Moniteur de la teinture des apprêts et de l'impression des tissus
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- MONITEUR DE LA TEINTURE
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- Le Moniteur de la Teinture paraît depuis le 1er janvier 1857; il portait dans le principe le titre de Coloriste industriel.
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- Les premiers volumes de sa collection sont épuisés ; ceux qui restent disponibles comprennent les années 1864, 1865, 1866 (ancienne série), 1867, 1868, 1869, 1870-74 et le présent volume (nouvelle série) ; en tout huit volumes.
- Les questions les plus spécialement étudiées pendant ces années sont, entre autres : Les procédés d'application des couleurs d'aniline; la teinture des tissus mélangés ; l'impression par les extraits de garance et par le noir dfa,niline ; les nouveaux procédés de Blanchiment ; les perfectionnements apportés aux travaux du Teinturier-Dégraisseur ; l'impression des étoffes reteintes ; l'emploi des machines nouvelles ; les apprêts mécaniques et chimiques ; un catalogue et des comptes rendus de brevets d’invention ; des Nouvelles, documents officiels, prix-courant commerciaux, etc., etc.
- prix :
- Chaque volume broché............... 15 francs.
- Trois volumes...................... 40 —
- Sept volumes....................... 85 —
- Franco pour la France ; le port en sus pour l’étranger.
- Chaque volume est formé d'une année, sauf celui de 1870-71 qui, par suite de l’interruption causée par la guerre, comprend ce qui a paru pendant ces deux années.
- Les volumes reliés de cette collection, coûtent 2 francs en plus pour chaque.
- AVIS AU RELIEUR. — Pour relier le Moniteur de la Teinture, il faut enlever sur chaque livraison la feuille servant de couverture, sauf sur ce dernier numéro, dont la couverture est le titre et le faux-titre qui doit être mis en tête du volume.
- Paris. — Imp. Turfin et Ad. Juvet, Cour des Miracles, 9.
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- 16me ANNÉE.
- 1872
- Sme VOLUME.
- LE MONITEUR de la TEINTURE
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS REVUE THÉORIQUE ET PRATIQUE
- Spécialement consacrée
- AU BLANCHIMENT, A LA TEINTURE, A L’iMPRESSION ET A L'APPRÊT DES FILS ET TISSUS, A LA PRODUCTION ET A LA PREPARATION DES MATIÈRES TINCTORIALES ; EN GÉNÉRAL A TOUS LES PRODUITS COLORANTS ET MATIÈRES TEXTILES EMPLOYÉS DANS L'INDUSTRIE
- ET DANS LES ARTS
- Publiée le 5 et Se 20 de chaque mois
- SOUS LA DIRECTION
- De M. A. Félix GOUILLON
- Chimiste-Ingénieur.
- Paris et Départements : Un an......................... 15 fr.
- — — Six mois...................... 8
- Etranger....... Un an................................ 20
- Un Numéro : 75 centimes.
- TROISIÈME SÉRIE. — CINQUIÈME VOLUME
- PARIS
- ADMINISTRATION ET RÉDACTION
- 22, rme MICHEL-LE- COMTE, 22
- S’adresser a MM. GOUILLON & BLONDEAU, Ingénieurs.
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- OFFICE DU MONITEUR DE LA TEINTURE
- DROGUERIE, PRODUITS CHIMIQUES, COULEURS
- Le Moniteur de la Teinture se charge de la fourniture de tout article de Droguerie et de Produits Chimiques à l’usage de la Teinture, de l’Impression, du Blanchiment et des Apprêts : ces marchandises sont tirées directement des lieux de production, ou des fabriques les plus estimées, et ne sont livrées qu'après un examen scrupuleux de leur qualité ou de leur pureté. Elles sont cotées au tarif publié par le Journal, et établi au plus bas prix possible.
- Nous nous occupons tout spécialement des Couleurs d’Anilines pour lesquelles nous avons des dépôts des principales maisons, et que nous livrons, soit en gros, soit au détail, aux conditions les plus favorables.
- MACHINES, APPAREILS ET MATÉRIEL INDUSTRIEL
- — INSTALLATION D'ATELIERS ET d’üSINES —
- Les Machines, Appareils et Ustensiles de toute nature à l’usage des Industries Tinctoriales sont très nombreux, et tous constituent des spécialités exploitées par autant de constructeurs divers, répandus dans les principaux centres industriels de France, de l’Angleterre et de la Belgique. Pour traiter ce genre d’affaires, il faut donc une connaissance bien complète de ces industries et il importe de posséder des relations aussi nombreuses qu’étendues.
- Le Moniteur de la Teinture est le centre naturel où viennent aboutir tous les documents et renseignements relatifs à cette vaste industrie. N’ayant pas, en outre, comme les constructeurs, de motifs pour livrer un modèle plutôt qu’un autre, nous pouvons choisir avec un complet désintéressement, et avec compétence, les machines qui offrent toutes garanties aux acquéreurs, au double point de vue du travail qu’elles doivent produire et de leur bonne construction. Par suite de traités avec les fabricants, nous les livrons aux mêmes prix qu’eux-mêmes, et nous pouvons quelquefois offrir des conditions que ces derniers ne feraient pas à un acheteuravec lequel ils n’auraient pas déjà des relations.
- La Chaudronnerie courante— très-soignée— de fer ou cuivre est facturée au poids et au cours du jour.
- Le Moniteur de la Teinture publie une liste du Matériel d’occasion à vendre, ou dont on désire faire acquisition; cela présente de grands avantages aux acquéreurs, et permet d’opérer le placement des machines dont on n’a plus l’usage.
- Nous nous chargeons delà rédaction des planset des devis d’usines et d’ateliers, et s’il y a lieu, delà direction des travaux et de la vérification des mémoires.
- LIBRAIRIE
- Nous fournissons la Librairie de toute nature : industrielle, scientifique ou littéraire, les Journaux et Publications quelconques, aux prix marqués par les éditeurs, affranchissement en sus.
- OPÉRATIONS ET ANALYSES CHIMIQUES
- — CONSULTATIONS, ÉTUDES ET TRAVAUX PRATIQUES ; PROCÉDÉS ET EXPERTISES INDUSTRIELLES —
- Tout travail scientifique et pratique se rapportant au Blanchiment, à la Teinture, à l’Impression, aux Apprêts et au Travail des Tissus en général, nous est spécial, et notre compétence en ces matières est affirmée pa nos publications et notre expérience.
- Nous procédons également aux Visites d’Ateliers et d’Usines dans le but d’indiquer les perfectionnements à apporter au travail ou les économies à réaliser.
- BREVETS D’INVENTION
- Il existe plusieurs agences très-sérieuses pour la prise des Brevets d’invention, pour les recherches et travaux qui s’y rapportent; mais aucune n’est spéciale aux Industries Tinctoriales, et ne les connait assez intimement pour pouvoir apprécier la similitude des procédés, ou les nuances si délicates qui établissent des distinctions entre eux, et peuvent les rendre brevetables, ou les confondre avec des antériorités qui les annulleraient.
- Aucune situation n’est aussi favorable que la nôtre pour être au courant de toutes les nouveautés qui surgissent dans nos spécialités, et des procédés anciens ou nouveaux qui ont été exploités ou proposés ; elle nous permet aussi d’apprécier le fond et la portée d’une invention et de la présenter de la façon la plus favorable. Nous sommes donc à même de nous charger de tout ce qui concerne les Brevets, tant en France qu’à l’Étranger.
- Le Moniteur de la Teinture publie une Liste de tous les Brevets d’invention relatifs à sa spécialité, et donne une analyse de ceux qui lui paraissent offrir un intérêt d’actualité. Nous fournissons le résumé des brevets qui ne sont pas analysés dans le journal, et que l’on désire connaître, moyennant une rémunération de 5 francs pour chacun.
- CESSION D’ÉTABLISSEMENTS
- Notre publicité est d’une grande ressource pour la Vente des Fonds, Fabriques et Exploitations se rapportant à la Teinture et aux Tissus ; nous avons toujours un choix varié d’établissements a céder, et nous opérons assez facilement ce genre de vente, moyennant une rétribution modérée.
- Les Fonds à vendre sont publiés dans le Moniteur de la Teinture, avec indication ou non, de l’adresse des vendeurs.
- ANNONCES, PUBLICITE
- Le Moniteur de la Teinture, se répandant dans un public spécial, offre, par ses annonces, une publi-blicité qui va droit à son but et qui ne risque pas de s’égarer parmi des indifférents : aussi est-elle plus fructueuse que toute autre, lorsque les objets annoncés s’adressent à la Teinture et aux Tissus.
- Etant en relations confraternelles avec tous les journaux industriels de France et de l’Etranger, nous pouvons encore étendre cette publicité, lorsqu’on veut la faire sur de grandes proportions.
- GOUILLON et Blondeau.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 1be VOLUME 5 JANVIER 1872
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- Sommaire
- Introduction à l’année 1872. — Impuretés des laines destinées à la fabrication, par M. A. FÉRON. —Cylindres en caoutchouc applicables aux machines à apprêter, foularder, etc. — Conférences sur l’aniline et les couleurs de goudron de houille {suite}, par M. PERKIN (gravure et échantillon).
- PROCÉDÉS PRATIQUES : Cuve anglaise. — Vert ordinaire sur toiles et cotons. — Même nuance au foulard. — Teinture des plumes : Marron rouge, Ponceau.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Savon pour encoller la laine et fouler le drap. — Brevets récents concernant les industries tinctoriales. — Supplément de valeur’ apporté aux fils et tissus par le blanchiment, la teinture et l’impression. (Circulaire des Douanes.) •
- NOUVELLES : L’impôt sur les matières premières. — Draps à exporter au Japon. — L’industrie de l’impression en Alsace.
- INTRODUCTION A L’ANNÉE 1872
- Après la période douloureuse que nous venons de traverser, il est permis d’envisager l’année qui se présente sous des aspects plus rassurants, et d’espérer qu’avec elle, commence l’ère de la réparation et de la consolation, celle aussi de l’apaisement et de la concorde.
- En inaugurant cette nouvelle année, nous devons adresser nos vœux les plus chers et nos souvenirs les plus sympathiques à la malheureuse Alsace, chez laquelle les industries que nous représentons étaient arrivées à un degré de développement remarquable, et à laquelle elles doivent une bonne, part de leurs progrès. Aussi, est-ce une grande perte pour nous que celle de ce foyer d’intelligence et de richesses, et surtout, que celle de ces populations si patriotiques et si braves qui, sous le régime auquel elles sont astreintes, trouvent encore le moyen de manifester à la France leur amour et leur attachement (1).
- Que nos frères de l’Alsace et aussi ceux de la Lorraine, leurs dignes compagnons d’infortune, prennent courage et patience : le jour de la délivrance viendra. Une grande nation peut, comme le soleil, être éclipsée par un astre obscur, mais elle reparaît bientôt plus radieuse, et va reporter la lumière et la joie chez ceux qui ont été, momentanément, privés de ses raoyns.
- Pour préparer ce moment, et pour liquider le passé, de grands devoirs nous incombent; nous
- (1) C’est de l’Alsace que vient l’idée de la Souscription patriotique en faveur de la libération du territoire, touchant xemple déjà suivi dans toute la France, et que nous ne saurions trop imiter.
- saurons les remplir, et la France, éclairée par ses malheurs, sait qu’elle trouvera le salut et la liberté, non dans les agitations des partis, encore moins dans l’asservissement auquel de sinistres ambitieux la convient, mais en consertant le régime, — progressif, il faut l’espérer, — qu’elle possède, et en se livrant avec ardeur à ces sources fécondes de toute prospérité: l’Agriculture, le Commerce, et l’Industrie.
- Nous, qui nous sommes voués à cette dernière, nous devons reconnaître qu’elle entre dans une voie satisfaisante; heureusement allégée des charges écrasantes dont, elle était menacée, elle peut maintenant répendre sa vie normale et son activité, tout en concourant, pour une très-large part, aux sacrifices imposés à la nation.
- Pendant ces années de désastre, les idées étaient peu tournées vers la Science ou l’Industrie, et cependant des faits nouveaux se sont produits, des inventions plus ou moins heureuses ont vu le jour, témoignant que l’affaissement des esprits n’était pas général, et que chez les travailleurs il y avait encore la Foi en l’avenir.
- Parmi ces découvertes, nous mentionnerons spécialement celle de Y Indigo artificiel, qui vient d’être réalisée par des chimistes allemands, mais à laquelle les travaux de Gerhardt, de Laurent, de MM. Bertholot, Schützenberger et autres savants français, ont largement contribué ; aussi pouvons-nous revendiquer une part honorable dans le mérite de cette grande conquête scientifique.
- Le volume du Moniteur de la Teinture que nous
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- venons de clore n'est pas non plus moins riche que les précédents en procédés industriels et en questions pratiques. Fait pour vulgariser la science et pour traduire dans le langage de l’atelier les travaux abstraits du chimiste, ou les descriptions trop techniques du mécanicien, notre journal doit accorder la plus large place à la partie purement pratique, mais il ne doit pas oublier que le Teinturier a besoin de connaître l’origine des produits qu’il emploie, leur rôle vis-à-vis des matières soumises àleur action, le moyen de constater leur pureté; qu’il doit savoir en vertu de quel principe telle machine lui donne le résultat qu’on lui promet, en unmotque quelques aperçus théoriques lui sont indispensables; quiconque veut le détourner de cette connaissance a l’intention de le tromper et de spéculer sur son ignorance ; d’ailleurs, on nefait jamais trop de lumière, et que chacun en prenne ce qu’il peut en prendre !
- Le Moniteur de la Teinture n’a plus, quant à cela, à faire ni profession de foi, ni promesses ; ses œuvres sont là, chacun peut les juger et en augurer des services qu’il peut continuer de rendre; arrivé à sa seizième année d’existence, cette longue expérience n’a pas été sans profit, et nos lecteurs reconnaîtront le développement progressif qu’il a toujours suivi et qu’il se propose de suivre sans cesse (1).
- Maintenant donc, et pour conclure, puisque l’Industrie revient à la vie, puisque nous avons rallumé nos fourneaux et repris la plume, que nous avions quittée pour le canon (2), continuons, chers lecteurs, à marcher ensemble dans la voie du Progrès : elle n’est jonchée ni de ruines n de larmes, et les progrès scientifiques et industriels amènent les progrès sociaux, aussi voyons-nous les nations les plus industrieuses, être en même
- (1) Les dernières améliorations apportées à notre publication consistent principalement dans l’emploi plus fréquent des gravures ; les dessins étant d’un grand se-cours, surtout pour les descriptions mécaniques, nous nous proposons d’en faire souvent usage, et presque tous les numéros du journal en contiendront désormais.
- (2) Pendant le siège de Paris nous étions artilleur dans la légion Schœlcher, et, en cette qualité, nous avons donné, le jour de la seconde affaire du Bourget, et, plus tard, nous avons fait le service de La Briche, un des forts les plus furieusement bombardés par l’ennemi. — F. G.
- temps celles qui jouissent des lois les plus libérales et des institutions les plus conformes à la justice et à la dignité humaine.
- F. GOUILLON.
- IMPURETÉS DES LAINES
- Destinées à la fabrication
- EXTRAIT D’UNE NOTE PRÉSENTÉE PAR M. A. FÉRON
- A la chambre syndicale et industrielle de Roubaix.
- S’il suffisait aux nécessités des diverses industries qui les mettent en œuvre, que les laines peignées du commerce fussent de belle et séduisante apparence, et leurs brins lisses, nets et parallèles, nous devrions nous estimer des plus favorisés, car les résultats auxquels est arrivée, sous ce rapport, notre industrie de peignage des laines, sont généralement aussi parfaits qu’on peut le souhaiter.
- Mais en est-il de même quand, abstraction faite de leur si belle apparence commerciale, on vient à considérer ces mêmes laines au point de vue de leur valeur industrielle, c’est-à-dire de leur aptitude pour les combinaisons de la -teinture, le travail de la filature et celui des apprêts ? Il s’en faut malheureusement de beaucoup qu’il en soit ainsi, et la grande majorité de nos laines, imparfaitement dépouillées des substances terreuses et grasses qu’elles contiennent naturellement, et de celles qui y ont été ajoutées au cours du travail du peignage, soit pour faciliter ce travail, soit accidentellement, la grande majorité de nos laines est impure et, presque, l’on en pourrait dire ce qu’a dit des huilles du commerce M. Mau-mené : « Leur altération est la règle, leur pureté l’exception. »
- Or, un pareil état d’impureté est une cause essentielle de rendements défectueux dans chacune des opérations ultérieures, aucune d’elles n’étant dès lors réalisable, dans des conditions normales, ni Conditionnement, ni Teinture, ni Filature, m. Apprêts, ainsi que d’ailleurs je vais l’établir par un exposé de faits relatifs à chacune de ces opérations et choisis parmi les plus incon-' testables.
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- ET DE L IMPRESSION DES TISSUS
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- Conditionnement,
- Article 1er du règlement. — Sont admises au conditionnement, sur la demande écrite et signée de l’une des parties contractantes, les laines brutes, dégraissées et peignées.
- Article 2e des statuts. — Le procédé adopté par la condition a pour base la dessiccation absolue. >
- Voici en quoi consiste ce procédé :
- Un ou plusieurs échantillons, d’un poids déterminé, sont prélevés sur la masse de chacune des parties de laine dégraissée et peignée dont on veut connaître le degré d’humidité. Pour le déterminer, et arriver par suite à l’évaluation de la quantité réelle de laine que contient chaque partie soumise à l’essai, on expose les échantillons prélevés dans une atmosphère de 105° à 108° C.; la totalité de l’eau qu’ils contiennent doit s’y évaporer et la dessiccation atteindre à l’absolu. Une nouvelle pesée donne le poids absolu ; prenant alors ce dernier pour base, on fixe proportionnellement le poids absolu total de la partie à conditionner, lequel, augmenté d’un certain poids de convention, dit de reprise} est accepté à titre de poids réel par les intéressés.
- Telle est la théorie du conditionnement.
- Ce serait là, messieurs, si les laines étaient pures, une méthode excessivement rapide et commode, de déterminer les quantités réelles de laine que contiennent les laines peignées ; mais il faut bien le dire, dans le régime actuel et grâce à l’état si fréquent d'impureté des laines admises à la condition, un tel contrôle n’est qu’une illu-sion. Sans restriction aucune, promettre de sécher toutes les laines à l’absolu, et s’engager à réaliser une pareille dessiccation au moyen d’une simple exposition dans une atmosphère de 105°, c’est promettre l’impossible, c'est prendre un engagement qui ne se peut tenir, et je le prouve :
- L’observation a montré que toute substance dissoute dans un liquide, lorsqu’elle n’est pas volatile 0‘ qu’elle l’est moins que le liquide, en entrave l’évaporation et retarde l’ébullition. Et, si l’on vient à examiner les divers liquides dont l’action se succède, dans leur contact avec les laines, au cours du travail du peignage,’ on voit que les substances qui les composent possèdent, pour la plupart, à un degré très-éminent, la pro
- priété de fixer l’eau et de diminuer la tendance à se transformer en vapeur; tels sont les savons, le suint, la potasse, la soude; telle est aussi cette curieuse substance qui ne s’évapore pas au contact de l'air et dont nos peigneurs ont su, depuis quelques années, tirer un si intelligent parti, la glycérine, qui donne à leurs produits souplesse, douceur, onctuosité, et, à ces précieuses qualités, joint encore le mérite de donner du poids.
- On voit, par ce qui précède, que la facilité d’évaporation d’un liquide, toutes choses égales d’ailleurs, est proportionnelle à son degré de pureté, et déjà donc ma preuve est faite, car il en résulte aussi que le procédé unique, en usage à la condition applicable à des laines suffisamment épurées, ne saurait lui suffire pour sécher, uniformément et à l’absolu, des laines imprégnées de liquides plus ou moins impurs, ni pour en fixer le poids net, alors qu’elles sont chargées, non-seulement de l’humidité absorbée dans l’air, mais surtout d’eau en combinaison ou en mélange avec les diverses substances mentionnées ci-dessus.
- (La suite à un prochain numéro.)
- CYLINDRES EN CAOUTCHOUC
- VPPLICABLESAUX MACHINES A APPRÊTER, FOULARDER,BTC.
- La maison F. Casassa, de Paris, avait offert à la Société industrielle de Mulhouse, un nouveau cylindre en caoutchouc destiné à remplacer les cylindres actuels pour essorer, foularder et apprêter les étoffes.
- Chargé par le comité de Chimie de faire un rapport sur les avantages que peuvent présenter ces cylindres, M. Emile Schultz a effectué une série d’expériences sur les rouleaux de la même provenance déjà montés antérieurement dans la maison Dollfus-Mieg et Ce, ainsi que sur celui offert à la Société industrielle.
- « J’ai pu me convaincre, dit M. Schultz, dans son rapport, que ces rouleaux résistent parfaitement au contact prolongé des acides et des alcalis en faisant marcher le rouleau (en expérimentation) pendant plusieurs jours de suite, avec une très-grande pression, dans de l’acide chlorhydrique et sulfurique à 2 et 3° Bé, et dans de la
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- soude caustique à 36° Bé, sans avoir pu remarquer aucune altération. Nous avons, dans la maison Dollfus-Mieg, deux de ces rouleaux qui fonctionnent journellement depuis cinq mois à une machine à chlorer à sec, principalement les articles avec couleur albumine, sans que nous, ayons eu un instant quoi que ce soit de défectueux à remarquer, soit en fait de gerçures, de cassures ou de décollage, cas qui se présentaient souvent avec des rouleaux en caoutchouc d’autre provenance, et cela au bout de quelques mois déjà.
- < Pour l’apprêt de l’indienne à l’envers avec un rouleau gravé surmonté d’une ràcle, ces rouleaux expriment avec une précision que l’on ne peut trouver avec les garas employés jusqu’à ce jour pour recouvrir le rouleau de métal qui sert comme presseur à cet usage ; dans ce cas, outre la grande économie que présente la suppression de ces garas, ils ont l’avantage de ne pas salir aussi facilement qne ces derniers, et peuvent donc faire un bien plus grand nombre de pièces sans qu’on soit obligé de les laver.
- « Quant à l’apprêt en pleine bassine, comme celui des percales, par exemple, j’ai éprouvé de prime-abord des difficultés pour arriver à exprimer suffisamment les pièces, et je n’y suis arrivé qu’en employant le cylindre recouvert de caoutchouc sous un autre cylindre en métal, nu et formant presseur; de cette façon, j’ai beaucoup mieux exprimé qu’en employant le cylindre en caoutchouc comme presseur, ou bien qu’avec deux cylindres en caoutchouc superposés; j’ai attribué ces difficultés à la grande élasticité du cylindre offert à la Société industrielle, inconvénient facile à éviter en employant des cylindres moins élastiques.
- < Les conditions essentielles que remplissent ces cylindres et qui font leur supériorité sur tous ceux qui ont été faits jusqu’à présent, sont l’adhérence parfaite, l’inaltérabilité et la précision rigoureuse de leur forme; j’ai, d’ailleurs, remarqué qu’ils n’ont rien de commun avec ceux expérimentés jusqu’à ce jour.
- « Le rouleau en métal est d’abord recouvert d’une couche de caoutchouc durci, dont la propriété est d’adhérer fortement avec ce métal, puis on superpose d’autres couches dont la souplesse va toujours en croissant jusqu’à la surfece
- extérieure. Par cette disposition; l'effet physique produit par la compression éprouve une résistance progressive de toute la masse, et la force qui tend à l’arrachement de l’enveloppe devient nulle avant d’agir sur la couche du durci.
- < Quant à la régularité de la forme et au poli des surfaces, on l’obtient en dressant ces cylindres sur un tour parallèle; on emploie à cet effet des outils spéciaux, qui permettent de tourner même des caoutchoucs très-souples.
- « Les inconvénients remarqués dans les rouleaux anglais et d’autre provenance résultent de l’énorme quantité de matières étrangères introduites dans leur caoutchouc pour lui donner la fermeté nécessaire au tournage.
- « L’inaltérabilité est donc en partie la conséquence de ce tournage qui enlève l’épiderme du caoutchouc, et du choix spécial des matières, de la pureté des produits et surtout du soin de la vulcanisation, qui doit être lente et peu élevée en température.
- « Les surfaces extérieures des rouleaux de caoutchouc, en contact direct avec la chaleur pendant la vulcanisation, sont pour ainsi dire desséchées; de là les tendances à se gercer et à casser qui se remarquent après un temps indéterminé.
- « Ces détails minutieux suffisent pour produire des pièces d’une qualité supérieure, qui ne durcissent ni ne se gercent jamais, et qui sont, je le crois, les conditions dans lesquelles se trouvent les rouleaux en caoutchouc que nous avons expérimentés.
- « Les deux rouleaux que l’on nous a livrés et garantis pendant un an nous reviennent, savoir :
- 1 rouleau, diamètre moyen, OmiO25 \
- Longueur, 0m9500 | Epaisseur du caoutchouc, 00523 ] Produit en décimètres 1 cubes, fr. 6 87 à 15= fr. 103 50
- >fr. 238 35
- 1 rouleau, diamètre moyen, Omi 160 /
- Longueur, Om95OO 1 Epaisseur du caoutchouc, 0m0200 1 Produit en décimètres 1 cubes, fr. 8 99 à 15= fr. 134 85/ A
- « La valeur des garas employés par an à notre chlorage, avant l’introduction de ces rouleaux en caoutchouc, dépassait ce chiffre quelquefois d’un
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- quart ; en admettant donc, au pis-aller, que ces rouleaux ne durent que trois ou quatre ans, l’économie serait énorme, surtout en y ajoutant celle du temps que l’on perdrait à monter et à démonter les garas pendant le travail. »
- Il convient de remarquer ici qu’au bout d’un temps plus ou moins long (plusieurs années quelquefois), mais variable nécessairement suivant les industries, selon la nature du travail auquel sont soumis les rouleaux, la pression, d’ailleurs, ne se trouvant pas toujours uniformément répartie sur la longueur des çylindres, ceux-ci finissent par présenter en certins points des traces permanentes de foulure, la surface n’est plus rigoureusement cylindrique et il devient nécessaire de tourner les rouleaux à nouveau. Dans ce cas, la maison Casassa fournit aux industriels détenteurs de ces cylindres les renseignements utiles à cette opération et leur adresse notamment le dessin (grandeur d’exécution) d’un outil qu’une longue expérience lui a fait adopter après de nombreuses modifications. Les industriels peuvent ainsi procéder à la remise en état des rouleaux, soit dans 1 atelier même où fonctionnent ces rouleaux, avec une dépense d’installation des moins coûteuses, soit chez le premier mécanicien venu.
