Conférences de guerre [1914-1918]
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- Un 3 sersimax esony o 1
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- Jeudi 2 Décembre.
- Mesdames, Messieurs.
- Le Conservatoire National des Arts et métiers, foyer de science industrielle, a, semble t’il, dans les circonstances présentes, un devoir à remplir, devoir simple, d’ailleurs: je veux dire envisager les problèmes de science industrielle qui se poseront d ‘eux-mêmes dans la période d’après guerre, et indiquer, autant que faire se peut, la solution qu'appellent
- • les dits, problèmes en matière d'hygiène industrielle. Il n'est AJSARZes besoin d'une longue réflexion pour apercevoir que le reten-ce Gisement directe ou indirect de la guerre sur les conditions Aéxercice de diverses industries, va influer sur la nature, sur l'importance relative d'une série de problèmes diassainis-sement. Certains de ces problèmes acquièrent une importance gé-nérale qu'il n'est pas sans intérêt de souligner dès 1 ainte-nant, de fagon a ne pas voir pécher par imprévoyance, au 1 oment où s’ouvrira l'ère de réorganisation et d ‘extension de nos industries générales. Vous estimerez que l'examen de ces problèi es généraux d’hygiène industrielle d'après guerre mé-rite bien une heure d'attention. Je dis, problèmes généraux, car s’il fallait envisager, pour les diverses industries, les problèmes à ‘hygiène spéciaux à chacune d’elles, considérée iso-
- lément, il n’y aurait pas là atière à une-eausereie causerie mais à un cours avec de multiples leçons.
- Pour causer dans un ordre logique des problèmes que nous avons aujourd ‘hui à examiner , ces problèmes généraux d ’ hygiène industrielle, le mieux est d’envisager successivement les visions naturelles de l’hygiène industrielle et de rapporter à chacune de ces divisions ceux des problèmes qui sont de ce
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- domaine propre.
- Comme définition d’hygiène industrielle - et , amour-pre-pre d’auteur, je crois la définition bonne-, je propose celle-ci on peut admettre que l’hygiène industrielle, c’est la branche de l'hygiène qui se propose comme but de rendre compatible le travail de l’industrie, avec le maintien de l’intégrité des fonctions normales de l'organisme, chez tous ceux qui vivent dans les milieux industriels ou ceux qui vivent dans ce voisi-nage.
- Si on accepte cette définition, il faut diviser cette étude en deux grands compart iments :
- les causes de nocivité et des nuisances intérieures,
- et les causes des nuisances extérieures, c'est-à-dire l’étude des agents chimiques, physiques quelcon-conques qui peuvent influer d’une fagon fâcheuse sur la santé du travailleur, à l’intérieur de l’usine, a l’intérieur de - allai do-cs bateliesans oublier de considérer l’influence que l’industrie peut exercer sur le voisinage: l’étude des gaz. des vapeurs, des eaux résiduaires qui peuvent agir sur l’hygiène du voisi-nage.
- Si nous adoptons ces deux grandes divisions, nous apercevons un certain nombre de problèmes généraux qui vont s’imposer à l’attention de tous ceux que préoccupe l’hygiène industrielle»
- Comme conséquence immédiate des nécessités industriel-les d'après guerre, il y a tout d’abord à considérer l’introduction nécessaire dans notre pays, d’industries nouvelles; j’entends, par industries nouvelles, non pas des industries ab-solument nouvelles, mais des industries que nous avons négligé
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- d’introduire chez nous. Du fait de cette introduction résulteront des facteurs nouveaux de nocivité, car il est démontré qu'à chaque fois que l'industrie met un agent nocif quelconque sans précaution spéciale, in r édiatement éclatent des accidents par-ticuliers qui créent des troubles professionnels, des 1 alac ies professionnelles, et appellent des solutions d’hygiène.
