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Catalogue des appareils employés pour la production des phénomènes physiques au théâtre
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- ÇsA * 3
- CATALOGUE UES APPAREILS
- K MH U) Y K.S
- POUII LA PRODUCTION
- PHÉNOMÈNES PHYSIQUES
- AU THEATRE
- J. DUBOSCQ
- Chef du service de l’éclairage électrique à l’Opéra
- PA I\ IS
- CHEZ J. DUBOSCQ, OPTICIEN
- MAU.ASIN : RUE DE l/OUÉON, 21 ATKUERS: RUE M O N SI EUR-I, E-R R I NC E , 30
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- CATALOGUE DES APPAREILS
- EMPLOYÉS
- POUR LA PRODUCTION
- DES
- Aü THÉÂTRE
- . PAU
- J. DUBOSCQ
- Cticf du service île l'éclairage électrique à l’Opéra
- PARIS
- CHEZ .1. DUBOSCQ, OPTICIEN
- MAGASIN : RUE DE L’ODÉON, 21 ateliers: rue M0NSIEUR-LE-P1UNCE , 30
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- Couloir de la Scène
- C o u I o
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- Cour
- Plan de la salle des piles au nouvel Opéra
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- CATALOGUE DES APPAREILS
- EMPLOYÉS
- POUR LA PRODUCTION
- DES
- PHÉNOMÈNES PHYSIQUES
- AU THÉÂTRE
- Depuis quelques années, la mise en scène théâtrale est devenue un art ; les toiles badigeonnées font place à des œuvres vraiment artistiques. A leur tour, les trucs grossiers doivent disparaître, en présence des ressources immenses qu’offrent actuellement les sciences physiques et mécaniques.
- Puisque en ce moment les théâtres entreprennent une lutte de richesse et de profusion quant à la mise en scène, nous pensons bien faire en publiant, sous forme de catalogue, l’exposé des applications que la mise en scène théâtrale peut demander à la science.
- EMPLOI DE LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE AU THÉÂTRE.
- Une des premières applications de la science au théâtre, c’est l’emploi de la lumière électrique. En 1846, elle débuta à l’Opéra dans la première représentation du Prophète. Chargée de produire un effet de soleil levant, elle s’en tira avec succès et reçut les applaudissements les plus unanimes. Sa cause était gagnée; les lampions et lumignons de tous calibres furent mis de côté, et un service d’électri^ cité prit rang sur notre première scène lyrique. Depuis cette époque,
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- il est rare qu’un ballet ou un opéra, exigeant une mise en scène importante, ait été monté sans l’intervention d’un effet quelconque de lumière électrique.
- Les théâtres du premier ordre suivirent bientôt l’impulsion donnée par l’Opéra, et l’arc voltaïque passa définitivement dans les coutumes scéniques.
- La lumière électrique se prête aux effets les plus divers. Non-seulement elle produit un éclairage dont nul autre foyer ne pourrait égaler l’intensité, mais elle vient en aide au décorateur pour l’imitation des phénomènes physiques ou la réalisation d’effets féeriques. Elle colore l’eau d’une fontaine, qu’elle rend lumineuse ; elle projette sur le sol et sur les murs d’une église les reflets de vitraux éclairés par le soleil ; elle produit les éclairs ; elle traverse un prisme et fait paraître sur une toile peinte un véritable arc-en-ciel, etc., etc.
- L’installation du service d’éclairage électrique dans un théâtre ne laisse pas d’ètre assez complexe, aussi croyons-nous utile d’expliquer ici comment ce service a été établi par nos soins au nouvel Opéra.
- Le laboratoire destiné à la préparation des piles électriques a été placé dans une des salles du rez-de-chaussée. On a ainsi évité tous les inconvénients que peut présenter le transport des acides dans les étages supérieurs du bâtiment.
- Cette salle, d’environ 50 mètres superficiels, est garnie de huit longues tables de chenc, couvertes chacune d’une épaisse feuille de verre qui les préserve de l’action corrosive des acides et place la pile dans des conditions parfaites d’isolement.
- Sur ces feuilles de verre sont rangés les éléments des piles électriques, système Uunsen, grand modèle.