- « Je crois, — écrivait M. Schultz en terminant son rapport, — que la Société industrielle rendrait un grand service à l’industrie, en donnant de la publicité aux perfectionnements apportés à la fabrication de ces rouleaux.
- CONFÉRENCE SUR L’ANILINE
- ET LES COULEURS DU GOUDRON DE HOUILLE,
- Par M. Perkin.
- (Suite,)
- Nous devons actuellement passer à une autre matière colorante dont le nom vous est bien connu, je veux parler du magenta, qui a reçu également les noms de roséine, de fuchsine, d'a-niline rouge, et d’autres encore.
- La découverte du magenta est dû à une circonstance digne de remarque, c’est-à-dire au
- choix particulier des produits qui furent employés pour la préparation de l’aniline destinée à fournir la mauve. Si, pour obtenir la mauve, on avait employé au lieu de benzol du commerce l’aniline contenue dans le goudron de houille, ou celle que donne l’indigo, le magenta et tout son cortège de dérivés colorés nous seraient encore, très-probablement, inconnus aujourd’hui ; cela résulte de ce simple fait, que l’aniline pure ne peut convenir pour la production du magenta, et que la présence d’un second corps est nécessaire.
- Parmi les produits contenus dans le goudron de houille, il s’en trouve un nommé toluol, dont le point d’ébullition diffère peu de celui du benzol. Pour cette raison, le benzol du commerce contient toujours du toluol, et ce second possède presque toutes les propriétés du premier. Avec l’acide nitrique il forme le nitro-toluol, parfaitement analogue au nitro-benzol ; avec le fer et l’acide acétique, il se convertit en une base, la toluidine, qui est de même parfaitement analogue à l’aniline, si ce n’est qu’au lieu d’être liquide, elle est solide dans son état de pureté.
- On comprend donc que l’aniline préparée avec le benzol du commerce contient toujours un peu de toluidine, laquelle est le second corps nécessaire pour la formation du magenta.
- C’est Hofmann qui a découvert la nécessité de la toluidine aussi bien que de l’aniline pour la production du rouge d'aniline, en trouvant que l’une ou l’autre seule se montrait impuissante à le produire, tandis que par leur réunion dans les conditions convenables, on l’obtenait avec abondance.
- Il paraîtrait que le magenta fut observé pour la première fois par Natanson en 1856, dans l’examen de l’action du chlorure d’éthylène sur l’aniline ; en 1858, Hofmann le rencontra en étudiant l’action du tétrachlorure de carbone sur l’aniline ; mais la découverte de ce corps, au point de vue industriel, fut faite par Verguin, de Lyon, en 1859, trois ans après celle de la mauve. Le procédé de Verguin consistait à traiter l’aniline du commerce par un liquide fumant nommé tétrachlorure d’étain, et il fut appliqué par MM. Renard frères de Lyon.
- Depuis 1859, on a fait breveter, pour la pré-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- paration du magenta aul moyen de l’aniline, une - multitude de procédés, où l’on mettait à contribution presque toutes les matières chimiques, qu’elles fussent ou non capables de produire ce rouge; j’en mentionnerai un qui a eu, passagèrement, une certaine vogue, et qui est encore pratiqué en Allemagne ; il consiste à faire agir le nitrate de mercure sur l’aniline du commerce.
- Le procédé qui prévaut aujourd’hui, consiste dans l’emploi de l’acide arsénique, proposé par Meddeloc, qui, en janvier 1860, prit un brevet pour cette préparation.
- La fabrication du magenta, dans son état actuel, se réduit à une opération très-simple ; on y emploie un appareil qui peut être représenté par la figure 1, ci-jointe.
- IRETEEI IuemEeE iKaiKi IMHI iemmse:
- Fig. 1.
- Cet appareil se compose d’un grand vase en fer a, d’un diamètre de 10 à 12 décimètres, enclavé dans un fourneau de briques, et pourvu d’un excitateur b, qu’on manœuvre à la main. Tout le mécanisme qui sert à la transmission du mouvement est fixé invariablement au couvercle, de sorte que le couvercle et l’excitateur, avec ce mécanisme, s’enlèvent en même temps, au moyen d’une grue, par exemple. On y remarque aussi un tube recourbé, traversant le couvercle, auquel il est pareillement fixé, et se reliant à un serpentin d, dont il peut se détacher quand il est besoin.
- Pour la préparation du magenta, on introduit dans le vase une certaine quantité d’aniline qui contient environ 25 pour lOOdetoluidine, et une solution presque saturée d’acide arsénique. On
- mêle les matières avec l’excitateur, on en fait un mélange très-intime, et ensuite on allume le feu. Par l’action de la chaleur, l’eau distille d’abord, puis vient l’eau mélangée d’aniline, et enfin l’aniline presque pure. Après quelques heures, on enlève le couvercle avec les pièces qui en dépendent, et on laisse les matières refroidir avant de les extraire du vase.
- On emploie quelquefois un appareil de plus grandes dismensions, qui réalise plusieurs avantages importants. Le vase de fer, beaucoup plus grand que le précédent, est muni, dans sa partie inférieure, d’une porte latérale qui est tenue soigneusement fermée et lutée pendant l’opération. L’arbre de l’excitateur est un cylindre creux, et il reçoit son mouvement d’une machine à vapeur. Lorsque la chaleur a produit tout son effet, on donne l’essor à un courant de vapeur d’eau, qui arrive par l’intérieur de l’arbre ; après l’addition de l’eau, le produit est bouilli, et ensuite extrait du vase par la porte latérale. Entre autres avantages, cette disposition dispense d’enlever le couvercle pour introduire les matières, aussi bien que pour recueillir le produit.
- Ce produit encore brut qu’on obtient en chauffant de l’aniline avec de l’acide arsénique, est transvasé dans des cuves où on le fait bouillir avec de l’eau, après quoi, on filtre la dissolution. On ajoute du sel marin qui précipite le rouge d’aniline, non encore pur ; on dissout le précipité dans l’eau bouillante, on filtre, et le liquide dépose, en se refroidissant, une matière colorante cristalline ; c’est le magenta du commerce, du moins après une nouvelle cristallisation.
- Rouge magenta sur soie (1).
- (1) Cette nuance est d’ailleurs bien connue, mais en reproduisant cette histoire des anilines, nous nous proposons de donner des échantillons de toutes les couleurs citées qui ont été adoptées par l’industrie, et dans cette étude d’ensemble nous ne voulons pas faire d’exception.
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- ET DE L IMPRESSION DES TISSUS
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- Le magenta du commerce consiste dans des cristaux brillants, longs quelquefois d’un centimètre, remarquables par leur éclat métallique et leur couleur d’un beau vert à reflets dorés. Ces cristaux se dissolvent dans l’eau chaude, qui en reçoit une coloration très-intense en rouge pourpre. Le docteur Hofmann, qui a fait une étude approfondie du rouge d’aniline, a trouvé qu’il constitue un sel dont la base est de nature organique, et il a donné à cette base le nom de rosaniline.
- Le rouge qu’on obtient en chauffant l’aniline avec le nitrate de mercure est le nitrate de rosaniline ; celui que donne l'acide arsénique est Yarsenite de même base, mais la suite de l’opération convertit ce dernier sel en chlorhydrate ; le magenta du commerce est le plus communément le chlorhydrate de rosaniline. Cependant pour les consommateurs les plus difficiles sur la pureté du produit, on prépare quelques autres sels, notamment Yoxalate, et surtout Yacétate ; à cet effet, on prend la rosaniline la plus pure, on la combine avec l’acide qu’on a choisi, et l’on recueille les cristaux d’une solution aqueuse. L’acétate de rosaniline cristallise en magnifiques octoèdres, qui possèdent au plus haut degré l’éclat métallique ; c’est le sel de rosaniline le plus soluble que l’on connaisse ;
- Tous les sels de rosaniline out une affinité remarquable pour les fibres de nature animale, mais ils ne résistent pas à la lumière aussi bien que la mauve. Tous les dérivés de cette base manifestent la même affinité, qui généralement n’est pas inférieure à celle que l’on a reconnue dans le magenta.
- {La suite à un prochain numéro.)
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- CUVE ANGLAISE.
- On emploie, le plus ordinairement, les cendres gravelées pour monter les cuves à indigo, mais ces
- cendres sont des produits de composition si variable que l’on n’obtient pas toujours des résultats identiques, et quelquefois même des insuccès complets.
- Les cristaux de soude sont, au contraire, assez réguliers dans leurs effets et conviennent parfaitement pour l’usage des cuves; nous trouvons à ce propos la recette d’une cuve dite anglaise, dans laquelle ils sont employés.
- On la monte ainsi :
- Dans une cuve de 1,000 litres, on verse la moitié de l’eau nécessaire, soit environ 500 litres, et on y ajoute :
- Cristaux de soude, 8 kilogr.
- Garance, 2 —
- Son, 2 —
- On chauffe peu à peu jusqu’à une température très-voisine de l’ébullition; après deux heures de cette température, on ajoute :
- Indigo broyé, 4 kilogr.
- On pallie, on emplit la cuve, et on laisse reposer ; le lendemain, quelques bulles de gaz paraissent sur le liquide, on ajoute alors :
- Chaux éteinte, 500 gramm.
- On pallie et on laisse reposer; le soir, on repallie et on laisse reposer, toujours en entretenant une chaleur modérée.
- Le second jour, on peut déjà travailler sur la cuve, qui doit déjà montrer des veines cuivrées et une belle fleurée.
- On continue de travailler dessus, et chaque soir, on ajoute un brevet, composé, en moyenne, avec :
- Cristaux de soude, 1 kilogr.
- Garance, 500 gramm.
- Son, 500 —
- Chaux éteinte, 200 —
- On modifie ces proportions selon la manière dont le travail marche : si la fermentation est trop lente, on ajoute principalement du son et de la garance ; si elle est trop vive on force la proportion de cristaux de soude, ou plutôt de chaux.
- Quand cette cuve est bien épuisée, on peut la faire bouillir, lécumer, et la faire resservir au montage d’une nouvelle, en diminuant les proportions des matières, sauf de l’indigo.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Le Moniteur de la Teinture reviendra plus au long sur la question des cuves à indigo.
- VERT ORDINAIRE
- Sur toiles et cotons.
- Pour 6 pièces (120 kil. environ) :
- On fait dissoudre :
- Alun, 25 kilogr.
- - On ajoute d’abord :
- Cristaux de soude. 3 —
- Et ensuite :
- Pyrolignite de plomb, 18 —
- — de fer, 2 litres.
- Ces diverses dissolutions mélangées constituent le mordant; il est trouble et laisse déposer un précipité blanc : on peut décanter le mordant et ne se servir que du clair, cela permet de recueillir ce précipité qui est du sulfate de plomb, lequel peut servir ensuite à monter la cuve au plombate pour faire les jaunes de chrome ; mais si on ne tient pas à recueillir ce produit, il n’y a pas d’inconvénient à travailler sur le mordant trouble.
- On trempe les pièces une nuit dans ce mordant, on les exprime entre deux rouleaux, et on teint sur le bain suivant :
- Quercitron, 23 kilogr.
- Campêche, 8 —
- Verdet cristallisé, 1 —
- Blanc de Meudon ou de
- Troyes (craie), 2 —
- Le vert monte bientôt et doit être d’un beau tranché, quoique légèrement rabattu par le fer du mordant.
- Pour une seconde passe, on emploie moitié des doses indiquées, en ajoutant les produits dans l’ordre indiqué: 10 alun; 2° soude; 3° pyroli-gnit.es.
- Il y aurait avantage de sécher après le passage au mordant, mais, comme la dessiccation est une opération industrielle onéreuse, on peut à la rigueur s’en dispenser.
- MÊME NUANCE -Au foulard.
- Les verts ordinaires sur toiles sont des nuances d'une grande consommation, et, comme ils s’ap
- pliquent souvent à des articles très-communs, on ne cherche pas à obtenir des teintures solides ; on s’attache surtout à la rapidité de l’exécution; on plaque alors les pièces à l’aide du foulard, et la couleur fixées tant bien que mal, est ensuite emprisonnée dans un apprêt.
- Voici, pour ce travail, une composition d’un assez bon usage :
- Quercitron, 10 kilogr.
- Campêche, 3 —
- Cachou, 1 —
- Faire bouillir dans 60 litres d’eau; d’autre part, faire le mordant déjà indiqué dans les proportions suivantes :
- Eau, 10 litres.
- 1° Alun, 1 k. 500 gr.
- 2 Cristaux de soude, 130 —
- 3° Pyrolignite de plomb, 1 k. 250 — Mélanger le tout ; ajouter encore une dissolution ft ite avec :
- Eau,
- 5 litres
- Acétate de cuivre (verdet), 230gramm.
- Bichromate de potasse, 125 —
- Acide chlorhydrique, 60 —
- Le mélange ainsi préparé doit former un volume de 73 à 80 litres ; on y foularde les pièces, puis on les fait sécher complètement, et même on les chauffe fortement.
- On rince alors dans une légère,eau de chaux chaude, et on apprête.
- Ce procédé donne une teinture qui tient encore assez bien à l’étoffe, mais qui est souvent irrégulière ; on évite, en partie, cet inconvénient en épaississant le liquide avec 1 kilogramme d’amidon cuit en empois.
- TEINTURE DES PLUMES.
- La Société d’Encouragement publie les deux procédés suivants applicables à la teinture des plumes; nous ajouterons que, quant à la première nuance, elle s’obtient beaucoup plus simplement à l’aide du marron d’aniline.
- Marron rouge.
- Pour 1 kilogramme de plumes :
- Alun, 250 gramm.
- Curcuma (terra), 250 —-
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS , 9
- Bouillir, tirer à clair, laisser refroidir; y trem -per les plumes, et les y laisser une nuit.
- Le lendemain, on les lave et on achève la teinture dans un bain de fustet, de campêche et de bois rouge, selon la nuance voulue.
- Enfin, on les rince, et on les porte dans un bain d’eau froide contenant de l’amidon délayé; on les sèche, et on secoue la poussière d’amidon.
- Ponceau.
- Acide oxalique, 13 gramm.
- Sel d’étain, 75 —
- Cochenille, 60 à 75 —
- Faire bouillir, refroidir brusquement; on y plonge les plumes bien nettoyées, on les laisse deux heures sans les rincer, on les lave ensuite convenablement.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- SAVON POUR ENCOLLER LA LAINE
- ET FOULER LE DRAP Par M. Delmasse.
- Dans les filatures, on se sert pour encoller les fils de la laine, d’une substance à la fois grasse et agglutinante. L’huile utilisée pour cela cause une grande dépense ; aussi cherche-t-on à la remplacer. On a essayé les parties mucilagineuses des plantes et des animaux : la graine de lin ou la colle. Ces solutions aqueuses se détériorent rapidement; de plus, elles ne contiennent pas de corps oléagineux. Le savon de M. Delmasse contient et la substance agglutinante et la substance grasse; il se conserve bien.
- On fait ce savon en dissolvant dans le moins d’eau possible :
- 100 kilogrammes de savon dur ;
- 30 — de colle ;
- 13 — fié soude calcinée.
- Pour faire un encollage, on dissout une partie de ce savon dans dix parties d’eau, et on ajoute assez d’huile pour faire une émulsion.
- , {Société Chimique.)
- BREVETS RÉCENTS
- CONCERNANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES.
- 89408. — 30 mars 1870 : Bergier. Lyon. — Tissus nouveaux, ou obtenus par des moyens nouveaux.
- 89413. — 6 avril : Chaudet et Beer, Elbeuf. — Machine à sécher les tissus épaillés chimiquement.
- 89421.—8 avril : Grison, Lisieux. —Procédés de teinture pour laines Renaissance et tissus fabriqués avec les déchets.
- 89459. — 4avril : Grawitz, Paris. — Fabrication d’une série de couleurs métalliques.
- 89170.— 2 avril : Taquet et Ménard^ Paris. — Décoration perfectionnée de toute espèce de tissus.
- 89496. -- 19 avril : Protin-Baudelot, Lisieux. — Machine fixant immédiatement les couleurs d’impression sur laine, par la chaleur.
- 89524. — 6 avril : Isart, Paris. — Destruction et expulsion des matières étrangères contenues dans les déchets de coton.
- 89375. — 12 avril : Brière, Paris. — Châle long, simple, sans envers, par l’emploi de deux couleurs indépendantes donnant la même rich- sse de coloris sur les deux faces.
- 89607. — 15 avril : Cour and et Moissonnier, Lyon. — Apprêt sans diamantage des gazes, tulles, etc., par la vaporisation.
- 89616. —26 avril : Gozier et Delcroix, Sedan. — Appareil pour le refroidissement des draps sortant de la teinture.
- 89618. — 18 avril : Guétat, Lyon. — Teinture en noir pour soies.
- 89623. — 12 avril : Prunier. Pierre-Bénite (Rhône). — Fabrication de Yorseille en pâte, des cud-beard ou persio et autres produits analogues.
- 89637. — 14 avril : Welter, Paris. — Application de la ventilation au séchage des tissus sur les rames ou sur les courses des machines à impression.
- 89658. — 30 avril : Neart, Lille. — Métier à élargir les tissus.
- 89672. — 19 avril : Bardy et Dusart, Paris.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- — Préparation de bases organiques pour matières colorantes.
- 89684. — 26 avril : Gantillon, Lyon. — Machine pour l’apprêtage de foulards, gazes, et tous tissus de soie.
- 89685. — 19 avril : Hamy Paris. — Tapis tournant, tendeur mécanique pour étoffes teintes.
- 89690. — 19 avril : Lacarob, Paris. — Système d’impression.
- 89717. — 21 avril : Collet, Paris. — Fabrication industrielle du chlore.
- 89735. — 25 avril : Bastaërt, Paris. — Procédé de blanchiment pour matières végétales et animales.
- 89824. — 29 avril : Peloso, Paris. — Impression avec application sur velours coton.
- 89845. — 30 avril : Monnier frères, Paris. — Machine à repasser.
- 89851. — 4 mai : Simonin et Coffin, Paris. — Procédé pour dessuinter la laine et le crin.
- 89890. — 5 mai : Casthelaz, Paris. — Fabrication de chlorhydrates d’aniline, de naphtyla-mine et autres alcaloïdes.
- 90007. — 16 mai (et brevet anglais) : Perkin, Paris. — Perfectionnements dans la fabrication de matières colorantes.
- 90017. — 19 mai : Cornélius, Paris. — Fabrication des couleurs et vernis.
- 90020. — 18 mai : Dietsch frères, Paris. — Système de blanchiment et de teinture, et appareils qui s’y rapportent.
- 90036. — 18 mai : Picard, Paris. — Impression de fleurs, et dessins de la guipure pour rideaux, etc.
- 90079. — 24 mai : Barker, Paris. — Vernis et peintures au vernis.
- 90107. — 28 mai : De Soubeyran de Saint-Prix, Lyon. — Application de la peinture encaustique aux papiers peints, toiles cirées, etc.
- CERTIFICATS D'ADDITION.
- Charre. — 13 avril, B. 84483. — Application de la manivelle aux machines à imprimer.
- hoaskiewiez. —21 avril, B. 77194. —Caisses laveuses pour blanchiment, teinture, dégraissage, etc.
- Grisou. — 12 mai, B. 87540. — Teinture sur tissus mélangés.
- Réal aîné. — 21 mai, B. 82394. — Ornementation du tissu filoche et autres.
- Soler-y-Fosas. — 21 mai, B. 87919. — Enduit pour toiles, bois, etc.
- APPRÉCIATION DU SUPPLÉMENT DE VALEUR
- APPORTÉE AUX FILS ET TISSUS
- Par le blanchiment, la teinture et l’impression
- Pour l'exécution de lu Convention du 1* octobre 1980.
- La Convention du 12 octobre dernier (1) autorise, par son article 3, l’exportation temporaire en Alsace-Lorraine des fils et tissus de coton, des fils et tissus de laine et des autres produits de même nature qui sont destinés à recevoir un complément de main-d’œuvre, mais sous la condition « qu’à leur réimportation en France, ils a acquitteront, sur la base du droit applicable à « l’Alsace-Lorraine, la quotité afférente au sup-« plément de travail reçu dans lis territoires « cédés. »
- D’après les explications données par le comité consultatif des arts et manufactures, une distinction doit être faite entre les marchandises qui, dans les deux Etats où elles seront importées ou réimportées, appartiendront à la catégorie des articles tarifés au poids, et celles qui, dans l’un ou l’autre de ces Etats, seraient tarifés autrement qu’au poids.
- Dans la première hypothèse, la quotité afférente au supplément de main-d’œuvre résultera simplement de la différence existant entre le droit du produit achevé et le droit applicable à un poids égal du produit brut ou demi-fabriqué : on n’aura ainsi à tenir compte d’aucune perte de poids, les déchets de fabrication étant compensés par les apprêts ou les surcharges de teinture.
- S’il est sorti des tissus de coton écrus pesant 7 à 11 kilogrammes aux 100 mètres carrés et mesurant 35 fils ou moins aux 5 millimètres, et si ces mêmes tissus rentrent blanchis, la différence des droits de 60 à 69 francs, soit 9 francs par 100 kilogrammes, représentera la quotité intégrale applicable à la main-d’œuvre du blanchiment. On percevra donc, dans le premier semestre de 1872, 2 fr. 25 c., et dans le second, 4 fr. 50 c. par 100 kilogrammes.
- Quant aux produits tarifés autrement qu’au poids, qui seront réimportés des territoires cédés, ils consisteront surtout en tissus imprimés. Le comité consultatif a reconnu que le supplément de valeur que l’impression donne à ceux de ces tissus qui se vendent au mètre, doit en moyenne être fixé comme suit, pour les tissus de coton et ceux de laine indistinctement :
- (1) Voir le Moniteur de la Teinture, 1871, page 287.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- IMPRESSION AU ROULEAU.
- Par 100 mètres de longueur et pour une largeur de 1 mètre au plus : 1 couleur, 14 francs. 2 couleurs, 17 —
- 3 à 6 couleurs, 23 — 7 couleurs et au-dessus, 35 — Tout fond autre que blanc sera compté pour une couleur.
- IMPRESSION A LA MAIN SEULEMENT Ou au rouleau et à la main. 1 couleur, 20 francs.
- 2 couleurs, 23 —
- 3 à 6 couleurs, 35 —
- 7 couleurs et plus, 75 — .
- Pour les tissus à fond rouge d'Andrinople (tissus teints au rouge de garance) ces prix doivent être uniformément augmentés de 40 francs par 100 mètres.
- La taxe des tissus de coton imprimés étant de 15 %, celle des tissus de laine de 10 la quotité du droit intégral applicable à l’impression, pour les tissus à une couleur et au rouleau (les fonds rouge d'Andrinople exceptés), serait de 1 fr. s’il s’agissait de tissus de coton, de 70 centimes s’il s’agissait de tissus de laine. On aura donc à percevoir, sur les premiers 25 centimes (un quart du droit), sur les seconds 17 centimes (également un quart), du 1er janvier au 30 juin 1872, et la moitié du droit (50 centimes ou 35 centimes) du 1er juillet au 31 décembre 1872.
- Ces taxes s’appliqueront à tous les tissus imprimés vendus au mètre, dont la largeur sera de 100centimètres ou moins. Cette largeur, paraît-il, n’est presque jamais dépassée. Si, dans quelques cas, il en était autrement, le droit serait augmenté en proportion. Ainsi des tissus de 102 centimètres de large payeront 2 °/o en sus du droit applicable à la catégorie dans laquelle ils rentreraient par la nature de l’impression.
- Pour les châles, les mouchoirs et autres tissus imprimés de laine ou de coton, qui se vendent autrement qu’au mètre, le comité consultatif a admis que l’impression entre pour moitié dans la valeur du tissu achevé. On calculera sur celte demi-valeur, à raison de 15 ou de 10 %, selon que le tissu sera en coton ou en laine, la quotité intégrale du droit applicable au supplément de travail, et par suite le quart ou la moitié du droit à percevoir, d'après l’époque de la réimportation.
- Le régime des tissus imprimés ainsi régie, les tissus de laine ou de coton taxés, d’après les tarifs conventionnels, autrement qu’au poids, se réduisent :
- Aux tissus de coton blanchis pesant moins de 3 kilogrammes aux 100 mètres, ou rentrant dans quelques catégories spéciales;
- Aux broderie- sur tissus de coton ou de laine; Aux tissus de laine teints.
- Pour les tissus de coton non taxés au poids, la valeur ajoutée pour le blanchiment est arbitrée par le comité consultatif, à 7 francs par 100 mè
- tres de longueur. A raison de 15 %, le droit intégral afférent à ce complément de travail sera donc, pour les tissus de coton, de 1 fr. par 10 mètres. Pour les tissus de laine, au taux de 10 %, il sera de 70 centimes.
- Les broderies présentent trop de différences dans le degré de travail pour qu’on puisse établir à leur égard des moyennes de prix. La valeur du tissu et celle de la broderie devront être déclarées séparément et le droit sera perçu sur la valeur de la broderie seule.
- Enfin, les tissus de laine réimportés après teinture seront assimilés aux fils de laine teints, pour lesquels la quotité intégrale du droit applicable à la teinture est de 25 fr. par 400 kilogrammes, d’après les bases adoptées pour les produits taxés au,poids.
