Conférences de guerre [1914-1918]
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- Mesdames, Messieurs,
- Dans notre première conférence, j’ai posé les principes généraux sur lesquels reposent l’é-dification de toute industrie pour vivre et pros-pérer et je vous ai montré l’existence, dans notre pays, de ressources matérielles aménagées ou en
- _____ puissance qui permettent d’envisager, pour l’ave-AKOLRC.
- S e air, sous un jour favorable et si nous en avons 0 S sa volonté un développement nouveau de notre richess e Waw-oZ
- — manufacturière. Dans les conférences qui ont suivi j’ai passé en revue, dans leurs grandes lignes, les procédés de travail des industries chimiques qui utilisent comme matières premières, les produits minéraux, d’origine végétale et minérale animale, et, tout en vous définissant les dépendances que ces industries ont les unes vis à vis des autres, je vous ai fixés, par des chiffres précis, sur leur situation actuelle de même que sur les avantages naturels qu'offrent pour améliorer cette situation, la France et ses colonies relativement aux matières premières dont ces industries doivent disposer.
- Tout cet ensemble de relations nous permet de rechercher - et c'est à cela que je veux m'attacher pour terminer- les condit ions
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- économiques générales sur lesquelles nous pouvons baser l’extension de la production dans chacune des catégories d'industries chimiques que nous a-vons passées en revue. Ce sera là, évidemment des conclusions qui viendront compléter celles a ‘ordre législatif ou de bienveillance étatiste que j'ai plus spécialement définies dans mes conférences des années précédentes, auxquelles je vous prie de reporter votre mémoire.
- Tout d'abord nous avons reconnu parmi les industries chimiques celles qui, toutes choses res-tant égales, dépendent surtout des matières premières primordiales, ce sont, en premier lieu celles qui utilisent les matières minérales à la fabricat ion des produits chimiques. Si on voulait rester dans la vérité absolue, on ne trouverait guère que la fabricat ion de l'acide sulfurique et celle du chlore et de la soude électrolytiques qui soient dans ce eas. Mais comme la fabrication des acides minéraux et des sels qui en dérivent, de même que d'un certain nombre d'autres produits, est ou peut être concentrée dans la même main, pratiquement, on peut considérer l'industrie des grands produits chimiques minéraux comme la base de la py-ramide sur laquelle s’élèvent toutes les autres industries.
- Une situation semblable doit être faite aux industries de distillation de la houille et du
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- bois, à certains procédés de fermentation, à l’in-austrie au gemmage des pins, des parfums naturels, aux procédés qui fournissent des carbures, des alcools et des essences dont l’importance est grande pour la production des couleurs, des produits pharmaceutiques, et d'autres matières orga-niques si nécessaires à la vie industrielle et do-mestique des peuples.
- Toutes les autres industries chimiques - et vous l'avez vu au cours de leur étude - dé-pendent de celles-là pour les produits qu'elles-mêmes fabriquent.
- Il y a donc un grand intérêt à ce que ces industries ne paient pas trop cher les produits de base dont elles ont besoin, sans quoi les produits qu elles fabriqueront elles-mêmes seront d'un prix trop élevé et grèveront trop, par répercussion, soit les autres industries de transforma-tion, soit le coût de la vie des personnes qui les utilisent directement.
- Or à ce point de vue, deux choses se sont passées jusqu'ici:
- D'abord, la production des acides miné-raux notamment de la soude, des chlorures décolorants a été pour ainsi dire monopoliséepar cer-taines mains et, à l’abri d'avantages renforcés même par des accords internationaux, le prix en a été majoré à la clientèle française.
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- D’autre part, procurant ainsi des béné-fices largement suffisants, la méthode commerciale a prédominé et a paralysé les initiatives techni-ques qui auraient pu et dû comme en Allemagne , édi-fier des fabrications nouvelles et moderniser l’in-dustrie chimique. C’est ainsi que nous avons dé-daigné de produire du chlore liquide, de l'oléum, et comme nous manquions naturellement de pcasse , nous avons vu finalement l'industrie des colorants péricliter chez nous après sa naissance, l'indus-trie des produits pharmaceutiques rester confinée aux anciens produits, l'industrie des parfums syn-thét iques génée dans son essor et par contre coup, la distillation de la houille ne faire aucun pro-grès dans la voie de la récupération des sous-produits.
- Mais ce n'est pas tout. Par suite de la cherté des produits initiaux, acides et bases, d'autres produits secondaires n'ont pu être fa-briques en France et nous avons dû les demander à l'étranger, à 1 Allemagne notamment.
