Conférences de guerre [1914-1918]
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- 2ème Conférende ce M. Liesse. 22 Novembre
- Comme je vous l’ai dit dans ma conférence de lundi, la série de conférences que je dois faire cet hiver ici, et auxquelles vous voulez bien me faire l'honneur d’assister, a pour objet d'étudier un des problèmes financiers, qui peut paraître secondaire en temps ordinaire, mais qui est devenu relativement important depuis quelques mois. Mon but, est d'é-cl irer votre opinion sur ce pe±nt sujet, parce que j’estime que dai s un pays libre comme le notre, il faut que l’opinion publique ait une action; elle est latente, elle s’exerce d’une façon souvent discrète, mais néanmoins, elle a besoin , pour ê-tre effective et sûre, d’être éclairée. L'an dennier, j’ai exposé ici leskraisons pour lesquelles J’estimais que exe 1‘A1-Aemagne, à cause de l'organisation de son crédit, de son expan-Sion economique extraordinaire, offrait dans uneguerre longue —une réceptivite, une prise plus grande aux faillites et à la dépression de ses capitaux. L’Allemagne a essayé de faire une guerre qu’elle voulait rapide, parce qu'elle connaissait ses faiblesses; mais cette guerre se prolonge,et l’Allemagne se trouve en mauvaise posture, non seulement au point de vue militaire, malgré les apparences, mais encore au point de vue économique . Certes, elle trouvera toujours les ressources que trouve facilement lorsqu’elle on possède une fortune consiéé-raple, comme lasienne, mais lors de la liquidation, elle verra quels trous profonds a creusés cette guerre dans les grands progrès industriels et économiques auxquels elle était parvenue .
- Il y avait une nation qui ne devait pas faire la guerre? c’est elle; elle l’a faite; elle paiera,
- J’ai aussi l’intention dans ces conférences d’essayer de vous exposer, dans leur plus grande simplicité, ces problèmes de change qui nous intéressent. Vous entendez partout et vous
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- lisez dans les journaux: il y a en ce moment des changes assez difficiles, parce que nous achetons beaucoup +à l’extérieur et qu'il faut payer, et dans ce cas, quand on ne peut pas compenser avec l'étranger, ou bien il faut avoir de l’or pour le payer, ou bien emprunter chez lui, et se créer un crédit.
- La France s'est trouvée dans des condit ions beaucoup
- plus difficiles que celles d'aujourd ‘hui, et je vais vous faire voir que ces difficultés ne seont que passagères, car la France est toujours creanciere des autres pays. Après la guerre, . ous arriverons à reprendre la suprématie que nous avions à cet égard et à obtenir desshanges favorables Pour vous montrer cela, je me servirai de lamnéthode historique elle a l'avantage de monti er que ces problèmesne sont
- pas nouveaux et de retracer en même temps l’évolution des mou-
- vements monétaires depuis les
- temps reculés. Elle habitue 1'
- esprit à comprendre le rôle de la monnaie
- et le rôle des affai-
- res,dans ces problèmes qui paraissent , au premier abord
- assez ardus.
- La dernière fois, nous avons vu comment l‘antiquit é était arrivée à créer des monnaies, de vraies monnaies, qui facilitent les échanges, sans couper les lingots. La monnaie est contrôlée: un signe, une inscription donnent sa valeur son poids, son titre et simplifie beaucoup les transactions. Je vous l’ai dit, le métal précieux frappé dans l’antiquité était surtout l‘argent. Ce sont les Romains, qui, après les Grecs, ont le plus répandu la monnaie; ayant conquis l’univers ou du moins une partie du monde civilisé de cette époque, ils ont imposé leur droit, le droit romain, et avec leurs habitudes, leur monnaie,
- A la chute de l’empire romain, les conditions écono-
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- miques et politiques ont été extrêmement troublées pendant bien des siècles, et à ce moment, il est certain qu’il n'y eut pas dans le monde a 'autre direction que celle qu ‘avait imprimée le monde grec ou le monde romain. Plus tard se produisit un phénomène étranger à la politique, c'est la production même des métaux qui servent à faire la monnaie, c’est-à-dire des métaux précieux.
