Bulletin de l'Institut national d'orientation professionnelle
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- Janvier-Février 1397
- 9e Anné(
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- l’Institut National d’Orientation Professionnelle
- Ennemis et Amis de l’Orientation Professionnelle
- par Henri PIÉRON
- L’orientation professionnelle s’étend, se précise, se perfectionne et s’affirme. Rien d'étonnant dès lors qu’elle suscite davantage attention et intérêt, qu’elle éveille objections et critiques, et que ses adversaires s’affirment aussi. La meilleure réponse est sans doute de continuer à tracer droit le sillon et à semer d’une main large ; mais, en attendant que le grain lève, on peut aussi arracher quelques mauvaises herbes. Jetons donc un coup d’œil sur les champs. Nous y voyons s’évertuer des ennemis de TO. P., qui désirent empêcher la récolte, et aussi des amis soucieux de la hâter, et qui risquent, plus dangereusement encore, de la compromettre.
- Occupons-nous donc un peu des uns et des autres, des premiers d’abord.
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- Une objection essentielle, et qui serait décisive si elle était fondée, repose sur l’affirmation de la plasticité humaine, qui permettrait au modelage social de tirer, d’une pâte individuelle, un ouvrier ou un chef, un technicien ou un artiste, suivant les besoins.
- Un sociologisme à prétentions marxistes a pu prétendre que la classe bourgeoise se réservait par droit de conquête l’ensemble des situations privilégiées, et qu’il était légitime que la classe ouvrière l’en dépossédât purement et simplement en la confinant à son tour dans les métiers les moins favorisés ; on pourrait bien choisir ou exclure, à volonté, les
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- hommes en fonction de leur milieu d’origine, et une formation appropriée permettrait d’assurer les capacités nécessaires à telle ou telle fonction. La notion de différences individuelles congénitales relèverait d’uné biologie bourgeoise, soucieuse de maintenir ses privilèges au nom d’une science construite à sa dévotion.
- Il est certain que les facilités données aux privilégiés de la fortune pour acquérir un vernis éducatif capable de faire illusion sur les capacités véritables permettent trop souvent encore l’accès de situations éminentes dans la société à des hommes propres à occuper seulement des emplois d’ordre subalterne, alors que de plus aptes n’ont pu, du fait des conditions sociales, s’élever aux postes de commandement où ils auraient mieux servi les intérêts de la collectivité. Mais, en reconnaissant ce fait, on affirme l’existence de différences profondes, essentielles, entre les individus, et ce n’est plus cette fois dans le but de maintenir un privilège de classe, mais au contraire dans celui d’abattre les différences de classes au profit des individus.
- Nous voyons bien il est vrai, comme pour justifier l’objection du sociologisme marxiste, s’édifier un biologisme raciste destiné incontestablement à justifier un privilège hautement revendiqué et assurant à la race élue le commandement du monde.
- Et ainsi se heurteraient les sciences cherchant des directives dans des credos politiques, ou les recevant de dictatures impérieuses. Mais il existe heureusement une science libre, la seule science, appuyée aussi sur une foi, la foi en une vérité indépendante des contingences sociales et des intérêts pratiques. Cette science met en évidence le rôle éminent des formations culturelles, analogue à celui du terrain dans lequel se préparent les récoltes, mais arrive à établir la marge d’action limitée de ces influences formatrices et à dégager le rôle tout à fait essentiel de la structure individuelle, qui se joue d’ailleurs des prétendues unités raciales.
- Il est possible d’affirmer, en l’état actuel de nos connaissances, la validité du fondement de l’O. P., à savoir l’existence chez les hommes d’aptitudes différentes d’origine constitutionnelle, héréditaire.
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- Mais voici qu’une autre mystique intervient, un spiritualisme chrétien rejoignant, plus ou moins, la mystique apparentée au matérialisme dialectique.
- L’objection à l’O. P. a été formulée explicitement à une réunion du Congrès des bureaux universitaires de statistique par le Dr Wolfrom : Diriger les enfants dans les voies où ils peuvent le mieux réussir, c’est, adopter une solution de facilité, néfaste pour le caractère, pour le perfectionnement moral de l’homme, qui exige effort, lutte, souffrance et qui comporte une fondamentale plasticité.
- De nos jours, les chrétiens devraient-ils donc gagner la béatitude éternelle par le martyre de la profession, à défaut des griffes et des gueules féroces qu’ils rencontraient dans les jeux du cirque, au cours des glorieuses persécutions romaines ?
- Certes, chacun reste libre de rechercher le martyre pour lui-même, mais il n’appartient pas à une organisation collective de l’imposer. Et nous savons, c’est aussi un fait d’expérience, que, même avec une foi religieuse, les différences individuelles restent grandes, et que tel surmontera peut-être des difficultés tenant à une insuffisance d’aptitudes, alors que tel autre échouera.
- Affermir le caractère est une tâche éducative, mais ce n’est pas dans une mésadaptation à la fonction, au métier, qu’il paraît convenable de chercher cet. affermissement, car on sait toutes les graves conséquences, individuelles et sociales, que comportent les échecs, au devant desquels on irait en quelque sorte à plaisir, en s’éloignant de la solution dite de facilité, qui consiste à mettre chacun, dans la mesure du possible, à la place qui lui convient.
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- Où le problème devient plus délicat, c’est quand l'orientation de l’enfant semble mettre aux prises l’organisation collective et la famille. Il y a là un point qui paraît particulièrement névralgique, comme le montrent les interventions des associations de parents.
- Chacun peut, s’il lui plaît, revêtir la cilice, s’enfermer
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- dans la cellule monastique, rechercher la souffrance sur la terre. Mais appartient-il aux parents d’imposer tel régime à leurs enfants ? En empêchant la « solution de facilité » qu’assurerait une O. P. satisfaisante, et en obligeant leurs enfants à se diriger dans des voies particulièrement difficiles pour eux, afin de leur tremper le caractère, les parents n’abuseraient-ils pas de la « liberté » des familles ? Notre organisation collective, si libérale qu’elle soit, n’est évidemment plus compatible avec certains excès de liberté. L’enfant n’est pas une propriété des parents, dont ceux-ci puissenl user et abuser à leur gré, et l’on protège les enfants martyrs, même si les flagellations étaient destinées à leur valoir plus sûrement une place au paradis.
- La liberté des familles a dû subir bien des restrictions, dans un intérêt général ; il faut bien admettre par exemple une déclaration des maladies contagieuses et l’exclusion momentanée de l’école d’un enfant porteur de germes.
- Les droits de l’enfant doivent être reconnus à leur tour, et parmi eux doit figurer le droit à un conseil d’orientation.
- En quoi le conseil peut-il porter atteinte à la liberté de la famille ? On paraît redouter une organisation rendant obligatoires des décisions d’orienteurs. Mais il n’est pas question de cela.
- Ce que l’on pourrait envisager, c’est l’intervention possible d’une sorte d’arbitrage, en cas de conflit entre enfants et parents, quand ces derniers s’opposeraient à ce que soit suivi un conseil justifié accepté par l’intéressé. Il a bien fallu déjà envisager le conflit avec les parents en ce qui concerne le mariage. Le conflit relatif à la profession pouvant survenir plus tôt devrait être arbitré. Mais il s’agit là de conflits intra-familiaux à résoudre, non d’un conflit entre la famille et la collectivité.
- En ce qui concerne les relations du groupe familial et du groupe social, se figure-t-on qu’il puisse vraiment y avoir une liberté du choix de la famille en ce qui concerne l’accès aux professions ?
- Appartient-il au père de dire : mon fils sera médecin, ouvrier graveur, officier d’artillerie, juge ou fort de la halle?
- L’accès aux professions n’est pas libre ; partout il y a, plus ou moins sévère, une sélection. Tout ce que peut faire le
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- père de famille, c’est de conduire l’enfant jusqu’à la porte d’une profession ou d’un métier, mais, pour la lui faire franchir, c’est une tout autre affaire, et quand la porte se referme sur le nez de son enfant, il sera bien avancé de pouvoir se féliciter de la liberté de son choix.
- En donnant un conseil justifié, en prévenant le père que son fils a toutes chances d’échouer à tel concours, ou de réussir à tel autre, d’être refusé à l’entrée de telle carrière ou de n’y réussir que bien difficilement alors que telle autre lui serait largement ouverte, l’orienteur éclaire le choix, protège en réalité la liberté, en l’empêchant de se heurter au démenti des portes closes. La brutalité des sélections ne sera atténuée, amortie, évitée, que par la généralisation de l’O. P.
- C’est heureusement ce que commencent à comprendre de mieux en mieux des associations de parents, guidées par des hommes éclairés et qui apportent aujourd’hui leur concours à l’effort en vue de l’O. P.
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- Il est un point, toutefois, qui inquiète bien des familles : c’est le problème de l’entrée dans l’enseignement secondaire. On attribue à l’orientation professionnelle ce qu’on considère comme les méfaits d’une sélection, rendue nécessaire par l’organisation rationnelle de l’école unique, comme le montrent bien les lignes suivantes empruntées à la conclusion — intitulée «Le danger» — de l’excellente étude que M. Parigot a consacrée à l’O. P. dans un article de la Revue des Deux-Mondes :
- « Aux parents, dit-il, il incombe d’élever et d’entretenir leurs enfants ; mais il appartient encore au chef de famille, quelques disgrâces qu’elle ait essuyées depuis que’que temps, d’exercer l’autorité. Celle des pédagogues, hors de conteste dans leur sphère, se légitime d’autant mieux qu’elle garde elle-même un caractère quasi paternel. En revanche, le trait brutal qui raye un élève de l’enseignement secondaire (motif de moralité mis à part) pour le détourner vers le primaire supérieur ou le technique (où la voie d’accès lui demeure à peu près fermée d’ailleurs, passé l’âge de quatorze ans) ne se justifie qu’à la condition d’avoir épuisé les moyens de le mettre au niveau des études qu’il avait choisies de concert
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- avec ses parents. Faute de quoi une condamnation irrémissible pour raison d’incapacité, à cet âge, ne laisse pas de faire l’effet d’une certaine inaptitude ou indifférence à y porter remède. Il est véritable que la famille se berce parfois d’illusions. Toutefois on n’aime pas beaucoup qu’un administrateur de lycée prenne publiquement contre elle, avec un zèle extrême, « l’intérêt social » de l’enfant, avant même que cet enfant soit un abrégé d’homme. Et comment ne pas reconnaître le signe d’une redoutable « docimocratie » ou dictature des examens dans la multiplication, depuis la classe de sixième, de successifs prébaccalauréats.
- « Sous le couvert de Vorientation, tant de soins entraînent trop de contraintes. »
- De grâce, n’attribuez pas à Y Orientation la responsabilité des examens organisés dans les premières classes de l’enseignement secondaire. 11 y a là des méthodes analogues à celles utilisées dans les divers examens et concours dont nos études docimologiques montrent bien le caractère peu satisfaisant.
- Certes, il y aura toujours des erreurs dans les choses humaines, mais ces erreurs seraient moins nombreuses si l’on se préoccupait, par un perfectionnement des méthodes objectives d’examen utilisées par une O. P. scientifique, de mieux connaître les enfants dont on cherche à diriger l’avenir. Car, même à cet âge relativement précoce, les capacités intellectuelles, dégagées du vernis scolaire plus ou moins bien appliqué, peuvent fort bien être évaluées ; si la puberté modifie le caractère, elle ne change en réalité pas l’intelligence, les erreurs célèbres (pii ont été commises au cours d’appréciations scolaires ne l’auraient pas été — au même degré tout au moins — avec des épreuves mieux adaptées à leur but.
- Ici encore, contre la brutalité d’une sélection — qui est inévitable si l’on ne veut pas maintenir purement et simplement le jeu du hasard sous la forme du privilège de la for-lune — c’est l’orientation professionnelle qui apportera l'adoucissement désirable, et fera admettre à des études cul-turelles plus prolongées certains enfants qu’élimineraient des examens de passage, en conseillant parfois aux parents, malgré le succès de leurs enfants à ces examens, de ne pas les maintenir dans une direction où ils finiraient par rencontrer les plus graves déceptions.
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- Mais il faut, pour qu’elle remplisse son rôle, que l’O. P. se perfectionne. Il faut éprouver ses méthodes, déceler ses erreurs quand elle en commet, afin d’apporter les corrections indispensables.
- Aussi je ne redoute rien tant que les solutions trop simples. Et c’est ici que bien des amis de l’O. P. me paraissent plus dangereux encore que des ennemis.
- Je suis tout à fait d’accord avec le recteur de Montpellier, M. Tailliart, qui, au Congrès des Bureaux universitaires de statistique, à propos de l’O. P. des étudiants, après avoir signalé les erreurs de pronostic commises par les maîtres dont il eut l’expérience au cours de sa carrière professorale, réclamait la formation d’hommes qualifiés et préparés à une tâche aussi délicate. On est effrayé quand on voit le Syndicat des professeurs d’enseignement secondaire demander qu’on confie le rôle d’orienleur dans chaque établissement à l’un des maîtres, par exemple au professeur de philosophie. On peut brillamment réussir à l’agrégation de philosophie et se montrer fort peu capable d’une appréciation objective d’ap-titudes. Il est vrai que sur les bateaux où l’équipage ne comprend pas assez d’hommes, on peut désigner comme médecin, d’office, en cas de besoin, le commandant ou le second, à moins que ce soit le cuisinier.
- Mais nos lycées ne sont pas situés sur des îles désertes, el leur population scolaire justifie l’appel à un spécialiste. Mais il faut former des spécialistes. El le rythme actuel de formation, s'il peut paraître trop rapide, en raison des retards à l’organisation réelle de l’O. P., est infiniment trop lent, si cette organisation, comme il se doit, se réalise enfin sur les larges bases qu’elle implique. Et qu’on ne s’imagine pas qu’on fera en quinze jours des conseillers d’orientation. C’esl pourtant ce que paraît croire un excellent ami de l’O. P., bien redoutable, le Dr Etienne Martin, qui, dans le volume que le chirurgien René Leriche a consacré à l’être humain dans l'Encyclopédie Française de de Monzie, a écrit un chapitre sur la médecine du travail. Il attribue aux Instituts de médecine du travail la tâche d’enseigner l’orientation professionnelle. Après avoir signalé que les « orientateurs » doivent
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- être l’objet d’une éducation spéciale, et indiqué l’existence de l’I. N. O. P., il ajoute :
- « Est-il possible de généraliser un enseignement aussi complet et son utilité s’impose-t-elle ? 11 semble qu’il soi! difficile d’imposer aux instituteurs et même aux collaborateurs des centres d'orientation professionnelle des études aussi longues. T.es écoles dans lesquelles ces études pourraient être instituées ne sont susceptibles d’être installées que dans de grands centres comme Paris ; adresser dans ces grands centres tous ceux qui voudraient entreprendre des études sur l’orientation professionnelle, c’est un rêve d’utopiste.
- « Il faut donc chercher d’autres procédés plus pratiques. Tout d’abord, simplifier les connaissances scientifiques ; les orientateurs n’ont pas besoin de connaître l’anatomie et la physiologie comme des candidats au diplôme d’Etat d’infirmier ou d’infirmière ; ils n’ont pas besoin de connaître les lois et les décrets d’administration, comme les assistantes sociales ou les visiteuses d’hygiène... »
- Et le Dr Martin indique qu’il a proposé d’instaurer à Lyon des semaines ou des quinzaines d’O. P. comportant essentiellement des visites dans quelques grandes industries avec-démonstrations par des techniciens.
- Tout le monde orienteur en quinze jours ! Pauvre poisson que l’O. P. ; il serait alors bien rapidement noyé. Il faut se convaincre que l’O. P., tâche importante, est aussi particulièrement délicate, et qu’il ne faut pas se contenter de quelques vagues conseils, qui peuvent bien déjà être de quelque utilité, mais qui ne peuvent contribuer à la grande œuvre d’organisation rationnelle qui commence à s’édifier.
- Un conseiller d’orientation, digne de ce nom, doit posséder un certain bagage minimum de connaissances assez variées, et comprenant des données physiologiques qui ne sont pas les mêmes que celles que l’on peut exiger des infirmiers, des données administratives qui ne sont pas les mêmes que celles ({ue l’on fait acquérir aux assistantes sociales ; il doit aussi être doué des aptitudes indispensables, et la vérification de celles-ci est nécessaire pour le choix des conseillers, même une fois constatée la possession des connaissances (par exemple par le diplôme de l’I. N. O. P.). La licence docendi garantit le minimum de connaissances nécessaires pour être
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- admis à enseigner, mais ne garantit pas du tout l’aptitude à l’enseignement.
- Enfin, pour réussir, le conseiller d’orientation doit s’initier à la pratique au cours d’un stage le mettant de façon prolongée en présence de cas concrets, le familiarisant avec les problèmes à résoudre. Et le développement de la « clinique » d’O. P. est un des principaux soucis des directeurs de l’I. N. O. P., préoccupés de la formation des futurs conseillers.
- Notre Institut n’a encore que huit années d’existence. Je pense qu’il a fait déjà œuvre utile ; mais ce qu’il a fait n’est rien en face de ce qu’il lui reste à faire.
- LE DOSSIER SCOLAIRE D’O. P.
- par M1' G. BLANC
- Le premier Congrès national d’O. P., tenu à Paris en octobre 1935 et qui groupait non seulement la presque totalité des orienteurs de France, mais encore tous ceux qui — médecins, psychologues, éducateurs — s’intéressent à l’O. P., avail inscrit à son ordre du jour « les rapports entre l’école et l’O. P. ». Parmi les nombreuses questions soulevées, il apparut bientôt que l’une des plus importantes était l’insuffisance des fiches scolaires utilisées jusqu’ici et la nécessité de les remplacer par un dossier qui suivrait l’enfant, sinon depuis son entrée à l’école, comme certains le demandent, tout au moins pendant les trois dernières années de scolarité.
- En effet, les orienteurs se plaignent depuis longtemps de la lourdeur de leur tâche ; ils ont trop d’enfants à examiner et trop peu de temps à consacrer à chacun d’eux ; d’où une appréciation hâtive du sujet à orienter el un conseil donné en s’appuyant sur des bases bien fragiles. Or cette étude approfondie des aptitudes, du caractère et des goûts, dont la nécessité apparaît si évidente, mais qu’il est difficile à 1 Office d’O. P. de réaliser, pourquoi ne pas en charger l’Ecole? Le maître qui s’occupe d’une quarantaine d’élèves au plus, qui dispose d’une année pour les observer, qui les
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- voit en des circonstances variées, qui connaît leur famille, est en mesure de fournir les renseignements les p us complets et les plus précis.
- On ne manquera pas d’objecter que le labeur de l’instituteur est déjà suffisamment pénible pour qu’en hésite à lui adjoindre une partie de celui de l’orienteur, mais je puis affirmer,, pour l’avoir réalisé dans ma classe, qu’un aménagement adroit de cette tâche nouvelle se confondant avec d’autres exigences de notre métier, permet de suffire à tout sans surmenage.
- Une objection plus grave est celle qui vise l’insuffisance de la culture psychologique des maîtres de l’enseignement primaire ; mais si, écartant tout ce qui présenterait un caractère scientifique trop marqué, on demande seulement à l’instituteur à observer l’enfant, on conviendra que l’amour et la pratique de son métier suppléeront à ses connaissances théoriques imparfaites — ce qui ne nous dispense pas de souhaiter qu’une formation plus complète soit assurée dès à présent dans les Ecoles normales.
- Enfin on a pu craindre que l’instituteur ne vienne concurrencer le conseiller d’orientation, crainte chimérique puisque ce dernier est seul en mesure d’assurer l’acte définitif de l’O. P. : le conseil d’un métier, basé en grande partie sur . la connaissance des exigences de la profession, des conditions d’apprentissage, de l’état du marché du travail, toutes choses qui échappent à la compétence de l’instituteur.
- Il semble donc que rien ne s’oppose à ce que les maîtres primaires deviennent les collaborateurs des conseillers d'O. P. et je me permettrai d’exposer brièvement comment celte collaboration a été comprise dans une école de Marseille.
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- La constitution du dossier précis et détaillé que réclament les orienteurs nécessite une documentation abondante : notices diverses, tests et surtout observation minutieuse des aptitudes, du caractère et des intérêts de l’enfant.
- L’un des premiers documents que les orienteurs ont songé à utiliser c’est la composition française sur le choix d’un métier, mais la valeur d’un tel document varie beaucoup selon la façon dont il est conçu et interprété. Il faut obtenir- un
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- jaillissement spontané, direct, des goûts et des désirs des enfants en éliminant le plus possible les influences extérieures : celle des parents, des camarades, celle d’une leçon, d’une visile d’usine, etc... Il faut d’autre part que le choix de l’enfant ne soit pas limité au cercle restreint des professions qu’il connaît. C’est pourquoi je m’en tiens à la méthode suivante :
- Au cours du premier trimestre, je demande aux élèves, sans préavis, d’indiquer les professions qui leur plaisent et celles dont elles ne voudraient à aucun prix, en motivant leur préférence et leur aversion. En fin d’année, lorsque des causeries de pré-orientation ont éclairé les élèves sur des carrières possibles, le devoir est recommencé. La comparaison des deux versions est des plus intéressantes : elle souligne la persistance ou les fluctuations du choix, elle permet d’étudier les causes de l’évolution qui s’est produite et même d’augurer en partie le caractère de l’enfant.
- La notice remplie par l’élève et la notice remplie par les parents, rédigées ordinairement à l’Office d’O. P. sont, elles aussi, confiées à l’école. La notice de l'élève est remplie en classe, celle des parents leur est adressée, soit accompagnée d’une courte circulaire l’expliquant et la justifiant, soit précédée d’une causerie — lorsqu’il est possible de réunir les familles à l’école — où l’on précise ce qu’on attend de leur bon vouloir. De la sorte, les réponses sont ordinairement plus sincères et plus détaillées, mais l’avantage principal que je trouve à agir ainsi c’est qu’il est possible de contrôler ensuite la valeur des renseignements fournis par ces deux notices, au cours d’entretiens avec l’enfant et avec les parents.
- Un entretien avec l’enfant est chose précieuse, mais pour être fructueux il doit être habilement conduit. Il est difficile de capter la confiance des enfants et d’obtenir d’eux qu’ils demeurent naturels. Avec un « monsieur », qu’il a vu tout au plus deux ou trois fois, l’enfant est mal à l’aise, il est réticent, ou bien il se compose une attitude ; avec le maître de la classe cette gêne n’existe pas, à la condition qu’on évite tout ce qui pourrait donner à cet entretien une allure officielle et gourmée. Le mieux est d’y procéder d’une façon détournée en mettant à profit une circonstance favorable : une absence
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- à justifier, un renseignement que l’élève vient demander, un menu service qu’il rend, un livre qu’il emprunte.
- Les mêmes remarques s’appliquent à l’entretien avec les parents. Ces derniers viennent assez facilement à l’école, surtout à l’approche des examens, el plus volontiers qu’à l’orienteur, personnage mal connu, dont on se défie un peu ils confient leurs désirs, leurs difficultés pécuniaires, leurs secrets de famille quelquefois, au maître bienveillant et de bon conseil qu’ils savent tout dévoué à leurs enfants.
- Ainsi l’instituteur est en mesure d’indiquer brièvement sur chaque notice ce qui lui paraît infirmer ou confirmer les renseignements qu’elle contient.
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- Les sources de documentation dont il a été question jusqu’ici sont celles que les orienteurs ont toujours utilisées mais il apparaît bien que, si elles sont pratiquement suffisantes pour une orientation approximative, elles ne sauraient prétendre à donner un reflet fidèle de la personnalité du sujet. Il nous faut donc poursuivre des investigations plus profondes, forcément plus lentes, plus minutieuses, que nous demandons à deux méthodes : celle des tests et celle de l’observation directe.
- Si les tests trouvent encore des détracteurs, ce n’est pas chez les conseillers d’orientation qui sont les premiers à déplorer que le temps si limité dont ils disposent leur interdise de les utiliser assez largement. Pourquoi ne se déchargeraient-ils pas sur l’école de cette partie de leur tâche ? Qu’on ne dise pas que c’est impossible.
- L’expérience prouve exactement le contraire. Un instituteur de bonne volonté a tôt fait de se mettre au courant des tests les plus usuels dont les instructions précises et l’étalonnage minutieux rendent l’application et le dépouillement des résultats aussi faciles l’un que l’autre (1). On peut craindre peut-être que l’emploi du temps ne laisse pas de place à la prise de tests. Mais la plupart des tests se présentent sous la
- (1) Il va sans dire que nous n’envisageons ici que les lests mentaux ; 'es tests psychotechniques d’une application plus difficile et d’un emploi plus restreint doivent être réservés au laboratoire de l’Office d’O. P.
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- forme d’exercices scolaires, rien n’interdit aux maîtres de les utiliser comme devoirs de grammaire, de rédaction, de calcul. Dans certains déparlements même, comme les Bouches-du-Rhône, la pré-orientation est une matière d’enseignement obligatoire avec un horaire établi, on est donc parfaitement à l’aise pour appliquer certains tests un peu longs : la fiche psychologique de Piéron, par exemple.
- Il n’est peut-être pas indifférent de signaler combien l’école gagnerait à accueillir largement la méthode des tests. A la classification si artificielle en bons et mauvais, élèves, qui ne tient aucun compte des aptitudes réelles, se substituerait une appréciation plus exacte des différences individuelles. Le maître, connaissant mieux ses élèves, les jugerait plus équitablement ; il lui serait possible d’adapter son enseignement à la mesure du groupe qui lui est confié, de modifier ses méthodes suivant les possibilités de chacun et d’obtenir ainsi de bien meilleurs résultats.
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- Cet ensemble si complexe qu’est la personne humaine n’est réductible ni à des chiffres, ni à des signes ; aussi les résultats mathématiques des tests ont besoin d’être éclairés et contrôlés par une observation prolongée de l’enfant en contact avec la réalité. La plupart des théoriciens de la psychologie et de l'orientation professionnelle estiment que l’école est le terrain le plus favorable à cette observation.
- C’est qu’en effet le maître qui vil avec l’enfant durant six heures par jour est souvent mieux placé que la famille pour se livrer à une observation soutenue — à l’école primaire surtout où bien des parents absorbés par le labeur quotidien voient à peine l’enfant que la cantine scolaire garde à midi, que le patronage ou la rue recueille aux heures de loisir.
- Cependant on a prétendu que l’observation en classe risque d’être faussée car l’école, dit-on, est un milieu fermé, où l’enfant agit en élève et n’exprime, par conséquent, qu’un aspect particulier de sa personnalité. C’est mal connaître l’école actuelle, où l’on s’efforce d’ouvrir les fenêtres toutes grandes sur la vie et c’est se refuser a voir que la vie scolaire ressemble par bien des côtés à la vie professionnelle. Est-ce que les réactions de l’enfant parmi ses condisciples ne sonl
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- pas voisines de celles de l’ouvrier, ou de l’employé, parmi ses compagnons de travail ? Est-ce que la nécessité de se plier à une règle, à un horaire, ne se retrouve pas dans l’exercice de la profession ? Est-ce que les récréations ne nous permettent pas d’étudier l’enfant au jeu, donc au moment même où son activité est entièrement spontanée ?
- L’instituteur est donc en mesure de fournir une abondante moisson de renseignements précieux et variés, touchant aux aptitudes intellectuelles, physiques, sensorielles, techniques, au caractère, aux intérêts des enfants. Tous les exercices, toutes les matières d’enseignement, toutes les circonstances ordinaires ou imprévues de la vie scolaire peuvent donner lieu à de fructueuses observations dont le cadre restreint de cet article ne permet de donner que de trop brefs exemples. Je négligerai donc tout ce qui paraît trop évident, comme l’étude des diverses fonctions intellectuelles au cours du travail scolaire, mais je voudrais montrer que la plupart des aptitudes intellectuelles se dévoilent aussi bien, sinon mieux en d’autres circonstances. A-t-on songé à tout ce que nous enseigne le choix et la conduite d’un jeu ? A-t-on pensé que le simple fait de confier une commission à une élève révélera si elle est assez attentive pour retenir les instructions données ; si elle dispose d’assez d’esprit d’initiative pour suppléer aux indications qui ne lui auront pas été fournies ; si elle possède assez de jugement pour réaliser au mieux la lâche qui lui a été confiée.
- L’étude des aptitudes sensorielles et techniques se fait aisément au cours des séances de dessin et de travail manuel. Un modeste exercice de couture met en évidence le sens des proportions, des dimensions, le sens esthétique, l’habileté manuelle, la facilité d’adaptation à une tâche nouvelle, le degré de fatigabilité. J’en dirai autant d’une foule de menus travaux scolaires : préparer le matériel nécessaire à une leçon de sciences, le nettoyer et le replacer après usage, mettre de l’ordre dans une armoire, fixer une gravure au mur, autant de faits qui aideront à discerner les élèves adroits, « débrouillards », qui ont le coup d’œil juste, la main sûre, le travail rapide.
- L’extrême importance des aptitudes physiques pour le choix du métier n’est pas à démontrer. Le médecin est le collabo-
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- rateur indispensable de tout office d’orientation ; mais dans l’état actuel des choses on sait trop que son rôle est forcément réduit à une unique et rapide visite. Ici encore l’instituteur peut donner une aide précieuse, soit qu’il fournisse au médecin le relevé des absences dues à la maladie, ce qui attirera l’attention du praticien sur la répétition de certaines affections d’apparence bénigne dont la cause est peut-être sérieuse, soit qu’il ait observé lui-même en classe, en récréation, aux séances de gymnastique, des anomalies de la vision ou de l’audition, des malformations du squelette, des troubles dans la coordination des mouvements, de l’essoufflement, des palpitations, etc...
- Une autre série d’observations très importantes est celle qui a trait à l’étude du caractère dont le rôle est si grand dans la réussite professionnelle. C’est dans le travail que s’affirment la volonté, l’ambition, la conscience ou le manque de scrupules ; c’est dans les rapports de l’enfant avec son maître et avec ses camarades, qu’il est possible de déceler la vanité ou la simplicité, la franchise ou l’hypocrisie, la soumission ou l’esprit d’indépendance, l’instinct social ou l’égoïsme, la douceur ou la brutalité. Si l’on veut un exemple précis, qu’on songe aux remarques que l’on peut faire sur l’administration de la bibliothèque ou de la coopérative par les élèves. Aucun test d’honnêteté ne vaut celui qui consiste à mettre l’enfant en face de la possibilité de tricher sur un achat ou de retirer de la circulation le livre qu’il a envie de lire avant ses camarades.
- J’ajouterai enfin que l’étude des intérêts se fera bien mieux à l’école que dans une conversation rapide ou par le moyen d’une notice, dans lesquelles l’enfant répond souvent au hasard. L’observation des jeux pratiqués aux récréations, des devoirs libres, des collections, du choix des livres dans la bibliothèque scolaire et des réflexions consignées sur le cahier de lectures personnelles, des réactions au cours d’une visite d’atelier, d’usine, de musée, donnera des renseignements infiniment plus précis et moins sujets à caution.
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- De cette masse d’observations — consignées au jour le jour — diverses et parfois contradictoires, mais dont la con-
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- frontation fera justement disparaître les traits qui se détruisent mutuellement et renforcera les traits essentiels, va surgir la physionomie rée le de l’enfant à orienter.
- 11 s’agira donc, en fin d’année scolaire, de condenser tous les renseignements recueillis et de les présenter au conseiller d’orientation sous une forme claire et précise.
- Nous constituons alors pour chaque élève un dossier com-pienant : la composition française sur le choix d’un métier, les notices remplies par l’enfant et par les parents, le profil psychologique établi d’après la fiche de Piéron, enfin un carnet scolaire résumant toutes les observations faites pendant les dernières années de scolarité et les présentant méthodiquement classées. Le premier feuillet porte des renseignements généraux : nom, date de naissance, écoles fréquentées. Le second est réservé aux renseignements concernant l’activité physique et les aptitudes techniques ; le troisième concerne l’activité intellectuelle et le quatrième le caractère. Le cinquième fournit les résultats scolaires en chaque matière et l’appréciation générale du maître ; il sera répété autant de fois qu’il y aura eu de classes où l’enfant a été observé. Le dernier feuillet est réservé au médecin. Tous ces feuillets sont mobiles de manière à pouvoir retirer et les feuillets de résultats scolaires — afin que l’opinion d’un maître ne soit pas influencée par celle du maître précédent — et la feuille médicale qu’il est préférable de ne pas laisser circuler entre trop de mains.
- Chacun des feuillet 2, 3 et 4 comporte une liste d’aptitudes ; en face de chacune d’elles le maître indique le signe + pour une aptitude ; le signe -H- pour une aptitude très marquée ; le signe — pour l’inaptitude ; le signe = pour l’inaptitude très marquée. Chaque rubrique est remplie de la sorte très rapidement et les résultats apparaissent très nets.
- Le dossier ainsi constitué est assez riche pour donner un reflet fidèle du sujet à orienter et assez bref pour être commode à consulter. L’orienteur, dispensé de ce travail de documentation qu’il lui était si difficile de réaliser convenablement, disposera d’un temps précieux pour étudier de plus près certaines aptitudes correspondant à la profession demandée et pour s’assurer qu’il y a bien concordance entre les possibilités du sujet et ses désirs.
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- Ainsi gain de temps, diagnostic plus précis, pourcentage des chances d’erreur notablement abaissé, tels sont les avantages cpii semblent découler de l’emploi du dossier scolaire.
- Ce premier essai d’une collaboration plus étroite entre l’Ecole et l'Office d’O. P. est sans aucun doute encore maladroit et incomplet. Aussi est-il à souhaiter que d’autres tentatives permettent de se rapprocher davantage d’une organisation idéale de l’Orientation professionnelle.
- G. Blanc.
- Congrès International de l’Enseignement technique
- par UVL1" X5. WEIITBER&
- Le VIe Congrès International de T Enseignement technique qui vient de se tenir à Home, en décembre dernier, a consacré une part importante de ses travaux à la question de l’orientation professionnelle.
- Après une inauguration solennelle au Capitole par le ministre do l’Education nationale d’Italie, ce fut M. Julien, sous-secrétaire 'd’Etat à l’Enseignement^ technique de France, qui a marqué l’ouverture des travaux du Congrès.
- M. Scanga, directeur de l’Enseignement technique d’Italie et rapporteur général du Congrès, dans un exposé très important, a donné un aperçu d ensemble des rapports présentés en rattachant ces études à celles déjà effectuées par les congrès précédents, marquant ainsi la continuité des efforts successifs réalisés par les congrès de l’Enseignement technique, dont le premier, ainsi que l’a rappelé le rapporteur, a été organisé en 1886, par la Société Philomathique de Bordeaux.
- Sur l’orientation professionnelle, les questions suivantes étaient inscrites à l’ordre du jour :
- L'Orientation professionnelle et sa continuité. Rapporteur général : M. Gemelli.
- a) L'Education physique comme auxiliaire de Vorientation pro fessionndle ; Laide qu’elle peut apporter aux travaux de laboratoire. Rapporteur adjoint : M. Bwissoni. h) Le travail manuel révrlalêttr'dfaptitudes. Rapporteur adjoint :
- M. Lomont.
- Séné, aie
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- c) La croissance esl-elle de nature à modifier l'orientation profes-
- sionnelle des adolescents ? Rapporteur adjoint : M. le docteur Visco.
- d) Les aptitudes au travail et la détermination des aptitudes
- professionnelles. L'éducation de ces aptitudes Rapporteur adjoint : M. Mira.
- Une trentaine de rapports imprimés et distribués avant l’ouverture du Congrès ont été consacrés à ces questions, sans compter ceux parvenus trop tard pour cette impression préalable, et la deuxième Commission a tenu deux séances.
- Au cours de la première réunion, le professeur Gemelli a pré senté son rapport d ensemble et le professeur Banis&oni a étudié la question de l’éducation physique en relation avec \’orientation professionnelle. Le lendemain, M. Fontègne ,a parlé du travail manuel en relation avec les aptitudes professionelles, et, enfin, quelques congressistes ont. pris la parole pour commenter leurs contributions ou amorcer la discussion qui fut clôturée par les conclusions du rapporteur général.
- La plupart des rapports ont insisté sur la nécessité de concevon l’orientation professionnelle, non pas comme un acte unique réduit à l’examen du sujet et à l'élaboration d’un conseil, mais comme une intervention continue, liée à l’action éducative et sociale de l’école et des œuvres postscolaires et professionnelles, liaison envisagée de manières multiples agissant sur toutes les parties de l’orientation professionnelle dont eile élargissait la tache. On a insisté sur 1 importance des renseignements que peuvent apporter pour la connaissance du sujet, les leçons d’éducation physique et les exercices de travail manuel. L’une et l’autre, non seulement révèlent les aptitudes, mais encore contribuent à les former Le professeur Gemelli, rapporteur général de ia question, a tout par liculièrement insisté sur la plasticité de l’être humain qui le rend adaptable à des situations diverses au cours desquelles ses réac tions propres 'deviennent le point de départ de nouvelles stimulations, sur la nécessité d’envisager la personnalité de l’adolescent comme un tout et sur le rôle très important que jouent la volonté, l’enthousiasme ou le découragement dans l’efficience professionnelle des individus.
- En accord avec les décisions du précédent Congrès, le professeur Ponzo a présenté, au nom du Bureau International de renseignement technique, un rapport sur la fiche médicale type. Les fiches réunies par le B.LE.T. ayant montré une extrême variété de types utilisés dans les divers pays et même à l’intérieur d un même pays, le rapporteur a rendu compte de l’effort poursuivi
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- eu Italie en vue de généraliser l’emploi d’une fiche très simple dont l’uniformité devrait permettre ultérieurement d’utiles com paraisons statistiques.
- D autres commissions ont marqué elles aussi l’intérêt qu’elles portaient aux ques'ions de l’orientation professionnelle ; c’est ainsi qu’au nom de la lre Commission occupée par l’étude de 1’enseignement technique en relation avec la vie économique, le Congrès a voté le vœu :
- « Que l’étude du facteur humain soit poursuivie et que l’orientation professionnelle soit généralisée avec la préoccupation d’éviter les spécialisations prématurées. A cet égard, le congrès pense que les métiers doivent être groupés par familles, non d’après leurs objets, mais selon les aptitudes humaines fondamentales qu’ils exigent. »
- Et les vœux adoptés au nom tle la IVe Commission « Préparation de la femme à son rôle spécial dans la vie économique » réclamaient notamment :
- « Que dans tous les pays l’orientation professionnelle des jeunes filles soit développée et tienne compte :
- « a) De leurs aptitudes particulières ;
- « b) De leurs possibilités physiques ;
- « c) Des débouchés. »
- La partie technique du Congrès a été heureusement complétée par d’intéressantes visites, notamment, en particulier, celle de l’admirable académie d’éducation physique, sous la conduite du professeur Banissoni, et celle de l’Exposition de l’enseignement technique.
- Une organisation précise et parfaitement ordonnée a fait alterner les séances de travail avec des réceptions et surtout des visites de la ville dont les congressistes ont certainement emporté un souvenir inoubliable. _
- D. Weinberg.
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- ANNEXE
- Le VIe Congrès international de renseignement technique s’est tenu à Rome les 28, 29, 30 décembre 1936. Il y eut 24 nations représentées et plus de 1.700 congressistes présents.
- Cinq grandes questions étaient proposées pour lesquelles nous donnons un résumé des rapports lorsqu’ils intéresseront l’Orientation professionnelle.
- lre question : L’enseignement technique et la vie économique :
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- Relevons le vœu suivant :
- Il est désirable : 1° que le B.I.E.T. lienne informés ses membres' du sens et des résultats des expériences tentées pour donner une formai ion ou une rééducation professionnelle aux chômeurs adolescenls afin de leur ouvrir l’accès de métiers non encombrés ;
- 2° que la scolarité soit prolongée, la dernière année devant permettre l’orientation professionnelle et un préapprentissage général ;
- 3° que, selon les moyens propres à chaque nation, les enfants soient obligés, de 15 à 18 ans, de recevoir dans les entreprises ou dans des cours professionnels une formation technique culturelle et pratique qui leur garanlisse la connaissance méthodique et complète d’un métier ; .
- 4° que la préparation des cadres moyens (contremaîtres ou agents de maîtrise) soit organisée et qu’elle comprenne un enseignement du rôle de l’homme dans la produel ion, qu’il s’agisse d’écoles spécialisées de techniciens ou de cours de perfectionnement ouverts aux ouvriers de l’industrie ;
- 5° que l’étude du facteur humain soit poursuivie et que l’orientation professionnelle soit généralisée avec la préoccupation d’éviter les'spécialisations prématurées. A cet égard, le Congrès pense que les métiers doivent être groupés par familles non d’après leurs objets, mais selon les aptitudes humaines fondamentales qu’ils exigent.
- 2e question : L’orientation professionnelle et sa continuité :
- Le Congrès, considérant que :
- 1° l’œuvre d’orientation professionnelle requiert nécessairement des observations répétées et prolongées qui concernent toute la personnalité de l’élève ;
- 2° que la constatation des aptitudes professionnelles ne peut être séparée de l’éducation des aptitudes mêmes ;
- 3° que, par conséquence, l’œuvre d’orientation a son siège premier et principal dans l’école et doit être continuée pendant l’apprentissage ;
- 4° que la constatation des aptitudes professionnelles se fonde sur la connaissance de toute la personnalité du sujet et doit laisser ouvert le plus de possibilités aux ressources et à la capacité d’adaptation des jeunes ;
- Emet le vœu qu’on pourvoie avec des critères généraux à la préparation générale et spécialement psychologique du personnel chargé de recueillir les informations sur lesquelles on doit fonder le conseil d’orientation (personnel enseignant des matières générales et pratiques, y compris l’éducation physique, médecins, surveillants d’usine, de magasin, etc.); qu’on établisse des critères généraux quant aux rapports entre l’école et les organisations professionnelles et les organisations de la jeunesse, de manière que les jeunes soient surveillés et assistés jusqu’à leur classement judicieux dans une catégorie professionnelle.
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- Le VIe Congrès international de l’enseignement technique affirme l’importance de l’éducation physique pour l’orientation professionnelle et poui la préparation des jeunes travailleurs et émet les vœux suivants :
- 1° que L'éducation physique soit étendue à toutes les écoles préprofessionnelles et professionnelles ;
- 2° que les apprentis et les jeunes travailleurs puissent en jouir jusqu’à la 18e année, comme c’est le cas, par exemple, en Italie ;
- 3° qu’on établisse des rapports aussi étroits que possible entre l’œuvre d’éducation physique et les bureaux d’orientation professionnelle avec les modalités qui semblent tour à tour opportunes et en tenant compte de la continuité d’orientation professionnelle ;
- 4° que les maîtres d’éducalion physique soient tout spécialement préparés à la collaboration avec le service d’orientation professionnelle au cours de leurs études ;
- 5° que, si celte préparai ion ne peut se faire, ils puissent fréquenter des cours d’information, les amenant à celle collaboration ;
- 6° que les maîtres d’éducation physique, là où il n’y a pas de service d’orientation professionnelle, en collaboration et éventuellement en se substituant aux médecins el autres éducateurs, aident les jeunes gens et leurs familles dans le choix de la profession ;
- 7° que la collaboration scientifique soil maintenue el étendue entre ceux qui étudient la psychologie, l’orientation professionnelle et l’éducation physique.
- Le Congrès émet le vœu qu’on favorise et qu’on aide les recherches scientifiques qui ont une importance et qui peuvent s’appliquer à l’étude du problème du travail des jeunes gens.
- Comme premier problème on signale celui de la motricité, qui doit être étudié surtout comme manifestation de la personnalité humaine tout entière, dans ses adaptations particulièrement aux tâches du travail.
- A cet effet, il émet le vœu que le travail manuel constitue un des enseignements les plus importants en ce qui concerne la détermination et le développement des aptitudes professionnelles.
- Le VIe Congrès international de l’enseignement technique réuni à Rome,
- Considérant l’importance sociale de l’orientation et de l’éducation professionnelles des anormaux physiques, sensoriels et mentaux,
- Emet le vœu que le B.I.E.T. coordonne les études sur les problèmes de l’éducation pré-professionnelle et de l’orientation professionnelle des anormaux,
- a) en rassemblant toute la documentation bibliographique publiée sur ces différents problèmes ;
- b) en inscrivant au programme des travaux du prochain Congrès l’étude de cette question.
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- Etant donné qu’on ne peut séparer la question de l’étude de la personnalité de l’enfant, en ce qui concerne son aptitude générale au travail, de la connaissance précise des caractéristiques psychologiques des professions, le Congrès émet le vœu que la question des profils professionnels soit étudiée d’après des directives générales uniformes.
- Ces directives doivent être suggérées aux chercheurs par les organes centraux de l’enseignement technique, en pleine collaboration avec les institutions spécialisées dans l’étude de l’organisation rationnelle du travail, lesquelles, pour leur structure intrinsèque, tiendront compte de l’expérience des associations professionnelles des employeurs et des employés.
- Le Congrès international de l’enseignement technique à Rome émet le voeu :
- Que soit nommée une commission internationale de médecins, dans le but de préparer une fiche médicale selon les directives fixées par le B.I.E.T. dans sa communication au Congrès de Rome.
- La fiche médicale internationale sera semblable à celle déjà adoptée par la Direction générale de l’enseignement technique en Italie pour constater si les jeunes gens sont sains et aptes au travail auquel l’école les prépare.
- La fiche à proposer doit être très simple, de façon à pouvoir être rédigée par tout médecin dans les plus petits centres d’écoles professionnelles.
- Le Congrès international de l’enseignement technique à Rome, considérant l’importance de la participation du médecin dans l’œuvre de l’orientation professionnelle, émet le vœu qu’il soit pourvu d’une façon adéquate, pendant la période de formation des nouveaux médecins, c’est-à-dire pendant les années d’universalité, à l’intégration de la culture de caractère purement médical dans une bonne préparation dans le domaine de la psychologie et de la psychotechnique.
- Pour cette même question, on trouvera dans la Formation Professionnelle (1) le rapport de M. Larcher, inspecteur général des Services d’O. P. Après avoir fait remarquer que l’idée de continuité dans l’O. P. est une manifestation du souci d’humaniser l'industrie en s’efforçant d’établir un rapport étroit entre l’appréciation des qualités de l’individu et les exigences du travail, il passe en revue ce qui peut permettre cette connaissance de l’individu : tests, examens, observations au cours de l’éducation physique et au cours du travail manuel et dans l’observation des attitudes au travail, toutes observations faites par des orienteurs qualifiés.
- 3e question : La Formation du personnel d’atelier chargé de l’enseignement pratique.
- 4e question : La Préparation de la femme et son rôle spécial dans la vie économique.
- Cette commission a émis le vœu :
- Que, dans tous les pays, l’orientation professionnelle des jeunes filles soit développée et tienne compte :
- (1) La Formation professionnelle, 34i® année, octobre 1936, n° 2, p. 18-33.
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- a) de leurs aptitudes particulières (vocation) ;
- b) de leurs possibilités physiques ;
- c) des débouchés.
- 5e question : T.a presse et le cinéma technique.
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- Nous rendrons compte dans le prochain numéro du Congrès international des Bureaux universitaires de statistique.
- NOTES ET DOCUMENTS
- Influence de la valeur éducative de la famille sur la valeur intellectuelle de l’enfant
- Mlle Jadoulle a essayé de saisir un des aspects les plus aisés à capter de cette si importante question (1).
- Elle s’est efforcée de connaître l’instruction des parents et les moyens dont ils s’entourent pour enrichir leur documentation au moyen du questionnaire judicieux ci-dessous :
- Quel est le métier de votre père ?
- S’il est chômeur, quel était son métier avant la crise ?
- Votre père a-t-il terminé l’école primaire ?
- A-t-il fréquenté une école moyenne ?
- A-t-il fréquenté d’autres écoles ? Lesquelles ?
- Quels diplômes a-t-il obtenus ?
- Quel est le métier de votre mère ?
- Votre mère a-t-elle terminé l’école primaire ?
- A-l-elle fréquenté l’école moyenne ?
- A-t-elle fréquenté d’autres écoles ? Lesquelles ?
- Reçoit-on un j-ournal tous les jours à la maison ? Reçoit-on plusieurs journaux régulièrement ? Combien ?
- Y a-t-il beaucoup de livres à la maison ? Combien environ :
- 10, 20, 50, 100 ?
- Avez-vous le téléphone ?
- Avez-vous un appareil de T. S. F. ?
- Ayant ensuite, au moyen des tests Binet-Simon et de l'a fiche psychologique Piéron un peu modifiée, étudié la valeur de l’intelligence des écoliers pour lesquels l’auteur possédait des renseignements familiaux, la constatation suivante a été possible :
- (1) Adaptation vol. lit, 1936.
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- Si l’on répartit les \aleurs intellectuelles des milieux familiaux en trois groupes, on aura :
- Groupe A, de valeur supérieure ;
- Groupe B, de valeur moyenne ;
- Groupe G, de valeur inférieure.
- Des 307 enfants qui servent de base à cette élude, 210 seulement ont répondu au questionnaire concernant l’étude du milieu.
- Le calcul des éléments de leur milieu permet de constater que :
- 22 appartiennent au groupe A ;
- 132 appartiennent au groupe B ;
- 61 appartiennent au groupe C.
- Les milieux de groupe A, c’est-à-dire les milieux familiaux intellectuellement supérieurs donnent un pourcentage très éleve d’enfants classés dans le premier quart, donc parmi les enfants bien doués, d’autre part un pourcentage extrêmement faible d’enfants classés dans le quart inférieur, donc peu doués.
- Les enfants du groupe B représentent l’élément moyen, ils se classent pour une moitié entre les 25e et les 75e quarliles du classement de la valeur du O. I. et l’autre moitié se répartit en deçà et au delà des deux quartilcs extrêmes.
- Quant au groupe C, représentant les milieux indigents du point de vue culturel, ses enfants se classent dans toute l’échelle des valeurs du O. I. mais avec une proportion assez forte dans le quart inférieur.
- En conséquence, les enfants de milieux intellectuels semblent particulièrement favorisés, puisqu’ils se groupent tous, à de. rares exceptions près, parmi les enfants normalement doués et qu’ils constituent un fort pourcentage des mieux doués.
- Les enfants des milieux indigents au point de vue culturel paraissent, au contraire, dans une situation beaucoup moins favorisée : d’une part, ils constituent un pourcentage élevé des enfants déficients intellectuels ; d’autre part, un pourcentage faible d’entre eux se classent parmi les mieux doués. Remarquons toutefois qu’il n’y a là rien d’absolu et que parmi ces enfants issus de milieux indigents culturellement, il en est qui parviennent à se classer parmi les mieux doués (10 premiers centiles).
- Il ne s’agit aucunement d’une insuffisance racique et d’une impossibilité fondamentale de ces enfants à s’élever jusqu’au niveau supérieur de l’intelligence, mais nous n’envisageons ici que la déficience du milieu quant à l’impossibilité dans laquelle il s’est trouvé de fournir à l’enfant les éléments indispensables à sa culture.
- L’influence du milieu semble extrêmement importante avant
- l’entrée de l’enfant à l’école.
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- L’intelligence de l'enfant au moment de son entrée à l’école est le seul facteur qui puisse devenir décisif et exclusif s’il est porté aux extrêmes supérieurs ou inférieurs. Son examen par les tests permet d’établir des catégories d’enfants dont on peut dire que les premiers réussiront dans une très forte proportion tandis que les autres échoueront en cours de route.
- Pour l’évolution différente des enfants au sein de ces catégories, les facteurs de milieu, santé, caractère et même certaines formes particulières d’intelligence reprennent alors toute leur importance et peuvent à leur tour devenir déterminants.
- Mais comparés au même moment ou à des époques rapprochées, l’intelligence et les succès scolaires sont dans un rapport étroit.
- ENQUÊTE
- L’opinion des médecins sur leurs aptitudes professionnelles (d’après l’enquête du Dr Blechmann sur la « vocation médicale »)
- Un grand référendum, ouvert par le Dr Blechmann dans la revue L'Hôpital, a rapporté un nombre considérable de réponses, qui ont été publiées en juin et juillet 1936 dans cette revue (1) (Nos 409-411) sur la question de 1‘ « orientation vers la médecine » et de la « vocation médicale ».
- Il y a là une documentation considérable et d’un très grand intérêt, à laquelle nous pensons qu’il est important d’emprunter quelques données permettant d’éclairer les orienteurs sur les aptitudes à la médecine, appréciées par les médecins eux-mêmes, ainsi que de fournir certaines données sur les facteurs de l’orientation vers la carrière médicale. >
- Voici, tout d’abord, quelques réflexions du Dr Julien Noir sur les raisons qui agissaient dans l’esprit des jeunes gens de sa génération se destinant à la médecine, les mobiles constituant à ses yeux la vocation.
- La plupart des jeunes étudiants se destinaient à la médecine parce que cette profession était indépendante et considérée et qu’elle permettait à celui qui la pratiquait de gagner largement sa vie...
- Voilà le mobile principal qui déterminait la vocation médicale Il y en avait d’autres, mais ils tenaient à mon avis un second rang dans les préoccupations des jeunes gens, je dois l’avouer en toute franchise.
- (1) Editions Lépine, 39, rue d’Amsterdam, Paris.
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- Parmi eux, tout d’abord, il y avait le mobile d’ordre intellectuel, le désir d’approfondir les sciences biologiques, la curiosité du naturaliste...
- Un autre mobile, le plus souvent secondaire dans la vocation du jeune médecin, est d’ordre moral. C’est le sentiment d’altruisme, de charité, le besoin de se dévouer, la pitié pour ceux qui souffrent. Ce mobile sentimental est indispensable pour faire un bon médecin.
- Les remarques du Dr G. Wolfrom ont un caractère général et sont empreintes de scepticisme en ce qui concerne la réalité de la vocation :
- #
- A quelques exceptions près, les médecins se recrutent parmi les enfants de la petite, de la moyenne et de la grande bourgeoisie et parmi les moins doués — à dix-sept ans — de ces enfants...
- La bourgeoisie est sensible à la sécurité, à la considération, à la fortune... .4 ses enfants les mieux doués, la bourgeoisie tentera d’assurer la possession de plusieurs de ses valeurs dans leur degré le plus élevé... A ses enfants moins bien doués, la bourgeoisie va tâcher d’assurer la possession de ces trois valeurs auxquelles elle tient par dessus tout. Seulement, elle visera moins haut et lancera ses enfants sur des routes moins ardues. Si 'e souci de la sécurité prédomine, l’enfant sera dirigé vers les postes modestes de fonctionnaires. Si le souci de la considération prédomine, il sera dirigé vers les carrières du droit et de la médecine. Si le souci de la fortune prédomine, l’enfant sera lancé dans une carrière bancaire, industrielle ou commerciale, après avoir fait tout ce qu’il aura pu d’études dans des écoles supérieures, mais de rang plus modeste que l’Ecole polytechnique...
- Personnellement, un enfant ne peut guère avoir de vocation véritable pour la médecine. Il peut tout au plus désirer calquer sa vie sur celle des médecins qu’il connaît et admire. Il ne peut vraiment savoir ce qu’est une activité médicale.
- Cependant, des enfants d’esprit curieux se sentent attirés vers la médecine. Ils pressentent l’incertitude et la complexité des recherches médicales. Ils en sont séduits. Moins de curiosité les eût peut être entraînés vers les sciences physiques, chimiques ou naturelles. Les problèmes complexes s’y rencontrent bien. Ils n’apparaissent pas tels dès le début de l’étude de ces sciences où l’élève sent qu’il ne s’agit que d’absorber un manuel. Le travail y est tout mâché. Dès . le début de la médecine, tout au contraire apparaît effroyablement complexe et pas un manuel ne permet de s’y guider : certains esprits en sont ravis...
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- En résumé, se destinent à la médecine, les enfants qui ne sont [tas, vers leur dix-septième année, excellemment doués pour les lettres et les mathématiques. Ils appartiennent aux divers échelons de la bourgeoisie. Ils cherchent dans la carrière médicale plutôt que la sécurité, la considération et un moyen d’existence assez large. Ils y sont parfois poussés par une tradition familiale, par le goût de l’indépendance ou le désir d’être plongés d’emblée dans des recherches fort compliquées.
- ifp : •
- Le Dr Trenga (d’Alger), dans une longue étude, se tourne plutôt vers l’avenir, qui lui paraît devoir modifier profondément le caractère social de la profession médicale, comme en témoignent les quelques lignes suivantes :
- L’individualisme médical qui, de tout temps, en dépit d’une solidarité, d’un esprit de corps, d’une méthode et d’une discipline communes, caractérisait la médecine, se mue, de plus en plus, en une sorte de collectivisme, créateur de taylorisation, de standardisation de la médecine. Evolution que nous n’avons pas le droit de blâmer ou d’encenser, mais que nous devons enregistrer comme fatale. Bientôt, il se peut qu’il y ait des ouvriers médicaux, employés chacun selon ses capacités physiques, intellectuelles et techniques, dans un compartiment médical spécialisé...
- Avec cette nouvelle modalité de la profession médicale, ce nouveau mode de travail, il y aura, pour l’ouvrier-médecin, physiquement, moralement, intellectuellement, moins de tension, moins de fatigue, moins de surmenage...
- L’orientation professionnelle, pour le médecin de demain, ou d’après-demain, c’est l’acceptation d’une consigne dans les limites volontairement étroites d’une spécialisation à outrance.
- Mais certains médecins font encore de la vocation, de l’appel plus ou moins mystérieux ressenti par l’adolescent, la condition nécessaire eL suffisante pour que puisse être embrassée cette profession. C’est ce qu’affirme une jeune externe des hôpitaux, Mllc Marcus :
- Ainsi posé, le problème nous semble très simple. Les aptitudes ? subordonnées à la vocation. Celui qui a entendu l’appel médical et y a répondu pleinement sera médecin, c’est-à-dire que, s’il possède déjà des dons appropriés, il les développera et s’il trouve des lacunes en lui, il les comblera. Le fait d’avoir entièrement répondu à sa vocation, c’est, en somme, comme s’il s’était coupé les ponts derrière lui. Poussé invisiblement en avant, il ne peut reculer ; s’il n’est pas adroit, il le deviendra ; s’il est paresseux, il sera obligé d’être actif ; s’il est affolé à la vue du sang, il surmontera cette infirmité à tout prix.
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- Et le Dr Lefebvre, de T J lie, en une prosopopée, déclare :
- « Tu as l’âme d’un médecin ou tu ne l’as pas. Une seule chose est à savoir sur ce point, c’est qu’elle ne s’acquiert pas. »
- Mais y a-t-il suffisamment de vocations médicales? A côté de ceux qui ont entendu l’appel, le Dr A. Trêves pense qu’on peut aussi envisager les autres:
- Deux sortes d’aptitudes : aptitude physique d’abord. Etant donné ce qu’est notre profession, je crois indispensable Y examen phqsi-(pie préalable...
- Quant aux aptitudes intellectuelles, c’est une autre affaire.
- Il y a ceux qui ont la vocation, par hérédité, par « éducation héréditaire », si je puis m’exprimer ainsi, ou par goût. Pour ceux-là pas d’hésitation.
- Pour les autres, pour ceux qui choisissent la carrière médicale comme ils en prendraient une autre, il paut leur faire valoir d’une part les qualités morales qu’elle réclame, qualités peut-être un peu trop souvent... sommeillantes.
- Quant au D1' R. Toupet, chirurgien des hôpitaux, il pense que seuls les jeunes gens ayant vraiment la vocation devraient obtenir le « dignus es intrare » ;
- Il n’y a pas un étudiant sur dix qui ait la vocation et je suis peut-être très au-dessous de la- vérité.
- Depuis ma plus tendre enfance, il ne m’est jamais venu à l’idée que je pourrais faire autre chose que de la chirurgie ; j’ai deux fils : l’un, dès qu’il a su parler, a déclaré que lui aussi serait un chirurgien. J’espère, je suis presque sûr, qu’il a la vocation. L’autre n’a jamais envisagé une seconde l’idée d’entrer dans la carrière.
- Si nous avions une corporation organisée, il faudrait qu’une sorte de conseil des anciens examine tous les apprentis et n’admette que ceux qui ont la vocation. Aux autres, on conseillerait d’aller vendre autre chose.
- Ce qui contribue à la vocation, c’est 1’ «éducation héréditaire», disait le Dr Treves; pour le Dr Vignes, accoucheur des hôpitaux, le milieu médical dans lequel est plongé l’enfant,, quand il appartient à une famille de médecins, joue effectivement un rôle essentiel dans la détermination de l’aptitude, mais d’autres qualités sont encore envisagées, dont certaines, négatives, comme de ne pas avoir l’esprit mathématique, point sur lequel nous aurons à revenir :
- Entre tous les caractères qui permettent de prévoir l’aptitude à la- profession médicale, celui qui m’apparaît comme le plus important, est le fait d’appartenir à une famille médicale et d’avoir
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- été élevé dans les habitudes de penser en médecin. Ceci me semble primer, de beaucoup, tous les autres tests d’orientation...
- Le deuxième don qui me semble nécessaire est la bonne humeur, l’optimisme ou. tout au moins, le fait de savoir se comporter avec aisance comme si l’on était optimiste.
- Troisièmement, il est indispensable de ne pas avoir une santé délicate.
- Quatrièmement, il est souhaitable de ne pas avoir l’esprit mathématique. Les garçons que leurs parents destinent à la médecine parée qu’ils sont forts en mathématique ou parce qu’ils s’intéressent exclusivement à la physique, à la chimie et à l’histoire naturelle ont bien des chances d’être de médiocres médecins...
- J’ajouterai une cinquième condition, celle-ci pour les garçons qui ont des prétentions à devenir chirurgiens. Je sais que, par application et par soumission à une technique très précise, n’importe quel sujet peu adroit peut devenir un chirurgien à peu près satisfaisant. Mais je crois qu’il faut orienter seulement vers la chirurgie ceux qui ont le don congénital d’une très grande habileté manuelle et des gestes élégants.
- Dans la recherche des aptitudes, le Dr Parciiemineÿ, qui est psychanalyste, insiste sur l’importance que joue la personnalité profonde, dans sa structure intime :
- Je considère qu’on a oublié dans l’orientation professionnelle et intellectuelle de l’enfant la base essentielle de toute activité, qui est l’affectivité et les pulsions des instincts...
- Si nous demeurons, sur le terrain pragmatique, je dirai que pour savoir quels sont les véritables éléments d’une vocation médicale, cette profession demandant un équilibre harmonieux de dons intellectuels, moraux, un très fort idéal et surtout un « moi » à l’abri de toute épreuve, de tout fléchissement, je répondrai qu’il faudrait une analyse de la personnalité, du comportement affectif, en un mot d’aller aussi loin que possible dans l’étude de la structure inconsciente, « instinctuelle » de la personnalité.
- Le D1' Raphaël Massart, après avoir fait sa place à la vocation, envisage aussi les aptitudes.
- Les aptitudes se situent sur un plan peu différent, moins élevé.
- S’il faut choisir parmi toutes celles qu’on demande à un bâche lier frais émoulu, je mettrai au. premier rang la mémoire. Tous ceux qui en ont, franchissent facilement les barrières des concours • la curiosité, elle est nécessaire pour nous pousser à pénétrer les mystères de la science et nous faire aimer l’étude ; l’adresse, elle
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- est indispensable à tout médecin, qu’il soit chirurgien, physiologiste, biologiste ou homme de laboratoire.
- Je mets ces trois aptitudes en premier, car il est difficile d’exiger avant le P. C. B. tant d’autres qualités médicales dont la révélation est rarement aussi précoce et qui sont : le bon sens, le jugement, la patience ; elle s’acquièrent au cours des études, auprès des maîtres, dont le rôle est de les faire naître, de les développer et dont l’enseignement doit toujours laisser sur les jeunes une marque profonde.
- Le Dr Pierre Jourdan, ancien interne des Hôpitaux de Paris, se contente de tracer des contre-indications, ce qui est assez l'habitude des médecins en O. P.
- En attendant l’ordre nouveau, où l’orientation professionnelle sainement comprise, tiendra sa place, il serait mieux, dans le présent imparfait, de procéder par élimination.
- Devant un groupe de jeunes, je n’ai jamais su. reconnaître avec exactitude ceux qui possédaient de vraies aptitudes médicales. J’ai toujours rapidement découvert ceux qui n’étaient pas faits pour être médecins. C’est infiniment plus facile...
- Supposons donc le candidat intelligent et honnête. Supposons-le encore normalement constitué et doué d’une suffisante résistance physique. Hors ces dons, il ne peut qu’être envoyé aux champs..
- Dans l’ordre intellectuel, il conviendrait surtout d’éliminer les sceptiques et les volages. Ce sont bien souvent- des êtres d’intelligence aiguë. L’intelligence est une vertu aux mille formes. Et c’est précisément la forme qui compte. Refoulons celles qui s’ornent d’un esprit critique incoercible, celles qui épuisent en une promenade circulaire l’intérêt d’un sujet. Elles ne peuvent rien faire de solide en médecine. Rien n’est plus stérile que les « esprits distingués ».
- Tout aussi bien, il faut se méfier des intelligences excessivement créatrices...
- La vertu sociale est importante. Le mot est mauvais. Je n’en trouve pas d’autre. Tant pis si maintenant on m’accuse d’occultisme. H y a des êtres sans irradiation. Ceux-là ne doivent pas être médecins.
- Reste le plan moral. C’est le plus important. On pourrait, dans ce compartiment, écrire des volumes. L’essentiel, à mes yeux, serait d’éliminer au départ les individus qui témoignent d’un sentiment suraigu de la responsabilité.
- Le Dr Henri Godlewski, secrétaire générale des Assises de médecine générale française, songe à faire œuvre positive et expér.imen-
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- laie ; il lente de synthétiser des remarques faites sur des médecins bien connus, et dégage quelques traits communs à ceux qui eurent vraiment une vocation médicale :
- Luc réponse expérimentale est la plus sûre : soit une liste de cent cliniciens de Paris ou de province, maîtres ou disciples, dont nous avons pu suivre la vie. Sur ce nombre, trente-sept ont manifestement fait leur médecine par vocation : ils restent amoureux de leur art.
- Ayant reporté leurs noms sur une fiche individuelle, faisons l'analyse de leurs caractères, aptitudes et situations, puis ensuite m synthèse. Comme toujours avec cette méthode, on est surpris du nombre de faits communs à tous les cas. Les voici :
- Ces trente-sept médecins-types furent tous d'une constitution robuste, d’une grande vigueur et résistance, au cours d'une vie. le plus souvent longue, employée à une activité sans trêve. Le médecin par vocation est un courageux.
- Tous étaient souriants, de nature même joviale. Ils ont plu par leur courtoisie, leur élégance de pensée, de forme et de ton. Us furent généreux au point de s’oublier.
- Dans le domaine intellectuel et scientifique, ce sont des travailleurs acharnés, observateurs attentifs, réfléchis, zélés, d’un grand bon sens naturel. Ils ont une très vaste érudition clinique et scientifique. Elle dépasse souvent ces domaines, dans les lettres ou dans les arts de préférence.
