Conférences de guerre [1914-1918]
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- Mesdames, Messieurs. i
- Cette conférence est la dernière de ma série; elle a pour sujet les problèmes actuels du change.
- Les conférences précédentes ont eu surtout pour but dev ous préparer à comprendre cette dernière leçon; il est cer-tain que tous les jours, on résout des problèmes de change dans les journaux ou dans les revues à plume que veux-tu et pour ainsi dire au pied levé. Ces questions ne sont pas très compliquées, mais elles comportent des principes tels qu’il faut bien les rappeler afin que ceux qui veulent comprendre ce qu’on entend par les changes étrangers puissent s'en faire une idée nette et exacte. Aussi, jai tenu à préparer vos esprits en vous faisant des leçons sur la monnaie et en vous montrant l’utilité qu’elle avait dans
- AS les échanges.
- ea 4 si Le premier échange est le "troc, pas de monnaie, mar-—chandise contre marchandise, difficile à estimer dans sa va-
- leur; puis bientôt une marchandise intermédiaire intervient qui n'est pas encore le métal précieux, difficulté encore car cette monnaie n'a pas des qualités qui lui permettent d’être la vraie monnaie qui facilite les échanges. Bientôt les métaux précieux, au bout de bien des siècles, de beaucoup de siècles, entrent dans la circulation monétaire, dans lacirculation des richesses.
- Pour les métaux précieux, il fallait dire quelle était leur histoire pour arriver à montrer aujourd nui pourquoi l’or est devenue la marchandise idéale monétaire, la seule qui soit reçue pour sa Aux pleine valeur sur le marché international. I1 était nécessaire aussi de vous dire qu’il ne faut pas confondre la valeur avec le prix ou le prix avec la valeur. Le prix est la valeur des choses estimées en monnaie, or la monnaie peut varier elle-même de valeur, de même qu ‘on peut prendre souvent une autre unité
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- de mesure pour mesurer une longueur. La monnaie peut donc varier de valeur, je vous 1 ai montré à travers son histoire; même l’or, quand il est abondant présente une offre plus considérable et a une valeur moindre. Un simplepetit exemple pour vous faire toucher de près que dans les changes les prix peuvent changer sans que la valeur soit modifiée. supposez qu’on échange 2 H1 de blé contre 1 ml de vin. L H1 de blé vaut 25 frs, 2 H1 vaudront 2 fois 25 frs ou 50 frs. L'hectolitre de vin valant 50 frs, vous aurez de cote et d'autre 2 marchandises représentant une valeur de 50 frs.
- Mais à la suite d’un afflux considérable comme cela s est produit par exemple après la découverte de l'Amérique, l’or devient plus abondant et par suite a une valeur moindre. Supposez que cette monnaie alors perde 1/10 de sa valeur par suite de sa circulation et de son affluence, il faudra payer l’hectolitre 27 frs 50 au lieu de 25 frs. 2 ml de blé seront payés 55 frs, mais comme il faudra payer aussi l'm de vin 55frs,, la valeur des deux marchandises n'a pas changé, le prix seul a changé ar la varia-tion de l’intermédiaire qui mesure cette valeur.
- L’histoire des métaux précieux a donc été utile pour vous montrer qu'ils sont susceptibles de varier et aussi pour vous montrer qu'ilsne peuvent guère vivre en bonne intelligence à deux;
- 11 en faut un plus rare, l’or. Je ne sais pas ce que l’avenir nous réserve, s1 on découvrira d’autres mines d'or qui feront de l’or un métal moins précieux. Peut-être aussi y a t 11 des métaux qui valent plus que l’or et qu’on découvrira; mais 11 ne faut pas demeurer dans le domaine des hypothèses.
- Les succédanés de la monnaie sont, avec les billets de banque, tout d'abord les virements de compte à compte qui économisent la monnaie, les compensations avec les clearing-nouses. Quand on ne sait pas cela on ne peut comprendre facilement les changes
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- étrangers et le rôle des compensations dans les changes étrangers. Les éléments des changes, c’est-à-dire les éléments financiers qui interviennent dans le commerce et les rapports financiers de deux pays sont donc des éléments commerciaux, le commerce, la vente et l’achat des produits dits commerciaux; puis un autre produit ,nouv eau depuis 50 ans, qui est une véritable marchandise et qui s’appelle les valeurs mobilières.
