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Jules Carpentier 1851-1921 : [Exposition au Musée des Arts et Métiers en juin 1972]
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- Jules Carpentier (1851-1921)
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- D'ARSONVAL aimait à répéter ce mot de Lord KELVIN : « Il n'y a pas de science sans mesure... », et on pourrait ajouter :
- « Il n'y a pas de science sans mesure et sans instrumentation ».
- PARMI les précurseurs qui ont largement contribué à l’essor des sciences appliquées au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle, il ne faut pas manquer de citer Jules CARPENTIER qui a créé dans ses ateliers un nombre considérable d’instruments nouveaux.
- CARPENTIER (1851-1921) a succédé à RUHM-KORFF (1803-1877) en 1878 pour installer ses ateliers, 20, rue Delambre, à PARIS dans le XIVe.
- La présente notice ne constitue qu’un aperçu sur l’œuvre de J. CARPENTIER, des savants qui y ont participé et de tous les techniciens qui y ont collaboré.
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- JULES CARPENTIER SUCCESSEUR DE RUHMKORFF
- Ruhmkorff (1803-1877)
- Pour bien situer dans son contexte l’œuvre de J. CARPENTIER, il faut évoquer pour commencer la grande figure de RUHMKORFF, auquel il a succédé, car l’on peut se demander si cette circonstance n’a pas été à l’origine de la féconde carrière de J. CARPENTIER dans le domaine de la création des instruments scientifiques.
- RUHMKORFF naquit à HANOVRE en 1803. Après avoir terminé son apprentissage de mécanicien, à l’âge de dix-huit ans, il quitta sa ville natale et se mit à parcourir l’Allemagne pour se perfectionner dans son métier. Il se rendit ensuite à Paris, où il résida pendant deux ans, puis il partit pour Londres.
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- Après un séjour de même durée en Angleterre, il revint à Paris et y travailla dans différents ateliers pendant treize années consécutives.
- Nous ne pouvons énumérer tous les appareils construits par RUHMKORFF ; nous dirons seulement que son nom est attaché à toutes les applications de l’électromagnétisme. Pendant cinq années consécutives, l’Académie lui décerna le prix Trémont de 5.500 francs institué pour aider dans ses recherches un inventeur sans fortune.
- Tous les cabinets de physique, toutes les Universités, tous les collèges, tous les établissements d’enseignement du monde possédaient à l’époque ses instruments, et les savants de tous les pays ont eu recours à son talent pour l’exécution des appareils les plus exacts et les plus délicats.
- RUHMKORFF avait fait de la France sa patrie adoptive et lui resta toujours fidèle malgré ses désastres et ses malheurs. Après la guerre de 1870-1871 on fit à l’inventeur des offres les plus séduisantes pour le décider à transporter sa résidence à BERLIN, mais il opposa sans cesse, à toutes les propositions faites dans ce sens, le refus le plus énergique et le plus résolu. Il a voulu jusqu'à sa dernière heure rester à PARIS qu’il aimait, dans son modeste mais bien célèbre Atelier, en face de la vieille Sorbonne au 15, de la rue Champollion.
- Chacun sait l’application universelle qui a été faite de la bobine d’induction de RUHMKORFF, à l’allumage des moteurs à explosion. M. ARMAGNAT, Chef du bureau des mesures des Ateliers J. CARPENTIER a d’ailleurs publié en 1905 une remarquable étude sur le sujet, et Jules CARPENTIER a construit un grand nombre de rupteurs de bobines d’allumage pour les moteurs d’automobile de l’époque. Ces rupteurs peuvent encore être vus sur les prototypes des vieilles voitures Renault exposées par la Régie aux Champs-Elysées.
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- VIE ET TRAVAUX DE JULES CARPENTIER
- Jules CARPENTIER naquit à PARIS en 1851 d’une famille de modestes commerçants du boulevard Saint-Michel.
- Après de solides études secondaires, il entre en 1871, à 20 ans, à l’Ecole Polytechnique, en même temps d’ailleurs que son camarade de promotion, le futur Maréchal FOCH.
- Nommé en 1873 Ingénieur des Manufactures de Tabac de l’Etat, il préfère presque aussitôt se consacrer à la mécanique et s’engage comme simple ouvrier ajusteur aux Ateliers de Paris de la Compagnie de Paris-Lyon-Méditerranée. Dix mois plus tard, il était nommé Ingénieur à cette Compagnie.
