16, Les éditions du Cerf, Juvisy, 1932.
- Préfacé par A. Fauville, de Louvain, ce petit volume du chargé
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- ’de cours de T Université de Liège constitue un bon exposé, pour mettre au courant les éducateurs, auxquels il est destiné, des données générales sur les méthodes de mesure par emploi de tests pour le niveau mental, l’intelligence, les connaissances scolaires, et des procédés élémentaires d’élaboration statistique. P.
- CORRESPONDANCE
- Nous publions la lettre suivante adressée à M. Fontègne :
- Cher Monsieur,
- Le n° 9 de votre intéressant Bulletin de l'Institut national d’Orientation professionnelle m’a signalé un incident qui se .serait passé en Suisse et dont j’ai cherché à connaître les faits.
- Après des recherches très minutieuses auprès des autorités fédérales, les directions de tramways municipaux, et jusqu’à l’interpellant môme, je puis vous assurer :
- 1° Que jamais un employé des tramways ou autre n’a été congédié par sa direction ou par le conseil municipal d’une ville suisse, sur la base d’un certificat délivré par un psychotechnicien
- 2° Oue même le conseiller national auquel la presse a prêté ca propos n’a pu nous indiquer le nom de l’employé ni celui de la ville où il aurait été congédié.
- Il s’agit donc d’une nouvelle absolument fausse et je regrette que votre bonne foi ait été surprise.
- L’interpellation a cependant eu le bon effet d’appeler l’attention des autorités fédérales sur la nécessité d’empêcher qu’un certain charlatanisme ne s’installe sous l’enseigne de la psychotechnique. En attendant une réglementation officielle, la Fondation suisse pour la psychotechnique a déjà pris l’initiative de constituer une Commission d’examens pour psychotechniciens pratiquants.
- Je suppose que ces faits sont susceptibles de vous intéresser et vous présente, cher Monsieur, l’expression de mes meilleurs sentiments. A. Carrard.
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- SSKJsSfSâS
- 5e Année
- Février 1933
- BULLETIN
- DE
- l’Institut National d’Orientation Professionnelle
- Essais en vue de l’établissement d’une fiche d’aptitude technique
- (suite)
- Par Mme Henri PIERON
- Test BiP de la Fiche d’Aptitude technique
- Ce lest emprunté à 7hùrston et Jones est un test de représentation spatiale, il consiste à se représenter comment se comporte un petit losange que l’on imagine en mouvement et à voir sur quelle figure placée à côté de lui il doit venir se poser pour coïncider excatément avec cette figure.
- Voici le test tel qu il est présenté à l’enfant (grandeur réduite naturellement).
- I n exemple, longuement commenté, accompagne le test.
- (Voir fie/, p. 30).
- Temps. — Le temps accordé est de 3 minutes.
- Correction. — La correction est simple, il suffit de faire
- in un papiei tiansparent le dessin des réponses exactes et de vérifier sur le test rempli s’il y a coïncidence ou faute.
- A olotion. — On donne 1 point par figure marquée exactement, 0 par figure marquée d’une façon erronée et 0 également chaque fois que l’enfant a marqué des ronds sur les deux losanges, même si une des réponses de l’enfant est bonne.
- Le maximum est 6 points.
- *
- * *
- Comme le test de Mac Ouarrie, celui de Thurstone et Jones
- m Voir B / /V 0 P- iu|Het 1932, p. 161-164 ; n" 8, octobre 193?, p. 189-191
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- a été employé à l’étranger un peu dans tous les pays et nous le retrouverons dans les tests groupés par métiers.
- rond A
- /7A7V\
- n v\
- Essayez de voir sur lequel des deux losanges placés sur la ligne, le petit losange isolé peut se placer exactement pour que les gros traits coïncident et faites au crayon un petit rond à l’endroit où le rond du petit losange viendrait sè trouver.
- Regardez l’exemple ci-dessous.
- Vous voyez que pour que la ligne épaisse opposée au petit rond A soit bien mise sur la ligne épaisse qui réunit les deux losanges et pour que les lignes B et C coïncident bien avec les lignes correspondantes d’un des deux losanges, il n’y a qu’une façon, c’est de le mettre sur le premier. Le rond A se trouvant en A’ à la place marquée par un rond pointillé.
- Marquez seul sur les 6 exercices de gauche la place des 6 petits ronds.
- L’étude de ce test lui-même, comme celui de Mac Ouarrie a été faite eu U. R. S. S. sur des élèves entrés aux écoles des établissements métallurgiques ; écoles en partie comparables à nos écoles professionnelles (1).
- Cette étude poursuivie pendant deux années, a porté en 1926 sur 1.867 sujets : 1.678 garçons et 189 filles et en 1927 sur 2.598 sujets : 1.370 garçons et 1.228 filles.
- Soit un total de 4.465 tests appliqués.
- Le test présenté comportait 15 solutions et les sujets avaient 4 minutes pour y répondre. Les normes sont établies en pourcentages, c’est-à-dire en rapport entre les problèmes
- (1) « L’ouvrier adolescent par .i’institut Obouch, sous p. 105-13(1.
- le choix de la profession », recueil publié direction de Pachomytcheff. Moscou, 1929,
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- bien résolus et le nombre total de problème du test, ces derniers ramenés à 100.
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- Influence du degré d’instruction sur la réussite. — Si nous examinons les résultats du lest par rapport au degré d’instruction des sujets nous voyons que le degré d’instruction a une influence sur le résultat.
- Les sujets appartiennent à 6 grades ou degrés différents et les notes moyennes s’étagent ainsi :
- Pour 1926. — Le 1er degré n’avait pas de représentants ; 2e degré : réussite moyenne 33,7 (187 sujets) ; 3e degré : réussite moyenne 44,4 (947 sujets) ; 4e degré : réussite moyenne 51,1 (413 sujets); 5e degré : réussde moyenne 57,2 (154 sujets) ; 6e degré : réussi le moyenne 63,6 (124 sujets). La réussite moyenne générale des 1.867 sujets étant de 48,8 avec une erreur moyenne de + 0,7. 11 y avait donc une différence de réussite moyenne de 29,90 (63,6 — 33,7) entre le 2e degré et le 6e degré.
- Pour l’année 1927, nous trouvons les chiffres suivants : 1er degré : réussite moyenne 21 (120 sujets) ; 2e degré, réussite moyenne 28,6 (376 sujets) ; 3e degré : réussite moyenne 47,3 (632 sujets); 5e degré : réussite moyenne 52,1 (209 sujets) ; 6° degré : réussite moyenne 52,5 (241 sujets).
- La réussite moyenne des 2.598 sujets étant de 40,2 avec une erreur moyenne de + 0,56 au lieu de 48,8, différence explicable en partie par l’entrée dans la statistique de 120 élèves du Ie' degré qui n’entraient pas dans la statistique de 1926.
- La différence de réussite moyenne entre le 1er degré et le 6e degré représente donc 31,5 (52,5 — 21).
- Les résultats sont donc tout à fait comparables entre les deux séries d’expériences.
- Pour étudier le coefficient de corrélation entre le degré d instruction et la réussite dans le test, les psychologues prirent la méthode suivante : ils établirent une échelle d’appréciation à 5 degrés :
- 1er degré : les mauvais dans lesquels ils firent 10 % plus faibles ;
- entier les -
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- 2e degré : les moyennement mourais, comprenant les 20 % suivants ;
- 3e degré : les moyens, les 40 % suivants ;
- 4e degré : les moyennement bons, les 20 % suivants ;
- 4e degré : les bons, c’est-à-dire les 10 % meilleurs.
- Ayant établi comment se répartissent les sujets pour chaque degré d’instruction parmi ces cinq degrés de réussite et ayant calculé la corrélation r ils obtinrent le résultat sui-
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- Influence du sexe sur la réussite. — Reprenons les résultats en différenciant les sujets filles et les sujets garçons.
- Nous avons en 1926 sur 1867 sujets 1.678 garçons et 189 filles.
- Pour les sujets masculins la moyenne générale de 48,4 avec une erreur moyenne de + 0,7.
- Pour les filles la moyenne générale est de 35,6 avec une erreur moyenne de + 0,84.
- Pour l’année 1927, sur 2.598 sujets nous avons 1.370 garçons et 1.228 filles.
- La moyenne générale des garçons est de 44,8 avec erreur moyenne de + 0,8 et pour les filles la moyenne générale est de 35,2 avec moyenne générale de + 0,33.
- Nous trouvons donc en 1926 comme en 1927 une supériorité masculine de 12,8 % en 1926 et de 9,6 % en 1927.
- Considérons seulement les résultats de 1927 pour lesquels la distribution des filles el des garçons par degrés était plus homogène. Nous, voyons que, quel que soit le degré d’instruction, la différence de réussite est toujours en faveur des garçons.
- Cette supériorité moyenne globale des garçons sur les filles de 9,6 % se décompose de la façon suivante : supériorité des garçons sur les filles, 1er degré : +6,9 ; 2e degré : +10,6 ; 3e degré : + 5,1 ; 4° degré : + 10,8 ; 5e degré : + 13,6 ; 6e degré : + 16,5.
- Là différence, sauf une anomalie au 3e degré, augmentant avec le degré d’instruction.
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- Influence de l'âge. — On pouvait se demander si la dilfé-rence de réussite entre les degrés d’instruction ne marquaient pas surtout une différence imputable à l’âge.
- Prenant les résultats de 1.216 garçons, testés en 1926 nous en trouvons 627 dont l’àge va de 14 ans 6 mois à 15 ans 6 mois et 589 dont l’àge va de 15 ans 6 mois à 16 ans 6 mois.
- ('es garçons appartiennent à cinq degrés d’instruction.
- La moyenne de ceux de 15 ans est de 47,89 (les moyens par degré allant de 33,2 % à 61,6 %).
- La moyenne de ceux de 16 ans est de 51,31 (les moyennes allant de 35,6 à 66,4 %).
- La différence de moyenne est donc de + 3,42 % en faveur des plus âgés.
- Pour les filles de 15 et 16 ans nous avons les valeurs suivantes : filles de 15 ans, réussite moyenne 34,49 % (520 sujets) et filles de 16 ans, réussite moyenne 35,66 % (641 su jets).
- La différence de moyenne est donc de + 1,17 en faveur des plus âgées.
- Celle différence moyenne entre deux âges est tellement inférieure à la différence entre résultats divers par sexe et par degré d’instruction que l’on peut dire que l’âge n’intervient pas.
- Nous avons fait nous-même l’application de ce même lest sur quelques enfants d’écoles communales appartenant au même degré d’instruction, la préparation au certificat d’études primaires.
- Nous avons eu 608 sujets : 371 garçons et 237 filles réparties en trois groupes d’âge : 1° groupe enfants de 10 ans 6 mois à 11 ans 6 mois ; 2° groupe de 11 ans 6 mois à 12 ans 6 mois ; 3° groupe de 12 ans 6 mois. Soit une différence d’âge de 36 mois entre le plus âgé el le plus jeune des sujets
- Pour les garçons nous avons obtenu comme réussite sur 6 points :
- 1° groupe 1,01 (36 sujets), 2° groupe 1,93 (195 sujets), 3° groupe 1,99 (140 sujets).
- Cour les filles, les résultats sont les suivants :. 10 groupe 0,972 (36 su jets), 2° groupe 1,03 (116 sujets), 3° groupe 1,062 (85 sujets).
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- Nous constatons que la différence de réussite due à l’âge se comporte dans nos expériences assez différemment. Chez les fdles, en 36 mois la différence de réussite n’a progressée que de 1,50 %, alors que pour les garçons l’augmentation de la réussite avec l’âge est notablement supérieure puisqu’elle atteint 13,80 % en 36 mois. D’autre part dans d’autres expé-# riences faites sur des élèves d’école professionnelle nous trouvons une différence de 3,10 % en 12 mois de 15 à 16 ans pour les garçons et de 1,02 % pour les filles.
- Si nous rapprochons ces chiffres des résultats russes qui ont été établis également sur des garçons du même âge (3,42 % et sur des tilles 1,17 % d’augmentation de rendement) nous pouvons supposer qu’il y aurait gain avec l’âge si l’on s’adressait à de tous jeunes enfants, que chez les tilles le développement plus précoce arrête à 12 ans environ ce gain, que les garçons continuent pendaht plus longtemps leur développement et que ce n’est que vers 14 ans que l’âge n’inler-vienf plus. En Russie, comme dans nos expériences, le gain des filles avec l’âge est notablement inférieur à celui des garçons.
- Si nous envisageons nos résultats des élèves d’écoles communales au point de vue de la différence de sexe, nous trouvons que nos 371 garçons ont une réussite moyenne générale de 1,863 sur 6 et que nos 237 tilles n'obtiennent pour celle même moyenne générale que 1,035 ce qui représente une augmentation de rendement de 13,80 % en faveur des garçons ce qui est à rapprocher du chiffre russe de + 9,60 %.
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- RÉSULTATS FRANÇAIS DANS LES ÉCOLES PROFESSIONNELLES
- Moyennes des résultats : Appliqué par le Centre de recherches de l’Institut à des élèves des écoles professionnelles de filles et de garçons de la Ville de Paris, nous avons trouvé <pie les résultats de ce test sont supérieurs chez les garçons <pie chez les filles.
- La moyenne donnée par les garçons est de 3,25 (177 sujets) et celle des filles de 1,85 seulement (273 sujets).
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- Les jeunes filles appartenaient à deux écoles ; nos moyennes par école sont de 2,22 pour 113 enfants de la première école et 1,59 pour 160 élèves de la seconde école.
- RÉSULTATS DES GARÇONS
- Moyennes des divers métiers. — Reprenons la moyenne générale de 3,25 obtenue chez les garçons et considérons comment elle se décompose par rapport au métier appris. La moyenne la meilleure se trouve chez les ajusteurs (4,85), puis chez les précisionnistes (4,12), les modeleurs (2,83), les chaudronniers (2,66), les menuisiers (2,53), les tourneurs (2,44), les outilleurs (2,16), les serruriers (2,00) et enfin les forgerons (1,70).
- Prédictiuité du lest par rapport aux métiers (1). — Si au lieu d’envisager quelle est la réussite moyenne de chaque groupe d’enfants classés par métiers, nous cherchons à savoir quelle est la corrélation entre la réussite de ces sujets dans le métier qu’ils apprennent et leur réussite dans ce test, nous verrons que ce test paraît significatif surtout pour le métier de menuisier (moy. 2,53) pour lequel nous obtenons une corrélation positive de + 0,548 ; puis par le métier de précisionniste (moy. 4,12), corrélation + 0,397 ; le métier d’ajusteur (moy. 4,85), corrélation + 0,384 ; le métier de modeleur (moy. 2.83), corrélation + 0,323 ; viennent ensuite des métiers où la corrélation est trop petite pour avoir signification ou est nulle : les serruriers (moy. 2,00), corrélation + 0,172 ; les chaudronniers (moy. 2,66), corrélation + 0,141 ; les tourneurs (moy. 2,44), corrélation 0. Un seul métier, celui
- (1) Le nombre de sujets par métiers étant trop petit pour permettre de se servir des formules de Bravais Pearson ou de Spearman, nous nous sommes adressés au coefficient de contingence de Yulc dont la formule est la suivante :
- ad — bc g _ a d -P bc
- dans laquelle ad représente la somme des cas semblables, c’est-à-dire les cas ou le sujet est supérieur ou inférieur à la moyenne de son groupe, a la fois dans le test et dans le métier, et hc la somme des cas où le sujet est tantôt inférieur et tantôt supérieur à la moyenne dans l’un des deux.
- La corrélation se tire donc du rapport entre les cas semblables et la somme des cas.
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- d’oulilleur, donne une corrélation négative assez forte de — 0,309 avec une moyenne de 2,10.
- RÉSULTATS DES FILLES
- Parmi les 273 jeunes tilles testées ayant donné la moyenne générale de 1,85 nous trouvons comme nous l’avons déjà indiqué à propos du test Al P, surtout deux métiers : d’abord la coutume qui réunit pour les deux écoles 171 sujets et le dessin 30 sujets, les autres sujets appartiennent à divers autres métiers, modistes, corsets, etc., mais sont en si petit nombre dans chaque métier que nous n’en tenons compte que dans nos mycnnes générales.
- Pour la couture, la moyenne générale obtenue est de 1,94 se décomposant en une moyenne de 1,70 pour une école et 2,19 pour l’autre.
- Pour le dessjn, la moyenne est supérieure et atteint 2,33.
- ÉTALONNAGE
- \ oici l’étalonnage que nous avons obtenu. Nous mettons toujours le meilleur résultat le premier et le 100Me celui qui a donné le plus mauvais rendement.
- Centilage (maximum (j)
- 1° 10 20° 30° o o 50“ 60° 70° 80“ 90“ 100“
- b1
- 0
- o»< fi .Ecole prof.. (j . 6 6 5 4 •> ») 1 0 0 0 0
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- û Ecole comm. 6 5 4 3 2 1 1 0 0 Il
- M
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- fi
- fi I
- H fi Ecole comm. 6 à 2 2 1 i IJ 1) 0 0 II
- Il semble d’après ces résultats, que ce test se comporte de façon tout à fait spéciale.
- En effet, que ce soit chez tes grands sujets des écoles professionnelles ou chez les- entants de nos écoles communales,
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- c'est-à-dire variant de 10 ans 6 mois à 17 ans, nous trouvons un nombre imposant de 0 : 30 % chez les grands garçons, 20 % chez les petits ; 50 % chez les grandes fdles comme chez les petites.
- Te test se comporte donc comme un test qui serait beaucoup trop difficile.
- Mais d’autre part si l’on considère le résultat des 25 premiers centiles, nous voyons chez les garçons surtout, que les résultats sont bons et que le test ne paraît pas trop difficile.
- En fait, il semble faire appel à une possibilité de visualisation que l’on possède ou que l’on ne possède pas et à laquelle on ne peut guère remédier par l’intelligence ou le raisonnement.
- Le Retour à la Terre
- Par IE. GÉRARD (i)
- Mes petits Amis,
- Il y avait une fois un Sultan du Maroc qui s’appelait Moulaï Ilafid. C’était un ami de la France. Il voulut donc connaître la France. Un jour, il débarqua à Marseille et prit le train pour Paris.
- D’abord il cul une grande émotion. Au premier tunnel dans lequel le train s’engouffra, il faillit s’évanouir de peur.
- Puis il reprit ses esprits et regarda par la portière-
- Alors il vit des champs de cerisiers, d’oliviers, des champs de fraises, de melons ; puis, dans la région de Valence, des plantations de pêchers et d’abricotiers ; puis en Bourgogne des vignes, des choux, de ces bons choux dont oit fait la choücroûte.
- Et partout des pruniers, des blés, des pommes de terre, des vergers.
- Et il s’exclamait : « Mais la France est un jardin ! Nous, nous n avons que des sables sans eau. Vous, vous possédez des pâturages, des rivières, des forêts, de riches terres. Quel beau pays ! »
- Eh bien, c’est vrai, mes petits amis. La France est un jardin, un jardin que cultivent des millions de jardiniers.
- (1) Un charmant appel fait par un des élèves actuels de l’Institut.
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- Cependant notre pays achète chaque année, à l’étranger, plusieurs milliards de produits alimentaires.
- Or vous êtes à lu veille de choisir un métier...
- Pourquoi ne seriez-vous pas, vous aussi, jardinier de la France ?
- L’été dernier je me promenais dans le sud-ouest de la forêt de Fontainebleau. 11 y a là des espaces curieux, couverts de bruyères, de bouleaux et de sapins au milieu desquels on rencontre de gros monticules de sable qui rappellent, d'assez loin, les sables du désert. C'est là, paraît-il, qu’au début du cinéma les metteurs en scène se rendaient lorsqu’ils voulaient photographier le Sahara. Ils faisaient venir de Tarbes des petits chevaux tarbais qu’on baptisait arabes, d’Algérie (ou des quais de la Seine) des Algériens qu’on habillait eu touaregs. On campait les touaregs sur les chevaux et on tournait la manivelle. Et le bon public parisien s’imaginait ensuite contempler sur l’écran une fantasia dans le Tanezrouf, dans le pays de la soif. C’est ainsi, mes amis, qu’on faisait prendre au peuple le plus spirituel dé la terre des vessies pour des lanternes-
- J’étais donc arrivé aux confins de celle région lorsqu'au pied de la hauteur où je me trouvais, j’aperçus un petit bois et à la lisière de ce bois une maison blanche dont le toit rutilait au soleil. Tout autour, un grand jardin dont la fraîcheur et la verdure contrastaient avec les couleurs fanées des bruyères environnantes.
- Intrigué, je franchis la clôture.
- Un ouvrier en cotte bleue vint vers moi.
- —- Voudriez-vous, dis-je, me faire l’amabilité d’un peu d’eau ?
- -— Avec plaisir. Vous êtes à la source. Voilà le puits.
- Et il me désigna la pompe, au milieu du jardin.
- — Il est profond ?
- — Non. L’eau est à trois mètres. C’est moi qui l’ai construit avec l’aide d’un ami. Il nous a fallu deux jours : quelques viroles à enfoncer. Dans le isable c’gst vite fait.
- — Ah ! je m’explique pourquoi vous avez un si beau jardin ! L’eau est excellente, d’ailleurs ; quelle fraîcheur î
- — N’est-ce pas ? Elle est meilleure qu’à Paris. Elle ne contient pas d’eau de Javel.
- — Vous ayez donc habité Paris ?
- — Oh ! pendant des années- J’ai été apprenti, puis ajusteur, puis chef d’équipe dans une grande maison d’automobiles.
- Je gagnais très bien ma vie. Mais les brouillards de Paris, les poussières, l’air vicié du métro, le bruit incessant des autos, des
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- ramions, des tramways, des autobus, tout cela m’était contraire.
- ,1e souffrais continuellement de l’estomac, de l’intestin. Je ne dormais plus. Et finalement je laissais toutes mes économies clic/, le médecin et le pharmacien.
- I n jour, je pris ma résolution.
- J’achetais ce terrain et cette petite maison qui n était même pas r terminée. Je l’agrandis.
- __?...
- Oui, c’est moi qui ai construit toute la partie de gauche, où se trouve la cuisine.
- — Vous ôtes donc aussi maçon, charpentier, couvreur ?
- — Quand on sait manier la lime, ou sait manier la scie et le rabot. Mon ami m’a « donné la main ». Tout a très bien marché-Nous avons construit aussi une cabane h poules, des clapiers pour les lapins.
- J’ai acheté une chèvre.
- Avec cela, je ne crains pas le chômage. J'en ai plus qu'il faut pour me nourrir.
- ('e sont vos fillettes, dis-je, en apercevant deux enfants réjouies qui sortaient en courant. Quelle santé !
- — N’est-ce pas ? Si vous les aviez vues autrefois, vous ne les reconnaîtriez pas. Elles étaient pâles et chétives. Le bon air. c’est la santé.
- — Et vous n’avez pas d'autre occupation que de cultiver votre jardin ?
- — Pardon ! je n’ai môme plus le temps de soigner mon jardin comme je voudrais. 11 y a, à 4 kilomètres d’ici, un grand garage où l’on répare autos, tracteurs, machines agricoles. Dès que j’ai présenté mes références, j’ai été embauché. Et maintenant je dirige l’atelier. En 25 minutes de bicyclette je suis à mon travail. La route est superbe- C’est un plaisir.
- — Alors, vous ôtes heureux ?
- — Oui, très heureux.
- Je quittais ce brave homme en lui serrant la main et en me promettant de le revoir.
- Aux approches d’Arbonne, près d’une cantine perdue dans la verdure, je croisais des jeunes gens qui jouaient aux quilles. A 1 écart, un musicien jouait de la mandoline. Et sur une table rustique, des verres tenaient compagnie à une bonne bouteille de vin rouge.
- Et j’entendais :
- — A toi, Raffaèle.
- — A toi, Matta.
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- =— À toi, Benito.
- J’eus soudain l’impression d’être tombé, comme le professeur Piccart, du haut de lia stratosphère au milieu des plaines d’Italie.
- — Vous êtes Italiens, demandais-je à l’amateur de mandoline ?
- — Si signor, me répondit-il. Siamo degli opérai italiani venuti in Francia per lavorarc. (Nous sommes des ouvriers italiens venus en France pour travailler).
- — Et que faites-vous ?
- — Nous sommes carriers. Nous faisons des bordures de trottoirs et des boutisses. La carrière est là, derrière la cantine.
- — Vous gagnez bien votre v ie ?
- — Nous travaillons à la tâche. On se fait 50, 60 francs par jour. Les plus habiles touchent 1.800 et même 2.000 francs à la fin du mois.
- — Comment êtes-vous venus ici ?
- — Nous avions, à Paris, des compatriotes, poseurs de pavés. Ils nous ont fait signe. Il y a beaucoup de travail pour Paris, pour le Nord de la France et pour tous les lotissements de la région parisienne. A Boutigny, de l’autre côté de la vallée, on taille le petit pavé de 14 x 16, le pavé mosaïque.
- Vous avez tous vu, mes petits amis, ces pavés que l’on pose en demi-cercle dans les rues de Paris. Ce sont des pavés « mosaïques ». Ils ont l’avantage d”être moins sonores, plus souples et tout aussi résistants que les gros pavés qui s’appellent boutisses.
- — Vous êtes donc nombreux en France ?
- — üb ! oui. Il y a des carriers, des maçons, des briquetiers, des plâtriers, des cimentiers, des stuccateurs, des mosaïstes. Les Français préfèrent travailler à la chaîne dans les usines. Nous, nous aimons les métiers de plein air. C’est quelquefois un peu dur. Mais c’est plus sain et on est plus libre.
- Ainsi donc, mes amis, j’apprenais par cet enfant du Piémont qu’il y a en France des milliers d’ouvriers italiens qui gagnent largement leur v ie cependant que des milliers d’ouvriers français n’ont pas de travail et ne peuvent nourrir leur famille.
- Si vous avez du goût pour les métiers du bâtiment, n hésitez pas. Faites votre apprentissage à l’atelier école de la rue Saint Lambert. Vous en sortirez avec l’assurance d’avoir en main un bon gagne-pain.
- Je laissais mes tailleurs de pierre à leur joyeuse par tie et continuais mon chemin. Soudain, je débouchais dans une plaine immense. C’est cette plaine qui figure dans un tableau célèbre du
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- Louvre que l’on appelle « L’Angélus », de Millet, et que l’on aurait dû .appeler « La Voix de la Terre ».
- On voit, en effet, sur ce tableau, un paysan, la tête nue, la coiffe entre les mains, le front penché vers le sol. Près de lui, sa compagne, le dos voûté par le travail, se recueille au soir de la journée. Et tous deux semblent écouter une voix qui monte et qui dit :
- « Vous avez travaillé. Vous avez labouré. Vous avez semé. Comptez sur moi. Au printemps prochain, je vous donnerai de belles récoltes. Comme j’ai nourri vos pères, je nourrirai vos enfants ».
- Je contemplais cette campagne que domine au loin le clocher de Milly, quand mes regards furent attirés par des plantes bizarres que je n’avais jamais vues. Et au milieu des champs se dressaient de grandes bâtisses longues, basses, étroites, ouvertes à tous les vents.
- Je pressais le pas et rejoignis un paysan qui suivait le même sentier que moi.
- - Ou est-ce donc que ces constructions, demandais-je 'i
- — Ce sont des séchoirs-
- — Des séchoirs ?
- Oui. Les plantés que vous voyez sont des plantes médicinales. Il y a du datura, de la jusquiame, de la belladone, de la sauge,
- de la pensée sauvage. Près de vous, c’est un champ de menthe.
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- - Oui, de la menthe poivrée. Les Anglais en sont très friands. C est d ailleurs une culture qui a été importée d’Angleterre il y a une cinquantaine d’années.
- — Est-elle d’un bon rapport ?
- — Au lendemain de la guerre, la menthe s’est vendue 30 francs le kilo. Malheureusement la crise est venue. Les plantes médeci-nales ont été concurrencées par l’étranger et les prix sont tombés très bas. Alors nous avons fait autre chose.
- — Quoi donc ? Des fraises, comme à Montlhérv ?
- — Non. Du tabac.
- — Du tabac ! Ici, à Milly !
- Oui. Nous avons pensé, et 1 administration a pensé comme nous, que le tabac qui demande des terres mi-argileuses, mi-sablonneuses, bien abritées des vents du nord pourrait réussir Nous avons essayé, il y a quatre ans. Et nous avons merveilleusement réussi. Nous sommes maintenant 120 planteurs à Milly.
- (est la culture de famille par excellence. Elle est relative-menl facile, mais elle exige beaucoup de petits soins : il v à le
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- bullage, l’efflorage, l’effeuillage... Heureusement ce sont des travaux dont les femmes et les jeunes filles peuvent prendre une large part. Et les petits planteurs récoltent facilement 2.000 kilos de tabac par an que l’administration achète 7 fr. 50 à 8 francs le kilogramme.
- Il y a peu de frais d’engrais. En outre, l’administration garantit le planteur contre la grêle.
- Evidemment, chacun a son jardin, son champ de pommes de terre. En sorte que tout le monde vit à l’aise .
- Aujourd’hui, notre tabac est considéré comme le plus fin de France. D’ailleurs l’administration sélectionne les graines et favorise les planteurs les plus soigneux.
- Si je vous raconte cette anecdote, mes petits amis, ce n’est pas pour que vous alliez, en sortant d’ici, acheter une pipe.
- Non. J’ai simplement voulu vous montrer que l’on peut, dans toutes les professions, faire preuve d’intelligence.
- Etre intelligent, c’est savoir s’adapter.
- Quoi de plus intelligent que d’avoir su, à l’heure prospère, implanter dans la région parisienne une culture qui était l’apanage du Lot et du Lot-et-Garonne.
- Dans le même ordre d’idées, mais dans un métier different, je vous citerai un contremaître de l’arsenal de Bourges qui, pendant la guerre, avait charge d’un atelier d’usinage des canons, d’usinage de « l’âme » des canons. Ce travail se faisait jusqu’alors avec un outil fragile et coûteux : la fraise. Il eut l'idée de substituer la meule à la fraise et sa production passa de 30 à 40 canons par jour.
- Vous aussi, dans quelque métier que vous travailliez, vous pourrez faire preuve d’initiative, d’intelligence. Il faudra pour cela regarder, observer, réfléchir.
- Il faudra lire aussi les ouvrages concernant votre profession.
- Votre instituteur, avec un dévouement et une patience dont vous devrez lui être reconnaissants toute votre vie, ne vous a pas appris à lire uniquement pour que vous puissiez, la journée finie, parcourir un journal.
- Vous avez appris à lire pour pouvoir vous instruire toute votre vie.
- Mais je termine ma petite promenade car je vois que vous êtes impatients d’aller, vous aussi, prendre l’air.
- Je devisais avec mon intéressant compagnon des choses de la
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- culture et nous atteignions les premières maisons du village, lorsqu’au moment de nous séparer, il me dit :
- — Certes, il y .a des moments pénibles à certaines époques de l’année.
- Mais le temps n’est plus où La Bruyère pouvait écrire.
- « L’on voit certains animaux. farouches répandus par la campagne, noirs, livides et tout brûlés du soleil, attachés à la terre qu ils fouillent et qu’ils remuent avec une opiniâtreté invincible. Ce sont des hommes. Ils épargnent aux autres hommes la peine de semer, de labourer et de recueillir pour vivre et méritent de ne pas manquer de ce pain qu’ils ont semé », et où le Père Massillon, prêchant devant la Cour de Louis XIV, au château de Versailles, osait dire :
- « Les paysans naissent pour souffrir, pour porter le poids du jour et de la chaleur, pour fournir de leurs peines et de leurs sueurs, à vos plaisirs et à vos profusions, pour traîner, si j’ose parler ainsi, le char de votre grandeur et de votre insolence ».
- Le développement des engrais et des machines agricoles a radicalement transformé la condition du paysan et les méthodes de culture-
- Non loin d’ici, vous pourriez voir, reprit-il, une grande ferme qui a été rachetée par le fils d’un chirurgien de Paris. Ce jeune homme, après avoir terminé ses éludes, comprit qu’il y avait à notre époque beaucoup trop d’ingénieurs, d’avocats, de médecins. Il se fit cultivateur et il a organisé une ferme tout-à-fail moderne. Tout y est électrique : la baratte, l’écremeuse, les hachoirs, la batteuse. Il a installé une éolienne avec un moteur de secours électrique.
- Vous avez déjà vu, mes petits amis, ces grandes roues métalliques qui tournent, dans la campagne, sous l’action du vent : ce sont des roues éoliennes. Elles actionnent une pompe qui fait monter l’eau dans un réservoir. Cette eau descend ensuite par.des tuyauteries dans la maison d’habitation, les abreuvoirs, partout où il est nécessaire de laver, d’arroser, de nettoyer.
- Naturellement, ajouta-t-il, tous les labours et les gros travaux des champs qui étaient épuisants pour l’ouvrier agricole sont faits au tracteur et à la machine.
- Vous parlez de l’ouvrier agricole, interrompis-je. Oue gagne-t-il, lui ?
- — Les salaires varient avec les départements. Ici, en Seine-et-Oise. un manœuvre « toutes mains » se paie 300 francs par mois, nourri et logé, el oOO, o25 francs logé mais non nourri. Les
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- ouvriers spécialisés lels que les vachers, bouviers, charretiers, bergers, gagnent 350 francs par mois, logés et nourris.
- Les ouvriers saisonniers tels que les moissonneurs, les betteraviers, reçoivent 50 francs par jour, logés et nourris.
- Les bûcherons, les charbonniers travaillent à la tâche. A raison de 8 fr. 50 le stère, ils se font au minimum 600 francs par mois, étant logés.
- — Mais c’est aussi intéressant que d’être manœuvre dans une usine !
- — Et l’on a le bon air en plus. Sans compter qu’il est plus facile à l’ouvrier agricole sérieux de devenir fermier et même propriétaire, qu’à l’ouvrier d’usine de devenir patron.
- Depuis ces vingt dernières années, le législateur s’est ingénié à développer la classe des ouvriers, petits propriétaires, qui ont leur maison, cultivent quelques champs et louent le reste du temps leurs services.
- C’est ainsi que la loi du 5 avril 1920 permet aux caisses locales de crédit agricole de consentir aux ouvriers agricoles des prêts à long terme pouvant atteindre 40.000 francs au maximum, au taux de 3 pour 100, remboursables par .annuités en 25 ans au maximum
- L’article 9 de la même loi ajoute que les petites exploitations rurales pour lesquelles les prêts à long terme ont été consentis peuvent être constituées en bien de famille insaisissable ou en bien que les créanciers ne peuvent pas faire vendre pour obtenir le paiement de ce qui leur serait dû.
- Celte disposition est particulièrement bienfaisante puisqu’elle assure à la famille au moins un abri et une modique somme de revenus en cas de malheur.
- Enfin, la loi du 13 juillet 1929, la loi Loucheur a prévu qu’un tiers des avances de l’Etat doit être affecté aux habitations à bon marché des campagnes et que « peuvent bénéficier de celte loi les ouvriers agricoles, les petits cultivateurs peu fortunés travaillant d’ordinaire seuls ou avec l’aide soit d’un ouvrier, soit des membres de leur famille, et enfin les artisans ruraux ».
- — Ah ! je m’explique, dis-je, comment dans un coin de Lorraine que je connais, plusieurs petits fermiers sont devenus propriétaires ! L’un d’eux, qui a neuf enfants, possède aujourd’hui le plus beau bien du pays. Il est juste de reconnaître que tous les enfants travaillent et travaillent de bon cœur. Mais les trois aînées se sont mariées récemment. Elles ont épousé des cultivateurs des environs, et le dimanche, grâce à la petite auto que l’on vient d’acheter, toute la famille se trouve réunie.
- — Ah ! l'automobile ! Voilà qui a bien changé aussi la vie à
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- la campagne. En une demi-heure on est au bourg voisin. En une heure ou deux, au chef-lieu du département.
- Et puis il se crée partout des services d’autobus cph desservent matin et soir le plus petit hameau. Encore quelques années et la campagne ne sera plus qu’un faubourg de la ville.
- - N’oublions pas la T.S.F., ajoutais-je- Car je suis bien certain qu’on connaît mieux à 6 ou 800 kilomètres de Paris les émissions de la Tour Eiffel, qu’à Paris même. L’an dernier, j’ai : s-sisté d’une ferme de la Beauce, à la Coupe Davis et au match de football France-Angleterre. C’était aussi émouvant que le spectacle lui-même.
- - Nous avons aussi la chasse, la pêche. A Paris, pendant la saison, des centaines d’ouvriers prennent le train pour les bords de la Marne, de l’Oise, de l’Essonnes. En province, on est tout de suite à pied-d’œuvre.
- Aussi, termina-t-il, visitez le Centre, le Midi, le Sud-Est de la France.
- Partout vous rencontrerez des Italiens, des Polonais, des l'chéco-Slovaques qui sont ouvriers, métayers, fermiers et même propriétaires. Tous vivent heureux.
- 11 a bien fallu faire appel aux amis de la France pour remplacer les fils de nos paysans qui sont tombés pendant la guerre.
- Ainsi est-il pénible de constater que nos jeunes gens se fassent prendre encore, parfois, au mirage de la grande ville et aux annonces alléchantes des industriels en quête d'une main-d’œuvre robuste et docile.
- D’autant que le développement des syndicats agricoles, des coopératives, des assurances mutuelles, des caisses de‘crédit en permettant aux cultivateurs de mieux acheter, de mieux vendre, de mieux s’entraider rend chaque jour davantage la tâche plus facile à chacun. Ainsi la Fédération agricole du Nord de la France groupe actuellement près de 800 syndicats communaux et plus de 28.000 cultivateurs. Elle possède deux coopératives, 500 caisses rurales, 600 mutuelles-incendie, 500 mutuelles-accidents
- Mais, tout en parlant, mon compagnon et moi étions arrivés au cœur du village, près de ces halles grandioses du x\n siècle oi'i s amoncellent maintenant, à époques régulières, les balles de tabac.
- D un pilier à 1 autre couraient des guirlandes et dans un angle se dressait un orchestre.
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- C’était le cinquantième anniversaire des pompiers. Lu journée avait été joyeuse : manœuvre des pompes, courses, sauts, distribution des récompenses.
- Tout Milly était en fête.
- Le soir il y eût bal.
- Et c’est sur une vision de gaieté que se termina pour moi celte intéressante journée.
- Ainsi donc, mes petits amis, avant de choisir un métier qui engagera votre vie, réfléchissez.
- Je vous ai parlé un peu comme à des hommes.
- Mais dès que l’on revêt le bourgeron de l’apprenti, on commence à être un homme.
- Evitez d’être de ceux qui « consacrent la première partie de leur vie à rendre la seconde misérable ».
- Ecoutez la voix de la terre.
- Et si vous êtes mal préparé à manier la bêche, la charrue, la moissonneuse ou le râteau, du moins soyez de ceux qui les réparent. Songez qu’il faut à la campagne des artisans, des forgerons, des charrons, des mécaniciens.
- Ecoutez le conseil de Franklin : « Ménage la santé. C’est ton premier bien ».
- La santé c’est, le travail qu’on aime, c’est le grand air, le soleil, la nourriture saine.
- Regardé/, le jardin de la France.
- NOTES ET DOCUMENTS
- Projet de loi sur la prolongation de la scolarité
- M. de Monzie, ministre de l’Education nationale, a déposé sur le bureau de la Chambre un projet de loi réglementant la prolongation scolaire.
- Ce projet de loi tend à rendre effective l’obligation scolaire et à en prolonger la durée d’un an, c’est-à-dire jusqu’à 14 ans révolus. D’autre part, il rend obligatoire l’obtention du certificat d’études pour la poursuite d’études du second degré, et en modifie le régime. Enfin, il se préoccupe de l’orientation des jeunes élèves cl prévoit une'transformation profonde des cours, complémentaires.
- Tout en respectant la liberté de l’enseignement, il pose à nouveau le principe de l’obligation scolaire.
- Aux termes de l’article 1er, l’instruction est obligatoire pour les enfants des deux sexes, de 6 ans révolus jusqu’à 14 ans révolus, —
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- obligation applicable, déclare l’article 2, aux jeunes Français comme aux jeunes étrangers résidant en France. Afin de donner à la loi plus de souplesse, les horaires et les périodes de scolarité pourront être fixés d’après -les localités, surtout dans les régions agricoles, afin de permettre l’emploi des enfants âgés de 12 ans révolus aux travaux des champs, mais la durée annuelle de l’enseignement ne peut être réduite à moins de 8 mois.
- Cela étant posé, comment seront employées les 8 années de scolarité ? Elles auront, tout d’abord, pour but « l’acquisition des données premières : lire couramment, écrire lisiblement, compter aisément, et sans doute dessiner ». C’est là ce que F article 5 appelle un enseignement de base, dont la durée est fixée de l’âge de G ans à celui de 11 ans. La sanction en sera le certificat d’études primaires élémentaires, cpii, pour deux raisons, différera du certificat institué par la loi de 1882. Il sera obligatoire pour accéder à toute classe supérieure. Il ne constituera plus une « garantie de connaissances primaires », donnant à son bénéficiaire le droit, si! le veut, de quitter l’école, mais il sera un « examen sans prétention, tendant à prouver que l’élève possède les rudiments indispensables ».
- Le certificat d’études obtenu, l’élève ira, à son gré, soit au cours supérieur d’une école primaire élémentaire, soit dans la classe -correspondante d’un établissement du second degré (classe de sixième des lycées, collèges, cours secondaires ; année préparatoire des écoles primaires supérieures, des écoles pratiques de commerce et d’industrie, e| des écoles d’agriculture). Ici intervient l’orientation. Citons ,1c passage suivant que lui consacre l’exposé des motifs :
- « La vie et l’étude, y est-il écrit, s’ouvrent avec leurs incertitudes aux jeunes enfants de 11 ans titulaires du certificat. Sera-t-il possible, un jour, de discerner, à cet âge, par des épreuves spè-cales, les aptitudes de chacun ?
- « Il n’entre pas dans notre pensée de le nier, mais cette vérité n’est pas d’aujourd’hui. I a famille, le milieu social restent les éléments décisifs dans l’orientation des enfants et nous n’y prétendons pas substituer l’Etat. Mais nous réclamons le droit de conseiller et d’éclairer la famille.
- « Nous voulons que pendant une année, sans retarder la marche normale des études, maîtres et parents s’appliquent en commun à découvrir les aptitudes prêtes à se révéler. »
- D autre part, les élèves qui, avant 13 ans révolus, n’auront pas obtenu le certificat d’études, seront admis, pendant un an au moins, flans des classes préparatoires à l’apprentissage technique ou agri-
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- cole. Ils y recevront un complément d’enseignement général et une initiation professionnelle conformes à leur aptitude et adaptés aux activités locales.
- Des autres élèves, certains poursuivront leurs études dans un établissement du second degré. Les autres iront dans les cours complémentaires dont le régime est modifié, par les articles 6 à 11, de façon à les doter « de moyens d’enseignement professionnel indispensables pour améliorer la qualité et la valeur sociale des individus », de façon aussi à assurer la collaboration des ministères intéressés, de façon enfin à adapter les programmes des cours complémentaires aux activités locales, — après consultation de commissions où seront représentés, avec les services officiels, les groupements locaux d’agriculteurs, et, d’une façon générale, tous les groupements économiques intéressés.
- Quelles seront les sanctions pour infraction à l’obligation scolaire ? L’application des sanctions déjà prévues suffirait, avec cette différence que les commissions instituées par la loi de 1882 seraient supprimées et leurs pouvoirs transférés au juge de paix, saisi des délits par ^'inspection primaire.
- Un certificat d’assiduité scolaire sera établi et exigé des candidats à des fonctions de l’Etat, des communes ou des établissements publics.
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- * *
- Le Projet de création de l’Office parisien d’O. P.
- M. Contenot, président de la 4e commission (Enseignement) du Conseil municipal, a établi un projet de création d’un office d'O. P. à Paris, dans un rapport très étudié, dont nous donnons ci-dessous quelques extraits.
- « Dans toutes les études précédentes qu’il nous a été donné de présenter, soit au Conseil municipal, soit à la Commission administrative des Comités de patronage d’apprentis, soit à la Commission départementale d’orientation professionnelle, voire même au Comité départemental de l’enseignement technique, nous avons signalé l'extrême urgence qu’il y avait à créer dans le département de la Seine un Office d'orientation professionnelle qui, comme nous le disions jadis, aurait pour but de conseiller aux enfants, généralement au sortir de l’école primaire, une profession, un métier qui réponde à leurs goûts, à leurs intérêts, à leurs connaissances et aptitudes et qui, tenant compte de l’état du marché du travail, ne ferait pas abstraction de la situation de la famille.
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- « Depuis 1922, La question est à l’étude : rien n’avance. Il semble même qu’on assiste à un recul : le service d’Orientation professionnelle qui avait été institué à l’Office départemental de placement et qui, dans sa modeste sphère, rendait de réels services, vient d’être supprimé ; les Comités de patronage d’apprentis, malgré leur bonne volonté évidente, ne peuvent résoudre le problème ; la Commission départementale d’orientation professionnelle et, ses souis-commi'ssions, -arrivées à un point mort, ne donnent plus signe de vie ; les ressources nécessaires pour le fonctionnnement de l’Office envisagé paraissent — et ceci s’explique mal — difficiles à trouver.
- « Et pourtant, ce ne sont ni les appels, ni les encouragements qui nous manquent : c’est le vœu du Conseil d’administration de CInstitut national d’orientation professionnelle de voir se créer bientôt à Paris un Office d’orientation professionnelle digne de la capitale et où pourront s’initier les futurs conseillers d’orientation professionnelle ou orienteurs ; c’est la mise à l’étude, par la Section départementale de l’Association française pour le développement de l’enseignement technique, des moyens à envisager pour mettre debout l’organisme dont on attend le plus grand bien ; c’est la demande du sous-secrétariat d’Etat de l’Enseignement technique, de voir le département de la Seine tenter à son tour les expériences pleines de promesses du Rhône ; c’est l’institution des bourses d’apprentissage dont l’octroi est conditionné à l’avis des Offices d’orientation professionnelle ; c’est la création récente des Commissions de sélection chargées d’arrêter la liste des candidats à admettre dans les établissements d’enseignement secondaire et au sein desquelles figurent des représentants des Offices d’orienta-lion professionnelle ; c’est surtout la poussée du public et des édu cateurs eux-mêmes qui dans la période que nous traversons, se trouvent quelque peu désemparés pour orienter la jeunesse ; c’est enfin le sentiment étrange qu’éprouve toute personne soucieuse de l’intérêt de notre adolescence parisienne de ne pouvoir, comme cela existe à Vienne, Berlin, Rome, Madrid, Moscou, Zurich, Baie — pour ne citer que quelque® grandes villes — montrer une organisation d’orientation professionnelle que nous voudrions modèle...
- « Nous comptons l'école parmi la plus importante des collaboratrices : c’est là que s’établira le dossier d’orientation professionnelle de l’enfant à orienter, dossier qui comprendra :
- « La petite composition qu’au moment de la sortie de l’école l’enfant remettra pour faire connaître son ou ses désirs, les motifs de son choix, ses occupations favorites, etc. ;
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- « La notice scolaire qu’établira le maître sur chaque élève sor tant et sur laquelle, indépendamment des renseignements d’état civil de l’enfant, il donnera une analyse succincte du développement physique et intellectuel, du comportement inoral et social, des connaissances dudit enfant ;
- « La notice médicale qui sera, en quelque sorte, le résumé des observations qu’aura faites le médecin inspecteur au cours de la scolarité et qui, dans une forme ne pouvant froisser aucune susceptibilité, fera connaître les contre-indications de toutes natures qui devront éloigner l’enfant de tel ou tel métier.
- « Mais nous compterons aussi sur 1 école pour préparer l’enfant à l’orientation professionnelle, pour le placer, comme le demandent les vœux de Bruxelles, dans une sorte d’ambiance professionnelle « et créer en lui une mentalité professionnelle »...
- « Messieurs, .mon opinion est nette : ne procédons point par petits paquets,, voyons aussi grand que possible immédiatement et créons au moins l’Office d’orientation professionnelle de la ville de Paris qui, dans quelques années, espérons-le, deviendra l’Office départemental d’orientation professionnelle... »
- Il faut souhaiter que le projet de M. Contenot, qui ne comporterait qu’une dépense annuelle de GOO.OOO francs, pour l’orientation d’environ 20.000 enfants, soit adopté rapidement par le Conseil municipal, car on comprendrait mal que la ville de Paris reste, sur ce terrain, tellement en retard !
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- L’O. P. en Angleterre
- La Revue Internationale clu Travail de janvier 1933 nous fournit, sur cette question, des renseignements intéressants, non pas qu’ils nous apprennent quelque chose de nouveau, mais parce qu’ils confirment l’idée que nous ne cessons de défendre, à savoir l’utilité et l’efficacité d’une O. P. simple.
- Il existe en Angleterre des « Commissions consultatives pour l’emploi des jeunes gens » et des « Commissions de l’emploi des jeunes gens » qui rappellent, en plus d’un point, les « Comités de patronage d’apprentis » du département de la Seine. Leur rôle est « d’aider à conseiller sur le choix d une carrière les enfants des deux sexes, qui ont quitté l’école (à 14 .ans au moins) et qui ont moins de 18 ans, à les placer et à les surveiller autant qu’il est nécessaire au début de leur vie professionnelle ». Par leur composition (représentant des autorités locales de l’instruction publique, instituteurs, employeurs, ouvriers, personnes s’intéressant à l’adolescence, etc.), ces commissions représentent « les aspects pédagogique, professionnel et social de la vie du jeune travailleur ».
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- •v+c:.
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- Au 31 décembre 1931, on en comptait respectivement 165 et 108, soit 273.
- Leurs moyens d’,action sont, aujourd’hui classiques1 : visites d'établissements industriels, causeries faites par les employeurs, projections, films, interrogatoires individuels, entretiens avec les parents, etc..., monographies professionnelles et tracts.
- Les renseignements nécessaires au Juvénile Officer chargé d’orienter sont fournis par les directeurs d’écoles (fiches individuelles Où sont indiqués les vœux des parents en des enfants, les aptitudes du candidat au travail désiré, son niveau d’instruction, le degré de surveillance ou d’assistance dont il a besoin, les renseignements donnés par le médecin scolaire).
- Sans doute s’étonnera-t-on de voir le côté psychologique du problème si peu accusé. C’est que h Angleterre comme la France n’ont pas voulu attendre, pour agir, que, comme le dit II. Luc, dans Y Information l'niversitaire (21 janvier 1933), « la technique nouvelle ait acquis une perfection, une infaillibilité que l’on ne demande ni à la médecine, ni à l’enseignement, ni même aux arts de l’ingénieur... » Ces deux pays sont allés de l’avant et les résultats obtenus sont déjà très appréciables.
- L’article précité de la H. I. T. nous infoi me que le nombre total de placements opérés par les bourses du travail ou les bureaux de placement a atteint 306.821 en 1931. Grâce à l’O. P., « les jeunes gens et leurs parents semblent incliner de plus en plus à rechercher des perspectives raisonnables d’emploi permanent et offrant des chances d avenir, plutôt que des métiers sans issue, mêtne s’ils comportent un salaire de début relativement élevé. »
- .lulien Foxtkgnu.
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- Nouvelle contribution à la dissociation de la fonction « Mémoire »
- Dans une nouvelle étude sur la mémoire (1), complétant des recherches antérieures, A. Anastasi trouve la confirmation d’un facteur indépendant, décelable par diverses catégories de tests et dont 1 importance dans l’examen des aptitudes individuelles ne saurait échapper à aucun orienteur. L’intérêt particulier de ce travail réside dans l’étude de la nature de ce facteur ; se trouve-t-on en face d une fonction simple ou complexe ? — le fait de réussir dans certaines épreuves faisant appel à ce mécanisme permet-il de conclure <t une aptitude générale, ou au contraire, réussit-on inégalement des
- (1) Further Studies on lhe Memory Factor. Arch. of Ps. n° 142, 58 p,
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- exercices portant sur un matériel différent, exigeant des techniques diverses mais faisant intervenir un même travail d’acquisition, de rétention et d’évocation ?
- Ce facteur est mis en évidence par la comparaison de résultats obtenus dans quatre lests de mémoire, avec ceux d’exercices correspondants quant à la nature même des épreuves (verbale et numérique) et ne mettant pas en jeu celte fonction.
- Son caractère complexe est. révélé par l'emploi d’une batterie de tests faisant appel : les uns, à la mémoire immédiate, les autres, à la mémoire retardée, et portant sur des opérations intellectuelles d’ordre divers, tests verbaux, d’association, syllabes dépourvues de sens, fragment de texte, analogies, lests de Seashore, tests moteurs, etc. La valeur des intercorrélations est, en général, très faible, souvent nulle. L’examen des coefficients tend à montrer l’influence moins considérable de la technique employée, cpie du matériel à retenir ; le fait d’avoir à reproduire ou simplement à reconnaître semble de peu d’importance. La conclusion qui s’impose est l’impossibilité d’admettre l’existence d’un facteur simple, paraissant également dans toutes les formes de mémoire, et l’obligation de tenir compte de la présence de types correspondant à des aptitudes professionnelles bien déterminées. J. M.
- Education et préparation professionnelle des estropiés
- La publication du livre de Hans Würtz : Brisez les Béquilles, avec, sur la couverture, figuration d’un poing vigoureux se chargeant d’exécuter l'ordre du titre m’a remis en mémoire une visite faite il y a dix-huit mois à cet éducateur dans la belle institution de Rerlin-Dahlein (fondation Oscar ïïelene Heim). Würtz s’est montré un extraordinaire animateur, sachant donner (1), à tous les jeunes estropiés réunis dans cette maison la joie de vivre, l’entrain, le goût de l’effort, réussissant à leur assurer une éducation complète et une préparation professionnelle. Le manchot, le bancal, le cul de jatte, le nain, le bossu, le paralytique, rivalisent d’activité. Et c’est un spectacle étonnant que l’exécution de morceaux de bravoure par un orchestre endiablé exclusivement composé des pensionnaires estropiés ! Un des éléments essentiels dans l’action suggestive exercée par Würtz, c’est la conviction qu’il arrive à donner que les hommes célèbres, les héros de l’humanité, les génies de l’art, de la littérature, de la science, de l’action sociale,
- (1) H. Würtz Zerbrecht die Krucken, V. Voss, Leipzig, 1932.
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- uni clé des estropiés, ot que c’est justement à cause (1e leur déficience physique, que par un effort de redressement, une « surcompensation » ils se sont élevés au-dessus du vulgaire.
- Les livres, les tableaux, les dessins constituent un musée de redressement moral utilisé par Würtz dans sa tâche psychothérapique, qui doit plus encore à son action personnelle communicative qu’aux moyens- employés.
- Son livre est l’exposé de ces moyens, c’est une apologie des estropiés, en prenant l’expression dans un sens assez large pour y comprendre, non seulement les mutilés de guerre, les hommes atteints de paralysies mêmes tardives, les difformes simples, mais encore les anormaux de la taille, nains ou géants, avec une extension des limites du nanisme suffisante pour y inclure Napoléon.
- Les listes d’estropiés célèbres comprennent des classements par catégories et par pays. Nous trouvons ainsi, en France, entre autres, Balzac, Boucher, Courtéiline, Gounod, Greuze, Guizot. Henri IV, Victor-Hugo, Lamennais, Marat, Napoléon, Robespierre, Scarron, Talleyrand, Thiers, Verlaine, Voltaire, Watteau, et aussi le général Gouraud et le général Pau.
- l ue série d’oeuvres littéraires où figurent des estropiés, ou de représentations par des peintres et des sculpteurs, complète la documentation donnée par Würtz ; mais la manière de s’en servir demeure le point le plus important.
- Parmi les problèmes que pose l’utilisation sociale des déficients, l’éducation professionnelle des estropiés (ni constitue un des plus importants.
- La Suède a quatre institutions d’assistance aux estropiés avec les services cliniques, les écoles techniques d’apprentissage professionnel (dont le travail d’atelier contribue par Ses recettes au budget général, qui dépasse 17 millions de francs), et une école spéciale.
- L’Allemagne possède une Ligue générale d’assistance (Deutsche Vereinigung fur Krüppelfürsorge) et plusieurs institutions dont la plus importante est celle de Dahlem qui. à plusieurs points de vue, peut être considérée comme un modèle et il faut dire qu’à côté d’un excellent service médical pourvu d’ingénieux moyens de prothèse, c’est toutefois l’œuvre pédagogique de redressement, de rétablissement moral poursuivie par Hans Würtz qui fait de l'Institut Oscar Helcne lleim une admirable maison.
- IL P.
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- A travers les Revues
- Dans ïEcole libératrice (31 décembre 1932 et 11 février 1933), une chronique de psychologie expérimentale, par Marcel François, est consacrée à la méthode des lests-
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- L’O. P. comme moyen de lulter contre le chômage fait l’objet d’un article du Dr F. Molle, dans le n° 36 (25 décembre 1933) 'de la « Reichsarbeitsblalt ».
- Le n° 2 (15 janvier 1932) contient une série d’articles sur les précautions à prendre contre les accidents de travail dans diverses branches d’industrie. C’est ainsi que le ür Nuck parle des dangers dans la vulcanisation à froid des objets en caoutchouc ; A. Culminer donne des conseils pour protéger les doigts dans le travail à la presse, etc.
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- Dans La Heine d'Hygiène Mentale (novembre 1932) le docteur Vré traite de l’examen médical et psycho-physiologique des conducteurs d’autos. Il insiste surtout sur l’influence de l’alcoolisme et ses dangers dans la pratique du métier et sur l’étude des temps de réaction des conducteurs.
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- M. Pradelle a fait devant l’Académie des sciences et belles Ict-Ires de Toulouse, une intéressante communication sur le métier de madré verrier dont une partie est reproduite dans le Bulletin de la Chambre des métiers de la Gironde (décembre 1932).
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- Dans le Bulletin die VAssociation mêdico pédagogique liégeoise, signalons une élude du Dr Galet sur les aptitudes respiratoires et l’éducation des chanteurs (n° 22 de janvier 1933), et rappelons que le n0 20 (juillet 1932) avait publié une conférence de L. Wellens sur la détermination des aptitudes musicales (avec démonstration des tests de Seashore).
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- Dans l’excellente revue Educaçao, organe de la direction générale de l’enseignement de l’Etat de Saô Paulo, au Brésil (n° 3
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- octobre-novembre 1932), se trouve une notice sur le service de psychologie appliquée organisé dans cet Etat, et qui comprend une section de tests (mesures mentales), une section d orientation professionnelle (.avec un service d'application de tests, et un service de recherches), et une section de statistique.
- Une étude provenant de ce service et consacrée à 1 étude des lests A. B. C. établis par Loim:\uo Fiuio, est publiée par Damasco Pe.na dans le numéro de décembre de cette revue.
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- bans le premier Bulletin de la Société de Biotgpologie (décembre 1932) sont publiées les communications statistiques de M- (1. Darmois et R. llrasoN à la séance du 7 novembre de cette Société, cl une élude de 11. Laugier, Ed. Toulouse et Mlle I). Weinberg sur la biotypologie et l'orientation professionnelle (d’après la communication présentée au Congrès de l'Education nouvelle, à Nice en juillet 1932).
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- bans la Presse Médicale du 18 janvier 1933, Policaru expose la mode de formation des nodules par action pulmonaire des poussières minérales, dans la silicose, et attribue celte formation à un processus tuberculeux préalable, voyant dans le nodule une granulation mixte silico-tuberculeuse, ce qui entraînerait cette conséquence que, si I on éliminait complètement les tuberculeux, même légers, des industries de la silice, on éviterait toute silicose.
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- Dans les Comptes rendus de la Société de biologie (tome 111, 1932, p. 014) une note de G. Ouereli.i et N. Apoi.ito indique que dans le personnel des machines d’un paquebot à mazout, travaillant par périodes de 4 heures, à une température de 43°, la pression sanguine se maintient à un niveau normal, plutôt un peu bas, avec légère accélération du pouls après le travail.
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- Artisanal. — On trouvera dans le n° 94 (27 janvier 1933) et dans le n° o (3 lévrier 1933) de la Gazette des Métiers, une étude sur la notion (b* 1 artisan dans le droit français, de même qu’un article s,,r l;l future réglementation de l’apprentissage artisanal en France.
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- INFORMATIONS
- En Congrès international pour la protection de l'Enfance se tiendra à Paris, du 4 au 0 juillet prochain, avec comme thème général : Etatisme el bienfaisance, et comme thèmes particuliers des sections :
- 1. Maternité : consultations prénatales (Président : Dr Colve-
- LA1RE.
- 2. Première enfance : Education technique des mères (Président :
- I )r Moi ri ou AND.)
- 3. Seconde enfance (3 à 14 ans) : Surveillance du développement physique à la période scolaire (Président : l)r Dukestel.)
- \. Adolescence : Surveillance du développement physique de 14 à 18 ans (Président : Dr Ciiailley-Bert.
- 5. Enfance anormale : Sur les moyens pratiques d’apprendre un métier aux anormaux psychiques et d’en favoriser l’exercice (Président : l)r Paul-Boncolr.)
- 6. Service social : L’assistance sociale à l’enfant d’âge scolaire (Président : I)1' Armand Delille.)
- 7. Section juridique : Organisation de la tutelle légale des enfants naturels (Président : M. Leredu.)
- 8. Ouest ions diverses (Président : M. Imbert.)
- A la 5e section, les vice-présidents sont M. le Dr IIeuyer et VI. Journet, le secrétaire général le Dr Guy Néron, et le plan de travail adopté est le suivant :
- 1° Nécessité sociale de la formation professionnelle des anormaux psychiques.
- 2° Les conséquences de l’inoccupation : a) pour l’individu ; h) pour la société.
- 8° Le choix d’une occupation d’après : a) la mentalité ; h) le caractère ; c) l’état biopathologique.
- 4° Comment concevoir et réaliser la formation professionnelle des anormaux psychiques.
- 5° Les organismes nécessaires ; le personnel enseignant.
- 6° Rôle de l’assistance : a) dans l’apprentissage ; b) dans l’utilisation professionnelle, les différents modes.
- 7° Le travail des épileptiques.
- 8° Les anormaux psychiques délinquants el leur formation professionnelle.
- 0° Statistiques indiquant le rendement social obtenu sur les anormaux psychiques à la période post-scolaire (degré de l’adaptation, complète ? partielle ? gains obtenus ; noter l’âge du sujet, etc., etc.).
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- Une société analogue à celle, bien connue, de l’Aide aux cardiaques, vient de se constituer : c’esl l'Aide aux enfants paralysés, qui a ouvert à Paris, 7, rue Wilfrid-L.au rier (14efi, un centre de triage et de traitement (renseignements tous les jours, de 9 h. à 10 h., téléphone : Vaugirard 49-69).
- M. Bonhomme assurera la consultation de triage le*mercredi à 9 heures. Les enfants reconnus « api es au centre » seront dirigés sur la consultation neurologique de M. Tourna y (mardi et vendredi à 9 heures). Un service spécial de gymnastique el d’éducation motrice sera dirigé par Mme Bertin-Hugault (les mardi, mercredi et samedi, dans la matinée). Enfin un service social doit donner aux familles les conseils et directives utiles.
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- Cérémonie ù la mémoire de Decroly. — Le 19 janvier, à la Maison de la mutualité, a eu lieu une cérémonie à la mémoire du regretté Ovide Decroly.
- M. Langevin, qui présidait, assisté de M. Leconte, directeur de l’Enseignement primaire de la Seine, a parlé du rayonnement de l’œuvre de Decroly dans le monde, et de la pénétration de ses idées pédagogiques dans l’école française, en particulier à l’école maternelle. M. Piéron a exposé les bases scientifiques de l’œuvre. VI. Wallon le point de vue des anormaux dans le système pédagogique decroly en, MUe Flayol de l’Ecole Decroly, M. Jadot, écho-vin d’Angleur, de l’enfance du maître disparu.
- Cette manifestation, organisée par une série de sociétés et groupes (Association française pour l’avancement des sciences, Association générale d’institutrices des écoles maternelles, Cercle universitaire international, Groupe des inspectrices d’écoles maternelles, Groupe français d’éducation nouvelle, Société française de pédagogie, Syndicat national des instituteurs) s’est déroulée devant un public recueilli, avec le concours du chœur de l’Ecole normale d’institutrices.
- Quinze jours plus tard, à la Société de pédagogie, furent présentés les deux derniers films pris par Decroly sur le développement enfantin, et le film de l’Ecole de 1 Ermitage, que Mrae Decroly avait bien voulu prêter.
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- La Société de Biotypologie a tenu une réunion de travail le 6 lévrier sous la présidence de M. Piéron, remplaçant M. Achard, empêché. Elle a entendu une communication de M. Benedict, direc-
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- leur de l’Institut de la Carnegie-Institution, à Boston, sur les différences raciales dans le métabolisme de ba.se, et un rapport du Dr Toulouse sur l'objet de la bioippologie, qui donnera lieu à discussion au cours d’une séance ultérieure.
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- Le 25e Congrès annuel de la « National Vocational Guidance Association » des Etats-Unis doit avoir lieu à Minneapolis, du 23 au 25 février prochain, avec comme sujet principal : « Vocationd Guidance in a planned Society» (L’O. P. dans une société organisée)
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- Le 3 novembre dernier s’est tenue à New-York une conférence consacrée aux problèmes de F admission aux «'collèges» et à l’Orientation éducative (« Educational < luidance »). Cette importante conférence, ayant réuni plus de 500 pédagogues, a été organisée par les institutions suivantes : « American Council on Education », « Progressive Education Association » et « Educational Records Bureau ». Le compte rendu détaillé des conférences plaidant toutes en faveur d’un remaniement des programmes des « collèges » et des principes d’admission qui les baserait sur une connaissance rationnelle des aptitudes doit être publié prochainement dans la revue « Educational Record ».
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- La Vie de l’Institut National d’0. P.
- M. Luc, directeur adjoint de l’Enseignement technique, traite dans une série de conférences, de la philosophie de l’Orientation professionnelle..
- La première a eu lieu le lundi 13 février, à 5 b. 3/4, 41, rue Gay-Lussac. Voici les sujets traités :
- 1° L’aspect moral et social de l’Orientation professionnelle;
- 2° L’Orientation professionnelle au point de vue économique (20 février) ;
- 310 L’Orientation professionnelle et l’individu (27 février) ;
- 4° L’Orientation professionnelle et l’université (6 mars) ;
- 5° L’Orientation professionnelle et la famille (13 mars) ;
- 0° L’Orientation professionnelle et l’apprentissage (20 mars).
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- La Vie de l’Association des anciens élèves
- Le Conseil directeur s’est réuni le 13 janvier.
- MUe Mamelle et Heaume donnent un compte rendu de leur audience par M. Luc, et des suggestions qu'il a apportées.
- Après un échange de vues auquel prennent part tous les membres présents du Conseil directeur, il est décidé que la première séance de travail sera consacrée à un travail de Pivert sur le sujet suivant : « Rapports dun office dO. R. arec le personnel enseignant ».
- Celte séance aurait lieu un jeudi .après-midi, et le Syndicat des instituteurs, notamment, prêterait son concours.
- Pivert présentera d’abord son travail en Conseil directeur le 3 février. 11 verra au préalable M- Piéron pour s’entendre avec lui, et M. Luc.
- \ous nous entendrons avec M. le Directeur adjoint de renseignement technique, pour l'invitation de personnalités.
- il a été également décidé que la deuxième séance sérail occupée par l’étude d’un travail sur le sujet suivant :
- « Rapports d'un office d'O. P. avec les médecins ».
- Et après la mise au point de ces deux questions serait abordée dans une troisième séance de travail, l’élude des :
- « Rapports d'un office d'O. P. avec les familles ».
- L’Assemblée générale aura lieu le vendredi 3 mars. Nous faisons appel à tous nos adhérents pour qu'ils viennent nombreux ce soir-là. Le secrétaire : C. G. Beaume.
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- Siieila Bevington. — Occupational Misfits. — In-8° de 102 pages, avec préface de C. S. Myers. — Londres, Allen et Umvin, 1933. Prix : 6 francs.
- L’auteur, qui a travaillé pendant la guerre dans une usine de munitions, est collaboratrice de l’Institut de Psychologie industrielle de Londres depuis 1922, et c’est cet Institut qui l’a chargée d’une enquête sur des jeunes gens d’un quartier ouvrier de Londres. Elle a comparé 200 de ces jeunes gens occupés à un emploi, et 200 autres n’ayant plus d’emploi.
- La comparaison a porté sud les conditions familiales, la réussite scolaire, l’appréciation des maîtres au point de vue du caractère, la nature des emplois, la réussite industrielle, les connaissances relatives aux professions .
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- De celle enquèle il résulte qu’il n’y u aucune -différence systématique dans les conditions familiales ou dans le niveau intellectuel apprécié d’après la réussite scolaire entre les deux groupes. La différence fondamentale se trouve dans le caractère. Les inemployés ont des défauts de caractère ; ils ont donné moins de satisfaction dans leur emploi, et ils sont plus ignorants des questions relatives aux professions ; la plupart paraissent bien s'être mal orientés dans le choix professionnel.
- Les conclusions de l’auteur portent sur la nécessité d’une instruction des enfants au point de vue des métiers dont ils restent très ignorants, et sur l’organisation systématique de l’orientation professionnelle fondée d”un côté sur la détermination des aptitudes et l’estimation du caractère et, d’autre part, sur une connaissance adéquate du marché du travail. H. F.
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- Quelques livres entrés récemment à la bibliothèque de l’Institut National d’O. P. :
- Francis C. Buros et Oscar K. Buros. — Expressing educatio-nal measures as percentile rendes. The Department of Research and test service of vvorld book Company, U.S.A., 27 pages.
- J. Fontègne. — Questionnaire pour rétablissement des monographies professionnelles. — Chambre d’apprentissage de la maçonnerie, du béton armé et des fournisseurs de matériaux de la région parisienne, 8 pages.
- E. IIelmreich. — Physiologie des Kindesalters. — Julius Springer, Berlin, 1931.
- Julius Bahnsen. — Mosaiken und Silhouetten. — J. Ambrosius Bartli, Leipzig 1931, 194 pages.
- Memoria ciel Ejercicio 1929-1930 del Centro de Psicotecnica y Orientacion profesional. — Buenos-Aires, 1930, 16 pages.
- L’Orientation professionnelle obligatoire. — Rapport de la Confédération générale du travail, Paris, septembre 1931 ; 8 pages.
- A.-S. Otis, Pii. D. et J.-S. Orléans, Pii. D. — Manual for transmuting Standarclized Test Scores into Tenus of School Marks. — The Department of Research of World Book Company, U.S.A., 17 pages.
- Ross O. Runnei.s, Pii. D. — Manual for determining the équivalence of mental âges obtained from. Group Intelligence Tests. — The Department of Research and Test. Service of World Book Company, U.S.A., 14 pages.
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- 5e Année
- N° 3
- Mars 1933
- BULLETIN
- DE
- l’Institut National d'Orientation Professionnelle
- Essais en vue de l’établissement d’une fiche d’aptitude technique <<>
- (suite)
- Par M“* Henri PIERON
- Test M i P de la Fiche d’Aptitude tecnhique
- Ce test fort souvent employé et connu sous le nom de test des lacune a été imaginé par Friedrich. Il mesure comme le précédent une forme de représentation spatiale.
- Voici en quoi il consiste : supposons une bande de papier mi partie noire mi partie blanche dans laquelle on aurait prélevé des morceaux de formes et de tailles diverses ; mais tels que remis bouts à bouts dans les endroits d’où ils ont été extraits ils reforment la ligne noire et blanche complète.
- On présente donc à l’enfant, d’une part, le dessin des lignes noires et blanches auxquelles il a été fait des prélèvements et, d’autre part, dans un tableau sur le côté, les petits morceaux de lignes prélevés. Chacun de ces petits morceaux porte une lettre. L’enfant n’a qu’à indiquer sur chaque lacune des lignes la lettre ou les lettres des morceaux susceptibles de la combler.
- Il y a en effet des lacunes pour lesquelles plusieurs morceaux sont nécessaires pour les combler.
- Voici, grandeur réduite, le test tel qu’il est présenté à l’enfant.
- (1) Voir D. 1. N. O. P. juillet 1992, p. 101-164 ; n‘ 8, octobre 1932, p. 189-M4 ; n" 2, février 1933, p. 29-37.
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- Le tableau A représente une grosse bande moitié blanche, moitié noire. Dans cette bande 01, a coupé des petits morceaux que vous trouverez dans le tableau B.
- Mettez dans chaque blanc du tableau A (blancs indiqués par des chiffres) les lettres inscrites sui lès petites pièces que vous croyez devoir aller pour combler chaque lacune.
- II faut, soit 1, soit 2 morceaux pour remplir chaque lacune.
- TABLEAU B TABLEAU A
- w \ 6 f H \ i \
- ÉHr 'HHHr
- 7 a 9
- Temps. — Le temps accordé est 0 minutes.
- Correction. — On marque les morceaux bien mis et on en relève le nombre séparément pour les lacunes où un seul morceau est nécessaire et les lacunes où deux morceaux sont nécessaires.
- Il peut donc arriver que dans les lacunes à plusieurs morceaux il y ait un morceau exact et un morceau inexact — le morceau bien mis compte bon.
- Notation. *— On donne 1 point par morceau bien mis pour combler les lacunes à un morceau et 2 points par morceaux bien mis pour combler les lacunes à plusieurs morceaux.
- Dans le test présenté il y a quatre lacunes ne comportant qu’un morceau et cinq lacunes en comportant deux.
- Le maximum est donc : Pour les lacunes à un morceau : 4 morceaux x 1 point = 4 points ; pour les lacunes à deux morceaux : 10 morceaux x 2 points = 20 points. Au total 24 points pour un test rempli parfaitement.
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- C’est encore en U. R. S. S. que l’étude de ce test a été le plus parfaitement faite (1).
- (1) «L’ouvrier adolescent et le choix de la profession», recueil publié par Vlnslilul Obouch, sous la direction de Pachomytcheff, Moscou 1929, p. 105-136.
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- Ce sont toujours sur les mêmes élèves des écoles professionnelles des établissements métallurgistes que ce test a été appliqué. Cette étude faite sur 1807 sujets en 1926 et 2.598 sujets en 1927 comportant pour le total d’enfants étudiés (4,465) 1370 garçons et 1228 filles.
- Comme pour les autres tests les normes sont établies en pourcentage et le temps donné était de 6 minutes.
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- * *
- Influence du degré d’instruction sur la réussite. — Comme pour les autres tests déjà étudiés le degré d’instruction se marque dans la réussite. Les sujets se répartissaient en six grades ou degrés différents d’instruction.
- Leur réussite pour le test des lacunes se présente ainsi :
- Pour 1926. -— Le 1er degré n’avait pas de représentants ;
- 2e degré : réussite moyenne 23,2 (187 sujets) ; 3e degré : réussite moyenne 33,5 (947 sujets) ; 4e degré : réussite moyenne
- 43.8 (413 sujets) ; 5e degré : réussite moyenne 49 (154 sujets) ; 6e degré : réussite moyenne 59,5 (124 sujets). La réussite moyenne générale des 1.867 sujets étant de 37,5 avec une erreur moyenne de + 0,9. Il y avait donc une différence de réussite moyenne de 36,3 (59,5 — 23,2) entre le 2e degré et le 6e degré.
- Pour l’année 1927, nous trouvons les chiffres suivants : 1er degré : réussite moyenne 15,7 (120 sujets) ; 2e degré, réussite moyenne 19,3 (376 sujets) ; 3e degré : réussite moyenne
- 29.8 (1.000 sujets) ; 4e degré : réussite moyenne 34,2 (671 sujets) ; 5e degré : réussite moyenne 46,47 (211 sujets) ; 6e degré : réussite moyenne 46,8 (242 sujets).
- La réussite moyenne des 2619 sujets étant de 27,4 avec une erreur moyenne de + 0,44 au lieu de 37,5 différence explicable en partie par l’entrée dans la statistique de 120 élèves du 1er degré qui n’entraient pas dans la statistique de 1926.
- La différence de réussite moyenne entre le 1er degré et le 6° degré représente donc 31,1 (46,80 — 15,7).
- Les résultats sont donc tout à fait comparables entre les deux séries d’expériences.
- Si l’on mélange les deux expériences de 1926 et 1927 la dif-
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- férence de moyenne entre la réussite du grade inférieur et celle du grade le plus élevé est égale à 33,7 %.
- Néanmoins il faut remarquer dans l’étalonnage des résultats groupés par grades, on trouve quel que soit le grade, de très mauvais sujets ayant la note zéro et de très bons obtenant le maximum, c’est-à-dire la réussite 100 %.
