Conférences de guerre [1914-1918]
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- M. BEAUREGARD. 13 Mars. 1916
- Messieurs,
- J’ai pensé que vous pourriez trouver intérêt à examiner le fonctionnement de l’assistance;(il est entendu que c’est l'as-sistance publique, mais j'élargis en disant l’assistance parce que tout de même , nous ne pouvons pas négliger l’assistance privée dont je dirai quelques mots), j'ai donc pensé, dis-je, que vous trouveriez intérêt à examiner le fonctionnement de l’Assistance pendant la guerre.
- avant d'entrer dans le s détai ls /
- Tout de suite, n'est-ce pas, on sent bien qu'il y a
- eu là des besoins immenses, que la guerre a tout à coup dévelop-pé le rôle déjà si beau et si grand que l’assistance joue pen-gsdant la paix.
- A coté de ses services ordinaires, nous devinons
- atout de suite qu’il lui a fallu aider l’administration de l'ar-mée à soigner les blessés; il a fallu venir=en-aide, au secours de ceux que nos braves qui sont au front laissaient derrière eux et nous avons eu l’allocation militaire, l’allocation de chômage, les secours aux réfugiés; il n'a pas fallu oublier nos pauvres vieillards, ceux qui profitent de l’assistance obligatoire.
- En un mot, on sent qu’il y a dû avoir là un développement important, considérable, une agitation extraordinaire, et c’est là, que , si vous voulez bien , nous allons essayer de mettre de l’ordre et de la clarté de manière que nous puissions nous rendre compte de ce qui a été faitVde l’oeuvre méritoire qui a été accomplie.
- Messieurs, l’énormité de ce rôle, son développement excep-
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- tionnel du fait de la guerre, nous en avons tout de suite une idée, oh, pas exacte, mais néanmoins très caractéristique, si nous examinons les chiffres du budget de l’assistance publique et ce que ces chiffres deviennent en 1914 et en 1915.
- Voici ce que dit le Rapporteur, M. Roussel, dans son excellent rapport sur l’assistance publique fait au nom de la 5ème Commission; c’est un rapport un peu différent de ceux qu’on rencontre d’ordinaire car il vise à la fois 1914,1915 et 1916.
- Il
- Elle est intitulée" Comptes financiers de 1914, Chiffres additionnels de 1915 et Projet de budget de 1916, de l'Assis-tance Publique".
- Voici ce qu’il nous dit:
- "La subvention complémentaire qui vous a été demandée(il s’adresse aux conseillers municipaux) pour 1914 a été de 6 millions 214 mille francs dont 5.478.000 francs pour les hôpitaux et hospices et............ 736.000 francs pour les
- bureaux de bienfaisance."
- Voilà donc pour les 5 mois de guerre de 1914.
- # Celle qui vous est demandée pour 1915 est de 12.627.683 francs
- dont...................... 11.381.683 francs pour
- hospices et hôpitaux , et ............. 1.246.000 ,, pour
- les bureaux de bienfaisance®
- Le bilan de 17 mois de guerre c ‘est-à-dire allant jusqu’à la fin de Décembre 1915 se traduit par une subvention complé-mentaire de 18.841.683 francs.
- D’autre part, le Rapporteur M. Roussel propose à la fin de son rapport de régler le budget de l’Administrât ion Générale de l’Assistance Publique pour l’exercice 1916 à un chif-*
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- fre très analogue à celui de 1915 c’est-à-dire 75.851.000 francs.
- Donc ce n’est pas énorme; on sent très bien que là, 11 y a quelque chose de nouveau qui a même demandé de très gros sacrifices, j'ai là les chiffres pour la Ville de Paris: A elle seule, elle se prépare à fournir 10 ou 12 millions pour 1916.
- Mais au fond, ce ne sont pas des chiffres colossaux.
- Il faut remarquer aussi que la Ville n'a pas seulement à faire face à des dépenses nouvelles; elle a dû faire face aussi à des diminutions de recettes. Vous pensez bien que la for-tune de la ville et ses ressources par les recettes auxquelles couramment elle a droit et que couramment elle obtient, n'ont pas été sans subir le contre-coup de la guerre et voici en somme, Messieurs, les faits qui ont abouti à diminuer les recettes d’une façon assez sérieuse:
- 10 les locataires de la Ville ont fait un peu comme beaucoup d’autres, ils ont profité du moratorium et il sn’ont pas payé car la Ville rentre dans cette affreuse catégorie des propriétaires; elle engage meme une partie importante de sa fortune en immeubles qui lui rapportent des loyers important s et fournissent par suite des ressources assez élevées.
- D'autre part examinons la question des communes de la banlieue parisienne du Département de la Seine. Je fais ici allusion à une loi qu’autrefois j’ai développé ici même, la loi sur les soins médicaux. Dans cette loi se trouve la règle suivante: "Lorsque une commune n’a pas d’hôpital, elle doit doit mener son malade à l'hopital voisin, mais naturellement, elle doit payer à la commune à laquelle appartient cet hôpital des frais pour les soins donnés à æ malade; ceci se fait couramment; les hôpitaux de Paris reçoivent couramment des malades de=eette=h des communes de la banlieue et couramment les com-munes payent régulièrement ce qu’elles doivent pour les soins
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- obtenue et pour lesquels elles sont responsables. Mais les communes ont dit:”c est entendu, nous vous devons des frais de séjour, mais notre pièce est vide."- Que voulez-vous?on peut s’appeler la Ville de Paris, quand on rencontre un homme peigner
- qui n’a pas de cheveux, on ne peut pas le -payer- Il a fallu leur dire, on verra plus tard; on a insisté évidemment, mais pour celles des caisses qui réellement ne pouvaient pas , on n’a pas pu les contraindre. C'à été une diminution de recettes. Mais surtout, Messieurs, l’Assistance a regu de un coup des plus sensibles dans la diminution du droit des pauvres, c est-à-dire de la taxe attribuée aux pauvres dans les théâtres et aux établissements de représentation tels que cinémas et autres. Je n’ai pas besoin de vous dire que l'un des premiers effets de la guerre a été précisément de supprimer à peu près les représentations et par conséquent de supprimer le droit des pauvres.
- Voici là-dessus quelques chiffres intéressants:
- En 1914, premier trimestre, par conséquent situation normale, on ne soupçonne pas encore la guerre: le droit des pauvres rapporte 2 millions 231 mille francs.
