Conférences d'actualités économiques
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- Conservatoire itional des Arts st Métiers
- CONFERENCES D’ACTUALITES ECOTTOMIQUES
- Conférence de Monsieur RAMADIER
- La Présidence de M. A. de
- LES PRINCIPES DE LA COOPERATION
- Samedi 23 Février 1935
- Applaudissements)
- M; le PRESIDENT. — Je salue de mon amitié M. Paul
- Ra. Le: : ou: 1lezte re. tre lus ue lui
- ualifié pour traiter le sujet dont il a fait choix, : nul . . ê egré, n’associe 1 une elle spécia-lu juriste avec l’expérience .
- N’était la Guerre qui l’a détourné de sa Vo
- ale et dont il fut une des premières victimes, Paul Ramadie: ait . . e le . in ' - Fact té de
- Droit, certainement à la Faculté de Droit de Paris.
- D en 1919 .' Dec FZ€ i et d ns ê ( ment conseil permanent, conseil juridique de la coopératio ienne, i , • ées, i e long va et
- vient ' ........iet Paris capital uveme
- coopératif.
- ecazeville, il a connu 1
- , sistances qu’oppose le petit commerce rouergat et plus géné-
- * ralement le pc
- res.1 . if, par tour-
- nure d’esprit, par goût de la conciliation, il a connu la istance ‘est formé précisé—.
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- ment dans la connaissance de ces conflits.
- D a l’Aveyron depuis 1928, il représente plus
- exactement la circonscr t. E
- lifié des projets de loi relatifs à la réforme de la lé-Soc s, plus ré
- porteur du projet ; Conseil National Economique, il a 1 sa der dans les Assemblées en proie à des passio contraires, ce € sérénité ' zue qui est le don de
- ts ceux qui manient les ndes idées et qui se sont for-més dans la fréquentation des grands principes juridiques.
- Le Conservatoire ce soir ne lui offre pas 1 . chaire sorale dont il est digne, mais à défaut il ne lui offre point la tribune aux harangues dont il n’a point le " 7 la tribu . . : o - tes, réc
- iversit ce Lété uri ité opulaire. it l’honneur de cette grande maison.
- (Vifs applaudisse ents)
- M. RAMADIER. - Messieurs, je dois certaine e: t ‘amitié de M. le Président de Monzie qu’à es connaissances personnelles et à une expé.....nce mazigré
- • ' imitée, ‘honneurc ous parler ce soir
- a coopération. Titre d’ailleurs quel-que peu présomptueux, car pour parler du droit nouveau, je m’en vais être conduit tout d’ab
- l’hi ‘origi ême
- : la coopération.
- La coopération est un mot, et je pourra lire que c’est une chose anglaise, par sons sens, ..... le tem-‘ rmonise. La coopération en
- — le philosophes avec des besoins pot .S - o-elle, on doit la trouver dans la rencontre de deux cou-ants, tous deux sortis du mouvement philosophique qui a
- • D’une coura isateurs, de ceux qui dans un. monde trans-
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- : f ous l’influence de
- l’industrie naissante, voulaient utiliser toute cette sève créatrice, donatric r que révolutic industrielle devier a Sc i é . enti ‘€ : .. e c rinci 1
- .quell J serai.. ibordonné
- Il avait che s homme i se ra sachen courant et dont je citerai de ....oms seulement, Rol Owen et Saint-Simon, y avai si ( e . ré c : rit 01 sis - si . ' Le e er .
- ‘organi 4 il, ce ‘a -s i
- s appellerions: . ationalisation, et d’a re rt nscience que cette organisation méthodique du travail < sorte de valorisation de son intégrati m mili....ial 1..rmonisé. Je n’in-sisterai I ........................... ce.int, ce n’est poin on sujet, mais
- ‘i: e ra ler : : tive le Owe
- ‘ ] . oture à New-Lanark et cherch n
- autour de ... usine toute une vie sociale avec des institu-tions qui dépassent largement son époque : l’organisation de l’enseignement, l’organisation des loisirs, l’organsiati la prévoyance, de l’assu me ôme, ela, j 8 sous la dictature, s metto si vous voulez sou l’impulsion du chef industriel.