- C’est à cette époque (fin 1877) que survient la mort de RUHMKORFF. Jules CARPENTIER apprend par hasard que la succession du célèbre constructeur allait être vendue aux enchères. Il se porte acquéreur, la succession ne lui est pas disputée et il obtient tout ce que RUHMKORFF laissait après lui.
- Il déclare lui-même :
- « Les Ateliers du vieil artiste avaient été à deux doigts d’un effondrement complet : à son successeur incombaient la tâche et l’honneur de les relever. »
- Entre-temps Jules CARPENTIER avait épousé en 1876 Mlle Lucie VIOLET, fille de l’entrepreneur qui construisit l’Opéra sous la direction de l’architecte GARNIER. Un heureux héritage lui avait permis d’acquérir le charmant hôtel particulier (aujourd’hui disparu) du 34, rue du Luxembourg (maintenant rue Guynemer), tout près du 20, rue Delambre où il transfère très rapidement les anciens Ateliers du 15, rue Champollion où il avait d’abord succédé à RUHMKORFF, en 1878.
- Sur les quatre enfants qui étaient nés de son union avec Lucie VIOLET, il eut le grand malheur d’en perdre deux coup sur coup en 1889 et 1891.
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- Jules Carpentier vers 1881
- Notons cependant que sa descendance issue des deux enfants qui lui restaient, Julie et Jean, représente en 1972 près de 200 personnes.
- Il convient, pour mieux saisir l’œuvre de Jules CARPENTIER de , situer d’abord l’état de la science appliquée et des méthodes industrielles au moment où il prend la succession de RUHMKORFF.
- Laissons encore la parole à Jules CARPENTIER :
- « Au moment où RUHMKORFF disparut, - la science électrique était à la veille de la transfor-
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- mation considérable qu’elle a subie dans l’espace des quinze dernières années... L’industrie entière réclamait des étalons et des instruments pratiques pour effectuer les mesures... L’Angleterre au contraire était déjà toute préparée pour fournir les pièces principales de cet outillage... Dans ces conditions, la France était encore, à l’issue de l’Exposition de 1878, tributaire de l’Angleterre, et notre industrie nationale était incapable de rien produire dans cette branche dont dépendait la vitalité de toutes les autres. »
- Juies CARPENTIER ajoutait encore :
- « La méthode de travail exclusivement pratiquée jadis dans l’industrie des instruments de précision, consistait à confier à un même ouvrier la construction complète d’un instrument entier, en lui fournissant soit un modèle à imiter, soit même de simples
- Les Ateliers J. Carpentier, 20, rue Delambre à Paris
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- Le stand de J. Carpentier à la lre exposition d’Electricité de Paris, en 1881
- indications à suivre. L’organisation nouvelle introduite (dès 1878) dans les Ateliers RUHMKORFF a imposé aux ouvriers d’exécuter les pièces conformément à des dessins soigneusement tracés et cotés, avec l’exactitude la plus rigoureuse. »
- Le plus grand mérite de Jules CARPENTIER, dont chacun se plaisait par ailleurs à reconnaître les grandes qualités d’intelligence et de volonté, a été pendant toute sa carrière, de savoir collaborer avec de nombreux savants et de s’entourer de collaborateurs intelligents et travailleurs.
- Il nous paraît maintenant plus commode d’abandonner l’ordre chronologique pour permettre un classement plus clair des créations et des réalisations ainsi menées à bien dans différents domaines de l’instrumentation.
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- Certainement, Jules CARPENTIER aurait fait siennes les déclarations de l’Abbé NOLLET, habile physicien expérimentateur, qui écrivait dès 1738 à propos des qualités à rechercher pour les instruments :
- « Que les instruments fussent très exacts, afin que la dépense n’en fut point inutile et qu’ils ne fussent point occasion d’erreur.
- « Que leur prix ne fut point augmenté par des ornements superflus, afin d’en rendre l’usage plus fréquent en les mettant le plus possible à la portée des fortunes médiocres.
- « Que leur construction fut la plus simple, la plus aisée et la plus solide qu’elle pourrait l’être, afin qu'on put les imiter ou réparer avec moins de frais, moins d’étude et moins d’adresse.
