Conférences de guerre [1914-1918]
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- Le sujet de ces conférences porte sur la monna ie, la question monétaire et les changes étrangers, un des nombreux problèmes qui résultent de ces questions.
- Avant d’entrer dans le sujet, c'est-à-dire, avant de
- l'aborder de front, Je crois qu’il est nécessaire de faire quelques observations préliminaires.
- Les questions monétaires, bien qu’on se serve tous les jours de la monnaie, ne sont pas connues avec assez de précision et paraissent la plupart du temps très compliquées, lorsqu'elles se dressent tout d'un coup, brusquement, comme là-question monétaire d'aujourd'hui. 11 réalité, cette complica
- tion n’est qu’apparente, mais pour rendre plus clairs ces pro-
- ^^^^lèmes d'aspect si difficiley , il n'est pas inutile 2 0 ter, meme à ceux qui
- de rappe-
- asaeo-Des qui président à
- qui président à la mo
- l’ont su -mais avec précision- les prin-l’organisation monétaire, ceux surto' t naie elle-même, et les prix cipes qui
- les dirigent.
- Le meilleur moyen d’arriver à donner sur la question monétairehes idées précises et justes, n’est pas de démontrer une suite de théorèmes abstraits, mais de l'expliquer par le développement historique; il faut , en premier lieu, en effet, avant d'aborder les problèmes d’aujourd’hui, qui sont ceux
- de tous les temps (car, remarquez-le bien, les questions de change qui se p sent aujourd’hui, se sont posées , il y a des milliers d’années ), il faut d’abord savoir avec précision
- ce que c’est que la monnaie, et quelles sont ses fonctions; pour cela, il faut la définir peu à peu au fur et à mesure qu’elle devient une monnaie, au lieu d’être ce qu'elle était primit ivement , un moyen d ’ échange .Montrer quelles sont ses fonctions, c’est étudier dans les faits historiques les différents phénomènes auxquels elle a donné lieu. L’histoire,
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- en eff et , c’est l’expérience du passé, et quand il a sur ces matières des documents sûrs, bien établis, celui qui les con-naît ces documents et ces faits historiques, a acquis une expérience comme en aurait acquise un homme qui vivrait depuis plusieurs milliers d’années. Tout d'abord, il faut rechercher comment, à la suite des échanges, on a été amené à trouver une commune mesure.
- Qu'est ce que l’échange ? C’est un phénomène qui appa-raît dès les premiers temps de l’humanité. L’homme a des besoins et pour satisfaire ces besoins, il faut , ou qu’il travaille
- • directement à se procurer l'objet nécessaire à cette satis-
- faction ou qu’il le prenne par la force, ou qu’il l’échange.
- La production n’étant pas organisée dans les temps primitifs comme elle peut l’être aujourd'hui, il était difficile à un homme de se procurer à chaque instant tout ce dont il avait besoin. Un des modes d’acquisition de l'antiquité c’était naturellement la guerre, la déprédation, le pillage.
- C’est si vrai qu’à Rome, les premiers contrats d’échange don-naient lieu à une cérémoniehans laquelle on représentait la
- • force par la tance. La lance était présenté pour dire que c’é-
- tait la puissance, la force qui permettaient de garder le pro-duit que l’on venait ainsi d’acquérir.
- Les premiers échanges ont été l'objet de ce qu’on ap-pelle le troc. On échangeait la marchandise contre une mar-chandise. Le troc se fait encore en certains pays qui ne sont pas arrivés à la civilisation économique, et il consiste — dans l'échange d'un produit qui peut servir, contre un autre
- or » produit qui peut aussi servir.