- Un autre élément dont je viens de parler, la monnaie or internationale qui, elle, devrait payer la différence entre les importations et les exportations et enfin un 4ème élément qui est un élément insidieux, qui e se montre pas, qui est, sinon caché, du moins assez difficile à saisir dans ses effets. Ce sont les frets, par exemple, puis l’or apporté par les voyageurs dans un pays, et tout ce petit mouvement de valeurs qui fait l’entrée et la sortie de l’or dans un pays et qui n'est guère relevé d’une façon exacte par le service des douanes.
- La question des changes se résout en changes étrangers comme entre un débiteur et un créancier ordinaires. Si l’un a vendu autant de produits que l'autre lui en a vendu, c'est-A-dire si la balance est égale il n'y aura pas à sortir la moindre pièce de 20 frs, de dollars ou de souverains. Si au contraire les importations dépassent les exportations, il faut payer et sortir de l’or. Cependant les pays riches importent plus qu’ils n'exportent; com-ment peuvent-ils donc payer la différence des importations eu égard aux exportations qui sont beaucoup plus faibles. C’est parce que ces pays sont riches, c’est parce que eux-mêmes ont prêté des capitaux à l'étranger et que sous forme de coupons, de dividendes, de bénéfices, il leur revient tous les ans une somme considér ble qui ne vient pas toujours, il est vrai , en or. Elle vient souvent et pour la plupart du temps sous forme de marchandise s Quelquefois cependant, chez nous, en France , par exemple, elle
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- est remise en or.
- Voilà donc les éléments du change; ces éléments, nous les voyons en principe et extérieurement. L’élément commerciale n’est pas favorable à notre pays, nous verrons dans un instant que néanmoins les changes en France sont toujours favorables à la France par cette raison que la France a placé à l'étranger des capitaux considérables dont les revenus viennent combler la différence en-les importations et les exportations.
- J'ai ensuite tenu à vous donner un exemple après avoir ex-posé ces principes, l'exemple du paiement de l'indemnité de guerre de 1870-1871. Il s'agissait de payer plus de 5 millards l’Allemagne. Il n’y avait que325 millions de compensations qui concernaient la Compagnie des Chemins de fer de l'Est. Te vous l’ai dit, c’est l'Etat qui a pris la dette et qui a défalqué les 325 millions des 5 millards300 et quelques millions qu’il devait payer. Au lieu de sortir l’or en quantités considérables, ou l'argent, car à cette époque, l’argent avait à peu près la même valeur, on a sorti seulement 273 millions d’or et 239 millions d'argent, ce qui représente 512 millions de métaux soit pour < sur les 5 millards, 10,4environ .
- On a comblé le reste avec les lettres de change, les billets à ordre ou tout ce que la France pouvait recueillir de créances à l’étranger, parce qu’il était du"à la France des quantités considérables d ‘argent et qu ‘elle a pu par ce moyen sortir seulement un demi-millard de monnaiefrançaise.
- Dans quelle situation sommes-nous aujourd ‘nui ? ta France a vu ses changes baisser; elle le doit exclusivement à la guerre, et elle le doit en partie à ce que les départements français les plus riches en industries de toutes sortes sont occupées par l’ennemi. Nous avons été obligés de nous ravitailler en blé; la
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- récolte de 1914 n’ayant pas été suffisante. Nous n’avons déjà pas assez de charbon en temps normal, 40 millions de tonnes et il en faudrait 70, et même pour que la France tienne son rang industriel, il en faudrait 150 millions. Elle ne peut les trouver dans son sol; en temps de paix c’est déjà 20 millions qu’il faut aller cher-cher. Actuellement c’est 40 millions qu’il faut demander à l’é-tranger. cette importation du charbon comme celle du blé, consti-tue une dette de la France vis à vis de l’étranger.