- Prenons par exen ple les industries chii iques? nous y trouvons des exemples tout-à-fait d’actualité, et que vous es-timerez déx onstratifs; les matières colorantes , par exemple dont l’A le agne s’était fait le monopc le. En Allemagne, on utilise couram ent un gaz qu’on nom e le "phosgène", c’est l’hexachlorure de carbone, qui est un gaz éminemment nocif: il est irritant pour les yeux, pour les voies repiratoires , et extrêi ement toxique; quand il est manié avec imprudence, on peut ressentir , non seulement une gêne immédiate, mais encore au bout de quelques heures, la nuit, on peut se trouver en présence d’accidents formidables. Le phosgène est préparé à l’état liquide en Allemagne et envoyé en petites quantités en France pour servir à certaines industries. Si on relève celle des industries chin iques qui 1 ‘ut ilisaient , on trouve entre autres quelques industries pharmaceutiques, dans 1a. pré-paration de la quinine, par exemple, et l’on sait de façon très nette que lorsqu’on a instauré cette fabrication spéciale il y a eu des accidents graves, des cas de mort. Il est infi-niment probable que ce phosgène utilisé en Allemagne va devenir d’un emploi très courant dans nos industries. Il est inutile d’insister sur les précautions spéciales qui vont s’il -poser. Voilà déjà un facteur nouveau de nocivité avec lequel 1 ‘hygiène n’avait pas à compter, mais q i cor ptera après la période de paix.
- Pour parler d‘un autre agent, moins nocif, parlons du
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- chlore qui était fabriqué en bien petites quantités chez nous. Vous savez qu’il était fabriqué en quantités considérables en Allemagne et voyageait très bien dans des bombes d’acier en circulation dans les différents ays. En Allemagne, le principal emploi était la fabrication monochloréacétique qui sert à. la fabrication de l'indigo artificiel.
- Si l’on prépare ce chlore par l’une des méthodes ordinaires coura tes, le procédé électrolytique, on obtient une production de chlore, qui présente par lti-même certains inconvénients contre lesquels il est assez facile de se protéger, mais il y a aux électrodes formation d ‘un corps or-ganique qui provoque des accidents graves, I 1 y a quelques années s’est installée en France à La-Motte Breuil une usine de chlore électrolytique on a constaté au bout d’un tel ps re-lativement court que des maladies particulières atteignaient les ouvriers qui maniaient ces électrodes de fabrication du chlore,
- Voilà un cliché qui vous montre l’aspect pustuleux du dos d’un ouvrier. Cette affection s’appelle l’acné chlorique, acné parce qu'il s’agit bien de petites pustules, et chlorique parce que ces pustules se forment pendant la préparation du chlore, - Sel blable peau ne fonctionne pas d’une façon nor-male; il en résulte les conséquences les plus fâcheuses pour l'individu ne fut-ce qu’au point de vue esthétique. Voici 2ème cliché: l’aspect que présente le visage d'un individu atteint d’armé chlorique.
- Il est bien évident que si la fabrication du chlore se développe, comme il est à prévoir, après la guerre, et avec intensité, des maladies nouvelles naîtront, connues des spé-cialistes, mais dont l’industrie n’avait pas à se pr ému ir.
- Pour la construction des aéroplanes, on use de toiles
- 1er cliché:
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- recouvertes de vernis à l’acétate de cellulose. Pour dissoudre cet acétate on fait usage de dissolvants les uns ne pré-sentent pas de danger,. Certains autres, cependant, sont nocifs, l’un d'eux a été utilisé en Angleterre au cours de l’année écou-lée; c’est un corps dangereux , qui, de son non chi ique s’appelle le tétrachlorure ?. Les accidents relevés par l’inspection desta toriques d’Angleterre qui l'e paient ,-aee-indiquentavec cet agent une morbidité et une mortalité inatten-dues . Dans une set le usine, dans l‘espace à une quinze ine de jours, il y a eu 10 morts occasionnées par l'emploi de ces corps et les victii es présentaient, à l'autopsie, des dégéné
- rescences graisseuses des tissus organiques.
- Pour nous rendre compte de la manière dont ces T apeurs
- diffusées dans j ‘ati osphère, peuvent influer sur l'organisme, voici quelques clichés représentant la façon dont se fabriquent ces étoffes: les étoffes vont être recouvertes de cellulose; des ouvrières sont chargées de les tel dre, on voit facilement ) que l’evaporation du solvant, se porte au visage de l'atelier.
- • e cliché : Voici le badigeonnage d’une pièce; l’ouvrier étale % le vernis avec le pinceau.
- 5ème cliché: § Voici le badigeonnage de pièces séparées.