- Moralement^ ce sont des hommes de devoir et de dévouement, de la plus haute moralité. Ils sont d’une exquise sensibilité, bonté, droiture et modestie.
- Professionnellement, ils furent des apôtres des soins ; ils ont veillé à la dignité de leur carrière.
- Mais, de plusieurs côtés, on met l’accent sur les variétés des spécialisations médicales, permettant l’accès général de la médecine à des individus divers. Mme le Dr M.-H. François, chef de laboratoire à l’Hôpital Bichat, fait à cet égard les réflexions suivantes :
- La profession médicale est si variée dans ses réalisations, et les voies ouvertes ainsi, tellement différentes les unes des autres, clic demande des qualités si diverses, qu’il suffit pour commencer ses études médicales, d’être doué cl’une bonne intelligence moyenne, et d’avoir, dès l’abord, assez de conscience et de caractère pour savoir prendre ses responsabilités, l’orientation plus précise se dessinant ensuite à mesure que se développent les tendances particulières et la personnalité.
- On peut probablement admettre que s’éliminent d’eux-mêmes,
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- au m-oment de poursuivre leurs éludes, les jeunes gens dont la nature trop sensible ne leur permettrait pas de dominer suffisamment leurs réactions ou ceux qui n'onl pas le culte de [ humain.
- Par ailleurs, je crois qu’il serait excellent de déconseiller aux jeunes gens ne jouissant pas d’un minimum de vigueur physique d’entreprendre leurs études médicales.
- Enfin, peut-être pourrait-on essayer d’éliminer certains sujets, à l’esprit trop mathématique, trop absolu, ayant le goût d’une logique trop implacable ; incapables de s’adapter aux manifestations contradictoires de la nature humaine normale ou pathologique.
- Et le Dr J.-Ch. Bloch, chirurgien des Hôpitaux de Paris, accentue encore cette attribution très large, maintenant un minimum de qualités intellectuelles générales.
- La boutade classique « si mon fils était très intelligent, j’en ferais un médecin, moyennement un chirurgien, etc. », semble prouver qu’il y a place dans le métier pour toutes les intelligences, et c’est, au fond assez exact. Si l’on veut en effet faire la part des qualités intellectuelles requises pour l’exercice de la profession, il faut à mon avis, en retenir trois : la mémoire, l’esprit d’observa lion cl le bon sens...
- La médecine ne nécessite pas de dons très spéciaux, à l’inverse des sciences pures, belles-lettres, de la musique, clos arts plastiques ou graphiques. Un sujet moyen peut faire un excellent médecin. si l’on s’emploie à développer ses qualités.
- Mais pour le choix des spécialités l’orientation ne doit-elle pas intervenir? C’est ce que pense le Dr Martiny, médecin chef des Centres d’O. P. de la Chambre de Commerce, qui indique les caractéristiques des quatre types qu’il distingue (longilignes et brévilignes, sthéniques ou asthéniques), et qui conclu* ainsi son élude générale :
- 11 est possible dans la mesure où toute décision reste un art d’apprécier Inotypologùjuement si un jeune de 16 à 17 ans esl « bon pour le P. C. B. »
- Le pas des contrè-indications passé, les indications pour telles ou telles spécialisations terminales se poseront en cours d’étude. Un avis biotypologique perfectionné par l’observation des maîtres permettrait d’aider socialement les indécis dans leur choix. Parmi nos grands praticiens des hôpitaux, ceux qui reviendront le plus vite aux concepts hippocratiques d une médecine traditionnelle utiliseront à bon escient les tests biotypologiques.
- Une sélection et une hiérarchie des médecins, plus biologique que mnémotechnique, une connaissance des branches si divergentes
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- de leur activité (pratique, science, sociologie) doivent faire disparaître une pléthore médicale, fruit d’un libéralisme mal compris.
- Dans l’ensemble des réponses où lente de s’esquisser le tableau des aptitudes professionnelles du médecin en général — avec parfois une spécification particulière pour le chirurgien — nous allons extraire, de celles qui se montrent les plus précises, les données les plus caractéristiques, en adoptant un classement alphabétique des auteurs :
- Docteur Yves AUVRAY, Médecin des Hôpitaux de Paris
- La science médicale exigera du candidat « bon en lettres » l’emploi de toutes ses facultés, en particulier de la raison, mais d’une raison éclairée et complétée par une imagination vive, hardie, puissante.
- Le principal trait de son esprit sera l’observation, c’est-à-dire une aptitude spéciale de la réflexion, une curiosité toujours en éveil rompant avec la routine et doublée de sagacité.
- Toutes les ressources de l’esprit de finesse devront être à sa portée : goût de la précision, exactitude dans l’analyse, minutie dans les détails, souplesse, exempte de préjugés et de préventions.
- Docteur Georges BASCH, Médecin des Hôpitaux de Paris
- C’est, un lieu commun je pense, cpie de dire, que, pour faire un bon médecin, il faut être robuste, afin de supporter les fatigues des études médicales, des concours et de la profession si usante à tous égards ; honnête, afin de ne pas céder aux nombreuses tentations ; dévoué et consciencieux ; intelligent enfin et ceci se passe de commentaires...
- Ce qui me paraît plus spécialement souhaitable pour qui abordera .la carrière médicale, et il est bien entendu que je parle d’un médecin praticien qui sera en rapport constant avec les clients et les confrères, ce seront surtout les qualités suivantes :
- Sur le plan physique, un extérieur agréable, un air ouvert, une voix persuasive et nuancée, une aisance de gestes qui exclut la raideur et le ridicule, de l’adresse manuelle.
- Sur le plan moral, l’optimisme, la gaîté, la joie de vivre, qualités grâce auxquelles on rend la confiance aux plus atteints par simple « contact » pourrait-on dire.
- Sur le plan intellectuel, il n’est pas inutile de rappeler que, faire un diagnostic, c’est tout d’abord observer les symptômes, puis établir dans son cerveau la liaison rapide des divers symptômes observés, pour les subordonner à une cause unique, la maladie.
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- Observation aiguë, association d’idées rapide, telles sont à mon avis les premières qualités intellectuelles du médecin.
- Parallèlement à ce mécanisme qui explore la pathologie du sujet doit fonctionner, et avec la môme rapidité, un mécanisme analogue (analyse, synthèse), qui situe psychologiquement le patient et permet de lui adapter aussitôt le langage qu’on lui tiendra. Ceci comporte une certaine dose d’imagination qui permet de se mettre à la place du malade.
- Docteur Suzanne CANALE
- Parmi les jeunes gens qui viennent de passer leur baccalauréat, et, étant donné le nombre important de ceux qui se sentent portés vers la profession médicale, ceux qui seraient à encourager sont les futurs étudiants qui possèdent :
- I. — a) Un esprit concret, c’est-à-dire ceux qui ne trouvent pas trop terre à terre les conditions, les circonstances el les événements de la vie courante, par opposition aux jeunes dilettantes qui voient tout de haut ;
- b) Un esprit doué du sens psychologique en même temps, c’est-à-dire qui mette sur le même plan les réalités psychologiques et morales et les réalités physiques ;
- c) Un esprit clair et simple, sans trop de goût pour les spéculations pures de l’esprit et les pensées trop subtiles et exagérément complexes ;
- d) Enfin un esprit critique et de discrimination, qui permette de choisir le cas le plus vraisemblable pour telle circonstance donnée, sans se laisser entraîner par les sollicitations extérieures d’un ordre ou d’un autre.
- II. — Les qualités morales à souhaiter sont d’abord le calme et la maîtrise de ses impressions personnelles, et surtout un goût de l’amélioration sociale, en dehors de l’intérêt personnel d’abord, et même en dehors de l’intérêt trop direct de la corporation des médecins.
- III. — Enfin, bien entendu, les dernières qualités, qui sont les moins nobles mais non les moins utiles : une santé robuste jointe à une grande endurance, ce qui permettra d’entretenir l’optimisme.
- Docteur Marguerite CARTIER
- Mon opinion est que la jeune intelligence spontanément, pourvue de qualités scientifiques ou mathématiques (observation, logique, précision d’esprit) mais soumise à des études littéraires et philoso-
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- phiques classiques, sera celle qui donnera le cerveau médical le mieux organisé.
- Quant aux aptitudes affectives et morales, elles m’apparaissent dignes de juger en dernier ressort de l’orientation médicale : conscience élevée du devoir, désir de se dévouer, de rendre service aux autres, pitié pour les malades et les déshérités, oubli de soi-même, me semblent des facteurs indispensables pour que le médecin soit satisfait et les malades de leur médecin.
- Docteur Jean DUCUING, Médecin de l’Hôpital civil de Versailles
- A l’adolescence, une force soudaine s’emparera du jeune être qui se sentira capable de tout entreprendre, connaître, comprendre, réussir, vaincre.
- S’il veut être médecin, il lui faudra avant tout des qualités morales.
- La force pour pouvoir, malgré la mort menaçante, lutter encore contre tout espoir, donner les encouragements nécessaires, dissimuler les angoisses, garder en toute circonstance une complète maîtrise de soi.
- Le courage et le dévouement qui lui permettront de ne pas s’émouvoir des risques de contagion et de mort et de supporter des spectacles douloureux ou rebutants en ayant une seule pensée : soulager et guérir.
- La patience qui donnera au médecin la faculté d’écouter sans se lasser d’interminables confidences, de supporter sans irritation les cris, les hésitations, les discussions oiseuses, d’attendre le moment opportun d’une intervention malgré la pression de l’entourage.
- Viendront les dons intellectuels. L’intelligence est nécessaire et plus encore un solide bon sens doublé d’une intuition qui d’ailleurs s’acquiert. La science du tout jeune médecin sera la charpente sur laquelle viendra construire la vieille expérience du praticien qui garde sur sa rétine, dans son oreille, sous les doigts, le souvenir des cas cliniques.
- Une bonne santé sera utile, mais surtout un système nerveux solide, car aux veillées tardives, aux repos brusquement interrompus, aux repas irréguliers s’ajoutera la tension nerveuse de toutes les impressions pénibles enregistrées, des angoissantes évolutions prévues. Il faudra savoir tout comprendre, connaître, partager, douleurs physiques et douleurs morales ; le système nerveux devra en tirer un élément de forces nouvelles.
- Voici à mon sens, le minimum des qualités requises pour la grande lutte contre la maladie aux visages divers. Il y faut ajouter une émanation sympathique qui préparera le malade à bien rece-
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- voir les conseils, les encouragements, à .accepter les remèdes rebutants, les soins douloureux, en le disposant aux confidences qui lui donneront la détente morale nécessaire à la lutte victorieuse.
- Docteur Paul DUPUY DE FRENELLE
- En outre de cette vocation, voici les principales aptitudes qui me paraissent favoriser 1’,adolescent dans la réussite des études et de la carrière médicales :
- 1° Aptitude à observer.
- Aptitude à concentrer son attention sur un objet, et plus particulièrement sur les phénomènes de la vie.
- Aptitude à observer non seulement ce qui se passe en dehors de soi mais aussi ce qui se passe en soi.
- Persévérance dans l’observation pour suivre l’évolution d’un phénomène.
- Persévérance dans la répétition des examens, dans la répétition des pensées et des associations d’idées concernant le même sujet ;
- 2° Aptitude à savoir choisir.
- Cette aptitude est très voisine de ce que l’on a coutume d’appeler le bon sens.
- Savoir observer me paraît être la première partie de la réussite en médecine ; savoir choisir me paraît en être la deuxième partie.
- Ajoutez à cela de l’ascendant moral qui mettra en valeur les deux premières aptitudes.
- Docteur Jacques FRA.KDINE
- Quel est le biotype nécessaire et suffisant pour faire un bon médecin ?
- Deux aptitudes me paraissent indispensables en médecine : L’observation minutieuse et un raisonnement inductif et déductif. Avec ces deux armes, il est permis d’escompter la victoire. Sans elles, il vaut mieux chercher ailleurs.
- Ces deux aptitudes sont faciles à diagnostiquer chez l’adolescent.
- Le dessin et les mathématiques peuvent nous servir de critérium.
- L’enfant est-il doué pour le dessin et la peinture ? C’est un observateur sagace, il possède un coup d’œil juste, une mesure, une ligne. Si, avec cela, il est fort en mathématiques, c’est qu’il est lo-
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- gique ; il raisonne, il apporte une solution juste aux problèmes posés, il cherche la meilleure, la plus sûre' méthode pour résoudre une inconnue.
- Possédant ces deux aptitudes, il peut aborder avec bonheur les études médicales, il réussira certainement.
- Les forts en thème, les littéraires sont assurés de leur échec en médecine, sauf exception bien entendu. 11 vaut mieux qu'ils se dirigent vers les carrières d’avocat, journaliste, romancier, poète, etc...
- En somme, à égalité d’intelligence et de déterminisme extérieur, les aptitudes optimum pour faire un bon médecin sont : le dessin et les mathématiques, enfants de l’observation, mariés au raisonnement logique.
- Docteur Marcel GRENET
- Aptitudes physiques d’abord ou plutôt physiologiques U ne s’agit ni de force ni de taille, mais de résistance physique, <¥endurance aux longues et dures études, aux contagions d’hôpital, aux insomnies, aux repas hâtifs et irréguliers (et puisque l'on prononce le mot de biotypologie, il est certain qu’à ces données correspond un type maigre, rétracté, hyperthyroïdien et hypersurré-nalien).
- En second lieu, il faut certaines aptitudes morales, également constitutionnelles.
- Avant tout le désintéressement et. puis une certaine élévation de caractère qui permet de dominer les situations difficiles, et oriente spontanément vers les solutions de droiture et d’honnêteté.
- Enfin, essentiellement une réserve naturelle sans laquelle le secret médical est toujours plus ou moins trahi.
- Enfin des aptitudes intellectuelles.
- Avant tout, l'esprit de synthèse, cette disposition mentale qui est le résultat d’une formation classique gréco-latine et qui consiste à savoir penser ; l’esprit d’analyse, la rigueur critique, l’esprit d’observation lui-même ne sont pas aussi utiles que la faculté de penser originalement, de créer une conception nouvelle de la maladie devant chaque malade, qui est le propre de la médecine. Ainsi, la médecine s’apparente à l’art et nous dirons volontiers que les dispositions pour la musique ou la peinture orientent davantage vers la médecine que l’amour de la science. Il faut une certaine disposition imaginative, un certain manque de sens rationnel (mais non pas de bon sens).
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- Docteur Robert JEUDON
- Maître de Conférences à l’École Pratique des Hautes Études chargé de cours à l’Institut National d’Orientation professionnelle
- I. — Médecins.
- Aptitudes organiques : Constitution robuste, pas de prédisposition héréditaire à la tuberculose. Bonnes aptitudes sensorielles : finesse de l’ouïe et de la sensibilité tactile et thermique, système nerveux équilibré.
- Aptitudes psychologiques : Intelligence au moins moyenne, excellente mémoire plastique et scolaire, grand amour de l’étude et de l’expérimentation, esprit d’observation et de raisonnement logique.
- Aptitudes morales : Volonté, promptitude de décision, patience, discrétion, bonté, générosité, désintéressement, exactitude.
- II. — Chirurgiens.
- /
- Aptitudes organiques : Robustesse physiologique, résistance à la fatigue et aux intoxications. Sens perfectionnés. Tempérament vigoureux et dynamique.
- Aptitudes psychologiques : Mémoire plastique excellente. Grande habileté manuelle et goût du travail bien fait. Sens pratique et raisonnement logique. Résistance à l’émotivité. Sens de l’esthétique.
- Aptitudes morales : Sentiment de responsabilités. Sang-froid. Patience. Promptitude de décision. « Cran ». Désintéressement.
- M"' le Docteur M. MARTINY
- 1° Aptitudes physiques : une excellente santé ; grande résistance à la fatigue.
- 2° Aptitudes intellectuelles : un très grand bon sens, de l’intuition, de la compréhension et de la facilité à s’adapter.
- 3° Qualités affectives : de la- bonté, de la sensibilité, mais pas de sensiblerie, du dévouement, du sang-froid, du courage.
- 3° Socialement : pas de gros appétit d’argent, pas de grand besoin de luxe, parfois même de confort, une certaine indifférence du qu’en dira-t-on.
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- Docteur A. NEPVEU (Luc DURTAIN)
- Pour chercher les traits essentiels de ce que peuvent être les « aptitudes médicales » chez le jeune homme ou la jeune fille, ne faut-il pas d’abord se demander les requêtes essentielles que la médecine adresse à ceux qui la pratiquent ?
- J’en distingue trois. D’abord le goût de la connaissance, l’appétit de la vérité objective. Puis les dons de l’art : car la science et la vérité ne peuvent arriver à convaincre l’homme, et à le percevoir qu’à travers cette atmosphère. Enfin, l’affection, le dévouement qui sont au principe même de la médecine, comme dans son exercice.
- Docteur Robert SOUPAULT, Chirurgien des Hôpitaux de Paris
- Voici les aptitudes qu’un jeune homme et qu’une jeune fille de 16 à 17 ans devraient présenter pour ,accéder à notre profession :
- Physiquement :
- 1° Une santé à toute épreuve ;
- Moralement :
- 2° Le goût du travail ;
- 3° Le goût du travail bien fait ;
- 4° La conscience du devoir ;
- 5° La croyance à l’utilité de sa tâche ;
- 6° Du sang-froid ;
- Intellectuellement :
- 7° De la mémoire ;
- 8° De la curiosité, ou la faculté de s’étonner (qui — a dit Ilenan — n’est pas donnée à tout le monde) ;
- 9° De l’esprit critique (pas trop !) ;
- 10° De l’esprit de suite.
- *
- * *
- Si l’on cherche à dégager les traits généraux qui paraissent s’imposer en envisageant le praticien de médecine générale, on peut dire, avec des différences d’accentuation et des omissions possibles par certains, que l’accord se manifeste pour les traits suivants :
- Au point de vue physique, un bon état de santé (et particulièrement un équilibre nerveux solide) et même de la vigueur, mais surtout de l’endurance, de la résistance à la fatigue ;
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- En ce qui concerne le caractère, de l’optimisme et de la bonne humeur, du sang-froid et de la patience, du courage et du soin ;
- Au point de vue moral, de la conscience, un haut sentiment du devoir et aussi de la bonté, de la générosité, du dévouement., ainsi qu’une qualité qui se définit difficilement et (pie le D1' Jourdan appelle F « irradiation », qui comporte un ascendant moral, une capacité d’inspirer confiance et sympathie ;
- Au point de vue intellectuel, c’est sur la mémoire que l'accent est le plus généralement mis, ainsi que sur le sens, les qualités de l’observation, dont certains précisent qu’elles impliquent un esprit concret, et qui sont liées souvent à ce que l’on appelle l’intuition, l’esprit de finesse, le sens psychologique ; l’imagination avec ses capacités créatrices, ou l’originalité d’esprit, d’une part, la rapidité de pensée, la souplesse et la vivacité d’adaptation, d’évocation, d’autre part, sont plus rarement signalées.
- Si l’accord est général sur certains traits, les divergences apparaissent pour d’autres, où l’on seul s’opposer l’esprit de l’empirisme clinique et de la médecine scientifique. C'est en particulier l’opposition de la tendance à l’art, que souligne comme importante Luc Durtain, et de la tendance logique el mathématique.
- Réussir en mathématiques, est un signe des aptitudes logiques nécessaires au médecin, pour le Ur Fradkine, à condition d’avoir aussi l’aptitude à l’observation, et cette rigueur logique est réclamée par le D1' Jeudon ou MUe le D1' Cartier ; en revanche l’incapacité en mathématiques est un signe d'aplifude médicale pour le Dr Vignes, le D1' Grenet ou Mlle le D1' François (1).
- Divergences aussi en ce qui concerne l’esp/7/ critique, nécessaire selon les uns, dangereux aux yeux des autres qui se méfient du scepticisme et réclament cetle qualité, si mal définie, que l’on appelle le « bon sens ».
- Dans les Irails de caractère, il n’y a guère de divergences qu’en ce qui concerne le sens des responsabilités, que plusieurs invoquent, en le rapprochant de la conscience et du sentiment du devoir, que d’autres redoutent comme proche de la pusillanimité, du scrupule, alors qu’il faut souvent prendre des décisions hardies et faire courir des risques graves !
- Le médecin praticien est nécessairement en certains cas un homme d’action, il doit prendre des décisions alors qu’il n’a pas tous les éléments permettant une Solution rationnelle du problème, il doil courir le risque d’erreurs graves, l’abstention pouvant être une erreur plus grave encore. C’est là que la part à faire à l’instrument logique de la’ pensée et à la prudence, scientifique et morale, d’un côté, à la décision intuitive plus ou moins aveugle mais hardie et rapide, dépend beaucoup du caractère même de celui qui apprécie et fait appel à des jugements de valeur. R.
- (1) Dans un article de Candide (n° G3G) sur 1 orientation professionnelle des enfants, le Dr Fiessi.nger posait les équati.ms suivantes : Bonnes places en mathématiques, mauvaises en lettres : carrières administratives ; bonnes places en lettres, mauvaises en mathématiques : carrières libérales.
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- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE A L’ÉTRANGER
- Institution d'un certificat d'aptitude aux [onctions de conseiller d'orientation professionnelle en Belgique. — Un centre d’orienta-lion professionnelle a été créé .an Musée scolaire national en vertu d’un arrêté royal du 20 février 1036. Un autre arrêté royal du 22 octobre 1936 a institué un certificat aux fonctions de conseiller d’orientation professionnelle.
- Cet arrêté a la teneur suivante :
- Article premier. — Il est institué un certificat d’aptitude aux fonctions de conseiller d’orientation professionnelle.
- Ce certificat est délivré après un examen comportant deux épreuves organisées suivant' un règlement et un programme établis par notre ministre de l’Instruction publique et subies devant un jury nommé par lui.
- Art. 2. — Pour être admis à la première épreuve les candidats doivent être âgés de 25 ans au moins au moment de l’inscription. Us doivent en outre être porteurs du diplôme d’instituteur (institutrice), de professeur agrégé de l’enseignement moyen du degré inférieur, du certificat homologué d’études moyennes du degré supérieur ou de tout titre jugé équivalent par notre ministre de l'Instruction publique.
- La seconde épreuve est accessible aux candidats qui ont subi avec succès la première épreuve.
- Art. 3. — Une attestation d’équivalence pourra être accordée par notre ministre de l’Instruction publique aux porteurs d’un certificat d’aptitude aux fonctions de conseiller d’orientation professionnelle, délivré avant la mise en vigueur du présent arrêté.
- Pour la première épreuve, des dispensés peuvent être .accordées par le ministre, après avis de la commission de l’O. P., aux diplômés de l’enseignement supérieur, estimant qu’ils ont été interrogés avec succès sur une ou plusieurs matières prévues à l’exa-men, et, pour l’épreuve de psychologie générale, aux professeurs d’école normale ayant enseigné cette branche depuis cinq années.
- Les matières de la première épreuve, introductives à l’O. P., sont : la physiologie générale (20 pis), la physiologie des organes des sens (20 pis), la psychologie générale (30 pts), la psychologie différentielle et psychologie de l’adolescence (30 pts).
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- Seront admis à l’épreuve les candidats ayant obtenu 65 "/« du total des points (et au moins 50 °/0 pour chaque épreuve).
- Le droit d’inscription est de 50 francs pour les candidats belges et de 100- francs pour les étrangers. Les instructions ministérielles donnent un programme détaillé des matières et une bibliographie de trente et un volumes les concernant.
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- L'orientation professionnelle en Allemagne. — Un communiqué récent de l’Office du travail du Reich portant sur la période juillet 1935 à juin 1936, indique que les services d’orientation professionnelle ont été consultés pendant ladite période par plus d’un million de personnes dont plus de 600.000 jeunes gens ayant quitté l’école en 1936.
- 11 résulte de ces chiffres que 63,9' pour cent des garçons et 45 pour cent des jeunes filles ayant quitté l’école en 1936 se sont adressés aux bureaux d’orientation professionnelle. La confiance dont jouissent ces offices ressort notamment du nombre des places d’apprentissage et 59.400 places d’apprentissage pour ouvriers semi-qualifiés (100.000 de plus que l’année précédente) ont été inscrites dans les offices d’orientation professionnelle. En ce qui concerne les placements effectués, 300.000 apprentis et 54.000 jeunes gens destinés à des métiers semi-qualifiés ont été pourvus d’un emploi. (D’après les Informations sociales du 4 janvier.)
- A travers les Revues
- Nous relevons dans le n° 8/9 (août-septembre 1936) de Berufsbe-ratung and Berufsbildung un aperçu du développement de l’O. P. dans les différents cantons suisses.
- Le Musée Social (1936, n° 9) publie une étude de M. Rosier sur « La statistique du chômage dans les professions intellectuelles ».
- Signalons dans le n° 54 de l'Organisation, un article de M. Lobs-tein sur la sélection du personnel.
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- Nous trouvons dans 1 Action laïque (n° 42, 19361) le compte rendu du Congrès national de la Ligue française de renseignement qui s’est tenu à Vichy en mai 1936.
- Les enfants bien doués font l’objet, d’étude de plusieurs articles du numéro d’octobre 1936 du Journal of Educat. Sociology. Des questions d’ordre médical, psychiatrique, psychologique y sont traitées. On .attire l’attention sur la nécessité de surveillance de ces enfants — richesse de la nation — surveillance qui doit être au moins équivalente à la surveillance des déficients.
- Nous trouvons dans le n° 9 du Bulletin de V Union des comités de patronage des apprentis, l’exposé des propositions de M. G. Contenot, concernant l'organisation de l’orientation professionnelle à Paris. Cet exposé a été soumis, aux délibérations du Conseil municipal, le 15 mars 1936. M. G. Poullaouec en parle dans le n° 2 de A. G. O. F. _______________:
- Le Buüetin de l’Union des comités de patronage des appreniis (nos 6 et 7, 1936) extrait du Travail humain (déc. 35) la çonférence de M. Fontègne sur quelques problèmes actuels de l’O. P. et de l’apprentissage.
- Dans ce même numéro, M. Bozonnet rappelle, dans son article sur l’enseignement professionnel pratique à l’atelier, les textes de différents décrets dans ce domaine.
- M. Y. Stoquer parle des carrières dans l’indiustrie chimique ; M. Doyen, des carrières dans la chimie biologique et bactériologique ; M. Fauconnier, des carrières dans l’industrie du béton armé dans 1 Orientation Professionnelle (numéros : août, septem bre, octobre, novembre 1936). H.
- Sous le litre Four years of child guidance in a Scottish city, N. T. Walker rend compte, dans le n° 2 du tome 5 (décembre 1936) de Character and Personnalty, de l’activité d’une .clinique d’Aberdeen chargée de l’orientation éducative des enfants anormaux et arriérés. --------
- Dans le n° 4 du tome X (décembre 1936) de The Journal of Educational Sociology, M. E. St. Edward Jones parle des possibilités de l’orientation professionnelle dans l’enseignement secondaire.
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- F. J. Iveller et M. S. Viteles publient dans le n° 3 du tome XV (décembre 1936) de Occupations, sous le titre : Prélude lo a sur-vey of world guidance, une étude sur l’O. P. comparée aux Etats-Unis et en Europe.
- Dans ce même numéro, J. Ross parle des femmes dans le journalisme. ________
- Dans le n° 10 (septembre-décembre 1936) du Bulletin de VUnion des Comités des Apprentis et d'O. P. de Paris et du département de la Seine, MM. Eue et Fontègne publient un article sur l’apprentissage, et M. Earciier sur l’orientation professionnelle et sa continuité. ________
- On trouvera dans le n° 39 (25 septembre 1936) de La Gazette des Métiers un article sur lo mouvement artisanal moderne.
- Dans le n° 55 (octobre 1936) de YOrga, P. Alvin publie un article sur un procédé pratique de documentation centralisée.
- Les situations dans l’administration des travaux publics sont étudiées par G. Chatel dans le n° 201 (novembre 1936) de l’Orr'en-tation Professionnelle. ________
- Dans le n° 3 du tome X (juillet-septembre 1936) de Psycho-technika, Mme J. Zwvirska parle de l’O. P. à Vienne pendant l’année 1936. __________
- Dans le n° 2 du tome X (avril, mai, juin 1936) de Psychotech-nilca, Mme J. Wrono publie une longue monographie du test d’in-telligencè générale du professeur S. Baley utilisé couramment en Pologne pour l’orientation professionnelle.
- Le Dr Lauper publie dans le n° 10 (1er décembre 1936() de la Médecine scolaire une vue d’ensemble sur l’état actuel des recherches sur la.puberté.______________________
- Nous relevons dans le n° 2 (décembre 1936) de la Revue de l'Orientation intellectuelle une étude sur l’encombrement des situations accessibles aux bacheliers (tableaux de mise à jour) et un article signé Paulette Bloch sur les carrières de l’aviation.
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- Dans le n° 1.145 (5 décembre 1936) de School and Society, H. T. Olander et B. S. Walker cherchent à répondre en tirant des conclusions d’une étude statistique, à la question de savoir si les professeur peuvent se fier aux quotients intellectuels.
- Dans le Paris Médical du 21 novembre 1936 (n° 47), signalons les articles de Crouzon et Desoille sur les troubles nerveux de l’intoxication professionnelle par le manganèse, et de Feil sur la sidérose professionnelle.
- Une communication de l’ethnologue \. Hrdlicka, publiée par les Procedings of the National Academy of sciences, à Washington (juin 1936), et relative à la puberté des jeunes filles eskimos, d’après 22 observations, montre une précocité inattendue pour des populations vivant dans les régions glaciaires : l’âge moyen de la puberté s’est trouvé de 13 ans 3 mois.
- Un article de J. Roos, consacré, dans les Archives néerlandaises de phonétique expérimentale, à la physiologie du jeu de la flûte précise quelques caractéristiques de cette activité très spéciale, en particulier la nécessité, dans le souffle, d’atteindre une vitesse du courant aérien extrêmement élevé, entre 26 et 65 mètres par seconde, suivant la hauteur de l’octave.
- L'Industrielle Psychotechnik de juin 1936 publie une étude d’Albert Huth, de Munich, sur les recherches psychologiques dans le domaine de l’orientation professionnelle en Allemagne.
- L'Ecole libératrice du 9 janvier 1937 donne, sous la plume de Schiber, un résumé de l’épreuve de dépistage des arriérés par l’écriture en miroir (reproduction directe et renversée, de 30 dessins, lettres et chiffres), proposée par le Dr Fay (dont est annoncée une série d’articles à paraître dans les Annales de l'Enfance) : la non-réussite de la moitié des épreuves pour des enfants au-dessus de 7 ans est un signe d’arriération (les deux tiers des épreuves étant réussies par tous les enfants normaux à partir de 10 ans).
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- INFORMATIONS
- L’orientation professionnelle dans Venseignement secondaire. — Des réunions organisées par le Bureau universitaire de statistique avaient été consacrées, les 10 novembre et 8 décembre derniers, à la question de l’orientation professionnelle dans renseignement secondaire et supérieur (avec rapport établi par MM. Chevalier, Piéron et Wallon.)
- M. Monod, inspecteur d’Académie, avait établi un projet d’organisation d’O. P. dans deux lycées de garçons et deux lycées de filles de l’Académie de Paris (le choix des conseillers à placer dans ces établissements devant être confié à l’I. N. O. P.). Mais les crédits (60.000 francs) prévus au budget (chapitre 59, frais généraux de l’enseignement secondaire) pour l’organisation de cette expérience (sous le titre de « Centres d’observation des capacités intellectuelles du lycéen), furent '-epoussés au Sénat, malgré une intervention de M. Aimé Berthod, M. Caillaux ayant déclaré (pie pas un sénateur n’était au courant de la question. Toutefois l’initiative doit être reprise.
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- La population totale des lycées et collèges de garçons et de jeunes filles en France et en Algérie, au 15 novembre dernier, atteignait le chiffre de 163.269, avec la répartion suivante :
- 6° : 29.397 (dont 22.772 en 6e A) ;
- 5e : 26.619 (dont 18.287 en 5e A) ;
- 4e : 25.954 (dont 7.448 en 4° A et 9.362 en A’) ;
- 3e : 24.756 (dont 6.993 en 3e A et 9.287 en A’) ;
- 2e : 23.237 (dont 6.476 en 2e A et 9.344 en A’) ;
- lre : 21.787 (dont 5.780 en lreA et 9.214 en A’);
- Philosophie : 6.763 ;
- Mathématiques : 4.756.
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- L’examen des bourses. — Les dates d’ouverture des sessions de l’examen d’aptitude aux bourses nationales ont été fixées comme suit pour l’année 1937 : candidats et candidates des 3e, 4e, 5e et 6e séries : enseignement secondaire, le jeudi 29 avril.
- Candidats et candidates des lre et 2e séries (concours commun aux enseignements secondaire, primaire supérieur et technique), le jeudi 13 mai.
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- Il est rappelé aux familles que les inscriptions sont reçues : pour l’examen du 13 mai, à partir du 4 janvier et jusqu’au 13 février (dernier délai).
- Pour l’examen du 29 avril : à partir du 4 janvier et jusqu’au 14 mars (dernier délai).
- Pour Paris et le département de la Seine, au service des examens de la direction de l’enseignement primaire de la Seine, 3 bis, rue Mabillon, à Paris, et pour tous les autres départements, au secrétariat de l’inspection académique de la résidence des candidats ou de la résidence de leur famille.
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- D’après une étude de Hartnàcke, relative à 87 villes allemandes (publiée dans Forschungen und Fortschritte der Deutschen Wis-senschaft, an 1935, p. 421) le nombre des enfants bien doués serait en nette décroissance : il n’y a été trouvé que 15 °/0 d’enfants au-dessus de la moyenne (anciennement déterminée) contre 45 °/0 au-dessous et 40 °/o de moyens.
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- L’inauguration de Y Office d’orientation professionnelle du xve arrondissement a eu lieu à la mairie du xve, le jeudi 7 janvier, sous la présidence du sous-secrétaire d’Etat de l’Enseignement technique.
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- Le premier numéro d’une nouvelle revue roumaine, le Jurnal de psihotehnica, vient de paraître, sous la direction du professeur Radulescu-Motru, avec, comme rédacteurs I. M. Nestor et G. C. Bontila. Le siège en est au Laboratoire de psychologie expérimentale de l’Université de Bucarest.
- Ce numéro (janvier-février 1937) contient, en particulier, des études de Radulescu-Motru et de Nestor sur la psychotechnique et sur ses principes (avec une place importante donnée à la sélection et à l’orientation professionnelles), et de Bontila sur des problèmes de psychologie industrielle.
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- M. Debesse, professeur d’école normale, a soutenu le 27 janvier, à la Sorbonne, devant un jury composé de MM. Lalande, Wallon, Delacroix, Dumas et Guillaume, ses thèses pour le doctorat ès lettres sur les sujets suivants : Comment étudier les adolescents? ; Essai sur la crise d’originalité juvénile.
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- M. Fernand Maurette .a été appelé, en remplacement de M. Mc irio Roques, à la direction dn Bureau de Paris du Bureau international du travail.
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- M. Courier a été nommé chargé du cours de Science de l’Education à La Faculté des lettres de Lille, en remplacement de M. Hubert.
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- La Société anglaise de psychologie, à son assemblée annuelle du 12 décembre 1936, a entendu des communications sur l’élément sensoriel dans l'habileté manuelle, par G. H. Miles et Hearnsraw, et sur l’état actuel de la psychologie des professions par T. A. Rodger.
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- A la 25e Conférence annuelle des associations éducatives (à l’Üniversitv College de Londres, 4-11 janvier 1937) a été jointe, par les soins de l’Institut national de psychologie industrielle, la 3" Conférence d’orientation éducative ci professionnelle (tenue le 9 janvier à l’Institut d’éducation), avec à l’ordre du jour la question du développement du service de renseignements sur les carrières et celle de la spécialisation des matières scolaires.
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- Deux enquêtes ont été ouvertes par le Groupe français d’éducation nouvelle, l’une sur un projet de programme pour la dernière année d’études dans les écoles primaires (MUe Flayol, rapporteur), l’autre sur la question : Supprimera-t-on le certificat d’études (M. Gouhier, rapporteur).
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- Le Conseil général de Meurthe-et-Moselle s’est prononce en faveur de la création d’un service départemental d’inspection médicale des écoles, conformément aux propositions du docteur Rorert-Lévy, inspecteur départemental d’hygiène.
- Cette inspection sera assurée par cinq inspecteurs adjoints, qui auront à remplir un rôle d’hygiénistes. L’Office départemental d’hygiène sociale prendra part à cette organisation, en mettant ses infirmières à la disposition des inspecteurs adjoints, qui pourront être médecins des centres de santé de l’Office.
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- Dans la Côte-d’Or, l’inspection médicale scolaire reste facultative. En 1935, 9.545 enfants sur 38.780 des écoles primaires publiques, seulement ont été examinés.
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- Parmi les expositions de la gare Saint-Lazare, en décembre 1936. il en fut une, consacrée à quelques métiers de France (poterie d’Alsace, soieries de Lyon, poëlerie de Villedieu-les-Poëles, tapisserie d’Aubusson, dentelles de Baillcul, résinerie des Landes).
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- Dans la première semaine de la Radio scolaire et post-scolaire, au programme, nous avons relevé les causeries de MM. Fontègne (conseils généraux sur F O. P.) et G.vy (l’orientation actuelle dans l’agriculture).
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- Le Conseil supérieur de la radiodiffusion a été constitué à Y Officiel du 16 décembre 1936, pour les'sections littéraire, musicale, scientifique, économique, d’informations et d’enseignement. Parmi les membres signalons, appartenant «à notre Conseil de l’I. N. O. P., MM. Luc, Laugier, Oualid et Langevin.
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- Nécrologie. — Nous avons eu le vif regret d’apprendre la mort d’un des vaillants pionniers de l’O.P., M. A.G. Christiaens, directeur honoraire d’école à Bruxelles, professeur à l’Ecole des Hautes-Etudes de cette ville, directeur fondateur de l’Office intercommunal d’O. P. de Bruxelles, décédé le 21 janvier 1937, dans sa 77° année. M. Christiaens avait encore assisté au Congrès d’O.P. tenu à Paris en septembre 1935, et son activité, malgré son âge, ne s’était jamais démentie.
- La Vie des Centres d’Grientation professionnelle
- Nous avons montré dans notre dernier numéro l’heureuse transformation matérielle du centre d’O. P. de Nice. Nous sommes heureux de montrer aujourd’hui comment l’entente des orienteurs,
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- des médecins et du corps enseignant peut être féconde sous les impulsions parallèles de l’inspecteur d’Académie et de l’inspecteur départemental des services d’hygiène.
- Nous cédons la parole à M. Martin, directeur de l’Office :
- « Le fonctionnement de l’Office, depuis qu’il existe, s’est de plus en plus appuyé sur l’école, suivant en cela d’ailleurs l’évolution générale de l’Orientation professionnelle en France. L’effort principal de notre action actuelle, c’est la constitution des dossiers d'O. P. à l’école même, y compris la notice des familles et une première notice rédigée par le médecin scolaire.
- La question des fiches de famille et des fiches scolaires a été réalisée cette année dans le sens que je viens de vous indiquer. Nous avons envoyé, rien que pour cette expérience, environ 9.000 fiches de famille dont 4.500 pour la ville de Nice. Sur ces 4.500 fiches il nous en est revenu 2.700, soit 60 °/o- Sauf un léger déchet, les fiches scolaires que nous .avons envoyées par la suite sont toutes revenues, la plupart fort bien remplies.
- « L’expérience est concluante. Elle permet d’espérer que, avec le temps, l’habitude .aidant, tout enfant quittant l’école primaire aura son dossier d’orientation professionnelle régulièrement constitué.
- « Je ne voudrais pas clore ce! exposé sans apporter devant vous ce témoignage : les instituteurs et les institutrices de Nice et, depuis ces dernières expériences, du département, collaborent à l’orientation professionnelle avec une conscience digne des meilleurs éloges. Nombreux sont ceux qui m’écrivent à ce sujet ou qui sont venus me voir personnellement à l’Office pour me présenter eux-mêmes quelques-uns de leurs élèves. Ils savent que le but de l’école c’est de préparer les enfants à la vie et ils n’ont jamais hésité à travailler en plein accord avec nous pour l’avenir de leurs élèves. »
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- Notons d'abord la circulaire adressée par l’inspecteur d’Académie lui-même à MM. les directeurs, directrices, instituteurs, institutrices :
- « Ainsi que les années précédentes, vous allez être appelés à collaborer effectivement à l’orientation de vos élèves en dernière année de scolarité obligatoire. Je suis heureux, à ce sujet, de vous transmettre les félicitations de la Commission départementale d’orientation professionnelle qui s’est réunie à la préfecture le 14 novembre dernier. La commission a loué vivement les institu-
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- leurs el institutrices du département pour la bonne volonté, la compréhension, la conscience d-ont chacun fit preuve dans l’accomplissement des différentes opérations d’orientation professionnelle qui vous furent confiées.
- « D’autre part, la Commission a été unanime à approuver le principe selon lequel l’orientation des enfants devait être réalisée en grande partie à l’école même, suivant en cela d’ailleurs l’évolution générale de l’orientation professionnelle en France.
- « L’expérience qui fut entreprise dans ce sens au cours de l’année scolaire écoulée a donné de très bons résultats. Soixante pour cent des parents ont répondu dans l’ensemble aux notices que vous leur aviez remises. Ceci permet d’espérer, que, d’ici peu de temps, chaque enfant quittant l’école primaire aura son dossier d’orientation professionnelle régulièrement constitué.
- « Les instituteurs et institutrices trouveront ci-joint un plan d’action pour l’année scolaire présente. Ils voudront bien s’y conformer en tous points afin que l’organisation générale du service d’orientation dans le département garde toute son unité. J’insiste particulièrement sur toutes les considérations suivantes, car des confusions se produisent encore.
- « L’orientation professionnelle ne s’adresse pas seulement aux enfants qui entreront en apprentissage, mais à ceux également qui continueront plus ou moins leurs études. Le Bulletin d’orientation professionnelle vous apporte du reste, au sujet des écoles du second degré, de très nombreux renseignements.
- « D’autre part, l’orientation professionnelle ne s’adresse pas seulement aux enfants des villes, mais aussi aux enfants des milieux ruraux. Il s’agit là de maintenir le plus possible des enfants des familles agricoles dans leur milieu professionnel, d’essayer d’y adapter un certain nombre d’enfants appartenant à des milieux urbains, enfin de participer avec prudence et circonspection au développement de l’artisanat rural. Vous ne pouvez donc mieux faire que de coopérer à l’orientation professionnelle, cette œuvre d’ordre et de bon sens, dont vous devez vous considérer d’ailleurs de par vos fonctions, comme les premiers et les indispensables artisans. »
- Et voici des fragments du plan d’action dressé par M. Oneto, inspecteur d’Académie pour 1935-1937 :
- Dans les jours qui vont suivre, le Service d’O. P. adressera à toutes les écoles primaires élémentaires du département une feuille de recensement numérique. Sur cette feuille, les directeurs et directrices porteront le nombre total des élèves de leur école parvenant au terme de la scolarité obligatoire avant le 1er octobre 1937.
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- Ne seront pas omis dans ce total, comme cela s’est produit quelquefois l’année dernière, soit des élèves en retard quittant l’école à la sortie d’un cours moyen ou élémentaire, soit des élèves qui pensent poursuivre leurs études l’année prochaine dans une E. P. S., une Ecole pratique, etc..., soit des élèves qui, notamment dans les milieux ruraux, resteront avec leurs parents pour se livrer à des professions agricoles.
- Cette feuille de recensement numérique sera retournée, aussitôt remplie, et au plus lard le 15 décembre, au Service d’O. P.
- Du 15 décembre jusqu’à la fin janvier, il sera adressé aux directeurs et directrices autant de dossiers scolaires d’orientation professionnelle qu’il y aura d’enfants portés sur la feuille de recensement numérique de l’école.
- Aussitôt en possession de ces dossiers, les directeurs et directrices feront distribuer aux enfants intéressés la notice individuelle. Les enfants emporteront cette notice chez eux afin de la faire remplir par leurs parents et la rapporteront ensuite à l’école.
- Il est bien entendu ftju’aucun caractère d’obligation ne s’attache à l’orientation professionnelle. Néanmoins, ainsi que le personnel a procédé déjà l’année dernière, il usera de toute son autorité morale et de toute son influence sur les enfants et les familles, pour que le plus grand nombre possible de notices leur revienne.
- Dans le courant du second trimestre, les directeurs et directrices s’entendront avec les médecins-inspecteurs scolaires, lesquels recevront, d’autre part, les indications nécessaires pour que tous les enfants en fin de scolarité obligatoire, même ceux dont la famille n’aurait pas retourné la notice individuelle, donnent lieu au cours de la visite médicale réglementaire, à un avis médical d’orientation professionnelle. Cet avis porté à l’emplacement spécial : Case B. du dossier.
- Aussitôt après, c’est-à-dire à Pâques au plus tard, les directeurs et directrices feront remplir par les maîtres ou les maîtresses des enfants la notice scolaire (Case A. du dossier).
- Les directeurs et directrices n’auront plus alors qu’à examiner, pour chacun de leurs élèves, l’ensemble de ce petit dossier. Ils y exprimeront leur avis quant à l’orientation de l’enfant (Case C. du dossier).
- Pour formuler cet avis, ils s’en tiendront au bon sens dont ils ont toujours fait preuve chaque fois que des parents s’adressaient à eux pour demander des conseils sur l’avenir de leurs enfants. Cependant ils étayeront désormais leur opinion sur l’avis du médecin scolaire et sur les renseignements professionnels et économiques qu’ils trouvent déjà dans le bulletin d’O. P. Pour nos enfants.
- Dans tous les cas où ils seront embarrassés, que ce soit du point de vue médical, du point de vue technique ou économique, du point de vue des études à poursuivre, etc., ils s’adresseront directement au Service d’O. P. avec lequel ils échangeront toute correspondance nécessaire.
- Dès la rentrée des vacances de Pâques, l’orienteur-technicien, directeur du Service départemental d’O. P., commencera à passer dans les écoles de Nice et du département. Il se^rendra tout d’abord dans celles où des cas difficiles d’orientation lui auront été signalés. 11 se rendra également dans le plus grand nombre possible des autres écoles, afin d’examiner, d’accord avec les directeurs et direc-
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- trices, les dossiers normalement constitués qui pourraient présenter néanmoins certaines anomalies appelant une rectification de l’avis d’O. P.
- Les instituteurs et institutrices classeront dans chaque dossier d’enfant les petits devoirs exécutés d’après les indications du bulletin d’O. P. : rédactions sur le choix professionnel, exercices d’autoobservation, dessins, etc... Ils y classeront également les résultats des tests, chaque fois que ces sortes d’examens auront eu lieu. Ils y classeront aussi à l’occasion, toutes les autres pièces qui leur sembleraient utiles à parfaire ultérieurement l’orientation de leurs élèves : observations on renseignements divers n’ayant pas trouvé place dans le cadre nécessairement restreint du dossier normal, lettres des parents relatives aux choix professionnel, etc. ?
- En fin d’année scolaire, le directeur ou la directrice remettra à chaque élève sortant un Avis d'orientation professionnelle. Cet avis, très succinct, ne sera autre que la copie de celui qui aura été porté dans la case C. du dossier. Il sera recommandé aux élèves de garder cet avis pour le présenter soit à l’organisme qui se chargera de les - placer, soit au directeur ou à la directrice de l’école du second degré dans laquelle ils entreront.
- Ses opérations terminées, c’est-à-dire en juin-juillet, ou selon les cas en octobre de l’année suivante, les dossiers des enfants seront adressés au Service d’O. P. ou ramassés par ses soins. En principe, le ramassage des dossiers ne se fera que dans les écoles importantes, les petites écoles pouvant les envoyer facilement en franchise postale.
- En ce qui concerne la préparation à l’orientation professionnelle, les instituteurs et institutrices voudront bien tenir compte au cours des différents exercices scolaires, de la page des devoirs du Bulletin d O. P. Ces devoirs, ou des devoirs semblables que chacun peut inventer, sont destinés à éveiller l’esprit des enfants à des préoccupations d’ordre professionnel, ou à apporter des éléments de jugement sur le caractère et les apLitudes des enfants.
- Il est recommandé également au personnel enseignant de procéder, chaque fois que cela est possible, et dans les conditions prescrites par le règlement , à des sorties scolaires. Les enfants de 13 à 14 ans peuvent être appelés à visiter ainsi des usines, des ateliers, des exploitations agricoles, des écoles professionnelles, etc. Pour être vraiment utiles ces sorties doivent être précédées d’une petite causerie par le maître et suivies d’un compte-rendu par les élèves. Ce compte rendu peut être fait sous forme de rédaction, facultativement de rédaction illustrée.
- Il est enfin recommandé aux instituteurs et institutrices d’apporter loute leur attention aux travaux manuels, tels qu’ils sont prescrits dans les programmes officiels et de développer, autant qu’il est en leur pouvoir, l’équipement de leur école en petit outillage, de manière que les enfants puissent s’exercer effectivement au maniement des outils les plus courants. Les travaux manuels permettent de plus de faire des remarques très intéressantes sur les goûts différents des élèves, sur leur dextérité ou leur maladresse; sur leur imagination et leur compréhension spatiales, sur leur vitesse et leur précision motrice, sur leur attitude au travail, etc...
- Le personnel enseignant voudra bien considérer que tout ceci ne constitue pas une tâche supplémentaire, mais s’intégre parfaitement
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- dans les travaux quotidiens d’une classe et s’accorde avec les fonctions d’éducateur.
- C’est moins un travail nouveau proposé aux maîtres qu’une manière de comprendre leur rôle.
- Quand les enfants auront quitté l’école primaire, qu’ils seront dans une école du second degré ou placés en apprentissage dans l’industrie, le commerce, l’agriculture, le Service d’O. P. continuera à les suivre. Les dossiers scolaires d’orientation s’enrichiront alors d’autres observations qui ne seront plus du ressort des maîtres et des médecins scolaires, mais du ressort des employeurs, des médecins spéciaux d’O. P. du Laboratoire psychotechnique en voie de création.
- C’est ainsi que peu à peu, par retouches successives, les corrections hécessaires seront apportées à l’avis primitif d’orientation chaque fois qu’il se révélera défectueux à l’usage.
- Le personnel est invité à demander tous les éclaircissements dont il pourrait avoir besoin, à envoyer les suggestions qui lui sembleraient utiles, à formuler ses opinions sur le Bulletin d’O. P., sur les dossiers, etc., en un mot à collaborer activement à cette œuvre d’avenir dont l’école constitue la première et la plus importante assise.
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- A cette excellente circulaire de 1*Inspecteur d’Académie est jointe celle de l'Inspecteur départemental dos Services d’hygiène aux médecins des écoles.
- « En ce qui concerne la collaboration actuellement demandée aux médecins scolaires, ceux-ci consignent déjà, en dernière page du Carnet de santé de l’enfant, un avis d’orientation professionnelle.
- « Afin de respecter le secret médical et de réduire au minimum les écritures, ce n’est pas autre chose que cet avis qu’il est demandé aux médecins-inspecteurs de vouloir bien transcrire (ou faire transcrire par leurs aides) sur les dossiers scolaires d’orientation professionnelle des enfants (case B. du dossier).
- « Pourtant, il a paru intéressant de fournir,aux médecins un certain cadre.
- « Le dossier comporte, en haut et à gauche, sous le nom de reniant, la profession choisie par lui et agréée par sa famille.
- « Hans la case qui lui est réservée, le médecin-inspecteur, se plaçant surtout du point de vue physiologique et pathologique, voudra bien indiquer si son avis est très favorable, favorable sous réserves, ou défavorable, à l’égard de cette profession.
- « Pour donner leur avis, les médecins-inspecteurs pourront s’inspirer d’ailleurs des indications ci-jointes, qui émanent de la pratique et des travaux du Laboratoire de physiologie du travai' au Conservatoire national des arts et métiers.
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- « Les médecins-inspecteurs sont priés de s’entendra avec les directeurs et directrices d’écoles pour que l’avis médical soit porté au dossier de chaque enfant intéressé, dans la première quinzaine d’avril. »
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- Nous terminerons en donnant les indications relatives à l’avis médical données par le Dr Barbary.
- Le problème médical posé par l’orientation professionnelle est celui-ci : Quels sont les métiers contre-indiqués par telle ou telle déficience physiologique, par telle ou telle tare pathologique ? Quels sont les métiers, par contre, qui sont compatibles avec cette même déficience ou avec celle même tare ?
- Si, dans bien des cas, la contre-indication apparaît très nettement et d’une façon absolue (par exemple un sujet ayant tendance aux dermatoses qui voudrait être photographe ou teinturier), il faut bien tenir compte que, dans la pratique, la division en métiers autorisés et métiers interdits, est d’une brutalité qui ne correspond pas toujours à la complexité des faits. A côté des contre-indications absolues, intransgressibles, sous peine de non-réussite, de maladie, parfois de mort, on se trouve souvent en présence de contre-indications relatives.
- Dans ce cas, la déficience considérée peut être une gêne à l’accomplissement du métier, sans constituer une incompatibilité absolue, par exemple : port de verres correcteurs pour un maçon. D’autres fois, la déficience comporte des degrés. Par exemple, une liypoa-cousie légère permettra le métier d’épicier ; très accentuée, elle l’interdira. D’autres fois encore, la relativité de la contre-indication sera fonction de la division du travail ou de la diversité des conditions du travail dans une même profession. Par exemple : une sténo-dactylographe dans un local clair et aéré, ou dans un réduit sans fenêtre, un sous-sol, etc...
- 11 convient, au surplus, d’envisager la contre-indication temporaire, c’est-à-dire celle qui est susceptible de disparaître, ou de devenir négligeable, à la suite d’une opération, d’un traitement, de soins appropriés.
- Devant un enfant présentant une déficience quelconque et manifestant un certain désir professionnel, il appartient au médecin de conclure si cette déficience paraît entraîner avec elle une contre-indication absolue, relative ou temporaire.
- Aussi est-il tout d’abord demandé au médecin de formuler sur le dossier scolaire son avis au désir professionnel exprimé par l’enfant.
- Cet avis peut êlre très favorable, si l’état, de santé de l’enfant paraît au médecin tout à fait compatible avec ,1a profession choisie.
- Si l’on admet, -d’autre part, que toutes les contre-indications rentrent dans une des trois catégories énoncées ci-dessus, l’avis du médecin sera favorable sous réserves, en cas de contre-indication relative ou temporaire, il sera nettement défavorable au contraire, en cas de contre-indication absolue.
- Il s’agit donc, pour le médecin, de souligner l’un de ces trois termes afin de procéder ainsi à un premier déblaiement.
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- Dans le premier cas « avis très favorable », il n’apparaît pas que le médecin ait autre chose à mentionner.
- Dans le second cas « avis favorable sous réserves » le médecin voudra bien souligner si l’on se trouve en présence d’une contre-indication qui, selon lui, est relative ou temporaire, et il serait désirable, de plus, qu’il veuille bien mentionner les conditions dans lesquelles il convient d’interpréter ses réserves.
- Enfin, dans le dernier cas « avis défavorable », comme on se trouve en présence -d’une contre-indication absolue, il est subsidiairement demandé aux médecins quelles autres professions lui semblent compatibles avec l’état de l’enfant examiné.
- Cette orientation indicative, ou positive, qui -découle naturellement de la première orientation, contre-indicative, ou négative, est de règle également, cela va de soi, chaque fois que l’enfant n’a pas exprimé de désir professionnel.
- En dehors de quelques cas très nets, il peut être embarrassant, pour le médecin, de conseiller un métier déterminé. D’ailleurs, le secteur des professions possibles pour un enfant atteint -d’une ou de plusieurs déficiences, demeure toujours assez étendu. Même en cas de déficience grave, les aveugles, par exemple, il y a toujours, non pas un seul, mais plusieurs métiers possibles. C’est ainsi que les aveugles ont encore à leur disposition une quinzaine de métiers environ, compte tenu de leurs autres aptitudes. Ce sont les métiers de vannier, cordonnier, tricoteuse et ficeleuse à la main, rempailleur de chaises, accordeur de piano, brossier, musicien, masseur ou masseuse, téléphoniste, etc.
- Il en résulte qu’il sérail intéressant que l’indication du médecin ne soit pas trop restrictive et que, au lieu de mentionner spécifiquement un ou deux métiers, elle fasse ressortir tout, un groupe de métiers.
- On peut admettre, en gros, la classification suivante :
- Travaux de force (exigeant des muscles puissants, une forte constitution) lois ([lie : forgerons, bûcherons, charpentiers, etc. Métiers pénibles (imposant d’assez grosses fatigues) tels que : marins, bouchers, infirmiers, serruriers, etc.
- Métiers actifs (n’exigeant que des efforts moyens ou relatifs) tels que : menuisiers, électriciens, vendeurs, etc.
- Métiers légers (ne -demandant que peu d’efforts) tels que : relieurs, graveurs, tapissiers, photographes, -couturières, modistes, etc. Métiers sédentaires (ne demandant pas d’efforts physiques) tels que : employés de bureau, dessinateurs, horlogers, mécaniciens-dentistes, etc.
- Il conviendrait d’ajouter à cela, dans un autre ordre d’idées :
- Métiers de plein air, étant entendu que les professions de plein air ne comprennent pas seulement les métiers agricoles, mais aussi dans les villes, les métiers de garçons-livreurs, vendeurs et vendeuses h l’étalage, ouvriers de chantiers, etc.
- De même pour les métiers à -déconseiller absolument, aux groupes énoncés ci-dessus, il convient d’ajouter :
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- Métiers s’exerçant dans une atmosphère poussiéreuse, dans l'humidité, dans un air confiné, en position debout, en position courbée ou penchée et nécessitant la manipulation de matières toxiques ou dangereuses ou exigeant une vue excellente.
- Il convient de remarquer que cette classification reste valable pour les enfants qui continueront leurs études au delà de l’école primaire. Ainsi la carrière militaire peut être considérée comme une profession pénible, celle d’instituteur comme une profession active, celle de surnuméraire des P. T.T., comme une profession sédentaire, celle de chirurgien-dentiste comme une profession s’exerçant en position debout, etc.
- En résumé, si les médecins inspecteurs des écoles veulent bien se référer aux indications ci-dessus, ils pourront très rapidement en faire ressortir l’essentiel sur le dossier scolaire de chaque enfant, simplement en soulignant les termes adéquats dans la case B. qui leur est réservée.
- Pratiquement, on peut rassembler tout ceci dans le schéma suivant :
- 1° L'enfant a choisi une profession ; (soit qu’il entrera de suite en apprentissage à la ville ou à la campagne, chez ses parents ou ailleurs) ; (soit qu’il continuera des études plus ou moins longues avant d’aborder la vie de travail.)
- a) Il n’y a pas de contre-indication, le médecin souligne : avis_ très favorable ;
- b) Il y a une contre-indication relative ou temporaire, le médecin souligne : avis favorable sous réserves. Subsidiairement, il souligne : contre-indication relative, ou : contre-indication temporaire.
- Il ajoute, si possible, à la rubrique « observations » sous quelles conditions la profession envisagée lui semble possible, par exemple : sous réserve de port de verres correcteurs.
- c) Il y a une contre-indieaLion absolue, le médecin souligne : avis défavorable. Subsidiairement, il souligne : le ou les groupes de professions à conseiller, le ou les groupes de professions à déconseiller.
- 2° L'enfant n'a pas exprimé de choix professionnel : Le médecin n’a aucun des avis très favorable, favorable ou défavorable à souligner.
- Par contre, il a tout de même un conseil à donner. Il exprimera ce conseil en soulignant, selon l’état de santé de l’enfant : le ou les groupes de professions à conseiller, le ou les groupes de professions à déconseiller.
- Il va sans dire que le médecin pourra toujours noter dans les quelques lignes « Observations » dont il dispose, une ou plusieurs professions déterminées qu’il recommande ou qu’il déconseille particulièrement. Au même emplacement « Observations » le médecin pourra noter également toutes indications qu’il jugerait nécessaires et qui n’auraient pu trouver place dans le cadre général du dossier.
- Des indications ultérieures seront présentées aux médecins-scolai-res dans le but de leur préciser l’importance et le degré des contre-indications relativement à des déficiences bien définies.
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- La Vie de l’Institut National d’Orientation professionnelle
- A la Semaine qui s’est tenue à l’I. N. O. P. du 17 au 23 décem bre, 78 inspecteurs primaires ont participé, représentant 76 départements.
- La conférence inaugurale a été faite par M. Luc, directeur général de l’Enseignement technique, après une allocution de bienvenue de M. Piéron.
- A la séance de clôture, présidée par M. Rosset, directeur de l’Enseignement primaire, prirent successivement la parole : M. Piéron, M. Rosset, M. Luc, et, au nom des inspecteurs primaires, M. Moissonnier.
- Nous donnons ci-dessous, dans l’ordre alphabétique des départements représentés, la liste des inspecteurs qui participèrent à la Semaine :
- Aisne . M. Laurent, de Laon.
- Allier . M. Touraine, de Afonlluron.
- Alpes-Maritimes . M. Spinelli, de Nice-Centre.
- Ardèche. . . M. Thibau, de Privas.
- Ardennes . M. Pleindoux, de Chaïueville.
- A riège . AI. Chabot, de Foix.
- Aube . AL Cassier, de Troyes.
- Aveyron AL Roussel, de Rodez.
- Bas-Rhin . AL Jouanny, de Strasbourg.
- Basses-Pyrénées. . .. . AL Piette, de Pau.
- Bouches-du-Rhône. . . Alme Scapula, de Alarseillc.
- Calvados . Al. Levesque, de Caen.
- Cantal . M. Leclerc, de Mauriac.'
- Charen'c . Al. Rodier, d’Angoulème.
- Cher . M. Goby, de Bourges.
- Corrèze . M. Tallet, de Tulle.
- Côte-d’Or. . M. Thiesson, de Semur.
- Côtes-du-Nord . AI. Bourguignon, de Dinan.
- Creuse. . AI. de Rëchnpt, d’Aubusson.
- Corse . AI. Courtin, d’Ajaccio.
- Dordonne . M. R^pin, de Périgueux.
- Doubs. . AL Moissonnier, de Besançon.
- Drôme . M. Bernard-Brunei, de Romans.
- Eure. AI. Charlet, de Vernon.
- Eure-et-Loir . M. Raison, de Châteaudun.
- Finistère . AI. Gérard, de Brest.
- Gard. • • . M. Bruyant, de Nîmes.
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- Gers................... Mlle Benquet, de Condom.
- Gironde................ Mlle Béraud, de Blaye.
- Hautes-Alpes.............. M. Delfolie, d’Embrun.
- Haute-Garonne............. M. Jeaucoux, de Toulouse.
- Haute-Loire............... M. Bertrand, de Brioude.
- Haute-Marne............... M. Adam, de Vassy.
- Hautes-Pyrénées........ M. Nan, de Tarbes.
- Haut-Rhin. ............... M. Thill, de Mulhouse-Ville.
- Haute-Vienne.............. M. iVloreau, de Limoges.
- Hérault................... M. Bérenger, de Montpellier.
- Ille-et-Vilaine........... M. Guillaud, de Rennes.
- Indre. • ................. M. Grandjeat, de Chàteauroux.
- Indre-et-Loire............ M. Dupas, de Tours.
- Isère..................... M. Oléon, de Grenoble.
- Jura...................... M. Selince, de Lons-le-Saunier.
- Landes. . ........... M. Grenade, de Mont-de-Marsan.
- Loir-et-Cher.............. M. Sergent, de Blois.
- Loire..................... M. Henriet, de Roanne.
- Loire-Inférieure....... M. Bourveau, de Nantes.
- Loiret. ... • ............ AL Ormancey, de Pilhiviers.
- Lot-et-Garonne. . ; AL Joucla, de Villeneuve-sur-Lot.
- Lozère.................... AL Derioz, de Mende.
- Alanche................... AL Nouguey, de Mortain.
- Maine-et-Loire. •......... M. Vacquier, de Cliolet.
- Marne..................... AL Rossignol, d’Epernay,
- Meurthe-et-Moselle ... AL Mennessier, de Nancy.
- Aleuse. . .- ............. M. Husson, de Cominercy.
- Aloselle.................. M. Forceville, de Metz-Ville.
- Nord...................... M. Chopinct, de Valenciennes.
- Oise. • M. Millet, de Beauvais.
- Orne...................... AL Bouvier, de Mortagne.
- Pas-de-Calais. •.......... M. Bachclct, d’Arras.
- Püfÿ-de-Dôme.............. M. Naud, de ( lia mal i ères.-
- Rhône..................... AL Coche, de Lyon.
- Sarthe.................... M. Maréchal, de Alamers.
- Saône-et-Loire............ M. Beney, de 'Chalon-sur-Saône.
- Savoie.................... M. Verel, de Chambéry.
- Seine..................... M. Duprez, de Pai'is.
- Seine-Inférieure....... AL Godier, de Dieppe.
- Seine-et-Alarne ...... M. Bizos, de Provins.
- ( M. 'bourrés, de Corbeil.
- Seme-et-Oise...........j M Boursin, de Corbeil.
- Somme. . ................. AL Pujos, d Amiens.
- Tarn...................... M. Alonrozies, d’Albi.
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- Tarn-et-Garonne,
- Var............
- Vaucluse.......
- Vendée.........
- M. Gleyze, de Montauban.
- M. Tardieu, de Toulon.
- M. Piétri, d’Orange.
- M. Laville, de La Roche-sur-Yon. M. Ballin, de Poitiers.
- M. Paitrault, de Poitiers.
- \I. Rochaix, de Sens.
- Vienne
- Yonne,
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- C. Spearman. — Les Aptitudes de l'homme. Leur nature et leur mesure. — Traduction de F. Braohet (avec avant-propos de G. Darmois). — In-8° de 350 pages. Publications du Travail humain (série A, n° 8). Conservatoire des Arts et Métiers. Prix 75 francs.
- Nous signalons avec plaisir la publication de cette excellente traduction de l’ouvrage fondamental du maître Spearman, qui a joué
- un rôle essentiel pour la rénovation de la psychologie et en parti-culier de nos conceptions sur l’intelligence.
- C’est un livre qui doit être lu et médité par tous ceux qui ont à apprécier des aptitudes humaines, et sa lecture sera profitable à tous, donnant une magnifique leçon de vigueur de pensée et de
- H. P.
- finesse d’analyse.
- Quelques livres entrés récemment à la bibliothèque de l’Institut National d’Orientation Professionnelle
- l)r René Ledent et Lucien Wellens. — La sélection et la surveillance des conducteurs des tramways unifiés de Liège et extensions, 1934, Liège, 103 pages.
