Conférences d'actualités économiques
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- Ne RV: 7 IRE NATONAT . . ; ARS m .TERS
- /SMN 70 c, ses E — e cala . ooo 7 ,erd 0x, E
- Vendredi 28 décembre 1934
- LES GRANDS COURANTS DE LA PENSEE SOCIALE
- ACTUELLE,
- L’INVENTAIRE DU DESARROI.
- Conf nce d BOUGI
- Sous la prés dener A. de ONZIE
- (Ap laudissements)
- x, le PRESTDENT - Messieurs, on ne présente pas y.
- ] ' , salue. Je salue, en sa personne, ni de cette incompable gloire qu’est l’Ecole Normale Suy rieure; mai j aussi sa personne, sa présence dans cette salle, sa conférence inaugurale de la série des conférences d’Actualité économiques.
- I1 n’est pas indifférent, mon cher Bouglé, que cette C ' 1 : . C 1 lieu ( ‘ am : ' F : . 1 , : « t ltre u : i 2 1‘ ionne ur ‘in : urer qu elque - jours 6 la diq ari i . 1 : not bl iab] mi u Con ire de ts at Métiers. Je voudrais dire en quelques mots le sens actuel et durable de la présence de M. Bouglé dans cette é ni le eonfé-renciers.
- K. Boug , . . a : ande pé 1 .' notre
- tivit i . lle st hil hique, 189 : à i 1 stallé dans le professorat, vous ver i r : L es uns de ceux qui, à l’heure actuelle, à la Sorbonne ou au Collège de France, continuent les grandes traditi française. De cette équipe, certains ont disparu comme notre
- 15 I ‘ ; co nécom reel Mots,
- comme Fauconnet ont contribué avec vous à créer une nouvelle
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- discipline philosophique dont 1‘ importance n’a cessé de croître
- de 1898 jusqu’à 1934.
- , qu’y - vait-il ? Il y avait eu en 1878, un petit qui r sum it 1‘ei : t d’un vieux maître, bien oublié
- aujourd’hui, Espinasse, l’auteur es Colonies animales. Puis, il
- 7 it • n un chè petit . ville du Périgord, à Sarlat, un juge d’instruction qui criv it lès "1 i 1‘ ion t ui blait les 1 ' nts de son ex iencs er n elle et 1 1 ments
- de son information livresque, faisait une ébauc ilis ie
- e un i 1 de phi 0 15 t beaucoup de documentation. Et puis, / .
- il v it un eign t i igurok en Sol I 1 Durkheij C’est sous l’égide d’Emile Durkheim que se constitua cette magni-fique équipe. H’en parle avec les yeux du souvenir, car, au temps de ma jeunesse, nous regardi ces înés de quelques années avec 1 : dmiration i in ide. On se mont it cu restaurant L v ir les
- în : qui étaient les représentants d’une génération triomphante qui a pendant ces t dernière: années, peut le dire, essaim doctrine, créé un mo vement des esprits.
- On voit déjà 1‘I positi de 1900 chercher à réaliser cette id ologie qu’un C...rtain nombre de jeunes hommes ont essayé de créer dans une entente et dan un élan communs. Mon cher Maître on peut bien le dir , VO..une large période approvie
- sionné d’idées un certain nombre d’hommes publics. Je ne nommerai point ceux-là qui ont puisé à cette source que vous avez prospecté mais enfin, il est de notoriété universelle que Léon burgeois a mis en action politique et en propagande élector le t ut 1‘ensei-gnement du jeune maître que vous étiez. Puis, à travers ces trente anné S, M Bouglé gardé i sont et vec t vie sociale et il a v r, 1 ça pour lui-même, : , pour
- ces jeunes gens, la tête Desquels il a été placé comme Direc-teur-adjoint de l’Ecole Normale.
- Il a eré é et 6 ével Bpp 6 le Centre ! e locum nta tio 3 s : c i le, 2 n que ces jeunes gens ne soient point élevés en lieu clos, en séminaire de haute culture. Ce centre de documentation sociale
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- a établi un contact permanent entre l’évolution trouble de notre Société et ces jeunes bénédictins laïcs de 1‘Ecole de la rue d ‘Ulm. Je ne veux pas parler ici de la production de N. Bouglé. Il me plaît de rapp ler surtout l’influence qu’il a exercé et il me serait facile de trouver telle école littéra ire qui a simplement transposé sous le vocable d’unanimisme un grand nombre d’idées qui ient ses sous votre plume, dans votre ch in Il ........f C noter . ns votre oeuvre une
- te vous fîtes, il y a ( uelques années, avec Marcel Déat qui s’appelle, si j e II luide d l’Etudiant en gui qui mène loin,
- is je ne serais point en conta et vrt 1 et sincère
- ( ; . 1 : 15 c ui - rot t en t dr : e t à c oup sûr vous a ppl ud ir
- voir it 1, i ne : isais point, à ma juste
- 1 ian . une ése .... » est bie in que dans e veloppe-ciolo Le, l’enseign ient de la socio gie, par le les circonstances, il y a un abus de l’enseignement sociologique dans les Ecoles Normales primaires. Pourquoi ?
- Th bien, parce qu’on a considéré qu’il y avait une science close
- . 1 , . ion close dont arl Bergson, la connaissance te. J ax, prè oir critique ou formulé
- - e serve, vous r endro, on er e, cet ho age : c’est que, dès l’origine, dès le temps de l’Encycldédde Berthelot que nous considérons, sinon comme un modèle, du moins comme un exemple, il y avait une excel lente définition de la sociologie
- d’étudier non point les institutions au point mort, s 1 ons dans leur développement vivant, ans leurs
- transformations incessantes". Et c’est pr cis . ent à 1 1
- de cette vieille définition qui n’est point périmée que je suis heureux uer ici, le Sociologue Bouglé, comme initiateur des leçons qui vont s’ouvrir et que je tâcherait d’énumérer ou
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- Le Sociol a éveillé les esprits à un certain nombre de curiosités; elle a appris au monde à se préoccuper non plus seulement du fait individuel, mais du fait se 1 1, is, ce fait soci 1 : subi au cours des quinze dernières années de telle
- transformations qu’il apparaît impossible de ne pas réviser une valeur spirituelle dont l’économie politique a voulu être
- l’expression. C’est pourquoi, nous avons prévu un enseigne ment, ar 1 Conseil d’Administra-
- i servatoire n’a pas voulu instituer une concurrence à
- it. Il n ? zit point de celà. I1
- rti i a it le 1 crise, du fait du désarroi, des oallayol. donu UL duoowr. b tuent ce ésarroi et, dans ces faits cons-
- titutifs du désarroi les démenti: lité : à
- tradf l’économie politique. Nous avons iller d’une certaine science libérale et . ‘ u : e i i ie c > i s 3 noe s uré e d ‘ elle-même * N 3 v ons entrepris +cd, maison de laboratoires, le réviser à la faveur d’un certe in nombre de faits reconnus, incontestés, les éléments de cett Le nationale et internationale sans laquelle 11 n’y a point de vérit bl ie.