- La diffusion du solvant dans ces pièces, s’il est to-xique, a toutes les chances de déterminer les accidents.
- Un champ très vaste s’ouvre pour l’hygiène industrielle du fait de l’introduction de nouvelles industries qui compren nent l'emploi de nouveaux facteurs nocifs.
- * Une autre conséquenceimmédiate de la guerre, et qui, elle, s’appliquera à touteslesindust ies en général, ce sera la rareté de la 3 ain d’oeuvre, il serait canal de croire que 0 le main d'oeuvre sera rare et chère. Toute considération moné-— taire mise à part, il y aura intérêt économique de premier ordre
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- à augmenter le rendement de cette 1 ain d.’oeuvre rare et chère. Ist-ce que les ès, les soins apportés aux installations d’hygiène industrielle n’auront pas pour effet d’augmenter cette main d’oeuvre. Tout d’abord on peut le nier. Mais si l’on
- réfléchit, on ne peut pas e pas dire que supprimer la maladde, c’est suppri ter les je rs de chô age, et augi enter par cela même le r endement .
- Ciest aider à l'accroissement de la 1 ain d‘deuvre,rare e t
- chère que d ‘augmenter la sécurité hygiél ique, que d ‘augmenter • le mieux-ôtre de l'ouvrier.
- On peut pousser les chosesplus loin, car plus un ouvrier sera bien adapté physiquement à la besogne qu'il a à remplir, plus il l'effectuera avec habileté et adresse et plus le rendemen t sera bon. Si donc l’on peut sélectionner l'ouvrier, à l’entr ée de laprofession, l’brienter vers telle ou telle indus-trie suivant ses dispositions physiques, ce serait une chose efferea efficace au point de vue du rendement. Demandons-nous seulement s’il y a certaines causes
- • de prédisposition de tanière absolument incontestable? voici par exemple une affection peu grave, pas très dou-§ loureuse, qui atteint les ouvriers qui manient ci ment, et qu’on a appelée improprement la gale des ci entiers. La main
- sème cliché: de l’ouvrier est étalée sur une surface blanche et vous dis-tinguez l’ulcération de la peau. Mais on a constaté qu’un très
- ( petit nombre d’ouvriers sont atteints ce cette façon. C’est la prédisposition qui a influe sur le développe- ent de cette à maladie de peau.
- , Ceci représente des fragments, qui ont dû être maintenus à / quelque distance les uns des autres, de la mâchoire d’un ou-7ème clidé: vrier, atteint jadis de l’affection terrible qu‘on appelait 00 la nécrose phosphorigue et qu’on remarquait chez les ouvriers Y 1 maniant le phosphore rouge dans la fabrication des allumettes.
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- Cette pièce,c nservée dans un musée, ontre qu’une . grande partie dellos à disparu, et que les différents fragments
- ont été maintenus à une certaine distance les uns des autres , Cette maladie n’atteignait que les ouvriers dont la machoire, le systèn e den aire étaient en mauvais état, d’où cette précaution d'éliminer les ouvriers qui présentaient des lésions dentaires quelconques, 2ème exemple de la prédisposition sur leszaladtes proressionnelles.
- Défor ation de la face d ‘un ouvrier, souffleur de 3 / verre- C’est un de ces souffleurs qui, pour les nécessités
- laboratoires de chii ie soufflent des instru ents deverre quel-) conques: vous voyez un gonflement très particulier de la joue , Si vous faites faire à cet ouvrier une expiration très forte, gène cliché: la joue se gonfle, comme chaque fois quel'on fait cet excès, . | mais chez ce souffleur, elle est complètement déformée, elle : _____________e un véritable vallon, parce que l’insufflation constante | a occasionné une lésion, un peu gênante, surtout anti-esthé-tique, mais sans gravité. Cependant cette même lésion peut
- 1 se déterminer chez le souffleur de verre dans les parties profondes de l’appareil respiratoire, et occasionne alorsl emphy-sème. Il est évident que tout individu qui aura un point
- J . pulmonaires,
- A faible nu côté des voies-reppirateires-sera écarté ,
- Dans toute industrie qui manie des toxiques on peut / ze-arquez des effets parallèles,
- ' Voici une usine où l’on fabrique des pneus pour au-
- tomobiles: on maintient les joints avec du caoutchouc dissous gène cliché
- I par le sulfure de carbone, éminement toxique et déterminant . ! des accidents dans le système nerveux. La prédisposition joue
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- un rôle très grand. Les faibles du système nerveux sont é-loignés de ces usines.