- Gaston Pouli.aouec. — La continuité de VO. P., de la nécessité de contrôler la valeur des conseils donnés et de suivre les enfants orientés. — Exposé des motifs d'une initiative de l’Office de Nantes. Moyens de réalisation mis en œuvre. Résultats obtenus (thème), 1934, Nantes, 26 pages.
- Gérard Peypoudat. — L’O. P. des intellectuels, ses hases psychologiques, son importance sociale. (Thèse), 1934, Pau, 46 pages.
- R. Rosier. — Du chômage intellectuel. De l’encombrement des professions libérales. — Delagrave, 1934, Paris, 79 pages.
- 11. Huguet et Marc E. Morgaut. — Chambre des Métiers. Chambre des Métiers du ~ ''sans, 22 pages.
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- L
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- 9e Année
- N» 3-4
- Mars-Avril 1397
- BULLETIN
- DE
- l’Institut National d'Orientation Professionnelle
- SUCCÈS SCOLAIRE ET RÉUSSITE DANS LA VIE
- par
- Dr Franziska BAUMGARTEN-1 RAMER
- Privatdocent à l’Université de Berne
- Les travaux consacrés au rapport entre le succès scolaire et celui dans la vie se multiplient ces temps derniers. La méthode dont on se sert dans ces travaux se réduit à une étude comparative et sommaire des résultats obtenus à l’école et la place occupée plus tard dans la vie. 11 manque encore un traitement plus spécial de chaque cas particulier analysant la cause du succès et de l’échec, un procédé qui exigerait une biographie minutieuse de chaque sujet, coulerait pas mal d’argent et demanderait un sacrifice considérable de temps.
- En attendant, avec des méthodes plus simples, on arrive à constater des faits intéressants et nous-mêmes nous nous sommes décidés à fournir une petite contribution à ce problème qui se rapporte au succès scolaire et à la carrière de la femme. Cela nous semble d’autant plus justifié que les contributions de ce genre sont rares.
- Du temps de mes études dans différents pays européens, je fus frappée par le nombre considérable de femmes slaves gradées, qui, dans des cas exceptionnels, ont reçu des prix de l’examen de maturité ; ces prix consistaient dans leur patrie en médailles d’or et d’argent. Il est connu que dans l’ancienne Russie tzariste et dans la partie polonaise qui lui était soumise (nommée le Royaume de Pologne), les futurs bacheliers qui étaient qualifiés à recevoir une médaille d’or, furent ceux dont les notes étaient excellentes tout le long de leur carrière scolaire et ce qui plus est leurs examens de
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- maturité faisaient preuve d’excellence ; par contre, les notes excellentes et très bonnes leur valaient une médaille d’argent. Ces candidats (et candidates) aux médailles formaient l’élite du collège, ils étaient prédestinés au travail intellectuel. Comme preuve, nous ne mentionnons que le fait suivant : la médaille conférait aux juifs le droit d’étudier à l’Université russe. Le nombre des candidats à la médaille variait d’une année à l’autre : il y avait des années où l’on n’en décernait point (fait rare cependant dans les annales des écoles russes) ; le maximum de médailles par année qui me soit connu est de dix.
- Ce fut donc un fait au moins très curieux de pouvoir observer que les licenciées et doctoresses favorisées par le succès ne furent pas du nombre de celles qui étaient préalablement distinguées par la médaille. En plus, il ne fut pas possible de faire la constatation que les filles qui étaient tout spécialement remarquées à l’école et dont le succès à l’Université fut indéniable, n’ont pas su se faire valoir dans la vie.
- En m’occupant d’une étude sur le succès professionnel, j'ai pu faire des recherches systématiques à ce sujet ; j’ai essayé de cueillir des témoignages de différentes personnes, aussi bien de celles qui furent favorisées par le succès que de celles qui se virent échouer dès l’âge scolaire. J'ai eu la possibilité de constater ce qui suit, en me basant sur les résultats de mes recherches qui se rapportent à des fins d’études scolaires d’il y a vingt ans.
- Un groupe de dix-sept bachelières avec médailles, qui me sont toutes connues personnellement, est composé de façon suivante :
- Deux ont renoncé aux études supérieures en faveur du mariage et ne s’occupaient plus tard que de leurs devoirs de mères de famille ;
- Deux ont passé leurs examens de doctorat, mais se sont vouées plus tard uniquement à leurs ménages. Ici le sort a voulu que le mariage soit décisif en ce sens qu’il a transformé leurs aspirations ;
- Dans un cas l’activité a pris une autre forme : de scientifique elle est devenue artistique. (La personne est arrivée même à avoir ses expositions de peintures indépendantes à Paris. Ce qui est curieux, ses capacités artistiques ne se sont jamais
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- révélées à l’école ei ce fut une grande surprise pour ses amis que de la voir s’adonner à l'art, après une licence es sciences sociales passée avec succès) ;
- Deux après quelques études supérieures, sans d’ailleurs atteindre leur but, le doctorat, se sont vouées à l’enseignement. Gomme institutrices dans les écoles secondaires, elles remplissaient leur tâche sans beaucoup de mérite, d’autant plus que ces places sont accessibles aux femmes sans doctorat ;
- Trois ne s’étant point mariées exerçaient leur profession de médecin sans éclat, aucune d’elles n’est parvenue à se distinguer dans le domaine médical ;
- Trois doctoresses en médecine mariées à des médecins ne sont, arrivées qu’à assister leurs maris en qualité d’internes ;
- Une pratiquait la médecine avec succès et son mari étant professeur, elle ne manquait pas de travaux scientifiques en prenant part active aux recherches de son mari ;
- Une autre qui était dans le même cas, mais naturaliste de profession, collabora aux travaux de son mari, professeur à l’Université.
- En somme, dans tout ce groupe, il n’y a eu que :
- Trois qui ont suivi leur vocation propre sans participer à l’activité de leurs maris : dont une s’est distinguée en France dans le domaine intellectuel, les deux autres ont acquis une renommée comme doctoresses dévouées à leur professions et à leurs malades.
- Ainsi, sur toutes ces dix-sept femmes bien capables, récompensées pour leurs études par des médailles, aucune n'a contribué à enrichir la science par une œuvre d'une remarquable valeur scientifique.
- Nous avons pu cependant faire un autre rapprochement également très instructif : soit la différence des carrières des médaillées et de non médaillées d’une seule et même classe Quarante-cinq volées de cinq classes sont réparties ainsi :
- Cl. A : Dans la classe A d’un gymnase russe pour filles en Pologne furent décernées dix médailles à dix élèves comme prix d’une brillante maturité. Sur ces dix, il n’y avait qu'une dont le but était bien défini. Elle s’est vouée plus tard aux problèmes de la vie sociale eL même le mariage et la maternité
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- ne l’ont aucunement empêchée de poursuivre son but principal dans la vie, le travail social. Ce qui est curieux, c’est qu’elle était la plus laide de toute sa classe ; tandis que cinq médaillées, des beautés remarquables, n’ont point été favorisées par le destin (mariages tardifs et malheureux et perte de leur fortune).
- Cl. B : La classe B a eu deux élèves médaillées. Une dont l’énergie et les capacités furent considérables, s’est vouée à la médecine et s’y est distinguée. Mais une élève très médiocre de la même classe, ayant choisi comme champ d’activité la politique, y a tellement réussi, qu’elle a pu jouer un grand rôle comme révolutionnaire en Russie.
- Cl. C : La classe C comptait quatre médaillées d’or, dont trois ont continué leurs études à l’Université. Une exerçait plus tard la profession de médecin et participait aux travaux scientifiques de son mari ; la seconde est devenue médecin, mais s’acquittait par la suite de ses devoirs d’une façon fort médiocre ; enfin, la troisième avait trouvé une place dans renseignement. Par contre, trois non médaillées de la même classe étudièrent et à force de travail ont su s’affirmer plus tard dans la vie.
- Cl. D : La classe D représente du point de vue des destinées humaines un intérêt tout spécial ; cette classe nous a d’ailleurs fourni des données les plus précises. On y a décerné d ois médailles d’or et cinq d’argent. Une des trois titulaires de médailles d’or s’est consacrée à la musique, une étudiait pendant quelque temps jusqu’au moment de se marier, une enfin s’est mariée bien vite. A la fin de l’année scolaire, quarante-huit élèves ont quitté l’école, dont douze ont dirigé leurs aspirations vers l’Université. De ces dernières, sept ont obtenu leurs diplômes de docteur ou licenciée (celles notamment qui furent les titulaires des médailles d’argent). Trois d’entre elles se sont vouées à la vie utile et à l’exercice de leur profession, sans toutefois renoncer aux recherches scientifiques ; une en particulier a su se faire valoir comme savante par ses oeuvres d’une grande importance scientifique. Fait étrange : les deux d’entre celles-ci (notamment la savante) étaient des élèves très médiocres dans leur classe, elles avaient de la peine à avancer et sont restées toutes les deux une année en arrière de leur
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- classe. Il est à noter aussi qu’une autre élève bien médiocre de cette classe s’est distinguée plus tard par son talent de dramaturge. Une pièce de théâtre qu’elle avait écrite à peu près sept ans après sa maturité au gymnase, s’est maintenue avec beaucoup de succès pendant des mois sur les scènes polonaises.
- Cl. E. : La classe E comptait clans chacune de ses deux sections 40 candidates à la maturité. Dans une des deux sections furent décernées une médaille d’or et deux d’argent. La médaillée d’or étudiait pendant deux ans les sciences naturelles, se maria après et abandonna ses études. Les deux autres médaillées n’ont rien entrepris après leur maturité. Par contre, 4 non-médaillées de cette classe ont trouvé leur voie en travaillant et se sont rendues très utiles dans leurs milieux professionnels. Une d’elles avait choisi une activité politique.
- La seconde section de la classe E comptait une médaillée d’or et une d’argent. Ni l’une, ni l’autre, ne se sont vouées aux études.
- Le rapprochement que nous venons de faire nous conduit aux conclusions suivantes :
- 1) Le groupe de 17 médaillées n'a pas fait preuve d’efficacité dans le domaine scientifique, trois seulement d’entre elles se sont distinguées professionnellement.
- 2) Les élèves médiocres ont fait preuve de plus de ténacité pour atteindre leur but et ainsi leur succès est plus considérable que celui des médaillées. Ces dernières ne comptent qu’un tout petit nombre parmi elles qui a vraiment réussi ; leur activité professionnelle est souvent beaucoup plus insignifiante, sauf quelques exceptions, que celle des élèves médiocres.
- On ne saurait pas contester ce fait, même si l’on voulait disputer la validité cl’un prix décerné dans l’ancienne Pologne russe. Certes, le corps enseignant dans les écoles russes en Pologne n’était pas à la hauteur des pédagogues européens, mais cette circonstance n’a pas d’importance dans ce cas, car il s’agit du succès ou de lechec des groupes d’élèves qui s’instruisaient toutes dans les mêmes conditions.
- Nous sommes à même d’affirmer un autre fait curieux : du nombre considérable d’étudiantes dont le succès fut indénia-
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- ble et qui choisirent plus tard une activité pratique quelconque, celles dont la carrière fut vraiment un succès étaient toujours des femmes dont les conditions matérielles laissaient beaucoup à désirer. Elles étaient souvent obligées de lutter pour leur existence, en abandonnant leurs études par moments pour occuper quelque place de gouvernante, afin de mettre quelques économies de côté et reprendre leurs éludes ensuite. C’est presque une règle générale que ce furent les pauvres ou celles qui sacrifièrent leurs dots qui parvinrent au but par leurs propres*efforts.
- On voit que ce n’est que dans des cas exceptionnels que la même force qui crée le succès dans l’école agit aussi dans la vie postérieure de l’individu.
- *
- * *
- Quoique j’ai voué cette recherche uniquement aux élèves de sexe féminin qui ont fait valoir leurs capacités pendant leurs premières années scolaires, je n’ai pas pu m’empêcher de mentionner, d’une manière sommaire naturellement, le cas de quelques garçons dont le sort me fut communiqué. C’étaient des garçons dont l’intelligence précoce avait frappé leurs parents et instituteurs et qui furent par conséquent considérés comme enfants-prodiges. Leur cas est si intéressant qu’il mérite d’être cité.
- Pour revenir aux médailles, il faut prendre en considération le fait qu’elles étaient décernées avec une plus grande réserve dans les collèges des garçons de la même ville, mentionnée plus haut. Ainsi ce fut une fois pendant un intervalle de neuf ans qu’on n’en a vu point distribuer. Cette circonstance est due, cl’une part, à la plus grande rigueur qui régnait dans les collèges de garçons, d’autre part, dit-on, à la plus grande paresse des représentants du sexe masculin.
- Et voici les sujets, dont nous voulons parler. Ce sont cinq garçons, dont deux de la réale supérieure et trois du collège classique. Chacun d’eux était titulaire d’une médaille d’or, le seul représentant de sa classe.
- Le premier médaillé dont le père était avocat et la mère institutrice, ayant passé une brillante maturité, s’est mis à étudier les mathématiques, à Varsovie d’abord, à Goettingue plus tard. Ce n’est qu’après onze ans d’études qu’il est arrivé
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- à passer son doctorat, ce qui lui a valu beaucoup de railleries de la part de ses camarades. Il a choisi la carrière d’un mathématicien (spécialité : la statistique), mais mourut peu après, à l'âge de 36 ans. Le second médaillé, fils de médecin, étudia également les mathématiques à Goettingue, il lui a fallu aussi presque douze ans pour faire son doctorat, au grand ahurissement de tous ceux qui le connaissaient. Il fut quelque temps fonctionnaire d’Etat et mourut, n’ayant pas atteint la quarantaine. Le troisième médaillé (collège classique), étudiant le droit, allait se charger de l’étude de son père et se suicida. Le quatrième médaillé (réale) tomba malade à la veille des examens de maturité, la médaille lui fut quand même décernée. Vu sa faible constitution, il a du s’abstenir, sa vie durant, de toute activité intellectuelle, se voua par la suite à la carrière commerciale, où il ne jouit que d’un succès 'médiocre. Le cinquième médaillé, fils d’une sage-femme très renommée, était doué de capacités remarquables pour la technique, s’occupa déjà dans sa jeunesse des inventions dans le domaine technique ferroviaire, fut nommé plus tard fonctionnaire dans le service d’Etal, mais ne s’est pas distingué spécialement.
- Le nombre de ces garçons est insuffisant pour servir de critère, mais comme il s’agit des cas représentatifs, ils sont tout de même caractéristiques.
- On peut tirer de ce petit tableau la conclusion suivante :
- Le succès scolaire n’est pas symptomatique pour le succès dans la vie pratique, donc pour-s’orienter sur les qualités qui assurent la réussite professionnelle de l’individu, il faut faire subir un examen spécial basé sur la psychologie expérimentale.
- Réussite scolaire et réussite professionnelle
- par H. POLLNOW
- A l’époque de crises sociales dans laquelle nous vivons, le problème d’une prévoyante orientation professionnelle des élèves qui ont achevé l’école secondaire se pose avec une acuité de plus en plus pressante. Cela s’explique par le fait
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- que les couches sociales auxquelles appartiennent la plupart de ces élèves sont progressivement entraînées dans les transformai ions économiques qu’on peut observer actuellement. Le besoin se fait sentir d’autant plus de rechercher des indications psychologiques et des expériences pronostiques assez sûres pour pouvoir servir de base, si toutefois cela est possible, à une orientation professionnelle vers des carrières supérieures.
- Il y a quelque temps, M. Heuyer a insisté dans un article sur les difficultés en face desquelles se trouve toute orientation individuelle de l’enfant au cours ou à la fin des études secondaires (1). Tandis que l’orientation professionnelle à la sortie de lecole primaire lui paraît relativement simple, il constate d’autre part que l’orientation de l’enfant à l’entrée des études secondaires aussi bien qu’au cours ou à la fin de celles-ci est une question beaucoup plus complexe. Cette différence, M. Heuyer l’explique par les buts distincts que renseignement primaire et l’enseignement secondaire visent. Il souligne que, par rapport au premier, le second ne veut et ne peut donner des connaissances définitives, mais qu’il s’efforce plutôt de rendre l’enfant apte à aborder des éludes supérieures et de le préparer ainsi seulement au choix ultérieur d’une profession. « Dans l’enseignement secondaire, il s’agit moins de connaissances à acquérir que d’une gymnastique intellectuelle à entretenir et à développer. Il ne s’agit donc pas d’une orientation professionnelle, mais d’un jugement sur les aptitudes de l’enfant à aborder un enseignement secondaire, et, plus tard, un enseignement supérieur ». Mais pour cette « orientation intellectuelle » il n’exisle pas encore des méthodes susceptibles de dépister à coup sûr les incapables sans courir le risque de « stériliser des esprits originaux à développement tardif ». C’est dans le cadre des lycées que ce problème, par la création de comités d’orientation intellectuelle, devrait trouver sa solution pratique.
- Nous croyons d’ailleurs 'que l’importance de la question réside surtout dans le fait que la préparation pour les professions intellectuelles exige, dans la plupart des cas, des années. Il en résulte forcément quelque incertitude pour beau-
- (1) « L’orientation intellectuelle et professionnelle de l’enfant à l’âge scolaire », La Prophylaxie Mentale, Xe année, n° 41, p. 37 (1935).
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- coup d’élèves : la décision prise, sera-t-elle justifiée ultérieurement par la réussite dans la vie ? comment éviter l’échec, la perte de temps irréparable et l'erreur ruineuse ? Car fréquemment, en raison du caractère particulier des études universitaires, c’est seulement la réussite dans la vie qui confirme si l’orientation professionnelle était celle qui convenait. Par contre, dans les préparations professionnelles non-intellectuelles on est en état de constater, de très bonne heure, au cours de l’apprentissage même, l’aptitude ou la non-apti-lude de l’élève, c’est-à-dire, en général, assez tôt pour pouvoir encore revenir sur la décision primitive, si le besoin se fait sentir.
- Il est donc extrêmement utile de se rendre compte des possibilités qui existent pour développer les méthodes psychologiques susceptibles d’aider à établir le pronostic individuel dans les carrières intellectuelles. Il va de soi que les essais de déceler à temps l’aptitude de l’élève à des professions de ce genre pourront profiter de toute enquête sérieuse qui se propose de préciser les rapports entre la réussite scolaire et la réussite professionnelle dans la vie.
- Des contributions intéressantes aux questions très complexes, qui se posent sous cet angle,, se trouvent dans le volume 51 de la Zeitschrift fur angewandte Psychologie und Charakterkunde (1), où justement trois études basées sur un matériel statistique considérable sont groupées autour du problème des rapports existant entre la réussite scolaire, le choix de profession et la carrière ultérieure d’anciens lycéens.
- Dans la première de ces recherches, Mlle Gentzkow (2) compare « le rendement scolaire, le choix de profession et l’ultérieure réussite dans la vie d’anciens bacheliers ». Dans ce but elle s’est servie d’un questionnaire très différencié quelle a envoyé à 1403 personnes ayant passées autrefois leur baccalauréat aux trois lycées de trois petites villes allemandes. Ce questionnaire a été élaboré par l’Institut de recherches héréditaires et eugéniques à l’Université de Greifswald et se trouve reproduit dans le même volume (p. G9-72). Il invite les destinataires à donner de multiples détails psychologiques et sociologiques instructifs, d’une part sur le développement
- (1) Helt 1 und 2. Leipzig 1930.
- (2) Schulleistung, Berufswahl und Lebensleistung ehemaliger Gymnasial-abilurienten. (1. c. p. 1-64.)
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- de leurs études secondaires et supérieures, ainsi que sur les conditions, dans lesquelles ils les ont poursuivies', d’autre part sur la réussite professionnelle ultérieure, la satisfaction qu’elle donne à l’arrivé, la situation familiale et sociale qui en est le reflet le plus visible. Les 518 réponses qui ont été. données permettent, après la mise en relief des nombreux faits psychologiques qui jouent un rôle aussi bien dans le développement scolaire que dans le développement professionnel, d’en tirer les conclusions suivantes :
- Ayant établi huit groupes de professions différentes (I. Professeurs d’école, II. Théologues protestants, III. Théologues catholiques, IV. Médecins (exerçant librement ou occupant des postes officiels), V. Juristes, VI. Hauts fonctionnaires et employés occupant des postes de direction, VII. Fonctionnaires moyens et employés commerciaux, VIII. Ingénieurs, physiciens, chimistes, pharmaciens, etc.), l’auteur examine les raisons qui leur ont dicté le choix de la profession.
- Si l’on renonce à tenir compte des erreurs que peuvent impliquer de pareilles énonciations subjectives et rétrospectives, celte enquête semble faire ressortir que, par exemple, les professeurs d’écoles ont choisi leur profession en première ligne à cause d’un enthousiasme pédagogique ou bien en raison d’un intérêt scientifique. Les théologues des deux confessions indiquent en grande majorité comme motif de leur choix la vocation religieuse. Les médecins sont dirigés dans leur choix par un intérêt scientifique ou parfois social, mais on trouve aussi chez eux, comme facteur décisif, le désir d’indépendance que la profession libérale leur garantit. Les juristes sont guidés par la multiplicité des chances professionnelles, par leur sentiment de justice, par des considérations de politique sociale ou encore par l’ambition d’inspirer de l’estime, etc.
- De ces questionnaires ressort en outre que 83 % de ceux qui ont répondu prétendent avoir choisi leur profession définitive en raison de dispositions bien marquées qu’ils croyaient constater, et cela déjà au cours des dernières années scolaires, parfois même avant.
- En ce qui concerne la réussite scolaire des personnes questionnées à une époque où leur carrière témoignait déjà de la réussite professionnelle, il résulte de l’enquête que les pro-
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- fess-eurs d’école proviennenL presque sans exception d’une couche scolaire supérieure ; les médecins et les fonctionnaires occupant des postes de moindre importance, par contre, appartiennent a une couche scolaire moyenne ou inférieure. Les représentants du VIIIe groupe sont très proches du niveau scolaire supérieur et il en est de même pour les théo'logues catholiques. Les hauts fonctionnaires et les juristes appartiennent à une bonne couche scolaire moyenne.
- Mlle Gentzkow en conclut que les diverses prédispositions individuelles se traduisent par le rendement scolaire qui cependant dépend en partie du genre plus ou moins théorique ou pratique de l’enseignement. Cela est particulièrement illustré par le fait que les réussites scolaires peu satisfaisantes des médecins ne correspondent guère à leur réussite ultérieure dans la vie. Beaucoup d’entre eux ont avoué à l’enquêteur qu’ils ont été très paresseux à l’école, parce que leurs préférences allaient à des choses extrascolaires.
- Il nous paraît d’autre part utile d’attirer encore l’attention sur une observation que l’auteur fait à la fin de sa recherche dont nous n’avons pu qu’esquisser dans les grandes lignes te contenu. L’enseignement secondaire actuel, au moins en Allemagne, convient surtout aux futurs professeurs d’école, ce qui ressort nettement de la correspondance parfaite entre réussite scolaire et réussite professionnelle, typique pour ce groupe. Ce fait, qui caractérise d’ailleurs aussi l’enseignement secondaire d’autres pays, implique le danger qu’une génération de professeurs forme la prochaine génération en négligeant les besoins particuliers d’élèves devant, appartenir plus tard à d’autres groupes professionnels. C’est là une question qui exigerait d’être prise en considération du point de vue de la réforme de l’enseignement secondaire dont la nécessité se fait sentir partout à notre époque.
- La seconde étude que nous devons signaler ici est basée sur-cinq cent trente-deux réponses données aux questionnaires que M. Kramm a envoyés aux anciens bacheliers de plusieurs lycées pour examiner, en vue d'une réforme de l’enseignement secondaire en Allemagne, « leur profession, leur rendement scolaire el leurs désirs concernant la réorganisation scolaire » (1).
- (4) L. c. pp. 65-124, Beruf, Schulleistung und Lehrplanwünsche ehema-üger Abiturienten. »
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- Les résultats qu’il a obtenus concordent dans une 1res large mesure avec ceux que Mlle Gentzkow a pu assurer. Les tliéolo-gues protestants, issus en majorité du presbytère, se trouvent à la marge inférieure de la couche scolaire moyenne ; seulement dans le domaine des langues ils appartiennent à la couche scolaire supérieure, el c’est donc leur intérêt philologique qui détermine les désirs qu’ils expriment pour la réorganisation de l'enseignement. Les théologues catholiques sont à classer dans la couche scolaire supérieure, immédiatement après les professeurs d’école. Les juristes, assez mauvais élèves, occupent un rang entre les pasteurs protestants et les médecins, qui les dépassent cependant dans le domaine des sciences naturelles. Le rendement scolaire des médecins vient en dernier lieu dans celle hiérarchie : comme l’auteur précédent, M. Kramm constate, lui aussi, le contraste surprenant entre la réussite scolaire nettement insuffisante et la réussite professionnelle qui s’extériorise par l’obtention de situations parfois brillantes. Les médecins ont évidemment le vif désir de voir remplacée une grande partie des leçons de langues par un enseignement accordant plus d’importance aux sciences naturelles. Par contre, les espoirs de la plupart des professeurs de lycée s’orientent dans le sens inverse : ils préfèrent l’élargissement de renseignement philologique devant se faire aux frais des heures consacrées aux sciences naturelles. Les hauts fonctionnaires, appartenant à la couche scolaire supérieure, ne se signalent pas par des prédispositions particulières bien marquées ; de même il n’est pas possible de préciser leurs désirs de réforme. 11 va de soi que les ingénieurs et tous ceux qui se sont adonnés aux sciences naturelles et qui d’ailleurs se placent dans une très bonne couche scolaire souhaitent de voir favorisées les sciences. En outre, il se font remarquer par leur manque d’intérêt poulies langues anciennes et modernes.
- La troisième étude à signaler est purement statistique et renonce à exploiter le matériel acquis du point de vue psychologique, ce qui caractérise avantageusement les deux autres travaux.
- Ayant examiné la corrélation entre réussite scolaire et réussite professionnelle chez 17.934 anciens élèves d’écoles
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- secondaires, MUe Rosenow (1) constate que le rendement dans la vie concorde remarquablement avec le rendement autrefois obtenu à l’école, et c’est ainsi qu’elle croit pouvoir réfuter la supposition très répandue que les meilleurs élèves échouent souvent dans la vie. On doit se demander, après la lecture de ce travail, qui se borne malheureusement à des vues trop globales, si ce ne sont pas justement ces grands chiffres indifférenciés qui sont les facteurs d’erreur.
- Dans le cadre de cet article nous devons naturellement nous contenter de donner un aperçu très sommaire de ces recherches dont les tables statistiques, impossibles à reproduire ici, exigeraient une consultation attentive de tous ceux qui s’intéressent à ces questions plus spécialement.
- Nous croyons, comme nous le disions déjà plus haut, que précisément l’analyse exacte des facteurs déterminant la carrière individuelle dans les professions intellectuelles est une des conditions indispensables à l’élaboration des fils conducteurs, qui permettront un jour de procéder systématiquement à une orientation intellectuelle telle que la conçoit M. Ileuyer. Les services, que peuvent rendre des recherches de cet ordre à l'établissement de méthodes pronostiques, ressortent clairement du travail de M. Thorndike et de ses collaborateurs sur lequel Mme Grunbaum a fait un exposé très instructif dans ce périodique (2).
- Cependant, il serait prudent de ne pas trop attendre de l’application d’un tel système d’orientation intellectuelle (3). Ne confondons pas le procédé systématique avec le procédé schématique. Ne faut-il pas, pour donner aux professions intellectuelles leur valeur pleine et leur vrai sens, que celui qui se sent attiré par elles « s’oriente » aussi, lui-même, vers elles avec tout le risque que cela comporte, au lieu de se faire « orienter » par d’autres ?
- (1) L. c. pp. 128-143 : « Beziehtingen zw ischen SchuHeistüngen und Lebens-leistungen ».
- (2' « Pronostics de la réussite professionnelle », Bulletin de Vf. A. O. 1\, VIIe année, n° 3-4, 1935, p. 50.
- (3) N oir à ce sujet l’élude intéressante de M. Wallhcr « L’Orientation professionnelle vers les carrières libérales et ses bases psychologiques », Revue Philosophique, 58e année, p. 78-99, Paris 1933.
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- CONGRÈS
- Le Congrès international des B. U. S.
- Un Congrès international des Bureaux universitaires de statistiques pour '( l’élude du chômage des jeunes diplômés des universités et grandes écoles » s’est tenu au Musée pédagogique du 14 au 19 décembre 1936.
- Dû à l’initiative du Comité français de l’entr’aide universitaire internationale et du Bureau universitaire de statistique de Paris, son Comité d’organisation était ainsi composé • Président d’honneur, M. Anatole de Monzie, président du Conseil' d'administration du B. U. S. ; Président, M. Gaston-Martin, agrégé de l’Université ; Membres, MM. Marcel Abraham, directeur du cabinet du ministre de l’Education nationale ; Claude Bellanger, secrétaire de la Ligue de l’enseignement ; Chataigneau, chef de section au Service des œu\res françaises à l’étranger ; L.-D. Girard, secrétaire général adjoint de 1 Entr’aidc universitaire internationale ; Gossard, président du Syndicat des professeurs des lycées ; .Jamati. sous-chef de bureau au ministère de l’Education nationale ; Lebrun, directeur-adjoint du Musée péd gogique, directeur du Centre national de documentation pédagogique ; Trésorier, M. Lacken-bacher, membre du Comité français de l’Entr’aide universitaire internationale ; Secrétaire, M. Rosier, secrétaire général du B.U.S. de Paris.
- Après un déjeuner, de réception au cours duquel M. Gaston Martin, président du Comité d’organisation du Congrès, souhaita la bienvenue aux congressistes, la séance d’inauguration des travaux eut lieu mardi, à 15 h. 30, au Musée pédagogique, en présence de MM. Yvon Dclbos. A. de Monzie, président du conseil d’administration du B.U.S. de Paris, Gaston Martin et de Mme Brunschvicg, sous-secrétaire d’Etat à l’Education nationale.
- Après des allocutions de MM A. de Monzie, Yvon Delbos et Gaston Martin, M. Jean Willems, directeur de la Fondation universitaire belge, présenta une Etude génémle sur les solutions apportées dans les divers pays au problème du chômage intellectuel. L’orateur examina d’une part les mesures préventives, c’est à-dire celles qui tendent à enrayer la surproduction des diplômés universitaires ou à réorganiser et. élargir le marché du travail et d’autre part, les mesures de secours.
- Au sujet des mesures destinées à enrayer la surproduction des diplômés universitaires, M. Willems estime que « la réduction de la population estudiantine doit être la conséquence d’une sélection
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- plus sévère : réforme des programmes des études secondaires, tendant à restituer à ces éludes le caractère de culture générale qui est de leur essence ; confirmation de la notion que ces études ont une valeur en soi et ne constituent pas uniquement une préparation aux études universitaires ; orientation professionnelle suggérée dans toutes les conférences d’experts sur le surpeuplement des universités et réalisée dans un certain nombre de pays, tels l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, les Etats-Unis, la France, la Hongrie, les Pays-Bas, la Roumanie, la Suisse et la Tchécoslovaquie ; orientation professionnelle permettant de diriger les jeunes gens vers les branches de l’activité sociale qui répondent le mieux à leurs aptitudes ou se trouvent être le moins encombrées, ne laissant plus le choix des professions au hasard, mais conditionant ce choix par l’examen des qualités intellectuelles, morales et physiques des candidats ; examen de sortie de l’enseignement secondaire permettant de juger non seulement le savoir du candidat, mais surtout ses aptitudes intellectuelles et le degré de formation de son esprit ; examen d’admission aux écoles supérieures si l’examen de fin d’études secondaires s’avère insuffisant comme moyen de sélection. »
- M. Lackenbaciier, membre du Comité français de l’Entr’aide universitaire internationale, intervint pour souligner que « le diplôme n’est, pas un droit à une situation, mais une preuve de culture ». Prirent ensuite la parole M. Alain Baron, secrétaire général de l’U. N. des A. G. cl’étudians de France et MM. les recteurs Tailiart, de Montpellier, et Davy, de Rennes.
- Le soir, les congressistes partirent en cars pour l’école de plein air de Suresnes qu ils visitèrent, et où un dîner leur fut offert. Des allocutions furent prononcées par MM. Gaston Martin ; Henri Sellier, ministre de la Santé publique, qui montra que l’œuvre accomplie depuis plus d’un an à Suresnes pouvait être un exemple pour l’étranger ; Jean Perrin, sous-secrétaire d’Etat aux Recherches scientifiques, et Mme Brunschwicg.
- Le mercredi 16, à 10 heures, les congressistes parcoururent la Sorbonne sous la conduite de M. Maurain, doyen de la Faculté des sciences.
- A 14 h. 30, au Musée pédagogique, M. Gaston Martin parla de Vœuvre des B.U.S. en Belgique, en France et en Hollande. « Partout où le service de statistique fonctionne, dit notamment M. Gaston Martin, il permet enfin de soumettre à l’épreuve du réel les grands problèmes toujours pendants de la répartition des étudiants entre les activités professionnelles, pour empêcher trop de jeunesse de piétiner devant des portes closes ; de donner sur la valeur
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- de divers remèdes de circonstance (suppression des cumuls, camps de travail, nurncrus clausus) leur importance précise et mathématiquement exprimée. »
- Après cette conférence, les congressistes se rendirent au minis 1ère des Affaires étrangères, où une réception était organisée en leur honneur. Ils furent accueillis par M. Yvon Delbos, ministre des Affaires étrangères, et par M. Marx, directeur des Œuvres françaises à l’étranger.
- Le jeudi 17 décembre, à 10 heures. M. Lebrun lit, sous la présidence de M. Max Schneebeli, secrétaire général de FE.U.l., une conférence sur les Bureaux universitaires de statistique et Centres nationaux de documentation pédagogique. Il souligna que ces centres avaient été constitués dans un grand nombre de pays à l'image du centre de Paris. Cette conférence fut suivie de la projection de films pédagogiques.
- La séance de l’après-midi fut présidée par M. Piasecki, ancien ministre de l’Instruction publique de Pologne. M. Henri Bonnet, directeur de LInstitut international de coopération intellectuelle, lut un rapport sur VOrganisation d’un Bureau universitaire international de statistique. Après des interventions de MM. Mauretle directeur adjoint du Bureau international du travail, Gossard, Davy (recteur de Rennes), Taillait (recteur de Montpellier), Winkler (de Vienne), et Claude Bellanger, les vœux suivants, pré sentés par M. Jean Willem s, furent adoptés :
- « La Conférence,
- « 1° Considérant l’intérêt qui s’attache, afin d’éviter toute équivoque ou tout chevauchement d’activité, à établir un régime de compétence dans la lutte contre le chômage intellectuel, est d’avis qu’il s’impose, sans chercher à définir à nouveau la notion « intellectuel chômeur », de classer les intellectuels sans travail en deux catégories : a) les diplômés d’un établissement d'enseignement supérieur (Universités et grandes écoles;) ; b) les intellectuels non munis d’un diplôme d’enseignement supérieur. Cette distinction étant acquise, la conférence estime que la lutte contre le chômage des intellectuels est, en ce qui concerne les diplômés des Universités et grandes écoles, de la compétence des B.U.S. et, en ce qui concerne tous les autres travailleurs intellectuels, de la compétence des groupements de travailleurs intellectuels, à la Confédération des travailleurs intellectuels, ainsi que des offices publics de placement ;
- « 2° Reconnaissant 1 importance du rôle conféré dès lors aux Bureaux et Offices précités, se réjouit de l’existence, dans un cer-
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- tain nombre de pays, de pareils organismes, attire sur eux Inattention la plus bienveillante des Pouvoirs publies et souhaite que les pays qui n’ont pas, jusqu’ici, créé des services analogues entrent sans tarder dans la voie préconisée par la conférence, celle-ci lient à fournir, dans un document annexe, quelques recommanda-tios ainsi que des renseignements très précis, fruit de l’expérience déjà acquise, à l'égard de l'organisation des B.U.S.
- « Questionnaire sur les Bureaux universitaires de statistique. — Création ; Organisation ; Fonctionnement. — Champ d'activité : a) Etat actuel ; b) Projets ; c) Travaux publiés. — Nombre de personnes employées au B.U.S. : «) diplômées ; b) autres ; c) personnel féminin. — Budget du dernier exercice : a) Ressources (origine) ; b) Dépenses (répartition!).
- « 3° Confirmant le bien-fondé de la résolution dûment motivée et reprise en annexe, votée par la Confédération internationale de coopération intellectuelle au cours de sa séance du 17 juillet I93G et approuvée depuis par le Conseil et 1 Assemblée de la S.D.N., se réjouit d’être appelée à collaborer à la création auprès de Fins titut international de coopération intellectuelle d’un Office chargé de coordonner F,activité des bureaux universitaires de statistique ou tout autre organisme remplissant des fonctions analogues, en collaboration avec le B.I.T. Ta conférence est d’avis que pareil bureau devrait être géré par une commission où seraient représentés, par un délégué, tous les pays dans lesquels fonctionne un bureau de statistique universitaire, ou tout autre organisme analogue, la commission désignant parmi ses membres un comité directeur restreint. »
- Le vendredi 18, la séance du matin, présidée par M. Raeff, inspecteur général de l’Instruction publique de Bulgarie, fut consacrée au rapport de M. Castrili.i, professeur à l’Université de Bari et membre de 1T.I.C.L, sur La coordination des statistiques universitaires internationales. Le vœu suivant fut adopté :
- « La Conférence tient à souligner l'importance des statistiques scolaires et universitaires (effectifs, diplômes), ainsi que des statistiques des professions administratives, libérales et techniques, base indispensable d’une étude complète et précise des problèmes du chômage des intellectuels et de l’orientation professionnelle.
- « Elle recommande aux B.U.S. ainsi qu’aux institutions analogues, d’inscrire à l’ordre du jour de leurs travaux, la connaissance approfondie de tous ces éléments statistiques.
- « Elle charge tout spécialement le Comité d’experts institué auprès de l’LLC.I., de commencer son action par Rétablissement
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- de formules-type de statistique en essayant de les coordonner et de les aligner sur un plan rationnel.
- « En ce qui concerne les statistiques scolaires, la Conférence estime que les B.U.S. ou autres institutions analogues, devront adopter comme base de leurs travaux le plan proposé par lVI. Cas-trilli, lors de lu réunion des directeurs de l’Enseignement supérieur des divers pays, et le réaliser suivant les possibilités existant dans le cadre national.
- « En ce qui concerne les statistiques professionnelles, La Conférence attire l’attention du Comité des experts sur l’initiative prise par l’Office central hongrois de statistique, lequel a procédé à un recensement général de La population, spécifiant le nombre des diplômés de l’Enseignement secondaire ou supérieur, en vue de permettre une étude approfondie du marché des emplois intellectuels, et dont les résultats seront publiés prochainement.
- « Les B. U. S., ou organismes analogues, pourront entreprendre eux-mêmes des travaux ou assurer la coordination des données fournies par toutes les institutions existant dans ce pays.
- « Enfin, la Conférence souligne l’intérêt des statistiques précisant la répartition géographique. des titulaires intellectuels dans chaque profession. »
- I^a séance de l’après-midi eut lieu sous la présidence de M. Do-brovitz, conseiller ministériel du royaume de Hongrie, et en présence de MM. Jules Julien, sous-secrétaire d’Etat à l’Education nationale ; H. Luc, directeur général de l'Enseignement technique ; Grunebaum-Ballin, conseiller d’Etat, cl Mantoux, directeur de l’Institut des hautes études internationales. M. Wallon, professeur à la Faculté des lettres de Paris, fit une conférence sur 1’ « Orientation professionnelle dans les enseignements supérieur et secondaire ».
- Cette conférence, particulièrement intéressante, fut suivie d’une discussion très animée, à laquelle participèrent en particulier le Dr Wolfrom, le Dr Sicnrd, M. Taillait, M. Piéron, M. Gaston-Martin, et d’où se dégagea la légitimité et le rôle bienfaisant de l’orientation, malgré les objections de certains parents d’élèves timorés que la Fédération des parents ne fait nullement siennes. A l'issue des débats, les vœux suivants furent adoptés :
- 1° « La Conférence enregistre avec la plus vive satisfaction les enseignements apportés par la conférence de M. Wallon, ainsi que par les suggestions contenues dans les diverses interventions qui lui ont fait suite. Elle demande que les modalités de l’expérience de l’orientation professionnelle dans les enseignements secondaire
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- cl supérieur tentés par le B.U.S. de Paris soient communiqués au comité d’experts constitués auprès de l’I.I.C.L »
- 2° « La Conférence affirmant La nécessité de ne pas restreindre la culture, telle qu’elle résultait de La motion qui avait conclu les débats de La conférence de Belgrade, rappelant comme essentielle la préoccupation du niveau intellectuel des étudiants, estime cependant qu’en tenant compte de l’état du marché de remploi intellectuel, surtout dans les enseignements spécialisés qui conduisent à certaines professions techniques, il y a lieu de procéder à une sélection qualitative des étudiants. »
- 3° « La Conférence invite, en outre, les pouvois publics : a) à engager une action efficace en vue d’assurer la protection des titres et diplômes universitaires ; b) à engager, de môme, une action contre les empiriques et les illégaux ; c) à réserver la publicité la plus large à tous les avis visant le recrutement des fonctionnaires dont on exige des diplômes universitaires. »
- Après que AI. Gaston-Martin eut prononcé la clôture des travaux et exprimé sa joie qu’à la demande même des délégués étrangers le français ait été la seule langue employée au cours des travaux, un vœu de AL Claude Bcllanger remerciant organisateurs et organisations participantes fut voté par applaudissements.
- Le Congrès se termina par une réception chez AL G.-AIartin et un banquet de clôture, le samedi, à la Maison internationale de la Cité nuniversitaire, où divers discours furent prononcés, en particulier par AL de Alonzie et par le ministre Jean Zay.
- NOTES ET DOCUMENTS
- L’Orientation professionnelle en Suisse
- L’Office fédéral de l’industrie du travail vient de publier quelques résultats obtenus par les divers Offices d'O. P. de la Suisse agréés par l’Etat.
- 28.787 cas furent examinés en 1035, contre 28.972 l’année précédente, soit 57,5 % concernant les garçons et 42,5 '% les filles.
- Voici, exprimés en °/0, les désirs professionnels des enfants :
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- GROUPES PROFESSIONNELS GARÇONS FILLES
- 1935 1934 1935 1934
- Artisanat et industrie 66 69,5 26,6 27,4
- Commerce, transports, administration 9 9 2 15,9 13,3
- Agriculture, forêts, pêches, jardinage 6.3 4,3 1,3 1,3
- Professions ménagères )) » 28,4 39,8
- Professions diverses 3,3 3,2 6,5 11,2
- Vœux non exprimés 15,4 11,8 21,1 7
- •100 100 100 100
- 14.183 enfants désirèrent exercer un métier industriel ou d’artisanat ; ces désirs s’expriment connue suit en "/„ :
- MÉTIERS OU PROFESSIONS GARÇONS FILLES
- Alimentation 10,4 3,9
- Vêtement 8,4 73,9
- Cuirs et Peaux 3,7 0,8
- Bâtiment 17 0,8
- Travail du bois et du verre 11,4 —
- Industries textiles 0,8 3,3
- Arts graphiques 5,4 1,2
- Papier 0,7 0,4
- Industries chimiques 0,9 • 0,7
- Industries mécaniques et électriques 34,4 —
- Horlogerie et bijouterie 0,6 0,1
- Hôtellerie 3,6 9,9
- Divers 2,7 5
- En ce qui concerne la formation scolaire des personnes ayant sollicité un conseil d’orientation, le rapport fait remarquer que, parmi les garçons, 54,9 °/o sont élèves d’écoles primaires ; 41,6 °/„ d’écoles moyennes et 3,5 °/« d’écoles supérieures — les chiffres respectifs pour les filles : 55,4 °/0, 38,5 °/0 et 6,1 "/„.
- Etant donné que la majorité des offices d’O. P. suisses s’occupent de placement en apprentissage, le rapport fait ressortir que 11.821 places d’apprentissage ont été déclarées vacantes en 1935, que 16.820 candidats se sont présentés et qu’il a pu être procédé h 9.336 placements. j Fontègne.
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- Enquêtes de contrôle sur la valeur de l’O. P.
- Il n’est pas sans intérêt pour l’Office d’O. P. de connaître la suite donnée au conseil reçu au moment de l’examen du sujet. Mais la difficulté de ce contrôle est assez grande si l’on en juge par le compte rendu d’une enquête faite dans ce sens par l’Institut national de psychologie industrielle de Londres (A Follow-up of voca-tionnally Advised Cases. The Ilüman Tactor, vol. XI, n° I, Ja-nuary 1937, p. 1C-2G).
- Sur 1.310 enfants examinés dans la période 1927-1931 (filles et garçons de 15 à 18 ans) 803 répondirent au questionnaire qui leur fut adressé, concernant leur réussite dans le travail actuel. 639 de ces réponses seulement furent utilisables, les autres étant insuffisantes ou sans intérêt (changements nombreux, entrée en apprentissage trop récente, etc...).
- Suivant la direction adoptée et la plus ou moins bonne réussite, les cas examinés furent répartis en quelques groupes. Une telle discrimination était délicate, car tous les degrés sont représentés entre le succès évident et l’échec complet ; et, d’autre part, à côté du métier jugé particulièrement souhaitable, divers travaux plus ou moins éloignés de la ligne idéale pouvaient être acceptés comme satisfaisants. Pour établir un classement simple on groupe dans «travaux pouvant convenir» celui qui avait été conseillé et les diverses branches auxquelles on n’avait pas fait allusion, mais pour lesquels aucune contradiction n’était signalée. Et on accepte dans les « succès » tous les cas où la réussite était évidente et la moitié des cas où il pouvait y avoir doute. De même les « échecs » comportèrent la moitié des cas douteux et tous ceux où le sujet n’a pas donné satisfaction.
- Pour le groupe des étudiants (176 sujets), on trouve de cette façon que 124 individus ayant adopté un travail jugé convenable par le conseiller d’O. P. avaient donné : 107 réussites pour 17 insuccès.
- Les 52 étudiants qui ont pris une direction jugée inadmissible au mornen de l’examen d’O. P. ont donné satisfaction dans 41 cas et échoué dans 11 cas, soit, dans les cas conformes au conseil de l’Office, une réussite de 86 °/o et un échec de 14 °/o des cas et une réussite de 79 °/„ et un échec de 21 °/0 des cas dans l’autre groupe.
- La différence est plus importante lorsqu’il s’agit d’individus ayant commencé un métier. L’analyse de cas individuels indique une meilleure stabilité des intérêts.
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- Pour 463 sujets, 92 °/„ de ceux qui ont suivi une voie considérée comme convenable ont réussi et 8 °/„ d’entre eux ont échoué. Parmi ceux qui ont pris une direction jugée impropre, 57 % sont satisfaits et les échecs atteignent 43 % des cas.
- Si, d’autre part, on envisage le fait d’avoir tenu compte ou non du conseil reçu, on trouve que dans 79 °/0 des cas la prédiction s’est révélée exacte.
- Une enquête de même ordre fui réalisée en Ecosse par un service d’O. P. dépendant de l’Institut national de psychologie industrielle (A First Follow-up af Scotlish vocationnally Advised Cases, The Iluman Factor, n° 1 1937, p. 27-32).
- Cet office, qui travaille en relation étroite avec le corps enseignant, cherche à maintenir un contact fréquent avec les élèves, les familiarisant peu à peu avec la méthode des tests et. les amenant à demander spontanément l’avis du conseiller d’O. P. lors de l’entrée en apprentissage. Le nombre des candidats examinés annuellement est de 30 environ et l’enquêlc a porté sur 78 sujets ; pour différentes raisons, 53 réponses seulement ont pu être retenues.
- Elles ont révélé : l’adoption du métier spécialement recommandé dans 35 cas ; l'adoption d’un métier jugé convenable, à défaut de celui qui était préconisé particulièrement dans 6 cas et le choix d’un métier déconseillé dans 12 cas.
- Dans la première catégorie, on relève 33 succès et 2 échecs ; dans la 2e catégorie, on trouve 6 succès et, parmi les élèves qui ont suivi une voie contre-indiquée, 3 succès pour 9 échecs.
- Ces chiffres, bien que peu élevés, sont éloquents et précisent l’intérêt d’une telle méthode de travail.
- J. M.
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- Le métier d’égoutier
- Nous extrayons d'une étude de M. R. Dupont, parue dans le Travail Humain (1) les quelques renseignements qui suivent :
- L’égoutier est l’ouvrier qui procède au curage et à l’entretien des canalisations de dimensions variables, servant à l’évacuation des eaux usées de toutes natures loin des habitations. Il effectue son travail à l’aide de différents outils, de machines plus ou moins grandes dont l’emploi est justifié par les dimensions de l’égout et le régime des eaux. Nous ne nous occuperons ici que du travail exécuté dans les canalisations de dimensions suffisantes pour qu’un
- (1) Le Travail humain, 4® année, n° 4, décembre 1936, p. 412-418.
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- homme puisse y pénétrer, c’est-à-dire dans les égouts du type visitable.
- Is’ouvrier travaille dans un air saturé d’humidité, respire des gaz plus ou moins toxiques qui proviennent, soit des réactions chimiques des eaux résiduaires entre elles, soit des fermentations ou des transformations des matières organiques en suspension ou en dissolution dans les eaux rejetées dans les égouts.
- Parmi ces gaz, il faut citer : gaz carbonique, le méthane, l’hydrogène sulfuré, l’hydrogène phosphoré, l’hydrogène arsénié le chlore, des composés chlorés, à propriété lacrymogènes ou vési-cantes ou anesthésiques, des bases pyridiques, à propriétés éméti-santes ; les vapeurs de benzine et d’essence, des carbures d’hydrogène divers inflammables, du sulfure de carbone, l’anhydride sulfureux, des vapeurs ammoniacales ; tous ces produits ne se trouvent pas simultanément dans l’égout et dépendent de la nature des déversements.
- L’ouvrier manipule des matières extrêmement polluées au point de vue bactériologique ; il faut citer parmi les agents de contamination les plus dangereux existant dans les eaux et dans les boues, le bacille de Koch, le colibacille, le vibrion septique, le bacille de Nicolaïer, les différents streptocoques, le spirochète istéro-hémorragique, des œufs de parasites intestinaux ou des amibes, l’anguille stercoralis, etc...
- La température des lieux de travail oscille entre 5 et 28 degrés, suivant la nature des déversements d’origine industrielle, le volume des eaux qui circulent dans la canalisation et l’importance de la ventilation.
- I. — Étude des aptitudes physiques nécessaires pour faire un ouvrier égoutier.
- L’ouvrier doit être un homme dont le développement est achevé ; en principe, on ne saurait exercer, sans risques graves, le métier d’égoutier avant 25 ans d’àge.
- La taille doit être moyenne de préférence ; trop petit, l’ouvrier ne pourrait effectuer son travail dans les canalisations où la hauteur d’eau atteint facilement 70 cm. ; trop grand, il serait gêné pour pénétrer dans des égouts de dimensions relativement réduites.
- La force musculaire doit être d’une bonne moyenne. L’ouvrier, en effet, doit soulever, à l’aide d’un crochet, les tampons fermant l’ouverture des cheminées de visite des égouts. Certains de ces tampons sont relativemnt lourds et ne possèdent qu’une ouverture centrale.
- L’ouvrier doit avoir une certaine force dans les jambes, pour marcher avec des bottes d’un poids relativement élevé et pour
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- remonter le corn ant assez rapide des eaux dans les canalisations principales. L’égoutier doit guider avec ses jambes le timon des grandes machines de curage et résister à la pression continuelle du courant.
- La résistance générale à la fatigue doit être bonne ; le travail de curage, en effet, demande un effort physique prolongé pendant toute la durée de l’opération.
- Vis-à-vis des organes sensoriels, l’ouvrier doit avoir une bonne ouïe.
- L’ouvrier doit posséder un odorat suffisamment sensible pour pouvoir reconnaître, à leur odeur, certains gaz toxiques ou inflammables.
- La vue doit être bonne. Le port de lunettes peut présenter des difficultés dans certains cas ; par exemple celui où le port du masque antigàz avec loup est nécessaire.
- Le milieu du travail étant particulièrement humide, l’air étant très souvent, pollué par des gaz toxiques, agissant sur les voies respiratoires ou sur le fonctionnement du cœur, l’ouvrier doit présenter une résistance particulièrement bonne aux maladies pulmonaires et cardiaques.
- 11 faut ajouter toutes les maladies dont les soins sont incompatibles avec lu milieu dans lequel travaille l’ouvrier : les rhumatismes, les varices, l’éthylisme, les maladies nerveuses pouvant entraîner des pertes de connaissance ou des chutes, certaines affections de la peau interdisent le contact de l’eau.
- II. — Étude des aptitudes morales nécessaires pour faire un ouvrier égoutier.
- L’ouvrier doit aimer l’hygiène corporelle.
- 11 doit avoir une v ie privée organisée de façon à ne pas aggraver davantage les conditions de santé déjà très dures exigées par l’exercice de la profession. Les excès de toute nature entraînant la débilité prématurée physique et mentale, les veillés tardives et fréquentes, l'intempérance, devront être soigneusement évitées. L’ouvrier devra, en dehors de son travail, habiter un logement salubre, aéré ; il devra vivre le plus possible au grand air, mais dans des endroits secs ; la pratique de la pêche, la chasse au gibiei d’eau par des temps pluvieux, froids, dans la brume, sont à déconseiller complètement. Par contre, l’entretien d’un jardin, exposé dans un emplacement ensoleillé, sera un passe-temps utile et agréable pour l’ouvrier pendant ses moments de loisirs.
- Quant aux aptitudes psychologiques, elles ont peu d’importance r tout ce que l’on peut en dire, c’est que les qualités d’un bon ma
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- nœuvre doivent se retrouver chez l’ouvrier égoutier : probité, attention moyenne, volonté, ordre, patience, sang-froid et maîtrise de soi sont désirables chez tous les individus, quelle que soit leur fonction.
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- La formation universitaire influe-t elle sur les résultats des tests d’intelligence ?
- Les étudiants du Collège Oberlin aux Etats-Unis, examinés à l’entrée en 1930 avec la batterie régulière de lests, furent réexaminés trois ans après avec des formes équivalentes de ces tests, au nombre de cinq (arithmétique, vocabulaire, synonymes-antonymes, analogies verbales, séries numériques, compréhension de lecture).
- . Sur ces 403 sujets (dont 227 femmes) d’un examen à l’autre il y a un gain moyen de 11 centilcs ; mais les tests apparurent comme trop faciles (1).
- Ce qui fut spécialement examiné par Ilartson, ce fut la répartition pour les cinq catégories de tests des changements de réussite pour les groupes d’étudiants présentant une supériorité dans un ordre déterminé d’études universitaires. Les gains moyens, de G, 8 à 19,1 centiles, ont été obtenus en ordre croissant par les meilleurs étudiants en : Histoire, science économique, anglais, sciences politiques, sciences physiques, mathématiques, langues étrangères, musique et arts, biologie, philosophie, sociologie. Pour les tests d’arihmétique il y eut perte et non gain, sauf chez les forts en sciences politiques, sciences physiques, mathématiques, biolo-logie et philosophie ; pour les séries numériques, gain maximum chez les biologistes, les sociologues, les philosophes et les mathématiciens ; pour les tests d’analogies verbales, l’ordre des gains croissants est le suivant pour les matières en lesquelles se montrait le plus grand succès : mathématiques, sciences politiques, histoire, anglais, langues étrangères, sciences économiques, musique et tests, sciences physiques, biologie, philosophie, sociologie ; et, pour les tests de synonymes-antonymes, essentiellement verbaux, l’ordre fut : anglais, philosophie, mathématiques, sciences physiques, langues étrangères, sciences politiques, biologie, musique et arts, sociologie.
- Ces données n’indiquent donc rien de bien net. Et le seul fait à retenir, à savoir la diminution de réussite dans les tests d’arithmé-
- (1) L. D. Hartson, Does college training influence lest intelligence ? Journal o/ educalional Psychology, XVII, 7, 1936, p. 481-491.
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- tique chez les etudiants réussissant le mieux dans les descriptions littéraires (économique, historique, linguistique, artistique et socio-logique) à l’exclusion de la philosophie, est seulement de nature à montrer la nature trop proprement scolaire de ces tests dits d’intelligence, ce même fait ne sé rencontrant plus pour les épreuves de séries numériques. H. P.
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- Les Métiers du bâtiment
- Dans une très intéressante monographie MM. H. Luc et J. Fon-tègne (1) nous font connaître un important groupe de métiers, ils insistent d’abord sur le fait que ces métiers sains et correspondant à l’instinct de construire et de détruire de l’enfant sont cependant trop délaissés.
- D’une enquête récente faite dans sept communes de l'a Seine et qui a porté sur 1.022 enfants devant quitter l’école, il résulte que cinq veulent devenir couvreur-plombier, deux serruriers, un cnar~ pentier, dix peintres en bâtiment, un marbrier, deux maçons soit à peine 2 °/0 qui désirent exercer un métier du bâtiment alors que ce groupe représente environ 6 °/0 de la population active comme le montre le graphique 1.
- Ce groupe de métiers qui se ramifie en six sous-groupes comprenant dix-sept métiers très différents les uns des autres réclame aussi, pour être bien exercé, des qualités spéciales à chaque métier.
- Le graphique 2 montre d’une façon claire les différentes techniques de ces groupes.
- Si nous les passons en revue nous voyons que pour les maçons il suffît d’une taille moyenne, d’une bonne instruction primaire et de goût pour le dessin ; pour le métier de tailleur de pierre il faut au contraire une musculature puissante, de bons poumons et une très bonne instruction primaire avec de bonnes connaissances en dessin, calcul et géométrie joints à un coup d’œil précis et à un certain développement du sens artistique. Pour le métier de charpentier, métier terminant la série des métiers du gros œuvre, il faut une taille au moins moyenne, une constitution robuste, une bonne vue, une bonne ouïe et des voies respiratoires saines.
- Une bonne instruction primaire y est encore nécessaire avec
- (1) H. Luc et J. Fontègne : Les Métiers du Bâtiment (Monographies professionnelles). — In-8° cle 60 pages. Paris, 1936, Edifions de l’Association française pour le développement de l’Enseignement technique (Cahiers du préapprentissage, 42). Prix : 10 francs.
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- sui'loul de bonnes dispositions pour le calcul, la géométrie el le dessin.
- Pour les trois métiers qui forment le groupe des métiers de couverture et de protection : couvreur, plombier, zingueur, il faut _être assez robuste et posséder une bonne instruction primaire. Pour le métier de couvreur il faut en outre une attention soutenue, du sang-froid, une bonne mémoire surtout pour les formes et beaucoup cl initiative pour résoudre les difficultés imprévues. Le serrurier doit être doué pour le dessin géométrique et le dessin d’ornement.
- Le menuisier doit distinguer facilement les couleurs et travailler facilement des deux mains. Il doit distinguer au toucher de faibles différences de rugueux ou d’épaisseurs ; pouvpir facilement sans mesurer comparer différentes formes et longueurs et se représenter facilement des formes évoluant dans l’espace, il doit avoir aussi le sens de la perspective et savoir utiliser économiquement la matière.
- Le troisième groupe représente les métiers de l’hygiène et du confort (monteur en chauffage, fumiste, plombier, électricien), métiers qui demandent tous de la robustesse, de l’attention, de la réflexion et du soin.
- Mais pour le métier de fumiste, une très bonne instruction est nécessaire avec surtout des notions scientifiques, alors qu’une bonne instruction est seulement nécessaire aux autre corps de métiers.
- Pour tous un coup d’œil précis et- des dispositions pour le dessin.
- Pour les métiers qui s’occupent de l’ornementation et de la décoration (carreleurs, marbriers, peintres), une bonne constitution est nécessaire principalement pour le marbrier pour qui une cons-litution forte est indispensable. Une bonne instruction primaire est suffisante avec surtout du goût pour le dessin.
- Pour tous une bonne vue exempte surtout de daltonisme est indispensable, bonne vue jointe à une grande finesse.de coup d’œil et à une bonne mémoire visuelle.
- Pour le peintre on doit ajouter le sens de la perspective et la souplesse des doigts ; pour le marbrier la possibilité de travailler habilement des deux mains et pour le carreleur le goût de l’ordre et de la propreté.
- Pour chacun des métiers cette intéressante monographie indique l’historique du métier, son objet, les conditions dans lesquelles il s’exerce, les avantages et inconvénients de la profession, comment on en fait l’apprentissage et quel avenir il peut réserver.
- M. H. P.
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- CHRONIQUE DOCIMOLOGIQUE
- L’Examen des examens
- C’est là le litre (le la publication de Sir Philip IIartog et E. C. Rhodes, pour le compte rendu de leurs expériences de contrôle docimologique, entreprises ù l’instigation de la Commission anglaise de Y International Imlitute Examinations Enquinj, ou enquête Carnegie (T).
- Cette Commission anglaise comprend comme président Sir Michael Sadler, vice-chancelier de l’Université de Leeds, comme directeur Sir Hartog, ancien vice-chancelier de 1 Université de Dacoa, comme membres, Ballard, Delisle Burns, les professeurs d’éducation Hamley, Sir Percy Nunn et F. Clarke, de Londres, G. H. Thomson, d’Edimbourg, et les professeurs de psychologie Cyril Burt et Spearman, auquel a été adjoint le statisticien Rhodes, de T Université de Londres.
- Les expériences de contrôle sur les notations par des examinateurs qualifiés ont porté sur cinq catégories d’examens écrits et un examen oral. En attendant la publication complète 'des résultats, un résumé général a été fourni dans cet opuscule, montrant, sans les mettre trop en évidence, des divergences du même ordre de grandeur que celles qu'a révélées l’enquête française sur le baccalauréat.
- Et ces résultats ont attiré l’attention du public anglais ; .a première édition fut épuisée en quelques mois. Parmi les faits inquiétants signalés, l’un de ceux qui parurent le plus frappants fut la divergence des résultats chez 14 examinateurs qui corrigèrent les mêmes copies une seconde fois après un intervalle de 12 à 19 mois ; les mêmes examinateurs dans 92 cas sur 210 n’aboutissaient pas au même verdict d admission ou de refus !
- Aussi, un peu partout la docimologie est-elle à F honneur et Je mot se rencontre dans les quotidiens.
- Ed. Claparède lui a consacré une de ces intéressantes causeries psychologiques du Journal de Genève (22 février 1937).
- « Le mot, dit-il, ne figure pas encore dans le dictionnaire de l'Académie. Cependant il nous vient de Paris et désigne une scienc fort importante, celle qui a pour objet l'appréciation des examens scolaires. » Et, après avoir exposé quelques données lirées du
- (1) An Examination o[ Examinutions, in-8° de 81 pages, 2° édition, 3e impression. Londres, Macmillan, 193G.
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- travail sur le baccalauréat de Laugier et Mlle Weinberg pour l’en quête de la Dotation Carnegie, il conclut : «On ne saurait continuer à utiliser, pour mesurer la valeur d’un candidat, un mètre en caoutchouc dont la longueur change avec la main qui l’emploie Il ne faut pas que le sort d'un examen et c’est souvent le sort de toute une vie — soit à la merci d’un correcteur qui affecte une manière fantaisiste de coter — ou qui peut-être, tout simplement, a mal déjeuné. »
- M. Profit, 1 inspecteur primaire honoraire, fondateur des coooé-ratives scolaires, dans sa revue L’Ecole Coopérative (janvier 1937, p. 656) consacre de son côté une chronique au problème de la sélection et à la docimologie.
- « La question de l’école unique, fait-il remarquer, a enfin posé le problème d’une meilleure sélection des élèves. Et, subitement, ce problème a pris une importance considérable du fait de l’encombrement des carrières et du chômage intellectuel... Jusqu’à présent les examens étaient conçus d’une façon tout empirique ; ils devront être scientifiquement étudiés en vue de leurs fins particu Hères. Il ne s’agit plus d’une équité d’ailleurs relative, et la question, d individuelle qu’elle était, a pris une importance sociale cm premier ordre : il s'agit de révéler les véritables élites et de préparer, de la meilleure façon, les cadres de la vie nationale. »
- Après avoir cité quelques-uns des résultats des recherches déjà poursuivies, il conclut : « Chacun peut se rendre compte, par les expériences déjà faites, de l'intérêt considérable des vues qu’elles ouvrent sur la science nouvelle baptisée docimologie (science de l'examen) par M. Henri Piéron. Seule cette science et un peu de réflexion doivent nous fournir les moyens d’assurer à la fois le contrôle des études et les sélections successives qui s’imposent pour établir, au mieux des intérêts de la nation, tous les cadres sociaux. »
- Enfin il n’est pas sans se manifester une influence déjà nette dans les milieux officiels des préoccupations docimologiques.
- Les quelques extraits suivants de l’intéressante circulaire du ministre Jean Zay sur le baccalauréat en donnent la preuve :
- « Le baccalauréat n’est pas le but des études secondaires, il eu est seulement la vérification. Le diplôme doit attester, non pob1 que le candidat connaît toutes les parties du programme, mais qu’il est capable, même sur une question qu’il n’a pas directeme it étudiée, de faire preuve d’intelligence et de méthode.
- « Le choix des sujets des épreuves écrites d’une part, la manière d’apprécier les travaux et les réponses des candidats, d’autre part, doivent être orientés dans ce sens.
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- « 1° C'est au doyen des facultés des sciences et des lettres que le règlement confie la mission de faire le choix des textes de composition. Beaucoup d’entre eux font appel à la collaboration des inspecteurs généraux et des professeurs de l’enseignement secondaire.
- « C’est là une méthode qui doit devenir générale.
- « 3° De même devra être généralisée la pratique de réunions d’entente entre examinateurs d’une même série d’épreuves écrites. Il importe, en effet, qu’après étude des sujets proposés, un accord établisse entre les correcteurs une échelle de notes communes à tous.
- « 3° En ce qui concerne les épreuves orales, je vous pris de prescrire aux chefs d’établissements de faire mentionner sur le livret scolaire les œuvres ou les textes qui ont été étudiés pendant les deux dernières années. Ils avertiront aussi les élèves qu’ils pourront présenter aux examinateurs leurs cahiers de manipulations. Ainsi l’examinateur, tout en gardant la libre initiative qui lui est indispensable, pourra orienter son travail de prospection et de vérification dans l’esprit même de l’enseignement reçu par le candidat. »
- Il y a là des observations justes et de judicieux conseils.
- Mais nous sommes encore loin des solutions rationnelles qui s’imposent. Tant pour le certificat d’études rendu obligatoire avant l’accès au second degré que pour le baccalauréat exigé de tous ceux — instituteurs compris — qui auront charge d’enseigner ou voudront accéder aux Universités, il est nécessaire de différencier le contrôle de La formation indispensable, qui doit être l'œuvre des études du premier degré ou du second degré, et 1 épreuve des aptitudes rendant propre à recevoir utilement une formation ultérieure, d’une nature ou d’une autre.
