Conférences de guerre [1914-1918]
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- L’idée de 101 est sans doute la notion la plus répandue dans les sociétés civilisées; c’est celle qui s’impose avec *= plus de généralité et plus de force aux esprits et aux vo-lontés des membres de ces sociétés.
- Quels que soient l'origine, les traditions, les coutu-mes, les décrets de l’autorité politique ou les décisions, les résolutions du pouvoir parlement aire, considéré comme représentant la volonté, la raison de la nation, la loi doit être considérée comme la base fondamentale de tout édifice social, comme la règle de vie de toute société organisée; et pourtant, on peut affirmer que la complexité de cette notion échappe à beaucoup de ceux qui en suivent les applications; il y a bien des sortes de lois et qui ne se ressemblent pas, sans par-1er même de celles qui ne portent ce nom que métaphoriquement : lois de la nature, les lois religieuses, les lois morales, 4 ses lois économiques qui ne sont pas des lois véritables.
- Il y a lieu de faire une profonde distinction entre les institutions que ces mots recouvrent.
- Commençons par séparer trois grandes lois , qui constituent les assises de toute société organisée, les éléments de l’armature de ces sociétés:
- la- loi..pénale qui établit la règle des moeurs au point de vue du respect des personnes et des biens, avec les sanctions qui sont attachées au maintien ou à la violation de l’ordre social;
- la loi fiscale qui comprend les impôts c’est à dire a part que chacun prend proportionnellement à ses moyens ,à son état dans les dépenses générales que la société fait en faveur de ses membres;
- enfin la loi militaire qui vise la défense nat ionale
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- contre l’étranger .
- A part ces trois grandes lois de structure, 11 y en a trois autres qui doivent encore être parfaitement distinguées: de celles-ci:
- les lois civiles qui visent les statuts des personnes et des biens, les relations entre les individus au point de vue de leurs droits et de leurs propriétés;
- les lois politiques qui concernent les relations de l’état avec les citoyens, des citoyens envers l’état;
- enfin les lois sociales qui seules nous int éressent et qui réclament une attention toute particulière.
- Qu’est-ce qu *u ie loi sociale? Au premier abord. Messieurs, il semble qu'il n'y appoint de différence essentielle entre la loi sociale et la loi civile puisqu’il s’agit de part et d’autre de ce que 3 'appelais tout à l’heure le st: tut des relations des individus entre eux et avec les institutions qui intéressent le maintien de la société. En réalité la loi sociale vise bien ce même objet, mais vue dans un sens absolument nouveau et à beaucoup d’égards , moderne, sinon contempo-rain, il s’agit des rapports des citoyens entre eux et avec l'état, mais considérés d'après un triple principe qui est l’essence même , la base de l’avenir social.
- D'abord le premier de ces principes c’est le prix ab-solu, lea valeur infinie en quelque sorte, de la personne humaine en temps que telle, l’affirmation que les droits individuels équilibrent tous les autres,même celui de la communauté et que le développement social ne peut avoir d’autre but que l’amélioration de la destinée des individus, des personnes qui forment la société.
- C’est là un principe issu de la Révolution et dont on retrouverait la formule a toutes les lignes de la Déclarât ion des Droits de l'Homme et des Citoyens.
- Le second principe plus profond et plus fécond encore
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- d’applications etest la solidarité de tous les membres de la société humaine, disons mieux, de la/amille même, considérés comme représentant à travers l’histoire, la continuité d'une race ou chaque nouveau venu est l’héritier de ceux qui l’ont précédé, et jouissant du droit de réclamer sa part de l’héritage, mais aussi frappé du devoir de le respecter et de l’augmenter. Vous reconnaissez vous-même la thèse qui a inspiré le beau livre de M. Léon Bourgeois sur la solidarité sociale. L’enfant qui vient au monde ne commence pas une existence nouvelle, ou plutôt l’âme nouvelle de cette existence est en quelque sorte insignifiante en regard de ce qui est en lui et autour de lui; Il porte dans ses veines le sang qui a été,qui est celui d’une race et qui a été ennobli par des générations dont le travail et l'éducation en ont modifié les tendances sociales; il arrive dans un pays constitué aussi par une race et un e race dont les douleurs et les hauts faits de tous les incidents de vie extérieure ou extérieure se sont résumés en l’état social présent. Au moment où l’enfant arrive au jour, il n'est pas, et je
- rappelle ici une des pages les plus éloquentes de M. Léon Bourgeois, il n’est pas jusqu’au vêtement dont on entoure ce petit enfant qui n ‘ait une part dans ces facteurs où se résument tout l’effort de l’humanité antérieure, en particulier
- de l’espèce à laquelle il appartient. Si c’est un lange.de ou de coton
- lainevil a fallu Jacquard pour le tisser; s’il est de soie, il a fallu pénétrer jusqu’en Chine pour rapporter la dépouille du fameux Bombyx; il est mis au monde par la science d’un médecin qui n’eut pas possédé cette science et n’eut pas protégé cet enfant au débu t de sa vie s’il n'y avait pas eu
- (suivent ici quelques noms de médecins )
- qui ont retiré à la mère et à l’enfant les dangers de mort qui les menaçaient .
