Conférences de guerre [1914-1918]
-
-
- itera
- it
- les
- 1
- rte
- et
- yer.
- res. iète
- on-
- »
- agit .
- e, vous réanc
- r-
- 03
- 60 cl
- p.n.n. - vue 1/42
-
-
-
- p.n.n. - vue 2/42
-
-
-
- 4
- ter
- (
- 0 D
- * 63 C,
- Mesdames et Messieurs.
- J’ai essayé, la dernière fois, en une seule conférence, de vous montrer le mécanisme des changes dans son ensemble; je l’ai fait parce que, à huit jours d’intervalle, si on ne donne pas d’un seul coup la construction complète, on risque de donner trop d’importance aux détails.
- La dernière conférence, celle de lundi prochain, traitera des problèmes actuels, assez différents de ceux qui les ont précédés.
- Aujourd’hui nous allons étudier une des expériences les plus curieuses et les plus considérables qui aient été tentées et relevées dans l’histoire financière de tous les pays: c'est le paiement de l’indemnité de guerre de 70-71
- Avant d’entrer dans le vif de cette question, il importe de préciser quelques notions élémentaires.
- Les peuples font entre eux du commerce; ils vend ent et achètent les uns aux autres des marchandises qu’il faut payer. Ils font encore, depuis 50 ou 60 ans, des achats d’une mar-chandise nouvelle, qu'onappelle titres ou valeurs mobilières. De même qu’une marchandise, untitre se paie quand on l'achète à l'étranger, ou donne lieu à une créance quand on levend dans le pays ou on se trouve; mais il y a une différence entre une marchandise ordinaire et un titre. La marchandise, vous pouvez la cons ome er d’une manièreproductive, s'il s'agit de matières premières et il en est souvent ainsi. Le titre, au contraire, après vous avoir fait débiteur du pays qui vous l’a vendu, la Russie ou les pays scandinaves, vous fait créanc cier des arré rages, que vous doit ce même pays , auquel vous avez acheté,ou plutôt auquel vous avez prêté votre argent. Il entre donc dans les epératiene- problèmes du change des opérations analogues à celles de la vente des marchandi-
- Page de titre 1r - vue 3/42
-
-
-
- toF * "di w: bes te we S0 1. v*
- • 2 TES
- U. 1. 25 * Cl au % 2, —0
- 3
- p.1v - vue 4/42
-
-
-
- (2
- (32
- ses ordinaires, et des opérations propres à la vente des titres. A la base de tout cela se trouve lamonnaie inter-nationale: l’or, la seule qui soit acceptée. Tout se ramène à la comparaison de l’or pur contenu dans lamonnaie: quand on parle du"pair" , on fait unecomparaison entre l’unité du pays monétaire qu'on habite et la quantité d'or pur de la pièce étrangère, Etablir lepair entre deux pays, c'etst donc établir la quantité de grammes d'or qui existe dans les pièces deces deux pays.
- Toute marchandise devrait se payer en or, sur le marché international; mais de même que, dans une banque, onfai-des viremets d'un compte à l'autre, de même on fait des com-pensat ions entrela dette d'unpays et celled'un autre.
- Voilà par exemple l'Angleterre qui nous achète pour 1100 millions et nous vend pour 800 millions: nous sommes créanciers de 300 millions de francs. Elle devrait nous donner 300 millions d'or. Mais elle a d'autres moyens de nous payer, entre autres les frets des navires qui viennent apporter chez nous les produits vendus. Vous savez que le pavillon français, malgréla grande protection qu'on lui accor-de, n'arrive pas à couvrir plus de 25 à 28 6 au commerce de la France. Ce sont les pavillons anglais et norvégiens qui entrent leplus souvent dans nos ports. L'Angleterre a donc des moyens de nous payerla différence. Outre le fret, il lui reste la faculté, ou bien de recevoir des coupons de rente, qui la font créancière de la France pour une autrepartie de la somme, ou bien de sortir une quantité suffisante d'or, cequi est 1‘ "Ultimna Ratio" le dernier moyen qu'on neprend qu'en l'ab sence de tout autre. Les pays riches: l'Angleterre, la France, l'Allemagne d'avant la guerre, importaient plus qu’ils n'ex-portaient. Autrefois on aurait dit qu‘ ils se ruinaient, au-/5 jourd'hui on dit le contraire; ces pays ont d'autres ressources CN AV
- p.2r - vue 5/42
-
-
-
- p.2v - vue 6/42
-
-
-
- 22
- S
- Si la France par exemple a un solde, ellene sort pas d’or; l'er caisse de la Banque est très grande, elle vient de croître parl'appel qu'on a fait del'or, et il est permis de penser qu*, dawd
- il reste encore del'or qnas le pays. Pour acquitter nos det-tes, nous n’avons pas à exporter d'or, nous avons tiré sur l'étranger des lettres de change, pour qu'on nous paie les arrérages de nos créances, et les coupons des obligations que nous avons achetées, et qui représentent des capitaux s'éle-vant à 40 millards.
