Conférences de guerre [1914-1918]
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- M. Mabilleau. 27 Mars 1916
- Mesdames, Messieurs,
- Le titre de cette conférence "Les réformes de demain" m’ap paraît un peu sommaires dans sa généralité et Je crois qu’il importe d'y apporter une explication, une précision préalable. Les réformes de demain, ce sont assurément les réformes d'après la guerre, mais cela doit être entendu en deux sens: les réformes qui concernent les révélations de la guerre, d'abord, j'entends les défauts, les tares, les besoins, les plaies mêmes que la guerre a montrées dans la situation intérieure en en avivant, en en aggravant les peines, et puis les réformes qui concernent les affaiblissements que la guerre aura apportés avec elle, les —affaiblissements et les changements d’esprit et de caractère sans doute. Je veux dire le surcroît d’excitation, d’énergie, Je le y. crois, denthousaiasme , de volonté, d’action et dunion qui devra " suivre les modifications profondes amenées par la guerre elle-même dans notre état économique et social.
- Ainsi déterminé, le champ est immense et Je ne le trouve abordable, pour une étude aussi ranide que celle à laquelle nous pouvons procéder ici, qu’à condition d’être limité d’avance sur plusieurs points.
- Disons d’abord que rien, dans ces réformes ne concernera, dans celles que nous examinerons, lapolitique du pays, chose qui ne deit pas pénétrer dans une enceinte comme celle-ci; nous écarterons aussi tout ce qui se rapporte à la gloire intellectuelle , à l’art, à la science et à l’éducation des choses qui, certainement intéressent l’état social d’un pays, mais sont trop particulières, trop spéciales, pour être l’objet d’un examen rapide et superficiel.
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- Disons qu’enfin , dans l’étude de la situation économique qui résultera de la guerre ou qui survivra à laguerre, nous écarterons J aussi les précisions techniques concernant de grandes réformes nécessaires, mais que nous ne pouvons pas aborder de biais, cel-les du commerce, de l’industrie, de la banque. Ici même quelques unes ont été étudiées avec une hauteur de vues dont vous êtes témoin par mes éminents collègues, M.M. Liesse et M. Paul Beauregard; Nous laisserons cela de coté; nous nous attacherons à déterminer les réformes de l’ordre social. C’est déjà beaucoup; Messieurs et au premier rang de celles-là, il faut citer d'abord citer celles qui concernent la santé publique et la vitalité de la race.
- Ces considérations là, Mesdames et Messieurs, ne sont point nouvelles pour vous et j’ai déjà eu l’honneur de les aborder bien souvent et devant vous et devant un public animé du même esprit que vous, dimanche dernier, à la Matinée Nationale qui réunissait plusieurs milliers de personnes à la Sorbonne. C’est qu’il m’apparaît qu’il n’y a pas de crise plus grave pour la France, de crise aussi grave que celle qui intéresse ha santé et sa vitalité.
- Tout le monde sait quelles sont les tares qui menacent l’une et l’autre: tuberculose, alcoolisme, dégénérescence physique et dépopulation; voilà leurs noms et tout le monde sait que leffeti de ces divers fléaux concordant à une conclusion effroyable dont le paradoxe étonne autant l’esprit qu’il épouvante le coeur. La France, ce pays où il est si doux de vivre et où la vie a tant de prix, où la beauté du climat , par l’agrément des habitudes, la sensibilité de ses habitants, par quelque chose de bien plus profond et de plus précieux, par un héritage magnifique que quinze siècles de labeur ont préparé aux enfants qui naissent, la France est le pays du monde qui donne le moins de
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- naissances à la génération régulière; oui, moins que la Russie, moins que la Prusse, moins que 1‘Espagne, moins que l’Italie, moins que les pays infiniment inférieurs dans l’échelle de la civilisation. C’est chose affreuse, disais-je; voici qui est pis encore, si c’est possible: Sous ce climat si délicieux, sur sous cette terre si féconde, si riche, si bienveillante, qui payent en bienfaits faciles et généreux tous les efforts qui sont faits pour la mettre en valeur, on meurt plus quacilleurs; oui plus , disais-je, l’autre jour, que dans les steppes de la Sibérie, plus que dans les glaces de l’Islande, plus que dans les plaines infertiles de la Poméranie, plus qu’en Arabie, que dans les déserts de l’Afrique.
