Bulletin de l'Institut national d'orientation professionnelle
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- 8e Année
- Février 1936,
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- BULLETIN
- DE
- N° 1-2
- Janvier-
- l’Institut National d’Orientation Professionnelle
- -----K>fO-<—:-
- La Consultation d’O. P. de l’Institut National
- par
- Mlles BISCAY, J. MONNIN, D‘ BONNARDEL
- Historique. — Malgré son titre de capitale de la France et sa renommée intellectuelle et scientifique, Paris est restée longtemps Tentant pauvre de TO. P.
- Alors que cette nouvelle science s’organisait en province et obtenait un rapide développement dans certaines villes, le département de la Seine ne comptait que quelques rares centres d’O. P., dont les modestes ressources ne permettaient pas d’opérer sur des basés scientifiques ; on faisait trop souvent appel au simple bon sens de l’orienteur et à sa seule connaissance psychologique de l’enfant, Mais ce sont là de simples éléments empiriques qui, s’ils ne sont pas appuyés sur des bases scientifiques et mathématiques, sont insuffisants pour déterminer de l’avenir d’un enfant.
- Cette nécessité d’une O. P. rationnelle et scientifique s’im? posait de plus en plus, et c’est pour répondre à ce besoin, qu’au mois de mars 1933 fut créée la consultation d’O. P. de 1 Institut national. Elle compte donc actuellement presque trois années de fonctionnement.
- But. — La consultation répond à une double nécessité :
- 1° Conseiller parents et enfants qui sollicitent ses conseils et dont le nombre s’accroît sans cesse.
- En effet, eu une période où le monde entier traverse une crise économique des plus graves par son ampleur, sa profondeur, sa ténacité, les familles s’inquiètent bien davantage de l’avenir, hélas ! incertain de leurs enfants. Toutes les professions sont atteintes par le chômage, comment déterminer
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- celle qu*i conviendra le mieux à un enfant et dans l’exercice de laquelle il aura le plus de chance de réussir et d’éviter les douloureuses angoisses d’un chômage futur.
- 2° Jouer le rôle d’une sorte d’école annexe où tous les élèves de l’Institut viennent faire un stage et assister à des consultations pratiques d’O. P.
- Organisation. — Installée provisoirement 292, rue Saint-Martin, au cœur même du Conservatoire national des Arts et Métiers, en un lieu tout empreint des recherches scientifiques et en plein centre de formation intellectuelle de la jeunesse, la consultation comprend quatre services :
- 1° Un service psychotechnique qui, en possession d’un grand nombre de tests variés, est en mesure d’examiner utilement les sujets au point de vue mental, sensoriel, moteur, caractériel.
- 2° Un service médical, doté d’une installation complète lui permettant de procéder à un triple examen clinique, caractériel, sensoriel.
- 3° Le service d’O. 1\ qui, après interrogatoire du sujet — ses goûts personnels, les désirs de sa famille, etc., et grâce aux renseignements fournis par les autres services qui ont concouru à la connaissance psychologique, physique, physiologique des candidats, détermine le métier ou le groupe de métiers vers lequel l’enfant peut s’orienter avec le maximum de chances de réussite dans la vie.
- 4° Le service social chargé d’enquêter auprès des familles des enfants précédemment orientés et de vérifier si les conseils donnés ont été suivis, si le jeune apprenti est satisfait de sa nouvelle vie de travailleur et y réussit conformément aux prévisions déterminées lors de son orientation.
- Recrutement. — La consultation est ouverte, tous les jeudis, à partir de 14 h. 30.
- Les sujets examinés à la consultation proviennent en majorité des cours supérieurs B (classe du certificat d’études) des écoles primaires ; ils ont donc en moyenne de 13 à 15 ans.
- Mais notre action s’étend également aux étudiants de l’enseignement primaire supérieur, secondaire et des facultés.
- En outre, les difficultés économiques actuelles ont déter-
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- miné de jeunes chômeurs à solliciter nos conseils, en vue d’une nouvelle orientation possible, vers des métiers dans lesquels le chômage est mdins intense ou vers des professions appelées à un développement futur en raison de révolution même de l’industrie.
- La première année, les pupilles de la nation ont fourni 42 % de l’effectif ; les autres enfants étaient adressés par des organisations sociales (Service de l’enfance, assistantes sociales des groupes H. B. M., du service social à l’hôpital, des services sociaux des compagnies de chemins de fer, surintendantes d’usines, etc.), par les membres de l’enseignement.
- Bien qu’aucune propagande n’ait été faite, notre recrutement actuel est largement assuré par des candidats venant spontanément à nous, et chaque année, nous sommes obligés de refuser des inscriptions.
- Ces faits sont un'indice certain de la nécessité absolue d’une organisation rationnelle et généralisée de l’O. P.
- Fonctionnement. — Méthodes. — L’examen des candidats s’opère au cours de deux séances, dont la durée totale est d’environ 5 à G heures par sujet.
- L’enfant ai rive à noire consultation tout à fait inconnu pour nous. Notre organisation actuelle ne nous permettant pas d’avoir des rapports directs avec les professeurs de l’enfant, il ne nous est pas possible d’uüiliser l’observation scolaire, pour nous aider dans notre tâche ; il nous faut donc avoir uniquement recours à la méthode des lests pour connaître nos candidats et déterminer leurs aptitudes.
- Les résultats obtenus par ce mode d’investigation sont corroborés avec les renseignements fournis par la famille, lors de son entretien avec le conseiller d’O. P. et il faut reconnaître qu’une concordance parfaite s’établit, dans la presque totalité des cas, entre notre diagnostic et les observations recueillies auprès des parents. Cependant, malgré la connaissance que les familles possèdent sur leurs enfants, elles s’illusionnent souvent sur leurs possibilités d’avenir.
- Comment le Conseiller d’O. P. prend ses décisions. — Lorsque l’enfant a subi les examens médicaux et psychologiques (collectif et individuel), tous résultats et appréciations
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- le concernant sont consignés sur des fiches adéquates destinées au conseiller d’O. P.
- Celui-ci entre, alors, en contact direct avec l’enfant ; il l’interroge sur son comportement familial, scolaire, social, sur ses goûts, ses aptitudes, ses aspirations, ses préférences, ses répulsions, il le soumet à une « véritable confession » afin d’accroître les renseignements qu’il possède déjà sur lui.
- N’ayant actuellement que peu de contact avec le personnel enseignant, il est demandé aux candidats de se munir de leur livret scolaire et d’une attestation de leur directeur ou instituteur.
- Ensuite, les parents qui ont été préalablement invités à fournir des renseignements sur l’avenir professionnel qu’ils désirent réserver à leur enfant, ont un entretien avec le conseiller d’O. P., au cours duquel ils sont questionnés sur le comportement de leur enfant, sur son caractère, ses aptitudes et l’avenir qu’ils envisagent à son égard.
- Ces deux entretiens doivent se faire isolément, de façon à éliminer, le plus possible les influences familiales et à laisser chacun parler sans contrainte.
- Après confrontation de tous les résultats obtenus au cours des divers examens et à la suite d’une conférence avec ses collègues (médecin et psychotecbnicien) le conseiller d’O. P., alliant son sens psychologique avec ses connaissances sur les métiers et la situation du marché du travail, procède à l’in-terprétation générale de tous les renseignements recueillis sur un sujet. Décision très importante et souvent liés délicate, car le but poursuivi par un orienteur n’est pas uniquement de rechercher le métier répondant le mieux aux aptitudes d’un sujet ; ce n’est là qu’une définition théorique et idéale de l’O. P. : la détermination des aptitudes d’un individu en vue de sa parfaite adaptation aux exigences d’un métier.
- Pratiquement la tâche du conseiller d’O. P. est beaucoup plus complexe ; il se heurte très souvent à de véritables conflits, soit entre parents et enfants, soit entre sa décision et les prétentions des familles qui ont une tendance, très humaine d’ailleurs, à considérer leurs enfants comme des êtres supérieurs capables d’aspirer aux plus hautes destinées. C’est un véritable cas de conscience que le conseiller d’O. P. doit
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- résoudre ; il lui faut faire preuve d’un tact parfait, d’une persuasion inébranlable, rechercher les arguments irréfutables pour s’adapter à la situation présente et régler le conflit au profit des intérêts futurs du sujet. C’est grâce à sa valeur personnelle, à sa compétence en matière psychologique et économique qu’il parvient à imposer son autorité aux familles.
- Le conseil donné par l’orienteur, tout en s’appuyant sur des bases scientifiques, ne peut pas négliger tous les impondérables inhérents à chaque individualité. Chaque candidat constitue toujours un cas unique, et la décision intervenue à son sujet, ne sera jamais donnée une autrefois dans des conditions identiques.
- Ainsi donc, le conseiller d’O. P. confirme ou infirme le choix de l’enfant. Dans ce second cas, grâce à sa parfaite connaissance des métiers et de la situation économique, il conseille un autre métier ou groupe de métiers en accord avec les diverses aptitudes du sujet, les considérations familiales, l’état du marché du travail en tenant compte de toutes les contre-indications individuelles.
- Lorsque l’accord est établi sur le futur métier à exercer, le conseiller d’O. P. fournit à l’enfant et à sa famille les renseignements concernant l’apprentissage éventuel :
- — obligation de posséder un livret d’apprentissage en cas de placement direct chez un patron ;
- — adresse du service de placement spécialisé dans la profession conseillée ;
- — adresse des cours professionnels organisés en application de la loi Astier et de la préparation au C. A. P. ;
- — adresse des écoles, cours professionnels ou ateliers, écoles préparant au métier choisi (leurs conditions d’admission) ;
- — formalités à remplir en vue de l’obtention d’une carte d identité de travailleur pour les candidats de nationalité étrangère, etc., etc...
- Le contrôle de l’O. P. — Les enquêtes sociales. — Mais là, notre rôle n’est pas terminé, il convient de pouvoir suivre le sujet orienté afin de connaître dans quelle mesure notre
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- conseil a été suivi, si l’enfant réussit bien dans sa nouvelle Vie professionnelle, s’il a trouvé à se placer en apprentissage et en cas de difficultés à l’aider dans la recherche d’un emploi, à l’informer des dates des concours administratifs, etc. ; nous nous efforçons de rester le plus possible en contact avec l’enfant et sa famille à l’aide de visites et d’enquêtes faites à domicile, ce quli d’ailleurs incite les parents à venir nous consulter à nouveau en cas d’échec dans des examens ou concours, et à nous amener, par la suite, leurs autres enfants, parents ou amis.
- Tel est le rôle de notre service social, dont l’adjonction à un service d’O. P. est indispensable.
- Les résultats. — Les résultats obtenus par ce service depuis sa création, sont des plus intéressants grâce au concours dévoué de notre collaboratrice Mme Rabaud.
- 135 enquêtes sociales ont été faites au cours de l’année 1935, auprès des familles des enfants examinés en 1933 et 1934.
- Ces résultats se décomposent ainsi :
- Pour 13 sujets, aucun renseignement n’a pu être obtenu, soit par refus des familes, soit par suite de déménagement sans connaissance de la nouvelle adresse.
- 84 enfants (soit 69 %) ont entrepris le métier qui leur avait été conseillé (61 garçons et 23 filles) et se sont déclarés satisfaits.
- 38 (soit 31 %) ont entrepris une profession différente de celle qui leur avait été conseillée (26 garçons et 12 filles).
- Pour ces 122 enfants, l’apprentissage s’effectue de la manière suivante :
- 65, soit 53 %, ont été placés directement chez un patron (47 garçons et 18 filles) ;
- 57, soit 74 % continuent leurs études dans des écoles professionnelles (40 garçons et 17 filles).
- La forte proportion de placements en vue d’un apprentissage patronal est inhérente à la crise économique actuelle, surtout pour les familles nécessiteuses (familles nombreuses, familles de chômeurs) qui recherchent un gain immédiat, si minime soit-il.
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- Parmi les enfants dont le choix avait été contre-indiqué, 17, soit 13 % n’en ont pas tenu compte (10 garçons et 7 filles) et malgré notre 'intervention ont exercé le métier de leur choix.
- Activité. — Le nombre de séances se répartit ainsi :
- 1™ année (1933) : 18 séances ; 2e année (1933-T934) : 33 séances ; 3° année (1934-1935) : 34 séances.
- Le nombre cle sujets qui se sont présentés à ces séances a ôté de :
- lre année : 65 sujets ; 2e année : 158 sujets ; 3* année : 167 sujets.
- Tous ces candidats ont été l’objet d’un examen mental collectif (lre séance).
- Le nombre d’enfants examinés lors d’une deuxième visite et qui ont reçu un contrôle d’O. P. est de :
- lre année . 49 enfants : 30 garçons, 19 filles ; 2e année : 120 enfants : 95 garçons, 25 filles ; 3e année : 119 enfants : 84 garçons, 35 filles.
- En outre, la troisième année, l’O. P. a été différée pour vingt et un sujets, soit en raison de leur jeune âge, les parents désirant simplement recevoir un conseil pour la direction à donner aux études, soit en raison de la nécessité d’un traitement médical indispensable avant d’engager l’enfant dans la vie professionnelle.
- Le nombre de candidats n’étant pas revenus à la deuxième séance, se décompose ainsi :
- lre année : 16, soit 25 % ; 2° année : 38, soit 24 % ; 3e année : 23, soit 16 %.
- La diminution de ce pourcentage est dû à la différence de recrutement des candidats : la première et la seconde année, les enfants ont été convoqués par nos soins et par conséquent se croyaient obligés de se présenter à notre première consultation. Au contraire, la troisième année, le recrulèment a été libre et les parents ont amené eux-mêmes leurs enfants.
- Les contre-indications. — 2ro année : Les choix des enfants ont été confirmés pour vingt-sept d’entre eux ; les vingt-deux
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- autres candidats ont été 1 objet de vingt-six contre-indications.
- 2° année : Il y a en confirmation des choix pour quatre-vingt-sept cas ; pour deux autres cas le conseiller d’O. P. a dû prendre lui-même une décision, enfin trente et un sujets ont été contre-indiqués (cinquante-sept contre-indications).
- 3° année : Le métier choisi a été confirmé dans soixante cas ; le conseiller d’O. P. a été obligé de prendre lui-même une décision dans quatre cas, aucun métier n’ayant été envisagé par les parents ou les enfants ; vingt et une orientations ont dû être différées pour les raisons indiquées plus haut ; enfin il a été prononcé soixante-quatorze contre-indications pour cinquante-cinq sujets.
- L’accroissement du nombre de contre-indications est la conséquence de la difficulté des cas qifi nous ont été soumis, surtout depuis que les familles viennent librement à nous.
- En effet, les enfants qui sont examinés à notre consultation représentent, dans une proportion de 60 % des sujets anormaux ou subnormaux : ce sont des arriérés mentaux (10 ans, 9 ans et même 8 ans d’âge mental) ; des arriérés pédagogiques ; des déficients physiques ; des mutilés ; des nerveux, des 'instables, etc...
- Voici, pour cette troisième année, la répartition des 74 contre-indications qui ont été relevées :
- 27 contre-indications d’ordre médical : 20 absolues, 5 relatives, 2 transitoires, soit 36 % ;
- 25 contre-indications d’ordre mental : 19 absolues, 6 relatives, soit 34 % :
- 1 contre-indication d’ordre caractériel (absolue), soit 1 % ;
- 13 contre-indications d’ordre économique : 8 absolues,
- 5 relatives, soit 18 % ;
- 6 contre-indications d’ordre scolaire (absolues) soit 8 % ;
- 2 contre-indications d’ordre familial, soit 3 %.
- Répartition des choix professionnels. — Le tableau suivant donne un aperçu du choix professionnel des sujets, nous avons établi en comparaison, la répartition des professions d’après les conseils de l’orienteur et selon le placement en apprentissage :
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- Garçons — Répartition dos choix professionnels
- Choix Conseils
- Catégories professionnelles de du Placement
- l’enfant Service d’0. P.
- Mécanique et électricité.. 38 % 31 % 21 %
- Bureau et administration. 21 % 21 % 25 %
- Enseignement. 7 % 0 % 6 %
- Bois et ameublement.... 0,5 % 4 % 3 %
- Livre 5,5 % 9 % 14 %
- Professions libérales..-.. o,5 % 4 % »
- Industrie et commerce de
- l’alimentation. 4 % 3 % 0 %
- Agriculture 3 % 9 % 8 %
- Vente 3 % 5 % 0 %
- Bâtiment. . . 3 % 3 % 7 %
- Divers. 2 % 1 % 1 %
- Cuirs et peaux 0,5 % 2 % 2 %
- Vêtement 0,5 % 2 % )>
- Coiffe.urs 0,5 % )) 1 %
- Filles. — Répartition des choix professionnels
- Choix Conseils
- Catégories professionnelles de du Placement
- l’enfant Service d’0. P.
- Industries du vêtement... 26 % 21 % 22 %
- Bureau et administration. 23 % 20 % 40 %
- Enseignement. 16 % 10 % 13 %
- Vente 9,5 % 20 % 6 %
- Carrières sociales 9,5 % 7 % »
- Carrières libérales 7 % » »
- Coiffeuses 5 % » »
- Divers. 2 % 9 % 13 %
- Livre 1 °/o 4 % 3 o/ /o
- Cuirs et peaux 1 % 2 % 3 O/ /O
- Papier-carton )) 1 % »
- (A suivre.)
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- LES JOURNÉES PSYCHOTECHNIQUES DE VIENNE
- par BERNARD LAHY
- Le premier congrès des psychotechniciens de langue allemande s’est tenu à Vienne du 4 au 7 septembre 1935. L’initiative et l’organisation de ce congrès reviennent à l’Association Psychotechnique autrichienne. Le but propose était de faire l’union, au point de vue méthodologique et pratique, des psychotechniciens des différents pays, de l’Europe Centrale ou la langue allemande est courante.
- Un réel succès a couronné cette tentative, une cinquantaine de spécialistes ont suivi avec intérêt les travaux du congrès. Les pays suivants étaient représentés : Autriche, Hongrie, Tchécoslovaquie, Suisse, Pologne, Roumanie. Les psychotechniciens d’ASllemagne qui avaient été invités n’ont pas pu, pour des raisons politiques, s’y rendre.
- Le programme de ces journées avait limité les rapports sur le sujet unique de l’O. P. scolaire, comprise comme sélection de passage d’une forme d’études à une autre et comme conseils professionnels destinés aux bacheliers et étudiants. La langue allemande était la seule langue officielle du congrès.
- L’ouverture du congrès a eu lieu le mercredi 4 septembre, à 9 heures, après un discours du représentant du Gouvernement, M. Ilacld, directeur de l’Institut de Psychotechnique de Vienne, a exposé les tâches que les congressistes avaient à remplir.
- Le premier rapport a été celui du Dr Jan Dolezal, de Prague, sur : « le problème de T orientation des bacheliers ». Dolezal a débuté par l’analyse théorique de cette question qui fait partie d’un problème beaucoup plus vaste : celui de la sélection des bien-doués. Ce choix qui doit pouvoir se faire dans toutes les écoles suppose une collaboration étroite entre l’école et la psychotechnique. Le rapporteur insista ensuite sur le fait que l’O. P. des bacheliers ne doit pas être confondue avec le choix des études universitaires. Après une description des tests mentaux qu’il utilise (Dunayewski, analogie, complètement et difinition), il discuta la valeur de la méthode et apporta sous forme de tableaux les corrélations obtenues entre les tests et les résultats scolaires. Dolezal eondlut en faisant ressortir f importance des méthodes psychotechniques pour conseiller les bacheliers, il montra aussi les lacunes qui restent à combler dans cette méthode.
- Le Professeur Zapan, de Bucarest, a décrit l’état actuel de « la
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- psychotechnique scolaire en Roumanie ». Ses recherches expérimentales l’amenèrent à signaler que les aptitudes des écoliers commencent en général à se différencier dès la 0° classe. Il en résulte que, jusqu’à cette classe, l’enseignement peut être commun, la spécialisation ne s’effectuant que plus tard. L’auteur exposa en conclusion sa conception de 'la tâche de la psychotechnique scolaire.
- Le problème concernant « Les aptitudes requises chez l’ingénieur » a été traité par Paul Silberer, ingénieur et psychotechnicien de Zürich. Cette profession présente tant de variétés et de modalités qu’il est impossible, d’après lui, de caractériser un type unique d’ingénieur. Malgré la diversité des traits psychologiques, if existe un caractère fondamental aux diverses catégories d’ingénieurs qui a été défini ainsi par Bramenfeld : «... une véritable impulsion instinctive dirigée vers la création productive d’objets concrets ». En se basant sur l’analyse d’une cinquantaine d’entretiens individuels avec des ingénieurs il a dressé un tableau mettant en évidence le rôle des principales fonctions psychologiques dans l’exercice de ce métier.
- M. Bronislav Biegeleisen, de Cracovie, dans un rapport sur « L’orientation professionnelle des bacheliers et l’hygiène psychique des étudiants », a distingué chez les étudiants trois facteurs dans le choix d’une profession. Distinction dont la nuance nous paraît quelque peu arbitraire. Ces facteurs sont les suivants : un facteur psychologique qui se manifeste par l’intelligence générale ; un facteur psychotechnique qui consiste en aptitudes spécifiques et un facteur psychiatrique d’ordre affectif. 11 fit ressortir que le travail de l’orienteur n’est pas terminé avec le choix des études mais (jue Iles étudiants ont encore besoin de conseils psychologiques dans leurs conflits avec les problèmes des études universitaires en général.
- Le Dr Walter Simon, de l’Association nationale pour l’O. P. des Allemands en rchécoslovaquie, est venu exposer ses « Expériences d orientation des bacheliers ». Sa méthode, telle qu’il 11’a fait connaître par la description de tests et des questionnaires ainsi que des résultats obtenus, a retenu l’attention de l’assistance par sa précision scientifique. 11 a insisté, d’autre part, pour que l’on prenne en considération les différences qui existent entre les enfants des régions agraires et ceux des villes. Il demanda, pour terminer, la création d’un centre destiné à réunir les tests standardisés en languô allemande à l’usage des élèves des « Mittelschulen ».
- Un exemple concret de « sélection de passage des élèves des écoles primaires dans les Mittelschulen » a été exposé ensuite par le 1)' Ludwig Goldscheidcr, de Kattowitz.
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- Le professeur Vinzenz Neubauer, de Graz, a fait un rapport sur « Les épreuves d’orientation des bacheliers dans le cadre de renseignement d’Etat », telles qu’elles sont pratiquées par le centre d’O. P. de Graz qui effectue l’examen psychotechnique de tous les bacheliers de la province de Styrie.
- M. Clmielar, de Brunn, a traité de « L’influence des facteurs affectifs sur le choix professionnel au moment de la puberté ». A ce moment de nouveaux intérêts- apparaissent chez les enfants qui ne manifestaient auparavant aucune préoccupation professionnelle. A ce moment interviennent des facteurs affectifs qui participent à la formation d’aspirations « positives ou négatives ». Ces facteurs arrivent, de plus, à prédominer souvent sur les aptitudes intellec-tuefiles.
- Dans une seconde conférence, M. Zapan a apporté les résultats des recherches qu’il a entreprises en vue de déterminer « Le développement psychique ». 11 a comparé les courbes de développement des diverses fonctions psychologiques chez les enfants de 7 à 16 ans avec la valeur moyenne de ces mêmes fonctions chez les adultes. Il a ainsi pu distinguer les phases caractéristiques du développement psychique et en a tiré des conclusions pédagogiques.
- M. Norbert Thumb, disciple de Karl Bühler, s’est efforcé, ôn se fondant sur les recherches de ce dernier, d’apporter un peu de lumière dans la question de « La connaissance du caractère de nos semblables ». Il importe, pour ce faire, d’avoir une conception générale de la personnalité. Au cours de ce rapport les épreuves courantes d’appréciation du caractère furent examinées et critiquées.
- M. Otto Schürer-Waldheim, attaché au Centre de rééducation des jeunes délinquants de Kaiser-Ebersdorf, a décrit les méthodes qu’il emploie pour utiliser les aptitudes de. ces enfants. Il a envisagé « L’éducation agricole comme méthode d’orientation des jeunes' criminels et asociaux ».
- Le Directeur de l’Institut psychotechnique de Vienne, M. Karl Ilachl, s’est attaché à poser les bases de la psychotechnique scolaire dans un rapport sur « Le rôle éducatif des leçons sur les métiers ». Il a, en outre, insisté tout particulièrement sur la coordination que doit assurer le psychotechnicien entre les différentes sources d’éducation qui existent à l’école, à la maison et dans l’apprentissage des métiers. Il a montré ce que l’on avait tenté, en Autriche, pour harmoniser ces forces éducationnelles.
- Le Professeur St. von Roda, de Budapest, est l’auteur d’un « Projet de réglementation de la sélection des bacheliers pour les études universitaires », adopté par le Gouvernement Hongrois. L’aulorisa-
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- lion d’accéder aux éludes supérieures devra dépendre de deux facteurs : d’une part, d’un rendement supérieur à la moyenne dans une épreuve d’intelligence générale basée sur l’étude de la 1 onction logique et d’autre part, d’un certain nombre de qualités morales et sociales, ainsi que de traits de caractère. Les épreuves préconisées par lui, basées sur une théorie personnelle de l’intelligence qu’il a d’ailleurs exposée au Congrès de Copenhague, sont de deux sortes : premièrement, un test d’intelligence qui comprend : a) l’analyse des aptitudes logiques d’ordre général (sens des causes, des relations, de la synthèse, etc.), b) une analyse des aptitudes spéciales (sens des rapports mathématiques, spatiaux, etc.) ; deuxièmement un cahier d’observation des écoliers qu’il a présenté au congrès de Leipzig.
- M. Félix Triska, de Prague, a décrit « La méthode de recherche des qualités des agents d’assurance » qu’il a appliquée en Tchécoslovaquie ; une grande amélioration a été apportée dans l’apprentissage des nouveaux agents.
- Une étude sommaire sur <lcs « Tests de complètement et la compréhension des relations » a été exposée par le Dr Schiff, de Prague.
- M. IL Kastner, de Graz, a fait une revue générale des recherches faites dans divers pays sur « Les aptitudes professionnelles des gauchers. »
- Mlle Johanna Elner, a décrit la méthode qu’emploie Charlotte Buhler (dont elle est la collaboratrice), en vue de parvenir à la détermination des retards de développement ou des cas de précocité chez les très jeunes enfants.
- M. Witold Kruh, de Varsovie, a exposé son expérience personnelle sur « Le travail du psychologue scolaire' ». En effet, il vient d’être prévu, dans le nouveau système d’enseignement polonais, un psychologue pour un certain nombre d’écoles.
- Le I)r Wladimir Eliasberg, de Vienne, s’est efforcé de faire la synthèse entre « La psychotechnique, la psychothérapie et l’O. P. ». Se plaçant uniquement au point de vue théorique, Eliasberg a montré, avec une grande finesse d’analyse, que le rôle de l’orientation se situe à mi-chemin entre I activité psychotechnique et l’activité médicale. 11 pense que l’O. P. doit servir de trait d’union entre la technique et la médecine, mais doit néanmoins prendre ses propres responsabilités en face des problèmes qui lui sont soumis.
- Le Congrès a entendu pour terminer un rapport du Dr Dobelhoff, de Tienne, sur « L’influence des données techniques de certaines soldes de travail sur la mentalité des travailleurs, en particulier chez les cheminots ». Le rapporteur (pii croit à la possibilité d’une transmission héréditaire des influences du milieu professionnel,
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- analyse l’influence des nouveaux moyens de locomotion sur la génération actuelle.
- En résumé, nous retenons du congrès des psychotechniciens de langue allemande les résultats positifs suivants qui sont de nature à intéresser les spécialistes de la question de l’O. P. des bacheliers :
- a) En ce qui concerne l’aspect théorique de ce problème nous attirons l’attention particulièrement sur les travaux de MM. Dole-zal, Zapan, Biegelcisen, Simon, Chmclar, Ilachl et Eliasberg qui ont ehurché avant tout à clarifier la question.
- b) Les résultats pratiques les plus marquants sont : d’une part le projet du Dr Simon de création d’un centre de coordination et. d’unification des tests d’O. P. de langue allemande ; et d’autre part l’organisation d’un centre de documentation d’analyse des livres et revues créé à Vienne au cours du Congrès par les organisateurs, centre qui fonctionne depuis régulièrement.
- NOTES ET DOCUMENTS
- L’Assemblée française de Médecine générale et l’O. P.
- Le problème de l’orientation intellectuelle et professionnelle de l’enfant à l’Age scolaire ayant été posé aux assises de b Association de médecine générale, les assises provinciales ont examiné la question et apporté des conclusions, où les opinions s’expriment à la majorité, parfois môme à l’unanimité, opinions qui ne concernent pas seulement des décisions pratiques — pour lesquelles on conçoit que la question puisse se poser sur le terrain majoritaire — mais des faits, des données scientifiques, et, là, on éprouve vraiment une certaine surprise.
- Il y a unanimité, paraît-il, pour admettre « que l’enfant montre rarement dans le jeune âge ses aptitudes d’avenir » ; qu'il y ait ou non unanimité, le problème, qui est complexe, ne peut se poser sur ce terrain, qui est celui de la généralité, je dirais de la banalité des croyances ; il ne peut se discuter qu’à la lumière de la logique des faits.
- De l’Assemblée générale qui s’est tenue à Paris, en décembre dernier, ressort certainement beaucoup de bonne volonté, mais une ignorance singulière de la question chez l’immense majorité des médecins. Méconnaissance de l’existence et du rôle du conseiller d’orientation, ainsi que de l’importance des données sur les métiers et le marché du travail, ignorance avouée de ce que sont et peuvent donner les méthodes d’examens par tests, etc...
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- Les médecins s’imaginent qu’avec le père et l’instituteur ils sont en mesure, sans préparation particulière, d’assurer une orientation professionnelle satisfaisante.
- C’est la proposition de 28 départements. Or, quelle erreur et quel danger !
- L’examen médical, dirigé vers une appréciation des aptitudes physiques, complété des tests physiologiques, est un élément essentiel de l’O. P., et la collaboration des médecins préparés à cette tâche est une nécessité indéniable. Les remarques positives apportées à cet égard sont en certains cas judicieuses. Mais que de préjugés restent à vaincre en matière d’O. P.
- Voici, en tout cas, à litre documentaire, les conclusions adoptées par les assises nationales, -que présidait Georges Duhamel, et où l’on doit signaler l’intervention énergique et judicieuse d’un des hommes les plus compétents en la matière, le Dr G. IIeuyer, noyé, avec IL Wallon et quelques autres, dans l’immense foule des ignorants :
- « Au début de l’adolescence, entre douze et quinze ans, l’enfant subit les transformations physiques et psychiques, dont dépendent scs aptitudes d’homme. Une sélection d’avenir, à dix ans, tel que « l’examen », en réalité concours, pour l’admission en sixième, est donc prématurée.
- « L’enfant subit, à l’occasion de la puberté, des troubles bénins ou graves, parfois sous 'l’influence d’une hérédité, dont le médecin de famille peut posséder seul les éléments et le secret.
- « L’orientation intellectuelle cl professionnelle de l’enfant pubère doit s’appuyer sur la documentation confrontée des parents, médecins et. pédagogues, ces derniers comme conseillers du chef de famille qui doit rester, en définitive, seul maître de la décision. »
- Ne laissons pas passer ces conclusions sans faire remarquer que, si la' puberté comporte une crise qui peut-être importante au point de vue du caractère, elle ne modifie pas les capacités intellectuelles. Les données expérimentales sont à cet égard tout à fait probantes, cl quelle que soit la majorité des opinions des cliniciens, elle ne changera rien au fait ! jq p
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- Variation avec l’âge de la corrélation entre poids et taille
- La spécialisation du type individuel s’accentue avec l’âge au cours du développement.
- G’est un fait qui se manifeste dans la diminution avec l’âge des corrélations entre diverses catégories d’épreuves mentales, en particulier entre épreuves d’intelligence, en sorte que la différencia-
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- lion des formes d’intelligence se dessine de pllus en plus nettement. Pour le type physique,’ entré individus minces et replets, il en va de même, en sorte que la corrélation entre le poids et la taille dont le développement paraît bien évoluer parallèlement, est plus élevée dans les premières années, quand lc.s types ne se distinguent pas encore nettement, et s’abaisse ensuite.
- Voici, à cet égard, quelques données recueillies par M. G. Wilson, qui a suivi, d’année en année, 275 écolières des Etats-Unis, entre 7 et 16 ans (1).
- Indiquons tout d’abord les moyennes obtenues, dans ce cas privilégié d’une même population, pour le poids et la taille pendant ces dix années :
- Taille (cm.) Poids (kg.)
- 7 ans 119,12 22,70
- 8 ans ....... 124,57 25,24
- 9 ans .'. 129,91 27,97
- 10 ans 135,34 31,25
- 11 ans 135,34 31,25
- 12 ans 148,05 40,61
- 13 ans 153,40 45,84
- 14 ans 156,70 49,87
- 15 ans 158,46 52,60
- 16 ans 159,28 53,84
- Les coefficients de corrélation entre poids et taille de ces 275 sujets ont été, d’année en année : 0,767 ; 0,725 ; 0,721 ; 0,715 ; 0,711 ; 0,707 ; 0,607 ; 0,521 ; 0,i30 ; 0,424.
- La prédictivité de la taille entre 7 et 16 ans est en revanche assez élevée, la corrélation entré les valeurs à ces deux âges étant de 0,81, un peu supérieure à ce qu’on obtient pour la prédictivité
- du niveau intellectuel. H. P.
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- Le temps de réaction de freinage dans la conduite automobile
- Des recherches de H. R. de Silva ont permis de préciser la valeur du retard de la réaction de freinage des conducteurs d’automobile. Les déterminations ont porté sur 4.000 sujets, qui avaient devant eux un signal vert et gardaient le pied appuyé sur la pédale d’accélération jusqu’à apparition d’un signal rouge, précédé du signal jaune les mettant en état d’attention. Sitôt aperçu le
- (1) Proccedinçjs o[ tfie national Academy o/ sciences, XXI, 12, dcc. 1935, pp. 633-634.
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- signal rouge, le pied devait quitter la pédale d’accélération s-
- ser sur le frein ; le temps écoulé entre l’apparition du sign g<y-
- jf'recUcfl
- Enseigne’
- et le le début de la pression sur le frein est en moyenne oe-0,44 sec., avec extrêmes individuels de 0,24 sec et 1 sec., ce qui correspond à la marge qu’on a l’habitude de trouver dans les capacités humaines.
- Des données ont été fournies sur la variation des temps avec l’âge, variation dans le sens d’une accélération des réactions jusqu’à 23 ans environ, puis d’un ralentissement progressif.
- Les valeurs trouvées sont, en millièmes de seconde, de 442 vers 15 ans, 419 à 19 ans, 415 à 21 ans et 412 à 23 ans, 422 à 27 ans, 435 à 43 ans, 444 à 45 ans, 407 à 05 ans.
- Il n’y a en somme qu’un retard moyen de 5 centièmes de seconde en 42 ans à partir de l’âge où la vitesse est maxima, quand les jeunes hommes sont dans la plénitude de leurs moyens. Mais le rôle de la pratique de l’automobile dans la variation des temps
- n’est pas envisagé (1).
- H. P.
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- Le fléchissement de la robustesse des adolescents d’après des observateurs belges
- En l’absence jusqu’à présent d’une organisation systématique d’examen de tous les enfants et adolescents, c’est, en raison du service militaire obligatoire, le conseil de révision qui est l’instrument principal de nos connaissances anthropologiques sur les générations qui se succèdent, noyau d’une biotypologie qui aurait singulièrement besoin d’être complété, mais qui peut déjà donner des indications précieuses.
- Ces indications, nul ne les a encore dégagées en France pour la période actuelle. Mais un important travail belge fournit des données qui bien certainement s’appliqueraient aussi à nos jeunes gens. Et ces données présentent sous un jour fâcheux l’aspect physique des générations d’aujourd’hui, de celles qui ont atteint leur vingtième année pendant la dernière décade.
- Deux médecins militaires belges, les docteurs Sillevaerts et Govaerts avaient déjà en 1927 donné !les résultats de l’examen statistique des mensurations de plus de 47.000 miliciens de la classe 1926, et avaient déjà constaté un fléchissement de ce qu’ils appellent la robustesse ou robusticité ; un examen nouveau portant sur des déterminations plus étendues, a été fait pour plus de 71.000
- (1) Harry Reginald de Svali : On an investigation of driving skill. Iluman l'actor, X, 1, 193G, pp. 5-13.
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- miliciens de la classe 1931, cl il en résulte une accentuation nouvelle du fléchissement déjà constaté. (1).
- A la suite des déterminations faites sur lia classe 1926, la taille moyenne, à 20 ans, avait été fixée à 167 cm. avec fluctuation moyenne de 5 cm. (déterminant une marge moyenne comprise entre 162 et 172 cm.), le poids moyen à 61 kg. + 6 kg. (marge moyenne de 55 à 67 kg.) et le périmètre thoracique à
- 84.5 cm. + 4 cm. (marge moyenne de 80,5 à 88,5 cm.).
- D’après les relations vérifiées du poids et de la taille, l'accroissement du poids par centimètre de taille, à partir de 1 m. 52 (correspondant à 51, 2 kg.) avait été fixé à 650 gr., et les minirna de poids établis pour chaque taille, minirna au-dessous desquels l’ajournement des conscrits s’imposait. Les exigences avaient été notablement diminuées par rapport à 1923 pour ce minimum de poids ainsi que pour le minimum de périmètre thoracique.
- Pour 152. cm. de taille, le minimum de poids exigé ne fut plus que de 44,2 kg. au lieu de 50 kg. ; pour 167 cm. (moyenne), de 54,2 kg. au lieu de 59 kg. ; pour 176 cm. de 59,2 kg. au lieu de 64 kg. ; et les périmètres exigés furent également diminués (76 cm. au lieu de 78 pour 152 cm. ; 80,6 cm. au lieu de 81 pour 167 cm. ;
- 82.6 cm. au lieu de 83 pour 176 cm.).
- Les indices de robuslicité déterminés ont été ceux de Ver-vaeck, adopté en Belgique, et de Pignct, utilisé en France.
- Les indices se calculent de la façon suivante : on obtient le quotient de Yervaeck en divisant par la taille la somme du poids et du périmètre thoracique, et celui de Pignet en soustrayant de la taille cette meme somme (par exemple 61 kg. + 85 cm. divisés par 167 cm. donnent un indice de Vervaeck de 0,874, ou, en multipliant par 100 de 87,4, et la même somme 146 soustraite de 167, donne un indice de Pignet de 21).
- La signification numérique des deux indices est inverse : celui de Vervaeck grandit avec la- robusticité, tandis que celui de Pignet diminue.
- Or, en 1923, le coefficient minimum de Vervaeck exigé allait de 83 à 85, en 1926, de 79 à 80 ; celui de Pignet est passé de 24-29 à 31-34.
- Sur les conscrits de 1931, a été constaté un léger accroissement de la taille atteignant environ 108 cm. (167,8 chez ceux jugés aptes au nombre de 49.054, 168,0 chez les inaptes, au nombre de
- (1) Une grave menace pèse sur notre avenir racique. Mémoires de l'Académie royale de médecine de Belgique, XXV, 3. In-8° de 95 pages, Bruxelles, 1935.
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- 22.610) avec une variation moyenne de 3,8 °/„ (écart étalon de 5,95 cm. chez les aptes et 6,94 chez les inaptes).
- La différence de taille moyenne avec 1926 tient à un accroissement du nombre des tailles élevées, à une diminution du nombre des petites tailles, ce qui indique un glissement de la courbe de fréquences. C’est un mouvement qui continue en s’accentuant depuis 50 ans, car en 1886 la taille moyenne de 100.000 recrues était de 165 cm., soit 3 cm. de moins, et en 1906, elle était de 165,8 cm. Mais, tandis que Ile poids moyen aurait dû s’accroître aussi, on obtient en 1931 une valeur de 60,2 kg., au lieu de 61 (avec écart étalon de 6,42 kg.) pour les sujets aptes, et, pour les inaptes de 56,8 kg. (avec écart étalon de 7,74 kg.).
- La taille est sensiblement la môme chez les aptes et les inaptes; mais le poids est nettement moindre, ainsi que le périmètre thoracique (81,6 cm. au lieu de 84,2 + 4 cm. chez les aptes, et 84,5 en 1926).
- Légère diminution générale du périmètre thoracique, par conséquent, avec accroissement du nombre des sujets aux extrêmes et aplatissement de la courbe de fréquence (1). Il en résulte que les indices de Vervaeck ou de Pignet manifestent une diminution notable de la robusticité moyenne, qui atteint des valeurs indiquées initialement comme déterminant l’inaptitude au service militaire (ce qui entraînerait l’exclusion de plus de la moitié des conscrits). Il avait fallu, en 1926, pour assurer des contingents normaux, diminuer notablement les exigences en matière de robusticité. Mais le résultat fut d’encombrer rapidement les hôpitaux militaires. Aussi les auteurs, malgré la baisse nouvelle de la robusticité moyenne, proposent-ils de redevenir plus exigeants, avec la conséquence d’une diminution considérable des effectifs.
- Bien que les indices purement morphologiques de robusticité ne soient pas pleinement satisfaisants, les diminutions constatées n’en "Ont pas moins une signification, et les causes recherchées de cette déficience progressive (qu’aggraverait encore l’examen physiologique d’après quelques données incomplètes, sur les fonctions nerveuses et cardiaques en particulier), se ramènent, pour la plus grande part, à l’influence de la guerre et de ses conséquences, dont le déséquilibre économique actuel n’est pas la moindre. Mais
- (1) En ce qui concerne les indices de corrélation entre la taille et le poids ouje périmètre thoracique, ils ont été de 0,59 et 0,20 en 1920, de 0,04 et 0,37 en 1931 (celui entre le poids el le périmètre n’ayant pas été calculé). Mais les auteurs indiquent ces chiffres sans autres renseignements, sans même une erreur probable.
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- sans nous laisser entraîner dans des considérations philosophiques qui pourraient .mener fort loin, contentons-nous du fait, et il est
- grave. H. P.
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- L’Homme devant la machine
- La Commission internationale de coopération intellectuelle avait décidé, dans le courant de l’année 1934, la mise à l’étude par voie d’une enquête internationale du problème de l’adaptation de la mécanisation aux conditions du travail humain. Le plan de cette étude a été établi en commun avec le Bureau international du travail. Le n° 57-58 (septembre-octobre 1930) de la « Coopération Intellectuelle » publie un bref compte rendu de ces travaux et les résolutions votées.
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- Une intéressante étude russe sur l’apprentissage
- « Peut-on, après avoir répété la môme épreuve un certain nombre de fois, calculer la limite cpie le sujet peut atteindre pour l’activité envisagée ? » Telle est la question envisagée par Mme Gari-aeva (1), qui a appliqué plusieurs fois le test de Bourdon modifié à 10 sujets (la série la plus courte comprend 31 épreuves) ; après un intervalle de deux ans une nouvelle série d’expériences a été faite sur les mômes sujets.
- Les courbes obtenues avant et après l’intervalle sont interpolées d’après l’équation
- x
- Y - ----------+ C
- a + bx
- ou Y, est le nombre de signes à barrer examines par le sujet, x, le nombre de séances.
- En adoptant pour C la valeur donnée par le sujet dans la première expérience on ramène l'équation à la forme linéaire, et on applique la méthode des moyennes ou la méthode des moindres carrés pour calculer les paramètres a et b.
- 1
- Y = — + C b
- G admet que pour le même sujet les courbes avant et après l’intervalle doivent donner la même limite d’apprentissage, carac-
- (1) Sur le pronostic d’apprentissage (en russe), Sovietskaia Psychotechnikü, VH, 3, 19341, p. 242-252.
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- téristique pour le sujet. En comparant les valeurs de cette limite, obtenues à partir des 2 séries d’expériences, 1 auteur constate que dans 5 cas sur 10 les valeurs sont voisines ; le résultat est donc satisfaisant. Dans les autres cas, il s’agit, d après G., d un changement par le sujet de son attitude dans le travail fait confirmé par les sujets eux-mêmes d’une part et par les modifications dans la précision du travail d’autre part.
- Si l’on essaye de faire une extrapolation d’après les 9 premières séances, on obtient un résultat satisfaisant pour 4 sujets, ceux précisément dont la façon de travailler est restée la môme pendant les expériences. Outre ces expériences, l’auteur a réalisé sur un sujet 3 séries d’expériences, la première comprenant 135 séances, la seconde (après 15 mois 3/4 d’intervalle) de 27 séances et la troisième de 4 séances.
- L’auteur conclut que : 1) la forme de la courbe d’apprentissage est influencée par l’attitude du sujet en ce qui concerne la vitesse ci; la précision du travail, ainsi que par d’autres facteurs ; 2) il faut fixer d’une façon rigoureuse les conditions de l’expérience et analyser le courbes empiriques en se servant du matériel complémentaire (données fournies par l’intropection des sujets, les erreurs commises, etc.) ; 3) l’équation hyperbolique adoptée par G. peut représenter d’une façon correcte le phénomène de l’apprentissage. Le travail de G. intéressera tous les psychotechniciens, car c’est la première tentative d’aborder le problème du pronostic par extrapolation d’une façon concrète tout en contrôlant des résultats obtenus. A. Ciiweitzer.
- CHRONIQUE DOCIMOLOGIQUE
- Le problème de la sélection universitaire et la C. T. I.
- Nous empruntons l’intéressant passage ci-dessous au rapport qu’a présenté M. Boucart, maître de Conférences à la Faculté des Sciences de Paris, sur l'organisation des professions réservées aux diplômés, au Congrès de la Confédération des Travailleurs Intellectuels de 1935, passage qui concerne les méthodes de recrutement, de sélection.
- Les concours actuels et futurs, à l’entrée d’une profession, sont toujours ouverts à de très jeunes candidats — de plus en plus jeunes — ils ont lieu avant que les candidats qui s’y destinent aient suivi l’enseignement d’un caractère véritablement élevé, avant
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- qu'ils aient pu accomplir un travail intellectuel véritablement personnel.
- Il nous paraît donc évident que, dans les pays où les caractères anthropologiques des deux sexes seraient admis à concourir, la généralisation du système des concours conduirait à une sélection tout à fait inattendue et dont on peut grossièrement matérialiser la tendance en remarquant qu’il y a un certain parallélisme entre la précocité de la maturité sexuelle et la précocité intellectuelle.
- L’inconvénient principal de la sélection par voie de concours èsl d’un autre ordre. Ceux-ci sont, en elïet, plus quantitatifs que qualitatifs. Ils sanctionnent chez les candidats l’acquisition d’une masse de matériaux toujours de plus en plus grande et nullement l’existence d’aptitudes intellectuelles.
- L’abus du système conduirait donc aux conséquences suivantes :
- 1° Sélection parmi les jeunes gens de ceux qui présentent surtout des qualités de mémoire, une aptitude au travail scolaire et aussi une certaine docilité d’esprit ;
- 2° Modification de la préparation à ces concours qui aurait comme résultat d’éloigner de plus en plus la jeunesse des réalités vivantes et de la libre recherche. Cet inconvénient est encore plus grand s’il existe, pour juger ces épreuves, un seul jury national, forcément à peu près inamovible, qui aura tendance à imposer, en toute matière, une doctrine ou une opinion officielle dont il est ensuite difficile de se défaire ;
- 3° Quelles que soient les améliorations — et elles sont heureusement assez nombreuses — que l’on peut apporter à ce mode de sélection, il aura infailliblement comme conséquence de réserver définitivement la profession aux esprits précoces, brillants ou dociles, quel que soit leur développement futur, de ne tenir compte ni des épanouissements tardifs, ni des déclins prématurés. 11 remplacerait les forces vives de l’intellectualité d’un pays par un mandarinat officiel.
- Le recrutement par voie d’examens est le principe fondamental du système universitaire français actuel. Il constitue, en somme, une cote mal taillée entre le système de libre concurrence et celui de la rigide sélection. Mais, tel qu’il existe, il présente aussi bien des inconvénients :
- 1° Tout d’abord, il n’aboutit à aucune limitation des diplômes ce qui, théoriquement, ne présente aucun désavantage, ceux-ci ne donnant aucun droit d’accès à une carrière ; mais, pratiquement, il ne faut pas dissimuler que l’accroissement du nombre des diplô-
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- mes délivrés csl une des causes de 1 encombrement actuel des professions. On peut, évidemment, objecter cpie cela ne préjuge en rien de la valeur du système de sélection, puisqu’il est possible, sans limiter à un chiffre donné le nombre des admis, d augmenter la difficulté ; ou plutôt la précision des épreuves ;
- 2° Les épreuves sont de valeur très variable, par suite de la variété même des jurys et de leur manque d’entrainement « doci-moiogique » ;
- 3° Il existe à l’heure actuelle une totale confusion entre les examens sanctionnant des acquisitions et ceux constatant des aptitudes.
- Un certain nombre de ces inconvénients peuvent évidemment disparaître par une spécialisation et une éducation préalable des jurys.
- Ces études de « docimologie » se développent actuellement en France et conduiront sous peu à poser les principes d’une technique des examens comparable à celle de l’orientation professionnelle dans les professions manuelles.
- En outre, en France, un des inconvénients majeurs de ce mode de sélection — et que n’ont certainement pas les grands concours — csl l’extraordinaire tendance à la spécialisation des études préparatoires. Cet inconvénient existe dans deux diplômes universitaires de base, la licence ès sciences d la licence es lettres.
- Ceci posé, voici les conclusions positives auxquelles nous sommes arrivés au point de vue de la France :
- 1° Comme nous l’avons déjà proclamé en tête de ce travail, le recrutement de certaines professions, littéraires!,/ artistiques clj même scientifiques, ne peut se faire que par libre concurrence après une libre préparation, sans sanctions légales ;
- 2° Il n’y a que des inconvénients à généraliser le système des concours précoces, dont le principal avantage est la facilité de l'imposer par voie législative ;
- 3° 11 est, par contre, possible d’organiser des concours plus tardifs par voie de sélection ; non seulement à l’entrée de la profession, mais même pendant son exercice. Un* exemple vivant exis'te ù Paris, dans la profession médicale : diplôme de médecin, concours d’adjuvat, de clinicat, etc..., de médecin des hôpitaux, qui, tous, quoique ayant un autre but légal, sont en fait des épreuves de sélection dans la profession.
- Ces concours devraient toujours, en partie, être sur ikre et comporter des majorations de points pour services antérieurs ;
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- 4° Une réorganisation des diplômes universitaires qui constatent l’acquit d’une certaine culture générale, comme la licence ès sciences et la licence ès lettres s’impose en revenant au système ancien d’un examen unique. Des certificats d’aptitudes seraient ensuite délivrés aux candidats après un certain stage dans la profession qui, à nôtre sens, doit être un véritable apprentissage ;
- 5° Pour ce qui est des carrières administratives, nous considérons qu’il y a lieu de ne recruter la grande majorité des fonctionnaires des administrations publiques que dans un cadre unique formé de jeunes gens pourvus de cet examen universitaire du troisième degré (la licence en France), mais ayant obtenu, dans la plupart des cas, des certificats d’aptitude délivrés après un certain stage professionnel. L’accès aux grades supérieurs devrait n’être possible, dans une forte mesure, qu’après des concours, en partie sur titres ;
- 6° Il serait d’un intérêt primordial d’entreprendre une propagande auprès de nombreux employeurs, par exemple, des établissements de crédit, les compagnies d’assurances, etc..., pour que de nombreuses fonctions soient réservées à des travailleurs intellectuels diplômés (en France licenciés en droit, ès lettres, ès sciences) et qu’ainsi soit assurée une revalorisation de nombreuses professions.
- Nous pensons donc qu’il n’y a pas lieu d’adopter un système unique de recrutement pour les professions intellectuelles, mais que le progrès doit être recherché dans un incessant perfectionnement du système actuellement usité en France, par la création d’une technique des épreuves et surtout par l’organisation de l’apprentissage avant l’entrée dans la profession.
- Bourcart.
- L’Orientation et la Sélection à l’Étranger
- La sélection et la surveillance des conducteurs de tramways
- de Liège
- La Compagnie des tramways unifiés de Liège et de scs environs a créé, d’après les directives de M. Lahy, un laboratoire de psychotechnique fort bien organisé confié au docteur René Livent et à M. Lucien Wellens.
- Ce laboratoire est destiné à assurer à la fois la sélection et une surveillance efficace du personnel de la traction ; il relève en un certain point de l’orientation professionnelle puisque la compagnie de qui il dépend cherche toujours équitablement à diriger vers
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- d’autres emplois qui puissent leur convenir les employés reconnus inaptes à la conduite des véhicules.
- Nous trouvons dans une étude de M. Ledcnt et- Wellcns (1) une étude fort judicieuse des exigences du métier de walman.
- D’abord un exposé des tares éliminatoires qui s’opposent à l’exercice de la profession, tares que l’on doit déceler par un examen médical minutieux complété par un questionnaire à remplir par le candidat, questionnaire qui essaye de faire comprendre le tempérament, le caractère de l’individu et son mode de vie, l’homme ne pouvant rester en bon équilibre de santé que s’il y a accord entre le milieu où il vit et son état physique.
- La fiche médicale donne lieu à de nombreuses observations intéressantes. Pour ce qui est de la taille, il semble que 1 m. 60 soit le minimum qui devrait être exigé. Une taille plus petite compromettant le rendement musculaire et la surveillance visuelle de la route ; l’obésité est aussi contre-indiquée. Ayant essayé divers moyens permettant de mesurer la force physique, les auteurs ont remarqué (pie c’est la spirométrie qui permet le mieux de juger l’état de résistance physique des sujets.
- Ils insistent également sur l’étude des organes des sens ; déclarent suffisant un champ visuel de 140 degrés et se servent des tableaux de Ishihara pour dépister les daltoniens.
- A ce propos, les auteurs font remarquer que les sujets qui distinguent mal les couleurs en général, qui différencient mal les tonalités sont tout aussi dangereux en matière de conduite des véhicules.
- Pour reconnaître une couleur, il leur faut une observation plus longue, plus précisée.
- Dans le crépuscule, surtout un peu brouillardeux, ils voient mal les différences alors qu’ils sont obligés de répondre par des manœuvres rapides et exactes aux signaux et aux accidents de la route.
- On a d’ailleurs noté l’augmentation de fréquence des accidents à l’heure du crépuscule.
- L’examen psychotechnique contient principalement : 1° la mesure de la résistance à la fatigue (dynamographie).
- 2° la mesure de la rapidité de réaction (temps de réaction).
- (1) R. Ledent et L. Well ëns : La sélection et la surveillance des conducteurs des téarnways iLni[iés de Liège et extensions. Prix : 30 francs belges au siège de la Société.
- Ce travail a été couronné du prix Martin Herman destiné à récompenser un travail apportant une contribution utile à la préservation des accidents et des maladies professionnelles.
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- 3° L’appréciation exacte et prompte des distances (tachodo-mètre).
- 4° La puissance’ de l’attention (.attention diffusée).
- / Après application à 190 agents et comparaison avec la note de travail, on trouve cjue 11 hommes auraient été éliminés par le service psychotechnique et reconnus aptes par leurs chefs, et au contraire qu’auraient passé 7 hommes déclarés faibles par leurs chefs.
- A travers les Revues
- M. R. Vauouelin, reprenant les conclusions de son intéressant ouvrage sur « Les aptitudes fonctionnelles et l’éducation », dans un article sur « orientation et sélection dans l’Université moderne » publié par Pour VEré Nouvelle de janvier 1936, insiste sur « les services que rendrait un office d’orientation non seulement professionnelle mais scolaire, qui, doté d’un laboratoire de psychologie, établirait scientifiquement les aptitudes de chacun des élèves, renseignerait les parents sur les possibilités de leurs enfants, fournirait des fiches pour les examens et concours, donnerait des renseignements aux maîtres, et permettrait peut-être un début de réalisation de l’école sur mesure. »
- Un article du Bruxelles médical (1er décembre 1935) est consacré , par le l)r De Chaisemartin aux*« tests objectifs de l’aptitude professionnelle de l’appareil circulatoire. »
- Une étude du Dr Martial dans l'Hygiène mentale (septembre-octobre 1935) est consacrée à la question de la race et à celle des groupes sanguins qui a renouvelé le problème, préconisant une étude systématique des métis (en particulier des franco-annamites), sous divers points de vue, dont celui des aptitudes et descendances propres.. _________
- Du Dr Laueer, un article du Concours médical (20 octobre 1935) sur « Clinique et laboratoires en O. P. »
- Dans le Progrès médical du 2 novembre 1935, le Dr Paul-Bon-cour examine le problème du dépistage et du traitement des enfants déficients des écoles primaires, et dans les numéros des 23
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- et 30 novembre, le Dr A. Feil traite de la question des ardoisières (quelqües manifestations pathologiques professionnelles ; œuvres sociales). ---------
- VAmerican Journal of Orthopsychialnj (1935, I, p. 116) publie une étude de P. L. IIarriman sur les résultats de l’application du test de Rorschach à un groupe de 100 étudiants de collège des deux sexes, dont le test donnerait une idée juste, les normes n’apparaissant toutefois pas satisfaisantes, et une .autre de S. J. Beck (p. 100) qui, au sujet du même test, expose, après une certaine pratique, à Zurich même, scs desiderata, regrettant l'inconstance des notations, la variabilité des méthodes d’appréciation, relevant de l’artiste plus que du savant : il faudrait des critères plus précis, des tables de fréquence, des réponses en couleur, l’identification expérimentale du mouvement, la comparaison d’un même trait dans divers types de personnalité, etc...
- Dans le n° 2 de YEcole primaire supérieure (91 boulevard Pasteur, Douai), un nouveau périodique, signalons une lettre bien intéressante du grand chimiste Georges Urbain, rappelant qu’après avoir été renvoyé du Lycée pour « insuffisance notoire », maladif et rêveur, c’est à l’Ecole Lavoisier qu’il put préparer le concours de l’Ecole de physique et de chimie et ainsi entrer dans la carrière scientifique qu’il a, on le sait, si glorieusement illustrée.
- Dans la nouvelle revue Archivos do Instituto de Educaçao, publiée à l’Université de Sao Paulo, au Brésil, signalons une importante étude’ de Nocmy da Silveira Rudolfer, sur l’adaptation du test de Dearborn. (Numéro 1, septembre 1935.)
- Le discours sur les femmes dans la science, prononcé pour le 50" anniversaire de la fondation aux Etats-Unis du Bryn Mawr College, le plus important des collèges féminins d’oulre-Atlantique, par Florence R. Sabin, de l’Institut Rockfelller, a été publié dans Science (n° 2141, 10 janvier 1936).
- Dans le n° 1 de la 11e année (janvier 1936) de L'Organizzazione Scientifiea del Lavoro, A. Gemelli publie un article sur le problème des lests mentaux et de leur application à la sélection industrielle.
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- Dans le n° 12 (décembre) de L’Organizzazione Scientifica del Jm-voro Mme M. Diez paille de la sélection dn personnel aux chemins de fer de l’Etat, à Paris. __________
- Les nos 5-6 (octobre) et 7-8 (novembre) du Bulletin Ergologique contiennent un article de A. du Mortier sur le choix et la formation du personnel de perforation dans les entreprises utilisant les machines à statistiques. ____________
- Nous relevons dans le n° 11-12 (novembre-décembre 1935) de Berufsberatung und Berufsbildung » le plan (en allemand et en français) d’un entretien sur le .choix d’une profession et l’Orientation professionnelle à faire devant un auditoire d’écoliers par A. Müncii. ________
- w
- Dans le n° 42 (octobre-décembre 1935) dn Bulletin du Comité de Patronage d'apprentis et de VOffice d'O. P. du 15e arrondissement, M1Ie Joyet-Lavergne publie quelques renseignements utiles sur le métier d’infirmière. ________
- Les carrières d'agriculture métropolitaine font objet d’un article signé P. Marsais, dans le n° 190 (novembre 1935) de l'Orientation Professionnelle. ________
- Dans le n° 191 (décembre) de l'Orientation Professionnelle, E. Gascoin, parle des carrières de l’administration préfectorale.
- Le Musée Social, continue la publication de l’étude sur l'effort social des grands réseaux de chemins de fer en faveur de leur personnel. Le n° 11, de novembre dernier, parle des Laboratoires psychotechniques du Nord et de l’Etat.
- Dans le n° 9 (du 9 novembre 1935) de l'Ecole et la Vie, R. Joi.i-vet parle des raisons de l’abandon des métiers manuels.
- Dans le n° 3 (septembre 1935) de Cluid development, a paru une élude de Dimock sur le développement physique et la puberté, la première d’une série sur l’adolescence. On y trouvera des données sur le poids et la taille, la capacité vitale, la force et l’habileté motrice de 200 écoliers de Chicago.
- Le n° 35 (15 décembre) de « Reichsarbciisblatt » contient un important supplément consacré aux questions de la sécurité du
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- travail. On y trouve entre autres un compte rendu de 10 années d’activité de la section pour la prévention des accidents de 1 Union de fonderies de fer de Dortmund.
- Une courte notice de C. E. Fickens dans le n° 108.) (12 octobre de « School and Society », donne quelques résultats de '1 application des tests d’,aptitudes et de progrès scolaires dans des collèges de filles et de garçons de Minnesota.