- Le deuxième trimestre rapporte 1.824.000 francs.
- C’est très naturel ; dans ce trimestre il y a des mois de vacances. Bien des Parisiens commencent à quitter la Ville; on va respirer l’air des champs.
- Ce sont néanmoins de très jolis chiffres:2 millions dans le premier trimestre, 1 million 824.000 dans le deuxième trimestre.
- Avec Wle troisième on a eu le mois de juillet qui a dû donner son plein, seulement c’est un mois de vacance; puis est arrivée la déclaration de guerre et naturellement avec Août et Septembre, on est tombé de 1.800 mille francs à 339.000 francs
- Vous pourrez même trouver que c’est beaucoup, qi vous ou-
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- bliez le mois de Juillet qui a donné comme à l’habitude.
- Pendant le dernier trimestre on tombe à 269 mille francs, et on est même un peu étonné de penser que le peu de reprise qui a eu lieu à ce moment, nous nous le rappelons, ait pu donner un chiffre pareil. Il ne s’agit pas en effet des recettes des théâtres; il s’agit seulement du droit qui revient à l’Assis-tance publique sur ces recettes.
- Tout cela a fait, Messieurs,qu’en 1914,avec 7 mois de bon et 5 mois de mauvais,on a encaissé pour le droit des pauvres, + millions662 mille francs, alors que les prévisions étaient de 7 millions 1/2. C’est tout de même 2 millions 837.000 francs de perdus.
- En 1915, tous les Parisiens le savent, il y a eu une renaissance; il est évident que d’abord il y a eu plus de tranquillité dans l’esprit; il y a eu la très réelle nécessité de permettre de vivre à tous ceux qui vivent du théâtre; cela a été pour beaucoup dans les autorisations données. Il y a eu l’arrivée de nos permissionnaires qui aiment bien profiter du peu de temps qu’ils ont pour aller au théâtre; finalement il s’est fait un mouvement de reprise, c’est incontestable.
- Voici quelques chiffres:
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- Le droit des pauvres qui, en 1914 était tombé à 20.000 frs à 27.000 en Septembre, à 46.000 en Décembre remontent en 1915 à 192 .000 francs en Mars, 202.000 en Avril, 220.000 en Septembre et à 240.000 en Octobre.
- Tout de même avec ces chiffres, on n’ira pas, pour 1915, quand on fera le total, au delà de 12 millions. C’est très na-turel. Le droit donne plus qu’il ne donnait dans la seconde partie de 1914, mais il avait donné magnifiquement dans la première.En 1914, il avait donné 4 millions, en 1915 il ne donne que 2 millions.
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- Ce sont des pertes sensibles qu’il faut combler par des additions de crédit.
- Heureusement, et autrement, Messieurs, on ne comprendrait pas comment la Ville de Paris et l'Assistance ont pu se tirer d affaire et faire face au travail énormeque je vais décrire avec si peu d‘augmentation de ressources.
- Il y a des atténuations importantes.
- Dans beaucoup de cas, l'Assistance Publique va nous apparaître agissant, rendant les plus grands services, supportant une tâche énorme sans plier sous cette tâche, mais en réalité ne payant pas, c'est-à-dire agissant pour autrui et c’est autrui qui paye. A la rigueur on fait les avances et quelqu’un remboursera et ce quelqu’un c’est l’Etat.
- Pour les allocations militaires, par exemple, l’Assistance ne paye pas, c’est l’Etat qui paye.
- Pour les militaires reçus dans les hospices, c'est l'As-siatnees sistance Publique qui soigne, c’est entendu, mais il y aura un arrangement entre elle et le service de santé de l’armée. A Ivry, par exemple, l’armée paye 2 fr, à Paris, 2fr50 par jour et par militaire soigné; autrement on ne pourrait pas y arriver.
- Il ne faut pas mettre à la charge de l’Assistance tous ces frais qui, en réalité, incombent à l’Etat.
- De même pour les secours de chômage, il n’est pas compris dans les chiffres que je vais vous donner. La Ville n’a pas fait passer ces fonds là dans la caisse de l’Assistance publique; elle en a fait un crédit spécial. L’Assistance est seulement l’organe par lequel sera faite la répartition convenable de ces fonds de chômage. L’Etat en prend d’ailleurs une partie à sa charge.
- Ce n’est donc pas dans le budget de l’Assistance Pu-
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- blique ou même de la Ville que l’on trouverait en quelque sorte l’étiage des dépenses causées par l’immense service d’assistanœ que je vais rapidement décrire. L’Etat y intervient dans une très large part, mais ce qui reste, Messieurs,c ‘est que l’As-sistance Publique a été chargée de tout le travail , c’est qu’il a fallu montrer un admirable dévouement du haut en bas de l’échelle de son organe pour donner à peu près satisfact ion à tous.
- Tout compte fait, en effet, quel travail plus important peut-on imaginer que ces enquêtes inombrables nécessaires, qui demandent beaucoup d’expérience et beaucoup de loyauté.
- Ceci dit, entrons dans le détail.
- Tout d’abord, nous rencontrons les allocations militaires. Pourquoi d’abord.? Parce que c’est le premier besoin qui s’est rencontré. J'attaque ici, en ce moment l’étude du rôle de l’Assistance, plus exactement du bureau de bienfaisance, et je dirai plus tard quelques mots sur les établissements hospitaliers.
- Tout est à la charge du bureau de bienfaisance, non pas au point de vue de l’argent , mais au point de vue du travail. C’est le premier besoin qui s’est présenté. Le décret de mobilisation est affiché sur les murs. Le lendemain une foule de parisiens s’en vont. Celui qui part ainsi pour aller faire campagne emporte les petites ressources de la famille et quel-ce
- ques jours après sont les femmes et les enfants qui sont dans l’embarras, qui s’adressent à l’Assistance et au secours desquels il faut immédiatement venir. Messieurs, de tous temps, on s ‘était dit qu’en présence d ‘un pareil évènement auquel d'ailleurs personne ne pouvait croire, il faudrait beaucoup de sacrifices et venir au secours de toutes les familles privées de leur chef.
- L’idée d’allocation c’était dans l’air, il était bien
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- évident que l’Etat allait sien préoccuper. La charge en revenait à lui , pas à d’autres, il ne reculait pas devant cette charge seulement il fallait du temps.