- Je vous ai dit la dernière fois que dans les gème, 9ème, 10ème et llème sicèle, la monnaie avait été de plus en plus rare, ou du moins les métaux se sont faits plus rares. C'était l’Espagne qui les donnait. L'Espagne avait été exploitée par les Carthaginois, par les Romains ensuite; mais ils n'avaient gratté que la surface du sol ; ce n'est guère qu’en l'an mille que les mines du Hartz ont commencé à être exploitées; on les a laissées, puis on les a reprises , et on en a continué l’exploitation jusqu ‘à la découverte de l’Amérique. Elles produisaient de l’or et de l'argent; ce sont les seules qui aient produit les métaux précieux du Moyen-Age, surtout à partir de 1453.
- Un statisticien, Michel Chevalier, a estimé, d’après des hypothèses, bien entendu, que le stock monétaire du monde civilisé, avant la découverte de l'Amérique était pour l'or de 300 millions, et pour l'argent de 700 millions, c'est-à-dire d un "millard". Ces chiffres sont hypothét iques ; vous pouvez les doubler peut-être. Il ne reste pas moins que 2 millions, pour assurer les transactions de cette époque, c’était bien peu. Assurément, il n'y avait pas de chemins de fer, ni de téléphone, pas de commerce aussi étendu que celui qui s'est développé depuis. Mais il est un phénomène qui se remarque dans tous les temps. Il y a quelque chose qui résiste à la persécution, à la guerre, aux disettes, eux famines, aux plus grands cataclysmes, qui survit, c'est le commerce. Au moment où les
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- routes éatient si difficiles, meme pendant la Guerre de Cent
- ans, où les routiers risquaient de rencontrer, à chaque coin de bois des voleurs, les marchands s’associaient pour se rendre en groupes dans es foires, et, malgré tout, le commerce vivait et s'exerçait. C’est une démonstration sérieuse de ce fait que l’échange est le fondement absolu des sociétés, un élément de civilisation et de paix, le plus fort qui soit, puis-qu’il a toujours existé , depuis l’échange et de troc primitifs jusqu'aujourd ‘hui, oû le commerce s'étand au monde entier.
- A cette époque, ce stock était bien insuffisant, mais nous verrons que déjà, on s’était occupé de la remplacer par ces traites, des virements, et j'aurai l’occasion de vous parler de cet ordre des Templiers qui furent la plus grande des sociétés financières internationales du monde, la plus belle des sociétés de crédit de l’époque, qui ont fait toutes les opérations de crédit qu’on fait aujourd ‘hui, qui ont employé même les coffres-forts avec des clés pour les clients. Ils obtenaient, pour le transport de l'or des avantages que n'avaien pas les commerçants de Florence. Ceux-ci étaient obligés de payer des compagnons et des associés. Les Templiers pouvaient facilement transporter l’or et l’argent de leur temple d’un point à 1 ‘autre parce que c'étaient des banquiers, des moines et des soldats.
- Cette rareté avait provoqué des recherches en vue d’essayer de trouver le moyen de faire de l’or et de l’argent, autrement qu'en fouillant la terre ou les roches. C’est au moment de la grande rareté de l’or que sont apparus les chercheurs de pierre philosophale, les alchimistes qui, avec de vieilles formules arabes, ont vainement cherché la transformation des métaux, dont1‘Amérique nous annonçait la découverte.
- Mais en cherchant A, on trouve B, C, D. On cherchait de l’or, on a trouvé toutes sortes d’autres choses et Berthelot
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- a écrit sur les alchimistes des pages, qui démontrent les grands services qu’ils ont rendu aux chimistes , et a déclaré qu’il ne fallait pas les condamner. La légende du dragon vert, qui se change en dragon noir, montre bien qu'ilssont arrivés à une certaine transformation de la matière. “Quelques-uns ont fait fortune: Nicolas Flamel, entre autres, qui a fait construire Saint-Jacques la Boucherie, dont il ne reste que la tour, où l’on fait aujourd ‘hui des observations météorologiques.
- La découverte de l'Amérique en 1492 allait apporter sinon tout de suite, du moins un peu après, tout ce qu’il fallait au monde civilisé pour faire du commerce. Cette avènement des métaux précieux d'Amérique va apporter ces changements con-sidérables dans le monde des affaires; la première conséquence a été l'a croissement énorme des métaux précieux en Europe d'où une hausse de prix.
- De ce fait qu’il y avait de l’or et de l'arg ent et que tous deux devaient servir de commune mesure, il fallait établir entre ces deux métaux, un rapport pour que la commune mesure existât. Cette difficulté qui n’a pas été résolue avant le 18ème siècle, a été une cause de troubles considérables dans l’organisation monétaire des Etats, depuis la découverte de l’Amérique jusqu’à latin du 18ème siècle.