- Voulez-vous me permettre, mon cher Maître, de reprendre un mot it familier L rtine : Lami rtine disait fré-quemment :"il y a toujours du passé dans le présenti et, en effet, il n’y p s d’en ignem t plein it nouveau
- il ne faut u’il 3 t un : 1 nement nouveau.
- Il n‘ s de futurisme dans le savoir, La sociologie d’hier, ns 1 sure où elle est du p 38 , est néces ire guider ospection spirituelle, à laquelle vont procéder, sou votre égide et après vous, les hommes que le Conservatoire des
- V ti rs • 1 bonr fortune de recruter pour cet admi-
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- M. BOUGLE.- Mon cher Mini stre, vous vez été pour moi
- d’une grande a bilité e Tous ve évoqué des souvenirs très émouvants, pas seulement use des grands lis arus que vous cités, Pain.lv 1 Du inasse, mais parce qu’ils un i ancoliques, car si l’oeuvre que nous
- en prise ans Laquelle vous t’aves signé une trop grande part, avait vraiment abouti, peut-être n’en serions a point q. ou n sommes auj ird’hui, baI ous aurions la soci zie et q nique 1 f is, ‘ nee au désarroi : or, nous y voici. Il s’agit
- d’en r ire ns bien, onsieur le
- nistr que c’est . ii et choisi ce titre car il est . C’es t à 1 10 e; je 1 en 1er eler que
- M* Joseph CAILLAUX lui . f it le : t z"le oi des t des h sT. Depuis ( : q ét cent fois repri
- E Lan la douz ine de liv : ue je vi de relir sur c rise, il n’y en pas un où je n : e ive 1 » not 2 . d e rroi. Il a à peu près la même fortune qu’a eu, il y quelques années, le mot de climat, lancé par Maurois et que l’on trouve depuis dans nos - journ us et nême i Les copies de concours de l'Ecole Normale Supérieure. Si vous voul bien, leux mots, ces vocables et disons que nous vivons sous le clim : lu désarroi.
- Vais, qu'est-ce au juste, qu u oi ? u'est-ce e cela veut dire ? Pour le bien finir, je vais tout de suite - et ce se . seule citation - pa ser li . . a à un iter, un
- .—, grand poète et un grand philosophe, il fait réfléchir les 0A / eoCe/ s, . ‘ , vous l'ave
- tous reconnu, dans son discours sur la vertu, - il q très peu
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- parlé de la vertu, le moins possible - a imaginé qu’un habitant Syrius venait le visiter et qu’il était fra pé par notre désarroi. Voici comment s’ex rime l’habitant de Syrius :
- que voulez-vous conclure devant le chaos que vous faites, où le bien, le mal, l’absurde et l’admirable, les héros, les fous, les créateurs sont mêlés et brasses dans
- 1 poqu ton ' loi semb]
- ser le mélange ... . chos s • j ne se ' quel extrême de
- fusion, d’incohérence et d’irritation intime ?"
- • nt ce désor au
- iv 1e] 1 . 2 isée, d‘ il - , ne sert de rien, puisqu’un . so n’a oint ‘1 . . en lui ri n qui er ie1
- le se reprendre à u % passé, de s’attendre a quelque avenir, de r vos , - 1s1 u ‘e, er forme à un dessein,.. J’ai
- nsulté. Monsieur, les meilleures têtes du monde. Chacune a 2
- 3, et toutes ’ ' u obseu-
- 4 Ah Moneipimn A1161 -TATACAT
- u , 3 irais aussi, quel tumulte, que de
- es à La i is Omune faire pour embras . antr • 1X
- . Lh bras un sujet pareil Heureusement n
- i me demande de parler, moins du désarroi des choses, que des es. Je do • des gi...............ourants de la pensée sociale e. En s( , je dois porter mon attention sur les doc-théories, les idéologies qui aboutissent à l’action
- oc i Le n - rtent d i q 1 ' ques. Le d sarroi
- te-t-il au 1 l’or re des doctrines ? Voilà 1:
- €
- A la question ainsi posée, je n’ai pas besoin de chercher longtemps une r nse. t, n me dira : t aint, tou t, chac à
- quel saint se vouer, ni sur quel pied danser, c’est donc que usn octr , c’est
- alades par la faute des doctrines. Attention : fais ns ici inctiona et dem ndons-n d’abon n u son
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- profondément malades, au cas où les doctrii
- pas complète satisfaction. Je viens de dire sur quelle partie du sujet doit porter mon exposé : est-ce la pli . importante
- Les doctrines, 1er systèmes, les théor es, les 1 : ies
- sont-elles si pr cieuses ? Le désarroi, les activités écono-niques • 003 1, c’est peut-être irrémédiable; l’est-
- aussi . ire < s sy ' de: n no jour
- ont d’accord pour concéder aux systèmes assez peu d’importance, ici des antes en présence. Certes,
- les positivistes, ce
- sont les ide ; qui mènent le monde. C est formule qui /taith
- 1 èr Cou in : "Les s n s la i y", i’il
- : de Hegel qu’il avait visité
- en ~ ’ 15 ne ; formUl : epris à 3, me nière 4P lus uste Comte la 1 v loppait ns des conférences (qu’il faisait durer de heu e ( l’a —mid ‘à 6 heures u soir), uguste
- te Pép: volontie es lèves out Le c ii
- social repose en dernière analyse sur les opinions.
- C..igez l’opinion par une méthode scientifique, substi-ligi us les s stèmes ét physiques, aux phy r : : les yst ositi et 1 ut le res
- en se langé. Les idées s’incarnent dans le insti-tutions, le mouvement de la Société suit le mouvement de la
- 1 cette tem que vous connaisse
- ien, e . e té iste, 1 Le:.....as, les
- rstèmes, les théories n .......nt au cont ...ire jues S eflets ance. Voici Marx qui s’avance et
- :’ . -moi ce que tu . age et je te dirai C . te tu
- uses lis-moi surtout es, quel : ton
- outil est ton système," En fait, 3 systèmes
- idéolo ies ne sont-elles pas, d’après le mot fameux, que superstructure, le moteur est us- 1 et
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- Voilà la thèse de Marx en face de la thèse de Comte.