- Huit batteries composées chacune de 60 éléments peuvent alimenter huit lampes électriques simultanément.
- Pour la facilité du service, on a disposé dans le laboratoire un système de distribution des eaux et acides au moyen de poteries faites exprès pour cet usage. Une grande cuve, contenant 1000 litres de liquide, permet de préparer l’eau acidulée en urje seule fois pour toutes les batteries. Un tube manométrique indique à la fois la hauteur du liquide et sa concentration dans la cuve. — Une combinaison de cuves supplémentaires permet de conserver l’acide nitrique dans
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- les vases, et d’éviter les vapeurs qui se dégagent de l’acide chaud au moment du transvasement nécessité par le démontage de la pile.
- On peut éviter l’action dangereuse des vapeurs nitreuses en plaçant çàet là, sur les piles, des soucoupes contenant de l’ammoniaque, qui les condense. La combinaison de l’acide hypoazotique avec l’ammoniaque produit des vapeurs blanches, peut-être aussi désagréables que les vapeurs nitreuses, mais tout à fait inoffensives.
- Un système d’attaches fixé au mur relie chaque générateur avec les différentes conduites de la scène, et un galvanomètre, placé sur le fil de chaque batterie, indique à la fois la force des piles et quelles sont celles qui sont en fonction.
- Nous avons fait ici l’application de câbles à un seul fil de retour; ce procédé, qui réussit fort bien, offre l’avantage d’une grande économie, puisqu’il diminue de moitié la longueur totale des fils.
- Un distributeur permet également de relier telle batterie avec tel ou tel point lumineux placé au théâtre, et d’en concentrer plusieurs sur le même point pour en augmenter l’intensité.
- Le courant électrique partant de la pile est transmis à l’appareil produisant sur le théâtre les différents effets exigés par la mise en scène. Cet appareil se compose d’une lampe à régulateur automatique placée dans une lanterne de hois munie d’une lentille ou d’un réflecteur de verre argenté (fig. 2). Cet appareil est disposé de façon à prendre toutes les inclinaisons exigées pour la production des effets, pour faire suivre un personnage ou un groupe par un rayon lumineux, etc.
- Enfin un pont a été disposé au-dessous du cintre, de chaque côté et dans toute la longueur de la scène, pour le service d’éclairage électrique. Des prises de courants, placées à chaque plan ainsi que sur le théâtre et dans les dessous, permettent, à tel point donné, de relier les appareils avec les générateurs d’électricité.
- A l’organisation de la lumière électrique nous avons joint aussi celle de la lumière Drummond ou oxhydrique; nous nous contenterons de mentionner plus loin les appareils que nous employons.
- Peu de personnes aujourd’hui ignorent complètement la nature de la lumière électrique ; notre intention, du reste, n’est nullement de recommencer une description que chacun peut trouver dans un
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- traité de physique quelconque ; nous ne voulons qu’indiquer exactement, aux personnes intéressées à la question, les organes et accessoires indispensables à la production et à l’utilisation de cette lumière.
- APPAREILS NÉCESSAIRES AUX APPLICATIONS DE LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE AU THÉÂTRE.
- Appareil photo-électrique complet composé de :
- N° 1. Lampe ou régulateur électrique (fig. 1),
- système automatique perfectionné............. 450 fr.
- N° 2. Lanterne photogénique de,bois eu de tôle (fig. 2), munie d’un miroir^tfeverre argenté, d’écrans p ' colorés, et destinée à contenir la lampe électrique. . fflp /$O
- N° 3. Pile de Bunsen (grand modèle) composée de y— 50 éléments.................................. 300
- s? en
- N° 4. Crayons de charbon, le mètre....................% fi
- N° 5. Fils conducteurs enduits de gutta-percha,
- le mètre....................................1 f. 25 c.
