Publication : Laboratoire d'essais
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- RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
- LABORATOIRE D'ESSAIS
- GÉNÉRATEURS DE COURANT CONTINU A HAUTE TENSION
- UTILISANT DES REDRESSEURS A CUIVRE — OXYDE DE CUIVRE
- PUBLICATION N° 54
- {Extrait de la R.G.E.) T.L- P. 294-299 - Novembre 1941)
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- , Placé de Laborde, PARIS (VIII )
- 1941
- Générateurs de courant continu à haute tension utilisant des redresseurs à cuivre-oxyde de cuivre
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- Générateurs de courant continu
- à haute tension utilisant des redresseurs
- à cuivre=oxyde de cuivre
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- Fig. 6. — Vue d’ensemble du générateur à 500 kv à redresseurs à cuivre-oxyde de cuivre.
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- Générateurs de courant continu à haute tension utilisant des redresseurs à cuivre=oxyde de cuivre
- I. Introduction. — En vue de la production de rayons X très pénétrants, le Laboratoire d’essais du Conservatoire national des Arts et Métiers projetait, au début de 1937, la construction d’un générateur de courant continu à haute tension, ayant les caractéristiques suivantes : le pôle positif étant relié au sol, il devait débiter un courant d’une intensité d’au moins 10 mA sous une tension de 500 kv, la tension redressée ne devant pas avoir de fluctuations supérieures à 1 à 2 pour 100 en pleine charge. D’autre part, ce générateur étant destiné surtout à des essais industriels devait être robuste, de manœuvre aisée, de mise en route
- Fig. 1. — Schémas du montage des redresseurs pour hautes tensions : la, utilisation d’une demi-période du courant alternatif pour charger un condensateur C; 1b, utilisation des deux demi-périodes avec deux redresseurs R. et R2 chargeant chacun un condensateur C1 et C2.
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- rapide et d’un fonctionnement sûr. Enfin, la préférence devait naturellement aller à la solution la plus économique, non pas tant au point de vue du rendement énergétique qu’au point de vue de l’amortissement et des frais de première installation.
- Dès le début, on a été amené à étudier, puis à adopter une solution nouvelle, tout au moins en France, dans
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- laquelle la transformation d’une haute tension alternative en haute tension continue est obtenue par l’intermédiaire de redresseurs secs cuivre-oxyde de cuivre. Avant d’entreprendre la construction du générateur de 500 kv dont il vient d’être question, il a semblé prudent d’éprouver le principe adopté en l’appliquant à la réalisation d’un appareil capable de fournir 100 kv et 10 ma. Ce premier modèle, commencé en 1937, a été terminé et installé en mai 1938. Les résultats obtenus ont fait l’objet d’une note préliminaire (1) destinée à établir la priorité du Laboratoire dans ce domaine de recherches et ils étaient assez encourageants pour faire décider la construction immédiate du générateur définitif. Ce dernier étail terminé en mars 1939 mais ses essais furent soudainement interrompus par la mobilisation. Actuellement, les deux générateurs sont en service au Laboratoire d’essais et celui de 100 kv, qui sert à l’alimentation d’un poste de rayons X et d’un poste de diffraction électronique, a déjà fourni plusieurs centaines d’heures de service sans qu’il se soit produit le moindre incident de fonctionnement. On va donner ici la description de ces générateurs avec l’indication de leurs caractéristiques et de leurs possibilités d’emploi.
- IL Schéma du montage. — Le montage classique utilisé pour le redressement d’une tension alternative est indiqué sur la figure la; sur la figure lb est représentée une variante, le montage doubleur de tension dit montage de Greinacher dans lequel R désigne l’élément redresseur qui doit s’opposer au passage de l’onde inverse. Si V est la tension obtenue, le redresseur doit supporter une tension inverse égale à 2 V dans le cas a, et V dans le cas b.
- Donc, pour le générateur projeté avec le montage de Greinacher, il fallait prévoir un redresseur pouvant supporter une onde inverse d’au moins 300 kv. Or, les redresseurs habituellement employés dans les installations à haute tension, par exemple les soupapes
- (>) G.-A. BOUTRY et R. ZOUCKERMANN ; L’emploi de redresseurs secs par la production de hautes tensions continues. Comptes rendus des Séances de l’Académie des Sciences, 19 septembre 1938, t. CCVII, p. 491, résumé dans Revue générale de l'Électricité, 21 janvier 1939, t. XLV, p. 22D.