- « Qu’ils fussent applicables à un plus grand nombre d’opérations, quand l’étendue de leur usage ne nuirait pas à leur simplicité, »
- Jules Carpentier vers 1894
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- DOMAINE DES MESURES ÉLECTRIQUES
- Pour bien saisir à quel point l’électricité s’est implantée d’une manière universelle dans notre économie, il faudrait imaginer qu’elle devint brusquement absente
- L’étude, la réalisation, la conduite et l’entretien des dispositifs électriques (instruments, machines, réseaux, etc..,) nécessitent la connaissance de toutes les grandeurs électriques, dont toute appréciation, même grossière, échappe complètement à nos sens. Il ne peut donc être question de se passer d’instruments, et ces instruments sont nombreux.
- La plupart d’entre eux dérivent d’un instrument de base appelé galvanomètre dont la première idée procède de l’expérience faite en juillet 1820 par le physicien danois ŒRSTEDT, qui découvrait le premier l’action d’un courant électrique sur une aiguille aimantée. A peine deux mois plus tard, Ampère traduit cette expérience par un ensemble de lois mathématiques sur les actions réciproques des aimants et des courants, introduisant pour la première fois dans un mémoire à l’Académie, les expressions « courant électrique, tension électrique et galvanomètre ».
- Le galvanomètre Deprez-Carpentier
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- Ce dernier instrument, perfectionné au fil des années par les savants SCHWEIGGER, NOBILI, POUILLET, Sir William THOMSON (Lord KELVIN), prend en 1881 la forme définitive qu’on lui connaît encore aujourd'hui grâce aux travaux de Marcel DEPREZ (1843-1918) et de D’ARSONVAL (1851-1940).
- Jules CARPENTIER fut l’un des premiers constructeurs des différents modèles de galvanomètres imaginés par DEPREZ et D’ARSONVAL et breveta certains d’entre eux avec Marcel DEPREZ.
- Plusieurs autres types de galvanomètres avaient déjà été construits soit par RUHMKORFF, soit par Jules CARPENTIER en améliorant les modèles de NOBILI, de WEBER, de THOMSON, de POUILLET.
- Par ailleurs, Jules CARPENTIER mettait au point avec d’autres savants tels que MASCART (1837-1908), PELLAT (1850-1909), BROCA (1863-1926), BLONDEL (1863-1938), ABRAHAM (1868-1943), LE CHATELIER
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- Fac-similé d’une lettre de d’Arsonval adressée à Jules Carpentier en 1880 et lui faisant part de son idée d'un galvanomètre à cadre mobile. (Voir suite de cette lettre pages suivantes.)
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- D’Arsonval (1851-1940)
- Un voltmètre Deprez-Carpentier
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- (1850-1936), CALLENDAR, etc..., toute une série d’instruments dérivés du galvanomètre pour la mesure et même l’enregistrement des intensités, des potentiels et des tensions électriques et d’autres grandeurs qui en dérivent.
- Galvanomètre Deprez-d’Arsonval, à miroir, de type classique, construction Carpentier
- Reprenant en 1881 le principe de la boussole de MAXWELL, Jules CARPENTIER l’appliquait à la mesure des résistances et son gendre Louis JOLY (1879-1936) imaginait vers 1911 un nouveau modèle d’instrument, fondé sur le même principe, et auquel il donnait le nom de « Logomètre », appareil encore actuellement très utilisé, en particulier dans ses applications au domaine des mesures de températures et à celui des instruments de bord d’aviation.
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- Rappelons à cet égard que Louis JOLY, était ancien élève de l’Ecole Polytechnique, Membre du Bureau des Longitudes et que, jusqu’à sa mort, il apporta aux Ateliers J. CARPENTIER une collaboration technique éclairée.
- Enfin, il convient de citer l’importante contribution apportée par Jules CARPENTIER aux mesures électriques diverses et à la constitution des étalons nécessaires.
- Rappelons encore le rôle essentiel joué dans ce domaine par l’un des principaux collaborateurs de Jules CARPENTIER, M. ARMAGNAT, chef du bureau des mesures électriques des Ateliers J. CARPENTIER, auteur d’un ouvrage sur les instruments et méthodes de mesure électrique, ouvrage qui faisait autorité à l’époque (1898) et dont les enseignements restent encore précieux.
- Ajoutons qu’il y a peu d'années encore, le nom de Jules CARPENTIER dans ce domaine des mesures électriques, était familier à tous les Ingénieurs, non seulement français, mais également étrangers, qui avaient manipulé au cours de leurs études ou de leurs travaux à l’aide d’instruments portant la marque CARPENTIER.