- En Angleterre où ces questions ont été étudiées par
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- les médecins chargés spécialement de la surveillance édicale des usines, on a remarqué que vis à vis des sels de plomb, la prédisposition joui un très grand rôle.
- Certains ouvriers résistent à leur action, d’autres en sont les victimes.
- Par ces exemples, autant quetaire se peut, la sélection de l’ouvrier, à l’entrée de laprofession, permet d’éviter la maladie professionnelle, le chômage et augmente le rendement de la 1 air d'oeuvre.
- Il faut donc se pi éoccuper des progrès de la patholo-gie profession elle: il y a encore , pour' le faire, un eautre raison, non oins d’actualité. Avant la guerre, le Parlement avait à moitié voté une loi sur la maladie professionnelle; votée à la Cham bre des D éputés, elle devait être discutée par le Sénat. Cette loi assimilait certaines maladies professionnelles aux accidents du travail et do nnait aux victimes le droit à réparation pécuniaire, comme cela a lieu pour les victimes du travail proprement dit. Cette loi sera certainement reprise, et c’est une des questions d ‘actualité qui doivent le plus intéresser les problèmes gé éraux d‘hygiène industrielle. Il fau-dra étudier chaque maladie, sa genèse , son évolution , ses conséquences, sa ter inaison ; et pour être complète , cette étude sera com lexe; elle doit comprendre l’étude au laborat i-re, p ur reproduire sur l’animal la lésion constatée; une partie des expériences peut même se poursuivre sur l’homme. Lorsque, dans des ateliers, on constate!’éli... inat ion de telle ou telle substance et noter les accidents, qui peuvent exister dans la. population ouvrière de cette usine, et l’on peut déterminer le rapport entre la dose toxique et l’éclosion des symptômes.
- L’usine, par l’examen régulier de la population ouvrière pourra aussi être l’objet d’une longue série d’études statistiques de morbidité professionnelle, qui doivent s’étendre à /EO CNAM
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- à diverses industries. Si on soumet, un jour donné, l’ensen ble de la population ouvrière à un examen médical, on peut établir | des tableaux assez précis de morbidité professionnelle, par 1 e emple destableaux répartissant les ouvriers par categories, en tenant compte de l’age (3 catégories d'âge, par exemple ) tt de la profession, et si on adoppe la terminologie de,ce, ta- • bleau, on peut en déduire telle ou telle maladie, du fait même de l’exercice de telle profession. Quand on est eh présence di une stati tique ainsi faite, quelles conséquences peut-on en tirer au point de vue de la loi à laquelle nous faisions allusion? Cesstatistiques seront la base même de toutes les questions d’assurance et de prévoyance, que pose la loi; il faudra évaluer les risques professionnels-cela est indispensable pour le calcul d’assurance- pour fixer la prime porportionnellement aux rangers courus. Chaque usine est dans des conditions propres de salubrité; il serait injuste de donner une prime plus petite à celui qui réunira des conditions d ‘hygiène plus grandes et fera courir 1 oins de risques.
- Il ne faudra pas se contenter de l'étude au laboratoire ou à l’atelier. Pour avoir une vue complète, il serait nécessaire de suivre 1 * ouvrier «Quand il est atteint gravement a'une maladie professionnelle, il va dans un hôpital quelconque et les observations, recueillies sur ces graves cas de pathologie professionnelle, sont consignées , il est vrai, mais d ure façon extrêmement éparse. Il faudra se préoccuper de faire ce qu'ont fait certains pays, l’Italie du Nord, par exemple. A Wiln s'est créée une clinique des maladies professionnelles, avec le concours d’un riche donateur de laville de Milan, et de l Etat italien. Elle comprend un service permanent d’études qui étudie, les maladies, leur mode d'évolution, leurs conséquences
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- leur terminaison et leur thérapeutique.