- — Par exemple, un homme primitif a un arc et des flèches
- mais il nie peut trouver de gibier; il a faim, il a plus qu’il ) ne lui faut de flèches, c’est-à-dire d’armes pour s'en procurer
- • mais il ne peut pas , à ce moment là; il rencontre un de ses
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- semblables qui a du gibier; il est certain que peu à peu, il a été amené à offrir une partie de ses flèches pour avoir une partie du gibier que possède ce second homme primitif; il pouvait aussi se ruer sur celui-ci et lui prendre son gibier;
- mais il a pensé que par l’échange, les risques étaient moins grands qu’en essayant de voler, o de piller celui qui possédait l'objet qui lui était nécessaire. Mais ces échanges de produits se faisaient, comme bien vous le pensez, avec pas mal de difficultés, supposez qu'un chasseur ait, par exemple, une peau de martre zibeline (ce troc se produit encore dans les profondeurs de la Sibérie ) en, bien, il a besoin simple-ment d’une portion de nourriture pour deux ou trois jours; la martre zibeline est d’une valeur beaucoup trop grande pour pouvoir être donnée en échange d'aussi peu de nourriture; si vous coupez cette peau, elleperd de sa valeur. Au contraire, supposez que celui qui est en face de ce chasseur possède de quoi le nourrir de façon considérable, un boeuf , par exemple.
- Evidemment le chasseur peut acheter le boeuf, mais qu’en fera-t'il. Il a besoin d’un bifteck, non d’un boeuf.
- Un produit pour s'échanger contre un autre, doit don pouvoir être divisé, et pouvoir aussi se conserver. De bonne heure on a essayé de trouver des marchandises de commun e mesure pour améliorer les échanges. On a pris, en certains pays le thé, très divisible, qui n’est pas lourd, qui a une certaine valeur sous un petit volume et sous un .petit poids, mais qui est soumis à beaucoup d‘1 tempéries. On s’est encore servi du sel, du blé, mais le blé est très lourd à emporter quand il s'agit d’un échange qui comporte une valeur assez grande. Sur ces questions du troc et des premiers essais qu’on a faits pour trouver une commune mesure, afin d’améliorer l’échange, il y a une lettre assez curieuse que j’ai retrouvée dans une conférence d’un professeur du Conservatoire, faite il /B0 \CNAW
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- y a plus de quarante ans, en 1866 , professeur dont le nom est encore très connu, car il a fait des études sur le crédit et la monnaie, je veux dire M. Wolowsky. Il avait cité elle cette lettre dans une conférence;gk est extrêmement amusante et sous cette forme amusante, elle sert aussi d’enseignement. C’est une actrice qui est allée avec une troupe faire son tour du monde. Elles est aux Iles dans l'Archipel.
- Elle a chanté avec ses compagnons, pour apporter une distraction aux indigènes et aussi leur montrer, s’ils pouvaient le comprendre, ce que c’était que l’art français. Elle écrit à sa tante la lettre suivante.: # On m’assure, etc. .
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- Cette petite lettre vous indique en raccourci et par des exem-pies assez curieux, n'est-ce pas, les difficultés de l’échange. On aperçoit donc l’utilité d’avoir dans les échanges, une mar-chanidèse commune mesure, laquelle, commune mesure, facilite les échanges.
- De ce qui vient d’être dit, il résulte:
- que cette marchandise doit avoir une valeur réelle peu variable ;
- qu’elle doit pouvoir se conserver, qu’elle doit avoir une valeur sous un pet it poids et un petit volume,
- qu’elle doit enfin pouvoir être divisée et être transportable.
- De là vient cette expérience des sociétés primitives, qui ne connaissaient pas les principes économiques, qui n’avaient pas de professeurs d’économie politique et qui, par empirisme et par tâtonnements, sont arrivés à constituer cette marchandise, commune mesure: commune marchandise d'abord, ensuite, ce qui est différent, commune monnaie.
- Donc cette commune marchandise à trois fonctions: servir à mesurer la. valeur du produit; c’est un éta-
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- assurer la circulation et le transport facile des produits; enfin conserver les richesses etxxx±KR permettre l’épargne.