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- DOMAINE DE LA TÉLÉGRAPHIE
- En tant que système de télécommunications, la télégraphie remonte aux temps les plus anciens, qu’il s’agisse des Indiens avec leurs fumées ou leurs feux, ou d’autres signaux lumineux ou sonores (tam-tam).
- C’est en 1794 que CHAPPE installe ses mâts munis de bras mobiles et annonce de LILLE à PARIS, la prise de Condé par les armées de la République.
- 1843 voit l’apparition du télégraphe électrique de MORSE, puis ceux de WHEATSTONE et de HUGUES.
- C’est en 1879 qu’apparaît le système dû à l’Ingénieur des P.T.T. français Emile BAUDOT (1845-1903) et dont la mise au point définitive est due aux Ateliers Jules CARPENTIER.
- Encore une fois, laissons parler Jules CARPENTIER lui-même, en 1895 :
- « L’une des œuvres les plus importantes et les plus intéressantes au point de vue mécanique, qui aient été accomplies aux Ateliers RUHMKORFF (depuis 1879), est incontestablement l’étude et la fabrication des télégraphes multiples imprimeurs du système BAUDOT. Afin de ne point limiter le rendement d’un fil à ce que peut fournir la manipulation d’un seul employé, même actif et disposant de bons appareils, M. BAUDOT réunit, au poste d’émission, un groupe d’employés dont le nombre est tel que, chacun d’eux manipulant dans le temps strictement nécessaire à ces opérations, la quantité de signaux qu’ils peuvent produire ensemble représente le maximum de ce que la ligne est capable de transmettre. Battant alors la mesure à ses manipulants, il les fait, pour ainsi dire, marcher au pas, et, au moyen d’un appareil nommé distributeur, tournant d’un manière continue et qui joue le rôle d’un rateau constamment relié à la ligne, il ramasse en quelque sorte les signaux déposés dans chaque manipulateur et les lance en file serrée sur la ligne. Au poste d’arrivée, sont installés les appareils récepteurs en nombre égal à celui des manipu-
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- L’un des éléments du télégraphe Baudot
- lateurs d’émission, et dont chacun est successivement mis en rapport avec la ligne, par l’office d’un distributeur analogue à celui du poste émetteur, au moment précis où arrivent les signaux qui lui sont destinés. »
- Des dispositifs régulateurs, traducteurs et imprimeurs complètent le système, et si l’on veut bien songer à la durée infime des signaux élémentaires, d’une part, et, d’autre part, à la délicatesse de l’organisme capable de traduire cinq de ces signaux électriques en une lettre imprimée, on comprendra toutes les conditions de précision et d’ingéniosité qu’a dû satisfaire le travail du constructeur Jules CARPENTIER, et de ses principaux collaborateurs parmi lesquels il ne faut pas manquer de citer Victor CARTIER, Ingénieur des Arts et Métiers.
- Des milliers d’installations BAUDOT sont sorties des Ateliers J. CARPENTIER pour équiper les réseaux télégraphiques, non seulement en France, mais également dans de nombreux pays étrangers.
- Armé et outillé comme il l’était, CARPENTIER s’intéressa dès la première heure à la naissance et au développement de la radiotélégraphie. En 1889, eurent lieu entre Vimereux et Douvres les premiers essais de MARCONI. La technique venait de pousser dans son domaine l’immortelle découverte de BRANLY.
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- Gustave FERRIE, alors capitaine du Génie au service de la télégraphie militaire, fut chargé par le Ministre de la Guerre, M. de FREYCINET, de suivre ces expériences et ensuite de procéder à de nouvelles études en vue de la réalisation en France d’un matériel qu’il pressentait devoir prendre une importance militaire de premier ordre.
- Pour ces réalisations, FERRIE rechercha la collaboration de CARPENTIER comme constructeur. Ils étudièrent sur des bases nouvelles la construction de bobines d’induction et d’interrupteurs secs ou à mercure spécialement adaptés à la T.S.F., et bientôt fut mis sur pied un matériel électrique complet de production des ondes hertziennes par décharges de condensateurs très puissants.