- Chacun sait actuellement que la lumière électrique n’est autre que l’arc lumineux qui se forme entre deux pointes de charbon fixées aux deux pôles d’une forte pile, ou d’une machine magnéto-électrique douée d’une assez grande intensité. Cette lumière n’est pas due à la combustion des charbons, mais à l’irradiation de leurs molécules, qui voyagent d’une manière continue du pôle positif au pôle négatif de la source électrique. Par suite, si la combustion n’avait pas lieu, c’est-à-dire si l’on opérait dans le vide absolu, la distance des charbons étant réglée d’après l’intensité de la source électrique, on aurait nécessairement un arc lumineux continu, puisque la quantité de matière charbonnéc arrachée au pôle positif se retrouverait exactement transportée au pôle négatif.
- Le but que doit atteindre un règulateurrde lumière électrique est donc de corriger mécaniquement l’écart des charbons dans l’air, lequel résulte de leur combustion. On ne peut opérer dans le vide,
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- car les enveloppes de verre ne sont pas susceptibles de résister à la haute température due à la formation de l’arc. — MM. Staite et Petrie en Angleterre, et Léon Foucault en France, résolurent en meme temps la question des régulateurs photo-électriques ; et c’est à ce dernier savant qu’est due l’idée première de faire servir le courant même de la source d’électricité à la régularisation de la marche des charbons. M. J. Duboscq construisit ensuite son système, bien connu des savants, et qui doit son succès à la régularité de sa marche et à la Fixité de son point lumineux.
- Fig. 1.
- La lampe ou régulateur de lumière électrique (Fig. 1) se compose de deux tiges métalliques appelées crémaillères, auxquelles sont attachés les charbons entre les pointes desquels jaillit l’arc électrique : ces crémaillères sont sollicitées à se rapprocher l’une de l’autre par un ressort relié à un mouvement d’horlogerie chargé d’en modérer
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- l’action. Toutefois celte marche d’une pointe de charbon vers l’autre n’est pas continue; elle est intermittente et réglementée par le courant électrique lui-méme, par sou passage dans un électro-aimant agissant sur une palette de fer doux chargée d’arrêter ou de laisser marcher le rouage d’horlogerie.
- Par une disposition ingénieuse duc à M. Foucault, le rouage d’horlogerie peut fonctionner en sens inverse, et donner ainsi au charbon un mouvement de recul ou d’écart permettant l’allumage automatique de la lampe. Avec ce régulateur, la position du point lumineux est rigoureusement immuable et la constance de la lumière est absolue.
- L’appareil que nous venons de décrire se place dans la lanterne
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- (fig. 2) ; un réflecteur de verre argenté reçoit les rayons de lumière et les réfléchit en un faisceau parallèle ou divergent, suivant qu’on approche ou qu’on éloigne ce miroir du point lumineux.
- Les appareils n031, 2, 3, 4, 5, constituent le matériel nécessaire à la réalisation des effets ordinaires au théâtre, principalement l’éclairage des grandes surfaces à l’aide de la lumière électrique; nous citerons maintenant les appareils employés pour certains effets particuliers et pour la reproduction des phénomènes de la nature.
- FONTAINES LUMINEUSES.
- Parmi les différents effets spéciaux que nous produisons à l’aide de la lumière électrique, nous placerons en première ligne les fontaines lumineuses.
- Lorsqu’un liquide s’écoule d’un vase par un orifice circulaire, le jet affecte la forme d’une parabole; de plus, la veine liquide n’est pas absolument cylindrique, elle se contracte en un point dont la distance, à l’orifice d’écoulement, est réglée par une loi mathématique. Dans ces conditions, si un faisceau de lumière est braqué sur l’orifice d’écoulement, il semble entraîné par le liquide et le suivre dans tous les points de sa course.
- Cet effet ou phénomène est désigné, en optique, sous le nom de réflexion totale ; en vertu de la courbure de la veine liquide, le faisceau est réfléchi, à chaque pas de sa course, par la molécule qu’il rencontre, et, au lieu de la franchir pour se jeter dans l’espace, cette molécule le renvoie dans le sens de la veine, qui prend l’aspect d’un jet de feu.
- Si l’on brise la courbe liquide, le phénomène de réflexion cesse et des éclats de lumière jaillissent autour du point brisé : on réalise ainsi l’expérience dite de la veine fluide illuminée. L’eau est placée dans un vase.cylindrique ou prismatique d’assez grande hauteur (%• 3).