- En effet, il faut pouvoir transporter les richesses, et tous ceux qui ont lu et ils sont nombreux, Robinson Cruscé dont la vie aventureuse se passe au 16ème siècleé , se rap-pellent peut-être que , dans la seconde partie des voyages, il arait gagné beaucoup de marchandises précieuses en Chine; il voulait retourner en Europe et avait pris le chemin des cara-vanes. Ce chemin est celui d’Archange! par la Sibérie où elles passaient quand les ports n’étaient pas pris par les gla-
- • ces. Mais pour s'en alleren caravane, il ne pouvait pas louer
- le nombre de chameaux nécessaires au transport de ces produits.
- Daniel de Foë fait remarquer qu’il transforma une partie de ses marchandises en diamants qui avaient une valeur partout, et le reste en une autre pièce de monnaie plus variable, des soies; il put ainsi réduire le nombre des chameaux porteurs qui devaient transporter sa fortune vers Archange! et ver l'+An-gleterre.
- La conservation n’est pas moins utile non plus, g La conservation permet l’épargne. Elle permet aussi de
- garder une marchandise en attendant quelle puisse servir.
- Tout ceci s’applique à notre commune mesure qui n’est encore qu’une marchandise. A la longue, peut-être après des siècles, on s’est aperçu, on a vué ue le mieux était d’employer des métaux rares, c'est-à-dire, ceux qui présentaient une valeur assez forte sous un petit volume, le cuivre d’abord, P puis l’argent et l’or.
- - Nous allons voir dans les projections, le premier
- 15 lingot marqué; les premiers lingots , commune mesure, n’étaient
- ch pas marqués. Ils ont paru en Chine bien avant de paraître
- en Occident. C’est la Grèce qui, en Occident, a vu les premiers lingots de métal précieux. En Egypte, on a presque toujour
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- eu comme commune mesure , le cuivre, qu ‘elle tirait du Sud de l’Adrabie y.et qui était débité sous forme de briques, de pa-rallélogrammes. Sous cette forme aussi , l’argent, l’or ont été souvent présentés. Mais au lieu de faire des lingots oblongs ou de forme rectangulaire, on les mit plus tard sous forme de bracelets ou de bagues. Voici pourquoi: Comme le lingot ne portait pas de marque de sa valeur et de son poids, quand on voulait acheter un produit et le payer en métal précieux, on coupait un morceau de ce lingot qu'on pesait. (On fait encore la même chose dans le centre de la Chine ) I1 est évident qu'avec des bracelets ou des bagues entortillées, il était possible de couper chaque bout au fur et à mesure que cela était nécessaire. On arrivait donc ainsi à diviser, mais bourses
- avec beaucoup de tâtonnements, ces espèces de KXXXRs qu’on portait autour de ses bras comme un bracelet ou autour de ses doigts.. I1 y a au Musée de Leyde en Hollande des marchan-dises commune mesure métalliques qui représentent de ces bra-celets, employés de bonne heure par les Hébreux et par les anciens Celtes.