- La différence se note si l’on considère la note médiane qui est : réussite 20 % pour le 3® grade ; réussite 37 % pour le
- 4i: grade ; réussite 43 % pour le 5e grade ; réussite 47,5 %
- pour le 6e grade ; réussite 60 % pour le 7° grade pour 1926.
- Et pour 1927 : réussite 20 % pour le 3e grade ; réussite 23 % pour le 4e grade ; réussite 32,5 % pour le 5e grade ;
- réussite de 47,5 % pour le 6e grade et de 45 % pour le 7e
- grade.
- La moyenne s’améliorant régulièrement avec le grade il était intéressant de voir s’il y avait une corrélation forte entre les réussites dans l’instruction scolaire et la réussite dans le test.
- Pour étudier le coefficient de cette corrélation, les psychologues prirent la méthode suivante : ils établirent, comme nous l’avons indiqué une échelle d’appréciation à 5 degrés :
- 1er degré : les mauvais dans lesquels ils firent entrer les 10 % plus faibles ; 2e degré : les moyennement mauvais, comprenant les 20 % suivants ; 3e degré : les moyens, les 40 % suivants ; 4e degré : les moyennement bons, les 20 % suivants ; 5f degré : les bons, c’est-à-dire les 10 % meilleurs.
- Ayant établi comment se répartissent les sujets pour cha- . que degré d’ihstruction parmi ces cinq degrés de réussite et ayant calculé la corrélation r ils obtinrent le résultat suivant : n
- r = +0,12
- Ce qui est une corrélation très faible.
- Cela montre que plus l’instruction des enfants est forte plus la réussite moyenne est bonne mais que cependant ce ne sont pas dans chaque grade les meilleurs élèves qui réussissent le mieux le test et réciproquement.
- Dans nos expériences personnelles sur des jeunes enfants du certificat d’études, des enfants sélectionnés de cours complémentaires et des élèves d’écoles professionnelles de Paris ;
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- nous avons trouvé des résultats en % beaucoup plus élevés
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- que sur les enfants russes.
- Mais comme chez eux nous avons noté, quel que soit le développement du degré d’instruction de nos sujets, des réussites totales (100 %) et des échecs complets (0 %).
- Nos moyennes s’échelonnent entre 33,33 % pour les petites filles préparant le certificat d’études jusqu’à 91,60 % chez les grands garçons des écoles professionnelles.
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- Influence cle l'âge. — Les six grades divers qui nous marquent la différence d’acquit et de développement intellectuel des élèves russes contiennent chacun des enfants d’âges comparables. Si nous groupons ces enfants, non par degrés mais par âge nous pourrons comparer les réussites de deux âges quinze et seize ans, qui sont de beaucoup les plus nombreux.
- Nous voyons alors que prenant les résultats de 1.216 garçons testés en 1926 nous en trouvons 627 dont l’âge va de 14 ans 6 mois à 15 ans 6 mois et 589 dont l’âge va de 15 ans 6 mois à 16 ans 6 mois.
- Ces garçons appartiennent à cinq degrés d’instruction.
- La moyenne de ceux de 15 ans est de 39,64 (les moyennes par degré allant de 24,9 % à 65 %).
- La moyenne de ceux de 16 ans est de 40,31 (les moyennes allant de 20,9 à 57,2 %).
- La différence de moyenne est donc de + 0,67 % en faveur des plus âgés, c’est-à-dire qu’elle est nulle.
- Pour les filles de 15 et 16 ans nous avons les valeurs suivantes : filles de 15 ans, réussite moyenne 23,32 % (496 sujets) et filles de 16 ans, réussite moyenne 27,22 % (643 sujets).
- La différence de moyenne est donc de + 3,90 en faveur des plus âgées.
- Cette différence moyenne entre deux âges même plus marquée chez les filles est tellement inférieure à la différence entre résultats après division par sexe comme nous allons le voir et par degré d’instruction que l’on peut dire que l’âge n’intervient pas.
- Si nous rapprochons ces résultats de ceux que nous avons obtenus nous-mêmes sur des élèves d’écoles professionnelles, nous voyons qu’il y a concordance.
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- Le gain en 12 mois de 15 à 16 ans pour les garçons se marque par un gain de 5.40 % et pour les filles de 1,79 %.
- Mais si nous cherchons le gain avec l’âge chez nos enfants d ecoles communales préparant tous le certificat d’études ou venant de l’obtenir nous verrons un comportement différent.
- Nous avons eu 537 sujets : 255 garçons et 282 filles réparties en trois groupes d’âge : 1° groupe enfants de 10 ans 6 mois à 11 ans 6 mois ; 2° groupe de 11 ans 6 mois à 12 ans 6 mois ; 3° groupe de 12 ans 0 mois. Soit une différence d’âge de 30 mois entre le plus âgé et le plus jeune des sujets.
- Pour les garçons noùs avons obtenu comme réussite sur 24 points : 1° groupe, 11,83 (31 sujets), 2° groupe 13,74 (101 sujets), 3° groupe 12,42 (74 sujets).
- Pour les filles, les résultats sont les suivants : 1° groupe 7,37 (37 sujets), 2° groupe 5.72 (112 sujets), 3° groupe 6,06 80 sujets), 4° groupe 7,88 (53 sujets).
- Nous constatons que la différence de réussite dûe à l’âge se comporte dans ces expériences assez différemment. Chez les filles, en 36 mois la différence de réussite a progressé de 37,70 % et pour les garçons l’augmentation de la réussite avec l’âge est de 35,4 %.
- Il semble qu’il y ait pour ce test un gain appréciable chez des enfants jeunes et que ce gain cesse de se faire sentir à l’âge de 15 ans.
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- Influence du sexe. — Comme dans le test de représentation spatiale de Thurston et Jones nous trouvons une supériorité masculine nette dans les résultats de ce test.
- Reprenons les résultats en différenciant les sujets filles et les sujets garçons. Nous avons en 1926 sur 1867 sujets 1678 garçons et 189 filles, les résutats suivants.
- Pour les sujets masculins la moyenne générale de 39 avec une erreur moyenne de + 0,64 ; Pour les filles la moyenne générale est de 24,5 avec une erreur moyenne de + 5,1.
- Pour l’année 1927, sur 2619 sujets nous avons 1273 garçons et 1.246 filles.
- La moyenne générale des garçons est de 33,6 avec erreur moyenne de + 0,07 et pour les filles la moyenne générale est de 24,5 avec erreur moyenne de + 0,60.
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- Nous trouvons donc en 1926 comme en 1927 une supériorité masculine : de 14,5 % en 1926 et de 9,1 % en 1927.
- Considérons seulement les résultats de 1927 pour lesquels la distribution des filles et des garçons par degrés était plus homogène. Nous voyons que, quel que soit le degré d’instruction, la différence de réussite est toujours en faveur des garçons et elle augmente à peu près régulièrement au fur et à mesure que le degré d’instruction est plus haut.
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- Résultats français dans les écoles professionnelles
- ♦
- Appliqué chez les mêmes sujets que les tests précédents nous avons obtenu les valeurs suivantes :
- La moyenne donnée par les garçons est de 20,09 (177 sujets) et celle des filles de 14,76 (273 sujets).
- Les jeunes filles appartenaient à deux écoles ; nos moyennes par école sont de 16,53 pour 113 enfants de la première école et 13,58 pour 160 élèves de la seconde école.
- Résultats des garçons. — Etudiant toujours les mêmes métiers nous obtenons pour ce test la meilleure réussite donc la lre place au métier de précisionniste, réussite moyenne 23,12 ; (29 pour le lest BiP et 4° pour Ai P).
- La seconde place aux outilleurs, réussite moyenne 21,38 (7° pour B i P et 3°" pour A i P ).
- La troisième place est aux ajusteurs, moyenne 21,11 (1° pour BiP, et 1° pour Ai P).
- La quatrième place revient aux forgerons, moyenne 19,90 9° pour BiP et 6° pour Ai P).
- La cinquième aux mpdeleurs, moyenne 19,82 (3° pourBiP et 2° pour A î P).
- La sixième place appartient aux tourneurs, moyenne 19,68 (6° pourBiP et 8° pour Ai P).
- La septième place est prise par les menuisiers, moyenne 18,66 (5° pour B i P et 5° pour A i P).
- La huitième place est aux chaudronniers, moyenne 18,33 (4° pour BiP et 9° pour. Ai P).
- Le neuvième et dernier rang est occupé par les serruriers avec une moyenne de 17,37 (8° pourBiPet 7° pour AiP).
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- On voit dans ce classement que ce test représente en tant que représentation spatiale quelque chose d’assez différent des tests précédents qui ne font pas double emploi.
- Les corrélations de ces tests entre eux sont :
- P M i P et B 4 P = + 0.219
- P M i P et A i P = + 0.290
- P B i P et A i P = + 0.301
- Prédiclivité du test par rapport au métier (1). — Les métiers pour lesquels la prédictivité est positive sont les suivants, en les classant par ordre d’importance :
- a) Corrélations positives :
- 1° Menuisiers (moyenne 18,66) corrélation + 0,397 (corrélation avec BiP + 0,548 et avec AiP + 0,385).
- 2° Modeleurs (moyenne 19,68) corrélation + 0,309 (corrélation avec BiP + 0,323 et avec AiP égale à 0).
- 3° Ajusteurs (moyenne 21,11) corrélation avec BiP + 0,383 et avec BiP + 0,080).
- 4° Serruriers (moyenne 17,37) corrélation + 0,224 (corrélation avec BiP + 0,172 avec AtP + 0,809).
- b) Corrélations nulles •
- 1° Précisionnistes (moyenne 23,12) corrélation — 0,022 (corrélation avecBiP + 0.141, avec Ai P —0.§48).
- 2° Chaudronniers (moyenne 18,33), corrélation — 0,056 (corrélation avec Bi P +0,141, avec A i P — 0,548).
- c) Corrélations négatives :
- 1° Tourneurs (moyenne 19,68) corrélation — 0,201 (avec B i P = 0, avec A i P + 0,445).
- 2° outilleurs (moyenne 21,38) corrélation — 0.218 (avec B i P, — 0,309 avec A iP — 0,350).
- Résultats des jeunes filles. — Parmi les 273 jeunes filles testées ayant donné la moyenne générale de 14,76 nous trouvons comme nous l’avons déjà indiqué à propos des tesls précédents, surtout deux métiers intéressants : d’abord la cou-
- (1) Pour la formule de corrélation employée se reporter aux tests précédents.
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- tare qui réunit pour les deux écoles 171 sujets et le dessin 3G sujets.
- Pour la couture, la moyenne générale obtenue est de 15,11 se décomposant en une moyenne de 15,97 pour une école et 14,57 pour l’autre. Pour le dessin, la moyenne est supérieure et atteint 18,47.
- Etalonnage. — Voici l’étalonnage que nous avons obtenu. Nous mettons toujours le meilleur résultat le premier et le 100e celui qui a donné le plus mauvais rendement.
- Centilage (maximum 24)
- M 1° 10° 20° 30° o O 50° 60° 70° 80° 90° 100°
- fc 0 o» K
- Ecole prof.. 24 24 24 25 23 22 21 20 17 12 0
- <1 ô Ecole comra. 24 23 22 21 19 15 12 9 6 3 0
- ra H Ecole prof.. 24 24 23 21 19 15 11 9 7 5 0
- A
- A 1
- S Ecole comm. 24 18 13 10 8 6 4 2 0 0 0
- Cet étalonnage montre que ce test satisfaisant pour les enfants français jusque vers 14 ans se montre trop facile pour les enfants plus âgés, surtout pour les garçons.
- M.-H. P.
- NOTES ET DOCUMENTS
- Les études génétiques sur l’intelligence
- On sait que les généticiens arrivent à rendre compte des transmissions héréditaires dans les croisements en faisant appel à l’existence, dans les cellules germinales, de facteurs commandant les caractères envisagés, de Gènes, dont certains sont dominants quand ils entrent en conflit avec d’autres, qui apparaissent comme récessifs.
- Chez l’homme, l'étude génétique est rendue difficile, car elle nécessite des grands nombres et des descendances abondantes.
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- Mais quelques recherches historiques ou statistiques ont déjà permis d’appliquer les méthodes génétiques à certains traits comme la couleurs des yeux, à des anomalies, comme le daltonisme, à des capacités, comme l’aptitude musicale. Des travaux sont actuellement consacrés à l’hérédité de l’intelligence, problème auquel (laiton s’était déjà consacré en 1809, suivi depuis lors par son élève Pearson.
- C. C. Hurst (1) a fait une investigation systématique sur 194 familles du Leicester en examinant les parents, au nombre de 388, et les enfants, a.u nombre de 812..Et, d’autre part, il a utilisé des données de Woods, recueillies grâce à des documents historiques, sur les niveaux intellectuels présumés de 212 familles royales d’Europe, entre le 16e et 20° siècle (Angleterre, Allemagne, France, Hollande, Espagne, Portugal, Autriche, Italie, Russie, Danemark et Suède), ce qui a donné la comparaison de 424 parents avec 55G enfants. Les niveaux d’intelligence ont été classés en 10 échelons, conformément aux divisions de Galton et Woods, dont les correspondants ont été établis avec les quotients d’intelligence obtenus par l’auteur au moyen de l'échelle Binet-Terman (le quotient indiqué représentant la limite supérieure dans une marge de deux divisions) dans le Leicester : 10, Illustres (Q. I : 2), 9, Eminents (1,8), 8, brillants (1,6), 7, talentueux (1,4), 6, capables (1,2), 5, médiocres (1,0), 4, faibles (0,7), 3, subnormaux (0,6), 2, déficients (0,4), 1, imbéciles, (0,2). Un niveau 0 pour les idiots est prévu mais n’a pas été rencontré.
- Dans les familles royales, on rencontre un grand nombre de niveaux très élevés et très bas, tandis que les familles du Leicester ont une prédominance notable des degrés moyens et ne possèdent aucun cas des niveaux 9 et 10. Le degré 5 se rencontre dans 72 °/0 des cas chez les dernières, dans moins de 50 °/0 chez les premières.
- Examinant la répartition des niveaux chez les enfants quand les deux parents sont moyens (degré 5), ou que seul l’un des deux est moyen, ou enfin qu’aucun des deux ne l’est, Hurst trouve que la prévision pourrait être obtenue en distinguant des gènes d’intelligence normale désignés comme N, dominants, commandant le niveau 5, moyen, et des gènes d’intelligence anormale, récessifs, et subdivisés en cinq paires de gènes, élévateurs de niveau (A, B, C, D, E) ou abaisseurs de niveau (a, b, c, d, e). Avec six couples, donnant 729 formes possibles, ce qui est évidemment large, on au rait en mains de quoi prévoir les répartitions de descendances, à condition que celles-ci soient assez nombreuses, ou tout au moins
- (1) À genelical formula for lhe inheritance of intelligence in Men. Procee-dings o[ tlie Royal Society, B., n° 775, décembre 1932, p. 80-97.
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- les chances d'apparition chez les enfants de tel ou tel niveau d’après la constitution génotypique des parents (si celle-ci peut être elle-même fixée avec assez de précision).
- Le plus difficile consiste à distinguer «si un individu normal (de niveau 5) l’est par action du gène normal N (soit par couple NN, soit par dominance d’un N accouplé à d’autres gènes de la série A, a, etc.) ou s’il l’est par compensation des gènes abaisseurs et des antagonistes (Aa, Bb, Ce, Dd, Ee).
- Dans le second cas, les enfants seront anormaux et occuperont des niveaux élevés ou bas, dans le premier les niveaux moyens se rencontreront seuls ou de façon prédominante.
- Cet appel aux gènes est naturellement assez artificiel (le nombre des couples étant détermine par le nombre des échelons qui ne laisse pas d’être arbitraire). Mais on sait que la notation est pratiquement utile.
- Ce qui s’en dégage, c’est ce fait assez curieux, que les médiocres se perpétuent avec une grande stabilité, et que, lorsqu’on s’écarte de la médiocrité, on a des chances de rencontrer dans les descendants des niveaux supérieurs ou inférieurs.
- Sauf avec des idiots (qui n’auraient pas un seul gène élevant le niveau, de formule aa, bb, ce, dd, ee, et qui d’ailleurs ne se reproduisent pas), des couples de déficients psychiques auraient plus de chance d’avoir des enfants supérieurs que des couples de normaux ; et inversement pour les individus de talent (sauf les illustres, n’ayant pas de gènes abaisseurs, et de formule AA, BB, CC, DD, EE).
- C’est là une donnée qui ne paraît pas avoir encore pris sa place dans les conceptions eugéniques, et qui peut rendre défiant vis-à-vis d’une systématisation de la reproduction : On risquerait à unir seulement des couples talentueux pour la propagation de la race, à se trouver bientôt en face d’une population se divisant en imbéciles ou en génies, les normaux faisant entièrement défaut. Or les médiocres, assurant la stabilité, sont évidemment nécessaires au maintien de l’organisation sociale et de l'humanité.
- Il faudrait limiter les haras humains aux besoins d’individus exceptionnels, avec production inévitable des déchets, en contrepartie.
- *
- * *
- H. P.
- Les vues du Ministre de l’Education nationale sur la sélection
- et le contrôle
- Dans son discours d’inauguration de la dernière session du Conseil supérieur de l’Instruction publique, M. de Monzie a parlé des
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- problèmes actuels soulevés par l'encombrement de l’enseignement supérieur.
- En ce qui concerne la sélection :
- « Je me suis engagé dans cette voie le 21 juin 1932, a-t-il dil, quand j’ai décidé d’instituer une commission de sélection pour admettre dans les classes de sixième des lycées et des collèges les élèves des écoles primaires publiques ou privées, concurremment avec les élèves des classes élémentaires des établissements secondaires. C’était une improvisation pour éviter une cohue, et c’était aussi un essai, valable pour une seule rentrée, sujet h des amendements ultérieurs, proposé en tout cas aux légitimes controverses des pédagogues et des usagers. Peut-être est-il permis, en février 1933, d’apprécier les résultats d’une épreuve de sélection pratiquée en juillet et en octobre 1932. La Fédération des parents d’élèves d’une part, le Syndicat national des professeurs de lycées d’autre part, ont estimé qu’il y avait lieu de se prononcer d’ores et déjà sur les données d’une telle expérience, généralisée en dépit des résistances de l’habitude et du nonchaloir. »
- Et il a ajouté :
- « Il n’y a de sélection valable cpie s’il y a sélection continue. L’encombrement des carrières, plus encore que l’encombrement des classes, nous oblige de mettre en œuvre la sélection comme le principe et la règle de notre éducation nationale à tous les degrés et sous toutes les formes appropriées.
- « L’arrêt du recrutement administratif édicté par le decret du 2 janvier dernier a rendu attentif à cette évidence sociale la plupart des Français qui jusque-là n’avaient point mesuré la disproportion grandissante entre l’offre des diplômes et la demande des métiers. L’émoi manifesté par les étudiants a été légitime et salutaire. Ils ont compris qu’un même risque pesait sur la diversité des vocations, risques de pléthore, de chômage ou d’avilissement professionnel.
- « La pléthore médicale, antérieure au développement de la crise économique, représente simplement un aspect particulier du vaste problème que pose la multiplication des diplômes supérieurs. Je ne parle même pas des aspirants aux grandes écoles : 3.800 en 1927, 6.000 en 1932. La statistique générale des effectifs d’étudiants porte 29.000 en 1900 et 82.000 en 1932. La population estudiantine de Paris, accrue depuis quatre ans de 2.000 inscriptions supplémentaires par an, atteindra 35.000 pour l’année scolaire 1932-1933.
- « J’analyse plus exactement dans le cadre de mes attributions le déficit des emplois par rapport aux titres. Il y avait en 1900, 430 licenciés ès lettres et 254 licenciés ès sciences ; il y eut, en 1931,
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- 1.161 licenciés ès lettres et 809 licenciés ès sciences. Les licenciés qui, naguère, ne songeaient pas à utiliser leurs diplômes, ont été refoulés vers l’enseignement public par l’arrêt du recrutement industriel et le resserrement des fortunes. 1.250 d’entre eux n’ont pas trouvé emploi 'dans l’enseignement secondaire masculin ou féminin : 173 licenciés de philosophie, 225 licenciés d'histoire, 330 licenciés de langues vivantes, près de 500 licenciés de sciences. Cet afflux de demandes coïncide avec les mesures restrictives qu’a imposées l’appiication de la loi du 15 juillet 1932, et qu’imposera demain le respect d’une consigne dont le pays est impatient. »
- Il a conclu en posant le problème du baccalauréat, envisageant un examen plus sévère et plus méthodique des aptitudes !
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- Les incapacités physiques et mentales s’opposant à l’obtention du permis de conduire
- (Transports en commun et poids lourds)
- Désormais, en vertu d’un arrêté du ministre des Travaux publics, tout candidat qui désire obtenir la faculté de conduire, soit les automobiles affectées à des transports en commun de personnes, soit les automobiles dont le poids en charge dépasse 3.000 kilos, doit joindre à sa demande un quatrième exemplaire de la photographie. Il subit, devant un médecin désigné par le préfet, une visite destinée à constater qu'il peut conduire lesdits véhicules sans danger pour la sécurité publique. Au cas d’avis défavorable du médecin, le permis de conduire des véhicules susvisés est refusé. Le candidat peut toutefois demander à être examiné par une commission d’appel, instituée par le préfet au chef-lieu de chaque département. Les frais de visites médicales restent à la charge des candidats.
- La liste des incapacités physiques et mentales s’opposant à Tob tention du permis et qu’il est utile de connaître, est la suivante :
- I. — Appareil cardio-vasculaire
- Sont éliminatoires :
- A. — Les cardiopathies valvulaires et., plus généralement, toutes les affections organiques du cœur, de l’aorte et du péricarde :
- a) Cardiopathies valvulaires ;
- b) Les myocardites aiguës ou chroniques ;
- c) Les aortites et angines de poitrine ;
- d) Les péricardites ;
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- e) Les déviations du cœur à droite ou à gauche dues à des adhérences pleurales ou péricardiques ;
- /) La cyanose congénitale relevant d’une malformation du cœur ou des gros vaisseaux.
- B. — L’hypertension artérielle accompagnée de troubles vertigineux, d’oppression, d’insuffisances valvulaires fonctionnelles, de tachy-arythmie et de bruit de galop.
- Ou bien même en l'absence de complications si l’hypertension atteint ou dépasse 220 m/m Hg pression maxima et 140 m/m Hg pression moyenne.
- Ou bien si, à l’écran, le cœur est très augmenté de volume.
- C. — Le ralentissement permanent du pouls au-dessous de quarante pulsations, accompagné de troubles fonctionnels, notamment de phénomènes vertigineux.
- D. — Les accès de tachycardie paroxystiques, dûment identifiés.
- E. — L’arythmie complète avec signes concomitants et défaillance cardiaque.
- F. — Les anévrysmes des artères des membres ou de l’aorte.
- G. — Les artérites et les phlébites en évolution.
- H. — L’albuminurie avec œdème manifeste.
- Par contre, sont compatibles :
- A. — L’arythmie respiratoire.
- B. — L’arythmie extra-svstolique.
- C. — Les palpitations et les tachycardies.
- D. — La transposition du cœur avec transposition générale des viscères.
- E. — La transposition isolée du cœur à moins qu’elle ne soit due à des adhérences pleurales ou péricardiques.
- F. — La maladie de Roger.
- G. — La persistance du canal artériel.
- IL — Equilibre et oto-rhino-laryngologie
- A. — Appareil naso-laryngo-trachéal. Sont éliminatoires :
- a) L’obstruction permanente complète ou pseudo-complète des deux fosses nasales ou du rhino-pharynx ;
- b) La dyspnée mécanique continue ou paroxystique d’origine cavitaire (larynx, trachée), ou péricavitaire (goître), se traduisant dans la respiration de repos, par du cornage, du tirage, du sifflement inspiratoire, du slridorisme, etc.
- B. — Appareil auditif. — L’incapacité ne peut se mesurer que
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- d’après les troubles fonctionnels, les lésions anatomiques ne constituant qu’un appoint au diagnostic d’invalidité. Sont éliminatoires •
- aj) L’otite chronique suppurée bilatérale ;
- b) La surdité bilatérale totale ;
- c) La surdité bilatérale subtolale (approximativement voix parlée d’une conversation ordinaire non perçue à cinq mètres, voix chuchotée non perçue à un mètre) ;
- d) La surdité unilatérale totale avec surdité hétérolatérale subtotale ;
- e) Les étals vestibulaires vertigineux, continus ou paroxystiques, quelle qu’en soit la cause auriculaire (traumatique ou spontanée) et quel que soit le siège des lésions qui les provoquent, états se traduisant soit par des réactions subjectives (vertige avoué), soit par des signes objectifs évidents de labyrinthisme (nystagmus spontané), soit par le caractère spécial d’épreuves statiques yeux clos, le tout appelant un examen plus approfondi.
- III. — Vision
- Sont éliminatoires :
- a) Les abaissements de l’acuité visuelle (avec ou sans correction par verrej) au-dessous de 8/106 pour chacun des yeux ou bien au-dessous de 7/10° pour l’un des yeux si l’autre garde 9/10® ou bien au-dessous de 6/10® pour l’un des yeux si l’autre a une acuité de 10/106.
- Seront donc éliminatoires le ptérygion empiétant sur l’aire pupillaire, les opacités cornéennes, les staphylômes de la cornée ou de la sclérotique, les kératites chroniques, les déplacements du cristallin, les divers types d’opacités du cristallin ou de la capsule, les colobômes choroïdiens, l’absence de pigment (albinisme), les affections de la choroïde ou de la rétine, les diverses atrophies des nefs optiques, les glaucomes, les nystagmus, lorsqu'ils réduiront l’acuité visuelle au-dessous des limites fixées ;
- b) Les cicatrices palpébrales ou conjonctivales, les symblépha-rons étendus, les ostéites chroniques ou les néoformations orbitaires lorsqu’elles entravent le déplacement du globe oculaire ou gênent sa mobilité.
- L’abolition du réflexe pupillaire à la lumière, même unilatérale et quel que soit l’état du réflexe à l’accommodation ;
- c) Les paralysies d’un ou de plusieurs muscles de l’œil ou des paupières, les paralysies de fonction ;
- d) Toute atteinte reconnue des champs visuels.
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- Sont compatibles :
- 1° Les strabismes concomitants ;
- 2° Le daltonisme ;
- 3° Les inégalités pupillaires avec ou sans irrégularité de concours à condition que le réflexe à la lumière soit normal.
- IV. — Etat intellectuel et mental
- Sont éliminatoires :
- a) Toute affection mentale et notamment les états de déséquilibre mental nettement démontrés ;
- b) Tout trouble mental ayant nécessité l’internement ;
- c) Toute toxicomanie, notamment l’alcoolisme chronique ou aigu ;
- d) Tout affaiblissement mental ou moteur, sénile ou présénile ;
- c) Tout état psychonévropathique provoquant des crises, en faisant remarquer que l’examen clinique suffit à les apprécier.
- V. — Neurologie et motricité
- A. — Crâne et méninges, cerveau et moelle, nerfs périphériques.
- Sont éliminatoires :
- a) Toutes blessures du crâne avant laissé des signes objectifs de lésions méningées ou encéphaliques et toute blessure évidente du crâne qui, bien que non accompagnée de lésions méningo-céré-brales, n’a pas deux ans de date ;
- b) Les lésions traumatiques du nerf optique et. les altérations du fond de l’œil par stase papillaire liée à l’hypertension intracrânienne, notamment dues aux tumeurs cérébrales ;
- c) Les méningites chroniques, même celles ne donnant qu’une symptomatologie très minime et quel que soit le résultat des épreuves du laboratoire ;
- d) Les stigmates d’épilepsie ;
- e) Toutes les affections méningées-cérébrales ou médullaires, aiguës ou chroniques, donnant ou ne donnant pas une déficience motrice ou sensitive apparente au moment de l’examen.
- B. — Motricité.
- Sont éliminatoires :
- a) Aux membres supérieurs : toutes amputations, même d’un seul côté, sauf celles des doigts envisagées plus loin ;
- b) Aux membres inférieurs : toutes amputations, sauf celles des orteils ou de T avant-pied envisagées plus loin ;
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- c) Au tronc : toute affection entraînant une diminution de solidité de la colonne vertébrale ou de la rigidité de la colonne cervicale haute dont la possibilité de rotation complète à droite et à gauche doit être conservée ;
- d) Toutes les lésions fixées des nerfs, des os, des articulations, des tendons ou des muscles, entraînant une diminution de force ou d’excursion d’un membre ou segment de membre comparable aux mutilations ci-dessus.
- Sont compatibles :
- Toute destruction anatomique ou fonctionnelle des os, des articulations, des tendons, des muscles ou des nerfs entraînant une diminution de force ou d’excursion concernant :
- 1° Aux membres supérieurs, les doigts, à condition que l’opposition avec force complète du pouce au 2e, 3° ou 4* doigt, reste possible d’un côté et que l’autre main soit intacte ;
- 2° Aux membres inférieurs, les orteils dont les fonctions peuvent être abolies des deux côtés, à condition que l’articulation tibiotar-sienne ait sa complète excursion et toute sa force. De plus, du côté de l’embrayage, la perte de Tavant-pied-n’est pas éliminatoire.
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- Un facteur « rapidité» dans les tests mentaux
- La limitation du temps dans 1 application des tests mentaux est an problème dont l'importance se trouve démontrée dans une étude de IL Monter. Il emploie dans cette recherche : 5 tests de rapidité constitués par des épreuves nombreuses, de difficulté équivalente, et de lests de niveau mental de difficulté graduée, tels que l’augmentation du temps est sans effet sur la réussite.
- Les tests appliqués à un groupe de 139 étudiants, groupe homogène aux points de vue du sexe, de Ja race et du niveau d’instruc-bon, indiquent une liaison beaucoup plus forte entre les tests de rapidité prix 2 à 2, qu’entre l’un quelconque des tests de cette batterie et les épreuves de niveau mental.
- Lu éliminant successivement, par la méthode des corrélations partielles, l’inlluence de facteurs tels que î’âge ou la nature des épreuves, l’auteur aboutit à la conclusion de l’existence d’un facteur général, commun aux tests de rapidité, et indépendant des tacteurs de réussite affectant les tests de niveau.
- L importance de ce facteur est d’autre part mise en évidence grâce aux tétradifférences qui, rendant compte de la présence de facteurs
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- de groupe, permettent de les annuler par la combinaison des tests, et d’isoler ainsi le facteur général. On trouve que ce facteur intervient à un haut degré dans le rapport étroit existant entre les divers tests de rapidité étudiés et avec une force pratiquement égale, quelle que soit la nature des épreuves, numérique ou verbale, et la diversité de la forme. j
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- Déclin des aptitudes avec l’âge
- Un travail récent de W. R. Miles (The Personnel Journal, février 1933) apporte des données intéressantes sur la courbe d’évolution de diverses aptitudes (sensorielles motrices et intellectuelles) au coure de la vie.
- L’auteur a examiné plus de 2.000 sujets, mais pour des raisons d’ordre pratique ne rapporte, dans son article, que les résultats de 324 personnes. Les tableaux reproduits ci-dessous résument d’une façon claire et succincte les acquisitions principales de l’étude.
- Tableau 1
- Notes moyennes pour des aptitudes psychiques à travers la vie humaine
- FONCTIONS MESURÉES GROUPES D’AGE (Nombre total de sujets : 324)
- R (31s.) 10a - 17a C (49 s ) 18a - 29a D (79s.) 30 a - 49 a E (111 s.) 50 a - 69 a F (54 s.) 70 a - 89 a
- Acuité visuelle (1) 100 98 96 77 48
- Fonctions motrices :
- Rapidité de mouvements de rotation (2) -148 170 169 150 129
- Précision de mouvements (3) 1,30 1,20 1,23 1,34 1,68
- Rapidité de la main (4) 0,23 0,21 0,21 0,20 0,26
- Rapidité du pied (5) 0,26 0,21 0,21 0,23 0,28
- Mémoire immédiate (6) 60 76 80 51 37
- Appréciation des relations spatiales (7). 57 76 79 67 54
- Jugement de bon sens (8) 12 41 34 29 23
- (1) Les moyennes sont exprimées en °/„.
- (2) Nombre de quarts de tours de manivelle d’une machine a main exécutés en 10 secondes.
- (3 à 5) Notes exprimées en secondes.
- (6) Nombre de lettres correctement remplacées par un code pendant cinq minutes.
- (7) Note maxima : 100.
- (8) Note = nombre de questions bien résolues, maximum 60.
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- Tableau 2
- Différences individuelles dans le rendement à VintérieiXr de différents groupes d’âge
- FONCTIONS MESURÉES GROUPES D’AGE
- B (31 s.) 10 a - 17 a C (49 s.) 18 a • 29 a D (79s.) 30 a - 49a E (111 s.) 50 a - 69 a F (54 s.) 70 a - 89 a
- Acuité visuelle. 10,2 p) 19,0 (1 2) 21,6 (3 4) o.op)
- Fonctions motrices :
- Rapidité de mouvements de rotation . 24,o 25,3 23,6 3,7
- Précision 14,3 20,3 31,8 1,9
- Rapidité de la main 57,8 54,8 64,8 21,1
- Rapidité du pied 31,1 37,0 39,2 6,9
- Mémoire immédiate 9,5 8,3 12,2 0,0
- Appréciation des relations spatiales .. 28,6 16,7 42,0 35,7
- Jugement de bon sens 6,1 26,6 19,0 11,8
- Précisons que les tests appliqués ont été les suivants : 1° pour l’acuité visuelle, la lecture à distance des tableaux optométriques (les personnes ayant l’habitude de porter des verres ont été autorisées à les garder pendant l’expérience) ; 2° les fonctions motrices ont été examinées par quatre tests : a) la rotation avec la main droite (ou gauche pour les gauchers) pendant dix secondes dé la manivelle d’une petite machine à roue ; b) la précision’, par la rapidité avec laquelle le sujet pouvait saisir et placer à l’endroit désigné un objet ; c) et d) temps de réaction simples aux stimuli auditifs à l’aide d’une presselle activée tantôt par la main, tantôt par le pied ; 3° la mémoire immédiate par un code conventionnel remplaçant l’alphabet ordinaire ; et 4° le « bon sens » par un test d’intelligence pratique composé de 60 questions (en tenant compte de la rapidité dans la solution).
- Comme il est facile de le constater,le rendement maximum revient aux groupes de 18 à 49 ans. Le déclin se fait progressivement sans subir de sauts brusques. Il faut cependant souligner ce fait
- (1) ”/. de sujets du groupe C qui ont la note égale ou inférieure à la moyenne du groupe E.
- (2) 7» de sujets du groupe D qui ont la note égale ou inférieure à la moyenne du groupe E.
- (3) 7» de sujets du groupe E qui ont la note égale ou supérieure à la moyenne des groupes C et D combinés ensemble.
- (4) 7» de sujets du groupe F qui ont la note égale ou supérieure à la moyenne des groupes C et D combinés ensemble.
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- que, comme le montre le tableau 2, parmi les individus ayant atteint l’âge mûr ou même la vieillesse, 10 à 25 °/„ atteignent encore le rendement moyen du groupe le plus efficient. Ceci expliquerait pourquoi un grand nombre de chefs préfèrent avoir à faire à des employés de 50 à 69 ans qu’à de plus jeunes.
- Il est. à noter également que le rendement dans le test du bon sens diminue bien moins rapidement lorsqu’on ne tient pas compte de la rapidité. A R
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- Une méthode rapide de dépistage des arriérés intellectuels
- Pour faciliter le dépistage des arriérés, le Dr Simon vient d’exposer une méthode abrégée fondée sur le principe de l’échelle classique Binet-Simon, et comptant, pour chaque âge de 3 à 15 ans (de 3 en 3 mois entre 3 et 10 ans, de 6 en 6 mois de 10 à 14 ans). S épreuves seulement, nécessitant environ 5 minutes pour l’examen d’un enfant, et permettant de considérer comme suspect celui qui échoue à plus de 3 épreuves de son âge. La série totale comprend 45 épreuves ordonnées de 1 à 8, 2 à 9, 3 à 10, etc., en décalant d’une épreuve à chaque nouvel échelon d’âge.
- Les épreuves, du type de celles de l’échelle B. S., sont énumérées dans le Bulletin n° 280-281 de la Société Alfred Binet, avec tous renseignements utiles de technique et un petit livret de matériel contenant des gravures à interpréter, des dessins incomplets, des phrases en désordre (1). Soigneusement étudiée, cette méthode de dépistage rapide est de nature à rendre de réels services, en particulier aux médecins scolaires.
- Elle a d’ailleurs été présentée par l'auteur au cours d’une conférence (publiée dans ce meme Bulletinj) sur le dépistage des anormaux aux candidats pour le concours de médecin-inspecteur des écoles de la Seine (18 novembre 1932). p
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- Les manifestations morbides professionnelles des ouvriers utilisant les marteaux pneumatiques
- Nous extrayons de l'article de M. le Dr Feil (Bulletin Ergologi-que, n° 11, 15 novembre 1932), le tableau suivant résumant les
- (1) Numéro exceptionnel en vente, au prix de 10 francs, au secrétariat de la Société, 3, rue de Belzunce, Paris (10 ).
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- recherches poursuivies par cet auteur, en collaboration avec le professeur Heim de Balsac et le Dr A. Lafont sur 23 ouvriers de la ville de Paris (Le marteau, utilisé principalement, a été 1© brise-béton d’Ingersoll, pesant de 15 à 30 kilos et servant au défonçage et à la réparation des chaussées.)
- Nombre d’ouvriers. Proportion
- Troubles de l’ouïe, bourdonnement d'oreilles, légère surdité 15 soit 65 °/0
- Contracture des doigts 13 56 °/0
- Sensation de doigt mort 10 43 •/„
- Crampe musculaire 9 39 °/0
- Tremblement de mains G 26 »/o
- Insommie 5 21
- Céphalée 4 17 °/o
- Douleurs articulaires (coude, poignet) 3 13 "/„
- Ces troubles sont en général peu graves et on devrait pouvoir les atténuer en améliorant les instruments et en réglant les conditions de travail de façon rationnelle. ^ d
- CHRONIQUE DOCIMOLOGIQUE
- Nous donnons ci-dessous le texte du résumé du rapport de la Commission des examens du Congrès de l’Education nouvelle, à Nice, rapport rédigé en français par M. Blocii :
- « Le VIe Congrès mondial de FEducation nouvelle constate que la réaction contre l’encyclopédisme aveugle et le gavage stérile des jeunes intelligences, que le mouvement pour une éducation libre et harmonieuse ont déjà entraîné dans nombre de pays et tendent à entraîner universellement, une révision du système traditionnel des examens.
- « Ce système était caractérisé : 1° par l’importance prépondérante du rôle joué par les examens dans la vie scolaire ; 2° par une conception grossièrement matérielle et encyclopédique de l’examen, qui aboutissait à en faire à peu près exclusivement la vérification d’un certain volume de connaissances acquises, d’ailleurs plus verbales que réelles. Une telle déviation de tout l’organisme éducatif par son asservissement à l’examen mal compris, trouvait et trouve encore des expressions typiques dans l’argot scolaire des différents pays (bachotage, etc.).
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- « Diminuer l’importance de l’examen dams la vie universitaire ; ne plus permettre qu’il soit le but de tout l’effort scolaire, mais le ramener à sa véritable fonction, qui est celle d’un simple moyen : telle paraît être la tendance dominante de l’évolution actuelle.
- « L’examen est, et sera de plus en plus compris comme la démonstration de l’aptitude des élèves à passer d’un degré scolaire à un degré supérieur.
- « Tandis que l’examen traditionnel est principalement la vérification d’un savoir, le plus souvent un trompe-l’œil, puisque ce savoir est acquis hâtivement et fugitivement, d’une manière toute superficielle et notionnelle, en vue de l’examen, l’examen conforme au nouvel idéal éducatif, sans négliger le contrôle du minimum de connaissances nécessaires pour pouvoir tirer un profit réel des études du degré supérieur, sera avant tout une vérification des aptitudes intellectuelles (aptitude au raisonnement, à l’analyse, à la synthèse, etc.).
- « Il appartiendra à l’expérience de prononcer entre la forme de l'interrogation écrite ou orale et la forme standardisée du test. Sans vouloir préjuger de la question, le Congrès signale cependant à l’attention des éducateurs que le développement considérable pris par les tests dans les pays d’Amérique tend précisément à la double fin qui définit la présente résolution : diminuer l’importance de l’examen ; faire primer le diagnostic des aptitudes sur la vérification toute matérielle du savoir.
- « Il signale également qu’une réforme complète des examens n’est pas susceptible d’être réalisée sans une réforme des programmes ; le caractère oppressif et artificiel de l’examen pouvant être, à bien des égards, regardé comme la conséquence du caractère encyclopédique et rigide des programmes. »
- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE A L’ÉTRANGER
- L’Institut de Psychotechnique de Dantzig
- L’Institut de psychotechnique à Dantzig fait partie de l’Institut de psychologie qui se trouve à l’Ecole technique supérieure où, à côté des cours purement techniques, existent aussi des cours de « Sciences de l’esprit » (Geistwissenschaftliche Abteilung). L’Institut de psychologie est dirigé par le professeur Henning.
- L’Institut de psychotechnique examine les «sujets qui lui sont envoyés par l’Office d’orientation professionnelle. Celui-ci se trouve
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- en relation d’une part avec les écoles et, d’autre part, avec les parents des enfants qui ont recours à ses services. Il est aussi en relation avec les écoles professionnelles, commerciales, techniques, ainsi qu’avec les ateliers dans la ville et dans les campagnes où ces enfants pourront faire leur apprentissage.
- De plus chaque enfant reçoit à l’école un questionnaire établi par l’Office : nom, prénom, âge, métiers des parents, métier choisi par l’enfant, intérêt pour d’autres métiers, occupation pendant les heures de liberté.
- Ce questionnaire comprend encore deux séries de questions : l’une pour le maître, l’autre pour le médecin. La première série comporte les questions suivantes : développement physique de l’enfant, son entourage, sa connaissance de la vie et instincts spéciaux, son développement mental, sa volonté, ainsi que les remarques individuelles des maîtres. Les questions posées au médecin sont très nombreuses. Elles comprennent d’une part des questions concernant ses mesures et, d’autre part, des questions spéciales sur la sensibilité de l’enfant vis-à-vis de la poussière, de la chaleur, des changements de température, sur la tenue de l’enfant debout, marchant, montant, assis ; sur la fatigue du corps, la sensibilité de la peau, la transpiration des mains, le vertige et l’état des nerfs.
- L’Office d’orientation professionnelle envoie un questionnaire semblable rempli par l’enfant, le maître et le médecin, à l’Institut de psychotechnique où l’enfant est ensuite examiné.. L’Office d’orientation professionnelle ne dirige pas l’enfant vers un métier sans examen psychotechnique. Ce n’est qu’après avoir reçu la réponse de 1 Institut de psychotechnique que l’Office renseigne l’enfant et ses parents sur le résultat obtenu et s’il n’y a pas de contre-indication, s’efforce de diriger l’enfant vers le métier choisi.
- L’examen psychologique est très complet. Il comporte :
- Les aptitudes sensorielles : vision, discrimination'chromatique, de la luminosité ; audition, discrimination des sons. Sensibilité tactile a la pression. Exactitude, adresse manuelle, dextérité, force de la main (dynamomètre), adresse bimanuelle. Sensibilité d’articulation, sensibilité à la pesanteur. Perception du temps et du rythme.
- Attention : concentrée, distributive. Etendue du champ d’attention. Ses types.
- Mémoire : directe, par association. Mémoire des formes, des couleurs, mémoire topographique. Ses types.
- Les aptitudes intellectuelles : appréciation, observation, comparaison, analogie, combinaisons, critique, abstraction. Les aptitudes techniques : représentation spatiale, combinaisons spéciales, intelligence technique.
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- Volonté : temps de réaclion, ses écarts, ses types ; résistance à la monotonie, rapidité de décision.
- On étudie encore : L’affectivité : le tempérament, l’émotivité. Les traits du caractère : type de représentation, suggestibilité, imagination, persévérance. Puis on examine : l’orthographe, le calcul, la manière de s’exprimer.
- L’examen est individuel et se fait seulement dans la matinée dans deux jours. L’examen se fait suivant le métier choisi par l’enfant. On insiste surtout sur le caractère de l’enfant, sa façon de travailler et en général sur son attitude, son comportement pendant l’exécution du travail.
- L’effet de ces recherches est très instructif : beaucoup de patrons n’embauchent pas d’apprentis sans examen psychotechnique préa-
- J. Merkin.
- A travers les Revues
- Nous relevons dans le n° 18 du 3° volume (décembre 1932) de la « llevista de Organizacion Cientifica », organe trimestriel du Comité national espagnol de l’organisation scientifique du travail!) une étude de J. Mallart sur l’organisation de la formation professionnelle en Espagne.
- On trouvera dans le nü 3 (janvier 1933) de la Revue de l'orientation intellectuelle des renseignements sur la carrière de juge de paix (conditions exigés, fonctions, avantages matériels, etc.).
- « L’Ardoise » (revue trimestrielle) donne dans le n° 24 (octobre-.novembre-décembre 1932) quelques renseignements sur les conditions d’admission à l’Ecole supérieure de couverture d’Angers.
- Le n° 23 (avril-septembre 1932) des a Archives Polonaises de. Psychologie », est entièrement consacré à l’élaboration des résultats d’une vaste enquête sur les goûts et les intérêts de la jeunesse polonaise. Celte enquête, entreprise par le ministère de l’Instruction publique, en rapport avec les projets de la réforme de l’enseignement secondaire en Pologne, vise les problèmes les plus divers et dont le plus grand nombre relève de la psychologie génétique. Elle a été dirigée par S. Baley.
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- « The Journal of Educational Psychology » publie dans le n° de décembre 1932 un travail de IL C. Carter sur la similitude des intérêts professionnels chez les jumeaux. Bien que basée sur un nombre relativement restreint d'observation (120 couples de jumeaux) et soulevant avant tout des problèmes généraux sur l’hérédité et l’influence du milieu, cette étude présente également un intérêt pour les orienteurs (L’auteur s’est servi de « Strong Voca-lional Interest Test ».)
- Dans ce même numéro, M. B. Cuff publie un article sur un procédé de correction objective de tests à l’aide d’un miméographe.
- A signaler encore une recherche de Constance E. Dowd sur le niveau intellectuel des élèves diplômés des « High Schools » (Application du test d’Otis : Advanced examination sur 4.184 sujets.)
- « The Human Factor)) publie dans ses deux derniers numéros (janvier et février 1933) une élude de J. Marius Nestor sur les méthodes psychotechniques employées dans divers pays d’Europe. La première partie (n° de janvier) est entièrement consacrée aux chemins de fer d’Etat allemand ; la seconde (n° de février) parle assez longuement de ceux de l’Autriche et de la Pologne et passe rapidement en revue la Russie, la Tchécoslovaquie, la Lettonie, la Finlande et la Yougoslavie. L’auteur donne la description, avec ligures, des tests les plus fréquemment employés.
- Le numéro 2 (février 1933) contient un article de A. Macrae dans lequel il rend compte de 110 cas où les conseils professionnels, donnés par le « National Institute of Industrial Psychology » n’ont pas été seulement acceptés, mais ‘où les personnes orientées ont pu être suivies dans leur travail pendant une période assez considérable. ________
- Quelques jolis exemples d’étude caratérologique des écoliers sont rapportés par le Dr IL Aschenborn dans le n° 3 (mars 1933) de « Zeitschrift für Pâdagogische Psychologie ».
- W. Beinhoff décrit dans « Industrielle Psychotechnik » (janvier 1933) 5 tests de compréhension technique et de représentations spatiales. Ces tests ayant été appliqués sur un certain nombre d’apprentis d’un grand chantier, l’auteur rapporte et critique quelques réponses prises parmi les plus significatives.
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- Nous relevons dans le numéro 1 (janvier 1933) du « Bulletin du Bur&au International d'Education », de Genève, une étude sur l’organisation de l’imstruction publique en Colombie.
- Dams le numéro 939 (24 décembre 1932) de « School and Society » on trouvera un bref résumé du rapport annuel de « National Child Labor Committee » concernant la législation des Etats-Unis relative au travail de mineurs, et M. Fr. F. Nitti y fait une critique assez violente du système d’éducatiorî fasciste.
- Dans le numéro. 940 (31 décembre 1932) on relève des remarques judicieuses de C. C. Upshall et H. W. Masters à propos des interprétations de hasard dans l’application de tests pour les professeurs de collèges.
- Dans le numéro 942 (14 janvier 1933), J. M. Stalnaker parle d’un essai d’application de quelques tests d’écriture. Il s’agit de « l’aptitude à écrire clairement et exactement ».
- Dans le numéro 944 (28 janvier 1933) figure une intéressante notice de Lucy L. W. Wilson sur les nouvelles écoles de l’U.R.S.S., tenant compte des plus récents programmes et décrets, en rapport avec le second plan quinquennal.
- Dams le numéro 4 (décembre 1932) du « Child Development », M. Sherman et Coro B. Kf.y publient un article sur l’intelligence des enfants habitant les contrées montagneuses isolées. Les tests que les auteurs ont appliqués sont les' suivants : Stanford-Binet, Pintner-Cunningham, Nntional-Intelligence, Drawing of Man, Performance tests.
- W. J. Cooper donne, dans un court article publié dans le numéro 3 (novembre 1932) de School Life un aperçu comparatif des systèmes scolaires de neuf états (Allemagne, Etats-Unis, France, Angleterre, Hollande, Belgique, Tchécoslovaquie, Suisse, Italie).
- INFORMATIONS
- Le Comité de VAssociation française pour le développement de renseignement technique a tenu une importante réunion le 23 février, sous la présidence de M. IIerriot, en la présence de MM. De Monzie et Ducos et d’un très grand nombre de personnalités.
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- M. Meri.ant a fait, le tableau de l’activité de l’Association, M. Luc a parlé du Congrès de Bruxelles et de la participation capitale de l’association, et du prochain Congrès de Madrid qui doit porter à l’ordre du jour des questions précises relatives, entre autres, à des problèmes d’orientation professionnelle.
- M. Herriot a insisté tout particulièrement sur la nécessité d’une géographie économique permettant de connaître de façon précise les besoins et les ressources des régions, en produits et en hommes des diverses spécialités.
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- L'Institut psychotechnique de Madrid, dirigé par I. Germain, a inauguré, le 20 février dernier, sous la présidence du ministre espagnol de l’Instruction publique, M. de Los Rios, les cours et conférences de 1933, en célébrant le centenaire de Wundt. Les conférences générales concernent la psychologie, la médecine du travail, la pédagogie et la psychologie industrielle, avec une conférence de M. de Madariaga sur les horizons sociaux de la psychotechnique. Le professeur Giese, de Stuttgart, doit faire, du 27 mars au 5 avril, un cours en neuf leçons de psychologie du travail, qui sera suivi de conférences spéciales de Mme Montf.ssori et du professeur Katz, de Rostock. Enfin le cours de psychotechnique et orientation professionnelle sera assuré, comme d’habitude, par les Drs Germain et Melian, Mlle Mercedes Rodrigo et M.. Mallart.
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- Le mouvement éducatif en Pologne. — On observe en Pologne, actuellement, un mouvement très intéressant. Dans ce pays, où régnait l’intellectualisme, les lycées ont joué le rôle principal, tandis que les écoles professionnelles de différentes sortes occupaient une position socialement subalterne. Depuis un certain temps, on assiste à une réaction ; dans la dernière réforme, les droits dont jouissaient, jusqu’ici, seulement les écoles secondaires d’instruction générale ont été conférés aux écoles professionnelles secondaires. Pour montrer l’importance de la préparation et de l’instruction professionnelles, il a été créé une commission de l’enseignement professionnel ; elle se divise en sections industrielle, commerciale, agriçole, ménagère. Aux réunions de cette Comm-ssion participent les représentants des écoles professionnelles, de l’industrie, du commerce, de l’agriculture, etc. (D’après le Bulletin du bureau in1 ^national d’éducation, VIIe année, n° 1, 1933.)
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- L'Association générale des orienteurs de France, réunie en assemblée générale une première fois à Bruxelles le 28 septembre 1932, puis à Paris le 27 octobre de la même année,
- Considérant la nécessité pour les orienteurs d’avoir à leur disposition une documentation abondante, précise, complète,
- Emet le vœu :
- Que soit confié à l’Institut national d’orientation professionnelle ou à l’Association française pour le développement de l’enseignement technique le soin d’organiser un service de documentation spécialement réservé aux orienteurs ;
- Que ce service soit organisé et fonctionne en accord avec l’Association générale des orienteurs représentée par un de ses membres spécialement désigné par elle à cet effet. '
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- La Vie de l’Institut National d’O. P.
- 1° Revues consacrées exclusivement a l’O. P. :
- Annales de la seccion de orienlacion professional de la Escuela del Trabajo, Urgel, 187, Barcelone (Espagne).
- L'Apprentissage et l'orientation professionnelle, 4, rue Robert-Es-tienne, Paris (XVIe).
- Berufsberafung und Bernfsbildung, 1, Seilergraben, Zurich (Suisse) Bulletin de la Chambre des métiers de la Gironde et du Sud-Ouest, 57, rue des Trois-Conils, Bordeaux.
- Bulletin des Comités d'orientation professionnelle de la banlieue parisienne, 84, avenue Marceau, Courbevoie.
- Bulletin de l'Institut national d'orientation professionnelle, 41, rue Gay-Lussac, Paris (Ve).
- Bulletin trimestriel de l'Office intercommunal pour l'orientation professionnelle, Lamertin, éditeur, 58-62, rue Coudenberg, Bruxelles. L'Information professionnelle et ses suppléments, 31, rue de Bourgogne, Paris (VIIe).
- La formation professionnelle, 31, rue de Bourgogne, Paris (VIIe). Lehrlingsschutz und Jugendfuersorge, Vienne (Autriche). L'Orientation professionnelle, 108, rue Erlanger, Paris (XVIe). Bevista de formacion profesional, Prado, 26, Madrid (Espagne). Revue de l'Orientation intellectuelle, 119, rue Cardinet, Paris (XVIIe). The vocational guidance magazine, Harvard University, Cambridge Mass., U. S. A.
- 2° Revues donnant une place importante a l’O. P. :
- Arbeil und Beruf, Berlin (Allemagne).
- Journal of the national institute of industrial psgchologg, Aldwych House, W. C. 2, London (Angleterre).
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- The personnel journal, The Williams et Wilkins C°, Mount Royal anFd Guilford Avenues, Baltimore, U. S. A.
- Revue de psychologie appliquée de l'Est, 28, rue de Solignac, Nancy.
- 3° Revues donnant une certaine place a l’O. P. :
- Année psychologique, Librairie Félix Alcan, Paris.
- Bulletin de Vlnstilul international d'organisation scientifique du travail, 2, boulevard du Théâtre, Genève (Suisse).
- Bulletin de la Société de biotypologie, imprimerie Chantenay, 15, rue de l’Abbé-Grégoire, Paris.
- La Gazette des métiers, 34-36, avenue des Vosges, Strasbourg.
- The journal of applied psychology, James P. Porter, éditeur. Ohio University Athens, Ohio.
- Journal of educational research, Department of éducation, University of Wisconsin-Madison.
- Jugend und Beruf, Cari Heymanns Verlag, Berlin, W. 8.
- Jengd en beroep, Bloemgracht, 124, Amsterdam (Hollande). Psychologische Rundschau, Verlag Emile Birkhaüser et C°, Basel 10. Psychotechnische Zeitschrift, Verlag R. Oldenbourg, München 32, Glückstrasse, 8.
- Le Travail humain, Conservatoire des Arts et Métiers, Paris.
- Vers les humanités ouvrières, Charleroi.
- Zeitschrift für angewandte Psychologie, Verlag Johann Ambrosius Barth., Leipzig.
- Erratum. — Additions à la liste bibliographique parue dans notre numéro de janvier :
- Orientation professionnelle et apprentissage
- Henri Gaillard et A. Lomont • Du choix d’un métier. Editions de l’Information professionnelle, Paris, 386 pages.
- Marcel Foucault : La mesure de l’intelligence chez les écoliers. Paris, Delagrave.
- Création d’une consultation d’orientation professionnelle
- Pour répondre à de nombreuses demandes, il a été ouvert à l’Institut (41, rue Gay-Lussac) une consullation d’Orientalion professionnelle, le jeudi, à 16 heures. Les conseils d'orientation sont donnés par M. Metge, assisté, pour les examens médical, physiologique et psychotechnique, par M,le le Dr Marie Parmentier et Mlle Jeanne Monnin.
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- La liste des Centres d’O. P.
- A la liste que nous avons publiée, il faut ajouter les offices suivants :
- Basses-Alpes (Digne). — Office d’O. P. annexé à l’Office départemental de placement, place de l’Evêché.
- Ille-et-Vii.aine (Rennes). — Office d’O. P. annexé à l’Office de placement.
- Morbihan (Vannes). — Office municipal d’O. P., Mairie.
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- Voici, en outre, la liste des offices de la région parisienne (Paris excepté) :
- Asnières. — ComiLé d’O. P., Mairie-Annexe, 12, place de l’Asile. M. Menessier.
- Aubervilliers. — Office d’O. P., Mairie. M. Chauvin. Boulogne-Billancourt, — Office municipal d’O. P., 53, boulevard Jean-Jaurès. Mlle Alphandery.
- Clamart. — Office d’O. P., école de garçons Jules-Ferry (envoyer correspondance au directeur de l’école). M. Martinat.
- Colombes. — Comité d’O. P., Mairie. M. Menessier.
- La Garenne-Colombes. — Comité d'O. P., Mairie. M. Menessier. Levallois. — Comité d’O. P., Mairie. M. Menessier.
- Montreuil. — Comité d’O. P., Mairie. M. Tetrel.
- Pantin. — Office d’O. P., Mairie. M. Balon.
- Saint-Ouen. — Office d’O. P., Comité de patronage des apprentis du canton, Mairie. M. Bozonnet.
- Vincennes. — Office cantonal d’O. P., Mairie. M. Busse.
- Montrouge. — Office municipal d'O. P., Mairie. M. Mattey.
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- La Vie de l’Association des Anciens Élèves de l’I. N. 0. P.
- Le Comité directeur s’est réuni le 3 février. Pivert a donné lecture du travail qu’il a préparé sur les Rapports d'un Office d'O. P. avec le personnel enseignant.
- Quelques observations ont été formulées dont il sera tenu compte pour la rédaction définitive. La séance au cours de laquelle ce travail sera présenté officiellement aura lieu le 30 mars. L’heure sera indiquée ultérieurement.
- Assemblée générale. — Etaient présents : Mlles Benoit-Lévy, Joyet-Lavergne, Mamelle ; Mmes Favre, Houpillart, Mourruau ; MM. Baille, Fée, Mounier, Metge, Vial, Pivert, Beaume. Excusés : Réveillé et huit votants par correspondance.
- 1. Allocution du président. — Pivert souhaite la bienvenue, puis fait part des deuils subis par l’Association et adresse ses condoléances : décès de Mlle M. Laussel (lre promotion) ; de la mère de Mlle Be-noit-Lévi ; de la mère de M. Réveillé. Enfin il annonce le mariage de Mlle Tournier (Mme G. Piat).
- 2. Rapport moral présenté par le secrétaire. — Beaume rappelle les résultats des élections à l’assemblée générale de 1932, et la constitution du bureau. Puis il indique le travail accompli dans l’année. Dans une séance, Mlle Mamelle a traité le rôle du directeur d’école et de l’instituteur, en O. P., d’après une conférence de M. Fontègne.
- Une action rapide et énergique a été menée par le Comité directeur inquiet du projet d’organisation par l’Office des pupilles de la nation, d’un Office d’orientation professionnelle. Mais M. Piéron nous donna tous apaisements ; et Ch. Joly, conseiller municipal de Paris, répondit à Beaume dans le même sens. D’ailleurs M. Luc prit, à diverses reprises, la défense des anciens élèves et le Comité directeur'suivra de près la question.
- L’intéressante visite des usines Citroën fut un succès pour l’Association.
- On sait les controverses qui se sont élevées à propos de la prépa-
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- ration d’un rapport au Congrès de Bruxelles et comment, finalement, l’abstention fut décidée.
- Une circulaire fut adressée aux élèves nouvellement diplômés pour les inviter à se joindre à nous.
- Le banquet d’été, dans le cadre charmant de la Faisanderie, fut, comme à l’ordinaire, très amical et joyeux.
- Le compte rendu du Congrès de Bruxelles fut donné par Beaume au cours d’une séance de travail à laquelle furent conviés les élèves de la quinzaine.
- Le banquet d’hiver, sous la présidence de M. Luc, laissa à ceux qui y assistèrent d’agréables souvenirs.
- A la suite des conversations du banquet, une audience fut demandée à M. Luc pour nous mettre d’accord sur une action à mener et en préciser les formes.
- La prochaine séance du travail sera occupée par l’audition du travail de Pivert dont il est parlé par ailleurs.
- L’effectif de notre Association ne s’est augmenté que de quelques unités. Nous en connaissons les raisons. Mais nous approchons du moment où l’Orientation professionnelle sera organisée de façon plus officielle, plus générale, et où il sera fait appel aux anciens élèves. Ce jour-là notre association vivra d’une vie plus intense.
- Ce rapport moral est adopté à l’unanimité.
- 3. Rapport financier. — Mlle Mamelle, trésorière, expose le rapport financier. Il est adopté à l’unanimité, avec félicitations pour la gestion de la trésorière.
- 4. Elections. — Mlle Mamelle et M. Vial sont élus par 21 et 19 voix sur 22 votants.
- Mmes Favre eL Houpillart viennent ensuite avec 8 voix chacune.
- Le bureau sera élu à la prochaine séance du Comité directeur le 10 mars.
- 5. Plan d'action prévu par le Comité directeur.
- A la conférence de Pivert succéderont :
- a) Une conférence sur les « Rapports d’un Office d’orientation professionnelle avec les médecins ».
- b) Une autre sur les « Rapports d'un Office d’orientation professionnelle avec les familles ».
- Puis d’autres encore peut-être. Ces conférences seront à préparer soigneusement en vue de leur publication possible.
- Beaume présente une proposition qui a été faite à l’Association par un organisateur de colonies de vacances désireux de fonder et de développer une école d’ostréiculture, une école de vannerie, une école d’horticulture, etc... Il s’agissait pour l’Association de recruter des élèves normaux d’abord, déficients par la suite ; puis, le cas échéant, de s’occuper d’orientation professionnelle, voire de s’intéresser à l’affaire sous la forme coopérative.
- A l’unanimité, cette offre, qui s’éloigne trop de nos statuts, est repoussée. Certains membres pourz’ont s’y intéresser à titre individuel. >
- 6. Questions diverses. — M1,e Benoit-Lévi reprend une proposition de M. Metge relative à une publication spéciale aux anciens élèves, a part, ou encartée dans le Bulletin.
- Cette proposition sera étudiée lors du prochain Comité directéur.
- L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 23 heures.
- Le Secrétaire,
- C.-G. Beaume.
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- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- Charles Nicolle. — Introduction à la carrière de la médecine expérimentale. — In-16 de 102 pages. Paris, Alcan, 1932.
- Signalons ce recueil des premières leçons au Collège de France de l’éminent directeur de l’Institut Pasteur de Tunis, dont les belles découvertes lui ont valu le prix Nobel, esprit inventeur de grande originalité, aussi peu conformiste que possible.
- Il s’efforce d’éveiller des vocations chez les jeunes, d’attirer à la recherche dans l’important domaine de la médecine expérimentale les esprits créateurs.
- On lira avec intérêt ces pages où sont précisées les aptitudes nécessaires à ce que l’auteur appelle le « métier de chercheur ».
- H. P.
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- Angus Macrae. — Talents and tempéraments ; the psychology of vocational guidance. In-16 de-210 pages, Londres, Nisbet et C°, 1932. Prix, 5 sh.
- L’auteur qui dirige, à l’Institut national de psychologie indus trielle de Londres, le département d’orientation professionnelle, avec une grande sagacité, a acquis, au cours d’un effort soutenu, depuis plusieurs années, une expérience précieuse, qui donne à ce petit volume, écrit pour servir d’introduction à l’orientation professionnelle, une réelle valeur.
- Après avoir montré les conséquences des mésadaptations, les insuffisances de pratique usuelle dans le choix des professions, les relations complexes des intérêts et des aptitudes, il envisage les méthodes de mesure de l’intelligence, expose les travaux de Bicret, les recherches de Spearman, résume les discussions théoriques et donne les indications pratiques nécessaires.
- Il traite ensuite de l’examen des aptitudes spécialisées (habileté mécanique, dextérité, capacités verbale et numérique), puis de l’appréciation du tempérament et du caractère, envisage la contribution possible des parents, des maîtres et du médecin à l’O. P., et passe ensuite à l’étude des professions, pour finir par quelques données sur les méthodes employées à l’Institut de Londres et les expériences en cours. H. P.
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- 5* Année
- Avril 1933
- N° 4
- BULLETIN
- DE
- l’Institut National d’Orientation ProfessionnellB
- TEST DE SENSIBILITÉ MUSCULAIRE
- (LA PERCEPTION DES POIDS)
- PAR
- M”e Henri P1ERON
- Nous extrayons d’un travail de psychologie expérimentale de Mlle Irène Lézine, attachée au Centre de recherches, quelques renseignements d’ordre pratique pouvant intéresser directement les orienteurs.
- Parmi les expériences susceptibles de déceler la finesse de sensibilité musculaire, la méthode la plus facile est celle des comparaisons par couples de poids variant dans d’assez faibles proportions.
- Il ressort d’expériences de Mlle Lézine que cette méthode est préférable à la méthode employée souvent qui consiste à faire ranger des récipients de différents poids par ordre décroissant de poids.
- Les sujets. — Les expériences dont il s’agit ont, été faites en 1930-1931 sur 120 élèves garçons d’écoles communales de la Ville de Paris dont l’âge variait de 9 ans et demi à 11 ans, et en 1931-1932 sur 153 garçons des mêmes écoles.
- Matériel. — Le matériel consistait en une série de poids, flacons en verre de 10 centimètres de haut sur 5 centimètres de diamètre.
- Ces flacons, remplis jusqu’au bouchon de grenaille de plomb et d’eau pour atténuer le bruit causé par le frottement, étaient en plus enduits de vernis noir pour ne pas permettre à l’enfant de se rendre compte du volume de la grenaille de plomb par rapport au volume de l’eau contenue dans chaque flacon.
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- C’est avec ce matériel que furent faites successivement en l’année scolaire 1930-1931 et 1931-1932 deux séries d’expériences.
- La première année, deux séries de poids servirent.
- La première série allait de 150 grammes à 330 grammes avec des différences régulières de 20 grammes entre les échelons.
- La deuxième série se composait de 15 poids gradués de la manière suivante : 220 gr., 240 gr., 255 gr., 262 gr. 5, 270 gr., 277 gr. 5, 285 gr., 300 gr., 315 gr., 321 gr. 5, 330 gr., 337 gr. 5, 340 gr., 345 gr., 360 gr., 390 gr.
- L’année suivante, le même matériel servit mais les bouteilles étaient graduées de façon à former trois séries de 10 poids.
- La première série allait de 130 grammes à 170 grammes avec différences régulières de 5 grammes ; l’étalon était un poids de 150 grammes.
- La seconde série allait de 260 grammes à 340 grammes avec différences régulières de 10 grammes et étalon à reconnaître de 300 grammes.
- La troisième variait de 390 grammes à 460 grammes avec différences de 15 grammes et étalon de 450 grammes. Chaque épreuve fut répétée deux fois en des jours différents.
- Instructions données aux suiets. — L’expérimentateur disait toujours la même chose à chaque sujet : « On va vous demander de comparer deux poids, vous les soulèverez l’un après l’autre avec la même main et vous direz pour le second poids si vous le trouvez moins lourd, plus lourd ou aussi lourd que le premier. »
- L’ordre de présentation doit être le même pour tous les sujets pour rendre semblable, puisqu’il est difficile de l’éliminer, l’influence de la comparaison précédente sur la comparaison suivante, influence qui varie avec la valeur du poids.
- Correction et notation. — La correction est facile et rapide. On calcule pour chaque réponse « égale » la valeur des erreurs qui équivaut à la différence entre la valeur de l’étalon et la valeur du flacon déclaré de poids égal, quel que soit le signe de l’erreur (négative ou positive).
- Par exemple pour un étalon de 150 gr. reconnu dans un poids de 170 grammes l’erreur est égale à 20 grammes.
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- Les erreurs sont ensuite groupées par série de 5 grammes et chaque groupe d’erreur de 5 grammes diminue le maximum, qui est de 20 points, d’une unité.
- Nous avons donc L’échelle d’équivalence suivante : 0 fautes donnent 20 points ; de 1 à 5 gr. d’erreur on note 19 ; de 6 à 10 gr. on donne 18 ; de 11 à 15 gr. on donne 17 ; de 10 à 20 gr. on donne 16 ; de 21 à 25 on donne 15 et ainsi de suite.
- Etalonnage. — Nous obtenons ainsi avec les sujets étudiés, malheureusement en trop petit nombre, les étalonnages suivants :
- Etalonnage pour le poids de 150 grammes
- 1 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
- 20 19 18 > 17 17 16 15 14 H 14 6
- Le médian est 16.
- Le premier quartile 18. Le troisième quartile 14 Le semi-interquartile 2.
- Etalonnage pour le poids de 300 grammes
- 1 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
- 20 18 17 16 14 14 13 12 11 10 2
- Le médian est 14.
- Le premier quartile .16. Le troisième quartile 12. Le semi-interquartile 2.
- Etalonnage pour le poids de 450 grammes
- 1 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
- 20 18 17 14 13 12 11 10 9 7 0
- Le médian est 12.
- Le premier quartile est 16. Le troisième quartile est 10 Le semi-interquartile est 3.
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- Cohérence du test. — La cohérence entre les deux séries d’expériences est satisfaisante.
- C’est pour l’étalon de 450 grammes qu’elle est la plus forte.
- La cohérence entre les deux séries d’expériences a été poulie poids étalon de 150 grammes de + 0.67 + 0.031 ; pour le poids étalon de 300 grammes elle a été de + 0.69 + 0.028 ; pour l’étalon de 450 grammes elle a atteint + 0.80 ± 0.020.
- Si nous considérons la cohérence entre les réussites pour-nos trois poids étalons entre eux, nous trouvons des corrélations plus faibles.
- Entre le poids étalon de 150 grammes et celui de 300 grammes la corrélation est de + 0.58 + 0.037 ; elle n’est que de + 0.37 + 0.048 entre le poids de 150 grammes et le poids de 450 grammes et elle est de + 0.34 + 0.050 entre l’étalon de 300 grammes et celui de 450 grammes.
- Avantages de la méthode de comparaison par couples. — Cette méthode paraît être la plus intéressante au point de vue de l’O. P. Elle permet de fixer un temps-limite à l’expérience de chaque sujet puisque c’est l’expérimentateur qui impose son rythme.
- Celui-ci, s’il connaît bien sa technique et s’il est entraîné au maniement des poids suivant un ordre déterminé à l’avance, peut facilement terminer une série de comparaisons de 20 couples en trois minutes.
- Il dirige l’enfant d’un bout à l’autre de l’expérience et s’aperçoit vite si l’enfant n’a pas compris ce qu’on exige de lui, il peut l’expliquer à nouveau et le sujet, toujours stimulé, ne se décourage pas et ne répond pas au hasard.
- Dans la méthode de classement de.s poids, au contraire, il est impossible d’imposer une limite de temps au sujet et, si celui-ci n’a pas exactement compris ce qu’on attend de lui, il répondra au hasard.
- Si donc on choisit la méthode par comparaison de couples à soupeser, doit-on faire à chaque enfant les trois séries ?
- Si nous observons la grandeur moyenne des erreurs relativement au poids présenté, nous avons les résultats suivants :
- La moyenne des erreurs est de 12 gr. 5 pour l’étalon de 150 grammes, soit une erreur de 8.33 % ; elle est de 15 gr. 50 pour l’étalon de 300 grammes, soit 5.16 % , et de 19 grammes
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- pour l’étalon de 450 grammes, ce qui ne représente plus que 4,22 %.
- Il semble donc que l’étalon le plus favorable soit celui de 450 grammes puisque l’erreur moyenne relative a été plus faible et que, d’autre part, c’est avec cet étalon que la cohérence entre les deux séries d’expériences successives s’est trouvée de beaucounp la plus forte (+ 0.80).
- Si donc le temps étant pour l’orienteur, comme cela arrive le plus généralement, trop parcimonieusement distribué et s’il ne peut faire les trois séries d’expériences, ce sera sur la série avec étalon de 450 grammes qu’il devra porter son choix.
- CRÉATION ET FONCTIONNEMENT
- D’UN OFFICE D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- DANS UNE PETITE VILLE: LE BLANC (Indre)
- PAR
- M. le Docteur BAZIN et M. LEGENDARME
- A propos de l’école unique et des problèmes de sélection, de triage, d’orientation qu’elle comporte, des idées avaient été échangées fréquemment entre les signataires de ces lignes.
- La conclusion logique de ces discussions, entre gens voulant faire œuvre tangible, s’imposait ; c’est ainsi que fût décidée la création d’un Office d’orientation professionnelle.
- Une égale volonté d’agir, rapidement et efficacement, nous animait ; un comité fut constitué en même temps qu’une documentation était rassemblée, et le 24 mars 1930 l’Office était né officiellement, un comité de patronage était créé, comprenant une vingtaine de personnalités, parmi lesquelles : le sous-préfet, le maire, M. Babb, adjoint.
- Déclaration, publicité, tout fût régularisé sans tarder (4 avril 1930) ; et le 1er mai 1930, nous pouvions annoncer que le bureau était ouvert et que nous étions à la disposition des familles.
- La caisse était vide. Une question était un peu importune et nous nous la posions, sans aimer qu’on nous la posât : « Etes-vous un organisme public ou privé ? Vous dites que vous dépendez de l’en seignement technique, mais comment et à quel titre ? » C’est alors que nous eûmes la bonne fortune de pouvoir rencontrer à Châ-
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- teauroux MM. Larcher, inspecteur général de l’Enseignement technique, Schloessinger et PoulLaouec de Nantes.
- M. Larcher nous donna des indications précieuses et des encouragements ; pendant que MM. Schloessinger et Poullaouec nous indiquèrent La marche à suivre pour devenir des enfants légitimes et officiellement reconnus.
- Il fallait pour cela faire créer au Blanc un bureau de placement municipal et y faire adjoindre l’Office d’orientation professionnelle. Aussitôt au travail : (Réunion du bureau d’administration le 19 juin 1930, arrêté municipal du 9 octobre 1930).
- Nous étions dès maintenant en mesure de faire : orientation, placement en apprentissage, placement des ouvriers et employés, comme complément logique de l’orientation et, du placement : organisation rationnelle de l’apprentissage ; création de cours professionnels ; mais la question des cours professionnels retenait toute notre attention.
- Nous décidâmes de les faire fonctionner sans retard. Il nous fallait trouver un local et l’agencer ; du mobilier et du matériel ; des professeurs et des élèves.
- Avec quelques encouragements et de nombreux conseils à l’abstention, nous nous lançâmes dans l’expérience. Nous trouvâmes à la mairie, grâce à un secrétaire de mairie intelligent et dévoué à notre cause, des ressources et nous pûmes entraîner le maire.
- Des tables furent construites, des tableaux montés, pendant que nous cherchions des élèves et des professeurs, et le 1er décembre 1930, en présence du maire, de nos amis, des conseillers, nous pûmes déclarer ouverts les cours professionnels.
- One devinrent-ils cette première année ?
- Il y eut 52 élèves, dont : comptabilité et sténodactylo 26 et dessin 15 ; et pour la deuxième année il y eut 55 élèves ; en même temps, la partie administrative s’organisait et la bibliothèque s’enrichissait de plus de 80 volumes à la fin de l’année.
- Les cours professionnels furent suivis avec une assiduité suffisante, nous connûmes des difficultés : difficultés de sélection des enfants, d’après leur instruction et leur culture ; difficulté de donner les notions théoriques indispensables.
- M. Marty, expert-comptable, groupa aussitôt pour la comptabilité un noyau fidèle, dans lequel les filles se firent remarquer par leur application et leur assiduité. On remarquait dans ce groupe plusieurs élèves du cours supérieur de l’école de filles et du cours complémentaire.
- Le dessin trouva M. Delcellier, professeur au collège, un maître des plus dévoué et des plus consciencieux,
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- Nous eûmes la chance d’enrôler pour l’électricité M. Eliot, ingénieur de l’école de Bréguet, qui sut intéresser vivement les élèves.