- Cela posé, je viens vous exposer, aussi rapidement que possible- car nous avons un long chemin à parcourir- la grande opération, réalisée dans le cours des années 1871-72-73 pour le paiement des 5 millards. Ces cinq millards n'ont fait sortir de France que 273 millions d'or, et un complément d'argent;
- qui s'élève à peine à 239 millions , soit un demi millard de monnaie liquide.
- Les prél iminsires de la paix ont été signés à Versailles le 26 Février 1871, 7 mois après la déclaration de guerre. La guerre à cette époque avait duré très peu de temps relativement à ce qu'elle dure aujourd’hui. Dès le début des pourparlers , les Allemands, rapaces, ont demandé comme premniè-re condition, 5 millards: un millard devait être payé en 1871, le reste en 3 ans. Aucune spécification sur la monnaie devant servir au paiement: on avait dit cependant quele thaler, qui était une monnaie d'argent, serait fixé au cours de 3Â75, le / florin d'Allemagne ou de Francfort à 2'15, et qu’ils pourrai en. servir au paiement de la contribution de guerre.
- Le Traité de Francfort signé le 10 Mai 1871, a précisé l'époque des paiements:.
- le premier, de un millard, en 1871 le 2ème , de 1 millard , le 1er Mai 1872 CENAN) le 3ème, de 3 millards, le 2 Mars 1874
- p.3r - vue 7/42
-
-
-
- p.3v - vue 8/42
-
-
-
- (4
- ou
- 9
- F ol
- Cela faisait en bloc 5 millards de francs.
- 11 avait été indiqué et spécifié que le gouvernement français pourrait s’acquitter avant les époques, fixées pour les versements, et que, si les trois derniers millards étaient payés avant l’échéance finale, fixée au 2 mars 1874, ils ser seraient libérés de l’intérèt de 5 % dont ils étaient grevés.
- Quelq étaient donc et quelles allaient être les pro-cédés de paiement de cette indemnité, qui paraissait d’au-tant plus formidable qu‘ on ne jonglait pas avec les mil-lions commeaujourd’hui ? On avait spécifié qu‘ on pourrait u -tiliser l’or et l’argent, soit en monnaie, soit en lingots et même les billets de la Banque de France, dela Banque Ro-yale de Prusse, de la Banque des Pays-Bas et de laBanque Nationale de Belgique. Enfin, untroisième moyen s'offrait on pouvait payer aussi en billets à ordre et en lettre s de change, négociables et de pre ierordre, valeurs comptant sur cesiemes pays, c'est-à-dire surl‘ Angleterre, sur l'Al-lemagne, surla Hollande et surla Belgique.
- C'était l’Allemagne qui se chargeait de liquider toutes ces lettres de change, tous ces billets à ordre, d'en fairela négociation pourles transforer en thalers , en florins, en valeurs tiréessur l'Allemagne, qui ne pouvaient êpre libératoires qu'autant que 1‘ opération était faite. Les Allemands s'en étaient c hargés à nos frais: cela nous a coûté si cher que nous avons demandé à la réaliser nous-mêmes, ce que nous aurions dû faire dès le principe.
- Voici le tableau des trois moyens de paiement; 1ère catégorie: unevaleur du cheminde fer de l'Est, se montant à 325 millions, L'Alsace et la Lorraine nous ayant été arra -chées, unepartie du réseau de l'Est se trouvait sur le territoire de l’Allemagne, L’Allemagne devait tenir compte à (81b. la Compagnie des lignes enlevées à ce réseau, estimées à CNAN/
- p.4r - vue 9/42
-
-
-
- p.4v - vue 10/42
-
-
-
- (5
- 325 millions de francs. Il fut entendu que l’Etat ferait la compensationde ces 325 millions, comme si l’Allemagne les lui avait versés à lui, et en tiendrait compte à la compagnie en lui donnant un titre de rente de 20 millions 1/2. Ce ti-tre représentait les intérêts des 325 millions, calculés sur le revenu du premier emprunt de guerre de 2 millards , émis à 82 frs 50 pour 5 francs. L’Etat se chargedonc de la dette de l’Allemagne, visà vis de la Compagnie de l'Est.
- Une petite somme de 98.400 francs revenait à la Ville de Paris les Allemands qui avaient imposée cette ville, lui devaient cette somme, à la suite de diverses opérations. C'étail d onc une somme de 325.098.400 francs, que le Gouernenent n'avait pas à verser, et dont nous n'aurons pas à nous occuper; l'Etat s'est substitué à la Compeg_nie de l’Est, puis à la Ville de paris, pour la recevoir et la reverser.