- Il fallait donc couper et peser, mais on ne tombait pas toujours juste. Quand une commerçante vous vend du beurre, et qu’elle est obligée de couper au tas ou à la motte, elle fait le poids facilement. Mais quand il s’agit d’un métal assez dur, même du cuivre , pourtant le moins dur, il y a des tatonnements qui sont fort ennuyeux. Que fit-on? On fit ce que fait un épicier qui prépare des petits paquets d’avance; on coupa dans les lingots de petits morceaux proportionnels au prix qu'on voulait payer, depuis le petit jusqu’à des plus gros, ze-fe±t Il fallait néanmoins les peser, mais ils étaient tout coupés et on arrivait à faire le poids avec ces différents petits morceaux. Le fait est certain. Quand les frères de Joseph /Bib
- NA sont venue en Egypte pousses par la famine qui sévissait en
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- Arable pour acheter au Pharaon qui en était le proprié-taire du blé de la vallée du Nil, ils apportèrent le métal-argent en lingots de différente grosseur, des petits, des moyens et des gros. Cet exemple est d'autant plus curieux u’ on fait remarquer dans la Genèse que ces petits lingots étaient enfermés dans des bourses; d’où j’en conclus que des bourses de métal servaient déjà à enfermer la commune mesure qui n’était pas encore "monnaie". Le bloc était , vous le voyez, une amélioration. Cette troisième phase présentait 1 éan moins, malgré tous les perfectionnements qu'elle apportait dans l’échange, des difficultés as. ez grandes. Je suis amené dès maintenant, à vous faire remarquer que la question des changes existait déjà à cette époque: l'Egypte mesurait ses marchandises avec au cuivre; donc quand les frères de Joseph sont ve-nus acheter du blé munis de la commune mesure argent, 11 a fallu faire un calcul établissant le rapport qu’il y avait entrela commune mesure cuivre et le commune mesure argent. Cela s’appelle un calcul de change. Il n’y avait as de code de change, cependant il fallait connaître ce rapport sans espérer les précisions qu’ont apportées depuis les perfection-nements de la civilisation. Il fallait connaître la nature des métaux employés, leur rareté ou leur abondance. D’après les documents de très savants chercheurs , qui ont été reproduits dans un ouvrage très connu de Normand, on établit que le rapport de l'or à l’argent était de 1 à 13,03, c’est-à-dire en termes plus concrets, on avait 1 gr. d'or contre 13 gr 03 d’argent. Dand l’Inde brahmar ique ce rapport a été de 1 à 5. L’argent ici était plus cher. On l’a vu aussi dans le rapport de 1 à 6 1/2.
- Je vous ai parlé tout à l’heure de la forme des lingots. Ils ont été rectangulaires, puis oblongs, plus tard on a abattu les angles. Puis la monnaie est devenue ronde; elle est moins
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- belle alors que la monnaie de l’antiquité; mais dépourvue de saillies, elle a l’avantage de pouvoir s±emp±±e s’empiler. La fabrication actuelle de la monnaie est telle que les formes sont les mêmes. De plus l’inscription ne doit pas dépasser le bord extérieur pour permettre de faire une pile et de former un cylindre continu: Nous sommes loin de la forme des lingots primitifs, qui était obéliscale, c’est-à-dire prenait la for-me d’obélisques.
- En Chine et au Japon, même développement. La Chine a t‘elle eu des rapports avec l’Occident ou l’Occident plutôt avec la Chine , on ne peut se pponoi cer. Peut-être sa civili-commença sat ion est-elle indépe idante, toujours est-il qu ‘onx==eem=er bientôt eé a se servir des métaux précieux, pour commune mesure . Il est singulier de remarquer que précisément les Orientaux ont une manière de voir différente de la nôtre au point de vue artistique et au point de vue des lignes. Mais la nécessité des choses les a fait arriver à la mo naie ronde: la monnaie qui présente des angles s’use plus vite et est moins commode à porter.
- Voici donc résumés l’histoire de cette commune mesure etè les inconvénients qu’elle présentait. Il fallait se livrer en dehors de la recherche du poids à une véritable étude du métal. On se servait pour cela de la pierre de touche, connue de bonne heure en Lydie et qui permettait d’essayer l'or ou l’argent. Ces expériences demandaient du temps. De plus la monnaie n'était pas facilement divisible. Enfin lavaleur n’en était pas connue. Nous arrivons ainsi au quatrième stag-stade : la marchandise commune mesure devient monnaie. On é-crit sur le petit ling t son poids, sa valeur et on s’assure quuil est pur. On se trouve alors en face de signes, d'indi-cations qui donnent immédiatement à l'échangiste les renseigne
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- ments qu’il était obligé de chercher auparavant par le poids, par la pierre de touche et par des recherches très longues. Donc la première monnaie, c’est pour ainsi dire le premier crédit, c'est ^première confiance dans les inscriptions qui sont sur le métal. Vous allez voir comme tous les phénomènes à des distances de mille et de mille ans, sont justes et s'appliquent de la même fagon. La première monnaie qui ait réellement donné à un pays une suprématie commerciale, c’est la monnaie faite à Athènes, monnaie d ‘argent. La monnaie faite à Athènes l’était dans un établissement, comme l’Hôtel des Mon laies où il y avait plusieurs ateliers, lesquels ate-liers avaient à leur tête un magistrat, investi d’un pouvoir presque suprême qui vérifiait, contrôlait, pesait et surveillait la fri ppe des monnaies. Quel effet cela produisit-il à 9
- Athènes,A cause du succès de ces monnaies et du soin de leur confection, Athènes, en dehors des autres moyens qui ont servi à étendre son commerce, vit ses affaires prospérer et devint un centre d'échange.