- Pour l,a coulure.et la coupe, Mlle Lambert dirigea un lot de jeunes filles intéressées et assidues.
- Nous pûmes ainsi, à propos de la foire-exposition du 15 août, exposer dans notre stand les résultats de notre première année d’efforts : liste des prix et classement de l’année des élèves, tracts de propagande, multiples objets du concours d’apprentis organisé par nous, enfin un bel appareil cinématographique arrivé depuis peu, don du sous-secrélariat de l’Enseignement technique, qui avait pu servir lors d’une séance inaugurale faite à l’école du Château, le 26 mai.
- Enfin, dans une séance qui groupa un important public au théâtre de notre ville, en décembre 1931, nous pûmes passer un petit film manuscrit de propagande écrit par nous et pour nous.
- Quelques jours avant, M. Fruchon, maire du Blanc, présidait la distribution des prix de nos cours à la mairie. Dans une allocution d’une belle tenue, il rappela nos buts et nos efforts.
- La deuxième année de nos cours se passa sans incident notable.
- L’année précédente nous avions reçu la visite de M. Anthouard, inspecteur d’Académie de l’Indre, accompagné de M. Lauvergnat, inspecteur de l’enseignement technique pour notre région.
- Cette année, nous reçûmes outre celle de l’inspecteur d’Académie, celle de M. Dommée, inspecteur général de l’enseignement technique.
- Nous décidâmes de faire finir les cours à Pâques et de remplacer les prix en volumes et en livrets de caisse d’épargne, par une excursion. Le 3 juin 1931, un arrêté municipal déclarait les cours obligatoires.
- Cours d'agriculture. — Il nous semble que dans un arrondissement agricole, comme le nôtre, nous devions créer un cours d’agriculture. Mis à l’étude pendant l’été précédent, notre idée trouva aussitôt une phalange d’amis dévoués et compétents. Le programme fût dressé, l’horaire des cours qui devaient comprendre seize leçons, établi.
- Nos collaborateurs comprenaient : MM. Rousseau, docteur-vétérinaire ; Defressine, ingénieur agronome ; Maury, directeur de l’enseignement post-scolaire, au Blanc ; Parise, ingénieur agronome ; Chaussebourc, horticulteur ; Saulquin, apiculteur ; Artaud.
- M. Thiéry, directeur des services agricoles de l’Indre, nous apportait en dehors de sa collaboration directe, l’appui de ses conseils et de son action sur les pouvoirs publics.
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- M. de Lamotte, vice-président de la Chambre d’agriculture, nous aida également de son influence.
- Le cours s’ouvrit le 17 novembre.
- Nous n’étions pas sans inquiétude sur le nombre d’élèves que nous allions avoir ; tous ceux qui avaient essayé de grouper des agriculteurs, nous écrasaient sous le poids de leurs expériences négatives.
- En effet, la première leçon, en dehors des nombreuses personnalités venues pour entendre M. Thiéry, nous amena six élèves.
- Nous pensions la partie perdue et nous revîmmes, sans grand espoir, aux séances suivantes qui furent faites magistralement," avec le plus grand souci de la portée pratique.
- A notre grande satisfaction, nous vîmes le nombre de nos auditeurs, non seulement ne pas s’effriter, mais s’augmenter régulièrement, si bien que nous arrivâmes à 32 inscrits, avec une moyenne de 15 présents.
- Ce résultat qui étonna tout le monde, nous fit le plus grand plaisir, d’autant, que sous l’impulsion donnée à ces cours, les agriculteurs s’organisaient ; 2 syndicats d’achat de machines furent créés.
- Le mouvement ne fait que s’étendre. En même temps se poursuivait l’organisation de l’Office. En octobre, nous avions réglé les attributions du bureau, (pii se réunissait tous les mercredis.
- M. Legendarme, directeur du bureau de placement, assumait tout le travail administratif, aidé par une dactylo. — Le docteur Bazin s’occupait des cours professionnels. — M. Delcellier, professeur, était chargé du cinéma. — M. Maury s’occupait plus spécialement des cours d’agriculture. — M. Lamy dirigeait la trésorerie avec ordre et méthode. — La bibliothèque était confiée à un grand élève. Ainsi organisés, nous pûmes envisager d’autres problèmes.
- Avec l’aide du maire et l’assentiment du conseil, nous pûmes organiser un atelier-école, dans un local dépendant de la mairie : six étaus et un établi furent installés et M. Pêchérat, directeur de l’école du Château, y conduisait un groupe d’élèves.
- Un dimanche, nous convoquions notre fidèle groupe d’agriculteurs à une séance d’artisanat rural à l’atelier. Cette démonstration fût parfaitement réussie et. nos jeunes gens étaient au grand complet.
- A la fin de la séance VL Lauverjon, ingénieur des forces motrices de la Vienne, attira l’attention sur le battage électrique et ses avantages ; des fils de propriétaire séduits par ce mode nouveau d’utilisation de l’électricité, décidèrent sur le champ de s’y inté-
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- resser. M. Lauverjon leur promit de leur montrer le procédé en .action.
- Un syndicat de battage électrique était virtuellement formé dès ce moment. J’ai la certitude qu’il sera formé effectivement et que d’autres suivront.
- Nous avions décidé une excursion ; elle eut lieu le 27 avril, groupant les élèves, garçons et filles, de tous les cours. C’est un groupe de plus de 70 personnes, avec 6 professeurs que nous eûmes le plaisir d'accompagner en visite à deux élevages modèles ; visite du barrage d’Eguzon ; excursion dans la vallée de la Creuse ; cette promenade fui en tous points réussie et nous fit une utile propagande.
- Orientation professionnelle. —- Le nombre des visites d’orientation n’était pas jusque là satisfaisant. Les enfants ne venant pas à nous, nous pouvions aller à eux. Si l’inspection médicale des écoles fonctionnait, quoi de plus facile que de faire l’orientation en même temps que l’examen, nous lui fournîmes une dévouée collaboratrice, en la personne de Mlle Lambert et les séances commencèrent en mai.
- Elles se continuèrent régulièrement, si bien qu’à la fin de l’année scolaire, nous possédions 65 fiches d’orientation, tant pour les garçons que pour les filles.
- Notre service de propagande put alors fonctionner utilement ; tous les parents dont les enfants n’avaient pas choisi de métier, ou avaient des contre-indications, reçurent une lettre les incitant à se renseigner à l’Office, en même temps qu’un tract et une liste des demandes d’emplois.
- Pour augmenter le budget, en dehors des subventions, nous eûmes recours à la taxe d’apprentissage. Malgré quelques difficultés nous pûmes toucher de ce chef, plus de 500 francs la première année.
- Notre deuxième année d’Offîce d’orientation professionnelle s’achève : années bien employées et pendant lesquelles nous avons constamment mené le bon combat, malgré nos occupations, et lutté contre l’inertie ambiante.
- Les résultats que nous avons obtenus sont satisfaisants par endroits, inespérés par d’autres. Nous sommes convaincus qu’avec de la bonne volonté on peut faire au moins aussi bien que nous partout ailleurs.
- Pour l’année qui vient, notre programme s’enrichit de : projets d’un cours d’éducation physique (gymnastique appliquée et éducative). — Projets de fêtes destinées à apprendre à un certain nombre de nos élèves, sous une forme détournée, quelque chef-d’œuvre
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- littéraire, d'autre part à alimenter la caisse des excursions. — Projets d’utilisation plus intense du cinématographe. — Projets d’utilisation de l’atelier-école par les enfants des écoles, pendant une heure de classe.
- Ce qui fait l’intérêt de l’œuvre d’orientation, c’est qu’elle s’étend constamment, que son intérêt social pratique est évident et immédiat.
- Jusque là réservées aux grandes villes, de telles oeuvres pourraient fonctionner un peu partout.
- Puisse ce que nous avons dit de notre histoire, stimuler des bonnes volontés, créer des initiatives.
- NOTES ET DOCUMENTS
- L’Orientation professionnelle et la figure humaine
- La physionomie peut-elle être mise au service de l’orientation professionnelle ? A en croire l’opinion populaire, il semblerait que oui. Le problème a des partisans convaincus, même parmi les psychologues. Une étude, cependant, que M. S. Viteles et K. R. Smith ont publié récemment dans le Journal oj Experimental Psy-chology semble apporter à ce propos quelques données, montrant le peu fondé des opinions populaires.
- Ces deux auteurs ont repris les recherches faites antérieurement par Lundis et Phelps sur le pronostic des aptitudes professionnelles et du succès d’après les photographies. Se servant du même matériel et observant strictement la même technique que leurs prédécesseurs, Viteles et Smith ont pu non seulement comparer leurs résutats à ceux de L. et P., mais, de plus, les compléter. Car, tandis que, dans le premier cas, les sujets ont été pris parmi les étudiants d’un « Collège » n’ayant aucune expérience de l’Orientation professionnelle, ceux de nos auteurs étaient tous des employés des offices de placement possédant de longues années de pratique. Le matériel se composait de 40 photographies de 20 personnages appartenant aux professions libérales. Chaque personne y était représentée deux fois : 1° par une photo prise à sa sortie du «Collège» et 2° par une autre prise vingt-cinq ans plus tard. Grâce à un annuaire d’anciens élèves, il a été possible de recueillir tous les renseignements sur la carrière de chacune de vingt personnes et sur sa réussite professionnelle. Les sujets (24 employés des Offices de placement) étaient invités à classer les photos suivant qu’ils jugeaient la personne comme devant réussir dans la carrière ou non, de même qu’à lui assigner une profession libé-
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- raie qu’ils jugeraient bien convenir. Voici les résultats (°/0. des réponses conformes à la réalité) de Viteles et Smith d’une part, et, de l’autre, ceux de Landis et Phelps : 1° pour les photographies récentes (25 ans après l’obtention du diplôme) : Orienteurs : 52,2 ; étudiants : 51, 3 ; 2° pour les photographies d’il y 25 ans : Orienteurs : 52,2 ; étudiants : 47,3 ; 3° pour l’ensemble des photos : Orienteurs : 52,5 ; étudiants : 49,3.
- Ces chiffres montrent d’une façon suffisamment éloquente combien peu valables sont les pronostics basés sur une simple connaissance de la physionomie ; leur valeur n’est guère plus grande que s’ils étaient émis tout à fait au hasard. A. R..
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- Une mesure des effets de l’entraînement
- Une étude sur les variations de l’acide carbonique alvéolaire dans l’effort musculaire au cours de l’entraînement, communiquée par MM. André, Frenay et Rocour à la Société belge de biologie (C. R. de la Société de biologie, CXII, 7, 1933) montre que, dans l’effort, le taux de CO2 contenu dans le sang artériel égal au CO2 alvéolaire) s'élève, s’abaisse ensuite au-dessous du taux initial, et revient enfin à la normale lorsque l’acide lactique produit est neutralisé.
- Or le temps nécessaire pour le retour à la normale, après un effort donné, diminue au fur et à mesure de l’entraînement, et l’on peut ainsi apprécier les effets de l’entraînement, et déterminer des différences individuelles dans la capacité d’entraînement.
- Pour un exercice modéré (20 flexions des jambes en 30 secondes), l’effet sur le CO2 alvéolaire diminue rapidement et disparaît presque en une huitaine de jours, le bénéfice de l’exercice se maintient un temps plus ou moins long.
- Avec des efforts plus violents, comme une course de 150 mèlres, l’entraînement est plus lent, et il faut aux mêmes sujets une quinzaine de jours d’exercices au lieu de huit pour obtenir le même effet.
- IJn exercice plus violent encore (monter et descendre 47 marches deux fois en 48 secondes) n’a pas comporté, en plusieurs semaines, d’effet appréciable de l’entraînement sur les mêmes sujets. Et, si les exercices sont répétés plusieurs fois par jour, on obtient même, par répétition, une action inverse.
- Fa méthode Haldane-Priestley de. mesure de l’acide carbonique alvéolaire peut, semble-t-il, prendre un intérêt spécial en biotypologie. Mais de nouvelles recherches paraissent encore nécessaires.
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- Une enquête sur le contrôle médical dans l’apprentissage et l’O. P.
- La Confédération générale de T Artisanal français vient d’élaborer une proposition de loii sur l’apprentissage des métiers artisanaux, tendant à contrôler et à réglementer, au point de vue de l’hygiène, l’orientation professionnelle artisanale. Dans le même sens, Y Institut national des métiers, afin de connaître les vues et conceptions professionnelles des milieux intéressés et compétents, procède actuellement à un vaste referendum sur l’utilité du contrôle médical obligatoire :
- 1° Beaucoup d’états maladifs peuvent-ils être améliorés ou enrayés si on les soigne précocement et avec persistance ?
- 2° Les parents possèdent-ils suffisamment de renseignements sur l’état physique de leurs enfants ?
- 3° Le médecin peut-il intervenir efficacement pour :
- a) Avertir l’enfant des professions préjudiciables à son état physique ?
- b) Empêcher le choix de toute profession incompatible avec sa santé ?
- 4° Cette suveillance médicale peut-elle pratiquement s’exercer sur les isolés, pour prévenir ou corriger une mauvaise orientation, ou bien pour déceler les causes d’un mauvais rendement ?
- 5° Ce parrainage médical pourrait-il suivre l’enfant :
- a) Jusqu’à l’âge adulte ?
- b) Jusque dans l’atelier ?
- 6° Dans ce cas :
- a) Le conlrôle médncal doit-il être intermittent ou périodique ?
- b) N’y aurait-il pas lieu de mettre à profit les examens individuels pour contrôler indirectement l’hygiène des locaux à usage artisanal ?
- c) Le contrôle médical pourrait-il être attesté par voies de fiches individuelles, constituant le curriculum du travailleur ?
- L’Institut national préconise l’usage de fiches individuelles dressées et tenues à jour suivant un modèle fixe — et dont l’utilisation serait rendue obligatoire — portant (pour chaque partie du corps, chaque linfirmilé, chaque maladie) un minimum de précisions, déterminées d’avance par des spécialistes agréés par les métiers artisanaux et sur lesquelles les médecins locaux auraient à répondre.
- Ces fiches seraient envoyées à tous les médecins afin de guider leurs examen^ et d’appeler, en même temps, leur attention sur les
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- particularités dont la connaissance préalable importerait à tel ou tel point de vue professionnel et selon l’apprenti ou le travailleur
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- Tests d’intelligence à l’usage des « Collèges » de Professeurs aux États-Unis
- Il résulte d’une étude statistique faite par N.-B. Cuff et H.-L. Do no \v\\ (School and Society, 24 décembre 1932) que quatre tests seulement, sont d’emploi courant dans les « Collèges » de professeurs correspondant à nos écoles normales.
- A savoir : 1° Thurstone and Thurslone Psychological Examination ; 2° Olis Self Administering Tests... ; 3° Ohio State University Psychological Test, et 4° Terman Group Test. Les deux premiers 1’emportent de beaucoup, en fréquence, sur les deux autres.
- Ces tests sont employés par 77 °j„ des « Collèges » ; leur application pratique La plus fréquente est un conseil à donner en ce qui concerne le choix du programme d’études. A. R.
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- La valeur de l’effort fourni suivant la nature des instruments employés
- Dans un très intéressant article de Max Rincelmann sur le travail mécanique de l’homme, paru dans le Bulletin de la Société d’hygiène alimentaire, nous voyons que l’auteur a repris les mesures faites en 1819 par Navier, donnant les efforts qu’un manœuvre de force ordinaire peut exercer dans un court intervalle de temps.
- Voici, comparativement, les chiffres qu’il a trouvés lui-même. Les nombres de Navier sont précédés d’un N, ceux de l’auteur sont précédés d’un R.
- Agissant sur un petit tournevis en tournant avec les doigts : (N), 6 kgs ; (R), 6 à 8 kgs. — Avec la main : (N), — ; (R), 50 kgs. — Sur un villebrequin : (N), 7 kgs; (R) 10 kgs. — Sur une scie à main : (N), 16 kgs ; (R), — . — Sur un sécateur : (N), — ; (R), 15 à 20 kgs. — Sur un étau à main : (N), 20 kgs. — Sur un manche de ciseau à bois : (N), — ; (R), 20 à 25y — Sur un rabot, une varlope : (N), 23 kgs ; (R), 30 à 35. — Sur une tenaille : (N) ; 27 ; (R), 25 à 30 kgs. — Sur la poignée d’une manivelle : (N), 30 à 33 kgs ; (R), 30 à 40 kgs. — Sur un ciseau, une tarière : (N), 33 à 45 kgs ; (R), 40 à 50 kgs. — Sur une clef pour écrous : (N), 38 kgs ; (R), 40 à 45 kgs.
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- Quelques données intéressant l’O. P. d’après les analyses de l’Année psychologique
- R. B. Cattkll. — The cissessment of teaching ability (L'évaluation des aptitudes à l'enseignement). — Br. J. of Ed. Ps., 1, 1931, p. 48-72.
- Dans le but de connaître les qualités les plus importantes pomy le jeune professeur, le bon professeur, le professeur d’âge mûr, ,au cours de leur enseignement, un questionnaire fut .adressé à un groupe de 254 personnes comprenant des directeurs, des inspecteurs, des maîtres et des étudiants des différents degrés. Les vingt-deux qualités qui, en définitive, parurent essentielles sont, par-ordre d’importance : Personnalité, volonté, intelligence, sympathie et tact, largeur d’esprit, sens du comique, idéalisme, culture générale, bonté, enthousiasme, connaissances en psychologie et pédagogie, technique de l’enseignement, application, persévérance, maîtrise de soi, esprit entreprenant, esprit d’ordre, connaissance des sujets, intérêts non professionnels, santé physique, maintien, vivacité d’intelligence, position sociale, esprit conservateur.
- L’on a pu constater un accord à peu près parfait entre les différentes branches d’enseignement aussi bien qu’entre les hommes et les femmes relativement aux caractéristiques essentielles du bon professeur et à leur ordre d’importance.
- L’auteur, en manière de conclusion, propose l’établissement de deux échelles de valeur correspondant à cette hiérarchie de qualités, et permettant d’apprécier les aptitudes des futurs maîtres à l’entrée et à la sortie des écoles normales. H. A.
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- F. I Ikrmsmiukh. — Expcrimentell-psychologische Untersuchun-gen zur Charakterforschung (Recherches de Psychologie experimentale sur l'étude du caractère). — Beiheft, n° 55 zur Z. f. ang. Ps., Leipzig Barth, 1931, 230 pages.
- L’auteur a voulu étudier toutes les méthodes essentielles qui furent proposées pour l’étude du caractère. Mais il a utilisé surtout de ces épreuves dont on peut dire qu’elles s’adressent à l’intelligence morale plus qu’au caractère, plus qu’au comportement réel du sujet. Les unes visent l’étude des concepts moraux : définition des termes, recherche du terme propre, d’après un exemple donné, distinction de termes de signification proche, mais non identique, exemples (si possible puisés dans les souvenirs personnels du sujet) devant illustrer la signification des termes. Enfin, ce que l’A. envisage comme examen du sentiment moral, comprend l’appréciation des conduites décrites par l’expérimentateur : réactions aux situa-
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- lions imaginaires (que ferais-tu si...), justification des règles morales (pourquoi ne doit-on pas voler, etc.), classement des actes louables et des délits, d’après le principe de Fernald, enfin un interrogatoire portant sur les idéaux, les goûts, les désirs professionnels de l’enfant. Tous ces tests ont etc étudiés sous forme d’entretiens individuels sur une vingtaine d’enfants de 13-14 ans. Un seul lest de comportement y était joint : l’expérimentateur déclarait, avec embarras, avoir oublié de faire une course et notait si l’enfant offrait ses services spontanément ou après quelque insistance de la part de l'expérimentateur.
- Les résultats de ces longs entretiens et interrogatoires semblent bien montrer qu’entre les mains d’un observateur patient et exercé, la méthode peut fournir des résultats assez concordants avec ceux que rapportent les personnes qui connaissent l’enfant de longue date, — maîtres et parents. Ceux-ci ont rempli, après la fin des examens, des questionnaires détaillés. L’auteur ayant résumé l’impression qu'il a dégagée de ses entretiens avec l’enfant par une note globale devant indiquer le degré de confiance à accorder au sujet, du point de vue de l’évolution de son caractère, a trouvé chez 17 sujets sur 20 un accord satisfaisant avec l’opinion des maîtres.
- De toutes les épreuves étudiées, celles qui visaient l’étude des concepts éthiques semblent en général moins satisfaisantes. La plus significative serait celle des réactions à une situation imaginaire.
- Pour toutes ces épreuves, l’application individuelle paraît indispensable, pour réduire le travail d’expression verbale souvent laborieuse et inhibitrice, pour permettre d’observer le sujet et de faire régner l’atmosphère de confiance nécessaire.
- On regrette que dans cette étude, dont le but est de préciser la valeur des méthodes, à côté du luxe des interrogatoires et tests de jugement moral, l’auteur se soit contenté d’un seul test de comportement,. D. W.
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- J. E. Segers. — Examen psychologique de deux jumeaux identiques. — J. de N. et de Ps., XXXI, 5, 1931, p. 335-356.
- Les deux sujets examinés sont deux garçons de 12 ans 6 mois, se ressemblant physiquement au point d’être à peu près indiscernables l’un de l’autre. L’examen psychologique a compris les tests Binet-Stanford. O. I. : 0,85 et 0,86. — A l’échelle analytique de Vermeylen, ils totalisent 120 et 123 points. Au test de barrage, l’un barre 158 signes et son jumeau 127. Ici il y a donc une différence assez notable qui se retrouve dans les omissions, mais en sens inverse (60 contre 43). Dans un test de mémoire verbale 29 et
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- 32 mots sont retenus. Bref il y a un parallélisme très étroit dans toutes les épreuves psychologiques (d'autres encore ont été employées dans le détail desquelles nous ne pouvons entrer). Au contraire, si on examine l’affectivité, des différences assez notables se révèlent entre les deux jumeaux, mais il ne faut pas oublier que la précision beaucoup moins grande d’un tel examen, rend bien plus difficile une comparaison certaine des résultats obtenus.
- M. F.
- CHRONIQUE DOCIMOLOG1QUE
- Les essais de perfectionnement technique d’Angleur
- Le deuxième volume d'Adaptation, l’Annuaire du Laboratoire de pédagogie et de psychologie d’Angleur (dont le premier volume a valu à Mlle Jadoulle un prix de pédagogie très mérité) contient une intéressante contribution docimologique. Après avoir montré la cohérence très insuffisante obtenue dans la pratique usuelle (1), Mlle Jadoulle a tenté d’assurer une amélioration des conditions des examens, pour le choix des épreuves, la technique d’application et la correction.
- Voici les directives utilisées :
- Choix des questions — Triple but : examen des connaissances, d’une part, et des capacités dans l’utilisation de ces connaissances de l’autre, en sorte que, pour la lecture par exemple, on s’assure, non seulement du mécanisme verbal, mais de la compréhension (ordres à exécuter, questions exigeant une réponse simple) ; enfin appréciation de la formation générale et des capacités de jugement. Les questions d’examen seront nombreuses et porteront sur les points principaux d’un programme, pour diminuer le hasard et faciliter l’évaluation ; corrélativement, elles exigeront des réponses assez brèves. Chaque question aura son but précis : connaissance brute ; utilisation de la connaissance ; capacité de jugement. Cela permet une sanction plus facile et plus objective.
- Technique. —- Les explications, rédigées une fois pour toutes, ne seront pas modifiées. Les questions, polycopiées, comportent une place pour la réponse.
- Cela évite certaines catégories d’erreurs. Dans certains cas, plusieurs réponses sont proposées, entre lesquelles la réponse correcte doit être indiquée.
- (1) Cf. Bulletin de i’I. N. O. P., 3e année, n° 5, p. 136.
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- Correction. — Notation des réponses exactes dans les modalités d’examen par questions bien définies. Dans le cas où il faut une appréciation de niveau, par exemple, dans la rédaction, utilisation d’une échelle à 5 degrés seulement, avec subdivision ultérieure dans chacun de ces degrés, en trois (soit 15 notations possibles au total).
- Avec ces directives données aux instituteurs d’Angleur, un essai d’examen fut tenté, toute liberté dans l’application réelle ayant été laissée aux éducateurs. Les résultats de cet essai, complètement exposés, sont fort intéressants.
- Si la réalisation fut, bien entendu, loin d’être parfaite, elle montra toutefois de notables progrès sur la pratique usuelle ; cohérence supérieure, meilleur accord entre les résultats des examens et les prévisions des éducateurs fondées sur l’étude prolongée du travail scolaire des enfants.
- Dans cet essai, on voit s’introduire des techniques qui caractérisaient exclusivement l’emploi des « tests ». La docimologie se rapproche de la psychotechnique à laquelle elle est étroitement apparentée, et l’on doit féliciter Mlle Jadoulle de son fructueux effort. H. P.
- A travers les Revues
- La Revue lorraine (VAnthropologie publie une conférence sur l’anthropologie et l’école unique, pleine de réflexions fort judicieuses, farte par le Dr Huguet à l’Association lorraine d’études anthropologiques à Nancy (en novembre 1931), et dans laquelle il réclame la concentration d’un bureau technique central de l’Université, qui «élaborerait les directives pour la sélection scolaire et pour les épreuves de comparaison des sujets des divers établissements dans les mêmes classes et procéderait à des enquêtes convergentes en vue des épreuves d’examen radio-anthropologique, des épreuves des tesls et des épreuves traditionnelles ».
- Dans le numéro d’octobre-novembre 1932 des Annales de VEnfance figure une intéressante étude d’Ad. Ferrière sur les éléments constitutifs du caractère.
- Les actes du 2me Congrès de la Société italienne de médecine sociale ont publié un intéressant rapport d’Ag. Gemalli et Mario Poxzo sur les facteurs psychophysiques prédisposant aux acci-
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- dents de la route et les bases d’une organisation psychotechnique préventive. ________
- Le numéro 1-2 du lorne 44 (Janvier 1933) de la « Zeitschrift für angewandte Psychologie » est entièrement consacré aux problèmes de principes de la psychotechnique. Il contient les quatre articles suivants : Der Begriff « Psychoteehnik » (La notion « Psychotechnique »), par M. Erdelyi ; Zur Théorie der Psychoteehnik (Contribution à la théorie de la psychotechnique), par J. N. Spielrein ; Der personale Faktor in Psychoteehnik und praktische Psychologie (Le facteur personnel dans la psychotechnique et dans la psychologie pratique), par W. Stern, et, enfin : Grundlagen und Ziele der Psychoteehnik un der praktichen Psychologie (Les bases et les buts de la psychotechnique et de la psychologie pratique), par O. Lipmann.
- La notion de psychotechnique fait l’objet des articles de Erdélyi, Stern et Lipmann. Spielrein, Stern et Lipmann se préoccupent de ses bases.
- L’article de Spierein est la reproduction de sa communication faite au Congrès de Moscou. Il est intéressant en tant qu’exprimant le point de vue théorique de la psychotechnique russe, voulant mettre une ligne de démarcation très tranchante entre la psychotechnique « bourgeoise » et celle des Soviets.
- Le travail de Stern reproduit également sa communication au VIIe Congrès de psychotechnique. C’est la réfutation du point de-vue de Spielrein.
- Quant à Lipmann, il ne se contente pas de reproduire ses remarques faites au cours de la discussion qui a suivi ; les deux communications citées plus haut, il les développe et les complète des réflexions à propos de l’article d’Erdélyi. C’est donc, avec cette dernière étude, la tentative d’élaborer une définition adéquate de la psychotechnique. A. R.
- L’application de la méthode Frôbelienne à l’Ecole professionnelle des filles. — Erna Jacobeit publie à ce sujet un court article dans le n° 4 (27 janvier 1933) de « Beruf und Schule ».
- Le travail des femmes dans l’industrie du métal fait l’objet d’un article de la Dsse Hilda Obermair-Schoch, dans le n° 4 (5 février 1933) de la « Reichsarbeitsblatt ».
- Le Dr G. Atzler publie dans la même revue (n° 5, du 15 février 1933) un compte-rendu pour les années 1931-32 de l’Institut de la physiologie du travail de Dortmund.
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- Le n° 158 (janvier 1933) de «L’Orientation Professionnelle » contient des renseignements sur les carrières de l’industrie et du commerce du papier. ________
- Le projet de la loi du 25 janvier dernier sur la prolongation de la scolarité a soulevé un certain nombre de problèmes d’ordre pratique, dont quelques-uns font l’objet d’une série d’articles dans « L'Ecole el la Vie ». C’est ainsi que A. Brandeau parle de l’O. P. à l’école (Il février 1933), P. Chevallier de l’âge du certificat d’études (18 février). — Cette même revue publie, dans son n° 23 (25 février 1933), un court article de J. Peyrefitte sur les classes spéciales pour faibles de vue.
- En mai 1932, il s’est tenu à Moscou une réunion du Comité créé spécialement pour centraliser les études des professions. Le n° 4 du tome V (1932) de la « Psychotechnique Soviétique » (ancienne Psychotechnique et Psychophysiologie du travail) rend compte des délibérations qui ont eu lieu à ce propos. Le n° 5-6 de la meme revue reproduit intégralement (en russe) les résolutions de la Conférence de la Section ukrainienne de la Société psychotechnique de l’U.R.S.S., qui a eu lieu en juin 1932, concernant l’organisation de la psychotechnique dans l’industrie du charbon (la sélection professionnelle des cadres, l’élaboration des profils et des professiogrammes, la propagande technique, la rationalisation, etc.). Signalons, dans le même numéro, une analyse professionnelle du travail de dragueur, par Dolgolowa et Go-gsucijkine. _______
- M. Bourthoi:mieux publie dans le n° 2 (février 1933) de la Revue de l'Etudiant en droit une étude sur la carrière de juge de paix.
- Les questions antisociales continuent à faire l’objet de nombreux articles de la « Gazette des Chrétiens ».
- Nous relevons dans le n° 2 (février 1933) de la « Revista de Igiena Socialà » (revue mensuelle roumaine) un article du Dv G. Banu, sur la fatigue et le surmenage chez les ouvriers.
- IL Couvé analyse dans le n° 2 (février 1933) de « Industrielle Psijchotechnik », un certain nombre de cas significatifs d’accord et de désaccord entre l’opinion des chefs et les résultats des examens psychotechniques faits sur les employés de chemin de fer de l’Etat, à Berlin.
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- Dans ce même numéro, H. Reifenrath rapporte et étudie les résultats d’une épreuve d’intelligence de plus de 1.000 élèves de différentes écoles (76 classes, dont 25 commerciales et 51 de métiers divers). Il en résulte, d’une part, un rapport étroit entre l’âge, le type de l’école, le métier étudié et l’intelligence, de l’autre, une absence de corrélations positives entre l’intelligence générale et l’intelligence « spéciale » (technique ou pratique).
- A. C. Enrid publie, dans le n° 943 (21 janvier 1933) de « School and Society », les résultats d’une recherche statistique sur l’étendue des lectures et des études des élèves de « Collèges ». L’auteur envisage à la fois le temps consacré à la lecture et le nombre de pages lues. A signaler que la corrélation entre l’étendue des lectures et l’intelligence est pratiquement nulle (entre temps et intelligence : 0,05 + 0,05 ; entre nombre de pages et l’intelligence 0,17 + 0,04 ; N = 261).
- INFORMATIONS
- La Ligue brésilienne d’hygiène mentale, présidée par Ernani Lopes, et qui a fêté en 1932 son dixième anniversaire, annonce l’organisation à Rio-de-Janeiro d’une « clinique euphrénique », en envisageant le double point de vue, exposé par le directeur de cette clinique, Mirandolino Caldas, génétique et médico-pédagogique.
- Le Service social de la Caisse de compensation de la région parisienne possède depuis quelques mois un laboratoire de psychologie et d’orientation professionnelle, dirigé par Mlle Cqurthial, qui nous exposera prochainement l’organisation de ce nouveau et intéressant service.
- A la date du 1er mars 1933 a paru le premier numéro de la nouvelle revue trimestrielle, Le Travail humain, dirigée par J.-M. Lahy et IL Laugier, et consacrée aux problèmes de : Physiologie du travail et psychotechnique ; biométrie humaine et biotypologie ; orientation et sélection professionnelles ; hygiène mentale cl maladies professionnelles ; éducation physique et sports.
- (Siège de la revue : Conservatoire national des arts et métiers. Prix de l’abonnement, en France : 100 francs.)
- Les articles contenus dans ce premier numéro sont dus à Agos-tino Gemelli (Sélection des pilotes aviateurs), J.-M. Lahy (Vali-
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- dilé des tests exprimée en «pour cent» d’échecs), A. Fessard, H. Laugier et P. Nouel (Indice de ténacité au cours du travail statique), E. Mayo (Stabilité économique et « Standard of living »), Covaciu Âlmeanu (Modifications de la chronaxie au cours de l'entrainement physique). Nombreuses analyses bibliographiques.
- La Vie des Centres d’O. P.
- L’O. P. à la Chambre de Commerce de Paris
- Le 30 janvier a eu lieu au siège central des ateliers-écoles de la Chambre de Commerce de Paris l’inauguration d’une centre médical attaché à ce groupement.
- Nous donnons ci-dessous les renseignements sur son fonctionnement d’après les données de la Chambre de Commerce de Paris.
- Ateliers-ecoi.es d’orientation professionnelle ET d’apprentissage
- de la Chambre de Commerce de Paris
- La Chambre de Commerce de Paris a expérimenté une formule nouvelle d’Orientation professionnelle pratique qui actuellement, après plusieurs années, a fourni des preuves suffisantes de sa valeur.
- L’originalité de la méthode repose sur l’expérimentation des métiers complétée par une instruction générale appliquée aux professions, mais elle s'appuie dès l’origine sur un examen psychologique préalable et surtout sur un examen médical qui est indispensable, par les contre-indications qu’il fournit, à la détermination des aptitudes.
- Par la collaboration constante entre le personnel médical et le personnel enseignant, on arrive ainsi à guider les enfants dans le choix d’un métier et à les diriger sans contrainte, mais suivant leurs moyens, vers celui qui convient le mieux à leur goût,
- Le service médical a été institué dès 1927. Peu à peu, il s’est étendu pour répondre aux besoins nouveaux qui apparaissent et, sur rapport de M. Barthet, a pris sa forme définitive au 1er octobre dernier.
- Service médical
- Le service médical n’est pas une organisation autonome. Il constitue une. partie — fort importante d’ailleurs — du service de l’Orientation professionnelle qui fonctionne suivant les directives du Directeur général des ateliers-écoles, tant au siège central, 2, place de la Bourse, que dans chacun des ateliers-écoles.
- De ce fait, il est défini et l’action des médecins limitée. Il ne sau-
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- rait être question de se substituer aux familles ou aux œuvres sociales pour donner aux enfants les soins dont ils peuvent avoir besoin ; il s’agit uniquement de fournir au service d’Orientation professionnelle les données médicales indispensables pour bien conseiller les enfants et les familles en vue du choix et de l’exercice d’une profession.
- A. — Service central
- A dater du 1er octobre 1932, le personnel médical des ateliers-écoles a été ainsi constituée .
- Un médecin-chef (Dr Martiny) qui a pour mission d’organiser techniquement le dépistage en vue de l’Orientation professionnelle et qui, dans ce but, a la haute main sur l’organisation de tout le service médical.
- Il a comme collaborateurs placés sous son autorité :
- 1° les médecins spécialistes attachés au service central ;
- 2° les médecins des ateliers-écoles.
- Il assure les consultations de médecine générale qui ont lieu le lundi, le jeudi et le samedi, à partir de 9 h. 30.
- Des médecins spécialistes au service central assurent les consultations suivantes : Ophtalmologie (Dr Subileau), mercredi 9 h. ; Otorhinolaryngologie (Dr Winter), mardi 10 h. 30 ; Cœur (Dr IIô-danger) 2me et 4me lundis 16 h. ; Tube digestif (Dr Leven), 1er mercredi 14 h. ; Dentition (Dr Laurent), mercredi 14 h. ; Psychiatrie (Dr Morlaas), 3me samedi 15 h. 30 ; Gymnastique médicale (Dr Bal-land), mardi et vendredi 15 h. 30.
- Un service de radiogi^aphie fonctionne 2, place de la Bourse, sous la direction du médecin-chef, assisté de l’infirmière.
- Un Secrétariat administratif comporte la tenue et le classement des fiches médicales et des livres de consultations, les convocations, l’établissement de statistiques, etc..., fonctionne au Service central suivant les directives données par le médecin-chef et sous l’autorité du Directeur général des ateliers-écoles.
- B. — Service médical dans chaque atelier-école
- Médecins inspecteurs des ateliers-écoles : rue Au-Maire, rue des Bourdonnais, rue Jussienne, rue Philippe-de-Girard : Dr Contet ; rue des Epinettes, rue des Hais, rue des Vosges : Dr Guilhaume ; rue de l’Arbre-Sec, rue Saint-Marcel : Mme le Dr Pouchet-Soufflant ; rue de la Grange-aux-Belles, rue des Vosges : Dr Poret ; rue Madame : Dr Lancelot ; rue Saint-Lambert : Dr Houzel (fils).
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- Réglementation du Service médical central
- Les consultations ont lieu régulièrement aux jours et heures prévus d’accord entre le médecin-chef et les médecins intéressés.
- Sont dirigés vers le service médical central :
- 1° Les. enfants du dehors qui, s’étant présentés au Service d’Orientation professionnelle de la Direction générale, doivent subir une visite médicale avant d’être inscrits ;
- 2° Les enfants déjà entrés dans les ateliers-écoles qui ont été retenus par le médecin-chef ou qui ont été signalés par les médecins des ateliers-écoles comme devant faire l’objet d’un examen plus approfondi ou être régulièrement suivis.
- Dans les cas délicats, par l’intermédiaire de la Direction générale, le médecin demandera que les familles soient convoquées elles-mêmes et avec leur assentiment entrera, si possible, en liaison avec le médecin de la famille.
- Un dossier confidentiel qui reste au Service central est constitué pour tout enfant ayant fait l'objet d’une ou plusieurs visites ; sont conservés dans ce dossier les relevés des observations qui doivent être consultées par les médecins au cours des visites ultérieures.
- D’autre part, une fiche médicale établie pour chaque enfant au moment du premier examen est placée dans son dossier à l’atelier-école, ainsi que toutes notes ou conseils du médecin qu’il serait utile de communiquer à l’éducateur.
- Les élèves se présentent aux différentes visites sur convocation adressée par la Direction générale.
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- Marcel Foucault. — La mesure de l'intelligence chez les écoliers. In-8° de 130 pages. Paris, Delagrave, 1933.
- Dans ce très utile ouvrage, le professeur de l’Université de Montpellier expose la méthode qu’il a mise au point, en donnant tous les détails techniques utiles et les normes d’étalonnage qu’il a obtenues après plusieurs années de recherches, commencées en 1924. 11 a utilisé tout d’abord une série de cinq épreuves comportant des associations impliquant un jugement d’adaptation : 1° étant donné un genre, trouver une espèce du genre (une espèce d’arbre, ou d’oiseau, ou de meuble, etc.) ; 2° indiquer un tout dont le terme donné peut représenter une partie (la branche qui est partie de l’arbre, ou le nez du visage) ; 3° exprimer l’usage d’un objet (l’usage du couteau étant de couper, par exemple) ; 4° associer par analogie d’après un couple donné (si à œil est associé le terme
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- voir, au terme donné oreille, il faut trouver le terme convenable, qui est entendre) ; 5° trouver le terme exprimant le contraire de ce qu’exprime un terme donné (à fort, on opposera faible, par exemple). Chaque série comprend 10 épreuves. Des exemples sont donnés des réponses qui sont considérées comme tout à liait satisfaisantes et de celles qui sont à demi satisfaisantes.
- F. admet qu’on a une mesure de quantilé quand on totalise les réponses des deux catégories, de qualité quand on totalise seide-ment les premières. J’avoue ne pas être convaincu de la valeur de la distinction, et je crois préférable de donner une notation moitié moindre pour les réponses à demi-satisfaisantes.
- Les valeurs normales d’après 35G3 feuilles d’expériences (sujets de 2 à 30 ans) sont données pour les deux rubriques quantité et qualité d’âge en âge (celui-ci étant exprimé en jours, ce qui déroute un peu) de manière à permettre l’établissement d’un quotient intellectuel.
- Un calcul de corrélation calculée entre qualité et quantité donne des indices très élevés (ce qui me paraît en accord avec l’inexactitude de l’expression utilisée pour désigner les deux modes de mesure).
- Avec la méthode Binet-Simon, la corrélation en 1027 (sur 35 enfants) a atteint p = 0,88. Mais en reprenant des mesures sur 50 enfants, la corrélation n’a été que de p = 0,575 (et r = 0,587). N’en restant pas à ces premiers essais, F. a pensé qu’il fallait faire intervenir des épreuves d’intelligence « intuitive » en utilisant la méthode du complément de textes, d’Eblinghaus.
- Il a étalonné cinq textes comportant chacun dix lacunes, et il a finalement composé deux séries combinées de cinq épreuves, la première avec les tests genre-espèce, partie-tout, usage et deux textes à compléter, la seconde avec trois textes, les analogies et les contraires.
- Les valeurs normales pour les deux séries (toujours en différenciant quantité et qualité) sont données pour les âges en jours (de 2.500 à 7.305) de 10 en 10 jours (ce qui ne laisse pas d’être un peu superflu et pratiquement inutilisable aux âges supérieurs, quand on approche de 20 ans !)
- Il y a là un précieux travail dont il faut féliciter le professeur Foucault, et qui peut aider beaucoup à la connaissance de l’intelligence, du moins sous des formes verbale et logique, avec intervention prédominante de la tâche inventive chez les écoliers du premier et du second degré. H. P.
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- £.* Année
- N» 5
- Mai 1933
- BULLETIN
- DE
- l’Institut National d'Orientation Professionnelle
- In Laboratoire de Psychologie et d’Orientation professionnelle
- au Service social de la
- Caisse de Compensation de la Région Parisienne
- par Mlle Andrée COURTHIAL
- Au mois de novembre 1932, le Service social de la Caisse de compensation de la région parisienne a ajouté à ses nombreuses activités la création d’un laboratoire de psychologie et d’orientation professionnelle pour le bénéfice des enfants des familles ouvrières allocataires de la Caisse. Cette initiative constitue, au sein d’une importante organisation de travail social (1) un effort assez nouveau pour qu’il soit intéressant d’en étudier la réalisation, et nous sommes vivement reconnaissants à M. et Mme Piéron qui, après avoir visité notre laboratoire, ont bien voulu nous demander de présenter un compte rendu sur l’organisation de notre travail.
- Un service d’orientation professionnelle rattaché à une œuvre de travail social possède le grand avantage de trouver, dès ses débuts, la collaboration de l’assistante sociale. Cette collaboration s’exerce dans trois directions : le recrutement des enfants, la constitution du dossier social, familial, médical et scolaire, enfin, la surveillance des cas et l’aide apportée aux familles pour l’application des mesures envisagées.
- Afin de profiter pleinement de cette collaboration importante, notre service demandait donc d’abord son intégration dans le travail de l’assistante sociale. Nous avons cherché à réaliser celte intégration de la manière suivante.
- (1) Le Service social de la Caisse de compensation de la région parisienne compte 120 visiteuses, et possède plusieurs dispensaires, écoles ménagé-
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- Lorsque l’assistante sociale nous demande une consultation, nous lui donnons à remplir « la fiche pour la consultation de psychologie» qu’elle devra nous remettre avant de présenter l’enfant. Celte fiche contient sur la première page une série de questions relatives à la situation familiale, père, mère, frères, sœurs, antécédents, état de santé, âge, occupations, éducation générale, situation pécuniaire. Une question importante a trait aux rapports familiaux : Une bonne harmonie existe-t-elle entre les membres de la famille ? le père el la mère s’intéressent-ils à l’éducation de leurs enfants ? Sont-ils prêts à faire des sacrifices s’il est nécessaire, etc ? La seconde page contient uniquement des questions relatives à l’enfant, aux raisons pour lesquelles il est amené à l’examen, aux désirs qu’il exprime, à ceux des parents. L’opinion de l’assistante sociale au sujet du problème à étudier y est également demandée. Sont de même exigées la fiche scolaire, la fiche médicale de l’enfant et une visite préalable au directeur de l’école que fréquente l’enfant ou, si ce dernier travaille, à son employeur. Tous ces renseignements sont étudiés avant l’examen, et des questions supplémentaires sont posées à l’assistante sociale au cas où ils ne paraissent pas suffisants.
- Ce premier travail achevé, nous demandons de nouveau la collaboration de l’assistante sociale dès que nous avons examiné l’enfant. Nous lui expliquons les résultats de cet examen (1), puis nous cherchons avec elle les meilleures solutions à envisager pour l’avenir de l’enfant, en tenant compte des notes obtenues, des ressources de la famille, des écoles, etc. Enfin, si l’enfant est accompagné par un membre de sa famille, l’entretien se poursuit avec ce dernier, l’assistante sociale étant toujours présente. De cette manière, les conseils donnés et les solutions envisagées acquièrent auprès de cette assistante toute la valeur et le poids dont ils ont besoin pour l’encourager dans la tâche importante qui lui reste à faire,
- (1) Tant que l’Assistante sociale n’est pas familiarisée avec la procédure des tests, nous lui demandons, dans la mesure où l’enfant ne se sent pas intimidé ou gêné, d’assister aux épreuves. Nous avons trouvé que cette procédure permettait à l’assistante sociale non seulement de mieux comprendre notre travail, mais élargissait son point de vue et lui permettait de reconnaître les problèmes que nous pouvions l’aider à résoudre.
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- celle d’aider la famille à appliquer nos conseils et de tenir notre bureau au courant des résultats obtenus.
- L’appui que nous donne l’assistante sociale est donc fort important. Grâce à son activité, le travail de notre laboratoire se trouve déchargé de toutes les longueurs inhérentes à une consultation qui doit être précédée de la prise d’une fiche de renseignements ou qui doit être accompagnée d’une visite, médicale. Nous évitons également les erreurs de diagnostic pouvant résulter d’une connaissance imparfaite du milieu familial ou social, enfin, nous obtenons la certitude de ne pas travailler dans le vide relativement aux suites données à nos suggestions. L’assistante sociale enlève ainsi au travail de laboratoire ce qu’il aurait de trop schématique et: d’abstrait, en créant entre le psychologue et la famille intéressée le trait d’union nécessaire' pour donner à l’examen toute sa valeur pratique et sociale.
- Le travail de préparation des cas étant effectué en dehors de notre service, nous avions donc surtout à nous occuper de compléter la méthode clinique par la méthode expérimentale et à procéder au choix du matériel psychotechnique, des tests, pour l’examen de l’enfant.
- Ce choix a dû être fait en tenant compte des buts que nous nous proposions. Pour nous, il ne s’agissait pas d’une recherche scientifique ou de l’élaboration de méthodes nouvelles, il fallait d’abord faire du travail pratique et réunir le matériel nécessaire pouvant nous renseigner largement sur les aptitudes de l’enfant, soit dons l’ordre abstrait, soit dans l’ordre concret.
- Or, en dehors de la valeur comparative des chiffres auxquels les tests permettent d’aboutir, ils sont surtout intéressants, — quand il s’agit d’orientation professionnelle et non de sélection ou de simple dépistage, — pour la richesse des observations qu’ils permettent de faire sur les qualités, les lacunes et les aptitudes des sujets examinés. Ces tests n’acquièrent toute leur valeur, au point de vue de l’étude de l’enfant et des voies dans lesquelles il peut être dirigé, que lorsqu’on ajoute à leur expression numérique tous les éléments qui proviennent de leur interprétation. Ainsi, toute garantie scientifique étant dûment observée, il est nécessaire que le conseiller d’orientation choisisse pour son travail pratique,
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- des tests avec lesquels il est familier, dont il connaît parfaitement la technique, et sur lesquels il a appris à observer et à différencier les réactions de scs sujets. Nous avons été ainsi amenés à choisir pour notre laboratoire des tests que nous avions longuement étudiés aux Etats-Unis dans notre pratique clinique, non pas qu’ils fussent les seuls capables de nous donner les garanties scientifiques que nous désirions, mais parce qu’ils constituaient un matériel que nous connaissions parfaitement, avec lequel nous avions examiné de nombreux sujets et que l’appréciation du comportement de l’enfant nous en était facilitée, ainsi que l’interprétation si importante des résultats.
- Nous déterminons, en premier lieu, le niveau mental de l'enfant. A cet effet, nous nous servons pour tous les sujets au-dessous de 15 ans du test Terman-Binet, et pour les sujets au-dessus de 15 ans de la fiche psychologique de Piéron. Dans les deux cas, nous donnons ces tests individuellement, et nous les appliquons intégralement en observant avec soin la technique établie par ceux qui les ont étalonnés. En ce qui concerne le Terman-Binet, nous utilisons un petit livret établi d’après les traductions de Claparède et de Delvaux. Nous donnons l’échelle complète et nous insistons à ce sujet, la pratique étant parfois de raccourcir ce test. Cette procédure nous paraît admissible lorsqu’on veut simplement établir un niveau mental, mais elle ne l’est plus quand, à côté du niveau, on veut également étudier les possibilités et les lacunes d’un sujet, l’échelle abrégée supprimant en effet des épreuves fort intéressantes de jugement pratique (test de la balle et du champ), de représentation visuelle (test des aiguilles d’une montre), de mémoire visuelle (test du code), d’imagination constructive (test de découpage Binet), etc., et gardant surtout des tests de vocabulaire ou de connaissances scolaires. Lorsque nous nous, servons du Terman-Binet, nous calculons l’âge mental et le quotient d’intelligence, et lorsque nous utilisons le test Piéron nous consultons les tables de centiles. Nous établissons ensuite notre diagnostic en tenant compte de la valeur de ces chiffres, et surtout des nombreuses indications que nous donnent l’étude détaillée des réponses de l’enfant et les observations faites en cours d’examen sur son comportement.
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- Les tests Terman-Binet et Piéron étant essentiellement des tests verbaux, nous considérons que le niveau mental ainsi obtenu se rapporte surtout à l’intelligence verbale ou abstraite du sujet et ne nous renseigne pas sur ses aptitudes manuelles et techniques. Pour découvrir ces dernières, nous nous servons d’une seconde échelle de tests, l’échelle Grâce Arthur, qui se compose uniquement de tests non verbaux, dont quel-uns sont fort simples et ne demandent qu’une bonne coordination sensori-motrice, tandis que d’autres exigent cette coordination et aussi du discernement, du coup d’œil, de la patience, etc.
- Nous ne pouvons pas donner ici la description détaillée de tous ces tests. Nous renvoyons à leur sujet au livre de Grâce Arthur (1), qui contient toutes les indications bibliographiques et techniques nécessaires, et nous nous bornerons à énumérer ces épreuves tout en les groupant d’après les fonctions qu’elles paraissent plus spécialement mette en évidence :
- Tests de mémoire motrice : cubes de Knox ;
- Tests de coordination sensori-motrice demandant une bonne appréciation des formes et permettant d’étudier la rapidité de réaction des mouvements : planche de Seguin, planche à deux formes, planche du casuiste ;
- Tests de coordination sensori-motrice demandant de la précision et du jugement : test du mannequin, test du profil ;
- Tests de complétion d’images demandant du jugement pratique, association d’idées, observations : planche de la jument et du poulain, planches Ilealy I et Healy II ;
- Tests demandant une certaine prudence, de la réflexion, aptitude à s’adapter rapidement à la lâche, à profiter de l’expérience : labyrinthes de Porteus (années III à XIV, adultes I et II) ;
- Tests demandant du coup d’œil, appréciation des lignes, des formes, et des couleurs, persévérance et réflexion : reproduction avec des cubes de couleur des planches de Kohs.
- Nous donnons tous ces tests en suivant exactement la technique décrite dans le livre de Grâce Arthur et nous établissons nos calculs d’après les étalonnages de cet auteur. Ces
- (1) A point scale of performance tests, Grâce Arthur, New-York, the Com-monwealth Fund of Publication 1930.
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- étalonnages permettent de trouver, pour chaque test séparément, et pour l’ensemble du travail fourni par le sujet, un âge mental qu’on peut directement comparer à celui obtenu avec le Terman-Binet. Il est sans doute inutile d’insister sur l’avantage de cette comparaison au point de vue de l’orientation professionnelle. Notons seulement qu’elle permet de se rendre rapidement compte des différences ou de l’accord pouvant exister entre les aptitudes manuelles et les aptitudes verbales du sujet, et par conséquent, de rétrécir ou d’élargir d’autant les voies dans lesquelles il peut être dirigé. D’autre part, la note obtenue pour chaque test sert à nous renseigner sur certaines aptitudes spéciales, exactement comme l’étude détaillée des réponses fournies aux tests verbaux d’intelligence permet de discerner, par exemple, une certaine qualité de mémoire pour les chiffres, de l’esprit d’observation, du jugement, une bonne image visuelle, etc. Enfin, en comparant le comportement de l’enfant aux tests de l’échelle Arthur à celui qu’il montre aux tests Terman-Binet ou Piéron, on obtient une indication précieuse sur la forme de travail la plus apte à le stimuler et à l’intéresser. Peut-être, n’est-ce pas non plus inutile d’ajouter que les tests contenus dans l’échelle Arthur (1) ayant tous été longuement étudiés dans les laboratoires de psychologie qui les ont construits, leur interprétation est facilitée par le grand nombre d’analyses et d’observations publiées à leur sujet.
- Lorsque l’enfant a été examiné d’abord avec le Terman-Binet ou le test d’intelligence Piéron, puis avec les tests d’intelligence manuelle de Grâce Arthur, nous avons déjà réuni, pour le diagnostic d’orientation professionnelle, une quantité d’observations qui, ajoutées aux renseignements fournis par l’assistante sociale (milieu familial, fiche scolaire, fiche médicale, opinion du maître, etc.), nous permettent d’entrevoir certaines possibilités et d’en éliminer d’autres. Notre examen s’arrête ainsi souvent à ces tests, et nous ne procédons à d’autres mesures que si les résultats déjà obtenus ne nous permettent pas encore de donner un conseil précis. Ce n’est pas,
- (1) Les tests de l’échelle Arthur ne sont pas originaux, mais proviennent tous de travaux antérieurs : Pintner-Patlerson, Healy, Porteus, Kohs, etc. L’originalité de l’échelle consiste dans le regroupemenl de ces tests et de leur étalonnage en vue du calcul du niveau mental.
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- croyons-nous, dans la multiplicité de tests plus ou moins adéquats pour découvrir des aptitudes strictement délimitées que réside la psychotechnique de l’orientation professionnelle. Il faut abandonner cette méthode à la sélection professionnelle, dont la fonction étant de chercher le meilleur sujet pour un travail bien déterminé, peut spécialiser ses tests dans les plus petits détails. Le rôle du conseiller d’orientation n’est pas d’arbitrer et de décider, mais de conseiller, et par conséquent d’assembler, d’évaluer et de comprendre. Son travail peut donc s’arrêter dès qu’il a réuni suffisamment de données pour procéder à son évaluation et aux conclusions qu’on attend de lui.
- Toutefois, il y a souvent des cas douteux et difficiles soit que les résultats obtenus soient contradictoires, ou qu’il y ait désaccord entre les renseignements fournis par l’assistante sociale et les indications données par les tests, etc. Nous nous servons alors de certains tests supplémentaires.
- Pour les garçons, nous utilisons la boîte de Decroly et les tests mécaniques de Stenquist (1). L’une et l’autre de ces épreuves sont trop bien connues pour qu’il soit nécessaire de les décrire. Elles ont toutes deux l’extrême avantage d’être considérées par l’enfant comme un jeu, de sorte que, même données à la fin de l’examen, c’est-à-dire quand le sujet a déjà travaillé depuis une heure et demie ou deux heures, elles l’intéressent suffisamment pour chasser toute trace de fatigue. Nous suivons, aussi bien pour la boîte de Decroly que pour le test de Stenquist, la technique et les étalonnages publiés par ces auteurs. En ce qui concerne le test de Stenquist, il ne nous semble pas, d’après notre expérience, que l’attitude de nos enfants devant ce test soit différente de celle des enfants américains, et c’est pourquoi nous croyons que l’étalonnage conserve toute sa valeur. De toute manière, les chiffres, ici comme pour le Terman-Binet, le test Piéron ou l’échelle d’Arthur, ne nous servent que d’indication générale et comparative. Ils n’ont, en aucun cas, de valeur absolue.
- En ce qui concerne les filles, nous utilisons les tests d’as-
- (1) Stenquist Assembling tests of Général mechanical Ability, prescription and Manual of directions. C. H. Stoelling C°, Chicago, U. S. A.
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- semblage de Toops (1). Ces tests comprennent une série d’épreuves de couture, enfilage de perles, assemblage de parties diverses, découpage, etc. Ils ont à peu près la même signification que ceux de Decroly et de Stenquist, mais ils paraissent indiquer, pour les filles surtout, des qualités de soin, d’ordre, de persévérance, de précision et de goût.
- Enfin, notre laboratoire va posséder prochainement les tests d’orientation professionnelle en usage à la clinique de Neuro-psychiatrie du Dr Tleuÿer (2) et, suivant les cas, nous nous servirons de ces épreuves au lieu de celles que nous venons de mentionner (3).
- D’autre part, les assistantes sociales nous amènent souvent des enfants pour troubles peu graves du caractère. En général, ces cas nécessitent, après notre examen, celui du psychiatre, et nous ne nous permettons ni de les évaluer, ni de les diagnostiquer. Pourtant, en ce qui les concerne, nous nous efforçons toujours de compléter nos examens d’aptitude par un examen du caractère dont le résultat est montré au médecin. Nous utilisons dans ce but les tests de Rorschach (1), et plus spécialement une série d’épreuves destinées à déterminer les tendances dominantes du caractère affectif du sujet. Comme nous faisons en ce moment des recherches sur ces derniers tests, il ne nous est pas encore possible d’en donner ici la description.
- Les enfants ayant été examinés selon la procédure que nous venons de décrire, nous établissons pour chacun d’eux un
- (1) Tests for Vocational Guidance of Children Thirteen to Sixteen by Herbert A. Toops. Teachers Collège, Columbia University, New-York City 1923.
- (2) Tests moteurs dans l'orientation professionnelle des anormaux de l’intelligence et du caractère, par Heuyer et Baille. Extrait des Annales médico-Psychologiques, n° 3, octobre 1932.
- (3) Il est aussi nécessaire d’ajouter que tous les tests que nous venons de décrire, y compris les tests verbaux d’intelligence, ont été choisis parce qu’ils nous paraissaient les meilleurs pour toutes les raisons que nous avons données, mais cela ne veut pas dire que ce matériel ne changera pas. Nous espérons au contraire, l’améliorer et le transformer ou le compléter au fur et à mesure que les recherches qui se font dans les laboratoires ’de psychologie mettront à la disposition des conseillers d’orientation des méthodes plus raffinées et plus exactes.
- (4) Psychodiagnostik, Hermann Rorschach, Hans Huber, Bern ; voir également « le test de Rorschach appliqué à différents groupes d’enfants de. 10 à 13 ans, Marguerite Loosli-Usteri, Archives de psychologie, n* 85.
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- rapport. La première partie de ce rapport décrit le résultat des tests du point de vue quantitatif (épreuves passées avec succès, échecs, âge mental, centiles, etc.). Dans la seconde partie, nous notons les aptitudes et les lacunes qui ont caractérisé le travail de l'enfant, nous décrivons les observations que nous avons pu faire sur son comportement au cours des épreuves et les raisons qui peuvent expliquer certaines, difficultés d’adaptation à l’école ou au travail. Enfin, dans la troisième partie, nous évaluons et apprécions toutes les données qui ont été recueillies, soit par l’assistante sociale, soit par la méthode des tests, et nous donnons le conseil d’orientation que ces données semblent autoriser. L’original de ce rapport est remis à l’Assistante sociale pour la suite à donner au cas. Deux copies sont gardées au laboratoire, dont l’une va dans le dossier de l’enfant et l’autre est classée à part pour consultation rapide.
- En dehors de ce rapport, nous tenons un registre qui contient les colonnes suivantes : Numéro d’ordre, nom de l’enfant, nom de l’assistante sociale qui s’occupe du cas et de sa monitrice, âge réel de l’enfant, âge mental ou centile, quotient d’intelligence, résultats de l’échelle Arthur, autres tests, conseils donnés et enfin, une dernière rubrique intitulée : Ce qui a été fait et résultats. Le but de ce registre est donc de contrôler et de noter les mesures qui ont été prises d’après nos conseils, et surtout de nous tenir au courant des développements ultérieurs du cas afin de vérifier la vérité de notre diagnostic. Nous pensons qu’au fur et à mesure du développement de notre laboratoire, ce registre sera pour nous riche en enseignements d’ordre pratique et scientifique.
- Il ne nous reste plus maintenant qu’à examiner la question des fonctions que notre laboratoire paraît être appelé à remplir. C’est ici que nous sommes obligés d’élargir notre dénomination en tant que service d’orientation professionnelle pour inclure dans notre travail l’étude de tous les problèmes d’ordre psychologique qui peuvent surgir dans la vie de l’enfant. Les sujets étant recrutés par l’assistante sociale qui connaît les familles des enfants et a fréquemment l’occasion d’entendre des plaintes ou le devoir de donner amicalement des conseils, il était inévitable que cette assistante désirât avoir recours à nous chaque fois que l’avenir social de l’en-
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- faut ou sa bonne éducation familiale ou scolaire lui paraissait en jeu. Ainsi, et bien que la majorité des enfants nous soient présentés pour des conseils d’orientation professionnelle, nous en voyons également un grand nombre pour lesquels il s’agit d’étudier les moyens de résoudre, soit des conflits de caractère, soit une mauvaise adaptation à l’école. Les enfants que nous examinons pour conseils d’orientation professionnelle ou pour l’étude de certains conflits sont généralement d’intelligence normale et souvent supérieure. Un troisième groupe est constitué par les enfants retardés, et nos assistantes sociales s’efforcent de reconnaître ces enfants et de montrer aux familles la nécessité de nous les faire examiner alors qu’ils sont encore dans l’âge où les procédés de rééducation peuvent leur être appliqués avec quelque chance de succès. En ce qui concerne ces enfants, nous ne voyons d’ailleurs que des sujets éducables, les autres étant généralement dirigés par nos assistantes sur les cliniques médicales spéciales.
- Ainsi, il semble bien que notre laboratoire est appelé à s’occuper de tous les problèmes d’ordre psychologique qui surviennent dans la vie de l’enfant et que notre rôle doit être à la fois similaire et fort différent de celui d’un conseiller d’orientation, selon la conception ordinaire que l’on se fait de ce travail. C’est d’ailleurs bien la tâche que nous envisagions en créant ce service, étant d’avis, qu’en ce qui concerne l’enfant et l’adolescent, le psychologue a l’obligation de collaborer avec les parents, le médecin et l’éducateur. Cette collaboration est demandée et attendue par tous. Il nous suffit, pour nous en convaincre, de nous reporter aux rapports qui nous ont été donnés par les assistantes sociales sur les suites données à nos conseils d’orientation. Sans parler des parents et des enfants dont la collaboration nous est acquise avant l’examen, chaque fois qu’une de nos assistantes sociales a dû montrer notre rapport à des directeurs d’école, des maîtres, des médecins ou même des employeurs afin de leur demander de participer à l’application des mesures que nous avions trouvées nécessaires, elle a toujours rencontré un vif intérêt pour nos efforts et le désir de nous aider. Ces approbations, de la part d’un groupe de personnes qui sont peu familiarisées avec les méthodes scientifiques de l’orientation professionnelle ou de la psychologie appliquée et qui auraient
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- pu soulever des objections que nous n’avons pas encore entendues, semblent montrer que les voies sont ouvertes pour le psychologue, conseiller d’orientation. Puissent les encouragements que nous avons reçus —et pour lesquels nous exprimons ici toute notre reconnaissance — inspirer à tous ceux qui s’intéressent aux problèmes de l’enfance et de l’adolescence de nouvelles et hardies initiatives.
- NOTES ET DOCUMENTS
- L’O. P. au Congrès international de l’Enseignement techique
- de 1934
- Succédant aux Congrès internationaux de Charleroi, Paris et Bruxelles, celui qui se tiendra-en Espagne, en 1934, aura aussi à s’occuper de l’orientation professionnelle.
- Dans une de scs dernières réunions, le Bureau international de l’enseignement technique, 4après avoir examiné les vœux présentés à Bruxelles (1932), a retenu les deux questions suivantes :
- A. — Comment utiliser, pour l’orientation professionnelle, la dernière année de scolarité.
- B. — a) La fiche, médicale d’O. P.
- b) L’O. P. des cardiaques.
- Nous ne retiendrons, aujourd’hui, que la première de ces questions qui a fait l’objet du questionnaire ci-dessous, établi par la Commission d’O. P. dé 1’ « Association française pour le développement de l’enseignement technique », dans sa réunion du 2 mai dernier.
- « L’Association française pour le développement de renseignement technique » part de cette idée qu’en France une prolongation de la scolarité est indispensable. Elle propose à votre examen les questions ci-dessous devant servir de guide à l’établissement des rapports en vue du Congrès de 1934.
- 1° A quel âge les enfants peuvent-ils pratiquement, en raison de leurs aptitudes physiques et de leurs connaissances entrer dans le commerce, l’agriculture, l’industrie, etc... ?
- En conséquence, à quel âge devrait prendre fin la scolarité primaire obligatoire ? Quelles devraient être les sanctions de cette obligation envers la famille, l’enfant, l’employeur ?
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- Au cours de la dernière année de la scolarité, répètera-t-on, dans les mêmes formes et avec les mêmes procédés, ce qui a déjà été enseigné ?
- 3° Comment sera utilisée cette dernière année de scolarité ?
- Quelle part serait réservée à la préparation à la vie professionnelle, agricole, industrielle, commerciale, etc...
- a) A renseignement manuel ?
- b) A renseignement général ?
- c) A l’éducation civique, morale et sociale ?
- d) A l’éducation physique ?
- e) A l’éducation ménagère ?
- 3° Sous quelle forme se fera la préparation à la vie professionnelle en ce qui concerne uniquement les métiers manuels :
- a) Dans les centres urbains de grande et de moyenne importance ?
- b) Dans le milieu rural ?
- Quels sont les maîtres qui en seront chargés ?
- Insister sur leur rôle et leur formation.
- 4° En quoi cette préparation professionnelle faciliterait-elle la décision définitive qui doit intervenir en fin de scolarité dans le choix de la profession, compte tenu des besoins du marché du travail et du désir des familles ?
- Nota. — Autant que possible signaler ou joindre à chaque rapport toute documentation se rapportant aux différentes questions posées (horaires, programmes, monographies, brochures et livres statistiques, etc...
- Nul doute que ce questionnaire n’intéresse tout particulièrement les anciens élèves de l’I.N.O.P. dont un certain nombre enseignent dans nos différents établissements scolaires.
- Il nous serait agréable d’avoir leur opinion sur les divers
- points. Julien Fontègne.
- *
- * *
- Intelligence des déficients physiques
- Pour pouvoir orienter les déficients physiques vers les professions qui leur sont accessibles malgré leurs infirmités, il faut tout d’abord déterminer leur niveau intellectuel.
- Peut-on, d’une façon générale, l’assimiler à celui des normaux physiques ? Voilà la question que se pose dans une étude récente (Journal of Educational Research, mars 1933), K. Nilson. Il y rap-
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- porte les résultats obtenus en 1929 sur 169 élèves déficients des -écoles publiques de Minnesota à l’aide du test Kuhlmann-Ander-son et les compare avec ceux des recherches de Kuhlmann (non publiés jusqu’ici), laites en 1928-1930 sur 2.590 élèves non sélectionnées des mêmes écoles.
- Voici les tableaux comparatifs pour ces deux catégories :
- Distribution en °/0
- Q. i. Classification. Elèves non sélec. Déficients
- — — des écoles publiques. physiques.
- 50-79 , Sous-normaux. . ... 3,9 15,3
- 80-89 Faibles .... 6,3 17,2
- 90-109 Normaux .... 44,9 50,3
- 110-119 Supérieurs. . . .... 28,5 11,8
- 120 et au-dessus Très supérieurs. ... 16,4 5,4
- Total .... 100,0 100,0
- Médian de O. 1 .... 108,20 96,27
- Notons qu’au point de vue de l’âge chronologique, les deux groupes n’ont pas été homogènes. Alors que les déficients étaient compris entre 6 et 20 ans, l’âge des non sélectionnés allait de 7 à 11 ans.
- Bien qu’il se rende compte que ces résultats ne sont pas suffisants pour pouvoir en tirer une conclusion, l’auteur penche vers l’opinion que les deux groupes en question sont tout à fait comparables au point de vue du niveau mental. Il fait remarquer que tandis que la comparaison des groupes des sous-normaux et des faibles d’une part et des supérieurs et très supérieurs de l’autre est au désavantage des déficients, ceux-ci dépassent quantitativement, dans le groupe des normaux, les sujets non sélectionnés.
- A. R.
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- Intoxications professionnelles : Benzine et Benzol
- Dans la fabrication des pneumatiques, des vêtements caoutchoutés, les ouvriers souffrent parfois de crampes gastriques, de céphalées, de vertiges, d’étourdissements, saignent du nez, ont de 1’irritabilité, de la dilatation pupillaire. Le réflexe rotulien est exagéré, lé réflexe pharyngé aboli fréquemment (deux fois sur trois) ; l’examen du sang révèle de l’éosinophilie. Ce sont les symptômes d’une intoxication par le benzol, qui agit sur les organes hématopoiétique et le système nerveux. Cette intoxication ern-
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- prunte surtout la voie respiratoire (les vapeurs de benzol inhalées se fixant dans ia proportion de 80 °/„).
- L’élimination se fait aussi de façon prédominante par l’air expiré (la voie rénale n’en Laissant passer qu’un dixième), ce qui montre la nécessité d’une ventilation continue dans les ateliers où se manipule du benzol.
- La peau, lorsqu’elle est gercée, représente aussi une voie d’entrée possible (ce qui entraîne, à défaut d’un emploi de gants, la recommandation d’enduire La peau de glycérine pour les manipulations).
- Dans son étude du benzolisme professionnel, A. Feil (Presse médicale, 21 janvier 1933) recommande l’élimination soigneuse à l’embaucliage pour les industries exposant à cette intoxication tous les individus présentant une susceptibilité particulière, les jeunes, les femmes enceintes, les alcooliques, et ceux qui ont une atteinte du cœur, des vaisseaux, des poumons et du système nerveux.
- Il existe aussi une intoxication benzinique due à la manipulation professionnelle de ce produit de la distillation du pétrole, qu’est la benzine, mais beaucoup moins grave que le benzolisme ; elle atteint un petit nombre d’individus qui apparaissent comme des prédisposés, mais dont le dépistage n’est pas facile (en dehors des alcooliques et des obèses, des femmes enceintes et des enfants), car on ne connaît pas encore de signe de la susceptibilité
- à la benzine (1). P.
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- L’Evolution des salaires
- La statistique générale de la France continue à tenir à jour le taux moyen des salaires.
- En octobre 1932, la moyenne des salaires journaliers est comprise entre 30 et 35 francs pour 31 professions masculines sur 43, dépassant 35 francs pour 5 (au lieu de 12 en 1931) et inférieures à 30 (jusqu’à 25 francs) pour 7, dans les grandes villes de province.
- A Paris, les salaires sont plus élevés, atteignant en moyenne 50 francs. Voici les taux de 22 professions masculines parisiennes en 1911, 1931 et 1932, montrant une baisse assez générale la dernière année :
- T“"ry>v-«“
- (1) Cf. André Feil. Les intoxications professionnelles par la benzine et le benzol. Presse médicale, 1932, 104, p. 1973.
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- Octobre 1932. Gctocre 1931. 1911.
- Professions par haure. par jour. par heure. par jour. | par heure. par jour.
- Imprim.-composit. . . .. 6,70 53,60 6,95 55,60 0,80 7,20
- Relieur 5,35 42,80 5,35 42,80 0,60 6,00
- Tailleur d’habit 5,75 46,00 6,50 52,00 0,75 7,50
- Tourneur en bois 6,35 51,00 6,75 54,00 0,75 7,50
- Scieur de long 6,50 55,25
- Charpentier 6,25 50,00 6,50 55,25 1,00 9,00
- Menuisier. 6,10 49,00 6,25 53,10 0,80 8,00
- Plombier 6,25 50,00 6,50 55,25 0,95 8,00
- Forgeron 6,10 48,80 6,10 48,80 1,00 10,00
- Serrurier. 6,25 50,00 6,50 52,00 0,90 8,00
- Tourneur en métaux... 6,00 48,00 6,10 48,80 0,825 8,25
- Horloger. 0,70 7,00
- carrier 6,25 50,00 6,50 52,00 0,70 7,00
- Tailleur de pierres.... 9,25 74,00 9,25 74,00 1,00 9,00
- Monteur-éléctricien. . . 6,00 48,00 6,50 52,00 0,95 8,55
- Maçon 6,25 50,00 6,25 50,00 0,80 7,60
- Terrassier 6,00 48,00 6,50 55,25 0,95 8,00
- Couvreur 6,25 50,00 6,50 52,00 0,85 7,25
- Peintre en bâtiment.... .5,85 47,00 7,50 60,00 1,20 10,80
- Sculpteur-ornementation. 7,50 60,00 6,50 55,25
- Briquetier 6,65 53,20 0,90 7,65
- Vitrier. . 6,00 48,00
- Ensemble 6,34 50,72 6,61 53,83 0,875 8,12
- Voici d’autre part les taux horaires et journaliers des salaires
- provinciaux :
- Brasseur 3,50 29,72 3,52 30,02 0,40 4,21
- Imprimeur-compositeur. . . .. 4,43 35,75 4,45 35,85 0,43 4,67
- Relieur 4,25 34,25 4,27 34,30 0,43 4,67
- Ouvrier tanneur 3,70 29,75 3,80) 30,55 0,40 4,09
- Sellier-bourrelier. . . .. 3,74 31,05 3,80 31,05 0,42 4,26
- Cordonnier. 3,56 28,85 3,65 30,40 0,38 3,95
- Tailleur d’habits 4,01 32,95 4,10 33,15 0,44 4,55
- Teinturier-dégraisseur. . 3,74 30,30 3,77 30,80 0,42 4,13
- Tisserand 3,08 24,68 3,23 26,04 0,35 3,32
- Cordier 3,38 27,35 3,48 28,10 0,38 3,64
- Charron 3,87 31,74 4,06 32,75 0,43 4,44
- Tourneur en bois 4,07 33,09 4,17 34,05 0,50 4,88
- Tonnelier 3,94 31,94 4,07 33,50 0,44 4,48
- Ebéniste. 4,16 33,76 4,30 35,02 0,49 4,86
- Tapissier 4,14 33,48 4,27 34,75 0,51 5,06
- Scieur de long 3,94 32,35 4,10 34,10 0,45 4,57
- Charpentier 4,26 34,93 4,39 36,60 0,51 5,05
- Menuisier 4,00 32,67 4,16 34,30 0,47 4,70
- Chaudronnier cuivre.... 4,39 35,31 4,47 36,40 0,53 5,40
- Ferblantier 4,02 32,85 4,17 34,35 0,47 4,74
- Plombier. 4,13 33,84 4,32 35,55 0,49 4,92
- Forgeron. 4,08 33,26 4,29 35,05 0,50 5,12
- Poêlier. . . 4,10 33,42 4,20 34,50 0,50 5,04
- Maréchal-ferrant 3,87 31,71 4,00 33,00 0,44 4,40
- Serrurier. 3,97 32,38 0,46 4,65
- Ajusteur 4,23 34,31
- Tourneur en métaux 4,32 34,92 0,53 5,39
- Monteur-électricien. . . , 4,30 34,71
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- Horloger 4,41 35,65 0,55 5,31
- Carrier 3,80 31,12 0,42 4,16
- Tailleur de pierres 4,43 36,52 0,52 5,11
- Maçon 4,20 34,54 0,49 4,80
- Terrassier. 3,55 29,25 0,39 3,82
- Couvreur 4,23 34,93 0,52 5,05
- Peintre en bâtiment 4,02 32,86 0,49 4,76
- Sculpteur ornemaniste 5,05 41,08 0,65 6,39
- Briquetier 3,82 31,68 0,41 4,17
- Potier 3,80 30,65 0,42 4,26
- Vitrier 3,97 32,17 0,49 4,72
- Conducteur de tramways..%... 4,02 32,67
- Kcceveur de tramways 3,87 31,48
- Chauffeur de camions 4,11 33,95
- Journalier manœuvre 3,04 25,00 0,33 3,26
- Ensemble des professions
- masculines. . 3,99 32,54 4,08 33,60 0,46 4,61
- Repasseuse 2,44 19,81 2,48 20,25 0,22 2,15
- Couturière 2,36 19,24 2,45 19,90 0,23 2,28
- 1. ingère 2,22 18,01 2,29 18,76 0,21 2,08
- Gilet ière 2,38 19,44 2,45 20,00 0,25 2,50
- Dentellière 2,38 19,01 2,49 20,15 0,22 2,13
- Brodeuse 2,35 19,02 2,43 20,10 0,25 2,44
- Modiste 2,31 18,70 2,38 18,95 0,25 2,48
- Ensemble des professions
- féminines 2,35 19,03 2,42 19,73 0,23 2,29
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- Quelques données intéressant l’O. P. d’après les analyses de l’Année psychologique
- J. Rudkiewicz. — Série de tests professionnels du Laboratoire Psiichotechnique Municipal de Varsovie. — Pois. Ar. Ps., IV, 4, 1931, p. 221-273.