- -, o me autre . rme, o’es bic dance à la fois organ : rice, ze et accorda
- La première place aux techniciens qui est celle de la concep-bi In S i -Si nie ne, . ec ses N ri e- infinie , avec irs, vec bov Les avatars qu’elle rouva dans a suite. Nous retrouvons le môme sentiment de la valeur de l’industrie, de la technique tranformant la vie matérielle, is devant en même temps par l’organisation qu’elle imprime é 1er à la vie sociale elle- ême ans l’intérêt du plus grand nombre, mais organisée sous
- L’oeil et sous l’inspiration des techniciens, une marque nouvelle qui la fasse plus homogène, plus complètement inté-grée avec cette division infinie du travail et cette réunio: les esprits et des âmes dans un même élan. Voilà un premier courant.
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- Il y en a un second qui trouve dans la Révolution française, dans la philosophie du XVIIIe siècle, dans la ilosophie de Rousseau en particulier, ses antécédents im-Fou/rier, cett
- lyse si pénétrante de l’esprit humain où parmi tant de diva 2 tio C ou . d’anal 0] es, Fou/rien qui ère so-ial, tout ce qui le rapproche des autres hommes en vue d l’action, en vue C travail, en vue de la vie sociale et qu IV( si bic ces atomes crochus, qu’il juge en effet société où l’homme est de -
- suffit e fe- te l’homme soit léba : sé e1 libéré pour que l’harmonie sociale s’établisse sans qu’il ent le hiérarchie.
- Puis, tout autour de ces idées, avec des (.......iginer : : , es ouvre ent: D: - circul é à 1 1 Ve.- le
- ci n i res née: XXe le er ui - - cèden irectement lles, de a Révolution françai e le la
- hi osophie d XVIIIe sicèle : ue e soient es C : ri,
- que ce soient les Frans-Macons, que ce soient les Démocrate:
- d/ 6 te é , 1 s Cabé istes récl: 2 5 Jacobins,
- ......................................................it, rec parfois des nuances se rattachant plutôt les unes i telle période,les autres 2 elle autre, mais avec . as le ce que, s notre Langage no erne ous appelerions la démocratie et qu’à cette époque on ap-pel Lt ciment républicain ov Le Se 5 ent di ibéralic nê : 1 ent jacobin.
- Et, de l’autre côté de la Manche, faisant pendant 2 .....e nt français libéral, le mouvement chartiste qui charrié toutes les idées de la Révolution française avec ce chaos, ce désordre, cette al..ance de doctrine qui caracté-risent les grands mouvements populaires anglais où l’o: coumule les contradictions sans avoir ni le sentiment de ' ba, ni la olon le re. Ai:....................................................................i, vot donc i courants ayant la mên rigine int lectuelle l’un d’organisation et l’autre, put dire, d’anarchie. Eh bien , c’es 5 au oin 6 où ces eux courants se reno ntre , t - /.
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- Lorsque les hommes, passés d’un mouvement dans l’au . int misé ici et là, font eux- ê la syntk onté doorganisation et de ce sentir t in id liste surgit à ce moment-là la pensée, l’idée coopérative. Où surgit-elle ? Il es le dire et
- iens ( : opération en reculent presqu’à ch couverte l’origine de quelques dizaines d’années, parfois elqu si cles. Ce lant, si l’on veut e or e:
- à l’histoire et négliger la préhistoire, la coopération E it à Londres ches les disciples d’Owen. Après l’échec de
- la tentative le New-Lanark, de l’organisation industrielle
- .......... l’usine, les disciples d‘0.... i avaient caressé et
- er la créat: 1 de colonies outre-mex
- 2 le simple enti, sans aller au-delà de 1 ‘Atlantique, des co-loni es d‘ Irlande. Les échecs les éloignèrent de ces tentati
- ves et cert ins d ‘entre eus , au lieu d’essayer d’aller créer
- ur monde nouveau au-delà des li ites de l’Angleterre, s’ef-crée en lien nspiré des idées d’Owen,
- s même. Ce fut la Société Coopérative de Londr : date de 1821. Owen accepta cette tentative avec difficulté Il ne lui plaisait pas que l’on appliquât, en quelque sort nu rabais, sa doctrine. Il voulait un monde nouveau, tout entier, avec sa hiérarchie, son esprit autoritaire et lox l’on venait oréer seulement une petite cellule sedonnant pour issi n, 1 pas L’r brasse: 5 ite L’ac ité soci 1 , me s t e 1 st ' ver les : 2 lises - ? adl érents
- u d’organiser quelques oeuvres d’instruction, il trowait que C ‘étai t vraiment là rabai sser ses idées et donner à se doctr ine une applicat ion insuffi sante et fâcheuse.