- Le n° 4 (octobre 1935) de « The Educalional Record » donne un compte rendu annuel de l’application de tests scolaires en 1935 dans les collèges « Sopliomores » avec des tableaux détaillés de normes (ccnli'les, moyennes arithmétiques, écarts-étalons, etc.) pour divers tests et divers groupes scolaires.
- Une étude critique de tests scolaires en usage aux Etats-Unis, signée de Max Mc. Conn complète bien ces données statistiques.
- INFORMATIONS
- Un vœu de T Association française pour l’avancement des sciences concernant FO. P. — Voici le vœu transmis à M. le Ministre de l’Education nationale, qui a été adopté au Congrès de Nantes de l’A. F. A. S., en juillet 1935 :
- « L’Association exprime le vœu que l’Orientation professionnelle retienne particulièrement l’attention des pouvoirs publics, car elle intéresse à la fois l’Etat, les chefs d’entreprises, les Bourses de travail, les familles, et il doit être entendu qu’elle nécessite la collaboration aussi intime (pic possible des pédagogues et des médecins, y compris les spécialistes.
- « Le Congrès regrette de ne pas voir, dans chaque grande ville, un centre d’orientation professionnelle outillé au point de vue laboratoire et mis à la disposition de tous les enfants désireux de s orienter vers une carrière industrielle, ou commerciale, ou agricole.
- « Le Congrès regrette particulièrement l’absence totale de centres d’orientation professionnelle à l’usage des. élèves sortant des lycées et collèges ou des étudiants sortant des Facultés, centres dotés de statistiques tenues au courant et mis à la disposition de tous les professeurs susceptibles de conseiller les élève et leurs familles. »
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- Signalons, à Bordeaux, la création d’un centre de formation professionnelle destiné aux chômeurs (pour les spécialistes de la mécanique, tourneurs, fraiseurs et ajusteurs) par M. Thibault,
- L'inspection médicale des écoles à Marseille. — Dans sa séance publique du 4 novembre 1935, le Conseil municipal de Marseille a adopté un rapport de l’adjoint à l’instruction publique, M. Gaston Tourenc, créant l’inspection médicale des écoles publiques à Marseille. Cette question, vieille d’une quinzaine d’années, n’avait pas reçu de solution effective en raison de la dépense qu’elle comporte. Le vote du Conseil municipal prévoit l’établissement d’une fiche sanitaire pour chaque enfant, à la suite d’une visite médicale, qui le suivra comme son livret scolaire. Ainsi seront décelés tous les empêchements physiques de l’enfant pour la poursuite de ses études. De plus, les parents seront avisés des observations faites et des suites à envisager de même que du traitement nécessaire.
- Pour faire fonctionner ce service, un groupe scolaire sera constitué dans chaque canton de Marseille, qui en comporte douze, chaque groupe comportera environ un millier d’enfants soit environ 12.000 enfants pour l’ensemble.
- A chaque groupe scolaire sera affecté un médecin inspecteur, aidé d’une infirmière scolaire, laquelle sera le trait d’union entre le médecin et la famille. En principe, il y aura deux visites annuelles : -à la rentrée d’octobre et en mars, et une visite supplémentaire pourra avoir lieu à la fin de l’année scolaire en juin ou juillet.
- Avant chaque visite, l’infirmière aura procédé à la pesée, à la mensuration des enfants et elle aura rempli les fiches. Le médecin visitera les enfants, que l’infirmière aura désignés pour cela. En cas d’accident ou de maladie inopinée, l’infirmière sera en permanence dans l’école pour prendre les mesures d’urgence et faire appdl au médecin.
- Toutes les nominations de médecins inspecteurs seront faites par le maire qui présidera également le comité directeur de l’inspection médicale des écoles publiques. Ce dernier comprendra, en dehors du maire président, des conseillers municipaux, l’inspecteur d’académie, les inspecteurs et inspectrices primaires, un délégué du Syndicat des médecins, le directeur municipal de l’hygiène, le professeur d’hygiène de la Faculté de médecine.
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- inspecteur régional de l’enseignement technique, cl /’organisation du contrôle médical des élèves du lycée, a la demande du proviseur, M. Brunold, par le professeur Cruciiet, les docteurs Soûlé, Cléjat, Estradère, Guelain et Auriac (ce contrôle médico-sportif, resté facultatif, mais étendu à tous les élèves qui s y prêtent, comprenant un examen biométrique, avec des épreuves cardio-vasculaires d’effort, des examens radioscopique, oculaire, oto-rhino laryngologiquc, dentaire, et enfin un examen psychique).
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- Le National Institute of Industrial Psychology signale qu’en 1935, il a procédé, à. Londres et à Glascow, à 1.173 examens en vue de l’O. P., et qu'il a établi une liaison avec le Ministère du Travail pour compléter l’orientation par le placement ; il rappelle les recherches entreprises dans le domaine de l’O. P., et la publication d’un livre sur la profession d’éducateur ( « The suc-cesful Teacher ») par M. Birkinshaw.
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- Au banquet — groupant près de 000 convives — qui a été offert à notre président M. Luc, le 9 novembre dernier, à l’occasion de sa promotion au grade de commandeur de la Légion d’honneur, des discours ont été prononcés par MM. Labbé, Liouville, Cumi-nal, Merlant et De veau, dont le texte sténographié a été publié — ainsi que celui de la réponse de M. Luc — dans le numéro de décembre 1935 de La Formation professionnelle (organe de l’Association française pour le développement de l’enseignement technique).
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- Le Dr Pierre Male, professeur de psychiatrie à l’I. N. O. P., a été nommé médecin des Services d’enfants anormaux de l’Assis-tance aux blessés nerveux de guerre.
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- IF Association des parents d'élèves de V enseignement libre a organisé pour la région de Marseille (5 départements) un service d’O. P. gratuit à la disposition de scs adhérents (pour l’enseignement primaire, secondaire et supérieur), et prépare la création d’un office pour la région parisienne et d’un centre, à Lille, pour la région du Nord. Cette Association avait délégué au Congrès des' orienteurs, M. Henri David comme représentant. Un des observateurs de cette Association qui assistèrent au Congrès,
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- M. Yves Mainguy a consacré aux travaux de celte réunion un
- compte rendu publié dans le numéro du 15 octobre de Ecole et
- Liberté, organe de l’Association.
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- Au Musée Galliéra, le jeudi 9 janvier, M. Luc, directeur général de l’Enseignement technique, et M. F. Fontègne ont exposé avec un grand succès la question du rôle du cinéma en orientation professionnelle. Un défilé de trois films de métiers, F un consacré à la broderie, le second à la verrerie d’art, et le troisième à un défilé de modalités du travail minier, agricole ou industriel, a
- complété la conférence. . *
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- A Y Ecole Normale de f Enseignement technique dirigée par M. F RANçois Roussel, agrégé de philosophie, une série de conférences ont été faites sur i’orientation professionnelle, les samedis, du 18 janvier au 22 février, par MM. Foxtègne (origines du mouvement d’O. P. ; école et O. P. ; pratique de l’O. P.), Larcher (bases administratives de l’O. P.) ; Laugier (biotypologie et O. P.); et; Piéron (psychologie au service de l’O. P.).
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- * *
- Le Travail humain a publié, en revue générale, dans le numéro de décembre 1935, l’importante conférence qu’avait faite le 21 février 1935, au Conservatoire national des Arts et Métiers,' M. J. Fontègne sur « quelques problèmes actuels de l’O. P. et de
- l’apprentissage. » *
- * *
- Signalons, à la Société française de pédagogie, dans la section d’O. P., la conférence de M. Gorix, couturier, pour les métiers féminins de la couture, à la séance du 12 décembre 1935, présidée
- par Mrae P. Saisset. . *
- * *
- IA Association Léopold Bellan, pour ses cours du Foyer central d’hygiène physique, morale et mentale, a fait appel celte année parmi les conférenciers, à MM. Jeudon, Wallon, Fontègne, Fay, Mlle Rémy, etc., avec, dans les sujets traités, la question de l’émotion chez l’enfant, celles des troubles du comportement et des lests chez les anormaux, etc...
- • *
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- Il vient d’être créé, en Colombie, auprès de la prison centrale de Logcta, un Institut d’anthropologie et pédagogie pénitentiaire, avec laboratoire, bibliothèque, service statistique, etc...
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- Et, corrélativement une Société colombienne de biologie criminelle s’est instituée, et une Bevisla columbiana de biotogia criminell, que publie le Dr Fr. Bruno, directeur de la prison, a vu le jour (son premier numéro datant d’octobre 1935), contenant, dans ses premiers articles, une intéressante étude du professeur Jorge Bejarano, sur la délinquance enfantine et la prophylaxie
- criminelle. #
- * *
- Le Groupe français d'éducation nouvelle a organisé les jeudis au Collège libre des sciences sociales, du 23 janvier au 20 février, une série de cinq conférences faites par M. Laugier sur les examens, MUe Flayol, sur l’emploi des nouvelles méthodes d’éducation et la sélection, Mlle Alphandery, sur l’usage des tests à l’école, M. Vauouelin sur la sélection des élèves à la sortie des écoles du 1er degré, et M. François sur le dépistage des anormaux.
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- A la section industrielle de la Brilish Psychological Society, le 31 janvier, M. E. G. Chamrkrs a fait une communication sur celle question : « Ou’esl-ce que la propension aux accidents ? », et à la Section d’éducation, le 31 décembre 1935, Sir Piiiuip Har-tog a parlé de quelques aspects de la validité et de la fidélité des
- examens. , #
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- A la 0e Assemblée de la Ligue espagnole d'hygiène mentale, jointe à la 7e réunion de Y Association espagnole des neuropsychiatres (Madrid, 2-6 décembre 1935), tenues dans l’Institut Cajal, parmi les très nombreuses communications faites, nous pouvons relever celles de J. Germain et Mer'cedes Rodrigo, sur la sélection psychotechnique des enfants d’intelligence supérieure, de A. Azov et Rodriguez Arias sur la valeur de l’examen cochléo-vesticullaire en neurologie, et de J. A. Sempan sur le psychodiagnostic de Roschach dans l’hyperlhyroïdisme.
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- Le /c Congrès International de la Ligue Internationale pour l'Education nouvelle, dont le dernier a eu lieu à Nice, en 1932, se réunira en 1936, à Cheltcnham (Angleterre), et siégera du 31 juillet au 14 août. Le thème général du Congrès, tel qu’il avait été arrêté à Nice, sera « Education et société libre ». De nombreuses personnalités sont déjà inscrites pour les grandes conférences. On entendra Sir Percy Nunn, de l’Université de Londres ;
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- MM. P. Bovet, de P Université de Genève ; Langevin, professeur au Collège de France ; Piaget, du Bureau International d’Education, etc...
- Le travail des commissions portera sur « La préparation des maîtres », « Les examens », « La psychologie de l’éducation ».
- Quelques cours seront organisés sur quelques-unes des techniques de l’éducation nouvelle, sur l’éducation artistique. Une exposition scolaire internationale sera visible en permanence.
- Les conditions matérielles de ce Congrès sont exceptionnellement avantageuses. La dépense, pour la catégorie la moins chère, ne dépassera pas 800 francs (au taux actuel de la livre) pour l’inscription, le voyage ailler et retour et le séjour (15 jours).
- Pour tous renseignements, s’adresser au Groupe Français d’Education nouvelle, 29, rue d’Ulm, Paris (5e), qui est le siège du Secrétariat du Congrès et qui reçoit les inscriptions.
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- L’Université de Lille en accord avec la direction générale de l’Enseignement technique, vient de créer un Office départemental d’orientation professionnelle du Nord, dont elle a confié la direction à M. Lallau, diplômé d'études spéciales de l’Institut National d’O. P. Get office a son siège à l’Institut de médecine légale et de médecine sociale, boulevard Paul-Painlevé, à Lille.
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- Le Service d’O. P. scolaire à Montpellier. — Rattaché à l’Office départemental du travail, le Service de l’orientation professionnelle dans les écoles de la ville de Montpellier a intéressé de plus en plus les familles, en 1935.
- Un millier d’enfants des deux sexes ont bénéficié des conseils qui leur ont été donnés au cours de nombreuses conférences.
- 50 enfants ont été placés en apprentissage par l’Office et 60 par les familles ; 39 ont continué leurs études ou ont été admis au cours supérieur ; les autres restant en instance pour des causes diverses.
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- A l’Office de placement de la Seine. — C’est le 14 février dernier que l’Office départemental de placement de la Seine, créé par délibération du Conseil général du 20 juin 1915 et qui a commencé à fonctionner en 1916, a fêté son 20e anniversaire par une réception, à l’Hôtel de Ville. On aurait aimé qu’à cette réception on parlât un peu de l’Office d’Orientation que le département de la Seine attend
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- toujours, cl dont le défaut est aujourd’hui, on peut le dire, un véritable scandale. — H. P-
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- A l’occasion de la célébration jubilaire de son 25e anniversaire, Y Association médico-pédagogique de Liège a invité le professeur II. Laugier à venir y faire une conférence en janvier dernier. Le sujet traité avec un grand succès par le conférencier a été celui de l’examen biotypologique des enfants et de la prévision des aptitudes scolaires.
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- Le docteur Martiny a traité, dans une séance de janvier 1936 de la Société médico-chirurgicale des Hôpitaux libres, la question du rôle des médecins en orientation professionnelle, montrant que les examens biotypologiques permettront de ne pas se limiter aux contre-indications, mais de formuler des indications positives pour divers métiers.
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- Le XIe Congrès international de Psgchologie aura lieu à Madrid du 6 au 12 septembre 1936 ; il comprendra des symposia, des commissions, des conférences, et des séances de communications. Les membres actifs doivent verser une cotisation de 75 pesetas. Bureau du Congrès à l’Institut National de Psychotechnique de Madrid (Alberto Aguilera, 25).
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- Pour la Société de Pédagogie (Section de Pédagogie générale), MIle Weinberg a fait le jeudi 20 février au Musée Pédagogique, une Conférence sur la Psychotechnique, présidée par le Docteur Wallon-
- La séance du 17 février de la Société de Biotypologie a été consacrée à un exposé par Mlle Weinberg, d’importantes recherches sur la prévision des aptitudes techniques poursuivies sur les apprentis des chemins de fer de l’Etat sous la direction du professeur Laugier.
- La Vie de l’Association des anciens élèves de l’I. N. 0. P.
- Le Conseil directeur a organisé comme à l’ordinaire une réunion en l’honneur des élèves de la Semaine d’O. P., le 4 octobre 1935, à la Closerie des Lilas.
- Réunion du C. D. du 12 octobre. — Présents : MUes Biscay, Mamelle, Benoit-Lévi, Mm- Favre, MM. Vial, Beaume.
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- Par suite des travaux à exécuter 41, rue Gay-Lussac, les salles mises à notre disposition deviendront indisponibles et nous nous réunirons désormais pour les séances du C. D. à la Gloserie ; pour les séances de travail au Grand-Palais, dans un local de l’Association française pour le développement de F Enseignement technique.
- Mlle Biscay met le Conseil au courant de l’attitude des organisateurs du Congrès d’O. P. de septembre 1935, relative au vœu adressé par notre association. Le Conseil la charge de suivre l’affaire, puis d’en faire le compte rendu dans le Bulletin. C’est ce que vous lirez plus loin.
- La question du banquet est étudiée et une date choisie en principe
- Réunion du C. D. du 16 décembre 1935. — Présents : Mlles Biscay, Mamelle, MM. Vial, Beaume.
- Excusés : Mlle Benoit-Lyvy, Mme Favre, M. Fée.
- Le banquet, retardé fâcheusement par suite de l’indisponibilité de la personnalité devant le présider, est remis « sine die ». Peut-être n’aura-t-il pas lieu.
- M. Coursaget expose l’organisation de l’O. P. à Puteaux, et demande l’intervention de l’Association. Cette question sera étudiée à un prochain C. D.
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- D’autre part le bureau a reçu la note suivante :
- Note pour /’Association des anciens élèves. Examen des demandes par Je Conseil de direction. — 1° Il est entendu que la Bibliothèque sera ouverte aux heures de la réunion mensuelle (les jours de cette réunion étant fixés au début de l’année pour tous les mois de l’année scolaire).
- Sur ce point nous obtenons satisfaction et nous en remercions le Conseil de direction.
- 2° La dactylographie des cours ne paraît pas opportune, et la question, en tous cas, relèverait de chaque professeur.
- 3° Pour le problème du statut des conseillers d’O. P., nous accueillerons volontiers les suggestions de l’Association, mais officiellement, la direclion de l’I. N. O. P. ne peut participer à l’élaboration d’un projet, sur une question que l’Administration entend se réserver, tant que l’Administration ne l’y a pas expressément invitée.
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- Enfin sur proposition de Mlle Biscay, le Comité organise une série de conférences dont vous avez reçu le programme, et dont la première a eu lieu le 24 janvier 1936. M. de Canisy, « ex-centralien », nous a apporté son point de vue sur les métiers de la mécanique.
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- Au cours de plusieurs de ses réunions, le Conseil directeur a envisagé la possibilité, pour l’Association des anciens élèves de l’I. N. O. P., de participer au Congrès national d’O. P.
- A cet effet, un rapport a été adressé au secrétaire du Congrès,
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- niais malheureusement ce document n’a pas été pris en considération ; voici, brièvement relaté, l’exposé des laits.
- L’un des buts essentiels de notre Association est de défendre les droits de nos membres, anciens élèves diplômés de II. N. O. P., et de réclamer, en leur nom, des possibilités de travail, si ditfi-cilcs à obtenir en O. P., en raison de l’impossibilité actuelle de faire réserver des crédits budgétaires destinés à une organisation d’ensemble de centres d’O. P. dignes de notre pays.
- Aucune organisation rationnelle et générale de l’O. P. n’existe en France ; seules des compétences éparses et quelques bonnes volontés dispersées mettent leur savoir au service de la population juvénile pour la guider dans le choix d’un métier futur, choix que la crise économique actuelle rend des plus difficiles.
- Connaissant toutes ces difficultés avec lesquelles je suis en butte chaque jour, tant du côté O. P., que du côté placement, j’ai pensé être l’interprète de l’opinion unanime de vous tous, en rédigeant, à l’intention du Congrès d’O. P. qui devait avoir lieu les 25, 26 et 27 septembre 1935, un rapport sur la « Nécessité de réglementer la création de bureaux d’O. P. » et qui se terminerait par le vœu suivant :
- « Au nom de tous les orienteurs diplômés, notre Association s’élève contre cette pratique de l’ouverture libre de centres d’O. P. par des' personnes non qualifiées, et demande que les pouvoirs publics prennent toutes mesures désirables pour réglementer la création des bureaux d’O. P. et exiger de leurs directeurs, le diplôme d’Etat, délivré par l’Institut national d’O. P. »
- Le 20 juin, j’adresse le vœu au Congrès de l’O. P. par l’intermédiaire de l’Association française pour le développement de 1 enseignement technique à laquelle nous sommes affiliés,.
- Par lettre en date du 9 juillet, le secrétaire général de cette Association m’a accusé réception de mon rapport et m’a informé qu’il le transmettait au secrétaire général du Congrès pour le faire comprendre dans l’ensemble des travaux de ce Congrès.
- Le Congrès s’ouvre le 25 septembre, j’assiste à la réunion d’ouverture, au cours de laquelle on me remet tous les documents relatifs aux questions qui seront traitées. Il n’y est pas question du vœu présenté en votre nom. Donc, je m’abstiens de suivre désormais les réunions, désireuse de souligner la — disons : méconnaissance — du Congrès, ou du moins de ses organisateurs, à l’égard des revendications légitimes de notre groupement.
- ^ a-t-il eu négligence de l’Association française pour le développement de l’enseignement technique ? La deuxième réponse à ma lettre de réclamation prouve que non.
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- M. Ménessier, secrétaire général du Congrès d’O. P., informé de mon mécontentement au sujet de cet incident, est venu me voir le 10 octobre, et par lettre du 11 octobre m’a exposé la décision du Bureau du Congrès de ne pas publier le rapport de notre Association, et il m’a exprimé ses regrets pour cette incorrection.
- Voici l’incident.
- Je n’insiste pas. Je laisse à chacun d’entre vous le soin d’apprécier. Avons nous, oui ou non, des droits à nous faire reconnaître ? Avons-nous, oui ou non, le devoir d’appeler Tattention des pouvoirs publics sur des gens non qualifiés qui viennent à l’O. P. parce que le succès de cette branche nouveJlle de l’éducation les attire par des profits personnels ?
- Car je ne parle pas des anciens, de ceux qui, depuis des années et des années, bien avant la fondation de l’Institut National d’O. P., ont mené le bon combat pour une cause qui nous intéresse. Il ne viendrait à l’idée d’aucun d’entre nous, par exemple, de ne pas saluer respectueusement le départ du Président Court, dont tout le monde sait qu’il fut un des précurseurs de l’O. P.
- La Présidente,
- S. Biscay.
- Liste des Conférences organisées par l’Association des Anciens élèves de l’Institut National d’O. P.
- Vendredi 24 janvier : Les métaux, par M. de Canisy.
- Vendredi 28 février : Le bâtiment.
- Vendredi 27 mars : U ameublement, par M. Richard.
- Vendredi 24 avril : L’imprimerie, par M. Henri Buron.
- Vendredi 22 mai : Les assurances, par M. Carteron, du Comité général des assurances.
- Vendredi 20 juin : Le vêtement, par Mme Coulaud-Mimer, présidente de l'Union des industries du corset.
- Ces conférences ont lieu à l’Association française pour le développement technique, Grand-Palais, avenue Alexandre-III, côté Champs-Elysées, Poste K, à 20 h. 45 précises.
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- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- Mme Sciiapiro-Pollack. — Contribution à l étude psychologique de la puberté à Vaide du test de Rorschach. — In-S° de 115 pages. — Société Nouvelle d’imprimerie et d’Edition, 32, rue de Ménilmontant, Paris (20°).
- Sur 112 enfants des deux sexes, enfants de Riga et de Paris, l’auteur a expérimenté le test bien connu des taches d’encre, dans le but d’étudier expérimentalement les retentissements psychiques de la puberté. S’adressant au public français, pour qui la description détaillée du test de Rorschach est à peu près inaccessible, l’auteur a dans une première partie exposé clairement en quoi consiste ce test ; par quel procédé on applique ce matériel consistant en une série de dix images de formes indéterminées ; comment on peut évaluer les réponses qualitativement (évaluation qui consiste à définir par quel mode de perceptions et par quelles sensations elle est déterminée), et quantitativement. En dernier lieu comment on doit procéder à l’élaboration compliquée du procès-verbal.
- Dans une seconde partie viennent les descriptions des différents types (introversif, coarté, coartatif, coartatif-ambiverti, extratensif, égocentrique). Tous ces types ont un trait commun : c’est la désadaptation affective absolue à l’égard du monde extérieur, trait commun auquel s’ajoutent des modes particuliers de penser et de sentir qui caractérisent chacun de ces types. La dernière partie contient un barême des résultats obtenus sur les enfants de Paris et de Riga ; malheureusement le nombre des enfants parisiens testés est trop restreint pour que l’étalonnage puisse être utilisé tel quel, mais l’établissement clair des différents types constitue un guide intéressant pour qui veut poursuivre de semblables recherches.
- L’auteur fait ensuite la comparaison entre les résultats obtenus en Suisse et ceux obtenus sur les sujets observés à Riga et à Pans. Il ressort des expériences que la puberté psychique paraît être caractérisée par une profonde désadaptation affective à l’égard du milieu environnant et par un déséquilibre affectif qui marque des conflits profonds avec soi-même.
- Pour terminer l’auteur donne une liste de travaux de Cl titres représentant ce que Ton doit lire pour appliquer le test de Rorschach.
- M. H. P.
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- A. Druot. — Technoloçiie d,’Atelier, ü vol. — Librairie de l’En-seignëment technique, 3, rue Thénard, Paris (Ve).
- M. A. Druot, inspecteur général de l’Enseignement technique, vient de publier avec la collaboration du personnel des écoles nationales d’Arts et Métiers, son cours sur la technologie d’atelier.
- Ce très important ouvrage, en six volumes indépendants, traite : 1° de l’Ajustage : Généralités sur le travail des métaux, le travail à la main des métaux, le travail aux machines-outils, la vérification et le travail en série ; 2° de l’organisation du travail et des essais mécaniques : organisation scientifique, organisation d’une usine de constructions mécaniques, organisation générale des essais, essais de combustion et de vaporisation, essais des machines-motrices, essais des machines réceptrices et des mécanis-fmes, essais mécaniques des métaux ; 3° du Bureau des Travaux : bureau des études et bureau de fabrication dans l’industrie mécanique ; bureau des travaux des écoles d’arts et métiers ; 4° de la Forge : technologie, engins mécaniques, fours, soudures, essais, procédés, laminage-forgeage, traitements thermiques ; 5° du Modelage : étude générale des bois, étude des éléments constitutifs dans une construction en bois et de leurs assemblages, travail mécanique dés bois, modelage, installation et organisation des ateliers de modèles ; 6° de la Fonderie : obtention des moulages de fonte, fusion de la fonte, la malléable, acier moulé, métaux non ferreux, réception et expédition, essais des fontes, aménagement d’une fonderie.
- Pour chacune de ces études, l’auteur a minutieusement décrit les outils, les machines et leur maniement ; les installations et organisations générales et rationnelles ; la prévention des accidents, les salaires et prix de revient, etc., etc... Le tout illustré de gravures, dessins, plans et graphiques d’un haut intérêt scientifique. Il a fait là œuvre non seulement de professeur de sciences mais aussi de sociologue et ses six volumes seront de la plus grande utilité et aux ingénieurs et aux élèves de nos Ecoles d’Arts et Métiers et de nos grandes Ecoles techniques.
- L. B.
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- 8e Année
- N° 3-4
- Mars-Avril 1936.
- BULLETIN
- DE
- l’Institut National d’Orientation Professionnelle
- La Consultation d’O. P. de PInstitut National
- par
- MUes BISCAY, J. MONNIN, D' BONNARDEL
- (Suite et fin)
- IL — L’Examen Médico-Physiologique
- L’examen médico-physiologique que nous faisons subir aux jeunes sujets comprend trois temps :
- 1° Nous nous efforçons d’abord de mettre l’enfant et ses parents en confiance en les laissant librement s’exprimer sur les états pathologiques que le consultant a présentés. Au cours de la conversation qui s’engage, nous les interrogeons ensuite systématiquement sur les maladies les plus fréquentes et sur les symptômes pathognomoniques des principales affections organiques qui peuvent se rencontrer dans la première et deuxième enfance. Le médecin sait avec quelles réserves il doit accueillir les révélation qui lui sont faites ; ce n’est, souvent qu’après un interrogatoire serré et à l’aide de divers recoupements, qu’il peut se faire une opinion sur les antécédents personnels du sujet. L’enquête est. ensuite poursuivie selon la même méthode par la recherche des antécédents héréditaires et collatéraux.
- 2° Le deuxième temps de l’examen consiste dans la détermination de différents indices biologiques : poids, taille, force musculaire, capacité vitale, pression artérielle, pouls, degré d’acuité visuelle brute et corrigée, mesure des anomalies de la réfraction oculaire, détermination des ' anomalies de la vision chromatique, degré d’acuité auditive, examen des urines.
- 3° La consultation se termine par un examen clinique des diverses fonctions physiologiques. Dans cet examen nous
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- insistons particulièrement sur les points sur lesquels notre attention a été attirée par les indications obtenues sur les antécédents du sujet et par les' indices biologiques précédemment déterminés.
- Nous donnons ci-dessous le détail de la fiche qui est remplie pour chaque consultant.
- FICHE MÉDICALE
- DATE..................
- NOM.......................................................
- PRÉNOMS...................................................
- NÉ...... le...............................................
- A. H. Père ...............................................
- Mère................................................
- Frère et Sœurs .....................................
- A. P. Né .................................................
- Allaitement.........................................
- Dents ..............................................
- Marche .............................................
- lre Enfance : troubles digestifs........ convulsions.
- 2R Enfance :........................................
- Vaccinations: V :....... D:.......... T;.
- Examen Clinique
- Aspect général ...........................................
- Taille....................................................
- Poids.....................................................
- Esthétique : .............................................
- Peau............................ Ganglions......... ......
- Tendances aux dermatoses-................. Moiteur........
- Circulation
- Cœur : Fréquence cardiaque.....................
- Auscultation ...........................
- * Rythme.................................
- Compensation ...........................
- T. A. Max.-.............. Min........
- V aricés..................................................
- Oedème des jambes.........................................
- Anémie....................................................
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- ABDOMEN
- U rines
- Système respiratoire : Respiration nasale..
- Végétations-Déviations •
- Poumons : Auscultation..
- Développement thoracique : Inspiration Expiration
- Capacité vitale Asthme •
- Appareil digestif : Langue Dents Gorge
- Estomac : Troubles fonctionnels Ptose Intestin
- * hémorroïdes
- Foie-Rate Reins Ptose
- Plexalgies-Hernies.
- Sucre Albumine •
- Appareil osseux : Rachitisme
- Colonne vertébrale-des jambes, pied plat-des bras-du bassin du crâne -
- développement. dynamométrie
- [ Memb. inf.
- troubles moteurs ou impotence
- Conformation
- Appareil musculaire
- Memb. sup
- Reflexes tendineux
- Sytème nerveux : Coordination psyco-motrice
- — tricipital
- — radial
- — rotulien
- — achilléen
- Reflexe pupillaire Trouble de la parole Tremblements V ® tiges
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- Appareil glandulaires : Organes génitaux............
- Thyroïde....................
- Caractère
- n . , . , I Intrayerti...................
- Comportement social}
- ( Extraverti....................
- Emotif............................... Epileptique-
- Cyclothymique............... ........ Paranoïaque
- Instable............................. Pervers.......
- Examen Sensoriel
- 1° Audition O-D....................... O-G........................
- 2° Vue............................................................
- ( Strabisme.....................................
- Ex. externe ’ Conjonctivite...................,..............
- ( Taie..........................................
- I Myope.........................................
- Troubles de réfraction ' Hypermétrope...............................
- \ Astigmate.....................................
- Etude du champ visuel : ..........................................
- Acuité : O-D..................... O-G....................
- Vision chromatique (Daltonisme) .........................
- 3° Odorat.....................-...................................
- 4° Goût...........................................................
- 5° Toucher........................................................
- 6° Epreuves labyrinthiques........................................
- OBSERVATIONS .....................................................-
- III. — Le Service psychotechnique
- L’organisation de la consultation d’orientation professionnelle et, en particulier, le rôle important réservé à son service psychotechnique lui sont imposés, en quelque sorte, par le caractère national de l’Institut auquel elle est rattachée.
- Ouverte à tous, et de moyens extrêmement réduits, elle ne fonctionne qu’une demi-journée par semaine, il lui est impossible d’établir une coordination avec les divers organismes qui pourraient être d’utiles sources de renseignements sur les candidats qu’elle doit examiner.
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- Cependant que divers offices, dont faction s’étend sur un cercle 'limité, peuvent bénéficier d’un travail en collaboration avec les membres de l’enseignement ou les services sociaux, les patronages qui connaissent l’enfant pour l’avoir suivi pendant quelques années, notre consultation, au contraire, est livrée à ses seules ressources. En quelques heures, et par ses propres moyens, elle doit se créer une opinion sur le sujet qui se présente à elle, et en tirer le conseil qui pèsera sur l’orientation de sa vie.
- Aussi, elle cherche à compenser cette lacune en appuyant sur les bases les plus solides toutes les données recueillies en ce temps relativement court — quelques heures — et elle fait une place exceptionnellement importante aux méthodes scientifiques.
- Méthode. — L’examen psychotechnique auquel nous procédons pour chaque candidat et qui occupe, à lui seul, trois heures environ, repose sur la méthode analytique.
- Il aboutit à l’établissement d’un « profil » caractéristique de chaque sujet, au point de vue des diverses aptitudes qui doivent être prises en considération en orientation professionnelle.
- Ce profil, dont chaque point figure le rang qu’occuperait l’enfant, pour une catégorie d’épreuve, dans un groupe de cent sujets d’âge et de milieu correspondants, le définit d’une manière simple et vivante.
- La situation générale du profil par rapport à la région médiane exprime la valeur « moyenne » de l’enfant.' L’aspect de cette silhouette plus ou moins anguleuse, suivant la diversité des résultats dans les différentes catégories de travaux, signifie clairement, soit l’harmonie dans les succès, soit une opposition entre les réussites, en rapport avec la nature de la lâche. Et l’examen détaillé des points fournit les renseignements intéressants sur les valeurs respectives des réussites particulières.
- Tests employés. — a) Intelligence. — Par exemple, le profil mlental, basé sur les résultats des épreuves réunies dans la fiche psychologique de Piéron révèle approximativement le niveau intellectuel du sujet, indiquant s’il est inférieur, égal ou supérieur à la moyenne des enfants de son âge.
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- Il précise, en outre, la forme de son intelligence, signale s’il est particulièrement cloué au point de vue du sens critique, quelle est sa capacité de compréhension, d’assimilation, des données, ou s’il est apte à trouver facilement des hypothèses qui peuvent s’ajuster au problème proposé.
- Ce profil, complété par les données de quelques autres épreuves, exprime en même temps l’orientation de ses intérêts traduite par une réussite très inégale suivant la nature du problème : numérique, verbale, technique à un certain niveau d’abstraction ou essentiellement concrète.
- L’aspect d’ensemble de ces profils révèle, en général, une discordance marquée entre les classemenls obtenus dans chaque point. Ainsi, le sujet M..., garçon de 15 ans, dont les résultats sont très bons, nettement supérieurs à la moyenne, réussit également les travaux concrets et les travaux abstraits, mais paraît défavorisé quand la position du problème proposé fait appel particulièrement au sens critique. Il est alors 35e tandis qu’il se classe 1er et 5* dans le même genre d’exercices, quand la forme compréhensive et inventive prédominent.
- Le sujet C... (16 ans) est brillant dans toutes les épreuves verbales où il occupe le 1er, le 5e et le 10e rang, il est moyen lorsqu’il s’agit d’exercices numériques (40°).
- Et le sujet V... (14 ans), inférieur à la moyenne dans tout ce qui concerne le travail abstrait, se classe 10e dans l’épreuve technique (test d’assemblage de Stenquist modifié) où la compréhension d’un mécanisme et l’habileté manuelle entrent en jeu.
- b) Mémoire. — Il en est de même pour l’aptitude de mémorisation. Suivant le matériel proposé, la capacité de rétention est fort diverse ; aussi un examen analytique est indispensable au même titre que pour l’intelligence.
- La fiche de Piéron comporte cinq épreuves de mémoire de types différents : elle rend possible l’examen de cette faculté dans le domaine verbal et à deux niveaux d’intellection :
- 1° Des mots présentés en désordre, sans lien logique entre eux, doivent être reproduits après une demi-heure de rétention ;
- 2° Un texte de quelques lignes est à reproduire immédiatement après l’acquisition.
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- D’autre part, elle comporte trois épreuves de reconnaissance ; l’une de formes concrètes, une autre abstraite, de formes géométriques simples, et la troisième des symboles qui figurent un code.
- Cette série d’exercices donne des résultats hétérogènes. Par exemple : A. M..., âgé de 15 ans, est au 50“ rang pour la mémoire logique et 90e pour les mots. Au contraire, C. R... donne d’excellents résultats, 10e ou 20e, pour toutes les épreuves, sauf pour la mémoire logique où il est 50e.
- La comparaison des réussites dans l'épreuve du code, après un ou deux apprentissages, est également significative. Elle permet de classer les sujets dont l’apprentissage est rapide et ceux qui ont besoin d’un effort d’acquisition plus durable.
- La possibilité de maintenir un effort concentré est appréciée dans l’épreuve de barrage du test de Toulouse et Piéron, épreuve d’attention dont l’intensité, la durée et la stabilité sont autant de caractéristiques utiles à connaître.
- c) Motricité. — La vie professionnelle fait intervenir, dans presque tous les domaines, l’activité motrice, aussi le programme de notre examen comporte diverses épreuves de cet ordre.
- Les qualités de rapidité, de précision sont étudiées, soit dans des épreuves élémentaires : tapping qui exige la répétition d’un mouvement simple, soit dans des épreuves complexes où elles interviennent, associées à des aptitudes diverses. Par exemple, la mesure temps de réaction, avec le chro-noptoscope de Piéron, renseigne sur la vitesse de déclanchement de l’action ; le travail de pointage, où le sujet doit frapper le centre de cercles irrégulièrement disposés qui se déplacent à une vitesse croissante, permet d’apprécier sa coordination tension-motrice, de même les exercices de découpage de Claparède, l’enfilage de perles, etc...
- L’aptitude à dissocier les mouvement des mains est étudiée avec l’appareil « du tourneur », test classique, qui exige du sujet Texé'cution simultanée de mouvements des deux mains, dans des directions et à des vitesses différentes.
- Les épreuves de force sont incluses dans le programme d’examen médiçal ainsi qu’une partie des épreuves sensorielles.
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- d) Sens. — C’est le médecin qui évalue l’acuité de l’audition, l’acuité de la vision et l’étendue du champ visuel.
- Un complément est assuré par le service psychotechnique qui cherche à dépister les daltonismes avec les tables de Ishi-hara et les cartes de Shaaf et Blum ; et quand il y a intérêt à connaître le degré de sensibilité chromatique emploie le chromatophanomètre de Piéron.
- En outre, l’intégrité de la vision stéréoscopique est vérifiée au moyen de l’appareil de Michotte.
- Pour l’étude des sensibilités musculaires et tactiles, nous avons recours à quelques épreuves simples : discrimination de rugosités, d’intervalles de poids à classer ; et aux données fournies par quelques appareils tels que le gravimètre et le pachoesthésimètre de Piéron, dont la description a été publiée récemment dans cette revue ainsi que l’étalonnage des résultats.
- e) Caractère. — Ces groupes d’épreuves de technique prévue, de correction et d’interprétation relativement faciles, ne révèlent que l’un des aspects sous lesquels l’enfant peut être envisagé : ses possibilités. Le facteur de réussite fondamental est le caractère de l’individu, qui le portera, soit à utiliser au maximum ces facultés, soit à les négliger. Mais l’étude de cet élément de succès est extrêmement délicate et ne peut être réalisée en quelques heures d’une manière satisfaisante.
- Dans ce domaine, les tests actuels se révèlent nettement insuffisants. Parmi les divers types auxquels nous avons essayé de recourir, aucun n’a répondu à notre attente. Les questionnaires écrits, d’un emploi fréquent, nous ont valu des réponses que l’enfant contredisait vivement ensuite dans une conversation : les uns n’avaient pas compris le sens exact des termes, plus souvent encore la portée de la question, et avaient répondu à une interrogation d’ordre général d’après le souvenir d’un fait particulier. C’est ainsi que la plupart des enfants qui nous ont écrit «-être souvent en butte à des injustices » ont répliqué par la suite n’en avoir été victimes ({ne dans un cas unique.
- D’autres, obsédés par l'idée qu’ils subissent un examen, croient qu’il faut réussir en se montrant sous le jour le plus avantageux. Pour cette même raison, on les voit adopter une attitude qui ne leur est pas habituelle, des enfants générale-
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- ment honnêtes se laissent aller à tricher pour favoriser leur réussite, ne se cloutant pas qu’ils subissent un test de probité. Par contre, des sujets connus pour leur duplicité se tiennent sur leurs gardes.
- La méthode des types constitutionnels offre également des inconvénients ; l’application est délicate, aucun individu ne présente un type pur, facile à classer ; ceci, d’autant moins que nous avons à faire souvent à des adolescents en pleine puberté, c’est-à-dire dans la période de leur vie susceptible de provoquer en eux les plus profondes perturbations. Pour cette raison, certaines épreuves de valeur clinique incontestable, telle que les « taches d’encre » de Rorschach sont pratiquement inutilisables en O. P. Valables pour un diagnostic, elles sont impropres au pronostic dont nous avons besoin, et elles se trouvent être souvent plus significatives d’un âge physiologique que d’une personnalité.
- Aussi, tout en ayant recours, dans la mesure du temps disponible, aux divers tests de caractère, nous nous servons largement des données de l’observation et des renseignements obtenus dans une conversation orale avec l’enfant pris isolément, avec les parents ou avec toute personne qui l’accompagne et le connaît. Pour réduire les inconvénients de la subjectivité d’interprétation, nous cherchons à réunir les indications recueillies par plusieurs opérateurs.
- L’observation porte sur le comportement de l’enfant tout au long de l’examen : pendant qu’il participe à l’épreuve collective et quand il est seul, pendant les travaux écrits et la manipulation mécanique, pendant des exercices familiers ou d’aspect nouveau, monotones ou variés, qu’il peut exécuter à sa façon ou suivant un rythme imposé, etc. Toutes occasions d’éprouver sa facilité d’adaptation, sa résistance à 1 ennui, son souci de méthode, cle minutie, de persévérance en face des difficultés, etc...
- line conversation avec lui n’est pas moins instructive. Dans un bavardage, en apparence mené à bâtons rompus, il est relativement facile de détendre l’enfant et de l’amener à perdre son attitude de « candidat à l’examen », à parler librement et spontanément de ses goûts, ses sympathies et de .ses antipathies.
- Il est souvent possible de pénétrer la solidité d’une voca-
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- lion proclamée dès 'l’arrivée, tout, en découvrant les raisons de ce choix. Si les enfants intelligents manifestent fréquemment un désir professionnel compatible avec leur possibilités — ce qui n’a rien détonnant, la réussite dans un domaine les incitant à se diriger dans cette voie — par contre les enfants médiocrement doués expriment souvent des ambitions injustifiées.
- Par exemple E. R..., garçon de 15 ans, qui se classe dans les deux derniers déciles pour l’ensemble des travaux et veut être dessinateur.
- J. L..., jeune fille de 13 ans, qui veut être sténo-dactylo malgré un gros retard scolaire et un niveau mental inférieur.
- G. M..., instable et maladroit, qui pense se préparer à l’horlogerie, etc., ou un adulte X... qui aspire à devenir médecin ou architecte quand sa médiocrité intellectuelle et son caractère anxieux le prédestinent aux travaux les plus simples.
- Mais quelle que puisse être la valeur dynamique de l’intérêt professionnel, ce goût ne suffit pas pour compenser des déficiences aussi accusées que dans ce cas.
- Toutefois, il faut bien l’envisager comme une force qu’il serait imprudent de sous estimer et qui doit prendre place à côté des données psychologiques recueillies au cours d’un examen d’O. P. sur l’intelligence, les aptitudes sensori-mo-trice et le caractère.
- NOTES ET DOCUMENTS
- Quelle est la proportion de Daltoniens dans les professions où l’on doit distinguer des couleurs
- Les troubles de la vision des couleurs sont généralement ignorés de ceux qui en sont atteints, et, en l’absence des examens d’orientation professionnelle ou de sélection, il n’y a pas à s’étonner que des daltoniens prennent des professions où leur défaut constitue une gêne qu’ils arrivent à compenser plus ou moins bien.
- Miles et IIaig ont trouvé qu’il y avait, parmi les vendeurs d’étoffes (375 examinés), autant de daltoniens que dans la popula-
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- lion masculine globale, soit environ 7 à 8 °/„ (1). La question vient d’être reprise par H. A. Copeland, au Centre de placement de Cincinnati (où l’on examine surtout des chômeurs, ce qui représente une certaine sélection), sur des ouvriers peintres. Il a trouvé, avec les tests d’Ishihara, sur 712 cas, 50 daltoniens, soit 0,7 °/0. Mais il est à remarquer que le pourcentage est très inférieur chez les syndiqués (environ 4 °/„) à ce qu’il est chez les non syndiqués (8 °/0 comme dans la population masculine générale').
- Chez les conducteurs d’autos, le pourcentage des daltoniens est de 6 à 7 0/o, ce qui conduit à envisager, soit une subordination du permis de conduire à un examen de la vision des couleurs, soit, ce qui paraît évidemment préférable, à l’emploi des moyens de signalisation routière qui, en combinant par exemple la forme et la couleur des signaux, permettra de reconnaître la signification de ceux-ci, même lorsqu'il y a confusion du rouge et du vert.
- H. P.
- i * 1
- * *
- Une singulière erreur dans une évaluation des déficiences visuelles
- Dans une étude publiée par les Archives of Ophtalmology (XIII, 1935, p. 635), sous le titre « The calculation of loss of vision », le Dr J. A. C. Gabriels veut faire intervenir la notion des surfaces et non plus seulement des distances linéaires dans les appréciations d’acuité, et voici à quoi son raisonnement le conduit.
- Si une acuité est réduite à 0,66, ou aux deux tiers de l’acuité normale, on dit habituellement que la perte d’acuité est d’un tiers. Mais comme la détermination d’acuité concerne un écart linéaire, pour arriver à une appréciation juste, faisant intervenir les surfaces, il faut, pense-l-il, élever au carré la déficience, et le carré d’un (tiers est d’un neuvième, et ainsi la perte de vision, quand l’acuité est réduite à 0,66, n’est pas de 33 °/„, mais seulement de 11 °[0.
- Voilà l’effet de calculs simplistes, quand on ne cherche pas à voir ce que les chiffres représentent. La notion de réduction visuelle en tenant compte des surfaces, peut être considérée comme légitime, car le pouvoir de résolution d’un œil décroît dans deux directions de l’espace.
- (1) Cola-Blindnn among Dry-goods Solesmen Personnel Journal, IX, 1931 P. 437-449.
- (2) Occupalional différences in Coles-blindness. Journal o[ opplied psy-cholocjy, XIX, 4, 1935 p. 490-492.
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- Soit une mosaïque de carrés alternativement blancs et noirs vus chacun sous un angle de 1’. Si cette mosaïque constitue un grand carré de 10’ de côté, une personne d’acuité normale distinguera ces petits carrés, au nombre de 100 (50 noirs et 50 blancs). Pour quelqu’un dont l’acuité est réduite à 0',5 (déficience d’un demi), cette surface sera vue grise et indistincte ; de petits carrés ne seront distingués que s’ils ont 2’ de côté. Une mosaïque distincte sur un grand carré de 10’ de côté comprendra 25 carrés qui pourront être distingués (12 d’une sorte et 13 de l’autre), au lieu de 100. Le pouvoir résolutif de l’reil est donc ramené à un quart pour une acuité réduite à moitié ; la perte est des trois quarts, alors que le raisonnement de l’auteur la considérait comme d’un quart seulement.
- 11 faut élever au carré l’acuité restante, et non la perte d’acuité !
- H: P.
- • *
- * *
- Les dangers de l’uniformisation éducative et de la « neutralité professionnelle » de l’école dénoncés aux États-Unis
- A l’occasion de la publication du dernier « Yearboock » d’éducation aux Etas-Unis, le directeur des services d’éducation à l’Université de la Caroline du Nord, M. R. Trabue, a publié dans le Journal of Educational Research (XXIX, 5, 1936, p. 327), des réflexions dont nous traduirons quelques-unes, qui nous paraissent d’autant plus judicieuses qu’elles se rencontrent tout à fait avec nos propres préoccupations, et coïncident sur bien des points avec des remarques souvent faites par nous.
- « Les élèves, dit Trabue, sont actuellement invités à passer, pour être gradués et admis aux écoles supérieures, une série uniforme d'épreuves sur des matières objectives, et des types tous semblables de programmes et d’exigences uniformes valent encore dans les écoles supérieures et les collèges universitaires, en dépit de notre contribution universalisée à la théorie et à l’étude des différences individuelles.
- « ...Un profil irrégulier de réussites scolaires pour un écolier donné entraîne .automatiquement des efforts spontanés de la part des maîtres et des inspecteurs pour écarter l’attention des enfants des sujets auxquels ils ne plaisent eit de concentrer leurs efforts sur les sujets auxquels ils ne se plaisent pas $>. ce qui se relie à une sorte de campagne des éducateurs, qualifiée cl’ « unnatural » et de « socialement indésirable », pour « éliminer les différences individuelles et ramener tous les écoliers à un niveau mort de médiocrité incolore ». En outre, « dans un effort pour éviter une
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- spécialisation professionnelle précoce, ajoute-t-il, nous avons érigé un seul champ professionnel, le champ universitaire » auquel l’enseignement prépare, avec une prétention à 'la « neutralité » de l’école en matière de professions.
- Il est nécessaire, affirme Trabue, de modifier profondément les attitudes sociales des éducateurs aux Etats-Unis, précisant :
- « Une orientation sociale d’un individu, telle-qu’elle est désirable, concerne son être tout entier, plutôt que ses seules habiletés mentales. Un diagnostic éducatif en peut être sans risque sépare d un diagnostic physique, d’un diagnostic professionnel, d’un diagnostic affectif. L'orientation pédagogique ne peut être disjointe de l’orientation professionnelle, de l’orientation sociale, récréative, économique. »
- Il est anti-social à ses yeux d’astreindre tous les individus à passer dans un même monde, il est nécessaire de reconnaître enfin « la réalité et l’importance vitale des différences individuelles de nos écoliers. Le diagnostic professionnel doit être reconnu comme un élément fondamental de tout diagnostic « servant de base aux plans des programmes éducatifs des individus. »
- Ce souci social de l’avenir professionnel des enfants dont Trabue réclame que les éducateurs des Etats-Unis se pénètrent, c’est bien celui qu en France, M. Luc s’efforce de faire pénétrer davantage chez nos instituteurs. H. P.
- : *
- * *
- Données pour l’étalonnage de l’épreuve labyrinthique du nystagmus post-rotatoire
- Une des épreuves classiques des fonctions labyrinthiques, du moins pour ce qui est de la sensibilité des canaux semi-circulaires horizontaux, consiste à observer le nystagmus oculaire engendré par l’arrêt brusque d'une rotation suffisamment prolongée sur un fauteuil tournant. Un nystagmus d’une durée excessive marque l’hypersensibilité d’un labyrinthe qui prédispose aux vertiges ; d’une durée trop réduite, il révèle une diminution d’excitabilité qui peut comporter une moindre capacité dans les réactions adaptatives d’équilibration.
- Mais quelle es!t la durée normale du nystagmus ainsi provoqué ?
- Des données ont été recueillies à cet égard dans la littérature par F. Woletz (1).
- (1) Quantitative Untersuchungen liber don post-rotatorischen Nystagmus Zeitschrift für liais, Nasen, und Ohrenheilkunde XXXIII, 1933, p. 47G-513.
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- Les moyennes indiquées par Streit en 1919 (30 sec.) s’accordent avec celles de Boeters en 1914 (29 sec. vers la gauche et 30 vers la droite).
- Idolsopple, sur 2.123 soldats américains, a trouvé 22 à 23 secondes. D’après les données de Malan (1920) sur 11.000 soldats italiens (avec la méthode classique de rotation sur 10 tours en 20 secondes, la tête inclinée en avant à 30°) il y a un nystagmus inférieur à 15 secondes dans 10 °/, des cas et supérieur ù 30 dans 7 °/0, les valeurs se concentrant entre 15 et 30 secondes dans 83 °/0 des cas.
- Mais la méthode classique ne paraît pas pleinement satisfaisante : pour éviter une action perturbatrice du nystagmus inverse provoqué par l’accélération initiale au début de la rotation, il faut, ou bien utiliser un dispositif de mise en mouvement progressive à accélération trop faible pour être efficace, ou bien prolonger assez la rotation (la durée du nystagmus devenant fixe et indépendante du nombre des tours à partir d’une durée de rotation de 100 secondes, d’après des données de Buys, en Belgique).
- Mais, même avec cette méthode (avec accélération initiale infra-liminaire), Waletz, dans des recherches personnelles, a trouvé que, chez un même individu, la durée du nystagmus pouvait varier d’une épreuve à l’autre (20 essais chez chacun de ses 14 sujets).
- En moyenne, il a trouvé une durée du nystagmus initial (avec composante rapide dans le sens de la rotation, qui suitt en général, après une pause, un nystagmus prolongé, mais plus lent, de direction inverse) de 28 sec. ± 4,8 sec., à la fréquence de 1,6 à la seconde.
- En somme, il apparaît qu’on peut considérer comme anormale une durée dépassant environ 32 sec. dans le sens de l’hyperexcita-bilité, une durée inférieure à 15 ou 20 sec. dans le sens de l’hypo-excitabilité, et qu’il est prudent de ne pas se contenter d’une seule détermination dans chaque sens de rotation. jj p
- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE A L’ÉTRANGER
- Les Aptitudes exigées par les diverses carrières individuelles d’après Vincente M0LINA (traduit de l’Espagnol)
- I. — Les Carrières littéraires
- Avocats.
- Aptitudes organiques. — Aucune aptitude spéciale. Le tempérament le meilleur est le nerveux-sanguin.
- —U» miimTTffîi
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- Aptitudes psychologiques. — Bonne mémoire, facilité d’élocution, vivacité d’imagination, grande souplesse d’esprit, beaucoup d’entregent, esprit logique. — Caractère : sang-froid et sociabilité.
- Aptitudes morales. — Sens élevé du devoir.
- Procureurs.
- Aptitudes organiques. — Bonne constitution, bel aspect physique, bonne santé, agilité des mouvements, sens éveillés, voix puissante, insinuante, bien timbrée. — Tempérament : sanguin-nerveux, ou nerveux bien équilibré.
- Aptitudes psychologiques. — Intelligence claire, perception rapide et aiguë, bon sens, facilité d’expression verbale et écrite, bonne mémoire, volonté ferme, caractère serein et égal, amour du travail, activité, culture étendue, éducation raffinée.
- Aptitudes morales. — Droiture inflexible, honneur sans tache, esprit de sacrifice, amour du bien et de la justice, domination parfaite de ses passions.
- Juges.
- Aptitudes organiques. — Bonne santé.
- Aptitudes psychologiques. — Peu d’émotivité, mémoire, esprit logique et synthétique, constance dans le travail, grande facilité de paroles, clarté des idées, accueil amène. — Caractère énergique et égal.
- Aptitudes morales. — Très haute conscience professionnelle, grand amour de la justice, volonté inébranlable et résistance morale aux suggestions intéressées.
- Notaires.
- Aptitudes organiques. — Grand équilibre cérébral. Forte constitution squelettique et musculaire.
- Aptitudes psychologiques. —- Amour du travail, esprit logique et synthétique, bonne mémoire, jugement clair, esprit d’investigation, excellents dons de psychologie, esprit attentif et observateur.
- Aptitudes morales. — Grande droiture et honnêteté, volonté inflexible non influençable ni par les sentiments, ni par l’intérêt, conduite irréprochable, probité.
- Contrôleurs de l’Enregistrement.
- Aptitudes organiques. — Vue saine, pas de contre-indications aux métiers sédentaires, bons poumons.
- Aptitudes psychologiques. — Caractère placide, grande culture juridique, grande agilité intellectuelle, accueil franc, égalité d’humeur.
- Aptitudes morales. — Profond sentiment de la justice, droiture.
- Diplomates.
- Aptitudes organiques. — Santé robuste.
- Aptitudes psychologiques. — Grande puissance d’adaptation, présentation extérieure agréable, correcte, distinguée et discrète, aspect
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- sincère et franc, homme du monde, caractère constant et réfléchi, richesse d’esprit.
- Aptitudes morales. — Grande probité, vif sentiment de l’honneur, dignité, jugement sain.
- Archivistes, Bibliothécaires et Archéologues.
- Aptitudes organiques. — Grande capacité de travail : résistance à la fatigue, bonne vue. Tempérament plus flegmatique que nerveux.
- Aptitudes psychologiques. — Sens critique, précision, exactitude, amour de la vérité, patience, amour de la recherche, amour des documents, bonne mémoire.
- Aptitudes morales. — Constance dans le travail, conscience professionnelle, grande probité d’esprit.
- Journalistes.
- Aptitudes organiques. — Bonne santé, bonne vue, capacités sensorielles normales, tempéraments variés.
- Aptitudes psychologiques. — Bonne mémoire, imagination supérieure, prudence dans l’initiative, sens de l’observai ion aigu, bon jugement, esprit curieux. — Caractère s’adaptant facilement, talent rapide et compréhensif, culture étendue, subtilité, disposition spéciale à l’improvisation, style clair et agréable, grande richesse d’expression, audace discrète, ingéniosité, patience, immunisation contre la vanité, opportunisme, goût de la culture.
- Aptitudes morales. — Vie irréprochable, désintéressement, discrétion, haute conception des responsabilités.
- II. — Les Carrières artistiques
- Architectes.
- Aptitudes organiques. — Résistance au travail, constitution robuste, vue excellente, pas de vertiges, cœur sain, émotivité bien contrôlée, système nerveux équilibré.
- Aptitudes psychologiques. — Sensibilité pondérée, sens de l’harmonie et de la beauté, mémoire graphique, aptitudes scientifiques, observation, sens des proportions, bonne culture générale.
- Aptitudes morales. — Sentiment deJa vérité et de la droiture. Optimisme. Entregent.
- Ecrivains.
- Aptitudes organiques. — Tempérament nerveux.
- Aptitudes psychologiques. — Observation, sens esthétique, bon goût, sens de l’élégance, perception des finesses de la langue, imagination vive et féconde, faculté réceptive pour toutes sortes de connaissances, vaste culture.
- Aptitudes morales. — Patience laborieuse pour les travaux longs et soignés, constance, conscience des responsabilités.
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- Musiciens.
- Aptitudes organiques. — Tempérament nerveux, émotif avec grande puissance d’expression, finesse de l’ouïe et, dans certains cas : agilité des doigts très perfectionnée.
- Aptitudes psychologiques. — Très grande émotivité, sens du beau très développé, imagination auditive puissante, profonde et subtile.
- Aptitudes morales. — Aspiration vers la beauté.
- Orateurs.
- Aptitudes organiques. — Belle prestance, voix d’une agréable sonorité, de vaste amplitude et riche en modulations, prononciation claire et distincte.
- Aptitudes psychologiques. — Talent clair et profond, mémoire excellente, connaissances étendues (générales et spécialisées).
- Aptitudes morales. — Don d’inspirer confiance, honnêteté, intégrité du caractère, sûreté de soumême.
- Peintres.
- Aptitudes organiques. — Système musculaire très développé, finesse et acuité particulières de la vue, parfaite discrimination des couleurs.
- Aptitudes psychologiques. — Imagination féconde, intuition du beau, grande mémoire visuelle, récognition facile, représentation spatiale des formes, juste appréciation des distances, esprit d’observation.
- Aptitudes morales. — Esprit tourné vers le beau et le bien.
- 111. — Les Carrières scientifiques
- Médecins.
- Aptitudes organiques. — Constitution robuste, pas de prédisposition héréditaire à la tuberculose, bonnes aptitudes sensorielles : finesse de l’ouïe, habileté manuelle, système nerveux bien équilibré.
- Aptitudes psychologiques. — Bonne intelligence, excellente mémoire, grand amour de l’étude et de l’expérimentation, esprit d’observation, sens pratique.'
- Aptitudes morales. — Grande force de volonté, promptitude de décision, sang-froid, patience, discrétion, bonté, générosité, désintéressement, exactitude.
- Chirurgiens.
- Aptitudes organiques. — Robustesse physiologique, sens perfectionnés, sang-froid, tempérament sanguin.
- Aptitudes psychologiques. — Mémoire plastique excellente, résistance à l’émotivité.
- Aptitudes morales. — Sentiment des responsabilités, grande patience, désintéressement.
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- Dentistes.
- Aptitudes organiques. — Force et santé, grande résistance à la fatigue, vue excellente, habileté manuelle, mains petites et fines, bouche particulièrement saine.
- Aptitudes psychologiques. — Abord agréable, sobriété, discrétion.
- Aptitudes morales. — Honnêteté professionnelle, bonne éducation, affabilité, capacité à inspirer confiance, patience.
- Pharmaciens.
- Aptitudes organiques. — Une certaine habileté manuelle, propreté, absence de maladies contagieuses, bonne vue, tempérament calme.
- Aptitudes psychologiques. — Ordre, entregent, patience, prudence, très grande capacité d’attention.
- Vétérinaires.
- Aptitudes organiques. — Bon système musculaire, immunité particulière contre toutes sortes d’agents pathogènes.
- Aptitudes psychologiques. — Grande mémoire conceptuelle et visuelle, facile et fidèle, grande facilité d’association d’idées.
- Aptitudes morales. — Amour professionnel, désir d’apprendre, initiative, sérénité, caractère constant, volonté, grande confiance en soi.
- Mathématiciens.
- Aptitudes organiques. — Grande puissance nerveuse de travail intellectuel aux efforts longtemps soutenus.
- Aptitudes pshchologiques. — Esprit logique, précision et rigueur des concepts, esprit critique, grande intuition, clarté d’esprit, constance.
- Aptitudes morales. — Amour de la vérité.
- Physiciens.
- Aptitudes organiques. — Bonnes aptitudes sensorielles, tempérament calme.
- Aptitudes psychologiques. — Patience, constance, bon contrôle de son système nerveux, vision soutenue et absolument exacte.
- Aptitudes morales. — Pas d’aptitudes particulières.
- Chimistes.
- Aptitudes organiques. — Bonnes aptitudes sensorielles, spécialement la vision et l’olfaction, habileté manuelle.
- Aptitudes psychologiques. — Application naturelle au travail, activité constante et soutenue, grande capacité d’observation, régularité dans la mémoire, amour de l’élude, scrupule scientifique, perspicacité et réflexion dans la prévision, prudence.