- Il fait ses premiers pas, il e tre à l’école et c’est le
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- monde tout entier qui se penche sur lui; tous les génies de sa race viennent exprimer le meilleur de leur oeuvre dans le
- petit livre et dans l’enseignement dont il profitera.
- Il est l’héritier du monde et surtout l’héritier de sa nation.
- De là nait pour lui un droit à prendre sa part de tout ce trésor accumulé en vue de, tous ceux qui vont venir, mais aussi un devoir de ne pas laisser péricliter cette fortune dont il profite, de l'augmenter, de le transmettre amélioré en quelque sorte à ses héritiers, à ceux qui vont venir à leur tour.
- Messieurs, cette idée de la solidarité sociale/s inspire toutes les lois qui ont été imaginées, votées et appliquées pour rendre l’individu plus apte à recueillir ce droit, à remplir ce devoir.
- Le troisième principe dont j’ai parlé et qui est la raison d’être des lois sociales , c’est la foi au progrès so-cial; car Messieurs, il ne serait pas besoin de lois protectrices de l'individu, de sa santé, de sa sécurité, de sa dignité, si,comme dans les sociétés antiques et principalement les sociétés orientales et dans certaines sociétés dont nous subissons en ce moment l’assaut meurtrier et barbare, si, dis-je, le but était seulement de produire une certaine résultante matérielle ou intellectuelle indépendante de l’idée du bien, disons mieux, de la bonté. Lorsqu’on réfléchit, et Dieu sait si l’on est amené, ces temps derniers à réfléchir sur le fond des choses, lorsqu’on se demande quel est le, but de la société humaine, à quelles fins elle tend, on ne peut pas se répondre qu’elle tend à la mise en valeur et en oeuvre matérielle de la planète sur laquelle l’homme a été jeté; l'homme aura beau tirer des entrailles de la terre tous les métaux précieux et tous les métaux utiles, transformer en ma-chines, /en instruements de travail tout ce que la terre peut posséder de solide ou de solidif iable , il aura beau changer la planè e en une espèce d’univers où tous les rouages seront
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- adaptés les unssaux autres comme le voudrait cette abominable théorie de l’organisation définitive de la civilisation, est-ce que le monde en vaudra it mieuxr est-ce qu'une machine vaut mieux qu’un bloc oui, si elle donne plus de moralité et plus de bonté; non, si elle est faite pour blesser, pour tuer, pour anéantir l’oeuvre de civilisation que l’humanité entre-voit pas dessus le labeur de chaque jour.
- • Pas davantage nous n‘admettrions que le but de l’humanité est de produire des savants et de formuler des vérités, ce qu’on appelle vérités et qui est bien provisoire et bien changeant : Ptolémée ne se trompait pas en imaginant avec les le
- données de son temps AR monde comme il le voyait avec la terre au centre et l'ensen ble de l’univers tournant autour; Tyccho Brahé ne se trompait en temps qu’il représentait......
- pas plus que Copernic, pas plus que Galilée, pas plus que Newton, pas plus que Laplace et que bien neutres jusqu’à Berthelot qui se sont occupés de la mat ière et de la molécule. Se trompaient sils sur la constitution du ciel qui est peut-être un corps dont les astres sont les atomes mo-léculaire? Ils ne se trompaient /^ ils exprimaient à ce mo-moment l’état du monde.
- Est-ce que cest cela le but du monde. Non, il est affirmé à l'homme, certes, que la science l’élève. Elle fait une aristocratie qui s'aug-mente de plus en plus et on peut admettre un moment où la plupart des nommes seront prêts à réver bérer dans les esprits qui semblent le moins capables de cet effort/la vérité telle que l/numanité-la formulée.
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- mais ce n’est pas notre but; il nous faut un idéal et cet idéal, la science sociale, la loi sociale, l’économie sociale , ne peutepas être en dehors de celui-ci: rendre l’homme plus heureux et meilleur. Voilà , Messieurs , les trois principes sur lesquelles rep se l’économie sociale.