- Ou’on limite ces examens à leur rôle légitime de contrôle scolaire, mais qu’on fasse intervenir, en se donnant la peine de les étudier, des épreuves d’aptitude convenables. II. P.
- A travers les Revues
- Le British Journal oj Educational Psychology de février 1937 (VII, I) donne la première partie d’une intéressante élude de P. C. VnnNON relative aux normes cl à la validité de certains tests mentaux dans une clinique d’orientation, consacrée aux tests
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- Stanford-Binet, à des tests de performance, et à deux tests particuliers (jument et poulain, le bateau).
- AI. Moissoxmer, inspecteur de l’enseignement primaire à Besançon, a donné au Manuel général de /’instruction primaire une note relative à la semaine de l'LN.O.P. de décembre dernier.
- La Formation professionnelle a consacré un numéro spécial (avril 1937) à la question de l’enseignement technique dans la réforme de l’enseignement, avec une bibliographie, des mises au point de M. Jean Luc défendant l’autonomie du technique, et des documents rétrospectifs (discours ou extraits de discours de MAL C uminai., Dron, IIkrriot, Julien), ainsi que des lettres et notes de MM. Dubois, Boumajon, Devinât.
- La conférence donnée à la Société de biotypologie, le 10 novembre dernier, par le professeur Spearman sur la personnalité volontaire (avec une analyse conduisant à la mise en évidence d’un facteur commun de maîtrise de soi, le facteur W, et d’un autre facteur, de persévération ou inertie mentale, le facteur P) a été publiée par la Biotgpologie (tome IV, 4, p. 153-159).
- Le n° 2 du Jurnal de Psihotehnica (mars-avril 1937) contient deux articles (en roumain) sur l’orientation professionnelle, de Km. AL Brandza (le diagnostic pédagogique), et de I. AL Nestor (l’O. P. des mineurs délinquants), un article de statistique sur la corrélation, de D. Muster, cl un sur la sélection professionnelle, d’Eugenia Constantinescu .
- Trois des cinq cahiers du Centre national d éducation (2, 3, 5; consacrés à Y Initiation de la méthode lJecrolg, ont été écrits par Al1Ie A. Claret et Lucie Fonteyne, professeurs à l’Ecole de l’Ermitage (l’association, l’observation et la mesure), et par Allle 1)e-gand, directrice de l’Ecole de l’Institut Decroly (la Méthode globale).
- L’introduction à la pédagogie des enfants anormaux (série d ; cinq conférences) publiée par le D1' Tii. Simon dans le Bulletin de la Société Alfred-Binet comporte, comme sujet de la 3° conférence : « Comprendre » (action médicale, action pédagogique) avec résumé des symptomatologies d’affections, accompagnant des retards intellectuels (n° 332-333, février-mars 1937).
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- Dans Ilunian Factor (XI, .3, mars 1937), P. B. Bai.lard, inspecteur du 'département d Education du Comté de Londres, expose la question de l'emploi des tests d’intelligence pour la sélection des écoliers à l’entrée de l’enseignement secondaire, concluant à la nécessité de leur emploi conjointement avec des épreuves d’ordre scolaire, et montrant, par des exemples, que ces dernières épreuves, isolément, conduisent à méconnaître les aptitudes exceptionnelles de certains enfants supérieurs.
- La place des tests en O. P., tel est le sujet d’une étude de K. G. Garrivson dans le Peabodi/ Ih'flcctor (1936, IX. p. 301).
- Une réunion de dix articles sur le travail du laboratoire d’O. P. de l’Institut du travail de Leningrand constitue une monographie de 140 pages publiée par A. Tqltciuasky et A. F. Clark (Mate-riali Profh'onsullatsii, 1935).
- Un exposé d'un npuveau lest d’intérêt (consistant en un classement par ordre de préférence de 30 photographies d’activités professionnelles de forme manuelle, mentale ou sociale, permettant de dégager la catégorie d’intérêts dominants dans l’une ou l’autre de ces trois directions, de corrélation nulle avec les tests d’intelligence) est donné par .1. B. Cii.es dans le Journal of educciiional psychology (octobre 1936, p. 527-536).
- Le Bulletin de l’Office d’éducation des Etats-Unis publie une monographie (n° 18, 81 p., 1936) consacrée par IL D. Ivitson aux méthodes employées pour l’O. P., à la sortie des écoles dans diverses organisations.
- La Formation professionnelle de décembre 1936 donne les programmes des certificats d’aptitude professionnelle correspondant aux professions les plus courantes : maçon, menuisier, charpentier, ferblantier, plombier, zingueur, fumiste, monteur électricien, modeleur sur bois, tonnelier, dessinateur-calqueur, ajusteur, serrurier-ferronnier, mouleur-fondeur, chaudronnier-soudeur, soudeur à l’arc, soudeur au chalumeau, céramiste, bijoutier-joaillier, typographe, mécanicien d'avions, teinturier, tisseur, piqueur-appréteur, cordonnier-bottier, eoiffeur-salonnier, coif feu r-posti-clieur, boulanger, boucher, peintre, plâtrier, art ménager.
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- R. Muller expose dans Ja Zeitschrift far angeicandte Psychologie and Charalderkun.de (52, 3-4, mars 1937, p. 1*20-178}) les résultats d’une recherche sur la corrélation de la forme de la tête avec le développement mental chez 1.032 enfants de 9 h 10 ans (dont 78 retardés), qui indique une faible corrélation positive avec les •dimensions céphaliques (due au parallélisme de développement), mais l'absence de corrélation avec l’indice céphalique, avec le type crânien.
- Quelques directions actuelles de la psychologie professionnelle sont indiquées dans un article de C. S. Myers, du British Journal of educational Psychology, où l’auteur expose que, bien qu’il n’y ait pas de différence essentielle entre orientation et sélection professionnelle, il est préférable de confier les deux tâches à un personnel différent.
- Dans le n° 57 (décembre 1936) de FOrga, a paru un court article de R. H. Parillaud, sur la formation du représentant de commerce.
- Dans le n° 4 du tome 15 (janvier 1937). de Occupations, R. L. Sackett publie un article sur la sélection des étudiants ingénieurs.
- I ne étude statistique sur l’intelligence des bègues, faite sur 87 élèves d’un collège américain, signée de M. 1T. Steer, a paru dans le n° 1148 (26 décembre 1936) de School and Society. Il en apparaît que le niveau intellectuel des bègues est supérieur à celui des autres élèves.
- Le numéro spécial d'octobre 1936 de The Educational Record, formant un volume de 204 pages, est consacré aux textes des communications faites à la 15e Conférence américaine d’éducation. On y trouvera, entre autres, une étude de L. L. Thurstone sur une nouvelle conception d'intelligence et sur les méthodes de mensuration des « aptitudes primaires », de même qu’un rticle de R. D. Allen sur l’emploi de tests et l’orientation professionnelle dans les écoles publiques.
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- INFORMATIONS
- La réforme de VEnseignement au Conseil supérieur de VInstruction publique. — Le projet de réforme de l’Enseignement présenté aux Chambres par le Gouvernement 11e pourra, en ce qui concerne lés décrets d application, être soumis au Conseil supérieur de l'Instruction publique qu’après vote par le Parlement. Mais le ministre de l’Education nationale a tenu à présenter toute de suite des projets relatifs à certaines mesures immédiates envisagées dans le sens de la réforme, l’une relative à la répartition des élèves entre les diverses sections du 2e degré, l’autre à l’institution d’une expérience de classes d’orientation.
- Les projets ont été adoptés le 16 mars, après des discussions assez vives en commission et en séance plénière. M. Luc a objecté la nécessité de consulter le Conseil supérieur de l’Enseignement technique (ce qui <a été fait.ensuite). MM. Perhotln, Rosset et Châtelet ont appuyé le projet de coordination dos diverses branches de l’enseignement du second degré. M. Perrotin, rapporteur, et M. Monod, inspecteur d’Académie, ont particulièrement soutenu le principe de l’expérience d’orientation. M. A dry et MUe Fabre ont réclamé l’institution d’une fiche psychologique; M. Le Lay a défendu le principe de l’emploi des tests. Les classes d’orientation seront constituées dans une centaine de centres.
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- Le rapport au Conseil national de la Fédération générale de VEnseignement (publié par YEcole Libératrice du 27 février 1937) comporte les observations suivantes au sujet du passage des enfants au second degré :
- « Orientation. — L’orientation doit devenir la préoccupation essentielle du maître dès l’àge où se révèlent chez l’enfant les'apti-ludes intellectuelles, artistiques ou manuelles. On admet généralement que c’est aux environs de la douzième année que ces aptitudes commencent à se manifester avec assez de netteté pour qu’il soit possible aux maîtres de les déceler.
- « Un certain nombre de nos camarades nous ont demandé d’envisager si cette orientation ne pourrait être organisée avant la fin des études du premier degré, c’est-à-dire vers l’âge de 11 ans. Cette solution aurait l’avantage de permettre aux élèves de commencer assez tôt l’étude des langues vivantes et l’étude des langues mortes et d’utiliser assez tôt les facultés de mémoire et d’assimilation rapide que possèdent les jeunes enfants. Elle présente le grave
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- inconvénient de rendre plus hâtive et plus arbitraire la sélection : elle dévalorise le certificat d’études, puisque seuls les enfants inaptes au deuxième degré seraient alors appelés à le passer.
- « Durée du cycle d’orientation. — Il est très difficile de fixer l’âge moyen de l’orientation. En réalité, les aptitudes de l’enfant ne se révèlent pas avec une régularité et une précision qui permettent d’espérer une orientation exempte d’erreur et d’arbitraire. 11 faut (pie toute orientation puisse être revisée et que toute l’organisation du deuxième degré permette des échanges entre les diverses sections, des révisions aux divers paliers.
- « Mais il est raisonnable d’admettre qu’une orientation sinon définitive, du moins assez, nettement définie, pourrait être réalisée vers l’âge de 13 ans ; ce qui permettrait de limiter à une année la durée du cycle d’orientation.
- « Cette durée d’un an apparaît à tous comme un strict minimum, le projet confédéral prévoyait deux ans dans sa première rédaction et Zorelti, dans son rapport de 1933, envisageait de reculer jusqu’à Il ans l’âge de l’orientation proprement dite.
- « Celte œuvre d’orientation nous apparaît à tous comme une œuvre de longue haleine. Ce n’est que par un commerce journalier avec un petit nombre de maîtres cpie l’enfant se livrera, se révélera et manifestera ses véritables curiosités, ses véritables intérêts, ses véritables aptitudes.
- « Certes, la science et l’expérience des spécialistes de l’orientation pourront guider les maîtres et inspirer certaines initiatives, mais une forte prévention subsiste parmi nous à l’égard de procédés trop rapides d investigation. »
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- * H;
- Manque de main-d’œuvre qualifiée. — 11 n’y a pas qu’en France qu’on se plaint de ce manque de main-d’œuvre. Des pays bien organisés, comme la Suisse, recherchent des tourneurs, des fondeurs, des ouvriers textiles qualifiés et de bons horlogers ; il en est de môme en Allemagne, où l’on est obligé d’établir des tarifs spéciaux de salaires pour les métiers déficitaires, où l’on vient d’accorder des heures supplémentaires de travail.
- U Autriche, malgré ses 100.000 chômeurs de moins de 25 ans, ne trouve pas de professionnels dans la carrosserie mécanique, la mécanique de précision, les travaux de tour, de fraisage ; pour les métiers de la mode, de la chemiserie, de la teinturerie, etc...
- C'est dire que des problèmes délicats se posent, dans ces trois pays, à ceux qui ont la charge de l’orientation et de la formation professionnelle de la jeunesse. J. F.
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- Le mémorandum de 1936 sur les examens dans les écoles secondaires du Board of Education d’Angleterre, recommande l’emploi de tests d’intelligence dans tous les examens, ce dont se félicite la revue de l’Institut de psychologie industrielle Human Factor.
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- Une grande expérience a été réalisée aux Etats-Unis en 1933-36 par Y American Association for Adult Education, pour un service de conseils à des adultes, YAdjustement Service, cpii a fonctionné 16 mois, s’adressant à 16.000 personnes de 17 à 70 ans (avec coût total de 225.000 dollars, soit environ 5 millions). Les chômeurs ainsi examinés, à raison de 1.000 par mois, appartenaient à toutes les classes de la société et ont posé d'innombrables problèmes qu’on s’est efforcé de résoudre. Les tests utilisés dans l’examen concernaient 1’ « alertness» mentale, les aptitudes commerciales et mécaniques, la personnalité, les capacités de jugement artistique et de sens musical, la dextérité, les intérêts professionnels. C’est le Minnesota Employment Stabilisation Research Institute qui élabora les techniques, avec D. G. Paterson. Une série de 12 rapports concernant celle importante expérience d’un service de réadaptation professionnelle a été publiée par l'Association (60 East 42 tli Street, New-York), au prix de 5,50 dollars.
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- Un Comité d Aide aux œuvres créées par la Fédération nationale des aveugles civils (50, avenue Bosquet, Paris), s’est constitué, sous la présidence de M. Justin Godart ; le but principal est de faciliter le travail des aveugles, par création, en particulier, d’ateliers professionnels et d’un centre de rééducation pour les aveugles tardifs.
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- L’Assemblée générale annuelle de YOEuvre de lu réadaptation de l'enfant et des centres sociaux de rééducation Géralrd de Parrel, s’est tenue le 27 février dernier, au siège social de l’Association, 13, rue de l’Ancienne-Comédie (6e), sous la présidence du docteur G. de Parrel.
- Les rapports présentés par le secrétaire général de l’OEuvre et par la fondatrice-directrice générale des centres sociaux,
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- Mme Louise Mallia, ont montré l’essor remarquable de cette organisation, qui a onze centres de rééducation s’occupant de 800 enfants.
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- Un atelier de travaux manuels fonctionne au Dispensaire « Enfance et Famille », 6, rue Clavel (11e), et une Annexe familiale a été ouverte, 60, avenue Théophie-Gautier (10e), pour la prise en [tension des enfants dont les parents habitent la province ou l’étranger.
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- U Institut e for sdentific treatment of delinquency, à Londres, dirigé par E. Miller (qui a décrit l’organisation de son établissement dans le British Medical Journal du 30 mai 1936), a pour but le traitement à la fois psychologique, médical et social, des jeunes délinquants, dans un but de prophylaxie criminelle. Il comporte quatre consultants réguliers et trente psychothérapeutes bénévoles.
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- * H:
- Un Comité consultatif de biologie aérienne de Vannée de l’air a été institué auprès du Ministère de l’Air, aux fins d’aider à poursuivre la meilleure adaptation possible de l’organisme humain à la navigation aérienne militaire et 'd’accroître ainsi la sécurité et le rendement du personnel navigant.
- Le Comité, présidé par le médecin général Bu y ne, inspecteur des services médico-physiologiques, comprend, comme membres titulaires, les professeurs L. Binet, Polonowki et Strohl, de la Faculté de médecine, A. Mayer et IL Piéron, du Collège de France, H. Laugier, de la Faculté des sciences, et .1. Gautrelet, de l’Ecole pratique des Hautes Etudes.
- Ht
- Ht *
- La British Psychological Society a entendu, le 22 février 1937, une communication de H. M. Vernon sur les aspects psychologiques de la prévention des accidents du travail.
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- Ht H=
- La XVIe Assemblée de la Nouvelle Education s’est tenue à Paris du 23 au 27 mars 1937 ; parmi les exposés, signalons ceux de
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- M. Cousinet sur l’émulation, de M. R. Lafitte sur l’adresse dans l’éducation, de M. H. Vauquelin sur la composition française et la personnalité de l’enfant, de M. Morgaut, de l'Office d’O. P. du Loiret, relatif aux idées nouvelles sur la volonté, 'de Mme Wurfl, de Vienne, au sujet de l'écriture, comme révélatrice du caractère et des aptitudes.
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- Le nombre des médecins enregistrés au Japon par les statistiques officielles en 1934 a été de 55.086, soit 2.22-4 de plus que l’an-nce précédente. En 1932, le nombre des médecins atteignait 50.069 seulement.
- Les médecins qui exercent ne sont plus, en 1934, que 49.308, soit 543 'de moins qu’en 1933.
- Cette diminution semble être le fait de la révision de la loi médicale qui a limité le nombre des cliniques.
- Il y a un médecin pour 1.383 habitants , dans les villes, la proportion est d’un pour 803 et dans les très petites localités de un sur 2.082.
- Le nombre des 'dentistes est en 1934 de 18.998 contre 17.984 en 1933 ; l’accroissement constaté est de 1.014.
- Le nombre des pharmaciens était de 23.283, marquant un accroissement de 1.481-sur l’année précédente.
- Les sages-femmes sont au nombre de 58.270 et on compte 102.921 infirmières.
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- En 1935-36, pour la première fois depuis 10 ans il y a eu une légère diminution du nombre des diplômes d’Etat de docteur en médecine délivrés en France comme le montre le relevé suivant, comportant un maximum en 1934-35.
- 1927- 1928. . ............................... 901
- 1928- 1929................................... 965
- 1929- 1930............................... 1.052
- 1930- 1931................................. 1.120
- 1931- 1932............................... 1.123
- 1932- 1933. ............................... 1.293
- 1933- 1934................................. 1.464
- 1934- 1935................................. 1.579
- 1935- 1936................................. 1.496
- Corrélativement, il y a diminution, depuis deux années, du nombre des étudiants inscrits pour le certificat préparatoire dit
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- P. C. 13, ce chiffre en 1936 étant le plus faible des dix dernières années :
- En 1927 En 1928
- En 1929, En 1930, En 1931, En 1932, En 1933, En 1934, En 1935, En 1936.
- 2.414
- 2.991
- 3.078
- 3.371
- 3.233
- 2.971
- 3.092
- 3.298
- 2.899
- 2.390
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- En 1936, sur 1.814 candidates licenciées en instance d’emploi dans l'enseignement secondaire féminin, un seule put être pourvue de poste !
- Pour les licenciés candidats à un emploi de professeur dans
- renseignement secondaire masculin, sur 1.339 il en fut nommé
- 440, soit environ un tiers, mais avec une répartition liés diffé-
- rente suivant les spécialités, comme le montrent les chiffres sui-
- vants :
- Candidats. Nominations.
- Lettres classiques . 166 160
- Philosophie . 158 10
- Histoire et géographie. . 214 88
- Allemand . 115 17
- Anglais . 131 43
- Espagnol . 28 0
- Italien 12 0
- Sciences. . . . 515 112
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- Un essai de dépistage d'enfants arriérés portant sur 8.000 écoliers parisiens a donné les résultats suivants (d’après le compte rendu publié par le Bulletin de la Société Alfred Binet, dans ses numéros 324-325 et 326-327) :
- 11 a été trouvé en tout 132 garçons et 124 filles, présentant de l’arriération simple (82 g. et 75 f.), de 1 instabilité (20 g. et 26 f.) et des troubles de caractère sans déficience intellectuelle (30 g. et.
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- 23 f.), avec répartition dans le cours moyen (29 g. et 45 f.), ie cours élémentaire (73 g. et 61 f.) et le cours préparatoire (30 g. et 18 f.).
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- Le Congrès mondial de la documentation universelle se tiendra à Paris du 16 au 21 août 1937. Les questions envisagées concernent la production des documents (élaboration, édition) et leur groupement (enregistrement, conservation) ; l’œuvre documentaire (élaboration, diffusion et utilisation de la documentation, avec une place donnée aux organismes de documentation, orientation, information), enfin l’organisation administrative et technique et l’union mondiale.
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- L’Union nationale des agents coloniaux signale certains avantages concédés aux jeunes français désirant s’établir aux colonies avant le service militaire :
- Les jeunes gens qui désirent, avant l’âge de vingt ans, s’installer pour plusieurs années aux colonies, peuvent être dispensés d’accomplir leur service militaire, à la condition cependant qu’ils aient quitté la France avant le début des opérations du Conseil de révision, et qu’à la colonie il ne se trouve pas de corps de troupe à proximité de leur résidence.
- Les intéressés peuvent être autorisés à séjourner en France trois mois chaque année ; les séjours dans la métropole dont ils n’ont pas bénéficié au cours d’une ou plusieurs années peuvent être reportés sur les années suivantes, la durée d’un séjour en France ne pouvant excéder un an.
- Des autorisations de séjour d’une durée supérieure ne peuvent être accordées, sous certaines conditions, qu’aux jeunes gens désirant achever leurs éludes.
- Si par suite de modifications dans l’ordre de stationnement des troupes françaises, la colonie ou le pays dans lequel résident les intéressés vient à ne plus ouvrir le droit à dispense, ceux-ci s’ils n’ont pas atteint l’âge de 30 ans sont incorporés, mais pour un laps de temps qui ne peut dépasser six mois.
- Les militaires en service aux colonies entrent facilement en relation avec la population civile ; ils peuvent étudier soigneusement et à loisir les perspectives qui s’ouvrent devant eux, les emplois convenant à leurs aptitudes, et les offres qui leurs sont faites. En fin de contrat ils peuvent bénéficier d'un congé pour affaires personnelles de trois mois à un an pour s’établir à leur compte ou
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- être mis à la disposition de chefs d’établissements industriels, commerciaux ou agricoles. Par ailleurs, ils peuvent se faire libérer sur place ; en ce cas, ils conservent pendant un an le droit à la gratuité du voyage de retour.
- Afin de favoriser les vocations coloniales, des engagements spéciaux dans les troupes coloniales permettent aux jeunes gens cpii sont sur le point d’être appelés d’accomplir leur service militaire légal dans certaines colonies lointaines (Indochine, Madagascar, Afrique Occidentale, Nouvelle-Calédonie).
- Tous renseignements sur les avantages accordés dans l’armée coloniale sont fournis gratuitement par l’Union nationale des agents coloniaux, Montreuil-Paris.
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- On sait que les spécialistes font actuellement défaut dans le travail de précision ; aussi est-il bon de rappeler que les jeunes gens de 14 à 17 ans qui désirent se présenter à l’examen d’entrée à l’Ecole d’horlogerie de Besançon (section d’horlogerie, 'de petite mécanique de précision et de bijouterie), où l’enseignement est gratuit, doivent se faire inscrire pour le 1er mai.
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- Walter Vax Dyke Bingham. — Aptitudes and aptitude testing. — ln-8° de 390 pages. New-York et Londres, Harper and Brothers, 1937.
- Voici un livre important et utile, émanant d’un homme parti-culirement compétent, et qui donne une excellente et fidèle image des méthodes américaines. L’ouvrage comprend une première partie, de caractère général, sur les aptitudes et l’orientation, avec examen de la théorie des aptitudes, du rôle de l’intelligence, des intérêts et des méthodes pour inventorier les intérêts. Dans une seconde partie — relative à 1 orientation dans le monde du travail — une riche documentation statistique américaine précède l’examen des aptitudes pour les différentes catégories de métiers ainsi que pour les professions libérales. La troisième partie concerne la pratique des tests, choix, application, interprétation.
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- Enfin dans un appendice sont décrits successivement un grand nombre de tests, avec références, teclmicjue et données d’étalon-nage. II. P.
- Raymond B. Cattell. — A guide to Mental Testing for Psycho-logical Clinics, Schools and Industrial Psychologists. In-8° de 312 pages ; University of London Press, 1986.
- Directeur d’un Service psychologique scolaire, l’auteur donne, dans cet ouvrage préfacé par W. Moodie, médecin-directeur de la Clinique d’orientation pédagogique de Londres, un très clair manuel de tests, où sont décrits en détail une série de tests d’intelligence, d’aptitudes spéciales (mécanique, musicale, artistique, etc...), de connaissances et habiletés scolaires ou générales, de tempérament et de caractère, ainsi que des tests et méthodes d’appréciation relatifs aux intérêts et attitudes.
- Quelques notes sur le choix et l’interprétation des tests forment un dernier chapitre suivi d’un appendice sur l’emploi des formules mathématiques. IL P.
- Jean Bourjade. — L’Intelligence et la pensée de 'l’enfant. — In-16 de 163 pages. Paris, Alcan, 1937. Prix : 10 francs.
- Signalons ce petit volume de la Nouvelle Encyclopédie Philo-sophique, publié par le chargé de cours de l’Université de Lyon, spécialiste de psychologie enfantine. C’est en effet.un exposé soigneusement élaboré et qui se fonde sur une documentation large et approfondie. H. P.
- O. Decroly, J. Jadot-Decroly et J. E. Segers. — L’Exploration du langage de l’enfant. Epreuves de compréhension, d’imitation et d’expression. — In-8° de 136 pages. Edition du Centre National d’Education, 2 Vossegat, à Uccle, Belgique.
- Peu avant sa mort, le regretté Decroly avait préparé le manuscrit d’un livre consacré aux épreuves permettant l’examen du langage chez l’enfant. C’est ce livre, complété par son collaborateur Segers et sa fille le Dr Jadot-Decroly, que publie le Centre national belge d’éducation. On y trouve un petit exposé de toute une série de méthodes individuelles et collectives, françaises, belges, suisses, américaines, s’adressant aux enfants jeunes, mais aussi à des enfants de 8 à li ans. H. P.
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- Dr Pierre Carpentier. — Notions simples de psychologie et de psychiatrie utiles aux mailles pour connaître et diriger leurs élèves. — In-8° de 77 pages, 1937.
- Dans celle thèse de médecine de l’Université de Toulouse, l'auteur montre très justement à la fois l’utilité pédagogique et sociale et les possibilités de connaissance psychologique des élèves par le maître. Il expose quelques méthodes de tests, et souhaite une « collaboration des psychiatres et des orienteurs professionnel avec les éducateurs pour l’établissement d’une, sorte de « dossier psychologique » de l’enfant, analogue au « dossier médical » que l’on tend à établir actuellement pour sa santé physique. »
- II. P.
- Sauf dans le cas d’avis précis de desabonnement, nous nous permettrons de faire toucher dans la deuxième quinzaine de mai, à ceux qui ne se seront pas acquittés à cette date, le montant de l’abonnement augmenté des frais, et nous espérons qu’il sera fait bon accueil à notre demande.
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- Mme I .donc Bourdel, secrétaire archiviste, a le regret d'annoncer que, pour raisons de santé, elle cesse ses fondions à l'I. AU O. P. Mais, désirant continuer à s'intéresser personnellement aux problèmes d’O. 1\, elle sera reconnaissante de l'envoi qui pourra lui être [ail des ouvrages et documents divers publiés sur l'O. P. (68, boulevard Pasteur, Paris, XVe).
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- 9e Année
- N° 5-6
- Mai-Juin 1397
- BULLETIN
- l’Institut National d'Orientation Professionnelle
- LES MÉTIERS
- Nécessaires à la Production Cinématographique
- par Mme Germaine DULAC (x)
- MUe Biscay présente à ses collègues Mme G. Dulac, metteur en scène, qui a bien voulu accepter de faire, au pied levé, une causerie sur l’activité professionnelle qui gravite autour du cinéma. Elle l’en remercie d’autant plus vivement qu’aucune documentation professionnelle n’existe sur cette nouvelle industrie vers laquelle il est possible d’orienter certains enfants.
- Mme Dulac, abordant la question professionnelle, expose les débouchés existants dans le cinéma et les métiers engendrés par cette science.
- Je passe sous silence, dit-elle, le metteur en scène qui peut être considéré comme l’auteur tout puissant : il ordonne, il dirige ; son métier ne se perfectionne qu’en raison de son instinct artistique. A ses côtés gravite l'assistant qui le seconde dans sa tâche matérielle.
- L'opérateur de prises de vues, c’est-à-dire le photographe, manie, sous les ordres directs du metteur en scène, l’appareil de prises de vues. C’est un métier très bon et très intéressant où les Français sont malheureusement devancés par les étrangers. Les qualités nécessaires à un opérateur sont assez complexes : il faut y distinguer : 1° l’opérateur de studio • 2° l’opérateur d’actualités. Ces deux spécialités exigent des qualités différentes :
- (1) Compte rendu de la Conférence sur les différents métiers nécessaires à la production cinématographique, faite par Mme Germaine Dulac, metteur en scène, à l’Association des anciens élèves de l’I. N. O. P.
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- L'opérateur de studio doit avoir une connaissance approfondie de la valeur des éclairages. Bien que le metteur en scène le guide toujours, il faut qu’il comprenne, en plus de la valeur des éclairages, les proportions de l’architecture d’un décor, qu’il sache saisir l’expression de la physionomie des artistes. Il a besoin, en quelque sorte, d’une culture picturale ; il doit posséder aussi des connaissances assez approfondies d’optique, de mécanique et d’électricité. Pour réussir dans ce métier, une valeur personnelle est indispensable, aussi, le choix des enfants à diriger vers cette spécialité doit être très sévère.
- L’opérateur d'actualités doit posséder toutes les qualités de l’opérateur de prises de vues, mais il a surtout besoin d’une culture journalistique, l’événement qu’il est appelé à filmer doit être photographié, non pas comme une carte postale, mais répondre à l’esprit d’une chronique vivante ; il doit distinguer le point expressif du fait, le mouvement pour donner de la valeur à la prise de vue et la rendre intéressante. La plus grande qualité à exiger de l’opérateur d’actualités est un don d’observation très développé.
- Avant d’être opérateur, il sera assistant. Si vous avez l’occasion de diriger des enfants vers cette branche, faites leur accomplir un stage dans la photographie, connaissance de base essentielle dans ce métier et exercer leur sens visuel.
- La profession d'ingénieur du son, outre un niveau intellectuel supérieur, exige des connaissances très étendues et très appronfondies, particulièrement dans la branche électricité. Il faut y distinguer : l’ingénieur de son du studio et l’ingénieur de son d’actualités. Les mêmes observations que pour les opérateurs s’imposent, le son jouant un rôle important dans un événement. C’est un métier très bien rétribué mais qui demande de grandes qualités.
- Outre la connaissance parfaite des amplificateurs, les électriciens doivent être au courant de la mécanique.
- Montage. — Le métier, de monteur peut être exercé aussi bien par les hommes que par les femmes. Ceux d’ingénieurs du son et d’opérateurs sont plutôt réservés aux hommes en raison du port d’appareils très lourds ; toutefois, rien n’empêche les femmes de s’y diriger.
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- Le métier de monteur ou de monteuse consiste à relier entre elles les différentes scènes d’un fdm pour en faire un tout homogène, vivant, rythmé, sensible, expressif. Adapter ’e son à l’image, c’est la synchronisation.
- L’organisation commerciale du cinéma (échange, vente de films) existe en France, mais manque d’esprits audacieux et les jeunes qui voudraient se consacrer à cette branche commerciale du film français permetlraient d’accroître le rendement des efforts cinématographiques.
- La question de la mode au cinéma a été particulièrement étudiée en Amérique et elle a donné naissance à une industrie nouvelle : la création de robes spéciales pour le cinéma, industrie qui n’existe pas en France. En effet, la forme et la confection du costume jouent un rôle important au cinéma tous les costumes n’étant pas photogéniques. Les Américains ont pallié à cet inconvénient en créant des modèles spéciaux : c’est une mode visuelle et picturale dont il serait bon d’introduire le principe en France. La femme qui créerait des robes spéciales pour studio gagnerait largement sa vie.
- Dans les décors, le cinéma doit s’éloigner le plus possible du théâtre et produire de belles réalités. Aussi, le métier de décorateur — pouvant être exercé par un homme aussi bien que par une femme — demande une vive imagination, un goût sûr et une adaptation intelligente.
- Si le cinéma français était bien administré, il comporterait les emplois d’habilleur, habilleuse, maquilleur, maquilleuse, coiffeur, coiffeuse, métiers qui existent en Amérique. Malheureusement, notre production cinématographique française n’est pas assez intensive pour permettre à toutes ces professions de se suffire.
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- Mme Dulac passe à l’étude du scénariste, profession pouvant être exercée indistincement par un homme ou une femme et qui consiste à composer le scénario d’après un roman ou une pièce de théâtre, dont la firme cinématographique achètera le droit de réalisation.
- La reproduction exacte sur l’écran, soit d’un roman, soit d’une pièce, est impossible et le talent du scénariste consiste à concevoir cette adaptation. Bien entendu, dit Mme Dulac,
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- je parle de celui qui adapte une pièce ou un roman et non du créateur d’un scénario, c’est-à-dire d’un auteur. L’adaptateur de scénarii est un métier.
- Nous avons besoin également de découpeurs chargés de l’analyse d’une idée en scènes, de scènes en plans. Le découpage est un véritable métier qui comporte peu de spécialistes français.
- Il existe aussi le dialoguiste, métier très bien payé, mais particulièrement délicat, car le dialogue doit suivre le rythme du cinéma. En France, on compte peu de dialoguistes.
- On peut dirger des jeunes gens*Vërs ces diverses carrières en appelant leur attention sur le fait que tous n’ont pas les qualités requises pour devenir metteur en scène, titre le plus recherché, mais il y en a dans le cinéma de très bons emplois à défendre en dehors de celui-là.
- On peut dire que tous les métiers touchant au cinéma peuvent ouvrir des carrières aussi bien à des jeunes gens qu’à des jeunes lilles, en raison des qualités de sensibilité, de subtilité, qualités bien féminines qu’ils exigent.
- Enfin, dans la création des films, il faut considérer également le côté chimique, optique, électrique, construction d’appareils, large champ offert à la main-d’œuvre.
- MONOGRAPHIE PROFESSIONNELLE
- DU MÉTIER DE FORGERON
- Causerie destinée à des enfants d’École primaire
- par M. VEILLAS
- élève à ri. N. O. P. (cours de M. FONTÈGNE)
- Chers amis, je suppose que, quelque jour, vous êtes passés devant la porte béante d’une forge. Et que, vous arrêtant curieux, vous avez regardé. Dans le hall enfumé aux clartés inégales, des silhouettes d’hommes se projetaient sur le rougeoiement des feux, puis s’estompaient dans la pénombre voisine où des astres flamboyaient soudain ; les coups des chocs lourds alternaient avec le tintement des enclumes ; un torse demi-nu surgissait dans une apothéose d’étincelles. Fascinés,
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- vous vous êtes attardés et vous avez pensé à quelques géants fabuleux exécutant leur terrifiante tâche.
- De ce dur, de ce beau métier de dompteur de matière, voulez-vous que nous parlions un peu ? Antique métier qui, presque pareil à lui-même, est venu jusqu’à nous, du fond des vieux âges. Oui, depuis Saint-Eloi, le patron, qui forgea le trône d’or du bon roi Dagobert, peut-être même que, depuis ce Tubalcain, père des forgerons, qui lia de nœuds de fer les blocs de l’abri construit pour son aïeul fugitif, les gestes comme le travail n’ont guère changé : c’est toujours le façonnage du métal par le marteau et par le feu.
- Ou’est-ce donc que forger ?
- Forger, c’est donner, à partir de la barre brute, du lingot, d’une matière résistante mais ductile, à la pièce de la machine, à l’élément de la grille, leur forme, quelquefois très Rapprochée, souvent définitive.
- D’autres ouvriers prendront ensuite cette pièce déjà née, pour la dresser, la tourner, l’ajuster. Le forgeron, lui, a donné la forme, a donné la vie. Lui seul a la joie du créateur. C’est pourquoi forger est presque synonyme de créer.
- Mais, le travail de forge n’est pas partout le même. Ici c’est l’usine de mécanique de moyenne importance. Le forgeron y travaille souvent seul de son état, rarement accompagné de plusieurs camarades. Ce qu’il y fait ? Les petites pièces surtout et aussi l’outillage dont les autres se serviront. Sur l’outil qu’il dirige, un homme dressé qui lui est adjoint, frappe à son commandement. C’est le frappeur qui est un peu comme son écuyer.
- Là, c’est la grande entreprise de forge. Les professionnels y sont nombreux. Ils sont souvent de vrais chefs, secondés chacun d’une équipe de manœuvres qui guident, à leur sortie des fours, jusque sous les pilons, sous les grandes presses, sous les machines à virer, les énormes blocs qui deviendront les vilbrequins des gros moteurs ou les arbres gigantesques des navires.
- Plus connu de vous certainement, le maréchal-ferrant est aussi un forgeron. A la campagne, il ferre les bêtes, refait les socs des charrues et, médecin de toutes les ferrailles, répare tout ce qu’il peut.
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- Enfin, il y a le forgeron-serrurier, le forgeron d’art qu’on appelle aussi ferronnier. Celui-là, de son fer, lire tout une poésie. Sous son marteau des feuilles poussent, des fleurs éclosent, des cercles s’assemblent, de fragiles volutes s’enroulent que de délicates soudures réuniront et ce sera la grille, le lustre de salon, la rampe de l’escalier luxueux que nous admirerons en passant. Quel beau travail ! Je connais un de ces ferronniers-là. Il peut, sans soudure, sans rapport de pièces d’aucune façon, tirer d’un lopin de fer une rose ! Une rose avec sa corolle, avec sa tige, avec les sépales de son calice. Bien sûr, c’est là un chef-d’œuvre qui suppose une vraie maîtrise. Ah ! qu'il est heureux, le père Maurice, quand il a fini sa rose !
- Car le travail de forge est un travail gai. Les grands mouvements musculaires, le son clair des enclumes, la relativee liberté qui règne autour des feux, favorisent la bonne humeur. Pendant que le fer chauffe, on chante souvent à mi-voix et les bons mots sont monnaie courante. La santé, d’ailleurs, es! généralement excellente ; l’exercice et les grandes sudations qui désintoxiquent, la gardent. Son système nerveux peu surmené, l’ouvrier conserve un robuste bon sens et une joie de vivre que beaucoup pourraient lui envier.
- Et la paye est appréciable. Dans l’usine, le salaire du forgeron prime ce’ui des autres professionnels. Si l’homme est sérieux, si, en plus de la pratique de son métier, il en possède à fonds la technique, s’il sait adjoindre à ces connaissances quelques éléments de mathématiques, il pourra devenir chef dans une maison importante ou bien, avec un petit capital s’établir pour travailler à façon, soit à la ville, soit à la campagne, où il alliera la petite forge à la maréchalerie.
- Mais que faut-il pour être forgeron ? Travail de mains plus que de doigts, de bras plus que de mains, de torse autant que de bras, la forge veut des garçons forts, des poitrines larges, des dos musclés. L’atmosphère de l’atelier est saine mais rude : la fumée y est habituelle, le courant d’air aussi qui scche les corps moites. Tantôt près de son enclume, tantôt surveillant ses feux, l’homme ne bouge guère, ses jambes marchent peu. Il faut que le cœur et les poumons soient sains et que le sang circule bien dans les membres inférieurs. Toutefois, quand on commence, il n’est pas indispensable d’êlre
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- im athlète. Qu’on ait seulement une bonne constitution et l’effort quotidien se chargera du reste : La forge forgera son forgeron.
- Pourtant sont necessaires de bons yeux, capables de résister longtemps à l’éblouissement des feux et des pièces incandescentes. Une peau un peu rude, que n'émouvront pas trop les légères brûlures des étincelles trop chaudes vaut mieux qu’un épiderme trop délicat.
- Les températures élevées et le travail donnent chaud, ils donnent soif. Savoir garder devant l’altération inévitable une suffisante sobriété, c’est se conserver. C’est se conserver encore que dédaigner l’alcool trop tentant qui a tué plus d’hommes que le feu.
- Et le cerveau, que devra-t-il fournir ? Pour couper son fer, très vite, le forgeron doit obtenir le volume approché de ’a pièce parfois compliquée qu’il doit exécuter, très vite il doit trouver la longueur de barre nécessaire. Il lui faut penser au retrait dû au refroidissement, à la part du feu, aux longueurs développées des courbes, à la valeur des angles. Il lui faut lire correctement ses plans. Toute l’arithmétique et toute la géométrie de l'école primaire doivent être bien sues et le dessin bien appris au cours professionnel.
- Mais, c’est en forgeant qu’on devient forgeron ! Cela veut dire que l’expérience compte particulièrement dans ce métier et qu’est-ce que l’expérience sans la mémoire pour la rapporter ? C’est avant, mais souvent aussi au cours même de l’effort, quand le fer chaud n’attend pas qu’il faut se rappeler à propos le procédé qui, dans une opération analogue, a donné bons ou mauvais résultats et qu’il faut choisir et se décider vite. A-t-on maintenant le droit d’être négligent, inattentif ? Peut-on laisser brûler au feu la pièce qui est attendue ?
- Santé, sérieux, attention, mémoire, esprit de décision, goût du travail musculaire. Si l’on a cela, si, d’autre part, on ne craint pas de se salir les doigts et quelquefois le col de chemise, alors on peut apprendre le métier de forgeron.
- A Paris, deux écoles professionnelles, Diderot et Dorian et plusieurs cours y préparent sérieusement. Au bout de trois ans, si l’on s’y applique bien, on saura déjà beaucoup de ce vrai métier d’homme.
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- NOTES ET DOCUMENTS
- Le Préapprentissage
- d’après l’exposé de H. LUC et J. FONTÈGNE (I)
- Les auteurs proposent de désigner sous le nom de préapprentissage la période éducative d’ordre scolaire qui précède la période éducative d’ordre professionnel qu’on appelle apprentissage.
- Deux sortes de préapprentissage : l’un général, l’autre spécial.
- Le premier s’applique aux élèves ayant le certificat d’études comme à ceux qui ne l’ont pas, il sera plus spécialement industriel, commercial ou agricole suivant les régions où il est appliqué.
- Il est destiné à faire acquérir de bonnes habitudes de travail, à révéler à certain ses aptitudes en sommeil et à développer celles qui sont nettement déterminées.
- Il s’appuiera sur l’enseignement général et surtout sur le dessin^ le travail manuel, les exercices pratiques et l’éducation physique. C’est au cours de ce préapprentissage général que l’enfant prendra contact avec les différentes activités qui s’offrent à lui (commentaires de monographies professionnelles, visites d’ateliers, d’usines, de fermes, de comptoirs, etc). Il prendra aussi contact avec les diverses matières qu’il sera appelé à œuvrer et avec les outils dont il pourra avoir besoin. C’est aussi dans cette période que l’on lui fera rechercher ses goûts, ses désirs.
- Dans la période spéciale qui suit le choix du groupe de métiers par l’enfant, on lui donnera une idée plus approfondie du groupe d’outils dont il aura à se servir et on commencera à lui apprendre les gestes professionnels de son futur métier.
- Cette préparation pourra se faire soit dans un établissement d’enseignement technique, soit à l’atelier patronal. Cette dernière manière n’étant qu’un pis-aller.
- Parmi les auxiliaires les plus précieux du préapprentissage les auteurs mettent en tout premier lieu le travail manuel : travail manuel aussi varié que possible empruntant un grand nombre d’outils et de matériaux variés et s’adressant à plusieurs groupes de métiers. Le dessin et l’éducation physique viennent ensuite, cette dernière surtout sous forme du jeu lequel renseigne si bien sur le sens d’observation, le sens d’organisation et la forme d’imagination de l’enfant.
- (1) Les Cahiers du préapprentissar/e, n" 1, Editions de l’Association française pour le développement de l’Enseignement technique,4rue Saint-Martin.
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- BttfutQrioM ACT/re » 2/.S//. 835 A.F
- Fig. 1
- Ceci dit, comment concevoir les enseignements primordiaux en préapprentissage général ? D’abord apprendre à l’enfant comment dans notre pays se répartit la main-d œuvre (fig. 1), puis lui exposer l’histoire des commerces et des métiers, des notions élémentaires sur les outils et surtout l’exposé de monographies professionnelles.
- Ces monographies devraient être de deux sortes :
- 1° Des monographies synthétiques en groupes d’activités professionnelles.
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- 2° Des analyses professionnelles.
- Dans les premières l’enfant apprendra à saisir les liens qui unissent le travail des uns à celui des autres et il serait désirable d’avoir ainsi 15 à 20 grandes monographies qui feraient vivre la ferme et l’usine, le chantier et le comptoir, le bureau et la mine, l’atelier et la mer, la fabrique et le laboratoire.
- En somme, des vues d’ensemble, des tableaux d’où se dégagent et la peine et la joie au travail et des suggestions.
- Voici pour illustrer deux graphiques clairs se rapportant l’un au domaine du commerçant et à la main d’œuvre qui lui est nécessaire, l’autre aux indications du bois (lîg. 2 et 2 bis).
- Lorsqu’après la période d’apprentissage général l’enfant a fait un choix, c’est alors qu’interviendront l’exposé des analyses détaillées de métiers, aussi claires que possible parallèlement à la période de préapprentissage spécial
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- Combien faut-il d’épreuves pour obtenir un certain degré de précision ?
- A côté des méthodes statistiques de calcul du nombre requis de mesures pour arriver à un résultat significatif d’un poids donné, on peut utiliser un procédé empirique. C’est ce qu’a fait H. C. Link (1), utilisant 5.1f>5 questionnaires dans lesquels était demandé par exemple quelle pâte dentifrice on préférait. Soit une comparaison des pourcentages respectifs de deux marques déterminées. Ce pourcentage, établi d’après la totalité des résultats, l’a été d’autre part, de façon indépendante, dans 51 séries de 100 résultats (dont la distribution géographique était la même que dans l’ensemble).
- Pour une de ces marques le pourcentage au total était de 10,22 °/o ; les valeurs des 51 séries ont varié de 9 à 25 °/0 ; pour l’autre, le pourcentage total était de 6,56 °/0, les valeurs ont varié de 0 à 12.
- En prenant la moyenne des pourcentages des 51 séries, on trouve 16,39 et 6,63 °/0 et une distribution suivant les normes des
- (1) How many interviews are necessary for results of aerlain accuracy. Journal o[ applied Psychology, XXI, I, 1937, p. 1-17.
- «
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- courbes de probabilité (avec, dans le premier cas, 49 sur 51 séries comprises dans la marge de deux fois l’écart étalon).
- En divisant en 10 séries de 500, les pourcentages de la première marque sont restés compris entre 14,8 et 17,8, ceux de la seconde envisagée entre 5,0 et 8,6.
- Ces résultats conduisent l’auteur à un calcul de l’écart étalon à prévoir pour les séries allant de 1.000 à 20.000.
- 1000 2000 3000 4000 5000 10000 15000 20000
- .95 % .67 .55 .47 .42 .30 .25 .21
- En quadruplant le nombre d’épreuves on réduit à la moitié la valeur de l’écart probable, conformément aux prévisions du calcul, la fluctuation en fonction de la racine carrée du nombre des épreuves .
- L’auteur ne paraît pas avoir eu connaissance du rapport présenté à la Conférence internationale de Psychotechnique de Barcelone (1), où un essai de vérification empirique avait déjà été tenté, en comparant à un groupe de 1.000 sujets un de 100, un de 200, un de 250 et un de 500, constitués au hasard, les fluctuations de la valeur médiane n’ayant pas dépassé 0,75 °/0 dans ces groupes inégaux.
- D’une manière générale, les vérifications expérimentales montrent que les données du calcul théorique se montrent entièrement valables. H. P.
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- Un Essai nouveau d’un test de personnalité pour les adolescents
- Henry C. Link (2) a élaboré deux échelles pour la détermination des traits de caractère des adolescents, une pour les garçons et une pour les filles, échelles consistant en des questionnaires, auxquels il est répondu par oui ou non, ou bien par pointage d’une réponse entre plusieurs indiquées (150 questions au total), avec le but de préciser des traits préalablement envisagés et qui sont les suivants :
- 1. Extroversion-Introversion.
- (1) A. Fessard et H. Piéron : « Du minimum de mesures nécessaires pour l’étalonnage d’un test. Cf. Année Psychologique, XXXI, p. 246-259.
- (2) A test of four personality trails of adolescents Journal o[ applied Psy-chology, XX, 5, 1936, p. 527-534.
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- 2. Initiative sociale et agressivité.
- 3. Auto-détermination (capacité de choisir une forme d’activité désagréable mais importante).
- 4. Auto-détermination dans l’ordre économique (discipline assurant une indépendance économique).
- 5. Adaptation sexuelle (apprendre à danser, par exemple).
- Ces tests ont été appliqués a 500 enfants de 8 à 12 ans, puis à 1500 adolescents des deux sexes. Les coefficients de cohérence obtenus ont varié .de 0,70 à 0,87. Voici, entre les 5 traits choisis, les corrélations obtenues (avec appréciation de l’extroversion d’après le total des mécanismes socialement utilisables pour un individu donné dans tout l’ensemble des questions, ,ce qui met ce trait a part et explique que, dans le titre de son travail, Link ne parle (jue de quatre traits de personnalité).
- 1 2 3 4 5
- 1 0,87 0,775 0,785 0,553 0,625
- 2 0,775 0,82 0,385 0,597 0,505
- 3 0,785 0,775 0,88 0,327 0,289
- 4 0,553 0,597 0,327 0,70 0,407
- 5 0,625 0,505 0,289 0,407 0,78
- Il reste naturellement un certain arbitraire dans le choix des traits de caractère, en sorte qu’il ne faut pas s’exagérer la valeur de telles corrélations. H. P.
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- L’Influence de l’activité musculaire sur la fonction cardio-vasculaire
- chez les enfants
- Des recherches prolongées ont été faites sur 5 écoliers de 9 à 13 ans par Schneider et Crampton, qui ont même suivi trois de leurs sujets pendant deux ans (1).
- La pression artérielle minima, un peu plus basse l’après-midi, restait comprise entre 98 et 104 mm. Cette pression montant davantage que chez les adultes du fait d’un petit effort (celui de se lever étant assis). Mais c’est surtout la variation de fréquence du pouls sous l’action de l’exercice musculaire qui a été envisagée : le fait de se lever entraîna une accélération notable (20 à 34 battements de plus à la minute, au lieu de 6 à 15 chez les adultes).
- (1) The cardio-vascular responses of pre-adolescent boys to muscular activity. American Journal o( Phqsioloqij, CXIV, 1936, p. 473-482.
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- En revanche, le fait de grimper 5 fois de suite sur une chaise en 15 secondes ne donnait pas une accélération plus grande que chez les adultes.
- Chez les adultes on a observé une relation linéaire entre l'accroissement des pouls et le travail ; c’est celle relation qui n’existe pas chez les enfants (mais qui s’est manifestée chez l’un d’eux au début de la puberté).
- Un exercice modéré et prolongé a montré une action semblable à celle qu’on observe chez les adultes, mais pour un travail intense, on trouve chez les enfants une accélération excessive sans que s’établisse un équilibre stable. H. P.
- * * .
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- Un Essai de contrôle de l’Orientation professionnelle
- M. William AI. Proctor a eu la possibilité de suivre dans leur vie professionnelle, pendant treize ans après leur sortie de collèges supérieurs, 1.G00 jeunes gens. Toutes ces personnes ont subi lors do leur passage aux collèges, des examens psychotechniques et ont en outre, rempli un questionnaire sur leurs projets d’avenir.
- Le problème que l’auteur a cherché à résoudre, portait sur les rapports entre la profession du père et celle du fils, entre le rang professionnel du premier et le quotient intellectuel du second, entre la réussite professionnelle du sujet (mesurée par le rang qu’il a atteint.dans son métier) et un certain nombre de facteurs, tels que l’intelligence, la durée de scolarité, les conditions économiques, et, enfin, sur le degré de la réalisation des projets d’avenir formés au collège.
- Les résultats auxquels l’auteur a abouti peuvent être résumés de la façon suivante :
- 1° D’une façon générale, les jeunes gens aux Etats-Unis n’ont pas la tendance à embrasser la profession de leurs pères, mais ils gravitent autour du même niveau professionnel.
- 2° Le quotient intellectuel du fils semble être en rapport direct avec le rang professionnel du père.
- 3° Le quotient intellectuel moyen est le plus haut dans la catégorie ayant atteint le rang supérieur de la profession. Il existe, cependant, des individus qui, avec un niveau intellectuel lias, atteignent un rang élevé dans le métier et vice-versa.
- (1) A 13 year follow up of high school pupils. Occupations, vol. 15, n° 4, janvier 1937, p. 306-310.
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- 4° La durée de la scolarité se révèle être en rapport très étroit avec La réussite professionnelle (17,2 ans de scolarité correspondent au premier degré professionnel ; 9,4 ans au 5e degré professionnel).
- 5° Le rang atteint dans le métier, de même que la durée des études, sont en relation directe avec l’état économique et social de la famille du jeune homme : 89 °j„ de sujets provenant des familles classées sous ces rapports dans les deux premières catégories atteignent dans leur travail les rangs 1 et 2, tandis qu’on ne trouve dans ces hauts degrés de réussite professionnelle que 33 °/0 de jeunes gens provenant des familles des 4e et 5e catégories.
- Lorsqu’on envisage la durée des études en rapport avec le niveau social des pères, on constate que 79 ”/„ de ceux-ci appartenant à la première et 40 seulement de la cinquième categorie sociale envoient leurs fils aux collèges.
- 6° Quant à la réalisation des désirs professionnels, 24,3 °/„ de sujets reconnaissent avoir eu sous ce rapport entière satisfaction et 60 °/n prétendent avoir atteint du moins le rang professionnel convoité. A. G.
- CHRONIQUE DOCIMOLOGIQUE
- Réflexions de professeurs
- Nous empruntons à une chronique relative aux examens, du professeur Mauriac, doyen de la Faculté de médecine de Bordeaux, quelques passages de son « Examen de conscience d’un professeur — Les mauvais juges » (Presse médicale du 30 janvier 1937), en y ajoutant un extrait d’une étude ultérieure du professeur Delmas, de Montpellier (Presse médicale du 27 fé-février 1937) :
- « La mission est lourde d’être juge dans les examens et dans les concours ; ceux qui ont cet honneur et le trouvent léger signent du même coup leur condamnation et leur incompréhension ; pour saisir leur indignité ils auraient avantage à se rappeler leur vie de potache ou d’étudiant, et, s’ils sont père de famille, à songer simplement à leur fils. La vie n’est pas si longue qu’ils aient perdu le . souvenir des épreuves qu’ils durent subir ; si brillants qu’ils aient été, ils eurent à souffrir comme les autres ou à se plaindre de certains de leurs juges ; et dans le privé ils ne manquent pas d’accuser celui-ci d’injustice, celui-là de fantaisie, cet autre de grossièreté. Or, ce sont souvent ceux qui se plaisent le plus à dauber sur leurs anciens maîtres qui se montrent les plus féroces, les plus inconséquents ou les moins intelligents...
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- « L’évaluation stricte d’une copie anonyme sert-elle davantage la justice ? Je n’en suis par sûr. L’infirmité de notre jugement s’étale dans l’expérience tentée par la Carnegie Corporation de New-York ; étudiant La partie pédagogique et sociale des examens en France, elle s’intéressa au baccalauréat. Dans la masse des copies d’une des dernières sessions, on choisit une composition qui fut soumise à 76 correcteurs, professeurs de lycée de Paris et de province. Vingt-trois notes différentes furent données, s’étageant de 12 à 64, le maximum étant 80. Ce résultat effarant devrait être médité non seulement par les candidats, mais surtout par les maîtres ; la stricte justice de l’anonymat n’exclut pas la fantaisie et l’incohérence ; parmi les 76 correcteurs il y avait évidemment quelques fols...
- « De plus en plus on en vient à dresser des listes de questions dont le professeur ne s’écarte guère, et qu’il confie d’ailleurs au sort en faisant tirer une fiche par le candidat. C’est un pis aller, presque un aveu d’impuissance ; imposée, cette méthode devient une preuve de méfiance, si le juge n'a pas le droit de s’évader de la question tirée, et de pousser son examen sur un autre terrain. C’est justement à l’instant où joue son initiative qu’il montre s’il est digne de sa fonction. Il m’est arrivé plusieurs fois de siéger h côté de collègues en médecine à qui il m’eût été bien impossible d^ répondre ; certains ne peuvent s’abstraire du sujet qu’ils étudient depuis des années et s’indignent de bonne foi de ce que le candidat n’en sache pas autajnt qu’eux. Plusieurs fois j’ai été gêné par l’éclat de mes voisins contre un malheureux ânonant je ne sais quelle formule sanguine ou restant coi sur l’influence de la météorologie en médecine. Moi-même n’ai-je jamais posé des questions fantaisistes ? Je me suis surpris cette année à demander, à un très bon élève il est vrai, un détail que je savais de la veille ; j’en fus pour ma courte honte, il me répondit correctement...
- « Je ne suis pas pour la facilité. Nous péchons par excès d’indulgence ; du moins soyons sévère à bon escient. Il n’est pas besoin de dresser des pièges ; et si, pour tâter l’intelligence de l’élève nous l’entraînons sur des terrains mal déchiffrés, ne lui reprochons pas de tomber dans une chausse-trappe ; c’est nous qui l’aurons voulu. La réponse qui entraîne le résultat doit porter sur l’essentiel ; et l’essentiel est assez vaste pour que notre sévérité y trouve son compte. La pire maladresse est de fournir au candidat malheureux une excuse facile en lui offrant une question telle qu’il puisse sans honte se vanter de n’y avoir pas répondu...
- « Il n’est pas que le choix des questions ; il y a aussi la manière de les poser, de les présenter. Ici nous nous sentons entraînés
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- malgré nous sur le terrain délicat de l’éducation et du caractère. On reproche souvent aux autres les défauts que l’on étale sans y prendre garde. Il suffit de sortir de soi ou de chez soi pour en être choqué. Je me suis égaré un jour dans une salle de baccalauréat : Je hasard, j’en suis sûr, m’avait conduit devant un jury exceptionnel. Mais je puis dire que deux juges sur cinq m’ont stupéfait par leur façon de faire. A peine assis devant eux. le potache prenait figure d’accusé : le ton sec, le sourire gouailleur ; la plaisanterie facile, les mots déconcernants, les remarques désobligeantes frisant l’insulte, la tenue veille, la cigarette à la bouche, tout cela dénotait une mauvaise éducation certaine, peut-être un peu de sadisme, plûtôt une sotte vanité, sûrement un peu de lâ-
- c^e^'- w Professeur Mauriac.
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- « Je dois tout d’abord m’excuser de vouloir ajouter quelques mots au bel article du professeur Mauriac. Il décrit et châtie des types de juges aux examens que nous connaissons tous et que nous réprouvons tous, à commencer par ceux-là mêmes qui en sont les modèles souvent inconscients. Quelle griserie de passer brusquement de l’autre côté de la table et quelle difficulté, si l’on a pas le cœur bien accroché, de ne pas se croire, de par les règlements, omnicompétent et infaillible...
- « Cependant, à côté de ces types de juges bien caractérisés et indéfendables, il en est un autre qui nous paraît plus dangereux parce qu’il s’abrite, dans l’exercice de sa fonction, derrière une rigide et indéniable conscience professionnelle. Que Dieu me préserve de mes amis... et ne sont-ils pas nos amis dans l’amour de 1< justice ceux-là qui se croient vraiment dispensateurs de la justice intégrale parce qu’ils sauront ajouter des points à des quarts de points. Certes, il ne saurait être question pour eux, ni de collusion vénale, ni de simonie, ni de lâcheté. Ils représentent bien, an contraire, le plus parfait exemple d’honnêteté et nul n’est au-dessus d’eux dans l’intention de réaliser la justice absolue. Mais ici se pose le vrai problème : Quel sera la critère de cette justice...
- « Maintenant il faut juger et j’en appelle à la minorité de mes collègues. Dans presque tous les jurys ils seront écrasés par la brutale éloquence d’une addition (quelle tristesse et quelle erreur quand il s’agit de découvrir une intelligence) et le premier candidat aura les plus grandes chances de l’emporter. Je garde personnellement le souvenir de deux de mes condisciples ainsi rejetés du concours de l’internat des hôpitaux et qui, depuis (car il y a tout de même une justice des faits plus forte que celle des hommes) se
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- m:[!
- sont l'ait chacun un nom et qui, depuis (car il y a tout de même une justice des faits plus forte que celle des hommes) se sont fait chacun un nom et un beau nom dans leur spécialité, honorant ainsi non seulement la science, mais encore le corps professoral auquel il^ appartiennent. Cependant le mécanisme que j’ai exposé plus haut leur avait fait préférer des concurrents dont le mieux qu’on eu puisse dire, et fort heureusement pour eux, c’est, que le bruit de leurs exploits n’a pas dépassé les limites de leur quartier...
- « Deux vertus sont, certes, nécessaires pour faire un bon juge et que signale le professeur Mauriac dans son article : l’éducation et le caractère. Nous nous permettrons d’y ajouter le' bon sens et l’intelligence si l’on veut que l’esprit l’emporte sur la lettre. »
- Professeur Delmas.
- A travers les Revues
- Dans le British Journal of Educational Psychology (VII, 2, 1937), P. E. Vernon continue à étudier les normes et la validité de certains tests mentaux dans une clinique d’orientation des enfants, examinant, après Binet-Stanford (révision de Burt), les tests cb la jument et du poulain et du bateau, le « formboard » Seguin-Goddard, le complètement de dessins de Ilealy, les labyrinthes de Porteus, le formboard de Moorree, le Passalong, et les tests de lecture de Burt, insistant sur le caractère défectueux des mesures britanniques et rectifiant les détails d’application.
- Dans le même numéro, Dorothy Bagley procède à un examen critique des évaluations objectives dans l’enseignement de l’anglais, évaluations assez satisfaisantes pour la lecture, mais non pour la rédaction.
- Enfin, il faut encore y signaler la comparaison avec une forme classique d’examen d’un test objectif de connaissances en chimie (avec corrélation de 0,80) par B. K. Roberston et F. G. Tryhorn.
- Dans Human Factor de mai 1937 (XI, 5, p. 166) Miss Scott, qui exerce les fonctions de conseillère d’O. P. à l’Institut national de Psychologie industrielle de Londres, insiste sur l’importance que présente l’orientation des jeunes filles, beaucoup trop négligée (4 fois moins de filles que de garçons se présentant à l’Institut pour y demander des conseils). Dans ce même numéro, A. Ma-crae consacre une note critique à l’expérience d’O. P.- de Bors-tal (Industrial Research Board Report 78, 1937).
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- Le cas d’un conducteur d’auto ayant eu de fréquents accidents, causés par des véhicules venant sur la droite, est relaté par A. R. Reixkè dans VAmerican Journal of Optometry (XIV. 1937, p. 12-205) : il s’agissait d’un rétrécissement du champ visuel droit dans l’œil droit consécutif à une infection dentaire, et qui disparut avec celle-ci.
- Le Journal des Tests chinois publie (d’après les Psychological Abstracts, 1936, p. 587) une élude de P. I,. Fhing sur la mémoire immédiate des écoliers et étudiants en Chine (11, 2, 1935), d après l’examen de 728 sujets, montrant un progrès avec l’ûge faible chez les garçons, nul chez les filles, et des valeurs moyennes du nombre maximum de chiffres correctement répétés après une seule lecture 8,21 chez les filles (entre 3,2 et 11,5) et 8,56 chez les garçons (entre 6,2 et 11,5).
- Le Journal of applied Psychology de février 1937 (XXI,I) donne une analyse très complète du test professionnel élaboré à l’Université de Minnesota pour l’aptitude commerciale, test qui se montre très satisfaisant (comprenant 19 épreuves).
- Dans le Journal of Social Psychology de 1936 (VII, 3, p. 301-307), une étude consacrée par O. Wrenn, L. W. Ferguson et J. L. Kennedy, à la question « Niveau d’intelligence et personnalité » donne la comparaison de 324 étudiants appartenant aux 5 centiles supérieurs dans les tests d’intelligence et de 240 appartenant aux 15 centiles inférieurs d’après l’inventaire de la personnalité de Bernreuter, d’où résulte qu’il n’y a pas de différence en ce qui concerne l’extro-introversion ou les tendances névrosiques, mais que les moins intelligents ont plus de tendance à dominer, plus d’agressivité, et moins de confiance en soi et d’indépendance.
- Le n° 3 (mai-juin 1937) du Jurnal de Psihotehnica contient des articles de MM. Radulesçu-Motru (corps et caractère), I. Geor-gescu (Introduction ù l’O. P. dans les écoles roumaines), Sueta-Firu (sélection professionnelle des éducateurs), Nestor (Principes de docimologie), Pavelco (inspection scolaire et psychotechnique), L. Benari, M. Vartre (Psychotechnique scolaire).
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- Dans le n° 1 des Archives de VO. P. dans le Nord, signalons un article de M. Hubert, doyen de la Faculté des Lettres de Lille sur les problèmes psychologiques et sociaux de F O. P., une monographie du secrétaire commercial par M. Pratte, et le texte de la fiche élaborée par l’Office municipal de Lille en vue de l’O. P.
- Le Bulletin trimestriel de l'Office intercommunal pour l’O. P. dans l’agglomération bruxelloise a consacré son n° 63 (1937) à la mémoire du regretté Christiaens, avec texte des diverses lettres adressées en particulier par MM. Myers, Toulouse, Piéron, Fon-tègne, Latty, Larcher, Poullaouec, etc...
- Dans l’Ecole et la Vie du 8 mai 1937, M. Kapin, inspecteur primaire, a publié un article, suscité par l’étude de Mlle Blanc, dans le Bulletin de VI. N. O. P., et relatif au test, outil délicat, article dans lequel on peut relever un certain nombre de remarques judicieuses.
- La Capacité de travail des borgnes a été examinée dans un article de Von Grolman, publié par la Prensa meclica argentina du 27 janvier 1937 (T. 24, 4).
- INFORMATIONS
- Voici le texte d’une circulaire adressée aux maires par le Préfet des Alpes-Maritimes, M. IL Mouchet, en date du 29 avril dernier :
- « J’ai l’honneur d’attirer votre attention sur l’Orientation professionnelle des enfants, plus particulièrement au moment où, quittant l’Ecole, ils cherchent à se placer en apprentissage.
- « L’orientation professionnelle a pour but, tout en ménageant la liberté entière des familles, d’aider l’enfant à choisir une profession qui soit, non seulement en rapport avec ses goûts et ses aptitudes, mais aussi avec la situation économique, régionale ou locale.
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- « Dans les Alpes-Maritimes, un Service d’Orientation professionnelle a été créé en 1930, par la Chambre de Commerce, en accord avec les Services départementaux intéressés : Inspection Académique, Insepction des Services d’hygiène, Inspection du Travail, Direction de la main-d’œuvre.
- « L’Office d’Orientation professionnelle, dont la progression n’a pas cessé d’être constante, est inspecté régulièrement par le Ministère de l’Education nationale, qui le subventionne. Il est placé, depuis mon arrêté du 11 avril 1935, sous la Direction d’une Commission départementale dont le but est de réaliser l’extension de l’Orientation professionnelle à toutes les localités.du département.
- « Considérant que l’étude de l’enfant peut être poursuivie à l’Ecole même par le maître et le médecin-inspecteur, en collaboration avec le Service d’Orientation professionnelle, considérant d’autre part que les Mairies sont légalement chargées des formalités concernant l’admission des enfants au travail (livrets de travail, contrats d’apprentissage, déclarations d’embauchage), qu’elles sont également chargées des services de placement, la Commission départementale a pensé qu’il serait possible d’organiser l’orientation des enfants, dans toutes les localités, en établissant simplement une liaison constante et effective entre les écoles, l'inspection médicale et les services municipaux précités, les uns et les autres étant appelés à coordonner leurs efforts dans un but commun. Ainsi toute le première phase, ou préorientation, serait à l’Ecole même ; toute la deuxième phase : placement, surveillance (et réorientation le cas échéant), serait dans les services municipaux d’admission au travail et de placement. Mais de part et d’autre une collaboration étroite serait entretenue avec le Service départemental d’Orientation professionnelle.
