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Les Techniques au siècle de l'encyclopédie et la collection des maquettes de Madame de Genlis : exposition du Musée du Conservatoire national des arts et métiers, [Juin-Décembre, 1963]
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- LES TECHNIQUES
- AU SIÈCLE DE
- L’ENCYCLOPÉDIE
- et la collection des Maquettes
- DE MADAME DE GENLIS
- EXPOSITION
- du Musée du Conservatoire National des Arts et Métiers
- JUIN - DÉCEMBRE
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- LES TECHNIQUES,^,
- AU SIÈCLE DE
- L’ENCYCLOPÉDIE
- et la collection des Maquettes
- DE MADAME DE GENLIS
- EXPOSITION
- du Musée du Conservatoire National des Arts et Métiers
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- INTRODUCTION
- Le rassemblement dans la salle d’honneur du Musée du Conservatoire des Arts-et-Métiers des maquettes construites à la veille de la Révolution, sur l’ordre de Madame de Genlis, pour servir à l’éducation des enfants du duc d’Orléans, la présentation auprès de ces maqettes des planches de /'Encyclopédie et des Descriptions des Arts et Métiers mûries jusqu’en 1760 par l’Académie des Sciences, offrent un apparent constraste avec la réorganisation des salles réservées à la métallurgie, poursuivie au cours des trois dernières années.
- Des vieux modèles, d’une admirable exécution, aux lumineux clichés colorés et aux dessins animés et parlants qui placent le visiteur au sein meme d’une aciérie, il n’y a pourtant que la différence de deux étapes dans la pédagogie concrète, qui, à partir du xvme siècle, a voulu instruire par les faits et les choses plus que par les mots et les formules. Nous pensons servir ainsi fidèlement les desseins du fondateur du Musée, l’abbé Grégoire, qui avait fait décider par la Convention que le grand Dépôt des modèles et dessins d’outils et de machines en tous genres d’Arts et Métiers serait un lieu de démonstration, où l’on expliquerait la construction et l’emploi de ces machines et de ces outils. Les origines des projets de Grégoire sont certes dans la création du cabinet des Machines du Roi dû à Vaucanson. Mais l’Abbé exprimait les idées de l’élite évoluée de son temps, attentive aux progrès des arts industriels. Nul doute, malgré le mutisme des archives, qu’il a contribué dans la direction collégiale du Conservatoire à l’admission des maquettes de Mme de Genlis.
- En ce temps-là, pour montrer à de jeunes princes ce qu’il leur eût été difficile de voir — les ateliers et les manufactures — on le figurait à grands frais avec rigueur et extrême précision. Aujourd’hui le film
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- documentaire a relayé le maquettiste, sans qu'il en soit résulté quelque économie. Mais par une diffusion illimitée, tous les enfants de France sont traités comme ces petits princes.
- Nous devons un hommage d'admiration commémorative aux initiateurs de Venseignement réaliste.
- En notre siècle qui généralise passionnément pour une production meilleure et plus abondante, les mécanismes automatiques, nous devions aussi honorer les créateurs des premiers métiers automatiques que figurent les maquettes de diverses industries.
- Louis RAGEY
- Directeur du Conservatoire National des Arts et Métiers
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- LA COLLECTION DE GENLIS
- En 1781 la comtesse de Genlis fut chargée de l’éducation des fils du duc de Chartres avec le titre de « Gouverneur », les enfants d’Orléans ne pouvant être placés sous l’autorité d’une gouvernante. Le duc de Chartres, devenu duc d’Orléans en 1785, devait finir sa vie sur l’échafaud en 1793 sous le nom de Philippe-Egalité. L’aîné de ses fils, Louis-Philippe, était le futur roi de 1830. Madame de Genlis avait d’abord été nommée dame d’honneur de la duchesse de Chartres en 1770 grâce à la protection de sa tante, Mme de Montesson, dont le mariage secret avec le duc d’Orléans consacrait en 1773 une liaison ancienne. Suivant elle-même l’exemple de sa tante Mme de Genlis eut deux filles dont le père était le duc de Chartres.
- On ne sait pas si elle dût à ces circonstances la charge de gouverneur des enfants princiers et une certaine liberté dans le choix de ses méthodes pédagogiques. Celles-ci étaient assez conformes à l’esprit du siècle auquel les Encyclopédistes venaient de révéler toute la richesse de formes et d’art de l’industrie. En cherchant à éveiller la curiosité de ses pupilles sur les ressources infinies des ateliers et des manufactures la savante préceptrice n’ignorait pas qu’elle entrait dans les vues du prince qu’elle servait. L’intérêt du duc d’Orléans pour les entreprises industrielles dont il fut le commanditaire ne pouvait qu’inciter Mme de Genlis à faire acquérir à ses fils des connaissances étendues sur les arts et les métiers de leur temps. Sœur de l’économiste Charles-Louis du Crest (elle était née Stéphanie-Félicité du Crest de Saint-Aubin) elle pouvait être elle-même assez informée pour sentir le prix de telles connaissances.
- Dans cet ordre d’enseignement elle pensa que les leçons ne pouvaient être données seulement par les livres, mais que la représentation de ce
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- que l’on pouvait montrer aurait plus d’effet sur de jeunes esprits. Mme de Genlis écrit dans ses Mémoires : « outre leur palais des cinq ordres d’architecture qu’ils (les jeunes princes) montaient et démontaient, je leur avais fait faire dans les mêmes proportions et avec la même perfection les outils et tous les ustensiles qui servent aux arts et métiers : l’intérieur d’un laboratoire avec les cornues, les creusets, les alambics, etc. ; l’intérieur d’un cabinet de physique et tous les outils d’ouvriers étaient exécutés en miniature avec une précision admirable. Après l’éducation ils furent déposés et exposés aux regards des curieux dans la galerie du Palais Royal. Ils ont passé depuis dans les salles du Louvre où je les ai vus sous le règne impérial. J’étais très fier de voir le public admirer les joujoux que j’avais jadis inventés pour mes élèves ».
- Une partie des maquettes ainsi construites pour l’éducation d’un roi furent sauvegardées, par des hasards que nous connaissons mal, et sont entrées en 1803 dans les collections du Conservatoire des Arts et Métiers. C’est cette collection, longtemps dispersées dans les différentes sections du Musée, qui vient d’être réunie et présentée dans la salle d’honneur à laquelle conduit le célèbre escalier à double révolution que l’architecte Antoine édifia vers 1750.
- La qualité de l’exécution, sa fidélité, surprennent toujours lorsqu’on contemple ces modèles réduits d’ateliers et de laboratoire, même si leurs détails sont déjà bien connus de celui qui s’arrête devant eux. On peut juger de leur fidélité en se reportant aux planches de l'Encyclopédie qui ont servi de modèle. Mme de Genlis a sans doute pris conseil des frères Jacques-Constantin et Augustin-Charles Périer, les premiers grands constructeurs-mécaniciens de notre pays qui furent régulièrement en affaire avec le duc d’Orléans. Delambre, faisant l’éloge funèbre de l’aîné des Périer en 1818 écrivit : « Le duc d’Orléans et le duc de Chartres devant lesquels les deux frères furent admis à faire diverses expériences, surent les distinguer, ne cessèrent jamais de les protéger et leur confièrent l’exécution d’une quantité de modèles, objets d’art et de métier, qu’ils destinaient à orner une galerie. » Cependant les Périer n’étaient pas des ouvriers et ce n’est pas exactement de leurs mains que sortirent les maquettes de la collection de Genlis. Nous possédons à ce sujet un témoignage assez précis adressé à l’un de nos prédécesseurs en 1890 par le petit-fils même du constructeur. Celui-ci écrivait à Campion, alors Conservateur des collections du Conservatoire, en parlant de son père « Il était très fier des petits modèles d’ateliers qui figurent au Conservatoire, lesquels ont été construits par les soins, sous les yeux, et la direction personnelle, quelques-uns des mains mêmes de son père, mon aïeul François Etienne Calla, pour
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- servir à l’éducation des enfants de la famille d’Orléans sous le règne de Louis XVI. Les modèles étaient installés à Paris au petit château de Montceaux, appartenant au duc d’Orléans, qui servait de maison de plaisance et d’étude aux jeunes princes et princesses, et notamment au duc de Chartres, Louis-Philippe devenu roi des Français.
- « A la Révolution, le château fut confisqué puis vendu, et cette collection servit à l’Etat lors de la première organisation du Conservatoire. Pour nous, il n’est pas douteux que ces petits modèles peuvent être considérés comme l’origine même des collections actuelles.
- « Mon père désirait beaucoup que le nom de son père fût inscrit sur ces intéresants spécimens. Il en avait parlé peut-être dans le temps à son collègue et ami M. le Général Morin. Nous serions flattés, de voir se réaliser par vos soins ce désir si légitime d’un des hommes, modestes mais utiles, qui ont rendu de si grands services à notre industrie nationale. »
- Etienne Calla a établi sa réputation à partir de 1820 en créant faubourg Poissonnière une fonderie d’art d’où sont sorties certaines pièces monumentales qui ornent encore quelques édifices de Paris, les statues de la place du Trône, les portes et les fonts baptismaux de l’Eglise Saint-Vincent-de-Paul ; l’entreprise se consacra ensuite à la construction mécanique. Le fils d’Etienne, Christophe-François fut aussi un fondeur réputé ; c'est à lui que l’on doit en particulier la fontaine de la place Louvois et la charpente de la Bibliothèque Sainte-Geneviève. Etienne Calla, qui mourut en 1834, passe pour avoir été l’élève de Vaucanson. Il travailla sans doute dans l’atelier de l’Hôtel de Mortagne où le célèbre mécanicien du xvme siècle avait établi le cabinet de machines qui devait être le véritable lieu de naissance du Conservatoire des Arts et Métiers.
- Le signataire de la lettre que nous avons citée ci-dessus, petit-fils d’Etienne Calla, fait en effet une erreur sur l’origine des collections du Conservatoire. Lorsque cet établissement fut créée en 1795 par la Convention il lui fut attribué les machines, outils et modèles des dépôts constitués à l’hôtel de Mortagne et l’hôtel d’Aiguillon par la Commission temporaire des Arts chargée par l’assemblée révolutionnaire de recueillir et d’inventorier les objets de science et de tchnique saisis dans les demeures royales et princières, dans celles des émigrés et des condamnés et dans les bâtiments des institutions de l’ancien régime. Ce fonds représentait environ trois à quatre mille pièces dont un grand nombre de machines en grandeur.
- Or la collection des maquettes de Mme de Genlis ne semble pas avoir figuré dans ces dépôts. L’ancienne préceptrice de Louis-Philippe dit les avoir vues exposées au Louvre sous l’Empire. On sait que des objets
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- relatifs aux sciences et aux techniques furent présentés au public au Louvre, notamment le cabinet du célèbre physicien Charles qui devait entrer à son tour au Conservatoire en 1807. Mme de Genlis qui, par un curieux hasard, devait mourir en 1830, lorsque son élève montait sur le trône, rédigea ses mémoires vers l’âge de 80 ans. Peut-être ses souvenirs ont-ils confondus le Consulat avec les premières années de l’Empire. En effet sur une main courante ouverte en 1849 ou 1850, lorsque le Général Morin prit la direction du Conservatoire et fit nommer le physicien Silbermann conservateur des collections, cette collection de maquettes est inscrite parmi les objets entrés en 1802. Nous n’avons pas retrouvé le document qui a permis de dater cette acquisition.
- A cette époque la collection se composait de 17 modèles. Elle comprenait les treize modèles que l’on peut voir encore aujourd’hui et qui représentent les ateliers du cloutier, du serrurier, du fondeur de balles de plomb, du menuisier, du fondeur en sable, du distillateur d’eau forte (acide nitrique), du plombier (fabrication des tuyaux), du faïencier, du potier en terre, du porcelainier (2 maquettes), un laminoir pour le plomb et un laboratoire de chimie. En outre figuraient trois maquettes d’ateliers de la fabrication de la poudre à canon. Ces trois dernières ne sont plus inscrites à l’inventaire de 1884 ; entre temps elles ont dû céder au poids des ans. Un atelier de laminoir pour la tôle à fabriquer le fer blanc, mentionné sur le premier catalogue de 1816, avait disparu dès 1850.
- Le premier catalogue des collections du Conservatoire a été dressé par Christian, successeur de Molard, en 1816. On y trouve l’énumération d’un certain nombre d’autres maquettes dont la plupart existent encore de nos jours. Mais la présentation et la facture de celles-ci, tout en étant aussi satisfaisantes, s’éloignent de celles que nous considérons aujourd’hui comme la collection originale de Mme de Genlis. Nous les avons réunies dans l’exposition annexe qui accompagne pour quelques mois la présentation nouvelle de la collection.
- Les documents utilisés pour tracer le plan et poursuivre l’exécution de ces modèles sont incontestablement les planches de l’Encyclopédie. Le laboratoire de chimie, l’atelier de laminage de plomb sont la reproduction fidèle des planches correspondantes ainsi qu’on peut le constater en les comparant aux reproductions de ces planches qui accompagnent les maquettes. Pour d’autres sujets l’exécutant a interprété en ajoutant des variantes, peut-être pour sauvegarder l’uniformité de présentation de son œuvre. Mais l’esprit a fidèlement servi le modèle. Cependant il est permis de penser que d’autres documents ont été aussi utilisés. En particulier il n’est pas douteux que les planches imprimées dans la
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- collection des Descriptions des Arts et Métiers de l}Académie ont aussi été mises à contribution. Cela est constant pas exemple pour l’atelier de distillateur d’eau forte qui ne figure pas dans Y Encyclopédie et dont nous avons reproduit le cuivre de la Description ; il en est de même de l’atelier du menuisier.
- Les emprunts faits par les auteurs de YEncyclopédie, en ce qui concerne la documentation iconographique, aux trésors amassés par les membres de l’Académie pendant un demi siècle pour la préparation de leur collection ont été souvent commentés, notamment par M. Georges Huard. On sait que, aiguillonné par le succès de YEncyclopédie, l’Académie des sciences se décida enfin en 1761 à faire paraître les premiers volumes de ses Descriptions, si longuement préparées. Celles-ci sont de véritables traités de technologie qui laissent loin derrière eux les articles de YEncyclopédie. Et si l’on compare les planches des deux ouvrages on trouve à la plupart d’entre elles une similitude troublante. Outre les planches gravées et tirées, un grand nombre de documents, dont certains ne furent pas en définitive utilisés, devaient à cette époque-là courir les cabinets des savants et les « bureaux de dessins ». L’exécutant des maquettes de la collection de Genlis les connaissait. Il s’est peut-être inspiré de dessins inédits pour réaliser l’atelier de fondeur en balles de plomb.
- Présentée certainement en public au Louvre avant 1802 la collection fut très remarquée dans les galeries de Saint-Martin-des-Champs après son entrée au Conservatoire. Les maquettes étaient déjà placées sous « cages de verre ». Mais nous n’avons pas connu cette présentation. Il semble bien en effet que toutes celles qui existaient vers la fin du XIXe siècle ont été reprises, réparées et repeintes à cette époque, le commandant Laussedat étant directeur du Conservatoire et Campion conservateur des collections. Certaines ont été démontées à cette époque et le décor a été refait. Un panneau de fond du laminoir de plomb (représentant sans doute celui existant au xvme siècle à Romilly) a été replacé à l’envers ; c’est ainsi qu’un avis manuscrit priant le public de « ne pas y porter la main » avait été retourné. Mais comme toutes ces maquettes avaient beaucoup souffert du temps nous avons profité des restaurations qui s’imposaient pour faire disparaître tous les ajouts d’acajou qui servaient d’armature aux vitrines à petits carreaux qui assuraient la protection des maquettes depuis trois quarts de siècle. Nous avons également essayé de restituer l’apparence originale en faisant disparaître des badigeons malencontreux. Dégagés des traverses, faux fonds et faux plafonds, cages de verre étriquées, ces petits chefs-d’œuvre de l’art et de la technique nous sont restitués aujourd’hui dans toute la simplicité des occupations quotidiennes de
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- leur siècle. Ce travail minutieux a été accompli avec la plus grande adresse et le meilleur goût par M. Robert Christian.
- A l’époque même où nos prédécesseurs s’occupaient de sauvegarder les pièces que nous avons aujourd’hui rénovées, L. Calla, petit-fils du constructeur, demandait que le nom de son grand-père soit rappelé, à côté de son œuvre. Pour des raisons que nous ignorons ce vœu n’a pas été exaucé. Il nous a semblé légitime de le faire aujourd’hui. Enfin il nous est agréable de nous souvenir que l’aide des Manufactures des Glaces de Saint-Gobain nous a permis de réaliser comme nous le désirions le projet de présentation qui a été préparé par M. Cloutsous la direction de M. le Professeur Prouvé et de son collaborateur M. Pernet. Si elle constitue un témoignage expressif de l’état des techniques au xvme siècle, la collection de Mme de Genlis, à elle seule, ne rend pas un compte exact du mouvement créateur dans l’industrie qu’a connu le Siècle de l’Ecyclopédie. Il semblait injuste de laisser dormir dans des placards d’autres témoignages de cette époque qui constituent l’une des richesses les plus originales du musée du Conservatoire des Arts et Métiers. Aussi pour inaugurer cette présentation qui accueillera désormais nos visiteurs dans un cadre digne d’elle nous n’avons pas résisté au plaisir de réunir avec des machines et des modèles, qui sont tous contemporains de la collection de Genlis, des reproductions des planches de l’Encyclopédie et quelques documents originaux.
- Certains des objets présentés dans cette exposition sont sortis des ateliers, sinon des mains, des Périer, dont le nom reste attaché aux premières entreprises de construction mécanique de la fin du xviii® siècle. Parmi les documents iconographiques nous avons présenté des dessins originaux de la collection du Musée du Conservatoire dit « Portefeuille de Vaucanson » parce que effectivement environ quatre-vingts numéros de ce portefeuille ont appartenu au grand mécanicien.
- Le catalogue de cette exposition a été établi par M. Jacques Payen, archiviste paléographe, chef de travaux au Centre de documentation d’histoire des techniques du Musée du Conservatoire. L’érudition de M. Payen nous a seule permis de reconstituer l’histoire de cette collection de maquettes de la comtesse de Genlis que nous avons eu l’impression de redécouvrir pour le plaisir et l’éducation des hommes de notre temps.
- Maurice DAUMAS.
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- LES MAQUETTES EXECUTEES PAR ETIENNE CALLA vers 1783 sur l’ordre de la Comtesse de Genlis *
- 1. Clouterie pour faire ce qu’on appelle les pointes de Paris, établie à Saint-Claude. Réalisation inspirée de : vol. III, pi. I.
- N° d’inventaire CNAM : 125.
- 2. Atelier de plombier, avec mandrin pour couler les tuyaux. Réalisation inspirée de : vol. VIII, pl. II, III.
- N° d’inventaire CNAM : 132.
- 3. Atelier de fondeur de balles de plomb. Réalisation inspirée de documents inconnus.
- N° d’inventaire CNAM : 127.
- 4. Atelier pour la fabrication de l’eau forte. Réalisation inspirée des planches du Distillateur d’eau forte dans la Description des Arts et Métiers de l’Académie des Sciences.
- N° d’inventaire CNAM : 130.
- 5. Faïencerie. Réalisation inspirée de : vol. IV, pl. II et XI.
- N° d’inventaire CNAM : 134.
- 6. Fabrique de porcelaine. Réalisation inspirée de : Supplément, pl. 1, 3, 4, 5.
- N° d’inventaire CNAM : 136.
- 7. Atelier de potier de terre et de fabricant de carreaux. Réalisation inspirée de : vol. VIII, pl. I.
- N° d’inventaire CNAM : 135.
- 8. Laboratoire de chimie. Réalisation inspirée de : vol. III, pl. I.
- N° d’inventaire CNAM : 131.
- * Sauf indication contraire, les références renvoient aux volumes du Recueil des planches de l’Encyclopédie.
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- 9. Atelier de fondeur en sable. Réalisation inspirée de : vol. V, pl. I.
- N° d’inventaire CNAM : 129.
- 10. Atelier de menuisier. Réalisation inspirée des planches du Menuisier dans la Description des Arts et Métiers de l’Académie des Sciences.
- N° d’inventaire CNAM : 128.
- 11. Atelier de serrurerie. Réalisation inspirée de : vol. IX, pl. I.
- N° d’inventaire CNAM : 126.
- 12. Laminoir de plomb établi à Romilly. Réalisation inspirée de : vol. VIII, pl. IV et VII.
- N° d’inventaire CNAM : 132.
- 13. Tome III, Cloutier, planche 1.
- Cette planche présente quelques opérations de la fabrication des clous. En fig. 1 un ouvrier mettant son fer au feu; en fig. 2 un ouvrier forgeant la lame ou le corps d’un clou; en fig. 3, un ouvrier vient de mettre le clou dans la clouïère pour en faire la tête. En a b c d, le billot du cloutier : a est le billot lui-même; b le pied d’étape, c la clouïère, d la place. En e, tranche; en /, petite enclume; en g, marteau; en h, forge; / k l m n o : soufflet avec son équipage; p q, manteau de la cheminée maintenu par les tringles de fer r s, r s; t v , poêles; x, paquets de fer; y y, auge à eau.
- 14. Atelier pour la fabrication de l’eau forte. Gravure extraite des planches du « Distillateur d’eau forte » dans la Description des Arts et Métiers de l’Académie des Sciences.
- L’acide nitrique s’extrayait du nitrate de potasse en traitant ce sel par l’acide sulfurique concentré à une température élevée. La fabrication en grand se faisait en décomposant le nitre dans des cornues de grès nommées cuines; on les rangeait dans des fourneaux de galère sur deux rangs de 8 à 10 cornues chacun; le bec de la cornue s’engageait dans un récipient aussi en grès.