- La Convention du 12 octobre n’aura d’effet que ju-qu'au 31 décembre 1872; mais on doit prévoir qu’à cette date il restera dans l’Alsace-Lorraine des produits français dont la réimportation n’aura pu être effectuée;’suivant les propositions du comité consultatif, on leur appliquera les délais accordés en France pour la régularisation des opérations d’admission temporaire, délais qui sont de quatre mois pour les tissus.
- Le bénéfice de la Convention du 12 octobre demeurera donc acquis aux fils et aux tissus, quatre mois au plus tard après la date de l’exportation ; et comme, au moment de leur réimportation, il n’existera plus de réduction de tarif pour les provenances de l’Alsace-Lorraine ils auront à acquitter intégralement la taxe applicable au supplément de main-d’œuvre. Quelle qu’ait été la date de l'exportation primitive, la quotité de c ite taxe sera, par conséquent, toujours déterminée par la date de réimportation.
- (Extrait de la circulaire du Directeur-général des douanes.}
- NOUVELLES
- L’impôt sur les matières premières. — L’Assemblée Nationale a refusé l’impôt sur les matières premièree, avec draivbacks, tel qu’il était, proposé par le projet de loi que nous avons reproduit dans notre numéro du 20 juillet 1871, page 209.
- Ce lait est aujourd’hui bien connu, mais nous tenons à l’enregistrer pour l’histoire future de nos Industries; en effet, son importance était grande, puisque le rejet de cette partie de la loi, à déterminé la démission du Président de la République et des ministres, laquelle, d’ailleurs, n’a pas été maintenue.
- Draps a exporter au Japon. — Dans notre volume de 1867, page 248, nous avons mentionné
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- G?
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- 1 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- les tissus qui trouvent en Chine un débouché avantageux et qui peuvent y être importés de France; dans notre précédent volume (1870), nous avons également fait connaître, page 87, ceux que l’on consomme au Japon et que nos fabriques peuvent aussi fournir.
- Comme complément de ces communications, nous publions la note suivante relative aux draps qui trouvent un facile écoulement dans ce dernier pays, laquelle note a été adressée à la Chambre de commerce d'Elbeuf par le consulat Français:
- « ‘Draps. —Largeur entre lisières, 1 mètre 40 (les lisières, 0 mètre 40 chaque ; total : 1 mètre 60). Longueur, 34 mètres 50 ou 50 à 60 mètres. « Couleurs. — Généralement noir, très-peu ponceau, très- peu indigo et très-peu blanc. Le noir bien lustré.
- « Outre les draps ordinaires, on vend beaucoup de draps genre castorine et peluche, noirs seulement, pas d’autres couleurs.
- « Pour le drap comme pour les autres articles, il faut avant tout chercher le meilleur marché possible.
- « Les draps allemands viennent en fort grande quantité au Japon : le prix les fait prendre de préférence aux Anglais. On ne vend en général, que des draps unis; les côtelés, armures ou autres façonnés, ne trouvent pas preneurs.
- « Il serait bon d’envoyer des échantillons dans les séries à bas prix; ces échantillons, montrés aux marchands japonais, éviteraient les erreurs d’un début. On marcherait de suite à coup sûr.
- « Nota. — Il ne faudrait pas craindre de mettre des échantillons de draps dans lesquels il entrerait du coton, pourvu que le prix soit bas et qu’ils aient de l'œil. Il en vient beaucoup d’Allemagne dans ces conditions.
- « En résumé, l’article draps est important au Japon, car les hivers sont passablement rigoureux. » •
- Industrie de l’impression en Alsace. — « Lors de la réunion générale des fabricants d’indiennes du Wurtemberg, on a lu un rapport de la direction disant que la concurrence des fabriques alsaciennes n’était pas écrasante. Celles-ci, maintenant leur genre de fabrication actuel pour conserver le
- . premier rang sur les marchés étrangers, ne s’occuperont guère du marché allemand moins lucratif, en fabriquant des marchandises plus ordinaires. Du reste, elles trouveront encore longtemps leurs débouchés en France, puisqu’il n’existe point de fabrication analogue et que celle-ci ne pourra que lentement s’élever à la hauteur de -l’industrie alsacienne. » {Mon. des tissus.)
- En effet, nos bons voisins les Allemands n’ont pas à craindre la concurrence de l’industrie alsacienne; celle-ci leur est trop supérieure pour pouvoir leur être comparée et leur être opposée, et nos fabriques mulhousiennes se garderont bien de condescendre à l’imitation des grossières fabrications allemandes; nous envoyons la preuve dans
- un rapport de M. Engel-Dollfus sur l’Ecole de dessin de la Société industrielle de Mulhouse, lequel concluait ainsi :
- « Avant tout, messieurs, défendons-nous énergiquement contre l’invasion du goût tudesque! Que sur ce terrain, au moins, les conquérants restent ce qu’ils sont : les vaincus ! Ce sera d’ailleurs notre meilleur moyen de réussite sur le marché allemand même.
- « L’Allemagne fera revivre si elle le veut, si elle le peut, un art original, un art allemand!
- « S’il m’est permis de le préjuger, il sera roide, sévère et froid, savant, érudit, pédant... Au besoin ! combiné d’un reste d’ascétisme du moyen âge et de militarisme contemporain, plutôt archi-tectoral que décoratif et coloriste, ami de la ligne droite plutôt que de la ligne courbe, en un mot, l’antipode du sentiment délicat, mobile, gracieux, capricieux et élégant dont le souffle nous vient de Paris, et qui mis en relief par l'éclat, le .fini et la pureté du contour, a pendant si longtemps assuré la vogue de vos produits. »
- Et maintenant si nous voulons l’aveu de nos ennemis sur notre supériorité dans les questions d’art industriel, nous le trouvons dans un document cité par le même rapport, et émanant de M. Meyer, de Bielefeld; ce Prussien s’exprime ainsi :
- v La solidité et le bon marché des fabrications « de coton allemandes sont reconnues, mais sous « le rapport de la beauté, de la filature et du tis-« sage, sous ceux de la teinture, de l’impression « et aussi de l’apprêt et du pliage, les produits « allemands sont distancés, et de beaucoup, par « ceux de l’industrie alsacienne.
- « Comme goût et originalité dans l’invention, < les Français ont dépassé tous les autres peu-« pies.
- « Partout on s’efforce maintenant de réunir, « dans la production, l’élégance et la solidité.
- « L'Angleterre a beaucoup acquis depuis son « exposition de 1851. En Allemagne les efforts « dans le même but sont malheureusement en-« core à leurs débuts.
- « C’est un fait triste, mais trop avéré, que « même les grands industriels allemands sont « constamment à la chasse des modèles français, « afin de les faire copier en toute hâte.
- « Les tirades, si goûtées en ce moment, contre a le goût français et les marchandises françaises « restent donc avant tout une déclamation creuse « de soi-disant patriotes, etc. »
- Ainsi donc, que l’industrie allemande se rassure, l’Alsace ne se commettra pas avec elle, et saura conserver la supériorité artistique que l’Allemagne lui envie sans pouvoir l’atteindre.
- Pour tous les articles non signés :
- C. DORION.
- F. Aureau. — Imprimerie de Lagny.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 15e VOLUME - 20 JANVIER 1872
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- Sommaire
- Du soufrage des laines et des soufroirs (gravure), par M. F. GOUILLON. — Teinture des tissus de laine et épail-lage simultanés par M. Bourguignon.
- PROCÉDÉS PRATIQUES : Vert foncé sur toiles et cotons (échantillon). — Bleu foncé id. — Jaunes divers id. (échantillon). Mordant ou cuve au plombate ; 1° jaune paille; 2° jaune d’or; 3° jaune orange. — Apprêt souple et insoluble pour laines et laines-coton. •
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Nouveau colorimètre. —Imitation du poli pour les ouvrages en bois. — Brevets récents concernant les industries tinctoriales.
- NOUVELLES : Exposition de Londres. — Exposition d’économie domestique. — Détournement d’étoffes par un ouvrier apprêteur.
- DU SOUFRAGE DES LAINES.
- Le blanchiment des laines par le soufrage, c’est-à-dire par l’action de l’acide sulfureux gazeux, constitue un procédé bien ancien, puisque Pline et Apulée en font mention, et qu’on en trouve des traces dans les ruines de Pompéi .
- Depuis lors, cependant, ce genre de travail ne s’est guère perfectionné, et l’on emploie encore actuellement les moyens les plus primitifs, ceux qui étaient déjà en usage à ces époques.
- Nous devons mentionner, toutefois, l’emploi de l’acide sulfureux liquide qui, proposé pour remplacer le soufre en combustion, paraît éviter quelques inconvénients de ce dernier moyen, ainsi, il donne plus de régularité dans le blanchiment, et permet une manœuvre plus facile des matières à soufrer. Cet acide sulfureux liquide indiqué, cependant, depuis plus de soixante ans pour cet emploi, n’est pas généralement adopté, et ne paraît convenir que pour les opérations en petit; il exigequele blanchisseur ou le teinturier fasse lui-même sa dissolution au moment même dubesoin, ouqu’il emploie les sulfites et bi-sulfites, qui, se décomposant sur l’action d’un acide, produisent la dissolution voulu a d’acide sulfureux. Le premier moyen complique le travail du blanchisseur, le second est peu économique, et laissant à l appréciation de l’ouvrier l’usage d’un acide fort, on est expose à cequ il en emploie un excès, nuisible pour les matières en traitement.
- Il y a quelques années, la Société industrielle de Roubaix a adressé quelques-uns de ses membres à M. Chevreul, afin de lui soumettre quelques questions relatives à la Teinture, et notamment celle du suffrage des laines. L’ilustre savant ré
- pondit qu’il n’était, pas partisan de la méthode des Chambres, laquelle donne des résultats peu réguliers, et laisse toujours, dans la laine, de l’acide sulfurique formé par l’action de l’air sur l’acide sulfureux en excès; M. Chevreul préfère l’emploi de l’acide sulfureux en dissolution, à la condition expresse que le blanchisseur le prépare lui-même au fur et à mesure de ses besoins ; car, en effet, préparé à l’avance cette dissolution perd rapidement son titre, et se transforme aussi en acide sulfurique, par l’influence de l’air; or, cette condition est très difficile à remplir, l’industrie tend de plus en plus à employer des produits tout prêts et tout fabriqués, et la moindre complication dans le travail est soigneusement évitée, même lorsqu’il doit en résulter quelques avantages relatifs.
- Ajoutons que l’emploi de l’acide sulfureux en dissolution, exige la manutention d’une grande quantité d’eau, et une main d’œuvre plus compliquée, toutes choses qui sont fort à considérer lorsque l’on doit, comme dans certains centres, blanchir la laine à raison de 28 centimes le kilogr. Enfin, il parait établi que l’acide en dissolution blanchit moins énergiquement qu’à l’état de gaz.
- Donc, bien que l’acide sulfureux liquide possède de réelles qualités, ces divers inconvénients s’opposeront à ce que son emploi se généralise; surtout pour les grandes opérations; aussi doit-on encore recourir à l’acide gazeux, et cemoyen est-il toujours celui presqu’exclusivement employé.
- Si aucun perfectionnement notable n’a été apporté, depuis l’origine, à la disposition des chambres à soufrer, ce n’est pas que leur construction actuelle soit satisfaisante, et qu’il n’y ait rien à
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- * perfectionner dans ce sens; au contraire, il n’est aucun blanchisseur qui ne sente la nécessité de modifier le système actuel, dont les imperfections sont si réelles, que les Sociétés Industrielles d’Amiens et de Mulhouse, font figurer cette question dans le programme de leurs prix.
- Persoz, dans son Traité de l’Impression des tissus donne le plan de plusieurs installations de sou-froirs; il s'attache principalement à détailler les systèmes d’étendage, quant au principe de l’opé-- ration, il s’agit toujours de la combustion du soufre dans la chambre même; c’est le procédé primitif, cependant il propose une disposition par-ticulièretrès-rationnelle, basée surcefait, que l’acide sulfureux gazeux étant plus dense que l’air, il ne se répand pas uniformément dans toutes les parties de la chambre, et tend à étouffer le soufre allumé qui est placé sur le sol de la chambre. Pour assurer sous ce rapport les bons résultats de l’opération, il suffisait, disait-il, de placer au-dessus et au dehors de la chambre, un foyer au-dessus duquel passerait un canal en terre recourbé, dont l’une des branches descendrait jusqu’à la partie moyenne de cette chambre, tandis que l’autre déboucherait à la partie supérieure. La combustion du soufre s’opérerait dans ce canal, et sur le point correspondant au foyer, un courant s’établirait nécessairement, et l’acide sulfureux se répandrait sur les laines, de l’étage le plus élevé à l’étage inférieur, tandis que l’air qui occuperait la région moyenne arriverait continuellement au foyer de combustion et l’alimenterait.
- Cette disposition, très-bonne d’ailleurs, est le type des soufroirs à foyer extérieur, lesquels peuvent, comme dans ce cas, éviter un des inconvénients du soufrage, mais qui, le plus souvent, ont été construits sur des données irrationnelles, et n’ont apporté aucun perfectionnement sensible aux procédés en usage.
- Le système à foyer extérieur a, cependant, per-mis l’application d’un procédé de soufrage, récemment imaginé par M. Albert Hastaërt, et nouveau dans toute ses parties; dans ce procédé, l’au -teur ne fait plus usage du soufre seul, qu’il soit brûlé en dedans ou en dehors de la chambre; mais il a recours, en outre, à l’action d’un agent auxiliaire, et cet agent est la vapeur, laquelle agit comme moyen mécanique pour -entraîner et
- distribuer régulièrement dans la chambre les vapeurs d’acide sulfureux, et comme moyen chimique, en paraissant prêter à l’acide sulfureux une nouvelle énergie décolorante. Ce procédé est assez intéressant pour que nous en donnions au moins, une courte description.
- L’appareil est représenté par la figure 2.
- Il se compose d’une sorte de fourneau, ou enveloppe en briques AA au milieu duquel est placé un bassin en fonte, contenant du soufre B en combustion ; ce fourneau, représenté en coupe, est nécessairement clos, sauf des ouvertures EE par lesquelles l’air nécessaire à la combustion du soufre peut s’introduire dans l’appareil, et y est même aspiré par le jet de vapeur que nous rencontrerons plus loin. Un dôme DD en fonte doublée de plomb surmonte ce fourneau et aboutit au conduit E, par lequel l’acide sulfureux est entraîné dans le conduit supérieur pour le faire répandre en T dans la chambre à soufrer SS. L’as-piratton de l’acide sulfureux et son refoulement dans la chambre sont produits par un très-mince filet de vapeur, qui, arrivant en V, se purge au bas du conduit courbé, puis s’échappant, en 0, chasse devant lui, tous les gaz contenus dans le
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- gros tube T, et produit en même temps une forte aspiration d’air, lequel venant, comme nous l'a-vonsdit, des orifices EE, se transforme, en grande partie, en acide sulfureux, par son contact avec le soufre, dont il entretient la combustion.
- Pour faire fonctionner l’appareil, il suffit d’allumer le soufre, et d’ouvrir le robinet de vepsur R, et pour arrêter l’opération il n’y a qu’à fermer ce même robinet, ce moyen est donc d’une grande simplicité.
- La vapeur est employée en quantité si faible, qu’elle ne laisse aucune trace de condensation elle n’existe qu’en proportion utile pour aider par son humidité, à la pénétration de l’acide sulfureux dans les laines, pour imprimer à ce gaz un mouvement et une répartition égale dans le soufroir, et. pour favoriser même, par son concours et son mélange, l’action décolorante de cet acide.
- L’inconvénient de ce procédé résiderait, selon nous, dans la formation d’acide sulfurique, en proportions un peu plus grandes que par les anciennes méthodes; en effet, l’air aspiré ne peut être entièrement transformé en acide sulfureux» et d’ailleurs, les chambres en sont pleines; cet air en présence de la vapeur d’eau est dans de bonnes conditions pour suroxyder en partie l’acide sulfureux et en transformer une petite quantité en acide sulfurique; toutefois, cette faible proportion d’acide sulfurique, qui serait assurément nuisible pour le coton, par exemple, est bien inoffensive pour les laines; celles-ci supportent très-bien l’action de cet acide qui est fréquemment employé dans leur teinture, et comme, d’ailleurs, elles sont toujours lavées après le soufrage, cet inconvénient n’a, selon nous, aucune conséquence; peut-être n’en serait-il pas de même pour les soies, et cependant l’auteur affirme que son procédé, employé dans une grande teinturerie de soie, fonctionne sans accident.
- Ce mode de soufraison est indépendant de toute disposition du soufroir, on comprend qu’il peut aussi bien s’appliquer aux chambres fermées qu’à celles à blanchiment continu; dans ce dernier cas, même, il offre un avantage de plus, celui de produire des proportions d’acide sulfureux sur le tissu même, que l’on fait voyager au large dans le soufroir,
- Enfin, on peut, après chaque opération, recueillir le gaz acide sulfureux, à sa sortie du soufroir, l’aspirer par l’appareil lui-même, et le diriger dans une dissolution de carbonate de soude pour fermer du bi-sulfate à peu de frais.
- Les chambres à soufrer par mouvement continu, sont encore une innovation qui n’a rien changé au principe du soufrage ancien, mais qui permet de faire ce travail sans interruption et sans pertes considérables d’acide sulfureux ; ces pertes et l’interruption de travail, sans les anciens procédés, résultent de ce qu'après chaque opération, il faut ouvrir le soufroir, laisser échapper tout l’acide sulfureux non utilisé, afin que l’ouvrier puisse, sans danger, pénétrer dans la chambre pour retirer les laines et en placer d’autres; l’acide sulfureux non employé est ainsi perdu, mais il a encore l’inconvénient que, se répandant dans l’atmosphère, il brûle les germes de la végétation, et stérilise la terre dans un assez grand rayon autour du soufroir, ce qui cause des procès avec les propriétaires voisins.
- Dans les méthodes par blanchiment continu, les pièces à soufrer, — car le procédé ne peut s’appliquer qu’aux tissus en pièces, —-les pièces, disons-nous, sont cousues bout à bout, puis engagés autour d’une série de rouleaux, placés en bas et en haut du soufroir ; les pièces voyagent autour de ces rouleaux, comme cela a lieu dans les cuves à roulettes, de façon que le trajet fait dans les chambres est très-long; et dure longtemps par suite aussi de la lenteur du mouvement imprimé. Le long ruban d’étoffe ainsi formé sort par une mince ouverture pratiquée dans l’angle supérieur de la chambre, tandis que l’entrée du tissu a lieu par une fente semblable pratiquée à l’angle opposé; ces ouvertures sont aussi étroites que possible afin d’éviter la déperdition de gaz.
- De celte façon, il n’est point nécessaire'd’entrer dans les chambres pour charger et décharger les étoffes; il n’y a donc pas lieu non plus, d’arrêter le travail et de vider la chambre de l’acide qu’il contient; il suffit d’entretenir les réchauds de soufre, que l’on sort et que l’on introduit par de petites portes disposées à cet effet.
- M. Houpinte Reims s’est fait récemment breveter pour une chambre à soufrer par mouvement continu, dans laquelle nous retrouvons la dispo-
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- sition sus-indiquée, qui est d’ailleurs commune à tous les soufroirs de cette nature : des rouleaux mobiles allongent, dans l’intérieur, le trajet de l’étoffe, tandis que l’acide sulfureux s’y répand, soit par la combustion du soufre dans la chambre même, soit à l’aide d’un foyer extérieur, l’étoffe est mise en mouvement par des rouleaux d’appel, et passe par un plieur qui la dépose en plis réguliers.
- La partie originale de la chambre à soufrer de M. Houpin, résulte des châssis vitrés que l’auteur emploie pour sa construction, conformément à l’opinion qu’il émet, que la lumière solaire aide au blanchiment, et que son action s’ajoute à celle de l’acide sulfureux; l’auteur attache une certaine importance à ce que cette condition soit remplie; cela est, du reste, très-facile à exécuter, et cela permet de surveiller le travail des chambres avec beaucoup plus de facilité, puisque l’on peut voir tout l’intérieur.
- Tels sont doncles seules modifications apportées au procédé ancien de blanchiment par le soufre, et sauf ce qui concerne l’appareil de M. Bastaërt que nous considérons comme basé sur une idée nouvelle, cette industrie est encore à son état primitif.
- Maintenant que nous avons passé en revue les dispositions et le principe des soufroirs, nous reviendrons sur cette question pour traiter de l’opération même du soufrage.
- F. Gouillon. .
- TEINTURE DES TISSUS DE LAINE
- ET ÉPAILLAGE SIMULTANÉS
- Par M. Bourguignon.
- Nous avons indiqué, dans notre précédent volume, un procédé de M. Frézon (I) consistant à opérer l'épaillage des étoffes de laine, par l’opération même du mordançage; le procédé qui suit a
- (1) Voir le Moniteur de la Teinture, 1870-71, page 146; voir aussi, pour les questions d'épaillage, les années 1868, pages 148 et suivantes; 1869, pages 145 et suivantes, 171 et 279.
- beaucoup d’analogie avec celui-là, et concourt ab solument au même résultat.
- Lorsqu’il s’agit de teindre des pièces de drap à Sedan, le fabricant, dit M. Bourguignon, envoie d’abo,d l’étoffe chez l’époutisseur, qui la passe dans un bain acidulé marquant 5 à 6 degrés; la pièce est ensuite essorée, soumise à la carbonisation, puis lavée et desacidulée.
- L’époutisseur la retourne chez le fabricant qui la livre au Teinturier.
- Celui-ci soumet le tissu à un bain de chrômate, de couperose etc., et on le fait bouillir dans ce mordant deux heures et demi au moins. Pendant cette opération, deux ou trois hommes sont employés, l’un à tourner le cylindre de bois qui sert à dérouler successivement toutes les parties delà pièce, les autres à enfoncer l’étoffe dans le liquide, pour l’imbiber également. Il faut ensuite remonter le drap sur le tour pour le laisser égoutter, puis le liser, c’est-à- dire le développer pour le refroidir et l'abandonnner à lui-même jusqu’au lendemain, afin que les mordants s’oxydent suffisamment par l’action de l’air.
- Le dégorgeage à grande eau pendant 5 à 6 heures suit cette exposition, c’est ce qu’on appelle laver en jaune. On rabat ensuite la pièce dans une dé-coction de bois de campêche portée à l’ébullition, pendant deux heures et demi, on lave à nouveau, et l’opération est alors terminée.
- Par son procédé, M. Bourguignon introduit dans le bain de jaune, l’acide sulfurique nécessaire pour l’époutissage, il essore convenablement les étoffes après ce lavage, puis les porte àl’étuve à carboniser, les fait battre, et poursuit le reste des opérations comme d’habitude.
- Le but de cette modification est donc d’éviter une opération, celle du bain acide primitif, et de la confondre avec un lavage nécessité par la teinture. C’est, comme nous le disions, l’idée de M. Frézon, sauf que celui-ci introduit l’acide dans le mordant, au lieu de le mettre dans le nain de lavage.
- L’un et l’autre de ces procédés visant « uneéco-nomie de main d’œuvre, sont nécessairement très-recommandables, mais il faut bien reconnaître qu’évitant un bien petit travail, — celui d’une simple immersion, — ils ont l’inconvénient de n’opérer que d’une manière accessoire un tra-
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- vail qui a besoin d’être fait très-soigneusement.
- Les procédés de M. Bourguignon et de M. Fré-zon sont tous deux brevetés.
- prime, on laisse poser jusqu’au lendemain, on rince et on teint avec :
- Campêche 3 10 kil.
- On rince, on sèche et on apprête.
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- VERT FONCÉ
- Sur toiles et cotons.
- Dans notre précédent numéro, nous avons donné des formules pour ce genre de teinture, en faisant remarquer qu’il est très-employés pour les toiles.
- Nous montrons ci-dessus le type de cette teinte, obtenue d’après le premier procédé que nous avons indiqué,
- BLEU FONCÉ
- Pour toiles et cotons.
- Ce bleu, à base de campêche, donne une teinte à peu près semblable à celle de l’indigo, mais ne peut lui être comparé, quant à la solidité; il est très-économique et convient pour articles doublures, toiles communes, et aussi pour fils et cotons en écheveaux.
- Pour 30 kilogrammes de matières : Engaller avec :
- Sumac Redon 12 k. 500 gramm.
- Exprimer, faire tremper à froid pendant 5 à 6 heures dans le mordant suivant :
- Alun o kil. •
- Sulfate de fer (couperose) 1 ________ Sulfate de cuivre (vitriol bleu) 500 gr. Les matières prennent un fond gris, on ex-
- JAUNES DIVERS
- Sur toiles et cotons.
- Les jaunes sur toiles et cotons peuvent s’obtenir à l’aide du quercitron; le Moniteur de la Teinture a donné des formules à ce propos (1), mais lorsque l’on veut un jaune bien vif, on doit employer les sels de chrome, malgré que leur prix soit très-élevé en ce moment, ils ont l’avantage de donner du poids aux matières, et de s’obtenir entièrement à froid et avec peu de main-d’œuvre; de plus, ces teintes sont très-bonnes et ne s’altèrent ni à l’air ni à la lumière.
- Jaune d’or ou jaune moyen.
- On produit à volonté, différentes sortes de jaunes avec le même colorant suivant qu’il est acide ou alcalin; on distingue principalement le jaune paille, le jaune d’or, le jaune orange; tous trois s’obtiennent avec le même mordant; celui dont nous donnons ci-dessous la composition :
- Mordant ou cuve au plombate.
- Cette cuve offre le meilleur moyen de fixer le plomb sur les toiles ou cotons; il est bien préférable à l’emploi de l’acétate de plomb seul, qui ne se fixe bien qu’à chaud et qui cause beancoup de pertes au rinçage.
- Pour le montage de cette cuve, on peut utiliser le résidu de la préparation du mordant rouge dont nous parlions dans notre précédent numéro, lequel est, avons-nous dit, du sulfate de plomb; cela présente une économie notable. Si l’on n’a pas de ce résidu, on se sert alors d’acétate de plomb; voici la formule pour l’un et l’autre cas :
- (1) Voir année 1868, page 155.