- Enfin et ceci met le comble à l’impression que vous ne pouvez pas manquer de ressentir avec moi, à l'émption qui doit nous étreindre, c’est que cette terre, ce sol anobli par quinze siècles de labeur, disais-je, de labeur intelligent qui a semblé pénétrer la terre d’ingéniosité, et d’ardeur féconde pou r lui faire produire les meilleurs fruits du monde, le meilleur vin, le meilleur pain, les meilleurs vêtements, toutes les fleurs, pour ainsi dire de la nature, qui se penche vers 1 ‘homme pour lui offrir les sucs précieux de sa fécondité, cette terre là, elle ne trouve plus aux endroits où elle est lameilleure, des bras pour la travai ller. Elle appelle l’homme et l’homme se refuse, il ne se refuse pas précisément, il se dérobé, il se soustrait au devoir si largement payé et récompensé qu’elle lui offre.
- Voilà l’évidence devant laquelle les statistiques nous ont acculés et je ne doute pas que vous ne ressentiez comme moi-même une frayeur telle que vous vous dites qu’il faut à tout prix réagir contre un pareilétat de choses qui s’explique (je ne m’y attarderai pas aujourd’hui, je l’ai fait dimanche dernier) qui s’explique, dis-je, par la trop grande fortune même de la France,
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- par sa prospérité intérieure, par lesfacilités de tout ordre qu’ elle a eues à vivre sans peine, par le laisser-aller où elle se s’est abandonnée sans s±en défendre contre les tares • les misères qui naissaient de cet abandon.
- Messieurs, c’est un nouveau régime de la santé publique et de la vitalité nationale qu’il s'agit d’instaurer et ce nouveau régime devra être orienté dans deux sens complémentares , d’un coté , une méthode curative pour les maux dénoncés, il faut porter le feu et le fer dans l’alcoolisme, dans la tuwerculose, et d’autres maux que je n’ai pas besoin de nommer, que la guerre a singulièrement développés, vous le savez. Puis à coté de ces méthodes curatives, il faut créer une méthode préventive; 11 ne faut pas laisser ces maux naître et s’épanouir, car alors on ne peut plus les extirper; c’est une espèce d'axiôme en matière sociale comme en matière de médecine qu ‘on ne relève jamais bien quelqu ‘un qu’on a laissé tomber tout à fait.
- La vraie prévoyance sociale, c’est la prévention. Elle consiste à organiser l’assainissement du milieu d’abord, à nettoyer l’outillage naturel et artificiel dans lequel la société française appelle ses enfants à vivre, un enfant naît. Oui, J’ai dit tout à l’heure qu’il était l’héritier de quinze siècles de génie et de travail. Oui, 11 profitera de la pensée des philosophes et des poètes, du travail des ingénieurs et des inventeurs ; il profitera de la prospérité, de la fertilité du sol auxquelles ont collaboré tous ses aïeux, c’est vrai; mais 11 profitera aussi de leur négligence et de leur abandon d’eux-mêmes. Il entre dans une maison qui est infectée de germes tuberculeux; il s’instruira à une école où il sentira le fléau dans les murs et emportera le danger à ses doigts en feuilletant ses livres; vous vous rappepez la découverte faite par un savant français il y a une dizaine d’années dans cet ordre d’idées..—
- Il entrera dans un atelier ; il ira dans un bureau de poste
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- des crachats tuberculeux et réduits en poussière, flotteront dans l’air; il sortira à peine adulte et dans la rue où les cabarets l’attireront; l'alcoolisme le sollicitera. S'il est ouvrier d'un port, ce sera plus qu'une sollicitation, ce sera presque une contrainte; je ne veux pas rappeler ici les épouvantables découvertes que nous avons faites à Caen et à Rouen sur la façon dont sont embauchés les malheureux débardeurs des quais. Ils le sont par l’intermédiaire desbars et les bars payent une perite ée= partie de la journée en absinthe et en alcool, il faut qu 'un homme gagnant 5 frs, prenne 5 absinthes.
- Voilà contre quoi nous avons essayé de lutter. Je ne continue pas dans œt ordre d'idées des exemples qui n'échappent à aucun de vous. Donc assainissement du milieu, nettoyage de l'atelier social de lahation frangaise; voilà le premier devoir.
- En voilà un autre qui n ‘appartient pas aux pouvoirs pu-blics et que cependant, il peut faciliter; c'est la réforme des habitudes. Dans les habitudes, il faut que l‘hygiène=emion= domine, l’hygiène et la prophylaxie; Il faut que nous apprenions à nous défendre contre les fléaux; oui, il y a une éducation qui ne nous est pas donnée, même à nous qui représentons à un degré supérieur la nation frangaise; encore moins au peuple qui souffre et qui n'a pas le t empsde travailler en dehors du travail où il s’épuise.
