Bulletin de l'Institut national d'orientation professionnelle
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- Année
- N° 1-2
- Janvier-Février 1935
- BULLETIN
- REVUE MENSUELLE
- 1 2501 00044486 2
- Cnam SCD
- I. — Jeanne Monnin : Nouvelles recherches sur l’indépendance relative de
- quelques formes d’intelligence....................................
- II- — Marcel François ; Projets d’organisation de laboratoires de psychologie expérimentale consacrés à l'orientation professionnelle.......................
- III. — Notes et Documents : Comparaison de l’organisation de l’O. P. à Berlin
- et à Londres. — A propos de droiture et de gaucherie. — Etude du caractère à l’usage de l’O. P. à l’Institut de psychologique industrielle de Londres. — Quelques données sur l’encombrement des carrières dans l’Enseignement secondaire. — L’acuité visuelle et l’acuité auditive chez les écoliers...............................
- IV. — Chronique docimologique : Qu’est-ce que « l’état d’indifférence » et la
- « neutralité d’aptitudes » ?.....................................
- V. — A travers les Revues.................................................
- VI. — Informations.............................................................
- VII. — La Vie de l’Association des anciens élèves de l’Institut National
- d’Orientation Professionnélle.....................................
- VIII. — Bulletin bibliographique................................................
- SOMMAIRE
- Institut National d’Orientation Professionnelle
- £/, Rue Gay-Lussac, 41
- PARIS
- Tous droits réservés
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- INSTITUT NATIONAL
- d’Orientation Professionnelle
- Établissement reconnu var l’Etat (Décret du 25 juin 1930)
- COMITÉ DE DIRECTION
- MM. J. Fontègne, inspecteur général de l’Enseignement technique, adjoint au direc teur de l'Enseignement de la Seine
- H. Laugier, professeur à la Sorbonne et au Conservatoire national des Arts et Métiers, directeur de Laboratoire à l’Ecole pratique des Hautes-Etudes.
- H. Piéron, professeur au Collège de France et à l’Institut de Psychologie de l’Université de Paris, directeur du Laboratoire de Psychologie de la Sorbonne.
- BUREAU DU CONSEIL D'ADMINISTRATION
- Président d'honneur : M. Labbé, Directeur général honoraire de l’Enseignement technique.
- Président : M. Lûc, Directeur général de l’Enseignement technique.
- Vice-présidents : MM. Barrier, inspecteur d’Académie, adjoint au directeur de l’Enseignement primaire ; Lasalle, secrétaire de la Chambre de commerce de Paris ; Masbou, directeur de l’Enseignement primaire de la Seine ; Sellier, ancien président du Conseil général de la Seine.
- Secrétaire général : M. Fontègne.
- Trésorier : M. Oualid, professeur à la Faculté de Droit.
- CONSEIL D'ADMINISTRATION
- Outre le Bureau :
- MM. C. Bouglé, directeur-adjoint de l’Ecole Normale Supérieure ; Contenot, président du Conseil municipal, inspecteur régional de l’Enseignement technique ; Félicien Court, directeur de l’Office d’O. P. de Toulouse ; Dubreuil, membre du Bureau international du travail ; Fagnot, chef du Service central de la main-d’œuvre au Ministère du Travail ; Lahy. directeur de Laboratoire à l’Ecole pratique des Hautes^Etudes ; Langevin, de l’Institut, professeur au Collège de France, président de la Société Française de Pédagogie ; Lapicque, de l’Institut, professeur à la Sorbonne ; Larcher, inspecteur général des services d’Orientation professionnelle ; Laugier, professeur au Conservatoire des Arts et Métiers et à la Faculté des sciences de Paris ; A. Mayer, professeur au Collège de France ; Paul-Boncour, professeur à l’Ecole d’Anthropologie, médecin-chef de l’Institut médico-pédagogique de Vitry ; H. Piéron, professeur au Collège de France ; Ragey, directeur adjoint de l’Enseignement technique ; Roger, inspecteur général honoraire de l’Instruction publique ; Thiercelin, médecin des hôpitaux ; Toulouse, médecin-directeur de l’Hôpital Henri-Rousselle, directeur de l’Institut de Psychiatrie à l’Ecole pratique des Hautes-Etudes.
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- Janvier-Février 1935
- 7e Année
- par
- JEANNE MONNIN
- NOUVELLES RECHERCHES SUR L’INDÉPENDANCE RELATIVE DE QUELQUES FORMES D’INTELLIGENCE
- Il paraît insuffisant, actuellement, lorsqu’on procède à l’examen mental d’un enfant, en vue de l’utilisation de ses capacités, de le situer dans une hiérarchie intellectuelle. L’indication de « plus intelligent ou moins intelligent que la moyenne », n’apporte pas grand chose, si elle ne se complète de précisions sur la forme de son intelligence, car les individus diffèrent au moins autant entre eux par l’aspect sous lequel se présente cette fonction que par le niveau qu’elle atteint.
- La notion de celte diversité, qui a fait l’objet d’études théoriques et de recherches expérimentales nombreuses, est maintenant admise par la plupart des psychologues, sans qu’ils aient pourtant fait l’accord sur les bases fondamentales de celle complexité fonctionnelle.
- La diversité des intelligences est évidente, elle apparaît à chaque instant de la vie courante par l’inégalité des réussites dans des activités particulières.
- Quand ces activités mettent en jeu des mécanismes.distincts tels que : la mémoire, l’imagination, le raisonnement, etc., qui se trouvent cependant groupés sous le nom d’ « Intelligence globale » dans la terminologie actuelle, elles atteignent des aptitudes différentes, dosées de façon variable suivant les individus, ce qui rend compte de l’hétérogénéité des résultats.
- Mais si elles sont limitées aux faits d’intelligence pure, «'Intelligence intégrale » de Claparède, qui serait « une aptitude a résoudre dé nouveaux problèmes », on trouve encore
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- une source de différenciation dans la coïncidence du caractère de ces activités avec le type d’esprit propre à chaque sujet. Tel sera attiré par la forme concrète d’un problème, qui n’éprouvera aucun intérêt à l’égard de tout ce qui est abstrait ; tel autre réussira brillamment dans des épreuves d’ordre mécanique, qui manifestera une réelle incompréhension des choses artistiques ou sociales.
- Mais en dehors de ces caractéristiques de forme, de nature, que revêt chaque problème et qui expliquent dans une certaine mesure les différences de réactions individuelles, on trouve en eux un point commun, qui est de déclancher la mise en jeu de processus constants. Ceci laisserait prévoir un classement du moins bien au mieux, simplement.
- Tout acte d’intelligence implique, selon Binet : la compré hension du problème, l’invention de solutions possibles et une critique de ces solutions permettant de ne retenir que les réponses appropriées, sous une direction stable de la pensée. Une telle analyse entraîne une nouvelle base de différenciation des individus, plus ou moins aptes à réaliser l’ensemble de ces démarches, ou l’une ou l’autre d’entre elles. -
- Tous les degrés sont représentés, à l’égard du premier point, depuis les déficients mentaux qui n’ont à leur disposition qu’un bagage très réduit et se montrent désemparés par la nouveauté de foule situation, jusqu’aux bien doués qui savent utiliser rapidement les données et en tirer la solution convenable. D’autre part, les inventeurs riches d’une imagination débordante, sont parfois incapables de critique, ne saisissent pas les points faibles de leurs initiatives, et des hommes intelligents qui montrent une grande facilité d’assimilation ne savent pas créer.
- De semblables traits se trouvent chez tous, adultes et enfants, mais d’une manière atténuée, ce qui les rend difficiles à déceler. Des épreuves appropriées, en suscitant l’activité mentale des sujets, permettront par l’examen des caractéristiques des réponses obtenues, de mettre en évidence l’existence de tels types d’intelligence : compréhensif, critique, inventif ; mais leur constitution est délicate, car les mécanismes à atteindre ne sont que théoriquement isolables, chaque individu représente un complexes ; de plus, l’esprit procède non par étapes nettement distinctes et pouvant être
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- fixées, mais par une sorte de va et vient entre ces processus ; d’autre part, les problèmes qui devront provoquer la réponse utilisée comme indice, sont également compliqués, quoique simples d’apparence ; ils nécessitent plus ou moins l’intervention des trois catégories d’opérations envisagés et à des degrés variables !
- Une tentative d’élaboration de tests tendant à déceler l’existence de ces types, en rapport avec la réussite dans des épreuves où prédomine l’une des trois opérations mentales a été faite précédemment, sous la direction de M. Piéron, et les conclusions, publiées dans celle revue (1) se sont révélées suffisamment significatives pour donner lieu à un travail complémentaire, suivant les modifications indiquées à ce moment.
- Description des tests. — 11 est basé sur l’emploi d’épreuves de même type : la recherche de la loi d’une série ou d’un groupe, où seule, la position du problème varie.
- Les Epreuves de compréhension consistent à reconnaître la loi de formation d’une série.
- Un groupe de termes présentant un caractère commun est proposé et ensuite, comme moyen de vérification de la valeur de l’effort fourni par le sujet, un groupe de mots ou de nombres contenant un terme qui peut, seul, appartenir à la série qui précède. Soit la série : canard, mouche, papillon, moineau, aigle, dont chaque terme désigne un animal ailé, et le groupe : girafe, abeille, souris, chat, loup dans lequel l’enfant choisira le nom de l’animal qui convient, soit : abeille.
- Les épreuves de critique. — Le sujet doit dépister parmi nne série de termes qui appartiennent à la même catégorie un élément perturbateur qui doit être exclu.
- Soit : peuplier, oranger, chêne, tilleul, rose, sapin.
- Rose doit être signalé car il est seul à ne pas représenter un arbre.
- Epreuves d'invention. — Une série étant proposée, il faut la compléter en ajoutant un terme convenable (deux termes s; la série est de nature numérique, ceci pour éviter les réussites par hasard).
- (1) J. Monnin : Recherches sur l’Intelligence, données sur la parente de certaines formes d’intelligence B. I. N. O. P. n° 1, 1933 pp. 1-8.
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- Soit la série : 28, 25, 22, 19, 10, qui doit se continuer par 13 et 10. Chaque terme est égal au précédent moins 3 :
- 16 — 3 = 13 et 13 — 3 = 10
- Tandis que la recherche précédente utilisait 30 séries présentées alternativement sous chaque forme, ce qui offrait l’avantage d’annuler l’effet possible de la composition des séries sur les résultats, et l’inconvénient de favoriser peut-être quelques sujets par la répétition des mêmes épreuves, dans cette dernière expérience, 60 séries ont été employées et n’ont donné lieu qu’à une seule application.
- Chacun des groupes de problèmes est constitué par 20 questions, dont 6 sont de nature numérique et 14 verbales (une partie de celles-ci sont de forme concrète, les autres abstraites.)
- Ces 60 séries comprennent celles qui ont fait l’objet de la précédente étude ; graduées au point de vue de la difficulté, d’après le pourcentage des réussites auquel elles ont donné lieu, elles ont permis d’équilibrer les 3 groupes d’épreuves, a ce point de vue. Le complément, étudié de la même manière, a été réparti en tenant compte également de la composition des séries.
- La notation est : 1 point pour chaque réponse exacte, 0 pour une réponse inexacte ou incomplète (dans le cas des épreuves numériques, sous la forme Invention, où 2 termes sont exigés.)
- Pour chaque sujet, la réussite est évaluée par le nombre total des points obtenus.
- Fidélité. — Ces épreuves ont été appliquées à des écoliers âgés de 10 à 15 ans de la ville de Paris. 126 garçons et 124 filles, et à des adultes, 58 élèves d’une école spécialisée compris entre 18 et 40 ans.
- Aucun des sujets n’avait eu connaissance de l’expérience antérieure, la plupart d’entre eux ignoraient même la pratique des tests.
- Pour homogénéiser autant que possible les conditions d’expérimentation en évitant les réactions émotives de certains sujets à l’égard de ce mode de travail nouveau, une épreuve préalable avait été imposée un jour ou deux avant
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- la séance définitive ; elle consistait en problèmes de même nature, faciles et peu nombreux. L’effet d’une telle pratique semble excellent, car les sujets se sont montrés fort attentifs des le début de la deuxième séance, même ceux qui avaient donné des marques de désarroi précédemment.
- Pour ne pas désavantager les esprits lents, aucune limitation de temps n’a été imposée ; les enfants étaient simple-ments priés de travailler rapidement. Quelques copies ont été remises après un quart d’heure d’effort, et la totalité au bout d’une demi-heure.
- Les résultats, étudiés séparément pour les trois groupes : écoliers, écolières, adultes, offrent de nombreux points communs.
- La valeur de différenciation de ce test est satisfaisante dans les trois cas, tous les sujets ont fait quelques épreuves de chaque groupe, aucun n’a réussi la totalité ; de plus, les trois courbes de répartition tendent à affecter la forme de cloche de Gauss.
- L’âge et le sexe ne marquent aucune influence sur les résultats : les moyennes sont de valeurs très comparables, et les indices de dispersion de même ordre.
- Filles Moy. : 31.300 : 5.108
- Garçons Moy. : 32.345 <r : 0.130
- Adultes Moy. : 39.051 <r : 5.154
- On remarque que la supériorité des adultes sur les enfants est très peu importante, elle peut être négligée si l’on tient compte du fait que les personnes qui ont pris part à cette expérience sont très entraînées au travail intellectuel et pour la plupart bachelières et licenciées.
- L’indépendance des résultats à l’égard de l’âge s’affirme d’autre part dans les coefficients de corrélation calculés à propos des élèves d’école primaire, entre l’âge et la réussite globale :
- r : 0.05 + 0.08 chez les garçons r : 0.12 + 0.07 chez les filles
- Le même caractère d’indépendance à l’égard du développement est observable pour les trois fonctions envisagées.
- Une analyse détaillée de ces résultats groupant les enfants
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- par âge, par périodes de quatre mois, montre la stabilité des réussites dans les groupes successifs, avec un léger fléchissement pour les derniers. Les enfants de 14 ans \ à 15 ans qui les constituent, préparent seulement leur C. E. P., ils peuvent être considérés comme des retardés scolaires, également peu doués pour les travaux d’ordre purement intellectuel, et contribuent à la tendance négative du coefficient calculé chez les filles. Pratiquement, ces deux coefficients sont nuis. Pour les adultes, il ne présentait aucun intérêt et n’a pas été calculé.
- L’homogénéité de ce test exprimée par le degré de corrélation entre questions paires et impaires s’était révélée très satisfaisante dans l’expérimentation. Sous la forme précédente, elle s’est améliorée du fait de l’augmentation du nombre des épreuves, et atteint :
- Adultes : 0.87 + 0.03 ) r „ . . . . , , , ,
- — I üoemcients corrigés suivant la formule
- Garçons . 0.94 + 0.01 de Brown-Spearman, qui tient compte
- Filles ! 0.92 + 0.01 i de longueur réelle du test.
- Calculée en particulier pour chaque catégorie d’épreuves, elle dépasse dans tous les cas le niveau 0.70 généralement exigé.
- Adultes. Garçons. Filles.
- Compréhension. 0.74 + 0.04 0.87 +0.01 0.85 + 0.01
- Critique......... 0.76 + 0.03 0.80 + 0.02 0.80 + 0.02
- Invention....... 0.72 + 0.02 0.81 + 0.02 0.80 + 0.02
- Corrélations. — Des coefficients de corrélation de Pear-
- son r ont été calculés entre les différentes catégories d’épreuves, les résultats étant groupés 2 à'2 dans toutes les combinaisons.
- En raison de la constitution de leurs formules, ils nous renseignent sur le degré de liaison qui peut exister entre les variables ainsi réunies par paires ; cette liaison est en rapport avec la communauté possible de facteurs, ce qui entraîne, suivant que les coefficients sont nuis ou significatifs, la notion d’une indépendance entre les variables qui correspondrait ici à l’existence de types, ou d’une dépendance plus ou moins étroite tendant à exprimer une unité fonctionnelle.
- Les indices fournis par les 3 groupes de sujets, examinés
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- séparément, sont homogènes ; très peu élevés, dans l’ensemble, ils dépassent de peu le quadruple de leur erreur probable, critère minimal de parenté.
- Adultes. Garçons. Filles.
- Compréhension, Critique........ 0.19 + 0.08 0.31 + 0.06 0.29 + 0.06
- Critique. Invention............ 0.25 + 0.08 0.30 ± 0.06 0.33 + 0.05
- Compréhension, Invention .... 0.18 + 0.08 0.28 + 0.06 0.30 + 0.06
- Ils confirment avec netteté les indications dégagées de la recherche précédente, où des indices de l’ordre, de 0,60 et 0,69 ne décelaient qu’un certain niveau de liaison, attribué à la présence de fadeurs accidentels tels que la répétition des mômes épreuves sous une forme différente.
- Ces coefficients bruts subissent une légère augmentation quand ils sont corrigés suivant la formule d’atténuation de Spearman qui fait entrer en jeu l’homogénéité de chaque série envisagée. Ils deviennent :
- Adulles. Garçons. Filles
- CompréheusioD. Critique .... .0.25 + 0.0S 0.40 + 0.05 0.35 '+ 0.05
- Comprchcosioii. Invention ... 0.24 + 0.08 0.37 + 0.05 0.42 '+ 0.05
- Critique, Invention............ 0.34 ± 0.07 0.37 + 0.05 0.38 ± 0.05
- Môme sous cette forme ils sont peu significatifs et leur faible valeur permet de considérer comme différents les systèmes atteints dans la résolution des problèmes proposés.
- Une conclusion dans le môme sens se dégage de l’étude des indices calculés en Ire ces épreuves d’intelligence et un test d’attention : test de barrage de Toulouse et Piéron, qui consiste à retrouver dans un temps déterminé le maximum de signes conformes à un modèle, dispersés au milieu d’autres figures légèrement différentes. Cette épreuve de rapidité et d’application semble n’avoir qu’un rapport lointain avec les exercices intellectuels courants et la comparaison des réussites dans les deux domaines donne des coefficients de corrélation suivants :
- Adultes r : 0.36 ± 0.07 Garçons r : 0.20 + 0.06 Filles r : 0.27 + 0.06
- c est-a-dire, dans l’ensemble, de môme grandeur que ceux qui expriment la liaison existant entre les trois catégories d’épreuves envisagées plus haut.
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- On obtient des coefficients homogènes et de valeur parfois égale en mettant en regard successivement : attention et compréhension, critique, invention :
- Adultes.
- Garçons.
- Filles.
- Attention. Compréhension ... 0.20 + 0.08 0.24 + 0.06 0.19 + 0.06
- Attention. Critique............. 0.17 ± 0.08 0.06 + 0.06 0.36 '+ 0.05
- Attention. Invention
- 0.34 + 0.07 0.02 ± 0.06 0.27 ± 0.06
- La notion d’indépendance à l’égard de ces types fonctionnels apparaît avec autant de netteté que celle qui a pu être souvent vérifiée à propos des formes verbales et numérique. Les coefficients calculés entre les résultats obtenus, dans les épreuves présentant les deux formes sont de l’ordre :
- 0.22 + 0.08 pour les adultes.
- 0.48 + 0.04 pour les garçons.
- 0.50 + 0.04 pour les filles.
- Et à l’intérieur de chaque catégorie d’épreuves correspondant à l’une des fonctions étudiées, les r sont, chez les garçons :
- entre forme verbale et numérique :
- Compréhension................. 0.38 + 0.05.
- Critique...................... 0.11 + 0.08.
- Invention..................... 0.18 + 0.07.
- D’autre part, la liaison entre épreuves de même forme numérique ou verbale et présentées de manière à faire intervenir des fonctions différentes, s’élève à :
- Forme verbale. Forme numérique.
- Compréhension. Critique.... 0.34 ± 0.05 0.43 + 0.05 Compréhension. Invention... 0.29 + 0.06 0.42 + 0.05
- Critique. Invention
- 0.27 ± 0.06 0.30 ± 0.06
- chez les garçons ; filles et adultes ont fourni des résultats semblables.
- Tétrades. — Les différences de tétrades calculées à partir des indices d’intercorrélation entre : Attention, Compréhension, Invention, atteignent les valeurs suivantes :
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- Attention 1 I' 12
- Compréhension 2 13
- Critique 3 r ri
- Invention 4 1*23 r 24
- r 31
- Adultes. Garçons. C" Filles
- 0.20 0.24 0.19
- 0.17 0.00 0.36
- 0.34 0.02 0.27
- 0.25 0.35 0.35
- 0.24 0.35 0.42
- 0.34 0.37 0.28
- Tétrades (T T
- A 0.0272 0.04701 0.578
- T 1234 G 0.0678 0.0509 1.352
- F 0.0790 0.04102 1.925
- A 0.017 0.0676 0.251
- T 1243 G 0.0818 0.0420 1.945
- F 0.0223 0.0207 1.077
- A 0.0442 0.0579 0.763
- b 1342 G 0.0140 0.0409 0.342
- F 0.0567 0.0385 1.472
- Très proches de zéro, ces iétradifférences sont tontes inférieures à 3 fois leur erreur probable et ne révèlent la présence d’aucun facteur de groupe. Un élément commun, facteur G. de Spearman, et des facteurs spécifiques, seraient seuls responsables de la composition, des réussiles diverses suivant la position du problème proposé.
- Quel que soit le caractère de ces éléments dont la dissociation sera peut-être longtemps encore matière à controverse, le fait de leur présence révélée par l’analyse statistique implique pour nous la nécessité de tenir compte de la complexité de l’intelligence et de la réalité de types fonctionnels indépendants, au cours de tout examen mental. La réussité dans un domaine ne permettant aucune prévision quant aux autres, il s’ensuit l’obligation de les explorer tous si l’on veut établir un échantillonnage valable des capacités de l’individu.
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- PROJETS D’ORGANISATION DE LABORATOIRES DE PSYCHOLOGIE EXPÉRIMENTALE CONSACRÉS A L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE
- par
- MARCEL FRANÇOIS
- Pour répondre à de nombreuses demandes émanant d’élèves de l’Institut d’O. P., de boursiers ayant assisté aux différentes quinzaines de cet Institut, et de diverses personnes s’intéressant à l’O. P. ou la pratiquant de façon effective, nous publierons dans une suite de numéros du bulletin, une série de projets d’organisation de laboratoires de psychologie, en supposant que l’organisme chargé de leur réalisation dispose de crédits allant de 1.000 à 100.000 francs.
- Il est incontestable qu’à l’heure actuelle, qui veut installer un laboratoire de psychologie muni de l’appareillage moderne avec ses perfectionnements et permettant l’investigation expérimentale partout où on peut l’introduire, doit avoir à sa disposition de très importants crédits d’installation et pouvoir disposer chaque année d’une somme relativement élevée consacrée à l’entretien des appareils et à l’approvisionnement en matières fungibles. Mais, d’autre part, existe souvent dans le public intéressé, l’idée que faute de crédits très importants il est impossible de rien faire. C’est là une erreur contre laquelle nous voulons essayer de réagir en publiant ici des devis d’organisation utilisant des sommes très variées. Nous essaierons de montrer au cours de ces exposés, comment certaines expériences nécessitant un matériel coûteux pour la réalisation d’une seule recherche, peuvent avoir des remplacements dans d’autres expériences exigeant un matériel plus modeste.
- Il faut en effet distinguer très nettement entre l’outillage d’un laboratoire consacré à la recherche et celui d’un centre d’application qui ne devra avoir pour but que d’utiliser des techniques mises au point dans les premiers. Quand il s’agit de déterminer les lois de variation et d’évolution de tel ou tel processus psychophysiologique ou au contraire de juger si le fonctionnement de ce processus correspond approximativement, chez un individu déterminé, à la moyenne générale, on comprendra que la rigueur des recherches, partant la complication de l’appareillage indispensable, sera très différente dans les deux cas. Or les laboratoires consacrés à l’O. P. ne doivent être, dans l’esprit même de leurs fondateurs, que des centres d’application. Les techniques qu’ils
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- utiliseront devront avoir été mises au point ailleurs, comme les normes des épreuves employées avoir été déterminées antérieurement sur des groupes assez importants de sujets homogènes. Dans ces conditions, nous espérons pouvoir montrer qu’en sachant choisir les épreuves utilisées, il est possible à un directeur d’office d’O. P. ne disposant, au moins au début de son activité, que de crédits très modestes, de mettre cependant au point une organisation permettant des mesures suffisamment complètes et assez précises pour en pouvoir tirer des conclusions valables.
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- PROJET N° 1
- Laboratoire réalisable avec un crédit de base de 1.000 fr.
- Mille francs ! C’est là, pensons-nous, un minimum qui ne sera refusé à aucun organisateur. S’il sait employer judicieusement ces dix billets de cent francs, il peut déjà réaliser une installation si modeste soit-elle, qui permettra de nombreuses mesures.
- Nous répartirons notre crédit dans les trois chapitres d’études suivants : Appareils sensoriels, motricité, processus psychologiques proprement dits.
- Appareils sensoriels. — Dans ce chapitre, trois points, la vision, 1 audition et le tact, doivent être examinés (l’ordre dans lequel nous les citons commençant par le plus important).
- Pour la vision, nous étudierons d’abord l’acuité visuelle. Une échelle d’acuité (50 francs) suffit. L’une des échelles pour daltoniens actuellement en usage, celle du docteur E. Schaaf par exemple (chez Masson, prix : 05 francs) permettra de vérifier l’intégrité de la vision colorée, et de dépister rapidement les achro-matopsies plus ou moins graves. Enfin on pourra se rendre compte de la finesse de la sensibilité chromatique différentielle par 1 emploi d’un jeu de laines de ilolmgrcn (50 francs environ). Nous aurons donc 165 francs à dépenser pour la vision.
- Dans le domaine de l’audition, les mesures, pour être rigoureuses et scientifiquement satisfaisantes, nécessitent un matériel dont nous ne pourrons parier que dans des devis beaucoup plus élevés. Cependant des mesures d’acuité pourront être prises, à condition de faire un étalonnage personnel de l’appareil employé, par la méthode de la montre. Un compteur stoppeur donnant le 1 /5e de seconde est indispensable à prévoir pour une quantité d’expériences, en particulier pour l’application de presque tous les tests. Nous l’utiliserons donc pour nos mesures d’acuité auditive (compteurs de la maison Zivy, de préférence, parce cpie les
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- plus robustes, 150 francs environ)..Une seconde expérience pourra être réalisée sans matériel spécial ; l’étude de la reconnaissance des bruits. On fait tomber derrière un écran de carton, à une distance du sujet constante, de petits objets : plume, morceau de verre, de bois, gomme, craie, sou, etc., que l’on lâche d’une même hauteur au-dessus de la table. Le sujet doit déterminer pour une série de bruits quel est l’objet qui a servi d’excitateur, le même objet revenant plusieurs fois dans la série. Dépense pour liaudition : 150 francs.
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- Deux expériences, au point de vue tactile, peuvent être réalisées à peu de frais avec une précision suffisante : on étudiera le pouvoir de localisation du sujet, en touchant un point du tégument avec la pointe d’un crayon encre, mieux d’un stylographe, et en lui demandant de retrouver, les yeux fermés, avec une pointe quelconque le point excité. On mesure avec un décimètre donnant si possible le 1/2 mm. (décimètre des boites de compas) l’erreur commise. Avec un compas ordinaire, dont on aura émoussé les pointes, et le même décimètre, on peut, d’autre part faire quelques mesures sur la finesse de discrimination tactile. Pour des mesures rigoureuses, des appareils permettant d’exercer une pression égale dans toutes les expériences sont nécessaires, dont nous reparlerons ultérieurement. On peut cependant, avec le compas ordinaire, dépister les anomalies, et acquérir une idée de la valeur de la sensibilité du sujet, à condition de faire attention de poser le compas avec une vitesse pratiquement nulle, et de n’appuyer que le moins possible sur la peau. La seule difficulté est d’arriver à la simultanéité de contact des deux pointes, mais avec un peu de pratique on y parvient aisément, Soit à prévoir pour le tact 50 francs environ, ce qui donne une somme de 365 francs à utiliser pour les mesures sensorielles.
- Abordons maintenant le domaine de la motricité, et d’abord le domaine intermédiaire de la psycho-motricité, dans lequel la mesure des temps de réaction, est une donnée indispensable devant figurer dans tout examen pratiqué en vue de l’O. P. Le temps de réaction, avec les chronomètres compliqués et coûteux que nécéssitait sa mesure, était le point noir dans la répartition de crédits modestes qu’il menaçait d’absorber entièrement à lui seul, ou même de dépasser. On sait que la difficulté est résolue aujourd’hui, depuis la réalisation du Chronoptôscope du professeur IL Piéron, permettant la mesure du temps de réaction simple, visuel ou auditif avec la môme précision que les appareils jusqu’alors en usage. Le chronoptôscope peut être réalisé à
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- 200 francs par les constructeurs raisonnables, à moins cher encore par des organismes n’ayant pas à payer de main-d’œuvre (1).
- La vitesse motrice proprement dite sera mesurée par le « dap-ping test » en utilisant la technique de Binet, crayon et bande de papier, donc pas d’appareil spécial. On éprouvera la force musculaire avec un dynamomètre ordinaire (par ex. n° 4075 de la maison Boulitte, 15, rue Bobillot, Paris, à 125 francs). Diverses épreuves bien étalonnées, étudiées par H. Antipoff (2) peuvent être utilisées pour l’étude de l’adresse. On pourra choisir par exemple l’épreuve d’enfilage de perles (matériel à réaliser soi-même sur les indications de l’auteur) et celle du découpage de Claparède (100 feuilles de découpage pour 4.85 francs suisses, à l’Institut des Sciences de l’Education, 44, rue des Maraîchers, Genève).
- La mémoire musculaire est une mesure souvent utile à réaliser en .vue de l’O. P. Un appareil peu coûteux peut donner d’excellents résultats : Sur une planche de 80 centimètres environ, on fixe deux clous solides qu’on laisse dépasser à peu près de 3 centimètres. Entre les deux clous on attache un fil de fer bien tendu, que l’on introduit auparavant dans un bouchon pouvant glisser facilement le long du fil. Une ou deux pinces à dessin, réalisant des cales mobiles à volonté permettent de déterminer des parcours de longueur connue et variable que le sujet devra, les yeux fermés, étudier et comparer entre eux. On fixera sur la planche entre les deux clous, une règle graduée, achetée à faible prix (règle à dessin) ou que l’on réalisera soi-même. 25 francs permettent de réaliser tout l’appareil. La mémoire des attitudes pourra être étudiée également par le procédé classique : on trace sur un mur, à partir de la verticale contre laquelle on place le sujet, une série d’obli ques s’écartant par exemple de 5 en 5 degrés, jusqu’à faire l’angle droit avec la verticale. On place le bras au niveau de l’une des obliques, on le ramène contre le corps et. il doit être replacé dans la même inclinaison, donc en face de la même oblique.
- Nous arrivons donc, en estimant assez largement nos dépenses, a une somme totale de 380 francs pour le chapitre de la motricité.
- Les lests nécessaires pour étudier les divers processus psychologiques (attention, mémoire sous ses diverses formes, imagina-
- it) M. Giraudet, directeur des Cours professionnels, 40, rue Gambetta, La Rochelle, réalise actuellement, sur simple demande à lui adressée, le Chro-noptôseope Piéron à 100 francs l’unité, franco dans toute la France.
- (2) V. Hélène Antipoff, l’Evolution des fonctions motrices, in Archives de Psychologie, 1928, tome XXI, n° 81, et ce Bulletin, année 1931 nos 1, 2, 3 cl 4.
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- lion, aptitude à l’apprentissage, rapidité d’association, intelligence sous ses diverses formes) nous les trouverons dans la fiche psychologique de l’Institut d’O. P., tandis que la fiche d’aptitudes techniques du même Institut nous sera précieuse pour déconseiller les métiers techniques à ceux qui ne présenteront pas les aptitudes nécessaires. Cent exemplaires de chacune de ces deux fiches représentent une dépense de 135 francs (75 + 60).
- Si nous récapitulons, nous constatons qu’après avoir dépense 880 francs, nous sommes en mesure de procéder à un examen ayant déjà une valeur sérieuse, et de passer en revue 100 enfants au moins sans nouvelle dépense d’entretien en matériel fungiblc.
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- PROJET N° 1 BIS Crédit de hase : 1.500 francs
- Disposant de 1.500 francs au lieu de mille, nous introduirions dans le projet précédent les deux modifications suivantes :
- 1° Remplacement des laines de Ilolmgren par le Chromatopha-nomètre de II. Picron (450 francs environ, donc 400 francs de dépense supplémentaire) permettant des mesures plus précises, et d’arriver à des résultats comparables à des étalonnages existant.
- 2° Remplacement du test de découpage de Claparède, par le test de « la souricière » (déplacement de disques de métal dans un réseau de fils de fer embrouillé) pour éviter un test nécessitant un matériel tangible. Prix de la souricière : 150 francs, soit 125 de dépense supplémentaire.
- Notre dépense totale serait donc de 1.405 francs.
- NOTES ET DOCUMENTS
- Comparaison de l’Organisation de l'O. P. à Berlin et à Londres
- Le secrétaire du «Juvénile Advisory Committee » chargé de l’orientation professionnelle des écoliers de Londres, F. A. Wales, a été étudier l’organisation berlinoise d’O. P., et en a donné un exposé (1) comparativement à l’organisation londonienne, en tenant compte des systèmes scolaires, étroitement liés à l’orientation.
- (1) IIuman Faclor, IX, 1, 1935, p. 13-22.
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- A Londres, les enfants entrent à 5 ans à l’école élémentaire, jusqu’à 11 ans ; à cet âge, un examen permet de passer dans les « écoles centrales » qui sont gratuites (où 13,5 °/0 entrent), et l’école secondaire, payante, ne recueille qu’une minorité (7 °/„). Les autres, maintenant, sont gardés jusqu’à 14 ans dans des écoles élémentaires de « seniors », où une grande place est donnée au travail manuel.
- A Berlin, les enfants entrent à l’école élémentaire à 5 ou 6 ans et y restent huit années ; mais à l’àge de 10 ans, il en est qui se dirigent vers les écoles centrales (12 °/„) ou secondaires (5 °/0), également payantes, sans examen. Des bourses sont accordées (à 15 °/0 environ) des élèves de ces écoles supérieures, en sorte qu’un élève brillant a toutes chances de pouvoir poursuivre ses études.
- Comme différence fondamentale, l’auteur note l’absence de travail manuel scolaire à Berlin, et l’existence de l’examen à 11 ans. à Londres seulement.
- Aussi bien à Londres qu’à Berlin, l’orientation professionnelle dépend du ministre du Travail, mais à Londres il existe de multiples organisations privées.
- A Berlin, les conseillers visitent les écoles en automne et en hiver, donnant des informations, répondant aux questions, il y a contact avec les parents, et les enfants sont invités à se présenter aux bureaux pour conseil individuel et aide au placement, invitation à laquelle 60 °/o répondent, environ.
- Des rapports scolaires sont préparés par les éducateurs sur les enfants et communiqués aux bureaux (renseignements donnés sur la famille, indications sur les désirs de l’enfant, fiche médicale, fournissant 4cs pontre-indications générales, indications, des résultats scolaires, enfin réponses à un questionnaire psychologique).
- Au bureau, les enfants sont interrogés, et soumis à des tests, généralement choisis d’après l’orientation probable de l’enfant (groupement de tests pour le travail manuel, pour le commerce, pour l’art), avec des tests généraux sensoriels et moteurs. Après cela, le psychologue prépare, d’après les résultats des tests, un profil, et rédige des notes d’observation de l’enfant, pour ce qui concerne scs attitudes, son caractère révélé par le comportement, puis donne le dossier au conseiller. Les enfants ne sont pas ensuite systématiquement suivis, tandis qu’à Londres existent des services pour la surveillance ultérieure.
- L organisation berlinoise comporte essentiellement la collaboration, avec les conseillers d’orientation, d’experts médecins et psycho-techniciens, ce qui n’existe pas à Londres.
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- A propos de droiterie et de gaucherie
- Les recherches et discussions se poursuivent toujours au sujet de La nature, de la fréquence, du mécanisme, de la signification d’une prédominance d’un côté ou l’autre du corps, particulièrement dans l’usage électif d’une main (Jiandedness, en anglais), mais aussi dans l’emploi préférentiel d’un œil pour la vision monoculaire (eyedhess).
- Des recherches statistiques comparatives étendues ont été faites récemment à San-Frnncisco par Cia renée Quinan (1).
- Sur 2331 étudiants, 70 °/0 se sont montrés droitiers de l’œil et de la main, 19 % droitiers de la main et gauchers de l’œil, 7 °/o gauchers de la main (à peu près à égalité droitiers ou gauchers de l’œil) enfin 4 °/0, indifférents, ambilatéraux. Ces proportions normales se rencontrent-elles dans tous les groupes, ou trouve-t-on des modifications caractéristiques ? Il y a là un intéressant problème biotypologique, malheureusement trop restreint, et droiterie ou gaucherie manuelle est conclue de façon, un peu rapide (lia main qui lance la balle).
- Chez 317 écoliers chinois de San-Francisco, les proportions sont _sensiblement les mêmes (69,7 °/« ; 20,8 °j0 ; 6,9 °/0 et 2,5 °/0). La race n’a pas eu d’influence nolable. Le caractère individuel en a-t-il ? L’auteur a examiné 354 automobilistes poursuivis pour excès de vitesse et 121 pour accidents par imprudence. Dans les deux groupes respectivement, les droitiers doubles ont été de 63 et 41 °]0 seulement, les droitiers de la main et gauchers de l’œil de 26,8 et 45,4 %, ce qui indique une certaine différence systématique ; les gauchers de l’œil auraient aussi plus d’instabilité constitutionnelle.
- Chez 693 malades d’un service neuropsychiatrique, la proportion des gauchers de l’œil se montre notablement plus élevée ; les droitiers doubles atteignent, suivant les catégories, un pourcentage de 31,1 ; 54,8 ; 59,9 (chez les déments précoces). Les tendances artistiques se trouveraient aussi en relation avec la gaucherie, tout au moins de l’œil. Les droitiers doubles sont un peu moins nombreux chez les étudiants musiciens (jouant du piano), observés au nombre de 815, et les musiciens professionnels (68 sur 100 obser-
- (1) The principal sini-tral types. Archives of Neurology, XXIV, 1930, P 35-47. — The handedness and eyedpéss of speeders and of reckless drivers id XXV, 1931, p. 829-837. " ÎÇ< „ -
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- vés), davantage dans une école d’art (170 élèves, avec 54,2 n/o de droitiers doubles).
- En revanche, chez 100 ouvriers mécaniciens, la proportion des droitiers doubles s’est élevée à 92 % ! H. P.
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- Etude du caractère à l’usage de l’Orientation Professionnelle à l’Institut de psychologie industrielle de Londres
- La méthode de détermination du caractère adoptée par la section de consultation professionnelle de l’I.N.P.I. de Londres est basée plutôt sur du lion sens que sur des méthodes scientifiques. Elle semble néanmoins être un auxiliaire efficace pour diriger le grand nombre de jeunes gens qui s’y adressent quotidiennement (1). Elle est dictée surtout par des conditions matérielles dans lesquelles est obligé de travailler le conseiller d’O. P. Sur deux heures et demie dont il dispose pour chaque enfant, une demi-heure seulement peut-être consacrée à l’étude du caractère.
- Le premier pas à faire consiste à envoyer antérieurement à la consultation un questionnaire aux parents où diverses qualités sont présentées par couples de contraires (24 couples). Les parents sont priés de souligner celles qu’ils attribuent à leur enfant (au cas oii un trait serait particulièrement caractéristique pour l’enfant, on est prié de le souligner deux et même trois fois ; les cas d’hésitation s’expriment par un point d’interrogation).
- D’autres questionnaires sont envoyés en même temps aux maîtres : une forme spéciale est destinée pour le maître principal « house-master ». d’autres aux professeurs de diverses branches d’enseignement. Les questions posées aux maîtres sont plus explicites que celles adressées aux parents. On leur demande, pai exemple, comment l’enfant fait ses dvoirs écrits, d’une façon soigneuse ou non, comment il se comporte dans ses interrogations orales (s’il est impulsif ou réfléchi), s’il est sociable ou non, etc. On répond en soulignant une des trois lettres a, b, c, correspondant à trois degrés : fort, moyen, faible.
- Le conseiller, en analysant les questionnaires, tient tout particulièrement compte de ce qui peut le renseigner sur les modifications de tempérament du sujet. Ce point est d’ailleurs complété par une étude biographique de l’enfant.
- L’examen direct de l’enfant se fait sans aucun test. Il se limite
- psycho.ogist sludies the tem-
- ament. liuman
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- à deux procédés se complétant mutuellement. Le premier est une observation minutieuse de l’enfant pendant toute la durée des épreuves psychotechniques, et ceci suivant un schéma établi. Le second consiste à faire remplir à l’enfant un questionnaire analogue à celui envoyé aux parents. Il va sans dire que cette autoappréciation n’est pas prise à la lettre. Il s’agit simplement de voir quelle est l’attitude de l’enfant vis-à-vis de lui-même. Ces réponses offrent, de plus, une matière d’introduction à l’entretien direct de l’orienteur avec l’enfant. Ce n’est qu’après cette conversation que l’orienteur formule sia conclusion, qu’il présente sous forme d’un rapport. A. R.-G.
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- Quelques données sur l’encombrement des carrières dans l’Enseignement secondaire
- D’une étude que P. Cornuet a publié récemment (1) sur l’encombrement des situations accessibles aux bacheliers, jl est intéressant de retenir quelques chiffres relatifs aux débouchés qu’offre l’enseignement aux licenciés ès lettres et ès sciences.
- Le tableau ci-dessous représente la. situation actuelle séparément pour les lycées et collèges :
- Lycées. — Agrégation mixtes, débouché lannuel 190 ; féminins, 41.
- Nombre de professeurs des collèges de garçons : Lettres, 1.587 ; débouché, 56. — Sciences, 657 ; débouché, 23. — Répétiteurs, 509 ; débouché, 50.
- Nombre de professeurs des collèges filles : Lettres, 477 ; débouché, 17. — Sciences, 206 ; débouché, 7. -— Répétiteurs, 228 ; débouché, 22. — Donc au total 406.
- Les chiffres indiquant les débouchés annuels ont été calculés de la façon suivante : 1° Pour les agrégations, nombre de places mises au concours en 1935 ; 2° pour les professeurs de collèges, nombre de titulaires divisé par 28 ; 3° pour les répétiteurs, nombre de titulaires divisé par 10.
- Si l’on tient compte des chaires de l’enseignement technique et dans l’enseignement secondaire des chaires de dessin, on peut, sans exagérer, arrondir le nombre de débouchés annuels à 500.
- Les lctlrcs fournissent au total un débouché annuel de 240 postes ou 286 si l’on y ajoute la moitié du débouché des répétiteurs.
- (1) Revue de l'Orientation intellectuelle, n° 4, mars-avril 1934.
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- En 1032 il a été délivré 1.286 licences ès lettres. Ceci explique pourquoi, en 1932, 767 demandes émanant des licenciés ès lettres, en vue d’obtenir un poste de professeur ou de répétiteur, n’ont pu êlrc satisfaites.
- Le débouché total dans les sciences est de 130 emplois (y compris les répétiteurs). En 1932, le nombre des nouveaux licenciés ès sciences a été de 1.102 et le nombre de demandes non satisfaites de 491.
- Il ne faut pas se méprendre non plus en prétendant que d’autres débouchés, en dehors de l’enseignement, sont offerts aux licenciés ès lettres ou ès sciences. Dans la plupart des cas, lorsqu’il s’agit d’un emploi administratif, ces deux catégories de licenciés sont nettement défavorisés par rapport aux licenciés en droit.
- Notons de plus que, de 1900 à 1932, le nombre des étudiants français en première année de licence des lettres a augmenté de 250 % (de 1.187 à 4.170). A. R.-G.
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- L’acuité visuelle et l’acuité auditive chez les écoliers
- M. Foucault a, pendant huit années, porté ses efforts sur l’étude de l’acuité visuelle et de l’acuité auditive des écoliers et étudiants de Montpellier (sur 3.502 sujets de 6 ans à 21 ans) et il a constaté le nombre énorme de déficients pour ces deux sens, surtout chez ceux que l’on considère comme des retardés scolaires (1).
- La méthode suivie pour la mesure de l’acuité visuelle est simple, elle consiste à faire lire, à des distances de plus en plus grandes, de 0 m. 50 à 8 mètres, les lignes d’un tableau optométrique fixé au mur et bien éclairé. Les mesures d’acuité visuelle ont été faites sur 3.502 sujets, 130 de 6 ans, 940 de 7 ans, 774 de 8 ans, 300 de 9 ans, 144 de 10 ans, 108 de 11 ans, 185 de 12 ans, 272 de 13 ans, 200 de 14 ans, Si de 15, 16 et 17 ans, 272 de 18, 19 et 20 ans, 94 de 21 ans et plus.
- La répartition des distances de vision, suivant l’éloignement, du tableau ou l’âge du sujet est la suivante :
- 0 MÈTRE 50 ET AU-DESSOUS : 6 ans (6) — 7 ans (35) — 8 ans (32) — 9 ans (13) — 10 ans (3) — 11 ans (4) — 12 ans (7) — . 13 ans (7) -+ 14 ans (12) — 15, 16, 17 ans (6) — 18, 19, 20 ans (12). — Total (168), soit (4,79 "/„).
- (1) Travail paru dans la Revue de Psychologie appliquée de l’Est, 1932, n1 5.
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- 6 METRES : G ans (0) — 7 ans (5) — 8 ans (3) — 9 ans (2) —
- .10 ans (2) - H ans (4) — 12'ans (13) — 13 ans (25) — 14 ans (27) — 15, 16, 17 ans (6) — 18, 19, 20 ans (14) — 21 ans et plus (5). — Tolal (106), soit (3,03 %)•
- G MÈTRES 50 : 6 ans (0) — 7 ans (2) — 8 ans (1) — 9 ans (0) — 10 ans (0) — 11 ans (0) — 12 ans (6) — 13 ans (11) — 14 ans (9) — 15, 16, 17 ans (5) — 18, 19, 20 ans (4) — 21 ans et plus (0). — Total (38), soit (1,09 -/„).
- 7 MÈTRES : 6 ans (0) — 7 ans (0) — 8 ans (0) — 9 ans (0) —
- 10 ans (0) — 11 ans (0) -— 12 ans (2) — 13 ans (6) — 14 ans (4)
- — 15, IG, 17 ans (0) — 18, 19, 20 ans (3) — 21 ans et plus (0). — Total (15), soit (0,43 °/())-
- 7 MÈTRES 50 : G ans (0) — 7 ans (0) — 8 ans (0) — 9 ans (0) —
- 10 ans (0) — 11 ans (0) — 12 ans (1) — 13 ans (4) — 14 ans (1)
- — 15, IG, 17 ans (0) — 18, 19, 20 ans (0) — 21 ans et plus (2). — Total (8), soit (0,23 °/0).
- 8 MÈTRES : G ans (0) — 7 ans (0) —•' 8 ans (0) — 9 ans (0) —
- 10 ans (0) — 11 ans (0) — 12 ans (0) — 13 ans (1) — 14 ans (0)
- — 15, 16, 17 ans (0) — 18, 19, 20 ans (0). — Total (3), soit (0,09 •/.).
- Pour l’acuité auditive elle est mesurée au moyen de l’épreuve de la montre éloignée de plus en plus du sujet, celui-ci restant fixe. Ces épreuves ont été faites avec beaucoup de précision et en s’entourant de moyens de contrôles pour éviter la suggestion.
- Ces mesures d’acuité auditive ont été faites sur 3.868 sujets : 120 de 6 ans, 866 de 7 ans, 728 de 8 ans, 428 de 9 ans, 298 de 10 ans, 236 de 11 ans, 264 de 12 ans, 298 de 13 ans, 202 de 14 ans, 88 de 15, 16 et 17 ans, 286 de 18, 19, 20 ans et 72 de 21 ans et plus.
- Voici la répartition des distancés d’audition, suivant Tûge, pour chacune des distances expérimentées :
- 0 MÈTRE 10 ET AU-DESSOUS : 6 ans (13) — 7 ans (116) — 8 ans (98) — 9 ans (56) — 10 ans (36) — 11 ans (21) — 12 ans
- (22) — 13 ans (15) — 14 ans (11) — 15, 16, 17 ans (2) — 18,
- 19, 20 ans (8) — 21 ans et plus (3). — Tolal (401), soit (10,37 °/o) 0 MÈTRE 20 : 6 ans (14) — 7 ans (90) — 8 ans (71) — 9 ans (38)
- — 10 ans (20) — 11 ans (13) — 12 ans (20) — 13 ans (10) —
- 14 ans (5) — 15, 16, 17 ans (3) — 18, 19, 20 ans (10) — 21 ans
- et plus (3). — Total (297), soif (7,68 »/„).
- 0 MÈTRE 30 : 6 ans (14) — 7 ans (114) — 8 ans (92) — 9 ans (43)
- — 10 ans (26) — 11 ans (22) — 12 ans (12) — 13 ans (20) — 14 ans (9) — 15, 16, 17 ans (3) — 18, 19, 20 ans (5) — 21 ans et plus (2). — Total (362), soit (9,36 °/„).
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- 0 MÈTRE 40 : 6 ans (21) —- 7 ans (126) — 8 ans (98) — 9 ans (63) — 10 ans (47) — 11 ans (31) — 12 ans (23) — 13 ans (26) — 14 ans (11) — 15, 16, 17 ans (6) — 18, 19, 20 ans (15) — 21 ians et plus (1). - T otal (468), soit (12,42 %).
- 0 MÈTRE 50 : 6 ans (10) — 7 ans (96) — 8 ans (91) — 9 ans (35) — 10 ans (38) — 11 ans (20) — 12 ans (22) — 13 ans (23) — 14 ans (15) — 15, 16, 17 ans (11) — 18, 19, 20 ans (13) — 21 ans et plus (6). — Total (380), soit (9,82 °/„).
- 0 MÈTRE 60 : 6 ans (13) — 7 ans (75) — 8 ans (61) - 9 ans (35) — 10 tans (21) — 11 ans (27) — 12 ans (20) — 13 ans (27) — 14 ans (16) — 15, 16, 17 ans (8) — 18, 19, 20 ans (13) — 21 ans et plus (3). — Total (319), soit (8,25 °/„).
- 0 MÈTRE 70 : 6 ans (7) — 7 ans (60) — 8 ans (50) - 9 ans (38) — 10 ans (24) — 11 ans (13) — 12 ans (22) — 13 ans (25) —
- 14 ans (14) — 15, 16, 17 ans (12) — 18, 19, 20 ans (19) —
- 21 ans et plus (8). — Total (293), soit (7,57 %).
- 0 MÈTRE 80 : 6 ans (7) — 7 ans (46) — 8 ans (44) — 9 ans (39) — 10 ans (16) — 11 ans (20) — 12 ans (19) — 13 ans (24) —
- 14 ans (25) — 15, 16, 17 ans (12) — 18, 19, 20 ans (19) —
- 21 ans et plus (4). — Total (275), soit (7,11 °/o).
- 0 MÈTRE 90 : 6 ans (9) — 7 ans (58) — 8 ans (52) — 9 ans (24) — 10 ans (32) — 11 ans (15) — 12 ans (27) — 13 ans (15) —
- 14 ans (10) — 15, 16, 17 ans (1) — 18, 19, 20 ans (14) —
- 21 ans et plus (10). — Total (267), soit (6,90
- 1 MÈTRE : 6 ans (8) — 7 ans (39) — 8 ans (28) — 9 ans (28) —-10 ans (10) — 11 ans (23) — 12 ans (25) — 13 ans (35) —
- 14 ans (22) — 15, 16, 17 ans (10) — 18, 19, 20 ans i37) —
- 21 ans et plus (11). — Total (276), soit (7,13 •/„).
- 1 MÈTRE 20 : 6 ans (3) — 7 ans (25) — 8 ans (20) — 9 ans (8) — 10 ans (11) — 11 ans (13) — 12 ans (16) — 13 ans (27) —
- 14 ans (24) — 15, 16, 17 ans (9) — 18, 19, 20 ans (32) —
- 21 ans et plus (6). — Total (194), soit (5,02 Ve).
- 1 MÈTRE 50 : 6 ans (0) — 7 ans (19) — 8 ans (20) — 9 ans (15) —
- 10 ans (13) — 11 ans (12) — 12 ans (20) — 13 ans (23) — 14 ans (29) — 15, 16, 17 ans (6) — 18, 19, 20 ans (42) — 21 ans et plus (7). — Total (206), soit (5,33 •/„)•
- 2 MÈTRES : 6 ans (0) — 7 ans (1) — 8 ans (2) — 9 ans (1) —
- 10 ans (2) — 11 ans (5) — 12 ans (5) — 13 ans (17) — 14 ans (7) — 15, 16, 17 ans (5) — 18, 19, 20 ans (15) — 21 ans et plus (3). —- Total (63), soit (1,63 °/0).
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- 2 MÈTRES 50 : 6 ans (0) — 7 ans (1) — S ans (0) — 9 ans (1) —
- 10 ans (2) — 11 ans (1) — 12 ans (6) — 13 ans (5) — 14 aps (4) — 15, 10, 17 (ans (0) — 18, 19, 20 ans (13) — 21 ans et plus (1). — Total (34), soit (0,88 °/„).
- 3 MÈTRES : 6 ans (0) — 7 ans (0) — 8 ans (1) — 9 ans (4) —
- 10 ans (0) — 11 ans (0) — 12 ans (5) — 13 ans (5) — 14 ans (0) — 15, 10, 17 ans (0) — 18, 19, 20 ans (11) — 21 ans et plus (4). — Total (30), soit (0,78 °/„).
- 4 MÈTRES : G ans (0) — 7 ans (0) — 8 ans (0) — 9 ans (0)
- 10 ans (0) — 11 ans (0) — 12 ans (0) — 13 ans (1) — 14 ans (0) - 15, 10, 17 ans (0) — 18, 19, 20 ans (2) — 21 ans et plus (0). — Total (3), soit (0,08 °/„).
- CHRONIQUE DOCIMOLOGIQUE
- Qu’est-ce que «l’état d’indifférence» et la «neutralité d’aptitudes /> ?
- Une noie de Tu. Simon dans le Bulletin de la Société Alfred Binet (1), sur « les limites de discrimination de nos mensurations » comporte des considérations qui s’appliquent à l’orientation professionnelle et méritent à ce titre d’attirer T attention.
- Ayant mesuré 1a taille, dans une école, de 350 fillettes de G à 10 ans, Simon constate que 03,9 % de ces enfants ont la taille de leur âge, à un an près (ce qui est une approximation assez large), et que dès lors les avances ou retards de taille sont relativement peu nombreux : 12,5 d’avance de 1 à 2 ans ; ,2,5 °/„ de 2 à 3 ans ; 0,3 °/0 de plus de 3 ans ; 15,7 % de retard de 1 à 2 ans ; 3,9 °/o de 2 à 3 ans ; 1 °/0 de plus de 3 ans.
- « Le nombre de divisions qu’on obtient ainsi est assez restreint », ajoute l’auteur (sans indiquer que le nombre des divisions est fonction de l’unité employée, que si l’unité était le mois au lieu de l’année, en admettant des mesures assez précises, on aurait nécessairement un beaucoup plus grand nombre de divisions, et que le trimestre pourrait être en tout cas utilisé), « et, d autre part, le nombre des enfants qui s’écartent des valeurs moyennes diminue très vile à mesure que l’écart s’accroît ». Simon met ainsi à la portée des membres de la Société Alfred Binet une vérité statistique qui n’est pas précisément neuve et dont j’ai peine à croire qu’ils n’aient pas eu déjà connaissance. Depuis qu’il y
- (1) N° 304-305, p. 21.
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- a des statisticiens on sait que le mode s’approche de la moyenne et qu’il y a pour la répariilion -des fréquences autour de la valeur moyenne, une certaine courbe eu cloche !
- Il me semble que personne ne peut aujourd’hui l’ignorer.
- « Appliquons la même méthode, dit encore Simon, à l’instruction et à l’intelligence, nous retrouverons des faits de même ordre ». Evidemment, et si on les retrouvait pas, ce serait inquiétant pour la méthode, ou pour le groupe examiné. Et Terman a montré que la répartition des quotients d’intelligence, à partir de la méthode même de Binet et Simon, épousait correctement la forme de la courbe en cloche.
- « Cela ne fait-il pas ressortir de façon curieuse la limitation de nos procédés d'appréciation quant à la valeur des individus », laissant « indivis, sans distinction, la majorité d’entre eux ? »
- J’ai souligné le mot « curieux » employé par Simon, car j’avoue qu’ici je ne comprends plus. Généralement ce qui est curieux est relativement nouveau. Ce fait, évident, banal, nécessaire, est-il donc réellement nouveau pour Simon ? N’y a-t-il jamais jusqu’ici réfléchi ? C’est cela qui me paraîtrait, pour ma part, curieux, étant donné, et sa collaboration avec Binet, et le temps qu’il a si utilement consacré, dans sa vie laborieuse, à la mesure.
- « Je 11e crois pas, dit-il encore, qu’on ait jamais insisté sur ce point ». Cela semble indiquer un certain manque d’information. Pour ma part, envisageant les problèmes « docimologiques », je crois avoir au contraire insisté sur ce point, en particulier pour montrer l’absurdité de la coupure, dans les examens, en deux moitiés sensiblement égales de reçus et de refusés, comme si l’on devait faire, d’après la taille, deux groupes seulement, des grands et des petits, ce qui oblige à rendre le hasard scid responsable de la division dans la majorité des cas.
- Mais ce fait est-il de nature à limiter, autant que le croit Simon, les possibilités d’orientation professionnelle, du fait qu’on pourrait « pressentir pour le plus grand nombre des individus une sorle d'état d'indifférence, et, si l’on peut dire, une neutmlilé d’aptitudes ».
- Ici, il est bon de s’entendre : Quand on envisage un caractère déterminé, La taille, La capacité de mettre l’orthographe, le niveau global de développement intellectuel que donne l’échelle Binet-Simon, etc., il n’y a pas de doute que les individus exceptionnels doivent être... l’exception, et que la masse est simplement normale, sans quoi l’expression de normalité perdrait son sens.
- Mais quand on envisage, comme on doit le faire, en Orientation professionnelle, un ensemble de caractères, quand on établit un
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- « profil psychologique » des individus, qu’on substitue, comme je soutiens depuis longtemps qu’on doit le faire, à l’intelligence globale, un profil d’intelligence, quand, déjà, on envisage, dans les tests du type Binet-Simon, des groupements d’épreuves, on constate que les moyens en tout ne sont pins si nombreux, et que, chez ceux qu’une épreuve globale laissait dans une masse indifférenciée, il se sépare des types qui deviennent fort intéressants pour la détermination des aptitudes.
- En somme, je pense que Simon a découvert que 1’ « échelle d’intelligence » ne rendait en orientation professionnelle que des services limités, et l’on ne peut que l’cn féliciter. Mais il y a tout de même d’autres méthodes, plus analytiques, à la base des efforts modernes d’orientation rationnelle, auxquels j’ai tenté d’apporter, en France, ma contribution.
- Mais je reconnais que nous avons encore beaucoup à faire pour préciser nos méthodes et déterminer ce qu’elles peuvent donner. En particulier, quel est, dans un groupe donné, le nombre probable de ces indifférents, possédant la « neutralité d’aptitudes », moyens en tout (pour une certaine valeur de l’échelon discrimina-tif de mesure, évaluable en écart réduit afin qu’elle puisse être unifiée), c’est ce que l’insuffisance des recherches « biotypologiques » ne permet pas de déterminer avec certitude, malgré l’importance pratique de cette notion. H. Piéron.
- A travers les Revues
- Dans le Bulletin du Comité de patronage d'apprentis du XVe, M. Laugier donne un rapport sur les recherches effectuées dans cet arrondissement au point de vue de l’orientation professionnelle (n° 38, octobre-décembre 1934, p. 3-6).
- Le n° 1 de 1935 de la Psychologie et la Vie est consacré à l’orientation professionnelle et comporte de courtes études signées Duras, Bisçiiler, Piodrigues, Alain, Fontègne,, Léone Bourdel, Dra-bovitcii, Devaud, M. O. (Comment fonctionne l’I.N.O.P. à Paris), Loriot, Aurel, Didier, Sixoir, Mandeville et Cornélissen.
- Dans Science (T. 80, 1934, p. 269), le D1' Crooks, qui a examiné 2.000 nègres de Virginie avec les tests d’Ishihara, signale qu’il a trouvé 75 cas de daltonisme, tops masculins, aucun cas féminin.
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- D’après une étude du Dr Feldman dans le Médical Record (T. 140, 1934, p. 195), fondée sur l’examen systématique de 2.322 enfants, 60 °/0 seulement (1392) ont une vision entièrement normale. Il y a 2,4 °/„ de daltoniens (52 garçons et 8 filles). Le strabisme s’est montré fréquent (146 cas se strabisme manifeste, 339 de strabisme latent) et on a observé 46 cas d’amblyopie.
- L’étude des fonctions visuelles dans la marine américaine a fait l’objet de publications dans VU. S. naval médical Bulletin . Robertson (T. 32, 1934, p. 275), a examiné la vitesse d’accommodation (passage de la vision éloignée à la vision proche et réciproquement) ; Richmond et Ebert ont déterminé la vitesse de perception de lettres, de formes, de couleurs, chez des hommes d’acuité normale de 19 à 43 ans, cette vitesse ayant considérablement varié suivant les individus (temps de perception compris entre 1 et 50 centièmes de seconde) ; en vision binoculaire, la perception s’est montrée deux fois plus rapide qu’en vision monoculaire.