- « Déjà l’Inspection académique et l’Inspection départementale des services d’hygiène ont conjugué leurs efforts afin de munir chaque enfant quittant l’Ecole primaire d’un avis rationnel d’orientation.
- « Pour donner une suite pratique à cet avis, il conviendrait que les services municipaux d’admission au travail et de placement en apprentissage soient réorganisés, de manière à pouvoir tenir compte, au moins dans la mesure du possible, de l’avis d’Orientation de chaque enfant.
- « Afin d’y parvenir la Commission départementale d’Orientation professionnelle propose à MM. les Maires le procédé suivant qui offre le grand avantage de réaliser le placement et la surveil-
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- lance des enfants orientés, sans que les Municipalités aient à engager de dépenses supplémentaires, sauf toutefois si elles désirent perfectionner et étendre ce service.
- « Dans les communes, la solution ne comporte pas de difficultés, le secrétaire de Mairie assurant tous les services municipaux n’aurait qu’à suivre les instructions de l’Office départemental de la main-d’œuvre au sujet du placement des enfants et celles de l’Inspecteur départemental du Travail au sujet de leur surveillance et de leur réorientation.
- « Dans les villes plus importantes, la solution à laquelle s’est arrêtée la Commission consiste à demander à MM. les Maires de réunir dans les mains d’un même employé tout ce qui concerne l’admission des enfants au travail et le placement en apprentissage. 11 conviendrait naturellement de bien choisir cet employé, qui devra faire sa besogne avec cœur et intelligence, en se conformant aux instructions qui lui parviendront de l’Office départemental de la main-d’œuvre et de l’Inspection départementale du Travail.
- « Le principe adopté consiste à détacher du service général de placement, le placement en apprentissage des mineurs des deux sexes, âgés de moins de 18 ans, et de rattacher le placement de ces mineurs au service municipal chargé des formalités concernant l’admission des enfants au travail.
- « J’insiste tout particulièrement auprès de MM. les Maires pour qu’ils se rallient à celte proposition. L’Orientation professionnelle permet d’éviter aux enfants de lourdes erreurs dans la question du choix professionnel. Généralisée dans tout le département, elle contribuera à atténuer la désertion des campagnes, à réorienter vers la terre un certain nombre d’enfants des milieux urbains et à procéder avec circonspection au développement de l’artisanal rural.
- « MM. les Maires voudront bien remarquer qu’il leur est possible de procéder facilement à cette organisation sans aucune dépense supplémentaire, toute latitude leur restant acquise pour développer ultérieurement ce service, s’ils le jugent nécessaire.
- « MM. les Maires son priés de donner leur adhésion ou de présenter leurs observations à l’adresse suivante :
- « M. le Directeur de l’Office départemental de la main-d’œuvre (Sercice d’Orientation professionnelle), 18, boulevard Carabacel, Nice ».
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- Dans l'organisation nouvelle de l'enseignement, les écoles normales supérieures d’enseignement primaire sont rattachées à l’enseignement supérieur, dont le directeur est M. Rosset, remplaçant M. Cavalier, décédé.
- L’enseignement primaire supérieur est rattaché à l’enseignement du second degré, dirigé par M.. Châtelet, avec, comme adjoint, M. Barrée, inspecteur général de l’enseignement primaire.
- La direction de l’enseignement du premier degré et de l’enseignement post-scolaire a été confiée à M. Sorre, retour de l’Université d’Aix.
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- C’est le professeur Henri Laugier qui a été nommé chef du Service central de la recherche scientifique,, organisé par décret du 28 avril dernier.
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- Dans sa réunion du 8 avril dernier, le Conseil supérieur de l'Enseignement technique a adopté le projet de loi gouvernemental portant organisation des enseignements du premier et du deuxième degré. Dans l’organisation des classes d’orientatioft, le -Conseil .a émis le vœu de voir consacrer une demi-journée aux travaux manuels éducatifs, el il a demandé que les délégués du personnel soient consultés pour l’élaboration des programmes de l'enseignement du second degré.
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- ..La Commission de l’Enseignement de la Chambre, présidée par M. Ducos, avait demandé à entendre les Directeurs de l’Institut national d’orientation professionnelle. Convoqués le mercredi 2 juin, MM. Fontëgne, Laugier et Piéron se sont rendus devant la Commission qui a procédé à leur audition au sujet de la réforme de l’enseignement et des classes d’orientation.
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- Une exposition d'orientation jtrofessionnelle, inaugurée par M. Fontègne, s’est tenue à l’Ecole Jacquard du 18 au 24 avril dernier.
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- Nous avons reçu, du Dr Lauro Ortega, chef du département de psychopédagogie médico-scolaire du Mexique, une notice sur
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- Y Institut national de Psychopédagogie qui vient d’être créé à Mexico et qui comprend les 7 services suivants : Psychophysiologie, Pédographie, Psychométrie, Pédotechnique. Orientation professionnelle, Education spéciale, Hygiène mentale scolaire.
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- Par décret du 13 mai dernier, la composition de la Commission supérieure des maladies professionnelles a été ainsi fixée pour quatre ans : MM. Capitant, Balthazard, Jules Renault, Etienne Martin, Gounod, Gu yard, Bothereau, Biot. Florentin et Guy Hauser.
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- Le Service départemental d’inspection médicale scolaire du Haut-Rhin, auquel participent 349 communes sur 386 a examiné, eu 1936, 43.828 enfants.
- Les dépenses totales résultant du fonctionnement de l’inspection médicale scolaire durant cette année se sont élevées à 210.106 francs. La participation des communes a été de 129.061 francs ! l’Etat a contribué par une subvention totale de 24.484 francs ; la dépense à la charge du département a été de 56.560 francs.
- En ce qui concerne l’état de santé des enfants, il a été établi que sur le nombre indiqué ci-dessus 59 °/0 ont été classés avec un état général' bon, 29 °/„ assez bon. 9 °/„ médiocre, 3 °/„ mauvais.
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- Dans sa séance du 4 mai dernier, Y Académie de Médecine a émis à l’unanimité le vœu suivant, déposé par une Commission spéciale dont M. Loir était rapporteur :
- ^ Qu’une loi organise la récupération des déficients éducables de toutes catégories. Car une grande partie de ces déficients est justiciable d’une réadaptation intellectuelle, motrice, sensorielle, morale ou respiratoire. Ceux-ci ont droit à un traitement médical eu même temps qu’à une instruction adéquate à leurs possibilités, suivi de l’apprentissage d’un métier, en un mot à une réadaptation aussi complète que possible.
- « Il faut comprendre dans cette revalorisation non seulement les déficients de l’intelligence ou du caractère mais l’étendre aux durs d’oreille, aux demi-sourds, aux malvoyants, aux débiles moteurs, aux insuffisants respiratoires, etc...
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- « Dans ce but il est nécessaire que la loi envisage :
- « 1° La création obligatoire, soit par arrondissement, soit par département, de « centres de rééducation » avec direction méd;-cale ;
- « 2° Dans chaque commune ou association de communes que des classes soient créées où en dehors de 1 instruction on fournisse à des déficients des soins médicaux ainsi qu’une éducation manuelle de préapprentissage et d’apprentissage de métiers adéquate à leur état ;
- « 3° Ou’un contrôle sous la surveillance de « médecins et d’instituteurs » soit établi pour opérer la détection et la séparation des inaptes ;
- « 4° Auprès de ces établissements figurerait un « comité de patronage » chargé de suivre ces enfants à leur sortie de l’école ;
- « 5° Oue sur la liste d’assistance figurent les anormaux sensoriels, moteurs ou psychiques au même titre que les assistés inscrits comme malades ou aliénés. »
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- Voici la conclusion du discours prononcé par le Dr Dézar-naulds, sous-secrétaire d'Etat à l’Education physique, à la séance de clôture des cours de YInstitut d'Education physique de la Faculté de Médecine de Paris, au sujet de l’Inspection médicale scolaire :
- « J’ai essayé de démontrer que le développement harmonieux de l’enfant devait être surveillé, contrôlé, dirigé, que l’éducation physique bien comprise est absolument indispensable pour abouti’’ à ce résultat. Je ne sais si je vous ai complètement convaincus, mais ce que je sais bien c’est que cette question est vitale pour notre pays, c’est pour lui une question de vie ou de mort. Sa solution peut être le remède le plus efficace à la crise dont tous les peuples souffrent cruellement.
- « Etudiants à la fin de vos études, jeunes médecins qui m’écoutez, permettez à un homme qui a consacré trente ans de sa vie au dur métier de médecin de campagne, à un homme qui, malgré les vicissitudes de la politique, n’a pas voulu abandonner sa profession, à un homme qui a toujours considéré la médecine comme la profession la plus noble, comme la discipline la plus complète, de vous dire en toute franchise que vous avez en ce moment-ci l’occasion unique de jouer dans le monde un rôle capital. Quelles que soient vos tendances, soyez
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- persuadés que l’avenir de la race, l’avenir de notre pays, dépendront en grande partie de l’effort que vous voudrez faire pour le développement harmonieux du corps et du cerveau de l’enfant. Nous allons vous donner tous les moyens de parvenir à l’accomplir. A vous de comprendre, à vous de travailler, à vous d’agir et je vous affirme que cet effort comportera pour vous la plus belle des récompenses, celle d’avoir contribué à répandre autour de vous un peu de gaîté et de bonheur, d’avoir honnêtement servi votre pays et d’avoir contribué au progès de l’humanité tout entière. »
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- La Ligue nationale-socialiste de VEnseignement, en Allemagne, a demandé l’institution d’une rubrique spéciale dans les livrets scolaires, réservée chaque mois au développement du caractère, du corps et de l’intelligence.
- Pour le caractère on examinera chez l’enfant La puissance de travail, l’ordre, l’obéissance, le courage, et l’attitude adoptée devant les ordres reçus.
- Pour le développement du corps on appréciera les aptitudes aux exercices physiques.
- Enfin pour juger l’intelligence on examinera le savoir acquis et la puissance d’acquisition des élèves.
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- A l’Hôpital civil de Strasbourg, sous la présidence du professeur G. Weill, une conférence a été faite par un aveugle, le \f Kohn, sur les suppléances fonctionnelles chez les malades atteints de cécité, ou de surdi-cécité, qui a conclu en insistant sur la nécessité de ne pas cantonner les aveugles dans quelques petits métiers, où ils inspirent, le plus souvent, de la pitié, mais de les amener à remplir des fonctions plus larges.
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- La profession de psychotechnicien aux Etats-Unis (sélection et orientation professionnelles) a été embrassée par un assez grand nombre de personnes. A 203 d’entre elles, un qviestionnaire avait été adressé et 66 réponses furent obtenues, d’après une communication au 'Congrès de 1936 de Y American Psychological Association.
- La majorité se montraient satisfaits de leur profession. Le salaire moyen s’est trouvé de 3.261 dollars (moins élevé de 157 dollars qu’en 1932).
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- L'Institut für Jugendl(unde, de Brême, dirigé par Valentiner a procédé d’avril 1936 à .avril 1937 à l’examen de 600 enfants et adolescents.
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- M. P. Scheidt a publié à John Hophius Press, en 1936, une notice sur la révision du « Test Nela » pour la cécité chromatique, préparé par Dunlap, avec quelques données sur les résultats de son application.
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- L’Office départemental d’O. P. du Nord et l’Office communal de Lille publient un organe trimestriel, Les Archives de VO. P. dans le Nord, dont le rédacteur en chef est M. Lallau, et dont le premier numéro porte la date du premier trimestre de 1937.
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- Brevets d'officiers de la Marine de commerce. — Il y a actuellement pénurie d’officiers dans la marine de commerce, bien que l’Etat garantisse une solde mensuelle minimum de 1.600 francs (outre une indemnité de table de 25 francs par jour à terre). Les études, qui correspondent au niveau du baccalauréat, en vue des brevets, peuvent être poursuivies à l’Ecole nationale de navigation maritime de Boulogne-sur-Mer. L’examen a lieu le 1er octobre de chaque année (et des bourses peuvent être obtenues). On peut entrer à cette école à partir de 16 ans.
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- Le Professeur Miciiotte, de Louvain, a consacré une série de quatre leçons, du 18 au 25 mai, à la psychologie de l’action, au Collège de France, où il avait été appelé à faire les conférences Michonis.
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- Le 12 mai, une réunion intime avait lieu au Laboratoire de Psychologie de la Sorbonne pour le 25e anniversaire de direction du professeur H. Ptùuox. appelé fi succéder è A. Binet, en 1912.
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- RÉUNIONS ET CONGRÈS
- Le programme du XIe Congrès international de psychologie comporte cinq séances générales consacrées, le matin, aux sujets suivants :
- Morphologie des mouvements (M. Michotte), le lundi 26 juillet. — Loi de Veffet dans l'apprentissage (MM. Thorndike et Koffka), le mardi 27. — L'acquisition des habitudes (MM. Myers et Buy-tendijjk), le mercredi 28. —- Développement moteur et mental chez Venfant (MM. Wallon et Gourevitch), le jeudi 29. — Comportements mentaux et conduites humaines, le vendredi 30.
- Les après-midis seront consacrés aux commissions et aux séances de communications, puis aux conférences générales. Celles-ci seront faites par les professeurs P. Janet (dimanche 25), Adrian (lundi 26), Mc Dougall (mercredi 27), Lijria (mercredi 28), Thurn-wald (jeudi 29), Bühler (vendredi 30) et Claparède (samedi 31).
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- 4e 4e
- Le samedi 24 juillet, la Société de Biotypologie organise une réunion internationale consacrée aux méthodes d’examen de la personnalité.
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- 4c 4c
- Le IIe Congrès international d'hygiène mentale se tiendra à Paris, au Centre Marcelin-Berthelot, du 19 au 25 juillet, sous la présidence du Dr Ed. Toulouse. Parmi les rapports, très nombreux, prévus, nous relevons les suvants :
- Les conditions et le rôle de l’eugénique dans la prophylaxie des maladies mentales (Prof. Rüdin), lundi 19 juillet.
- L’hygiène mentale à l’école et à l’Université (Prof. Bosch), mardi 20 juillet, n
- L’hygiène mentale du travail intellectuel (D1' C. S. Myers), mardi 20 juillet.
- L’hygiène mentale dans l’orientation professionnelle (J.-M. Lahy), mardi 20 juillet.
- Communication du Prof. Plinio Olinto sur Psychologie et O. P.
- Le rôle de l’hérédité et de la constitution dans la biologie des troubles de l’esprit (Prof. Kretschvier), mercredi 21 juillet.
- Le rôle des conditions sociales dans la genèse des troubles mentaux (Prof. Mira), mercredi 21 juillet.
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- La prophylaxie cle l’alcoolisme (Prof. W. R. Miles), mercredi 21 juillet.
- Il est prévu diverses visites d’institutions psychotechniques et d’assistance (en particulier les Laboratoires de la S.T.C.R.P., des chemins de fer de l’Etat et du Mord).
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- Un Congrès international de médecine appliquée à Véducation physique et aux sports se tiendra à Paris, du 11 au 17 juillet 1937, sous la présidence des professeurs Carnot et Latarjet.
- Quatre sections sont prévues : biologie sportive ; éducation physique scolaire et post-scolaire ; sports, orientation et contrôle ; incidents et accidents des sports (médecine et chirurgie).
- Le secrétariat du Congrès se tient au Comité national d’éducation physique et des sports, 45, rue de Clichy, à Paris.
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- Une Journée d'O. P., organisée par l’Association générale des orienteurs de France, aura lieu à Paris le lundi 27 septembre prochain.
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- Le Ier Congrès international de Sociologie de l'enfant aura lieu au Musée Pédagogique les 7 et 8 juillet, organisé par MM. Le-imuN et Varagnac et Mme Laiiy Hollebecque.
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- Le Comité d’entente des écoles françaises de Service social (Mme Oberkampf, 201, rue du Faubourg-Saint-Honoré), organise, le 10 juillet, une journée d’études consacrée au Service social, sous la présidence de Mme Brunschwicg.
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- Le programme du Ier Congrès international de Psychiatrie infantile est le suivant :
- Samedi 24 juillet, à 9 h. 30, séance d’ouverture. Rapport sur les bases neuro-physiologiques de la psychiatrie infantile.
- Lundi 26 juillet, à 9 h. Rapports sur les réflexes conditionnels en psychiatrie infantile.
- Mardi 27, h 9 h. Rapports sur les méthodes d’éducation selon les troubles de l’intelligence et du caractère chez l’enfant.
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- Mercredi 28, à 9 h. Rapports sur La débilité mentale comme cause de délinquance infantile et juvénile.
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- Le Conseil national de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne s’est réuni à Paris, les dimanche 16 et lundi 17 mai.
- Après étude de diverses questions concernant les jeunes travailleurs- malades, les loisirs, les conventions collectives et les jeunes travailleurs, la prolongation de la scolarité, un ordre du jour fut voté à l’unanimité, dont voici les dispositions principales :
- La Jeunesse Ouvrière Chrétienne salue avec joie la prolongation de la scolarité, maintes fois réclamée dans ses campagnes, décide de faire connaître au cours de son prochain Congrès les 16, 17, 18 juillet sa pensée sur les programmes scolaires à envisager. Souhaite qu’un gros effort soit fait pour une meilleur organisation de l’orientation professionnelle en France, et demande :
- 1° Ouc dans chaque département soit créé un Centre d’orientation professionnelle pouvant rayonner dans les principales localités de ce département.
- 2° Qu’un Centre national de statistique soit organisé pour renseigner utilement sur les besoins des différentes activités professionnelles en vue d’obtenir un meilleur regroupement de la jeunesse travailleuse.
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- Un Congrès international de médecine scolaire incorporé dans les journées internationales de La Santé publique se tiendra à Paris du 1er au 3 juillet 1937.
- Les trois questions principales mises à l'ordre du jour sont :
- 1° rapport du médecin inspecteur dés écoles avec le corps enseignant et les parents ;
- 2° les conséquences sociales de l’inspection médicale des écoles ;
- 3° l’éducation physique à l’école primaire.
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- Le 7e Congrès international de F Organisation se tiendra, en septembre 1938, à Washington.
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- La Vie de l’Institut National d’Orientation professionnelle
- La neuvième année d’enseignement de notre Institut s’est terminée par les examens de fin mai.
- Il y eut cette année dix-huit candidats, dont quatre qui avaient échoué l’année précédente.
- Sur ces dix-huit candidats, six ont échoué aux épreuves pratiques.
- Les candidats étaient représentés par treize femmes et cinq hommes. Cette année, tous les candidats étaient français, sauf une femme de nationalité grecque.
- Voici les noms des élèves diplômés dans l’ordre déterminé par le nombre de points obtenus : MIIe Argout (mention bien) ; M. P.ellé (mention bien) ; M. Cosnefroy (mention bien) ; M. Pillot (mention assez bien) ; MUe Soudant (mention assez bièn) ; Mlle Pougnet (mention assez bien) ; Mlle Xydi'as ; ex æquo : MUes Malaval et M. Foliau ; M. Veillas ; MUe Hurel ; MUe Joslow.
- L’écrit comprenait trois épreuves :
- 1° Epreuve de psycho-pédologie à choisir parmi les trois sujets suivants :
- Premier sujet (M. Wallon). L’activité musculaire de l’enfant. Pourquoi, comment l’éduquer.
- Deuxième sujet (M. Piéron). La notion d’aptitude. L’éducabilité des aptitudes, leur diagnostic et pronostic.
- Troisième sujet (M. Piéron). L’utilisation du calcul des corrélations en orientation professionnelle (S’abstenir de démonstrations mathématiques).
- 2° Epreuve d’économie politique, d’organisation, de sélection, à choisir parmi les trois sujets suivants :
- Premier sujet (M. Noyelle). Le Prix de revient. Les éléments des problèmes posés.
- Deuxième sujet (M. Fontègne). Vous exercez vos fonctions de conseiller d’O. P. dans une ville de 35.000 habitants. Vous désirez connaître les désirs professionnels des enfants sur le point de quitter l’école.
- Comment procéderez-vous ? De quelle manière utilisez-vous les renseignements que vous avez recueillis ?
- Troisième sujet (M. Lahy). Quels renseignements d’ordre psy-chologiques peut-on obtenir de l’instituteur et de la famille et dans
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- quelle mesure peuvent-ils servir de contribution à l’O. P. d'un enfant. ?
- 3° Epreuve de psychologie, psychiatrie et pathologie générale, à choisir parmi les trois sujets suivants :
- Premier sujet (M. Laugier). Examiner les observations et mesures concernant l’appareil circulatoire.
- Indications à tirer de ces données au point de vue de l’O. P.
- Deuxième sujet (M. Paul-Boncour). L’orientation professionnelle des cardiaques.
- Troisième sujet (M. Paul-Boncour). L’orientation professionnelle des épileptiques.
- La Vie de l’Association des Anciens Élèves de fl. N. 0. P.
- Toujours soucieuse d’aider à la formation professionnelle de ses adhérents, surtout en matière de connaissance des métiers, l’Association des anciens élèves de l’I.N.O.P. a poursuivi la série de ses conférences sur les métiers, si heureusement inaugurée l’an dernier. Grâce à l’amabilité et à la collaboration de M. Buron, elle a pu organiser, le 16 décembre, une très intéressante causerie sur les métiers de l’imprimerie, au cours de laquelle des renseignements très précis et fort appréciés des auditeurs, ont été fournis. Avec une compétence toute spéciale et une parfaite compréhension des détails qu’il importe de connaître en matière d’O. P., M. Buron nous a analysé, à l'aide d'explications abondantes, agréables et variées, les principales activités qui s’ouvrent à un adolescent attiré par l'industrie du livre.
- Nous l’en remercions bien sincèrement.
- Nos remerciements vont également à M. Piéron qui a bien voulu mettre une salle de l’Institut à notre disposition pour nos réunions et faire assurer une permanence afin (pie les auditeurs de nos causeries puissent bénéficier des avantages de la bibliothèque de l’Institut, les soirs de réunion.
- Malheureusement, nous déplorons qu’un plus grand nombre de nos sociétaires ne participent pas aux réunions que nous organisons à leur intention. Puisse notre appel être entendu. (La Présidente).
- Assemblée générale du 17 mars 1937
- Malgré la pluie battante, une quinzaine d’anciens élèves s’étaient dévoués pour assister à l’assemblée générale.
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- La présidente, MUe Biscay, malade, s’était excusée.
- Mlle Mamelle, trésorière, lit l’exposé de la situation financière et sa gestion fut approuvée.
- Beaume, secrétaire, dit à nouveau les déceptions des anciens élèves, mais aussi leurs espoirs, puisqu’enfin il semble qu’en haut lieu on veuille réellement réaliser quelque chose. Souhaitons que ce soit très prochainement, pour l'Orientation, pour les anciens élèves et pour l’Association.
- Une discussion générale s’ouvrit sur les travaux de l’année et les travaux à ébaucher.
- Furent réélus membres du Conseil directeur :
- Mlle Biscay, MM. Beaume et Réveillé.
- Conseil directeur du 7 avril
- Le bureau sortant a été maintenu en fonctions :
- Présidente : Mlle Biscay, 10, rue Charles-Di vry, Paris (14e). Tél. Dan. 19.93.
- Secrétaire : M. Beaume, 67, rue du Ranelagh, Paris (16e). Tél. Jas. 50-48.
- Trésorière : Mlle Mamelle, 153, boulevard Brune, Paries (14e). Tél. Ség. 20.24.
- Le Conseil discuta de l’action à mener au nom de l’Association et examina la question du Banquet, qui se sera déroulé dans l’ambiance habituelle quand paraîtra ce bulletin. (Le Secrétaire.)
- La Vie des Centres d’Orientation professionnelle
- Ce Centre, d’une conception originale, possède à sa tête M. L. Mourier, ancien élève diplômé de notre Institut.
- S’appuyant sur celte idée (pie la « réalisation de soi » grâce à un métier bien compris pose un problème de culture ouvrière, l’orienteur veut d’abord faire naître dans l’esprit du garçon l’attrait vers le travail et lui donner la fierté du beau travail.
- Lorsqu’un jeune possède cette orientation totale de son être vers la vie qui l’attend, l’O. P. n’a plus guère qu’à le spécialiser ; c’est pourquoi à ce centre d’O. P. est joint un service de préparation au travail où sont admis les enfants dès l’âge de 12 ans.
- Dans ce service, on entretient l’enfant tour à tour des monographies de métiers et des accidents du travail.
- On lui fait faire en bois et en contreplaqué des bricolages per-
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- mettant de développer chez lui, avec l'amour du travail manuel, le sens du travail en commun. On lui présente des films de métier et on lui fait visiter des usines.
- Ceci fait, de toutes les façons, le Service de préparation au travail engage les parents et les enfants à demander les conseils de l’office d’O. P. proprement dit.
- Cet office à Paris possède un directeur orientateur qui vit à l’office et un médecin. Les enfants y arrivent avec leur fiche de préorientanlion, ils y sont interrogés et ils subissent, après avoir rempli généralement le test Piéron modifié,, une série de tests individuels que nous indiquons et dont nous donnons l’étalonnage établi par M. L. Mourier.
- Ces tests sont :
- 1° Rapidité. — Les disques de Waltber. Otilre la rapidité, cette épreuve très simple permet de déceler les sujets non méthodiques
- (la réciproque n’est pas vraie : les pions changés très régulière-
- ment ne sont pas toujours une preuve suffisante pour apprécier un sujet méthodique). La disposition des disques permet, de plus, d’apprécier le fini apporté dans le travail.
- Centilage (sur 194 garçons)
- 1 10° 20° 30° 40° 50° 00° 70° 80° 90° 100°
- 125 137 142 147 152 152 157 157 102 107 189
- -• — en secondes.
- 2° Efficience. — Pour cette épreuve d’attention, nous employons les circonférences concentriques d’après les indications données par Toltchinski (1). (Etalonnage en cours.)
- Il nous a paru utile, avant de commencer le chrnométrage, de faire faire une ligne d’essai pour s’assurer que le sujet a bien compris.
- 3° Mémoire motrice. — Nous utilisons un appareil basé sur le principe du Kinésiergographe de Michotte.
- Centilage (sur 135 garçons)
- 1 10° 20° 30° 40° 50° 00° 70° 80° 90° 100°
- 7 14 14 18 18 22 22 20 30 34 50
- (1) Bulletin de l’Office d’ O. P. de Bruxelles, n* 28.
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- Les chiffres indiquent les coefficients d’erreurs en millimètres. Cette épreuve donne également dés renseignements sur l’émotivite.
- 4° Mémoire visuelle. —< L'appareil, conçu par le D1 Fay, est actuellement utilisé. Il se compose de quatre boîtes portant chacune neuf boulons. Un seul bouton par boîte fait allumer la lampe.
- On demande au sujet : de recher les boulons contacteurs'et de se rappeler sans erreur leurs emplacements.
- Cet appareil est très utile pour apprécier la méthode dans la recherche et le genre de mémoire visuelle (spaciale, géométrique, arithmétique). (Etalonnage en cours.)
- 5° Dextérité. — Notre dextérimètre met le sujet dans l’obligation d’exécuter une translation horizontale de la main et de l’avant-bras en suivant une droite de bout en bout (ce geste se retrouve dans de nombreux métiers : ajusteurs, menuisiers, etc...).
- Le sujet fait dix épreuves avec chaque bague. Si La clé touche la barre dans la partie 0/10 on retranche un point ; dans la pariie 10/20 on retire deux points ; dans la partie 20/25 on retire trois points.
- Centilack (sur 112 garçons, max. 90 points)
- 1 10° 20° 30° 40° 50° 00° 70° 80° 90° 100°
- 79 72 G7 02 02 57 57 . 57 52 47 40
- 0° Force musculaire. — Elle est examinée au dynamomètre simple. (Deux épreuves pour chaque main.)
- 7° Fatigabilité. — Quelques graphiques ont été obtenus avec le dynamographe de Charles Henry.
- Après être passé devant l’orienteur, le garçon est examiné par le médecin.
- Voici les mesures prises
- 1° Poids. Taille.
- 2° Système pulmonaire : Périmètre thoracique, capacité vitale.
- 3° Appareil circulatoire : L. Pachon.
- 4° Vision : Elle est mesurée à l’échelle optométrique du Dr Ar-maignac. Pour la vision des couleurs, nous employons les tableaux mosaïques du Dr Schaaff.
- 5° Ouïe : L’acouscopc du Dr Relier donne des indications pratiquement satisfaisantes.
- Après l’examen médical, le garçon revient dans le bureau de l’orienteur. Le dossier complet permet alors de donner un avis sur l’orientation à envisager.
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- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- Fr. J. Keller et M. S. Viteles. — Vocational Guidance trou-ghoujt the World. In-8° de 575 pages, New-York, Norton et C°, 1937.
- Dans ce bel ouvrage, qui représente le fruit d’un effort considérable de documentation directe, et donne un tableau exact et complet de l’organisation actuelle de l’O. P. dans le monde, les auteurs passent en revue successivement les Etats-Unis, l’Angleterre, l’Allemagne, la France, l’U.R.S.S. et la Suisse. Puis, après deux chapitres consacrés aux méthodes psychologiques utilisées en O. P. et pour l’analyse individuelle (tests utilisés en tous pays, avec quelques données rétrospectives), les chapitres suivants concernent l’Italie, l’Espagne, la Scandinavie, la Hollande, la Belgique, un ensemble de contrées plus lointaines (Australie, Sud africain, Chine et Japon), et enfin une esquisse comparative. Le livre s’ouvre sur une collection de photographies pittoresques et s’achève par la reproduction en appendice de nombreux documents, fiches, tests, questionnaires, programmes, etc.
- En résumé, un ouvrage fondamental pour la documentation en O. P. H. P.
- J.-M. Laiiy et S. Korngold. — Recherches expérimentales sur les causes psychologiques des accidents du travail. In-8° de 73 p. — Publications du Travail humain, série B, n° 5, Paris, Conservatoire national des tests et métiers, 1936.
- Relation détaillée d’une importante série de recherches poursuivies au Laboratoire de Psychotechnique des Chemins de fer du Nord, et qui ont abouti à des règles provisoires d’élimination permettant, par une sélection convenable, de placer 60 % des sujets qui se blessent dans des postes comportant moins de risques.
- H. P.
- Compte rendu des travaux du deuxième Congrès de la Technique du Bureau. In-8° de 280 pages. — Paris, Delmas, éditeur, 1936.
- Dans ce compte rendu, très vivant, figurent les communications, et discussions qu’elles ont suscitées, en particulier dans la séance consacrée aux problèmes pédagogiques (enseignement commercial, sténodactylographie, sténotypie, etc.). R.
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- 9e Année
- N° 7
- Juillet 1937
- BULLETIN
- DE
- l’Institut National d’Orientation Professionnelle
- QUELQUES DONNEES
- sur l’Intelligence logico-verbale et les Aptitudes techniques pour l’Orientation vers la Carrière d’ingénieur
- par M. J. BRUYÈRE
- J’ai apprécié, dans mes classes de préparation aux écoles-nationales d’Arts et Métiers, la vive intelligence d’élèves qui joignaient l’esprit de finesse à l’esprit de géométrie, et qui, par la suite, ont justifié mes espérances ; mais j’en ai connu d'autres qui ne me semblaient pas réunir les qualités nécessaires pour la profession d’ingénieur et que les chances d’examen favorisaient singulièrement. Ici comme ailleurs, les notes scolaires et les succès aux concours ne désignent pas toujours les jeunes gens pourvus des meilleures aptitudes.
- 11 y faudrait plus de méthode scientifique. Les récents travaux de la psychologie expérimentale peuvent nous aider mais à condition d’être prudents et patients dans nos recherches.
- La fonction de l’ingénieur d’Arts et Métiers est complexe : il s’occupe à la lois de problèmes matériels, de problèmes d’idées et de problèmes humains ; il est analyste, géomètre et praticien ; il doit allier la hardiesse d’invention de l’artiste à la réflexion mathématique du technicien. La nature de son travail, même spécialisé, suppose d’indiscutables connaissances générales et techniques, mais sa profession demande l’application des connaissances acquises à des problèmes nouveaux. Si l’intelligence consiste à penser des rapports entre les concepts et des rapports conformes à ceux qui existent entre les choses, l’art de l’ingénieur, du « constructeur d’engins », est par excellence, l’art de penser appliqué aux choses. Ici, la matière sanctionne les vérités ou les erreurs de l’intelligence.
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- — ils
- Art de penser et d’exprimer la pensée. « Il n'y a pas de géométrie sans la parole », dit l’Eupalinos de Valéry. Outre ses aptitudes et ses connaissances manuelles et graphiques, l’ingénieur devra donc avoir une bonne intelligence logico-verbale avec prédominance de l’invention et de très bonnes a p ti t u des techniques.
- Je me suis limité à ces recherches de 1 1.' logico-verbale el des aptitudes techniques, sur un groupe de cinquante-huit élèves, pris dans mes classes d’orientation vers les sections préparatoires aux écoles d’Arts et Métiers, sans préjudice d’expériences sur des groupes d’élèves plus nombreux el de recherches ultérieures sur les aptitudes mathématiques ou graphiques. Mes données sont fragmentaires, incomplètes et provisoires. Mais il faut sérier les difficultés pour les mieux résoudre.
- J’ai choisi les épreuves combinées, lre et 2b séries, de M. Foucault, pour mesurer l’intelligence logico-verbale avec dominance du travail inventif. Ces lests, que leur auteur a commencé d’étalonner vers 1924, et qu’il a publiés en 1933, permettent d’établir le O. D. et le O. 1. pour chaque sujet. En 1927, leur coefficient de corrélation avec la méthode Binet-Simon a été de 0,80. Vers 1930 j’ai recopié sur le manuscrit les premières normes d’étalonnages modifiées depuis. On peut critiquer la division des âges en jours, mais les normes sont très fines et les détails techniques sur leur emploi, très précis. Je me suis souvent servi de ces épreuves pour rechercher le c. de corrélation entre 1 ’intelligence et les connaissances scolaires (1). J’ai fait subir ces épreuves à trois ans d’intervalle, 1934-1936, aux mêmes sujets et la constance des tests s’est affirmée par l'insignifiance des variations du O. D. el du Q. 1., ou par des variations significatives. Enfin, j’ai noté la grande prédiçtivité des lests : en 1930, ayant soumis aux E. C. deux frères jumeaux, Dul. G. et Dut. B., élèves de la section préparatoire aux Arts et Métiers, j’ai pu suivre, depuis celte époque, les deux frères dans leur vie scolaire et professionnelle et les pronostics des épreuves se sont pleinement justifiés ; de même pour d’autres élèves.
- (1) J. Bruyère. — Quelques données sur les résultats d’une application scolaire de tests d’intelligence (B.I.N.O.P., octobre 1934).
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- Pour la détermination des aptitudes techniques, j’ai employé les fiches A et B de M. Piéron, publiées en juin 1934 ; ces fiches, d’un usage commode et sûr, font la distinction psychologique entre la forme élémentaire et la forme supérieure de 1 1. technique ; elles étudient au moyen d’une vingtaine de lests, les opérations mentales techniques prédomi-minantes, classées en quatre catégories :
- Observation et compréhension spatiale ;
- Imagination spatiale ; intelligence mécanique ,
- Compréhension de mouvements'.
- Elles permettent enfin d’obtenir, pour chaque sujet, un profil d’A. T. d’après des étalonnages établis pour chaque point du profil, et d’analyser, en conséquence, avec précision, les cas individuels.
- Résultats
- I. — Corrélation ordinale entre les épreuves combinées et les tests d’aptitude technique (formule de Sparman) : 0,41.
- II. — Corrélation entre les épreuves combinées et le classement scolaire semestriel en mathématiques : 0,32.
- III. — Corrélation entre les tests d’aptitude technique et le classement scolaire semestriel en mathématiques : 0,45.
- 1\ . — Corrélation entre les tests d’aptitude technique et le classement semestriel en travail manuel : 0,22.
- Ces coefficients ne sont pas très élevés ; leur faiblesse tient surtout à la diversité et à la complexité des fonctions étudiées, et, sauf pour les tests, aux rapports toujours mal définis entre connaissances scolaires et aptitudes.
- Pour le c. de corrélation 0,22, l’examen des rangs et des notes nous montre qu’il ne faut pas confondre l’aptitude technique avec l’aptitude manuelle. Ces deux aptitudes font appel à des facteurs variés qui peuvent ne pas coexister chez le meme individu. Ainsi, l’exercice, l’effort musculaire, l’adresse et l’agilité physiques interviennent dans l’aptitude manuelle, tandis que les aptitudes techniques, tout en réclamant la visualisation des formes et des volumes, dépendent surtout de représentations Spatiales abstraites. Se représenter un méca-
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- nisme n'est pas le faire fonctionner. D’ailleurs, les corrélations faites, lors de l’établissement de la fiche, entre la réussite des enfants dans un métier et leur réussite dans les divers tests d’aptitude technique furent très variables suivant les épreuves ou les métiers et souvent peu élevées. De même, les corrélations entre l’intelligence et les lests moteurs de Stenqvist, avec appareillages, mécanismes à monter et à démonter, varient entre 0,09 et 0,20.
- L’indice 0,41 me semble satisfaisant en raison de la diversité des fonctions étudiées. Les travaux de .1. Monnin, sur la parenté ou l’indépendance < ntre les formes d’intelligence, montrent que le coefficient entre l’intelligence logique et l’intelligence générale, obtenu avec la fiche psychologique Piéton, est de 0,47 pour les garçons et de 0,41 pour les filles, alors que les corrélations n’atteignent que :
- 0,14 entre I L logique et I L numérique ;
- 0,19 entre 1 1. verbale et numérique ;
- 0,19 entre 1 1. générale et numérique ; et qu’elles sont encore plus faibles pour les filles.
- S’il existe un facteur spécial (m) d’aptitude manuelle, ce facteur doit tendre à se combiner, dans les aptitudes techniques, avec le facteur (g) d’intelligence générale, dont l’intelligence logique sera la plus rapprochée.
- Les aptitudes techniques auraient donc une parenté plus grande avec l’intelligence qu’avec les aptitudes manuelles. Cette hypothèse est confirmée par les indices 0,32 et 0,45, peu élevés en raison des troubles qu’apportent peut-être les écarts de rangs entre les épreuves et les notes scolaires, où se pose toujours le problème de la confusion entre connaissances et aptitudes, mais très significatifs, puisque l’indice 0,45 souligne la parenté-entre ces deux fonctions mentales, si importantes pour l’ingénieur, aptitude technique et aptitude mathématique, et leur prédominance par rapport à l’I. logi.co-verbale et surtout à l’aptitude manuelle.
- Après avoir dégagé le sens général des corrélations, j’ai procédé à l’examen des cas individuels.
- .l’ai d’abord divisé mes élèves en six groupes, suivant leur .rang dans chacun.des deux lests el leur classement scolaire,
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- le même élève pouvant d'ailleurs être classé dans deux groupes différents.
- Premier groupe. — Il s’agit d’élèves bien doués, dont les tests el les notes scolaires, l’examen du O. D. et du profil technique, révèlent un équilibre mental favorable à la carrière d’ingénieur.
- Deuxième groupe. — Ce groupe comprend cinq élèves aux bonnes aptitudes techniques el à l'intelligence plutôt mathématique, mais dont le rang dans les épreuves d intelligence logico-verbale est médiocre. On ne saurait sans doute leur déconseiller de se préparer aux Arts et Métiers s’ils en manifestent le désir, mais il faudrait suivre de près leurs efforts de compréhension et d’invention littéraires.
- Troisième groupe. — Ce groupe est composé de huit élèves dont l’intelligence.est nettement logico-verbale et donl les aptitudes techniques ou même manuelles sont médiocres. On doit leur déconseiller de se préparer aux écoles d’Arts et Métiers
- Quatrième groupe. — Il comprend des élèves aux aptitudes intellectuelles el techniques insuffisantes, mais qui réussissent à l’atelier.
- Enfin, les deux derniers groupes comprennent chacun cinq élèves qui déterminent par leurs* fortes différences de rangs, entre les divers classements, un abaissement sensible des corrélations. Les uns sont doués, mais peu travailleurs ; les autres sont travailleurs mais peu doués. Les uns et les autres — à moins d’une révision toujours possible des valeurs -ne peuvent suivre une préparation qui exige de sérieuses qualités de travail et de réelles aptitudes techniques.
- Tous ces élèves sont intéressants au point de vue psychologique, mais l’analyse des cas individuels doit porter spécialement sur les sujets des deux premiers groupes.
- Exemples : Rangs : (1) 1. Logico-verbale ; (2) A. Technique ; (3) Atelier ; (4) Mathématiques.
- Elève Pep. — Rangs : 4, 7, 26, 6. — O. D. : 1,39.
- Profil d’aptitudes techniques : 16 points supérieurs au médian ; 2 points inférieurs au médian dans l’observation el la compréhension spatiale.
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- Elève Ber. — Rangs : 1, 17, 20, 2. — O. D. : 1,36.
- Profil d’A. T. : 14 points supérieurs au médian ; profil irrégulier dans l'observation spatiale.
- Elève Berth. — Rangs : 12, 11, 19, 5. — O. D, : 1,34.
- Profil d’A. T. : 12 points supérieurs au médian ; profil très irrégulier dans l’intelligence mécanique et la compréhension des mouvements.
- Elève Trint. — Rangs : 7, 24, 17, 19. — O. I). : 1,30.
- Profil d’A. T. : 13 points supérieurs au médian ; profil irrégulier, sauf pour la compréhension des mouvements.
- Elève Jou. -— Rangs : 35, 10, 29, 11. — 0. D. : 1,12.
- Profil d’A. T. : Bonne observation el compréhension spatiale et bonne intelligence mécanique.
- Elève Jus. — Rangs : 38, 1, 7, 15. — O. D. : 0,84.
- Profil'd’A. T. : 16 points supérieurs au médian ; 1 point inférieur au médian dans l’intelligence spatiale ; 1 point inférieur a*u médian dans l’intelligence mécanique.
- Les quatre premiers élèves appartiennent au premier groupe ; dans les autres groupes, les irrégularités de profils sont plus accentuées ; il en résulte une grande variété de combinaisons entre les catégories d’aptitudes techniques. L’élève C. L., l’un des sujets les plus faibles du quatrième groupe (rangs : 58, 53, 9, 53. — O. D. : 0,54) présente un profil très irrégulier, avec 14 points inférieurs au médian. Tous ces profils sollicitent l’attention la plus fine. Ainsi, l’exemple de l’élève Jus. (deuxième groupe) montre l’importance (K O. D Les aptitudes techniques de cet élève sont très bonnes, mais le quotient de son intelligence logico-verbale est nettemenf inférieur à son (j. D., et c’est là un fait qui doit retenir l’observation du psychologue.
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- Ces modestes résultats nous rappellent que les aptitudes techniques sont plus rapprochées des formes de l’intelligence que l’aptitude manuelle avec laquelle on ne doit pas les confondre, et qu’il existe un interdépendance appréciable entre ces aptitudes et l’I. logico-verbale, malgré la diversité et la complexité des fonctions. En sorte qu’un élève, dont le O. D. et le 0. I. sont très bons dans les épreuves combinées et dont le profil d’aptitudes techniques se dessine dans les premiers déciles, devrait devenir un excellent ingénieur d’Arts et Métiers.
- Mais ces quelques données sur l’I. logico-verbale et les aptitudes techniques d’un petit nombre de sujets n’ont qu’une valeur indicative et relative. Il faut renouveler ces expériences sur de grands nombres ; vérifier leur constance ; rattacher ces données et celles des expériences ultérieures à d’autres points du profil professionnel. Ces recherches n’atteignent peut-être pas le fonds intime de l’homme d’où naissent les sentiments et les ultimes raisons du cœur. Mais, l’analyse des troubles affectifs — défaillances de l’attention de l’intérêt ou de l’effort mental, excitation des tendances émotives, malaises organiques, évolution pubérale — ne préjuge pas l’impossibilité d’aborder le problème des aptitudes par l’investigation scientifique. 11 y faut seulement, avec une méthode patiente, un sens de l’humain que la psychologie quantitative doit enrichir de faits positifs parce que, suivant le mot de Léonard de Vinci, « aucune investigation humaine ne se peut appeler vraie science, si elle ne passe par les démonstrations mathématiques ».
- Jean Bruyère,
- Professeur à l'Ecole pratique de Nîmes.
- NOTES ET DOCUMENTS
- L'Orientation Professionnelle à Vienne
- 0271 garçons ont quitté, cette année, les écoles primaires de Vienne (Haupt-und Volkssehulen).
- Sur ce nombre, 164 (44) désirent exercer un métier agricole ;
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- 16 (46) un métier du groupe : pierres et terres à feu;
- 196 (123) un métier du bâtiment ;
- 2867 (1555) un métier de La mécanique ;
- 418 (254) un métier du bois ;
- 24 (44) un métier des cuirs et peaux ;
- 19 (58) un métier des industries textiles ;
- 415 (357) un métier du vêtement, dont 214 cordonniers ;
- 269 (149) un métier des arts et industries du Livre ;
- 1947 (473) un métier de l'alimentation ;
- 1196 (798) un métier commercial;
- 401 (216) le métier de coiffeur ;
- 225 des métiers divers ;
- 70 sont indécis;
- 8 désirent être manœuvres et 1036 continuer leurs études.
- Le nombre indiqué plus haut entre parenthèses montre les places d’apprentissage vacantes mise à la disposition des offices d’orientation professionnelle.
- Les chiffres les plus élevés des désirs exprimés, nous les trouvons chez les futurs mécaniciens (1816), vendeurs (933), boulangers (756), bouchers (549), électriciens (397), serruriers (386). menuisiers (379).
- Nous ne rencontrons que 2 couvreurs. 3 tailleurs de pierres, 5 maçons, 5 forgerons, 7 charpentiers ; il est vrai de dire qu’il n’y a que 2 places d’apprentissage vacantes pour couvreurs, mais, par contre, 35 pour maçons.
- Quant aux 9109 jeunes filles, voici leurs choix :
- 2346 couturières (782)
- 2300 vendeuses (569)
- 855 coiffeuses (176)
- 648 employées de bureau (569) ensemble 445 employées d’administration 368 jardinières d’enfants 229 bonnes d’enfants.
- 201 institutrices
- 200 infirmières < - -- -
- 149 bonnes à tout faire 124 dessinatrices en figurines de modes 94 modistes (173)
- 86 cuisinières 43 1 ingères (300) etc., etc...
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- Tableaux plus que disparates, comme on le voit, et qui justi-lient, une lois encore, la place que I' « économique » doit jouer en orientation professionnelle.
- .1. F.
- Les Aptitudes fondamentales selon Thurstone
- On sait que les recherches statistiques entreprises à la suite de Spearman pour l’analyse de la personnalité mentale se poursuivent très activement, et que le psychologue américain Thurstone, qui a élaboré des méthodes simplifiées d'analyse factorielle, s’y emploie assidûment depuis plusieurs années.
- Thurstone a donné au dernier Congrès de T American Psycholo-gioal Association (1) un bref résumé des résultats auxquels il pense avoir abouti en appliquant sa méthode à T élaboration statistique des données fournies par l’application à 240 étudiants de 56 tests différents (soit 15 heures de travail au total pour chacun), lests variés de nature verbale, numérique, visuelle, etc...
- Il est apparu que 7 facteurs indépendants étaient nécessaires et suffisants pour rendre compte de T ensemble des corrélations obtenues. A ces 7 aptitudes (liabilities), de signification psychologique. Thurstone, en première approximation, attribue les désignations suivantes :
- Capacités d’imagerie visuelle, de vitesse perceptive, de mémoire, tle plasticité verbale, de facilité numérique, d’induction, et d’invention de relations verbales.
- Cette identification des aptitudes essentielles ne s’accorde pas avec celle (pie Spearman dégage de son côté de ses efforts d’élaboration. H. P.
- *
- * *
- L’Enquête de Besançon sur l’Orientation intellectuelle des écoliers
- La Section franc-comtoise de la médecine générale française ayant entrepris une enquête, dont les résultats ont été publiés dans le Bulletin de l’fns-titut d’éducation physique de l’Université de Besançon (mars 193G), nous avons jugé intéressant de reproduire ici les questions qui avaient été posées, quelques réponses, et surtout les conclusions dégagées, pour chacune de ces questions, de l’ensemble des réponses, par M. Duveunky.
- Première question
- ( ’onnaissez-vous des enfants qui, très insuffisants dans les basses classes et même pendant toute leur période scolaire, ont pu
- (1) Cf. Psychologie al Bulletin, XXXIII, 9, 193G, p. 780.
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- être plus tard distingués dans les différentes branches où ils ont orienté leurs .activité ?
- Quelques réponses
- M. Alengry, recteur ù Besançon :
- « Très insuffisants », non et jamais médiocres ; engourdis, indifférents, quelquefois. Ils se sont réveillés plus tard, les uns après la puberté, les autres après le lycée, soit au P. ('. \., soit au droit, mais jamais aux sciences et aux lettres. »
- M. l’abbé Flory, aumônier aux lycées :
- « Quantité d’enfants médiocres dans les basses classes et même pendant toute leur période scolaire, se déchrysalident tout d’un coup et deviennent capables d’obtenir d’excellents résultats. Je me souviens de tels élèves, que je pourrais nommer qui, en seconde, en première encore, ne s’intéressaient pas aux classes, n’atteignaient jamais les notes moyennes, et que les parents, découragés, avaient la tentation d’engager dans quelque métier manuel ; subitement, en première ou plus souvent au cours d’une seconde année de première, ils se sont révélés excellents.
- « Peut-être y avait-il chez eux une insuffisance physiologique qui, disparue, leur a permis de se déployer. Mais je dois dire que la plupart présentaient, à qui savait observer, des aptitudes très définies à certains ordres de discipline. Une fois levés les obstacles, fréquemment souS l’impulsion d’un maître sachant discerner les esprits, ces jeunes gens, devenus capables de travailler personnellement, retrouvaient le bénéfice de tout ce qu’ils avaient confusément acquis auparavant, et se piquant au jeu, arrivaient à de parfaits résultats. »
- M. le Dr Desruellcs, à Saint-Ylie :
- « Oui, il s’agit dans ce cas :
- « 1° D’enfants dont le développement intellectuel est retardé par insuffisances endocriniennes légères ;
- « 2° Ou d’enfants retardés de cause sociale et parmi ceux-ci ceux qui n’ont pas fréquenté régulièrement 1 école pour cause de maladie ;
- « 3° Ou dont la mémoire s’est développée tardivement. U es enfants retardés peuvent à l’adolescence et même plus tard se distinguer, bien que parfois leur culture generale reste insuffisante. »
- M. le Dr Sexe, à Besançon :
- « Oui, j’ai connu un cancre fantastique qui a fini dans la peau d’un prix de Rome. »
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- Conclusions
- De ces réponses, nous pouvons tirer plusieurs déductions :
- D’abord on ne saurait rien faire de ceux qui, manifestement, ne comprennent rien.
- Il y a là peut-être un premier tri que l’on pourrait opérer.
- Ensuite, les cas cités sont manifestement des cas exceptionnels, des cas particuliers, ceci ressort bien d’ailleurs des réserves faites à la quatrième question.
- En dernier lieu, il apparaît qu’à part les cas pathologiques susceptibles de traitement médical (endocriniens) et que le résultat du traitement permettra seul de classer, les sujets en question sont surtout, comme le dit si bien M. Becker, des parascolaires, qui deviennent bons lorsque l’on a su profiter de leurs aptitudes.
- L’influence d’un bon éducateur paraît, dans ce cas, capitale, après qu’une bonne inspection médicale scolaire aura permis d’instaurer les thérapeutiques nécessaires.
- Deuxième question
- La majorité des sujets que vous connaissez actuellement comme ayant joué un rôle utile dans la collectivité ont-ils été, au moment de leurs études, de bons ou de mauvais élèves ?
- Conclusions
- Toutes les réponses reçues ont été : « bons », ceci corrobore le caractère exceptionnel des réponses « oui » à la première questi n.
- A noter la réponse de M. Dons, proviseur du Lycée Victor-Hugo, qui signale les précautions prises pour n’éliminer que les sujets •< très insuffisants », sans se baser uniquement sur le résultat aléatoire d’un examen.
- Troisième question
- Pouvez-vous donner approximativement l’Age où les dispositions des enfants commencent à s’affirmer ?
- Conclusions
- La presque unanimité des réponses fixe cet Age entre 13 et 14 ans pour les filles, au-dessus de 15 ans pour les garçons (membres de renseignement), 14 ans (médecins).
- Des réponses ci-dessus et de la discussion, il résulte qu’on peut faire très tôt une première discrimination : les instincts artistiques et, de calcul, je dis à dessein les « instincts », on sait que ïnaiidi, le fameux calculateur, ne pouvait résoudre des problèmes, même faciles, nécessitant un raisonnement.
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- Les Lettres viennent plus tard et ensuite les sciences.
- S’agit-il d'une métamorphose endocrinienne, comme le dit le professeur Ledoux en ce qui concerne les facultés autres que la mémoire et l’instinct ?
- Quatrième question'
- Parmi les sujets que vous connaissez ci qui ont fini par percer, la majorité a-t-elle été :
- Bonne dans les .petites classes ?
- Bonne dans les grandes classes ?
- Bonne en philosophie ?
- Bonne dans renseignement supérieur ?
- Mauvaise dans les petites classes ?
- Mauvaise dans les grandes classes ?
- Mauvaise en philosophie ?
- Mauvaise dans l’enseignement supérieur ?
- Conclusions
- Presque toutes les réponses disent « bons partout ».
- Nous avons affaire probablement ici h une moyenne générale, ne comprenant pas uniquement des sujets brillants, exceptionnels, pour lesquels, comme le dit M. Becker, un diplôme qui scandalise les professeurs est un bon signe.
- ClNOt IÈME QUESTION
- Connaissez-vous enfin des sujets qui, très bons à l’un quelconque des stades mentionnés ci-dessus, sont devenus tout à fait quelconques ou franchement insuffisants en ce qui concerne leur activité sociale ?
- 11 y a là aussi une série de cas particuliers et aussi, avant tout, comme le disent les professeurs Ledohx et Gossot, les facultés intellectuelles ; mémoire par exemple, peuvent donner le change pendant les éludes ci ne pouvoir remplacer, plus tard, l'esprit d initiative ei l'énergie. Il \ a toute la différence entre la théorie enseignée dans les classes et la pratique enseignée par ia vie.
- Ceci nous amène d'ailleurs à la sixième questioip
- Le pourcentage de réponses a été le suivant : 14 oui, 1 non (médecins), 18 oui, 3 non (universitaires hommes), 9 oui, 7 non (.universitaires femmes).
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- Sixième question
- La personnalité et les capacités du sujel se sont-elles affirmées A partir du moment où il a été en contact avec les réalités de la vie, dans l’exercice d’un métier ou d’une profession ?
- Conclusions
- Oui, ont répondu l'unanimité des médecins et des universitaires hommes ; 12 oui, 2 non, ont dit les universitaires femmes.
- Il y a là un domaine nouveau (prof. Gossot. M. Becker), où, indépendamment du « pas mal de veine», du D1' Bourg-eau, il faut faire preuve de qualités qui, jusque là. n’ont été que peu demandées.
- Septième question
- Connaissez-vous des cas où il a été possible de redresser certaines déficiences organiques ou mentales ?
- Conclusions
- Réponses curieuses, si l’on compare celles des médecins à celles des membres de l’enseignement, la moitié des réponses du corps' médical est négative, alors qu’elle est positive dans la proportion de 8 contre 5 chez les universitaires hommes, 5 contre A chez les universitaires femmes.
- A quoi attribuer ce résultat ? Nous connaissons tous des cas (végétations, insuffisances endocriniennes) où une thérapeutique appropriée a donné d’excellents résultats.
- Ces résultats, d’ordre non seulement physique mais encore intellectuel, ont frappé surtout les pédagogues. Il faut voir là probablement un résultat de l’insouciance des parents et de leur peu cle tendance à montrer au médecin un enfant qui, guéri, n’a plus besoin de ses soins. D’où statistique médicale difficile à établir.
- A noter cependant que beaucoup de réponses font une différence entre les déficiences organiques et mentales. Elles sont affirmatives pour les premières seulement.
- Huitième question
- Connaissez-vous des familles où la vigilance des parents a pu remédier à l’insuffisance intellectuelle des enfants, de sorte que ceux-ci aient pu faire plus tard honorablement leur chemin dans la vie ?
- Conclusions
- Oui, disent les médecins dans la proportion de 9 contre 5, les universitaires hommes 9 contre 7, les universitaires femmes 9 con-
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- Ito 5. < ette hésitation dans les réponses, nous en trouvons la cause dans !e lait suivant : nombreux sont ceux qui disent que, si les parents réussissent avec beaucoup de peine à caser leurs enfants, ils n en tout jamais des sujets exceptionnels. C’est même une mauvaise chose, disait, lofs de la discussion, le Dr Maître, que de faire prendre, dans la société, des places à des sujets qui auraient été avantageusement remplacés par d’autres qui oui eu moins de chance qu’eux.
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- La Personnalité des Léaders
- Le problème de l’aptitude à être chef est particulièrement intéressant. Il a été l’objet d’une étude américaine de Flemming (1) chez les jeunes filles :
- Les élèves de trois classes de la Horace Mann School for Giris (9e, 10'’ et 11e années scolaires, ce (pii correspond aux classes supérieures de nos lycées, à l’exclusion de la première), — ont été étudiées du point de vue de leur aptitude à être chef. Celle-ci a été appréciée objectivement, des points ayant été attribués sur une échelle conventionnelle, d’après les postes occupés par Lintéressée dans les diverses activités sociales de la classe (associations féminines, sportives ou autres, comité de rédaction et d’édition d’une revue publiée par l’école, etc.). Les professeurs ont été invités d’autre part à apprécier « le degré de personnalité » de chaque élève et d’en indiquer divers traits d’après une liste préparée d’avance; chaque élève,ayant été jugée ainsi au moins par trois professeurs.
- La note pour activ ités sociales a donné une corrélation de 9,33 seulement avec l’appréciation des camarades invitées à dire si l’intéressée était « d’une personnalité agréable » ; de 0,50 avec «le degré de personnalité » apprécié par les maîtres. Sur l’ensemble des traits isolés appréciés par les maîtres, la vivacité, 1 étendue des intérêts, L'intelligence, les aptitudes ’au sport, l'originalité et Lilhlétisms fournissent les corrélations les plus élevées avec la note d’activité sociale, de O.'iT à 0,38; la sympathie., la beauté, la propreté, l’attitude souriante se classent au contraire en bas de la liste : corrélations de 0,06 à —0,02 ; il en est de même en ce qui concerne la tolérance, la courtoisie, la bonté, le calme; et la modestie serait un handicap corrélation de —0,19.
- Appliquant à la série des traits étudiés la méthode simplifiée de Thurstone d’analyse factorielle, LA trouve quatre facteurs dont
- (1) A factor analysis of lhe personality of higli school leaders. Journal o{ applied psychology, XIX, 1935, p. 596-605.
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- le premier se Iroiivc centré •;»ulour du Irait désigné sous le nom de « loyauté » (« fairness ») le second autour du trait « originalité » ; le troisième autour de ta « vivacité » ; le quatrième, enfin, autour du trait « voix agréable ». Envisageant dès lors des groupements de traits suivant que l’un ou l’autre >de ces quatre fadeurs y intervient avec une charge positive ou négative (la charge du premier fadeur est, d’ailleurs, toujours positive), l’A. en arrive à distinguer parmi ses élèves huit types de leaders : « l’intéressante » (amusante, intéressante dans la conversation ; les quatre facteurs sont positifs); la «brillante» (les trois premiers facteurs chargés positivement, le quatrième négativement.) ; la cultivée et ayant quelque talent (troisième facteur à charge négative, les autres positifs); la « juste» (les deux premiers positifs, les deux autres négatifs) ; l’athlétique, la sociable (deuxième facteur négatif) ; la « bonne camarade » (deuxième et quatrième facteurs négatifs) ; la « bonne voisine » (tous les facteurs sauf le premier, sont négatifs) ; la « diplomate » (deuxième et troisième facteurs négatifs).
- Prélevant dans chacun de ces huit groupes de traits qui ont conduit à la distinction des huit types sus-indiqués le trait qui a fourni la corrélation la plus élevée avec la note d’activité sociale, on obtient la série suivante de traits isolés : aptitude à être amusante vivacité — étendue des intérêts intelligence athlétisme — aptitude aux sports absence de modestie voix agréable.
- Si l’on retient, dans les appréciations des professeurs, la moyenne obtenue par chaque élève dans les huit traits indiqués, on voit mi coefficient de corrélation de 0,60 avec la note d’activité sociale. La régression est curviligne et permet de conclure que si les huit traits retenus ne garantissent pas. par leur présence, l’élection du sujet aux postes de direction dans l'activité sociale de la classe, ils rendent, par leur absence, cette élection fort peu probable. D. W.
- CONGRÈS
- Dans la série des Congrès qui se sont tenus à Paris, signalons les suivants :
- Le II'' Congrès inlernalional d'hygiène mentale (19-25 juillet), présidé par Ed. Toulouse, et le /or Congrès inlernalional de /usj/-chialric infantile (24-28 juillet), présidé par G. Heuyer, à la Mai-
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- son de la Chimie ; le Congrès international de VEnseignement primaire et de VEducation populaire (23-29 juillet), présidé par A. Delmas, .au Palais de la Mutualité ; le XI' Congrès international de Psychologie (25-31 juillet), présidé par H. Piérox, à la Sorbonne ; le Congrès inter national de la population (29 juillet-Ier août), présidé par A. Landry, à La Maison de la Chimie (avec une séance consacrée à un rapport de Mlle Weinberg sur l’examen biotypologique) ; enfin une réunion extraordinaire de la Société française de biotypologie relative à La coordination des recherches pour l’étude de la personnalité humaine, qui s’est tenue à La Sorbonne le 24 juillet sous la présidence de Ecl, Tm boi si: et H. Piérox, avec rapports de MM. Di jarric de la Rivière, Weismann-Netter, Causse et Spearmax. Un grand nombre d’éminentes personnalités étrangères participèrent à ces divers congrès, parmi les spécialistes de la psychologie de l’enfant, de la psychotechnique', de la biotypologie, parmi lesquels Spearmax, Claparède, M. et Mme Katz, Piaget, Miciiotte, M. et Mme Büiiler, Koffka, Mme J'\-dot-Decholy, C.-S. Myers, W.-R. Miles, Ad. Meyer, Kretschmer, Baby, etc. On eut h1 regret de constater l’absence de plusieurs délégués ruses, espagnols et italiens qui axaient annoncé leur venue.
- Au cours de ces Congrès, de nombreuses visites ont été organisées, en particulier au Laboratoire du travail des Chemins de fer de l’Etat, aux nouveaux laboratoires psychotechniques de la S.T.C.R.P., au service du Dr Heuver, aux écoles de Suresnes, au Palais de la Découverte, etc.
- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE A L’ÉTRANGER
- Nous donnons ci-dessous deux documents fort intéressants émanant de Belgique. Le premier esl une circulaire datée du 10 février 1937, du ministre de l’Instruction publique J. Hoste aux chefs d’établissements moyens et techniques, le second une communication adressée aux instituteurs par le ('entre national (n° 1052, mai 1937A
- Aux termes dos instructions réglementaires, les chefs d'établissement cl les membres du personnel enseignant sont tenus de s'occuper avec une égale sollicitude de l'instruction et de l’éducation des enfants confiés à leurs soins.
- ‘ Dans les conjonctures actuelles, il conv ient de s’intéresser plus que jamais à la jeunesse, et de l’aider à trouver son chemin dans la vie.
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- Nombreux, certes, sont les maîtres qui déjà se soucient de seconder parents et élèves dans le choix judicieux d’une profession, d’un métier, d’une carrière-; mais celle action doit être étendue au plus grand nombre possible de jeunes gens. Elle constitue une véritable nécessité depuis que le gouvernement, dans le but de combattre le chômage juvénile et d’améliorer la valeur générale et technique des jeunes gens, a décrété, comme mesure provisoire, la prolongation de la scolarité obligatoire.
- Cette décision a pour conséquence de retenir sur les bancs de l’école de nombreux jeunes gens el jeunes filles dont les aptitudes sont mal définies. Peu avertis, souvent, en matière scolaire, les parents ne peinent discerner quelle voie convient le mieux à leurs enfants. Ignorant, en outre, les dispositions naturelles de ces jeunes gens ils hésitent entre l’enseignement technique ou professionnel el les études moyennes proprement dites. 11 ne faut donc pas craindre d’avertir les parents que leur fils ou leur fille ne peut entreprendre des études secondaires avec chance de succès, ni de les persuader, à l'occasion, qu’un sujet intelligent et travailleur ne doit pas nécessairement être dirigé vers les études moyennes, mais qu’il peut se créer une situation très honorable dans une carrière artisanale ou technique. Le conseil donné, les parents responsables conservent toute liberté de décision.
- En gros effort d’orientation doit être tenté particulièrement entre 13 et 18 ans et je suis assuré que cette fois encore je puis compter sur le personnel enseignant à tous les degrés pour apporter, dans ce domaine nouveau, une collaboration éclairée et précieuse.
- La détermination des aptitudes des écoliers suppose la prudence, le discernement, la persévérance dans'l’examen el dans les observations ; les conclusions à formuler doivent être établies en conscience et avec le désir d’être utile.
- A ce sujet, la consultation des fiches scolaires, prescrites par la circulaire du 15 janvier 1925, peut faciliter les recherches et les investigations. La visite d’ateliers, d'usines, d’expositions; les voyages, La lecture de monographies diverses (métiers, professions, etc.), les biographies des grands hommes aideront les enfants à se faire une idée plus exacte de leurs possibilités d’avenir, des débouchés qui s'offrent à eux dans les carrières anciennes ou nouvelles.
- Néanmoins, dans certains cas, d est indispensable de recourir à des organismes spécialisés en La matière.
- Je vous signale, à ce sujet, qu’un ('entre de l'Orientation proies-’ siormelle a été institué par arrêté royal du 20 février 1930 au
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- Musée scolaire de l’Etal, à Bruxelles. Vous pouvez y recourir pour obtenir toute documentation utile et tous renseignements propres à faciliter votre tâche et celle de vos collaborateurs (accession aux emplois publics et privés, bourses d’études, aptitudes requises pour les diverses professions, métiers qualifiés et artisanat,, apprentissage et contrats d’apprentissage, possibilité d'avenir, bibliographie recommandée, etc.).
- Le Centre se préoccupe d’ailleurs de la constitution d’ofliees régionaux ou locaux d’orientation professionnelle où l’examen des enfants pourra se faire d’une façon systématique sous la direction de conseillers spécialisés.