- La réforme qui utilise l'hygiène est lapremière ; la seconde est celle qui vise les habitudes d'exercice, de sports, de mouvements , de grand air; la troisième est celle qui touche à l'habitation; il faut enseigner au peuple que l'habitation saine est non seulement un profit, mais un devoir; c'est un devoir pour la société de lui offrir des habitations saines;
- Que de progrès à faire dans cet ordre d’idées:
- Je sais des ménages d'ouvriers qui, sollicités d'entrer
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- dans de meilleurs logements, plus vastes, mieux aérés, mieux préparés à leurs besoins, s’y refusaient, parce que cela coûtait 5 frs de plus et surtout parce que cela demandait des habitudes de propreté, de soin qui leur paraissaient insupportables.
- Enfin, Messieurs, l’alimentation du peuple devra appeler l’attention de notre société; Elle est facile et abondante; elle est dangereuse par beaucoup de côtés et notamment par l’alcoolisme, je ne ferai que nommer le fléau; on commence à tenter de s’en défendre.
- Si nous ne portons pas le fer et le feu tout de suite sur ces points il n'y a rien à faire ni pour la santé, ni pour la gran-deux, ni pour la prosmétité, ni pour ladignité de la nation française quel que soit son idéalisme par ailleurs.
- Messieurs, quand pourra-t ‘on entreprendre cette réforme générale dans lavie d’une nation pour ce qui concerne la maladie et la surveillance de la santé publique. on commence à s’apercevoir que les soins individuels donnés tardivement par le médecin qui est appelé au chevet du malade déjà enfoncé dans son mal ne suffit pas et que les dispensaires ouverts à tous doivent être établis partout, dans tous les quartiers des villes, non seulement des grandes villes, mais aussi dans les petites villes et dans les villages.
- Depuis déjà deux ans un projet de loi sur l‘établissement de ces dispensaires (on dit tuberculeux, par principe, puis e'é-. déposé
- tendant à tous les modes de fléaux contagieux) a été adopté par M. Léon Bourgeois et quelques uns de ses collègues; il a été pris en considération et on attend le jour où il sera voté.
- Ces questions qui touchent à la vie du pays sont les dernières 4ont s’occupent nos parlementaires parce qu'il y a des raisons plus urgentes, présentées par des intérêts plus immédiats, moins respectables, peut-être, mais qui touchent au
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- meilleur endroit les représentants de la nation. Nous settons donc exposés de voir cette situation se prolonger longtemps s’il n’é-tait survenu un fait considérable qui menace plus que la race, dirai-je, l’armée. Les tuberculeux prédisposés, les candidats à la tuberculose , comme disait en souriant mélancoliquement M. Brouardel, sont nombreux dans notre jeunesse et la vie terri-ble qu’ils ont menée pendant ces 20 derniers mois a fait singulièrement avancer, progresser, et fleurir le mal. Je ne vous dirai pas combien il a fallu en licencier. Le chiffre est effroyable. Il a fallu les licencier parce que ce n’était plus des combattants possibles et ils risquaient d’infecter leurs voisins. Qu'en va t’on faire, les renvoyer dans leur famille ? chacun y creusera une plaie tout autour de lui. Allions-nous infecter toute la France ? par les dizaines de milles de soldats qu’il a fallu renvoyer. Messieurs, on s’est préoccupé de créer pour eux des stations médicales, dans les départements. Sollicités par la direction de l’Assistance Publique au Ministère de l’intérieur, 47 d’entre eux ont créé des stations sanitaires, Le Ministère payant pour eux 3 francs par homme et par jour.
- C’est là l’amorce de la création et de l’extension dans tous les pays de la lutte directe contre lss=tuberculeun la tu-verculose, non pas seulement pour sauver , s’il est possible les combattants arrachés à leur devoir et à leur volonté, les pauvres! par le fléau terrible, mais encore tous ceux qui , dans le pays sont menacés d’être atteints par le même fléau.
- Messieurs, j’ai la joie un peu triste, mais réelle de vous dire que la semaine dernière une grande institution a été créée dans ce sens à la tête de laquelle se trouve M. Léon Bourgeois. Tous lesaitres les maîtres de la science voisinent avec les maî-
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- tres de la science sociale, qui a entrepris de commencer après département
- Pâques, l’établissement non seulement dans chaque région, mais dans chaque région aedispensaires avec des ressources correspondantes •
- Il faut que la France se soigne, et qu’elle expulse les germes des fléaux qui menacent non œulement sa vitalité, mais sa vie.