- C’est, à côté d’un compte rendu de l’activité du Laborat. sur le terrain des Ecoles Profess. Fémin. en 1929-30 et 1930-31, une étude méthodologique de certains tests de la série appliquée. Après avoir donné les professiogrammes des métiers étudiés (couture, lingerie, broderie) et un tableau de tests pour chaque profession (une grande partie commune aux 3 métiers) comportant des épreuves d’intelligence théorique et pratique, d’esprit d’observation, de représentations spatiales, d’attention, d’aptitudes graphiques, de goûts et aptitudes artistiques, de .fonctions motrices, l’A-, décrit sommairement ceux d’usage courant, pour s’arrêter plus longuement sur les 5 tests propres au Laboratoire.
- 1° Description d’une image de Baley, pour toutes les 3 professions ; 2° Comparaison de 2 dessins de robes (énumération de différences), test pour les couturières ; 3° Deux aspects différents d’une, même robe, test pour les couturières inventé par l’A., consistant à retrouver, parmi 20 figures de robes, vues de dos, 6 cor-
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- respondant aux 6 autres dessins (mêmes robes vues de face) ; 4° Enfilage des aiguilles de Baley ; 5° Test synthétique de tressage de Baley (un ruban et un ovale à tresser avec 3 fils).
- Les résultats de 4 de ces tests, exposés en courbes de centiles montrent une dispersion régulière. Seuls les résultats de l’enfilage des aiguilles, trop peu nombreux, ne figurent pas dans l'article.
- Une étude spéciale a été consacrée à la série de tests d’appréciations qualitatives, comprenant 6 épreuves, dont celle de tressage de Baley, (seule de la série du Laboratoire). Voici le tableau résumant cette étude ;
- TESTS DISPERSION en °/o NOMBRE de sujets
- Boni Moy. Faibles
- i. Résumé d’un texte 28,6 48,9 22,4 98
- 2. Continuation d’un motif (Rupp)... 10,5 80,9 8,5 163
- 3. Copie d’un motif sur papier milli métré 45,4 36 18,6 73
- 4. Coloriage d’un motif (Test de goût artistique) 5. Dessin d’un motif (Composition ornementale) 17,3 53,5 28,7 101
- 7,6 49,9 42.4 13.4 66
- 6. Tressage (ruban) 27 59,6 52
- 7. Tressage (ovale) 19,2 67,3 13,4 o2
- Deux de ces tests, appliqués à une deuxième reprise (continuation d’un motif, 147 sujets, et copie d’un motif, 96 sujets) ont donné une dispersion analogue à celle de la lre application.
- Une partie des résultats du test de coloriage (27) a été appréciée par 13 personnes, dont 8 en dehors du laboratoire : les évaluations ont été sensiblement divergentes.
- Il semble à l’A., qu’étant donné l’importance, dans ses résultats du groupe moyen, la classification de Claparède y conviendrait mieux que celle de Rupp. La supériorité numérique de bons sujets par rapport au groupe faible serait, sous quelques réserves, l’expression d’un rapport normal (les sujets ayant été pris, dans des cours professionnels et, à ce titre, sélectionnés). Les tests 4 et 5 (goûts et dispositions artistiques) indiqueraient bien qu’on a affaire là à une dispersion différente de celle des autres aptitudes, dites « régulièrement graduées ».
- L’A. formule, en plus, quelques postulats relatifs à la vérification du test par la dispersion des résultats, à la constance de critères, aux corrections des échelles de notes, conformément aux deux points précédents. A. R.
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- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE A L’ÉTRANGER
- LTO. P. â l’Institut J.-J. Rousseau
- Dans l’intéressante monographie (1), consacrée par Pierre Bovet à l’Institut J.-J. Rousseau (1912-1932), le 15e chapitre traite de P Orientation professionnelle et de la Technopsychologie.
- Voici en quels termes il relate les débuts de l’O. P. à Genève :
- « Deux mois avant la causerie de M. Faria de Vasconcellos était arrivé à Genève l’honnne qui devait nous orienter nous-mêmes dans cette vo’ie nouvelle, M. Julien Fontègne, professeur à l’Ecole d’arts et métiers d’Armentières, M. Fontègne avait été fait prisonnier à Verdun ; après six mois de captivité en Allemagne, il avait été évacué en Suisse et avait tout de suite sollicité la permission de venir poursuivre des études à l’Institut J.-J. Rousseau. Ce furent pour lui deux ans d’une intense activité. M. Fontègne savait ce qu’il venait chercher auprès de Claparède, et nous ne tardâmes pas à voir ce qu’il nous apportait lui-même. Bientôt il nous proposa tout un plan de travaux centrés autour de la double étude qui caractérise l’orientation professionnelle : celle des aptitudes requises pour une profession, celle des aptitudes présentes chez un candidat à une profession.
- « Actif et réalisateur, M. Fontègne, une fois ses plans arrêtés, mit sur pied et conduisit à bonne fin en quelques mois, une étude expérimentale du travail des téléphonistes, une enquête sur les désirs des enfants de l’école primaire de Genève en matière de professions, enfin l’organisation d’un cabinet d’orientation professionnelle qui a fonctionné régulièrement depuis lors. »
- L’examen prévu, comportant une série de tests, exigeait 4 on 5 heures.
- Ultérieurement M. Walther se consacra aux recherches de « lech-nopsychologie », et actuellement a pris la direction d’un Institut psychotechnique distinct, à Genève même. jVIais préparation des orienteurs professionnels continue à se faire à l’Institut J.-J. Rousseau.
- Mlle Scharpf a pu retrouver en 1929 140 des individus examinés en 1923-1927 par le cabinet d’O. P. (sur 436). Sur ces 140, il y en avait 104 qui avaient suivi les conseils donnés, dont 3 seulement avaient renoncé pour insuffisance d’aptitudes à la profession choisie. P.
- (1) P. Bovet : Vingt ans de vie. In-8° de 197 pages. Editions Delachaux et Niestlé, 1932.
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- L’O. P. â Lausanne
- li arrive souvent que, dans l'antichambre d’un Office d'O. P,, un certain nombre d’enfants, désœuvrés, impatients, bruyants, attendent d’être examinés par le médecin ou par le conseiller d’O. P.
- N’y aurait-il pas moyen d’occuper ces candidats à une profession ? Il y a déjà La fiche de renseignements individuels à remplir : mais c’est souvent vite fait. Nous connaissons tel Office où l’assistant du conseiller d’O. P. procède aux mensurations (taille, poids, périmètre thoracique) et, quelquefois aussi, à l’examen de la vue.
- Une étude du questionnaire du service d’O. P. du Secrétariat vaudois de l’enfance, que publie Berufsberatung und Berufsbil-dung (4 avril 1933) nous suggère ce qui suit :
- On n’a jamais trop de points de contact avec un enfant qui se livre difficilement ; dès lors pourquoi ne pas lui remettre, comme à Lausanne, une sorte de questionnaire dans lequel il soulignera, entre différents types d’occupations, celui qu’il préfère ?
- « Travail en plein air. Travail à l’intérieur.
- « Avoir affaire à des personnes. Manier des choses. Travailler avec des idées.
- « Aller et venir. Rester en place.
- « Travail toujours le même. Travail varié.
- « Travailler seul. Travailler en compagnie.
- « Travail précis. Travail de fantaisie.
- « Travail pour son compte. Travail pour une entreprise.
- « Travail manuel. Travail surtout mental.
- « Travail régulier. Travail par périodes variables.
- « Travail en restant bien habillé. Travail en costume d’ouvrier.
- « Gros travaux. Travaux de finesse... »
- Il ne fait aucun doute que les réponses à ce questionnaire, rempli quelques minutes avant d’être examiné par le conseiller d’O. P., ne peuvent que donner une importance plus grande encore à l’entretien que nous considérons comme une des parties essentielles de l’O. P.
- Procédant du même principe, on pourrait également remettre aux enfants une liste des 50 ou 60 métiers les plus importants, groupés par catégories (industrie, commerce, agriculture, administration, artisanat, etc...) et les prier, par exemple :
- a) de biffer ceux qu’ils n’aimeraient pas exercer ;
- b) de souligner d’un trait celui ou ceux qui auraient leurs préférences.
- Nos lecteurs qui « pratiquent » l’O. P. pourraient-ils nous pré-
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- senter quelques suggestions sur ces différents points ? Nous savons que ces procédés sont déjà utilisés dans certains offices ; quels résultats y ont été obtenus ?
- Julien Fontègne.
- A travers les Revues
- M. L. Anderson étudie dans The Journal Educational Sociology (N° de février 1933) le problème d’organisation pratique, dans les écoles publiques, pour les enfants retardés intellectuellement.
- Signalons dans le n° 1 (février 1933) de « Journal of Experimental Psijchology » une étude de C. Mc C. Tryon et H. E. Jones sur le rapport entre la « hauteur du niveau » (difficulté maxima atteinte dans la solution du test) et la rapidité. (Les tests utilisés ont été : pour le « niveau » les tests CAVD de Thorndike ; pour la rapidité une série spéciale TV construite par les auteurs). Il semble en résulter que la rapidité est un facteur négligeable dans le résultat atteint dans les tests.
- Travail professionnel des femmes. — La « Revue d’Economie politique » publie, dans le n° 1 (janvier-février 1933), une consciencieuse étude de Fernande Dauriac sur « le travail des femmes en France devant les statistiques » couvrant la période de 1906 à 1926. A signaler, dans les annexes, de nombreux tableaux et graphiques présentant la répartition de la population féminine dans les diverses catégories professionnelles.
- Les changements récents (de 1920 à 1930) dans les professions féminines aux Etats-Unis font l’objet d’un article de M. E. Pid-geon dans le n° 5 (février 1933) de « The Personnel Journal ».
- Les répercussions sociales de la rationalisation sont étudiées, dans un court article, dans le n° 6 (9 février 1933) de « Soziale Praxis ».
- Dans lé même numéro H. Gônningen parle, dans une courte notice, des cours de réapprentissage, fondés à Nuremberg, pour des techniciens en chômage.
- Bases économiques de VO. P. — « Arbeit und Beruf «publie à ce sujet, dans le n° 2 (25 janvier 1933) un artice de W. Stets.
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- G. Nass parle, dans le n° 20 (janvier 1933), de « Der offentliche Arbeits nachweis », des méthodes psychologiques pour la sélection du personnel des offices du travail.
- L’Institut de pédagogie et psychologie expérimentales de l’Association des professeurs de Leipzig vient d’éditer un cahier de tests pour examen des élèves bien doués, passant de l’école primaire (Grundschule) dans une école supérieure. Ce cahier contient 13 tests (d’élocution, d’intelligence logique, d’arithmétique, de compréhension, de mémoire, d’intelligence complexe, de concentration et de rythme du travail). Il est reproduit en entier et accompagné d’une feuille.de solutions et d’une clef de corrections, dans l’article de J. Burkersrode formant la deuxième partie du tome 20 des travaux psycho-pédagogiques du même Institut. On y trouvera, également, la méthode d’élaborer et d’évaluer les résultats.
- Dans les Arcliivos de Neurobiologia (Madrid, XII, 5, 1932) une étude de C. A. Figuerido, chef du laboratoire de psychologie des services d’orientation professionelle de Biscaye, est consacrée à l’étude de l’intelligence par la méthode de Dounaievsky, en rapport avec le milieu social et la culture (fournissant un décilage pour les élèves de diverses écoles), et A. Linares Maza, médecin du sanatorium psychiatrique San-José (Malaga) relate des recherches sur les enfants espagnols normaux, par la méthode du psychodiagnostic de Rorschach.
- Dans le n° 2 du tome V des Arcliivos Brasileiros de Hygiène mental, une étude de M. Brasilia Leme Lopes est consacrée à l’étude de l’attention concentrée par le test de barrage de Toulouse et Piéron (recherches sur 76 sujets, détermination du c.enti-lage), étude qui fait honneur au Laboratoire de psychologie de la Ligue d’hygiène mentale, dirigé par l’auteur.
- INFORMATIONS
- Groupe d’études sociologiques et psychologiques des artisans de Carlsruhe.
- Au cours de l’hiver dernier un groupe s’est fondé à Carlsruhe qui a été longtemps le centre du mouvement d’organisation scientifique de l’artisanat en Allemagne. Le groupe se propose de familiariser les artisans à l’étude de la direction des hommes et de la formation du caractère. Il s’est assuré à cet effet la collabo-
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- ration du professeur A. Friedrich, un spécialiste en la matière. L’année dernière, le groupe d’études a examiné notamment les questions suivantes : la mentalité de l’artisan ; relation entre le patron et le client ; services aux clients et orientation des clients ; problèmes de direction qui se posent au patron.
- (Extrait du Bulletin de l’Institut national d’organisation scientifique du travail. Vol. VI, n° 12.
- Dans la Formation professionnelle (décembre 1932) commence la publication d’une série de documents statistiques sur « l’activité humaine » (populations, superficies, démographie).
- Aux cours et conférences sur Véducation nouvelle organisés par Mme Louise Guieysse, pour la 4e année, après la séance d’ouverture, présidée par M. Langevin, le 15 mai, avec conférences de M. Wallon et de MUe Flayol, M. Fontègne a parlé, le 16 mai, de « l’orientation professionnelle de notre jeunesse », M. Jëldon, le 17, d’éducation et rééducation motrice de l’enfant, M. Luc, le 19, de « l’éducation professionnelle et l’équilibre humain ».
- Les leçons qui se font à la Sorbonne (école des hautes études) se continueront jusqu’au 17 juin.
- Le syndicat des professeurs de Lycée proteste contre la possibilité d’accorder aux candidats, à l’entrée dans l’enseignement secondaire (en 6me) une dispense de l’examen prévu lorsqu’ils ont été reçus au certificat d’études primaires ou à l’examen des bourses. Voici, à cet égard, quelques extraits d’une lettre adressée au ministre de l’Education nationale par M. Perrotin au nom du Syndicat :
- « 1° Le concours des bourses est dépourvu de toute vertu de sélection...
- « 2° Ce concours « commun » se prépare ; la routine sévit là avec toutes ses conséquences...
- « Ces critiques pourraient, avec plus ou moins d’à-propos — selon les lieux et les hommes — s’appliquer aux examens du certificat d’études primaires, qui cependant présente plus de garanties, lés candidats étant à peu près d’âge égal ; mais on reconnaîtra aisément que le C. E. P. est un examen de contrôle des connaissances acquises plutôt que des aptitudes de l’enfant : or l’acquis compte à l’entrée en 6e moins que les aptitudes à acquérir. Ajoutons que la valeur des élèves nous arrivant pourvus du C. E. P. est très inégale quant à la qualité des notions acquises elles-mêmes.
- « ...Les élèves admis au concours des Bourses, s’ils entrent d’cm-
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- blée en 66, prendront, dans bien des cas, les places d’enfants qui, pour n’avoir pas affronté ce concours, seront obligés de subir l’épreuve d’entrée rendue plus difficile par le petit nombre de places restant disponibles. Ainsi une injustice se créerait au détriment des non-boursiers, et cette inégalité de traitement défavoriserait des enfants qui, dans bien des cas, offriraient plus de chances de réussite en 6e, parce que jeunes et non encore ankylosés par la vie scolaire, que leurs camarades plus âgés et déjà « mécanisés » par les préparations aux concours des Bourses et du C. E. P. Je plaide. Monsieur le Ministre, pour l’enfant jeune qui a gardé toute sa souplesse d’esprit pour affronter utilement et gaîment les études libérales de l’enseignement secondaire. »
- Par décret présidentiel, vient d’être approuvée la fondation, par le Conseil de l’Université de Paris, d’un Institut d’Hygiène industrielle et de Médecine du Travail, dont le but est de former des médecins d’industrie spécialisés et comprenant, comme enseignement, un cours d’hyigène industrielle, un cours de médecine du travail et un cours de perfectionnement. Les étudiants et docteurs en médecine ayant suivi ces cours avec assiduité pourront recevoir un diplôme spécial de l’Institut.
- Le Conseil d’administration sera présidé par-le président du Comité « Biologia » dont l’œuvre est intégrée dans ce nouvel Institut et comprendra neuf membres, dont le doyen et quatre professeurs de la Faculté de Médecine.
- La Vie d’O. P. du XVe Arrondissement
- Ce centre qui depuis quelques années développe scs efforts vient de se retransformer.
- Nous donnons ses directives nouvelles extraites d’un projet soumis par M. Pouillot.
- Organisation pratique de Vorientation professionnelle dans le XVe'arrondissement de Paris. — L’Office d’orientation professionnelle du XVe organisera, au bénéfice des enfants des écoles communales de l’arrondissement, une orientation professionnelle pratique.
- L’Orientation professionnelle des enfants ayant quitté l’école et s’adressant ensuite à l’Office, fera l’objet de dispositions spéciales.
- L’Orientation professionnelle pratique des enfants des écoles communales reposera sur le triple concours :
- a) Du personnel enseignant des écoles communales de l’arrondissement (directeurs, directrices, instituteurs, institutrices, maîtres et maîtresses techniques) ;
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- b) Des médecins inspecteurs des écoles ;
- c) D’orienteurs qualifiés, .assistés de conseillers techniques désignés par l’Office d’orientation professionnelle du XVe et relevant de cet Office.
- Orientation professionnelle proprement dite. — L’Orientation professionnelle pratique des enfants sera confiée à un représentant de l’Office d’orientation professionnelle du XVe arrondissement, choisi, de préférence, parmi les orienteurs formés par l’Institut national d’orientation professionnelle et qui prendra le titre de directeur de l’orientation professionnelle du XVe arrondissement.
- Le directeur de l’orientation professionnelle sera assisté d’orienteurs qualifiés et de Conseillers techniques d’orientation professionnelle.
- Afin de tenir ies orienteurs et conseillers techniques au courant des questions relatives à l’orientation professionnelle et des variations dans les possibilités de placement des enfants qui s’adresseront à eux, l’Office organisera à leur intention une série de conférences techniques.
- Dès à présent l’Office s’est assuré les concours suivants :
- La situation du marché du travail et le placement : M. P. Pouil-lot, chef du service de la main-d’œuvre étrangère au ministère du Travail.
- La technique de l’orientation professionnelle pratique, par M. Perret, directeur de l’Office d’orientation professionnelle du département du Rhône.
- La physiologie du travail, M. Laugier, professeur au Conservatoire national des arts et métiers.
- L’utilisation de la fiche médicale en matière d’orientation professionnelle, par M. le docteur Laufer.
- • Ces conférences devront être organisées de façon à permettre au personnel enseignant d’y assister s’il le désire. Elles seront portées à sa connaissance en temps utile. Les adhérents à l’Office d’orientation professionnelle et au Comité de Patronage des apprentis du XVe arrondissement pourront également y assister s’ils le désirent.
- Organisation pratique de l’orientation professionnelle. — Premier trimestre. — Une conférence sera faite au personnel enseignant appelé à participer effectivement à l’orientation professionnelle dans l’année.
- A cette conférence, présidée par l’Inspecteur de l’enseignement primaire, chargé du XVe arrondissement, seront conviés tous les membres du corps enseignant des écoles primaires de l’arrondissement et spécialement ceux des cours supérieurs.
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- Sujet : Exposé général par l’Inspecteur de l’Enseignement primaire et un délégué de l’Office.
- Premier trimestre. — L’action pratique du personnel enseignant en faveur de l’Orientation professionnelle, telle qu’elle est définie plus haut, sera organisée dans les écoles.
- Cette action sera complétée par des causeries très simples sur des professions déterminées, causeries qui seront faites par des orienteurs, des conseilleurs technique© ou autres techniciens désignés par le Conseil d’administration de l’Office.
- Elles seront sanctionnées par l’obligation pour les enfants y ayant assisté, de consigner leurs observations par écrit. Des récompenses immédiates seront attribuées aux meilleurs devoirs.
- Les parents seront invités à assister à ces causeries.
- Deuxième trimestre. —- Continuation de l’action définie ci-dessus.
- Intervention auprès des parents dont les enfants vont quitter l’école par l’envoi de tracts spéciaux remis aux enfants, ou par tous autres moyens estimés intéressants par le Conseil d’Admi-nistration de l’Office.
- Troisième trimestre. — Organisation de séances d’orientation professionelle pratique dans les écoles, par les soins des orienteurs assistés, s’il y a lieu, des conseillers techniques et auxquels des instructions précises seront données.
- Le directeur de l’Orientation professionnelle établira chaque année un rapport d’ensemble sur le fonctionnement de l’Office, rapport qui sera publié au Bulletin de l’Office.
- Ce rapport fera ressortir tous les résultats obtenus au cours de l’année scolaire écoulée.
- La Vie de l’Association des Anciens Élèves de l’I. N. 0. P.
- Le Conseil directeur s’est réuni le 10 mars. Etaient présents : Mlles Benoit-Levi, Biscay, Mamelle, Mme Favre. MM. Metge, Pivert, Beaume.
- Excusés : Mme Houpillart, M. Reveillé.
- Il est décidé que la conférence de Pivert aura lieu le jeudi 6 avril, à 17 h. 30, au nouveau Musée pédagogique, 29, rue d’Ulm.
- Renouvellement du bureau : Mme Favre étant admise comme titulaire, et Mme Houpillart comme suppléante et censeur, avec droit d’assister aux séances du C. D., le bureau sortant est réélu à mains levées. Il est donc ainsi constitué :
- Président : M. Ch Pivert, 6, rue de l’Arrivée, Paris (15e).
- Secrétaire : M. C. G. Beaume, 162, rue Saint-Maur, Paris (11e).
- Trésorière : M1Ie G. Mamelle, 153, boulevard Brune, Paris, (14e).
- Statuts. — Ils seront, tapés prochainement. Nous nous occuperons ensuite de demander des subventions, etc.
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- Proposition Metge-Benoît-Lévi. — 11 s’agit d'un Bulletin spécial aux anciens élèves à encarter ou non dans le Bulletin de l’I. N. O. P. Cette proposition apparaît prématurée. On étudiera plutôt la publication d’un annuaire qui contiendra notamment le compterendu de l’Assemblée générale, et des renseignements sur les mariages, naissances, décès, etc. Cet annuaire encarté dans un numéro du Bulletin sera adressé à tous les anciens élèves, adhérents ou non à l’Association, à titre de documentation et de propagande. Le secrétaire verra M]n6 Piéron à ce sujet.
- Il est fait un premier examen du projet Contenot. Pivert suivra la chose de près, auprès de M. Leconte.
- Metge met ses collègues au courant de la création d’un centre de consultation d’O. P.
- Conférence Pivert du G avril. — Beaume, qui espérait un auditoire plus nombreux, donne la parole à Pivert pour exposer ses vues sur « VInstituteur et VO. P. ». Pivert s’exprime à la fois comme président de l’Association des anciens élèves et comme militant syndicaliste. Il montra que si l’O. P. ne passionne pas le grand public, elle est importante aussi bien pour les enfants que pour les familles — et pour les enfants, surtout pour ceux qui ne continuent pas leurs études. Il rappelle les conclusions du Congrès de Bruxelles sur le rôle de l’école en O. P., qui ne peut être exclusivement l’œuvre de l’instituteur. Il parle du rôle du Conseiller d’O. P. et s’étend sur les renseignements que fournissent les fesfs, dont il donne quelques exemples. Puis il fait la critique du projet Contenot. Il s’élève contre le fait que si à 11 ans certains élèves entrent au lycée, il faudra attendre pour aiguiller les autres vers les E, P. S. et écoles techniques, qu’ils aient atteint l’âge de 14 ans. Ce projet a néanmoins l’avantage qu’il pose devant l’opinion le problème de l’O. P.
- Pivert termine en déclarant que notre but est d’intéresser les membres du personnel enseignant à ce problème, et nous espérons qu’il apportera sa collaboration.
- Après quelques remarques, un institutueur, M. Paty, se range à l’avis de Pivert. M. Solinhec, professeur de cours complémentaire est un peu pessimiste, et il insiste sur le manque de « passerelles » dans le projet Contenot. M. Ménessier, orienteur, estime que quelles que soient les difficultés, il faut faire quelque chose.
- Pivert répond qu’il faut être persuadé qu’on fait œuvre utile, et espère l’organisation rationnelle de l’O. P.
- Deuil. — Nous avons le pénible devoir de porter à la connaissance de nos camarades le décès de Mme lloupillarl, de la 2e promotion.
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- Conseil directeur du 7 avril. — Etaient présents : Mlles Biscay, Mamelle, Mmc Favre ; MM. Pivert, Vial, Beaume. Excusée : Mlle Benoit-Lévi.
- Conférence Pivert. — Beaume regrette que le nombre des instituteurs n’ait pas été plus élevé. Il y voit le signee qu les membres du personnel enseignant ne se rendent pas encore compte de l’utilité de l’O. P. et ne sont pas encore ralliés à sa cause. Un compte rendu de cette conférence paraîtra dans le Bulletin de la Seine du Syndical national des instituteurs.
- Les membres présents du C. D., tout en exprimant leur satisfaction de la création d’un Centre de consultation d’O. P. annexé à l’I. N. O. P., déplorent qu’aucun des anciens élèves de la première promotion — qui sont cependant toujours sur la brèche pour aider défendre et propager l’idée d’O. P., — n’ait élé pressenti au moment de l’organisation de ce centre. Le secrétaire est chargé d’exprimer ces réflexions à Madame Piéron lorsqu’il la verra pour le Bulletin.
- Conférence sur le problème médical de l’O. P. — Après un échange de vues il est décidé que Pivert et Beaume effectueront les démarches nécessaires. La plus large publicité sera faite.
- Projet Contenot. — Pivert complète sa critique objective du projet. Beaume écrira pour demander une audience à l’auteur.
- Le secrétaire : C. G. Beaume.
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- Jean Dupertuis. — Fers l’Ecole unique. (Les internats publics de Vienne). — ln 16 de la collection « Education ». Paris, Flammarion, 1933. Prix : 12 francs.
- Intéressante étude sur l’organisation scolaire viennoise, obtenue par vision directe et documentation approfondie.
- C’est l’initiative de l’ancien instituteur devenu secrétaire d’Etat, Otto Glôckel, qui assura la mise en œuvre généralisée des méthodes actives et psychologiques de l’éducation nouvelle.
- Les écoliers sont examinés systématiquement de manière à obtenir de chacun d’eux un profil psychographique, doublé d’une fiche médicale très développée, les maîtres étant préparés aux examens par l’Institut pédologique créé en 1922 ; et cela facilite la tâche de l’Office d’O. P., qui est en relations étroites avec l’Institut pédologique.
- Une école fondamentale comprend 4 classes dans les villes et 8 dans les campagnes (pour la durée de la scolarité obligatoire, de
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- 6 à 13 ans) ; une école primaire supérieure dans les petites villes, une école moyenne dans les grandes villes, comporte les 4 classes (de 10 à 13 ans) qui s’étendent sur la période normale de scolarité.
- A la fin de cette période une orientation sélective fondée sur la méthode des tests peut ouvrir l’entrée des gymnases (classiques ou scientifiques) ou écoles réales (avec ou sans latin) entre 14 et -46 ans, d’où les élèves peuvent passer aux écoles moyennes supé rieures (à 4 classes) et à l’Université.
- En outre Vienne a créé en 1919, en marge de l’organisation secondaire, six internats d’éducation (4 de garçons et 2 de filles), « pour faciliter aux parents pauvres l’instruction et l’éducation intégrales et presque gratuites de leurs enfants bien doués, sélectionnés par la méthode des « tests », et pour assurer, en dehors de toutes conditions de fortune, la plus haute culture à ces élèves de choix. »
- Les élèves sont admis à l’age de 10 ans à ces internats, au nombre d’environ 250 chaque année.
- Sur les tests utilisés pour la sélection des bien doués, sur les méthodes de correction et de notation, l’auteur donne quelques renseignements (p. 134-199), ainsi que sur l’examen final, dont les résultats ont été établis en 1924.
- Utile relation d’un exemple d’organisation qu’on ne saurait examiner de trop près. H. P.
- NÉCROLOGIE
- Nous avons eu le vif regret d’apprendre, le 10 mai, la mort prématurée du vice-président de notre Conseil d’administration, M. Henri Gaillard, président de la Commission exécutive des ateliers-écoles de la Chambre de Commerce, commandeur de la Légion d’honneur, âgé seulement de 62 ans.
- M. Gaillard, ancien élève de l’Ecole Centrale, conseiller municipal s’était tout spécialement consacré aux problèmes de l’apprentissage et de l’orientation professionnelle, collaborant avec M. Lo-mont, pour la publication d’entretiens sur l’O. P., initiateur des efforts de la Chambre de commerce pour la réalisation de l’intéressante forme d’orientation qu’ont représentée les Ateliers-Ecoles.
- L’Orientation professionnelle fait une grande perte en la personne d’Henri Gaillard.
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- 5e Année
- N° 6
- Juin 1933
- BULLETIN
- DE
- l’Institut National d’Drientation Professionnelle
- TEST DE SENSIBILITÉ MUSCULAIRE
- LE GRAV1MÈTRE DE P1ÉRON
- PAR
- M,no HENRI P1ÉRON
- Nous avons donné dans un précédent bulletin une méthode simple mesurant la finesse de perception des poids (1).
- Nous donnerons aujourd’hui une seconde méthode appliquée par la même expérimentatrice sur les 153 mêmes élèves des écoles de la Ville de Paris.
- L'appareil. — Le gravimètre, appareil employé dans cette seconde série d’expériences, est un appareil destiné à mesurer la finesse d’appréciation des poids par le soulèvement de ceux-ci au moyen de leviers.
- 11 se compose de deux leviers horizontaux semblables sur lesquels peuvent se mouvoir deux masses de poids égaux.
- La sensation de poids varie naturellement avec la place donnée à la masse sur le bras de levier.
- Aux bouts de ces deux leviers deux renflements métalliques de poids égaux, munis sur le dessus de petites cuvettes destinées à recevoir le doigt du sujet, permettent, par la pression du doigt sur ces extrémités, de soulever le bras de levier et d’apprécier la valeur du poids.
- Ces deux leviers sont séparés par une cloison à cheval sur une réglette millimétrée qui permet de connaître très exactement la place des masses glissant sur chacun des leviers, cette règle étant visible à droite et à gauche de la cloison.
- (1) B. I. N. O. P., 5° année, n" 4, avril 1933, p. 93-97.
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- ( n de ces leviers, le levier gauche, est destiné à recevoir le poids qui servira de modèle à l’enfant dans sa recherche.
- Un couvercle mobile permet, lorsque l’étalon est à sa place, de cacher la place de la masse au sujet.
- L’instrument est pourvu pour chaque levier de deux masses de poids différents ; les plus grosses masses pèsent 200 gr. chacune, les deux plus petites 50 grammes. Ces masses sont des cylindres percés, elles se meuvent en glissant à frottement sur les bras de levier et leur course possible est de 20 centimètres.
- Les plus grosses de ces masses placées à 5 centimètres dé l’extrémité du bras de levier la plus près'clu doigt du sujet donne un poids de 300 grammes ; placée à 8 centim. 7, elfe correspond à 450 grammes. La plus petite, placée à 5 centimètres, correspond à un poids de 75 grammes, et placée à 12 cent. 5 elle représente un poids de 150 grammes.
- Technique de l'expérience. — On dit à l’enfant : «Vous avez devant vous un appareil qui se compose de deux leviers.
- « Sur chacun de ces leviers il y aura un poids. L’un de ces leviers, celui qui est dans la boîte, sera le modèle.
- « Vous soupèserez le poids qui est sur ce levier en appuyant sur l'extrémité'à la place réservée à votre doigt.
- Vous avez à côté un autre levier semblable portant un poids identique. Vous voyez que si vous déplacez ce poids du second levier vous obtiendrez des sensations de poids de plus en plus lourdes si vous mettez votre poids de plus en plus loin de la place de votre doigt sur votre tige.
- Cdierchez donc à quelle place doit être mis votre poids pour qu’il vous paraisse exactement aussi lourd que celui que l’on vous a donné comme modèle sur levier contenu dans la boîte.
- Vous pouvez soupeser ce modèle autant de fois que vous voudrez.
- On fait faire à l’enfant une expérience qui ne compte pas pour qu’il se rende bien compte de la façon dont il peut faire varier le poids de son levier pour trouver l’égalité avec l’étalon.
- Ce sont les quatre poids. (450, 300, 250 et 75 grammes) qui sont présentés à l’enfant trois fois chacun toujours dans un ordre déterminé qui est le suivant :
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- Pour la première séance : 450 gr. (1°), 300 gr. (1°), 450 gr. (2°), 300 gr. (2°), 150 gr. (1°), 75 gr. (1°).
- Pour la seconde séance : 450 gr. (3°), 300 gr. (3°), 150 gr. (2°), 75 gr. (2°), 150 gr. (3°), 75 gr. (3°).
- Notation. — On note les erreurs pour chaque poids et on fait l’erreur moyenne des trois présentations.
- Cette erreur est lue par l’expérimentateur sur la réglette en millimètres ; c’est la distance qui sépare la place du milieu de la masse qui constitue le poids étalon, à la marque rouge qui détermine le milieu de la masse placée par l’enfant à la place où il croit avoir trouvé le poids équivalent à l’étalon présenté.
- Cette distance en millimètre est facilement traduite en grammes. Pour la petite masse qui sert pour les poids étalons de 75 grammes et 150 grammes une erreur d’un millimètre correspond à une erreur de poids de 1 gramme.
- Pour les poids de 450 grammes et 300 grammes comportant l’emploi de la grosse masse, la différence de 1 millimètre correspond à une erreur de poids de 4 grammes.
- Les résultats. — Voici les étalonnages obtenus pour chacun des poids :
- Décilage (i)
- Poids 1 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
- 450 2gr. 66 10 gr. 66 16gr. 21 gr. 33 bS GO CTQ 32 gr. 37 gr. 33 41gr.33 49 gr. 33 6bgr,33 144 gr.
- 300 8gr. 13gr. 3 16 gr. 20 gr. 24 gr. 32 gr. 32 gr. 32 gr. 46 gr. 60 93gr. 3
- 150 5gr. 7gr. 9gr.6 11 gr. 6 13 gr. 6 19 gr. 19gr. 19 gr. 31gr.60 68 gr.
- 75 2gr.3 4gr. 6 5gr. 3 6gr. 6 8gr. 3 11 gr. 3 11 gr. 3 13gr. 3 19 gr. 3 48 gr. 30
- Si nous ramenons à des pourcentages nos erreurs pour les poids présentés nous voyons que les erreurs augmentent régulièrement dans la comparaison des poids au fur et à mesure qu’ils sont plus légers.
- (1) Nous considérons toujours comme premier celui qui donne le meilleur résultat, c’est-à-dire, en l’espèce, la plus petite erreur moyenne.
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- Voici les pourcentages d’erreurs qui correspondent au cinquantième enfant sur cent de notre étalonnage, au vingtième et au quatre-vingtième.
- Erreur en %
- 20° 50' o O 00 Poids
- 3.55 % 7.11 % ’ 10.96 •/. 450 gr.
- 4 44 % 8 00 7o O" ! O O 300 gr.
- 4.66 % 9.066 % 14.86 % 150 gr.
- 3.06 °/„ 11.066 % 20.00 % 75 gr.
- Cohérence du lest. — Si nous considérons la cohérence de nos résultats pour les trois présentations de chacun des poids on constate qu’elle est assez faihle. Voici les chiffres :
- Pour le poids de 450 grammes la corrélation entre la première présentation et la seconde est de + 0,29 + 0,0521 ; elle est de + 0,43 + 0,045 entre la seconde et la troisième et de + 0,22 + 0,053 entre la première et la troisième.
- Pour le poids de 300 grammes les corrélations sont : entre la lre et la 2e présentation + 0,22 + 0,0536, entre la 2° et la 3° + 0,40 ± 0,0473, entre la lre et la 3e + 0,34 ± 0,0514.
- Pour le poids de 150 grammes les corrélations sont : entre la lre et la 2e présentation + 0,28 + 0,0522, entre la 2e et la 3e + 0,67 + 0,0310, entre la 1™ et la 3e + 0,40 ± 0,0473.
- Pour le poids de 75 grammes, la corrélation entre la l,e et la 2e présentation est + 0,69 + 0,028, entre la 2° et la 3e + 0,79 + 0,021 et + 0,63 + 0,033 entre la lre et la 3e.
- On peut voir que la valeur de la cohérence varie en raison inverse de la précision des résultats. Nous avons vu que l’erreur moyenne % augmentait au . fur et à mesure que les poids étaient plus légers.
- La cohérence entre les trois présentations augmente au contraire avec la légèreîé du poids.
- Peut-être est-ce en partie dû à l’ordre des expériences les poids les plus légers étant dominants dans la seconde séance ?
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- Cependant c’est dans la première séance cpie la première présentation a été faite pour ce poids et dans la deuxième séance que la seconde a eu lieu et cependant la cohérence est plus forte entre ces deux présentations ( + 0,69) que dans les lre et .2° présentations des poids de 450 gr. ( + 29) et. 300 gr. ( + 0,227) qui ont eu lieu tous deux dans la même séance.
- Au point de vue pratique, il paraît préférable pour éliminer l’influence possible de l’apprentissage et de l’ordre de présentation de suivre la technique suivante :
- 1° Apprentissage de la méthode, avec présentation des poids 450 grammes et 75 grammes qui ne resserviraient plus.
- 2° Expériences avec les poids moyens de 300 grammes et 150 grammes avec rythme alternant et 4 fois chacun au moins.
- C’est avec cette méthode qu’il devra être, refait un nouvel étalonnage.
- Comparaison avec la méthode de soulèvement et de comparaison par couples. — Ces expériences faites sur les mêmes sujets montrent qu’en vérité les deux méthodes ne sont pas indicatrices des mêmes aptitudes.
- La corrélation entre les résultats des deux méthodes donnant des chiffres particulièrement faibles oscillant aux environs de + 0,20.
- EXAMENS D’APTITUDE
- DANS UNE GRANDE ENTREPRISE MÉTALLURGIQUE
- Voici quelques indications sur les examens d’aptitudes aux forges de Witkowilz (1).
- Il convient de faire remarquer tout de suite que l’usine occupe en période normale vingt mille ouvriers et deux mille employés. Les candidats à un emploi se présentent tout d’abord au bureau de réception de la main-d’œuvre, qui évince tous ceux qui ne sauraient être retenus, soit en raison de leurs
- (1) Emprunté à l’article du Dr Félix Matejka « Organisation und Wirts-chai'tlikhkeit der Psychotechnik im Eisenwerke Witkowilz », Industrielle Psychotechnik, Berlin, janvier 1933, et reproduit par le Bulletin inlernalional d'organisation du travail (avril 1933, page 55).
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- certificats défavorables, soit faute d’instruction professionnelle, etc. Le deuxième degré de la sélection est constitué par la visite médicale ; ensuite seulement vient l’examen psychotechnique des aptitudes, au laboratoire.
- Les règles d’examen appliquées se répartissent suivant six grands groupes :
- 1. Les manœuvres spécialisés sont soumis à un bref examen du type de l’examen Poppelreuter pour ouvriers de l’industrie lourde (1) ;
- 2. Les manœuvres spécialisés, qui constituent le gros de la main-d’œuvre de l’iiôme, subissent des épreuves complémentaires plus ou moins nombreuses suivant leur spécialité ;
- 3. Les grutiers, pilotes, machinistes des puits, chauffeurs, électriciens, agents de chemin de fer doivent subir un examen spécial détaillé ;
- 4. Les ouvriers qualifiés subissent un examen de connaissances établi d’après les principes de la psychotechnique, semblable au procédé américain de Link ;
- 5. Les apprentis sont sélectionnés à la suite d’une étude d’aptitudes approfondie ;
- 6. Pour les employés, on a prévu une admission spéciale par le bureau du personnel. On ne soumet aux études psychotechniques que les agents des groupes inférieurs : téléphonistes, mécaniciens aux perforatrices Hollerith, calculatrices, etc.
- Nous n’insisterons pas ici sur les règlements d’examen et sur les moyens mis en œuvre. Nous nous bornerons à remarquer que le laboratoire a souvent recours à des dispositifs spéciaux créés par lui à peu de frais.
- Comme dans la plupart des études psychotechniques de ce genre, les épreuves portent sur :
- I. — L’acuité des sens proprements dits : vue, ouïe, distinction des couleurs, toucher, etc.
- IL — L’acuité des sens d’une façon plus générale, dans lesquelles l’exercice, l’attention, l’intelligence, etc., jouent un
- (1) Voir description dans : « Arbeitsforschung in der Schwerindustrie » Düsseldorf 1930, p. 10 sqq ; compte-rendu dans le Bulletin 1928, n° 8/9, p. 147 ; 1931, n° 4, p. 190.
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- rôle assez important : par exemple, estimation des distances à vue d’œil, vision verticale, sensation des articulations, localisation des sons, etc.
- III. — L’habileté des épreuves de travail, le type de travail.
- IV. — Les qualités de la volonté : attention, concentration, réaction, résistance nerveuse.
- V. — L’intelligence technique et pratique.
- VI. —- L’intelligence générale.
- VIL — Les aptitudes physiques.
- Chaque groupe subit au moins trois épreuves. En cas de résultats extrêmement bons ou mauvais, on ajoute des épreuves complémentaires. L’interprétation a lieu sur la base d’une échelle graduée en cent divisions. L’ensemble des épreuves, interprétation et jugement compris, prend de 6 à 8 hures et est effectué dans la même journée. U s’agit d’examens individuels ou par groupes de 5, pour les apprentis ; pour les adultes on n’utilise généralement que les épreuves isolées.
- La fréquentation moyenne étant d’environ 5.000 personnes par an, y compris Tes accidentés qui y sont interrogés et examinés, le laboratoire a la possibilité de recueillir de nombreuses expériences. C’est ainsi que l’on a fait subir les épreuves psychotechniques à environ 3.000 apprentis, 1.500 grutiers et lamineurs, 100 électriciens, 200 mécaniciens de locomotives et agents de manœuvres.
- En ce qui concerne la valeur des examens psychotechniques, différentes enquêtes permettent de conclure avec une grande constance, à une sécurité de 80 à 85 %. En ce qui concerne l’importance économique des travaux psychotechniques, on a calculé que les frais résultant de l’examen des apprentis sont déjà compensés dès que les épreuves ont empêché l’admission de 3 candidats inaptes, ou, si au lieu de la durée totale de l’apprentissage on ne tient compte que de la période d’essais de trois mois, l’admission de 12 inaptes. En ce qui concerne la valeur économique de la prévention psychotechnique des accidents il en a déjà été parlé dans l’article cité. Nous nous bornerons à ajouter ici que des calculs s’étendant sur 9 années ont démontré que la totalité des soin-
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- mes dépensées pour la prévention des accidents et les examens d’aptitude ne représentent que 6 % des économies réalisées de ce fait. Les économies justifiables sont celles de frais de maladie, charges sociales pour les ouvriers de réserve, primes versées à l’établissement d’état d’assurances-accidents. Il faudrait y ajouter encore les économies résultant des réductions d’avaries matérielles, économies de frais pour ouvriers de réserve, économies de frais résultant de l’occupation d’ouvriers à faible capacité de travail, économies sur la réduction de production aux environs du lieu de l’accident. Si l’on tient compte de tous ces facteurs, la dépense totale pour la prévention des accidents et les examens psychotechniques ne s’élèverait désormais plus qu’à 2 % des économies réalisées.
- Actuellement, en raison de l’arrêt total des admissions nouvelles de main-d’œuvre, le personnel du laboratoire peut s’occuper d’autres questions ; il effectue des études détaillées sur les procédés et les conditions de travail dans les usines et forges de l’entreprise.
- NOTES ET DOCUMENTS
- L’Influence du sexe sur l’effort musculaire fourni
- Une étude de Max Ringelmann sur le travail mécanique de l’homme, paru dans le bulletin de la Société d’hygiène alimentaire, montre que l’effort musculaire qui correspond à un effort de soulèvement à résistance progressive et que l’on appelle force rénale n’est pas le même chez la femme et chez l’homme.
- L’auteur a cherché le coefficient par lequel il faut multiplier le chiffre donné par l'homme pour obtenir l’effort de la femme à âges égaux, coefficient que l’auteur appelle coefficient K.
- Pour mesurer cet effort, un dynamomètre est relié à une traverse sur laquelle l’individu pose les pieds ; l’autre extrémité, pourvue d’une poignée, est tenue à deux mains par la personne qui, le buste penché en avant, cherche à se redresser en effectuant verticalement l’effort maximum de bas en haut.
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- Voici les résultats obtenus :
- Ages. Hommes. Femmes. Coefficient K.
- 13 69 44 0.64
- 15 88 53 0.60
- 17 126 64 0.50
- 18 130 67 0.51
- 19 132 67 0.50
- 20 138 ' 68 0.49
- 25 155 77 0.49
- 30 154 77 0.50
- 40 122 67 0.55
- 50 101 59 0.58
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- Quelques tests moteurs employés dans l’O. P. des anormaux de l'intelligence et du caractère
- MM. Heuyer et Baille appliquent ces tests dans le service de neuro-psychiatrie infantile (1).
- Pour étudier la valeur motrice de leurs sujets ils ont employé une série de petits tests d’habileté manuelle. Pour ces tests, l’expérimentateur ne se contente pas d’énoncer la consigne, il montre au sujet ce qu’il attend de lui et le lui fait d’abord exécuter une première fois à titre d’entraînement.
- Le premier de ces tests est le test de vissage d’écrous.
- Ce test dure deux minutes ; on compte le nombre de couples vissés dans ce temps.
- Le deuxième test est un test d’enfdage d’aiguilles qui dure une minute. On compte également le nombre d’aiguilles enfilées.
- Le troisième test consiste à placer de petites tiges métalliques par paquets de quatre dans chaque trou d’un socle rectangulaire. Le temps est encore de deux minutes au cours desquelles on fait corriger à l’enfant ses erreurs au fur et à mesure qu’il les commet.
- Le quatrième test consiste à placer des chevilles de bois de différentes couleurs dans différents compartiments d’un grand plateau, chaque compartiment correspondant à une couleur. Ce travail dure une minute.
- Le cinquième test est le test d’enfîlage de perles colorées (genre du test de Walter). Ce travail dure une minute.
- Le sixième test consiste à trier ces mêmes perles dans des compartiments différents pour chaque couleur. Le travail dure une minute.
- (1) Annales médico-psychologiques, 14e série, t. II, p. 317.
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- Le septième test consiste à placer un certain nombre de dés et de chevilles dans des boîtes différentes.
- L’étalonnage de chacun de ces tests a été fait sur 63 garçons de 13 et 14 ans, 163 garçons de 15 et 16 ans et 203 de 17 et 18 ans.
- Nous donnons ci-dessous la valeur des quatre quartiles pour chacun de ces tests.
- Cet étalonnage a permis de faire, pour chaque 'Sujet examiné, une sorte de graphique représentant son profil moteur. Voici ces étalonnages :
- Etalonnage des tests manuels
- 4' Quartile S11 Quartile 2' Quartile 1er Quartile
- Ecrous
- 13-14 ans 17 18-19 20 - 23 24
- 15-16 — 18 19-20 21 - 23 24
- 17-18 - 19 20 - 21 22 - 23 24
- Aiguilles
- 13-14 ans 11 12 11-14 15
- 15-16 — 11 12- 13 14 - 15 16
- 17-18 — 11 12-13 14-15 16
- Tiges métal
- 13-14 ans 15 16 - 17 18 - 20 21
- 15-16 — 17 18 - 19 20 - 21 22
- 17-18 — 17 18 - 19 20 - 21 22
- Chevilles colorées
- 13-14 ans 27 28-30 31 - 32 33
- 15-16 — 29 30 - 31 32 - 33 34
- 17-18 - 28 30 - 31 32 - 33 34
- Perles enfilées
- 13-14 ans 23 24-26 27 - 29 30
- 15-16 — 24 25 - 27 28 - 29 30
- 17-18 — 24 25-27 28 - 29 30
- Perles triées
- 13-14 ans 46 47-54 55 - 59 60
- 15 16 — 47 48 - 53 54-58 59
- 17-18 49 50-54 55 - 60 61
- Dés et chevilles
- 13-14 ans 150” 149” - 136” 135” - 127” 126”
- 15-16 — 147” 146” - 135” 134” - 125” 124”
- 17-18 — 145” 144” -132” 131” - 124” 123”
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- Contrôle de la valeur de l’Orientation Professionnulle
- Nous extrayons du rapport du centre d’O. P. de la ville de Nantes les précisions suivantes :
- « Pour contrôler l’efficacité de son intervention, le Service ne peut songer à procéder à une enquête sur tous les apprentis placés par ses soins. Il n’en a ni le temps, ni les moyens.
- « Mais, en procédant par sondages, on obtient des indications précieuses qui donnent une base sérieuse d’appréciation.
- « C’est ainsi qu’en 1932 nous avons pris, au hasard de nos fichiers de 1920, 300 apprentis orientés et placés par nos soins et 300 apprentis qui s’étaient placés sans solliciter nos conseils. Normalement, ces jeunes gens devaient terminer leur formation professionnelle en 1932.
- « A la fin de 1932, nous avons recherché ce qu’ils étaient devenus, et le tableau suivant donne le résultat de cette enquête :
- _________300 Apprentis
- Orientés et placés Placés sans
- Rubriques. parles servie. d’O.P- l’intervention
- —• — du servie. d’O. P.
- Ont changé une ou plusieurs fois de profession 26 201
- Sont restés dans la profession choisie.... 274 99
- Ont suivi les cours professionnels .'. 263 92‘
- Ont obtenu le certificat d’aptitudes professionnelles 178 45
- Travaillent comme jeunes ouvriers dans l’atelier où ils ont fait leur apprentissage.... 221 87
- Ont été remercié par les employeurs à l'expiration du contrat d’apprentissage 79 213
- « L’examen des diverses rubriques du tableau montre que la
- stabilité, le pourcentage de réussite est très nettement supérieur chez les jeunes gens qui ont sollicité nos conseils.
- « La plupart d’entre eux ont terminé leur apprentissage dans de bonnes conditions, et, malgré la crise, continuent à travailler dans l’atelier où ils furent formés.
- « En ce qui concerne les résultats obtenus au C.A.P. il faut tenir compte du fait que, pour certaines professions, l’examen n’est pas encore organisé.
- « Une telle statistique prouve éloquemment l’utilité de l’intervention des offices d’orientation professionnelle. »
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- La cohérence dans la détermination des quotients d’intelligence
- Quand on. a déterminé l’âge mental d’un enfant par la méthode Binet-Simon ou l’une des nombreuses méthodes dérivées, et que
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- le rapport de eet âge à l’âge réel a donné le quotient d intelligence, quelle confiance mérite La détermination ? Si l’on répète l’examen., obtient-on des résultats cohérents, et quel est le degré de la cohérence.
- C’est une importante question qui a attiré souvent l’attention des chercheurs et suscité de nombreux travaux.
- Une revue par Claude !,. Nemzek, de 247 études (1) a permis de comparer les coefficients de cohérence (corrélation entre deux épreuves successives), obtenus par 97 séries fondées sur l'emploi de la méthode Binet (révision Stanford) et de 27 fondées sur l’emploi de tests collectifs.
- Voici la fréquence avec laquelle se sont rencontrés les coefficients compris entre 0,50 et 0,99 (dont la moitié se rencontrent entre 0,80 et 0,90) :
- Coefficient Test Binet-Stanford Test collectif Total
- 0,95-0,99 5 1 6
- 0,90-0,94 1:5 3 18
- 0,85-0,89 20 9 29
- 0,80-0.84 23 6" 29
- 0,75-0,79 12 3 15
- .0,70-0,74 9 4 13
- 0,65-0,69 8 0 8
- 0,60-0,64 3 1 4
- 0,55-0,59 1 0 1
- 0,50-0,54 1 0 1
- a cohérence moyenne est proclp 3 de 0,85 et se montre
- dans l’ensemble satisfaisante. II. P.
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- L’Hypertension de l’adolescence (2)
- Walko a étudié la tension artérielle de 1.700 étudiants et de 120 étudiantes de l’Université de Prague, dont l’âge variait généralement de 16 à 22 ans. La tension normale à cet âge est le plus souvent de 10 | à 12 cm. Parmi les 1.700 étudiants, 249 avaient une tension de 13 J à 15 cm., et 48 une tension de plus de 15 cm. Il y a donc 17,4 pour 100 d’hypertendus. Parmi les 120 étudiantes, 10 présentaient une tension de 13,5 à 16 cm. La proportion des hypertendues n’est ici que de 8,3 pour 100.
- (1) The Constancy of the T. Q. Psycliological Bulletin, XXX, 2, 1933, p. 14.3-168.
- (2) Nous empruntons aux analyses de la Presse médicale, ce compte rendu d’un intéressant travail de Walko, publié par la Medizinische Klinik du 20 mai 1932.
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- Le plus souvent il s’agissait d’hypertension variable d’un jour à l’autre, chez des sujets débiles, nerveux, dont le système vaso-moteur était particulièrement irritable. C’est seulement dans une minorité de cas que l’hypertension était fixe, comprise avec des oscillations réduites entre 15 et 19 cm.
- Dans la règle cette hypertension est entièrement latente. Parfois, les sujets accusent quelques troubles subjectifs : maux de tête, palpitations, gêne respiratoire, fatigue facile, angoisse, insomnies, crises sudorales. Le plus souvent, ces troubles témoignent seulement de l’irritabilité vaso-motrice qui est particulière à ces malades. Le seul symptôme, qui ait une certaine importance pour indiquer la résistance physique des sujets, est la dyspnée d’effort, par exemple celle que provoque une épreuve de dix mouvements consécutifs de flexion sur les genoux.
- Les observations des jeunes hypertendus tendent à mettre en valeur le rôle de la disposition constitutionnelle! et familiale, de l’excitabilité nerveuse et émotive, des sécrétions internes (adrénaline, sécrétions thyroïdienne, génitale et préhypophvsaire), de l’hypocalcémie (Kylin), du régime alimentaire acidifiant, enfin des intoxications alcooliques ou tabagiques. Sur les 1.200 étudiants, il y avait 32,2 pour 100 de sujets plus ou moins alcooliques, et 27,5 pour 100 de fumeurs ; sur les 297 hypertendus, la proportion était de 44,7 pour 100 pour les alcooliques, 38,7 pour les fumeurs. Pour les étudiantes, le fait était plus net encore ; l’usage de l’alcool se retrouve chez 13,3 pour 100 de l’ensemble des étudiantes, chez 60 pour 100 des hypertendues, l’usage du tabac chez 20,8 pour 100 de l’ensemble, chez 80 pour 100 des hypertendues.
- Le défaut d’exercice paraît être également un facteur prédisposant.
- W. a souvent constaté, chez les hypertendus, la tachycardie, et spécialement la tachycardie d’effort (sans signe d’hyperthyroïdisme) et l’exagération de l’arythmie respiratoire.
- Beaucoup de jeunes hypertendus ne donnent aucun signe de fléchissement cardiaque. Mais il en est, surtout parmi les sujets atteints d’hypertension fixe ou d’hypertensions variables à variations amples et brusques, qui témoignent d’une résistance diminuée, et qu’il ne faut pas laisser se soumettre sans ménagements à l’entraînement sportif, et en particulier à l’alpinisme. W. attache surtout, à cet égard, une grande importance aux réactions du sujet après l’effort : l’hypertension primitive, qui suit l’effort, est plus faible qu’à l’état normal, et l’hypotension secondaire, plus marquée et plus persistante ; de plus, un effort un peu violent est suivi d’une dilatation cardiaque, que l’on constate par l’orthodia-gramme, et qui ne rétrocède qu’avec lenteur après un repos prolongé.
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- Si l’on suit les jeunes hypertendus pendant quelques années, on constate que, chez la plupart d’entre eux, la tension s’abaisse au fur et à mesure que l’âge avance. Chez quelques-uns cependant, surtout lorsque l’hypertension est fixe, et que les sujets se soumettent à un surentraînement sportif, l’hypertension persiste, et le tableau clinique et capillaroscopique de l’hypertonie primitive tend à se constituer, tel qu’on l’observe chez les gens âgés
- Telle que la conçoit W., l’hygiène des jeunes hypertendus comporte, non le repos absolu, mais un exercice modéré, qui ne peut exercer qu’une action salutaire sur la tension artérielle, et dont on vérifiera les effets par le sphygmomanomètre et par l’examen orthodiagraphique du cœur. La gymnastique respiratoire est également très utile, car l’abaissement de la tension du CO2 sanguin, détermine la baisse de la tension artérielle. Une vie, calme, l’abstention d’alcool et de tabac sont, bien entendu, à recommander.
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- Les schèmes d’habileté professionnelle
- Au dernier Congrès de l’Ameriean Psychological Association, M. R. Trabue, de l’Institut de recherches pour la stabilisation de la main-d’œuvre à l’Université de Minnesota, a relaté des expériences fondées sur des schèmes d'habileté.
- Déjà Strong a préconisé en orientation professionnelle les « schèmes d’intérêts », parce que les individus réussissant dans une profession donnée, auraient bien, d’une façon générale, des intérêts, des goûts, des attitudes semblables.
- Examinant 1.500 adultes se maintenant dans leur situation malgré le chômage, et gardés en raison de leur réussite professionnelle, il a constaté que certains schémas d’habileté ont une réelle valeur, et il a exposé une série de ces schémas d’habileté professionnelle élaborés à son Institut.
- Il conclut que, pour orienter les adolescents, il est nécessaire de posséder des données précises sur les profils caractéristiques des professions, faisant intervenir les intérêts, les caractéristiques de la personnalité, et l’habileté spécifique.
- Il sera intéressant de connaître dans le détail les professio grammes de l’Université de Minnesota. II. P.
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- L’étude des orientations d’intérêts chez les jeunes gens
- On donne aux Etats-Unis de plus en plus d’importance aux intérêts des individus pour telle ou telle grande classe de préoccupations économiques, esthétiques, sociales, politiques, religieuses,
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- spéculatives, afin de mieux connaître leur personnalité et de fonder plus solidement l’orientation professionnelle.
- Utilisant l’échelle d’Allport et Vernon (dont les tests, avec manuel d’emploi, ont été publiés par Houghton Mifflin en 1931), R. Pintner, du Teachers College de Columbia, a examiné 187 de ses étudiants des deux sexes (1).
- La répartition des niveaux évalués de ces diverses orientations d’intérêts s’est montrée assez voisine de celle qui avait déjà été obtenue par Vernon et Allport.
- L’auteur a examiné comment, suivant la valeur des études, le niveau d’intelligence, l’attitude vis-à-vis de grands problèmes sociaux (guerre, prohibition, église, nègres) se présentait la hiérarchie des intérêts.
- Les intérêts spéculatifs dominants s’accordent avec le libéralisme vis-à-vis des nègres, avec l'oppositoin à l’église, et à la prohibition, et, faiblement, avec le pacifisme.
- Les intérêts pour les affaires s’accordent avec le militarisme et à un faible degré avec l’intransigeance pour les nègres ; les intérêts pour la politique ont des affinités voisines.
- L’intérêt pour les affaires ou pour la politique est en corrélation négative avec le niveau d’intelligence, tandis que les intérêts spéculatifs et sociaux sont en corrélation positive, les intérêts religieux et esthétiques se montrant sans relation avec ce niveau.
- Enfin les divers intérêts sont en opposition les uns avec les autres, sauf, faiblement, les intérêts esthétiques et spéculatifs et, fortement, les intérêts pour la politique et les affaires, en corrélation positive. + H. P.
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- Un indice pratique de robustesse
- On a constamment besoin en O. P. de connaître la robustesse d’un sujet. Dans un très intéressant article de Max Rincelmann sur le travail mécanique de l’homme, paru dans le Bulletin de la Société d’hygiène alimentaire, nous voyons que le coefficient de robustesse de Pignet donne la relation La plus simple pour apprécier la robustesse des individus. Ce coefficient est :
- i = T — (P + C)
- i étant l’indice de robustesse de Pignet ;
- T la taille en centimètres ;
- P le poids du corps en kilogs ;
- C le périmètre thoracique en centimètres.
- (1) A comparison of inlerests, abilities and attitudes, Journal o[ abnormal and social Psycliologij, XXVII, 4, 1933, p. 351-357.
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- La classification s’établit ainsi selon les valeurs obtenues pour i :
- Moins de 10 : Très bon.
- De 11 à 20 : Bon.
- De 21 à 25 : Moyen.
- De 26 à 30 : Faible.
- De 31 à 35 : Très faible.
- Au-dessus de 35, l’indice accuse une mauvaise constitution.
- Chaque mesure étant facile à prendre dans les centres d’ O.P. le calcul de l’indice est rapide. Il faut noter que la classification des indices de robustesse vaut surtout pour les gens à croissance terminée.
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- Les défauts de l’ouïe chez les écoliers
- Une étude faite aux Etats-Unis dans un district rural sur 2.078 écoliers avec l’audiomètre 4-A de la Western Electric IC y a révélé 590 cas de défaut de l’ouïe (1). Ces 590 enfants ont été étudiés plus complètement avec l’audiomètre 2 A, qui permet la détermination du seuil d’audition aux principales fréquences, et 276 d’entre eux (soit 13,3 °/o) ont été trouvés atteints d’une insuffisance nette, alors que la moitié seulement d’entre eux avaient accusé des troubles, affections ou défauts de l’appareil auditif. Une cinquantaine avaient une certaine déficience mentale.
- Ce sont là des données qui montrent l’importance de l’examen systématique de l’ouïe chez les écoliers. II. P.
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- Examen psychotechnique des bacheliers
- « L’Institut psychotechnique de Prague se chargeait surtout jusqu’à présent d’examens d’aptitudes pour les différents services de l’administration de l’Etat. L’activité de cet institut s’étendra bientôt, d’après la Prager Presse du 7 mars 1933, aux examens d’aptitudes des bacheliers de l’enseignement secondaire sur tout le. territoire de la République.
- « Les épreuves doivent servir à déterminer les aptitudes, d’une part aux professions pratiques, d’autre part aux études supérieures. Ce projet a rencontré l’approbation générale du person-
- (1) A. W. Dove et D. W. Drury, Vital function studies, IX, Failure of hearing in lhe young. Journal o{ American medical association, 1932, T. 98, p. 1539-1542.
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- nel enseignant secondaire. Dans les sphères de l’enseignement supérieur également, on a exprimé dernièrement le désir de voir ces épreuves d’aptitude effectuées avant le début des études supérieures ; cette sélection permettrait de ne conseiller les études, notamment pendant la crise économique, qu’aux auditeurs convenablement doués. 250 auditeurs de quatre sections de l’Ecole technique supérieure de Prague se sont déjà soumis en janvier dernier à un examen psychotechnique. »
- Telle est la communication que notis donne le Bulletin de l’Institut international d’organisation scientifique du travail, d’avril 1933.
- Nous souhaitons que de telles épreuves fussent instituées chez nous lors de l’admission dans les établissements d’enseignement du 2e degré. Déjà des résultats intéressants — dont nous entretiendrons nos lecteurs — ont été obtenus dans quelques pays étrangers. Pourquoi ne tenterions-nous pas un essai ? J. F.
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- La presbytie pour la mesure de la sénilité
- La diminution avec l'àge de la marge d’accomodation est une donnée bien connue, dont les normes ont été à peu près établies, mais qui gagneraient à être précisées par des méthodes statistiques correctes, surtout si le test de presbytie peut être un moyen d’évaluer le degré de vieillissement de l’organisme, comme le pense l’ophtalmologiste allemand Steinhaus qui, après une étude de 2.200 cas, s’est convaincu de la valeur de ce signe pour l’appréciation de l’état général de l’organisme : Les probabilités de. survie seraient directement en rapport avec la marge restante d’accomodation, avec la souplesse du cristallin.
- Du taux de presbytie on pourrait dégager le nombre probable d’années restant à vivre, nombre plus grand pour les femmes que pour les hommes d’ailleurs, à marge égale d’accomodation.
- C’est un point de vue qui peut intéresser spécialement les compagnies d’assurance. Mais pour l’appréciation des capacités fonctionnelles, pour la fixation des retraites, dans des services de sécurité, il peut y avoir là une donnée précieuse si sa signification se confirme. H. P.
- (1) Unlersuchungen über den Zusàmmenhang von Prebyopie und Lebens-dauer unter Berücksichtigung der Todesursachen. Archivfür Augenheilkunde T. CV 1932, p. 731-780.
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- Le rendement professionnel des estropiés et leur orientation professionnelle
- Winkler (Leipzig) vient de publier, sur cette question, des renseignements intéressants (1).
- D’après lui, les apprentis atteints de scoliose marqueraient une chute rapide à l’examen de fatigabilité ; les hémiplégiques une résistance prolongée à une activité réduite ; chez ceux qui sont atteints de poliomyélite, la courbe de fatigue ne différerait guère, suivant l’infirmité, de celle des précédents ; quant aux tuberculeux osseux, ils affecteraient une sensibilité psychomotrice très marquée.
- En ce qui concerne le rendement quantitatif, on pourrait les ranger, par ordre de décroissance, comme suit : poliomyélite, tuberculose osseuse, hémiplégie, scoliose.
- Les observations faites par l’auteur sur le travail des vanniers, des cordonniers, des relieurs, des ajusteurs et des menuisiers pourraient, sur certains points, être retenues pour l’O. P. des normaux.
- Nous donnons ci-dessous la fiche d’observation employée par Winkler :
- Nom de l’apprenti : ...........................................
- Ses goûts : Désire devenir..........,.......... parce que........
- Utilise ses loisirs à..........................................
- Sia vie scolaire : A fréquenté l’école primaire jusqu’en.........
- classe.
- Est allé pour la première fois en classe de l’âge de.............
- N’a reçu qu’un enseignement privé, pendant............ ans.
- Il y a de fortes lacunes dans ses connaissances, par suite de nombreuses absences dues à la maladie.
- Disposition intellectuelle : Son développement intellectuel répond à un âge de.........ans.
- Aptitude (bonne ou mauvaise) à la représentation spatiale
- Sa compréhensiont technique est très bonne (mauvaise).
- Ses aptitudes sensorielles sont bien développées, à l’exception
- de.........(coup d’œil, acuité tactile, différenciation de couleurs..
- sens des formes).
- Type de travail : Plus apte au travail intellectuel qu’au travail manuel (ou inversement).
- On n’exigera de lui que des travaux «mécaniques » simples, ne demandant aucune aptitude intellectuelle particulière.
- (1) Psychische Entwicklung und Krüppeltum (Voss. Leipzig.)
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- Supplée, par l’application au travail, au manque d’aptitudes;
- Faible rendement malgré des dispositions.
- Malgré peu d’aptitudes professionnelles, montre ;
- Conscience professionnelle.........
- Application au travail........
- Plus apte au travail monotone.
- Montre une forte volonté à se perfectionner.
- Fatigabilité ; Cherche à surmonter une grande fatigabilité par une forte volonté.
- Fort physiquement, mais résiste peu à un travail de longue durée.
- N’est apte qu’à des travaux demandant peu de force physique.
- Dynamique du travail : Travaille très lentement, parce que précis et consciencieux dans son travail.
- Travaille vite, mais au détriment de la qualité.
- Exercice : Sa façon mécanique d’apprendre est bonne, mais le résultats ne sont pas durables.
- Automatisme très lent, mais résultats non durables.
- Activité : Plein de tempérament. S’emporte aisément.
- Tempérament très flegmatique.
- Peu concentré, de sorte qu’il a souvent besoin de changements d’occupations.
- Agit avec méthode et après réflexion.
- Rendement : Vis-à-vis de normaux, a un rendement qu’on peut évaleur à......... (indiquer la fraction).
- La qualité de son travail équivaut (ou indiquer une fraction) à
- celle d’un normal. *
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- Quelques données intéressant l’O. P. d’après les analyses de l’année psychologique
- J. M. Earle. — Tests of distributed attention (Tests d'attention distribuée). — Br. J. of Ps., XXI, 3, 1931, p. 215-241.
- Pour étudier ce problème, E. a imaginé plusieurs tests permettant de mesurer : 1° l’attention à un seul objet par le nombre de détails ou d’éléments .saisis ; 2° l’aptitude du sujet à maintenir « une succession d’attentions » à un certain nombre d’objets indépendamment de tout automatisme que demande l’exécution du test. Le trait le plus saillant de cetle recherche, c’est que l’auteur s’est appliqué à établir, par la méthode de corrélations et d’intercorrélations, un rapport entre les résultats des quatre tests d’attention et l’intelligence générale telle qu’elle a pu être déterminée avec cinq groupes de tests généralement employés (tests de Binet-
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- Stanford, test de substitution de Woodworth et Wells, etc.) Or, les corrélations établies ne présentent pas de coefficients assez élevés entre les deux principaux tests d’attention et ceux d’intelligence. Aussi, peut-on en déduire que ce n’est pas le facteur g, mais des facteurs spécifiques qui interviennent surtout dans l’exécution des tests d’attention distribuée. Il faut cependant considérer à part les épreuves dont l’exécution exige un haut degré d’attention et dans lesquelles la suite « d’attentions » dépend du « contrôle » du sujet. Les ressemblances dans les résultats de ces tests pourraient correspondre à l'Influence du facteur g. Une deuxième catégorie constitue les tests assez dissemblables entre eux et qui demandent pour être bien exécutés : a) une succession rapide « d’attentions » ; b) une telle succession correspondant à une « suite extérieure » qui ne dépend pas du contrôle du sujet. L’attention distribuée répond la plupart du temps à ces conditions-là. Il y a lieu de conclure à la présence de facteurs spécifiques pour d’autres raisons encore : 1° parce que ces dernières tâches ou épreuves comportent une adaptation spéciale fondée sur des connaissances appropriées, sur l’habileté acquise et son équipement sensoriel et musculaire spécial ; 2° parce qu’un ajustement est nécessaire entre la « vitesse naturelle de l’individu » et la « vitesse de succession » que comporte la tâche. P. K.
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- G. Ehinger. — Déclin des aptitudes avec l’âge. — Ar. de Ps., XXIII, 89, 1931, p. 67-73.
- Nous avons antérieurement analysé un travail de l’A. sur le même sujet (An. Ps. XXVIII, n° 1070). — Dans cette nouvelle contribution à la question E. s’attache à préciser certains points ; en particulier celui de savoir si le déclin se manifeste au même âge pour des sujets de milieux et de culture différents. L’expérience (faite avec les tests moteurs de Walther) montre que les résultats à tous les âges sont souvent supérieurs pour les femmes intellectuelles, par comparaison avec les ouvrières, et que le déclin commence plus tardivement. Voici les résultats bloqués des trois tests : disques, perles, pointillage :
- AGE OUVRIÈRES INTELLECTUELLES
- 25 ans 239.5 secondes 241.5 — 252.5 — 256,9 — 266,7 — 273,4 — 239.5 secondes 239,9 — 239,7 — 230,3 - 253 — 264.5 -
- 30 —
- 35 —
- 40 —
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- Il ne semble pas d’ailleurs que le mot « intellectuelles » doive être pris stricto sensu, il indique simplement très probablement un milieu où des conditions meilleures de vie, d’alimentation, de travail, etc., permettent, un vieillissement général plus t rdif de l’individu. M. F.
- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE A L’ÉTRANGER
- L’Orientation professionnelle en Australie en 1933
- L’orientation professionnelle dans divers Etats d’Australie, bien qu’elle y soit encore à ses débuts, présente un ensemble assez considérable d’efforts dont, malgré certaines divergences de méthodes, des lignes communes se dégagent. Elles consistent surtout dans un souci constant de recueillir le plus de renseignements possibles sur les sujets à orienter d’une part, sur les métiers à conseiller de l’autre. Mais tandis que certains centres comme celui de Victoria se basent surtout sur l’avis des éducateurs qui suivent les enfants dans les écoles, d’autres font avant tout appel aux tests psychologiques et à l’esprit d’observation de l’orienteur.
- Un coup d’œil sur l’activité de différents centres nous permettra de nous rendre compte à la fois de celte divergence et de la communauté des efforts.
- I. — Nouvelles-Galles du Sud. -— L’O. P. y est centralisée par le bureau de Sydney faisant partie du département de l’éducation. Sa direction est assurée par un psychologue expérimenté, secondé par des employés. Jeunes gens, garçons et hiles ayant atteint l’âge de 16 ans ou ayant terminé la 3e année d’études post-primaires y subissent un examen psychologique par tests. Les résultats obtenus de cette façon sont complétés par des renseignements fournis par des livrets individuels. Ces livrets ayant suivi les enfants à travers leurs trois années d’études tiennent compte : 1° De la réussite dans diverses branches de l’enseignement ; 2° Des goûts de l’enfant et de ses occupations pendant ses loisirs ; 3° Du métier choisi librement par l’enfant ; 4° Du métier auquel voudraient le destiner ses parents ; 5° De l’opinion des maîtres sur le bien fondé de ces choix.
- Le travail du bureau est complété par le « Rotary Coinmittee », composé des instituteurs et dont le but principal est d’être en contact étroit avec les enfants d’une part et, d’autre part, d’étudier les métiers (chaque membre de ce comité est chargé de prendre connaissance d’un seul métier, de sorte que dans son ensemble le « Rotary Committee » est bien au courant de diverses professions).
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- Après avoir recueilli tous les renseignements sur l’enfant, le bureau avise ses parents sur l’opportuiné soit cle lui faire continuer les études, soit d’entrer immédiatement dans l’apprentissage.
- Dans le deuxième cas, le bureau offre son aide pour placer l’enfant, pour mettre les parents en contact avec les employeurs. Gardant des rapports avec les employeurs, le bureau s’assure que l’enfant placé par ses soins est bien adapté au travail qu’on lui demande de faire. Au cas où le rendement de l’enfant n’est pas satisfaisant, le bureau lui fait faire un apprentissage plus approfondi.
- II. — Etat de Victoria. — L’orientation comporte ici trois phases distinctes :
- 1° L’êducational Guidance. A 12 ans, l’enfant est orienté vers un enseignement spécialisé, dont le choix est déterminé d’après un livret individuel l’ayant suivi pendant toutes ses études antérieures et tenant compte de ses progrès scolaires.
- Pour faire admettre les conseils par les parents on leur adresse deux lettres de persuasion. De plus, les instituteurs font dans le même but des conférences et des lectures appropriées.
- 2° L'Orientation professionnelle à proprement parler n’est faite que deux ans plus tard. Elle est basée sur l’observation des enfants dans l’exécution des travaux qui leur sont accessibles et qui correspondent bien aux divers métiers. Un Comité spécial composé des éducateurs et des employeurs de la région reste en rapport constant avec les enfants, leur procurant toutes sortes de renseignements sur leurs possibilités et sur les conditions de travail (débouchés, avancements, etc.).
- 3° Le Placement qui est assuré ou facilité par le Comité..
- Une large place est réservée, dans tout ce système, à la formation des instituteurs en tant qu’orienteurs. Ils sont tenus très au courant de l’existence des écoles professionnelles, de même que des méthodes à employer pour orienter les enfants. Un. cours spécial d’O. P. est prévu dans le programme des écoles secondaires.
- III. — Etat de Queensland. — Un Comité spécial, dont les membres sont appointés par le Ministre, est chargé de faire des recherches sur les aptitudes exigées par divers métiers. Il s’appuie principalement sur les résultats des tests psychologiques (tests en usage à « National Institute of industrial psvchology » de Londres, tests d’habileté mécanique, etc.) et sur l’examen médical.
- En dehors de cela, le travail du Comité se réduit à un certain nombre des tâches, qu’on peut résumer comme suit :
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- 1° Se mettre en rapport avec les enfants de 12 ans (ou étant à leur 6e « grade » scolaire, deux ans avant de quitter l’école).
- 2° Assurer un système de livrets individuels renseignant sur l’histoire de l’enfant.
- 3° Déterminer pour chaque enfant l’opportunité, soit d’un apprentissage, soit d’un placement immédiat.
- 4° Suivre l’enfant dans son travail professionnel.
- Les renseignements recueillis de cette façon sont complétés par des informations sur les désirs des parents et des enfants en ce qui concerne le choix d’une profession.