- Et en effet la loi fut votée dès le 5 Août 1914 portant en principe le droit aux allocations, mais ce n’est qu’une quinzaine de jours plus tard qu’elle entra vraiment en vigueur.
- 15 jours c’était beaucoup pour ceux qui avaient besoin de manger *
- Mais la Ville est intervenue et elle a donné l’ordre à tous les bureaux de bienfaisance de recevoir les demandes, de les étudier rapidement; il suffisait de montrer qu’on avait bien son chef parti et l’allocation était immédiatement donnée.
- Dès le 7 Août les allocations commencent très abondantes et on a rendu ainsi à la population parisienne les plus grands services. Comment faire face, Messieurs à ces dépenses.?
- La loi n’est pas encore entrée en application. Si vous allez chercher des fonds chez le Ministre des Finances, il vous dira: la loi n’est pas applicable. Débrouillez-vous tout seul. Alors voici ce qu’on fit: La Ville, la Préfecture, l'Adminis-tration, si vous voulez, donna l’ordre au bureau de bienfaisance de faire face à ces demandes avec les ressources disponibles. Dans les Mairies il y a des ressources; il y en a même dont les mairesont un certain fond dont ils se servent pour accorder des secours un peu exceptionnels dans des situations par-ticulières; on leur a dit, prenez tout cela, marchez.
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- Mais cela ne suffisaitet alors il leur fut indiqué de créer des petits bons de 1 fr. et de 2 fr payables à celui qui les recevait c'est-à-dire à celui qui avait reçu l’allocation; ils étaient payables en nature; ce n’était pas du tout quelque chose de nouveau pour l’Assistance Publique, Je me souviens très bien, il y a 20 ou 25 ans, c’était un procédé courant, on don-
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- nait peu en argent, beaucoup en bons. Sur le vu du bon, les four-nisseurs donnaient, sachant qu’ensuite, ils seraient payés. Ce • procédé fut supprimé parce qu’il y eut des abus.
- Cette première phase se trouve donc traversée difficilement mais en somme brillamment.
- On arrive enfin au fonctionnement de la loi et à partir de ce moment, c’est l’Etat qui paye; il paya meme l’arriéré aux titulaires d’allocations; désormais ce fut le percepteur qui paya. Seulement la Ville eut le geste très large, elle ne voulut pas être remboursée, Quand il fallut rembourser les fournisseurs de denrées, elle leur a dit de présenter les bons et elle a donné millions pour liquider tout cela. Elle a fait face aux difficultés du premier moment et n’a pas accepté de remboursement. C’était très bien.
- Quand la loi entre en fonction,c est l’Etat qui paye; vous savez ce que c’est, 125 par chef de famille, 0 £50 par enfant ou personne à la charge.
- Comment cela va t'il être distribué? Qu’est ce qui va dire, telle personne a droit à l’allocation, telle autre, non.
- Vous savez quel est le système, le mécanisme.
- Il y a trois degrés de Juridiction: la personne qui désire l’allocation commence par s’adresser à son maire. Le maire alors transmet la demande à la commission cantonale et celle-ci prononce. Elle prononce, Messieurs, après une première enquête, par la Commission permanente du bureau de bienfaisance laquelle se livre à un travail formidable.
- Cependant les renseignements peuvent ne pas être très justes, la commission ren-enere-peut refuser , le solliciteur peut réclamer , alors 1er degré dalappel.
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- On saisit le Préfet de la Seine qui alors saisit une Com-mission départementale, c’est alors la commission d’appel qui décide et si sa décision ne plait pas à l'individu qui demande l’allocation, on peut encore s'adresser de nouveau au Préfet de la Seine deux fois nommé , mais en lui indiquant que c’est un appel sur appel. Il transmet au Ministère de l’Intérieur où siège une commission supérieure des allocations et la décision définitive sera prise.
- Je m’empresse d'ajouter qu’on peut toujours recommencer. Si cette histoire vous amuse...... Toute raison nouvelle de solliciter l’allocation peut être examinée.
- Tout cela est très bien fait avec l’aide dévouée des bureaux de bienfaisance. Il y a là un travail énorme qui est admirablement bien fait.
- En 1914, Messieurs, il y eut ainsi 55 millions900 mille francs distribués; je dois dire que tout d’abord, le chiffre des certificats d’admission avait été formidable :419 mille, seulement beaucoup de personnes sont allées en province, et puis par la suite, on réduisit un peu tout cela et on tomba à ..... avec 372.671 enfants de moins de 16 ans. En=0é= 1914 , la dépense coûta 55millions900 mille francs, en 1915( les chiffres s’arrêtent à la fin de septembre, parce que les statistiques n’ont été arretées que postérieurement ) la somme est de 121 millions 435 mille francs, rien que pour Paris, ce qui fait pour les 5 mois de 1914, et les 9 mois de 1915, 177 millions 335 mille francs, et les chiffres ont depuis pas mal augmenté parce que lespauvres gens qui l’avaient ont continué à la recevoir et minime il a du y avoir augmentation parce que de nouveaux citoyens ont été mobilisés et par conséquent il y a eu des nouvelles demandes justifiées et accordées,
- A Paris, on a été très large, c’est bien naturel,vraiment
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- 1 fr 25, et 0,50 par enfant c’est terriblement peu; il est donc assez naturel qu'on ait tenu compte des difficultés particuliè-res qu'il y a à vivre à Paris, et dans de nombreux cas on a accordé l’allocation.
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- Le Préfet de la Seine a pu dire en tous cas,dans ce rapport présenté au Conseil Municipal, que le nombre des recours formés contre les décisions des commissions cantonales est pour Paris l’un des plus réduits qui a été atteint dans l’ensemble des dé-partements.
- Messieurs, l'insuffisance évidente du secours a frappé {Général le Conseil'de la Seine : il ne s’agit plus en effet ici du Conseil Municipal, du moment qu’on était sorti du premier hourvari où il fallait secourir promptement.
- Ce n’est plus Paris, c’est le département,c‘est le Conseil Général qui est alors intervenu et qui a voté au mois de No-vembre et un petit supplément de 25 centimes de majorat ion non pas sur l’allocation donnée au chef de famille, mais pour les enfants; on a accordé 75 centimes en plus qui commencent à être versés du premier décembre jusqu'au premier avril et on prolongera, soyez tranquille.
- Voilà pour l'allocation militaire .
- Vient maintenant le secours de chômage.