- D'un autre côté, onavait obtenu après la signature du traité de Fra ncfort que l'Allemagne acceptât 125 millions de billets de la Banque de France, cela par une convention ad-ditionnelle en date du 21 mai 1871. Voilà, pour le Gouverne-ment français , uneopération qui n'était pas difficile. Aller chercher les billets à laBanque et les remettre au Gou-vernement allemand. On ne sétait pas creusé l'imaginationfi-nancière pour faire ces premiers versements ou ces premières compensations . si on retranche du total de X* indemnité ces 4 50.098.400 francs, comprenant les 32 5 millions, delà Cie de l'Est, les 98,400 francs de laVille de Paris et les 125.000.000 de francs de la Banquede France, il reste une som-me de 4.459.901.600 francs. C'est cette somme qu’il fallait payer en numéraires et en valeurs; billets à ordre et lettres de change. Un autre arrangement, au mois de Juin 1872, avait permis au Gouvernement français de verser 100 millions de francs à l'avance, après un mois de préavis. L'Allemagne n'a CNAN _______________
- p.5r - vue 11/42
-
-
-
- (3 C
- 0 r 2 *
- wig 272
- 22 1 0
- *3
- : 0.
- <
- h : 9
- . w . * -
- g , D 1
- 2 0.0
- 1 ‘r , as y - Y
- ti 5 O f 2
- e
- ‘. • no
- bre
- D
- S
- 6 o ; * • - , -
- . ,
- - : “ 0 & 1 C * .
- - . - 5 2 0
- L " ans
- ..7 - 0
- o - • 1
- A
- y co. th 1
- - w t © —
- 1 1 " C " 52
- | € * al C 12
- D d P ne
- - 1 1 4 % &
- i Q -
- 22 03 P
- • > D : '
- E
- - i .
- + i 1
- LT0* se y e d — 1 (9
- y. . % tr y • ret 10 *.
- T* ,‘
- * - * 0 9 T
- y. % * 133 51 hos • : *
- : -
- wr 1 - A de su
- 3.2=2
- 4
- 2. 1 : , . : ga 4 t
- AT. 1 . ** “ "Tr . . , ter
- . 1 . 5 1 - 0.
- " : * : : - ee 63 0
- H
- H . , - s e D C * C
- bd. C. * - v* : ni r.e
- or (h. 1 : 1
- " 2 . E — - - •
- / e - , n
- .
- p.5v - vue 12/42
-
-
-
- 6
- jamais voulu recevoir d’argent en compte courant, et ce refus sug-géré par les craintes qu’elle avait des erreurs ou qu’elle ne fut gênée par des réceptions, a rendu les plus grands services aux affaX res, en Europe et dans le monde entier. En tous cas, elle nous a rendu à nous-mêmes un grand service pour nos emprunts. A quelque chose, malheur est bon. Cette exigence de l’Allemagne au lieu de nous être défavorable, servît à la France et aux affaires nationales. Donc, les valeurs, c ‘est-à-dire les billets à ordre et les lettres de chu ge, devaient fnxxkzkxêtre converties parle Gouvennement allemand aux frais du ouvernement français Pour ce qui est des valeurs allemandes, que nous avions en France sur l'Allemagne, il fut convenu qu’on prendrait les tirages français sur les maisons allemandes et qu’on les remettrait ensuite aux agents allemands: ils ne prenaient pas les valeurs et les comptes n'étaient réglés définitivement qu après négociation de ces valeurs.
- J'ouvre une parenthèse: je vous ai donné les grandes lignes de l’opération. Les intérêts, pour la somme restant à payer après les 2 premiers millards, se sont élevés très haut, à 5 $. ils se seraient élevés beaucoup plus haut encore si on avait reculé les paiements jusqu’au 2 mars 1874; la dette totale se montait donc en fait à 5.301.115.078 francs 44 centimes.
- De cette somme retirons les 450.098.400 francs déjà réglés: on obtient une dette de 4.851.046.678 francs 14, en chiffres ronds, 4 millards 850 millions.
- Le chiffre a été un peu dépassé du fait que l'Allemagne a fait des frais considérables pour convertir des valeurssur l’Angleterre et sur la Hollande: environ 12 a 13 millions. Comme je vous l’ai dit, nous avons trouvé que c’était beaucoup, et nous nous sommes chargés de faire nous-mêmes la conversion des papiers d'Angleterre, de Hollande et de Belgique . En consultant les chif-
- p.6r - vue 13/42
-
-
-
- p.6v - vue 14/42
-
-
-
- fres officiels publiés en Allemagne, on voit que l’argent regu de France s'élevait à environ 5 millards 567 millions, plus de 5 millards 1/2, parce que les Allemands ont compris dans l'indem-nité les contributions de guerre demandées à Paris et à d’autres villes, par eux occupées.
- Comment a t'on fait pour s ‘acquitter de cette troisième partie de la dette contractée ?
- D'abord 11 y a eu trois emprunts, 2 emprunts publics, et un emprunt fait directement à la Banque de France.
- le premier de 1 millard 530 millions le deuxième de 2 millards l'autre de 3 millards.
- Les deux premiers emprunts de guerre ont été faits par sous criptions publiques et l'histoire du premier est intéressante parce que c'est lui qui permet de tâter la confiance, non seulen ent du public frangais,mais encore des étrangers.
- L'emprunt réussit: il fut couvert 2 fois. Il eut lieu de 20 juin 1871; il se montait à 2 millards de francs à raison de 5 francs pour 82 fr 50. Il a donné 2 millards 226 millions; on compte en chiffres ronds 332 mille souscripteurs. La souscription totale s'est élevée à 4.900 millions environ.