- Une autre question sera digne encore des préoccupations , c’est la surveillance médicale des ouvriers par des médecins spécialistes, surveillance qui existe déjà dans les règlements en vigueur dans quelques industries qui manient des produits toxiques. On prévoit déjà l’examen régulier de la population ouvrière par un médecin attaché à l'établissement; en principe, cela va bien, mais pas en pratique. On peut se demander si le médecin, choisi par l’usinier ne va pas avoir toutes les peines du monde pour se trouver à la hauteur de la mission qu’il a à remplir. Envisageons le cas d’un médecin, exerçant dans un quartier quelconque; 11 pourra être un excel-lent praticien, mais il n’aura jamais une connaissance part 1cu-lière des maladies professionnelles. Ainsi se posera la question d’un enseignement professionnel, complémentaire à ses connaissances médicales.
- La question a été examinée dans divers congrès internationaux; on a émis, dans divers pays, le voeu qu’un enseignement soit donné dans un délai plus ou moins court, pour les membres du corps médical qui voudront s’y intéresser. Cette question ne nous désintéressera pas, mais elle est grosse de difficultés. Dans quelle mesure cet enseignement spécial pourra-t'il être donné, et où ?
- Il est évident, que pour le début, s’il n’y a qu’un certain nombre d’industries, sujettes à cet examen médical, le bagage sera singulièrement réduit, mais il faudra qu’il soit spécial.
- Comment un médecin d’usine, pourra t’il, par exemple, dans une usine où l’on fabrique le plomb, dépister la maladie professionnelle bien connue, le saturnisme; il y a d’innombrables traités sur le saturnisme, mais en général, ils parlent de cas graves, de lésions , déjà confirmées qui atteignent
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- une étude Z ceux qui vont à l’hôpital. Il ne semb le pas qu’il existeydes lésions légères, susceptibles d’amener, mais seulement par la suite, descas graves .
- Il y a intérêt majeur à pouvoir dépister la maladie professionnelle, lorsqu’elle se trouve à l’état léger; on peut y arriver par deux voies différentes; on peut dépister
- chimiquement le toxique en recueillant l’urine d’un procession
- nel des industries du plomb. Si vous pouvez caractériser le plomb dans cette urine, c’est que le sujet a le toxique dans son organisme. Le dépistage chimique du plomb est une chose délicate. Le médecin chargé de faire cette analyse devra prendre des précautions pour que l’urine ne soit pas en contact
- avec les poussières qui voltigent dans l’usine. Pour cela on lOème cliché:
- adopte le dispositif que vous voyez ici. Ce flacon ainsi
- préparé vrier à
- fraude,
- par le
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- est placé dans l’usine et l’on peut obliger l'ou-aller y déposer ses urines. Pour qu’il n’y ait vas de et qu’un ouvrier, pour se faire considérer comme atteint toxique, ne puisse introduire dans le flacon, un mor-plomb, on le ferme avec un sachet de garantie marqué
- par l’industriel et le médecin. Quand l’urine est en quantité suffisante, on décèle leplomb dans le résidu minéral au moyen de solutions chimiques qui donnent une coloration bleue très nette.
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- Tout ouvrier qui éliminera dans son urine , du plomb, peut être considéré comme en état d‘imprégnation de plomb.
- On peut aussi prendre sur le dos du doigt de l’ouvrier une goutte de sang et l’étendre en lame mince. Par certains réactifs colorants, on colore les éléments qui se trouvent dans le sang. On voit alors les globules rouges colorés en bleu. Si
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- l’on examine de près une semblable préparation on constate que dans le cas où il y a imprégnation par le plomb décelée par
- les procédés chimiques dans les globules qui devraient avoir une teinte bleue uniforme, on voit une série de perles colorées. Ce caractère est tout à fait celui de l'imprégnation par le plomb, lorsque l'organisme n'est pas très imprégné.
- On peut citer d autres exemples. Dans les industries du
- mercure, dans la fabrication de certains films cinématographiques, on trouve des lésions particulières du sang.