- 15. Tome IV, Faïencerie, planche XI : Moulin à cheval et à bras.
- Ce moulin sert à broyer, triturer et homogénéiser la pâte argileuse destinée à la fabrication de la faïence. A est l’arbre, BB les leviers, CC le rouet, DD les tasseaux, EE les tirants, FF les lanternes et GG sont les auges où la matière est écrasée.
- 16. Tome IV, Faïencerie, planche IL
- En b, un ouvrier remue et pétrit la terre. En d, un autre la moule. En e, un troisième exécute une pièce au tour. En a poêle, en c piles de terre pétries; en / des cases remplies de terres, de biscuits, en train de sécher, enfin en g la bouche d’un four.
- 17. Tome IV, Faïencerie, planche VI, fig. 94 et 99.
- On voit ici deux tours. Fig. 94 : A est le siège, B la planche servant de marchepied, C la roue, D la tête. En E, des mottes de terre, en F des vaisseaux contenant de l’eau. C est l’arbre de la roue, H un vase, I le chandelier de jauge, K l’établi et enfin L le marchepied sur lequel on pose les mottes préparées. Fig. 99 :
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- « tour à poterie en terre ou à faïencerie ». A est la roue, B le vase, C le siège, DD les traverses, E le support, F letabli.
- 18. Supplément, Porcelaine, planche I.
- La porcelaine de Chine était connue depuis plusieurs siècles, mais au xvme siècle, le développement de fabrications analogues en Europe était encore tout récent. C’est vers 1709 en effet qu’on découvrit en Allemagne le premier gisement de kaolin, découverte qui provoqua la fondation de la manufacture de Maissen en Saxe. En France on savait déjà depuis quelques années fabriquer une porcelaine non-kaolinique, la porcelaine tendre. Devant le succès de la porcelaine de Saxe, on essaya de développer la fabrication de cette porcelaine tendre, et on créa une manufacture royale qui, d’abord installée au château de Vincennes, fut en 1756 transférée à Sèvres. Mais la porcelaine tendre ne pouvait soutenir la comparaison avec les produits kaoliniques de la Chine ou de Meissen. On finit par découvrir des gisements de kaolin en France : d’abord en 1763 dans la région d’Alençon, et surtout vers 1766, dans la région de Saint-Yrieix, près Limoges. Sèvres transforma alors sa fabrication, de nombreuses autres manufactures furent créées, et l’industrie de la porcelaine connut dès lors un très grand développement en France. A : ouvrier qui rompt les cailloux avec une masse de fer. B : mortier de pierre dure pour broyer les cailloux calcinés. C : tamisage des terres. D : cailloux que l’on calcine sur un grand gril de fer. E : atelier où s’exécute le travail du potier. F : fourneau de porcelaine allumé. G : fosse où l’on délaye les terres. H : ouvrier qui plaque contre un mur des morceaux de terre préparée.
- 19. Supplément, Porcelaine, planche III.
- Travail de la décoration de la porcelaine avec les émaux appliqués sur couverte. A : fourneau et la mouffle où l’on fond les couleurs sur la porcelaine. B : atelier des sculpteurs. C : ouvrier qui broie les couleurs, un autre qui les tamise. D : travail des peintres.
- 20. Supplément, Porcelaine, planche IV.
- Fig. 13 : « Plan d’un four nouveau pour cuire la porcelaine». Fig. 14 : plan du bâtiment dans lequel est construit le fourneau. Fig. 15 : coupe du bâtiment.
- 21. Supplément, Porcelaine, planche V.
- Fig. 16 : élévation en perspective du four de la planche précédente. Fig. 17 : L : coupe géométrale suivant la ligne MN de la planche IV. E est la porte, G la cheminée, I un plateau de fer soutenu par quatre piliers du même métal. En HH, soupiraux placés au-dessus des trous carrés F ; la coupe de ces soupiraux est en figure 18.
- 22. Tome VIII, Potier de Terre, planche I.
- Vue d’un atelier. En a, ouvrier tournant au tour. En b, fabricant de réchauds. En c, fabricant de « poêles et fourneaux chimiques ». En d, on fait des pipes. En e, le four pour la cuisson.
- 23. Tome VIII. Potier de Terre, planche XI, figure 6.
- Elévation perspective d’une roue simple. Cette planche et la suivante présentent deux variétés différentes de tour de potier.
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- 24. Tome VIII, Potier de Terre, planche VII, figure 6.
- Elévation perspective de la roue composée.
- 25. Tome III, Chimiste, planche I.
- La gravure représente l’ensemble d’un laboratoire dans lequel on a rassemblé le plus d’appareils possible. Voici le nom des plus caractéristiques d’entre eux : 1 : poudrier; 2 : flacon à goulot renversé; 3 : aludels pour tirer l’esprit de soufre (méthode de Stahi); 4 : gallon ou récipient; 5, 6 : cornues; 7 : cucurbites de rencontre; 8 : matras avec sa tête de maure; 11 : enfer de Boyle; 12 : jumeaux; 13 : pélican; 14 : alambic avec sa cucurbite; 15 : vaisseau à retirer les huiles essentielles pesantes, de Venel; 16 : matras de rencontre; 17 : vaisseau pour la sublimation des fleurs de benjoin; 18 : appareil pour mesurer la quantité d’air qui s’échappe des corps en fermentation; 22 : bain-marie pour une cucurbite de verre; 23 : serpentin double dans la cuvette; 24 : cucurbite d’un alambic de cuivre; 25 : son chapiteau; 27 : athanor; 28 : matras en digestion dans l’athanor; 29 : tour de l’athanor.
- 26. Tome V, Fondeur en sable, planche I.
- Le fondeur en sable fabriquait les objets en fonte de fer en laiton ou en plomb qui étaient coulés dans un moule de sable tassé. Fig. 1 : fourneau recouvert par une hotte de cheminée. Fig. 2 : ouvrier tirant le soufflet pour animer le feu de charbon de bois qui environne le creuset; on voit deux moules en train de sécher au-dessus d’un brasier. Fig. 3 : mouleur qui avec le « cogneux » tasse le sable autour des pièces ou modèles qu’il moule. Fig. 4 : fondeur, ou verseur, dans l’instant où il emplit les moules formés par les châssis qui sont serrés par une presse. Les moules ou châssis sont placés sur un baquet rempli d’eau. Fig. 5 pile de châssis ou moules.
- 27. Atelier de menuisier. Gravure extraite des planches du « Menuisier » dans la Description des Arts et Métiers de l’Académie des Sciences.
- 28. Tome IX, Serrurier, planche I.
- Un atelier de serrurerie. Ici en a un ouvrier frappe sur l’ouvrage b, en c un forgeron forge le fer, en d la « branloire » du soufflet, en e un forgeron chauffe le fer à la forge f, et en g un ouvrier lime son ouvrage sur un des étaux h, fixés à l’établi /.
- 29. Tome VIII, Plombier, planche II.
- L’opération de couler le plomb en tuyaux. — Fig. 1 : ouvrier qui coule le plomb moulé en tuyaux. Fig. 2 et 3 : table sur laquelle on coule les tuyaux. Fig. 4 : ouvrier qui puise du plomb pour le couler. Fig. 5 et 6 : le fourneau avec sa hotte de cheminée. Fig. 7 : tuyaux moulés. Fig. 8 : cuillères à couler. Fig. 9 et 10 : tablettes. Fig. 11 : vieux plomb. Fig. 12 : botte. Fig. 13 : plomb en saumon.
- 30. Tome VIII, Plombier, planche III.
- Le travail du plomb en tables pour l’arrondir en tuyaux. — Fig. 1 : ouvrier qui bat du plomb en tables pour l’arrondir en tuyaux. Fig. 2 : ouvrier qui soude. Fig. 3 : ouvrier qui pèse des tuyaux. Fig. 4 : balance. Fig. 5 : palastre, où l’on fait fondre le plomb et chauffer les fers. Fig. 6 : charrette à l’usage du plombier. Fig. 7 : saumons entassés. Fig. 8 : vieux plombs.
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- 31. Tome VIII, Laminage du plomb, Planche IV.
- L’opération de couler le plomb en tables. — En A, le fourneau, en E la chaudière. Avec l’écumoir m on enlève les crasses ou scories du plomb fondu. En V R G K, la table, garnie de rebords pour retenir le plomb fondu. Les ouvriers 1, 2, 3 abaissent la bascule b a pour verser le plomb de l’auge Gg Kk dans le moule. Le maître-fondeur 4 écume et repousse les crasses qui surnagent et le plomb superflu avec un outil appelé rable. En u r g k sont des tables précédemment coulées, en QN une table est en train d’être enlevée par l’ouvrier 5.
- 32. Tome VIII, Laminage du plomb. Planche VIL L’opération de laminer.
- A I C B est l’établi du laminoir. 1,1 et 2,2 les montants de la cage de celui-ci ; a a, b b : traversines supportées par les montants: a b, c d, longrines supportées par les traversines. o o est un arbre dont les tourillons sont supportés par les longrines, lo la bascule, 3 c et Ad les montants postérieurs, et P R S une grue tournante. L’ouvrier redresse la table et la dirige vers le milieu de l’établi en se servant d’un outil appelé crosse. V : « extrémité de la bascule du verrou que l’ouvrier actionne pour changer la direction des cylindres, afin de passer la table de l’autre côté du laminoir ». L est la manivelle qui sert à rapprocher ou éloigner les cylindres du laminoir l’un de l’autre.
- 33. Page de titre du tome I des volumes de texte de l'Encyclopédie.
- 34. Page de titre du tome I des volumes de planches de Y Encyclopédie.
- 35. Instruments pour le travail du fer (t. IX, Taillanderie, pl. X, machine à tarauder les boîtes et vis d’étaux).
- 36. Instruments pour le travail du fer (t. IX, Taillanderie, suite de la fabrique des étaux, pl. II).
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- LES PLANCHES DE L’ENCYCLOPÉDIE
- Rares sont parmi les innombrables études publiées sur l’Encyclopédie, celles qui font ressortir l’importance du célèbre ouvrage comme dictionnaire de technologie. On a souvent insisté sur la portée philosophique de l’esprit des encyclopédistes, sans analyser suffisamment l’effort fait par les auteurs, et principalement par Diderot, qui fut le grand maître d’œuvre dans ce domaine, pour donner des descriptions aussi détaillées que possible des arts et métiers de leur temps. La description des métiers et des techniques ne représentent peut-être que la moitié des articles dans les 18 volumes de textes, et ces articles ont été certainement beaucoup moins lus que les autres. Mais lorsqu’on feuillette les 11 volumes d’illustrations on remarque tout de suite que sur les quelques 2.900 planches qu’ils renferment un dixième d’entre elles peut-être n’est pas consacré aux techniques industrielles ou artisanales.
- L’ensemble de ces textes et de ces gravures constitue un des monuments fondamentaux de l’histoire des techniques au xvme siècle. Certes nous savons que cette littérature a été très abondante au cours de ce siècle et que les auteurs de l'Encyclopédie n’ont pas été aussi novateurs qu’ils l’ont affirmé. En outre, comme l’a noté Bertrand Gille avec juste raison, l’Encyclopédie ne donne pas un tableau des progrès techniques du siècle, mais d’un ensemble de connaissances et de procédés traditionnels dont certains sont alors utilisés depuis longtemps. Les historiens attachent volontiers plus d’intérêt aux témoignages de l’évolution que de la continuité. Mais à cette époque encore les inventions n’entraient que lentement en application et n’influençaient qu’avec un délai relativement long le niveau général des moyens de production. Aussi les planches de l’Encyclopédie nous donnent-elles un reflet très fidèle des activités professionnelles dans les manufactures et les ateliers du xviii® siècle.
- La publication de l'Encyclopédie commencée en 1751 rencontra on le sait les plus grandes difficultés. Elle fut interrompue en 1756 sur arrêt du Conseil du Roi. C’est alors que les promoteurs de l’entreprise préparèrent la publication des volumes de planches, puisque l’interdiction ne concernait que les textes. Par précaution ils lui donnèrent même un titre différent : Recueil de Planches sur les Sciences, les Arts libéraux et les Arts mécaniques avec leurs Explications. Le premier volume, ou plus exactement la première livraison, parut en 1762. Ces « explications » constituaient d’abondantes légendes qui accompagnaient les
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- planches contenues dans le volume, de sorte qu’il n’est pas nécessaire de consulter les articles insérés dans les volumes de textes pour comprendre les planches du Recueil. Celles-ci ne correspondent d’ailleurs que fort rarement aux figures annoncées dans les articles. La publication du Recueil de planches fut terminée en dix ans. Les huit derniers volumes de l’Encyclopédie avaient été publiés en 1764. Plus tard des suppléments furent publiés par le libraire Panckoucke, en particulier un volume de Suite du Recueil en 1777.
- Rappelons que la collection de la Description des Arts et Métiers de l’Académie des Sciences, préparée depuis 1693, commença à paraître en 1761. Le premier volume publié était l’Art du Charbonnier. La publication se poursuivit jusqu’en 1788 et compta 85 descriptions de métiers.
- Il est aisé de comprendre que seule une très faible partie des planches parmi les plus intéressantes a pu être présentée dans l’exposition qui entoure pour quelques mois la collection de Genlis. Le choix a été dirigé par le souci de réunir les gravures qui montrent de la façon la plus vivante les ateliers avec les ouvriers au travail, les principaux moyens dont disposaient au xviii* siècle la production industrielle, les opérations fondamentales des industries les plus importantes. Il ne faut pas oublier que si la grande industrie avait déjà acquis une certaine importance économique, les petites industries, les métiers conservaient proportionnellement une part au moins assez grande, si non plus grande, dans la production des produits de consommation journalière. Aussi n’est-il pas étonnant que les encyclopédistes leur aient fait une large place dans leur ouvrage.
- Le Recueil de planches a été publié en dix livraisons formant onze volumes; en effet la seconde livraison est divisée en deux parties formant chacune un volume séparé. Les références des planches commentées sont indiquées par le numéro du volume où elles sont insérées, compté de 1 à 11. Le numéro de la planche elle-même est celui qu’elle porte dans la série constituant un article déterminé du Recueil. Les titres des paragraphes de ce catalogue sont les titres, parfois abrégés, de ces articles. Enfin chaque planche compte la plupart du temps plusieurs figures ou sujets numérotés; ces numéros sont reproduits dans nos commentaires lorsque cela est nécessaire.
- BIBLIOGRAPHIE
- Nous ne mentionnons ci-dessous que quelques études parmi les plus récentes. Chacune d’entre elles comporte une très abondante bibliographie sur ce sujet et sur l’histoire des sciences et des techniques au xviii' siècle.
- Diderot et l’Encyclopédie. Catalogue de l’Exposition commémorative du IIe centenaire de YEncyclopédie, à la Bibliothèque nationale. Rédigé par Jean Adhémar, Georges Huard, Roger Pierrot. Préface de Julien Cain. Paris, 1951.
- L’Encyclopédie et le progrès des sciences et des techniques. Ouvrage collectif. Presses Universitaires de France, Paris, 1952. Principalement dans cet ouvrage : Bertrand Gille : « L! Encyclopédie, dictionnaire technique », et Georges Huard : « Les planches de Y Encyclopédie et celles de la Description des Arts et Métiers de l’Académie des sciences ». Annales de l’Université de Paris. Octobre 1952. Numéro spécial : « Conférences faites à la Sorbonne à l’occasion du deuxième centenaire de Y Encyclopédie ».
- Maurice Daumas et René Tresse. « La Description des Arts et Métiers de l’Académie des Sciences et le sort de ses planches gravées en taille douce », in Revue d’Histoire des Sciences, T. VII, 1954.
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- A Diderot pictorial Encyclopedia of T rades and Industry. Introduction et notes de C.C. Gillispie. Reproduction de 485 planches de l'Encyclopédie en deux volumes. Dover Publication, New-York, 1959.
- FORCE MOTRICE
- Au milieu du xvme siècle, la source principale d’énergie mécanique reste la roue hydraulique. Il est facile de s’en rendre compte en parcourant cette exposition. Sur chaque planche représentant des machines qui nécessitent une force motrice un peu importante, on aperçoit aussi, au fond ou sur le côté, la roue hydraulique destinée à fournir le mouvement.
- Les autres sources d’énergie mécanique étaient le vent, dont l’emploi était restreint à peu près à la mouture du grain et à quelques machines élévatoires, et la force des animaux et quelquefois celle des hommes : chevaux qu’on utilisait en leur faisant tourner des manèges (voir le moulin à malt de la brasserie, section Alimentation, par exemple), cages d’écureuil.
- MOULIN-BATEAU
- 37- Il existe des roues hydrauliques à augets, ou roues en dessus, dont le rendement est excellent, mais à condition que la vitesse reste faible. Il existe aussi des roues à aubes ou roues en dessous, dont le rendement est moins bon, mais qu’on peut faire fonctionner à une vitesse plus grande. Malheureusement l’utilisation de ces roues est impossible en temps de crue, car elles ne peuvent fonctionner noyées. Pour pallier cet inconvénient, on construisait parfois les moulins sur des sortes de bateaux ou de pontons. Ainsi la position de la roue hydraulique par rapport au niveau de l’eau restait constante et indépendante des variations de celui-ci.
- machines hydrauliques élévatoires
- Quand on avait besoin d’élever de l’eau à une certaine hauteur pour en opérer ensuite la distribution, c’était en général une ou plusieurs roues hydrauliques qui étaient chargées de mettre les pompes en mouvement. Deux installations furent particulièrement célèbres : les pompes du Pont Notre Dame à Paris et la machine de Marly.
- 38. Pompes du pont Notre-Dame. — En 1669, une sécheresse suspendit presque complètement le débit des aqueducs qui assuraient seuls jusque-là l’alimentation en eau de la population parisienne. Cette carence d’eau de source qu’on avait jusque-là crue impossible, décida le bureau de la Ville à faire construire des pompes pour alimenter Paris en eau de Seine.
- Il existait depuis le règne de Henri IV, sous une arche du Pont Neuf, une petite installation de pompes mues par une roue pendante, et qui servait à alimenter en eau le Louvre et les Tuileries : la pompe de la Samaritaine. On décida de
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- construire des pompes analogues au pont Notre-Dame, à la place de deux moulins existant sous les deux arches les plus proches du quai de Gesvres, le Petit-Moulin et le Grand-Moulin. L’installation fut terminée en 1672. Ses dispositions d’ensemble restèrent toujours sensiblement les mêmes. Elle comportait deux bâtiments sur pilotis ; entre les pilotis se trouvaient les deux roues pendantes. Entre les deux bâtiments, une tour. Tout en bas de la tour les jeux de pompes, tout en haut le réservoir. Bien que transformées en 1700 de façon à assurer un entretien plus commode, et réparées encore en 1737 par Bélidor en personne, les pompes du Pont Notre-Dame ne fonctionnèrent jamais d’une manière satisfaisante et qui répondît aux espérances qu’on avait placées en elles. Elles survécurent pourtant jusqu’à 1858, date à laquelle on les fit disparaître à l’occasion de la reconstruction du pont. La planche ici présentée montre l’état de l’installation après les réparations de Bélidor.
- 39. Machine de Marly. — La machine élévatoire des eaux de la Seine connue sous le nom de machine de Marly fut construite de 1676 à 1682 par un artisan liégeois appelé Rennequin Swalem sur les plans du chevalier de Ville. Elle consistait en un jeu de quatorze grandes roues installées dans le fleuve et qu’une chute d’eau faisant mouvoir ; leur action se transmettait à un ensemble de 221 corps de pompes qui élevaient l’eau jusqu’au sommet de la colline, où elle était dirigée sur Versailles, Marly, Louveciennes et Saint-Cloud. En 1807, on substitua l’action de la vapeur à celle de la force hydraulique, mais on revint à cette dernière en 1854 lorsqu’on construisit la machine qu’on voit encore de nos jours, quoiqu’elle doive être prochainement démolie.
- MOULIN A VENT
- 40. L’emploi du moulin à vent, originaire peut-être du Proche-Orient s’est répandu en Europe dans le courant de la première partie du Moyen-Age. Au xvm® siècle en France, on n’utilise guère la force motrice du vent que pour la mouture du grain, mais on sait l’importance du rôle de cette forme d’énergie dans les Pays-Bas par exemple pour les travaux d’épuisement des eaux et d’assèchement.
- La force que fournit le vent n’est constante ni en grandeur, ni en direction. Quand il y a trop de vent ou pas assez, on doit se résigner à laisser chômer le moulin, mais on peut pallier le changement de direction en rendant le moulin orientable ; soit que le moulin se compose d’une construction toute entière mobile autour d’un pivot central comme c’est le cas ici ; soit qu’on utilise une tour fixe en maçonnerie, couverte d’une toiture pouvant tourner autour de l’axe de la tour en roulant sur des galets ; l’arbre horizontal portant les ailes est alors fixé à cette toiture ; il porte un pignon engrenant avec une roue dentée à axe vertical coïncidant avec celui de la tour.
- POMPE A FEU
- 41. C’est l’Anglais Newcomen qui au début du xvme siècle fit entrer dans la pratique industrielle l’emploi de la vapeur d’eau comme force motrice. La plus ancienne installation sur laquelle on ait des témoignages est de 1712 (Dudley Castle, Staffordshire). En 1726, les Anglais May et Meyer installèrent à Passy la première pompe à feu qui ait existé en France. « La première qui ait utilement fonctionné fut établie pour l’épuisement des eaux de 1732 à la mine de Fresnes
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- près de Condé... En 1737, une seconde machine était installée à Anzin... La troisième machine à vapeur employée en France fut montée en 1745 aux houillères de Littry, dans la généralité de Caen ». On en construisit d’autres dans les années suivantes, mais la pompe à feu demeura en France d’un usage beaucoup plus restreint qu’en Angleterre.