- Vous entendez bien que je ne vais pas e : yen
- ces deux grands esprits; je prends tout de suite, pour la commodité du récit, une p : ti n in e.
- Admettons que les théories, les systèmes plongent dans réalité, spécialement dans la réalit économique , qu’ils en reçoive un ........ e, C’est probablement exact, tout au moins dans les temps modernes. Cela ne veut pas di re que ces théories, ces systèmes ou ces idc logies n’ ient aucune
- • ‘intermédiaires ontr la réalité d’hier et la réalité de main, ‘in aires entre esprits. Je les vois comme des lentil es, comme des foyers ui uche, tran ons à te. Il faut une grande importance sociale parce qu’autour de ces rayons des esprits s’assemblent. Une doctrine, c’est un point de rassemblement pour les hommes, en même temps qu’un point de cristallisation pour les idées.
- Ainsi les doctrines fournissent aux hommes qui veulent s’unir ou se séparer pour l’action, les arguments, des principes, de quoi raisonner, ce quoi faire des plaidoyers des réquisitoires, de quoi discourir (mai: ne so ons ici trop sévères pour les discours). Comment s’y prend-on pour
- hom es ? Par la parole, Un système, une théorie, c’est un tissu de rapports qui prépare l’action, si vous vouliez les supprimer l’hist ire, 11
- il 3 rait us dans notre histoire. Je prends donc pour ccordé jusqu’à nouvel ordre que les système , les théories , les doctrines représentent tout de même quelque intérêt et, que si on me démontre qu’à
- l’heure actuelle le fruit est malade, c’est un symptôme auquel
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- 1 co
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- Tout le monde sera ‘ ous nous ave tir qu’en effet vont it plus ou moins inopérantes
- DU effi . - lle r ca e plu: réel, qu’ n va tout de suite
- us i ' oup être incliné
- u pessimisme. J’essaie, t que faire se peut, vant 1 e, j’essaie donc de chercher alm 11 re tous . non it : tout 1 e b 1 in s 3i n est la reuve, : un s e pla i , L jeunesse gémit, la jeun it e-: la jeunesse se retourne contre éclare u’il y a ce nce de professeurs, de philosophie, ell se trouve devant un monde sans âme. Ou, si vous
- e voulez, reprenons encore le mot de ce Jules Romains auque ) ins nous montre des jeunes gens à la recherche d’une glise st il fait lancer par l’un d’eux cette formule bien touchante : "Tous sommes tell ement
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- seuls,"
- si la jeunes e se plaint de sa solitude; elle est bandonnée m . nt, int . ilement. Voilà as formules raves qui retentissent dans nos coeurs comme une espèce d au -il VI i la jeunesse soit si seule ? Ses rugis-it en € ise exceptionnelle.
- Exceptionnelle ? Je demande à réfléchit là- essus. Est-ce Traimt un triste privilège de notre époque que ce pe : d jeunesse ? Mais, pas du tout. Permette -moi de me souvenir que e suis aussi historien et de rappeler qu’avant notre crise il y eut d’autres crises. Je vous rappellerai un livre de Simian . . , où l’auteur
- ise -3 . . 5- nt- ' nou cite
- ensemble de formules, pour nous avertir qu’en 1813 ou 1613 ou
- 3, il i ico-
- 1.4 ques que ceux u’on lâche e jours.
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- Ce qu’il dit des crises économiques, nous pourrions le
- répéter de la crise morale, je demande la permission de remonter cent : ns en arrière : j’entends des gémissements comm : ceux d’aujourd’hui non pas seulement les Confessions d’un Enfant du Siècle, mais le doux philosophe planche qui se plaignait de -qu’il appelait le "vide profond des âmes". Vingt ans plus tard, e que je préfère, plus énergique, plu t, Poudhon, notre vieil ami Proudhon, décrétait ‘il C llait consti tuer une cohorte e jeunes gens bien décidés qui imposeraient la
- , Il s‘ sait à ces jeunes hommes que la corruption du siècle indigne et que le zèle de la justice dévore. Ce n’est pas d’aujourd’hui, par conséquent, que ne 1 e: es adjurations pareilles. Mais le symptôme que je trouve le plus beau entre ces deux auteurs, m’est fourni par les Sai t-Simoniens. C’est un livre à relire zu 1 loctrine de Saint-Simon, enseignée en 1829-1830. Si vous prenez la première leçon vous verrez un . . u de 1‘é] ; i triste et aussi noir que le tableau que nous pouvons brosser aujourd’hui. Dans l’ordre de l’industrie, dans 1‘ordre de la science, dans l’ordre de l’art, pessimisme les points, incohérence narchique : 01 : it - quel saint se vouer, sur quel pied danser. Les Saint-Simoniens le disent en termes plus nobles, mais ils le disent sur tous les tons. Ils font remar uer qu’il y a une espèce de loi de l’évolu-tion humaine ; nous vivons dans ce qu’ils appellent les époques critiques qui s’opposent aux époques organiques.
- Dans une e il ioni les
- institutions et les doctrines : siècle de Périclès, siècle de Louis IV, i cle le Gr goire-le Grand. Pui après celà, r ac dissolution, 1‘individu proclame ses droits, la réflexi n criti-que : 3, tend 1 rge ent : c’est l’anarchie qui s’inst lle, c’est sme au coeur de l’individu. Peut-être som es-nous à U oqu eut-être, comme les Saint-Simoniens ne
- uvon , d’époque organique. Mais, demi in le feu nous porte
- ra ailleurs.
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- Nous sommes entre deux vagues immenses, dans l’ombre de deux ses, et deme in, nous serons portés plus haut, nous arriverons à la crête et nous reverrons à notre tour ce soleil du mond e intelligible qu'on appelle une doctrin e rayonnante qui sera à la fois rayonnante et réchauffante. Demain, la période organique, après la période critique. Ainsi donc, nous pourrons tout ce même n e, nous : buvons espérer que nous ne
- somses pas pour jamais dans l’abîme.