- En attendant, vous pouvez vous adresser aux offices privés d’orientation professionnelle existant dans certaines régions du pays et dont la liste vous sera éventuellement communiquée pur le Centre officiel.
- J’aime à croire que tous les maîtres tiendront ainsi à apporter leur concours à l’œuvre entreprise par le gouvernement. 11 en résultera un accroissement de la confiance des parents et de,s familles dans le succès des études entreprises, ce qui ne pourra qu’être favorable au développement de l’institution placée sous votre direction.
- Le Ministre. : j. IIoste.
- Contribution de l’École primaiae
- La circulaire du 10 février 1937 fait un nouvel appel à la collaboration du personnel enseignant aux divers degrés en vue d’aider la jeunesse à trouver son chemin dans la vie.
- On sait toute l’importance que revêt la question de l’orientation professionnelle pour le bien-être de l’individu, de la famille, de la société, du pays lui-même.
- L’orientation professionnelle vise à faire connaître aux jeunes gens et aux jeunes filles quelles sont les professions les plus capables de donner satisfaction à leurs dispositions naturelles ou acquises et dont la pratique leur garantit la plus forte probabilité d’un avenir honorable et sûr.
- L’orienteur doit être renseigné sur deux points dont la mise en concordance est l’essentiel du problème qui se pose à lui :
- 1. Quelles sont les exigences des industries, des métiers, des professions à Végard de ceux qui veulent g réussir ? Quelles sont les qualités physiques, intellectuelles et morales qui assurent le. succès dans chaque occupation ?
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- 2. Un jeune homme ou une jeune fille demandant des indications sui' son avenir professionnel, quelles sont les qualités individuelles qu’il (elle) réunit en sa personne ou les défauts corrélatifs ?
- La première question demande une enquête tenue à jour sur les conditions du travail dans chaque profession, métier ou industrie. La réponse à la seconde est le résultat d’un examen médical, physiologique et psychologique éclairé par la connaissance des antécédents du sujet.
- Ces deux questions résolues, il en résulte que l’enfant est aple à telle profession ou à Ici groupe de professions, inapte ou moins apte à telles autres. Ce jugement formulé, reste un troisième point à envisager :
- 3. Parmi les professions uuxtpietlcs le sujet est apte, quelles sont celles (/ai, au moment de l'examen, lui sont ouvertes, c'est-à-dire réclament de jeunes recrues, des apprentis ?
- C’est la connaissance de l’état du marché du travail et de ses fluctuations possibles qui permet de donner le conseil définitif, celui qui indique au sujet la meilleure direction s’offrant à lui.
- Dans cette question complexe de l’orientation professionnelle, quelle est la part réservée aux membres du personnel de renseignement. primaire ?
- L’instituteur comme tel ne possède pas les données nécessaires pour résoudre ni le premier ni le troisième des problèmes envisagés.
- Mais il peut contribuer très utilement à la solution du second.
- Le contact prolongé avec les enfants lui donne rie multiples, de quotidiennes occasions de déceler les aptitudes et les goûts de ses élèves, d’en suivre le développement ou les changements pendant la période scolaire, de les noter objectivement afin de renseigner exactement le conseiller d’orientation professionnelle qui aura à tirer parti des observations de l’éducateur.
- Los instructions officielles contiennent à cet égard des recommandations sur lesquelles il n’est pas inutile d’attirer à nouveau l’attention des instituteurs. Il ne leur est demandé à ce sujet aucune prestation nouvelle : simplement de la prévoyance et du soin dans l’accomplissement des lâches courantes de leur profession.
- Tout d’abord, il convient de rappeler ici la circulaire du 15 janvier 1925 concernant l’observation méthodique des élèves. Le nouveau plan d’études pour les trois premiers degrés des écoles pri-
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- mMffifn*
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- maires stipule que celte brochure doit faire partie des archives de la classe.
- Aux termes de celle instruction, l’instituteur doit se préoccuper de connaître les enfants qui lui sont confiés : « La connaissance de reniant est, en effet, le fondement même de toute éducation rationnelle ».
- Pour obtenir un résultat, le maître devra s’efforcer d’établir consciencieusement les fiches scolaires recommandées par la circulaire du 15 janvier 1925; il veillera à en comprendre la portée exacte (‘I à consigner ses observations avec la plus grande sincérité.
- Xul mieux que l’instituteur n’est à même de déceler les aptitudes des écoliers ; aptitude au. travail intellectuel, aptitude au travail manuel. Les différentes branches du programme se prêtent à cette détermination, mais surtout les occupations manuelles. Il peut être fait beaucoup, dans cet ordre d’idées, pour le retour aux métiers artisanaux tant appréciés, assurant l’indépendance, la considération et une bonne aisance.
- Il en est de même pour le retour à la terre (agriculture, arboriculture, horticulture, sylviculture, élevage, etc...).
- Sans doute, dans certains cas, l’orientation professionnelle sou-lèvera-l-elle des problèmes délicats. Mais ainsi que le prescrit la circulaire du 10 février 1937, les membres du personnel enseignant pourront, dans un avenir prochain, recourir à des organismes spécialisés en la matière.
- Les organismes solliciteront à l’occasion le concours de l’instituteur sous la forme de renseignements à fournir concernant les aptitudes des écoliers, leur situation de famille, etc... C’est, à ce moment que le maître devra veiller à formuler des avis bien nets., basés sur des observations prudentes et répétées, formulées en conscience et avec le désir d’être utile. Il faut signaler ici les services que pourront rendre en l’occurrence les médecins scolaires et les infirmières-visiteuses dans de nombreux centres.
- Le rôle de I inspection sera d'apporter, lors des conférences prochaines, un peu d'uniformité dans ce domaine et d’éclairer les membres du personnel enseignant sur la portée exacte du cou cours réclamé des instituteurs et des institutrices.
- Le Musée scolaire de l'Etat possède une importante bibliographie sur la question de l’orientation professionnelle de la jeunesse. Le supplément du catalogue contenant cette documentation sera incessamment envoyé aux bibliothèques cantonales.
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- En attendant, la liste ci-après, fournira déjà quelques indications utiles.
- Anderson. — La lecture silencieuse, Paris, Delachauv
- Baumgarten. —• Les examens d’aptitude professionnelle, Paris, Dunod.
- Binet et Simon. — La mesure du développement de l'intelligence chez les jeunes enfants, Paris, Société Binet.
- ItoRREMANs, Maouet, Monchamps. — L’orientation professionnelle, Bruxelles, Falk.
- Bureau. — Guide pratique pour le choir des professions féminines, Paris, Colin.
- Capart. Manuel des carrières, Louvain, 11, rue des Hécollets.
- ( 11ristiaENs. Méthode d’orientation professionnelle, Bruxelles,
- Lamertin.
- C laparède. —- Psychologie de l’enfant et pédagogie expérimentale., Paris, Fischbacher.
- Claparède (EcL). — Comment diagnostiquer les aptitudes chez les écoliers, Paris, Flammarion.
- Cor de lier . — Femmes au travail, Paris, Plon.
- Cramaussel. — Psychologie expérimentale, Paris. Alcan.
- Détaillé. Pédologie expérimentale, Bruxelles, Lamertin.
- F.ontègne. — Xoureuux entretiens sur /’orientation professionnelle, Paris, Eyrolles.
- Fontègne. — L'orientation professionnelle et la détermination des aptitudes, Paris, Delacliaux.
- Fontègne. Manualisme et Education,. 1923, Paris, Eyrolles.
- Foucault. Observations et expériences de psychologie, Paris, Presses universitaires.
- .1 ado r. — Milieu et éducation, Liège, Thone.
- Langelez. — Hygiène générale, Lutlre, Balsacq.
- Lei'Euvre el 11 en n y . — La pré orientât ion professionnelle et l’école primaire, Paris, Eyrolles.
- Mauvezin. — Itose des métiers, Bordeaux, Editions des Boses.
- Mahvezln. —- Ro.se des activités féminines, Bordeaux, Editions des Boses.
- Schultz. — Les jtrofessions féminines, Paris, Musée social.
- Yermeylf.n. Psychologie de l'enfant et de l'adolescent, Bruxelles, Lamertin.
- Wallon (H.). — Principes de psychologie appliquée, Paris, Colin.
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- Walther (L.). — Orientation professionnelle et carrières libérales, Paris, Delachaux.
- L'Aide à qui veut s'instruire, Bruxelles, Musée scolaire cie l’Etat.
- Bulletin de l'Office intercommunal pour Vorientation professionnelle, Bruxelles, Lamerlin.
- Bulletin de l'Institut national d'orientation professionnelle, Paris.
- A travers les Revues
- D'après des observations sur les nègres américains de Crooks publiées clans lluman Biology (V111, 1936, p. 151), Tachroma-topsie (aux tests d’Ishihara) a été rencontrée chez 79 hommes sur 3.019 cl une seule femme sur 712 (avec trois fois plus de deuté-ranopcs cjue de protanopes).
- Dans Y American Journal of Optomehy (XIII, 1936, p. 321), B. Morse Peckham relate une recherche sur 10.000 écoliers au point de vue de la vision, les épreuves étant répétées annuellement, trouvant des'défauts visuels plus fréquents chez les enfants des classes pauvres, un accroissement de ces défauts avec la durée de scolarité (myopie, plus fréquente chez les filles, et astigmatisme) sans relation avec l’éclairement plus ou moins bon des écoles.
- Dans la Zeitschrift für Kinder psychiatrie (Journal de psychiatrie infantile) publié par le Dr Tramer, signalons (numéros de mars 1937, III, 6, et mai 1937, IV, I) les études de M. Naciimansohn’ sur éducation et psychanalyse, Manzoni sur le problème des anormaux scolaires dans le canton du Tessin, Sciiaciiter (de Nancy) sur le signe de Chvostek dans l’enfance el le profil mental des cnfents porteurs de ce signe (en français), la spasmophilie de l’enfance n’indiquant pas en somme de comportement bien particulier, enlin de Th. IIeller sur des « Grenz Tests » pour la détermination des arriérés (épreuves de 3 à 13 ans).
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- Dans la Èiotypologie de mars 1937, une communication du F)1' Weismann-Netter et L. Cassin relate des observations concernant l’action du milieu social et des conditions de vie sur le développement physique des écoliers.
- Les Annales médico-psychologiques de juin 1937 contiennent une étude de MUe J. Abramson sur le niveau intellectuel et le raisonnement des instables (travail poursuivi à la clinique du Dr Heuyer.
- La Wiener Klinische Wochenschrift du 22 mai 1937 contient une étude du D1 Ho fer sur les lésions labyrinthiques rencontrées chez les musiciens jouant des instruments à vent.
- La Médizinische Künilc du 21 mai 1937 contient un article du Dr Harters sur les affections gastriques dans la vie professionnelle, et l’origine de la silicose avait été l’objet d’une étude du Dr Reiciimann dans le numéro du 12 février ; ayant observé plus de 20.000 cas, il affirme avoir pu établir l’inhalation dans tous les cas d’acide silicique, cette inhalation prolongée entraînant constamment la silicose pulmonaire.
- La môme question de la silicose pulmonaire est traitée dans un article du Dr Swyngedauw publié par VEc.ho médical du Xorâ des 11 et 18 avril 1937.
- L'Orientation Professionnelle publie une série de monographies concernant : 1° Les situations dans l’administration des travaux publics (N° 201, 202, Déc. 1936) ; 2° Le professorat dans les école pratiques (N° 203) ; 3° Les carrières de l’architecture (N° 201) ; La nature des occupations, la possibilité d’accès aux carrières, les exigences requises et les débouchés ouverts sont envisagés. Dans le N° 20-1 se trouve, en outre, un rapide ex prisé des conditions à remplir pour devenir aide-pilote.
- Dans Occupations : The Vocational Magazine (Mars 1937), Uhrbrock examine les conditions qui font un technicien ; Stead, donne un exemple de sélection de vendeurs ; Schweimtz analyse la profession d’acheteur pour firme commerciale.
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- Dans Pour l'Ere Nouvelle (15, 125, 1037), un bref exposé de T.-A. Bouger (Angleterre) souligne l'imporlanee de « l’enquête » préférée à l’emploi de ios.s pour l’appréciation des dispositions personnelles de caractère.
- Le N° II (Janv.-Fév. 1937) du Bulletin de VUnion des Comités de Patronage des Appr. et d'O. P. de Paris reproduit une intéressante conférence, très documentée de Mlie II. Bereai , directrice de l’école Sophie-Germain, sur l’orientation professionnelle des jeunes filles. On trouvera dans ce travail des renseignements très précis sur les possibilités offertes aux jeunes filles dans les Ecoles professionnelles. Centres d’apprentissage, elc., de Paris.
- A signaler, dans ce même numéro, un article sur l'orientation professionnelle et sa continuité, par C. Oiileard, des renseignements : 1° sur l'Apprentissage dans les métiers de la fourrure : 2° Sur l’Ecole nationale professionnelle de Sainl-Ouen ; 3° Sur l'Ecole hôtelière de la région parisienne ; 4° Sur l'Ecole nationale d'horlogerie de Besançon. En outre, une intéressante discussion relative au plan d'organisation du deuxième degré d’enseignement.
- Dans le Brirish Journal of Educalional Psychologÿ (7, f, 1937), P.-E. Verxon communique les résultats de l’application de certains tests mentaux dans un centre d’orientation.
- Dans L'Hygiène Mentale (32, I, 1937), T. Abramsox et S. Le Garrec étudient la relation entre le niveau mental (Binet Stanford) et le niveau moteur déterminé suivant la méthode d’Ozeretzy.
- Le N° 144 du Bulletin de l'Office des Métiers reproduit une conférence de Ch. Toi zot, sur les qualités du bon secrétaire.
- ('. Suevrmax publie dans ('haraçter and Pérsonalily (5, 3, 1937), une très intéressante étude critique de la « Science du caractère » chez les psychologues allemands contemporains.
- Fergcsox, dans 77/c Auslrtdasiaii Joui irai of Psychology and Philosopluj (16, 1, 1937), étudie expérimentalement l'effet des intérêts sur les résultats des lests d’intelligence (O. I.).
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- Dans le n° 1 du vol. X de Child Development, signalons deux études sur le développement physique de l’enfant d’àge scolaire. Dnas le- premier, C.-E. Palmer, K. Kawarami et L.-J. Reeu, considèrent les rapports du poids et de l’âge chez l’enfant ; dans le deuxième, par K.-L. Marsh vu., sont examinées les différentes méthodes en usage pour tirer une appréciation de la stature physique, par le rapprochement de diverses données anthropométriques.
- School and Society (45, 1160, 1937) public un article de C.-E. Seashore oi'i sont exposées des considérations d’ordre général sur la pratique des tests pour la détermination des aptitudes musicales et ses rapports avec l’orientation.
- L’orientation dets sourds et durs d'oreille, est examinée par E.-H. Martexs, dans le n° 2, vol. 20, 1936, de School Life.
- Dans The Human Factor (2, 3, 1937), P. Ballard, faisant une étude . rétrospective de l’emploi des tests d’intelligence pour la sélection des élèves de renseignement secondaire, constate que la résistance opposée à l’emploi des tests cède peu à peu devant I’é\idence des services rendus par la méthode.
- Dans ce môme numéro, une étude sur les rapports entre l’aptitude à l’alternance et les capacités dactylographiques.
- INFORMATIONS
- Le 31 juillet s’est, réuni à la Sorbonne le Comité directeur de T Association internationale des Conférences de Psychotechnique dont le secrétaire général est M. J.-M. Lahy.
- Le Comité a décidé, en principe, la réunion de la prochaine conférence en 1938 à Philadelphie, et à l’avenir une coordination des réunions avec celles du Congrès international de psychologie.
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- Parmi les stands de Biologie du Palais de la Découverte, décrits dans un livret publié par la librairie Masson, (La Biologie, in-8° de 116 pages, 6 francs), signalons celui de la biométrie humaine, de MM. Laugier et Bonnarbel. (banc d’essai de la machine
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- humaine), celui des ondes bioélectriques, de A. Fessard (élec-• trencéphalogrammes), celui de l’inscription des phénomènes biologiques, de L. Bull., et celui de la psycho-physiologie des sensations, de II. Piéron et G. Durup.
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- Le Pavillon de FEnseignement à VExposition cl FO. P. — C’est, le 12 juillet que, sous la présidence du Ministre M. Jean Zay, en présence de M. Labbé et des directeurs du Ministère, a été inauguré le Pavillon de l'Enseignement où, dans le hall d’entrée a été placée l’exposition de la classe XIII (Orientation professionnelle), la place accordée à cette « classe » étant d’une exiguité qui peut être considérée comme symbolique de la grandeur de l’intérêt effectif accordé actuellement par les pouvoirs publics à l’orientation professionnelle !
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- L'Institut de. Psychologie industrielle de Londres, d’après le rapport sur son activité en 1935-36, relate que 1087 examens d’orientation professionnelle ont été pratiqués à Londres et à Glas-cow, et que la vérification des succès chez les consultants de 1931 (125 retrouvés) a montré que la prédiction axait été correcte dans 87 des cas où le conseil avait été suivi.
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- La Chronique communale d'Angleur (faubourg de Liège) donne quelques renseignements, fournis par M"” Jadoulle, directrice du Laboratoire de Psycho-pédagogie institué dans cette commune, sur l’organisation d’un service d’O. P., et de ses bases scolaires, qui comprennent un examen psychologique (tests Terman et Vermeulen) à l’entrée à l’école avec questionnaire sur le milieu familial, des examens annuels au cours de la scolarité (tests divers et profil de Piéron), enfin, en dernière année un questionnaire sur les goûts professionnels après causeries et films, un examen d’aptitude technique (fiche de Piéron), un entretien avec les parents.
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- Syndical s médicaux et orientation. — L’audition des représentants de la profession médicale par la Commission de l’enseignement de la Chambre a permis de vérifier une fois de plus l’attitude anliscientifique de ceux qui se font les porte-voix du corps médical.
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- Un chroniqueur du Temps relève ainsi les déclarations que le communiqué à la presse attribue au Dr d’Avresse :
- « Au nom du Syndicat médical de Paris un orateur a commente l’ordre du jour de ce Syndicat, s'opposant à l’orientation professionnelle, et il aurait même conclu en ces termes impressionnants et qui laissent doucement rêveur :
- «Tard qu’un collégien n’est pas arrivé à 1 âge adulte, nul ne « peut prévoir quelle carrière il sera capable d’embrasser à « vingt ans. »
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- Une nouvelle circulaire sur la classe d'orientation. — \ oici le dernier paragraphe, de la circulaire ministérielle adressée aux recteurs, en complément à celle du 31 mai :
- « Pour que la classe d’orientation remplisse son objet, il faut que les maîtres, les enfants, les familles elles-mêmes en comprennent l’intérêt et la portée.
- « De la part des maîtres,, ce serait fausser complètement l’esprit qui doit animer la classe d’orientation que d’admettre a priori, une hiérarchie entre les sections du second degré, et parallèlement une répartition des élèves entre elles, suivant qu’ils sont bons, moyens ou médiocres.
- « Les maîtres de la classe d’orientation devront donc dépouiller tout esprit particulariste ; ils failliraient à leur tâche s’ils se considéraient comme des agents recruteurs pour les enseignements qu’ils représentent. Ce ne sont pas des enseignements qu’ils doivent défendre, ce sont des enfants et des familles qu’ils doivent guider.
- « Il est souhaitable enfin, qu’entre les maître règne.un véritable esprit d'équipe. Le conseil de classe est appelé à jouer, au cours de Tannée d’orientation, un rôle capital. La désignation d’un directeur des études de la classe d’orientation marque la nécessité et l’importance du travail commun : coopération étroite des professeurs chargés des différents groupements disciplinaires, répartition du travail d’observation entre les différents maîtres, coordination des exercices et recoupement des épreuves.
- « A cette action commune et dont ils sont bénéficiaires, les élèves seront étroitement associés. Ils saisiront très vite l’intérêt d’une enquête qui leur permettra de se découvrir eux-mêmes et de se former en même temps. Dans bien des cas, ce n’est pas tellement le maître qui discernera que l’élève qui découvrira ses propres goûts et sa joie à tel travail. De ce point, de vue, la classe d’orientation peut contribuer à relever le niveau général des études, en
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- formant pour les différents enseignements des élèves de meilleure volonté et plus confiants en eux-mêmes.
- « Enfin, un contact étroit sera établi entre les maîtres et les parents, afin que ceux-ci aient l’assurance que la classe d'orientation, loin de décider arbitrairement de l’avenir de ses élèves, est une entreprise à laquelle ils peuvent et doivent collaborer puisqu’elle n’a pour fin que de les éclairer le plus complètement possible au moment où ils ont à décider des études de leurs enfants » .
- • *
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- Les Journées internationales de pathologie et d'organisation du travail qui se sont tenues à Paris en juin dernier, ont été l’occasion de nombreuses et intéressantes communications. Nous citerons celles de J.-Al Lui y (Laboratoire de psychotechnique des chemins de fer du Nord), Lahy et Korngold (prévention des accidents du travail), D. Weinberg (sélection psychophysiologique du personnel aux chemins de fer de l’Etat), Ichok (Laboratoire du travail des chemins de fer de l’Etat), Bartiie (le médecin d’usine), Milhaud (un test chimique de médecine générale), Holtzmax (l’embauchage médical dans l’industrie du plomb), Tzaxk et Sidi (l’intolérance individuelle et les intoxications professionnelles), Koersch (la silicose), Ei.iasberg (facteurs psychiques dans les maladies du travail), Paya u n (le surmenage dans le travail intellectuel), etc.
- * .
- * *
- A la dernière réunion du Conseil d'administration de l’Office départemental de la main-d’œuvre de la Manche, le directeur de cet office, M. Gérard, a parlé d’une organisation à envisager pour l’orientation professionnelle, mettant au premier plan une commission départementale.
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- Le Bureau die l'héréâité humaine. — « The Bureau of Human Heredity » vient d’être fondé dans le but d’instituer des échanges au sujet de tout ce qui concerne l’hérédité humaine: La première tâche est la collection de matériel. Toutes les informations, observations, etc..., aussitôt recueillies sont soumises à une documentation et analyse sous la direction de groupes de spécialistes internationaux. Ensuite on entreprendra la distribution d’information sur demande.
- • Le Bureau est dirigé par un Conseil composé de membres représentant les sociétés médicales et biologiques de la Grande-Bre-
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- lugnè. Le programme qu’il poursuit a été établi à l’instigation du Comité international pour les recherches de génétique humaine. Le Bureau esl donc assuré d'une collaboration effective dans tous les pays où ces recherches sont actives.
- Le Conseil invite toutes les personnes et toutes les institutions qui possèdent des études bien établies sur les caractères humains (normaux et anormaux) de les envoyer'au. Bureau. Les pédigrées sont surtout désirées. Les études* génétiques de jumeaux et les études statistiques de transmission sont également utiles. Les auteurs, désireux de réserver leurs droits de publication, sont priés d’accompagner leurs envois d’une note spécifiant ce point.
- Un est prié de joindre aux travaux des indications détaillées suites sources, de décrire les symptômes de diagnostic avec précision et de donner les noms et adresses de l’auteur ou des auteurs responsables de l’exactitude du travail. Tous ces renseignements resteront confidentiels.
- Les tirages à ['.art de travaux publiés seront particulièrement les bienvenus. Très souvent les auteurs font collection d’un nombre considérable de podigrées qu'ils ne peuvent pas faire imprimer en publiant leurs ouvrages. C’est un des buts du Bureau de réunir de tels pédigrées pour que ce matériel précieux soit conservé dans le Clearing-House et ne soit pas perdu.
- Le Bureau adressera à toute personne qui én fera la demande un tableau des signes utilisés pour les pédigrées et établis d’après le Standard international.
- Le Bureau fera connaître en temps voulu les autres services qu’il pourra organiser.
- L’Institut restera international. Son adresse est 115, Gower Street, à Londres.
- L'Association de.s industriels du Mord de la France, à Lille, qui avait créé un service de contrôle des véhicules industriels automobiles, a adjoint à ce service un laboratoire de psychotechnique qui a été confié à un ingénieur, M. Jean Gossart, qui a décrit les méthodes empruntées au laborataire de la S. T. C. R. P., pour la sélection psychotechnique des conducteurs d’automobiles dans les Archives de F Orientation professionnelle dans le Mord (V 2, avril-juin 1937).
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- M. Chaixtreav continue à donner des consultations gratuites au Centre de Renseignements de la Ligue française de l’Enseignement, le samedi, de 11 h. 30 à 17 h. (3, rue Réeamier) ; il publie
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- des communiqués sur les débouchés professionnels, les concours, des fiches de documentation sur les professions et (-.arrières et des éludes d’ensemble sur les induslries.
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- Par les soins de l'Ecole centrale de T .S. F. a élé publié un Guide général sur les situations de la T. S. F. (carrières civiles, service militaire) à La Librairie de La Radio, 101, rue Rénumur, Paris.
- La Vie de l'Institut National d'Orientation professionnelle
- Au cours du mois de décembre, une semaine sera consacrée à des conférences et exercices pratiques destinés aux orienteurs, avec attribution d’un nombre limite de bourses destinées à couvrir les frais de transport et de séjour.
- En outre, trois journées médicales d’orientation professionnelle seront organisées au cours du meme mois.
- La Vie de l'Association des Anciens Élèves de I L N 0. P.
- Noces d’argent. — Le mercredi 12 mai, à la Sorbonne, une fête intime réunit autour de notre cher maître Piéron — qui célébrait ses vingt-cinq ans de direction de laboratoire — et de Mme Piéron, des collaborateurs et des anciens élèves, tous des amis respectueux, dans une atmosphère cordiale et fleurie. Les invités furent reçus avec une bonne grâce souriante.
- Le bureau représentait l’Association, il offrit en son nom une médaille-souvenir à Mme et M. Piéron, qui en furent touchés.
- Banquet. Le banquet traditionnel groupa, le 30 juin, plus de trente anciens et actuels (‘lèves, heureux de se retrouver auprès des professeurs habitués de ces agapes et de M. Laugier, qui avait bien voulu, malgré ses multiples occupations, occuper la présidence.
- Mlle Biscay, après avoir donné connaissance des lettres d’excuses, exposa nos craintes sur l’avenir de l’orientation. Elle s’étonna, exprimant l’opinion des convives, que l’on ne fasse pas appel, de
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- façon précise, aux professeurs cl instituteurs diplômés de Llns-titiit, .au moment où l'on crée des classes d’orientation.
- A ce sujet, et lui répondant, le Dr Laugier nous conseilla de demander audience à M. Châtelet, directeur de l’Enseignement du 2e degré, à qui incombe le soin d’organiser ces classes. Espérons que nous pourrons le convaincre, et qu’enfin on reconnaîtra officiellement notre compétence et qu’on l’utilisera, en attendant l'organisation générale de LO. P.
- Le Secrétaire : C.-G. Beaume, f>7, rue du Ranelagh, 67, Paris (16e).
- Jasmin, 50.48.
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- H. IIarmsex et Fr. Lohse. — Bevôlkerungsfragen. — In-8° de 072 pages, Munich, Lehmann, 1936.
- Dans ce volumineux compte-rendu du Congrès international de la Science de la population (Revôlkerungs Wissenschaft) qui s’est tenu à Berlin du 36 août au 1er septembre 1935, groupant 500 membres dont 306 Allemands et 9 Français), sur plus de 100 communications, on ne trouve que bien peu à glaner : il y a là une salade de chiffres incompris, de doctrines mal digérées, émanant d’une réunion où dominaient les esprits faux ou médiocres.
- Relevons seulement les litres de quelques études pouvant intéresser l’O. P. : Rapports de la capacité et de l’incapacité, par Har-tvuke, qui souligne que les sujets d’intelligence supérieure sont, du fait de la restriction de la natalité, particulièrement voués à l’extinction. Clivage social et triage biologique, par K. V. Mür.-i.r.n, rpii envisage les mouvements sociaux comme dus beaucoup moins à la lutte de classes qu’à une lutte de races. La race française et la nouvelle conception du mot race, par R. Marti ai., qui adopte la définition suivante de la race : « Ensemble d’une population dont les caractères psychologiques latents ou manifestes (langue notamment) et les traits anthropobiologiques constituent dans le temps (histoire) une unité distincte ». Psychologie de la culture nordique et expression « culture » par E. B. Alxiquist, qui prétend que la culture nordique s’oppose à la culture verbale, et que seule elle manifeste le souci de la recherche et le respect de la réalité de la vie. Sélection des écoliers et rendement de la vie. par Günther Just, qui soutient que la sélection scolaire ne peut sai-
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- sir les qualité d’observation, dextérité, intelligence pratique, conditionnant le rendement professionnel, et qui, notant que le nombre des enfants dan-s le mariage n’est pas chez les bachelières, fonction de l’éducation intellectuelle, mais de la situation économique, réclame un raccourcissement de la scolarité secondaire pour ({lie les jeunes gens puissent se mettre plus tôt à faire des enfants, tâche essentielle pour l’avenir de la race !
- H. P.
- André Ombredane. — Le problème des aptitudes à l’âge scolaire.
- A. Ombredam:, Mmos Suarès et Canivet. — Les inadaptés scolaires. — Deux in-8° de 57 et 85 pages. Actualités scientifiques et industrielles (Exposés sur la psychobiologie de l’enfant dirigés par H. Wallon), Paris, Hermann, 1930.
- ('es deux fascicules qui se font suite, le premier constituant une introduction théorique au problème abordé par voie expérimentale dans le second, constituent un ensemble que tous les orienteurs auront le plus grand profit à lire et à méditer, surtout s'ils ont à conseiller les enfants au carrefour des divers ordres d’enseignement.
- L’analyse soigneuse des 21 enfants ayant présenté une inadaptation scolaire qui ne leur avait pas permis de poursuivre leurs études dans les conditions normales est particulièrement instructive, montrant maintes fois le désaccord entre aptitudes intellectuelles et réussite scolaire et mettant en évidence les facteurs de ce désaccord. H. P.
- Marc E. Morga.lt . — La ténacité chez l’adolescent. —- In-8° de 110 pages, Editions C. O. P., Paris, 1937.
- Ce travail, présenté comme thèse de doctorat d’Université à Paris par le directeur adjoint de l’Office départemental d’O. P. du Loiret, est fondé sur l’analyse des résultats de recherches poursuivies sur 103 sujets avec le dynamographe de Charles Henry, par enregistrement de la cqjùrbe de l’effort soutenu.
- Les types des courbes obtenues permettent d’apprécier certains traits de caractère, du point de-vue tout particulièrement de la ténacité envisagée en corrélation avec La personnalité entière. H. P.
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- 9® Année
- Octobre 1937
- N» 8
- BULLETIN
- DE
- l’Institut National d’Orientation Professionnelle
- Etalonnage d’une fiche collective d’intelligence pour enfants de 13 à 15 ans
- Mme Henri PIÉRON
- Cette fiche, connue sous le nom de fiche d’intelligence de huit pages, comprend quatre-vingt-huit petites questions qui visent à une étude analytique de l’intelligence des sujets permettant de dresser un profil en sept points.
- Les trois premiers points : compréhension, critique, invention groupent les quatre-vingt-huit épreuves au point de vue de l’opération mentale prédominante dans l’exécution de la tache demandée.
- Les quatre derniers points : intelligence logique, intelligence verbale, intelligence générale et intelligence numérique utilisent les mêmes questions, mais cette fois groupées au point de vue de la nature des problèmes posés.
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- Technique de l’épreuve collective
- Ce test, comme tout test collectif, doit seulement êlre surveillé, ne servir qu’une fois pour chaque sujet et n’avoir jamais été appris. On doit donner à l’enfant une heure complète pour le remplir (c’est-à-dire une heure après que l’expérimentateur a fini d’expliquer suffisamment la tâche et que l’enfant a tranquillement lu sa première page d’instruction el répondu aux questions posées, nom, âge, etc.).
- La fiche a été faite en réalité pour permettre, grâce à sa division en deux moitiés strictement équivalentes, de distinguer les intelligences rapides des lentes, la première partie servant à l’appréciation analytique d’intelligence, et la seconde
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- à celle du rendement total dans le temps accordé et à la relation de l’exactitude avec la rapidité. Elle peut aussi servir comme la fiche quatre pages à une évaluation globale. Nous ne l’envisageons aujourd’hui qu’à ce dernier point de vue.
- • *
- * *
- Les Sujets
- Cet étalonnage repose sur les résultats de l’application de la fiche à 1.599 enfants de 13 à 15 ans.
- Sur ces 1.599 sujets, nous avons eu 1.126 filles et 473 garçons, tous appartenant aux cours supérieurs des écoles communales de la ville de Paris et aux écoles professionnelles. Nous avons eu 445 enfants de 13 ans (12 ans 6 mois à
- 13 ans 5 mois), 559 enfants de 14 ans (13 ans 6 mois à
- 14 ans 5 mois) et 595 enfants de 15 ans (14 ans 6 mois à
- 15 ans 5 mois).
- Les résultats pour ces trois âges sont si peu différents que pour la commodité de l’application de la fiche un seul étalonnage suffit. *
- * *
- Le texte de la fiche
- Voici le texte de cette fiche, naturellement en caractère moins lisibles et plus resserrés que ceux employés en pratique pour les enfants.
- Exemple : .
- (—) Ecrivez les 2 nombres qui continuent la série : 1, 7, 2, 7, 3, 7, 4, 7.
- (les deux nombres sont 5 et 7. Ecrivez-les et faites seul les séries suivantes :
- Al. — Ecrivez les 2 nombres qui continuent la série : 50, 45, 40, 35, 30. (1)
- A 2. — Ecrivez les 2 nombres qui continuent la série : 1, 4, 7, 10, 13, 16, (2)
- A3. — Ecrivez les 2 nombres qui continuent la série : 1, 4, 2, 8, 3, 12, (3)
- A 4. — Ecrivez les 2 nombres qui continuent la série : 1, 2, 3, 4, 7, 8, (4)
- *
- * *
- B 1. — Soulignez 2 mots qui offrent la même relation d’idées que ENFANT et HOMME :
- CHIEN. AGNEAU. LAINE. POULET. COQ. CHAT. (5)
- B 2. — Soulignez 2 mots qui offrent la même relation d’idées que NEZ et VISAGE :
- SOULIER. GANT. STEAMER. HOMME. CHEMINEE. NOURRITURE. (6)
- B 3. — Ecrivez 2 mots qui offrent la même relation d’idées que THERMOMETRE et TEMPERATURE. (7)
- B 4. — Ecrivez 2 mots qui offrent entre eux la même relation d’idées que TENDRESSE et BAISER : (8)
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- • *
- 4c 4e
- (—) Si l’on vous dit : Après la jeunesse vient la vieillesse, après le jour vient ?
- Vous répondrez : la nuit.
- Si l’on vous dit encore : c’est la nuit que l’on se repose, le jour que ?
- Vous devriez répondre : l’on travaille.
- Répondez de même pour les phrases suivantes :
- C 1. — Au doigt on met la bague, au poignet on met (9)
- C 2. — Le peuplier est un arbre, la rose est (10)
- C 3. — Pour coudre on emploie l’aiguille, pour écrire on emploie (11) C 4. — L’eau vient en glace, la pluie vient en (12)
- ! *
- * *
- (—) Maintenant l’on va vous donner d’abord deux mots de sens opposés (blanc et noir, par exemple) puis un troisième mot, par exemple : bon, il vous faudra alors écrire : méchant qui est le contraire de bon, comme noir est le contraire de blanc.
- Complétez de même les phrases suivantes :
- C 5. - — Lumière et obscurité. Silence et (13)
- C 6. - — Joie et douleur. Crainte et (14)
- (—) Marquer les contraires des mots suivants :
- Exemple : Bon... contraire : Mauvais Grand... contraire : Petit
- C 7. — INSOLENT (15) C 12. — EFFORT (16)
- C 8. — PRÉVOYANT (17) C 13. — PARFAIT (18)
- C 9. — ENNDYEUX (19) C 14. — DOUCEUR (20)
- C 10. — SOMNOLENT (21) C 15. — MÉPRIS (22)
- C 11. — DANGEREUX (23) C 16. — PLAISIR (24)
- (—) Si la conclusion suivante est logique, c’est-à-dire si elle se trouve pleinement justifiée par les deux affirmations qui la précèdent, soulignez le mot « exact », dans le cas contraire, sotdignez le mot « inexact ».
- Tous les hommes sont mortels
- Edison est un homme
- Par conséquent, Edison est mortel.
- EXACT INEXACT
- (Vous devez souligner exact)
- Continuez seul pour les raisonnements suivants :
- DI. — Mozart est mort avant la naissance de Chopin
- Beethoven écrivit la 7e symphonie après la mort de Mozart Par conséquent, cette symphonie fut écrite pendant la vie de Chopin. (25)
- EXACT INEXACT
- D 2. — Jean doit 100 fr. à Henri
- Guillaume doit 115 fr. à Jean
- Par conséquent si Henri reçoit 100 fr. de Guillaume et en donne 15 à Jean, les dettes seront annulées. (26)
- EXACT INEXACT
- D 3. — Etant donné que tous les métaux sont des corps simples, le plus rare de tous les corps simples doit être le plus rare de tous les métaux. (27)
- EXACT INEXACT
- D 4. — A est égal à B plus 15. C est égal à B moins 8. Par conséquent C est égal à
- (soulignez la réponse exacte).
- à A plus 23 ; à A moins 8 ; à A moins 23 ; à A plüs 8. (28)
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- * *
- Voici quelques petites phrases. Lisez-les, et marquez à la fin de chacune d’elles si elle vous paraît raisonnable ou ridicule et pourquoi.
- El. — La mère coupa le gâteau en deux moitiés, mais à Paul, elle donna la plus grosse. (29)
- E 2, — Bien assis dans son fauteuil, le bavard pérorait, si bien qu’un geste trop grand lui fit perdre l’équilibre, et qu’il tomba, entraînant sa chaise avec lui. (30).
- Voici des petites questions faciles ; lisez-les et répondez-y.
- Fl. — Il ne reste plus que trois couteaux dans le magasin.
- Si je prends un couteau à deux lames, il peut coûter 10 ou 15 fr.
- Si le couteau a un tire-bouchon, il coûte 10 ou 12 fr.
- Or, celui que je choisis a deux lames et un tire-bouchon, combien coûte-t-il ? (31)
- F 2. — Père vient de rentrer en pardessus neuf et taché. Il y a de la glaise à ses chaussures et de la farine à son chapeau.
- Les seuls endroits où il ait pu aller sont Suresnes, Boulogne, Billancourt et les grands boulevards. 11 n’y a pas de glaise dans les rues, sauf aux endroits où l’on répare la chaussée. 11 y a des magasins de vêtements seulement aux grands boulevards, à Suresnes et à Boulogne. Il n’y a de magasins de farine qu’aux grands boulevards, à Suresnes et à Billancourt. Les grands boulevards ne sont certainement pas en réparation, et mon père n’a pu faire de course que dans un endroit.
- Où est-il allé ? (32)
- *
- * *
- II 1 — UN PEINTRE SE FIT MÉDECIN, ET A CE PROPOS UN AMI LUI DIT : « TU AS BIEN FAIT PARCE QUE, AUPARAVANT LES FAUTES QUE TU FAISAIS DANS TON TRAVAIL ÉTAIENT VISIBLES, TANDIS QUE MAINTENANT ELLES NE LE SERONT PLUS ».
- Marquez deux des affirmations suivantes qui vous paraissent le mieux interpréter la pensée de l’ami en question :
- .. L’ami veut indiquer qu’il est difficile d’apprécier l’art vrai.
- ... L’ami paraît indiquer que les médecins peuvent se tromper sans que Ton s’en aperçoive.
- .. L’ami pense que la science est plus exacte que l’art.
- . . L’ami a voulu faire une plaisanterie sur le dos des médecins. (33)
- H 2. — CHAT ÉCHAUDÉ CRAINT L’EAU FROIDE.
- Faites un signe en face de deux des affirmations suivantes dont le sens est identique à celui du proverbe ci-dessus :
- ... Chien battu craint l’ombre du bâton.
- ... Il n’y a pas de bonheur sans mélange.
- ... Avec de l’argent on peut obtenir tout ce que l’on veut.
- ... Le souvenir du danger rend prudent et parfois timide. (34)
- • *
- * *
- {—) Reconstituez un mot avec des lettres données : Exemple, avec C - Q -I -N vous devrez faire le mot cinq. Continuez ainsi :
- K 1. — II - C - T - A. (35)
- K 2. — T - B - A - H - I. (30)
- Reconstituez une phrase seulement avec les mots fournis, mais avec tous ces mots.
- K 3. — paysan - la - repos - entraîne - du - souvent - du - le - jour - fin. (37)
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- K 4. — suffit - la - toujours - le - richesse - ne - pas - engendrer - pour -bonheur. (38)
- Etant donné les renseignements ci-dessous sur les âges des différentes personnes, pouvez-vous répondre aux questions suivantes : Soulignez, des trois réponses, celle qui vous paraît exacte L 1. — Jean est plus vieux qu’André.
- André est moins vieux qu’Henri.
- Henri est plus vieux que Charles.
- Réponses : Charles est plus vieux que Jean. Charles est moins vieux que Jean. On ne peut pas savoir. (39)
- L 2. — Jean est plus vieux qu’André.
- André est plus vieux que Marcel.
- Réponses : Marcel est plus vieux que Jean. Marcel est moins vieux que Jean. On ne peut pas savoir. (40)
- *
- * *
- (—) Eliminez dans une série de mots le mot qui ne fait pas partie île la catégorie indiquée par la série. Exemple : si on vous donne : tante, mcle, père, mère, sœur, boulanger, cousins, vous devrez voir que tous les mots, sauf le mot boulanger, représentent des parties de la famille. Vous devrez donc éliminer boulanger et vous le rayerez.
- Faites de môme pour les séries suivantes :
- M 1. — Pomme - Poire - Orange - Banane - Mandarine - Raisin. (41)
- M 2. — Pcchc - Abricot - Prune - Groseille - Datte - Cerise. (42)
- M 3. — Poisson - Beurre - Lait - OEuf - Pain - Veau. (43)
- M 4. — Salade - Ponnne - Sucre - Lait - Haricot - Epinards. (44)
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- Exemple :
- (—) Ecrivez les deux nombres qui continuent la série : 1, 7, 2, 7, 3, 7, 4, 7
- (les deux nombres sont 5 et 7). Ecrivez-les et faites seul les séries suivantes :
- A 5. — Ecrivez les 2 nombres qui continuent la série : 1, 5, 6, 11, 17, 28 (45)
- A G. — Ecrivez les 2 nombres qui continuent la série : 1, 4, 5, 9, 14, 23 (46)
- A 7. — Ecrivez les 2 nombres qui continuent la série : 1, 4, 5, 8, 13, 16, 29 (47)
- A 8. — Ecrivez les 2 nombres qui continuent la série : 1, 3, 2, 6, 3, 9 (48)
- *
- * *
- B 5. — Soulignez 2 mots qui désignent deux choses se ressemblant le plus : JUSTICE. EXPRESSION. SOCIETE. BONHEUR. ELECTRICITE. TEMPS. LUMIERE. (49)
- B 6. — Soulignez les 2 mots se rapportant aux choses les plus semblables : TRAMWAY. BICYCLETTE. MOUCHE. MAT. CAPITAINE. MALLE. SOLDAT. TAMBOUR. (50)
- B 7. — Ecrivez 2 mots qui offrent entre eux la même relation d’idées que JUGE et JUSTICE. (51)
- B 8. — Ecrivez 2 mots qui aient entre eux la même relation que IIEROS et HEROÏSME. (52)
- (—) Si l’on vous dit : Après la jeunesse vient la vieillesse, après le jour vient ?
- Vous répondrez : la nuit.
- Si l’on vous dit encore : c’est la nuit que l’on se repose, le jour que ? Vous devriez répondre : l’on travaille.
- Vous devrez répondre de même pour les phrases suivantes :
- C 17. — Au chasseur le fusil, au pêcheur C 18. — Le tigre bondit sur les moulons, le chat bondit sur
- (53)
- (54)
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- — 178 —
- C 19. — Le vin est une boisson, le fusil est (55)
- U 20. — A la guerre s’oppose la paix, à la tempête s’oppose (56)
- (—) Maintenant l’on va vous donner d’abord deux mots de sens opposés (blanc et noir, par exemple) puis un troisième mot, par exemple : bon, il vous faudra alors écrire : méchant qui est le contraire de bon, comme noir est le contraire de blanc.
- Complétez de même les phrases suivantes :
- C 21. — Droit et courbe. Rigide et (57)
- G 22. — Vide et plein. Pesant et (58)
- *
- * *
- (—) Marquer les contraires des mots suivants :
- Exemple : Bon... contraire : Mauvais Grand... contraire : Petit
- C 23. — OPULENT (59) C 28. — HONNEUR (60)
- C 24. — REGULIER (61) C 29. — NAÏF (62)
- C 25. — QUERELLEUR (63) C 30. - JOYEUX (64)
- C 26. — SOUPÇONNEUX (65) C 31. — CONTENT (66)
- C 27. — INNOCENT (67) C 32. * — MÉCHANT (68)
- * * (—) Si la conclusion suivante est logique, c’est-à-dire si elle se trouve
- pleinement justifiée par les deux affirmations qui la précèdent, soulignez le mot « exact », dans le cas contraire, soulignez le mot « inexact ».
- Tous les hommes sont mortels
- Edison est un homme
- Par conséquent, Edison est mortel.
- EXACT INEXACT
- (vous devez souligner exact)
- Continuez seul pour les raisonnements suivants :
- D 5. — Si la conclusion suivante est justifiée, soulignez Exact, si elle ne ne l’est pas soulignez Inexact.
- Tous les membres du Club de Natation sont membres du Club des Régates.
- Henri n’est pas membre du Club des Régates.
- Par conséquent, il n’est pas membre du Club de Natation. (69) EXACT INEXACT
- D 6. — A est plus grand que B D est plus petit que B
- Par conséquent, A est plus grand que D. (70)
- EXACT INEXACT
- D 7. — Etant donné que tous les métaux sont des corps simples, le métal le plus rare doit être le plus rare de tous les corps simples. (71) EXACT INEXACT
- D 8. — A est égal à B moins 15. C est égal à B plus 8. Par conséquent C est égal à
- (soulignez la réponse exacte)
- à A plus 23 ; à A moins 8 ; à A moins 23 ; à A plus 8. (72)
- • *
- * *
- Voici quelques petites phrases. Lisez-les, et marquez à la fin de chacune d’elles si elle vous paraît raisonnable ou ridicule et pourquoi.
- E 3. — On a constaté qu’en cas d’accident, la dernière voiture des trains était la plus endommagée. C’est pourquoi, il semble préférable de supprimer la dernière voiture. Cela vous paraît-il un bon moyen ? Et pourquoi ? (73)
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- E 4. — Les juges ont résolu de construire une nouvelle prison avec les matériaux de l’ancienne prison jusqu’à ce que la nouvelle soit terminée : Trouvez-vous cela commode et possible, et pourquoi ? (74)
- *
- * *
- Voici des petites questions faciles ; lisez-les et répondez-y :
- F 3. — Mon frère m’écrit : Je rentre à pied du bois de Chaville où j’ai eu hier le malheur de me casser un membre. Pouvez-vous deviner d’après ceci, celui qu’il s’est probablement brisé : bras droit, bras gauche, jambe droite, jambe gauche ? (75)
- F 4. — Si cet animal a de longues oreilles, c’est un mulet ou un âne. Si cet animal a une grosse queue c’est un cheval ou un mulet. Or, cet animal a de longues oreilles et une grosse queue. Qu’est-ce que c’est ? (76)
- Il 3. — SOLON COMPARAIT LE PEUPLE A LA MER, ET LES ORATEURS AU VENT PARCE ~QUE LA MER SERAIT TOUJOURS TRANQUILLE SI LE VENT NE L’AGITAIT PAS.
- Marquez deux des affirmations suivantes, dont la signification vous paraît la plus semblable à celle énoncée ci-dessus :
- ... Les orateurs sont toujours le jouet du peuple.
- ... Les bons orateurs émeuvent le peuple.
- ... Le peuple resterait passif, si les orateurs ne l’excitaient pas.
- ... Les orateurs selon Solon, sont les responsables des soulèvements du peuple. (77)
- II 4. — QUELLES QUE SOIENT NOS OPINIONS PIIILOSOPIIIOUES, NOUS EN SAVONS DAVANTAGE OUE CE QUE NOUS PARAISSONS SAVOIR ET CONNAISSONS LES LOIS MIEUX QUE NOUS Y OBEISSONS.
- Marquez deux des affirmations suivantes dont la pensée soit identique à celle de la pensée ci-dessus exprimée :
- ... Connaître la vérité c’est la pratiquer.
- ... Nos actions ne sont pas à la hauteur de nos idées.
- ... Nos opinions philosophiques déterminent nos actions.
- ... Nous posons des actes que nous savons ne pas devoir cire posés. (78)
- (—) Reconstituez un mot avec des lettres données : Exemple, vec C - Q -1 - N vous devrez faire le mot cinq. Continuez ainsi :
- K 5. — A-S-E-C-B-E (79)
- K 6. — E - U - R - B - T (80)
- Reconstituez une phrase seulement avec les mots fournis, mais avec tous ces mots.
- K 7. — un - ami - en - livre - toute - bon - un - circonstance - est - fidèle. (81) K 8. — est - toutes - bel - plus - saisons - un - agréable - la - de - automne -les. (82)
- *
- * *
- Etant donné les renseignements ci-dessous sur les âges des différentes personnes, pouvez-vous répondre aux questions suivantes : Soulignez des trois réponses celle qui vous paraît exacte.
- L 3. — Jean est plus vieux que Marcel.
- Marcel est plus vieux qu’André.
- Réponses : Jean est plus vieux qu’André. Jean est moins vieux qu’André.
- On ne peut le savoir. (83)
- L 4. — Jean est plus vieux que Jules.
- Jules est plus jeune qu’André.
- André est plus vieux que Joseph.
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- Réponses : Joseph est plus vieux que Jean. Joseph est moins vieux que Jean. On ne peut le savoir. (84)
- (—) Eliminez dans une série de mots celui qui ne fait pas partie de la catégorie indiquée par la série. Exemple : Si on vous donne : tante, oncle, père, mère, sœur, boulanger, cousins, vous devrez voir que tous les mots, sauf le mot boulanger, représentent des parentés. Vous devrez donc éliminer boulanger et vous, le rayerez.
- Faites de même pour les séries suivantes :
- M 5. — Pomme - Chêne - Rose - Papillon - Feuille - Gazon. (85)
- M G. — Mouche - Abeille - Ver de terre - Libellule - Coccinelle - Mous-tique. (80)
- M 7. — Chat - Chien - Cheval - Chèvre - Tigre - Ane. (87)
- M 8. — Brave - Cruel - Franc - Bon - Aimable - Travailleur. (88)
- *
- * *
- Notation des réponses
- Nous donnerons pour chaque question la réponse juste et la valeur donnée à cette réponse. Le numéro représentatif de la question est le petit chiffre entre parenthèse qui se trouve à chaque question :
- (1) 25,20 — points : 2.
- (2) 19,22 — points : 2.
- (3) 4,10 — points : 2.
- (4) 15,16 -— points : 2.
- (5) Souligner poulet et coq — point : 1.
- (6) Souligner steamer et cheminée — point : 1.
- (7) Toutes réponses donnant la relation demandée —
- points : 2.
- (8) Toutes réponses donnant la relation demandée --
- points :2.
- (9) Le bracelet, la montre — point : 0,5.
- (10) Une fleur — point : 0,5.
- (11) Plume, crayon, stylo, la craie — point : 0,5.
- (12) Neige, grêle — point : 0,5.
- (13) Bruit ou tapage — points : 2.
- (14) Courage, sécurité, quiétude, espérance, assurance —
- points : 2.
- Les questions (15), (16), (17), (18), (19), (20), (21), (22),
- (23), (24) sont notées seulement 0 point 25.
- (25) Souligner inexact (on ne peut savoir) — points : 2.
- (26) Souligner'inexact — points : 2.
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- (27) Souligner inexact -— points : 2.
- (28) A moins 23 — points : 2.
- (29) Les moitiés devant être égales par définition, il ne
- peut y en avoir une plus grosse — points : 2.
- (30) Le bavard étant assis sur un fauteuil ne peut entraîner
- sa chaise — points : 2.
- (31) 10 francs — points : 3.
- (32) Suresnes — points : 3.
- (33) L’ami paraît indiquer que les médecins peuvent se trom-
- per sans qu’on s’en aperçoive — points : 2.
- L’ami a voulu faire une plaisanterie sur le dos des médecins — points : 2.
- (34) Chien battu craint l’ombre du bâton — points : 2.
- Le souvenir du danger rend prudent et parfois timide — points : 2.
- (35) Chat — points : 2.
- (36) Habit — points : 2.
- (37) La fin du jour entraîne souvent le repos du paysan —
- points : 12.
- (38) La richesse ne suffit pas toujours pour engendrer le
- bonheur — points : 2.
- (39) On ne peut pas savoir — points : 2.
- (40) Marcel est moins vieux que Jean — points : 2.
- (41) Eliminer banane — point : 1.
- (42) Groseille — point : 1.
- (43) Pain — point : 1.
- (44) Lait — point : 1.
- (45) 45,73 — points : 2.
- (46) 37,60 — points : 2.
- (47) 32,61 — points : 2.
- (48) 4,12 — points : 2.
- (49) ' Electricité, lumière — point : 1.
- (50) Tramway, bicyclette — point, : 1.
- (51) (52) Bonnes réponses donnent 2 points.
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- — 182 —
- (53) La ligne, la gaule -— point : 0,50.
- (54) Les souris, les rats, les oiseaux — point 0,50.
- (55) Une arme — point : 0,50.
- (50) Le calme — point : 0,50.
- (57) Flexible, souple — points : 2.
- (58) Léger — points : 2.
- (59) , (00), (01), (02), (03), (64), (65), (00), (07), (68) donnent
- 0 point 25 par réponses exactes.
- (69) Exact — points : 2.
- (70) Exact — points : 2.
- (71) Inexact -— points : 2.
- (72) A plus 23 — points : 2.
- (73) Si l’on supprime la dernière voiture, la précédente de-
- vient la dernière — points : 2.
- (74) Pour avoir les matériaux de l’ancienne prison devant
- servir à la reconstruction, il faut que l’ancienne prison soit démolie, les prisonniers n’y peuvent donc rester — points : 2.
- (75) Bras gauche (ou bras droit s’il est gaucher) — points : 3. (70) Mulet — points : 3.
- (77) Le peuple resterait passif si les orateurs ne l’excitaient
- pas — points : 2
- Les orateurs, selon Solon, sont les responsables des bouleversements du peuple — points : 2.
- (78) Nos actions ne sont pas à la hauteur de nos idées —
- points : 2.
- Nous posons des actes que nous savons ne pas devoir être posés — points : 2.
- (79) Besace — points : 2.
- (80) Rebut, brute — points : 2.
- (81) Un bon livre est un fidèle ami en toute circonstance —
- points : 2.
- (82) Un bel automne est la plus agréable de toutes les sai-
- sons — points : 2.
- (83) Plus vieux qu’André — points : 2.
- (84) On ne peut pas savoir — points : 2.
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- Intelligence
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- ((85) Supprimer papillon — point : 1.
- (86) Ver de terre — point : 1.
- (87) Tigre -—- point : 1.
- (88) Cruel — point : 1.
- Utilisation des résultats
- L’intérêt de celte fiche, en application globale réside non seulement dans la grandeur du résultat total du sujet examiné, mais dans l’analyse qualitative du résultat.
- On devra faire pour l’enfant examiné un profil simple analogue au modèle ci-contre :
- Tableau détalonnage
- Déciles : 1° 10° 20° 30° 40° 50° 60° 70° 80° 90° 100°
- ÉPREUVE COLLECTIVE
- 1 Compréhension..
- 2 Critique ....
- 3 Invention...
- 4 lntell. logique ..
- 5 » verbale ..
- 6 » générale..
- 7 » numérique
- En ce qui concerne l’emploi de la fiche pour la distinction des éléments d’exactitude et de vitesse, nous donnerons prochainement la technique et les normes d’étalonnage.
- Influence de l’âge
- En fait, dans cette fiche les résultats se sont montrés si peu différents suivant les âges qu’ils nous ont paru négligeables et que de 13 à 15 ans el demi nous n’avons établi qu’un seul étalonnage.
- L’Étalonnage
- Nous donnerons pour chaque point de notre profil les questions qui en font partie et le décilage pour les filles el pour les garçons.
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- Premier point
- Compréhension
- Décilage du total obtenu par la somme des 30 questions suivantes :
- 1, 2, 3, 4, 5, 6, 28, 31, 32, 33, 34, 41, 42, 43, 44, 45, 46, 47, 48, 49, 50, 72, 75, 76, 77, 78, 85, 86, 87, 88.
- Le maximum de points possible est de 60 points.
- Compréhension
- 1 10 20 30 40 ro 60 70 ' 80 90 100
- Garçons 43 32 20 26 24 20 18 45 42 7 1
- Filles 40 31 28 26 23 20 4 7 1b 11 b 2
- Deuxième point
- Critique
- D’après la somme des points obtenus dans les quatorze questions suivantes : 25, 26, 27, 29, 30, 39, 40, 69, 70l,*71. 73, 74, 83, 84, le maximum de points possibles est de 28.
- Critique
- 4 10 20 30 40 bO 60 70 80 90 100
- Garçons DD 20 48 18 14 14 40 8 8 '6 2
- Filles 24 20 18 16 14 44 42 40 40 8 0
- Troisième point
- Invention
- Décilage fait grâce à la somme des points obtenus dans les quarante-quatre questions suivantes :
- 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20; 21, 22,
- 23, 24, 35, 30, 37, 38, 51, 52, 53, 54, 55, 56, 57, 58, 59, 60,
- 61, 62, 65, 04, 05, 66, 07; 68; 79; 80; 81; 82.
- Maximum possible : 41 points.
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- — 185 —
- Invention
- 1 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
- Garçons 35.o _ 26 22.5 20.75 20 17.5 17 15.25 15 14 2
- Filles 34 25.5 22.75 19.5 18 16.75 15.75 14.75 13 3
- 21
- Quatrième point
- Intelligence logique
- Somme des points obtenus dans les 16 questions suivantes : 25, 26, 27, 28, 31, 32, 39, 40, 69, 70, 71, 72, 75, 76, 83, 84. Maximum : 36 points.
- Intelligence logique
- 1 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
- Garçons 28 22 19 16 15 14 11 10 8 4 2
- Filles 29 21 18 16 14 13 11 10 8 6 0
- Cinquième point
- Intelligence verbale
- 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 49, 50, 51, 52, 53, 54, 55, 56, 57, 58, 59, 60, 61,
- 62, 63, 64, 65, 66, 67, 68.
- Maximum possible : 29 points.
- Intelligence verbale
- 1 10 20 50 10 50 60 70 80 90 100
- Garçons 20.25 17.50 15.50 13.75 13.25 12.25 12 11.25 10- 6 4.25
- Filles 22.75 17.25 16 14.75 13.5 „ 12 11.5 10.25 7.75 5.25
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- Sixième point
- Intelligence générale
- Somme des 24 questions suivantes : 29, 30, 33, 34, 35, 36, 37, 38, 41, 42, 43, 44, 73, 74, 77, 78, 79, 80, 81, 82, 85, 86, 87, 88.
- Maximum possible : 48 points.
- Intelligence générale
- 1 10 i'0 30 40 50 60 70 80 90 100
- Garçons 41 32 31 29 26 25 23 24 45 12 7
- Filles 42 33 30 28 26 23 22 20 46 43 5
- Septième point
- Intelligence numérique
- Somme des huit questions suivantes : 1, 2, 3, 4, 45, 46, 47, 48.
- Maximum : 16 points.
- Intelligence numérique
- 4 40 20 30 40 50 60 70 80 90 100
- Garçons 11 42 40 8 6 4 2 2 0 0 0
- Filles 12 8 G 4 2 0 0 0 0 0 0
- *
- * *
- Figuration des résultats
- Les données fournies par cette épreuve permettent à l'observateur de dresser, au moyen d’un tableau facile à faire, et dont nous avons donné le modèle précédemment, le profil de chaque enfant. Faire le profil consiste à traduire les résultats bruts obtenus, en chiffres plus significatifs indiquant le rang approximatif que ces résultats bruts donneraient à l’enfant
- i
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- dans un groupe type de 100 enfants du même sexe et d’âge comparable pris au hasard. Supposons une petite fille qui donne comme somme de points :
- Pour la compréhension : 33.
- Pour la critique : 18.
- Pour l’invention : 4.
- Ces résultats qui ne permettent que de voir si elle est bonne ou mauvaise par rapport au groupe testé avec elle (sa classe par exemple) prend une toute autre signification si l’on fait son profil.
- On verra, d’après l’étalonnage fourni, que ses résultats la placent au décile 10 pour la compréhension, au décile 20 pour la critique et 100 pour l’invention (1).
- C’est une élève qui comprend très bien, critique bien mais manque totalement d’imagination par comparaison avec les autres enfants.
- Ces sept points pour chaque sujet une fois reliés par des droites, donnent un profil qui indique de suite les supériorités lorsque le Irait se trouve situé sur la gauche du tableau, les infériorités quand il s^avance vers la droite, le meilleur résultat. occupant le rang 1. et le plus mauvais le rang 100 dans notre étalonnage (2).
- (1) On met le point sur le décile dont la valeur est le plus proche. Si l’enfant avait eu 38 au lieu de 33 elle aurait etc au décile 1.
- Si la valeur est juste intermédiaire entre les deux déciles, on place le point au milieu des deux déciles.
- Lorsque plusieurs déciles correspondent à une même valeur on indique le décile moyen parmi les déciles ayant même valeur.
- (2) Nos prix actuels des fiches sont :
- Fiches dont il est question dans l’article............. 0 fr. 55 pièce
- Fiches d’examen psychologique avec tableau d’étalonnage. ......................................... 0 fr. 90 —
- Fiches techniques A et B............................... 0 fr. G5 les deux
- Les prix des appareils sont, actuellement :
- Dextérimètre à rondelles (la souricière)............... 250 fr.
- Chronoptôscope, de Piéron............................... 400 fr. »
- Chromatophanomètre, de Piéron........................... 600 fr. »
- Appareil pour relief (suivant Micholle)... ............. 450 fr. »
- Gravimètre, de Piéron................................... 450 fr. »
- Complément du gravimètre................................ 250 fr. »
- Pachoesthésimètre (la lame)............................ 250 fr. »
- Jeux de boîtes pour illusion de poids.................. 150 fr. »
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- NOTES ET DOCUMENTS
- Les Classes d’orientation
- On sait que, dans une cinquantaine de centres (dont deux seulement dans la Seine, à Chaptal, et dans les écoles de Courbevoie) des classes d’orientation ont été organisées à litre d’expérience pour les enfants susceptibles d’entrer dans une classe de 6e ou dans les cours préparatoires des écoles primaires supérieures et écoles pratiques.
- De nombreuses circulaires ministérielles ont préparé cette expérience. Le nombre des maîtres prévu pour chaque classe a été de cinq et six, avec un d’eux comme directeur d’études, le contrôle de l’expérience devant être confié aux chefs d’établissement et aux inspecteurs d’Académie. Une circulaire précisait la tâche essentielle des maîtres, à côté de leur rôle proprement scolaire et éducatif :
- Les maîtres de la classe d’orientation n’auront d’autre mission que de découvrir les aptitudes et les goûts dominants des enfants, de leur en faire prendre conscience et d’informer sur ce point et sur les possibilités ultérieures de débouchés les familles qui restent libres de leur choix. Je tiens à rappeler que toutes les mesures seront prises pour que les enfants puissent — sans retard — continuer leurs études dans l’une des sections actuelles du 2e degré — enseignement secondaire A ou B, enseignement primaire supérieur, enseignement technique.
- La même circulaire annonçait aussi l’organisation d’un stage :
- Je compte organiser, pour le mois de septembre à Paris, au Musée pédagogique, un stage de préparation à la classe d’orientation avec la collaboration des trois directions de l’enseignement du second degré, de l’enseignement primaire et de l’enseignement technique, de Y Institut national d'orientation professionnelle^ et avec le concours d’éducateurs spécialisés. Les équipes désignées par vous pourront être ainsi informées d’une manière suffisamment nette du sens et de la portée de l’expérience et des problèmes qu’elle soulève.
- En réalité, l’Institut national d’O. P. n’a jamais été officiellement saisi du désir clu ministre et n’a donc pas eu occasion de .collaborer à la préparation de l’expérience en cours.
- Toutefois M. Fontègne a été personnellement appelé à participer au stage, sur lequel le ministère a communiqué la note suivante :
- On sait que des classes d’orientation doivent s’ouvrir au 1er octobre prochain, à titre d’expérience, dans une cinquantaine de centres scolaires. Pour permettre de préciser et d’unifier les conditions de ces expériences, M. Jean Zay, ministre de l’Education nationale, a
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- — 189 —
- réuni pendant quatre jours au Musée pédagogique, les maîtres appelés à enseigner dans ces classes ainsi que les inspecteurs d’Aca-démie chargés de les organiser.
- La séance d’ouverture a été présidée, lundi matin 20 septembre, par M. Abraham, directeur du cabinet et délégué du ministre. Au cours de cette séance, les stagiaires ont entendu des exposés de MM. Châtelet, directeur de l’Enseignement du second degré, et Luc, directeur général de l’Enseignement technique.
- L'après-midi a été consacré à l’étude des moyens pratiques de centraliser les renseignements recueillis sur chaque élève sur un « livret de renseignements » dont le modèle a été arrêté après une intéressante discussion.
- Les journées de mardi et de mercredi ont été occupées par de féconds échanges de vues entre les stagiaires sur les modalités d’application des programmes adoptés, sur l’orientation à donner à chaque enseignement et sur la pédagogie particulière à introduire dans ces classes. Ces séances de libres discussions ont présenté pour les stagiaires et les nombreux auditeurs qui se pressaient dans les salles du Musée pédagogique le plus vif intérêt.
- Ces séances de travail ont trouvé leur conclusion au cours de deux séances plénières. Les stagiaires ont entendu jeudi matin les rapports d’ensemble de MM. Schleiner, Perrotin, Condevaux, Fontègne, Bourgoin et Gastinel sur la coordination des divers enseignements dans la classe d’orientation. L’après-midi, sous la présidence de M. Jean Zay, ministre de l’Education nationale, ils ont entendu le rapport général de M. Gustave Monod.
- Le ministre de l’Education nationale tint à remercier tous ceux ' qui, à un titre quelconque, avaient participé aux travaux du stage.