- La gravure présentée ici permet de se rendre compte facilement du fonctionnement de la machine. « Dans un cylindre où joue librement un piston, on introduit de la vapeur dont on produit la condensation par une injection d’eau froide ; le vide se fait sous le piston qui s’abaisse sous l’action de la pression atmosphérique. Le piston est relié par une chaîne à l’une des extrémités d’un balancier oscillant, à l’autre extrémité est attachée la tige d’une pompe ».
- (37 : t. II, Charpente, pl. XXXIII. — 38 : t. II, Charpente, pl. XXXVII. — 39 : t. V, Hydraulique, pl. II. — 40 : t. I, Agriculture, économie rustique, moulin à vent, pl. I. — 4l : t. V, Hydraulique, pl. IV.)
- TECHNIQUES MINIERES
- Les principaux problèmes posés par l’établissement des galeries de mines sont évidemment ceux du soutènement et de l’épuisement des eaux.
- 42. La fig. 2 (de la planche I) fait voir la manière d’étayer les galeries des mines et les souterrains selon l’inclinaison des filons.
- 43. Sur la fig. 2 (de la planche II) on met le feu dans les souterrains des mines pour attendrir la roche et faciliter l’exploitation.
- 44. La fig. 2 (de la planche III) fait voir les dispositions que peuvent affecter les filons. Certains sont isolés, d’autres se croisent, les inclinaisons varient. Cette diversité justifie l’emploi de boisements du genre de ceux présentés par la pl. I.
- 45. 46. En planche IV nous trouvons : fig. 1 : le cuvelage ou revêtement des puits verticaux ou inclinés ; fig. 2 : l’étançonnage, ou revêtement des galeries souterraines horizontales.
- 47. En planche V, fig. 1 : coupe de l’ensemble d’une mine.
- Les planches II et III (d’une autre série) nous montrent encore la vue générale d’une mine en coupe verticale, mais avec plus de détails.
- 48. Planche II, en haut à droite, le manège à chevaux servant à actionner les treuils. Remarquer en G le commencement d’un nouveau puits et en fig. 7, un petit chariot ou caisson, qui sert à transporter le minerai.
- 49. Planche III, les détails du puits principal de la mine sont nettement visibles. En E, F, G, trois sortes différentes de cuvelage. Les étrésillons qu’on voit au centre près de G séparent le puits en deux parties, une pour les mineurs, une pour les ouvriers. En haut à droite (fig. 2) un bâtiment contient un mécanisme actionné par une roue hydraulique et qui est destiné à mettre en mouvement des pompes d’épuisement placées dans la mine.
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- 50. Sur cette planche I, nous pouvons voir la disposition générale des machines servant aux équipements dans les mines. Une roue en dessus C porte sur son arbre deux manivelles. Celles-ci élèvent et abaissent alternativement des tirants, qui font agir des pompes placées au fond du puits. En F, une seconde roue dont les tirants font agir des pompes placées à différentes hauteurs (les multiples paniers, suspendus à des treuils, visibles sur la gravure, ne servaient qua enlever le minerai).
- 51. La coupe et la vue générale d’une mine, représentées planche VI, nous offrent l’essentiel des mêmes dispositifs et il est aisé de les y reconnaître.
- 52. En planche VII, vue générale des mines de sel de Wieliczka, en Pologne, près Cracovie.
- (42, 43, 44, 45, 46, 47 : t. VI, Minéralogie, 7e collection, pl. I, II, III, IV et V. — 48, 49, 50 : t. VI, Minéralogie, pl. II, III, I, resp. — 51, 52 : t. VI, Minéralogie, 7* collection, pl. VI et VII.)
- METALLURGIE
- On a groupé dans cette section des planches illustrant les techniques suivantes : La grosse forge, ou préparation du métal à partir du minerai.
- Les techniques de la métallurgie lourde : forge des ancres, fonte des canons, fonte des statues équestres. Les ancres, les canons et les statues étaient en effet, sous le rapport de la dimension, les pièces les plus importantes que l’on exécutât alors. Fabrication du fer blanc et du laiton, matières premières utilisées pour construire les ustensiles les plus divers, depuis l’ustensile ménager jusqu’à l’instrument de précision.
- FORGES OU ART DU FER
- 53. Le Patouillet. — Il s’agit d’une machine à laver le minerai de fer déjà concassé. Celui représenté ici avait été inventé par les frères Ruel, maîtres de forges à Saint-Denis sur Sarthon, près d’Alençon.
- La machine est double. Elle reçoit son mouvement de la roue en dessus visible au milieu. Chaque partie de la machine (de part et d’autre de la roue en dessus) nécessite une intervention humaine en cinq points différents, bien que la gravure ne montre que trois hommes en tout, deux à droite et à un gauche. Sans doute pouvaient-ils se rendre successivement d’un poste à un autre.
- A l’étage supérieur, on décharge le minerai concassé. Celui-ci tombe en L, il est repris (voir l’ouvrier N à gauche) et jeté dans une cuve où tourne une herse qui l’agite dans l’eau (H, I, K). Le minerai est à nouveau repris (voir l’ouvrier R à droite) et jeté dans une seconde cuve S d’où il est extrait par une roue à palettes T pour être jeté en X et P. Là il est encore repris et mis dans le panier Y pour être remonté au moyen du treuil Z et porté au fourneau. On voit que le degré d’automaticité de cette machine demeure assez faible.
- 54, 55, 56. La Forge. — Le fer sortait du fourneau à l’état de gueuses de fonte, ou
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- fer cru. On transportait alors ces gueuses à la forge pour les recuire et obtenir par cette opération un fer malléable.
- L’équipement de la forge comprenait les fourneaux et les marteaux. Ces derniers, ainsi que les soufflets donnant le vent au feu, étaient mis en mouvement par des arbres à cames. La force motrice provenait d’une roue hydraulique.
- Fourneaux et marteaux sont bien visibles sur les planches V, VI et VII, représentant trois phases successives de l’opération.
- 57, 58. La Fenderie. — Le fer rendu malléable se prêtait à toutes sortes de traitements. L’un des plus intéressants est la fenderie, ou division en barres minces. La fenderie constituait notamment une opération préliminaire à la tréfilerie, ou étirement en fils.
- En planche III, la barre de fer est chauffée à blanc dans le four (au fond), étirée d’abord entre les rouleaux C et D, puis l’ouvrier 3 engage la barre aplatie et encore rouge dans les taillants, à la sortie desquels la botte de verges de fer est recueillie par un ouvrier (à gauche).
- En planche IV, on procède au bottelage des verges avec des liens de fer rougis au feu du foyer visible au fond.
- FORGE DES ANCRES
- Les ancres de navire étaient les plus grosses pièces de fer forgé exécutées à l’époque. Une ancre se compose de cinq éléments : la verge ou tige centrale, les deux bras qui sont fixés à l’extrémité inférieure de la verge et les deux pattes dont chacune est fixée à l’extrémité d’un des bras.
- 59, 60. Les planches I et II font voir l'installation de la forge, la première depuis l’entrée, la seconde depuis le fond. Sur la planche I, remarquer à gauche le marteau R actionné par l’arbre à cames AA, et qui frappe sur l’enclume S. En AE (à gauche) le foyer pour chauffer la verge, en OE (à droite) le foyer pour chauffer les bras.
- Sur la planche II, on remarque surtout, à gauche et à droite, les soufflets, actionnés également par les arbres à cames et qui donnent l’air aux deux foyers précédents.
- fil. En planche VII, on soude et étire la verge, en plusieurs chaudes successives. La verge, de dimensions importantes, était en effet constituée de plusieurs barres de fer étirées et soudées ensemble par martelage à chaud.
- fi2 Sur la planche IX, on ajuste par le même procédé la patte à l’extrémité d’un bras.
- fi3, 64. Toujours de la même manière, en planches X et XI, les deux bras sont successivement fixés à l’extrémité de la verge.
- fi5. En planche XII, on pare l’ancre terminée : on retranche le fer superflu au moyen d’un outil appelé tranche (fig. 1), sur lequel des aides frappent à coups de marteau (fig. 2 et 3).
- fi6. En planche XII, installation pour radouber les ancres dans un port. Ici on remet un bras (celui de gauche) à l’ancre visible au milieu de la figure.
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- FONDERIE DES CANONS
- Les canons étaient exécutés en bronze et fondus dans des moules dont on peut voir ici la fabrication.
- 67. Planche XI. On enroule une corde de paille, la natte, autour d’une pièce de bois
- de section polygonale appelée le trousseau.
- 68. Planche XIII. A l’aide du gabarit visible sur le devant de la figure, les ouvriers exécutent un modèle en terre de la pièce.
- 69- Planche XIII. Sur ce modèle en terre, on fixe les modèles des tourillons, exécutés en bois, et les modèles des poignées et ornements, exécutés en cire.
- 70, 71. Planche XIV et XV. Après avoir été enduit d’une composition de suif et d’huile, le modèle a été recouvert d’une couche de terre, dite chape, qui constitue le moule proprement dit. Des bandages de fer, appliqués en long et en travers, consolident la chape. Le tout est séché grâce à un feu allumé dessous ; on termine ensuite le moule en faisant sortir le trousseau dont la forme est légèrement pyramidale, puis en arrachant la natte. Des bûches allumées sont jetées à la place qu’occupaient le trousseau et la natte, ce qui dessèche la terre du modèle, fond la couche de suif qu’on y avait appliquée, et facilite l’extraction par morceaux du modèle. Le moule est alors prêt.
- 72. Planche XVI. On coule maintenant dans les moules le métal fondu préparé dans le fourneau visible ici.
- 73. Planche XVII. La pièce de canon telle qu’elle a été coulée par les opérations précédente est pleine. Il s'agit de la forer pour y creuser l’âme destinée à recevoir la charge et le boulet. Cette opération se fait au moyen de l’alésoir que l’on voit ici. La pièce H est suspendue immobile et tout son poids porte sur un foret que des hommes ou des chevaux font tourner au moyen du manège TS.
- FONTE DES STATUES ÉQUESTRES
- Les planches présentées ici se rapportent à l’exécution d’une statue de bronze de Louis XIV fondue en 1699 pour être élevée à Paris place Louis-le-Grand, aujourd’hui place Vendôme.
- L’opération a été faite suivant la technique de la fonte à la cire perdue. En voici le détail. On établit un premier modèle en plâtre de la statue. On fait de ce modèle un moule en creux, également en plâtre. Ce moule sert à exécuter une figure en cire. Celle-ci est munie des jets et d’évents, pour l’arrivée du métal et la sortie des vapeurs ; jets et évents sont modelés sous forme de boudins de cire. Autour de la figure de cire, on établit un moule de potée, c’est-à-dire de terre mêlée de crottin. Le moule est ensuite consolidé avec des bandages de fer, puis lorsqu’il est sec il est chauffé pour faire fondre et évaporer la cire. On peut alors, à la place de celle-ci, couler le bronze.
- 74. En planche I, ensemble de l’atelier de fonderie avec au fond le fourneau. Le moule se trouve enterré devant le fourneau sous le bassin 9 et les orifices des trois jets principaux, par lesquels doit entrer le métal en fusion, sont en 7.
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- 75. La planche III représente le modèle de plâtre partiellement revêtu du moule de plâtre.
- 76. En planche IV, la figure de cire, munie de ses jets et évents après avoir été sortie du moule de plâtre, mais non encore revêtue du moule de potée. Comme la statue de bronze ne doit pas être massive, la figure de cire est creuse et remplie à 1 intérieur d’un noyau fait de plâtre et de brique pilée.
- le fer blanc
- Le fer blanc n’est pas autre chose que de la tôle étamée. Au xviii® siècle cette technique était en France d’importation relativement récente. Pendant tout le XVIIe siècle en effet le fer blanc venait d’Allemagne.
- 77. La tôle employée était fabriquée dans l’usine même à partir de gueuses de fonte. Sur cette planche on met les gueuses en barre, par l’opération connue sous le nom d’affinage.
- 78. C’est le forgeage de la feuille de tôle que nous fait voir la pl. I. En A un ouvrier chauffe le fer ; en B on commence à l’aplatir en le martelant à la main ; en C un ouvrier coupe cette barre en semelles sous un martinet (actionné sûrement par une roue hydraulique placée à l’extérieur) ; en ddd, on voit quelques semelles à côté de la cisaille qui sert à les couper ; en S, au fond à droite, une rangée de ces feuilles ou semelles, dite trousse, est rangée dans la forge.
- 79. Sur la planche II apparaissent les opérations de l’étamage. Dans les tonneaux, les feuilles de tôle subissent le décapage indispensable ; ce décapage s’opère en les faisant séjourner longtemps dans de l’eau chaude mêlée de seigle concassé et fermenté. L’étamage s’opère ensuite par trempage de la feuille dans un bain d’étain fondu mêlé d’une petie quantité de cuivre rouge et auquel on ajoute au dernier moment, en petite quantité également, du suif. Le fourneau où s’effectue ces différentes opérations est visible au centre de la figure.
- LE LAITON
- La calamine est un minerai de zinc. On s’en servait en la mêlant, après calcination, au cuivre rouge, pour obtenir directement du laiton travaillé ensuite en feuilles ou en fils.
- 80. PI. I à droite en 1, 2, 3, 4 : la calamine brute, la calamine disposée en pyramide à base cruciforme pour être calcinée, la calamine calcinée. Au centre en 7 et 8, la fonderie, où la calamine calcinée est mêlée avec le cuivre fondu. An fond, en 9, les moules pour couler le cuivre en tables.
- 81. Avant d’être mêlée au cuivre, la calamine était broyée et blutée. Sur la planche II on voit en 5 le broyeur, en 6 le blutoir. Les plaques de laiton étaient ensuite découpées au moyen de cisailles de grandes dimensions, manœuvrées par quatre hommes et visibles en 12.
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- 82. S’il s’agissait d’obtenir du fil de laiton, les plaques étaient d’abord découpées en bandes au moyen des cisailles spéciales visibles pl. V, en 18 ; ces bandes étaient ensuite étirées en fils dans la tréfilerie du fond de la fig. 19.
- Métallurgie.
- (53 : t. IV, dernière suite des Forges, pl. II. — 54, 55, 56 : t. IV, Forges, 4* section, pl. V, VI et VII. — 57, 58 : t. IV, Forges, 5® section, Fonderie, pl. III et IV. — 59, 60, 61, 62,
- 63, 64, 65, 66 : t. VII, Forges des ancres, pl. I, II, VII, IX, X, XI, XII et XIII. — 67, 68,
- 69, 70, 71, 72, 73 : t. V, Fonte des canons, pl. XI, XII, XIII, XIV, XV, XVI et XVII. —
- 74, 75, 76 : t. VIII, Sculpture, Fonte des statues équestres, pl. I, III et IV. — 77, 78, 79 :
- t. VI, Métallurgie, Fer blanc, pl. III, I et II, resp. — 80, 81, 82 : t. VI, Métallurgie, Calamine, pl. I, II et V.)
- TRAVAIL DES METAUX
- TAILLANDERIE
- La taillanderie comporte divers ouvrages de fer, tels que la fabrication des étaux ou des enclumes.
- 83. Manière de faire les enclumes. Une enclume est composée de plusieurs pièces qu’on assemble en les forgeant ensemble. A droite est la forge, au fond on manœuvre le soufflet. Au centre en b un ouvrier tourne et retourne l’ouvrage sur lequel frappe le second ouvrier d. Un troisième ouvrier c présente une mise, ou pointe d’enclume, pour la faire souder. Au fond, en /, on taille des limes.
- 84. Fabrique des étaux. L’opération la plus délicate de la fabrication des étaux était évidemment le taraudage des boîtes d’étaux et le filetage des vis. On voit en fig. 1 un ouvrier qui marque une vis. On a collé sur la tige qui doit former la vis un papier rayé en biais qui donne la disposition des filets ; l’ouvrier les trace alors dans le métal à travers le papier avec un ciseau ou un burin. En fig. 3 un ouvrier forme à la machine le filet d’une vis d’étau. En 4 et 5 autre machine pour tailler les grosses vis de presses. C’est une sorte de tour. La corde attachée à la manivelle double n donne un mouvement alternatif de rotation à la vis qu’on veut tailler. En même temps les dispositifs visibles à droite font que pendant un tour la vis se déplace, d’une manière également alternative, de la largeur d’un filet. Il suffit donc de présenter l’outil taillant en le maintenant immobile.
- SERRURERIE
- 85. Quelques ouvrages de serrurerie bien caractéristiques de l’époque du xviii® siècle sont présentés sur ces planches XVII et XVIII. En pl. XVII, la fig. 131 est un couronnement de grille. La fig. 132 un vase muni d’un socle reposant sur un chapiteau de pilastre. En fig. 133 et 134, deux potences, ou porte-enseignes. Chacune des pièces d’ornement composant ces ouvrages est d’une forme traditionnelle et a sa dénomination souvent pittoresque dans le langage des serruriers : queue de cochon, rinceau, rosette, coquille, corne d’abondance, etc.
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- ^6. La fig. 113 empruntée à la planche XVIII fait voir un coffre-fort de 1 époque, il est bardé de fer et sa serrure, disposée dans le couvercle, comporte 12 pênes commandés par la clef qu’on introduit au centre.
- ferblantier
- ^7. On a décrit ailleurs la fabrication des feuilles de fer blanc (métallurgie). C’est ici la manufacture des objets de fer blanc. En 1 à gauche on forme une cafetière sur la bigorne. En 2, on lime un ouvrage soudé pour pouvoir y ajuster un couvercle. En 3, on soude une cafetière. A terre en e morceau de fer blanc taillé pour former un couvercle, en f autre morceau taillé pour faire un entonnoir. En q un entonnoir terminé. Le tuyau 1 a été soudé après coup, ainsi que le rebord m.
- CHAUDRONNIER GROSSIER
- 88. Le chaudronnier grossier fabrique la batterie de cuisine en cuivre. Pour former une casserole par exemple on prend une feuille de cuivre qui est « rétreinte », c’est-à-dire qu’on en rabat les bords au marteau. Voir cette opération en fig. 1 et 7, n° 2 ; en 5, la « boule à rétreindre ». La pièce est dite emboutie (fig. 6) si elle est travaillée en déprimant le centre de la feuille au lieu d’en rabattre les bords. Les pièces rétreintes ou embouties sont ensuites rectifiées au tour (fig. 2). Les grandes chaudières sont faites de feuilles de cuivre assemblées par rivetage (à gauche). Les pièces terminées sont étamées à l’intérieur (à droite).
- CHAUDRONNIER PLANEUR
- 89. Il s’agit ici de la fabrication des plaques de cuivre destinées à la gravure. La feuille est d’abord grattée (fig. 1), puis « planée » au marteau. Elle s’étend de 1/5 environ. Le cuivre perd de son épaisseur, devient plus compact, acquiert de la solidité, sa surface s’égalise. La planche est déformée après le planage, on la rogne. Puis on la ponce et on enlève les rayures de la ponce en frottant avec un charbon de bois mouillé d’eau-forte très diluée. Après quoi il faut encore la polir, ou la brunir. La planche est alors prête ; en 6 un ouvrier la présente au graveur de la fig. 7.
- potier d’étain
- 90. La vaisselle d’étain était d’un usage très répandu au xvme siècle. Les diverses pièces telles qu’assiettes, cuillères, marmites, vases, étaient fondues au moule (voir à gauche) ; certaines étaient rectifiées au tour (à droite). Les accessoires, charnières, couvercles, etc., étaient ajustés (au centre à droite) ou soudés (au fond à gauche).
- ORFÈVRE GROSSIER
- 91. Il s’agit ici de la fabrication de la vaisselle d’argent. Le métal est coulé dans la lingotière (à gauche), puis travaillé au marteau. Au centre on le forge en plaque, puis en b on en fait un vase, en c un plat, en d une burette.
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- AIGUILLIER
- 92. Les morceaux de fil d’acier sont débités à gauche. Plus à droite on les perce, au fond ils sont trempés. En fig. 7 on évide le chas autour du trou et on fait la pointe, en fig. 8 (tout à fait à droite), on polit les aiguilles en roulant « le treillis sur lequel les aiguilles sont arrangées par petits tas avec de la poudre d’émeri »•
- CLOUTIER D’ÉPINGLES
- 93. Pour faire des épingles, on prenait un certain nombre de fils de métal (de laiton
- en général) et on les taillait en pointe tous ensemble, en les faisant rouler dans la main, sur une meule en rotation. L’opération n’est pas représentée sur cette planche I mais on voit au fond la roue de l’empointeur. A gauche, un ouvrier coupe ensuite les épingles à la longueur voulue. Il y avait deux manières de former la tête : en deux coups de marteau en plaçant l’épingle dans un instrument spécial, s’il s’agissait d’une tête ordinaire (fig. 2). Pour faire une tête ronde, on donnait un seul coup de marteau, puis la forme de la tête était achevée comme on le voit en fig. 3, avec le poinçon à étamper, « dont l’extrémité inférieure a un creux de forme dont on veut que soit la tête ». Tout à fait à droite, un ouvrier fait un grillage de fil de fer ou de laiton.
- CLOUTIER GROSSIER
- 94. La planche II rassemble les divers outils nécessaires à la fabrication des grands clous. On commençait par préparer une pointe de fer comme celle visible en b de la fig. 18. Le travail s’opère sur le billot spécial de la fig. 22. La pointe est engagée dans la clouïère (on la voit représentée à part en 15), puis rompue à la longueur requise (voir 25 et 26). On aplatit alors la tête au marteau, et on obtient le clou terminé (en D, fig. 22).