- Aptitudes morales. — Grande conscience professionnelle, fidélité, exactitude et générosité dans le travail.
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- Naturalistes.
- Aptitudes organiques. — Bonne santé, bon équilibre nerveux, vue excellente, bonne circulation.
- Aptitudes psychologiques. — Goût inné du métier, perspicacité, sagacité, constance dans le travail, un certain sens esthétique. Aptitudes morales. — Pas d'aptitudes spéciales.
- L. B.
- (à suivre)
- A travers les Revues
- Le n° 1 de la 4e année du Travail humain (mars 1936) contient un long mémoire de J. M. Lary et S. Korngold consacré à leurs recherches expérimentales sur les causes psychologiques des accidents du travail, une description, par R. Bonnardel, d’un nouvel appareil permettant des examens satisfaisants de la vision chromatique dans les services de sécurité, et une revue générale sur l’adaptation professionnelle des aveugles et le problème de leur O. P., due à E. Sciireider.
- La deuxième partie de l’importante étude sur « le facteur humain dans les travaux de maçonnerie », de M. J. Fontègne a été publiée par la Revue mensuelle de la Chambre syndicale des entrepreneurs de maçonnerie (octobre 1935 à janvier 1936) ; elle est consacrée essentiellement à la question des accidents du travail, avec un chapitre sur les maladies professionnelles.
- Dans la Formation professionnelle (février 1936, t. 33, p. 186), Mlle Andrée Courthial fait un exposé sur les méthodes d’orientation professionnelle dans l’application qui en est faite à la Caisse de compensation de la région parisienne.
- Un article de Pierre Pouillot dans La Solidarité (15 janvicr-1er février 1936) sur l’organisation d’un centre pratique d’O. P., se fonde en grande partie sur des données fournies par M. M. François, et s’illustre de clichés pris dans le service psychotechnique de l’I. N. O. P. _________
- Albert Bayet a consacré sa chronique du Mouvement des Idées dans La Lumière du 15 février 1936, à « une nouvelle discipline scientifique, la docimologie », considérant comme angoissante la question des incertitudes des examens qui sont à la hase d’une organisation sociale « raisonnable et juste », et comme capitale la
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- diminution de l’importance du « facteur subjectif », approuvant au passage la remarque de II. Picron que la préparation des concours est absurde et dangereuse.
- « Orientation et sélection dans l’Université moderne », tel est le •litre d’une étude de R. Vauquelïn que public Pour l’Ere Nouvelle
- de février 1936 (n° 115
- 40), et où est réclamée l’organisation d’un service d’orientation scolaire intéressant surtout au moment du passage des enfants dans le second degré, avec mise en œuvre d'un examen par tests, et d’une fiche médico-psycho-pédagogique.
- Le professeur Demoor examine le rôle du médecin en éducation physique dans le Bruxelles Médical du 15 décembre 1935 (conférence faite à la Réunion de la Société médicale d’éducation physique et de sports du 30 juin 1935|).
- Un cas de silicose pulmonaire probable chez un ouvrier sableur est relaté dans le Lyon médical du 29 décembre 1935 (I. 67, p. 769), par les docteurs Roubier, Bouquin et Gonin.
- Dans les « PrakUka » de l’Académie d’Athènes, un examen (en grec, avec résumé allemand) des différences dans le développement intellectuel d’enfants des diverses couches sociales, a été publié par Nicolas Exarchopoulos (1933, T. 8, p. 93), confirmant le fait, d’une certaine avance d’ûge mental chez les enfants des milieux plus favorisés. ________
- Dans Nature, de Londres (n° 3445, du 9 novembre 1935), Ch. S. Myers publie une communication faite à la session jointe des deux sections de psychologie et d’ « Engineering », de la « British Association », pour l’Avancement des Sciences, sur l’aspect psychologique du problème des accidents de la route.
- Du British Journal oj Ophtalondogy (T. XIX, 1935), signalons une étude de IL Lipschutz (p. 611-612) sur la myopie et le travail de près, notant que ne souffrent de ce travail que les gens possédant une « disposition » myopique (peut-être due à la faiblesse des fibres élastiques de la sclérotique, avec insuffisance du drainage veineux oculaire) et une autre de J. A. Wilson (p. 613-614) sur les amétropics et le sexe, notant qu’au-dessous de 7 ans (300 cas, où l’hypermétropie domine beaucoup) il y a égalité de filles
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- ci de garçons, que, à mesure de l’âge, où augmente proportionnellement la myopie, les filles sont plus nombreuses (55 % de 7 à 10 ans, 59 °/0 de 11 à 14 ans).
- L’électrocardiogramme des sportifs fait l'objet d’un article des docteurs Broustet et Eggenberger (20 février 1930) et la sélection du personnel infirmier naviguant d’aviation militaire d’une étude du Dr Crucuet (30 décembre 1935) dans le Journal de médecine de Bordeaux. ________
- Le professeur Pende publie une synthèse de sa doctrine biotypologique la « loi de vie » dans la détermination du biotype individuel) dans la liiforma Medica du 7 décembre 1935 (T. 51, p. 1859). ________
- Du Dr Mierzecki une étude sur « la peau et les professions », dans la Polska Gazela Lekarska (T. 14, 22 septembre 1935,
- p. 680). ________
- Les intérêts professionnels de la jeunesse scolaire font l’objet de deux articles parus dans le n° 4 (décembre 1935) de « The Journal of Educational Sociology ». Le premier, signé d’ELLEN Winston, expose les résultats des entretiens sur le choix de la profession avec environ 100 élèves des deux sexes de « Iligh-School Senior ». Le second, de IL G. Duncan et W. L. Duncan, analyse les données d’une enquête à laquelle 274 étudiants de collèges ont donné une réponse (182 jeunes gens et 92 jeunes filles).
- lin court article signé de M. W. Sçiiaul dans le n° 109G de « School and Society » (28 décembre 1935) contient quelques données statistiques sur les facteurs déterminant le choix des études médicales.
- Dans le n° 5099 (18 janvier dernier) de cette même revue, M. Brll confronte les notes obtenues par les formes abrégée et complète de l’échelle Stanford-Binet sur 100 garçons, déficients mentaux, dans une institution d Etat. Les coefficients de corrélations ont été supérieurs à 0,93.
- La ressemblance au point de vue de l’intelligence verbale de frères et sœurs bilingues fait l’objet d’un article de IL S. IIill dans le n° 1.104 (22 février 193G{).
- « The Educational Record » a publié en janvier dernier un numéro spécial (supplément n° 9) consacré à la IVe Conférence
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- américaine d’éducation (New-York, oct.-nov. 1935). Parmi les communications consacrées tout particulièrement aux problèmes des examens par tests, citons celles de J. A. Flinner sur l’application du test d’intérêts professionnels dans les écoles secondaires, de C. Thurstone Chase Junior sur l’examen individuel par tests, etc... _________
- On trouvera dans le n° 8 (décembre 1935) de « U. F. O. D. » (La Documentation en France, Bulletin mensuel de l’Union française des organismes de documentation), quelques données sur la Bibliographie pédagogique internationale, dans un compte rendu fait par C. Lebrun. A signaler tout particulièrement la partie relative à l'enseignement post-scolaire.
- Quelques nouveaux dispositifs de sécurité de travail sont décrits dans le n° 2 (15 janvier dernier) de « Reichsarbeitsblatt ».
- Les Carrières de l’Agriculture coloniale font l’objet d’un article signé A. Fritz dans le n° 192 (janvier dernier) de « L’Orientation Professionnelle ». ________
- Dans le n° 46 (janvier 1936) de « L’Orga » (autrefois « L’Organisation »), Cii. Billard publie une courte notice sur le mouvement stakhanoviste.
- Ce même sujet est traité dans un article de Ugo Manunto, dans le n° 2 (févr. 1936) de Y Organizzazione Scientifica del Lavoro.
- Dans le n° 1 du tome XV (janvier dernier) de « Difesa Sociale », M. Ponzo parle de l’activité du Centre psychotechnique de « Enios » (Ente Nazionale Italiano per l’Organizzazione Scientifica del Lavoro). _________
- Dans le fascicule 3 du tome I (1935) du « Bulletin International de la Société scientifique de pédagogie » a paru le résumé d’un d’un livre de F. Fei.horska et S. M. Studencki sur le choix d’une profession d’après l’enquêté de Mlle Ioteyko.
- Dans le n° 1 du tome VI (mars 1935 de « Child Development » a paru une intéressante étude de M. R. Hertz sur le test de Rors-chach. Après avoir appliqué l’épreuve sur 300 adolescents, élèves
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- de « Junior Iligh Scliool » l’auteur cherche ù comparer scs normes avec celles de Rorschach, de Behn-Eschenburg, de Lôpfe et de Loosli-Usteri. ________
- M. R. Roos étudie dans le n° 4 du tome VI (décembre 1935), les variations de la fréquence de degrés de prévalence manuelle avec l’àge. La recherche a été faite sur 296 enfants à l’ûge préscolaire, 291 élèves du 6e degré et 398 étudiants de collèges ; les tests appliqués ont été le tapping et le dynamomètre.
- Cette élude fait suite à celle publiée par le môme auteur dans le n° 2 (juin 1935) de la môme revue et traitant de certains facteurs intervenant dans la détermination de la prévalence manuelle.
- Le n° 2 du vol. 4 (décembre 1935) de « Character and Persona-lity » contient une intéressante étude de M. Bleuler et R. Bleu-eer, sur le test de Rorschach et la psychologie raciale (il s’agit tout particulièrement de la mentalité des indigènes du Maroc;).
- A signaler dans ce même numéro, un travail de R. B. Cattell, sur la mesure des intérêts en rapport avec l’étude du caractère.
- INFORMATIONS
- Congrès international de renseignement technique. — Prévu pour mai 1936, le Congrès international de l’enseignement technique qui doit se tenir à Rome, a été reporté à septembre prochain. Le secrétaire général est M. Lomont, et le rapporteur général M. Scanga, directeur général de l’Enseignement technique en Italie.
- Le programme comporte, outre des communications du Bureau international de l’Enseignement technique (en particulier sur la terminologie, avec rapport de M Abbott, et la Fiche médicale type avec rapport de M. Ponzo, de Rome) les quatre questions suivantes : L’enseignement technique et la vie économique ; L'orientation professionnelle et sa continuité ; La formation du personnel d'atelier chargé de l’enseignement pratique ; La préparation de la femme à son rôle spécial dans la vie économique.
- Voici les données relatives à la deuxième question, traitant de 10. P., avec les directives, à ce sujet, du B. I. E. T.
- Rapporteur général : M. Gemelli, professeur ordinaire de psychologie industrielle à la Faculté des sciences économiques de 1 Université catholique de Milan.
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- a) L’éducation physique comme auxiliaire de l’orientation professionnelle ; l’aide qu’elle peut apporter aux travaux de laboratoire.
- Rapporteur adjoint : M. le Prof. Doit. Banissoni, chargé de cours de psychologie générale à l’Université de Rome.
- b) Le travail manuel, révélateur d’aptitudes.
- Rapporteur adjoint : M. Lomont, directeur général des ateliers-écoles de la Chambre de Commerce de Paris, secrétaire général du
- R. I. E. T.
- c) La croissance est,-elle de nature à modifier l’orientation professionnelle des adolescents ?
- Rapporteur adjoint : M. le Dr Visco, professeur de physiologie générale à l’Université de Rome.
- cl) Les attitudes au travail et la détermination des aptitudes ' professionnelles. L’éducation de ces aptitudes.
- Rapporteur adjoint : M. Mira, directeur de 1 Institut psychotechnique de Bercelone.
- La question posée n’a pas trait au souci que peut avoir légitimement l’éducateur, pendant la scolarité primaire, de préparer l’orientation des enfants vers un métier. On a voulu préciser que l’orientation professionnelle ne se limite pas à l’acte qui consiste, après détermination des aptitudes, h indiquer à l’enfant le métier qui lui convient le mieux, mais qu’elle s’étale dans la durée, qu'elle a besoin de temps, qu’elle se continue par une observation prolongée et étendue qui permet de confirmer le diagnostic premier ou de corriger les erreurs s’il y a lieu.
- a) Dans les congrès précédents on a indiqué le rôle de l’éducateur et celui du médecin. Il convient à Rome de pousser le problème plus avant et de préciser le rôle de l’éducation physique a la place qui peut lui être réservée dans l’orientation professionnelle, tant pour la détermination des aptitudes, que pour l’observation qui suit au cours de l’essai d'un métier en vue de la correction des erreurs.
- A quelles conditions et sous quelle forme l’éducation physique peut-elle intervenir et ajouter un élément aux observations de l’éducateur et du médecin, tel est le sens exact de la question posée.
- b) Le travail manuel, de môme, est un élément utile à cette observation prolongée de l’enfant. Quelles sont les réactions que provoque l’exercice d’un métier et par quels moyens peut-on les noter en vue du Conseil d’orientation ù donner ou pour mesurer
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- les effets du travail sur l’individu, voilà ce qu’il importe de rechercher, d’abord pour diminuer les chances d’erreurs au moment où l’on oriente un enfant, ensuite, lorsqu’il est orienté, pour s’assurer qu’il s’adapte sans fatigue à l’effort qui lui est demandé et qu’il n’y a, par la suite aucùn danger pour son avenir, à persister dans celte voie.
- c) L’observation prolongée est particulièrement nécessaire parce que la période de croissance correspond à une évolution de l’enfant dont les phénomènes sont de nature à bouleverser toutes les prévisions. Comment peut-on se prémunir contre ces transformations des sujets, les suivre et les corriger au besoin, sont des questions auxquelles les éducateurs comme les médecins devraient répondre au Congrès de Rome.
- d) L’attitude des jeunes gens au travail peut être un des éléments d’appréciation qui n’intervient qu’après l’acte d’orientation. Les aptitudes peuvent être notées les unes après les autres, en décomposant les actes par des tests appropriés. L’attitude est une synthèse de l’individu dont l’ensemble complexe n’est pas toujours conforme au total des aptitudes diverses qu’il a manifestées. Des observations relatives aux aptitudes peuvent conduire à des conclusions fausses, c’est pourquoi il convient d’introduire dans les sujets à orienter professionnellement, des tests ou observations d’ensemble, c’est-à-dire une étude spéciale des attitudes.
- Les adhésions et souscriptions (30 francs pour la participation au Congrès, 50 francs pour les comptes rendus[) sont reçues au Secrétariat du B. I. E. P., 2, place de la Bourse, Paris (2e), jusqu’au 15 juillet 1936 ; et les rapports et communications doivent y parvenir avant le 15 juin (quatre exemplaires dactylographiés ne dépassant pas six pages de 50 lignes, avec résumé d’une page au maximum).
- • *
- * *
- B s’est fondé en Espagne un Comité national d'organisation scientifique du travail, reconnu d’utilité publique (25, calle Alberto-Aguilera, Madrid), présidé par César de Madariagà, avec, comme secrétaires, G. Kraiie, chef des ateliers de lEcole d’orientation professionnelle et préapprentissage, et José Mallart, chef du Service de psychotechnique professionnelle à l’Institut national de psychotechnique, à Madrid.
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- * *
- i n Office d’orientation professionnelle pour les élèves de l’enseignement secondaire a été» organisé, 31, rue Guyot, à Paris, sur 1 initiative de M. G. Bertier, directeur de l’Ecole des Boches, qui
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- a fait le 11 mars, à la Société de Science sociale, à la même adresse, une conférence sur « l’O. P. des jeunes bourgeois ».
- ; * i
- * 4c
- C’est le Dr Th. Simon, le collaborateur bien connu d’A. Binet, qui a succédé au D1' Toulouse, atteint par la limite d’age, à la direction de T Hôpital IIcnri-Rousselle, que ce dernier avait créé par un magnifique effort qui dota le département de la Seine d’une institution très admirée, ce dont l’administration préfectorale ne paraît pas avoir eu conscience !
- *
- * *
- A VInstitut de Psychologie industrielle de Londres, le principal Ch. S. Myers a fait en avril 1936, une série de cinq conférences sur la psychologie et la physiologie industrielles.
- En mars ont eu lieu une série de démonstrations relatives à l'O. P. et aux méthodes de sélection, sur l’initiative du Comité féminin de l’Institut avec le concours de Mrs Courtauld, et en avril des démonstrations des méthodes d’O. P. pour les éducateurs.
- Enfin, en août 1936 aura lieu, à YInstitut d’éducation de VUni-versilé de Londres, un cours de vacances sur l’O. P. et les tests psychologiques.
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- Le Bureau universitaire de statistique a établi un inventaire de travaux exceptionnels à réserver aux chômeurs intellectuels (17 projets, établis en particulier par MM. Cavalier, directeur de l’Enseignement supérieur, Ciiatelet, recteur de l’Académie de Lille, Caïn, administrateur de la Bibliothèque nationale, Bouclé, directeur de l’Ecole normale spuérieure, Lebrun, directeur adjoint du Musée pédagogique, etc.).
- M. Rosier, directeur du B. U. S., demande qu’on fasse la propagande la plus active pour l’achat des timbres (avec surtaxe de 0 fr. 10 ou de 2 fr.) émis en faveur des chômeurs intellectuels.
- • *
- * *
- La Ligue d’Education nouvelle (29 Tavistock Square, Londres), a publie (au prix de 2 sh. 60), avec une introduction du recteur L. Zilliacus, de Finlande, et du Dr Carson Ryan, d’U. S. A., un rapport de la Commission internationale pour les examens établi
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- WtÊÊÊÊÊÊKIÊBÊÊÊÊHÊÊÊ
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- par Wyatt Rawson sous le titre : The Examination Tangle and lhe Waij Out, dont la deuxième partie (p. 29-60) concerne le problème des examens et des tests.
- La Nouvelle Education a tenu sa XVe Assemblée du 7 au 11 avril 1936 au Havre ; dans le programme figuraient la question de la création d’un lycée expérimental (traitée par M. Ginat), et le problème des sanctions et examens (envisagée par M. J. Nathan).
- Un rapport sur les recherches scientifiques du Laboratoire de VUniversité d'Athènes de 1923 à 1933 a été publié en français par son directeur, Nicolas Exarciiopoulos, dans les « Prakliha » de l'Académie d'Athènes (1934, t. I, 9, p. 38), avec liste de dix-huit publications (concernant surtout le développement intellectuel des enfants grecs, et rétablissement des psychogrammes).
- Il s’est formé en Roumanie, à Chisnàu, un Institut pour les recherches sur la vieillesse, dirigé par le Dr A. Kotsovsky, ancien professeur de psychiatrie ù l’Université d’Odessa, et qui publie des Monalsberichte, organe international (premier numéro en octobre 1935).
- M. Fernand Legrand, inspecteur de l’Enseignement ménager et professionnel féminin du Hainaut, a fait le 23 novembre 1935, à la Journée pédagogique de VUniversité du Travail à Charleroi, une conférence sur « quelques qualités qui peuvent être exigées du personnel de l’enseignement ménager et de F enseignement professionnel féminin ».
- A la suite d’une série d’études signalées en leur temps dans le Bulletin, le Dr A. Feil vient de publier une monographie sur le travail de Vardoisier et la pathologie professionnelle de Vardoi-sier.
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- Le tome XVII de Y Encyclopédie française (arts et littérature dans la société contemporaine) comporte dans sa section C une série d’importantes études sur les professions : professions plastiques de l’architecte (André Lurçat), du peintre (J. E. Blanche), des peintres et sculpteurs en U. R. S. S. (Jean Lurçat), professions musicales du compositeur (Carol-BÉRARü), de l’interprète (Marc Pincherle), des chorégraphes (M. Brillant), professions littéraires et dramatiques de l’écrivain (Pierre Benoit), de l’écrivain soviétique (Ilya Ehrenbourg), de l’auteur dramatique (J. J. Bernard), du comédien (Pierre Fresnay), des cinéastes (René Clair et Gaël Fain).
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- Sur plainte du Syndicat des médecins de Lille, le sieur Marcel Létendart a été condamné par le tribunal correctionnel de cette ville, pour exercice illégal de la médecine, à 200 francs d’amende ; pour sa défense il a fait valoir que c’est l’orientation professionnelle qu’il pratiquait et l’on sait que le charlatanisme en O. P. n’est pas envisagé par La loi !
- La Vie de l’Institut National d’Orientation professionnelle
- Afin de favoriser la diffusion des questions d’orientation professionnelle parmi les instituteurs, et la préparation de ces derniers à une participation active, en faisant bénéficier les conseillers d’O. P. de données fondées sur une connaissance plus précise de leurs élèves, par une application des méthodes de psychologie expérimentale, auxquels sont initiés les élèves des écoles normales, une semaine de conférences et de démonstrations pratiques a été organisée pendant la semaine des jours gras, des 24 au 29 février, par l’I. N. O. P., après accord des directions de l’Enseignement technique et de l’Enseignement primaire, à l’intention des directeurs et directrices d’Ecoles normales.
- Un crédit, malheureusement insuffisant, accordé par la direction de l’Enseignement technique, permettait d’attribuer un certain nombre d’indemnités de voyage et de séjour ; mais le nombre de directeurs et directrices, intéressés par cette semaine et qui voulurent bien y participer, fut si grand, et dépassa à ce point les prévisions que la plupart d’entre eux ne purent en bénéficier, au grand regret des organisateurs de cette semaine.
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- Voici le programme de celle semaine :
- Lundi 24 février :
- 10 h. Séance d’ouverture, présidée par M. Rossct. Allocution de M. Piéron. Conférence de M. Luc : « L’O. P. dans les programmes des Ecoles normales. »
- 14 h. Démonstration d’examen physique (Laboratoire de Physiologie du travail au conservatoire).
- 17 h. M. Fontègne : « Les exercices, scolaires et la préorientation ».
- Mardi 25 février :
- 10 h. M. Fontègne : « La connaissance de l’enfant au cours de la vie scolaire. »
- 14 h. Démonstrations d’examen psychologique (Laboratoire de • Psychologie de la Sorbonne, escalier A, 3e étage) par M. François.
- 17 h. M. Wallon : « La formation du caractère de l’enfant. Les goûts et leur évolution ».
- Mercredi 26 février :
- 10 h. M. Wallon : « L’étude du caractère par les maîtres ».
- 14 h. Démonstrations d’examen psychologique (Laboratoire de la
- Sorbonne) par M. François.
- 17 h. M. Wallon : « Les enfants exceptionnels, arriérés et bien doués ».
- Jeudi 27 février :
- 9 h. 30 M. Laugier : « Etude somatique de l’enfant ».
- U h. M. Piéron : « Les aptitudes ; hérédité et éducation ».
- 14 h. Démonstration sur la pratique des fiches d’examen collectives (Laboratoire de la Sorbonne) par Mme IL Piéron.
- L h. M. Piéron . « Nature et rôle de l’intelligence.
- Vendredi 28 février :
- 9 h. 30 M. Paul-Boncour : « Le médecin et l’O. P. ».
- 11 h. M. Lutfalla : « Les métiers cjt professions » (1).
- 14 h. Démonstration sur la pratique des fiches d’examen (Laboratoire de la Sorbonne) par Mme II. Piéron.
- 17 h. M. Piéron : « Classements scolaires. Tests et examens ».
- (1) Un empêchement imprévu a empêché M. Lutfalla de faire sa conférence.
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- Samedi 29 février :
- 9 h. 30 M. Larcher : « Relations des éducateurs avec les conseillers d’O. P.
- 11 h. M. Fontègne : « La pratique de l’O. P. ».
- 15 h. Séance de clôture, présidée par M. Luc. Conférence de M. Luc : « Le rôle social de l’O. P. et l’Education nationale ». Allocution de M. Rosset.
- Les conférences ont toutes eu lieu au Conservatoire national des Arts et Métiers, 292, rue Saint-Martin, amphitéatre Z.
- Nous donnons ci-dessous la liste des directrices et directeurs qui sont venus effectivement collaborer à cette semaine. Ce sont :
- M. Chanel, Mirecourt (Vosges).
- MUe Cabane, Troyes (Aube).
- M. Despatin, Troyes (Aube).
- Mlle Mathieu, Grenoble (Isère).
- Mme Echard, Dijon (Côte-d’Or).
- MIle Bourlot, Caen (Calvados).
- MUe Weill, Evreux (Eure).
- Mlle Aymard, Coutances (Manche). Mme Jaquot, Le Mans (Sarthe).
- Mme Borgey, Bourg (Ain).
- Mlle Pehore, Tarbes (Htes-Pyrén.) M. Moreau, Bonnevijle (H.-Savoie) Mme Grandjeat, Chàteauroux (Indre). Mmo Parent, Agen (Lot-et-Garonne). Mlle Gaudin, Aurillac (Cantal).
- Mme Durrière, Quimper (Finistère). M. Coeurdevey, Obernai (Bas-Rhin) M1Ie Hirtz, Vesoul (Haute-Saône). Mme Cuminal, Privas (Ardèche).
- Mme Bontemps, Chaumont (H.-Marne) Mlle Le Breton, Blois (Loir-et-Cher). Mmo Billot, St-Germ.-en-Laye (S.-O.) Mm0 Despreè-Curely, Melun (S.-M.). M. Uriot, Dijon (Côte-d’Or).
- M. Gaillet, Auch (Gers).
- Mlle Henry, Bar-le-Duc (Meuse).
- Mme Magnat, Draguignan (Var).
- Mrae Soboul, Nîmes (Gard).
- M. Clément, Foix (Ariège).
- M. Gason, Orléans (Loiret).
- M. Hébert, St-Brieuc (C.-du-N.). Mme Castagnier, Le Puy (Hto-Loire). M. Poirion, Montbrison (Loire). M. Chotard, Angers (M.-et-L.).
- Mme Thomet, Chambéry (Savoie).
- M. Jugnat, Loches (Indre-et-Loire). Mlle Chauvin, Amiens (Somme).
- M. Scherer, Grenoble (Isère).
- Mme Védrines, Rumilly (Hte-Savoie). M. Brinon, Douai (Nord).
- M. Dangareilh, Dax (Landes).
- M. Leterrier, Caen (Calvados).
- M. Menanteau, Evreux (Eure).
- M. Defond, Saint-Lô (Manche).
- Mlle Hue, Alençon (Orne).
- Mlle Moitessier, Rouen (Seine-Inf.). M. Besseige, Lyon (Rhône).
- M. Bertrand, Auxerre (Yonne). Mme Goron, Foix (Ariège).
- Mme Mir, Angoulème (Charente).
- M. Marot, Poitiers (Vienne).
- Mlle Fabre, Arras (Pas-de-Calais). MUe François, Charleville (Ardenn.) M. Bigot, Gap (Hautes-Alpes).
- M. Falcoz-Vigne, Privas (Ardèche). M. Fourot, Chaumont (Hte-Marnc). Mme Buffe, Orléans (Loiret).
- Mme Gendron, Moulins (Allier).
- Mme Bar, Nantes (Loire-Inférieure). M. Dumouchel, Le Puy (Ht9-Loire). M. Coux, Rodez (Aveyron).
- Mlle Tissot, Rodez (Aveyron).
- Mme Dechappe, Clermont-Ferrand. Mme Collet, Montpellier (Hérault). MUe Castaing, Saint-Etienne (Loi,re). M. Ferré, Quimper (Finistère).
- MUe Desclaux, St-Brieuc (C.-du-N.). Mlle Paul, Digne (Basses-Alpes).
- Mlle Seguin, Auxerre (Yonne).
- Mme Dolle, Strasbourg (Bas-Rhin). M. Thubet, Albertville (Savoie).
- M. Chalivoy, Bourges (Cher).
- Mme Grunfelder, Maxéville (M.-et-M.) Mme Deffaux, Nevers (Nièvre).
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- Mlle Sourgen, Bordeaux (Gironde). M. Nicolas, Versailles (S.-et-O.). MUe Blanc, Albi (Tarn).
- Mme Bosuher, Chartres (E.-et-L.).
- M. Ozouf, Chartres (Eure-et-Loir). MUe Flamant, Laon (Aisne).
- M. Gourdon, Melun (S.-et-M.).
- Mrao Santucci, Epinal (Vosges).
- MUo Charlat, Limoges (Ht0-Viennc). Mlle Chardon, Poitiers (Vienne).
- M. Hennemann, Connnercy (Meuse). M. Antrig, Colmar (Haut-Rhin).
- M. Barraud, Agen (Lot-et-Gar.).
- M. Collin, Dr E. N., détaché auprès de la Mission laïque française, Paris.
- M. Miart, Amiens (Somme).
- M. Renvoise, Laval (Mayenne).
- M. Cressot, Montigny (Moselle). Mme Fraysse-Auriol, Paris (Seine). Mme Crencel, Draguignan (Var).
- M. Lacroix, Limoges (Hte-Viennc). MUe Chevillard, Montauban (T.-G.). Mlle Arretf.ig, Besançon (Doubs).
- M. Tourteau, Blois (Loir-et-Cher). Mlle Person, Douai (Nord).
- M. Remanet, Angers (M.-et-L.).
- Mlle Martin, Metz (Moselle).
- M. Le Rodallec, Vannes (Morbihan).
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- B. Profit. — L'Education Mutuelle à l'Ecole (Coopération scolaire française). — In-16 de 335 pages. Vol. XIII des Cahiers de la Centrale. Sudel, 78, boulevard Saint-Michel, Pari's.
- Je ne puis mieux faire, en signalant l’intéressant ouvrage de l’inspecteur honoraire B. Profit, initiateur et apôtre de l’organisation coopérative à l’école, que de citer quelques lignes de la préface que j’ai écrite pour lui :
- « Le livre de M. Profit, fondé sur une longue expérience et une réussite incontestable — 10.000 instituteurs gagnés en 15 ans — est bien fait pour montrer tout le bénéfice que l’on peut tirer de l’organisation des coopératives où sous une surveillance discrète, avec des directives intelligentes du maître, les enfants peuvent se préparer vraiment à la vie sous la triple forme individuelle, sociale et professionnelle, en développant des initiatives, en faisant assumer des responsabilités, en faisant acquérir le sens de la solidarité sociale qui est le fondement le plus solide de la morale Laïque, en éprouvant et en trempant les caractères. On ne risque plus alors de laisser les écoliers vieillir « dans une longue enfance », suivant l’heureuse expression de M. Profit ». jj p
- M. Veys (Sœur Marie des Filles de La Croix). — Le caractère chez l'adolescente débile mentale. —• In-8° de 94 pages (travail du haboraloire de Psychologie pédagogique de Louvain).
- Intéressant travail, dirigé par le professeur Fauville, et consistant eu l’élude d’adolescentes débiles, délinquantes pour les deux tiers,
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- au moyen d’une série de tests objectifs de caractère, parallèlement à des tests d’intelligence, de connaissances, d’aptitudes morales, et à des appréciations du caractère par les personnes en contact avec les jeunes filles étudiées.
- Les tests de caractère concernaient la loyauté, le dévouement, la capacité d’inhibition, la persistance et la suggestibilité.
- Il est apparu que les corrélations étaient positives, mais faibles, entre les différentes formes de déloyauté (la tricherie dans le jeu étant toutefois notablement indépendante), de persistance, de suggestibilité, plus faibles entre persistance et suggestibilité ou persistance et inhibition, négatives élevées entre persistance et dévouement.
- L’âge mental influence la suggestibilité, ainsi que l’avancement scolaire, et le milieu économique a une influence notable sur la loyauté (moindre chez les enfants des milieux plus pauvres). La classe, comme collectivité, influence notablement le dévouement et la persistance.
- Le passé coupable des enfants n’a guère paru influencer les traits d3 caractère (l’acte délictueux ne paraissant pas exercer une action notable sur la constitution de la personnalité).
- Il y a là un ensemble de données intéressantes sur le problème du caractère, rarement étudié ainsi de façon entièrement objective.
- H. P.
- Sauf dans le cas d’avis précis de désabonnement, nous nous permettrons de faire toucher à domicile, dans la seconde quinzaine de mai à ceux qui ne se seront pas acquittés à cette date, le montant de Vabonnement pour 1936 et nous espérons qu’il sera fait bon accueil à notre demande.
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- 8e Année
- N° 5-6
- Mai-Juin 1936.
- BULLETIN
- DE
- l’Institut National d’Orientation Professionnelle
- L’ORIENTATION SECONDAIRE
- L’APTITUDE AU LATIN
- par
- Mme E. NIHOUL FOX
- Détachée dans une école belge, j’y enseigne le Lalin à des enfants dont la moitié n’a ni goût ni don pour cette branche. Ce n’est pas d ailleurs la faute des parents ou des éducateurs : le Latin est pratiquement obligatoire en Belgique, l’admission aux études universitaires (sauf celles d’ingénieurs) étant refusée aux « humanistes modernes ».
- En France, où le régime n’est pas aussi draconien, on trouve également beaucoup d’enfants contraints à une étude maussade et sans espoir des auteurs anciens.
- Je voudrais indiquer ici quelques suggestions destinées à sélectionner à bon escient les élèves susceptibles de recevoir avec fruit la culture classique. Je sais que beaucoup ont traité cette question. Si je la reprends, c’est que je pense avoir observé, de très près l’élève fourvoyé dans l’étude du Latin, à l’Ecole Decroly où j’enseigne actuellement. On me dira qu’un tel cas n’existe pas dans une école nouvelle, puisque les élèves y choisissent leur voie suivant leurs aptitudes : mais dans les sections secondaires, le souci de l’avenir des enfants oblige l’école à se conformer aux programmes officiels, d’où un perpétuel conflit. Placé au sein d’un groupe de quinze élèves au maximum, soucieux de les laisser réagir librement et de prendre en considération les mouvements de leur esprit et de leur cœur, le professeur decrolyen touche du doigt chaque inconvénient d’une orientation arbitraire et souhaite plus que tout autre d’y porter remède.
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- 1. Il serait préférable, à mon avis, de retarder les débuts du Latin jusqu’à la cinquième (ou même la quatrième) (1). Comme j’aurai l'occasion de le dire plus loin, le Latin suppose une intelligence déjà évoluée, le goût du travail, une certaine maturité. Les débutants plus âgés rattraperaient aisément l’année retranchée et pourraient, en revanche, avoir définitivement affermi leur connaissance du Français.
- 2. Ne pas confondre linguistique et littérature : l’enfant peut goûter les œuvres littéraires françaises, composer avec aisance et originalité et être voué à un échec en Latin. La réciproque est vraie.
- 3. Si l’enfant ne travaille pas assez vite et facilement, s’il n’a pas une bonne santé, et que d’autre part on lui voie des facultés pour le calcul et les sciences, renoncer au Latin sans hésitation : cette matière n’est pas susceptible d’être étudiée en « amateur ».
- Ceci posé :
- 1. L’enfant qui veut bénéficier de la formation classique doit être suffisamment intelligent. (Je n’ose insister, bien que je sois mère moi-même, sur la difficulté de discuter ce point avec les parents). L’utilité principale du Latin est d’être une gymnastique de l’esprit, or c’est une gymnastique difficile. On n’impose pas un sport violent à un être faible ; on l’améliore par d'autres moyens, sous peine de l’épuiser ou de le rebuter.
- 2. On doit établir très exactement comment l’enfant emploie sa langue maternelle au moment de l’orientation secondaire, savoir comment il l’a apprise, s’enquérir auprès des parents et des maîtres des difficultés qu’il a rencontrées dans cette étude. Si l'élève, à la fin des classes primaires, est très faible en Français (synthèse, propriété des termes) l’étude <du Latin ne fera qu’accentuer cette nullité ou cette faiblesse. Il est courant de dire que l’étude des langues classiques a pour but
- (1) On objectera qu’on commence le Grec en 4e, mais l’étude du Grec n’est-elle pas superflue dans un enseignement secondaire déjà trop chargé ?
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- d’approfondir nos'connaissances en Français. C’est vrai — si ces connaissances existent — s’il ne s’agit plus que de lès élargir, de les affirmer. Sinon le Latin ne servira qu’à tout gâter.
- Même si l’élève a surmonté les principales difficultés du Français il sera bon d’examiner son « curriculum vitæ » dans cette branche pour prévenir des retards ou insister sur certains points faibles.
- 3. Des qualités morales sont nécessaires : goût de l’effort, de la difficulté, sérieux, j’ose dire même toute l’austérité que peut nourrir l’âme d’un enfant, et cela même si l’on emploie au début des méthodes concrètes et si l’on égaye les cours par des jeux. On ne doit pas trop laisser d’illusions à l’enfant : l’étude du Latin est ardue. Certaines parties en sont ennuyeuses, quelque soin que prennent les maîtres pour dorer ces pilules.
- 4. Pour surmonter joyeusement ces obstacles, l’enfant devra ressentir pour le Latin un intérêt plus vif encore que pour ses autres travaux. Or qu’y trouvera-t-il lorsqu’il devra l’aimer « pour lui-même » et non pour le plaisir de participer à des jeux ou de goûter l’attrait de la nouveauté ?
- Essayons de nous dégager de l’opinion reçue depuis des siècles : Avouons-le, le fond de la littérature latine est pauvre. Les Romains furent grands par leurs ponts, leurs aqueducs, leur organisation, non par leurs idées. Celles-ci notaient ni originales, ni profondes, ni nobles, à moins qu’on y cherche une école d’héroïsme civique et militaire. Par-contre, et c’est assez piquant, les Romains ont forgé une langue superbe pour exprimer des médiocrités ou des idées qui ne leur appartenaient pas. Il faut donc que le jeune latiniste ait manifesté du goût pour l’étude de « l’expression » : structure des phrases, nuances de sens, vie des mots. Il est facile de reconnaître l’existence de ce goût au cours de lectures expliquées et d’exercices de vocabulaire, où l’on peut, sans pédantisme, révéler à des élèves de septième qu’un mot naît, vit, procrée, meurt, que les langues en font autant, etc... Un très grand nombre d’enfants aiment cette étude, et d’après leurs réactions, on peut estimer l’intérêt que provoquera chez eux l’une des fonnes les plus parfaites qu’un peuple ait jamais créées pour s’exprimer.
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- 5. La compréhension du Latin est affairé de connaissances, de pratique et surtout de jugement. Une fois les mots, les désinences, les constructions identifiés, il reste au traducteur une très grande part d’initiative pour établir le sens exact. On ne saurait même nier ici le rôle de l’intuition. Or même pourvus de connaissances solides, cinq élèves sur dix écrivent des non-sens.
- L’enfant qui vers douze ans (1) accepte un non-sens formulé dans la langue maternelle ne sera jamais un bon latiniste. Il faut l’éliminer en mesurant son degré de surprise, de malaise devant une phrase française incohérente, en pratiquant plusieurs fois avec lui, l’exercice qui consiste à compléter des phrases où manquent des termes essentiels ou secondaires.
- 0. De même, il est utile de mettre à l’épreuve cette faculté : la conception lucide des ordres chronologique et logique, chers aux Latins. Faire raconter une histoire, développer un raisonnement simple, mais avec cause et effet.
- 7. Enfin l’élève devra se tirer honorablement des exercices d’analyse, concevoir les catégories de mots, leurs possibilités et exigences. Pour rendre ce test moins abstrait, on peut en faire un jeu. Exemple : Tu es un verbe. Oue peux-tu avoir? ne pas avoir? Je peux avoir un sujet, un complément, etc. Je ne peux avoir ni qualificatifs ni articles... (2).
- 8. Dernière faculté indispensable : l’attention. Eliminer l’étourdi — j’entends l’étourdi incurable que rien ne peut empêcher de faire vingt-cinq fautes dans sa dictée, de remonter à l’envers un objet démonté. Pour nous borner à l’expression abstraite : s’assurer que l’enfant, lorsqu’il lit atlenlive-menl, lit Lien la fin des mots ; faire chercher très rapidement dans un texte français d’abord, puis étranger, des mots dont le modèle est au tableau — relever les lettres finales de certains mots, ce qui conduit tout droit à l’étude des désinences.
- (1) Chez les enfants plus jeunes, il est très difficile de juger le bon sens par l’expression abstraite. L’enfant possède trop mal sa langue et peut penser des choses sensées qu’il exprime por des phrases inintelligibles.
- (2) Ceci évidemment si l’orientation se fait à la fin de la septième parmi de jeunes enfants.
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- III
- Naturellement ce ne sont là que des suggestions, volontairement vagues parce que la nature des exercices et l’échelle des cotes éliminatoires varie avec la santé des élèves, l’effectif des classes, etc..., ce qui est peut-être injuste en théorie, mais qui, dans des conditions données, ne vise qu’au plus grand bien de l’enfant.
- De plus, on m’objectera que ces tests sont trop simplistes, que l’esprit des enfants évolue, que bien des élèves éliminés auraient pu réussir quand même. J’en tombe d’accord. Tous les enfants peuvent-ils faire du Latin ? Non. Alors, il faut choisir. Or tout choix, tout examen, tout jugement suppose des erreurs. Quels sont les risques à courir?
- 1. En ne procédant pas à une élimination sérieuse. Chez beaucoup : travail saboté, surmenage, dégoût des études, décadence des choses de l’esprit.
- 2. En éliminant. Mettons au maximum 25 % d’éléments intéressants perdus pour la cause de l’Humanisme antique. C’est dommage. Mais on peut bien penser et bien vivre sans avoir étudié les classiques « dans la majesté du texte ». Les mathématiques, certaines formes d’art donnent une formation aussi estimable, créent des hommes aussi dignes de ce nom. Le barbare, c’est celui qui a mal compris, mal assimilé, c’est celui qui se console avec des films et des livres de bas étage parce que la culture qu’on tente de lui faire absorber ne lui procure aucune joie. Or ce barbare-là se rencontre surtout dans les classes de Latin et de Grec, et tout professeur consciencieux doit souhaiter sa disparition.
- NOTES ET DOCUMENTS
- Le Test de Rorschach
- La grande faveur dont jouit actuellement le test de Rorschach n’est pas sans susciter quelque inquiétude chez les psychologues qui en ont une longue pratique. S’ils admettent qu’un précieux avantage peut être retiré de l’utilisation de celle épreuve comme instrument clinique dans un but de psychodiagnostic, ils s’ef-
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- fraient de le voir assimiler dans beaucoup de cas aux méthodes psychométriques et traiter comme un test de type courant.
- C’est dans cet esprit que le professeur Vcrnon a publié dans The british journal of medical psijchology (Vol. XV, 3, 1935, p. 199-217) un travail intitulé : « La signification du test de Rors-chach », où il expose les principales critiques qui peuvent en être faites et le bénéfice qu’on doit attendre de l’emploi judicieux de cette épreuve.
- Différant des tests habituels dans son essence même, elle ne peut donner lieu à un traitement semblable de ses résultats : évaluation objective, traduction en chiffres, etc... Son but est tout autre ; il n’est pas question ici de placer le sujet dans des conditions précises, rigides, dans le dessein de provoquer des réactions d’un ordre déterminé et plus ou moins sujettes à des mesures ; mais il s’agit de favoriser des associations spontanées, issues de vagabondages de son imagination sans contrôle, sans entraves. On n’a pas affaire à une épreuve spécifique de telle ou telle tendance, se limitant à l’examen d’un ou de quelques traits déterminés. C’est toute la vie mentale que cherche à atteindre Rorschach dans ses aspects affectif et intellectuel.
- Aussi, rien d’étonnant à ce qu’une utilisation facile et objective de ses résultats soit impossible. Révélatrices de mécanismes infiniment complexes, les réponses obtenues n’ont pas une signification simple, aucune d’elles n’a une valeur propre et il ne peut être question d’établir un barème complet permettant une interprétation relativement objective.
- La signification de chaque réponse est liée à l’ensemble, aussi dans ce travail de correction, le jugement de l’opérateur intervient à tous les instants. Ce caractère de subjectivité dans l’interprétation des résultats, qui en fait dépendre l’exactitude de la valeur de l’examinateur est un point faible de la méthode. Il l’apparente d’ailleurs à la psychanalyse et à la graphologie pour lesquelles Rorschach manifestait un très vif intérêt et qui ne sont pas sans avoir joué un rôle dans l’élaboration de cette épreuve des « taches d’encre ».
- Comme pour ces méthodes d’investigation, les résultats bruts — soit ici, les réponses du sujet — gagnent à être examinés à la lumière de toutes les manifestations qui les ont accompagnés : mouvements, attitudes, modulations vocales, modifications dans l’expression faciale, etc..., également révélatrice des mouvements de vie intérieure, au même degré que la forme de l’écriture, le caractère des jeux, etc... La quantité des réponses est peu importante — à l’inverse de ce qui se passe pour la majorité des tests — les indices de tonalité émotive, au contraire, interviennent dans
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- une large mesure pour la qualification des réponses. Aussi, la tâche de l’opérateur est délicate, dans cette notation des variations de l’attitude du sujet pendant l’épreuve, ses hésitations, ses reculs dans un souci de critique, les fluctuations dans l’abondance de ses réponses, etc., qui seront pris en considération dans l’interprétation finale. Celle-ci gagnera évidemment à être faite par lui et le plus tôt possible après le travail du sujet.
- Ces exigences ont pour effet de réduire la fidélité de cette épreuve. Aux facteurs de variabilité inévitables, tels que la disposition affective et intellectuelle du moment, l’influence des relations personnelles entre sujet et opérateur, qui se rencontrent pour tous les tests — et qui présentent ici une action extrêmement importante étant donné le rôle joué par l’attitude du sujet dans l’interprétation des résultats — vient s’ajouter la personnalité du correcteur dans le travail final. Cependant M. Vernon pense que ceci n’est pas un inconvénient très grave, car on ne peut attendre, dans aucun cas, une grande stabilité d’une épreuve qui prétend explorer la vie mentale en une heure.
- D’autre part, ce test se révèle inférieur à quelques autres de même type : graphologie, dessin créateur, mosaïque du Dr Cor-venfeld, dont les résultats sont généralement très voisins, en ce qu’il ne peut être aussi facilement répété. Non seulement son caractère d’étrangeté le rend inapplicable à certains sujets, mais l’absence d'une série équivalente enlève le bénéfice d’un réexamen.
- En ce qui concerne la validité de ce test-, déterminée par sa capacité de différenciation objective entre des types extrêmes de personnalité, les opinions divergent. Elle a été fréquemment recherchée dans l’établissement d’une corrélation entre les renseignements qu’il fournit et un critère externe : réponses à un test, par exemple. Les résultats obtenus sont peu favorables aux « taches d’encre », à peu près de l’ordre de ce qu’on trouve pour la graphologie.
- Ceci n’a d’ailleurs rien d’étonnant, car dans ces travaux on a souvent opposé aux. résultats bruts d’un test : épreuve spécifique d’une tendance, une partie du psychogramme de Rorschach — basé sur une interprétation— et qui est loin de rendre un compte exact et complet des réponses du sujet. Une semblable technique est illégitime, car aucune partie du psychogramme ne doit être considéré isolément de l’ensemble, et le test en entier ne vise pas à la mesure d’un trait précis.
- Dans quelques autres études où il était envisagé dans son ensemble et mis en parallèle avec des épreuves tendant à déceler l’ins-tabilité émotive et l’inadaptation sociale, il a donné une concordance moyenne ; celle-ci a été très bonne pour les indications de
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- tendances artistiques, mais la discordance est nette avec les épreuves courantes d’intelligence générale.
- Vernon a obtenu des résultats très intéressants sur cette question de validité, dans un travail qui réunissait les résultats de plusieurs correcteurs inégalement entraînés ; ils se sont montrés suffisamment homogènes. D’autre part, la comparaison du diagnostic porté d’après le test de R. par un opérateur et de celui qu’a obtenu un autre opérateur en procédant à l'examen clinique des mêmes sujets suivant les méthodes habituellement pratiquées dans les hôpitaux, a révélé un bon niveau de concordance. Les indications étant anonymes, trente-six cas sur cinquante ont été identifiés dans les deux séries. Le coefficient de contingence exprimant cet accord atteint 0.833 + 0.0315.
- D’après ces divers renseignements, il semble que le test de R. peut être considéré comme une épreuve riche de possibilités, mais pour laquelle il y a encore beaucoup à faire.
- Tout d’abord, modifier sa terminologie en lui donnant une forme actuelle, ce qui facilitera probablement l’étude de sa validité, en permettant une comparaison plus exacte de ses conclusions générales, dégagées de l’ensemble du test, avec celles de données fournies par des méthodes éprouvées.
- D’autre part, la critique, faite couramment, de la trop grande subjectivité dans l’interprétation des résultats, peut être en partie atténuée par l’introduction de la méthode scientifique dans ce qui paraît relever de l’art de l’intuition. Un contrôle sérieux de la valeur de leur travail dans des expériences nombreuses amènerait les opérateurs à réduire ce facteur de variabilité.
- Ces inconvénients mis à part, il reste le bénéfice d'une méthode extrêmement intéressante susceptible de fournir des renseignements précis sur la nature et l’organisation de la personnalité, sur les types de caractère, les désordres mentaux, sur la relation entre le type de personnalité et les tendances artistiques.
- En ce qui concerne l’O. P., suivant P. E. Vernon, elle peut utilement prendre place dans un examen d’une heure ou une heure et demie. Il paraît suffisant de lui accorder 15 ou 20 minutes durant lesquelles les éléments recueillis seront assez abondants pour qu’un travail rapide — non l’analyse minutieuse prévue par R. — vienne renseigner sur la valeur des dispositions artistiques et sur l’opportunité d’envisager pour le candidat un type de profession stéréotypée ou, au contraire, faisant appel à l’esprit créateur.
- Elle ne doit jamais être substituée aux tests abjectifs, plus précis et souvent supérieurs aux points de vue de la fidélité et de la validité. Mais, ajoutée à ceux-ci, elle organise et donne vie aux
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- renseignements qu’ils ont fournis, les relie aux observations faites par l’examinateur et aux données qu’il a recueillies dans son entrevue avec le sujet. Elle contribue à transformer ces données sèches et disparates en un tout harmonieux et vivant.
- J. M.
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- Peut-on, d’après les quotients intellectuels des adolescents, prévoir leur réussite professionnelle ultérieure ?
- Reprenant certaines questions soulevées par le travail de Thorn-dike relatif au pronostic de la réussite professionnelle (1), W. M. Proctor (2) croit pouvoir y apporter une contribution personnelle.
- Il lui a été donné de retrouver treize ans après l’application de « Army Alpha Intelligence Tests » 945 sur 1.514 personnes examinées.
- Ayant divisé ses sujets en cinq groupes dans l’ordre décroissant de réussite professionnelle (ou du niveau d'importance de la profession exercée) il a constaté un rapport positif entre celle-ci d’une part, les Q. S. et la durée de la scolarité. Aussi son premier groupe est formé des individus ayant eu au moment de quitter l’école le Q. S. moyen de 115 ; le deuxième groupe correspond au Q. S. moyen de 108,1 ; le troisième, à celui de 104 ; le quatrième, de 99,3 et le cinquième de 97,4. Quant à la durée de la scolarité des âges moyens de fin d’études sont respectivement pour chacun des cinq groupes de 17,3 ans ; 14,03 ans ; 12,04, 10,83 et 9,4 ans. Il est à noter que tandis que le O. S. médian des 945 personnes qu’on a réussi à retrouver après 13 ans est de 108, tandis que celui de 569 autres est de 93.
- *
- * *
- La technique du bureau et l’O. P.
- Le premier Congrès de la technique du Bureau s’est tenu à Paris du 23 au 26 mai 1935, sous le patronage de la Direction générale de l’Enseignement technique, et le compte rendu de ses travaux vient de paraître (3).
- (1) E. L. Thorndike : Prédiction of vocational success, N.-York, 1934.
- (2) School and Society, n° 1093, 7 décembre 1935.
- (3) 1 vol. in-8° de 281 pages, chez Delmas, éditeur, 7, rue de Madrid, à Paris (prix : 30 francs).
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- Parmi les communications, toute une série concernait le « secrétaire de direction », emploi à créer, déclarait M. Paul Nicolas, cpii, pour cet emploi, indiquait les aptitudes nécessaires, à son avis, en ces lignes que nous reproduisons, car elles intéressent le conseiller d’O. P. :
- « Pour nous, dit P. Nicolas, le secrétaire de direction devrait réunir à la fois les qualités et connaissances de la très bonne secrétaire et celles du jeune homme cultivé, qui est destiné à occuper plus tard une situation de premier plan.
- « Ce que nous demandons au secrétaire de direction, c’est de pouvoir sténographier vite (que ce soit en sténo ou grâce à une machine sténotypique, peu importe), c’est d’être un dactylographe impeccable, d’avoir une connaissance approfondie de la langue française, de bien connaître les méthodes de classement moderne, d’avoir une écriture lisible, et aussi quantité de notions que nous ne demandons pas à la secrétaire ordinaire, par exemple :
- « Avoir du tact ;
- « Avoir de la mémoire et savoir organiser les fichiers de rappel du dirigeant auquel il est attaché ;
- « Savoir établir l’itinéraire d’un voyage ;
- « Savoir lire un bilan ;
- « Savoir contrôler la publicité (ex. : lignage d’une annonce) ;
- « Avoir des notions de statistique suffisantes pour comprendre, par exemple, les quotas des voyageurs ;
- « Avoir l’habitude de faire des recherches dans les services de documentation et les bibliothèques ;
- « Connaître ce qu’on peut demander à nos services postaux, téléphoniques et télégraphiques ;
- « Savoir se servir d’un duplicateur ;
- « Savoir organiser les différents fichiers nécessaires dans une maison ;
- « Savoir établir un graphique. %
- « Pour me résumer en une phrase, conclut-il, je dirai que le secrétaire de direction devrait avoir des notions claires et précises de chacune des activités dont la direction d’une affaire peut être appelée à s’occuper. Une pensée de Pascal me vient à l’esprit : « Il est bien plus beau de savoir quelque chose de tout que de sa-« voir tout d’une chose ». Ne demandons pas au secrétaire de direction de savoir tout de la comptabilité, du classement ou de la publicité, mais d’avoir « des clartés de tout ». Comme son patron, dont^il doit être le vicaire — au sens latin du mot — il doit avoir une vue générale des choses commerciales, non la compétence étroite d’un spécialiste. » (P. 33-34).
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- D’autre part, M. A. Lomont signalait que « tout le monde ne peut pas être employé de bureau », et il esquissait à son tour le tableau des aptitudes qui lui paraissaient spécialement désirables et que nous reproduisons à son tour :
- « N’importe qui, déclare-t-il, peut taper à la machine, même sténographier ; mais comprendre ce que rend la machine, saisir la pensée qui s’exprime en signes rapides, n’est pas à ïa portée de tous les sujets, et c’est cela qui, en vérité, caractérise le véritable employé de bureau. Les procédés qu’il emploie, les machines qu’il utilise, ne sont que des moyens mis à la disposition de son intelligence, pas autre chose. Celui qui n’a que ces moyens n’est pas à la hauteur de sa tâche. Et c’est parce qu’il y a trop de jeunes gens et de jeunes filles qui croient savoir quelque chose, quand ils sont en possession de ces moyens seulement, qu'il y a tant d’employés médiocres qui, par leur insuffisance, paralysent les entreprises.
- « Intelligents, instruits, observateurs, capables de s’exprimer ou d’écrire correctement et clairement, les bons doivent posséder encore d’autres qualités :
- « de la mémoire, pour fournir instantanément le renseignement désiré ;
- « de l’ordre, pour trouver d’un doigt sûr le document recherché;
- « de la patience, pour poursuivre sans défaillance des tâches ardues et monotones ;
- « un bon caractère, pour supporter des exigences parfois excessives ;
- « et de la bonne humeur, pour écarter le découragement.
- « Tout cela est condition d’un bon état physique, et c’est erreur de croire que l’employé de bureau, s’il est tenu, pour se. bien porter, à une sobriété exemplaire, ne peut être un sportif. S’il n’a pas choisi sa voie en raison de déficiences physiques qui l’ont obligé à s’écarter des métiers qu’il n’aurait pas été capable d’exercer, il doit s’entretenir en bon état de santé par une activité sportive soutenue. Sans cette discipline, il s’exposerait aux maladies professionnelles, telles que l’obésité, qui le rendraient tributaire de caricaturistes qui n’ont déjà que trop tendance à le cribler de leurs traits.
- « L’employé de bureau est un homme complet, bien équilibré, qui, dans la maison où il travaille, joue un rôle obscur et important. Il est la tradition, sans manquer d’être attentif au Progrès. Il est souvent l’enseigne par laquelle le public ou la clientèle juge de la bonne tenue et du sérieux d’un établissement. » (Pages 81-82.)
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- L’Organisation des maisons d’éducation pour les enfants délinquants et l’orientation professionnelle
- Le Ministre de la Justice dans le dernier cabinet de la précédente législature, M. Yvon Delbos, a pris la décision de déposer un important projet de loi dont l’élaboration fut faite suivant les directives de son directeur de cabinet, le professeur II. Laugier, et dont voici les lignes principales, d’après les indications officielles qui ont été données, modifiant entièrement l’esprit si fâcheux des « maisons de correction », suivant l’expression ancienne.
- Introduction d’un personnel d’éducateurs
- Cette réforme comporte d’abord l’introduction d’un personnel important d’éducateurs, instituteurs, professeurs d’enseignement technique, d’enseignement agricole et d’éducation physique dans ces établissements qui deviendront ainsi de véritables ateliers-écoles, donnant aux pupilles à la fois des connaissances générales de base et la connaissance réelle de quelques métiers.
- D’autre part, dans ces écoles, un rôle très important sera réservé à l’éducation physique et aux sports dont la pratique constitue ici non seulement une hygiène générale toujours souhaitable, mais aussi un élément thérapeutique souvent efficace pour bien des perversions et des troubles du caractère. Aussi l’on peut espérer que les pupilles confiés aux écoles d’éducation surveillée en sortiront en meilleur équilibre physique et mental et dotés des connaissances générales et d’un métier indispensable à leur adaptation normale au milieu social où ils seront appelés à vivre.
- Création d’atei.iers d’apprentissage
- D’autre part, des mesures sont déjà prises et en voie d’exécution pour créer des ateliers et l’outillage suffisants pour que l’apprentissage des métiers y soit poursuivi d’une façon aussi complète que possible, sous la direction des maîtres spécialisés de l’enseignement technique qui seront appelés à y professer.
- Examen biologique des enfants en vue de l’orientation
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- Enfin, il est évident que ces jeunes pupilles de l’administration forment une catégorie d’enfants et d’adolescents qui, plus encore
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- que les enfants et adolescents normaux, relèvent d’une orientation professionnelle soigneuse fondée sur un examen aussi complet que possible des sujets. Plus ou moins déficients physiquement ou mentalement, porteurs de maladies souvent héréditaires, atteints de troubles divers, ils doivent être soumis à toutes les épreuves biologiques qui peuvent nous renseigner sur leurs aptitudes et leurs inaptitudes physiques, physiologiques et psychiques.
- Construction d’un camion laboratoire
- Dans l’impossibilité où l’on se trouve de créer un laboratoire d’examens complet dans chaque école, le garde des Sceaux a décidé de faire aménager un camion-laboratoire permettant de réaliser l’essentiel des examens biotypologiques indispensables à l’orientation professionnelle ; camion-laboratoire qui pourra être mis successivement à la disposition des diverses écoles d’éducation surveillée.
- Ce camion-laboratoire est actuellement en construction. Son plan et ses aménagements seront publiés dès que la réalisation sera terminée. Il pourra, d’ailleurs, être mis, à l’occasion, à la disposition d’offices d’orientation professionnelle des départements qui souhaiteraient adopter les méthodes modernes d’examen dans la pratique de l’orientation.
- Le vote du projet de loi par la nouvelle Chambre ne peut faire de doute. Et, dès le mois d’octobre, l’organisation nouvelle sera réalisée à l’établissement de la Motte-Beuvron. Et l’on verra, dans l’administration pénitentiaire, une organisation scientifique d’orientation professionnelle, en attendant que l’éducation nationale suive l’exemple.
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- Une étude sur les facteurs du succès scolaire
- Dans une excellente étude poursuivie à son laboratoire d’An-glcur, MUe Jadoulle a examiné systématiquement les facteurs du succès scolaire, obtenant des renseignements sur le milieu familial, sur l’état de santé des enfants, appliquant des tests d’intelligence, etc... (1).
- Les principales données qui se dégagent de cette étude sont les suivantes :
- Les tests Binet-Simon appliqués à l’entrée de l’école, à six
- (1) Adaptation. Annuaire du Laboratoire de Pédagogie et de Psychologie d’Angleur, vol. III, 1936, in-8” de 105 pages.
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- ans, permettent assez bien de prévoir les enfants qui poursuivront normalement leurs études ou qui subiront des retards, les quotients inférieurs à 0,98 devant donner l’éveil.
- Il n’y a que chez 10 °/0 des enfants ayant un quotient supérieur à 0,98 que peuvent se rencontrer des difficultés en cours d’études (pour des raisons de santé, d’instabilité mentale légère ou d’une forme lacunaire de l’intelligence).
- Le facteur intelligence apparaît comme prépondérant dans le succès scolaire ; en fait une intelligence brillante n’est arrêtée, ni par une indigence culturelle du milieu, ni par une santé délicate, et une déficience marquée ne peut être compensée par un excellent milieu culturel et éducatif. Mais le milieu a déjà agi pour la détermination, avant l’entrée à l’école, du niveau de développement mental, en sorte que 83 °/0 des arriérés appartiennent aux milieux indigents, et 12 °/0 seulement des bien doués.