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- Eeau 1,000 litres.
- Chaux vive 2 kil.
- Sulfate de plomb ou acétate 1 —
- La chaux est éteinte, puis délayée dans l’eau, on ajoute ensuite le sel de plomb, on agite et après deux heures, la dissolution peut être employée : elle n’a pas besoin d’être tirée au clair, mais il est bon que le cuveau porte un faux fond en grillage pour que les matières ne portent pas sur le pied de cuve.
- Les fils ou étoffes sont entassées dans cette cuve, et on les y laisse deux heures pour les jaunes clairs, et douze heures pour le jaune orange, puis on les rince.
- La cuve est alors remontée avec la moitié des doses indiquées, pour une nouvelle opération.
- Les matières ainsi mordancées sont lourdes, épaisses et comme empesées, mais cet effet ne persiste pas après le reste des opérations; on continue ainsi :
- 4° Jaune paille.
- Le mordançage ayant été donné assez faible, on passe les matières dans une dissolution faite avec :
- Eau 500 litres
- Bichromate de potasse 5 kil.
- Acide sulfurique 4 —
- Le jaune se développe en quelques minutes, on lève et on rince.
- Le bain de chromate se remonte avec moitié des doses indiquées; d’ailleurs ce dosage n'a rien d’absolu, et il peut être modifié en plus ou en moins, sans inconvénient.
- 2° Jaune d’or.
- Après un mordançage de deux à trois heures, et un rinçage, les étoffes sont teintes dans une dissolution de bi-chromate sans acide, dans les mêmes proportions que ci-dessus, soit :
- Eau 500 litres
- Bi-chromate 5 kil.
- On rince et on sèche.
- 3° Jaune orange.
- Les étoffes ayant subi un fort mordançage, sont rincées, puis portées dans un bain de chrome, sans acide, comme le précédent.
- Puis on fait une eau de chwx clnirey et on
- rince les étoffes teintes dans cette eau de chaux portée à l’ébullition. Ce rinçage fait virer le jaune d’or à l’orange.
- Pendant que les toiles sont dans l’eau de chaux bouillante, il faut bien s’attacher à ce qu’elles baignent entièrement dans le liquide, et qu’il n’y en ait aucune partie exposée au contact de l’air.
- On rince et on sèche.
- APPRÊT SOUPLE ET INSOLUBLE
- Pour laines et laines cotons.
- On se sert beaucoup de la gélatine, pour l’apprêt des étoffes de laine ou à base de laine, teintes en noir ou en couleurs foncées.
- Cette matière apprête très-bien ces étoffes, elle leur donne de la main, du brillant, et ne grisonne pas la nuance; mais elle a l’inconvénient d’être un peu dure et de dessécher trop fortement par les grandes chaleurs, ce qui fait froncer l’étoffé; de plus, quelques gouttes d’eau suffisent pour désapprêter les étoffes qui en sont imprégnées.
- On peut éviter ces inconvénients, d’abord en y ajoutant une matière hygroscopique, c’est-à-dire qui entretient une très-légère humidité, imperceptible, mais suffisante pour empêcher la gélatine de durcir : la glycérine convient très-bien pour cela; ensuite, on peut profiter de la propriété que possède le bi-chromate de rendre la gélatine insoluble et qui, dès lors, offre le moyen de la fixer solidement à l’étoffe : on peut faire le mélange dans les proportions suivantes :
- • Gélatine 1 kilogr.
- Glycérine 200 gramm.
- Faire'dissoudre au bain-marie dans la quantité d’eau suffisante, ajouter :
- Bi-chromate de potasse 50 gramm.
- Ce mélange doit se conserver dans un lieu obscur, car c’est la lumière du jour (et non l’air) qui le rend insoluble.
- Les tissus en étant imprégnés sont apprêtés à la machine, ou épinglés ; et lorsqu’ils sont secs, ils ont acquis une bonne fermeté, sans roideur. Il est bon ensuite de les exposer au grand jour, au soleil même, mais cet effet se produit de lui-même par l’usage.
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- Il est bien entendu qu’on ne peut traiter ainsi que les étoffes dont la couleur n’a rien à craindre de l’action du bi-chromate.
- Ce moyen d’apprêt convient aussi bien pour les tissus en pièces que pour les étoffes reteintes.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- nouveau COLORIMETRE.
- Le journal de la Société chimique de Londres décrit un nouveau colorimètre fort simple, dû à M. Réineck. Il se compose de deux plaques de verre assez épaisses, qui se touchent en bas, mais sont séparées l’une de l’autre à leurs extrémités supérieures par un fil de platine. La plaque inférieure est graduée d’un certain nombre de divisions égales. Pour juger, au moyen de cet instrument, de l’intensité d’une couleur en solution, on introduit quelques gouttes du liquide entre les plaques de verre, et l’on observe à quel degré de l’échelle graduée les lignes sur la plaque inférieure deviennent invisibles à travers le liquide. Ce petit appareil a été appliqué, également par l auteur, à l’examen du lait, afin d’en mesurer 1 opacité dans divers échantillons. Comme c’est un sujet qui se rattache à l’optique, nous avons cru devoir l'annoncer ici (1).
- (Science pour tous.)
- IMITATION DU POLI
- POUR LES ouvrages en bois.
- Les fabriques américaines donnent à leurs travaux en bois et principalement aux boîtes de leurs horloges à bon marché un enduit de laque qui les fait ressembler à du bois poli. Les rapports de la Société de Hambourg pour le perfectionnement des arts et métiers utiles ont publié dernièrement sur ce sujet les détails suivants :
- A1 kilogramme de vernis de copal bien fluide,
- (1) Pour la description et l’emploi des colorimètres usuels, voir le Moniteur de la Teinturet année 1869, Pages 22, 136, 137,
- on ajoute 13 gr. 62 d’huile de lin siccative pure; on chauffe le mélange en l’agitant souvent, jusqu’à ce que la combinaison soit complète.
- Le bois que l’on veut vernir, enduit d’une solution de gélatine, est ensuite séché lentement, puis bien douci. Pour les bois clairs, on ajoute à la gélatine de la craie finement pulvérisée et colorée par de l’ocre rouge foncé. Enfin on enduit les objets de ce mélange, et quand ils sont secs, on les frotte de cire dissoute dans l’éther, ce qui leur donne un beau lustre poli.
- On peut aussi opérer autrement, en enduisant les objets d’une bonne couche de laque, que l’on polit quand elle est sèche et que l’on vernit ensuite selon la méthode ordinaire des ébénistes.
- BREVETS RÉCENTS
- CONCERNANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES.
- 90163. — 11 juin 1870 : Lorré, Troyes,—Procédé d’impression sur les fourrures.
- 90189. — 31 mai : Dobelin, Maxein et Ca, Paris. — Mode de mesurage des tissus, permettant de livrer des longueurs exactes, et de reconnaître ce qui reste de la pièce roulée ou pliée.
- 90190. 18 mai : Doublet, Paris. —Papier peint, dit, papier-soie.
- 90217. — 3 juin : Compagnie parisienne du Gaz. — Préparation industrielle' de l'anthracène.
- 90312. — 25 juin : Chéneau frères, Quincé (Maine-et-Loire). — Préparation pour teinture, dite mordant de Brissac.
- 90321. — 9 juin : Jullien-^Besche, Paris. — Perfectionnements au lessivage et au blanchissage par la vapeur.
- 90379. — 16 juin : Depoully^ Paris. —'Apprêt coloré ou non coloré, pour tissus et fils, et pour le parage des fils et chaînes.
- 90380. — 16 juin : Depoully, Paris. — Ornementation des tissus, fils et papiers, par application de feuilles ou poudres métalliques, ou autres substances.
- 9042t. — 18 juin : Faucille, Paris. — Impression des toiles cirées par la paniconographie.
- 90132. — 18 juin : Oswald-Dollfus, Paris. —
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- 20 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
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- Lustrage et apprêtage des chappes teintes en flottes.
- 90499. — 29 juin : Mugnier. Lyon. — Décoration par applique sur les tissus à jour.
- 90553. — 27 juin : Christofle et Ce, Paris. — Reproduction et durcissement des gravures et clichés par dépôt de nickel.
- 90582. — 30 juin : Hemmer, Paris. — Perfectionnements aux machines à fouler.
- 90594. — 2 juillet : Polh, Paris. — Teinture des cheveux en toutes nuances.
- . 90624. — 4 juillet : Lyon^ Paris. — Application des argiles à l’ensimage des laines.
- 90660. — 9 juillet (brevet anglais) : De Lyma Byron^ Paris. — Appareils à laver et rincer le linge.
- 90697. — 16 juillet : Pinkney, Paris. — Perfectionnements dans les couleurs d’aniline.
- 90773. — 29 juillet Blard, Paris. — Appareil à rincer le linge.
- 90787. — 29 juillet (brevet anglais) Hull et Hibbert, Paris. — Machines pour imprimer les toiles cirées, le papier huilé, les tissus, le caoutchouc, etc.
- 90796. — 29 juillet : Permesel, Paris. — Application de la lithographie à l’impression des tissus.
- 90821. — 10 août : Métra, Paris. — Application de l’albumine au papier de fantaisie.
- 90863. — 13 août : Wilbaux, Paris. — Émaillage sur toutes matières par impression directe.
- CERTIFICATS D'ADDITION.
- Deblon. — 1er juin, Br. 84633. — Machine à calandrer les étoffes.
- Bonnet et Beaucamps. — 24 juin, Br. 88454. — Nettoyage des déchets gras de coton.
- Grawitz. — 16 juin, Br. 89459. — Couleurs métalliques.
- Préel. — 30 juin, Br. 87849. — Tondeuse.
- Collet. — 22 juin, Br. 89717. — Fabrication industrielle du chlore.
- Prunier. — 2 juillet, Br. 89625. — Orseille, cud. Beaid, etc.
- Martin. — 6 juillet, Br. 86414. —Préparation et transformation des hydrocarbures.
- NOUVELLES
- Exposition de Londres. — Le programme de l’Exposition de Londres pour 1872 comprend, entre autres choses, le coton et ses dépendances, les papiers etc.
- Les demand es de place, pour les industriels qui désirent y figurer, doivent être adressées à M. duSommerard, commissaire général, hôtel de Cluny, à Paris,
- Exposition d’économie domestique. —La société nationale d’encouragement des Travailleurs industriels ouvrira, du 15 juillet au 15 octobre 1872, dans le Palais de l'Industrie, à Paris, une exposition universelle d’économie domestique destinée à faire connaître à l’ouvrier les articles d’habitation, d’habillement, de ménage, d’ameublement, d’alimentation, de travail, d’instruction et d’éducation des divers pays qui, au plus bas prix, joignent l’utilité à la qualité ou à la solidité.
- Les demandes de programme, de statuts ou d’inscription soit pour être admis à l’exposition, soit pour faire partie de la Société, doivent être adressées au siège de la Société, 23, rue de la Chausssée-d'Antin, à Paris.
- Détournement d’étoffes par un ouvrier AP-prêteur. — Dans le’courant de l’année dernière, M. le Commissaire de police fut prévenu par un employé de la maison G.... fabricant de foulards à Lyon, que des foulards qui avaient été fabriqués pour l'exportation avaient été achetés par deux marchandes chez lesquelles il les avait vus. Comme la maison n’avait vendu aucun foulard de cette espèce, il supposa qu’ils provenaient de détournement.
- Les deux marchandes qui avaient acheté ces foulards de bonne foi indiquèrent immédiatement leur vendeur. Les investigations de la police arrivèrent à constater que des soustractions de foulards étaient commises chez M. V... apprêteur, par un de ses ouvriers, le nommé B... qui avoua que depuis quelque temps il prenait un ou deux foulards sur les pièces qui lui étaient remises pour le pliage, il estime à cent environ le nombre de foulards qu’il a soustraits.
- Le tribunal, tenant compte à B... de ses antécédents et de ses aveux spontanés, l’a condamné à un mois d’emprisonnement.
- Pour tous les articles non signés : C. Dorion.
- F. Aureau. — Imprimerie de Lagny.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 15° VOL., n° 3. 5 FÉVRIER 1872
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- Sommaire
- Séchoir mécanique pour laine, soie et autres matières textiles, système J. Lévy (gravure). — Sur les impuretés des laines destinées à la fabrication (suite), par M. A. FÉRON. — Emploi .des couleurs d'aniline dans la chapellerie. — Conférences sur l’aniline et les couleurs de goudron de houille (suite), par M. PERKIN (gravure et échantillon), PROCÉDÉS PRATIQUES : Aurores, mordorés, acajous, laques, alezans, avanturines, écureuils, etc., sur soies, laines et cotons. — Bleu de France sur soie, Bleu liquide. — Taches de rouille et d'encre.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Apprêt brillant et économique, par M. Puscher. — Brevets récents concernant les industries tinctoriales. — Les droits d’importation sur les textiles et les matières tinctoriales.
- NOUVELLES : Les brevets d’invention en Alsace-Lorraine. + Industrie des tissus. — Empoisonnement par des exhalaisons provenant de la fabrication d’un mordant hoir.
- SÉCHOIR MÉCANIQUE
- POUR LAINES, SOIES ET TOUTES MATIERES TEXTILES Système J. Lévy'.
- Nous avons donné la description et le plan du séchoir méthodique des laines de M. P. Havrez (1), et quiconque veut sécher de fortes parties de lame et procéder à une installation importante, doit prendre bonne note des indications de cet excellent article.
- Aujourd’hui nous faisons connaître un séchoir à laine également bien conçu; spécialement destiné aux maisons de moyenne importance, il ne nécessite pas une installation dispendieuse,. oc
- cupe peu de place et peut néanmoins sécher, par jour, de 300 à 400 kilogr. de laine essorée.
- Ce séchoir est celui de M. J. Lévy, construit actuellement par son successeur, M. Ed. Fettu; primitivement il était chauffé à l'aide de tuyaux de vapeur autour desquels l’air s’échauffait, mais il a été reconnu que ces tubes, bien qu’étant très-chauds eux-mêmes, rayonnaient peu de chaleur, et que dès lors ce moyen n’était pas suffisant; actuellement cette sorte de chaudière tubulaire est remplacée par un calorifère de construction spéciale, à l’aide duquel on obtient le degré de température que l’on désire, et avec une dépense de combustible inférieure à celle nécessitée par la vapeur autrefois employée.
- L’appareil qui est représenté par la figure 3 se
- Séchoir. Calorifère.
- Fig. 3.
- ASPIRATEUR
- compose d une sorte de grande armoire ou caisse | en bois, contenant une série de tiroirs superposés, — au nombre de dix pour le modèle courant. —-0) Voirie Moniteur zde la Teinturo, 1870-71, page 901, | Le fond de ces tiroirs est en grillage métallique,
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- les côtés ou cadres sont en bois; ces cadres reposent les uns sur les autres sans intermédiaire, de sorte que, soulevant le tiroir du bas, on soulève en même temps tous les autres.
- La partie inférieure du séchoir communique avec un ventilateur aspirant; la partie supérieure avec un calorifère spécial, dont notre dessin laisse voir la disposition intérieure.
- Sur la face antérieure du séchoir, — celle qui est en vue sur le dessin, — sont deux grandes portes ne s’ouvrant que pour la visite de l’appareil, et deux petites portes, l’une en haut, l’autre en bas, permettent chacune juste le passage d’un tiroir.
- Lorsqu’on veut faire fonctionner l’appareil, on procède ainsi :
- Par la porte du bas, on introduit successivement tous les tiroirs contenant la matière à sécher qui doit être préalablement essorée.
- Un mécanisme placé derrière le séchoir et actionné par le moteur de l’usine, fait monter lentement le tiroir du bas, et, par suite, tous les autres; on les retire l’un après l’autre par la porte du haut, à mesure qu’ils viennent à la hauteur de cette porte. La matière contenue dans ces tiroirs est alors séchée. Une sonnerie avertit du moment où il faut retirer un tiroir du haut et en mettre un dans le bas; pendant.ce temps, le mouvement ascensionnel des tiroirs s’arrête de lui-même.
- Le moteur actionne aussi le ventilateur, lequel aspire l’air qui, sortant chaud du calorifère, se refroidit et se sature en traversant les dix tiroirs remplis de matières à sécher.
- Pour faire saisir les avantages de cette disposition, nous allons indiquer sommairement les conditions à remplir pour tout bon séchage :
- 1° Il faut non-seulement envoyer de l’air chaud, mais enlever cet air aussitôt qu’il est saturé 1 humidité, sinon il se reporte sur une partie de la matière déjà séchée et la mouille à nouveau, donc il faut un courant d'air, et pour un séchage prompt et complet, un courant énergique. Le tirage ordinaire étant insuffisant et peu régulier, il faut un ventilateur;
- 2° Pour que l’air pénètre bien dans la masse, il convient d’étendre les matières humides en couches minces; mais si cette couche mince est
- placée dans une longue chambre, comme l’air chaud arrive en un point de cette chambre et sort en un autre, le courant d’air se produit directement entre ces deux points, et les matières en dehors de ce trajet de l’air sont incomplètement séchées; il faut donc une sorte de couloir ayant à une de ses extrémités l’arrivée d’air chaud, à l’autre l’aspiration d’air saturé et refroidi. Dans ce couloir ane série de couches minces que l’air est obligé de traverser se rendent du calorifère au ventilateur;
- 3° il y a un grand avantage à ce que la matière humide, au lieu de rester fixe dans ce couloir traversé par le courant d’air chaud, marche en sens inverse de ce courant; on obtient alors un séchage méthodique, c’est-à-dire que les parties de matières déjà presque sèches sont au contact de l’air, arrivent tout à fait sèches et perdent leurs dernières traces d’humidité, et que l’air au moment où il va sortir est au contact de la matière très-humide qui achève de le saturer complètement (1).
- Toutes ces conditions sont réalisées dans ce séchoir comme on peut voir sur la description qui précède.
- Aussi les résultats confirment-ils les règles que nous venons de poser. Les deux derniers essais faits sur de la soie brute, en cocons, dans un séchoir installé à demeure chez le constructeur, ont donné les résultats suivants :
- 1er essai : Poids delà soie pesée sèche, 18k,900; poids au sortir du séchoir, 19 kil.;
- 2e essai à la vitesse maximum du ventilateur : Poids de la soie pesée sèche, 24 kil.
- Poids au sortir du séchoir, 24 kil. exactement;
- (1) Cette proposition semble être en contradiction avec l’opinion de M. Havrez, disant que la chaleur doit suivre une marche anti-méthodique ; mais le savant professeur ajoute que l’air sec, — qu’il fait intervenir, — doit circuler, lui, méthodiquement ; comme dans le cas actuel, pour éviter des complications de construction, la chaleur et l’air sec sont confondus, c’est cette dernière marche qu’on a dû leur donner; d’ailleurs, cette ascension des matières à sécher a tellement sa raison d’être, que dans des expériences comparatives, faites dans cet appareil, on a laissé la laine immobile, d’autres fois on lui a donné un mouvement descendant, et, dans chaque cas, la dessiccation était moins rapide qu’en opérant méthodiquement, comme il vient d’être indiqué.
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- toute l’eau que l’on avait ajoutée après le pesage avait donc été enlevée.
- Le calorifère employé utilise 0,80 à 0,85 de la chaleur produite par le combustible. L’appareil à dix tiroirs peut sécher environ 400 kil. par jour avec les dépenses minimes de 5 kil. environ de houille moyenne par heure.
- Ce séchoir est construit sur le même principe que beaucoup d’autres appareils de ce genre, mais ses dispositions nous ont paru bien comprises, son travail facile et son emploi économique; aussi, voulant décrire ce genre de machines, l’avons-nous pris comme type pour servir de base à cette étude.
- F. Gouillon.
- IMPURETÉS DES LAINES
- EXTRAIT D’UNE NOTE PRÉSENTÉE PAR M. A. FÉRON
- A la chambre syndicale et industrielle de Roubaix.
- (Suite) (1).
- Le raisonnement n’a rien absolument à ajouter à ces faits; ils sont décisifs et montrent de la manière la plus concluante, que dans l’état actuel des choses,
- 1° L’effet produit sur toute laine peignée à la condition, par la température réglementaire de 105°, est proportionnel seulement à son degré de pureté, mais nullement à son degré d’humidité;
- 2° Par conséquent, prendre les proportions de vapeur ainsi obtenue pour l’unique mesure de son degré d’humidité et de son poids vrai, c’est compter pour laine des quantités variables d’eau combinée avec des sels de chaux, du savon, du suint, de la glycérine, etc., etc., et incapable en cet état de se volatiliser à la température de 105°.
- A toutes les contradictions, inspirées par des mobiles très-divers, qu’une telle assertion pourrait faire naître, appuyé sur tous les faits qui précèdent et non moins victorieusement sur l’autorité de l’illustre M. Chevreul, qui a bien voulu
- (1) Voir le numéro du 5 janvier.
- me permettre, messieurs, de vous l’affirmer en son nom, je répondrai invariablement :
- Aussi longtemps que n’aura pas disparu des laines peignées du commerce toute substance hétérogène et fixe, soit naturelle et préexistant à toute main-d’œuvre, soit artificielle et y introduite au cours des opérations du peignage, le conditionnement ne sera qu’un vain mot, une illusion.
- Teinture, Filature, Apprêts.
- Ce n’est aussi que lorsque aura disparu de nos laines tout ce qui n’est pas laine, qu’il sera possible d’arriver à les teindre d’une façon régulière et normale.
- En effet, messieurs, la teinture ayant pour objet de fixer solidement et uniformément les matières colorantes sur les fibres textiles végétales et animales, il est aisé de comprendre qu’on ne saurait les teindre, sans les débarrasser, convenablement au moins, des corps étrangers qui les enveloppent et les souillent, et empêcheraient toute régularité dans la fixation des couleurs; tantôt faisant réserve, enlevant à la matière toute aptitude à prendre l’eau, et s’opposant, par cela même, à l’action des matières colorantes, et tantôt, au contaire, les attirant énergiquement, mais non moins irrégulièrement, et les fixant ainsi à l’état de taches et de barres indélébiles.
- Il est donc, avant tout, nécessaire, pour que nos matières soient en état de se mouiller facilement et également, signe le plus caractéristique d’un dégraissage ou décreusage complet, et sous peine de n’arriver qu’à des couleurs altérées, tachées, barrées et telles quelles en un mot, il est donc absolument nécessaire que chacune de nos matières premières, coton, laine ou soie, ait été dépouillée de toutes les impuretés provenant de sa composition naturelle ou des opérations qu’elle a subies pendant le travail du peignage, de la filature et du tissage.
- Le blanchiment, c’est-à-dire le décreusage du coton et de la soie, le dessuintage et le dégraissage de la laine, le blanchiment fait donc partie intégrante de la teinture comme il est une partie con-stitutive du conditionnement normal, et, telles sont ses conséquences dans les diverses transformations de la matière et dans le travail de la laine,
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- que le premier et le plus important de tous nos soins devrait être d’y veiller sans cesse.
- Mais il ne suffit pas pour que les couleurs s’attachent intimement aux fibres textiles que celles-ci soient débarrassées de toute substance étrangère. Il est une autre base fondamentale de la teinture; non moins essentielle que le blanchiment, cette base est le mordançage.
- Mais si les composés que les mordants forment, avec la matière colorante, sont insolubles, tout aussi insolubles sont les composés auxquels donnent naissance leurs combinaisons avec les matières impures qu’ils rencontrent dans nos laines et avec le savon qu’ils décomposent. Voici comment cette décomposition s’opère, et les faits qui en résultent : le mordant est composé, par exemple, d’acide sulfurique et de fer. Lorsque les deux combinaisons sont en présence, la soude du savon s’unit à l’acide sulfurique pour former du sulfate de soude qui reste en dissolution dans l’eau, l’acide gras et le fer se combinent et deviennent un savon métallique insoluble (1).
- Pour remédier au mal, quel moyen ont imaginé nos teinturiers? L’état d’impureté des pro-
- 9 TEej : m - : ? I Ee‘ ; b(er É 9] r ' i+. (1) « Je disais dans une lettre publiée par le Journal de Roubaix, le 21 février dernier :
- Je pose en fait et j’en ai les preuves les plus décisives, que, préparée au préalable par un dégraissage parfait, une laine teinte, même en noir, couleur pourtant si redoutée des filateurs, je pose en fait qu’une telle laine est plus apte à se transformer en fils réguliers et d’une longueur définie d’avance que la même laine qu’on voudrait filer, même écrue, au même numéro, mais qui laisserait à désirer au point de vue du dégraissage'. »
- Le 4 mars, un de nos filateurs les plus compétents, et dont on ne saurait récuser le témoignage, M. Ed. Fer-rier, m’écrivait : « J’ai le plaisir de vous annoncer que j’obtiens le n° 28/29, soit très-bon fil no 28', tissage mécanique d’une partie de laine noire dégraissée par le teinturier, au lieu de 21-26, soit 25, que j’en obtenais précédemment, j’ai donc ainsi réalisé un bénéfice de 10 p. 100 sur le numéro. — De plus» j’ai moins de déchets et un fil plus tenace et plus régulier.
- Je n’avais pas espéré mieux ni même aussi bien. Et, sans parler des très-grands avantages qu’il procurerait nécessairement dans la filature en écru, je suis, comme vous, persuadé qu’un dégraissage normal effectué par qui de droit, donnerait des résultats infiniment meilleurs encore que le dégraissage opéré par le teinturier. J’ai constaté aussi avec une grande satisfaction que ni les papillons, ni les buffles rie sont ni plus chargés, ni plus sales que si j’avais passé de la laine écrue... »
- duits du peignage leur semblant une difficulté presque insurmontable dans la réussite des opérations du mordançage et de la teinture de bon teint, ils ont-esquivé l’obstacle, et, comme tous les désordres s’engendrent les uns les autres, du dégraissage ménagé est né le mordançage ménagé. Or, la teinture sans dégraissage et sans mordançage, ce n’est plus de la teinture, ce n’est plus rien qu’une coloration superficielle et sans valeur, aussi peu. digne du nom de teinture que le badigeonnage de celui de peinture.