- C’était inévitable. A côté des familles qui ont perdu leur chef qui est parti, par conséquent qui se sont trouvées , en dans un grand embarras, il y'a eu bien d’autres qui ont été frappées par l’arrêt des affaires; les maisons fermées, les emplois perdus, l’impossibilité d’en retrouver d’autres, 11 fallait absolument venir au secours de cette masse considérable de travailleurs citoyens et de citoyennes surtout, hors d’état de travailler : c’est le secours de chômage organisé par le
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- Conseil Municipal; C’est en effet l’affaire de la ville ; ce sont des conséquences de la guerre qui ne regardent pas l'Etat; elles concernent la Ville. Dans cette ville il y a des gens qui meurent de faim, qui ne peuvent pas travailler, c’est à la Ville à les secourir. Les secours fonctionnent dès le 22 Août;11 est de 1 fr 25 et de 0,50 de majoration par entant. Ces se-cours est donné , non pas à la huitaine, non pas à la quinzaine, mais à la seizaine, tous les 16 jours; il y a des raisons de comptabilité sur lesquelles je n’insiste pas.
- Le cumul n’est pas permis et par conséquent l’allocation militaire ne peut pas cumuler avec le secours de chômage, pas même le secours aux familles nombreuses; il peut se cumuler avec l’allocation militaire, mais pas avec le secours de chômage. Pourquoi ? Le premier vient de l’Etat; la Ville a été moins large.
- Comment l’accordera t’on? Ce sera toujours cette commission permanente qui, de ce chef, a eu un travail formi-dable, enquêtes, nombreuses séances nécessaires pour prendre des décisions.
- On établit dans les mairies un système de fiches pour que toutes les la même personne ne vint pas picorer dans la-même assiettes. Avec ces fiches, si on se présentait pour obtenir l’allocation militaire, on répondait à l’intéressé: Non, non, vous avez déjà le secours de chômage , vous ne pouvez avoir l’allocation mili-taire. On n‘ a pu établir cela entre arrondissements, bien que quelques personnes aient pu tenter de toucher dans deux arrondissements, mais c’est extrêmement rare et ce système était bien compliqué.
- Il y eut un très bel effort, reconnaissons-le ; les allo-cations pour chômage, montrent combien la Ville fut généreuse, avec quel élan, elle vint au secours de toutes lesmisères qu'ei-le connaissait.
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- L’Etat pensa alors qu'il fallait encourager une chose de ce genre, encourager les caisses à le faire, elle il eut à son tour un geste généreux dont nous avons profité, il a dit:" Je prends à ma charge 33 % de la dépense; toutes les communes qui donneront un secours de chômage recevront de ma part, 33 % de ce secours; la première qui reçut ce secours fut naturellement paris. Mais avec l’Etat il y a toutoursun peu de grattage, il dit 33 %, mais en déduisant les dimanches et fètes( on n’a pas le droit d’avoir faim ces jours-là),et d’autre part (cela se comprend mieux) avec un maximum de 2,fr 50 par famille, la part de l’Etat descend en réalité à 27 % . L’Etat a dit, je veux bien donner le 1/3, mais je ne veux pas que par famille cela monte à plus de 2fr50. Cette descente à 27 % en appronece apparence, ce n’est rien, mais cela fait 6 % que nous perdons, mais la part de l’Etat était quand même sérieuse.
- On a compté à la fin de l’année 1914, 1.478.000 allocations distribuées qui avaient coûté 34.621.000 francs; c’est jali.
- mais heureusement l’Etat avait pris sa part :9.388.000 francs, il était donc resté à la Ville 25.233.000 francs.
- En 1915 » cela n’a pas sensiblement diminué. Cependant je dois dire qu’en présence de cette charge énorme, très lourde en effet, on a dit, il faut veiller à ce qu’il n’y ait pas d’abus; et puis d’autre part , il faut que les affaires reprennent un peu; il r'est pas admissible qu’ indéfiniment , nous ayons à soutenir cette grande masse de chômeurs et on a fait en effet tout un travail;d»une part , on a refait des enquêtes, à la suite desquelles il y eut desgens qui se sont vus retrire retirer des secours de chômage; pour beaucoup, ce n’est pas justifié.
- Puis on a pris tous les moyens possibles pour raviver les placements; le Ministre de l’Intérieur a fait des circulaires
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- pcur faciliter la reprise su travail; on a pris dans les bureaux le nom de tous ceux qui pouvaient désirer du travail-et le nom des employeurs et on est arrivé à replacer dans une certaine mesure pas mal de gens et cn-est arrivé à une diminu-tion assez sensible de chômeurs.
- Puis il y a eu des départs de Paris éloignant des personnes qui, disparaissant, n’avaient plus droit au secours. Voici quelques chiffres du rapport de M. Roussel; il établit la série , soit pour le nombre des allocations, soit pour les dépenses depuis le début de la guerre jusqu’à la fin de septembre. Prenons les dépenses qui seront naturellement en relation avec le nombre des assistés.
- Rien que pour seizaine, au début: 3 millions 727.000
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- pour les autres
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- Puis nous commentons à descendre. Nous voici en 1915: les affaires reprennent:
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- En Avril les moyens mis en jeu pour la reprise des
- affaires commencent à donner leur plein: 2 millions 8
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- La-fin-au= Enfin au mois de Septembre nous avons 1 million 9 1 8
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- Il n’y a rien de plus curieux, le chiffre est secondaire, que
- la marche seule est intéressante. Vous voyezVles moyens qu’on a employés ont produit des effets assez sérieux.
- Messieurs, l'allocation militaire, l’allocation pour chômage, cela ne pouvait pas suffire.
- Il est évident que d’autres difficultés allaient surgir; elles n’ont pas tardé; il a fallu instituer bientôt des secours aux réfugiés.
- De très bonne heure, en effet surtout pendant la marche des Allemands sur Paris, une foule de pauvres français fuyant l’invasion se réfugient à Paris. Il est évident d’abord qu’on a cherché à ne pas les garder à Paris. Ce n’était pas précisément le moment de les garder sous pareille menace. Le péril étant passé, ils reviennent, parce que du moment qu’on est sisni ainsi déraciné , pourquoi voulez-vous qu’ils aillent en province dans le sud?. Il y a la capitale qui les attire, cette persuasion qu’à Paris on trouve tout ce que l’on veut, on arrive, on a une place excellente, celava tout seul: donc espoir d’une place et puis aussi , cela c’est très touchant, ils se rapprochent de chez eux; ce sont desgens du Nord et de l’Est. S’en aller là-bas 1 quoi faire ? Marseille, cela ne les touche pas, tandis que revenir à Paris, c’est la ville où ils sont le plus près de l’endroit où ils ont laissé leurs intérêts, leur famille; il faut donc venir au secours êe ces gens là; ils sont embarraséés de vivre.