- Pour que le choix des enfants soit basé sur une connaissance, du moins théorique, des métiers, le Comité organise des conférences et des discussions, propose des sujets de rédaction, etc.
- IV. — Etat de Tasmanie. -— Ne possède pas d’office départemental. L’O. P. y étant faite par un « corps de citoyens » qui limite son travail à un vaste usage de questionnaires sur les goûts, les intérêts, les passe-temps de jeunes écoliers.
- A travers les Revues
- Dans le Journal of applied psgchology de février 1933 (p. 1-16), Sidney L. Pressey et Luela Cole Pressey à qui l’on devait les tests connus sous le nom de X.-O. (proposés en 1919) publient une étude sur une nouvelle forme d’épreuves, destinées aussi à préciser le caractère des personnalités, à déterminer les traits de leur affectivité, développant l’ancienne méthode, sous le nom d’ « interest-attitude tests ».
- Dans le Bulletin des Comités d’orientation professionnelle de la région parisienne d’avril 1933, entre autres très utiles renseignements, se trouve indiquée, pour l’apprentissage des divers métiers féminins (au nombre de 70), la liste des écoles ou établissements d’enseignement professionnel.
- Dans la Revue italienne des sciences appliquées à T éducation (Rivista di Sc. III, 1932, p. 85), F. Banissoni a rappelé l’existence de deux anciens ouvrages italiens d’orientation professionnelle, l’un de T; N. Cestari (Le professioni che possomo sciogliere, Venise, 1871), et l’autre de G. Marcotti (Mentore, guida pratlca per la scelta di una professione, Florence, 1893).
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- Dans la Zeitschrift für psychologie (T. 128, 4-6, 1933, p. 241), une étude de IIans Koch et H. Mjôen, d’Oslo, est consacrée à la comparaison de l’aptitude musicale et de l’aptitude générale chez 466 écoliers examinés en particulier pour leur mémoire mélodique et leur sensibilité différentielle à la hauteur tonale (en corrélation réciproque de + 0,44 chez les garçons et + 0,35 chez les filles, en relation avec leur succès en mathématiques (ou calcul) et en langue allemande (corrélations insignifiantes de la sensibilité tonale, et plus élevées, + 0,12 à + 0,36, de la mémoire mélodique). L’aptitude musicale est en très faible dépendance vis-à-vis de l’âge. __________
- Dans la Revista de Criminologia, Psiquiatria g Medicina legal, publiée à Buenos-Aires par le prof. O. Loudet, une étude du D1' Sigfrido Türkel (de Vienne) est consacrée à la « Criminogra-pliie professionnelle », traitant des relations, directes ou indirectes, entre les professions et les délits.
- Les différences entre les sexes au cours du développement et du déclin mental font l’objet d’une étude de H.-S. Conrad, II.-E. Jones et H-H- IIsiao dans The Journal of educational psychology (n° 3, mars 1933). Les auteurs rapportent et commentent les résultats des tests « Army Alpha » appliqués sur 1.188 hommes et femmes, de 10 à 60 ans.
- Dans ce meme numéro, W. Line et H.-B. IIedman font un exposé statistique simplifié, à l’usage des étudiants, de la théorie des deux facteurs. On y trouvera des formules essentielles et leur développement, de même qu’une bibliographie concernant le côté technique du problème.
- Nous y relevons également un article de P. Cattell sur la constante personnelle de Heinis qui pourrait, dans certains cas, remplacer avantageusement le O. I. de l’échelle Stanford-Binet.
- F.-F. Caldwell étudie dans le numéro de mars 1933 du Journal of Educational Research à l’aide des tests de lecture de la série des tests de connaissance de Stanford, le facteur de rapidité .dans la détermination du O. I. Il arrive à la conclusion que, si d’une façon générale, les limites de temps assignées sont suffisantes, elles ne permettent cependant pas aux élèves faibles d’atteindre leurs notes maxima. _____________
- Soziale Praxis publie dans son n° 12 (23 mars 1933) un compte rendu des conseils professionnels donnés en 1931-32 par rétablissement d’état pour le placement des travailleurs ef la protection des chômeurs. --------
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- La Revue philanthropique du 15 mars 1933 publie le plan général du Congrès international pour la protection de l’enfance qui se tiendra à Paris du 4 au 9 juillet 1933. Signalons parmi les sujets intéressant tout particulièrement les orienteurs, ceux de la 5me section, sur les moyens pratiques d’apprendre un métier aux anormaux psychiques et d’en favoriser l’exercice (président de la section, D. P. Paul-Boncour).
- Psychologische Rundschau publie dans le n° 0 de l’année 1932-33 un court article du Dr Büiirig sur la valeur pratique de la graphologie. ________
- Le numéro de mars 1933 de 1 ’Enseignement public publie un article de G. Courtin sur les méthodes et les premiers résultats de l’enseignement modernisé en Turquie.
- Les nos 159 (février 1933) de T Orientation Professionnelle sont consacrés à l’étude des Carrières sociales (articles de B. Jeanty). On y trouvera une liste détaillée avec adresses de toutes les écoles d’assistantes sociales).
- Nous relevons dans le n° 950 (11 mars 1933) de School. and Society une notice sur la valeur prédictive du système de notation employé dans les écoles préparatoires des Etats-Unis pour les succès scolaires ultérieurs, par C.-H. Thurber.
- Nous relevons dans le numéro d’iavril 1932 de Arquivos da Assis-tencia a psicopatas de Pernambuco (publication semestrielle), une étude psychotechnique de quatre enfants supernormaux (candidats à l’Ecole normale de Pernambucano), par Anita Paes Barreto. Les Q. I. de ces quatre enfants ont été 147 pour un et 141 pour les trois autres (âge réel 11 ans). Les tests employés ont été : Alpha, lest de Mira, Beta et deux tests de Ballard (de Columbia et de 100 questions). La recherche est résumée en quatre profils.
- INFORMATIONS
- Le Bulletin de l’Association générale des Orienteurs de France, revue trimestrielle, commence, avec sa 3e année, une nouvelle série sous la direction de MM. Félicien Court et Poullaouec ; on trouve dans le n° 7 un compte rendu par M. Ménessier des conférences faites par M. Luc à l’I.N.O.P. sur la philosophie de l’O.P., et un article de M. Poullaouec sur l’orientation vers les carrières intellectuelles.
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- Au XIVe Congrès international cVophtalmologie, qui s’est tenu à Madrid en avril 1033, une résolution a été votée concernant l’examen des anomalies de la réfraction et la prescription des verres chez les enfants, pour lesquels cet examen est très important, et une erreur de prescription grosse de conséquences, en vue de réserver exclusivement aux médecins et plus spécialement aux ophtalmologistes le soin d’assurer l’examen de la réfraction.
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- La Vie de 11. N. 0. P.
- A partir d’octobre 1933, l’I. N. O. P. délivrera un certificat d’études spéciales aux conseillers d’orientation ayant un minimum de 5 ans de pratique, assisté au moins à deux des quinzaines d’enseignement organisées par l'Institut, et présentant un travail personnel d’orientation professionnelle, accepté par les directeurs de l’I. N. O. P., et soutenu avec succès devant un jury de trois membres désignés par eux.
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- La vie de l’Association des anciens élèves
- Le Conseil directeur s’est réuni le 5 mai, le 29 mai et le 2 juin. Le Dr Jeudon a fait une trsè intéressante conférence sur le rôle du médecin en O. P. ; nous en donnerons le compte rendu prochainement.
- Le 7 juillet aura lieu une séance de travail au sujet du contre projet Joly.
- Nous signalons le changement d’adresse de M. Beaume : 17, rue Greuze, Paris (16e) (à partir du 16 juillet).
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- E. Wagner. — Berufsumwelt und geistige Leisiung bei jugendli-chen (L’ambiance et le travail intellectuel chez la jeunesse professionnelle). — Deutsche Psychologie, VII, I, 1930, in-8° de 67 pages.
- L’auteur pose un certain nombre de problèmes d’ordre assez général, à savoir : quel est le rôle de divers facteurs sociaux et professionnels dans le rendement par tests, autrement dit : 1° Peut-on, d’une façon générale, décéler leur influence ? 2° De quelle façon influent-ils sur' les résultats ?
- Les facteurs en question sont nombreux : 1° La profession du père ; 2° Le genre de l’école fréquentée avant l’entrée en apprentissage (niveau général et genre d’instruction) ; 3° Lieu d’habitat (ville, petite ville, campagne) ; 4° Conditions générales de vie (hygiène des locaux, alcoolisme, etc.) ; 5° Influence personnelle du
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- professeur ; 6° Importance de la branche d’industrie étudiée ; 7° Genre de la profession étudiée.
- L’auteur a appliqué sur 650 élèves d’une grande école professionnelle de Schorndorf, comprenant les sections de : Métallurgie, travail du bois, bâtiment et arts appliqués, habillement, industries alimentaires, commerciale, d’emplois auxiliaires, dix tests formant trois groupes distincts dont voici l’énumération : I. Epreuves d'intelligence : 1° Intelligence générale, 2° intelligence technique, 3° intelligence commerciale. II. Epreuves sensorielles : 4° Coup d’œ.l (longueurs, angles, cercles, rapports de grandeurs ; en tout 14 problèmes), 5° discrimination des couleurs (tests d’Ostwald), 6° sensibilité tactile (10 morceaux de cartons et de papier émeri à classer d’après l’épaisseur ou le degré d’aspérité), 7° représentations spatiales (observation des modifications dans les figures, dessins de mémoire). III. Epreuves de travail : 8° Fil de fer à plier, 9° continuation d’un dessin de motif ornemental, 10° découpage et collage. Les sujets étaient âgés de 25 à 17 ans ; la plupart (67 °/0) originaires du même district. Du point de vue du milieu social ils se répartissaient comme suit : 37 °/0 fils d’artisans ; 29 %, fils d’ouvriers ; 23 °/0 paysans ; 11 °j0 fils d’employés.
- W. étudie les tests quantitativement et, ce qui importe davantage pour son travail, qualitativement. Les résultats sont présentés en tableaux par des moyens arithmétiques et des valeurs centrales en °/o de réussite (tous les tests ont été évalués sur une échelle de 5 degrés).
- L’analyse quantitative indique une évolution régulière, pendant la période de formation, de toutes les aptitudes, excepté le coup d’œil, la discrimination des couleurs et la représentation spatiale.
- En ce qui concerne l’analyse qualitative, les conclusions principales que l’auteur en dégage peuvent être résumées comme suit : 1° On constate, dans l’ensemble des résultats, une influence favorable de bons rapports familiaux, et, en particulier,, de l’homogénéité entre la profession du fils et du père ; il existe cependant des exceptions lorsqu’on envisage les tests séparément ; 2° On voit une supériorité marquée des anciens élèves des écoles réales (cor-repondant aux lycées, classes des sciences) sur ceux des écoles populaires ; à leur tour les élèves des écoles populaires de 3-4 classes se montrent supérieures à ceux de 1-2 classes. 3° La ville semble hâter le développement de certaines fonctions psychiques, mais seulement chez les sujets plus jeunes (15-16 ans) ; entre 16 et 17 . ans, les campagnards atteignent facilement le niveau dec citadins. 4° L’alcoolisme régional, la pauvreté des locaux exercent une influence nettement préjudiciable sur le rendement. 5° Quant à l’influence personnelle du maître, bien qu’elle semble s’accuser, il
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- est difficile de la déterminer d’une façon précise. 6° Les apprentis de grandes branches d’industrie montrent une supériorité sur les autres au début de l’apprentissage ; ces derniers, cependant, font des progrès rapides à la suite. 7° En ce qui concerne le genre de la profession étudiée, notons que les métallurgistes et les élèves de la section commerciale sont nettement supérieurs à tous les autres dans tous les tests (parmi les métallurgistes les meilleurs sont les mécaniciens et les ferblantiers). Viennent ensuite les élèves des sections d’art appliqué et d’habillement. Un fléchissement dans le rendement d’ensemble se manifeste dans les emplois auxiliaires et, davantage encore, dans la section alimentaire, de même que dans certaines branches du bâtiment.
- L’auteur tire toutes ces conclusions, comme nous l’avons déjà dit, en comparant les moyennes arithmétiques et les valeurs centrales des groupes, ou encore en étudiant leurs résultats supérieurs et inférieurs.
- Il nous est impossible de reproduire ici les tableaux résumant les acquisitions de la recherche. Citons cependant, à titre d’exemple, un extrait du tableau VIII donnant les °/„ de réussite par métier.
- Résultats en pourcentages de réussite
- Nombre suj. Int. gén. Int. com. 6 c Coup d’œil Disc. coul. Sens. tact. c3 CL en U P- P X Fil de f. Copie motif Découp. coll.
- Métall ICO 38 44 16 62 72 81 38 58 39 48
- Trav. bois 105 37 37 16 62 75 77 35 46 43 44
- Bâtiment (1) : a). . 44 39 36 15 62 73 72 32 45 45 48
- b).. 00 37 39 16 53 77 81 39 47 42 42
- Habillement 04 35 36 13 53 70 77 33 42 37 52
- Ind. aliment 70 35 33 13 56 70 77 28 42 29 36
- S. commerc 59 50 56 28 63 70 82 40 49 47 54
- Empl. auxil 75 27 24 7 44 63 71 19 38 25 30
- A. R.
- (1) Résultats partiels a) : maçons, charpentiers, plâtriers ; b) : peintres, laqueurs, etc.
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- 5e Année
- juillet 1933
- N° 7
- BULLETIN
- DE
- l'Institut National d’Orientation Professionnelle
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- UNE MÉTHODE
- DE DÉTERMINATION DU CARACTÈRE
- par D. WEINBERG
- Les méthodes de détermination du caractère étant encore fort imparfaites, toutes les sources de renseignements doivent être utilisées qui permettent de compléter sur ce point le dossier de l’enfant.
- On est obligé de faire largement usage de méthodes d’observation et d’utiliser le jugement de ceux qui approchent l’enfant. U est cependant- une catégorie d’observateurs dont on ne songe pas à tirer parti : ce sont les enfants eux-mêmes, les camarades du sujet. Ils sont certes particulièrement bien placés pour en observer le comportement spontané en dehors de la contrainte exercée par l’adulte ; ils sont, en outre, assez nombreux pour que puissent être compensées en partie les erreurs dues à l’équation personnelle de l’observateur. Reste à savoir dans quelle mesure et à partir de quel âge ils sont, capables de porter un jugement psychologique plus ou moins valable. Sur ce point, les recherches de psychologie génétique, à notre connaissance, font encore défaut.
- Les essais que nous avons entrepris (1) semblent montrer que l’interrogatoire des camarades de classe peut fournir une méthode utilisable pouvant compléter les renseignements à recueillir sur la personnalité de l’enfant.
- La technique employée consiste à diviser la classe au hasard (par travées de hancs occupés) en groupes d’une dizaine de sujets chaque. Chaque sujet apprécie sur une
- (1) A l’occasion d’une enquête biolypologique entreprise en collaboration avec le Dr Toulouse et 11. Laugier et dont l’exposé d’ensemble fera l’objet d’une publication spéciale dans la Biotypologie. Pour la partie psychologique de l’enquête M. Piéron a bien voulu fournir des directives.
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- échelle de 4 degrés (de 0 à 3) les différents traits de caractère chez les camarades de son groupe, et se juge soi-même également. Des fiches spécialement préparées, contenant les explications nécessaires et les espaces réservés à l’inscription des noms et des notes, permettent de conduire l’expérience dans des conditions standardisées. Les quinze traits à apprécier étaient désignés par des adjectifs et accompagnés de brèves explications.
- 1. Intelligent (J). — Oui comprend vile, qui peut imaginer
- une solution.
- 2. Gai. — Oui est toujours de bonne humeur, qui joue bien
- aux récréations.
- 3. Courageux. — Oui n’a pas peur des conséquences de ses
- actes : n’a pas peur de tomber ou de se faire mal en jouant, d’être bousculé par un camarade plus fort.
- 4. Bon. — Oui se dévouera pour les autres, aidera les cama-
- rades même quand cela peut lui nuire à lui-même.
- 5. Sincère. — Oui dit toujours la vérité, qui dit ce qu’il
- pense.
- 6. Honnête. — Oui ne trompe pas, même quand cela lui
- serait utile.
- 7. Modeste. — Oui ne s’exagère pas ses mérites.
- 8. Sympathique. — Oui esl aimé par ses camarades.
- 9. Expansif. — Oui se livre facilement, qui ne cache pas ses
- sentiments, les manifeste au contraire extérieurement.
- 10. Calme, de sang-froid. — Oui ne perd pas la tête dans une
- situation difficile, qui n’est pas troublé par une question imprévue.
- 11. Domine les autres. — On lui obéit dans les jeux, on
- l’écoute volontiers.
- 12. Fort. — Bon lutteur.
- 13. Persévérant. — Finit ce qu’il a commencé ; quand il a
- décidé quelque chose, le fait réellement.
- 14. Sensible. — A de la peine quand il voit que quelqu’un
- en a.
- (1) L’intelligence pouvant être déterminée à l’aide de méthodes objectives n’a été incluse sur la liste qii’en vue d’un essai de contrôle (voir plus loin).
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- 15. Affectueux. — A un ou plusieurs amis auxquels il tient beaucoup, capable de faire des sacrifices pour eux ; aime beaucoup sa famille.
- Les élèves des cours moyens (âges moyens 10-11 ans) qui ont été soumis à l’expérience (deux écoles de garçons et une école de filles) se sont assez bien tirés de cette épreuve. A l’exception d’une classe où les conditions expérimentales étaient très défectueuses, on a constaté en général dans les six autres classes une attitude sérieuse et réfléchie. Les filles semblaient tout particulièrement intéressées par la tâche, à en juger par leur attitude concentrée et le nombre de crayons mordillés...
- Le dépouillement des résultats montre bien, d’ailleurs, que les réponses ne sont pas données au hasard, car on peut déceler un accord non négligeable entre les jugements portés sur un même sujet par les différents membres du groupe. En effet, en calculant ce qu’on pourrait appeler les coefficients cl unanimité, coefficients de corrélation entre la note moyenne attribuée à chaque sujet par une moitié de juges et la note attribuée par l’autre moitié de juges pris au hasard, on a obtenu des résultats condensés au tableau I. On constate, à côté des fluctuations, d’ailleurs, compréhensibles, d’une classe à l’autre et d’un trait à l’autre, la prédominance des coefficients élevés. Sur 90 coefficients, 49 sont supérieurs à 0,50 ; 24 varient entre 0,30 et 0,50.
- 11 convient de no 1er que le nombre d’observateurs par sous-groupe (en désignant ainsi la moitié d’un groupe) était petit : il a varié d’une classe à l’autre et dans, une même classe d’un groupe à l’autre. Les moyennes par classe (dans l’ordre du tableau) ont été les suivantes : 5,7 ; 4,7 ; 4,6 ; 2,8 ; 4,4 ; 5,7. En constituant des groupes plus importants, on pourrait atteindre des coefficients plus élevés encore.
- On notera, d’autre part, des différences caractéristiques entre les différents traits. Malgré quelques divergences d’une classe à l’autre, partout l’intelligence et le courage sont appréciés avec beaucoup d’unanimité (moyenne des coefficients des six classes : 0,83 pour l’intelligence et 0,63 pour le courage) ; la sincérité et la gaîté fournissant, en général, un degré moyen d’unanimité (moyenne des six classes : 0,51 et 0,49
- \J •
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- Tableau I
- Coefficients d'unanimité
- ECOLE M (Garçons)
- C. M 1 c. M 2
- 30 38
- 0.74 ± 0.055 0.80 ± 0.040
- 0.49 ± 0.093 0.49 ± 0.083
- 0.73 -j- 0.058 0.53 ± 0.059
- 0.76 ± 0.052 0.37 + 0.095
- 0.60 ± 0.079 0.42 ± 0.090
- 0.71 ± 0.062 0.49 ± 0.083
- 0.35 ± 0.108 0.09 ± 0.108
- 0.705 ± 0.062 0.02 ± 0.109
- 0.50 ± 0.092 — 0.23 + 0.104
- 0.54 ± 0.087 0.20 ± 0.105
- 0.335 ± 0.109 0.64 ± 0.065
- 0.32 ± 0.110 0.74 ± 0.049
- 0.725 ± 0.058 0.245 ± 0.103
- 0.23 ± 0.117 0.17 ± 0.106
- 0.49 + 0.093 0.22 + 0.104
- TRAIT
- apprécié
- ECOLE
- CLASSE
- 1. Intelligence.
- 2. Gaîté.........
- 3. Courage.
- 4. Bonté...........
- 5. Sincérité.......
- 6. Honnêteté.......
- 7. Modestie........
- 8. Sympathie. . . .
- 9. Car. expansif..
- 10. Calme...........
- 11. Cap. de direction.
- 12. Force physiquè.
- 13. Persévérance. .
- 14. Sensibilité. . . .
- 15. Car. affectueux
- ECOLE S (Filles)
- C. M. 1
- 39
- 0.90 0.65 0.81 0.80 0.67 0.78 0.64 0.82 0.68 0.58 0.535 0.395 0.68 0.66 0.75
- ± 0.097 ± 0.070 ± 0.087 ± 0.086 + 0.0/3 ± 0.085 ± 0.069 ± 0.088 + 0.0/3 ± 0.062 ± 0.058 ± 0.043 + 0.074 ± 0.071 + 0.081
- C. M. 2
- 34
- 0.845 0.550 0.66 0.30 0.64 0.51 0.52 0.69 0.32 0.40 0.69 0.63 0.68 0.62 0.545
- '+ 0.033
- 0.081 0.066 0.105
- + 0.069
- 0.086 0.084 0.061 0.104 0.097 0.060 0.069 0.063 ± 0.071 + 0.081
- ÉCOLE P (Garçons)
- C. M. 1
- 0.85
- 0.35
- 0.47
- 0.72
- 0.45
- 0.61
- 0.46
- 0.29
- 0.10
- 0.10
- 0.45
- 0.42
- 0.20
- 0.37
- 0.23
- 32
- ± 0.033 ± 0.105 ± 0.093 ± 0.058 ± 0.095 ± 0.075 + 0.094 ± 0.109 ± 0.118 ± 0.118 ± 0.095 ± 0.098 ± 0.114 ± 0.103 + 0.113
- C. M. 2
- 27
- 0.82 0.43 0.58 0.59 0.27 0.48 0.20 0.25 — 0.05 0.48 0.66 0.87 0.38 0.61 0.32
- ± 0.042 ± 0.105 ± 0.086 ± 0.087 ± 0.122 ± 0.102 ± 0.127 ± 0.121 ± 0.129 ± 0.100 ± 0.074 ± 0.031 ± 0.111 ± 0.081 + 0.116
- 05
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- respectivement) ; enfin, le calme, la modestie et le caractère expansif sont appréciés avec le moins d’unanimité (moyenne : 0,38 ; 0,38 et 0,22 respectivement).
- Il ressort de ces données que les jugements d’enfants portés sur les camarades de la classe correspondent en général à une opinion établie dans la classe. Reste à savoir dans quelle mesure cette opinion repose sur des faits réels, ce qui revient à poser la question de la valeur diagnostique de la méthode. Un essai de contrôle partiel a pu être effectué pour l’appréciation de l’intelligence, dans les deux classes de l’école M., où le test analytique d’intelligence de M. et Mme Pié-ron a fourni avec les notes attribuées par les enfants des corrélations de 0,49 ± 0.007 dans une classe, de 0,375 + 0,110 dans l’autre.
- Un autre essai de contrôle a porté sur l'appréciation de la modestie pour laquelle un indice plus objectif a été tiré du questionnaire lui-même, par la-comparaison entre les notes que l’enfant s'était-attribué lui-même et la note moyenne qui lui fut attribuée par ses camarades, pour les traits dont le caractère élogieux semble le mieux compris des enfants : intelligence, courage, bonté, sincérité, honnêteté, modestie, sympathie, caractère affectueux.
- Tableau II
- Corrélai ions entre les indices de .modestie et les notes
- d e modestie attribuées ; par le groupe
- r ± EPr N (1)
- Ecole S. CM 1 0.68 ± 0.060 36 (1)
- Ecole S. CM2 0.40 ± 0.10. 32 (1)
- Ecole P. CM1 0.46 ± 0.094 32
- Ecole P. CM2 0.29 ± 0.119 27
- Ecole M. CM1 0.66 + 0.070 38
- Ecole M. CM2 0.50 i 0.082 30
- Moyenne : 0.50.
- ' tableau Il fournit les résulta! Ls de celle comparais»
- le coefficient moyen est égal à 0,50, ce qui peut êlre considéré comme assez satisfaisant.
- (1) Le nombre de sujets est ici inférieur à celui indiqué nu tab^-au I. quelques sujets s’étant abstenus de juger eux-mêmes.
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- Nous nous contenterons pour le moment de signaler ces quelques résultats sans entrer dans une étude plus approfondie des questions que soulèvent nos expériences. Le choix de traits à apprécier pourrait et devrait même être quelque peu modifié et surtout restreint, ce qui permettrait d’augmenter par contre le nombre de sujets par groupe. La méthode semble en tout cas fournir des résultats utilisables et les observations des camarades de l’enfant peuvent constituer, pour l’orienteur, un élément d’information de valeur appréciable.
- Sélection psychotechnique dans l’industrie textile1
- L’industrie textile est une de celles dans laquelle la technique des tests a fait le plus de progrès. Cela ne veut pas dire que les épreuves psychotechniques y soient nécessairement très compliquées et très coûteuses. Bien au contraire, on peut obtenir de forts bons résultats pratiques à peu de frais et en se servant d’accessoires très simples. Une nouvelle preuve en a été faite récemment par M. Edmond Landauer, le vice-président du Comité international de l’organisation scientifique, dans l’une des nombreuses entreprises textiles auxquelles il est intéressé. M. Landauer lui-même décrit en détail les procédés appliqués dans ces usines, dans un essai intitulé « Comment j’embauche mon personnel d’après ses aptitudes ».
- Le lest le plus intéressant auquel doivent se soumettre les candidates au travail de tisserand est l’exécution de nœuds simples. L’on présente aux candidates une planchette en bois ou en carton fort, percée, sur deux rangs, de dix paires de trous ; dans chaque paire de trous, on passe les deux extrémités d’un ruban de coton. Il s’agit de nouer solidement ces dix rubans au moyen d’un nœud ordinaire en travaillant le plus proprement et le plus rapidement possible. Le temps standard pour une ouvrière moyenne est de une minute 70 centièmes par planchette. La principale qualité du test n’est cependant pas la rapidité d’exécution, mais la qualité du travail, soit la solidité des nœuds, leur régularité et leur similitude et, d’une manière générale, l’attitude de l’ouvrière au travail. Ce test a donné, jusqu’ici, d’excellents résultats.
- Les autres épreuves auxquelles sont soumises les candidates
- (1) Bulletin de l’Institut international d’organisation scientifique du travail. VolM, n° 12, page 204.
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- sont pour la plupart connues. Nous nous bornerons à signaler un lest du toucher, plus particulièrement du sens de l’épaisseur, des petits échevaux composés de fils d’épaisseur différente en constituent le matériel. Les mêmes échevaux teints en diverses couleurs et certains de nuances très rapprochées, servent à déterminer si la candidate sait bien distinguer les couleurs. D’autres lests portent sur l’intellignece générale, l’esprit d’observation, la sûreté de la main. Un test original, croyons-nous, c’est celui qui porte sur l’observation auditive. Ce lest est d’ailleurs encore en préparation. Il s’agit de déceler l’aptitude à discerner dans un ensemble de bruits normaux un bruit anormal. M. Landauer compte l’exécuter en faisant abimer une plaque de phonographe musical dans laquelle on introduira de place en place des bruits insolites, faibles et for1.£. Celle épreuve a une grande importance, car les arrêts de machiné doivent fréquemment être dépistés à l’ouïe.
- Les lests, on le voit, sont très simples. Il en est de même pour les normes d'appréciation : point de chiffres, une simple notation de degrés « médiocre » ou « faible », « courante » ou « normale », « très bonne ». Ces procédés et ce mode d’interprétation ne suffiraient peut-être pas pour les essais de laboratoires qui visent a déterminer la validité ou la permanence de tests mais ils peuvent — l\L Landauer en a eu la preuve — rendre de très grands services à l’usine.
- NOTES ET DOCUMENTS
- Nouvelles données sur le test d’intelligence supérieure
- VI. Max Bonnafous, professeur à la Faculté des Lettres de Bordeaux a bien voulu appliquer à des groupes d’étudiants de l’Université de Bordeaux le test, pour les hauts niveaux d’intelligence publié dans le Bulletin de l’I.N.O.P. (janvier i982, p. 1), ce qui fournit un utile complément à l’étalonnage de ce lest. Voici, dans les limites accordées d’un temps de 60 minutes, les résultats obtenus avec un groupe de 15 étudiants de la Faculté des lettres (10 jeunes filles et 5 jeunes gens), et un autre de 4 étudiants de la Faculté de droit, le maximum étant de 20 points (10, 5 et 5 pour les trois questions).
- Questions Temps
- Nombre 1 2 3 Total moyen Extrêmes
- I 15 7,6 3,6 2,3 13,5 52’ 30’ —60’
- 11 4 6,5 1,1 0 7,6 57’ 52’ — 60’
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- Le premier groupe se classe comme celui des élèves de la Faculté des lettres de Strasbourg dans les données publiées déjà.
- Avec la première question, 5 sujets ont obtenu le maximum (tous dans le groupe l), laucun n’a complètement échoue ; avec la deuxième question, 9 sujets ont latteint le maximum (tous dans le groupe I) et 4 ont complètement échoué (3 du groupe 1, 1 du groupe II). Enfin, la troisième question, relevant du tout ou rien, a été résolue par 7 sujets sur 15 du groupe I, par aucun du groupe II. Au total les valeurs extrêmes ont été de 5 et 20 dans le groupe I ; 5,5 et 9,5 dans le groupe II. Un-étudiant en sciences a obtenu le maximum pour le test entier (temps utilisé de 55’) et un étudiant américain en lettres a eu le maximum pour les deux premières questions, mais a échoué pour la troisième (dans le temps limite de GO’).
- Ces résultats sont de nature à confirmer l’insuffisance du test qui ne comporte pas une échelle suffisante de graduations, tout en étant de nature à fournir déjà quelques indications. p
- *
- * *
- Attrait physique et appréciation intellectuelle
- Dans quelle mesure un physique agréable, surtout au cours d’appréciations d’un sexe à l’autre, favorise-t-il une appréciation trop indulgente des capacités intellectuelles ?
- C’est là une question qui intéresse la docimologie.
- Un court résumé d’une communication d’ANN\ M. Monn à la New-York Brandi of tbe American Psychological Association en 1932 (Psychological Bulletin, XXIX, 8, p. 564) donne quelques indications intéressantes, mais encore très partielles.
- L’auteur a fait juger 25 étudiants et 25 étudiantes, au point de vue de l’attrait physique, a fait mesurer leur beauté par 12 juges masculins et 12 juges féminins qui ne les avaient pas connus jusque là. D’autre part des tests d’intelligence ont été employés chez ces 50 étudiants, et Anna Mohr a établi la corrélation de la beauté physique avec la réussite scolaire ; cette corrélation a été de + 0,29 pour les étudiantes ; -l- 0,30 pour les étudiants. Comme la corrélation avec les tests d’intelligence est du même ordre de grandeur (0,34 et 0,23), et que les tests fournissent une apprécia-lion objective non influencée, il en résulte que l’attrait physique n'influence pas l’estimation du succès scolaire, mais, ce qui est assez curieux, qu’il y a entre la supériorité mentale et la supériorité esthétique une parenté non négligeable !
- Entre épreuves d’intelligence et réussite scolaire la .corrélation a atteint les valeurs habituelles (0,56 et 0,51).
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- Notons en passant, que la variabilité du jugement est plus grande chez les garçons quand ils jugent les garçons et chez les filles quand elles jugent les filles, que quand les garçons jugent les filles et les filles les garçons.
- Mais il l'esterait à savoir l'influence exercée — compte tenu de la corrélation réelle qui apparaît ici — par l’attrait physique d’un •sexe à l’autre sur les estimations intellectuelles et les notations
- d’examens. H. P.
- . *
- * *
- L’appréciation du début du vieillissement par l’opacité cristalliniennè
- à l’ultra violet
- Ayant établi, par la vision, en bleu-violet, d’une source lumineuse comme l’arc à vapeur de mercure à travers un filtre convenable, ne laissant passer que les rayons ultra-violets compris entre 280 et 340 millimicrons, Jean Saidman (1) a constaté qu’après un certain âge, cette visibilité, par suite de l’opacité cristallimenne, faisait constamment défaut, ne laissant plus subsister que le brouillard lumineux lavande diffus, dû à la fluorescence du cristallin suscitée par l’absorption des rayons U. V.
- C’est entre 34 et 44 ans que cette visibilité de l’ultra \iolet commence à disparaître. En effet, sur 102 sujets, aucun n’avait la vision de la source entre 43 et 73 ans, alors que tous ceux qui étaient âgés de moins de 33 ans l’avaient, et que, entre 34 et 43 ans, certains voyaient des deux yeux, d’autres d’un seul œil, et quelques-uns d’aucun des yeux. 11 y aurait donc un signe de vieillissement plus ou moins précoce fourni par ces débuts d’opacité, signe qu'il serait intéressant de confronter avec la sclérose cristal-linienne réduisant l’amplitude du pouvoir d’accomodation, avec la presbytie naissante. H. P.
- *
- * *
- Les chiffres normaux de la tension artérielle
- Dans une étude publiée sous ce titre par la Presse Médicale (15 avril 1933), les docteurs Chazal et Deguy, au laboratoire de recherches médico-physiologiques de l’aéronautique militaire, relèvent les chiffres de tension (maxima, moyenne et minimaj établis sur 30 boursiers de pilotage non sélectionnés (de 17 | à 19 ans) et 30 candidats élèves d’écoles spéciales (de 20 à 24 ans), et comparent leurs données à celles du Dr Bevne sur 100 candidats â l’aéronautique (de 18 à 26 ans).
- (1) Sur ta visibilité de l’ultra violet jusqu’à longueur d’onde 3110. Comptes rendus de l'Académie des Sciences, T. 196, 1933, p. 1537.
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- Voici les fréquences obtenues pour les tensions dans ces groupes 1, II et III :
- Tension maxima
- Tension (cm de Mercure) .... 19 18 17 16 15 14 13
- ! Groupe I (30) ... » 3 6 4 9 6 2
- Fréquence j — II (30)... 2 7 fi 6 4 3 2
- ( 1 — III (100). 4 12 29 20 26 9 >)
- Total 6 22 41 30 39 18 4
- Tension moyenne
- Tension 12 11 10 9
- 7 Groupe I 14 13 3
- Fréquence — II 17 12 1
- 1 - III 5 41 51 3
- Total 5 72 76 7
- Tension minima
- Tension 9 8 7 6
- ( Groupe I 4 11 14 1
- Fréquence < — II 2 17 8 3
- ( — III 9 36 49 6
- Total .. 15 64 71 10
- Ainsi cet appareil de Piachon, à brassard antibrachial unique de
- 8 cm. de large, le sujet étant assis, avec ; avant-bras hor îzontal au
- niveau du cœur, la tension normale oscille de 14 à 18 cm. pour la
- maxirna, de 7 à 8 pour la mini ma, de 10 à 11 pour la moyenne, qui est le moins variable, chez les sujets d’une vingtaine d’années.
- Pour les individus plus âgés, on trouve, mais avec une méthode différente de mesure (procédé auscultaioire de Korolkow), les chiffres des tensions fournis par l\ u mu.nœs (Zeitschrift fiir Kreis-lauf-forschung, XXV, 2, 15 janvier 1933) d'après des mesures portant sur 1527 sujets avant un poids normal par rapport à leur taille, et n’ayant pas eu d’atteintes rénales ni valvulaires. Chez les normaux, la pression maxima serait en moyenne de 12,3 cm. entre 50 et 55 ans, de 12,5 entre 56 et 60, de 13,0 entre 61 et 65, enfin de 14,1 entre 66 et 70, pour l’homme, et aussi, à 1 ou 2 millimètres près (en moins) chez la femme. La minima est un peu moins variable, atteignant en moyenne pour les quatre groupes, respëc-livement, 6,0, 7,1, 7,1 al 7,9 cm. de mercure. Il est certain que la
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- méthode de mesure de Ivache!ries ne peut être mise sur le même plan que celle qui est fondée sur l’oscillomètre de Puchon, les chiffres de la maxima paraissant fiaibles.
- En ce qui concerne la tension moyenne, d’après une communication de Laubry, Behrens et Van Bogaert à la Société de Biologie (20 mai 1933), elle pourrait être fixée entre 7,5 et 9,5 cm. (ou 10) chez les normaux (ayant une minima de 7 et une maxima de 14), avec une très légère élévation avec l’àge.
- Mais les cliniciens donnent bien rarement des courbes de fréquence qui font le mérite du travail de Chazal et Deguy. H. P.
- ' *
- * *
- Effets physiologiques des grandes vitesses
- Avec l’avion, dont la vitesse s’accroît toujours, l’homme est soumis à des déplacements dont la rapidité ne pouvait même être autrefois soupçonnée. Or, si la vitesse uniforme n’exerce pas elle-même d’action physiologique, les variations, les accélérations positives et négatives entraînent des effets qui peuvent devenir extrêmement violents, et qui expliquent les impotences, les malaises, les évanouissements, rencontrés parfois chez les aviateurs, et qui ont entraîné déjà bien des accidents mortels.
- Il semble que le brassage des viscères dont les tiraillements transmis aux plexus nerveux suscitent des réactions vasculaires réflexes, avec manifestations d’éblouissements et de vertiges, est l’effet le plus dangereux de ces variations brusques.
- Une étude de A.-U. Elnmme (1) fixe à environ quatre fois la valeur de la constante g de gravitation la limite extrême de ce que peut supporter l’organisme humain (ce qui correspond à un virage sur 200 mètres à 450 km. à l’heure, sur 39 mètres à 200 km. à l’heure). La valeur serait atteinte (choc de 280 kg.) si on passait instantanément d’une vitesse de 100 à une vitesse de 99,6 mètres par seconde.
- En fait, il y a des différences individuelles notables dans la susceptibilité aux variations brusques de vitesse, et il serait nécessaire, pour les candidats au pilotage, d’examiner la sensibilité gastro-intestinale au moyen d’épreuves permettant de prévoir l’effet réflexogène des accélérations.
- 11 y a là un point qui est resté jusqu’à présent assez négligé. P.
- (1) Influence et limites physiologiques de la vitesse et de ses dérivés. Archives de médecine el de pharmacie militaires, XCV, 1931, p. 283-302,
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- * *
- La fréquence de la myopie
- L’examen de 11.251 recrues, en Suisse, a montré une fréquence de 6 °/o de la myopie (672 cas, dont 37 à myopie élevée, supérieure à 0 dioptries). Rohner (!), qui a obtenu ces données, remarque que ce sont les classes élevées qui sont les plus atteintes (24 °/0 de myopie chez les étudiants, 12,8 0/o chez les commerçants et employés de bureau, 8,6 % chez les techniciens et dessinateurs). Chez les paysans, la myopie est très rare (1,2 °/„).
- Cela tend à confirmer une action, dans le jeune âge, de la vision proche. -v
- Mais il paraît nécessaire de distinguer cette myopie acquise, se développant surtout aux environs de la puberté, chez les écoliers, et qui reste modérée, d’une myopie généralement grave, myopie axiale accompagnée d’astigmatisme, plus fréquente chez les garçons, et d’origine héréditaire, cette dernière s’accompagnant souvent d’altérations maculaires avec diminution nette d’acuité visuelle, d’après les observations de Brügknkr et Franceschetti (1).
- H. P.
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- * *
- Croissance et déclin des capacités intellectuelles
- Une étude de II. E. Jones et H. S. Conrad (1) subventionnée pae l’Université Columbia, a consisté à faire exécuter le test d’intel ligence Alpha de l’armée américaine à 1.191 personnes dans 19 villages du Vermont, du Massachussett et du New-Hampslure, entre
- 10 et 60 ans. Le fait de l’augmentation du rendement avec l’âge, au cours du développement mental, est bien connu, et les données apportées à cet égard n’ont rien de très neuf, avec constatation cependant d’un progrès jusque vers la vingtième année, plus tardivement qu'on ne l’a souvent admis.
- Mais que se passe-t-il une fois achevé le développement ?
- Les données recueillies dans ce milieu rural ont indiqué un déclin immédiat, à peu près linéaire, de 20 à 60 ans, assez lent, par rapport au développement, pour que le niveau de 14 ans ne soit atteint dans la régression que vers 55 ans.
- Toutefois le déclin est très inégal suivant les épreuves du test :
- 11 esi nul pour les données de connaissances générales et pour la
- (1) Schweizerische medizinische Wochenschrift, LU, 1932, n° 31.
- (2) Archiv für Augenheilkunde, CV, 1, 1931, p. 1.
- (3) The gasthand Déclineg Intelligence. Genetic Psijchotogi/ Monographs, XIII, 3, 1933, p. 225-298.
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- recherche des contraires, il est très accentué pour les analogies e! pour les séries numériques à compléter.
- Les différences de sexes se sont montrées négligeables, mais des différences régionales importantes ont été notées, les individus vivant isolés assez loin de toute agglomération se montrant nettement inférieurs. H. P.
- *
- * *
- Athlétisme et fréquence du pouls
- D’une étude de Cotton (1) poursuivie sur d’assez nombreux athlètes, il ressort que la capacité athlétique va de pair avec une moindre fréquence des battements cardiaques. Voici, par exemple, chez 80 femmes et 181 hommes la fréquence basale du pouls (dans les conditions de relâchement complet).
- Athlètes Athlètes Athlètes
- inférieurs moyens su périeurs
- Femmes 61,9 61,7 59,5
- Hommes 00 G3 57
- Chez les athlètes olympiques étudiés par lloogewerl la fréquence basale s’abaisse à 50, et chez 8 nageurs olympiques à 47.
- P.
- *
- * *
- Quelques données intéressant l’O. P. d’après les analyses de l’année psychologique
- Andrée Courthiae. — Emolional différences of delinquent and no n-delinq lient g iris of normal intelligence (Différences d'ordre émotif entre des jeunes filles délinquantes et non délinquantes d’intelligence normale). — Ar. of Ps., XX, n° 133, 1931, 102 p.
- Des recherches antérieures ayant révélé des différences de constitution émotive entre les jeunes filles délinquantes el les non délinquantes, une enquête a été faite sur les causes de ces différences et sur la possibilité d’étudier les tendances au délit par l'emploi de batteries de tests. Les observations ont, été recueillies sur deux groupe de jeunes filles (78 délinquantes et 78 non délinquantes'), égalisés au point de vue de l’âge chronologique, de I intelligence (mesurée par les tests Otis) et du milieu social (apprécié par les lests Burdick, test d’aperception et questionnaire sur les occupa-
- it) The relation of athletic status to the puise rake in men and women. Journal of Ptujsiologij, LXXYT, 1932, p. 39-51,
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- lion du père), au moyen des tests d’émotivité et de caractère suivants :
- 1° 'l’est X-0 de Pressey, forme juvénile, mesurant l’émotivité ;
- 2° Test Woodworth Matthews, pour la recherche des tendances névropathiques (crainte, rêves, mauvaises habitudes) ;
- 3° Tests May et Hartshorne, de connaissances morales;
- 4° Test de tricherie ;
- 5° Test de suggestibilité Margaret Otis ;
- 6° Test de persévérance May et Hartshorne ;;
- 7° Questionnaire sur les récréations, l’emploi des loisirs.
- D'après les résultats obtenus, les deux groupes possèdent un même degré de connaissances morales, les délinquants sont rarement plus névropathes que les autres ; elles résistent mieux à la suggestion et montrent plus de persévérance ; elles trichent davantage, déclarent intéressantes beaucoup plus de choses et blâmables beaucoup moins. Plus indépendantes dans leur jugement, plus méfiantes, indisciplinées (ces derniers jugements sont basés non sur les résultats dans les .tests, mais d’après les observations gêné raies de l’auteur), elles manifestent des goûts différents dans l’occupation de leurs loisirs, qu’elles préfèrent, passer au dehors. D’une façon générale, elles montrent une forte individualité, jointe à une instabilité émotive et des tendances aux réactions morbides. Ceci, concorderait avec l’observation souvent faite que le délinquant est un égocentrique (pii ignore les exigences sociales pour obéir à ses propres impulsions, d’où le conflit qui peut être la cause de cette instabilité.
- I ne mesure de la « délinquance » (delinquency seorej) a été établie, en considérant comme caractéristiques de la tendance au délit, les résultats nettement inférieurs ou supérieurs au médian des résultats du groupe des jeunes filles non délinquantes. D’après celée convention, 11 délinquantes seulement auraient été placées dans l’autre groupe. Mais la valeur diagnostique de ces tests, expé rimentés dans des conditions très déterminées, ne s’étend qu’à des sujets comparables au point de vue intellectuel, social et chronologique. J. M.
- V. M. Austin. — An analysis of lhe motives of adolescents for the choice of the tmching profession (Analyse des motifs des adolescents pour le choix de la carrière de T'enseignements. — Br. J. of Ed. Ps., I, 1931, p. 87-103.
- Parmi 1.105 élèves d’écoles secondaires (557 garçons, 548 filles) interrogés sur leur profession future, 285 déclarent choisir l’enseignement ; la proportion de filles (42 °/<>) étant d’ailleurs beaucoup
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- plus élevée que celle de garçons (10 °/0). Un très petit nombre de ces jeunes gens donnent de leur détermination un motif valable, une raison sérieuse. La plupart se sont décidés sous l’influence de leur famille, de leurs maîtres ou de leurs amis et cette influnce est loin de s’exercer toujours judicieusement. De façon générale, on constate une tendance à la stabilisation, un goût pour le passé, peu d ambition. Dans l’ensemble, se manifeste une ignorance profonde des conditions des carrières. Bien plus, les étudiants ne paraissent faire aucun effort pour s’assurer que la profession choisie est vraiment. celle qui leur convient le mieux et leur offre les plus sérieuses garanties de succès et de bonheur.
- F. S. Endicott. — Factors influeneing high school sludents in the choice of a vocation (J,es facteurs qui influent sur le choix dhine carrière chez les étudiants des grandes écoles). — V.G.M.. X, 3, 1931, p. 99-101.
- L’A. expose à l’aide de tableaux statistiques le résultat d’une enquête faite à l’Ecole supérieure de Eveleth (Minnesota).
- On constate que 74 "/<> des étudiants et 90 °/„ des étudiantes avaient déjà fixé leur choix. Les jeunes filles sont beaucoup influencées par les suggestions des parents, les étudiants, au contraire, choisissent d’après les résultats obtenus par une personne qui a réussi. Leurs lectures ont plus d’importance que pour les étudiantes. L’in fluence de 1 école, bien que plus forte pour les étudiantes, reste faible. L’influence des maîtres ou des autres étudiants semble très minime ; sans doute parce que les maîtres ont peu de rapport avec leurs élèves.
- Cette statistique est d’un très gros intérêt pour le conseiller d'O. P:, il faudrait l’étendre à un grand nombre d’écoles.
- _________ L. B.
- G. Vidoni et T. Tamiujrini. — Conlributto alVattività pratica delV orientamenf.o professionale (Contribution à l’activité pratique de VO. P.). — Hiv. di Ps., XXVII, 2, 1931, p. 84-89.
- Exposé et tableaux comparatifs des résultats de classement des élèves d une école professionnelle d’après les examens psychotechniques et le jugement porté par les chefs d’ateliers au début et
- la fin de l’apprentissage. Dans 17.cas — sur 65 — les avis étaient partiellement! discordants; trois étaient influencés par des facteurs d’ordre psychologique. Les facteurs du succès pour les tourneurs sont : vision et audition excellentes, bonne appréciation des dislances, bonne attention. Pour les ajusteurs : finesse de discernement tactile, habileté motrice, sens des proportions, bonne atlen-
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- tion. Les résultats positifs des examens psychotechniques vont en diminuant au fur et à mesure que baisse la valeur professionnelle des sujets. Pour le sens des proportions des ajusteurs par exemple, les résultats positifs sont de 100 °/0 chez les très bons ouvriers, de 81 °/„ chez les bons et 50 °/0 chez les médiocres. Pour l’attention, ces chiffres sont respectivement : 100 °/0, 72,7 °/0 et 0 °l„ ; pour la sensibilité tactile : 100 %, 73,91 °/0 et 65 °/„ ; pour l’habileté motrice : 88,33 °/„, 73,91 •/„ 'et 50 °/0. S. H.
- Jeanette Regensburg. — Studies of educational succ\ess and fai lure in supernormal children (Etudes sutr le succès et l’insuccès de l’éducation chez des enfants surnormaux). — Ar. of Ps., XX, n° 129, 1931, 150 p.
- L’A. qui distingue trois catégories de facteurs : intellectuels, physiques et sociaux, étudie d’abord ces derniers. D’enquêtes déli cates, elle tire de nombreuses et intéressantes remarques sur les rapports entre parents, entre enfants, de parents à enfants. Puis deux enfants surnormaux sont pris comme exemple et leur cas est rapporté en détail.
- Les surnormaux étudiés sont divisés en deux groupes : 20 élèves qui travaillent avec succès et 30 dont le rendement scolaire ne correspond pas à l’intelligence. A cause du petit nombre de sujets, la plupart des résultats ne sont pas significatifs. En général, les bons élèves, d’âge moyen 9 ans, souvent d’origine étrangère (juifs, slaves, etc.), aiment l’école, sont persévérants, très sociables, querelleurs, inférieurs dans les /tests moteurs. Les mauvais élèves, d’âge moyen, Il ans, n’aiment pas l’école, furent précoces (dents et premiers pas>), sont, insociables, sensibles, ont souvent des troubles endocriniens (53 % contre 35 °/« chez les bons élèves). Beaucoup de facteurs étudiés : fortune des parents, intelligence, religion, oppositions de religions, etc., ont peu différencié les deux, groupes.
- Observés et conseillés pendant plus d’un an, les deux groupes d’enfants ont montré une conduite et un travail meilleurs, mais alors que l’amélioration est nette pour les trois-quarts des bons élèves elle ne porte que sur la demie des mauvais.
- En général, il est fâcheux que la précocité d’un élève le place parmi des camarades qui le dominent sous beaucoup de rapports. Quant aux parents, souvent réfractaires aux efforts du bureau, leur surveillance protectrice rend l’enfant, passif, solitaire, porté aux plaisirs faciles (caractères du 2e groupe). Quelques exemples montrent combien la séparation des parents serait préférable aux incompatibilités ouvertes. G. D,
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- K. Hofmarksrichter. — Visuelle kompensaiion und eidelik bei taubstummen. Vergleichen.de untersuchungen an taubstummen und vollsinnigen (Compensation visuielle et fonction eidétique chez les sours-muets. E\tude comparative des sours-mu&ls et des normaux). — A. f. ges. Ps., LXXXII, 3-4, 1931, p. 329-402.
- L’étude de la mémoire visuelle chez des enfants sourds-muets et des enfants normaux, a montré un meilleur développement de cette fonction chez les premiers. Les sourds-muets ont donné non seulement un dessin plus détaillé 'de l’objet qui leur avait été présenté, se sont rappelé un nombre plus grand de signes et de chiffres exposés, mais leur rendement ne paraît pas être en rapport avec la durée de l’exposition, comme cela s’observe chez les normaux, et la reproduction a été chez eux parfois meilleure après un intervalle, qu’immédiatemcnt après l’exposition.
- En étudiant les fonctions eidétiques chez ces deux groupes de sujets on a pu voir une légère prédominance des eidétiques parmi les sourds-muets. Le meilleur rendement de la mémoire visuelle de ces derniers ne peut pourtant être mis uniquement sur le compte de la fonction eidétique. La comparaison attentive des résultats montre que la relation entre la mémoire visuelle et les fonctions eidétiques n’est pas simple. La mémorisation du matériel privé de sens logique se fait moins bien par les sujets eidétiques, ces derniers ne donnent de bons résultats que dans les cas où le contenu à mémoriser trouve une certaine résonance dans leur psychisme. D’autre part, dans certains cas les meilleurs résultats ont été obtenus par des personnes non eidétiques.
- L’auîeur conclut donc que les dispositions eidétiques ne sont pas les agents primordiaux qui déterminent le meilleur rendement de la mémoire visuelle des sourds-muets. I.e développement de cette fonction serait un phénomène de compensation, un effet de l’entraînement. Les fonctions eidétiques joueraient un rôle secondaire, il est possible que leur développement soit influencé par l’entraînement, vue la fréquence légèrement plus élevée des sujets eidétiques parmi les sourds-muets. Le développement des fonctions eidétiques serait en rapport avec la prédominance de la pensée concrète qui s’observe chez les sourds-muets.
- L’auteur fait remarquer que les données obtenues par cette étude pourraient être utilisées avec profit dans l’éducation et dans l’enseignement des sourds-muets. Il souligne en conclusion, que les sourds-muets ne doivent pas être considérés simplement comme des personnes normales privées de l’ouïe, mais qu’ils constituent un groupe psychologique spécial, qui se différencie par des caractères nombreux des sujets normaux, B. N.
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- O. Klineberg. — A Study of psycliological différences bejween « racial » and national groups in Europe (Etude des différences psychologiques entre groupes « raciaux » et nationaux en Europe). — Ar. of Ps., XX, n° 132, 1931, 58 p.
- L’A. rappelle les résultats déjà obtenus en Amérique : supériorité des Européens nordiques, infériorité des méridionaux ; mais ces immigrants représentent-ils bien leur pays d’origine ? K. est venu travailler sur place, et on regrettera qu'il n'ait pu prolonger son enquête.
- Trois races furent distinguées : nordique (blonds, grands, dolichocéphales), alpine (taille moyenne, brachycéphales) efc méditerranéenne (bruns, petits, dolichocéphales). Les localités, choisies d’après les cartes anthropologiques de llipley furent, en France . Flandre, Auvergne, Pyrénées-Orientales ; en Allemagne : Hanovre, Forêt-Noire ; en Italie : Piémont, Sicile. Dans chacune, 100 enfants des deux sexes, de 10 à 12 ans, présentant les caractéristiques très nettes de leur race, furent testés, ainsi que trois autres groupes de 100, à Hambourg, Paris et Rome.
- Disons tout de suite que l’A., dont le travail consciencieux est exposé très clairement, juge « difficile, sinon impossible » d’interpréter les résultats. Six tests manuels de la série de Pintner-Pater-son ont été appliqués. Les enfants des villes se sont montrés nettement supérieurs. Les Nordiques allemands eï les Méditerranéens français dépassent de beaucoup les Français et les Italiens des mêmes races respectives, de sorte que le concept de race ne peut expliquer les résultats. Ceux-ci semblent grandement influencés par deux très mauvais groupes : Flamands et Siciliens (d’où la supériorité de la naîion allemande). Les trois races, dans l’ensemble, se classent du Nord au Sud, conformément à des données antérieures ; cependant, la France présente l’ordre inverse. Un exposé des conditions économiques et historiques des contrées indique un parallélisme probable avec ces résultats.
- D’autres teste, de vitesse et précision, ont donné aussi des différences. Cette fois, les races se classent du Sud au Nord, mais à cause de la France seule. Quelques sujets, 20 à 30 par groupe, ont fait un test d’imagination (nombre de choses vues dans une tache complexe) : les mations se classent nettement du Sud au Nord. Enfin, si on rassemble tous les cas où un enfant déclare ne pouvoir exécuter un test, on en compte 11,7 % 'dans les villes et 6,4 °/« dans les campagnes.
- G. D.
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- V. Neubauer. -— Zur Eniwicklung der dekorativen Zeichnung (Contribution à l’étude de l’évolution du dessin ornemental). — Z. fürang. Ps., XXXIX, 4-5, 1931, p. 273-325.
- L’auteur a réuni les dessins exécutés par plus de 700 jeunes garçons de 14 à 18 ans, au cours de l’examen psychotechnique à l’Office du Travail à Gralz. La tâche consistait, à l’aide de crayons de couleurs, à décorer une boîte à thé dont le contour était tracé en perspective.
- L’A. a classé les dessins recueillis de1 la manière suivante :
- • Groupe I : Les côtés sont simplement recouverts d’une couleur, et parfois même une seule couleur a servi pour toutes les surfaces
- Groupe II a : un dessin (objet ou figure géométrique) est incrusté dans la surface colorée. Aucune relation entre la forme du dessin et la forme des surfaces à décorer.
- Groupe II b : la décoration est faite de lignes ou de figures donl le mouvement général suit les crêtés de la boîte, s’adapte à la forme de l’objet à décorer.
- Les dessins des groupes III a cl III b constituent un-progrès sm ceux des groupes II a et II b lout en étant caractérisés par les mêmes signes distinctifs.
- Dans les groupes IV et V, la coloration du fond disparaît ; tout l’effort porte sur le dessin qui, dans le groupe IV s’adapte davantage aux contours de la boîte que ne le font les dessins de IV a. Dans le groupe V, on classe des dessins qui constituent de bonnes réussites pour les élèves d’écoles primaires.
- D’après ce classement, un progrès avec l’âge est mis en évidence, les dessins du groupe 1, étant les plus fréquents entre 13 et 14 ans et demi, ceux des groupes II de 13 | à 15 ans ; ceux du groupe III entre 14 et 15 ans | ; ceux du groupe IV entre 14 et 16 ans. Quant aux subdivisions a et h, elles se répartissent d’une façon à peu près uniforme à l’intérieur d’un âge et semblent, indiquer deux types caractéristiques, le subjectif et l’objectif.
- Cette évolution du dessin décoratif chez l’enfant est mise en parallèle avec l’évolution de l’art décoratif dans les civilisations antiques et primitives.
- G. Lersmacher. — Strukturpsychologische Erôrterungen über die nrbeits-und berufstypologischen Zusammenhânge (Considérations de psychologie structurelle sur les rapports typologiques
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- dans le travail et la profession). — Z. für ang. Ps., XL, 3-4, 1931, p. 239-276.
- L’A., élève de Jaensch, essaie de rattacher les différences d’attitude dans le travail aux types dégagés par Jaensch à la suite de ses études sur la perception. J. a distingué, on le sait, le type intégré chez qui le souvenir et l’image se confondent dans l’image eidétique et qui se caractérise en général, par une forte interpénétration des fonctions psychiques ; et le type désintégré, chez qui les fonctions sont différenciées les unes des autres.
- Dans ses études ergographiques ayant porté sur une trentaine d’adultes, l’A. essaie de dégager les signes révélateurs de ces types. 11 considère les courbes régulières comme caractéristiques du type désintégré ; les courbes qui accusent des oscillations comme appartenant au type intégré. Quelques courbes de femmes auraient été toutes irrégulières ce qui cadrerait bien avec l’idée d’une plus grande fréquence du type intégré dans le sexe féminin.
- Celui-ci est supposé être plus souple, plus malléable, plus apte à s’adapter. Et une autre recherche de l’A. porte précisément sur l’aptitude à changer, sous l’influence d’une consigne, l’attitude adoptée spontanément. On a appliqué, à une centaine de garçons et autant de filles de 14-16 ans, le tests de traçage de Poppelreuter consistant à promener un dessin à doubles lignes sous la pointe d’un crayon, de manière à suivre fidèlement le contour. La première épreuve est suivie d’une deuxième, dont la consigne est un peu modifiée : on insiste tout particulièrement sur la précision du travail.
- Les résultats ont montré, pour la première épreuve, une répartition des erreurs assez semblable chez les garçons et les filles (modes : 20-22 pour les garçons ; 17-19 pour les filles). Mais dans la deuxième épreuve les garçons ont changé très peu (modes 17-19 erreurs), tandis que les filles se sont davantage adaptées à la consigne spéciale (modes : 8 à 9 erreurs).
- S. Studencki. — Problème de la rapidité et de la précision du
- travail étudié du. point die vue anthropologique (En Polonais).--
- Psychot., V, 2, 1931, p. 1-23.
- Il n'est guère possible, dit S., d’apporter une solution valable à ce problème de tout premier ordre pour la psychotechnique, si l’on ne tient pas compte 'de tous ses facteurs. Aux recherches de Went-cher sur le rythme du travail en rapport avec sa structure, à ceux de Kretschmer, de Enke et de l’école russe sur la constitution soma-
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- tique et le rythme psycho-moteur, il faudrait ajouter une étude (h? corrélation entre les types ethniques et les types de travail.
- Lorsqu’on étudie le travail (rapidité et précision}) de divers groupes de sujets, pris au hasard dans la même population, par des tests différents, on est frappé par la similitude des apports entre les fréquences des mêmes types. Voilà à ce propos les résultats en °l„ obtenus par S. : 1° dans le test de classement de 40 vis (13 modèles) sur 350 sujets de 17 à 20 ans ; 2° par le test de classement de 180 plaquettes métalliques de Blumenfeld (12 modèles) sur 141 sujets, de 16 à 20 ans : soigneux (1) 8,5 (2) 13,5; négligents (1) 24,5 (2) 22,5; habiles (1) 22 (2) 23,5; inhabiles (U) 35 (2) 34,5 ; moyens (1) 5,9 (2) 0. Ne faudrait-il pas voir là une manifestation de la loi de Czekanowski sur les rapports proportionnels des typos anthropologiques dans la même population ? Autrement dit, à chaque type anthropologique ne correspondrait-il pas un type déterminé de travail ? C’est, ce que croit l’A.
- Il a procédé à un examen anthropologique de ses 141 sujets qui a abouti au classement suivant : nordiques 15 °/0, laponoïdes 9 °/v, arménoïdes, 5 % 5 subnordiques, 37 °/0 ; alpins, 3,5 0/o ; occident-nord., 5,5 H/0 ; préslaves, 14,5 % ; dinares, 3,5 °j0 ; littor., 3 °/o, très rapproché de celui des 105 autres jeunes gens, étudiés ailleurs. Chacun de ces groupes, marque la prédominance d’un des types de travail, tout comme dans l’article cité plus haut. Même conformité des résultats (analogues du reste à ceux d’Enke) sur le terrain des rapports entre le travail et les types de constitution somatique.
- Toutes ces interdépendances n’excluent cependant pas, dit l’A,. les influences modificatives d’autres facteurs : éducation, culture, exercice.
- A. R.
- T,. Blaustein. — L'appréciation de soi-même dans l'adolescence (En Polonais). — fvwarî. Ps., II, 1931, p. 370-392.
- D’accord avec Mme Bühler, sur la nécessité d’appuyer l'étude des phases de l’évolution psychologique sur des faits, l’A. tente d’apporter quelques contributions à certaines opinions (Spranger, Adler, Stern, Tumlirz) qui, dans le besoin de s’assigner une place dans l’échelle des valeurs morales, voient un symptôme inhérent à l’adolescence. Il limite son problème à la détermination de la structure du processus de la connaissance de soi-même, mettant de côté, sa genèse et les états affectifs dont, elle s’accompagne.
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- • Une enquête faite auprès de jeunes gens de 16 à 23 ans, élèves des trois dernières années de lycée, a apporté 48 réponses, objet d’une analyse approfondie et dont voici quelques points essentiels • Le problème de sa propre valeur intéresse tous les adolescents (100 °/„) ; il est objet d’une préoccupation fréquente (84 °/„) et porte généralement sur les qualités intellectuelles (87 7»)- L’auto-esti-mation se l'ail sur un fond social par la comparaison avec d’autres individus (87 °/o), généralement avec les personnes des mêmes sexe et âge (70 %), plus rarement avec les adultes et les personnages littéraires. Dans 38 "/„ de cas on fait le jugement indépendamment de toute opinion venant de l’entourage, 77 °/o subissent l’influence des adultes. Ceux qui s'entretiennent à ce sujet avec d’autres personnes sont plus nombreux (54 6/„) qu ceux qui ne le font pas (42 %). L’auto-estimation subit des fluctuations, dues tantôt aux succès e’ aux échecs (45 °jQ), tantôt à une influence de l’opinion d’autrui (28 7o). Une appréciation favorable incite souvent au travail (53 %), un jugement péjoratif stimule plutôt l’effort, qu’il ne décourage. Les rêves d’avenir sont très fréquents (96 °/o) : on s’y attribue dos qualités qu’on sait ne pas posséder.
- L’A. se garde prudemment de généraliser ces résultats basés s ir lin nombre trop restreint de cas. Les confrontant cependant avec les travaux de Ch. Bâiller, Tumlirz, Baley, il constate un accord . il existe chez l’adolescent sans nul doute, un besoin de se connaître, dù peut-être à un égocentrisme, mais accompagné d’un réel souci d objectivité.
- • A ü
- H. P. Davidson. — An experimental study of bright, average ans dùll children at the [our-year mental level (Etude expérimentale d’enfants très intelligents, moyens et inférieurs, ayant 4 ans d’âge mental). — Genet. Ps. Mon., IX, 3-4, 1931, p. 119-289.
- Deux questions ont préoccupé l’auteur : 1° dans quelle mesure est-il possible d’enseigner la lecture à des enfants ayant 4 ans d’âge mental ? 2° Cet enseignement sera-t-il poursuivi avec le même succès sur des sujets de même âge mental, mais représentant des degrés différents d’intelligence ?
- D. s’est adressé à 3 groupes de sujets, le premier, formé d’enfants intelligents (Q. 1. moyen = 128) âgés de 3 ans, le deuxième de sujets moyens (O. 1. = 98,5) âgés de 4 ans, et le troisième, d’enfants inférieurs (O. I. = 77) âgés de 5 ans. Chaque sujet a été soumis, pendant 4 mois et demi, à une leçon journalière de 10 minutes et a pris part à un jeu collectif destiné à renforcer les
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- notions acquises. L’auteur s’est servi de la méthode globale d’enseignement, mais a utilisé en outre un procédé original consistant à faire reconnaître des masses géométriques (massed forms) enfermant exactement des mots, ces mots eux-mêmes ne devant être présentés à l’enfant qu’ultérieurement. Le degré de perfectionnement atteint par les sujets à différents moments a été déterminé par l’application de tests de vocabulaire et d’exercices de lecture standardisés. Ceux-ci ont, tout de suite révélé la grande supériorité des enfants intelligents de 3 ans, se traduisant, entre autres choses, par le fait qu’à la tin des expériences, ceux-ci étaient capables de reconnaître une moyenne de 129, 4 mots, alors que les enfants de i ans n’en ont reconnu que 55,3 et ceux de 5 ans, 40. Les différences individuelles sont très marquées. Un des meilleurs sujets, mi enfant de 3 ans, réexaminé à l’âge de 3 ans 7 mois, lisait aussi
- couramment qu’un enfant de 8 ans. , ^ _
- A. B.-F.
- Le langage el l’intelligence de Venfant de ville, de campagne et de l'enfant sans abri. - Analyse expérimentale sous la rédaction de A. Louria (en russe). — Gosisdat, 1930, 191 p., prix 2 roubles.
- Recueil d’articles sur les réactions verbales des enfants de différents milieux. On ne peut étudier ces réactions qu’en tenant compte du milieu dans lequel vit l’enfant car c’est de là que dépend tout son développement. Le temps de réaction est plus long chez les enfants de la campagne que chez ceux de la ville, mais ce sont les enfants sans abri qui ont le temps de réaction le plus long. Dans chaque groupe d’enfants les réactions aux mots inducteurs se répètent, plus le milieu est pauvre et homogène, plus les réactions se ressemblent. La différence d’âge joue un rôle beaucoup moins grand que la différence du milieu. Le mot « maison » provoque chez les enfants villageois 27 °/„ de réactions différentes et 73 °/0 de réactions analogues, chez les enfants sans abri ce mot provoque 84 de réponses différentes. Une étude approfondie des résultats permet de voir dans quels domaines les enfants de ces trois groupes puisent leurs réactions. Pour les enfants des campagnes le temps de réaction est de 2’20” à un mot connu et de 4,30” à des mots inconnus.
- Les réponses de petits habitants des villes sont beaucoup moins homogènes que celles des enfants habitant les campagnes ; plus l’enfant est âgé, moins d’homogénéité on trouve dans les réponses, car avec l’âge le domaine des connaissances s’élargit. Les mots
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- inducteurs les plus faciles sont ceux qui ont le plus de rapports avec la vie, les plus difficiles ceux qui se rapportent aux notions sociales, abstraites et d’ordre émotionnel. Ce sont les mots les moins connus qui déclenchent le moins de réponses analogues. Quant à l'activité associative des enfants sans abri elle dépend complètement de l’influence du milieu social dans lequel ils se trouvent. Ils ont un développement d’ordre purement pratique, et savent tirer des conclusions logiques chaque fois qu’il s’agit de faits qui ont une signification pratique. Ces enfants restent à un degré primitif du développement. Se trouvant en un conflit continuel avec la société ils ont un comportement de nature antisociale. Il n’y a aucune homogénéité dans leurs réactions lorsqu’il s’agit du milieu familial qui leur est absolument étranger.
- Le recueil contient également des données sur les différences des réactions de l’enfant lorsqu’il est obligé de se servir d’une langue étrangère et de ses réactions en langue maternelle. D. M.
- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE A L’ÉTRANCiER
- Le travail et les aptitudes parlementaires d’après M. Jésus Sanz ( i )
- 1° Le métier au point de vue social
- Ce n’est pas seulement dans le domaine de la diplomatie que les interprètes de langues ont reçu une consacration officielle. Au champ du commerce, et surtout du commerce maritime ; dans l’administration de justice, dans les armées coloniales, etc. ; le rôle de l’interprétation est aussi rempli par des hommes de métier. Terre à terre et exerçant les fonctions d’interprétation de langues dans la catégorie la plus modeste, il y a aussi l’interprète d’hôtel, l’interprète agent de ville. Par contre, la vie moderne, avec le grand développement des relations internationales, a donné naissance à l’interprète que nous appelons parlementaire, et qui représente la catégorie où le métier est poussé au plus haut degré.
- Cette recherche a été portée sur cette dernière catégorie d’interprètes et qui est vraiment la catégorie supérieure dians l’échelle de complexité.
- (1) Jésus Sanz. Anals d'Orienlacio pro(essional Any IV, n* 4, Barcelona.
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- Nombre restreint d'interprètes parlementaires. — Malgré le grand développement des relations internationales, caractéristiques de nos jours, malgré la fréquence des rencontres internationales de toute espèce, il ne faut pas s’imaginer que le champ d’action pour les interprètes parlementaires soit comparable à celui de n’importe quel métier. La preuve en est que le nombre total d’interprètes qui fonctionnent actuellement est un nombre vraiment restreint et de l’avis des personnes renseignées dans la question, une douzaine d’interprètes de plus suffirait pour les besoins du marché.
- Discontinuité du travail. — Une autre caractéristique du métier est la discontinuité dans le travail. Les réunions internationales, en effet, n’ont pas une suite normale, se déroulant d’une manière régulière dans les différentes époques de l’année. Il ne s’agit donc pas d’un travail qu’il faut remplir dans tous les jours de l’année, et par des heures fixées connue dans la plupart des professions. Une grande discontinuité préside, en effet, la célébration des rencontres internationales. A des périodes de travail excessif, où les interprètes sont littéralement sur les dents, succèdent des époques très calmes où ces mêmes interprètes n’ont, pas à fonctionner.
- Insuffisance de la profession au point de vue économique. — Une conséquence de la discontinuité du travail dont il a été question est que la profession d’interprète parlementaire ne procure pas, à elle seule, le gain nécessaire. L’activité d’interprète est exercée seulement pendant certaines époques de l’année et l'individu est obligé d’occuper les intervalles, quelquefois longs, par un travail des fois bien différent que celui de l’interprétation des langues.
- Durée du travail. — Atmosphère. Au premier moment, on pourrait croire que le caractère circonstanciel du travail des interprètes parlementaires n’a aucun avantage. Mais il n’en est pas ainsi. S’il n’y a pas occasion d’exercer le travail d’interprétation d’une*ma-nière régulière, pendant toutes les époques de l’année, par contre, le moment venu, l’individu est obligé à un travail vraiment extraordinaire. Quelquefois on travaille non seulement le matin et l'après-midi, mais aussi le soir et cela pendant plusieurs semaines de suite et dans une atmosphère surchargée de nervosité.
- Responsabilité de l'interprète parlementaire. — Placé dans une atmosphère surchargée de nervosité ou dans une atmosphère calme, l’interprète est toujours en face d’une grande r esponsabilité. Il est, parmi des gens de langues différentes, le trait d’union,
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- l’intermédiaire précieux qui assure la suite des débats et leur acheminement normal vers les solutions. 11 doit exercer ses fonctions sans hésitations et sans erreurs. Une erreur d’interprétation peut produire, à un moment donné, même une catastrophe. La responsabilité de l’interprète, donc, est énorme. Et il doit en faire preuve à plusieurs points de vue, car s’il ne doit pas se tromper sur un détail important, en exprimant un sens contraire à celui de l’orateur, par contre il ne doit pas omettre rien qui soit essentiel dans le même discours. Et c’est à lui de décider quelles sont les. choses qui peuvent être éliminées et lesquelles ne doivent pas être soulignées.
- L’initiative personnelle chez l’interprète parlementaire. — On voit déjà, par ce que nous venons de dire, comment l’interprète parlementaire est astreint, pendant son travail, à prendre certaines initiatives. Comme il n’est presque jamais question d’une interprétation totale, surtout pour les longs discours, l’interprète est obligé à faire un choix des idées exposées par l’orateur, ce qui implique que l’initiative de l’interprète est mise en jeu. Cette initiative se montre, encore, des fois, par certaines répétitions de l’orateur que l’interprète doit laisser tomber, par l’adoucissement de certaines phrases que l’orateur voudrait n’avoir pas dit, etc., etc.
- Intérêt de la profession. —- L’interprète parlementaire n’est pas, comme on voit, une simple machine, limitée à un travail purement mécanique. Non seulement il doit prendre les initiatives que nous avons indiquées, mais aussi il éprouve l’intérêt du travail créateur dans la volée que l’on doit donner aux grands discours. Le travail personnel qu’il doit accomplir en résumant la pensée des orateurs, en les rendant souvent d’une façon plus claire que les orateurs mêmes, et en l’exprimant avec perfection verbale, bref en mettant en activité ses facultés les plus précieuses, agit sur lui comme un stimulant.
- Puis il faut tenir compte du milieu. L’interprète est placé parmi des hommes éminents, discutant des problèmes de la plus grande importance pour l’humanité et qui l’honorent quelquefois avec leur amitié distinguée, ce qui est pour l’interprète un motif naturel de satisfaction.
- Finalement, il y a encore une autre source d’intérêt à signaler, celui qui est en fonction des déplacements auxquels l’interprète se voit obligé pour exercer ses fonctions.
- Les difficultés de la profession. — Il est juste de dire, cependant, que le métier a aussi le côté négatif. Le travail excessif que
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- l’on est obligé de rendre quelquefois, le caractère des questions discutées qui ne rentrent pas dans l’intérêt >ou dans la préparation spéciale de l’interprète, le caractère aussi de certains orateurs, etc., etc.
- Le secret professionnel. — Chez les interprètes parlementaires nous pouvons parler aussi de secret professionnel. Les séances, en effet, où il exerce son travail ne sont pas toujours publiques. Il s’agit parfois de questions qui doivent rester tout à fait secrètes. Et l’interprète doit démontrer que même en face des sollicitations empressées des journalistes, constamment en quête de nouvelles sensationnelles, il sait garder le secret de ce qu’il connaît parfaitement.
- A travers les Revues
- Plusieurs bulletins publiés en 1933 par le Secrétariat d’éducation et de santé publique de l’Etat de Minas Geraes, au Brésil, contiennent d’intéressantes études d’HÉLÈNE Ântipoff, élève de Claparède, qui a fait un long séjour dans la capitale de cet Etat, à Bello Ilorizonte : le n° 7 est consacré au développement mental des écoliers de cette ville d’après quelques tests d’intelligence générale, le n° 8 à l'organisation des classes sous le contrôle des tests dans les groupes scolaires, le n0‘ 9 à la monographie d’une classe d’école en 1931, avec un profit pédagogique général de la classe, enfin le n° 10, en collaboration avec Morin Lima de AI-meida Cunha devient le « Test Prime » (adaptation du test de Simon).
- Dans le n° 2 de Biotijpologie (mars 1933) se trouve, avec les communications de K. G. Benediot sur le métabolisme de base chez les différentes races et du l)r En. Toulouse sur l’objet de la biotypologie, une mise au point d’E. Schreîder sur l’école biotypologique italienne de Pende.
- Dans le Bulletin de la Société d'étude des formes humaines (9e année, nos 2 à 4), L. Mac Auliffe expose son étude du « don musical » en rapport avec les caractéristiques naphologiques (grand développement et perfection de la forme de l’oreille chez les grands musiciens).