- Avant d’entrer dans l’examen de cette question, permettez-moi de faire une petite digression sur ce que sont l’or et l’argent , au point de vue/physéque et chimique: si nous ne sommes pas obligés de connaître, nous, économistes, la physique et la chimie, pour la matière monétaire au moins, devons-nous avoir des indications qui permettront de comprendre des phénomènes, impossibles à expliquer sans la connaissance des métaux.
- L’or est le plus lourd, sa densité est 19,5, c’est-à-
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- dire qu’il pêse 19 fois 1/2 plus que l’eau; il est jaune bril-lant et revêt une couleur très suggestive, qui hyprotise et a une action très réelle sur les chercheurs. Il est ductile et malléable àtel point qu’on peut faire avec un gramme d'or un fil qui peut mesure r une centaine de mètres. Il n'a pas de résistance , 11 est vrai: un fil d'or de 2 m/m se rompt sous une pression de 60 à 78 grammes, suivant la pureté de l'or.
- Il fond a la température de 1.0145 °. Allié au cuivre, il devient de l’or rouge. Il est dissous par l’eau régale, composée d'acide Azotique et à ‘acide chlorhydrique, d ‘après une vieille formule d#onnée par Géber au gème siècle. On s'en est beaucoup servi pour diminuer les pièces lourdes et bénéficier de la différence, de la tolérance du poids.
- L'argent, lui est blanc, comme l’indique son nom. Il C’est le métal le plus malléable après l'or. Il est ductile, lui aussi. Sa couleur n’a pas autant d’attraits que celle de l’or. Il avait une signification symbolique; l’argent c’était Phoebé, tandis que l’or représentait Phoe bus. Sa densité, 10,47 est moindre que celle de l’or, IL entre en fusion à 1.000°. Il se volatilise au rouge vif à l’aide du chalumeau. I 1 devient soluble dans l'acide azotique. Comme l’or, on peut , pour le durcir, l’allier au cuivre.
- Où trouve-t ‘on l’or et l’argent? On trouve l’or à l’état natif et aussi mêmé à d‘autres métaux ou à des roches, telles que le quartz, dans les terres d'alluvions des rivières, sous forme de paillettes d’or charriées par l’eau. Il y a quelque temps, un savant R.....? soutenait sérieusement, plusieurs années avant la decouverte des mines du K....7 que les mines de Californie s’épuiseraient un jour et qu'on ne trouverait plus d’or, parce que l’or , étant le plus lourd, s’était amassé au centre de la terre. Cette hypothèse a été démentie par des
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- découvertes postérieures. Sans aller jusqu’à dire comme Rapail qui, appelé comme expert dans un célèbre procès d ‘empoisonnement défendît l’accusé en disant qu’on trouverait de l’arsenic, même dans le fauteuil du président, on peut affirmer qu’on trouverait de l’or partout. Il y en a dans l’eau de mer. Il doit y en avoir dans les boues de Paris, parce que l’or s ‘use et occasionne le«frai”., particulière ent dans les environs des banques où l'on compte beaucoup d’or, et d ‘àù s ‘échappent certainement des poussières d’or.
- En France on a trouvé de l’or dans certaines rivières: dans l’Arlèges le zhône, dansh 'Hérault, dans le Rhin, Il faut de 17 à 22 paillettes, ramassées dans le sable pour faire un milligramme d’or. Pour arriver à ravoir 1 kilogramme d or c'est -à-dire, 3457 , il faut donc travailler longtemps.
- De tous temps, les alluvions ont contenu des gisements aurifères, ç’a été la première industrie de l'or. On a décou-vert sur les Pyramides d ‘Egypte, une description de l’industrie ancienne du lavage des terres d ‘alluvion. Les Sauvages se servent encore d’un instrument creux, l’augette, qu’ils placent dans un courant d’eau : l’eau entraîne le sable, la poudre d’or est retenue. C'est l’objet du commerce des Noirs de l'Afrique, L’argent est beaucoup plus facile à trouver; il gît à l'état natif; quelques fois on le trouve en blocs qui atteignent un poids de 100 kil. , comme dans les mines de Badopilas.