- Le médecin qui aura à suivre ainsi l'étude de ces maladies professionnelles, qui voudraient suivre le dépistage précoce des maladies doit être initié a des méthodes spéciales; il y a donc lieu d'entrevoir la nécessité d'un enseignement supplémentaire. S’il peut être donné dans la faculté de médecine les médecins d ‘usine devront avoir la connaissance de l’hygiène propre aux industries qu’ils vont examiner. Il leur sera nécessaire de connaître les principes de-A-organisme l’organisation hygiénique des industries et ce sera par une combinaison de l’enseignement médical et hygiénique que le médecin sera appelé à connaître ce qu’il faut. Les meilleurs dispositifs d’assainissement n’auront leur efficacité complète que si la population ouvrière appelée à en bénéficier a une connaissance sommaire mais précise, de ce qu’elle doit savoir des précautions d’hygiène la concernant. On peut dire sans exagération qu’il fau-
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- drait pour chaque professeur avoir un minimum de connaissances d’hygiène industrielle qui supposent les connaissances ag----- d‘hygiène aux différents degrés de l’enseignement technique . Pour faire allusion aux cours d’apprentissage, on ne voit pas comment ces cours pourraient se désintéresser de donner à tous les professionnels des notions extrêmement sommaires des précautions hygiéniques qu’ils doivent prendre au cours de leur
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- travail. Si l’ouvrier ignore ces précautions, si on ne lui fait pas saisir d’une façon réelle et objective les raisons sur lesquelles on s ‘appuie, il ne comprendra pas la nécessité des appareils d’hygiène qui l’entourent et qui souvent le gênent. Le plus puissant instrument de diffusion sera le contact avec la réalité. Ce sera en matière de maladie professionnelle, le cliché représentant le malade, le moulage représentant l’affection, la déformation des doigts, laparalysie du bras, pour un ouvrier, par exemple qui aura manié du plomb ou du
- mercure. Il faut donc des «collections " de pathologie profession-pouvoir
- nelle. Il faudrait peur mettre sous les yeux , en modèles réduits, les dispositifs d’hygiène industrielle. Il faut qu’il y ait en France, sinon des musées, du moins des collections d’hygiène industrielle. Il en existe à l’étranger et de bonnes, mais l’on peut dire qu’en France, c’est une chose à créer. Il existe bien un musée de la prévention du travail et des accidents d’hygiène industrielle, mais la part de l’hygiène industrielle y est si minime qu’on peut dire que c’est une existence plus théorique que réelle. En Allemagne, certains @ musées sont consacrés à ce genre de documentation et sont très , visités par la population ouvrière. Voici un bâtiment d’allure lleme cliché: / assez importante, qui vous démontre la valeur qu’on attache à ; ces questions de pathologie industrielle et des dispositifs % d’hygiène. Je ne vous étonnerai pas, Messieurs, en vous disant / que ce cliché a été pris à Charlottenbourg, près de Berlin.
- I II faut rattraper le temps perdu./Nous avons parlé des nui-sances intérieures à l’industrie. Il faut dire quelques mots des nuisances extérieures; du déversement par l’usine d ’eaux, de gaz, de vapeurs, de tout ce qui peut influer sur l’hygiène
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- publique. Plus l’industrie va prospérer après la guerre, plus ces causes de nuisances se développeront. Les émanations de
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- certaines industries pendant la saison dp’été, quand le ciel est bas, sont apportées par le vent sous forme d’odeurs plus que désagréables, telles sont, par exemple, les fabriques d’engrais , de la banlieue de Paris. Les remèdes sont trouvés, mais on néglige de las appliquer. En ce qui concerne les fumées, les poussières de charbon, il y a, sur la santé du citadin, une influence très grande qui n’est pas à négliger. Est-il indifférent qu’il voltige dans l’atmosphère des particules charbon-neuses et qu’elles soient déversées dans la proportion même de la prospérité des industries. Où vont-elles? Elles vont se déposer dans l’intérieur des voies respiratoires de tous les citadins et il en résulte une incrustation légère, puis abon-dante, à tel point qu’on distingue sous le nom d’anthracose charbonneuse, une affection des poumons qui atteint tous ceux qui ont séjourné dans les villes. Vous pourrez alors juger de la diffusion de ces poussières charbonneuses, de leur impré-gnation dans les poumons par ce cliché: 11 vous représente cliché, du
- la coupe &-un poumon d ‘un citadin, ayant respiré d’une façon ; modérée, ces poussières de charbon, qui se sont déposées dans / les parois. Cela est très léger. Si l’infiltration est très / intense, le Jeu du tissu pulmonaire qui a une élasticité suffi-i sante pour permettre la respiration , est compromis, et vous voyez l’influence des fumées industrielles sur le fonctionnement de la respiration. Dans le même ordre d’idées, l’industrie déverse dans les eaux une quantité considérable de matières, qui les polluent. Voici deux tableaux incomplets. La première colonne donne la nature des industries considérées et l’autre la nature des corps déversés par les usines. L’existence des ces matières intéresse par certains points les rapports les plus directe de l’industrie avec la santé publique. Il y aurait légéreté de dire que la pollution des eaux affecte surtout
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- le pêcheur à la ligne, parce que le goujon est la seule vict ime de cette pollution. En réalité, le fond des eaux subit un dépeuplement considérable mais leur infection a aussi un retentissement sur la santé publique.