- Voilà donc un terrain particulier , une méthode et un idéal pour leshois sociales. Comment procèdent-elles? Eh bien elles ont encore un aspect original du coté de ce mode de procède. Elles visent en général, non pas des interdictions, comme le font les lois civiles, les lois pénales, mais des actions; elles'tendent à accroître un certain trésor positif et à cause de cela, il est difficile, s’adressant à tous, qu’elles aient un organe administratif ou gouvernemental adéquat et suffisant, pas phus qu’il n’est facile de leur donner des sanctions pénales. Pour les autres lois, il y a des gendanmes ; il y a des percepteurs; il y a des notaires; ici, il n’y a rien de tout cela; lorsque quelqu’un ne fait pas son devoir sociale, on ne peut pas l’arrêter; c’est un devoir de surplus, un devoir de pour ainsi dire mieux, un devoir qui exige que l’homme sorte en-quelque- sorte de lui-même et se dépasse. Si sa faiblesse le maintient au-dessous, c’est de notre faute et cilest la sienne. Il nty a pas de moyens de l’y contraindre.
- Que sont ces lois? Ces lois sont des conseils, des appels à la conscience, à la raison et , je vais dire le mot, au coeur des citoyens. Que supposent-elles. Elles supposent, Messieurs, que l’éducat ion des citoyens est faite, et par éducation, j ‘ai en vue ici, une idée que, vous connaissez tous, et que nous ne formulons pas assez à nous-mêmes, et dont vous allez tous reconnaître la dustesse, cette éducation consiste à avoir la conscience du mal social et la volonté d’en sortir.
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- On l’a dit, ce qui manque dans les démocraties même libres, mê-me civilisées, c’est le sentiment d’un malaise réel, remplaçant une habitude et une résig ation qui n'entendent aucun progrès. Souvent, 11 me revient à l'esprit, et je l’ai pu citer déjà ici même, cet admirable, ce profond, ce cruel mot de Vauvenargues : "le pire danger de la servitude, c ‘est qu’on s'y habitue." cela est vrai des maux s ciaux; des mauvais logements, de l’alcoolisme, de l'ignorance et de tous les obstacles que le peuple rencontre à sa libération.
- Le premier devoir de l’éducation c’est de faire voir le mal à ceux qui en souffrent et de leur donner la volonté d'en sortir.
- Cette volonté, Messieurs,supposedéjà une expérience et du mal et de l’effort.
- Les lois sociales ne créent nullement le remède aux maux; elles n'inventent pas de système^s pour améliorer la situat ion du p uple. Elles supposent précisément, que des maux sont nées spontanément la conscience de souffrir et la volonté d’échapper au mal et que de cette conscience et de cette volonté sont nés des embryons de moyens, des embryons d'oeuvre et dlinstitu-tions ; Les lois sociales ne créent rien; elles rectifient les Cessais spontanés qui ont surgi comme réponse en quelque sorte au mal ambiant; elles généralisent ; elles régularisent; elles étendent leurs résultats. Et ici encore ciest une image qui s'impose à ma pensée. Vous savez comment se créent au plus profond des océans, dans ces abîmes où s’élabore le secret de la vie, comment se créent les nouveaux continents. Des animalcules imperceptibles, presque, des infusoires, vivent et en vivant réalisent un effort qui, par la distillation deane partie des matières suspendues dans l’eau de mer où ils se trouven t, leur permet certaines secrétions solides qu’ils déposent en mourant. Ces espèces meurent mais pas tout entières;
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- elle s me urent en k&s laissant le produit de leur travail, le résumé concret é de leur vie; elles subsistent; elles sont im-mortelles, même si nous ne faisons pas intervenir le problème de l’âme et de son immortalité; et peu à peu ces sédiments se déposent et voici qu’effleurent à la surface de l'océan, à la surface de la mer un point qui devient un ilot. De ton s côtés, 1 même travail se produit; chacun travaille séparément, xxkx s'imagine qu’il t st seul au monde et qu'il meurt tout entier. Problème merveilleux, indifférence admirable de la nature!!!
- Il croit mourir et subsiste, il croit être seul et son oeuvre vi nt s'ajouter à celle des autres; et maintenant de tous côtés percent à la surface du fleuve des ilôts qui- tendent, à se rejoindre; Eh bien, ce sont là des expériences que nos bra-ves travailleurs, nos braves prévoyants représentent. Cha-cun d'eux travaille pour sa famille et il travail à là beso-gne universelle; il a laissé en mourant non seulement de s enfants qui lui succéderont, mais une amélioration du budget gél éral, du c pital général de l’humanité et cela a formé des oeuvres où viennent affleurer le flot où bat la tempête le flot du malheur, de l'ignorance, de la misère».
- Les lois doivent réunir tous ces ilôts, c’est un pont qu'elles et où
- jette nt de l’une à l'autre &eXKaqxxXx les pluies du sol feront germer la science venue- a ‘ailleurs et sur lequel s’élevera un • monde de végétation où viendront chanter les oiseaux et s'accoupler les êtres qui Mxkixkxxaxk continueront la vie universelle.