- FOURBISSEUR
- 95. Planche I. Armes anciennes. La gravure représente une boutique où l’on exécute également certaines opérations du travail. En 1 on cisèle une garde d'épée, en 2 on en damasquine une autre, c’est-à-dire qu’on y pose des ornements de métal incrusté. En 4 un client essaye la lame d’une épée.
- 96. Planche VIL Machine à fourbir, ou moulin à fourbir les lames, composé de différentes meules mues par le courant d’une rivière. La force motrice est fournie par la roue de moulin dont on voit une partie en E (au fond).
- FABRIQUE DES ARMES
- 97. Planche 3. Machine pour forer les canons de fusil de munition. La roue hydraulique visible au fond entraîne quatre forets à la fois. Les fusils à forer sont assujettis horizontalement chacun entre deux des huit pièces de bois que l’on voit sur le dessus de la machine.
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- 98. Planche 5. Deux variétés de fusils de munition, dits l’un et 1 autre fusil a dé : en fi g. 1, fusil lourd, en fig. 2 fusil léger.
- COUTELIER
- 99. A droite, la forge. Au centre en a l’enclume. Sur le devant, on polit un couteau à la meule. Pour le faire commodément, l’ouvrier est installé couché sur une planche inclinée placée au-dessus de la meule. En 4, la partie du couteau entrant dans le manche est forée de trous avec une perceuse à archet. En 5, on façonne un couteau à la lime. En 3 (au fond) on repasse un rasoir sur la pierre.
- MONNAYAGE
- 100. Planche I. On prépare les flans, c’est-à-dire les pièces de métal qui doivent subir la frappe. A gauche on les moule, à droite on les prépare en les martelant.
- 101, 102. Planche IV. Fourneau à soufflet spécialement destiné à fondre l’or. Planche V, fourneau spécialement destiné à fondre l’argent.
- 103. Planche XV. C’est ici l’opération essentielle, la frappe des monnaies au balancier. Un flan est placé entre N et O qui sont les matrices comportant le dessin en creux de la monnaie à exécuter. On fait mouvoir le balancier en tirant en sens contraire sur les deux bras avec des cordages, la vis I fait descendre la matrice supérieure et le flan, se trouvant écrasé entre les deux matrices, en reçoit l’empreinte.
- 104. Planche XVI. Machine destinée à marquer les monnaies sur la tranche. La crémaillère se déplace sous l’action de la roue dentée, elle entraîne une pièce portant les marques gravées en creux et contre laquelle la monnaie est maintenue serrée.
- 105. Planche XVII. On assiste ici à l’opération dite des « lavures », destinées à la récupération des déchets de métal précieux. Les ordures et mâchefers sont broyées dans des mortiers (sur le devant), puis lavées dans les baquets du fond.
- (83 : t. IX, Taillanderie, manière de faire les enclumes, pl. I. — 84 : t. IX, Taillanderie, fabrique des étaux, pl. I. — 85, 86 : t. IX, Serrurier, pl. XVII et XXVIII, fig. 113. — 87 : t. IV, Ferblantier, pl. I. — 88 : t. III, Chaudronnier grossier, pl. I. — 89 : t. III, Chaudronnier-planeur, pl. III. — 90 : t. VIII, Potier d’étain, pl. I. — 91 : t. VIII, Orfèvre grossier, pl. I. — 92 : t. I, Aiguillier, pl. I. — 93 : t. III, Cloutier d’épingles, pl. I. — 94 : t. III, Cloutier grossier, pl. II. — 95, 96 : t. IV, Fourbisseur, pl. I et VII. — 97, 98 : Supplément, Fabrique des armes, pl. 3 et 5. — 99 : t. III, Coutelier, pl. I. — 100, 101, 102, 103, 104, 105 : t. VIII, Monnayage, pl. I, IV, V, XV, XVI, XVII.)
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- CONSTRUCTION
- Les planches présentées illustrent surtout les techniques de la construction en pierre de taille, avec comble de charpente et toit d’ardoises. C’est bien ainsi on le sait qu'étaient édifiés les bâtiments importants au xvme siècle. Mais bien d’autres procédés étaient employés pour les maisons modestes. Ainsi on remarquera sur la planche du charpentier comment on construisait par exemple des bâtiments simples avec des poutres dont les intervalles étaient ensuite remplis en blocage. Quant à la construction sur pilotis, on connaît son importance dans les concentrations urbaines aux époques anciennes, puisqu’on a été jusqu’à employer cette technique pour édifier des villes entières.
- MAÇONNERIE
- 106. En A des maçons montent des pierres taillées. En B, des ouvriers sont sur un échafaudage et enduisent des murs de plâtre. En C, « des maçons construisant un ouvrage de maçonnerie », c’est-à-dire mettant en place un ensemble de pierres appareillées. En D et E, tailleurs de pierres. En G, un scieur de pierres. En H, on prépare la chaux pour le mortier.
- CHARPENTERIE
- 107. En /, à gauche un pan de bois qu’on est en train d’élever. Les intervalles des poutres seront ensuite remplis en blocage. En k (à droite) un échafaudage de charpente, qui sert à la construction d’un mur de pierres. Les ouvriers sont occupés à des travaux divers : refendre a, faire des mortaises b, équarrir avec la bésai-güe c, hacher avec la cognée d. En e le goret ou maître-compagnon reçoit les ordres du maître-charpentier. En g, sorte de chariot à deux roues destiné au transport des pièces de bois et qui s’appelle un diable.
- COMBLES ET LUCARNES
- 108. Sur cette planche XIII sont représentés trois sortes de dômes, quatre sortes de lucarnes et deux sortes d’œil-de-bœuf. En fig. 101 et 102, dôme sphérique de plan circulaire. En fig. 99 et 100, comble en dôme de plan carré et de profil elliptique. En fig. 103 et 104, dôme elliptique sur plan circulaire. Lucarnes : faîtière (105), flamande (106), à la capucine (107), demoiselle (108). Œil-de-bœuf circulaire (109) et surbaissé (110).
- ESCALIERS A NOYAU, OU A VIS
- 109- A gauche escalier circulaire, à droite escalier ovale. A : noyau, ou limon ; B : collet des marches ; C : côté des marches scellées dans les murs ; D : intervalles des marches remplis de maçonnerie ; E : côté d’une première marche en pierre scellée dans les murs ; F : collet de la marche en pierre ; G : murs.
- MOUTON A CHEVAL SUR BATEAUX
- 110. Le mouton représenté sur cette planche XXIV fut employé pour la construction du pont de Westminster. On sait que le mouton consiste essentiellement en une masse métallique qu’on élève et qu’on laisse retomber sur des pieux pour les
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- enfoncer. Comme on peut le voir ici, la force nécessaire à l’élévation de la masse est fournie par un manège à chevaux.
- NOUVELLE MANIÈRE DE FONDER LES PILES
- 111. On voit sur cette planche XX l’ensemble d’une installation destinée à planter les pilotis. Le mouton qui se trouve à droite est manœuvré à la main par un groupe d’hommes dont chacun tire sur l’une des cordes formant le faisceau H.
- ARDOISES D’ANJOU ET DE LA MEUSE
- On sait l’importance de la couverture en ardoise dans les techniques du bâtiment au XVIIIe siècle. L’emploi de la tuile était à peu près restreint aux maisons modestes et rurales. Les toitures très développées des grands bâtiments urbains étaient toujours en ardoise. Celles-ci provenaient en France de deux gisements principaux, l’Anjou et la Meuse.
- ARDOISES D’ANJOU
- 112. Planche I. Travail de la carrière ouverte. Il s’agit ici d’une exploitation à ciel ouvert. On creuse dans le gisement par paliers successifs qui s’appellent des foncées (voir à droite). On détache des blocs d’ardoise en enfonçant des coins de fer à .coup de maillet (ouvrier de droite). La machine de gauche, à l’aide de laquelle on enlève les seaux pleins de détritus, s’appelle un trait.
- 113. Planche IL Machine pour enlever les eaux et les blocs d’ardoise du fond de la carrière. C’est un treuil vertical mu par un manège à un cheval.
- 114. Planche II, n° 2. L’opération d’enlever les eaux et les ardoises hors de la carrière. On voit ici une autre disposition de la machine précédente.
- 115. Planche 1, n° 2. Travail de l’ardoise hors de la carrière. En fig. 1, un ouvrier qui porte les « crenons » (tirés de la carrière) à l’ouvrier fendeur. En fig. 2, le fendeur divise les crenons en « repartous ». En fig. 3, le tailleur façonne définitivement les ardoises.
- ARDOISERIE DE LA MEUSE
- 116, 117, 118. Ici l’exploitation a lieu par galeries souterraines. La planche III fait voir en plan, coupe et élévation diverses galeries. En planche IV, une culée, ou chambre souterraine du sol de laquelle on détache horizontalement les plaques d’ardoises suivant des paliers successifs appelés longuesses. Sur la planche V, le travail de l’ardoise hors de la carrière, qui s’exécute à peu près de la même manière qu’en Anjou.
- (106 : t. I, Architecture, Maçonnerie, pl. I. — 107 : t. II, Charpente, pl. I. — 108 : t. II, Charpente, pl. XIII. — 109 : t. II, Charpente, pl. VII. — 110 : t. II, Charpente, pl. XXIv!
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- — 111 : t. II, Charpente, pl. XX. — 112, 113, 114, 115 : t. VI, Minéralogie, ardoises d’Anjou ,pl. I et II. — 116, 117, 118 : t. VI, Minéralogie, Ardoiserie de la Meuse, pl. III, IV, V.)
- BATEAUX ET VOITURES
- Le xvme siècle n’a connu aucun progrès sensible dans le domaine des moyens de transport, parce qu’on est à cette époque encore très loin de l’invention des moteurs légers qui seuls permirent le développement de la locomotion mécanique. La machine à vapeur en est à ses premiers balbutiements. On essayera avec une audace inconsciente de l’appliquer aux navires (Périer, Jouffroy, Desblancs) ou même à la locomotion sur route (Cugnot), mais ces tentatives sont si prématurées qu’elles touchent presque au ridicule. On en reste donc et pour longtemps encore à la navigation à voile et aux voitures à chevaux.
- MARINE. CHANTIER DE CONSTRUCTION
- 119, 120, 121. La planche VIII représente le travail sur un chantier ; la planche IX (en 2 parties) donne à titre d’exemple les dispositions des chantiers de Rochefort. établis pour la construction des vaisseaux du roi.
- Planche VIII. En A, entrée du chantier et porte du côté de la mer ; en B se voient les eaux du port. En C, ouverture et premier bassin pour recevoir l’eau de la mer montante. En D, entrée de la chambre du côté de la mer. H est le plancher de la chambre, il est plus bas que le niveau de la mer. F, G, H, diverses pièces de bois qui supporteront le vaisseau en construction. La coque en voie d’achèvement (voir au fond) sera soutenue par les épontilles L. De nombreux ouvriers façonnent et transportent les diverses pièces de bois nécessaires.
- MARINE. EVOLUTIONS NAVALES
- Dans la navigation à voiles, se rendre d’un point à un autre, exécuter une manœuvre donnée ou garder par rapport à un ou plusieurs navires une position donnée posaient une foule de problèmes, à cause de la dépendance étroite où l’on se trouvait vis-à-vis de la direction du vent. Aussi avait-on adopté des solutions devenues traditionnelles pour les cas les plus classiques et les plus fréquents de la stratégie maritime.
- 122. Planche VI. Fig. 13 et 14 : Comment on met en bataille une « armée » marchant sur trois colonnes ; fig. 15 et 16 : ordre d’une armée qui force un passage.
- 123. Planche VIL Fig. 17 et 18, ordre de marche ; fig. 9, ordre d’une armée qui garde un passage ; fig. 20, même problème du vent de nord-ouest ; fig. 21, même problème du vent d’est.
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- PÊCHES DE MER
- Au xviiie siècle comme au Moyen-Age on mange encore assez peu de viande dans les couches laborieuses de la population. Les conserves de poisson (poisson séché, salé, fumé) gardent une grande importance alimentaire.
- 124, 125. Planches II et XVI. Différentes sortes de filets. Planche II, fig. 1 : salicots ; fig. 2, manches ou guideau ; fig. 3 : acon ; fig. 4 : haveneau à la mer avec bateau ou chaloupe. Planche XVI, fig. 1 : mastous ; fig. 2 : basche ; fig. 3 : pêche des orphies au farillon ; fig. 4 : le gard ou gors.
- 126. Planche XII. Préparation des sardines en caque, c’est-à-dire salées et mises en tonneau.
- CORDERIE
- Au XVIIIe siècle, époque de navigation à voile, la fabrication des cordages était de toute première importance pour la locomotion maritime.
- 127. En planche II, on voit une filerie couverte. En A (à gauche) et B (à droite) deux grands rouets avec leurs fileurs et leurs tourneurs de roue. Le fileur B monté sur le pont ou marchepied attache son chanvre à la plus haute des molettes pour commencer un fil. Les molettes sont cette série de crochets disposés en demi-cercle. Elles sont mises en rotation par la corde qui frotte sur elles et servent à tordre le fil. En A, un fileur à un rouet plus bas que le rouet B, détache le fil d’un fileur qui se trouve tout à fait à droite dans l’atelier. Une fois détaché, ce fil va être attaché par une épissure à un autre fil / que tient l’ouvrier C. Le fil continu ainsi fabriqué va s’enrouler à l’extrême-gauche sur le touret D. Quant à la fabrication du fil elle-même on la voit en F et H. Les fileurs distribuent le chanvre qui est tordu au fur et à mesure. Le fileur F porte son chanvre sur une que* nouille, le fileur H le porte autour de la ceinture.
- 128. Planche III. Pour obtenir une corde, il faut retordre ensemble plusieurs des fils obtenus par l’opération précédente. En première division, on prépare le travail en étendant le nombre de fils nécessaires. En deuxième et troisième divisions, on exécute des cordes à 3 et 4 brins. Comme on le voit clairement, chaque brin est tordu sur lui-même grâce à la série de manivelles qui se trouvent à gauche, et tout le faisceau est tordu ensemble grâce à la manivelle de droite. La corde se forme sur un organe appelé toupin (division 2, fig. 3, à droite), porté par un chariot qui se déplace naturellement de droite à gauche au fur et à mesure de l’achèvement du travail. Au bas de la planche, sections de différentes espèces de cordages.
- CHARRON
- Une roue se compose d’un moyeu, des rais ou rayons, et d’une jante formée d’un certain nombre de pièces de bois en arc de cercle. Un cercle de fer extérieur posé à chaud assure la cohésion de l’ensemble.
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- 129. Planche I. Fabrication des segments de jante. On l’ébauche en 1 avec la cognée, on lui donne en 2 le profil convenable avec l’essette.
- 130. Planche II. En fig. 1, on achève les segments de jante en y pratiquant avec une cognée carrée les mortaises qui recevront les rayons. En 2 et 3 on fait « à grands coups de masse entrer les rais (rayons) d’une grande roue dans le moyeu ». En fig. 4, on voit l’usage de la règle appelée ceintre, fixée au centre de la roue. L’ouvrier marque avec une pierre noire sur les portions de jante l’endroit précis où elles doivent être coupées pour se joindre exactement. En fig. 5, on abat les bords des rayons pour leur donner un profil arrondi.
- MENUISIER EN VOITURES
- 131. C’est le travail que nous appellerions aujourd’hui plutôt celui du carrossier. On en voit ici différentes opérations, parmi quelques caisses de voitures terminées : en a on corroyé le bois, en b on perce des trous, en c on ébauche une courbe, en d on refend une planche. Au fond, en e, chantier de menuiserie.
- (119 : t. VII, Marine, pl. VIII. — 120, 121 : t. VII, Marine, pl. IX. — 122, 123 : t. VII, Marine, pl. VI et VII. — 124, 125 : t. VIII, Pêches de mer, pl. II et XVI. — 126 : t. VIII, Pêches de mer, pl. XII. — 127, 128 : t. III, Corderie, pl. II et III. — 129, 130 : t. III, Charron, pl. I et II. — 131 : t. VII, Menuisier en voitures, pl. I.)
- AGRICULTURE ET INDUSTRIES RURALES
- AGRICULTURE ET LABOURAGE
- 132. Planche I. On a regroupé dans un paysage rural différents travaux agricoles : labourage, semailles, hersage, roulage. Sur le devant, un laboureur ouvre un sillon (fig. 1). A côté, en fig. 4, une semeuse au travail avec le semoir de l’abbé Sou-mille : la semence est placée dans le sillon, puis « recouverte par la terre que le versoir ou oreille de la charrue y jette en formant le sillon suivant indiqué par la ligne ponctuée ». Au contraire en fig. 5 on sème à la main et immédiatement après, en 6, un charretier conduit la herse pour recouvrir la semence. En 7 un charretier conduit le rouleau qui sert à égaliser la terre en brisant les mottes.
- PRESSOIR A DOUBLE COFFRE
- 133. Nous voyons ici un très grand pressoir double dont le fonctionnement est un peu particulier. La pression s’exerce horizontalement. Remarquer le départ des vis de part et d’autre de la grande roue du centre. Les matières à presser sont disposées dans les « coffres » à parois perforées marqués 14, et sont foulées par les pièces q auxquelles la rotation des vis imprime un déplacement longitudinal.
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- MARÉCHAL-FERRANT
- 134. Planche II. Ensemble de la forge d’un maréchal-ferrant. Au centre on allume la forge, à droite on donne à un fer à cheval la forme convenable en le martelant à chaud.
- 135. Planche I. Le maréchal-ferrant pose un fer au pied de derrière d’un cheval. Il est assisté d’un apprenti. Au fond on voit un cheval immobilisé dans le travail, portique garni de sangles.
- CHARBON DE BOIS
- 136, 137. La fabrication du charbon de bois gardait au xvme siècle une importance considérable, la houille n’ayant guère encore pénétré semble-t-il dans les usages domestiques. La carbonisation se faisait sur place dans les forêts, en mettant le feu par l’intérieur à des meules de bûches empilées, recouvertes de terre et au centre desquelles on ménageait une cheminée. Les diverses opérations de cette technique très simple sont visibles en planches I et II, donnant deux manières différentes d’édifier la meule.
- TONNELIER
- 138. Planche I. Fabrication des tonneaux proprement dits. Le tonneau est un récipient cylindrique, légèrement renflé dans sa partie médiane appelée bouge, et composé de planchettes, les douves ou douelles, serrées et maintenues par des cercles de métal ou de bois lié d’osier ; les deux extrémités ont pour fermeture des plateaux circulaires également en bois. On voit ici comment ces différentes pièces sont préparées et assemblées.
- 139- Planche III. Divers récipients construits suivant la même technique et faisant partie des ouvrages de tonnellerie : baquets, seaux, brocs, baratte et autres.
- MANIÈRE DE FAIRE LES SABOTS
- 140. Fig. 1 (au fond à gauche), un ouvrier ébauche un sabot avec la cognée. Fig. 2 (au fond à droite) on perce la place du pied avec la tarière. Fig. 3 (au centre) on fait la place du talon avec la cuillère. Fig. 4 (à gauche) on pare l’extérieur du sabot avec le paroir, le dedans étant achevé. A droite, en fig. 5, on fabrique des échalats, ou tuteurs pour les plants de vigne, en fendant des pièces de bois retenues immobiles dans une branche d’arbre fourchue.
- (132 : t. I, Agriculture, labourage, pl. I. — 133 : t. I, Economie rustique, pressoir, pl. II. — 134, 135 : t. VII, Forge de Maréchal-ferrant, pl. II et I rep. — 136, 136 : t. I, Economie rustique, charbon de bois, pl. I et II. — 138, 139 : t. X, Tonnelier, pl. I et III. — 140 : t. I, Economie rustique, manière de faire les sabots et les échalats, cl. unique.)
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- INDUSTRIES POUR L’ALIMENTATION
- FROMAGERIE
- 141, 142. Fabrication des fromages d’Auvergne, de Gruyère et de Gerardmer. Il s’agit ici de fromages cuits, c’est-à-dire de lait caillé qu’on soumet à la cuisson dans les chaudières visibles sur l’une et l’autre planche.
- BRASSERIE
- 143. On sait que la bière est une boisson alcoolique obtenue par la fermentation d’une infusion ou décoction d’orge germée aromatisée avec la fleur femelle du houblon. On mouille l’orge pour la faire germer, puis on la chauffe pour la dessécher et arrêter la germination, elle reçoit alors le nom de malt. Le malt doit être broyé pour en faire une décoction. On voit ici (planche III) l’installation d’un moulin à broyer le malt. En bas le manège avec les chevaux qui mettent le moulin en mouvement. En haut, à gauche et à droite, les meules.
- DISTILLATEUR D’EAU-DE-VIE
- 144. Le travail de distillation qu’on peut voir ici ne semble pas essentiellement différent de celui des bouilleurs de cru de notre époque. La planche présente deux alambics. La matière fermentée est portée à l’ébullition dans les deux chaudières du centre, les serpentins de refroidissement sont soumis à une circulation d’eau froide dans les tonneaux visibles aux extrémités, et l’eau-de-vie s’écoule dans les récipients du devant en L et en N.
- PATISSIER
- 145. Activités diverses : en 1 (au fond) on pétrit, en 2 (devant) on forme un pâté, en 3 (à droite) on fouette des blancs d’œufs pour les biscuits, en 4 (à gauche) on enfourne.
- CONFISEUR
- Le métier du confiseur comprend la fabrication des diverses sortes de sucreries, telles que bonbons, fruits confits et glaces.