- Il faudrait mieux encore. Il faudrait défendre la popula-tion elle-même, en surexcitant les naissances, le mouvement des naissances. Vous sentez quelles difficultés se présentent de ce côté. Eh bien: des tentatives s’inaugurent de toutes parts. D’abord du coté de l’impôt: Il faut que l’impôt épargne les familles nombreuses et frappe en même t emps les célibataires et les familles sans enfants, ou qui n’ont qu’un enfant.
- La justice de l’impôt, c'est le principe qu'a eau posé la Révolution française; La justice de l'impôt a consisté à rechercher la part que chacun apportait à laprospérité nationale et de le frapper inversement de cette part.
- Certes le résultat n'est pas atteint, mais d'est dans ce sens qu'on se dirige: la loi sur les familles nombreuses n'est qu’une ébauche; il faut aller plus loin; un ménage de 7 enfants qui vit de son travail doit être exonéré. Voilà la pensée main-tenant de tous œux qui veulent que la France vive.
- Ce n'est pas tout: l'assurance vient de se préoccuper de cette question d’une façon tout à fait intéressante, et il m'est donné par une démarche toute récente, faite auprès de mol, de vous en communiquer les prémices pour ainsi dire.
- On en est arrivé , dans ce pays, à considérer la natalité dans les familles comme une sorte de risque, pas comme un fléau, mais comme un risque entraînant des charges et contre lesquelles il faut se prémunir.
- Il y a une 101 sur lesret raites ouvrières, il va y avoir une loi sur l’invalidité publique, il y aura aussi une loi et CNAM )
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- une pratique de l’assurance pour la repopulation et contre les inconvénients des grandes familles . Moyennant une somme minime, on s’assurera contre la natalité nombreuse, œla veut dire qu’en payant une prime, et le jeu de la solidarité s’exerçant, les grandes familles auront des dotations pour leurs enfants, des moyens d être dispensés des surcharges qui résultent non pas seulement de l'impôt, mais de la vie, pour les filles , une dot, pour les garçons de quoi poursuivre une carrière.
- Ainsi, le jeu de la solidarité travaillera a remplir les cadres d’une société , qui, si elle se vidait, rendrait bien inutiles tous les principes de solidarité, de fraternité que nous professons si haut.
- Messieurs, c’est aux meours évidemment qu’il faut s’adresser pour qu’une pareille question soit résolue, aux moeurs et aux préoccupations ethnologiques, ethnographiques,je dirais, qui sont trop étrangères à la pensée de nos hommes d'Etat.
- Pourquoi la société française arrive t'elle à se raréfier ainsi? Parce qu’elle est trop heureuse dans ce pays trop étroit, parce qu’elle ne se renouvelle pas son sang; parce que la France est depuis longtemps enfermée dans des frontières, dans des habitudes, dans des préjugés, de frais de tenue, de représentation, qui, indirectement et sans qu’on s’en rende compte aboutissent à raréfier les naissances dans les familles.
- Peut-être ma guerre va t’elle nous permettre de rompre ces cadres où nous nous affaiblissons. Il n’est pas possible que la France n’en sorte pas grandie sinon par ses frontières politiques, au moins par ses frontières économiques et d'influence. La Belgique est aven nous, la Suisse française est avec nous i chaque jour devant la réconciliation qui se fait entre les deux
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- soeurs latines dont les représentants fraternisent aujourd ‘hui et étudient à l’heure même où je parle les moyens de mettre l’ennemi dehors, tout cela fait prévoir une prus grande France, une latinité où les cadres seront mêlés et élargis; il faut que la population italienne vienne de plus en plus en France autrement que sous la forme des ouvriers italiens; il faut que des mariages se produisent, ilfaut qu tune fusion se déclare; il faut aussi que l'Espagne un jour se gagne à cette Europe de l’occident où il se semble se crééer une unité nouvelle; ilfaut que le sang rajeuni de la France batte de nouveau dans des artères élargies et dans un cadre où sa prospérité sera à lahauteur de sa destinée et de ses ambitions.
- Messieurs, une réforme du travail nationalva s'imposer aussi, et j’irai plus rapidement sur ce point, puisque je laisse de coté volontairement des questions d’ordre économique que nous ne pouvons pas aborder; je ne ferai guère que les nommer au passage. Passons d ‘abord à la question de la main d’oeuvre. Elle va être extrêmement réduite après la guerre; elle était insuf-fisante avant ; combien le sera t’e^le plus, après tant de morts, tant de mutilations qui vont obliger leurs malheureuses victimes à se tourner ailleurs et à trouver des métiers que nous n’entrevoyons pas, qui obligeront le pays à transformer sa bureaucratie en une bureaucratie nouvelle pour ceux qui ont abandonné une partie de leurs forces et de leurs moyens de vivre pour lui. Il faut regarder le problème en face.