- 11 précisa l’objet des expériences instituées et l’objet même de l’orientation dont il montra l’urgente nécessité. S’élevant contre les interprétations tendancieuses données à ses projets, il sollicita le concours actif des familles, dont la liberté demeure entière, mais qui trouveront dans l’institution en voie d’organisation une information objective qui leur faisait jusqu’à présent défaut et qui leur permettra d’exercer cette liberté à laquelle ils sont si légitimement attachés dans des conditions meilleures de clarté et de sécurité.
- Nous pouvons ajouter que M1Ie Weixberg ,n été appelée à intervenir .avec force dans la discussion en faveur- dé la mise en œuvre de méthodes d’examen d’un caractère précis.
- Nous donnons, d’autre part, le texte du rapport présenté par M. Fontègne sur la fiche d’observation, et adopté à l’unanimité.
- Enfin une deuxième circulaire de M. Jean Zay, du 15 octobre, apporte les précisions suivantes :
- J’ai l’honneur de vous adresser ci-dessous des instructions complémentaires en ce qui concerne le fonctionnement des classes d’orientation.
- 1° Collaboration des parents cl des maîtres. — La classe d’orientation ayant pour objet d’aider les familles à choisir les études qui conviennent le mieux à leurs enfants, il importe qu’une étroite collaboralion soit instituée entre les maîtres chargés de celle classe et les parents de leurs élèves. Je vous prie de provoquer dans chaque
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- centre scolaire où une expérience est organisée une très prochaine réunion des parents où l’objet de la classe d’orientation leur sera exposé.
- 2° Fiche médicale. — Il importe aussi que les maîtres reçoivent au sujet de la santé de leurs élèves les indications ou recommandations utiles. Au cours de la réunion des parents, on insistera sur l’intérêt qu’ils ont à fournir ces indications ; on leur demandera de répondre à un questionnaire dont vous trouverez (ci-joint) le modèle et qui sera adressé sous enveloppe fermée à chacun d’eux.
- 3° Mensuration. — Il est tout à fait importai)I que les mensurations des élèves soient régulièrement organisées (au moins deux fois par an). Je vous prie de faire prendre à cet égard toutes dispositions nécessaires.
- L’I. N. O. P. suivra naturellement avec le plus vif et le plus sympathique intérêt l’expérience en cours. H. P.
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- Rapport succinct sur la fiche scolaire d’orientation adopté en Assemblée générale par M. J. FONTÈGNE
- Une orientation rationnelle n’est possible qu’autant qu’elle tient compte des goûts, aptitudes et connaissances de l’enfant, tout en ne négligeant pas les désirs et la situation de la famille, ainsi que l’état du marché du travail.
- Le premier intéressé, dans ce problème de l’orientation, c’est l’enfant.
- Toutes les matières de la classe d’orientation doivent donc contribuer ù nous renseigner sur :
- Ses goûts, ce qui n’exclut pas ses aversions ;
- Ses connaissances ;
- Ses aptitudes diverses.
- Tout enseignement, quel qu’il soit, pourvu qu’il fasse appel directement à l’enfant, doit être mis à profit.
- Les observations qu’il permet de faire ont trait à la quantité et à la qualité des connaissances acquises ; aux aptitudes et inaptitudes mentales constatées ; au caractère et à la personnalité ; aux intérêts particuliers et talents manifestés.
- Il semble qu’il y ait eu accord complet sur ce point, chacun admettant que la classe d’orientation, tout en conservant son caractère d’enseignement, devait être révélatrice d’aptitudes.
- Nous pouvons même dire qu’il y a unanimité, en ce qui concerne ces premiers essais, à déclarer la primauté de l’observation sur l’expérimentation — celle-ci pouvant toujours se faire
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- principalement pour contrôle, par les professeurs inities aux méthodes psychotechniques ou biotypologiques.
- L’expérience tentée indiquera, d’ailleurs, dans quelles mesures d’autres méthodes de détermination des aptitudes pourront être ajoutées à l’observation psychologique de l’enfant.
- Le modèle de fiche scolaire, ou mieux de dossier d’observations, semble .avoir été accueilli favorablement, d’autant plus qu’il ne constitue qu’un guide auquel pourra recourir tout professeur de classe d’orientation et n’exige nullement de réponses sèches, brèves et formelles.
- Chacun a reconnu, en ce qui concerne les diverses aptitudes mentales figurant sur le livret, qu’une appréciation d’ensemble, formulée en conseil de classe et basée sur les observations faites,' serait du plus précieux secours.
- Les interventions qui se sont produites au sujet des renseignements d’ordre familial et de la fiche médicale ont montré nettement l’intérêt qu’on portait à ces renseignements, en même temps qu’elles soulignaient, en ce qui concerne la fiche médicale, la nécessité d’une organisation judicieuse de l’inspection médicale scolaire.
- Au reste, qui dit orientation, dit tact et prudence. Tous les moyens qui permettront d’établir un contact utile entre les professeurs de la classe d’orientation et les familles sont excellents en soi ; tous les renseignements que l’on obtiendra sur la nature physiologique de l’enfant et sa vie hors de l’école, seront de la plus grande utilité.
- Les discussions qui ont lieu ont montré qu’en orientation, la première place était encore accordée aux contre-indications, qu’elles soient d’ordre scolaire ou médical, d’ordre mental ou caractériel. Et pourtant, il s’est bien dégagé que ce caractère, en quelque sorte « négatif » de l’orientation n’en excluait pas le caractère « positif », les tendances d’esprit, de caractère et d’activité, s’ajoutant aux désirs des enfants et des familles, pouvant très utilement conduire ù un conseil d’orientation assez précis.
- Il est d’ailleurs bon d’ajouter que les « stagiaires » ont manifesté, tous, le sincère désir de faire œuvre utile, ce qui est du meilleur augure pour le succès de l’œuvre entreprise (1).
- J. F.
- (1) Nous donnerons dans notre prochain bulletin le texte complet du <c Livret d’observation devant servir' à l’orientation » élaboré par M. J. Fon tègne.
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- L’Adaptation sociale des anormaux de l'intelligence et du caractère
- Il ressort d’une étude faite par le l)r G. IIeuyer et M° S. IIorin-son sur 500 enfants examinés à la clinique de neuro psychiatrie infantile que la déficience intellectuelle ou les troubles du caractère sinon les deux à la fois sont le plus souvent à la base de la désadaptation familiale, scolaire ou professionnelle.
- Ces sujets, observés minutieusement au point de vue du niveau mental, des capacités motrices, du caractère et des tendances, ont été orientés dans les limites possibles des employeurs décidés à les employer.
- Le débouché le plus accessible est le placement agricole.
- Les placements ont été répartis : 74,8 "/„ en placement agricole, 10,6 °/o ont débuté par un placement urbain et envoyés ensuite à la' campagne ; 8,5 °/0 ont été occupés dans les industries et le commerce.
- Il apparaît dans ce travail que l’élément intellectuel qui joue en général dans l’adaptation sociale de l’individu un rôle prépondérant n’a pas chez ces anormaux un rôle décisif.
- Son influence ne s’exerçait pas toujours dans le sens favorable à l’adaptation, pas plus d’ailleurs que la supériorité de l’habileté manuelle. Ce sont les troubles du caractère qui sont le facteur le plus important des difficultés et de l’échec de ces sujets.
- Ce sont surtout l’instabilité, la tendance aux vols, les dispositions paranoïaques ou perverses qui ont le plus fortement compromis l’adaptation de ces sujets à la vie sociale.
- Mais ces troubles diminuaient au cours du placement agricole et il semble que ce soit au moyen de ce « retour à la terre » que l’on peut le plus souvent récupérer un sujet qui serait destiné sans cet essai à grossir le nombre des chômeurs ou des désadaptés, troubles de la vie sociale.
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- L’Orientation professionnelle dans l’Enseignement secondaire selon le Dr Wolfromm
- La publication, sous ce titre, d’une brochure qui reproduit une conférence faite par le très distingué chirurgien l)r G. Wolfromm, à la Fédération corporative des médecins de la région parisienne, permet de prendre une connaissance explicite des critiques d’un
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- adversaire bien déterminé du mouvement actuel en faveur de l’orientation professionnelle, en particulier dans l’enseignement du second degré. Au point de vue de cet enseignement même, l’auteur oppose à la conception « pragmatiste » qui envisage la préparation aux carrières, F « humanisme » désintéressé, qui vise à permettre à tous les jeunes gens d’aborder « les plus hautes formes de l’activité spirituelle ».
- Puis vient une critique des quatre principes de l’orientation professionnelle : Existence chez chaque individu d’aptitudes dominantes ; possibilité de déterminer scientifiquement ces aptitudes vers l’âge de 12 ans ; possibilité de définir les aptitudes dominantes assurant le succès professionnel ; développement au maximum, par éducation, des aptitudes dominantes de chacun.
- A ces principes G. Wolfromm fait des objections de fait et surtout une opposition de tendance.
- En ce qui concerne* les tendances, il suffit de constater le désaccord, car chacun a ses propres jugements de valeur qui ne sont pas justiciables de discussions logiques ; luttant contre l’emprise possible de la collectivité sur la cellule familiale, épris de l’organisation d’une vie difficile nécessitant l’effort pour vaincre les obstacles et tremper le caractère, G. Wolfromm orienterait volontiers les enfants dans la voie où ils sont le moins aptes, ce qui constituerait une nouvelle forme d’orientation négative, à laquelle, en somme, les orienteurs pourraient facilement s’adapter si cette directive devait s’imposer.
- Quant aux critiques de fait, qui, dans le détail ne sont certainement pas toutes injustifiées, il n’y a, sur les points essentiels, que des impressions personnelles, en désaccord avec les données que peut, fournir l’expérience scientifique. Mais, plus que les critiques adressées à feu Alfred Binet, à Luc, à Laugier, à Henri Wallon, à Larcher ou à moi-même, ce qui peut intéresser dans la conférence du Dr Wolfromm, c’est son attitude propre, exposée dans ses conclusions, où il limite à peu près le rôle de l’orienteur à l’utilisation des débiles. Nous donnerons donc le texte exact de ces conclusions :
- « Ces critiques faites aux principes et au but de l’orientation professionnelle, nous arrivons aux conclusions suivantes :
- « 1° Tous les enfants dont le développement intellectuel est normal doivent être considérés comme aptes à recevoir l’enseignement secondaire.
- « 2° Ceux dont le développement intellectuel paraîtrait anormal à leurs parents ou à leur maîtres seront examinés par un médecin psychiatre qui décidera s’il s’agit d’enfants complètement ar-
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- riércs ou simplement d’enfants ayant subi un retard mental. Dans ce dernier cas, ils diront si ce retard leur paraît ou non rattrap-pable.
- « Si ce retard est ratlrapable, l’enfant relève d’une pédagogie spéciale qui paraît plus être du ressort des psychiatres que des orienteurs, mais pourrait être confiée à leur collaboration.
- « Si l’enfant est complètement arriéré ou s’il a subi un retard mental non rattrapable, le conseil des orienteurs sera sollicité en sa faveur. Leur sagacité trouvera certainement pour ces déchets humains une occupation ou un semblant d’occupation et allégera un peu la lourde tâche de leur famille.
- « 3° Afin de rendre hommage aux laborieux efforts des orienteurs et de leur permettre de poursuivre une expérimentation à peine ébauchée, des enfants de sixième, sur la demande expresse de leur famille, pourront être observés par les orienteurs et recevoir d’eux des conseils d’orientation dans leurs études, conseils que leur famille restera libre de négliger. L’enfant poursuivra les études désirées par sa famille s’il satisfait aux examens de passage traditionnels, maintenus dans un esprit de grande bienveillance et de libéralisme.
- « Vingt à trente ans après, une enquête sera faite sur la destinée de ces enfants, afin d’observer si ceux qui ont suivi les conseils des orienteurs en ont profité et si ceux qui les ont négligés en ont
- pâti.
- « Tant qu’une expérience d’aussi longue durée n’aura pas été instituée, la méthode des orienteurs ne pourra prétendre avoir fait les preuves de son caractère scientifique.
- « 4° IL seraiL souhaitable que tout enfant entrât au lycée muni de certificat de spécialiste, .attestant l’état de sa vision et de son audition, afin qu’il en soit tenu compte au cours de ses études. Mais ceci rentre dans un autre ordre de questions qui est l’inspection médicale scolaire obligatoire.
- « 5° Les enfants dont l’intelligence paraîtrait à d’autres points de vue normale, mais qui au cours de leurs études se montreraient incapables de s’adapter à une discipline essentielle, telle que celle ds mathématiques seront confiés .aux orienteurs. Ceux-ci sauront sans doute, grâce aux ressources de la psychotechnique dont ils font un si grand éloge, déceler l’obstacle qui arrête l’enfant dans la discipline envisagée et lui permettre de le franchir.
- « 0° Après la première partie du baccalauréat, les familles savent tou jours clairement si un enfant peut suivre ou non la classe de mathématiques élémentaires, ou s’il doit entrer en philosophie.
- « Au cours de ces deux classes, les orienteurs mettront à la dis-
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- position des familles leur documentation sur les diverses professions.
- « De plus, sur la demande expresse des parents, ils pourront être invités à donner des conseils d’orientation proprement dite. Ces conseils n’auront pas davantage un caractère impératif que ceux qui auront été donnés en sixième. Un nouveau contrôle sera institué qui dira ce que sont devenus ,au bout de vingt ans les jeunes gens orientés suivant qu’ils auront ou non suivi le conseil qui leur aura été donné.
- « Nous saurons alors si dans l’orientation professionnelle, nous avons vu briller un nouveau soleil ou disparaître une vieille lune, et s’il vaut mieux conseiller à l’homme de contempler son nombril en lui disant « Connais toi toi-même » ou lui montrer l’horizon en lui disant : « Lève-toi et marche ».
- CHRONIQUE DOCIMOLOGIQUE
- Vieilles réflexions encore actuelles
- Dans une rubrique « Pages oubliées », Y Enseignement Scientifique (n° 99, 25 juin 1937) publie sur le rôle de la mémoire et les examens, des réflexions fort judicieuses d’un sieur S. F. Lacroix dans des « Essais sur l’enseignement en général et sur celui des mathématiques en particulier », qui parurent en 1805, et dont on peut citer ce passage intéressant directement la docimo-logie :
- « Puisque ce n’est pas un effort de mémoire qui constitue le vrai savoir en mathématiques et qu’il restreint plutôt les facultés qu’il ne les augmente, c’est donc à tort qu’on emploie un examen oral et par cœur pour s’assurer de la capacité des jeunes gens qui se livrent à l’étude des sciences. Aussi il est arrivé souvent que les hommes les plus instruits sont convenus de bonne foi qu’ils ne se croyaient pas assurés d’être reçus à un examen de ce genre, quoiqu’il portât sur des objets fort au-dessous de leurs connaissances. On a entendu, dans une des leçons qu’il a données à l’Ecole Polytechnique, Lagrange lui-même le dire avec cette modestie qui le caractérise si éminemment... Comment donc peut-on demander avec justice aux disciples ce qu’on n’exigerait pas du maître ? Ignore-t-on le temps qu’on leur fait perdre à repasser, pour le dire, à rabâcher sans cesse la matière d’un examen, pour se tenir en haleine et se préparer à répondre en même temps sur tout ce qu’ils ont appris ? Croit-on que le dégoût qui suit néces-
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- sairement un travail aussi monotone n’arrête pas le plus souvent les progrès des jeunes gens au terme où finit leur examen, ne les porte pas quelquefois à se débarrasser promptement de la tête, de connaissances qu’ils n’ont péniblement acquises que pour en faire parade un seul jbur, parce qu’ils n’ont pas senti ce charme que la variété jette sur des études qui présentent des objets nouveaux qu’on n’épuise pas ? Aussi beaucoup d’entre eux, guidés quelque fois en ce point par leurs maîtres, étifdient le goût, les habitudes des examinateurs, cherchent exclusivement ce qui peut abréger et adoucir l’épreuve qu’ils doivent subir et rejettent comme inutile pour eux tout ce qui ne s’y rapporte pas. »
- A travers les Revues
- Dans la Biotypologie de juin 1937 (V, 2) sont publiés la communication à la Société de Biotypologie de A. B. Fessard, D. Ko-wanski et 11. Laugier, sur l’étalonnage de quelques indices biométriques chez les filles d’âge scolaire, en comparaison avec les garçons, et un mémoire de E. Schreider sur les variations structurales du tronc humain.
- L’importante communication de M. Braciiet, professeur à l’Université de Hanoï et traducteur du grand ouvrage de Spear-man, faite à la Société française de pédagogie le 21 avril dernier sous la présidence du Gouverneur général Brévié, sur « Spearman et sa théorie mathématique », a été publiée par le Bulletin de cette société (n° 64, juin 1937, p. 39-47).
- L’American Journal of Optometry (1937, t. 14, p. 132) contient les résultats d’une étude de G. A. Parkins sur la vision proche f des écoliers, soulignant l’existence d’un progrès avec l’âge des capacités de fixation, de maniement des mouvements oculaires, en particulier pour assurer la vision binoculaire, et constatant que la dominance d’un œil (qui coïncide dans 65 °/„ des cas seulement avec la supériorité visuelle de cet œil), coïncide avec la dominance de la main du même côté dans 54 % des cas.
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- Dans le Manuel général du 9 octobre 1937, M. J. Fontègnk donne un petit article sur la fiche scolaire dans la classe d’orientation qu’il conclut ainsi : « Nous pensons que l’expérience tentée en 1937-38 dans les classes d’orientation fera ressortir l’utilité de ce livret d’observations et indiquera dans quelle mesure les méthodes .psychotechniques et biotypologiques si justement à l’honneur aujourd’hui, pourront contribuer à une meilleure connaissance de l’enfant et, en conséquence, à son orientation professionnelle. »
- L’aptitude professionnelle de la couturière (tailleur pour dames) est envisagée dans un article de Fr. Baümgarten que publie la Schweizer Damenschneiderin (24 septembre 1937, p. 307) et où l’auteur insiste sur les trois qualités fondamentales : bon œil, bonne main, bon goût.
- Le Dr Elster traite de l’évaluation médico-légale de l’incapacité de travail des tuberculeux pulmonaires dans le Strasbourg Médical du 5 juin 1937.
- Une série d’intéressants articles se trouvent dans le Boletin de Educaçâo (décembre 1936) que publie le département d’Educa-tion de Pernambouc, au Brésil. Citons une étude, extraite d’un livre en préparation, de Sylvio Rabello, sur la psychologie de 1 enfance, une description par Annibal Bruno, du Service d’anthropologie et médecine scolaire, un important mémoire statistique sur le « biotype » de l’écolier de Pernambouc, par De An-drade Lima junior et Luiz Ignacio, ce dernier exposant la question de l’électro cardiographie en relation avec l’éducation physique des écoliers, enfin comme travail de la section de Psychologie, par Cavalcanti Borges et plusieurs collaborateurs, une étude sur l’application dans les écoles de Recife, du test des cent questions de Ballard.
- Un test mental pour arriérés et analphabètes, inspiré des tests de performance utilisés aux Etats-Unis, est proposé par Ernesto Nelson dans Psiquiatria g Criminolo'gia (II, 7, 1937), après application à 3058 enfants de la province de Buenos Ayres.
- Dans la Presse Médicale du 22 septembre 1937, la question de l’influence de petites doses d’alcool sur la conduite des automobi-
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- les est envisagée par Guy Hausser d’après une étude d’un médecin d’Utrecht, E. Wierenga, publiée dans les Archives d’Anthropologie criminelle d’Italie, et fondée sur des examens psychotechniques de deux individus seulement, mais montrant déjà que la susceptibilité des sujets peut être fort différente.
- La Rivista di Psicologia (33, 2, 1937) public une étude du Père Gemelli sur les nouveaux critères et les nouvelles méthodes en vue de la sélection psychotechnique des pilotes d’avions.
- Dans le n° 11 des Nouveaux Cahiers (1er octobre 1937) publié chez Alcan, R. Jarry publie sous le titre « Dignité de la Maîtrise » des réflexions suscitées par les conférences faites à l’Ecole libre des Sciences politiques par MM. Siegfried, Püget, Oualid. et Laroque sur le rôle des chefs de service du personnel de direction et de maîtrise, dont on sait qu’il exige des aptitudes très spéciales.
- Le fascicule 214 des Archives of Psychologg (131 p., 1937) est consacré <ï un travail de Chr. M. Morgan, sur les attitudes et les adaptations des personnes âgées dont s’occupe l’assistance aux vieillards de l’Etat de New-York.
- Dans la Wiener meâizinische Wochenschrift (17 avril 1937, p. 433) la silicose en Autriche est examinée par Adler-Herzmarle et Hopstein qui ont trouvé qu’elle se rencontrait chez 66 °/0 des ouvriers des mines de quartz, 50 à 66 °/0 des polisseurs de fonte et des façonneurs de grès (meules), et une certaine proportion d’ouvriers manipulant dos poudres de quartz pour nettoyages.
- La présence du signe de Romberg chez les aveugles (bien équilibrés les yeux ouverts et déséquilibrés les yeux fermés) est signalée par l 'rr vn, de Vienne, dans la Médizinische Klini!,• (30 avril 1937, p. 595), l’interprétation de cé fait paradoxal, qui ne se rencontre pas chez les aveugles de naissance, étant celle de la persistance d’un réflexe conditionné.
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- La revue Education, dans sa section « Revue des Maîtres », publie un exposé de MUe Andrée Courtiiial sur le service d’orientation professionnelle de la Caisse de Compensation de la région parisienne et sur son activité en 1935-36.
- Dans The Journal of Applied Psychology (1937, 21, 301) R. Messenger donne une intéressante illustration des « techniques nouvelles » qu’elle ia employées pour construire un test formé de données tirées de cinq autres séries de tests parmi les plus con nues. Dans ce même numéro, un travail de Mc Ivinney traite d’ « Une -Méthode empirique pour analyser l’entretien avec un vendeur ».
- On trouvera dans le numéro de juillet 1937 du British Journal of Psychology, plusieurs travaux d’un grand intérêt parmi lesquels : La perception des distances, par M.-D. Vernon ; l’Influence d’une intoxication modérée et sévère sur le souvenir, par C.-R. Marshall ; De la corrélation entre les personnes, par C. Burt ; Conception scientifique des facteurs mentaux, par M.-S. Bartlett.
- Travail musculaire en altitude cl inhalation d’oxygène, par F. Bergeret, Giordan et Strumza que publie Le Travail Humain dans son numéro de juin 1937, est une importante élude expérimentale dont les conclusions sont d’un intérêt immédiat pour l’aviation. Dans ce même numéro, signalons encore : 1° le compte rendu détaillé d’une importante application d’orientation professionnelle à la campagne, par J.-M. Laiiy ; 2° un Essai de sélection psychologique d’ouvriers soudeurs. Méthode et premiers résultats, par IL Laugier, D. Kovarski et D. Weinberg, et 3° une revue analytique accompagnée d’un répertoire alphabétique de la législation du travail en 1936, par G. Iciiok.
- Le numéro de septembre tout entier mérite d’clre .signalé pour l’intérêt des travaux qu’il contient : recherches expérimentales de physiologie et de psychologie (Recherches sur la physiologie de la course, Simonson ; Mesure de l’acuité visuelle, Faillie et Vi ve). Une expérience de présélection professionnelle dans une usine, do soie artificielle, Drabs ; et surtout un très important rapport de J. Fontègne, sur l’Orientation professionnelle au Congrès international de l’Enseignement technique qui s’est tenu à Borne eu décembre 1936.
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- S’il existe une relation entre le fait de se sentir une vocation et le succès scolaire, les observations faites par E.-G, Williamson (School et Society, 1937, 46, 353) n’ont pas réussi à le mettre en lumière.
- Dans School and Society (1937, 46, 961) E.-L. Jones, sous le titre : « Qu’entendons-nous par orientation et personnel en éducation ? » se livre à des considérations d’ordre général sur les différentes disciplines auxquelles l’orientation doit faire appel.
- La façon dont intervient le facteur personnel dans le jugement porté sur le caractère d’un individu est examinée dans un travail de A. Argelander cpie publie Characier and PersonccJity dans son numéro de juin 1937. Ce numéro contient en outre uile étude sur l’hérédité et le milieu, basée sur l’observation de groupes de jumeaux.
- Dans un travail sur : le comportement cardio-vasculaire des différents sujets dans la pratique des sports que publie Notre Action (septembre 1937), L. Rrouiia et D.-B. Dii.l, s’appuyant sur de nombreuses données d’observation, concluent à la possibilité d’utiliser la mesure 'de l'accélération cardiaque due à l’exercice, pour déceler des aptitudes individuelles à l’activité sportive.
- Dans les nos 40, 41, 42 et 43 de Y Ecole et la Vie (Juillet 1937) une série d’articles de J.-P. Lalot fournit sur les nouvelles classes d’orientation introduites cette année à litre d’expérience au début de l’enseignement secondaire, toute une intéressante documentation.
- La mise au point d’une méthode permettant de déceler des traits de caractère spécifiques chez les jeunes délinquants est exposée dans un travail de Child Development (1937, 8, 115) sous le titré : « Personalily Characteristics of Juvénile delinquents » par Mer-vin et Dureau. Nous signalons aussi dans ce môme numéro une étude sur : « Les déficiences dans l’amplitude des mouvements articulaires », par Glanvil et Krekzer ; et un travail concernant l’effet de l’apprentissage sur « P aptitude au rythme » par Wigtit.
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- Les carrières dans l’avialion américaine sont envisagées dans deux courts articles que publie Occupations : lhe vocaûonal guidance Magazine, dans son numéro d’octobre 1037.
- L’apprentissage dans l’industrie métallurgique est envisagé dans le numéro de juillet-août 1937 de Technische Erziehung.
- Les rapports entre les recherches poursuivies par les psycho-teclmiciens et les problèmes que soulèvent la sélection et l’organisation du personnel sont envisagés dans un travail que A.-F. Stewart publie dans The human factor de septembre 1937 intitulé : « Industrial Psycliology and personnel management ».
- Dans The Journal of Applied Psgchology (août 1937), E.-D. Baxter nous présente un nouveau test de personnalité, accompagné d’un étalonnage pour les enfants de 4 à 13 ans. D’autre part les relations entre la note obtenue et les erreurs, pour le Test Alpha de l’Armée, sont examinées par Atwell. La valeur prédictive de l’échelle Binet-Kuhlmann fait aussi l’objet d’une étude de G. Arthur ayant porté sur une population scolaire partiellement américanisée.
- Dans Industrielle Psychotechnih (mai 1937, 14, 140) une étude consacrée aux accidents dans l’aviation, considère l’homme eu tant que cause d’accident. A signaler aussi un travail de W. Bein-iioff sur l’aptitude à se représenter dans l’espace des formes dessinées.
- La Gazelle des Métiers (numéro du 27 août 1937) envisage d’une part la réforme projetée de l’enseignement, dont les principaux points sont exposés, et, d’autre part, 1 importance sociale et économique de l’enseignement technique.
- Le Bulletin international de T Enseignement technique (juillet 1937) publie une série de compte-rendus sur l’enseignement technique au Brésil, en Colombie, au Mexique, en Nouvelle-Zélande et en Suisse.
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- Dans une note critique que publie The human factor (1937, 11, 368), Spearman, examinant la nouvelle échelle de tests d’intelligence que publie Terman (L.-M. Terman et M.-A. Merrill), exprime l’opinion que cette dernière, en dépit de l’abondance des tests et de l’importance de l’étalonnage, ne constitue par un véritable progrès par rapport ù l’ancienne série Binet-Stanford.
- Dans le numéro de juin-juillet 1937 de la Revue de l'Orientation Intellectuelle sont examinées, sous le titre « Les grandes régies financières », les carrières dans : l’enregistrement, les contributions directes et indirectes, les douanes, le contrôle et l’industrie des tabacs. Une .autre étude traite de la Profession d’expert-comptable. Nombreux renseignements relatifs aux modifications dans les conditions de concours, d’admissibilité à certains emplois, diplômes, titres ; examen des débouchés possibles pour les licenciés, etc...
- I ne liste des carrières administratives coloniales est donnée dans le numéro de juillet 1937 de Y Orientation professionnelle ; les titres et qualités requis ainsi que les traitements correspondant aux différents postes sont examinés. M. de Béru expose les conditions actuelles de F apprentissage agricole et horticole. Le numéro août-septembre st consacré aux carrières de service social.
- Sous le titre : Spearman : Sa théorie mathématique de l’intelligence, le Bulletin de la Société française de pédagogie reproduit une conférence de M. Braciiet sur le livre de Spearman dont il a fait en français une remarquable traduction : aperçu rapide- et clair de la théorie.
- Dans le supplément au n° 63 du Bulletin trimestriel de l'Office intercommunal pour Vorientation professionnelle (mai-juin 1937), une série de communications faites en hommage à la mémoire d’A. G. Christiaens, célèbrent les hautes qualités et la valeur de l’œuvre de celui qui fut le fondaleui et le directeur de cet Insti-I ut. Dans le même numéro, Desmet, Mertens et Vincent traitent de la sélection des élèves au début des études secondaires ; les résultats d’une enquête par tests menée parallèlement aux examens réguliers sont communiqués.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- Congrès
- Une Fédération des sociétés latines d’Eugénique a tenu, du 1er au 30 août 1937, une première réunion, sous la présidence du Pr Apert. Parmi les communications présentées, signalons celles de M. Husson sur la mesure des accroissements qualitatifs et quantitatifs d’une population, de M. Champy, sur l’importance des variations raciales de sensibilité aux hormones pour l’appréciation de la valeur sexuelle des individus, de M. Marchand sur l’épilepsie chez les jumeaux, et de M. J. Carrère sur les psychoses gémellaires, de Mme Minkowska, sur l’hérédité dans l’épilepsie, de M. Gini, sur biotypologie et eugénique, de G. Heuyer et Mme Cour thial sur les constitutions psychopathiques et l’eugénique, de M. IIuisson sur la mesure des caractères biotypologi-qucs complexes, de M. Boldrini sur la constitution, de M. Brous seau sur la viabilité et la fécondité des déficients intellectuels.
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- Du 7 au 9 octobre s’est tenu au Palais de la Découverte le Congrès international de documentation photographique et cinématographique dans les sciences (organisé par J. Painlevé, Dr Claoué et M. Servanne).
- Parmi les films présentés, il y en avait un sur le service psychotechnique des chemins de fer de l’Etat, et plusieurs psychopédagogiques, de M. Prudhommaau sur l’observation des enfants normaux et arriérés, de l’Ecole Decroly, etc...
- i *
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- Le premier Congrès international de médecine appliquée à Véducation physique et aux sports s’est tenu à la Faculté de médecine de Paris sous la présidence des professeurs Carnot et La-•fARjEf. La surveillance du Cœur, les lests de fatigue, l’étude de la capacité respiratoire, l’examen biotypologique de Pende, la rééducation fonctionnelle furent particulièrement envisagés.
- À l’ordre du jour du prochain congrès est mise l’étude des corrélations entre force et fonctions.
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- Au cours de médecine scolaire et éducation physique organisé sous la direction des professeurs L. Taxon et P. Chaii.ley Bert, à la Faculté de médecine de Paris (22 avril-30 juin 1937), des conférences ont été faites par le professeur Laugier sur la biotypologie, et par Mlle Weinberg sur l’orientation psychique et professionnelle et sur les méthodes de mesure.
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- Un Certificat^ d’aptitùdle à l’inspection médicale des écoles e/.( au contrôle de l’éducation physique a été institué aux Universités de Paris, Lyon et Nancy (arrêté du 29 juillet 1937).
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- A lia séance du 25 octobre de la Brilish Psychological Society, M. Philpott a fait une communication sur l’emploi des tests d intelligence dans les examens d’entrée pour « juniors ».
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- * *
- L’Ecole d’apprentissage du commerce et de la fabrication de quincaillerie et outillage (4, rue Ledaim, à Paris), a publié une brochure illustrée de 70 pages donnant tous renseignements utiles sur T organisation de P apprentissage dans la quincaillerie.
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- » 5k *
- La Société de pédiatrie a consacré le 6 juillet 1937 une journée à l’étude de la Puberté avec les rapports suivants : Aperçus physiologiques sur la puberté féminine (.YlUe Dreyfus-Sée). Quelques aperçus sur la psychologie normale et pathologique de la puberté (IL Baruk). Evolution des troubles de- l’intelligence et du caractère à la puberté (G. Heuyer et Leconte). Aperçu pédagogique sur la puberté chez le garçon (Garrone). Hormones, vitamines et puberté (G. Mouriquand).
- • *
- 5k 5k
- Le Dr Leonidio Ribeiro dirige, à Rio-de-Janeiro, un Laboratoire de biologie infantile, institué en 1936 auprès du Tribunal d’enfants de la capitale fédérale, et qui comporte une organisation d’examen médicale et psycho-pédagogique.
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- La Vie de l’Institut National d’Orientation professionnelle
- Enseignement pour la préparation au diplôme de conseiller d’orientation
- (Année scolaire 1937-1938)
- L’Institut décerne un diplôme de conseiller d'orientation aux élèves régulièrement inscrits ayant suivi avec assiduité pendant deux ans les enseignements théoriques et pratiques organisés pour la préparation à ce diplôme et fait un stage à la consultation d’orientation organisée par l’Institut.
- La préparation du diplôme de conseiller d’O. P. exige une scolarité de deux années (avec assiduité exigée aux cours et aux travaux pratiques entre janvier et mai de chaque année). Le registre d’inscription est ouvert en octobre, novembre et jusqu’au 15 décembre. Les travaux et exercices pratiques auront lieu à partir du 10 novembre. Une session d’examens se tient chaque année dans la deuxième quinzaine de mai.
- Sauf dispense spéciale du comité directeur, ne pourront s’inscrire à l’Institut pour la préparation du diplôme que les candidats âgés de 25 ans au moins et 45 ans au plus.
- Inscriptions. — Pour être inscrit comme élève de l’Institut, il faut présenter une demande écrite, sur papier libre, accompagnée d’un extrait de l’acte de naissance, et une notice sur les études déjà faites et les diplômes obtenus. Le registre d inscription est ouvert au secrétariat d’octobre au 20 novembre. L’admission est prononcée par le Conseil de direction et est justifiée par l’octroi d’une carte d’inscription. Le nombre des inscriptions est limité.
- Pour s’inscrire à l’examen, il faut présenter une demande écrite, appuyée de certificats d’assiduité aux travaux pratiques délivrés par les chefs de travaux, et fournir un rapport de stage L’admission aux épreuves est prononcée par le conseil directeur, après vérification de 'l’assiduité aux cours sur les registres de pré sence. Sur justifications spéciales, des dispenses d’assiduité peu-être accordées. En particulier, les médecins peuvent être dispensés de certains cours et travaux pratiques ; les directeurs d'Officc d’orientation peuvent être dispensés de stage, etc...
- Droits d'inscription et d'examen, dispenses. — Le droit d’inscription (donnant droit aux cours et aux travaux pratiques) est fixé à 150 francs, qui doivent être versés au moment de la délivrance de la carte.
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- Le droit d’examen est fixé à 150 francs, versés au moment de l’inscription pour l’examen, dont 100 francs requis pour la signature ministérielle et pour lesquels il ne peut être accordé de dispenses.
- Toutefois seront dispensés des autres droit :
- 1° Les membres de l’enseignement public ;
- 2° Les membres des offices d’orientation professionnelle ;
- 3° Les boursiers des départements et des villes ;
- 4° Les étudiants et travailleurs spéciaux qui, ayant présenté une demande justifiée, auront obtenu la dispense accordée par le Conseil directeur.
- Examen. — Une session d’examen pour l’obtention du diplôme a lieu tous les ans dans la dernière quinzaine de mai, à une date fixée par le Conseil directeur. Les épreuves consistent :
- 1° En trois compositions écrites d’une durée de deux heures chacune et portant sur :
- a) La physiologie et la pathologie (générale et psychiatrique).
- b) La psychologie.
- c) L’organisation de l’orientation et les sciences économiques.
- 2° En trois épreuves pratiques, d’une durée de deux heures chacune et relatives :
- a) A l’examen physiologique.
- b) A l’examen psychologique.
- c) A la technique de l’orientation.
- 3° En cinq interrogations orales portant sur :
- a) La physiologie et la pathologie (générale et psychiatrique)
- b) La psychologie.
- c) L’orientation et les sciences économiques.
- cl) La pédagogie.
- e) La technique des métiers.
- Nota. — Lorsque la composition écrite sera exclusivement consacrée à la physiologie, l’interrogation orale portera exclusivement sur la pathologie, et inversement. De même, lorsque la composition écrite sera exclusivement consacrée à l’organisiation, l’interrogation orale portera exclusivement sur les sciences économiques et inversement.
- Les épreuves écrites sont cotées de 0 à 20. En outre, sont adjointes aux notes de ces épreuves des notes relatives au travail de l’année, données par les chefs des travaux pratiques et de stage, sur un maximum de 6 points par matière (physiologie, psycholo-
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- gi.e, tests collectifs, bibliographie, stage auprès de la consultation) soit un maximum de 30 points.
- Un total de 45 points est nécessaire pour être admissible aux épreuves pratiques.
- Les épreuves pratiques sont également cotées de 0 à 20, et un total de 30 points est nécessaire pour être admissible aux épreuves orales.
- Les interrogations orales sont cotées de 0 à 10.
- Pour être définitivement admis, il faut un minimum total de 100 points. La mention assez bien est accordée aux candidats dont le total des points atteint 120 (moyenne de 12 sur 20) ; la mention bien à ceux dont le total des points atteint 140 (moyenne de 14 sur 20) ; et la mention très bien à ceux dont le total atteint 160 (moyenne de 16 sur 20).
- La mention figure sur le diplôme décerné aux candidats admis.
- Le bénéfice des admissibilités (première ou deuxième admissibilité) acquises à une session d’exiamen, pourra être conservé à la session suivante. Un candidat ne peut pas se présenter plus de deux fois à l’examen. _________
- Horaire des Cours et Travaux pratiques
- Cours (1)
- Lundi, 17 heures, du 31 janvier au 4 avril : Organisation de VO. P.
- Lundi, 18 heures ,du 10 janvier au 28 février : Pédologie.
- Lundi, 18 heures, du 7 mars au 25 avril : Technique des métiers.
- Mercredi, 18 heures, du 12 janvier au 4 mai : Psychologie.
- Jeudi, 14 heures, du 24 février au 31 mars : Sélection et orientation.
- Vendredi, 18 heures, du 7 janvier au 25 mars : Economie politique.
- Vendredi, 18 heures, du 10 avril au 6 mai : Psychiatrie.
- Samedi, 18 heures, du 8 janvier au 26 mars : Physiologie.
- Samedi, 18 heures, du 2 avril au 30 avril : Psychiatrie.
- Travaux pratiques
- Mardi, 17 heures (au Conservatoire des Arts et Métiers) : Travaux pratiques de physiologie (Mlle C. Veil), à partir du 16 novembre.
- Jeudi, de 9 h. 30 à 11 h. 30 (au laboratoire de psychologie de
- (1) Tous les cours seront faits au Conservatoire national des Arts et Métiers, 292, rue Saint-Martin.
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- la Sorbonne) : Travaux pratiques de psychologie (Mlle J. Monnin), à partir du 18 novembre.
- Jeudi, a 14 h. 30, séance de stage d’orientation. Les élèves de 2e année seront répartis, pour les stages, par M. Fontègne et désignés comme assistants a la consultation d’O. P. en accord avec M1Ie Bisciay. (Réunion des élèves de 2e année à l’I. N. O. P. le 18 novembre, à 14 heures).
- Samedi, de 10 h. 30 à 17 h. 30, du 18 janvier au 19 mars : Technique des lesfs scolaires (Mme Henri Piéron, au la b oratoire de la Sorbonne).
- Programme
- Pour les programmes détaillés des cours, consulter le numéro d’octobre 1934 du Bulletin de VInstitut, page 222.
- Les programmes suivis pendant l’année scolaire 1937-1938 sont ceux de seconde année. .
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- Journées d’informations sur l’O. P. destinées aux médecins
- Lundi 13 décembre, 9 h. 15 : M. Fontègne. L’orientation professionnelle. Position du problème. '
- 10 h. 30 : Dr Bonnardel. Le rôle du médecin en O. P.
- 14 h. 30 : La consultation d O. P. et l’I. N. O. P. Organisation et résultats. Le service de documentation, par MUe Büscay et Mra0 Fessard.
- Mardi 14 décembre, 9 h. 15 : M. Fontègne. Le médecin en face des métiers et professions.
- 10 h. 30 : Ür G. Heuyer. La psychiatrie en O. P.
- 14 h. 30 : Le Laboratoire du travail des chemins de fer de i’Etat. Organisation et résultats, par M1Ie Weinberg.
- Mercredi 15 décembre, .9 h. 15 : Professeur IL Piéron. L’examen psychologique en O. P.
- 10 h. 30 : Dr Bonnardel. L’O. P. des déficients physiques. 14 h. 30 : Démonstration de techniques d’examen au Laboratoire de physiologie du travail du Conservatoire des Arts et Métiers (anthropométrie, dynamométrie, vision, audition, etc...), par le Dr Bonnardel.
- 17 heures : Séance de clôture. Allocution de M. Luc.
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- * *
- (Jne Semaine d’études destinée aux conseillers d’orientation se tiendra en décembre prochain, du jeudi 16 au jeudi 23 inclus.
- Un certain nombre de bourses d’une valeur moyenne de 800 francs (le taux variant avec la distance de Paris, en raison de l’inégalité des frais de voyage) seront attribuées par le directeur de l’I.N.O.P.
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- sur avis de M. Larcher, inspecteur général des services d’orienta lion professionnelle. Les demandes de bourses devront être adressées dans le plus bref délai possible au directeur de l’I.N.O.P,, 292, rue Saint-Martin.
- La Vie des Centres d’Orientation professionnelle
- Le Service d’orientation de la Caisse de compensation de la région parisienne
- Ce centre, sous la direction de M. André Courtiiiai., compte quatre années d’existence.
- Chaque année montre un énorme développement de ce service Alors qu’en 1932-33 il y eut 225 enfants orientés, ce chiffre passa à 569 en 1933-34, et à 898 en 1934-1935, pour atteindre à 1.284 enfants en 1935-1936. Sur ces 1.284 enfants orientés on trouve 828 garçons (64 °f0) et 456 filles (36 Le plus grand nombre d’enfants ayant un Age compris entre 13 ans et 15 ans.
- Sur ce nombre d’enfants, 5 °/o ont eu leurs dossiers classés, soit que la famille ait quitté Paris, soit que la famille n’ait demandé consultation que pour justifier un fait accompli.
- 2 °/„ n’ont fourni aucun renseignement sur le résultat.
- 10 °/0 sont en cours de placement.
- 63 °/n sont en place après avoir suivi le conseil du Centre.
- 17 °/o ne l’ont pas suivi.
- L’organisation du Service d’O. P. comprend trois parties :
- 1° L’examen d’aptitude fait complètement nu Centre, joint aux goûts de la famille et de l’enfant, et à l’examen physiologique.
- 2° La feuille de renseignements scolaires fournie à la fois par l’instituteur et le directeur et cela avec une bonne grâce à laquelle Mlle Cour thial rend hommage.
- Feuille qui d'ailleurs serait superflue si le livret scolaire rationnellement organisé pouvait faire connaître le développement graduel de la personnalité de l’enfant au cours de la scolarité.
- 3° La consultation médicale qui aboutit non seulement à des contre-indications médicales, mais à des indications prescrites vers l’amélioration de la santé de l’enfant.
- 11 faut insister surtout sur ce qui constitue la base originale de l’orientation de cet Office.
- C’est le principe de ne jamais engager d'adolescent dans une spécialisation étroite et bien déterminée à l’avance, mais sur des familles ou des groupes de métiers autour desquelles les spéciali-
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- tés se développent ; la spécialisation ne pouvant intervenir qu’à la fin d’un apprentissage.
- Le Conseil d’O. P. constitue un point de départ, le point d’ar rivée étant déterminé au fur et à mesure de la pratique du travail dans laquelle l’enfant sera engagé.
- C’est ainsi que le tableau des métiers conseillés contient les rubriques « mécanique », « couturière » sans préciser si l’enfant sera ajusteur, tourneur ou chaudronnier ou si la fillette se spécialisera dans le tailleur ou dans le flou.
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- * *
- Centre d’orientation de la J. 0. C.
- Le rapport annuel pour la période septembre 1936-août 1937, de l’Office d’orientation professionnelle de la .J.O.C. que dirige M. L. Mounier, signale que pendant cette année scolaire, 319 garçons ont passé par l’Office et profité des examens (contre 220 visites pendant la période 1935-1936).
- Nous devons nous excuser du fait que le titre ayant sauté a1' tirage, le nom de ce Centre n’a pas figuré dans notre rubrique de «Vie des Centres» du n° 5-6, mai-juin 1937, de notre Bulletin, à l’article s’y rapportant.
- • * -* *
- Journées d’études de l’Office d’O. P. du Nord
- Une circulaire signée par Georges Hardy, le nouveau recteur de Lille, qui a succédé à M. Châtelet à la présidence du Consed d’administration de l’Office départemental d’O. P. du Nord, annonce l’organisation de trois journées d’études destinées à contribuer à la formation théorique et pratique des conseillers et s’adressant aussi aux membres de l'enseignement, aux médecins, infirmières et assistantes sociales, journées diont voici le programme :
- Jeudi 4 novembre 1937.
- A VInstitut de médecine légale et sociale, boulevard Paul-Painleve :
- A 9 heures : Ouverture de la session par M.. Georges Hardy, recteur de l’Académie de Lille. —- Conférence sur « l'Orientation professionnelle », par M. le professeur Lecierco, directeur de l’Institut de médecine légale et sociale.
- A VHôtel de mile de Lille :
- A 10 heures : Visite de l’Office municipal d’orientation pro fessionnelle de Lille. — Causerie sur l’activité de l’Office. — Présentation d’un film d’O. P. : « La machine Immune ».
- A 11 h. 45 : Réception par l’Administration municipale de Lille.
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- A VInstitut de médecine légale et sociale :
- A 15 heures : Conférence sur « Ce que l’industrie peut attendre de l’orientation professionnelle », par M. Richard, mspec leur principal adjoint de la Compagnie du chemin de fe»* du Nord.
- A 16 heures : Conférence sur « La pratique de l’O. P. : le problème, les bases administratives de l’O. P. », par M. Lal-lau, directeur de l’Office départemental d’O. P. du Nord et de l’Office municipal d'O. P. de Lille.
- Jeudi 6 janvier 1938.
- A l’Institut de médecine légale et sociale :
- A 10 h. 15 : Conférence sur « l’Organisation du placement dans ses rapports avec l’orientation professionnelle», par M. Decailly, inspecteur-contrôleur, adjoint à l’inspecteur divisionnaire du Travail.
- A 14 h. 30 : Conférence sur « L’étude pratique du bilan physiologique de l’individu en orientation professionnelle ». par M. le docteur Demarez, médecin de l’Office départemental d’orientation professionnelle du Nord.
- A 15 h. 45 : Conférence sur « La pratique de l’O. P. L’organisation et le fonctionnement d’un Office d’O. P. », par M. Lallau, directeur de l’Office départemental d'O. P. du Nord, et de l’Office municipal d’O. P. de Lille.
- Jeudi 3 mars 1938.
- A l’Institut de médecine légale et sociale :
- A 10 h. 15 : Conférence sur « L’orientation professionnelle des anormaux », par M. le docteur Vullien, chef de laboratoire à la Faculté de médecine, médecin-chef à la Clinique d’Esquermes.
- A 14 heures : Conférence sur « L’orientation professionnelle des jeunes délinquants », par M. le professeur Mui.eer, sous-directeur de l’Institut de médecine légale et sociale.
- A 15 heures : Conférence sur « La pratique de l’O. P. L’examen psycho-professionnel », par M. Lallau, directeur de l'Office départemental d O. P. du Nord et de l’Office municipal d’O. P. de Lille.
- A 16 heures : Travaux pratiques ou présentation de films d’O. P.
- A 16 h. 30 : Clôture de la session.
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- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- Cyril Burt. — The Buclcward Chilcl (L’Enfant retardé). — University of London Press, 1937. Pp. XX. 694.
- Dans cet important ouvrage où sont examinés à la lumière des données de l’expérience, de la statistique et de l’introspection, tous les aspects du retard de développement chez l’enfant, l’auteur part de la théorie pour aboutir aux conclusions pratiques. Maîtres et parents y trouveront une foule de conseils et de suggestions. Ce livre, d une haute tenue, est digne de ses prédécesseurs : The Young delinquent et The subnormal Mind.
- A. B. Fessard.
- Nous avons eu le vif chagrin d’apprendre, au cours de l’impression de ce numéro du Bulletin, le décès, subitement survenu le 29 octobre, du chef des travaux de psychologie de FI.N.O.P., M. Marcel François, qui se consacrait, chaque année, avec le plus grand dévouement, à la formation technique des futurs orienteurs.
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- 9e Année
- N» 9-10
- Novembre-Décembre 1937
- BULLETIN
- DE
- l’Institut National d’Orientation Professionnelle
- Remarques sur un procédé d'étalonnage: le tétronage
- par
- Mlle L. CASSIN
- La question de l’étalonnage se pose, chaque fois que l’on désire interpréter un résultat. Le fait de savoir qu’un garçon de dix ans pèse trente kilos, ou a fourni quinze bonnes réponses dans un test qui en comportait trente, ne nous indique nullement si ce garçon est en avance ou en retard dans son développement physique et mental. Pour peu que nous nous préoccupions de diagnostiquer ses aptitudes ou son état de santé physique (qui est également une aptitude dans le sens plus large du mot), la question de l’étalonnage devient pressante. L’étalonnage permettra de placer un résultat individuel entre d’autres résultats fournis par des individus d’un groupe auquel appartient l’individu eh question (au point de vue âge, sexe, milieu social, etc.).
- Les lecteurs de ce bulletin sont familiarisés avec une méthode d’étalonnage — le décilage — dont de nombreux exemples ont été montrés ici-même.
- Ce procédé est simple, rapide à établir, d’un usage commode et ne nécessitant pas, pour être utilisable, une forme particulière de distribution des valeurs expérimentales.
- Cependant, lorsque la distribution se rapproche sensiblement de la courbe de Gauss, dite courbe « normale » ou courbe <* en cloche » (voir fig. p. 214), un autre procédé paraît, pour de nombreuses raisons, préférable. On constate d’ailleurs que la plupart des caractères biologiques facilement mesurables, de même que certaines aptitudes mentales, à condition que celles-ci soient mesurées par des épreuves bien établies
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- et bien calibrées, présentent, pour un groupe homogène de sujets, une telle répartition.
- 1100 F
- 1000 -
- S 700
- Si 600
- ^ 400
- 30 40 50 60 70 60 90 100
- Exemple de courbe se rapprochant de la courbe normale ; les données proviennent d’un travail américain cité d’après Holzinger-Statistical Methods.
- Cet autre procédé, appelé parfois, assez improprement, « échelle absolue », absolute scale (1), présente par sa nature même de nombreuses différences avec le décilage.
- Voici, brièvement, la façon de procéder pour établir un étalonnage, d’après cette méthode.
- Etant donné une série de valeurs individuelles, on calcule la moyenne arithmétique et l’écart-type, d’après la formule habituelle :
- O —
- — X,)" -f- (X„ — X8)8 4- .... (X„-Xn)«
- N
- où Xi, X„ Xn sont les résultats individuels obtenus dans une épreuve,
- X0 — la moyenne arithmétique du groupe,
- N — le nombre d’individus dans le groupe.
- L’unité de mesure choisie est 0,25 de l’écart-type (o) ; si l’écart-type lui-même avait été pris comme unité, la notation des individus n’aurait pas été suffisamment fine, puisque dans une courbe normale théorique, il n’y a que 0,2 % d’individus qui s’écartent de la moyenne de plus de trois fois l’écart-type.
- L’unité de mesure ainsi définie, la moyenne arithmétique est considérée comme origine. Pour former l’échelon moyen de l’étalonnage, on porte de part et d’autre de la moyenne 0,125 a. De cette façon, la distance entre les limites de cet échelon sera bien de 0,25 o ; on l’appellera échelon 0, ou encore t0, — (tau) étant la première lettre du mot grec zszpauopov
- (1) Pour l’exposé détaillé de la méthode, voir : D. Weinberg, Méthodes d'unification des mesures en biométrie et en biotypologie. Le tétronage. Hermann et Cie, 64 p., Paris, 1937.
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- qui veut dire quart (pour rappeler que l’unité est égale au quart de l’écart-type) ; de là également le nom de « tétro-nage » que l’on donne à cette nouvelle méthode.
- A la valeur supérieure ainsi obtenue, c’est-à-dire à la moyenne M + 0,125 o, on ajoute 0,25 o pour former la limite supérieure de l’échelon + 1, puis encore 0,25 o pour l’échelon + 2, et ainsi de suite. De même, l’on retranche 0,25 a de la valeur = M—-0,125 o pour former la limite inférieure de l’échelon — 1, puis on retranche encore 0,25 o de la valeur obtenue pour l’échelon — 2, etc...
- On obtient de cette façon les limites des divers échelons et il ne reste filus ensuite qu’à placer les résultats individuels qui nous intéressent entre les limites correspondantes. Voici l’exemple d’un étalonnage analogue. L’épreuve étudiée est la capacité respiratoire d’un groupe de garçons de 12 ans (1).
- M == 219.04 o = 33.54 - = 8.4
- Centilitres Echelon en r
- de 315,6 à 324 inclus... + 12
- de 307,2 à 315,6 — + 11
- de 298,8 à 307,2 — + 10
- de 290,4 à 298,8 — + 9
- de 282,0 à 290,4 — + 8
- de 273,6 à 282,0 — + 7
- de 265,2 à 273,6 — + 6
- de 256,8 à 265,2 — + 5
- de 248,4 à 256,8 — + 4
- de 240,0 à 248,4 — + 3
- de 231,6 à 240,0 — + 2
- de 223,2 à 231,6 — + 1
- de 214,8 à 223,2 — 0
- de 206,4 à 214,8 — — 1
- de 198,0 à 206,4 — — 2
- de 189,6 à 198,0 — — 3
- de 181,2 à 189,6 — — 4
- de 172,8 à 181,2 — — 5
- de 164,4 à 172,8 — — 6
- de 156,0 à 164,4 — — 7
- de 147,6 à 156,0 — — 8
- de 139,2 à 147,6 — — 9 C:
- de 130,8 à 139,2 — — 10
- de 122,4 à 130,8 — . — 11
- de 114,0 à 122,4 — — 12
- (1) Les données proviennent d’un travail de A. B. et A. Fessard, D. Ko-
- warski et H. Laugier.
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- Si nous constatons qu’un garçon de 12 ans a une capacité respiratoire de 245 centilitres, nous voyons d’après le barême ci-dessus que ce résultat se place entre les limites du o + 3 ; un autre ayant une capacité respiratoire de 182 centilitres serait dans le o — 4 et ainsi de suite.
- Le tetronage a, sur le décilage, l’avantage de différencier entre eux les cas extrêmes. Alors que, dans le décilage, la distance qui sépare les différents individus placés dans le même décile n’est pas constante et s’accentue quand on va vers les déciles extrêmes, le tétronage, partant, non pas du pourcentage d’individus dont les résultats se placent dans les différentes valeurs, mais des écarts à partir de la moyenne, implique l’égalité de distance entre les échelons.
- On trouve dans le décile 1 les 10 % d’individus ayant le mieux réussi une épreuve donnée, quelle que soit la différence qui existe entre ces individus. Supposons que l’on trouve parmi eux un sujet tout à fait exceptionnel qui aura de beaucoup distancé les autres ; rien ne l’indiquera, il sera simplement placé dans le décile 1, tandis que dans le tétronage, l’échelon dans lequel il se trouvera placé, sera d’autant plus grand que son résultat s’écartera de la moyenne du groupe.
- Le raisonnement est, bien entendu, identique pour les résultats très médiocres.
- La précision théorique du tétronage est supérieure à h» précision correspondante du décilage.
- Le tétronage est d’une grande utilité lorsqu’il s’agit d’établir des notes globales, autrement dit lorsque l’on veut juger un individu, non plus d’après une seule de ses caractéristiques, mais d’après tout un ensemble.
- Cet aspect du problème apparaît fréquemment quand on s’occupe de sélection professionnelle et qu’il s’agit de classer les individus d’après l’ensemble de riiensurations auxquelles ils ont été soumis et de résultats fournis par eux dans les différentes épreuves. Il est évident que l’on ne pourrait, afin d’établir cette note globale, songer à additionner les valeurs primitives, exprimées tantôt en kilogrammes, tantôt en centimètres ou en litres, ou encore en secondes et en bonnes réponses. Tandis que chacune de ces valeurs étant traduite en r, d’après l’étalonnage correspondant, une telle addition devient possible. Si l’on se contente d’additionner simple-
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- ment les différents t, chaque épreuve interviendra avec un poids égal dans la note finale, mais si l’on attache une importance plus grande à telle ou telle épreuve, on peut multiplier le r correspondant par un coefficient convenable.
- La substitution des aux valeurs empiriques est également intéressante lorsque l’on se propose d’étudier la liaison qui existe entre deux séries de phénomènes ; les coefficients de corrélation habituellement employés se trouvent simplifiés et le travail matériel est considérablement réduit.
- Pratiquement, l’établissement des étalonnages ou barêmes d’après la méthode du tétronage, est d’une grande facilité d’exécution ; le maniement en est également simple et commode.
- Nous avons dit plus haut que ce procédé n’était justifiable que quand la répartition empirique se rapprochait de la courbe normale. Il en est souvent ainsi, en pratique ; cependant, dans certains cas, les courbes présentent une asymétrie assez marquée. Dans ce dernier cas, un procédé fort simple permet de se servir malgré cela de cette méthode. On connaît exactement le centile auquel correspondent les limites des différents o, dans une courbe normale théorique. On calcule ces centiles et l’on traite les résultats de la façon habituelle. Les valeurs ainsi obtenues s’appellent a « normalisées ».
- Mais pratiquement le tétronage peut être utilisé pour toutes les mesures actuellement recherchées on biométrie et en bio-typologie.
- NOTES ET DOCUMENTS
- L’Appréciation d’intelligence chez les malades mentaux
- Pour apprécier un affaiblissement de l’intelligence, il est utile de procéder à une investigation un peu précise ; la difficulté est dans presque tous les cas l’absence de points de repère sur l’état exact avant l’affection mentale, mais au moins doit-on pouvoir préciser le niveau à un moment donné, et, à partir de là, d’en suivre une variation qui peut être de récupération ou d’affaiblissement progressif.
- On a commencé par utiliser l’échelle de niveau mental de Binet-Simon, et on a apprécié l’intelligence d’adultes'en années d’âge.
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- Tout en maintenant l’emploi de son échelle, Th. Simon (1) reconnaît qu’il ne convient pas de donner cette appréciation en années d’âge qui ne le choquerait pas personnellement, une fois admise la convention, mais qui choque les tribunaux en cas d’expertise.
- Mais, il y a plus grave ; l’échelle de développement n’est pas adaptée à l’appréciation des régressions démentielles, qui laissent subsister des acquisitions pouvant se montrer tardives chez les enfants, et altèrent au contraire précocement des capacités manifestes déjà dans les premières années.
- Il faut évidemment se servir de méthodes nouvelles d'appréciation de l’intelligence, et de méthodes analytiques.
- On consultera à cet égard avec intérêt l’important rapport au Congrès belge de psychiatrie et de neurologie de septembre 1936 présenté par M. Rouvroy (2), objet de nombreuses et intéressantes discussions par MM. Simon, Heuyer, Ley, Hamel, de Greeff et poursuivies encore à la séance de mars 1937 de la Société de médecine mentale de Belgique, en particulier par MM. Vermeylen, Dellaert, Alexander, Hoven, Nissen, etc...
- Un procédé ingénieux d’évaluations de l'affaiblissement (envisagé comme détérioration du facteur G de Spearman) a été proposé par Harbinson (3), à La suite des études de Miss Simmins (Journal of mental Science d’octobre 1933) : il s’agit de comparer le niveau, fourni par le test de vocabulaire de Terman et considéré comme identique à celui précédant l’affaiblissement intellectuel (par persistance des acquisitions anciennes, des souvenirs verbaux), soit V, et celui fourni par des épreuves d’habileté intellectuelle au moment même de l’examen, soit G. La détérioration est fournie par la différence V-G. Chez les adultes normaux, on a trouvé G plutôt supérieur à V (en traduisant les résultats en niveaux de développement d’après l’étalonnage sur les enfants).
- D’après la valeur de cette différence, on a trouvé une faible détérioration dans trois cas de schizophrénie (27 %) sur 11 examinés, une plus notable chez 10 mélancoliques sur 13 (atteignant 77 °/<>)-Dan% dix cas divers, la détérioration a varié de 4 à 40 u/o* Mais l'auteur n’a pas examiné les affaiblissements démentiels.
- (1) Généralement appliqués aux enfants, les tests pour la mesure du développement de l’intelligence valent-ils pour les adultes ? Faut-il exprimer en années d’àge le niveau mental d’un adulte ? Communications à la Société médico-psychologique du 26 octobre 1936. Annales médico-psychologiques, 94e année, octobre 1936, p. 474-477 et 477-480.
- (2) L’intelligence chez les malades mentaux. Journal belge de neurologie et de psychiâtrie, 36° année, 1936, p. 479, Cf. aussi 37e an. 1937, p. 84-98 et p. 404-409.
- (3) An investigation of détérioration of general intelligence or « G » in psychotic patients. British Journal o/ Medical Psychology, XVI, 1936, p. 146.
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- En tout cas les méthodes techniques précises commencent enfin à s’introduire en psychiâtrie. On doit s’en féliciter.
- H. P.
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- L’Évolution des troubles de l’intelligence et du caractère à la puberté
- MM. Heuyer et Leconte, dans un rapport .de Congrès (1), ont signalé que les médecins commettaient fréquemment l’erreur de penser et de dire qu’une arriération intellectuelle ou qu’un trouble du caractère précocement constaté dans l’enfance s’arrangerait à la puberté. Or, rien ne s’arrange à la puberté. La puberté n’est pas une renaissance ; elle n’est pas une révolution ; elle n’apporte guère d’éléments nouveaux à l’intelligence ou au caractère de l’adolescent.
- Au point de vue intellectuel, l’étude de la pathologie, et notamment des délires de la démence précoce, psychose de la puberté, montre que les deux formes essentielles des délires de la démence précoce : le délire imaginatif, à forme de rêverie, et la forme de délire d’interprétation qu’est le dogmatisme scientifique ou le rationalisme morbide, ne sont que l’exagération des tendances intellectuelles que l’on trouve chez l’adolescent normal.
- La puberté apporte des tendances à la rêverie imaginative à contenu mégalomaniaque ou érotique et la lendance à rationaliser et à donner des explications systématiques ou à chercher la raison première des choses. Mais c’est une erreur de penser que la puberté apporte des éléments nouveaux à l’intelligence. L’étude des tests mentaux montre l’accroissement parallèle du niveau mental avec l’âge chronologique. La puberté marque le plafond du niveau mental. De même, l’intelligence d’un débile mental ne s’accroît plus après la puberté.
- Il en est de même de l’évolution des troubles du caractère, qu’il s’agisse de manifestations émotives à forme d’obsession et d’anxiété, d’accès de dépression mélancolique ou d’excitation maniaque, de fugue et de vagabondage par affaiblissement et mythomanie, de dispositions paranoïaques ou d’hostilité agressive, d’impulsivité coléreuse, avec ou sans crise d’épilepsie, du syndrome des perversions instinctives. Quels que soient les troubles du caractère qui semblent apparaître à la puberté, il est toujours possible de retrouver dans l’enfance les premières manifestations de ce déséquilibre. Il est aussi constant de le voir déjà se manifester
- (1) Résumé dans la Presse Médicale du 15 septembre 1937.
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- chez l’un des ascendants sous une forme d’hérédité similaire ou dissemblable.
- Ainsi, rien ne s’arrange à la puberté ; tout s’aggrave. La puberté n’est pas une révolution; elle n’est que la'fin d’une évolution et le commencement d’un état.
- Telles sont les très intéressantes constatations des rapporteurs.
- R.
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- Le Laboratoire médical et psychophysiologique de rAutomobile-Club
- de l’Ile de France
- Le Dr André Galand a organisé, pour l’Automobile-Club de l’Ile de France, un laboratoire pour l’examen des conducteurs d’automobiles, et il vient de décrire l’installation et les méthodes d’examen, avec les Drs V. Girod et A. Hudelo (1). Un examen médical est assuré par un médecin de médecine générale (cœur, poumons, articulations, réflexes, pression artérielle, morphologie, indice de robustesse), un spécialiste d’oto-rhino-laryngologie (mesurant en particulier l’acuité auditive, mais ne disposant pas encore d’un audiomètre moderne), un ophtalmologiste (motricité oculaire, réflexes pupillaires, transparence des milieux oculaires, fond d’œil, acuité, champ visuel, enfin, avec un « luminomètre » mesure de la sensibilité lumineuse absolue et de l’acuité en faible éclairage), enfin un radiologiste (état pulmonaire et cardionaorti-que). L’examen psychophysiologique comprend une épreuve dynamométrique et deux épreuves spécialement conçues pour les conducteurs :
- 1° Tachyphotomèlre. — Le sujet, placé dans un tunnel obscur, sur un siège de conduite, doit réagir par un mouvement de pied lâchant l’accélérateur et pressant sur le frein à un signal lumineux rouge (avec des signaux verts ou orangés intercurrents) et à un signal auditif par trembleur.
- 2° Euromètre. — Sous ce nom (emprunté au professeur Tanou) a été réalisé un dispositif assez semblable à ceux déjà utilisés par Mira et par Lahy : Sur une table de 4 mètres de long circulent deux mobiles figurant des voitures pouvant, à vitesses variables, se croiser ou se dépasser ; le regard du sujet étant dirigé dans le sens de marche des véhicules (et non perpendiculairement comme
- (1) Permis de conduire et examens psychophysiologiques. Communication extraite du Bulletin de la Société médicale des praticiens, de juillet-août 1937, in-8°, 16 pages.
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- dans d’aulres dispositifs), la réaction suivant les dimensions des véhicules, et leurs possibilités de dépassement ou. de croisement, devra être d’accélération ou de freinage (agissant sur les véhicules). La technique n’est pas indiquée avec précision ; la mesure porterait, en centimètres, sur l’écart entre le point dç croisement ou de dépassement indiqué par le sujet, et le point réel (repère).
- Avec, en outre, un test d’émotivité, un test d’attention et un test de compréhension (sur la nature desquels aucune indication n’est fournie), une « courbe psychotechnique » d’après des résultats moyens de trois épreuves répétées est construite (courbe dont on aurait aimé voir des modèles, des exemples).
- En conclusion, les auteurs émettent des vœux divers, souhaitant un examen obligatoire et, périodique (quinquennal au-dessous de 25 ans, triennal de 25 à -40 ans, biennal de 40 à 50 ans et annuel ensuite), des expertises psychophysiologiques dans les accidents/-des refus d’assurance en présence de contre-indications et des tarifs préférentiels pour les bons conducteurs, etc.