- . -vous > b hercher encore u
- ce 1 nant, une autre rai son que nous avon 3 de nous rassurer sur erspectives que nous ouvre la jeunesse. Nous sommes poque ci iti ue peut-être, mais nous som es surtout à 1 poqy d'esprit critique, nous sommes à ne époque où l'esprit criti ue, 12 a es moyens de s'exprimer comme il n(y
- quez aussi que, tout de suite, paraisons sont injustes entre notre temps et les époques n4 r s. Peut-être que oques antér eures, beaucoup
- de choses se passaient fort mal, mais nous n'en savons rien, car de le dire tout haut. En somme, pour entendre les gémiss ent des paysans a des artisans à l'époque classique, les historiens sont obligés de prêter l’oreille, de se pencher sur ts, i ' nt à P d'
- le silen c'est le tumulte qui est
- jourd'hui o : des droits d'expression à la
- critique et au c le, à la protestation, à la revendication, à la réclamation et, en vérité, nos Gouvernements gouvernent sous volée de protestations, ils sont com L’An e Victor Hugo -par on : -moi 1 co raison - auquel o ontre son chemi sous une volée d'injures et de cou, buet. Voilà ce qui enton ‘hui. L'homme au pouvoir est livré à
- toutes les affres perpétuel. Ainsi, silence organisé. de la critique universelle et du contfole com e je le disais pr e demment, au lieu du c'est le t ' ‘ st; il : a d
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- amplificateurs pour retenir, pour reproduire la moindre protes tation; autrefois c’était peut-être le règne e 1‘éteignoir, maintenant c’est celui de la lu ière crue, autrefoi s le règne du silenci ux : r ma nt o lu du h ut- rl ur. L’é oqt me hi ne, i i > 1 hou v ns.
- C’est pour celà que nous pouvons, sans doute, nous p rémunir con tre nou .10 es et n ou: ( ire qu’il y a peu t-ê i re là
- ex tior 01 ire, qu moyens e critique sont mul-
- tipliés comme ils a 2 icune 20 ue. Cependant,
- assez de calmants: j’ai l’air de reculer devant l’abîme, et bien
- '-' y.
- Nous voici en plein désarroi et la in t, se
- amente, parce qu uve plus de doctrine qui lui donne
- it pour nous l’occasion le réfléchir sur
- L s c uses ui /. ûn ri -a c nce es loctri s. . is, nt surtout à des faits historiques, que les ‘ont rus et
- elles-mêmes ont de la peine à in Tous ourrion
- i s . r ici ur un s n int s nte en 1 l’histoire et
- es et les théories phi-losophiques. Aux théories philodophic tes nous devons des systèmes les on essaie de
- rejoindre le ré: lité. N: is dans le déroulement de l’histoire, 11
- y a un ensemble de faits sociaux qui s’im osent, des évènements, 01 si vous voulez des contingences, avec lesquelles les fondateur: n’ont pas compté, u’i i illeurs pas prévoir, et
- , blo-
- gies ne eut nt pas c rter ces fi its; elles ne peuvent as non lus : a’b .. : ce es cher sur la route, " is
- d : lions ebo : non ch in." I is, un fait 1 tori -
- ; lus redoutable qu’un li x s et si on ne peut pas lui trouver une place dans le système prévu cela devient extrêmement gênant :
- . inc cille. Eh bi a voilà le specti Le quel nous assistons.
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- N us L n s v éri fier mon n ' 7 e, si nous en avons
- - tem " sur trois : je parlerai du Libéralisme,du Marxisme et enfin du Catholicisme.
- "Que lique était bel e sous l’En ire"; c’est le n. > liber u au le. Après la révolution politique, la révo-lui on 4 du: ‘ elle, ‘individu t Li de gagé e tout ce ui i it pou ir i . ‘ il r sa su ... . par les ac 1 s, t accélérer rXyÊne de la action. Produire librement:, vendre librement, on escomptait que cel llait augmenter pour sait Adam Smith, le monde va evenir une - ub ut r h 1 e; 1 : e ircu ... t i bout à l’autre du monde; toute augmentation du bien être est
- 1........ . lib . écon ique. Voilà le système du . Lis
- i prend pour devise, com vous le savez : laisser fa ire, laisser passer.
- Pourquoi ne s’en tient-on plus auj urd’hui à cette ule ? araît-elle i cable dans l’ordre
- ? Parce qu’un certain nombr aits nt 1-tés, ui s’i posent à l’attenti n deux mots, d’un côté la vie chère, de l’autre le chômage. On comptait beaucoup que "laisser faire, laisser passer" ferait baisser le prix des
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- denrées et des produits. Les producteurs se font concurrence les uns au ; il: evient :
- tout profit pour le consommateur. L’expérience n’a pas vérifié
- ' .. 1 1: L toujours cette de ü ( 1 ; r Cela p . .. 1 u e, c » . e 13 a vai t très bien senti Fourrier, il y a un peu plus de cent ans, la
- icurren int où 1 : Vor- : le-même; les
- concurrents finissent par se concerter, par s’entendre entre eux: la concurrence finit par le monopole, le n le ait. On voit alors des prix de monopoles se substituer aux prix de concurrence, si bien que le consommateur paye toujours de plus en plus cher. Il vient un moment où le prix des objets qui lui
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- sont présentés d 1 . e, je ne dis pas sa possibilité de con-son ation, mais sa possibilité d’achat.
- Or, la capacité d’achat va diminuer de plus on plus. Il se produit des troubles dans l’ordre de la production elle-même et ici a, paraissent les conséquences loint ines du machinis e, si bien prévues par un autre grand économiste de ce temps là, si ondi. Au temps même où on exaltait le rôle des machines, où n at ex • • le leur développement, Sismondi faisait ! re voir qu’on ferait bien de rt lentir le mouvement et il montrait t le 3 ur « roi d’Anglet rre, à lui tout seul, tournant une manivelle, suffirait à produire tout ce dont l’île aurait besoin. Donc, il imaginait à sa manière qu’il rtir de cette machine bien du nal pour l’humanité.
- et Le 1 chinisme, u me : 18 es circon socia-les où il s’est dévelop é, a et nséquence de ire naître wits, on vo it
- chin it inutile un certain nombre de bras. On est heureusement sorti de la crise
- sieurs Cois; aujourd’hui on ne semble pas n as d’en sortir e, d’ s 1 je compte de 25 à 35 millions de chômeurs, chiffre lamentable et qui fait bien réfléchir. ce qu’a donné, dit-on, le régime du libéralisme, la În : : 5 à 30 millions de chômeurs; nous devons nous • 1 Pouvons-nous incliner devant la vie chère et devant le chômage ? On a commencé à réagir et certes
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- depuis longtemps, pour ne pas dire depuis toujours, presque uis le début du XIX° siècle. Très vit on a compris zu’on ne ouv it ab as laisser C ire laisser passer. De toute
- manière une politique sociale s’est constituée; on a limité le il, d’abord pour nfants ui our les femmes, fin pour les hommes. On a permis au - ouvriers de se syndiquer;
- a défendu de différentes manières le - et le loisir;
- bref, tout un droit uvrier, toute une politique sociale qui est, à n’en pas douter, une limitation du lib • lisme e
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- éc nomique. Et enfin, au bout de la série, api araissent les assurances sociales et les assurances contre le chômage, ce
- st le ci ble, . uf s i 1’1 po iï le
- liste. Et cependant, presque tous les bure ux y passent, tout le monde ne peut y résister; la politique soci ile s’impose; le Li hisme a perdu du terrain, parce qu’il s’est révélé dans certains faits insuffisant, parce que la position était intenable.