- Dans le Journal oj the oplical Sociehj (t. 24, 1934, p. 305), Luckiesii et Moos décrivent un instrument permettant d’apprécier la difficulté des taches visuelles (lunettes à verre réglable réduisant à volonté la visibilité). A un éclairement convenable, la lecture de caractères de 14 points est encore possible avec une transmission de 2,5 % de la lumière, pour 10 points, i'1 faut 4,1 °/0, pour 6 points 6,2 °/o, pour lire l’annuaire des téléphones, 9,4 °/n, pour une lecture micrométrique, 9,1 °/<>- L’appareil serait naturellement utilisable pour la comparaison de l'efficience visuelle des individus.
- Dans une étude récente parue dans Character and Personality, n° 4, juin 1934, sur le rapport entre Fanal y se de l’écriture et les tests de personnalité, O. !.. Iïarvev a trouvé une corrélation élevée entre ces deux séries de meures. Il ,a obtenu notamment avec le « Thurstonc Personality Schedule » (pour n = 50) le coefficient de 0,44 et avec « Allport Ascendance-Submission Scale » 0,84.
- Dans le n° 442 (15 juin dernier) de la Revue Philanthropique a paru une élude du Dr Simon sur l’éducation et la rééducation des enfants anormaux en Alsace depuis l’armistice.
- Dans le n° 6 (juin 1934) de Revisia de Igiena Sociala, le Dr Banu donne une revue de diverses organisations modernes d’hygiène du travail (Italie, Allemagne, Angleterre, Belgique, etc.). L’organisa-
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- lion de l’inspection médicale du travail y est étudiée tout particu liôrement. --------
- Le n° de septembre-octobre 1934 de la revue Informations sur la situation cle l'artisanat dans les pays européens (publication du Centre international d’études artisanales de Rome) indique que le plus important Institut psychotechnique d’O. P. du Danemark vient de s’ouvrir à Sanders.
- Voici les commentaires de la revue précitée :
- « Afin de découvrir les goûts naturels des enfants pour les divers métiers, on avait fait déjà avant l’ouverture de cet Institut des essais avec plus de 200 enfants des écoles de Randers.
- « L’Institut aura pour tâche principale d’assister les jeunes gens et leurs parents qui se trouvent à la veille de prendre une décision défintivc concernant le choix d’une profession. En général, les conseils donnés par l’Institut ont concordé avec l’avis des patrons auprès desquels les jeunes gens avaient fait leur apprentissage. » ________
- A noter dans le dernier fascicule paru (n° 2, vol. 3, déc. 1934) de Character and Personaliiy une étude de W. Mc Dougall sur la nature du facteur général de Spearman et une autre de A. A. Robyck sur la méthodologie de l’analyse de la personnalité (pour laquelle il a forgé un nouveau terme anglais de « personlysis »).
- Poursuivant scs études sur les Carrières féminines, AI. Sciiulz donne, dans les nos 10-11 ( ocl. et nov. 1934) du Musée Social, des renseignements sur le barreau, la cléricaturc de notaire et d'avoué, sur la médecine, la chirurgie dentaire, Vinspecloral du travail.
- School and Society publie, dans son n° 1040 (1er déc. 1934), une étude sur les pronostics des succès scolaires due à J.-R. Johnston et E.-G. Williamson. _________
- Dans le n° 4 du volume XII (déc. 1933-févr. 1931) de Psycholo-gical Clinic, paru tout récemment, A. Brown, V. W. Lyon et S. Stein publient une étude sur l’influence de la distraction sur le rendement dans les lests mentaux. 11 en résulte qu’une distraction d ordre purement sensoriel et même une distraction par idéation, ne perturbent presque pas le travail du test ; au contraire, elle semble 1 activer, tant qu’elle est de courte durée.
- A signaler, dans ce même numéro, une étude de C.-L. Nemzek et h .-H. Finch sur le rapport entre l’instruction des parents et l’intelligence des enfants.
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- Le n° 11 (novembre 1934) de la Revue Intcimationalc du Cinéma Educateur est en grande partie consacré aux problèmes des rapports entre le film et l'O. P. Il débute par une communication du B. I. T. sur le Cinéma et le Monde du Travail et contient ensuite des articles de II. Luc et de J. Fontègne sur le cinéma et l’O. P., de M. Prudhommeau sur le cinéma dans l’enseignement des anormaux, de A. Massé sur le cinéma agricole en France, etc.
- Dans le n° 25 du vol. IV (septembre 1934) de Revisla de Orga-nizàcion cientifica a paru un article de José Mallart sur la centralisation du travail dans des institutions officielles espagnoles de Pychotcelmique et d’O. P.
- Les carrières du Laboratoire (de chimie, de physique, de chimie appliquée à la médecine, de physique appliquée à la médecine) font objet d’un article de Loève paru dans le n° 179 (novembre 1934) de L’Orientation Professionnelle.
- Nous signalons, dans le n° 5 du volume 4 (année 1934) de Zeitschrift für Jugendlcunde, une consciencieuse étude de E. Wagner sur les goûts des élèves des écoles professionnelles pour diverses matières qui leur sont enseignées (dessin industriel, tenue des livres, arithmétique commerciale, enseignement ménager, géométrie, dessin libre, etc., etc,).
- INFORMATIONS
- Un Congrès national d’O. P. — L’Association générale des Orientcurs-de France se propose d’organiser un Congrès national d’orientation professionnelle à Paris, les 25, 26 et 27 septembre 1935.
- Il a paru aux orienteurs que, s'il était bien que les grandes lignes de l’Orientation professionnelle fassent en partie l’objet des discussions des grands congrès internationaux, il était désirable de voir, d’une part, les méthodes pratiquées en France exposées entre Français soumis à des conditions d’exercice à peu près identiques et, d’autre part, de dégager, toujours entre Français, les aspirations, les voeux communs à des praticiens qui rencontrent à peu près les mêmes difficultés.
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- L’Association générale des Orienteurs convie tous ceux qui s’intéressent à 1’,avenir de La jeunesse française a ce premier ( ongrès national d'O. P.
- lre Question : Des rapports entre l'O. P. et les Ecoles des différents degrés :
- a) T/O. P. et l’Ecole primaire : 1° Comment l’Ecole primaire peut préparer l’O. P. — 2° Collaboration entre l’Ecole primaire et l’O. P. ;
- b) Communications sur l’O. P. à l’entrce et à la sortie : I. De l’Ecole primaire supérieure ; II. De l’Ecole professionnelle ; III. Du Lycée ou du Collège.
- Rapporteur : M. Martin, de l’Office départemental des Alpes-Maritimes.
- 2e Question : L'O. P. et le corps médical et ses auxiliaires : Quels sont les services qu’en attend l’O. P. : a) pour les anormaux ;
- b) pour les déficients.
- 3e Question : Rapports de l'O. P. avec les groupements professionnels : .a) monographies de métiers ; b) besoins de la profession ;
- c) sélection éventuelle ; d) placement.
- Rapporteurs : M. Fée, directeur de l’Office départemental de Seinc-et-Marne ; M. Réveillé, directeur de l’Office départemental de Sèine-et-Oise.
- Les séances de travail seront présidées par M. Luc, directeur général de l’Enseignement technique ; M. Fontègne, inspecteur général, directeur adjoint de l’Enseignement primaire de la Seine ; AI. Larcher, inspecteur général de l’O. P. en France.
- Des visites d’offices, de laboratoires seront organisées ainsi que des excursions.
- Au Congrès sera annexée une petite exposition de livres traitant de l’O. P. et de l’apprentissage, d’appareils de laboratoire, de tests.
- Adresser la correspondance concernant le Congrès à M. Méncs-sicr, Si, avenue Marceau, Courbevoie.
- Adresser les adhésions (cotisation : 30 fr.) à M. Bunel, 2, rue Soyer, à Neuilly (Seine).
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- D’après le rapport annuel de la Fédération de la Seine des œuvres laïques, la consultation de M. Chaintreau (le samedi, 3, rue Récamier), a, dans l’année envisagé 242 cas individuels (dont 15 placés directement).
- • *
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- En décembre 1931, une thèse de médecine de Bordeaux a été consacrée par le Dr Carrère aux maladies professionnelles des • cimentiers dans le département de la Gironde.
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- A la séance générale annuelle de la British Psychological Society (15 décembre 1934) communications sur le témoignage par l’avocat Prjtciiard^ sur la technique des mesures de G par W. Stephenson, sur les tests appliqués aux Schizophrènes par Mrs Mc Donnell.
- *
- * *
- Le l)r Ch. S. Myers, principal du National Institut o[ Industrial Psychology, a résumé, dans un rapport synthétique, l’œuvre accomplie par celte belle institution pendant ses quatorze années d’existence (1921-193), dans laquelle figurent six séries d’expériences d’orientation professionnelle, des études sur les tests d’intelligence, de dextérité, d’aptitude mécanique, des analyses de professions, etc.
- * *
- Les conférences du Groupe français d’éducation nouvelle au Collège libre des sciences sociales (le jeudi, à 16 h. 30), sont faites cette année, du 24 janvier au 21 février, par MUe Flayol (l’infirmerie à l’école), M. Marcault (les ails dans l’éducation de l’adolescence), Mme Janowska (l’observation psychologique des enfants), Mme Leroux (la vie des enfants dans une école nouvelle), et M. Bertier (l’éducation sociale dans les écoles nouvelles.
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- L’Association des professeurs d’éducation physique diplômés de l’Institut provincial de Liège vient de fonder une revue trimestrielle : Notre Action. On trouvera dans le premier numéro (d’octobre dernier) des articles de R. Ledent et de F. Vandervael sur l’anatomie, la physiologie, l’hygiène et l’analyse des mouvements, des renseignements sur les Instituts universitaires belges d’éducation physique, etc.
- * *
- I. — Marché clu travail. — Concours pour le recrutement d’agents chimistes militaires des poudres, 1c 1er avril. Clôture des inscriptions le 1er mars.
- ïf. — Médecins et avocats. — Le Bureau universitaire de statistique, 110, rue de Grenelle, à Paris, tient à la disposition des intéressés, des informations précises et utiles pour les postes susceptibles d’èlrc immédiatement occupés en province.
- III. — Offres d'emplois. — On demande : dans la Seine : des ouvriers qualifiés en T. S. F. du personnel juvénile dans l’épicerie. Dans Y Orne : des bûcherons et des scieurs clc long. Dans les Bouches-du-Rhône et à Oudja : clc la main-d’œuvre domestique.
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- La Vie de l’Association des anciens élèves de l’Institut National d’O. P.
- Banquet. — Autour de la traditionnelle table en U, dans un coquet salon du restaurant Dclmonico, avenue de l’Opéra, entourant M. Masbou, directeur de l’Enseignement de La Seine, qui présidait, Mlles Vcil et Weinberg et M. François, se pressaient plus
- de trente anciens et actuels élèves.
- Après que le programme de choix offert aux convives fut épuisé, Pivert, président de l’Association, interrompit 1 allégresse générale pour présenter les excuses des directeurs et professeurs de l’Institut, empêchés, et des anciens élèves. Le professeur Lange-vin nous fit ce soir-là une concurrence toute puissante...
- Puis Pivert souhaita la bienvenue à M. Masbou que nous connaissions déjà, avant sa venue à Paris, par la sympathie qu il manifestait à Marseille aux organisations d’O. P. Nous savons qu’il restera dans la Seine aussi favorable à l’idée que nous essayons de faire triompher, et même qu’il nous y aidera.
- M. Masbou nous dit sa joie de présider notre banquet, remercie Pivert et expose à nouveau avec éloquence et bienveillance ses vues sur la question. C’cât le fameux « tryptique » : connaissance de l’enfant et de la famille ; connaissance du métier ; connaissance du marché du travail.
- Les modalités d’application sont alors à étudier. M. Masbou voudrait nous voir travailler surtout en profondeur. Puis avec une grande largeur d’esprit, M. le Directeur de l’Enseignement laisse s’ouvrir une discussion qui devient une controverse avec M110 Cour-thial....
- Et, à l’issue du banquet, des orienteurs et « orientrices » émettant des opinions diverses, les membres présents du C. D. décident de demander — pour confronter les méthodes — à ceux des anciens élèves qui le désireraient, d’adresser au secrétaire, qui centralisera, quelques pages sur la technique qu’ils emploient dans leur oflice. j e Secrétaire : C.-G. Beaume.
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- Coleman R. Griffith. — An Introduction to cipplied Psychologij. —• In-8° de 679 pages, New-York, Macmillan, 1934.
- Cet ouvrage est consacré aux problèmes les plus variés de la psychologie appliquée, succinctement envisagés et classés dans les
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- grandes rubriques suivantes : La vie de l’étudiant ; les problèmes sociaux ; le droit ; la médecine ; l’éducation ; l’industrie et le commerce ; l’art. Et la dernière partie traite des bases expérimentales de la psychologie appliquée. C’est dans la première que figure le chapitre consacré à l’orientation professionnelle (p. 73-80), à côté de ceux qui traitent du sommeil, de l’athlétisme, de la conduite de l’auto, etc.
- Fondé sur une très large connaissance de la littérature, ce livre est de nature à fournir d’utiles indications et d’intéressantes suggestions. II. P.
- Emile Lobet. — A propos de l'Orientation professionnelle. — Un vol, in-10 de 50 pages (Documents pédagogiques, XIII, I, mai 1931) ; Bruxelles, M. Lamertin. Prix : 0 francs belges.
- L’orientation professionnelle, d’ordre familial et social, doit précéder, mais non remplacer la sélection professionnelle, qui est d’ordre économique, nous dit l’auteur, directeur du Secrétariat d’apprentissage interprofessionnel de Bruxelles ; bien pratiquée, elle est, ne craint-il pas d’affirmer, une nécessité pour l’individu et la collectivité ; bien pratiquée, c’est-à-dire fondée sur un examen médical et psychotechnique donnant le profil psychologique et physiologique, cl sur F utilisation de ce profil en fonction de l’analyse des professions, ainsi que des données fournies par les parents et par les maîtres, grâce à des rapports étroits entre les services éducatifs et les services d’orientation.
- L’aulcur envisage la question de la documentation, celles du placement et du contrat d’apprentissage, et conclut par le souhait que les pouvoirs publics accordent à l’orientation professionnelle la place à laquelle elle a droit dans notre organisation sociale.
- Signalons que l’auteur donne, à propos de la valeur limitée que l’on peut attribuer au goût des enfants, les résultats d’une enquête personnelle faite sur des enfants de 12 à li ans, sortant en 1925 d’une école, et dont 29 avaient indiqué la profession qu’ils comptaient embrasser. Or les deux tiers, en 1932, avaient, en réalité, embrassé une autre profession ; beaucoup — des uns et des autres — sont inéconlcnls de leur métier. II. P.
- Tl0f
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- £vT'
- institut
- national ^
- D’ORIENTATION S PROFESfCîlIjpL^
- F^R
- Mars-Avril 1935
- 7e Annee
- i&'o-. «*t4
- ...tv^TlN
- UNE ÉPREUVE D’APPRECIATION DE LA FINESSE D’EXPLORATION TACTILE
- LE PACHO-ESTHÉSIMÈTRE
- de M. HENRI PIÉRON
- ET SON ÉTALONNAGE
- par M'“c HENRI PIÉRON
- Cet appareil, destiné à déceler une forme de finesse sensorielle « la détermination tactile des épaisseurs » est un appareil peu coûteux et cependant précis, créé en vue de l’orientation professionnelle.
- Description de l'appareil. — Il se compose de deux lames d’acier minces mais assez résistantes pour ne pas se déformer entre les doigts, lames qui sont séparées l’une de l’autre par un système de cales intercalées. Ces cales, de plus en plus épaisses, permettent d’obtenir une lame homogène de 30 centimètres de long dont les épaisseurs vont d’une façon continue de 5 millimètres \ (extrémité la plus grosse) à 1 millimètre \ (son extrémité la plus fine).
- Ce système — qui obéit au même principe que le chromato-phanomètre précédemment décrit — abolit donc les échelons discontinus, impossibles à éviter par les systèmes employés généralement, lesquels consistent le plus souvent en lames séparées d’épaisseurs variées.
- L’écartement des lames formant épaisseur est masqué par une bordure de bois (figure 1), de cette façon l’épaisseur ne peut être connue par l’enfant que par la sensation d’écart entre la pulpe de ses deux doigts explorateurs, le pouce et l’index.
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- L’enfant est privé de l’usage de la vue par des lunettes opaques.
- Figure 1
- La lame rue de dessus : A droite, séparée de la lame se Irouve la lame étalon. En haut, et tout le long de la lame, on voit la réglette graduée. L’extrémité la plus épaisse est celle qui est proche de l'étalon.
- A l’extrémité la plus épaisse de la lame, mais nettement séparé d’elle se trouve un modèle, étalon dont l’épaisseur est celle que l’enfant doit retrouver sur la lame.
- Cet^alon a une épaisseur de 3 millimètres 5 et se trouve à 11 centimètres 3 de l’extrémité mince de la lame.
- La lame et l’étalon, bordés de bois, sont fixés sur un pied de bois qui porte parallèlement à la lame une. réglette millimétrée sur laquelle on lira les erreurs de l’enfant.
- Technique de iexpérience. — Voici que l’expérimentateur disait à l’enfant : « voici un appareil qui sert à évaluer l’épaisseur des lames métalliques.
- Vous avez à votre droite une petite plaque métallique. Ce sera votre modèle. Prenez ce modèle entre le pouce et l’index et palpez-le pour bien sentir son épaisseur. (Indiquant ensuite la lame) vous voyez ici une lame d’une certaine épaisseur. Elle est très mince à cette extrémité et devient de plus en plus épaisse en allant vers la droite, si bien qu’à l’autre bout elle est très épaisse. Si vous la prenez entre le pouce et l'index et si vous glissez vers la droite en serrant bien fort, vous sentirez que petit à petit la lame devient de plus en
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- plus épaisse ; tout en parlant l’opérateur indique lui-même le mouvement de glissement à faire, en montant et en descendant.
- Maintenant écoutez bien ce que vous devez faire :
- Vous devez retrouver sur la lame Vendroit où elle devient exactement de la même épaisseur que le modèle. Voilà comment vous allez faire :
- Reprenez votre modèle et palpez-le jusqu à ce que cous cnjez bien retenu son épaisseur. Puis vous poserez vos doigts à l’endroit où la lame est la plus mince et vous glisserez dou-cement, les yeux fermés et en serrant bien fort jusqu’à ce que vous soyez arrivé à l’endroit où il vous semblera que la lame est devenue de la même épaisseur que le modèle et là vous vous arrêterez.
- Mais il faut glisser sans lâcher la lame et vous n’avez pas le droit de palper en sautant d’un endroit à un autre'. Vous n'avez pas le droit non plus de revenir en arrière.
- Allez lentement et faites très attention. Tout en expliquant l’opérateur montre lui-même la manière de procéder puis il commande à l’enfant de fermer les yeux et il lui met ses lunettes.
- Notation. — L’appareil étant muni d’une réglette métallique graduée au millimètre, l’expérimentateur n’a qu’à marquer pour chaque réponse de l’enfant devant quel nombre il a arrêté le milieu de son index.
- Ces résultats doivent être soigneusement notés dans des colonnes indiquant que l’enfant va de la grosse extrémité à la petite ou de la petite extrémité à la grosse.
- Les expériences achevées il faut traduire les résultats.
- Voici quelques exemples qui feront comprendre la notation.
- Supposons un enfant qui en allant de la petite extrémité à la grosse arrête son doigt à 16,3 de la règle.
- Il a dépassé l’étalon (11,3) de 5 centimètres, il est allé trop loin on lui marque une erreur de + 5 (a).
- Refaisant en sens inverse de la grosse extrémité à la petite il marque 9,3, il a encore dépassé l’étalon de 2 centimètres, il a donc encore une erreur de + 2 (b).
- Il a donc cru dans ses deux expériences reconnaître l’étalon dans une zone allant de a à b de la figure 2, zone qui
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- mesure 7 centimètres. Sa zone d’incertitude (y) est donc la somme de ses deux erreurs.
- Etalon
- Coupe schématique de la lame _
- L'épaisseur est doublée par rapport à La Longueur.
- Un autre enfant donne en allant du côté mince au côté plus épais le môme chiffre que le précédent 16,3, il a donc lui aussi une erreur de + 5 [c de la figure 3).
- Mais, en sens inverse, son doigt marque 13,3, c’est-à-dire qu’il n’est pas allé assez loin et que son erreur est de — 2 [d de la figure 3).
- Sa zone d’incertitude (c d) sera donc égale à 5 — 2 = 3.
- On voit par ces exemples que la zone d’incertitude que nous appellerons désormais y est égale à la somme des deux erreurs si ces erreurs sont de même signe (c’esl-à-dire si les deux fois l’enfant a dépassé l’étalon) et à la différence de ces deux erreurs si l’enfant a fait dans les deux sens des erreurs de signes contraires.
- On voit aussi que l’erreur est affectée du signe + chaque fois que l’enfant en tâtant a dépassé l’étalon, el du signe — chaque fois qu’il s’est arrêté avant.
- Celle zone d’incertitude y constitue donc une caractéristique de l’enfant niais celle caractéristique n’est pas suffisante.
- Supposons trois enfants : Le premier donne de la plus petite extrémité vers la plus grosse 14,3 (F) et inversement 8,3 (G) il aura donc la zone d’incertitude y égale à 6 (figure 4). Le second donne en partant de l’extrémité mince 8,3 (h) et inversement 2,3 (h). Sa zone d’incertitude y égale encore 6 (figure 6).
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- Le troisième donne dans les mêmes conditions 17,3 (M) et 11,3 (L), Sa zone d’incertitude est encore égalo.à ôd&gure 5).
- Mais si chez ces enfants nous prenons la moitié de la longueur de la zone d’incérlitude (A) nous voyons que celte valeur médiane représente des finesses sensorielles bien différentes, suivant que cette valeur se confond avec 1 étalon comme figure 4 ou qu’elle est assez proche comme figure 5 ou éloignée comme figure 6.
- On mesure donc la distance entre cette valeur A et l’étalon, ce qui nous donne une valeur X.
- Pour calculer cette valeur \ il suffit de retrancher de la . plus grande erreur la valeur de A (c’est-à-dire la valeur de la moitié de la zone d’incertitude) chaque fois que les deux erreurs sont de même sens
- Au contraire, si les deux erreurs sont de sens contraires il suffit d'ajouter à la plus petite erreur la valeur de A. "
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- Nous avons donc deux valeurs intéressantes pour l’orientation, la valeur Y marquant la précision du sujet, même si sa perception est fausse et l’autre la valeur X qui marque l’exactitude de la reconnaissance et la finesse de la perception.
- Il nous a paru nécessaire de faire un étalonnage unique supplémentaire dans lequel entreraient ces deux éléments,
- Nous avons donné une note égale à la somme de la valeur U (zone d’incertitude) + 2 fois la valeur X (écart entre le milieu de la zone g et la place de l’étalon).
- Le calcul de cette valeur est rendu extrêmement facile ; en effet, quel que soit le sens des erreurs commises (servant à établir la valeur y) cette valeur de la note est égale à deux fois la plus grande de ces erreurs.
- Les sujets (1). — Nous avons fait sur chaque sujet 3 séries d expériences en trois séances différentes à une semaine d’intervalle. Chaque série comprenant les deux évaluations faites en partant tantôt d’une extrémité, tantôt de l’autre.
- Nos sujets sont tous élèves des écoles communales de la
- (1) Ces expériences furent faites au Centre de recherches de l’I. N. O. P et les résultats furent recueillis dans les écoles par M"° Irène Lezine.
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- ville de Paris, appartenant à la classe de certificat d’études, et dont l’âge variait de 11 ans à 12 ans
- Nous avons eu 100 filles et 103 garçons sur lesquels 6 mesures ont été faites.
- Les résultats. — Les résultats que nous donnons sous forme de trois étalonnages pour chaque sexe : étalonnage de Y, étalonnage de X et étalonnage mixte correspondent donc à des normes notant des millimètres d’incertitude pour Y et d’écarts à l’étalon pour X ; pour traduire ces valeurs en différences d’épaisseur il suffit de les multiplier par 0 mm 01333 pour avoir les différences d’épaisseur qu’elles représentent.
- Dire par exemple qu’un enfant a une zone d’incertitude de 0 centimètres, c’est dire que son hésitation a porté sur deux valeurs différant de 60 mm x 0,0,0133 = 0 mm 798.
- Dire encore que sa valeur X égale par exemple 60 millimètres, c’est dire que son erreur d’épaisseur était de 0 mm 798 en plus ou en moins, par rapport à l’épaisseur de l’étalon.
- La lame mesurant 30 centimètres de longueur et son épaisseur diminuant régulièrement entre 5 millimètres 5 et 1 millimètre 5, chaque centimètre représente une différence d’épaisseur de 0 millimètre 133.
- Nous donnerons entre parenthèse les valeur des épaisseurs.
- Etalonnages de la valeur Y
- Les chiffres des étalonnages qui suivent représentent la somme des trois zones d’incertitude des trois expériences successives ; ils représentent des millimètres.
- Pour les garçons :
- 1° 31 (épaisseur : 0 mm 412). — 10° 90 (épaisseur : 1 mm 197). — 20° 138 (épaisseur : 1 mm 835). — 25° 143 (épaisseur : 1 mm 902). — 30° 154 (épaisseur : 2 mm 048). -- 40° 182 (épaisseur : 2 mm. 421). — 50° 228 (épaisseur : 3 mm 032). — 60° 263 (épaisseur : 3 mm 498). — 70° 294 (épaisseur : 3 mm 901). — 75° 327 (épaisseur : 4 mm 349). — 80° 377 (épaisseur : 5 mm 011). — 90° 422 (épaisseur : 5 mm 613). — 100° 672 (épaisseur : 8 mm 938).
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- Pour les tilles :
- i° 21 (épaisseur : 0 mm 279). — 10° 61 (épaisseur :
- 0 mm 811). — 20° 86 (épaisseur : 1 mm 144). — 25° 97 (épaisseur : 1 mm 290). — 30° 121 (épaisseur : 1 mm 609). — 40° 148 (épaisseur : 1 mm 968). — 50° 179 (épaisseur : 2 mm 381). — 60° 212 (épaisseur : 2 mm 820). — 70° 248 (épaisseur :
- 3 mm. 298). — 75° 278 (épaisseur : 3 mm 696). — 80° 292 (épaisseur : 3 mm 884). — 90° 337 (épaisseur : 4 mm 482), — 100° 562 (épaisseur : 7 mm 475).
- Les valeurs des semi interquartiles sont représentées par 92 millimètres pour les garçons (327 — 143) : 2 el pour 85 mm 5 pour les filles (1).
- Les moyennes arithmétiques sont respectivement de 254 mm 60 pour les garçons et 198 mm 12 pour les filles.
- Le médian égale 228 pour les garçons et 179 pour les filles.
- Etalonnage de la valeur X
- Les valeurs de ces étalonnages donnés toujours en millimètres représentent la somme des valeurs X des trois expériences.
- Pour les garçons :
- 1° 7,5 (épaisseur : 0 mm 099). — 10° 36,5 (épaisseur : 0 mm 485). — 20° 55,0 (épaisseur : 0 mm 731). — 25° 60,0 (o mm 800). — 30° 62,5 (épaisseur : 0 mm 921). — 40° 72,5 (épaisseur : 0 mm 964). — 50° 88,0 (épaisseur : 1 mm 170). — 60° 103,5 (épaisseur : 1 mm 376). — 70° 118,0 (épaisseur : 1 mm 719). — 75° 130,5 (épaisseur : 1 mm 736). — 80° 146,0 (épaisseur : 1 mm 942). — 90° 187,5 (épaisseur : 2 mm 434).
- 100° 273,5 (épaisseur : 3 mm 637).
- Pour les filles :
- 1° 13,5 (épaisseur : 0 mm 179). — 10° 32,5 (épaisseur * 0 mm 432). — 20° 52,5 (épaisseur : 0 mm 698). — 25° 57,0 (épaisseur : 0 mm 758). — 30° 63,5 (épaisseur : 0 mm 844). — 40° 72,5 (épaisseur : 0 mm 964). — 50° 84,0 (épaisseur : 1 mm 117). — 60° 100,0 (épaisseur : 1 mm 333). — 70° 113,0
- (1) Le semi interquarlile est représenté par la moitié de la différence entre le 2j° el le 75° et marque la dispersion des mesures.
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- (épaisseur : 1 mm 503). — 75° 121,0 (épaisseur : 1 mm 600. — 80° 132,5 (épaisseur : 1 mm 762). — 90° 164,0 (épaisseur :
- 2 mm 181). — 100° 245,0 (épaisseur : 3 mm 258).
- Les valeurs des semi interquartiles sont égales à 35,25 (130,5 — 60) : 2 pour les garçons et 30,5 (121 — 60) : 2 pour les filles.
- Les moyennes arithmétiques sont pour les garçons de 98,946 et 94,38 pour les filles.
- Les médians sont de 88 pour les garçons et 84 pour les filles.
- Eialonnages corrip lex. es
- Les valeurs de ces étalonnages représentent la moyenne des
- 3 valeurs (Y + 2 X) des trois expériences.
- Voici les valeurs de cet étalonnage pour garçons :
- 1° 4,92. — 10° 7,12. —20° 9,12. — 25° 10,72. — 30° 11,52. - 40° 12,72. — 50° 14,40. — 60° 15,72 ; 70° 18,46. — 75°
- 19.40. — 80° 20,40. — 90° 22,00. — 100° 28,06.
- Pour les filles :
- 1° 1,06. — 10° 6,06. — 20° 7,46. — 25° 8,80. — 30° 9,40. — 40° 10,86. —50° 12,74. — 60° 13,94. — 70° 15,20. — 75u
- 16.40. — 80° 17,06. — 90° 20,46. — 100° 27,86.
- Les semi interquartiles sont de 4,34 pour les garçons et 3,80 pour des filles.
- Les moyennes arithmétiques atteignent 14,90 pour les garçons et 13,75 pour les filles.
- Le médian est de 14,06 pour les garçons et 12,74 pour les filles.
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- Cohérence des résultats
- Si nous considérons chaque série d’expériences faites en 3 séances distantes chacune d’une semaine et que nous cherchions les corrélations entre la réussite dans chacune de ces expériences, nous trouvons des corrélations positives très fortes.
- Entre la première et la deuxième expérience, la corrélation est de r — + 0.815 + 0.0237 pour les garçons et r = + 0.780 + 0.0276 pour les filles,
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- Entre la première et la troisième expérience la corrélation est de r = + 0.812 + 0.0240 pour les garçons et r = + 0.636 + 0.0447 pour les filles.
- Entre la deuxième et la troisième expérience la corrélation est de r = + 0.728 ± 0,0332 pour les garçons et r = + 0.897 + 0.0138 pour les filles.
- Au point de vue pratique ces corrélations très fortes entre les expériences séparées peuvent permettre à l’orienteur pressé qui ne pourrait faire sur chacun de ses sujets les trois séries d’expériences, même groupées en une seule séance, de se contenter de deux séries de recherches, c’est-à-dire de deux fois dans chaque sens au lieu de trois.
- DEUX LABORATOIRES DE PSYCHOLOGIE RÉALISABLES AVEC 5.000 ET 10.000 FRANCS(,)
- par
- MARCEL FRANÇOIS
- Projet n° II. — Crédit total de hase : 5.000 francs. Nous devrons nous contenter encore de quelque chose de très embryonnaire ; sur quelques points, cependant, des mesures plus complètes et plus détaillées seront possibles,'par comparaison avec les projets précédents.
- Dans le domaine de l’étude de la sensation, peu de modifications seront apportées : Nous utiliserons les mêmes appareils pour la vision (Echelle d’acuité, 50 francs ; échelle de daltonisme, 65 fr. ; chromatophanomètre (sensibilité à la clarté, à la nuance et à la saturation), 450 fr. ; l’intégrité de la vision stéréoscopique étant utile à mesurer dans un certain nombre de cas en O. P., on la déterminera en employant le stéréomètre de Michotte, 250 fr. Soit une dépense de 815 francs.
- Pour l’audition, nous ne pouvons encore prévoir dans ce projet lâchât d’un audiomètre, nous conserverons donc les mêmes techniques d’examen, entraînant une dépense de 150 francs. Les mêmes expériences également seront conservées pour le tact, mais au compas ordinaire un peu trop grossier et délicat de maniement, on subs-
- (1) Voir ce Bulletin, n° 1-2, 1935, p. 10-14. S’y reporter pour les prix d’ap. praeils déjà utilisés, leur emploi, les adresses des constructeurs, etc.
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- tituena un esthésiomètre discriminatif, celui de Manouvriez par exemple (Boulitte, n° 2487, à 290 fr. (1).
- L’étude des sensations représentera donc cette fois une dépense totale de 1.255 francs.
- Le temps de réaction sera comme précédemment étudié avec le chronoptoscope Piéron (200 francs).
- Dans l’étude de la motricité, on conservera le tapping-test par la méthode papier-crayon, comme épreuve de vitesse, mais on abandonnera le dynamomètre. Les chiffres qu’il donne peuvent n’avoir qu’un rapport lointain avec les possibilités de travail du sujet, s’ils indiquent vraiment sa force musculaire. Fournir pendant une fraction de seconde un effort considérable et maintenir régulièrement et longtemps un travail à un niveau élevé sont deux choses tout à fait différentes. Seul l’enregistrement de la courbe de travail permet de voir le type auquel appartient le sujet au point de vue de la régularité de son effort, sa fatigabilité, etc. Nous choisirons pour enregistrer les courbes de travail le Dynamographe de Ch. Henry (Boulitte n° 2090, prix : 2. 300 fr.) qui permettra également le calcul de l’indice de ténacité, dont de récents travaux ont montré l’importance comme caractéristique crgologique de l’individu.
- L’adresse et la précision, l’aptitude à des mouvements des deux mains seront mesurées par le test de la souricière (150 fr.), des perles à enfiler, et, comme épreuve nouvelle par les disques de Walther (4 fr. suisses à l’Institut J.-J. Rousseau à Genève) permettant des comparaisons intéressantes entre la main droite et la gauche.
- On étudiera la mémoire musculaire par le procédé indiqué au projet n° I (25 fr.). Enfin quelques investigations seront poussées dans le domaine perceptif, en mesurant l’appréciation des épaisseurs, et leur comparaison, par emploi du test spécial de IL Piéron le Pacho-esthésimôtre (Lame d’épaisseur décroissante, dont on doit rechercher la zone correspondant à l'épaisseur d’un étalon fourni ; prix, 150 fr.) (2).
- Le chapitre de la motricité nous occasionnera ainsi une dépense totale de 2.645 francs.
- Dans le domaine des tests, pas de modifications en ce qui concerne les examens écrits : Fiche psychologique et Fiche d’aptitudes techniques de l’Institut national d’O. P. seront employées, en prévoyant cette fois un achat de base de 300 exemplaires de cha-
- (1) Les numéros que nous citons sont ceux du catalogue de la maison Boulitte, permettant de reconnaître l’appareil que nous entendons désigner parmi d’autres souvent très comparables mais différents de prix.
- (2) Voir article Mme II. Piéron, B.I.N.O.P., même numéro, p. 33.
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- que, soil 405 francs (225 + 180). On y .ajoutera un lest de performance, d’intelligence technique, la « Boîte de Decroly » (Modèle difficile, prix 250 francs) qui permet, en dehors même du résultat du test, une multitude d’observations du plus grand intérêt sur la façon de travailler du sujet, son intelligence générale et son caractère.
- Le budget s’équilibre donc de la façon suivante : Mesures sensorielles, 1.255 fr. ; psycho-motricité, 200 fr. ; motricité, 2.645 fr. ; tests, 655 fr., soit un total de 4.755 francs, laissant un certain crédit pour les menues dépenses nécessaires, de bureau, registres, papiers, feuilles d’examen, etc., dans le détail desquelles nous n’entrerons pas ici.
- Projets n° III et III bis. — Crédit total de base : 10.000 francs.
- Nous indiquons pour l’utilisation de ce crédit, qui représente le premier échelon des sommes nécessaires pour réaliser un véritable « Laboratoire », deux projets, de tendances différentes, que l’on pourra adopter selon que l’on voudra pousser les recherches du côté sensoriel, ou développer plutôt l’étude de la motricité. Ce dernier point de vue (Projet n° 111) nous paraît le plus rationnel, parce que le matériel acquis pourra servir au laboratoire le possédant, par adjonctions successives d’un certain nombre d’appareils, a toute une série de mesures intéressantes, et qu’il représente véritablement l’appareillage de base devant se trouver dans tout laboratoire de psychologie, quelle (pie soit sa spécialisation. Par contre, un directeur d’Ofhce cl’O. P. jugeant improbable de se voir allouer dans l’avenir des crédits complémentaires, préférera le projet III bis lui permettant une analyse complète de l’équipement sensoriel des sujets à examiner.
- Projet n° III. — Aucune modification dans le chapitre des mesures sensorielles qui se maintient donc avec 1.255 francs de dépense. De même au point de vue des tests soit une dépense clc 655 francs.
- On abandonnera maintenant le chronoptoscope Piéron, pour le remplacer par un appareil permettant la mesure des temps de réaction de choix, à côté de celle des temps simples, et, de plus, pouvant donner cle façon plus commode et précise la mesure dans les différents domaines, visuel, auditif et tactile. L’appareil à choisir est le classique chronomètre électrique de d’Arsonval, avec son équipement simple, marteau et prcssclle, permettant les mesures citées ci-dessus (Boulille, n° 4275, prix 2.100 francs). Attirons ici 1 attention, une fois pour toutes, sur la question des accumulateurs (nécessaires à la marche du d’Arsonval). Source d’ennuis innom-
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- brables cl de dépenses élevées, toujours hors d’état de service le jour où on a besoin de les utiliser, ils sont la pierre d’achoppement de maintes expériences. Nous recommandons avec la plus vive instance de n’employer, pour le d’Arsonval, comme pour la plupart -des appareils dont il sera question ultérieurement, que des accumulateurs au Fer-Nickel (Société S.A.F.T., route nationale (Pont de la Folie) à Romainville (Seine). D’un prix d’achat assez élevé, ils sont pratiquement inusables, ne contiennent pas -d’acide, ne se déchargent pas au repos, et on peut les laisser tomber très bas sans aucun inconvénient. Une batterie de trois éléments de 1 v. 5 est à préconiser ici (250 fr. environ). Avoir toujours à sa disposition un accumètre (N° 020 de chez Boulitte ù 90 francs).
- Dans le domaine moteur, on abandonnera le test -de rapidité (Tapping-test) noté par la méthode papier-crayon, pour le remplacer par le même test enregistré graphiquement (Frappes sur une clé de Morse). Cette méthode, la seule complète, permet l’étude de l’entraînement, de la variabilité du travail et de la fatigabilité. Elle entraîne l’acquisition du matériel général nécessaire à la méthode graphique, assez divers et coûteux. Mais -ce même matériel servira, dans les développements ultérieurs du laboratoire à quantité d’autres mesures ; il permettra de plus de remplacer le dynamographe de Ch. Henry par un ergographe plus simple et plus robuste du type de l’ergographe de Michotte (1.500 francs
- avec son chariot in s cri pleur).
- Le matériel nécessaire est le suivant :
- Un cylindre enregistreur (Boulitte n° 64)............. l.lOOfr.
- Un moteur synchrone (1).................................. 150 »
- Cent feuilles de papier (Boulitte n° 138).................. 42 »
- Une -cuve à vernis (Boulitte n° 117)....................... 18 »
- Un litre de vernis spécial (Boulitte n° 131)............... 35 »
- Une douzaine de rats de cave spéciaux (Boulitte
- n° 134)............................................. 24 »
- Un tige porte-support (Boulitte n° 501)............... 50 »
- Un support réglable (Boulitte n° 554)................. 120 »
- Un chronographe de Jacquet simple, donnant la seconde et le 1/5 de seconde (Boulitte n° 448).............. 950 »
- Un signal double de M. Desprez (Boulitte n° 409)... 950 »
- Une clé de Morse, environ................................. 250 »
- Total................j . ... 3.689 »
- (1) Moteur « Mico », marchant directement sur le secteur (alternatif 110 v. 50 périodes), en vente au Bazar d’électricité, 34, boulevard Henri IV, Paris (4e).
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- Soit en maintenant les autres expériences du projet n° 11 (345 fr.) une dépense de 5.534 francs pour la motricité.
- Le budget s’équilibre ainsi : Mesures sensorielles, 1.255 francs ; psychomotricité, 2.440 fr. ; motricité, 5.534 fr. ; tests, 655 fr. ; soit au total 9.884 francs.
- (Notons seulement que ce projet ne serait pas réalisable tel quel par un organisme ne possédant pas le courant alternatif ; il y aurait ù prévoir dans ce cas l’achat d’un moteur électrique Boulitte n° 66 à 1.800 francs).
- Projet n° III bis. —- On conservera intégralement dans ce projet les dispositions du projet n° II, à l’exception de La modification suivante :
- Pour la mesure de l’acuité auditive, achat d’un audiomètre, seul appareil permettant des mesures de valeur scientifique.
- Jusqu’à ces derniers temps, nous étions sur ce point, tributaires de la construction américaine. Les audiomètres de la Western C° étaient les seuls existant, qu’il fallait payer en dollars, et dont le prix d’achat, pour des organismes non ministériels était augmenté de près de 50 °/„ par les droits de douane. Un constructeur français, depuis longtemps spécialisé dans l’étude des appareils électriques médicaux, Chenaille, 126, boulevard Saint-Germain, Paris (VIe), a compris l’intérêt qu’il y aurait ù remplir cette lacune et met actuellement en vente au prix de 4.700 francs un audio-mètre très bien présenté et pratique (fonctionnant sur le courant de ville, au lieu des piles spéciales de l’appareil américain, vite épuisées et difficilement rcmplaçables) qui équivaut largement à l’appareil de la Western C° dont le prix d’achat dépassant, droits compris, la somme de 15.000 francs, le rendait pratiquement inaccessible.
- Nous avons ainsi une augmentation de dépense de 4.700 francs, qui, ajoutés aux 4.755 francs du projet n° II, donnent un total de 9.455 francs, laissant disponible un petit crédit, utilisable au gré des organisateurs.
- NOTES ET DOCUMENTS
- La Psychotechnique jugée par un médecin praticien, ou du danger de parler de ce qu’on ne connaît pas
- Sous le titre de « Médecine sélective et pratique industrielle », le Ur Barthélémy parle, dans un des derniers numéros du Bulletin Médical (2 février 1935, p..77), de l’orientation professionnelle.
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- Il énonce un certain nombre de banalités qui ne mériteraient pas d’être relevées s’il ne s’y ajoutait une note personnelle — concernant la psychotechnique — qui prouve, hélas ! combien l’esprit scientifique peut faire défaut à certains médecins !
- Oue l’ignorance dos données acquises par les disciplines psychophysiologiques puisse naïvement s’étaler dans des phrases comme celle-ci, c’est à la rigueur excusable :
- « La véritable mécanique mentale, si celte expression primaire peut être prise pour désigner un ensemble d’opérations ultra subtiles et dont le fonctionnement, comme Vappareillage, sont encore inconnus, la mécanique mentale doit donc être jugée par le médecin psychiatre entraîné à Vappréciation des nuances d’un esprit par le contre-jeu de son esprit, propre et non par l’entremise d’un appareillage ingénieux mais rudimentaire ».
- ?\lais ce qui est grave, c’est de porter des jugements définitifs sur des questions que l’on ignore sans faire le plus petit effort pour acquérir une connaissance de ce dont on entend parler.
- L’esprit expérimental appelle tout naturellement les critiques, qui peuvent être fort utiles, à condition qu’elles ne soient pas formulées à tort et à travers. Mais à cet égard on croirait que le Dr Barthélemy ait tenu à montrer ce que peuvent être des critiques vaines.
- Il lui est tombé entre les mains la fiche psychologique adoptée par n.N.O.P., et, sur ce document, il a voulu reconstituer la psychotechnique tout entière comme Cuvier, avec un seul os, essayait de refaire un animal disparu. Mais l’animal reconstitué par le Dr Barthélemy lui est apparu sous les espèces d’un monstre indigne de vivre.
- Citant des épreuves de mémoire de celte fiche, il déclare :
- « Inutile de signaler que ces épreuves ne sont pas réussies, même par des hommes mûrs et dans les milieux d’élite les plus brillants. Mettraient-elles en évidence un individu (sur 1 million) doué d’une mémoire spéciale, genre Inaukii, on ne voit pas futilité pratique de ces recherches qui ne mesurent pas l'intelligence (psyché), mais une capacité mnémonique étroitement spécialisée à un ordre restreint d'éléments. On peut en dire autant de certains autres lests peu explicites ou par trop contradictoires entre eux pour un même niveau mental, les uns étant d’une simplicité puérile, les autres d’une complexité rhéloricienne ».
- Il serait difficile de réunir en moins de mots autant de confusions et d’erreurs !
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- Que le but de la fiche soit de fournir des renseignements sur divers aspects des fonctions mentales c’est peut-être ce qu on aurait pu deviner, c’est en tout cas ce qu’aurait pu savoir le Dr Barthélemy s’il avait pris la peine de se renseigner, au lieu de se fier au contre-jeu de son esprit propre ».
- Que les degrés de réussite puissent servir à classer tous les individus entre les cas exceptionnels extrêmes de celui qui retiendrait tout et de celui qui ne retiendrait rien, et que les étalonnages préalables permettent de situer ainsi sur une échelle de valeurs tel ou tel degré de mémoire individuelle, celui du Dr Barthélemy comme de tel ou tel écolier, c’est ce que n’ignorerait point quiconque aurait pris connaissance des éléments les plus simples, les plus rudimentaires, de la méthode psychotechnique, dont parle le Dr Barthélemy comme un aveugle sans imagination parlerait des couleurs.
- Qu’il soit utile, au point de vue des aptitudes professionnelles, d’être renseigné sur la mémoire, et les diverses formes de mémoire, bien qu’on ne mesure pas par là l’intelligence (qui se confondrait avec la « psyché » pour le Dr Barthélemy, qui a de singulières notions psychologiques, nous rappelant ainsi la regrettable lacune que constitue l’absence de tout enseignement psychologique dans les Facultés de médecine françaises) c’est, il me semble, ce qu’à défaut de science un peu de bon sens pourrait révéler.
- Enfin que, pour classer des individus variés, depuis de hauts niveaux jusqu’à des niveaux assez bas, il faille des épreuves graduées, en sorte que les réussites complètes soient aussi exceptionnelles que les échecs totaux, sans se contenter d’épreuves moyennes (comme si pour mesurer la taille, on se contentait d’une toise de 1 m. GO), et qu’ainsi la « simplicité puérile » se juxtapose tout naturellement à la « complexité rhétoricienne », c’est là la simple application d’un principe fondamental de toute métrologie ! Devant une ignorance si complète et de si puériles critiques, on reste attristé.
- Le I)r Barthélemy n’en est plus à choisir sa carrière et il n’a plus besoin des services de l’Orientation professionnelle, mais son article est l’équivalent d’un test qui révèle une contre-indication formelle : dans sa carrière de praticien, qu’il ne s’égare jamais dans la voie de la recherche scientifique, car c’est une voie qui lui est délibérément fermée !
- H. PlÉRON.
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- Un problème biotypologique :
- La relation avec l’intelligence de la structure capillaire
- Lorsque des éludes systématiques auront été faites des caractéristiques, morphologiques, physiologiques et psychologiques des mêmes individus, des corrélations inattendues se dégageront peut-être. Une de ces corrélations possibles et indiquée déjà par des observations de microscopie capillaire, suivant une méthode introduite par Otti'jukd Müi.ler, appliquée par des pédologisles allemands, et dont les résultats sont résumés dans une étude du Dr Ericii Stern que publient les Archives de médecine des enfants de juillet 1934.
- On observe les capillaires sanguins dans le sillon unguéal, à l'annulaire de la main droite, en rendant la peau transparente avec quelques gouttes d’huile de cèdre, l’observation microscopique se faisant à un grossissement d’environ 50.
- Les capillaires présentent chez les nourrissons des formes archaïques qui évoluent ensuite normalement, prenant la forme rencontrée chez les adultes et désignée comme celle des « néocapillaires ».
- Or, chez les crétins, on trouve en général les formes les plus primitives des capillaires, celles qui sont normales pour les nourrissons dans les premières semaines de la vie. Dans certains cas d’imbécilité, on a trouvé des pseudo-néocapillaires gigantesques. Les troubles de développement des capillaires seraient l'expression d’un marnais fonctionnement des glandes endocrines. On trouverait également très souvent ces types de capillaires dans les régions où il y a beaucoup de goitre, ainsi que chez de nombreux névropathes et psychopathes.
- Par l’examen d’un grand nombre d’enfants, on aurait trouvé les formes primitives des capillaires chez les déficients intellectuels. Il sera intéressant de contrôler la réalité et la valeur de cette
- observation. P.
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- L’aptitude au succès scolaire et ses conditions
- Parmi les écoliers, il y a de « bons élèves », et leur réussite scolaire indique qu’ils possèdent une aptitude particulière. En quoi consiste celte aptitude, qui peut s’accorder avec une aptitude à des réussites ultérieures dans la vie sociale, mais qui peut aussi, comme le montre l’exemple d’assez nombreux « fruits secs », rester une aptitude partielle, limitée, sans grande signification ultérieure.
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- Une intéressante contribution, bien que partielle, est apportée au sujet de cette aptitude au succès scolaire par une étude d’un psychologue anglais, J. B. Russeli. (1), qui a procédé chez un certain nombre d’écoliers à une enquête sur la situation familiale, le caractère, l’état de santé, et à des épreuves par tests, par comparaison avec les notes scolaires et la réussite en fin d’année. Entre les tests d’intelligence, ou mieux de développement men-rtal, donnant un quotient intellectuel, comme ceux de Northumber-land (qui avec le « quotient éducatif » | ar test d’arithmétique ou d’anglais est en corrélation de 0,80, d’après les résultats d’une quarantaine de sujets) et le classement scolaire, l’indice de corrélation n’a été que de 0,53 (valeur voisiqe de celles qu'on rencontre généralement dans de telles comparaisons).
- D’après les indices de corrélation entre ce classement et les notations des maîtres en ce qui concerne plusieurs traits d’intelligence ou de caractère (notations dont la valeur n’a pas été contrôlée), le succès scolaire serait conditionné au premier chef par des qualités d’attention et de persévérance, puis par les capacités de compréhension (en particulier de rapidité).
- Ce travail pose la question, mais ne peut prétendre la résoudre.
- Les données ne sont pas suffisamment objectives, ni assez complètes ('a docilité, qui joue certainement fin des tout premiers rôles n’ayant même pas été envisagée), ni fondées sur un assez grand nombre d’examens.
- Mais il est déjà intéressant de voir que le problème de l’aptitude au succès scolaire attire l’attention et suscite des recherches. IL P.
- =t=
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- Le tourisme et ses débouchés professionnels
- Nous relevons d’une intéressante élude de M. Chaintreau, directeur du bureau d'O. P. de la Ligue de l’enseignement quelques renseignements propres à intéresser spécialement les orienteurs.
- « 11 existe un conseil supérieur interministériel du tourisme qui contrôle divers organismes dont le principal est l’Office national du tourisme.
- « La direction des grandes organisations touristiques est généralement assurée par des personnalités désintéressées qui s’entourent d employés subalternes. Il y a des postes plus intéressants
- (1) lhe relation of intellectual, temperamental and other qualifies to success al school British Journal o{ Psycliology, XXIV, 1934, p. 295-313.
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- dans les services touristiques des chemins de fer et des compagnies de navigation mais ils sont réservés à des employés appartenant déjà à ces compagnies. C’est dans les agences de voyage que l’on peut trouver des postes de choix.
- En vue de perfectionner le personnel un enseignement touristique a été créé.
- Il a pour but la préparation directe aux deux brevets professionnels de collaborateur du tourisme et de guide interprète.
- « Les cours s’adressent aux jeunes gens et jeunes filles ayant au moins 17 ans et possédant au moins le brevet élémentaire ou le certificat de sortie de la classe de 3e.
- « La connaissance d’au moins une langue étrangère est indispensable. Ces cours comportent en plus de deux années d’étude un stage pratique de deux mois (1). »
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- Pronostics de la réussite professionnelle
- Il n’est certes pas de problèmes plus actuel, plus pressant que celui de la validité des données sur lesquelles l’orienteur doit baser ses conseils. Problème de portée pratique énorme, ne serait-ce que par Le caractère d’immécliateté avec laquelle il se pose.
- Quel est le degré de la plus grande probabilité que comporte un jugement étayé de l’emploi des méthodes psychotechniques courantes, par rapport à une opinion qui ne serait émise qu’au hasard ? Voilà la question vitale de l’orientation professionnelle.
- Le travail de grande envergure mis au point grâce aux subventions de « Commonwealth Fund » et publié récemment (1) apporte à ce problème une contribution importante.
- Dans le courant de l’année scolaire 1921-1922 le professeur Thorndike et ses collaborateurs ont procédé à un examen psychologique de 2.225 enfants d’âge moyen de 14 ans et formant quatre groupes : 2 groupes d’âge (13 à 15 ans) : 271 garçons et 203 filles élèves des écoles de New-York, et 2 groupes d’instruction homogène (&e degré) : 826 garçons (de 7 écoles de Manhattan) et 925 filles (de 5 écoles de New-York).
- Parmi ces sujets 2.156 ont pu être retrouvés au moment où ils quittaient l’école et une très grande majorité a pu être suivie pendant 8 ans à travers les études ultérieures ou la vie professionnelle (les résultats concernant le rapport entre certains indices recueillis
- (1) On peut se procurer tous tes renseignements sur cet enseignement, 3, rue Récamier (VIIIe).
- (2) E. L. Thorntdke (et collaborateurs). Prédiction of Vocalional Sucoess. New-York The Commonwealth Fund, 1934, in-8° (XXIV + 284 pp.).
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- à 14 ans et le succès professionnel ont pu être établis pour 1.140 travailleurs qualifiés).
- Les renseignements recueillis ainsi ont fourni un matériel excessivement riche, se résumant en 37 points et comprenant, outre les renseignements scolaires et les notes de tests, ceux relatifs aux poids et à la taille, à la situation des parents, à la vie professionnelle du sujet lui-même (en tenant compte, entre autres, de La fréquence de changements d’employeurs et d’emplois) etc., etc... Toutes ces données ont été soumises à une rigoureuse élaboration statistique. (Pour les détails et la technique nous renvoyons les lecteurs à l’ouvrage même dont la construction d’une grande clarté permet de connaître rapidement aussi bien les tests employés que les procédés par lesquels les renseignements ont été recueillis et élaborés. Les appendices à eux seuls couvrent plus de la moitié des pages et l’ouvrage entier ne comporte pas moins de 112 tableaux).
- Le problème fondamental, celui de La valeur pronostique de certains indices dont peut disposer l’orienteur se présente sous deux faces :
- 1° De l’orientation scolaire (« educational guidance ») et 2° de l'orientation professionnelle à proprement parler.
- Deux sortes de critères ont été en conséquence, mis en jeu : Le succès scolaire a été représenté par : 1° L’âge à la sortie de l’école ; 2° le grade scolaire obtenu ; 3° le progrès réalisé depuis l’application des tests jusqu’à la sortie de l’école ; 4° la moyenne des notes scolaires depuis l’âge de 14 ans jusqu’à la sortie et 5° par une note combinée d’après les trois points précédents.
- La réussite professionnelle (à l’âge de 20 à 22 ans) est sensée, être exprimée par les trois indices suivants : 1° le gain annuel ; 2° 1 importance atteinte dans le métier (responsabilité, place dans la hiérarchie, etc.), et 3° l’intérêt pour la profession exercée. (11 a été envoyé aux sujets, afin d’établir ce point, un questionnaire spécial). A litre de contrôle, les mêmes indices ont été établis pour une époque antérieure, lorsque les mêmes sujets avaient de 18 è 20 ans. 11 s’agissait donc de rechercher quel rapport il pouvait y avoir entre ces différentes données et celles d’après lesquelles les réussites scolaire et professionnelle auraient pu être prévues par un orienteur à l’âge scolaire des sujets. Cette deuxième catégorie de données accessibles à un orienteur est de deux sortes : d’abord les renseignements scolaires recueillis à l’âge de 14 ans (en 1921-1922) et ensuite les résultats des tests administrés à la même époque. Les renseignements scolaires ont comporté : outre le degré de scolarité atteint à 14 ans, le progrès réalisé à l’école
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- jusqu’à l’application des tests (10 + le nombre de semestres gagnés) ; la note moyenne de conduite ; La note moyenne de travail scolaire, et enfin La note d’assiduité. La série de mesures psychotechniques, au nombre de 0, a été constituée par les épreuves suivantes : 1° Test d’intelligence de bureau (« clérical intelligence test ») ; 2° test d’activités de bureau ; 3° test d’habileté mécanique de Stenquist (« Assembly test ») pour les garçons et test d’habileté mécanique l. E. It. pour les filles ; 4° problèmes arithmétiques ; 5° test de lecture (compréhension du texte) de Thorndike et Mc Call, et 0° test d’intelligence abstraite (note.combinée des deux tests précédents).
- A côté de ces mesures essentielles les auteurs en ont recueilli un certain nombre d’autres (37 en tout), telles que le pourcentage du temps de travail, les renseignements détaillés sur les gains hebdomadaires, les changements d’emplois.
- Quelles sont les principales acquisitions de cet énorme travail ? Avant d’entrer dans une analyse détaillée, marquons les trois points : 1° le pronostic du succès scolaire semble comporter un degré considérable de validité ; 2° celui de la réussite professionnelle ne peut guère, partant des données énumérées plus haut, être fait judicieusement, et 3° de toutes les mesures envisagées ici la plus efficace (et susceptible à ce titre de remplacer avantageusement d’autres épreuves de même que les notes scolaires) est celle que fournit le test d’intelligence générale.
- En ce qui concerne les pronostics du succès scolaire notons que le degré scolaire atteint à l’àge de 14, 15 ou 16 ans permet de prédire avec une grande exactitude le grade obtenu à la sortie de l’école. D’une façon générale le succès scolaire peut être prévu d’après une combinaison quelconque de notes de tests d’intelligence et de notes scolaires. C’est ainsi que le grade atteint à la sortie donne avec les données recueillies à 14 ans, les coefficients suivants : 0,67 avec le degré scolaire, 0,54 avec le progrès fait jusqu’à l’époque des tests ; 0,50 avec la note moyenne de travail scolaire, 0,53 avec le test d’intelligence abstraite, 0,55, avec le test d’intelligence, l^cs autres indices de liaison concernant la réussite scolaire v ont de 0.13 à 0,45.
- C’est là un point qui peut servir indirectement la cause de l’orientation professionnelle, notamment là où il peut s’agir des carrières nécessitant les diplômes scolaires. L’avantage pratique de cet indice est très grand, étant donné la rapidité avec laquelle il peut être obtenu.
- (1) Pour les chiffres indiquant l’essentiel des résultats acquis et illustrant les conclusions dont il est question ici, nous renvoyons les lecteurs au n° 3 du tome V (avril 1934) du B. 1. N. O. P., page 6G.
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- Lorsqu’on analyse la valeur prédictive du succès scolaire et de notes de tests pour la réussite professionnelle, on ne laisse d’être frappé par son insignifiance. Pour le travail de bureau ics coefficients vont de 0,00 à 0,20. Le plus significatif est le test d’intelligence de bureau, dont la corrélation moyenne avec 1c gain‘à l’âge de 20-22 ans est de 0,20 et de 0,10 à l’Age de 18-20 ans. On peut espérer, il est vrai, que le degré de liaison augmente avec 1 âge. Une différence dans cette épreuve égale à l’écart-étalon se traduirait dans le gain par une différence de 120 dollars par an pour les jeunes gens, et de 110 dollars pour les jeunes filles. Le test d’activité de bureau donne avec le gain les coefficients de corrélation de 0,08 et 0,04. Les progrès scolaires, les grades, atteints, les notes moyennes de travail scolaire et les épreuves d’habileté ne sont guère significatifs ; les notes de conduite et d’assiduité sont d’une validité nulle.
- Les corrélations les plus élevées, obtenues en combinant les données scolaires et les notes des tests appliqués, n’excédênt pas, pour l’âge de 20-22 ans + 0,30 pour les garçons et + 0,40 pour les filles. Pour 18-20 ans ces coefficients sont un peu plus bas.
- Les deux autres indices de réussite professionnelle : l’intérêt pour la profession exercée et l’importance du poste occupé donnent des coefficients de corrélation insignifiants. Il est à remarquer qu’en combinant les tests d’intelligence, d’activité, de bureau et d’habileté mécanique on n’obtient pas de coefficients de validité inférieurs à ceux que donnent ces mômes tests en y adjoignant les points fournis par les renseignements scolaires. Les tests peuvent donc remplacer avantageusement ceux-ci. Le test d’intelligence de bureau (nous l’avons déjà mentionné plus haut) est, à lui seul, aussi bon moyen de pronostic que n’importe quelle autre combinaison de mesures.
- Ce qui est le moins attendu ce sont les corrélations très basses (de 0,00 à 0,1 i) des tests avec le travail mécanique, ou même avec le travail mixte.