- Pour schématiser cette question des eaux résiduaires , on peut l’envisager ainsi: dans certains cas l’évacuation des eaux usées de l’atelier apporte des coprs nocifs, comme on l’a constaté par des puisards qui avaient leurs déversoires dans un terrain spongieux. Dans d’autres cas e'est la dissémination de germes infectieux: les industries qui députillent des matières animales, les crins, les poils, par exemple, apportent les germes dtune maladie assez grave qu’on appelle le charbon. Cette affection est amenée par le développèrent d’une bactérie “le microbe du charbon" qui se développe dans les vaisseaux sanguins et qui peut être disséminé par des in
- dustries maniant des peaux d ’animaux ayant succombé au charbon , animaux exotiques, en général, n’ayant pas été soumis à l’e-, xamen médical.
- % Voici un cliché qui représente l’intérieur d’un vaisseau ' sanguin plein de baccilles.
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- ‘ Voici la lésion telle qu’elle évolue sur la peau elle-( même, lorsqu’il y a écorchure ou excoriation: c’est lapustule / maligne.
- Lorsque les eaux sont ainsi souillées par lesgermes en question, elles peuvent pénétrer dans l’organisme et entraîner cette maladie. Ce sont surtout les bestiaux du voisinage qui viennent boire ces eaux qui sont exposés à ce danger; mais il peut y avoir aussi danger pour l’honne. Ainsi à Nantes, une
- usine a rejeté dans un ruisseau pendant des mois, des eaux résiduaires chargées de spores charbonneuses et dans toute la
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- 4 banlieue de Nantes 11 y a eu des cas de mort causée par la pus-
- taie du charbon.
- Les eaux ainsi chargées de résidus industriels , contenant des matières organiques toxiques, ce qui est le cas pour un grand nombre d’industries, peuvent devenir le siège d’une fermentât ion et de dégagements mal odorants nuisibles à l'hygiène. Ces eaux ne sont pas potables, et bien qu’on ne cherche pas à boire dans les ruisseaux qui reçoivent des eaux ré-D siduaires, il peut y avoir tout de même des cas graves de
- • maladie.
- Mais 11 peut se produire , par le fait même de cette fermentation, une épuration spontanée, contre laquelle l’hygiène devra encore intervenir, à cause des dangers qu’elle présent e.
- Voici comment s’explique cette épuration spontanée: L’eau ainsi chargée de toriques, et abandonnée à elle-même, est soumise à la fermentatlon qui amène 1 ’éclosion d‘animaux et de végétaux qui la purifie. L’industrie déverse donc des substances toxiques qui vont à disparaître, mais maintenant les animalcules qui purifient cette eau, subsistent, et voilà une nouvelle cause d'insalubrité.
- En résumé, voici l’Idée très nette que je puis vous donner de cette purification des eaux. Celles-ci subissent des fermentat ions microbiennes plus ou moins intenses, les molé-Plusieurs clichés
- —— cules se simplifient, se disloquent, et l’eau se charge en
- microbes de la putréfaction; l’épuration ne semble pas bien , réalisée. Interviennent alors des êtres vivants qui déterminent
- une purification préalable; ce sont des animaux ou des végétaux qui désagrégeront et tueront les corps nocifs contenus dans l’eau. Ils ont des cils vibratils qui déterminent des courants tourbillonnaires et entraînent dans le tube digestif
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- des molécules qu’ils détruisent; mais à leur tour, eux, souillent les eaux. Il y a alors des représentants un peu plus élevés, des vers ou des crustacés, qui en font leur nourriture; nourris
- Lorsquils se serontraeurris, ceux-ci deviendront la proie des poissons. La purification se sera faite par un cercle biologique complet à mesure que les êtres se seront consommés les uns les autres.