- On continua ce endar t et l’on continua non sans suc-ès. De cepremier mouvement coopératif ang s qui, à côté des disciples d‘Owen trouva certains apôtres venus de sectes dissidentes religieuses, voire même parfois, de l’Eglise of £i cielle, de l’Eglise établie, dans ce mouve ent on vit 2 0-paraître pendant une dizaine d’années un grand nombre de ...................rèrent. lles conservaient le goût de
- . te, - : C - e ] ( r : -.. . €. 1 1 •. i e .....- : i a1 cune obli cation, par la forcedes choses n’était à le base de cette organisation. C’était volontairement, librement.
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- que les hérents venaient ; et, à vrai lire, on éta t obli-sont tic utori ' ' .
- itionniste, me conception i lividualiste. Lus '.....liste, en tout cas, qui conciliait les nécessités pra-tiq les ave ; le 3 • . Ots déve 101 pés F 1r les doctrines ‘Owe 1.
- C’e be E 10 „ , I lère
- ‘a 1 i Les ièn s te ' iv . ' - é at ' )n connut, mal d’ailleurs, les tentatives anglaises dès 1827 blié p Saint-Simoniens. On - ve les articles écrits sur la Coopérative de Londres par u ' t ' i Gre b. ' 1 q i ' 3 ni : l’incide été bligé : e - 1: re A: glete •] ndal quelques temps, l’association fut à l’ordre du jour dans les milieux Saint-Simoniens. Cependant rait les Saint-Simoniens ait participé à cette discipline stricte que le chef l’école et plus encon . z avaic ,
- i le mot d’a chose furent reprises, ce fut
- les : i, ‘ét . 61 ché : : e Sai -S: : n e, cherch 2 ' iliex er ff ces tendances avec les tendances démocratiques et individualistes, auxquelle fusait une place .
- t Buchez qui, dès 1830, conçu et développa 0 me série de conférences l’idée de l’organisati....
- re so ‘as: ion.I
- : une organisation professionnelle, nous dirions aujourd’hui syndicale ou corporative, qui était le champ de la grande industrie et une organisation coopé: e - - ' ' i, cel ' lev être le
- hamp de l’artisanat, du travail soigné, du travail minutieux, l’art.
- d s, - l’assoc
- n des ouvriers menuisier 1832 is la société des outiers en doré, en 1834 — et poursuivant ensuite pen-nguefs années une prédication, il s sans ob tenir là aus si d e trè S gran id C résult ts .
- Quelques années plus tard, à Lyon, ce sont de: ssé u Sain -Si ni . I fri . i hel D rio:
- Ré gnier éent e" Ld • • 1”€
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- 1834, société de consommation celle-là, à vrai dire fort camouflée et surveillée par la police, tant dans l’atmos-hèr lyc i e ni suit les émeutes . cre gnait de ir n’importe quel] ‘organisation se glisser le ferment révolutionnaire des insurgés lyonnais.
- Et puis enfin, voici qu’en Angleterre en 1844 appa-les pionniers de Rochdale. Eux aussi, ils vi les uns de Owen, les autres du chartisme et leur association est le confluent de ces deux courants que j’ai tout à l’he -es pionniers de Rochdale ? Vous connaissez leur histoire, tous ceux qui ont entendu parler de la coopération ont r cette histoire en images d’I ir 1, de vingt huit pauvres tisserands accumulant sous par son le premier capital nécessaire pour f . le
- ite bot : a r le r première provision, récit de l’ouverture de cette boutique
- 1 amins de Rochdale, se moquant de ces i s ex de ces pauvres tisserands qui, ayant amasser sou par sou quelques livres, osaient ouvrir boutique et avoir leur en-seigne. Et tout le monde soit aussi la fortune de cette société qui est devenu la m ère du mouvement coopératif an-glais, de laq elle en réalité est sorti le mouvement coopé-ratif du monde entier.