- Et, en ce qui concerne les intelligences moyennes et médiocres, le milieu peut exercer une influence bienfaisante ou néfaste, et les états de santé précaires sont aussi gravement perturbateurs.
- Dans le cas de l’intelligence médiocre, on note des traits communs, une attention plus réactive que perceptive, une déficience surtout de compréhension et de jugement, avec mémoire et habileté manuelle sensiblement normale.
- Les facteurs de succès scolaire, à ce niveau, sont surtout la puissance d’attention et d’initiative pratique, ainsi que la mémoire ; ce sont là des aptitudes scolaires particulièrement nettes.
- Dans le détail de cette étude, qui comporte une intéressante analyse de plusieurs cas particuliers, nous relevons quelques données numériques : la corrélation des épreuves Binet-Simon avec le classement scolaire (après élaboration convenable) est de 0,68 + 0,035 (et de 0.38 + 0,06 seulement, si on envisage seulement les 154 écoliers se trouvant dans la classe de leur âge) ; des tests, établis d’après le type de la fiche Piéroii de l’I. N. O. P., mais appliquables à des enfants de 8 et 9 ans, en faisant une division des épreuves en deux groupes (mémoire — imagination et intelligence), ont donné, pour le groupe intelligence, une corrélation de 0,92 avec les tests Binet-Simon (et de 0,35 seulement pour le groupe mémoire-imagination), et de 0,75 avec les résultats scolaires (examens pédagogiques de fin d’année). p
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- CHRONIQUE DOCIMOLOGIQUE
- L’Enquête anglaise sur les examens
- La Commission anglaise de l’enquête Carnegie a publié à peu près en même temps que la Commission française le résultat de ses travaux. Voici à ce sujet quelques réflexions d’un des auteurs du volume, publiées dans l’Observer, de Londres :
- L’Observer m’a demandé de donner quelques réflexions sur l’étude consacrée au problème -des examens que le Dr E. C. Rhodes et moi-même venons de publier en un volume.
- Je constaterai tout d’abord que le résultat de nos observations a soulevé, en Grande-Bretagne, un intérêt très vif auquel se mêle un peu -d’étonnement et d’inquiétude. Mais on aurait pu et dû s’alarmer un peu plus tôt. Un professeur d’Oxford, Edgeworth, avait, dès 1888, publié ses observations sur la discordance entre les notes données par différents examinateurs. En me basant sur les travaux d’Edgeworth, ainsi que sur mes propres observations, je proposai en 1911, à la Société royale des Arts, d’instituer une enquête sur le système des examens. Ma proposition fut vigoureusement soutenue par -des milieux influents. Mais rien ne fut fait. En 1931-32, la Fondation Carnegie et l’Institut International de l’Uni-versi'té de Columbia créèrent des comités en Angleterre, en France, en Allemagne et en Suisse, qu’ils chargèrent d’étudier durant trois ans le système des examens dans ces pays. Le comité anglais, présidé par sir Michael Salder, et le comité français eurent la même idée : on compara les notes données aux élèves par deux catégories d’examinateurs. Les résultats furent dans les deux pays à peu près identiques. Le président du Board of Education en parla à la Chambre des Communes le 9 décembre 1932 et déclara qu’il tiendrait compte de nos travaux.
- Notre enquête portait sur les examens d’histoire, de latin, de français, de chimie et d’anglais pour le certificat d’études supérieures ; sur l’arithmétique et l’anglais pour le certificat d’études primaires ; sur l’examen d’anglais pour l’admission aux lycées ; sur les examens de mathématique et d’histoire en première année de l’Université ; enfin, sur l’épreuve proposée aux candidats aux postes de rédacteur du ministère.
- Chaque enquête fut conduite par deux bureaux d’examens indépendants, et l’on put constater que l’élément de hasard est, au cours des examens, très important.
- Un cas attira tout particulièrement notre attention. Les autorités nous donnèrent le résultat des compositions d’histoire, pour le
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- certificat d’études supérieures, de quinze élèves qui avaient reçu exactement la même note moyenne.
- Nous enlevâmes cette note sur les compositions et nous donnâmes celles-ci à quinze autres examinateurs, spécialistes d’examens dans un autre district scolaire. Ces quinze examinateurs donnèrent quarante notes différentes, allant de mal à très bien. Douze mois et dix-neuf mois plus tard, ces manuscrits furent à nouveau soumis — après qu’on eût effacé les notes — à quatorze de ces quinze examinateurs. Il y eut chaque fois des notes différentes. Sur un total de 210 notes données par quatorze examinateurs, 92 notes s’avérèrent modifiées. Dans neuf cas, le candidat descendit d’un coup plusieurs échelons.
- Quelle est dans ces conditions la valeur de l’examen ?
- Lorsqu’il y a plusieurs examinateurs formant un bureau, le hasard joue un moindre rôle. Néanmoins, l’opinion des examinateurs varie même dans ce cas, puisqu’elle dépend après tout des fluctuations individuelles, ainsi que des indications de l’un ou des deux examinateurs principaux.
- Les résultats obtenus en France ne furent guère plus encourageants.
- Il convient d’ajouter qu’il ne s’agit point d’incriminer des hommes, mais uniquement des méthodes, et qu’aucun nouveau système ne saurait être recommandé « à priori », sans avoir été expérimenté, comme cela se fait pour les méthodes thérapeutiques.
- Sir Philip Hartog.
- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE A L’ÉTRANGER
- Les Aptitudes exigées par les diverses carrières individuelles
- d’après Vicente MOLINA (traduit de l’Espagnol) (fm)
- IV. — Les Carrières d’ingénieurs
- Ingénieurs des Ponts et Chaussées.
- Aptitudes organiques. — Grande résistance musculaire et nerveuse, voies respiratoires en excellent état, bonne circulation.
- Aptitudes psychologiques. — Grande volonté, très grande constance dans le travail, aptitude aux mathématiques, excellente mémoire, sens artistique, intelligence générale supérieure.
- Aptitudes morales, a- Sens de la justice.
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- Ingénieurs géographes.
- Aptitudes organiques. — Bonne santé, force de l’appareil respiratoire.
- Aptitudes psychologiques. — Dons de psychologues, force de caractère, esprit de décision, bonne humeur, aptitudes mathématiques.
- Aptitudes morales. — Celles d’un bon administrateur.
- Ingénieurs industriels.
- Aptitudes organiques. — Bonne santé.
- Aptitudes psychologiques. — Goût et aptitudes pour les sciences mathématiques et expérimentales, sens pratique, bonne observation, assimilation facile des idées et de leurs applications.
- Aptitudes morales. — Autorité, constance, activité, ordre, méthode, 1 droiture et esprit de justice.
- Ingénieurs des Mines.
- Aptitudes organiques. — Absence d’infirmité chronique et héréditaire, agilité, bonne vue, ouïe excellente, très bonne santé.
- Aptitudes psychologiques. — Aptitudes scientifiques, aptitudes en dessin.
- Aptitudes morales. — Sérénité, sens de la justice, jugement droit, vision rapide des situations dangereuses, résolution, constance, esprit de sacrifice.
- Ingénieurs de Télécommunication.
- Aptitudes organiques. — Grande acuité auditive, bonnes réactions psycho-motrices, habileté manuelle.
- Aptitudes psychologiques. — Bonne mémoire, sens artistique.
- Aptitudes morales. — Respect rigoureux du secret professionnel.
- Ingénieurs agronomes.
- Aptitudes organiques. — Bonne santé, forte constitution, adaptation aux divers climats.
- Aptitudes psychologiques. •— Esprit d’observation, patience, constance, bonne psychologie, faculté d’adaptation.
- Aptitudes morales. — Grand désintéressement.
- V. — Les Carrières commerciales
- Commerçants.
- Aptitudes organiques. — Leur variété varie avec la variété des carrières possibles. Tempérament préférable : sanguin.
- Aptitudes psychologiques. — Bonne psychologie, patience, don de persuasion, aspect agréable.
- Aptitudes morales. — Probité, honorabilité, amour du travail, énergie.
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- Agents de change et Boursiers.
- Aptitudes organiques. — Système nerveux excellent, grande résistance au travail, pas d’émotivité.
- Aptitudes psychologiques. — Vision claire et rapide des réalités, grande maîtrise de soi, caractère égal et imperturbable d’apparence.
- Aptitudes morales. — Audace, sérénité, prudence, sens des responsabilités.
- Banquiers.
- Aptitudes organiques. — Grande résistance au travail, tempérament complexe à prédominance flegmatique.
- Aptitudes_ psychologiques. — Vision exacte des réalités, beaucoup de sens commun, audace prudente, imagination constructive, émotivité modérée, caractère calculateur, dons d’administrateur, sociabilité, capacité de calculer mentalement, aptitudes à l’apprentissage des langues vivantes.
- Aptitudes morales. — Grande droiture morale, amour du travail.
- VI: — Les Carrières militaires
- Aviateurs.
- Aptitudes organiques. — Grande acuité visuelle et parfaite vision binoculaire, appareil respiratoire excellent, ouïe fine, sens de l’équilibre, très bon système nerveux, parfait état cardiaque, résistance spéciale des artères aux variations de pression barométrique, forte musculature de l’abdomen.
- Aptitudes psychologiques. — Sérénité d’esprit, caractère équilibré, émotivité bien contrôlée, réactions normales aux divers stimuli.
- Aptitudes morales. — De la prudence dans l’audace, sens des responsabilités, haute discipline.
- Officiers d’Artillerie.
- Aptitudes organiques. — Robustesse, intégrité complète de tous les sens, bonne vue, grande étendue du champ visuel, tempérament non émotif.
- Aptitudes psychologiques. — Bonne mémoire, aptitudes aux mathématiques, maîtrise de soi.
- Aptitudes morales. — Sens des responsabilités, aptitude au commandement.
- Officiers de Cavalerie.
- Aptitudes organiques. — Forcé, robustesse, sens de l’équilibre, bonne vue, bonne musculature, tempérament nerveux.
- Aptitudes psychologiques. — Sérénité, énergie, confiance en soi, puissance de suggestion, fermeté de caractère, hardiesse, courage, sang-froid, bonne mémoire des distances.
- Aptitudes morales. — Honnêteté, supériorité morale, sens de l’honneur et de la justice, esprit de sacrifice, désintéressement, abnégation.
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- Officiers d’Infanterie.
- Aptitudes organiques. — Bon équilibre anatomo-physiologique, force des systèmes osseux et musculaire.
- Aptitudes psychologiques. — Bonne harmonie de toutes les facultés mentales.
- Aptitudes morales. — Les mêmes que pour les autres officiers.
- Officiers du Génie.
- Aptitudes organiques. — Bonne résistance physiologique à la fatigue.
- Aptitudes psychologiques. — Intelligence claire, aptitudes au commandement, esprit de décision, aptitude aux études mécaniques.
- Aptitudes morales. — Esprit d’abnégation, les aptitudes du militaire doivent se doubler de celles de l’ingénieur.
- VII. — Les Carrières diverses
- Agents des Douanes.
- Aptitudes organiques. — Bonne santé, intégrité des organes sensoriels.
- Aptitudes psychologiques. — Bonne mémoire, bonne culture générale, caractère égal.
- Aptitudes morales. — Sens des responsabilités et du devoir, fidélité, résistance à la subordination.
- Professeurs.
- Aptitudes organiques. — Voix claire, bien timbrée, suffisamment forte, bonne hygiène physique. Tempérament de préférence san-guino-nerveux.
- Aptitudes psychologiques. — Intelligence, . volonté, persévérance.
- Aptitudes morales. — Amour de l’étude et de la vérité, grande compréhension des élèves et de leurs intérêts.
- Instituteurs.
- Aptitudes organiques. — Bonne santé, pas de défaut physique prêtant au ridicule, aspect agréable et attirant la sympathie, bonne constitution physique. Tempérament bien équilibré. Intégrité des organes sensoriels et particulièrement de la vue et de l’ouïe.
- Aptitudes psychologiques. — Egalité du caractère, bonne maîtrise de soi, grande culture psychologique.
- Aptitudes morales. — Vocation du métier, amour des enfants, haute moralité.
- Religieux.
- Aptitudes organiques. — 'tempérament particulièrement fort, sans propension à la neurasthénie, pour les ordres pénitents. Les ordres actifs admettent les débiles et les malades.
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- Aptitudes psychologiques. — Aptitudes diverses permettant diverses spécialisations, franchise, docilité, adaptibilité à la vie en commun.
- Aptitudes morales. — Energie persévérante, générosité, abnégation, vocation religieuse.
- Prêtres.
- Aptitudes organiques. — N’être ni aveugle, ni neurasthénique, ni atteint de certaines infirmités.
- Aptitudes psychologiques. — Intelligence, jugement, bon sens, sociabilité, aptitude à parler en public.
- Aptitudes morales. — Bonté, désintéressement, grande énèrgie morale, humilité, vocation sacerdotale.
- A travers les Revues
- Une courte notice dans le n° 38 (1er trimestre 1936) du Bulletin du Bureau International d'Education, signale la création en Pologne d’un nouveau type d’école secondaire : gymnase (ou lycée) professionnel. ---------
- Dans le n° 29 (28 mars dernier) du Manuel général de l'Instruction Primaire, en faisant allusion à la semaine professionnelle organisée par l’I. N. O. P. à l’intention des directeurs et directrices des Ecoles Normales, J. Jugnat, formule quelques observations à propos de l’O. P. et des Ecoles Normales.
- Le n° 4-5-6, (février, mars, avril 1936) de Boletin de las Oficinas de Orientacion profesional est consacré à la psychotechnique appliquée aux entreprises de transport. A signaler un article de E. Mira sur la sélection des conducteurs de véhicules, un autre, de C. A. Figuerido, sur la prévision des accidents dans les chemins de fer, celui de A. Azoy Castane sur les examens psycho-physiques des aviateurs. ________
- Les deux derniers fascicules de Berufsberatung und Berufsbil-bildung (N° 2-3 de février-mars, et n° 4 d’avril) sont consacrés aux questions de l’orientation vers les carrières libérales. Entre autres un compte rendu de l’activité de l’Office de Bâle par M. Henne-berger, une statistique relative aux études supérieures féminines en' Suisse pendant les années 1930-1935 par M. Bader et un article de R. Meili sur l’Orientation vers les études supérieures que l’auteur préconise d’amorcer dès le début des études secondaires.
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- Le n° 2 du tome 18 (avril 1936) de The Educaüonal Record, contient des données statistiques sur l’application de tests scolaires aux Etats-Unis dans le courant de l’année 1935. (« The American Council on Education Psychological Examination, 12 th. édition).
- On y trouvera des valeurs centrales, des indices de variabilité, des centiles, etc., pour un grand nombre d’épreuves psychologiques. L’article est signé de L. L. et T. G. Tiiurstone.
- La Revue de VOrientation Intellectuelle publie dans son n° 3 (mars-avril 1936) une étude de la profession de chirurgien-dentiste.
- On trouvera dans le n° 11 (avril dernier) du Bulletin des Offices d'O. P., une liste complète des prochains examens et concours (province, Seine). ---------
- E. Gatti, publie dans le n° 3 (mars 1936) de L'Organizzazione Scientifica del Lavoro, un article sur l’O. P. dans les Ecoles techniques secondaires. _______
- Le n° 194 de Y Orientation professionnelle (mars 1936) est consacré aux carrières de la beauté (coiffure, massage, manucure, etc.).
- Dans le n° 3 (mars 1936) de Difesa Sociale, Mme Diez Gasca parle de l’orientation professionnelle de déficients mentaux en Italie.
- La Revue du personnel de la C. P. D. E. (Compagnie parisienne de distribution d’électricité) donne dans son n° 3 (mars 1936) quelques renseignements sur les cours techniques et professionnels suivis par le personnel de la C. P. D. E.
- On trouvera dans le n° 6 (févr. 1936) de School Life quelques données statistiques intéressantes sur l’enseignement professionnel aux Etats-Unis de 1918 à 1935.
- La Gazette des Métiers commente dans son n° 12 (20 mars dernier), la nouvelle loi sur l’apprentissage artisanal.
- Le rapport entre les notes scolaires et les tests d’intelligence fait l'objet d’un court article signé E. A. Rundquist dans le n° 1105 (29 février 1936) de School and Societip
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- Dans New Era, d’avril 1936 (p. 110'), 'de Lucien Wellens, directeur du Centre d’observation des écoliers de la ville de Liège, un article sur « Scliool, Doctor and Psychologist in vocational guidance ». ---------
- Dans le Journal de Médecine de Bordeaux (29 février 1936, p. 143) le Dr Ginestous a publié un « exemple de rééducation professionnelle : un aveugle sténotypiste ».
- Le Dr Blechmann examine le problème de l’orientation scolaire et professionnelle dans le Concours médical (15 mars 1936, p. 78).
- INFORMATIONS
- Nous avons eu le regret d’apprendre ï.a mort de M. Cellérier, le directeur du Laboratoire d’essais du Conservatoire des arts et métiers, qui venait d’être admis à la retraite.
- La 7e Exposition dapprentissage (40 semaine d’orientation), organisée par l’Office d’O. P. et le Comité de patronage des apprentis du XIVe arrondissement, a eu lieu du 12 ou 19 mai sous la présidence de M. Luc, assisté de M. Fontègne.
- Une série de causeries furent faites par MM. Luc, Fontègne, Larcher, Bachelet, Prat, Couturier, Danel, J.Lomont, Bau-MANN, Mraes POUILLOT, ClIEVAIS et CoULAND-MlNIER.
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- M. G. Contenot vient d’établir un nouveau rapport, en date du 15 mars 1934, pour appuyer une proposition tendant ù l’organisation pratique à Paris de l’orientation professionnelle, et invitant l’Administration à soumettre rapidement au Conseil municipal un projet.
- Nous donnons ci-dessous le résumé et la conclusion de ce rapport.
- « Pour assurer la réalisation de l’organisation envisagée, nous pensons qu’il est nécessaire :
- « De créer des emplois permanents :
- « Assistantes sociales (une par école ou, au moins, par groupe scolaire);
- « Conseillers d’orientation professionnelle qualifiés (un par arrondissement).
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- « De transformer certains etablissements scolaires :
- « Classes de pré,apprentissage transformées en classes d’orientation professionnelle, destinées à recevoir, avec les indécis, tous ceux qui sont lents à se former et ne peuvent suivre la masse des autres à la cadence normale, qui piétinent inutilement dans les classes inférieures jusqu’à la fin de la scolarité ;
- « Cours complémentaires. organisés, suivant les dernières instructions de la Direction générale de l’Enseignement technique, en vue d’une orientation prolongée par l’expérimentation des métiers, d’abord, et d’un commencement de formation professionnelle ensuite, à raison d’un pour les garçons et d’un pour les filles, par arrondissement ;
- « D’utiliser les centres d’orientation des déficients ou anormaux qui fonctionnent déjà auprès de la Faculté de médecine, de l’Institut national d’orientation professionnelle et de créer, si besoin est, les classes d’adaptation et de récupération nécessaires.
- « Pour un certain nombre de sujets, de même que. pour déterminer les aptitudes spéciales à des métiers déterminés, de recourir aux laboratoires qui existent déjà à la Sorbonne, au Conservatoire national des arts et métiers ;
- « Enfin, pour la formation et le perfectionnement des maîtres, médecins, préposés au placement et conseillers d’orientation professionnelle, aux enseignements de l’Institut national d’orientation professionnelle.
- « En conclusion, nous nous retournons vers l’Administration et nous lui demandons :
- « D’étudier d’urgence dans quelle mesure et dans quelle forme le personnel enseignant pourrait être amené à prêter son concours à l’œuvre éminemment sociale de l’orientation professionnelle, comment les locaux et les institutions existantes pourraient être utilisés aux fins d’orientation professionnelle, dans le sens des observations présentées dans cette proposition ;
- « De chiffrer les dépenses qui en résulteraient. »
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- * *
- Par arrêté royal du 20 février 1936, a été établi en Belgique, au Musée scolaire de l’Etat, un Centre d’orientation professionnelle dont le service sera assuré par un conseiller d’O. P., Lobet.
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- A la date du 1er juillet prochain, une école, destinée à des enfants retardés dans leur formation intellectuelle, sera ouverte à Rouceux (Vosges) par les soins du préfet des Vosges.
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- Des ateliers seront mis à la disposition de ces élèves pour leur orientation professionnelle et l’administration veillera tout particulièrement à leur faire apprendre un métier.
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- La Société de prophylaxie criminelle, réunie en assemblée générale le 26 mars 1936, sous la présidence du ministre Yvon Delbos, après un rapport du secrétaire général, le Dr Toulouse, et un exposé du Dr Heuyer, a adopté à l’unanimité, le vœu « que soient créées, dans des conditions qui restent à déterminer, des maisons d’observations destinées à recueillir, à observer et à orienter les enfants délinquants, vagabonds, en état d’abandon ou de danger moral, avant qu’une décision intervienne à leur égard par les tribunaux ».
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- Le Centre belge d'études ei'gologiques, qui constitue un secteur de l’Institut des Hautes Etudes de Belgique, et que dirigent, depuis la mort de R. Sollier, José Drabs et Aug. Ley, a commencé la publication d’une revue trimestrielle, Le Travail rationnel (avec M. G. Maes comme administrateur, M. W. Tordeur et Mlle Germaine Samuel comme secrétaires de rédaction).
- Le premier numéro a paru en mars 1936, comprenant un éditorial, une série d’intéressantes études (de Drabs, Govaerts, Dar-denne, Maeu, Fabry, de G. Audot, W. Tordeur et Albertine Stenuits), des notes, des comptes rendus de livres et de revues.
- Nos meilleurs souhaits à notre confrère belge.
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- Nous tirons du décret-loi du 20 juin 1935, réorganisant en Italie le Conseil supérieur de l'Education nationale, et communiqué par le Bureau international d’éducation, à Genève, le paragraphe suivant de l’article 2 relatif à la composition du Conseil :
- « En ce qui concerne les questions se rattachant à l’enseigne-secondaire et à Vorientation professionnelle, l’inspecteur général préposé aux services en question participe aux réunions avec voix consultative. »
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- Une sélection de cadres dans une organisation politique. — Sous la direction de M. Ley, les futurs chefs du parti national socialiste allemand vont recevoir une éducation spéciale de trois années, après un choix préalable complété en cours d’études par des
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- épreuves de sélection, qui paraissent constituer des têts de caractère.
- Les candidats, dont l’âge moyen sera de 25 à 30 ans, seront recrutés dans toute l’Allemagne, sans égard pour leur origine sociale ou leur degré d’instruction. 11 n’y aura pas d’examen préalable ; il ne sera même pas exigé de curriculum vitæ. On ne tiendra compte que de trois choses : Ou’est-ce que le candidat a fait pour le parti ? A-t-il une bonne santé ? A-t-il une bonne hérédité ?
- Parmi les principales épreuves que les futurs chefs devront surmonter au cours de leur période d’instruction, figureront le plongeon d’une hauteur de dix mètres (môme sans savoir nager), le saut d’un avion en parachute ; ils seront également conduits dans la haute montagne où ils devront franchir les passages les plus vertigineux.
- Il ne s’agit pas là de tests de tout repos.
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- Le mercredi 20 mai 1936, à l’amphithéâtre Richelieu, la Fédération des Associations de parents d’élèves des lycées et collèges a organisé une séance préliminaire au Congrès national. Sur la documentation et l’orientation professionnelle, sous la présidence du i)r Monsaingeon, avec une série de cinq conférences :
- M. L archer ; L'Inquiétude et la Famille.
- Dr G. Heuyer : Le Médecin et fO. P.
- Leone Bourdel : L’Orientation professionnelle scientifique dans ïEnseignement secondaire et dans VEnseignement supérieur.
- André Berge : Les monographies professionnelles.
- A. Rosier : Un centre de documentation professionnelle : le B. U. S.
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- M. V. Drareau (Drabovitch), dans Y Intransigeant a lancé un appel à tous les offices d’O. P. de France, afin qu’ils lui fassent connaître directement les résultats de leur activité pour que ces résultats soient publiés. Il dit textuellement (numéro du 28 mars, troisième édition) :
- « On se rappelle que cet office a entrepris, en septembre 1932, une enquête portant sur le sort de trois cents jeunes gens apprentis orientés par lui en 1928, et sur les trois cents jeunes gens non orientés qui se sont placés en même temps que les premiers. Les résultats obtenus étaient fort éloquents : sur trois cents non orientés, deux cent-un ont changé une ou plusieurs fois de profession ; sur trois cents orientés, vingt-six ; sont restés dans la 'profession
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- choisie : quatre-vingt dix-neuf de non orientés et deux cent soixante-quatorze d’orientés ; ont été remerciés par les employeurs à l’expiration du contrat d’apprentissage : deux cent treize de non orientés et dix-neuf seulement d’orientés.
- « Ce qui est fâcheux c’est que de pareilles enquêtes soient trop rares ou trop peu connues. C’est pourquoi nous adressons un appel pressant à tous les offices d’O. P. de France de nous communiquer les résultats de leur activité. C’est avec plaisir que nous les publierons ici, car quelques données de fait, données concrètes, ont cent fois plus de valeur que les meilleurs arguments théoriques.
- « Nous attendons avec impatience les réponses à notre appel. »
- Nous engageons vivement les directeurs des Offices d’O. P. à profiter de cette publicité gratuite en faveur, et de leur Office, et du développement de l’O. P. en France. ^ B
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- Le Congrès international 'de l’Enseignement technique, à Rome, se tiendra du 28 au 30 décembre 1936.
- La Vie de l’Institut National d’Orientation professionnelle
- Echo de la Semaine des Ecoles normales
- Nous reproduisons ci-dessous la chronique publiée par Mlle Paul, directrice de l’Ecole Normale des Basses-Alpes, dans l'Information Universitaire du 9 mai, au sujet de la Semaine organisée par l’Institut pendant les jours gras derniers :
- - Une semaine d’études consacrée à l’orientation professionnelle a été organisée à Paris par l’enseignement technique pour renseigner les directeurs cl directrices d’école normale sur les méthodes et les procédés d’une étude globale de l’enfant qui servira de base au choix de sa profession.
- Des spécialistes de l’enseignement technique, MM. Piéron, Fon-tègne, Laugier, Mlle Veill, des médecins-psychiatres, les docteurs Wallon et Boncour, nous ont montré avec compétence et talent, comment, du dehors au dedans, on peut connaître et pénétrer ce complexe mystérieux qu’est un être humain. De précises mesures d’anthropométrie donnent la morphologie de son corps, des appareils indiquent ses formules respiratoire, circulatoire, musculaire, la valeur de ses réflexes. Un examen médical approfondi, complété
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- par des analyses, révèle les déficiences, les tares, la valeur physiologique du sujet. Les rapports de ces mesures a-vec les types normaux permettent d’établir des « indices » et des « profils » qui classent et font la synthèse de ces données. Cette étude physiologique' emploie des méthodes sûres, déjà éprouvées, sans cesse en progrès.
- Nous pénétrons ensuite dans le monde plus obscur de la vie mentale qui est explorée par les différentes méthodes des « tests » entre autres celle d’A. Binet que des compléments étrangers ont modifiée et enrichie. L’étude des travaux scolaires, l’observation de l’activité spontanée de l’enfant nous feront connaître objectivement les caractères, aussi nombreux que |es individus, qu’on essaiera de faire rentrer dans les nombreuses classifications que les médecins ou les psychologues proposent. Les rapports entre ces résultats analytiques et fragmentaires seront groupés dans des indices de corrélation.
- Un labeur considérable, autant que probe, nous a été révélé, car les spécialistes de ces recherches ont fait eux-mêmes sur leurs travaux les réserves qui s’imposent : la difficulté de saisir la vie profonde, celle de l’inconscient, d’où sortiront peut-être des actes, des réactions inattendues qui obligeront à réviser complètement toutes les observations. Ces études ne sont justes que sans cesse renouvelées et corrigées, car la vie de l’enfant est une évolution et une création incessantes, elle ne se laisse pas saisir dans la rigueur mathématique des indices et des formules. C’est alors que la collaboration des éducateurs intervient : la sympathie compréhensive, le tact, l’intuition diront, peut-être, le dernier mot dans cette pénétration des êtres.
- C’est plutôt en psychologues que nous nous associerons à cette œuvre sociale d’une évidente utilité, puisque son but est de mettre « the right man in the right place ». Cette semaine d’études, les documents qu’elle nous a fournis, donneront à notre enseignement un caractère plus objectif, plus scientifique. Nous dirons à nos élèves comment ils peuvent contribuer à cette pré-orientation professionnelle à laquelle se limite l’œuvre de l’école primaire, car l’instruction et l’éducation générales qu’elle donne doivent, pour tous les enfants, précéder le choix d’une profession.
- S. Paul.
- La Vie de l’Association des Anciens Élèves de LL N. 0. P.
- C. D. du 14 février 1936. — Présents : Mlles Benoit-Lévi, Bis-eay, Mamelle, M. Beaume.
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- Affaire Coursaget. — Après étude, le Conseil estime qu’il ne peut intervenir dans le conflit qui oppose M. Coursaget et la municipalité de Puteaux. Cela est hors de son champ d’action.
- Assemblée générale, fixée d’abord au 27 mars à 21 h. 30, au Grand-Palais, à l’issue de la conférence prévue, a été remise au 3 avril. Conseillers sortants : Mlle Mamelle, Mme Favre, M. Vial.
- Présents : Mll0S Biscay, Mamelle ; Mmes Fischold, Mourruau, Pa-kchwer ; MM. Baille, Gravitz, Montifroy, Vial, Bcaurne.
- Excusés : Mmes et MM. Benoit-Lévi, Besson, Favre, Fié, Joyet-Lavergne, Lanclren, Mazé, Ménessier, Metge, Monnin, Mounier, Babaud, de Tur.
- Le rapport financier fait par la trésorière,Mlle Mamelle,est adopté à l’unanimité et des applaudissements la remercient de son effort. Il n’en reste pas moins que la situation n’est pas trop brillante et des subventions seraient les bienvenues. C’est pourquoi nous déclarerons prochainement la société.
- Rapport moral. — Beaumc, secrétaire, fait un résumé de l’activité de l’Association depuis l'A. G. de 1935, ce que connaissent celles et ceux qui suivent nos travaux. Il rappelle qu’en 1929, lors de la fondation de notre groupement, chacun avait foi dans les destinées de F O. P. et des illusions quant à sa réalisation proche. Aujourd’hui, si la foi demeure encore chez certains, il n’en est plus guère pour se faire des illusions. Certes nous sommes déçus, et cela explique que nous ne vivions plus intensivement et que des anciens élèves dédaignent de venir à nous.
- Pourtant, dans la mesure de nos possibilités, nous nous efforçons de travailler utilement. Cette année, Mlle Biscay a eu l’excellente idée d’organiser une série de conférences qui attirent un auditoire imposant, et l’année prochaine nous essaierons de trouver une forme d’activité susceptible d’intéresser tous nos adhérents. Nous accueillerons d’ailleurs avec profit toutes les suggestions qui seront apportées.
- Ce rapport est adopté à l’unanimité.
- Banquet. — Le banquet est un moyen efficace pour se rencontrer ut se connaître, et de nombreux sociétaires ont écrit pour demander qu’il en soit organisé un prochainement. Cela sera fait.
- Elections. — Les trois conseillers sortants : Mme Favre, MUe Mamelle et M. Vial, sont réélus. Mlle Bosebery entrera au Conseil dans le cas d’une vacance en cours d’année.
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- C. D. du 24 avril. — Formation du bureau : Présents : Mlles Be-noit-Lévi, Biseay, Mamelle, MM. Fée, Metge, Réveillé, Beaume.
- Excusée : Mme Favre.
- Le bureau sortant est réélu :
- Présidente : Mlle Biseay, 10, rue Charles Divry, Paris, 14e.
- Trésorière : MUe Mamelle, 153, boulevard Brune, Paris, 14e.
- Secrétaire : M. Beaume, 67, rue du Ranelagh, Paris, 16e.
- Au nom du bureau, Mlle Biseay remercie les membres du Conseil directeur de leur confiance, et la préparation du banquet occupe la fin de la séance.
- Allocution de la présidente
- MUe Biseay remercie vivement les membres de l’Association qui ont bien voulu accorder à nouveau leur confiance à leurs représentants au Comité-directeur. Nous nous efforcerons de conserver cette confiance en nous employant à défendre et à protéger les intérêts de tous. Notre tâche est dure et les difficultés économiques actuelles la compliquent encore, aussi recherchons-nous, au cours de nos réunions amicales mensuelles, de fournir quelques renseignements d’ordre technique, professionnel, économique sur les principales activités susceptibles d’être exercées par les enfants que nous orientons. Une des grosses difficultés de notre profession, est une connaissance exacte de la situation du marché du travail et de l’évolution des métiers.
- Grâce à l’aimable collaboration de M. Kempf, secrétaire général de la Confédération générale de la production française et au concours de personnalités particulièrement compétentes et dévouées à notre cause, nous avons pu organiser quelques causeries qui ont connu un vif succès de la part de nos adhérents, en raison des renseignements circonstanciés qu’elles nous ont apportes. Nous avons déjà eu le plaisir d’entendre, à notre intention, un exposé clair et précis sur les métiers de la mécanique par M. de Camisy, ingénieur E. C. P. ; puis, ce fut une causerie toute amicale, mais d’un intérêt incontestable par la précision de ses données que Mme Germaine Dulac a bien voulu nous faire sur le cinéma et les professions qu’il engendre ; enfin, M. Richard, président de G Chambre d’apprentissage de l’ameublement, dans une causerie documentée et agrémentée de projections, nous a retracé un historique du meuble et nous a exposé ses vues d’avenir sur cette branche professionnelle, dont l’activité actuelle se trouve si péniblement atteinte par la crise économique, mais aussi par le modernisme.
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- Nous avons encore trois causeries de prévues pour cette année et en raison de l’importance et de l’utilité des renseignements qu’elles nous procurent, nous sommes disposés à en organiser de nouvelles pour la saison prochaine, soit sur des sujets similaires, soit sur l’O. P. possible des arriérés, des sourds-muets, sur les principales œuvres sociales susceptibles d’aider notre action.
- Nous sommes d’ailleurs tout disposés à écouter toutes les suggestions qui pourront nous être faites au sujet de l’organisation de nos réunions et nous nous ferons un plaisir de les étudier et d’y apporter une solution suivant nos possibilités d’action.
- Pour terminer cet exposé de notre activité, dont notre dévouée et active trésorière MUe Mamelle et notre sympathique secrétaire M. Beaume nous ont donné quelques détails, je tiens à rappeler la participation que nous avions apportée au Congrès national de l’O. P., auquel un rapport avait été présenté au nom de notre Amicale, rapport concluant à la nécessité de réglementer la création des bureaux d’O. P. et d’exiger de leur directeur, le diplôme d’Etat, délivré par l’I. N. O. P. Il est inutile de revenir sur les incidents qui sont survenus à ce sujet et qui ont été exposés en détail dans le Bulletin de l’I. N. O.. P., mais on ne peut que les déplorer.
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- Paul Soulier et José Drabs. — La Psychotechnique, in-8° de 189 pages, Paris, Alcan, 1935. Prix : 17 fr. 50.
- J’ai .été très déçu par ce livre posthume de Sollier, repris par son collaborateur José Drabs, et qui se montre singulièrement incomplet, partiel et partial (avec une méconnaissance systématique de tout ce qui a été fait en France, à un point qui ne laisse pas de paraître scandaleux).
- Les quelques mots consacrés aux corrélations indiquent une ignorance bien singulière de la méthode.
- On connaît d’autre part l’attitude de Sollier qui a toujours mis au premier plan la sélection professionnelle, en sacrifiant plus ou moins complètement l’O. P. On trouvera l’argumentation dans son livre qui pourtant fait une place à la technique de l’O. P. Par la documentation relative aux techniques personnelles des auteurs, le livre peut rendre quelques services, mais bien limités !
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- Léon Walther. — Orientation professionnelle et Carrières libérales. In-16 de 168 pages. Editions Delachaux et Niestlé (Actualités pédagogiques). Prix : 3,50 francs suisses.
- L’auteur, professeur à l’Institut J.-J. Rousseau, a développé, pour en faire un petit volume, son intéressante étude de la Revue Philosophique.
- Dans cette question, qui prend une importance chaque jour croissante, on sait qu’à son point de vue, à condition de posséder un minimum d’intelligence générale, l’orientation peut se faire vers telle ou telle carrière en fonction des goûts et des attitudes, (alors qu’à mon avis le rôle du type d’intelligence est un élément essentiel). Son livre sera utilement médité. On y trouvera un intéressant projet de questionnaire élaboré par des élèves de Walther, Mmes Canivet, Krivonos et Muller.
- C’est un livre qui ne manquera pas de figurer dans les bibliothèques des orienteurs. jj p
- R. Bonnardel. — Vision et professions. — In-8° de 168 pages. Publications du travail humain, Paris, 1936.
- Il y a dans cet important ouvrage, une mine de documents relatifs à l’acuité visuelle requise pour les différentes professions, aux possibilités professionnelles des aveugles, au travail des amblyopes, aux contre-indications dans le choix des métiers à conseiller aux borgnes, strabiques, hétérophoriques, myopes, hypermétropes, astigmates, daltoniens et hémérnlopes, sans oublier un tableau 'des exigences visuelles des principaux métiers (près de 600 énumérées).
- On doit être reconnaissant à l’auteur d’avoir fait cette mise au point fondamentale qui devra figurer dans la bibliothèque de tout orienteur et rendra les plus grands services. P.
- A.-B. et A. Lessard, J. Laiifer et H. Laugier. — Nouvelles tables de croissance des écoliers parisiens. Poids. Taille. In-8° de 30 pages. Publications du Travail Humain. Série A., n° 5.
- Après une mesure soigneuses de la taille et du poids chez 6.885 enfants de 5 à 13 ans, garçons et filles, appartenant aux groupes scolaires du XVe arrondissement, à Paris, les auteurs fournissent, en une série de tableaux et de graphiques, les normes de croissance (valeurs moyennes, dispersion et niveaux centilés) pour cette échelle d’âges, ainsi que les variations à chaque âge du poids en fonction de la taille pour les garçons et les filles.
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- De précieuses abaques permettent d’apprécier, pour un enfant d’un certain âge ayant un poids ou une taille, la situation qu’il occuperait dans le groupe des enfants du même âge. P.
- René Jadot. — Milieu el Education. In-8° de 231 pages. Liège, Georges Thone, 1936.
- L’auteur, après avoir précisé la notion du milieu et exposé les points de vue des biologistes, des philosophes et des pédagogues, montre la portée de l’élude du milieu et donne les plus intéressants exemples de son utilisation éducative. Admirablement documenté, très suggestif, ce livre intéressera vivement les éducateurs. P.
- La Correction des épreuves écrites dans les examens. Enquête expérimentale sur le baccalauréat (International Institute Examinations Inquiry-Commission française pour l’Enquête Carnegie). In-4° de 387 pages. Paris, Maison du Livre, 4, rue Félibien. 1936.
- Enquêtes sur le baccalauréat. Recherches statistiques sur les origines scolaires et sociales des candidats au baccalauréat dans VAcadémie de Paris. In-8° de 120 pages. Paris, Hachette, 1935.
- Nous ne faisons que signaler ici ces publications, et en particulier le premier ouvrage, d’importance capitale pour la docimolo-gie, qui fera l’objet d’une étude détaillée dans notre chronique docimologique. Signalons seulement les études qui le composent : lre partie : Enquête d’opinion par G. Gastinel. 2° partie : Elaboration statistique des données numériques par IL Laugier et D. Weinberg. 3e partie : Analyse des rapports des examinateurs sur leurs méthodes de correction (Beaulavon, J. Langevin, Gastinel, Desclos, G. Darmoes, P. Barrier). 4e partie : Résumé et Conclusions (A. Desclos). jq p
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- 8® Année
- N° 7
- Juillet 1936.
- BULLETIN
- DE
- l’Institut National d’Orientation Professionnelle
- -----KHCX---
- UNE MÉTHODE D’EXPLORATION DE L’ŒIL
- par M. Yves LE GRAND
- Sous-Directeur de laboratoire au Muséum National d'Histoire Naturelle
- S’il est superflu de rappeler l’importance de l’examen des fonctions visuelles lors de la sélection et de l’orientation professionnelle, il faut noter que cet examen ne porte jusqu’ici que sur l’œil considéré comme un ensemble : c’est l’état de réfraction de tout l’appareil dioptrique (cornée,, cristallin, humeurs) que l’oculiste détermine par la skiascopie, et c’est le fonctionnement global de cet appareil dioptrique et de la rétine qui intervient dans les mesures d’acuité visuelle. Par suite, il se peut qu’un défaut local important des milieux transparents échappe aux recherches, car ce défaut n’altère pas assez la netteté des images rétiniennes pour abaisser l’acuité dans les conditions usuelles où l’on mesure celle-ci ; ce défaut local pourra néanmoins causer des troubles visuels lorsque, par exemple, le sujet regardera dans un instrument d’optique (jumelles, viseur, microscope) ; si le faisceau lumineux transmis ne couvre qu’en partie la pupille de son œil, il lui faudra tâtonner pour se placer au mieux derrière locu-laire, d’où perte de temps et fatigue.
- Il serait donc utile de disposer d’une méthode permettant d’exploiter systématiquement les divers trajets que la lumière, peut suivre dans l’œil entre la cornée et la fovea, et d’en évaluer l'homogénéité optique. On pourrait penser qu’il suffit de faire regarder le sujet à travers un très petit trou percé dans un écran opaque que l’on déplacerait contre l’œil et de mesurer l’acuité visuelle pour diverses positions du trou devant la pupille ; mais cette vision en « sténopé » est fort défectueuse, car les effets de diffraction produits par le petit
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- trou viennent masquer les phénomènes visuels que l’on voulait mettre en évidence. J’ai montré qu’une autre méthode dite « vision dirigée » permettait de s’affranchir de ces inconvénients de la diffraction tout en n’utilisant qu’une surface très petite de la pupille (Voir les compte-rendus des séances de l’Institut d’optique, 1936, deuxième séance). Rappelons le principe de cette méthode.
- Soit S une source lumineuse quasi-ponctuelle, et L une lentille achromatique qui en projette l’image en S’ sur la pupille du sujet ; celui-ci voit de ce fait toute la lentille L brillamment illuminée. On fait défiler devant la lentille une plaque de verre V sur laquelle sont collées des lettres opaques de dimensions variables, afin de déterminer l’acuité du sujet ;
- la tête de celui-ci est immobilisée, et c’est en déplaçant la lentille L ou la source S qu’on peut projeter l’image S’ successivement en diverses régions de la pupille pour explorer systématiquement les trajets optiques de l’œil. Pour un œil parfait la vision la plus nette s’obtient lorsque S’ tombe dans la région centrale de la pupille, et l’acuité décroît lentement et régulièrement quand S’ approche de la périphérie. Tout écart systématique à celte loi met en évidence un défaut local de la dioptrique visuelle.
- Cette méthode permet donc d’explorer les divers trajets optiques de l’œil. En outre elle résout le problème suivant : la perception des détails est-elle limitée dans l’œil par la structure de la rétine ou par les défectuosités du système optique qui forme l’image rétinienne ? Les méthodes usuelles ne séparent pas ces deux facteurs ; ici nous pouvons les dissocier : en vision dirigée, l’effet des diverses aberrations de l’œil s’annule grâce à la ténuité du pinceau lumineux employé, et si en outre la position de S’ est choisie au mieux (trajet bien homogène), l’image rétinienne sera aussi nette que celle qu’on obtiendrait avec un objectif parfait de même ouverture et de même distance focale que l’œil. L’expérience mon-
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- tre que dans ces conditions l’acuité visuelle a sensiblement la même valeur en vision dirigée qu’en vision ordinaire si le test est bien éclairé, mais que la vision dirigée prend un avantage marqué aux faibles éclairements. L’acuité visuelle serait limitée par la rétine en vision diurne et par la dioptrique de l’œil en vision crépusculaire.
- Ces recherches ont été effectuées dans le laboratoire de physique appliquée du Muséum avec un appareillage provisoire ; M. le professeur Piéron a pensé qu’un dispositif de ce genre pourrait être utile dans les services d’orientation professionnelle, et il compte faire établir une installation fixe pour l’examen d’acuité visuelle en vision dirigée. De telles mesures faites sur de nombreux sujets fourniront, je l’espère, des renseignements précieux sur l’optique de l’œil humain.
- ORIENTATION SECONDAIRE
- L’APTITUDE A L’ANGLAIS
- par
- Mme e. NIHOUL FOX
- Le choix d’une langue vivante est déterminé, en général, par les facteurs suivants :
- 1. Snobisme. Tradition. Esprit d’imitation.
- 2. Désir de faire embrasser à l’enfant, certaine carrière, de lui procurer certaines commodités.
- Ces dernières considérations sont respectables et pourront s’opposer jusqu'à un certain point aux résultats de tesls d’orientation linguistique. Notons qu’on ne parle guère de la nécessité d’une orientation linguistique : Du moment qu’un enfant est « doué pour les langues », on pense qu’il apprendra facilement n’importe laquelle. Que le futur commerçant fasse de l’Anglais, le futur savant de l’Allemand, etc., il ne consulte pour choisir que le milieu où il est appelé à vivre et les nécessités de l’existence.
- Encore faut-il cependant arriver à un résultat appréciable. Or, on se plaint que 75 % des bacheliers sont incapables de
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- bien s’exprimer — même simplement de se faire comprendre — dans une langue étrangère. On attribue ce fait au manque de conviction des maîtres, à des horaires mal composés, etc., mais personne ne s’est soucié de savoir si le génie de la langue étudiée s’accorde à la forme d’intelligence, de sensibilité des élèves — bien plus — à leur forme de bouche et de gosier.
- L’Anglais est, croit-on, une langue facile. Tout le monde peut arriver à comprendre l’Anglais écrit. Sans doute — c’est même un piètre résultat au bout de six ans d’études — et un bagage nettement insuffisant si l’on veut vraiment entretenir des rapports avec les Britanniques.
- Entendre et parler couramment l’Anglais est une autre affaire. Seuls peuvent y arriver ceux qui disposent d’une grande souplesse vocale et auditive. Les épreuves suivantes montrent quels élèves rentrent dans cette catégorie et lesquels feraient mieux de se consacrer à l’étude d’une autre langue, dont le génie s’accorde mieux avec leurs capacités.
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- Oreille. — Bernard Shaw soutient (1) que la langue anglaise contient cent trente voyelles. Sans aller jusque là, convenons que les sons, en Anglais, sont extrêmement variés *— et qu’il est indispensable de les distinguer parfaitement, tant dans l’audition que dans l’émission. Dans ce cas, surtout, soit impuissance réelle, soit mauvais vouloir et chauvinisme, un Anglais ne vous comprendra pas si vous ne faites pas la nuance entre one et wan, law et low, elc... (même remarque pour l’accent tonique).
- On notera d’abord si l’enfant entend les nuances dans sa propre langue — pourtant moins complexe sous ce rapport. Or, la majeure partie des enfants ne les entendent pas, autrement comment écriraient-ils dans une dictée « je serais » au lieu de « je serai >. et feraient-ils tant de fautes d’accent ? On distinguera s’ils sont victimes de leur ignorance, de leur manque d’attention ou bien s’il s’agit vraiment d’une incapacité auditive. Puis on fera quelques essais avec des sons anglais faciles (Par exemple la gamme : « 3 », « O », « 3 ».) Je prononce pêle-mêle une dizaine de mots tels que wall, pot, so, etc... Au bout de quelques instants d’entraînement, l’en-
- (1) Pygmalion.
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- fant doit arriver à les distinguer à l’aide d’un signe conventionnel rappelant la valeur de la voyelle (1).
- La mémoire auditive ne doit pas être moins bonne que l’observation — d’abord pour retenir les nuances en question — que j’appellerais les caractéristiques primaires de l’Anglais oral, ensuite pour réaliser correctement la construction d’une phrase anglaise (2), laquelle est affaire d’usage plutôt que de règles. Les trois-quarts des bons anglicistes se fient à la résonance — à la façon dont l’agencement des mots affecte une oreille exercée — plutôt qu’à des règles toujours incomplètes et encombrées d’exceptions.
- Appareil vocal. — Ayant appris à distinguer les inflexions de voix, l’enfant doit être capable de les reproduire.
- Même processus : exercices phonétiques français, où n’intervient pas l’obstacle de la nouveauté. Puis des sons anglais — pour lesquels on montrera moins de rigueur que dans les exercices d’oreille. Il est nécessaire qu’un débutant entende les différences entre un R français, italien, anglais, russe. Il ne faut naturellement pas exiger qu’il puisse les reproduire sur le champ.
- Accentuation. — On examinera les réactions de l’enfant devant cette sorte de rythme — beaucoup plus complexe que l’audition des sons — et d’une importance primordiale dans une langue où chaque mot, chaque phrase a ses temps forts et faibles — et où les règles, encore une fois ne sont que d’un faible secours. Des notions musicales seraient fort utiles. On verra du moins à l’aide d’exercices pratiques si l’enfant prend facilement conscience, en Français, de la notion de syllabe atone et accentuée et aussi (il me semble que c’est le procédé le plus simple et le moins pédant) dans quelle proportion il est sensible au rythme des vers français très simples qu’il récite. Par exemple faire scander les quatre temps forts de :
- une poule srir un miir
- (1) Un Irait de couleur par exemple. Surtout pas de signes phonétiques, qu’un élève moyen de 6e est incapable d’employer avec discernement.
- (2) Dont les exigences spéciales — place des poslpositions, des auxiliai-res, etc... forment les caractéristiques secondaires.
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- ou constater l’impossibilité (toute question de rime à part) de transformer :
- Un jour sur ses longs pieds || allait je ne sais où... en
- Un jour allait je ne || sais où sur ses longs pieds...
- etc...
- Les élçves choisis de la sorte seront peut-être, en première, capables de soutenir une conversation sérieuse avec un Bri-tanique et capables de goûter les vers de Shakespeare et de Shelley qu’on a inscrits à leur programme avec tant d’optimisme.
- NOTES ET DOCUMENTS
- L’Enquête relative au reclassement de la main-d’œuvre
- Le ministère du Travail a entrepris une importante enquête sur les problèmes qu’impose le bouleversement national du marché du travail.
- Voici le questionnaire précédé d’une courte note, qui a été adressé aux hommes et organismes compétents :
- I. — Quelles observations auriez-vous à formuler sur les faits indiqués dans la note ci-dessus ?
- II. — Afin de détourner les travailleurs des professions qui leur offrent de moins en moins de chances d’emploi, y aurait-il lieu ?
- A. En ce qui concerne les enfants en âge d’apprentissage :
- 1° a. D’inviter les parents de ces enfants à consulter les services d’orientation professionnelle là où il en existe ?
- b. Et même de les y obliger ?
- 2° a. De limiter l’apprentissage dans certaines professions •
- b. Ou dans une profession pour certaines régions ?
- c. Par conventions collectives après entente entre orga-
- nisations patronales et ouvrières intéressées ?
- d. Par voie réglementaire ?
- 3° De prendre d’autres mesures ? Lesquelles ?
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- B. En ce qui concerne les travailleurs en chômage :
- 1° De prendre des mesures afin que ces travailleurs soient directement renseignés sur l’avenir probable de leur profession ?
- 2° De les orienter vers de nouvelles professions ?
- 3° A cet effet de soumettre obligatoirement les chômeurs au bout d’une certaine durée de chômage à l’examen des services d’orientation professionnelle ?
- 4° D’organiser des centres de nouvelle formation professionnelle ?
- 5° D’imposer aux chômeurs d’autres mesures ? Lesquelles ?
- C. En ce qui concerne les autres travailleurs :
- 1° De rechercher la- formation d’ouvriers spécialisés pour les industries qui en manquent à l’aide des manœuvres de ces industries ou d’ouvriers d’autres industries à qui ces industries offrent de moins en moins de chances d’emploi ?
- 2° De prévoir à cet effet des organisations permettant d’as surer celte formation :
- a. Dans les écoles d’enseignement technique ?
- b. Dans les centres spéciaux de rééducation ?
- c. Dans les établissements industriels eux-mêmes ?
- 3° a. Y a-t-il lieu de rendre celle formation obligatoire pour les établissements industriels ?
- b. Dans quels cas ?
- c. Suivant quelles modalités ?
- 4° L’accès de ces centres devrait-il être subordonné à un examen d’aptitude ou à une sélection ?
- 5° D’autres mesures seraient-elles à envisager ? Lesquelles ?
- III. —- Pour que soit assurée la subsistance des travailleurs en cours de rééducation et de leur famille, jusqu’à ce que ces travailleurs soient en état de gagner un salaire normal, conviendrait-il :
- 1° De prévoir à leur profit le maintien de tout ou partie de l’indemnité de chômage pendant une certaine durée ?
- 2° De prévoir l’institution de primes spéciales ? Lesquelles ?
- Le questionnaire, précédé d’un préambule, est suivi d’importants tableaux statistiques pour donner une idée des modifications considérables survenues en un quart de siècle ; nous donnons ici
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- le tableau récapitulatif publié d’après les documents publiés dans le Bulletin du ministère du Travail (juillet-août 1935, p. 301).
- CATÉGORIES PROFESSIONNELLES 1906 1931 POURCENTAGE
- 1. Banques, assurances, agences 2. Métallurgie 75.040 273.600 p. 100 + 273
- 69.829 135.002 + 93
- 3. Caoutchouc, papier, carton 84.655 161.725 + 91
- 4. Industries chimiques 124.644 230.566 + 84
- 5. Travail des métaux ordinaires 758.377 1.367.808 + 80
- 6. Transports 492.325 765.013 + 55
- 7. Mines et minières 205.898 312.871 + 52
- 8. Terrassements, constructions en pierre... 550.130 832.135 + 51
- 9. Soins personnels 65.939 94.166 + 43
- 10. Services publics industriels 77.293 107.541 + 39
- 11. Industries polygraphiques 107.481 148.688 + 38
- 12. Professions libérales 483.179 629.766 t 30
- 13. Travail des pierres et terres au feu 14. Commerces divers 166.831 i.864.210 207.955 2.216.808 t 25 20 + 18
- 15. Commerces forains, spectacles 16. Travail des métaux fins 63.431 74.646
- 28.342 31.328 + 1°
- 17. Industries de l’alimentation 479.061 517.712 + «
- 18. Taille des pierres précieuses 5.385 5.458 + i
- 19. Services publics généraux (armée comprise) ... 1.142 861 1.115.505 — 2
- 20. Carrières 75.129 70.049
- 21. Forêts 62.428 57.126 — 8
- 22. Industries textiles 913.989 813,828 — 8
- 23. Industries du bois 704.695 622.731 — Il
- 24. Cuirs et peaux 334.203 288.567 — 13
- 25. Pêche 78.000 66.638 — 15
- 26. Culture, élevage 8.714.625 7.376.396 — 15
- 27. Services domestiques 946.293 767.920 — 19
- 28. Taille des pierres et moulage 46.612 37.381 — 20
- 29. Manutention 395.012 253.445 — 36
- 30. Travail des étoffes, vêtements 1 551.131 973.692 — 37
- 31. Travail des pailles, plumes, crins 42.568 25.691 — 40
- Ensemble des catégories professionnelles (total de la population active) 20.720.879 20.700.485 — 1
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- La Soudure autogène
- Un premier essai de détermination des aptitudes au métier de soudeur autogène a été tenté par A. G. Christiaens (3), afin de préparer une présélection, qui éviterait un apprentissage coûteux voué à l’échec.
- La présélection est définie, d’après une formule qui avait été adoptée en accord avec O. Decroly, comme ayant pour objet « la discrimination des sujets en possession des dispositions fonction-
- (1) Etude relative au métier de soudeur autogène, Bull, trim de l’0[[ice intercommunal pour l’O. P., XV, 58, 1935, p. 1-14.
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- nelles qui permettent une bonne et rapide adaptation au métier en cause », c’est-à-dire un apprentissage régulier et réussi.
- Mais, laissant de côté l’examen physique, Christiaens n’envisage, du côté psycho-physiologique, que les aptitudes, tout en reconnaissant le rôle des traits du caractère dans la réussite.
- Il admet que l’éducahilité est le meilleur critère de 1’ « aptitude » (qui serait mieux exprimée par le mot de capacité), acquise par apprentissage sur la base de dispositions fonctionnelles (qui sont en réalité la véritable aptitude).
- Après observations du soudeur au travail, Christiaens a fait l’hypothèse que les conditions de réussite impliquaient une très bonne vision de près et de loin, et une très bonne vision binoculaire, une acuité lumineuse pour la discrimination des éclats, révélateurs des températures du métal (sans que le daltonisme constitue une contre-indication), une bonne vision crépusculaire en raison de l’obligation d’utiliser des écrans protecteurs contre les radiations aveuglantes de l’arc électrique, une habileté manuelle comportant essentiellement la stabilité de la main et la limitation des instruments ascendants à un plan invariable, enfin des dispositions intellectuelles dans le domaine des problèmes pratiques et concrets.
- Les tests utilisés ont consisté en une détermination d’acuité visuelle à cinq mètres, et en vision proche, en une épreuve au stéréoscope et au « bathoscope » pour l’appréciation binoculaire des distances en profondeur, une comparaison de clartés de papiers avec un esthésimètre de Hering, un contrôle de la vision crépusculaire des formes avec un dispositif spécialement construit, une détermination de la stabilité de la main dans des mouvements du type de ceux du soudeur avec un dextérimètre spécial, et le test d’intelligence fourni par la boîte de Decroly.
- Le classement d’une série de 12 soudeurs au moyen de ces tests a montré un parallélisme très encourageant avec celui qui était basé sur l’appréciation professionnelle. Les épreuves permettent de distinguer nettement les bons ouvriers des médiocres. Elles pourraient donc être utilement soumises à une expérience assez large pour déterminer la valeur prédictive de cette batterie proposée. H. P.
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- Les aptitudes aux hautes fonctions administratives
- A propos d’une étude publiée par YHuman Factor (janvier 1936), M. Maurice Vanderbagiit a examiné, dans une note du Travail rationnel (n° 1, pp. 56-62) la question du recrutement et de la sélection du personnel apte à remplir de hautes fonctions admi-
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- nistratives. Il a, à cette occasion, montré combien le problème était difficile, et rapproché du tableau des aptitudes dressé par le National Instilute o[ industrial psychology ceux que l’on devait déjà à Fayol et à deux auteurs américains, tableaux qui, s’ils ont des traits communs, ne se superposent pas exactement. Nous reproduisons ci-dessous ces données ainsi rapprochées :
- Qualités désirables d’après le N. I. I. P.
- 1° Energie, force de caractère, initiative, persévérance, confiance en soi, présentation ;
- 2° Imagination, esprit de prévoyance et d’organisation, méthode ;
- 3° Etre accessible aux idées nouvelles et savoir lés encourager ;
- 4° Habileté à critiquer, à coordonner et à voir les détails et l’ensemble dans une juste perspective ;
- 5° Aptitude à persuader et à faire exécuter, à contrôler, à déléguer ses attributions et à surmonter les préjugés et la routine ;
- 6° Tolérance et compréhension bienveillante de la nature humaine, esprit de justice, contrôle de soi. Savoir s’abstenir de persécuter, de menacer. Se garder d’un trop grand amour du pouvoir. Etre capable de maintenir l’ordre, le respect, la confiance et l’esprit de corps ;
- 7° Savoir choisir, former et développer les futurs chefs.
- D’après Fayol
- 1. Santé et vigueur physique.
- 2. Intelligence et vigueur intellectuelle.
- 3. Qualités morales :
- Volonté réfléchie, ferme, persévérante. Activité, énergie, et, s’il y a lieu, audace.
- Courage des responsabilités.
- Souci de l’intérêt général.
- 4. Forte culture générale.
- 5. Capacités administratives.
- 6. Prévoyance : Habileté à dresser et à faire dresser le pro-
- gramme social.
- Organisation. En particulier, savoir constituer le corps social.
- Commandement : art de manier les hommes.
- Coordination : harmoniser les actes, faire converger les efforts.
- Contrôle : notions générales pour toutes les fonctions essentielles.
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- 7. La plus large compréhension possible dans la profession spéciale caractéristique de l’entreprise.
- D’après deux membres de l’American Management Association MM. Gleen V. Cleeton et Ch. W. Mason
- 12. Santé physique au-dessus de la moyenne.
- 9. Pouvoir d’analyse et de discrimination des valeurs relatives.
- 10. Largeur d’esprit.
- 7. Energie, force de caractère et persévérance.
- 1. Décision.
- 2. Capacité d’assumer et d’exercer les responsabilités sans effort
- excessif.
- 5. Larges connaissances techniques, expérience et entraînement.
- 6. Honnêteté, loyauté, sincérité.
- 11. Tact, self-control, sens de l’humour.
- 3. Compréhension du caractère, sensibilité envers les réactions
- humaines.
- 4. Habitudes personnelles, présentation et manières inspirant la
- confiance.
- 8. Aptitudes à instruire, à éduquer et à suggestionner les
- hommes.
- Dispositions et traits de caractère formant obstacle a l’exercice de hautes fonctions
- 1) Tendance à répandre la méfiance et la crainte parmi les su-
- bordonnés.
- 2) Goût du pouvoir autocratique, affirmation de soi.
- 3) Inaptitude à inspirer la confiance et, par voie de conséquence,
- à faire ressortir les intentions et les attitudes.