- ssieurs, pour remplir ce programme,pouratteindre ce but, les lois sociales ont besoin du groupement des efforts, rien ne se fait par individu isolé; au surplus l’individu est un elle. „Jl=CeJowu abstrait ; il n’y a pas Q’oe uvre qui soit collective; onstite E Loxpéricno.— wulont acquise de la propagande et de l’exe mple, morrf-rin-re tous ou qui ont---t--r-illé------w===
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- enfin la création d’organes spéciaux qui seront formés en réponse au malheur et qui constitueront le premier instrument de r sistance de l'homme à toutes les difficultés qu'il,/ rencon-tre^. Eh bien, tout cela c’est l’Association seule qui peut le donner aux lois sociales et ici, je suis au vif de la question. Je neai fait que vous décrire extérieureme nt en essayant pour-tant d’en atteindre le fond, la loi sociale, et maintenant nous allons la voir fonctionner, et vous allez voir qu’il n’y en a pas une seule qui puisse vivre , protéger et consolider les résultats de l'expérience humaine, sans l’association»
- L'association dite d'intérèt social c’est-à-dire celle qui prend pour but une des réformes même, et les réformes même que les lois sociales se propc setde réaliser , l’association qui définit le but, qui prépare la voie, va nous fournir l’organe permettant à la loi sociale d’atteindre le but auquel elle vise.
- Messieurs, les lois sociales peuvent se définir d’un mot: elles ont pour but la protection des membres de la société, et cette protection comprend trois ordres, trois terrains,la , ,, . Z se préoccupe-
- santé, la sécurité, la dignité, une société qui ne SX-rait *XE ni de la santé, de la sécurité et de la dignité de ses membres ne serait pas digne du nom de société humaine et il n’y a pas de lois civiles , pénales, politiques, fiscales, mi-litaires qui puissent suffire à ce programme; il faut un arse-nal de lois nouvelles pour défendre chacun de ces trois aspects de la destinée sociale des individus, santé, sécurité, et dignité.
- Sur la protection de la santé, Messieurs, 11 y a bien quelques lois; il n'y en a qu’une seule alensemble, la loi de 1901 sur la protection de la sei té publique, àylaquelie 11 faut joindre des 1015 sur l’hygiène urbaine et rurale,et une série de lois particulières sur la désinfection , sur les / Bib NCNAM
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- (10 épidémies , sur l’alcoolisme, sur la protection de la maternité, au point de vue maladie, sur la première enfance (loi Roussel ) , Joignons ici des lois complémentaires ou annexes comme les lois sur l'hygiène des ateliers et des manufactures, des ha-bitations à bon marché.
- Voici donc un aperçu de ce que la ration a fait pour la santé; c’est peu, c’est rien. Car elles ne sont pas appliquées; je le dis avec une profonde tristesse et avec une certitude t 1-le que je vous prie de me faire confiance- Ces lois ne sont pas appliquées: la loi sur la santé publique, de 1901, suppose un organisme coûteux, dans chaque département; il n’y en a pas un qui = l’ait achevé. Les départements de la Seine et du Nord sont encore très en retard bien qu’étant les plus avancés et ce sont eux pourtant les plus envahis par l'alcoolisme et les tares sociales que les lois sociales ont pour but d’écarter et de supprimer. Toutes ces lois, au fond se bornent à des textes, qui, je le répète, sont des conseils, des appels à la prudence, à la sagesse, à l'éducation, à la raison du citoyen.
- Toutes ces lois seraient lettre morte sans les associa-tions. Messieurs, vous allez me dire que, contre lamaladie et la misère, il y a , non seulement des lois, mais l'organisme que je réclamais tout à l'heure pour leur donner de l'effi-cacité, c’est l'assistance. Je ne dirai pas de mal de xkesistaæxoe l'Assistance, c’est trop facile: on obtient trop facilement ira-hésion du public auqule on s’adresse, en rappelant l’insuffisance de ses moyens de résistance à la misère et à la maladie Mais sans instituer aucune critique, aucun manquement à la jus-tice, disons que l'Assistance, qui a tous les défauts, celui a arriver en retard, d’être insuffisante, d'etre déprimante, a encore celui de ne pouvoir fonctionner autrement que par les associations, oui, il g a là première assistance, celle qui a précédé l’A’P’, d'aujourd'hui, c'est l'Assistance privée,
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- représentée , Messieurs, par des Associations. L’Assistance dépense en France 500 millions de francs par an - non pas en temps de guerre, je ne sais pas , c’est peut-être décuplé-et il faut faire appel sur cette somme à l'intervention de 1‘Etat: sur ces 500 ou peut-être 600 millions, 300 au moins représentent le geste de l’Assistance privée, c’est-à-dire de s groupes qui, ici ou là, essaient de pallier la misère. Je ne veux pas trop forcer le mot, car je dirai qu’ils attendent que la maladie et la misère soient déclarées, alors qu’il est trop tard, au lieu de chercher à les prévenir, ce qui éviterait l'immense déperdition de vie et de dignité que représente le fonctionnement de ces oeuvres.