- Il est moins distingué que l'or. Il est associé à d'autres métaux, mais surtout perdu au sein de roches. L'argent flirte avec tout le monde. On en voit un peu partout en France; il est mêlé au plomb, au cuivre. Les gisements argentifères sont considérables et continus: au Mexique, une mine possédait un filon qui portait une veine de huit mètres d’épaisseur sur des centaines de mètres de longueur. Nous étudierons >âus tard la conséquence de cette production, aujourd ‘hui nous la cons-
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- tatons seulement; elle a fait oalsser sur le marché la valeur de ce métal.
- Nous arrivons maintenant à la découverte de l’Amérique. Je vais vous donner quelques indications qui fixeront vos idées à ce sujet . cst Christophe Colomb, qui avait une imagination presque géniale, demanda à son pays, les moyens de décou-vrir cette guerre qu’il entrevoyait dans ses rèves. Il essuie un refus; il s’adresse au Portugal qui subventionne les navi-gateurs, il e réussit pas davantage. C’est Ferdinand le Ca-tholique et Isabelle d’Espagne qui lui procurent 3 vaisseaux.
- Il part d’un port de l'Andalousie, situé sur un petit bras au R io Tinto. Après 65 jours de navigation et bien des péri-péties(il faillit être jeté à l'eau ) il aborde aux Iles San Salvador; Il revint en mars 1495. Il fit un second voyage et ne découvrit que les Antilles. Dans un Zème voyage, 11 mit pied sur le continent. En guise de remerciement, on le mit en prison. On ne donna même pas son nom à ce pays , qu’on appela 1’ Amérique, en souvenir a ‘Americ Vespuce. Cela n’est peut-tre pas fâcheux pour sa mémoire puisqu ‘on ne peut parler de la découverte de l’Amérique sans constater eette injustice qui lui devient un titre de gloire. Les premiers Espagnols qui allèrent en Amérique n’étaient ni des écon mistes, ni des commer-gants; commerçants, ils auraient pu l'être, mais ceux-là n'avaient jamais rien vu, ni rien lu-Cortès ne savait pas lire pas plus que les Conquistadors .-
- Dans ce pays merveilleux, devenu le centre des colonies, on envoya des aventuriers, qui ne connaissaient que le fer et le feu. Ces hommes ne songèrent pas à organiser l‘exploitation: / c’était trop long d’aller chercher l’or et l’argent, le plus simple, c’était de prendre celui du pays, celui qui apparte-nait aux rois et aux empereurs: les malheureux Indiens qui ne voulaient pas dire où ils avaient caché leur trésor, se voyaient
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- brûler les pieds, comme ont fait les chauffeurs des temps mo-dernes.
- Charles Quint plus tard, devant la production de l’Amé-rique fit arrêter l’exploitation du Harz, qui produit environ 9 mille kil. de métaux précieux; c’était peu à côté des 70 mile kg. annuels de l'Amérique: mais les premiers trésors venus de ce pays furent le fruit du pillage et du vol: des monnaies, des bijoux surtout, des armes , des trésors, des êtêments vêtements garnis d‘pr,etc... On se mit peu à peu tout de même à exploiter: on martyrisaxa de no veau les malheureux Indiens pour leur demander où étaient les bonnes mines et ce sont eux qui ont enseigné aux Espagnols le moyen d’exercer l'industrie . En Bolovie, le Potosi qui est à 2.000 mètres au-dessus du niveau de la mer, c'est la plus belle montagne d’argent qui ait existé. Il contient plus de 1.000 galeries, unllabyrinthe inex-tricable , si on fait le compte, on constate que cette montagne a fourni , à elle seule, 9 millions de métaux précieux, depuis la découverte de l’Amérique. Il est très curieux de voir comment on s ‘y prenait pour découvrir les mines; les Espagnols n’é-taient pas très éclairés, on se servait des Indiens ; En proie à une sorte d’ivresse due à l’ab opption de ?
- ceux-ci se mettaient sur la trace de l’or. (Souvent, en France on a soutenu qu 'avec une baguette de coudrier on découvrait des sources ) La verge des Espagnols les a obligés non seulement à trouver les mines, mais à y travailler tout comme de vrais esclaves: en résumé, on venait chez eux, et on les condamnait aux travaux forcés , après les avoir dévalisés. Il y a des civilisés qui font aujourd ‘hui ce queles Espagnols faisaient quand ils étaient encorebarbares,
- Le tableau que vous avez sous les yeux montre par chiffres la production de l‘or(ligne rouge ) et de l'argent (ligne blanche ); les deux premières moyennes sont de 28 ans, les au-tres de 2C ans. Chaque chiffre représente la production moyenne
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- d’une année; la première venue d'or est de 20 millions par an. Dans cette somme faut-il encore compter les trésors volés aux Indiens et aux Incas. Il résulte de cela, nous pouvons le constater, que ±-e*-n-est la production n. est pas très régulière ; cependant, elle l’est encore plus en comparaison que cellede 1‘argent.