- Voyez l'Angleterre: quand elle accepta l'étalon dlor, elle fit ce qu’on appelait une monnaie d'or, alors que presque partout le système monétaire était peu solidement étaoli.
- On payait à Londres en monnaie d’or qui est la meilleure monnaie, et c’est en partie, cefrait qui a donné à Londres la su-prématie des changes et en a fait un pôle monétaire.
- Où ont été frappées les premières pièces? Dans Egine, une île de la mer Egée. Le roi d’alors qu’on appelait "archonte fit frapper la monnaie d’argent et établir un système complet de poids et mesures. Cependant les Athéniens commencèrent à or-ganiser leur Hôtel des Monnaies. En même temps, les Lydiens (la Lydie était une des provinces de l’Asie Mineure ) se mirent a fabriquer des monnaies d'or qui aussi offraient une très grande sûreté. Comme vous le voyez, ce n'est pas en un jour que se fit la monnaie. Il a fallu des siècles; sous l'action de
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- l’expérience et de la nécessité, pour arriver à créer un signe représentatif de lavaleur réelle pouvant circuler sans difficultés, pouvant permettre facilement l’échange, pouvant permettre aussi le transport facile de la richesse et sa conservât ion J'ai fait ici reproduire des monnaies chinoises qui sont en bronze, et qui auraient existé en 2.205 av. J.C. ce sont des savants qui les ont étudiées. Ce sont bien des "monnaies"
- Il y a des signes qui indiquent le poids , la valeur. En voici
- d’autres de 2.356 av.T.C. D’autres datent de 700 av. J.C. Les
- Chinois seraient en avance sur nous de 1.500 ans.
- 1ère Projection:
- Je vais vous montrer une pièce Japonaise. On s'en est servi avant la Révolution qui a remué ce pays, qui l’a débarassé de
- la féodalité qui a duré Jusqu'en 1868 / Ce pays était telle
- ment traditionaliste que ses habitants se servaient des modè
- les de monnaie, qu’ils avaient employés au 14ème siècle. De
- puis il a marché à grands pas vers la civilisation, et non seu-lement il a des monnaies comme tous les pays civilisés; mais 11 a eu le bon esprit de prendre comme étalon monétaire et com
- me organisation monétaire 1 » or.
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- 2ème Projection:
- Voici un lingot d'argent, ce lingot a des inscriptions. C’est déjà un commencement de monnaie. C’est de ces lingots qu’on retirait au fur et à mesure des besoins de petits morceaux. Les Chinois en étaient là. Ils ont reçu de véritab e monnaie de
- 1 ‘Amérique et se sont arrangés quelquefois de façon à les couper en deux, ils les marquent avec un poingon qui leur donne une garantie.
- Voici une monnaie d’or. La monnaie de bronze est relativement lourde. On commence à arrondir les angles. La monnaie devient moins volumineuse. On peut la diviser . elle devient monnaie divisionnaire.
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- 3ème Projection
- Poids aplati qui se retrouve dans d’autres pays. On l'obtient en faisant fondre le métal et en laissant à ce moment tomber une goutte qu’on aplatit. /./
- _ CL covuroie
- La fabricat ion de toutes ces monnaies/jusqu'au moment où la féodalité a disparu.
- leme projection:
- M nnaie d’or qui est de 1832.