- J'aspire au jour où l’on pourra faire comprendre aux dames charitables que porter des pièces de 2 francs à des pauvres, monter des étages, cela n'arrête pas la tuberculose; nous tâcherons de le faire dans notre/petite sphère, mais c’est difficile; il y a là un élan, vine inspiration de la bonté et de la charité qui sont excellents en eux-mêmes, mais qui demanderaient à être mieux guidés, mieux soutenus.
- Tout notre effort tend à instituer la prévoyance indi-viduellç,possible à chaque individu; la prévention sociale n’est qu'une espèce d'expédient tardif et illusoire. Tout ce qu’il y a de bon dans l’Assistance vient de l’Associât ion.
- Parlons de l’A.P. ; elle dépense an plus 300 millions et je . ne veux pas rechercher à combien d'améliorations réelles un pareil résultat correspond. Je trouverai plutôt que ce résultat est de continuer la misère et la maladie, de donner aux pauvres la facilité de portez un peu plus loin le mal 21-quel ils succombent, sans les délivrer.
- D’Assistance peut-ile se passer de l’Association? ch non, elle est organisée au contraire sur les bases de ces associations. S’il y a tant d’hospices, tant a'nôpi-taux ‘ ce n’est que parce qu'Il y a des dames Visiteuses qui /Bib ( CCNAL
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- exécutent pour le mieux , avec désintéressement et générosité les décisions de lAssistance Publique. Je l’ai dit, Messieurs, l’Assistance est un expédient(je A/ veux me contenter de ce mot) qui a par dessus tout cet inconvénient, celui que signale Vauvenargues, de permettre à la Société de s'habituer au mal et par conséquent de la dispenser d’efforts pour améliorer
- la situation générale. Du moment qu’elle laisse es malades et les misérablesse produire à ses yeux et qu’elle leur vient en aide dans la mesure où cela est possible, elle ne va -plus chercher dans ses principes la misère et la maladie, elle les laisse fleurir, c’est encore la culture, du mal plutôt que c'en est l’éviction. Eh bien, nous,tachons de faire quelque chose d'autre. Vous savez ce que c'ett que la prévoyance.
- Je ne dis pas que l’édifice de la prévoyance soit complet, ni même qu'il soit assis sur les bases indestructibles, indiscutables que nous voudrions chercher à donner aux lois sociales, mais enfin la prévoyance complète l'Assistance sur un terrain plus heureux et plus utile; l’une entretient les misérables et les malades en tâchant de les guérir et l’autre groupe les bien portants et les travailleurs pour recueillir des ressources et organiser des systèmes de vie qui écartent la maladie et la misère. Voyez-vous la différence: d’un coté, on soigne et on nourrit sans se préoccuper pourquoi les gens sont malades et pourquoi ils ont faim. De l'autre on surveille les bien portants pour épier la maladie quand elle paraît et on soutient les travailleurs au moment où,la défaillance pourrait se produire. A coup sur, la notion est supérieure et celle-ci repose tout entière sur l’Association; Nous n’avons pas de lot(je ne veux pas appeler loi sociale cette reconnaissance de la liberté qu’est la loi de 1898, et sauf quelques détails d’organisation fiscale, qui vont disparaître par la force des
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- choses et par la crise nationale, nous allons cesser de porter à la caisse des Dépôts les 50 millions que nous y laissons improductifs , puisqu’aujourd ‘hui avec ces millions nous pouvons avoir du 5 % libre . Nos fonds ne seront plus sous cette espèce de tutelle de l’Etat, qui nous était imposée. Aujourd’hui- avant de dire ces paroles, en public , et en présence . au Chef de l'Etablissement- je me suis mis d’accords- nous allons pouvoir reprendre la juridiction de ces fonds et les appliquer à quelque chose de supérieur encore à ce que faisait la Prévoyance; lle se contentait de l’intérêt de son argent , maintenant c’est le capital même qu'elle veut employer à l’amélioration de la prévoyance.
- J'arrive à la Zème forme des lois sociales. J'ai parlé tout à l'heure de la santé- c'est l’hygiène sociale. Il y a une différence entre l’hygiène et le traitement. L’hygiène cherche a prévenir la maladie sans chercher à la soigner. Eh bien , jusqu'à présent il n'y a jamais eu d’efforts d’ensemble, d’efforts coordonnés, pour appliquer le trésor indisponible de l’assistance et de la prévoyance à l'hygiène générale, Savez-vous comment nous pourrions formuler le but de cette applica — tion: l'assainissement du milieu social, autrement dit, l'assainissement du milieu où la société force ses membres à vivre.