- Je vous donne tout de suite le relevé du second emprunt. Il fut émis les 28 et 29 juillet 1872. La France avait déjà donné la mesure de son relèvement et de sa puissance économiques et de sa sagesse politique; cette fois on atteignit nominalement, 44 millards pour 3 millards: Il produisit effectivement 3.498 million de francs; il avait été offert à un chiffre plus élevé que le premier; celui-ci l'avait été à 82,50 pour 5 francs, l'autre le fut à 84,50. Ces deux emprunts donnèrent réellement 5 millarés 725 millions. Je ne vous étonnerai pas en vous indiquant que ce su1-plément de 725 millions servit en partie à couvrir des frais énor-mes de personnel, de commission, de transport, de change.
- /Bib
- CAV) Sur ces 725 millions, 55 seulement furent versés au budget
- p.7r - vue 15/42
-
-
-
- p.7v - vue 16/42
-
-
-
- (8
- MS 2.11 (32
- de l’exercice 1872. Et les intérêts, me direz-vous, qui s’élevaient à 301millions et quelques centaines de mille francs ? Ils furent payés sur le budget.
- Voici que nous arrivons, après cet exposé, au plus intéres-sant de ces problèmes de change
- Vous con laissez les conditions de paiement, vous savez où on a pris l’argent, qu’il s'agisse de billets de banque, de souscriptions publiques ou même d'inscriptions au budget.
- Codent s'y est-on pris pour payer? Que visaient les financiers de l’époque ?
- Ils visaient à ce qu’il sortit le moinspossible de monnaie de ce pays pour ne pas lui enlever sa circulation monétaire sérieuse, en or et en argent.L'argent avait déjà baissé mais éar pas encore dans la pro ortion où il a baissé en 1874,75 et 76. Un pays qui serait obligé de sortir tout son or pour payer une dette rendrait très difficile son commerce avec l'étranger. Quel stock possédait alors la France? Le plus considérable du monde entier. On ne peut pas l’évaluer très exactement; on estirait qu'il s’élevait à environ 5 millards et plus peut-être
- Voyez-vous l’or ramassé partout, dans les bas de laine, et jeté sur l'Allemagne 1288
- C’eût été un désastre; on ne paie pas avec de l’or quand on a d’autres moyens de solder des opérations de cette envergure.
- Les encaisses de la Banque de France s'étaient élevées avant la guerre; mais on ne peut savoir si le chiffre qu’on donne comportait de l’or ou de l'argent. On faisait un bloc de tout. En 69-70, il y avait 11 à 12 millions. Après la guerre, en 1871, 72 et 73, cette encaisse était tombée. Elle remonte en 1874, dépasse 12 millions en 1877, et arrive à 2 millards de francs. I 1 était donc rentré, venant soit du public, soit de l’extérieur de l'or et de l'argent. Il fallut beaucoup de mon na1 au début /Bib VCNAL /
- p.8r - vue 17/42
-
-
-
- p.8v - vue 18/42
-
-
-
- du paiement de l’indemnité de guerre et l’on avait été obligé de frapper des billets de 5 francs que rappellent ceux d'aujourd ‘hui. Le cours forcé fut donné à la Banque de France. Tout le monde était obligé d’accepter ces billets: la France de France fit une émission de 2 millards 200 millions, bientôt portée à 3 millards, et en juillet 1872, à 3 millards 200 millions, ta Banque de France a très bien manoeuvré à cette époque; mais 11 faut rendre justice a l'Etat, qui , pontuellement à rempli ses engagements vis à vis d° e le.
- Bien avant l'échéance fixée pour le cours forcé, la Banque de France put payer en écus de 5 francs; le 7 mai 1874, elle donnait des pièces de 10 francs, et la pièce de 20 francs ne tarda pas à sortir de ses caisses. Officiellement le cours forcé n’a fini que le 1er janvier 1878.
- Le versement des 2 premiers millards a été effectué à Strasbourg en 16 paiements; c’est là qu’on a donné les 125 millions de billets de banque et l’or et l’argent. Le comptage a été très long: on ne comptait pas plus de 800 mille francs par jour, on vérifiait les pièces de très près. Les Allemands sont très dé-fiants. BismarK, en entendant parler de billets avait rien con-pris, 11 voulait de l’or; 11 a fallu que des banquiers viennent lui expliquer que ces billets à ordre et ces lettres de change n'étaient vraiment portés en compte, qu'après avoir été négociés mais que ce serait du bel or allemand ou de l’or anglais qui lui æntrerait.
- Cette première opération a duré du 1er janvier 1781 au 8 mars 1872. L'autre s'est faite du 5 Août au 5 septembre 1873. On donna, outre les 125 millions de billets de la Banque de Franco 105.039.145 frs 18 de billets allemands. Les Allemands en France avaient acheté certains produits que leur intendance avait payés avec de la monnaie allemande. Quand on les aura mis a la porte,
- p.9r - vue 19/42
-
-
-
- p.9v - vue 20/42
-
-
-
- /10
- on n’en trouvera pas autant.
- Nous avons sorti 273.003.058 francs 10 centimes d’or. Peur L’argent a atteint la somme de 239.291.875 fr 75.