- 4) Traiter les employés comme s’ils n’avaient pas le droit d’ex-
- primer leurs opinions ou comme si leurs idées étaient sans valeur.
- 5) Peur des responsabilités sociales.
- 6) Permettre aux questions pratiques et immédiates d’obnubiler
- l’imagination et la clairvoyance.
- 7) Tendance à exagérer l’importance des stimulants pécuniaires
- et à mesurer exclusivement les progrès par la production et les profits.
- 8) Incapacité de concevoir que le jugement des employés manque
- de maturité et peut sur bien des points être partial.
- 9) N’avoir d’autres moyens d’action que les punitions, les recom-
- penses et les menaces.
- 10) Etre incapable de coopérer avec les autres en travaillant au bien commun.
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- La taille et le poids des écoliers parisiens d’après les nouvelles tables de croissance des écoliers parisiens
- Mme et M. Fessard, M. Laufer et H. Laugier ont publié le résultat d’une vaste enquête sur ce sujet! (l1).
- Cette enquête a englobé 6.885 enfants de 5 à 13 ans (3.253 garçons et 3.632 tilles) et les mesures ont été recueillies dans des conditions aussi semblables que possibles pour ce grand nombre de sujets.
- Les auteurs ont établi à chaque âge, suivant la méthode classique, les valeurs moyennes de poids et de taille pour les garçons d’une part et pour les filles d’autre part.
- Dans leur répartition par année ils ont considéré comme étant du même âge tous les sujets compris entre deux nombres exacts d’années, le groupe des enfants de 6 ans, par exemple, englobant tous les enfants ayant au moins 6 ans 6 mois 6 jours et au plus 7 ans 6 mois 6 jours, l’âge central de ce groupe étant 6 ans 1/2.
- Voici les résultats obtenus :
- Gauçons :
- De 5 à 6 ans (385 sujets). Taille moyenne, 107 cm. 9 ; poids moyen, 18 kg. 44. — De 6 à 7 ans (446 sujets). Taille moyenne, 113 cm. 6 ; poids moyen, 20 kg. 40. — De 7 à 8 ans (424 sujets), taille moyenne, 117 cm. 7 ; poids moyen, 22 kg. 23. — De 8 à 9 ans (378 sujets). Taille moyenne, 121 cm. 8 ; poids moyen, 24 kg. 26. — De 9 à 10 ans (413 sujets). Taille moyenne,
- 127 cm. 9 ; poids moyen, 27 kg. 03. — De 10 à 11 ans (407 sujets), faille moyenne, 132 cm. 9 ; poids moyen, 29 kg. 68. — De 11 à 12 ans (402 sujets). Taille moyenne, 137 cm. 8 ; poids moyen, 32 kg. 61. — De 12 à 13 ans (398 sujets"). Taille moyenne,
- 142 cm. 5 ; poids moyen, 35 kg. 97.
- Filles :
- De 5 à 6 ans (378 sujets). Taille moyenne, 106 cm. 9 ; poids moyen, 17 kg. 81. — De 6 à 7 ans (473 sujets). Taille moyenne,
- 112 cm. 6 ; poids moyen, 19 kg. 52. — De 7 à 8 ans (447 sujets).
- Taille moyenne, 116 cm. 4 ; poids moyen, 21 kg. 20. — De 8 à 9 ans (446 sujets). Taille moyenne, 122 cm. 3 ; poids moyen,
- (1) Publication du Travail Humain, Conservatoire national des arts et métiers, 292, rue Saint-Martin.
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- 28 kg. 99. —- De 9 à 10 ans (460 sujets). Taille moyenne, 127 cm.7 ; poids moyen, 26 kg. 76. — De 10 à 11 ans (500 sujets). Taille moyenne, 133 cm. 9 ; poids moyen, 30 kg. 24. — De 11 à 12 ans (485 sujets). Taillé moyenne, 138 cm. 6 ; poids moyen, 33 kg. 88. — De 12 à 13 ans (443 sujets). Taille moyenne, 145 cm. 66 ; poids moyen, 39 kg. 02.
- Il faut remarquer qu'à l’intérieur d’un même âge le poids moyen croit avec la taille et le poids moyen pour une taille donnée augmente d’un âge à l’autre de façon à peine sensible dans les petites tailles et d’une façon un peu plus-marquée pour les grandes tailles.
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- •J : *
- Les métiers de la mécanique
- Nous extrayons d’une très intéressante conférence faite par M. de Canisy, ingénieur, à l’Association des anciens élèves de l’I. N. O. P., quelques renseignements pouvant servir à l’application de l’O. P. dans la métallurgie et la mécanique.
- Il fait entre autre un résumé de ce qui constitue les industries de la métallurgie et de la mécanique.
- Il rappelle que, d’une façon générale, les métaux proviennent de gisements qui sont traités, la plupart du temps, par fusion. C’est le cas de la fonte, de l’acier, du fer. D’où la métallurgie. .Ces métaux sont ensuite façonnés pour les rendre utilisables'. C’est le domaine de la mécanique. L’industrie métallurgique, ce qu’on appelle commercialement l’industrie lourde, se rencontre dans l’Est, le Nord et le Centre de la France, là où il y a des gisements de fer ou de charbon. A Paris et en banlieue, où rencontre plutôt des usines de transformation des métaux : la chaudronnerie et la forge qui déforment les métaux par martellagc ; la mécanique qui les façonne par usinage et les ajuste pour leur donner leur forme définitive.
- En dehors des services de fabrication, ces industries comportent des services de secrétariat, d’appro\isionnement de matières premières, de vente, d’études, de comptabilité, de réparations, d’outillage, etc. Tous ces services vous donnent matière à orienter l’enfant pour le former d’après les principes exposés.
- En voici quelques exemples :
- Secrétariat. — Le jeune homme ou la jeune fille affecté au secrétariat est appelé à rédiger, ordonner, classer ; il débute avec ses simples connaissances scolaires et ce n’est guère qu’après un an ou deux qu’il se rend compte des méthodes de discipline qu’il a dû s’imposer pour collaborer au fonctionnement normal du Ser-
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- vice. Pratiquement, à ses débuts, il ne sait pas grand chose et petit à petit il apprend à appliquer les notions particulières acquises à l’école au rôle qui lui est confié. Si son patron est consciencieux et le surveille, l’enfant prendra goût aux initiatives et plus tard gardera l’empreinte des méthodes inculquées dans cette première maison.
- Dans ce cas, l’orientation consiste à mettre l’enfant à même de développer ses qualités morales et intellectuelles : dans l’avenir, il poursuivra cette application aux différents cas particuliers qu’il rencontrera dans son métier.
- Service d’approvisionnement. — Ce service est desiné à l’achat des matières premières. Or, tout achat de matières premières nécessite des enquêtes méthodiques qui frappent l’esprit de l’enfant au point de le discipliner et ordonner son travail. Là également, l’orientation trouve une matière féconde en vue de l’avenir des.jeunes. M. de Canisy signale en passant qu’une partie de son personnel de maîtrise a été ainsi formé et que son orientation est telle que si des éléments devaient quitter la maison, ils ne seraient pas en peine de trouver ailleurs l’application de leur méthode de travail.
- Bureau de dessin. Ce service comporte également un certain nombre de jeunes gens. Pour commencer, on leur fait tirer et classer des « bleus » ; il faut laisser à l’enfant, dès le début, l’entière responsabilité de son travail, tout en le surveillant attentivement et lui apprendre l’économie dans un service où il y a parfois beaucoup de gaspillage : Ainsi, quand il coupe le papier pour tirer les dessins, on apprend à faire le moins de déchets possible. Il faut également habituer l’enfant à avoir soin de ses archives et l’obliger à tenir propre la pièce où il tire ses « bleus ». Tout doucement., l’enfant se familiarise et acquiert des notions de dessin qui s’ajoutent à celles enseignées à l’école.
- En résumé : Dans l’industrie mécanique, qu’il s’agisse du travail de bureau ou du travail d’atelier, l’enfant peut se dégager et devenir quelqu’un à la condition que le patron ou ses chefs de service s’intéressent à lui.
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- îk îfc
- L’Indice de nutrition de Von Pirquet
- Le D1' Galet, de Liège, a consacré une étude critique à l’indice proposé par Von Pirquet pour exprimer l’état nutritif des enfants, après des recherches poursuivies sur plusieurs centaines de mille cas. Normalement, la hauteur du buste élevée au cube devrait être
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- égale au décuple du poids du corps, ou encore le buste devrait être égal à la racine cubique du décuple du poids du corps. Dès lors, si l’on divise par le buste (en centimètres) la racine cubique du poids (en grammes) multiplié par 10, la valeur normale du rapport sera égale à l’imité. Un indice inférieur à 0,95 indiquerait un état de sous-alimentation ; pour les valeurs supérieures à l’unité il y aurait surnutrition. Il y a, dans cet indice, élimination des membres dans l’appréciation de la taille, déterminée assis e* non plus debout. Mais le Dr Galet insiste sur la nécessité de procéder avec une grande précision à cette mesure de la taille assise, une erreur d’un centimètre changeant notablement l’indice : il faut asseoir l’enfant sur un banc de 30 cm. de large, le tronc adossé à la toise (les jambes ne devant donc pas être pendantes).
- En fait, avec ces conditions, un enfant donne une valeur du buste de 95 cm. tandis qu’assis sur une table, les jambes pendantes, on ne trouve plus que 94 cm. et 91 cm. en le faisant asseoir sur le sol, les jambes allongées. Une documentation doit être recueillie en Belgique sur la taille assise, à côté de la taille debout ; elle permettra sans doute de fournir des données sur la valeur réelle de l’indice proposé par Von Pirquet. P.
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- * *
- Les films en Orientation Professionnelle
- La conférence de M. J. Fontègne sur l’O. P. et le cinématographe, faite le 9 janvier 1936 pour la Société française de Vart à l’Ecole, dont le texte vient d’être publié, signale un certain nombre des films les plus satisfaisants pour donner aux écoliers, autant que possible à l’école même, une idée synthétique des métiers : Chant de la mine et du feu (documentaire sonore de J.-B. Lévy) ; Tragédie de la mine (dramatique parlant de Gabrot) ; Sous-Terre (sonore de J.-C. Bernard) ; La vie d’un grand magasin (documentaire muet de J.-B. Lévy) ; Les quatre saisons (documentaire sonore de J.-B. Lévy) ; Une grande ville (film d’enseignement, de J.-B. Lévy) ; Les moyens de transport (J.-B. Lévy) ; Terre, sonore (J.-C. Bernard) ; Les temps nouveaux (J.-C. Bernard).
- La Cinémathèque centrale de l’enseignement professionnel a, d’autre part, réalisé des films sur la sculpture sur bois, la ferronnerie et la fonderie d’art, la céramique, le papier peint, le livre, le charronnage, l’ébénisterie, la plomberie, la maréchalerie, la maçonnerie, le travail des verres d’optique, la fleur artificielle, la broderie, la lingerie, la chapellerie, le repassage, etc.
- Le répertoire des films établi par M. Bruneau, qui dirige cette Cinémathèque centrale, constitue un guide précieux.
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- A propos de la fiche psychologique d’Orientation professionnelle de M. et Mme Henri Piéron
- Nous avions indique que la dernière épreuve de la fiche qui renouvelait le premier test d’attention devait servir à déceler chez les sujets la résistance à la fatigue et voilà ce que nous disions :
- Point N° 4 (1). — Résistance àc la fatigue
- L’épreuve d’efficience ayant été faite au début et à la fin de l’exécution de la fiche, la différence des rendements permet de comparer les fatigabilités des enfants. Le degré de la fatigue causée par le travail que comporte l’exécution de la fiche devrait apparaître tout simplement par une diminution de rendement.
- Mais il y a un apprentissage assez rapide pour la tâche de barrage. L’effet de cet apprentissage pourrait être très atténué sinon même aboli en faisant changer dans les dernières épreuves les signes à barrer. Mais l’étalonnage ayant été obtenu avec barrage des mêmes signes, la comparaison de rendement'doit se faire dans des conditions assez complexes, avec conflit du progrès par apprentissage et de la décroissance par fatigue. S’il n’y avait pas fatigue, il y aurait (avec quelques différences individuelles) un progrès très notable. Moins le progrès est grand, et naturellement s’il y a perte, c’est que la fatigue se manifeste (avec manifestations possibles d’ennui, de découragement).
- L’étalonnage indique donc, d’après la supériorité d’efficience, le degré de résistance à la fatigue des enfants, le classement des garçons et des filles donnant des chiffres très voisins.
- Centilles 1 to 20 30 40 50 60 70 80 90 100
- Garçons Filles + 53.49 + 12.87 4-9.23 4-7.75 4-6.63 4-5.62 4-4.75 4-3.63 4-2.5 4-0.75 — 15
- 4- se + 12 4-9.25 4-7.87 4-7 4-5.87 -f-4.88 4-3.75 fl. 87 —3.62 -51.63
- L’épreuve étant plus correcte en éliminant à peu près complètement les différences individuelles dues à l’apprentissage par changement des signes à barrer dans l’épreuve terminale, un étalonnage nouveau sera fait avec cette méthode, pour être substitué à l’étalonnage ci-dessous indiqué.
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- Cet étalonnage a été refait avec deux signes nouveaux à barrer. il nous .a donné les résultats suivants :
- Si l’on compare la valeur de l’efficience de la seconde période du test de début de la fiche (moyenne de 6, 7, 8 minutes) avec la valeur de l’efficience du test terminal (moyenne des 4 minutes) on constatera deux groupes de résultats différents. Les uns auront un rendement plus ou moins grand mais inférieur dans le test final, on peut considérer qu’il y a fatigue plus ou moins grande. Les autres auront dans ce test final un résultat supérieur, il y aura dans ce cas résistance à la fatigue, entraînement. C’est de cette résistance plus ou moins grande que nous donnerons l’étalonnage.
- Les filles et les garçons donnant des chiffres très voisins, nous donnerons un étalonnage commun.
- Centiles 1 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
- Garçons et Filles -t- 11.18 +4.37 +2.37 +1.45 +0.67 0 —0.13 —0.94 —2.33 —3.92 — 13.37
- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE A L’ÉTRANGER .
- L’Enseignement de l’O. P. à Bruxelles
- Le Centre belge d'études ergologiques comprend :
- 1° L'Ecole d'ergologie annexée à l’Institut des hautes études de Belgique ;
- 2° Le Laboratoire d'ergologie de l’Institut des hautes études de Belgique.
- I. — L’Ecole d’ergologie annexée à l’Institut des hautes études de Belgique (Président : M. Gustave Charlier). Institution d’enseignement technique supérieur (AI) agréée et subventionnée par1 l’Etat et certaines provinces, comprend actuellement trois divisions :
- A. — Orientation professionnelle ;
- B. — Psychotechnique et sélection professionnelle ;
- C. — Organisation scientifique ;
- qui comportent 351 leçons : 34 cours et cycles de conférences, assurés par 22 professeurs, chargés de cours ou maîtres de conférences.
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- Elle est accessible à des auditeurs libres et à des élèves réguliers. Ceux-ci, ingénieurs, médecins d’usines, avocats, inspecteurs du. travail, licenciés en sciences commerciales ou administratives, chefs du personnel, licenciés-secrétaires, experts-comptables, membres du corps enseignant au du corps d’assistance sociale, désireux d’obtenir l’un des trois certificats d’aptitude conférés par l’Ecole conformément aux prescriptions de l’arrêté ministériel du 20 mai 1933, doivent justifier de certaines conditions prescrites par l’article 29 du Règlement organique, à savoir :
- Pour la division A : Certificat d'aptitude aux fonctions de conseiller d’Orientation professionnelle E. E. B. :
- 1° de la candidature en médecine, en sciences, en sciences pédagogiques ou en philosophie de l’Université ;
- 2° ou du diplôme de l’Institut Buls-Tempels ou de l’Ecole de service social.
- Pour la division B : Certificat d'aptitude aux fonctions de psg-chotechnicien E. E. B. :
- 1° de la candidature en médecine, en sciences, en sciences pédagogiques ou en philosophie de l’Université ;
- 2° ou du diplôme d’ingénieur ou du titre d’inspecteur du travail ;
- 3° ou du certificat d’aptitude aux fonctions de conseiller d’Orientation professionnelle E. E. B. ou du diplôme d’auxiliaire sociale.
- Nous laissons de côté la division C qui confère un certificat d’aptitude aux fonctions de conseiller d’organisation.
- Voici, pour les deux premières divisions, les programmes d’enseignement :
- Division A : Orientation professionnelle (10 cours — 90 leçons théoriques et pratiques)
- Les Bases :
- — physiologiques :
- Eléments de physiologie crgologique (12 leçons) (cours commun aux divisions A et B), Dr A. Govaerts.
- Eléments de physiologie spéciale appliquée à l’Orientation professionnelle (6 leçons), Dr A. Govaerts.
- Eléments de physiologie des organes des sens (6 leçons), Dr J. Ley.
- — psychologiques :
- Eléments de psychologie générale appliquée à l’orientation professionnelle (10 leçons), Dr A. Ley.
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- Eléments de psychologie différentielle appliquée à l’orientation professionnelle (6 leçons), Mme le Dr Jadot-Decroly.
- Eléments de psychologie génétique de l’adolescent (4 leçons), M. T. JONCKHEERE.
- économiques et sociales :
- L’orientation professionnelle dans ses rapports avec le milieu économique (5 leçons), M. G. de Leener.
- Le marché du travail et le placement des travailleurs (cours commun aux divisions A et C), M. M. Gottschalk.
- techniques :
- Introduction à la statistique biométrique (6 leçons et 4 séances d’exercices pratiques) (cours commun aux divisions A et B), M. P. Lévy.
- L’orientation professionnelle : ses problèmes, ses méthodes et ses procédés (12 leçons), M. G. Ciiristiaens.
- Les applications :
- L’orientation professionnelle : exercices pratiques (20 leçons), M. G. Ciiristiaens.
- Division B : Psychotechnique et sélection professionnelle (5 cours — 98 leçons théoriques et pratiques)
- Les bases :
- physiologiques :
- Eléments de physiologie ergologique (12 leçons) ; cours commun aux divisions A et B), Dr A. Goyaerts.
- Eléments d’hygiène et de médecine du travail (12 leçons), Dr A. Langelez.
- psychologiques :
- Eléments de psychologie ergologique (10 leçons) (cours commun aux divisions B et C), M. J. Drabs.
- techniques :
- Introduction à la statistique biométrique (6 leçons et 4 séances d’exercices pratiques) ; cours commun aux divisions A et B), M. P. Lévy.
- Eléments de psychotechnique théorique et pratique. Exercices de laboratoire (30 leçons) ; cours commun aux divisions B et C), M. J. Drabs.
- Les applications :
- Séminaire de psychotechnique et de sélection professionnelle. Travaux de laboratoire (12 séances), M. J. Drabs.
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- A travers les Revues
- Le Dr Meignant, de Manéville, a exposé dans Y Hygiène mentale (avril 1936), l’état de l’assistance aux enfants anormaux en Meurthe-et-Moselle. _________
- Dans les Archivas de Médecina (30 mars 1936, p. 70), M. Ramon de Otaola, a décrit un procédé pour le diagnostic de la personnalité. _________
- En mars 1936, dans le n° 2 du Bulletin d’information publié sous le titre « Orientamento professionale » par Giovanni Scanga, directeur général de l’enseignement moyen technique en Italie (n° 1 paru en juin 1935), on trouve une étude sur la visite médicale en O. P., avec la fiche type, des programmes des leçons d’un cours organisé sur l’O. P. dans plusieurs villes d’Italie et des notes relatives, en particulier, à la réunion de psychotechniciens de l’Université d’été de Santander, au Congrès d’O. P. tenu à Paris, etc.
- Dans le Journal de la Société Statistique de Paris (mars 1936), M. Raoul Husson a consacré une importante étude aux méthodes statistiques en psychologie.
- Dans les Comptes rendus du Congrès des médecins aliénistes et neurologistes (Bruxelles 1935), signalons deux communications publiées de M. Groeneveld, d’Amsterdam, sur la psychologie du travail (en rapport avec la mentalité de l’enfant), et sur le rôle de l’autorité dans la vie de l’enfant.
- La Wiener Klinische Wochenchrift (24 avril 1936, p. 503) a donné une étude de Gemelli sur les nouvelles contributions, apportées par les savants italiens à la psychophysiologie de la vie dans l’air. _________
- Le problème de l’orientation professionnelle dans les établissements pénitentiaires fait l’objet d’un article de W.-M. Wallace et II.-L. Briggs dans le n° 4 du tome XIV (janvier 1936) de « Occupations ».
- Dans ce même numéro, trois articles sont consacrés aux questions de l’orientation des étudiants ; ils sont signés de F.-J. Keller
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- (<< Plain talk to college students »), de E.-S. Jones (« Planning College schedules ») et de F.-W. Slantz et W.-K. Siglinger (« A college placement program »).
- On trouvera quelques données sur les réalisations de F O. P. aux Etats-Unis dans le n° 7 du tome XIV (avril 1936) où un certain nombre d’articles a été réuni dans un même chapitre intitulé : Guidance in Action.
- Le n° 6 (lur mars 1936), édité par F.-J. Keller, est entièrement consacré aux problèmes de l’orientation professionnelle et de l’éducation des nègres.
- Et n° 9 (juin 1936) forme un symposium consacré au problème de critères du succès professionnel. Il est édité par R. Hoppock.
- Dans le n° 12 (juillet 1936) du Bulletin des Offices d’orientation professionnelle, A. Rosier, secrétaire général du Bureau universitaire de statistique, parle de l’état d’encombrement des carrières médicales. _________
- E.-R. Bartlett et D.-B. Harris publient, dans le n° 1115 (9 mai 1936) de School and Society les résultats d’une étude statistique sur les facteurs personnels dans la délinquence juvénile.
- Dans le n° 1.118 (30 mai 1930) de la même revue, P.-M. Sy-monds étudie les différences sexuelles dans les intérêts des adolescents. _________
- W. Mc Dougall commence, dans le n° 3 du tome IV (mars 1936) de Character and Personaliiy, la publication d’une étude sur les principes dynamiques de la psychologie de la forme (Gestalt).
- Dans le n° 2 (novembre-décembre 1936) de l’Orientation Intellectuelle on trouvera quelques renseignements pratiques sur la carrière de secrétaire sténotypiste.
- Les carrières de la « Radio » sont traitées par Ch. Guyard dans les nos 195 et 196 (avril et mai 1936) de 1 ’Orientation Professionnelle. ________
- « Les Informations du B. I. E. T. » donnent, dans leur n° 7 (mars 1936), un état de la situation du Bureau international de l’Enseignement technique au 31 mars 1936.
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- Le np 5 (mai 1936) de « Berufsberatung und Berufsbildung » est presque entièrement consacré aux problèmes de l’O. P. universitaire. —
- Nous relevons dans le n° 4 du tome VI (avril 1936) de Revista de Igienà Socialà un article sur les causes et la fréquence des accidents du travail chez les gymnastes de profession, dû à A. Lambesco. ________
- Nous relevons dans le n° 4 du tome IX (octobre-décembre 1935) de Psychotechnika, une importante étude méthodologique de W. Kovvalski sur les bases de la psychotechnique et dans le n° 1 du tome X (janvier-février-mars 1936), Mme J. Zawirska parle de la propagande faite par la Commission pour l’O. P. et la psychotechnique auprès du ministère de l’Education, région de Varsovie, en faveur de l’orientation professionnelle.
- Dans ce même numéro, Mme Baumgarten publie un article à propos de la définition de la psychotechnique.
- R.-M. Stogdill publie dans le n° 1 du tome VII (mars 1936) de Child Development une étude rétrospective sur les recherches expérimentales traitant de l’attitude des adultes vis-à-vis des enfants et embrassant la période de 1899-1935.
- INFORMATIONS
- Dans les attributions de Mme Brunschwic, sous-secrétaire d’Etat
- à l’Education nationale, figure Y orientation professionnelle des
- jeunes filles (juin 1936, p. 130-135).
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- L’O. P. a fait l’objet d’études et d’enquêtes, parmi lesquelles nous signalerons celle, particulièrement élaborée de M. Parigot. dans la Revue des Deux-Mondes, sur laquelle nous aurons occasion de revenir (10 juillet 1936), et celle de M. Maurice Bert, ingénieur, dans Je Sais Tout, sous le titre très « tape à l’œil » de « Machines à trouver des situations ».
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- Dans ses chroniques de Y Intransigeant, d’autre part, V. Dra-beau critique le plan de la C. G. T. pour l’O. P. (19 et 24 juin).
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- Enfin, dans la République du. 10 juin, Suzanne Albarran con sacre à l’O. P. une chronique, rappelant que les enfants orientés présentent beaucoup plus de stabilité dans la profession.
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- Le compte rendu des travaux du Ier Congrès international d’orientation professionnelle (25-28 septembre 1935) a été publié par l’Association générale des orienteurs de France (volume in-8° de 206 pages).
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- M. Russell G. Leiter, de l’Université d’Hawaï, a publié (Uni-versity of Hawaï Bulletin, mai 1936, XV, 7) la description d’une intéressante échelle de tests non verbaux d’usage international, qu’il a mise à l’épreuve (en particulier pour la comparaison d’enfants japonais et chinois de 6 à 16 ans), et qui a été utilisée déjà chez des primitifs africains et australiens, d’après un exposé complémentaire de S. D. Porïeus..
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- Le Conseil central de Véducation qui a été créé aux Indes, dans sa première réunion, à Delhi, en décembre 1935, a recommandé, entre autres innovations, la désignation de professeurs orienteurs chargés de guider les élèves et étudiants dans le choix d’une profession conforme à leurs aptitudes.
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- Dans l’ouvrage posthume du regretté Ch. Nicolle (Responsabilités de la médecine, deuxième série), comportant ses dernières leçons du Collège de France, signalons d’intéressantes réflexions sur la sélection des médecins, praticiens, professeurs, chercheurs, et de judicieuses critiques des systèmes actuels d’examens et de concours.
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- Au VIIIe Congrès des éducateurs d’enfants arriérés qui s’est tenu, cette année, le D1' Jacob, d’Yvelot, a présenté une romrnu-niaction sur l’O. P. de l’arriéré.
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- M. J. Meloun a fait à la British Psychological Society, dans sa section industrielle (le 19 juin) une communication sur l’écriture comme moyen de psychodiagnostic.
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- Le département de Seine-et-Marne a reçu en donation de Mme Ouvré, le domaine de Chancepoix, commune de Château-Lan-don, comprenant un château avec une { ropriéi.é de dix-neuf hectares. Le Conseil général a décidé, eu principe, la création dans ce domaine d’un institut médico-p ïdagogique (école autonome de perfectionnement) pour garçons arriérés récupérables. L’âge d’entrée serait de sept à treize ans, mais les enfants pourraient demeurer jusqu’à l’âge de seize ans à l’institut qui sera placé sous la surveillance d’un médecin spécialiste.
- Les élèves recevront l’enseignement primaire selon les méthodes spéciales que comporte leur état mental. De plus, ceux pour lesquels le désir en sera exprimé, recevront un enseignement technique leur permettant d’apprendre un métier d’artisanat rural.
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- Le Dr Metzger, professeur à l’Ecole de médecine d’Angers, dans son rapport sur le service d’hygiène scolaire de cette ville, dirigé par une inspectrice médicale, Mlle Legros, signale les relation de ce service avec l’Office d’O. P., créé en 1932 :
- Le médecin inspecteur fait passer aux enfants qui subissent leur dernière année de classe un examen qui en plus de l’examen médical comporte des recherches spéciales : recherche du daltonisme, élude du système nerveux, du système circulatoire, etc.
- Un dossier est établi dont les conclusions, complétées par celles d’ordre pédagogique, permettent de guider l’enfant dans le choix d’une profession.
- Six cent cinquante trois dossiers médicaux ont été établis à ce jour.
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- Un service d’examen et d’observation psychiatriques a été créé à la prison de la Santé, sous la direction du docteur Cejllier, à la prison de la Petite-Roquette, sous la direction du docteur Sciiiff et à la maison d’éducation surveillée de Fresnes, sous la direction de Mlle le Dr Badonnel.
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- Ht H:
- Parmi les membres du nouveau. Conseil supérieur de prophylaxie criminelle, relevons les noms du Dr Toulouse, vice-président, de MM. Aciiard, Brousseau, Ceillier, G. Darmois, TIeuyer, Latarget, Laugier, Piéron, Rivet, Rogues de Fursac, Sciiiff, et de Mlles Badonnel et Weinberg.
- La Vie de l’Institut National d’Orientation professionnelle
- La huitième année d’enseignement de notre institut a été close par les examens de la session de mai. Il y eût cette année, dix^sept candidats admis à passer l’examen. Sur ces dix-sept candidats, sept ont été reçus, trois ont été éliminés après les épreuves écrites et six après les épreuves pratiques et un ne s’était pas présenté. Ces candidats étaient représentés par treize femmes, dont douze Françaises et une Polonaise, et quatre hommes, dont deux Français, un Canadien et un Egyptien.
- Voici les noms des élèves diplômés dans l’ordre déterminé par le nombre de points obtenus :
- M1Ie Bachot (mention assez bien) ; Mlle Bernyer (mention assez bien) ; Mme Fouchier (mention assez bien) ; MUe Philippon (mention passable) ; Mlle Vaubourdolle (mention passable) ; M. Voghel (mention passable) ; M. Coursaget (mention passable).
- L’écrit comprenait trois épreuves :
- 1° Epreuve de psycho-pédologie. A choisir parmi les trois sujets suivants :
- Premier sujet (M. Piéron). — Si vous aviez seulement la possibilité de faire trois examens'dans le domaine de la vision, lesquels choisiriez-vous ? Montrez leur intérêt pour l’O. P. et expliquez-en le principe et le mode d’application.
- Deuxième sujet (M. Piéron). — La mémoire • Lois d’acquisition et d’évanouissement des souvenirs ; règles pratiques qui en découlent pour l’organisation de l’apprentissage.
- Troisième sujet (M. Wallon). — Que savez-vous des classifications utilisables dans l’étude des caractères ?
- 2° Epreuve d’économie politique, d’organisation, de sélection à choisir parmi les trois sujets suivants :
- Premier sujet (M. Lahy). — Fixez les rapports qui existent entre la sélection scolaire et l’orientation professionnelle et dites dans quelle mesure les méthodes de la psychologie expérimentale peuvent être employées pour l’une et l’autre.
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- Deuxième sujet (M. Fontègne). — Quelles observations peut faire un conseiller d’orientation professionnelle au cours de Kentretien qu’il a avec un enfant ?
- Troisième sujet (M. Noyelle). — L’évolution juridique de la notion de responsabilité en matière d’accidents du travail.
- 3° Epreuve de physiologie, psychiatrie et pathologie générale à choisir parmi les trois sujets suivants :
- Premier sujet (Dr Paul-Boncour). — Les contre-indications résultant de troubles de l’appareil digestif. Conduite à tenir.
- Deuxième sujet (Dr P. Male). — Los débiles mentaux perfectibles.
- Troisième sujet (M. Laugier). — Examen du système neuromo-teur au point de vue de l’orientation professionnelle.
- Mlle L. Graille, de Saint-Etienne, a obtenu le certificat d’études spéciales de l’I. N. O. P. le vendredi 26 juin, avec un travail sur « l’influence morale de l’orientation professionnelle », qu’elle a soutenu devant un jury composé de MM. Larcher, président, Dr Bonnardel et Dr Paul-Boncour.
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- Vicente Molina. •— Las Carreras, sur porvenir y sus aptitudes (Carrières). — Imprenta Aldecoa, Burgos, 1935. 271 p., 6 pesetas.
- Il a encore paru peu d’ouvrages sérieux sur les carrières intellectuelles, aussi, bien qu’écrite en langue espagnole et bien que donnant un certain nombre d’indications valables seulement pour l’Espagne (traitements, teneur des concours, etc.), l’étude de Vicente Molina garde un intérêt international de par l’énoncé motivé, mais malheureusement encore bien vague, des aptitudes organiques, psychologiques, morales, nécessaires à l’exercice de chacune des professions envisagées (1).
- L’auteur a ainsi passé en revue à peu près toutes les carrières intellectuelles : carrières littéraires (avocats, juges, notaires, diplomates, archivistes, journalistes, bibliothécaires, etc., etc.) ; les
- (1) Voir les nos 3-4 et 4-5 du Bulletin
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- carrières artistiques (architectes, poètes, musiciens, orateurs, peintres) ; les carrières scientifiques (médecins, chirurgiens, dentistes, pharmaciens, vétérinaires, mathématiciens, physiciens, chimistes, naturalistes) ; les carrières d’ingénieurs (des ponts et chaussées, géographes, industriels, des mines, etc.) ; les carrières du commerce et de l’agriculture (négociants, agents de change, boursiers, banquiers, agronomes, etc.) ; les carrières militaires (aviation, artillerie, cavalerie, infanterie, génie, intendance, corps juridique de l’armée) ; et enfin quelques carrières variées (professeurs, agents des douanes, prêtres et religieux).
- Un chapitre préliminaire étudie : la volonté, le travail scolaire, les tempéraments, les caractères, du strict point de vue de la psychologie. L. B.
- Mary Collins et James Drever. — Psychology and Pratical Life In-16° de 307 pages. Unvcrsity of London Press, 1936.
- Petit manuel très clair où les auteurs examinent successivement les problèmes' des différences individuelles, du développement et de la mesure de l’intelligence, des épreuves pour la connaissance de la personnalité et du caractère, de l’apprentissage, de la psychologie professionnelle, de l’étude du travail, de la publicité, de la psychothérapie, de l’application psychologique aux problèmes sociaux et juridiques.
- Petite bibliographie de langue anglaise. p
- Quelques livres entrés à la Bibliothèque de l’I. N. 0. P.
- Dr G. Vermeyi.en. — Les débiles mentaux. — Maurice Lamertin, 1929, Bruxelles, 235 p.
- Leclerc de Pulligny, Boulin, Courtois-Suffit, etc... — L'IIy-giène industrielle. — J.-B. Baillière et fils, 1927, Paris, 770 p.
- Fr. Agostino Gemelli. — L’Orienlazione lontana nel volo in aero-plano, — Eslrado délia Rivista di Psicologia Ottobre-Dicembre 3933, Bologna, 31 p.
- Roger Montagnac. — L'Orientation professionnelle. — Ecole musulmane d’apprentissage 1934, Mazagan (Maroc), 23 p.
- Paul Maquenne. — La réconciliation de l'Homme et de la Machine. — Fédération des industriels et des commerçants français, 1932, Paris, 29 p.
- C.-W. Valentine. — Teh reliabiliiy of examinations. — Univer-sity of London Press, 1932 London, 196 p.
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- Lionel S. Penrose. — Mental Defect. — Sidgwick et Jackson LTD. 1933, London, 183 p.
- G. Perrie William. *— The Northamptonshire composition scale. — George G. Harrap et C° LTD. London, Bombay, Sydney, 129 p.
- W.-D. Scott et D.-T. Howard. — The Psychology of adverii-sing. —• Sir Isaac Pitman et Sons, LTD. 1932, London5 300 p.
- Paul Bouts et Camille Bouts. — La Psychognomie. — Lecture méthodique et pratique du caractère et des aptitudes. — Félix Alcan, Paris, 209 p.
- Pearce Baii.ey. — Etudes des types psychologiques au moyen des tests. — Librairie Lipschutz, 1933, Paris, 204 p.
- Nicolas Exarchopoulos. — Rapport sur les recherches scientifiques du Laboratoire de pédagogie expérimentale de l’Université d’Athènes pendant les années 1932-1933. — Extrait des Praktika de l’Académie d’Athènes, 9, 1934, Athènes, 44 pages.
- Pierre Abraham. —- Une figure, deux visages. — La nouvelle revue française, 1934, Paris, 52 pages.
- ' Félix Sciilotte. — Paedagogiscli-Psychologische Arbeiten aus dcm Institut des Leipziger Lehrervereins. Zum T'esthefte fuer die Auslese der Minderbegabten. — Verlag der Dürr’schen Buch-handlung 1931, Leipzig, 55 pages.
- Dr Herman Suediiof. — Das Berufs und Fachschulwesen im totalen Staal. — Cari Heymanns, 1934, Berlin, 59 pages.
- Fernand Mercx. — La Prévention des accidents par les méthodes psychologiques. — Association des industriels de Belgique, Bruxelles, 150 pages.
- Ch. Bueiiler et H. IIetzer. — Tests Para La Primera Infancia. — Editorial Labor, S. A., 1934, Barcelona, Madrid, etc., 194 pages.
- L. Détaillé. — La Pédagogie contemporaine. Ses bases, ses méthodes, son histoire. — Tome I, Pédologie expérimentale fondements physio-psychologiques de l’éducation. — M. Lamertin, 1932, Bruxelles, 258 pages.
- Julien Fontègne. — L’Orientation professionnelle et l’apprentissage dans les métiers de la maçonnerie. — 1, Le métier de maçon. Chambre d’apprentissage de la maçonnerie, du béton armé et des fournisseurs de matériaux, Paris, 53 pages.
- Rapport sur le fonctionnement du service d’orientation professionnelle et de placement en apprentissage en 1935. — 31 janvier 1936, Nantes, 28 pages.
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- 8e Année
- N° 8
- Octobre 1936.
- BULLETIN
- DE
- l’Institut National d'Orientation Professionnelle
- Le (acteur humain dans les travaux de maçonnerie
- par
- J. FONTÈGNE
- Y A-T-IL UN « TYPE » MAÇON
- INTRODUCTION
- 11 n’est peut-être pas sans intérêt de faire connaître à nos lecteurs pourquoi nous avons donné ce titre à cette étude.
- Tous ceux qui, parmi eux, ont lu le très intéressant ouvrage de Fernand Borie, L'Ouvrier Maçon, n’auront pas manqué de s’arrêter plus spécialement au chapitre V, que l’auteur intitule — un peu faussement sans doute — « Physiologie de l’ouvrier maçon ».
- Il lui trouve une physionomie à part. « Toute profession, écrit-il, page 114, détermine bon nombre des caractères de celui qui l’exerce, et voici un homme qui passe sa vie sur des échafaudages à dresser tantôt ici, tantôt là, dans l’air libre et' dans la lumière du jour, l’appareil immuable de ses moellons et de seâ briques. Pourrait-on s’attendre à ce qu’il ait la mentalité de l’ajusteur, toujours courbé, dans le même coin obscur {sic) de l’atelier, sur son outillage précis et délicat ?... »
- Et il ajoute : « D’autre part, on retrouve dans le maçon l’empreinte encore profonde d’une longue tradition corporative », qui réapparaîtrait dans sa tournure d’esprit, dans ce ([ue Borie appelle sa « philosophie professionnelle ».
- Il va même rechercher ses caractéristiques générales, tant psychologiques que physiologiques, dans « la même origine ethnique ».
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- Quelles'sont donc ces caractéristiques? «Taille un peu au-dessus de la moyenne, dit l’auteur ; corpulence normale, mais charpente solide ; tempérament sec, nerveux, endurant ; œil clair et vif des gens qui Iravaillent à la lumière du jour ; agilité réelle que déguise mal sa démarche volontiers lente et posée ; soucieux d’ordre et de propreté... »
- Au point de vue intellectuel et moral, Borie pense — mais son ouvrage est de 1924 et, depuis, d’énormes progrès ont été laits — que « s’il n’a pas la culture générale du mécanicien ou de l’électricien, en revanche il a souvent l’esprit porté aux choses sérieuses ». Au surplus, il est, en général, « calme, froid, réfléchi », d’une très grande prudence ; il n’a pas « la tournure d’esprit dégagée ». Il ne faut pas croire que sa taciturnité est bouderie ou indolence : c’est de la sagesse...
- Mais était-il tant besoin de se référer à l’opinion — pourtant bien intéressante — de Borie quand, de toutes parts, on entend dire que le maçon est un rustre, un brutal, d’une lenteur de gestes désespérante, d’une intelligence peu éveillée, etc., etc. ?
- Qu’on aille s’étonner, après cela, que le métier soit méconnu, discrédité !
- Nous avons pensé qu’il pouvait être de quelque utilité de pénétrer au fond de 1’ « âme » du maçon. Sans doute, cela nous permettrait-il de faire quelques découvertes qui ne seraient pas toutes à son désavantage.
- C’est pourquoi nous avons demandé à une de nos assistantes de l’Institut National d’Orientation Professionnelle, de la clinique neuro-psychiâtrique du Dr Henyer, de bien vouloir procéder à une série d’expériences sur un groupe de jeunes apprentis maçons et sur un groupe de jeunes apprentis mécaniciens. C’est le résumé de ces expériences que, tout simplement, nous venons présenter à nos lecteurs, remerciant d’une façon toute particulière Mme Horinson, dont, une fois de plus, nous pûmes apprécier la compétence, le dévouement et la conscience.
- Qu’on n’aille surtout pas nous demander, aujourd’hui, une conclusion précise ! Il s’agissait, dans notre esprit, d’un essai qui sera, du reste, continué et dont les résultats permettront, grâce à la science, de réhabiliter un métier et des gens qui menaçaient de tomber en discrédit.
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- Problème à résoudre :
- Les apprentis maçons sont-ils plus lents que les apprentis mécaniciens ?
- RECHERCHES
- Groupes de sujets :
- Les recherches ont été effectuées sur deux groupes de 20 sujets chacun, appartenant, les uns, à l’Ecole de métiers de la maçonnerie, les autres à l’atelier-école de la Chambre de commerce de Paris (rue Saint-Lambert).
- Le premier groupe comportait 10 apprentis maçons choisis par les maîtres : 5 parmi les plus rapides, 5 parmi les plus lents de chaque sous-groupe professionnel ; le deuxième, 10 apprentis mécaniciens choisis de la même façon
- Du fait que n’avait été pris en considération que ce seul critère de rapidité de rendement dans le travail, ce groupe s’était avéré très hétérogène à d’autres points de vue. Ainsi :
- a) L’âge des sujets qui le composaient variait de 13 à 18 ans ;
- b) L’instruction était loin d’être du même niveau : 8 mécaniciens avaient le certificat d’études primaires, alors que 5 maçons avaient passé cet examen ; les autres y avaient échoué ou ne s’y étaient pas présentés ;
- c) En outre, les sujets de ce groupe étaient à des stades différents de leur préparation professionnelle : les uns étant à leur première, les autres à leur deuxième ou à leur troisième année d’études.
- La moyenne des rendements dans les tests que nous avons appliqués fut, pour ce groupe, et dans la presque totalité des épreuves, désavantageuse aux maçons. Nous pouvions supposer que l’hétérogénéité du groupe, et, surtout, la présence chez les maçons d’un plus grand nombre de retardés scolaires, n’avaient pas ôté sans influence sur les résultats ; aussi avons-nous voulu procéder à la vérification de ce fait en « opérant » sur un autre groupe d’élèves auquel les mêmes épreuves furent appliquées.
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- Ce deuxième groupe se composait d’élcves de 2° année (la 3° année ne comportant pas un nombre suffisant de sujets), dont l’âge correspondait à l’âge moyen de la classe : 14 ans \-15 ans \. Tous ces élèves avaient le certificat d’études primaires.
- Domaines d’investigation :
- La question que nous nous étions posée devait, tout naturellement, nous amener à étudier le processus de rapidité chez nos apprentis.
- Pour nous rendre compte de la différence de rapidité chez eux dans l'accomplissement de diverses tâches, nous avons fait porter notre première série d’épreuves :
- 1° Sur les fonctions motrices ;
- 2° Sur les fonctions psycho-motrices ;
- 3° Sur les fonctions mentales. \
- I. — Fonctions motmces
- La rapidité motrice a été étudiée à l’aide de trois épreuves : traçage de lignes, distribution de cartes, enfilage de rondelles'.
- La première épreuve mettait principalement en jeu les mouvements des doigts et de la main ; les deux autres, le mouvement des doigts de la main et du bras entier.
- Description des tests (1) :
- 1° Traçage. — Tracer des lignes sur une feuille de papier réglé et aussi rapidement que possible (hauteur des traits : 1 centimètre environ).
- . Notation : Moyenne des lignes tracées en trois minutes.
- 2° Distribution de cartes. —50 cartons d’épaisseur moyenne sont à distribuer aux quatre coins d’une petite table.
- Notation : Moyenne de la durée de trois épreuves semblables.
- 3° Enfilage de rondelles. — Enlever 15 rondelles d’une tige droite, les enfiler ensuite sur une tige tordue.
- Notation : Durée de l’épreuve.
- (1) Nous serons bref sur la description de ces tests. Les lecteurs que la question intéresserait trouveraient tous renseignements utiles dans les Traités de Psychologie expérimentale (Toulouse et Piéron), ainsi que dans le Bulletin de l'Institut National d’Orien-tation Professionnelle (41, rue Gay-Lussac, Paris, vc).
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- II. — Fonctions psycho-motrices
- 1° Temps de réactions visuelles (Chronoptoscope de Pié-ron) (1). — 25 réactions ont été prises pour chaque sujet ; n’entraient pas dans ce nombre celles qui ont déterminé la chute de la tige. Les 5 premières ont été éliminées étant considérées par nous comme une sorte de mise en train. La valeur caractéristique pour la rapidité a été exprimée par le Médian et pour la régularité par la Variation médiane (dans ce calcul ont été comprises les 25 réactions et les chutes de la tige, si elles se produisaient chez le sujet donne,.
- 2° Test de barrage (Toulouse et Piéron). — Une feuille couverte de petits rectangles portant un trait à chacun des angles est remise aux élèves. Ils auront à barrer deux signes préalablement indiqués pendant cinq minutes, en séparant par une marque verticale le rendement de chaque minute.
- Notation : La quantité de travail a été indiquée par la moyenne des signes barrés par le sujet durant les cinq minutes ; la qualité du travail, par la moyenne de rendement correct pendant le même laps de temps.
- Ce test a été appliqué deux fois : 1° au début de l’examen ; 2° à la fin de l’examen.
- 111. — Fonctions mentales
- La première épreuve de cette série a été le test d’épellation de signes. Celle épreuve n’exigeait qu’un effort mental très réduit ; elle peut, d’ailleurs, être placée à la limite des tests psycho-moteurs et des tests mentaux.
- La seconde épreuve comportait une série d’additions. Nous croyons que ce travail, dont le processus mental peut paraître compliqué en soi, est, en quelque sorte, automatisé par l’exercice au point de ne présenter qu’une des formes relativement simples de l’effort mental.
- La troisième épreuve : énonciation de mots, que nous désignerons sous le nom d’associations libres, et la quatrième : associations dirigées, élargissaient les limites de cet effort et permettaient de donner libre cours à l’idéation des sujets.
- (I) Le chronoplôscope de Piéron, dont on trouvera une description détaillée dans le Bulletin de VI.N.O.P.
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- Description des lests :
- 1° Epellation. — Le sujet devait nortimer les signes du tableau qu’on lui présentait, à savoir : croix, traits, points, ronds (Fiche psychologique de Piéron).
- Notation : Temps de lecture, augmenté d’une seconde par erreur non corrigée par le sujet.
- 2° Addition. — Addition de dix nombre à cinq chiffres chacun. Ces chiffres étant présentés sur une feuille de papier, le sujet avait à mettre au crayon les résultats.
- Notation : Durée des opérations, augmentée d’une seconde par erreur de chiffres.
- 3° Enonciation de mots. — Le sujet était invité à énoncer, pendant trois minutes, tous les mots qui lui venaient à l’esprit (test de l'échelle de Binet-Simon).
- Notation : Nombre de mots énoncés.
- 4° Associations dirigées. — Un mot inducteur (livre, par ex.) étant donné, l’élève doit donner dix mots induits (papier, reliure, imprimeur, etc., par exemple). Ces mots étaient : cheval, maison, mère, soleil et pont. Le sujet doit dire le plus rapidement possible les premiers mots qui lui viennent à l’esprit à l’évocation des mots inducteurs.
- Notation : Temps qui s’écoule entre l’énonciation du mot inducteur et l’obtention de dix associations.
- Etude des résultats
- Comparaison des moyennes des groupes (tableau 1)
- Rendement dans les tests moteurs :
- A) Dans le premier groupe examiné, la moyenne de rendement des mécaniciens est supérieure dans les trois épreuves aux moyennes fournies par les maçons :
- -Maçons. . . Mécaniciens,
- Maçons. . . Mécaniciens,
- Traçage
- Cartes
- 165,50 traits 173,60 -
- 44” 2 38” 4
- 62” k 58” 2
- Enfilage..
- Maçons. . . Mécaniciens
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- La différence, dans ce premier groupe, est donc nettement au profit des mécaniciens :
- 8’ 10 traits en plus, soit environ 5 % en plus ;
- 5” 8 en moins à la distribution des caries, soit 15% en moins ; 4” 2 en moins à l’enfilage de rondelles, soit 7 % en moins.
- Tableau I
- Moyennes des groupes
- PREMIER GROUPE DEUXIÈME GROUPE
- Maçons Mécaniciens Différence Maçons Mécaniciens Différence
- TESTS MOTEURS : 1° Traçage Moyenne 165.50 Moyenne 173.6 8.1 Moyenne 191.5 Moyenne 173.0 18.5
- 2° Cartes (distributions) 44.2 38.4 5.8 43.3 36.0 7.3
- 3° Enfilage 62.4 58.2 4.2 60 9 60.1 0.8
- TESTS PSYCHOMOTEURS
- 1° Temps de réaction : a) Rapidité 22.65 20.85 1.8 19.75 20.45 0.7
- b) Régularité. ... 2.25 2.13 0,12 1.95 2.00 0.05
- 2° Barrage :
- a) Ouantité 1) 84.1 93.4 14.3 99.5 110.3 10.8
- 2) 111.9 121.1 9.2 124.0 141.3 17.3
- b) Qualité 1) 19.1 20.3 1.2 20.0 21.3 1.3
- 2) 25.9 28.4 2.5 28.6 31.5 2.9
- TESTS MENTAUX :
- 1° Epellation 0) .8 20.9 9.9 85.3 84.6 0.9
- 2° Addition 107.9 84.8 23.1 72.9 80.8 7.9
- 3° Enonciation de mots. 64.3 67.1 2.8 62.7 77.1 14.4
- 4° Associations dirigées 144.6 185.9 41.3 106.6 104.4 2.2
- Nota. — Nous avons mis en caractères gras les moyennes qui indiquent un rendement supérieur.
- B) Dans le deuxième groupe, nous retrouvons une supériorité de rendement des mécaniciens dans un test (cartes, maçons : 43” 3 ; mécaniciens : 36”) ; une égalité de rendement dans un autre (enfilage, maçons : 60”9, et mécaniciens : 60” 1) ; dans le troisième test, celui du traçage : 18,5 traits au profit des maçons ; cartes : 7”3 au profit traits ; mécaniciens : 173. Ce qui correspond aux différences suivantes, traçage : 18,5 traits au profit des maçons ; 7”3 au profit des mécaniciens et quasi-égalité pour l’enfilage.
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- Nous avons donc, dans l’ensemble des épreuves motrices, une supériorité constante des mécaniciens du premier groupe. Dans le deuxième groupe, cette supériorité alterne entre deux tesls et, dans le troisième, le rendement est sensiblement égal pour les maçons et les mécaniciens.
- Tests psycho-moteurs :
- L’étude des temps de réaction des deux groupes examinés par le chronoptoscope montre une supériorité des mécaniciens du premier groupe en ce qui concerne la rapidité (maçon : 22”65 ; mécaniciens : 20”85).
- Dans le deuxième groupe, les maçons se montrent très légèrent supérieurs ; mais cetle différence est minime et, pratiquement, permet de conclure à l’égalité (maçons : 19”75 ; mécaniciens : 20’45). La régularité est pratiquement égale dans les deux groupes et chez les deux corps de métiers (1er groupe : 2’’25 maçons, 2” 13 mécaniciens ; 2e groupe : 1”95 maçons, 2” mécaniciens). Les différences sont de l’ordre suivant' : 1er groupe : 1”80 au profit des mécaniciens ; 2° groupe : 0”7 au profit des maçons.
- Dans l’ensemble, il n’apparaît donc pas qu’il y ait de différence bien nelte entre les groupes professionnels, surtout quand les conditions de recrutement ont été rendues égales.
- En ce qui concerne la quantité de travail fourni durant cinq minutes au test de barrage, les mécaniciens du premier groupe se montrent supérieurs aux maçons dans la première et dans la deuxième application de cette épreuve, c’est-à-dire au début et à la fin de l’examen (mécaniciens, lro application : moyenne 98,4 signes vus ; 2e application : 121,1 signes vus ; maçons : 84,1 signes vus, et 111,9) ; ce qui donne une différence au profit des mécaniciens de 14,3 signes et de 9,2.
- Pour le deuxième groupe, cetle supériorité se maintient : mécaniciens 110,3 signes ; maçons 99,5 pour la première application, et 141,3 et 124 pour la deuxième application. Donc, différence au profit des mécaniciens : 10,8 et 17,3 dans chacune des applications.
- Même phénomène dans la qualité du travail : 1er groupe : mécaniciens : 20,3 signes barrés correctement et 28,4 ; maçons : 19,1 et 25,9. D’où différence au profit des mécaniciens de 1,2 et de 2,5 dans chacune des deux applications. Dans
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- le 2e groupe mécaniciens : 21,3 el 31,5 ; maçons : 20,0 et 28,6. Différence encore au profit des mécaniciens de 1,3 et 2,9.
- Toutefois, si nous éliminons certains facteurs, tels que adaptation et fatigue, en étudiant plus spécialement le rendement des 2e, 3° et 4e minutes, nous trouvons toujours une supériorité des mécaniciens dans le 1er groupe (mécaniciens : 19,7 et 27,8 ; maçons : 16,6 et 25,2) et une forte tendance à l’égalisation des résultats dans le 2e groupe (mécaniciens : 20,8 et 30,8 ; maçons : 20,7 et 29,1).
- Faute de temps, il ne nous a pas été possible de préciser l’influence de chacun de ces deux facteurs : adaptation et fatigue. Néanmoins, nous voyons que, dans les tests psychomoteurs, comme ‘dans les tests moteurs, l’égalisation des conditions du groupement tend à égaliser leur rendement.
- Tests mentaux :
- Le rendement des mécaniciens du 1er groupe dans les tests mentaux a été supérieur à celui des maçons dans trois tests : épellation, additions et énonciation de mots. Les maçons donnent un meilleur rendement dans les associations.
- Epellation... ( Mécaniciens j Maçons 90”9 .... 160”8
- Additions... 1 Mécaniciens .... 84”8
- | Maçons .... 107”9
- Enonciation. ( Mécaniciens ) Maçons. . .... 64, 3
- Association . ( Mécaniciens ( Maçons .... 185”9 .... 144”6 (1)
- Dans le 2e groupe, la supériorité des mécaniciens se maintient pour l’épellation (mécaniciens : 84”6 ; maçons : 85”3). Mais la différence diminue tellement entre les deux groupes professionnels qu’on peut considérer leur rendement dans ce test comme presque égal. Pour les additions, la supériorité
- (1) Nous soulignons les rendements supérieurs.
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- passe aux maçons (maçons : 72’9 et mécaniciens : 80”8). Pour rénonciation des mots, les mécaniciens restent supérieurs, et la différence entre la moyenne des mots énoncés augmente sensiblement. La supériorité des maçons du 1er groupe dans les associations passe aux mécaniciens dans le 2e groupe, mais avec une différence très pelite au profit des mécaniciens, 2”2 (mécaniciens : 104”4 ; maçons : 106”6).
- Dans l’ensemble des épreuves mentales, nous voyons donc le même phénomène se reproduire : les maçons et les mécaniciens du groupe homogène tendent à fournir un rendement sensiblement égal.
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- Observations
- 1° En résumé, l’étude des moyennes des quatre sous-groupes professionnels ne montre pas d’une façon absolue que les sujets mécaniciens soient plus rapides que les sujets maçons et inversement. Si les mécaniciens apparaissent, en moyenne, dans le premier groupe, plus rapides, cette différence à leur profit tend à disparaître dès que nous avons à faire à un groupement rendu homogène par d’autres facteurs que ceux qui caractérisent la formation professionnelle.
- Pour pouvoir nous engager dans des considérations statistiques plus approfondies, il nous aurait fallu opérer sur un plus grand nombre de sujets. Toutefois, les chiffres que nous rapportons semblent autoriser à conclure que la rapidité des gestes ou de l’idéation ne paraît pas forcément être fonction du métier que le jeune homme est en train d’apprendre.
- Une étude du rendement individuel de nos sujets vient, d’ailleurs, confirmer cette supposition. Nous regrettons de ne pouvoir la présenter dans ce premier essai.
- 2° Si nous plaçons les maçons et les mécaniciens par ordre de rendement dans chaque groupe de 20 sujets et que nous divisions ces groupes en tranches de « rendement supérieur », c’est-à-dire égal ou supérieur à 50 %, et de « rendement inférieur », c’est-à-dire inférieur à 50 %, nous obtenons la répartition suivante (Tableau II) :
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- HHHH
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- Tableau II
- Proportion de métier dans les groupes 1 et 2
- <
- 1 .
- 1” GROUPE 2e GROUPE
- Maçons Mécani- ciens Maçons Mécani- ciens
- TESTS MOTEURS : To % °/o 7o
- 1° Traçage 40 60 70 30
- 2° Cartes 30 70 40 60
- 3° Rondelles 40 60 50 50
- TESTS PSYCHO MOTEURS :
- 1° Temps de réaction :
- a) Rapidité 40 60 50 50
- b) Régularité 50 50 50 50
- 2° Barraee :
- a) Quantité 40 et 50 60 et 50 40 et 50 60 et 50
- bj Qualité 60 et 40 40 et 60 40 et 50 60 et 50
- TESTS MENTAUX :
- J“ Epellation 40 60 50 50
- 2° Addition 50 50 50 50
- 3° Enonciatiôn des mots 40 60 30 70
- 4* Associations dirigées .. ..... 70 30 50 50
- a) Tests moteurs. — La proportion des mécaniciens ayant un rendement supérieur est régulièrement plus élevée dans le premier groupe. Dans le deuxième groupe, les mécaniciens restent supérieurs en nombre, dans un test ; la supériorité passe aux maçons dans un autre, et l’égalité numérique entre les deux professions s’établit pour le troisième.
- b) Tests psycho-moteurs : temps de réaction. — La prépondérance numérique des mécaniciens se montre dans le premier groupe pour la rapidité ; Légalité des mécaniciens et des maçons se retrouve pour la régularité. Pour le deuxième groupe, il y a égalité de représentants des deux métiers en ce qui concerne la rapidité et la régularité.
- En ce qui concerne la quantité de travail (test de barrage) la prépondérance des mécaniciens se manifeste dans la première application, mais il y a égalité des maçons et des mécaniciens dans la seconde application. Quant à la qualité du travail, le premier groupe montre une prépondérance, tantôt pour les maçons, tantôt pour les mécaniciens ; dans le deuxième groupe, les mécaniciens sont plus nombreux dans la tranche du rendement supérieur à la première appli-
- J 1
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- cation et les deux métiers ont un nombre égal de sujets à la deuxième application.
- c) Tests mentaux. — Dans deux des quatre tests de cette série, les mécaniciens du premier groupe se trouvent en plus grand nombre dans la tranche au rendement supérieur ; dans le troisième, ce sont les maçons ; dans le quatrième il y a égalité entre maçons et mécaniciens. Dans le deuxième groupe, sauf pour un test, où les mécaniciens forment un pourcentage plus élevé — une égalité numérique s’établit entre les deux professions.
- Si nous comparons enfin le rendement des sujets les plus rapides, celui des sujets à rapidité moyenne et celui des sujets les plus lents de chaque profession, nous voyons que le fait d’exercer le métier de maçon n’empêche pas d’être plus rapide que le plus rapide des mécaniciens. Ainsi, nous remarquons que les sujets les plus rapides dans le premier et dans le deuxième groupe sont des maçons ; les sujets moyennement rapides, qu’ils soient maçons ou mécaniciens ne se distinguent pas entre eux d’une façon très nette.
- Ce n’est que pour les derniers des groupes que nous constatons que les maçons se classent au-dessous des mécaniciens de la même catégorie (rendement inférieur).
- Si nous comparons le rendement des deux groupes entiers (rangs moyens des mécaniciens et des maçons à rendement supérieur et à rendement inférieur), nous observons le même phénomène.
- Dans le premier groupe, les meilleurs des deux métiers se confondent pour les tests moteurs et psycho-moteurs. Pour les tests mentaux, les maçons ont un rang supérieur à celui des mécaniciens. Pour le deuxième groupe, les maçons ont un meilleur rang dans les tests psychomoteurs et égalent les mécaniciens dans les deux autres catégories d’épreuves.
- Les sujets au rendement inférieur ne se distinguent pas dans le premier groupe entre eux, quelle que soit leur profession. Dans le deuxième groupe, les maçons ont un rang inférieur pour les tests moteurs et psycho-moteurs et ont le même rang que les mécaniciens dans les tests mentaux.
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- Nous croyons donc pouvoir conclure que dans les tâches que nous avons imposées à nos sujets les fluctuations individuelles dans le rendement ne sont pas fonction du métier. Il nous semble que ces différences sont liées à d’autres variables sur lesquelles il ne nous est pas possible de nous prononcer encore et qui feront, croyons-nous, l’objet d’une prochaine étude.