- Tout d'aword. Messieurs, les bureaux de bienfaisance marchant et disposent de ce qu’ils ont d’argent pour les secourir, mais il faut que l’Etat s’en mêle. D’ailleurs des oeuvres pri-
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- vées s’étaient formées et puis aussi des comités départemen-taux. Pour chaque département envahi on avait créé un comité. Et alors quand un pauvre réfugié arrivait: on lui disait: d’où venez-vous? Allez dans ce comité, vous allez trouver des projeetiles= personnes qui s’intéresseront à vous.
- Tout d'abord l’Etat est intervenu; tout d'abord il les a autorisés, il leur a donné existence légale.
- Il y en eut des masses dans Paris: Je cite au hasard, le Comité de l’Aisne, Mairie du 10ème; le Comité des Ardennes, 22 Galerie d'Orléans; le Comité du Nord, café Barbotte, juste en face de la Gare du Nord, rue de Dunkerque. On sait très bien où se trouve chaque comité départemental.
- On leur a &it=* donc donné une existence légale. Ils sont chargés d’examiner la situation de chacun; ils l’examinent en toute affection; ce sont des compatriotes, ces gens qui sont dans ces comités. On ne prend pas un homme du Midi pour diriger un Comité du Nord, Quand ils reçoivent un pauvre évacué qui est un compatriote, il l’entoure de soins. Ce sont ces gens qui dirigent les comités qui présentent les réfugiés pour l’allocation et c’est sur leur présentation que l’allocation leur est accordéeet bien entendu, ici encore ce sont les bureaux de bienfaisance, c'est-à-dire la commission permanente qui sur laprésentation des comités départementaux fait l'é-tude définitive et prononce.
- C’est encore un travail formidable pour l’assistance et des charges considérables. On admit aussi des Belges et des Russes car il y a aussi des réfugiés russes. Ceux qui n’ont pu gagner la Russie ou qui pour d’autres raisons n’ont pu rester dans leur pays.
- Les Belges cependant sont beaucoup plus nombreux; ils
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- ont leur comitédépartemental, c’est leur Consulat.
- Un Belge arrive à Paris, il va à son Consulat* Au Consulat Belge, il est reçu comme si c'était un Comité départemental. C’est lui qui présente pour obtenir l'allocation.
- Le 10 Novembre, Messieurs, alors que le service avait été organisé, on était déjà à 13.595 réfugiés admis au secours à savoir 8.574 chefs de famille et 9.031 personnes à leur charge, coûtant 66.766 francs.Mais ce n’est là qu’un faible début, à la fin de Novembre, ce n’est pas loin du 10 Novembre à la fin, nous sommes à 46.597 réfugiés qui nous coûtent 3.332,000 fis Au 30 Septembre 1915, on est à 55.214 bénéficiaires de l’allocation et finalement l’Etat a distribué depuis le début 15 millions de francs. Il ne le regrette pas, Je le constate. Il fallait le faire, mais il est évident que ce sont de très lourdes charges.
- En dehors de ces intervent ions officielles, la charité privée s’est occupée d’eux ; quelques uns les soignent et subviennent à leurs besoins. A ceux là on ne donne pas une allocation, on donne plutôt une subvention à ces oeuvres et d’autre part, l’Etat lui-même, plutôt la Ville, l’Administration Préfectorale a consacré pendant assez longtemps un asile, l'Asil e Benoît M........à les recevoir, à les entretenir. Mais ces
- derniers temps, Je ne sais pour quelle raison,, on en a changé la destination et onattribué cet asile à l’oeuvre des soldats belges sans parents, mais ce n’est pas la meme chose.
- Tout ceci nous met en présence des conséquences directes de la guerre, mais vous sentez bien qu’à coté de tout cela qui est la floraison nouvelle, les bureaux de bienfaisance ont dû s’occuper de leurs anciennes fonctions et faire face à leurs anciens besoins. Ils ont continué et en disant cela , ils
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- on leur fait le plus grand compliment, et des difficultés se présentaient fatalement. Et d’abord, qu’est ce qu’allait devenir nos vieillards, tous nos vieillards qui sont admis à 1‘as-sistance obligatoire, soit qu’ils soient hors concours par le fait de l’âge ou qu’ils soient assimilés aux vieillards à cause de leur infirmité; incapables de travailler ils devaient naturellement continuer à toucher la somme qui leur avait été attribuée.
- Mais on rencontra là deux complications. D'abord, on s’est trouvé en présence de vieillards qui arrivaient de leurs départements plus ou moins désorganisés, souvent même envahis,
- Quallait-on faire ? Cela regardait l'Etat. Ce fut lui qui s'en chargea et c’est le principe même de la loi sur l'assistan-ce obligatoire. Du moment qu’une commune ne peut pas subvenir a sesfrais, c’est le département que cela regarde, et si le département ne peut pas, c’est l’Etat qui intervient.
- Mais nous, les nôtres, il est impossible de s’en tenir au fonctionnement antérieur.
- Pourquoi ? Parce que, antérieurement près des 2/3 de ces vieillards ou infirmes ne recevaient pas l’allocation to-tale. C’est 30 francs, cette allocation totale; il n’y en avait guère que 1/3 qui recevait 30 francs; les autres, on leur avait alloué 15 frs, 20 frs conformément à la loi Aparce qu’on avait estimé que leur état , soit vieillesse, soit toute autre cause, diminuait bien leur force de travail, mais ne la supprimait pas tant parce qu’en fait on savait qu’ils étaient secourus dans telle ou telle condition par des particuliers, Messieurs, tout cela disparaît; leur force de travail n’avait pas certes diminué, mais il n’y avait pas de travail; de même où auraient-ils les secours qu’ils pouvaient toucher. Où étaient leurs
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- bienfaiteurs; les liens étaient rompus; on procéda à une revision ; on tient à dire que c’était une revision. La vérité c’est qu’on a donné à peu près à tout le monde les 30 frs. La moyenne s'est en réalité élevée non pas à 30 frs par tête, mais à 29 fr% Vous voyez que ce n’est pas bien loin; depuis, on a dit, on a eu la manche très large, et alors on a fait une révision nouvelle et la moyenne est tombée à 29fr063.