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- Dans la Revue de Psychologie appliquée de l'Est (mars-avril 1933), une conférence du Dr Richard (Notre culture en péril) examine le grave problème de la pléthore intellectuelle et certains remèdes proposés, notant qu’ « en matière d’orientation, d’information et de répartition, tout reste à faire.», et réclamant immédiatement que les associations professionnelles, et groupements d’anciens élèves établissent les conditions désirables d’exercices de chaque profession pour la décade à venir.
- Le n° 5 (février 1933) de Y Education est entièrement consacré à la question de /’humanisme dans renseignement secondaire.
- On trouvera quelques renseignements utiles sur la carrière de l’avoué dans le numéro de février-mars 1933 de la Revue de Y Orientation intellectuelle.
- Nous relevons dans le n° 2 (octobre-décembre 1932) des Archivas Brasileiros de hyguene mental, une étude sur la concentration de l’attention par Brasilia Le .mu Loues. L’auteur i appliqué le lest de barrage de Toulouse et Piéron sur 76 adultes (hommes et femmes). ________
- On trouvera dans le n° 58 (avril 1933) de Mon Métier, quelques renseignements sur l’organisation de l’apprentissage aux usines Renault.
- Le Psychological Bultetin de mars 1933 (T. XXX, n° 3) public une revue de B. G. Weiss sur les échelles d’évaluation (d’après 131 travaux) et une autre de J. G. Malles sur le caractère et la personnalité (d’après 236 travaux allemands).
- Dans Occupational Therapg (1932, XI, p. 71-84) on trouve une description par Helurook de l’hôpital établi à Ilamilton (Ontario, U. S.) pour la thérapeutique professionnelle des blessés.
- Une étude de Farnsworth sur h', talent musical et la gaucherie (School Music, 1932, XXXII, II) fondée sur un questionnaire
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- 'adressé aux professeurs de musique, n’a pas confirmé l’associa-tion affirmée par Siker, entre gaucherie et précocité du talent musical.
- Dans les Teachers College Records (1932, XXXIII, 735-751) Wiiitley relate une comparaison des tests musicaux de Seashore et de Kwahvasser-Dykema, montrant que les premiers sont les plus cohérents, les derniers se montrant un peu trop faciles pour les élèves des écoles de musique.
- Dans la Rassegna di medicina applicata (1932, III, 100-111) une étude sur la valeur de la mesure de la chronaxie chez les fondeurs de plomb de Pennachietti et Vicliani tend à montrer que l'intoxication saturnine peut être décelée de façon précoce par une atteinte encore latente du nerf radial qui révèle une modification dans la chronaxie des extenseurs des doigts (augmentation rarement, diminution surtout).
- Une Mental Measurement Monograph de 1931 (n° 8) de G. W. Siiaffer est consacrée à l’agilité et à l’habileté motrice des athlètes, qui (surtout les athlètes d’équipe) montrent une supériorité notable dans les tests de tapping, de stabilité, de force dynamomé-trique, etc., mais sont inférieurs dans les épreuves intellectuelles et surtout les tests de connaissance (tests d’arithmétique, de langage, etc.)
- M. Pond rapporte dans le n° 6 (avril 1933) de The. Personnel .tournai les résultats d’une vaste recherche sur les rapports entre l’intelligence, l’instruction et l’âge d’une part et de l’autre, le rendement dans le travail professionnel chez les ouvriers d’une grande manufacture (Scovill Manufacturing Co of Waterbury, Conrieeti-li.it). Il a étudié 9.075 sujets (hommes) répartis dans 44 professions différentes (la Scovill Manufacturing Co est spécialisée dans les alliages de cuivre et de nickel et dans la fabrication des objets métalliques), âgés de 16 à 70 ans et de degrés d’instruction très différents. Les tests appliqués ont été 4 non-verbaux Bêta et 3 verbaux Alpha. Les dispersions au point de vue instruction et notes des lests ont été normales ; la courbe des âges a été déplacée vers
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- les âges bas. L’instruction et le test ont corrélaté d’une façon positive avec les rangs dans le métier (plus de 0,74). 11 n’a pas été constaté de corrélation entre l’âge et le rendement.
- R.-G. Bernreuter fait, dans le n° 0 (avril 1933) du même bulletin une étude sur la validité de son test « Personnality inventory », publié récemment.
- Dans le même numéro, R.-O. Beckmann donne les normes pour le lest modifié d’Allport d’ « ascendant-soumission » appliqué sur 350 adultes. (Le test d’Allport a été adapté par Beckmann de façon à convenir pour les travailleurs du commerce.)
- Dans le n° 4 (15 avril 1933) du Bulletin Ergologique, G. Maes publie un projet et une analyse du questionnaire destiné au recrutement du personnel de bureau. Cet article fait suite à celui signalé dans un des numéros précédents du Bulletin sur la façon de rédiger une annonce de journal.
- -'rîA'.
- Nous relevons dans le n° 4 (avril 1933) de la « Revista de Igiena Sociala » (de Bucarest) un article de E. Rasmerita sur Voxycarbonisme professionnel, très fréquent chez les chauffeurs d’autos.
- Dans le même numéro, le D1' G. Banu étudie le problème du chômage intellectuel en Roumanie.
- Jugend und Beruf publie dans son n° 3 (mars 1933) un article de M. K. Ganley (en allemand) sur l’orientation professionnelle dans les écoles supérieures (Junior High Schools), à New-York.
- Soulier-et Drabs donnent, en un court article paru dans le Bulletin Ergologique du 15 mai dernier, une analyse du travail des employés classeurs, avec la description de 9 épreuves psychotechniques pouvant servir de base à la sélection professionnelle pour le travail en question.
- Le Dr G. Banij publie dans le numéro de mai 1933 de Revista de Igiena sociala (de Bucarest) un article sur les divers facteurs
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- étiologiques des accidents du travail et sur des mesures de sécurité à prendre.
- La partie du n° A de Reichsarbeitsblatt (15 avril 1933), consacrée aux problèmes de la protection du travail contient entre autres une étude sur la prévention des accidents dans le travail à la repasseuse électrique de F. Braver et une autre sur les dangers d’intoxication par l’oxyde de carbone dans diverses industries et dans le travail des mines, par le Dr Koelsch de l’Institut Bavarois pour la médecine du travail.
- Le numéro spécial de 1933 du Bulletin départemental de la Seine de Vinstruction primaire contient des programmes détaillés d’enseignement ménager et de travail manuel. A signaler tout particulièrement les programmes des classes de préapprentissage de confection, lingerie, mode, cartonnage, maroquinerie, fourrure, corset et gilet.
- Dans le numéro de mai de /’Enseignement public, E. Hepp trace, sous le titre : Où en est la question de VEcole unique en Allemagne ? un tableau de la réforme scolaire apportée par la République de 1918.
- Nous relevons dans le n° 161 (avril 1933) de l’Orientation professionnelle une étude de la carrière de l’Inspection du travail, par J. Pictet.
- Signalons dans le n° 3 (mars 1933) de Berufsberarnig und Berufsbildung deux réponses à l’enquête à propos de la maturité d’esprit des jeunes gens au moment du choix d’une vocation émanant de P. Bovet, de l’Institut J.-J. Rousseau et du Dr Biascii, de Zurich. Cette même revue reproduit dans le n° d’avril le questionnaire du service d’O. P. du secrétariat de l’enfance.
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- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- Morris S. Viteles. — Industrial Psychology. Iu-8° de 652 pages. New-York, Nerton et (Jie, 1932. Prix, 5,50 dollars.
- Mise au point sérieuse et étendue des problèmes de psychologie industrielle. Les premiers chapitres sont consacrés aux bases économiques, sociales et psychologiques, à une revue de l’évolution, à un examen des tests et à la question fondamentale des différences psychologiques individuelles. Le chapitre VIII (p. 113-102) est consacré à la sélection professionnelle (fondements, méthodes, rôle de l’intelligence générale, des capacités spéciales, du caractère, des goûts et intérêts), les suivants traitent de l’analyse du métier, de l’observation clinique (interview), des tests psychologiques en général et des tests utilisés pour certaines grandes catégories de professions.
- Dans une dernière partie est envisagée la question des accidents du travail et de leur prévention, et, à ce propos, des chapitres sont consacrés à la fatigue, à la monotonie, aux facteurs d’incitation au travail, à la mésadaptation, etc. P.
- J. AndrouiN. —• La formation des apprentis mécaniciens pour l'industrie moderne. ln-8° de 152 pages de l’Encyclopédie industrielle et commerciale. Paris, librairie Eyrolles, 1933. Prix : 15 francs.
- L'auteur a mis au point une méthode pour la formation d’ouvriers mécaniciens de haute qualité, connaissant la pratique de tous les procédés de construction mécanique, conduite des machines-outils, travaux d’assemblage et montage, entretien de l’outillage et de la machinerie. Il expose cette méthode, envisageant d'abord le contrat d’apprentissage, l’organisation matérielle de l’atelier (hygiène et sécurité, appareillage, etc.) et quelques généralités pédagogiques, pour entrer dans le détail de l'initiation aux travaux mécaniques d’un côté, aux travaux manuels de l’autre, terminant son livre par la questions des épreuves et concours et celle des instructeurs (avec, en outre, divers appendices et une bibliographie). P.
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- 5e Année
- N° 8
- Octobre 1933
- BULLETIN
- DE
- l’Institut National d'Orientation Professionnelle
- Essais de détermination de l’acuité auditive chez les enfants d’âge scolaire
- par D. WEINBERG
- 1. — Remarques préliminaires
- La détermination de l’acuité auditive trouve sa place obligatoire dans tout examen d’orientation professionnelle, tant pour le dépistage des déficiences qui peuvent, selon leur nature et leur degré, constituer des contre-indications pour un certain nombre d’emplois (employés aux guichets, maîtres d’école, etc...), que pour la recherche du niveau des aptitudes auditives lorsqu’il s’agit de métiers dans lesquels la finesse d’audition constitue une aptitude professionnelle (toutes les catégories de musiciens et d’exécutants de musique, accordeurs de piano, médecins ayant à ausculter les malades, etc.).
- On détermine l’acuité auditive en recherchant le seuil absolu de l’audition, c’est-à-dire l’intensité la plus faible à laquelle le sujet est capable d’entendre un son déterminé (intensité liminaire). Au point de vue physique, l’intensité dépend de la puissance mécanique des ondes sonores. Mais deux sons de même intensité peuvent être distingués du point de vue de leur hauteur, qui dépend de la fréquence vibratoire des ondes sonores, et l’oreille étant inégalement sensible aux sons de. différentes hauteurs, la puissance mécanique nécessaire pour que le son soit tout juste perceptible, décroît rapidement à partir des sons très graves jusqu’à un minimum qui se trouve être dans la région des sens d’environ 2.000 vibrations- doubles par seconde. Au delà, dans la région des sons aigus, la sensibilité décroît légèrement.
- On voit, sur la fig. 1, la courbe moyenne de seuils absolus d’audition pour les diverses fréquences (courbe inférieure) et, en haut, la courbe des « seuils de pression », les sons très
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- intenses produisant dans l’oreille des sensations de chatouillement, de pression, voire de douleur.
- O.OOl ..
- 4i m i* j-ii ion ion look mi u.in
- FREQUENCE EN VIBRATIONS DOUBLES PAR SECONDE.
- Fig. 1.
- çeuils normaux d’audition et dépréssion pour les sons de différentes hauteurs. (D’après Fletcher, Speech and llearing, Mac Millan, London 1929, p. 141). L’inlensit.é physique des sons (échelle des ordonnées) est exprimée en variations de la pression que les ondes sonores exercent sur la membrane tympanique en baryes. Un barye — pression exercée par une force d’une dyne sur une surface d’un cm*.
- Mais, à la courbe moyenne des seuils d’audition, se superposent des courbes individuelles qui s’écartent plus ou moins de la courbe moyenne.
- Pour un examen complet de l’acuité auditive on devrait donc explorer la finesse d’audition d’un sujet pour les sons de différentes fréquences. Des audiomètres étudiés dans les laboratoires de la compagnie américaine de téléphones (Western Electric Company) permettent une telle exploration avec une technique simple et rapide. Mais la complexité de ces appareils et leur prix élevé constituent un obstacle pour leur diffusion dans la pratique de l’orientât ion professionnelle.
- En l’absence d’une telle exploration systématique, il importe de bien choisir la hauteur du son pour lequel on étudiera l’acuité auditive du sujet. Ce choix sera dicté par des considérations pratiques : la parole étant l’excitant auditif le plus important et le plus fréquent dans la vie courante, on recherchera, au -cours d’un examen sommaire, l’acuité auditive pour des sons dont les caractéristiques physiques se rapprochent le plus de celles de la parole.
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- La parole elle-même pourra d’ailleurs- servir pour cette mesure, et la technique bien connue de la voix chuchotée consiste, comme on sait, à déterminer la distance maxima à laquelle le sujet est capable de percevoir des mots ou des phrases prononcées à voix chuchotée. L’intensité du spn décroissant en principe comme le carré de la distance, on obtient ainsi une mesure du seuil absolu d’audition.
- Mais si la technique de la voix chuchotée peut fournir des résultats pratiquement suffisants lorsqu’il s’agit de cas pathologiques prononcés et d’un opérateur très entraîné opérant dans un même local, on conçoit qu’elle se prête difficilement à une détermination plus fine de l’acuité auditive en raison, notamment, des différences subjectives considérables entre opérateurs différents et des variations importantes chez le même opérateur dans l'intensité de la voix et le mode d’articulation.
- C’est pourquoi des efforts ont été tentés pour produire des sons ayant les mêmes caractéristiques physiques que la plupart des sons utilisés dans la parole par un procédé objectif et un audiomètre électrique a été construit par' la Western Company (l’audiomètre 5A) produisant un son composé dont les fréquences correspondent à celles de la parole.
- Sans entrer plus loin dans la discussion des divers dispositifs proposés pour la mesure de l’acuité auditive, nous indiquerons ici les mensurations effectuées à l’a-ide de l’audio-mètre 5A et fournirons quelques données numériques pouvant servir d’amorce pour un étalonnage du test d’acuité auditive (1).
- IL — L’appareil
- a) Fonctionnement général. — Le spn produit par l’audio-mètre 5A est engendré par le passage d’un courant alternatif et transmis par un écouteur téléphonique à l’oreille du sujet. Un réducteur de potentiel permet de graduer à volonté l’in-
- (1) Le compte-rendu détaillé de çes recherches, qui font partie d’une assez vaste enquête biotypologique entreprise sous la direction de MM. Laugier cl Toulouse (avec directives de M. Piéron pour la partie psychologique), paraît dans YAnnée Psychologique. (D. Weinberg et F. Fischgold. Recherches sur l’acuité auditive chez les écoliers. Année Psychologique, xxxu, p. 120-145.) L’ensemble de l’enquête fera l’objet d’un exposé spécial dans les prochains numéros de la Biotypologie. Les examens en série de l’acuité auditive ont été effectués par Mme Fischgold.
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- [ensilé du courant et par là l’énergie physique du son qui peut être considérée, avec une approximation satisfaisante, comme proportionnelle à l’intensité du courant.
- L’appareil se branche directement sur le secteur et un interrupteur permet d’interrompre le courant et, par conséquent, le son à l’insu du sujet, afin de s’assurer, dans les cas où l’on a des raisons d’en douter, de la sincérité du sujet et de l’absence de suggestion de sa part. Un système de signalisation permet au sujet de donner sa réponse silencieusement, par l’allumage d’une lampe ; disons, d’ailleurs, que nous ne nous en sommes pas servi, ayant trouvé que la pression du bouton électrique constituait, pour l’enfant surtout, une surcharge de l’attention et ayant toujours préféré la réponse verbale, de beaucoup la plus naturelle. (Voir, sur la fig. 2, la vue d’ensemble de l’appareil.)
- Fig. 2.
- L’Audiomètre 3 A de la « Western Company »
- boulon de manipulation du réducteur du potentiel ; 2. cadran avec l’échelle ; 3. écouteur téléphonique du sujet ; 4. fiche à introduire dans une prise de courant sur le secteur ; 5. bouton de signalisation pouvant être manipulé par le sujet ; 6. lampe de signalisation qui s’allume par manipulation du bouton o ; 7. interrupteur permettant d’interrompre le courant à l’insu du sujet ; 8. couvercle de l’appareil.
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- La marche générale de l’examen dont on trouvera plus- loin quelques détails, consiste à faire entendre au sujet un son d’une intensité assez forte, très franchement au-dessusi du seuil, que l’on fait décroître progressivement, en manipulant la potentiomètre, jusqu’à ce que le sujet cesse de le percevoir ; l’intensité ainsi déterminée constitue le seuil descendant d'audition ; on refait ensuite l’expérience en sens inverse, en partant d’une intensité nettement infraliminaire que l’on fait croître jusqu’à une intensité tout juste perceptible (seuil ascendant). La position du curseur sur le cadran du potentiomètre permet de lire chaque fois les intensités correspondantes.
- La constitution de l’échelle du cadran nécessite quelques mots d’explication.
- b) L'échelle des intensités. — Le cadran du réducteur de potentiel est gradué de — 20 à + 100, les chiffres de l’échelle devant indiquer, d’après l’inscription que porte le cadran, <' les pourcentages de perte de l’ouïe ». L’échelle fut établie de la manière suivante :
- Pour mesurer l’intensité du son, les constructeurs ont utilisé les unités de mesure en usage dans l’industrie du téléphone : le bel et le décibel et ont pris pour étalon l’intensité liminaire normale, c’est-à-dire l’intensité qui correspond, d’après les expériences effectuées dans les laboratoires de la Western Company, au seuil d’audition d’une oreille normale et qui constitue le zéro de l’échelle. Si l’on désigne l’intensité liminaire normale par lo et l’intensité liminaire d’un sujet
- par Is, on aura une mesure de Is en décibels en posant :
- io
- db = ^fp, log’w^[Jne intensité 100 fois plus forte cpie l’intensité liminaire normale sera donc égale à + 20 décibels ; une intensité 10 fois plus faible à — 10 db et ainsi de suite.
- D’autre part si l’on considère la limite supérieure des intensités, « les seuils de pression », on notera que la différence d’intensité entre la limite supérieure (seuils de pression) et la limite inférieure (seuils d’audition) constitue toute l’échelle des intensités pratiquement perceptibles. Un sujet qui n’entend qu’à partir d’une intensité liminaire plus forte que l’intensité liminaire normale, ne dispose plus que d’une échelle
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- réduite (le seuil de pression ne subissant pas de variations corrélatives) et cette réduction de son échelle d’intensités perceptibles peut être exprimée, en %, par rapport à l’échelle normale. On a alors une mesure, en « pourcentages de perte de l’ouïe ».
- Il se trouve que pour le son produit par l’audiomètre 5A, le seuil de pression correspond à une intensité de 100 décibels au-dessus de l’intensité liminaire normale ; l’échelle normale des intensités perceptibles comprend, par conséquent, 100 unités, de sorte qu’il suffit de déterminer le seuil du sujet en décibels par rapport à l’intensité liminaire normale pour avoir du même coup une mesure du « pourcentage de perte de l’ouïe » exprimant en même temps la diminution de l’acuité auditive en décibels. Cette deuxième manière d’envisager les mesures paraît plus simple et plus claire, parce qu’elle ne fait pas intervenir le « seuil normal de pression » en plus du « seuil normal d’audition ».
- L’échelle étant graduée de 5 en 5 unités, il est facile, et même recommandable, de noter la position du curseur entre deux divisions voisines, à un quart de division près ; ainsi, si le curseur se trouve entre 15 et 20, par exemple, et plus près/ de 15, on considérera grossièrement qu’on a affaire à une valeur égale à 16,25 ; s’il est juste entre 15 et 20, on comptera 17,5 et enfin on comptera 18,75 lorsque le curseur sera plus près de 20 que de 15.
- III. — Technique d’application
- Un certain nombre de précautions préliminaires sont nécessaires, en particulier celle essentielle du silence, d’ailleurs pratiquement impossible à réaliser de façon parfaite à Paris-dans les heures de la journée, à moins de disposer d’une cabine spéciale, « cabine insonore ». Du moins recherchera-t-on un local ne donnant pas. sur une rue ou sur une rue passante, et n’ayant pas, dans le voisinage, des salles ou des couloirs où des bruits de voix ou de pas se produisent. Même ces exigences modestes sont difficiles à réaliser dans la pratique lorsqu’on opère, par exemple, dans les écoles ; il faut alors interrompre l’examen chaque fois qu’un bruit se fait
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- entendre, et ne le reprendre que lorsque le silence se trouve rétabli. Il n’est pas mauvais, en oulre, de prendre la précaution de boucher l’oreille qui n’est pas testée d’un morceau de coton imbibé de vaseline.
- Il convient de placer le sujet de manière à ce qu’il ne puisse voir la manipulation du réducteur de potentiel, mais qu’il soit cependant observé de profil par l’opérateur. Il convient aussi de manipuler le réducteur de potentiel assez lentement pour ne pas prendre le sujet au dépourvu et avec une vitesse constante. (Une vitesse d’environ 2 secondes par division, soit 2 secondes environ pour produire une variation de 5 db, nous a semblé assez satisfaisante.)
- En ce qui concerne la technique de l’expérience proprement dite, voici celle que nous avons utilisée avec Mme Fisch-gold dans une série principale de nos recherches et dont, les résultats nous, ont suggéré, d’ailleurs, quelques modifications à recommander.
- Le curseur du potentiomètre étant placé au chiffre 50 de lechelle, on faisait appuyer l’écouteur contre l’oreille droite du sujet, l’oreille gauche étant par précaution bouchée d’un morceau de coton, et l’on s’assurait que le sujet entendait le son produit. On lui faisait alors enlever l’écouteur, et on le prévenait qu’il allait entendre le même son, mais devenant progressivement plus- faible et finissant par disparaître tout à fait, ce dont il devait avertir aussitôt l’opérateur. On procédait dès lors à une détermination du seuil descendant pour l’oreille droite de la manière expliquée plus haut et en partant d’une intensité initiale de 50. La détermination étant effectuée, on faisait enlever l’écouteur et l’on prévenait le sujet que cette fois, après un silence, on lui ferait entendre un bruit extrêmement faible, ce dont il devait encore avertir immédiatement l’opérateur (détermination du seuil ascendant, en partant de l’intensité — 20 du cadran). On effectuait les mêmes mensurations- sur l’oreille gauche et on répétait l’épreuve trois fois pour chaque oreille, la première et la troisième épreuve débutant par l’oreille droite, la deuxième par l’oreille gauche, un bref intervalle de repos (d’environ une minute) occupé par un test de vision intercalé entre deux épreuves successives.
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- Les résultats, consignés au fur et à mesure sur une iiche imprimée d’avance (tabl. 1) servent à établir pour chaque sujet la moyenne des trois épreuves séparément pour chaque oreille et séparément pour le seuil descendant et l’ascendant.
- Tableau I
- Fiche de notation des résultats d’un examen individuel
- EXAMEN DE L’AUDITION
- Prénom
- Classe
- Date de naissance Date de l’examen... Ecole...............
- Opérateur
- OREILLE DROITE
- OREILLE GAUCHE
- Seuil
- Tolal
- descend.
- ascend.
- descend.
- ascend.
- Total
- OBSERVATIONS
- (.4 suivre).
- NOTES ET DOCUMENTS
- La sélection et l’opinion des professeurs de collèges
- Le Journal des Collèges, dans ses numéros de mai et de juin 1933, a publié les conclusions du Syndicat des professeurs de collège sur la sélection, et le rapport introductif de M. Yves Le Lay.
- Le principe général est la substitution de l’orientation à la sélection.
- (1) Ces calculs par rangées horizontales ne servent qu’à contrôler l’exactitude des totaux et moyennes par colonnes verticales.
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- « Celle orientation, basée sur une étude prolongée des aptitudes psychologiques et physiologiques de l’enfant, déterminées à l’aide de certains tests et d’un livret scolaire, réalisée dans les conditions prévues dans le rapport, sans rejeter tout examen, ne sera pas déterminée exclusivement d’après les examens ; elle ne sera pas faite à l’âge de 11 ans, ou à un âge a priori ; elle ne doit pas permettre au professeur de se débarrasser des enfants qu’il considère personnellement comme un déchet. »
- Dans le rapport de M. Le Lay, professeur au collège de Lan-nion, on trouve les règles suivantes en ce qui concerne l’emploi des tests, et les données à fournir dans le livret scolaire.
- I. — Les tests
- 1. N’employer que des tests éprouvés, bien adaptés à leur but.
- 2. Veiller soigneusement à ce que l'enfant ignore totalement quil s’agit d'une épreuve. 11 ne faut pas qu’il soit troublé par l’idée de briller ou par la crainte de mal faire. Nous avons fait nous-même l’expérience que les enfants se donnent entièrement à la tâche proposée, qu’ils y apportent de l’ardeur et du soin, bien qu’ils ne sachent pas le but poursuivi par le professeur.
- 3. Changer la mentalité des maîtres qui cherchent à briller par les succès de leurs élèves et qui recourent à tous les moyens pour les faire réussir.
- 4. Eviter tout « chauffage » en vue des épreuves. On pourrait craindre en effet que des maîtres ne préparent spécialement leurs élèves aux tests comme ils les préparent en vue des examens.
- II. — Le livret scolaire
- Il faudrait noter sur ce livret :
- 1. Les connaissances.
- 2. La méthode de travail de l’enfant, celle qui lui est personnelle, les procédés qu’il emploie.
- 3. Son comportement pendant le travail (attention, persévérance, énervement, calme, fébrilité, émotions, rougeurs).
- 4. Son comportement au jeu. Ses initiatives personnelles. S’il obéit ou s’il aime commander, s’il entraîne ou se laisse entraîner, etc...
- 5. Ses réactions à la douleur, à la joie, à la louange et au blâme ; son courage ou son découragement, ses goûts, ses enthousiasmes ses préférences, ses admirations.
- 6. Les aptitudes dont il fait preuve.
- 7. Ses rapports avec ses camarades. Leur jugement sur lui.
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- 8. Sa situation de famille ; les conditions dans lesquelles il est élevé et doit travailler.
- 9. Des remarques sur sa sianlé, sa croissance, son développement physique.
- Pour être complet, un tel livret devrait contenir les remarques du médecin.
- III. — L’élite partout
- Une dernière remarque. 11 apparaît souvent dans les projets de réforme de l’enseignement que l’on cherche une orientation telle que le bénéfice de lia culture désintéressée serait comme actuellement réservé à certaines catégories de citoyens. On recruterait l'élite en vue de certaines fonctions considérées comme « supérieures ». Comme l’an dernier nous nous opposons à une telle conception. Il faut de l’élite partout et toute fonction sociale peut et doit avoir ses élites. D’autre part il faut bien se persuader que la culture désintéressée ne doit pas être réservée à certaines professions. Nous reprenons et faisons nôtres parce qu’elles traduisent fort bien notre pensée, ces paroles que Marcel Dcat prononçait récemment à la Chambre des députés : « C’est qu’ici il s’agit d’opérer un grand tournant de notre conception générale de la culture. C’est qu’il faut de plus en plus habituer ce pays, si vous voulez vraiment y développer une démocratie qui ne soit pas un vain mot, à l’idée que l’on peut et que l’on doit séparer la culture et la fonction ou la profession, et qu’a près tout on peut exercer réimporte quel métier., si humble soit-il en apparence, en recherchant malgré cela la culture la plus complète et la plus humaine ».
- Il resterait à examiner la circulaire du 21 juin 1932. Comm; nous n’avons reçu aucune communication suffisante pour une étude sérieuse, nous renvoyons nos collègues a l’étude faite par M. Perrotin (Quinzaine Universitaire du 15 janvier 1933).
- La sélection et l’O. P. (1)
- Le Congrès de la Fédération internationale des associations d’instituteurs, qui vient de se tenir à Santander du 10 au 12 août 1933, a adopté sur ce sujet la résolution suivante :
- « 1. Le but des examens est de fournir les éléments d’une répartition rationnelle (orientation) des élèves dans les diverses branches de l’activité humaine ;
- (1) L'Urïioersité Nouvelle, n° 59-60, p. 78-79.
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- « 2. Cette répartition doit être établie sans considération de la condition sociale des parents (résolution de Congrès de Prague), mais, a) en fonction des aptitudes décelées par les examens, et b) en harmonie avec les besoins de la Société ;
- « 3. Cette répartition des élèves doit être reportée le plus tard possible et ne saurait devenir définitive que par la libre adaptation de l’adolescent à sa profession ;
- « 4. L’examen peut comporter sous diverses formes, la constation : a) des connaissances acquises ; b) des aptitudes à des travaux futurs. L’examen des connaissances, interne ou externe, à la fin de la scolarité, devrait porter exclusivement sur les questions effectivement étudiées dans chaque école, quel que soit le mode d’établissement des programmes ;
- « 6. Les épreuves destinées à discerner les aptitudes ne saurait se réduire à un seul procédé, mais, au contraire, à la confrontation, en présence du maître, de tous les moyens d’information (tests, séjours dans un cours d’orientation, observations prolongées du personnel scolaire, etc.) La Fédération recommande spécialement à ce sujet les renseignements d’offices spéciaux d’orientation professionnelle comprenant un docteur, un psychologue expert et un éducateur. »
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- Le rôle de la perméabilité tubaire chez les ouvriers des caissons
- De nombreux chantiers sont actuellement installés dans des caissons à air comprimé. Or une étude de Jean Lestenne dans les Annales d’olo-laryngologie (février 1933) signale un grand nombre de troubles labyriathriques chez les ouvriers travaillant dans ces chantiers.
- Si la perméabilité tubaire est insuffisante au cours de la phase de pression ou de décompression, l’équilibre auriculaire de pression, qui se fait par la trompe d’Eustache, ne se réalise plus assez vite ; il y a une congestion de l’oreille moyenne et des retentissements sur l’oreille interne.
- Cliniquement, on observe des troubles légers, bourdonnements et vertiges, si la compression est lente, ou de violentes douleurs d’oreille avec bourdonnements, céphalée avec vertiges rotatoires, nausées ou vomissements, pâleur avec perte de connaissance, si la compression est plus brusque. A la sortie du caisson, les symptômes s’amendent à moins, ce qui est très rare, qu’il y ait hémorragie.
- A la décompression, les accidents sont plus fréqûents et plus graves, relevant en partie d’un autre mécanisme : libération de
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- bulles de gaz, d’azole sanguin, dissous au cours de la compression.
- Cliniquement, on observe des accidents peu de temps ou quelques jours après la cessation du travail. Le début est toujours brutal, le vertige paroxystique, à type rotatoire parfois suivi de chute. Les troubles auditifs sont constants (bourdonnements, sifflements, hypoacousie ou surdité, nausées, vomissements, pâleur, sueurs, petitesse du pouls, irrégularité respiratoire, céphalée). Dans les jours qui suivent, les signes s’amendent, rapidement ou lentement, mais complètement, ou il persiste une lésion indélébile de l’organe de l’ouïe et de l’équilibre.
- Si l’on ne peut affirmer qu’une bonne perméabilité tubaire suffise pour prévenir les accidents, en tout cas, il est important de ne laisser au travail en caisson que des individus nayant pas d’obstruction, même légère, des trompes. P.
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- La surveillance médicale des pilotes aux États-Unis
- Tous les pilotes militaires des Etats-Unis doivent actuellement passer une visite médicale deux fois par an. On projette de rendre mensuelle cette visite obligatoire, car on note de plus en plus une relation entre l’état de santé du pilote et les accidents qui surviennent.
- (Test en 1910 que s’ouvrit, à New-York, la première école pour les médecins désirant se spécialiser dans l’aviation. Cette école reçoit un nombre croissant d’élèves. Pour être admis à suivre les cours et exercices pratiques les candidats doivent posséder le diplôme de médecin et faire partie de l’armée de réserve.
- Les travaux pratiques ont pour but de donner aux élèves l’habitude de voler, de leur faire connaître à fond la mécanique des moteurs et de leur apprendre à piloter eux-mêmes.
- Le gouvernement a décidé de créer des postes spécialisés de médecins de l’aviation militaire pour faciliter la surveillance des pilotes.
- CHRONIQUE DOCIMOLOGIQUE
- L’organisation de l’école unique pose de tous côtés le problème des examens et des méthodes de sélection.
- Le syndicat national des instituteurs qui doit s’occuper des examens et des programmes en son congrès de 1934 a déjà entendu
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- cette année, au Congrès de Paris (3-5 août 1933) une communication préliminaire du rapporteur Dumas, dont nous donnons ci-dessous l’essentiel, d’après l’exposé de YEcole libératrice du 23 septembre 1933.
- « Dumas précise cjue cette question n’est pas seulement la question des examens, mais, clans son ensemble, la question des programmes. Il s’agit, en fonction d’un plan général, établi par la C. G. T., et que nous mettons au point, d’établir dans quelles conditions nous pourrons préparer nos programmes et nos examens futurs.
- « Sur l’examen actuel du certificat d’études, l’accord est fait pour proclamer l’inutilité des épreuves orales.
- « Pour les épreuves écrites, les avis sont partagés, mais il existe tellement de modalités, il y a un tel désordre ou de telles licences dans les méthodes qui président à leur choix qu’il arrive fréquemment que ces épreuves ne correspondent pas du tout, ni aux études qu’ont faites les enfants, ni à leurs aptitudes, ni à leur développement intellectuel.
- « La correction est, d’une façon générale, loyale et sincère. Cependant on se plaint de ce que parfois on a tendance à transformer cet examen en une épreuve de sélection pour l’entrée dans les cours complémentaires.
- « Le grief le plus grave est celui qu’on adresse aux examinateurs qui ne sont pas de l’Enseignement, aux délégués cantonaux, par exemple, correcteurs d’une indulgence proverbiale, mais presque toujours d’une incompétence reconnue.
- « On dit aussi que l’examen du certificat est faussé dans sa pratique parce que la correction est trop précipitée. C’est une chose vraie dans certains départements, fausse dans d’autres et ceci prouve que, dans l’état actuel des choses, il n’y a aucune directive précise : c’est l’anarchie complète, l’abandon à la bonne volonté des uns et des autres.
- « Une critique sérieuse peut être faite du principe même de l’examen. Le C. E. tend à répondre à deux objectifs complètement différents : la mesure des connaissances acquises et la détermination des aptitudes. C’est un certificat de fin d’études, mais en même temps il ouvre les portes des E. P. S.
- « Si on voulait aller au fond des choses, on se rendrait compte qu’en réalité le C. E. P. est un expédient. Il a été fabriqué sans qu’on se rende bien compte de ce qu’on en pourrait tirer, et on l’a utilisé parce qu’il existait, à des fins pour lesquelles il n’avait pas été conçu. Actuellement, nous sommes en présence d’un exa-
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- men tellement désuet que le ministère et les administrations sont prêts à le modifier.
- « On reproche au C. E. P. d’empêcher l’application des méthodes actives, de pousser au gavage intellectuel. En réalité, le coupable, ce n’est pas le C. E. P. en lui-même, c’est l’imprécision de nos programmes qui met le maître dans l’impossibilité de savoir s’il a jamais fini sa tâche.
- « Pour l’avenir, la Commission Confédérale de l’Enseignement et la Fédération Syndicale Internationale ont adopté le principe d’un enseignement de 6 à 11 ans et de 11 à 14 ans.
- A 11 ans, il n’y aurait qu’une sorte d’examen de passage. Le C. E. se passerait en fin d’études, à 14 ans.
- « Comment ce C. E. sera-t-il institué ?
- « Un principe dominera l’étude que nous poursuivons sur la question des programmes : nous nous opposons énergiquement à toute orientation définitive avant la fin de la scolarité obligatoire. Toute sélection faite avant 14 ans n’est basée que sur la fortune. De 11 à 14 ans dans une classe d’orientation, on donnera un enseignement de formation qui permettra de discerner les aptitudes.
- « Cette opposition de principe à toute orientation définitive prématurée écarte le péril d’un enseignement professionnel, un apprentissage à douze ans et la menace des industriels qui, en utilisant le bénéfice de la loi Astier, cherchent une clientèle afin d’être dispensés de la taxe d’apprentissage tout en dressant à leur guise leurs futurs ouvriers.
- « L’examen que nous concevons dans l’avenir devra tenir compte de la distinction entre deux sortes d’épreuves, les unes de fin d’études et les autres d’orientation.
- « Sera-t-il interne ? Sera-t-il externe ? Les avis sont actuellement partagés, mais tous demandent qu’il ne porte que sur des questions étudiées à l’école.
- « Selon quelle formule >se fera l’orientation ?
- « L’emploi des tests peut donner certaines indications, mais il ne doit pas être exclusif. Il faut tenir compte aussi de l’avis du maître, de l’appréciation du médecin, de l’état du marché. L’institution de centres d’orientation serait à considérer. Nous aurons, sur ce point encore, à fixer notre doctrine.
- « Quant aux programmes, nous demanderons qu’ils soient établis en conformité avec les décisions qui ont été prises à la F. S. I. »
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- A travers les Revues
- Dans la Deutsche Medizinische Wochenschrift (24 février 1933) une étude de IIeglën est consacrée à la spirochétose ictéro hémorragique, considérée comme maladie professionnelle pour les éclu-siers qui se trouvent en contact avec des rats contaminés par le spirochite (dans la proportion de 10 °/0 aux écluses de la région de Hambourg).
- Les Archives de Neurobiologie (rédacteur en chef : J. Germain) publient l’importante communication de Ch. S. Myers, sur les récentes démonstrations de la valeur de l’O. P., et une intéressante étude de José Salas, relative à la classification des réponses dans le psychodiagnostic de Rorschach (T. XIII, n° 1), et, en outre la -conférence du psychiatre G. R. Lafora, à l’Institut psychotechnique de Madrid, sur les méthodes de sélection des infirmiers d’asile, et, l’organisation du travail dans un service psychiatrique.
- Le n° 7 (volume 30, juillet 1933) du Psgchological Bulletin, consacré à la psychologie pédagogique renferme une série de revues sur les tests : Tests de caractère et de personnalité (Goodwin Wat-son, 189 références) ; lests d’intelligence (Rudolf Pintner, 237 références) ; tests pédagogiques (Vernon Jones et Claude Neet, 173 références). En outre L. R. Iyinney et A. C. Enricii, consacrent une revue critique (appuyée de 77 travaux) à la question de l’emploi de la méthode « vrai ou faux » dans les tests, apportant une série de conclusions personnelles.
- Dans le dernier numéro de la Prophylaxie mentale (n° 36, 1933), les trois articles publiés sont à signaler : E. Toulouse : Conflits sociaux et adaptation mentale. J. Roubinovitcii : L’adolescence (aperçus physiologique et psychologique à l’image des éducateurs). A. Courtois, Crise économique et Psychopathie.
- Les Annales de l'Enfance de mai 1933 publient le résumé de la Conférence de M. Fontègne, au groupe français d’Education nouvelle : L’orientation professionnelle de notre jeunesse.
- La question du strabisme comme contre-indication à la délivrance du permis de conduire a fait l’objet de deux études du périodique argentin Semana Medica (1er et 8 décembre 1932), des Drs Mastro-nardi et Noceti et du Dr Mânes.
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- Dans le Scalpel, revue médicale belge (du 22 avril 1933, p. 565-579) l’ophtialmologiste Weekers consacre une étude aux écoles spécialisées pour amblyopes, du type de celle de Strasbourg (la seule existant en France), avec adaptation de l’enseignement et de la préparation professionnelle pour les enfants à très mauvaise vue (avec accuité maxima de 0,2 à 0,4, ou myopie extrême progressive).
- Le Bulletin du Comité de Patronage d’apprentis et de VOffice d'O. P. du XVe (n° 33), donne le texte d’un tract qui vient d’être publié par l’Union des Comités de Patronage d’apprentis et d’Orien-tation professionnelle de la Seine, dans lequel de larges emprunts sont faits aux conférences de M. Luc.
- E. Seeman et R. Saudek ont publié dans le n° 4 de Character and Personality (Juin 1933), une fort intéressante étude (dont la suite doit paraître ultérieurement) sur l’écriture de 13 couples de jumeaux identiques et élevés séparément. L’article en question (ne concernant d’ailleurs que deux de ces couples) contient des documents concernant leurs conditions de vie, les signalements physiques, les photos et les fac-similé des sujets étudiés.
- Dans ce même numéro G.-L. Allport, auteur des questionnaires connus, publie un article sur les méthodes expérimentales dont doit se servir l’étude de la personnalité.
- Signalons enfin ; toujours dans cette même revue, un article de A. Adler, sur les rapports entre la psychologie individuelle et la psychologie expérimentale.
- On trouvera dans le numéro de mai-juin de 1933 de la Revue de l’Orientation Intellectuelle, quelques renseignements sur les emplois dans les grandes administrations.
- Le Bulletin de l’O.ffice d’O. P. de Marseille donne, sous le titre « A quoi mène le lycée ? » (juin 1933) quelques renseignements utiles sur les carrières libérales. On y trouvera également une petite monographie des professions commerciales.
- Les carrières de l’horticulture. — Le numéro de mai de VOrien-tation pimfessionnelle en donne un aperçu.
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- Le n° 46 (mars 1933) de Y Apprentissage et VO. P. publie quelques données sur l’Ecole des Métiers de la restauration et de l’Hôtellerie, sur l’enseignement de la Chambre syndicale de la Menuiserie et sur l’Ecole professionnelle de la Boulangerie.
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- Le Bulletin de VOffice d’O. P. de Moulins, publie une série de courtes monographies professionnelles. Le n° 2 (de juin) parle du métier de compositeur-typographe et de ceux de tailleur et de lin-gère.
- Nous relevons dans le n° 2 (avril-juin 1933) du Bulletin de l’Association générale des orienteurs de France, le résumé de quelques chapitres d’un ouvrage en préparation de G. BouDounESQUE sur l’organisation de l’O. P. dans les Ecoles publiques de Marseille.
- Tests pour les dentistes. — Dans le n° 4 (déc. 1932, févr. 1933) de The Psgchological Clinic, a paru une étude de R. S. Schultz, sur le rapport entre l’intelligence générale, l’adaptation motrice et l’apprentissage moteur d’une part et le succès scolaire aux cours dentaires techniques de l’autre. Il s’agit tout particulièrement du test de labyrinthe à deux étages de Miles qui s’est montré un bon moyen de pronostic du succès scolaire.
- Dans cette même revue, K.-B. Wiiite publie les résultats d’une étude clinique de 26 couples de jumeaux auxquels on a fait subir des tests de Binet-Stanford et de Kuhlmann-Anderson.
- Le Dr G. Banu publie dans le n° 8 (août 1933) de la Revista de Igiena Sociala (de Bucarest) un article sur la rationalisation et sur quelques mesures de sécurité du travail.
- Dans ce même numéro A. Manoil parle de la psychologie, de l’éducation et de l’O. P. des aveugles.
- Dans le n° 7-8 (Juillet-Août) 1933 de Berufsberasung und Be-rufsbildung, consacré à l’étude des services des chemins de fer fédéraux, on trouvera des renseignements utiles sur les condition de travail et les diverses carrières qu’offrent les administrations de voies ferrées.
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- Le n° 14 (15 mai 1933) de la Reichsarbeitsblatt donne un compte rendu des trente ans d’activité du Musée allemand de la protection de travail.
- Nous relevons dans le n° 15 (25 mai 1933) un compte rendu de l’activité des centres publics d’O. P. en Allemagne en 1931-1932, de même qu’une statistique officielle des causes des accidents de travail en 1931.
- School and Society, publie dans son numéro 952 (25 mars 1933) une bibliographie détaillée des éditions pédagogiques américaines parues dans le courant de l’année 1932. Elle contient entre autres les rubriques suivantes : histoire, principes et philosophie de l’éducation, études du caractère de l’enfant psychologie pédagogique, tests et mesures dans l’éducation, enfants exceptionnels, enseignement professionnel et industriel, etc.
- H.-A. Carroll, publie dans le n° 954 (8 avril 1933) les résultats d’une recherche faite sur 1.400 élèves (700 garçons et 700 filles) des écoles et collèges sur les différences entre les deux sexes dans l’appréciation littéraire. L’auteur s’est servi de son propre test, « Carroll Prose Appréciation Test », dont il a publié, le texte dans la collection de « Education Test Bureau », Minneapolis, 1932.
- Il résulte de son étude que la variabilité est la même chez les garçons et chez les filles, mais que les filles sont nettement supérieures aux garçons en ce qui concerne leur aptitude à la critique littéraire.
- Dans le numéro suivant C. E. Seashore parle de l’encombrement des écoles supérieures aux Etats-Unis.
- La législation fédérale des Etats-Unis, relative au travailles mineurs fait l’objet d’un rapport de E. P. Schmidt dans le n° 967 (8 juillet 1933) de School and Society.
- W. Wolcott, étudie dans cette même revue les gains dans les notes du test d’intelligence de Thorndike, constatés chez les étudiants de « Mills Collège » qui ont été examinés à l'entrée et à la sortie du Collège.
- D.-H. Kulp, donne dans le n° 970 (29 juillet 1933), un compte rendu de quelques résultats de T application des tests hebdomadaires pour les étudiantes de « Teachers Collège » de; Columbia Uni-versity.
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- The Educationa Record publie dans son n° 2 (avril 1933) un compte-rendu statistique, fait par L.-L. et Th.-G. Thurstone, des tests appliqués dans les écoles des Etats-Unis en 1932.
- A signaler, dans le même numéro, une monographie des tests de connaissances pour les sciences sociales par E.-F. Lindquis't et. II.-R. Anderson.
- Le n° 8 (avril 1933) de The journal of Educational Sociologij est entièrement consacré au problème de l'éducation de jeunes délinquants. A signaler un article de M. Bell sur la collaboration entre l’école et le tribunal pour mineurs, un rapport de Isabelle Dolton, sur l’Ecole Montefiori à Chicago, une étude sur le rôle préventif de l’Ecole et sur le rôle des professeurs dans la rééducation des enfants mal adaptés par E.-M. Everett, etc.
- Signalons, dans la nouvelle revue catalane, Revista de Psicolo-gia i Pedagogia, publiée par l’Institut Psychotechnique de Barcelone et le Séminaire Pédagogique de l’Université (n° I, févr. 1933) une étude de C. de Inza, sur la psychotechnique aux chemins de fer et un article de C. Cardenal et A. Granada, sur l’efficacité du conseiller d’orientation (Ces deux auteurs rapportent notamment les expériences faites à l’Institut Psychologique Catalan en 1922 et 1924).
- K. Gaebel publie dans le n° 5 (10 mars 1933) dè Arbeit und Be-ruf, quelques considérations générales sur le choix professionnel de jeunes filles bien douées au point de vue verbal, pédagogique et artistique.
- Technische Erziehung (organe du Comité allemand pour l’Enseignement technique) publie' dans Te n° 2, de février 1933 (et les suivants) une étude de N. Ïvellner sur l’évaluation des travaux d’atelier des apprentis d’après la qualité et d’après le temps.
- Intoxicatioii professionnelle par Vacide sulfhydrique. — W. Ho-iïeisel et D. Kremer publient à ce sujet un article dans le n° 8 (15 mars 1933) de Reichsarbeitsblatt.
- Dans ce même numéro, Dr Koelsch rapporte les résultats d’une recherche rœntgenolôgique faite sur les ouvriers travaillant le graphite et H. Sauerteig y parle des lunettes préventives pour les travailleurs du fer et de l’acier.
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- La protection de VEnfant à travers les âges. — Les Dr A. Lesage et J. Huber, publient sous ce titre une série d’études dans la Revue Philanthropique. Celle du n° 429 (15 mai 1933) porte sur les réformes introduites par la Révolution Française.
- Les numéros 20 et 21 (19 et 26 mai 1933) de La Gazette des Métiers, sont entièrement consacrés aux questions relatives à la 28e Exposition régionale de Travaux d’Artisans de Strasbourg.
- Le n° 28 (14 juillet 1933), rend compte du Congrès national de l’Union des Artisans français qui s’est tenu à Grenoble en juin dernier.
- INFORMATIONS
- Le Travail humain, édité par J. M. Lahy et IL Laugier (secrétaire de rédaction : R. Ronnardel) en est arrivé le 1er septembre 1933 à son troisième numéro. En dehors des revues générales et de nombreuses analyses, d’importants mémoires ont été publiés.
- Dans le n° 2 : J. M. Lahy : Un test d'intelligence logique. — M. et Mme A. Fessard et H. Laugier : L’accélération cardiaque d’effort et son développement avec l’âge.
- Dans le n° 3 : G. Mayerhofer (de Prague) : Recherches psychotechniques concernant l’effet de l’alcool sur le comportement des conducteurs d’automobiles. — R. Faillie, W. Liberson et IL Viai de Sachy : Recherches biologiques sur la normalisation des fourches à ballast.
- Signalons encore d’intéressantes notes de S. Korngold (constance des sujets dans les efforts moteurs), de A. Rudéanu (temps de réaction visuels en fonction de quelques contrastes), Liberson et Marquès (Entraînement et réflexes conditionnés), Ronnardel et Culmann (Enregistrement optique), B. Biegeleisen (Enquête sur l’état mental des candidats aux carrières libérales), Lahy (Test d’attention à réactions manurelles), J. Wojciechowski (Nouveau dynamographe).
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- Le Congrès pour la protection de l’enfance
- Du 4 au 9 juillet s’est tenu à Paris le Congrès international pour la protection de l’enfance.
- A la 3e setion, sur le thème proposé : Surveillance du dévelop-
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- pement physique de Venfant à la période scolaire (2-14 ans) ; le rapporteur, M. Dufestel, médecin scolaire, a précisé des règles d’hygiène, et réclamé la surveillance des organes sensoriels ainsi que le dépistage et l’étude des anomalies intellectuelles et nerveuses. Le thème de la 4e section — surveillance du développement physique de l’adolescent — avait fait l’objet d’un rapport de MM. Chailley Bert, Jeudon et Richard, et M. Paul-Boncour, a indiqué dans le rapport de la 5e section — moyens pratiques d’apprendre un métier aux anormaux psychiques et d’en favoriser l’exercice — le rôle thérapeutique important de la formation professionnelle des anormaux.
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- Bureau de statistique humaine
- M. de Monzie, dans le discours qu’il a prononcé à Albi au Congrès national des anciens élèves des écoles primaires supérieures, a annoncé la prochaine création d’un bureau de statistique humaine permettant de fournir à tous les jeunes gens les renseignements qui peuvent être utiles à leur orientation, suivant le vœu très légitime d’E. Ilerriot.
- La direction de ce bureau sera assurée par M. Edmond Labbé.
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- Direction de VEnseignement technique
- M. Luc a été nommé directeur général de l’enseignement technique en remplacement de M. Labbé, admis à la retraite sur son insistance et nommé conseiller à vie du Ministère.
- M. Ragey a été nommé directeur adjoint.
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- Direction de l'Enseignement de la Seine
- M. Leconte, ayant été nommé inspecteur général de l’enseignement secondaire et M. Boncher, inspecteur général de l’enseignement primaire, ont quitté la direction de l’enseignement de la Seine. C’est M. Masbau, inspecteur d’Académie à Marseille, qui est nommé directeur. Nul doute qu’il s’intéresse tout spécialement à l’organisation de l’O. P. à Paris.
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- Parmi les thèses de médecine soutenues à Paris en juillet 1933, l’une était consacrée à Y Orientation professionnelle (moyen pratique d’application) par le Dr Bleiweiss.
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- Commission supérieure des maladies professionnelles
- Par décret du 31 mai 1933, ont été nommés ou maintenus membres de la commission supérieure des maladies professionnelles, pour une période de quatre années à compter du 25 avril 1933 :
- Le professeur Ballhazard, MM. Biot, Bothereau, Capitant, Dubois, le professeur Etienne-Martin, MM. Florentin, Gounod, Guyard et le docteur Netter.
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- Fondation d'une Ecole normale d’éducation physique rattachée à VEnseignement technique.
- Par décret en date du 23 juin 1933, le cours de perfectionnement annexé à l’institut d’éducation physique de l’université de Paris prend le nom d’école normale d’éducation physique. Elle est gratuite.
- Cette école est destinée à former des professeurs d’éducation physique pour les établissements d’enseignement public du deuxième degré (lycées, collèges, cours secondaires, écoles normales d’instituteurs et d’institutrices, écoles primaires supérieures et écoles techniques).
- Les élèves sont recrutés au concours.
- La durée des études à l’école normale d’éducation physique est de deux ans.
- L’enseignement comprend : 1° des études théoriques ; Education physique et éducation sportive ; Pédagogie générale et pédagogie de l’éducation physique ; Psychologie physiologique ; Physiologie et questions de physique et chimie relatives à la physiologie ; Anatomie ; Hygiène ; Langue et littérature françaises, histoire de la civilisation.
- 2° Etudes techniques et pratiques : Etude comparée des principales méthodes d’éducation physique ; Eludes des principales techniques sportives.
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- Le 2e Congrès international d’orientation professionnelle appliquée au choix des carrières et métiers, organisé par M. Félicien Court, secrétaire général, s’est tenu à Saint-Sébastien du 26 au 28 septembre 1933. Les trois questions examinées ont été les suivantes : Organisation matérielle d’un Office d’O. P. Les méthodes en O. P. (que doit contenir le dossier d’un enfant ? Quels essais ont été tentés, en ce qui concerne les tests, par les praticiens de
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- FO. P. et quels résultats ont-ils obtenus ? ‘La monographie professionnelle à l’usage des enfants). Comment « suivre » l'enfant après son entrée en apprentissage ! Nous rendrons compte ultérieurement des travaux du Congrès.
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- La Vie de l’Institut National d’O. P.
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- La cinquième année d’enseignement de l’I. N. O. P. s’est terminée par la session d’examens de juin.
- Il y eut cette année, comme l’année précédente, 19 élèves inscrits ; sur ce nombre, 15 ont été reçus, deux candidats avaient été refusés à l’écrit et deux à l’épreuve pratique.
- Un candidat a eu celle année la mention très bien ; il y eut cinq mentions bien (moyenne générale au moins égale à 14 sur 20) et trois mentions assez bien (moyenne générale au moins égale à 12 sur 20).
- Il y avait, sur les 19 inscrits, 8 femmes et 11 hommes ; 12 Français et 7 étrangers (un Polonais, un Suisse, un Hongrois, un Arménien, un Russe, un citoyen Soviétique, un Syrien).
- Voici les noms des élèves diplômés dans l’ordre déterminé par le nombre de points obtenus :
- 1° M,le Chmielnitski (mention très bien) ; 2° Mme Roche (mention bien) ; 3° MUe de Sercey (mention bien) ; 4° Mme Sadoul (mention bien) ; 5° M. Sinoir (mention bien) ; 6° M. Bejarano (mention bien) ; 7° Mlle Ledan (mention assez bien) ; 8° Mlle Pruschy (mention assez bien) ; 9° M. Merei (mention assez bien) ; 10° AI. Kueny (mention passable); 11° M. Montifroy (mention passable); 12° M. Coloni (mention passable) ; 13° AI. Yazmadjian (mention passable) ; 14° AI. Grawitz (mention passable) ; 15° AFe Stoliaroff (mention passable).
- L’écrit comprenait trois épreuves !
- 1° Epreuve de Psychologie-Pédologie, à choisir parmi les trois sujets suivants :
- 1er sujet (M. Wallon) : « Ayant besoin de renseignements très détaillés sur le caractère d’un enfant, établissez un questionnaire à l’usage de sa famille et de ses maîtres ».
- 2e sujet (M. Fessard) : « Quels sont les tests que vous connaissez pour mesurer la rapidité et la précision des diverses formes du mouvement volontaire ? »
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- 3e sujet (Mlle Weinberg) : « Indiquez les conditions auxquelles doit satisfaire un bon test, en particulier un bon test d’aptitude. »
- 2° Epreuve d’économie politique, d’organisation, de sélection, à choisir parmi les trois sujets suivants :
- 1er sujet (M. Fontègne) : « Etablissez le « Calendrier » du Conseiller d’Orientation professionnelle. On suppose que toutes les opérations seront terminées fin juillet. »
- 2e sujet (M. Noyelle) ; « Les Crises économiques et la réduction du temps du Travail. »
- 3e sujet (M. Lahy) : « L’Office d’O. P. dont vous allez avoir la direction ne vous accorde pas de crédits pour la construction d’appareils de Laboratoire. Mais il autorise toutes les dépenses que vous jugerez nécessaires pour les achats de papier et les frais d’impression.
- Abandonnerez-vous la méthode des tests en O. P. ? Si non, quelles épreuves organiserez-vous ? Indiquez, le cas échéant, l’intérêt de chacune d’elles et leurs rapports avec les autres sources d’information sur la psychologie de l’enfant, auxquelles l’Orienteur peut avoir recours. »
- 3° Epreuve de Physiologie, Psychiatrie, Pathologie mentale, à choisir parmi les trois sujets suivants :
- 1er sujet (M. Laugier) : « Les mesures respiratoires et leur application à l’O. P. »
- 2e sujet (M. Paul-Boncour), (Pathologie) : « Les troubles de la croissance corporelle et les contre-indications qui en résultent. »
- 3e sujet (M. Paul-Boncour), (Psychiatrie) : « Comment réaliser la formation professionnelle des débiles mentaux. »
- II
- Quinzaine d’orientation professionnelle
- La quinzaine qui a duré du lundi .16 octobre au samedi 28 octcn bre comprenait le programme suivant :
- COURS PUBLICS
- Lundi 16, 10 h., M. Luc, Leçon d’ouverture : Le problème de l’O .P.
- 18 h., M. Luc, La philosophie de l’O. P. (suite). L’O. P. et l’individu. Mardi 17, 9 h., M. Luc, La Philosophie de l’O. P. (suite) L’O. P. et la Société.
- 10 h. 30, M. Wallon, Les problèmes que pose la question du caractère en O. P. Les facteurs biologiques.
- 18 h., M. Luc, La philosophie de l’O. P. L’O. P. et les familles. Mercredi 18, 9 h., M. Laugier, Les bases physiologiques de l’O. P.
- 10 h. 30, M. Wallon, Les problèmes que pose la question du caractère en O. P. Les facteurs psycho-sociologiques.
- 18 h., M. Paul-Boncour, Les bases médicales de l’O. P. Lie rôle du médecin en O. P.
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- Jeudi 19, 9 h., M. Paul-Boncour, Les bases médicales de l'O. P. Les problèmes que pose la question des maladies des voies respiratoires et de la circulation.
- 10 h. 30, M. Wallon, Les problèmes que pose la question du caractère en O. P. (lin). Les types.
- 18 h., M. Paul-Boncour, Les bases psychiatriques de l’O. P.
- Vendredi 20, 9 h., M. Paul-Boncour, Les bases psychiatriques de l’O. P. (fin). 10 h. 30, M. Piéron, Les bases psychologiques de l’O. P.
- 18 h., \I. Paul-Boncour, L’O. P. des anormaux. 1. Epileptiques.
- Samedi 21, 9 h., M. Paul-Boncour, L’O. P. des anormaux. II.
- 10 h. 30, M. Piéron, Les bases psychologiques de l’O. P. (suite).
- 18 h., M. Piéron, Les bases psychologiques de l’O. P. (suite).
- Lundi 23, 9 h., M. Piéron, Les bases psychologiques de l’O1. P. (suite).
- 10 h. 30, M. Fontègne, L’O. P. pratique des anormaux. III.
- 18 h., M. Piéron, Les bases psychologiques de l’O. P. (fin).
- Mardi 24, 9 h., M. Fontègne, L’Ecole et l’O. P. : La préorientation professionnelle.
- 10 h. 30, M. Fessard, Application des méthodes statistiques à l’O. P. 18 h., M. Fontègne, L’Ecole cl l’O. P. (fin).
- Mercredi 25, 9 h., M. Oualid, L’Aspect économique du problème de l’O. P. (I). 10 h. 30, M. Larcher, L'organisation administrative des offices d’O. P. 18 h., M. Oualid, L’Aspect économique du problème de l’O. P. (II). Jeudi 2ü, 9 h., M. Noyclle, L’aspect économique du problème de l’O. P. (III). L’économie orientée.
- 10 h. 30, M. Fontègne, La pratique de l’O. P. : L’organisation matérielle d’un office d’O. P. (I.).
- 18 h., M. Larcher, L’Organisation administrative des offices d’O. P. (fin). Vendredi 27, 9 h., M. Lahy, La pratique de l’O. P. (IL).
- 10 h. 30, M. Fontègne, La pratique de l’O. P. : Entretiens avec reniant et les parents (III).
- 18 h., M. Lahy, La pratique de l’O. P. (IV).
- Samedi 28, 9 h., M. Lomont, La pratique de l’O. P. par les ateliers-écoles (V). 10 h. 30, M. Fontègne, La pratique de l’O. P. : Exemples (VI).
- 14 h., M. Luc, Leçon de clôture.
- Travaux pratiques
- Lundi 10, mardi 17, mercredi 18, jeudi 19 : 14 lu, Travaux de psychologie au laboratoire de la Sorbonne.
- Vendredi 20 : 14 lu, Exercices pratiques de tests collectifs au laboratoire do la Sorbonne.
- Samedi 21 : Séance de discussion (C. Veil) à TI. N. O. P.
- Lundi 23, mardi 24, mercredi 25, jeudi 20 : 14 lu, Travaux pratiques de physiologie au Conservatoire national des arts et métiers.
- Vendredi 27 : Séance de discussion (M. François) à l’I. N. O. P.
- III
- ENSEIGNEMENT POUR LA PRÉPARATION AU DIPLOME DE CONSEILLER D’ORIENTATION
- (Année scolaire 1932-1933)
- Diplôme. — L’Institut décerne un diplôme de conseiller d'orientation aux élèves régulièrement inscrits ayant suivi avec assiduité,
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- pendant un an, les enseignements théoriques et pratiques organisés pour la préparation de ce diplôme, fait un stage dans des offices d’orientation désignés à cet effet, et subi avec succès les épreuves de fin d’année..
- Il pourra en outre être décerné un diplôme supérieur d’orien-lation dont les conditions d’obtention seront ultérieurement fixées.
- Inscriptions. — Pour être inscrit comme élève de l'Institut, il faut présenter une demande écrite, sur papier libre, accompagnée d’un extrait de l’acte de naissance, et une notice sur les études déjà faites et les diplômes obtenus. Le registre d’inscription est ouvert au secrétariat pendant le mois d’octobre. L’admission est prononcée par le Conseil fie direction et est justifiée par l’octroi d’une carte d’inscription. Le nombre des inscriptions est limité.
- Pour s’inscrire à l’examen, il faut présenter une demande écrile, appuyée de certificats d’assiduité aux travaux pratiques délivrés par les chefs de travaux, et fournir un rapport de stage. L’admission aux épreuves est prononcée par le conseil directeur, après vérification de l’assiduité aux cours sur les registres de présence. Sur justifications spéciales, des dispenses d’assiduité peuvent être accordées. En particulier, les médecins peuvent être dispensés de certains cours et travaux pratiques ; les directeurs d’office d’orientation peuvent être dispensés de stage, etc.
- Droits d’inscription et cVexnmCn, dispenses. —• Le droit d’inscription (donnant droit aux cours et aux travaux pratiques) est fixé à 150 francs, qui doivent être versés au moment de la délivrance de la carte.
- Le droit d’examen est fixé à 150 francs, versés au moment de l’inscription pour l’examen, dont 100 francs requis pour la signature ministérielle et pour lesquels il ne peut être accordé de dispenses.
- Toutefois, seront dispensés des autres droits :
- 1° Les membres de l’enseignement public ;
- 2° Les membres des offices d’orientation professionnelle ;
- 3° Les boursiers des départements et des villes ;
- 4° Les étudiants et travailleurs spéciaux qui, ayant présenté une demande justifiée, auront la dispense accordée par le Conseil directeur.
- Examen. — Une session d’examen pour l’obtention du diplôme a lieu tous les ans entre le 15 juin et le 14 juillet, à une date fixée par le Conseil directeur. Les épreuves consistent, :
- 1° En trois compositions écrites d’une durée de deux heures chacune et portant sur :
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- a) La physiologie el la pathologie (générale el psychiatrique).
- b) La psychologie.
- c) L’organisation de l’orientation et les sciences économiques.
- 2° En trois épreuves pratiques, d’une durée de deux heures chacune et relatives :
- a) A l’examen physiologique.
- b) A l’examen psychologique.
- c) A la technique de l’orientation.
- 3° En cinq interrogations orales portant sur :
- a) La physiologie et la pathologie (générale el psychiatrique).
- h) La psychologie.
- c) L’orientation et les sciences économiques.
- d) Lia pédagogie.
- e) La technique des métiers.
- Nota. — Lorsque la composition écrite sera exclusivement consacrée à la physiologie, l’interrogation orale portera exclusivement sur la pathologie et inversement. De même, lorsque la composition écrite sera exclusivement consacrée à l’organisation, l’interrogation orale portera exclusivement sur les sciences économiques et inversement.
- Les épreuves écrites sont cotées de 0 à 20. Un total de 30 points est nécessaire pour être admissible aux épreuves pratiques. Les épreuves pratiques sont également cotées de 0 à 20, el un total de 30 points est nécessaire pour être admissible aux épreuves orales. Les interrogations orales sont cotées de 0 à 10.
- Pour être définitivement admis, il faut un minimum total de 85 points. La mention assez bien est accordée aux candidats dont le total des points atteint 102 (moyenne de 12 sur 20) ; la mention assez bien est accordée aux candidats dont le total des points atteint 119 (moyenne de 14 sur 20) ; et la mention très bien à ceux dont le total atteint 136 (moyenne de 16 sur 20).
- La mention figure sur le diplôme décerné aux candidats admis.
- Le bénéfice des admissibilités (première ou deuxième admissibilité) acquises à une session d’examen, pourra être conservé à la session suivante.
- Programme
- Pour le programme détaillé des cours, consulter le Bulletin de l’Institut National d’Orientation professionnelle (lre année), n° 8, octobre 1929, pages 207 et suivantes et 4e année, n° 8, octobre 1932, p. 219 et suivantes.
- Pour l’organisation pratique de l'orientation et pour les conférences complémentaires de M. Luc, consulter le Bulletin de Vins-
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- ittut National d’Orientation professionnelle (20e année), n° 8, octobre 1930, pages 202 et 203.
- I. — Physiologie
- (M. L augier, prof., MUe C. VeU, chargée du cours)
- 20 leçons faites au Conservatoire national des Arts et Métiers, 292, rue Saint-Martin.
- Conservatoire des arts et métiers. — M. Laugier, professeur, fera cette année les mercredis et samedis soirs, à 21 heures, amphithéâtre A, un cours sur les fonctions physiologiques élémentaires (12 leçons), Physiologie du travail (quatorze leçons) et l’Orientation Professionnelle (quatorze leçons) (lre leçon au début de novembre, consulter les affiches).
- Ce cours, sans faire partie dos cours obligatoires de l’Institut national d’orientation professionnelle, peut servir de complément utile aux élèves et anciens élèves de l’Institut. En particulier les Grilles d’orientation professionnelle, récemment établies par le laboratoire de physiologie du travail, pour les déficiences physiques, y seront examinées et dépouillées d’une façon critique.
- D’autre part, des travaux pratiques auront lieu au Conservatoire le dimanche matin, à partir du 23 octobre. Ces travaux pratiques portent sur la biométrie humaine ; ils seront complets en deux ans. Les élèves et anciens élèves de l’Institut peuvent y être admis pour y perfectionner leurs connaissances techniques.
- Horaire des cours et travaux pratiques
- La séance d’ouverture aura lieu le mercredi 8 novembre, à 17 heures, à l’Institut, 41, rue Gay-Lussac.
- Lundi, 18 heures, 13 novembre au 29 janvier : Pédologie, 10 leçons ; du 5 février au 3 mars : Technique des métiers, 8 leçons.
- Mercredi, 18 heures : du 15 novembre au 23 mai : Psychologie, 25 leçons.
- Jeudi, 14 heures, du 16 novembre au 26 avril : Organisation, 20 leçons ; du 3 mai au 31 mai : Sélection et Orientation, 5 leçons.
- Vendredi, 18 heures, du 17 novembre au 20 avril : Economie Politique, 20 leçons ; du 27 avril au 1er juin : Psychiâtrie, 4 leçons.
- Samedi, 18 heures, du 18 novembre au 2 avril : Physiologie, 20 leçons (au Conservatoire des Arts cl Métiers) ; du 28 avril au 19 mai : Pathologie, 6 leçons.
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- Travaux pratiques et exercices d’application
- Jeudi, de 0 h. 30 à 11 h. 30, à partir du 16 novembre : Psychologie : M. François, chef des travaux (Laboratoire de psychologie de la Sorbonne).
- Mardi, 17 heures, à partir du 14 novembre : Physiologie : Mlle C. Veil, chef des travaux (Laboratoire de physiologie du Conservatoire des Arts et Métiers).
- Mardi, 14 h. 30, en mai : Technique des tesls scolaires : Mme Henri Pieron, chef des travaux (dans une école communale de jeunes filles).
- Jeudi, à 15 heures, après le cours d’organisation, présentation avec commentaires de Films de métiers, au nombre de 20 environ ; du 3 au 24 mai, technique des lests scolaires : Mn,e Henri Pieron, chef des travaux (Laboratoire de psychologie de la Sorbonne, à 16 heures).
- Exercices pratiques d’orientation et stage
- Des séances d’examen d’enfants et de pratique d’orientation seront organisées sous la direction de M. Fontègne avec la collaboration de M. Anfroy, ancien directeur d’école de la ville de Paris, ainsi que des séances de bibliographie sous la direction de M. Fontègne.
- Les jours et heures de ces séances, organisées par petits groupes d’élèves, seront fixés en accord avec les élèves intéressés. .
- • *
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- La Vie de l’Association des anciens élèves
- Par suite d’un concours fâcheux de circonstances, les comptes rendus de la conférence du Dr Jeudon, du Conseil directeur du 2 juin, etc., n’ont pu paraître aux précédents bulletins. Vous trouverez ci-dessous une récapitulation de l’activité de l’Associalion durant ces derniers mois.
- Conférence du Dr Jeudon
- Le problème médical de l’Orientation
- C’est devant un auditoire attentif constitué surtout par d’anciens et d’actuels élèves de l’Institut national d’O. P., et par des médecins, que le Dr Jeudon expose ce problème.
- Le médecin d’orientation professionnelle, dit-il, doit rester dans son rôle de physiologiste, de biologiste, et non être un médecin traitant
- Il n’a pas un rôle de dictateur mais d’orienteur et de conseiller.
- Il contribue à l’établissement de la fiche médico-physiologique, ou selon une autre expression, du carnet de santé. 11 doit être pru-
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- dent dans les contre-indications qu’il indique, tant que trente ou quarante années d’expérience ne se seront pas écoulées. Certaines contre-indications sont définitives : syndromes rénaux ou cardiaques. D’autres sont passagères.
- Le spécialiste a un rôle important à jouer, notamment pour les organes des sens. T.a question de la peau, non négligeable, n’a pas été assez étudiée, spécialement la pigmentation.
- Mais la partie biologique — ou biométrique — ou biotypologique est primordiale: L’enfant se comporte différemment de l’adulte. Les proportions du corps sont différentes. Exemple: la tête, le bras et l’avant-bras. 11 existe une « personnalité » de l’enfant du point de vue physiologique comme du point de vue intellectuel. Le rôle de la peau est grand pour les échanges gazeux et caloriques. L’enfant respire plus vite, le pouls bat plus vite, il se refroidit plus vite, il se nourrit davantage (loi des surfaces). Grâce aux mensurations on voit s’il se développe selon la normale. Le type biologique a une influence sur l’avenir du sujet.
- Le conférencier insiste sur l’importance du sens musculaire dont l’examen devient de plus en plus indispensable pour le choix d’un métier.
- Il existe un moi musculaire, une personnalité physique. Cette fonction motrice évolue sous la direction du système nerveux central. On l’étudie chez les arriérés dans ses anomalies (sens musculaire).
- Les synergies fonctionnelles sont comparables aux associations d’idées. 11 y a une habitude musculaire, une mémoire musculaire, et le rendement est mauvais s’il y a dispersion de l’attention.
- Le sens musculaire est fait de trois notions.
- a) Notion de position. — Il existe un test de position, qui sert aussi de test de fatigue et de contrôle des méthodes. L’orateur en donne la technique.
- b) Notion de résistance (articulaire et tendineuse). — Il existe également des test appropriés. La force n’est pas en contradiction avec le sens musculaire.
- c) Notion d'équilibre. — Liée à la question du vertige, si utile à étudier pour les aviateurs et les professions du bâtiment ; des tests le permettent.
- L’éducation du geste influe sur le rendement dans le métier.
- Il s’agit d’obtenir le maximum de rendement avec le minimum de fatigue.
- On est conduit à l'élude de la fatigue. 11 existe une différence entre le muscle en expérience et l’individu vivant. Le travail musculaire est une sorte de respiration des tissus. L’absorption de sucre augmente la tonicité du muscle, mais la proportion du sucre dans le sang reste à peu près la même, il existe un seuil qu’on ne peut dépasser.
- 11 faut doser l’exercice et le repos. Il est une science de repos comme il est une science de travail.
- EL le Dr Jeudon conclut : « La biophysiologie expérimentale est donc plus rapprochée de l’O. P. que de la médecine proprement dite ; les examens biophysiologiques sont comparables aux examens psychologiques : la cellule vivante est une et indivisible ; en physiologie, comme en psychologie ou en médecine, ce sont toujours les mêmes grandes lois et les mêmes principes que l’on retrouve. »
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- Conseil directeur du 2 juin. — Etaient présents : Mlles Biscaye, Mamelle, Mme Favre, MM. Metge, Pivert, Beaume.
- Conférence Jeudon. — Pivert s’excuse de n’avoir pu y assister. Cette conférence intéressante suscite pourtant des critiques de quelques membres du conseil : l’orateur n’a pas suffisamment traité le côté pratique du rôle de médecin ; certains voient la nécessité de deux fiches, l’une très complète restant entre les mains du médecin, l’autre succincte destinée à l’orienteur. 11 y a enfin le cas difficile des anormaux !
- Conférence sur la famille et VO. P. — Elle sera organisée avec le concours de la Ligue de l’enseignement dont on escompte l’acceptation. Beaume écrira à Dyard sur ce sujet, et verra si besoin est M .Luc. La présidence sera offerte à M. Brenier, ancien sénateur, vice-président de la Ligue.
- Contre-projet Jolij. — Pivert chargé par le Syndicat national des instituteurs d’établir la partie du contre-projet relative à l’organisation de l’O. P. à Paris demande qu’une séance de travail ait lieu à ce sujet. Cette proposition est acceptée et la date du 7 juillet est retenue pour cela.
- D’autre part, Beaume est chargé d’écrire au Dr Perret à Lyon pour avoir dés renseignements' sur le fonctionnement de l’Office d’O. P. à Lyon.
- Il est décidé d’offrir un apéritif aux élèves de la promotion sortante, le jeudi 22, à la Closerie des Lilas, et de les inviter au banquet d’été qui aura lieu le vendredi 30, à la Faisanderie, comme les années précédentes.
- Cet apéritif et le banquet ont eu le succès attendu, et plusieurs adhésions ont été enregistrées.
- Séance du travail du 7 juillet. — Nouvelle élude critique du projet Contenot. Il s’agit d’un échange de vues pour l’établissement d’un contre-projet s’il y a lieu. La seule composition française prévue est insuffisante, plusieurs seront nécessaires, données et corrigées de préférence par l’orienteur.
- La notice scolaire doit être courte et simple, mais ce sera plutôt une fiche (ou carnet, ou livret) pour toute la scolarité, et remplie par les instituteurs plutôt que par le directeur.
- Pour la fiche médicale, demander une organisation plus complète de l’inspection médicale.
- Quant à la mentalité, à l’ambiance professionnelle, ce n’est que plus tard qu’elle apparaîtra, de 15 à 18 ans.
- Pas de classes de pré-apprentissage, ni de pré-orientation ; les cours complémentaires sont à réformer.
- L’organisation de l’O. P. est utile surtout dans les arrondissements les plus peuplés, les plus « ouvriers ».
- A ajouter (au projet Contenot) la fiche sociale, et les tests.
- Les orienteurs seront d’anciens élèves de l’I. N. O. P. et à défaut, des instituteurs et des orienteurs déjà en emploi.
- Situation à leur faire : Inspecteur de travail. — Professeur d’école pratique. Finalement il est admis que les conseillers d’Orientation pourraient être assimilés aux rédacteurs de la préfecture de la Seine.
- Le secrétaire : C. G. Beaume.