- La lampe électrique, munie à cet effet d’un système de lentilles éclairantes, se place devant une ouverture fermée par une glace transparente, et elle est braquée de façon que le faisceau lumi-
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- ncux soit dans l’arc de la courbe parabolique que décrira l’eau lors de son écoulement. En plaçant des verres colorés devant l’appareil électrique, on changera à volonté la couleur de la gerbe. Telle est la disposition de la fontaine de Faust, au deuxième acte, et des fontaines lumineuses en général. C’est en 1853 que ce brillant phénomène d’optique parut au théâtre, dans le ballet d'Elia et Mysis à l’Opéra; son succès fut fol, qu’on le reproduisit successivement dans plusieurs pièces à grand spectacle, et qu’on l’utilisa meme dans des fêtes publiques et privées.
- Fig. 3.
- Fontaine à trois jets paraboliques.......... . . . 500 fr.
- Fontaine à jet vertical et à gerbes, avec deux systèmes éclairants, avec verres colorés (de
- bas en haut et de haut en bas).............1000
- Fontaine de Faust à WKtKKKÊÊÊÊÊÊÊÊÊttÊ.........
- La même, fermée par un bouchon à vis........... 0k
- Système de lentilles éclairantes, avec verres colorés j se plaçant sur la lanterne photogénique. .................... i . . d
- fo, 5~0.
- iTû,
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- PHÉNOMÈNE DE L’ARC-EN-CIEL
- L’arc-en-ciel a élé obtenu à l’Opéra pour la première fois à l’aide d’un appareil imaginé par M. J. Duboscq, lors de la reprise de Moïse ^ en 1860.
- Dans le principe, on éclairait par transparence, au moyen de lumières vives, une toile sur laquelle on avait peint l’arc-en-ciel; mais ce procédé, trop imparfait pour offrir l’illusion du phénomène naturel, avait aussi l’inconvénient de laisser l’arc trop obscur pour permettre l’éclairage complet de la scène.
- On produisait donc une demi-obscurité, ce qui rendait le phénomène météorologique par trop magique, son apparition devenant un contre-sens physique, un arc-en-ciel de nuit.
- Fig. \
- Pour éviter cette déperdition d’intensité lumineuse, M. J. Duboscq imagina un appareil (lig. 4) permettant de projeter l’image spectrale directement sur l’avarft'fïcWtoîle.
- L’appareil photo-électrique, dont l’arc est alimenté par une pile de 100 couples Bunsen, est placé sur un échafaudage de hauteur convenable, à 5 mètres du rideau, et perpendiculairement à la toile qui figure le ciel sur lequel l’arc-en-ciel doit apparaître. Tout le système optique est adapté et fixé dans l’intérieur d’une caisse noircie
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- qui ne diffuse aucune lumière à l’extérieur. Les premières lentilles donnent un faisceau parallèle qui passe ensuite par un écran découpé en forme d’arc.
- Ce faisceau est reçu par une lentille biconvexe, dont le double rôle est d’augmenter la courbure de l’image et de lui donner une extension plus considérable. C’est au sortir de cette dernière lentille que les rayons lumineux traversent le prisme qui doit les décomposer et, par suite, engendrer l’arc-en-ciel.
- Le prisme doit occuper par rapport au faisceau lumineux une position telle que les couleurs de l’arc apparaissent dans l’ordre suivant lequel on les voit dans le ciel, c’est-à-dire le rouge en haut et le violet en bas. Grâce à ce nouveau mode d’opérer, l’arc-en-ciel paraît très-lumineux, même quand la scène reste en pleine lumière.
- Appareil destiné à la production de l’arc-en-ciel, fig. 4, se montant sur la lanterne photogénique................................................WÊtÊ fr. 3
- PHÉNOMÈNE DES ÉCLAIRS.
- Imiter le bruit du tonnerre, au théâtre, n’est pas chose difficile ; les magasins d’accessoires possèdent tous un tam-tam et une plaque de tôle élastique destinés à cet effet. Mais ce qui n’est pas aussi aisé, c’est de lancer sur la scène des éclairs à peu près vraisemblables.