- Quelques chiffres le prouveront sura-bondamment :
- commerce spécial avec l'Allemagne Importations . 1.068.800.000 en 1913: Exportations • 866.766.000-Importations; Exportations: Produits chimiques • 71.323.000- 39.944.000 Teintures préparées 6.272.000 1.608.000 couleurs, encres, crayons, charbons préparés .. 5.880.000 1.758.000 Instruments et appareils scien-tifiques. . ..... 5.018.000 3.963.000 Goudron minéral, bitumes, as-phaltes . . 3.122.000 -o-
- Colis postaux----.• 10.901.000 134.774
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- c’est ainsi que le brome, les acides for-mique, lactique, oxalique, phosphorique, et leurs sels, le chlorure d’étain, les selsh.e magnésie, le permanganate de potasse, le chloreliquide, l’oléum, l’acétone, les sulfites et hyposulfites, les sels de baryum, de chrome, de manganèse, les cyanures, le Béthopone * etc, nous venaient a ‘Allemagne pour la presque totalité. Exception faite des couleurs, des produits pharmaceutiques et aune multitude de produits organiques divers qui figurent aux sta-tistiques douanières au numéro 282 où ils sont taxés ad valorem et qui pour l’année 1913 repré-sentaient une introduct ion de 22.079.000 kg, va-lant près de 12.500.000 francs.
- Or, les arts.les métiers divers, la vie domestique et les grandes industries de transformation ont besoin journellement de ces produits. 11 n'y a donc pas lieu d ‘être étonnés de l'embarras dans lequel toute la vie nationale s'est trouvée lorsque, dès la fermeture de la frontière, ils ont manqué subitement.
- Les industries des produits chimiques sont donc ce qu'on pourrait appeler des industries "clefs". D'abord parce qu'elles sont indispensables à la vie domestique curnalière, de même qu ‘aux industries chimiques: explosifs, papeterie, travail du caoutchouc, industries de fermentation, industrie sucrière, de l'amidon et des glucoses, fabrication des savons, des bougies, des cuirs, des colles et
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- gélatines, des engrais azotés, etc. dont de vous ai fait mesurer l’importance dans nos précédentes conférences, mais aussi parce que les matières qu’ elles fabriquent sont tout aussi nécessaires aux grandes industries de transformation, travail des métaux, céramique, verrerie, industries diverses des tissus, etc, etc... qui achèvent de constituer l’ensemble de notre richesse manufacturière.
- Et ainsi il n'est pas douteux que dans une mesure tantôt petite, tantôt grande, mais tou-jours, le prix des produits chimiques intervient dans la fixation des prix des autres produits et qu'ainsi d'une façon générale, le coût de la vie journa-lière de chacun de nous est largement influencée par leur valeur.
- De là, la nécessité , pour chaque nation, de posséder, pour sa défense et son indépendance en temps de guerre, une industrie complète de produits chimiques, qui en temps de paix, favorise aussi son existence par la richesse générale qu’elle per-met de créer.
- Nous avons étudié précédemment les candi-tiens les plus importantes que nous devonsréaliser pour rénover en France nos industries chimiques en déclin, entretenir celles que la guerre nous a amenés à édifier et créer celles qui nous font encore défaut. Je n'y reviendrai pas.
- Mais ce n'est pas tout de créer, il faut maintenir sa création en face de celle des autres.
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- or, comme je vous le disais l’année dernière, d’a-bord on ne détruira pas le peuple allemand ni son industrie; d’autre part la guerre a montré aux autres nations, tributaires aussi de l'Allemagne pour un grand nombre de produits chimiques, qu'elles devaient pour l’avenir se rendre indépendantes autant que possible.
- dette dernière constatation surtout, vous le comprenez, va créer, dans chaque pays, un mou-vement de production qui tendra à diminuer les 1m-portations. De ce fait le commerce d'exportation ne » sera facilité que pour les nations qui saur-ont bénéficier d’une part de leurs avantages naturels, d ‘autre part d’une bonne méthode d‘organisation de leurs forces totales pour abaisser autant que pos-sible le prix de revient de leurs produits.
- Les Allemands l’avaient compris avant la guerre, et en même temps qu'à leurs méthodes tech-niques, il6 avaient demandé l'abaissement de ce prix à l'extension de la production. Ils ont même exa-1
- Rérw dans ce sens et nous y reviendrons dans un instant. Mais la guerre, et c’est là un événement favorable, même quelle qu’en soit l'issue, qui n'est pas douteuse pour nous, la guerre dis-je, changera pour eux cet état de choses. il est certain, en effet, qu’ils ne retrouveront pas les marchés extérieurs qu’ils possédaient, ceux-ci ayant aû, ven-dant une longue période, s’organiser pour produire eux-mêmes et acheter et reconquérir ainsi leur liberté, après avoir été tributaires de l’Allemagne.
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- De ce fait, les prix de revient rapportés à des fabrications allemandes réduites en quantités, s’élèveront fatalement de beaucoup. Et de ce côté, c’est pour nous, une situation avantageuse qui fa-cilite notre tâche, et dont il nous faut profiter.
- Cette considération étant faite, il nous reste à examiner quels sont les facteurs sur les-quels nous pouvons agir, en France, pour abaisser sans cesse ce prix de revient et pouvoir par con-séquent songer à nous présenter, dans de bonnes conditions sur les marchés étrangers.