- Si toutes ces mesures ne se montrent point valides en elles-mêmes par rapport aux différentes catégories professionnelles, elles peuvent, cependant, présenter une certaine valeur en tant qu’indicés relatifs. On peut, poser, en effet, que plus les notes dans les lests d’intelligence et d’activité de bureau sont élevées, plus le succès de l’individu dans le travail de bureau dépasserait celui dans le travail mécanique. Mais là encore les différences ne sont pas très tranchantes.
- D’auti ’cs problèmes, à côté de celui qui a été le but principal de la recherche, ont surgi au cours de l’étude.
- C est ainsi qu’on a pu établir que 1 à 2 °/0 des jeunes gens étu-
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- clics, devenus délinquants ou vagabonds, se sont recrutés parmi les plus faibles sous tous les rapports à l’âge de 14 ans. Lorsqu’on forme et compare les groupes de jeunes filles travaillant ou non après la sortie de l'école, on constate que les premières sont celles cpii, à l’àge de 14 ans, se sont montrées mieux douées que les autres. Dans ce deuxième groupe, celles qui se sont mariées ont été jadis supérieures à celles qui, à l’âge de 20-22 ans, n’ont pas été mariées. Parmi les femmes travailleuses, le rapport a été inverse : les célibataires avaient été supérieures à l’école aux autres. Les femmes continuant à travailler après le mariage se sont montrées, à l’époque scolaire, plus aptes que celles qui ont cessé de travailler.
- La fréquence avec laquelle les travailleurs changent d’employeurs n’a aucun rapport avec la réussite professionnelle. (Les corrélations avec le gain, l’importance d’emploi et l’intérêt pour la profession ont été respectivement de 0,15 ; 0,08 et 0,09 à 20-22 ans et de 0,11 ; 0,-4 et 0,09 à 18-20 ans).
- Il n’est guère possible de dire avec certitude si du point de vue des avantages matériels il est préférable de choisir un emploi de bureau plutôt qu’un métier manuel. Il semble, cependant, en introduisant une correction dans les données obtenues, qu’à l’âge de 20-22 ans un jeune homme peut escompter une perte de 2 °/0 et une jeune fille un gain de 15 °/„ en choisissant le travail de bureau plutôt qu’une profession manuelle. (Ceci n’est valable, bien entendu que pour les conditions spéciales aux Etats-Unis.)
- La situation économique et sociale des parents semble influencer peu le succès dans la vie professionnelle. 11 se peut, néanmoins, qu’en éliminant certains facteurs, tels que l’âge à la sortie de l’école, celte influence apparaîtrait plus réelle.
- Les enfants des intellectuels (prêtres, juristes, médecins, etc.) bien que réussissant mieux dans les épreuves et fréquentant l’école plus longtemps que les enfants des travailleurs ou des parents non spécialisés professionnellement ne gagnent pas, à l’âge de 18 à 22 ans, plus que ces derniers. Tout au plus on peut constater chez eux plus d’intérêt pour leur travail et des postes un peu plus élevés. A. G.
- CHRONIQUE DOCIMOLOGIQUE
- Réflexions d’un examinateur sur le concours de l’internat
- Nous empruntons à une chronique publiée par le Dr Okinczyc dans Presse Médicale du 13 février 1935 sur le concours de l’Internat quelques passages qui nous paraissent de nature à susciter d’utiles
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- réflexions chez le lecteur, et qui soulignent ce qu’il y a, dans un tel concours, dominé par la mémoire brute, de peu propre à mettre en valeur les aptitudes importantes qui devraient dominer une épreuve de sélection de cette importance :
- « Une première impression, qui s’est dégagée dans la faiblesse des moyennes, c’est Vuniformité dans la médiocrité. Il faut, on peut me croire, un véritable courage pour écouter, la plume à la main, 569 lectures s’échelonnant pendant 2 mois en quarante séances ; pas une ne s’évade du plan omnibus fixé ne varietur par un conférencier universel. Qu’on n’accuse pas les lecteurs... Qu’on accuse plutôt l’anonymat qui contribue à dévitaliser le concours, en imposant aux candidats le masque de la tragédie antique, derrière lequel disparaissent les personnalités avec leurs réactions, leurs émotions, tout ce qui fait l’intérêt de la lutte et de la vie.
- « L’anonymat est une des causes de l’uniformité des épreuves, il constitue donc une injustice constante à l’égard des meilleurs candidats et si j’avais à définir l’anonymat après l’avoir subi consciencieusement et scrupuleusement pendant deux mois, je dirais : « Il est la substitution d’une injustice certaine à une injustice possible »...
- « Mais l’uniformité des épreuves dépend encore du mode de préparation du concours et des méthodes de travail adoptées dans les conférences d’internat.
- « Ce que nous avons entendu 569 fois c’est la question « standard », plus ou moins récitée, plus ou moins bien comprise, mais c’est toujours la même à des centaines d’exemplaires, sortie de la même usine en série toujours facilement reconnaissable. Et la pensée qni vient au cours de cette monotonie de lecture, est infailliblement, par assimilation et association d’images, le travail à la chaîne, auquel se soumettent servilement les malheureux candidats pour aboutir à ce lamentable résultat.
- « Pas de surprise heureuse dans ces lectures, pas une idée, pas un mot, pas un raisonnement déductif, qui arrête l’attention ; pas une ordonnance originale dans le plan, qui révèle l’intelligence du candidat et manifeste une compréhension personnelle du sujet; rien qui séduise, ne fut-ce qu’un instant, et qui fixe l’attention bienveillante du juge.
- « ("est mol pour mot la même phrase qui débute, la même phrase qui conclut, et le plus souvent en répétant celle du début, comme si l’effort était trop grand pour renouveler l’expression de la pensée.
- « D'ans l’énoncé des chapitres, dans lia ^nise en valeur des points importants, ce sont les mêmes mots employés, ce sont
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- hélas ! bien souvent, les mêmes sottises répétées, les mêmes inexpériences étalées dans les termes. Ce sont à tout prendre des récitations, plus ou moins exactes, plus ou moins adroites, mais ce ne sont que des récitations. Rien dans ce morne défilé de lieux communs, qui trahisse la personnalité, l’intelligence, la vie...
- « Tout ce qui est réclamé à la mémoire pure est soustrait au jeu normal de l’intelligence et du raisonnement. L’esprit d’analyse et de synthèse, l’induction et la déduction, qui s’exercent sur les observations exactes font des constructions autrement harmonieuses et solides que l’édifice fragile de la mémoire. Un raisonnement se reconstruit facilement quand s’effondrent les matériaux purement visuels ou auditifs de la mémoire, et quelle somme d’efforts exténuants, représente l’accumulation désordonnée de ces matériaux ?
- « Bien avant le récent concours, dans des conversations familières avec mes élèves, que de fois j’ai protesté contre celte forme inhumaine de préparation. Je dois avouer que la plupart en convenaient, reconnaissaient au point de vue intellectuel l’absurdité de celte méthode, mais déclaraient s’y soumettre délibérément et \ m’en donnaient deux raisons : la première était que l’uniformisation de la préparation nivelle les chances ; la seconde serait, dans la forme de l’anonymat, d’augmenter les chances des candidats les plus jeunes, et par conséquent de se prêter au risque heureux d’une accession plus rapide au titre et à ses bénéfices, donc pour ceux-ci de gagner du temps.
- « Ou’on pèse le sens des termes employés : « Chances, risques, bénéfices ». On dirait qu’il s’agit d’un jeu de hasard et c’est en effet exactement ce qu’est devenu le concours : une partie de dés. Qu’on s’étonne après cela que naisse dans ce jeu la tentation de la tricherie. Ah ! il s’agit bien d’émulations dans ce nivclage concerté ! Une loterie plutôt où tous les billets de même gabarit sortis de la même planche n’ont plus qu’un numéro pour les distinguer. Piper les cartes n’est plus que diriger le hasard ; le fraudeur n’est qu’un malin plus malin que les autres quand il ne se fait pas prendre. Je me demande parfois si ce n’est pas une minorité* de pêcheurs médiocres en eau trouble qui a fait prévaloir ces méthodes...
- « Puisque j’en viens à parler des impressions subies par un jury, qu’il me soit permis de répondre, une fois pour toutes, à la question ingénue qui m’a été maintes fois posée par les candidats • Quel est le mot attendu par les juges pour couler un candidat, ou pour le porter au pinacle ? Comme si nos réactions étaient aussi simplistes, pour jouer la carrière d’un candidat sur un mot qui nous plaît ou qui nous déplaît. L’expérience que je viens de faire,
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- el ce n’est pas la première, de la psychologie du juge, est bien différente. Ce n’est jamais le détail d’une question qui frappe, mais son ensemble, son allure générale, son développement : c est là l’impression dominante qui classe irrémédiablement un candidat ; le détail qui n’intervient que secondairement dans la discussion pour modifier d’un point en plus ou en moins la première note donnée. C’est toujours l’impression d’originalité ou de banalité qui domine ; c’est la vie, c’cst l'intelligence, c’est le sentiraient d’une personnalité qui prévalent toujours sur la question même honnête, peut-être complète, mais affreusement banale des primaires qui constituent aujourd’hui la majorité amorphe des candidats....
- « Il faut bien qu’on se le dise, 1c travail demandé aux juges, à leur âge et dans leur situation, est tout simplement inhumain. Il est anormal d’exiger d’eux, pendant deux mois, une suspension à peu près complète de leur activité, au seul profit du concours, d’interrompre même leur vie hospitalière dans une proportion telle que leur responsabilité peut être engagée. Il faut qu’on trouve un moyen de remédier à une telle anomalie et le concours qui la crée est nécessairement un mauvais concours.
- « Indépendamment de la fatigue qu’elle entraîne et qui nuit à la justice, il nous faut dans celte nuit de l’anonymat découvrir nos collaborateurs, nos successeurs. Qu’on me cite l’industriel, le commerçant, le chef d’entreprise qui consentiraient à faire choix de leurs collaborateurs, sans les voir, sans les entendre, sans la possibilité de les juger intellectuellement, physiquement et moralement ? Et dans notre profession il ne s’agit ni de rendement, ni de bénéfices matériels, mais des plus graves et des plus lourdes responsabilités, la santé et la vie de nos semblables. »
- Dr Okinczyc.
- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE A L’ÉTRANGER
- Institut d’organisation scientifique du travail de Budapest
- L Institut d’organisation scientifique du travail (ou « Indorg ») situé au cœur même de la capitale hongroise n’a qu’une existence de deux ans. Scs directeurs sont : l’ingénieur Martistein et le Dr Bêla Sandor, élève de Mocde. Grâce à la formation de ce dernier, les méthodes de travail et d’appareillage de laboratoire sont d’inspiration allemande. Ce qui caractérise, d’autre part, l’activité de l’Institut, c’est qu’elle relève plutôt d’une technologie spéciale que de la psychologie : celle-ci ne jouant qu’un rôle subalterne.
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- Ce caractère tout à fait frappant de La méthode de travail, s’explique aisément lorsqu’on songe que « Indorg » ne reçoit aucun appui officiel et qu’il ne fonctionne (pie grâce à une collaboration avec des entreprises privées. Les chefs de celles-ci demandent avant tout des solutions efficaces à des problèmes urgents que leur pose la vie pratique^ C’est ainsi que dans le plan de travail adopté par « Indorg » l’organisation technique prime tout, la sélection du matériel humain ne venant qu’en dernier lieu.
- Le programme actuellement en vigueur prévoit des recherches allant dans trois directions principales : 1° la fabrication ; 2° l’administration des affaires ; 3° le facteur humain. Ces trois groupes se subdivisent comme suit : Groupe 1 : A. Recherches des sources de pertes, remède au gaspillage du temps, amélioration de la technique ; B. Préparation et direction du travail, contrôle des résultats, division correcte du travail, travail à la chaîne ; C. Science de l’énergie (courant électrique, vapeur, machines outils), étude des moyens de transport, installation rationnelle des ateliers ; D. Etude des mouvements, de la fatigue, des courbes de rendement, des modes de salaires. — Groupe 2 : A. Rationalisation et accélération du travail de bureau ; B. Contrôle du matériel ; C. Simplification de l’expédition ; D. Etablissements des statistiques de la production et des frais généraux ; E. Budget ; F. Etude du marché ; G. Etude de la réclame. — Groupe 3 : A. Sélection psychotechnique des travailleurs et des apprentis ; B. Examen des conducteurs des véhicules ; C. Mise au point, des recherches psychotechniques ; D. Elaboration des tests et des appareils.
- Ce plan ne prévoit guère de collaboration médicale.
- En ce qui concerne les tests les plus usités citons parmi les épreuves collectives (pouvant être administrées dans une salle spécialement aménagée à 20 personnes à la fois) le test de formes, le test de Mira, le « Group Examination Alpha », le test omnibus de Sandor, l’épreuve de classement et de bureau, le labyrinthe de Schulte, le test pour bacheliers (consistant à forger des mots scientifiques au moyen des radicaux grecs et latins), les tests modifiés de Dounaïewski, de Rybakoff, d’Abelson.
- Parmi les grandes catégories professionnelles particulièrement bien étudiées par l’Institut il faut noter le travail textile et la conduite des véhicules. Les ouvriers du textile sont soumis à des épreuves : de pliage pour la précision des mouvements de doigts, de résistance musculaire (appréciation de la tension de fils) de sensibilité tactile (épaisseur de fils), d’enfilage, de trémométric. Les conducteurs des véhicules sont examinés au point de vue de la réaction à un excitant lumineux, de la réaction de choix aux excitants chromatiques, de la réaction simultanée (deux réactions
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- musculaires differentes d’une couleur donnée), d’une série de réponses dans l’ordre préétabli à un excitant donné, de deux réactions simultanées mettant en jeu les groupes musculaires antagonistes, etc. (1). \ u r
- A travers les Revues
- Le Bulletin cle tAcadémie de médecine (T. 113, 3, 22 janvier 1935, p. 105-109) et la Presse médicale (n° 19, 6 mars 1935) publient une communication du Dr A. Feil, de l’Institut d’hygiène industrielle de la Faculté de médecine, sur une enquête poursuivie dans les carrières d’ardoises de la Mayenne et de l’Anjou, ayant porté sur 251 ouvriers (70 du fond, mineurs-fonceurs, manœuvres, clercs, cl 181 travaillant au jour, fondeurs, débiteurs, querneurs, rondisseurS, etc.) : 38 °/„ des travailleurs du fond et 46 °/0 de ceux du jour n’ont eu aucune affection respiratoire, les lésions bacillaires se rencontrent chez 5,7 et 13 °/„ dans les deux catégories ; mais l’examen radiographique montre chez certains vieux ouvriers une infiltration par poussières qui paraît devoir être attribuée à une silicatose (poussière de schiste peu nocive).
- Dans le Bulletin de lu Société de Sexologie (I, 7, mai 1934) une série d’importantes études est consacrée à l’hérédité (hérédité endocrinienne, par P. Sinton, hérédité des maladies nerveuses et mentales par O. Crouzon, hérédité des caractères acquis par A. Gi-roud, etc.). ________
- Existe-t-il une silicose des faïenciers ? C’est la question que se pose le Dr Langerez dans un article du Bruxelles médical (T. XV, 10, 6 janvier 1935). ________
- Le D' Chvilivicky se préoccupe de l’examen psychophysiologique des « donneurs », examen d’aptitude très spéciale de ceux qui offrent leur sang commercialement (Archiv fur Klinische Chirurgie, T. 181, 3, 19 décembre 1934).
- On trouvera dans le n° 12 (décembre dernier) de Bcrufsberatung und Berufsbildung (partie romande) un article de G. Maillard sur la collaboration des associations professionnelles à l’O. P.
- (1) D’après une communication faite à l’Institut des hautes éludes aux membres de l’Association belge de psychotechniciens par G. W. Tordeuh et publiée dans le Bulletin Ergologique, n* 11, du 15 novembre 1934.
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- Une brève notice dans le n° 1012 (15 décembre dernier) dans Schhol ad Society donne un aperçu sur l’orientation des enfants à Londres pendant les années 1932 et 1933
- L’Echo des Etudiants inaugure dans son n° 627 (20 février dernier) une enquête sur le choix des professions libérales. Le texte en est conçu dans les termes suivants : « Si c’était à refaire (et que vous en ayez actuellement l’âge) quelle profession choisiriez-vous ? Pourquoi ? » Les numéros suivants publient les réponses dans l’ordre de réception. ___________
- Poursuivant son étude sur les carrières féminines, M. Schultz donne dans le n° 1 (janvier 1935) du Musée Social un aperçu des carrières sociales proprement dites (infirmières hospitalières et infirmières visiteuses).______________
- On trouvera dans le n° 9 (1er février 1935) de l'Information professionnelle une notice sur l’O. P. en Allemagne et en particulier sur l’activité des offices allemands en 1932-1933.
- On trouvera dans le n° 2 (février 1935) de Revista de Iigiena So-ciala une étude statistique sur les accidents de travail chez les assurés sociaux de Cluj, répartis suivant les catégories professionnelles.
- INFORMATIONS
- Chômage et réorientation. —- Par les soins de la Direction générale de l’Enseignement technique, a été organisée au Conservatoire des arts et métiers, par le prof. Laugier et le Dr Bonnardel, une consultation pour les chômeurs, afin de leur faciliter une réadaptation possible à un nouveau métier, consultation qui se tient dans les locaux de l’I. N O. P., 41, rue Gay-Lussac. Cette réadaptation est préconisée par M. Herriot qui a fait les déclarations suivantes à un rédacteur du Progrès de Lyon, venu l’interviewer :
- « Je me suis rendu compte, en particulier, qu’il y a des professions dont le rôle dans l’histoire de notre économie a été considérable et qui tendent à ne plus trouver d’emploi, tandis que certaines industries sont obligées de recourir à la main-d’œuvre étrangère parce que cette main-d’œuvre arrive toute spécialisée dans des professions agricoles ou industrielles que nous n’avons pas formées ou entretenues.
- « C’est ainsi que la corporation des charpentiers en bois, dont le passé est si riche de travail et même d’art, se voit gravement menacée par le développement de la construction en béton, en ciment ou
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- en fer, tandis que certaines industries du bois, en particulier les industries forestières, importent en quantités notables des ouvriers. De même dans l’industrie du vêtement. Tandis que nous avons beaucoup de tailleurs ou couturières en chômage, ont est amené à employer, malgré la bonne volonté que j’ai rencontrée chez les patrons de cette industrie, beaucoup de spécialistes étrangers.
- « Il me semble donc que si l’on vêut faire une œuvre intelligent' et féconde pour lutter contre l’horrible fléau du chômage, il faul procéder à une sorte de réadaptation ou de transfusion. Déjà le gouvernement a pris certaines mesures pour faciliter le placement d’ouvriers en surnombre. »
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- M. .J. Fontègne, adjoint au directeur de l’Enseignement à La Prélecture de la Seine, a été chargé spécialement de La direction générale du travail manuel dans toutes les écoles de la ville de
- Paris. *
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- La British Psychologicalsociety a institué un Comité de mesures mentales humaines, associé au Comité de Standardisation de la Fédération internationale des organisations eugéniques, et présidé par le professeur Spearman.
- La Société vient d’organiser des conférences à l’Ecole d’Hy-giène de Londres, parmi lesquelles nous notons celle d’Arthur Steprexsox sur les application- de la psychologie à l’industrie.
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- M. Rosier, directeur du Bureau l niversituirc de Statistique, a présenté au Conseil d’administration du Bureau, le 17 décembre 1934, un intéressant rapport sur l’activité de cet organisme, que préside M. de Yïonzie, et (pii a le souci de travailler en collaboration avec les organisations d’orientation professionnelle.
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- Il a été fondé, à Oslo, un Institut norvégien des recherches pédagogiques (avec groupement national d’aide à la recherche, et chaire à l’Université). *
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- L’Union des travailleurs intellectuels du Sud-Ouest, présidée par le professeur Darbon, de Bordeaux, a fondé un Bureau d’information et d’orientation scolaires, ouvert à Bordeaux, de 14 à 16 heures, les lundis, jeudis et samedis, 8, rue Combes.
- De son côté, le Bureau de la Confédération des travailleurs intellectuels, à la suite d’une conférence de M. Larcher, devant l’Assemblée de l’Union fraternelle des femmes, invite les groupements intellectuels de province à entrer en relations avec les asso-
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- ckitions de parents d’élèves et les associations d’étudiants, en vue de constituer des comités d’orientatien professionnelle des Ira-
- vailleurs intellectuels. *
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- Congrès
- Le programme du IC Congrès international d’hggiène mentale, qui se tiendra à Paris du 27 au 31 juillet 1936, est déjà paru. Nous y remarquons, pour le mardi 28 juillet les rapports des professeurs G. Bosch, de Buenos-,\yres, sur l’hygiène mentale à l’école et à l’université, et Ch. S. Myers, sur l’hygiène mentale du travail intellectuel, et, tout spécialement, le rapport de M. J.-M. Lahy, sur l’hygiène mentale dans l’orientation professionnelle.
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- Beaucoup plus proche est le 81' Congrès de FAssociation fian-çaisie des instituteurs publics d’enfants arriérés qui se tiendra sous la présidence de M. Huet,, directeur de l’école d’Yvetot, à Yvetot même du 23 au 25 avril 1935 (avec ses trois points de vue pédagogique, psychomédical et professionnel).
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- A Bruxelles, à l’occasion de l'Exposition Universelle, la Ligue belge de l'Enseignement organise un Congrès international de l’Enseignement (du 28 juillet au i août), avec 12 questions à l’ordre du jour, parmi lesquelles l’éducation manuelle, l’étude de l’enfant, les méthodes nouvelles d’éducation, l’éducation des arriérés, la formation du personnel enseignant, etc...
- Pendant sa durée, du 31 juillet au 4 août, se tiendra parallèl -ment le 5e Congrès international de F éducation familiale, consacré à la question de la « formation du caractère » sous ses multiples
- aspects. *
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- Le prochain Congrès de F Association française pour Vavanc -ment des sciences, se tiendra à Nantes du 22 au 28 juillet 1935 sous la présidence du professeur Tiffeneau, de la Faculté de médecine de Paris. C’est M. Bourdon, professeur honoraire de l’Université de Rennes qui présidera la section de psychologie et M. Galletier, doyen de la Faculté des Lettres de Rennes, la section
- de pédagogie. *
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- Au Congrès qu’a tenu à Aberdeen en 1934 F Association britannique pour F avancement des sciences, une discussion intéressante s’est ouverte à la section de psychologie sur la question de la
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- « persévération », le problème de l’existence d’un facteur spécifique (admis par Stephenson), dont la transmission héréditaire possible a été examinée par YY ynn Jones, la question des tests de persévération, critiqués par Vernon, etc...
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- Le professeur Pende, de Gênes, a fait à la Sorbonne une intéressante conférence sur « l’amélioration vitale de la race humaine » ; très optimiste, il a déclaré que l’on pouvait corriger les anomalies héréditaires ou acquises des différents organes et surtout de l’appareil endocrinien et neurovégétatif, base de l’harmonie morphologique, physiologique et psychologique ; et, aussi, agissant sur les déformations organiques de la première phase de déclin vital, prévenir cl retarder presque d’un quart de siècle la vieillesse morbide.
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- Le 31 janvier, \L P.-L. Larcher a fait une conférence à l’Union fraternelle des femmes, sous La présidence de M. le Sénateur Louis Martin.
- Devant une assistance dont le nombre et l’attention prouvaient combien un tel sujet est à l’ordre du jour, M. Larcher a traité de « l’Orientation de la jeunesse vers les carrières nouvelles ». Une discussion générale a suivi à laquelle a pris part M. Rosier, secrétaire-général du bureau universitaire1 de statistique, qui s’occupe tout spécialement de l’orientation des étudiants.
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- Le Comité national de l’organisation française vient de créer à Paris, 11 bis rue d’Aguesseau, une école d’organisation scientifique du travail, destinée aux agents (h1 tous ordres délégués par leurs établissements de même qu’aux personnes exerçant déjà une profession et qui peuvent s’y inscrire à titre personnel. L’école envoie gratuitement sur demande le programme détaillé de ses cours.
- La Vie de l’Institut National d’Orientation Professionnelle
- A partir de 1935 le Certificat d'Eludes spéciales, destiné aux conseillers d’orientation ayant un minimum de 5 ans de pratique et qui ont suivi les cours de deux quinzaines, au moins, comportera, en plus des conditions déjà prévues, une épreuve pratique, dont pourront toutefois être dispensés les chefs de service dans les Offices d’O. P.
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- l e cerlificai pourra cire délivré également à des instituteurs et des institutrices ayant participé à un service effectif d’O. P. pendant cinq .ans au moins, et qui auront suivi, au minimum, les cours de deux quinzaines (avec soutenance orale du travail écrit, et épreuve pratique).
- La Vie de l’Association des anciens élèves de l’I. N. 0. P.
- Conseil directeur du 24 janvier
- Présents : Mlle Mamelle, MM. Metge, Pivert, Beaume.
- Excusés : Mlle Benoit-Lévi, Mme Favre.
- Circulaire Bourde 1. Beaume demande, après avoir donné lec-tudé de la lettre de Mme Favre, si l’Association ne pourrait.pas exprimer des revendications communes, et si la question du traitement des futurs orienteurs ne pourrait pas être mise à l’ordre du jour de l’Assemblée générale. Mais après observation de Mlle Mamelle et de Pivert et Metge, il apparaît que nous ne pourrions nous mettre d’accord sur un chiffre.
- Compte rendu de.s démarches. — Pivert fait le C. R. des démarches faites auprès de MM. Masbou, Fontègne, Luc, puis Foutôgne, Masbou. Fue solution provisoire peut être trouvée du moins partiellement, à propos de la réorganisation des cours complémentaires,, et en liaison .avec le projet Contenot-Fontègne, en nommant des instituteurs dans les G. G. professionnels. Les démarches continueront.
- Assemblée générale. La date de l’A. G. est fixée au vendredi 22 février. Conseillers directeurs sortants : Mlle Benoit-Lévi, MM. Metge et Pivert. Il y a également lieu de songer à un nouveau président, Pivert étant arrivé à l’expiration de son mandat.
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- Assemblée générale du 22 février 1935
- Présents : Mlles Biscay, Chamboulant, Chauffard, Joyel Laver-gnc, Mamelle, Popin, M^ Favre, Mourrunau, Pakchver, MM. Dr Baille, de Fur, Kohn, Metge, Montifroy, Pivert, Vial, Beaume,
- Excusés ou volants par correspondance : MUes Anfroy, Benoit-Lévi, Grosstefan, Ménessie, Mes Frontier, Ilorinson, Mazé, MM. Besson, Fée, Ménessier, Mounier, Reveillé.
- L’Assemblée générale est ouverte sous la présidence de Pivert, assisté de Beaume au secrétariat.
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- 1. Rapport moral. — Beaume résume l’activité de l’Association depuis l’A. G. de 1934. 11 sera bref, invitant d’autre part les auditeurs à lui poser des quetsions le cas échéant.
- L’effectif s’est accru de quelques unités, ce qui n’est pas sans valeur étant donné les conditions dans lesquelles se débat l’O. P., et le manque de réalisation. Mais ce point fera l’objet à la fois du rapport financier et du plan d’action.
- L’action du C. D. et du bureau s’est manifestée à de nombreuses reprises au cours de l’année, et déjà ceux — celles et ceux — qui lisent attentivement le Bulletin de VI. N. O. P. ont pu s’en faire une idée.
- Le secrétaire rappelle les démarches répétées auprès de MM. Masbou, Picquenard, Fontègne, Luc ; la rédaction de rapport pour MM. Picquenard et Masbou ; l’étude du projet modifié Contenot-Fontègnè, et aussi à propos de la réorganisation des cours complémentaires, le moyen de faire pénétrer l’O. P. à l’école. Cette dernière question sera suivie de très près, spécialement par Pivert.
- Une circulaire adressée par le rapporteur aux anciens élèves, hommes, non fonctionnaires, actuellement sans situation, à la demande de M. Fontègne, permit de.constater qu’un seul, fort heureusement, se trouvait dans ce cas pénible. Le jour de l’A. G. un autre se fit inscrire, et aussi une ancienne élève ; leurs noms transmis à M. Fontègne, espérons qu’ils ont ou auront sous peu une occupation en rapport a\ec les études suivies.
- L’Association, en la personne de son président, a été invitée par M. Ménessier au congrès qu’il organise en septembre prochain. MUe Mamelle a été désignée pour représenter l’Association. Au reste, et sur sa proposition, plusieurs cartes seront prises.
- L’O. P. finalement deviendra peut-être une chose admise par tous, d’autant que le Dr Laugier fit tout récemment une conférence devant un groupe d’instituteurs, et qu’un projet existe de construction sur l’emplacement de l’ancien musée pédagogique d’un grand centre de recherches. „
- Le C. 1). pense avoir rempli sa tâche, il continuera à œuvrer dans 1 intérêt de l’Association.
- Personne ne demandant la parole, ce rapport est mis aux voix et adopté à l’upnanimité.
- 3. Rapport financier. — G’est également à l’unanimité, et avec des félicitations à notre dévouée trésorière qu’est adopté le rapport présenté par Mlle Mamelle. Sur 96 anciens élèves, 44 seulement font partie de l’Association. Mais quelques instants plus tard des adhésions sont enregistrées. Nous en connaissons les
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- raisons. Le premier résultat est qu’il faudra être très économe de nos deniers.
- 3. Plan d’action. — Pendant le dépouillement du scrutin, Pivert présente quelques considérations. Ainsi que nous l’avons toujours demandé, chaque fois qu’un poste se présente, qu’il soit de préférence attribué à un ancien élève.
- Quant au projet ( 'ontenol-Fontègne, il contient une phrase indiquant que les orienteurs seront choisis parmi les anciens élèves de l’I. N. O. P.
- C’est donc sur des paroles d’espoir qu’il faut conclure. Il y aura pense-t-il une première réalisation en octobre, premier pas vers des réalisations futures.
- 4. Elections. — Il y a 25 votants. Sont élus ou réélus membres du Conseil directeur pour 3 ans : Mlle Benoit-Lévi, MM. Metge et Fée.
- 5. Questions diverses : Mlle Chamboulant reproche au C. D. de ne pas suffisamment faire connaître l’Association aux élèves en cours d’année, que les banquets organisés sont insuffisants pour cela, qu’il faudrait organiser des conférences sur des sujets intéressant tous les élèves, et que l’Association devrait être un centre de documentation. Il fut aisé de lui répondre qu’après avoir organisé des séances de travail et des conférences, il fut constaté que c’étaient les apéritifs et banquets qui réussissaient le mieux à réunir les nouveaux élèves aux anciens. Néanmoins sa proposition est à retenir, et son offre de propagandiste ardente de recruter des adhérents est acceptée volontiers. Puisse-t-elle réussir !
- Quant au centre de documentation il faudrait d’abord que les anciens élèves fissent effectivement de F orientation profession-
- nelle- C. G. Beaume.
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- H. Laugier, II. Piéron, Mme Piéron, E. Toulouse, MUe D. Weinberg. — Etudes docimologiques sur le perfectionnement des examens et concours. — ln-8° de 89 pages. Publication du travail humain, Paris, 1934.
- Nous ne pouvons que signaler ici la publication de ce premier recueil d’études où la critique expérimentale des méthodes cl’examen s’intégre dans les cadres généraux de la psychotechnique, les examens par tests n’étant qu’un des aspects des procédés
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- de classement relevant de la « docimologe », à laquelle nous consacrons dans le Bulletin une chronique spéciale (1). p
- Jkan Sexe. — Elude sur les écoles d amblyopes. — In-8° de 245 pages, Paris. JYI. Vigué, 1933.
- Dans cette thèse de doctorat en médecine, l’auteur, assistant d’ophtalmologie, a très utilement exposé — avec à l’appui une importante bibliographie — ce qui a été réalisé dans les divers pays, pour l’éducation et l’instruction des enfants demi-aveugles (dont l'acuité est supérieure à 1/20, mais reste inférieure à environ 3/10, avec des différences individuelles dans cette linTite pratique).
- Un examen de l’organisation convenable des écoles d’amblyopes, de leurs méthodes et de leurs programmes, et de la préparation professionnelle à envisager (avec orientaton professionselle) complète cette utile mise au point. p p
- A. G. Christiaens. — Une méthode d’orientation professionnelle. 3e édition. — In-8° de 327 pages. Bruxelles, Lamertin, 1934.
- La première édition du livre, devenu classique, d’un des pionniers de l’orientation professionnelle, date de 1921. Voici la 3e édition, qui bénéficie de l'expérience prolongée de l’auteur et des progrès de la technique.
- L’exposé des méthodes d’examen, très précises, et qui sont réellement entrées dans une pratique journalière, est très clair et abondamment illustré. On trouve, un peu partout, des réflexions judicieuses, et, à la fin du volume une série de 48 fiches professionnelles succinctes, considérées encore comme provisoires, mais de nature à rendre déjà de réels services aux praticiens. Il est inutile d’insister davantage sur un livre qui doit se trouver dans la bibliothèque de tous les conseillers d’orientation, p p
- VIma E. Moritz. Eludes expérimentales et critiques sur les tests mentaux. — Adaptation belge du test de groupe de’ Ballard.
- - In-8° de 115 pages. (Publication de l’Œuvre nationale de l’enfance). Bruxelles 1934.
- Le regretté Dccroly avait expérimenté sur les enfants belges une adaptation du test de Ballard, en langue française et en lan-
- (1) Divers articles ont été consacrés à cet ouvrage dans les journaux a tendances variées ; signalons tout particulièrement l’intéressante et compréhensive étude de Louis Dumas dans l'Ecole libératrice du 16 février 1935.
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- g ne flamande, et établi en 1925 des normes .d’âge (d’après les résultats sur plus de 7.000 enfants).
- L’auteur, qui dirige une colonie d’enfants débiles à La Panne, a fait appliquer ces épreuves sur quelques centaines d’enfants de cette colonie (où l’on envoie les écoliers irréguliers à cause de leur mauvaise santé).
- Elle >a, en outre, utilisé une forme partielle du test (technique avec lecture) et une forme simplifiée (50 questions au lieu de 100), aussi satisfaisante, pour le classement, que la forme complète. Une étude technique intéressante (contrôlée par le professeur Fauville) concerne l’emploi des quotients d’intelligence (inutilisables sur les individus n’atteignant pas ou dépassant les normes extrêmes d’âge), l’utilisation des tableaux de centiles d’Otis, la mesure des coefficients de fidélité du test (très élevés, et compris autour de 0,90, enfin la comparaison des résultats avec toute une série d’autres tests (corrélations allant de 0,40 à 0,89, montrant une grande parenté avec le test Binet-Terman, le test P. V. du Dr Simon et les tests d’information)
- Les normes de ces enfants malingres montrent un retard notable par rapport aux enfants normaux : sur 341 enfants, le quotient médianes de 0,88 au lieu de 1, et, au lieu de 20 0/o de bien doués (quotients supérieurs à J. 10), on n’en trouve que 5 °/«-
- La corrélation de l’épreuve avec le retard pédagogique, est d’environ 0,5Q à 0,60, avec l’appréciation de l’intelligence par les institutrices, la corrélation, en moyenne, ne dépasse pas 0,50. Il y a
- là un bon et utile travail. IL P.
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- Signalons la parution du Catalogue (1935) de la Librairie de l'Enseignement Technique (L. Eyrolles, 3, rue Thénard, Paris), envoyé gracieusement à toute personne qui en fait la demande (br-ochure de 391 pages avec tables alphabétiques d’auteurs et de matières, comprenant une importante documentation professionnelle).
- Sauf dans le cas d’avis précis de désabonnement, nous nous permettrons de faire toucher à domicile, dans la première semaine de mai le montant de Vabonnement pour 1935 et nous espérons qu’il sera fait bon accueil à notre demande par nos abonnés n’aijant pas encore réglé leur abonnement.
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- Mai-Juin 1935
- 7e Année
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- Un flextérimèlre à translatinn de rondelles
- par Mm* H ENR1 P1ERON
- Cet appareil créé par Moedt. est appelé par lui « Enfileur de rondelles », utilisé ensuite par Rupp et' Lewin (1) sous le nom de « Labyrinthe en fil de fer » ; connu également sous le nom de « Souricière » sert à mesurer une certaine habileté des doigts et de la main.
- Description de l'appareil. — Il se compose (figure 1) d’un fil de fer rigide mesurant 1 m. 87 tortillé irrégulièrement .et formant 29 coudes à angles plus ou moins ouverts.
- Les deux extrémités de ce fil de fer sont fixées sur un pied assez lourd pour assurer la stabilité de l’appareil.
- Enfermées dans le tout, se trouvent 55 rondelles de métal pourvues de trous dont le diamètre est légèrement supérieur au diamètre du fil, formant 5 groupes de 10 rondelles noires suivies d’une rondelle blanche.
- Il s’agit, dans le moins de temps possible, de transporter, en suivant les méandres du fil tortillé, toutes les rondelles d’une extrémité à l’autre et de les ramener ensuite à leur point de départ.
- Technique d'application. — On dit au sujet : « Regardez bien cet appareil. Il se compose d’un fil de fer tortillé sur lequel peuvent glisser ces rondelles.
- (1) Lewin et Rcpp : Épreuves pour l'Industrie textile. Psychoteclinische « Zeit- • v~
- schrift », 4930, p. 13. Psychotechnische « Zeitschrift ». La vitesse et la qualité du travail, 1931, n° 6, p. 176. V->*
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- « Vous devez, avec une seule main, faire glisser une à une les rondelles, les amenant d’une extrémité à l’autre de l’appareil et les ramener ensuite à leur point de départ. C’est très facile à faire. Vous devez surtout aller aussi vite que vous pourrez. »
- On montre au sujet comment prendre une• rondelle, -on la fait bouger un peu et on lui demande s’il a bien compris ce qu’il doit faire. On emploie toujours la main adroite, c’est-à-dire la main droite pour les normaux et la gauche pour les gauchers.
- Notation. — 11 n’y a de notation dans ce test que pour le temps employé. Chaque fois que ce test a été utilisé à l’étranger l’on s’esL contenté de noter le temps total mis par les sujets pour effectuer leur translation complète aller et retour de la série de rondelles.
- Nous avons voulu, pour étudier plus finement notre test, chronométrer le temps pour chaque groupe de rondelles (donc
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- 11 rondelles) c’est extrêmement facile, chaque groupe étant séparé par une rondelle claire.
- Nos résultats nous ont montré que le fait de ne donner que le temps global masquait aux expérimentateurs des possibilités de renseignement précieux sur le comportement des sujets observés.
- Nous avons donc noté les 5 temps pour le trajet aller des 5 groupes de rondelles et les 5 temps pour le trajet retout.
- Nous avons ainsi possibilité de 3 temps totaux : 1° le temps total d’aller, le temps total de retour et le temps total pour les deux parcours.
- Les sujets. — Nos expériences ont été effectuées dans les classes du certificat d’études des écoles communales de la ville de Paris.
- Nos sujets au nombre de 204 se répartissent également dans les deux sexes : 101 garçons et 103 filles.
- Les résultats. — Nous donnerons tout d’abord l’étalonnage pour chaque sexe des temps de l’aller, du retour et du temps total.
- Nous rappelons que ces étalonnages sont conçus de la manière suivante. Le temps le plus court, c’est-à-dire le meilleur résultat est noté premier.
- Le temps le plus long est placé centième et nous donnons les normes intermédiaires obtenues par le 20°, 30° 40°, etc...
- Résultats obtenus par lés garçons
- Aller :
- 1° 13’ 20”. — 10° .14’ 38”. — 20° 15’ 18”. — 25° 15’ 30”. — 30 15’ 48”. — 40° 10’ 15”. — 50° 16’ 41”. — 60° 17’ 10”. — V\ -N 750 18’ po”. — 80° 18, 20”. — 90° 19’ 20”. —
- im : L0”.
- Retour :
- 1° 11’ 55”. — 10° 13’ 5”
- 30° 13’ 45”. — 40° 14’ 5”
- 70° 15’ 20’. — 75° 15’ 35”
- 100° 21’ 35”.
- . — 20° 13’ 28”. — 25° 13’ 35. —
- . — 50° 14’ 30”. — 60° 15’ 5”. —
- . — 80° 15’ 45”. — 90° 10’ 17. —
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- Temps total des tralels aller et retour
- 1° 25’ 22”. — 10° 27’ 40”. — 20° 28’ 58”. — 25° 29’ 10”. — 30° 29’ 30”. — 40° 30’ 35”. — 50° 31’ 30”. — 60° 32’ 5”. — 70° 33’ 10”. — 75° 33’ 30”. — 80° 33’ 55”. — 90° 35, 50”. — 100° 44’ 15”.
- Résultats obtenus par les filles
- Aller :
- 1° 13’ 40”. — 10° 15’. — 20° 15’ 20”. — 25° 15’ 30”. — 30° 15, 45”. — 40° 16’. — 50° 16’ 30”. — 60° 16’ 55. — 70° 17’ 15”. — 75° 17’ 35”. — 80° 18’. — 90° 18’ 28”. — 100° 23’ 10”.
- Retour :
- 1° 12’ 31”. — 10° 13’ 40”. — 20° 13’ 55”. — 25° 14’ 5”. — 30° 14’ 10”. — 40° 14’ 30”. — 50° 14’ 58”. — 60° 15’ 20”. — 70° 15’ 55”. — 75° 10’ 5”. — 80° 16’ 15”. — 90° 17’. — 100° 19’ 45”.
- Temps total du trajet aller et retour
- 1° 26’ 11”. — 10° 28’ 46”. — 20° 29’ 20”. — 25° 29’ 30”. —
- 30° 29’ 55”. — 40° 30’ 45”. — 50° 31’ 30”. — 60° 31’ 53”. —
- 70° 32” 50”. — 75° 33’ 30”. — 80° 33’55” — 90° 34’ 27”. —
- 100° 42’ 27”.
- * N
- * *
- \
- \
- Si l’on considère les étalonnages du temps total on voit que l’influence du sexe ne paraît guère jouer, les 25° 50° 75° el 100° sont très voisins quand ils ne sont pas tout à fait semblables : 25° : garçons 2910”, filles 29’ 30”. — 50° : garçons 31’ 30”, filles 31’ 30”. — 75° : garçons 33’ 30”, filles 33’ 30”. Ce qui donne pour les filles une valeur du seiïii inlerquarJü ‘ égale cà 2’ et aux garçons un semi interquartile de 2’ 10”.
- Et cependant si l’on se reporte à la figure 2 on voit que cette similitude apparente des deux étalons masque en définitive dés différences assez nettes. (Voir fig. 2, p. 73).
- A l’exercice d’aller les garçons se montrent inférieurs aux filles, ils sont légèrement plus lents.
- Au contraire, dans l’exercice de retour les garçons ayant tiré plus de profit de leur apprentissage se montrent supérieurs aux filles.
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- Les courbes de dispersions des valeurs sont bien parallèles.
- Temps total
- i° fO 20° 30° j+o°so° io jo° so tôô
- /° 70° 20* 30° kO° 50° 60° 10° SO° 90e i00°
- 1° /0e 20° :ù i,0° sS eo 70 SO 90° 100°
- Représentation graphique des étalonnages fig. 2.
- Le mode, c’est-à-dire la valeur s’étant répétée le plus grand nombre de fois, a été de 17 et de 15 à l’aller pour les garoons et les filles, de 13 et 14 pour le retour chez les garçons et les filles et de 31 également pour les garçons et pour les tilles dans la courbe du temps total.
- Le médian, c’est-à-dire la valeur représentative du 50° est de 10’ 41” et 16’ 30” pour les garçons et les filles à l’aller ; de 14’ 30” et de 14' 58” pour les garçons et les filles au retour et de 31’30 à la fois pour les deux sexes dans le temps total.
- La moyenne arithmétique est de 10’ 58” pour les garçons et de 10’ 49” pour les filles, ce qui note la légère infériorité des garçons pour la première partie de l’exercice : l’aller.
- Le retour marque au contraire pour les garçons un gain beaucoup plus net puisque le temps moyen est pour les garçons de 14’ 37” au lieu de 15’ 15” pour les filles (différence de 38 secondes, soit un gain de 4,15 %).
- Cette différence en faveur des garçons esl encore présente dans le temps total, mais plus légère elle est de 30 secondes,
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- soit un gain de 1,55 % et les moyennes arithmétiques sont pour les garçons 31’ 35” et 32’ 5” pour les filles.
- Ces observations montrent déjà que l’on ne peut se permettre de'juger un sujet simplement sur sa place dans l’étalonnage global.
- Nous verrons ultérieurement que l’on trouve, se plaçant au même décile dans le classement global, des sujets comportant des qualités différentes de comportement et qu’il est nécessaire de pouvoir différencier au point de vue de l’orientation professionnelle.
- Nous aurons une marque de la rapidité de compréhension dans la différence assez sensible et très inégale chez les sujets, entre le temps nécessaire au déplacement des 11 premières rondelles et le temps nécessaire au déplacement des 11 rondelles suivantes. Nous noterons aussi des divergences de ce que l’on peut appeler la « viscosité » du sujet, c’est-à-dire sa rapidité à s’adapter à un changement de discipline en tenant compte de la différence de temps nécessaire au déplacement des 11 dernières rondelles de l’aller et des 11 premières rondelles du retour.
- Nous verrons aussi la rapidité de l’apprentissage et la vitesse de mise en train des sujets.
- (.4 suivre.)
- PROJETS D’ORGANISATION DE LABORATOIRES DE PSYCHOLOGIE TYPES RÉALISABLES AVEC 15.000 ET 25.000 FRANCS
- par
- MARCEL FRANÇOIS
- Projet n° IV. — La combinaison des projets III et III bis précédemment décrits en détail (1) va nous donner ce nouveau projet, qui ne comportera qu’une seule addition aux précédents. Nous conserverons le plan du projet II en ce qui concerne les mesures sensorielles, en y adjoignant seulement l’achat d’un périmètre néces-
- (1) Voir ce Bulletin n°“ 1-2 et 3-4, 1935, p. 10-14 et 41-45.
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- saire pour l’étude du champ optique, dont l’étendue et l’intégrité dans toutes ses parties est utile à connaître dans certaines professions. Les modèles de périmètre sont nombreux du plus simple au plus coûteux, nous recommandons, pour ce projet, le périmètre de Badal, à 275 francs, d’un emploi très simple et donnant des renseignements suffisants pour une approximation générale (n° 321 de la maison Giroux, 114, rue du Temple, Paris, IIIe). Nous aurons donc un total de 1.530 francs à dépenser pour ce chapitre. Pour la psycho-motricité, on conservera la chronomètre simple de d’Arsonval, soit 2.440 francs avec la batterie d’accumulateurs et l’accumètre. La motricité sera étudiée comme au projet n° III, et entraînera une dépense clc 5.534 francs tandis que les tests demanderont la même somme de 655 francs. En ajoutant l’achat de l’audiomètre Chcnaillo du projet III bis, nous arrivons à un total de 14.859 francs.
- Projet n° V. — Une somme de 25.000 francs permettrait, en conservant la plupart des expériences et mesures des précédents projets, et en les perfectionnant cl complétant sur certains points, de réaliser ce que nous pouvons commencer à envisager comme un laboratoire complet de psychologie spécialisé en vue de l’orientation professionnelle.
- Mesures sensorielles. —- Pour la vision, le périmètre indiqué plus haut sera remplacé par celui de Landolt (n° 323 chez Giroux) permettant des mesures un peu plus précises et plus rapides, pour une augmentation clc dépense insignifiante (125 francs). Pas de modification pour l’audition. Pour le tact l’achat d’un cslhésio-mètre est à conseiller vivement dès que l’on veut faire des mesures sérieuses dans le domaine tactile. Les hyper ou hypoesthésies, générales ou locales sont des indications intéressantes à recueillir au point de vue professionnel d’abord, cl mettent quelquefois sur’ le chemin de la reconnaissance d’anomalies générales qui ont pu facilement échapper à un examen médical forcément assez rapidement exécuté. Sur ce point, malheureusement, très peu d’appareils donnent satisfaction. Les uns (cslhésiomèlrcs à crin) sont peu exacts cl donnent des indications variables selon le degré hygrométrique de la salle où sont faites les mesures, d’autres (esthésio-mètres à fil de quartz) d’une fragilité qui en rend l’usage journalier quasi impossible, d’autres enfin d’un prix si élevé qu’on n’y peut penser que lorsqu’il s’agit de recherches'spécialisées. L’appareil qui semble réunir au maximum une exactitude suffisante des mesures et une robustesse convenable, tout en étant d’un prix abordable, est l’haphiesthésimètre de Toulouse et Piéron. N’étant
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- pas construit de façon courante son prix est soumis à des variations possibles, il semble cependant qu’une maison comme Bou-litte pourrait le fournir aux environs de 1.200 francs. Au total, nous aurions donc à dépenser 7.555 francs pour les mesures sensorielles.
- Pour les temps de réaction, le chronomètre de d’Arsonval sera conservé. Parmi les diverses modifications heureuses qui lui ont été apportées, nous retiendrons dans ce projet celle qui consiste à lui adjoindre un dispositif automatique de remise au zéro, qui simplifie et raccourcit sensiblement les expériences. Un tel chronomètre est construit au prix de 2.250 francs par les établissements d’applications psychotechniques, 27, avenue Lazare-Hoche, Chaville (Seine-et-Oise). Avec la batterie cl l’accumètre nous arrivons au chiffre de 2.590 francs.
- Dans le domaine perceptif, au pacho-esthésimètre de Piéron, sera- adjoint le « Gravimètre » du meme auteur (200 francs) (I), permettant de mesurer la sensibilité du sujet dans l’évaluation de différences de poids, par réglage d’un poids variable jusqu’à l’égalité subjective avec un étalon fourni.
- La motricité comportera les mêmes expériences. On y ajoutera des mesures sur l’aptitude du sujet à combiner et dissocier des mouvements des deux mains, cette aptitude très variable selon les cas se révélant comme de grande importance au point de vue professionnel. Un test fort connu depuis longtemps, et dont il existe de nombreuses modalités, est particulièrement satisfaisant à ce point de vue, le test dit du « Tourneur », qui consiste à suivre les lignes droites ou courbes d’un modèle donné, avec une pointe, sèche ou inscrivante, mobile de droite à gauche et d’avant en arrière au moyen de deux manivelles. Les modalités simples de ce lest sont un peu trop élémentaires et ne permettent guère pratiquement que la mesure du temps nécessaire à l’expérience, laissant à peu près de côté l'appréciation qualitative du travail. Il faut pour arriver à ce résultat que Ton peut considérer comme indispensable, s’adresser à des modalités du test beaucoup plus coûteuses. L’appareil qui réalise au mieux l’analyse du travail accompli, est le modèle construit par les établissements d’applications psychotechniques. Son prix est de 3.900 francs. 11 faut tenir compte que dans ce prix sont compris des compteurs-enregistreurs
- (1) Pour renseignements concernant l’achat de cet appareil, s’adresser au Service des recherches do l’Institut national d’Orientation professionnelle.
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- électriques, qui sont, utilisables pour beaucoup d’autres tests professionnels (traçage, poinçonnage, etc.) que l’on pourra adjoindre ultérieurement pour un prix beaucoup moins élevé. Notre dépense totale pour la motricité sera donc de 9.634 francs.
- Avant de quitter le domaine des appareils, indiquons une dépense d’ordre général qui semble utile pour un laboratoire de cet ordre : une deuxième batterie d’accumulateurs au fer nickel à 250 francs permettant de laisser montés en permanence certains dispositifs comme le d’Arsonval, et un redresseur de courant (modèle à 390 francs des établissements d’applications psychotechniques) rendant infiniment plus simple la recharge des accumulateurs. Soit en tout 640 francs.
- Voyons maintenant les compléments à apporter dans le chapitre des tests. On pourra tout d’abord prévoir pour les fiches psychologiques cl les fiches d’aptitude technique, un achat de 500 exemplaires de chaque, soit 1.000 francs. D’autre part l’achat serait également utile de 500 exemplaires du test de bai'rage Toulouse et Piéron (100 francs, au Service de recherches de l’Institut d’O. P.). Ce test est intégré dans la fiche psychologique, mais il est intéressant de pouvoir l’utiliser séparément, soit pour l’étude de l’attention distribuée, soit pour l’étude de l’apprentissage. Poulies tests de performance, on conservera la boîte de Decroly (250 francs) et on y ajoutera un second test, d'esliné à mesurer les aptitudes mécaniques sous une forme pratique, c’est le Mechanical aptitude Test Série I de Stenqvist. Il est vendu par la Maison Stoelting au prix de 12.50 dollars, soit environ 215 francs.
- En dehors des consultations proprement dites d’O. P., un office peut être fréquemment appelé à se prononcer sur l’existence ou l’absence chez les enfants de certaines aptitudes particulières. L’aptitude musicale a fait dans ces dernières années, surtout en Amérique sous l’impulsion de Seashore, l'objet de nombreuses éludes expérimentales. Un ensemble de mesures est actuellement mis au point qui permet pour le moins de dire si un enfant possède, et à quel degré, les diverses aptitudes utiles pour pouvoir bénéficier d’un enseignement musical (ce qui ne permet évidemment pas de dire à quels résultats plus ou moins brillants il arrivera, mais est un moyen d’éliminer d’avance tous les sujets dont on peut pronostiquer l’échec assuré). Les épreuves de Seashore se présentent sous la forme de six disques phonographiques permettant de mesurer les diverses aptitudes nécessaires (sens du rythme, appréciation des hauteurs, des consonances, etc.). La collection complète peut être achetée pour le prix de 150 francs environ (Columbia, édi-
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- leur), ou chez Stoelting (1), auquel prix il faut adjoindre celui d’un bon phonographe ordinaire, soit 500 francs environ, au total 050 francs.
- Enfin, il est utile, dans un très grand nombre clc cas, de pouvoir recueillir des données sur le caractère et la personnalité des sujets que l’on doit orienter. Malgré la littérature énorme qui existe à l’heure actuelle sur ce sujet, il faut reconnaître que, pour des raisons diverses, bien peu, parmi les méthodes d’études proposées, permettent d’espérer arriver à des renseignements exacts et directement utilisables. Une méthode semble digne d’un intérêt particulier, qui présente seulement l’inconvénient de nécessiter un long entraînement, c’est celle du psycho-diagnostic de Uorschach, basée sur l’interprétation par le sujet d’une série de figures représentant des taches d’encre, et l’analyse ultérieure de cette interprétation. Le matériel et le livre de Uorschach (malheureusement non encore traduit de l’allemand) peuvent être acquis pour 250 fr. environ tous frais compris (2).
- Si nous récapitulons les dépenses des différents postes nous trouvons : 7.555 francs pour les mesures sensorielles, 2.590 pour les temps de réaction, 9.634 pour la motricité, 640 pour les accessoires, et 2.405 pour les Lests, soit un total de 22.884 francs.
- C’est à dessin que nous laissons une marge de 2.000 francs environ que nous ne consacrons pas à l’achat de matériel expérimental proprement dit. 11 est sage en effet de prévoir l’achat d’un certain nombre de meubles pratiques et robustes nécessaires au rangement et à l’utilisation des appareils. Le local dont on disposera pour l’installation du laboratoire sera probablement assez restreint, il est donc nécessaire de réduire au minimum l’encombrement des appareils. A ce point de vue nous recommandons vivement l’achat d’une armoire métallique, du type des armoires de cuisine, très solide, à condition de ne pas acheter une qualité inférieure. Une seule de ces armoires permettra le rangement commode de tous les appareils décrits dans le présent projet (à l’exception de l’audiomètre qui constitue un meuble à lui seul). (On pourra choisir, à titre d’indication, le modèle avec serrures à 875 francs de la marque B. L. en vente au Bazar de l’Hôtel de Ville à Paris). Un petit bureau du même prix environ servira aux
- (1) . Stoelting, 424 North Homan Avenue, Chicago, Illinois, U. S. A. n° 42.015 du catalogue général.
- (2) Chez Ilans Iluber, éditeur, à Bern.
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- examens individuels par tests, et permettra le rangement méthodique de tous ceux-ci. Le reste sera consacré à l’achat de. quelques tables et chaises nécessaires aux diverses expériences.
- NOTES ET DOCUMENTS
- Régularité de réaction et stabilité neuro végétative
- Dans une intéressante thèse, le Dr, Roger Michel (1) ayant fait l’hypothèse -- assez hardie — que, dans les mesures de temps de réaction la vitesse renseignerait principalement sur l’état fonctionnel du système nerveux cérébro-spinal et la régularité sur celui du système végétatif, a comparé chez 35 sujets l’indice de régularité de temps de réaction auditifs (fourni par la valeur de l’écart étalon) à la valeur de la chronaxie vestibulaire que Bourguignon signale comme liée au degré d’émotivité et d’instabilité des sujets.
- travaillant au laboratoire d’études de l’aéronautique (au Val de Grâce), sous la direction du médecin colonel Beyne, il a employé l'appareillage de Beyne et Bchague pour la mesure des temps de réaction (moyenne de 30 mesures sur 35), et le dispositif de Bourguignon pour la chronaxie vestibulaire.
- Il a divisé ses sujets, d’une part en rapides (temps compris entre 0,130 et 0,155 sec.) et lents (entre 0,170 et 0,220), et d’autre part en réguliers (écart étalon compris entre 0,15 et 0,26) et irréguliers (entre 0,30 et 0,50), la division en 3 groupes paraissant toutefois plus rationnelle, car les types moyens se trouvent ainsi obligatoirement rejetés dans l’un ou l’autre des types extrêmes.
- Quoi qu’il en soit, les sujets rapides (17) comprennent 12 cas de réguliers et 5 d’irréguliers, les lents (18) comprenant seulement 7 réguliers et 11 irréguliers. Les sujets plus rapides ont donc une tendance à se montrer plus réguliers, mais l’auteur n’insiste pas sur ce point.
- Il a, suivant Bourguignon, divisé ses sujets suivant la valeur de chronaxie vestibulaire (seuil d’inclinaison latérale de la tête) petite (de 11,5 à 15 a- ) ou grand (de 17 à 22 <7 ).
- (1) Réaction psychomotrice et chronaxie vestibulaire, G. Doin, 1934.
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- ûl', sur les sujets à grande chronaxie vestibulaire (19), 17 se sont montrés réguliers et 2 irréguliers seulement ; et sur les sujets à petite chronaxie (16) 14 se classèrent dans les irréguliers.
- Cela paraît indiquer une relation nette, entre la valeur de la chronaxie vestibulaire et la régularité des temps de réaction, ce qui confirmerait la signification nerveuse profonde de la stabilité. Il y a là une intéressante donnée méritant de nouvelles recherches.
- H. P.
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- Les milieux sociaux dans les lycées parisiens
- D’une statistique faite par un proviseur de lycée parisien (d’après Y Information Universitaire du 16 mars), il ressort que, sur 345 élèves de petites classes, 35 ”/„ appartiennent à des .familles riches ou aisées, 52 % à des familles moyennement aisées et 13 °/0 à des milieux modestes ; en 6° (dont 60 % d’élèves viennent du dehors), les proportions, pour les 3 catégories, deviennent 27 °/o> 53 °/0 et 20 °/« (accroissement de 7 °/0 sur la proportion des enfants du peuple) ; et, dans les classes de 6°, si l’on prend les dix premiers, on trouve 17 °/o d’enfants riches (au lieu de 27 dans toute la classe), 13 °/0 d’enfants pauvres (au lieu-de 20) et 70 d’enfants moyens (la supériorité peut tenir pour part -à ce qu’ils sont plus travailleurs que les plus riches, mieux doués ou surtout mieux préparés que les enfants des classes populaires).
- • *
- * *
- De l’utilité de la contre-indication médicale dans l’Orientation professionnelle
- Du rapport sur le fonctionnement en Loire-Inférieure du service d’orientation professionnelle, nous extrayons des chiffres particulièrement éloquents. Ce service a examiné : 1.413 jeunes gens, soit 1.005 garçons et 408 jeunes filles, dont 67 pupilles de la nation.
- Pour les calculs des pourcentages de contre-indications indiquons que 24 jeunes gens, qui figurent dans ce total de 1.413, n’ont pas suivi d’apprentissage et ont été placés comme manœuvres.
- Les calculs des contre-indications portent donc sur 1.389 sujets, soit
- Contre-indication scolaire, 140 garçons, 105 jeunes filles ; total, 251.
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- Contre-indication médicale, 168 garçons, 41 jeunes fdles ; total 209.
- Contre-indication économique, 104 garçons, 63 jeunes filles ; total, 167.
- La contre-indication médicale. — Elle s’élève à 209 ; soit un pourcentage de .15 °/0.
- Ce chiffre comprend moitié plus de garçons que de jeunes filles. Ceci s’explique par les exigences des métiers masculins.
- Le rapport contient d’intéressantes observations dont voici la substance :
- Beaucoup d’enfants ne savent pas respirer. Trop élevé est le nombre de garçons chétifs au thorax aplati et non étoffé, aux membres grêles qui accusent un poids inférieur à la moyenne de leur Age.
- En ce qui concerne les examens sensoriels, le service a substitué, à la méthode de Holmgreen pour le dépistage du daltonisme, celle du docteur nippon Ishihara, qui donne des résultats nettement meilleurs.
- On est amené à reconnaître l’insuffisance des prospections qui se bornent à contrôler l’aptitude à différencier les nuances par observation de couleurs pures. De telles expériences ne permettent pas, en effet, de dépister toutes les déficiences de sens chromatique.