- Dans l’art de la teinture, on distingue deux classes de couleurs,Ses simples et les composées. Les premières sont le rouge, le jaune, le bleu» Les secondes résultent du mélange en toutes proportions des couleurs simples.
- Très-considérable-est le nombre des substances colorantes minérales, végétales ou animales, dont les teinturiers disposent, et dont ils peuvent, à l’aide de procédés convenables, teindre la laine en rouge, en jaune, en bleu, et en toutes les cou-. leurs par conséquent.
- On peut former de ces substances les trois groupes suivants :
- 1° Couleurs qui peuvent s’unir à la fibre directement et sans le secours d’aucun intermédiaire ; tels sont les principes colorants du Curcuma, de V Acide picrique, de VOrseille, de l’Aniline et de l’Indigo ;
- 2 Couleurs qui ne se fixent qu’avec le concours des mordants : Bois jaune, Cam.pêche, Cochenille, Garance, Gaude, Fustet, etc., etc. ;
- 3° Couleurs métalliques des sels de fer, de chrome, etc.
- À l’exception de l’indigo, les couleurs du pre-mier groupe sont éminemment de faux teint; l’air humide'et chaud, la lumière, les altèrent et les détruisent en fort peu de temps.
- Celles des deux autres groupes sont bon teint, ou au moins résistent infiniment mieux que les premières à l’action décolorante du soleil, à l’influence de l’air et de l’eau, des acides faibles et du savon.
- D’une manière générale, une condition très-essentielle d’une bonne teinture est donc que les substances colorantes,soient fixées au moyen des mordants. (La suite à un prochain numéro.)
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- TACHES DE ROUILLE ET D'ENCRE.
- Lorsque l’on doit faire disparaître des taches d’encre ou de rouille très-anciennes, il arrive que les acides, même très-forts, ne réussissent pas à enlever ces taches; cela tient à ce que le fer, étant arrivé à son maximum d'oxydation, est, dans cet état, beaucoup plus difficile à dissoudre; il faut alors chercher à le désoxyder, et, pour cela, la dissolution ci-dessous réussit assez bien : Eau, . i _ | 12ltr.q°t
- Acide muriatique, 100 gramm.
- Sel d’étain 100 — muld
- On imbibe la tache de ce liquide, on tamponne légèrement en entretenant l’humidité jusqu’à ce que la tache disparaisse. On rince alors à l’eau.
- Ce moyen ne peut s’appliquer qu’aux étoffes dont la couleur ne craint pas l’action de l’acide employé. b asbnl •
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- APPRÊT BRILLANT ET ÉCONOMIQUE
- PAR M. G. PUSOHER.
- On prend 500 grammes de fariiie de froment et on la délaye avec soin dans 3 kil. d'eau froide jusqu’à ce qu’elle soit réduite en une bouillie bien homogène. On y ajoute ensuite, en l’agitant continuellement, 30 grammes d’ammoniaque liquide. Celte bouillie devient alors faiblement jaunâtre et se gohfle considérablement. On l'e-tend avec 2 kil. 500 gr. d’eau froide, puis on la porte à l ébullition en la remuant continuellement.
- Après un quart d’heure de cette température, toute l’ammoniaque superflue est volatilisée, et le mélange, qui semble jaunâtre par transparence, constitue une colle économique, non-seulement pour les cartonnages, mais encore pour l'achèyeb ment des papiers lustrés marbrés et bronzés, ou les cartes à jouer, et pour l’apprêt des tissus de lin et de coton. On peut encore s’en servir pour enduire les objets en bois que l’on veut polir pour
- enfermer les pores et aussi pour empeser le linge.
- L’ammoniaque facilite la dissolution du gluten, de la farine, et la pâte, après sa dessiccation, se trouve plus souple que celle qui provient de l’emploi de l’amidon pur. Le linge empesé par ce moyen acquiert non-seulement plus de rigidité, mais encore beaucoup d’éclat, que l’on développe par le frottement d’une agate, ce qui conserve plus longtemps,la blancheur. Au lieu de l’ammoniaque, on pourrait aussi, pour le linge, employer de la soude caustique du commerce dans la proportion de 15 grammes dissoute dans 8 parties d’eau pour 500 grammes de farine, parce que cet apprêt se laisserait plus tard enlever très-facilement à la lessive.
- L’auteur, par des calculs fondés sur les prix locaux des matières indiquées, annonce que ce procédé peut faire obtenir une économie de 33
- (Mon. des Prod. chimiques.)
- BREVETS RÉCENTS
- CONCERNANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES.
- 909 36. — 24 août 1870 (et brevet anglais) : Ellington et Ryder, Paris. — Perfectionnements aux tubes et cylindres en cuivre pour impression des tissus, gauffrage, etc.
- 90937.—21 septembre (et brevet anglais) : Fel-ber, Paris. — Procédés pour la fabrication du papier de bois, et pour le blanchiment des .étoffes.
- 90946. — 14 septembre \Lundy, Paris. — Ensimage.
- 91019. — 2 septembre : Va un, Paris. — Apprêt des gazes de soie.
- 91179. — 7 juillet : Pochez, Douai (Nord). — Blanchiment continu des tissus de lin et de coton.
- 91236. — 27 août : Maury, Albi (Tarn). — Colle inodore et liquide pour encoller les tissus.
- 91261. — 6 octobre : Féron, Roubaix (Nord). — Préservation des incrustations dans le blanchiment des textiles.
- 91312. — 4 novembre (et brevet anglais) : Turner, Rouen. — Perfectionnements dans les tissus élastiques.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- CERTIFICATS D’ADDITION.
- Pierron et Dehaitre. — 18 août, Br. 84296. —
- — Appareil à lessiver et rincer les tissus.
- Féron. — 29 juillet, Br. 91196. — Procédé à circulation pour lavage des laines et autres matières imprégnées de savon.
- Féron. — 8 septembre, Br. 91-196. —Même objet.
- Féron. — 19 octobre, Br. 91196. — Même objet.
- Petit. — 21 décembre, Br. 91272. — Tissu en velours élastique.
- LES DROITS D’IMPORTATION
- SUR LES TEXTILES ET LES MATIÈRES TINCTORIALES
- Le Journal officiel publie le projet de loi portant fixation des tarifs spécifiques sur les matières brutes, présenté par le gouvernement en substitution de celui que l’Assemblée nationale, n’a pas accepté.
- Nous en extrayons ce qui concerne la teiuture et les tissus :
- PROJET DE LOI
- Exposé des motifs
- Messieurs, l’exposé des motifs du budget de 1872 a développé les raisons qui ont déterminé le Gouvernement à proposer un impôt sur les matières premières, avec exonération complète de droits en faveur de marchandises destinées à l'exportation.
- Nous avons donc l’honneur de soumettre à l’Assemblée nationale, conformément aux dispositions contenues dans les articles 14 et 15 du projet de loi :
- 1. Les tarifs spécifiques des droits à l’importation des matières brutes, textiles et autres;
- 2. Les bases, suivant lesquelles les droits perçus seront remboursés à l’exportation.
- Dans la pensée du Gouvernement, le régime de l’admission temporaire sera substitué au drawback toutes les fois que cette substitution sera possible, et surtout lorsqu’il s’agira d’un produit fabrique avec une matière première qui a sa similaire en France.
- D’après l’article 14 du projet du budget de 1872, les droits ad valorem devaient s’échelonner de 2 à 20 %. Mais vous voudrez bien remarquer que, dans l’établissement des droits spécifiques que nous vous soumettons, le taux de 45 à 16 /ode la valeur n’a pas été dépassé, en moyenne, pour les grandes industries textiles.
- Extrait du projet.
- Art. 1er. — Le tarif des douanes à l’importation est modifié ainsi qu’il suit, décimes compris :
- Laines en masse, par 100 kilogrammes de laine entièrement dégraissée et desséchée à l’absolu, avec reprise de 17 °/0 pour l’humidité normale, 80 fr. les 100 kil.
- Le rendement imposable sera calculé d’après l’état des laines et leur provenance, conformément au tableau A ci-joint. Si la douane ou le commerce jugent que le rendement réel s’écarte de 3 °/, soit en plus, soit en moins de la moyenne légale, ils pourront recourir au tirage par un bureau de conditionnement, mais il ne sera tenu compte que de la portion du rendement réel qui sera ou inférieur ou supérieur à la tolérance de 3 °/0 (1).
- Poils pour la filature, de chèvre, de chevron ou de chameau (régime des laines).
- Poils pour la filature, de vache, de cheval et autres poils grossiers, 4 fr. les 100 kil.
- Poils pour la chapellerie (de lièvre, de lapin, elc.), 125 fr. les 100 kil.
- Plumes de parure de coq et de vautour, 3 fr. le kil.
- Plumes de parure autres, blanches, 20 fr. le kil.
- Plumes de parure autres, noires, 8 fr. le kil.
- Plumes de parure autres, de toutes couleurs, 3 fr. le kil.
- Soies en cocons frais, 1 fr. 50 le kil.
- Soies en cocons secs, 3 fr. 50 le kil.
- Soies écrues grèges, des Indes, de la Chine et du Japon, 9 fr. 25 le kil.
- Soies écrues grèges, d’ailleurs, 12 fr. le kil.
- Soies écrues douppions. 3 fr. le kil.
- Soies moulinées des Indes, de la Chine et du Japon, 41 fr. le kil.
- Soies moulinées d’ailleurs, 13 fr. le kil.
- Soies bourres de soie, en masse, 2 fr. 25 le kil.
- (La bourrette ou déchet de bourre de soie n’ac-quittera que le quart du droit de la bourre de soie.)
- Coton en laine non égrené, 12 fr, les 100 kil.
- Lin et chanvres en tiges brutes, 1 fr. 60 les 100 kil.
- Lin et chanvres teillés et étoupes, 15 fr. les 100 k. Lin et chanvre peignés, 16 fr. 50 les 100 kil.
- Jutes en brins ou teillés, 6 fr. les 100 kil.
- Jute peigné, 6 fr. 70 les 100 kil.
- L’abaca, le phormium tenax et les autres végétaux filamenteux non dénommés, suivront le régime du lin et du chanvre.
- Bois de teinture en bûches, 2 fr. les 100 kil.
- Bois de teinture moulus, 3 fr. les 100 kil.
- Coton en laine, égrené, des Indes orientales et de la Chine, 35 fr. les 100 kil.
- Coton en laine, égrené, d’ailleurs, 40 fr. les 100 k.
- Curcuma en racine ou en poudre, 5 fr. les 100 k.
- Orcanète, 40 fr. les 400 kil.
- Quercitron, 3 fr. les 400 kil.
- Ecorces à tan, 1 fr. les 100 kil.
- Lichens tinctoriaux, 10 fr. les 400 kil.
- Safran, 40 fr. le kil.
- Fleurs de carthame, 60 fr. les 400 kil.
- Noix de Galles et avelanèdes, 20 fr. les 100 kil.
- Sumac et fustet (écorces, feuilles et brindrilles entières ou moulues), 4 fr. les 100 kil.
- Gousses tinctoriales, 3 fr. les 100 kil.
- Autres feuilles, racines, tiges, graines et fruits tinctoriaux (autres que la garance), 3 fr. les 100 kil.
- Indigo, 200 fr. les 100 kil.
- Indigue, inde-plate et boules de bleu (régime de l’indigo).
- Pâte de pastel grossière, 5 fr. les 100 kil.
- Pâte de pastel autre, dite indigo pastel (régime de l’indigo).
- Cachou en masse, 7 fr. les 100 kil.
- Rocou préparé, 35 fr. les 400 kil.
- Orseille, 20 fr. les 400 kil.
- (4) Le tableau A paraîtra, avec la fin de cet article, dans le prochain numéro.
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- Maurelle, 10 fr. les 100 kil.
- Extraits de bois de teinture noirs et violets, 20 fr. les 100 kil.
- Extraits de bois de teinture rouges et jaunes, 30 fr. les 100 kil.
- Sucs, tannins, extraits de végétaux, 3 fr. les 100 k.
- Cochenille, 80 fr. les 100 kil.
- Laque en teinture ou en trochisques, 35 fr. les 100 kil.
- Kermès animal, 70 fr. les 100 kil.
- Bleu de Prusse, 25 fr. les 100 kil.
- Prussiate de potasse cristallisé, jaune, 20 fr. les 100 kil.
- Prussiate de potasse cristallise, rouge, 30 fr. les 100 kil.
- Outremer, 15 fr. les 100 kil.
- Goudron minéral provenant de la distillation de la houille, 1 fr. 20 les 100 kil.
- Essence de houille, 10 °/o de la valeur.
- Produits chimiques et couleurs dérivés de l’essence de houille, 10 °/o de la valeur.
- Tartrate de potasse très-impur, lie de vin, 50 c. les 100 kil.
- Tartrate de potasse très-impur, tartre brut, 1 fr. 50 les 100 kil.
- Tartrate de potasse impur, cristaux de tartre, 3 fr. les 100 kil.
- Tartrate de potasse pur, crème de tartre, 4 fr. les 100 kil.
- Acétate de fer liquide, 20 c. les* 100 kil.
- Jus de citron, 1 fr. les 100 kil.
- Citrate de chaux, 1 fr. les 100 kil.
- Acide citrique cristallisé, 12 fr. les 100 kil.
- — sulfurique, 30c. les 100 kil.
- — nitrique, 1 fr. les 100 kil.
- — hydrochlorique, 10 c. les 100 kil.
- — tartrique, G fr. les 100 kil.
- Salin de betterave, 40 c. les 100 kil.
- Soude de varech, 40 c. les 100 kil.
- Cendres végétales vives ou lessivées, 5 c. les 100 kil.
- Amidon, 4 fr. les 100 kil.
- Albumine, 12 fr. les 100 kil.
- Colle forte, 12 fr. les 100 kil.
- Colle de poisson, 250 fr. les 100 kil.
- Gélatine, 6 fr. les 100 kil.
- DÉRIVÉS DES MATIÈRES TEXTILES
- Drmoback.
- Fils de coton simples n° 50 et au-dessous, écrus, 47 fr. les 100 kil.
- Fils de coton simples no 50 et au-dessous, blanchis, 56 fr. 50 les 100 kil.
- b ils de coton simples no 50 et au-dessous, teints, 35 fr. les 100 kil.
- Fils de coton simples du n° 50 inclusivement au n° 80 :
- bits de cotou simples inclusivement, écrus, 50 fr. les 100 kil.
- Fils de coton inclusivement, blanchis, 60 fr. les 100 kil.
- Fils de coton inclusivement, teints, 58 fr. 50 les 100 kil.
- Fils de coton au-dessus du no 80, écrus 52 fr les 100 kil. ’
- Fils de colon au-dessus du n° 80, blanchis 62 fr 50 les 100 kil.
- Fils de coton au-dessus du n° 80, teints, 60 fr. les 100 kil.
- Fils de coton retors, n° 50 et au-dessous, écrus, 52 fr, les 100 kil.
- Fils de coton retors, n° 50 et au-dessous, blanchis, 63 fr. 50 les 100 kil.
- Fils de coton retors, n° 50 et au-dessous, teints. 60 fr. 50 les 100 kil.
- Fils de coton retors, du n° 50 exclusivement au n° 80 inclusivement, écrus, 55 fr. les 100 kil.
- Fils de coton retors, du n° 50 exclus. au n° 80 inclus., blanchis, 66 fr. les 100 kil.
- Fils de coton retors, du no 50 exclus, au n° 80 inclus., teints, 64 fr. les 100 kil.
- Fils de coton retors, au-dessus du n° 80, écrus, 57 fr. les 100 kil.
- Fils de coton retors, au-dessus du no 80, blanchis, 68 fr. 50 les 100 kil.
- Fils de coton retors, au-dessus du n° 80, teints, 65 fr. 20 les 100 kil.
- Tissus de coton en fil simple, écrus, velours, piqués, basins façonnés, damassés et brillan tés, 51 fr. 50 les 100 kil.
- Tissus de coton en fils simples écrus, tous autres pesant par 100 mètres carrés 7 kil. et plus, 51 fr. les 100 kil.; 3 à 7 kil., 54 fr. les 100 kil; 3 kil. et moins, 56 fr. les 100 kil.
- Tissus de coton en fils simples blanchis, sans np-prêt, 20 °/0 en sus du droit du tissu écru selon l'es-pèce.
- Tissus de coton en fils simples blanchis, apprêtés à un degré quelconque. (Droit du tissu écru, selon l’espèce, plus 2 fr. par 100 kil. pour l'amidon.)
- Tissus de coton en fil simple, imprimés ou teints en rouge. (Droit de l’écru augmenté de 24 °/0, plus 3 fr. 50 par 100 kil. afférente à la teinture.)
- Tissus de coton en fil simple, imprimés ou teints en toute autre couleur, moleskine pesant 25 kil. au moins aux 100 mètres carrés. (Droit de l’écru augmenté de 24 °/0, plus 3 fr. 50 par 100 kil. afférente à la teinture.) Tous autres tissus. (Droit de l’écru augmenté de 14 %, plus 3 fr. 50 par 100 kil. afférente à la teinture.)
- Tissus de coton en fils retors en chaîne ou en trame seulement. (Droit du tissu selon l’espèce, augmenté de 2 fr. par 100 kil., plus 3 fr. 50 afférente à la teinture.)
- Tissus de coton en fils retors à la fois en chaîne et en trame. (Droit du tissu selon l’espèce, augmenté de 4 fr. par 100 kil., plus 3 fr. 50 afférente à la teinture.)
- Coton cardé, dit ouate, 45 fr. 10 c. les 100 kil.
- Déchets de fils, 40 fr. les lOo kil.
- (La suite à un prochain numéro.}
- NOUVELLES
- Les Brevets d’invention ENALSACE-LORRAINE.
- — Il résulte des renseignements que nous avons pu obtenir que, provisoirement, et pendant un temps que nous ne pourrions préciser, les questions de propriété industrielle seront, régies, dans la province de l’Alsace-Lorraine, par la loi française sur les brevets d’invention.
- De nouveaux brevets seront délivrés dans ces provinces suivant les prescriptions de cette loi.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Par suite, on peut espérer que les brevets délivrés par la France avant la séparation, conserveront leur validité en Alsace-Lorraine, par le payement de la taxe annuelle de 100 francs, à l’une des préfectures de Strasbourg, Metz ou Col-mar, sans préjudice, bien entendu, de celle semblable qui devra être acquittée en France, pour la conservation du brevet dans ce pays; mais rien encore n’a été indiqué, quant aux délais qui seraient fixés pour opérer utilement le versement de. ces taxes en Alsace-Lorraine, notamment en ce qui concerne celles échues depuis le commencement de la guerre.— (Propagation industrielle.)
- Industrie des Tissus. — Nous .extrayons du Bulletin commercial du Moniteur des Tissus les renseignements suivants :
- Tissus de coton. — A Roanne, le tissage des cotons a continué pendant tout le mois sans interruption et avec assez de vigueur. Le travail pour les ouvriers n’a pas manqué, cependant la vente n’est pas aussi prospère que l’exigerait l’abondance des marchandises qui sont en magasin; on ne se hasarde qu’avec une certaine prudence dans les achats. Le prix des cotons a légèrement baissé.
- On compte en ce moment, tant à Roanne que dans les diverses communes dès- cantons de Char-lieu, Belmont, Sainl-Just-en-Chevalet, La Pacau-dière, Saint-Haon-le-Châtel, environ 110 établissements en activité, occupés par l’industrie du coton et occupant 7,000 personnes; plus 30 teintureries avec 200 ouvriers, etc., etc.
- Tissus de soie. — Lyon se trouve en présence d’un stock énorme pour fin de saison et d’un arrêt dans les affaires ; l'inquiétude grandit chaque jour, ce qui établit deux courants bien contraires : abstention chez l’acheteur, envie de vendre chez le détenteur.
- Le marché d'étolles laisse beaucoup à désirer pour le noir, qui est le principal article de notre industrie.
- • Les articles nouveautés, grisailles, petits façonnés, n’ont pas trop à se plaindre; les ornements d'église riches marchent bien.
- Les articles mélangés semblent entrer largement dans la consommation. Roubaix a acquis une excellente place dans ces genres.
- Saint-Etienne travaille activement et voit ses produits préférés à ceux de Bâle ou Crefeld.
- Zurich fait une rude concurrence à nos articles nouveautés et grisailles. Crefeld fait de bonnes affaires en rubans et velours; pour ce dernier article, en qualité bon marché, l’Allemagne est hors de concurrence.
- Empoisonnement par des exhalaisons provenant DE la falsification d’un MORDANT NOIR. — Dommages-intérêts. — M. Clementz est entré en 1859 dans une fabrique de maroquinerie établie à Paris. Devenu contre-maître, il y gagnait 8 fr. par jour, et devait préparer le mordant servant à la teinture en noir des maroquins.
- Or, M. Clementz procédait à la composition de ce mordant en présence de son patron. Son travail fait, et les vapeurs qui s’en étaient exhalées remplissant l’atelier, M. Clementz et un ouvrier durent transporter la tourie dehors. Mais cette tourie ayant été lâchée par l’ouvrier qui la portait avec lui, M. Clementz, pour éviter un accident, la porta seul. Livré ainsi aux émanations qui en sortaient et qui, incommodant gravement un de ses camarades, qu’il fallut livrer aux soins d’un médecin, l'incommodèrent, lui qui avait été plus longtemps et plus directement exposé à l’action du poison, à ce point qu'il fut pris de suffocations, de douleurs à la gorge et de nausées abondantes, il put rentrer chez lui, cependant; mais dans la nuit suivante, vers cinq heures du matin, il expira. L’autopsie à laquelle il fut procédé à la suite de son décès a démontré qu’il était mort empoisonné pour avoir respiré des vapeurs nitreuses et chlorées, dégagées par la préparation dont il était chargé.
- A raison de ces faits, la veuve Clementz actionna le patron de l'établissement en dommages-intérêts, se fondant principalement sur ce que l'usine ne possédait pas de laboratoire avec cheminée de tirage, dans lequel on pût faire cette préparation sans danger, et malgré que Clementz ait plusieurs fois demandé qu'on en fît construire un.
- Le tribunal de première instance ,débouta la veuve de sa demande :
- « Attendu que Clementz était le contre-maître de R., chargé depuis longtemps de préparer la teinture à la fabrication de laquelle il se livrait; qu’il a commis la faute de ne pas laisser nettoyer suffisamment la tourie, d’y laisser du fer et d'y verser des acides avant d’avoir porté la tourie au dehors ; que l’émanation délétère qui en a été la suite et qui a causé sa mort a été le résultat de sa propre imprudence. »
- Après avoir interjeté appel, les parties se sont entendues : le patron de l’établissement, M. R., qui avait déjà versé 500 francs à la veuve, fait une rente de 100 francs par an à l’enfant Clementz, jusqu’à sa majorité.
- Le mordant noir dont il-s’agit paraît être une dissolution de fer dans de l’eau régale (acides nitrique et chlorhydrique mélangés). Les gaz chloro-azoteux qui se dégagent pendant cette dissolution ne sont pas, à proprement parler, véné-neux, mais leur action suffocante et irritante sur les organes de la respiration les rend aussi dangereux que de véritables poisons, et cet exemple en est une triste preuve.
- Pour tousses articles non signés :
- C. Dorion.
- F. Aureau. — Imprimerie de Lagny.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 13° VOL., n° 4. 20 FÉVRIER 1872
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- Sommaire
- Sur les impuretés des laines destinées à la fabrication (suite et fin), par M. A. FÉRON.—Purification des eaux industrielles par M. FÉRON. — Teinture des laines filées de basse qualité. — Mordant siliceux pour couleurs d’aniline. Machines à laver de MM. Pierron et Dehaitre (gravure)., par M. F. Gouillon.
- PROCÉDÉS PRATIQUES : Écarlates : Recette de M. Girardin; id. de MM. Pelouze et Frémy; Ponceau de M. Gri-son ; Ponceau à la laque-dye; Ecarlate de M. Dumas; Ponceau rapide; Écarlate rapide (échantillon).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Épaississant employé comme succédané de l’albumine, par M. Schlumberger. — Bleu Nicholson. — Un atelier d’apprêts dans l'antiquité. — Brevets récents concernant les industries tinctoriales. — Machine à approprier les chapeaux. —Ensimage incombustible. —Les droits d’importation sur les textiles et les matières tinctoriales (suite et fin).
- NOUVELLES : Les traités de commerce, — Chambres de commerce. — Exposition permanente de Londres.
- IMPURETÉS DES LAINES
- EXTRAIT D'UNE NOTE PRÉSENTÉE PAR M. A. FÉRON
- A la chambre syndicale et industrielle de Roubaix.
- (Suite et fin) (1).
- Mais aussi le glissement facile des fibres de la laine et de toute matière est la condition première pour obtenir en filature des fils floches, fins, réguliers et également tenaces dans chacune de leurs parties. Gomment alors concilier avec les nécessités du travail de la filature, les composés plastiques et collants qui, en teinture, résultent de l’action des mordants sur les impuretés grasses contenues en excès dans nos laines?
- Pour mettre à couvert leur responsabilité à cet égard, il a semblé à nos teinturiers que le meilleur parti à prendre était de s’affranchir du mordançage, et bien qu’à l’exception de la teinture et quelques couleurs où l’emploi des mordants est de nécessité absolue, en noir, par exemple, ce type parfait de nos difficultés et de nos mécomptes, dans la filature de la laine en couleurs de bon teint, ils n’ont plus recouru dès lors qu’aux couleurs du premier groupe, au Curcuma, à l’Acide picrique, à VOrseille, etc., les plus remarquables entre tous les agents de faux teint, par leur peu de stabilité et par leur sensibilité à tous les réactifs.