- A ce sujet, je vous ai montré, dans notre première conférence que si nous savions faire usage de nos ressources totales en force motrice, en mi-nerais de toute sorte, et si nous savions en même temps utiliser nos colonies pour y aller chercher le complément des matières premières qui nous manquent, nous aurions là des assises industrielles solides. D’une part, en effet, nous trouverons là pour beaucoup de produits que la nature nous a largement distribués, une supériorité incontestable qui favorisera nos échanges, et d’autre part nous rencontrerons, en quantité suffisante, d’autres matières premières dont nous tirerons grand profit, si une bonne méthode de travail préside à leur ut1-lisation.
- Un des points faibles sera évidemment que la main d’oeuvre sera rare et chère, aussi longtemps
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- que la guerre fera sentir ses effets désastreux et tant que notre population ne s’accroîtra pas.
- I1 faut cependant observer, à ce sujet, que si le militarisme prussien est vaincu et si une entente internationale parvient à limiter les armements, le changement de régime qui s’ensuivra libérera un grand nombre de travailleurs jeunes et actifs que la caserne retenait pendant trois années loin du travail des champs et des usines. Et ceci est déjà un palliatif dont il faut tenir compte.
- Mais nous pouvons agir sur ce facteur lui-même en portant au maximum le rendement de notre agriculture, ce qui permettra d’une part de diminuer par l’abondance des denrées le prix de la vie ouvrière, d’autre part d'exporter chez nos voisins les plus proches et même plus loin suivant leur espèce, les produits alimentaires dont la nature les a dépourvus.
- Car, il ne faut pas l’oublier, - et c’est là une de ces faveurs qui n’ont pas été épargnées
- à la France pour le bel équilibre physique et moral qu’elle a offert au monde à travers tous les mouvements de sa vie - nous sommes avant tout un pays agricole. Ainsi que le constatait, il y a quelques semaines à l'Académie des sciences, M. Tisserand, ancien Directeur de l'Agriculteur, celle-ci met en sure oeuvre les 46 millions d’hectares cultivables de notre territoire. Le nombre des exploitations agricoles, grandes et petites dépasse 3 millions
- et demi.
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- et celui de ses travailleurs, propriétaires, exploitants fermiers , métayers, laboureurs et journaliers, avec leurs femmes et leurs enfants, approche de 18 millions de personnes.
- D’ailleurs, pour vous donner une idée géné-rale des revenus de notre agriculture, j’ai réuni dans un ensemble les données que je vous ai déjà fait parcourir dans le détail lorsque nous avons étudié les industries auxquelles ces matières agricoles servent de matières premières:
- Productions agricoles en 1912:
- Céréales................... 4.406.000.000-
- Tubercules •................ 1.134.000.000
- cultures fourragères.........3.810.000.000
- cultures industrielles . . . 865.000.000
- Cultures fruitières .. 2.120.000.000
- Cultures diverses............. 609.000.000
- Total . . . 12.474.000.000
- Si on ajoute tous les produits animaux de la ferme on arrive à un revenu moyen annuel de près de 20 millards de francs.
- Il est facile de montrer , par des com-paraisons, que ces revenus peuvent être facilement augmentés.
- Product ion comparée par hectares des principales
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- Production comparée par hectares des principales denrées agricoles.
- Pomme Betteraves
- Froment Seigle Orge Avoine de à
- en * terre sucre
- France 134X6 109X7 13QX4 129X7 884X1 2490X3
- Allemagne 20,6 17,2 20,0 19,4 137,4 293,1
- Belgique 24,5 21,9 27,4 24,2 170.4 287.8
- DanemarK 30,2 16,6 21,6 17,7 141,1 295,7
- Pays-Bas 23,9 17,3 26,2 21,4 140 313,4
- Grande Bretagne2l,8 18,3 19,2 18,4 143,8
- Suède 20,6 14,7 15.7 13,9 107,4 298,4
- Suisse 21,7 17,7 18.5 21,7
- canada Etats-U. ,22 21 13,4 21 Canada108,5
- A quoi tient cetteinfériorité ? A plusieurs causes. Mais une des plus importantes est évidemment celle de la faible consommation d’engrais que nous fai-sons par hectares par rapport aux peuples pour lesquels vous venez de constater le surcroît de production sur notre production propre.
- Vous allez voir que notre production en fumier de ferme est notablement inférieure, mais si vous envisagez l’emploi des engrais chimiques de toutes sortes par hectares, vous allez faire une constatation aussi douloureuse que je l’ai faite pour moi-même.
- Consommation des engrais chimiques dans quelques pays par Ha
- Engrais de toute nature Engrais phosphatés Engrais potas-siques( K20) Engrais azotés France Allemagne Belgique Angleterre Pays-Bas 576 168X 274K soK 187 52,0 80 140 ,, 81 3,2 10 5 ,. 13 2,4 23 72 ,, 33 ces chiffres parlent d'eux-mêmes , puisque vous savez tous que c'est particulièrement Sur 164-
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- ploi des engrais que l’on peut baser la culture intensive celle qui donne des récoltes abondantes, qui augmente par conséquent non seulement les revenus de l’agricul-ture, mais les revenus généraux du pays et vous concevez comment ce faible emploi d’engrais comparatif explique la différence des récoltes que nous venons de constater .