- Le Général Ferrié (1868-1932) dans son laboratoire
- En même temps FERRIÉ, seul ou avec la collaboration de BLONDEL, étudiait des cohéreurs spéciaux, puis les détecteurs électrolytiques basés sur le contact imparfait soit d’une pointe sur un liquide soit de cristaux entre eux. CARPENTIER les réalisa, ainsi que les appareils de détail : frappeurs, relais, etc., reliant le Morse enregistreur à l’appareil de
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- réception des ondes. Et grâce aux travaux communs de ces deux savants, la France se plaça rapidement au premier rang dans ce nouveau domaine ouvert à l’activité de tous par le génie d’un de ses enfants. Ici, comme dans d’autres applications, la technique avait gagné en vitesse la spéculation scientifique.
- Fréquencemètre système Ferrié, fabriqué dans les Ateliers de J. Carpentier
- Mais pour avancer encore, il fallait recourir à la pratique des mesures précises. CARPENTIER en collaboration avec FERRIÉ créa les ondemètres, fréquencemètres, ohmmètres et ampèremètres thermiques spéciaux nécessaires à l’introduction de la mesure et du calcul dans les divers organes de la T.S.F. L’apparition de la lampe à trois électrodes de l’américain DEFOREST venait de révolutionner la technique de la T.S.F. et CARPENTIER s’occupait d’en introduire l’emploi dans les instruments de mesure électrique et radio-électrique lorsque la mort arrêta brutalement le cours de ses travaux.
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- DOMAINE DE L’OPTIQUE
- Jules CARPENTIER aborda ce domaine en 1890 en créant une chambre photographique à main, la photo jumelle à répétition à 12 plaques escamotables. Cet instrument permettait la prise de vue à hauteur d’œil en visant par un objectif disposé à côté de celui qui enregistrait les images.
- Comme il s’agissait d’un appareil portatif de petit format, Jules CARPENTIER créa pour leur agrandissement de nouveaux types d’amplificateurs à mise au point automatique.
- Insatisfait des objectifs courants, il inventa deux appareils permettant de mesurer leurs principales caractéristiques, le Focograde et le Focomètre, puis passa de l’étude analytique des objectifs à leur fabrication même en s’occupant du façonnage des surfaces de verre sphériques et du centrage des lentilles dans leurs montures.
- Photo-jumelle J. Carpentier
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- L’appareil connut une vogue méritée et il en fut fabriqué divers modèles, y compris les imitations lancées par d’autres fabricants.
- En mars 1895, Louis LUMIÈRE lui demande de l’aider dans la construction industrielle du premier cinéma qu’il venait d’inventer. Huit jours plus tard, il prend lui aussi un brevet d’un « mécanisme intermittent de bandes pelliculaires constamment engrenées avec des roues dentées ».
- AJGUSTE ET LOUIS LUMIERE
- B*ev«t« SGDG
- J. CARPENTIER INQî CONSTÎ A PARIS
- Reproduction de la plaque portée par les Cinématographes Lumière fabriquée par J. Carpentier
- Schéma de principe du Cinématolabe 35 mm Lumière-Carpentier (Brevet du 30 mars 1896)
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- Le 28 décembre 1895 a lieu la grande « première » des projections publiques au Salon Indien, dans le sous-sol du Grand Café,
- Il mène à bien aussitôt la fabrication des 200 premiers « cinématographes » et dépose le 18 mars 1896 le brevet d’un « mécanisme avec croix de Malte à cinq branches », soit 40 jours avant celui de V. CON-TINSOUZA.
- l)
- Schéma du brevet du 18 mars 1896 où figure pour la première fois un entraînement par croix de Malte
- A la fin de ce même mois de mars 1896, nouveau brevet de Jules CARPENTIER pour « un appareil pour photographier des scènes animées avec bandes pelliculaires » dit « phototrope » préfigurant déjà nos caméras les plus modernes.
- En 1909 sortait des Ateliers Jules CARPENTIER sa caméra 35 mm brevetée « Cinématolabe » trop audacieuse peut-être pour connaître le succès qu’elle méritait sur un marché alors dominé par les fabrications de PATHÉ et de GAUMONT
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- Mais là ne s’arrête pas l’œuvre de Jules CARPENTIER dans le domaine de l’Optique et il collabore étroitement avec Charles CROS pour un procédé que ce dernier avait imaginé en 1869 pour la photographie en couleur. Il rend compte en 1885 à l’Académie des Sciences d’un projet de définition, de classification et de notation des couleurs.