- Cette question de l’épuration des eaux qui suppose toute une série de recherches de laboratoires, à l'aide d’appareils que je pensais vous présenter, aura toute son actualité après la guerre, et on pourra dire que plus l’industrie prendra d’accroissement, plus elle deviendra active, plus les causes de nuisances extérieures seront nombreuses, et 11 faudra rechercher les méthodes scientifiques qui y mettront fin.
- La question de pollution des eaux par l’industrie était déjà avant la guerre l’objet d’untexte législatif. Si au point de vue scientifique, il y a beaucoup à faire, il faut penser aussi à la question des législateurs et des admi-nistrat eurs.
- En effet, quand on voit les textes législatifs, on est frappé de la complexité des règlements du fait du partage des responsabilités. Voici par exemple, les nuisances intérieures à l’industrie, qui concerne la santé de l’ouvrier, c’est un ministère particulier, le travail, les corps du Ministère du travail, les Inspecteurs du Travail, qui en sont chargés. En ce qui concerne les nuisances extérieures, les fumées, les gaz, l’élimination des vapeurs, ce sont les services des établissements, ce sont les Préfectures qui sont chargées de légiférer et de vérifier l’application des règlements. S’il s’agit de la pollution à laquelle on voulait remédier par
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- un texte législatif, 11 faut apercevoir un troisième département l’agriculture, qui devait en être chargé.
- Par le fait de semblables dispersion, le rôle de l’in-dustriel n’est pas simplifié et ce serait une chose scientifiquement désirable qu‘on entre dans la voie indiquée par certains groupements, particulièrement par la chambre de Commerce, qui demandent que cette législation soit concrétisée, synthé-tisée en un seul organisme divisé aujourd’hui en trois ministères qui souvent viennent apporter des règlements contradictoires On a constaté maintes fois, l'état de choses suivant: celui qui était chargé d’assurer l’hygiène à l'intérieur de l’usine L’Inspecteur du Ttravail disait à l’industriel: vous avez un corps nocif, envoyez-le au dehors.
- Un deuxième qui s’occupait de la surveillance de l’hygiène extérieure à l’usine disait: gardez-le.
- Un semblable flottement ne peut qu’être préjudiciable à l’intérêt de l’hygiène industrielle. Il faudrait que les administrateurs et les législateurs apportent dans cette organisation un peu d’ordre, de méthode et de coordination. Je vous en ai suffisamment dit pour vous faire comprendre que le rôle de l’hygiène sera augmenté au moment de la réorganisation industrielle d’après guerre. Je vous ai cité des faits, et ils suffisent à parler eux-mêmes: ils autoriseraient cette conclusion générale.
- Rien ne légitimerait dans la période de réorganisait ton industrielle et d ‘indépendance qu ’amênera la cessation de l’état de guerre un ralentissement dans le domaine de l’hygiène industrielle.
- J’ai vu ces derniers mois, des esprits sages et que
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- n’inspiraient pas des idées égoïstes, ne pas hésiter à déclarer que le rétablissement de la paix devrait inaugurer une ère d‘indépendance absolue de l’industrie vis-à-vis des règlements sanitaires et cela parce que l’industrie a besoin de liberté pour se développer. J’accepte ceci, mais en faveur seulement de l’industriel qui trouverait en lui-même le bon vouloir actif pour assurer la salubrité de l’intérieur et de l’extérieur de l’usine. Espérer cela, ce serait nous flatter d’illusions très grandes, il n'y aura pas d'industriels aussi sages , aussi avisés que celui auquel je faisais allusion.
- Ce serait pécher par imprévoyance, ce serait chercher des simplifications économiques, à rebours, que d’inaugurer une période de relâchement systématique quant à l’effort de réali-sation,(qui reste encore plus nécessaire après qu’avant des
- desiderata de l'hygiène dans le domaine de l'industrie. -
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