- Ce qui fait l’intérêt des pionniers de Rochdale, ce n’est pas seulement qu’ils ontéété les i. itiateurs d’un mouvement qui s’est répandu à travers tous les con in nts, s c’est qu’assi, dès la premiè re e fi é
- les principes avec assez de clairvoyance pour qu’apre siècle d’expérience les principes de Rochdale apparaissent encore comme les règles fondamentales et ' vrai dire com e la définition même de la coopération. Je n’en veux pour preuv : que le fait le ‘A] Li ince coopér ti re i te ‘ iti nale cherchant à définir la coopération et à en circonscrire les lignes, les limites et ordonnant lors de son congrès de Vienne de 1930, une sorte d’enquête sur lesprincipes de Rochdale et sur l’application qui en a été faite. Un tra-ail fort intéressant d’exégèse, de commentaire, a été pour-suivi par une commission spéciale qui a présenté au congres Le Loi - a bis à ot br : exx er o: » r ,
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- d’ailleurs a so levé certaines controverses qui ont empe-Le vote de sanctionner une sorte de velle promulgation des principes des pionniers de Rochdale Mais le travail qui a été fait permet de fixer complètement les princi pes coopératifs.
- La co mission, rassemblant des docu lents d’ailleurs épars, formulé par les pionniers de Rochdale dans ( : co-cuments divers, a ramené les ipc à s pt. opération se déterminerait d’après elle par l’adhésion s, l’administration démocratique, la ir les achats, la neutralité politique et 1 gieuse, la vente au comptant et le développement de l’éduc tion. A voir cette liste où il y a en effet ce points, -mais dans un ordre évidemment imparfait — vous reconnaissez sans aucun doute l’esprit anglais qu t i es ' • la ositi n finira tout de ême par fai re un ensemble, sans qu’il soit absolument nécessaire de raits de cet ensemble et de faire dégager principes généraux.
- A vrai dire, je crois qu’il serait p( ssible de si li-fier et pour ma part je rattacherai tous les principes de la ération à deu i lées fond ne it ales : La re ièn : c’est que 1 opération est une organisation volontaire, la se-conde que cette organisation repose non pas sur la poursuite du profit individuel mais sur la recherche de l’interêt gé-néral ou plus exactement dans la pratique de la solidarité. Voyons donc ces deux principes.
- Organisation volontaire : L’organisation volontaire se . dit juridiquement par le contrat, par la rencontre en ix volontés concordantes, de deux ou de plu-sieurs volontés concordantes qui fait naitre tout un réseau de liens juridiques déterminant un ensemble. Eh bien, oui, a coopération repose sur un contrat, mais c’est à la fois t ) lire t pas assez. Sans doute le coopér € crée coopérative par des engagements échangés avec d’autres coo-pé urs ; a : 3 out : e le recru : nt - 00) ' re
- fait par des adhésion qui viennent s’ajouter aux pr et de là naissent en effet d engagements réciproques. Mais
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- ce quiest remarquable C ans la coop ration, c’est l’ir stabili-de ces engage ... fragilité. La coopé sur ce principes que la porte en est touj : erte : entrer, toujours ouverte pour sortir. 0 s’e lié, contracté des engagements, mais il est possible de rompre ents à tout instant. on pent donner sa démission. ter par l’exclusion les membr : le a une fois admis. De telle sorte que, s’il y a en effet tm contrat . l’origine, ce contrat n’exprime pas un état finitif, un état stable, il n’a de valeur qu’autant est continué, qu’autant qu’il est poursuivi à chaque i a ive. Il a : lu » faire dans la lé, islation cette notion de contrat ins able de longs efforts ; un peu dans tous les pays ou: a résisté. ion atiqu i droi qui s’op à ces contrats en constants devenir, à ces ét ts juri iq Le s i se transforment à chaque minute et qui, à vrai dire, ne tirent pas leur exis 10€ ême de a loi qu es stion-ne ais de leur contenu social.