- Enfin, dans le courant de l’année 1900, le Service des Constructions Navales fait appel au concours de Jules CARPENTIER pour réaliser des périscopes de sous-marins. Il s’agissait de pourvoir d’un « tube de vision » le sous-marin « LE MORSE » en achèvement au début de 1899 sur les chantiers du Génie Maritime à CHERBOURG. L’étude en avait été commencée par deux Officiers de Marine, MM. VIOLETTE et DAVELUY et poursuivie par MM. GARNIER et ROMAZOTTI.
- Jules CARPENTIER, encouragé par M. POLLARD, alors Directeur de l’Ecole du Génie Maritime, se mit au travail avec son bureau d’études et découvrit une solution nouvelle et très satisfaisante au problème posé.
- Dès les premiers mois de 1900 et grâce à Jules CARPENTIER, la France la première entre les nations, pouvait ainsi faire naviguer un sous-marin immergé, avec la même facilité et la même sûreté que s’il avait été en surface.
- En 1906, le nombre de périscopes en service dépassait 80. Les combinaisons optiques sur lesquelles reposaient les différents types de périscopes imaginés par Jules CARPENTIER étaient brevetables, mais l’inventeur s’obligea à conserver le secret pour le plus grand bien de la Défense Nationale. C’est à ce titre que Jules CARPENTIER fut promu en 1907 Commandeur de la Légion d’Honneur. Rappelons également que Jules CARPENTIER mit également au point des périscopes de tranchée qui furent très utilisés pendant la guerre 1914-1918.
- Son fils Jean CARPENTIER, qui fut son plus proche collaborateur, lui succéda et poursuivit le concours apporté par les Ateliers J. CARPENTIER
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- au service de la Défense Nationale et en particulier de la Marine.
- Périscopes qui font l’objet de perfectionnements les plus délicats, transmetteurs d’ordres, salinomètres électriques, indicateurs de vitesse, compte-tours, appareils d’acoustique sous-marine, compas gyrosco-pique, etc..., font un ensemble qui met en évidence la pérennité de l’œuvre de Jules CARPENTIER.
- DOMAINES DIVERS
- Curieux de toutes choses, passionné par les recherches nouvelles, particulièrement doué pour en promouvoir les applications pratiques, Jules CARPENTIER s’est intéressé à un si grand nombre de problèmes divers, qu’il est impossible de les énumérer tous.
- Citons à titre d’exemple deux réalisations peu banales pour l’époque dans le domaine de l’Acoustique : le « Mélographe » et le « Mélotrope » destinés à enregistrer puis à reproduire automatiquement les morceaux de musique exécutés sur un clavier (piano ou orgue).
- Le mélographe était un instrument de dimensions relativement réduites et tout à fait indépendant des pianos et orgues sur le clavier desquels il s’adaptait très facilement. Cet instrument transformait le mouvement des touches en contacts électriques. Le problème se trouvait alors ramené à une question de chronographie qu’on résolvait par une technique du genre de celle du télégraphe multiple. Le mélographe fournissait des inscriptions à l’encre sur une bande continue de papier. Un perforateur permettait de transformer les traits enregistrés en trous.
- Le mélotrope s’installait aussi facilement sur le clavier et par des doigts agissant sur les touches, permettait de restituer le morceau enregistré par le mélographe. Le mécanisme particulièrement élégant utilisait un véritable petit servomoteur à frottement.
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- A l’époque, un grand nombre de pianistes virtuoses sont venus enregistrer rue Delambre et leur jeu a pu être reproduit automatiquement à l’aide des bandes enregistrées.
- Jules CARPENTIER s’est encore intéressé à de nombreux autres problèmes, tels que par exemple, un pendule entretenu électriquement, un frein dynamométrique, un batteur de mesure combiné à la demande des directeurs de l’Opéra, la mesure des bases géo-désiques, etc...
- Fait Chevalier de la Légion d’Honneur à 30 ans, Jules CARPENTIER est élu Président du Syndicat Professionnel des Industries Electriques en 1890, Président de la Société Française des Electriciens en 1892, et obtient la rosette d’Officier de la Légion d’Flonneur en 1894.
- Jules Carpentier (le 2e en bas à partir de la gauche) en compagnie de nombreux savants, au cours d'une manifestation organisée en 1898 à Bruxelles en l’honneur de Zénobe Gramme (à droite en bas, en bonnet de fourrure)
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- Le Maréchal Foch entouré de ses collègues de l’Académie des Sciences
- J. Carpentier y figure au 3e rang, le 3e à partir de la gauche
- Il entre au Bureau des Longitudes en 1897. Il est Officier de l’Instruction Publique en 1901, et nommé Président de l’Association Française pour l’Avancement des Sciences en 1902.