- On ne pouvait faire un meilleur choix que celui de l’arc voltaïque, dont l’origine est identique à celle de la foudre, pour représenter ce phénomène météorologique. Ce qu’il fallait trouver de plus, c’était une disposition optique qui permît d’émettre et d’éteindre à intervalles rapides le faisceau lumineux, de façon à caractériser la rapidité de l’éclair. Les appareils photo-électriques qui servent aux effets d’éclairage ne fonctionnent pas assez rapidement pour produire cet effet, et M. J. Duboscqa dû imaginer un nouvel appareil connu sous le nom de miroir magique ou miroir à éclairs.
- En avant d’un miroir plan (fig. 5), se rencontrent les pointes de charbon entre lesquelles se forme l’arc voltaïque.
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- Le charbon supérieur est fixe, mais l’inférieur peut recevoir, à un moment donné, un mouvement de recul.
- Ce charbon est en conséquence adapté à une tige de fer doux qui plonge, par attraction, dans une hélice magnétisante au moment où celle-ci est traversée par le courant électrique môme qui doit constituer l’arc voltaïque. Tant que le courant de la pile n’est pas lancé dans l’appareil, les charbons restent donc en contact; mais vient-on à fermer le circuit, le fer doux fixé au charbon mobile est subitement attiré, et, par suite, ce dernier effectuant son recul, l’arc lumineux se forme aussitôt.
- Fig. 5.
- Dès que le circuit est rompu, l’arc s’éteint et le charbon inférieur, sollicité par un ressort, revient au contact pour permettre un nouveau passage du courant. Grâce à cette disposition, l’émission et l’extinction de la lumière s’obtiennent immédiatement, et le phénoménale l’éclair se réalise.
- Cet appareil porte aussi le nom de miroir magique, parce que ses faibles dimensions permettent de le confier à un personnage en scène ; sur une réplique l’appareil s’illumine, et l’on peut ainsi en tirer des effets magiques. C’est dans ce but qu’il a été créé, et sa pre-
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- ' miëre apparition aii théâtre eut lieu aux Variétés, dans les Voyages de la Vérité.
- Miroir magique pour la production des éclairs
- au théâtre.................................../ GO fr.
- Fig. «•
- Appareil destiné à produire l’effet du soleil levant (dans le Prophète), fig. G.
- Cet appareil se compose d’un grand réflecteur parabolique fixé sur un support de bois sur lequel on adapte la lampe électrique. Les rayons, rendus parallèles par le réflecteur, sont concentrés sur un écran destiné à représenter le disque solaire.
- Le Réflecteur et son support......................GÊB fr.
- Écran de soie et tarlatane. ...................... Ht
- La mise en scène exige souvent qu’un rayon de lumière suive un personnage, tel que dans Ilamlet, Faust, etc. ; les appareils que nous
- /oû.
- 9°
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- avons cités déjà sont trop volumineux et trop lourds pour être appliqués à cet usage. C’est pourquoi nous avons construit des appareils plus légers pouvant s’accrocher à la muraille et munis des articulations nécessaires pour diriger le rayon lumineux dans tous les sens.
- L’appareil se compose d’une lanterne de bois ou de tôle, à laquelle est attachée la lampe électrique ; des lentilles éclairantes permettent de concentrer en un point un faisceau de rayons lumineux qu’on peut élargir à volonté ; un diaphragme particulier limite le champ d’éclairement.
- Dans cet appareil le rapprochement des charbons de la lampe électrique se fait à la main.
- Ki«.
- 7.
- Appareil photo-électrique avec sa lampe, destiné
- à suivre un personnage.....................
- Lampe électrique simplifiée, dans laquelle le rapprochement des charbons se fait à la main. CfWtypareil se place dans la lanterne n° 2.
- Lorsqu’il s’agit d’éclairer de très-larges surfaces, des travaux de, nuit, un pan de mur, un jardin, etc., on peut employer l’appareil
- fr. 2
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- représenté fig. 8. Un support articulé dans tous les sens sur lequel est place le régulateur; sur un montant derrière est fixé dans une coulisse un réflecteur de verre argenté de grandes dimensions (80 centim. de diamètre).
- Le Support articulé avec réflecteur (30 centimètres . de diamètre)........................................
- fr.
- Fig. 8.