- Considérons ce dernier, il subit d'abord une hausse, puis il caisse, remonte, descend, par une série de fluctuations D'après la marche de production de ces deux métaux, il est difficile d’établir entre eux un rapport constant; pendant un certain temps, et partout, on a souvent changé le rapport de l’or et de l'argent.
- Voilà donc deux frères ennemis : l’or et l’argent sent employés tous deux comme monnaie; comment va-t 'on les faire vivre? Question importante qu’on s’est posée pendant les siècles qui ont suivi la découverte de l’Amérique.
- La montée de l’argent en 1545 est due à l'exploitation du .riche mont Potosi qui envoyait 200,mille kigg. d’argent. Les métaux étaient fondus au sommet de la montagne, mais monter du bois à 1450 mètres n'était pas commode. On est arrivé par le système de l’amalgame à froid, à obtenir laproduction de l’argent d’une façon extrêmement simple. Son rendement a baissé en 1650, pour remonter plus tard. Vous voyez que plus une marchandise est abondante, moins sa valeur est grande. L’or a baissé au moment où l'argent montait.
- La hausse des prix a été la conséquence presque immédiate de l’arrivée en Europe de grandes quantités de métaux.
- Voici un tableau établi d’après les statistiques de Hambourg, (petite ville hanséatique, conquise par l’Allemagne et réunie à l’empire allemand, et possédant un Sénat indépendant et des archives d’où ont été extraites de sures statistiques qui ont servi à dresser ce tableau. )
- Il semblerait que cet afflux d'or et d'argent Soit
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- Il semblerait que cet afflux d’or et d’argent soit beau-coup trop considérable pour le chiffre des affain es. Sa première conséquence fut la hausse des prix. Trop d’instruments avilit l'instrumer t. Cependant on a commencé par employer dans des proportions beauco p plus grandes qu’on n'avait l’habtitu-de de le faire auparavant. Cela a coïncidé avec des découver-tes géographiques. Mahomet ayant pris Constantinople et barrer l'Orient il a fallu trouver une autre route en Occident. C'est en cherchant la route des Indes que Vasco de Gama fut poussé à doubler le cap de Bonne Espérance. T us les pays se mirent à chercher de l’extension en Amérique et ailleurs; il a fallu des flottes, il a fallu des capitaux, on a attendu les corsaires et on est retourné vers 1'I de avec plus de facilité qu’auparavant .
- L'Inde absorbe et absorbera toutours beaucoup de mé-taux. Depuis l’antiquité, les routes avaient changé , elles elles étaient devenues plus longues; les prix de transport s ‘étaient élevés, les transports avaient pris plus d’importance il a fallu des capitaux pour constituer ces flottes.
- La grande quantité de, métaux précieux aurait pu y être employée,; mais toute la difficulté éstit etait de les faire vivre ensemble. Doit-on donner 15 gr. 1/2 d’arg. pour 1 gr. d’or. Pouvait-on établir un rapport puisqu'il n’exis-tait pas de statistiques de production; on ne pouvait établir de prix de vente sur le marché, puisqu.on ne s’apercevait des fluctuations de production qu ‘au bout de 8 ou 10 ans. Il a rri-va ainsi que le métal représentait parfois une valeur trop grande; ces monnaies, mauvaises en somme, servaient malgré tout, à acheter de la bonne.
- La valeur nominale des monnaies a toujours gardé un
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- caractère suzeraineté que ne voulaient pas laisser échapper les souverains. Les véritables empereurs de Constantinople ne se considéraient comme empereurs que parce qu ‘ils battaient monnaie.