- Si nous considérons dans ces cultures l’une des plus importantes, le froment, nous constatons que nos exportations sont nulles, mais nos importations, si elles sont quelquefois faibles, lorsque les années sont particulièrement favorables aux récoltes, elles atteignent souvent des chiffres plus élevés. D'une façon générale , pour cette culture, nous ne nous suffisons pas. Il suffirait cependant que nous augmentions d une façon générale la production par hectare de 1 quintal pour que nous soyons affranchis de l'étranger. Il nous sera aussi facile pour les autres céréales, seigle, orge, avoine, etc, d'arriver à augmenter considérablement la production si nous le voulons..
- Pour la pomme de terre, même conclusion; ce-pendant je me permettrai de rappeler les travaux de mon regretté Maître et Professeur, M. Aimé Girard, avec lequel je collaborai 11 y a maintenant près de 28 ans, au moment où j'entrais ici au Conservatoire, comme Chef de ce la-boratoire; j’ai suivi ses travaux non seulement à la Ferme de la Faisanderie, mais aussi sur tous les champs d’expérience qu’il avait fait cultiver à peu près dans toutes les régions de France, et j’ai vu par moi-même que, à la condition de bien choisir les variétés et employer de bonnes culturales ainsi que des engrais suf-
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- fisants, on pouvait arriver à récolter non seulement 300 quintaux, mais obtenir des récoltes bien supérieu-res, allant jusque 40, et même 42.000 kilcgs.
- Au moment où ces travaux étaient en pleine activité une certaine propagande fut entretenue en France pour entraîner les agriculteurs et les exciter à suivre les méthodes culturales les plus favorables; Sous cette poussée, on a vu les récoltes en pommes de terre augmenter considérablement. Mais ce fut un effort factice qui ne dura pas et avant la guerre c’était un problème dont fut saisie l’Académie des Sciences, de savoir quelle allait êtredans peu a ‘années la culture de la pomme de terre eu France. On a vu en effet que les ré-coltes vont sans cesse en s rabaissant et particulière-ment, on a constaté que les plans employés étaient pres-que toujours victimes de la maladie spéciale appelée le mildex, et qui est analogue à la maladie de la vigne. Or, la sélection du plan de la pomme de terre n’a pour ainsi dire jamais été fait et nous étions arrivés à une période de dégénérescence complète qu’il fallait arrêter. Il aurait fallu , même au besoin en rénover complètement les variétés par la culture de la semence. Point n’est besoin cependant d’aller jusqu'à cette méthode qui est particulièrement longue. Je me souviens d’avoir vu dans la période des cultures faites à la Ferme de la Faisanderie ou sur les champs d ‘expé-rience pendant 5 ou 6 années successives, que la dégénérescence n’existait pas à la considition de sélectionner le plan lorsque la pomme de terre est en pleine activité de végétation et surtoutà condition de
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- traiter cette maladie comme 11 est facile de le faire au moyen des bouillies cuivriques exactement commeVle fait en Allemagne. Si on ne sélectionne pas le plan, si on ne s’attache pas à prendre la pomme de terre de la grosseur voulue, si on ne recherche pas si elle pro-vient d’un plan plus ou moins sain, lorsqu•ensuite on laisse la maladie l’envahir sans la traiter, la dégénérescence se produit très vite et c’est à ce point que nous sommes arrivés en France. . Les méthodes existent: il n’y a qu'à les appliquer, il n’y a qu'à revenir au choix des bonnes variétés, à la sélection, au traitement des maladies , à des cultures rationnelles avec des fumures convenables et très certainement , très rapidement nous arriverons à relever notre production de pomme de terre et atteindre le chiffre le plus élevé de notre tableau.
- Un mot de la betterave à sucre:
- Si nous traduisons les chiffres du tableau en
- récolte de sucre par hectare , en supposant que la betterave ait partout la même richesse saccharine c’est-à-dire 15 1/2 % de son poids de sucre, nous récoltons: en France................ 3.864 kgs de sucre par hectare en Belgique.............. 4.461 kgs et en Allemagne.... 4.543 kgs.
- J’ai déjà eu l’occasion de vous parler de cette situation lorsque nous avons examiné de plus près la situation de l’industrie sucrière en France et
- je voua ai montré que nous nous sommes déjà trouvés dans une situation particulièrement inférieure lorsque la loi de 1884, par des conditions d'impôts spéciaux fax es aux fabricants de sucre est venue rénover en France; cette fabrication. Je vous disais à ce moment que l’infériorité dans laquelle nous nous étions trouvés était
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- basée sur deux faits:.le premier c’était que nous avions laissé péricliter dans notre pays la culture de la bet-terave alors qu’en Allemagne on y avait donné tous les soins; d'autre part parce que les industriels français étaient toujours possesseurs d'un procédé routinier d'ex-traction, alors que les Allemands avaient profité du pro-cédé français imaginé par Mathieu de Dombasle en 1817 et qu1,leur permettait d'extraire de la betterave le double de sucre que nous en extrayons nous-mêmes. Aujourd ‘hui l’industrie sucrière est prospère en France parce que, comme je vous l'ai dit, notre pays a changé complète-ment ses méthodes; il a fait appel au contrôle scientifique et au point de vue industriel sa méthode de travail devrait servir désormais d'exemple à toutes les autres industries chimiques françaises; mais au point de vue agricole nous sommes restés un peu dans la si-tuat ion où nous nous sommes trouvés après 1884; nous n'avons pas apporté tous nos soins aux méthodes de culture et nous avons à peu près négligé de cont inuer chez nous la sélection des graines de betterave.