- AUTRES APPLICATIONS DE L'ÉLECTRICITÉ AU THÉÂTRE.
- Sous une autre forme, l’électricité a trouvé au théâtre une application'très-importante : l’installation d’une correspondance télégraphique, soit à l’aide de sonneries électriques, soit à l’aide de signaux spéciaux entre les services de la scène et de la salle. C’est ainsi que dans les cas où des chœurs ou des musiciens sont placés dans la coulisse, le chef d’orchestre peut les diriger à l’aide d’un métronome électrique.
- Le métronome que nous indiquons ici est celui qui a été adopté
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- par l’Opéra ; il a fonctionné pour la première fois le 3 mars 1869, jour de la première représentation de Faust.
- Dans cet appareil, M. Duboscq a réussi à faire disparaître les vibrations de la verge marquant la mesure transmise par le chef d’orchestre ; ce défaut avait été signalé dans tous les appareils employés \ ^- \ précédemment.
- Ce métronome comporte deux parties distinctes : le transmetteur (fig. 10), installé à l’orchestre, et le récepteur (fig. 9), placé sur le théâtre, en vue des chœurs qu’il doit diriger.
- Le métronome électrique peut fonctionner avec 2 éléments de la pile Bunsen, mais il est préférable de lui réserver des éléments spéciaux et à courant constant, la pile Leclanché par exemple.
- Métronome électrique système Duboscq, avec 2 élé-
- ments de Bnnsen............................... MK fr.
- Sonnerie électrique............................... 30
- (Les frais d’installation se traitent de gré à gré, selon leur importance.)
- Tableaux électriques pour le service administratif.
- (Le prix dépend de leur complication.)
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- Galvanomètre pour indiquer la force des piles et leur fonctionnement.
- Tableau distributeur pour relier les appareils photogéniques avec les générateurs d’électricité.
- (Les prix dépendent du nombre d'appareils employés.)
- Fig. 10.
- L’électricité a été employée aussi pour produire des inflammations de gaz ou de matières fulminantes à distance. Nous citerons comme exemple de cette application le candélabre magique Au Pied de mouton.
- Appareil pour déterminer les inflammations
- à distance.................................4M fr.
- Candélabre à double branche.................... M
- Fil conducteur (le mètre)...................... 1
- APPLICATION DE LA LUMIÈRE DRUMMOND OU OXHYDRIQUE AU THÉÂTRE.
- Bien ancienne dans la science, la lumière Drummond est au contraire presque inconnue du public. Les premiers débuts de cette source lumineuse au théâtre datent de 1800. A cette époque, le gaz d’éclairage n’existant pas sur la scène, il fallait préparer sur place
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- l’oxygène et l’hydrogène ; l’appareil d’éclairage était des plus imparfaits : on se bornait, en effet, à allumer directement à l’orifice d’un tube abducteur le mélange gazeux opéré d’avance dans les gazomètres. Dans le circuit on plaçait, il est vrai, un pistolet de Yolta, dont l’explosion devait prévenir l’inflammation totale. Malheureusement, les accidents trop fréquents qui survinrent montrèrent l’insuffisance de cette précaution.
- Aujourd’hui, voilà cette source lumineuse qui reparaît au théâtre, oü elle reçoit l’accueil le plus empressé ; elle n’a cependant changé ni dans sa nature, ni dans son pouvoir éclairant : les perfectionnements apportés à son mode de production et à la construction des appareils photogéniques expliquent seuls ce revirement d’idées.
- La lumière Drummond, on le sait, n’est autre que cella émise par un bâton de chaux à l’instant où il entre en irradiation sous l’in-lluence calorifique du mélange gazeux enflammé dans les proportions de 2 volumes d’hydrogène, 1 volume d’oxygène. Cette lumière recevrait des applications industrielles importantes, si sa production n’était pas si dispendieuse.
- Or, l’hydrogène pur peut actuellement être remplacé par le gaz d’éclairage; mais, malgré les travaux remarquables de M. Boussin-gault et de MM. II. Sainte-Claire Deville et Debray, l’oxygène est loin d’être un produit manufacturé.