- 146. Planche I. Préparation des fruits confits et des pralines. L’ouvrier du centre retire les fruits du bain de sirop et les place sur une grille. Celui de droite fait des pralines sur le fourneau.
- 147. Planche III. Fabrication des dragées lisses et perlées, c’est-à-dire des bonbons de sucre. A gauche fabrication de la dragée lisse. L’ouvrier prend du sucre dans la poêle qui est à côté de lui et forme les dragées dans une bassine suspendue au-dessus du feu par des cordes, de façon à pouvoir être agitée. A droite, on fait la dragée perlée dans une bassine analogue, mais le sucre tombe goutte à goutte d’un réservoir en forme d’entonnoir, le perloir.
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- 148. On donnait aux glaces diverses formes pittoresques. Une planche présente quelques moules offrant des sujets divers : fruits, poissons, crustacés.
- 149. Planche V. La fabrication du chocolat est une autre technique de la confiserie. On sait qu’il s’agit de cacao torréfié, broyé et cuit avec du sucre. On voit ici griller et vanner les amandes (à gauche). Elles sont pilées au centre dans un mortier, puis broyées avec du sucre (à droite).
- (141 : t. VI, Fromage d’Auvergne, pl. I. — 142 : t. VI, Fromages de Gruyère et de Gérardmer, pl. I. — 143 : t. II, Brasserie, pl. III. — 144 : t. III, Distillateur d’eau-de-vie, pl. unique. — 145 : t. VIII, Pâtissier, pl. I. — 146, 147, 148, 149 : t. III, Confiseur, pl. I, III, IV et V.)
- FILATURE
- FIL, ROUET, DÉVIDOIR
- 150. Ce sont les opérations de la filature manuelle qui sont retracées ici en planche I. En 1 (à gauche) on file à la quenouille et au fuseau, en 2 (à droite) on file au rouet. En 3, une fille fait un écheveau en faisant passer le fil d’une bobine sur le dévidoir. En 4, une femme met en pelote l’écheveau de fil provenant du dévidoir et placé sur la tournette.
- LA SOIE. TIRAGE ET DÉVIDAGE
- 151. Le cocon de ver à soie fournit un brin continu mais beaucoup trop grêle pour pouvoir être conservé seul. Aussi est-il nécessaire d’en réunir un certain nombre dès le moment où on déroule le cocon. C’est l’opération du tirage, représentée planche I. Les cocons trempent dans l’eau chaude ; le faisceau de brins passe à travers un œillet animé d’un mouvement alternatif, et le fil va s’enrouler sur le dévidoir.
- 152. Planche V. Ici à gauche on bobine l’écheveau retiré du dévidoir. La machine s’appelle « tour d’Espagne ». Remarquer la règle de bois, dite cigogne, chargée d’un poids à une de ses extrémités, et terminée à l’autre par un crochet de verre dans lequel passe le fil de soie. A droite une ouvrière double plusieurs brins de soie ensemble avec l’escaladou, qu’elle tient sur ses genoux. Le bâti portant les bobines qui se trouve devant elle s’appelle un tracanoir.
- LA SOIE, MOULINAGE
- Après le tirage et le dévidage, on dispose d’un fil appelé fil grège. Il faut ensuite procéder au moulinage. Celui-ci comprend deux opérations : 1° torsion du fil simple ; on obtient le fil poil, employé pour la trame ; 2° réunion par torsion de plusieurs fils ; on obtient l’organsin, ainsi défini par Vaucanson : ce « n’est autre chose que deux, trois et quelquefois quatre fils de soie grège tordus chacun en particulier sur un autre moulin. »
- Voici d’après Ballot la disposition générale du moulin à organsiner, machine qui apparut en Italie à la fin du Moyen-Age.
- Le bâti forme une cage cylindrique de 5 mètres de diamètre environ et de hauteur égale, dont l’axe est occupé par un arbre vertical. « Les broches, au
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- nombre de 336 environ sont disposées en une série d’étages circulaires ou var-gues ; elles sont mues par un mécanisme fort primitif. A l’intérieur du moulin, vis-à-vis de chaque vargue, se trouvent des arcs de cercle feutrés, les strasins, rattachés à l’arbre central qui leur imprime un mouvement de rotation ; frottant contre les broches, il les font tourner d’un mouvement de rotation qui peut atteindre 600 à 800 tours à la minute ». Les arbres verticaux prolongés vont mouvoir dans un second étage une série de dévidoirs.
- 153, 154. En planche VIII, à gauche (fig. 1) un moulin à 3 vargues où l’on voit la partie intérieure qui porte les strasins. A droite (fig. 2), le moulin avec les broches, mais sans les strasins. En planche IX, le dévidage, placé au-dessus du moulin de la planche VIII.
- Vaucanson apporta en 1751 des perfectionnements décisifs au moulin à organ-siner. En particulier il remplaça les strasins, par une chaîne sans fin d’un modèle spécial, qu’il inventa à cet effet et qui a gardé son nom.
- FILATURE
- (150 : t. IV, Fil, rouet, dévidoirs, pl. I. — 151, 152, 153, 154 : t. XI, Soierie, pl. I, V, VIII et IX.)
- TISSAGE
- OURDISSAGE
- La chaîne d’une étoffe se compose d’un très grand nombre de fils parallèles, enroulés l’un à côté de l’autre sur un rouleau du métier à tisser appelé ensouple, et qu’on fait avancer au fur et à mesure des progrès du travail.
- 155. Planche XXIII, on forme sur l’ourdissoir qui est à droite un faisceau de trente-trois fils. Le tambour de l’ourdissoir a trois aunes et demie de tour.
- 156. Planhe XXVIII, on relève les pièces ourdies de dessus l’ourdissoir, c’est-à-dire que le faisceau qu’on vient de former est mis sur un rouleau. Il n’occupe qu’une partie de la longueur de ce rouleau et d’autres faisceaux prendront place sucessi-vement à côté de lui.
- 157. Planche XXX, on ployé la chaîne sur l’ensouple. Le rouleau de la planche XXVIII a été entièrement garni. Il est maintenant placé à droite, et les fils viennent prendre place côte à côte sur l’ensouple visible à gauche. L’ensouple sera mise ensuite dans le métier à tisser. L’ouvrier du centre est muni d’un outil appelé rateau grâce auquel il maintient dans le parallélisme voulu les fils de chaîne.
- TISSERAND
- 158. En planche I, des ouvriers manœuvrent des métiers à toile. C’est le type de métier à tisser le plus simple qui puisse exister. La chaîne est tendue presque horizontalement entre deux rouleaux appelés ensouples. Au moyen des pédales ou marches, l’ouvrier déplace les lisses qui ouvrent la chaîne alternativement dans un sens et dans un autre. La navette chargée du fil de trame est alors lancée dans la chaîne ouverte, successivement de gauche à droite et de droite à gauche. Le fil qu’elle laisse derrière elle, ou duite, est ensuite tassé contre l’étoffe déjà tissée grâce au peigne ou ros.
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- SOIERIES. ÉTOFFES BROCHÉES
- 159. Planche LX. On peut voir ici le métier à la grande tire, tel qu’il fut réalisé en
- 1606 par l’ouvrier lyonnais Claude Dangon à l’imitation des métiers italiens du temps. Ce métier subsista jusqu’à l’apparition du Jacquard, malgré les tentatives d’automatisation de Bouchon (1725), Falcon (1728) et surtout Vaucanson (1745). Chaque fil de chaîne est introduit dans un maillon suspendu à une corde nommée arcade, maintenue verticale au moyen d’une planche d’arcades percée de petits trous très rapprochés les uns des autres et placée horizontalement à une trentaine de centimètres au-dessus de la chaîne (en n n sur la gravure ; les arcades elles-mêmes sont en 00). Au-dessus de la planche d’arcades, les arcades correspondant aux fils qui pour la réalisation du dessin choisi doivent avoir les mêmes mouvements sont réunis à une même corde. On produit donc l’ouverture voulue de la chaîne en tirant les cordes correspondant aux fils qui doivent recouvrir la duite. Ces cordes sont dites cordes de rame. Elles sont ramenées horizontalement au moyen de galets de renvoi placés à la partie supérieure du métier et leurs extrémités sont attachées à une barre (sur la gravure le rame est en H S T). Les différentes cordes du rame sont reliées au plancher par d’autres cordes formant le semple (en S R sur la gravure). Un aide dit tireur de lacs produit l’ouverture de la chaîne en manœuvrant les cordes du semple sélectionnées pour chaque ouverture par une série de ficelles à boucle.
- 160. Tous les détails de cette disposition sont représentés à grande échelle sur la fig. 1 de la planche LXIV. En m, m, ... et n, n ... les maillons où passent les fils de chaîne. Attachées aux maillons, les arcades qui traversent la planche d’arcades Ee Ff. En GHST et gHsT, deux cordes de rame. En RMVS et RMuS, deux cordes du semple. En fig. 2, partie d’étoffe brochée vue à l’envers au microscope.
- LE TISSAGE : LISSES, ARMURES ET NŒUDS
- 161. Les lisses sont des boucles de fil servant à déplacer certains des fils de chaîne pour ouvrir celle-ci et permettre le passage des fils de trame. En planche CXXVI, on voit la formation des lisses dites à crochet. On place d’abord les mailles et boucles de la rangée supérieure, puis celles de la rangée inférieure, en faisant dans la boucle d’en haut le fil qui forme la boucle d’en bas.
- 162, 163. Par armure on désigne le mode d’entrelacement des fils de chaîne et de trame. La plus simpe de toutes est l’armure dans laquelle un fil soit de chaîne ou de trame passe alternativement sous et sur chacun des fils de l’autre nappe. C’est la toile, ou le taffetas s’il s’agit d’une étoffe de soie. Les quatre autres dispositions que montrent les planches ici présentées sont des variétés de serge, étoffes dans lesquelles l’armure est combinée de façon à ménager des rayures obliques, embrassant un plus ou moins grand nombre de fils.
- 164, 165. Le raccordement des fils au cours du tissage nécessite l'exécution fréquente de nœuds particulièrement soignés. Ici divers nœuds employés par les tisserands en soierie : nœud plat, nœud à l’ongle double, nœud tirant et nœud coulant.
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- MÉTIER A FAIRE DU MARLI
- 166. Le marli était une sorte de gaze exécutée en fil de soie grège. Il s’agit donc d'un tissu lâche, ne comptant que de 16 à 20 fils par pouce, soit 6 à 8 fils au centimètre.
- MÉTIER A BAS
- 167. Les origines du métier à tricoter remontent jusqu’à la fin du xvi® siècle (William Lee). L’invention ne se développa pas avant le xvm® siècle, malgré les efforts d’Hindret qui fut encouragé par Colbert. On s’efforça d’abord de limiter l’emploi du tricotage mécanique, mais les entraves disparurent successivement et la liberté fut entière à partir de 1758.
- Ici à gauche un ouvrier travaille au métier à bas. A droite une ouvrière prépare des bobines de soie à partir de la soie en écheveaux.
- (155, 156, 157 : t. XI, Soierie, pl. XXIII, XXVIII et XXX. — 158 : t. XI, Tisserand, pl. I. — 159, 160, 161, 162, 163, 164, 165 : t. XI, Soierie, pl. LX, LXIV, CXXVI, XXXIX, XLIII, CXVIII et CXIX, resp. — 166 : t. XI, Métier à faire du marli, pl. I. — 167 : t. II, Métier à bas, pl. I.)
- PASSEMENTERIE
- OURDISSOIR, RETORS, MÉTIER A FRANGES, FAÇON DE LA NOM-PAREILLE
- 168, 169, 170, 171. Planche I. En passementerie, l’ourdissage ressemble beaucoup à celui du tissage ordinaire, qu’on peut voir ailleurs. Faire le retors, c’est assembler et tordre un certain nombre de fils pour en former un cordonnet. En planche III, les ouvriers a et b (gauche et droite) font le retors avec un grand rouet. En c (centre) un ouvrier fait le retors avec un rouet à main. Planche XV : fabrication des franges sur un métier spécial. Planche XXI, fabrication de la nompareille. La nompareille est un ruban fait d’un grand nombre de fils de soie parallèles, qu’on aplatit en les faisant passer entre un rouleau de bois et un rouleau de métal chaud. Ces brins sont assemblés par un simple gommage.
- MÉTIER A FAIRE LE GALON
- Un galon est un façonné de largeur très réduite. On sait que pour exécuter un façonné, il est nécessaire de faire mouvoir isolément chaque fil de chaîne, ou tout au moins des groupes de fils de chaîne déterminés d’avance conformément à un patron quadrillé (mise en carte) du dessin à reproduire.
- 172. Planche V. Dans le cas du galon, outre que le nombre de fils de chaîne est réduit, le report du dessin, c’est-à-dire le nombre de duites au bout duquel il se reproduit, est également bref. La solution du problème sera simple : chaque groupe de lisses est relié à une pédale ou marche, et avant chaque passage de la navette l’ouvrier produit l’ouverture voulue de la chaîne en manœuvrant la marche convenable.
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- 173. Planche VIII. Ici, on prépare les groupes de lisses suivant le patron quadrillé ; c’est-à-dire que chaque lisse devant être levée est reliée à la corde provenant d une marche.
- (168 à 171 : t. XI, Passementerie, pi. I, III, XV, XXI. — 172, 173 : t. XI, Passementerie, pl. V et VIII.)
- TEINTURERIE
- TEINTURIER DE RIVIÈRE
- Le teinturier de rivière procède à la teinture de la soie en écheveaux.
- 174. La planche I fait voir l’ensemble de l’atelier. En a le fourneau, en b, b, b les chaudières pour teindre les soies. L’eau chaude arrive aux chaudières par les robinets d. En i, t, t, de grandes chaudières en cuivre, dans lesquelles les écheveaux de soie sont soutenus par des bâtons. L’ouvrier r (à droite ) est occupé à teindre les soies dans la chaudière, l’ouvrier s (à gauche) dresse les écheveaux sur une pièce de bois appelée épart, l’ouvrier / (au centre) débite en copeaux du bois de teinture ; enfin en v (centre, au fond) uu ouvrier porte les soies au lavage de rivière.
- 175, 176. D’autres détails des mêmes opérations apparaissent sur les planches IV et VI. En planche IV, les écheveaux sont enfermés dans des sacs, ou poches, avant de passer à la chaudière ; en planche VI des ouvriers procèdent au lavage en rivière après teinture. Pour ce faire ils sont embarqués sur une sorte de ponton spécial qui leur permet de se placer au milieu du courant.
- TEINTURERIE DES GOBELINS
- L’opération de la teinturerie dite des Gobelins consiste à teindre non plus des fils mais des étoffes en pièce.
- 177. En planche I, l’ensemble de l’atelier. En a, a, grande chaudière pour le lavage. L’eau y arrive par b et c. En m (à droite) des ouvriers sont occupés à pousser le drap dans une chaudière de lavage. L’instrument visible en / (à gauche) sera ensuite placé sur le bord de la chaudière de teinture ; il s’appelle un tour ; grâce à la manivelle dont il est muni, il permet de déplacer le drap dans la chaudière pour le teindre uniformément, comme on le voit faire en o au fond de la planche.
- 178. C’est également le tour qu’on voit en action, d’une manière plus distincte, en haut de la planche VIII. En bas, le drap une fois teint est lavé à l’eau courante à même dans une rivière.
- 179. Au sortir du lavage, la surface de la pièce de drap a perdu son uniformité. On la lui rend (pl. IX, en haut) en le disposant sur le couchoir et en le passant à la brosse à coucher. L’opération s’appelle « recoucher le drapé ». II était nécessaire ensuite de donner au drap une certaine tension pendant son séchage (pl. IX,
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- en bas). La partie inférieure du cadre où on le dispose est mobile, afin de s’ajuster à la largeur de la pièce et de procurer la tension nécessaire.
- (174, 175, 176 : t. X, Teinturier de rivière, pl. I, IV et VI. — 177, 178, 179 : t. X, Teinture des Gobelins, pl. I, VIII et IX.)
- TAPISSERIE ET TAPIS
- TAPISSERIE DE LISSE
- La tapisserie est un tissu décoré, dans lequel la trame polychrome est suffisamment serrée pour recouvrir entièrement la chaîne, dont la couleur est uniforme. C’est sur ces fils de chaîne que, avant l’exécution, on trace les contours du dessin qui sera reproduit en laines ou en soies de différentes couleurs. Les fils de trame sont passés à la main au moyen d’un instrument appelé broche sur lequel le fil est enroulé. Si sur le métier la chaîne est tendue verticalement, la tapisserie est dite de haute lisse. Si la chaîne est tendue horizontalement, la tapisserie est dite de basse lisse. Pendant l’exécution du travail, un modèle en couleurs appelé carton est placé auprès de l’ouvrier. La technique de la tapisserie semble n’avoir que très peu évolué depuis l’antiquité.
- 180, 181. En planche I, vue d’ensemble de l’atelier des Gobelins, avec sur la droite une série de métiers de haute lisse. En planche IX, l’attitude d’un ouvrier haute lissier au travail. Le long du travail commencé on voit pendre un certain nombre de broches n, n,n ... En o le peigne qui sert à tasser les duites.
- 182, 183, 184. Les figures des planches X, XI, XII montrent les différentes attitudes des mains de l’ouvrier pendant le travail de haute lisse, qui est extrêmement simple et se comprend en quelque sorte de lui-même.
- 185. Planche I. Vue d’ensemble d’un atelier de basse lisse. Les métiers sont sur la droite. Remarquer que les cartons sont placés derrière les ouvriers, ce qui les oblige à se retourner chaque fois qu’ils veulent l’examiner.
- 186, 187, 188. Figures des planches XV, XVI et XVII montrant diverses attitudes des mains de l’ouvrier usant des broches ou du peigne à tasser les duites.
- A propos de ces figures une remarque s’impose au sujet des tapisseries de haute comme de basse lisse. Tout changement de couleur suivant une ligne droite parallèle aux fils de chaîne produit une fente dans le tissu. Quand la tapisserie est terminée, il est nécessaire de coudre ces fentes à points invisibles. Cette opération s’appelle la rentraiture.
- 189. En planche XVIII, un ouvrier travaille à la lumière. La bougie qui l’éclaire est placée dans une lampe d’une forme spéciale dite lampe de tisserand.
- TAPIS DE TURQUIE
- 190. On désignait autrefois par ce terme toute espèce de tapis d’Orient, ainsi que les imitations de ces tapis qu’on prit de bonne heure l’habitude d’exécuter en
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- Europe. Dans un tapis le fil de trame est noué sur la chaîne et coupé, de façon à obtenir un effet velouté, le poil du tapis. Mais si la technique du tissage est différente, la disposition générale de l’atelier et des métiers, comme on peut le voir sur cette planche I, ressemble beaucoup à celle adoptée pour la tapisserie de haute lisse.
- (180 à 184 : t. IX, Tapisserie de haute lisse des Gobelins, pl. I, IX, X, XI, XII. — 185 à 189 : t. IX, Tapisserie de basse lisse des Gobelins, pl. I, XV, XVI, XVII, XVIII. — 190 : t. IX, Tapis de Turquie, pl. I.)
- TRAVAIL DU CUIR
- TANNEUR
- Le tannage comprend trois étapes essentielles : le travail de rivière qui consiste à nettoyer la peau, ensuite le plamage qui consiste à en enlever les poils; enfin la peau est immergée dans une fosse où elle est soumise à l’action du tan.
- 191. Planche III. Travail de rivière. Les cuirs sont jetés dans l’eau « pour les dégorger du sang caillé et des autres impuretés qui pourraient y être jointes ». En Gg Kh, quatre cuves à désaigner les peaux. Figure 1 : un ouvrier rince les peaux avec de longues tenailles. Figure 3 : un ouvrier débourre une peau sur le chevalet avec un couteau rond.
- 192, 193. Planches IV et V. Nous sommes ici dans la plamerie, où on s’occupe à dépouiller les peaux de leurs poils. Cette opération s’exécute de trois manières différentes dont les deux premières sont les plus répandues : à la chaux (voir planche IV), à la farine d’orge (voir planche V) ou encore simplement en exposant les peaux au feu et à la fumée. Dans ce dernier cas les peaux épilées séjournent ensuite dans un jus d’écorce.
- 194. Planche VI. Travail des fosses. Après avoir été plamées, les peaux vont dans les fosses, où elles sont étendues et poudrées au tan, c’est-à-dire avec de l’écorce de jeune chêne réduite en poudre grossière dans un moulin spécial. La durée du séjour dans la fosse à tanner et le nombre de fois où on renouvelle la poudre de tan varient avec la manière suivant laquelle la peau a été plamée, mais la durée du séjour en fosse est toujours de l’ordre de plusieurs mois. La préparation des peaux sortant des fosses est en général achevée par le corroyeur.
- CORROYEUR
- Corroyer un cuir de bœuf, vache, veau ou mouton c’est, lorsqu’il sort des mains du tanneur, le rendre plus lisse et plus souple de façon qu’il puisse être utilisé en bourrellerie et sellerie.
- 195. Les opérations consistent en humectage, foulage, grattage, passage au suif, etc. Planche I : en 1 on foule la peau sur la claie, en 2 on écharne, c’est-à-dire qu’on enlève le superflu de la chair qui peut être resté du travail du tanneur, en 3 on étire la peau, en 4 on corrompt et tire avec la pomellc, en 5 on pare avec la lunette, en 6 on foule avec la bigorne.
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- HONGROYEUR
- Un cuir hongroyé est un cuir fort qui, au lieu d’avoir été tanné avec une matière végétale, a été travaillé avec l’alun et le sel marin, puis imprégné de suif. Le cuir hongroyé est fait avec de la peau de bœuf et s’emploie en sellerie, bourrellerie, carrosserie.