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- Grosso modo on peut dire qu'on a mis tous à 30 frs; c'é-tait indispensable. Je dirai même qu'à mon sens, on n’a pas été très généreux.
- On commence par dire qu’on ne peut pas vivre à moins de 1 fr 25 et à un vieillard , vous lui donnez 1 fr. On aurait dû ajouter 25 centimes. On y a hésité, songé, on a hésité, com-me toujours , ce sont des arguments de forme qui triomphent du moment qu’on hésite; Après la guerre, disait-on, il ne sera plus possible de las ramener à 30 francs; c’aurait été peut-être facile; enfin on ne l’a pas fait, mais remarquez c’est qu’ils ne neprennent pas si aisément que cela; du moment qu’ils ont 30 fra, il ne peuvent pas recevoir autre chose du bureau de bienfaisance et puisqu’on a posé comme minimum 1 fr 25, il n’est pas logique de leur donner 1 fr. En tous as l’augmentation de ce fait est de 2 millions par an.
- Il est à noter que les placements de vieillards dans les hospices ont beaucoup diminué et certainement ce sera pour beaucoup dans l'augmentation des frais incombant à la Ville. Pourquoi ? Une foule de ces hospices ont cessé d’être dans le courant de la circulation; il les a fallu pour la guerre, et on n’a pas pu y mettre les vieillards qui demandaient à être hospitalisés.
- Finalement, la moyenne se trouve pour les 8 premiers mois ALAZ.LL. de 1915 de 95 placements par mois, alors que la mois est de 240.
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- Cette matière si vivante, si intéressante 4, de nous y trompons pas, de l’allocation aux vieillards a donné lieu à un conflit très curieux entre l’Etat et l'Assistance publique.
- Voilà par exemple un homme qui n’est pas vieillard offi-ciel; il a 69 ans 1/2 (l’âge fatidique, c’est 70 ans).
- Il a été admis à l’allocation militaire . Son fils était son soutien de famille, il est parti; on admet ce vieillard à l’allocation militaire. Il arrive à l’âge de 70 ans. A ce moment l’Etat dit: Je ne connais plus ce vieillard, faites lui faire sa demande, donnez lui le secours de 30 frs comme vieillard; je ne le connais plus comme allocation militaire.
- L’Assistance répond; c’est extrêmement rigoureux; il a le droit de demander l’assistance, il n’y est pas contraint; je ne l’y mettrai que s’il le demande. L’Etat répond: Mais il ne le demandera pas; il ne touchera plus qu'unfranc au lieu de un franc 25; Qu’est-ce que cela peut faire à l’Etat. Ah: mais c’est l’Etat qui paye l’allocation, tandis que c’est la Ville qui paye *e et seule, et entièrement le secours aux vieillards.
- L’Etat dit: c’est votre charge, =me moi, je me débarrasse, tranché Alors on est là , et je ne sache pas que le conflit soit arrarm gé d’une façon bien nette.
- Messieurs, toujours sans abandonner la recherche du fonctionnement de l’assistance en tant qu’elle continue à faire ce qu’elle faisait avant la guerre et en examinant ce qu’elle aurait fait si la guerre n’avait pas éclaté, nous rencontrons 2 lois, l’une du 14 juillet 1913 sur l’assistance aux familles nombreuses, et celle du 30 juillet 1913 sur l’assistance aux femmes en couches.
- Quand la guerre a éclaté c’est à peine si ces lois com-mentaient à être en pratique. Qu‘allaient-elles devenir?
- Elles ont tout simplement continué à fonctionner. Pour
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- la première en avril 1914 on a donné 97.110 frs; au mois de juillet 1914, on en était à 104.024 fr 26. La guerre intervient, et en fait,Messieurs, la progression continue, on ne fait pas la moindre difficulté dans l’application de cette loi aux fa-milles nombreuses. La progression a un peu ralenti, cependant, parce qu’on n’a pas admis le cumul de cette loi avec l’assistance pour le chômage. Finalement , au cours des mois de 1915, il semble qu'on soit arrivé à quelque chose de très ferme, très net: 105.000 francs par mois.
- Marche sensible, pas trop génée par la guerre. Ai-je besoin de dire qu'on a été obligé de modifier certaines formalités relativement à l’application de cette loi. Si on avait ét appliqué la loi rigoureusement dans sa lettre, au lieu de l’appliquer dans son esprit,pour permettre de toucher le secours, il fallait un bulletin signé du chef de famille C’est très bien, mais le chef de famille est au front; on a dit: du moment qu’il n'est pas là, c'est la mère qui le remplaçait, c'est sur sa signature que le secours sera accordé.
- Pour le deuxième au moment de la guerre , elle commençait tout juste à s'établir, c'est l'assistance aux femmes en couches. La progression continue; en fin de 1914 et pendant les premiers mois de 1915 et-,on est arrivé aux chiffres suivants: premier trimestre: 5.822 mères ayant reçu à elles toutes 196.000 francs.
- Dans le deuxième trimestre, c’est à peu près ma même chose: 191.000 francs; et puis ensuite on a un très grand abaissement. Beaucoup de personnes ont quitté Paris, puis les conséquences de la guerre commencent à se faire sentir. On n‘ a plus que 3.000 mères se courue s/pour 129.000 francs.
- Messieurs, avant de quitter les bureaux de bienfaisance, je vais vous donner communication d'une note que le Maire du 16ème arrondissementa bien voulu dresser pour moi. Cette note ne contient aucun secret , mais elle va vous donner en quelques 11-/Bib CNAN
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- gnes le fonctionnement d ‘un bureau de bienfaisance. Le 16ème ce n’est évidemment pas l’arrondissement le plus pauvre, mais il y a encore beaucoup à faire.
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- Secours d’allaitement :
- 7.431 5.325
- Secours individuels:
- 39.003 40.007
- Secours à d’anciens indigents non admis à l’assistance obli-gatoire:
- 14.531 3.604
- Assistance aux vieillards:
- 351.000 467.000
- Vous voyez l’effet de tout ce que je viens de vous exposer.