- Un enfant arrive au jour. Il subit les tares, non seulement de sa naissance , de l'alcoolisme, de la tuberculose, qu’on a laissées s'établir; il subit encore les tares de tous les ger-mes de mort qui circulent autour de lui. I1 entre à l’école, je n'ose en parler. Vous savez que la plupart des livres de ces petits enfants sont imbibés en quelque sorte de la sueur aes prédestinés à la tuberculose; des murs suintent les maladies qu'on rencontre dans les bureaux de poste, des justices
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- de paix et dans toutes les salles de fête dont l’assainisse-ment nia pas lieu. La société infecte ses membres parce qu’elle n’a pas su trouver(elle prétend ne pas les avoir trouvées) les ressources nécessaires pour assainir tous ces milieux.
- J’ai l'habitude de raconter quand je parle de ce la d’un xemple de mon pays de Touraine, Je voyais un paysan vivre dans une ferme desservie par un puits placé à côté de la fosse a purin; non seulement ses enfants et lui-même sont malades, mais les bestiaux aussi sont malades et meurent. Je lui ai dit: évidemment ce puits y est pour quelque chose, vous devriez modifier ces dis- ositions. Y pensez-vous, me dit-il, cela me —de maladie coûtera it au moins 1000 francs. Calcule t ’ il les fraisvde sa famille et de ses bestiaux..? La société fait ainsi. Elle ne trouve pas les moyens d’assainir la coquille où € lle fait vivre ses enfants. Nous allons donc, nous, en dégageant l’argent qui va nous revenir et que n us ne pouvions pas obtenir nous appliquer a assainir la machine sociale dont nous sommes les ouvriers responsables.
- Messieurs,je ne veux dire que deux mots des effort s qui sont faits dans le sens de l'hygiène sociale. Toutes les associations de cet ordre se forment sous la présidence de M. Léon Bourgeois. Elles comprennent l’oeuvre de la maternité et de l'hygiène de 1’ nfance, lus lois contre l’alcoolisme, toutes les sociétés de réfection des habitations, une société d'hygiène et de sports. Voici les efforts que fait la France pour chasser les tares sous lesquelles elle paraît succomber par moments et pour se redresser , pour se libérer, pour marcher d’un pas plus libre et plus sûr vers le bien de toute société. Mais 11 n’y a encore que des ilôts. Il faut espérer que l’état de déficit de la race française qui se produit devant le fait de la guerre va réveiller l'énergie et la clairvoya ce nationales t que nous aurons vraiment à coeur sur ce point d’offrir aux enfants qui naissent une famille et une maison . /sib. ,
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- Après la santé , il y a la sécurité, et je vais aller vite dans l’énumération des moyens dont la loi a disposés pour y pourvoir. Disons d’anord que la sécurité a pratiquement les lois d’assurance sociale et le mot d’assurance doit être pris ici, faites y bien attention, au sens ré 1, effectif et direct et non pas indirect et symbolique en quelque sorte des assurances ordinaires, Que font les assurances ordinaires ? Elles assurent à un particulier la compensation des sinistres qui pourront se produire en proportion du risque assuré, mais les sociétés d’assurances contre l'incendie n'empêchent pas les incendies, les sociétés d’assurance contre la mortalité du bétail n'arrête pas la mortalité du bétail.
- L'assurance sociale, elle,est un engagement que prend la société de combattre le mal lui-même, d’assurer l’individu qu’il ne sera pas frappé de ce mal; il est assuré contre le risque et non pas contre le mal qui sera venu; C’est ainsi que nous avons les lois protectrices du travail, de la réglementation du travail dans 1 à manufactures pour les femmes et les enfants; Il y a donc des lois, mais j'en reviens à ma thèse, ces lois seraient lettre morte s’il n’y avait les pas de syndicats quifont appliquer . Ces assemblées sur-veillent, contrôlent, et 1.s bienfaits de ces syndicats sont qu’ils ont pour but principal d’assurer efficacement la protection et la salubrité du travail;
- enfin pour les accidents du travail, il y a une loi qui, lle aussi,est obligée a ‘emprunter la forme de la mutualite.