- 196. Planche III. Flambage. Le cuir a été graissé, et deux ouvriers le tiennent pendant environ une minute à quelque distance d’une grille de charbons ardents, la chair tournée du côté du feu.
- MAROQUINIER
- 197, 198, 199. Le maroquin est un cuir spécial qui s’obtient par tannage au bois de sumac des peaux de chèvre. Les peaux sont cousues chair contre chair, formant un sac qu’on remplit de sumac, qu’on ferme complètement et qu’on immerge dans un bain de sumac où on l’agite de temps en temps. Les planches I, IV, V nous font assister à diverses opérations de ce travail.
- CHAMOISEUR ET MÉGISSIER.
- Le chamoiseur prépare la peau de chamois et le faux chamois en peau de mouton et de chèvre. Le travail du mégissier ressemblait beaucoup à celui de chamoiseur, mais le mégissier traitait les peaux délicates et fines du genre de celles employées pour la fabrication des gants.
- 200, 201. Les opérations consistaient en un traitement à la chaux, un foulage et un traitement à l’huile, séparés par divers lavages et des grattages opérés sur un chevalet avec différentes sortes de fers à deux manches. Les planches I et II nous font assister à ces diverses phases du travail.
- (191, 192, 193, 194 : t. IX, Tanneur, pl. III, IV, V et VI. — 195 : t. III, Corroyeur, pl. I. — 196 : t. VII, Hongroyeur, pl. III. — 197, 198, 199 : t. VII, Maroquinier, pi. I, IV et V. — 200, 201 : t. II, Chamoiseur et mégissier, pl. I et II.)
- INDUSTRIES DU VÊTEMENT
- CORDONNIER ET BOTTIER
- 202. Autrefois les chaussures étaient fabriquées exclusivement sur mesures. Aussi voyons-nous ici vers la droite le cordonnier occupé à prendre les mesures d’un client. Au fond un ouvrier cherche la forme qui convient. Un autre ouvrier (fig. 3) est occupé à coudre une semelle; à côté de lui un autre met une botte sur la forme. Celui qui réparait les chaussures ne s’appelait pas un cordonnier, mais un savetier. On en distingue un, sous une échoppe installée dans la rue, à l’extrême gauche de la planche.
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- BOUTONNIER
- Les boutons jouent dans l’industrie du vêtement un rôle capital bien qu’appa-remment effacé.
- 203. Certains boutons sont composés d’une forme en bois, dite moule, qu’on recouvre ensuite d’une étoffe assortie au vêtement. En planche I nous assistons à la fabrication de ces moules : à gauche, deux ouvriers scient des morceaux de bois d’où on emportera les moules avec les perçoirs; au milieu un ouvrier et une ouvrière façonnent des moules avec un outil mis en rotation au moyen du dispositif dit archet; à droite, on façonne de même les moules mais en employant un tour spécial.
- 204. Il existait aussi des boutons en métal. La planche III montre les étapes de leur fabrication : au centre, emboutissage de rondelles de métal découpées à l’emporte-pièce. A gauche, un ouvrier remplit de mastic fondu les calottes qu’on vient de préparer; il ajuste un moule dans chaque calotte de bouton pendant que le mastic est chaud. A droite, les boutons sont ajustés sur un tour, afin d’être polis.
- PLUMASSIER-PANACHIER
- 205. Au XVIIe siècle, les plumes jouaient un rôle important dans le costume. On voit en planche I l’ensemble de la boutique d’un plumassier-panachier. En a (à gauche), on prépare le chapeau d’un récipiendaire duc et pair; en c (au milieu), on monte un panache en plumes d’autruches pour les têtes des chevaux « pour les entrées d’ambassadeurs et autres cérémonies ». Les paquets de plumes d’autruches pendues au plafond viennent du dégraissage et sont en train de sécher.
- 206. La planche IV montre différents ouvrages de plumes. On remarque aux figures 4, 5, 6, 7, la manière de tisser les manchons en plumes.
- PERRUQUIER
- Personne n’ignore à quel point fut général l’usage de la perruque aux xviie et xvme siècles.
- 207. En planche I, ensemble de la boutique d’un perruquier-barbier. Le perruquier en effet rasait aussi ses clients, comme on le voit au milieu.
- 208. Les formes des perruques étaient très variées comme on le voit planche VII : en bonnet (1 et 2), à la bourse (3 et 4), à nœuds (5 et 6), naissante (10 et 11), d’abbé (12 et 13), à la brigadière(l4 et 15).
- FOURREUR
- 209. Au xvme siècle la fourrure était employée dans la mode autant que de nos jours. Ici la boutique d’un fourreur. Au fond une vendeuse propose des manchons
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- à des clients. Vers la droite, un ouvrier bat des peaux. On voit plus loin une pelisse de fourrure, tout autour de la pièce des cartons où sont rangés des manchons. Au plafond, des peaux sont suspendues.
- (202 : t. III, Cordonnier et bottier, pl. I. — 203, 204 : t. II, Boutonnier, pi. I et III. — 205, 206 : t. VIII, Plumassier, pl. I et IV. — 207, 208 : t. VIII, Perruquier-barbier, pl. I et VII. — 209 : t. IV, Fourreur, pl. V).
- ARTS GRAPHIQUES
- PAPETERIE
- Au XVIIIe siècle on ne connaissait pas encore d’autre papier que le papier de chiffons. Suivons les diverses phases de la fabrication.
- 210. Planche Ibis. Délissage. Sur des lames tranchantes fixées dans la table, des
- ouvrières découpent les chiffons en étroites lanières.
- 211. Planche II. Le pourrissoir. Les chiffons trempent longtemps dans l’eau et
- commencent à se dissocier (en bas de la planche, plan du moulin à maillets dont il sera parlé plus loin).
- 212. Planche III. Dérompoir. Les lanières de chiffon qu’on apporte du pourrissoir sont effilochées par les ouvriers sur les « faux » marquées a.
- 213. Planche IV. Moulin à maillets (en voir le plan planche II). Au sortir du
- dérompoir, le chiffon achève de se réduire en bouillie sous le choc des
- maillets soulevés par l’arbre à cames mis en mouvement par la roue hydraulique qu’on voit au fond.
- 214. 215. Planches IX et X. La pâte est maintenant prête. C’est une bouillie claire où nagent les fibres. Pour former une feuille de papier, on enlève une certaine quantité de pâte avec une sorte de tamis appelé forme. L’eau s’écoule et la feuille de papier se forme sur le fond du tamis. En planche IX, les formaires fabriquent les formes; le tamis est exécuté en fil de métal. En planche X : en 1, un ouvrier lève dans la cuve une feuille de papier sur la forme. Les feuilles encore humides et molles sont empilées séparées par des feutres.
- 216. Planche XI. Collage. Tel qu’il vient d’être préparé, le papier resterait poreux après séchage et boirait l’encre. Il est nécessaire de l’imbiber de colle légère, afin de lui donner une certaine imperméabilité.
- 217. Planche XII. Etendage. C’est ici le séchage des feuilles de papier terminées qu’on étend une à une sur des cordes.
- 218. Planche XIII. La salle. Opérations terminales : en 1 au centre on épluche, en 2 à gauche on lisse, en 3 on plie, en 4 on forme des mains de 25 feuilles et en 5 on donne un dernier coup de presse.
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- ART D'ÉCRIRE
- L’écriture à la main, qui prend le nom de calligraphie lorsqu’elle est exécutée d’une manière particulièrement soignée, garde au XVIIIe siècle une très grande importance, qu’elle conservera du reste jusqu’au dernier quart du siècle suivant, c’est-à-dire jusqu’à l’apparition de la dactylographie.
- 219. Planche II. Position du corps. « La partie droite du corps doit décoller de la table à une distance de 4 à 5 doigts. La partie gauche doit presque toucher la table sans s’y appuyer. Poser le coude et l’avant-bras gauche sur la table. Deux tiers du bras droit reposent sur la table. La main ne repose que sur le poignet, l’annulaire, l’auriculaire et le bec de la plume. Laisser un vide entre le poignet et les deux derniers doigts. Baisser un peu le corps en avant. Garder la tête dans le prolongement du corps. Fixer les yeux sur le bec de la plume. Poser la jambe gauche dans l’axe du corps. Poser la jambe droite légèrement déviée vers la droite. » AB... : lignes perpendiculaires montrant la position correcte.
- 220. Planche III. « Position des jeunes demoiselles pour écrire. Corps droit. Deux tiers des avant-bras posés sur la table. Tête un peu baissée en avant. La plume placée entre les doigts dans la même ligne que le bras. » AB... : lignes perpendiculaires montrant la position correcte.
- « Représentation d’une main qui tient la plume. 1 : extrémité du majeur qui soutient la plume contre l’ongle. 2 : pouce qui conduit et soutient la plume avec la première jointure de l’index. 3 : la plume passe entre la 2e et 3e jointure de l’index. 4, 5 : annulaire et auriculaire reposant légèrement sur le papier. 6 : poignet reposant faiblement sur le papier. 7 : espace qui doit être entre le poignet et les doigts annulaire et auriculaire. 8 : extrémité de l’index qui couvre la plume dans toute sa longueur. 9 : bec de la plume sur lequel porte le poids de la main ». Tout autour, en C un canif ordinaire, en D un canif fermant, en E un grattoir.
- 221. Planche IV. « Posture de la main et du canif » pour tailler la plume. La plume « se tient par les trois premiers doigts de la main gauche, droite rapport au corps; le pouce la fait pivoter. Canif : se meut par les quatre derniers doigts de la main droite qui enveloppent le manche. Le pouce de la main soutient la plume ».
- IMPRIMERIE
- Chacun sait que l’impression typographique des textes s’opère au moyen de caractères mobiles comportant chacun une lettre ou signe gravé en relief, qu’on assemble en planches. Les caractères sont eux-mêmes obtenus en coulant un alliage métallique assez fusible dans une matrice en métal dur où la lettre est gravée en creux.
- 222. Planche I. Elle représente la « fonderie en caractères » où s’exécute l’opération dont nous venons précisément de parler. Les ouvriers 5, 6 et 8 tiennent chacun un moule dans la main gauche; ce moule contient la matrice. Le métal chauffe en 7, on le verse dans les moules avec une cuillère. A gauche, des femmes ébarbent les caractères sortant du moule.
- 223. Planche I. L’opération de la casse. La casse est le casier incliné où sont rangées les lettres (voir fig. 1 et 2). L’ouvrier a en main un composteur dont la
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- largeur est égale à la longueur d’une ligne du texte à composer. Chaque fois qu’une ligne est prête dans le composteur, elle est placée dans un châssis correspondant à une page et posé sur un marbre. Quand une page entière est prête on la taque avec le taquoir, comme on voit faire en figure 3, pour abaisser toutes les lettres également.
- 224. Planche XIII. Tremperie et lavage des formes. Deux opérations distinctes s’exécutent ici. A gauche on nettoie dans la lessive une forme. La forme est l’ensemble des pages qui s’impriment côte à côte sur une seule feuille. On en voit deux près de l’ouvrier, qui sont dressées contre la muraille pour égoutter. A droite, opération toute différente : on trempe le papier dans l’eau pour le préparer à recevoir l’impression.
- 225. Planche XIV. L’opération d’imprimer. En 1, un compagnon imprimeur étend une feuille de papier blanc sur le tympan de la presse. Le cadre ajouré qu’on voit sur le mur et qui va être rabattu sur la feuille s’appelle la frisquette. Figure 2 : « autre ouvrier, qui touche la forme avec les balles qu’il tient des deux mains pour encrer l’œil de la lettre puis s’éloigne. Le premier ouvrier abaisse alors la frisquette sur le tympan, puis celui-ci sur la forme. Puis il fait glisser le train de la presse sous la platine qui foule le tympan et imprime ainsi la première moitié de forme. II continue de glisser le train et imprime la deuxième moitié. Puis il déroule le train, lève le tympan et la frisquette, enlève la feuille qu’il dépose à côté sur son banc ». En figure 3, on voit la presse en action de la manière qui vient d’être décrite. En figure 4 un ouvrier distribue l’encre sur les balles et en même temps examine la feuille qui vient d’être tirée.
- GRAVURE EN BOIS
- 226. La gravure en bois (on dit aujourd’hui : sur bois) est une technique de gravure en relief. Sur une planche de bois à grain serré (buis en général), on grave le dessin de façon que les traits, qui doivent venir en noir, restent en relief. C’est à cette opération que sont occupés les ouvriers que l’on voit ici. Pour imprimer, on encre la planche, seuls les traits prennent l’encre et la déposent ensuite sur le papier. Le principe de la gravure sur bois est donc le même que celui de l’impression typographique.
- GRAVURE ET IMPRIMERIE EN TAILLE-DOUCE
- La taille-douce est une technique d’impression en creux, c’est-à-dire que les traits du dessin, qui doivent venir en noir, se trouvent en creux sur la planche gravée et retiennent seuls l’encre.
- 227. Planche I. Cette planche montre surtout les opérations de la gravure en creux à l’eau-forte sur cuivre. En fig. 1 (à droite) on vernit au vernis mou la planche posée sur un réchaud. En 1 bis, un homme noircit le vernis, en passant une torche sous la planche pendue au plafond. En figure 2, vers la gauche, on fait mordre en versant l’eau-forte sur la planche posée sur un chevalet. Le dessin a été tracé à la pointe dans le vernis. C’est cette dernière opération qu’on voit exécuter en figure 3 devant la fenêtre du centre. En 4 et 5, autres manières de faire mordre
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- les planches. Autre technique de gravure en creux sur cuivre : on peut directement inciser les traits au burin. Voir ce travail tout à fait à gauche en figure 6. La planche est posée sur un coussinet et on distingue à l’extrémité du burin le copeau de cuivre qui se détache.
- 228. Imprimerie en taille-douce. Pour imprimer en taille-douce, on encre complètement la planche (a) puis on l’essuie de façon qu’il ne reste du noir que dans les tailles (b). Papier et planche passent alors ensemble entre les rouleaux d’une presse; le papier est foulé dans les creux de la planche, où il atteint l’encre et les traits s’impriment en noir.
- RELIEUR
- Pour exécuter une reliure, on commence par coudre ensemble les cahiers qui forment le volume. On y fixe ensuite les cartons qui constituent les plats de la couverture. Le tout est alors recouvert de cuir ou de parchemin. A l’intérieur on colle les gardes de couleur. Enfin on exécute en dorure les titres et ornements sur le dos et éventuellement sur les plats, et on peut encore teinter, jasper ou dorer les tranches.
- 229. Quelques opérations sont visibles ici. Planche I. En a on bat les reliures, en b on coud ou broche un livre, en c on rogne le volume sur la presse, en d on presse les volumes qui doivent être reliés.
- 230. Planche V, opérations du relieur-doreur. On applique l’or en feuilles et on imprime le dessin au fer; l’or ne se fixe que dans les parties pressées. En a un ouvrier dore la tranche d’un volume. En b un ouvrier pousse la roulette, fer de forme circulaire servant à exécuter en continu les dessins qui se répètent indéfiniment. A côté de lui est le fourneau à faire chauffer les fers. En c une ouvrière pose la feuille d’or sur le dos des volumes.
- (210, 211, 212, 213, 214, 215, 216, 217, 218 : t. V, Papeterie, pl. I bis, II, III, IV, IX, X, XI, XII et XIII. — 219, 220, 221 : t. II, Art d'écrire, pl. II, III et IV. — 222 : t. II, Fonderie en caractères, pl. I. — 223, 224, 225 : t. VII, Imprimerie en caractères, pl. I, XIII et XIV. — 226 : t. V, Gravure en bois, pl. I. — 227 : t. V, Gravure en taille-douce, pl. I. — 228 : t. VII, Imprimerie en taille-douce, pl. I. — 229, 230 : t. VIII, Relieur, pl. I et V.)
- INSTRUMENTS DE PRÉCISION
- TOURNEUR
- Tel qu’on le voit dans l’Encyclopédie, le tour était utilisé depuis quatre siècles environ. Construit en bois, il ne servait qu’à tourner des pièces en bois. C’est précisément au cours du xvme siècle que le tour a été construit en fer et, avec Vaucanson, a commencé à être employé pour le travail du fer.
- 231. Nous pénétrons avec la planche II dans l’atelier d’un tourneur en bois. La pièce à tourner est placée entre pointes comme on le voit sur la droite de la
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- figure; elle est animée d’un mouvement rotatif de va-et-vient par la corde qui l’entoure. Cette corde est tirée vers le bas par le tourneur qui appuyé sur la pédale inférieure et rappelée vers le haut par la perche flexible fixée au plafond. Le tour du fond n’est pas monté; on voit distinctement les deux poupées et les pointes. La perche est remplacée par un archet.
- 232, 233. Pour certains ouvrages il était nécessaire d’animer la pièce à tourner d’un mouvement continu dans le même sens (planche IV). Cela se faisait grâce à une roue à gorge sur laquelle passait une corde sans fin en boyau enroulée sur une poulie portée par le tour. Mais l’ouvrier devait disposer d’un aide qui tournait la manivelle. Ici le bâti du tour est en fer. Mais la pièce à tourner est toujours en bois. Au mur des deux ateliers, un râtelier des outils usuels dont on retrouve un plus grand nombre sur la planche XI. Cette planche est représentée comme un exemple des multiples planches de détails que les auteurs de l’Encyclopédie ont publiées.
- 234. On entre ensuite dans le détail de la construction des tours avec la planche XVII sur laquelle sont représentés différents types de tours. Sur celui de la figure 1 la transversale C sert à supporter l’outil tenu par l’ouvrier; le ïour de la figure 3 est un tour en l’air, les pièces C et D sont des poupées à lunettes qui servent à maintenir les pièces en position horizontale. Le tour de la figure 4 servait à tailler les filets des vis. La poupée B porte une série de clés dont on usait selon le pas de la vis à tailler. Les tours étaient commandés soit à la perche, soit à l’archet comme un tour d’horloger.
- 235. Enfin nous avons devant nous un tour à perche dessiné seul et complet, à l’usage des tabletiers et des cornetiers. La pièce est montée entre pointes (planche XV).
- TOURS A FIGURER
- Les planches qui illustrent cet article de l’Encyclopédie sont presque toutes inspirées du célèbre Art de tourner ou de faire en perfection toutes sortes d’ouvrages au tour du Père Plumier, publié en 1707.
- 236. Le tour d’amateur tel qu’on le voit sur la planche XLIII, connaissait alors une grande vogue. Il est presque entièrement construit en fer et en laiton; entraîné à la pédale il donne grâce à la manivelle, la grande roue à volant et la transmission par corde à boyau un mouvement de rotation continu à la pièce à tourner. On peut exécuter soit la reproduction d’une plaque gravée par le toucheau C disposé à droite, soit des guillochages à l’aide des rosettes C, soit des figures diverses grâce aux pièces circulaires que l’on voit en A.
- 237. Le détail des formes de molettes, platines, excentriques, etc., apparaît sur la planche LXI au bas de laquelle sont présentées les différentes phases du travail exécutés sur une sphère en buis ou en ivoire.
- 238. L’outil qui sert à guillocher est présenté sur la figure 1 extraite de la planche LXXXV ; il est déjà assez perfectionné pour qu’on puisse lui donner à la main
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- une avance et un déplacement latéral régulier; son orientation peut aussi être réglée selon l’angle nécessaire au travail exécuté.
- 239. Voici sur la planche XVIII toutes les pièces démontées d’une poupée de tour à guillocher. On admirera aussi bien la perfection du dessin et de la gravure que celle qui a présidé à l’exécution de toutes ces pièces ainsi qu’à la conception de la poupée.
- 240. Les artistes et les amateurs les plus habiles parvenaient seuls à réaliser sur de tels tours des objets d’art aussi compliqués que ceux figurant sur la planche LXII.
- LE FABRICANT D'INSTRUMENTS DE MATHÉMATIQUES
- 241. A partir du début du xvir siècle environ cette profession est apparue et s’est beaucoup développée au cours du xvme siècle. La planche I montre les principaux outils employés par ces ouvriers pour fabriquer les compas, les graphomètres, quarts de cercles, globes et autres qui étaient destinés soit aux savants, soit aux amateurs qui constituaient pour leur seul plaisir des cabinets de physique. L’ouvrier de droite chauffe une barre d’acier qui sera travaillée soit sur l’enclume, soit sur la bigorne. La table de marbre placée au centre était le meuble essentiel d’un tel atelier; sa surface devait être parfaitement dressée. C’est sur elle qu’on dégauchissait les plaques de laiton dont on faisait les graphomètres et autres instruments de visée. A gauche, devant un tour à pointes, un établi sur lequel sont posés divers outils, en particulier en b un archet de tour.
- 242. L’art du lunetier s’est particulièrement affiné à partir de l’invention, dans la première moitié du xvii® siècle, des instruments d’optique. Cette planche I nous montre à gauche un ouvrier polissant un verre sur la machine dont la molette est entraînée par un dispositif comprenant un arbre vertical et un arbre horizontal reliés par un engrenage d’angle. A l’établi de droite un ouvrier termine le polissage par un doucissage à la main; l’autre prépare les corps de lunette.
- BALANCIER
- 243. 244. L’atelier que nous offre la planche I ne produisait et vendait que des balances d'usage courant pour le commerce. Mais le balancier était aussi un mécanicien de précision et un artiste. On peut en juger à la vue de ce fléau de balance de la planche III, qui n’est pas une exception dans la fabrication de cette époque.
- 245. La balance de laboratoire de la planche XV a été dessinée d’après celle construite par l’horloger Gallonde pour le célèbre chimiste Rouelle. Elle possède déjà tous les dispositifs d’une balance de précision que les artistes de la génération suivante perfectionnèrent.