- La coopérative ainsi fondée et définie, ave c cette inst ibil té, dett variabil té de ses membres, ‘est pas olontaire dans sa substance et . ... gin . est volontaire également dans la forme qu’elle se donne et dans sa gestion. Ce car ctère volontaire se traduit par
- réglementations que la commission du congrès de Vie me ap-pelle le contrôle démocratique : c’est 1‘ 5, ali té le droi S et de vote de tous les membres de la coopérative, la sonve-maineté de l’assemblée générale, le choix 1 ar cette assem lée souveraine et par elle seule de ceux qui ( l’a r. Ce so réa-lité à toute organisation démocratique et qui s purement et simpl ns la vie poli doctrines politiques. Eux ai ssi, leur appl
- une sorte d’instabilité. Ce personnel qui entre sort, ses membres qui changent sans cesse vont f jorités mouvantes et cependant ces majorités seront sou nes ; ce sont elles qui dirigeront 1‘ blée, c - el-les qui choisiront les administrateurs, de telle sorte que lorsqu’on arrive al bout du com te, on constate que la coo-pérative a en réalité son support en dehors d’elle-même.
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- Dans la société anonyme où les capi baux s’administre E e 1-mêmes, suive.t des régles en apparence -extérieurement com arables cellesde la coopérative, il peut y avoir aussi ces mouvements de personnes; mais il y a toujours la pré-dominance de cet intérêt capitaliste, de cet intérêt au :r -venu du capital, au partage des bénéfices qui, tout de même assure une certaine continuité d’esprit. La coopérative quelle qu’elle soit, qu’il s'agisse d'une soci été de consom-mation, qu'il s'agis: e d'une société de production, ne trou-ven pas dans son capital ni dans sa composition ces éléments de stabilité.
- Si l’on veut découvrir sur quoi elle repose, il faut évidemment en arriver à reconnaitre qu'elle trouve sa base dans le milieu social dont elle constitue l'expression, en est pour ainsi dire ine institution, une institution comme peuvent être les ins iti L ües lise n une Cono-tic Le et b2 van la s ce notion sociale fois sonfondement juridique et sa réalité véridique, contrat est la seule chose qui défférencie l’institut, publique de l'institution coop rative. La co mmune, le dépar-tement reposent sur un acte de l'autorité publique tout au moins dans la théorie juridique, sinon dans l'histoire. Au contraire, la coopérative n'a jamais été créée par un ordre, elle est née spc ané ent ; elle a sugi à un moment donné ; elle a surgi de volontés et de volontés libres. De volontés qui ne se sont rencontrées que parce que ces vo-riment des courants des aspiration com certain milieu social déterminé géographique • u'i s'agit de sociétés de consommé in professionnel-
- nt lorsqu'il s'agit de sociétés de production, de telle sorte que la coopérative apparait comme une institu mais différente des institutions publiques en ce qu'elle a un fondement social et que c'est dans cette réalité sociale que se trouve son véritable fondement. Voilà le premier élément de la coopération, celui qui lui donne ce caractère de souplesse et de liberté.
- Voyons maintenant quel est le ciment qui unit toutes ces volontés : c'est la solidarité, la solidarité qui a ét é e: vi par les coopérateurs à la fois sous son aspect 10-
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- été surtout des moralistes et notre maitre Charles Gide en toute question et principalement dans les problèmes coopéra-tifs apportait toujours cette préoccupation morale, je di-rai presque d’un caractère religieux, qui donnait dans sor esprit à la coopération une sorte de véritable sainteté morale. C’était la mise en pratique de cette vertu, de la solidarité envisagée comme une sorte de perfection morale. On peut envisager la solidarité sous une autre forme, comme la conscience de ce milieu social sur quoi repose en effet la coopération. Chacun des individus qui le composent a le sentiment des liens qui le rapprochent des autres, qui l’uni sent aux autres et don t il ne peut se débarraser. Qu’on la prenne, cette solidarité, sous son aspect moral ou sous son aspect social, en tout cas, c’est sur elle, c’est en elle que se trouve le principe mo teur de la coopération.
- Vous voyez combien à certains égards la coopération se différencie de conceptions d’un autre ordre. On tro ive par exemple chez les faciste i baliens ce tte no tion que l’or-ganisation de la société ne doit plus avoir pour mobile des mobiles individualistes, mais doit être commandée par une sorte d’impératif de service commun, de service national. Cette notion du service national, précise, juridiquement construite, est bout à fait étrangère à la coopération. Elle est à la fois plus limitée, parce que plus précise, et cr ant des obligations d'un caractère juridique, plus nette et plus vaste, parce qu'elle repose sur la conception mê ne d'un Nation, organehhistorique sorti de 1‘] istroire, organis me créé par l'histoire, tandis que la coopération repose plus étroite ont sur la conscience directe, expérimentale d'un milieu social plus rétréci.