- Ce gaz doit donc se préparer encore, comme à la naissance de la chimie moderne, c’est-à-dire en décomposant le chlorate de potasse par la chaleur. Le seul perfectionnement pratique que nous indiquerons est le suivant : le sel de chlorate de potasse est mélangé avec la moitié. de son poids de peroxyde de manganèse, et le tout est calciné dans une grande cornue de fer A (fig. 11), chauffée sur un fourneau à gaz ; l’oxygène qui se dégage est épuré dans un llacon laveur B, contenant de l’eau et de la potasse, et recueilli dans un sac de caoutchouc C, ou mieux dans un gazomètre, quand on prépare de grandes quantités d’oxygène.
- On peut, de cette façon, préparer plusieurs centaines de litres de gaz dans un temps très-court. Mais le prix de revient du mètre cube ne laisse pas d’être très-élevé. Dans le cas où la consommation de gaz oxygène deviendrait considérable, il faudrait recourir au
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- peroxyde de manganèse ; mais, jusïju’â présent, il a paru préférable de simplifier la disposition opératoire.
- Fig. II.
- L’appareil photogénique actuellement adopté est le chalumeau à gaz, tel que l’a modifié Al. II. Sainte-Claire Deville (fig. 12).
- Le robinet 0 livre passage au gaz oxygène, mis sous pression convenable à l’aide de poids placés sur le sac de caoutchouc qui le renferme; le gaz d’éclairage arrive par le tube IL
- Les deux conduits partiels aboutissent à un conducteur plus large se terminant par un coude formé de deux enveloppes concentriques ; l’oxygcnc venant par le tube intérieur pénètre ainsi au centre de la flamme du gaz hydrogène qui débouche par le circuit extérieur : la manœuvre des robinets permet de régler l’échappement des deux gaz. Le bâton cylindrique de chaux est placé sur un support droit, susceptible de s’élever ou de s’abaisser.
- L’appareil photogénique se place dans une lanterne de 1er munie en avant d’une lentille L, et le plateau qui supporte la lampe peut avancer ou reculer, de façon à amener le jet de lumière au foyer de la lentille, et concentrer ou élargir ainsi le faisceau de rayons lumineux.
- Cette lumière est très-avantageuse pour produire au théâtre certains effets intenses pour lesquels l’arc voltaïque serait trop éclatant, et un jeu même considérable de becs de gaz insuffisant. Toutefois, si l’effet lumineux doit embrasser un grand espace, éclairer plusieurs
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- personnages il faudrait avoir recours à un trop grand nombre d’appareils ; alors les frais seraient supérieurs à ceux causés par l’emploi de la lumière électrique.
- Fig. 12.
- APPAREILS NÉCESSAIRES AUX APPLICATIONS DE LA LUMIÈRE OXHYDRIQUE AU THÉÂTRE.
- Appareil photogénique complet (fig. 12), c’est-à-dire
- lampe oxhydrique, lanterne, série de verres de couleur. . 120 fr.
- Flacon de bâtons de chaux.................... 4
- Sac de caoutchouc, pouvant emmagasiner 60 litres. . . . ÊB — _ 100 — .... 90
- Tubes de caoutchouc, le mètre................ 1
- Appareil complet pour la préparation de l’oxygène. . .................j
- Planche de pression. ^K- cLosu'iil^u.-^ / %
- 85 fr.
- Ainsi que nous l’avons signalé au chapitre lumière électrique, on est quelquefois obligé de suivre un personnage en scène, de l’éclairer
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- d’une façon spéciale très-intense, tout en laissant les autres parties de la scène dans une obscurité relative ; à cet effet, nous avons
- construit line petite lanterne contenant un chalumeau à gaz oxhydrique (fig. 15), de très-petites dimensions, et qui répond fort bien aux conditions posées ci-dessus : une lentille éclairante sert à concentrer ou élargir le faisceau de rayons lumineux, un diaphragme établi en avant permet de placer des verres de couleur.
- Lanterne à gaz oxhydrique, pour être tenue à la main. . fr.
- APPARITION DES SPECTRES ET APPARITIONS FANTASTIQUES.