- De la teinture ainsi ménagée devaient naître et sont nés les apprêts dits ménagés.
- Quel peut être, en effet, le rôle de l’apprêteur
- »
- (I) Voir le numéro du 5 février et les précédents.
- en matières endommagées à ce point? Sa mission est de développer les qualités naturelles de la matière, mais comment espérer qu’il puisse l’accomplir? Si les pièces qu’il a charge de traiter au mieux des intérêts du fabricant sont de faux teint, ayant affaire au barbouillage, abusivement appelé teinture, dont j’ai parlé plus haut, sa responsabilité lui impose, avant toute autre considération, l’obligation de s’en tenir aux traitements les plus superficiels dits ménagés. Si elles sont de bon teint, au contraire, il a affaire alors, le plus souvent, grâce à la combinaison insoluble, des mordants de teinture avec les impuretés contenues dans la laine, à une composition d’alun combinée avec des àcides gras, des savons, etc.
- Par toutes les considérations qui précèdent, on voit que :
- 1° Le Conditionnement n’étant réalisable que sur des matières pures, ses procédés sont impuissants à apprécier le degré d’humidité des laines.
- Une méthode' devra être cherchée qui atteigne ce but et fasse connaître leur poids vrai.
- 2° De toutes les opérations de notre industrie, aucune ne mérite plus de fixer notre attention que celle du dégraissage, ou décreusage, ou blanchiment. Pour que nos matières, laine, coton ou soie, puissent normalement se teindre, se filer, s’apprêter, il faut qu’au préalable elles aient été, convenablement au moins, dépouillées de toutes les matières agglutinatives qui les colorent, ou peuvent faire obstacle à la teinture, aux étirages de la filature, et au développement par l’apprêt de leurs qualités naturelles.
- 3® La teinture consiste en trois opérations nécessaires et constitutives : Le Blanchiment, le Mordançage, la Coloration. Généralement, pour
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- obtenir une teinture durable, il ne suffit pas que les matières colorantes soient mises en contact uniformément avec la fibre; le plus grand nombre ne peut s’y fixer qu’au moyen de mordants intermédiaires. Sans le mordançage, il n’existe pas de teinture solide. Sauf donc en ce qui concerne quelques couleurs qui, comme celles de l’aniline, teignent sans intermédiaire la laine, la soie et le coton, et que, malgré leur peu de solidité, la consommation paraît avoir définitivement adoptées, nous devons exiger de nos teinturiers l’emploi des mordants.
- Le sort de notre fabrique dépend en grande partie, selon moi, des progrès que sauront faire nos teinturiers. Qu’industriels et fabricants y prennent garde ; à force de mauvaises teintures, nous perdrions infailliblement toutes nos industries. A l’état actuel des choses, il faut un remède prompt et énergique, si nous ne voulons pas assister au déplacement successif et complet de chacune des branches de notre production. C’est peut-être à un mode de teinture mieux entendu qu’il faut, à mon sens, attribuer la faveur dont les tissus anglais jouissent dans le commerce et la consommation.
- En conséquence, je propose à la chambre syndicale de pourvoir à la régularisation des rapports du Peignage et de la Teinture avec la fabrique. •
- PURIFICATION DES EAUX INDUSTRIELLES.
- Comme complément de la note qui précède, M. Féron donne les conseils suivants sur la purification des eaux destinées au travail des laines.
- La question de la pureté de l’eau est d’une importance extrême; ainsi les eaux calcaires dissolvent mal le savon, rendent les couleurs orangées plus jaunes et font virer au violet le rouge de cochenille et de garance. « Les matières étrangères suspendues ou dissoutes dans l’eau, a dit M. Barreswill, peuvent rendre impure ou gâter la substance qu’on prépare, salir ou maculer celle qu’on cherche à épurer par le lavage, modifier ou ternir la couleur des tissus ou dénaturer les mordants, entraver l’évaporation, et être ainsi une cause de perte de combustible ou d’altération du
- matériel. On admettra, en conséquence, qu’il y a un grand intérêt pour les manufacturiers, à connaître la nature des impuretés que présentent les eaux, ainsi que les moyens de purification appropriés à leurs besoins. Les impuretés ordinaires ou naturelles des eaux sont des matières insolubles ou des principes insolubles; les matières insolubles sont retenues par dépôts et soutirage ou filtration ; les principes solubles peuvent être neutralisés par un réactif saturant, ou précipités, tels sont l'acide carbonique, l’acide sulfurique et la chaux ; ou modifiés par l’action de la chaleur qui en opère la décomposition, comme c’est le cas pour le bicarbonate de chaux. »
- Plusieurs réactifs ont été proposés pour éliminer les sels calcaires : la Chaux, le Carbonate de soude, la Soude caustique, le Silicate de soude, l’Acide oxalique, etc., etc.
- La conséquence à tirer de ce qui précède, c’est que chacun peut, et doit par conséquent, approprier par des moyens rationels ses eaux à son emploi. J’ajoute qu’opérant sur l’eau de la Lys, faisant bouillir pendant 7 minutes, 5 hectolitres de cette eau additionnée de 2kil. 500 gr. de cristaux de soude, et y ajoutant 5 hectolitres de la même eau naturelle et froide, j’ai ainsi obtenu à très-peu de frais une eau éminemment propre, et même à froid, au savonnage et au rinçage de la laine, à son facile et parfait mouillage en teinture, et au retordage de toutes nos matières.
- Toute eau qui contient des sels de chaux en quantité notable est impropre au retordage. Dans le coton mouillé par l’eau calcaire, il y a incrustation; dans la laine chargée-de suint et de savon, il y a formation de savon calcaire. Ces dépôts insolubles font obstacle au décreusage et au dégraissage, et s'opposent à l’action des matières colorantes sur lesfibres.
- TEINTURE DES LAINES FILÉES.
- DE BASSE QUALITÉ.
- Les fi1 s ordinaires pour la tapisserie, confectionnés avec des laines de médiocre qualité et employés pour les tapis communs, doivent, pour
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- des raisons de bon marché, être teints très-rapidement et très-économiquement.
- La méthode habituelle de porter les flottes sur des lisoirs et de les faire circuler dans le bain n’est pas applicable, dans ce cas, parce qu’elle exige beaucoup plus de temps et de travail.
- . M. Wolfienstein conseille de lier séparément les flottes avec des cordelettes, qu’on laisse lâches, et de plonger ainsi dans la chaudière toute la chaîne formant moyennement environ 50 kil. de fil; on l’y agite plusieurs fois comme une pièce d’étoffe sur un dévidoir et établi dans le bain de teinture.
- On Sait que la laine prend les matières colorantes d’autant plus facilement qu’elle est plus commune, en sorte que les 50 kil. de fil sort complètement teints par cette méthode souvent en une demi-heure ou même en un quart d’heure. Après la teinture, les fils sont lavés à l’eau, dans une laveuse ordinaire à cylindre semblable à celles que l’on emploie pour le lavage des étoffes, mais de dimensions un peu moindres. On dénoue ensuite les cordelettes et l’on sèche les fils.
- On recourt à la même machine pour laver avant teinture.
- Cette méthode est généralement employée en Angleterre dans tous les centres manufacturiers ou l’on fabrique les tapis ordinaires, par exemple, Dewbury, Kidderminster, etc.
- {Farber-Zeitung. )
- MORDANT SILICEUX
- POUR couleurs d’Aniline
- La silice, obtenue en précipitant par un acide le silicate de soude, enlève les couleurs simples de leurs dissolutions. Avec l’aide d’un mordant, elle se combine aussi avec les couleurs composées, et avec autant d énergie que le feraient les fibres organiques; elle les retient aussi bien que le coton, son affinité pour les couleurs provenant de l’aniline est remarquable.
- Si l’on met de la silice récemment précipitée et bien lavée dans des verres contenant des solutions de fuchsine, ou de bleu ou de violet d’aniline, elle s empare de la matière colorante, et le lavage à
- l’eau ne peut l’en séparer. L’eau bouillante ou l’alcool enlève à la silice la matière colorante. Les couleurs en poudre que l’on obtient ainsi peuvent être utilisées dans la peinture et dans la marbrure des papiers.
- On peut aussi, à l’aide la de la silice, fixer sur le coton les couleurs d’aniline. Si l’on imprègne ie coton de silice, ou d’un composé de silice facilement décomposable, il prend très-facilement les couleurs d’aniline. On peut y arriver en rinçant le tissus de coton dans une solution de silicate de soude; il vaut mieux, cependant, fixer le silice dans les fibres textiles en employant d’abord le silicate de soude, eten faisant passer ensuite le tissu dans un acide étendu. Après cette opération, le coton est bien séché, et plongé ensuite dans une solution de teinture.
- De cette manière, on surmonte la paresse du tissu à prendre la couleur, paresse qui ne manque jamais de se manifester toutes les fois que l’on fixe les couleurs d’aniline sur le coton à l’aide de la noix de galle, du myrobolan, ou de toute autre substance contenant du tannin. Les nuances d’aniline fixées sur le coton au moyen de la silice, sont remarquablement solides, et résistent aux alcalis et aux eaux de savon, mieux que celles qu’on obtient par la voie ordinaire.
- La silice peut aussi s’employer pour fixer les verts d’aniline sur les étoffes de laine. On trempe ces étoffes dans le silicate de soude, puis on les plonge dans la solution tiède de vert d’aniline, et on les passe enfin dans un bain d’acide étendu (1).
- {Echange)
- MACHINE A LAVER
- DE MM, PIERRON ET DEHAITRE.
- Lis machines à laver, introduites depuis peu d’années dans l’industrie du Blanchissage, y rendent de grands services; elles économisent considérablement la main-d’œuvre, donnent un travail plus rapide, et usent bien moins le linge que
- • (1) Le Moniteur de la Teinture a plusieurs fois indiqué le silicate de soude comme mordant pour les couleurs d’aniline; voir notamment l’année 1870-71. page 18.
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- la friction des mains et surtout des brosses jusqu’alors employée ; aussi leur usage s’est-il promp-tement répandu, et a-t-on varié à l’infini la forme et la disposition de ces appareils.
- Chez le Teinturier-dégraisseur, ces machines sont d’une utilité au moins aussi considérable; depuis que les nettoyages en plein ou à sec ont été adoptés, elles ont été d’un usage indispensable.
- Nettoyer à sec ne signifie pas, comme on pourrait le croire, nettoyé sans liquide; cela veut simplement dire que l’on n’emploie pas d’eau, et, en effet, c’est à pleine benzine ou en essence que ces nettoyages s’opèrent. Ces liquides étant très-volatils, il est devenu nécessaire, à un double point de vue d’hygiène et d’économie, de ne s’en servir que dans des appareils bien clos, évitant l’évaporation, et construits de façon à ce que des frottements et des battages puissent se produiront sur les étoffes soumises au nettoyage.
- Les appareils employés pour cet usage sont les machines à laver, dont un certain nombre a été
- disposé pour le travail spécial du teinturier.
- Le Moniteur de la Teinture a donné le dessin et la description d’une des premières machines employées à cet effet, (1) en indiquant les principes à observer pour ce genre de nettoyage. Nous rappellerons qu’il est important que les étoffes soient sans cesse retournées au milieu du liquide laveur, et qu’elles subissent un léger frottement sur elles-mêmes, ainsi qu’une sorte de battage ou de com pression pour expulser le liquide souillé, et le remplacer par un autre relativement plus propre.
- L’appareil deM. A. Iwaszkiewitz (dit Polonais), dont il était question, a été plusieurs fois modifié par d’autres constructeurs, pais ces modifications n’ont porté que sur la forme de la caisse, elle n’ont donc point changé la nature de cette machine, et n’ont eu, dès lors, qu’une médiocre importance.
- La Machine à laver de MM. Pierron et Dehaître, peut être considérée comme nouvelle, tant au point de vue de son principe, quà celui de sa disposition .
- 5. Fig. 6.
- La figure 5 représente cet appareil ouvert, et la figure 6 en est une coupe par le milieu du tambour, et parallèlement à ses fonds.
- Il se composed’un tambour AA, monté fixe sur un bâti de fonte; à l’intérieur, se trouve un second tambour, ou claire-voie BB; — le constructeur le fait avec des tubes en fer creux. — Cette sorte de cage fermée par la porte E, tourne dans l’intérieur du tambour plein, — celui-ci restant immobile, — à l’aide de la manivelle à volant H, ou des poulies I, si l’on dispose d’un moteur mécanique. A
- cette cage est fixée une planche également à claire-voie, de toute la longueur du cylindre et disposée dans le sens d’un rayon relativement aux fonds, elle est formée de cinq tubes, et est visible dans la figure 6. Le tambou plein se ferme par l’obturateur D, et présente dans sa partie inférieur, une gouttière F, dans laquelle se rassemble le liquide, et qui se vide par le robinet que l’on remarque sur le dessin.
- Pour laver à l’aide de cet appareil, qui contient de la benzine, on y introduit les étoffes ou les
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- vêtements, on ferme la porte E, puis l’obturateur D, et on imprime à la cage intérieur, un mouvement de rotation assez lent et très-régulier.
- Les étoffes sont ainsi plongées dans le liquide laveur, elles subissent un léger frottement sur
- Fig. 7.
- retomber ensuite après les avoir retournées, agitées, et comprimées parleur propre poids.
- Lorsque l’on veut retirer les vêtements de l’appareil, cette planche les amène à la hauteur de la porte ; on les laisse ainsi égoutter sans ouvrir l’appareil, et on peut ensuite les enlever facilement pour les porter à l’essoreuse.
- Après quelques minutes de repos, les impuretés détachées desétoffes se déposent et s’accumulent dans le bas de la gouttière; en ouvrant le robinet et le fermant à temps, on peut alors expulser le liquide le plus souillé, et épurer ainsi relui de l’appareil, sans le vider complètement.
- On voit donc que cette machine à laver constitue un perfectionnement notable sur les appareils primitifs, et répond aux principales exigences du nettoyage à la benzine ou aux essences.
- Par suite de sa construction unpeucompliquée, le prix de cette machine à laver étant assez élevé, relativement aux anciens appareils, les auteurs en construisent une autre, plus simple, et dans laquelle nous retrouvons quelques dispositions de celle-ci.
- Cette autre machine est représentée par lesfigu-
- elles-mêmes et contre les barreaux de la cage, — dont quelques-uns font une légère saillie, — -et lorsque la planche intérieure arrive en bas du cylindre, c’est-à-dire à chaque tour, elle ramasse les étoffes qui tendent à s’y pelotonner, elle les enlève pendant une portion du trajet, et les laisse
- Fig. 8,
- res 7 et 8 ; elle consiste en un seul cylindre, — le cylindre à claire-voie étant supprimé, — et c’est à ce cylindre que l’on donne le mouvement de rotation : à l’intérieur, se trouve des aspéritées formées par les barres EE, (fig. 8) sur lesquelles frottent les étoffes en tournant; une planche intérieur G, est disposée comme dans l’appareil précédent, et remplit le mêmes office; enfin un orifice G, remplace la gouttière, et permet d’expulser le liquide de l’appareil.
- Quoique modifiée et moins complète dans ses détails que la machine précédente, celle-ci n’en est pas moins d’un bon nsage, et son prix est accessible aux petits industriels.
- L’organe original et particulier de ces laveuses, est la planche ramasseuse\ cette disposition est très-heureuse, et, jointe aux autres amélioriations de détail, elle donne réellement au nettoyage une perfection que les anciennes machinesn' obtenaient qu’avec difficulté.
- F. Gouillon.
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- 88 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- PROCÉDÉS PRATIQUES .
- ÉCARLATE.
- La couleur connue sous le nom d’écarlate, de ponceau, nommée d’abord couleur feu, écarlate de Hollande, ensuite écarlate des Gobelins, est obtenue au moyen de la cochenille et d’une solution d’étain dans l’eau régale.
- Pour obtenir un écarlate pur, le choix du mordant et l’eau à employer sont les principaux points à observer.
- Je donnerai ici quelques recettes de teintures employées par différents teinturiers ou auteurs (1).
- Rien de plus variable que les recettes de teinture écarlate : la préparation du mordant d’étain, la dose à employer, ainsi que celle du colorant, diffèrent d’une façon incroyable. Les procédés varient pour chaque ville et pour chaque praticien.
- RECETTE DE M. GIRARDIN
- (Chimie élémentaire)
- Composition d'étain.
- Dans un mélange de :
- Acide azotique à 38° ou 40° 8 kilogr.
- Eau 8 litr.
- On fait dissoudre :
- Sel ammoniac A kil.
- Étain en grenaille 1 —
- On n’introduit ce dernier que peu à peu, de manière que la réaction ne soit pas trop tumultueuse.
- Teinture.
- Eau de pluie, chauffée à 60° 2,500 ht.
- Composition d’étain 1 kil.
- On enlève avec un tamis l’écume blanche qui vient surnager; lorsqu’il ne s’en produit plus, on y fait dissoudre :
- Crème de tartre 5 kil.
- Composition d’étain 20 —
- (I) Les procédés que nous reproduisons sont extraits de VAide-Mémoire du Teinturier, par M. G. Van Laer, excellent ouvrage en cours de publication, et sur lequel nous reviendrons prochainement. — F. G.
- On y abat 100 kilogr. de laine; on porte peu à peu à l’ébullition, en maniant afin que le mordant pénètre également; après une heure d’ébullition, on laisse reposer et on lève sur le bord.
- On jette dans le même bain :
- Cochenille pulvérisée 14 à 15 kil.
- On rafraîchit la décoction, puis on ajoute :
- Composition d’étain 6 à 7 kil.
- On pallie bien, et, sans plus tarder, on rabat la laine sans la laver; on porte peu à peu à l’ébullition qu’on maintient pendant une heure, on laisse le bain en repos pendant autant de temps; on donne une renverse pendant 30 minutes.
- Nouvelle pose de 30 minutes, suivie d’une renverse qui dure même temps; dernière pose de 4 à 5 heures au moins, après laquelle on lève la laine qu’on lave avant et après le refroidissement.
- Cette recette est bonne, mais elle demande beaucoup de temps ; toutes ces poses ne produisent, je crois, aucun effet utile.
- Je conseille de faire bouillir la laine depuis le commencement-avec tout le mordant; la laine absorbera de cette façon plus de mordant, et, par conséquent, fixera plus de colorant, qui, autrement, se trouve précipité par le mordant en excès dans le bain, que la laine n’a pas absorbé, pour fixer sur elle la matière colorante de la cochenille.
- Pour éviter cet inconvénient, je propose de faire bouillir la laine de suite avec tout le mordant, soit une heure, ou même deux heures, avant d’y mettre la cochenille.
- Voici deux essais qui prouvent l’avantage du procédé dont je conseille l’emploi :
- Dans le bain de mordant d’une teinture en écarlate composé de :
- Chlorure stanneux (sel d’étain) 3 kil.
- — stannique (oximuriate) 3 —
- Acide tartrique 3 —
- j'ai mis en même temps deux échantillons de laine de deux grammes; l’un des échantillons a été mordancé 20 minutes, le deuxième une heure; j’ai mis la cochenille dans le bain de mordant, j’ai fait bouillir 5 minutes, puis j’ai plongé les deux échantillons ensemble pour les faire bouillir 20 minutes, et je les ai retirés du bain.
- Le résultat obtenu est remarquable, et la diffé -
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- rence du premier échantillon avec le deuxième a été très-marquée.
- Il faut donc que la laine soit parfaitement fournie de mordant avant de faire intervenir le colorant; sinon, le colorant, ou une partie, se trouve précipité sans déposer, sur la laine ou dans ses pores, la plus grande partie de son principe.
- écarlate, 2e procédé.
- (Chimie générale de Pelouze et Frémy) Composition d’étain.
- Acide nitrique 4 kil.
- Chlorhydrate d’ammoniaque 500 gr.
- Étain pur 500 gr.
- Eau pure 4 kil.
- On verse l’acide nitrique sur le sel ammoniac réduit en poudre, et l’on ajoute l’étain par petites portions pour éviter l'échauffement du mélange, puis on verse l’eau lorsque la dissolution est complète.
- Teinture.
- 400 kilogr. de laine en fils.
- Dans une chaudière d’étain, on met, lorsque l’eau est portée à l’ébullition :
- Crème de tartre en poudre 25 kil.
- Cochenille 1 —
- On fait bouillir quelques minutes et l’on ajoute :
- Composition d’étain 12 kil: 500 gr.
- Enfin, on y plonge la laine qui est maintenue dans le bain au moyen de bâtons placés dans les écheveaux, et dont les deux bouts s’appuient sur les bords de la chaudière; une partie des fils reste donc hors du bain, ce qui produirait des inégalités sur les fils,, si on ne les retournait pas souvent bout à bout.
- Après une heure, on enlève la laine et on fait un nouveau bain, appelé rougie, qui est porté à l’ébullition; on y ajoute :
- Cochenille en poudre 5 kil.
- Composition d’étain 5 —
- On y plonge la laine jusqu’à ce qu’elle soit d’une belle couleur et que le bain soit tiré. On retire ensuite la laine; on la laisse refroidir; on lave et on sèche.
- PONCEAU
- (Le Teinturier au xixe siècle, par Grison) Composition d'étain.
- Chlorure de sodium (sel de cuisine) 750 gram.
- Eau de pluie 20 litres.
- Acide nitrique à 36° • 15 kil.
- Étain en rubans ou en grenailles 1 k. 750 gram.
- On y jette l’étain par petites quantités, en ayant soin de remuer de temps à autre la liqueur. La disparition entière de l’étain et le refroidissement du mélange indiquent la réussite de la composition (1).
- On la conserve à l’abri de l’air et de la lumière, dans un endroit frais.
- Teinture.
- 400 kilogr. de mérinos.
- Dans l’eau nécessaire on met :
- Composition d’étain 4 k. 800 gram.
- On fait chauffer jusqu’à ce que le bain écume, puis on enlève l’écume et on garnit avec :
- Cristaux de tartre Composition d’étain
- 13 k. 500 gram.
- 18 litres.
- Cochenille en poudre 1 k. 800 gram.
- Il ne faut faire bouillir et entrer les pièces de
- mérinos que lorsque le tartre est dissous, puis les manœuvrer pendant 40 minutes au bouillon, et ensuite les relever sur le tourniquet, et ajouter au bain : .
- Cochenille eu poudre 7 k. 300 gr.
- Faire bouillir 3 ou 4 minutes, et y centrer les pièces que l’on doit manœuvrer 50 minutes au bouillon; au bout de ce temps, si la couleur est bien montée, relever les pièces sur le tourniquet, les laisser égoutter, etc.
- PONCEAU A LA LAQUE-DYE
- Composition d’étain.
- Semblable à la précédente.
- (1) Dans cette composition, d’étain les quantités d’acide sont trop élevées, ou, plutôt, la dose d’étain pourrait être augmentée avec avantage, en en tenant compte dans les dosages des bains de mordant. — F. G.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Teinture,
- 100 kilogr. de mérinos.
- Comme pour le ponceau à la cochenille, garnir avec :
- Cristaux de tartre 13 kilogr.
- Composition d’étain 18 litres.
- Cochenille en poudre 1 k. 800 gr.
- Faire bouillir quand le tartre est dissous, puis entrer les pièces dans le bain et les manœuvrer pendant 30 minutes au bouillon ; les lever ensuite sur le tourniquet, puis ajouter au bain :
- Laque-dye délayée dans un peu d’eau chaude 13 k. 500 gr.
- Composition d’étain 15 k. 500 gr.
- Brasser le bain, puis entrer les pièces et les manœuvrer 45 minutes au bouillon ; au bout de ce temps, les lever sur le tourniquet et laisser égoutter; puis laver au foulon dans un bain d’eau tiède jusqu’à ce qu’il ne reste plus sur l’étoffe ni laque ni résine, et, lorsque la pièce est bien lissée, aviver.
- Bain d’avivage.
- On fait un bain avec : Cristaux de tartre 43 k. 500 gr.
- Composition d’étain 36 litres.
- Cochenille en poudre 1 k. 800 gr.
- Si la nuance n’est pas assez fournie, on ajoute la quantité de colorant nécessaire; puis on fait bouillir.
- ÉCARLATE
- (Précis de l Art de la Teinture, de Dumas.)
- Composition d’étain-.
- Eau de pluie ’ 15 litres.
- Chlorure de sodium (sel marin) 750 gr.
- Acide azotique (nitrique) à 35° 15k.
- Étain effilé 2 k. 373 gr.
- La dissolution de l étain doit s’opérer lente-ment, et durer au moins un jour.
- Teinture.
- 100 kilogr. de drap.
- Dans une chaudière de cuivre étamé, on versera l’eau nécessaire, puis :
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- Crème de tartre 6 kil.
- Composition d’étain 5 —
- Cochenille 300 gr. •
- Lorsque le mélange est fait, on y plonge les pièces et on les tourne rapidement pendant un quart d’heure ; on ralentit alors le mouvement et on laisse bouillir pendant deux heures et demie.
- On lave ensuite le bouillon dans une eau courante, avec beaucoup de soin, puis on prépare un nouveau bain dans lequel on verse :
- Cochenille 5 k. 500 gr.
- On doit attendre que l’eau soit chaude, pour que la cochenille qu’on y a jetée revienne à la surface et forme une espèce de croûte d’une couleur lie-de-vin; au moment où cette croûte crève, on yerse :
- Composition d’étaih 14 kil.
- On rafraîchit le bain, puis on y plonge les pièces que l’on tourne avec activité jusqu’au moment où elles ont atteint la nuance demandée.
- Sur les étoffes grossières, on donne quelque fois le ton jaune au moyen du fustet ou du cur-cuma.
- Voici ce que dit M. Dumas : « Le ton jaune de l’écarlate bon teint ne s’obtient qu’au moyen de la destruction d’une portion du principe colorant rouge de la cochenille, qui passe au jaune par son contact avec l’acide tartrique et l’acide azotique. » (1)
- La recette ci-dessus, de M. Dumas, est bonne.
- PONCEAU RAPIDE
- (Moniteur de la Teinture, 1868) (2)
- Pour 100 kilogr. de laine :
- Eau de pluie » k.