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- électroniques, soit à vide (kénotrons), soit à vapeur de mercure, ne peuvent, au maximum, supporter que des tensions inverses de 300 kv. Pour une tension supérieure, il se produit une émission d’électrons par l’anode et la soupape ne fonctionne plus correctement. Les montages simples la et 1b ne peuvent donc plus être utilisés ; on peut mettre deux tels ensembles en série, le second sous tension étant alimenté par un transformateur d’isolement; l’installation est donc compliquée. Une solution plus élégante consiste à employer le montage dit « en cascade » qui ne met en jeu qu’un seul transformateur, mais une suite de condensateurs et de valves. Chacun de ces éléments ne supportant qu’une fraction de la tension totale obtenue, on arrive ainsi à obtenir des tensions de plusieurs millions de volls avec des soupapes et des condensateurs de construction courante; toutefois, dans ces montages, si chaque soupape ne supporte effectivement qu’une même fraction de la tension totale, certaines ont à débiter un courant d’intensité moyenne égale à des multiples de l’intensité du courant débité par l’ensemble et des courants instantanés d’intensité encore plus élevée : il se produit donc une grande fatigue de ces valves; enfin, dans ces montages, l’emploi de nombreuses soupapes travaillant à des tensions différentes nécessite de nombreux transformateurs de chauffage à grand isolement ou une installation délicate de chauffage par courant à haute fréquence.
- III. Emploi des redresseurs secs à cuivre=oxyde de cuivre. — On a songé à revenir à un montage assez simple en abandonnant le kénotron comme élément redresseur et en utilisant le redresseur cuivre-oxyde de cuivre. Ces redresseurs sont d’un emploi courant pour la production de basses tensions continues. Un élément redresseur (que ce soit une pastille cuivre-oxyde de cuivre ou sélénofer), ne supporte qu’une tension inverse de l’ordre de quelques volts. Si plusieurs éléments redresseurs .sont en série, les tensions se répartissent également entre chacun d’eux, à condition toutefois qu’ils soient rigoureusement identiques, et la tension qu’on peut redresser est multipliée par le nombre d’éléments. Donc, pour parvenir à des tensions très élevées, on est conduit à employer
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- un nombre extrêmement grand d’éléments redresseurs ; mais nous arrivons à ce résultat qu’il n’y a plus, comme avec les valves électroniques, de limite théorique à la valeur de la tension qu’on peut redresser. D’autre part, en augmentant les dimensions de chaque élément redresseur, on peut, à volonté, élever la limite du courant admissible. Mais, par opposition aux valves électroniques, la résistance au courant direct d’un redresseur sec est grande et le courant inverse n’est pas nul. Il va être montré que, malgré cela, on peut arriver avec un rendement encore acceptable à obtenir de hautes tensions à l’aide de redresseurs secs et en utilisant des appareils d’encombrement admissible.
- IV. Calcul du générateur. — Le schéma des deux générateurs de 100 et 500 kv est celui de la figure 1 b.
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- L_____________328 mm_________J
- Fig. 2. — Croquis d’une baguette composée d’un certain nombre de pastilles redressantes montées en série.
- Les redresseurs qui ont été employés sont des redresseurs cuivre-oxyde de cuivre. D’après les règles de construction employées en basse tension, il ne faut pas dépasser une tension inverse de l’ordre de 8 v par pastille; donc, le nombre de pastilles nécessaires au générateur 100 kv est environ 12 500 pour chaque redresseur R, et R2, soit 25 000 en tout. En fait, dans l’appareil réalisé, se trouvent 154 baguettes de 176 pastilles chacune (27 100 pastilles). La surface de ces pastilles, pour l’intensité de 10 ma qu’on voulait atteindre, est de 38 mm2. Chaque baguette (fig. 2) a un poids de 130 g (longueur 33 cm, diamètre 1 cm) ; le poids total du redresseur est donc de 20 kg. Pour le générateur à 500 kv, on a employé 134 112 pastilles, ce qui conduit au poids de 100 kg pour l’ensemble des redresseurs.
- Une des conditions à réaliser pour obtenir le bon fonctionnement des redresseurs à oxyde de cuivre est leur bon refroidissement ; la chaleur dégagée par effet
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- Joule est en effet très grande et la température de la pastille ne doit ni dépasser 20°C au-dessus de la tem-térature ambiante, ni 50°C de façon absolue. Pour un générateur important, le système de refroidissement joue donc un rôle essentiel et est volumineux.