- J’entends bien qu’il y a encore des ho es qui la défendent; il y a des économistes purs, es économistes recrutés démontrent par A plus B ise rési que sociale : une politique qui tend À maintenir les hauts ires, sr; pour que les prix de revient baissent, il faudrait que les salaires puissent baisser, or, une politique sociale, avec la liberté donnée aux syndicats, l’inter 1‘Et b sur i but, : vec l’assurance contre le chômage, ne fait qu’élargir la plaie qu’on prétend guérir; et tel écc cer es fort distingué, ont e nathémat: c’est l’assurance contre le chôma ge qui est la véritable cause du chô age, A-t-il raison ?
- Il faudrait fa ire de l’Economie politique pure pour en décider. Tout c ue je puis remarquer, c’est qu’avoir rai tre . : onde tst tout de nê . ben le. Tr fait, il y ’ l'heure ui puissent revenir à c 1 ralise ur. [l n'y n . int. :e ? je fais
- • d'u u'il n'y - : 1 ngt n France, on a vu un Président qui affichait son intention de revenir au
- Libéralisme. L’intervention de 1‘ tat apparut gênante à bien des ustriels,des commerçants, à des agriculteurs. Alors, le dernier pr side it 1 Co se 7 , 1‘a tue1 Président du Conseil, nous ‘eto la libert Te lui s - bon cours ge.
- Mais il faut juger les gens d‘ près ce qu’ils font, non d’après ce suils disent. Or, que fait notre Président du Conseil ? Il achète y les excédents de blé; il entame des négociations entre les
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- agriculteurs; demain, il va demander aussi la limitation des contingentements. En brer, il n’a ) s 1‘air ce remonter bien
- iu [ 1i 7 1 moins, cela nous prouve
- , du malaise, qu’on ne veut pas
- nien c 1 Létei nt Li L.il . n so ' ortira de la crise, mais sûrement plus par un laisser Le ire, laisser passer; dans 1‘or e conomic ne, le Lib ralisme......- bsolument mort.
- ais, me direz-vous, il subsiste peut-être une planche
- ' salut ' ? ‘ r e po ' ' ou intellectu ? Le ralism
- •- donnons-le
- donc sur le terrain économique. Beaucoup de cens, essieurs.
- ez volontiers bon marché
- u Libéralisme intégral en matière économique, à la condition u’il 1 enten qu dans l’ordre intelle 1,
- 11l rte sera respectée. Le
- Le 1 : Cain : laisser pas ser, est ' rt; 2 : ser ritiquer, isser contrôler, laisser parler ce sera au moins une concola-tion. Eh bien, chose curieuse, le Libéralisme intellectuel et le Lib I alis 4 polit i- ue lui- ême sont ntrà in de perdre du
- é r route aussi se sont trouvé ênés, car ils
- ne : . es ter, ni les résorber.
- quels sont ces faits ? In deux mots : industrialisation e, im, lisme en i u L’ . i-
- lisation le : presse et ,61 eaucoup le amis du Libé-
- ralis po it . 3 : veux in in - 1 lement. Vous evii . , à quels je is llusion. Ah
- ne le journal à un sou et it beau au temps de Cirardin, Hélas us faire ses frais. Il n(y sse payer ses frais par sa vente au b que les jou
- nt conséqu besoin le sent qu’ils s nent :
- _eu < l’argen lu 3 t es subventions
- tantôt venues des puissances économi es, pré : if sous la
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- forme de réclame, de commissions, tantôt des puisse s politiques vention 3 entales). Ce its, n intenant de notoriété iblique, inspirent quelque méfiance aux libéraux et quelque mélancolie. Je ne voudi is pas v u l sser croire que j’ai la preuve que tous les journaux sont achetés et qu’on peut les achet r. Je crois que rati uement c’est impossible, et je crois avoir constaté que tout de même dans certains pays que les jour-er tous et
- , le liberté trouve moyen de s’y loger. Vais enfin le fait
- : C 2 ique est in iable et cette . viction, même sans qu’il y ait le pre ves, se présente i beaucoup d’esprits, si
- ien qu’on est très gêné quand on entend à la cantonnade, le ricanemé at . ‘un fus sol ini at ! r che : mus ler la presse et qu’il vous répond :"Il y a des moyens de faire taire le:
- erb res avec de: ux". Ô cette r ponse on st s gêné, on
- n’a plus la saine confiance d’autrefois.
- Autrefois, au temps de Benjamin Constant, la liberté de la pre se était quelque chose e sacré, acrés ne sont plus, car trop de mon.... uche.
- (Applaudissements)
- Je vous en prie, je me laisse entraîner; tout cela n’est pas prouté. Encore une fois, je reviens sur le terrain psychologique et je dois col ti er un -1 „ déniable . bec coul C
- ans s ont un . gênés, il ex ient plus I en
- morceaux pour la liberté de la presse.
- 0 en est . nêhe pour 1 contrôle . rlementaire, plus lélicat à xpliquer, l’impérialisme parle-ne - : , je 35 ime be : f ire une c ampagne
- n ti : e : c’e s t i 1 il y & trop de choses ne pe t pas prouver dans le létail. Je tien - ire que dans les milieux parlementaires, je trouve plus de gens intelli-,compétents et propres que dans les milieux dits mondains.
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- à manger où l’on dîne bien.
- (Applaudissements)
- Quoi u’i s soient le grands calomniés, et j’en ai la convic-tion, ici encore le fait psychologique reste, le fait de psy-chologie sociale, Je sais que le. parlementaires n’ont pas un bonne presse et qu’on peut alléguer un cet vain nombre de faits qui, malheurcusement,font réfl chir instabilité ministérielle, lenteur des décisions, discours inutiles, discours, discours, 2 ui ' : se u s, pluie d’ unen e lents ou le : s cents au rnier projet présenté à la Chambre. Tout cela fait mauvaise ression. On se dit qu’il y a un n nis : qui est * ussé. Le parlementaire devient une espèce de touche à tout, il parle sur e tout le temps et ce n’est pas ainsi que se font bien les affaires du pays. Si bien que là encore, dans quel , on trouvera très peu de gens pour se faire tuer sur les be rr ic - es dont nous arlons. A vr i e , not s, puis - ' nous
- in collection ex es ( its - et faits incon-
- - que tout de même si les en remis au parlementarisme prenaient trop vite le haut du pavé en France, il y aurait un redre se ent qui s’est déjà esquissé. Il y a malgré tout ies gesns qui sont à ! fendre les libertés publiques; mais enfin ils n’ont plus la confi qui animait n ' pères. Le Libér sme conomique est mon tel ement atteint; le Libéralisme politique est * uelgue peu blessé, telle est le situation, quoi 2 Parce a faits suivants a vie chère et le chô age; ici la corm ption la pre s et 1‘ -mpériali me 11 1 ire, et ce on 1 t r 1 ir, qui t les esprits à penser qu’il y a quelque chose à rectifier ne 1 petri ? ki le, L . eut pas s’en tenir là.