- 1° Il faudra faire appel aux travailleurs du dehors et de façon plus méthodique que nous ne le faisions pour l'Italie, pour l’Espagne, et malheureusement pour l’Allemagne à notre insu.
- L’Italie a fait une loi pour interdire , ou pour limiter l’émigration dans l’Amérique du Sud parce que les Italiens qui s’en vont là-bas sont perdus pour la mère-patrie, comme force nationale.
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- comme force de population. Vous savez tous qu’à Buenos-Aires, il
- y a 600.000 italiens, à New-York, 1 million. Dans toute l’Ar-gentine, il y en a peut-être 2 millions. L’Italie qui a une surabondance de population et une extrême faiblesse de production agricole économique, surtout dans la partie méridionale, est obligée d’envoyer ses enfants au dehors de ses frontières; il faut alors que cet échange avec la France qui ne sera pas une émigration devienne une règle .
- Savez-vous, Messieurs, ce qui manque à l’Italie, il lui manque la matière et la compétence technique. La matiere, elle n’a ni le charbon, ni fer; La compétence technique, elle a très peu d’ouvriers habiles, excepté dans certaines villes comme à Florence ou à Pise, ou à Rome et qu'est-ce qu’elle offre au contraire ? Elle offre des chutes d’eau, puis des forces incal-culab les à employer. Nous lui donnerons la direction technique qui lui manque. Elle nous enverra la main d’oeuvre autant que nous en voudrons et qui évitera l’émigration au loin.
- On préparait déjà ce traité de travail entre l’Italie et la France depuis 1905 sous la double impulsion de M.M. Bourgeois et Ribot.
- Les deux pays ont charché à unifier les conditions de travail, de la part de leurs nationaux; les ouvriers italiens qui viennent en France profitent des lois sur le travail dont ne profitent pas les autres ouvriers étrangers. Nous les avons admis au bénéfice des lois sur les accidents du travail, nous sommes en train de les admettrez au bénéfice de la loi sur les retraites ouvrières; nous allons les admettre au bénéfice de la loi sur l’invalidité; nous préparons ce travail d ‘unifica-tion sociale qui prépare des échanges heureux sans aller jusque la politique et qui prépare en même temps des modifications qu/1 grandiront la force des deux pays.
- Malheureusement notre armée est souvent paralysée, quel-
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- quefois écrasée par une effroyable supériorité mécanique qui s’explique par quarante ans d‘un travail s’attachant surtout à perfectionner les méthodes de mort; mais ce n’est pas seulement dans le domaine de la mort que ce mécanisme se développe, c’est aussi dans le domaine de la production et l'Allemagne à cet égard se développe plus que nous. L'outillage économique de la France est tout entier à refondre et vous avez sans doute lu ( c’est un des faits sociaux que je considère comme leplus remarquable, le plus intéressant, le plus frappant depuis 2 années ) vous ta aveziu la déposition de M. J...
- devant l’Association des Industriels et Commerçants présidée par M. Cette Association donne tous les samedis des dé-
- jeûners où divers hommes appartenant à différentes classes de la société sont appelés à donner leur avis sur les conditions de relèvement et de développement de la France, M. J ... a
- fait avec un esprit de parti qui a peut-être été apprécié différemment des exposés de tout premier ordre; il a dit notamment que l’ouvrier français, collectiviste selon lui, ne se prêtera plus au travail commun avec le patron, le patronat et le capitalisme qui l’appuie, si patron et capitaliste ne mettent pas l’industrie française au même point que les autres industries afin de lui permettre de produire davantage dans la concurrence int ernationale.
- Messieurs, que cela soit indiqué sous forme de menace par un homme de parti, peu importe, cela est nécessaire pour l’avenir de la France,
- Qu’on le dise ou non, la France ne repruedra le premier rang auquel elle était habituée, le premier rang dans Lamarche de l’humanité qu’à condition de refaire sonorganisme , qurà condition d’acheter des machines ou d’en fabriquer et de ne pas se fier à des supériorités de mains ou d'esprit qui sont déjà très ancienneséet qui ne sont plus assez fortes ,qui laissent aller la France à une décadence de goût néfaste pour elle
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- Enfin et peut-être n‘y a t'il pas de lieu où une pareille considération ne vienne plus à sa place quidi et que je suis heureux d’exposer devant un Directeur qui naguère dirigeait l’Enseigne-ment Technaque au Ministère du Commerce, non seulement, il faudra la main d’oeuvre et des machines, il nous faudra aussi une éducation technique professionnelle toute nouvelle.