- Mais à certains égards, il peut y avoir quelques corespondances entre ces notions, dé même qu'il y a cores-pondance entre la solidarité coopérative et ce senti ment d'in . ui, dans la pensée socialiste, doi nir le moteur de tous les actes. Albert Thomas disait un jour qu’à un cert in degré, à un certain niveau, le coopéra-tisme de Charles Gide rejoignait le socialisme de Jaurès et
- il y a en effet une sorte de COI nunauté d'in spiration dans
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- - 12 -ce ité : e sentimen ‘in.
- rêt général tel que les socialistes l’on
- Mais voj ons maintenant ce principe moteur ainsi dé-é, comment il va ore miser c nduire la coo ération. La coopérative créée par la solidarité et pour servir les besoins communs tend à satisfaire les besoins du milieu social où elle s’est formée et qui l’a fondée. C’est dans un sens pour cela et parce qu‘‘èlle dégage de - érêts com-muns, les tendances communes, que la coopération, presque depuis son origine, professe la neutralité politique et re-ligieuse. On en trouve l’expression , il y a fort longtemps, is le Congres de Londres de 1832, il y a plus d’un siècle, te ;
- il ne s’agissait pas d’aujourd’hui,
- mais il f ‘ag sait de toute s les sectes diverses qui se di-visaient alors le mouvement ouvri or anglais. Voici ce que dit la résolution de Londres : "Alors que le monde coopéra-tif groupe des personnes de toutes les sectes religic uses de tous les partis politiques, on décide à l’unanimité que 1e s coopérateurs en tant que coopérate rs ne sor t pas i vec un igieux gieux ou politique
- quelconque, ni ceux de M. Owen ou de n’import
- individu. W
- La ( op • i ' 1 : . - s . if 1 . 3 . : 3 é
- rejette l’esprit de secte ; par contre elle s’efforce de
- créer autour d’elle ce milieu social qu’elle doit façonner
- quel que soit son • je . lle ne s’y «
- elle cherche toujours à déborder et à s’étendre. C’est une 1 : pionniers de Rochdale, à 1’6-poqueooù ils commençaient 3 pr
- fonds nécessaires à leur entreprise, ont déjà tracer tou un immense programme d’activit éc e et ciale. C me £ L ama 3 sou par sou la : ; ' '
- que, parlaient déjà d’organiser la produc-tion, de constr ire des maisons, de créer des villes. En S, ils se préoccupaient de développai l‘enseigne: . et de créer un ensemble d’oeuvres sociales ; ils affectaient uts, 1844, 2 1 % de 1 bénéfic eurs boni aux oeuvres d’enseignement qui leur apparaissai
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- comme les oeuvres essen tielles .
- Seulement, si la coopération affirme ainsi, dès le premier moment, qu’elle n’a pour ainsi dire pas de limites, elle affirme en même temps que son action se place dans le monde réel. Ce n’est pas une construction de l’esprit, mais une réalité. Quelle réalité ! Un réalité en contact avec toues les autres réalités : elle va produire ou vendre au prix du marché. Cette idée, on a contesté qu’elle fut dans la pensée des pionniers de Rochdale. Ils ne l’ont pas ex-primée peut-être clairement, mais ils l’ont pratiquée. La coopérative de consommation, dès ses premiers balbutiements, a fixé ses prix aux prix pr atiqués par le commerce en génén
- ral. Ah ! je sais que c’est une question longtemps dé-battue et un reproche qui lui a été maintes fois adressé. On s'est demandé pourquoi la coopération ne cherchait pas à
- exercer son influence sur le marché et à redresser les prix en vendant moins cher dans les périodes de hausse, en cher-chant à précipiter les baisses, dans 1 ‘intérêt des consomma-
- tenus, lorsq u'on approchait de la baisse, lorsqu' on tendait vers la baisse.