- Une courbe donnant la tension aux bornes d’un élément redresseur de 176 pastilles en fonction du cou-
- Sens
- Sens direct
- 3 + > °
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- Fig. 3. — Courbes caractéristiques des redresseurs secs. Noter le changement d’échelle pour les intensités de courant entre le sens direct et le sens inverse.
- rant est reproduite sur la figure 3. D’un élément à l’autre, cette courbe peut d’ailleurs avoir des variations notables ; d’autre part, comme le montre la figure, les propriétés des pastilles d’oxyde de cuivre sont très sensibles à la température. On peut schématiser la caractéristique de la façon suivante : le courant est très faible tant que la tension appliquée est négative ou plus petite que A, il croît linéairement quand la tension dépasse A. On admettra donc que la courbe est, en première approximation, représentée par l’équation
- v=A+Bi pour v > v = 0 pour v < A
- A
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- Appliquons entre M et N (fig. 1b) une tension sinusoïdale Uo sinct. On va calculer la tension moyenne V, aux bornes d’un des condensateurs. En première approximation on la considérera comme constante (ses fluctuations ne dépassent pas 1 pour 100) Soit i le courant débité : tant que la tension en M est inférieure à la tension en P augmentée de A, c’est-à-
- Ondulation U de la tension
- Tension aux bornes du condensateur 7
- Tension entre
- M et N Zo i^
- Courant R. traversant /
- Fig. 4. — Courbes relatives à la tension et à ses ondulations suivant les points entre lesquels elle est prise.
- dire pendant l’intervalle de temps (l'o — (1) (fig. 4) aucun courant ne traverse R. ; on peut, en effet, négliger le courant inverse du redresseur par rapport au courant débité par le générateur. Entre les instants to et l'o, le redresseur laisse passer un courant qui recharge le condensateur; en régime permanent, la quantité d’électricité traversant le redresseur est égale à la quantité d’électricité débitée par le générateur pendant une période.
- Les instants to et t'o sont définis par
- Uo sin coto = Uo sin & t'o = v —A
- - TC , T.
- Nous posons clo - 8 — X et olo — gT
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- — 11 —
- donc
- To to --- •
- Le courant traversant le redresseur est d’après (1)
- U0 sin col — (v — A) B
- Donc l’équation d’équilibre est
- 2ni Al Uo sin col —(v — A) 2U . -—- — I — d/ — —sin x o Jlo B B
- La tension moyenne V1 est donc donnée par les équations
- V1 = Uo — [A + Uo(1 — cos a)] ) niB . / (9)
- ---- —sin x— X COS X. \ 7
- Dans le cas du montage doubleur de tension, la tension v=2 Vi.
- En circuit ouvert, la tension continue est égale à la tension de crête diminuée de la tension d’amorçage du redresseur ; mais dès que le circuit continu débite, il se produit une forte chute de tension. Par exemple, prenons le cas du générateur de 100 kv débitant 10 ma : nous prendrons comme équation de la caractéristique du redresseur
- vVOIts = 6 600 + 121 000 ima.
- Pour U0 = 70 000 v, on trouve v = 106 000 v, alors qu’à vide on atteint 140 000 v.
- On a, entre la tension à vide et la tension à pleine charge, une perte de 25 pour 100. Cette grande résistance interne est une des caractéristiques des générateurs à haute tension avec redresseurs secs. Il y a donc une partie notable de l’énergie dissipée en chaleur dans les redresseurs. Par exemple, pour le générateur à 500kv, il faut dissiper une puissance de 1 200 w ; or nous avons déjà indiqué combien il était important pour la bonne conservation des pastilles d’assurer un refroidisse-ment suffisant.
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- On va calculer maintenant les fluctuations de la tension redressée, en restant toujours dans le schéma de première approximation. La tension aux bornes de Ci croît de l’instant to à l’instant t'o, puis décroît de t'o à 1; le condensateur fournissant un courant i pendant ce temps, sa chute de tension est
- AV1 =[T-( — to)] =(—).
- V1 00
- D’autre part, les variations de tension de C2 sont décalées d’une demi-période ; l’ondulation de la tension totale (fig. 5) aura donc une période moitié de la période primaire, et la figure montre que sa valeur est
- Fig. 5. — Courbes montrant les ondulations successives de la tension : en trait interrompu, courbe de l’ondulation de la tension V.; en trait semi-interrompu, courbe de l’ondulation de la tension V2; en trait plein, courbe de ondulation de la tension totale V.