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- Mais alors, me dira-t-on, et les doctrines unitaires.
- les grandes doctrin s, cathédrales qui ras semblent les foules et ui ne . emandent pas aux individus de penser par eux-mêmes ?
- et t-on utour d’elles se rallier plus facilement ? Visitons ces ath irales, examinons les gran es doctrine: unitaires et, en
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- premier lieu. Marxisme avec
- le Marxisme. Mesdames et Messieurs, je parle du respect; tout d’abord parce que c’est une foi.
- et une foi qui rallie beaucoup d’esprits, qui console et qui nime des milliers et des milliers de prolétaires. Cette foi fut pour eux une substance an laquelle ils it communié et rite respect. En: ite -et 1 1 ucouj a1 tiste aimr là, ils ne serai ent pa s cont ents - je re C t 1 e Ma r x i s 1 3 au oint de vue scientifique, parce que ce fut une hypothèse de il trè utile. Il : g iré 1‘at entior sur 1‘i portan e prit iale primat écon m. « - du pri technique :
- uxg ndt services 1‘il : rendus 2 l’histoire conomiq
- Ceci dit, cet hom age ren je suis bien obligé de con c | ; toy ( 14 1 e Te ny 3 Gi e pyt rement dit, 1e ‘Ta prisme TPA1L, 1e urxis pur, le Marxisme : rx et 1‘Engel: n‘ pas t 7 rifié par les f if quel : : ce 7 isme ? Une préd : fondée sur une dialectique; nous en sommes à un mom 6 où une lutte de classes simplifiée apparaît : deux clans en présence, J . sédants et la masse im ense de: pro . air S. )r, n ve tu de 1 di lecti u interne du systè ie, les possé nts vont dimi-nuen . nombre ni he: e, les prolétaires vont diminuer en richesse et augmenter en nombre. Si bien qu’au bout du compte, il aux un zr nd c up de ascule, une tastrophe.
- un nonce
- sauté
- ou eau pourra n 1 e, parce ue le ion 10 an ur côté, une masse immense et sans esse croiss nte
- 3701
- de l’autre, une minorité de privilégiés : cet état ne peut pas
- • 1 • T • a rxi sme C ata strophique nous ont re, it e 1‘Av e, une crucifixion avant la rédemption. Naturel-lement je simplifie le système.
- Lui aussi a rencontré sur sa route un certain nombre de Ci its diff c les dit rer. Tout d’abord Le no 11 des pos é-d: nte n’e t pas devenu in finimen t petit ec on le prédisait. Ensuite, le nombre des prolétaires n’est pas levent infiniment a wne 0 Lu louci auaui + .
- nd Sat doute les .possédant: sont un minorit , il Y es magnats les rois de 1 métallurgie, du textile, du
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- parfum aussi, mais ce n’est qu’une infime minorité, A côté d’eux gravite toute une série de petits possédants, grâce au 1 anisme des sociétés par actions. Il y a dans beaucoup de pays des gens qui ne sont pas très riches, ce ne sont pas des magnats, des rois de la finance, et pourtant ils détiennent une part de la puissance économique, il y a une grande démocratie d’actionnaires. Actionnaires, démocratie, ces mots là vont très mal ensemble, les actionnaires exerçant très peu de contrôle sur les sociétés qui les enrichissent ou les appauvrissent suivant les cas; mais, cependant, ils sont attachés à ces socié-tés et à un certain ordre qu’ils ne veulent pas voir bouleverser du jour au lendemain. Voilà le fait que nous constatons : le nombre des petits possédants s’est accru à côté de celui des grands possédants.
- Mais, surtout, le nombre des prolétaires proprement dits, ne s’est pas accru dans les proportions que le Marxisme avait prévues. A l’heure actuel e et en France, les ouvriers représentent à peu près 40 % de la Nation, nous préciserons les chiffres plus tard; mais les paysans sont aussi nom breux, sinon plus; à côté des travailleurs de la grande industrie, il y a les petits paysans dont la g majorité se compose de petits propriétaires ou dont la grande majorité était de petits propriétaires. Il y a enfin, les artisans qui ne se laissent pas étouffer; il y a le commerçant que le socialisme lui-même défend et il y a les fonctionnaires. Tout cela fait une population, une masse à côté de celle des prolétaires proprement dits. Il y a tous ces gens des classes moyennes - comme on dit -ou des classes rurales, avec lesquels il faut compter.
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- Enfin le niveau de vie des prolétaires devait tomber très bas pour que 1 catastrophe fut possible, et néces-la crucifixion avant la rédemption. Or, il n’est pas tombé aussi bas qu’on pouv it le era indre i pourquoi % Réaction politique sociale, action des syndics ts ouVr 1 interven
- l’Etat, que sais-je, toujours est-il que l’on n’a pas vu es p le fond de la misère, comme arx l’avait
- révu. La loi • cti .. e elle it
- nt arrêté. Le fait est qu’on pas vu 1‘e nis e d’où s rtir l’extrême colère, cette de prol t ires, condamnés par
- rxi 1 i sère, voilà que des distinctions s’op ou: n u , un lit en tion se produit, il 3 des its et des bas, les grands petits, il y . es ouvriers
- qualifiés et des ouvriers non qualifiés qui, tous ouvriers les comme les autres, n’ont pas le même salaire, n’ont pas le même standing, n’ont pas le même niveau de vie, ni le même genre d’éducation. C’est ainsi qu’au som e ? : 1 , à 81 l’ouvri r - te lifié, des ouvriers chefs, on vc c de: s bit dit sans offense, s’embourgeoisent. C’est un fait. Ils se as classes moyennes que des prolé tai , ils on availler et ui t,
- ux, lés besognes inférieures. Donc différenciation à l’intérieun : e la clas : ou e.