- Puis laguerre exige un armement de plus en plus étendu, ce qu’on pourrait appeler un armement industr iel. Les usines métal-lurgiques les plus prospères , celles qui fournissaient à meilleur marché sont nos usines de l'Est; elles sont toutes occupées; il n'y a plus que les usines du centre qui n’ont pas les mêmes avantages au point de vue du sol, du charbon, du minerai lui-même, l’acier; elles n’en produisent pas assez et nous avons été obligés d’en demander à l'étranger,; il faut toujours recourir aux Etats Unis pour avoir l’acier nécessaires à nos canons et à nos muni-tions. Enfin voici les laines, les draps ...11 en a fallu pour vêtir nos soldats; vous savez combien la France a eu le souci non seulement d'armer mais aussi d’habiller et de nourrir convenable-ment les défenseurs du pays. Si on a l’ame héroïque,on l’a d’autant plus courageuse néanmoins qu’on est mieux nourri et mieux vetu. On n’a pas épargné et on a eu raison. Mais les draps, où les trouver? Roubaix, Tourcoing, envahis. Il n’y a même plus les machines qui ont été emportées par les Allemands, Lille, et tout le Nord ou existaient les produits chimiques ? Envanis:::2 c'est un enseignement , Mesdames et Messieurs qui devra rester dans la mémoire de ce pays , c’est que tout se touche aujourd’hui^ et que si la stratégie est un art qu’il faut étudier à fond, 11 faut aussi au stratège une connaissance des conditions économiques de leur pays, ce qu’il faut défendre dans un pays, c’est le centre
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- d’action et de puissance qui permet de continuer la lutte, mal-heureusement, nous avons eu vers l’étranger, c’est-à-dire vers nos frontières tous nos plus importants centres de production des / aicers , des laines, des charbons et je dirai aussi du ble, j'a-jouterai même des capitaux, supposez en effet que nos provinces de l‘Este t du Nord soient libres, le résultat de notre der ier emprunt qui s est mont é à se serait élevé certainement
- à plus de 16 ou 17 millions.
- Nous allons voir maintenant ce qui s'est produit pendant les 6 derniers mois de 1914. (TABLEAU)
- Pendant le mois de Juin 1914, les importa ions donnent 780 millio s environ. Le chiffre des exportations est un peu moindre, 720 millions environ; nos im ortations jusqu ‘au mois de Juillet avant la guerre se tiennent dans les limites où elles se tiennent habituellement: nous importons toujours moins, mis les exportations ont des différences moindres que celles qu’elles ont eues depuis.
- ces exportat ions ont diminué dans à assez fortes propor-tiens depuis 3 ou 4 ans. Les différences se so t élevées jusque 14 ou 15 cent millions par an, alors qu'elles n'étaient guère que de 5 ou 6 cent millions. Nous perdons surles exportations; erest un sujet de méd tation pour demain. Je répète, les exportat ions jusque Juin ou juillet 1914 sont toujours à peu près dans les limites normales.
- A cette époque les excédents des importations sur les se
- ex ortations'sont ealecléee élevés à 300 et quelques mill ions par mois. A un moment 11s ne s'élèvent plus qu'à 60 millions. Les différences ne sont pas grandes en Août, parce qu'on n'exporte pas du tout,; à ce moment; la Prance vit sur elle-même, pendant
- ces mois d'Aout et de Septembre et même d'octobre, où elle grest
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- recueillie;elle a cherché sa voie , où l'administration était en-core dans la gestation industrielle de la guerre et où on n'avait pas pris la résolution de faire de grands armements. mais quel-
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- que temps après, au mois de novembre, la ligne (blanche ) indiquant les importations a des fléchissements. En Janvier 1915 elle remonte et arrive en octobre à 840 millions d’importations. Ce sont les blés, les aciers, même les draps, les produits chimiques, c’est tout ce qui est nécessaire à la guerre et à l’alimentation qu’on entre en France, qu’on est obligé d'aller chercher à l'étranger. La ligne( bleue ) représentant les exportations était tombée jusqu • au mois deJanvier 1915. A ce moment la vie économique a repris un peu, elle a repris lentement; 1 s exportations ont monté lentement aussi jusqu'au mois de mars et se sont maintenues à une qui est à peu près de 300 millions d ‘exportations par mois. La différence indiquée par la ligne rose représente les excédents d'importations et tout ce qu’indiquent ces chiffres c'est de l’argent à payer à l'étranger par suite de la différence des importations et des ext ortations. Ainsi au mois d’Août 1915, on arrive à une différence de 600 millions. 600 million s à payer en un mois A:182 Cette montée se fait par à-coups; cela s'explique par les différentes échéances; la montée est réelle; elle tend à baisser aujourd’hui que le grand effort est fait.