- Ce sont les Grecs qui les premiers ont frappé de véri-table monnaie et par ce fait sont devenus les grands fournisseurs de monnaie de tout le monde méditerranéen, et, c’est par eux que les changes sont survenus. Chose curieuse , les Carthaginois ont été les derniers à accepter la monnaie; ils se sont servis du lingot très longtemps. Les numismates qui ont étudié cette question se sont demandés pourquoi des gens si habiles dans le commerce avaient pu méconnaître les avantages de cette monnaie, frappée pour faireles échanges rapides.
- A mon avis, 11 semble que Les Carthaginois, qui étaient les plus grands exportateurs et aussi les plus grands explorateurs de l’antiquité, qui avaient passé les Colonnes d’Hercule, c’est-à-dire le détroit de Gibraltar, et s’étaient répandus sur la Cote Ouest de l'Espagne, qui avaient suivi les côtes de la Gaule pour remonter jusqu’aux côtes d’Angleterre, n’avaient pas chance de faire accepter des monnaies frappées sur le Littoral méditerranéen et de donner confiance aux gens avec lesquels ils faisaient des affaires. Le plus simple était encore de se servir du lingot. Le lingot était la marchandise commune mesure que le vendeur pouvait essayer pouvait peser et dont .ils pouvaient vérifier la pureté rela-/Bib
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- tive et le poids. ce n’était que dans le monde méditerranéen qu’ils pouvaient faire accepter ces monnaies. C’est cette raison qui a amené les Carthaginois à ne pas s'en servir. — Je ne veux pas vous entraîner dans une description historique de tous les systèmes monétaires de l’antiquité. Ce n’est pas mon but, ce que je tiens à vous démontrer dans ses grandes fresques, c’est le mouvement et l’évolution de la monnaie, vous montrer comment elle est venue, comment elle s’est ins-tallée dans les pays civilisés,
- La question de la bonne monnaie a donc été connue de bonne heure par les Gouvernements intelligents et comme vous le voyez, à Athènes, on avait fait un hôtel des Monnaies qui était presque un temple, où il y avait des magistrats investis d’un pouvoir supérieur qui donnait à la monnaie une suzeraineté, une autorité qui n’était e n réalité que l’autorité de l’intérêt. On y ajoutait aussi le caractère religieux et politique. C’était la marque de la République Athénienne; sois le règne de Darius, c’était l’indication de la souveraineté des rois de Perse. Dans d’autres pays, toutes inscriptions ou marques indiquaient la suzeraineté de ceux qui frappaient la monnaie; elles indiquaient la puissance des chefs d’état et des peuples, c’était un des moyens de l’étendre partout. Mais on s’est aperçu au bout d'un certain temps que la fabrication de la monnaie par l’état avait certains inconvé ients, elle coûtait assez cher, et alors on est arrivé au système du fermage, et on a chargé les orfèvres d’alors de fabriquer pour le compte des Etats,la monnaie. Ils étaient représentants de l’Etat qui, lui, s’occupait du contrôle et de tout de qui était nécessaire pour donner à la monnaie son authenticité. C’était lasarantie du contrôle. Ceci se fit en Grèce, à Rome et en Gaule. Ainsi , sous le roi Dagobert, le fameux Saint E101 qui fut évêque, fut d’abord orfèvre, c'est-à-dire fabricant de monnaie pour l’Etat, avec son maître Abbon.
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- Vous voyez donc déjà que la monnaie a été employée dans les temps les plus reculés, c’est-à-dire en Occident 16 siècles av. J.C. et en Chine 20 siècles av. 1ère chrétienne.
- Avec quoi était fabriquée la monnaie. ? Vous avez vu la monnaie marchandise: le thé, le blé, le sel ne pouvait / longtemps servir de monnaie. C’était donc l’or, largent, le cuivre, surtout, dans l’antiquité, l’argent, le cuivre qui ont servi. Il en résultait, comme on les employait concurremment chez différents peuples que des questions de change se posaient. La grande question qui a remué l’humanité depuis le commencement de la monnaie, c’est la lutte épique de l’or et de l'argent. L’or et l’argent n’ont jamais été deux frères, marchant ensemble, puisque de la production de l’un ou de l’autre, suivait l’emploi de l’un ou de l’autre. Ils n’ont jamais été ensemble dans une parfaite concordance.