- Il entre enfin à l’Académie des Sciences en 1907 et la même année il se voit conférer le grade de Commandeur dans l’ordre de la Légion d’Honneur. En 1909, il est Président de la Société Française de Photographie et en 1911 Président de la Société des Ingénieurs Civils de France.
- Il meurt à JOIGNY le 26 juin 1921 à 70 ans d’un malheureux accident d’automobile, et Maurice d’OCA-GNE qui présente à l’Académie son éloge funèbre, le conclut en ces termes :
- « Pendant de longues années encore, par les réalisations dont elle a été la source, l’œuvre de CARPENTIER continuera d’être présente aux regards des hommes de science, et de maintenir, en quelque sorte, son souvenir vivant parmi eux... »
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- ^ETTE brève notice biographique a été éditée pour commémorer le 50e anniversaire de la mort de Jules CARPENTIER.
- Une exposition sur sa vie son oeuvre et ses travaux, a été organisée à cette occasion en juin 1972, au Musée du Conservatoire National des Arts et Métiers à Paris.
- Les grands thèmes de cette exposition étaient les suivants :
- — Jules CARPENTIER, successeur de RUHMKORFF.
- — Contribution de Jules CARPENTIER aux méthodes et instruments de mesure électrique.
- — Travaux de Jules CARPENTIER dans le domaine de l’Optique (photographie, cinématographie, périscopes).
- — Télégraphe Baudot, T.S.F., Acoustique, divers.
- On pouvait y voir des modèles variés d’instruments créés par Jules CARPENTIER ou ses prédécesseurs, ainsi que de nombreux documents autographes, photographies, ou objets illustrant sa vie et ses travaux.
- Cette exposition était placée sous le patronage d’un Comité comprenant les plus hautes personnalités du monde scientifique et dont on trouvera la composition plus loin.
- Au cours de la séance inaugurale présidée par M. J.-J. TRILLAT, membre de l’Institut, Président de la Société Française de Photographie, qui a marqué l’ouverture de l’Exposition Jules CARPENTIER (1er juin 1972), trois allocutions ont été prononcées.
- La première par M. MARÉCHAL, Directeur de l’Institut d’Op-tique théorique et appliquée, sur la vie et l’œuvre de Jules CARPENTIER.
- La seconde, par M. OLMER, Directeur du Laboratoire Central des Industries Electriques, qui a traité de la contribution de Jules CARPENTIER à la création des instruments et méthodes de mesure électrique.
- La dernière, par M. VIVIE, ancien professeur au Lycée Technique d’Etat de la Photo et du Cinéma, qui a été consacrée à la part prise par Jules CARPENTIER à la création et au développement de la photographie et du cinéma.
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- COMITÉ DE PATRONAGE
- Président :
- M. René MAYER, Président du Conseil d'Administration du Conservatoire National des Arts et Métiers.
- Membres :
- MM. Louis de BROGLIE et Robert COURRIER, Secrétaires perpétuels de l’Académie des Sciences.
- M. A. BLANC-LAPIERRE, Directeur de l’Ecole Supérieure d'Electri-cité.
- Le Général BUTTNER, Commandant l'Ecole Polytechnique.
- M. P.-B. COUSTÉ, Président-Directeur Général de la Société LUMIÈRE.
- M. A. DECANTE, Président du Syndicat National de la mesure électrique et électronique.
- M. R. DECOLLOGNE, Directeur de la Phonothèque Nationale.
- Mme H. FARRAGi, Présidente de la Société Française de Physique.
- M. P. GUERIN, Directeur du Conservatoire National des Arts et
- Métiers.
- M. M. JOLY, Président du Syndicat Général de l’Optique et des Instruments de Précision.
- M. R. PELLETIER, Président du Syndicat Général de la Construction Electrique.
- M. F. PERRIN, membre de l’Institut, Président du Bureau des Longitudes.
- M. M. PETIET, Président de la Société des Ingénieurs Civils de France.
- M. F. PEUGEOT, Président de la Fédération des Industries Mécaniques et transformatrices des métaux.
- M. M. ROY, membre de l’Institut, Président de MESUCORA.
- M. J. TREFOUEL, membre de l’Institut, Président de la Société d’Encouragement à l’Industrie Nationale.
- M. J.-J. TRILLAT, membre de l’Institut, Président de la Société Française de Photographie.
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