- Or, pour l’orientation professionnelle, les conséquences de ces déterminations sont sérieuses, en dépit du peu d’attention qu’on y attache dans la vie courante. Certains métiers masculins : transports (importance capitale de la perception exacte et rapide de signaux d’apparence variable), lithographe, tailleur, tapissier, cuisinier, pâtissier, droguiste, mercier, photographe, céramiste, peintre, floriculteur, teinturier, opticien, etc. ; presque tous les métiers féminins : modiste, couturière, brodeuse, fleuriste, etc., sont contre-indiqués par la dyschomatopsie.
- Des cas de hernies ont nécessité un changement radical de profession chez des enfants qui se destinaient à la forge, à la chaudronnerie et à la charpente.
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- CHRONIQUE DOCIMOLOGIQUE
- Valeur des examens scolaires pour la prédiction du succès au cours des études ultérieures
- Une enquête entreprise clans les écoles anglaises par C. W. Va-lenline (1) a montré que la prédiction du succès dans les études secondaires, basée sur l’examen d’entrée subi à onze ans révolus, n’était qu’assez incertaine.
- En effet, sur huit circonscriptions scolaires étudiées par l’auteur, cinq ont fourni, entre le classement aux examens d’entrée et le classement à l’examen de fin d’études secondaires (subi vers l’âge de 16 à 18 ans), des corrélations pratiquement nulles (le coefficient de corrélation le plus élevé n’ayant pas dépassé 0,15).-Cependant, le classement aux examens de fin d’études secondaires présente une corrélation assez élevée avec les classements scolaires au cours des années successives de séjour ( y de l’ordre de 0,8).
- Par de patients recoupements, l’auteur a pu montrer que l’absence de corrélation entre l’examen d’entrée subi à l’âge de 11 ans et le certificat de fin d’études secondaires n’était pas due, ou du moins n’était pas due pour une part importante, à la variabilité propre des sujets au cours de leur développement physique et mental. En effet, le classement scolaire au cours des années successives à l’école secondaire se montrent relativement stable, bien que, aux examens de passage d’une classe à l’autre, les copies n’aient pas été corrigées exclusivement par les maîtres qui connaissaient les élèves. (Dans ce dernier cas, la stabilité aurait pu être illusoire et due à une opinion préconçue de la part du maître sur les mérite des élèves).
- Parmi les trois circonscriptions scolaires dans lesquelles des corrélations positives entre l’examen d’entrée et l’examen de sortie ont pu être constatées, l’une, la plus importante, avait organisé un système de correction de copies destiné à atténuer les incertitudes subjectives du jugement de la part des correcteurs et avait, en outre, introduit l’application des tests d’intelligence dont les résultats étaient obligatoirement pris en considération pour l’admission des enfants à l’école secondaire. La corrélation entre l’examen d’entrée et l’examen de passage a été, dans -cette circonscription, de 0,40 en moyenne : elle a été de 0,35 avant l’in-
- (1) C. W. Valentine. — The Reliability of Examinations. — An Inquiry, University of London Press, London 1932, 19.
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- troductiôn des lests et de corrections plus objectives, de 0,46 après que ces perfectionnements furent introduits.
- Dans quelle mesure la réussite, ù la fin des études secondaires, permet-elle de prévoir le degré de succès au cours des études universitaires ?
- W. Perret, de F Insti tut Physiologique de Leipzig, dirigé par Gildemeister, a essayé de répondre à celle question, en comparant les notes obtenues par les étudiants à la Faculté de médecine et à l’Ecole dentaire au cours de leurs études universitaires (« Vorpru-fi'ing ») avec les notes obtenues au baccalauréat (1). La corrélation à laquelle il aboutit est de 0,49 pour un groupe de 304 étudiants (avec une notation par demi-points).
- La faible différenciation du système de notes employé dans les écoles allemandes (échelle de 5 points, les deux notes les plus mauvaises 5 et 4 étant éliminatoires, les notes des étudiants reçus sur lesquels .a pu être effectuée l’enquête ne pouvant varier que de 1 à 3 points) rend d’ailleurs incertaine l’appréciation de ce résultat numérique, d’autant plus que, sur 304 sujets, 7 seulement avaient obtenu la note 1, en moyenne, pour les épreuves de baccalauréat, les 297 autres ayant des notes voisines de 2 ou de 3 points. Cependant une relation indéniable peut être aperçue : parmi les 170 sujets ayant la note 3 (la plus médiocre) au baccalauréat, 148 ont eu la note 3 aux examens universitaires ; 22 seulement ont eu des notes supérieures à 3. Parmi les 7 sujets ayant la note I au baccalauréat, aucun n’a obtenu la note 3 aux examens universitaires, 3 ayant obtenu la note 1, 4 ayant la note 2.
- Incontestablement, c’est la sélection effectuée au cours même des études universitaires qui fournit, comme on pouvait d’ailleurs s’y attendre, une corrélation plus élevée avec le succès universitaire à la fin des études.
- L’auteur de la première enquête que nous venons d’analyser G. W. Valentine, s’ost préoccupé de déterminer le degré de réussite des différentes catégories de boursiers dans les Universités anglaises. Dans l’ensemble, pour les universités de province, un tiers environ de boursiers n’obtiennent que des succès très modestes (passables ou échecs}. Cependant, les boursiers subissent une sélection sévère (boursiers d’Etat qui sont en très petit nombre) et les boursiers désignés par F Université elle-même après le début des études, justifient par leurs succès aux examens de fin d’études universitaires les pronostics établis.
- D. Weinberg.
- (1) W. Pcrrel, liber die Bewàrtung der Abiluricnlen der àrztlichen und Zahniirztlichcn Vorprufüng, Frommhold und Wendler Leipzig 1934 pp. 23.
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- L’ORIENTATION- PROFESSIONNELLE A L’ÉTRANGER
- Une recherche d’orientation professionnelle dans le Comté de Fife ( i )
- A une époque où les tentatives d’orientation professionnelle basées sur l’examen des aptitudes se font de plus en plus nombreuses, les résultats de l’enquête menée en Angleterre dont nous nous proposons d’exposer ici les points principaux, nous paraissent présenter un intérêt tout spécial tant par les conclusions auxquelles elle a abouti que par la réponse directe apportée à certaines questions encore en suspens dans ce domaine.
- Le mérite de ce travail nous semble résider essentiellement :
- 1° Dans le fait que les examens d’aptitude sur les enfants ont été répétés pendant plusieurs années consécutives, la constance des données expérimentales se trouvant ainsi mise à l’épreuve et la valeur prédictive des examens, dans le domaine propre qu’ils explorent, en partie contrôlée ;
- 2° Dans la controntation des résultats expérimentaux avec la plus ou moins grande réussite de l’enfant dans la vie professionnelle. En fait, en raison de la crise économique, il n’y a pas eu orientation effective de l’enfant vers un métier ou une catégorie de métiers déterminés. L’expérimentateur a dû se borner à émettre un avis, qui n’a pu que bien rarement être suivi. Mais le fait qu’on a continué à recueillir des renseignements relatifs aux enfants examinés après leur sortie de l’école primaire, a permis, entre les résultats de l’examen psychologique et la réussite professionnelle, des rapprochements extrêmement suggestifs, dont les auteurs ont su tirer des conclusions d’un grand intérêt pratique.
- L’enquête a porté sur trois écoles urbaines (Dumfcrline, Comté de Fife, Angleterre), groupant des enfants de différents milieux sociaux, et sur trois écoles de campagne du même comté, soit dans l’ensemble sur environ 300 enfants des deux sexes. Elle s’est prolongée à l’école, pendant trois années scolaires consécutives. Dans la plupart des cas, l’enfant a été examiné une première fois entre 11 et 12 ans, une deuxième fois l’année suivante, et souvent une troisième fois avant de quitter l’école.
- (1) (A vocalional guidance research in Fife. F.-M. Earle et J. Kilgour) Sixième rap port du National institute of industrial psychology.
- A une époque où les tentatives d’orientation professionnelle basées sur l’examen des aptitudes se font de plus en plus nombreuses, les résultats de l’enquête menée en Angleterre dont nous nous proposons d’exposer ici les points principaux, nous paraissent présenter un intérêt tout spécial tant par les conclusions auxquelles elle a abouti que par la réponse directe apportée à certaines questions encore en suspens dans ce domaine.
- Le mérite de ce travail nous semble résider essentiellement :
- 1° Dans le fait que les examens d’aptitude sur les enfants ont été répétés pendant plusieurs années consécutives, la constance des données expérimentales se trouvant ainsi mise à l’épreuve et la valeur prédictive des examens, dans le domaine propre qu’ils explorent, en partie contrôlée ;
- 2° Dans la controntation des résultats expérimentaux avec la plus ou moins grande réussite de l’enfant dans la vie professionnelle. En fait, en raison de la crise économique, il n’y a pas eu orientation effective de l’enfant vers un métier ou une catégorie de métiers déterminés. L’expérimentateur a dû se borner à émettre un avis, qui n’a pu que bien rarement être suivi. Mais le fait qu’on a continué à recueillir des renseignements relatifs aux enfants examinés après leur sortie de l’école primaire, a permis, entre les résultats de l’examen psychologique et la réussite professionnelle, des rapprochements extrêmement suggestifs, dont les auteurs ont su tirer des conclusions d’un grand intérêt pratique.
- L’enquête a porté sur trois écoles urbaines (Dumfcrline, Comté de Fife, Angleterre), groupant des enfants de différents milieux sociaux, et sur trois écoles de campagne du même comté, soit dans l’ensemble sur environ 300 enfants des deux sexes. Elle s’est prolongée à l’école, pendant trois années scolaires consécutives. Dans la plupart des cas, l’enfant a été examiné une première fois entre 11 et 12 ans, une deuxième fois l’année suivante, et souvent une troisième fois avant de quitter l’école.
- (1) (A vocalional guidance research in Fife. F.-M. Earle et J. Kilgour) Sixième rapport du National institute of industrial psychology.
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- Elle a comporté : a) L’application de tests de connaissances (at-tainments). — b) L’application de tests psychotechniques et moteurs. — c) L’observation et l’interrogation directes de l’enfant par l’expérimentateur. — d) L’emploi de questionnaires*relatifs au milieu de l’enfant, à son caractère, à scs notes scolaires (questionnaires remplis par les membres du corps enseignant). L’examen des cnfanls a été pratiqué en partie collectivement, en partie individuellement.
- Ont été appliquées collectivement les épreuves suivantes :
- A. Tests d’intelligence générale. — B. Tests de reconnaissance de relations entre formes, et de mémoire de dessins. — C. Tests de mémoire (visuelle, verbale, instructions). — D. Test consistant à suivre une ligne à travers un dessin embrouillé. — E. Traçage. — F. Epreuves de connaissance : Anglais (Burts Northumberland 1025). — C. Epreuve de connaissance : Arithmétique (Burts Nor-thumberland 1925).
- Ont donné lieu à un examen individuel :
- A. Tests d’intelligence. (Exécution).
- 1. Complètement. — 2. Construction avec cubes. — Imitation (cubes de Knox). — 4. Substitution (Woodworth et Wells). — 5. Labyrinthe (Porteus).
- B. Test de Binet-Stanford.
- C. Epreuves d’écriture (qualité et rapidité).
- D. Tests moteurs : Aptitude mécanique, Pcgboard, assemblage de boulons et d’écrous, mise en place de disques, vissage d’écrous, pointage, lignes parallèles, tapping, enfilage de perles, laines à nouer.
- Les auteurs ont estimé à 8 ou 9 heures le temps nécessaire à l’examen ainsi compris d’un enfant, cette durée s’étant trouvée pratiquement réduite pour l’expérimentateur à deux ou trois heures et demie, par suite de l’application des tests collectifs, et de l’examen simultané de deux enfants dans un certain nombre des épreuves dites individuelles.
- La comparaison des données obtenues à la campagne avec celles qui ont été recueillies sur les enfants de la ville a donné lieu à une étude détaillée dont nous ne signalerons ici que les conclusions principales, à savoir que, dans l’ensemble, on a obtenu de meilleurs résultats chez les jeunes citadins dans les matières scolaires et dans les tests d’intelligence générale (verbaux), les enfants de la cam-
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- pagne s’étant signalés au contraire par des aptitudes plus marquées à résoudre les problèmes pratiques (manuels et mécaniques).
- Du rapprochement des résultats individuels obtenus par répétition des épreuves, à une et deux années d’intervalle, les auteurs ont tiré des conclusions assez satisfaisantes. Dans l’ensemble la constance des classements obtenus, étudiée à l’aide de nombreux calculs de corrélation (voir tables p. 70 à 76) leur a paru suffire pour les buts proposés ; mais il faut remarquer cependant qu’à ce point de vue les différents groupes d’épreuves se sont révéles de valeur très inégale.
- Avec les tests d’intelligence générale, la constance des résultats très élevée, môme pour les pllus longs intervalles de temps ayant séparé deux applications des épreuves, semble autoriser une prédiction à longue échéance. Avec des tests bien choisis et soigneusement étudiés du point de vue validité et constance, nous pouvons être renseignés, non seulement sur les résultats que donnerait une nouvelle application de l’épreuve aux mêmes individus (même après un long intervalle de temps), mais encore sur ce que nous sommes en droit d’attendre de lui dans l’exercice des activités impliquant la mise en jeu des aptitudes visées par les épreuves dites d’intelligence générale.
- Pour les tests de connaissance (attainments) une constance aussi élevée ne se retrouve que pour des intervalles de temps relativement courts. Lorsque 'la durée cpii sépare deux examens dépasse une année, la concordance des résultats diminue sensiblement, montrant ainsi que la valeur prédictive de ces épreuves est assez limitée. Le succès dans telle ou telle branche scolaire ne pourra guère être prédit avec une certaine confiance que pour une année ou deux.
- Les aptitudes mécaniques ne se révèlent constantes qu’à partir de la 13e année, âge auquel les résultats des épreuves destinées à les mettre en lumière, commencent à être significatives.
- Quant aux qualités mises en jeu par l’application des tests de dextérité, elles se sont montrées aux âges considérés assez inconstantes pour que les auteurs aient pu conseiller, faute de pouvoir en différer l’examen, de les laisser de côté (à moins qu’il ne s’agisse d’un cas particulier bien défini ou de voir si un enfant est propre à une activité manuelle bien déterminée).
- Les conséquences pratiques de cet état de choses sont formulées nettement par les auteurs en réponse au problème qu’il s’étaient proposé de résoudre. A savoir : à quel âge l’orientation professionnelle peut-elle être entreprise avec quelque chance d’être efficace ?
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- Leur avis est que l’examen à l’école devrait se faire en deux temps et comporter :
- A. — Une première enquête entre 11 et 12 ans destinée principalement à l’orientation temporaire des études et pouvant porter sur : a) Le niveau d’intelligence générale ; — 6) Les intérêts ou aptitudes spéciales déjà manifestes ; c) Les renseignements relatifs à l’âge auquel l’enfant pense devoir commencer à gagner sa vie.
- B. — Un deuxième examen entre 13 et 15 ans (ou même 17 ans si possible) visant alors plus spécialement à la détermination des aptitudes professionnelles et comprenant : a) L’étude des progrès de l’enfant dans les matières d’enseignement récemment introduites' ; — 6) L’application de tests d’aptitude spéciale telles que colles impliquées dans la mécanique, l’étude des mathématiques, des sciences, de la syntaxe, de la littérature, etc... ; — c) Et celle de tests s’adressant aux aptitudes et connaissances nécessaires à l’exercice de certaines professions vers lesquelles 'l’instruction peut être pratiquement dirigée : emploi de bureau, comptabilité, etc...
- La confrontation des résultats recueillis 'lors de l’examen psychotechnique avec le comportement de l’enfant dans la vie professionnelle, ou dans les études abordées postérieurement à cet examen, a, elle aussi, été fructueuse.
- Du point de vue psychotechnique, les différentes aptitudes, tendances ou capacités ont été cotées, suivant l’habitude anglaise, à l’aide d’une échelle en 5 points (A. B. C. D. E. — A, correspondant a la meilleure note, E au plus mauvais rendement). Pour l’activité professionnelle l’appréciation résultait d’enquêtes auprès des employeurs et des familles ; le succès scolaire a été estimé par le succès dans les examens de fin d’année et la poursuite des études.
- La constatation que certaines qualités, ou plutôt un certain degré de ces qualités, se sont rencontrées presque constamment chez les individus ayant réussi dans une branche déterminée, et se sont trouvées au contraire peu développées chez les sujets ayant échoué dans cette même branche, a conduit à la notion pratique d’un minimum de développement de certaines qualités pour l’exercice heureux de telle ou telle activité professionnelle. Il n’y a là rien de très nouveau, il est vrai ; mais ce qui est important, c’est qu’à la lumière des cas examinés les auteurs ont pu dresser pour certaines lignes d’activité des listes de qualités et nous indiquer pour chacune d’elles le degré minimum auquel elles devront atteindre pour qu’il nous soit possible d’escompter le succès de l’enfant dans celte voie. A
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- tout sujet n’atteignant pas ce minimum, l’exercice de la profession devra être déconseillé.
- Voici, pour quelques catégories d’activité, les minima exigibles :
- Employés de bureau :
- a) Quotient d’intelligence : filles, 105, garçons, 110. — b) Anglais et arithmétique : B. — c) Caractère : B. — d) Mémoire : B.
- Employés de magasin :
- a) Quotient d’intelligence : 95. —- b) Arithmétique : B. — Anglais : C. — c) Sociabilité et désir de coopérer : C. — d) Réussite dans les problèmes pratiques : C. — e) Mémoire et épreuves similaires : B.
- Travailleurs manuels qualifiés :
- 1. Travaux impliquant la compréhension des machines :
- a) Quotient d’intelligence : 90 (à moins que des qualités spécifiques très marquées ne se soient révélées).
- b) Aptitudes mécaniques : B. (y compris la perception de relations de formes).
- c) Rapidité des gestes : B.
- d) Aptitude à résoudre les problèmes pratiques : C.
- 2. Activités du type répétitif :
- (Les mêmes qualités sont souhaitables bien que pouvant correspondre à un niveau moins élevé).
- Quotient d’intelligence : Ad libitum.
- Domcs'tiqties ou ménagères :
- a) Sociabilité et désir de coopérer : C. — b) Rapidité et précision des mouvements : B. — c) L’intelligence s’accompagne généralement de succès, mais a été trouvée peu développée dans certains cas de succès.
- Pour la continuation des études, les exigences sont d’un tout autre ordre, et resteront assez élevées.
- a) Quotient d’intelligence supérieur à 110.
- b) Sujets scolaires : A et B.
- c) Tempérament et caractère : A et B.
- Telles sont les conclusions d’ordre pratique que nous nous sommes efforcé de dégager de cet important travail, dont nous n’avons
- (1) Pour la notation, voir plus haut.
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- cependant envisagé que quelques aspects. Bien qu’il n’ait pu être question d’aborder ici l’étude détaillée des données numériques recueillies et traitées par les auteurs, nous ne saurions négliger d’en signaler l’importance et de recommander à ceux que ces questions
- intéressent cette grosse documentation. . „ _>
- A.-B. Fessard.
- A travers les Revues
- De la Presse médicale du 24 avril 1935 signalons une étude d’André Feil (manifestations morbides professionnelles des ouvriers utilisant les outils à air comprimé) consacrée à 23 ouvriers maniant le marteau pneumatique et chez 15 desquels ont été observés des troubles de l’ouïe, chez 13 des contractures des doigts, chez 6 du tremblement des mains, chez 5 de l’insomnie, et chez 4 des céphalées.
- Le Concours médical du 10 février 1935 a publié une étude de H. Laugier sur les examens biotypologiques et leurs applications.
- Dans «le Journal belge de Neurologie et de Psychiatrie, les docteurs Vermeylen et Audet consacrent une étude, intitulée « développement intellectuel et milieu » aux résultats d’un examen psychographique de 50 enfants d’immigrants (appartenant à l’Europe centrale et orientale) d’un milieu rural, installés en Belgique, cl dont la répartition, au point de vue des quotients d’intelligence, indique un retard global d’un an d’âge mental (ce mode correspondant à des o I de 0,90 à 0,95 au lieu de 0,96 à 1,05).
- L'Institut des professions à New-York a édité en 1934 une série de 30 brochures sur «divers métiers, tels que la comptabilité, l’art, l’aviation, la coiffure, les finances, l’hôtellerie, les assurances, le journalisme, la bibliothèque, la médecine, les carrières de cinéma, la nursery, la musique, les économats divers, la T. S. F., les chemins de fer, le secrétariat, l’enseignement, le travail social, etc... ________
- Le n° 8 (15 mars 1935) de Reichsarbeitsblatt contient un important supplément sur la prévention des accidents de travail. A si-
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- gnaler tout particulièrement un article de Bertheau sur l'emploi des tableaux en couleurs pour La protection du travail, et un autre, de A. von Ciiossa', sur les dispositifs de sécurité dans le travail du bâtiment. Celui du 15 février 1935 contenait une étude sur les accidents les plus typiques provoqués par l’électricité de même qu’une notice sur les dispositifs de sécurité et d’hygiène pour les moulins et les greniers. Celui du 15 novembre contenait les articles suivants : Le Musée allemand de sécurité du Travail par Bertheau, la Journée de prévention des accidents dans l'Industrie, par H. U. Martens, sur l’accès de l’oxvde de carbone dans l’air des Laboratoires par Jusatz et Nolte, et celui du 15 décembre un article de A. Ivranenberg, sur la prévention psychologique des accidents pratiquée par la Maison llenkcl et Cic à Düsseldorf (métallurgie) avec de nombreuses reproductions photographiques.
- Enfin, le n° 7, du 5 mars dernier, de Reichsarbertsblatt donne un compte rendu de l’activité des offices d’O. P. allemands auprès des bureaux de placement d’Etat, pour la période du 1er juillet 1933 au 30 juin 1934. ________
- Le n° 181 (janvier 1935) de « L’Orientation professionnelle » publie un article sur les carrières cle Vorganisation du travail, dû à A. Crozet.
- L’Information professionnelle publie dans ses nos 11 et 12 (mars 1935) une notice sur l’histoire du métier de menuisier-ébéniste.
- Le numéro d’Avril d'Ariane est consacré à l’aviation.
- On trouvera dans le n° 182 (février 1935) de VOrientation professionnelle une courte notice signée A. Girardin sur la crise économique et la carrière de l’ingénieur.
- Le n° 10 du tome XII (Juin 1934) de Occupations (ancien Voca-tional Guidance Magazine) est entièrement consacré aux problèmes, de l’analyse des professions. Citons, entre autres 'les articles de M. S. Vitëles, L. M. Gilbretii, B. Stott et Birkinshaw (ces deux derniers traitant de la méthode employée à l’Institut de Psychologie industrielle de Londres).
- Le n° 2 du tome XIII (novembre 1934) de la même revue contient des articles sur le rapport entre l’hygiène mentale et l’orientation professionnelle. _________
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- Dans un court .article paru dans le n° 26 (26. mars dernier) de YEcole el la l ie, J. Eyciiène soulevé d’importants problèmes cpie pose devant b orienta lion professionnelle la soi-disant surproduc-lion des intellectuels.
- INFORMATIONS
- L.a Section de Psychologie expérimentale de l’Association française pour l’avancement des sciences, qui lient à Nantes son congrès du 22 au 28 juillet, a, sur l’initiative de son président le professeur Bourdon, mis trois questions à l’ordre du jour, dont la première est celle de l’Orientation et de la Sélection professionnelles (rapporteur, Mlle Weinberg).
- *
- * *
- La 4° Conférence internationale de VInstruction publique, organisée par le Bureau international d’éducation, s’ouvrira à Genève le 15 juillet 1935. A l’ordre du jour figure la préparation professionnelle du personnel enseignant, primaire et secondaire, sur laquelle le B. I. E. a obtenu déjà des renseignements de nombreux gouvernements, grâce à un questionnaire qui, pour l’enseignement primaire, envisage en particulier les méthodes utilisées pour la préparation pédagogique, psychologique, pratique et sociale des instituteurs. . ^
- * *
- Du 30 juin au 3 juillet, dans le cadre des Journées médicales de Bruxelles, .se tiendra une conférence internationale organisée par la Société médicale belge dé Education physique et de Sports avec trois questions à l’ordre du jour : le dépistage précoce des troubles cardiaques, lie cyclisme, enfin, avec comme rapporteurs le professeur Laugier; les docteurs Ulmeaeu et René Ledent, la question des tests moteurs en éducation physique.
- • *
- * *
- A peu près, à la même date (du 30 juin au 7 juillet) se tiendra aussi à Bruxelles la Semaine de l’Education physique à l’occasion de laquelle se réunira le VII0 Congrès international de l'Education physique, sous la présidence du professeur Gunzburg.
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- * *
- Le Dr José Germain, à Madrid, a fait une conférence sur la psychologis industrielle en Espagne à la British Psychological So-ciéty du 18 mars 1935. .
- * *
- A la Société de Psychologie de Paris, dans sa séance du 4 avril, une importante communication a été faite par M. Lahy et Mme Korn-gold, relatant des recherches expérimentales sur la psychologie des sujets qui se blessent fréquemment au travail ».
- • *
- * *
- Sur l’initiative de l'Association des anciennes élèves du Lycée, à Montpellier, M. Marcault, professeur agrégé, a fait avec un grand succès, une conférence sur l’orientation professionnelle, montrant l’importance d’un examen systématique faisant appel à la
- méthode des tests. *
- * *
- Mlle H. Alpiiandéry a fait à la Société française de Pédagogie, sous la présidence de M. Fontègne, une conférence sur l’orientation professionnelle qui est publiée dans le Bulletin de cette société
- (n° 55, mars 1935, p. 2-10). . *
- * *
- En collaboration avec M. Maurette, directeur-adjoint du B. I. T., représentant l’Institut de coopération intellectuelle, au cours d'une mission, en 1934, le gouvernement chinois organise à Shangaï un bureau d’orientation professionnelle pour les carrières intellectuelles, avec projet d’en ouvrir également à New-York et à Genève pour les étudiants chinois résidant à l’étranger, qui seraient renseignés sur les besoins de techniciens, de spécialistes, dans les diverses provinces de Chine.
- • *
- * *
- Sous le titre Education, et Loisirs (comment créer une culture démocratique), le « New Education Feïlowship » organise une conférence britannique à Saint-Andrcws sous la présidence du Dr Lind-say (13-22 août 1935).
- *
- * *
- En remplacement du sanatorium désaffecté, à Crèvecœur-lc-Grand, a été installée par décision du Conseil général de l’Oise, une annexe de la Maison de santé de Clermont, constituant un
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- etablissement d'enfants anormaux (pour 130 enfants de moins de 15 ans).
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- Après les écoles d’amblyopes de Londres (1907) et Strasbourg (1911), il vient de s’ouvrir à l’Ecole Camille Flammarion, à Paris, une classe pour amblyopes, pour laquelle le regretté Pierre Villey avait'lancé un émouvant appel.
- Celle classe a reçu 18 enfants (une centaine chaque année atteignent l’âge scolaire). C’est peu encore, mais l’initiative se poursuivra. ^
- * *
- La Société de Médecine et Chirurgie de Bordeaux, après avoir entendu une communication de MM. Cruchet et Quercy, a émis le vœu de la création à Bordeaux d’établissements spéciaux pour enfants délinquants. , #
- * *
- A Montpellier, où M11! Kovarsky continue à assurer Y inspection
- psychologique scolaire, a été demandée pour elle îa création d’un
- laboratoire municipal, avec adjonction d’une infirmière scolaire.
- *
- * *
- Le Conseil municipal de Dijon a décidé la création de deux emplois d’assistantes d'hygiène scolaire chargées d’assister les médecins inspecteurs des écoles et recrutées par concours parmi les infirmières diplômées.
- L’indemnité allouée aux médecins-inspecteurs est fixée à 3 francs par élève visité pour deux visites par an et à 150 francs par école et par an pour l’inspection médicale des écoles maternelles, de l’école primaire supérieure des garçons cl des écoles pratiques de
- garçons et de filles. ; *
- * *
- L’inspection médicale scolaire a fait l’objet au Congrès des délégués cantonaux du Nord, à Lille, d’un rapport du Dr Porez et de la série des vœux suivants :
- « 1° Que l’inspection médicale scolaire, dont la nécessité est indéniable, soit rendue obligatoire dans toutes les écoles de France, qu’il s’agisse d’écoles publiques ou d’établissements privés d’enseignement primaire et secondaire ;
- « 2° Que l’organisation de celle inspection réclamant l’urgence ne soit pas retardée sous prétexte d’insuffisance de crédits, les dépenses devant être réparties entre les communes, les départements et l’Etat (loi du 15 juillet 1893) ;
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- « 3° One les familles refusant l’examen du médecin inspecteur scolaire soient tenues de tenir à jour par les soins du médecin traitant un questionnaire dont le modèle sera dressé par un arrêté ministériel ;
- « 4° Que les contraventions aux dispositions de l’article 30 soient punies des peines prévues à l’article 471, § 5 du code pénal ;
- « 5° Que l’organisation de celle inspection soit départementale sous l’autorité du préfet, sous la direction du directeur départemental d’hygiène, sous le contrôle des autorités académiques et des délégués cantonaux ;
- « G0 Que chaque département soit divisé en sections sanitaires, qu’à la tête de chaque secteur soit placé un médecin hygiéniste spécialisé chargé de toute l’organisation de la défense de la santé publique dans ce secteur, y compris l’inspection médicale des écoles, et qu’en attendant cette réalisation il soit fait appel à des médecins praticiens ; que la nomination de ces médecins soit faite à la suite d’un concours, le jury étant composé de l’inspecteur départemental d’hygiène, d’un médecin inspecteur en exercice et d’un médecin délégué par le Syndicat régional ;
- « 7° Que les médecins inspecteurs scolaires soient aidés d’assistantes scolaires pourvues du brevet élémentaire au moins et d’un diplôme délivré à la suite d’un stage de deux ans dans des écoles spéciales et en cas de succès à un examen de fin d’études ;
- « 8° Qu’une visite individuelle soit faite chaque année pour chaque enfant et que les résultats de l’examen soient portés sur une fiche médicale, élément important du dossier médico-pédagogique faisant lui-même partie du livret de santé qui devrait être établi systématiquement ;
- 9° Que le rôle du médecin inspecteur ne se borne pas seulement à dépister, mais aidé par l’assistante scolaire à aiguiller, à diriger vers le médecin traitant ou vers des centres spéciaux, le traitement réservé au médecin praticien devant être éventuellement la conclusion logique de l’examen médical ;
- « 10° Qu’il existe dans les grands centres une consultation pour enfants arriérés, anormaux et même pour les simples retardés scolaires, pour les mauvais élèves ;
- « 11° Que l’hygiène et la santé du maître, dont on n’a cure dans le projet de loi Legros, retiennent l’attention du médecin inspecteur scolaire. » . *
- * *
- Il existe à Varsovie un Institut des travaux manuels, de caractère probablement unique, sur laquelle le Bureau international
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- d’éducation tient à attirer spécialement l’attention ; il est destiné à la préparation professionnelle en deux ans des maîtres de travaux manuels pour les écoles normales, secondaires et primaires supérieures, avec un cours d’un an pour les instituteurs d’écoles élémentaires. Des éducateurs français pourraient y être admis en s’adressant au directeur W. Przanowski (8, Gorczewka, Varsovie).
- *
- * *
- La Société suisse pour V Orientation professionnelle et la protection des apprentis, sous le patronage de l’Office fédéral de l’industrie, des arts et métiers et du travail, organise en Suisse des cours pour préparer les conseillers de vocation. Ces cours sont destinés aux membres du corps enseignant, aux préposés des offices communaux et d’apprentissage, ainsi qu’à toute personne qui s’intéresse à la question de l’Orientation professionnelle. Dans le canton de Neuchâtel, le département de l’Instruction publique recommande la participation à celui qui va se tenir à Neuchâtel au printemps de 1935, spécialement aux membres du corps enseignant du degré supérieur qui s’occupent de l’enquête sur les goûts professionnels des élèves.
- En effet, comme les années précédentes, après entente avec le
- département de l’industrie et les offices communaux de travail cl
- d’apprentissage, le département de l’Instruction publique organise
- dans tout le canton une enquête ayant pour but d’établir les goûts
- professionnels des élèves qui ont atteint ou dépassé l’âge légal de
- libération de l’école et qui, au printemps de 1935, quitteront l’école
- primaire ou l’école secondaire, après une ou deux années d’études.
- Il fait parvenir aux commissions scolaires une provision suffisante
- de questionnaires, qui devront être soigneusement remplis et signés
- par les élèves et leurs parents.
- • *
- * *
- Ier Congrès national d'orientation professionnelle. —• A propos du premier Congrès national d’orientation professionnelle, l’Association générale des orienteurs nous communique :
- Le Comité d’honneur du Congrès comprend outre les personnalités citées au dernier numéro du Bulletin de l’Institut, M. Labbé, directeur général honoraire de l’Enseignement technique, commissaire général de l’Enseignement technique.
- M. Picquenard, conseiller d’Etat,, directeur au ministère du Travail.
- M. Contenot, président de la IVe Commission de l’Enseignement du conseil municipal.
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- M. Bcllan, président de la Ve Commission de l’Enseignement du conseil général de la Seine.
- L’Institut national chOrientation professionnelle est représenté au Comité de patronage par scs co-directeurs : M. Fontègne, inspecteur général de l’Enseignement technique ; M. Laugier, professeur à la Faculté des sciences ; M. Piéron, professeur au Collège de France.
- La séance de Clôture sera présidée par M. Luc, directeur général de l’Enseignement technique.
- Le prochain Bulletin de l’Institut insérera le programme détaillé du Congrès qui a été légèrement modifié.
- Nous rappelons que toutes les communications relatives au Congrès doivent être adressées à M. Méncssier, 84 avenue Marceau, à Courbevoie. Les rapports, notes et communications sont demandés avant le 1er juin.
- Les adhésions sont reçues par M. Bunel, 2, rue Soyer à Neuilly. Compte chèque postal 997-81, Paris.
- *
- * *
- Le Bureau international de l’Enseignement technique édite, depuis 1934, un Bulletin des Informations. Le n° 3 (dernier paru, décembre 1934) contient une importante documentation sur l’Enseignement technique dans divers pays. Le rapport relatif à la France donne des renseignements fort utiles sur les œuvres d’Etat, sur les écoles d’apprentissage, sur l’organisation de l’O. P., la taxe d’apprentissage.
- La Vie de l’Institut National d’Orientation professionnelle Certificat d’études spéciales de l’I. N. O. P.
- M. Raymond Lallau, secrétaire de l’Office d’O. P. du Nord, à Lille, a présenté un travail sur « le rôle de l’Education physique en Orientation professionnelle » qui, soutenu le 10 avril devant un jury composé de MM. Laugier, président, Fontègne et Paul-Bon-cour, lui a valu l’obtention du certificat d’études spéciales de l’I. 1N. O. P.
- C’est le cinquième certificat accordé.
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- La Vie de l'Association des anciens élèves de l’I. N. 0. P.
- Conseil directeur du 8 mars 1935 à 18 h. 30. Présents : Mlles Be-noit-Lévi, Biscay, Mamelle ; Mme Favre ; MM. Vial et Beaiunc.
- Excuse : M. Fée.
- Par suite de l’absence de MM. Metge et Reveillé, il est décidé de remettre à la réunion prochaine la formation du bureau.
- Pour essayer de prendre contact avec les élèves actuels, le C. D. se réunira celte fois après dîner, puis il recevra les doléances, critiques, demandes de renseignements de ces élèves.
- Conseil directeur du 20 mars, 21 heures. — Seul, M. Fée, empêché, s’était excusé, lous les autres membres du C. D. étaient présents.
- Il fut procédé à la formation du bureau. Furent élus ou réélus :
- Président : Mlle Biscay, 10, rue Charles Dovry, Paris, 14e.
- Secrétoire : M. Beaume, 07, rue du llanelagh, Paris, 10e.
- Trésorier : Mlle Mamelle, 153, boulevard Brune, Paris, 14e.
- Beaume propose de faire une démarche auprès de l’Administration militaire pour qu’en cas- de mobilisation, les anciens élèves de l’I. N. O. P., soient affectés à un laboratoire, centre de recherches, de sélection, en vue du choix des spécialistes. Cela dans l’intérêt des anciens élèves de l’Etat, et de l’O. P. Cette proposition paraissant prématurée est ajournée.
- Il a été pris un contact rapide avec un délégué des actuels élèves.
- Nous espérons que ce sera le début d’une collaboration suivie.
- Le Secrétaire : C. G. Beaume.
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- L. Wellexs. — L’Education des enfants anormaux en Belgique (Documents de l’Association médico-pédagogique liégeoise, fasc. X). — In-8° de IG pages, Liège, 1935.
- L’auteur est chargé, depuis 1930, de la direction, à Liège, d’un centre d’observation qui assure la sélection, dans les écoles, des enfants destinés à un placement dans les « classes auxiliaires » spéciales, où l’on se préoccupe tout particulièrement d’une forme
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- élémentaire de l’initiation professionnelle, classes d’ « adaptation à la vie ».
- Dans cette brochure, il expose l’état de la législation belge (loi Carton de Wiart, du 15 mai 1912) et loi sur l’obligation scolaire du 19 mai 1914 principalement), l’organisation — actuellement insuffisante — de la préparation des instituteurs à renseignement spécial (avec certificat d’aptitude), décrit succinctement quelques institutions belges d’enfants anormaux (celles des Frères de la Charité, l’Institut médico-pédagogique de Rixensart où l’on applique les méthodes Decroly, la Ferme-Ecole de Waterloo), et ies classes d’enseignement spécial de Gand, Anderlccht, Scraing-sur-Meuse. II. P.
- Emilio Verdesio. — La Ensenanza especial en el Uruguay. In-8° de 265 pages, Montevideo, 1934.
- Dans cet intéressant ouvrage sur l’enseignement des anormaux en Uruguay, l’auteur, après des données statistiques, décrit, avec de nombreuses illustrations photographiques, les écoles spéciales qui ont été installées dans ce pays, écoles de plein air, colonies maritimes, école spéciale pour les anormaux de caractère, institutions de sourds-muets et d’aveugles, classes d’orthophonie et même classes spéciales pour enfants bien doués. Il décrit l’organisation adoptée pour la formation des maîtres et relate les efforts pour le perfectionnement des méthodes pédagogiques et des procédés d’évaluation du niveau mental des enfants et de leur réussite scolaire, fondés sur les tests. Il décrit enfin la méthode psychographique du D1' Morey Otcro. II. P.
- Georges Degaast et Georges Frot. — Les Industries Graphiques, traité d’Enseignement technique du Livre. — Ed. G. Degaast, 12, rue Squéville, Fontenay-sous-Bois, 1934, 328 p., 610 illustrations.
- MM. Degaast et Frot, en une présentation parfaite de clarté et de bon goût, nous ont donné là une sptlendide encyclopédie des professions du livre, fruit.de 30 ans d’études et de cinq ans de mise au point.
- Admirablement documenté, très agréablement illustré — avec abondance et à propos — cet ouvrage traite tour à tour : de l’histoire de l’écriture, de la gravure et de l’imprimerie ; du papier ; des procédés d’illustration ; des encres ; de la typographie ; de la lithographie ; de l’héliogravure ; des rotations transformatrices ; du livre ; du relief décoratif ; de l’affiche ; de l’organisation du travail. L. B.
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- Ch. Dietz. — La Sélection des élèves de l'Enseignement secondaire. — In-8° de 121 pages, 1934.
- Ces « recherches de mathématique et de psychologie expérimentale » ont fait l’objet d’une llièsc qui a valu à l’auteur le grade de docteur ès sciences naturelles ; il a eu l’honneur ainsi d’introduire pour la première fois la psychotechnique parmi les disciplines biologiques officielles. L’auteur a appliqué le test d’intelligence de Lahy à des élèves d’écoles primaires (cours supérieurs et complémentaires) et d’écoies primaires supérieures, à des élèves d’enseignement secondaire (boursiers et non boursiers) et à quelques apprentis.
- Les valeurs médianes par âge, entre 12 et 16 aifs montrent une supériorité des lycéens sur les élèves des écoles primaires, et une supériorité notable, parmi les lycéens, des boursiers. .
- En « âge mental » les enfants de la bourgeoisie cultivée, à Paris, ont montré une avance d’environ deux ans sur les enfants du milieu populaire.
- Les enfants sélectionnés de l’école primaire-supérieure sont en avance sur tous les autres (boursiers de lycées compris) à 14 ans, mais perdent ensuite cette avance, en restant à peu près stationnaires ; à 15 et à 16 ans ils deviennent inférieurs aux boursiers de lycées. Plusieurs hypothèses sont indiquées par l’auteur pour l’interprétation de ce fait sans qu’on puisse actuellement décider celle qui se montre la plus probable.
- Une importante partie du travail est consacrée à l’examen de cas individuels (une cinquantaine d’élèves de seconde ayant été spécialement étudiés) présentant des discordances entre le test et la réussite scolaire. Douze enfants avaient une réussite scolaire inférieure : 3 avaient eu leur scolarité troublée, 6 présentaient des défauts de caractère, 2 se montraient paresseux (boursiers n’ayant pas d’intérêt pour le travail scolaire).
- Dans douze autres cas, la réussite scolaire était supérieure à ce que le lest permettait de pronostiquer ; pour deux cas il s’agissait d’individus ayant une mémoire exceptionnelle ; dans les autres il y aurait eu des défectuosités d’application du test.
- L’auteur envisage enfin, dans un chapitre de considérations générales, l’important problème de la sélection rationnelle, critiquant ù juste titre le baccalauréat, et tout en proposant le maintien d’une sélection fondée sur le jugement des maîtres pour les groupes extrêmes d’aptes et d’inaptes, envisage des examens psychotechniques pour les cas douteux d’une zone neutre médiane.
- IL P.
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- Gérard Peypoudat. — VOrientation professionnelle des intellectuels'. In-8° de 78 pages, avec préface de Félicien Court. Prix : 5 francs (au profit des organismes d’O. P. des Basses-Pyrénées).
- Cet intéressant travail a été présenté à l’I. N. O. P. comme thèse en vue du certificat d’études spéciales.
- il montre comben indispensable est l’O. P. des intellectuols, si négligée jusqu’ici, et réclame son organisation dans les établissements d’enseignement secondaire, avec un examen psychophysiologique et des renseignements complets sur l’état du marché intellectuel.
- L’auteur juge utile dans tous les cas l’apprentissage d’un métier manuel et se montre défavorable au mouvement grandissant qui conduit les femmes vers les professions libérales.
- II. P.
- J.-B. ScmiiD. — Types de maîtres. — (Cahiers de pédagogie expérimentale et de psychologie de l’enfant, n° 4). — In-8° de 20 pages, Genève 1934.
- Une enquête poursuivie par l’auteur et fournissant des renseignements sur 130 maîtres considérés comme « bons maîtres » lui a permis de déterminer des attitudes éducatives différentes, groupées en 4 types, dont le premier donne à l’enseignement, très soigné, la place prédominante, sans contact direct avec les élèves et exerçant avec une justice stricte son action disciplinaire, dont les autres présentent un souci croissant d’éducation et de participation à la vie propre des jeunes gens, le dernier en arrivant à développer seulement les initiatives des élèves, à soutenir leur effort de travail coopératif sans intervenir par un enseignement direct et à leur laisser un « self-government » tout à fait autonome.
- H. P
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- Juillet 1935.
- 7e Année
- ------->-04-0-4----
- Un fleitériinètre à translation 4e rondelles enfilées
- p»r M”' Henri P1ERON (Suite et fi*)
- Nous avons dans un précédent numéro (1) exposé en quoi consiste ce test, comment il doit être appliqué, noté et nous avons donné les étalonnages globaux pour les filles et les garçons.
- Nous voudrions ajouter quelques considérations sur de multiples indications que ce test, simple à appliquer, mais un peu long peut donner à l’orienteui.
- Et d’abord essayons de décrire 1 attitude d’un enfant devant cette tâche.
- Il écoute l’explication donnée et cette explication (accompagnée de gestes de l’expérimentateur qui manie un instant les rondelles) lui indique tout de suite qu’il doit aller le plus vite possible et que toutes ces rondelles ayant été changées de côté il doit sans perdre de temps les ramener à leur point de départ initial.
- Il n’a donc ainsi aucun temps à perdre entre l’aller et le retour.
- Ceci fait, l’enfant commence et suivant sa rapidité de compréhension, organise dans plus ou moins de temps la translation de son premier groupe a.
- Généralement le temps !est beaucoup raccourci pour le second groupe b.
- Nous avons considéré que la différence entre le temps du groupe a et celui du groupe b représentait surtout un temps
- (P Voir B. I. N. 0. P., 7* année, n* 5-6, Mai-Juin 1935, pages 69-74.
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- de compréhension auquel se joinl également, pour certains enfants, mais dans une proportion infime, le gain du commencement d’apprentissage.
- Le sujet profite généralement de son apprentissage dans le circuit aller et la différence entre la valeur du groupe b, où la compréhension ne joue plus et la valeur du groupe e dernier de ce sens de translation marque une amélioration dans le sens d’une diminution de temps. Puis, suivant sa rapidité d’adaptation à sa tâche nouvelle de retour, le sujet redonne un temps allongé pour le premier groupe g allongement de temps qui marque pour nous ce que nous appellerons sa « viscosité ». il reprend ensuite un second apprentissage au retour troublé parfois par la fatigue.
- Nous avons ainsi possibilité d’étudier le comportement des sujets à divers points de vue grâce au fait que l’on note minutieusement le temps consacré à la translation de chaque groupe de 11 rondelles. Nous allons envisager nos résultats à tous ces points de vue.
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- Temps total mis pour l'aller el le retour. — Rapidité globale. — Le temps total esl très comparable pour les garçons el pour les filles.
- Il est de 31’35” en moyenne pour les garçons et de 32’5” en moyenne pour les filles.
- La moyenne du temps de retour est de 14’37” pour les garçons et de 15’ 15” pour les filles, alors que pour le temps d’aller il était de 16’ 58” pour les garçons el de 16’ 40” pour les filles ; on peut remarquer déjà qu’au total pour les deux parcours la moyenne des tilles est un peu plus élevée que celle des garçons, qu’il en est de même au retour, mais (pie l’inverse se produit dans le parcours d’aller où la moyenne de temps des filles est inférieure à celle des garçons.
- Si nous recherchons la cohérence de nos expériences nous trouvons :
- 1° Que la corrélation entre le temps d'aller et le temps total est :
- r= +0.948 + 0.0079 pour les garçons
- el r — + 0.892±0.0128 pour les filles. - -
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- 2° Que la corrélation entre le temps' de retour et le temps total est :
- r=+0.921 ±0.0164 pour les garçons et r— +0.SOS + 0.0243 pour les filles.
- 3° Que la corrélai ion entre le temps aller el le temps retour est :
- r = +0.712±0.0325 pour les garçons et r= +0.040±0^0392 pour les filles.
- 4° Que si l’on supprime dans le temps d’aller le temps perturbateur de compréhension (groupe a) et dans le temps de retour le temps perturbateur dû à la riscosilé du sujet (groupe g) il reste pour l’aller quatre groupes que l’on peut diviser en deux moitiés (groupes h cl c et groupes d et é) et pour le retour également quatre groupes divisibles aussi en deux moitiés (groupes h et / et groupes / et h) on trouve pour ces deux moitiés de trajet les corrélations suivantes : a —Corrélations entre les deux moitiés du’trajet d'aller : Pour les garçons r= +0.985 ±0051 Pour les filles r= +0.901 ±0.099.
- b — Corrélations entre les deux moitiés du trajet retour : Pour les garçons r= ±0.949 ±0.0079 Pour les filles r = +0.895±0.0121
- Toutes ces corrélations fortes sont cependant un peu inférieures pour le retour que pour l’aller. Cela doit résulter de l’action de la fatigue sur quelques sujets.
- C’est cette cohérence dans nos résultats qui nous permet de tirer d’assez nombreuses indications de nos mesures.
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- Compréhension. — Nous avons supposé que l’apprentissage n’ayant pas eu le temps de jouer dans le premier groupe, ce qui faisait la différence entre le temps du premier groupe a et celui du groupe suivant b représentait surtout le plus ou moins de facilité de compréhension et d’adaptation a la tache demandée.
- Nous avons donc calcule celle différence et établi pour chacun le pourcentage d’augmentation par rapport au groupe b.
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- Nous avons trouvé que la moyenne d’augmentation pour cent due à la lenteur de compréhension était de 21 % pour les garçons {? 12.30) et de 19 % pour les filles (o- 11.52).
- Notre courbe d’étalonnage nous dqnne :
- a — pour les garçons : rang 1 = 0% — rang 25 = 13.3 %.
- — rang 50 = 18.9 %. — rang 75 = 27.0 %. — rang 100 = 63.9%.
- Ce qui donne une valeur du semi-interquartile égale à 7.15 %. .
- b — pour les filles : rang 1 = 0%. — rang 25 = 12.8 %.
- — rang 50 = 17.6 %. — rang 75 — 22.7 %. — rang 100 = 48.6 %.
- Ce qui donne pour les filles un semi-interquartile de 4.95 %
- Notre conception de ce que nous appelons le temps de compréhension pourrait paraître arbitraire.
- Nous croyons qu’il n’en est rien. Si nous établissons la corrélation entre le temps mis par chacun de nos sujets pour faire voyager le premier groupe (a) et le second groupe (b), nous trouvons que nos corrélations sont négatives ; elles sont de : r = — 0.107 pour les garçons et de r = —0.121 pour les filles. Si au contraire nous cherchons les corrélations entre le temps mis pour la translation des groupes b et c, c’est-à-dire dans la période où la compréhension ne joue plus mais où il y a simple apprentissage, nous trouvons alors les corrélation positives suivantes :
- Garçons : r = + 0.355 et filles : r = + 0.311.
- Il y a donc un facteur différent du facteur apprentissage qui explique l’allongement du temps du premier groupe, c’est ce que nous admettons être le temps de compréhension, d’adaptation à la tache, temps qui n’a aucune relation avec la rapidité d’exécution de la tâche une fois bien comprise, comme le montre nos corrélations négatives.
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- Valeur de l'apprentissage de l'aller et du retour. — Cette valeur est obtenue en retranchant la valeur du temps du groupe b et celle du groupe e (2e et 5e groupe de l’aller), valeur exprimée en % par rapport à la valeur b.
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- Le gain moyen par apprentissage à l'aller est de 17,48 % pour les garçons et 13,17 % pour les filles.
- Pour l’apprentissage du retour (différence en % entre la valeur du groupe h et celle dii groupe h) nous trouvons un gain moyen de 11,01 % pour les garçons et 11,43 % pour les filles.
- Voici notre centilage de gain pour l’a//er :
- Garçons : 1° = 41,2 %. — 25" - 21,2 %. — 50° = 17 %.
- — 75° = 12,8 %. — 100° = 0,06 %.
- La valeur du semi interquartile est de 4,2 %.
- Filles : 1° = 51,9 7°. — 25° = 17,1 %. — 50° = 13,8 %.
- — 75° = 9,5 %. — 100° - 0.
- Le semi interquatile est de 3,8 %.
- Centilage du gain au retour :
- Garçons : 1° = 29 %. — 25° = 15,6 %. — 50° = 11,6 %.
- — 75° = 7,4 %. — 100° = 0.
- Le semi interquartile a une valeur de 4,1 %.
- Filles : 1° = 25,6 %. — 25° = 16,3 %. — 50° = 11,4 %.
- — 75° = 7,3 %. — 100° = 0.
- Semi interquartile = 4,5 %.
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- Viscosité. — Nous appellerons « viscosité » la difficulté plus ou moins grande apportée à l’enfant par le simple renversement du sens de translation des rondelles et qui se traduit par un allongement, de son temps.
- Il ne s’agit pas, pour le sujet, d’apprendre une nouvelle tâche, il n’y a plus rien à comprendre, mais il lui faut une réadaptation au nouveau sens de marche des rondelles, une souplesse de changement dans ses mouvements.
- Cette « viscosité », nous la mesurons par l’allongement du temps marqué par la différence entre le temps nécessaire au voyage du dernier groupe d’aller (e) et celui du premier groupe de retour (g), allongement calculé en %.
- Nous trouverons pour les garçons un allongement de 18,1 % (a- = 14,26), et pour les filles de 19,7 % (<r = 14,35 %). Voici les étalonnages obtenus :
- Pour les garçons : rang 1° = 0 %. — Rang 25° = 7 %. —
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- Rang 50° = 15,8 %. — Rang 75° - 26,8 %. — Rang 100° = 54,3 %.
- Pour les filles : rang 1° = 0 %. — Rang 25° '= 10 %. — Rang 50° = 17,6 %. — Rang 75’ = 23,8 %. — Rang 100° = 68,2 %.
- Une remarque s’impose. On peut nous demander si ce que nous appelions « viscosité » n’est pas simplement un signe de la lenteur de compréhension de la nouvelle tâche. Il n’en est rien.
- L’enfant lent à comprendre ce qu’il a à faire pour le voyage d’aller devrait être également lent à comprendre qu’il doit revenir de la meme façon et dans ce cas il devrait y avoir une corrélation positive forte entré le temps de « compréhension » et le temps de « viscosité ».
- Or, il n’en est rien ; nous trouvons entre ces deux valeurs :
- r = —^ 0.023 + 0.0665 pour les garçons
- et r = + 0.064 + 0.0668 pour les filles valeurs de signes contraires mais de signification huiles, étant trop petites.
- On peut donc dire qu’il n’y a aucune relation entre la compéhension et la viscosité.
- Tel enfant peut être lent à comprendre sa lâche et rapide <£> 5 V! opter ensuite à cette même tâche légèrement modifiée et réciproquement un enfant peu! comprendre 1res vite ce qu’on.lui demande de faire et au contraire adapter très difficilement ses mouvements â un sens inverse du premier.
- Comme la compréhension, la viscosité est un temps bien défini et nous trouvons, comme précédemment pour la « compréhension », qu’entre le temps du premier groupe (g), temps dans lequel la viscosité intervient, el le temps du groupe suivant (h), on trouve des corrélations milles :
- r = — 0,11 pour les garçons
- et r = — 0,118 pour les filles.
- Notons que nous trouvons au conTaire, encore comme pour le voyage aller, des corrélations positives notables entre le groupe h (second du voyage de retour où la viscosité ne joue plus) et le groupe i (troisième groupe du retour).
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- Ces corrélations sonl de :
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- r— -f- 0.410 pour les garçons etr= + 0.370 pour les filles.
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- Vitesse de mise en train. — Nous fondons cette valeur sur le rapport entre le temps employé pour la translation aller et le temps employé pour le trajet retour après avoir supprimé dans le trajet aller l'élément perturbateur de « compréhension )> (groupe a) et dans le trajet retour le groupe g, qui marque la « viscosité ».
- Supposons un enfant qui a mis 820 secondes pour le premier trajet et 755 secondes pour le second. Le rapport entre les deux est donc de :
- 820 : 755 = 1.086.
- La différence entre 1 et 1.086, soit 0.086, marque donc le retard initial de mise en train. On adopte la réciproque de cette valeur comme rit esse de mise en train, soit dans notre exemple : j
- - = 11,628
- 0.086
- Si nous trouvons que la première période donne une rapidité égale ou plus grande à celle de la seconde période, c’est-à-dire si le nombre de secondes représentant le temps est plus petit ou égal dans la première période que dans la seconde, alors notre vitesse n’est plus mesurable et on la marque par le symbole oo .
- Nous trouvons comme vitesses moyennes de mise en train :
- 15,831 pour les garçons 27.013 pour les filles.
- Voici les étalonnages pour celle valeur :
- "i
- Garçons v rang 1 = oo . — Rang 25 = 18,181. — Rang 50 = 8,264. — Rang 75 = 5,263, — Rang 100 = 2,137.
- Le s end in'erquarlile es' égal à 6,959.
- Filles : rang 1 =
- Rang 25 - 71,429. — Rang
- x .
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- 50 = 14,493. — Rang 75 - 7,042. — Rang 100 = 3,540.
- Le semi interquarlile est égal à 32,194.
- Il y a eu 8 garçons et 18 filles qui ont donné 'd’emblée leur vitesse maxima.
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- * *
- Nous terminerons en donnant un exemple assez net du bénéfice que l’on peut tirer de l’étude plus fouillée de ce test.
- 4 garçons ont mis le même temps total 31’45” pour effectuer le double voyage de leurs rondelles ; ils sont donc placés aux mêmes déciles (55e dans notre étalonnage) el paraissent semblables et interchangeables.
- Voici, pour chaque sujet, le temps mis (1) :
- Sujet 1 : a = 5*5”. — b = 3’20”. — c = 3’20”. — d = 3’15”. — e = 3’10”. — / - 1816”. — g = 310”. — h =2’35”. — i = 2’20”. — j = 2’30”. — k = 3’ — l = 13’35’.
- — m = 31’45”.
- Sujet 2 : a = 3’50”. — b = 3’20”. — c = 3’. — d = 3’. —
- e ^ 2’45”. — l = 16’. — g = 3’30”. — h = 310”. —
- i = 310”. — j 310”. — k = 2’45”. — / = 15’45”. — m = 31’45”.
- Sujet 3 : a = 4’. — b = 3’20”. — c - 315”. — d = 3’. —
- e = 2’5”. — / = 15’40”. — g = 3’20”. — h = 2’55”. —
- i = 3’. — / = 3’. — k = 3’50’. —'l = 16’5”. — m = 31’45”.
- Sujet 4 : a = 4’ 25”. — b - 3’40”. — c = 3’ 20”. — d = 3’20”. — e = 315”. — /. 18:. — g = 3’25’. — h = 2’35’.
- — i = 2’35”. — j. = 2’35. — k = 2’35”. .. 1 = 13’45”. — m = 31’45”.
- Or, si l’on regarde le graphique représentant leur courbe des temps relevés par groupe de 11 rondelles, on verra qu’ils se comportent différemment les uns des autres.
- Rapidité d'adaptation et de compréhension. — L’un, le n° 1, a un temps d’adaptation et de compréhension plus
- Les lettres entre parenthèses indiquent l'ordre des groupes : Aller (a, b, c, d, e,) — Retour (g, h, i, j. k) — (f) le temps total do l’aller — (1) le temps total du retour — (m) le temps total pour les deux voyages.
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- long que les autres, il met, en effet, 70 secondes de plus que l’élève n° 2 ; 65 secondes de plus que l’élève n° 3 et 40 secondes de plus que l’élève n° 4 pour faire glisser son premier groupe de 11 rondelles.
- ». • - é'Attl
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- Fig. 1. — Représentation graphique du travaii de quatre sujets occupant le même centile dans le classement général.
- A ce stade le plus vif paraît donc l’élève n° 2, puis, par rang de rapidité les élèves 3, 4 et 1.
- Mais la technique étant compréhensible plus ou moins vite par ces enfants, envisageons le temps mis pour faire la translation du 2e groupe de rondelles (groupe b).
- Nous verrons que les élèves 1, 2 et 3 se plaçant au même point ; seul le n° 4 reste plus lent (20 secondes de plus que les autres).
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- Gain par apprentissage du voyage aller. — A la dernière période du voyage aller (groupe e), nos 4 sujets deviennent alors très différents, les uns des autres.
- Le n° 3 se place premier avec une grande supériorité sur les 3 autres.
- Son temps est plus court de 65 secondes comparé au temps de l’élève 1 ; de 40 secondes par rapport à l’élève 2 ; de 70 secondes vis-à-vis de l’élève 4.
- Sa pente d’apprentissage pour l’aller (voir graphique) est donc de 200” (groupe b) — 125” (groupe e) = 75 ” de gain.
- Le n° 2, qui était le plus vif au départ, n’a gagné à l’apprentissage que 200” (groupe b — 165” (groupe e) - 35”.
- Le n° 1, de beaucoup le plus lent au départ, gagne 200” (groupe b) — 190” (groupe a) = 10 secondes.
- Le n° 4 gagne à l’apprentissage 220” (groupe b) — 195” (groupe a) = 25”.
- Perle par viscosité, dilficulté d'adaptation. — Considérons alors comment intervient le changement de discipline dans le fait du retournement du mouvement pour effectuer le retour des rondelles vers leur point de départ primitif.
- Le fait de changer de direction a allongé le temps mis par 3 élèves (n° 2, 3, 4), dans des proportions assez variables d’ailleurs, puisque le n° 2 a vu son temps allongé de 55” ; le n°3 de 75” et le n° 4 de 10 secondes seulement.
- Quant au n° 1, qui a été des 4 sujets le plus lent à comprendre et. à exécuter le voyage du 1er groupe, il a montré une remarquable souplesse d’adaptation à sa seconde tâche, puisqu’il n’a eu aucun allongement de son temps.
- Gain de l’apprentissage dans le retour. — Si nous considérons ensuite quel est pour chacun le gain dû à l’apprentissage dans le voyage du retour, c’est-à-dire dans la différence entre le temps mis pour faire circuler les rondelles du groupe h (étant, mis en dehors le groupe g, pour lequel joue la perturbation due au changement de sens) et le groupe k, dernier du voyage, nous voyons que le n° 2 a gagné 25”, le n° 4 a gagné 50” et les 1 et 3 ont, au contraire, perdu : le n° 1, 25” e1 le n° 3,.30”.