- C’est pourquoi notre conclusion sera très brève : si, à priori, on peut dire qu’il existe un type maçon dont la caractéristique est la lenteur dans les mouvements ou la pensée, la science permet d’élever un doute quant à cette assertion, tout au moins en ce qui concerne les jeunes gens qui font l’apprentissage du métier de maçon, soit de 13 à 18 ans.
- Oue le métier conduise, par la suite, à une lenteur relative de certains mouvements; qu’il engage à la prudence et à une mise en train réfléchie ; que la forme d’intelligence et d’attention des maçons diffère de celle de bon nombre d’ouvriers d’autres corporations, c’est possible.
- Si le temps nous le permet, nous essayerons de dégager les principes essentiels de cette différence, que nous croyons apercevoir dans les conditions de travail du maçon, dans le milieu où il est appelé à travailler, dans son genre d’existence : nourriture, etc., etc...
- Que ceux qui ont bien voulu nous aider pour ce premier essai reçoivent, ici, l’expression de notre gratitude !
- NOTES ET DOCUMENTS
- Une recherche sur la prévision des aptitudes techniques
- Une étude de quatre-vingt-huit élèves des cours professionnels institués dans des écoles communales parisiennes, au moyen d’une batterie de tests collectifs, a permis à H. Laugier, en collaboration avec Mme Horinson et MUe Weinberg, de déterminer la relation entre le succès dans ces épreuves, et le succès au cours d’apprentissage professionnel.
- Les tests comprenaient une épreuve de montage d’objets (adaptation du tes't de Stenqvist), une série d’épreuves de visualisa-
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- lion dans le plan el l’espace, empruntées à la batterie de Minnesota, et à un centre psychotechnique d’U. R. S. S., une série d’épreuves de compréhension de mécanismes (intelligence technique), et un examen d’intelligence abstraite (fiche de 8 pages de Piéron).
- En divisant les sujets en deux groupes égaux, des supérieurs et des inférieurs, d’après leurs notes au cours professionnel, les notes des épreuves psychologiques sont supérieures à la moyenne de 8,91 points pour le premier groupe, inférieures de 9,50 pour le 2e (la différence étant minima pour l’épreuve d’intelligence abstraite). Au bout d’un an une évaluation du succès chez les sujets (soit dans le travail professionnel, soit dans les cours d’apprentissage pour ceux qui continuaient a les suivre) a permis une nouvelle comparaison avec les tests.
- Voici quelques indices de corrélation obtenus.
- Réussite Réussite
- professionnelle au bout immédiate d’un an
- Ensembles des tests........................ 0,41 0,60
- Epreuves techniques seules................. 0,39 0,61
- d’est d’intelligence abstraite............. 0,16 0,46
- Ainsi avec quelques tests techniques on obtient un certain coefficient de prévisibilité, qui est loin d’être négligeable pour une .réussite professionnelle globalement envisagée (travail du bois ou du fer et électricité). jq p
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- La marge des capacités humaines
- Dans un livre qu’il vient de publier (1), David Wechsler, psychologue en chef dans le service psychiatrique de l'hôpital Rellevue, à New-York, a condensé l’ensemble des données qu’il a recueillies sur la variabilité humaine.
- En ce qui concerne la taille et les dimensions linéaires des diverses parties du corps, la variabilité normale comporte une marge moyenne de 1,30 à 1 ; pour les circonférences du cou, du thorax, etc., de 1,52 à 1 ; pour le poids du corps, de 2,32 à 1 ; pour les constantes physiologiques en relation avec le métabolisme (température du corps, nombre de globules sanguins, acide phos-phorique de l’urine, consommation d’oxygène, etc.) de 1,41 à 1 ; pour d’autres constantes physiologiques (pression sanguine, fréquence du pouls (4 de la respiration, etc.), de 2 à 1 ; pour des
- (1) The Range o[ human rapaciti.es, in-8° fie 159 pages, Londres, Baillière, Tindall et Cox, 1935.
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- capacités motrices (temps de réaction, vitesse de tapping, classement de cartes, vitesse de la course, hauteur du saut, etc.), de 2,2 à 1 ; enfin pour une série de capacités perceptives ou intellectuelles de 2,5 à 1.
- Voici le détail de ces dernières, assez peu nombreuses : limite supérieure d’andibilité (4.856 homrnes .de 18 à. 36 ans, en Angleterre), 2,50 à 1 ; âge mental à l’échelle Binet (200 enfants anglais de 5 à 10 ans), 2,30 à 1 ; capacité d’appréhension pour les chiffres entendus (236 adultes), 2,50 à 1 ; enfin apprentissage au forai board (172 enfants américains de 11 ans), 2,42 à 1, à un test facile de substitution (150 enfants américains de 11 à 12 ans), 2,85 à 1, et enfin à un test difficile de substitution (766 garçons de 14 ans), 3,87 à 1.
- Les performances du meilleur d’une série de sujets homogènes n’atteignent guère le triple de celles du moins bon. Toutefois la marge paraît susceptible de s’étendre bien davantage (même en éliminant, bien entendu, tous les cas pathologiques) en ce qui concerne certaines capacités perceptives, comme la finesse d’audition tonale ou certaines sensibilités d’ordre olfactif ou gustatif.
- On eût aimé \oir un plus grand nombre de données sur les marges des diverses capacités mentales ; tout en étant difficile, et avec raison, sur les chiffres recueillis, il eût été possible d’en utiliser un plus grand nombre. En tout cas, l’ordre de grandeur de la variabilité humaine normale est fixé de façon satisfaisante.
- H. P.
- Le « choc » du chômage
- Sur l’initiative du Conseil des recherches de science sociale, une étude de chômeurs intellectuels anglais, au moyen de tests-questionnaires, a été entreprise récemment par N. Israëli (1), qui a mis en évidence une condition, liée à un chômage durable (3 ou 4 ans), comparée par l’auteur aux commotions d’obus, et qu’il désigne du nom cl’ « Unemployement shock » ; au point de vue intellectuel et affectif, les chômeurs se rapprochent des malades mentaux (surtout des anxieux), examinés comparativement, et s’éloignent des étudiants encore à l’Université.
- Le chômage apparaît ainsi comme une cause de « détérioration » mentale pour les anciens élèves des universités qui n’ont pu trouver de situation.
- P.
- (1) Outlook upen the future of british unemployed, olliers, New-York, 1935,
- mental patients and
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- Les temps de réaction en fonction de l’âge (un étalonnage entre 7 et 13 ans)
- Nous tirons des recherches systématiques très complètes communiquées à la Société de Biotypologie par M. et Mme Fessard, Mme Kowarski, M. Laugier et Mlle Monnin (1) et qui constituent un document essentiel, un résumé du tableau d’étalonnage centilé des temps de réactions auditives (simples et de choix) d’enfants .parisiens ayant de 7 à 13 ans, à la fois pour la valeur même des temps et pour la variabilité moyenne (détermination sur une-cinquantaine d’enfants de chaque âge moyen).
- Les temps sont indiqués ici en millièmes de secondes (l’unité des mesures individuelles, étant le centième), et sont seulement données les valeurs des 1er, 2e (ou médian), et 3e quartiles, ou 25e, 50e et 75e centiles. .
- L’excitation auditive était réalisée par le choc de l’interrupteur du d’Arsonval sur le coin de la table, avec addition, pour les temps de choix, de chocs sur un cristalisoir de verre auxquels il ne devait pas y avoir de réaction. Dans une série de mesures de temps simple un signal était donné 2 ù 4 secondes avant l’excitation, dans une autre, il n’y avait pas de signal. Pour les temps de choix, le signal préalable était toujours donné,
- I. — Rapidité
- Réaction auditive Réaction auditive Réaction auditive
- AGE • avec signal sans signa de choix
- 1” Q. Médian 3" Q. 1” Q. Médian 3° 0- O Médian 3° Q.
- 7 ans 253 277 306 295 320 368 419 463 513
- 8 — 229 270 315 258 295 365 363 455 535
- 9 - 209 229 256 232 265 294 381 413 449
- 10 - 195 210 231 225 250 272 343 401 424
- 11 - 184 204 224 214 242 280 315 377 416
- 12 — 172 195 210 201 214 232 310 346 390
- 13 - 171 183 198 195 207 231 304 342 391
- (1) Rapidité et variabilité des temps de réactions chez les enfants d’âge scolaire. Etude du développement avec l’âge. Biolypologie, IV, 2, 1936, p. 49-84.
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- II. Variabilité
- Réaction auditive Réaction auditive Réaction auditive
- AGE avec signal sans signal de choi X
- 1” Q. Médian 3' Q. 1" Q. Médian 3f Q. Ve Q. Médian 3° Q.
- 7 ans.. 41.5 53.6 75.0 40 5 53.0 73.1 41.9 46.3 51.3
- 8 - . . 28.6 43.3 64.4 29.5 44.6 63.1 36.3 45.5 53.5
- 9 — . . 26.3 37.5 47.3 26.6 36.5 51 8 38.1 41.3 44.9
- 10 - .. 21.9 31.2 38.5 24.5 32.0 45.6 34.3 40.1 42.4
- 11 - .. 21.8 27.3 35.5 25.7 35.5 47.0 31.5 37.7 41.6
- 12 - .. 20.0 25.9 33.6 21.3 29.4 40.0 31.0 34.6 39 0
- 13 - . . 16.0 21.9 27.9 21.9 30.6 40.4 30.4 34.2 39.1
- Entre les trois catégories d’épreuves, pour un groupe de même
- âge (10 ans), il existe les corrélations suivantes : entre les deux épreuves de temps simples (avec ou sans signal), 0,77 ; entre temps simple et temps de choix, 0,51 (temps simples avec signal) et 0,38 (temps sans signal).
- Les corrélations avec la réussite scolaire, aussi bien de la rapidité de réaction cpie de la variabilité, ont été sensiblement nulles.
- Un grand nombre d’autres points ont été envisagés dans ce travail qui peut être pris comme un modèle d’exactitude, de précision et d’analyse. H. P.
- La relation de l’efficience visuelle avec l’acuité en médecine légale
- Nous avons donné déjà des indications sur les tables utilisées par des médecins experts devant les tribunaux et qui servent à apprécier les diminutions de capacité professionnelle engendrées par des baisses d’acuité visuelle (1).
- Voici une nouvelle table (2) établie par un ophtalmologiste russe, le Dr Ostrooumoff, et qui a été adoptée par le tribunal civil de Leningrad.
- Cette table évalue les pertes d’efficience à des taux beaucoup plus élevés, lorsqu’un œil est hors de cause, pour les diminutions d’acuité de l’œil fonctionnant, que celle de Paneton que nous avons déjà donnée et dont nous rappellerons ici les valeurs, entre parenthèses (en transformant les valeurs données d’Ostrooumoff5 qui concernent les pertes °/0 d’efficience, en valeurs d’efficience résiduelle). Le Dr Ostrooumoff fait d’ailleurs remarquer, à juste titre,
- (1) Cf. Bul. I. N. O. P., 0? an. 1, p. 14, el 7°. an., 8, p. 15G.
- (2) Eydelnanth, La formule du Dr Oslrooumoff pour l’évaluation de la perte de la capacité de travail dans les cas de diminution de la vision. Annales dOculislique, t. 173, 6, 1936, p. 469-476.
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- que les échelles ordinaires d’acuité, ordonnées en progression arithmétique, donnent une fausse idée des efficiences, car, en passant de l’acuité 1 à 0,9, on perd 10 °/„, en passant de 0,1 à 0,05 on perd 50 °/0, et il a établi des échelles de progression géométrique plus propres à fournir des échelons d’efficience à peu près équivalents. (Voici le tableau ci-joint où, entre parenthèses sont les valeurs d’efficience de Paneton).
- ACUITÉ ACUITÉ IDE L'ŒIL 3L.E MOINS BOUT
- de l'Œil le
- meilleur 1 0 0.9 0.8 0.7 0.6 0.5 0.4 0.3 0.2 0.1 0.05
- ou moins
- 1.0 100 (100) 99 (100) 98 (99) 96(98) 95 (97) 93 (96) 90 (94) 87 (91) 83 (87) 76 (83) 67 (801
- 0.9 97(100) 95 (99i 94(98) 92 (97) 90 (96) 88 (94) 85 (91) 80 (87; 72 (83) 64 (80)
- 0.8 93 (99) 91(98) 90 (97) 88 (96) 85 (94) 82 (91) 78 (87) 70 (83) 62(80)
- 0.7 89 (97) 87 (96) 85 (95) 83 (92) 80 (89) 75 (84) 67 )81) 59 (78)
- 0.6 84 (95) 82 (93) 79 (90) 75 (87) 72 (82) 64 (77) 56 (70)
- 0.5 78 (90) 75 (88) 72 (84) 68 (79) 60(73) 52 (671
- 0.4 71 (86j 68 (82) 63 (75) 55 (67) 47 (60)
- 0.3 61 (78) 57(70) 49 (60) 41 (50)
- 0.2 48 (60) 40 (50) 32 (35)
- 0.1 24 (35) 16(15)
- 0.05 0(0)
- ou moins
- * P
- * *
- Le temps de réaction du conducteur d’automobile
- Nous avons indiqué déjà (B. I. N. O. P., 8° année, 1, p. 16), d’après Human Factor les recherches de H. R. de Silva sur les temps de réaction au freinage dans la conduite de l’automobile (détermination sur 4.000 sujets avec valeur moyenne de 0,440 sec.)
- Des recherches tout-à-fait semblables ont été poursuivies par Bruce D. Greenshield. Le sujet, étant sur un siège d’auto avec un décor de route devant lui et un signal de carrefour, doit lâcher la pédale de l’accélérateur et appuyer sur celle du frein quand le signal passe du vert au rouge. Sur 461 sujets (dont 601 de moins de 14 ans), la moyenne (avec 5 mesures par sujet) a été de 0,496 sec. + 0,0024.
- Mais il y a des positions plus commodes des pédales que d’autres ; avec deux positions différentes, le rétard a été de 0,529 sec. pour l’une et de 0,458 pour l’autre.
- Chez 9 chauffeurs utilisant le pied gauche au lieu du droit, le temps a été en moyenne de 0,294 sec. (avec extrêmes de 0,437 et 0,233). En comparant deux groupes de chauffeurs l’un (145) n’ayant
- (1) Réaction tirne in automobile driving. Journal o[ applied Psychology, XX, 3, juin 1936, p. 353-358.
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- jamais eu d’accidents l’autre (87) en ayant eu, il n’a pas été trouvé de différences (temps de 0,4768 et 0,4775).
- En somme toutes les données s’accordent pour qu’on doive prévoir un temps de réaction de freinage moyen d’environ une demi-seconde. p
- *
- * *
- Répartition professionnelle de la population de la France en 1931
- La Statistique générale de la France fait connaître le dénombrement de la population de la France, d’après les professions exercées, au moment du recensement du 8 mars 1931.
- La population présente comptait 41.228.466 personnes, dont 19.911.676 du sexe masculin et 21 millions 316.790 du sexe féminin. Si on distingue : 1° la population professionnelle ou « active »; 2° les personnes sans profession, c’est-à-dire « vivant exclusivement de leurs revenus ou sans professions rétribuées », y compris les enfants de moins de 15 ans (9.121.320) et les vieillards (1 million 181.293 âgés de 70 ans à 80 ans et 377.239 âgés de plus de 80 ans) ; 3e les personnes de passage en France et travaillant à l’étranger, on obtient le tableau suivant :
- Masculin Féminin Ensemble
- Population active 13.711.487 7.900.348 21.611.835
- Personnes de passage.. 18.247 3.250 21.497
- Sans profession 6.181.942 13.413.192 19.595.134
- Total général 19.911.676 21.316.790 41.228.466
- La population active totale se répartit ainsi :
- Chefs d’établissement ................... 6.236.578
- Employés................................. 3.024.885
- Ouvriers. . ............................. 9.143.545
- Sans emploi................................ 452.815
- Isolés. ...........................'... 2.754.012
- Ensemble....................... 21.611.835-
- Le nombre des chefs d’établissements s’explique par ce fait qu’on y fait figurer les agriculteurs qui ne sont ni employés ni ouvriers, de sorte que la catégorie : « pêche, forêts, agriculture » compte 4.678.825 chefs d’établissement pour 2.140.631 ouvriers, 6.512 employés, 853.319 isolés et 24.893 sans emploi.
- La catégorie « industrie » compte 746.253 chefs d’établissement,
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- 5.494.837 ouvriers, 761.923 employés, 1.131.655 isolés et 329.503 sans emploi.
- Dans la catégorie « commerce » : 759.068 chefs d’établissement, 1.067.097 employés, 352.849 ouvriers, 564.156 isolés et 51.580 sans emploi.
- Les domestiques sont classés en 745.561 ouvriers, 20.612 sans emploi et 27.843 isolés.
- Enfin les professions libérales comptent : 52.432 chefs d’établissement, 1.189.353 employés, 409.667 ouvriers, 177.039 isolés et 20.227 sans emploi.
- CHRONIQUE DOCIMOLOGIQUE
- Les examens ont bien souvent, à 1 heure actuelle, les honneurs de la presse.
- Ou’il s’agisse de ces deux examens bâtards, le certificat d’études et le baccalauréat, dont on ne peut, encore savoir s’ils sont destinés à contrôler des connaissances ou à vérifier des aptitudes, qu’il s’agisse des nouveaux examens de passage dans l’enseignement secondaire, dont il est certain qu ils devraient uniquement contrôler des aptitudes pour les nécessités d’une sélection, ou des projets d’examen à l’entrée des Universités, qu’il s’agisse des concours à l’entrée des écoles spéciales ou de l’internat des hôpitaux, les opinions s’affrontent, les critiques se contredisent. Mais, en fait les traditions routinières ne se laissent guère ébranler, et l’on voit toujours régner l’examen passe-partout auquel est toujours sûr de réussir l’honnête écolier, travailleur et médiocre, clans quelque direction, si spécialisée soit-elle, où il engagera ses pas.
- Un .arrêté du 11 janvier 1917, qui a fixé les règles d’entrée des élèves sages-femmes dans les Facultés, les Ecoles et les Maternités, continue à imposer comme épreuves écrites une composition française, deux problèmes d’arithmétiquè et de système métrique, des questions orales sur la géographie de la France et l’histoire depuis Henri IV et même sur des notions élémentaires des sciences physiques et naturelles. Cela n’empêche qu’on critique les essais de sélection fondés sur des méthodes pourtant mieux étudiées., beaucoup plus encore que les examens auxquels on est habitué, les plus graves défauts des choses anciennes étant facilement tolérés, mais non les moindres des nouvelles.
- Et c’est ainsi qu’à l’entrée de l’enseignement secondaire les épreuves d’aptitude ne sont pas encore organisées, ce cpii est réel lement scandaleux.
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- On y voit opposer de singulières objections, comme celle-ci, du Dr Roume, secrétaire de l’Association des parents d’élèves des lycées de Montpellier :
- « L’organisation officielle d’une orientation professionnelle à l’entrée des établissements d instruction supposerait un triage, lequel comporterait, comme corollaire, un engagement moral vis-à-vis de ceux que l’on aurait; choisis. » Et d’ailleurs, dit-il encore, « il n’existe pas de critérium permettant de tirer des conclusions valables sur ce que donnera plus tard un enfant, lorsqu’il sera arrivé à l’âge d’homme. »
- Les calculs de prédictivité permettent cependant de savoir avec quelle chance d’erreur se feront les pronostics. Mais on aime mieux tirer ou sort et prendre un billet de loterie, en consultant au besoin le fakir. Comment s’on étonner quand on voit la folie de la radiesthésie gagner nos écoles militaires, le pendule devant servir à localiser sur carte des batteriés d’artillerie ! L’O. P. est affaire d’astrologues et de mages comme ceux qu’a visités Clara Candiani dans son enquête de la République « au pays de^ extra-lucides » et qui, au groupe astral, assurent entre autres horoscopes le traitement des hernies et l’orientation professionnelle des enfants.
- Mais enfin, pendant ce temps, La docimologie travaille, en particulier avec les enquêtes anglaises et françaises de la Commission Carnegie, dont l’influence, espérons-le, se fera peu à peu sentir.
- Le beau travail de Laugier et Weinberg a eu les honneurs d’une chronique du Temps, signée par II. Parigot, et dont voici la conclusion : « Les expériences sont d’autant plus troublantes qu’elles posent implicitement le problème : une meilleure organisation de l’examen est-elle pratiquement réalisable ? Est-il possible de réduire les divergences de cotation cl l’influence des facteurs subjectifs dans la correction ? Cela même est la difficulté que la psychologie expérimentale, mère de la docimologie, envisage depuis 1901 (1), et à laquelle elle prétend remédier par ses mesures scien tifiques. Mais d’autre part les tests, ou pour en mieux parler, la psychotechnique sont-ils présentement à même de rectifier ou remplacer la procédure traditionnelle du baccalauréat ? That is lhe question. »
- C’est déjà un grand progrès dans l’opinion que de voir poser la question. jj p
- (1) D;ile de publication de la première édition de la Technique de psychologie expérimentale, par Toulouse,Vaschide cl Picron.
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- A travers les Revues
- La Biotypologie (BulleUn de La Société de Biotypologie) dans ses numéros 1 et 2 de 1936, publie une importante série de communications : Une enquête biotypologique sur un groupe d’enfants issus de mères syphilitiques (Toulouse, Badonnel, Kacenel-lenbogen et Weinberg), un examen du problème des types d’intelligence (H. Piéron), une contribution à la prévision des .aptitudes techniques (Horinson, Laugier et Weinberg), enfin des résultats des recherches sur la rapidité et la variabilité des temps de réaction en fonction de l’âge (A.-B. et A. Fessard, Kovarski, Laugier, J. Mon-nin). ________
- A la Biotypologie, à son domaine, à ses relations avec l’orientation professionnelle, à la nécessité de l’établissement d’un « laboratoire d’essai pour la machine humaine » d’après l’œuvre et les projets d’Henri Laugier, un grand article du Siècle Médical a été consacré par Roger Simonet (n° du 1er août 1936).
- Dans les Eugénies News (1936, t. 21, p. 14), A. Schank relève au cours de six générations, dans la descendance du Maître de chapelle Mathias Linnenberger la présence de 57 personnes ayant montré une aptitude musicale innée tout ù fait nette, particulièrement développée chez 49. ________
- Les Analele de Psihologie (organe de la Société roumaine de recherches psychologiques), publiées à Bucarest sous la direction du professeur Radulescu Motru, par I. M. Nestor, ont, dans leur volume II (1935), donné une série d’intéressantes études et de nombreux et utiles comptes rendus ; signalons en particulier les réponses à l’enquête internationale sur l’emploi des fiches psychopédagogiques, l’étude de Nestor sur les tests pour l’entrée à l’école, et l’article initial de Radulescu Motru sur la psychotechnique (où se trouve annoncé le projet de loi gouvernemental d’organisation de l’orientation professionnelle en Roumanie).
- Dans le Progrès médical (13 juin 1936), Richet intitule un article « L’examen de bonne santé doit être une des épreuves du baccalauréat. » ________
- Le n° 1 (janvier) en 1936, de la Gazette Médicale de Nantes, contient un article de L. Corman : « Une Psychologie concrète, la Morphopsychologie ». ________
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- L’étude de G. Duhamel sur l’orientation intellectuelle et professionnelle de l’enfant a été publiée par Le Nourrisson (mars 1936, p. 65). __________
- Le Paris Médical a donné l’article de Gemelli sur i’étude de la personnalité (13 juin 1936, p. 523).
- Le traitement scientifique de la délinquance est envisagé dans un article, par Manuel, du Britisk Medical Journal (30 mai 1936, n° 3934). _________
- La sélection professionnelle des aspirants à l’aviation de la « Royal Aii- Force » en Angleterre est décrite par Stanbridge. dans The Lancet (20 juin 1936, n° 5886).
- Dans la- Meclicina Ihera (du 4 juillet 1936) une étude du. Dr Perez est consacrée à l’examen et au traitement psychopédagogique des enfants anormaux et délinquants.
- « Existe-t-il un front de penseur ? » c’est la question qu’envisage le Dr Lang dans la Münchener medicinische Wochenschrift (12 juin 1936, p. 977). ________
- La Rivista di Psicologia a publié une intéressante étude de Fran-ziska Baumgarten sur les traits de caractère (n° 3 de 1935), et un article de A. Marzi sur le test des phrases absurdes au point de vue de l’âge mental (N° 2 de 1936), montrant que le stade critique n’est guère atteint avant la douzième année et que, chez les enfants, comme on pouvait s’y attendre, la difficulté est très grande quand les absurdités sont d’un caractère logique et formel.
- Deux études sur la silicose, qui est toujours à l’ordre du jour, l’une des Drs Conrozier et Magnin, dans la Médecine du Travail (janvier 1936, p. 6), avec présentation de radiographies et conseils pratiques sur la lutte contre les poussières dans les mines et la surveillance médicale dès mineurs (avec radiograpie à l’embauchage et annuellement ensuite), et l’autre du Dr Eizaguirre dans les Archives médico-chirurgicales de l’appareil respiratoire (1936, n° 1, p. 1), sur l’observation d’ouvriers atteints de silicose, dont le 'travail consiste à décaper des pièces de fonte avec un jet de sable, dans un atelier surchargé de poussières au point qu’était recommandé l’usage de scaphandres.
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- Le N° 64-65 (avril-mai 1936) de la Coopération intellectuelle publie une importante étude sur les rapports entre l’enseignement secondaire et l’orientation professionnelle. On y trouvera des renseignements précieux sur l’organisation de l’enseignement et sur les essais de préparation professionnelle tentés dans les grands pays européens. _________
- L’Orga publie dans son n° 52 (juillet dernier) un article de Jacques Lobstein sur la sélection du personnel de bureau.
- Dans le N° 1.131 (29 août 1936) de School and Society, J. R. Gerbericii publie les résultats d’une enquête menée auprès de 219 élèves des classes supérieures de collèges américains pour déterminer leur attitude vis-à-vis de différents systèmes d’examens scolaires. ________
- Le N° 1 (juin 1936) de la Revue de l'Orientation intellectuelle renseigne sur les carrières de l’administration des contributions directes, sur celles de l’enregistrement, des domaines et du timbre. ________
- Une note publiée dans le n° 7 (25 juillet 1936) du Bulletin de l'Institut Catholique de Paris sous le titre : « La formation des bibliothécaires », donne des renseignements sur les cours d’Ensei-gnemen't technique et pratique pour les bibliothécaires institués depuis 1935 à l’Institut catholique.
- G. Luca publie dans le fascicule VIII-IX de l’année XI de l’Or-ganizzazione scientifica del lavoro, la description d’un nouveau dispositif pour la mesure collective de différentes formes d’attention. ________
- Nous trouvons dans le n° 6 (juin 1936) de V « U.F.O.D. » (la Documentation en France) une intéressante étude due à la directrice de l’Institut bibliothéconomique de Moscou, Henriette Dur man, sur les bibliothèques et la formation des bibliothécaires en Russie soviétique. ________
- M. Steggerdv et P. Densen publient dans le n° 2 du vol. Vil (juin 1936) de « Child development » des tableaux comparatifs de poids et de tailles des enfants hollandais de Michigan et des indiens de Navahos.
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- La Gazette des Métiers se préoccupe dans son n° 37 (11 septembre) du problème de l’orientation professionnelle dans l’artisanat. _________
- Dans les nos 21 et 23 (25 juillet et 15 août 1936) de Reichsar-beitsblatt a paru une étude signée de Hans Sanerteig sur les vêtements de travail appropriés aux différentes branches de l’industrie en vue la prévention des accidents.
- La Revista de Igrena Sociala donne (n° 5 mai) un article de G. Poenaru Caplesco sur les accidents dus à l’électricité et dans le n° 6 (juin) une étude signée de G. A. Vanci sur la prévention dés accidents provoqués par l’intoxication par le cyanure du sodium et par le mercure.
- L. L. Thurstone publie dans le n° 3 (juillet) de The Educa-tional Record un article intitulé : « Une nouvelle conception de l’intelligence ». _________
- Les carrières de l’herboristerie font l’objet d’un article signé Y. Trouard-Riolle dans le il0 197 (juin 1936) de L'Orientation professionnelle ; celles du contrôle des chemins de fer sont étudiées par G. Chatel dans le numéro suivant.
- M. A. Rosier publie dans le n° 8 (août 1936) du Musée Social le texte de son rapport présenté à la section juridique du Musée Social sur la notion du chômage dans les professions intellectuelles.
- Dans le n° 31-32, vol. V (mars juin) de Revista de Organiza-cion cientifica, S. Esteras Gii. publie une importante étude sur les normes d’hygiène et de sécurité du travail industriel adoptées en Espagne. _________
- Le n° 40 du Bulletin du Bureau international d'éducation donne un compte rendu de la Ve Conférence internationale de l’instruction publique. A signaler tout particulièrement le texte de la recommandation n° 7 aux ministères de l’Instruction publique concernant l’organisation de l’enseignement spécial (sourds-muets, aveugles, arriérés ou instables mentaux).
- Ce même numéro signale des essais de réorganisation en Italie de l’école d’apprentissage continuant la culture générale et la formation professionnelle.
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- Le n° 6 (juin) de Berufsberatung und Berufsbildung comporte deux articles, de J. Schwar e't de M. Dyeppen sur le problème de l’orientation vers les carrières libérales prenant comme point de départ la Ihèse de M. Peypoudat : « L’orientation professionnelle des intellectuels ».
- Le numéro suivant (n° 7) est consacré à la question de la prolongation de la scolarité.
- INFORMATIONS
- Nous rappelons que c’est du 28 au 30 décembre que se tiendra à Home le Congrès international de VEnseignement technique, avec comme rapporteur général M. Scanga. directeur général de renseignement technique en Italie, et comme rapporteurs généraux des quatre questions à l’ordre du jour : MM. Luc (enseignement technique et vie économique). Gemelli (l’orientation professionnelle et sa continuité), Iïiernaux (ia formation du personnel d’atelier pour enseignement pratique), et MUe Masdag (la préparation de la femme à son rôle économique).
- Dans les communications du B.LE.T., signalons celle du professeur Ponzo sur la fiche médicale type dans la question. d’O. P. Les rapporteurs adjoints sont MM. Banissoni (éducation physique d’O. P.), Lomont (travail manuel révélateur d’aptituded), Visco (croissance et, O. P. des adolescents), Mira (aptitudes au travail et aptitudes professionnelles).
- Le droit d’adhésion est de 30 francs et la souscription au compte rendu de 50 francs (à adresser à M. Harlé, 2, place de la Bourse).
- Le secrétaire du B.LE.T. adressera, sur demande, un opuscule, « Voyages, logement, visites, excursions » et les adhérents recevront le programme complet du Congrès.
- *
- * *
- Dans sa séance du 13 février 1936, tenue sous la présidence d'i M. Contenot, la Commission administrative des Comités de patronage d'apprentis de la Seine, a été communiqué, en présence de M. Fontègne, un projet adressé par M. Bozonnet, secrétaire général de 1 Union des comités, et. tendant à l’imifîcation des fiches de renseignements établies en vue de l’O. P., avec diverses parties à remplir par l’élève, le maître, le médecin et le conseiller d’O. P. (projet publié dans le Bulletin officiel de janvier-mars 1930 (n° 8, p. 3-6).
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- Le 22 novembre 1935, les Assises héraultaises de l'Assemblée française de médecine générale ont consacré un important débat à la question de l’orientation intellectuelle et professionnelle de l’enfant à l’âge scolaire, avec un rapport, introductif du Dr Des-foitr et une synthèse d’enquête par le Dr Marthe Giraud. Le recteur Tailliart participa à ces débats qui donnèrent lieu au vote des conclusions suivantes, dont nous empruntons le texte au Montpellier Médical d’avril 1936 (T. IX, n° 4), qui a publié les rapports et le compte rendu de la discussion :
- « 1° Le principe de l’orientation professionnelle paraît excellent et le médecin doit accepter d’y participer activement.
- « 2° Il est impossible d’orienter d’une façon définitive, soit vers des études secondaires, soit vers un métier, un enfant de dix ans.
- « 3° Dans l’état actuel de l’organisation de i’orientation professionnelle, le médecin ne peut, à lui seul, être un orienteur, mais il est indispensable qu’il soit consulté.
- « 4° Le médecin de famille est 1 individualité sociale la plus apte à s’occuper d’orientation professionnelle.
- « 5° En dehors du médecin de famille, l’orienteur professionnel idéal paraît devoir être un médecin physiologiste et psychologue au courant de la technique du métier et des questions économiques.
- « 6° La famille ignorante a intérêt à s’adresser à l’orienteur. La famille instruite peut avoir le même intérêt. Mais l’une et l’autre une fois éclairées devraient prendre seules la responsabilité de l’avenir de leur enfant en dehors de toute ingérence impérative de
- 1 Etat. » *
- * *
- Le professeur de clinique neurologique de la Faculté de médecine de Marseille, Henri Roger, a fait le 6 janvier 1935, une conférence (« Réflexions médicales sur l’orientation professionnelle »), à la demande de l’Union française pour le suffrage des femmes, conférence publiée par le Marseille Médical (73e année, n° 10, 5 avril 1936, p. 425-441), et dans laquelle nous relevons la remarque suivante :
- « A Marseille, j’ai eu la bonne fortune de faire plus ample connaissance avec l’Office d’O. P. et avec son zélé directeur, M. Gérard Boudouresque. J’ai vu comment instituteurs, médecins, psychologues travaillaient avec profit dans une collaboration de tous les instants. Je me suis rendu compte du bon travail qui y était fait. Et j’émets le souhait que, malgré les restrictions budgétaires, les pouvoirs publics non seulement n’abandonnent, pas
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- — ICO
- 1 œuvre à laquelle ils se sont jusqu’ici particulièrement intéressés mais encore la développent et accroissent son rendement profitable à tous. » ^
- * *
- Dans les recommandations de la 5e Conférence internationale de Vinstruction publique tenue à Genève du 13 au 18 juillet, signalons celles qui concernent l’enseignement rural (adaptation de l’école aux conditions de vie locales, développement du goût de la vie rurale par emploi de centres d’intérêt, de méthodes concrètes et vivantes, introduction dans'l’enseignement scientifique de notions utiles à la profession agricole, limitation du nombre des élèves, stages d’information pour les instituteurs ruraux, etc...), et celles qui concernent l’enseignement spécial (création obligatoire de classes ou d’écoles spéciales pour anormaux physiques ou men taux et non pour les seules populations urbaines, éducation comportant, outre la culture spéciale nécessaire, la culture générale et la préparation professionnelle, limitation stricte du nombre des élèves dans les classes et emploi de méthodes actives et concrètes, inspection médicale scolaire, supplément de traitement pour les maîtres de ces écoles possédant un certificat d’aptitude).
- *
- * *
- A l’Assemblée générale tenue le 14 mai 1936, du Service social de l'Enfance, dont Mme Spitzer est la très active et dévouée secrétaire générale, Mlle Gain, dans son rapport de travail, a indiqué comment fonctionnait la consultation d’orientation professionnelle du Service, confiée à Jeanne Monnin.
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- A la Fédération de la Seine des œuvres laïques d’éducation (Ligue française de l’Enseignement) le Centre de renseignements d'O. P. et de direction d'études (3, rue Récamier), publie des fiches de documentation (dont la 8e est récemment parue, consacrée aux adjoints techniques du Service vicinal), au prix de 1 fr. 50, des études d’économie professionnelle (3 fascicules parus), au prix de 2 fr. 50, et des communiqués périodiques sur les débouchés professionnels (abonnement annuel au prix de 7 fr.).
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- Un article du Soir, de Bruxelles (7 avril 1936) expose les projets du nouveau Centre d'orientation professionnelle créé auprès du Musée scolaire national de Bruxelles par le ministre belge de l’Instruction publique, et dirigé par M. Lobet : Publication d’un
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- bulletin, expositions, édition de monographies professionnelles, délivrance d’un certificat de conseiller d’O. P., conférences au personnel enseignant, organisation de filiales, mise sur pied d’un service pratique d’O. P.
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- Dans son bulletin d’informations Orientamento professionale, le directeur G. Scanga signale les communications de psychologie appliquée présentées au 8e Congrès national des psychologues italiens, émanant de Banissoni (Aptitudes au commandement. Joie au travail. Etude psychologique de la personnalité. Test de barrage. O. P. et pléthore professionnelle), de Bonaventura (Coordination sensori-motrice), Boriani (Travail manuel des anormaux psychiques), Calabresi (Aptitudes artistiques)), Cimatti (O. P. des adultes. Sélection des radio-télégraphistes), Del Campo, Gatti, Galdo, Hirsch, Manzi, Niceforo, Palma, Ponzo (Fiche médicale d’O. P. Etude du facteur humain dans le travail agricole, etc...), Sarfatti, Vampa, Vidoni et Mme Maria Diez Gasca (Examen d’intelligence de 1.400 écoliers roumains. Examen d’aptitude à la combinaison. Schéma des consultations d’O. P. à l’Institut de Rome).
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- Du 27 au 31 octobre se réunit à Paris, sous la présidence des ministres Jean Zay et Yvon Delbos, un Congrès technique des bureaux universitaires de statistique, sur l’initiative du président de Monzie.
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- A la veille des Olympiades s’est tenu à Berlin le Congrès international de médecine sportive (27-31 juillet), sous la présidence du Dr Vetterer. A l’ouverture du Congrès, le professeur Latarjet, de Lyon, a pris la parole au nom de l’Association internationale de médecine sportive.
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- La Ligue internationale pour l'éducation nouvelle a tenu son grand Congrès au début d’noût, à Cheltenham, avec participation d’une nombreuse délégation française à la tête de laquelle se trouvait le professeur H. Wallon.
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- Un Congrès international de psychiatrie infantile se tiendra à Paris, à l’occasion de l’Exposition, du 24 au 28 juillet 1937, sous la présidence du Dr Heuyer.
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- Trois questions à l’ordre du jour :
- Les réflexes conditionnels en psychiatrie infantile.
- Les méthodes d’éducation selon les troubles d’intelligence et du caractère chez l’enfant.
- La débilité mentale comme cause de délinquance infantile.
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- Une Psychometric Society a été fondée .aux Etats-Unis en 1935, affiliée à T American Psyehological Association. Elle comprend 150 membres, presque tous américains, en dehors de cinq anglais (dont le professeur Spkarmanj), d’un Chinois (Ciiing Ji Ho), d’un Roumain (Margineantj) et d un Français (IL Piéron’). Le secrétaire est le Dr Paul Horst, qui édile, avec K. Kurtz et un conseil de direction de 20 membres, l’organe officiel de cette Société, Psychometrika, revue trimestrielle, consacrée « au développement de la psychologie comme science quantitative ration , nelle. »
- Trois fascicules de cette importante revue ont déjà paru, avec une vingtaine de mémoires. *
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- Une revue nouvelle, Infancia e Juventudè, est publiée au Brésil (39, rue Alzira-Brandao. Rio-de-Janeiro), par R. Americano, avec j. Moreira de Sousa pour directeur technique, comme revue cl’ « orientation pédagogique » (n° 1 en juin 1936).
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- ' Chez l’éditeur J. B. Baillière a commencé à paraître une nouvelle revue consacrée à l’enseignement et à la vulgarisalion par l’image et par le son, Film (n° 1 en juin-juillet 1936), avec un comité de direction qui comprend entre autres MM. Châtelet et Luc, et M. Lebrun comme secrétaire général. Dans le premier numéro signalons deux courts artimes de MM. Fontègne (Enseignement technique et film) et Flament (Le film moniteur d’enseignement professionnel).
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- L’admission dans les gymnases d’enseignement secondaire, en Allemagne, est maintenant refusée aux jeunes gens ayant des incapacités physiques ne leur permettant pas de participer à l’éducation physique, ou à ceux qui ont des ma,ladies héréditaires. Ainsi on exclut d’avance du droit à l’instruction supérieure les individus dégénérés, s’ils ont des tares physiques.
- Parmi les déficiences créant celte incapacité sont les troubles cardiaques, l’asthme grave accompagné d’atérations organiques
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- persistantes, les maladies chroniques et graves des reins, les troubles visuels dans lesquels la visibilité est moins du tiers de la normale, la surdi-mudité, la surdité et les troubles de l’ouïe, les troubles de la parole dus à des difformités du palais, les maladies nerveuses et cérébrales graves et les troubles endocriniens incurables accompagnés d altérations de F intelligence et de la personnalité ou pouvant les déterminer ultérieurement.
- Dans cette dernière catégorie sont comprise les encéphalites, les scléroses multiples, la maladie de Thomsen, i’ataxie de Friedreich. la syringomyélie, l’atrophie musculaire progressive, le myxœdème et l’épilepsie grave. . *
- L’Ecole pratique de service social, fondée en 1913 (reconnue par arrêté ministériel du 25 avril 1933), comprend des cours théoriques, des leçons pratiques et des stages ; les études durent deux ans et sont sanctionnées depuis 1934 par le diplôme d’état de service social.
- Parmi les débouchés qu’ouvrent ces études, citons : Assistantes au service social à l’hôpital, assistantes aux caisses de compensation, aux caisses primaires d’assurances sociales, a l’Office de protection maternelle et infantile, au service médico-social des habitations à bon marché, assistantes scolaires, directrices d’œuvres d’enfants, de crèches, de dispensaires, de maisons d’observation ou de rééducation, assistantes d’usine, résidentes sociales, secrétaires de foyers, assistantes au tribunal pour enfants, assistantes de police, assistantes aux services sociaux des cheminots.
- Le siège social de l’Ecole pratique de service social est 139, boulevard Montparnasse, Paris (VIe) (secrétaire générale, Hélène Campinchi).
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- L’Ecole technique de publicité dont le Comité de patronage est présidé par MM. Labbé, Luc et Fontègne, administrée par M. Lepoivre, sous le contrôle d’un comité de direction présidé par M. Ruze, ouvre ses cours le 19 octobre 1936, 35, rue des Bourdonnais, préparant en deux ans au brevet professionnel publicitaire (arrêté du 16 février 1932) avec un office de placement des publicitaires brevetés.
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- L’Union nationale du commerce extérieur, dont le directeur général, depuis 1908, est M. Louis Mercier (3 bis, rue d’Athènes), et qui.assure le fonctionnement d’une Ecole technique de représenr-lation et de commerce, signale que de nombreuses situations sont vacantes dans la représentation industrielle et commerciale.
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- La Vie de l’institut National d’Orientation professionnelle
- Enseignement pour la préparation au diplôme de conseiller d’orientation
- (Année scolaire 1936-1937)
- L’Institut décerne un diplôme de conseiller d'orientation aux élèves régulièrement inscrits .ayant suivi avec assiduité pendant deux ans les enseignements théoriques et pratiques organisés pour la préparation à ce diplôme et fait un stage à la consultation d’orientation organisée par l’Institut.
- La préparation du diplôme de conseiller d’O. P. exige une scolarité de deux années (avec assiduité exigée aux cours et aux travaux pratiques entre janvier et mai de chaque année). Le registre d’inscription est ouvert en octobre, novembre et jusqu’au 15 décembre. Les travaux et exercices pratiques auront lieu à partir du 10 novembre. Une session d’examens se tient chaque année dans la deuxième quinzaine de mai.
- Sauf dispense spéciale du comité directeur, ne pourront s’inscrire à l’Institut pour la préparation du diplôme que les candidats âgés de 25 ans au moins et 45 ans au plus.
- Inscriptions. — Pour être inscrit comme élève de l’Institut, il faut présenter une demande écrite, sur papier libre, accompagnée d’un extrait de l’acte de naissance, et une notice sur les études déjà faites et le’s diplômes obtenus. Le registre d’inscription est ouvert au secrétariat d’octobre au 15 décembre. L’admission est prononcée par le Conseil de direction et est justifiée par l’octroi d’une carte d’inscription. Le nombre des inscriptions est limité.
- Pour s’inscrire à l’examen, il faut présenter une demande écrite, appuyée de certificats d’assiduité aux travaux pratiques délivrés par les chefs de travaux, et fournir un rapport de stage. L’admission aux épreuves est prononcée par le conseil directeur, après vérification de l’assiduité aux cours sur les registres de présence. Sur justifications spéciales, des dispenses d’assiduité peuvent être accordées. En particulier, les médecins peuvent être dispensés de certains cours et travaux pratiques ; les directeurs d’Office d’orientation peuvent être dispensés de stage, etc.
- Droits d’inscription et d’examen, dispenses. — Le droit d’inscription (donnant droit aux cours et aux travaux pratiques) est fixé à 150 francs, qui doivent être versés au moment de la délivrance de la carte.
- Le droit d’examen est fixé à 150 francs, versés au moment de
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- l’inscription pour l’examen, dont 100 francs requis pour la signature ministérielle et pour lesquels il ne peut être accordé de dispenses.
- Toutefois seront dispensés des autres droits :
- 1° Les membres de l’enseignement public ;
- 2° Les membres des offices d’orientation professionnelle ;
- 3° Les boursiers des départements et des villes ;
- 4° Les étudiants et travailleurs spéciaux qui, ayant présenté une demande justifiée, auront obtenu la dispense accordée par le Conseil directeur.
- Examen. — Une session d’examen pour l’obtention du diplôme a lieu tous les ans dans la dernière quinzaine de mai, à une date fixée par le Conseil directeur. Les épreuves consistent :
- 1° En trois compositions écrites d’une durée de deux heures chacune et portant sur :
- a) La physiologie et la pathologie (générale et psychiatrique).
- b) La psychologie.
- c) L’organisation de l’orientation et les sciences économiques.
- 2° En trois épreuves pratiques, d’une durée de deux heures
- chacune et relatives :
- a) A l’examen physiologique.
- b) A l’examen psychologique.
- c) A la technique de l’orientation.
- 3° En cinq interrogations orales portant sur :
- a) La physiologie et la pathologie (générale et psychiatrique)..
- b) La psychologie.
- c) L’orientation et les sciences économiques.
- d) La pédagogie.
- e) La technique des métiers.
- Nota. — I mrsque la composition écrite sera exclusivement consacrée à la physiologie, l’interrogation orale portera exclusivement sur la pathologie, et inversement. De même, lorsque la composition écrite sera exclusivement consacrée à l’organisation, l’interrogation orale portera exclusivement sur les sciences économiques et inversement.
- Les épreuves écrites sont cotées de 0 à 20. En outre, sont adjointes aux notes de ces épreuves des notes relatives au travail de Tannée, données par les chefs des travaux pratiques et de stage, sur uh maximum de 0 points par matière (physiologie, psychologie, le fil.s collectifs, bibliographie, stage auprès de la consultation), soit un maximum de 30 points.
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- Un total de 45 points est nécessaire pour être admissible aux épreuves pratiques.
- Les épreuves pratiques sont également cotées de 0 à 20, et un total de 30 points est nécessaire pour être admissible aux épreuves orales.
- Les interrogations orales sont cotées de 0 à 10.
- Pour être definitivement admis, il faut un minimum total de 100 points. La mention assez bien est accordée aux candidats dont le total des points atteint 120 (moyenne de 12 sur 20) ; la mention bien à ceux dont le total des points atteint 140 (moyenne de 14 sur 20) ; et la mention très bien à ceux dont le total atteint 160 (moyenne de 16 sur 20).
- La mention figure sur le diplôme décerné aux candidats admis.
- Le bénéfice des admissibilités (première ou deuxième admissibilité) acquises à une session d’examen, pourra être conservé à la session suivante.
- Horaire des Cours et Travaux pratiques
- Cours (1)
- Lundi, 17 heures, du 1er février au 26 avril : Organisation de VO. P.
- Lundi, 18 heures, du 11 janvier au lor mars : Pédologie, 8 leçons ; du 8 mars au 26 avril : Technique des métiers, 6 leçons.
- Mercredi, 18 heures, du 13 janvier au 5 mai : Psychologie. 15 leçons.
- Vendredi^ 18 heures, du 8 janvier au 9 avril : Economie politique, 12 leçons ; du 16 avril au 7 mai : Pathologie, 5 leçons.
- Samedi, 18 heures, du 9 janvier au 10 avril : Physiologie, 12 leçons ; du 17 avril au 1er mai : Pathologie, 2 leçons.
- Travaux pratiques
- Mardi, 17 heures (au Conservatoire des Arts et Métiers) : Travaux pratiques de physiologie (MUe C. Veil), à partir du 10 novembre.
- Jeudi, de 9 h. 30 à 11 h. 30 (au laboratoire de psychologie de la Sorbonne) : Travaux pratiques de psychologie (M. M. François), à partir du 12 novembre.
- Jeudi, à 14 h. 30, séance de stage d’orientation. Les élèves de 2e année seront répartis, pour les stages, par M. Fontègne et dési-
- (1) Tous les cours seront faits au Conservatoire national des Arts et Métiers 292, rue Saint-Martin.
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- gnés comme assistants à la consultation d’O. P. en accord avec Mlle Biscay. (Réunion des élèves de 2e année à TL N. O. P. le 12 novembre, à 14 heures.)
- Samedi, de 16 h. 30 à 17 h. 30, du 9 janvier au 20 mars : Technique des tests scolaires (Mmo Henri Piéron, au laboratoire de la Sorbonne).
- Programme
- Pour les programmes détaillés des cours, consulter le numéro d’octobre 1934 du Bulletin de l'Institut, page 222.
- Les programmes suivis pendant l’année scolaire 1936-1937 sont ceux de première année.
- La Vie des Centres d’Crientation professionnelle
- Le Concours de rédaction de l’Office d’O. P. de la Chambre de commerce de Bourg
- Ce concours, du 11 juin 1936, nous dit M. Mosnier, secrétaire du jury, a réuni :
- Pour le premier groupe : 162 garçons et filles.
- Pour le deuxième groupe : 121 garçons et filles.
- Pour le troisième groupe : 132 garçons et filles entre lesquels des prix d’une valeur totale de 750 francs ont été répartis.
- « Les correcteurs, écrit-il, éprouvent chaque année un plaisir nouveau à parcourir ces copies où, déjà, la personnalité des auteurs se manifeste... Aimeriez-vous exercer ce métier?... »
- Cette question provoque des réponses souvent pertinentes et ne manquant pas, parfois, d’originalité. Les professions les plus diverses retiennent l’attention de ces adolescents, mais on doit reconnaître que, dans l’expose de leurs motifs, les fillettes mettent une note plus sensible que les jeunes gens.
- Telle écolière rêve, dit-elle, d’être maîtresse d’école — entendez bien maîtresse et non institutrice — et ce vocable dit bien toute son ambition. Etre institutrice, c’est, semble-t-il, pour elle, exercer une profession comme une autre, c’est s’assurer avant tout un gagne-pain, être « maîtresse » c’csl beaucoup plus, c’est régner sur un petit peuple, non en despote, mais par la confiance affectueuse, car, dit notre future éducatrice, rien n’est aussi doux (pie de sentir se poser sur soi, le regard affectueux, reconnaissant, des petits, que de les voir venir à vous pleins de confiance.
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- T elle fillette n’ignore p,as combien la profession d’infirmière requiert le don de soi, une activité se manifestant toujours avec douceur, sympathie. Cependant, cette profession l’attire irrésistiblement ; elle se sent pour tous ceux qu’afflige la souffrance, des trésors de tendresse ; et cette déclaration est si spontanée, si naïvement sincère, qu’on aurait garde d’en sourire, bien qu’elle émane d’une enfant de douze ans.
- Nombre de copies font écho aux préoccupations matérielles qui pèsent si lourdement sur notre époque. Louable pensée chez certains d’embrasser la profession préférée, sans doute, mais aussi, souci d’occuper au plus tôt un emploi pour ne pas imposer trop longtemps aux parents, la lourde charge des études.
- Reflet aussi de l’incertitude de l’heure que le souci manifesté par d’aucuns, de choisir une profession qui assure, avant tout, une rémunération régulière.
- Pour gauches qu’elles soient parfois, les réflexions de ces adolescents, par les élans, les intentions qu’elles manifestent, n’en sont pas moins réconfortantes. En cette période où, entre autres raisons, la pléthore des effectifs rend la tâche des éducateurs souvent ingrate, elles donnent la mesure des ressources qu’offre, malgré tout, ce public scolaire parfois un peu exubérant, mais en fin de compte, si attachant. »
- Nous donnons ci-dessous les sujets proposés au concours de rédactions :
- Premier groupe : Elèves de La classe du C. E. P. E. 162 candidats.
- Sujet : Choisissez parmi vos connaissances une personne (pie vous voyez souvent et dites ce que vous savez et pensez de son métier. Pour quelles raisons ce métier vous conviendrait-il, ou ne vous conviendrait-il pas ?
- Deuxième groupe : Elèves des cours préparatoires à l’E. P. S. ou au cours complémentaire. 121 candidats.
- Sujet : Pour quelles raisons êtes-vous entré au cours préparatoire ? Ou’allez-vous faire en quittant la classe que vous fréquentez actuellement ? Pourquoi ?
- Troisième groupe : Elèves de 3e et 4e année d’E. P. S. ou de cours complémentaire. 132 candidats.
- Sujet : Vous allez vraisemblablement bientôt terminer vos études dans l’établissement que vous fréquentez en ce moment. Pensez-vous avoir bien fait ou mal fait en les continuant ? Donner vos
- raisons.
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- Activité des Offices d’O. P.
- M. Ménessier nous ,a adressé son rapport annuel sur le fonc tionnement en 1934-1935 des comités d’O.P. d’Asnières-Colombes-Levallois.
- L’activité de ces comités s’est répartie : 1° Dans vingt écoles, totalisant soixante-quatre classes, où 2.442 enfants ont été atteints par des causeries et des entretiens ;
- 2° Dans les sept bureaux de ces comités, où 1.151 familles ont fait 1.485 visites.
- M. Ménessier rappelle que le 'tirage du bulletin des offices d’O. P. a atteint un tirage de 27.500 exemplaires.
- D’autre part, il signale quelques très intéressantes expériences faites à l’aide du test d’intelligence générale du test d’aptitudes techniques de l’I. N. O. P. (test Piéron) à l’école d’apprentissage Chenard et Walker et dans les maisons Olida et Hotcbkiss.
- Enfin dans deux écoles de Levallois un service complet d’O. P. a été institué. Chaque élève des cours supérieurs R et A et des cours complémentaires possède maintenant en vue de son O. P. un dossier comprenant :
- 1° Une rédaction sur la profession choisie, la première profession de remplacement, la profession la moins désirée avec raisons à l’appui du choix ; 2° une fiche médicale ; 3° une fiche scolaire ; 4° un test d’intelligence générale. j p
- La Vie de l’Association des Anciens Élèves de I I. N. O. P.
- Banquet du 10 juin
- Depuis la publication du dernier Rulletin, un banquet a réuni, sous la présidence de notre cher maître Piéron, et de Madame, une trentaine d’anciens élèves auxquels avaient bien voulu se joindre de sympathiques professeurs, toujours fidèles : Mlles Veil et Weinberg, M. François.
- Le repas se déroula dans l’ambiance agréable qui est de tradition.
- A l’heure des toasts, Mlle Biscay, présidente de l’Association, fit part des excuses et des regrets de ceux qui n’avaient malheureusement pu assister au banquet et exposa l’activité de l’Amicale.
- Puis M. Piéron manifesta une fois de plus la sympathie qu’il éprouve pour les anciens élèves. Il nous exprima l’espoir que bientôt, enfin, une organisation de l’O. P. sera réalisée. Il demanda à tous — et notamment à Mlle Biscay — de contribuer à établir une monographie de l’orienteur.
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- Projet Contenot. Audience Contenot. Audience Paty
- M. Contenot, président de la 4° Commission du Conseil municipal, a établi un nouveau projet d’organisation de l’O. P. à Paris et dans la Seine.
- Ce projet produisit quelque émotion parmi l’Association des orienteurs et celle des anciens élè\es, qui décidèrent de se réunir à ce sujet.
- Etaient présents : MM. Anfroy, Bunel, Dr Baille, Sinoir et Ménessier ; Mlles Biscay, Joyet-Lavergne, Mamelle ; MM. Metge, Beaume.
- M. Ménessier donna lecture d’une interview de M. Contenot sur l’O. P. parue dans VEducation professionnelle. La discussion fit ressortir que le projet n’était pas parfaitement réalisable dans sa forme actuelle, particulièrement à cause du rôle trop important imposé à l’instituteur et il fut décidé de demander à M. Contenot une audience pour lui en faire part.
- M. Contenot reçut donc une délégation des deux associations comprenant notamment M1Ie Biscay et M. Ménessier, mais il apparut que M. Contenot se refusait à modifier son projet, très étudié, a-t-il dit.
- Mais il se pourrait que ce projet fut intégré dans une étude d’ensemble de la question, ainsi que cela ressortit d’une entrevue de M1Ie* Biscay et Mamelle, de M. Beaume, avec M. Paty, chef de cabinet de M. le Ministre de l’Education nationale.
- Enfin nous gardons un contact étroit avec M. Luc. Attendons donc et peut-être cette fois aurons-nous bientôt l’occasion de nous consacrer au problème de l’O. P. pour lequel, depuis tant d’an-nces, nous avons lutté. Le Secrétaire : C.-G. Beaume.
- Prix Emile Paris. — Au moment d’expédier ce résumé de notre activité, je reçois de Mlle Biscay un « Extrait » de la réunion du Comité de l’Association française pour le dé\eloppement de l’Enseignement technique, accordant à notre Association le prix Emile Paris, d’une valeur de 200 francs, avec le motif suivant :
- « Par ses monographies professionnelles et ses recherches relatives à la détermination des aptitudes, ladite Association est une auxiliaire des plus précieuses de l’orientation professionnelle. »
- Signé : Mortier.
- Nous remercions la grande Association sœur. C.-G. B...
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- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- Th. Weisenburg, Anne Roe et Katiiarine E. Mc Bride. —- Adult Intelligence. — In-8° de 155 pages. New-York, Commonwealth Fund, 1936.
- Le Dr Weisenburg avait, pour permettre une appréciation plus exacte des troubles pathologiques en neuro-psychiatrie, organisé des recherches destinées à préciser l’état normal. Il est mort avant que les résultats des recherches sur l’intelligence normale des adultes, entreprises sous sa direction, aient été publiées, et ce sont ses collaboratrices qui ont rédigé cet important volume.
- Nous y trouvons une introduction précise sur les examens d’intelligence, des données sur les sujets et leur choix (malades d’hôpitaux exempts d’affections neuro psychiatriques ou glandulaires, de mo-ins de 60 mis, ayant ouïe et vue normales et possédant l’Anglais comme langue natale), sur les tests (divers tests d’intelligence verbale et non verbale, et tests de connaissances), sur les résultats numériques, sur des corrélations diverses, sur des comparaisons de groupes (suivant l’âge, le sexe, etc.), avec une discussion, des conclusions et une bibliographie. 11 y a là tout un ensemble de très importantes données. p p
- Pierre Lévy. — Sélection du personnel dans les entreprises de transport. Le laboratoire du travail du réseau de l’Etat (avec préface de R. Dautry). — In-8° de 39 pages. Paris, Hermann, 1936.
- C’est une conférence d’un ingénieur en chef aux chemins- de fer de l’Etat, faite, en décembre 1935, au Conservatoire national des Arts et Métiers, qui inaugure, chez l’éditeur Ilermann, une série d’exposés consacrés à la Biologie du travail et à la Biotypologie, sous la direction de H. Laugier. On trouvera, émanant d’un technicien qui a pris une grande part à l’organisation du magnifique laboratoire du travail du réseau de l’Etat, un exposé précis qui montre bien toute l’importance pratique d’un service scientifique humain tel qu’a su le réaliser sur des bases biologiques larges et compréhensives, H. Laugier, avec le concours de Mlle Wein-berg. h. P.
- Marc E. Morgaut. — Les intérêts de l’enfant et Orientation professionnelle (avec préface par II. Piéron). — In-8° de 151 pages. Edition de l’Office d’O. P. du Loiret, à Orléans, 1936.
- Extrait d’une thèse soutenue à l’I.N.O.P., cet ouvrage du direc-
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- tour adjoint de l’Office départemental d’O.P. du Loiret, qui résulte d’un utile effort de réflexion sur les problèmes concrets que pose la pratique de l’O. P. rendra un réel service à tous les orienteurs.
- Le rôle des intérêts est incontestable dans la réussite professionnelle. Mais il faut connaître les intérêts véritables, sous les manifestations superficielles de goûls souvent suggérés.
- Le problème est bien posé, appuyé d’exemples concrets.
- H. P.
- Quelques livres entrés récemment à la Bibliothèque de l’Institut d’Orientation professionnelle
- Emilio Verdesio. — La Ensenanza especial en el Uruguay. — Imprenta Nacional 1934, Montevideo, 261 p.
- Manuel de VApprenti el du Compagnon (deuxième fascicule). —-Edité par la Chambre Syndicale des constructeurs en Ciment armé de France, 3, rue de Lutèce, Paris, 139 p.
- Edouard Boutry. — Le Solfège du Travail industriel. — Editions Eugène Figuière, Paris, 189 p.
- Henri Noyelle. — Utopie libérale, Chimère socialiste, Economie dirigée. — Librairie du Recueil Sirey, 1934, Paris, 233 p.
- Colette Hallu. — L'Avenir professionnel des enfants anormaux et délinquants (Thèse). —- Librairie Générale de Droit et de Jurisprudence, 1934, Paris, 219 p.