- L'excédent des importations sur les exportat ions en cnir-fres ronds pour les 5 derniers mois de 1914, août à décembre, s’élève à 477 millions. 81 l’on prend toute l'a née 1914, c’est à 1600 millions que s'élevera la différence, c’est-à-dire la somme que nous aurons à payer à l'étranger. 81 nous passons à 1915, le chiffre, sans le mois de décembre que je n'ai pu obtenir, s’élève à 4 millards 434 millions d’excédents qu’il faut payer à l'étzange Ajoutez cela aux 1600 millions de 1914, nous avons un ensemble de 6 millards.
- On peut supposer que les 5 premiers mois de 1914 ont été pourvus par un chiffre favorable à la france et que par conséquent la différence , c'est-à-dire environ 11 ou 1200 millions a été couverte dans ce moment. on NENAW
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- Nous verrons du reste qu’en défalquant ces chiffres 0, 11 faut encore diminuer le chiffre donné par ce fait que les marchandises sont estimées à l’entrée de nos ports et qu’elles comprennent tous les frais, les douanes que nous n’avons pas à payer à l’étranger, les marchandises entrant dans nosxprkax ports sous pavillon français;.
- Pendant la montée de ces excédents, sans cesse grandissants, et qui pourtant ont une tendance à waisser,xxaxankx voyons quelle a été"tenue des changes.
- (TABLEAU de la PRIME des CHANGES )
- Plaçons nous à New-York qui a été la grande nation exporta-trice vers les pays belligérants et vers lespays neutres.ces lignes représentent ±e-pa±ement la prime ou le pair 4 du change à New York sur Paris, Londres et Berlin. A New-York, le prix du change sur Paris est représenté , quand il est au pair par la 11-gne blanche. Quand il faut donner davantage de dollars, 11 y a prime au change sur Paris, alors la ligne se trouve au dessus de la ligne du pair. Au contraire quand 11 y a perte, les points qui indiquent les chiffres sont au-dessous de la ligne du pair»
- Ainsi en temps ordinaire on dit que le pair du dollar est de 5 frs 18 ou que 100 dollars coûteraient 518 frs et réciproque-ment; mais alors à New-York si on a payé 518 frs à Paris 11 est sorti plus de 100 dollars quand le change est au-dessus du pair Il faut donc ajouter au pair monétaire la prime. Ces pri: es sont ici en % de façon à montrer bien nettement ce qu‘11 en est.
- Au-dessus de la ligne blanche sont représentés les avantages au profit de Paris, de Londres, et de Berlin.
- Tout ce qui est au-dessous représentent les changes déravo-rables pour Paris, pour Londres et pour Berlin.
- Au mois d’Aout, vous voy ez donc que le Paris sur New-York, c’est-à-dire le change de Paris sur New-York (représenté par la / NCNANV
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- ligne rose ) avait une prime assez forte. cela s’explique par ce fait que les belligérants ont fait rentrer chez eux tout ce qu'ils ont pu de créances qu’ils avaient aux Etats Unis, et l'Angleterre entre autres, qui avait là-bas des disponibilités dor assez grandes les a fait transporter à Ottawa, ville canadienne, en terrain
- anglais et considérée comme si elle était la banque d'Angleterre. C’est avec ces réserves d'or d'Ottawa qu’elle a pu maintenir son change sur Londres d‘une façon assez victorieuse, pourrais-je dire. Il y a encore d'autres raisons à cela, c'est que l'Angleterre exporte tous lesjours. ta raison pour laquelle elle avait fait porter son or à cette ville d'Ottawa, c'est qu'il n°était pas très sûr à cette époque de faire transporter de l’or sur l‘0céan.
- Il y avait au fond des mers , des bateaux allemands qui auraient bien p faire porter au fond del'eau ces bateaux d'or.
- Les changes ont donc suivi le mouvement du commerce, et de même que la différence se fait sentir au point de vue de l‘abaissement des excédents d'importations, nous voyons à ce moment même le change se relever un peu sur Paris.
- Quant à Berlin, le change est tombé; il est tombé pour la même raison que nous et beaucoup plus rapidement. Au mois de Novembre 1914, il perdait déjà près de 9 %; il s'est remonté peu à peu sous l'influence de l'emprunt qu’on a fait en Allemagne, puis est retombé à 14 $ de perte, depuis il a chuté dans des proportions plus considérables encore./
- Berlin et Paris, me direz-vous, sont dans les mêmes conditions. Non, Berlin a moins à payer aux Etats Unis, bien qu’il ait acheté du cuivre.