- Assistance aux familles nombreuses:
- N'existe pas 31.525
- Assistance aux femmes en couches:
- N'existe pas 8.390
- 409.000 francs 556.000 francs,
- Auxquels il faut ajouter: 556.000
- les secours de chômage qui ont donné 1.212.000 francs,
- les secours aux réfugiés ............ 580.000
- Secours aux femmes de mobilisés en a t-tendant l'allocation militaire . . . . 5000
- Au total ona donc distribué............2.353.000 francs
- au lieu de 1.409.000 francs en 1913.
- Pour les secours d’allocation militaire donnés par le per-cepteur on a: + millions 300.000 francs, soit au total pour le 16ème arrondissement: 6.603.000 francs.
- Et il faut noter que c’est un arrondissement qui n’est pas précisément celui qui a le plus besoin d’être aidé.
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- .Dans tous ces chiffres ne figurent pas les distribu tiens gratuites de lait, de charbon pendant l’hiver, de vêtements pendant toute l’année, et les dépenses des œuvroirs.
- Voyons aussi rapidement les services hospitaliers;
- Les services hospitaliers devaient fatalement subir de grosses épreuves du fait de la guerre.
- D’abord lors de la marche sur Paris, l’Assistance Pu-blique a été obligée ce qu'elle avait d'établissements dans les régions menacées: Angicourt, St-Firmin, Aulnay-sous-Bois, Garches, Roche-Guyon, les Ménages à Issy, Brévannes, Zola à Médan, Anthony. Vieillards, enfants, tuberculeux, voilà quels étaient les pensionnaires de toutes des maisons ; il a fallu les ramener et les placer comme on a pu. Tous ceux qu’on a pu rendre à leur famille ont été rendus ; les autres, on les a envoyés en province) on a fait comme on a pu; quelques uns de ces établissements depuis, ont repris. Ainsi Brévannes à été rendu à l’Assistance Publique et à lapopulation civile. An-gicourt, au contraire, qui était une maison de convalescence pour tuberculeux est laissée aux tuberculeux militaires; alors elle échappe à l’administration sa e l’Assistance Publique.
- Les hôpitaux de Paris ne pouvaient pas rester en dehors du mouvement d'ambulances et de soins militaires à donner aux blessés. Une réquisition consentie d’accord avec l’Assistance réclama dans les hôpitaux de Paris 4,300 lits et 1200 dans les hôpitaux de province dépendant del ‘Assistance de Paris. Ils ont été mis à la disposition de l’autorité militaire; ils sont encore à sa disposition, c’est pour les soins donnés dans ces lits que la somme de 2 fr 50 par lit et par jour a été donnée.
- Dans ces conditions, vous voyez que l’Assistance Publique a du mal de suffire aux besoins de la population civile augmentée encore de beaucoup de réfugiés dont quelques uns arrivaient en mauvais état. (B65
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- On rencontra des difficultés partout; le personnel médical de chirurgie a été en grande partie mobilisé. On l’a remplacé, on a fait appel à tous les médecins de bonne volonté; les anciens internes des hôpitaux furent appelés ainsi que les Jeunesgens capables et de bon vouloir et le service a fonctionné en donnant beaucoup de satisfaction.
- La population parisienne doit être très reconnaissante pour l’effort admirable donné par l’assistance, qar le succès n'a
- été obtenu que grâce Juillet et Août les mois d’épidémie;
- au dévouement absolu de tout le personnel, ont été très difficiles à passer; ce sont il y a eu un afflux considérable de ma
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- lades et lapopulation civile n’a pas souffert. Les services de maternité ont été beaucoup moins surchargés surtout à un certain moment; il y a eu une diminution d’à peu près moitié ; on a eu alors des locaux disponibles; on a pu reconquérir un peu de place perdue. A ce point de vue , je dois citer l’hôpital du roi Albert; on a créé pour les Belges un hôpital indépendant indépendant, autonome qui, en fait est installé à l’Hôtel Dieu, dans les salles de la maternité, les salles qui sont au Nord et qui donnent sur le quai de Montebello, avec entrée rue d’Arcole; il est autonome, tout en profitant des services généraux de l’Hôtel Dieu: pharmacie, cuisines, € chauffage, bains, radiographie, laboratoires, etc. Il profite de tout cela,; il a une administration belge, il a été inauguré solennellement et est une preuve des relations de nos excellents amis les Belges.
- Dois-je vous citer le Mont de Piété; c’est un côté très intéressant de l’Assistance, mais le sujet est tellement é-norme, je le réserve pour en faire un sujet à part.
- Pour le charvoniti: c’est au Conseil Municipal qu’il ^^^ 0
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- des félicitations et qui a distribué des quantités de charbon telles qu’on n’a pas souffert du froid.
- Ce sont là des détails, il y en aurait bien d'autres, si l’on voulait dire tout ce qui a été fait pour empêcher que la vie ne devienne trop difficile.
- Pour terminer je veux dire un mot de l’assistance privée Il serait injuste de ne pas le faire.
- C’est quelque chose de merveilleux l’effervescence, l'é-lan de charité , le besoin de se porter au secours qui a secoué toute lappopulation parisienne et a "uneftagon générale toute la France.
- J'ai là deux petits volumes, vous ne vous douteriez pas de ce que c’est. C’est "Pari s, charitable pendant la guerre" A part la préface qui est écrite parfaitement, touté le reste ce sont des énumérations d’oeuvres et chaque oeuvre a une ligne et il a fallu faire un supplément, juste de lamême façon et le voici. Il y a aussi des oeuvres qui existaient avant la guerre, mais les 2/3 de cala s’est formé à mesure que les besoins ap-paraissaient.
- Voici comment la table desmatières est comprise:
- Elle classe toutes ces oeuvres en:
- 1° Oeuvres pour les combattants
- 2° oeuvres pour les non combattants et enfin oeuvres pour réfugiés.
- Là vous trouvez de tout, pour faire face à tous les besoins imaginables.
- Il m’est impossible de dire autre chose; je ne peux pas entrer dans les détails, mais il en est quelques uns qu’il est bon de signaler.