- L’Activité de la Chambre d’apprentissage de la maçonnerie du béton armé et de la Fédération industrielle des matériaux de construction. — Résumé des Travaux 1931-34, 3 ex. juin 1934, .125 p.
- Harry Dexter Kitson. —- Vocational guidance through the Li-brary. — American library Association, 1931, Chicago, 31 p.
- Dr H. Wallon. -—- Les Origines du Caractère chez l’enfant. — Roivin et Cie, 1934, Paris, 267 p.
- Dr Robert FIonegger. — Der bildungswert der manuellen betaeli-gung. — A.-G. Gebr. Leemann et C°, 1929, Zurich et Leipzig, 133 p.
- A. Boje, E. Borup, IL Ruetzebeck, etc... — Die V olkserziehung in Daenemark. — Hermann Boehlaus Nachfolger, 1931, Weimar, 293 p.
- Prévention des accidents du travail dans les travaux de maçonnerie. — Préface de M. J. Fontègne (3 ex.). — Chambre d'apprentissage de la maçonnerie, du béton armé, etc., etc., Paris, 121 p.
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- 8e Année
- N“ 9-10
- Novembre-Décembre 1936.
- BULLETIN
- DE
- l'Institut National d'Orientation Professionnelle
- LE MÉTIER D’ASSUREUR
- par
- M. CARTERON (i)
- Balzac aurait dit quelque part, d’un de ses personnages : u Ne sachant plus que devenir, il se fit agent d’assurances. » Heureux temps ! Il est vrai que ceci fut écrit il y a près d’un siècle, au moment où l’assurance était dans l’enfance. Les choses ont changé depuis cette époque. Pourtant, il subsiste encore aujourd’hui dans certains esprits, des idées beaucoup trop simplistes sur le métier d’assureur. Pour beaucoup de gens, ce métier se ramène à deux fonctions : percevoir des primes et payer-des sinistres. Et même pour certains, ce métier est si simple qu’il suffirait de le confier à l’employé des postes ou au percepteur de chaque commune.
- Dans l’état actuel des choses, ces vues sont vraiment puériles et périmées. Le métier d’assureur, comme je vais le montrer ce soir, est devenu, en réalité, un des plus complexes et des plus délicats qui existent, un de ceux qui demandent les connaissances et les aptitudes les plus diverses et qui, par suite, peuvent tenter le plus les travailleurs intellectuels.
- L’assurance, comme vous le savez, s’est insérée dans tous les actes de la vie. Tout d’abord, limitée aux « fortunes de mer », elle s’est rapidement étendue, au cours du xixe siècle, à toutes les opérations de prévoyance liées à la durée de la vie humaine, à la réparation des dommages causés aux choses
- (1) Compte rendu de l’excellente conférence faite le 22 mai 1936, par M. Carteron, du comité des assurances, à l’association des anciens élèves de l’Institut national d’Orientation professionnelle.
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- et aux personnes par les mille événements fortuits qui peuvent assaillir l’homme dans la vie moderne. L’assurance est devenue un besoin ; elle a pris et continue à prendre un développement prodigieux qui pourrait bien être comme l’un des signes les plus marquants, de notre civilisation.
- Rappelons brièvement les très nombreux objets sur lesquels elle porte :
- On y distingue tout d’abord deux grandes classes :
- — Les assurances maritimes, relatives aux risques de mer
- et de transports par mer ;
- — Et les assurances terrestres.
- Ces'dernières, les plus variées et les plus importantes, comportent de nombreuses branches : l’assurance sur la vie à laquelle on peut rattacher les opérations de capitalisation et d’épargne, l'assurance contre l’incendie, l’assurance contre les accidents : accidents du travail, accidents automobiles et d’aviation, assurances individuelles, assurances contre les risques les plus divers (grêle, mortalité du bétail, bris de glaces, dégâts des eaux, responsabilités cviles diverses : médecins, pharmaciens, architectes, propriétaires d’immeubles, etc., etc.), assurances contre le vol, contre les transports terrestres. Les Anglo-Saxons qui sont, dans ce domaine, beaucoup plus audacieux que nous, couvrent même certains risques exceptionnels tels que ceux contre la chute de pluie un jour de fête ou de manifestation sportive, risques contre la naissance de jumeaux, contre le célibat, etc., etc.
- Ainsi voyons-nous déjà apparaître une première spécialisation dans le métier d’assureur. Les conditions du métier d’assureur sur la vie diffèrent nettement de celles d’assureur incendie, accidents ou maritime ; chacune de ces branches comporte des spécialités bien déterminées.
- Les sociétés d’assurances sont, en définitive, dans les domaines les plus divers, « des marchands de sécurité ». Elles ne peuvent scientifiquement et techniquement fonctionner que si leurs opérations sont basées sur la loi des grands nombres et si les risques quelles assument sont suffisamment divisés et sélectionnés, pour qu’un ou plusieurs sinistres importants ne viennent détruire l’équilibre de leurs opérations. S’il n’en était pas ainsi, elles ne pratiqueraient plus l’assurance, mais
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- *un jeu et un jeu des plus dangereux. Cette notion de la division des risques a conduit à créer une vaste organisation internationale qui s’appelle la réassurance, d’après laquelle l’assureur garde pour lui une partie seulement du risque qu’il a souscrit et cède le surplus à des sociétés spécialisées, tant nationales qu’étrangères. Ces dernières .conservent également une faible partie du risque et cèdent à leur tour le surplus à leurs correspondants, si bien que grâce à ces cessions réciproques, les risques de chaque pays se trouvent pour ainsi dire, dilués, répartis en poussière sur les assureurs du monde entier. Si un sinistre important survient, le monde entier intervient pour le réparer. Cette très belle organisation, obtenue à la suite de cinquante ans d’efforts dus à des hommes de bonne volonté exerçant la même profession dans tous les pays, constitue, à n’en pas douter, une des liaisons internationales des intérêts les plus fortes qui aient été librement instituées dans le monde économique. A l’heure actuelle, elle constitue une des conditions impérieuses de la technique de l’assurance. Elle fait apparaître dans le métier d’assureur une nouvelle spécialité : la réassurance, qui comporte un fonctionnement très particulier.
- Mais quelles que soient les branches exploitées, on peut discerner, dans toutes les sociétés d’assurances, une série de fonctions qui se retrouvent dans chacune d’elles, fonction scientifique, commerciale, financière, juridique ou contentieuse, technique, administrative. En analysant rapidement ces fonctions, on verra apparaître les divers emplois qui en découlent et les qualités nécessaires au personnel pour les remplir.
- a) Fonction scientifique
- Les sociétés d’assurances, nous l’avons dit, sont des marchands de sécurité. Une des premières fonctions à remplir consiste donc à déterminer le juste prix auquel doit être vendue cette sécurité. Cette détermination est des plus délicate et donne lieu aux applications des sciences mathématiques les plus élevées et notamment du calcul des probabilités. Ces sciences ont trouvé leur application principalement dans le domaine des assurances liées à la durée de la vie humaine
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- Les « actuaires » qui sont chargés de ces études doivent posséder une culture scientifique très étendue et plusieurs d’entre eux se sont classés, tant en France qu’à l’étranger, parmi les plus grands savants. Dans la vie courante des sociétés, la nécessité de ces travaux se traduit par l’existence d’un service de l’acturiat ou de la statistique qui, dans la branche vie, étudie les combinaisons nouvelles et recueille les résultats des combinaisons en cours ; dans la branche accidents et incendie dresse les statistiques permettant de déterminer le prix de revient des diverses catégories de risques. Ces services emploient l’outillage le plus perfectionné et notamment les machines à statistiques qui sont, comme vous le savez, des merveilles d’ingéniosité mécanique. Ils comportent un personnel varié depuis les simples employés affectés au dépouillement et aux transcriptions des événements, aux manipulations des machines, jusqu’aux actuaires eux-mêmes. Tout ce personnel sédentaire doit, posséder des qualités de conscience professionnelle de minutie, d’ordre et d’exactitude. Il ne faudrait pas toutefois supposer qu’il soit nécessaire que tous possèdent des connaissances scientifiques importantes.
- b) Fonction commerciale. La Production
- Une fois les tarifs moyens établis par catégories', il reste à placer les contrats auprès du public. Cette tâche commerciale, de première importance puisque d’elle dépendent la vie et le développement des sociétés, est dévolue à ce qu’on appelle les services producteurs. Ils comportent, en dehors des' services du siège social, un personnel réparti sur tout le territoire.
- Les producteurs d’assurances se classent en deux catégories : les Agents, d’une part, et les Courtiers ou assureurs-conseils, d’autre part.
- Les. agents généraux exercent leur action en province. Ils sont les mandataires des sociétés ; leur rôle consiste à rechercher dans la branche où ils travaillent et dans une portion du territoire qui leur est dévolue, des affaires pour une société déterminée à laquelle ils sont liés, puis de gérer les risques qu’ils ont fait accepter à leur compagnie. Ils utilisent fréquemment des sous-agents qui agissent pour leur compte dans
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- leur circonscription: Le nombre de ces agents est considérable. Chaque société, comme.vous le savez, a institué un réseau serré d’agences et il n’est pas de ville de quelque importance qui ne comporte des représentants de toutes les compagnies françaises et même étrangères, pas de bourg, pas de village où l’on ne trouve des sous-agents ou des démarcheurs ajoutant souvent à un autre mélier, celui de rechercher des affaires d’assurances. On a évalué à 300.000 environ le nombre des personnes qui vivent de l’assurance en France.
- On a prétendu parfois que c’était là un luxe coûteux et inutile de personnel et que l’idée de l’assurance était suffisamment implantée dans les esprits et les tarifs suffisamment bien établis pour qu’il soit superflu de démarcher d’une façon aussi intensive la clientèle. C’est là méconnaître complètement l’utilité pour le public de l’organisation actuelle. Les agents des diverses sociétés se font, en effet entre eux, une concurrence très vive et c’est grâce à cette concurrence que le public obtient de payer sa sécurité au plus basvprix. Les tarifs déterminés par les statistiques sont, en effet, des tarifs moyens qu’il serait à la fois brutal et injuste d’appliquer à tous les risques de même catégorie indistinctement, quelle que soit la qualité respective de ces risques. L’action des agents permet d’aller plus loin, de rechercher en profondeur le juste prix. Elle a pour effet de discerner les caractères spéciaux de chaque risque, les conditions particulières qui le rendent plus léger ou plus lourd et d’adapter ainsi, autour du tarif moyen, la prime à chaque risque individuel. Elle permet de recevoir les multiples desiderata du public et de les traduire en des formes nouvelles de contrats, c’est-à-dire de faire progresser, d’une manière continue, la technique de l’assurance. Enfin, l’agent qui tient à conserver son client dont il est parfois l’ami s’ingénie à lui être utile. Il sert d’intermédiaire bénévole entre ce client et la société en vue d’obtenir les multiples facilités qu’entraînent les modifications ou renouvellements de contrats, ainsi que dans le règlement des indemités en cas de sinistres. Il est tenu de quérir les primes chez son client. Finalement, ce dernier se trouve, grâce à l’organisation actuelle, servi dans les meilleures conditions et au plus prix.
- Quelles qualités doit-on demander à ce personnel? L’agent d’assurances est au premier chef une personne ayant un mé-
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- lier actif et ses fonctions l’appellent plus à l’extérieur qu’au bureau. It doit évidemment connaître à fond les multiples formes des contrats de la branche qu’il représente, le détail de leurs conditions générales, leurs avantages particuliers, la législation et la jurisprudence qui s’y rattachent. Dans son action journalière, il lui faut, en outre, pour réussir, des qualités exceptionnelles d’activité, d’allant et d’agilité d’esprit, de souple ténacité pour amener la clientèle à lui, la convaincre et la retenir. Dans le poste de confiance qui lui est donné, il lui faut enfin, de toute évidence, une intégrité parfaite et pour les besognes administratives et techniques qui lui sont confiées, de l’ordre, de la méthode ainsi qu’une can-naissance suffisante de la comptabilité pour assurer convenablement sa gestion.
- L’importance des agences est très différente suivant les régions où les villes où elles sont établies et le personnel qui les compose présente les formations les plus diverses. Certains d’entre eux possèdent la plus haute culture intellectuelle, juridique ou scientifique et si, aujourd’hui, au lieu de la phrase de Balzac on lisait dans quelque roman moderne : (( Après être sorti de l’Ecole polytechnique, il se fit agent d’assurances », cette phrase correspondrait à une réalité dont on pourrait trouver maints exemples. La très grande généralité du corps des agents d’assurances est composée d’hommes de valeur très assidus à leur tâche et très conscients des devoirs que leur charge leur impose.
- Est-ce indispensable, comme on le croit trop généralement de posséder une certaine fortune pour devenir agent d’assurances et acquérir un portefeuille ? Il ne faut pas oublier que les portefeuilles des agences restent la propriété des compagnies. Certes l’agent qui quitte une agence conserve un certain droit sur une part des commissions de son portefeuille, part qui est, en général, payée en plusieurs annuités et retenue à son successeur. Il est bien certain, en outre, que les compagnies recherchent, principalement dans les grandes villes, pour les représenter, des personnalités ayant des relations étendues et appartenant à un certain niveau social. Mais ce qu’elles apprécient surtout dans leurs agents, ce sont les qualités indispensables que j’ai signalées plus haul. Innombrables sont les cas d’agents qui, sans ressources à l’origine.
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- mais bons techniciens, anciens fonctionnaires des compagnies ou d’une agence, anciens fondés de pouvoirs sont arrivés dans le métier d’agent d’assurances à des situations enviables par leur seule valeur et leur effort personnel.
- Les agences importantes emploient elles-mêmes un personnel administratif : fondés de pouvoirs, comptables, employés de bureau, personnel sédentaire spécialisé dans les fonctions qui leur incombent.
- Les courtiers ou assureurs-conseils se différencient des agents d’assurances par le fait qu’ils ne sont liés à aucune compagnie. Représentants d’une clientèle qui leur appartient, ils orientent cette dernière vers les compagnies de leur choix, celles qu’ils jugent présenter les conditions les plus avantageuses. Par eux, une concurrence très vive s’établit entre les compagnies. En principe, leur action est limitée à Paris où les compagnies ne possèdent pas d’agences et dans certaines grandes villes, alors que l’action des agents est réservée à la province. Leur nombre est beaucoup moins élevé que celui des agents ; ils emploient eux-mêmes tout un personnel de sous-courtiers et de démarcheurs, ainsi qu’un personnel administratif pour la gestion des affaires.. Les qualités qui leur sont nécessaires sont sensiblement les mêmes que celles demandées pour les agents généraux.
- Les propositions des agents et courtiers sont reçues au sein des compagnies et examinées par les services de production spécalisés par branches et catégories. Ces services occupent un personnel considérable. Il faut, en effet, que ces propositions soient étudiées avec soin, que les conditions particulières des risques soient appréciées, le montant de la prime déterminé et les polices établies. Le personnel occupé à ces besognes doit évidemment posséder une connaissance approfondie de la tarification, des conditions des polices (générales et particulières) ; il lui faut beaucoup d’activité car la besogne est lourde et, dans les cadres, des connaissances techniques importantes ainsi que des qualités de jugement et de souplesse commerciale, car on se trouve chaque fois placé devant l’alternative suivante : ou laisser partir la clientèle avec des primes trop élevées en mécontentant agents et courtiers, ou accepter avec des primes trop faibles, des risques dangereux. Une longue pratique du métier est la meilleure des formations dans ce domaine.
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- Fonction juridique et contentieuse. — Règlement des sinistres
- La fonction juridique et contentieuse s’exerce dans les conflits qui peuvent naître entre les sociétés et les tiers, principalement dans la question des règlements de sinistres.
- A ce sujet encore, bien des idées fausses subsistent.
- On accuse volontiers les sociétés d’avoir par trop l’esprit contentieux et de chercher trop souvent à reculer l’échéance des responsabilités qui leur incombent, sous le couvert de la procédure. Voyons exactement ce qu’il en est.
- Dans les sociétés d’assurances sur la vie et de capitalisation, les litiges avec les assurés sont très rares. Les contrats fixent le montant des indemnités à verser dans des cas bien déterminés et l'exécution de ces conditions ne souffre, en général, pas de difficulté.
- Dans les questions d’assurances contre les accidents du travail, la procédure en cas de sinistre est fixée par des lois et décrets en la matière et les indemnités sont déterm-nées par des règles précises en fonctions du salaire et de la durée ou de la gravité de l’invalidité. Les contestations sont donc, en général, tranchées sans difficulté par les tribunaux compétents à la suite de constatations de faits relativement simples et dont le plus compliqué est la détermination du pourcentage d’invalidité consécutive cà un accident. Cette branche d’assurance nécessite la création d’un service contentieux dont la besogne matérielle est très importante, mais dont le fonctionnement ne crée pas de difficultés particulières avec le public.
- Dans les assurances dites de droit commun (automobile, responsabilité civile, incendie, etc.), la questions revêt une complication beaucoup plus grande car, à côté de la constatation matérielle des faits et de la détermination du montant des réparations à verser, se joint une question de responsabilité qui, à moins d’un accord amiable, ne peut être tranchée que par les tribunaux. Les sociétés ont donc été amenées à constituer des services importants étant donné le nombre très élevé des dossiers de sinistres qui sont déclarés dans ces branches d’assurance. Pour vous donner une idée de l’ampleur de ces opérations, je vous indiquerai seulement que.
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- dans la société accidents.à laquelle j’ai appartenu pendant plusieurs ànnées, le nombre des dossiers de sinistres déclarés était, annuellement, de l’ordre de trois cents mille, c’est-à-dire d’environ mille par jour. Ceci vous montre le travail administratif colossal qui en résulte : constitution des dossiers, constatation des conditions du sinistre, expertise matérielle ou médicale, travail de conciliation, correspondance, etc. Or, sur cetle masse de dossiers, il n’y en a pas plus de 2 % qui sont versés au contentieux. Tous les autres, c’est-à-dire plus de 98 % des cas, sont réglés à l’amiable.
- Les sociétés font tous leurs efforts pour arriver à ce règlement amiable qui est dans leur intérêt et qui les dispense elles-mêmes, ainsi que leurs clients, des frais, des lenteurs et des aléas d’un procès. C’est là une circonstance, en général, complètement ignorée dit public et qui pourtant correspond à la réalité. Les sociétés sont d’ailleurs souvent incitées à la conciliation par leurs agents el courtiers qui ont intérêt à ce que leur clientèle soit ménagée et qui souvent s’interposent en sa faveur.
- Restent les quelques cas où, après un effort de conciliation resté vain, les responsabilités ne pouvant être déterminées, les demandes paraissant beaucoup trop élevées, les dossiers donnent lieu à un procès.
- Ces procès sont suivis par des services spécialisés composés par un personnel versé dans la science juridique et ayant acquis une connaissance complète de la jurisprudence relative aux assurances. Ces services sont évidemment importants, les jeunes gens possédant les différents grades en droit, peuvent y trouver un débouché intéressant.
- A côté des services purement contentieux et s’y rattachant, se trouvent, comme je l’ai indiqué, des services de règlement de sinistres qui ont plutôt un caractère administratif et qui sont matériellement très importants. Tout sinistre survenu donne lieu à déclaration, à constatation, souvent à expertise, à appréciation du dommage et des frais, à essai de conciliation puis à règlement définitif. Un personnel très nombreux est attaché à cette besogne dont les cadres doivent posséder dans leurs spécialités diverses, des connaissances techniques. Ces cadres sont secondés dans leurs appréciations par tout un
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- personnel d’experts : mécaniciens, médecins, pharmaciens, ingénieurs agronomes, inspecteurs de la Compagnie, etc.
- Les qualités que l’on peut demander à ce personnel administratif et qui est, en général, sédentaire, sont, avec le minimum de connaissances indispensables qui s’acquièrent d’ailleurs par la pratique, l’ordre et la conscience professionnelle et surtout des qualités de pondération et de jugement qui doivent conduire à une équitable appréciation des choses.
- Du bon fonctionnement des services des sinistres dépend, en grande partie, le sort des sociétés. On comprend facilement qu’une société qui paierait mal ses sinistres perdrait finalement sa clientèle. Celle qui saurait mal se défendre contre les demandes excessives et même contre les fraudes, ferait très rapidement des pertes importantes. Trouver la juste mesure ou subir la sanction des faits, tel est le stimulant et le frein de cette industrie.
- Fonction financière
- La fonction financière est évidemment des plus importantes'. L’industrie même des assurances sur la vie et des sociétés de capitalisation consiste essentiellement à recevoir des primes de leurs assurés, à les mettre en réserve et à les capitaliser à un taux minimum résultant du contrat, pour verser finalement soit après décès, soit après certaines circonstances stipulées au contrat, des sommes fixées à l’avance. Dans les sociétés incendie et risques divers, il est également indispensable de mettre en réserve les parts de primes qui .ouvrent les risques pendant une durée non encore courue ou les parts de primes correspondant à des sinistres déjà survenus et non encore réglés. Tous ces fonds constituent ce qu’on appelle les réserves mathématiques et les réserves techniques. Les catégories de valeurs selon lesquelles ces placements doivent être faits sont réglementées par les lois et décrets. Ce problème des placements est des plus délicats. 11 se complique encore pour les sociétés qui travaillent à l’étranger, ou qui acceptent des risques situés à l’étranger, par des questions de change, d’instabilité monétaire et de conjonc-économique générale dans les divers pays.
- J’indique en passant combien est fausse l’idée que les réser-
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- ves ainsi constituées appartiennent en propre aux sociétés dont elles constitueraient en partie les profits et représenteraient des fonds libres dont on pourrait éventuellement disposer. Elles sont, en réalité, la contre-partie des engagements pris par les sociétés et leur existence, leur maintien, leur composition sont, en général, étroitement contrôlés par le ministère du Travail.
- Les placements sont décidés par les conseils d’administration et c’est là qu’apparaît la nécessité, pour ces conseils, de se composer d’hommes rompus aux questions financières et industrielles : banquiers, hommes d’affaires, ingénieurs, etc., dont la compétence, l’expérience, la connaissance approfondie des différents types de placement sont indispensables pour éviter des erreurs. La division même de l’assurance en un grand nombre de sociétés concurrentes (il existe en France plus de mille sociétés anonymes et plusieurs milliers de sociétés mutuelles) donne au public, notamment pour cette question de placement des fonds, une sécurité indéniable en ce sens qu’elle limite, par la division des risques, le montant des erreurs possibles et évite le danger terrible qui consisterait à concentrer dans quelques mains la masse considérable des sommes à placer pour toute l’assurance française.
- A celte question des placements se rattachent : d’une part, celle de la conversation et de la gestion tant du portefeuille mobilier que du domaine immobilier ainsi constitué (service de conservation des titres et service des immeubles) ; d’autre part, celle qui intéressé la vie financière des sociétés et en particulier, le transfert de leurs propres titres qui sont, en général, essentiellement nominatifs.
- La fonction financière ne nécessite pas des effectifs très nombreux. A la tête des études, il faut évidemment des hommes rompus à la science financière et à la pratique des opérations. Ce rôle, quand il n’est pas assumé par les directeurs eux-mêmes, est, en général, confié à des actuaires secondés par un personnel spécialisé. Dans les grandes sociétés possédant un vaste domaine immobilier, le service des immeubles prend une grande importance. Il comprend des ingénieurs, des architectes pour les constructions neuves et les réparations et un personnel subalterne qui doit, évidemment, être apte à remplir toutes les fonctions nécessitées par la
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- gérance de ce domaine et connaître à fond les lois qui régissent la propriété immobilière.
- Fonctions techniques diverses
- L’exercice du métier d’assureur l'ail enfin appel aux techniques les plus diverses. Par exemple, dans l’appréciation des risques pour l’assurance des accidents du travail, il faut pouvoir apprécier les dangers ou les avantages d’une installation industrielle et cela pour les usines de toutes spécialités. Dans l’assurance contre l’incendie, il faut pouvoir apprécier les dangers plus ou moins grands que présente l’installation d’une usine ou d’un immeuble, évaluer la valeur des biens assurés, apprécier le montant des dommages subis, matériels et corporels. Ceci nécessite la mise en œuvre des connaissances de l’ingénieur et de l’architecte pour les immeubles et les installations, du médecin, du pharmacien pour les hommes, du joaillier pour les vols de bijoux, du vétérinaire pour la mortalité du bétail, de l’ingénieur agronome pour la grêle et l’assurance des récoltes, du mécanicien pour les automobiles, etc., etc. 11 n’est certes pas nécessaire que l’assureur possède toutes ces techniques, mais il doit être malgré tout, à même d’apprécier les conclusions qui lui sont présentées. Et, en fait, les grandes compagnies, dans leur personnel, sont amenées à admettre des personnalités de formations techniques les plus diverses qui sont indispensables à la direction pour étayer son jugement et prendre ses décisions.
- Fonctions administratives et directoriales
- Toutes les fonctions que nous venons de passer rapidement en revue doivent être orientées, harmonisées par une administration centrale ordonnée et animée par une direction à qui incombe une tâche dont vous pouvez juger, dès maintenant, la complexité et l’arnpleur.
- Les compagnies comportent donc au siège social une vaste administration occupant souvent un nombreux personnel dont on peut estimer les effectifs totaux à 40.000 environ. Ce personnel est réparti dans tous les services selon sa spécialité et ses compétences.
- Voici par exemple comment sont répartis,’dans une grande compagnie d’assurances accidents, les différents services :
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- Toul d’abord, les services peuvent être classés en trois catégories :
- 1° Les services de « Direction » remplissant les fonctions de direction et d’intérêt commun ;
- 2° Les services diis « Commerciaux » que leurs fonctions mettent plus spécialement en rapport avec le public et qui comprennent :
- a) La production des contrats ;
- b) Les sinistres ;
- c) Le contentieux.
- 3° Les services dits « Administratifs » comprenant :
- a) L’administration des polices;
- b) La statistique ;
- c) La comptabilité ;
- d) La réassurance.
- Les services de direction proprement dits comprennent, sous la direction du directeur, assisté par le directeur adjoint, et le secrétaire général :
- a) Le secrétariat de la direction (service de la correspondance ;
- b) Le service financier :
- 1° Bureau d’études économiques et financières ;
- 2° Service des valeurs mobilières ;
- 3° Service des immeubles ;
- 4° Service des transferts.
- c) Les études techniques et d’organisation générale (études qui ne sont pas de la compétence d’un service pris isolément) ;
- d) Le contrôle général ;
- e) Le service du personnel et du matériel :
- 1° Personnel ;
- 2° Matériel et assiette des bureaux du siège ;
- 3° Gardiennage, sécurité, hygiène ;
- 4° Communications téléphoniques, voitures plantons ;
- 5° Economat ;
- 6° Imprimerie ;
- 7° Archives générales et magasin.
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- /) Service social ;
- g) Service de la répression des fraudes ;
- h) Conseils de la compagnie (juridiques, fiscaux, etc.).
- Le personnel affecté à l’ensemble de ces services est encadré comme dans une vaste administration et comprend les échelons suivants :
- Garçons de bureaux, employés subalternes, dactylographes', commis d’ordre, rédacteurs, commis principaux, sous-chefs, chefs de bureaux et chefs de division.
- Il bénéficie, en général, d’œuvres sociales importantes et de pensions de retraites. Les situations qu’il occupe offrent un grand caractère de stabilité et le renouvellement se fait principalement à la base après la mise à la retraite des plus anciens. On peut estimer de 2 à 5 % au maximum chaque année, la part des effectifs qui se renouvellent.
- Nous en arrivons maintenant, Messieurs, à une question qui vous intéresse au premier chef : la façon dont le personnel nécessaire aux assurances est recruté aujourd’hui.
- En vous montrant la complexité du métier d’assureur, je vous ai fait entrevoir par cela même qu’il n’y a pas d’établissements scolaires qui forment et qui puissent former dès l’adolescence des assureurs comme, par exemple, une école d’électricité forme des ingénieurs électriciens, une école normale des professeurs. Les compagnies d’assurances font donc appel, pour le recrutement de leur personnel et de leurs cadres, à des jeunes gens formés aux disciplines universitaires les plus diverses et, pour la très grande généralité du personnel subalterne, à des jeunes gens ayant une instruction élémentaire. Le personnel achève d’ailleurs sa formation le plus souvent par la pratique, en passant dans les différents services ou emplois et aussi en suivant des cours pour adultes dans diverses institutions prévues à cet effet.
- En ce qui concerne l’emploi dans les cadres de diplômés de l’enseignement supérieur, je puis vous fournir une statis-tqiue qui a été donné récemment au Bureau universitaire des statistiques et qui détermine le pourcentage des divers diplômés employés dans les compagnies d’assurances :
- Sur 100 employés possédant des diplômes de l’enseignement supérieur, on rencontre :
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- 1° Diplômés de la Faculté de droit (docteurs,
- licenciés ou capacitaiies).................. 78,90 %
- 2° Licenciés ès sciences........................ 5,70 %
- 3° Anciens élèves de l’Ecole polytechnique.... 2,20 %
- 4° Anciens élèves de l’Ecole centrale des arts et
- manufactures................................ 1,30 %
- 5° Diplômés des instituts d’actuaires........... 3,50%
- G0 Diplômés des diverses grandes écoles (sciences politiques, hautes éludes commerciales). 5,70 % 7° Anciens élèves de l’Institut agronomique et
- écoles d’agriculture........................ 0,50 %
- La plus grande partie du personnel est donc recrutée à la base parmi les jeunes gens ayant parfois une instruction élémentaire. En général, dans ce dernier cas, on fait passer un petit examen aux candidats, qui correspond pour l’orthographe, la rédaction et le calcul, à un bon certificat d’études primaires. Ce personnel se forme ensuite dans les bureaux mêmes de la comagpnie, grâce à une pratique indispensable, mais il trouve aussi à sa disposition toute une série d’institutions d’éducation pour adultes qui permettent aux sujets inlelligenls el énergiques, de compléter leur instruction générale, de la perfectionner et de prétendre ensuite aux plus hauts postes. Il n’est pas rare de voir, même dans les plus grandes compagnies, au poste de directeur général, des hommes qui ont débuté dans la société par des emplois les plus modestes, avec une instruction élémentaire.
- La série des institut ions pour formation des adultes, en ce qui concerne les assurances, comprend les enseignements les plus divers, depuis la science actuarielle la plus élevée jusqu’aux connaissances élémentaires de droit, de procédure et d’assurance. Les principales de ces institutions sont les suivantes :
- a) L'Institut des Acinaires Français,- 79, avenue des Champs-Ely-sées, à Paris.
- Cet institut a pour but d’encourager et de développer l’étude des mathématiques appliquées laid aux opérations financières el viagères qu’aux institutions de prévoyance qui prennent des engagements à long terme' et de recruter, par voie d’examen, un corps d’actuaires offrant, à ce double poinl de vue, toutes les garanties de compétence et d’honorabilité.'
- Il comprend quatre catégories de membres :
- 1° les membres agrégés qui ont seuls voix délibérative el, qui sont
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- exclusivement choisis parmi les membres diplômés, âgés de plus de 28 ans ;
- 2° les membres diplômés qui doivent être français et majeurs ;
- 3° les membres correspondants qui ne peuvent être que des actuaires de nationalité étrangère ;
- 4° les membres d’honneur qui doivent avoir contribué au développement des études de mathématiques financières.
- Pour l’obtention du titre de membre agrégé, les épreuves consistent principalement en une thèse originale traitant une question qui se rattache à la profession d’actuaire et soutenue devant le jury par son auteur.
- Pour l’obtention du titre de membre diplômé, les épreuves comprennent des compositions écrites et un examen oral sur le calcul infinitésimal, le calcul des probabilités, les opérations de banque, de bourse et de change et le calcul des intérêts composés ainsi que des annuités, l’économie sociale, l’organisation des institutions de prévoyance, de la statistique et les assurances de toute nature.
- A la fin de 1935, le nombre des membres agrégés était de 24, celui des membres diplômés de 115.
- Cete institution, qui fait honneur à notre pays, a une réputation mondiale.
- bj Association philotechnique. Institut des Finances et des Assurances (Mairie Drouot).
- Cet institut dispense le soir des cours sur la science des finances et des assurances. Il prépare notamment aux examens et concours, les candidats au litre de membre diplômé des Actuaires français. Il délivre, en fin d'études, un diplôme qui peut être décerné au titre finances, au titre assurances ou bien encore au litre assurances et finances. Pour être admis aux épreuves en vue de l’obtention de ce diplôme, le candidat dot s’être fait inscrire parmi les élèves de l’Institut pour l’exercice scolaire précédent et avoir participé aux compositions de fin d’année pour au moins deux cours professés à l’Institut.
- Les épreuves consistent au premier degré, en des examens écrits et oraux et, au deuxième degré, en une soutenance de llièse.
- Cette instruction générale et professionnelle est donnée gratuitement. 11 est perçu simplement un droit d’inscription de 10 francs permettant de suivre tous les cours de l’Association.
- c) Conservatoire national des Arts cl Métiers.
- Le Conservatoire national des Arts et Métiers a institué un cours public et gratuit sur la théorie générale des assurances et assurances sociales. Comme matières enseignées, il comporte le calcul des probabilités, les sciences financières et la théorie des assurances.
- d) Institut de statistique de l'Université de Paris.
- L’Université de Paris a également fondé des cours pratiques comportant les éléments d’économie politique, mathématiques, cours d’opérations financières, méthodes statistiques, application des méthodes statistiques aux affaires, théorie des assurances sur la vie, cours de démographie cl statistique sanitaire el, enfin, des cours relatifs à l’hygiène, la médecine et à l’assistance sociale.
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- e) Dans le même ordre d’idées, il a été fondé à l'Université de Lyon un Institut de sciences financières et d’assurance créé par un décret du 4 juin 1930. Cet insfitut dispense aux étudiants un enseignement qui dure deux ans et qui comporte des matières se référant à l’ensemble des connaissances techniques et pratiques d’ordre mathématique el d’ordre juridique ressortissant à la Finance, à la Banque et aux Assurances.
- Un diplôme d’actuaire est délivré par l’Université de Lyon comme sanction des études de l’Institut aux élèves ayant passé tous leurs examens avec la mention « Bien » ou « Assez Bien » ; les élèves ayant obtenu une moyenne égale ou supérieure à 10, mais inférieure à 13, reçoivent un certificat d’études.
- f) Ecole de la législation professionnelle, financière el coloniale.
- Cette école, administrée par la Chambre de Commerce de Paris, a ouvert une série de cours qui ont lieu le soir, au siège de l’école, 3, rue Armand-Moisant, les mardi, mercredi, jeudi et vendredi.
- Aucun diplôme universitaire préalable n’est exigé pour l’admission en première année. La limite d’âge minima est fixée à 17 ans. Il n’y a pas de limite d’âge supérieure
- L’entrée en deuxième année est subordonnée à un examen de passage. Cette admission, comme l’obtention du diplôme, ne sont accordées qu’aux élèves ayant atteint la moyenne de 10 pour l’ensemble des épreuves, sans toutefois qu’aucune d’entre elles ne soit notée au-dessous de 7.
- Cette école comporte différentes sections dont la section financière et d’assurance. Il est perçu un droit de scolarité de 300 francs par an qui donne entrée à tous les cours et conférences de la section choisie. Des bourses d’études peuvent être d’ailleurs accordées en totalité ou en partie, dans des conditions déterminées par la commission administrative.
- g) Ecole polytechnique d’assurance, 76, rue Bonaparte, à Paris.
- Cette école comporte des cours oraux, publics et gratuits professés au Palais de justice à Paris. L’enseignement comporte deux années d’études :
- lre année. — Etude des généralités communes à toutes les branches d’assurances, théorie générale de l’assurance et de la réassurance, droit usuel aux procédures appliquées aux assurances, droit fiscal spécial aux assurances, comptabilité des assurances, assurances maritimes ;
- 2e année. — Spécialisation par branche d’assurance : incendie, accidents du travail et droit commun, vie, capitalisation, épargne.
- Les cours ont lieu le soir, de 20 heures à 21 heures et de 21 heures à 22 heures. Aucune condition de stage préalable, aucun titre universitaire ne sont exigés. Les dames et les jeunes filles sont admises à suivre les cours et à prendre part aux examens de fin d’année. Il est prélevé un simple droit d’immatriculation de 20 francs.
- L’école délivre un diplôme après examen passé devant une commission spéciale et comportant des épreuves écriLes et des épreuves orales.
- Il a été également institué à cette école un cours de préparation / au courtage comportant deux années d’enseignement.
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- Enfin, à côté des cours oraux, il a été créé par l’Ecole polytechnique d’assurance des cours par correspondance portant sur les mêmes matières que celles enseignées dans tes cours oraux.
- Cette école qui rend les plus grands services au personnel et à a jeunesse studieuse des assurances, dispense son enseignement à près de 400 élèves par an dans ses cours oraux et à 600 élèves dans ses cours par correspondance. Ces cours ont rencontré un succès marqué même à l’étranger, notamment en Belgique, au Brésil et en Egypte.
- Les professeurs sont des directeurs et chefs de services importants.
- Vous penserez certainement comme moi que nous devons un tribut de reconnaissance et d’admiration aux hommes qui, d’une manière complètement désintéressée et modestement, consacrent les maigres loisirs que leur laisse un métier très lourd, à l’enseignement de ceux de leurs jeunes camarades de la même profession qui n’ont pas eu comme eux l’avantage d'une éducation scolaire étendue. C’est là un bel exemple, ignoré généralement, d’esprit social, que vous apprécierez certainement, qu’il nous plaît particulièrement de saluer devant vous.
- Messieurs,
- Comme je vous l’ai indiqué au début de cette causerie, vous avez pu constater l’extrême variété que présente le métier d’assureur. Vous avez pu voir l’importance du personnel employé par les sociétés d’assurances : plusieurs centaines de milliers de producteurs dans les services actifs, 40.000 employés des sièges sociaux dans les services sédentaires. Un métier aux aspects les plus divers. L’utilité pour le personnel des formatiojis les plus différentes, la nécessité d’un stage pratique de longue durée, la possibilité pour les jeunes gens les mieux doués, même de condition modeste et d’instruction élémentaire, de se perfectionner dans les connaissances générales et professionnelles grâce à l'organisation de cours d’adultes et de prétendre à l’accession aux emplois les plus élevés.
- Telles sont les caractéristiques principales qui me semblent résulter de la rapide analyse que j’ai eu l’honneur de faire devant vous et dont le but serait atteint si elle vous permettait d’orienter une partie de la jeunesse intelligente et active que vous conseillez vers la profession d’assureur parfois si injustement décriée.
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- Comment l’instituteur de l’École primaire peut-il contribuer à l’Orientation professionnelle
- par G. CASY
- Instituteur à Mulhouse
- Très souvent le maître d’école est appelé à jouer le rôle d’orienteur professionnel, surtout aux villages et aux petits boorgs.
- Etant donné son aptitude de pénétration psychologique et de l’enfant et des différentes professions il est, dans ces centres, jugé d’être la personne la plus qualifiée pour cela. En effet, de l’enfant il connaît aisément les talents et les déficiences, ainsi que la situation de la famille et ses aspirations. Quant aux métiers, il peut facilement, s’il veut s’y intéresser, les observer et étudier, et tous les patrons se feront un plaisir de lui donner tous les renseignements voulus. 11 a également des vues sur les professions libérales, d’employé ou de fonctionnaire. Il est la personne la mieux placée pour éclaircir, en petits colloques, les situations, discuter les aptitudes, concilier tous les intérêts afin de mener à bien un choix de profession qui est, personne n’en disconvient, l’acte le plus important de la vie. Ce choix ne décide-t-il pas de l’avenir ? et selon lui la vie de l’enfant n’aura-t-elle pas telle ou telle forme ?
- Aussi quelle tâche lourde pour celui qui doit y intervenir, auquel on demande avis ou conseil ou qui prend l’initiative soit d’encourager, soit de gagner une jeune personne pour une profession déterminée ! Mais combien noble aussi et plein de mérite si par ces interventions des erreurs graves et de tragiques conséquences sont évitées.
- Pour l’instituteur de l’école primaire le problème de l’orientation professionnelle se présente différemment suivant' qu’il exerce à la campagne ou dans la grande ville. Alors qu’à la campagne il garde en classe souvent toute la gamme des intelligences de la recrue de son village, il ne lui reste en ville que les enfants moyennement ou peu talentés. Les biens doués le quittent peu à peu pour aller fréquenter l’école pri-
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- maire supérieure ou le lycée, s’ils n’ont pas préféré d’y aller dès leur premier jour scolaire. En ce qui concerne l'orientation professionnelle il n’entre donc pour l’instituteur primaire de la grande ville guère autre chose en question que les métiers manuels et quelques petits emplois de bureau et de commerce. En ce qui concerne les professions de fonctionnaires il a éventuellement à songer à celles d’agents des postes, du chemin de fer, des ponts et chaussées (cantonnier), des eaux et forêts (éclusier, forestier) et de la douane (douanier).
- Dans la grande ville les enfants sont journellement en contact avec un bien plus grand nombre de professions qu’au village. Ils voient tous les jours une multitude d’objets façonnés de main d’artisan mais aussi des articles fabriqués de l’industrie. Pourtant de leur propre observation, ils ne connaissent guère plus des branches d’activité des hommes que les petits villageois, si ce n’est la mécanique, qu’ils méconnaissent d’ailleurs. De ce fait la situation est empirée : le mécanicien est leur idole. L’instituteur de la ville a donc autant à enseigner à la petite gent que son collègue du village.; mais il est plus heureux en ce qui concerne les possibilités de démonstration, vu qu’il a à sa portée une scala plus riche et plus variée de processions. 11 trouve, par exemple, dans la peinture, à côté de la branche du badigeonneur de bâtiments, le peintre décorateur : le spécialiste en faux marbre, en faux bois, en enseignes, le peintre sur verre, le ver-nisseur de carrosseries et de meubles, le dessinateur et l’artiste peintre'. Il y a le graveur de plaquettes, le graveur sur rouleaux métalliques pour l’impression des tissus et sur rouleaux en bois pour les papiers peints, etc., etc...
- Le maître qui entreprend à donner à ses élèves des notions exactes sur les différents métiers dispose de plusieurs moyens très goûtés. Ils ne dédaignent pas d’écouter des conférences radiophoniques, de voir des projections lumineuses sous forme de films ou de vues fixes. Mais le moyen le plus efficace et le plus fructueux c’est toujours l’exposé du maître accompagné de l’étude de l’objet façonné ou de l’outil et de l’exécution du métier même, c’est-à-dire de la visite à l’atelier ou à l’usine. Abstraction faite, du premier, j’en use de tous ces moyens. Au cinéma de jeudi, ou dans les séances du cinéma
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- scolaire sont, de temps en temps, projetés des films professionnels. Les écoles de Mulhouse ont ensuite à leur disposition des lanternes magiques et des petits films (Rotschloss) donnant des projections fixes.
- J’ai personnellement réalisé une assez riche collection d’objets façonnés illustrant des branches de l’industrie et de l’artisanat de la place. Ces objets en main, on peut donner aux enfants un grand nombre d’indications sur les phases de la fabrication, le caractère et la provenance des matières premières, leur manipulation, les qualités requises pour le travail, l’apprentissage et l’examen de compagnon, le fini du bon travail, le marché de la main-d’œuvre, les salaires, la situation économique du métier. Je n’oublie non plus de leur parler de la valeur morale et esthétique du travail en général et de la profession en particulier, mais aussi du travail mal fait et des conséquences possibles, souvent tragiques (accidents de chemin de fer, incendies de bateaux).
- Nous possédons en tout cela un excellent moyen qui nous aide comme pas un autre à atteindre le but principal de tout notre enseignement : ancrer dans lame de nos enfants le respect du travail consciencieusement fait et l’horreur du travail négligé, les persuader de la beauté, de la nécessité et de l’utilité de tout travail manuel ou intellectuel.
- Pour les métiers manuels, se pratiquant dans le petit atelier, je recommande la visite individuelle et j’indique autant que possible les adresses où les enfants sont, à mon savoir, bien accueillis. Je ne fais de visites collectives qu’aux grandes entreprises où l’on peut, lors d’un seul passage, observer plusieurs attitudes de travail et plusieurs détails de la fabrication, voire toutes les phases de la confection d’un objet.
- On demande utilement aux 'enfants une rédaction soit sur leurs propres aspirations ou projets d’avenir, soit sur un métier commenté, soit sur un point particulièrement captivant d’une visite.
- Personne ne nie que ce genre de contribution à l’orientation professionnelle ne soit, très salutaire. En ville, où les parents sont trop enclins a tirer profit de leurs enfants le plus vite possible et à leur chercher une occupation lucrative
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- aussitôt libérés de l’école, il est doublement important et nécessaire.
- Finalement, l’instituteur sacrifiant à l’orientation professionnelle ne manquera pas de souligner la différence entre un simple manœuvre, l’ouvrier spécialisé et l’ouvrier qualifié et celle entre l’apprentissage dans les écoles pratiques ou les sections industrielles des écoles primaires supérieures et dans l’atelier de l’artisan ou dans l’usine.
- Partout où il existe un bureau d’orientation professionnelle à la portée des enfants, il les encouragera à y aller chercher conseil.
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- NOTES ET DOCUMENTS
- Le retard scolaire en Belgique
- Nous extrayons d’une très importante étude faite à Angleur, quelques renseignements sur cette question toujours angoissante.
- M1Ie Jadoulle (1) déclare que près d’un tiers (30 à 35 °/<0 de la population scolaire subit un retard dans ses études ; cette proportion qui est constante depuis quelques années, semble s’aggaver depuis 1931.
- La première année d’étude montre environ 40 /„ de retardés et c’est la troisième année qui arrête le plus grand nombre d’en fanls, car leur niveau intellectuel diminué rend impossible l’assimilation des données scolaires dans lesquelles un peu d’abstraction entre en jeu.
- Les causes du retard sont imputables pour 34 °/0 à la débilité intellectuelle, 25 °/0 à la débilité physique et 30 % à l’influence ne-faste des changements d’école.
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- Le rapport cardio-respiratoire comme test de sélection
- Le Dr de Laet vient de faire connaître un test qui lui paraît de nature à sélectionner les individus aptes aux travaux de force et aux compétitions sportives particulièrement dures (1). Il s’agit de déterminer le rapport de la capacité respiratoire en centimètres
- (1) Adaptation, vol. ITI, 1936.
- (2) Le rapport cardio respiratoire comme test de sélection professionnelle et sportive chez l’adulte normal. Bruxelles Médical, t. 16, n" 39, 14 juin 1936, p. 1246-1248.
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- cubes à la fréquence du pouls à la minute. Quand il y a une grande capacité et un pouls lent, l’aptitude est maxima ; elle,! est minima avec une capacité petite et un pouls rapide.
- C’est en observant un sportif exceptionnellement apte aux compétitions cyclistes de vitesse que L... découvrit l’intérêt de la recherche de ce rapport. Ce sujet bradÿpardique habituel (à 61 pulsations à la minute) voyait sous l’influence de 1 effort sa fréquence cardiaque rarement dépasser 70 et n’atteindre 100 qu’après des (< sprints » de plus de 500 mètres. Sa capacité respiratoire, de 1.800 à 5.000 eme, restait à peu près inchangée après l’effort.
- 11 avait un rapport dépassant 70. Mais les épreuves — statiques cl dynamiques de Martinet ne distinguaient pas ce sujet d’autres beaucoup moins bien doués.
- D’après de Laet, chez l’aduite masculin, ' un rapport cardio-respiratoire inférieur à 35 doit faire éliminer le sujet de tout métier quelque peu musculaire et de tout autre exercice que la gymnastique éducative modérée. Souvent, un état pathologique correspond à ce rapport C. R. insuffisant.
- Le chiffre de 35 à 45 désigne des sujets médiocres, physiologiquement aptes à des professions sédentaires ou n’exigeant que peu d efforts musculaires. Seuls les sports de fond modérés leur sont permis.
- Un rapport de 15 à 55 est celui de la bonne moyenne des sujets capables de fournir sans fatigue certains efforts. Selon leur musculature et leur état de développement, on les autorise à pratiquer les sports de vitesse ou de force, mais non des compétitions.
- Au-dessus de 55, le rapport désigne des sujets aptes aux métiers de force et capables de se livrer sans risques physiques aux sports athlétiques, voire aux compétitions sportives.
- Il faut, naturellement, mesurer avec précision la capacité respiratoire ; pour le pouls, on adopte la moyenne de trois mesures portant sur une minute après un i epos assis de 15 minutes.
- 11 serait intéressant de généraliser la détermination de ce rapport afin de préciser sa signification et sa valeur pronostiqué, ainsi que ses corrélations avec d’autres données fonctionnelles.
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- Les directions des recherches de l’Institut d’anthropologie psychologique de Marbourg et la Biotypologie
- Le professeur Jaenscil, qui a consacré ses recherches à la détermination de types de personnalité, a vu sa situation particulièrement affermie dans le Reich national-socialiste en raison des
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- préoccupations raciales dominantes qui conduisent à donner la première place aux études des types, dans leur personnalité physique et mentale.
- Pour affirmer cette orientation, l’Institut du professeur Jaensch, à Marbourg, s’intitule maintenant Institut d’anthropologie psychologique. Plus que jamais la détermination des types devient la tâche essentielle, avec les conséquences pratiques envisagées pour la formation et l’orientation de la jeunesse au cours de son développement. Mais les types sont envisagés, non tant dans le sens morphologique que dans le sens fonctionnel, la personnalité mentale apparaissant comme présentant- la plus grande importance Et les structures fonctionnelles sont recherchées sur le plan des processus élémentaires dans le domaine pychophysique.
- Les considérations générales présentées à cet égârd par Jaensch précèdent un travail destine à bien montrer l’orientation adoptée de « typologie intégrale » (1).
- Il s’agit d’une étude de capacités adaptatives fondées sur la mesure de 1 adaptation à l’obscurité pour la sensibilité lumineuse et de l’adaptation corrective à des conditions anormales de vision, en faisant porter pendant un certain temps aux sujets des lunettes prismatiques. Les relations avec l’âge, en tenant compte de la distribution des types adoptés d’après la nomenclature de Jaensch (qu’il n’y a pas lieu de discuter ici mais qui est éminemment dis-cu'able) sont suivies chez environ 300 sujets de 9 à 20 ans.
- De façon générale, il apparaîtrait un cycle évolutif présentant un point critique au moment de la prépuberté vers l’âge de 12 ans, la capacité adaptative croissant jusque là, puis dégringolant très vite au moment de la puberté, et continuant à diminuer jusqu’à 20 ans. Sur le fait, Jaensch édifie tout de suite des conceptions générales qui répondent tien à ses tendances métaphysiques.
- Le fait lui-même est-il exact ? (/est possible, bien que la pré cision ne soit pas la qualité principale dans les travaux de cette école et que I on doit, toujours être prudent vis-à-vis des données expérimentales apportées. Mais quel est le mécanisme possible, quel rôle jouent des facteurs purement physiologiques, nutritifs en particulier ? C’est ce qui ne pourrait être, envisagé que par une étude biotypologique complète. On sait trop le rôle que joue la formation du pourpre rétinien, dont l’abondance est conditionnée par la présence de la vitamine A qui entre dans sa structure
- (1) E.-R. Jaensch, Besondere Aufgdben der Psychologie im neuen Reich. — H. Richter : Adaptations vorgange bei verschiedenen Menschentypen und ia den Phasen der Jugendentwicklung. Zeitschrift fün Psychologie, 139, 1-3, 1936. p. 98-102 et 103-164.
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- (d’où l’héméralopie de certaines avitaminoses, comme l’héméralo-pie dite des tranchées pendant la guerre) pour ne pas soupçonner d’importants facteurs de métabolisme, jouant un plus grand rôle que l’attitude mentale plus ou moins « intégrée » ou « eidétique ».
- Une « typologie intégrative », dans la terminologie de Jaensch, doit être une biotypologie dans le sens complet du terme, biotypo-logic que nous espérons pouvoir pleinement édifier en France dans un Institut de recherches rattaché à la Caisse nationale des sciences, d’esprit objectif et libre de toutes les mystiques so-ciales. jj p
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- La ponctualité comme trait de caractère
- Peut-on considérer que la ponctualité constitue un trait de caractère bien individualisé ? C’est ce qu’a recherché G. F. Du-dycha (1), reprenant un essai d’Alport.
- Il a, dans un collège américain, repéré en secret et évalué (en minutes) les retards de 307 étudiants de 16 à 24 ans, soit jaux cours, soit au repas, soit aux exercices sportifs, soit à des réunions privées, soit à des répétitions payantes. Il a mis en corrélation les résultats obtenus de ces valeurs numériques des retards pour les différentes catégories comparées entre elles, et d’autre part il a mis en corrélation la plus ou moins grande ponctualité des étudiants avec l’intelligence, avec certains traits de personnalité déterminés au moyen de F « inventaire » de Bernreuter, avec les données d’un questionnaire relatif à l’attitude du sujet vis-à-vis de la ponctualité.
- Pour un grand nombre de sujets, il n’y a- pas de ponctualité au sens général du terme, car tel est ponctuel aux repas qui ne l’est pas aux cours, ou réciproquement ; la ponctualité se montre spécifique.
- Mais il y a deux groupes extrêmes formés par des individus qui sont toujours en retard, on qui sont, toujours exacts ou en avance, et comprenant environ chacun 20 % du nombre total des étudiants.
- L’existence de ces groupes conduit l’auteur à affirmer que la ponctualité doit bien être envisagée comme susceptible de former un trait de caractère.
- Mais, entre les ponctuels et ceux qui ne le sont pas, on ne trouve au point de vue de l’intelligence ou d’autres traits de caractère
- (1) An objective sludy of Punctuality, in relation to personnalily and achièvement. Archives Psychology, 1936, n° 20i, 53 pages.
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- (tendance à la domination, assurance, tendance névrosique, introversion) aucune différence réellement significative. Et le questionnaire ne permettrait pas d’apprécier la ponctualité réelle, car beaucoup de ceux qui ne sont pas du tout ponctuels se figurent qu’ils le sont. jj p
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- Un questionnaire relatif au tempérament et au caractère
- Le professeur Ostancow a élaboré un questionnaire pour la connaissance des personnalités « prémorbides », pour la détermination du tempérament et du caractère en vue du dépistage des prédisposés aux affections mentales (1). Nous reproduisons ci-dessous les termes de cet intéressant questionnaire.
- Biotype.
- Nationalité.
- Taille.
- Données biologiques
- Poids.
- Constitution physique.
- D’après
- Sphère végétative. Bespiralion. Alimentation. Sphère sensitive. Organe des sens.
- Ivretschmer, Sigaei) et Corman :
- Sphère motrice.
- <toùt pour le sport. Amour de voyager. Formule endocrinienne.
- Tempérament
- D’après Hippocrate :
- 1. Cholérique. 3. Flegmatique.
- 2. Sanguin. 4. Mélancolique.
- D’après Krestchmer :
- 1. Sensitif. 3. Gai.
- 2. Lourd d’esprit (stupide), 4. Triste.
- D’après Fouillée :
- 1. Sensitif à réaction prompte et peu intense.
- 2. Sensitif à réaction lente et intense.
- 3. Actif à réaction prompte et intense.
- 4. Actif à réaction peu intense et lente.
- (1) P. Ostancow ; Tempérament et caractère. Annales médico-psychologiques, juillet 1930, p. 177-186.
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- D’après I. Pavlow :
- ]. Effréné. 2. Vif.
- 3. Calme.
- 4. Peu accentué (faible).
- Tempéraments et questions qui s’y rattachent
- 1. Mobile ?
- 2. Appliqué ?
- 3. Réussit-il vite ? (le sujet).
- 4. Est-il toujours occupé ?
- 5. Persévérant ?
- G. Léger ?
- 7. Impulsif ?
- 8. Décidé ? Actif ?
- 9. Courageux ?
- 10. Pratique ? Adroit ?
- 11. Sensible ?
- 12. Emporté ? Colère ?
- 13. A-t-il jamais cassé des objets, étant en colère ?
- 14. Est-il tolérant ?
- 15. Se console-t-il vite ?
- 16. Se réconcilie-t-il vite ?
- 17. Se laisse-t-il facilement persuader ?
- 18. Tendre ?
- 19. Doux ?
- 20. Chicaneur ?
- 21. Aime-t-il à se disputer ? Est-il querelleur ?
- 22. Excitable ?
- 23. Se met-il facilement en colère ?
- 24. Est-il nerveux ?
- 25. Ne bégaie-t-il pas quand il est agité ?
- 26. Constant ou inconstant ?
- 27. A-t-il de l’empire sur lui-même ?
- 28. Sait-il se maîtriser ?
- 29. Est-il patient ? Prudent ?
- 30. Comment supporte-t-il la douleur ?
- 31. Un bruit le fait-il tressaillir ?
- 32. Change-t-il souvent d’humeur ?
- 33. Ne se sent-il pas fatigué au lever ?
- 34. Se fàche-t-il quand on ne lui cède pas ?
- 35. Dort-il d’un sommeil paisible '
- 36. N’est-il pas sujet aux syncopes ?
- 37. Est-il souvent somnolent ?
- 38. Paresseux ?
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- 39. Quel est le type de son activité ? (de volonté, activité pas-
- sive, impulsive, subite, inerte).
- 40. Attention vive ou distraite ?
- 41. Est-il capable de ne négliger aucun moyen pour satisfaire
- ses désirs ?
- 42. A-t-il jamais voulu s’enfuir de sa maison ?
- 43. Est-il superstitieux ?
- 44. Fait-il de mauvais rêves ?
- 45. Craint-il la responsabilité ? Est-il hanté par celle crainte ?
- 46. N’est-il pas poltron ?
- 47. N’est-il pas peureux ?
- 48. Comment agit sur lui la vue du sang ?
- 49. Craint-il l’orage ?
- 50. Craint-il l’obscurité ?’
- 51. Est-il très sensible ?
- 52. Est-ce un érotique ?
- 53. Est-il dominé par ses passions ?
- 54. A quel âge s’est éveillé son instinct sexuel ?
- Caractère et questions qui s’y rapportent
- 1. Quelle fut toujours l’humeur du sujet ? Etait-elle calme ?
- 2. Stable ou changeante ?
- 3. Bonne ou mauvaise ?
- 4. Gaie ?
- 5. Triste ? (anxieuse).
- 6. Morne ?
- 7. Ee sujet ne se sentait-il pas très triste ?
- 8. Est-il rêveur ?
- 9. A-t-il jamais éprouvé la nostalgie du pays ?
- 10. Est-il optimiste ?
- 11. Est-il pessimiste ?
- 12. Quel temps aime-t-il ?
- 13. Son humeur subit-elle l’influence de la saison ?
- 14. Est-il content de soi ?
- 15. Ne se défiie-t-il pas de lui-même ?
- 16. En quoi voit-il le bonheur de sa vie ?
- 17. A-t-il un penchant pour l’activité musculaire ?
- 18. Eprouve-t-il le sentiment d’inquiétude ?
- 19. Aime-t-il les narcotiques ?
- 20. N’a-t-il pas une trop haute opinion de lui-même ?
- 21. Ne se déprécie-t-il pas ?
- 22. Souffre-t-il de remords de conscience ?
- 23. Se repent-il ?
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- 24. Autocritique ?
- 25. Est-il confiant ?
- 26. Aime-t-il les changements ? (de lieux, d’emplois, etc
- 27. Constant ou inconstant en amitié ?
- 28. Aime-t-il ù bavarder ?
- 29. Est-il animé ?
- 30. Goûte-t-il la plaisanterie ?
- 31. Exagère-t-il ?
- 32. Aime-t-il la médisance ?
- 33. Aime-t-il la calomnie ?
- 34. N est-il pas trop sûr de lui-même ?
- 35. Se laissc-l-il entraîner par ses fantaisies ?
- 36. Est-il insolent ?
- 37. Est-il ambitieux ?
- 38. Est-il coquet ?
- 39. A-t-il beaucoup 'd’amour-propre ?
- 40. Aime-t-il le respect ?
- 41. Aime-t-il la flatterie ?
- 42. Est-il modeste ?
- 43. Est-il timide ?
- 44. Est-il poli ?
- 45. Est-il attentif ?
- 46. Est-il juste ?
- 47. Est-il laborieux ?
- 48. Est-il généreux ?
- 49. Est-il avare ?
- 50. Esl-il dépensier ?
- 51. Est-il franc ?
- 52. Recherche-t-il la société ?
- 53. A-t-il jamais cherché à se rapprocher de quelqu’un
- 54. Entre-t-il facilement en contact ?
- 55. A-t-il délesté, haï quelqu’un V
- 56. Aime-t-il à s’amuser ? Court-il après les plaisirs ?
- 57. Est-ce un égoïste ?
- 58. Est-ce un altruiste ?
- 59. Aime-t-il les enfants ? Les animaux ?
- 60. Est-il croyant ?
- 61. Est-il fanatique ?
- 62. Est-il gourmet ?
- 63. Est-il grand mangeur ? (gourmand).
- 64. Est-il soigneux ?
- 65. Est-il modéré ?
- 66. Est-il bon ?
- 67. Est-il docile ?
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- 68. Esl-il caressant ?
- 69. Est-il ouvert ?
- 70. Est-il droit ?
- 71. Cède-t-il volontiers ? (facilement).
- 72. Est-il tendre avec sa famille ?
- 73. Est-il hostile envers sa famille ?
- 74. Aime-t-il à faire preuve de sa force ?