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- Fatigabilité. — Ceci nous montre qu’un nouvel élément de différenciation entre nos quatre sujets intervient ; ce nouveau renseignement est l’élément fatigabilité.
- Le n° 2 et le n° 4 ne se sont pas fatigués et l’un progresse jusqu’à la fin du travail (n°2), alors que l’autre reste stationnaire (n°4).
- Les deux autres sont fatigables. Le n° 1 est fatigué au 4° groupe de retour et il perd 40”.
- Le n° 3 est fatigué seulement au dernier groupe, mais perd 50”.
- Gain total. — Si l’on considère, en définitive, la différence entre le temps nécessaire à la translation des 55 rondelles à l’aller et retour, on se rend compte que le n° 1 a mis 275” de moins au retour qu’à l’aller ; 1e n° 2 : 15” de moins ; le n° 4 : 255” de moins, alors que le n° 3, qui venait le second comme rapidité de départ, a mis 25” de plus au retour qu’à l’aller.
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- En définitive, ces quatre enfants ayant mis exactement le même temps pour remplir leur tâche qui semblait être indif-forenciables ont, en définitive, quatre comportements absolument différents et doivent être employés par tes orienteurs pour des tâches différentes.
- Le premier est de beaucoup le plus lent à comprendre (4e), il gagne peu dans te voyage d’aller (4e), il n’est absolument pas troublé par 1e changement de sens, il continue à progresser lentement au retour (3e), mais, par le seul fait de sa souplesse de réadaptation, de son peu de viscosité il gagne, dans l’ensemble, plus de secondes sur le temps de retour vis-à-vis du temps d’aller (Ie). Il marque, malgré tout, une certaine fatigabilité (groupe j).
- En somme, un enfant qui, lorsqu’il s’est, adapté à une consigne, progresse régulièrement et gagne, au fur et à mesure de l’apprentissage.
- Il faut remplir une tâche où des changements interviennent, sans pour cela perdre du temps à se réadapter.
- Le n° 2 a, au contraire, une compréhension rapide (10),
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- gagne beaucoup dans le voyage aller (20), mais perd beaucoup par suite de sa viscosité, de sa difficulté à se réadapter au nouveau mouvement (3e). Après quoi, il se montre encore le plus rapide dans l’apprentissage du retour (Ie), mais n’arrive que 3e dans le gain total. A noter qu’il n’est pas fatigable et que le dernier groupe marque encore un fort gain. Ce sujet sera bon dans un emploi demandant de la rapidité, emploi qui pourra être monotone et devra être uniforme.
- Le n° 3 a une compréhension rapide (20), il gagne beaucoup à son premier apprentissage aller.
- il perd beaucoup par suite du changement de sens (4e), ne progresse guère au retour (4e) et donne une différence de temps de retour qui se marque non pas par un raccourcissement de temps retour, mais par un allongement de temps. Il est d’ailleurs assez fatigable. Cet enfant doit, être utilisé pour des tâches courtes et coupées demandant de la rapidité sans continuité et sans changement dans la tâche.
- L’élève 4° est assez, lent à s’adapter (3°), il gagne peu à l’aller (3°), est peu gêné par le changement de sens de translation (2°), gagne plus au retour (2°) et marque dans le temps total un gain intéressant (2°). Il n’est pas fatigable et a déjà établi sa rapidité maxima au deuxième groupe de rondelles du retour, rapidité qu’il maintient absolument régulière jusqu’à la fin.
- En somme, semble devoir être une ouvrier régulier et sûr dans son rendement.
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- Ces indications plus fines dans le compàrt\ment différent
- de chaque enfant devant une même tâche remplie dans le même temps exactement, montre le danger qu’il y a à désirer (pour épargner la peine de l’expérimentateur), se contenter d’un chiffre global, évidemment très intéressant par lui-même, mais qui masque trop souvent les traits de caractère importants pour le comportement des sujets à orienter.
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- DEUX TYPES DE LABORATOIRES DE PSYCHOLOGIE
- par
- MARCEL FRANÇOIS
- Projet n° VI. —- Le présent type demande pour sa réalisation la somme de 35.000 francs. Nous rappellerons tout d’abord brièvement la liste des appareils à laquelle nous étions arrives dans le projet précédent, pour éviter des recherches. Nous indiquons seulement le nom et le prix des appareils, se reporter aux précédents articles pour tous renseignements les concernant (1).
- Vision : Echelles d’acuité (50 francs) et de daltonisme (65 fr.), chromalophanomètre (150 fr.), stéréomètre Michotte (250 fr.), périmètre de Landolt (400 fr.).—- Tact : Compas de Manouvriez (290 fr.), haphiesthésimètre de Piéron (1.200 fr.). — Audition : Audiomètre Chenaille (4.500 fr.). — Motricité : Cylindre cl moteur (1.250 fr.), accessoires (289 fr.), ergographe (1.500 fr.), chronographe 950 fr.). signal de Desprez (950 fr.), clé de Morse (250 fr.), mémoire motrice (25 fr.), pachoesthésimètre (150 fr.), gravi mètre (200 fr.). souricière (150 fr.), disques de Wnlther (20 fr.), test du tourneur (3.900 fr.). — Tests : 500 fiches psychologiques et d’aptitudes mécaniques (1.000 fr.), 500 tests d’attention (100 fr.), test d’habileté mécanique (215 fr.), boîte de Decroly (250 fr.), disques de Seashore et phonographe (650 r.), leste de Rorschach (200 fr.). — Matériel : Armoires, tables, etc., 2.000. Accessoires : Accus supplémentaires (250 fr.), redresseur de courant (390 fr.), chronomètre stoppeur (150 fr.). Soit au total, un peu plus de de 24.000 francs, en comptant la dépense nécessaire pour le chronoscope de d’Arsonval et ses accessoires (2.590 fr.). C/est sur ce dernier point (pie le présent projet entraînera des modifications. En effet, le dispositif décrit jusqu’à présent, excellent pour la mesure des temps de réaction simples, ne permettait guère celle des temps de réaction de choix, qui sont peut-être professionnellement les plus importants à connaître. Il faut utiliser un dispositif particulier, que l’on peut réaliser par différents montages, permettant à l'expérimentateur d’avoir à sa disposition dans les différents domaines sensoriels (au moins en tout cas pour la vue et l’audition) plusieurs excitants pour lesquels le sujet aura des consignes de réaction différentes.
- (1) Voir ce Bulletin, 1933, nos 1-2, 3-4 et 5-6, pages 10-14, 41-45 ei 74-79.
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- On peut trouver un montage de ce genre dans le dispositif n° 4282 de Boulitte, que l’on pourrait varier et modifier de plusieurs façons en fonction de La place dont on dispose et des appareils que l’on possède déjà. Il faut, dans tous les cas compter sur une dépense d’environ 5.500 francs au total, soit une augmentation de 3.000 francs sur le.projet n° V.
- En dehors de cette modification, les additions suivantes seront apportées : Il est souvent important de pouvoir étudier les retentissements que le travail peut avoir, qu’il soit physique ou mental, sur le fonctionnement organique général du sujet, et, en particulier, sur sa respiration et sa pression artérielle. Possédant déjà le matériel général nécessaire à l’emploi de la méthode graphique, nous pourrons enregistrer ces deux phénomènes par l’achat des quelques appareils suivants : pour la respiration, un pneumogra-phe de Verdin (Boulitte n° 3656) à 190 fr. et un tambour de Marey (Boulitte n° 218) à 290 fr. ; pour la pression artérielle, un oseillo-mètre de Pachon (Boulilte n° 3731) à 450 fr. et sa capsule oscillo-graphique (Boulitte n° 213) à 375 fr. Dans le domaine sensoriel, ou plus exactement perceptif, l’acquisition du stéréooesthésimètre de Piéron (Boulitte n° 4351) qui fait étudier et comparer des corps s’éloignant de plus en plus et de façon régulière de la sphère parfaite, complétera les renseignements déjà obtenus. Au point de vue moteur, un test de rapidité et précision combinées sera adjoint, le test des Billes (à introduire le plus rapidement possible dans un flacon spécial) que l’on peut se procurer à l’Institut J.-J- Rousseau pour 4 francs suisses. L’adaptation et la coordination sensori-mo-trice, données importantes à recueillir pour tout pronostic d’apprentissage, seront mesurées en ce qui concerne l’adaptation par le test spécial des établissements psychotechniques (1.010 fr.). et pour la coordination par le test dit «Pendule de Miles», dans lequel le sujet doit suivre avec une éprouvette de diamètre étroit la marche d’un pendule qui laisse échapper de l’eau à recueillir dans l’éprouvette. Ce test n’est pas actuellement dans le commerce. On peut le réaliser pour une dépense maximum de 1.000 francs (s’adresser pour les cotes de l’apparpil au service des recherches de l’Institut d’O. P. de Paris). Enfin, un domaine n’a reçu aucune exploration dans les précédents projets, que l’on pourra aborder ici, celui de l’émotivité, dont on peut étudier les effets par la mesure du réflexe psycho-galvanique (changements de résistance électrique de la peau). Cette mesure nécessite un appareillage spécial (galvanomètre, boîte de résistance variable, électrodes, etc.) dont on trouvera la description détaillée dans les travaux sur la question. Les établissements psychotechniques réalisent le dispositif complet nécessaire pour 2.800 francs.
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- Au point de vue des tests d’intelligence, il sera précieux de posséder le test analytique d’intelligence de Meili (15 francs suisses le cent à l’Institut J.-J. Roussaau) que l’on appliquera chaque fois que se posera la question de la forme d’intelligence du sujet en vue de telle ou telle profession. 300 exemplaires de ce test représentent une dépense de 225 francs.
- Pour les accessoires généraux, on se procurera un second chronomètre stoppeur (n° 13 de chez Zivv à 255 fr.) indispensable dans un laboratoire de cette importance. On arrivera à une dépense supplémentaire de 10.265 francs, qui, ajoutée aux 24.000 du projet n° V, utilisera à peu près complètement le total de 35.000 francs prévu pour le présent projet.
- Projet n° VII. — Le crédit nécessaire à la réalisation de ce projet est de 50.000 francs.
- On apportera tout d’abord deux perfectionnements aux dispositifs des précédents projets : L’oscillomètre de Paelion, très commode quand il ne s’agit que de mesurer la pression artérielle, mais peu pratique si l’on veut enregistrer graphiquement cette pression, sera remplacé par le « Tonoscillogrnphe » de Plesch, appareil trop peu connu, qui a l’avantage de fournir automatiquement un enregistrement graphique de la prise de tension, ce qui permet d’en noter les variations en faisant plusieurs enregistrements successifs dans des conditions différentes. Cet appareil (avec 500 feuilles spéciales d’enregistrement) coûte 2.300 fr., ce (fui représente une augmentation de dépense de 1.475 francs (1). Dans le matériel général de méthode graphique, on remplacera le cylindre par l’enregistreur n° 9 de P>oulitte qui possède un jeu étendu de vitesses, et n’a pas besoin du courant électrique pour fonctionner (5.400 fr.) Avec les accessoires (Chariot n° 16 à 1.150 francs, cuve à vernir n° 120 à 24 francs et 100 feuilles de papier n° 141 à 90 francs), on aura une dépense supplémentaire d’environ 5.300 francs.
- On a vu dans le projet précédent réalisée l'acquisition d’un matériel permettant l’étude des temps de réaction de choix. Il ne.faut pas oublier que le temps de réaction sous toutes ses formes est actuellement l’une des bases les plus importantes de La sélection professionnelle, donc de l’orientation également. Or il arrivera que dans certaines expériences où l’on essaiera de se rapprocher des conditions du travail professionnel, il sera utile de pouvoir recueillir graphiquement le temps de réaction ; de même chaque fois que l’on voudra étudier rapidement si le sujet possède une supériorité réactionnelle de l’un des côtés du corps sur l’autre. On prévoiera donc ici les appareils supplémentaires indispensables pour pouvoir
- (1) Constructeur et seul dépositaire: M. Griinberg, 18, faubourg St Honoré, Paris
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- enregistrer graphiquement le temps de réaction. Ce sont : un diapason électrique entretenu de Guillet ù 100 V. D. par seconde (n° 376 de Boulitte) à 1.800 francs; un 'Condensateur (Boulitte n° 389) à 70 francs, un second signal douille de Desprez (Boulitte n° 409 à 950 francs, une seconde clé de morse ù 250 francs, une lampe 6 volts et son support (20 francs environ). Dépense totale : 3.090 francs.
- Au point de vue des épreuves d'intelligence, on adjoindra aux tests précédemment décrits, l’épreuve dite du « choix multiple », fort intéressante car elle se présente sous une forme pratique et permet quantité de combinaisons de difficulté différente. !.'appareil que l’on emploie comporte une série de 12 touches qui peuvent être sorties en arrière, à la vue du sujet. Une d’elles est reliée à une sonnerie. Pour chaque expérience un certain nombre de touches sont sorties, et le sujet doit trouver la loi d’après laquelle la touche reliée à la sonnerie esl placée par rapport aux autres. Les établissements psychotechniques réalisent ce 'dispositif pour le prix de 2.800 francs.
- Au chapitre des accessoires généraux, on pourra prévoir 310 fr. pour l’achat d’un métronome électrique (Boulitte n° 431) utile dans certaines expériences d’enregistrement graphique, et nécessaire dans beaucoup d’expériences où le sujet doit travailler à un rythme imposé. D’autre part, pour un laboratoire de cette importance, il faudra renforcer encore les ressources en accumulateurs, en acquérant soit deux nouvelles batteries moyennes, soit une batterie unique de plus grande capacité (batteries au fer-nickel) pour une dépense de 500 francs environ. Enfin il sera prudent de réserver mille francs à l’achat d’une nouvelle armoire nécessaire au rangement des appareils. Nous avons donc une augmentation totale de dépense de 14.500 francs environ sur le précédent projet qui nous fait absorber à quelques centaines de francs près les 50.000 francs prévus.
- NOTES ET DOCUMENTS
- Professions des pères et goûts des enfants
- Un questionnaire, rempli par 4.543 élèves (de 13 à 20 ans) d’écoles supérieures de l’Etat Indiunapolis, aux Etats-Unis, a promis de mettre en relation les goûts professionnels exprimés avec la profession des pères (1).
- (1) Robert Kroger et C.-M. Louttit. — The influence of fathers occupation on lhe vocational choices of high school boys. Journal of applied Psychotogy, XIX, 2, avril 193o, pages 203-212.
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- Un Irès pelil nombre d’enfants ont exprimé-le désir d’embrasser la profession paternelle, et le motif invoqué du choix (parce que c’est levinétier de mon père) ne se rencontre pas en moyenne chez un enfant sur dix.
- Dans 65 °/0 des cas, les enfants manifestent du goût pour une profession d’un niveau social supérieur à celui du métier paternel, dans 19 °/0 le métier choisi est du même niveau (le même métier ou un analogue), et dans 16 % lin métier de niveau inférieur. La corrélation entre le métier choisi et le métier paternel est faible, mais très variable suivant les groupes et les écoles (allant de 0,02 à 0,51).
- Un fait intéressant dans celle; enquête, c’est combien la distribution professionnelle fondée sur les goûts correspondrait peu aux besoins sociaux : 70 0/„ des enfants désirent embrasser des professions qui occupent seulement 35 °/„ de la population, donc le double de ce qu’il faudrait, et pour des métiers occupant 30 °/<> fl° L population (et 11 °/„ des pères), 1 °/„ seulement se déclarent portés vers eux.
- Voilà le déséquilibre obligatoire dû aux choix non dirigés ! .
- II. P.
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- Une enquête sur les goûts professionnels d’écoliers japonais
- Le Japanese Journal o[ pstfcholoçm (IX, 2. 1934) a publié — en japonais — une enquête de Toshio Yamashita, dont un résumé allemand rend accessibles les principaux résultats. Un questionnaire, rempli par des écoliers de 9 à 11 ans, comportait les questions suivantes :
- 1° Que veux-tu devenir? 2° Pourquoi ? 3° Nomme le plus de métiers possible que tu connaisses. 4° Quelle est la profession de tes parents ? 5° pst-ce que la profession de tes parents te plaît ou le déplaît ?
- Ces écoliers, appartenant à la classe moyenne, ont manifesté des préférences très marquées pour le métier militaire, puis pour les professions intellectuelles.
- Dans 50 °/„ fies cas les choix paraissaient bien refléter, aux yeux de l’auteur, une influence directe du milieu (et, pour une moitié de ceux-ci du milieu strictement familial qui entraînait les choix les plus variés).
- Les motifs invoqués du choix étaient le plus fréquemment d’ordre social (3, 4 °/„) paraissant refléter simplement l'enseignement moral des maîtres ; les intérêts, les aptitudes et les motifs économiques ne tenaient qu’une place restreinte (17, 2 °/„) ; l’influence
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- familiale" se marquait dans une proportion notable des réponses (24, 4 n/o) ; bien des réponses étaient vagues ou fantaisistes.
- L’aversion pour la profession des parents est rare ; le goût pour cette profession se présente dans les deux tiers des cas ( 67 °/„).
- Mais, ce qui frappe, c’est le nombre limité de professions connues des enfants, et le caractère superficiel de cette connaissance, même en ce qui concerne la profession des parents, ainsi que l’ignorance du rôle social des différentes professions. pj p
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- La valeur pronostique scolaire des tests d’intelligence
- L’examen de la carrière scolaire de 1.146 élèves d’une école supérieure (11 promotions) ayant subi à l’entrée des tests (Terman pour les quatre premières années, Otis pour leâ sept suivantes) donne des indications intéressantes sur la valeur pronostique de ces tests (1).
- De ceux ayant un quotient d’intelligence inférieur au médian 55 % ont échoué au cours de leurs études, de ceux ayant un quotient supérieur, 9 % seulement échouèrent (les échecs étant les plus nombreux en première année, 60 °j„, puis décroissant très vite. .28 7o Lu deuxième, 10 0/« 1-a troisième et 2 °/<> la quatrième année.)
- Voici la répartition des échecs pour- les différentes catégories de quotients :
- Quotient Nombre total Echecs " „ d’échecs
- plus de 1,28 7 0 0
- 1 99 1 1,27 26 2 7,7
- 1,16 1,21 86 2 2,3
- 1,10 — 1,15 115 5 4,3
- 1,04 — 1,09 169 18 10,6
- 1,01 - 1,03 110 19 17,3
- 0,98 — 1,00 122 27 22,1
- 0,92 - 0,97 203 85 41,8
- 0,86 — 0,91 168 108 64,3
- 0,80 - 0,85 99 60 60,6
- 0,74 — 0,79 31 20 64,5
- 0,68 -- 0,73 10 7 70
- Il apparaît nettement qu’au dessous du quotient de 0,97, l’entrée dans les écoles supérieures, comportant un pronostic d’échec dans la moitié ou les deux tiers des cas, devrait être formellement contre indiquée. tt p
- (1) Cf. Claude Mitchell. Prognostic value of intelligence lesis. Journal nf (datational Hesearch, XXVlfl, avril 1935, pages 577-581.
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- Le choix de la profession et l'intelligence
- En 1930, 10.000 étudiants des collèges de Californie ont subi l’épreuve de « Psychological Examination 1928 ». G. Wrenn a repris récemment un certain nombre des résultats obtenus alors pour étudier le rapport entre l’intelligence et le choix de la profession. Il a pris, pour ce Caire, deux groupes de sujets : 1° 195 ayant obtenu les notes les plus élevées (note moyenne de 250,6 correspondant au 97e centile des normes nationales.; le O. I. de ce groupe serait de 140) et 2° 157 appartenant aux derniers 15 °/o de la distribution (ayant eu comme note moyenne 62,9 ce qui correspond au 8e centile et aux O. I. de 90 à 100). Le choix professionnel des deux groupes fait à l’époque où 3/4 de sujets étaient des « freshmen » n’a pas révélé de différences notables. Le choix exprimé 26 mois plus tard fait, par contre, preuve de plus de constance dans le groupe des sujets intelligents : 62 °/0 de sujets ont maintenu, leur choix, tandis que dans le groupe inférieur 42 °/0 seulement se sont prononcés pour la même profession qu’à La première fois. La différence est donc de 20 °/0 + 3,5.
- On a également cherché à établir un rapport entre le degré d’intelligence et la période scolaire où La décision fut prise : 22 % parmi les sujets intelligents et 11 °/<> seulement des autres l’ont exprimée dès l’école élémentaire. (La différence est donc de 11 + 2,9 °/0.) On ne peut pas conclure de là que les personnes intelligentes décident de bonne heure de leur choix professionnel.
- Les deux groupes ont été testés à l’aide de « Strohg’s Vocational Blank ». Or le groupe intelligent à fait preuve ici d’une grande consistance et de beaucoup d’esprit de suite. Le conseiller d’O. P. devrait donc, puisqu’il se trouve devant le choix exprimé spontanément par le sujet, tenir compte de son niveau intellectuel. Il ne s’agit pas, cela va de soi, d’accepter sans discussion le désir d’un sujet intelligent mais plutôt de se montrer circonspect quant à celui d’un individu du niveau mental bas. ^ q
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- Un bon élève sera-t-il un bon ouvrier ?
- L. Dkcortis (1) publie sous ce titre quelques données qui ne sont pas sans intérêt pour La pratique de l’O. P. On a obtenu dans une école technique en Belgique pour 73 élèves de 2e année, groupés
- (1) Intelligence and the vocational ehoice, Educal Record, XVI, 2, avril 1935.
- (2) Renie de Pédagogie U. L. B., n° 10, Avril 1935.
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- par âge, en I re les classements d’après la note globale d’enseignement général et celui fait d’après le total des points pour travaux exécutés en bois et en fer les coefficients de corrélation (<- ) suivants : 1° pour les élèves retardés-de deux ans dans leurs études (n° = L8) 0,419 ; 2° pour ceux retardés d’un an (n = 24) 0,488 ; 3° pour les élèves en cours réguliers d’études (n = 31) 0,601. Le coefficient pour l’ensemble (n = 73) a été de 0,494. Pour ces mêmes groupes les corrélations entre le test Otis-Duthil et le travail praticpie ont été respectivement dé — 0,400 ; + 0,233 ; 0,184 et pour l’ensemble de sujets de — 0,112.
- D’autre part, les coefficients entre les classements d’après les cotes moyennes d’intelligence données par les maîtres d’enseignement général et le classement pour travaux manuels ont été de : 0,135 ; 0,467 ; 0,464 et (pour tous les sujets) de 0,368.
- On peut conclure, d’après ces données, dit l’auteur, que les meilleurs ouvriers (ou plutôt les apprentis réussissant le mieux dans les travaux manuels) ne se recrutent ni parmi les plus intelligents, d’après l’opinion des maîtres, ni non plus parmi ceux résolvant le mieux le test de développement mental. Il est probable que la corrélation se révélerait plus étroite entre les compositions semestrielles et les travaux pratiques. Les élèves les meilleurs dans les travaux manuels se recruteraient parmi ceux en cours réguliers d’étucles. Il s’agirait là du facteur application (ou facteur W).
- * A. G.
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- La constance des quotients intellectuels
- On a constaté bien des fois que les hauts quotients intellectuels uc se maintiennent pas et qu’il y a, sous ce rapport, une tendance vers une diminution avec l’Age. Il semble cependant que, malgré une certaine perte qu’ils subissent en grandissant, les enfants doués de O. I. élevés, se maintiennent toujours en tant que supérieurs. Voici, à ce propos, quelques données publiées récemment par E. A. Lincoln (1). Il a choisi parmi les résultats d’une application répétée à des intervalles de 5 ù 8 ans de l’échelle Binet Terman 109 émanant des enfants à intelligence supérieure (O. I. de 119 et au-dessus) : 45 garçons et 64 filles. Or sur 45 garçons, 21 ont eu un gain de 46,7 °/„ et 23 une perte de 51,1 °/0 avec les médians, dans les deux groupes de 8,3. Sur 64 fillettes 21 ont eu un gain de 32,8 °/0 (médian de 5,4) et 40 une perte de 62,5 °/„ (médian de 11,5). Dans l’ensemble 42 sujets ont manifesté un gain de 38,5 °/„ et 63 une perte de 57,8 °/„. ,
- (1) School and Society, n" 105', 13 avril 1035.
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- Les moyennes ont été pour les garçons de 127,6 à la première application et.de 127,9 à la deuxième. Elles ont été pour les filles de 126,5 et de 120,6. Les médians ont été respectivement de : 126,5 ; 127,8 ; 123,7 et 120,0, les écarts-étalons de : 6,8 ; 11,6 ; 7,1 et 11,9 et les écarts semi-interquartiles de : 4,5 ; 7,4 ; 44,1 et 8,8.A La seconde application 13,3 °/0 de garçons et 121,9 °/„ de filles ont eu des O. I. inférieurs à 110, une seule fillette est tombée jusqu’à 99.
- A. G.
- CHRONIQUE DOCIMOLOGIQUE
- Un essai de notation d’un test en tenant compte du temps
- Utilisant, dans une classe d’anglais, un test publié par une revue américaine, « School Science and Mathematie », (impliquant une correspondance à établir entre 15 termes, tels qu’énergie, erg, accélération, etc., et des définitions au nombre de 16), le professeur au Lycée du Havre, M. Ginat, s’est posé le problème de la notation et expose les considérations suivantes dans Y Enseignement Scientifique du 25 janvier 1935, que nous reproduisons ci-dessous :
- « J’ai d’abord affecté un [joint à -chatpie question ; ce qui m’amenait à une note sur 16 du travail. Pour tenir compte de la durée de l'épreuve, j’ai d'abord songé à utiliser les quatre points restants pour parfaire à .20 le total, et à attribuer ces quatre points en raison inverse du temps passé à l’exercice. L’est d’ailleurs l’usage (m ce qui concerne les exercices de dactylographie ou de sténographie où le facteur temps joue un rôle important. Mais la nota-lion était singulièrement malaisée. Comment répartir ces quatre points ? J’ai imaginé alors d’établir chaque note en divisant le nombre de points relatifs au travail par le nombre de minutes exprimant la durée de l’exercice. Cette notation, à la réflexion, m’est apparue commode et rationnelle. Je ne crois pas inutile d’en
- exposer les raisons.
- Tout d’abord, voici à titre indicatif les notes d’un groupe
- d'élèves Travail (sur 16) Temps (min) Notes
- G. 15 7 2,14
- W. 14 8 1/2 1,76
- L. G. 14 8 1/2 1,76
- D. 15 9 1/2 1,58
- J. 15 10' 1/2 1,43
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- Travail (sur 16) Temps (min) Notes
- Dh. 13 10 1,30
- S. 12 11 1,09
- R. 9 11 0,82
- L. 9 12 0,75
- S. 9 13 0,65
- Ch. 7 13 1/4 0,53
- On constate la difficulté du classement au moyen des seules
- notes du travail : classement incorrect d’ailleurs, le facteur temps étant éliminé. Par contre, le classement est très aisé avec la note du travail : temps, ce qui est évident, a priori, de par le jeu des deux variables.
- Mais voici qui paraît plus intéressant : Toute notation des exercices avec notre schéma habituel (sur 20 ou sur 10) est incommode. La perfection esl exprimée par le chiffre maximum, mais accessible. Il en résulte tout d’abord un flottement considérable dans la façon de concevoir la limite accessible. On sait combien nos collègues littéraires sont enclins à coter les dissertations sur 12, réservant en cela une grande marge à l’inaccessible perfection. J’avais un vieux professeur de physique qui avait accoutumé de dire : 20 c’est pour Dieu le père, 10 c’est pour moi et 18 ce sera pour vous, à condition (pie vous fassiez aussi bien (pie moi. Cette boutade posait et résolvait un problème. En effet, le maître, tout supérieur qu’il soit à ses élèves, n’en a pas moins une valeur propre. Admettons qu’il ait dans sa classe un excellent élève. Il ne se distinguera de cet élève que par la rapidité avec laquelle il résoudra les questions posées. Posons qu’il les résolve plus rapidement. Il n’en est pas moins vrai que celte rapidité doit varier d’un maître à l’autre. Ceci fait encore apparaître l’impossibilité d’une notation au bout de l’échellè. Toutes les notes se tassent aux environs du maximum sans discrimination possible. Les mêmes observations, moins graves peut-être, pourraient être faites pour l’autre bout de l’échelle : il y a des degrés dans la nullité qu’exprime fort mal la note 0.
- L’autre système de notation (travail : temps) paraît à cet égard plus commode. Un esprit infiniment subtil et rapide résoudrait parfaitement et instantanément le travail proposé. Il lui serait attribué une note infinie. La perfection n’est pas de ce monde : l’infini pas davantage. Un esprit d’une lenteur infinie aboutirait au contraire à une note nulle, de même qu’un esprit parfaitement ignorant. Mais celte note nulle ne serait atteinte que lentement comme un point asymptotique. On aurait donc toutes latitudes à
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- apprécier et noter les lenteurs ou les insuffisances graduées des élèves.
- Nous ne sommes guère habitués à noter les effets de la variable temps sur le travail de nos élèves et, pourtant, un peu de réflexion amène à en concevoir aisément tout l’intérêt. Ce serait saisir une plus forte part du complexe psychologique que nous prétendons tester que d’introduire tout ce qui est relatif au temps dans l’exécution d’un exercice. Cela nous amènerait peut-être à considérer que des esprits lents sont incapables de s’adapter à notre rythme d’enseignement beaucoup trop rapide en général, en tout cas insuffisamment souple. Les lenteurs d’esprit sont, trop souvent à tort, considérées à l’égal de la pauvreté d’esprit dans notre système actuel.
- Mais cette notation plus commode est aussi plus rationnelle. Elle se rattache directement aux échelles de mesure, dites rationnelles en physique. Le lecteur m’excusera de lui rappeler cet important problème, gros d'observations et de discussions et de le livrer sans plus à ses méditations.
- M. Ginat.
- A travers les Revues
- Le professeur Wallon, a publié dans la llevue philosophique, (mai-juin, 1935, p. 301-320) l’important rapport qu’il avait présenté à la Conférence psychotechnique de Prague, sur l’étude du caractère chez l’enfant et l'orientation professionnelle.
- Du Dr André Feil, signalons l’article de la Presse Médicale. n° 54, de juillet 1935), sur l’industrie du bois et les maladies professionnelles.
- Dans le Concours médical (7 avril 1935), le Dr Laufer, a examiné « la question des contre-indications médicales en O. P. »
- Dans les documents Fers la réforme de VEnseignement, publiés par l’Association médico-pédagogique liégeoise (n° XII. juin 1935) Mme Emma Fritsciié, professeur à l'Ecole normale de Liège, a publié « quelques réflexions concernant les examens » qui sont assez judicieuses, le n° XI. mai 1935, étant consacré à un intéressant cycle de conférences sur l’adolescence dont on doit particulièrement signaler celle de MIle Jadoijlle sur l’affectivité chez l’adolescente. ________
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- Arcos (Revue des applications de la soudure à l’arc), dans son numéro 67 (mai 1935), publie .une étude de M. G. Christinens : « L’examen psychotechnique des soudeurs à l’arc » (donnant le plus d’importance à l’examen de la vision crépusculaire, de la stabilité motrice, de la précision des mouvements et de l’intelligence).
- Dans les Cahiers de pédagogie expérimentale et de psychologie de Venfant, publiés par l’Institut Jean-Jacques Rousseau, le n° 5 (1935) est consacré à des réflexions sur le problème du diagnostic mental par André Rey, qui distingue très justement un dépistage (tel que le réalise l’échelle Binet-Simon, détournée de son sens quand « on en fait des instruments de sélection des intelligences normales), et un diagnostic, qui exige un examen approfondi et une observation prolongée. ______________
- « L’opil, les sports et les jeux d’enfants », tel est le titre de l’étude publiée par le D1' Yili.ard dans la Renie médicale française (XVI, 4, avril 1935, p. 947).
- Dans le Bruxelles médical (XV. u08 10 et 11. janvier 1935), la question « Existe-t-il une sidérose des faïenciers ? » est posée par le Dr Lwgoij://, qui. sans répondre de façon précise, prouve que la fréquence des lésions de sidérose pulmonaire chez las anciens ouvriers de faïencerie est en faveur de l’affirmative.
- Le Schweizerische medizinische Wochenssçhrifi (22 décembre 1934, p. 1161), publie une élude de IL Remexd sur la nouvelle loi régissant la circulation en Suisse (avec examen médical obligatoire seulement pour les chauffeurs des services de transports en commun et de taxis, et les candidats au permis de conduire ayant atteint 65 ans). ________
- Le u° 3 (mars 1935) de la Revue de VOrientation intellectuele publie ùn tableau de mise à jour de l’étude de l’encombrement des situations accessibles aux bacheliers (il a été rendu compte de celte étude parue en mars-avril 1934 dans le n° 1-2 du tome VI du B.I.N.O.P.).
- On trouvera, dans ce même numéro, quelques renseignements sur les emplois des douanes et régies de l’Indochine.
- Dans le n° 4 (décembre 1934) de Child Development a paru une étude sur l’upplicalion comparée des échelles complète et abré-
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- gée de Binet-StanFord. L’auteur, L.-H. Blrnside, conclut, d’après les données recueillies sur 375 sujets de 11 à 20 .ans, cjue bien que les écarts ne soient pas considérables (ne concernant que 25 °/0 de sujets) il est préférable, pour un diagnostic clinique, d’avoir recours à la forme plus complète.
- L’Institut Psychotechnique Zurichois publie, en allemand et en français, dans le n° 3-4 (mars-avril dernier) de Berufsberaiung und Berufsbildung une série de profils d’aptitudes pour l’industrie métallurgique (profils de : fondeur, tourneur, ajusteur, mécanicien, menuisier, modeleur, soudeur, dessinateur, constructeur, monteur-installateur). ________
- C. Cotutix publie dans le n° 1 (janvier 1935) de Revista de lgtenà Socialà une étude sur les accidents du travail chez les assurés sociaux de CltfjJ. ___________
- José Drabs publie dans le n° 1-2 (mars 1935) du Bulletin Ergo-logique une étude sur le tachodographe Sollier Drabs servant à mesurer l’aptitude d’évalutation des vitesses et des distances.
- La Ligue de l’Enseignement belge publie un supplément au n° 3 de son Bulletin contenant un programme détaillé du Congrès international de l’enseignement devant avoir lieu à Bruxelles du 28 juillet au 4 août prochain.
- Les nps 183 et 184 (mars et avril 1935) de V Orientation professionnelle sont consacrés à la carrière judiciaire.
- Le n° 244 (mars-avril 1935) de Y Ingénieur Constructeur contient une étude sur la profession libérale d’architecte signée de P.-J. Weber. ________
- Le n° 4 (avril 1935) de IY Organizzazione Scienlifica ciel Lavoro donne une description, avec photographies, du Laboratoire Psychotechnique de l’Ecole industrielle « Leonardo da Vinci » de Florence, par le professeur L. Palma.
- Le n° 5-6 (mai-juin dernier) de Berufsberaiung und Berufsbildung contient une liste, avec tous les renseignements y relatifs, des Offices d’O. P. rattachés à l’Association suisse pour l’O. P.
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- INFORMATIONS
- Les Compagnons des professions intellectuelles ont créé, sur les directives de Mme Jacob et de Mlle J aval, un service social d’orientation pour les intellectuels (le mardi, de 16 à 18 heures, au Musée Social, 5, rue Las-Cases).
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- La C. T. I. a exposé au ministre du Travail un plan, suggéré par M. Grünebaum-Ballin, conseiller d’Etat, pour l’organisation de travaux intellectuels utiles à la collectivité, se substituant aux secours de chômage.
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- MUe Joyet-Lavergne, ancienne élève diplômée de l’I.N.O.P., a été choisie comme conseillère d’orientation à l’Office d’O. P. du XVe arrondissement.
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- Une série de conférences, dans l’année scolaire 1934-35, ont été faites par Mme L. Bourdel, secrétaire de l’I.N.O.P. : le 9 décembre 1934, devant Y Association des parents d’élèves, au Lycée Henri IV, sur l’orientation professionnelle ; le 20 mars 1935, à la Ligue des Droits de l'Homme, sur l’O. P. de l’enfant ; le 10 juin, à Bragance (Portugal), sur les tendances actuelles de la jeunesse intellectuelle française. En outre, les 1er février et 13 juin, elle a fait deux causeries par T.S.F. (P.T.T.) sur l’orientation professionnelle et sur l’orientation vers les carrières coloniales.
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- R. Meili, de l’Institut Jean-Jacques Rousseau, a publié ses « tests analytiques d’intelligence » dans les Cahiers de pédagogie expérimentale et de psychologie de l'enfant (n° 3, 1934), destinés à faire ressortir les côtés abstrait et concret, analytique et inventif. Des cahiers de ces tests sont en vente à l’Institut, à Genève (4 francs suisses les 20 et 15 francs les 100 exemplaires).
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- La 10e semaine de l’Institut des sciences de l’éducation (J.-J. Rousseau), à Genève, a lieu cette année, du 22 au 27 juillet, avec des leçons de Bovet, Piaget, Baudouin, Dottrens (aptitudes individuelles de l’écolier), Meili (types d’intelligence), A. Rey (appren-
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- tissage de l’enfant), Walther (orientation professionnelle), Alice Descoeudres (tests de langage), Rossello, Marg. Loosli-Usteri (test de Rorschach), etc ..
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- Au 8e Congrès des éducateurs d’enfants arriérés à Yvetot, a Pâques, avec une centaine de participants, une série de vœux ont été émis, dont voici le premier :
- « Que le dépistage des enfaiiLs arriérés et anormaux soit effectué aussi précocement que possible par une bonne collaboration entre parents, assistantes sociales, médecins praticiens, médecins inspecteurs des écoles, assistantes scolaires et personnel enseignant. Que dès l’école maternelle et pendant la période préscolaire, l’enfant présentant des signes d’arriération ou des troubles de caractère soit dirigé vers une consultation spécialisée. »
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- Au 2e Congrès international de la Peinture, à Paris, du 6 au 9 février 1935, la classe IX était consacrée à l’O. P. et l’apprentissage, sous la présidence de M. Fontègne, et a émis le vœu de la création d’une Chambre d’apprentissage de la peinture « qui s’occupera uniquement de l’octroi des moyens et des méthodes les plus appropriés à une formation méthodique et complète de la main-d’œuvre nécessaire, et groupera les aspirants, vendeurs et employeurs ».
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- Une Société médicale belge d’éducation physique et de sports, a été créé à Rruxelles, sous la présidence du Dr Spehl.
- Ont été nommés ou maintenus membres de la Commission supérieure des maladies professionnelles pour une période de quatre années, à compter du 25 avril 1935 : MM. Auribault, le professeur Heim de Balsac, les docteurs Duvoir, Piedelièvre et Bordas, Lambert-Ribot, de Lavergne, Leredu, Parent, Panis-sal, Fleurent.
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- Un Centre national d’Education a été fondé à Bruxelles ; la secrétaire générale est Mlle .1. Degand. Ce centre unit une Société d’études, le laboratoire de psychopédagogie du regretté Dr De-croly, dont l’esprit inspire cette fondation, et une revue Archives belges des Sciences de F Education, dont le premier numéro vient de paraître (en juillet 1935), sous F inspiration de René Jadot, dont
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- on connaît les intéressantes initiatives pédagogiques, avec comme secrétaire Mlle Jauoulle, qui publie justement une intéressante enquête poursuivie chez les écoliers d’Angleur, sur le « milieu familial ».
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- Sur rapport du Dr Dézarnaulds, Vinspection médicale des écoles dans le Loiret a été réorganisée, avec création de deux postes d’inspecteurs adjoints, à Orléans et Montargis, et d’un d’assistante scolaire formant agent de liaison entre les municipalités, les médecins, les directeurs d’école, d’une part, et les familles de l’autre.
- Dans Y Indre, la question est en suspens au Conseil général, auquel le préfet demande l’extension à tout le département (28.000 enfants) de l’inspection médicale (le tarif de la visite, discuté, allant de 4 à 10 fr. par enfant).
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- Sur rapport du Dr Desruelles, il a été institué à Besançon, ie premier jeudi de chaque mois, une consultation d'hygiène mentale infantile pour les enfants du Doubs, en attendant la création d’un institut médica-pédagogiquc et professionnel pour arriérés et anormaux.
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- La Société roumaine pour les recherches psychologiques a en-Irepris une enquête internationale sur les fiches psychopédagogiques dirigée par le professeur Radulescu Motru, président et
- M. Nestor, secrétaire général.
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- Mme Schapiro-Pollack a soutenu devant la Faculté des Lettres une thèse pour le doctorat de l’Université de Paris sous le titre Contribution à l'étude psychologique de la puberté à l’aide du test de Rorschach, qui lui a valu le titre avec mention honorable. Une partie de ses observations ont ét'é faites à la consultation de l’I.
- N. O. P.
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- Une thèse — un peu rapide — sur « les tests d’intelligence, de caractère et d’aptitude professionnelle » a été soutenue par le Dr .1. Guérin, le 2 juillet 1935, à la Faculté de Médecine de Paris, devant un jury présidé par le professeur Tanon, le nouveau membre du Conseil d’administration de l’I. N. O. P.
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- A Varsovie, la Société psychologique J. J. Jokeyko, a convoqué une conférence des psychologues scolaires polonais (séances plénières sur l’activité des cabinets de psychologie et d’O. P. de Varsovie, Cracovie, Lwow, Lodz, Lublin, Katovice, Wilno, Torun) et séances de sections (But et méthodes de la psychologie scolaire, appréciations de l’intelligence et du rendement scolaire, pédagogie et psychologie sociale, problèmes psychopédologiques et psychopathologiques).
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- M, Louis Mounier, du secrétariat général de La J. O. C. (jeunesse ouvrière chrétienne) a présenté au Congrès de V Union des secrétariats sociaux (1er et 2 juin 1935) un rapport sur l’O. P. en présence du chômage, pour en montrer toute l’importance.
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- Des « bureaux » d’O. P. ont été créés par des journaux parisiens, VIntransigeant et Paris-Soir. Dans le premier de ces journaux paraît toujours périodiquement une petite chronique de l’O. P. (confiée à M. Drabovitch).
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- Orientation intellectuelle. — Le Bureau universitaire de statistique vient de publier un plan d’action contre le chômage intellectuel, plan d’action qui envisage : la prolongation de la scolarité et la stricte application de la législation sur l’apprentissage ; l’organisation de l’orientation régionale et professionnelle dans les Facultés, les Grandes Ecoles, les Ecoles scientifiques et techniques ; La protection des titres et des diplômes ; l’intervention contre les illégaux et les empiriques ; la réglementation du travail des étrangers ; l’abaissement de l'àge pour l’exercice des professions libérales ; La réglementation des cumuls publics et privés ; la détermination précise des débouchés susceptibles d’être ouverts aux jeunes diplômés dans nos Colonies ; la révision et l’unification des conditions de recrutement dans les administrations publiques ; l’organisation immédiate de travaux exceptionnels susceptibles d’être confiés à des travailleurs intellectuels. (L. B.).
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- Programme du 1er Congrès National d’Orientation Professionnelle
- Conservatoire National des Arts et Métiers, 25-27 septembre 1935
- Séance d’ouverture sous la Présidence de M. le Ministre du Travail
- lre Commission. — Des rapports entre l’Orientation professionnelle et les Ecoles des différents degrés.
- a) L’O. P. cl l’Ecole primaire :
- I. — Comment l’Ecole primaire peut-elle préparer l’O. P. II. — Collaboration entre l'Ecole primaire et l’O. P.
- b) Communications sur l’O. P. à l’entrée et à la sortie de l’Ecole
- primaire supérieure, par M. Chaintreau, ancien surveillant général de l'Ecole Turgot.
- Communications sur l’O. P. à l’entrée et à la sortie de l’Ecole professionnelle, par M. Perronnet, professeur adjoint à l’Ecole pratique de Moulins.
- Communications sur l’O. P. à l’entrée et à la -sortie du Lycée et du Collège, par M. Perrotin, professeur au Lycée de Bordeaux.
- Président : M. Barrier, inspecteur général de l'Instruction publique.
- Rapporteur : M. Martin, directeur de l’Office départemental d’O. P. des Alpes-Maritimes.
- 2e Commission. — L’O. P. et le corps médical et scs auxiliaires. Quels services en attend l’O. P. :
- a) Pour les normaux ;
- b) Pour les déficients ;
- Président : M. Larcher, inspecteur général de l'O. P. Rapporteur : M. Pavl-Boncour, directeur de l’Institut pédagogique de Vitry-sur-Seine.
- 3e Commission, r— Rapports de l’O. P. avec les groupements professionnels :
- a) Monographies ;
- b) Besoins de la profession ;
- c) Sélection éventuelle ;
- d) Placement.
- Président : M. Picouenard, conseiller d’Etat, directeur au Ministère du Travail.
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- Rapporteurs : M. Fée, directeur de l'Office départemental d’O. P. de Seirfe-et-Marnc ; M. Réveillé, directeur de l'Office départemental d'O. P. de Seine-et-Oise.
- Rapporteur général : M. Perret, chef de l'Office régional de la main-d’œuvre du Rhône, directeur de l’Office départemental d’O. P. du Rhône.
- Rapporteur général adjoint : M. Poullaouec, chef du service d’O. P. de Nantes.
- Séance de clôture, sous la présidence de M. Luc, directeur général de l’Enseignement technique.
- Banquet, sous la présidence de M. Luc.
- Visites : Centre d’O. P., Laboratoire de psychotechnie.
- Petite exposition : Livres d’O. P., d’apprentissage, de tests, d’appareils de Laboratoire.
- La Vie de l’Institut National d’O. P.
- La septième année d’enseignement de l’I. N. O. P. s’est terminée par les examens de la session de juin.
- Il n’y eut cette année que 9 candidats admis à passer l’examen, le Conseil directeur ayant porté d’une année à deux années la scolarité nécessaire à l’inscription à l’examen.
- Sur ces 9 candidats inscrits, G ont été reçus, 1 refusé à l’écrit et 2 refusés à l’épreuve pratique. Ces candidats étaient représentés par 5 femmes et 4 hommes.
- Il y avait 7 Français cl 2 étrangers, 1 Egyptien et une Polonaise.
- Voici le nom des élèves diplômés dans l’ordre déterminé par le nombre de points obtenus : Allle Nepveu (menton bien) ; M. Lussier (mention assez bien) ; Mme Rabaud (mention assez bien) ; Mlle Lagarde ; MUo Wallon ; M. Cadastrenc.
- L’écrit comprenait 3 épreuves : 1° Epreuve de psycho-pédologie. A choisir parmi les trois sujets suivants :
- 1er sujel (AL Wallon) : « Quelle est la signification des jeux chez l’enfant? En quoi'la connaissance des jeux préférés d’un enfant à ses différents âges peut-elle intéresser 1 orienteur ? »
- 2e sujet (M. Piéron) : « Les tests ; caractéristiques d’un bon lest ».
- 3e sujet (AL Piéron) : « La dispersion des mesures ; par quels indices la1 mesure-t-on ; comment calcule-t-on ces indices et quelles sont leurs principales applications ? »
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- 2° Epreuve d’économie politique, d’organisation, de sélection ; à choisir parmi les trois sujets suivants :
- 1er sujet (M. Noyelle) : « Organisation financière et technique d’une grande entreprise. »
- 2° sujet (M. Fontègne) : « Le travail manuel, révélateur d’aptitudes ».
- 3e sujet (M. Lahy) : « Expliquez les raisons qui imposent l’emploi des données psychométriques pour que l’Orientation professionnelle ait sa pleine valeur ».
- 3° Epreuve de psychologie, psychiatrie et pathologie générale ; à choisir parmi les trois sujets suivants :
- 1er sujet (M. Laugier) : La ventilation pulmonaire ; les mesures volumétriques qui la caractérisent chez un individu ; les indications à tirer de ces mesures pour l’orientation professionnelle.
- 2e sujet (Dr Paul-Boncour) : Indications et contre-indications en cas d’hypertrophie cardiaque ».
- 3* sujet (Dr Paul-Boncour) : Vers quels métiers diriger les enfants débiles mentaux ? »
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- A la suite du Congrès d’orientation professionnelle aura lieu, à l’I. N. O. P., une semaine provinciale (une trentaine de bourses ayant été accordées) ayant un caractère d’application pratique immédiate, et dont voici le programme :
- Lundi 30 septembre (10 h. 1/2). — M. Luc : Les leçons du Congrès d’O. P.
- A 14 h. 1/2, Examen des méthodes de sélection d’orientation dans les services de chemins de fer de l’Etat, sous la direction de M. Laugier.
- A 17 h., Mme L. Bourdel : L’emploi de la documentation au service de l’I. N. O. P.
- Mardi fer octobre. — 9 h. : M. Fontègne : La pratique de l’O. P. : enquêtes, statistiques, dossiers.
- 10 h. 1/2, M. Piéron : Les examens d’intelligence et leur emploi en O. P.
- 14 h. 1/2 : Examen des méthodes de sélection employées au Chemin de fer du Nord et à la S. T. C. B. P. sous la direction de M. Lahy.
- 17 lu, M. Fontègne : Une conférence type sur le problème de l’O. P.
- Mercredi 2 octobre. — 9 h., M. Laugier : L’emploi des méthodes biotypologiquçs en O. P.
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- 10 h. 1/2, M. Foxtègne : La pratique de l’O. P. : observations à l’école, aux séances de travail manuel et de gymnastique, à l’Office d’O. P.
- 14 h. 1/2 : Examen de l’emploi des grilles d’O. P. avec applications particulières (vision, tuberculose), par M. Bonnardel.
- 17 h., M. Larcher : L’organisation administrative de l’O. P.
- Jeudi 3 octobre. — 9 h., M11® Weinberg : Le pronostic en O. P. et la vérification de sa validité.
- 10 h. 1/2, M. Fontègne : La pratique de l’O. P. Fonctionnement d'un office.
- 14 h. 1/2 : Examen du fonctionnement de la consultation d’O. P. organisée à FI. N. O. P., par M11® Biscay.
- 17 li., M. Bosier : L’orientation des intellectuels et les services de documentation.
- Vendredi 4 octobre. — 9 h., M. le Dr Paul-Boncour : Examen de cas particuliers d’orientation, en relation avec des problèmes médicaux..
- 10 h. 1/2, Mme Piéron : La méthode des examens collectifs et l’utilisation des fiches à l’école.
- 14 h. 1/2 : Examen des méthodes d’O. P. utilisées au service de la Caisse de compensation de la région parisienne, par M“® CoURTIÎIAL.
- 17 h., M. Noyei.le : Le chômage des jeunes gens.
- Samedi 5 octobre. — 10 h. 1/2, M. Luc : L’avenir de l’O. P.
- La Vie de l'Association des anciens élèves de l’I. N. 0. P.
- Réunion amicale du 15 avril
- Présents : Mlle‘ Biscay, Blanc, Brehenier, de Sarcey, Mamelle, Mme® Favre, Mourruau, MM. Baille, Mounier, Montifroy, Cour-saget, Beaume.
- Excusée : M11® Benoit-Lévi.
- M. Coursaget expose quelques idées personnelles et quelques réflexions de ses camarades actuels élèves. Il s’étonne de constater que les pouvoirs publics, municipalités notamment, sont souvent hostiles à l’idée d’O. P. Et les élèves se posent vainement la question de savoir à quoi leur donne droit le diplôme \...
- Il est demandé que la bibliothèque soit ouverte, si possible, pendant les heures de réunion amicale, c’est-à-dire pratiquement de 20 h. 30 à 22 h. 30 un jour par mois.
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- Egalement que les cours des professeurs soient dactylographiés ou tout au moins mis sous la forme de plans détailles.
- Enfin qu’il soit établi par FI. N. O. P., avec la collaboration de l’Association des anciens élèves, un statut de conseillers d’O. P. : droits et devoirs.
- Ces trois vœux ont été transmis pour étude au Comité de direction de l’Institut.
- Il a été d’autre part question d’organiser une. visite au Centre d’O. P. du Bourget, ainsi que celle d’un studio.
- Réunion du 20 mai
- La réunion primitivement fixée au 27 mai a été reportée au 29 et transformée en «apéritif offert aux nouveaux diplômés».
- Etaient présents : Mlles Biscay, Joyet- La vergue, Mamelle, Mraes Favre, Mazé, Mourruau, MM. Metge, Pivert, Beaume et quelques nouveaux «anciens élèves».
- Il fut question de l’organisation par le journal U Intransigeant d’un Centre d’O. P., initiative qui sera suivie par d’autres journaux.
- Le secrétaire écrira pour indiquer qu’il existe des élèves diplômés de l’I. N. O. P., qualifiés pour collaborer avec ces organismes, voire les diriger.
- Quoi qu’il en soit il est infiniment regrettable que J'O. P. se développe ainsi sans contrôle, et que rien ne soit fait pour l’organiser rationnellement et utiliser les anciens élèves qui désespèrent.
- Au jour où paraîtra- le Bulletin, un banquet aura réuni, avec le
- succès habituel, les anciens élèves dans le cadre enchanteur de la
- Faisanderie. _ _
- Le Secrétaire,
- C. G. Beaume.
- Un nouveau deuil frappe l’Association : Mlle Lechevalier (2e promotion) est décédée récemment. Nous avons transmis nos condoléances à sa famille, au nom de l’Association.
- La Vie des Centres d’O. P.
- A YOffice d’O. P. de la Charente, M. Mathieu a fait construire avec le Dr Trarieux un « viseur optométrique » destiné à faciliter un examen pratique et rapide de l’acuité visuelle des enfants.
- • Un verre dépoli porte une zone transparente servant à La vision d’un œil ou de l’autre suivant que l’enfant place son nez dans l’en-
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- coche d’une planchette verticale, à droite ou à gauche. Le verre est placé dan un cadre monté.
- L’appareil, sur roues, est placé à la distance convenable en bonne position, et un réglage en hauteur du cadre portant le verre est fait suivant la vision de l’enfant.
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- Les problèmes de l'Orientation professionnelle (Etudes et Documents du Bureau international du Travail, série J, n° 4). I11-80 de 194 pages, Genève, 1935. Prix : 4 francs suisses.
- Le B. I. T. a collectionné toute une série de documents concernant l’0. P. dans les différents pays, et a groupé les indications obtenues dans les chapitres suivants : Définition et histoire, Premières mesures législatives, Organisation générale, Formation des orienteurs, O. P. et Ecole, O. P. et médecins, les méthodes, Domaines particuliers d’O. P. (infirmes et anormaux, jeunesse rurale, travailleurs intellectuels), le placement, l’étude de la profession. Des annexes donnent quelques modèles de fiches, des vœux de Congrès, des résolutions, des projets. 11 y a là une très utile documentation, une sorte de fichier facile à consulter.
- II. P.
- Dr H.-Al. F ay. — L'intelligence et le caractère. Leurs anomalies chez l’enfant. —- In-16 de 35G pages. Paris, Foyer central d’hygiène, 1934. Prix, 25 francs.
- Dans ce livre, destine aux éducateurs, l’auteur donne d’utiles indications psychophysiologiques et psychopathologiques pour la compréhension des anormaux. Une première partie est consacrée à La question de l’intelligence, aux aptitudes intellectuelles, mémoire, imagination, jugement, aux rapports entre développement physique et mental, à l’influence des états physiologiques sur l’intelligence, à la mesure par lests, aux.maladies qui entraînent des troubles de l'intelligence et aux symptômes engendrés, arriération, troubles du langage, etc.
- Dans la deuxième partie sont examinées les anomalies de l’humeur, de l’émotivité et de l’activité, avec un examen particulier des anomalies de traits de caractère tels que l’avidité, la sociabilité, la bonté, et d’une série de manifestations de comportement (paresse, inattention, mensonge, etc.) ; puis le problème de la mesure
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- pour Je caractère cl la revue des maladies entraînant des modifications de l'humeur et du caractère terminent cet utile ouvrage.
- Nous signalerons particulièrement les quelques pages consacrées par l’auteur à son lest personnel d’intelligence, celui du dessin, dont est décrite la technique (après étalonnage sur environ 7.000 cas en France, l’application ayant été faite de façon très semblable au Mexique avec 20.000 observations).
- H. P.
- II. Laugier, Ed. Toulouse et D. Weinberg. — Biotypologie et aptitudes scolaires (une enquête sur un groupe d’écoliers parisiens), fascicule de la Biohjpologie (p. 145-287).
- Signalons la publication complète des résultats de cette importante enquête, où pour la première fois, une série d’individus ont été simultanément examinés à tout un ensemble de points de vue, morphologiques, physiologiques, psychologiques, pathologiques.
- Et, de ce travail monumental, qui comporte un nombre impressionnant de données numériques, se dégagent d’intéressantes corrélations, en particulier quand se trouvent comparées les caractéristiques générales de trois groupes formés parmi les écoliers, celui des bons élèves, celui des moyens et celui des cancres.
- Au point de vue du profil psychologique, les bons élèves sont en moyenne nettement supérieurs pour l'intelligence et la mémoire logique, un peu supérieurs pour d’autres tests de mémoire, mais inférieurs pour la mémoire immédiate.
- Et d’une façon générale, les meilleurs élèves marquent une infériorité assez nette dans la constitution physique.
- L’élaboration critique des résultats peut servir de modèle, et les données numériques, complètement fournies, seront précieuses comme base de comparaison, pour toutes études nouvelles.
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- Octobre 1935.
- 7e Année
- LES TESTS DE CARACTÈRE
- DANS LA PRATIQUE D'UNE CONSULTATION PSYCHO-PÉDAGOGIQUE
- ;par TSTat.laa.lie POLLACK
- Le but de cet exposé consiste à envisager le test de caractère au point de vue des services qu’il peut rendre à l’éducation. Le test de caractère nous intéresse donc dans ce travail dans la mesure où il peut prêter appui à l’éducateur dans sa tâche et où il peut faciliter la solution des problèmes éducatifs individuels qui se posent à lui. Nous avons choisi comme titre de cet exposé : « Les tests de caractère dans la pratique d’une consultation psycho-pédagogique », parce que celte position du problème nous permet de centraliser, de circonscrire, pour ainsi dire, nettement la tâche que nous nous proposons. En effet, ce n’est qu’assez rarement que l’éducateur possède une formation psychologique suffisante pour le maniement rationnel des lests ; l’application de ces derniers exige donc.l’intervention d’un psychologue praticien, ce qui se ramène en dernier lieu à une consultation psycho-pédagogique, quelle que soit sa forme.
- Nous commencerons donc par passer en revue les différents tests de caractère qui existent à l’heure actuelle. Nous envisagerons ensuite, en grandes lignes, ce qu’est une consultation psycho-pédagogique, sa forme et son but. Dans nos conclusions nous ferons un effort pour nous rendre compte jusqu’à quel point les différentes méthodes d’examen caractéro-logiques s’adaptent aux besoins d’une consultation analogue. Nous finirons par limiter et préciser le rôle des tests de caractère dans la pratique de cette dernière.
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- Parmi les tests ou plutôt parmi les moyens qui permettent de déceler le caractère d’un individu on peut distinguer deux groupes :
- D’abord ceux qui s’adressent à la personnalité totale, à l’ensemble de ses fonctions psychiques ou d’un autre point de vue, à l’ensemble de ses traits de caractère. Dans ces tests c’est le sujet et non l’expérimentateur qui opère la sélection ; car le sujet y est libre, dans une certaine mesure, de réagir à tel ou tel autre élément de l’épreuve proposée. C’est la manière dont il réagit à l’épreuve, envisagée comme un tout global, la façon dont il l’accomplit qui fournit la base au psycho-diagnostic prononcé. Dans ce groupe rentre :
- a) Les différents questionnaires, qui ont, pour la plupart leur origine en Amérique. Le questionnaire de Woodworth, par exemple, en partie aussi ceux qui étaient imaginés pour le diagnostic de l’introversion ou de l’extroversion dont nous pouvons citer, comme le plus répandu, celui de Neumann-Koblstedt.
- b) Le test de barrage de Pressey.
- c) Le test russe de « choix des images » qui sert aussi, en premier lieu, au diagnostic des tendances introversives et extroversives.
- d) Test de Rohrschach.
- Viennent ensuite les tests du second groupe qui s’adressent non à l’ensemble de la personnalité, mais aux traits de caractère isolés ou supposés isolés. La réaction à un test de ce genre, imaginé en vue du diagnostic d’un trait déterminé de caractère, permet donc de constater la présence ou l’absence du trait en question. Dans ce groupe se rangent :
- a) Les tests proposés par Decroly. Etant calqués, comme le dit l’auteur lui-même, sur les tests américains de ce genre, ils peuvent être étudiés comme les représentants de ceux-ci.
- b) Les tests mécaniques de Henning.
- c) Les tests du sens moral qui ont pour but le diagnostic du niveau moral de l’individu.
- A bon droit, on aurait pu aussi faire rentrer dans cette catégorie les expériences sur le témoignage, si elles avaient un intérêt pour le but pratique qui est notré point de départ.
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- Il serait déplacé de vouloir énumérer et décrire ici le grand nombre de questionnaires qui nous parviennent d’Amérique. Nous nous bornerons donc à décrire, à titre d’exemple, le questionnaire de Woodworth, comme un des plus répandus ; il a attiré en particulier l’intérêt de certains psychologues français : tout récemment on a essayé de l’introduire à l’Institut national de l’Orientation professionnelle ; il est appliqué à la clinique annexe de neuro-psychiatrie infantile, et il a trouvé place dans les expériences biotypologiques de Mlle Weinberg, faites en collaboration avec Mr Laugier.