- Je lisais l'autre jour, cependant, dans le Bulletin de la société D ‘Encouragement pour l'indus rie Nationale une communication de M. disant qu’à
- la condition encore que le sel soit travaillé convena-blement , que les engrais soient mis en quantités suffisantes, on obtenait des résultats au point de vue rendement, égaux à ceux qu'onobtient en Allemagne. Il ne reste donc qu'à reprendre au point où on les l'a laissée, la sélection des graines. Nous avons été particulièrement génés de cette infériorité au cours de ces dernières années parce que nous avons été isolés
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- de l’Allemagne. 81 l’on compte en effet qu’il faut 25 kilogs de graines de betterave pour ensemencer un hectare, la quantité totale nécessaire pour ensemencer les 220.000 hectares de cultures de betterave, s'élève à 55.000 quintaux. Sur ces 55.000 quintaux nous demandons annuellement à l'Allemagne 42.000 quintaux c’est-à-dire plus de 80 % de nos besoins.
- Vous voyez donc que, comme l’on dit, peser le problème, c’est le résoudre et du moment que nous som-mes toujours obligés d'aller chercher en Allemagne ces 80 % de graines, c’est qu‘évidemment nous en manquons et que la sélection n’est pas assez poursuivie, comme elle le devrait; Elle a été cependant suivie par un certain nombre de maisons, si on veut s'y adonner , si on veut ne plus l'abandonner, non seulement on arrivera / comme le montrent les expériences de M. Hitier, à re-monter les récoltes au chiffre où nous le voyons en Allemagne mais aussi à obtenir des betteraves aussi riches en sucre et à diminuer d’une façon sensible les 79 mille kilogs par hectares que nous perdons annuelle-ment •
- Ainsi donevous ko voyez par ces considéra-tions générales de même que par quelques unes des considérations particulières que je viens de vous exposer que nous avons des progrès énormes à obtenir en agriculture.
- Dn raison de la pénurie de main d ‘oeuvre, le groupement des terres, trop morcelées en France, devra être poursuivi pour permettre l’emploi des machines auxquelles il faudra atteler de la force artificielle
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- alcool, pétrole, vapeur, électricité; mais c’est l’en-seignement et l’exemple seuls, qui auront raison de la rout ine du paysan; il faudra le faire pénétrer partout, par l'école, par les professeurs spéciaux, et l'exten-sion de 1 ‘organisation syndicale pour l’achat des se-mences et des engrais.
- Il faudra aussi réorganiser nos stations agronomiques; nous avons des stations agronomiques divisées par régions, mais il en manque pour certaines questions spéciales; de plus elles sont misérablement datées ; puis, lorsque la loi de 1905 a institué les la-boratoires servant à la recherche des fraudes, c’est en général sur les stations agronomiques qu’on s'est rabattu pour organiser les laboratoires d’expertise ré-gionaux; on a ainsi surchargé les stations agricoles, les chimistes des stations agricoles plus particuliè-rement d’objets qui sont tout à fait différents de leur mission et de ce fait il est bien évident que l'agriculture de la région en souffrait. 11 faut que cette méthode soit abandonnée, que les stations agronomiques soient rendues à leur objet c ‘est-h-ire aux conseils qu’elles sont appelées à donner par région sur le choix des meilleures variétés et des meilleures méthodes de culture et aussi aux expériences qu'ils doivent,pour les convaincre, mettre sans cesse sous les yeux des paysans et des agriculteurs.
- Grâce à cette pénétration de la science dans le monde agricole, on obtiendra des récoltes abondantes qui auront une répercussion favorable sur le prix de la vie et par suite sur l'augmentation de la popula-tion. Elles auront de même une influence favorable sur /Bib.
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- la production des nombreuses industries qui, nous l’avons vu, utilisent les matières premières végétales et les matières animales qui en résultent.
- Pour les matières végétales, cela va de sol, puisque l'augmentation des récoltes en mettra une plus grande quantité, à meilleur compte, à la disposition des industriels. Nous verrons ainsi se développer les principales industries alimentaires ; nous verrons la meunerie, la semoulerie, la fabrication des pâtes ali-mentaires, l'industrie de la fécule, de l'amidon, des glucoses, la fa rication du sucre, la fabrication de l'alcool particulièrement destiné au chauffage et à la force motrice, avoir à leur disposition beaucoup plus de matières premières, à meilleur marché ; elles pourront par conséquent de ce fait étendre leur prcduct ion et diminuer leur prix de revient; ces prix de revient étant favorables non seulement à la consommation, mais aussi à l’exportation: L'industrie basée sur l’utilisation des matières animales bénéficiera également de ces progrès de notre agriculture. Ici encore il m'est facile de vous montrer combien au point de vue de l'élevage, nous sommes en état d'infériortité sur les autres nations . Nombre des animaux de ferme par 1.000 hectares.