- Après les conquêtes d’Alexandre, en Asie, il rapporta l’or en Macédoine et en Grèce en quantité telle que l’or étant devenu moins rare, fit augmentera valeur de l’argent et le rapport de l’un à l’autre changea; on ne donna plus que 10 parts d ‘argent pour une unité d’or.
- Je vous ai dit que les peuples et les gouvernements ont compris l’utilité de faire de la bonne monnaie, surtout les gouvernements des pays commerciaux. Mais quand les souverains, à Rome surtout, ont eu à la suite de guerres , des dettes é-normes à payer, ils ont diminué la valeur des monnaies et leur ont maintenu des valeurs qui n’existaient pas; c'étaient des faux monnoyeurs. Après les guerres puniques- les guerres contre Carthage- qui avaient coûte très cher, Rome frappa de la monnaie d ‘argent ( Rome n’eut jamais beaucoup de monnaie d’or ) et les empereurs romains se livrèrent aussi à ce petit exercice, de fausser la valeur des m nnaies. à ce sujet , on a dit souvent que le papier monnaie éta t une création des temps modernes
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- c’est vrai, mais quand on vous donnait un métal, sur lequel était inscrite une fausse indication, n’était-ce pas du fer-monnaie, sinon du papier-monnaie.
- Les empereurs ont tenu cependant à conserver une espèce de suzeraineté en gardant toujours à Home le monopole de la fabrication d ‘une partie des espèces d’or. Leur effigie était un signe de puissance; et il est un fait très curieux, révélé par l’histoire de la monnaie et quen’ont pas toujours expliqué les historiens qui ne se sont pas toujours occupé/des questions monétaires. La dissociation de l’empire romain a été complète à partir du jour où les rois barbares n’acceptèrent p us les pièces à l’effigie de l’empereur. Ils ert-fa±t firent des monnaies à leur effigie. Quand ils on t su qu’ils pouvaient se passer de l’empereur, ils ont affirmé leur suzeraineté, en frappant des monnaies. C’est ce qui explique que pendant le Moyen Age, ceux qui visaient à la suzeraineté, se mirent à frapper chacun leur monnaie. C’était à ce moment une époque bénie de ceux qui faisaient le métier de cambistes, qui connaissaient le métier de changeurs.
- Lorsque l’empire romain fut à peu près dissocié, et que l’invasion des barbares eût achevé de le jeter à terre, toutes les richesses de l’époque furent cachées et enfouies, ainsi qu’une très grande quantité d’or et d’argent. Aussi 1’H1. de blé, pour donner un exemple, qui se payait 103 gr, tomba à 67 gr. d'argent. Ce n’est pas qu’il y eut plus de blé, mais 11 y avait moins d'aggent, et il y avait encore moins d’or. Il n’y avait pas de mines nouvelles, on vivait sur le vieux stock d‘or et d’argent, on n’avait pas encore retrouvé l’or enfoui au moment de l’invasion des barbares. C’est ainsi que le
- vase de Soissons était une richesse considérable, évalué à 56
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- 56.000 francs ce notre monnaie d’aujourd’hui. C'était un trésor. Au commencement du 18ème siècle, on a exploité de nouvelles mines, l'argent était mêlé à l’or et on ne connaissait pas les moyens de les séparer. Un chasseur trouva en Prusse des mi-nes, vers l’an 1.006, 6 années après le fameux an mille, où les nommes ne s ‘étaient pas préoccupés d ‘accumuler des richesses. On commença , sous Othon, à exploiter des mines. Pendant 144 ans, des montagnes du Hartz, on tira l’or et l'argent qui vint grossir l’or destransactions de cette époque; c’est le Hartz seul qui a fourni l’or du Moyen Age qui était tout de même très rare. Les croisades ont amené beaucoup de transactions. Il a fallu de la monnaie, il en a fallu plus qu ‘aujourd ‘hui, parce qu’il n’y avait pas de monnaie de crédit. Les Templiers ont été uneorganisation debanque internationale merveilleuse qui ont fait les opérations qu ‘on fait aujourd ‘hui dans des limites beaucoup plus restrentes, mais les monnaies d’or et d’argent sont en définitive les derniers chaînons de la chaîne des changes: quand on fa it toutes les compensations, et qu’on règle, il faut beaucoup d'or et d ‘argent.