- A tout seigneur, tout honneur :
- L’Oeuvre du Secours National qui a été instituée tout de
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- suite; c’est une oeuvre admirable qui a eu pour objet d’aider toutes les oeuvres qui se formeraient, de les encourager, de les renseigner, au besoin même de les subventionner, avec le désir de porter son effort là où le besoin se ferait le plus fortement sent ir. A la tête de ce Secours, on a mis des hommes de tous les partis, représentant tous les partis; tout se fait d’une façon très large, sans aucune préoccupation en dehors du bien à faire; c’est là qu’on trouve l’appui pour les ouvroirs pour les Repas Populaires, pour les Soupes, ce sont les munici-palités qui font cela, mais ouvroirs, repas populaires, soupes, donnent droit à la Mairie à recevoir des subventions du Secours National, c’est très bien compris, cantines, maternelles et scolaires, tout cela est compris dans cette oeuvre...
- C'est aussi volontiers au Secours National qu’on s’est adressé quand on a voulu organiser ce qui s’appelle une "journée" La garantie du Secours National est estimée de tout le monde. S’il donne son estampille, cela va tout seul.
- Il a fait dernièrement un appel pour avoir des vêtements pour les envoyer dans les Départements occupés où nos pauvres compatriotes mouraient œe froid. Cet appel a été entendu, vous ne vous imaginez pas tout ce qui est parti. Il y eut un ar-rangement par lequel il était entendu que l’Allemagne n’y toucherait pas et cela a apporté un grand soulagement dans les provinces envahies.
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- En second lieu, je dois vous signaler le Croix Rouges
- Je dis "les Croix Rouges» car les Croix Rouges se manifestent dans trois sociétés:
- La Croix Rouge proprement dite qui date de 1904 et qui se sous-intitule"société française de secours aux blessés mi-lit aires"
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- L’Association des dames françaises fondée en 1879, L’Union des Femmes de France fondée en 1882.
- Ces Croix Rouges se trouvent dans un grand nombre d‘hopi-taux. Evidemment on a pu être, de temps en temps, relever quel-ques critiques, mais enfin dans l'ensemble leurs bienfaits sont énormes et elles rendent de bien grands services, et quand on est obligé de voyager dans des conditions difficiles, quand on arrive en gare et qu’on trouve desppersonnes qui vous aident, on bénit la Croix Rouge,
- En troisième lieu, il faut signaler les efforts admirables des Etrangers. Les hôpitaux américains, notammesnt celui de Neuilly, la Croix Rouge anglaise, la Croix Rouge japonaise. Citons aussi les envois du Canada qui sont recueillis par un Comité intitulé "Aide à la France". Parmi ceux-ci on cite l'envoi de M... de Québec qui a donné à la
- France la somme de francs::! Les victimes
- des Taubes ont été secourues sur ses fonds . Lorsque certai-nes misères apparaissent dans les milieux des familles mobilisées, on trouve, grâce aux bienfaits de tous, les moyens de les secourir.
- I1 faut signaler aussi l'Office Départemental. Je répète que je ne donne que quelques indications et que j’en pourrais donner des milliers.
- L’Office Départemental est une chose très intéressante; c’est une affaire privée. A première vue, on croirait que c’est une affaire départementale. Elle a été fondée sur l’initiative d'un Conseiller Municipal , M. Chassaigne-Guyon.
- Il est composé exclusivement de membres du Conseil Municipal et du Conseil Général. Mais ce n’est pas une oeuvre de la Ville, c’est une oeuvre privée.
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- Il est surprenant de voir le développement que cette oeuvre a reçue. Son but était de secourir la population parisienne, de recueillir des fonds pour les donner. Avec la guerre, les choses se sont précisées; il y a toujours eu cette mission . pour cette oeuvre de secourir la population, mais onajouté d’autres missions, entre autres celle des trains de blessés, trains très bien compris, très bien organisés, qui ramènent les blessés aux frais del’Etat; une méssion pour les réfugiés; une mission admirable de secours à nos prisonniers de guerre. Supposez que vous receviez une carte d’un prisonnier de guerre qui vous dise: Je me rappelle à votre bon souvenir; les miens ne peuvent rien m’envoyer, veuillez penser à moi .-Envoyez cela à l’Office Départemental, quelques jours après le paquet partira et votre correspondant sera satisfait, - une mission pour les secours aux blessés, et ce n’est pas fini.
- L’Office Départemental a profité d’une journée; la Journée de Paris; sur le résultat de cette journée, il y a eu 500 mille francs pour l’Office Départemental.
- Enfin , permettez-moi de revenir à mon 16ème...
- Vous ne m'en voudrez pas, c’est une affaire de coeur, il a donné un si bel exemple...
- Au lendemain de la guerre, on y a organisé une réunion de tous les représentants de toutes les oeuvres d’assistance existant dans l'arrondissement. On s’est trouvé là entre gens qui jusque là se regardaient....... ou plutôt qui ne se regardaient pas; il y avait de tout: des curés, le sbeuvr es laïques ; les socialistes étaient là, ils nous ont mhe= même été d’un grand secours; ils savent très bien manoeuvrer la bourse de
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- leurs concitoyens, ils nous ont donné des moyens que nous avons appliqués; il y avait desprotestants, destarésittes Israélites; Nous avons dit, cela c’est parfait, c’est ce qu'il nous faut.
- Chacune de nos oeuvres a renoncé à queter pour elle; nous avons fait une caisse commune et c’est à nous tous que nous avson avons obtenu plus de 10.000 francs. Nos oeuvres fonction-nent très bien, ne se font pas concurrence, c’est nous qui les subventionnons, qui les aidons à vivre.
- quand un permissionnaire arrive et ne sait pas où passer sa permission; on le loge, on le nourrit, on lui donne cent sous et un petit paquet pour repart ir.
- Il y a là quelque chose de très bien.
- Dans les autres arrondissements on a cherché à nous imiter mais on n’a pas réussi partout; chez nous cela va tout seul, il faudrait réussir part eut »
- Je m’arrête. Je ne pouvais prétendre tout dire sur un sujet pareil.
- Je serais très heureux si J’ai réussi à vous montrer 1 ex-trême intérèt de cette odavre dehl'Assistance parisienne pendant la guerre et l’effort énorme qui a été fait et avec un très grand succès.
- Il ne faut pas s'y tromper; on a obtenu un résultat mer-vetlleux à Paris; on n’a pas cruellement souffert des souf-frances qui étaient à redouter.
- Pendant que nos enfants donnaient l'exemple des vertus les plus mâles, Paris a ouvert son coeur et secouru tous ceux qui en avaient besoin, tranquillisant tous nos défenseurs, puisqu’on les rassurait sur le sort derceux qu’ils aimaient.
- Nous avons contribue par-là surement à la victoire qui se prépare, w
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