- Le questionnaire de Woodwürth, élaboré en Amérique pendant la guerre pour les besoins de l’armée américaine, était étalonné sur les soldats présentant les troubles affectifs. Ce n’est qu’ensuite que Mathews l’a remanié afin de le rendre apte aux examens caractérologiques des adolescents. Ce questionnaire comporte 85 questions, ayant trait à des troubles affectifs, questions auxquelles doit répondre par un « oui » ou par un « non ». La nature du lest et son mode d’application sont tels qu’il ne peut être appliqué qu’aux enfants de l’époque prépubère ou pubère, mais pas avant. Les questions s’y suivent sans système, au hasard pour ainsi dire. La clinique annexe de neuro-psychialrie infantile qui s’en sert y a introduit certaines modifications, dont la principale a été le classement des réponses selon les tendances affectives qu’elles peuvent désigner. C’est ainsi qu’on aboutit à 8 classes de questions se rapportant à 8 groupes caractérologiques que voici :
- 1) Emotivité simple.
- 2) Tendance aux obsessions et à un état psychasthénique.
- 3) Tendances schizoides.
- 4) Tendances paranoïaques.
- 5) Tendances dépressives et hypondriaques.
- 6) Tendances impulsives et épileptiques.
- 7) Tendance à l’instabilité.
- 8) Tendances antisociales.
- Notre attitude à l’égard de ce test de même qu’à l’égard de ceux que nous citerons dans la suite, sera prise lorsque nous discuterons l’utilité que peuvent avoir ces tests dans la pratique de l’éducation.
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- Le test de barrage de Pressey comporte trois séries d’épreuves. La technique générale consiste à présenter au sujet des séries de mots se rapportant aux différentes formes de l'activité de l’enfant. Ces mots étant groupés par cinq sur une ligne, on demande au sujet de barrer sur chaque ligne certains mots selon trois consignes déterminées, qui doivent être suivies successivement :
- 1) Les mots désignant ce qui l’agace et ce qui lui cause le plus de désagrément.
- 2) Les mots désignant les actes qu’il trouve mauvais et interdits.
- 3) Les mots désignant les activités qui l’intéressent.
- Ce procédé utilise donc une certaine forme d’associations dans le but de dépister les goûts, les intérêts et les tendances affectives du sujet. Le nombre total de mots barrés indique la « note de l’affectivité ». Ensuite, à l’aide de comparaison des mots soulignés par le sujet avec ceux barrés par la moyenne du groupe, on déduit, suivant l’auteur, la « note de déviation » du sujet. D’après l’auteur, la première de ces notes donnerait la mesure de l’affectivité générale du sujet, la seconde celle de ses tendances individuelles. La Clinique annexe de neuro-psychiatrie infantile a désigné ces trois groupes des mots excitants comme « feuille de complexus » (subdivisée ensuite en complexes familiaux, religieux, scolaires, sexuels, etc), « feuille de moralité » et « feuille d’intérêt ».
- Le test russe de « choix des images » (P. Petrov « Caractère dans la profession », Psychotechnika 1931, 4-6 (en russe) se rapproche quant à son principe des « Spontanversuche » de Fritz Giese, notamment à son test de « Klappapparat ». On demande au sujet de choisir 12 photographies parmi 12 séries qui lui sont soumises, à raison d’une image par série. Celles-ci ayant le contenu et le caractère différents, le type des images choisies par le sujet permet, selon l’auteur, de le ranger dans un des deux groupes caractérologiques : intro-versif ou extroversif. C’est ainsi que le test proposé par Petrov a pour but le dépistage non d’un trait de caractère particulier, mais de l’attitude générale, surtout émotionnelle du sujet. L’auteur a pu constater que les sujets ayant tendance a choisir les images, représentant les choses, les mouvements
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- et les paysages réjouissants, de même que celles ‘ayant le caractère gai avaient les dispositions plutôt extroversives. Les sujets à tendance introversive préféraient par contre les images qui personnifiaient la tristesse, la nostalgie ou la rêverie ; parmi les paysages ils choisissaient plutôt des sombres et des mélancoliques. La validité de ce test a été vérifiée par l’auteur à l’aide de corrélations qu’il a pu constater entre ses diagnostics et le tableau clinique.
- Gomme dernier test rentrant dans ce groupe, nous avons signalé le test, des taches d’encre de Rorschach. Nous parlerons ensuite de son rôle dans une consultation pédagoque ; quant à sa description, notre thèse qui lui est consacrée, nous en dispense.
- Nous avons déjà dit que les tests rentrant dans le second des deux groupes signalés précédemment, sont caractérisés par le fait qu’ils s’adressent aux traits de caractère isolés et non à la personnalité globale. C’est ainsi que la distinction foncière qui les sépare des tests signalés tout à l’heure réside en ce qu’ils décomposent la personnalité du sujet en éléments, sans s’occuper du rôle de chaque trait étudié dans l'économie psychique de l’individu. Disons tout de suite que, selon notre opinion, cette distinction est d’une importance capitale, si l’on envisage les tests par rapport aux besoins pratiques d’une consultation pédagogique.
- Test proposé par Decroly (1). — Nous avons déjà signalé l’affirmation de Decroly suivant laquelle les tests qu’il a mis à l’épreuve seraient calqués sur les tests américains ayant pour but l’étude des particularités de caractère.
- Parmi de nombreux traits de caractère, Decroly a choisi pour l’examen, comme étant les plus spécifiques, les 6 tests suivants :
- La persévérance, la Rapidité de décision, l’Esprit de domination, la Vanité, la Prudence, l’Honnêteté.
- Selon le psychologue belge, ces traits appartenant <( ...aux faces principales du caractère... permettent déjà de s’en faire une idée plus ou moins exacte » (p. 203). Les deux premiers traits seraient rattachés à des dispositions dépendant de l’activité volontaire et de l’intelligence, et aussi de l’intensité de
- (1) « Contribution à l’étude de caractère », Journal de Psychologie, 1929.
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- tendances. Le troisième et le quatrième seraient, par contre, en rapport avec l'amour-propre, mêlé d’une certaine dose d’aggressivité, tandis que les deux derniers constituent le premier une forme de la défense passive alors que le second serait la combinaison de l’instinct social et du sentiment de la dignité individuelle. Decroly«propose une série de tests pour chaque épreuve en question, nous en citerons quelques exemples à titre d’illustration :
- Persévérance : Le test de comptage d’épingles dissimulées dans du son, le test d’attention de Toulouse et d’autres.
- Rapidité de décision : Libeller un télégramme, dont le sujet est donné.
- Vanité : Faire désigner dans une liste d’ouvrages, comportant les titres fictifs, ceux lus par le sujet.
- Honnêteté : L’épreuve, utilisée par M. May et M. Harts-horne, consistant à comparer les notes méritées par les élèves avec les cotes qu’ils s’attribuent lorsqu’on leur laisse l’occasion de se coter eux-mêmes, sans qu’ils se croient contrôlés.
- Dernièrement s’est manifestée une tendance, inaugurée par le psychologue Henning de Dantzig, à étudier le caractère au moyen des tests mécaniques. C’est dans le travail de Hans Henning (1) qu’on trouve l’exposé des principes qui se trouvent à la base de sa méthode et la façon de l’appliquer. L’idée directrice de la méthode caractérologique de Henning est « Person und Person », par laquelle, comme il le dit, il remplace celle de la psychologie traditionnelle « Person und Sache » (p. 216). D’après son idée les expériences à deux ou à plusieurs personnes (Zwei-und Mehrpersonenversuch) doivent remplacer dans les examens caractérologiques les expériences individuelles. Il utilise quatre procédés :
- 1) Les sujets sont liés comme partenaires dans une expérience.
- 2) Les sujets (deux ou plusieurs) travaillent avec un appareil, sans qu’il y ait une coopération entre eux.
- (1) « Ziele und Môglichkeiten der experimentalen Charakterprüfung » Jahrbuch der Charaktcrologie, 1929.
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- 3) Les sujets doivent réagir à l’encontre ou bien avec l’expérimentateur.
- 4) Le partenaire est imaginaire.
- Partant de l’idée qu’un trait de caractère ne peut pas être général, c’est-à-dire qu’il ne peut pas se manifester uniformément dans tous les domaines de la vie, Henning a introduit de nombreuses expériences spécifiques. 11 distingue des traits de caractère biologiques et biopsychiques par opposition avec ceux qui ont leurs racines dans la civilisation et dans la culture. Son but est d’introduire en psychologie expérimentale une sorte d’écbelle métrique du caractère qui serait comparable à l’échelle métrique de l’intelligence. Dans ce but, Henning et ses élèves ont imaginé 80 appareils divers. Chaque appareil est fort complexe, étant plutôt la combinaison de plusieurs, de façon à pouvoir être employé simultanément par plusieurs sujets, restant en dépendance réciproque les uns par rapport aux autres. L’idée de Henning est de taylo-riser l’appareil, car l’expérimentateur « ...soll seinen Kopf frei behalteri für die Beobachtung... der Haltung und Typik des Prüflings » (p. 243). Les appareils en questions permettent, suivant l’auteur, d’étudier les traits de caractère suivants : l’initiative intellectuelle et motrice, l’activité et la passivité, tolérance, camaraderie, pédanterie, insouciance, amour du travail, la fantaisie, la probité et la crainte.
- Les épreuves destinées au diagnostic du sens moral des enfants sont, d’après l’idée de leurs auteurs, une des formes des tests de caractère. Elles ont ce trait particulier qu’elles sont appelées à dépister non une fonctions psychique quelconque, comme le font les tests de l’intelligence, non plus un trait de caractère isolé, mais le niveau moral d’un individu. On pourrait donc dire qu’elles s’adressent plus que les autres aux éléments acquis plutôt qu’aux dispositions ou qualités naturelles et innées de la personnalité. Les tests moraux, si l’on peut s’exprimer ainsi, datent d’une époque antérieure à celle qui a donné jour aux lests de caractère proprement dits. Sander (1) cite parmi d’autres le test de ce genre imaginé par Monroe en 1899, c’est à dire à 1 aube de la méthode des tests
- (1) (( Die experimentelle Gesinnungsprüfung » Ztschr. {. angew. Psycli., 1920.
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- en général. Les tests moraux, relativement nombreux, peuvent être groupés suivant les méthodes employées :
- 1) La méthode de définition, inaugurée par Binet. Elle consiste en ce qu’on propose au sujet :
- a) De définir les concepts abstraits à tendance morale ;
- b) De comparer entre eux ces derniers (Par exemple la définition de la différence entre la haine et l’envie, l’avarice et l’esprit d’économie, le mensonge et le fait de se tromper, etc.) ;
- c) De définir une qualité morale qui se manifeste dans un exemple concret.
- L’inconvénient de ce procédé réside dans le fait qu’on court le risque de diagnostique!' l’intelligence tout en visant le sens moral. Nous voyons, en effet, que Binet leur réservé une placé dans son échelle métrique de l’intelligence
- 2) Un autre procédé, fréquemment employé, consiste dans la présentation au sujet d’un conflit moral hypothétique à l’égard duquel il doit prendre position (On s’est servi volontiers de l’argent trouvé dans la rue). C’est le procédé employé d’abord par Monroe, ensuite par Kraepein et Ziehen.
- 3) Neumann et Cimbal ont mis à l’épreuve la compréhension des règles et des prescriptions morales. Les sujets étaient invités à répondre aux questions telles que : doit-on mentir ? Doit-on voler? Pourquoi? Quels devoirs a-t-on à l’égard des parents ?
- Il nous semble que celle méthode a deux grands inconvénients : tout d’abord, on court le risque d’obtenir la réponse empruntée, toute faite aux leçons de morale reçues à l’école et à celles préconisées par des parents ; rien ne garantit qu’elles traduisent vraiment l’état d’esprit de l’enfant. D’autre part, ces questions, on serait plutôt tenté de dire ces problèmes philosophiques, nous paraissent dans cette forme trop complexes pour l’esprit de l’enfant.
- 4) Ziehen et Terman se sont servis dans le même but des contes et des fables. Il s’agissait de tirer la morale d’un conte, de trouver la leçon de la fable proposée.
- On est obligé d’adresser à ce procédé la même objection qu’aux précédents : il s’agit donc dans tous ces cas de la
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- compréhension, c'est-à-dire d'une fonction intellectuelle et non du sentiment moral. C’est ainsi qu’on arrive aux paradoxes, semblables à celui qui est cité dans l’article de Mile Gourthial et de ses collaborateurs (1). Un garçon retenu à la clinique pour plusieurs vols sérieux affirme que le vol est le seul délit qu’il n’aurait jamais commis. (Signalons, tout en le regrettant, que cet exemple n’est pas cité en tant qu’un paradoxe, mais comme le résultat pris au sérieux de l’examen du sens éthique !)
- 5) Signalons en dernier lieu la méthode, dite de Fernald, introduite par ce dernier en 1912. La tâche du sujet consiste à ranger, suivant l’ordre de gravité dix délits et dix qualités morales. Le sujet est aussi invité à motiver l’ordre établi par lui. Fernald a étalonné son test sur les sujets moralement sains, afin d’avoir une base de comparaison lors de son application aux jeunes criminels. Le médecin berlinois Jakobson a modifié la méthode primitive en éliminant complètement les qualités morales et ne laissant que sept délits au lieu de dix.
- Martha Moeurs (2) dont l’article nous a renseigné sur la dite méthode, l’utilise comme l’épreuve de la compréhension des concepts moraux et non comme celle du sentiment moral.
- Elle a pu constater une forte corrélation entre 1 'appréciation du niveau intellectuel des élèves donnée par le professeur et les résultats du test. Elle rapporte aussi la conclusion à laquelle est arrivé Quafasf.l qui a contrôlé ce test : « ein Einfluss des morahschen Fühlens bei der Lôsung des J ests war nicht festzustellen », c’est le sens critique et non le sens moral qu’on examine, dit cet auteur. D’autre pari. P/Bovet et Alice Descoeudres ont trouvé que même l’appréciation de six délits seulement par les adultes normaux étaient à tel point dispersée qu’elle ne peut aucunement être envisagée comme base de comparaison.
- M. Zillig a publié une étude expérimentale sur le mensonge chez l’enfant dont nous empruntons la description des tests qu’elle a employée dans ce but. Zillig définit le mensonge
- (1) « Test de caractères en neuropsychiatrie infantile » Annales Médico-Psycholoyiques, juillet 1934.
- (2) « Zur Prüfung des sittlichen Verstândnisses Jugendlicher », Ztschr. f. anç/ew. Psych., 1930.
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- comme suit : « Lüge nenne ich die bewusst auf Tàuschung anderer abzielende Aussage » (1). Cet auteur est parti de la distinction entre trois formes du mensonge, formes provoquées par trois groupes de motifs : l’ambition, la crainte et le désir de se vanter (Reoommiersucht).
- 1) La première expérience consistait à donner à l’enfant la possibilité de fausser, dans le but de l’améliorer, le résultat réel de son travail. Elle avait la forme d’une leçon de calcul : les enfants étaient invités de faire mentalement les calculs dictés par l’expérimentateur avec une rapidité excessive ; ensuite ils devaient répondre s’ils ont pu ou non résoudre les problèmes. La rapidité avec laquelle le calcul a dû être effectué était telle que seulement les enfants exceptionnellement doués pouvaient l’accomplir. (Seulement 5 % des enfants ont renoncé au mensonge possible, 50 % ont menti autant que cela leur était possible.)
- 2) La seconde expérience donnait à l’enfant la possibilité de se taire sur un certain nombre de ses petits délits : les enfants pouvaient emporter pour un jour chez eux une pochette remplie de certaines choses, pouvant les intéresser (bonbons, images, timbres). On leur disait qu’ils pouvaient jouer chez eux avec les objets donnés à condition qu’ils rapportent le lendemain tout en ordre. Le numéro, placé invisiblement sur la pochette, permettait de vérifier l’état dans lequel chaque enfant rapportait la sienne. En plus, l’enfant était invité de décrire lui-même le contenu de sa pochette et 1 état des choses qui s’y trouvaient en indiquant s’il avait oublié de rapporter certaines (8 % des enfants avouent les dégâts qu’ils ont fait subir aux objets reçus, un tiers rapporte des objets intacts).
- 3) Le but de cette expérience consiste à inciter les enfants à se vanter. Ils devaient répondre par écrit aux questions que voici : Combien de livres possèdes-tu ? Ton papa etait-il déjà allé en Amérique, en Espagne, en Haarlem ? Combien de paires de chaussures possèdes-tu ? Combien de grandes bouteilles d’eau-de-cologne utilisa ta maman par semaine ? etc.
- (1) Ztschr. /. Psych., v. 114, 1930, p. 11. « Experimentale IJntersuchimgen über die Kinderlüge ».
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- (50 % des enfants ne se permettent pas des exagérations importantes.)
- Ces expériences nous paraissent très intéressantes par le fait qu’on peut les rendre très proches de la réalité et que Ventant ne se doute pas du fait qu’il est examiné.
- Ayant passé en revue les procédés d’examen du sens moral, nous sommes obligés de conclure qu’à l’heure actuelle nous possédons un grand nombre de tests du jugement moral mais aucun qui s’adresserait au sentiment moral. Le test de Zillig nous paraît être le seul qui reste fidèle à son but. (A suivre.)
- UN LABORATOIRE TYPE DE PSYCHOLOGIE EXPÉRIMENTALE
- par
- MARCEL FRANÇOIS
- Les différents types de laboratoires de psychologie, dont nous avons donné la description dans de précédents articles (1) représentaient des organisations destinées à l’application de la psychologie dans le domaine de l’O. P. Il nous paraît intéressant maintenant pour clore cette série d’études de rechercher quelle devrait être l’installation d’un laboratoire placé par exemple dans un institut central, chargé de coordonner le travail d’un assez grand nombre d’offices et de fournir à ceux-ci des directives techniques, des modèles, des prototypes d’expérience et des étalonnages. C’est à ce point de vue que nous consacrerons nos deux derniers articles qui présenteront donc des types d’installations destinées à la recherche, voire à l’enseignement (la formation technique des orienteurs étant éminemment souhaitable) plutôt qu’à l’application effective, restant entendu que qui peut le plus peut le moins, et que toutes les expériences et mesures prévues dans les précédents projets restent réalisables dans les deux modèles que nous allons proposer.
- Projet n° VIII. — Ce premier type de laboratoire central demanderait pour sa réalisation 75.000 francs. 11 comporte tous les appareils que nous avons décrits dans les précédents projets VI et VII, avec un certain nombre d’additions et quelques remplacements que nous allons indiquer.
- (1) Voir ce Bulletin, 1935, nos 1-2, 3-4, 5-6 et 7, p. 10-14, 41-45, 74-79 et 113-116.
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- Mesure des sensations. —- Dans le domaine de. la vision on remplacera l’échelle d’acuité murale ordinaire par l’échelle électrique de chez Giroux (N° 430 c.) permettant des mesures plus étendues, au point de vue de l’astigmatisme en particulier, et ayant l’avantage de ne pas présenter en même temps tous les tests, ce qui évite un certain nombre de fraudes possibles (Prix 600 francs). Le périmètre de Landolt sera remplacé par celui de Mac Hardy avec curseur électrique du DT Bailliart permettant de dresser beaucoup plus rapidement et automatiquement une carte complète du champ. (N° 341 de chez Giroux à 1.500 francs avec 1.000 feuilles d’enregistrement à 120 francs.) Enfin, il faut, dans un laboratoire de cet ordre, prévoir l’emploi de la méthode des disques tournants pour l’étude des seuils différentiels, à la clarté, la nuance et la saturation, et l’étude des différentes lois visuelles, comme celle de Talbot, la démonstration des couleurs subjectives de Benham, le contrôle des lois générales des sensations de Fechner-Weber, etc.
- Il faut prévoir une table solide portant les deux porte-disques, un moteur électrique assez puissant (1/5 HP environ) un rhéostat de réglage et diverses transmissions, le tout pouvant être réalisé pour 3.000 francs, les détails de l’installation comme la construction des différents disques étant laissés au gré de l’organisateur. Bappelons cependant que seule la maison Zimmermann à Leipzig fournit des papiers colorés qui soient réellement satisfaisants, c’est-à-dire réalisant des couleurs vraiment pures. Dans le domaine de l’audition, il sera bon de posséder un jeu de cylindres de Kônig (Maison Stoelting n° 14.269 à 1.938 francs) pour la détermination rapide des limites supérieures de l’audition en fonction du nombre des vibrations émises. Enfin il faudra prévoir -des mesures dans deux domaines que nous avons laissés intentionnellement de côté jusqu’à présent : le goût et l’olfaction ; pour le premier on se procurera le « Guêusiesthésimètre » de Toulouse et Vaschide (N° 4.362 de chez Boulitte à 850 francs), pour le second l’olfacto-mètre double de Zwaardemaker (N° 15.013 de chez Stoelting à 1.700 francs environ) (1). Les mesures -dans ces deux domaines sont délicates et longues, et les appareils que nous indiquons ne représentent pas le dernier mot de la technique. Ils permettront cependant de déceler des anomalies et de déterminer dans les cas spéciaux où cela serait utile la finesse sensorielle avec une exactitude suffisante.
- (1) Les prix que nous indiquons pour les appareils américains sont calculés sur la base du dollar à 17 francs, et sont donc susceptibles de variations. Il faut leur ajouter les droits de douanes (25 ”/„ au moins ad valorem) pour les organismes ne possédant pas la franchise douanière.
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- Perception. — On a prévu dans les projets VI-VII l’achat du stéréo-esthésiinètre de Piéron. Cet .appareil ne permet l’étude, de la perception que sous son aspect dynamique. Il faudra compléter sur ce point l’appareillage en lui adjoignant le Stéréoesthésimètre statique du même auteur (N° 4.350 de chez Boulitte à 800 francs).
- Motricité. — A côté de l’ergographe que l’on conservera, on pourra prévoir le dynamographe de Ch. Henry (2.300 francs) que nous avons indiqué dans un précédent devis. L’étude des réflexes, au moins celle du réflexe rotulien pourra être faite, avec précision par l’emploi du petit réflexomètre de Toulouse et Piéron (N° 4.238 de chez Boulitte à 290 francs). Ce petit appareil ne permet que l’étude de l’intensité du réflexe en fonction de la valeur de l’excitation, et la mesure de son seuil absolu, sans donnée sur le temps de latence du réflexe, ni possibilité d’enregistrement graphique. 11 nous semble cependant suffisant car les indications qu’il permet de recueillir corespondent aux questions principales que l’on peut avoir à résoudre dans la pratique courante.
- Dans le domaine des phénomènes physiologiques accompagnant les phénomènes psychiques, il faudra compléter l’appareillage indiqué déjà par un petit pléthysmogruphe, n’intéressant que la circulation capillaire du doigt (N° 3.557 de chez Boulitte à 50 fr.) st surtout par un Sphymographe chronométrique (N° 3.538 de chez Boulitte à 1631 francs, accessoires compris). Celui que nous indiquons donne des tracés d’une netteté remarquable et a Davantage de pouvoir être laissé en place très longtemps sans incommoder le sujet le moins du monde.
- Appareils généraux. — A l’amélioration des appareils d’enregistrement, sera consacrée une part importante de la différence de crédit que représente ce Laboratoire sur les précédents. Pour la méthode graphique ordinaire (sur papier enfumé) on choisira les appareils suivants : (de la maison Boulit'te) :
- Enregistreur électrique universel n° 13 .................. 6.600 »
- Accessoires :
- Table................................................. 980 »
- Chariot. ............................................ 1.500 »
- 1 cylindre 30 x 30..................................... 780 »
- 100 feuilles 20 x 50. ................................. 145 »
- 100 feuilles 30 x 30 .................................. 145 »
- Cuvette................................................. 48 »
- 12 rats de cave......................................... 24 »
- 1 litre de vernis spécial.. <........................... 35 »
- Total............... 10.257 »
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- Remarquons que pour un appareillage infiniment plus pratique et perfectionné, nous ne dépassons que’ de 3.593 francs le crédit consacré à ce même chapitre dans le précédent projet.
- Cependant La méthode au noir de fumée, si perfectionnée soit-elle présente des inconvénients dont le plus grave est que la transmission et surtout l’inscription sur le cylindre, si légers que puissent être les organes inscripteurs absorbe une part importante de l’énergie engendrée par les phénomènes que l’on étudie, et cela au point de déformer les tracés et même quelquefois de les supprimer complètement. La méthode photographique présente l’énorme avantage de ne nécessiter aucune énergie puisqu’elle supprime tout contact entre la surface réceptrice et l’appareil ins-cripteur, l’enregistrement étant assuré par la photographie de l’ombre de l’appareil inscripteur et des déplacements de cette ombre. Elle présente l’inconvénient d’être plus coûteuse et de nécessiter des manipulations supplémentaires (développement et fixation des papiers sensibles). Nous croyons que, dans un Laboratoire complet, on doit pouvoir recourir à cette méthode dans les cas où son emploi présentera pour une raison quelconque un avantage sérieux sur le procédé habituel. On la réalisera par l’emploi du Polygraphe optique de Lutembacher, permettant l’enregistrement simultané de trois tracés, ce qui est amplement suffisant (N° 3.555 de chez Boulitle à 5.200 francs).
- En prévoyant que 2.000 francs doivent être Laissés disponibles pour l’accroissement du matériel : tables, armoires, accumulateurs et accessoires divers, nous arrivons à absorber entiè-tement les 25.000 francs de crédit supplémentaire que ce projet comporte par rapport au n° VII.
- Un point resterait à étudier, pour un laboratoire de cette importance, La disposition des lieux et l’installation spéciale des diverses pièces. Nous fournirons à ce sujet des indications dans le prochain article, qui seront directement applicables au présent devis.
- NOTES ET DOCUMENTS
- Etude sur la latéralité manuelle
- D’une étude comparative sur l’habileté des deux mains, faite en Amérique, par W. N. Durost (The development of a battery of objective group tests of manual laterality, with the results of their application to 1300 children, Genetic Psychology Monographs,
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- XVI, 4, 1934) ressort très nettement l’impossibilité d’établir un classement simple entre Droitiers, Gauchers et Ambidextres.
- Un individu peut appartenir à l’une ou l’autre de ces trois catégories, suivant l’opération considérée ; aussi, il est indispensable, lorsqu’on établit une telle différenciation de préciser les conditions dans lesquelles elle a été déterminée, d’indiquer quand et comment une personne a manifesté l’une des tendances.
- Tout d’abord, il n’y a pas similitude entre la préférence (emploi plus fréquent d’une main) et la prédominance (supériorité de rendement). Les questionnaires adressés à un groupe important de sujets ont révélé des contradictions nombreuses entre ces deux points. La main utilisée habituellement dans les activités courantes : écriture, lancement de balles, brossage des dents, etc., n’est pas forcément celle qui fournit les meilleurs résultats dans des travaux particuliers.
- D’autre part, la prédominance manuelle varie suivant la nature des exercices ; suivant qu’ils exigent de la force et mettent en jeu des groupes de muscles importants, ou qu’un travail délicat nécessite une fine discrimination, on peut observer l’indifférence (ambi-dextrie) ou la supériorité de l’une ou l’autre main.
- La conclusion qui découle directement, au point de vue de l’O. P., est la nécessité d’examiner soigneusement ce caractère, en tenant compte du type d’effort qui sera exigé dans le métier prévu.
- Dans son travail expérimental, l’auteur s’est préoccupé d’étudier un certain nombre d’épreuves d’habileté susceptibles de déceler cette tendance à une spécialisation ; ces tests de type courant, ont été sélectionnés en raison de leur constance élevée et de leur valeur de différenciation. Dans les trois épreuves retenues, les résultats sont demeurés stables au cours des différents essais (r : 0,78 à 0,90) et ils se sont échelonnés sur une marge assez importante pour qu’il soit possible d’observer des degrés dans les réussites et de classer facilement les sujets. Ces tests sont :
- 1° une épreuve de pointage, dans laquelle il s’agit de frapper le centre de cibles (60) avec une tige de bois ; un nœud serré autour du poignet rend obligatoire le travail des muscles du coude, du bras et de l’épaule ;
- 2° une épreuve de tapping, faisant intervenir la rapidité et la précision du mouvement ; le sujet doit piquer avec la pointe d’une épingle le centre de petits cercles ;
- 3° une épreuve de stabilité. Divers exercices sont groupés dans cette catégorie : tracé d’un trait au crayon, entre des cercles concentriques de plus en plus rapprochés, ou entre des droites con-
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- vergentes, la difficulté réside dans l’interdiction de toucher les lignes du dessin.
- Cependant que dans le premier type d’exercices, un grand nombre de sujets se montraient ambidextres — en ce sens que le travail des deux mains était d’égale valeur — au contraire, pour les épreuves nécessitant une plus grande précision, on notait une prédominance, d’autant plus nette, en général, que le résultat était meilleur.
- Le degré de prédominance est exprimé par la différence entre la réussite des deux mains et calculé suivant la formule :
- Droite — Gauche i . • . , , . i „•
- -----------------(ou 1 indice est compris entre +1 et —1, sui-
- Droite + Gauche \
- vant que la main droite ou la main gauche est supérieure. Cet indice varie donc, pour l’ensemble des sujets, dans le même sens que le résultat de la main avantagée. Il semble qu’un haut niveau de spécialisation soit favorable à la réussite. L’âge agit d’ailleurs dans cette direction, les sujets vieux ont montré, dans ce cas, une orientation plus marquée que les jeunes.
- Les changements dans la prédominance sont rares et paraissent indépendants de l’âge, niais directement en rapport avec le type d’épreuves.
- Dans ce travail, où tous les niveaux de spécialisation ont été représentés parmi les 1.300 sujets examinés, on a considéré comme nettement orientés ceux dont les résultats sont situés au delà de l’erreur probable des valeurs ;• de cette manière, on a obtenu 5 à d 7» de gauchers, pour la totalité des épreuves ; c’est-à-dire une faible minorité. Aussi, le calcul de l’indice de corrélation entre Gaucherie-Dextralité et niveau intellectuel, qui exprime une légère supériorité des droitiers, est peu significatif. Il en est de même pour la réussite scolaire. J. M.
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- Les « Profils » de goûts professionnels
- Utilisant un questionnaire construit sur le type de celui de Strong, employé aux Etats-Unis, LI. Laugier, avec la collaboration de P. Grawitz et de Mlle Weinberg, a fait une très intéressante enquête sur les goûts et les désirs professionnels de 99 enfants parisiens (78 élèves d’une école communale ayant 10 à 14 ans, et 21 apprentis mécaniciens, de 13 ans | à 16 ans |), enquête qui représente un travail du Laboratoire de Physiologie du Travail du Conservatoire
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- VM£pH
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- des arts et métiers et du Service des recherches physiologiques de
- ri. n. o. p. (i).
- Le questionnaire établi (et reproduit in extenso dans le travail) énumère des jeux, des distractions du dimanche, des activités de bricolage, des préférences professionnelles générales, des métiers,
- etc...
- L’appréciation manifestant les goûts comporte 5 réponses indiquées (la réponse choisie étant soulignée) : Pas du tout. — Non. — Assez. — Beaucoup. Et une traduction numérique a été faite de ces diverses réponses ; d’intéressants profils de goûts professionnels ont pu être ainsi établis, en utilisant les réponses concernant les métiers (Cf. figures jointes) et des données ont été fournies sur certaines parentés d’intérêts.
- Cours supérieure Apprentie mécaniciens
- N - 62 N - 1?
- qualifié;
- Horloger
- Bâtiment J Peintre en bâtiment
- Entrepreneur
- Chauffeur de taxi
- -d°- de voit, de maître
- Transport/ Conducteur d'autobus---------
- Méoanicien de locomotive — —
- Boulanger
- Hôtel-
- Gérant d'hôtel-------
- Garçon de restaurant
- Vendeur de grand magasin ----
- _d°- dans 1'alimentation --d°- dans une librairie --d°- en bijouterie - ------
- en quincaillerii
- Employé de maison de commerce
- de banque — de ministère des postes —
- Employéi
- Caissier comptable
- Jardinier fleuriste —
- Fermier
- Agents < Agent de poli»
- Garde républicain
- Figure 1.
- Profils des goùls professionnels des élèves des cours supérieurs (à gauche) et des apprentis mécaniciens (à droite).
- Sans prétendre donner une idée adéquate des premiers résultats-
- (1) Une enquête sur les goûts Technique cl quelques résultats.
- des écoliers et leurs désirs professionnels. Biotypologie, III, I, 1935, p. 8-1G.
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- aSÉl
- do cet important travail, nous citerons du moins les conclusions des auteurs :
- « En résumé, en ce qui concerne les jeux et distractions, les enfants des cours supérieurs que nous avons examinés semblent surtout préférer les jeux et spectacles sportifs. *
- « En ce qui concerne les métiers, certains, comme la mécanique, jouissent d’une faveur générale, alors que d’autres tels que, notamment les métiers de couvreur, tailleur, cordonnier, maçon, peintré en bâtiment, sont presque toujours refusés.
- Bons élèves
- Métiers
- manuels
- qualifiés
- Bâtiment
- Tailleur
- Cordonnier------—---------
- Menuisier Ebéniste Serrurier Electricien
- Horloger —---------------—
- Mécanicien
- Maçon - — —
- Couvreur —--------
- Peintre en bâtiment Métreur
- Entrepreneur______
- Xîiauffeur de taxi
- -d*- de voit, de maître Transport/Conducteur d'autobus
- Mécanicien de locomotive .Aiguilleur
- Alimen-
- tation
- Hôtel-
- lerie
- Emp1oyé s
- Agents
- Mauvais elèves
- K - 10
- Boulanger Boucher —
- Epicier -Pâtissier -Cuisinier-Gérant d'hôtel Garçon de restaurant — — — Portier
- Représentant------- — — —
- Vendeur de grand magasin — Vendeur dans l'alimentation Vendeur dans une librairie Vendeur en bijouterie Vendeur an quincaillerie
- Employé de maison de a
- -d*- banque , -d*- ministère -d'- postes -Caissier comptable — —
- Horticulteur Jardinier fleuriste
- Fermier_____
- Garde forestier — —
- Agent de police Garda républicain Batelier Marin CoLon
- Instituteur
- Figure 2.
- .Profils des goûts professionnels des premiers (à gauche) et des derniers (à droite) dans les deux classes des cours supérieurs.
- « Les profils des goûts professionnels offrent entre certains groupes de sujets des différences caractéristiques : ceux qui choisissent le métier de cultivateur semblent avoir des goûts plus spécialisés et refusent la plupart des autres métiers proposés ; ceux,
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- -au contraire, qui choisissent un métier de vente présentent des goûts assez variés et assez différenciés.
- « D’autre part, les meilleurs élèves de la classe déclarent aimer entreprendre un très grand nombre de professions différentes, alors que les derniers élèves, au contraire, manifestent une certaine répulsion pour la plupart des métiers. »
- • *
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- L’Influence comparative de l’hérédité et du milieu abordée par la
- comparaison des enfants adoptifs et des enfants de même sang
- On sait que la comparaison de groupes d’enfants avec leurs parents, avec leurs frères et soeurs, avec leurs cousins germains, ou celle de couples de jumeaux monozygotes, au point de vue des niveaux d’intelligence, donne des indices de corrélation, de parenté, à peu près identiques à ceux que donne la comparaison des tailles et scnsiblëment conforme aux prévisions théoriques fondées sur les lois générales de l’hérédité. Mais on doit bien penser qu’à côté de l’action des transmissions héréditaires, il y a une influence du milieu qui s’exerce aussi sur le développement mental.
- Un travail d’Alice M. Leahy (1) apporte à cet égard d’utiles et intéressantes données fondées sur un examen comparatif des relations de quotients intellectuels de parents avec leurs enfants par le sang, et aussi avec des enfants adoptifs, possédant la communauté du milieu, en l’absence des liens du sang.
- En employant le lest d’Olis, on trouve chez les enfants par le sang un indice de corrélation de 0,51 avec le père ou avec la mère (175 et 191 cas), et chez les enfants adoptifs, un indice de 0,15 avec le père et de 0,20 avec la mère (178 et 186 cas).
- Etant donnée la signification de ces indices de corrélation, il apparaît que, pour le niveau d’intelligence, l’action des facteurs de milieu ne représenterait pas, dans l’ensemble des causes de variation, plus de 4 °/0.
- L’action de l’hérédité est beaucoup plus forte, tandis que, pour certains autres traits de personnalité, l’action du milieu a paru à l’auteur jouer un plus grand rôle que celle des transmissions héréditaires.
- Mais on aimerait voir de telles recherches poursuivies avec des tests analytiques d’intelligence, renseignant de façon plus précise sur la personnalité intellectuelle. H. P.
- (1) Nature-Nurlure and intelligence Genetic Psychology Monograplis, XVII, 4, 1935, p. 237-308.
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- Acuité visuelle et efficience oculaire
- L’obligation de chiffrer, p,ar exemple, à la suite d’,accidents du travail, les diminutions de capacité qu’entraîne une atteinte oculaire ont conduit à des essais d’évaluation de telles diminutions en fonction des baisses d’acuité, facilement mesurables. Pour cer-taines formes d’activité, les diminutions légères d’acuité n’ont que très peu d’importance, et il existe un point critique au-dessous duquel les baisses nouvelles entraînent au contraire des incapacités qui deviennent rapidement totales. Mais les évaluations restent grossières en tant que pour certaines professions, celle d’horloger ou même de typographe par exemple, les baisses légères d’acuité diminuent déjà le rendement de façon notable. Il faudrait donc donner des tables de traduction de l’acuité en efficience pour des professions déterminées, ce que l’on n’a jamais fait.
- On doit se contenter actuellement des tables générales, qui ne sont pas toutes en plein accord.
- Une nouvelle table vient d’être donnée par James E. Lcben-sohn (1).
- Nous la donnons ici, en abrégé, et en traduisant la. notation d’acuité d’après Sncllen en une notation plus simple, l’efficience étant indiquée en valeurs relatives.
- Acuité. Efficience,
- 1 100
- 0,80 95,6
- 0,66 91,4
- 0,50 83,6
- 0,40 76,5
- 0,33 69,9
- 0,25 58,5
- 0,20 48,9
- 0,166 40,9
- 0,125 28,6
- 0,100 20,0
- 0.070 11,7
- 0,066 8,2
- 0,050 3,3
- 0,040 1,1
- 0,025 0,1
- (lj FacterS' in détermination and interprétation of visual acuily. Arcli. o[ ophtcilinology X, 1933, p. 103.
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- L’efficience ne diminuerait donc que de 16,4 °/0 quand l’acuité diminue de 50 0jo, et devient la moitié de la normale ; mais elle diminue déjà de 80 % quand l’acuité est réduite à un dixième, et d’environ 99 °/„ quand l’acuité n’atteint plus que les quatre centièmes ou un vingt-cinquième de la normale ; à partir de ce niveau d’acuité, l’efficience est pratiquement nulle, réduite à un millième quand l’acuité n’est plus que d’un quarantième.
- Si l’on se rapporte aux tables de Paneton qui envisagent le fonctionnement des deux yeux et que nous avons déjà reproduites (Cf. Bulletin de VI. N. O. P., 4e an., 1932, p. 14), en supposant qu’un seul œil fonctionne (ce qui réduirait l’efficience générale de 20 "/«) et en partant d’une efficience égale à 100 (80 en réalité) pour une acuité normale de cet œil, l’efficience resterait pratiquement totale, soit de 100, encore avec une acuité de 0,8 (au lieu de 95,6 d’après Lehensohn), elle passerait à 83,8 pour une acuité de \ (ce qui coïncide avec les 83,6 de Lehensohn), à 75 pour une acuité de 0,4 (au lieu de 76,5), à 43,7 pour une acuité de 0,2 (au lieu de 48,9), à 18,7 pour une acuité de 0,1 (au lieu de 20), à 0 pour une acuité de 0,03.
- Dans l’ensemble, il y a un accord notable entre les deux évaluations. H. P.
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- La stabilité des choix professionnels des étudiants
- En 1927, Strong a fait remplir son questionnaire, son « test d’intérêt professionnel » à tous les étudiants « seniors » devant quitter l’Université Stanford ; en 1932, il a pu le faire remplir à nouveau par 223 de ceux-ci, et connaître les professions réellement embrassées, et les changements de profession subis pendant les cinq premières années de vie sociale (1).
- La permanence des intérêts est notable, car entre les deux épreuves l’indice de corrélation brut est de 0,75, et l’indice corrigé (en tenant compte de l’indice de fidélité établi par Strong, soit 0,89) atteint 0,84. En ce qui concerne le choix, 106 sur 233 (47,6 °/0) ont bien réellement embrassé la profession qu’ils avaient déclarée choisir et s’y sont tenus.
- L’analyse de divers cas individuels montre que lés changements sont le plus souvent dus à des actions de circonstance ; certains, obligés de choisir une profession autre que celle qu’ils désiraient, plus propre à leur permettre de gagner immédiatement leur vie,
- (1) Prédictive value of the vocational interest test. Journal of educcitional Psychology, XXVI, 5, p. 331-349.
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- en viennent ultérieurement à embrasser La carrière qu’ils désiraient ; d’autres sont obligés d’abandonner la profession de leur goût parce qu’ils ne réussissent pas, et d’en embrasser un autre. Mais, en somme, les intérêts et les goûts qui se manifestent à la lin des études universitaires sont bien réellement stables.
- H. P.
- A travers les Revues
- Le n° 11 (15 avril dernier) de Reichsarbeitsblait contient une importante partie consacrée aux questions de la sécurité du travail. A signaler, tout particulièrement, un article de R. Ernst sur les accidents et leur prévention, dans les constructions télégraphiques, et dans le n° 14 un article signé J. Winter, sur les gaz asphyxiants dans le travail sur navires. Le n° 17 (15 juin) comporte une partie consacrée à la protection du travail.
- Dans le n° 27 (mars 1935) de Revisla de Organizaciôn Cienti-fica, J. Mallart publie un article sur l’organisation scientifique du travail domestique et A. Melian une longue étude sur le daltonisme. ________
- Ariane donne, dans son numéro de juin, quelques renseignements sur les carrières du cinéma et de la photographie.
- L’Artisanal en Alsaee. —- Sous ce titre, IL Se y publie dans le n° 22 du 31 mai dernier, de la Gazette des Métiers, un compte rendu des résultats du premier recensement artisanal de La Chambre des Métiers d’Alsace de mars 1934.
- Le n° 7 (avril 1935 du Bulletin des Offices d'O. P. donne une monographie professionnelle de l’ouvrier tourneur sur métaux, de même que des renseignements sur les ateliers-écoles des métiers féminins de la Chambre de Commerce de Paris et sur les examens et concours devant avoir lieu à la (in de l’année scolaire en cours. ________
- On trouvera dans le n° 6 (janvier 1935) du Bulletin des Offices d’orientation professionnelle des renseignements sur les industries
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- du livre, sur les écoles de vendeurs de la Chambre de Commerce de Paris de même qu’une courte monographie du comptable.
- Dans le n° 7 (janvier 1935) de V Information Professionnelle, M. Fontégne publie un article sur l’enseignement professionnel en Allemagne. ________
- On trouvera dans le n° 62 (novembre-décembre 1934) de Y Apprentissage et VO. P. les résultats d’une enquête sur le chômage des adolescents dans le département de la Seine, quelques renseignements sur l’Ecole de tonnellerie de Paris et une liste des offices cl’O. P. de la région parisienne.
- La Ligue d’étude et de réforme du statut de l’Enfance délinquante édite, depuis mars dernier, un bulletin d’information intitulé : Pour VEnfance coupable.
- Le n° 3 (mars 1935) du Bulletin de VInstitut d’éducation physique de l’Université de Besançon est consacré au problème de la surveillance de l’enfance psychologiquement anormale. On y trouvera l’exposé du Dr Duvernoy fait à ce propos à une réunion organisée en vue de la création d’une oeuvre prophylactique dans le département du Doubs. ________________
- L. L. et Th.-G. Thurstone publient dans le n° 2 du tome XVI (avril 1935) de The Educational Record un compte rendu détaillé des examens psychologiques auxquels ont été soumis, en 1934, 52.435 étudiants de 210 collèges et universités américains. On y trouvera des normes (exprimées en médians et quartiles) pour le test d’intelligence, de même que des tableaux de fréquence des centiles correspondants, des médians et des quartiles pour les lests séparés suivants : de complètement, d’arithmétique, de langue artificielle, d’analogies et de contraires.
- Nous relevons dans le n° 4 du tome VIII (1934) de Psychotech-nilca un compte rendu fait par Mme Z. Lipszyc, A. Olekiewicz et S. Studencki, du travail caractérologique poursuivi par une Commission spéciale de la Société polonaise psychotechnique depuis 1931.
- Dans ce même numéro, B. Biegeleisen présente les résultats des examens psychotechniques faits dans les écoles professionnelles de Cracovie qu’il étudie du point de vue de leur valeur
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- diagnostique. Et Mlle Budkiewicz rend compte du travail psychotechnique poursuivi sur le terrain des Ecoles professionnelles de la ville de Varsovie par le laboratoire psychotechnique municipal.
- Dans le n° 1 du tome IX on trouve un nouveau travail de B. Biegeleisen sur la valeur diagnostique des tests où l’auteur s’attache tout particulièrement au côté psychologique du problème.
- Nous relevons dans Les Informations du B.I.E.T. (n° 4, avril 1935) un compte rendu sur la situation du B.I.E.T. au 17 mars 1935, de même qu’une documentation relative à l’enseignement professionnel en Albanie, au Brésil, en Bulgarie, en Esthonie, en Hongrie, en Lettonie, en Pologne et en Tchécoslovaquie.
- On trouvera dans le n° 1 du tome VI (juin 1935) de la Revue de VOrientation Intellectuelle des renseignements sur les emplois dans les régies financières (1° administration de l’enregistrement, des domaines et du timbre ; 2° ' contributions directes ; 3° contributions indirectes ; 4° administration des douanes ; 5° administration centrale du ministère des Finances ; 6° manufactures de l’Etat.
- On trouvera dans le n° 40 (avril-juin 1935) du Bulletin du Comité de Patronage d'apprentis et de l’Ofjice d'O. P. du XVe arrondissement, le rapport de M. .J. Fontègne sur la législation, l’administration et le financement des cours professionnels.
- Nous relevons dans le dernier fascicule paru (n° 3, tome 4, juin 1935) de Character and personalitg un article de William Stern, sur la nature et la structure du caractère.
- La Revue mensuelle de la Chambre syndicale des entrepreneurs de maçonnerie, publie dans ses nos 122 et 123 (mai et juin 1935) une étude sur la sécurité dans les carrières souterraines, signée de Thiberge, Mayer et Chabrol.
- Le n° 185 (mai 1935) de l'Orientation professionnelle donne des renseignements sur les carrières d'Oléiculture (article de R. Girard) et de Sériciculture (article de Ch. Messier) ; le numéro suivant de cette revue (juin) publie un aritcle de A. Crozet sur les carrières de l’Education Physique et de la préparation militaire.
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- T. Anastasiu et C. T. Vasiliu publient dans le n° 7-8 (juillet-août dernier) de Revista de Igiena Sociala, une contribution à l’élude des intoxications professionnelles au benzol.
- Dans le n° 9 du tome III (fév. 1935) de Revista de Psicologia i Pedagogia J.-J. Alier i Gômez publie les résultats obtenus par l’application du questionnaire intime du proefsseur Mira (étude de la personnalité). ----------
- Le n° 51-52 de Coopération Intellectuelle (mars-avril 1935) donne un compte rendu de l’entretien sur la formation de l’homme moderne, ayant fait l’objet de. la réunion du Comité permanent des Lettres et des Arts ù Nice (avril 1935).
- Le n° 20 de Reichsarbeitsblatt (15 juillet dernier) contient une importante partie constacrée à la protection du travail. A signaler un.article, signé de AV. Wietfeldt sur l’aération des salles de travail, un autre de O. Lôbi. sur le travail à la presse excentrique, de même qu’une revue, avec photographies, de quelques nouveaux dispositifs de sécurité.
- Nous relevons dans le n° 1.070 (du 29 juin dernier) de « School and Society » une brève étude statistique de R. Byrns et V. A. C. H en.mon sur la prédiction du succès scolaire.
- Dans les derniers numéros de la Biotypologie (tome III, nos 1 et 2) signalons une série de communications, de G. Darmois sur les méthodes d’analyse factorielle, de IL Piéron, sur la fiche d’examen psychologique des sportifs, de D. Kowarsky, Laugier et Wein-berg sur un essai de recherches biotypologiques appliqué à une étude de pharmacodynamie, enfin quelques résultats d’une enquête dont nous parlons d’autre part, sur les goûts des écoliers et leurs désirs professionnels, par P. Grawitz, Laugier et Weinberg.
- Dans une nouvelle revue publiée en République Argentine, les Anales del Istituto di Psicologia de l’Université de Buenos-Ayres, le professeur Jesinghaus, directeur de l’Institut Psychotechnique, publie (t. I, p. 243-256) une étude sur l’orientation et la sélection professionnelles en relation avec la prévention des accidents du travail.
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- Le Psijchological Bulletin de juillet 1935 publie une série de revues sur les tests, les tests d’intelligence avec Rintner (163 travaux recensés), les tests éducatifs avec Vernon Jones et R. H. Brown (193 travaux), les tests de caractère et de personnalité avec J.-B. Miller (228 travaux).___________
- Dans Y Internationale Zeitschrift für Individualpsychologie, signalons une étude qui fut publiée en 1933 (t. IX, p. 33-41) par E. Beke, sur l’aptitude mathématique, dont les manifestations sont très précoces d’après le relevé des biographies des grands mathématiciens, et que l’auteur — sans raison valable d’ailleurs — attribue davantage à une orientation des intérêts qu’à une spécialisation des processus mentaux.
- INFORMATIONS
- Le Congrès national des Orienteurs de France. — En attendant d’en donner un compte rendu, nous pouvons dès maintenant signaler le succès du premier Congrès national d’orientation professionnelle, présidé par M. F. Court, et qui s’est tenu au Conservatoire des Arts et Métiers du 25 au 27 septembre, avec les trois séances de travail consacrées aux rapports, de l’O. P. avec les écoles sous La présidence de M. Barrier (et dont l’ordre du jour chargé ne put être épuisé que grâce à une séance supplémentaire), aux rapports avec la médecine, sous la présidence de M. Larcher, et aux rapports avec les groupements professionnels, sous la présidence de Picouenard. A l’assemblée de clôture, présidée par M. Luc, furent adoptés une série de vœux.
- Il y eut de nombreux et utiles rapports, une intéressante exposition de livres, appareils, tests, travaux etc., des visites et excursions et un banquet très animé ; l’organisation, assurée par M. Mé-nessier, s’étant montrée excellente de tous points.
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- * *
- L’Office d’O. P. du XVe arrondissement. — Cet office, créé par le Comité de patronage d’apprentis, vient d’être réorganisé sous l’autorité d’un conseil de direction, avec le concours de MUe Joyet-Lavergne, diplômée de l’I. N. O. P. ; il doit fonctionner grâce au concours du personnel enseignant, des médecins scolaires, d’orienteurs qualifiés (diplômés de ll’I. N. O. P.), et de personnalités qualifiées. Les examens des enfants seront conformes à des direc-
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- tives qui doivent être données par le professeur Laugier, qui a dirigé, avant les vacances, une expérience d’orientation professionnelle scientifiquement conduite dans cet arrondissement.
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- * *
- L'Université internationale d'été de Santander avait organisé cette année une réunion scientifique consacrée à l’état actuel de la psychologie appliquée (réunissant les professeurs Ed. Claparède, Pierre Janet, Laiiy, Langfeld, Michotte, Mira, Myers, Ponzo, Lafora, Germain, etc.), et prévu dans son programme une série de leçons sur la vocation et les professions libérales : la formation des professeurs, des médecins, des juristes, des ingénieurs, fut examinée par MM. Morente, Maranon, Serrano, Artigas ; et en ce qui concerne la psychologie et la psychotechnique des professions libérales, les leçons furent demandées aux professeurs Tumlirz, de Graz, et Piéron.
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- Au Congrès de Nantes de l'Association française pour l'avancement des Sciences (21-28 juillet 1935), l’orientation et la sélection professionnelles constituaient une des grandes questions mises a l’ordre du jour du Congrès (avec participation spéciale de 6 sections, et particulièrement de celle de Psychologie expérimentale, présidée par le professeur Bourdon, de Rennes). Une conférence sur ce sujet avait été demandée à Mlle Weinberg, dont l’exposé, nourri de faits, eut un grand succès. D’intéressantes communications ont été apportées, en particulier par M. Poullaouec et le
- Dr Corman. *
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- Au 7e Congrès international des> Accidents et des maladies du travail, qui s’est tenu à Bruxelles du 22 au 26 juillet, une série de rapports ont été consacrés à la lutte contre les poussières industrielles ; parmi les auteurs, MM. Policard et E. Martin, ont déterminé les premiers signes d’alarme indiquant cpi’un ouvrier doit quitter l’occupation dangereuse, et recommandé au point de vue prophylactique, l’institution de périodes de repos, M. Teleky (de Vienne) a recherché les critères de sélection à l’embauchage des ouvriers exposés aux poussières dangereuses, avec élimination des sujets n’ayant pas une poitrine large, des poumons et un cœur sains, ou atteints d’une affection des voies exécrétoires.
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- A l’occasion du recensement de la population autrichienne de l’année dernière, on a également établi les différentes professions
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- exercées en Autriche. On en .a compté 257, dont 104 ayant moins de 1.400 représentants. Les professions les plus importantes, au point de vue numérique, étaient, si l’on met à part les propriétaires (19,6 °/o) : les ouvriers agricoles (6,9 °/„), les tailleurs (1,5 °/0), les vendeurs (1,5 °/o), les maçons et les menuisiers (sans compter les ébénisles)l,4 °/o, les serruriers (1,3 °/<)- Parmi les 3.170.000 personnes exerçant une profession, il y a 1 million 700.000 femmes.
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- Un compte rendu relatif aux travaux pratiques exécutés par les élèves à l’école normale d’institutrices de la Seine que dirige Mme Fraysse-Auriol à l’école de la rue de Belzunce, sous la direction de MUe Rémy et du Dr Simon, a été donné à la séance de juin dernier de la Société Alfred Binet, présidée par le nouveau directeur de l’Ecole normale d’instituteurs, M. Flandre.
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- On annonce pour le 27 janvier 1936 un concours destiné au recrutement de 50 médecins inspecteurs des écoles à la Préfecture de la Seine.
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- Le Ministère du Travail ouvre, dans l’Ouest et le Sud-Ouest, des centres de formation technique ayant pour objet de préparer, en une année environ, la main-d’œuvre spécialisée pour les industries parisiennes qui doivent installer, dans le but de satisfaire aux besoins des services de l’armée et de la marine, des usines en province (enseignement portant surtout sur les travaux au tour et à la fraiseuse, la lecturç de plans et croquis, le calcul, etc).
- Mais il ne paraît pas avoir été prévu d’examen préalable d’aptitudes par le ministère du travail et cela est éminemment regrettable.
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- AL AIerklen, professeur agrégé, est chargé d’un enseignement de physiologie du travail, à la Faculté de Médecine de Nancy.
- Il n’est pas sans intérêt, au point de vue de l’O. P. de signaler que AL Roussy, doyen de la Faculté de médecine, demande instamment aux étudiants qui s’inscrivent à cette Faculté, de se prêter à une visite médicale organisée à leur intention et pour laquelle ils recevront une convocation spéciale.
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- La Vie de l’Institut National d’O. P.
- I
- Enseignement pour la préparation au diplôme
- DE CONSEILLER d’ORIENTATION
- (Année scolaire 1935-1936)
- Depuis l’année scolaire 1934-35, la préparation du diplôme de conseiller d’O. P. exige une scolarité de deux années (avec assiduité exigée aux cours et aux travaux pratiques entre janvier el mai de chaque année). Le registre d'inscription est ouvert'en octobre, novembre et décembre. Les travaux et exercices pratiques auront lieu à partir du 15 novembre. Une session d’examens se tiendra chaque année dans la deuxième quinzaine de mai.
- Sauf dispense spéciale du comité directeur ne pourront s’inscrire à l’Institut pour la préparation du diplôme que les candidats âgés de 25 ans au moins et 45 ans au plus (1).
- Voici le programmé détaillé des cours pour l’année scolaire 1935-1936 qui correspond à la seconde année de préparation au diplôme.
- I. — Physiologie
- M. Laugier, professeur. Mlle C. Veil, chargée de cours.
- 2e année. — 12 leçons faites au Conservatoire national des Arts el métiers, 292, rue Saint-Martin
- 1. Généralités. Quelques mesures du crâne, de la face et du corps.
- 2. Figure, profils, indices et types anthropométriques.
- 3. Le muscle et la contraction musculaire.
- 4. Le nerf. Excitabilité et conductibilité.
- 5. Moelle épinière et réflexes.
- 6. L’encéphale. Inhibition et dynamogénie.
- 7. Phénomènes électriques accompagnant l’activité neuro-musculaire : Influx nerveux, myogrammes, électrocardiogrammes.
- 8. Le mouvement volontaire. Précision, coordination, apprentissage des mouvements.
- 9. Tonus musculaire. Marche et équilibre.
- 10. Effort physique. Fatigue physique et industrielle.
- 11. La fiche physiologique. Son établissement, son utilisation en O. P.
- 12. Révision.
- (1) Pour les conditions générales d’inscription et d’examen, voir le n° d’octobre 1933 du Bulletin de VL N. O. P., p. 229-231.
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- Conservatoire des arts et métiers. —M. Laugier, professeur fera cette année les mercredis et samedis soirs, à 21 heures, amphithéâtre A, un cours sur les grandes fonctions physiologiques et la physiologie du travail.
- Ce cours, qui ouvrira le 6 novembre, sans faire partie des cours obligatoires de l’Institut national d’orientation professionnelle, peut servir de complément utile aux élèves et anciens élèves de l’Institut.
- D’autre part, des travaux pratiques auront lieu au Conservatoire le dimanche matin, à partir du 10 novembre. Ces travaux pratiques portent sur la biométrie humaine (anthropométrie, systèmes respiratoire, circulatoire, urinaire, musculaire, métabolisme. Système nerveux et organe des sens, éléments de statistique appliquée aux mesures biométriques). Les élèves et anciens élèves de l’Institut peuvent y être admis pour y perfectionner leurs connaissances techniques.
- IL — Psychologie
- M. Henri Piéron, professeur. Chargé de cours : M. et Mme Fes-sard et MUe D. Weinberg.
- 2e Année (15 leçons) :
- 1. Bases physiologiques de la psychologie. Le système nerveux et son rôle dans la régulation de l’activité. Le Thalamus1 et l’écorce. Réflexes et réactions affectives.
- 2. L’activité. Les réactions volontaires. Vitesse et précision. L’organisation des mouvements.
- 3. Entraînement et fatigue.
- 4. Les bases de la perception.
- 5-6. La vision.
- 7. L’audition.
- 8. Les sens chimiques. Le tact et les sensibilités cutanées.
- 9. Sens proprioceptifs. Le labyrinthe et la régulation de l’équilibre.
- 10. Les niveaux d’efficience et l’attention. •
- 11-12. La mémoire. Ses lois, ses formes ; les types de mémoire.
- 13. Langage et fonctions verbales.
- 14. Symbolisme et pensée conceptuelle, les fonctions logiques.
- 15. Révision. Interrogations.
- III. — Psychiatrie (7 leçons)
- Professeur M. Mâle
- 7 leçons faites à l’Institut.
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- 1. Les conditions du développement intellectuel et affectif de l’enfant.
- 2. Débilité mentale et orientation professionnelle.
- 3. Les troubles du caractère et l’orientation professionnelle.
- 4. Perversions, délinquance et orientation professionnelle.
- 5. Troubles neurologiques endocriniens et orientation professionnelle.
- 6. Leçon spéciale sur les diverses formes de T épilepsie et l’orientation professionnelle.
- 7. Révision.
- IV. — Pédologie IL Wallon, professeur
- 2° Année. — 8 leçons :
- 1. Les grandes directions dans l’étude de l’enfant.
- 2. -4. L'intelligence et son développement chez l’enfant.
- 5. Les fonctions esthétiques chez l’enfant.
- 6. -7. La formation du caractère chez l’enfant.
- 8. Révision.
- V. — Economie Politique et Sociale
- M. Oualid, professeur M. Henri Noyalle, suppléant
- 2e Année. — 12 leçons :
- 1. L’intervention du législateur. Causes. Historique. L’équilibre social. Doctrines et faits.
- 2. Le contrat de travail. Individuel et collectif.
- 3. L’apprentissage et l’organisation scientifique du travail.
- 4. L’organisation du placement.
- 5. La protection du salaire.
- 6. La législation (française et étrangère) : a) relative au travail des femmes et des enfants ; b) relative au travail des ouvriers adultes. L’inspection du travail.
- 7. La semaine de 40 heures (étude économique et sociale).
- 8. Accidents du travail et maladies professionnelles.
- 9. Assurances sociales (grandes lignes).
- 10. Organisation internationale du travail (B. I. T.).
- 11. L’organisation professionnelle : Syndicats.
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- 12. La représentation professionnelle : Chambre de commerce, Chambre d’agriculture, Chambre de métiers.
- VI. — Technique des Métiers M. J. Fontègne, professeur
- 2e Année. — 6 leçons :
- 1. Les métiers du vêtement.
- 2. Les métiers du bois et de l’ameublement.
- 3. Les métiers de la mécanique.
- 4. Les professions commerciales.