- L’or était déjà si rare qu’on ne le frappait plus qu’à Byzance, Constantinople d'aujourd ‘hui: de là vient l’expression besan d’or. La rangon de St-Louis, fait prisonnier, est exprimée en besans, et monte à 8.000 besans.
- La rareté des métaux précieux se fait sentir d’une fagon de plus en plus grande. Au 13ème et au 14ème siècle, les métaux étaient extrêmement rares. Cela dura jusqu'au moment de la découverte de l’Amérique. Bernard Chevalier, économiste,qui a beaucoup étudié ces questions, il y a une cinquantaine d’années a calculé approximativement la valeur du stock métallique qui pouvait exister à cette époque. Il s’est appuyé sur une foule d‘hypothèses et on ne peut pas absolument considérer
- ces chiffres comme s’approchant parfaitement de la vérité.
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- D’après lui, il y aurait eu-85 mille kg. d'or à 29 cg. cela ferait 300 millions de francs; en argent, ce stock serait de 3 millions 150 mille kg à 4 gr. 1/2, cela fait 700 millions c’est-à-dire 1 milliard en tout qui valait à cette époque
- 3 ou + fois peut-être 1 argent d ‘aujourd ‘hui. La rareté ou l‘a-bondance du métal fa± modifie en effet sa valeur.
- L’or , je le répète, était toujours très rare. Jason a-vait été chercher une mine d’or: la fameuse toison dont parle la légende.
- Les Phéniciens ont beaucoup cultivé l’Asie antérieure et ils ont établi des comptoirs sur la mer Noire.
- Au Moyen Age on prétendit avoir vu des mines d or à Florence. Il est certain q'uil y avait quelques mines d’or qui furent exploitées en 1252. On a fabriqué des florins qui portaient un lis (florin, fleur ). C’étaient les armes de Florence; mais ces quantités de monnaie étaient extrêmement restreintes, plus on allait, plus le pouvoir d’acquisition de la monnaie était limité; ainsi l'Hl. de blé qui était remonté à en 1508, retombait à
- La découverte de l'Amérique , en 1492, n’a pas produit ses effets immédiats; il a fallu aller là-bas , organiser la production, car on verra que c’est surtout le pillage du trésor des Incas qui fut la première exploitation des nouveaux venus.
- C’est une grande date au point de vue de l'histoire des terres découvertes et des espaces nouveaux, s’ouvrant à ‘activité des hommes, mais au point de vue ée monétaire, les phénomènes auxquels cet événement donna lieu furent extrêmement intéressants.
- Te vous ai indiqué , jusqu'à la découverte de l’Amérique, ce qu’il en était de la créat ion et du développement de la monnaie , et de l’action monétaire.
- Nous allons entrer maintenant dans une phase toute
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- nouvelle; nous n’avons que peu connu les difficultés moné-taires de l'antiquité. Le liggen Age eût à les surmonter, nous en reparlerons. En raison du peu de sécurité des routes, du peu de stabilité du gouvernement, des impôts, on se demande comment les commerçants ont pu se tirer d’affaires : ce ne peut être que par des inventions nouvelles, par le crédit, par le système des compensations. Nous reviendrons sur tout cela, mais dans ma prochaine conférence, je parlerai surtout des questions monétaires depuis la découverte de l'Amérique, jusqu'au 18ème siècle, parce que sur ce sujet, tout se tient dans cette époque.
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