- L'obligation en France ne réussit guère et c’est ici surtout que la forme fondamentale, la solution réaliste de l’a su-rance se Justifie. Il y a dans cette maison, uneganerie, ‘est peut-être la plus intéressante de toutes, qui comprend
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- les appareils de protection des travailleurs, les appareils de protection contre les accidents du travail. Voilà, Mes-sieurs, la meilleure assurance; elle ne consiste pas à donner une pension à celui qui se casse le bragiou se crève l’oeil, 11 faut protéger les rouages et * assurer les causes d'acci-
- dents au point que les accidents deviennent impossibles. Qui a fait cela?une société , vous le pensez bien; une société contre les accidents du travail, la loi avait besoin de cet instrument et de cette interprétation, car la loi elle- même n'établit qu'une coi pensation et une indemnité; la loi est indifférente. A considérer en dehors les établissements mutualistes, on constate que nous sommes obligés de payer le pharmacien, le médecin; Oui, mais nous ne faisons pas que cela, nous ne serions pas mut alistes; nous voulons empêcher l'in-tervention du médecin; de même pour les accidents du travail, ce que nous voulons, c’est d’empêcher qu’ils se produisent.
- Pour la Vieillesse, il y a la loi sur les retraites ouvrières. Elle a rencontré dans son application beaucoup de difficultés. Pourquoi? Parce que l’éducation du pays n’est pas faite. Les gens ont vu qu’on leur retirait un centime par jour, ils ont eu peur que l’état fit faillite, qu’on gardât cet argent, etc., vous savez ce qu’on peut dire...Et pourtant, parmi ceux qui n’ont pas désiré l'obligation, ils'est trouvé des millions d'hommes qui se sont appliqués laloi et qui ont demandé comme privilège d’en devenir les dispensateurs: ce sont les mutualistes.
- Pour l’invalidité, il n’y a pas de loi. Savez-vous pourquoi? On ne fait pas cette loi parce qu’on ne sait pas sur quelles bases l'établir. Il va falloir une responsabilité contre les faux invalides aux juges qui établiront l'invalidité; exercer une surveillance active sur tous les invalides et c’est encore à une association de mutualité et à des associations de ce genre qu'on recourra pour établir les lois sur I/invanid dite. (.)
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- Messieurs, un dernier mot sur l’action défenadve en quelque sorte dès lois sociales sur la dignité.
- Avons-nous bien sur la dignité une notion légale?
- Est-il possible de formuler en des textes la défense de cette dignité qui comprend, si j'imagine bien, la liberté, l'honneur, le respect des sentiments personnels, le respect de l'indépendance de chacun, le respect au rôle si modeste qu'il soit de chacun dans le monde, ou tout le monde est nécessaire, depuis les mineurs jusqu'aux artistes et aux savants, comme on l’a vu depuis que la vienationale a été arrêtée.
- Chaque travailleur ayant sa place dans l'organisme social doit être respecté.
- Les lois peuvent-elles établir de pareilles choses?
- Hélas, non. Je n’ai parlé que des travailleurs, mais lorsqu’il s’agit de la famille, delà femme, de la jeune fille, y a t'il une protection légale? Est-il possible, d’autre part qu’il n’y ait pas de protection?
- La protection de la mère ne consiste pas seuleme: t à donner a la mère de quoi ne pas mourir de faim, ou de lui donner les moyens de placer son enfant dans une pouponnière. Non, il faut- lai donner les moyens de soigner son enfant, de l'élever, de l'allaiter , si elle le peut, d'être vraiment la mère.
- Il y a des oeuvres de relèvement; est-ce qu’elles serai quelque chose sans les associations? Non. Pour la sauvegarde de la jeune fille, le respect de sa dignité, de son indépen-dance qui valent autant que la vie d’une personne, il faut des associations qui coaliseront tous leurs moyens d’action pour faire échec aux maux dont on la laisse victime,
- Je ne veux dire maintenant qu’un mot des droits de l’or -me et du citoyen. Je l’ai dit; la loi ne suffit pas. Sur tous les points de la protection, c’est l’association qui est 1100-
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- vrière véritable de la défense. J’en viens maintenant et 3 ar-9 ve vers la fin, à ce que j’appellerai l’action
- des lois sociales. Après avoir défendu l’individu, il faut l’aider à faire sa destinée, à travailler pour lui-même et pour sa famille, et en même temps pour l’intérêt général qui sert le sien. Mais l'organisation du travail , les salaires,
- la participation sont l’objet de certaines conventions et
- non pas encore.de réglementation proprement dite. Il faut
- la coordination des éléments qui sont en cause. Prenez la par exemple
- productionqui est réglementée dans certains pays. Voyez en
- Angleterre; en Amérique, les trois éléments s'associent, le patron, l’ouvrier et le consommateur. On cherche à savoir
- combien coûte la matière, combien coûte la main d’eeuvre; et
- quel est le bénéfice à réaliser afin que le consommateur ne
- souffre pas,en meme temps que les autres ne soient pas lésés.