- Que résulte-t-il de tout cela ? Il en résulte un import nt sur equel, . -it , 1 -..i 1e st venu
- se 1 ...• les dents. Il en résulte que loin d’aboutir à une sépa-
- ration absolue, irrémédi le ola e , des communications sible ’ d’une classe à 1‘autre, non seulement des scension ~ en trop petit nombre - mais des conversations, des coalitions, des collaborations, presqu’une vie nationale qui a dén ontr d’une façon terrible que les Nations • lu s que 1 1 S;
- l’unité ale est plus e que Les .................ion: ? classes.
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- L’union verticale qui unit l’humanité en blocs est plus soli e que les divisions horizonta les qui d ivi s i at 12hu i t 4
- strates. Marx a : 1 lire t"Les 1 1 1‘ont - a trie.
- Je rema que que ce sont les N tions - gagné lu terr 1
- ‘e b un ait in nia le On eu ‘en lai e, on peut si en réjouir; les N tions sont plus fortes que les classes et ceci
- . • 1 qui e produit à l’in-
- eur : ngtemps inféodé au
- ' exismé ' lais . itude ? Il est tain
- compter avec ces faits. Marx ne les avait pas prévus. Peuvent-il ans son système, si on le 1 isse tel el : peut-ê
- oui, b-être que non. Cherchons
- Vous entent ez alors les léo-sociali es s’écrier :
- 1 it , au fait démocratie, au fait
- el sses moyen es, 1 ait olitique sociale". A bus ces faits,
- n ut faire 1 ce, nais u bo t du compte le Marxisme si n trouve singulièrement élargi, pour ne pas dire disloqué. Il se nt i in templ - te ve uelques piliers seulement et, en raison même de sa simplicité, se présentait istrument de ande, t . inten nt
- voilà que le temple est en ruines. en des 1
- • ro mais enfi n, c’est < evenu une espèce de ch tier, TLe temple est en ru...nes au haut du promontoire." Voilà encore une doctrine ui est entrée dans la phase de la reconstruction.
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- Peut-être que, m’entendant ainsi exposer les lacunes du Marxisme et du Libéralisme, beaucoup de mes amis catholiques se réjouissent et pensent : ces constatations travaillent pour nous; nous avons là une doctrine éternelle et solide. Ce n’est pas seulement un temple, c’est une véritable cathédrale. Eh bien, entrez, et probablement vous ne pourrez pas prouver que nous avons bougé. Je demande pardon à mes amis catholiques, mais je vais les soumettre à la même épreuve. En effet, là surtout, il y a des faits historiques avec lesquels le catholicisme a été obligé de compter et qui l’ont amené à prendre des habitudes tout à fait contraires à ses habitudes. J'en distingue trois : Les nationalismes militai-res, les étatismes totalitaires, la démocratie sociale.
- Aux deux premiers la religion catholique a fait beaucoup de concessions et pour le troisième elle a opposé de vives résistances. Concessions aux nationalismes militaires : rappelez-vous seulement que les curés sont légitimement fiers d’avoir fait leur devoir militaire comme les autres. Les cloches de Notre-Dame sont prêtes à sonner des Te Deum pour les héros et les soldats victorieux; les églises les plus catholiques, les plus universelles ne peuvent pas résister à l’entraînement nationaliste : le catholique doit être patriote d’abord. Ce qui est le plus grave à mes yeux et le plus curieux, c’est que l’église catholique n’a pas su opposer la résistance qu'on escomptait, que l'historien pouvait escompter, aux régimes totalitaires. C’est un fait très curieux, L'Eglise a toujours dit : "Mon royaume n’est pas de ce monde" et ainsi elle a demandé à distinguer entre ce qui revient à Dieu et ce qui revient à César. "Laissez-nous organiser la vie spirituelle c’est tout ce que nous vous demandons". Il est à remarquer que c’est Marianne qui a répondu à ce voeu, qui, en proclamant la séparation de l'Eglise et de l'Etat, a proclamé la liberté.
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- Mais les autres régimes totalitaires, accordent-ils cette liberté ? Pas du tout. En Allemagne comme en Italie la religion est réduite à toutes sortes de concessions; elle doit dissoudre les ligues d’enfants, d’adolescents qu'elle avait pris sous sa coupe. Elle doit enseigner dans les écoles, à côté d’une morale soi-disant religieuse, une morale d’un nationalisme agressif, comme si, au bout du bâton des évêques on avait installé une pi-que. Elle voit bafouer en somn e son idéal, sous bien des formes, et sa résistance est très menue, très faible. Quelques protesta-tiens de forme, mais les catholiques sont obligés d'accepter la main-mise du régime totalitaire sur leur At-iotise même.
- Ce qui est plus intéressant pour nous, c’est l’attitude du catholicisme envers ce que j'appelle le socialisme démocratique, la démocratie sociale. Là je voudrais m'efforcer de n'être point trop injuste et ne ne pas trop céder à l'inspiration de Proudhon si sévère, si injuste et si méchant pour l'Eglise, dans son livre que nous sommes en train de rééditer sur la Justice dans la Révo-lution et dans l'Eglise, Je suis obligé de montrer qu’avec le souci de justice, pas d'accomodement possible avec l'Eglise, L'Eglise démrécie le travail, sanctifie **x*xavai± l'obéissance, L'Eglise ne donne pas aux hommes des forces de résistance et de redressement, elle préfère le bon peuple; voilà en somme la devise de Proudhon. Je suis obligé de constater, historiquement par-lant, que le catholicisme est bien plus souple, bien plus acco-modant que Proud'hon voulait le concéder. Avec le Ciel 11 y a beaucoup d'accomodements et l’Eglise le prouve tous les jours.
- En matière sociale, par exemple, beaucoup de catholiques de nos jours, sont beaucoup plus audacieux et comme on dit, plus avancés que l’on ne l'aurait cru au temps de l'Empire, et il y a même des fidèles qui vont assez loin sur ce terrain. D’ailleurs
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- ils peuvent invoquer les encycliques qui sont en effet assez du-res pour les classes capitalistes; mais ceci cependant ne va pas très loin. Les catholiques pronaient le retour à un régime corporatif; on les voit faire ce qu’il faut pour maintenir la famille et par conséquent les caisses de compensation. Mais s'agit-il des reven ications qui sont à la fois socialistes et démocratiques, le peuple se dressant et disait : je veux exercer mon droit de contrôle, être maître de mon destin, à ce moment là vous voyez tomber un coup de crosse, l'Eglise fait machine en arrière. Du socialisme, elle peut en admettre une certaine dose, mais le démo-cratisme est plus difficile à passer. Sur ce point il y a un mouvement de résistance. Dans un mouvement de social-démocratie on trouve presque toujours la tradition catholique représentée ar l’autorité, si bien qu'il y a des malaises, des troubles. De jeunes troupes trouvent que l’on ne va pas assez vite, pas assez loin Ici aussi, les piliers sont minés, on change des pierres dans le vieil édifice. On voudrait les changer par le ciment armé, quitte à bouleverser tout le style traditionnel.