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- NÉCROLOGIE
- Le 8 juin dernier est décédé subitement Paul Sollier, psychologue et neuro-psychiâtre de grand talent, qui, depuis plusieurs années, s’était consacré à la psychotechnique et à l’organisation du travail. En janvier dernier l’Institut des Elautes Etudes de Belgique, où il professait depuis de nombreuses années, l’avait appelé comme président, et il venait depuis peu de fonder, à Bruxelles, une école d’ergologie, établissement d’enseignement technique supérieur, avec un bulletin mensuel.
- Agé de 72 ans, Sollier avait conservé une grande, vivacité d’esprit et une considérable puissance de travail. Il laisse un grand nombre d’ouvrages et d’études scientifiques. Il faut souhaiter que continue à se développer le mouvement en faveur de la psychologie appliquée auquel il a donné en Belgique une si forte et si heureuse impulsion.
- Nous avons eu le vif regret d’apprendre la mort subite, le 6 octobre, cl’Otto Lipmaxn, âgé seulement de 53 ans, à qui venait d’être retirée, parce que « non aryen », la direction de la Zeitschrift für angewandte Psychologie. Fondateur de l’Institut de Psychologie .appliquée à Berlin, auteur d’importants travaux sur l’O. P., Lip-imann était membre du Conseil directeur des conférences internationales de psychotechnique.
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- 5e Année
- N° 9
- Novembre 1933
- BULLETIN
- DE
- l’Institut National d’Orientation Professionnelle
- ----KHCH---
- L’Office d’Orientation Professionnelle du Service Social de l’enfance E. D. M.
- par J. MONN1N
- Né l’un des premiers, parmi les nombreux Services qui développent en France, depuis quelques années, leur effort de redressement social, le Service de l’Enfance, attaché au Tribunal pour enfants du département de la Seine, après dix ans d’existence, est devenu un organisme important qui occupe un nombre de travailleuses de plus en plus considérable et doit multiplier les branches de son activité.
- Créé dans le but d’apporter une aide aux magistrats qui sont appelés à statuer sur le sort de familles traduites devant les tribunaux soit pour un délit de l’enfant, soit pour une accusation d’incapacité de puissance paternelle portée contre les parents, le Service social doit s’efforcer de faire la lumière sur les faits reprochés. Son rôle est essentiellement un travail d’enquête qui se fait auprès des intéressés, dans leur entourage et atteint toutes les personnes susceptibles de fournir quelques renseignements sur le problème étudié. Travail délicat et long, car, vues de près, ces manifestations d’inadaptation sociale pour lesquelles les accusés sont appelés à répondre devant la justice, n’ont pas un caractère accidentel, et on ne peut être tenté de les traiter comme les effets d’une erreur passagère ; un examen sérieux en laisse bientôt deviner la cause profonde, généralement très grave et qui touche aux grands problèmes sociaux : désagrégation du foyer par l’absence de la mère qu’une pauvreté irrémédiable contraint à travailler au dehors, mésentente des parents incapables de supporter les trop lourdes charges qui pèsent sur eux, alcoolisme, et toutes les tares physiques ou morales qui font des enfants les proies faciles de tous les dangers de la rue, leur domicile le plus habituel.
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- Entrés dans la vie dans des conditions aussi défavorables, ils seraient incapables d’en triompher, réduits à leurs seules forces ; ils ont besoin d’une intervention qui seconde l’inefficace protection paternelle ou dans certains cas( les protège contre l’incompréhension familiale. Le Service social ne peut donc limiter son action à la découverte des causes du mal, mais doit s’attacher à y porter remède. Tout un travail d’éducation est nécessaire, au cours duquel, l’assistante, introduite dans l’intimité de la famille, essaye d’obtenir la collaboration de tous ses membres pour un effort de redressement général. Cherchant à éviter les mesures extrêmes de déchéance des droits paternels ou de placement dans les maisons de correction, elle tente de parer aux chocs inévitables par des moyens plus doux ; et ceci, tant que le malaise ne sera pas dissipé, tant que des problèmes sociaux surgiront dans la famille, ou que les enfants n’auront pas vingt et un ans,..
- Actuellement ce service compte plus de 4.000 familles placées sous sa protection, dont il s’efforce de rétablir ou de maintenir l’harmonie, se préoccupant de la santé physique et morale de chaque membre, et de l’évolution normale du groupe. Mais les enfants demeurent évidemment les sujets les plus intéressants1 et sont l’objet des soins attentifs de l’assistante. Quelques conversations directes avec eux, des informations prises dans l’entourage la renseignent sur leur comportement habituel, avec une exactitude plus ou moins douteuse, même dans les cas favorables où elle ne se heurte pas à la mauvaise volonté de quelques membres ou à l’incompréhension de tous, qui rendent également difficile l’appréciation de leurs possibilités. Pour les connaître, il faut les voir seuls, libérés de la contrainte qu’impose la présence des parents.
- Dans ce but, un service médico-psychiatrique a été créé, permettant au médecin, tout en examinant l’enfant au point de vue physique et mental, de pénétrer plus avant dans sa vie intime. Mais pour certains cas trop complexes, ceci est encore insuffisant et une observation de longue durée est nécessaire.
- A cet effet, une maison a été organisée par le Service social ; elle est ouverte à Brunoy (Foyer de Soutins) à tous les enfants dont l’attitude demeure un problème insoluble pour l’assistante. Un séjour de quelques semaines dans une atmos-
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- phère de confiance, de liberté au milieu de petits camarades, d’animaux, en pleine campagne, détend peu à peu les nouveaux arrivés qui ne tardent pas à donner libre cours à leurs penchants naturels, sous l’œil perspicace d’institutrices et de psychologues. Un travail d’observation tendant à une connaissance approfondie de l’enfant y sera poursuivi jusqu’au jour où paraîtra nettement l’op.portunité du retour dans sa famille et dans certaines conditions de surveillance, ou d’un placement dans une institution appropriée.
- Un service de renseignements sur les maisons d’éducation et les différents organismes sociaux auxquels on peut avoir recours, fonctionne au siège de l’œuvre, largement utilisé par tes assistantes et par toute personne se trouvant dans l’obligation de placer un enfant dans des conditions particulièrement difficiles*.
- Quand les enfants ont 13 ou 14 ans, la question du travail ou de l’apprentissage vient se poser. Un service d’orientation professionnelle a été organisé à leur intention depuis quelques années ; au début il recevait uniquement les sujets pour lesquels le choix d’une carrière paraissait particulièrement délicat, en raison de déficiences mentales ou physiques, de troubles du caractère ; peu à peu le nombre des candidats s’est accru et en ce moment on prévoit l’examen de tous les écoliers sur le point d’achever leurs études.
- Le travail réalisé dans ce domaine ne représente évidemment qu’une part très faible de l’activité générale du Service de l’enfance, mais comme il offre pour nous un intérêt particulier, j’insisterai sur le fonctionnement de cet office qui m’a été confié depuis 1 an et demi. Il est moins remarquable par le nombre des enfants étudiés que par les conditions dans lesquelles il est possible de les examiner. L’orienteur bénéficie d’une- étroite collaboration avec les assistantes qui lui fournissent de précieux renseignements sur la situation actuelle et la vie passée du futur apprenti : auprès des siens, à l’école, sur le milieu familial, sur l’aide financière et morale qu’il est en droit d’attendre de ses parents, etc..., toutes données qui faciliteront le contact au moment de l’examen, permettront une meilleure compréhension de l’enfant et seront d’une importance indiscutable au moment du choix parmi les carrières accessibles.
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- Une séance de deux heures environ est prévue pour les épreuves psychotechniques seules, une visite médicale ayant eu lieu précédemment. Cette visite est d’ailleurs imposée a tous, les enfants dépendant de l’œuvre, mais si elle a %u lieu trop longtemps auparavant, elle est renouvelée en vue de l’O. P. et le docteur insiste sur les points intéressant l’avenir professionnel. Un complément d’information est fourni par le dossier constitué par l’assistante, qui a dû s’enquérir, au cours de ses visites, de toutes les particularités de la vie physique de l’enfant, depuis la grossesse de la mère jusqu’à ce jour : conditions d’allaitement, maladies infantiles, risques de contagion par l’entourage, etc., l’hérédité est également étudiée ainsi que tous les facteurs pouvant intervenir comme indices de fragilité.
- Les renseignements médicaux seront ensuite complétés par quelques épreuves, sensorielles concernant l’audition, la vision chromatique, la sensibilité tactile et musculaire. Il ne s’agit pas, bien entendu, de faire des recherches très précises, mais simplement de dépister des anomalies ou, le cas échant, de signaler des dons exceptionnels. Une fois établie, la situation de l’enfant au point de vue physiologique, avec les limitations qu’elle peut entraîner dans le domaine professionnel, commence l’examen psychotechnique.
- Il comporte, et débute généralement par des exercices de motricité faisant intervenir la rapidité et la précision du mouvement : rapidité du mouvement au départ, lorsqu’il s’agit de temps de réaction (déterminés avec le chronoptoscope de Piéron), rapidité pendant l’action avec le test de Tapping (réalisé avec papier et crayon). Ces résultats permettent également, par le calcul de l’indice de variation, d’observer la régularité dans le rendement. Pour les épreuves plus complexes d'habileté manuelle, j’utilise les tests de découpage de Claparède, et d’enfilage de perles, tests simples,, appliqués en quelques minutes, ne nécessitant aucun appareillage coûteux et permettant d’obtenir des résultats bien différenciés. Un travail de précision qui consiste à égaliser des plages en tournant une vis (dans le platiscope) donne lieu à l’appréciation de la capacité de coordination sensori-motrice des sujets, et, en même temps, du degré de leur persévérance et de leur goût pour le travail exact.
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- Toutes ces épreuves sont très faciles en apparence, et amusent généralement filles et garçons qui les exécutent avec un vif intérêt. Appliquées alternativement avec des exercices intellectuels plus absorbants, elles les délassent et stimulent leur application. La fiche analytique de Piéron sert de base à l’examen mental quand le sujet lit et écrit couramment ; bien que le docteur ait précédemment déterminé le niveau de son développement intellectuel au moyen de l’échelle Binet-Simon, il me semble indispensable de connaître les possibilités de réussite de l’enfant dans les diverses catégories d’épreuves que comporte cette fiche psychologique. L’établissement d’un profil basé sur la méthode du décilage précise l’importance des inégalités, tout en le situant parmi les types de mémoire, les typeai d’intelligence ; indications fort utiles au point de vue de l’orientation qui s’en suivra.
- Cependant il ne peut en être fait qu’une interprétation extrêmement large pour ces jeunes gens dont la fréquentation scolaire n’est pas comparable à celle de leurs, camarades de qui la vie s’écoule normalement. Certains d’entre eux totalisent un ou deux ans de scolarité, effectués en de nombreux établissements ; ils souffrent de lacunes, responsables souvent de leur mauvais- classement dans quelques points de la fiche. C’est ainsi qu’en parlant avec eux, à la suite de leur travail, des principales difficultés rencontrées, j’ai pu découvrir que leur ignorance des mots les rendaient incapables de répondre à certaines questions, en particulier dans les exercices 17 et 18 ; aussi, d’une façon générale, ils se classent dans les derniers déciles dans les épreuves d’intelligence verbale, d’invention. Leur incompréhension des termes employés dans les instructions est souvent un obstacle insurmontable ; cependant que présentés sous une autre forme, en employant des mots dont ils connaissent bien le sens, les mêmes exercices d’intelligence générale, de critique, sont rapidement exécutés. Peu à peu, j’ai pris l’habitude d’observer leur travail pendant l’application de la fiche, faite dans les conditions normales, et d’en parler ensuite avec eux. Ces discussions sont d’ailleurs fort intéressantes et sont parfois l’occasion de découvertes utiles sur le caractère en même temps que sur le bon sens de ces adolescents, à propos desquels bien sou-
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- vent les- jugements les plus divers, sinon les plus contradictoires ont été formulés. De même, l’épreuve de témoignage (description d'une scène vue, sur une gravure, pendant une minute) qui rend compte de la qualité de l’observation et de la mémoire, renseigne sur leur tendance à une interprétation plus ou moins fantaisiste, ou au contraire à la prudence, sur leur résistance à la suggestion.
- Toutes les données concernant le caractère de l’enfant me semblent avoir une très grande importance, et je m’efforce d’en recueillir le plus grand nombre au cours de l’examen. Quelle que soit la valeur des résultats fournis par les épreuves motrices et mentales (notes ou classements), une documentation limitée à ces seules catégories de renseignements serait incomplète, car la réussite dans un métier, dans un travail de longue haleine est peut-être davantage conditionnée par les qualités de caractère que par les aptitudes proprement dites ; la persévérance, une certaine habileté à se servir de ses facultés sont des facteurs de succès évidents. En outre, l’éducation rationnelle de certaines fonctions, menée avec une ténacité suffisante, peut aboutir à une amélioration sensible, s’il ne se trouve pas à la base quelque déficience irréductible. D’autre part, un sujet médiocre dans une épreuve élémentaire (rapidité dans le Tapping, par exemple), peut donner des résultats satisfaisants dans l’exécution rapide d’une tâche complexe ; ceci n’est contradictoire qii’en apparence. Les tests cherchent à atteindre des fonctions élémentaires, dont l’insuffisance ne peut être compensée comme cela se produit dans les conditions normales de travail : exploration tactile complétant les informations visuelles, ou dans un autre domaine, l’esprit de méthode, la persévérance secourant la médiocrité d’une aptitude quelconque, etc... Deux attitudes nettement différentes : d’une part on a l’intervention d’un mécanisme isolé, d’autre part, le jeu de la personnalité sous sa forme globale, qui apporte plus et mieux que la somme des fonctions analysées. Un test décèle une déficience, un don extraordinaire, ne permet pas une grande certitude de diagnostic pour les « moyens » ; une série de tests nombreux, variés rend possible une distinction bien plus nuancée, mais surtoul elle fournit des indications d’un ordre nettement
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- différent, sur l’attitude de l’enfant en présence d’un travail prolongé, varié qui, dans son ensemble se rapproche davantage des conditions habituelles. Elle peut renseigner utilement sur la régularité dans le maintien de l’effort au cours de l’ensemble des épreuves, sur la rapidité de compréhension et d’adaptation aux techniques diverses, ou à certaines catégories de techniques, sur la vivacité de l’intérêt porté au travail en général ou à un certain genre de travail, sur la résistance à la monotonie ; le mode de réaction devant l’échec ou le succès rapide, sur le souci du soin, de méthode, sur la souplesse, etc...
- Ces observations faites directement au cours de l’examen s’ajoutent aux renseignements acquis par l’assistante dans la famille et à l’école, sur le caractère de l’enfant, dans ses manifestations sociales ; sur les désirs, les goûts qu’il aura pu formuler, touchant son avenir professionnel. Et quand tous ces éléments se trouvent réunis aux conclusions de l’examen psychotechnique, il reste à trouver le point d’équilibre qui déterminera l’orientation possible.
- L’enfant est ensuite placé par l’assistante et suivant les indications reçues dans\ l’école ou auprès du patron qui sera chargé d’assurer son apprentissage. Il sera suivi, guidé durant toute cette période, et jusqu’à sa majorité l’orienteur tenu au courant de sa vie professionnelle, sera consulté chaque fois qu’un insuccès ou une complication quelconque fera penser à l’opportunité d’un changement. Jusqu’à présent de tels cas se sont produits très rarement ; l’office est trop jeune pour que je puisse m’étendre sur cette partie de mon travail qui n’est, certes, pas la moins intéressante, et à plusieurs points de vue : c’est, d’une part, la possibilité de modifier, d’améliorer les décisions prises; le jour de l’examen, en suivant l’évolution de l’enfant grâce à la collaboration de l’assistante ; c’est, d’autre part, la perspective d’un contrôle de mon travail actuel ; mais la réalisation de ce dernier point exige un certain temps de recul, et en ce moment, la justification ou la condamnation de la méthode que j’ai choisie appartient encore à l’avenir.
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- Essais de détermination de l’acuité auditive chez les enfants d’âge scolaire
- par D. WEINBERG
- ( Suite et fin )
- L’étude d’un certain nombre de résultats obtenus au cours de ces expériences et de quelques autres, ayant montré que le seuil descendant était très influencé par certaines conditions expérimentales (notamment par l’intensité initiale) et fournissait des valeurs moins constantes dans les épreuves successives chez un même sujet, il nous semble préférable, pour les examens en série, de se contenter à l’avenir de déterminations du seuil ascendant, en abandonnant la recherche systématique du seuil descendant. Une détermination du seuil descendant pourrait, toutefois, être conservée au début de l’examen, non pas en raison de sa valeur propre, mais pour familiariser le sujet d’une façon commode avec la perception des intensités liminaires.
- Cette modification mise à part, la technique employée nous a paru en général satisfaisante.
- Ajoutons que, pour l’utilisation pratique des résultats, lorsqu’un sujet aura fourni des seuils élevés, ou prendra la précaution de s’assurer, avant de tirer des conclusions pour un conseil d’orientation professionnelle qu’il ne s’agit pas d’un trouble passager, pouvant être dû à une obstruction du méat, un rhume, ou enfin une affection auriculaire aiguë.
- IV. — Valeurs d’étalonnage
- Ayant opéré dans les conditions que nous venons- d’indiquer, nous avons recueilli les valeurs fournies par près de 400 enfants d’une grande école primaire de garçons. Ces valeurs peuvent constituer une première amorce d’étalonnage sur des enfants français. Il y a intérêt, d’ailleurs, à poursuivre cet étalonnage dans d’autres milieux (celui dans lequel nous avons travaillé étant, en général, d’un niveau social plutôt inférieur, avec une proportion assez considérable d’enfants-miséreux) et pour des âges plus élevés,
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- Tableau II
- Seuils ascendants. Tendances centrales et indices de dispersion accompagnés de leurs erreurs probables après élimination des cas pathologiques et aberrants. Valeurs en décibels au-dessus de T« intensité liminaire normale », équivalentes aux « pourcentage de perte de l’ouïe ».
- \GE NOMBRE OREILLE DROITE OREILLE GAUCHE
- de sujets Moyenne C7 Moyenne <7
- 6 h à 7 h 46 23,2 + 0,5 4,6 + 0,3 90 Q ~~ ? ± 0,5 5,3 ± 0,4
- 7 h à 8 \ 47 22,1 ± 0,4 4,4 ± 0,3 22,0 + 0,4 4,4 + 0,3
- 8 h à 9 \ 52 19,8 ± 0,5 5,0 ± 0,3 18,6 ± 0,5 5,6 ± 0,4
- 9 i à 10 ¥ 51 17,0 ± 0,6 6,6 ± 0,4 16,4 ± 0,6 6,3 + 0,4
- 10 h à 11 i 51 17,5 ± 0,5 5,3 ± 0,4 16,9 ± 0,5 5,0 ± 0,3
- 11 h à 12 £ 74 17,1 + 0,4 •4,7 + 0,3 15,8 ± 0,4 4,8 ± 0.3
- 12 i à 13 h 66 17,3 ± 0,4 5,2 + 0,3 16.2 ± 0,4 4,8 ± 0,3
- Le tableau II fournit pour tous les âges, où le nombre des sujets n’a pas été trop petit, les moyennes et les indices de dispersion des seuils ascendants par âge pour chaque oreille séparément. Ces valeurs ont été calculées après élimination des cas pathologiques (lorsque l’enfant, de son propre témoignage, avait souffert d’une affection quelconque) et des cas (( aberrants » (s’éloignant de plus de 3 «7 de la moyenne de leur âge (1).
- On remarque une amélioration sensible des résultats jusqu’à l’âge de 10 ans entre 10 et 13 ans il n’y aurait plus de progrès appréciables. Nous ne faisons d’ailleurs, que retrouver ici, ainsi que dans le fait de la supériorité de l’oreille gauche dont on remarque le seuil plus fin à tous les âges, les faits déjà signalés dans d’autres recherches analogues.
- On note d’aufre part, en inspectant les chiffres du ta-
- (1) Sur un total de 439 enfants examinés, d’âges variant entre 6 ans 1/4 et 15 ans 1/2, nous avons rencontré, outre 24 cas pathologiques et 3 cas aberrants, 6 cas dans lesquels on a noté une certaine difficulté dans la compréhension de la consigne, et 1 cas où les résultats furent tout à fait incohérents. Ces derniers 7 cas ont été éliminés de toute élaboration statistique, y compris celle du tableau IV (voir plus loin).
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- bleau 11, que l’aeuilé auditive moyenne de nos sujets se montre à tous les âges sensiblement moins bonne que celle que les constructeurs de l'appareil considèrent comme normale et à laquelle correspond le zéro de l’échelle de l’audiomètre. Ce l'ait ne doit pas étonner outre mesure, les « normes.» américaines ayant été établies dans des conditions plus rigoureuses de l’expérience (cabine insonore) sur un petit nombre de sujets adultes, sévèremest sélectionnés du point de vue de l’absence des affections de l’oreille et entraînés à la technique expérimentale.
- Certaines de ces conditions sont difficiles, mais non impossibles à réaliser dass les examens en série. C’est ainsi que l’utilisation d’une cabine insonore serait hautement recommandable et possible à réaliser dans les services d’orientation professionnelle disposant de quelque crédit d’installation. Il n’en est pas de même, on le conçoit bien, pour ce qui est de l’entraînement des sujets. C’est à des sujets non entraînés qu’on a affaire dans les< examens d’orientation professionnelle, c’est donc sur des sujets non entraînés qu’il convient d’établir les étalonnages devant permettre une utilisation pratique des résultats.
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- 1 * *
- Les chiffres du tableau II permettent de se rendre compte très grossièrement si un enfant d’âge scolaire possède une acuité auditive correspondant à l’acuité moyenne de son âge. Pour le situer de façon plus exacte, par rapport à son groupe, il aurait fallu procéder à un décilage. On l’a effectué sur le groupe des enfants de 10 et 11 ans réunis, cette fusion étant bien légitime en raison des résultats moyens pratiquement identiques dans ces deux groupes d’âge. Et, d’autre part, les âges de 10 et 11 ans se prêtent particulièrement bien pour un étalonnage à l’école primaire, car ils ne sont pas encore «écrémés» par le passage dans les écoles secondaires, primaires supérieures ou professionnelles, ni, plus simplement, par l’obtention précoce du certificat d’études. En prenant soin d’examiner leur répartition dans les diverses classes de l’école, on a noté une répartition symétrique satisfaisante, alors que les enfants de 12 et 13 ans « s’entassent » quelque peu du côté
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- des grandes classes et doivent être considérés comme plus ou moins « écrémés »,
- Les valeurs correspondant aux déciles et quartiles des enfants de 10 et 11 ans sont indiquées au tableau III.
- Tableau III
- Déciles et quartiles des seuils ascendents des enfants de 10 à H ans. (102 sujets avec élimination des cas pathologiques).
- CENTILES OREILLE DROITE OREILLE GAUCHE
- C 10 9,9 9,1
- G 20 12,5 12,0
- C 25 13,7 13,1
- C 30 15,1 13,7
- C 40 16,3 15,0
- C 50 17,5 17,1
- C 60 18,7 18,6
- C 70 20,5 20,0
- C 75 21,3 20,7
- C 80 22,0 21,5
- C 90 24,4 23,6
- Pour l’utilisation pratique d’un résultat fourni par l’enfant il importe peut-être moins d’apprécier séparément l’acuité de chacune des deux oreilles, que d’obtenir une mesure de l’efficience auditive globale du sujet. Or, l’acuité de l’audition biauriculaire n’étant pas, semble-t-il, supérieure à celle de l’audition uniauriculaire, cette efficience globale sera déterminée surtout par l’acuité auditive de l’oreille la plus fine.
- Dans les deux tiers des cas environ c’est l’oreille gauche qui se montre la plus fine, mais pour un tiers de sujets le contraire a lieu. On peut donc penser qu’un étalonnage permettant. de situer le sujet du point de vue de l’acuité de Bon oreille la plus fine, que celle-ci soit droite ou gauche, pourrait être de quelque utilité. Un tel étalonnage est présenté au tableau IV. Les cas pathologiques n’en ont pas été éliminés.
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- Tableau IV
- Déciles et quartiles des seuils ascendants des enfants de 10 à 11 ans. (115 sujets, sans élimination pathologique).
- CENTILES OREILLE LA PLUS FINE OREILLE LA MOINS FINE
- C 10 8,6 11,1
- C 20 11,5 14,2
- G 25 12,6 15,2
- C 30 13,6 16,3
- C 40 15,2 17,5
- G 50 16,1 19,1
- C 60 17,2 20,8
- C 70 19,0 22,6
- G 75 20.1 23,4
- C 80 20,9 24,3
- C 90 23,2 28,1
- V. — Constance des résultats individuels
- On sait combien la détermination des seuils sensoriels est en général chose délicate, éminemment influençable par des facteurs multiples et notamment par les plus légères variations de l’attention du sujet. Chez les enfants surtout il y a lieu de craindre des perturbations dues à la difficulté qu’ils ont à fixer leur attention et, avouons-le, ce n’est pas sans une certaine appréhension que nous avons entrepris les examens d’audilion chez les jeunes enfants. Nous avons été agréablement surpris par l’attitude des sujets : immobiles, le visage tendu, ils guettaient l’apparition et la disparition du son et se montraient ravis « d’écouter dans la T. S. F. »
- Aussi les résultats montrent-ils une constance satisfaisante des valeurs individuelles les coefficients de corrélation entre, les résultats de la deuxième épreuve et ceux de la troisième ont varié de 0,75 (oreille gauche, groupe des enfants de 8 à 9 ans réunis) à 0,92 (oreille gauche, enfants de 10 et 11 ans réunis), la moyenne des coefficients calculés par groupes de deux années d’àge voisines ayant été de 0,86 pour l’oreille droite et de 0,85 pour l’oreille gauche.
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- Si l’on songe qu’il s’agil d’une comparaison de deux déterminations uniques de seuils sensoriels, on ne manquera pas de trouver que ces chiffres expriment un degré élevé de constance individuelle et inspirent confiance dans les résultats que l’on peut obtenir à l’aide de l’instrument et de la technique employés.
- NOTES ET DOCUMENTS
- Un essai de protection des biens-doués
- Dans la collection des Schriften zur Psychologie der Bevufseig-nung und des Wirtschaftslebens, éditée par Lipmann et Stern, a paru une curieuse brochure consacrée à l’activité d’un fonds des bien doués (1). Le fonctionnement de cette institution, appelée à la vie grâce, uniquement, aux initiatives privées, étant différent de ce qu’on a l’habitude -de recontrer dans ce domaine, il n’est pas sans intérêt d’en rendre compte ici.
- Dans une grande ville d’Allemagne (par mesure de discrétion, l’auteur n’en indique pas le nom, comme il s’abstient d’ailleurs de citer les noms de fondateurs et de directeurs) il a été constitué en 1916 uné société à caractère philanthropique, disposant d’un capital de 2 millions de marks. Bien que sa v(e, à la suite de l’inflation, n’ait pas été longue, son œuvre, reprise par un autre établissement est continuée dans l’esprit des premiers fondateurs.
- Son but est de venir en aide aux jeunes gens particulièrement bien doués et peu fortunés en leur permettant ainsi de choisir et d’exercer une profession qui leur convienne. La priorité — et c’est là un point particulièrement important du Statut — est accordée aux personnes dont le travail professionnel serait directement d’une utilité pour la vie économique de la collectivité. Cette condition met en première ligne, dans le choix des candidats, les considérations d’ordre moral. Le candidat doit faire preuve de certaines qualités de caractère nécessaires pour faire valoir les aptitudes, telles que le sentiment de la responsabilité, la sincérité, l’esprit d’initiative, le sens du réel, etc. Il ne s’agit point de diriger les candidats uniquement vers des carrières libérales, ni de faire non plus une œuvre purement scolaire comme celle de l’Ecole des Bien-Doués de Berlin. La Société ne marque aucune préférence en ce qui concerne les professions à choisir ;
- (1) F. Stabler. Begabtenfôrderung und Berufsschicksal. (Protection des biens-doués et devenir professionnel). — Schrift. z. Ps. der Beru.fseignung..., Heft 36, Leipzig, 1930, in-8, 75 pages,
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- elle se charge de suivre les personnes qu’elle 'aide, même dans leur vie professionnelle. Les secours sont accordés individuellement, soit par des versements mensuels, soit en une fois (en 1919 les versements mensuels atteignaient 2U0 marks et les aides accordées en une fois 6.000 marks). Les fondateurs cherchent à entrer autant que possible en contact direct avec les protégés. Le statut prévoit un système d’informations renouvelées tous les six mois.
- Quant au mode de sélection, point qui nous intéresse tout particulièrement, il n’est pas fait d’appel aux méthodes psychotechniques. Loin de les renier, du moins dans son propramme, la Société se limite à des procédés d’enquête assez simples. 11 s’agit notamment de réunir sur chaque candidat au secours le plus de renseignements possibles : auprès des personnes dignes de confiance, par l’autobiographie, par les certificats scolaires, par les opinions des professeurs, etc. L’emploi de cette méthode semble justifié par ce point du Statut qui attribue tant de poids au caractère. Or la Société considère, et à juste titre, qu’au point de vue scientifique rien n’est encore satisfaisant dans ce domaine.
- 11 n’existe pas de statistique s’étendant sur l’ensemble de l’activité de la Société. Celle dont l’auteur dispose, datant de 1920 et se rapportant par conséquent à une période de trois ans et demi, en donne néanmoins un petit aperçu. Les 112 hommes secourus dans cette période se répartissent comme suit : 15 élèves de l’Ecole technique supérieure, 22 élèves de l’Ecole de construction des machines, 5 élèves de l’Ecole du bâtiment, 24 universitaires (dont 17 diplômés : 5 médecins, 3 chimistes, 2 mathématiciens, 1 avocat, 1 théologien, 5 professeurs des écoles populaires supérieures et 7 étudiants), 15 élèves du Séminaire pour instituteurs, 10 élèves de l’Ecole d’art appliqué, 1 ébéniste, 7 commerçants, 1 menuisier, 1 élève jardinier, 1 élève de l’Ecole d’agriculture, 10 artistes ou exerçant une profession libérale. Les femmes secourues sont au nombre de 21 : 3 universitaires, 2 lycéennes, 2 séminaristes, 3 élèves de l'Ecole d’art appliqué, 1 institutrice-gouvernante, 1 jardinière d’enfants, 1 dessinatrice industrielle, 3 artistes (cantatrices et pianistes).
- Mais, nous demandons-nous, quels sont les résultats atteints ? Les fruits de cette activité dévouée poursuivie pendant plus de vingt ans sont-ils de nature à l’encourager?
- Il a été entrepris, en 1927, une enquête dans ce sens. Une lettre-circulaire, conçue dans des termes cordiaux, a été envoyée par le Directeur de l’Etablissement à 135 personnes (pii, jadis, ont profité des secours de la Société, leur demandant ce qu’elles sont devenues au point de vue professionnel, comment elles ont réussi, jusqu’à quel point l’aide de l’Etablissement leyr g été efficace et sur-*
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- tout quelle est leur attitude affective vis-à-vis de la profession exercée. Quinze de ces réponses sont reproduites dans la brochure. Il ne nous est pas possible, malgré leur grand intérêt, de les résumer. L’auteur, sans avoir fait du reste de la statistique, en a tiré l’essentiel qu’il a disposé en trois colonnes comportant, la première, les appréciations données sur le candidat avant l’attribution de la bourse, de même que des renseignements sur sa profession et sa situation actuelle, la deuxième, l’attitude affective vis-à-vis de la profession exercée, et, la troisième, relative à la façon dont la personne apprécie l’aide qui lui a été accordée.
- L’étude de son tableau amène l’auteur de cet opuscule à des constatations parfois inattendues. La sélection même a été bien faite dans ce sens que tous ceux sur qui on a émis des opinions favorables ou élogieuses ont réussi. Tous déclarent aimer beaucoup leur métier, ce qui constitue un résultat encourageant. L’importance, cependant, généralement très moyenne, des situations occupées, point supérieures à celles détenues par une bonne moyenne et qui y est parvenue sans aide, fait un peu douter de l’efficacité pratique et des aptitudes décelées et du secours accordé.
- D’autre part, ce qui frappe dans toutes ces réponses, c’est leur peu d’originalité, de même qu’une absence presque absolue de tout criticisme. On aime sa profession et c’est tout ; aucun problème ne surgit. Les quelques rares réponses faisant exception émanent, chose curieuse, de ceux au sujet desquels un doute à propos de leurs aptitudes mêmes surgissait lors de l’attribution de la bourse : des moins bien-doués en somme.
- La grande facilité dans les éludes serait-elle donc incompatible avec une réalisation pratique des aptitudes ? C’est ce que croit l’auteur. Et ce n’est pas tout à fait nouveau. Ne faudrait-il pas conclure avec lui que le caractère devrait être pris en considération plus même qu’on ne l’a fait dans la circonstance ? Il se peut en effet que si des bien-doués, ceux qui réussissent dans la vie, ne se classent pas à l’âge d’études parmi les premiers, ce n’est qu’à cause de certaines particularité de caractère. Et bien souvent les défauts de l’enfance et de l’adolescence ne sont, que des qualités de l’âge mûr.
- fïâtons-nous cependant de dire, avec l’auteur, qu’il serait osé de conclure quoi que çe soit de définitif d’après le peu de cas dont il dispose.
- La grande majorité de réponses laisse comprendre, malgré la reconnaissance exprimée à ce propos, que l’aide accordée par la Société a été ressentie comme quelque chose d’assez humiliant.
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- Signes physiques d’aptitude musicale
- Le D1' Mac Auliffe a fait d'abondantes recherches (1) sur les caractéristiques morphologiques de l’oreille externe chez les musiciens. Quelques conclusions schématisées peuvent être utiles en O. P., encore qu'il faille s’entraîner à les reconnaître pour pouvoir porter un jugement objectif.
- Caractéristiques de l'oreille musicale
- I. Position. —- 1° Elle ne s’écarte pas de l’apophyse mastoïde ; pas d’oreille décollée. — 2° Son insertion à la joue : a) est toujours basse, très basse même chez les grands musiciens. — b) se fait selon une inclinaison marquée, très marquée chez les musiciens de type cérébral.
- II. Dimensions. — 1° En longueur, elle dépasse la moyenne. Celle-ci étant, en France, selon Bertillon, de 0 m. 062 chez l’homme, on considère comme grande une longueur de 0 m. 065. Chez les musiciens, la moyenne est de 0 m. 067. — 2° En longueur, la moyenne française est de 0 m. 036 ; chez les musiciens, elle est de 0 m. 038.
- III. Morphologie. — Les formes de l’oreille musicale tiennent à ce que ses différentes parties ont un développement embryologique normal.
- 1° La pointe de l’oreille : ne présente pas de tubercule de Darwin. — 2° L’hélix, a) ne présente pas d’enroulement d’avant en arrière prématurément arrêté comme dans l’oreille de Morel ou dans celle de Stahl ; b) ne présente pas une bordure de petite largeur, toutes proportions gardées entre l’oreille masculine et l’oreille féminine, cette dernière ayant une bordure plus étroite.
- 3° L’anthélix : a) ne manque pas ; b) ne présente pas de plis convexes débordant l’hélix.
- 4° L’antitragus : a) s’efface souvent, absorbé par la largeur de la conque ; b) est le plus souvent légèrement horizontal ; c) présente une inclinaison d’autant plus oblique que la conque est plus haute.
- 5° La conque : est haute et large, surtout haute chez les grands musiciens.
- 6° Le lobe : a) est grand et large, parfois très convexe et très proéminent ; b) est nettement séparé de la joue, très détaché chez les musiciens de premier plan ; c) est richement modelé. Parfois même il est traversé par un sillon qui continue au-dessous de l’an-titragus, la séparation en gouttière de l’hélix d’avec l’anthélix., -------------- G. S.
- (1) Bulletin de la Société d’étude? des Formes humaines, 9e an., pp. 10(5-149,
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- Activité du Bureau international de l’Enseignement technique
- Le Bureau international de l’enseignement technique (B. I. E. T.) a été créé sur l’initiative du Congrès international de renseignement technique, tenu à Paris en 1931. Il a pour but de coordonner les efforts des nations en vue de l’organisation, du développement et du perfectionnement de l’enseignement technique.
- Il aide les gouvernements à en répandre les méthodes par la législation et leur en donne les moyens par une étude coordonnée de l’enseignement technique en général, de son rôle, de sa pédagogie, de l’extension des sciences appliquées et des technologies spéciales, de leur enseignement et de leurs moyens d'enseignement, ainsi que de l’organisation de l’Orientation professionnelle. La compétence du B. I. T. comprenant, en vertu du traité de paix, l’enseignement technique et professionnel, le B. I. E. T. lui apporte'son concours dans des conditions qui seront déterminées par accord entre les deux organismes.
- Le B. I. E. T., dont le siège est fixé à Paris, comprend des gouvernements affiliés et des membres adhérents.
- Le prochain congrès du B. I. E. T. aura lieu à Barcelone en 1934. Au cours de ses réunions, le congrès étudiera les questions suivantes :
- lre question. — Enquête sur la terminologie (question ienvoyée à l’étude du B. I. E. T. par le dernier Congrès de Bruxelles 1932).
- 2e question. — Orientation professionnelle :
- a) Comment utiliser, pour l’orientation professionnelle, la dernière année de scolarité ;
- b) le rôle du médecin en orientation professionnelle. Fiche médicale. Utilisation des cardiaques.
- 3e question. — Apprentissage :
- a) Programme et méthodes de l’enseignement professionnel pratique à l’atelier ;
- b) Technologie : sa pédagogie, rapport avec le dessin, le travail à l’atelier, matériel didactique.
- 4e question. — Apprentissage et chômage :
- a) Répercussion du chômage sur l’apprentissage ;
- b) Apprentissage du jeune chômeur ;
- c) Rééducation de la main-d’œuvre éjà formée.
- 5e question. — Cadres supérieurs :
- a) Réglementation et débouchés de l’enseignement technique supérieur ;
- b) Protection du titre d’ingénieur.
- D’après : Coopération intellectuelle, n° 29-30, mai-juin 1933, p. 307-308.
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- CHRONIQUE DOCIMOLOGIQUE
- La Sélection à l’entrée des Universités
- Nous empruntons à la page des étudiants de l'Information universitaire ces réflexions judicieuses, signées de Raynol, concluant à l’institution d’un concours d’entrée pour l’accès aux universités, et publiées sous le titre «. Chance et sélection ».
- Il ne s’agit pas de la Loterie nationale, mais des certificats de sciences à la Sorbonne.
- A l’un de ces certificats que nous prendrons comme exemple, il faut obtenir 30 points pour être admissible. En juillet des candidats ont été « repêchés » à 29, en octobre 10 ont été « collés » à 29. Peut-on dire que les candidats reçus avec 30 points ou « repêchés » en juillet à 29 sont meilleurs que ceux qui ont été « collés » à 29 en octobre ? Il faut si peu de chose pour avoir un point en plus ou en moins. Il suffit, bien souvent, d’être corrigé par un autre professeur que son camarade pour obtenir une note supérieure ou inférieure. Peut-on nier que le facteur chance intervient ?
- Mais pourquoi, demanderez-vous, ce traitement différent envers des candidats avant obtenu la même note, mais pas à la même session ? Il faut sans doute voir la cause de cette intransigeance dans la volonté de ne pas dépasser un certain pourcentage de reçus fixé à P avance. Pour ce certificat donné en exemple, si l’on avait admis les 10 candidats ayant obtenus 29 points, la proportion de 27 °/0 établie en juillet aurait été dépassée, tandis qu’en les éliminant, on a obtenu exactement le même nombre.
- Coïncidence ou proportion bien arrêtée ? En examinant les résultats des autres certificats, on est bien obligé de pencher pour la seconde hypothèse. Mais alors la licence n’est plus un examen, elle devient un concours.
- Beaucoup d’étudiants, en entrant à la Sorbonne, pensent qu’il suffit d’avoir été un élève moyen au lycée, pour réussir aux examens de licence aussi facilement qu’au baccalauréat. Ils perdront bien vite leurs illusions, mais il serait plus juste de les avertir avant qu’ils s’engagent dans une voie où ils ont peu de chance d’aboutir.
- Si la licence est considérée comme un concours, il serait souhaitable que l’on soit plus rigoureux pour l’admission en Sorbonne, que l’on fasse si l’on veut un concours d’entrée ou bien qu’on relève le niveau de la seconde partie du baccalauréat ; cela vaudrait beaucoup mieux que de faire, à chaque session, des mas-
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- sacres de candidats qui ont déjà perdu une ou plusieurs années à continuer leurs études.
- Si l’on veut diminuer le nombre des étudiants toujours croissant chaque année, il faut faire la sélection à l’entrée et non à la sortie. D’ailleurs le jeune bachelier couvert de lauriers pensera toujours être supérieur à ses aînés, et ce ne sont pas les malheurs de ceux-ci qui i’empêcheront de tenter l’aventure. Seule une sélection à l’entrée peut être efficace, elle rendrait d’appréciables services à beaucoup de jeunes gens.
- Raynol.
- Comme annexe à ces réflexions d’un étudiant, on peut, toujours d’après VInformation universitaire, indiquer les pourcentages d’admission aux certificats de licence de la Faculté des sciences dans sa session d’été 1933.
- Chimie physique......................................... 30 °/°
- Botanique............................................. 26,5 °/„
- Chimie générale....................................... 24,5 °/0
- Physique générale..................................... 23,5 n/0
- Calcul différentiel..................................... 25 "/»
- Mécanique rationnelle................................... 21 °/0
- Mathématiques générales................................. 13
- S. P. C. N.............................................. 23 »/0
- Physiologie générale.................................... 27 n/n
- Mécanique physique..................................... 25 °/0
- Mécanique analytique (1 candidat)........................ 0 °l„
- Biologie générale....................................... 38 °/„
- Chimie biologique....................................... 43 °/0
- Chimie appliquée........................................ 44 °/o
- Zoologie............................................... 40 °/°
- Géologie appliquée...................................... 37 %
- Géologie................................................ 48 n/„
- Electrotechnique........................................ 36 °/„
- Technique aéronautique................................ 16,5 0/„
- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE A L’ÉTRANGER
- Un Schéma pour les analyses fonctionnelles des professions
- Dans un article récent (1) soulevant d’importants problèmes d’orientations professionnelle, Sollier et Drabs donnent le tableau reproduit ci-dessous représentant un essai de classification des types et des qualités professionnels.
- (1) Bulletin Ergoloqique 3e «iinée, n° 10, 15 octobre 1933,
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- CLASSIFICATION FONCTIONNELLE SOLLIER-DRABS
- premier ordre d’opérations ergologiques. — Exécution et fabrication
- TROIS GENRES d’exécution FAMILLE ERGOLOGIQUE ESPÈCE PSYCHOPROFESSIONNELLE VARIÉTÉS Qualités fonctionnelles requises MÉTIERS ET EMPLOIS CORRESPONDANTS
- a) exécution Travaux : Type Travail : 1. Capacité d’automatisation. Manœuvres d’indus-
- imposée. en série, à la chaîne, monotones moteur pur : automatique. uniforme. varié. 2. Acquisition du rythme. fi. Rapidité passive des mouvements. trie, etc...
- à répétition. à répétition.
- b) exécution Travaux de : Tvpe Travaux de : 4. Force musculaire. Ouvriers et ouvriè-
- commandée copie. sensori-moteur force. o. Coordination des mouvements (adresse). res d’usine, de fabri-
- classement. d’adresse. 6. Réglage oculo-moteur (précision). que,de manufactures,
- triage. précision. 7. Finesse de discrimination sensorielle. d’exploitation agrico-
- timbrage. pointage. poinçonnage. découpage. surveillance. 8. Rapidité d’association sensori-motrice. 9. Capacité d’attention vigilante. le, etc...
- empaquetage. Type Travaux de : 10. Rapidité des réactions psycho-motçices. Employés et em-
- factage. recette. coud, de mach. cond. de véh. expédition, distribution. psycho-moteur : transposition. substitution. conduction. contrôle. 11. Facilité des associations psycho-motrices. 12. Aptitude à la transposition psycho-motrice. 13. Modalité mnésique. 14. Capacité d’attention expectante, concentrée ou distribuée. ployées subalternes de bureau, machinistes et conducteurs de véhicules, etc...
- c) exécution Travaux : Type Travaux de : 15. Capacité d’attention interne. Artisans et artisa-
- libre. à façon. idéo-moteur : façonnage. 16. Mémoire associative. nés, ouvriers d’art,
- artistiques de commission. agencemen t. transmission. 17. Imagination dynamique. 18. Représentation mentale. instrumentistes, magasiniers, contrôleurs
- d’assistance, de transmission graphique, n umération. 19. Jugement causal et logique concrète. 20. Intelligencepratique,ou technique,ou numérale. et vérificateurs, commis d’administration,
- de vérification. repérage. caissiers, vendeurs,
- /' de vente. vente. exécution musicale téléphonistes, sténos-dactylos, dessinaleu rs, commis du commerce j
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- A travers les Revues
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- La Gazette des Métiers publie dans son n° 22 (2 juin 1933) un résumé de la conférence sur l’O. P. faite par M. Luc à l’Exposition artisanale de Strasbourg. — Dans son n° 36 (8 septembre 1933) elle donne un petit compte rendu de l’Exposition des travaux d’artisans à Nancy, inaugurée le 26 août dernier.
- Une courte notice dans le n° 13 de Arbeit und Beruf (10 juillet 1933) renseigne sur les nouveaux règlements introduits à Vienne dans le fonctionnement des centres publics d’O. P.
- Il ne peut plus, à l’heure actuelle, être question, d’après les auteurs, de classer des métiers, considérés comme des entités, en des groupes distincts. Ce qu’une analyse attentive du travail révèle ce sont des types des opérations ergologiques qu’il comporte. Le problème psychotechnique se réduit ainsi à dépister des qualités déterminantes de La réussite dans chaque groupe d’opérations.
- Comme l’indique le sous-titre du tableau, celui-ci ne porte que sur un seul groupe d’opérations : exécution et fabrication. D’autres schémas doivent paraître ultérieurement, dans une série d’études qu’ouvre la présente. Elles auront trait non seulement aux qualités professionnelles considérées d’une façon générale-, mais aussi sur leurs limites minima et sur les épreuves psychotechniques propres à les décéler. A
- INFORMATIONS
- Le Congrès pour la sécurité de la route. -— Le Congrès pour la sécurité de la route s’est tenu à la Faculté de médecine, du 5 au 8 octobre 1933, sous la présidence du professeur Balthazard, Linitiative de ce congrès appartenant au professeur d’Arsonval.
- A la section de médecine, présidée par le professeur Tanon, le Dr Godlewski fit un rapport sur les chauffeurs « indésirables », demandant la création d’un « carnet » du chauffeur ; les docteurs Neveu et Tanon exposèrent le fonctionnement du contrôle médical des chauffeurs des poids lourds et transports en commun dans la Seine, ayant abouti en 6 mois à l’élimination de 114 chauffeurs et à la correction de la vue de près de 300, le docteur Bonnet-Roy
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- exposa la question de l’étologie en relation avec la sécurité de la route, le docteur Favory lut un rapport sur les conditions d’aptitude visuelle à la conduite des autos, concluant à l’élimination des borgnes, non des strabiques
- Le docteur Lévy-Valensi, au sujet des maladies nerveuses, demande l’élimination des hystériques à crises, des épileptiques, des psychopathes (à l’exception de quelques intermittents, surveillés périodiquement), des alcooliques chroniques et des organiques.
- Les docteurs Michaud et Targowla insistèrent sur l’intérêt de la mesure de la tension artérielle rétinienne dans l’examen complémentaire qu’il est nécessaire de faire subir aux épileptiques, commotionnés, blessés du crâne, instables.
- La section psychotechnique fut présidée par M. Lahy, directeur du laboratoire de psychologie appliquée à l’école pratique des hautes études, qui exposa la méthode actuellement appliquée aux transports en commun et dans les chemins de fer du Nord, et dont l’extension est prévue à tous les transports en commun sur renie, ainsi qu’aux messageries, dites « poids lourds ».
- Dans une communication, M. Bacoueyrisse, directeur général à la S.T.C.B.P., démontra que, grâce aux méthodes psychotechniques en vigueur dans cette société, les accidents causés par autobus et tramways, entre 1923 et 1932, ont diminué de 30 p. 100, tandis que ceux causés à Paris par les voitures automobiles avaient augmenté de 145 p. 100 au cours de cette même période.
- En conclusion des travaux du Congrès, pour ce qui concerne les sections de médecine et de psychotechnique, les vœux suivants ont été émis :
- 1° Réglementation du travail des chauffeurs professionnels, en vue d’éviter un surmenage dangereux pour la sécurité ;
- 2° Pour les chauffeurs de services publics et de poids lourds, nécessité d’une sélection psychotechnique, subordonnée à la sélection médicale ou réciproquement ;
- 3° Révision périodique de la liste administrative des tares pathologiques d’inaptitude ;
- 4° A toutes fins utiles et particulièrement dans l’éventualité d’une sanction pénale ou administrative, inviter les bons condue-’ teurs à posséder le dossier rétrospectif de leurs accidents et à le produire devant les experts.
- Le Congrès — sur la proposition de M. Gouineau — chargea M . Godlewski de présenter ces vœux ainsi que l’ensemble des autres au bureau de la S. D. N.
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- A Barcelone s’est faite la fusion, sous la direction de E. Mira, en un Institut psychotechnique de la généralité de Catalogne, de l’Institut d‘0. P. et de l’Office laboratoire d’orientation ei sélection professionnelle de l’Ecole du travail.
- L’organe de l’Institut est la nou\ elle Revista de Psicologia i Pe-dagogia, rédigée en catalan.
- L’Institut doit entreprenre des recherches dans toutes les directions de lia psychologie appliquée. Le service de psychologie industrielle comprend des sections d’O. P., de psychotechnique commerciale et industrielle, de psychopédagogie et d’hygiène mentale des adultes, outre la section générale de statistique.
- Le programme des cours de 1933-34 est le suivant :
- A. Azov : Psychophysiologie de l'audition et de l’équilibre (5 leçons).
- J. Bertran : Psychologie et éducation de l’enfant (3 leçons).
- R. Bori : Organisation commerciale (20 leçons).
- O. Brackfeld : Psychologie adlérienne, et courants modernes de psychologie freudienne (7 et 6 leçons).
- J. Cordoba : Psychiatrie infantile (15 leçons).
- A. Chleusébairgue : Etude du marché comme base de l’organisation de la publicité, et psychologie du travail professionnel (9 et 6 leçons).
- J. Font I. Puio : Les sécétions internes et le psychisme (4 leçons).
- J. Fuster : Psychologie criminologique (9 leçons).
- E. Mira : Psychotechnique de l’orientation et de la sélection professionnelle (20 leçons).
- J. Moragas : Etude de la sexualité infantile (4 leçons).
- .1. Ürtega : Le dessin de l’enfant (5 leçons).
- R. Sarro : Introduction à la psychologie (6 leçons).
- W. Wolff : Les méthodes expérimentales pour l’étude du caractère (6 leçons).
- J. Xiran : La technique : Théorie et Histoire (6 leçons).
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- M. César Santelli, inspecteur d’Académie de Seine-et-Marne, remplace, comme directeur adjoint de l’Enseignement primaire, à la Préfecture de la Seine, M. Boucher, nommé inspecteur général. *
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- Une conférence sur l’O. P. a été faite à l’Hôtel de Ville par M. le Sénateur Bachelet, en présence de M. Luc et de M. Masbou, le nouveau Directeur de l’enseignement.
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- A l’Institut d’éducation de l’Université de Londres, dirigé par M. Pergy Nunn, l’O. P. a été incluse comme matière à option, avec cours spécial de A. Macrae.
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- L’inspection médicale scolaire complétée par l’orientation professionnelle, .a été commencée pour les cours d’apprentissage de l’école Bompland, à La Rochelle.
- Les élèves peuvent venir en consultation d’orientation au bureau municipal d’hygiène ; le directeur, le docteur Lancelot, inscrit les renseignements d’ensemble et ses remarques en ce qui concerne l’aptitude à la profession envisagée, indiquant, en cas l’insuffisance, celles qui lui semblent préférables.
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- A la séance du 28 octobre 1933 de la British Psijchologic.nl Society, une communication de Miss Madeline Kerr, portait sur l’application aux enfants du test de Rorschach, et un autre de W. Stephenson, avait trait à la technique du « P.-Test ».
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- Le livre de Paul Guitard, « Chômage », qui a paru avec une préface d’ALBERT Dalimier, expose en particulier la difficulté actuelle à trouver une situation pour les jeunes gens qui ont acquis des diplômes, pour les ingénieurs, en « surproduction » excessive, formés au rythme de 3.000 par an d-ns notre pays actuellement.
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- La Vie de l’Institut National d’Orientation Professionnelle
- Grâce aux subsides alloués par le Parlement, nous avons pu organiser comme les deux années précédentes notre quinzaine d’orientation professionnelle. Nous n’avons pu cette année accorder que 36 bourses qui ont été données aux boursiers suivants :
- 1. M. Jacob, professeur cours complémentaire, C. C. Saverne
- (Bas-Rhin).
- 2. Mme Revet, inspectrice départementale du travail, Le Havre.
- 3. M. Poullaouec, chef du service d’O. P., Nantes.
- 4. MUe Servais, institutrice, Saint-Nazaire.
- 5. M. Marchand, professeur à l’Ecole pratique, Chambéry.- .
- 6. M. Lalau, secrétaire à l’Office d’O. P., Lille.
- 7. M. Daru, professeur et publiciste, Dax.
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- 8. Mlle Hautreux, institutrice, Cours complémentaire, Marseille.
- 9. M. Giboin, instituteur, secrétaire à la Commission d’O. P.
- Toulon (Var).
- 10. M. Julou, professeur à l’Ecole pratique supérieure, Guin-
- gamp (Côtes-du-Nord).
- 11. M. Péeaut, sou-préfet honoraire, directeur de l’Office d’O.P.,
- Anglet (Basses-Pyrénées).
- 12. M. Racois, professeur à l’Ecole pratique industrie, Rouen.
- 13. Mlle Vera Kovarsky, psychologue scolaire, Ecole primaire
- supérieure, Montpellier.
- 14. M. Breton, directeur Ecole pratique C. et I., Limoges.
- 15. M. Bonnet, chef de service à l’Office de la main-d’œuvre.
- Avignon.
- 10. Mlle Unsinger, contrôleur à l’Office régional de la main-d’œuvre, Schiltigheim.
- 17. M. Lacouture, directeur de l’Office départemental de place-
- ment gratuit et du Comité d’O. P., Mont-de-Marsan.
- 18. M. Gicquiaud, directeur des Cours de perfectionnement et
- d’apprentissage, Montbard (Côte-d’Or).
- 19. M. Mathieu, directeur de l’Office de La Charente, Angoulême.
- 20. M. Martin, directeur de l’Office d’O. P., Chambre de Com-
- merce, Nice.
- 21. M. Henry, directeur du Cabinet d’O. P., Le Mans (Sarthe).
- 22. M. Giraud, instituteur, candidat inspecteur primaire, Mar-
- seille.
- 23. M. Cottin, orienteur, Office d’Angers, Angers (M.-et-L.).
- 24. M. Boudouresque, chef de service, Office O. P., Marseille.
- 25. M. Monnot, instituteur, Petit-Réderching.
- 26. M. Dubreucq, Cours professionnels ruraux, membre du Co-
- mité de perfectionnement de l’Ecole pratique, Abbeville.
- 27. M. Jaladon, instituteur, Cours complémentaire, Montluçon
- (Allier).
- 28. M. Carpentier, directeur de l’Office de placement, La Roche-
- sur-Yon (Vendée).
- 29. M. Moinard, directeur du Cours complémentaire, La Roche-
- sur-Yon (Vendée).
- 30. M. Cros, inspecteur départemental des Centres d’O. P. de
- l’E. T., ingénieur architecte, Poix (Ariège).
- 31. M. Arnaud, professeur Cours complémentaire de préappren-
- tissage, Marseille.
- 32. M. Pecout, directeur Ecole et Cours complémentaire, La
- Ciotat (B.-du-R).
- 33. M'le Vaillant, secrétaire service Assistance, adjointe service
- Office municipal de placement et d’O. P., Cognac (Cha^
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- 34. M. Giraud et, directeur Section technique, Ecole Bonpland,
- La Rochelle.
- 35. M. Garrigue, contrôleur de la main-d’œuvre, Toulouse.
- 36. M. Giraud, médecin, Montpellier.
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- Le certificat d’études spéciales de VI. N. O. P. — Pour la première fois, le 23 octobre 1933, le certificat, accordé à des conseillers d’orientation en exercice depuis plus de cinq ans et ayant assisté à deux quinzaines d’O. P. de l’Institut, a été conféré à M. Gérard Boudouresoue, de l’Office de Marseille, après soutenance de son travail « L’orientation professionnelle, matière d’enseignement », devant un jury composé de MM. Fontègne, Lomont
- et Paul-Boncour. *
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- La Vie de l’Association des Anciens Élèves de l’I. N. 0. P.
- Le Conseil directeur s’est réuni le 6 octore.
- Etaient présents : MM. Mamelle, Me Fabre, MM. Pivert et Beaume.
- Excusé : Mlle Biscav.
- Il a été procédé à un échange de vues sur la situation de l’O. P., les démarches à effectuer, les solutions à intervenir.
- Il a été décidé d’offrir un apéritif aux élèves de la Quinzaine, et à ceux des anciens élèves qui voudraient prendre contact avec eux.
- Cette rencontre a eu lieu le mercredi 25 octobre, à 18 heures, à la Brasserie Dumesnil, boulevard Montparnasse, dans une atmosphère de gaieté cordiale. Un dîner amical a réuni sur place tous ceux qui ont pu disposer de leur soirée.
- Le secrétaire a écrit à MM. Luc et Bremer, au Dr Perret, au sujet de la 3e Conférence à organiser, sur le « Rôle de la famille en O. P. ».
- Enfin le Banquet officiel, que M. Luc, directeur général de l’Enregistrement technique, a accepté de présider à nouveau, aura lieu le samedi soir 16 décembre. Le lieu sera indiqué ultérieurement ; mais retenez d’ores et déjà cette date.et soyez des nôtres.
- Le Secrétaire : G. Beaume.
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- La Vie des Centres d’O. P.
- Nous extrayons d’un très intéressant rapport de M. E. Marin sur le centre d’O. P. de Tarbes, ces lignes sur l’usage des tests et l’Orientation à VAtelier-Ecole :
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- Lorsque dans un grand centre le nombre d’industries similaires est assez important, il faut serrer la question de plus près. En effet, s’il n’est pas possible de dire à priori lorsqu’un élève débute à l’école qu’il apprendra plus facilement l’histoire que la géométrie, de même pour l’enfant qui veut entrer en apprentissage, on ne peut déclarer avec certitude qu’il réussira mieux dans telle profession que dans telle autre dont les conditions générales sont à peu près semblables.
- On doit alors faire usage des tests les plus simples et les mieux étudiés qui permettent de discerner certaines facultés de l’enfant et de classer celui-ci, pour la faculté envisagée, soit dans la moyenne, soit au-dessus ou au-dessous d’un groupe important d’enfants du même âge.
- L’application des tests rend déjà de très grands services et donne une solution très satisfaisante lorsque, pour une profession, il est nécessaire de posséder des aptitudes spéciales bien déterminées, par exemple pour la dactylographie, la conduite des trains ou des autos, la musique, etc...
- Cependant cette méthode qui est une analyse et non une synthèse, est encore trop incomplète et trop abstraite pour permettre de faire de l’Orientation positive. La difficulté est de connaître l’ensemble des facultés d’un sujet et la résultante des impondérables qui personnifient les individus, et les rendent parfois si dissemblables de caractère avec des qualités qui, à priori, paraissent absolument identiques. Les goûts personnels que l’on ne peut mesurer jouent en effet, un très grand rôle dans l’utilisation des facultés naturelles de l’enfant.
- D’ailleurs, la précision mathématique que l’on obtient par les déciles ou les centiles des tests n’est pas toujours indispensable.
- Si les différences existantes ne sont pas très importantes, elles ne suffisent pas pour constituer une contre-indication. De même, on pourra obtenir pour un même métier, d’excellents résultats avec des enfants présentant des différences assez sensibles.
- Pour toutes ces raisons il est indispensable de compléter l’usage •"‘ ic ffuelques essais directs dans les différentes branches de l’activité économique.
- Pour cette documentation complémentaire, nous utiliserons les ateliers-écoles d’enseignement manuel, qui diffèrent considérablement de ceux qui ont été créés et organisés d’une façon si magistrale par la Chambre de Commerce, mais qui répondent à un autre but.
- Les deux types d’ateliers existent à Paris : l’un fonctionne dans les écoles primaires de la ville, l’autre, sous la tutelle de la Cham-
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- bre de Commerce. Les leçons données dans les Ateliers-Ecoles de la ville sont suivies par lous les élèves du cours moyen ou supérieur et cela ne préjuge en rien de leur orientation définitive. Mais lorsque le moment sera venu de prendre une décision pour le choix d’une carrière, l’organisme d’orientation trouvera là les éléments les plus rationnels pour la détermination de la profession à conseiller à l’enfant. Jusque là on ne fait donc que de l’enseignement manuel et de là pré-orientation professionnelle et tout cela rentre dans le cadre de l’enseignement primaire élémentaire.
- Les ateliers-école de la Chambre de Commerce de Paris sont, au contraire, fréquentés par des enfants qui ont quitté définitivement l’école primaire et la décision de les engager dans la voie professionnelle est définitivement prise.
- Ils ont même choisi une industrie. Il ne reste à déterminer que la spécialité qui, dans cette industrie, leur conviendra le mieux. Dans quelques cas exceptionnels, il est nécessaire et possible de les diriger vers une autre industrie.
- Le rôle principal de l’O. P. est donc déjà rempli. Il ne s’agit plus que d’un complément d’orientation et de pré-apprentissage. Cette organisation doit être comprise dans l’enseignement professionnel.
- Tandis que c’est pendant que l’enfant est encore à l’école primaire et avant qu’il ait pris une décision qu’il faut commencer par la pré-orientation et terminer par l’orientation proprement dite.
- Pour cela il est nécessaire d’avoir, suivant l’importance de la ville et les dispositions budgétaires, un ou plusieurs locaux avec outillage rudimentaire, mais très varié, ainsi qu’un ou plusieurs professeurs de travail manuel. On peut faire aussi appel aux industriels de la localité, pour qu’ils mettent, à certaines heures, une partie de leurs locaux et de leur outillage à la disposition des élèves.
- Voici ce qui a été réalisé à Tarbes :
- Dans un local spécial pouvant contenir une quarantaire d’élèves, se trouve réuni l’outillage nécessaire pour l’exercice d’une dizaine de professions différentes.
- En dehors de la direction générale, il est fait appel à des spécialistes bénévoles qui, à des jours déterminés, donnent une leçon de travail pratique, notamment, pour l’imprimerie, la sculpture sur bois, l’électricité, la ferblanterie, le jardinage, etc...
- Des membres de l’enseignement ou des chefs d’entreprise, font de temps à autre, des causeries sur un sujet technnologique avec projections fixes ou animées. Des visites d’usines sont organisées. Des cours de dessin industriel ou des exercices manuels sont pra-
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- tiques les autres jours de La semaine. Le tout a lieu en dehors des heures de classe.
- Les élèves appartiennent au cours moyen, supérieur ou complémentaire et sont classés en quatre sections. Ils exécutent successivement tous les exercices qui sont toujours en rapport avec le programme scolaire.
- La caractéristique de cette création, plus facilement réalisable que l’on ne saurait l’imaginer, réside dans le grand nombre de métiers différents auxquels les enfants peuvent être exercés, tandis que, dans la plupart des cours similaires, on ne connaît que le travail du bois et du fer.
- Ce n’est en somme qu’une application particulière de tests d’un caractère spécial.
- Il me suffira de décrire l’un d’eux, celui de l’imprimerie, pour en faire ressortir les principaux avantages.
- On sait que, dans la casse d’imprimerie comme sur le clavier de la machine à écrire, les lettres ne sont pas classées dans l’ordre alphabétique, mais bien suivant l’emploi plus ou moins fréquent de chaque lettre. Le dessin de cette casse est polycopié et chaque élève en reçoit un exemplaire sur lequel il inscrit, d’après un modèle, la lettre de chaque cassetin. Ce premier exercice lui fait comprendre la composition générale de la casse.
- On peut alors avec des boîtes de plumes séparées de leur couvercle et clouées sur une planchette, constituer une casse minuscule de 5 ou 6 lettres pour composer un seul mot très connu des élèves, par exemple Tarbes ou Paris. On peut utiliser des caractères en caoutchouc, en cuivre ou en alliage d’imprimerie. Pour le premier exercice chaque lettre est indiquée, d’une façon très visible sur la case correspondante. Mais à la deuxième expérience, cette indication n'existe plus et l’enfant doit se rappeler l’emplacement des lettres servant à composer le mot choisi.
- Chaque élève se trouve dans des conditions identiques et il est possible de faire des comparaisons de vitesse et d’exactitude. Cet exercice constitue un test de mémoire, d’attention, d’acuité visuelle d’adresse dactyle et de sensibilité tactile pour bien placer les lettres sur le composteur.
- Pour encourager les élèves qui ont le mieux réussi, on leur fad composer leur nom et. avec un matériel très rudimentaire, on leur fait tirer quelques cartes de visite.
- On poursuit l’expérience pour les mieux doués qui arrivent rapidement à composer et tirer des cartes qui permettent, par le choix facultatif de la composition, de connaître le sens artistique de l’enfant.
- La caractéristique de cette méthode est que l’enfant, au lieu de
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- se décourager rapidement comme avec les tests courants dont A ne saisit pas la portée, s’intéresse très vivement et de plus en plus à ces exercices agréables. Il est possible, à cette occasion, de faire des causeries très intéressantes sur l’imprimerie ; l’enfant acquiert ainsi des connaissances nouvelles, ce qui, ne l’oublions pas, est le but principal. Enfin des aptitudes spéciales pour l'imprimerie pourront en même temps se découvrir et, ici, tous les défauts et qualités de l’enfant entrent en jeu et c’est bien de leur résultante que découle le choix qui sera fait. Il en est de même des autres exercices très variés que le même élève exécutera successivement.
- On pourrait croire que l’application de cette méthode est interminable et que les enfants vont être perdus dans cette diversité de travaux.
- Il faut dire que chaque exercice ne demande que quelques séances, une semaine au maximum, pour être exécuté, et les résultats sont là pour établir incontestablement que l’enfant retient aussi bien, sinon mieux, les directives qui lui sont données à l’atelier que, lorsque, en classe, ou lui fait une leçon de géographie après un devoir d’arithmétique.
- Que l’on ait fait ou non la pré-orientation par l’enseignemenl manuel, on peut encore, pour plus de garantie, organiser des périodes d’essais par roulement entre des groupes d’établissements et d’enfants, soit le jeudi, soit pendant les vacances. La durée de ces essais peut être plus ou moins grande suivant les circonstances et les possibilités locales, mais une base moyenne et pratique est de une semaine ou deux dans trois ou quatre industries différentes, par exemple : ébénisterie, mécanique, quincaillerie, électricité.
- Ce n’est que lorsque le roulement entre les enfants choisis par groupes est terminé que l’employeur et la famille prennent une décision définitive. C’est le principe appliqué dans ies ateliers-écoles de la Chambre de commerce, mais réalisé d’une façon très économique et surtout avantageuse pour le chef d’entreprise qui a ainsi la possibilité de faire un choix judicieux entre les enfants qui lui sont présentés.
- Une première expérience a été si satisfaisante que j’ai l’espoir d’étendre cette méthode à une grande partie des établissements de la ville et même des ateliers des petites agglomérations.
- On peut ainsi mieux diriger les enfants et éviter plus facilement l’encombrement de certaines carrières en assurant l’accès de celles qui paraissent les plus avantageuses pour l’avenir de l’enfant et le bien-être général.
- C’est, la méthode expérimentale la plus directe et la plus concluante pour découvrir les aptitudes réelles de l’élève.
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- Au lieu de donner hâtivement, après quelques instants d'examen de l'enfant, la préférence à une profession déterminée, en se basant simplement sur des apparences quelquefois trompeuses, c’est « de visu » et après une expérience prolongée que les enfants, les parents, les employeurs, les médecins et les conseillers d’orientation peuvent se rendre compte du degré exact d’adaptation et des goûts réels de chaque enfant.
- C’est en un mot l’idéal de l’Orientation professionnelle.
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- Paul Sciiroeder. — Kindüche Charaktere und dire Abartig-keilen. Mit erlàuternden Beispielen von Dr. Med. Hans Heinze. (Les caractères enfantins et leurs déviations. Avec des exemples explicatifs par le Dr H. Heinze). -— Perd. Hirt in Breslau, 1931, in-8°, 256 pages.
- OEuvre de deux psychiatres, ce petit volume comporte deux parties différentes. La première, théorique, est de la plume de Schr. et présente un essai tout à fait remarquable de psychologie et de caractérologie enfantines. La seconde, de Heinze, couvrant près de la moitié des pages, se compose de 21 observations des enfants « difficiles ». offrant des cas plus ou moins graves de troubles de caractère. Nous disons à dessein « difficiles » et non pas « anormaux » de même que c’est à dessein que nous traduisons « Abar-tigkeiten » par déviations et non par anomalies, croyant respecter ainsi les tendances de l’auteur. Car ce qui fait l’originalité du livre, c’est précisément l’intention nettement exprimée de ne pas appliquer à l’étude du caractère de l’enfant, lorsque celui-ci s’écarte tant soit peu de la moyenne, d’une façon sommaire, des notions de « psychopathologique » ou « anormal ». Ce point de vue est vigoureusement exposé dans une remarquable préface où dans quelques phrases claires et serrées l’auteur envisage l’apport de la psychiatrie dans l’étude du caractère et aborde le problème des classifications caractérologiques. C’est à lvlages que, à son avis, le psychologue contemporain doit le plus sous ce rapport.
- Les observations ont été faites dans la section infantile d’une polyclinique dirigée par l’auteur avec la collaboration active de Heinze. Les enfants difficiles y sont amenés par les parents ou par les éducateurs et soumis à une observation ou à un traitement spécial. La clinique n’a cependant pas de caractère purement médical ; les enfants y sont confiés à des jardinières et à des pédagogues avisés.
- Les observations sont faites sur des modèles des fiches cliniques et accompagnées des remarques personnelles de Heinze.
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- Refusant de se rallier sans réserve à aucun des systèmes carac-térologiques connus, l’A. fait ressortir avec justesse ce fait que les catégories typologiques n’ont pour base qu’un seul trait marquant, alors qu’en réalité ces « déviations » de caractère sont chez un même individu nombreuses et vont dans des sens divers. Dans les grandes lignes cependant il suit klages. Dans le premier chapitre. « les côtés et les directions du psychique », il étudie tour à tour : l’intelligence, l’affectivité et la moralité, la conduite, l’imagination et la rêverie, les tendances de grandeur (où il s’agit notamment de la « volonté de puissance » et de la manie de grandeur) les impulsions (vitalité, initiative, excitabilité), les sentiments et l’humeur, les attitudes motrices, la volonté et les instincts (où les problèmes sexuels détiennent une place importante), la psychopathie. Le chapitre suivant, consacré aux traits de caractère et à la personnalité, comporte six divisions Après une introduction au problème, où l’on trouve entre autres des considérations sur la valeur scientifique de l’anatomie du cerveau, l’auteur étudie les traits de caractère. Il distingue : la conscience de soi-même, l’assurance, la pusillanimité, l’irritabilité, la véracité, l’intérêt, l’application et La volonté au travail. Le sous-chapitre suivant. « Les Actions », traite des fougues, du suicide et du vol. Après un court passage, qui le suit, sur l’harmonie et la dysharmonie des caractères, l’auteur analyse les typologies de Spranger, Kerschenstei-ner et Kretschmer. Une étude des stades du développement psychique de l’enfant termine cette partie importante du livre.
- Le troisième chapitre, enfin, ne couvrant d’ailleurs qu’une dizaine de pages, est consacré aux problèmes de l’éducation et. de l’éducabilité et s’adresse tout particulièrement au praticien.
- Le programme tel que l’auteur se pose : ne pas donner d’importance démesurée à l’intelligence, réhabiliter l’affectivité (Gemüt) en tant qu’une partie essentielle de la personnalité contre la tendance de n’y voir qu’une résultante, dégager par une analyse approfondie de la vie psychique de l’enfant « la matière caracté-rologique » (telle qu’elle est conçue par Klages), et éviter avant tout l’emploi gratuit de la notion du «psychopathique», semble bien réalisé, d’autant que ce petit livre est loin de prétendre à un exposé d’une méthode éducative complète.
- Les observations de Heinze sont groupées suivant les divisions du 1er chapitre de Schrôder dont elles portent les sous-titres : affectivité, conduite, imagination, attitudes motrices, etc...
- L’édition très soignée rend la forme de présentation de ce petit volume fort agréable.
- A. R.-G.
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- 5e Année
- N° 10
- Décembre 1933
- BULLETIN
- DE
- l’Institut National d’Orientation Professionnelle
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- Le IIe Congrès International d’Orientation Professionnelle appliquée au choix des carrières et métiers, à S1-Sébastien par P.-L. LARCHER
- A Saint-Sébastien (Espagne) a eu lieu, les 26, 27 et 28 septembre 1933, le deuxième Congrès international d’Orientation professionnelle appliquée au choix des carrières et métiers. Ce Congrès, dont M. Félicien Court a été le promoteur et l’organisateur, est, en effet, le deuxième car il ne faut pas oublier que déjà, en 1924, il y a presque dix ans, M. Félicien Court avait fait aux directeurs des Offices publics de placement un appel auquel ils répondirent avec empressement en venant siéger à Toulouse. A ce premier Congrès furent enregistrés les premiers résultats de l’Orientation professionnelle pratique. On était passé de l’orientation théorique, de l’expérience de cabinet avec ses minuties, ses tâtonnements nécessaires, ses louables scrupules scientifiques aux réalisations, sans craindre de recourir quelquefois aux procédés les plus simples et les plus faciles tout en s’efforçant d’améliorer les méthodes, de compléter ou de réformer les appareils de contrôle dont elle. use.
- Ce premier Congrès avait délimité le plus nettement qu’il était possible le rôle spécial qu’étaient appelés à jouer en orientation professionnelle l’Ecole primaire, les Services médicaux, les Associations professionnelles et les Offices publics de placement. C’est pourquoi M. Labbé, directeur de l’Enseignement technique, pouvait écrire en 1925 clans la préface du compte rendu de ce Congrès : « Le récent Congrès international de l’Enseignement technique qui s’est tenu a Charleroi et auquel bon nombre d’adhérents de Toulouse ont pris une part active a essayé de continuer l’œuvre que vous aviez ébau-
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- chée. Sagement, il a confirmé les décisions — pratiques et prudentes — qu’à la quasi unanimité vous aviez prises ».
- Le deuxième Congrès a fortifié, si l’on peut dire, les positions prises au premier Congrès. Ses délibérations n*ont fait que démontrer l’excellence de la route qui avait été choisie, puis qu’on n’avait d’autre désir que de s’y maintenir et que l’on pouvait cette fois justifier son choix par l'énumération des premiers résultats obtenus. Ces premiers résultats furent exposés en ce qui concerne la France grâce au contrôle que commencent à exercer certains offices.
- Un rapport très documenté présenté par M. Schlœssinger portait sur l’organisation matérielle d’un Office d’orientation professionnelle dans les grandes et moyennes agglomérations. Ce rapport avait le grand mérite, outre sa documentation abondante et précise de tenir compte des réalités, c’est-à-dire des ressources généralement très limitées, trop limitées même, qui sont mises à la disposition des offices ; le minimum d’organisation matérielle au-dessous duquel il serait difficile de descendre a été nettement fixé. Autrement dit, l’étude de M. Schlœssinger a eu pour but de reprendre les points communs entre les méthodes en usage pour établir un programme d’organisation matérielle « tel que chaque orienteur soit en mesure de l’utiliser en y apportant simplement les compléments, les retranchements ou les modifications nécessaires ».
- Un point important que ce remarquable rapport n’a pas manqué de mettre en lumière, point qui d’ailleurs a suscité de nombreuses interventions pour aboutir à la reconnaissance de la nécessité impérieuse de le prendre de plus en plus en considération c’est celui qui a trait à l’orientation vers les carrières intellectuelles, celles-ci étant moins bien définies et moins organisées que les métiers manuels. L’orienteur doit se mettre à la disposition des familles pour :
- 1° Les aider dans le choix des études qui conviendront le mieux à l’élève ;
- 2° Leur faire connaître le coût des études, leur durée, les sacrifices qu’il faudra s’imposer ;
- 3° Les chances et les moyens de réussite (carrières encombrées, activités nouvelles créées par le développement industriel et les progrès scientifiques).