- 5. Les métiers d’art.
- 6. Les métiers féminins. Divers.
- B. — Environ 15 séances consacrées aux conférences, visites et cinéma dont les dates seront fixées par M. Fontègne, chaque semaine.
- VII. — Organisation et pratique de l’O. P.
- M. J. Fontègne, professeur
- 2e Aimée. —: 9 leçons :
- 1. La pratique de l’O. P. : le dossier de l’enfant.
- 2. Parents et enfants à l’Office d’O. P.
- 3. L’entretien d’orientation professionnelle.
- ,4. Etude de quelques dossiers.
- 5. Le placement en apprentissage. Le contrôle de l’apprentissage.
- 6. Etude de questions générales : l’O. P. pour les élèves autres que ceux des écoles primaires.
- 7. La pratique de l’O. P. des déficients.
- 8. L’orientation professionnelle vers les carrières commerciales.
- 9. L’orientation professionnelle de l’ingénieur.
- VIII. — Sélection et orientation
- M. Lahy, professeur à l’Institut (Six leçons) :
- 1° Le problème de l’orientation professionnelle et les méthodes qui permettent de le résoudre.
- 2° La psychologie professionnelle. Classement des professions d’après leurs caractères psychologiques. Etude des aptitudes professionnelles.
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- 3° et 4° Le dossier d’orientation professionnelle (deux leçons) :
- a) Coordination des données anthropométriques, physiologiques et médicales ;
- b) Coordination des données scolaires, psychotechniques et sociales ; ,
- 5° Organisation et fonctionnement d’un service de psychotechnique appliquée à l'orientation professionnelle.
- 6e Révision.
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- Horaire des cours et travaux pratiques Cours (1)
- Lundi, 18 heures, du 6 janvier au 24 février : Pédologie, 8 leçons ; du 2 mars au 20 avril : Technique des métiers, 6 leçons.
- Mercredi, 18 heures, du 8 janvier au 29 avril : Psychologie, 15 leçons.
- Jeudi, 14 heures, du 9 janvier au 5 mars : Organisation, 9 leçons ; du 12 mars au 7 mai : Sélection et Orientation, 6 leçons.
- Vendredi, 18 heures, du 10 janvier au 27 mars : Economie politique, 12 leçons ; du 3 avril au 15 mai • Psychiatrie, 5 leçons.
- Samedi, 18 heures, du 4 janvier au 21 mars : Physiologie, 12 leçons ; du 28 mars au 4 avril : Psychiatrie, 2 leçons.
- Travaux pratiques '
- Mardi, 17 heures (au Conservatoire des Arts et Métiers) : Travaux pratiques de physiologie (MlIe C. Veil), à partir du 12 novembre.
- Jeudi, de 9 h. 30 à 11 h. 30 (au laboratoire de psychologie de la Sorbonne) : Travaux pi'atiques de psychologie (M. M. François), à partir du 14 novembre.
- Mardi, à 15 heures, du 27 avril au 12 mai (au laboratoire de la Sorbonne) : Technique des tests scolaires (Mme Henri Piéron).
- Jeudi, 15 h. |, du 9 au 31 janvier (au Laboratoire de la Sorbonne) : Exercice d’application de tests collectifs (Mme Henri Piéron).
- Jeudi, à 16 h. 30, séance de stage d’orientation. Les élèves seront répartis, pour les stages, par M. Fontègne et désignés comme assistants à la consultation d’O. P. en accord avec MIle Biscay.
- (1) Tous les cours seront faits au Conservatoire national des Arts et Métiers, 292, rue Saint-Martin.
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- La Semaine provinciale d’Orientation professionnelle
- Comme les années précédentes nous avons pu grâce aux subsides
- parlementaires, donner 24 bourses permettant .aux provinciaux de
- prendre part à une semaine d’orientation organisée pour eux.
- Ces bourses ont été données aux boursiers suivants :
- M. Maurice Arnaud, professeur, cours complémentaire, participe à l’O. P., école rue François-Moissoh, Marseille.
- Mlle Germaine Blanc, institutrice, cours complémentaire, école rue Clotilde, Marseille.
- AI. Louis Colonna de Leca, professeur de Sciences commerciales , à l’école supérieure de Commerce, 15, rue Dieudé, Marseille.
- M. Desrois, inspecteur primaire, Nanthua (Ain). .
- M. H. Dulaut, professeur honoraire, adjoint au maire, président du Comité de l’E. T., orienteur, hôtel Lacaze, Montauban.
- M. Albert Dumontet, directeur Office d’O. P., Chambre de Commerce, Villefranche (Bhône).
- Mlle Ehrard, directrice de l’Ecole des Filles, Nuits-Saint-Georges.
- Mme Jeanne Jouve, directrice d’Ecole, 2, rue Roumaniille, Marseille.
- M. Lucien Lacroix, chargé de l’Office d’O. P., de Roanne, 12, rue Lamartine, Le Coteau (Loire).
- M. Tristan Lamy, ancien directeur commercial, membre Comité d’O. P., trésorier Office d’O .P. du Blanc, 5, rue de la République, Le Blanc (Indre).
- M. Jean Laurent, contrôleur de la main-d’œuvre, 37, rue Volta, Toulouse (Haute-Garonne).
- Al. Pierre Le Hen, inspecteur régional de l’E. T., préfecture, Lorient (Morbihan).
- AL Eugène Lombard, conseiller d’O. P., 1, rue Saint-Denis, Nantes.
- M. Robert AIarchand, professeur, école pratique, Le Petit Biol-lay, Chambéry (Savoie).
- M. Léopold AIartin, directeur Office O. P., villa Montaigne, avenue Scudéry prol., Nice-Cimiez (A.-M.).
- MUe Gisèle Martin, secrétaire d’Office d’O. P., villa Montaigne, avenue Scudéry prol. Nice-Cimiez (A.-M.).
- AL Léonce Michel, directeur école communale garçons, Port-de-Bouc (B.-du-R.).
- AL Marc-E. Morgaüt, directeur-.adjoint, Office départemental d’O. P., 23, rue de Bourgogne, Orléans (Loiret).
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- M. Pierre-Alexis Peiny directeur, Ecole des « Roches Fleuries », Chamalières (P.-de-D.).
- M. Aimable Pillet, directeur Office départemental de la Main-d’œuvre, Avignon (Vaucluse).
- M. Ilipollyte Rémy, directeur honoraire d’Ecole, 46 bis, avenue de Rebais, Coulommiers (S.-et-M.).
- M. Jules Rémy, directeur école honoraire, conseiller d’O. P., 5, rue du Palais, Provins (S.-et- M.).
- M. Jean Saint-Paul, directeur Office départemental de placement et de statistique du travail, Versailles (S.-et-O.).
- M. Sauvaget, instituteur, Pezon (Loir-et-Cher).
- Certificats d’Etudes spéctales de l’I. N. 0. P.
- Le 4 octobre, M. Morgaut, d’Orléans, avec un travail intitulé « Les Intérêts de l’enfant et 1’Orientation professionnelle » et le 7 octobre, M. Schwar, inspecteur des écoles et conseiller d’O. P. de la ville de Lausanne, avec un travail consacré à l’Orientation professionnelle à Lausanne, ont obtenu le certificat d’études spéciales de l’I. N. O. P., avec félicitations du jury (composé de MM. Fontègne, Laugier et Picron).
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- Hans Dombroyvsky. — Warurn UnfûlJe. — In 8° de 97 pages. Braunschweig, Vieweg et fils, 1935.
- Pourquoi des accidents ? Tel est le titre de cet ouvrage publié sous la direction du professeur Marbe, de Würzbourg et qui constitue une intéressante et utile mise au point de l’importante question des facteurs en jeu dans la genèse des accidents du travail, envisagé essentiellement du point de vue psychologique.
- Les facteurs personnels envisagés sont la fatigue, les diverses déficiences corporelles (avec d’intéressantes statistiques sur la répartition des sièges d’accidents, qui indiquent 17 °/„ pour les doigts de la main gauche, les plus fréquemments atteints, 14 °/„ pour ceux de la main droite, 7 °/„ pour les yeux ou les jambes, etc.), les déficiences d’ordre psychique (défauts d’attention, d’ordre, de discipline, d’adaptation, d’intelligence, etc.) examinées longuement, l’âge (avec recherches personnelles dans deux grandes industries)
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- et les processus anormaux (alcoolisme, états de dépression, névroses des accidentés). Un chapitre est consacré à la question de la répétition des accidents chez les mêmes sujets, énoncée comme une loi par Marbe (les chances d’accident sont d’autant plus grandes qu’il s’agit d’un sujet qui a été plus de fois déjà objet d’accident).
- Des recherches poursuivies chez des apprentis ont montré à l’auteur que ceux qui réussissaient dans les épreuves d’aptitude avaient moins d’accidents que les autres, ce qui est un point important à ebvisager dans l’utilisation sociale des méthodes scientifiques d’orientation professionnelle.
- H. P.
- Quelques livres entrés récemment à la Bibliothèque de l’Institut d’Orientation Professionnelle
- Mario Barbara. — I Fondamenti délia Craniologia Costituziona-listica. — Casa Editrice Luigi-Pozzi, 1933, ltoma, 181 p.
- Gérard Botjdouresoue. — L’Orientation Professionnelle Matière d’Enseignement. — Imprimerie Méridionale, 1933, Marseille, 205 p.
- Commission française pour l’enquête Carnegie, sur les examens et concours en France. — Allas de l’Enseignement en France. — 1933, Paris, 183 p.
- Der Ingénieur. — Ratgeber für die Berufswhalführer in den Beruf. V.D. I. Verlag, G. m. b. H., Berlin, NW7, 1933, 90 p.
- César de Madariag/v. — La Formacion professional de los ira-bajadores. — M. Aguilar, Madrid, 1933, 551 p.
- César de Madriaga. — La Rééducation Profesional. — M. Aguilar, 1931, Madrid, 456 p.
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- INSTITUT national
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- 7e Année
- Novembre-Décembre
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- 1935.
- l'Institut National d'Orientation Professionnelle
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- LES TESTS DE CARACTÈRE
- DANS LA PRATIQUE D UNE CONSULTATION PSYCHO-PÉDAGOGIQUE
- par 3STatlialie POLLACK
- (Suite et fin)
- Passant à présent à la seconde partie de notre tâche, il nous faudra préciser brièvement le rôle et le but d’une consultation psycho-pédagogique. Il est bien entendu que nous ne pouvons pas avoir la prétention d’embrasser dans le cadre de ce travail tout l’ensemble des problèmes qui s’y rattachent. Nous nous bornerons donc à quelques brèves remarques indispensables pour notre but immédiat.
- La consultation psycho-pédagogique, telle que nous l’entendons est une forme d’institution éducative ou plutôt rééducative. Son but est de suppléer, dans une certaine mesure, et de compléter l’éducation donnée ailleurs : à l’école et dans la famille. On fait appel à une consultation dans les cas où l’éducation normale et régulière ne suffira pas ou bien échoue dans sa tâche. Comme il ressort de notre propre expérience contractée au cours de notre travail dans l’Institut psychologique de la ville de Riga, il nous paraît que pratiquement l’intervention d’un psychologue est exigée dans deux cas que voici : lorsqu’un enfant est incapable de suivre l’enseignement de sa classe ; lorsqu’un enfant se montre réfractaire au point de vue éducatif soit à l’école, soit dans la famille. En d’autres termes, en schématisant on peut dire qu’il s’agit des enfants retardés au point de vue scolaire d’une part, des enfants difficiles de l’autre. La tâche immédiate qui s’impose au psychologue consiste à comprendre l’enfant dans l’éduca-
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- lion duquel il doit intervenir. Cela veut dire qu'il doit tout d’abord, avant de prendre les mesures nécessaires, se rendre compte des causes qui se trouvent à la base des phénomènes observés. Bref, il s’agit de diagnostiquer le cas en question. Et c’est justement dans celte partie de sa tâche que le psychologue recourt à l’aide des tests. Les tests d’intelligence permettent d’apprécier la capacité actuelle du rendement intellectuel. Le rôle des tests de caractère serait de permettre au psychologue de pénétrer la structure psychique de la personnalité de l’enfant, c’est-à-dire de se faire l’idée de ses tendances affectives dans leurs relations avec les fonctions intellectuelles.
- Dans quelle mesure les tests, que nous avons passés en revue tout à l’heure, peuvent-ils faciliter la solution de cette tâche ? L’analyse critique de chacun de ces lests nous entraînerait trop loin. C’est ainsi que nous laissons de côté, bien arbitrairement il faut le dire, la question de savoir dans quelle mesure ils étudient ce qu’ils visent. Signalons seulement que certains parmi eux nous paraissent passer à côté du problème qu’ils se posent. Par exemple : peut-on vraiment diagnostiquer l’honnêteté en se basant sur la comparaison des cotes données par les professeurs avec ceux que les enfants se donnent eux-mêmes ? Ou bien peut-on prétendre dépister les « complexes familiaux » en demandant aux enfants si les mots, désignant leurs parents proches, les agacent ?, les c complexes sexuels » par lej, réaction aux mois « faute » ou « fiançailles » (Test de Pressey).
- Nous voyons le plus gros écueil de la majorité de ces tests en ce qu’ils donnent un tableau purement statistique de la personnalité, en ignorant quasi-totalement le jeu des tendances psychiques profondes dont ces éléments statiques que nous diagnostiquons, ne sont que les manifestations extérieures. Et ce sont justement ces tendances qu’il importe de connaître, car, pour parler avec Decroly, ce sont « chez la majorité des êtres humains le moteur par excellence de la volonté et l’intelligence s’y soumet plutôt qu’elle ne le dirige (Decroly, ibid. p. 201). Avec cette affirmation nous réduisons d’emblée considérablement le rôle des tests de caractère dans la pratique d’une consultation ; ceci du fait que, selon, notre opinion, aucun des tests en question ne peut satisfaire pleine-
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- ment ce besoin. Car aucun n’embrasse la personnalité dans tout son ensemble complexe, presqu’aucun rie traduit son dynamisme.
- Prenons le questionnaire de Woodwocth-Mathews par exemple, qu’on peut envisager comme un représentant typique de la méthode d’enquête. Il exige de l’enfant un effort d’analyse personnelle et un degré de sincérité et de bonne volonté tel que nous ne pouvons pas le supposer a priori possible chez la moyenne des sujets. Même en laissant de côté le fait, pourtant incontestable, que 85 questions doivent être envisagées au cours d’une demi-heure à peine et que cela contribue à embrouiller complètement les idées de l’enfant, ne court-on pas le risque qu’arrivé à la quarantième ou à la cinquantième question tout au plus, l’enfant qui se trouve dans l’atmosphère d’un examen, ne réponde un peu au hasard, tout en prenant au sérieux la tâche qu’il a à accomplir. Le questionnaire rend incontestablement un service considérable, en nous orientant sur les intérêts, les occupations, les goûts et peut-être sur les habitudes de l’enfant. Mais il nous semble, et notre expérience personnelle le prouve, que nous pouvons sans grande difficulté, une fois le contact avec l’enfant établi, obtenir les mêmes renseignements dans un entretien libre d’une demi-heure. Nous avons donc tout avantage à préférer celui-ci, car il nous permet en plus de prendre avec l’enfant le contact indispensable pour notre action éducative, sans courir le risque d’intimider l’enfant par l’enquête écrite très compliquée. Encore une considération : De plus un questionnaire nous renseigne seulement sur ce que l’enfant sait de lui-même. Et c’est fort peu, car les causes de son mal résident pour la plupart dans ce qu’il ignore. On aurait pu dire la même chose du test de Pressey. Nous ne devons pas oublier que l’enfant qu’on amène dans une consultation, surtout s’il s’agit d’un enfant difficile ou d’un jeune délinquant, voit en nous un ennemi et l’attitude défensive, sinon offensive à notre égard est la règle. Notre premier effort doit donc être déployé dans le but de gagner la confiance de notre petit sujet, et ce n’est qu’ensuite que nous pouvons compter sur son aide, sa bonne volonté et sa sincérité.
- Quant aux tests s’adressant aux traits particuliers de caractère, leur rôle est, quoiqu’auxiliaire, fort considérable. Ils
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- permettent au psychologue d’étudier à t’aide de moyens objectifs le caractère de l’individu ; mais il faut bien se rendre compte qu’ils nous donnent l’aspect purement statique de la personnalité. Le test de caractère, quant à son matériel et à son application, ne doit pas être trop complexe pour pouvoir servir les besoins d’une consultation. Il nous semble que les appareils trop compliqués comme ceux de Henning par exemple, nuisent aux buts éducatifs qu’une consultation doit poursuivre. Nous nous expliquons : selon notre idée, le rôle du psychologue ne se borne pas au pur diagnostic et aux conseils transmis aux éducateurs et aux parents ; il doit influencer éducativement son petit sujet ; ceci demande un travail d’une longue haleine qui peut être effectué seulement au moyen d’un rapport affectif stable s’établissant entre les deux. Et tout ce qui sent trop le laboratoire et l’officiel nuit, semble-t-il, à l’établissement d’un contact entre l’éducateur et l’enfant.
- Nous ne saurions nous approfondir davantage dans ces considérations sans trop forcer les limites de notre exposé. Ces quelques remarques générales et superficielles suffisent, faut-il espérer, pour esquisser l’idée essentielle se trouvant à la base de notre attitude à l’égard des tests de caractère.
- Il nous reste seulement à signaler, en se basant sur notre expérience et sur celle des autres (voir par exemple Hansel-mann « Einführung in die Heilpadagogik », p. 445 et suiv.) que c’est le test de Rohrschach qui paraît être le plus adapté aux besoins pratiques qui sont notre point de départ. Pourtant, lui aussi présente de nombreux inconvénients dont les principaux sont les suivants : -
- 1° Tout en traduisant le jeu des tendances individuelles, il nous renseigne seulement sur des formes et point sur le contenu de la vie psychique.
- 2° Permettant une analyse qualitative très différenciée de l’individu, il ne permet pas des mesures quantitatives précises.
- 3° Très compliqué, justement en raison du fait que sa technique est beaucoup plus subjective que celle de tout autre test, il demande une longue expérience de la part de l'expérimentateur. Le résultat de ce test ne peut pas être lu, il doit être interprété à l’aide de connaissances psychologiques générales. C’est ainsi que de ce test on peut dire, peut-être
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- avec plus de raison que de tout autre, qu’il vaut exactement ce que vaut celui qui l’applique. Il ne pourra jamais être mécanisé.
- Conclusions. — Dans ce qui précède nous étions obligés de restreindre le rôle de tests de caractère dans la pratique d’une consultation psycho-pédagogique. Nous avons motivé cette restriction par des raisons que voici :
- 1° Les,tests peuvent être employés seulement dans la première étape du travail d’une consultation, à savoir dans le but de diagnostic.
- 2° Le type et la nature des tests de caractère existant à l’heure actuelle ne nous renseignent que sur l’aspect statique de la personnalité, c’est-à-dire passe à côté du problème essentiel qui se pose au psychologue praticien.
- 3° Les lests impliquant les appareils trop complexes entravent le contact affectif entre le psychologue et l’enfant, contact indispensable au travail éducatif.
- UN LABORATOIRE TYPE DE PSYCHOLOGIE EXPÉRIMENTALE
- par
- MARCEL FRANÇOIS
- Projet n° IX. — Le présent projet est le dernier dont nous avions entrepris de donner la description (1). Comme le précédent, dont il ne diffère d’ailleurs comme on Va le voir que par quelques points, il représente l’installation d’un laboratoire central chargé de fournir à une série d’affiliés des directives de travail, d’entreprendre des recherches et de fournir l’enseignement utile au personnel se spécialisant dans l’exercice de l’orientation professionnelle. Sa réalisation demande une somme de cent millle francs.
- Par rapport au projet n° VIII, le présent devis présente les additions suivantes, en ce qui concerne les appareils proprement dits :
- (1) Voir ce Bulletin, 1935, n°s 1-2, 3-4, 5-6, 7, 8, pp. 10-14, 41-45, 74-79 113-116 et 147-150.
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- Dans le domaine du tact, nous .avons laissé de côté jusqu’à présent l’étude des sensations algiques. Les sensations douloureuses n’offrent pas un intérêt direct en O. P., mais l’exaspération de la sensibilité douloureuse, comme son absence ou sa diminution, peuvent dans certains cas fournir des données intéressantes. On étudiera celte sensibilité particulière avec l’algoesthésimètre de Toulouse et Piéron ( 800 francs). Dans le domaine de la perception, il est utile de pouvoir étudier la rapidité et l’exactitude avec lesquelles peuvent être saisis des éléments à percevoir (lettres, chiffres, figures, etc.) quand on les présente un temps très court et réglable à volonté. La méthode tachistoscopique doit être employée . pour cette recherche. Un bon tachistoscope est actuellement établi par les établissements psychotechniques pour le prix de 4.200 francs. Enfin dans le chapitre de la motricité on pourra varier les épreuves d’habileté manuelle (la rapidité d’apprentissage imposant la nécessité d’avoir à sa disposition un jeu souple et assez important de tests) en utilisant le test d’habileté manuelle des établissements psychotechniques (620 francs) qui se compose de toute une série de travaux variés à effectuer.
- Ce sont là les seuls appareils nouveaux dont on fera l’acquisition. Le reste du crédit sera employé de la façon suivante : un laboratoire de cette importance doit comprendre dans son personnel un aide-technique, qui devra posséder un petit atelier avec l’outillage nécessaire, pour pouvoir tenir en état de bon fonctionnement les appareils et réaliser quantité de dispositifs, de montages, qui sont beaucoup plus onéreux s’il est nécessaire de s’adresser aux constructeurs. Il faudra prévoir comme dépense de premier établissement un établi de 1.000 francs environ et un outillage général (bois et fer) de 2.000 francs.
- D’autre part, il est entendu qu’une partie de l’activité du laboratoire doit être consacrée à l’enseignement. Ceci implique surtout des travaux pratiques effectués par les élèves. L’expérience m’a toujours démontré que l’on réalisait une économie importante en ayant un matériel, aussi simple et robuste que possible, uniquement réservé à cet usage. Tout d’abord parce qu’il est indispensable que les appareils nécessaires soient constamment disponibles, ce qui n’est jamais le cas quand on utilise le même matériel pour les recherches et pour l’enseignement, et surtout parce que des appareils délicats sont fatalement détériorés par des mains inexpertes et déroutent, par leur complication, les débutants. On réservera un crédit' de 15.000 francs à l’achat de ce matériel d’enseignement. Pour sa composition, elle dépend avant tout du programme de manipulations que l’on aura l’intention de faire exécuter aux élèves. Restant entendu qu’il s’agit toujours d’un
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- laboratoire spécialisé en O. P., on pourra s’inspirer des projets que nous avons publiés antérieurement (consulter en particulier les projets III et III bis à 10.000 francs et le projet IV à 15.000 francs). On réservera une somme de 2.500 francs environ pour l’achat de tests.
- Nous allons maintenant récapituler La liste, complète des appareils que possédera le laboratoire et le total des différents postes du budget d’établissement :
- I. — Sensations. — a) Vision : Echelle d’acuité (600), Echelle de daltonisme (65), Chromatophanomètre (450), Stéréomètre (250), Périmètre (1.260), Dispositif de disques tournants (3.000) ; b) Audition : Audiomètre (4.500), Cylindres de Kônig (1.938); c) Goût : Gueusiésthésimètre (850) ; d) Odorat : Olfuctomètre double (1.700); e) Tact : Compas de Manouvriez (290), Haphiesthésimètre (1.200), Algoesthésimètre (800). Au total, 17.263 francs.
- II. — Perceptions. — Pachoestésimètre (150), Gravimètre (200), Stéréoesthésimèlre dynamique (650), Stéréoesthésimètre statique (800), Tachistoscope (4.200). Total : 6.000 francs.
- III. — Réactions. — Dispositif général de mesure des temps de réaction (5.000), Diapason électrique (1.800), Condensateur (70), Signal dé Desprez (950), Clé de Morse (250), Lampe et support (20). Total : 8.090 francs.
- IV. — Réflexométrie. — Petit réflexomètrc (290), Réflexe psycho-galvanique (2.800). Total : 3.090 francs.
- V. — Motricité. — Dynamographe Ch. Henry (2.300), Ergo-graphe de Michotte (1.500), Clé de Morse (250), Mémoire motrice (25), Souricière (150), Disques de Walther (20), Test du tourneur (3.900), Billes (20), Adaptation motrice (1.010), Pendules de Miles (1.000), Habileté manuelle (620). Total : 10.795 francs.
- VI. — Enregistrement. —- a) Appareils inscripteurs : Chrono-graphe Jacquet (950), Signal de Desprez (950), Pneumographe (190), Tambour (290), Oscillographe de Plcscli (2.300), Pléthys-mographe (50), Sphygmographe (1.631) ; b) Appareil enregistreur (méthode du noir de fumée) : Enregistreur électrique (6.600), Table (980), Chariot (1.500), Cylindre 30 x 30 (780), 100 feuilles 20 x 50 (145), 100 feuilles 30 x 30 (145), Cuve (48), Rats de cave (24), Vernis (35) ; c) Enregistrement photographique : Polygraphe oqtique de Lutembacher (5.200). Total : 21.818 runes.
- VII. — Tests. — 500 Fiches psychologiques et 500 Fiches d’aptitudes techniques (1.000), 500 Tests d’attention (1Ô0), Test de Stenqvist (215), Boîte de Decroly (250), Test de Scashorc (650),
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- Tesl de Rorschach (200), Test de choix multiple (2.800). Total : 5.215 francs.
- VIII. — Accessoires généraux. — Métronome électrique (310), Chronomètre au 1/5 de seconde (250), Chronomètre au 1/10 de seconde (250), Accumulateurs (2.000), Redresseur de courant (390), Accumètre (90). Total : 3.290 francs.
- IX. — Matériel. — Armoires, tables, etc : 5.000 francs. Outillage, 3.000. Total : 8.000 francs.
- X. — Matériel d’enseignement. — 15.500 francs.
- Si nous additionnons les différents chapitres, nous arrivons au total général de 99.061 francs.
- Avant de terminer, disons quelques mots des locaux qui sont nécessaires pour installer convenablement un tel laboratoire. Nous donnons ci-contre un plan détaillé permettant de se rendre compte
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- Plan-type de laboratoire de psychologie.
- de la façon dont on peut réaliser une telle installation. Evidemment nous donnons sur ce plan le maximum, un idéal en quelque sorte qu’il ne serait pas toujours facile de réaliser. Nous avons indiqué une installation ne comportant qu’un rez-de-chaussée, parce que c’est le mode de construction le plus commode pour un
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- laboratoire de ce genre. On pourrait réduire de moitié La surface nécessaire (400 mètres carrés en chiffres ronds) en faisant la môme construction avec un étage. Deux points nous semblent particulièrement importants : l’éclairage et La séparation des salles d’examen et de recherches du reste de l’établissement. Pour l’éclairage on prévoiera des baies aussi larges et aussi nombreuses cpic possible. L’éclairage artificiel sera abondamment distribué par des diffuseurs. L’intensité sur les tables de travail ne devra jamais être inférieure à 50 lux et atteindre 70 à 75 si possible. Les peintures seront claires, blanches ou crème, en évitant d’utiliser des peinture^ présentant un vernis qui engendre des reflets fatigants. Dans toutes les salles réservées aux examens, collectifs ou individuels, on évitera toute décoration inutile, et même tout mobilier non indispensable, qui pourraient donner des distractions au sujet, ou lui fournir certains éléments de réponse, comme dans les expériences d’associations libres, etc. Nous prévoyons sur notre plan une salle insonore (chambre à paroi double avec une feuille intercalée de matière isolante genre Cellotex) et une chambre noire. Le matériel expérimental concernant la vision et l’audition y restera installé en permanence. Deux pièces sont réservées aux travaux de recherches, deux autres aux examens individuels. On aura avantage à laisser installé en permanence dans l’une de ces dernières tous les montages relatifs à la mesure des temps de réaction, et à l’étude de la motricité. La plus grande salle sera consacrée à l’enseignement, aux travaux pratiques et aux examens collectifs. Pour ces derniers, des tables individuelles sont plus pratiques, qui permettent d’isoler davantage les sujets et de diminuer ainsi les chances de fraude. Mais pour les exercices d’élèves de grandes tables sont au contraire très désirables, le système consistant-à accoler plusieurs petites tables pour réaliser le même montage. étant toujours très incommode. Cette même salle contiendra tout l’appareillage qui ne restera pas installé en permanence dans d'autres pièces. Cet appareillage devra être placé dans des armoires métalliques fermant à clé. Eviter soigneusement le genre « vitrine ». On y voit d’un coup d’œil tout le contenu de l’armoire ce qui peut simplifier des recherches, mais celte vue offre de sérieuses distractions aux sujets. Dès vitrines seraient au contraire à installer dans la bibliothèque, contenant des appareils anciens ou d’emploi tout à fait exceptionnel, des modèles de tests, des graphiques et documents de toute sorte. Enfin nous avons prévu un atelier, assez grand pour pouvoir compléter son outillage avec le temps (tour, petite forge, etc.) Il y a intérêt à ce qu’il possède une entrée directe sur le dehors, pour y faire les diverses livraisons de matériel.
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- Le chemin parcouru est évidemment, important depuis le premier projet de laboratoire que nous donnions ici-même, réalisable avec un crédit de mille francs ! Nous ne nous dissimulons pas cpie ce modeste projet aura plus de chances de pouvoir être réalise par les organismes s’occupant d’orientation professionnelle que le type que nous décrivons aujourd’hui à la fin de cette série d’études. Mais ne faut-il pas cependant montrer ce qu’il serait utile de pouvoir réaliser, ce que d’autres pays ont réalisé depuis longtemps ou réalisent actuellement ?
- Il est possible, malgré la précaution que nous avons prise de fournir toujours autant que possible tous les renseignements désirables au sujet des appareils et des méthodes décrits, que certains lecteurs ressentent le besoin sur tel ou tel point particulier de posséder des explications complémentaires, des précisions plus poussées encore. Ils peuvent être assurés d’avance que dans la mesure de nos moyens, c’est avec le plus grand plaisir que nous leur fournirions ces compléments d’information s’ils veulent bien s’adresser à nous.
- Une Contribution à la Psychologie du Travail
- LA JOIE AU TRAVAIL
- par Mrae A. GRUNBAUM, d’après H. de MAN
- Le livre de II. de Man, dont nous nous proposons de donner ici l’exposé, a paru pour la première fois en 1027 en allemand (Iena, Diederichs) sous le titre : « Der Kampf um die Arbeitsfreude » (la Lutte pour la Joie au Travail). Traduit en français par Mme L. V. et M. Fôrget, il fut édité en 1930. Une nouvelle édition française a paru en 1935 (1).
- Son origine a été une enquête menée par l’auteur en 1924-25 auprès de scs élèves, étudiants et étudiantes à l’Académie du Travail de Frnnfort-sur-le-Main, dont le rôle consiste à former des adultes se destinant à servir le mouvement ouvrier allemand. Les étudiants
- (I). H. de Man, La Joie au Travail : Enquête basée sur des témoignages d’ouvriers et d’employés. Nouv. édit., Paris. Libr. F. Alcan, 1933, in-8° (308 pp.)
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- y sont, pour la plupart envoyés par des organisations syndicales. Celte enquête n’a pas'été faite en vue d’une publication ultérieure ; elle a constitué, tout simplement, une partie des travaux pratiques devant compléter le cours de II. de Man sur la psychologie de l’ouvrier de l’industrie. Les 78 rapports recueillis sont reproduits presque intégralement dans son ouvrage dont ils forment la première des trois parties.
- Voici le texte du questionnaire auquel les auditeurs de l’Académie du Travail étaient conviés à répondre :
- 1. Passé professionnel : études, enseignement professionnel, apprentissage, années de voyage, etc. Changements importants du lieu de travail et du genre d’occupation.
- 2. Description exacte du genre d’occupation au lieu du dernier emploi et, au cas de variations importantes, au lieu précédent, avec tous les détails concernant le degré de la qualification requise, les occasions d’exercer de l’initiative, la succession des temps de travail, de repos et de réserve, les systèmes de salaire, l’hygiène d’atelier, le salaire moyen, les congés, la hiérarchie, la camaraderie et toutes les autres conditions qui influent les sentiments de l’ouvrier à l’atelier.
- 3. Quels sont vos sentiments (en cas d’expériences diverses dans les emplois différents, décrire chaque fois les circonstances) à l’égard : a) des moyens matériels de travail employés (outils, machines, équipement de l’atelier) ? — b) de vos collègues ? — de vos chefs ? —- d) de votre travail en général ? — e) de vos occupations habituelles en dehors de l’atelier ? Le troisième point comporte en particulier les questions suivantes : joie ou peine au travail, variation de ces sentiments et du rendement suivant les moments, espèce et degré de la fatigue physique et mentale, sentiments de monotonie ou d’ennui, satisfaction de l’ouvrier en face de l’ouvrage qu’il a réalisé, pensées et sentiments ordinairement éprouvés pendant le travail.
- Vous pouvez répondre en outre aux questions suivantes : 1. Y a-t-il, d’après votre expérience personnelle, un rapport entre la joie au travail et : a) l’institution des conseils d’entreprise; — b) l’activité de l’organisation syndicale ; — c) l’attitude sociale générale du travailleur? 2. Croyez-vous que l’on puisse dans votre profession augmenter le degré de la joie au- travail et, dans l’affirmative, par quelles modifications : a) de la technique de production (d’après les possibilités actuellement existantes) ? — b) de l’organisation de l’atelier ? — c) de l’organisation sociale en général ?
- Ce questionnaire, suivant le conseil de l’enquêteur, ne devait point être considéré comme un schéma rigide, mais plutôt comme une simple indication. Les rapports diffèrent, de ce fait, beaucoup entre eux, même, dans l’ordonnancement des matières traitées. Mais ils offrent tous des descriptions faites avec une étonnante facilité, précises et vivantes. Leur reproduction au début du volume fait du livre de de Man une source de documentation unique dans son genre.
- Voici comment se répartissent les rapporteurs suivants les professions : Métallurgie : 22 ; Livre : 10 ; Commerce : 8 ; Enlrepri-
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- ses mixtes : 8 ; Transports : G ; Bois : 5 ; Services publics. : 5 ; Textile : 4 ; Bâtiment : 4 ; Vêtement, 3 ; Mines, 2 ; Carrières : 1.
- Groupés du point de vue de la qualification du travail ils se présentent de la façon suivante : ouvriers non-qualifiés, 9 ; semi-qualifiés, 18; qualifiés, 51.
- Le peu d’éléments que nous venons de donner suffisent pour soulever deux objections fondamentales contre le caractère représentatif des auteurs des « témoignages ». 1° Ceux-ci, étant l’élite de la classe ouvrière leurs réponses ne sauraient refléter l’état d’esprit de la grande masse ; 2° l’importance numérique des diverses professions est très inégale. Ces deux objections, l’auteur les signale lui-même pour en diminuer d’ailleurs la portée. Le problème posé n’étant pas de ceux que l’on résout par des méthodes purement statistiques, il n’est pas question de faire des données brutes une analyse quantitative. « Pour arriver à des conclusions il faut caractériser et non compter ». D’autre part le fait de n’avoir fait ici appel qu’aux témoignages de l’élite est, pour le cas envisagé, moins un inconvénient qu’un avantage. Il n’est pas sans intérêt de connaître les opinions de la partie dirigeante du prolétariat, précisément parce qu’elle est dirigeante. Il est, d’autre part, légitime de voir là une cristallisation consciente de ce qui ne vit dans les masses qu’à l’état d’aspiration plus ou moins vague, de désir qui n’est pas encore une volonté. « 11 y a le même avantage à étudier le témoignage d’une élite qu’à se servir, pour mesurer, d’un appareil de précision plutôt que d’un appareil, moins sensible ».
- Voici tout d’abord quelques données numériques constituant l’ébauche d’une réponse à la question de la joie au travail (la joie au travail est désignée par un +, la peine par un —, une attitude intermédiaire ou indécise par un +). L’ensemble des réponses donne 5/ °/0 de +, 24 0/o de + et 19 °/o de —.
- Il y a parmi les ouvriers non qualifiés 11 °/0 seulement qui éprouvent de la joie au travail ; chez les semi-qualifiés le pourcentage de ceux-ci est de 44 et chez les qualifiés il atteint 67. Dans ce dernier groupe, chose remarquable, le pourcentage de mécontents ri’atteint pas 10. La joie au travail serait donc, en un certain sens, corrélative de la qualification du travail. Le fait ressort avec une netteté plus accusée encore lorsqu’on considère le degré de qualification. Dans un tableau plus détaillé, où l’auteur classe les- rapports dans l’ordre croissant de degré de qualification, les six premiers rangs sont accompagnés du signe — et les 16 derniers tous du signe + . Il faut se garder, certes, de. tirer de ces données numériques quelque conclusion hâtive : ils présentent un caractère tout relatif. Ainsi le signe + s’il exprimait la présence simultanée de la
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- joie et de la peine, aurait dû être placé en tête de chaque rapport. Une attitude exclusive, ne se rencontre, en fait guère. Ce qu’on constate partout c’est un état d’équilibre instable, de tension entre divers facteurs : les uns favorables, les autres défavorables à la joie au travail.
- Nous touchons ici au point central de la position théorique de II. de Man : sa conception de la joie au travail, élément fondamental et primitif de la nature humaine. « Il n’y a pas à proprement parler de facteurs favorables à La joie au travail, il n’y a que des facteurs défavorables. L’élément positif que ces facteurs négatifs peuvent faire passer à l’arrière-plan est un phénomène psychique qui est de prime abdrd donné. Tout travailleur tend vers la ijoie au travail comme tout homme tend vers le bonheur. La joie .au travail ne demande nullement à être favorisée. La seule chose qui importe c’est qu’il ne lui soit fait d’obstacle. » Et voici le tableau fort expressif de cette façon de voir de l’auteur :
- Schéma des éléments positifs et négatifs dont ta tension conditionne l'altitude de l’ouvrier à l’égard de son travail
- Besoin de joie au travail ( + )
- I. Mobiles instinctifs élémentaires : 1. Instinct d’activité. — 2. Instinct de jeu. — 3. Instinct constructif. — 4. Instinct de curiosité. — 5. Instinct d’importance. — 6. Instinct de propriété. — 7. Instinct de combativité.
- IL Mobiles occasionnellement favorables : 1. Instinct grégaire. — 2. Besoin de commander et besoin d’obéir. — 3. Satisfaction esthétique. — 4. Considération d’intérêt privé. — 5. Considération d’utillitô sociale.
- III Sentiment de devoir social.
- Obstacle a la joie au travail (—)
- I. Obstacles d’ordre technique : 1. Travail parcellaire. — 2. Travail répété : a) répétition du même mouvement ; b) restriction de l’initiative ; c) diminution de l’attention ; d) état d’hypnose provoqué par le rythme. — 3. Fatigue. — 4. Mauvaise organisation technique de l’atelier.
- IL Obstacles d’ordre social intérieurs à Ventreprise : 1. Mécontentement provoqué par les conditions du travail. -— 2. Systèmes de salaires injustes. — 3. Hiérarchie autocratique de l’cnlre-prise.
- III. Obstacles d’ordre social extérieurs à l’entreprise : 1. Sentiment d’appartenir définitivement à une classe inférieure. ______
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- 2. Insécurité d’existence. — 3. Médiocre estime de l’opinion pour le travail manuel.
- Les deux grandes parties faisant suite à celle constituée par les témoignages sont consacrées, la première aux besoins instinctifs, formant la justification théorique appuyée, il est vrai, de nombreux exemples puisés dans les « témoignages », de la thèse de l’auteur, et la deuxième aux obstacles à la joie au travail tels qu’ils ressortent des rapports.
- Parmi les mobiles instinctifs élémentaires la première place est assignée à l’instinct d’activité (« Tout homme souffre de rester inactif, quand ce ne serait que pour des raisons physiologiques »). Il faut bien poser cependant que l’instinct d’activité se manifeste sous des formes qui ne sont pas qu’une simple dépense d’énergie physique. Ils impliquent une intention chez le sujet, tout en n’entraînant pas encore le travail. C’est l’instinct de jeu. « Le passage du jeu au travail s’effectue dès l’instant que l’idée de la valeur ou de l’utilité incorporée dans l’objet apparaît comme raison déterminante de l’action ». Le rapport étroit entre le jeu et le travail d’une part, entre le jeu, l’art et le rythme de l’autre, fait ressortir la portée du rythme pour la joie au travail (qui tantôt la conditionne, tantôt l’inhibe). L’instinct constructif déborde le simple instinct d’activité en ce qu’il vise à réaliser une construction de l’intelligence ordonnée par rapport à un but déterminé. Il existe trois types d’instinct constructeur : a) créateur (artisan) ; b) ordonnateur (organisateur, employé de bureau) ; c) régulateur (service de la machine). La forme historiquement la plus ancienne est celle de l’instinct constructif créateur, les deux autres n’en sont que des dérivées, conséquence directe de la division du, travail. On rencontre parmi les ouvriers de l'industrie des cas particulièrement privilégiés où les trois formes se combinent harmonieusement. Tel par exemple l’artisan s’intéressant au produit, tel l’ouvrier à la machine s’intéressant au processus de la production. Ce deuxième cas est assez fréquent parmi les rapporteurs. Il y a là, dit de Man, un élément d’une importance capitale permettant de réintroduire la joie créatrice dans Je travail industriel.
- L’instinct de curiosité, parallèle génétiquement à l’instinct créateur, est un levier puissant de la joie au travail. Il explique en grande partie le désir de changement et l’humeur voyageuse, phénomènes fréquemment signalés par les rapporteurs. C’est grâce à l'instinct de curiosité que la perte de la joie créatrice de l’artisan, lorsque celui-ci est obligé d’entrer à l’usine, est compensée par celle d’inventer.
- Du domaine des instincts les plus simples nous passons main-
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- tenant à celui des instincts à caractère social : d’importance, de propriété, de combativité. Ils sont étroitement liés entre eux et on pourrait à la rigueur les ramener toits au premier. C’est le « Gel-tungstrieb » des Allemands que l’auteur traduit parfois par l’instinct d’auto-estimation. On est frappé de constater à quel point dans la plupart des rapports, les auteurs déprécient leur profession en rapport avec leurs propres capacités et combien ils l’exaltent en la comparant avec une profession voisine. L’instinct de propriété se manifeste dans une sorte d’animisme, animisme tantôt positif (la machine est considérée comme un être aimé) tantôt négatif (la machine est un ennemi). L’animisme n’est d’ailleurs négatif qu’occasionnellement. Il s’explique alors par trois sortes de raisons : la machine symbolise la volonté du patron, elle apparaît à l’ouvrier comme un être qui lui est formidablement supérieur, elle est perfide, recélant en elle des risques perpétuels d’arrêt ou de mauvaise exécution. L’instinct de propriété se manifeste moins à l’égard des objets fabriqués. C’est que l’ouvrier sent qu’il n’a aucune chance de le satisfaire. L’instinct de combativité, forme particulière de l’instinct d’importance, comprimé à l’usine, trouve à se satisfaire au dehors, dans l’activité politique et syndicale. L’instinct d’importance se mue ici en instinct de puissance.
- Parmi les mobiles occasionnellement favorables à la joie au travail, l’instinct grégaire est au premier plan (le plaisir de travailler en groupe). Les besoins de commander et d’obéir sont liés ù l’instinct sexuel (sadisme et masochisme). Le besoin de commander est une forme accusée de l’instinct de puissance. Le besoin d’obéir, s’il n’est pas. pour la joie au travail un facteur aussi important que celui de commander, n’y est pas étranger. Dans cette antinomie de deux besoins réside un des problèmes les plus captivants, les plus profonds de la psychologie du mouvement ouvrier.
- Le sentiment esthétique entre pour beaucoup dans la satisfaction éprouvée au travail. Les considérations rationnelles d’intérêt privé ont des répercussions de sens contraires sur l’attitude affective des ouvriers. Quant aux considérations rationnelles d’utilité sociale, on ne les trouve dans les rapports que d’une façon tout à fait éparse. Et aucune différence n’est à marquer sous ce rapport entre ouvriers socialistes et entre militants catholiques (il y en a parmi les rapporteurs un certain nombre). En tenant compte du fait qu’on a affaire ici à l’élite de la classe ouvrière, on est en droit de considérer ce facteur comme négligeable pour la joie au travail. La forme la plus répandue du sentiment communautaire favorisant la joie au travail c’est l’esprit de corps. Mais il y va
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- plutôt clc l'instinct d’importance collective et non pas des considérations d’utilité sociale. C’est là un point d’une portée capitale. C’est en recréant l’esprit de corps que l’on pourrait faire renaître la joie dans le travail industriel. Il semble, en effet, que le problème de la joie au travail dépend moins d’une réforme centrale des rapports de propriété que de celle, locale, des rapports d’atelier au point clc vue technique et hiérarchique. Le problème se ramènerait donc à la possibilité de créer dans les cadres de l’usine une nouvelle conscience de groupe.
- Le chapitre particulièrement intéressant est celui traitant du sentiment du devoir social. « Il est des habitudes de travail que l’introspection rationnelle n’arrive à expliquer ni par une cause finale, (utilité sociale), ni par une cause efficiente (penchant spécifique instinctif) »... « Il existe un complexe de mobiles irréductibles (à des instincts particuliers) et qui se présente sous forme d’une croyance à l’obligation morale du travail. C’est cette croyance qui règle l’attitude des masses. » Il y a dans l’élan de l’individu à s’adapter à la norme, une puissance qui le dépasse. Et c’est ce qui explique que le sentiment de travail-devoir est à la fois si vague dans son expression rationnelle et si vigoureux dans ses manifestations affectives. A ce sentiment se rattache étroitement un autre : celui de la subordination sociale. La raison critique se révolte contre elle, l’habitude pratique, qui donne sens aux milliers d’actes et d’altitudes de. la v ie quotidienne, la consacre. Elle fait qu’on ne négligera jamais complètement le caractère moral d’un lien communautaire impliqué dans le rapport contractuel du travail. Le prestige social des classes dominantes d’une part et la satisfaction de,l’instinct d’importance par le travail de l’autre, cumulent leurs effets, de sorte que même une idéologie anticapitaliste ne peut détruire le sentiment de devoir social du travail. Entre les considérations supérieures rationnellement fondées cl le sentiment obscur d’un devoir sanctifié par la tradition millénaire, une lacune persiste. Et pour jeter entre les deux un pont psychologique ce n’est pas « de la pile qui se trouve sur la rive de l’avenir spéculativement conçu par la raison » qu’il faut partir, mais de celle « dont les fondations plongent dans des siècles de vieille habitude instinctive passée dans le sang, enracinée dans la sensibilité. » Le problème de la joie au travail se ramène ainsi à celui de savoir s’il est possible de rattacher certains mobiles de travail au sentiment de travail-devoir, si l'on peut parvenir à faire intégrer les sentiments de plaisir, (pie tout travailleur éprouve naturellement, dans celui, supérieur, de la joie du devoir accompli. Psychologiquement la question semble soluble..
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- Le tableau des obstacles dressé parallèlement à celui des besoins instinctifs n’a pas « la valeur d’un portrait, mais en quelque sorte celle d’un catalogue. » Il ne peut être question de les retrouver tous chez un même individu.
- Presque tous les obstacles d’ordre technique sont la conséquence de la « mécanisation » de l’industrie. Mais si l’auteur ne parle pas du machinisme en tant qu’obstacle général à la joie au travail, c’est qu’il veut indiquer par là que la machine n’est point traitée, par l’ouvrier, en ennemi. 11 n’y a que des phénomènes spécifiques d’accompagnement cpii dans certaines conditions exercent une action inhibitrice. Mais ils sont tous susceptibles d’être éliminés.
- Le travail parcellaire supprime la joie dans certains cas ; dans d’autres, au contraire, la favorise en ce qu’il demande une qualification plus grande. Il rend, certes, plus difficile la perception du rapport entre chaque partie de l’ouvrage et la destination de l’ensemble. Mais poussé par un besoin profond de sa nature, l’ouvrier parvient à donner un sens même à cette besogne parcellaire.
- En analysant de pflus près les raisons motivant dans les rapports l’attitude hostile que l’ouvrier prend parfois vis-à-vis du travail à la machine, on aboutit à en dégager 5 cas typiques : a) un effort physique trop pénible ; b) certaines opérations et certaines machines sont antihygiéniques et dangereuses ; c) la machine demande à l’intelligence une tâche qui la dépasse ; d). la machine menace la position sociale de l’ouvrier ; e) la haine de 'la machine s’explique dans bien des cas par le « complexe de l’atelier » ; c’est le cas de transfert affectif (dans le sens freudien du mot).
- Les effets particuliers du travail répété peuvent être groupés sous quatre chefs : 1° la répétition-dû même mouvement qui, tout en provoquant à la longue des déformations des membres, élimine la fatigue ; 2° la diminution de l’attention qui est sous certains rapports un avantage, car elle permet de diriger la pensée vers des objectifs situés en dehors de la sphère du travail. Or l’essentiel est-de ne pas laisser s’atrophier les instincts et les besoins élémentaires. Peu importe où ils trouvent satisfaction. A la perte morale et culturelle qui peut résulter de cet état de choses correspond une compensation d’un autre ordre : la productivité, consistant à créer la plus grande valeur possible avec le moindre effort. 3° Le rythme, qui, stimulant dans bien des cas, devient nuisible lorsqu’il provoque un état prolongé d’hypnose. 4° La fatigue, par laquelle les plaintes sont fort rares. Mais là il faut également se méfier des généralisations trop hâtives. D'une part les métiers physiquement pénibles sont peu représentés, et, d’autre part, l’ouvrier
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- aime bluffer avec sa force. Les rapports sont beaucoup plus concluants en cc qui concerne la fatigue nerveuse, citée bien souvent comme obstacle à la joie au travail. La mauvaise organisation de l’atelier est fréquemment déplorée, mais c’est là un état de chose accidentel et facile à éliminer.
- Si l’on envisage les obstacles d’ordre social intérieurs à l’entreprise, deux choses sont à retenir en premier lieu : la classe ouvrière allemande, bien qu’elle soit toujours prête à défendre la journée de 8 heures, porte beaucoup plus d’attention à l’intensité du travail qu’à la durée ; en ce qui concerne les loisirs, on demande plutôt une augmentation du congé annuel qu’une diminution do la journée de travail. Quant aux modes de salaires injustes, les reproches très fréquents faits contre le système de travail aux pièces, relèvent beaucoup plus du fait de blesser l’amour-propre de l’ouvrier, que de celui de le léser dans ses intérêts, matériels. On peut dégager 6 catégories d’arguments faits par los rapporteurs contre le travail à la pièce. 11 oblige à un rendement plus considérable (la limite du rendement que l’ouvrier s’impose, s’établit, d’une façon générale, aux environs du point que la coutume ouvrière considère comme juste ; les « lire au flanc » ne jouissent point d’une bonne opinion auprès des camarades). Le travail à la pièce exploite l’ouvrier au profit du patron ; il mine la solidarité ouvrière ; il menace la qualité du produit et ruine par là la joie au travail; il menace la sécurité d’existence; il rend impossible le contrôle par les ouvriers du rendement et de la paye, doute celte opposition au système de salaire à la tâche perdrait, en somme, toute sa raison d’être si au régime dictatorial de l’usine on substituait une organisation juridique paritaire.
- Sur 78 rapporteurs, un seul .se déclare satisfait des rapports entre chefs et subordonnés à l’atelier (lui-même est contremaître). Trente rapporteurs désignent la hiérarchie dans l’atelier comme cause principale de la peine au travail. Le ressentiment contre les chefs directs rie doit cependant pas être confondu avec l’animosité vis-à-vis du patron capitaliste. Pas un des rapporteurs ne soutient, d’ailleurs, que l’ordre de la production pourrait être maintenu sans une hiérarchie quelconque. Le mal dont souffre le système actuel de hiérarchie provient du mélange de la discipline de production et de la discipline sociale. L’autorité à l’atelier ne saurait être féconde que si on la faisait reposer sur une subordination volontaire impliquant la confiance et la conscience du but commun.
- Les problèmes psychologiques du travail ne surgissent pas tous à l’usine. Ce que d’ouvrier est à l’atelier il l’est devenu au dehors. Or l’attitude tout entière de l’ouvrier à l’égard de sa tâche est
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- colorée par le complexe d’infériorité, autrement dit par le sentiment de classe prolétarien. Ce sentiment tient à trois facteurs essentiels : le fait d’appartenir définitivement à une classe qui ne possède rien ; l’insécurité d’existence (l’ouvrier a de l’intérêt à ne pas trop s’attacher à son travail, puisque d’un jour à l’autre il peut le perdre), et le peu de considération que la société attribue au travail manuel.
- D’une façon générale, la valeur sociale du travail manuel est infériorisée parce qu”il est réservé à une classe infériorisée. Et ce sentiment ne disparaîtra que si ses causes profondes disparaissent. De cette constatation un problème grave se dégage. Dans quelle mesure l’agressivité sociale de la conscience de classe influe-t-elle sur l’attitude affective de l’ouvrier vis-à-vis de son travail ? Quand son état d’infériorité lui apparaît inéluctable, l’ouvrier trouve une compensation dans la classe elle-même, à laquelle il attribue ‘alors une valeur supérieure. Par là il atteint une estimation supérieure de sa propre personnalité. L’agressivité se transporte ainsi sur un tout impersonnel : « le système social ». Ce transfert d’agressivité a des conséquences psychologiques remarquables. Le marxisme de l’ouvrier allemand est une construction intellectuelle volontairement édifiée pour compenser un complexe d’infériorité. En tant que mobile d’action il ne présente pas une force réelle. Voilà ce qui permet de comprendre pourquoi les socialistes militants, que sont les auteurs des témoignages, se montrent beaucoup moins influencés par leur conception de classe qu’on ne l’attendrait. Les 57 °/„ de cas de joie au travail sont là pour en témoigner d’une façon éclatante.
- Une solution favorable du problème de la joie au travail apparaît dès lors possible. La lutte pour la joie au travail opère un certain déplacement du problème de la volonté de libération de la classe ouvrière, conclut de Man. C’est certes, moins que la victoire sur le capitalisme, mais en un certain sens beaucoup plus.
- NOTES ET DOCUMENTS
- Pourquoi ils apprennent le métier de maçons
- Dans le numéro d’août 1935 de la Revue mensuelle de la Chambre syndicale des entrepreneurs de maçonnerie, nous venons de commencer une étude sur : « Le facteur humain dans les travaux de maçonnerie. Il nous est agréable de résumer ici, pour les lec-
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- leurs du Bulletin de l’I. N. O. P. les grandes lignes de noire première enquête destinée à faire connaître :
- 1° Les raisons qu’invoquent les jeunes gens qui apprennent le métier de maçon ;
- 2° Les occupations qui leur plaisent dans le métier ou qui leur, déplaisent.
- Notre enquête a porté sur 180 apprentis et jeunes compagnons âgés de 13 à 23 ans, -dont 156 font actuellement leur apprentissage dans les deux écoles de métiers de Paris et de Felletin (Creuse) et 24 travaillant sur des chantiers patronaux : tous suivant des cours professionnels.
- En octobre 1934, nous les priâmes de faire la composition suivante : « Indiquez les raisons pour lesquelles vous avez choisi le métier de maçon. Dites ce qui vous plaît le plus et ce que vous n’aimez pas faire .».
- Il ressort des réponses obtenues que le choix du métier a été dicté par l’amour du gain, l’influence de la famille, du milieu, la possibilité de s’élever dans le métier, le hasard, l’amour du beau, le besoin d’activité, de mouvement, la joie naïve à la profession, la joie de construire pour autrui, le goût du changement de lieu, etc...
- Ayant rangé ces réponses sous trois grandes rubriques, nous avons pu constater :
- 1° Que le métier choisi répond : a) à un besoin d’activité physique : métier sain, en plein air, fortifiant, dur, actif ; b) à un besoin d’activité intellectuelle, tous, sauf quatre, manifestant le désir de continuer à s’instruire ; c) à un besoin d’activité affective et sociale : s’élever dans la hiérarchie professionnelle, fierté du beau travail exécuté, utilité de la tâche remplie ; d) à un besoin d’activité artistique : c’est un « beau » métier, on y fait de « belles » choses...
- 2° Que l’influence exercée sur l’enfant au moment du choix de métier l’a été principalement par la famille (plus de 70 °/0 des réponses exprimées) ; par l’entourage, le milieu (près de 15 °/0) : on a vu des maçons à l’œuvre ; par l’école (G °/u)...
- 3° One le motif d’ordre matériel a été indiqué par la majorité des apprentis : 133 sur 180, soit près de 70 °/0 : bon métier., pas de chômage, métier d’avenir, on gagne bien sa vie...
- Quant aux réponses concernant les occupations préférées dans, le métier, il nous a paru assez logique de les classer sous les cinq rubriques suivantes :
- 1° l’apprenti aime travailler tel ou tel matériau (enduits en ciment, faire du plâtre, tailler des moellons) ;
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- 2° il aime manier tel ou tel outil (la truelle de préférence) ;
- 3° il aime exécuter tel ou tel travail (monter des murs, poser des briques...) ;
- 4° il aime tel ou Ici à-côté du travail (monter sur le faîte, courir sur les échafaudages) ;
- 5° divers...
- Et nombreux sont aussi les apprentis qui redoutent l’échafaudage, craignent les poussières, n’éprouvent aucun plaisir à faire les terrassements, songent aux crevasses et engelures de l’hiver, voient d’un œil inquiet les corvées de chantiers, supputent,à l’avance le poids des sacs qu’ils auront à porter, etc...
- Après avoir comparé les résultats de notre enquête à ceux d’une enquête quelque peu analogue faite en Allemagne, nous croyons pouvoir affirmer que le métier de maçon est recherché par les natures robustes, éprises de grand air et de liberté ; qu’il permet la satisfaction des désirs intellectuels comme artistiques ; qu’il procure, en temps normaux, des ressources matérielles comme
- bien peu en offrent. Julien Fontègne.
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- Intelligence et force musculaire
- Il ressort, des données d’une étude statistique basée sur les résultats psychotechniques obtenus sur 573 étudiants de Washington High School of Indianopolis (1) que les « athlètes » (il y en avait 80) seraient supérieurs au point de vue intellectuel aux autres sujets. L’auteur a procédé à la détermination du quotient intellectuel, en utilisant 1’ « Illinois Général Intelligence Scale, Forme 1 ». Il a obtenu pour les athlètes un pourcentage plus considérable dans le groupe des O. I. normaux ou supérieurs et un pourcentage plus restreint dans le groupe des O. I. inférieurs à 90. Il est à noter, cependant, que les O. I. tout à fait supérieurs (de 120 à 145) sont répartis” d’une façon fort analogue dans les deux catégories de sujets. A. G.
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- La force et la ténacité
- Dans un travail du Laboratoire de Physiologie du Travail du Conservatoire des Arts et Métiers et du Service des recherches physiologiques de TL N. O. P., A. Fessvud, IL Laugier cl Jeanne Monnin ont comparé un indice de ténacité dans l’effort soutenu à jia force déployée au cours de l’entraînement (2). •
- (1) R. H. Jones, in School and Sociely, n” 1082, 21 septembre 1934, p. 415.
- (2) Travail humain, juin 1935, p. 165.
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- Cet indice de ténacité est fourni par le temps maximum qu’un sujet donné peut maintenir un effort représentant les deux tiers du maximum dont il est capable (compression d’une poire remplie de mercure pour élever le niveau dans une colonne surmontant la poire, avec le dynamographe de Charles Henry).
- Les données recueillies chez quatre sujets ont montré, en accord avec des constatations antérieures, que la force et la ténacité montraient une grande indépendance, et constituaient deux caractéristiques bien différentes des sujets.
- Mais les deux indices s’élèvent, marquant un certain progrès, au cours de l’entraînement, par la répétition des épreuves (31 séries chez un des sujets). Le temps de maintien de l’effort passe par exemple, pour des moyennes consécutives de 5 expériences, de 35,6 sec. à 36,6 ; 40,4 ; 40,8 ; 43,6 et 43, 5.
- Il y a peu de différence, pour la ténacité, entre la main droite et la main gauche, à l’inverse de ce qu’on constate pour la force où les types se classent en général nettement en gauchers ou droitiers. Il est probable que cela tient à l’influence prépondérante d’un élément commun de caractère dans les épreuves de ténacité, plus important que dans les épreuves de force. H. P.
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- La prédisposition aux accidents du travail
- La loi de Marbe établit que les chances d’accidents, chez les ouvriers, sont d’autant plus grandes que la fréquence des accidents préalables a été plus élevée. Ceci indique qu’il existe une prédisposition aux accidents, et dès lors il est d’un haut intérêt général et social d’écarter de tels individus des activités industrielles les plus dangereuses. Il s’agit donc de les dépister, et l’on s’en préoccupe un peu partout.
- Chez des enfants, Glück (1) a trouvé des factqurs complexes de cette affinité, comprenant une perturbation du comportement sous l’influence de la peur, un excès de lenteur d’adaptation (viscosité), une incapacité de s’occuper de deux ou plusieurs choses à la fois (déficience de l’attention distribuée), une certaine maladresse et de la lenteur.
- Un élève du regretté Gicsc, W. Guundler (2), a examiné des accidentés d’industries du fer et de l’acier pour établir leur typolo-
- (1) Psychologische Analyse und Prüfung der Unfallaffinitât an sieben bis neunjahrigen Knaben. Archiv fiir die gesamle Psychologie XCIII, 1935, p. 1-41.