- Que les centimes ne vous étonnent pas, car ils ont leur signif ication: autrefois quand on expédiait de l’argent, il tait convenu que c’était le garçon qui payait le sac et la ficelle. C’est Napoléon qui a décidé que cesfrais incomberaient au destina-taire, au moment où, tout en préparant des événements stratég ques il vérifiait des comptes de caisse sur le iémen.
- En numéraire, nous avons donc donné: 512 millions294.934 francs 15 centimes, dont 273 millions d’or et 239 millions environ d ‘argent .
- ou avons-nous pris des 273 millions d’or ?
- 1° 150 millions dans la Banque de France, 125 millions dans les caisses publiques et le reste en achats. Tous ces versements ont été faits à Strasbourg. 11 était avantageux pour nous de sortir tout de même de l’or. C’est le résultat d'un petit raisonnement que je vais vous indiquer et qu‘11 est facile de comprendre. L'Allemagne, à ce m ment , plus avisée que nous, qui avons attendu 1878 pour aboutir à un monométallisme boiteux, choisit l'étalon d'or, que l'Angleterre avait déjà adopté depuis le commencement du 18ème siècle. Elle avait besoin d'or: nous lui en avons fourni directement, pour éviter qu’elle n’aille chercher ailleurs de quoi frapper ses pièces, en Angleterre par exemple. Elle aurait raréfié l’or sur le marché de Londres, qui ne garde que ce dont elle a besoin, qui travaille avec un stock réduit; l'escompte aurait alors augmenté et le change de la livre sterling nous aurait coûté beaucoup plus cher. Il était donc préférable de nous séparer de 250 millions.
- Cette opération de versement d'or n'a pas été sans faire souffrir un peu le commerce français. La plus petite saignée donne toujours un petit coup à celui à qui on enlève du sang; on
- p.10r - vue 21/42
-
-
-
- p.10v - vue 22/42
-
-
-
- (11
- nous retirait un peu d’or: le choc opératoire s’est fait sentir et c’est de là qu’est venue cette gêne de notre circulation moné-taire qui s'est dissipée peu à peu.
- Il s'est produit un cas très intéressant que Je vous rap-porte non pas tant pour rappeler un fait historique que pour profiter de l'enseignement qu’il comporét.
- La Ville de Paris avait été obligée de verser de l’or aux Allemands: Un syndicat de banq iers fut fondé à ce moment et 11 trouva la moyen de racheter dans des conditions spéciales l’or aux Allemands et de le ramener en France, à
- L'argent a donné lieu aussi un petit problème, intéressant à citer, parce qu’il ne se reproduira peut-être plus jamais , quoi qu’on ne puisse rien présager de l'avenir...
- Il y avait à Hambourg, depuis le 13ème siècle, une vieille banque qui avait été créée en manière de remboursement d’une dette contractée envers l'Etat. Elle ava t pour but de constituer une caisse commune et de régulariser la frappe des monnaies dont le Gouvernement diminuait de plus en plus la valeur en taillant dans un même poids de métal déplus en plus d'unités monétaires. A Hambourg on avait créé la monnaie de compte, comme à Amsterdam, à Venise, à Gênes, et ce me en Angleterre. La banque de Hambourg donnait comme monnaie de compte 500 grammes d ‘argent fin pour environ 119 inalers. Nous avons eu avantage à ce moment, à exiger de la banque de Hambourg qu‘elle re Poussât, avec sa monnaie, la valeur de tous les papiers achetés sur Zelle et sur Hambo rg.
- Elle nous a donc envoyé son argent; nous l’avons fait frapper et convertis en monnaie frangaise. Nous l’avons donné aux Allemands réalisant ainsi une opération assez profitable.
- Voilà donc ce qui concerne les métaux précieux; il n'en est sorti de chez nous que pour une somme qui ne dépasse par un demi -millard.
- /Bb.
- CNAN
- p.11r - vue 23/42
-
-
-
- p.11v - vue 24/42
-
-
-
- ns 241 (32)
- Nous devons beaucoup de reconnaissance à cet égard à M, Léon Gay. L’administration des finances françaises s’était trouvés enface de problèmes qu'elle ne connaissait pas . Elle n'a pas manqué de conseillers évidemment, mais dans ces moments de crise, on peut se trouver dans le cas d’un médecin devant un malade et rester dérouté par l'aspect nouveau de la maladie. On n'avait jamais vu une crise qui ait amené des problèmes de ce genre. Un monsieur qui fait du change à la banque l'ignore; il sait faire un change, il sait lire une cote, mais des éléments Rk du change, de ces
- et des variat ions-es éléments ée, il ne faut pas parler, 11 ne les comprend pas. Notre administration financière s'était trouvée un peu étourdie; elle avait acheté du change un peu rapidement, elle avait peur de n'en plus trouver, et puis, disons-le les financiers d’état avaient pas été des financic rs privés. Celui qui a dirigé et appris les finances privées peut devenir un bon financier d'état; c’est la meilleure méthode pour devenir un bon financier.