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- France ............. 65 . 262 291 ...... 122 Allemagne ......... 88 . 395 113 ......129 Belgique ...........123 . 727 72 ...... 578 Danemark .........................155 ..... 670 140 ......678 Pays-Bas .....•.....114 ..... 714 287 ...... 460
- Angleterre ......... 67 ..... 367 .1257 ...... 136
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- uême constatation ici que pour nos récoltes de denrées agricoles. Cela montre parfaitement comment, si nous arrivons à augmenter, à doubler notre production agricole ce que nous pouvons faire en y mettant toute notre vo-lonté, nous arriverons aussi à doubler, tout au moins à augmenter considérablement la richesse en animaux de la ferme conséquence immédiate: augmentation de l’en-grais par excellence, le fumier de ferme; or, l’aug-mentation d-engrais dont vous pouvez disposer par hectare a évidemment pour corollaire l‘augmentait ion des récoltes; plus de viande à la disposition des habitants et de cefait développement des diverses industries que nous avons passées en revue: développement des industries de conservation et ici prises dans leur ensemble, aussi bien pour les matières végétales que pour les mat 1ères animales; développement de l’industrie laitière et de ses dérivés: beurre, fromage, caséine, sucre de lait. De même, par l’augmentation des matières grasses, des grandes et petites peaux, des déchets de toutes sortes: sang , os, poils, etc, essor plus grand des Industries de saponification, de travail des peaux, des celles et gélatines, des engrais azotés, etc.
- zamconséquent l’ensemble de notre revenu agricole que je fixais tout à l’heure à environ 20 millions pourra atteindre facilement, 30, 35 et peut-être même 40 millions.
- C’est là , vous en conviendra z, une richesse facile à créer, qui ne dépend que de nous mêmes et de l'ardeur que nous mettrons à en entreprendre la réali-sation- ta nature nous ^favorisés pour cet objet, il faut lui obéir, non seulement parce que c'est là que l effort
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- que nous ferons sera le plus facilement récompensé, mais aussi parce que se nourrir est le premier besoin d’un peuple et que son indépendance, à ce sujet est le facteur le plus important de sa fortune et de son équilibre éco-nomique.
- Et c'est pourquoi il est nécessaire que le paysan reste attaché à sa terre et que le développement industriel, nécessaire lui aussi à notre pays, soit main-1 tenu dans les limites qu'impose l'utilisation rationnelle
- des diverses forces, productives d ‘une nation.
- A ce sujet notre expérience personnelle, de même que les observations que nous pouvons faire en Alle-magne doivent nous suggérer quelques réflexions utiles.
- En France, nous avons assisté, dans les vingt dernières années, à la dépopulation de nos campagnes, à l'exode des travailleurs des champs vers la ville ou vers l'industrie. Comme corollaire, vous pouvez constater, par les quelques chiffres que j'ai mis sous vos yeux précédemment, une situation agricole qui est loin de ce qu'elle pourrait être, ayant en grande partie comme cause le manque de main d'oeuvre , et dont l'effet s'est lar-gement répercuté sur la cherté de la vie.
- D'autre part, on ne prend pas assez garde à lala constatation suivante, mise en évidence par divers auteurs à la suite d'ailleurs du général Von Bernhardi. La population de l'Allemagne augmentait sans cesse et 7 le chiffre moyen de son augmentation dans ces 25 der-
- nières années oscille autour de 700.000 habitants par an.
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- Incapable de nourrir une telle augmentation de population, 11 fallait pour cela s’adresser à l’é-t ranger.
- "Nous sommes menacés d une catastrophe écono-mique, écrivait au mois d’Août 1913, von Bernhardi, L’Al-lemagne, pour subvenir aux besoins de sa population doit constamment avoir recours à l’étranger. " En 1913, les importations de produits alimentaires représentaient 7.036.738.000 marks contre 1.728.157.100 marks 'd’exportations et atteignaient ainsi les 3/1 environ des importations totales. Et ainsi l'Allemagne tournait dans un cercle vicieux. Malgré l’attention qu’elle portait à son agriculture, pour payer les vivres qu'elle achetait à l'étranger, elle devait sans cesse augmenter sa production industrielle pour répondre aux nécessités de ses exportations. Etlde là cette marche à une surproduction qui, ayant besoin de plus en plus de matières premières et de marchés extérieurs devait conduire d’abord à l’emploi de moyens économiques factices: bons d‘importation cartels, dumping, etc, puis à la préparation et à l'exé-cution d’une guerre destinée à conquérir les unes et les autres.