- La chute rapide du change depuis quelques jours (il arrive à 22 et 24 /) tient à une toute autre cause qu’aux changes eux-mêmes. Nous le verrons dans les moyens que prenait la France pou r parer aux difficultés du change . En Allemagne, il a été difficile a de se faire ouvrir un crédit à l'étranger. I1 y a plusieurs moyens de combattre le change et de lui donner des remèdes, et parmi
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- ceux-ci, il est un moyen dilatoire, qui ne résume pas la question du change , qui proroge 1rs échéances, c’est l’ouverture d ‘un crédit, moyen très légitime et très honnête qu'employèrent la France et l'Angleterre . Mais l'Allemagne manque de crédit à l'étranger et la chute du mark n'est pas due seulement aux variations dans le mouvement commercial de ce pays, elle est due surtout au peu de crédit de l'Allemagne.
- Le Londres s'est maintenu. La perte n'a été que de 1 4 d abord, puis elle descend à partir de juillet à 4 %. Jusquésen 11
- Novembre elle reprend et n'a qu'une perte de 2 % en Décembre. A partir de février 1915, nous voyons le change baisser; laperte est de 4,5 en mai et elle descend assez rapidement; mais elle se maintient bientôt. Elle suit le mouvement de la ligne des importat ions et des exportations. A cette époque la perte oscille entre 12 et 13 4. Je vous expliquerai pourquoi cette baisse du change ne doit pas nous effrayer.
- Il n'y a que deux moyens classiques de combler la différence de commerce entre deux pays, des créances et des dettes, ce qui est mieux.On peut couvrir par des lettres de change, accroire les exportations, car quand on dit accroître les exportations, cv est créer des lettres de change réelles , c’est par elles qu’on établit les compensâtions.On peut aussi vendre une autre marchandise ce qu‘on arait d'ailleurs, cette marchandise s’appelle le titre, l’obligation, l'attion du pays étranger qu’on vend sur un pays étranger ou qu’on donne en garantie à l’étranger pour se faire une créance. C’est donc une véritable marchandise que le titre étranger; enfin, on peut payer avec de l'or.
- Le stock de l’or se compose de deux grandes pa ties, le stock d'émission et celui qui est en circulation et en thésaurisation.
- En temps de guerre, étant donnée une banque unique qui a des cours forcés et en relation avec les Etats qui lui prêtent de l’argent, il est impossible que cette banque ne surveille pas son /BD CNAW
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- encaisse d»or. Les principes économiques voudraient qu'on sorte de l'or, mais nous ne sommes pas en temps normal. Nous sommes dans un temps a normal de guerre et nous devons tenir compte des idées répandues c’est que l'encaisse d'or est une garantie de circulation des billets. on a donc recouru à ce moyen d‘ouvrir des crédits.avec la garantie du change donnée par lesbanques, il a été consenti une avance sur Londres , en mai 1915 de 500 mille livres sterling, soit 12.500.000 francs :12.500.000 A New York, il a été ouvert un crédit de 2 millions de dollars, c'est à dire un peu plus de:10.000 00Ofr soit un total de 22 millions 1/2... ..22.000.000 fr
- En juillet par un créait d'acceptation, il a été ouvert à Londres un crédit de ..................... 26.000.000 frs
- En Août, un autre crédit d ‘accpetat ion, à New-York s'est monté à 20.000.000 frs
- Pour des industries métallurgiques, un crédit de 15 millions de dollars soit 75.000.000 frs
- Avec la garantie du change, il y a eu du fait des banques de France et par l'initiative de la Banque de France qui est venue répondre des conditions du change, il y a eu encore23.000.000 frs
- Pour le compte du Trésor en juillet et octobre il y a au une opération très forte c’est celle qui a consisté à vendre des Pensylvania, Chicago and Milwaukee qu'il était difficile de
- jeter à New York, parce que les intelligents fisco de France a-valent mis des droits tels qu'ils ont été obligés de prendre les impôts à leur charge. On en a jeté tout de même comm e garantie et on s'est arrangé avec quelques banques pour 44 millions de
- dollars, soit 22 millions de francs. En Avril il y a eu un Lfranco-anglais . .. un envoi par la Banque de France de arrangement qui comportait
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- 25 millions de francs pour une ouverture de crédit de 42 millions de livres ou 1562 millions de francs. En Août 1914 on a vu
- les bons du Trésor pour une valeur de .............?.........