- Là aussi nous nous sommes laissés aller lamentablement en nous fiant à d’anciennes supériorités. Ce Conservatoire des Arts et Métiers, il a été institué pendant la Révolution pour concééter, représenter le mérite du génie français non pas dans l’ordre de l’art, de l’intelligence, ni meme de la science, mais des applications de la science aux aménagements de la vie, à la civilisation conquête de la nature, au fonctionnement de la virilisation humaine Parcourez cesgaleries, vous y verrez l’histoire de toutes les machines dont la plupart ont été inventées par des Français et qui témoignent que la France a su toujours trouver le moyen de se tirer le mieux possible des difficultés que lui imposait la nature dans le développement de sa destinée et de sa volonté.
- Au commencement de ce siècle, nous étions les maîtres dans tous les ordres, nous avons vécu là-dessus et nous ne le sommes plus maintenant ou nous sommes menacés de ne plus l’être . Nous le sommes évidemment sur des points d’élection où un public d’élite nous maintiendra , mais où la clientèle universelle ne nous maintiendraplus les moyens de vivre et de nous imposer.
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- Il faut refaire l’apprentissage. Je n'ai qu ‘un mot à dire à ce sujet, mais il faut que dans l’étude sommaire des réformes de demaine, on mette l’apprentissage au premier rang parmi celles qui seront le triomphe du travail national. Pour cela, Mesdames Messieurs, il y a de gros préjugés à détruire. Je parlais tout à l’heure des syndicats qui faisaient entendre une voix infiniment sage et clairvoyante, dans un débat où la France hésite et
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- tâtonne. Mais ici les syndicats se trompent àfond. Ils sont né-/ cessaires à l’apprentissage; ils l’ont écrasé dans certaines professions; ils l’ont empêché de se dévepopper . Toute cette semaine ‘ Je causaisavec des nommes qui sont présidents de chambres syndicales , et ils me disaient: plus d’apprentis tailleurs, plus d’apprentis relieurs, plus d’apprentis tapissiers, typographes, etc, parce que les syndicats n’en veulent plus, et maintenant quand on s'adresse aux bons ouvriers, ils disent: je travaille pour moi, après moi le déluge.
- C’est manquer de solidarité dans laprofession, de confiance dans la supériorité technique, ou plutôt c’est manquer de confiance dans l’effet d’une supériorité technique, de clairvoyance dans les moyens que suppose la continuité de cette supériorité, voilà ce qu’il faut combattre; l’apprentissage, ce n’est pas tout : à quel âge doit-on commencer ? Je touche là une question qui est brûmante et le très grand savant qui dirige les dest inées de l’instruction Publique et qui est encore le Président du Comité Consultatif de Conservatoire des Arts et Métiers, M. Pain-levé, a entrevu tout de suite son devoir.
- Savez-vous ce qui est déplorable en France, c’est qu'après l'Ecole Primaire, à 13 ans, il n’y a plus rien, jusque 18 ans, que le hasard des embauchements sans aucune espèce de garantie technique; on emploie l’enfant à porter des lettres, à faire le groom, à faire le sous-manoeuvre, ou on l’emploie à différentes choses insignifiantes, en l'empêchant à l’heure où sa main devrait, acquérir la souplesse et l’habileté nécessaires, de s’y adonner, Ces trous, ces lacunes qui existent entre l'école primaire et sa profession, il faut les combler.
- Un projet de loi vient d’être déposé par M. Painlevé et Je crois qu’il aura un très grand effet s’il est voté.
- En attendant, laissez-moi vous dire qu’il y a des oeuvres
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- qui ont entrepris de combler cette lacune et d’organiser après l'école l’apprentissage qui donne prés±e= précisément aus= aux jeunesgens intéressés cette souplesse de main, cette habitude de la matière et du travail qui lui seront nécessaires plus tard quelle que soit la profession de détail à laquelle il se donnera.