- Le manque d’équilibre entre les forces de pro-ductions alimentaires et industrielles de l'Allemagne est donc la cause initiale du conflit qu’elle a recherché et c’est là une legon qu’il nous est d’autant plus facile à méditer que notre situation est toute différente.
- Nous pouvons, en effet, vous venez de le voir, produire facilement un excédent daliments, meme en escomptant - ce qui est nécessaire - une augmentat ion progressive de notre population.Et c'est là l'avantage CNAM)
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- certain sur lequel nous pouvons baser l’extension de notre domaine industriel, à la condition que nous ne soyions pas entraînés, comme l’Allemagne le fût, vers des limites en dehors desquelles serait faussé le rapport rationnel entre la production agricole et la production manufac-turière, rapport qui apparaît comme manifestement déter-miné, en France, par les conditions naturelles et géo-graphiques.
- Restons donc dans la juste mesure que ces con-ditions nous imposent et bannissons à l'avance tous les moyens artificiels préconisés, avant la guerre, par nos adversaires, pour leur expansion économique. Il ne faut pas nous illusionner, la guerre ne terminera pas les luttes économiques et, le calme revenu, partout la marchandise la plus recherchée sera celle qui sera vendue au prix le plus bas. Là aussi, les nations dbéissent à la loi du moindre effort* c'est pourquoi seuls sont intéressants à examiner pour moi, les facteurs qui permettent d'abaisser les prix de revient.
- Or, comme je vous le disais tout à l’heure, à ce sujet, l’Allemagne ne retrouvera pas les avantages qu’elle possédait avant la guerre. D'autre part, la situation agricole dans laquelle nous nous trouvons peut remédier, si nous le voulons et dans une grande mesure, à la cherté de la main d’oeuvre.
- Si la paix s'établit dans les conditions que je vous indiquais tous l'année dernière, si, en résumé elle fait disparaître la tutelle dans laquelle nous étions tenus par le traité de Francfort, si elle éli-mine par des textes formels, tous les procédés artifi-ciels par lesquels nos adversaires pourraient dans l’a-(0) CNAN
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- venir reprendre les avantages perdus, si ces détermina-tiens sont en outre consacrées par une alliance écono-mique étroite entre tous les Alliés, la France retrouvera dans la lutte pour l existence, les condit ions normales qui lui avaient échappé depuis 1870.
- Et il ne tiendra qu’à elle de leprendre le commerce d’exportation au point où la guerre l’avait laissé et qui, malgré toutes nos faiblesses était en bonne voie de développement, puisqu’il avait passé de 3.386 millions en 1814-1895 à 6.875 millions en 1913. Elle retrouvera pour cela tous les avantages que ses qualités naturelles de mesure et de goût, de même que les productions de son sol, ont donné à ses industries de luxe et a certaines de ses industries alimentaires et autres. Et si, comme je vous le disais l’année der-nière, par les modifications de son système de crédit intérieur et extérieur, l'amélioration de ses conditions de transport , chemins de fer, canaux, ports et marine marchande, si, par le choix de ses consuls et les renseignements commerciaux qu'elle doit tirer d'eux d'une façon permanente, elle favorise ses relations avec l’extérieur, en se pliant, en outre, mieux qu’elle ne l'a fait jusqu'ici aux exigences de la clientèle, elle pourra songer à élargir ce commerce sur des marchés que la guerre aura privés de fournisseurs et qui se donneront aux plus habiles et aux plus entreprenants.
- L'industrie des produits chimiques peut, si elle le veut, participer a ce mouvement, mil est facile de Voir par quel procédé.
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- Il est entendu, dès maintenant, que toutes les créations faites au cours de la guerre ne doivent plus disparaître puisqu’elles sont pour nous - et notre ex-périence à ce sujet nous a coûté assez cher- fonction de la persistance de notre vie nationale. L'Etat, je vous ai dit comment, doit donc prendre les mesures législatives et économiques nécessaires pour faire suivre l'organisation à la confusion qui accompagne toujours les constructions trop rapidement exécutées. Cette organisa-tion est nécessaire si l’Ion veut compléter l’édifice par les fabrications qui nous faisaient défaut avant la guerre et dont nous posséderons désormais les matières premières.
- Il est évident que parmi les mesures législatives a prendre, celle de l’élaboration du tarif douanier est la plus importante. Je vous l’ai défini l’année dernière dans ses grandes lignes et dans quelques-uns de ses détails les plus importants et je n'y reviendrai pas. Je vous rappellerai seulement qu ‘avant toutes choses il doit rejeter toute taxation qui serait une prime à la routine ou à la paresse et n'assurer à l'industrie française la possession du marché intérieur que sur la base d‘un libéralisme intelligent, c'est sur la base de cette possession et des bénéfices raisonnables qu'elle permettra de réaliser que l'industriel devra régler le développement de ses affaires. Et l'on conçoit que ce développement viendra de deux événements qui pourront se produire simultanément.
- Toutes les industries de transformation étant tributaires, de même que chacun d'entre nous» au fabricant de produits chimiques, plus les prix que celui-ci / Bib. NONAN
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- pourra consentir seront bas, plus la consommation sera grande puisque ces prix la faciliteront À l’intérieur et plus sera en même temps favorisée l’exportat ion des produits dérivés.