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- La documentation dont la constitution s’impose pour bien remplir celte mission est une des tâches nouvelles qu'indique ce Congrès à l'activité des orienteurs. ’
- La deuxième question proposée à l’étude des congressistes était la suivante :
- Les méthodes en orientation professionnelle : que doit contenir le dossier d’un enfant à orienter ?
- Quels essais ont été tentés en ce qui concerne les tests par les praticiens de l’orientation professionnelle et quels résultats ont-ils obtenus ?
- Elle fut l’objet d’un rapport très étudié de M. Ménessier. Ce qu’il convient de retenir de ses conclusions et de la discussion très intéressante qui a suivi, discussion qui a opposé un moment ceux qui estiment que le maître peut éveiller l’attention des enfants sur les différentes activités qui les sollicitent et ceux qui trouvent que la tâche des maîtres est déjà trop complexe pour insister sur ce rôle qui pourtant se situe dans la leçon de choses qui figure dans tous les programmes. A cette discussion prirent part notamment MM. Mauvezin, de Bordeaux ; Marin, de Tarbes ; Peypoudat, de Pau, Pluyette, délégué de l’Union des industries métallurgiques et minières de Paris ; Chaintreau, de Paris ; etc...
- Ce Congrès a finalement reconnu l’influence profonde que le maître peut avoir sur l’enfant et c’est pourquoi il a demandé que les maîtres de l’enseignement primaire reçoivent dans les écoles normales une formation appropriée complétée, si c’est nécessaire, par des stages dans les institutions d’orientation professionnelle, leur permettant de comprendre et de faire comprendre à leur tour la valeur économique, morale et sociale des diverses professions, particulièrement des métiers manuels.
- La discussion qui s’est prolongée pendant quelque temps sur la destination des monographies professionnelles n’a rien apporté de nouveau ; on a confirmé la (nécessité de les préparer à l’usage des élèves des écoles primaires de leurs maîtres, des professeurs des écoles professionnelles et des orienteurs eux-mêmes ; naturellement pour la préparation de ces monographies il est indispensable de recourir à la collaboration de’ceux qui connaissent le mieux chacune des activités.
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- Sur le deuxième point traité dans le rapport de M. Ménes-sier l’expérience de ceux qui ont pratiqué l'orientation professionnelle confirme que les « tests1 » sont satisfaisants pourvu qu’ils soient employés avec circonscription, qu’ils soient interprétés avec un certain sens psychologique et que les facteurs « caractériologiques » des individus ne soient pas oubliés.
- Des exposés qui ont été faits au sujet des méthodes utilisées il résulte que l’examen psychotechnique n’est, la plupart du temps, pratiqué que comme vérification de l’observation directe de l’individu et de l’étude de ses antécédents médicaux et scolaires. Le désir de voir l’exploration psychologique expérimentale se généraliser a été formulé.
- La troisième question traitée était la suivante « Comment suivre l’enfant après son entrée en apprentissage ? »
- C’est peut-être la première fois, dans un Congrès, que l’on s’est préoccupé de la suite donnée au conseil d’orientation et des résultats que cette suite a pu avoir et pourtant les orienteurs ne doivent-ils pas s’assurer que leur travaili ia une valeur et, pour cela, n’est-il pas désirable de surveiller l’enfant qui a demandé un conseil et qui a suivi le conseil donné afin de voir s’il a réussi dans la voie qui lui a été indiquée, par ailleurs de se rendre compte si celui qui a choisi un métier malgré une contre indication formelle, a pu s’y fixer et arriver à d’heureux 'résultats. Des (comparaisons faites entre l’apprentissage d’un jeune homme bien orienté et d’un autre ayant négligé toute précaution on pourra tirer d’utiles renseignements. Nous savons que les rapports présentés sur le fonctionnement des Offices de Nantes et de Lyon notamment ont déjà fourni d’importantes observations sur ce point. Elles ne manquèrent pas d’être signalées.
- Il y a là une étude qui mérite d’être poussée, mais, pour cela, il est indispensable de rester en liaison avec l’orienté. Comment y arriver ? Le Congrès a reconnu « qu’il est nécessaire que les institutions d’orientation professionnelle suivent le sujet orienté après son entrée à l’atelier, au bureau ou à l’Ecole spécialisée (établissement d’enseignement secondaire ou professionnel). Le Congrès a exprimé le désir que les Offices d’orientation professionnelle, avec la collaboration de l’inspection du travail, des offices de placement et des chefs d’entreprise, suivent l’apprenti pour lui éviter les difficultés
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- qu’il pourrait trouver dans sa période d’initiation au travail et lui procurer, en cas de besoin, un autre métier. »
- Les moyens ont été signalés au cours des discussions : on a parlé du rôle des Comités de patronage d’apprentis prévus en France par la loi de 1892 ; on y a parlé également des créations récentes de « Foyers' d’apprentis » et la 'lecture d’une communication présentée par M. Mathieu, directeur de l’Office d’orientation professionnelle d’Angoulême sur la fondation auprès de cet office d’un « Foyer de l'apprenti » a donné un exemple des réalisations qu’il conviendrait d’entreprendre.
- Les conclusions de cette importante manifestation, à laquelle la Belgique était représentée par M. Christiaens, de Bruxeltes, ont été admirablement résumées dans un rapport général présenté, en français, par M. José Mallart, professeur de l’Institut de psychotechnique de Madrid et secrétaire du Comité espagnol de l’organisation scientifique du travail. Les congressistes se séparèrent après une causerie de M. Gaillet, directeur de l’Ecole normale d’Auch, qui fut un modèle de conférence de propagande pour l’orientation professionnelle.
- La leçon qu’il faut tirer de ce Congrès et qui élargit les conclusions' du précédent c’est que de plus en plus l’orientation professionnelle se manifeste comme l’ensemble complexe d’une série d’opérations qui se succèdent et qui risquent d’être vaines si elles ne s’enchaînent pas les unes aux autres dans leur logique naturelle. Ainsi doivent être adoptées toutes les mesures qui ont pour objet de vérifier la valeur du conseil donné et aussi d’en faciliter l’exécution : placement en apprentissage ou continuation des études, l’un et l’autre contrôlés pour qu’ils produisent un effet utile.
- C’est ainsi que l'on est arrivé à formuler à l’unanimité le vœu « que les Offices d’orientation professionnelle s’efforcent de maintenir le contact avec les jeunes orientés, grâce à une collaboration toujours plus étroite avec les organismes chargés d’assurer l’application de toutes les lois relatives à l’adolescence ».
- Sans doute la tâche de l’orienteur semble ainsi considérablement accrue, mais cependant elle ne dépasse pas les limites d’une action efficace si l’on tient compte de celte idée, qu’il ne faut jamais perdre de vue, c’est que le rôle de l’orienteur
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- consiste, avant tout, à assurer la liaison étroite entre les multiples collaborations qui sont indispensables pour rendre le choix éclairé et profitable, grâce à l’exécution la plus parfaite de la décision prise et à sa rectification lorsqu’elle se révèle comme nécessaire, ce qui suppose une surveillance attentive de l’orienté.
- Telles sont les considérations que cette importante manifestation, due à l’activité et à la vigilance de M. Félicien Court, livre à la méditation de tous'ceux qui'sont désireux de voir l’organisation de l’Orientation professionnelle produire des résultats de plus en plus appréciables.
- Le Profil de Développement dans la
- Pratique de la Neuro-Psychiatrie Infantile
- d’après le Dr G. D’HEUCQUEVILLE
- Médecin-Chef des Asiles publics (1)
- Produit du désir de concilier les deux méthodes de mesure d’intelligence : celle du développement ou de « niveau » et celle, analytique, de profil psychologique, la technique élaborée par le Dr d’Heucqueville semble être d’un intérêt dépassant les cadres que lui a assignés l’auteur : ceux d’une application purement clinique.
- Son profil comporte 10 points (ou 10 niveaux) dont trois premiers affectés aux indications de l’âge chronologique, de la taille et du poids. Les sept autres correspondent à sept épreuves dont quatre quantitatives et trois qualitatives.
- Nous reviendrons plus tard à ta question de la technique du profil même. Bornons-nous ici à dire que ce profil (et c’est ce qui fait son originalité) n’est pas gradué suivant les principes connus jusqu’ici (centiles, déciles, etc.) mais en âges. L’ordonnée correspondant à chaque point du profil est proportionnelle à l’âge auquel la moyenne des enfants (ou le 50e sur 100 enfants dans un centiïage) donne ce résultat.
- A. Description des tests ; leur technique
- 1° Epreuves quantitatives. — L’auteur a choisi parmi les tests en usage et adapté, quatre réunissant les qualités d’être simples et à
- (1) Hygiène Mentale, XXVIII, n° 5, Mai 1933.
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- la fois représentatifs dans leur ensemble, pour le développement général du système nerveux de l’enfant. Ce sont notamment les épreuves : 1° de rapidité motrice (martelage) ; 2° de précision motrice (tapping-test) ; de précision verbale (croix, ronds, traits) et 4°' de mémoire ou jeu de Kimm (colonnes IV à VII du schéma).
- 1. Martelage. — L’auteur a adopté le test américain, faisant intervenir le couple moteur de flexion-extension de l’avant-bras. On fait asseoir l’enfant devant une table et on lui demande de saisir dans son poing fermé un objet long, de préférence une règle en bois. En la tenant dans la position perpendiculaire par rapport à la table, il doit marteler sur celle-ci des coups frappés avec la main droite puis avec la main gauche.
- Pratiquement cette épreuve demande 1 minute : 50 secondes d’explication et 10 secondes d’exécution. Elle permet, non seulement de déceler des hémiparésies, mais aussi de se faire très rapidement une opinion exacte sur le développement moteur de l’enfant. Son emploi est particulièrement précieux pour les enfants très jeunes ou très arriérés, incapables de comprendre un exercice plus compliqué. Tous les sujets atteints de bradvpsy-chies (les épileptiques et les épileptoïdes en particulier) marquent une infériorité à ce test.
- Les normes adoptées par d’Heucqueville sont celles des auteurs américains. En les réduisant simplement aux nombres entiers il a obtenu les mêmes normes pour les deux mains, les différences entre celles-ci étant insignifiante, sauf dans des cas d’hémiplégie infantile, de droiterie ou de gaucherie exclusives (1).
- 2. Epreuve de précision motrice (Tapping test). — Le sujet doit marquer de sa main reconnue la plus habile au test précédent un point dans chacun des 20 carrés d’une ligne de papier quadrillé. On note le temps employé (en cas d’erreur on fait recommencer l’épreuve).
- Ce test est différent du premier. Il fait appel à des fonctions bien plus complexes. C’est qu’il met en jeu, non seulement l’initiative motrice et l’harmonie des antagonistes, mais de plus la perception des carrés, le sens des attitudes et des directions de mouvements. Bien que d’emploi courant (Whipple, Tlealy, de Sanctis) il n’a pas été jusqu’ici étalonné suivant les âges. L’étalonnage que l’auteur en donne est la première tentative de ce genre. Il fait cependant des réserves à son sujet et ne le considère que comme provisoire.
- (1) On trouvera les normes de toutes les sept épreuves dans le tableau reproduit plus loin et donnant l’exemple d’un profil.
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- 3° Epreuve de précision verbale. — C’est le test ,abrégé de la fiche de l’I. N. 0. P. (croix, ronds, traits), indiqué par erreur comme test de Toulouse. On présente au sujet 50 de ces signes disposés en désordre, en deux lignes de la façon suivante :
- o -i-------booo + n--------------o + ooo + q---------------t- +
- + -^ 0 + H-----000--------b + o-----1—1—I—|- o 0 0------h 0 0
- Il doit les nommer successivement et aussi vite que possible. On note le temps, sans tenir compte des erreurs. On exige cependant la correction immédiate de chacune, ce qui fait allonger le temps. Elle est précieuse néanmoins comme moyen de dépistage des bradypsychies, des dysphasies et dyslexies de l’enfant, facteurs trop souvent méconnus du retard scolaire.
- 4° Epreuve de mémoire. — Elle s’inspire des tests d’acquisition brute de Toulouse et Weinberg et se rapproche d’un exercice connu de tous les éclaireurs sous le nom de jeu du Kimm.
- On rassemble sur une table les 20 objets usuels suivants : sou, clé, montre stylo, crayon, mouchoir, bague, gant, chapeau, journal, carnet, portefeuille, billet de banque, carte de visite, encrier, buvard, règle, livre, cahier, épingle. On les laisse exposés pendant, 20 secondes, pendant lesquelles l’enfant les observe. Au bout d’un intervalle de 20 secondes on lui demande d’énumérer les objets présentés (on accorde pour cela 20 secondes).
- On peut énoncer, en ce qui concerne ce test, une loi empirique suivante : l’enfant fixe une image par année d’âge, entre 0 et 15 ans. Au-dessous de la limite inférieure cette épreuve ne donne pas de résultats significatifs, au-dessus de 15 ans la loi de progression est différente.
- II. — Epreuves qualitatives « d’adaptation » (colonnes VIII à X du schéma). — Cette catégorie comprend : 1° tests moteurs ; 2° tests d’éveil ; 3° tests scolaires. La notation dans toutes les épreuves est faite par 0 ou + .
- 1° Tests moteurs. — Voici l’échelle motrice proposée par l'auteur : A 1 an, marcher quelques pas non soutenu ; à 2 ans, se relever suivant le mode ventral ; à 3 ans, les syninésies bilatérales dans les mouvements volontaires et réflexes ont disparu ; à 4 ans, se relever suivant le mode dorsal ; à 5 ans, reproduire le dessin d’un carré (la figure de l’enfant doit être reconnaissable) ; à 6 ans, exécuter trois commissions simples données toutes en môme temps.
- 2° Tests d'éveil. — Al an, prononcer un mot adapté à un objet (Maman, Dada); à 2 ans, montrer son nez, sa bouche, ses yeux; à 3 ans, nommer quatre objets usuels : sou, clé, couteau, crayon ; à 4 ans, répondre correctement aux questions de bon sens (deux ou
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- >yvv
- B. — Construction du profil
- Rapidité njolnce
- Morifloge
- Président
- Abstraction!
- jgUl
- Multiplication
- Monnaie
- Mois
- Date
- Différences
- Montrer
- Comroiasiooa
- Détioltîons Bon seos Objelâ
- Mots
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- trois au moins) : que faire quand on a faim ? quand on a froid ? quand on a sommeil ? ; à G ans, définir par l'usage au moins deux sur trois des mots : chaise, cheval, crayon ; à 7 ans, montrer sans erreur sa main droite, son oreille gauche; à 8 ans, donner les caractères distinctifs qui séparent : mouche et papillon, bois et verre, carton et papier; à 10 ans, expliquer l’absurdité de deux trois au moins des phrases suivantes : 1° la roule qui va de ma maison à la ville descend tout le temps de ma maison à la ville et tout le temps de la ville à ma maison ; plus il y a de wagons au train plus il va vite ; 3° on a trouvé sur les fortifications le corps d’une jeune fille coupée en morceaux, on dit qu’elle s’est tuée elle-même ; à 13 ans, trouver le caractère commun (ressemblance) entre : 1°.serpent, vache, moineau ; 2° lame de couteau, pièce de monnaie, fil de fer ; 3° livre, professeur, journal ; à 15 ans, terminer la phrase classique du « pendu » (Binet-Simon) : Une personne qui se promenait dans un bois s’est arrêtée tout à coup très effrayée : elle a couru au poste de police le plus voisin pour avertir qu’elle venait de trouver à une branche un....... un quoi ? (seule
- bonne réponse : un pendu.)
- 3° Tests scolaires. — A4 ans, compter quatre sous semblables ; à 7 ans, dire la date complète (jour de la semaine, du mois, l’année) ; à 8 ans, énumérer sans erreur les douze mois dans leur ordre naturel ; à 9 ans, rendre la monnaie de treize sous sur un franc faire comprendre à l’enfant qu’il aura à jouer au marchand et mimer l’achat) ; à 10 ans, connaître la table de multiplication (résultats de G x 7, 5 x 7 ; 7 x 9) ; à 11 ans, nommer dix grandes villes de France (ayant réellement plus de 50.000 habitants) ; à 12 ans, définir par une phrase ou un exemple les abstractions : pitié, envie, bonté ; à 16 ans, question du président (donner trois caractères distinctifs entre un roi et un président de la république.
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- L’établissement d’un profil de développement est une chose excessivement simple. Il suffit, pour s’en rendre compte, d’envisager le tableau reproduit ci-dessus. Nous avons là le profil réel d’un enfant de 11 ans. Le profil d’un enfant hypothétique parfaitement moyen (se plaçant au 50e centile dans toutes les épreuves) du même âge, serait une droite horizontale partant du point 11 sur l’ordonnée des âges et passant par neuf autres points. Cette droite forme l’abscisse du graphique. En réalité, en joignant les dix points obtenus dans chaque colonne du diagramme, on forme toujours une ligne brisée, comme c'est le cas du profil reproduit. Celte ligne brisée, individuelle, représente le sujet dans toutes ses déviations (retards ou avances) par rapport à cet être hypothétique parfaitement dans la norme.
- Le repérage des points ne présente nulle difficulté lorsqu’il s’agit des sept premières colonnes (renseignements et tests quantitatifs). Il n’en est pas de même lorsqu’il y va de déterminer le niveau dans les colonnes 8 à 10 (épr. qualitatives). Voici les règles adoptées à ce sujet par l’auteur :
- 1° Si tous les tests de l’une de ces trois colonnes sont réussis, le niveau s’exprimera pour la plus élevée des deux ordonnées : âge réel en ordonnée du test le plus élevé de la colonne.
- 2° Si tous les tests sont réussis jusqu’à une certaine ordonnée et non réussis au-dessus, on marquera le niveau à mi-hauteur entre le plus élevé des tests non réussis et le moins élevé des tests réussis.
- 3° Si un ou plusieurs 0 sont intercalés entre deux +, on procédera provisoirement comme s'ils n’existaient pas, c’est-à-dire suivant la règle 2, puis on abaissera le point obtenu d’une année par échec (autant d’années que de 0).
- La méthode du Dr d’Heuqueville présente, certes, de nombreux avantages. Sa brièveté et sa simplicité n’en sont pas les moindres. Elle permet, d’autre part, une notation adéquate des épreuves qualitatives dans un profil, chose difficilement réalisable jusqu’ici.
- Etabli à l’usage de la neuro-psychiatrie infantile, le profil de développement est intégré dans une vaste fiche médico-psychologique. Il en forme néanmoins un chapitre suffisamment autonome pour qu’il soit possible d’en tirer parti pour une application plus vaste. Il apporte, comme le dit l’auteur, moins des éléments de diagnostic que des éléments de pronostic.
- A. R.-G.
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- NOTES ET DOCUMENTS
- La main professionnelle
- Dans les Actes de médecine pratique publiés par La Presse Médicale (15 novembre 1933), André Feil décrit quelques stigmates professionnels qu’on peut observer dans la main de diverses catégories d’ouvriers :
- Les menuisiers ont des callosités de la main droite, au niveau du pouce, des plis de l’index et au milieu de la face palmaire (pression du rabot), les serruriers en ont à la face palmaire droite (par pression du marteau et de la lime), les cordonniers aux plis de flexion des doigts, les copistes à la phalange terminale du médius, les typographes compositeurs à la pulpe des doigts, les graveurs à la région palmaire du petit doigt (par le burin), les tailleurs de pierre à la face palmaire du petit doigt de la main gauche, première phalange (par pression du ciseau). Les travailleurs du cuir ont des ongles rongés, exfoliés, et les vitriers (par emploi de soude caustique) ainsi que les écorche urs, etc., etc.
- Une association de divers stigmates caractérise la main du cimentier (durillons, ulcérations épidermiques à la face plamaire des doigts), celle du vitrier, de l’horloger, du manœuvre, que l’auteur décrit, avec des photographies à l’appui.
- On peut envisager la constitution d’un atlas iconographique qui permettrait de distinguer les types professionnels d’après les mains, et en particulier de caractériser les groupes de manœuvres (polisseurs de diables, manieurs de planches, etc.). P.
- Contre-indications professionnelles du point de vue ophtalmologique
- I. — Minimum d’aptitudes visuelles exigible pour divers métiers
- DU POINT DE VUE DE l’iNTÉRÊT PERSONNEL DU CANDIDAT
- 1. Acuité visuelle. — 1) L’acuité visuelle de 1,5 pour un œil et 2 pour l’autre est nécessaire dans tout travail de précision : horlogerie, finissage d’objets de précision, travail de contrôle, etc. C’est également le minimum requis pour un médecin, en particulier pour un ophtalmologiste.
- 2) L’acuité visuelle de 0,9 à 0,4 est nécesaire dans la coulure, la mode, la lingerie et dans le travail de vendeuse.
- 3) L’acuité visuelle de 0,4 à 0,1 suffit au boulanger, au cuisinier, au cartonnier, à Vouvrier agricole, au journalier.
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- 2. Vision stéréoscopique. — Une bonne vision stéréoscopique est requise par tous les métiers où il s’agit de discriminer à l'œil de petites différences de profondeur. Rentrent dans cette catégorie : tous les métiers de mécanique de précision, la médecine (en particulier l’ophtalmologie).
- 3. Vision chromatique. — Tout trouble dans la vision chromatique fournit une contre-indication pour le travail dans l’industrie chimique, dans les industries textiles, La teinture, môme pour certaines branches spécialisées de la médecine, comme chirurgie, dermatologie et ophtalmologie, et d’une façon générale partout où il s’agit de diagnostiquer d’après les modifications dans la coloration de la peau. (Dans certains cas cependant on peut remédier à l’insuffisance de la vision de couleurs par des réactions indirectes, par exemple par l’absorption sélective par un fdlre coloré ; mais ce n’est là qu’un moyen auxiliaire auquel il ne faut avoir recours qu’avec beaucoup de prudence.
- 4. Champ visuel. — Un rétrécissement périphérique du champ visuel est'une contre-indication professionnelle pour tout métier présentant un danger par transmission et en particulier là où la lésion étant progressive, menace d’atteindre la fonction même.
- 5. Adaptation visuelle à Vobscurité. — Un trouble dans l’adaptation de l’œil à l’obscurité est une contre-indication pour le travail de mineur, de veilleur de nuit, dans les ateliers de photographie, dans les usines d’accessoires photographiques, etc.
- II. — Minimum d’aptitudes visuelles exigible
- DU POINT DE VUE DE l’iNTÉRÊT PUBLIC
- Voici quelques extraits des résolutions prises à ce sujet par le Congrès ophtalmologique d’Amsterdam (1929).
- 1° Recommandations générales. — L’examen d’aptitude visuelle des candidats pour les services publics ne doit être entrepris que par des médecins spécialistes, jouissant eux-mêmes d’une bonne vue (bonne acuité, bonne sensibilité chromatique, etc.). Chaque examen, quel que soit le cas, doit être commencé par la réaction de la pupille.
- L’acuité visuelle doit être examinée à l’aide des tablettes de Snel-len, à une distance de cinq mètres et avec un éclairage d’un minimum de 30 Lux.
- Le champ visuel doit être relevé dans tous les cas, ne serait-ce que par la méthode d’orientation. Pour les aviateurs et les chauffeurs des voitures publiques, on doit tenir compte du périmètre.
- La sensibilité chromatique doit être mesurée à l’aide des tablet-
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- tes isochromaliques de Slilling ou de Ishihara. Là où il y a lieu de procéder à un examen très fin, comme par exemple chez les conducteurs de locomotives, il faut avoir recours à l’anomaloscope.
- La vision en profondeur en rapport avec le travail de l’ensemble des muscles, avec la tendance à La fusion et avec l’acuité de la vision stéréoscopique, doit être examinée surtout chez les aviateurs et chez les conducteurs des trains publics.
- 2° Recommandations particulières et contre-indications pour divers métiers :
- I. Aviateurs : a) Réaction normale de la pupille ;
- b) Acuité visuelle pour les deux yeux au minimum 1,0 (on tolérera une acuité de 0,5 chez les pilotes déjà en service). On admettra chez les aviateurs privés un minimum de 0,7 et 0,5, mais à condition qu’ils portent des verres corrigeant leur acuité jusqu’à 1,0 et 0,7 pour chaque œil respectivement ;
- c) On peut tolérer un léger degré cYamétropie ;
- d) Une bonne coordination d’accommodation et de convergence est indispensable ;
- e) La rapidité de la perception optique doit être examinée à l’aide de l’anneau de I.andoit : on exigera, dans la reconnaissance de la lacune, une acuité de 0,1 en une seconde et un maximum de temps de un quart de seconde pour la reconnaissance de la couleur d’un feu ;
- /) On tiendra rigoureusement compte de tout trouble dans l’équilibre des muscles optiques.
- Les pilotes de services publics doivent subir un examen tous les six mois, les aviateurs privés tous les ans.
- IL Chauffeurs des transports publics :
- a) Minimum d’acuité visuelle : 1,0 et 0,7 (Port des verres éliminatoire) ;
- b) Le périmètre du champ visuel doit être pris en considération chez les conducteurs d’autocars, en particulier des cars de montagnes ;
- c) Le dédoublement de la vision est éliminatoire ;
- d) La vision binoculaire doit être normale ;
- e) Sensibilités lumineuse et chromatiques normales.
- Les épreuves doivent être répétées tous les trois ans.
- N. B. — Après quarante ans de service, on peut tolérer le port des verres jusqu’à quatre dioptries. L’astigmatisme d’ensemble ne doit pas dépasser ces dioptries.
- III. Chauffeurs des taxis. — Mêmes conditions que pour la catégorie précédente, sauf que l’on tolérera chez eux le port des verres
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- jusqu’à six dioptries (ce maximum ne doit pas être dépassé par l’ensemble des anomalies de réfraction). Il n’est pas indispensable d’avoir une sensibilité chromatique normale.
- L’examen de contrôle doit avoir lieu tous les cinq ans, sauf pour les cas de maladies graves qui doivent toujours être suivis d’une nouvelle épreuve.
- IV. Chauffeurs des voilures privées. — L’administration qui est chargée de délivrer les permis de conduire doit ordonner un examen spécial qui sera renouvelé après chaque accident, pour lequel le chauffeur est reconnu responsable. Jusqu’à l’âge de 50 ans, la délivrance du permis doit être renouvelée tous les cinq ans ; au-dessus de cet âge, tous les trois ans.
- a) L'acuité visuelle au minimum de 0,7 (on calculera l’acuité des deux yeux ensemble) ;
- b) Le porl des verres est toléré ;
- c) La vision double est éliminatoire ;
- d) Le champ* visuel binoculaire doit comporter 140° ;
- e) Toute déviation dans Y adaptation est éliminatoire. (En général, on doit pouvoir lire les tablettes pseudo-isochromatiques.)
- f) Les daltoniens peuvent être admis, à condition que leur acuité visuelle soit au moins de 0,8 pour chaque œil (sans verre) ;
- g) Les borgnes peuvent être acceptés, mais pas avant un an depuis la perte de l’œil. On exigera d’eux une acuité de 0,8, un champ visuel et des sensibilités chromatiques et lumineuses normales.
- V. Employés des chemins de fer. — Ils se répartissent en trois catégories : Groupe A : Service de la locomotive avec le maximum de responsabilité ; groupe B : Surveillance avec une grande responsabilité ; groupe C : Service de bureau et tout autre travail avec le minimum de responsabilité. Les exigences pour ces trois groupes au point de vue de la vision ne sont pas les mêmes.
- a) L'acuité visuelle nécessaire pour le groupe A à l’entrée en service est de 1,0 et 0,7. Port des verres éliminatoire. Dans les examens répétés, au cours du travail, l’acuité minimum est de 0,5 pour les deux yeux, mais il faut la corriger par des verres jusqu’à 0,7. Pour le groupe B on exigera une acuité visuelle de 0,7 et 0,5 pour chaque œil à l’entrée dans le service et l’acuité de 0,5 et 0,3 à la répétition de l’examen, avec ou sans verres ;
- b) Le champ visuel : aucun trouble n’est admis ni pour le groupe A ni pour le groupe B ;
- c) La sensibilité chromatique doit être normale ;
- d) L'adaptation, normale ;
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- e) La louchevie, de même que loul trouble sérieux de l’équilibre musculaire sont éliminatoires.
- Les conducteurs de locomotives doivent subir un examen de contrôle tous les ans, tous les autres travailleurs de la catégorie A et tous ceux du groupe B tous les trois ans.
- VI. Les employés de la marine :
- a) L’acuité visuelle, à l’entrée 0,7 et 0,5, à la répétition de l'examen de 0,7 et de 0,3. Après dix ans de service suffira une acuité de 0,5 et 0,3 (pour chaque oeil respectivement). Les port des verres est éliminatoire ;
- b) Le champ visuel, normal ;
- c) La sensibilité chromatique, normale ;
- d) Une épreuve d’adaptation est désirable ;
- e) Le strabisme net est éliminatoire.
- Un examen de contrôle doit être entrepris au moins tous les trois ans.
- N. B. — Toutes ces prescriptions ne concernent que la navigation sur mer, mais elles devraient être étendues sur les employés de la navigation intérieure et fluviale où, en somme, le danger de collision n’est pas moindre qu’ailleurs.
- (D’après A. Brueckner : Klinische Untersuchungsmethoden. Extrait du tome 2 du : Kurzes Handbuch der Ophtalmologie, pages 837-983.)
- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE A L’ÉTRANGER
- Méthodes psychotechniques au service des chemins de fer ( i )
- Les grandes administrations des chemins de fer, en particulier en Europe centrale, ont su tirer partie des progrès de la psychotechnique. Il existe en Allemagne, en Autriche, en Pologne, en Tchécoslovaquie de beaux laboratoires et des centres d’orientation et de sélection des candidats aux services ferroviaires. Les ouvrages et les articles qu’ils ont. suscités sont nombreux. Il suffit, pour s’en rendre compte, de parcourir des revues telles que la Psycholecnische Zeitschrift ou Y Industrielle Psijchotechnih.
- L’Allemagne a été sous ce rapport la devancière des autres pays et c’est sur les modèles allemands que sont construits presque tous les laboratoires des chemins de fer en Europe. Obligée, à la suite
- (I) D’après J.-M. Nestor: Vocational Tests on the European Railways ; in « The Human Factor», vol. VII (1933), noa 1 et 2.
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- des plans Dawes cl Young, de réduire ses dépenses pour l'exploitation des voies ferrées, elle a fait aussitôt appel aux méthodes psychotechniques. Le premier essai date de 1917 (tests pour conducteurs des locomotives de Ullbrecht, Schreiber et Glasel, h Dresde, mais ce n’est qu’en 1925 que fut inaugurée, par Couvé et llcydt, la méthode « U », élaborée sous l’égide d’un comité composé des psychologues, médecins et ingénieurs. Actuellement les chemins de fer d’Etat allemands possèdent trois grands laboratoires : de Berlin-Eichkampf, de Dresde (spécialisé dans les examens des conducteurs des locomotives) et de Munich. De nombreux wagons-laboratoires admirablement bien outillés complètent leur travail. Il existe, dans toute l’Allemagne, des centres d’apprentissage se conformant aux principes psychotechniques. Jusqu’à la fin de 1930 ces laboratoires ont examiné 75.000 personnes. Le travail psychotechnique ne s’arrête pas là. Une propagande active de prévention contre accidents est menée suivant des principes psychotechniques. On perfectionne des affiches de sécurité. Chaque accident’ est soigneusement analysé, de façon à pouvoir en dégager les causes. Les rapports de Berlin montrent des acquis considérables : la réduction du personnel et des dépenses, l’augmentation du rendement des ouvriers et surtout une diminution de 40 à 50 °/„ d’accidents de chemins de fer.
- Les tests et les appareils dont se servent les laboratoires allemands sont très nombreux et parfois compliqués. Ils donnent en général un bon pourcentage d’accord avec la pratique. Voici la description des méthodes les plus usitées. Les apprentis sont examinés par une série des tests sensoriels et d’intelligence. Ainsi, la sensibilité tactile est lestée à l’aide d’un appareil formé d’une tige métallique comportant des pas de vis de finesse différente. Le sujet doit retrouver le segment identique à l’étalon qui lui a été présenté antérieurement. L’habileté manuelle est examinée à l’aide du test de « fil de fer » (qu’il s’agit de plier suivant un modèle). Comme épreuve (ïintelligence générale on emploie le test de lacunes d’après Ebbinghaus, pour la mémoire des chiffres et la localisation un test, consistant à placer correctement dans un cadre vide un certain nombre de chiffres imprimés dans un cadre identique et qui a été présenté au sujet pendant 2 minutes. Pour l’examen d'aptitude technique on emploie le schéma d’un dispositif assez compliqué et qu’un moteur peut mettre en marche. On demande au sujet de décrire le fonctionnement de chaque rouage du dispositif séparément. La faculté des représentations spatiales est examinée par le test des lacunes de Friedrich, de même que par un test des coupes de 5 solides. Pour la coordination de deux mains on se sert du test de « tourneur ».
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- Les conducteurs des locomotives subissent des examens spéciaux, rappelant de très près les situations réelles que présente F exercice de leurs fonctions. Ainsi l'attention (concentrée et diffusée), les temps de réaction, le sang-froid dans les accidents sont examinés au moyen d’un test de voiture. Une série de voies ferrées, comportant des signaux divers, au total 13, est tracée suc un écran. On éclaire ces signaux à l’aide des sources lumineuses placées derrière le sujet. Ce dernier, assis dans une voilure représentant la locomotive, doit, à 'chaque signal, réagir d’une façon déterminée. L’application de ce test dure 40 minutes. La rapidité de perception et de réaction sont mesurées par Un test appareil, le « Wandermarkenapparat », composé de trois bandes, dont deux mobiles, portant clés lignes horizontales, et ayant chacune sa rapidité propre. Le sujet doit réagir chaque fois que les lignes horizontales des trois bandes coïncident. Le compoidement dans un travail difficile est examiné par le test de « serrures » de Glasel. Il s’agit, pour le sujet, d’assortir rapidement les clés de 20 boîtes et de les ouvrir l’une après l’autre. Son travail est d’autant plus difficile que toutes les 5 secondes l’expérimentateur lui annonce le temps écoulé et' le presse. L’aptitude à évaluer la vitesse d’un mouvement est examinée par une montre spéciale « Schâtzuhr ». Une aiguille se meut sur un disque, dont une partie est recouverte d’une enveloppe portant une marque. Le sujet doit appuyer sur un signal au moment où l’aiguille passe, devant lui, sous la marque. Cette épreuve est parfois compliquée par une tâche que le sujet doit accomplir simultanément. La ténacité est mesurée à l’aide de l’ergographe de Dubois, la tension artérielle par le sphygmanomètre de Riva-Rocci.
- Une catégorie spéciale des tests csl destinée aux employés de bureau et de messageries. En plus de l’épreuve d’intelligence générale (test de lacunes d’après Ebbinghaus) on fait subir aux candidats un test spécial de mémoire consistant à retenir une liste exposée pendant six minutes de 15 noms de localités associée chacune avec un numéro et à inscrire ensuite correctement les mêmes numéros sur une autre liste où les noms des localités sont présentés dans un ordre différent. La concentration, l’esprit d’observation et le soin dans le travail sont examinés par deux tests : le premier consiste à retrouver et à marquer, dans un tableau de 150 nombres de cinq chiffres, 40 nombres donnés ; et le second, analogue au premier, mais où le sujet doit retrouver non pas des nombres, mais des motifs ornementaux présentant de très légères modifications (10 dans un tableau de 48). L’épreuve de l’attention distribuée consiste à résoudre un simple problème, tout en écoutant un récit dont il s’agit de retenir les sens. Pour la
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- rapidité de travail on donne une épreuve consistant à inscrire les prix des billets pour un certain nombre de gares. L’appareil à disques de Couvé (Scheibenausgeber) sert à mesurer l’habileté manuelle dans un travail exécuté sous pression. L’appareil distribue automatiquement, toutes les quatre secondes, un disque, numéroté, en aluminium (en tout 100 disques) et le sujet doit le mettre rapidement dans une ouverture portant le même numéro.
- Les aiguilleurs, catégorie de travailleurs des chemins de fer, à laquelle incombe une grande responsabilité, sont soumis à des épreuves rappelant de très près leur travail habituel. Ainsi, le pouvoir de la décision rapide est mesuré par l’appareil à frein de Herwig-Heydt (Bremsfahrtprobe) pourvu de troiq rainures, dont une en ligne droite et deux en zig-zag. Des bandes, sur lesquelles on a imprimé de petits rectangles noirs, représentant des wagons, se meuvent le long de ces rainures. Le candidat doit manœuvrer un frein réglant la rapidité d’une des bandes, de façon à éviter la rencontre des rectangles. L’agilité du corps est examinée par une épreuve consistant à grimper sur deux wagons à marchandises et dont le résultat est exprimé par le temps. On emploie également, pour cette même aptitude, un appareil de Ileydt, formé de trois barres horizontales dont la médiane est mise en mouvement par un moteur. Le sujet doit saisir un bloc à travers les barres, sans jamais les toucher, le soulever et le reposer à la même place. L’intelligence pratique et l’ingéniosité sont examinées par l’épreuve de rangement de voitures (Rangier-probe) qui consiste à faire transporter par le sujet, aussi vite que possible, une locomotive et plusieurs wagons placés sur différentes voies ferrées, à l’endroit désigné et en suivant l’ordre prescrit. On enregistre automatiquement Le temps et le chemin parcouru.
- Les hommes d’équipe ont un test qui leur est particulièrement destiné et qui consiste à mesurer Vattention distribuée et la rapidité de réaction, la « Wagenablauprobe » de Heydt. Quatre voies ferrées sont projetées sur un écran, dont deux se divisant en deux parties, soit en tout six voies, sur lesquelles se meuvent deux points noirs représentant deux voitures. Chaque voie est éclairée par une lumière rouge. Pour permettre aux voitures de se mouvoir sur la voie, le sujet doit éteindre La lumière correspondante à l’aide d’un levier. ________
- Un autre pays ayant fait l’usage des méthodes psychotechniques pour les employés des chemins de fer est l’Autriche. C’est en 1924 que Karner a introduit pour les apprentis des chemins de fer fédéraux autrichiens une série de tests, la plupart sur les modèles allemands. A en croire Rupp, il se sont montrés d’une valeur prati-
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- que incontestable. En 1924 et 1930 on a examiné 1.951 candidats, et dont 459 seulement ont été admis. Parmi les tests les plus couramment employés citons : la continuation d’un motif ornemental pour l'intelligence spatiale, de même que le test de « positions » consistant à imaginer les positions successives d’une ligne surmontée d’une petite figure et tournant dans le sens de l’aiguille d’une montre. Pour les représentations de formes géométriques on se sert d’une variante du test de Binet, consistant à former des triangles ou des rectangles, en assemblant plusieurs figures (« Zu-sammensetsungprobe »). L’aptitude mécanique est examinée par les tests-appareils de Heider, de Schulte (test de 1’ «angle»), par le test de « construction d’un cube » de Blumenfeld, de même que par une série de diagrammes représentant des dispositifs mécaniques tantôt corrects, tantôt comportant une absurdité dans la construction, qu’il s’agit de déceler. L’intelligence générale est examinée par trois tests : le test des lacunes d’Ebbinghaus, le test de barrage d’après Otis, le test de phrases en désordre. Pour déceler les aptitudes graphiques on demande au sujet de tracer le projet d’un portail en fer. L’attention soutenue, le soin dans le travail et la patience sont évalués par le test de continuation d’un motif ornemental sur du papier millimétré (pendant vingt minnutes) et par d’autres tests analogues. Pour l’épreuve d’habileté manuelle on emploie, comme en Allemagne, le test «de fil de fer».
- Les Chemins de fer fédéraux suisses ont introduit l’examen de leurs candidats par tests en 1925, en empruntant le même matériel (tests sur papier et tests-appareils) que celui de l’Allemagne. La méthode n’y est cependant pas la même, l’observation du comportement des candidats jouant à côté des résultats des tests un rôle important. Le bureau psychotechnique central a son siège à Berne, avec des succursales à Yverdon, Biel, Olten, Bellinzona et Zurich.. 1.724 candidats ont été testés jusqu’ici. Parmi les tests le plus en usage citons celui des commissions à exécuter et destiné à mesurer l'adresse et l’attention. Le sujet doit suivre très exactement les instructions écrites et accomplir un certain nombre d’actions assez compliquées (ouvrir des serrures, etc.), dépendante chacune de la précédente. ________
- C’est également en 1925 qu’on a inauguré à Moscou le premier Laboratoire psychotechnique central des Chemins de fer de l’U.B. S.S., placé sous le contrôle de deux commissariats : de la Santé et des Transports publics. Sa direction scientifique est confiée à A. Kolodnaïa. Le Laboratoire central possède dix-huit sections en
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- province. Les conducteurs de locomotive et les chauffeurs sont examinés suivant la méthode allemande de Dresde, avec l’adjonction de quelques tests de Rossolimo. Le Laboratoire entreprend, de plus, les analyses de diverses professions et l’analyse psychologique des accidents ferroviaires. On fait, en outre, des efforts sérieux pour introduire des méthodes de rationalisation dans l’exploitation des voies ferrées et des méthodes psychotechniques dans l’apprentissage. ________
- Le ministère des Transports letton a organisé en 1927, à Riga, un laboratoire psychotechnique pour les Chemins de fer d’Etat, sur le modèle de celui de Berlin-Eichkampf. Jusqu’à la fin de 1931, 2.169 personnes ont été examinées. Grâce aux efforts du Dr Moller, directeur scientifique du laboratoire, il a été possible de rnellre sur pied quelques méthodes originales.
- Le ministère des Transports tchécoslovaque a introduit les examens par tests pour les candidats aux emplois dans les chemins de fer en 1926. Depuis cette date jusqu’en 1931, on à testé 6.811 personnes (conducteurs de locomotives et employés de bureaux et de messageries). Les tests écrits sont appliqués par les différentes compagnies, les tests-appareils par l’Académie du Travail Maso-ryk à Prague. On se préoccupe surtout de l’énergie et de la ténacité, de l’intelligence générale, de la mémoire et du jugement logique, de l’attention concentrée et diffusée et des temps de réaction.
- Le premier laboratoire psychotechnique à l’usage des Chemins de fer en Pologne a été organisé en 1925 par Br. Skupiewski. Mais ce n’est qu’à partir de 1927 que le ministère des Communications a introduit une large application des méthodes psychotechniques pour la sélection du personnel des Chemins de fer, de même qu’un système d’analyse des accidents. La méthode employée est celle de Lahy, adaptée par l’ingénieur Wojciechowski. Jusqu’en juillet 1930, plus de 1.000 candidats ont été testés. Varsovie et Posnan possèdent d’excellents laboratoires dont le travail est complété d’une façon efficace par des wagons-psychotechniques parfaitement bien outillés. Les tests le plus en usage sont les suivants :
- 1° Pour les conducteurs des locomotives : les lests d'acuité visuelle de Snellen et Stilling, le test de localisation des sons, le test-appareil de Ullbrecht pour l’adaptation de la vue à l’obscurité, toute une série de tests d'intelligence générale, d’attention et de mémoire, un test-appareil d'intelligence pratique inventé par Woj-
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- ciechowski, le lachistoscope et le « Wandermarkenapparat » (comme en Allemagne) pour la perception rapide, l’appareil de Beyne et Behaguc pour les temps de réaction. L'évaluation de la rapidité et de la distance est examinée par le « tachodomètre » de Wojciechowski et de Lahy (deux voitures sont mises en marche le long d’une échelle graduée à des vitesses différentes, le sujet doit appeler aussi vite que possible le numéro de l’échelle auprès duquel les voitures doivent, d’après lui, se rencontrer ou s’atteindre). Les temps de réaction et Vattenlion diffusée sont testés à l’aide d’un appareil représentant une locomotive : le sujet qui y est assis doit réagir d’une façon appropriée à diverses scènes projetées sur un écran à un mètre devant lui. (Ce test donne 80 °/« d’accord avec la pratique).
- 2° Les aiguilleurs subissent les mômes examens que ceux en usage en Allemagne, mais on leur applique, en plus, un test original d'attention diffusée de Wojciechowski. C’est un appareil composé de six petites voies ferrées sur lesquelles se meuvent six voitures. Chaque voie est pourvue d’une barre horizontale en connexion avec un levier. Lorsque l’une des voitures approche de la barre le sujet doit dégager la ligne en appuyant sur le levier correspondant.
- 3° Les guichetiers subissent les mômes examens que la catégorie précédente, mais on leur ajoute quelques tests spéciaux, à savoir : le test de classement de pièces éparses, le test d’organisation pratique consistant à ranger des rectangles en bois dans une caisse en économisant le plus de place, etc.
- Le premier laboratoire psychotechnique finlandais a été fondé, sur le modèle allemand, à Ilelsingfors, en 1922, par les soins de Ester Hjclt, du professeur Vuolle et de l’ingénieur Pettcrson. On y travaille surtout à appliquer des méthodes psychotechniques pour l’apprentissage. ________
- En Yougoslavie un comité de médecins et d’ingénieurs a introduit pour les employés des chemins de fer des tests d’acuité visuelle et auditive, de la sensibilité chromatique de la décision rapide et de la présence d’esprit. ___________
- En Italie, c’est le docteur Azeglio Filippini qui essaie actuellement d’introduire les méthodes psychotechniques pour les chemins de fer. La Suède, la Hongrie, la Norvège et la Roumanie se proposent également de faire une utilisation des méthodes psychotechniques pour la sélection de leur personnel des chemins de fer. La question y est actuellement à l’étude. A. R.-G.
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- A travers les Revues
- Le British Journal oj Psychology (XXIV, I, 1933) contient une étude de L. S. Penrose relative à l’hérédité de l’intelligence, et fondée sur un examen analytique de 100 familles comprenant des déficients mentaux ; un article de R. B. Cattell sur les tests de tempérament, et un travail d’Emc Farmer (de l’industrial Health Research Board) sur la cohérence des critères utilisés pour la détermination et la valeur prédictive des tests psychologiques en matière professionnelle, travail préliminaire ne comportant pas encore de conclusions fermes.
- Dans la Revista de criminologia, psiquiatria y medicina legal, de Buenos-Aires (n° 118, juillet-août 1933), le docteur César Juar-ros, médecin directeur de l’Ecole nationale d’anormaux de Madrid, consacre une note préliminaire à une étude comparée des diverses réactions sérologiques ’de l’hérédo-syphilis chez les enfants, celle de Wassermann se montrant la plus sensible (positive dans 124 sur 161 cas certains d’hérédo-syphilis), puis cello du benzoeoi (procédé Maurin) et en troisième la réaction de Meinicke, les autres réactions pouvant être abandonnées.
- Dans la Revue philosophique (58e année, 7-8, 1933, p. 78-99), Léon Walther consacre une étude à l’orientation professionnelle vers les carrières libérales et à ses bases psychologiques.
- Dans la Gazelle hebdomadaire des sciences médicales de Bordeaux du 3 septembre 1933, le docteur Ginestous consacre un article à l’inspection oculistique des écoliers bordelais.
- Le n°8 du tome 101 du Journal oj the american medical association (19 août 1933) réunit une série d’études sur la question de la silicose professionnelle. Sayers examine les manifestations cliniques de la silicose et le Dr Lanza son étiologie ; le Dr Mc Nally précise la teneur des poumons en bioxyde de silice à l’état normal ou pathologique ; enfin le diagnostic différentiel de la pseudo coniose, d’après les données radiologiques, est étudié par les docteurs Paacoast et Pendergrass.
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- Encombrement des carrières libérales et /’O. P. — On trouvera dans le n° 20 (18 mai 1933) de Soziale Praxis une notice à propos de ce problème d’une actualité toujours croissante pour l’Allemagne. _______
- Nous relevons dans le n° 36 (7 septembre 1933) de Soziale Praxis une courte notice sur la limitation du travail féminin dans le transport et l’expédition des briquettes de charbon et une autre sur l’empoisonnement professionnel par le plomb des ouvriers-riveurs. _______
- Le système de l’enseignement professionnel, tel qu’il est conçu par le 3e Reich fait l’objet d’un article du professeur W. Heering dans la Technische Erziehung (n° 7, juillet 1933).
- Dans le compte-rendu de la XIIIe Asemblée générale de l’Association des surintendantes d’usines du 28 février 1933, on trouvera quelques renseignements sur le travail de ces dernières, leur rôle vis-à-vis des maladies professionnelles, de même tpdune communication sur le projet de la Maison-Ecole des surintendantes.
- Jusqu'où peut aller Vapplication de la psychotechnique dans les offices du travail ? — Quelques réflexions ont été publiées sous ce titre par W. Engelmann dans le n° 24 (mars 1933) de Der Of-fentliche Arbeitsnachweis.
- J. Germain, M. Rodrigo et J. Mallart publient dans le n° 19 (mars 1933) de la Revista de Organizacion Cientifica une étude sur les applications de la psycho-physiologie à l’organisation des services de transports. ________
- Nous relevons dans la partie française de la revue suisse Berufs-beratung und Berufsbildung (n° de mai-juin 1933) quelques conseils judicieux relatifs à la préparation pour la vie professionnelle des élèves des écoles primaires, par A. Eberli.
- La Difesa Sociale, organe de l’Institut national fasciste de la Prévoyance sociale, publie dans son n° 6 (juin 1933) une étude de A. Niceroro sur les méthodes statistiques dans les sciences biologiques.
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- Les carrières agricoles. — L'Education publie dans son n° 10 (juillet 1933) le texte intégral d’une conférence faite à ce sujet par J. Berger à l’Ecole des Roches.
- La Carrière du Notarial, est étudiée dans le n° 164 (juillet 1933) de 1’ « Orientation Professionnelle ».
- On trouvera sous le n° 49 (juin-juillet 1933) de VApprentissage et UO. P. une reproduction des modèles des fiches d’O. P., élaborés par l’Union des comités de patronages des apprentis de Paris et du département de la Seine.
- Educational Record a publié dans son n° de juillet le rapport du « Service coopératif o'e tests » décrivant quelques nouveaux tests américains. ________
- M. Dybowski publie dans le premier numéro de 1933 de la Psychotechniha polonaise une monographie du test de « l’échelle », servant pour l’examen des types de volonté. C’est la première d’une série annoncée d’études des tests de volonté.
- Le n° 20 (juin 1933) de Revisla de Organizacion Cientifica publie un résumé des conférences sur la psychologie du travail que F. Gièse a faites en mars et avril dernier à l’Institut psychotechnique de Madrid. ________
- Dans le n° 31 du 4 août 1933 de La Gazette des Métiers, G. Casy parle de l’O. P. féminine. __________
- Dans le n° 22 (5 août 1933) de Reichsarbeitsblatt, X. Gaebee donne un résumé du 3e volume paru récemment, du Manuel des professions (Handbuch der Berufe) embrassant l’industrie chimique, la filature, le1 métier du tourneur, la soudure, l’industrie du papier, l’industrie du cuir. ________
- On trouvera dans le n° suivant (15 août) de la même revue, une description, illustrée de nombreuses photos, de nouveaux dispositifs de sécurité appliqués dans diverses branches du travail industriel. ________
- Le copieux n° 3 (mai-juin 1933) de la Revue d'Economie Politique est entièrement formé par l’Annuaire pour 1932 de la France Economique, une véritable mine de renseignements sur toutes les questions d’ordre économique et social, et en particulier sur la production dans toutes les branches de l’industrie.
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- J. Drybs publie dans le n° 8-9 (15 septembre 1933), un article sui‘ La psychotechnique appliquée au travail domestique.
- Dans nnc étude sur la sécurité du travail (Revista de Igiena Sociala, n° 9, septembre 1933), le Dr G. Banu, après avoir parlé de l’apport de diverses disciplines scientifiques, l'ait une revue de la législation de la sécurité et des institutions existantes actuellement pour la prévention des accidents.
- Nous signalons à nos lecteurs l’article de Karl Busold, dans le n° 2 de Vierteljahrsschrift für Jugendkunde sur les facteurs des aptitudes professionnelles dans leur ensemble. L’auteur y soulève des problèmes théoriques de toute première importance pour l’orientation professionnelle ; notamment ceux des aptitudes et des penchants en général, des aptitudes physiques, des aptitudes psychiques telles que l’aptitude logique, l’esprit d’organisation, l’esprit de situation, l’imagination, etc. Un chapitre spécial est consacré aux facteurs psychiques profonds et concerne les tendances et le caractère, la typologie du travail et un autre à l’interaction des facteurs multiples dont un bon orienteui- devrait toujours tenir compte. _________
- Le n° 9 (septembre 1933) de Berufsberatung und Berufsbildung est entièrement consacré au compte rendu de l’assemblée générale de l’Association suisse pour L’O. P. et la protection des apprentis (rapport annuel sur l’exercice du 30 juin 1932 au 30 juillet 1933). _________
- Dr Iv. Busold parle, dans le n° 9 (septembre 1933) de Jugend und Beruf, de la portée de l’orientation et de la consultation professionnelle dans l’ensemble du programme de la politique nationale.
- A signaler dans ce même numéro des données statistiques concernant la pratique de la consultation professionnelle médicale en Allemagne de 1924 à 1929 (poids, taille, maladies organiques, etc., etc.) _________
- Dr G. Banu parle, dans le n° 10 (octobre dernier) de la Revisla de Igiena sociala, de l’utilité et du programme d’O. P.
- Le Bulletin de l'Office d'O. P. de Marseille publie régulièrement de courtes monographies professionnelles; On trouvera dans le numéro de septembre une monographie des professions du vêtement, dans celui d’octobre une monographie du travail de couturière pour dames.
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- A signaler également dans ces deux numéros des renseignements sur les cours professionnels de perfectionnement de la région marseillaise et sur les grandes écoles spéciales (Ecoles d’agriculture, écoles d’industrie, etc.).
- Dans un article publié dans le Charaeter and Personality (n° 1, septembre 1933), sous le titre : Jumeaux identiques élevés séparément, R. Saudf.k continue son étude publiée antérieurement sur l’écriture comparée des jumeaux.
- Le numéro de septembre-octobre 1933 de la Revue de l’Orientation intellectuelle donne des renseignements sur les carrières de notariat, sur celles des assurances et sur les débouchés qu’offrent pour la femme diverses carrières industrielles et médicales.
- INFORMATIONS
- Dans une conférence au Musée social argentin (section d’orientation professionnelle), le Dr Christofredo Jakob a examiné les aspects biologiques de la typologie humaine. (Conférence publiée par la Revista de Criminologia, Psiquiatria y medicina legal, n° 118, juillet-août 1933, p. 353-368). Il a proposé l’institution d’un livret biotypologique pour les citoyens argentins, comprenant les données civiles, données héréditaires et résultats d’examens anthropométrique, psychique, pathologique, livret complété, a la mort du porteur, par l’indication des causes du décès, et, éventuellement des résultats de l’autopsie.
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- Dans son rapport annuel, l’Institut national de psychologie industrielle de Londres expose l’état des recherches qu’il a organisées au côurs de l’année, relatives aux tests pour conducteurs d’autos, aux tests d’intelligence (étalonnés sur 7.500 enfants) aux études de professions (infirmières, secrétaires, professeurs d’enseignement secondaire féminin), et aux expériences d’O. P. (Birmingham, Wellesden, établissements Borstal).
- Le service d’O. P. a pratiqué 664 examens en 9 mois (au lieu de 627 en 12 mois en 1932) et a dû s’adjoindre deux nouveaux collaborateurs.
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- En octobre, à l’Ecole des sciences économiques et politiques, M. Ângus Macrae (sous-intendant à la section d’éducation de l’Institut) a fait trois conférences publiques sur « les expériences d’un
- conseiller d’orientation ». . *
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- Orientation intellectuelle. — L’administration du lycée de Poitiers vient de décider l’organisation de conférences d’orientation, destinées aux élèves. Les quatres premières seront consacrées à la médecine, à la chirurgie, à la pharmacie, à la dentisterie, à la médecine vétérinaire et aux carrières militaires de la médecine. Ces conférences seront données dans le grand amphithéâtre de la faculté. La première sera faite par le docteur Delaunay, directeur de l’école de médecine et de pharmacie.
- *
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- . La pléthore médicale. — Pendant l’année scolaire 1932-1933, les Eacultés françaises ont délivré 1.292 diplômes d’Etat de docteur
- en médecine :
- Paris..................................... 556
- Lyon.................................... 209
- Bordeaux.................................. 185
- Toulouse................................... 65
- Montpellier................................ 60
- Marseille.................................. 49
- Lille...................................... 44
- Nancy...................................... 40
- Strasbourg................................. 36
- Alger.................................. * 20
- lj. 264
- Les diplômes d’Etat délivrés par les facultés françaises durant les six dernières années scolaires sont :
- 1927- 28...................................... 901
- 1928- 29. . . -............................... 965
- 1929- 30.................................... 1.052
- 1930- 31.................................... 1.123
- 1932-33.................................... 1.264
- On voit à quel taux s’est fait ces dernières années l’accroissement du nombre des médecins, atteignant en 5 ans plus de 40 °/0.
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- A la 22e Conférence annuelle des associations d’éducation, à Londres, tenue sous la présidence de George Dyson, a participé le « Child Guidance Oouncil », avec une conférence du D1' William
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- Moodik sur les difficultés spéciales que présentent les enfants instables.
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- Un nouveau périodique de langue espagnole vient de paraître, à Buenos-Ayres, les Arcliivos argenlinos de psicologia normal g patologica, sous La direction du professeur R. Arditi Rocha et de L. Mata.
- Dans le n° 2 (septembre-octobre 1933) une étude du Dr Agesilao Milano, qui dirige le laboratoire psychophysiologique de la direction générale de l'aéronautique en République Argentine, et qui a déjà examiné environ 3.000 aviateurs, est consacrée à l’examen piédical et psychophysiologique des aviateurs militaires. En 10 ans, sur 151 cas d’inaptitude déclarés (35,3 °/„ des candidats aux écoles de pilotage), 51 relevaient d’insuffisances visuelles, 12 d’insuffisances auditives, 20 de troubles de l’appareil vestibuaire, 4 d’excès d’émotivité et 36 d’anomalies psychomotrices (insuffisance d’attention, de sensibilité musculaire, etc.), 28 de causes médico-physiologiques (affections respiratoires, cardio-vasculaires ,etc.).
- * •
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- L’Institut biotypologique orthogénétique de Gênés, fondé en 1926, sous la direction de Pende, et qui occupe aujourd’hui une importante part du magnifique bâtiment consacré à la clinique médicale générale à S. Martino d’Albaro, vient d’être l’objet d’une belle monographie descriptive illustrée écrite par Barbara et Vidoni, qui exposent les méthodes de l’Institut et présentent de façon concrète les locaux et les appareils.
- A côté de la détermination des biotypes morphologiques de
- Pende, les mesures sensorielles et psychologiques restent inspirées
- de Pizzoli. *
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- Le Centre de renseignements d'orientation professionnelle et de direction d'études, à la Fédération de la Seine des œuvres laïques, par les soins de M. Chaintreau, a été sollicité par 231 personnes en 1932-33 (129 demandes de placement par des sociétaires victimes de la crise, 17 enfants à placer en apprentissage à la demande de leur famille, 85 demandes de direction pour des études).
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- Le problème de la sélection à l’entrée des universités.’— L’excès des étudiants par rapport aux besoins des professions libérales pose un problème actuellement grave. Il a attiré l’attention du recteur Charléty, qui, à la séance de rentrée de l’Université de Paris, a présenté à scs auditeurs les réflexions suivantes :
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- « L’accroissement du nombre des étudiants qu’on nous dit universel, et qui est chaque année plus sensible à l’Université de Paris (35.251) pose des problèmes et sonlève des inquiétudes. 11 m’est arrivé déjà ici même d’exprimer des craintes sur l’avenir de tant de jeunes gens et de souhaiter à quelques-uns d’élargir leur horizon, de porter leurs pas vers le vaste monde. Mais le vaste monde est devenu de moins en moins hospitalier. Il faut ajourner certaines espérances. Profitons du loisir que nous donne notre déception pour nous demander si tous ceux qui entrent dans cette maison sont vraiment préparés à y fournir leur course : barrières, haies et fossés que l’on appelle tantôt des examens, tantôt des concours, ce n’est pourtant point d’eux que je veux parler. Nous avons le droit de nous demander si cette foule nous arrive suffisamment munie des connaissances nécessaires ou au moins de l’aptitude à recevoir celles que nous distribuons, et, élargissant ce souci, si ceux que nous lançons dans la société pour y former une élite sont suffisamment ornés de cette vertu de l’homme cultivé, cette vertu qu’on a toujours appelée la culture générale. »
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- G.-F. Hartlaub. — Der Genius im Kinde. Ein Versuch über die zeichnerische Anlage des Kindes. 2° SiarJc umgearbeilete urid erweiterie Aufluge, mit 35 farbigen und 92 Scluvarzdruchbildern. (Le génie chez l’enfant. Une recherche sur la disposition de l’enfant pour le dessin. 2° Edition fortement modifiée et élargie, avec 35 gravures en couleurs et 92 en noir). — Ferd. Hirt Edit., Bres-lau, 1930, in-8, 229 pages.
- L’origine de cet ouvrage, présenté sous une forme luxueuse, où la disposition typographique très soignée complète d’une façon heureuse la belle collection de reproductions des créations enfantines, a été l’exposition, en 1921, du dessin enfantin à la Salle municipale de Mannhcimer. C’est précisément aux archives du Musée municipal de cette ville que l’auteur a puisé ses illustrations pour la 2e édition. Cette belle collection constitue, certes, la valeur documentaire du livre. En dehors des dessins isolés, de la facture des jeunes amateurs de tous âges (de 3 à 19 ans), l’auteur a eu l’heureuse idée de donner des séries de développement (en tout 10, réunissant 59 reproductions). Chaque série est faite par le même enfant à des âges différents. Grâce aux explications formant un vaste appendice et renseignant sur l’origine, les âges successifs, le milieu familial et scolaire des auteurs de ces créations juvéniles, dépistant parfois le facteur de l’hérédité, on peut
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- suivre les phases de l’évolution non seulement de l’aptitude graphique, mais aussi, comme le voudrait l’auteur, de l’évolution de certaines ,tendances latentes de la psyché enfantine. I.\e texte même de l’ouvrage ne suit cependant pas de très près ces données « expérimentales ». Comme le dit bien l’auteur dans sa courte préface, il se lient délibérément à mi-chemin entre la recherche scientifique et la réflexion libre. En développant ses vues théoriques, il se rapporte aux figures du livre, mais d’une façon assez détachée.
- Ce qu’il entend par le « génie » ce n’est pas tant un talent spécial, un talent précoce, où l’on sent que de bonne heure le jeune artiste domine certains moyens techniques qui font défaut à la grande majorité d’enfants. C’est, au contraire, de ces derniers qu’il se préoccupe. Il est vrai, cependant, que la ligne de démarcation n’est pas toujours très nette.
- La vraie grâce, le vrai « génie » ne s’exprime pas, exclusivement, dit-il, dans une forme déterminée de l’activité enfantine, mais dans l’ensemble de la vie. Et c’est en rapport avec la vie psychique de l’enfant, qu’il examine ces manifestations graphiques, une sorte d’écriture spéciale révélant la profondeur de la vie affective. Avec d’autres auteurs, il y voit une manifestation de la loi psychogénétique de l’évolution. En commençant par le jeu et la rêverie» auxquels le dessin, du simple griffonnage aux formes les plus expressives, se rattache étroitement (il n’y a pas, dit-il, de différence irréductible entre la façon dont l’enfant raconte une fable et ses peintures), en examinant la part, dans les dessins, du savoir acquis et de la contemplation, l’auteur aboutit à un essai de synthèse dans le chapitre consacré au style enfantin, si « réaliste » dans les détails et tellement « abstrait » (dans l’apparence) dans son ensemble... L’essentiel de ce style ne consiste pas simplement, comme on le prétend, dans ce fait que l’enfant ne dessine pas ce qu’il voit, mais ce qu’il sait.
- L’enfant moyen dessine en effet d’une façon idéographique, mais, de ce qu’il connaît, il ne fait ressortir que ce qui met sur lui une empreinte affective particulière. Il y a dans le dessin de l’enfant un choix de détails et qui n’est pas dû au hasard : c’est le choix d’après le degré de l’importance affective. En parlant du style enfantin, il faut, évidemment, faire une large part à la contrainte qu’exerce le matériel. L’inventaire des erreurs-types est facile à dresser. L’auteur souligne également la grande richesse de détails dans le dessin de l’enfant à qui rien n’échappe. Il se rapporte à Sully qui a bien su remarquer celte extraordinaire mémoire visuelle.
- Le chapitre sur le style est suivi de quelques autres.
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- L’influence du milieu, des conditions extérieures dans lesquelles l’enfant se développe en forment un. Les analogies avec le primitif, avec l’art populaire et certains styles modernes sont ébauchées dans les « Parallèles ». Quelques problèmes d’ordre pédagogique trouvent leur place dans le chapitre consacré à l’enseignement par le jeu, de même que dans le passage final sur les limites du « génie » où, d’autre part, l’auteur fait ressortir l’utilité heuristique qu’apporte la connaissance du dessin enfantin à l’étude de l’origine de l’art, à l’ethnographie et a la psychologie enfantine.
- Au cours de scs développements, l’A. se rapporte assez fréquemment à des auteurs ayant traité la question. 11 cite entre autre Wundt, Sully, Wulff, Freud, Kerschcnstciner.
- NÉCROLOGIE
- Nous avons eu le vif regret d’apprendre la morte de M1Ie Caron, directrice honoraire du lycée Fénelon, membre du Conseil d’administration de l’I. N. O. P., dont l’inhumation a eu lieu dans l’intimité, le 10 décembre, à Saint-Richaumont (Aisne).
- Mlle Caron s’était vouée, depuis sa retraite, à l’orientation professionnelle des jeunes filles sortant de l’enseignement secondaire.
- Elle avait, au début de 1932, assumé la direction du cours du « Centre*d’études pratiques » organisé pour les licenciés des facultés et les élèves diplômés des grandes écoles.
- D’une haute intelligence et d’un dévouement à toute épreuve, MIIe Caron laissera d’unanimes regrets. »
- Ce numéro est le dernier de l’année 1933. Nous serions heureux si nos abonnés, désireux de nous éviter des frais de recouvrement, voulaient nous adresser dès à présent le montant de leur abonnement pour 1934 en un chèque postal :
- PARIS G/C 1444-79
- ou par tout autre moyen à leur convenance.
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- TABLE DES MATIÈRES
- TOME V
- (1933)
- ARTICLES
- Bazin (Dr) el Legendarme : Création et fonctionnement d’un Office d’orientation professionnelle dans une petite ville : Le Blanc (Indre). — N° 4, p. 97.
- Courthial (MUe Andrée) : Un laboratoire de psychologie et d’orientation professionnelle au Service social de la Caisse de compensation de la région Parisienne. — N° 5, p. 118.
- Gérard (E.) : Le retour à la terre. — N° 2, p. 29.
- D’Heucqueville (d’après) : Le profil de développement dans la pratique de la neuro-psychiatrie infantile. — N° 10, p. 274.
- Larcher (P.-L.) : Le IIe Congrès international d’O. P. appliquée au choix des carrières et métiers. — N° 10, p. 209.
- Legendarme : Voir à Bazin.
- Matejka (d’après) : Examens d’aptitude dans une grande entreprise métallurgique. — N° 0, p. 149.
- Monnin (.1.) : Recherches sur l’intelligence : données sur la parenté de certaines formes d’intelligence. — N° 1, p. 1.
- U’Office d’Oi'ientation professionnelle du Service social de l’enfance E. I). M. — N° 9, p. 237.
- Piéron (Mme Henri) : Essais en vue de l’établissement d’une fiche d’aplilude technique (suite). — N° 2, p. 29.
- Essais en vue de l’établissement d’une fiche d’aptitude technique (suite). — N” 3, p. 61.
- Test de sensibilité musculaire : la perception des poids. — N' 4, p. 93.
- Test de sensibilité musculaire : le graviinètre de Piéron. — N° G, p. 145.
- Sélection psychotechnique dans h industrie textile. — N° 7, p. 178.
- Weinberg (D.) : Une méthode de détermination du caractère — N° 7, p. 173.
- Essais de détermination de l’acuité auditive chez les enfants d’âge scolaire. — JN° 8, p. 205 ; N” 9, p. 244.
- NOTES ET DOCUMENTS
- Amblyopie. — Voir à Vue.
- Analyse des professions. — Un schéma pour les analyses fonctionnelles des professions. — N° 9, p. 255.
- Anormaux. — Voir à Tests moteurs.
- Aptitudes musicales. — Signes physiques d’aptitude musicale. — N° 9, p. 252.
- Aptitude professionnelle. — Voir à Habileté.
- Aptitudes. — Déclin des aptitudes avec l’âge. — N° 3, p. 78.
- Arriérés intellectuels. — Une méthode rapide de dépistage des arriérés intellectuels. — N° 3, p. 80.
- Athlétisme. — Voir à Pouls.
- Attrait physique- — Attrait physique et appréciation intellectuelle. — N° 7,
- p. 180.
- Audition. — Voir à Ouïe et à Troubles.
- Bacheliers. — Examens psychotechniques des bacheliers. — N° 6, p. 160.
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- Bibliographie. — Un aperçu bibliographique rétrospectif concernant les acquisitions d’O. P. — N° 1, p. 13.
- Bien doués. — Un essai de protection des bien doués. — N* 9, p. 249.
- Capacités intellectuelles. — Croissance et déclin des capacités intellectuelles. — N° 7, p. 184.
- Céphalométrie. — Volume du cerveau cl l’intelligence. — N° 1, p. 12.
- Contre-indications professionnelles. — Voir à Permis de conduire.
- Contrôle médical. — Une enquête sur le contrôle médical dans l’apprentissage et l’0. P. — N" 4, p. 104.
- Déclin des aptitudes. — Voir à Aptitudes.
- Déficients physiques. — Intelligence des déficients physiques. — N° 3,
- p. 128.
- Dynamométrie. — L’influence du poids et de la taille sur le rendement du travail dynamométrique. — N° 1, p. 10.
- Effort. — L’influence du sexe sur l’effort musculaire fourni. — N° G, p. 152.
- La valeuf de l’effort fourni suivant la nature des instruments employés. — N° 4, p. 105.
- Enseignement technique. — Activité du Bureau international de l’Enseignement technique. — N° 9, p. 253.
- Entraînement. — Une mesure des effets de l’entraînement. — N* 4, p. 103.
- Estropiés. — Education et préparation professionnelle des estropiés. —• N° 2, p. 52.
- Le rendement professionnel des estropiés et leur orientation professionnelle. — N° G, p. 162.
- Habileté professionnelle. — Les schèmes d’habileté professionnelle. —
- N0 6, p. 158.
- Intelligence. — Les études génétiques sur l’intelligence. — N° 3, p. 69.
- Nouvelles données sur le test d’intelligence supérieure. — N° 7, p. 179. — Voir aussi : Capacités intellectuelles, Déficients, Tests d’intelligence.
- Intérêts professionnels. — L’étude des orientations d’intérêts chez les jeunes gens. — N" 6, p. 158.
- Main. — La main professionnelle. — N' 10, p. 279.
- Maladies professionnelles. — Intoxications professionnelles : benzine et benzol. — N° 5, p. 130.
- Les manifestations morbides professionnelles des ouvriers utilisant les marteaux pneumatiques. — N° 3, p. 80.
- Les risques professionnels dans l’industrie de la distillation de la houille et de la fabrication du gaz d’éclairage. — N° 1, p. 8.
- Mémoire. — Nouvelle contribution à la dissociation de la fonction « Mémoire ». — N° 2, p. 51.
- Myopie. — Voir à Vue.
- Offices d’O. P. — Le projet de création de l’Office parisien d’O. P. — N° 2, p. 48.
- Ophtalmologie. — Contre-indications professionnelles du point de vue ophtalmologique. — N° 10, p. 279.
- Orientation professionnelle. — Contrôle de la valeur de l’Orientation professionnelle. — N° 6, p. 155.
- L’O. P. au Congrès international de l’Enseignement technique de 1934. — N” 5, p. 127.
- Voir aussi à Offices d’O. P. et Problème médical.
- Ouïe. — Les défauts de l’ouïe chez les écoliers. — N° G, p. 160.
- Permis de conduire. — Les incapacités physiques et mentales s’opposant à l’obtention du permis de conduire. — N° 3, p. 73.
- Physiognomonie. — L’Orientation professionnelle et la figure humaine — N° 4, p. 102.
- Pilotes. — La surveillance médicale des pilotes aux Etats-Unis. — N° 8, P. 21G.
- Pouls. — Athlétisme et fréquence du pouls. — N° 7, p. 185.
- Presbytie. — Voir à Vue.
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- Le problème médical de l’orientation. — N" 8, p. 233.
- Prolongation de la scolarité. — Projet de loi sur la prolongation de la scolarité. — N° 2, p. 47.
- Quotients intellectuels. — La cohérence dans la détermination des quotients d’intelligence. — N" 6, p. 155.
- Rapidité dans les tests mentaux. — Un facteur « rapidité » dans les tests mentaux. — N° 3, p. 77.
- Robustesse. — Un indice pratique de robustesse. — N° 6, p. 159.
- Salaires. — L’évolution des salaires. — N° 5, p. 130.
- Sélection. — La Sélection et l’opinion des professeurs de collèges - N" 8,
- p. 212.
- La sélection et l’O. P. — N° 8, p. 214.
- Les vues du ministre de l’Education nationale sur la sélection et le contrôle. — N° 3, p 71..
- Voir aussi à : Chronique clocimologique.
- Sénilité. — Voir à Vue. •
- Sexe. — Voir à Effort.
- Tension artérielle. — Les chiffres normaux de la tension artérielle. — N° 7, P. 181.
- L’hypertension de l’adolescence. — N” G, p. 15G.
- Tests d’intelligence. — Tests d’intelligence à l’usage des « Collèges » de professeurs aux Etats-Unis. — N° 4, p. 105.
- Tests moteurs. — Quelques tests moteurs employés dans l’O. P. des anormaux de l’intelligence et du caractère. — N° G, p. 153.
- Troubles auditifs. — Le rôle de la perméabilité tubaire chez les ouvriers des caissons. — N° 8, p. 215.
- Troubles de la vision. — Voir à Vue.
- Vieillissement. — Voir à Vue.
- Vitesse. — Effets physiologiques des grandes vitesses. — N* 7, p. 183.
- Vue. — L’appréciation du début du vieillissement par l’opacité cristalliniennc à l’ultqfpviolet. — N° 7, p. 181.
- L’éducation des amblyopes. — N° 1, p. 12.
- La presbytie pour la mesure de la sénilité. — N° 6, p. 161.
- La fréquence de la myopie. — N° 7, p. 184.
- QUELQUES DONNÉES INTÉRESSANT L’O.P.
- D’APRÈS LES ANALYSES DE L’ANNÉE PSYCHOLOGIQUE
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- CHRONIQUE DOCIMOLOGIQUE
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- La sélection à l’entrée des Universités. — N° 9, p. 254.
- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE A L’ÉTRANGER
- L'Institut Psychotechni(iue de Dantzig. — N” 3, p. 82.
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- L'O. P. à l lnslitut J.-J. Rousseau. — N° 5, p. 134.
- L’O. IL à Lausanne. — N° 5, p. 135.
- Le travail et les aptitudes parlementaires d’après M. Jésus Sanz (Barce-lone. — N° 7, p. 196.
- A TRAVERS LES REVUES
- A travers les revues. — N° 1, p. 17 ; N° 2, p. 54 ; N° 3, p. 84 ; N° 4, p. 109 ; N° 5, p. 136 ; N° 6, p. 167 ; N° 7, p. 199 ; N0 8, p. 219 ; N° 9 p. 257 ; N° 10. p. 290.
- INFORMATIONS
- INFORMATIONS. — N® 1, p. 21 ; N” 2, p. 56 ; N° 3, p. 86 ; N° 4, p. 112 ; N° 5, p. 137 ; N° 6, p. 169 ; N° 8, p. 224 ; N° 9, p. 257 ; N° 10, p. 294.
- CORRESPONDANCE. — N° 1. p. 28.
- NECROLOGIE. N° 5, p. 144 ; N° 9, p. 236 ; N° 10, p. 299.
- LA VIE DE L’INSTITUT NATIONAL D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE. — N° 1, p. 22 ; N° 2, p. 58 ; N” 3, p. 88 ; N° 6, p. 170 ; N° 8, p. 29J ; N° 9, p. 260,
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- VIE DE L’AMICALE. — N° 1, p. 27 ; N” 2, p. 59 ; N° 3, p. 90 ; N° 5, p. 141 ; N° G, p. Ï70 ; N” 8, p. 233 N° 9, p. 262.
- LA VIE DES CENTRES D’O. P. - N° 4, p. 113 ; N* 5, p. 139 ; N° 9, p. 2G2.
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