- J’ai l’honneur et la bonne fortune d’être associé à l’une de ces oeuvres que je vais vous signaler. Elle n’est pas la seule à paris, mais c’est la seule que je connaisse aussi particuliè-rement. C’est celle que Madame Viviani a créée dans l’Hôtel Byron. Elle avait d’abord ouvert là une garderie pour les enfants qui, pendant la guerre n'avai^ent pu être gardés chez eux: le père était parti, la mère avait été obligée de se livrer au travail au dehors et ne pouvait s’occuper de l’enfant. Cette garderie a été subitement peine. Il y avait là des enfants de 11 ans, 11 fallait lesoccuper. A quoi? Uniquement à des études intellectuelles ? Mme Viviani a pensé que tous n’étaient pas en état de le faire. Elle a fait appel au Directeur de l’Ecole des Arts et Mé-tiers, à des Professeurs de cette école, et à despatrons dont Paris s’honore. Elle leur a dit: nous allons créer des ateliers pour ces petits garçons et ces petites filles. Pour les garçons nous organiserons le travail du fer, du bois, du cuivre, aux fille nous apprendrons la mode, la couture et quelques autres travaux. On‘immédiatement créé des ateliers et là. Messieurs, je ne dis pas que ces petits garçons ont appris à être serruriers, ou ébénistes, mais ils ont appris à manier le fer, le bois; ils - a ont appris à savoir ce qu’était un métier, on leur fait comprendre la nécessité d’apprendre ce métier, d’étudier par des dessins, et par des livres les moyens d ‘y devenir maîtres et d’y trouver ainsi non seulement le pain de la famille mais aussi l’honneur de la profession. Messieurs, c’est une très belle tâche.
- C’est une très belle tâche et il faut souhaiter qu’elle se répande,qu'elle s'étende , je vous la recommande à tous, et ENAW
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- particulièrement à M. le Directeur du Conservatoire National des Arts et Métiers.
- • J’arrive ace qui est le terme de mon étude , ace qui en
- est le coeur: c’est l'ensemble des réformes sociales que la guerre fera ou rendra nécessaires. Vous avez vu que j'ai distingué les deux choses: ce n'est pas la guerre qui a créé l'alcoolisme; elle permet de le combattre; ce n'est pas la guerre qui a créé la tu-berculose; elle en a hâté l'éclosion que nous ne soupcionndons pas. A la lueur du canon, nous avons vu l’abîme où nous étions menacés de tomber.
- • quelles sont les réfo mes sociales qui vont nous permet-
- tre d’utiliser mes réferes réformes de détail dont je viens de parler. Je ne ferai que les nommer; j'espère cependant toucher deux ou trois points qui serviront de conclusion aux études qui vous ont été présentées cette année par moi-meme , bien modeste-ment, et je crois aussi , j'en suis sûr parce que j'en ai entendu et lu des études qui vous ont été présent ées, par les maîtres très éminents groupés dans cette maison.
- Eh bien! ces réformes sociales, elles sont subordonnées • à deux conditions fondamentales dont je crois bien qu'aucune ne
- non Manquera:
- 1° au maintien du mouvement démocratique, nous ne devons pas croire ni surtout espérer qu'aucune réaction se produise dans ce mouvement. La. démocratie française , malgré les risques, les difficultés, les périls de son affranchissement depuis 25 ou 30 ans, a montré une tellegrandeur, une telle vaillance, devant les dangers, une telle noblesse dans lazuerre présente qu'il n'est pas question de la condamner, ni de revenir en arrière 16 dans le mouvement où elle s’est enragée.
- — Mais Messieurs, cette liberté même l'oblige contre elle-
- meme à un devoir où peut-être elle ne s'est pas, où sûrement elle ne s’est pas attaché avec assez d’énergie, à se conduire, à
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- se maîtriser, à se donner l’éducation qui est nécessaire aux ci-tovens libres; il n’y a pas de pays aussi libre qu’elle, non seulement pour lapensée, mais pour les actions. On est libre de s’intoxiquer, on est libre en ne se soignant pas de créer des foyers d’intoxication, on est libre de mettre en danger sa famil-le tout entière: Il faut être libre, mais il faut que sa liberté se connaisse pour savoir simposer des limites, et servir au développement pirofon—# plus profond de sa destinée.
- L’éducation de laliberté, voici ce qu’il faut.
- Disons quelques mots de cette éducation:
- 1° Il faut une solidarité plus étroite, plus profonde, plus marquée entre les divers membres de la société.
- Solidarité par l'impôt; il faut que l’impôt soit plus juste qu’il n’était. Je viens de dire un mot a propos des familles nombreuses; les impôts, c’était le prélèvement que l’Etat faisait sur toutes les opérations de la fortune, mais quand elle se produisait aux veux de tous, et pas quand elle se cachait même quand il aurait fallu qu’elle se montrât, stelle= il était par exemple épargné à un célibataire riche qui s’abstenait de représenter extérieurement et se plaisait à prendre un petit lover. L'impôt doit être entendu comme une contribution des citoyens aux aharges de la vie publique», contribution proportionnelle aux facultés des citoyens et inversement proportionnelle aux services qu’ils rendent à la prospérité du pays.