- <1
- II X
- Dans l’exemple numérique du paragraphe précédent" (générateur à 100 kv débitant 10 ma) avec des capacités C1 = C2 = 0,16 UF, on trouve
- Av
- y: — 30° et Av — 840 v, soit — = 0,8 pour 100.
- V .
- On voit, d’après la formule (3), que la fluctuation est environ proportionnelle à i et dépend peu de la tension, donc décroît en valeur relative quand la tension croît.
- Ces calculs, très schématiques (il faudrait, entre autres, se donner la tension sinusoïdale aux bornes du primaire du transformateur et tenir compte des caractéristiques de celui-ci), donnent une idée du fonctionnement du générateur à redresseurs secs et permettent de le comparer à celui des générateurs à kénotrons.
- 1° Le kénotron ne produit qu’une chute de tension faible quand le générateur débite, ce qui assure un
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- meilleur rendement (il est vrai qu’il faut tenir compte de la puissance absorbée par le chauffage des fila-ments des valves).
- 2° Dans le générateur à redresseurs secs, le temps de charge des condensateurs est plus long (il atteint un sixième de la période pour chaque condensateur dans l’exemple numérique) si bien que, pour une même capacité, on obtient une tension plus constante.
- 3° Enfin, apparaissent dans les formules (2) donnant la valeur de la tension continue, les paramètres A et B de la caractéristique des éléments redresseurs; or, ceux-ci dépendent de la température 0, si bien que, pour une valeur donnée de la tension primaire primaire et pour une intensité de courant donnée, la tension secondaire variera légèrement avec 0. Par exemple, pour une variation de 15°C dans la température ambiante, la tension du générateur 100 kv peut subir une variation atteignant 4 000 à 5 000 v. En outre, au moment de la mise en marche du générateur, la tension varie jusqu’à ce que les redresseurs aient acquis leur température de régime.
- V. Description des générateurs. — Les deux générateurs à 100 et à 500 kv du Laboratoire d’essais sont construits exactement sur le même principe ; leur réalisation ne diffère que par des détails. Le générateur à 100 kv destiné à un poste de diffraction électronique comporte des capacités relativement plus grandes, de façon à ce que la tension soit plus constante; d’autre part, dans le grand générateur, il existe une circulation d’huile pour assurer le refroidissement.
- Voici les données numériques pour ces générateurs. Le générateur à 100 kv comporte un transformateur 110 v/57 000 v, deux colonnes redresseuses de 77 X 176 éléments cuivre-oxyde de cuivre de la société Westinghouse, d’un diamètre de 7 mm, deux condensateurs de 0,16 U.F, le tout plongé dans un bac plein d’huile pourvu d’ailettes. Une seule borne, isolée, correspond à la sortie du conducteur négatif.
- La figure 6 montre une vue du générateur de 500 kv ; il comporte un transformateur, deux colonnes redresseuses de 381 X 176 éléments cuivre-oxyde de cuivre, et deux condensateurs de 0,02 gF. Les condensateurs et les redresseurs plongent dans de l’huile qui circule,
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- d’autre part, dans un serpentin refroidi par l’eau. La circulation est maintenue par une pompe à membrane de caoutchouc synthétique insoluble dans l’huile. Aucune pièce métallique mobile susceptible de fournir de la limaille n’est en contact avec l’huile isolante.
- La commande de l’un et l’autre générateur se fait par un autotransformateur à curseur placé sur le primaire du transformateur à haute tension. Le fonctionnement de ces générateurs est donc d’une très grande simplicité; la mise en marche est instantanée et la simple manœuvre du volant de l’autotransformateur permet de régler la tension d’une façon continue entre zéro et la valeur maximum.
- VL Caractéristiques des générateurs. — Pour l’essai des générateurs, on les a fait débiter sur une résistance liquide constituée par un long tube d’eau isolé formant circuit fermé et comportant un réfrigérant. La résistance de ce tube d’eau, égale à 200 mé-gohms quand il était rempli d’eau distillée, pouvait être abaissée par l’addition d’eau de source. La mesure de la haute tension a été effectuée avec un électro-mètre Abraham-Villard gradué jusqu’à 200 kv. Dans le cas du générateur à 500 kv, cet électromètre était branché entre le sol et le point milieu des condensateurs, si bien que la tension mesurée était seulement la moitié de la tension totale (1).