- HORLOGERIE
- 246. Le xvme siècle est peut-être la période la plus brillante de la construction horlogère. Les richesses de la section d’horlogerie du Musée du Conservatoire
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- témoignent de cet éclat qu’il était impossible même de suggérer en présentant l’une ou l’autre des pièces dans cette exposition. Les salles où sont installées ces collections n’en sont qu’à quelques pas. On s’est borné seulement ici à rappeler que la mécanique de précision doit à l’horlogerie ses origines. La division mécanique avait fait l’objet de nombreuses tentatives. Avec la machine de Sully que montre la planche XX et un grand nombre de machines semblables inventées par les horlogers de la première moitié du siècle, les horlogers créèrent les premières machines-outils. On voit en 5 la roue à diviser qui est taillée par une molette entraînée par une manivelle et un jeu d’engrenages; la roue à diviser est fixée sur un axe vertical solidaire du grand plateau P. Les points que l’on distingue sur la circonférence sont des trous également espacés dans lesquels entre le toucheau 19 pour fixer le plateau dans une position déterminée pendant que l’ouvrier taille la dent correspondante.
- 247. Le carillon à timbres de la planche XXVII est un ouvrage d’horlogerie assez spécial, très prisé à cette époque. Les marteaux des timbres sont soulevés par les picots du cylindre entraîné par le déroulement du ressort. Ces pièces étaient placées dans les horloges à musique.
- (231 : t. X, Tourneur, tour en bois, pl. II. — 232 : t. X, Tourneur, tour en fer, pl. IV. — 233 : t. X, Tourneur, pl. XI, outils. — 234 : t. X, Tourneur, pl. XVII, tours montés. — 235 : t. IX, Tabletier-cornelier, pl. XV, fi g. 1. — 236 : t. X, Tourneur, tour à roue à guillochis et outils mobiles, pl. XLIII. — 237 : t. X, Tourneur, tours excentriques et sphériques, pl. LXI. — 238 : t. X, Tourneur, tour à figurer, pl. LXXXV, support à pivot. — 239 : t. X, Tourneur, pl. XVIII, poupées à guillocher. — 240 : t. X, Tourneur, pl. LXII, divers ouvrages réunis. — 24l : t. V, Instruments de mathématiques, pl. I. — 242 : t. V, Lunetier, pl. I. — 243, 244 : t. Il, Balancier, pl. I et III. — 245 : t. III, Chimie, pl. XV. — 246, 247 : t. IV, Horlogerie, pl. XX et XXVII.)
- INDUSTRIE CHIMIQUE
- TRAVAIL DU SOUFRE, MANIÈRE DE L'EXTRAIRE DES PYRITES
- La préparation du soufre par décomposition à chaud du sulfure de fer était alors peu pratiquée en France où le soufre natif était facilement importé d’Italie. Le procédé était davantage utilisé en Saxe et en Bohême. Il ne se répandit en France qu’au début du xix® siècle lorsque Dartigues eut imaginé un four convenable.
- 248. La figure supérieure de cette planche I montre un procédé de grillage sous hangard dans lequel on recueille le soufre distillé. En B les pyrites sont entassées sur un lit de bûches et de fagots qu’on allumait. Les vapeurs et fumées de la combustion entraînaient le soufre distillé, elles étaient rabattues dans le bac A empli d’eau où le soufre se dispersait. La figure du bas montre le grillage à l’air libre. Au premier plan, en D, les ouvriers montent un tas de pyrites sur un lit de bois (on remarquera la forme de la brouette caractéristique de l’époque). La figure 3 représente un tas de pyrites B en cours de grillage : l’ouvrier A plonge un godet dans les trous ménagés dans le tas où s’accumule le soufre fondu pour le retirer. La figure 2 représente des tas de pyrites grillées. Dans les deux procédés le rendement était très faible. Mais la pyrite est un minerai abondant contenant une proportion élevée de soufre.
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- RAFFINAGE DU SALPÊTRE
- Le salpêtre (nitrate de potasse) était l’un des composants de la poudre noire. Il était recueilli par lessivage sur les murs des caves et des pièces humides. Les excès auxquels donnaient lieu ces opérations pratiquées de force dans les demeures des particuliers ont été souvent évoqués. C’est à partir de 1775 que Lavoisier fit multiplier les nitrières artificielles pour supprimer ces excès. Les lessives recueillies devaient être saturées par des « cuites » successives qui avaient pour effet de les concentrer en sel de potassium puis de raffiner le salpêtre.
- 249. La planche VII représente les opérations de la troisième cuite au cours de laquelle le salpêtre déjà purifié est séparé du sel marin qu’il a retenu dans ses cristallisations successives. On a dissout le mélange à purifier dans l’eau et la solution est concentrée par évaporation. L’écume est formée de matières terreuses et impuretés légères. Le salpêtre plus soluble que le sel marin reste dans la liqueur concentrée. Après avoir écumé, on « colle » la liqueur pour préciciper les dernières impuretés. Sous le hangard on voit deux chaudières T et X placées sur les fourneaux. L’ouvrier de la figure 1 puise dans une des chaudières la solution sal-pêtrée et la verse dans une bassine qui va être amenée au cristallisoir. L’ouvrier de la figure 2 exécute l’opération suivante : il puise dans le fond de la chaudière le sel marin cristallisé et le dépose dans un panier placé au-dessus d’elle pour le faire égoutter.
- FABRICATION DE LA POUDRE A CANON
- 250. La poudre noire était composée de soufre, salpêtre et charbon de bois mélan-bés en proportions variables selon les qualités de poudre préparées : poudre à canon, de chasse, d'artificier, de mines, etc. Le procédé le plus ancien et presque uniquement employé encore à cette époque consistait à broyer les trois ingrédients dans un moulin à pilons (planche IV). Le soufre et le salpêtre étaient d’abord mis les premiers dans les augets cylindriques que l’on voit très bien sur la droite, tous les pilons étant relevés : lorsque le mélange était broyé on ajoutait le charbon de bois additionné d’eau. Les pilons sont actionnés alternativement par une roue à aube entraînant de part et d’autre, par un engrenage à lanterne, un arbre portant des cames. En cours de broyage le contenu d’un mortier était vidé dans le suivant, le mélange progressant du premier mortier sur le devant de la figure au dernier de la batterie, selon son degré de dessication. Les ouvriers des figures 1 et 2 procèdent à ces opérations à l’aide de la layette c. La batterie de gauche R est chargée et l’ouvrier de la figure 3 balaye les résidus tombés.
- 251. Retirée des mortiers la poudre passe au grenoir (planche XI). On la laisse se dessécher un jour ou deux dans les mayes qui entourent la pièce et où l’ouvrier de la figure 1 la puise avec une pelle en bois pour la mettre dans un grenoir (crible). La poudre est ainsi passée dans des grenoirs de plus en plus fins. L’opération se termine par un tamisage, figure 4, pour éliminer le poussier.
- 252. Le moulin à meules (planche IX) servait à préparer la poudre de chasse. Cette fabrication était effectuée en mélangeant les composants dans des tonneaux à gobilles (boulets) d’étain et en passant à deux reprises la poudre humide sous les meules. Les autres opérations consistaient en plusieurs grenages, un lissage et un séchage.
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- 253. On préparait de la poudre ronde pour les mines. La planche XVIII montre une machine à arrondir en usage à la fabrique de Berne. La poudre est placée dans les cylindres horizontaux de la figure 4 dont on voit les détails de remplissage, fermeture et entraînement sur les figures 2 et 3. La poudre agitée par la rotation dans une atmosphère humide s’agglomérait autour des gouttelettes d’eau en grains parfaitement ronds.
- TRAVAIL DE L'ALUN
- L’alun a été depuis l’Antiquité jusqu’au siècle dernier l’un des produits chimiques les plus recherchés. On en employait de grandes quantités pour la teinture, et lorsqu’on ne savait pas encore le préparer industriellement l’alun natif a fait l’objet d’un commerce fort important. La méthode décrite ici était connue depuis deux siècles environ, elle a été profondément modifiée au début du xixe siècle.
- 254. Nous voyons ici l’extraction de l’alun tel qu’il était pratiqué à Danger près de Liège. Le minerai est de l’alunite renfermant un excès d’alumine hydratée. Il est entassé pour être calciné comme le montre la figure supérieure. Cette calcination déshydrate l’alumine qui devient insoluble mais doit être assez modérée pour ne pas décomposer les sulfates naturels de potasse et d’alumine. La matière calcinée est placée dans les bassines H dans lesquelles on fait arriver de l’eau pour former une pâte qui repose pendant plusieurs semaines. On transforme ensuite cette pâte en lessive qui est acheminée par les rigoles et bassins de décantation vers le bâtiment des chaudières, sur la gauche de la figure. L’aménagement de ces bâtiments se voit sur la figure du bas. La lessive arrive par les rigoles 9 dans les bacs de plomb G où elle est concentrée ; elle est recueillie dans les tonneaux O puis dans les bassines de cristallisation M.
- EXTRACTION DU VITRIOL OU COUPEROSE
- 255. Il s’agit de la couperose martiale ou sulfate de fer. Le procédé consiste à lessiver la pyrite, sulfure de fer dont une partie a été transformée naturellement en sulfate par l’action de l’air atmosphérique. Le lessivage est fait dans le bac g extérieur au bâtiment, la concentration de la liqueur dans le bac de plomb d placé sur un fourneau, la décantation dans l’auge k. La solution est mise à cristalliser dans les bacs n ... s.
- OPÉRATIONS POUR EXTRAIRE OU REVIVIFIER LE MERCURE DU CINABRE
- 256. Le sulfure de mercure, cinabre, se décompose facilement par la chaleur, la vapeur de mercure est recueillie per descensum. La figure 1 montre un ouvrier emplissant les cornues de cinabre et bouchant le col avec de la mousse. Les cornues sont lutées sur des vases plats G et ces ensembles sont placés dans de grands espaces, figure 3, où les vases sont enfoui dans du sable. Les cornues qui dépassent seules sont recouvertes de bois et de charbon. Par la chaleur de la combustion, figure 2, la décompoition du cinabre a lieu, le mercure passe à travers la mousse
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- dans les vases protégés de la chaleur par le sable. Cette planche, insérée dans l’Encyclopédie, est reproduite du De Re Metallica d’Agricola.
- CIRIER
- 257. La planche II nous fait pénétrer à l’intérieur d’une fonderie où s’effectue le blanchissage de la cire jaune. Cette opération consiste à faire fondre la cire dans l’eau chaude et à l’exposer en rubans minces à l’action de l’air. On en suit le détail depuis les chaudières AAA où l’on fait fondre la cire, les cuves B et K (celle-ci privée de ces couvertures pour montrer les détails) où on la laisse reposer, les baignoires E et D. La cire coule des cuves dans les baignoires, entre deux cylindres tournés, en figure 1, par une ouvrière, pour être rubannée. L’eau est vidangée par les robinets F, la cire est recueillie en pains à la fin de l’opération.
- 258. La fabrication des bougies et des cierges est représentée sur la planche I. A droite l’ouvrier de la figure 1 fait tourner le tambour sur lequel s’enroule la bougie qui s’est formée autour de la mèche lorsque celle-ci plonge au passage dans le pireau C contenant de la cire fondue. Au centre l’ouvrier « jette des cierges à la cuillère ». Les cierges sont suspendus à la romaine au-dessus d’une bassine dans laquelle est puisée la cire fondue. Encore chauds, cierges et bougies sont placés dans un lit de plumes, fig. 4 au fond, avant de les rouler, pour que la chaleur des derniers jets se distribue également dans la masse. A gauche un ouvrier roule cierges et bougies avec un rouloir.
- DIFFÉRENTES OPÉRATIONS POUR LA PRÉPARATION DES SAVONS
- 259, 260. Les procédés de cette industrie ont très peu varié depuis la période du Bas Empire romain jusqu’à l’apparition des détergents synthétiques. La planche I nous donne une vue générale de la savonnerie au xvnr siècle, avec à gauche en e e les bassines à lessive et au centre en d d ... les chaudières où s’opère la saponification des huiles. Les ouvriers remuent la matière avec des matras et apportent des seaux de lessive. Quelques détails du travail des ouvriers sont donnés sur la planche II. On voit de gauche à droite un ouvrier versant un seau de lessive le long du bâton d’un matras, deux ouvriers en train de vider une cuve et enfin un autre qui remplit une cuve avec de l’huile.
- (248 : t. VI, Minéralogie, travail du soufre, pi. I. — 249 : t. VI, Minéralogie, raffinage du salpêtre, pl. VII. — 250 à 253 : t. VI, Minéralogie, fabrique de la poudre à canon, pl. IV, XI, IX et XVIII respt. — 254 : t. VI, Minéralogie, planche non cotée : travail de l’alun. — 255 : t. VI, Minéralogie, planche non cotée : extraction du vitriol ou couperose. — 256 : t. VI, Minéralogie et Métallurgie, planche non cotée, Mercure. — 257 : t. III, Blanchissage des cires, pl. II. — 258 : t. III, Cirier, pl. I. — 259-260 : t. IX, Savonnerie, pl. I et II.)
- VERRERIE ET GLACERIE
- La fabrication du verre, des glaces et du cristal constituent l’une des plus importantes industries « lourdes » de l’époque. Les procédés de fabrication n’avaient guère évolués depuis plusieurs siècles; la composition de la matière était déterminée par des règles empiriques selon la qualité du verre préparé et l’usage
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- auquel il était destiné. Les opérations étaient réglées également par une longue tradition; les fours, l’outillage, les phases de fabrication des objets, différents ouvriers étaient désignés par des noms particuliers dont l’ensemble constituait un vocabulaire professionnel très spécialisé. Les tours de main et l’habileté des ouvriers jouaient un rôle considérable dans ces opérations.
- VERRERIE EN BOIS
- Le terme désigne la nature du combustible employé. Au cours du XVIIe siècle le déboisement commença à provoquer quelques inquiétudes, on chercha à chauffer les fours avec de la houille. Mais ce n’est que vers la fin du xvm® siècle que ce combustible fut employé d’une façon générale.
- 261. L’intérieur d’un halle de petite verrerie que nous montre la planche I est occupé au centre par l’arche où l’on tient en fusion la matière. Le maître ou paraisonnier m cueille la matière avec la canne dans le pot; un autre, n, souffle la pâte et la roule sur le marbre. Le tiseur t prend la pivette (bois sec), un autre u met la pivette au tisard (ouverture du four).
- 262, 263. La manutention des pots requérait de grands efforts. La planche XVII nous montre les porteurs et tireurs, sortant le pot de l’arche et le portant. Les porteurs a a b b sont habillés de sarraux de voiturier, mouillés et enduits de terre glaise; les tireurs c c font basculer le pot; le maître tireur d dirige les opérations. Le pot est déposé dans le four, planche XVIII, où s’opérera la fusion. L’ouvrier tire un gâteau de verre qui a été prélevé pour essai.
- 264, 265, 266. Nous suivrons quelques-unes des opérations par lesquelles on obtenait une plaque de verre à vitre. Le cueilleur met la pelle (canne) dans le pot pour lever la matière, planche VIII, fig. 1, et le gentilhomme, fig. 2, allonge le cueillage à l’auge. Le gentilhomme roule la troisième chaude, portée à trois reprises au four pour réchauffage, sur le marbre, planche X, figure 1, puis il souffle la bosse en s’asseyant sur le siège b, figure 2, et debout forme le col en roulant la bosse sur une barre de fer. Il incise, planche XIII, figure 1, c’est-à-dire sépare le col d’avec la canne et retourne la bosse sur le béquet d; on le voit en la figure 2 placer le ferret, barre de fer, à la noix de la bosse.
- 267. Le ferrotier chauffe la bosse au grand ouvrau, planche XIV, figure 1, et le gentilhomme ouvre la bosse, figure 2, à l’aide de la branche que tient le ferrotier.
- 268. Un nouveau chauffage permet au gentilhomme d’ouvrir la bosse, planche XV, figure 1, qui devient complètement plate sous l’effet de la rotation rapide qui lui est imprimée figure 2.
- 269. 270. La fabrication d’un verre se faisait par soufflage dans un moule. Le maître tireur cueille la pâte dans le pot, planche XIX, figure 2, puis la roule sur le marbre et la souffle dans le moule. On le voit aux figures 5 à 8 préparer la pointe du calice et la patte du verre. Celle-ci est adaptée au verre, planche XX, figures 1 et 2, et ouverte. Un pontin est fixé sous le pied du verre de façon qu’on puisse façonner l’ouverture du calice, figures 3 à 6. Le verre est ensuite déposé sur la ferrace de l’arche avec une fourchette.
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- 271. Les tubes des baromètres étaient filés et coupés en différentes opérations que l’on suit sur les six figures de la planche XXI. La coupe se fait avec une pierre à fusil, les tubes reposant à plat sur des pivettes.
- GLACES
- La fabrication des glaces exigeait des précautions particulières aussi bien en ce qui concerne le choix et la purification des composants que la fusion, le coulage, les réchauffages successifs et les opérations de finissage. La série de planches présentées nous permet de comprendre comment se déroulait le travail.
- 272. La matière était frittée, planche XII, c’est-à-dire chauffée dans un four spécial, d’où on la fait tomber dans des bassines, 8, placées devant les fours et contenant de l’eau.
- 273, 274. La fritte était ensuite fondue en pot dans l’arche, planche XVIII, puis en cuvette, planche XXII, dans laquelle la matière s’affinait ; la fusion était recommencée trois fois. Après la dernière fonte, la cuvette placée sur un chariot à ferrace était amenée près de la table de bronze.
- 275, 276. On écrémait le dessus, planche XXIII, puis on versait la matière sur la table et on la roulait, planche XXIV. On remarquera que la fabrique de glace était équipée d’appareils de levage et de transport qu’on ne trouve pas dans les verreries à cette époque. Ici comme dans beaucoup d’autres professions des enfants sont chargés de tâches simples, mais parfois pénibles.
- 277. La table peut se déplacer latéralement devant une batterie de fours spéciaux, les carcaises, dans lesquels sont poussés les glaces coulées, planche XXV.
- 278. Après une dernière cuisson et un lent refroidissement les glaces terminées sont extraites des carcaises, planche XXVI.
- MIROITIER
- 279, 280. La fabrication des miroirs comprenait deux opérations principales, le polissage et la mise au teint. L’atelier de polissage que l’on voit sur la planche XLII est meublé de tables de grès au-dessus desquelles sont suspendues des archets flexibles. L’extrémité de ces archets appuyé fortement la molette du polisseur contre la glace que celui-ci est en train de travailler. Le teint est une feuille d’étain qui, après être dégraissée, comme cela est fait par l’ouvrier a de la planche I, est recouverte de vif argent par l’ouvrier b. L’ouvrier c pose la glace sur la feuille ainsi préparée. On fait adhérer l’amalgame à la glace en changeant celle-ci de poids, f, puis on place la glace sur l’égouttoir g. Une autre planche I de la même série présente un atelier moins bien organisé que le précédent pour effectuer les mêmes opérations.
- (261-271 : t. X, Verrerie en bois, pl. I, XVII, XVIII, VIII, X, XIII, XIV, XV, XIX, XX, XXI. — 272-279 : t. IV, Glaces pl. XII, XVIII, XXII, XXIII, XXIV, XXV, XXXXII. — 280 : t. VIII, Miroitier, pl. I.)
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- METIERS D’ART
- ARGENTEUR
- 281. On voit ici le travail de l’argenture sur métal. Il consiste à fixer des feuilles d’argent sur une pièce qui est en général en cuivre, On commence par « hacher » la pièce, c’est-à-dire par y pratiquer au couteau un grand nombre de traits dans tous les sens (fig. 1, vers la droite). La pièce est ensuite moulée sur un mandrin, car elle doit rester chaude jusqu’à la fin de l’opération. On y applique alors des feuilles d’argent, qu’on présente avec une pince ; on frotte au fur et à mesure avec un brunissoir (fig. 2, au centre). On place ainsi successivement un très grand nombre de feuilles d’argent les unes sur les autres, jusqu’à cinquante ou soixante. Naturellement au cours du travail on réchauffre la pièce chaque fois qu’il en est besoin. Ensuite on brunit à fond.
- GRAVURE EN PIERRES FINES
- 282. La pierre à graver est assujettie à un manche qui permet de la manier commodément. Quant à l’outil, il est mis en rotation grâce au « touret », que l’ouvrier
- actionne avec la pédale visible sous la table.
- GRAVURE EN CACHETS
- 283. Il ne s’agit plus ici de pierres fines, mais de cachets de métal qu’on cisèle en
- creux au moyen de poinçons dont on voit un choix dans la boîte qui se trouve
- sur la table à côté de l’ouvrier.
- ÉMAILLEUR A LA LAMPE. PERLES FAUSSES
- 284. Les perles fausses sont des bulles de verre à l’intérieur desquelles on dépose une couche d’une dissolution d’écaille d’ablette. Puis la perle est remplie de cire et on y passe un petit rouleau de papier qui forme l’intérieur du trou de la perle. Planche III : en 1 une ouvrière écaille des ablettes. En 2, une ouvrière suce avec le chalumeau la liqueur dans laquelle l’écaille de l’ablette est dissoute. En 3, une autre ouvrière introduit, en soufflant dans le chalumeau une goutte de cette liqueur dans la perle fausse ou « girasolle ». En 4, on remplit les perles de cire : elles sont attachées sur un bâton enduit de cire, puis plongées dans une terrine de cire. En 5, on introduit le rouleau de papier dans la perle, et en 6/ on coupe ce qui dépasse.