- M. Léon Say qui s’est occupé particulièrement du paiement de cette indemnité et a fait le rapport des opérations qu’il a comportées était un financier de haute valeur. Il avait fait un stage dans des administrations privées avant d'être administrateur de la Compagnie du Nord. Il a parlé du change avec l’esprit d un financier compétent. Horace Say, son père, avait habité le Brésil et traité avec lui. Or, le Brésil a toujours eu beaucoup de roblèmes de change à résoudre. C’est à cette école que Léon Say a étudié les questions monétaires et les changes.
- Son rapport est une merveille d'exposé; il explique les causes plus ou moins apparentes qui ont agi sur le grand mouvement des capitaux qui sont partis de France, d’Angleterre et de Bel-gique.
- Un exemple montrera l’influence que peut exercer sur la /Bb.
- NA
- p.12r - vue 25/42
-
-
-
- p.12v - vue 26/42
-
-
-
- Ca
- solution d’un problème la compétence des gens de métier:
- L’Administration des Finances avait fait monter la livre
- sterling à force d’en acheter. De 25 frs 20, au pair, elle montait a 26,18 en Octobre. Le plus bas cours dans lapremière partie de paiement a été de 25 frs 21, le plus haut fut 26,18; c’était le résultat d’une fausse manoeuvre: l’Administration des finances aval voulu agir elle-même.
- Dans la seconde partie, en 1872, le cours le plus bas est , un peu plus élevé que dans la première période, mais le plus haut fut 25,28 en ovembre 1872; au moment des plus forts paiements, le cours ne plus haut n’a pas dépassé 25,27 en juin 1873.
- Vous voyez que les fluctuations du change n’ont pas ici les soubresauts de la première période parce qu’on avait eu re-cours à l'expérience d’hommes qui étaient plus que des fonc-tionnaires.
- Pour terminer les paiements, il fallait trouver du papier qu‘on puisse convertir en papier allemand; pour cela il était nécessaire que l'Allemagne nous dût le montant du reliquat, on compte 120 mille effets qui smélevaient à 148 millions, billets à ordre et lettres de charge achetés par le Gouvernement français et transformés, pour être payés en Allemagne: 11 y en avait de moins de mille francs et de plus de cent mille francs.
- On ne créé pas 120.000 effets du jour au lendemain:
- - Comment a t ‘on trouvé, en dehors des effets mêmes qui ne sont que des instruments, la raison même de ces effets ? Assurément ,
- un effet représente une ouvert sur une personne ture implique confiance
- transaction, une marchandise ou un crédit qui paiera à l'échéance et dont la signa-et sécurité. Il fallait aussi que ces
- papiers
- représentent des opérations telles que nous ayons pu les ayons pu_
- acheter et que nous'les faire passer en Allemagne: en a ‘autres r
- % H s (D 0
- «
- il fallait que les Allemands les prissent comme des dettes
- CNAW
- p.13r - vue 27/42
-
-
-
- p.13v - vue 28/42
-
-
-
- qu’ils auraient contractées. Il faut toujours pourcela considérer trois éléments dans le change: la marchandise, les métaux précieux, et le titre ou la valeur mobilière, avec ce qui en ressort, les coupons, les bénéfices, les dividendes , puis les commissions, les frais, etc. l’argent apporté par les voyageurs. Tout cela ce sont des éléments secondaires, mais qui n’en existent pas moins.
- Il était donc nécessaire que nous fassions des emprunts, an dehors , ce qui était encore un moyen de rendre le change favo-rable.
- Les emprunts, le premier comme le second, ont été faits non pas comme de simples emprunts, pour la France seule, mais pour tous les pays du monde, Sur 40 et quelques millards nominaux que composaient le 3ème emprunt, l’étranger était compté pour 26 mil-lards.
- Qu’a fait l'Etat? Le Sous-Secrétaire des finances étran-gères a dit:w Mes emprunts pourront payer en valeurs étrangères, en valeurs d'Angleterre, de Belgique, etc.. Je n'ai plus qu’à faire le change sur l’Allemagne et je n'ai pas un sou à payer."
- Le premier versement du premier emprunt a donné: 213 mil Le premier versement du deuxième emprunt a donné: 389 ,,
- c'est-à-dire : . .. . 602
- Les versements successifs libératoires ont donné beaucoup plus que cela, nous le verrons tout à l'heure.
- Il fallait encore faciliter l’anticipation des versements en valeurs étrangères en donnant des avantages à ceux qui feraient cette anticipation: on constitua , on fit une combinaison de syndicats de banquiers du monde entier dont la raison sociale révélait 55 noms; parmi ces 55 membres, il y avait des syndicats , ce qui en porte le nombre à 80 environ. Ces 80 banquiers se sont engagés à fournir millions de francs à l’état français
- p.14r - vue 29/42
-
-
-
- p.14v - vue 30/42
-
-
-
- à la condition qu’ils auraient des avantages dans l’emprunt.
- En effet, la spéculation s’était emparé des emprunts, comme il advient toujours dans le cas des versements échel nnés. Il y a des rentes libérées et des rentes qui ne le sont pas; on avait spéculé sur les valeurs libérées par rapport aux valeurs non libé-rées; on faisait des bénéfices , mais cela laissait l’emprunt plus ou moins en l’air et établissait un flottement regrettable.