- La réflexion, par des glaces sans tain, d’objets dissimulés à la vision directe a été fort en succès, sous la dénomination d'apparitions de spectres vivants et impalpables. Presque tous les théâtres de Paris ont eu recours à cette expérience pour augmenter l’intérêt de leurs spectacles. La disposition technique de l’expérience dépend essentiel-
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- lement de la nature du scénario que les images doivent engager avec les acteurs qui se trouvent derrière les glaces ; cependant la description suivante suffit à expliquer la disposition générale nécessaire à la production de cet effet d’optique.
- Les glaces sont dressées à l’inclinaison convenable par rapport au plan de la scène. (Il est essentiel d’opérer avec des glaces et non avec du verre, car la surface réfléchissante doit être d’une pureté rigoureuse, la moindre aspérité compromettant la netteté de l’image.) Un vide est pratiqué sur l’avant de la scène, contre l’orchestre. Là se placent les acteurs dont les images doivent être réfléchies par les glaces, pour produire les apparitions. Leur position, par rapport à l’inclinaison des glaces, doit être telle que les images paraissent verticales et en contact avec le plancher du théâtre, pour les spectateurs à l’orchestre et à la première galerie. A mesure que les spectateurs montent aux places plus élevées, tout en restant verticales, ces images semblait quitter terre. L’apparition et l’évanouissement subits des imappbpectrales se déterminent, pour les spectateurs, en ouvrant, puis fermant rapidement l’appareil éclairant. L’effet produit est très-facile à comprendre. Lorsqu’on se regarde dans une glace sans tain, l’espace en avant et en arrière étant égalqment éclairé, on ne distingue aucune image ; la quantité de lumière réfléchie en avant de la glace ôtant'alors moindre que celle qui éclaire l’autre côté. Yient-on à produire l’obscurité dans cette partie, puis à éclairer vivement un objet quelconque, dissimulé à la vision directe de l’observateur, une image virtuelle paraît immédiatement se détacher avec intensité derrière la glace, à une distance égale à celle de l’objet : l’obscurité fait donc en quelque sorte office de tain.
- Selon l’importance du scénario, l’éclairage des sujets se fera, soit à l’aide de la lumière Drummond, soit avec la lumière électrique. Cette dernière source lumineuse est préférable lorsqu’il s’agit de donner aux apparitions une teinte plus fantastique à l’aide de verres colorés, la lumière Drummond, dans ce dernier cas, étant absorbée en trop forte proportion.
- Glaces de 3,n,20 sur 2m,04. . ......................... 500 fr.
- Les apparitions fantastiques peuvent aussi s’effectuer, dans d’autres circonstances, à l’aide d’appareils fantasmagoriques. Ces effets
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- ont été exécutés avantageusement dans le ballet le Papillon et dans l’opéra les Troyens.
- Ces apparitions résultent de l’agrandissement, par procédé optique, d’épreuves photographiques sur verre, c’est-à-dire de transparents représentant les personnages du tableau.
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- Appareil fantasmagorique pour un seul tableau. 4M fr. /io Id. pour deux tableaux simultanés..................409 ^ (tf)
- Ces appareils (fig. 16) s’adaptent exactement aux lanternes des sources lumineuses indiquées précédemment. — Il est bien entendu que pour grandir ou diminuer l’image, il n’est pas nécessaire de mouvoir l’appareil; il suffit de faire varier à l’aide d’une vis la distance de la lentille objective à l’épreuve servant de cliché.
- Les applications de la science au théâtre ne sont qu’à leur début, certainement elles acquerront rapidement une' importance plus considérable ; non-seulement nous avons l’intention de suivre le mouvement progressif qui s’opère dans ce sens, mais nous contribuerons à son développement dans la mesure de nos moyens.
- Nous enverrons aux directeurs des théâtres de province et de l’étranger les appareils indiqués au catalogue, réglés pour la production des effets, et accompagnés au besoin d’une explication suffisante pour permettre aux employés d’opérer sans aucun secours étranger. Dans le cas où une installation toute spéciale sera nécessaire, nous enverrons un expérimentateur, qui aura en outre pour mission de dresser les employés du théâtre à l’exécution des effets.
- PARIS. — IUP RIMER IB L>£ E. MARTINET, REE MIGNON, 2.
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