- 75. Comment se conduit-il en société ?
- 76. Laisse-t-il percer ses sentiments ?
- 77. Les cachc-t-il ?
- 78. N’est-il pas fat ?
- 79. Auto-érotisme ?
- 80. Est-il cruel ?
- 81. Aime-t-il à faire du mal ?
- 82. Aime-t-il à détruire ?
- 83. Èst-il sauvage ?
- 84. Est-il cachottier ?
- 85. Est-il ombrageux, soupçonneux ?
- 86. Est-il craintif, timide à 1 excès ?
- 87. Est-il grossier ?
- 88. Est-il méchant ?
- 89. Est-il jaloux ?
- 90. N’a-t-il jamais ressenti d’aversion pour un homme - Pour
- une femme ?
- 91. Les souffrances d’autrui l’impressionnent-elles ?
- 92. Aime-t-il le luxe ?
- 93. S’attache-t-il aux choses ? (objets).
- 92. Aime-t-il ses proches ?
- 95. Propreté ? (penchant exagéré à se laver).
- 96. Est-il collectionneur ?
- 97. Est-il juste ?
- 98. Est-il reconnaissant ?
- 99. Est-il charitable ?
- 100. A-t-il le sentiment du devoir développé ?
- 101. Pourrait-il se sacrifier ?
- 102. Noblesse de sentiments ?
- 103. Dévouement ?
- 104. Est-il entêté ?
- 105. Est-il fier ?
- 106. Est-il orgueilleux ?
- 107. Est-il poseur ?
- 108. Est-il autoritaire ?
- 109. Veut-il plaire ?
- 110. Est-il heureux ?
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- 111. Est-il content de sa vie ?
- 112. Se sent-il comme tout le monde ou autrement ?
- 113. Est-il compris ? (le comprend-on ?)
- 114. Vit-il comme tous les autres 1
- 115. Ne se sent-il pas étranger dans sa famille ?
- 116. Lie-t-il facilement une amitié ?
- 117. Est-il aimé comme le sont tous les autres ?
- 118. Ne se sent-il pas être suivi ?
- 119. Ne lui veut-on pas de mal ?
- 120. Ne veut-il de mal à personne ?
- 121. Ne tourmente-t-il pas les animaux ?
- L’Intelligence
- 1. Saisit-il vite ? (ridée).
- 2. A-t-il une bonne mémoire ?
- 3. A quoi pense-t-il et de quoi parle-t-il volontiers ?
- 4. Possède-t-il une intuition créatrice ?
- 5. Aime-t-il l’analyse ?
- 6. S intéresse-t-il aux sciences ? A la nature ?
- 7. S’intéresse-t-il au réel ou à l’abstrait ? (lointain).
- 8. Intérêts pratiques ? "
- 9. Ouel est le type de ses jugements ? (réfléchi, profond, pru-
- dent, léger, contradictoire, etc...).
- 10. A-t-il de l’esprit ? Quelle est son éducation ?
- 11. Bon sens ?
- 12. Est-il avisé ? (éveillé).
- 13. Réussit-il dans sa profession ? (spécialité).
- Manière de se tenir (habituelle)
- 1. Vive ?
- 2. Energique ?
- 3. Agile ?
- 4. Négligente ?
- 5. Paresseuse ?
- 6. Lente, avec arrêts ?
- 7. Suivie ? (méthodique).
- 8. Entêtée ? (opiniâtre).
- 9. Incertaine ?
- 10. Imprécise ? (vague, indéfinie).
- En quoi s’est surtout révélée son activité ?
- 1. En imagination ?
- 2. En travail intellectuel ?
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- 3. En création spéculative ou en création spirituelle ? (abstraite).
- 4. En littérature ?
- 5. Dans l’art ?
- 0. Dans la morale ?
- 7. Dans la vie sociale ?
- 8. Dans le travail manuel ?
- 9. Dans les découvertes ? (inventions).
- 10. Dans le sport ?
- 11. Dans la carrière ?
- 12. Ne craint-il pas tout ce qui est nouveau ?
- 13. Comment exerce-t-il sa profession ?
- 14. Aime-t-il les mathématiques ?
- *
- * *
- Le déséquilibre économique résultant du choix aveugle
- AI. Jean Petit, inspecteur primaire en Alsace, rapporte les résultats d’une enquête relative au choix de la profession par 2.708 écoliers de sa circonscription — arrondissement en majorité rural — de 60.000 habitants (1), et qui aboutit aux données suivantes :
- GARÇONS : ont choisi la profession de :
- 380 136 112 106 93 72 56 53 44 41 30 26 26
- Jardinier............................................ 25
- Peintre............................................... 23
- Charron............................................... 18
- Cultivateur Boucher. . .Mécanicien. Boulanger. Menuisier. Coiffeur. . Cordonnier, Forgeron. Pâtissier. . Maçon. . . Cuisinier. Militaire. .
- (1) Un projet de loi sur 10. P., Journal des Instituteurs et des Institutrices, 14 novembre 193G, p. 101-103.
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- Tailleur........................................
- Electricien.....................................
- Berger. ........................................
- Prêtre..........................................
- Serrurier.......................................
- Bûcheron, instituteur, employé de bureau, employé de chemin de fer................... chacun
- Sabotier, ferblantier, potier............ chacun
- Meunier, missionnaire, mineur, soudeur, épicier, facteur ........................... chacun
- Gendarme, manœuvre, étudiant, chauffeur
- d’auto................................ chacun
- Aviateur, charpentier, camionneur, horloger, tonnelier, sellier, typographe, tourneur, valet
- de chambre, vannier................... chacun
- Aubergiste, batelier du Bhin, balayeur, cantonnier, chaudronnier, dessinateur, dentiste, distillateur, droguiste, douanier, payeur, puisatier, relieur, restaurateur, sculpteur sur bois, voyageur de commerce, garde fores^
- tier. . • ........................... chacun
- Indéterminés....................................
- 18
- 16
- 12
- 12
- 12
- 7
- 6
- 4
- O
- O
- 2
- 1
- 28
- FILLES : ont choisi la profession de :
- Couturière...................................... 432
- Cultivatrice.................................... 234
- Institutrice..................................... 86
- Ménagère......................................... 68
- Repasseuse....................................... 44
- Cuisinière. . • ................................. 39
- Garde d’enfants.................................. 38
- Bonne à tout faire............................... 35
- Infirmière...................................... 33
- Modiste.......................................... 33
- Coiffeuse....................................... 32
- Femme de chdmbre................................. 21
- Epicière. • .................................... 17
- Vendeuse......................................... 16
- Dactylo......................................... 14
- Religieuse....................................... 10
- Employée de bureau................................ 7
- Musicienne, blanchisseuse, sage-femme, chacun. 5 Etudiante......................................... 4
- y
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- Jardinière, boulangère, buraliste, garde-malade. • • chacun 2
- Caissière, bouchère, employée des postes, droguiste, docteur. . ....................... chacun 2
- Aubergiste, tricoteuse, laitière, photographe,
- ....................................... chacun 1
- Indéterminées.................................... 28
- 11 n’y a pas un tiers dos enfants (816 en tout) qui désirent embrasser la profession paternelle ou maternelle. Chez les cultivateurs (1071 enfants), la proportion est un peu plus forte (58 °/0 poulies garçons, 56 °j0 pour les tilles), mais encore bien faible, par-rapport à ce que l’on pourrait attendre. Et 20 °/0 seulement des enfants dont les parents ne sont pas cultivateurs désirent le devenir.
- Et, à côté de cela, un quart des garçons veulent devenir boucliers, boulangers ou mécaniciens (354 sur 1.474) !
- Et M. Petit, qui désire, à juste titre, que l’on donne une place importante, en O. P., aux besoins réels du marché du travail, fait suivre ses constatations des remarques suivantes :
- « Ces choix, opérés au hasard, d’après des apparences ou suivant la mode, sont véritablement inquiétants, car ils menacent d’apporter un réel déséquilibre dans le marché du travail et de préparer, en certaines professions, après l’avilissement des salaires, des milliers de chômeurs. Actuellement, les coiffeurs de ma petite ville (du moins ceux qui ont une place) gagnent de 200 à 400 francs par mois, ne sont ni logés, ni nourris et ne reçoivent que peu de pourboires. Quant aux commis boulangers et bouchers en surnombre, ils sont tout heureux de trouver des emplois de manœuvre au taux de 380 francs par mois.
- « Il y a quelques années, l’orientation tenait compte, avant tout, du sujet, de ses dispositions, de ses aptitudes, en vue d’une production maximum : la base de l’orientation était humaine, individuelle. Aujourd’hui, ce facteur a pcrdu.de son importance et l’on considère, en premier lieu, les besoins de la société, le marché du travail : la base de l’orientation est devenue réellement professionnelle. D’une façon un peu absolue, mais assez exacte, on peut dire que les hommes ne choisissent plus les métiers, mais que ce sont les métiers qui s’imposent ou se refusent aux hommes. Il faut tenir compte, dans ce qu’on appelle encore « le choix de la profession », de ce fait, brutal mais indéniable. »
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- Essai d’interprétat'on qualitative des tests Binet-Simon
- M110 M. Achard présente dans Y Evolution psychiatrique (1) quelques remarques sur l’utilisation des tests Binet-Simon en psychia-lrie. On sait que celle méthode vise à donner une appréciation globale quantitative sur le rapport entre l'intelligence d’un sujet et celle d’un sujet normal moyen du même Age.
- Celle évaluation n'apportant à la médecine que des renseignements grossiers, l’auteur ,a voulu substituer au renseignement quantitatif un résultat qualitatif en étudiant pour chaque enfant la répartition des réponses et en substituant à la méthode du tout ou rien une notation qualitative, ce qui semble d’ailleurs assez arbitraire ; et enfin en examinant le comportement particulier de chaque sujet.
- Cette nouvelle méthode a permis à l’auteur d’isoler des types nettement différenciés.
- Fdle distingue deux grandes classes de Ivpes : les types dispersés et les types adhésifs. Dans les cas d’intelligence normale, les réussites et les échecs sont étroitement groupés, les réussites ne dépassent guère l’Age mental et les échecs sont groupés à partir de cet Age ; il y a homogénéité.
- Le lest est dispersé lorsque les réussites ou les échecs se répartissent sur une large zone d’Ages mentaux.
- Il y a trois séries de types dispersés, le type éparpillé, le plus hétérogène, le type discordant à réponses positives excellentes, bien exprimées et les réponses mauvaises semblant provenir surtout du désintéressement du sujet; le type perturbé qui présente aussi des échecs à des Ages mentaux bien inférieurs à l’Age mental du sujet, type dont les échecs semblent provenir surtout d’une déficience d’attention avec prédominance de l’imagination et de la mémoire constructive.
- A l’encontre de ces lests dispersés, on rencontre le type adhésif.
- Dans ce type, le niveau mental est souvent.bon, mais avec une lenteur nette d’éviction et de réaction, l’enfant ne renonçant pas facilement à passer d’une question à une autre.
- Pour Ions ces types, l’Age ne paraît pas avoir d’influence, du moins jusqu’à 20 ans.
- L’auteur a cherché à faire correspondre ces types avec des types neuro-psychiatriques connus des médecins. Dans le type éparpillé,
- (1) Année 1934, fascicule II, p. 3.
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- l’auteur trouve les sujets placés par les psychiatres dans l’instabilité mentale simple.
- Le type discordant semble comprendre surtout des schizoïdes. Le type perturbé se rencontre seulement chez les tarés héréditaires (ascendants psychosés on éthyliques).
- Enfin le type adhésif se retrouve surtout chez les comitiaux légèrement atteints ou chez les non comitiaux appartenant à des familles comitiales. jyj jq p
- CHRONIQUE DOCIMOLOGIQUE
- Une enquête sur les notes de baccalauréat par D. WEINBERG
- La Commission française Carnegie pour l’étude des examens scolaires a entrepris une importante enquête sur les notes d’examen dont les résultats viennent d’être publiés (1). Ils sont instructifs ; nous en résumerons les données numériques (2).
- Les conditions de l’expérience ont été celles-ci : Un lot de copies fournies aux examens de baccalauréat à la session de juillet 1930 ont été recopiées sous leur forme originale sans traces de correction et soumises chacune à cinq professeurs qualifiés inscrits en qualité d’examinateurs sur les registres de baccalauréat, ce qui a porté à six le nombre de notes attribuées à chaque copie par des correcteurs différents (en comptant la note initiale attribuée lors de l’examen de baccalauréat).
- Ces deux expériences ont confirmé l’importance bien connue du facteur subjectif dans les notes d’examen. Les notes attribuées aux mêmes copies par des examinateurs différents divergent sensiblement. Le degré de sévérité dans l’appréciation, l’étendue de l’échelle de notes réellement employées, enfin le classement des copies par ordre de mérite diffèrent d’un correcteur à l’autre.
- Les précisions numériques réunies par l’enquête Carnegie montrent l’ampleur des désaccords. Les écarts entre les notes attribuées à une même copie par des correcteurs différents ont atteint :
- 12 points sur 20 en version latine,
- 13 points sur 20 en composition française,
- (1) La correction des épreuves écrites dans les examens. Enquête expérimentale sur le baccalauréat. La Maison du Livre, éditeur.
- (2) IL Laugier et D. Weinberg : Elaboration statistique des données numériques de l’enquête sur la correction des épreuves du baccalauréat.
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- 9 points sur 20 en anglais,
- 9 points sur 20 en mathématiques,
- 12 points sur 20 en philosophie,
- 8 points sur 20 en physique.
- Ce sont des écarts maxima, rencontrés rarement.
- Mais l’écart typique entre deux correcteurs quelconques, l’écari qui a été rencontré le plus fréquemment est loin d’être nul. Il esï en effet :
- de 5 points sur 20 pour les copies de version latine,
- de 5 et 6 p. sur 20 pour les copies de composition française.
- de 4 points sur 20 pour les copies d’anglais,
- de 4 points sur 20 pour les copies de mathématiques:
- de 5 et 7 points sur 20 pour les copies de philosophie.
- de 4 points sur 20 pour les copies de physique.
- On peut encore considérer le nombre de copies pour lesquelles les six correcteurs seraient non pas entièrement d’accord quant à la valeur exacte de la note à attribuer — ce cas ne s'est produit pour aucune des 100 copies et pour aucune des matières — mais où du moins l’appréciation grossière « d’admissibilité » serait unanime. Même envisagé avec de si grandes marges de tolérances, l’accord n’est pas la règle. De nombreuses copies méritaient, d’après certains correcteurs, la note de 10 sur 20 alors que d’autres correcteurs les cotaient au-dessous de 10 ; le fait s’est produit :
- pour 50 copies sur les 100 copies de la version latine, pour 70 copies sur les 100 copies de composition française, pour 47 copies sur les 100 copies d’anglais,
- pour 36 copies sur les 100 copies de mathématiques,
- pour 81 copies sur les 100 copies de philosophie,
- pour 50 copies sur les 100 copies de physique.
- L’importance des désaccords apparaît d’autant plus inquiétante que le hasard seul, en absence de toute correction convenable, suffirait à produire certaines coïncidences.
- Le degré de ressemblance entre les notations des différents correcteurs peut encore s’exprimer de façon très concise par les coefficients de corrélations. Ces coefficients entre les notes des différents correcteurs, pris deux à deux, s’établissent ainsi :
- Première partie du baccalauréat (section A)
- Composition française.................... 0,56
- Version latine........................... 0,84
- Langue vivante (anglais)................. 0,78
- Mathématiques............................ 0,88
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- Deuxième partie (section philosophie)
- Philosophie............................. 0,44
- Physique................................ 0,86
- En résumé, la note d’un correcteur diffère de la note d'un autre correcteur également qualifié de façon sensible, surtout en composition française et en philosophie.
- La note d’un correcteur doit être considérée comme une valeur approchée de la note qui aurait dû être attribuée, en accord exact avec le mérites propre de la copie. Certaines hypothèses statistiques légitimes (et qu’on a trouvé pleinement confirmées par l’expérience au cours de celte enquête même) permettent d’évaluer le degré d’approximation avec lequel la note d’un correcteur approche de la note exactement méritée ou « note vraie ». Ces évaluations ont conduit à la conclusion suivante : il y a environ une chance sur trois pour que la note d'un correcteur moyen s'écarte de la « note vraie » (définie plus haut) :
- Première partie
- de 2,2 points ou davantage en composition française,
- de 1,7 points ou davantage en version latine,
- de 1,6 points ou davantage en anglais,
- de 1,4 points ou davantage en mathématiques.
- Deuxième partie
- de 2,3 points ou davantage en philosophie,
- de 1,1 points ou davantage en physique.
- (toutes les notations étant ramenées à une notation sur 20).
- D’ailleurs, ainsi que les chiffres indiqués ont permis de s’en rendre compte, toutes les matières étudiées qui font partie des examens écrits de baccalauréat, ne prêtent pas au même degré aux divergences entre correcteurs. Quel que Soit l’aspect particulier envisagé', il apparaît que les compositions de physique et de mathématiques donnent lieu à des jugements les moins discordants, la composition française et surtout la philosophie provoquent le' plus de désaccords entre les correcteurs ; la version latine et la langue moderne (anglais) (1) occupent à cet égard le milieu.
- Il n’y a là rien qui doive étonner ; on comprend que l’existence en philosophie de doctrines divergentes et même contradictoires
- (1) L’examen d’anglais compartait un thème et une version ; les désaccords entre les correcteurs auraient été probablement plus importants si, comme les réglements le permettent, l’examen avait comporté une composition littéraire.
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- conduise les différents correcteurs à apprécier de façon très différente les idées exprimées dans une copie. Mais lorsque les désaccords vont aussi loin, l’examen ne conserve plus grande signification.
- La composition française à laquelle pourtant on attache une si grande importance prête également à des jugements très discordants. Lorsque, au cours d’une enquête complémentaire, la Commission Carnegie fit corriger trois copies de composition française par un très grand nombre de correcteurs (76) — tous professeurs inscrits en qualité de correcteurs de baccalauréat — il apparut que les 76 notes attribuées à la même présentaient une dispersion presque aussi grande que celle qu’on constate sur les notes de copies émanant de candidats différents.
- Cependant, si l’on considère non plus chaque matière séparément, mais l’ensemble des quatre compositions qui constituent l’examen écrit de baccalauréat (composition française, version laine, langue.moderne et mathématiques) et que l’on compare non pas deux notes attribuées par des correcteurs individuels, mais des moyennes attribuées par deux jurys, on voil les désaccords subjectifs s’atténuer, sans toutefois disparaître. On comprend qu’il en soit ainsi : il s’agit de désaccords qui dépendent de la personnalité du correcteur ; les correcteurs se trouvent réunis dans un jury au hasard de groupements quelconques ; il arrive donc que, dans un jury, l’excessive sévérité d’un correcteur d’une matière se trouve compensée par l’excessive indulgence d’un autre.
- La moyenne, pour l'ensemble des quatre compositions, a donc moins de chances d’être injuste ; mais varie néanmoins, bien que dans les limites plus étroites, d’un jury de l’autre.
- Ces constatations ne sont pas exclusivement réservées aux examens de baccalauréat, mais à tous les examens scolaires tradition-ne’.s. Des résultats analogues à ceux que nous venons de rapporter ici ont été constatés à tous les degrés de l’enseignement. L’emploi des tests de connaissances fort répandus dans les écoles américaines — s’il ne saurait nullement prétèndre à une application universelle —- pourrait constituer cependant un adjuvant précieux, propre à réduire l’influence des facteurs subjectifs dans les notes d’examens.
- A travers les Revues
- Signalons la parution du tome VI de YEnciiclopédie française consacré à VEtre humain et dirigé par le professeur René Leri-che, de Strasbourg. La première partie est consacrée à l’homme
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- normal (vie physique), et comprend un article d’HENRi Laugier sur les recherches biotypologiques ; la deuxième partie traite de l’homme malade, avec trois sections, consacrées aux maladies et à leurs traitements, à l’état actuel des grandes disciplines médicales, et au travail du médecin ; dans cette dernière section, Etienne Martin envisage la médecine sociale, qui comprend, à propos de la médecine du travail, les problèmes d’orientation professionnelle.
- Dans la tome 19 de la Zeitschrift für Menschliche Vererbungs und Konstitutionslehre publiée par Just et Bauer, chez Springer et qui continue la Z. für Konstitutionslehre, Just expose d’abord l’état actuel de la question, à Laquelle le périodique est consacré, de l’hérédité et de la constitution de l'homme, et une série d’articles porte sur des problèmes particuliers (hérédité de la tendance à la maigreur et à l’obésité d’après des recherches sur les jumeaux, relations héréditaires de la folie exogène et endogène, rôle de la constitution héréditaire dans les préférences pour les formes et les couleurs, hauteur relative du centre de gravité chez les garçons et les filles, etc.). ________
- Le professeur Laubry et, MUe Brosse exposent dans la Presse médicale du 14 octobre 1936 d’intéressants « documents recueillis aux Indes sur les Yoguis par l’enregistrement simultané du pouls, de la respiration et de Eélectrocardiogramme » montrant les modifications qui résultent, après un long entraînement, de l’action volontaire exercée dans le doma ne des fonctions respiratoires et circulatoires. ________
- Dans les Annales de Prothèse auriculaire d’octobre 1936, p. 37, une étude de Bonnardei. et Laugier sur la surdité et l’O. P., montre quel usage peut être fait des grilles pour le choix des professions en cas de faiblesse d’audition ou de surdité totale.
- La revue Education, (novembre 1936) consacre une rubrique à l’O. P. Un examen succinct, par P. Chassang, y est donné des carrières administratives coloniales.
- Le Bulletin trimestriel de /’organisation d'hygiène de la Société des Nations (vol. V, extrait p. 9) publie un programme général de recherches sur les mesures et épreuves biologiques permettant de définir les états de sous-nutrition par Henri Laugier, et une bibliographie générale, par Liberson, des recherches physiologiques sur le jeûne et la sous-alimentation.
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- Examinant a\ec les tests d’Ishihnra 384 écoliers et 306 étudiants turcs, T.-R. Garth a trouvé 24 cas de daltonisme simple, tous chez les garçons (5,3 °/0), d’après l’étude (Color Blindness in Tur-key) qu’il publie dans Science (t. 84, 1936, p. 85).
- Une série d’études, éditées par W.-R. Miles, sur la variabilité humaine, constituent le fascicule 212 (n° 2 du t. 47) des Psycholo-gical Monographes (415 pages, 4,50 doll.) ; 54 collaborateurs ont participé à lia rédaction, dont nous citerons : Freeman (croissance intellectuelle des enfants examinés au moyen de tests répétés), Grawford (différences individuelles au point de vue de l’orientation éducative), Catharine C. Miles et Lilian S. Wolfe: (santé physique et mentale dans l’enfance, chez des génies historiques).
- Dans la Presse Médicale du 21 octobre 1936 (n° 85) on note un article du Dr Langelez, de Bruxelles, sur les maladies du travail en air comprimé. ________
- Les Fortschritte der nécrologie und Psychiâtrie (novembre 1936, p. 437-454) donnent une revue d’Otto Graf, sur psychologie expérimentale et psychotechnique (revue de 40 travaux de 1935-36, dont 36 en langue allemande). _____________
- La cécité aux couleurs, dans sa signification à l’école et dans la profession, fait l’objet d’une élude de O. Ruff dans Gesundheit und Erziehung (T. 49, 1936, p. 60-65), recommandant l’emploi précoce des tests de perception des couleurs, et indiquant la présence 'de 6 °/0 d’aveugles au rouge et au vert, 2 °/0 au vert seul et 2 °/0 au rouge seul dans la population masculine.
- Le Dr Noir traite du diagnostic des tempéraments chez les adolescents et des directives pratiques qu’on peut en tirer en pédagogie orthogénétique, dans le Concours Médical (N° 38, 20 septembre 1936). ________
- La mémoire des dactylographes est l’objet d’un article du Dr Chavigny, dans le Strasbourg médical du 25 juillet 1936.
- La sélection médicale des chauffeurs d’automobile est examinée par le Dr Muller dans VEcho médical du Nord ( N° 38, du 20 septembre 1936).
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- Le Paris Médical du 22 août 1936 publie un article du Dr Rodiet sur l’hérédité mentale, freudisme et psychanalyse.
- Dans le Bulletin Médical du 29 août 1936 une étude du Dr Heuyet et de Mlle Courthial sur les tests de caractère en neuropsychiatrie infantile. ________
- Dans les Eugénie News (T. 21, 1936, p. 52), G. Fukuoka, examinant la fréquence chez les Japonais de la « céc-ité gustative » (absence d’une perception amère pour la thiophénylurée), constate que cette agueusie particulière est plus rare dans la race jaune que dans La race blanche (avec une fréquence à peu près égale chez les Mongoliens et les Indiens d’Amérique).
- Le N° 3-4 du Tome VII (1936) de la Rivista di Scienze applicate ail’Educazione fisica e giovanile, de Rome, contient (p. 131), un article de F. Banissoni sur les conquêtes et aspects nouveaux de la psychologie (leçon d’ouverture d’un cours à la « Faculta di Magis-tero » de l’Université de Rome), et une étude de D. Vampa sur les caractères morphologiques et les aptitudes (p. 160).
- INFORMATIONS
- XIe Congrès international de Psychologie. — Le Congrès de Psychologie n’ayant pu se tenir à Madrid où son siège avait été fixé par le Congrès de Copenhague, le Comité exécutif international a décidé sa réunion à Paris. Le XIe Congrès s’y tiendra du 25 au 31 juillet 1937 sous la présidence du professeur IL Piéron.
- Le Comité d’honneur est constitué par MM. Pierre Janet, président d’honneur du Congrès ; Bourdon, Delacroix, Dumas et Toulouse.
- Le Comité d’organisation comprend MM. Piéron, président ; Ch. Blondel et IL Wallon, vice-présidents, I. Meyerson, secrétaire général, Luouet et Ombrédane, trésorier et trésorier adjoint, M. François et D. Weinberg, secrétaires, A. Fessard, M. Foucault, P. Guillaume, J.-M. Laiiy, G. Poyer et Cl. Vurpas.
- La cotisation des membres actifs a été fixée à 100 francs, celle des membres adhérents (ne recevant pas les publications du Congrès) à 40 francs.
- Les travaux du Congrès comprennent cinq symposia rangés sous le thème général des relations de l’activité motrice avec les
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- fonctions mentales, de grandes conférences, et une série de commissions.
- Au cours du Congrès se réuniront les commissions de l’Association internationale de psychotechnique et une commission convoquée par la Société de Biotypologie pour la coordination des recherches sur la personnalité.
- Le Congrès de Psychologie suivra immédiatement le Congrès international d’IIygiène mentale. Dans la semaine où il se tiendra, le Congrès de Psychiatrie infantile que nous avons déjà annoncé (du 24 au 28 .juillet), et un Congrès international d’enseignement primaire et d’éducation populaire comprenant une section psychologique, se réuniront aussi.
- Il y aura donc une grande semaine d’activité psychologique intéressant tout particulièrement les applications sociales et pédagogiques.
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- Un projet de loi déposé sur le bureau de la Chambre par MM. Pomaret, Bartii, R. Bérenger et quelques autres députés, vise l’interdiction « d’orienter ou de laisser orienter aveuglément des adolescents vers des professions trop encombrées » et prévoit « l’institution dans les enseignements primaire, primaire supérieur, secondaire et supérieur d’une sorte d’enseignement sur le choix des carrières et leurs débouchés ».
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- Le Bureau universitaire de statistique a constitué une section d’orientation professionnelle destinée aux élèves de l’enseignement secondaire et aux étudiants. Cette section s’est réunie le 10 novembre et le 8 décembre, pour examiner l’objet et les méthodes de l’O. P. dans les enseignements secondaire et supérieur, l’organisation de divers centres locaux de documentation et les statuts du personnel à utiliser pour cette O. P. A ces réunions participèrent, outre M. Rosier, directeur du Bureau : M. Monod, inspecteur d’Académie représentant le Recteur, des représentants des directeurs du Ministère et des associations d’étudiants, M. Chevalier, de la Fédération des Associations de parents, MM. Piéron et Wallon.
- Le Bureau a entrepris la publication de monographies professionnelles succinctes ; a déjà été tirée celle qui concerne la magistrature d’instance.
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- Le professeur Spearman, de Londres, dont l’important volume sur « The human abilities » vient d’être traduit en français, a été appelé par V Institut de Statistique et l’Institut de Psychologie de. V Université de Paris à faire une conférence à la Sorbonne, le samedi 13 novembre ; il a parlé de la personnalité intellectuelle et de son analogie factorielle. Le 15 novembre, devant la Société de Biotypologie à laquelle s’unissait la Société de Statistique, il parlait de l’analyse de la personnalité morale (caractère et volonté). Il a été salué par les professeurs Acharcl, Darmois et Piéron.
- Un déjeuner a été offert au professeur Spearman par le ministre des Affaires étrangères, qui lui a souhaité la bienvenue, en présence d’un grand nombre de savants.
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- L’Ecole nationale professionnelle de Creil a ouvert en octobre 1936, une section préparatoire au concours d’entrée pour les Ecoles d’Arts et Métiers, destinée aux jeunes gens pourvus du baccalauréat et du brevet supérieur, avec un programme comportant surtout des travaux d’atelier et de dessin.
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- Commission de l’enfance anormale. —- En vue d’élaborer un plan tendant à compléter l’armement sanitaire de la France au point de vue de l’enfance anormale et déficiente, Mme Suzanne Lacore, sous-secrétaire d’Etat «à la protection de l’enfance, vient de constituer une commission.
- Cette commission qui est présidée par le professeur Henri Wallon et qui comprend une dizaine de personnalités spécialement compétentes en matière d’éducation et d’assistance de l’enfance déficiente, a commencé immédiatement ses travaux.
- Au cours de sa première réunion qui s’est tenue au ministère de la Santé publique le 20 octobre en présence de Mme Suzanne Lacore, elle a décidé d’établir en premier lieu une statistique des enfants retardés, arriérés, instables, etc...
- Ce dépistage et cette classification qui constitueront la base des recherches ultérieures doivent être poursuivis par des médecins spécialisés en collaboration étroite avec les membres du corps enseignant.
- La commission a considéré qu’il ne pouvait être question d’établir, avec une rigueur suffisante, le nombre total des enfants dé-
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- •ficients existant en France. Elle a décidé de s’inspirer des méthodes employées avec succès en Angleterre où le dépistage a été effectué dans certaines régions types représentant les différents aspects ruraux et urbains du pays. Un pourcentage moyen a pu ainsi être obtenu qui semble donner une image exacte du nombre des enfants déficients.
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- A la British Psychological Society, le 9 novembre, Miss Mildred Ne vill a fait une communication sur les problèmes posés par les enfants brillants.
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- Des démonstrations sur les méthodes d’O. P., destinées aux instituteurs, ont été faites le 17 octobre au National Institute oj Industrial Psychology, à Londres, qui d’autre part a ouvert ses cours et, exercices pratiques pour l’enseignement, des méthodes psychologiques d’O. P.
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- Parmi les Conférences d’actualités scientifiques au Conservatoire national des Arts et Métiers, citons celle faite le 2 décembre par M. Dàrmois sur le sujet : Statistique mathématique et Biotypologie.
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- Le Dr André Feu. a obtenu un des prix Montyon de l’Académie des Sciences pour son ouvrage sur « Le travail de l’ardoise et la pathologie professionnelle de l’ardoisier ».
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- Les cours d’éducatrices familiales de l’Ecole des Parents comportent, pour leur première année (27 novembre 1936-29 mars 1936),
- entre autres, des séries de leçons par le D:r Fay (bases physiologiques de l’éducation familiale), André Berge (psychologie de l’enfant dans la famille) et des conférences sur F O. P. des adolescents par G. Bertier, le Dr Fay, A, Berge, Chassang et Mlle Courtiiial.
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- A Londres, Paris et Prague, rédigées par E. Papanek (7, square Grange, Paris) paraissent des informations pédagogiques inter-
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- nationales mensuelles (au prix de 9b francs par an). Le premier numéro est daté d’octobre 1936.
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- Le 15 novembre se sont tenues des Assises de l’enfance, où parlèrent des enfants délinquants M. J.-M. Lahy, de la mortalité infantile le Dr Roubaiune, de la vie scolaire, Mme J. Esthève, de l’apprentissage professionnel et de l’O. P., M. Dumas, du Syndicat des instituteurs, la synthèse ayant été faite par Mme Lahy-IIolle-becque.
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- Les syndicats médicaux contre l’O. P. — Voici une singulière et regrettable manifestation médicale que nous devons relever :
- « Le Conseil d’administration du Syndicat des médecins de la Seine, réuni le 7 juillet 1936,
- « Après avoir pris connaissance des projets concernant l’institution de l’inspection médicale dans l’enseignement secondaire ;
- « Considérant qu’il est nécessaire de respecter le secret des familles ce qui exclut la constitution des fiches ;
- « Considérant que les parents doivent rester les seuls maîtres de la surveillance de la santé, de la direction et de l’orientation professionnelle de leurs enfants .avec les conseils de leur médecin de famille ;
- « Demande que l’inspection médicale se borne :
- « 1° A la surveillance de l’hygiène des lycées et collèges ;
- « 2° Au dépistage des maladies contagieuses épidémiques ;
- « 3° Aux mesures générales à prendre dans le but d’alerter les familles ;
- « S’élève contre l’utilisation de cette inspection dans un but d’orientation professionnelle ;
- « Et prie la Fédération des associations de parents d’élèves des lycées et collèges de prendre en considération ce vœu du corps médical de la région parisienne. »
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- Le Syndicat des étudiants de l’Union intellectuelle de France (8, rue de Tournon, Paris) a organisé un Office de placement pour les étudiants.
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- Le nombre des classes de préapprentissage, dans la région parisienne, est de 60 pour les garçons et de 37 pour les filles à Paris même, de 8 et de 26 en banlieue.
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- La Psijchological corporation des Etats-Unis fournit de nouveaux lests de vision, pour le daltonisme, l’acuité et l’astigmatisme, dus à Jensen, de Louisville.
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- Le 4e Congrès européen d’hygiène mentale s’est réuni cet été ù Londres, sous les auspices du Conseil national d’hygiène mentale de Grande-Bretagne. L’une des deux questions traitées concernait l’hygiène mentale à l’école, et fut introduite par Sir Laurence Brock. Ÿ participèrent surtout les Drs Bouman, Rees, Kogerer, Vermeylen, qui insista sur la nécessité d’examens précoces, et IIeuyer, qui fit voler la motion suivante :
- « Oue dans chaque pays le corps administratif, chargé du règlement des méthodes de sélection des enfants anormaux et de répartition des heures de travail des élèves normaux, comprenne un médecin psychiatre élu par l’association d’hygiène mentale de ce pays... »
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- Nécrologie. — Nous avons eu le regret d’apprendre la mort de M. P.-E. Dalbouze, président de la Chambre de Commerce de Paris, membre du Conseil d’administration de l’I. N. O. P., membre du Conseil de réseau des chemins de fer de l’Etat. Les obsèques ont été célébrées le mardi 1er décembre.
- La Vie de l’Institut National d’Orientation professionnelle
- Programme de la Semaine d’Orientation professionuelle
- Une semaine, organisée à l’intention des inspecteurs primaires s’intéressant, plus spécialement, dans chaque département, à l’orientation professionnelle, s’est tenue au Conservatoire national des Arts et Métiers, par les soins de l’I. N. O. P., en accord avec les
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- Directions de l’Enseignement technique et de l’Enseignement primaire. En voici le programme :
- Jeudi 17 décembre :
- 9 h. 30 : Conférence inaugurale par M. Luc, directeur général de l’Enseignement technique.
- 11 h. : M. Fontègne : Le Rôle de l’Ecole en O. P.
- 14 h. 30 : Démonstration par Mme IL Piéron de l’emploi scolaire des fiches collectives d’examen psychologique.
- Vendredi 18 décembre.
- 9 h. 30 : M. Fontègne : La Préorientation à l’Ecole et le travail
- manuel.
- 10 h. 3/4 : M. Piéron : Aptitudes et Education.
- 14 h. 30 : Démonstration par M. Fontègne de l’utilisation scolaire du travail manuel pour l’O. P.
- Samedi 19 décembre.
- 9 h. 30 : M. Piéron : Intelligence et succès scolaire.
- 10 h. 3/4 : M. Wallon : Le Caractère ; son rôle et son élude par les éducateurs.
- 14 h. 30 : Démonstration par Mlle Weinberg des Méthodes d’examen utilisées au Laboratoire des Chemins de fer de l’Etat, ù Viroflay.
- Lundi 21 décembre.
- 9, h. 30 : M. Halbwachs : Données générales sur le Marché du 'travail.
- 10 h. 3/4 : Dr Bonnardel : Les Données fournies par l’examen physique. Les Grilles d’O. P.
- 14 h. 30 : Démonstration par Mlle Biscw, assistée de Mlle Monnin, de l’organisation du Service d’O. P. à la consultation de l’I. N. O. P.
- Mardi 22 décembre.
- 9 h. 30 : Dr Paul-Boncour : L’O. P. des Déficients.
- 10 h. 3/4 : M. Larcher : L’Organisation de l’O. P.
- 14 h. : Séance de clôture. Allocution de MM. Luc, Rosset, Piè-ron.
- Le Cours de physiologie du travail et orientation professionnelle du Conservatoire des Arts et Métiers
- Le programme du cours du professeur Laugier, (mercredis et samedis à 21 h. 15) est le suivant :
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- 1° Les grandes fondions physiologiques. — La vie cellulaire, le milieu intérieur, la fonction circulatoire. La fonction respiratoire ; échanges respiratoires et respiration des tissus. Besoins alimentaires de l’organisme ; interconvertibilité des aliments ; digestion et assimilation. Secrétion et excrétions. Fonctions musculaires. Centres nerveux et fonctions psychiques. Chaleur animale et thermarégulation ;
- 2° Hygiène générale. — Rations alimentaires, croissance entretien, travail. Hygiène individuelle. Hygiène de l’habitation et de l’atelier. Lutte contre les maladies infectieuses et les grands fléaux sociaux. Microbes, immunité, anaphylaxie, sérums et vaccins. Alcoolisme, tuberculose, cancer. Hygiène mentale des individus et des grandes agglomérations ;
- 3° Orientation professionnelle. — La biométrie humaine et la biotypologie. La connaissance de l’enfant ; la connaissance des professions. Profils individuels, profils collectifs, profils profes-siographiques. Rôle du pédagogue à l’école, du médecin, rôle du biologiste. Les techniques d’examen et la valeur prédictive des épreuves d’aptitudes. Les grilles d’orientation professionnelle.
- Des travaux pratiques ont lieu le dimanche, à 9 heures, sous la direction de M. Bonnardel, chef de travaux.
- Ils portent sur la biométrie et la biotypologie humaines. Les élèves seront initiés aux différentes mesures de tous ordres qui permettent de caractériser les fonctions d’un sujet, au repos et au travail, et, par suite, de différencier les individus en ce qui concerne leurs aptitudes et leur état physique et mental, à un moment donné.
- MUe G. Blanc, institutrice à Marseille, a obtenu le certificat d’études spéciales de l’I. N. O. P., le vendredi 27 novembre 1936, avec un excellent travail sur « Le dossier d’O. P. d'une classe », qu’elle a soutenu devant un jury composé de MM. Fontègne, président, Paul-Boncour et Wallon.
- La Vie des Centres d’Orientation professionnelle
- Les nouveaux locaux de l’Office d’Orientation professionnelle des Alpes-Maritimes
- Les nouveaux locaux dans lesquels l’Office d’orientation professionnelle des Alpes-Maritimes est installé depuis un an environ
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- font partie des bâtiments annexés à la Chambre de Commerce de Nice et spécialement construits pour l’Enseignement technique.
- Les locaux réservés à l’Office occupent une surface totale d’environ 152 m2. Situés au rez-de-cliaussée, à l’angle Est de l’ensemble du bâtiment, ils comportent deux façades, dont l’une, la plus étendue, est orientée sud-est et l’autre orientée nord-est.
- Toutes les fenêtres ouvrent sur le chemin qui contourne le bâtiment. Seule, une pièce réservée au laboratoire psychotechnique, a ses ouvertures sur une petite cour intérieure.
- L’architecte qui construisit le bâtiment fut mis en rapport, dès la période d’étude des plans, avec le Directeur de l’Office. Celui-ci put ainsi exprimer tous ses désirs, quant au nombre et à la disposition des salles, à leur distribution, à leur surface, à leurs communications, ainsi qu’aux nécessités de La circulation et des dégagements.
- Le plan des locaux répond d’autre part au fonctionnement même du service d’Orientation professionnelle des Alpes-Maritimes, basé sur les principes suivants :
- 1° Tous les enfants passent la visite médicale à l’Office même ;
- 2° L’Office est chargé :
- Par la Mairie de Nice des Services de Livrets de Travail, de déclarations d’embauchage et de contrats d’apprentissage,
- Par la main-d’œuvre du service de placement des adolescents des deux sexes jusqu’à 16 ans (Offres et demandes d’emplois),
- Par les écoles de l’Enseignement technique de l’établissement des certificats médicaux des candidats.
- 3° Toutes les questions d’orientation proprement dite sont uniquement entre les mains du Directeur qui seul renseigne et conseille les parents. U-ne secrétaire spéciale s’occupe des dossiers d’orientation qu’aucun autre employé ne manipule.
- 4° En outre du directeur et de la secrétaire d’orientation l’Office dispose d’un employé (homme) qui assure les services municipaux et les services de la main-d’œuvre relatifs à l’apprentissage. La présence de cet employé est permanente. L’Office occupe également, mais à la demi-journée seulement, une infirmière qui assiste le Docteur pendant les v-isites médicales, fait occasionnellement fonction de dame visiteuse et de secrétaire sténodactylo-graphe.
- 5° L’Office est ouvert en permanence tous les jours non fériés de 8 h. \ à midi et de 2 h. à 6 h. Pendant la période des vacances un roulement est établi de façon à ce que les Bureaux ne soient
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- jamais fermes. Enfin le Directeur reçoit tous les jours, le matin, mois d’août excepté.
- Ceci posé, si l’on examine le plan reproduit ici, on voit que le vestibule d’attente j)artage les locaux en deux parties : l’une réservée aux services municipaux et de la main-d’œuvre concernant l’apprentissage, l’autre réservée à l’Orientation proprement dite.
- Le vestibule, garni de chaises, peut contenir de 25 à 30 personnes assises, plus une table où prend place une secrétaire les jours
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- d’affluence, afin de recevoir les visiteurs, de les diriger vers le bureau qui convient, d’assurer la circulation de tous.
- A gauche du vestibule s’ouvre une grande pièce presque carrée de 5 m. 50 sur 6 m. 50 où se trouve une banque isolant le public des employés. C’est derrière cette banque que se tient l’employé chargé de recevoir les demandes de Livrets de Travail, de contrats d’apprentissage, les déclarations d’embauchage, les offres et les demandes d’emplois.
- Cette salle est prévue pour être partagée plus tard par une cloison permettant d’isoler un espace de 22 mètres carrés dans lequel quelques tables et bancs scolaires pourraient être installés en vue de soumettre aux épreuves de test certains enfants, ou de leur faire subir quelques examens de connaissances scolaires lorsque, comme le cas se présente parfois, on se trouve en présence d’un enfant
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- venant de l’extérieur sur lequel on ne possède aucun renseignement d’ordre scolaire.
- C’est dans cette salle, à proximité de l’employé permanent que se trouve le téléphone.
- De l’autre côté du vestibule d’attente se trouve le bureau du Directeur de l’Office. C’est dans ce bureau que sont conservés, dans des classeurs métalliques avec fermeture de sûreté, tous les dossiers des enfants. C’est également là que le directeur renseigne et conseille les familles. Le bureau du directeur communique directement avec la salle de visites médicales. Il comporte en outre une porte indépendante de sortie sur le couloir del dégagement nord-ouest.
- La salle de visites, médicales, située à l’angle est du plan est éclairée par trois fenêtres sous l’une desquelles un lavabo a été installé.
- Le chemin extérieur qui la contourne, très peu passager puisqu’il est en impasse, lui assure le silence nécessaire. Sur la salle de visites s’ouvrent deux cabines de a rhabillage assez grandes pour contenir un enfant avec son père ou sa mère. Ces cabir nés offrent un porte-manteau et deux chaises. Elles ont l’éclairage et l’aération nécessaires.
- Au fur et à mesure de leur arrivée dans le vestibule d'attente, les enfants convoqués pour la visite médicale reçoivent un numéro d’ordre. Ils sont conduits, accompagnés de leurs parents, jusqu’aux cabines de déshabillage, par le couloir de dégagement situé entre les archives et le laboratoire psychotechnique. Un enfant est introduit, avec son père ou sa mère dans la cabine n° 1. Lorsqu’il est prêt, l’infirmière assistant le docteur ouvre la porte de sa cabine (côté salle de visite). L’enfant pénètre dans la salle de visite accompagné de ses parents. Pendant que le docteur examine l’enfant de la cabine n° 1, on introduit (côté couloir) un enfant dans la cabine n° 2. Il s’y déshabille et attend que l’infirmière lui ouvre la porte de la salle de visite. Pendant que le Docteur examine l’enfant de la cabine n° 2, celui de la cabine n° 1 se rhabille et on introduit un troisième enfant dans cette cabine afin qu’il se prépare à son tour. Et ainsi de suite.
- Chaque fois que le docteur se trouve en présence d’un cas un peu délicat, il en confère immédiatement avec le directeur par la porte de communication directe entre la salle de visite et le bureau du directeur.
- Les enfants sortant de la visite médicale sont évacués en général par la sortie nord-ouest qui les ramène sur le chemin d’arrivée.
- Le couloir de dégagement des cabines présente un second lavabo et des W.-C. réservés à l’Office.
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- Une salle de 22 m2, très bien isolée avec fenêtres ouvrant sur une petite cour intérieure, est destinée à l’installation d’un laboratoire psychotechnique, malheureusement peu riche actuellement en matériel.
- Un espace sans fenêtre mais d’aération suffisante, a été utilisé entre le bureau du Directeur et le laboratoire psychotechnique, pour recevoir les archives et ménager une communication directe entre les deux parties opposées des locaux.
- Toutes les pièces sont très claires, bien aérées, munies du chauffage central et de l’électricité, parquetées en chêne ou en sapin selon les salles. Tous les murs sont peints à l’huile, de couleur claire, les portes et fenêtres sont garnies en verre martelé.
- La hauteur des plafonds est de 3 mètres dans toutes les pièces (I).
- L. Martin,
- Directeur de l'Office d'O. P. des Alpes-Maritimes.
- Office départemental d’Orientation professionnelle du Nord
- L’Office départemental d’orientation professionnelle du nord oiganise, pendant l’année scolaire 1936-1937, des journées d’études.
- Destinées à aider à la formation théorique et pratique des Conseillers d’Orientation professionnelle et des futurs Conseillers d’Orientation professionnelle, ces journées s’adressent aux orienteurs des offices existants, aux membres de l’Enseignement, aux médecins et à leurs auxiliaires : assistantes médicales scolaires, infirmières, assistantes sociales, etc... ; et à toutes les personnes qui, animées d’un sincère amour des enfants, n’ont en vue que leur bien-être et leur protection.
- Des conférences sur toutes les branches de la Science auxquelles touche l’Orientation professionnelle : médecine, psychologie, organisation du travail, etc... ainsi que des séances de travaux pratiques sont prévues. Elles auront lieu à Lille, à l’Institut de Médecine légale et de médecine sociale, la première journée, le jeud; 19 novembre 1936 ; la deuxième journée, le jeudi 10 décembre 1936 ; la troisième journée le jeudi 14 janvier 1937.
- Les auditeurs ayant suivi régulièrement les trois journées d’études recevront, par la suite, une attestation de l’Office départemental.
- (1) La surface totale du plan, l’emplacement et la direction des maîtres-murs étaient imposés à l’architecte par les nécessités de l’ensemble de la construction.
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- I. — Jeudi 19 novembre 1936 :
- A 10 heures : Séance inaugurale des « Journées d’études » par M. Châtelet, recteur de l’Académie de Lille.
- A 10 h. 15 : Conférence sur « Les problèmes psychologicpies et sociaux de l’Orientation professionnelle » par M. Hubert, professeur de philosophie et des sciences de l’éducation, Doyen de la Faculté des Lettres de Lille.
- A 14 h. 30 : Conférence sur « Le rôle du médecin dans l’Orientation professionnelle » par M. le professeur Leclercq, directeur de l'Institut de médecine légale et de médecine sociale.
- A 15 h. 30 : « La pratique de l’O.P. : I. Le problème de l’O.P., les bases administratives de l’O.P., », par M. Lallau, directeur du l’Office départemental d’orientation professionnelle du Nord.
- IL —- Jeudi 10 décembre 1936 :
- A 10 h. 15 : Conférence sur 1’ « Organisation du placemenl dans ses rapports avec l’Orientation professionnelle », par M. Decailly, inspecteur-contrôleur, adjoint ù l’inspecteur divisionnaire du travail.
- A 14 h. 30 : Conférence sur « l’Orientation professionnelle des anormaux », par M. le Docteur Vullien, chef de laboratoire a la Faculté de médecine, médecin-chef à la clinique départemen-lale d’Esquermes.
- A 15 h. 45 : « La pratique de l’O. P. : IL L’organisation et le fonctionnement d’un Office d’O. P. », par M. Lallau, directeur de l’Office départemental d’orientation professionnelle du Nord.
- III. — Jeudi 14 janvier 1937 :
- A 10 h. 15 : Conférence sur « Ce que l’industrie peut attendre de l’Orientation professionnelle », par M. Richard, inspecteur principal adjoint de la Compagnie du Chemin de fer du Nord.
- A 14 h. 30 : Conférences sur « Les mesures physiologiques dans l’Orientation professionnelle », par M. le Dr Demarez, médecin de l’Office départemental de l’Orientation professionnelle du Nord.
- A 15 h. 45 : La pratique de l’O. P. : III. L’examen psycho-professionnel par M. Lallau, directeur de 1 ’Office départemental d’Orientation professionnelle du Nord.
- A 16 h. 45 : Clôture de la session.
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- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- H. Luc et J. Fontègne. — Généralités sur le Préapprentissage. Le travail manuel. — In-8° de 62 pages (Cahiers du Pré,apprentissage, n° 1, octobre 1936). Paris, 4, rue Saint-Martin. Prix : 10 fr.
- Au moment où doit s’organiser la scolarité prolongée, il est utile de méditer les judicieuses réflexions librement offertes dans ces pages par les auteurs, en dehors de toute autorité administrative.
- Le préapprentissage apparaît comme « la période éducative d ordre scolaire cpii précède la période éducative d’ordre professionnel qu’on appelle apprentissage », et comporte, préalablement à toute spécialisation, une phase générale de passage entre la vie scolaire et la vie professionnelle, permettant de faire acquérir aux élèves de bonnes habitudes de travail, d’aider à la révélation d’ap-titudes en sommeil et au développement de celles déjà manifes tées, enfin de deviner l’attitude au travail ; dans, cette phase où l’enseignement général doit être complété par le dessin, les exercices pratiques, le travail manuel, l’éducation physique, avec le but de cultiver le goût, former le caractère, développer l’habileté manuelle et permettre un choix raisonné du métier, en faisant connaître les diverses professions, on assure une base solide à l’orientation professionnelle. C'est à ce préapprentissage générai que devra être, pour les auteurs, consacrée la dernière année de la scolarité.
- Des suggestions pratiques fort intéressantes sont apportées sur l’organisation de cette formation scolaire, comme introduction à la vie professionnelle ; nous indiquerons plus particulièrement celles qui ont trait aux monographies professionnelles, aux films d’O. P., aux exercices pratiques. P.
- Pierre de Mestral-Combremont. — La Sauvegarde de la Jeunesse (avec préface par Ad. Ferrière). — Iu-8° de 95 pages. Georg et Cie, Genève 1936. Prix : 10 francs (français).
- Avocat, ancien élève de l’Institut J.-J. Rousseau, l’auteur expose un projet de loi, avec justification générale, pour la sauvegarde de la jeunesse, projet qu’il a présenté au Grand Conseil de Genève. Ce très intéressant projet comporte essentiellement la création d’un Conseil de la jeunesse autonome, composé de 6 magistrats (dont 3 femmes), à pouvoirs très étendus, et d’un Office de la Jeunesse ayant un service social, une organisation d aide médicale, un service des loisirs, et une organisation pédagogique,
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- dans laquelle est prévue, en particulier, la tâche « d’introduire l’obligation des examens d’orientation professionnelle à l’issue des éludes primaires et secondaires et au cours de l’enseignement en cas de besoin. » p
- Richard Meili. — Psychologische Diagnostik. Einé Einführung f.ür Psychologen und Erzieher. — In-8° de 251 pages. Munich, Reinhardt, 1936. Prix : 6 R. M.
- Privât dooent à l’Université de Genève, assistant de Claparède, Meili, qui a consacré d’intéressantes recherches aux types d’intelligence, a écrit, en allemand, un utile volume d introduction aux études psychologiques et pédagogiques.
- Il examine d’abord les fondements psychologiques du diagnostic (l’intelligence, ses formes, ses tests, et les autres fonctions mentales), consacre un chapitre à l’analyse et au contrôle des tests, envisage ensuite des facteurs capables d’influencer la réus site dans les tests, et la pratique scolaire du diagnostic psycholo gique. Dans un appendice est exposée la technique d’emploi de quelques tests, et dans un autre la méthodologie statistique.
- Dans l’ensemble 1 ouvrage est excellent, mais, soit ignorance la la langue française, ce qui surprendrait chez un privât docent de Genève, soit refoulement lié à quelque complexe, la psychologie française (en dehors des tests de Binet-Simon, qu’il serait difficile de passer sous silence) est totalement ignorée par l’auteur !
- II. P.
- Ce numéro est le dernier de l’année 1936. Nous serions heureux si nos abonnés, désireux de nous éviter des frais de recouvrement, voulaient nous adresser dès à présent le montant de leur abonnement pour 1937 en un chèque postal :
- PARIS G/G 1444-79
- ou par tout autre moyen à leur convenance.
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- TABLE DES MATIÈRES
- TOME VIII
- (1936)
- ARTICLES
- Biscay (Mlle), Monnin (Mlle J.), Bonnardel (Dr) : La consultation dO. P. de l’Institut National. — Nos L2, p. 1, 3-4, p. 41.
- Bonnardel (Dr) : Voir Biscay.
- Carteron (M.) : Le métier d’assureur. — N’ 9-10, p. 173.
- Casy (G.) : Comment l’instituteur de l’école primaire peut-il contribuer à l’O. P. — N° 9-10, p. 191.
- Fontègne (J.) : Y a-t-il un « type » maçon ? — N" 8, p. 133.
- Lahy (Bernard) : Les journées psychotechniques de Vienne. — N" 1-2, p. 10. Le Grand (Yves) : Une méthode d’exploration de l’œil. — N° 7, p. 105. Monnin (MUe J.) : Voir Biscay.
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- NOTES ET DOCUMENTS
- Acuité visuelle. — Voir : I.i{[icience visuelle.
- Adolescents. — Voir : Robustesse.
- Apprentissage. — Une intéressante étude russe sur l’apprentissage. — N° 12, p. 20.
- Aptitudes aux fonctions administratives- — Voir : Fondions administratives.
- Aptitudes techniques. — Une recherche sur la prévision des aptitudes techniques. — N° 8, p. 145.
- Biotypologie. — Les directions de recherches de l’Institut d anthropologie de Marbourg et la biotypologie. — N° 9-10, p. 195.
- Capacités humaines. — La marge des capacités humaines. — N” 8, p. 146.
- Caractère. — Un questionnaire relatif au tenîpéramment et au caractère. — N° 9-10, p. 198.
- Choix aveugle. — Le déséquilibre économique résultant du choix aveugle. —-N0 9-10, p. 204.
- Chômage. — Le « Choc » du chômage. — N° 8, p. 147.
- Cinéma et l’O. P. — Les films en orientâtion professionnelle — N° 7 p. 119.
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- Conduite automobile. — Le temps de réaction de freinage dans la conduite automobile. — N” 1-2, p. IG. — Le temps de réaction du conducteur d’automobile. — N° 8, p. 150.
- Daltoniens. — Quelle est la proportion de daltoniens dans les professions où l’on doit distinguer des couleurs. — N° 3-4, p. 50.
- Déficiences visuelles. — Une singulière erreur dans une évaluation des déficiences visuelles. — N° 3-4, p. 51.
- Délinquants. — L’organisation des maisons d’éducation pour les enfants délinquants et l’orientation professionnelle. — N° 5-6, p. 84.
- Efficience visuelle. — La relation de l’efficience visuelle avec l’acuité en médecine légale. — N° 8, p. 149.
- Enfants délinquants. — Voir : délinquants.
- Fiche psychologique' d’O. P. — A propos de la fiche psychologique d’Orientation professionnelle de ,M. et Mme Henri Piéron. — N° 7,
- p. 120.
- Films. — Voir : Cinéma.
- Fonctions administratives. — Les aptitudes aux hautes fonctions administratives. — N° 7, p. 113.
- Indice de Nutrition. — Voir : Nutrition.
- Machinisme. — L’homme devant la machine. — N° 1-2, p. 20.
- Main-d’œuvre. — L’enquête relative au reclassement de la main d’œuvre. — N° 7, p. 110.
- Mécanique. — Voir : Métiers de la mécanique.
- Médecine et l’O. P. — L’Assemblée française de médecine générale et l’O. P. — N° 1-2, p. 14.
- Métiers de la mécanique (Les). — N° 7, p. 117.
- Nutrition. — L'indice de nutrition de Von Pirquet. — N° 7, p. 118.
- Nystagmus post-rotatoire. — Données pour l’étalonnage de l’épreuve labyrinthique du nystagmus post-rotatoire. —- N° 3-4, p. 53.
- Orientation professionneile. — Voir aussi : Technique du bureau.
- Poids et taille. — Variation avec l’âge de la corrélation entre poids et taille. — N° 1-2, p. 15. — La taille et le poids des écoliers parisiens d’après les nouvelles tables de croissance des écoliers parisiens. — N" 7, p. 116.
- Ponctualité. — La ponctualité comme trait de caractère. — N" 9-10, p. 197.
- Population de la France. — Répartition professionnelle de la population de la France en 1931. — N° 8, p. 151.
- Prévision des aptitudes techniques. — Voir Aptitudes techniques.
- Professions. — Voir : Population de La France.
- Pronostic de la réussite professionnelle. — Peut-on, d’après les quotients intellectuels des adolescents, prévoir leur réussite professionnelle ultérieure ? — N° 5-6, p. 81.
- Quotients intellectuels. — Voir : Pronostic cle la réussite prolessionnelle.
- Rapport cardio-respiratoire. — Rapport cardio-respiratoire comme test de sélection. — N° 9-10, p. 194.
- Reclassement de la main-d’œuvre. — Voir : Main d'œuvre.
- Retard scolaire. — Le retard scolaire en Belgique. — N” 9-10, p. 194.
- Robustesse. — Le fléchissement de la robustesse des adolescents d’après des observateurs belges. — N° 1-2, p. 17.
- Rorschach. — Voir : Test de Rorsehach.
- Soudure autogène (La). — N° 7, p. 112.
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- Succès scolaire. — Une étude sur les facteurs du succès scolaire. — N° 5-6, p. 85.
- Taille et Poids. — Voir : Poids.
- Technique du bureau. — La technique du bureau et l’O. P. — N° 5-6,
- p. 81.
- Temps de réaction. — Les temps de réactiqn en fonction de l’âge (un étalonnage entre 7 et 13 ans). — N° 8, p. 148. — Voir aussi : Conduite automobile.
- Test de Rorschach. — N° 3-4, p. 77.
- Test Binet-Simon. — Essai d’interprétation des tests Binet-Simon. — N” 9-10, p. 207.
- Uniformisation éducative. — Les dangers de l’uniformisation éducative et de la « neutralité professionnelle » de l’école dénoncés aux Etats-Unis. — N“ 3-4, p. 52.
- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE A L’ÉTRANGER
- Les aptitudes exigées par les diverses carrières intellectuelles, d’après Vincente Molina. — Nos 3-4, p. 54 et 5-6, p. 88.
- L’Enseignement de l'O. P. à Bruxelles. — N° 7, p. 121.
- La sélection et la surveillance des conducteurs de tramways à Liège. — N° 1-2, p. 24.
- A TRAVERS LES REVUES
- A travers les revues. — A travers les revues. — N° 1-2, p. 26 ; N° 3-4, p. 59 ; N° 5-6, p. 92 ; N" 7, p. 124 ; N° 8, j>. 154 ; N° 9-10, p.
- INFORMATIONS
- INFORMATIONS. — N° 1-2, p. 29 ; 3-4, p. 63 ; 5-6, p. 94 ; 7, p. 126 ; 8, p. 158 ; 9-10, p. 214.
- LA VIE DE L’INSTITUT NATIONAL D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE. — N° 3-4, p. 68 ; N° 5-6, p, 98 ; N1 7, p. 129 ; N° 8, p. 164 ; N° 9-10, p. 219.
- VIE DE L’AMICALE. — N" 1-2, p. 35 ; N° 5-6, p. 99 ; N° 8, p. 169.
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- CHRONIQUE DOCIMOLOGIQUE
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