- A vrai dire, je crois que c'est une profonde obser-vation économique et sociale qu'ont faite les pionniers a Rochdale en adoptant cette règle et en la pratiquant. L'ac-tion de celui qui essaie de vendre au dessous des cours est toujours et nécessairement vouée à l'échec. En effet, la concurrence conduit nécessairement ceux qui sont en face de lui à vendre au même prix. Sur un marché, il n'y a qu'un prix et l'état disparait presqu' aussitôt qu'il s'est produit de telle sorte que l'action s'émousse en s'exerçant et ne tarde pas à devenir sans valeur. Bien mieux, si la coopéra-tive est faible, il arrivera que des commerçants, des concur-rents plus entreprenants, pousserontau contraire à la baisse, alors que les moyens fi lanciers de la coopérative ne lui permettent pas d’aller plus loin et qu'elle sera ainsi éli-minée par la lutte commerciale qu'elle a éssayé d'amorcer.
- Au contraire, la pensée des pionniers de Roc dale a de se mettre de plain pied sur le marché, de niveau lui. Ainsi le conta emen ré
- ité, de même que s'établit plus pleinement avec la réalité
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- le contact en ne fer ant pas davantage au public les portes
- La boutique que ne lui sont fermées les tes de a S ciété. La coopérative a la tradition immémoriale de vendre à tout venant. Cette tradition, elle l’a plus ou moins pra-iquée ; il y a des pays comme l'Allemagne ou la vente au ndant long l y a des pa où des avantages fiscaux ont conduit beauc de coopératives à ne pas vendre au public ; mais, la règle travers le monde entier a été, en effet, d’o . justement, cette coopérative ne prenne jamais, 2 aucun moment, le caractère d’une secte, qu’elle ne se sépare pas du milieu avec lequel elle doit s’édifier.
- Vous me demanderez alors : comment se fait-il que
- l’on visse concilier ?.. la fois la vente aux cours et la
- vente au public avec ce principe de solidaritéauquel elle s’est consacfée ? Comment se fait-il que, puisque la Coo é-
- rative vend CO e les commer ants elle puisse agir soUS une ifférente et aboutir à des résult ts différents : C’er b, que le problème coopératif a été plus p articulièrement difficile à résoudre. C’- st là aussi, c’est dans la découverte de ces quelques recettes que réside l’ef
- fort de ceux que l’on peut considérer comme les véri tables € la coopération. Des bénéfice
- demment, de la vente au public et de la vente aux sociétai-res. Il s’agit d’empêcher que ce boni, ce trop perçu, ne devienne un profit. On a employé deux sy consiste 2 faire des bénéfices une sorte de richesse col-lec tive, mise à la disposition de la société : our son déve
- loppe ent. Certains ont attaché à cette Co stitution d’une richesse collective, d’un fonds inaliénable, une importance esser tielle. Je ne veux pas les énumérer depuis le docteur
- King, Büchez, en passant par notre vieil ami Bonnard et l’Ecoles de Saint-Claude. Le création de cette richesse collective est apparu commes une sorte de socialisation pro gressive du capital.
- Mais il y a un autre procédé plus individuel, plus terre à terre et qui a consisté à rendre ce profit naissant à celui dont il venait. On a discuté l’origine de la notion
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- de la ristourne. Un Ecossais, Campbell, l’aurait inventée d’après certains dès 1822. Buchez en a espquissé la recette pour les sociétés coopératives de production, sous la forme de ristourne de salaire. Des lyonnais Régnier et Derion l’ont appliquée au "Commerce véridique et social". Et sur-tout, c’est la grande valeur de l'expérience de Rochdale qui en 1844 a défini la ristourne et en a fait en quelque sorte la règle par laquelle la coopération peut se placer sur le niveau du marché, tout en conservant son caractère propre et en ayant toujours pour mobile cette solidarité du milieu social dans lequel elle s'est formée.
- Tels sont, Messieurs, les principes fondamentaux qui se dégagent de l'expérience coopérative. Il me restera maintenant que ces principes sont dégagés de l'expérience et de l'histoire, à rechercher comment les problèmes juri-diques vont se poser, et dans les prochaines conférences à essayer de serrer de près ces problèmes juridiques et d'indiquer les solutions qui ont été jusqu'à ce jour es-quissées.
- (Vifs applaudissements)
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