- Le graphique de la figure 7 indique les valeurs des tensions obtenues en fonction de la tension primaire et du débit : ce sont des droites sensiblement parallèles. Comme il a été déjà signalé ici, l’influence de la température est notable, ce qui diminue la reproductibilité des courbes données; toutefois, on a pu remarquer qu’elle était moins grande pour le générateur à 500 kv où, grâce à la circulation d’huile, la température des redresseurs est mieux définie ; par exemple, après une heure de fonctionnement à pleine charge, la température de l’huile à la sortie de l’appareil ne s’était élevée que de 19 à 26°C.
- Aux grandes chutes de tension qui se produisent quand le générateur débite, correspond pour ce dernier
- (1) Pour les tensions supérieures à 400 kv, on a extrapolé les caractéristiques (fig. 7) qui avaient été construites jusqu’à cette tension.
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- un rendement total assez faible; pour le génerateur de 100 kv, le rendement est, à pleine charge, un peu supérieur à 50 pour 100. Les valeurs suivantes ont été relevées : pour 75 000 v et 10 mA de débit, l’intensité du courant primaire absorbé est de 16 A sous 108 v : le
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- 100
- Haute tension
- Haute tension
- S
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- Fig. 7. — Courbes de la tension du courant continu obtenu en fonction de l’intensité du courant primaire et de la tension alternative : a, pour le générateur de 100 kv ; b, pour le générateur de 500 kv.
- 100
- Tension primaire
- 100200
- Tension primaire
- facteur de puissance étant 0,83, le rendement est de 52 pour 100. Pour le générateur à 500 kv, le rendement est un peu plus élevé : pour 368 kv et 10 mA de débit, la tension primaire est 157 v et l’intensité du courant 45,6 A, ce qui donne un rendement de 59 pour 100.
- L’ondulation du courant a été mesurée grâce à un oscillographe branché en dérivation sur une petite partie de la résistance liquide. Le tableau I donne, en fonction du débit et de la tension, les valeurs V instantanée — V moyenne maxima du rapport------------------------------:
- • moyenne
- /ex V 4/
- ! - AM . |
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- o
- 1
- Tableau I. — Valeurs maxima
- de Vimstam------Vmoy: en fonction du débit.
- • moy.
- GÉNÉRATEUR A 100 kV
- INTENSITE du courant en ma TENSION
- 20 kv 100 kv
- s + 0,5 % + 0,15%
- 10 = 0,8 % = 0,3 %
- GÉNÉRATEUR A 300 kv
- INTENSITE du courant en niA TENSION
- 100 kv 400 kv
- 4 10 ±1,2 % + 30/0 + 0,4 % ±0,8 %
- ,___1pémode_., (1/50 seconde)
- On voit que, surtout pour le générateur de 100 kv, la tension est très constante. La figure 8 donne quelques relevés oscillographiques de la forme de la tension redressée ; elle n’est pas du tout semblable à la courbe théorique de la figure 5 ; en effet, elle admet la période de la tension primaire et non la période moitié. Ce résultat provient de la dyssymétrie du montage doubleur de tension, du fait de la capacité propre du transformateur par rapport au sol. Dans le circuit parasite T C' C2 circule un courant alternatif (fig. 1b); donc, à la tension V2 s’ajoute une tension alternative égale à
- CI
- U — et déphasée d’envi ron C2
- 5* Dans l’ondulation du courant total, cette tension alternative se superpose à l’ondulation due à la charge et décharge du condensateur. Quand le débit est grand et la tension faible, c’est cette dernière qui est prépondérante et la courbe tend vers la forme théorique de période moitié (fig. 8a). Au contraire, quand le débit est faible et la tension élevée, c’est la tension alternative qui
- . -période__, (/50 seconde)
- Fig. 8 — Courbes des courants redressés relevées à l’oscillographe : (a) générateur de 100 kv, i = 2m A, V= 92 kv ; (b) générateur de 100 kv,
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- devient prépondérante et l’ondulation du courant redressé est presque sinusoïdale avec la période du courant primaire (fig. 8b). Des relevés oscillogra-phiques des courants de charge respectifs de Ci et C2 ont confirmé la cause de cette dyssymétrie.