- Sous l’action de ce double mouvement la pro-duction se relèvera et, entraînant de ce fait un prix de revient encore plus bas, le fabricant de produits chi niques pourra songer à exporter lui-même, étendre encore son industrie et, par un abaissement de prix corrélatif, se mettre ainsi petit à petit, en mesure de tenir tête à ses concurrents.
- Mais ce résultat ne s’obtiendra pas cependant sans que diverses conditions soient réalisées.
- La première à laquelle 3 ‘ai déjà fait allusion à diverses reprises, c'est que les matières premières indispensables, l'acide sulfurique, l'oléum, le chlore, les alcalis et certains produits qui en dérivent soient livrés, par les mains qui les détiennent et contrairement à ce qui s'est passé jusqu'ici, à des prix abordables et qui n ‘empêcheront pas cependant la réalisation des bénéfices raisonnables auxquels tout industriel a le droit de prétendre.
- 91 cette condition est réalisée, elle permettra une large répartition du travail; des initiatives nou-velles pourront ainsi se déterminer et nous venons de voir les fabrications pour lesquelles nous avongété jusqu'ici tributaires de l'étranger, de l'Allemagne tout spécialement. L'Etat a tout intérat, pour le dévelcp-pement de la richesse générale et également en cas de nouveau conflit toujours à prévoir, à la création de
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- ces industries. C’est pourquoi 11 doit en favoriser l’é-tablissement par tous les moyens en son pouvoir et notam-ment par une bienveillante application des décrets qui régissent les Etablissements classés.
- C’est par cet ensemble de mesures que nous bâtirons, comme chez nos concurrents d‘ out re-Rhin, un édifice chimique dont tous les compartiments de bas e retrouvant, par une consommation élargie, la récompense des sacrifices qu'ils auront consentis par l'abaissement nécessaire des prix de leurs produits.
- Et cependant, toute cette oeuvre sera frappée de stérilité, si, avant tout elle ne s'appuie pas sur les données scientifiques et le contrôle technique que ces données permettent d'établir. La science a pris possession du monde, dans tous les domaines et elle ne le lâchera pas. Dans l'avenir comme dans le passé, aucun peuple ne sera à l'abri de la concurrence , et à la
- A Longue, 11 n'y a pas de tarif douanier qui puisse le garantir contre des progrès auxquels il ne s'intéresse pas lui-même. Pour abaisser ses prix de revient, et non seulement maintenir mais développer ses affaires, le fabricant doit sans cesse améliorer ses procédés, son outillage» rechercher de nouvelles matières premières, donner de la valeur aux scus-produits, en un mot marcher de perfectionnement en perfectionnement. Nous l'avons trop oublié jusqu'ici et l'ère de la routine et du laisser-faire doit être close chez nous définit ivement •
- 19 Le chimiste, instruit par les bonnes méthodes d’un en-
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- seignement spécial que l’Etat doit mettre tous ses soins à développer, doit prendre désormais la direction de l’usine de produits chimiques, au même titre que le notaire et l’avocat occupent le premier poste de leur étude, parce que la technique qu'il possède est seule capable de tracer, au milieu de tous les obstacles, la vert voie dans laquelle cette usine doit évoluer. Le développement de notre commerce général est fonct ion, dan s l'avenir, de l'usage que nous saurons faire, dans tous @ les domaines, des compétences que nous possédons et que
- nous continuerons à former. Si nous pouvions en douter un seul instant encore en ce qui concerne plus partir culièrement les industries qui ont la chimie pour vase, nous n'aurions qu'à regarder le passé et le présent de l'adversaire formidable qui s’apprête à lancer contre nous ses derniers bataillons. Et nous reconnaîtrons que si c'est le chimiste qui lui avait permis de tirer rêver l'empire des marchés du monde, c’est encore lui, par les usines qu’il a édifiées, par les moyens si barbares qu'ils soient qu’il a mis à sa disposition qui lui a fourni les moyens de tenir tête, aussi longtemps, a la coalition, plus formidable encore qui s'est dressée devait lui, pour le ramener dans le chemin du droit.
- Mesdames et Messieurs, j'ai terminé les études que je me proposais de faire devant vous au cours de cette année et je serais très heureux qi,comme je le y suis moi-même» je vous ai convaincu que par notre Ini-
- tiative et par notre volonté nous pouvons nous ouvrir un V bel avenir non seulement au point de vue de notre indus-
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- trie en général mais aussi au point de vue de notre industrie chimique en particulier qui est, 3 ‘y insiste, la base même de tout notre édifice industriel national. Il ne me reste plus qu’à vous remercier de la bienveil-lante attention que vous m'avez témoignée au cours de ces longues conférences et à vous donner rendez-vous l'année prochaine pour reprendre nos travaux de la manière normale dans une atmosphère de confiance que nous auront créée ces soldats auxquels je tiens à envoyer en votre nom, en quittant cet amphithéâtre, notre salut et notre prorend respect.
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