- Peut-on savoir ce qu‘ont donné ces divers emprunts ?
- Je vous l’ai dit déjà pour les premiers versements: les premiers versements du premier emprunt ont donné : 213 millions
- ceux du 2ème emprunt ont donné : . ..................389 ,,
- Soit en tout : . . . . 602 ,,
- Tandis que les versements libératoires du * -premier emprunt ont donné 186 ,, ceux du deuxième emprunt ont apporté : 985 ce qui représente un total de . . . 1,171 millions avec les deux premiers versements de .... 602 ,, nous avons eu .... . 1.773 ,,
- que les étrangers ont apporté à l'emprunt français et que le Gou-1 ernement français n’a eu qu'à donner à l‘Allemagne.
- La cause du premier succès de ces placements à l'étranger n'a pas résidé dans toutes ces combinaisons de secone ordre; c’est la confiance qu'on avait dans le créait de la France qui nous a permis de trouve r les 5 millards qu’il nous fallait pour les rendre à l'Allemagne qui venait de nous les arracher après nous avoir pillés.
- Je fais une petite digression sur l’or.
- Le cours forcé de l’or fit monter la prime; elle était de 2 et 3 % en 1871; elle arrive le 16 Septembre 1871 à 24 et 25 fr %0 , puis elle retombe à + en 1872, à 3 le 10 mai. Elle remonte à
- p.15r - vue 31/42
-
-
-
- p.15v - vue 32/42
-
-
-
- 15 jo en Septembre 1872, au moment où on préparait les autres paie-ments. Elle tombe à 1 ou 2 pour arriver à O dans c s dernières années.
- Les Allemands ne voulaient pas qu’on leur verse chaque jour en compte courant; ils avaient voulu des versements en bloc qui nous ont été très utiles. Les banquiers, en effet, en attendant se servaient de cet argent. Il y eut alors une circulation qui fut favorable au commerce, partout n Europe et enfrance. Les Al-lemands n’avaient cru prendre qu'une très grande précaution.
- IL est dureste à remarquer que les économistes d’outre Rhin sont hypnotisés par cette idée qu’il n'existe qu’une éco-nomie politique et que c’est l'économie politique allemande; en dehors d'eux, ils ne conçoivent pas cette science. La science économique, cependant n’est pas le privilège de Messieurs les Allemands; ils n’en ont pas le monopole . Est-ce que les principes de la physique, de la mécanique ne sont pas communs au monde entier. Il en est de même des p incipes de la science économique; seule-ment les uns les appliquent au bien, d’autres s’en servent pour le mal: tels sont les Allemands; ils l'appellent leur science nationale. Nous la leur laissons. Pour nous, ce n'est pas la vraie science
- Quel commerce faisions-nous avant la guerre? dans quelles conditions d'équilibre étions-nous ?
- Nos importatio s étaient de
- Nos exportations étaient de
- Noue devions donc • • . 201 millions à l'étranger.
- En 1868, cet excédent des importations était de 514 millions.
- En 1870, nous étions débiteurs de millions, commerce spécial, c’est-à-dire, commerce de toutes les marchandises con-
- sommées en France. Le commerce général /Bib.
- comprend le transit et le
- 9
- p.16r - vue 33/42
-
-
-
- p.16v - vue 34/42
-
-
-
- (17
- comil erce spécial. Il ne faut donc pas, comme l’a fait récemment une commission, totaliser le commerce général et le commerce spé-cial pour évaluer le commerce d un pays, c'est faire double emploi.
- On trouve de ces erreurs dans les commissions parlementaires.
- La différence de nos importations était de 65 millions en 1871. L'utilité , la nécessité de faire des importations de blé et de toute espèce de chose fait monter la différence à 694 millions.
- En 1872, tout change, le coup de fouet donné par la reprise de la vie économique en France nous fait exporter 3 millards 765 millions, contre 3 millards 570 d'importations. Nous gagnons 192 mill ions sur l'étranger. En 1873, nous enregistrons un gain de 327 millions. Vous me direz: les millards de 1870 , à payer, quelle mine feront-ils vis-à-vis de ces 325 millions. Mais 11 faut prendre garde de ne pas oublier les titres et les valeurs que la France possède à l'étranger.
- La France pouvait avoir comme revenus payés par l'étranger, intérêts ou dividendes environ 8 ou 950 millions. Ajoutez à cela les centres industriels qu’ont créés au dehors, des Français et qui nous procurent des bénéfices considérables; ces industries sont encore trop peu nombreuses malheureusement mais celles qui existent sont déjà très prospères. Tous les ans nous pouvons compter entre millions et 400 millions. Ajoutez-y nos coupons,
- nos bénéfices, nos rentrées d’argent opérées par les voyageurs et nous arriverons à ce chiffre, de 2 millards et demi de francs qui représentent la source de nos revenus pendant les trois années 1871-1873.