- VII. Possibilités d’emploi des générateurs à redresseurs secs : leurs avantages et leurs inconvénients. — Les principaux avantages du générateur décrit ici résident dans sa simplicité et la facilité de sa manœuvre, ensuite dans sa robustesse : en effet, les redresseurs peuvent supporter des surintensités de courant et des surtensions instantanées pourvu que la température ne dépasse pas les limites permises ; au contraire, dans les kénotrons, si brève que soit la surcharge, il peut se produire des décharges qui provoquent la rupture de l’ampoule ou du filament. Enfin, les redresseurs peuvent fournir un très long service, alors que la durée moyenne d’un kénotron est seulement de 1 000 à 2 000 heures.
- Il a été indiqué que, par multiplication du nombre de pastilles redresseuses, on peut atteindre des tensions continues très élevées, et également qu’en employant des pastilles de plus grandes dimensions, on peut redresser des courants importants. On a signalé déjà un générateur à oxyde de cuivre fournissant un courant de 100 m.4 sous une tension supérieure à 100 kv (1).
- Enfin, au moment où le Laboratoire d’essais a fait construire ces générateurs prototypes, leur prix de revient était bien inférieur au prix d’un générateur de mêmes caractéristiques à valves électroniques (2). L’inconvénient principal de ces générateurs est leur grande résistance interne, si bien que pour obtenir une
- (1) R. Planiol; Emploi des redresseurs secs pour la production de hautes tensions continues. Comptes rendus des Séances de l’Académie des Sciences, 1er août 4938, t. CCVII, p. 323-324, reproduit dans Revue Générale de l’Électricité, 22 octobre 1938, t. xliv, p. 522.
- (2) A titre de précision on peut signaler ici que le coût du générateur à 100 kv, 10 mx a été de 40 000 fr et que celui du générateur à 500 kv, 10 ma a été de 230 000 fr, y compris le pupitre de commande.
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- tension donnée en charge, il faut prévoir un transformateur susceptible de fournir des tensions bien plus élevées. D’autre part, cette influence sur la tension de l’intensité du courant débité peut avoir des inconvénients pour la stabilité de marche de certains appareils ; notamment quand on alimente avec le générateur à 100 kv un tube à rayons X, il est nécessaire de stabiliser soigneusement le courant de chauffage du filament qui commande le débit du tube, sinon les variations du débit provoqueraient de grandes variations de tension. Enfin, il a lieu de signaler qu’étant donnée l’influence de la température, il est bon de mesurer directement la tension secondaire et de ne pas se fier à une courbe d’étalonnage.
- Quelles sont les limites d’application des générateurs à redresseurs secs? On a vu comment on pouvait imaginer, en multipliant le nombre des pastilles, des redresseurs capables de supporter des tensions toujours plus élevées ; mais si l’on conserve les montages simples de la figure la, on sera conduit à utiliser un transformateur ayant un rapport de transformation très élevé et des condensateurs supportant de très hautes tensions. Donc, c’est la construction de ces éléments qui limitera, en fait, la tension qu’on peut obtenir par ce procédé; d’autre part, les redresseurs secs, assez encombrants, se prêtent moins aisément que les kénotrons à des montages multiplicateurs de tension. Il est probablement peu avantageux de dépasser 1 million de volts. Par ailleurs, pour les basses tensions, les redresseurs à gaz permettent de débiter des courants très élevés avec un encombrement moindre et un meilleur rendement. La zone où les redresseurs secs paraissent particulièrement bien adaptée se situe donc entre 100 000 volts et 1 million de volts et, pour cet intervalle de tension, ils permettent plus simplement d’obtenir des courants redressés d’intensités supérieures à celles obtenues avec tout autre type de générateur.
- Les générateurs de haute tension à redresseurs secs, avec leurs caractéristiques intéressantes et leur simplicité de fonctionnement, semblent donc présenter un intérêt particulier pour l’obtention de puissances notables sous les très hautes tensions nécessaires pour certaines recherches physiques ou techniques.
- Le présent travail, commencé au Laboratoire d’es-
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- sais du Conservatoire national des Arts et Métiers par M. G.-A. Boutry a été continué par M. Zoucker-mann et terminé par M. A. Guinier. M. Pensa, aide technique du Centre national de la Recherche scientifique, a fourni pendant toute sa durée une collaboration matérielle très précieuse. Les éléments redresseurs ont été construits par la Société Westinghouse, qui a fait preuve de la plus grande obligeance au cours de l’exécution de ce long travail. Les transformateurs le calcul et la réalisation des montages définitifs sont l’œuvre de la Société des Transforma-leurs Walter.
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