- Acide oxalique 12 k. 500 gr.
- < Chlorure stanneux 7k.'500gr.
- (1) C est pourquoi le Moniteur de la Teinture recommande plutôt les procédés dans lesquels ce reflet jaune est donné par une matière végétale ajoutée; ils sont plus économiques et ne donnent pas une différence bien sensible, comme solidité de nuances, puisque la cochenille en est toujours la base. — Voir à ce propos notre volume de l’année 1870-71, parges 233 et suivantes, ainsi que PErrata de la page 264, même volume. — F. G.
- (2) Voir Ponceau-Chassepot, volume sus-indiqué, p. 45.
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- Quand le mélange est fait, et que le précipité est formé, on ajoute :
- Cochenille en poudre 12 k.
- On fait bouillir quelques minutes, et on fait bouillir la laine qui se teint très-rapidement.
- Le procédé est bon, mais voici comment il faut opérer pour obtenir une couleur fournie avec moins de colorant ; le procédé décrit dans le Moniteur fait perdre beaucoup de colorant précipité par le mordant:
- Eau de pluie » k.
- Acide oxalique 7 k.
- Chlorure stanneux (sel d’étain) 3 k. 500 gr.
- Chlorure stannique (oxi-muriate) 3 k.
- Quand les sels sont dissous, on ajoute la laine que l’on fait bouillir une demi-heure ; puis après avoir retiré la laine de la chaudière, on ajoute au bain :
- Cochenille 10 à 12 k.
- On remet la laine quand le mélange a été fait, et l’on fait enfin bouillir pour arriver à l’échantillon.
- J’ai obtenu des couleurs plus fournies, ou au moins aussi fournies avec dix kil. de cochenille; donc, économie de 20 fr. sur les 100 kilogr. de laine.
- Je finis ici de décrire les procédés employés par les auteurs, théoriciens et praticiens ; une énumération complète serait impossible; dy a autant de recettes que de praticiens.
- (La suite à un prochain numéro.)
- établie pour la teinture en Chiffonnnage, et dans ce cas les dosages sont toujours un peu forcés.
- Sur une demande de renseignements à propos de cette recette, nous avons déjà nous-mêmes conseillé de remplacer le chlorure stanneux en totalité ou en partie par du chlorure stannique; nous ne pouvons donc qu’approuver la modification, dans ce sens, proposée par M. Van Laer.
- En outre, comme le mordant d’étain, en se décomposant, dégage du chlore qui se transforme en acide ehlorhydrique, nous avons trouvé utile de remplacer une partie de l’acide oxalique par du bi-oxalale de potasse, lequel, par sa base, sature ledit acide aussilôtsa formation ; toutefois, il ne conviendrait pas de remplacer totalement l’acide oxalique de cette façon, car le sel d’oseille n’est pas doué de la même énergie dissolvante sur la laque de cochenille
- Voici quelle est notre formule modifiée :
- Eau quantité suffisante.
- Acide oxalique 6 kil.
- Bi-oxalate de potasse (sel d’oseille) 4 kil.
- Oxi-muriate d’étain 8 kil.
- Cochenille 10 a 12 kil.
- Aussitôt les mordants dissous, on ajoute la cochenille, et, après une courte ébullition, on y plonge la laine, qui ne tarde pas à acquérir une belle couleur rouge, tirant plutôt sur l’écarlate que sur le ponceau.
- Ces procédés rapides sont surtout utiles lorsque l’on veut obtenir des chinages par teinture, et qu’il importe que le bain colorant n’ait pas le temps de pénétrer les parties de laine réservées.
- Ecarlate rapide
- Le Moniteur.de la Teinture se range complètement à l’observation qui précédé, relativement a la formule donnée par lui; cette formule était
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- ÉPAISSISSANT
- EMPLOYÉ COMME SUCCÉDANÉ DE L'ALBUMINE Par M. Ernest Schlumberger.
- Dans un travail étendu sur la caséine et le gluten publié par le Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse^ M. Schlumberger fait con naître un nouvel épaississant qui, dans son opi-
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- 42 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- nion, peut être utilisé avantageusement pour remplacer, dans certains cas, l’albumine.
- Lorsqu’on traite la caséine à froid, en présence de l’eau, par une très-petite quantité de magné-sie, deux ou trois parties de magnésie pour cent parties de caséine, on obtient une combinaison soluble, la solution est épaisse et gommeuse, et ressemble beaucoup à celle que donne l’ammo - -niac, cependant elle est moins liante que cette dernière; cette dissolution ne se coagule pas spontanément, mais elle est coagulable par la chaleur; le coagulum est soluble dans les liqueurs alcalines. Si l’on imprime des couleurs insolubles épaisses avec cette dissolution, elles se trouvent fixées par le vaporisage puisqu’il y a coagulation; seulement, comme il était facile de le prévoir d’après la solubilité du coagulum dans les liqueurs alcalines, l'impression n’a aucune solidité au savon. L’emploi de cette dissolution ne présenterait donc aucun avantage sur celui de la dissolution ammoniacale; au contraire, la dissolution magnésienne étant plus courte, moins liante, s’imprimerait moins bien.
- Si l’on traite la caséine par une plus grande quantité de magnésie, cinq à dix parties pour cent de caséine, on n’obtient plus une dissolution, miais une pâte épaisse, semi-fluide et homogène, qui peut bien se délayer avec l’eau, mais sans donner une véritable dissolution.
- Cette pâte présente par contre la propriété intéressante d’être soluble dans l’eau de baryte en donnant une dissolution bien fluide et gommeuse; c’est cette dissolution qui pourra peut-être être appliquée dans certain cas comme épaississant plastique. Elle est presque complètement coagulable par la chaleur; le coagulum est insoluble dans les liqueurs alcalines. La solution paraît se conserver fort longtemps sans se décomposer, cependant il faut éviter l’action de l’acide carbonique de l’air qui, précipitant peu à peu la baryte, diminue la solubilité de la combinaison magnésienne.
- Voici comment il faut opérer pour préparer celte dissolution.:
- Caséine pulvérisée, 1 kilogr.
- Magnésie calcinée, 75 gramm.
- Eau, 4 litres.
- On délaye séparément la caséine et la magnésie
- avec une partie de l’eau, puis on mélange et l’on remue quelque temps; la masse s’épaissit bientôt, on abandonne une nuit. Le lendemain, la masse forme la pâte épaisse qui est décrite plus haut. On ajoute alors la dissolution de 300 grammes de cristaux de baryte dans 3 litres d’eau lé gèrement chauffée (35° C. tout au plus), et l’on remue jusqu’à ce que le tout forme une dissolution parfaitement homogène.
- Pour obtenir les couleurs d’impression, il suffit de délayer avec cet épaississant les poudres que l’on veut fixer. La dissolution qui précède con tient 125 grammes de caséine par litre. On a comparé des couleurs qui en dérivaient avec les même couleurs faites à l’albumine et contenant' également 125 grammes d’albumine par litre; une partie des échantillons a été simplement lavée, d’autres ont été savonnés à tiède et bouillant. La comparaison, après chaque opération, était toujours plutôt à l'avantage du nouvel épaississant, aussi bien comme solidité que comme éclat.
- L’outremer, le blanc de zinc, le noir de fumée, ne présentent aucune difficulté.
- Le vert Guignet exige seulement l’emploi d’une plus forte proportion de baryte, sans quoi il y a coagulation; mais, en prenant cette précaution, la couleur ne laisse rien à désirer, et tout fait prévoir qu’elle marchera au moins aussi bien que celle à l’albumine.
- Par contre, je n’ai pas réussi avec les couleurs d’aniline; elles sont totalement précipitées par cette dissolution fortement alcaline; peut-être faudrait-il, pour réussir, les transformer d’abord en laques insolubles.
- Lorsque le nouvel épaississant ne contient pas un excès de baryte, il est facilement coagulé par le mélange avec un autre épaississant; mais il suffit d’y ajouter un petit excès de cette base pour empêcher la coagulation et même pour redissoudre le coagulum déjà formé dans ces conditions, on peut le mélanger avec l’empois d’amidon , celui de gomme adragante , la gomme Sénégal, la dextrine, l’amidon grillé. Au sein de ces mélanges, la coagulation par la chaleur n’est pas entravée.
- Un excès de baryte qui, comme on le voit, est souvent fort utile, n’entrave nullement la coagu-
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- lation et ne nuit en rien à la solidité; cependant on a cru remarquer que l’excès de baryte contenu dans les couleurs les décomposait plus rapidement. Il serait donc essentiel de déterminer pour chaque couleur la quantité de baryte strictement nécessaire et de n’en pas mettre plus. Dans ces conditions, les couleurs paraissent se conserver fort longtemps sans coaguler, sauf la peau épaisse qui se forme au contact de l’air par l’action de l’acide carbonique, et dont on empêche du reste la formation en recouvrant la couleur d’une couche l'huile ou d’essence de térébenthine.
- Un inconvénient plus grave, et auquel il serait plus difficile de remédier, tient au trop grand pouvoir épaississant de la caséine dans cette dissolution; ainsi la formule que j’ai indiquée plus haut donne une dissolution contenant 123 grammes de caséine par litre, or, cette solution est déjà fortement gommeuse, et il sera difficile d’imprimer des solutions beaucoup plus concentrées : • comme dans un grand nombre de cas, par exemple, pour des couleurs très-foncées, contenant une grande quantité de matière colorante à fixer, cette concentration pourra ne pas suffire pour assurer la fixation de toute la matière colorante ; on.voit qu’on pourra se trouver là devant une impossibilité matérielle.
- Quant au prix de revient, il est facile de voir qu’il procurerait de sérieux avantages sur l’albumine, sans même se préoccuper de la baisse de prix qui atteindrait probablement des substances telles que l’hydrate de baryte et la magnésie, le jour où elles seraient régulièrement demandées, même avec les prix actuels l’avantage est très-notable :
- I kilogr. caséine, fr. 2 73
- 75 gramm. magnésie à 6 fr. 50, 0 50
- 3 — hydrate de baryte à 3 fr., O 90 donnent un total de 4 fr. 15 c., chiffre qui est encore éloigné du prix normal de l'albumine.
- L auteur, en terminant, ajoute que, sans attacher une grande importance à ce procédé, on peut admettre qu’il est destiné à rendre quelques services, même en supposant qu’il ne soit appliqué que dans certaines limites.
- BLEU NICHOLSON
- A l’exposition de Londres, cette année, on remarquait deux couleurs bleues dérivées de l’aniline, qu eM. E. G. Nicholson a découvertes en 1862 et 1863, et qui sont d’un intérêt scientifique et d’une importance pratique considérables. L’une de ces couleurs, la première découverte, est connue dans le commerce sous le nom de bleu soluble; elle résulte de l’action de l’acide sulfurique concentrée sur une couleur bleue, fournie par le rouge d'aniline qui, découvert en ianvier 1861, par Girard et de Laire, à été fort répandue sous le nom de bleu Girard.
- Les teinturiers éprouvèrent d’abord de grandes difficultés dans l’emploi de cette couleur, car son insolubilité complète dans l’eau nécessitait, pour s’en servir sa dissolution dans l’alcool. Le besoin de suprimer cet agent coûteux poussa M. Nicholson à faire des expériences, qui le conduisirent à la découverte du bleu soluble, dont l’apparition eut un succès marqué dans l’industrie de la teinture. L’emploi de ce bleu est entièrement limité à la teinture de la soie et des plumes, car son application âla laine est impraticable, cette matière ayant fort peu d’affinité pour cette couleur, employée avec ou sans mordant. Les étoffes de soie teintes avec ce produit résistent d’une matière relative à l’action de la lumière, mais elles sont décolorées par les lavages au savon et avec les alcalis. Ce bleu soluble forme le sel d’un nouvel acide dont la constitution n’est pas encore connue, mais que l’on trouvera probablement être un composé sulpho-acide, ayant, avec le bleu Girard et de Laire un rapport analogue à celui qu’a l’indigo avec l’acide sulpho-indigotique. Il forme des sels avec les bases alcalines très-solubles dans l’eau, et se combine très-difficilement avec celles qui sont dans l’alcol.
- La solution aqueuse si elle est neutre, ofre une légère teinte bleue, qui disparait presque par l’addition d’un alcali.
- Les acides développent la couleur bleue, mais ne la précipitent pas. On a exporté à l’état sec de grandes quantités de ce produit en Chine et dans l’Orient, où il trouve un écoulement rapide, à cause de son emploi facile et la beauté de ses produits. La seconde couleur bleue découverte en
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 1863, est connue dans le commmerce sous le nom de bleu Nicholson ou bleu solide. Le bleu solide ne pouvant servir à la teinture des étoffes de laine, M. Nicholson poursuivit ses recherches, et fut récompensé de sa persévérance par la découverte de ce bleu solide, qui est un sel d’un nouvel acide bleu, comme le bleu soluble, mais qui diffère de celui-ci sous plusieurs rapports importants. Le nouveau bleu est soluble dans l’eau et dans l’alcool, l’autre ne l’est que dans l’eau. Les acides préparent le bleu Nicholson sous forme d’une poudre complètement insoluble, tandis qu'il développent une teinte bleue foncée dans le bleu soluble, sans donner lieu à aucun précipité. La valeur spéciale de la nouvelle matière colorante con-siste dans sa propriété intéressante de teindre la laine et la soie dans une solution alcaline, et dans sa complète insolubilité , lorsqu’elle est précipitée par un acide minéral; c’est là que se développe immédiatement la couleur bleu. Comme la matière colorante se trouve dans le premier bain en solution, au lieu d’être en suspension, les fibres du tissu en[sont complètement pénétrées ; aussi, lorsqu’on emploie le second bain, la précipitation de la couleur bleue s’opère instantanément dans l’intérieur des fibres, et donne lieu à une teinture solide qui bien que légèrement affectée par le lavage au savon, résiste à l’action de la lumière, et ne se sépare pas du tissu par le frottement. Cette substance colorante, quoique découverte en 1863, ne fut fabriquée sur une échelle importante qu’en 1865 à cause des difficultés pratiques, qu’on eut à résoudre pour sa préparation. Pour que son emploi donnât de bons résultats, il fallait avoir re-cours à deux bains, l’un pour appliquer la teinture, et l’autre pour développer la couleur, toute choses qui entraînaient un surcoît de main d’œuvre dans son application. Pour ces motifs, la nouvelle couleur bleue eut d’abord quelques difficultés à s’introduire, mais elle ne tarda pas à acquérir une haute importance dans cette branche d’industrie. Elle a maintenant supplanté complètement le bleu Girard et de Laire, et est devenue d’un emploi général et étendu en Angleterre et sur le continent.
- UN ATELIER D’APPRÊTS DANS L’ANTIQUITÉ.
- M. Michel Alcan, dans son Traité sur le travail des laines, a donné d’intéressants détails sur les procédés de foulage connus des Romains et représentés à Pompéi dans des peintures à fresques découvertes à une époque relativement récente ; un article du Journal des Savants : le commerce et l'industrie d'après les peintures antiques, par M. Beulé, fournit encore de curieux renseignements sur le même sujet.
- « .... Des peintures de plus grande dimension et mieux exécutées ont été découvertes en 1820, dans la maison d’un foulon, ouvrant, d’un côté, sur la rue de Mercure, de l’autre, sur une rue qui a pris son nom (Fullonica). Dans l’atrium, un pilier, couvert de peintures, s’élevait auprès d’une petite fontaine. Ce pilier a été enlevé et placé au Musée de Naples ; il a été décrit plus d’une fois. Au premier plan, une femme assise remet une étoffe à une petite esclave. Un ouvrier, dont la tunique est serrée et comme nouée autour du corps, les regarde, tout en cardant un manteau blanc, bordé de pourpre, suspendu à une tringle. Un autre ouvrier appose une cage d’osier sur laquelle l’étoffe sera étendue; il tient à la main le vase où du soufre, jeté sur les charbons ardents, dégagera une fumée propre à blanchir le manteau. C’est le procédé qu’emploient encore» les modernes. Sur une autre face du pilier, des niches cintrées contiennent des grandes cuves où trempent des étoffes qu’on lave.
- « Des esclaves, les pieds dans la cuve, piétinent ces étoffes, de même que les femmes arabes lavent leur linge en le piétinant sur le rocher d’un torrent; c’était ce que les anciens appelaient la danse du foulon (saltus fullonicus). L’artiste a peint avec le même soin la presse, avec ses deux montants, ses deux énormes vis qu’on tournait à l’aide de poignées pour aplatir l’étoffe sous les planches qui leur donnaient l’apprêt nécessaire. Enfin, le séchoir est figuré par de longues tringles suspendues au plafond par des câbles. Des linges y sont étendus, un esclave remet à une jeune femme une étoffe dépliée, tandis que la femme du foulon en prend note sur ses tablettes.
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- « J'ai visité avec une curiosité particulière la maison de Pompéi où ces peintures avaient été recueillies. J’y ai compté, dans une cour, vingt-deux bassins construits en maçonnerie, à des niveaux différents, de façon que l’eau pût passer de l’un dans l’autre. Par-devant, des bancs devaient recevoir les étoffes. A l’autre extrémité de la cour, sept cuves plus petites servaient à fouler. La chambre de dépôt, avec les traces des rayons, c’est-à-dire des planches apposées en guise de rayons, les fourneaux, le séchoir, sont encore reconnaissables. Dans d’autres ateliers de foulon, j’ai vu des feuilles de plomb très-épaisses revêtant l’intérieur des cuves construites en ciment. Quelquefois aussi l’on trouve des jarres pleines d’une terre grasse qui doit être cette terre de cimole (craie marneuse) dont parle Pline, et qui contribuait à blanchir les étoffes autant que les fumigations de soufre ou l’urine recueillie dans des vases placés, à cet effet, au coin des rues.
- « ... C’est ainsi, — dit en terminant M. Beulé, que, malgré la différence des temps et des procédés, on a constaté avec surprise que les modernes sont peu inventifs, ou plutôt que les anciens avaient inventé déjà tout ce qui était nécessaire, rationnel, accordé aux besoins de l’art... $
- BREVETS RÉCENTS
- CONCERNANT' LES INDUSTRIES TINCTORIALES.
- 91424. — 10 février 1871 : Aubertin, Paris. — Production du chlore à l’aide de l’acide chro-mique.
- 91443. - 7 février : Tessié du Motay, Paris. —Fabrication continue et économique du chlore.
- 91507. — 16 mars : Grison, Lisieux. — Procédé de production des draperies-nouveautés.
- 91568. — 13 février -. Dupire, Roubaix.— Cylindres à imprimer et chiner.
- 91573. — 11 février : Leach, Lyon. — Appareil à détremper pu humecter les textiles.
- 91584. — 22 février : Snoeck, Lille. — Asple mécanique, ou machine à dévider en écheveaux.
- 91636. — 9 février : Faure, Avignon. — Fabrication de l’extrait de garance.
- 91638. — 3 avril : Fèron et Ortlieb, Roubaix. — Séparation et extraction des acides gras et des alcalis contenus dans les eaux de lavages des laines, et généralement dans toutes les eaux de savon.
- 91643. — 16 janvier (et brevet anglais) : Hol-den, Rouen. — Perfectionnements dans les appareils de peignage.
- 91657. — 11 avril : Boulard^l Giraud, Lyon. — Machine à laver, taper et lisser les soies et cotons.
- 91659. — 13 avril : Crompton, Lyon. — Perfectionnements dans les moquettes bouclées et dans les tapis à chaîne imprimée.
- 91664. — 3 avril : Escoffier, Lyon. — Apprêt destiné à préserver la passementerie de toute altération.
- 91670. — 30 mars (et brevet anglais) : Kir-kham, Epsom et Spence, Versailles. — Appareils pour nettoyer, laver, blanchir, teindre et sécher les matières fibreuses.
- 91697. — 19 avril : Houpin, Reims. — Machine à blanchir les étoffes de laine.
- 91701. — 17 avril : Lundy, Lille. — Composé pour ensimer la laine, empêchant la combustion de cette matière.
- 91717. — 22 avril : Trœpler, Landouzy (Aisne). — Procédé pour nettoyer la laine et autres fibres, et pour séparer la graisse qu’elles renferment.
- 91739. — 17 avril : Hugand-Gaidon, Ville-franche (Rhône). — Machine à glacer les étoffes, à plusieurs molettes.
- 91757. — 4 mai : Bourguignon, Sedan. — Application nouvelle de procédés connus, à la teinture des laines et des tissus en général.
- 91795.—20 mai : Crompton, Landouzy (Aisne). — Métiers à tisser des moquettes et des tapis à chaîne imprimée.
- 91798. — 12 mai : Desplas fils, Elbeuf. — Application d’un détacheur du drap, au rouleau d’appel des tondeuses.
- 91802. — 19 mai : Hiley, Rouen. — Préparation de la garance pour la teinture et l’impression.
- 91850. — 23 mai : Tessié du Motay, Versailles. — Revivification des alcalis et des matières organiques dans les eaux de savon, de désuintage et de décreusage.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 91857. — 2 juin (et brevet anglais) : Carter, Lille. — Perfectionnements dans la production des toiles et dentelles.
- 91898. — 8 juin : Gillet et fils, Lyon. — Utilisation des résidus de bois dont on a extrait les principes astringents.
- 91915. — 13 juin (et brevet anglais) : Slack, Versailles. — Encollage et apprêt pour fils, tissus et papiers.
- 91978. — 9 juin : Penel^ Paris. — Foulards-panorama du siège et de l’insurrection de Paris.
- 91991. — 8 juillet : Chaudet, Rouen. — Emploi des bois tinctoriaux, dont on a extrait la matière colorante, à la fabrication du papier.
- 92075. —13 juillet : Mouret, Esquennoy (Oise). — Métier élargisseur pour tissus.
- 92081. —- 27 juin : Rochet et Gilles, Paris. — Machine à aprroprier les chapeaux.
- CERTIFICATS D'ADDITION.
- Féron. — 11 mars, B. 91196. — Procédé de circulation pour lavage des laines et autres matières imprégnées de savon.
- Féron. — 15 février, B. 91196. — Même objet.
- Féron et Ortlieb. — 1 avril, B. 91638. — Extraction des acides gras et des alcalis dans les eaux de lavage des laines.
- Garnier. — 11 avril, B. 73694. — Imperméabilisation des fils et tissus.
- Snoeck. — 9 mai, B. 91584. — Machine à dévider en écheveaux.
- MACHINE A APPROPRIER LES CHAPEAUX.
- V appropriation des chapeaux consiste 1° dans-la mise en forme; 2° dans la coupe du lien; 3° dans le passage au fer. Le feutre, amolli dans l’eau chaude, est tiré sur la forme, de façon à adhérer exactement contre celle-ci et à aplatir le bord sur la table, puis on met une corde autour de la tête pour maintenir l’angle entre la tête et le bord, et l’on fait sécher ; c’est ce que l’on appelle la mise en forme. -
- La coupe du lien a pour but de donner du vif au même angle compris entre le bord et la tête, en comprimant fortement le chapeau contre la
- forme qui le porte, avec un outil en bois nommé coupe-lien. Par le passage au fer, on resserre les pores du feutre et l’on obtient le brillant de la surface. La machine, brevetée par MM Rochet et Gilles, réalise les deux dernières parties de l’appropriation. Elle se distingue des appareils de même nature : 1° par la possibilité de faire pivoter les fers pour qu’ils pressent toutes les faces que leur présente le chapeau en tournant, et cela d’une façon égale, mais variable toutefois selon l’espèce de feutre à apprêter; 2° par la disposition d’un bossage hélicoïdal qui a pour but de ne laisser aucune partie échapper au contact du fer; 3° par le recouvrement de ce bossage avec une feuille de cuivre poli dont l’effet est de produire un plus beau glacé qu’avec l’emploi de surfaces en fonte; 4° par le brossage mécanique des parties en travail. Les fers sont chauffés au gaz intérieurement.
- {Brevet.)
- ENSIMAGE INCOMBUSTIBLE
- M. Lundy ajoute à l’une des émulsions en usage et composée le plus ordinairement d'huiles et de di s-solution sodique ou potassique un ou plusieurs sels capables d’empêcher la combustion spontanée ou autre des fibres grasses. Tels sont le tungtaste et le phosphate de soude, le chlorure de magnésium. L’un des mélanges recommandés est composé comme suit :
- Eau,
- Soude caustique,
- Huile d’olive, Tungstate de soude. Phosphate de soude,
- 180 litres.
- 2 1/4 —
- 18 1/2 — '
- 3 k. 500 gr.
- 500 — {Brevet 90916.)
- LES DROITS D’IMPORTATION
- SUR LES TEXTILES ET LES MATIÈRES TINCTORIALES
- {Suite et fin.)
- Laine dégraissée et blqusses (déchets du pel-gnage), 65 fr. pat 100 kil. de laine entièrement épurée.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Laine peignée et cardée (entièrement épurée et dégraissée), écrue, 67 fr. les 100 kil.
- Laine peignée et cardée (entièrement épurée et dégraissée), écrue, teinte, 72 fr. les 100 kil.
- Fils de laine peignée, écrus, simples, 75 fr. les 100 kil. ,
- Fils de laine peignée, retors, non grillés, 78 fr. les 100 kil.
- Fils de laine peignée, retors, grillés, 81 fr. les 100 kil.
- Fils de laine peignée, teints, simples, 87 fr. les 100 kil.
- Fils de laine peignée, teints, retors, 02 fr. les 100 kil.
- Fils de laine cardée, écrus, dégraissés, 76 fr. les 100 kil.
- Fils de laine cardée, non dégraissés, 62 fr. les 100 kil.
- Fils de laine cardée, teints, dégraissés, 80 fr. les 100 kil.
- Fils de laine cardée, teints, non dégraissés, 65 fr. les 100 kil.
- Tissus de laine, draps et autres tissus similaires, foulés, écrus, 87 fr. les 100 kil.
- Tissus de laine, draps et autres. tissus similaires, foulés, teints, 100 fr. les 100 kil.
