Cours de chimie suivis par J. M. Baudot au Conservatoire des arts et métiers et au Muséum d'histoire naturelle


Note de présentation de Cours de chimie suivis par J. M. Baudot au Conservatoire des arts et métiers et au Muséum d'histoire naturelle



La création d’un enseignement technique supérieur est institué au Conservatoire par l’ordonnance du 25 novembre 1819. « Enseignement public et gratuit pour l’application des sciences aux arts industriels », il est composé de trois cours : mécanique appliquée, économie industrielle, et chimie appliquée dispensés par Charles Dupin (1784-1873), Jean-Baptiste Say (1767-1832) et Nicolas Clément (1769-1841), dit Clément Desormes.

Ce dernier s’est associé à son futur beau-père Charles Bernard Desormes (1777-1862) au début du 19e siècle. Leurs travaux et publications portent principalement sur la synthèse chimique et la propagation de la chaleur dans les gaz.

Contrairement aux cours de Dupin et de Say, le cours de Clément n’a pas été publié ; hormis ce Cours de chimie appliquée aux arts, ou Analyse du cours de chimie industrielle… de 16 pages en 1829 « par un auditeur ». Cependant, la bibliothèque centrale du Conservatoire national des arts et métiers en conserve une autre trace grâce à trois volumes manuscrits. J. M. Baudot a en effet suivi les cours de Clément et en a rédigé avec soin des « bulletins » entre 1824 et 1831. Il fait don de ses cahiers au Conservatoire en octobre 1844. En janvier 1853, il fait don à la bibliothèque de ses notes du cours de Chimie appliquée aux arts et manufactures de Louis-Nicolas Vauquelin (1763-1829) au Muséum d’Histoire naturelle dont la numérisation est également disponible.

Le cours de Clément a lieu les lundi et jeudi. Il est le reflet de ses travaux scientifiques et donne une grande part à la chaleur. Le nombre de leçons sur la machine à vapeur double entre 1825 et 1827. Nous pouvons observer, par ailleurs, que le nombre de leçons augmente d’année en année : 45 en 1824-1825, 47 en 1825-1826, 48 en 1826-1827, 52 en 1827-1828. Les notes de Baudot sont plus complètes pour les premières années, évitant les redites sur les suivantes.

Nous ne trouvons aucun renseignement sur Baudot ; si ce n’est quelques indications dans ses lettres adressées à Clément et au Conservatoire, jointes à ses notes de cours. Celles-ci permettent d’avancer l’hypothèse qu’il serait né vers 1875-1880 (« presque barbon » en 1825). Nous pouvons également déduire que Baudot est issu de la petite bourgeoisie aisée, qu’il était peut-être un négociant retiré, ce qui lui aurait permis de consacrer beaucoup de temps au suivi de ces cours et à la rédaction de ses notes.

Auditeur assidu et enthousiaste des cours de Clément, il forme le projet de publier ses notes de cours qu’il soumet à Clément. La réponse de ce dernier est vive et le projet ne se verra donc pas le jour : « Il prétend avoir seul le droit de publier ses idées. Il se plaint même un peu amèrement de deux entreprises du même genre qui ont déjà eu lieu, et qu’il qualifie assez crûment de larcins et de plagiats (…) »

La bibliothèque conserve également un carnet de notes du cours de Clément en 1823 sur le gaz d’éclairage.



Florence Desnoyers
Direction des bibliothèques et de la documentation, Cnam



Bibliographie :
André Thépot, « Clément, Nicolas, dit Clément-Desormes (1778-1841) Professeur de Chimie industrielle (1819-1836) », in : Claudine Fontanon, André Grelon (dir.), Les professeurs du Conservatoire national des arts et métiers : dictionnaire biographique, 1794-1955, T. 1, pp. 337-339.

Jacques Payen, « Une source de la pensée de Sadi Carnot », in : Archives internationales d'histoire des sciences, n. 82-83, 1968.