- En avril 1915, o en aurait placé pour 500 millions de dollars, ce chiffre n’est peut-être pas tout à fait exact. En 1916 on a renouvelé les Bons du Trésor pour7......................
- Enfin 1 arrangement fait à New York a donné?.................
- On a donc fait en tout jusqu’à ces temps derniers des crédits à Londres pour..........................
- à New Cork pour.............................
- Si on y joint les crédits ouverts par les banques, on obtient ....................................3 .900.000.000 frs
- Nous sommes tout près de 4 millards.
- Or, il faut considérer que le chiffre de 6 millards qui marque la différence entre nos importations et nos exportât ions pour 1914 et 1915 doit être diminué des couvertures qui avaient été faites au commencement de 1914 et en plus des douanes , des frêts, et de toutes les autres droits qui les grevaient. Ces frais sont estimés à 20 ou 25 $, il resterait donc environ 4 millards et quelques centaines de millions que nous aurions à payer.
- Nous n!en sommes pas loin, avec les ouvertures de crédit obtenu Mais ce n'est pas seulement avec ces crédits que nous avons payer il est sorti un peu d'or, les banques ayant vendu du chèque. Mais les sorties d'or il est assez difficile de les chiffrer.
- L'encaisse or en Juillet 1914 était de près de 4 millards 98 millions, sans aucun appel d'or. Vers le commencement de Ma1 1915 elle s'élevait à 4 millards 228 millions. L'appel de l'or en a fait rentrer un millard environ, et l’encaisse était devenue 5 millards 730 millions . Or, en comparant avec l’encaisse actuelle , on s'aperçoit qu’il y a une différence de 750 millions, qui indiquerait qu’il est sorti de l’or.
- Mais pour répondre à ces différence de change, et à un change
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- qui était défavorable pour nous, pour réaliser des opérations qui n’ont pas été faites avec une très grande facilité, il a fallu s’aboucher avec les banquiers, il a fallu tâtonner pour suivre des méthodes. Il a fallu se connaître. la France a connu des gens
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- quelle ne connaissait/ et a donné aux Frangais des leçons profita-bles , en nous indiquant qu’il fallait nous occuper des étrangers et nous mettre en rapport avec eux.
- Il est donc sorti un peu d’or et la vente des valeurs dont je parlais les Pensylvania, Cgicago and Milwaukee, a été un élément de change.
- Ce qui fait que les Anglais ont maintenu leurs changes dans des conditions meilleures que les nôtres c’est qu’elle avait des disponibilités là-bas, qu’elle exportait sur leur marché des quantités considérables de valeurs américaines, alors que nous n’en avions que des centaines de millions alors qu’il en faudrait des millards. C'était un moyen d'augmenter les exportations que de vendre sur le marché américain des valeurs américaines. L'Angleterre a su s‘en servir de ces valeurs depuis longtemps cotées à Londres, ce sont des valeurs très bonnes,de che-mins de fer, très répandues en Algleterre et parfois aussi des s valeurs industrielles, •
- J'en ai fini avec mes conférences.
- Vous pouvez voir dans cet ensemble comment la France, au milieu de ses difficultés, a pu se tirer d'affaire. On a fait pour les financiers chez nous, ce qu’on a fait pour la guerre. Nos n'avions jamais prévu que nous serions obligés de faire tant d'efforts. Nous croyions que le passé était un gage de l'avenir, au point de vue de l'amplitude des affaires, de l'étendue et du coût des guerres et nous avions tablé sur des précédentsqui cependant devaient nous indiquer qu’à mesure que la guerre devient de plus en 1 lus industrielle il faut dépenser de plus en plus dar-
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- Nous avons tâtonné au point de vue financier comme nous avons tâtonné au point de vue de l’organisation de l’armement et de l’or-ganisation militaire et ce qui prouve que nous avons travaillé au point de vue de l’organis: tion militaire, ce diagramme l’expli-que, crest la montée des importations parce qu’on a été chercher de quoi faire ces armements, de l'alimentation et des habillements L'enseignement à tirer de tout cela ?
- Je voudrais. Mesdames et Messieurs, vous que je remercie de m'avoir suivi avec autant d'attention sur des sujets difficiles, je voudrais que vous em ortiez de ces conférences autre chose que des notions techniques qui vous empêcheront de commettre des erreurs d’appréciation sur ces questions si discutées des changes.