- Donc, nour le catholicisme, comme pour le Marxisme et comme pour le Libéralisme, la doctrine s’est heurtée à des faits qu’elle n'a pu ni écarter ni r sorber. C'est ainsi en effet qu’intervient la jeunesse, disant ; il nous faut du nouveau; nous allons remanier tout cela et bâtir un édifice nouveau; en effet, la solution prévue pour les questions sociales nous alarme aujourd'hui.
- Mesdames et Messieurs, je voudrais être encore plus respec-tueux pour la jeunesse que je ne l'ai été jusqu’ici pour les au-tres doctrines et si les jeunes gens nous promettent un système nouveau, une nouvelle théorie du monde, nous sommes prêts, nous les vieux, à l'accueillir. Je dois dire cependant que la jeunesse, ien que le jeunesse, n’est tout de même pas un argument. La jeu-7 nesse ce n’est pas un système, ce n’est pas une doctrine. La jeu-nesse c'est un état d’esprit provisoire qui finit toujours mal, huisqu'il finit par la vieillesse, (Rires)
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- Il entre toujours dans une doctrine des éléments antérieurement connus, antérieurement maniés par les hommes les plus vieux. Il est certain que dans la doctrine qu’on nous prépare il entrera bien des éléments empruntés à l’une ou à l’autre doctrine. C’est aux jeunes gens de faire la synthèse. Peut-être qu’avec la liberté qui leur est propre seront-ils de nouveaux Siegfried et forgeront-ils un glaive flamboyant devant lequel nous irons nous incliner.
- Mais, en attendant, je veux faire remarquer que cette synthèse, ce n’est pas à nous de l’opérer : il nous faut suivre et non pas mener. En tous cas ce n’est pas la tâche que l’on ma assignée. On me demande une analyse, une revue, un inventaire. Voilà pourquoi, patuemment, méthodiquement, er des leçons qui suivront, j’essaierai de passer en revue les différentes doctrines, les différents systèmes, les différentes théories philosophiques et sociales qui comptent chez nous encore un certain nombre de tenants, qui ont une clién-tèle et dont on peut escompter qu’elles auront une influence doctrines industrialistes, ruraliste, coopératiste, que sais-je ? J'essaierai de les présenter sous leur meilleur jour, et leur faisant rendre tout ce qu’elles peuvent contenir. Peut-être allez-vous sentir chez moi, dans cette conversation d’il troduction, quelques préférences. J'ai le droit d'avoir une préférence comme tout le monde; mais quand il s’agit de travailler, de chercher, d'exposer, alors vous le verrez, j’en ferai complètement abstraction; j’entrerai dans la peau d’un libéral, d’un marxiste, d’un grand capitaliste, d’un petit agriculteur. Et je me permets d dire pour finir que cela ne me demandera pas un grand effort, parce que, savez-vous que beau métier de professeur est de chercher pour penser; il
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- il faut savoir avant de juger, il faut connaître et comprendre, Modeste est notre devise qui convient au Conservatoire et à la Sorbonne, entre lesquels, je suis heureux, qu’on m'ait demandé de faire la liaison ce soir.
- (Vifs applaudissements)
- Me le PRESIDENT.- Messieurs, jè n’ajouterai pas ma louange (1) que vous venez de décerner à M. BOUGIE, par les-quels vous avez salué son admirable conférence. Je veux simplement vous indiquer le programme des conférences d’actualités économiques pour l’année 1935.
- La conférence inaugurale prépare les conférences de M. BOUGLE dans lesquelles il analysera les doctrines dont il vient de vous marquer les incertitudes présentes. Après la série de conférences de M. BOUGLE, trois séries de conférences auront lieu, les unes ayant trait au rapport de l'économique avec l'Etat, en prenant les institutions dans la position critique où la crise actuelle les met. Ainsi seront étudiés :
- Les institutions d'Etat dans leur force et degré d’évolution actuelle.
- Le monde monétaire actuel.
- Les problèmes actuels de finances publiques et les problèmes actuels bancaires
- Puis, les rapports de l'Economique avec les Corporations:
- Les Economies dirigées et leur évolution,
- Les Organisations économiques dans leur évolution, Les grandes industries et leur vie économique.
- Enfin, troisième série de conférences : les rapports de l'Economique avec la vie internationale :
- aux applaudissements
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- Ms 231(1)
- Les Grandes transfo: mations économiques des Nations et des Continents, de l’avant-guerre à l’après-guerre; leur rôle actuel;
- Les grandes places internationales en matière financière;
- Les Organismes internationaux dans leur organisation actuelle .
- J’aurais pu et j’aurais dû énumérer aujourd'hui, conférence par conférence, ou plus exactement leçon par leçon, l'ensemble de ce programme. Je ne le fais pas, parce que je ne suis pas en état de le faire, parce qu'il a été nécessaire de régler avec l'Ad ministration des Finances, au regard des lois budgétaires, un cer-tain nombre de questions qui viennent à peine d’être réglées et que, d’autre part, nous désirons nue les leçons sortent désormais sous une forme systématique, pour ne pas faire ici une réponse aux innombrables conférences qui se sont organisées au cours de ces derniers mois» Il faut donc que ces leçons aillent dans un enseignement, qu'un auditeur du Conservatoire puisse sortir de cette série de conférences, ayant recueilli dans la pratique de ce libre laboratoire, un certain nombre de notions utiles à la formation de son esprit.
- La dernière raison, je le dis tout de suite, c’est la forma-tion de notre équipe. Cet enseignement libre ne peut donc' pas 1 un corps professoral fixé par avance; il nous plait d’appeler, pour chaque question précise et technique, l’homme le mieux informé et puisque vous parliez tout à l’heure de la jeunesse, il ne nous déplaira pas d’appeler un certain nombre de jeunes hommes non pas seulement pour exposer, avec la frénésie propre à leur âge et à la situation, les problèmes qui les angoissent et nous préoccupent, mais les découvertes techniques qu’ils ont pu faire dans la fiève de ces derniers mois. Voilà pourquoi l’annonce de ce jour sera suivie, à brève échéance, d’une énumération plus
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- précise, faisant connaître, sous ces trois rubriques et pour ces trois séries, les sujets précis qui seront traités et les noms des conférenciers qui auront l’honneur de vous adresser la parole dans cette belle salle. _
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- (Applaudissements) •
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