- ^Ensuite cette solidarité doit se développer dans lapro-duction. Je crois à une transformation, je ne dis pas dusalarlat, mais du mode de participation de l’ouvrier au bénéfice de l’industrie que ce soit sous forme de coopération ou de participation au bénéfice, peu importe. Je crois que ce sera un des bienfaits de la guerre.
- Enfin cette solidarité doit se montrer dans l entraide
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- nationale, ce beau mot que nous avons abandonné et que nous avons relevé; ce n’est pas l’assistance, l’entr aide, c’est la mutualité» si je puis l’appeler ainsi, mais c’est quelque chose de plus large que la mutualité. Toutes leshois sont une ébauche; elles doivent se réaliser par desinstitutions, des oeuvres.
- Cela me conduit au 2ème stade: réaliser moins par des lois que par des associations au fond, toutes les réformes sociales. Messieurs, tous les phénomènes sociaux . disons-le, échappent à l loi dans une large mesure
- Est-ce que vous réglementerez la santé; mettrez-vous quel-qu ‘un derrière les gens qui crachent par terre, quelle police instituerez-vous pour cela; empêcherez-vous quelqu’un de boire, si vous maintenez les bouilleurs de crû, et si vous laissez les cabarets ouverts; comment et par quel illogisme défendrez-vpus là ce que vous laissez faire ici ? qui saura punir le malheureux qui est entré par la porte que vous avez laissée ouverte et par laquelle vous tirez des bénéfices qui justifient a-vesy-eus à vos veux pareil acte? C’est l’association qui seule, pourra assainir le pays. Tout ce qui touche à la vie de l’homme, santé, travail, état social est affaire de moeurs. Tenez, je vais vous donner pour finir, mon heure est achevée, je vais vous donner quelques exemples.
- En 1893 les Chambres ont voté une loi sur l’assistance
- médicale privée publique. On n ‘avait qu’à déclarer ne pas pouvoir se faire soigner pour être reçu comme assisté; mais cela
- n’a pas fait diminuer la maladie; elle a créé une variété de malades malades médecins nouveaux et aussi une variété de meladics, de melsding
- professionnelles.
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- On a fait aussi une loi sur les retraites ouvrières • vous savez comment on l’a faite?
- On 1‘a faite par un Office qui a eu 40 membres, puis 500, puis 800 et qui a au des tentacules répandus sur tout le pays; aujourd ‘hui. l’Administration des retraites ouvrières est puissante; elle crée toute la raison d’être du Ministère du Travail où on ne travaille guère qu’à cela, je vous assure.
- quel est le résultat? Il est misérable: Ne pavent que les ouvriers dont les patrons pavent pour eux ou qui sont déjà dans les mutualités; on n’a pas conquis 500.000 ouvriers sur les 11 millions qui v sont assujettis. Par conséquent c'est un nouvel impôt imposé au patronat, mais qui enlève toute espèce de prétention éducative et morale comme celle dont on s’est pré-valu. On va faireune loi sur l’invalidité . Va t’on la confier à des institutions ou à des bureaux. C’est impossible.
- L'association est la seule ferme sous laquelle de pareils soins peuvent être donnés.
- L'association, Messieurs, elle touche encore de plus près à la vie morale du pays. Elle est la liberté, la liberté multipliée par le groupement et prenant la plénitude de sa responsahi-lité, car, avez-vous remarqué que dans une association ce sont les plus actifs, les plus intelligents , les plus énergiques qui l’emportent ;non seulement chacun restept maitre de sesrautes, de sa part d’action, mais l’association est dirigée par ceux qui le méritent le mieux.
- Il y a une véritable éducation de la démocratie par l’as-sociation; voilà l’éducation que nous cherchons.
- C’est cette éducation morale qui doit nous conduire à la véritable raison au fond, la raison de fond de notre vie morale, et de notre salut moral.
- Messieurs, parlons franc, pourquoi sommes-nous convaincus
- surs en quelque sorte malgré tout, du triomphe final de la
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- France ? C’est parce que nous y voyons le triomphe de l’esprit Eur la force, du droit sur la brutalité. C’est parce que la France s’est identifiée avec cette cause du droit et de l'esprit.
- Eh bien : la meilleure de triompher au dedans et au dehors c’est de faire en sorte que ce triomphe du droit et de l’esprit soit effectif en nous-mêmes* et afin den assurer l’effet sur les
- autres de donner aux autres l’impression que nous méritons de leur apporter le flambeau , parce que ce flambeau en nous éclairant nots-mêmes éclairera nos raisons de nous montrer fiers= fier s
- de notre destinée.
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