- ORFÈVRE
- L’orfèvre-bijoutier travaille le métal pour en faire les bijoux, l’orfèvre joaillier s’occupe de monter les pierres sur les bijoux existants.
- 285. Orfèvre bijoutier. En a et b (à gauche) on monte des bijoux. En c (au centre) on forge une pièce de métal précieux. En d (au fond) un ouvrier chauffe et soude
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- à la forge, tandis qu’un autre à droite (en c) fait une soudure au chalumeau. Au fond, la maîtresse pèse et vend des marchandises.
- 286. Orfèvre joaillier. Certaines opérations du travail de l’orfèvre bijoutier se retrouvent nécessairement ici. Ainsi l’atelier comporte une forge pour fondre et souder (au fond en /) et l’ouvrier a (à gauche) exécute une soudure au chalumau. Mais en d on choisit les outils spéciaux rangés sur un présentoir, en c on ajuste des montures de bijoux et en b on y monte des diamants. En f, une « poignée à ciment », manche sur lequel on scelle les bijoux pour la commodité du maniement.
- 287. Brillants rares de grandeur naturelle. En fig. 1-2-3, le grand Mogol, 279 carats 3/16 : « n’a qu’un défaut, une petite glace sur le tranchant d’en bas ». En 4-5-6, diamant du grand duc de Toscane, 139 caracts. 7-8-9, un des brillants du roi de France, le Sancy, 106 carats. 10-11-12, autre brillant du roi de France, le Pître, 547 grains.
- LUTHERIE
- 288. Atelier où l’on voit des ouvriers occupés à la fabrication de divers instruments. A droite (fig. 1), un ouvrier rabote la table d’un instrument, placée sur l’établi. A côté de lui (fig.2) un compagnon, occupé à fair la console d’une harpe, perce les trous des chevilles. Tout à fait à gauche (fig. 3) un autre compagnon achève un violon. A côté (fig. 4) un autre vernit le bras et la console d’une harpe. En b, au fond à gauche, une contrebasse qui vient d’être collée est maintenue pressée par des vis jusqu’à ce qu’elle soit sèche. Tout à fait à droite (fig. 5) la caisse de résonance d’une harpe. En 6 (au fond), une harpe terminée et en 7 (sur le devant) une vielle.
- CARTIER
- 289- Les cartes à jouer étaient fabriquées de la manière suivante : sur des feuilles de carton obtenues en collant ensemble plusieurs feuilles de papier, on imprimait pour les figures les traits noirs au moyen d’une planche gravée en bois ou en cuivre. Les différentes couleurs étaient ensuite appliquées au moyen d’autant de pochoirs. En fig. 5 on voit une planche gravée, en fig. 6 le pochoir, ou patron, de la couleur jaune. Pour les points, on se servait simplement du pochoir, en rouge pour les cœurs et carreaux, en noir pour les trèfles et piques.
- 290. La planche I montre l’ensemble de l’atelier où se font ces diverses opérations.
- (281 : t. I, Argenteur, pl. I. — 282 : t. V, Gravure en pierres fines, pl. I. — 283 : t. V, Gravure en cachet, pl. I. — 284 : t. VI, Emailleur à la lampe, perles fausses, pl. III. — 285 : t. VIII, Orfèvre bijoutier, pl. I. — 286, 287 : t. VIII, Orfèvre joaillier, pl. I. — 288 : t. V, Lutherie, pl. XVIII. — 289, 290 : t. II, Cartier, pl. I.)
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- MACHINES ET MODÈLES
- 291. Roue pendante sur bateau appliquée à un moulin à farine.
- N° 971*.
- 292. Modèle de la machine élévatoire de Marly.
- N° 173.
- 293. Machine à manège pour élever l’eau, par Périer. Modèle au 1/20.
- N° 415.
- 294. Moulin à vent à la hollandaise, commandant une scierie, tournant sur galets. Modèle au 1/20 exécuté par Bulot en 1791 d’après le modèle appartenant à l’Académie des Sciences.
- N° 86.
- 295. Moulin à vent conduisant une paire de meules, tour en maçonnerie, calotte tournante. Modèle au 1/15 par Périer.
- N° 857.
- 296. Moulin à vent conduisant une paire de meules, tournant sur un pivot. Modèle au 1/20, par Périer.
- N° 1.150.
- 297. Maquette au 1/30 de la machine atmosphérique de Newcomen. Dépôt de M. Charles Dollfus.
- N° 19.606.
- 298. Machine à vapeur par Périer.
- N° 4.078.
- *
- * Le numéro figurant à la fin de chaque notice est celui de l’inventaire du Musée du Conservatoire National des Arts et Métiers.
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- 299. Chèvre pour retirer les sondes dans les mines, par Billon (1786). N° 48.
- 300. Trompes soufflant un feu catalan. N° 669.
- 301. Marteau des forges à la catalane avec sa roue hydraulique et son cordon.
- N° 3.931.
- 302. Fourneau établi par Clouet pour la fonte des canons. N° 837.
- 303. Atelier de moulage en terre et en sable. N° 1.111.
- 304. Machine à rayer les canons de fusil, par Jacquet, de Versailles. SO (N o £
- 305. Laminoir pour étirer les tuyaux de plomb sur un mandrin en fer, par Périer.
- N° 1.157.
- *
- 306. Etau à mâchoires parallèles pouvant prendre diverses positions par Hulot (1760).
- N° 110.
- 307. Etau attribué à Mercklein. N° 7.660.
- 308. Serrure à combinaison par Claude Lafontaine (1783). N° 47.
- 309. Serrure à combinaison et à pompe, par Poux-Landry (1786). N° 937.
- 310. Serrure à combinaison. N° 959.
- * **
- 311. Four à plâtre, par Pleuvinet (avant 1803). N° 133.
- 312. Mouton avec treuil, engrenage et déclic. N° 1.125.
- 313. Grue avec roue inclinée et pignon. N° 566.
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- 314. Grue de Brulé.
- N° 1.179.
- 315. Cabestan à levier avec rouleaux de friction sur les deux bases.
- N° 1.132.
- 316. Machine à scier les planches.
- N° 595.
- 317. Machine à forer les tuyaux de bois pour la conduite des eaux, par Périer.
- N 1.156.
- 318. Charpente du dôme des Invalides. Modèle au 1/50.
- N° 10.980.
- *
- * *
- 319- Pressoir troyen horizontal de Benoît.
- N° 2.932.
- *
- 320. Rouet d’époque Louis XV.
- N° 11.195.
- 321. Modèle d’un métier Mully-Jenny pour la filature du coton (la Mull-Jenny dérive de la quenouille. Son origine remonte au milieu du xvme siècle, vers 1760. Elle a été imaginée en Angleterre, pour les fils de coton et laine cardée d’abord).
- N° 184.
- 322. Tour à tirer la soie grège des cocons, avec compteurs (1783).
- N° 25.
- 323. Modèle d’un moulin à organsiner la soie, par Vaucanson.
- N° 667.
- 324. Modèle d’une calandre à levier, par Vaucanson (avant 1783).
- N° 20.
- 325. Métier à faire le tricot, reconstruit sous Louis XVI par Bastide, et qui paraît avoir été inventé sous Louis XIV par François.
- N° 5.359.
- 326. Tonneau tournant garni de baguettes à l’intérieur, à l’usage du chamoiseur.
- N° 588.
- *
- **
- 327. Moulin à pilons horizontaux pour la fabrication de la pâte à papier.
- N° 1.146.
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- 328. Moules pour la fonte des caractères d’imprimerie. N°. 531.
- 329. Casse de caractères d’imprimerie. N° 537.
- 330. Composteur pour la composition typographique à la main. N° 12.124.
- 331. Presse typographique de cabinet. N° 12.124.
- 332. Presse typographique à excentrique et à levier, construite en 1784 sur un modèle
- présenté à Louis XVI, par Pierre. N° 469.
- 333. Modèle d’une presse typographique construite par Pierre. N° 7.506.
- * **
- 334. Tour à archet, ficelle et pédale, pour ébéniste. N°. 20.661.
- 335. Tour à guillocher construit pour Louis XVI par Mercklein en 1780.
- N° 114.
- 336. Copie d’un tour en fer construit dans les ateliers de Vaucanson (avant 1783).
- N° 15.
- 337. Archet avec rouet pour tendre la corde (1760). N° 1.367.
- 338. Collection de pièces de tour exécutées par Barreau (1799). N° 104.
- 339. Machine à percer à l’archet à des distances régulières, par Vaucanson (avant 1783).
- N° 12.
- 340. Microscope ayant appartenu au duc de Chaulnes, construit par Magny, bronzes de Caffieri (milieu du xvm® siècle).
- N° 7.453.
- 341. Boussole de Langlois. N° 7.485.
- 342. Graphomètre à lunette et à boussole de Sevin. N° 922.
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- 343. Boîte contenant un compas à verge, un compas de proportion, une équerre à charnière, une équerre à 45° et une échelle géométrique. Provient du cabinet de physique de Charles.
- N° 1.472.
- 344. Machine à fendre les roues d’horlogerie par Hulot.
- N° 101.
- 345. Outil d’horloger à polir les pignons (1770).
- N° 1.249.
- 346. Machine à tailler les fusées de pendules, par Thiout aîné.
- N° 1.234.
- 347. Deux découpoirs ou emporte-pièces pour découper les maillons des chaînes de montre (1785).
- N° 1.232.
- 348. Petit carillon à 7 timbres (1784).
- N° 10.646.
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- 349. Pilons de poudrerie mus par des cames disposées en hélice sur un arbre animé d’un mouvement de rotation continu.
- N° 2.705
- 350. Chambre de plomb pour la fabrication de l’acide sulfurique par Scanegatti (1788).
- N° 81.
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- 351. Machine à polir les glaces par Robert.
- N° 631.
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- 352. Moulin à triturer les Iavures d’orfèvre avec le mercure, par Ravissa, de Turin (1785).
- N° 44.
- 353. Violon de Carlo Antonio Testore (1720).
- 354. Harpe par Colineau, luthier de la Reine.
- N° 11.017.
- N° 3.690. 65
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- DESSINS
- DU PORTEFEUILLE DE VAUCANSON
- 355. Dessins de détails de la machine de Marly (voir n° 292).
- N° 40*.
- 356. Dessin de pompe centrifuge (à rapprocher du n° 293).
- N° 505.
- 357. Dessin de moulin à vent hollandais pour scier le bois (voir n° 294).
- N° 233.
- 358. Livre relié contenant les dessins de la machine à feu de Newcomen.
- N° 276.
- 359. Dessin de machine à vapeur à balancier à double effet par Périer frères. Mention au dos : « Dessin du modèle de la machine à feu qui est dans le salon ». (Voir n° 298).
- N° 553.
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- 360. Dessin d’une machine à laver le minerai.
- N°17.
- 361. Dessins d’un fourneau à fondre le fer en usage en Angleterre.
- N° 365
- * Le numéro figurant à la fin de chaque notice est celui de l’inventaire de la collection des dessins du Musée du Conservatoire, dite portefeuille de Vaucanson ou portefeuille industriel.
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- 362. Dessins de la fonderie du Creusot.
- N° 565.
- 363. Dessins d’un haut fourneau construit à Douai pour la fonte des canons par Jean Clouet (voir n° 302).
- N° 352.
- 364. Dessin d’un martinet à bras propre à corroyer et étirer l’acier.
- N° 374.
- 365. Dessins d’une fonderie de canons et d’un manège pour forer les canons.
- 366. Dessin d’une forerie de canons.
- N° 567.
- N° 402.
- *
- * *
- 367. Dessin représentant la fabrication des aiguilles à coudre.
- 368. Dessins d’un vilbrequin d’encoignure.
- 369. Dessins d’une machine à percer au foret par Vaucanson. (Voir n° 339).
- 370. Dessins d’une machine à percer par Mercklein l’aîné.
- 371. Dessins de serrures d’Edgeworth, Kock et Georget.
- N° 295.
- N° 262.
- N° 242.
- N° 238.
- N° 269.
- 372. Dessins d’un four à plâtre par Scanegatti.
- N° 348.
- 373. Mouton d’une nouvelle invention avec pince et déclic, par Jean Pingeron, capitaine d’artillerie au service de Pologne (1768).
- N° 145.
- 374. Chèvre à rouleau.
- N° 134.
- 375. Echelle pour les bibliothèques vue à Genève en 1767, par Jean Pingeron, capitaine d’artillerie au service de Pologne (1768).
- N° 138.
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- 376. Dessin de machine à escalader les murailles (1755).
- N° 444.
- 377. Dessins représentant le grand fardier et le cabestan qui ont servi au chargement et au transport des statues équestres de la place Louis XV de Marly à Paris.
- N° 111.
- 378. Vues du pont de la ville de Moulins écroulé en octobre 1710 à cause de son pilotage mal entendu et dessin du frère Romarin pour son rétablissement.
- N° 152.
- 379. Plan et élévation avec profil du pont Saint-Esprit.
- N° 158.
- 380: Livre relié contenant les dessins de différentes voitures de luxe françaises et anglaises.
- N° 122.
- 381. Dessins de diverses voitures de luxe.
- N° 125.
- 382. Gravure d’un vaisseau de premier rang portant pavillon de vice-amiral.
- N° 448.
- 383. Dessins représentant un homme portant une ceinture de natation. Echelle : 3 lignes pour un pouce.
- N° 458.
- *
- 384. Dessins de charrues en usage dans le Piémont dont une avec semoir.
- 385. Dessin de pressoir à cidre.
- N° 68.
- N° 287.
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- 386. Dessin d’un métier Mull-Jenny pour la filature du coton.
- 387. Coupes de l’établissement de filature de Boyer-Fonfrède à Toulouse.
- N° 540.
- N° 170.
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- 388. Machine à calandrer les étoffes vue à Venise en 1767, par Jean Pingeron, capitaine d’artillerie au service de Pologne.
- N° 548.
- 389. Dessins représentant la presse de Pierre (voir n° 333) et une presse d’imprimerie à deux leviers.
- N° 315.
- 390. Planches représentant le tour à portraits de Mercklein.
- N° 2.616.
- 391. Tableau d’un instrument à mesurer les hauteurs des arbres par Kirchner, Hollandais.
- N° 466.
- 392. Dessins d’un mouton à main de Mercklein aîné.
- N° 245.
- 393. Dessins d’une plate-forme pour fendre les roues d’horlogerie par Walkers.
- N° 477.
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- * *
- 394. Dessin avec légende d’une machine à laver la cendre d’orfèvres par Hildebrand.
- N° 379.
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- 395. Dessin avec légende : « La machine pour élever l’eau par le moyen du feu et poids de l’atmosphère. Présenté à l’Académie Royale des ciences par leurs (sic) très humble et très obéissant serviteur Jean Meres ». Signé : « Jn. May delin. 1726 ». Il s’agit probablement de la première machine à vapeur installée en France (voir n° 41). — Portefeuille de Vaucanson, planche non cotée.
- 396. Croquis de détails d’un moulin à organsiner la soie, exécutés probablement par
- Vaucanson lui-même (voir n° 323). — Portefeuille de Vaucanson, planche non cotée.
- 397. Portières des Gobelins d’après Dubois.
- Prêt du Mobilier National.
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- INDEX
- DES NOMS DE PERSONNES ET DE LIEUX (Les chiffres renvoient au numéros du catalogue).
- Académie des Sciences : 294. Angleterre : 361.
- Barreau : 361.
- Bastide : 325.
- Benoît : 319.
- Billon : 299.
- Boyer-Fonfrède : 387.
- Brulé : 314.
- Bulot : 294.
- Caiïieri : 340.
- Charles : 343.
- Chaulnes (duc de) : 340. Clouet (Jean) : 302, 363. Colisneau : 354.
- Creusot (Le) : 362.
- Douai : 363.
- Edgeworth : 371.
- François : 325.
- Georget : 371.
- Hildebrand : 394.
- Hulot : 306, 344.
- Invalides : 318.
- Jacquet (de Versailles) : 304. Kirchner : 391.
- Kock : 371.
- Lafontaine (Claude) : 308. Langlois : 341.
- Louis XVI : 335.
- Magny : 340.
- May : 394.
- Marly : 292, 355, 377.
- Mercklein : 307, 335, 370, 390, 392. Meres : 394.
- Moulins : 378.
- Newcomen : 358, 297.
- Paris : 377.
- Périer : 293, 295, 296, 298, 305, 317, 359. Piémont : 384.
- Pierre : 333, 389.
- Pingeon (Jean) : 373, 375, 388.
- Pleuvinet : 311.
- Pont-Saint-Esprit : 379.
- Poux-Landry : 309.
- Testore (Carlo-Antonio) : 353.
- Thiout (aîné) : 346.
- Toulouse : 387.
- Ravissa (de Turin) : 352.
- Robert : 351.
- Romarin (Le frère) : 378.
- Scanegatti : 350, 372.
- Sevin : 342.
- Vaucanson : 323, 324, 336, 339, 369, 395. Walkers : 393.
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- TABLE DES ILLUSTRATIONS
- Planche 1. — T. III, Cloutier, pl. I (N° 13).
- Planche 2. — Atelier pour la fabrication de l’eau forte. Gravure extraite des planches du « Distillateur d’eau forte » dans la Description des Arts et Métiers de l’Académie des Sciences (N° 14).
- Planche 3. — Supplément, Porcelaine, pl. I (N° 18).
- Planche 4. — T. IV, Fondeur en sable, pl. I (N° 26).
- Planche 5. — Atelier de Menuisier. Gravure extraite des planches du « Menuisier » dans la Description des Arts et Métiers de l’Académie de Sciences (N° 27).
- Planche 6. — T. IX, Serrurier, pl. I (N° 28).
- Planche 7. — T. VIII, Plombier, pl. II (N° 29) : « L’opération de couler le plomb en tuyaux ».
- Planche 8. — T. IV, Forges, 4' section, pl. VI (N° 55) : «Forger l’encrenée ».
- Planche 9. — T. VII, Marine, forge des ancres, pl. XI (N° 64) : « Encollage du second
- bras ».
- Planche 10. — T. IX, Taillanderie, fabrique des étaux, pl. I (N° 84).
- Planche 11. — T. IV, Ferblantier, pl. I. (N° 87).
- Planche 12. — T. III, Chaudronnier grossier, pl. I (N° 88).
- Planche 13- — T. IV, Fourbisseur, pl. VII (N° 96) : « Moulin à fourbir les lames
- composé de différentes meules mues par le courant d’une rivière ».
- Planche 14. — T. VIII, Monnayage, pl. XV (N° 103) : « Balancier».
- Planche 15. — T. I, Architecture, maçonnerie, pl. I. (N° 106).
- Planche 16. — T. II, Charpente, pl. I (N° 107).
- Planche 17. — T. III, Charron, pl. II (N° 130).
- Planche 18. — T. VII, Maréchal ferrant, pl. I (N° 135) : « Maréchal ferrant et opérant ; travail ».
- Planche 19. — T. VIII, Pâtissier, pl. I (N° 145).
- Planche 20. — T. IV, Fil, rouet, dévidoirs, pl. I (N° 150).
- Planche 21. — T. XI, Soierie, pl. I (N° 151) : «Tirage de la soie».
- Planche 22. — T. II, Métier à bas, pl. I (N° 167).
- Planche 23. — T. V, Papeterie, pl. X (N° 215) : «Cuve à ouvrer».
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- Planche 24. — T. VII, Imprimerie en caractères, pl. XIV (N® 225) : « L’opération d’imprimer ».
- Planche 25- — T. VII, Imprimerie en taille-douce, pl. I (N° 228).
- Planche 26. — T. VIII, Relieur, pl. I.
- Planche 27. — T. X, Tourneur, Tour en bois, pl. II (N° 231).
- Planche 28. — T. II, Balancier, pl. I (N° 243).
- Planche 29. — T. VI, Minéralogie et métallurgie, mercure ; planche non cotée (N° 256).
- Planche 30. — T. III, Cirier, pl. I (N° 258).
- Planche 31. — T. IV, Glaces, pl. XXIV (N° 276) : « L’opération de verser et de
- rouler ».
- Planche 32. — T. IV, Orfèvre bijoutier, pl. I (N° 285).
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- TABLE DES MATIERES
- Pages
- INTRODUCTION .......................................................................... 3
- LA COLLECTION DE GENLIS ............................................................... 5
- Les maquettes exécutées par Etienne Calla ..................................... II
- LES PLANCHES DE L’ENCYCLOPEDIE ..................................................... 17
- Force motrice ................................................................. 19
- Techniques minières ......................................................... 21
- Métallurgie ................................................................... 22
- Travail des métaux ............................................................ 26
- Construction .................................................................. 30
- Bateaux et voitures ........................................................... 32
- Agriculture et industries rurales ............................................. 34
- Industries pour l’alimentation ................................................ 36
- Filature ...................................................................... 37
- Tissage ....................................................................... 38
- Passementerie ................................................................. 40
- Teinturerie ................................................................... 41
- Tapisserie et tapis ........................................................... 42
- Travail du cuir ............................................................... 43
- Industries du vêtement ........................................................ 44
- Arts graphiques ............................................................... 46
- Instruments de précision ...................................................... 49
- Industrie chimique............................................................. 52
- Verrerie et glacerie .......................................................... 55
- Métiers d’art ................................................................. 58
- MACHINES ET MODELES................................................................... 61
- DESSINS DU PORTEFEUILLE DE VAUCANSON ................................................. 67
- Index des noms de personnes et de lieux ....................................... 71
- Table des illustrations ....................................................... 73
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- Achevé d’imprimer sur les presses de N. Fortin et ses Fils imprimeurs à Paris, le 18 juin 1963.
- Dépôt Légal : 3e trimestre 1963. N° d’imprimeur : 357.
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