- Je voudrais que vous vissiez combien il importe, par ces tâton ements qui existent au point de vue industriel et financier, combien il est nécessaire que les Français sortent de leur pays pour aller se répandre par delà les mers à travers toutes les nations. Mais me direz vous, la natalité n'augmente. Nous ne pouvons pas exporter d ‘hommes, certes. Mais si l'Italieexporte des manoeuvres, nous, nous pourrions exporter des élites. Nous avons lajeunesse française qui certainement après la guerre auralagrande volonté de faire notre pays aussi grand par le commer-ce et par l’industrie que ses générations diverses ont tenu à ce qu’il soit grand par l’héroïsme de ses soldats. C’est à ceux là qu’il faut dire de travailler, c’est à ceux là qu’il faut dire qu’il ne suffit pas de rester chez soi, car après cette guerre , il y aura une autre guerre qui commencera. Pardonnez moi de prononcer ce mot, mais il ne faut pas de dissimuler qu’il y aura une véritable/ économique de tarifs, de moncpoles, d'empêchements detoutes sortes. Mais quand même et malgré tout il faut que notre jeunesse aille de l’avant et travaille non seulement chez nous
- 6. mais à l'étranger, ous avons des proverbes comme Pierre qui roule CCNAW n'amasse pas mousse, et ce bon La fontaine qui afait une fable sur
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- les deux Pigeons pour montrer qu’il faut rester au logis. I1 ne faut pas écouter cela. Puisque nous ne pouvons pas exporter des masses de travailleurs, 11 faut exporter l’élite, et si de uis deux ans nous avions eu des hommes représentant en plus grande quantité la France à l’étranger, y occupant des situations de premier ordre, il est certain que dès le début de la guerre, nous aurions eu moins de difficultés pour faire nos achats, pour obtenir des crédits que nous n’avons obtenus que quelque temps après et avec certaines difficultés. Les jeunes surtout doivent prendre le chemin de l'étranger quand ils le pourront. Chez nous, encore on peut nous faire un reproche c’est de ne pas donner des responsabilités assez tôt aux jeunesgens. on attend qu'ils muris-sent, mais on mûrit par l’action. Les Américains de 17 ans sont quelquefois à la tête des entreprises, non pas que je veuille fai-re des chefs d'entreprise à 17 ans, mais c’est un exemple; ici nous avons l’idée de laniérarchie, du grade qu’on obtient après
- plusieurs années, qui vous mène à la retraite. Nous avons cette idée qu’on gagne tant à 25, à 30 ans. Ce sont ces idées qu’il faut abandonner parce qu ‘elles détruisnat l'initiative qui doit être laissée aux forts c’est-à-dire aux jeunes.
- Depuis quelques années les chirurgiens après une opération même grave ne laissent plus au lit celui qui est opéré, 8, 10,12 jours après on le fait lever. Autrefois c’était un mois , deux mois On a vu à l’usée qu’il fallait de bonne heure reprendre ses forces et pour cela se mettre debout et marcher. C’est ce que doit faire notrepays.
- D’un autre côté s’il faut demander aux jeunes de l’initiative, leur donner des responsabilités, les engager à aller montrer ailleurs ce qu’est notre pays, 11 faut considérer dans notre examen de conscience que nous avons eu le grand tortdq croire
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- qu’un norme au delà de 50 ans n'est plus bon à rien. Mais nous les avons vus à l'oeuvre; les soldats au front, ceux qui ont gardé nos chemins de fer. Il y a des hommes bons au delà de cet âge; on croit qu’il faut se reposer à un certain âge, que se reposer c’est la fin de l’idéal de la vie. Il n’y a qu'un idéal, c’est l’action et cette action , 11 faut la pousser jusqu’à la fin, c’est un moyen de conserver sa vie et de vivre plus longtemps.
- J'en appelle, à tous les hommes en France , voyez Thiers, à quel âge et
- ........ Jusqu’à quel âge ils ont travaillé. Beaucoup d ‘hommes sont restés sur le terrain de la lutte, et aujourd’hui quel exemple nous donne notre Ministre des Finances, Ribot qui, -à 73 ans, travaille 12 heures par jour, a le temps de préparer ses décrets, ses arrêtés, ses emprunts , d’aller au Conseil des Ministres, de recevoir, d’aller répondre aux interpellations et d'assister aux commissions. Il a 73 ans, 11 n’a pas abdiqué, il n'ast pas à la retraite, et il continue à servir son pays.
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