- Pour les filatures du Lancaster, les ? de Pensylvanie , il y
- a des réunions, des institutions de cet ordre qui tendent à équilibrer tous ces intérêts. Ici, on a laissé faire la liber té; mais ce n’est pas xixkkaxkemant le véritable nom de la chose ce n’est pas la véritable liberté. La liberté ne consiste pas à enfermer dans la même chambrecelui qui a entre les mains un revolver, celui qui a un bâton, retcelui qui n'a rien. On arrive ainsi à des blessures ou à des morts et ce ne sont
- pas les plus méritants qui restent.
- Le crédit, d'est la confiance faite à une personne pour ce qu’elle peut, pour ce qu’elle vaut. Le crédit n’est pas organisé en France, et il ne le sera que par les syndicats. J'honore ceux qui ont tenté de le faire. Il faudrait que tout /mnd& , . le mondées ‘entendit pour donner à chacun confiance en ce qu’il peut,en ce qu’il vaut. Voilà le rôle de l'Ass ciation pour les loi sociales.
- J’ai fini., il me reste qu’un coup d’oeil à jeter Rx
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- j’ose à peine dire le mot, sur l’avenir, sur le lendemain de cette terrible guerre qui nous opprime, qui nous étreint, qui nous angoisse.. Dans quelle voie la France économique et sociale va t elle s’engager? C’est de cette voie, c’est du choix qu’elle fera que dépend sa destinée. En ce moment, par la orœ des choses, c’est le socialisme d’état qui triomphe. Toutes les usines sont réquisitionnées, toutes les industries, tous les magasins, où tout le monde travaille avec une unité de vue qu’il faut louer a la défense nationale. Mais c’est une situation exceptionnelle, une-situation qui ne peutpas durer. La France va t‘elle pouvoir se dégager de cette espèce de centralisation, de cet abandon de prérogatives et de
- uissance pour redevenir l’organisme qu’elle était, qu’elle aspirait à être. A mon sens , il le faut. Je reviendrai dans une 1ère conférence, celle qui clora la série de mes con-férences et même, je crois toutes celles du Conservatoire, je reviendrai sur ces considérations, sur ces craintes et sur ces espérances, en ce qui concerne 1s, direct ionke ce lendemain, ainsi que les conditions de l’évolution sociale de notre pays. Ce qui me laisse beaucoup d’espoir, c’est que toutes les oeuvres de défense nationale si centra lisées, si socialisées qu’elles soient à l’heure présente, ont besoin de l’association et lui font appel.
- Il y en a deux, de ces oeuvres qui l’emportent sur les autres par leur caractère profond et sacré: les soins à donner aux blessés, et la mobilisation financière* Les soins à donnerabayoblessés , ce sont les associations qui les donnent sous la haute direction de l’état; c’est l’admirable Croix Rouge avec ses trois sociétés qui vient se pencher sur les malheureuses victimes qui risquent qui risquent leur vie, l’intégrité de leurs membres pour sauver leur pays.
- Et l’emprunt !!!! Je vais vous confier un secrte. je n’avance que de 48 heures dans cette divulgation. Lorsque
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- l’éminent Ministre des Finances que la France a le bonheur de posséder aujourd’hui, M. Ribot, a cherché de quelle façon il allait nationaliser l'emprunt, il s’est dit qu’il ne fallait pas se borner à le présenter même au nom du Gouvernement de la République qui pourtant, représente la nation avec dignité et autorité, mais faire sortir l’appel des entrailles mêmes du pays, et il s’est adressé aux grandes associations. Pour cela il a *x*k fait à la Mutualité l’honneur de la prier de signer une des affiches qui vont s’étaler dans 48 heures
- sur tous les murs de Paris, des villes et des villages de France. Il lui a demandé de soulever tous ses orateurs, tous ses chers/, tous ceux qui ont le droit et le devoir de parler pour elle, pour porter partout la parole nécessaire, pour aller prêcher l’emprunt qui au lieu d’être la rançon de la dé-faite sera le prix de la victoire. Je vais vous décrirede quelques mots l'affiche mutualiste de l'emprunt. Elle est d'un h me plutôt connu par ses fantaisies caricaturales que par ses affiches sérieuses; elle est de Poùlbot, C’est une jeune femme qui tient dans ses bras un enfant ex core à la mamelle; ses jupes sont tirées en arrière par un autre petit qu’elle envoie à l’école; elle est sur le seuil de sa maison, elle envoie un dernier adieu à son mari qui s’éloigne, et l’autre lui crie: Souscris pour queje revienne avec la victoire.
- Voici le mot de wlemprunt .
- Mais aerriere cette femme, cet homme et ces enfants, il
- y a d’autres hommes qui dise t. "Si vous n'avez pas la force
- de souscrire; si ce jour lu , vous n'ètres pas assez vaillante
- si vous ne trouvez pas dans vos économies de quoi souscrire,
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