- Ces fluctuations de production ont beaucoup embarrassé les gouvernements. Ils ont essayé d’établir un rapport entre l’or et l'argent, mais après des guerres coûteuses, des dépenses trop larges, des prodigalités excessives, et quand ils avaient bien pressuré les contribuables (car cela date de loin, on n'a jamais eu besoin de professeur dans l’art d’imposer les O. peuples ) ils ont trouvé très simple de prendre une pièce de
- monnaie ou plutôt l’or contenu dans cette pièce et d’en refaire une contenant moins d'or. Ils arrivaient ainsi avec 10 pièces à en fabriquer 11 ou 12, tout en conservant à ces pièces la même valeur. Ils falsifiaient les monnaies, Il y eut des fontes et des refontes considérables, toujours pour satisfaire le désir de se procurer de l’argent en coupant un écu ou un louis en deux. Voilà donc des monnaies qui ne sont ni franches, ni nettes; elles sont le résultat d’un faux monnayage. On sait © qu’il en fut ainsi sous le règne de Philippe le Bel que Lente
- a mis dans son enfer comme falsificateur ; même Zouis IX, le grand Saint Louis falsifia les monnaies; il était tellement convaincu que son estampille tenait lieu de tout, qu’il se laissa aller à ces péchés, qui étaient des péchés économiques . Il faut dire aussi que chacun frappait la monnaie à sa guise.
- On peut citer comme types de monnaies d’or: le besan, .. le ducaton, le florin, lapistole........................ la couronne, ’écu, à comploter) la fleur de lis ....
- Les monnaies d ‘argent furent moins nombreuses: à citer: le ollar, etc.........
- Quelle époque merveilleuse pour les changeurs. Ils
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- furent nombreux et firent des fortunes considérables. C’étaient
- presque en majorité des Lombards lie, se répandaient dans presque culièrement dans le Nord, quelle rue des Lombards, Aujourd ‘hui, à thicaires, mais ceux de ce temps ils soignaient la bourse. Clétai
- qui, venus du Nord de l'Ita-toute la France, tout parti-est la ville qui n’eut pas sa Paris, c’est la rue des apo-là ne soignaient pas le corps; , l’âge d’or po r eux qui ne
- con aissaient rien.
- Les commerçants qui étaient intelligents, au milieu de
- ces difficultés
- ont pi is des succédanés de la monnaie.
- Les banques
- au milieu de cet anarchique fatras, avait
- créé la monnaie de compte- un
- florin de compte, cela voulait
- dire tant d'or pur ou a‘argent pur. Quelques unes de ces monnaies se sont conservées: la livre sterling est une monnaie de compte. La pièce équivalente est le souverain. Les contrats mêmes, en France, spécifiaient que quand on serait payé, cesezaiit avec tant d'or ou d’argent pur, c’est-à-dire, avec une monnaie de compte.
- A cette époque, il n'y avait pas de cote de change, aussi assista-t on à des inégalités de change extraordinaires.
- Quand les Sarrazins sont venus en France, où ils sont restés très longtemps, ils ont essayé, en particulier sur les bords de la Loire où ils se sont fixés, d’établir une civilisation. Ils ont même eu une administration, un hôtel des monnaies: Comme les peuples de l’Inde, comme les Arabes, ils avaient conservé par tradition le rapport de l'or et de 1’ argent de 1 à 6 1/2.
- En France, à Paris, à cette époque, il fallait donner 12 gr. alors que les Sarzazins n’en donnaient que 6. Quand Charles Martel les eut battus en 732 et les eut chassés, les com-
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- mergants de Tours ont fait des affaires avec l’Espagne et na-turellement ne se sont pas servis du rapport français ; ils se sont servis &u-r&ppert-franga±9 des pièces frappées à Tours par
- les Sarrazins. Ils gagnaient ainsi
- La France a reçu beaucoup de monnaie après la découverte de l’Amérique./tes peuples ne sont pas toujours faits d’une même et unique race, mais de races qui s’adaptent au milieu où elles se trouvent. L’Angleterre , si elle n’avait pas eu les flamands du Lancashire ne serait peut-être pas la
- grande nation qu’elle est, au point de vue textile. Chez nous.
- ce sont les Italiens qui sont venus: au 15ème et 16ème siècles, ils ont quitté leur pays, à cause des luttes intestines, et des guerres civiles. Ile sont venus avec leur fortune, leurs biens.