- Mais au fond , cela n’explique pas le paiement de ce qui reste. Il y a là un problème qui manque de données précises. Le change échappe à la mesure précise de la statistique en ce qui concerne les valeurs mobilières, on pouvait payer de diverses fa-gons les reste de ces 4 millards; newe 2 millards 1/2 sont venus sous forme de papier tiré sur l’étranger, il a du sortir de France eNew sous forme de valeurs françaises ou (traneren en ,0
- p.17r - vue 35/42
-
-
-
- 2. D 17 * - ' : ntT ‘ •
- C04 .NSC ' 4 0 -0 E-toc/4
- v :
- 7 400. tr C A • ‘ ,
- the < S ’ * ’-- trait "ve wm 2275 - 20*1* -/-* vol cr rate
- C 50 c
- 1 23 Su Es 4 %, : 8-u ohe 1 20 by$01 : Ch
- 2 GX T
- *
- T9 . 10 29 F* A C 1 0 * • te . S $ 1 <- . 2 Io Ï-,
- . . 00,55
- CaC to ... ( 4 La sa * ta -1 0S " ? E 3 C -
- - *-
- 2 00 . c, 0. ,- / 1 i - * , • . **: Cy
- 0
- C.T OU
- syit DCSS S1 C 1 $4’
- D.I ht v* . 247 00
- -E* mes 3. : t 3. v : 2
- C 0 C 40 € * S C Ci - 4 * i p -ys A
- -.00 fe - roOS
- 0
- 4 2 - J O U E Co /
- th , h E n b- , , C I 17 - Y ( : * 2
- 50 . . - 2
- 3* * 5
- I-Mi EsQ
- -. i Iy " 0. I-v $2 Es f 14 L5 E
- *
- 1 1 Fv D M M 2 - 6 2* $ i
- C , . , C C C - : - : CA
- -07
- g c. Ico 0 *
- - : sn - -4
- Ty C. * . 00 - $ C * : " * fe. - e
- ** - ’ 2
- 4 C 4 * (h : I . C ET 53
- Art $ “9 haA
- .1 — wr.TT cs • $ 1, so- in +4 es p* 20 : * i* ei . 1 **- * CoC #0 S -
- + ’ .
- Ce-4 =*
- p.17v - vue 36/42
-
-
-
- ( 18
- et demi. Certaines personnes ont vendu des titres à l’étranger pour faire de l’arbitrage ou de la spéculation et nous ont permis de faire du change. En somme, il ressort de cette opération que nous avons emprunté en France et à l’étranger; l’étranger a fourni de l’argent que nous avons donné à l'Allemagne, et nous avons envoyé toutes nos économies à Berlin. L'Allemagne, elle, atransformé toutes ces lettres, tous ces florins, tous ces francs en thalers.
- Mais l'Allemagne a dû sortir aussi beaucoup d'or, car elle a fait en 1870, ce qu’elle ne peut faire aujouré ‘nui; elle a acheté quan-tité considérable de marchandises principalement en Angleterre; il a fallu payer; elle a placé beaucoup de bons du Trésor allemand, elle a beaucoup emprunté, et c’est probablement tout ce qu'elle devait qui-éeva4t nous a permis d’obtenir à l'étranger les valeurs allemandes que nous lui avons rendues.
- Voilà donc l’exposé de ce fameux problème de l'indemnité de guerre. Vous voyez qu/il a soulevé des questions extrêmement intéressantes, dont on peut, expliquer les unes d’une façon pré-cise, et dont on ne peut donner pour les autres que des indications hypothétiques, mais se rapprochant de la vérité. C'est un point déjà extrêmement intéressant parce qu’il devra servir à ce que je ourrais appeler l’expérience des finances d’aujourd’hui Assurément, aujourd'hui, les conditions sont extrêmement différentes de cette époque. A cette époque, la guerre était finie, la paix était signée, les affaires pouvaient reprendre, la guerre n’avait pas été mondiale c mme elle l'est. Deux nations seulement y avaient pris part, elle n’avait duré que 7 mois et si elle avait empêché dans une certaine mesure de faire les semailles d octobre, 11 y avait encore la reprise du mois de février. Ces 7 mois avaient ap orté des désastres, mais n’avaient pas touché la France comme la-guerre comme la guerre l'atteint aujourd’hui, comme elle menace les neutres qui souffriront parce qu’ils n’ont pas voulu compren-dre qu’ils avaient intérêt à finir la guerre. Ils sont différents
- p.18r - vue 37/42
-
-
-
- p.18v - vue 38/42
-
-
-
- O%
- non en eux-mêmes, mais par la forme qu’ils affectent. Les éléments dont ils se composent ont des amplitudes 1 lus considérables, 11s se cotent par des chiffres différents, mais ces éléments sont de même nature; 11s se compliquent d’une foule de questions d’ordre psychologique, qui seront peut-être la base de ma conférence de lundi prochain sur les problèmes actuels du change, conférence qui sera la dernière de cette série.
- p.19r - vue 39/42
-
-
-
- p.19v - vue 40/42
-
-
-
- p.n.n. - vue 41/42
-
-
-
- p.n.n. - vue 42/42
-
-