- La psychophysiologie leur paraît pouvoir constituer une spécialité médicale nouvelle. Mais actuellement comment se formeraient ces spécialistes ? jj p
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- Une contribution à l’analyse de la personnalité
- Une étude de Thorndike (1) a été consacrée à la question -de la valeur des réponses relatives aux préférences et répugnances pour différentes activités et expériences en tant qu;indicateurs de iraits de la personnalité.
- Les questionnaires du type de celui de Slrong énumèrent les activités, les occupations, les actes qui mettent en contact avec divers objets, événements, êtres vivants, etc., et demandent au sujet d'indiquer s’il aime ou n’aime pas l’occupation désignée ou s’il se sent indifférent à son égard.
- Sur des groupes de sujets numériquement peu importants mais examinés à plusieurs reprises à l’aide de trois variantes différentes de questionnaires, la mise en évidence de Iraits particuliers de caractère a paru quelque peu incertaine, car les corrélations entre les parties analogues des différents questionnaires (composées de questions différentes, mais supposées mesurer un même trait de caractère — par exemple : goût pour les êtres humains, goût pour
- (1) E. K. Thorndike : The Value of Reporled Likes and Dislikes for varions Expériences and Aclivilies as Indicators of Personals Traits, Journal o[ applied Psychologij, XX, 193ü, p. 285-313.
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- les responsabilités, pour les arts,’ etc., etc.) ne sont pas très élevées ; sur 34 coefficients, 15 ne dépassent pas 0,6 et, de plus, semblent encore influencés par un facteur commun parasite : la tendance que présentent les sujets à donner systématiquement des réponses positives ou systématiquement négatives.
- La présence d’une tendance systématique de cette nature est mise en évidence par le fait que la différence entre le nombre de préférences et le nombre de répugnances affirmées par le sujet présente, pour un même sujet, une valeur relativement stable : coefficient de fidélité 0,91 si l’on compare les deux moitiés d’un questionnaire appliqué le jour même ; 0,60 et parfois davantage si la comparaison porte sur des questionnaires différents appliqués à des jours différents.
- Il semble bien qu’il s’agisse d’une tendance affective réelle et non pas de quelque erreur systématique dans l’interprétation du questionnaire •. la corrélation entre la note positiviste-négalivisle (l’excès des réponses positives sur les négatives) et l’intelligence déterminée au moyen des tests C.A.V.D. est nulle.
- Avec les appréciations d’un professeur qui connaissait les sujets et a apprécié leur gaieté, leur contentement et leur optimisme, la note positiviste—négativiste a fourni une corrélation de 0,34, probablement amoindrie par des « halo-effect » dans le jugement subjectif.
- Certaines parentés de goûts ont pu être mises en évidence ; ainsi les goûts pour les animaux domestiques, pour le beau, pour les .enfants, présentent des intercorrélations positives appréciables (de 0,38 à 0,69, de 0,42 à 0,49, à note posilivisle-négativistc constante) ; ces goûts semblent plus prononcés chez les femmes ; tous les trois présentent des corrélations positives avec les goûts pour les arts, pour la musique, pour la parole, pour la lecture, pour Limagination ou la fiction.
- ' A noter les corrélations négatives (à note positiviste-négalivisle constante) : les choses et les êtres humains : — 0,32 ; les choses et la parole : — 0,32 ; les choses et la lecture : — 0,40 ; la réalité et la fiction : — 0,24. L’intelligence mesurée par les lests C.A.V.D. offre des corrélations négatives (les plus nettes) avec les goûts • pour la danse (—0,76), pour les responsabilités (—0,49), pour les animaux (—0,39), pour les êtres humains (—0,36) ; les activités « grégaires » (—0,34). Les corrélations positives ne dépassent pas sensiblement 0,30 (le « moi », les exercices physiques, l’approbation publique).
- D. W.
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- Les Classes d’orientation
- Nous aurons à revenir encore sur l’importante question des classés d’orientation, car il y a beaucoup à dire.
- Pour le moment, nous nous contenterons de fournir quelques documents.
- 1° Nombre et organisation des classes.
- Voici les données officielles fournies en réponse à une question d’un député, M. P. Vaillandet :
- 1° Los centres scolaires où fonctionnent des classes d’orientation pendant l’année scolaire 1937-1938, sont les suivants : Orange, F ; Draguignan, F ; Besançon, G ; Poligny, F et G ; Vesoul, F et G ; Bordeaux, G (expérience partielle) ; Villeneuve-sur-Lot, F ; Dieppe, G ; Lisieux, G ; Moulins, G ; Brive, G et F ; Tulle, F ; Egleton G ; Annemasse, G et F ; Thonon-les-Bains, F ; Crest, G ; Saint-Amand-les-Eaux, G et F ; Laon, G ; Péronne, F ; Calais, F ; Charleville-Mézières, G; Montbrison, G; Pont-de-Vaux, G; Aies, G ; Perpignan, G,; Verdun, G ; Remiremont, G ; Orléans, G et F' ; Reims, G ; collège Chaptal, G ; Courbevoie, F ; Sèvres, F ; Niort, G ; Châtellerault, F ; Morlaix, G ; Dinan, G ; Rennes, G (expérience partielle) ; Nantes, G (expérience partielle) ; Allai, G ; Oahors, G; Sens, G. Cette liste a été établie après consultation des recteurs et des inspecteurs d’Académié. Elle comprend à la fois de grands centres comme Reims, Orléans, Besançon, et de petites localités comme Poligny, Crest, Pont-de-Vaux.
- 2° Il ne saurait être question d’une « limitation des classes d’orientation » aux seuls lycées et collèges ; a) les classes d’orientation reçoivent tous les élèves qui auraient normalement trouvé place dans la 6° secondaire et les années préparatoires des écoles primaires supérieures et des écoles primaires de chaque centre scolaire envisagé ; b) en règle générale, les classes d’orientation sont réparties dans les divers établissements du second degré de chaque centre. Il peut arriver cependant que l’état des ressources locales en bâtiments scolaires nécessite leur groupement dans un même établissement ; — c) des expériences de classes d’orientation ont été instituées-dans des centres scolaires ne comportant, qu’une école primaire supérieure (Annemasse, Montbrison, Crest) ou une école primaire supérieure et une école d’enseignement, technique (Egleton).
- 3° Les maîtres chargés de la classe d’orientation ont été choisis dans chaque centre et pour chaque classe parmi les maîtres de 1‘enseignement secondaire, de l’enseignement primaire supérieur, de renseignement primaire élémentaire et de l’enseignement technique.
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- 2° Les rapports aux séances de stage.
- La Direction de l’Enseignement du second degré a publié une brochure renfermant de larges extraits des rapports présentés aux séances du stage préparatoire de septembre dernier (Centre national de documentation pédagogique, n° 23, 1937, 113 pages), avec un certain nombre de documents. De l’avant-propos du ministre Jean Zyy, nous citerons les passages suivants :
- De quoi s’agit-il ? Avant tout de favoriser le libre, le juste choix des études, de diminuer les barrières qui séparaient les différents ordres d’enseignement, ce qui conduit naturellement à l’idée d’orientation.
- Cette idée, confondue jusqu’ici avec celle de l’orientation professionnelle, est, en réalité, beaucoup plus large. On peut dire qu’elle est inséparable de l’idée d’éducation, du moins d’éducation rationnelle et démocratique. On élève un enfant pour qu’il vive et achève pleinement sa destinée, pour qu’il tire le meilleur parti de l’ensemble de ses aptitudes, pour qu’il soit lui-même au plus haut degré, sans gêner l’épanouissement des autres personnalités ; on l’élève pour qu’il soit homme parmi les hommes. Le point de départ est dans la nature, dans les aptitudes, qui sont diverses ; il faut que l’éducation ne contrarie pas les aptitudes. La première condition d’une éducation rationnelle est donc que les études permettent à l’enfant de tenir clans la société le rôle qui lui convient le mieux et où il est le plus utile. Tout le problème de l’éducation est de concilier ces deux conditions, d’unir l’individuel et le social sans les sacrifier l’un à l’autre. Problème difficile, problème inévitable.
- Il se pose à la famille, il se pose à l’école. Elles ont à le résoudre ensemble, en collaboration. Nous n’avons jamais voulu les séparer, mais au contraire renforcer leur alliance. C’est à la famille de choisir, c’est à l'école de l’éclairer et de lui venir en aide. La famille, seule, manque trop souvent de lumières. La complexité des études et des tâches sociales rend de plus en plus difficile un choix judicieux. De là tant d’erreurs que nul ne peut nier. L’école a le droit, elle a le devoir de donner des conseils, prudemment mais nettement. C’est son rôle, c’est en cela qu’elle est pleinement éducative. Lui demander de ne point intervenir dans l’orientation de l’enfant, c’est lui demander de trahir sa fonction.
- Pour donner de bons conseils, les maîtres ont d’abord à connaître l’enfant, non de cette connaissance d’habitude qui vient de la vie de la classe, mais d’une connaissance volontaire faite d’observation et d’étude. Ils ont à scruter la nature de l’enfant, dans scs goûts, dans ses aptitudes, dans ses métamorphoses, puisqu’on sait qu’elle change et parfois avec de brusques révolutions.
- Pour guider les parents dans la complexité des enseignements
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- et des professions auxquelles ils préparent, les maîtres doivent aussi en avoir une science sûre. Cette science de l’orientation veut apprentissage et exercice. La pratique de l’orientation inséparable, nous l’avons dit, de l'éducation môme, avant de la rendre générale, il convient d’en faire l’essai. L’expérience des classes d’orientation à laquelle on procède cette année dans un certain nombre de centres choisis, répond à ce double dessein d’éclairer les maîtres sur leurs devoirs et de fixer les méthodes de leur travail. Elle aura également pour résultat, sinon pour but, de rassurer l’opinion qui a craint des fantaisies dangereuses et qui s’étonnera peut-être de trouver la pratique si sage, les nouveautés si vite familières, un progrès certain si aisément réalisé.
- Les rapports partiellement publiés sont ceux de M. Schlemmer, profes seur au collège de Morlaix (l’organisation générale de la classe d’orientation), de M. L. Perrotin, professeur au Lycée de Bordeaux (la coordination des enseignements littéraires), de M. Gastinel, inspecteur général (l’orientation scolaire dans les classes de lettres), de M. Fourel, inspecteur général (l'enseignement- des langues vivantes), de M. J. Isaac, inspecteur général (l’enseignement de l’histoire), de M. Condevaux, inspecteur primaire (l’enseignement scientifique), de M. J. Fontègne (le dessin et le travail manuel, et la fiche scolaire), de M. Bourgoin, inspecteur général (le dessin et le chant) ; enfin M. Monod, inspecteur général, a établi le rapport général de conclusion, et nous en citcron les passages suivants :
- Nous lavons donc un conseil à donner. Mais sur quoi nous fonderons-nous pour le donner :
- 1° Sur la connaissance de l’enfant ;
- 2° Sur les nécessités sociales qui exigent un certain équilibre général entre les cadres professionnels.
- Expliquons-nous tout de suite sur cette deuxième condition, car nous pourrons ainsi prendre position à l’égard du débat qui s’est plus ou moins affirmé ici entre ceux qui distinguent nettement Orientation professionnelle et Orientation scolaire et ceux qui, comme MM. Luc et Fontègne, atténuent cette distinction.
- Nous ne faisons pas d’orientation professionnelle dans la classe d’orientation, parce que nous ne nous préoccupons pas d’une préparation immédiate et directe de l’enfant à la profession ; nous l'orientons vers des cycles d’études qui, au point de vue professionnel, sont polyvalentes. Orientation lointaine, indirecte.
- Mais, en aidant nos élèves à choisir leurs études, nous ne pouvons pas ne pas tenir compte de la répartition globale des fonctions sociales dans le pays. Je miexplique : il y a en ce moment dans les lycées parisiens, une véritable ruée vers les classes de 6“ et particulièrement de 6S A. Si nous continuons à céder sur toute la ligne, nous nous préparons une société de notaires, de médecins, de professeurs, d’ingénieurs. Et ne négligeons pas de mettre,
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- si possible, ces mots au féminin. En juillet dernier, M. le Ministre et M. Châtelet l’ont rappelé ; plus de 20.000 candidats se sont présentés au baccalauréat à Paris. Et vous savez que s’accumulent sur nos tables, dans les Académies et au Ministère, des piles de dossiers de candidats à des postes universitaires, licenciés de philosophie, de langues vivantes, de sciences, à qui il est impossible de donner satisfaction.
- il y a plusieurs remèdes à ce désordre. Mais l’un d’eux est, certainement, une meilleure répartition des élèves au départ : c’est en ce sens que l’orientation scolaire participe de l’orientation professionnelle. Cela ne veut pas dire évidemment que nous allons sacrifier l’individu à la société. Cela veut dire simplement que forsque nous nous trouverons en présence de ces élèves et de ces parents incertains, qui sont dirigés vers telle section d’études par les considérations les plus accidentelles, les plus extérieures, sans que l’enfant ait des dispositions absolument nettes, nous ne dirons pas d’emblée : « N’entrez pas ici », mais nous informerons : <i. Voilà où cette voie conduit,voilà les déceptions, les dangers mêmes qui vous attendent ». Ainsi avertis, les parents prendront leurs responsabilités ; mais nous, nous aurons rempli notre tâche d’éducateurs. Quant à l’Etat, sans toucher à la liberté de qui que ce soit, il aura rempli vis à vis de ces enfants, sa fonction de guide el de conseiller. v
- Mais pour donner le conseil d’orientation, il faut aussi, il faut surtout que nous ayons acquis la connaissance de l’enfant. Et c’est ici que se posent certaines questions de méthode qui ont donné lieu à l’intervention de MUe Weinberg qui représentait parmi nous, avec l'autorité que vous savez, la psychologie expérimentale et les psychotechniciens. Mlle Weinberg m’a dit, après la seance, qu’elle était étonnée des conseils de prudence, excessifs à ses yeux, qui ont été donnés au sujet de la psychologie expérimentale. Je crois donc qu’il faut rappeler ce qui a été dit avec beaucoup de force, par MM. Luc et Châtelet.
- 1° Nous ne faisons pas, dans nos classes, de psychologie expérimentale au sens exact du mot, parce que nous avons un programme d’enseignement, et que nous ne pouvons pas nous livrer, sur les enfants qui ndus sont confiés, à ces libres recherches qui sont le fait des laboratoires, mais non des écoles publiques.
- 2° A supposer même que, tout en enseignant nous puissions utiliser les méthodes psychotechniques, nous n’en recommandons pas l’nsage en général, parce 'que, en général, nous connaissons mal l’instrument et que nous savons (pie, mal manié, il provoque des pertes de temps et des fautes de jugement.
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- C’est, pourquoi nous préférons faire confiance au bon sens, à l'expérience, à la sympathie des maîtres pour les enfants, que leur proposer des procédés dont ils n’ont pias fait l’apprentissage.
- Mais si les psychoteclmiciens veulent bien, de temps en temps, visiter nos classes, nous aider de leurs conseils, conduire eux-mêmes certaines expériences et les interpréter avec nous, nous leur en aurons une très grande reconnaissance.
- Ces remarques vont nous aider peut-être à préciser nos objectifs et à fixer la nature des conclusions auxquelles nous pouvons prétendre.
- Quels cpie soient les procédés employés, nous aboutirons évidemment et à coup sûr à la traditionnelle classification : élèves très doués, élèves peu doués, et, entre les deux : élèves quelconques sans grandes qualités ni grands défauts.
- Tel est le travail de discrimination que nous pourrons faire dans la classe d’orientation. Mais certains vont sourire : « Ce n’est que cela ! De tous temps, dans nos classes, nous avons distingué les bons, les médiocres, les mauvais. Pourquoi tant de bruit, de peines, de discussions ? ».
- A quoi je répondrai plusieurs choses. D’abord que cette distinction, à supposer que nous ne puissions pas la dépasser, nous essayons de la faire avant toute spécialisation — que si nous avons à encourager ou à décourager, c’est avant que l’élève ait fait un choix définitif et pour lui faciliter ce choix — et qu’ainsi nous évitons des repentirs laborieux, des retours en arrière dont nous savons tous qu’ils sont difficiles, sinon impossibles à obtenir.
- Je répondrai ensuite que nous prétendons établir celte distinction sur une connaissance beaucoup plus précise, beaucoup plus individualisée de l’enfant et que ce jugement sera ainsi mieux fondé.
- Je répondrai 'enfin que nous ne sommes pas si modestes qu’il semble : nous mettons les choses au pire. En fait, je crois que nous arriverons à des identifications d’aptitudes et de caractères qui seront beaucoup plus instructives. Si nous pouvons mettre en o uvre le livret d’observations, dont M. Fontègne nous a fourni le modèle — et j’en parlerai tout à l’heure — pous verrons se dessiner des portraits psychologiques singulièrement plus poussés que ceux que nous obtenons habituellement dans nos classes. Nous aurons des artistes, des spéculateurs, des constructeurs, des bricoleurs, des collectionneurs, des calculateurs et que sais-je ?...
- Mais ici on'm’arrête de nouveau : «De toute cette diversité psychologique, quel usage allons-nous faire pour l’orientation ? Quelle
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- chance aurons-nous de retrouver dans ces portraits multiples les traits communs du classique, du moderne et du technique '? Et d’ailleurs, ces tnaits communs quels sont-ils ? » Mesdames et Messieurs, ce problème nous l’avons déjà rencontré, et M. Luc nous a aides à le traiter en disant que le classique avait un goût plus prononcé pour la recherche désintéressée et que le moderne était plus porté vers l’actuel. Mais il nous a dit cela avec beaucoup de prudence et de réserves. Et il ia eu raison, car il paraît bien difficile de déceler de pareils goûts chez les enfants de 11 ans. Mais, dans la pratique, la difficulté s’atténuera. L’établissement de ces portraits à condition que nous y réussissions, en même temps qu’il nous révélera l’enfant, le révélera probablement à lui-même. Et comme c’est à l’occasion d’un enseignement très différencié dans lequel s’amorcent les types d’études auxquelles il pourra se livrer que l’enquête aura été menée, il est possible, il est probable que certains enfants s’orienteront eux-mêmes en découvrant leurs goûts. Pour les autres, nous les aiderons : nous ne nous de manderons pas s’ils ont les bosses caractéristiques du classique mais nous examinerons chaque cas individuel : les désirs des parents, les succès et les échecs de l’enfant, l’appétit qu’il porte à ceci et à cela, et de cette enquête concrète naîtra la conclusion.
- Travail de prudence, de patience, où la sympathie humaine doit s’allier au flair psychologique. Travail qu’on ne peut codifier puisqu’il porte sur un cas unique au monde : l’élève que voici.
- Enfin, voici la fiche proposée par M. Fontègne et qui, adoptée en principe, est publiée dans les Documents de la brochure.
- A. — Renseignements généraux à fournir au moment de l’entrée dans la classe d’orientation
- Nom et prénom de l’élève...................................................
- Lieu et date de naissance..................................................
- Nationalité des parents..................................... ..............
- Profession des parents.....................................................
- Désir des parents quant aux études à faire poursuivre par l’enfant.................................•.........................
- Y a-t-il eu du retard lors de la première entrée à
- l’école ? ...............................................................
- Si oui, pourquoi ? ........................................................
- De quelle école vient l’ènfant ? ..........................................
- Ecoles antérieures si possible.............................................
- Dernier cours suivi par l'enfant...........................................
- (
- Diplômes obtenus (C.E.P., bourses).........................................
- Appréciation du directeur de la dernière école sur :
- La fréquentation (régulière, irrégulière, causes ......'..............
- d’irrégularité).....................................................
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- L’étal de santé (causes des absences dues à
- la maladie)....................................
- La conduite :
- En classe.......................................
- En dehors de la classe..........................
- Les aptitudes scolaires................................
- Observations diverses................................
- Désir de l’enfant quant aux études qu’il veut poursuivre.................................................
- *
- * *
- B. — Renseignements sur la valeur des connaissances acquises au cours de la classe d’orientation
- Disciplines littéraires :
- Français :
- Orthographe..............................
- Rédaction................................
- Commentaire de textes ...................
- Latin....................................
- langues vivantes (laquelle)..............
- Géographie...............................
- Histoire.................................
- Disciplines scientifiques :
- Mathématiques :
- Calcul écrit.............................
- Calcul mental............................
- Compréhension géométrique. . . ..........
- Initiation aux sciences d’observation----
- Travaux manuels :
- Travail du bois. • ......................
- Travail du fer...........................
- Travail des autres matières (les indiquer)
- Dessin :
- D’observation............................
- De mémoire...............................
- D’imagination............................
- Géométrique et croquis coté..............
- Education physique :
- Chant....................................
- SE CLASSE DANS
- les les les moins
- premiers moyens bons
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-
- C. — Observations faites sur les aptitudes mentales au cours de la classe d’orientation
- (On ne répondra à ces questions que si les données fournies par l'observation et l'expérimentation sont suffisantes)
- 230 —
- Mémoire
- L. cleve apprend-il Comment apprend-il ?
- Comment récile-t-il
- / vile.-.................................
- j moyennement vite. . . .................
- ( lentement..............................
- (' mécaniquement.........................
- \ logiquement............................
- i par cœur................................
- f d’après le 9ens........................
- / visuel.................................
- A quel type appartient-il dans \ auditif....................................
- l’acte- d'apprendre ? j moteur.................................
- ( mixte..................................
- Sa mémoire est-elle durable ? ............................................
- Sa mémoire est-elle fidèle ?..............................................
- Sa mémoire lui fournit-elle rapidement les renseignements dont il a besoin ? ...................................................................
- nombres...............................
- I noms...................................
- \ sons...................................
- formes. . . . ........................
- couleurs...............................
- physionomies..........................
- lieux.................................
- Accuse-t-il une mémoire spéciale
- Observations diverses
- Attention
- concentrée distribuée, papillonnante.
- Est-elle d’une certaine durée L’enfant se fatigue-t-il vile d’être attentif Se laisse-t-il facilement détourner ?
- Dans quelles matières d'enseignement est-il surtout attentif Dans celles où le maître expose Dans celles où il agit ?
- Observations diverses
- Son attention est-elle plutôt
- Imagination
- L’élève est-il doué d’imagination ?
- les gestes les son les formes
- Imite-t-il facilement
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- — 231
- Son imagination est-elle plutôt créatrice ? ..........
- Accuse-t-il un certain sens artistique ? .............
- Dans quelle direction ? ..............................
- Présente-t-il des traits d’imagination vagabonde ? Observations diverses.................................
- Activité
- Travaille-t-il..................
- A quoi est due sa lenteur.
- A quoi est duc sa rapidité Se faligue-t-il vile ? .........
- vile.............
- lentement........
- causes internes, causes externes.
- causes internes, couses externes.
- Se remet-il de sa fatigue.........
- Comment se manifeste sa fatigue Comment caractérisez-vous sa n
- vile. ................................
- lentement.............................
- lenteur dans le travail (physique) fautes dans le travail (intellectuel)
- e en train au travail ? ...............
- Comment se comported-il pendant le travail ? ....
- Est-il capable d’initiative ? ........................
- Habileté manuelle (Cf. fiche spéciale pour détails)
- Agilité corporelle....................................
- Observations diverses...........................
- Expression verbale et écrite
- (vite...........................
- lentement.....................
- correctement..................
- défectueusement...............
- avec aisance..................
- difficilement.................
- i mots..........................
- Son vocabulaire est-il riche en 1 expressions.....................
- | tournures de phrases ............
- Y a-t-il quelque chose de personnel dans sa façon de s’exprimer ?
- Mêmes observations en ce qui concerne l’expression écrite......
- Observations diverses..........................................
- Fonctions intellectuelles
- L’élève a-t-il le goût de l’observation ? .........
- Qu’observe-l-il de préférence ? ...................
- Reproduit-il fidèlement ce qu’il a observé ?.......
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- Comment ?
- Saisit-il.....
- Compréhension
- ^ au moyen de phrases, ) au moyen de croquis
- j vile.....................
- I lentement.............
- 1 exactement............
- j faussement............
- Dégage-t-il facilement l’essentiel ?
- Se laisse-t-il arrêter par ce qui est accessoire ? ..................................
- Est-il capable de juger de lui-même ou accepte-t-il d’emblée le jugement
- d’autrui ? .............................................................................
- Est-il capable de critique (autrui) ? ...............................................
- Est-il capable d’auto-crilique ? ....................................................
- Exprime-t-il des idées qui lui sont personnelles ?
- Îtrès bonne ...
- bonne.........
- moyenne.......
- médiocre......
- Observations diverses,
- 4- 4
- D. — Observations faites sur le caractère et la personnalité au cours de la classe d’orientation
- Quels sont les mobiles d’action de l’enfant :
- Le désir de savoir.............................................
- Le sentiment du devoir.........................................
- La crainte des sanctions...................... ................
- Le désir de faire plaisir......................................
- Le goût de l’action............................................
- L’ambition.....................................................
- Comment se comporte-t-il vis-à-vis des autres :
- Egoïste ou altruiste...........................................
- Vaniteux ou modeste............................................
- Impatient ou patient...........................................
- Rebelle ou discipliné..........................................
- Cherchant à dominer oü soumis..................................
- Aimant à se dévouer ou cherchant à nuire.......................
- Comment se comporte-t-il devant un échec :
- Résigné ou abattu. ............................................
- Se trouble-t-il facilement ? ........................................
- A-t-il le sens de la responsabilité ? ...............................
- Comment le caractérisez-vous au point de vue caractère :
- Coléreux ou flegmatique........................................
- Impassible ou excitable. ......................................
- Soigneux ou désordonné.........................................
- Persévérant ou instable. . . ....................................
- Curieux ou indifférent.............................:...........
- Optimiste ou pessimiste. ......................................
- Décidé ou hésitant.............................................
- Honnête ou malhonnête..........................................
- Franc ou dissimulé............................................
- Observations diverses....................................................
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- E. — Intérêts particuliers et talents
- Quelles sont ses matières d’enseignement favorites ? .......................
- Pourquoi les aime-l-il ? ..................................... . ...........
- Comment y réussit-il ? .....................................................
- Quelles sont celles qu’il aime le moins ? ..................................
- Pourquoi ? .........................................................
- Comment y réussit-il ? ........................................................
- Quels sont, en dehors de ses intérêts d’ordre scolaire, ses intérêts prédominants et ses goûts particuliers ? ..........................................
- Sportifs (jeux, aventure, lutte).................................
- Esthétiques (musées, théâtres). ................................ .
- Sociaux (commandement, harangues). ...........................
- Professionnels (bricolage, technique). ... ........ ..........
- Intellectuels (étude, lecture, méditation)......... ..........
- F. — Milieu familial
- Ces observations compléteront celles de la page 1 :
- Situation de fortune de la famille..............................
- La famille s’inléresse-t-elle à ses études ? ...................
- L’aide-l-elle dans ses travaux ?................................
- D’autres personnes que les parents s’occupent-elles de son éducation ? ...................................................
- On notera ici tous les renseignements que les parents auront pu fournir sur l’enfant :
- Son état de santé...............................................
- Son caractère...................................................
- Ses lectures. . • ..............................................
- Ses fréquentations. • • ........................................
- Ses passe-temps favoris.........................................
- G. — Fiche médicale
- Date des examens............................................
- Taille ............ Poids............. Périmètre thoracique.
- Etat de la puberté (1) .....................................
- Phino-pharynx (coryzas, amygdales, végétations)................
- Larynx (fragilité)..........................................
- Spirométrie.................................................
- (1) Manifestations d’état pré-pubertaire, pubertaire.
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- Examen des poumons.........................................
- Exanien du cœur............................................
- Examen de l’estomac (vertiges, céphalées, nonchalances)....
- Varices ou tendances.......................................
- Anémié.....................................................
- Hémorroïdes................................................
- Etat de la colonne vertébrale..............................
- Pieds-plats ou tendance....................................
- Troubles nerveux (élocutions, tremblements, tics)..........
- Troubles psychiques........................................
- Vision de choque œil (strabisme, conjonctivite, chromatisme)
- Audition de chaque oreille.................................
- Examens divers. . . .......................................
- H. — Fiche spéciale d’aptitude technique
- Observations d’ordre intellectuel (conception de l’objet à exécuter) :
- Sens de l’observation........................................
- Sens des dimensions..........................................
- Aptitude à combiner..........................................
- Imagination. ................................................
- Observations d’ordre technique :
- -Représentation spatiale.....................................
- Compréhension technique......................................
- -Intelligence mécanique......................................
- Observations d’ordre psycho-moteur (exécution de l’objet) :
- Précision du mouvement.......................................
- Force du mouvement.............................................
- Coordination des mouvements..................................
- Sûreté de la main............................................
- Educabilité...............................................
- Habileté manuelle. ....................... ..................
- Observations d’ordre physique :
- Force et résistance des mains................................
- Constitution générale. ......................................
- Résistance à la fatigue......................................
- Observations d’ordre caractériel :
- Ayant trait à l’initiative, l’énergie, la volonté, la persévérance, la régularité, l’exactitude, la propreté, le soin, l’esprit d’équipe, etc., la joie au travail.
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- Projet de fiche synthétique d’orientation
- A. — Contre indications
- Contre-indications d’ordre scolaire (1)...............
- i mémoire.
- L attention, l imagination.
- dre ] activité.
- ....\ expression verbale-et écrite. I observation, r jugement.
- , intelligence.
- Contre-indications d’ordre ) activité.
- mental
- Contre-indications d’ordre caractériel................
- Contre-indications d’ordre médical....................
- Contre-indications d’ordre technique..................
- *
- +
- B. — Indications
- l abstrait, concret.
- \ intuitif, logique.
- < idéaliste, positif.
- J superficiel, profond, f esprit de finesse, esprit géométrique.
- Tendances de caractère...
- passif; actif, réceptif, créateur.
- Tendances d’activité
- connaissances (manieur d’idées).
- Dispositions prédominantes] action (manieur de choses).
- f sentiment (manieur d’hommes).
- Désir exprimé par l’enfant................................
- (T) Noter ici toutes les matières d’enseignements dans lesquelles l’élève se classe parmi les moins bons (3e catégorie).
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- Conseil provisoire du Comité scolaire d’orientation
- Résultats
- de l’expérimentation en cas de conflit (lests)
- Conseil d’orientation
- apte à poursuivre des études, apte à faire un apprentissage.
- classiques.
- modernes.
- techniques.
- industriel.
- commercial.
- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE A L’ÉTRANGER
- L’Orientation professionnelle en Suisso (1936)
- 29.918 jeunes gens et jeunes filles, contre 28.787 en 1935 ont sollicité, en 1936, les conseils des offices d’O. P. suisses : 16.708 garçons et 13.210 filles.
- Dans ce nombre, il y a lieu de faire enlrer 10 °/0 de candidats ayant déjà fait un an de préapprentissage ou ayant suivi les cours d’une école ménagère ou agricole.
- Voici comment se sont répartis les désirs professionnels :
- Garçons Filles
- Groupes professionnels 1936 1935 1936 1935
- Artisanat et industrie .... 62,8“/. 66 /. 27,3 ”/. 26,6 •/.
- Commerce, transports, administrations 9,7 9 16 15,9
- Agriculture, eaux, forêts 6,5 6,3 1,7 - 1,5
- Soins domestiques — — 30,6 28,4
- Professions libérales 3,9 3,3 8,1 6,5
- Indécis .... 17,1 15,4 16,3 21,1
- Totaux.- ... 100 •/. 100 t 100 •/. 100 »/„
- Il n’est peut-être pas sans intérêt de voir comment se répartis-
- sent ces désirs professionnels dans le groupe le plus important :
- Artisanat et industrie. Garçons Filles
- 1936 1935 1936 1935
- Alimentation. ... 11,3 /. 10,4 •/. 2,1 •/« 3,9 '%
- Vêtements .... 10,3 8,4 66,5 73,9
- Cuir, caoutchouc. 4,5 3,7 0,6 0,8
- Bâtiment. . . ... 13,2 17 0,8 0,8
- Travail du bois et du verre ... 10,2 11,4 0,1
- Industries textiles 0,7 ' 0,8 2,3 3,3
- Industries graphiques. . . 5,2 5,4 1,4 1,2
- Papier. 1,1 0,7 0,8 0,4
- Industries chimiques. 0,9 0,9 0,9 0,7
- Mécanique et électricité ... 36,3 34,4 — —
- Horlogerie et bijouterie 0,7 0,6 1,2 0,1
- Hôtellerie. . . 3,4 3,6 19,7 9,9
- Divers. 2 o 2,7 3,6 5
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- ,
- La question du placement en apprentissage qui, en Suisse, est si intimement liée à celle de l’orientation professionnelle, a retenu / tout particulièrement l’attention des -offices.
- 9.269 candidats sollicitaient une place d’apprentissage dans le groupe « Artisanat et Industrie » ; 5.575 étaient vacantes ; 4.357 placements purent être faits.
- Voici, en ce qui concerne les garçons, les chiffres respectifs pour les autres groupes :
- Commerce. 1.358 665 557
- Agriculture. 064 504 364
- Soins domestiques. 4 1 2
- Professions libérales et divers 575 199 149
- Pour les filles, voici les chiffres :
- Artisanat et industrie 2.516 1.959 1.409
- Commerce. • • . 1.486 643 1.083
- Agriculture. . . 156 129 428
- Soins domestiques.' 2.550 1.720 1.343
- Professions libérales et divers. 340 175 291
- Soit un total de 8.911 placements en apprentissage pour 18.727
- candidats. C’est dire qu’à ce point de vue, la situation économique de la Suisse est loin d’être réjouissante ! Gare au manque d’ouvriers qualifiés d’ici quelques années ! j p
- A travers les Revues
- La revue Education de novembre 1937 publie dans sa partie générale un article d’André Berge sur les devoirs des parents en face de l’O. P. (p. 224) et, dans son supplément Revue des Maîtres (p. 134) un rapport sur le centre familial de consultations et de documentation professionnelles de la rue Guyot, pour sa première année de fonctionnement.
- Le Jurnal de Psihotechnica dirigé en Roumanie par Radulescu-Motru (n° 4 du tome I, 1937), contient des études de Vasile Pa-velcu sur l’esprit social de l’O. P., du lieutenant Ciiiappella sur l’examen psychotechnique des conducteurs d’unités motorisées de l’armée (pour l’entrée à l’école des sous-officiers spécialistes de ces unités), de A. Manoil sur le laboratoire des tramways de Liège, ainsi qu’une chronique docimologique de Maria Sandu-lescu consacrée au baccalauréat roumain.
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- Une étude de S.-B. Sells'sur la « Gullibility », communiquée au dernier Congrès d’une branche de l’Association psychologique américaine, résumée dans le Psychological Bulletin (1937, n° 8, p 525) montre que le « crédibilité », la facilité d’adhésion, est en corrélation négative avec l’intelligence et les capacités en générai (dans différentes branches du savoir).
- Description d’un service d’adaptation professionnelle (examen psychologique, conseils d’O. P., placement) dans le bureau de service social de Clcveland, par L.-A. Newman, en La revue Family (T. 18, 1937, p. 54). _________
- Dans le Journal of Social Psychology de novembre 1937 (Vol. VIII, 4, p. 411) les formes de la personnalité contraires au progrès normal au cours des études de collège sont l’objet d’un examen du Dr A.-II. Woods et Geneviève Chase, à propos de 145 cas d’étudiantes ne donnant pas satisfaction sur un effectif de 1700, certaines présentant une certaine insuffisance intellectuelle, mais plus du quart étant d’un niveau supérieur a la moyenne et présentant des troubles de l’affectivité (arriération affective, déséquilibre des tendances, émotivité excessive).
- Dans les-MonatsblaUCr fur Augenheilkunde (T. 94, 1935, p. 25 et p. 433) signalons deux études sur la fatigabilité de la vision chromatique chez des sujets anormaux au repos, mais devenant plus ou moins fortement anormaux à la suite d’un examen prolongé, par Hartung (qui pose la question de l’emploi dans les services de sécurité de ces « asthénopes » aux couleurs) et par I. Schmidt. ________
- Un test d’aptitude à la radiologie chez les médecins a été recherché par C. Chantraine (Rôentgenpraxis, 1937, T. 9, p. 329) d’après la capacité de perception de figures plus ou moins contrastées sur le fond après 2,5 et 10 minutes d’adaptation à l’obscurité. ________
- L’examen des tracés respiratoires de 265 individus par L.-J. Saul et F. Alexander (communication à la Société de physiologie publiée dans American Journal of Physiology, 119, 1937, p. 396) permet de déterminer des caractéristiques individuelles généralement constantes des spirogrammes (dans les trois quarts des
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- cas (les caractères examinés, indépendants, concernant le volume d’air respiré, la capacité totale, les relations de l’inspiration et de l’expiration, etc...).
- Dans YArchivio di Flsiologia (1937, T. 37, p. 261) une étude sur des temps d’association dans la fatigue par G. Aragono et A. Curro conduit à attribuer à la fatigue un raccourcissement des temps de perception (passant de 0,81 à 0,62 sec. pour la lecture des chiffres), et un fort allongement des temps propres d’association (temps total pour élever les chiffres au carré passant de 1,06 à 1,30 sec., soit un temps propre passant de 0,25 à 0,68 sec.).
- La « vision noire », trouble de vision accompagnant une brusque descente en avion, est l’objet d’une élude publiée par Schweize-rische medizinische Wochenschrift (1937, T. 67, p. 753), et l’action du vol sur l’oreille moyenne est traitée dans le Journal of the amr-rican medical association (7 août 1937).
- L’épreuve du vertige voltaïque dans l’élude du tonus vago-sym-pathique est examinée dans le Journal des Sciences médicales de Lille (15 août 1937). ________
- L’enfance anormale est objet d’article dans le Bulletin Médical du 7 août 1937, et d’une étude de Royer dans le Marseille médical du 25 juin. ________
- De Bradford une étude sur la réaction de la vitesse du pouls chez l’homme sain au cours des exercices physiques, dans Lancet (n° 5947, 21 août 1937). ________
- Il PoRclinico (9 août 1937) publie un article de Mangiacabra sur le pH urinaire en fonction de la fatigue chez les aviateurs.
- La. Revue de pathologie comparée (1937, n° 494) publie, de S. Voronoff, des résultats, au bout de 20 ans, de la greffe de la glande thyroïde aux enfants crétins myxoedémateux, avec indication d’une guérison possible de ces arriérés.
- ri
- I JH I
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- L’entraînement, chez le lapin, en élevant la capacité de travail des muscles dits « toniques », s’accompagne d’une augmentation de sensibilité à l’acétylcholine (qui donne des contractions plus fortes), d’après G. Kirciuiofe, qui expose scs résultats dans le Pflüger’s Arçhiv (1937, T. 238, p. 623).
- Une revue allemande, Soklalenlum (T. 4, 1937, p. 114) contient un article de Jordan, qui, sous le titre de « Le soldat-né » examine l’aptitude à la vie militaire de types d’hommes décrits par Jaensch (aptitude qui appartient aux « intégrés » et « vitaux »).
- INFORMATIONS
- Le 6 décembre a eu lieu l’inauguration des locaux, situés 10 bis. boulevard Saint-Germain, affectés aux bureaux du Comité parisien des œuvres sociales en faveur des étudiants, et comprenant en particulier le Bureau universitaire d’informations sur les carrières, qui constitue un des centres locaux du Bureau universitaire statistique. Allocutions du recteur Roussy et du ministre Jean Zay.
- Au 24e Congrès d’hygiène tenu à Paris à la fin d’octobre, et consacré 'aux trois questions de l’hygiène scolaire, du lait et de l’inadaptation urbaine (traitées par le professeur Mouriquand, de Lyon), signalons les communications* de MM. Heuyer et Macé de Lépinay sur les causes d’inadaptation dans l’enseignement secondaire (d’après l’observation de 300 cas), et concluant à la nécessité d’un examen psychologique précis des enfants à l’entrée de l’enseignement secondaire, de M. GL Launay sur le surmenage scolaire, de M. P. Foucaud sur P inspection scolaire rurale, et de M. Lavaud sur le travail prématuré chez l’enfant (dangereux surtout dans la famille). *
- * *
- Les vœux du Congrès de psychiatrie infantile. — Voici les vœux qui ont été adoptés à ce Congrès, en juillet dernier :
- 1° Fondation d’une société internationale de ncuro-psychopa-thologie infantile dont l’organisation est actuellement poursuivie.
- 2° Obligation d’un examen médico-psychologique systématique, dans un centre spécialisé, de tous les enfants délinquants.
- 3° Collaboration médico-pédagogique étroite dans tous les cen-
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-
-
- 1
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- très de rééducation et de perfectionnement consacrés aux enfants déficients et psychopathes.
- 4° Création d’une Commission consacrée à l’établissement d’une nomenclature et d’instruments de mesure internationaux.
- 5° Etude rigoureuse et scientifique des conditions sociales de la délinquance.
- Il a été en outre décidé que le 11° Congrès de psychiatrie infantile aurait lieu en 1941 à Leipzig.
- *
- * *
- La Brilish Psychological Society a discuté, dans sa section médicale, le 24 novembre dernier, une communication de J. Mannheim sur la graphologie comme test de personnalité, et dans son emploi pour le diagnostic du caractère, le dépistage des psychoses et l’orientation de leur traitement.
- : *
- * *
- Le Département du Nord est appelé à examiner une proposition du préfet concernant la création d’un établissement réservé aux retardés pédagogiques, qui encombrent et gênent les classes ordinaires, une section pouvant être prévue pour une certaine catégorie de jeunes délinquants : les débiles intellectuels éducables sans perversion, avec exclusion, par contre, des débiles sensoriels, des débiles moteurs, des anormaux profonds inéducables, et surtout des enfants difficiles de caractère afin d’éviter tout danger de contamination morale.
- *
- * *
- Au Congrès de la Société française de Phoniatrie (19 octobre 1937), Mme Louise Matiia a fait une démonstration de rééducation collective de coordination motrice chez les bègues, après présentation de tests mentaux et moteurs pratiqués chez les élèves bègues au Laboratoire de psychologie de M. Lamy et d’analyses graphologiques faites par le Dr Strélitsky.
- *
- * *
- Le 7e Congrès international d'organisation scientifique, faisant suite au Congrès de Londres de 1935, se tiendra à Washington, du 19 au 23 septembre 1938, sous la présidence de M. W.-L. Batt, et comprendra des séances plénières consacrées aux aspects
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- sociaux et économiques de l’organisation, et des séances techniques (cinq séries de six séances simultanées) consacrées aux « récents développements de l’organisation scientifique ».
- I *
- * *
- La 4e Conférence anglaise d’orientation professionnelle et éducative, organisée par l’Institut national de psychologie industrielle doit se tenir à 1’ « Université Collège » de Londres, le 8 janvier, au moment de la Conférence des « Educational Associations » (3-10 janvier 1938), qui groupe 59 associations.
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- On a signalé une expérience curieuse et hardie organisée près de Chicago par M. Hanson sous le titre du « Collège de l’enfant au xxe siècle » et qui a été officiellement autorisée : vingt enfants de 4 à 5 ans seront élevés pendant un an sans contact avec des adultes, mais seulement avec un garçon cl une fillette de 10 ans. Au bout de l’année, dix seront placés dans une école et dix autres maintenus jusqu’à 13 ans avant de commencer leur instruction.
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- Le Groupe français d’éducation nouvelle a élaboré un projet de réadaptation du certificat d’études primaires, en dissociant le contrôle des connaissances acquises, et la sélection d’après les aptitudes, et a ouvert une enquête sur les classes d’orientation, faisant remarquer les conditions peu satisfaisantes d’une expérience mal préparée, sans critère permettant d’en apprécier les résultats.
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- La formation des chefs chez les Nazis. — D’après les renseignements donnés par M. Ley, chef du front du travail en Allemagne, voici comment doit se faire la sélection et la préparation des futurs « Führer » :
- Tous les ans, quatre mille enfants de douze ans seront choisis par les organisations locales et envoyés dans trente-deux écoles qui porteront le nom d’ « écoles Adolf-IIitler ». Ils y resteront jusqu’à dix-huit ans. L’éducation sera entièrement gratuite. Dans le choix, on tiendra le plus grand compte des sentiments politiques de la famille et de la santé. Seids, des enfants robustes et
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- d’une hérédité irréprochable seront admis. Les porteurs de lunettes seront exclus.
- Les sept années de dix-huit à vingt-cinq ans seront consacrées au service de travail, au service militaire et à l’éducation professionnelle, soit à l’université, soit dans une profession quelconque, manuelle ou commerciale.
- Quand les quatre mille jeunes gens auront atteint l’age de vingt-cinq ans, on fera parmi eux une nouvelle sélection : mille — qui seront qualifiés 1’ « élite des jeunes gens allemands » — seront retenus et envoyés dans les trois écoles de chefs nouvellement créées, auxquelles sera adjointe une quatrième école, à Marien-b«rg (P russe orientale). Us les fréquenteront successivement, passant à Sonthofen deux hivers qui seront, en grande partie, consacrés à l'exercice du ski. A cet effet, ils feront des séjours prolongés dans quinze huttes qui seront installées dans la montagne. La fréquentation des écoles de chefs durera trois ans. Chaque année, les élèves les quitteront trois fois pendant une durée de quatre semaines, qu’ils passeront dans les organisations locales du parti pour s’initier pratiquement à l’activité d’un futur chef.
- Enfin dans une école supérieure projetée seraient envoyés les meilleurs de ces élèves, destinés à former le grand état-major.
- La psychotechnique dans les chemins de fer. — Voici les con closions d’un intéressant rapport présenté par M. J. Wojciechowski, ingénieur, conseiller en psychotechnique au Ministère des Communications de Pologne, sur « Sélection, orientation et instruction du personnel des chemins de fer », à la 13e Session (Paris, 1937), de VAssociation internationale du Congrès des chemins de fer, et publié dans le bulletin de cette Association :
- « En nous basant sur les réponses obtenues, nous pouvons formuler les conclusions suivantes :
- « La psychotechnique est appliquée graduellement, bien que lentement peut-être, dans le domaine des chemins de fer européens, en tant que facteur indispensable d’une sélection rationnelle du personnel des chemins de fer.
- « Il serait désirable que le Congrès international des chemins de fer de 1937 recommande à tous les pays, ainsi qu’à toutes les administrations de chemins de fer, de soutenir et de favoriser le développement futur de celle science appliquée.
- « Une nouvelle étape dans le développement de la psychotech nique consistera dans son application à 1 instruction profession-
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- nelle des agents de chemins de fer, en la rendant plus rapide, plus efficace et moins onéreuse.
- « L’hétérogénéité des méthodes d’examen des agents de chemins de fer observée dans les divers Etats, nous conduit à formuler le vœu que les Congrès internationaux de psychotechnique, ainsi que la Commission internationale des transports fondée en 1932, à Prague, se chargent d'élaborer et de régler définitivement le problème d’une seule méthode-type d’examen du facteur humain appelé à collaborer aux opérations lourdes de responsabilités, du mouvement des chemins de fer.
- « Il serait désirable que le Congrès de 1937 émette le vœu que les directions de chemins de fer de tous les pays aient recours aux essais psychotechniques du personnel conjointement avec les examens médicaux en vue de l’obtention du maximum de sécurité dans les transports. »
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- Au Congrès international cle psychiatrie infantile, le professeur Plinio Olinto, de Rio-de-Janeiro, a présenté un intéressant travail montrant la valeur de l’examen psychcphysiologique pour la détermination des aptitudes, et décrivant un « Proseximètre » pour l’évaluation de l’aptitude attentive, fondé essentiellement sur la mesure du temps de réactions complexes.
- La Vie de l’Institut
- Une semaine organisée à l’intention des orienteurs provinciaux s’est tenue du 10 au 23 décembre ,au Conservatoire national des Arts et Métiers par les soins de l’Institut national d’orientation professionnelle en accord avec la direction de l’Enseignement technique.
- La séance inaugurale de la semaine des orienteurs, consacrée la conférence de M. Luc, le jeudi 16 décembre, a été présidée par le Sous-Secrétaire d’Etat, de l’Enseignement technique, M. Julien.
- M. Piéron, directeur délégué de l’I, N. O. P., le remercia de la marque de bienveillant intérêt qu’il avait ainsi voulu donner à l’Institut national, en même temps que, par le dépôt d’un projet de loi relatif à l’orientation professionnelle, il manifestait son intention d’assurer une organisation rationnelle de l’O. P. en France, œuvre à laquelle s’est pleinement voué le directeur général, M. Luc, et à laquelle la collaboration de l’I. N. O. P. est entière.
- M. Julien a prononcé une allocution très applaudie dans laquelle
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- il a remercié M. Pieron, témoigné de son intérêt pour l’œuvre poursuivie par l’I. N. O. P., et félicité M. Luc pour son espri» philosophique de haute organisation.
- Voici le programme de cette semaine :
- Jeudi 16 décembre 1937 :
- 10 h., Ouverture, M. Luc : Les problèmes de l’O. P.
- 14 h. 30, Mme Piéron : Démonstrations d’examens collectifs.
- 18 h., M. Larcher : L’Organisation administrative de l’O. P.
- Vendredi 17 décembre :
- 0 h, 30, M. Fontègne : La pratique de l’O. P., statistiques, enquêtes, dossiers.
- 10 h. 45, Mlle Weinberg : Les examens mentaux.
- 14 h. 30, Mme Piéron : Démonstrations d’examens collectifs.
- 18 h. 15, Dr Paul-Boncour : L’O. P. des Déficients.
- Samedi 18 décembre :
- 9 h. 30, M. Fontègne: : La Pratique de l’O. P., La préorientation
- professionnelle à l’Ecole primaire.
- 10 h. 45, M. Lahy, Sélection et Orientation (au Laboratoire de la
- S. T. G. B. P., 118, rue du Mont-Cenis).
- Lundi 20 décembre :
- 9 h. 30, M. Pouillot : L’apprentissage et l’O. P.
- 10 h. 45, M. Halbwachs : Le Marché du travail et l’O. P.
- 14 h. 30, MUe Veil : Démonstrations des examens physiques élémentaires.
- 18 h. M. Noyelle : Le Chômage.
- Mardi 21 décembre :
- 9 h. 30, M. Bonnardel : Les examens physiques en O. P.
- 10 h. 4'5, M. Wallon : La Crise de Puberté et l’O. P.
- 14 h. Mlle Monnin : Démonstrations d’examens psychologiques.
- 18 h., M. Piéron : La détermination des aptitudes.
- Mercredi 22 décembre :
- 9 h. 30, M. Bonnardel : Les relations du Médecin et de l’Orien-
- teur.
- 10 h. 45, Mlle Weinberg : Le Contrôle en O. P. et les méthodes
- statistiques.
- 14 h., M,le Monnin : Démonstrations d’examens psychologiques.
- 18 h., M. Piéron : L’Intelligence et son rôle.
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- Jeudi 23 décembre :
- 0 h. 30, Mlle Biscay : Le Placement et l'O. P.
- 10 h. 45, M. Fontègne : La Pratique de l’O. P., quels renseignements l'Ecole peut-elle fournir à l’orienteur.
- 15 h., Clôture, M. Luc : Le Passé et l’Avenir de l’O. P.
- A cette séance de clôture, une allocution de remerciements a été prononcée par M. Delrieu, inspecteur d’Académie de l’Ariège.
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- Voici la liste des 42 boursiers :
- 1. M. Audiget, directeur d’école honoraire, 17, rue Lesage, Ren-
- nes (Ille-et-Vilaine).
- 2. M. Hippolyte Bacquias, chef du Service départemental d’O.
- P., Bar-le-Duc (Meuse).
- 3. Mme Lucienne Baudichon, directrice Cabinet d’O. P., Bor-
- deaux (Gironde).
- 4. MUe Simone Bertrand, visiteuse d’hygiène, chargée examens
- médicaux écoles et examens psychotechniques à l’Office d’O. P., Marseille (B.-du-R.).
- 5. M. Boeufgras, professeur Ecole nationale professionnelle,
- conseiller-orienteur Office d’O. P., Châlon-sur-Saône (Saône-et-Loire).
- 6. M. Marceau Buffier, directeur d’école, Avignon (Vaucluse).
- 7. M. André Cansot, inspecteur de l’enseignement primaire, Lan_
- nemezan (Hautes-Pyrénées).
- 8. M. Carrière, inspecteur de l’enseignement primaire, Nîmes
- (Gard).
- 9. M1Ie Jeanne Chabassieu, institutrice suppléante, aide bénévole
- Office d’O. P., 16, rue François-Bazin, Marseille (Bouches-du-Rhône).
- 10. M. Chanel, directeur Office d’O. P., Bellegarde-sur-Valse-
- rine (Ain).
- 11. M. Chauveau, directeur de l’Office d’O. P., 'Niort (Deux-
- Sèvres).
- 12. M. Alexandre Chevalier, directeur Office d’O. P., directeur
- d’école honoraire, Romans (Drôme).
- 13. M. Georges Clerc, directeur Office d’O. P. et Ecole de
- métiers, 29, rue de Noyon, Amiens (Somme).
- 1.4. Mmo Clerte, directrice Ecole primaire, supérieure et pratique, Toulon (Var).
- 15, M. Gilbert Courtois, instituteur, directeur cours d’O. P. et de préapprentissage, Dreux (Eure-et-Loir).
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- 16. Mlle Odette Dagan, assistante Office d’O. P., assistante médi-
- cale scolaire, Lille (Nord).
- 17. M. Dahlem, directeur de l’Office d’O. P., directeur d’école,
- Sarreguemines (Moselle).
- 18. M. René Delrieu, inspecteur d’Académie, Foix (Ariège).
- 10. M. Devaud, directeur Office départemental d’O. P., Chambéry (Savoie). %
- 20. M. René Dumontier, directeur Service départemental d’O. P..
- 15, chemin des Tilleuls, Mont-Saint-Aignan (Seine-Infé-Tieure).
- 21. M. Fouillouse, contrôleur de la main-d’œuvre, 7, rue des
- Vases, Toulouse (Haute-Garonne).
- 22. M. Fournel, instituteur, Marseille (B.-du-R.).
- 23. M. André Galan, inspecteur de l’enseignement primaire,
- Cahors (Lot).
- 24. M. Victor Gautrot, directeur Service d’O. P. et de l’Ecole
- primaire supérieure et pratique, Annecy (Savoie).
- 25. M. Gueillier, directeur de l’Ecole de l’avenue Victor-Hugo,
- chargé du cours supérieur d’enseignement primaire (délégué spécial), Blois (Loir-et-Cher).
- 20. M. Pierre Bauer, directeur d’école, Bourbourg-Campagne (Nord).
- 27. M. Ludovic Henry, directeur Office départemental d’O. P.,
- Lorient (Morbihan).
- 28. M. Henri Jouannais, directeur de l’Office d’O. P., 35, rue de
- Constantine, Vichy (Allier).
- 29. M. Paul Martin, directeur Ecole nationale professionnelle et
- directeur Office d’O. P., Vierzon (Cher).
- 30. M. Midy, inspecteur départemental, Saint-Quentin (Somme).
- 31. M. Léon Moreau, chargé Service d’O. P., Angers (Maine-et-
- Loire).
- 32. M. Michel Paolaggi, secrétaire Office d’O. P., Pau (Basses-
- Pyrénées).
- 33. M!le Marthe Pieters, assistante Office d’O. P., assistante mé-
- dicale scolaire, Lille (Nord).
- 34. Mlle Marcelle Raffray, employée à l’Office d’O. P., Le Mans
- (Sarthe).
- 35. M. le Dr Ribollet, 58, rue d’Antibes, à Cannes (A.-M.).
- 36. M. Son, directeur Ecole pratique, secrétaire général Office
- d’O. P., Evreux (Eure).
- 37. M. Alfred Spieser, chef du Bureau des écoles de la Mairie,
- Mulhouse (Haut-Rhin).
- 38. M. Pierre Tardivat, directeur d’école en retraite, collabora-
- teur de M. Péronnet, Office d’O. P., Moulins (Allier).
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- 39. M. Louis Tarryl, directeur d’école honoraire, conseiller-orienteur à l’Office d’O. P., Béziers (Hérault).
- 40 M. le Dr Trarieux, médecin de l’Office d’O. P., Angouléme (Charente).
- 11. M. Weiller, premier adjoint à la Mairie, s’occupe section
- d’O. P. et la préside, Bayonne (Basses-Pyrénées).
- 12. M. Fervent, directeur de l’Ecole pratique de Ne vers (Nièvre).
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- Ont participé à la Semaine, comme auditeurs :
- M. Aillaud, chef de service, Caisse de compensation de Toulon (Var).
- M. Alloué, directeur Cours professionnels, Nogent-le-Botrou (E.-et-L.).
- MUe Bollotte, assistante sociale, Lille (Nord).
- M. René Birckel, inspecteur départemental de l’E. T. appelé à présider l’Office d’O. P. en création, Belfort.
- M. Debeau, inspecteur de l’E. T. de la Seine.
- Mlle Deniau, directrice d’école, Blois (Loir-et-Cher).
- M. Léon Granier, professeur à l’Ecole nationale professionnelle, La Martinière, Lyon (Rhône).
- Mme René Jean, Pavillon de la Reine, Vincennes.
- M. Raymond Lallau, directeur de l’Office d’O. P., boulevard Paul-Painlevé, Lille (Nord).
- MUe Manuel, directrice des études et professeur de Sciences dans institution secondaire, Lyon (Rhône).
- M. Moreau, directeur de cours complémentaire, Selles-sur-Cher (Loir-et-Cher).
- iVIlle Pourpoint, professeur Ecole pratique, conseiller technique adjoint Office d’O. P., Roubaix (Nord).
- Mme la Directrice de l’Ecole de Commerce et d’industrie pour jeunes filles, place Notre-Dame, Roubaix (Nord).
- M. Rennes, diplôme de psychologie, 29, rue Mademoiselle, Versailles.
- M. Wolf, maire, Pacy-sur-Eure (Eure).
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- TABLE DES MATIÈRES
- TOME IX
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- ARTICLES
- Baumgarten-Tramer (F.) : Succès scolaires cl réussite dans la vie. — N° 3-4, p. 61.
- Blanc (MUe G.) : Le Dossier scolaire d’O. P. — 1\° 1-2, p. 9.
- Bruyère (J.) : Quelques données sur l’intelligence logico-verbale et les aptitudes techniques pour l’orientation vers les carrières d’ingénieur. — N" 7, p. 141.
- Gassin (L.) : Remarques sur un procédé d’étalonnage : le tétronage. — N° 9-16, p. 213.
- Dulac (Germaine) : Les Métiers nécessaires à la production cinématographique. — N° 5-6, p. 105.
- Piéron (H.) : Ennemis et Amis de l’Orientation professionnelle. — N° 1-2, p. 1.
- Piéron (Mme H.) : Etalonnage d’une fiche collective d’intelligence. — N° 8, p. 173.
- Pollnow (H.) : Réussite scolaire et réussite professionnelle. — N° 3-4, p. 67.
- Veillas : Monographie professionnelle du métier de forgeron (causerie destinée à des enfants d’école primaire). — N° 5-6, p. 108.
- NOTES ET DOCUMENTS
- Activité musculaire et fonction cardio-vasculaire. — L’influence de l’activité musculaire sur la fonction cardio-vasculaire chez les enfants. — N° 5-6, p. 117.
- Adaptation des anormaux. L’adaptation sociale des anormaux de l’intelligence et du caractère. — N° 8, p. 192.
- L’Analyse de la personnalité. — Lne contribution à l’analyse de la personnalité. — N° 9-10, p. 221.
- Anormaux. — Voir : Adaptation des anormaux.
- Appréciation d’intelligence. — L’appréciation d’intelligence chez les malades mentaux. — N° 9-10, p. 217.
- Aptitudes. — Les aptitudes fondamentales selon Thurstone. — N° 7, p. 149.
- Classes d’orientation (Les). — N° 8, p. 188. N° 9-10, p. 223.
- Contrôle do l’O. P. — Un essai de contrôle de 1 orientation professionnelle. — N° 5-6, p. 118.
- Egoutier. — Le métier d’égoutier. — N° 3-4, p. 82.
- Enseignement secondaire. — Voir : L’O. P. et l’Enseignement.
- Famille et l’enfant. —- Influence de la valeur éducative de la famille sur la valeur intellectuelle de l’enfant. — N° 1-2, p. 23.
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- Fiche scolaire d’orientation. — Rapport succinct sur la fiche scolaire d’orientation adopté en Assemblée générale. — N° 8, p. 190.
- Fonction cardio-vasculaire. — Voir : Activité musculaire et {onction cardio-vasculaire.
- Influence de la formation universitaire. — la formation universitaire influe-t-elle sur les résultats des lests d’intelligence. — N° 3-4, p. 85.
- Laboratoire médical et psycho-physiologique de l’Automobile-Club de l’Ile-de-France. — N° 9-10, p. 220.
- Leaders. — Voir : Personnalité.
- Métiers du bâtiment. — N° 3-4, p 86.
- Orientation des écoliers. — L’enquête de Besançon sm l’orientation intellectuelle des écoliers. — N° 7, p. 149.
- L’O. P. et l’Enseignement. — L’orientation professionnelle dans l’Enseignement secondaire selon le Dr Wolfromm. — N° 8, p. 192.
- Orientation professionnelle (en Suisse). — N° 3-4, p. 79.
- Orientation professionnelle (à Vienne). — N° 7, p. 147.
- Personnalité- — La personnalité des Leaders. N’ 7, p. 154.
- Préapprentissage. — D’après l’exposé de H. Luc et J. Fontègne. — N° 5-6,
- p. 112.
- Précision. — Combien faut-il d’épreuves pour obtenir un certain degré de précision ? — N° 5-6, p. 115.
- Puberté. — Voir : Troubles de l’ntelligence.
- Test de personnalité. — Un essai nouveau d’un test de personnalité Dour les adolescents. — N° 5-6, p. 116.
- Thurstone. — Voir : Aptitudes.
- Troubles de l’intelligence. — L’évolution des troubles de l’intelligence et du caractère à la puberté. — N° 9-10, p. 219.
- Valeur de l’O. P. — Enquêtes de contrôle sur la valeur de l’O. P. — N° 3-4, p. 81.
- CHRONIQUE DOCIMOLOGIQUE
- L’examen des examens. — N° 3-4, p. 89.
- Réflexions de professeurs. — N° 5-6, p. 119.
- Vieilles réflexions encore actuelles. — N° S, p. 195.
- ENQUÊTE
- Vocation médicale. — L’opinion des médecins sur leurs aptitudes proles-sionnelles, d’après lenquête du docteur Blechmann sur la « Vocation médicale ». — N° 1-2, p. 25.
- CONGRÈS
- Congrès. — N° 7, p. 155.
- Le Congrès international des Bureaux universitaires de statistique.
- — .N* 3-4, p. 74.
- Congrès international d’Enseignement technique. — N" 1-2, p. 17.
- L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE A L’ÉTRANGER
- L’orientation professionnelle en Allemagne. — N° 1-2, p. 42. Institution d’un certificat d’aptitude aux fonctions de conseiller d’orientation professionnelle en Belgique. •— N° 1-2, p. 4L L’orientation professionnelle en Suisse. — N° 9-10, p. 236.
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- A TRAVERS LES REVUES
- A travers les revues. — A travers les revues. — N° 1-2, p. 42 ; N° 3-4 p. 91 ; N° 5-6, p. 122 ; N° 7, p. 162 ; N« 8, p 196 ; N° 9-10, p. 237.
- INFORMATIONS
- INFORMATIONS. — N“ 1-2, p. 46 ; N" 3-4, p. 95 ; N° 4-5, p. 124 ; N° 7, p. 165 ; N° 8, p. 203 ; N° 9-10, p. 240.
- LA VIE DE L’INSTITUT NATIONAL D’ORIENTATION PROFESSIONNELLE. — N° 5-6, p. 135 ; N° 7, p. 170 ; n° 8, p. 205 ; N° 9-10, p. 244.
- VIE DE L’AMICALE. — N* 5-6, p. 136 ; N° 7, ]>. 170.
- LA VIE DES CENTRES D’O. P. — N° 1-2, p. 58 ; N“ 5-6, p. 137 ; N° 8, p. 209.
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
- Bingham (Walter, Van Dyke). — Aptitudes and aptitude testing. — N° 3-4, p. 102.
- Bourjade (Jean). — L’intelligence et la pensée de l’enfant. — N" 3-4, p. 103.
- Burt (Cyril). — The Backward Child. — N° 8, p. 212.
- Canivet (Mme). — Voir : Ombredane.
- Carpentier (Dr Pierre). — Notions simples de psychologie et de psychiatrie utiles aux maîtres pour connaître et diriger leurs élèves. — N° 3-4, p. 104.
- Cattell (Raymond B.). — A guide lo Mental Testing for Psychological Cli-nics, Schools and Industrial Psychologists. — N° 3-4, p. 103.
- Compte rendu des travaux du deuxième Congrès de la technique du Bureau. — N“ 5-6, p. 140.
- Decroly (O.), Jadot-Decroly (J.) et Segers (J. E.) — L’exploration du langage de l’enfant. — N° 3-4, p. 103.
- Harmsen (H.) et Lohse (Fr.). — Bevôlkerungsfragen. — N° 7, p. 171.
- Jadot-Decroly (J-)- — Voir : Decroly.
- Keller (Fr. J.) et Viteles (M. S.). — Vocational guidance throughout the World. — N* 5-6, p. 140.
- Korngold (S.). — Voir : Lahy.
- Lahy (J. -M.) et Korngold (S.). — Recherches expérimentales sur les causes psychologiques des accidents du travail. — N° 5-6, p. 140.
- Lohse (Fr.). — Voir : Harmsen.
- Morgaut (Marc E.). — La ténacité chez l’adolescent. — N° 7, p. 172.
- Ombredane (A.), Suarès et Canivet (Mmes). — Les inadaptés scolaires. — N° 7, p. 172.
- Ombredane (André). — Le problème des aptitudes à l’âge scolaire. — N° 7, p. 172.
- Segers (J. E.). — Voir : Decroly.
- Spearman (C.). — Les aptitudes de l’homme. Leur nature et leur mesure. — N° 1-2, p. 60.
- Suarès (Mme.) — Voir : Ombredane.
- Viteles (M. S.). — Voir : Keller.
- Bibliothèque de l’I. N. O. P. — Quelques livres entrés cà la Bibliothèque de 1T N. O. P. — N» 1-2, p. 60.
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- Ce numéro est le dernier de l’année 1937. Nous serions heureux si nos abonnés, désireux de nous éviter des frais de recouvrement, voulaient nous adresser assez vite le montant de| leur abonnement pour 1938 en un chèque postal :
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- ou par tout autre moyen à leur convenance.
- Nous regrettons d’être dans l’obligation de porter le prix de nos abonnements à 20 francs pour la France et à 35 francs pour l’Étranger.
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