- (2) Untersuchungenzur Typologie des Unfallers in der Eisen und Stah-lindustrie. Arbeits physiologie, VIII, 2, 1934, p. 97-134.
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- gie, trouvant une proportion de gauchers assez grande (4 fois plus que la normale), une mauvaise capacité d’adaptation et de coordination motrice sous l’influence du degré d’intelligence, une susceptibilité au choc de surprise.
- Une batterie de 6 tests (choisis sur 19 essayés) permettrait de dépister la prédisposititon.
- En France, une importante étude a été poursuivie par J. M. Laiiy et S. Korngold (1). A de nombreuses épreuves ont été soumis 200 ouvriers fréquemment blessés et 300 ouvriers ayant été exempts de blessures. Or, dans toutes les épreuves de tâches uniformes où les conditions de travail ne comportaient pas une rapidité imposée, il n’y eut pas de différence entre les deux groupes, pour la précision et aussi la vitesse du travail.
- En revanche, quand un rythme défini était imposé, ou une limite de temps, le groupe des accidentés s’est montré systématiquement inférieur, ainsi que dans les tests exigeant une certaine souplesse de réadaptation, une certaine plasticité (ce qui est en accord avec l’hypothèse de Marbe, d’un défaut dans la capacité de « réaiguillage » rapide.)
- Rapidité imposée, complexité de tâche caractérisent les épreuves susceptibles de déceler 'les prédisposés aux accidents (les tests d’attention diffusée étant particulièrement propres à ce but, conformément aux observations de Glük sur les enfants).
- Il est probable que les troubles de la précipitation sont dus à un certain affolement d’origine émotive, qui joint à un degré assez élevé de viscosité, forme le noyau de la prédisposition aux accidents.
- Il y a là une notion extrêmement importante qui doit être envisagée en orientation professionnelle. jj p
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- Une application, adaptée à l’armée belge, des tests de l’armée
- américaine
- On sait qu’une commission de psychologues, dès l’entrée en guerre des Etats-Unis en 1917 avait élaboré une échelle de lests permettant de classer d’emblée les recrues en catégories déterminées par leur niveau intellectuel, avec préparation intensive des sujets de première catégorie pour en faire des officiers ou des sous-officiers ; dépistage des insuffisants mentaux, et répartition
- (1) Communication à la Société de Psychologie en mai 1935. Recherches expérimentales sur les causes psychologiques des accidents du travail. In 8° de 71 pages et 40 graphiques hors texte (en tirage spécial).
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- des hommes de troupe en diverses formations exigeant plus ou moins de technique. L’application en avait etc faite à près de 1.700.000 hommes.
- Une adaptation française des « Army mental tests » a été établie par Mme le Dr Roux de Montleberg ; en se fondant sur cette adaptation, le capitaine Yernaux (1) a composé, en 1928, six séries d’épreuves qu’il a appliquées à son tour aux miliciens d’un régiment belge de carabiniers, cinq ayant trait à l’attention et la mémoire, au calcul mental, à l’agilité intellectuelle, à la capacité de jugement pratique, et au niveau de connaissances d’ordre primaire, la dernière (destinée à la comparaison avec les méthodes usuelles d’examen, mais n’entrant pas en jeu dans la notation) consistant en une dictée.
- La correction a été mécanisée pour pouvoir être conifée à des sous-officiers ; le capitaine Yernaux a vérifié qu’en quatre heures on pouvait corriger quatre-vingts tests. Suivant la méhode américaine, 6 catégories ont été établies suivant le nombre de points obtenus (de 0 à G0). L’essai a été fait sur 467 soldats, dont 4 appartenaient à la première catégorie, 71 à la 2e, 174 à la 3e, 152 à la 4°, 5G à la 5° et 10 à la dernière.
- L’utilisation de ces données a permis de répartir les hommes en groupes de combat constitués de façon homogène ; ces groupes, de 10 Rommes, logés dans une chambre distincte, ont été formés avec 1 soldat de lre ou 2° catégorie, 5 de 3e, 8 de 4°, 5 de 5e 1 de 6e.
- Dès le lendemain de l’arrivée à la caserne, la répartition était faite, et le recrutement des élèves caporaux a pu être utilement limité d’emblée aux trois premières catégories.
- La méthode s’est montrée utile et féconde. IL P.
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- . H= *
- Les rapports de l’habileté mécanique et de l’intelligence globale
- On a constaté, chez le.s adolescents normaux, une indépendance à peu près complète entre les degrés de réussite dans des tests de développement intellectuel, dits d’intelligence globale, comme ceux de Binet-Simon, et dans les épreuves d’habileté mécanique, tests d’assemblage par exemple, tels ceux du Minnesota.
- Les coefficients de corrélation trouvés ont été presque nuis.
- (1) Détermination des aptitudes. Les « Army mental tests », Bulletin belge des Sciences militaires, octobre 1934, et Bull. Irim. de V Office inter communal pour 10. P., XV, 57, 1935, p. 5-32.
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- En s’adressant à des débiles mentaux A.-N. Frandsen (1) a obtenu (chez 100 garçons Ages de 10 à 20 .ans dont le quotient intellectuel moyen était de 0,63, avec extrêmes de 0,50 et 0,75) un coefficient de corrélation positif, qui, quoique faible encore, était notablement plus élevé : 0,21.
- En regardant de plus près les résultats, l’auteur a pu constater que, aux très bas niveaux de développement intellectuel, il y avait parallélisme ù peu près complet entre la réussite dans les épreuves d’assemblage et les tests de développement Kuhlmann-Binet ; mais à un certain degré de développement, si l’Age mental de 8 ans se trouve atteint (ou pour un Q. I. d’au moins 0,55), l’indépendance des réussites se manifeste nettement.
- Il paraît donc y avoir, aux premiers stades, une capacité globale qu’on peut réellement appeler l’intelligence globale ; puis une différenciation des aptitudes commence à se produire, dont le premier aspect serait la division du verbal et du mécanique.
- Et l’on peut rapprocher de cette donnée les résultats de l’étude de Jeanne Monnin montrant que la différenciation des types d’intelligence (en particulier des compréhensifs, des critiques et des inventifs) se dessine et s’accentue avec l’Age.
- H. P.
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- Variations géographiques de l’âge de la puberté féminine
- Dans une étude relative à l’Age d’apparition de la puberté féminine, M. da Luceny (2) montre qu’au Brésil l’influence du climat se manifeste assez nettement, puisque l’Age moyen est d’environ 12 ans à Bahia, de 13 ans à Bio-de-Janeiro et de 14 ans à Sao-Paulo, la première ville étant la plus proche de l’équateur et la dernière à la limite de la zone tempérée de l’hémisphèrc-sud. Toutefois, à Pernambouc, plus proche encore de l’équateur, l’Age moyen est d’un peu plus de 13 ans.
- Les facteurs déterminant l’évolution pubérale sont évidemment complexes, et cela se manifeste dans des villes où se trouvent des populations très mélangées, où s’exerce l’action de la race.
- A titre de données documentaires, l’auteur a rapporté un grand nombre de déterminations qui ont été fournies de l’Age moyen de la puberté en des lieux très différents. Nous en donnons ci-dessous quelques-unes, dans l’ordre d’une précocité croissante 10 ans 8
- (1) Mechanical ability of Morons. Journal of applied Psychology, XIV, 4, 1935, p. 371-378.
- (2) Variaçaoes fisiologicas da epoca de aparecimento da puberdade femi-nina. Arquivos (la Assislencia as Psicopatas, IN, 1933, p. 165-176.
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- mois en Laponie ; 16 ans 1 mois en Norvège (Oslo) et à Berlin 16 .ans à Gôllingcn ; 15 ans 9 mois à Varsovie ; 15 .ans 8 mois à
- Stockholm et à Vienne ; 15 .ans 5 mois à Lyon ; 15 ans 3 mois à
- Strasbourg ; 15 ans 2 mois à Manchester ; 15 ans à Madrid ; 14 ans 11 mois à Paris ; 14 ans 9 mois à Rome et à Londres ; 14 ans
- 8 mois en Vendée ; 14 ans 6 mois à Florence ; 14 ans 3 mois à
- Nîmes ; 14 ans 2 mois à Montpellier ; 14 ans à Toulon ; 13 ans 8 mois à Marseille. Mais il ne faut pas donner un trop grand poids à ces valeurs moyennes qui ne sont peut-être pas fondées sur des déterminations statistiques très précises.
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- Une répartition des choix professionnels à la sortie des écoles supérieures des Etats-Unis
- Une enquête qui a atteint jusqu’à 90 °/0 des élèves sortants des « high schools » du Minnesota (environ 17.000 chaque année), poursuivie de 1929 à 1933, par E. G. Williamson et J. G. Darley (1) a permis d’examiner la constance de la répartition des choix déclarés des professions, du moins d'après la répartition de celles-ci en six grands groupes, fondés sur la révision par E. S. Brussel de l’échelle de Barr-Temssig.
- Le premier groupe comprend les professions supérieures (telles que médecin, juriste, chercheur scientifique, éditeur, ingénieur, banquier, diplomate) ; il a attiré pour les 5 années les pourcentages suivants : pour les hommmes, 42,4 ; 39,8 ; 36,4 ; 36,0 ; 35,6 ; et pour les femmes : 2,4 ; 2,7 ; 2,6 ; 2,2 ; 1,8. Les choix dans cette catégorie varient peu ; les ambitions féminines sont rares dans ce groupe.
- Le second groupe a trait à des professions d’un degré inférieur, comprenant l’enseignement, la religion, la littérature, la science dans les postes secondaires, les affaires, le métier de dentiste. Les pourcentages sont, pour les hommes : 32,6 ; 29,6 ; 27,6 ; 29,0 ; 24,1 ; et pour les femmes : 70,4 ; 65,5 ; 64,3 ; 62,6 ; 61,2. Il y a une certaine tendance à la diminution de ces choix.
- Si l’on fait la somme des choix dans les deux catégories voisines, on remarque qu’il y a à peu près égalité entre les hommes et les femmes.
- La 3e catégorie comprend les métiers techniques et commerciaux (employés de commerce), bibliothécaires, instituteurs, assis-
- (l) Trends in lhe occupational choices of high school seniors. Journal o[ applied Psycholoyy,• XIX, \ 1933, p. 3G1-370.
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- tantes sociales, sténographes, etc.), les pourcentages sont supérieurs chez les femmes et il y a tendance générale à l’augmentation compensant la diminution de la 2e catégorie (moins d’ambition sans doute du fait de la crise). Pour les hommes, on a : 14,4 ; 16,0 ;
- 17.5 ; 17,6 ; 19,3 ; pour les femmes : 27,0 ; 31,2 ; 32,3 ; 34,6 ; 35,9.
- La quatrième catégorie comprend des professions qualifiées, comme lithographe, mécanicien, professeur d’éducation physique, des métiers agricoles et forestiers, etc. Elle ne concerne que des pourcentages féminins assez stables, mais insignifiants (inférieurs à 1) et des pourcentages croissants encore chez les hommes : 10,0 ;
- 13.5 ; 17,5 ; 16,3 ; 19,4.
- Les deux dernières catégories (travailleurs demi-qualifiés et non qualifiés) ne connaissent que des pourcentages féminins nuis et masculins négligeables (inférieurs à 1). •
- De façon générale, il se montre un léger glissement vers les catégories de professions d’un niveau moins élevé entre 1929 (années de prospérité) et 1933 (maximum de la crise).
- IL P.
- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE A L’ÉTRANGER
- Application de la fiche psychologique de Piéron en Belgique
- Mlle Jadoulle a expérimenté sur les élèves des écoles d’Angleur (banlieue de Liège) l’examen psychologique de notre Institut. Ce test a été appliqué aux enfants de 12 à 14 ans avec beaucoup de souci d’exactitude et d’homogénéité dans l’application et en suivant strictement la technique donnée. L’étalonnage fait par centi-les comme nous le faisons nous mêmes a donne des résultats très nettement similaires à ceux obtenus sur les enfants français.
- Un seul fait cependant à signaler : dans les étalonnages français les résultats du premier centilc sont supérieurs à ceux obtenus par les enfants d’Angleur.
- A partir du 10e cenlile les résultats belges sont égaux et souvent supérieurs.
- Nous donnerons pour chaque point du profil de notre fiche les normes belge et française. Les chiffres entre parenthèse indiquent le centilc dont on donne la cote.
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- I. — Niveau d'efficience
- Garçons, Angleur. — (1) 26, (10) 22,8, (20) 18,8, (30) 18,3, (40) 17,3, (50J 16,5, (60) 15,3, (70) 14,3, (80) 13,3 (90) 10,5, (100), 7,8.
- Garçons, Paris. — (1) 28,37, (10) 21,20,-(20) 18,75, (30) 17,40, (40) 16,10, (50) 15,3 (60) 13,9, (70) 12,5, (80) 10,90, (90) 6,80, (100) — 58.
- Filles, Angleur. — (1) 28,16, (10) 23,2, (20) 19,5 (30) 18,5 (40) 17, (50) 15,8, (60) 15, (70) 14,5, (80) 12,6, (90) 10,5, (100) — 32.
- Filles, Paris. — (1) 26,25, (10) 22,70, (20) 19,30, (30) 17,90, (40) 15,50, (50) 15,1, (60) 13,95, (70) 12,00, (80) 10,80, (90) 2,10, (100)
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- VI. — Mémoire des formes géométriques
- Garçons, Angleur : (1) 5, (10) 4, (20) 3, (30) 2, (40) 2, (50) 1, (60)
- 1, (70) 0, (80) — 1, (90) — 1, (100) — 3.
- Garçons, Paris : (1) 8, (10) 4, (20) 3, (30) 2, (40) 1, (50) 1, (60) 0, (70) 0, (80) — 1, (90) — 2, (100) — 8.
- Filles, Angleur. — (1) 6, (10) 4, (20) 3, (30) 2, (40) 2, (50) 1, (60) 1, (70) 0, (80) 0, (90) — 1, (100) — 3.
- Filles, Paris. — (1) 7, (10) 3, (20) 2, (30) 2, (40) 1, (50) 1, (60) 0, (70) 0, (80) — 1, (90) — 1, (100) — 6.
- VII. — Mémoire concrète et d'observation
- Garçons, Angleur. — (1) 27, (10) 23, (20) 20, (30) 17, (40) 14, (50) 13, (60) 12, (70) 9, (80) 8, (90) 5, (100) 0.
- Garçons Paris : (1) 30, (10) 15, (20) 11, (30) 9, (40) 8, (50) 7, (60) 0, (70) 4, (80) 2, (90) 0, (100) 0.
- Filles Angleur. — (1) 30,'(10) 22, (20) 20, (30) 18, (40) 16, (50) 12, (60) 9, (70) 8, (80) 6, (90) 3, (100) 0.
- Filles Paris. — (1) 32, (10) 17, (20) 13, (30) 11, (40) 9, (50) 8, (60) 7, (70) 6, (80) 4, (90) 3, (100) 0.
- VIII. — Mémoire des mots
- Garçons, Angleur. — (1) 10, (10) 8, (20) 7, (30) 6, (40), 5, (50) 4, (60) 4, (70) 3, (80) 3, (90) 2, (100) 0.
- Garçons, Paris. — (1) 23, (10) 7, (20) 6, (30) 5, (40) 5, (50) 3, (60)
- 2, (70) 1, (80) 0, (90) — 2, (100) — 32.
- Filles, Angleur. - (1) 17, (10) 9, (20) 8, (30) 7, (40) 6, (50) 5, (60) 4, (70) 3, (80) 2, (90) 0, (100) — 5.
- Filles, Paris. — (1) 20, (10) 9, (20) 7, (30) 6, (40) 5, (50) 4, (60) 2, (70) 2, (80) 1, (90) — 2, (100) — 29.
- IX. — Mémoire logique
- Garçons, Angleur. — (!) 10, (10) 9, (20) 8, (30) 5, (40) 4, (50)
- 3, (60) 2, (70) 2, (80) 1, (90) 0, (100) 0.
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- Garçons, Paris. — (1) 10, (10) 9, (20) 7, (30) 6, (40) 5, (50) 4, (00) 2, (70) 1, (80) 0, (90) 0, (100) 0.
- Filles, Angleur. — (1) 10, (10) 9, (20) 8, (30) 8, (40) 7, (50) 5, (GO) 5, (70) 4, (80) 3, (90) 0, (100) 0.
- Filles, P'aris. — (1) 10, (10) 9, (20) 8, (30) 8, (40) 7, (50).6, (50) 5, (70) 4, (80) 4, (90) 3, (100) 0.
- X. — Vitesse d’apprentissage, îr& période.
- Garçons, Angleur. — (1) 65, (10) 53, (20) 42, (30) 37, (40) 35, (50) 3f, (60) 29, (70) 27, (80) 22, (90) 14, (100) 0.
- Garçons, Paris. — (1) 120, (10) 60, (20) 48, (30) 41, (40) 36, (50) 32 (60) 27, (70) 24, (80) 20, (90) 14, (100) 0.
- Filles, Angleur. — (1) 74, (10) 58, (20) 49, (30) 44, (40) 40, (50) 35, (60) 30, (70) 27, (80) 24, (90) 18, (100) 9.
- Filles, Paris: — (1) 91, (10) 55, (20) 46, (30) 40, (40) 36, (50) 32, (60) 28, (70) 23, (80) 17, (90) 12, (100) 0.
- XI. — Vitesse d’apprenlïs'sage,2e période.
- Garçons, Angleur. — (1) 54, (10) 34, (20) 28, (30) 25, (40) 21, (50) 20, (60) 19, (70) 15, (80) 11, (90) 0, (100) 0.
- Garçons, Paris. — (1) 110, (10) 67, (20) 58, (30) 48, (40) 42, (50) 38, (60) 33, (70) 28, (80) 23, (90) 19, (100) 0.
- Filles, Angleur. — (1) 54, (10) 43, (20) 37, (30) 32, (40) 27,
- (50) 22, (60) 19, (70) 17, (80) 15, (90) 9, (100), 6.
- Filles, Paris. — (1) 85, (10) 65, (20) 54, (30) 45, (40) 40, (50) 35, (60) 31, (70) 27, (80) 22, (90) 17, (100) 0.
- XII. — Imagination
- Garçons, Angleur. — (1) 36, (10) 24, (20) 20, (30) 20, (40) 16,
- (50) 14, (G0) 12, (70) 11, (80) 8, (90) 5, (100) 3.
- Garçons, Paris. — (1) 41, (10) 23, (20) 18, (30) 16, (40) 13.
- (50) 11, (60) 9, (70) 8, (80) 4, (90) 4, (100) 0.
- Filles, Angleur. — (1) 28, (10) 25, (20) 20, (30) 16, (40) 15,
- (50) 13, (60) 12, (70) 11, (80) 9, (90) 8, (100) 4.
- Filles, Paris. — (1) 85, (10) 65, (20) 54, (30) 45, (40) 40, (50) 35, (60) 31, (70) 27, (80) 22, (90) 17, (100) 0.
- XIII. — Compréhension
- Garçons, Angleur. — (1) 29,5, (10) 27, (20) 24, (30) 22,5, (40)
- 21, (50) 19, (60) 18, (70) 16, (80) 12, (90) 8, (100) 3.
- Garçons, Paris. — (1) 34,5, (10) 21, (20) 18, (30) 15, (40) 12,5, (50) 11, (60) 9, (70) 7, (80) 5, (90) 3, (100) 0.
- Filles, Angleur. — (1) 27, (10) 25, (20) 22, (30) 21, (40) 20, 50 (18), (60) 16, (70) 15, (80) 13, (90) 8, (100) 0.
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- Filles, Paris. — (1) 29,5, (10) 21, (20) 17,5 (30) 14,5, (40) 13, (50) 11, (00) 9,5, (70) 8,5, (80) G, (90) 4, 100) 0.
- XIV -— Critique
- Garçons, Angleur. — (1) 16, (10) 12, (20) 10, (30) 10, (40) 10, (50) 8, (60) 8, (70) 7, (80) 6, (90) 6, (100) 3.
- Garçons, Paris. — (1) 18, (10) 11,5, (20) 10,5 (30) 9, (40) 8,5 (50) 7,5, (60) 7, (70) 6, (80) 5, (90) 3,5 (100) 0.
- Filles, Angleur — (1) 16, (10) 14, (20) 12, (30) 12, (40) 10, (50) 8, (60) 8, (70) 6, (80) 6, (90) 4, (100) 2.
- Filles, Paris. — (1) 16, (10) 12, (20) 11, (30) 10, (40) 9, (50) 8, (60)
- 7, (70) 6, (80) 5, (90) 4, (100) 0.
- XV. — Invention
- Garçons, Angleur. — (1) 18,75’ (10) 14,5, (20) 14, (30) 13,5 (40)
- 12.5, (50) 11,75, (60) 11, (70) 10,25, (80) 9,75, (90) 8,75, (100) 6,75.
- Garçons, Paris. — (1) 17,25, (10) 15, (20) 13,75, (30) 12,75. (40) 12, (50) 11,25, (60) 10,50 (70) 10,25, (80) 9,50, (90) 8, (100), 2,5. Filles, Angleur. — (1) 18,50, (10) 16,75, (20) 13,75, (30) 13, (40)
- 12, (50) 11,50, (60) 11, (70) 9,75, (80) 8,75, (90) 7,75, (100) 4,75. Filles, Paris. — (1) 20,50, (10) 15,75 (20) 14,50, (30) 13,25, (40)
- 13, (50) 12, (60) 11,50, (70) 10,50, (80) 10,50, (90) 8, (100) 1.
- XVI. — Intelligence logique
- Garçons, Angleur. — (0) 13,5 (10) 12, (20) 10,5 (30) 10,. (40) 9, (50) 8,5, (60) 8, (70) 7, (80) 6, (90) 5, (100) 2.
- Garçons, Paris. — (1) 18, (10) 11,5 (20) 10,5 (30) 9, (40) 8,5 (50)
- 7.5, (60) 7, (70) 6, (80) 5, (90) 3,5 (100) 0.
- Filles, Angleur. — (1) 15, (10) 11, (20) 10,5 (30) 10, (40) 8,5 (50)
- 8, (60) 7, (70) 6, (80) 5,5, (90) 5, (100) 0.
- Filles, Paris. — (1) 17, (10) 12, (20) 10,5, (30) 9, (40) 8, (50) 7, (60) 6, (70) 5, (80) 4, (90) 3 (100) 0.
- XVII. — Intelligence verbale
- Garçons, Angleur. — (1) 22,25, (10) 19, (20) 16,75, (30) 15,5, (40) 14,5 (50) 14, (60) 13,25, (70) 12,5, (80) 11,75,- (90) 9,75 (100) 7,75.
- Garçons, Paris. — (1) 25,5, (10) 18, (20) 16,25, (30) 15, (40) 14, (50) 13,25, (60) 12,25, (70) 11,25, (80) 10, (90) 8,25, (100) 0.
- Filles, Angleur. — (1) 21,25, (10) 19,5, (20) 17,5 (30) 15,5 (40) 14,25, (50) 13,75 (60) 12,25, (70) 11,5 (80) 10,25, (90) 8,75, (100)5,5.
- Filles, Paris. — (1) 28,5, (10) 18,5, (20) 17, (30) 16, (40) 15, (50) 14,25, (60) 12,75, (70) 12,75, (80) 11,25 (90) 9,70, (100) 0.
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- XVIII. — Intelligence générale
- Garçons, Anglleur. — (1) 10, (10) 14, (20) 12, (30) 12, (40) 10, (50) 8, (00) 0, (70) G, (80) 4, (90) 4, (100) 0.
- Garçons, Paris. — (1) 16, (10) 12, (20) 10, (30) 10, (40) 8, (50) 0, (60) 6, (70) 4, (80) 2, (90) 0, (100) 0.
- Filles, Angleur. — (1) 16, (10) 14, (20) 12, (30) 12, (40) 12, (50) 10, (60) 8, (70) 8, (80) 6, (90) 2, (100) 0.
- Filles, Paris. — (1) 16, (10) 12, (20) 10, (30) 10, (40) 8, (50) 6, (60) 6, (70) 4, (80) 2, (90) 0, (100) 0.
- XIX. — Intelligence numérique
- Garçons, Angleur. — (1) 13, (10) 12, (20) 11, (30) 11, (40) 9, (50) 8, (60) 7, (70) 6, (80) 4, (90) 2, (100) 0.
- Garçons, Paris. — (1) 14, (10) 10, (20) 8, (30) 6, (40) 4, (50) 4, (60) 2, (70) 0, (80) 0, (90) 0, (100) 0.
- Filles, Angleur. — (1) 14, (10) 12, (20) 11, (30) 9, (40) 8, (50) 8, (60) 7, (70) 6, (80) 4, (90) 2, (100) 0.
- Fillees, Paris. — (1) 14, (10) 10, (20) 8, (30) 6, (40) 4, (50) 2, (60) 2, (70) 0, (80) 0, (90) 0, (100) 0.
- A travers les Revues
- Dans la revue Africa (1934, T. VII, p. 40), une élude de R. A. C. Oliver a été consacrée à La question de l’emploi des tests mentaux pour l’étude des indigènes en Afrique tropicale, s’occupant d’une préparation de tests appropriés à l’examen de l’intelligence et du talent musical, évitant le handicap verbal et les limites de temps trop sévères. ----------
- D’un examen comparatif de 88 enfants ayant des difficultés pour apprendre à lire et de 52 normaux du même âge, T. J. Eames tire la conclusion dans une étude de Y American Journal of Oph-talmologg (XVII, 8, 1934, p. 709) que l’insuffisance des mouvements de convergence assurant la fusion biocuLaire doit être un facteur important clans l’inaptitude à la lecture.
- Le Dr André Feil, examinant dans la Presse Médicale (19 octobre 1935) les conditions hygiéniques du travail dans les ardoisières, avec des photographies documentaires, montre qu’il faut soigneusement distinguer les ouvriers de surface, très peu exposés aux poussières et seulement dans les ateliers, et les ouvriers de
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- fond ou d’ « abri » dont les seuls vraiment exposés aux poussières sont les fonceurs et manœuvres (à la différence des ouvriers de « régie », boiscurs, pompiers, etc.).
- Une étude sur 1.500 délinquants (des voleurs principalement) dont G. E. IIill publie les résultats dans le Journal of juvénile Research (XIX, 1935, p. 277) met en évidence la fréquence des mésadaptations professionnelles (ces délinquants ayant présenté une moyenne de 3 changements de métiers en une période de 4 ans). _________
- Le problème de l’analyse factorielle appliquée à la caractérologie forme le sujet principal du dernier fascicule paru de Charac-ter and Personnalily (n° 1, vol. IV, sept. 1935) revue trimestrielle dirigée par Spearman. Nous y relevons notamment un article de L. G. Studman sur la théorie des facteurs dans lé domaine de la personnalité, un autre de P. E. Yernon se posant la question de savoir si la « personnalité totale » est, susceptible d’être étudiée objectivement et, enfin, celui de Spearman sur la vieille et jeune science du caractère. ___________
- La Gazette des Métiers publie dans son numéro 39 (27 sept, der-nner) une courte notice sur la création de deux nouvelles Chambres de métiers (à Rochefort et ù Saintes) portant à 49 le nombre total de Chambres de métiers en France.
- On trouvera quelques données sur la valeur prédictive du succès scolaire que l’on peut attribuer à certains tests psychologiques dans une courte notice de A. F. Payne et J. P. Perry dans le n° 1.081 (14 sept, dernier) de School and Society.
- Les nos 23 et 26 (15 août et 15 septembre derniers) de Reichsar-beitsblatt contiennent une description détaillée d’un certain nombre de nouveaux dispositifs de sécurité du travail (presses de. différents types, raboteuses, tours, machines utilisées dans les industries chimiques, etc., etc...). _________
- L'éclairage et le travail, tel est le sujet d’une série de courts articles publiés dans la partie consacrée à la protection du travail dans le n° 29 (15 oct. dernier) de Reichsarbeitsblatt. On y trouvera également la description de divers dispositifs de sécurité.
- Le n° 8 de la Difesa Sociale (août 1935) publie quelques résultats obtenus par Mme Maria Djez Gasca sur 267 enfants des écoles
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- élémentaires à Rome, auxquels l’auteur a appliqué les tests de Foucault. --------
- Le n° 41 (juillet-sept. 1935) du Bulletin du Comité de Patronage d’apprentis du XV0 arrondissement, publie une notice sur la récente création de l’Office d’O. P. du XVe arrondissement. On trouvera dans ce même numéro des informations sur les cours professionnels et de perfectionnement prévus par la loi Astier de môme que quelques renseignements sur l'Ecole technique pour la formation des manipulateurs de laboratoire.
- Nous relevons dans les nos 188 (août-sept. et octobre 1935) de VOrientation professionnelle, un article de A. Ducasse, météorologiste principal à l’Office national météorologique, sur les carrières de la météorologie. -----------
- Mme S. Korxgold publie dans Je n° 42 (septembre 1935) de IA Organisation un article sur la formation professionnelle des mécanographes;. ________
- L’Institut International de coopération intellectuelle a publié en juillet-août 1935 un numéro spécial Coopération intellectuelle, n° 55-56, consacré au problème du chômage de la jeunesse universitaire et reproduisant les exposés et les communications présentés à la conférence des organisations internationales d’étudiants (Genève 10 et 11 avril dernier).
- I-e fascicule débute par l’exposé de M. Fernand Maurette, directeur-adjoint du Bureau international du travail.
- A signaler également une étude de Walter Kotschnig sur l’éducation dirigée, donnant, entre autres un tableau comparatif sur l’accroissement du nombre total d’étudiants immatriculés dans divers pays en 1913, 1925 et 1932.
- A la suite du compte rendu des communications se trouve une chronique relative aux mesures prises par divers pays pour combattre le chômage des intellectuels.
- M. Po.xzo et F. Banissoni publient dans le fascicule IX (sept. 1935) de VOrganizzazionc Scientifica del Lavoro un article sur les méthodes psychotechniques de sélection et d’éducation du personnel dirigeant. ________
- Ariane public dans son numéro d’août dernier une liste alphabétique détaillée de toutes les écoles professionnelles ou d’enseignement général accessibles aux enfants pourvus du certificat d’études ou du brevet élémentaire.
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- Le n° O (septembre 1935) du Musée Social commence la publication d’une étude sur l’effort social des grands réseaux de chemins de fer en faveur de leur personnel. -La première partie comporte les chapitres suivants : I. — Logement (cités et immeubles, jardins ouvriers. IL —- Economats et Coopératives de consommation. III. — L’Aide en faveur de l’enfance (services d’assistance sociale, allocations diverses, jardins d’enfants, colonies de vacances, etc.).
- INFORMATIONS
- Etablissement de rééducation. — Il vient de s’ouvrir à Arcachon une école et établissement' psycho-médico-pédagogique, dont la direction médicale est assurée par le docteur Henriette Hoffer.
- Il comprend : a) section pour enfants retardés et de santé délicate ; b) section pour enfants sourds-muets et durs d’oreille ; c) section pour enfants parlant mal : bègues, bredouilleurs, nasonneurs,* dyslaliques ; d) cours de rééducation motrice, rythmique et esthétique ; e) cours de lecture sur les lèvres pour enfants et adultes
- sourds. *
- * *
- Un groupement laïque des amis d,e Venfant s’est constitué à Puteaux sous la présidence de M. Chobeaux, inspecteur technique de la rééducation professionnelle des mutilés, avec, comme secrétaire M. Coursaget, instituteur, élève de l’I. N. O. P.
- Parmi les buts de cet intéressant groupement, le 5e est le suivant :
- « Organiser l’orientation professionnelle systématique, scientifique et rationnelle.
- a) Vulgariser sa raison et son but ;
- b) Créer un centre de psychotechnique ;
- c) Donner des conseils d’ordre médical ;
- d) Donner des conseils d’orientation ;
- c) Répandre et préciser les monographies des métiers ».
- *
- * *
- Le professeur Nicola Pende, de Gênes, le biotypologiste bien connu, a été nommé professeur de pathologie médicale à l’Université de Rome où il devra enseigner la « médecine synthétique de Vorientation professionnelle ».
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- Dans l’arrête royal du 31 juillet 1935 qui concerne la prolongation, en Belgique, de la scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans, pour les jeunes gens qui n’ont pas d’occupation professionnelle régulière, et imposant aux jeunes chômeurs un carnet de fréquentation scolaire, on peut citer la plus grande partie de l’article 4 :
- « Les Comités locaux et régionaux... veillent à ce que les élèves soumis à l’obligation scolaire prolongée soient admis, sdlon leurs aptitudes, leurs connaissances et leurs besoins, dans un établissement primaire ou professionnel ou dans une autre institution d’enseignement à caractère technique ou professionnel. Si les établissements existants deviennent insuffisants, les Comités ont pour mission de provoquer la création d’établissements temporaires... En cas de carence... le gouvernement peut décider l’ouverture aux frais de l’Etat, et selon les besoins du moment, d’écoles
- temporaires. » *
- * *
- M. N. Jekiel, chef du bureau d’immigration de Feignies (Nord) se propose d’organiser un centre local de réadaptation aux travaux agricoles, en préparant en particulier des vachers spécialisés et des trayeurs dont on manque en France, obligé que l’on a été jusqu’ici de faire appel à des immigrants étrangers.
- • *
- * *
- L’Ecole de rééducation des mutilés' de Bordeaux fondée en 1915 et munie d’un laboratoire de recherches, a reçu en 20 ans 6.237 élèves ; elle a donné à l’orientation professionnelle de ses mutilés une place de premier plan, au point de vue physiologique des aptitudes et au point de vue technique des métiers possibles. On y envisage en particulier l'aptitude à.la station debout ou assise, aux travaux d’intérieur ou de plein air ; aux travaux de force, de demi-force ou d’adresse.
- L’Ecole reçoit des élèves payants et des élèves gratuits (mutilés de guerre et du travail).
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- A 1 ’Ecole d’organisation scientifique du travail, pour sa deuxième année (1935-36) le programme comprend des cours généraux (en particulier de méthode scientifique par Marcel Bloch, de principes d’organisation par M. Pontiiière, d’application aux opérations commerciales par Henri Fayol, etc...), des cours d’organisation industrielle (en particulier d’analyse du travail par J. Compagnon, de chronométrage, par Mme Garcin-Giiynet), d’organisation commerciale (en particulier de la vente et la distribution par Roger Picard, de la publicité, par A. Marcellin, de la psychologie du
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- vendeur et de la psychotechnique du vendeur par Léone Rourdel),
- enfin de travail administratif et d’organisation des bureaux.
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- Dans les Universités< allemandes le nombre des étudiants est passé de 116.000 à 70.000 soit une réduction de plus de 33 °/„.
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- * *
- La statistique des diplômes d’Etat de docteur en médecine décernés par les facultés françaises pour ces dernières années révèle les chiffres suivants : 901 (1927-28) ; 965 (1928-29) ; 1.052 (1929-30) ; 1.120 (1930-31) ; 1.123 (1931-32) ; 1.293 (1932-33) ; 1464 (1933-
- 34) ; 1.579 (1934-35). *
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- A la séance du 9 novembre 1935 de la British Psychological Society, le Dr Earl a parlé de l’application clinique aux débiles mentaux de tests de performance, M. Zeipf.r de l’application des tests d’intelligence et de performance à un groupe d’enfants de 14 ans quittant l’école, entre autres communications.
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- Le pourcentage des sourds-muets éduqués dans les établissements spéciaux (4 nationaux, 9 régionaux et 41 privés) a passé de 16, 1 en 1901 à 15 en 1911 et 15,3 en 1926, soit environ 3.000 en-/'] fants des deux sexes, sur une vingtaine de mille. On voit le déchet
- cpie cela représente encore et l’absence de tout progrès.
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- . D’une série d’études de Nathan Israeli publiées dans diverses revues (telles que Y American Journal of Orthopsychiatry), et concernant des enquêtes et examens psychologiques de chômeurs, en particulier en Angleterre, il ressort que le chômage est une cause grave d’atteinte psychique d’origine émotionnelle (inquiétude d’avenir) et qu’on est en droit de parler d’un choc, d’un traumatisme mental par chômage.
- *
- La déclaration obligatoire des maladies professionnelles. — Voici, d’après le décret publié à l'Officiel du 19 octobre la liste des maladies dont la déclaration est obligatoire.
- I. — Maladies de caractère professionnel causées par :
- A. — Agents chimiques
- 1° Le plomb, ses alliages et ses combinaisons ;
- 2° Le mercure, ses amalgames et ses combinaisons. ;
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- 3° L’arsenic et ses combinaisons ;
- 4° Le phosphore, les phosphures, les chlorures de phosphore, l’hydrogène phosphoré et l’anydride phospliorique ;
- 5° Le sulfure de carbone ;
- 6° L’acide chromique et ses combinaisons avec les métaux alcalins ;
- 7° Les sels de nickel ;
- 8° Le bioxyde de manganèse et la pyrolusite ;
- 9° Le zinc dans la fusion de ce métal, dans la fabrication de ses alliages, et dans le travail au chalumeau des tôles galvanisées ;
- 10° Le fluor, l’acide fluoridryque, les fluorures et les fluosiii-cates alcalins ;
- 11° Les dérivés halogènes des hydrocarbures de la série grasse, notamment le chlorure de méthylène, le chloroforme, le tétrachlorure de carbone, le tétrachloréthane, le di et le trichloréthylène, le bromure de méthyle ;
- 12° Le benzène et ses homologues (toluène, xylène, etc.) et leurs dérivés habituels, nitrés et aminés, notamment les ehloro-benzène’s, le dinitro et le trinilrotoluène, l’aniline et ses dérivés, le paraphé-nylène diaminé, les chloronaphtènes ;
- 13° Les gaz et les vapeurs irritants, asphyxiants, caustiques ou toxiques, notamment l’oxyde de carbone et scs combinaisons, le chlore et l’oxychlorure de carbone (phosgène), le brome, l’hydrogène sulfuré, le sulfhydrate d’ammoniaque, l’anhydride sulfureux, les vapeurs nitreuses, les vapeurs ammoniacales, l’acide cyanhydrique et les dérivés du cyanogène, l’aldéhyde formique (formol), l’acide sulfurique, l’acide chlorhydrique, l’acide nitrique ;
- 14° Les peintures et vernis cellulosiques et autres peintures et vernis à séchage rapide dans leur application ;
- 15° Les alcalis caustiques et substances analogues, notamment la soude, l’ammoniaque, la chaux, les chaux hydrauliques, les ciments ;
- 16° Les brais, les goudrons, le bitume, l’asphalte, les huiles minérales, les paraffines et autres produits irritants pour la peau ou cancérigènes ;
- 17° La fabrication ou la manipulation de l’émétine, la quinine, la cocaïne et ses succédanés et les alcaloïdes de l’opium ;
- B. — Agents physiques
- 18° Les radiations de courte longueur d’onde par rapport à la lumière, notamment les rayons X et les rayons ultra-violets ;
- 19° Le radium et les autres substances radio-actives ;
- 20° Les variations brusques de pression de l’air en dehors des cas considérés comme accidents du travail ;
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- C. — Agents végétaux
- 21° Les bois exotiques irritants ;
- D. — Agents animés?
- 22° La bactéridie charbonneuse, le bacille de la morve, le spirochète ictérohémorragique, le bacille du tétanos et les brucellæ, en dehors des cas considérés comme accidents du travail ;
- 23° L’ankylostome.
- IL — Cas professionnels :
- 1° De dermatoses chroniques ou récidivantes autres que celles déclarées du chef d’une des causes sus-énumérées ;
- 2° D’affections pulmonaires déterminées par l’inhalation de poussières d’origine minérale, végétale ou. animale, notamment les pneumokonioses causées par les poussières siliceuses, argileuses, calcaires, sidéreuses et charbonneuses et par les poussières de coton, de laine et de crin ;
- 3° D’inflammation du tissu cellulaire sous-cutané de la main ou du genou (main battue, genou battu) et d’inflammation de la gaine synoviale et des gaines tendineuses de l’articulation du poignet causées par les attitudes particulières nécessitées par le travail ; d’arthrites chroniques du membre supérieur causées par les secousses des marteaux pneumatiques ;
- 4° De surdité causée par les bruits industriels chez les chaudronniers, les riveurs et les batteurs de cuir ;
- 5° D’affections oculaires causées par les sources industrielles intenses de chaleur et de lumière, les vapeurs irritantes ou caustiques et les poussières ;
- 6° De nystagmus, notamment chez les mineurs.
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- Nécrologie. — Le 12 juillet 1935 est décédé subitement le professeur à l’Ecole technique supérieure de Stuttgart, Fr. Giese, âgé seulement de 45 ans. Fondateur de l’Institut de psychologie pratique de Halle en 1918, directeur du Laboratoire de psychotechnique à Stuttgart, Giese a publié toute une série d’importants ouvrages, en particulier le grand Handbuch der Arbeits Wissenchaft et le Handbuch psychotechnisher Eignungsprüfungen.
- En septembre 1935 on a annoncé la mort de M. L. Patrizi, professeur de physiologie et chargé du cours de psychologie expérimentale à TUniversité de Bologne. Il avait été des premiers à envisager en Italie le champ des applications pratiques de la psycîio-physiologie et il a fait toute une série d’importants travaux. Il était âgé de G9 ans.
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- La Vie des Centres d’Orientation Professionnelle
- I. Congrès national d’Orientation professionnelle
- L’Association générale des orienteurs de France avait organisé cette année le premier Congrès national d’orientation professionnelle. Il s’est tenu les 25, 2G et 27 septembre au Conservatoire des Arts et Métiers, à Paris. Tous ceux qui directement ou de loin s’intéressent au grand problème de l’orientation professionnelle, avaient tenu à assister à cette manifestation. C’est dire cpie les congressistes furent nombreux, qui suivirent avec un égal intérêt les différentes séances d’études, et les visites, promenades et réceptions qui complétaient agréablement le programme de travail. Trois questions générales avaient été inscrites à l’ordre du jour, une séance particulière comprenant un rapport général des communications et une discussion libre étant consacrée à chacune d’entre elles. Le bureau du congrès et son comité d’organisation avaient fait un gros effort pour que toute la documentation utile (rapports in extenso, etc.) fut remise à chaque congressiste avant l’ouverture des travaux, chacun ayant ainsi pu réfléchir aux questions qui venaient en discussion.
- Après que le Congrès fut ouvert par M. le Chef de cabinet de M. le Ministre du Travail, représentant le ministre empêché, la première séance de travail était consacrée à la question des rapports entre l’O. P. et les Ecoles des différents degrés. M. Martin présentait le rapport général de la question, portant sur les rapports de l’O. P. et de l’école primaire, étudiant surtout comment l’école peut préparer l’orientation (problème de la préorientation) et la collaboration possible entre l’école primaire et l’O. P. Des communications furent faites par MM. Bettem-bos et Sauzeau (l’O. P. à Centrée et à la sortie des cours complémentaires), Chainreau (l’O. P. à l’entrée et à la sortie de l’Ecole primaire supérieure), Godât (l’O. P. à l’entrée et à la sortie de l’Ecole professionnelle), et Perrotin (l’O. P. à l’entrée et à la sortie du lycée et du collège). Sous la direction de M. Barrier, inspecteur général de l’Instruction pubique, qui présidait la séance, une discussion des plus animées suivit, au cours de laquelle il fut aisé de reconnaître combien les membres du corps enseignant de tous les degrés, qui étaient nombreux parmi les assistants, étaient désireux, dans la limite du possible, d’apporter à l’orienteur la plus complète et la plus utile collaboration. La deuxime séance, présidée par M. Larcher, inspecteur général des services d’O. P. était consacrée au problème médical de l’O. P.,
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- sous le titre de « LO. P., le corps médical cl ses auxiliaires ». Le rapporteur, le Dr Paul-Boncour, dans un exposé d’une lumineuse concision, envisagea le rôle du médecin, appelé à donner d’aborcl des contre-indications, puis des indications positives, le moment où doit se faire son intervention, c’est-à-dire dès la période scolaire. Le médecin scolaire dans l’inorganisation actuelle de l’assistance médicale scolaire, 11e semble pas pouvoir ajouter ce surcroît de besogne, demandant une spécialisation très poussée, à son travail normal. Comme auxiliaires indispensables du médecin, le rapporteur réclame des assistantes sociales spécialisées, capables d’effectuer les mesures psychométriques ,et pouvant avoir une heureuse influence sur les familles, tandis qu’elles renseigneraient le médecin sur le milieu où vit l’enfant. Enfin le rapporteur envisage également le rôle du médecin dans l’O. P. des anormaux et des déficients. Ce rôle est de sélectionner les anormaux, de déterminer leur degré d’adaptation professionnelle, de mesurer leur fatigabilité et de déceler, si elle existe, la débilité motrice qu’ils peuvent présenter. Une discussion animée suivit l’exposé de ce remarquable rapport, à laquelle prirent part principalement MM. Varenne et Cossard, le Dr Boussingeon, M. Perrotin, te Dr Laufer, etc. La grande question du secret professionnel y fut une fois de plus évoquée ; il fut facile de montrer que le médecin d’O. P. n’avait pas à en sortir, et que d’autre part les dossiers constitués en vue de l’O. P. avaient en l’esprit de tous les orienteurs le même caractère secret qu’un dossier proprement médical.
- La troisième séance présidée par M. Picqucnard conseiller d’Etat, était consacrée (rapporteurs, MM. Fée et Réveillé) aux « Rapports de l’O. P. avec les groupements professionnels ». La question des monographies professionnelles retint particulièrement l’attention des rapporteurs et du congrès, chacun étant d’accord sur leur utilité de premier plan, comme aussi sur l’insuffisance de la plupart des monographies actuelliement existantes. Une collaboration étroite et constante doit s’établir entre les offices d’O. P. et les différents groupements professionnels, en vue de l’établissement de ces monographies, comme aussi du recrutement judicieux de la main-d’œuvre juvénile et de l’organisation rationnelle de l’apprentissage. Dans la discussion qui suivit plusieurs congressistes réclamèrent l’établissement d’un « Inventaire » complet des professions, donnant pour chacune les caractéristiques de la profession (aptitudes) les probabilités d’évolution et les besoins en main-d’œuvre, ainsi que les possibilités d’avenir. Enfin la question de la protection matérielle et morale des apprentis fut abordée à l’occasion de ce rapport, et le désir exprimé d’une collaboration
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- entre les offices d’O. P. et tous les groupements ou organismes susceptibles d’exercer une tutelle sur les enfants en apprentissage.
- Dans sa séance de clôture, présidée par M. Luc, directeur général de l’Enseignement technique, le congrès entendit un rapport d’ensemble de M. Perret sur les travaux des différentes sections et les conclusions qui s’en pouvaient dégager sous forme de vœux votés par le congrès et que nous reproduisons ci-dessous.
- Signalons que dans une salle attenante à celle du congrès, une exposition avait été organisée, qui groupait un certain nombre d’ouvrages intéressant l’O. P., des appareils divers de laboratoires, des tests en assez grand nombre, et toute une série de documents (en particulier ceux présentés par le bureau de statistique universitaire) que les congressistes consultèrent avec un empressement marqué.
- PI faut féliciter les organisateurs de cette intéressante et vivante manifestation, en particulier MM. Court et Ménessier, président et vice-président du Congrès, qui se prodiguèrent inlassablement, du beau succès que vient de remporte!’ l’Association générale des orienteurs de France, qui laisse espérer que ce Congrès se renouvellera à intervalles réguliers dans l’avenir.
- M. F.
- Vœux adoptés au Congrès
- La première commission émet le vœu :
- 1° Que de nouvelles instructions ministérielles précisent auprès des chefs d’établissements de tous degrés le rôle important que l’Ecole peut et doit jouer, notamment en préorientation professionnelle : par les exercices scolaires convenablement choisis, par l’Inspection médicale, par l’institution d’un carnet scolaire d’orientation professionnelle, par la pratique des travaux manuels éducatifs, par les sorties scolaires, les séances de projections, les causeries professionnelles, la T. S. F., etc. ;
- 2° Que ces instructions fixent et limitent avec précision le rôle du maître lorsqu’on .arrive ,au moment de l’orientation professionnelle proprement dite, l’Ecole ne pouvant à elle seule assurer complètement l’orientation des enfants quels qu’ils soient ;
- 3° Que les ministères intéressés soient saisis de la question et appelés à se prononcer sur l’opportunité, à l’Ecole., de la préorientation professionnelle et de la collaboration de l’Ecole avec les services d’orientation professionnelle ;
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- 4° Que les maires soient inities aux méthodes de l’orientation professionnelle afin de. leur permettre de collaborer avec les services d’orientation professionnelle.
- La seconde commission émet le voeu :
- 1° Que l’inspection médicale rationnellement organisée et conçue dans le sens de l’orientation professionnelle soit obligatoire dans tous les établissements d'enseignement de tous les degrés, l’orienteur technicien étant, comme le médecin, lié par le secret professionnel et servant ainsi d’intermédiaire officiel entre les familles, les médecins et les maîtres ;
- 2° Que les desiterata ci-dessus formulés soient portés, par les voies administratives compétentes, à la connaissance des municipalités, des autorités universitaires et des directions des écoles placées sous leur contrôle ;
- 3° Que les adolescents ayant terminé leur scolarité soient suivis médicalement du point de vue de l’Orientation professionnelle ;
- 4° Que le contrôle médical des pupilles de la nation soit étendu au delà de l’Age* de 16 ans, et s’exerce dans le sens de l’Orientation professionnelle et de l’adaptation des pupilles à la profession pendant tout le temps qu’ils sont sous la surveillance des offices ;
- 5° Que les enfants délinquants soient examinés par un Office d’orientation professionnelle et qu’un représentant de cet Office soit habilité à assister les enfants devant le Tribunal des enfants, comme y est autorisé, par exemple, un délégué do l’Office des pupilles de la nation, et que M. le Garde des Sceaux adresse aux procureurs généraux des instructions dans ce sens ;
- 6° Qu’une liaison étroite soit établie entre tous les services ayant dans leur attribution la protection physique, morale et intellectuelle de l’adolescence ;
- Qu’à cet effet, le ministre de l’Education nationale prie tous les ministères intéressés.de se tenir en rapport, dans chaque département, avec le service d’Orientation professionnelle.
- 7° Que les centres de rééducation pour déficients soient multipliés et organisés en vue d’une orientation professionnelle permettant socialement une bonne récupération.
- La troisième commission émet le vœu :
- a) Qu’une collaboration étroite et constante s’établisse entre les Offices d’Orientalion professionnelle et tout particulièrement avec
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- les groupements professionnels régionaux des principales corporations, syndicats patronaux et ouvriers, d’artisans, de commerçants, d’agriculteurs, en vue du perfectionnement professionnel des orienteurs, de l’établissement de monographies, du recrutement judicieux de la main-d’œuvre juvénile, de l’organisation rationnelle de l’apprentissage ;
- b) Qu’à la suite d’une enquête concernant l’état actuel de la main-d’œuvre dans les différentes professions et d’un inventaire aussi précis que possible de nos besoins réels et de nos moyens, toutes mesures soient prises en vue de l’organisation rationnelle de notre activité professionnelle ;
- c) Qu’une liaison étroite se généralise entre les officies d’Orien-tation professionnelle et les offices de placement en vue du placement rationnel de la main-d’œuvre juvénile sans négliger la collaboration de tous les organismes ou groupements susceptibles d’exercer sur les apprentis une tutelle bienveillante.
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- René Ledent et Lucien Wellens. — Enfants difficiles. Parents perplexes. — In-16 de 224 pages. Liège, Vaillant-Carmonne, 1935. Prix : 15 francs belges.
- La compétence médica’e de Ledent et psychopedagogique de Wellens, en une féconde union, donne un nouveau livre, constituant une utile vulgarisation des problèmes de direction générale de la conduite et de l’éducation des enfants.
- D’intéressantes données sur l’état physique, l’état intellectuel, le caractère, les forces éducatives remplissent une série de chapitres. Des cas concrets sont envisagés, cas difficiles représentant des « drames de famille », cas d’anormaux à diriger vers des écoles spéciales.
- Enfin le dixième chapitre est consacré à l’orientation professionnelle, montrant, toujours avec des exemples, l’aide cpii peut être apportée aux parents au moment du choix du métier. jj p
- IIyzel Martha Stanton. — Measurement of Musical Talent. The Eastman experiment. — In-8° de 140 pages. (University of Iowa Studies, n° 291, 1935 ; volume II des « Studios in the Psychology of Music »). Prix : 1 dollar.
- Dans ce volume, qu’a préfacé Seashore, l’initiateur bien connu des études de psychologie musicale, l’auteur qui a été la psyeholo-
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- gue conseillante de l’Ecole Eastman de musique, et qui maintenant reste psychologue expert en matière musicale au centre du service psychologique de New-York, tout en étant professeur à F Université de Rochester, nous donne le résultat de ses expériences personnelles et de ses recherches.
- Dans son premier chapitre, elle donne de nombreux exemples de profils de talent musical homogènes ou hétérogènes, envisagés au point de vue du « noyau » de ce talent, d’après les 6 tests de Seashore (ceux de la hauteur; de l’intensité, de la durée, de la consonance et du rythme, mémoire tonale). Elle fournit ensuite des données sur les fluctuations constatées et les corrélations des résultats, au cours d’épreuves successives, pour chacun de ces 6 tests, chez des enfants, des adolescents ou des adultes, avec indications d’une stabilité très encourageante.
- En utilisant, à côté de ces profils, les résultats d’épreuves de compréhension musicale, l’auteur a procédé à des pronostics de réussite, dont elle a contrôlé la validité.
- Une division de 565 sujets en 5 classes a donné, comme pourcentage de réussite aux examens au. cours de 4 années de scolarité musicale, pour la première catégorie 60, pour La 2e 42, pour la 3e 33, pour la 4e (les douteux) 23, et pour la 5e (à décourager) 17.
- Après quelques données très pratiques et techniques sur l’emploi des tests musicaux, nous trouvons encore quelques observations individuelles de talents musicaux notables et des données sur l'hérédité des aptitudes musicales. Mais il n’y a pas là une mise au point très générale, et en particulier on n’y trouve aucune donnée sur les autres tests que ceux de Seashore, tels que ceux de Kwalwasser (1927) qui sont seulement cités, ou de Young (1932).
- H. P.
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- TABLE DES MATIERES
- TOME VII
- (1035)
- ARTICLES
- François (Marcel) : Projets d’organisation de laboratoires de psychologie expérimentale consacrés à l’orientation professionnelle. — N°s 1-2, p. 10 ; n" 3-4, p. 41 ; n° 5-6, p. 74 ; n° 7, p. 113 ; n° 8, p. 145, n° 9, p. 177.
- Grunbaun» (Mme A.) : Une contribution à la psychologie du travail : la Joie au Travail, d’après II. de Man. — n° 9-10, p. 182.
- Monnin (Jeanne) : Nouvelles recherches sur l'indépendance relative de quelques formes d’intelligence. — N° 1-2, p. 1.
- Piéroi (Mme Henri) : Un dextérimètre à translation de rondelles enfilées. — N° 5-6, p. 69 ; n° 7, p. 101. — Une épreuve d’appréciation de la finesse d’exploration tactile. — N° 3-4, p. 33.
- Pollack (Nathalie). — Les tests de caractère dans la pratique d’une consultation psycho-pédagogique. — N° 8, p 137 ; n° 9-10, p. 173.
- NOTES ET DOCUMENTS
- Accidents du travail. — La prédisposition aux accidents du travail. — N* 9-10, p. 194.
- Acuité auditive. — Voir à Acuité sensorielle.
- Acuité sensorielle. — L’acuité visuelle et l’acuité auditive chez les écoliers. — N° 1-2, p. 19. — Voir aussi à Acuité visuelle.
- Acuité visuelle. — Acuité visuelle et efficience oculaire. — N* 8, p. 156 — Voir aussi à Acuité sensorielle.
- Biotypologie. — Un problème biotypologique : la rela'ion avec l’intelligence de la structure capillaire. — N° 3-4, p. 48.
- Bon ouvrier. — Un bon élève sera-t-il un bon ouvrier ? — N° 7, p. 119.
- Caractère. — Etude du caractère à l’usage de l’Orientation prifessionnelle à l’Institut de psychologie industrielle de Londres. — N° 1-2, p. 17.
- Carrières intellectuelles. — Voir à Encombrement des carrières.
- Choix de la Profession. — Le choix de la profession et l'intelligence. — N° 7, p. 119. — La stabilité des choix professionnels des étudiants. — N° 8, p. 157. — Une répartition des choix professionnels à la sortie des écoles supérieures des Etats-Unis. — N" 9-10, p. 198.
- Chômage et réorientation. — Voir à Inlormations. — N° 3-4, p. 60.
- Constance. — Voir à Quotients intellectuels.
- Contre-indication médicale. — L’utilité de la contre-indication médicale dans l’orientation professionnelle. — N° 5-6, p.- 80.
- Débouchés professionnels. — Voir à Tourisme.
- Droiterie et gaucherie. — A propos de droiterie et de gaucherie. — N° 1-2, p. 16. — Voir aussi à Latéralité.
- Encombrement des carrières. — Quelques données sur l’encombrement des carrières dans l’enseignement secondaire. — N° 1-2, p. 18.
- Force. — Voir à Ténacité.
- Force musculaire. — Voir à Intelligence.
- Gaucherie. — Voir à Droiterie et Gaucherie.
- Goûts des enfants. — Professions des pères et goûts des enfants — N° 7
- p. 116.
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- Voir aussi
- 9-10, p. 191.
- Goûts professionnels. — Une enquête sur les goûts professionnels d’écoliers japonais. — N° 7, p. 117. — Le « profil » des goûts professionnels. — N" 8, p. 152. — Voir aussi à goûts dès enfants.
- Habileté mécanique. — Le rapport de l’habilelc mécanique et de l’intelligence globale. — N° 9-10, p. 19G.
- Hérédité. — L’influence comparative de l’hérédité et du milieu abordée par la comparaison des enfants adoptifs et des enfants de même sang. — N° 8, p. 155.
- Intelligence. — Intelligence et force musculaire. — N° 9-10, p. 193. — Voir aussi à : Biotypologie, Choix professionnel, Tests d'intelligence.
- Intelligence globale — Voir à Habileté mécanique.
- Latéralité. — Etude sur la latéralité manuelle. — N° 8, p. 150. à Droiterie.
- Maçon. — Pourquoi ils apprennent le métier de maçon. — N°
- Milieu. — Voir à Hérédité.
- Milieux sociaux. — Les milieux sociaux dans les Lycées parisiens. — N" 5-6, p. 80.
- Organisation de l’O. P. — Comparaison de l’organisation de l’O. P. à Berlin et à Londres. — N° 1-2, p. 14.
- Orientation Professionnelle. — Voir à : Contre-indication et à Organisation de 10. P.
- Profession des pères. —- Voir à Goûts des enfants.
- Profils. — Voir à Goûts professionnels.
- Pronostic. — La valeur pronostique scolaire des tests d’intelligence. — N° 7, p. 118. — Voir aussi à Réussite professionnelle.
- Psychotechnique. — La Psychotechnique jugée par un médecin praticien ou danger de parler de ce qu’on ne connaît pas. — N° 3-4, p. 45.
- Puberté. — Variations géographiques et âge de puberté féminine. — N° 9-10, p. 197.
- Quotients intellectuels. — La constance des quotients intellectuels. — N° 7,
- p. 120.
- Régularité de réaction. — Régularité de réaction et stabilité neuro-végétative. — N° 5-6, p. 79.
- Réussite professionnelle. — Pronostics de la réussite professionnelle. — N° 3-4, p. 50.
- Stabilité des choix professionnels. — Voir à Choix professionnel.
- Stabilité neuro-végétative. — Voir à Régularité de réaction.
- Structure capillaire. — Voir à Bioiypologie.
- Succès scolaire. — L’aptitude au succès scolaire et ses conditions. — N° 3-4, p. 48.
- Ténacité. — La force et la ténacité. — N° 9-10, p. 193.
- Tests de l’Armée américaine. — Une application adaptée à l’armée belge des tests de l’armée américaine. — N° 9-10, p. 195.
- Tests d’intelligence. — Voir à Pronostic.
- Tourisme. — Le tourisme et ses débouchés professionnels. — N° 3-4, p. 49.
- CHRONIQUE DOCIMOLOGIQUE
- Un essai de notation d’un lest en tenant compte du temps. — N° 7, p. 121. Qu’esl-ce que « l’état d’indifférence » et la « neutralité d’aptitudes » ?. — N° 1-2, p. 23.
- Réflexions d’un examinateur sur le concours de l’internat. — N° 3-4; p. 54.
- Valeur des examens scolaires pour la prédiction du succès au cours des études ultérieures. — N° 5-6, p. 82.
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- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE A L’ÉTRANGER
- Application de la Fiche psychologique de Piêron en Belgique. — N° 9-10, p. 199.
- Institut d’organisation scientifique du Traivail de Budapest, — N° 3-4, p. 57.
- Une recherche d’orientation professionnelle dans le Comté de Fife. — N° 5-G, p. 84. — Voir aussi dans la rubrique de Notes et documents à Caractère et à Organisation de l’O. P.
- A TRAVERS LES REVUES
- A travers les revues. — N° 1-2, p. 25 ; N* 3-4, p. 59 ; N° 5-G, p. 89 ; N* 7, p. 123 ; N° 8, p. 158 ; N° 9-10, p. 203.
- INFORMATIONS
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