- Ils se sont établis banquiers ou commerçants. Il y en eut partout, à Lyon surtout. C’a été une cause d ‘enrichissement pour la France. Ils ont apporté beaucoup de capitaux qui ont facilité le commerce et l’ont étendu considérablement. On défri
- chait la terre incuit e , on Lisait beaucoup de routes et de che-mins. La Franc etrava il lait et donnait naissance à cette bourgeoisie déjà grande qui a posé les premières assises du monde économique. Les Espagnols recevaient l’or et l‘argent d’Amé-rique-excepté celui qu ‘on leur volait en route-. Tous les
- 3 ans la fameuse flotte d’argent leur rapi ortait des sommes considérables qui leur ont permis de se payer toutes les jouissances. Les P±*9 gens qui croient que l’or et l’argent sont la. richesse d’un pays, trouvent dans 1 ‘Espagne une preuve du contraire. L’or et l’argent ne constituent pas la seule et unique richesse d’un pays; ce sont des moyens de richesse: de
- l’or sans travail, sans production, ce n’est rien. L’or et
- l’argent qui tombaient dans un pays comme la France- où on trava liait à la renaissance commerciale- amenèrent une renais
- sance économique, suivie delta renaissance artistique, née en Italie. A peine sorti de cette vie presque cloîtrée du Moyen-
- Age, où la securite était inconnue, où on se trouvait toujours
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- sous le coup de guerres intestines, il fallut de l’argent pour encourager les artistes. Les Médicis, en particulier, ont fait beaucoup pour les artistes.
- Les richesses venues d'Amérique furent à leur tout des éléments de richesse, des capitaux destinés à l'alimentation affaires, non plus comme en Espagne, qui recevait l’or et l’a. gent sans 1 ien faire d ‘elle-même.
- La France eut à ce moment là de l’or apporté par les Corsaires, dont les principaux Jean Florin, Montezuna, fournirent 200 millions. La richesse de la France s’accroît: au 15ème siècle elle possédait 125 millions de livres. Elle arrive à 750 millions en 1650. A la mort de Colbert en 1683 à un , millard. Mettez que ces chiffres doivent être modifiées qu’un
- lOéme ou même de 20 %. Il ne reste pas moins qu’ils sont une marque de l'enrichissement de la France: les transactions fu-rent plus actives, es monnaies servirent ces transactions et furent un moyen d'épargne. Les premiers emprunts faits en France ont été faits par les Rois, d’abord à des banquiers riches, puis on a imaginé de faire appel au public qui a répondu.
- • C’était le bas de laine u ‘ aujourd‘nui. Il y avait dejades
- gens qui épargnaient et comme on n’avait pas confiance en la Royauté c’était l’Hôtel de ville de Paris qui garantissait les emprunts. Le rentier est d’une espèce calme, moutonnière, et il a raison. Il a vu que la France tenait ses engagements, et l'a constaté beaucoup plus encore après l’opération du tiers con-— solidé. La tendance à l’économie grandit en France et l’on
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- 9 peut dire que la France est le seul pays où l’on puisse faire
- Tr des emprunts qui descendent dans les profondeurs de l’échelle
- o sociale. ta preuve en est dans la grande quantité de Bons du
- 2 Trésor qui viennent d’être souscrits,
- Les chiffres qu‘on nous donne sont venus de Vauban de et même de Voltaire,
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- La circulation de la monnaie , à la mort de Colbert avait aug-menté en même temps que labopulation s’était accrue de
- 13 millions à 20 millions. La consommation était montée de 19 livres à 50 livres par tête. Les difficultés devinrent encore plus granues. On fit alors un essai, on tenta de chercher dans le même métal une commune mesure absolue. Au point de vue scientifique, c’est qu’il n’y ait qu’un mètre, c’est-à-dire
- un seul métal précieux, une seule marchandise, commune mesure, de fagon qu’il n'y ait pas entre les deux métaux des fluctuations assez grandes pour qu’on ne sache jamais lequel sera, plus cher ou moins cher que l’autre. Ce rapport , on a voulu le supprimer, en 1577, en faisant de l’or la seule mon-naie de France; mais les gens de cette époque n’ont pas créé ae moyens de transport, ils se sont heurtés à de nouveaux obstacles; on est tombé dans les mêmes erreurs, on a commis les mêmes fautes. De 1686 à 1715 » on fit de nouvelles refontes. C’était encore 1 ‘anarchie monétaire, A ce moment le commerce ae la France souffrait beaucoup/de toutes ces difficultés et de toutes ces incohérences. Le système monétaire était très amoindri chez nous après avoir été très bon jusque vers la mort de Colbert. L’exportation était favorisée par les guerres de Louis XIV qui ont coûté à la France aussi cher que toi te sa splendeur. On importait aussi beaucoup de l’Inde et de la Chine, car on voulait s 'offrir le luxe des produits exotiques, des prodi its d’Orient , qui étaient déjà très attirants, A ce moment, les affaires allaient très mal en France, Le pays avait des ministres des Finances qui n’en étaient pas, qui recouraient à des moyens lamentables, comme le nommé Chevillard qui avaient émis des obligations du Gouvernement, qui passaient à l’étranger. C’était funestepour Le. crédit de la France; aussi
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- chargea-t ‘il un banquier Samuel Bernard de racheter ces obliga-qui
- tions; il lui don ait 8 y (ajoutés aux 6 du change , ai-saient du 14 4. C’était pour lui une opération, qui n'a pas été la cause de sa faillite. A la mort de Louis XIV, la situation était mauvaise: beaucoup de dettes et surtout peu d’hommes capables de conduire le peuple, ce n’est rien, pour un pays, d ‘avoir traversé des épreuves, d’avoir éprouvé des difficultés matérielles qua d il possède une opinion publique et a sa tête, des hommes capables de le relever; cela vaut une mine ce Potosi. Nous n’en avions pas, et le vide de la circulation se fait de plus en plus sentir; c’est ce qui explique qu’un gentilhomme dont les manières avaient séduit tout le monde, Law se soit offert pour faire ce que vol s co ma issez: il a émis des billets de banque, pour représenter meubles, titres valeurs -tout était confondu- c’est que cet homme avait un terrain tout préparé? il fallait de la monnaie, il en a fait; cela ne lui coûtait rien, mais il n’en fut pas de même du pays. I1 a fallu en 1726 prendre des mesures, et adopter un régime qui a duré jusqu'à la Révolution. On établit entre l’or et l’argent un rapport qui fut de . ce rapport était différent dans chaque pays. Il suit la production parallèle des deux métaux. Le prix augmente si la production baisse et inversement.
- Le commerce souffrait de cet abaissement progressif de la circulation monétaire. Le fait n’était pas nouveau: déjà en 1459 , les rois et les seigneurs avaient été obligés d'envoyer leur vaisselle à la monnaie pour se procurer des espèces d ’or et d'argent.
- Nous voici dons arrivés à la fin du lgème siècle. On cons-tate à ce moment, une véritable disette d’or. La valeur de l’or monte sans que sa valeur nominale soit changée. L’or s’en est
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- allé de France: il y a eu émigration. la frappe des monnaies en livres était de 1300 millions. La valeur nominale en circula-tion, estimée à la veille de la Révolution en or français, é-fait de150 millions de livres. Tout ce qui manque s’était enfui quelque part. Ce n’était pas la thésaurisation; on ne thésaurisait pas. Les ministres de l'époque, Calonne et bien d’autresqui n’étaient pas plus aptes que Chevillard a diriger les finances(-I1 nous faut arriver à Turgot pot r trouver enfin un bon argentier- ) ont commis des fautes considérables.
- A rès une grande abondance d’or, une grande disette causée par des fautes politiques , par des guerres, par des dilapidations , par des fautes économiques très grandes, telle est la situation monétaire en France vers la fin du 18ème siècle. La France avait étéVpien administrée au point de vue politique qu’elle allait tomber en faillite. C’est la Révolu-tion qui a fait la liquidation de cette faillite. Nous étu-dierons dans la prochaine conférence la monnaie et les métaux au 19ème siècle. Nous ne découvrirons pas de modifications profondes jusqu'en 1848. Mais lors de la découverte des mines de Californie, faites fortuitement : ar un des gardes du Roy, qui s’y était réfugié, et qui, sans la Révolution n'eût peut-être pas rencontré ces mines d ‘or par; après la découverte des mines d’Australie par un mineur de Californie, l’or est en voie de faire concurrence à l’argent, en ce sens qu’il de-Perplexité des économistes, vint abondant. (Perplexité des gouvernements politiques, modifiés et chargeants, qui ne se résolvent pas à adopter un seul métal, que les faits indiquent pourtant comme commune mesure par excellence. C’est parce que l’Angleterre s’est trouvée prendre l’or comme commune mesure, comme seule monnaie . qu’elle a attiré chez elle presque toutes les grandes opérations de change qui se faisaient, à Londres avant la guerre et qui
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- après la guerre, très probablement.
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