- Tissus de laine en lils simples, écrus, 80 fr. les 100 kil.
- Tissus de laine en fils retors et tous autres, mê ues quotités augmentées de 5 fr. par 100 kil.
- (Seront exclus du drawback les fils de laine valant moins de 3 fr. et les tissus de laine moins de 5 fr. au kilogr.
- Fils de lin et de chanvre simples, créms ou teints, 19 fr. 70 les 100 kil.
- Fils de lin et de chanvre simples, crémés ou blanchis, 23 fr. 37 les 100 kil.
- Fils de lin et de chanvre retors, crémés ou teints, 20 fr. 50 les 100 kil.
- Fils de lin et de chanvre retors, crémés ou blanchis, 23 fr. 10 les 100 kil.
- Fils de lin et de chanvre retors, entièrement blanchis, 27 fr. 30 les 100 kil.
- Tissus de lin ou de chanvre, écrus ou teints, 20 fr. 75 les 100 kil.
- Tissus de lin et de chanvre, crémés ou à fils de couleurs, 25 fr. 05 les 100 kil.
- Tissus de lin et de chanvre, entièrement blanchis ou imprimés, 28 fr. 65 les 100 kil.
- Bourre de soie cardée ou peignée, 2 fr. 25 parkil.
- Bourre de soie filée de toute sorte et en tissus, sans surcharge de teinture ou surcharge ne dépassant pas 25 °/o, 2 fr. 70 par kil.
- Bourre de soie filée en toute sorte et en tissus avec surcharge de plus de 23 % et de moins de de 100 °/o, 1 lr. 70 par kil.
- Bourre de soie filée de toute sorte et en tissus avec surcharge de plus de 100 % (pas de drawback).
- Tissus de soie et soies teintes, sans surcharge de teinture ou avec surcharge de moins de 25 °/o 9 fr. le kil.
- Tissus de soie et soies teintes, avec surcharge de 25 à 100 °/0, 4 lr. 50 le kil.; de 100 à 200 0/0,3 fr. le kil.; de plus de 200 °/0 (pas de drawback). ‘
- Fil de jute de toutes sortes (simples, retors écrus blanchis ou teints), 8 fr. les 100 kil. ’
- Tissus de jute de toutes sortes, 9 fr. les 100 kil.
- Fils et tissus de phormium tenax, d'abaca et au-I res végétaux non dénommés (même régime que les fils et tissus de lin et de chanvre).
- Fils de poils de chèvre, de chevron et de chameau (même régime que les fils de laine).
- Tissus de poils de chèvre, de chevron et de chameau, châles ou écharpes de cachemires des Indes (régime actuel). — Autres : régime des tissus de laine.
- Fils mélangés de toute sorte. (Les fils mélangés suivront le régime de la partie dominante en poids.)
- Tissus mélangés de toute sorte, la matière dominante en poids entrant dans le mélange pour 75 °/o, ou plus. (Régime de tissu entièrement formé de la partie dominante en poids.)
- Tissus mélangés de toute sorte, la matière dominante en poids entrant dans le mélange pour moins de 75 °/0. (Les 3/5 du drawback applicable au tissu formé de la matière dominante en poids; les 2/5 du drawback applicable au tissu formé de l'autre matière.)
- Cordages et filets de pêche, 10 fr. les 100 kil.
- Art. 3. — Il sera perçu à l’importation des produits fabriqués, à titre de compensation des taxes établies sur les matières brutes, des droits supplémentaires égaux aux drawbacks fixés par l’art. 2 ci-dessus.
- Art. 4. — Ne seront admis au drawback ou à la décharge des soumissions d’admission temporaire que les quantités de marchandises donnant ouverture à une allocation ou une décharge de 50 fr. au moins par expéditeur, et pour des exportations accomplies quatre mois au moins après la date d’application de la présente loi.
- Toute déclaration inexacte, quant à la nature, au poids, à l’espèce ou à la catégorie des marchandises présentées pour l’allocation du drawback ou à la décharge des comptes d’admission temporaire, rendra le contrevenant passible d’une amende égale au quadruple de la somme dont le trésor pouvait être frustré. Le drawback ou la décharge sera, en outre, refusé pour toute la partie. En cas de récidive, l’amende sera doublée.
- Art. 5. — Des décrets pourront autoriser l’admission en entrepôt fictif des marchandises actuellement exemptes de taxes, qui se trouveront tarifées en vertu de la présente loi.
- TABLEAU A
- ANNEXE AU TARIF DES DOUANES
- Tableau du rendement des laines en suints ou lavées
- (autres que dégraissées à fond).
- Laines en suints.
- PROVENANCE. RENDEMENT.
- Russie, Allemagne et Autriche..........35 p. 100
- Pays-Bas et Belgique...................50 —
- Angleterre............................. 45 —
- Espagne et Portugal.................... 33 —
- Italie..........:..................... 40 —
- Grèce, Turquie et Etats barb........... 40 —
- Cap de Bonne-Espérance...........•.....30 —
- Etats-Unis............................. 40 —
- Chili et Pérou......................;.. 40 —
- Buenos-Ayres.....................s..... 82 —
- Montevideo et Corrientes............... 40 —
- Australie.............................. 35 —
- Autres provenances..................... 40 —
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Laines lavées.
- PROVENANCE. RENDEMENT.
- Russie et Allemagne........................70 —
- Belgique, Pays-Bas et Angleterre.........70 —
- Espagne et Portugal...................... 70 —
- Italie.................................... 60 —
- Indes..................................... 65 —
- Australie................................. 68 —
- Autres provenances........................ 65 —
- NOUVELLES
- Les Traités de Commerce. — Le traité de commerce a été dénoncé au Gouvernement Britannique,par une communication de l’ambassadeur de France, pour cesser d’être en vigueur à partir du 15 mars 1873.
- Le traité de même nature, conclu avec le gouvernement Belge a été également dénoncé par la France, pour cesser le 23 mars 1873.
- Jusque là, les négociations restent ouvertes entre la France et ces deux gouvernements, pour l’établissement d’un nouveau régime douanier.
- Chambres de Commerce. — Par divers décrets du Président de la République, il a été créé des chambres de commerce à Albi (Tarn), à Roubaix (Nord), à Douai (Nord), à Tourcoing (Nord).
- Dans ces dernières villes, ce sont les Chambres consultatives des Arts et Manufactures, qui ont été transformées en Chambres de Commerce.
- Exposition permanente de Londres. — Londres a inauguré un nouveau genre d’Exposition universelle, c’est-à-dire l’Exposition permanente et périodique : permanente quant à sa durée, et périodique quant à la rature des objets exposés.
- Nous avons fait connaître (page 223, année 1870-71) la classification des catégories d’objets à exposer jusqu’en 1880, et nous remarquons que la Teinture et Y Impression des tissus ne doit y figurer qu’en 1875; en attendant ce moment, nous n’avons pas de compte rendu spécial à faire; nous nous bornons à donner quelques indications générales sur la disposition de cette Exposition.
- L’Exposition internationale s’élève sur l’emplacement des jardins de la Société d’horticulture. Elle occupe deux galeries parallèles, composées d’un rez-de-chaussée et d’un premier, et longues chacune de 6 à 800 mètres. L’immense salle de concerts, l’Albert-Hall, les relie au nord; une annexe du Musée de South-Kensington, renfermant la collection d’armes du colonel Meyrick, et la collection nationale de portraits, remplit le même office au sud. De magnifiques parterres, auxquels on est admis moyennant une redevance
- spéciale, s’étendent au milieu de ce vaste quadrilatère, et contribuent à lui donner un air de fraîcheur et de fête. Celte disposition sera, sans doute, maintenue dans son ensemble pour les expositions ultérieures.
- Si nous pénétrons maintenant à l’intérieur par une des portes de Y Albert-Hall, nous rencontrons à notre droite les machines, les tableaux, les aquarelles et les statues; à notre gauche, les produits céramiques, les tissus, la suite des tableaux, l’annexe française, la cour indienne ; les couloirs de Y Albert-Hall renferment les dessins, les gravures, les photographies et une multitude d’objets divers.
- Après un examen minutieux, l’intérêt paraît surtout devoir se concentrer sur les groupes suivants : peintures françaises; peintures belges; porcelaines, faïences, terres cuites, tapis anglais; faïences, tentures et bronzes français; tissus, sculptures et objets d’orfèvrerie indiens.
- La composition intime de l’Exposition offre, à la vérité, un caractère assez bigarré et aventureux. Mais n’importe ! L’impulsion est donnée et le succès assuré pour l’avenir. C’est là le point principal. En effet, le but de cette Exposition n’est pas de jeter un éclat brillant et passager, mais de prendre racine dans la vie artistique de l’Europe. Sa durée n’est pas de quelques mois, comme celles des grandes fêtes du Palais de l’Industrie et du Champ de Mars.; elle est indéfinie.
- Ce système d’exhibitions périodiques et partielles présente des avantages si marqués et si multiples, que nous regrettons vivement de n’avoir pas vu la France s’en emparer avant l’Angleterre. Le palais des Champs-Elysées, inoccupé dix mois sur douze, et le palais de l’Exposition d’Auteui], qu’il aurait été si facile d’achever à peu de frais, nous auraient fourni des emplacements plus que suffisants. D’un autre côté, nos industries indigènes et le commerce parisien n’auraient eu qu’à se féliciter d’un redoublement d’activité et d’une affluence d’étrangers considérable.
- Nous rappelons que le programme de l’Exposition de Londres pour 1872 est le suivant :
- Coton; — joaillerie; — instruments de musique; — Papier, fournitures de bureau, impressions; —Machines et matières premières relatives à ces spécialités.
- Pour tous les articles non signés :
- C. Dorion.
- F. Aureau. — Imprimerie de Lagny.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 15 VOL., n 5. B MARS 1872 ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- Sommaire
- Recherches sur les écarlates, par M. G. Van Laer. — Note sur le noir d’aniline, par M. J. Ligtfoot. — Lisseuses-dégraisseuses pour laine peignée. — Conférences sur l’aniline et les couleurs de goudron de houilles (suite), par M. Perkin, (échantillon).
- PROCEDES PRATIQUES. Ecarlates (suite), ior procédé; 2e, id.; 3e, id.; 4e, id.; écarlate en un seul bain; 2 e procédé, en un seul bain. — Apprêt et souple et incolore pour lainages et soieries.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Apprêt des soieries à Tours. — Dégraissage des fils cardés.— Blanchissage à la vapeur. — Teinture au vert à l’iode. — Machine à laver les soies. —- Brevets récents concernant les industries tinctoriales.
- NOUVELLES : Prix de la Société Industrielle d’Amiens. — Collaboration.
- RECHERCHES SUR LES ÉCARLATES
- Par M. G. Van Laer.
- ire Catégorie de Recherches.
- La première catégorie de recherches a été faite pour déterminer l’action du tartre et des mordants stanneux ; la seconde, pour déterminer l'action du tartre et des mordants s tan-niques.
- Nos expériences nous amènent à poser les conclusions presque mathématiques qui suivent :
- 1° Influence du Tartre.
- Les proportions de laine, de composition sulfo-stanneuse et de cochenille, restant les mêmes, si on augmente du quadruple la dose de tartre, en la portant de 4 0/0 à 16 0/0, on fait virer la couleur de deux types vers le jaune, mais en même temps on diminue l'in-tensité de la nuance de deux tons.
- Les trois expériences sont d’accord sur ces résultats.
- Donc (A), pour obtenir le vrai type que M. Chevreul assigne à l’écarlate (3 rouge 11 tons), il faut adopter de 4 à 8 070 de tartre ; 4 0/0 si on veut avoir un type plus rouge, 8 0/0 si on veut avoir un type plus jaune d’un degré.
- (B), pour obtenir la même intensité de ton quand on augmente la dose jaunissante de tartre, il faut augmenter la dose de composition en étain et surtout celle de cochenille.
- 2° Influence de la composition d’étain (Suifo-Chlorure stanneux).
- Tout restant le même, si on augmente du triple la dose de chlorure et sulfate stanneux en solution acide, en la portant de 10 0/0 à 30 0/0, on augmente l’intensité de la nuance d’un ton, mais on jaunit pas sensiblement la nuance, le contraire paraîtrait même avoir lieu, si l’on ne tenait pas compte de ce que le ton plus pâle semble plus jaune.
- Ce résultat, consacré par trois essais, montre que les acides chlorhydrique et sulfurique du mordant d’étain n’ont pas l’activité jaunissante de l’acide du tartre.
- Donc(A), il est inutile d’employer beaucoup plus de 10 0/0 de composition stanneuse.
- 3° Influence de la dose de Cochenille.
- Tout restant le même, si on augmente la quantité de cochenille de 2 0/0 de laine, en la portant de 6 0/0 à 8 0/0, le type rouge-jaune reste le même, mais l’intensité hausse d’un ton.
- 4° Influence de la durée de l’ébullition.
- Les échantillons retirés de la rougie après une demi-heure d’ébullition offrent tous un ton de moins que ceux retirés après une heure ; il faut observer que les six bains se sont concentrés par l’ébullition.
- 3° Influence de l’action subséquente de l’oxygène de l’air.
- Après huit jours d’exposition à l’air, les échantillons teints en écarlate ont tous haussé
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- 50 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- d’un ton ; on sait qu’en effet l’oxygène de l’air développe la couleur de la cochenille, surtout quand le mordant ne l’a pas oxidée par l’acide nitrique. Trouvant une intensité plus haute d'un ton après huit jours, j’avais d’abord cru avoir fait une erreur à ma première observation, mais l’inspection de chacun des autres échantillons m’a ensuite montré que tous avaient haussés d’un ton.
- Pour indiquer combien d’expériences utiles sont à faire sur la production de l’écarlate seul, je signalerai les recherches suivantes, celles :
- 1° De l’influence des divers acides substitués au tartre notamment de l’acide nitrique ;
- 2° De l’influence de doses variables des divers colorants jaunes, quercitron, curcuma, fustet, etc., substitués à une partie de l’acide tar trique ;
- 3° De l’influence d’une ébullition plus prononcée pendant le mordançage;
- 4° De l’influence d’un ressuage (repos) prolongé de la laine chargée de son mordant;
- 5° De l’influence d’une addition de cochenille pendant le mordançage ;
- G0 De l’influence de la composition du bain de rougie, lorsqu’il est différent de celui mordançage ;
- 7° De l’influence de l’état oxydé stanneux ou stannique de la composition du mordant d’étain.
- 2mne Catégorie de RECHERCHES.
- Cette seconde étude a été faite pour contrôler la première et pour déterminer l’influence de l’acide nitrique sur la nuance écarlate.
- La composition que nous avons préparée à cet effet est celle adoptée aux Gobelins (1). Elle a été faite en ajoutant à froid peu a peu :
- A 10 p. d’étain,
- 80 p. d’acide nitrique à 34°, mêlé à
- 10 p. de chlorure ammoniaque.
- Total : 100.
- (1) Cette composition, plus coûteuse que celles où entre les acides nitrique et chlorydrique, a été pré-férée ici parce qu’elle peut mieux montrer l’effet spécial de l'acide nitrique. Des 80 p. d’acide nitrique à 34° contiennent 40 p. d’acide nitrique mono-hydratée à 48e ; et après la réaction il en reste 28 p. non saturée ; je l’ai constaté à l’aide d’une liqueur normale d’ammoniaque.
- J’ai chaque fois employé 100 p. de laine avec 2,500 p. d’eau, et après une demi-heure de mordançage à l’ébullition, j’ai éventé tandis que j’ajoutais 8 p. de cochenille pulvérisée dans chaque compartiment.
- La cochenille dissoute, les laines ont été rentrées et bouillies une heure.
- Les conclusions à tirer des résultats sont :
- 1° Influence du Tartre.
- Les proportions de laine, de composition nitro-stannique et de cochenille, restant les mêmes, si on n’emploie pas de tartre, la laine s’altère et l’oxyde d’étain qui se fixe donne à la cochenille une nuance violette, qui paraît brune à la lumière artificielle.
- Si on porte la dose de tartre à 4 0/0, on obtient presque l’écarlate ; en élevant la dose à 8 0/0, on jaunit encore légèrement la nuance et on la rend plus intense de 1 1/2 à 2 tons.
- Un dose intermédiaire entre 4 et 8 0/0 paraît donc très-convenable, et l’on doit en employer 5 0/0 si on veut obtenir une nuance moins nourrie, et 6 0/0 si on veut un écarlate plus intense.
- 2° Influence de la composition d’étain (nitrate et chlorure stanneux et stanniques^ avec un grand excès d’acide nitrique).
- (28 d’acide nitrique monohydraté, soit 56 d’acide à 34°, dans 100 de composition.)
- Tout restant le même, si on emploie que 4 0/0 de composition, la cochenille fournit une nuance violacée avec 4 0/0 de tartre.
- Une dose de 20 0/0 comp., aidée de 4 à 5 0/0 de tartre, fournit un écarlate pâle.
- Une dose de 20 0/0 donne un écarlate éclatant d’une nuance un peu plus jaune que le type 3 R, 11 tons, assigné à l’écarlate (1), 15 0/0 doivent suffire.
- Les nuances qui prédèdent montrent l’influence jaunissante de l’acide nitrique.
- C’est pour contrôler cette influence que nous avons fait les essais suivants :
- (1) Dans son traité de chimie industrielle t. II, p. 682, M. Girardin conseille l’emploi de 28 de composition pour 100 de laine; or, cette composition contenant 80 pour 100 d’eau en plus que celle que celle que nous avons employée, les 28 reviennent à 15,5 p. de la composition indiquée ci-dessus.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- 3° Influence du remplacement de l'acide ni-trique par le nitrate ammoniaque dans la composition d'étain.
- A — Tout restant le même, si on n’emploie que 4 0/0 de composition, et si on y sature l’excès d’acide nitrique libre par de l’ammoniaque, non en excès et de manière que l’étain ne soit point précipité, la nuance avance de 2 types 1/2 vers le violet, et l’intensité baisse de 4 à 5 tons. Ainsi la substitution du nitrate ammonique à l’acide nitrique libre détruit presqu'entièrement l’action de la composition d’étain, et montre que l’acide nitrique de cette composition a un rôle aussi important que le mordant d’étain.
- La première catégorie de recherches nous avait déjà montré qu’un mordant d'étain sans acide nitrique donnait un écarlate plus pâle et plus rouge que celui admis comme type.
- B — Tout restant le même, si on emploie 20 0/0 de composition, et si on y sature l’excès d’acide nitrique libre par de l'ammoniaque non en excès, et de manière que l’étain ne soit pas précipité, on obtient les mêmes effets que dans la première catégorie de recherches, lorsqu’on employait une solution d’étain sans acide nitrique ; c’est-à-dire que, 1° l’on diminue l’influence jaunissante de la composition ou qu’on fait virer la nuance d’un type vers le rouge, et 2° on diminue l’intensité d’un ton. On obtient un écarlate trop pâle et trop rouge.
- G’est donc à la fois l’acide nitrique et le tartre qui donnent l’éclat jaune-écarlate
- Nous avons fait des recherches si la substitutions de l’acide nitrique au tartre dans les teintures où l’on emploie ordinairement l’acide et le tartre, et nos résultats ont confirmé ceux indiqués ci-dessus par la teinture en cochenille.
- Nous continuons cette étude comparative. Nous allons maintenant indiquer quelques procédés nouveaux (1), extraits de la collection si remarquable de l’Ecole Professionnelle, collection formée par M. Havrez, directeur de cet établissement.
- Il est inutile de dire que pour exécuter ces nuances, il faut employer des chaudières d’é-
- 1) Voir aux Procédés Pratiques.
- tain ou de cuivre étamé; on peut cependant réussir avec des chaudières de cuivre; pour cela, il faut mettre dans la chaudière un panier d’une forme appropriée, ou y suspendre un filet de fortes cordes pour éviter les taches occasionnées par.le frottement de l’étoffe con-les parois de la chaudière, mais il est préférable d’employer une chaudière d’étain, la présence du cuivre dans le mordant acide ne manque presque jamais de brunir les nuances, surtout lorsque le bain y reste longtemps.
- Lorsqu’on chauffe à la vapeur, on peut substituer aux chaudières métalliques les cuviers de bois, qui, cependant, ont l’inconvénient de ne pouvoir être parfaitement nettoyés après chaque opération, mais si l’on fait constamment la même couleur, on peut en faire usage sans inconvénients.
- Il faut se servir de l’eau la plus pure possible, l’eau de pluie doit être préférée; il faut éviter les eaux calcaireuses, celles contenant soit des carbonates ou sulfates métalliques; elles ont une action nuisible, en donnant à la couleur une teinte brune, et bien souvent, des taches qu’il est impossible de faire disparaître sans altérer la laine.
- Il est donc très important d’essayer et de connaître les eaux dont on se sert pour la teinture, d’autant plus qu’une eau de même provenance n’est pas toujours identique, et que les saisons, même, influent sur leur nature; ainsi, en été, par exemple, elles n’ont pas la même composition qu'en hiver. Get essai, d’ailleurs, ne présente aucune difficulté.
- (Aide mémoire du Teinturier).
- NOTE SUR LE NOIR D’ANILINE
- Par M. John LIGTFOOT.
- Jusqu’à présent il a été généralement reconnu que le cuivre, sous une forme ou sous une autre, était indispensable au développement du noir d’aniline; et toutes les couleurs noires ne contenant pas de cuivre, ne se développent que grâce à ce métal provenant des
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
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- vases dans lesquelles on les prépare, ou des rouleaux qui servent à l’impression.
- C’est ce fait d’ailleurs qui m’a conduit à la découverte du noir d’aniline. En 4889, je faisais quelques essais sur l’aniline, et je remarquai que si j’imprimais un mélange de chlorhydrate d’aniline et de chlorate de potasse avec une planche en bois, il ne se développait presque pas de couleur, tandis que le même mélange imprimé avec un rouleau en cuivre, produisait du vert au bout de douze heures. C’est ce qui me suggéra l’idée d’imprimer le même mélange avec diverses proportions de chlorure de cuivre, et j’obtins alors du vert qui, lavé à l’eau courante, devint noir.
- Les belles expériences de M. Rosenstiehl et de M. I auth ont prouvé d’ailleurs que des traces de cuivre suffisent pour développer le le noir ; mais ce métal est indispensable.
- Un sel de cuivre soluble attaque trop la. racle, et ma découverte menaçait de devenir inutile, lorsque M. Lauth eut l’hureusee idée de substituer le sulfure de cuivre au sulfate, et par là l’emploi du noir d’aniline fut assuré.
- Désireux de constater l’influence des différents métaux sur le noir d’aniline, j’ai essayé leur action sur un sel d’aniline basique (Je signalerai en passant que le meilleur réactif pour reconnaître l’acidité d’un sel d’aniline, est le papier magenta de Dale. C’est du papier à filtrer, imprégné d’une faible dissolution de fuschine. Le moindre excès d’acide convertit ce papier rose en jaune.)
- La couleur d’essai était composée de chlorhydrate d’aniline basique ( ou plutôt de chlorhydrate d’aniline avec excès d’aniline), de chlorate d’ammoniaque (dont l’emploi a été recommandé par M. Rosenstiehl), le tout épaissi à l’amidon.
- Cette couleur fut imprimée avec une planche en bois sur du calicot bien blanchi, et pendant que le tissu était encore humide, les métaux suivants y furent placés et laissés en contact pendant quinze minutes.
- Cuivre, fer, vanadium, uranium, nickel, plomb, zinc, antimoine, étain, manganèse, chrome, bismuth, arsenic, titane, tungstène, cadmium, tellurium, molybdène, mercure, argent, or, platine, palladium, rhodium, iridium, aluminium, osmium, cobalt, ruthénium, thallium, magnésium, lithium, lan
- thane, didyme, erbium, yttrium, sélénium, tantale, niobium.
- Après cela, le tissu fut suspendu dans un endroit chaud et humide, pendant douze heures, puis passé en bain alcalin.
- Le résultat fut que le plus grand développement de couleur était dû au vanadium, ensuite au cuivre, puis à l’uranium, et en dernier lieu au fer. A part ces quatre métaux, tous les autres ne produisirent que peu ou pas de coloration.
- Le vanadium a donc encore plus d’action sur le noir d’aniline que le cuivre, et cependant du cuivre est déjà très sensible, car voici une expérience que j’ai faite pour démontrer la sensibilité d’un mélange de sel d’aniline et chlorate en contact avec le cuivre. J’ai appliqué sur un morceau de calicot, imprimé avec la même couleur que précédemment, en souverain en or et un shelling en argent (les deux pièces d’abord bien décapées au moyen d’eau aiguisée d’acide nitrique). Après un contact de quinze minutes, le tissu fut oxydé pendant douze heures, et aucune trace du contact des deux pièces ne fut visible. Ges deux mêmes pièces d’or et d’argent furent ensuite mises dans un sac contenant de la monnaie de cuivre, et agitées légèrement ensemble. Elles furent de nouveau placées sur la même couleur que précédemment, le tout dans les mêmes conditions. Le contact du souverain d’or produisit un gris foncé, et le contact du schilling presque du noir. L’action du cuivre est tellement sensible, que si on fait rouler rapidement une pièce de cuivre sur du calicot imprégné de sel d’aniline et chlorate d’ammoniaque, cette pièce de cuivre laisse une trace qui noircit par l’exposition de l’air.
- Une expérience de M. Morgan Brôvnn constate que le contact du cuivre doublé de zinc, de manière à former les éléments d’une pile, que ce contact, même prolongé pendant une demi-heure, ne produit aucun effet. J’ai essayé moi-même d’autres métaux, en contact avec le cuivre, tels que l’étain, le plomb, le bismuth, et l’action du cuivre a été neutralisée complètement.
- Que cette action du cuivre soit due à une action électrique, catalytique, ou bien que ce ne soit qu’un effet d’oxydation, il est difficile de se prononcer là-dessus. Mais il est un fait certain, c’est que la plus petite quantité des qua-
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- tre métaux déjà cités, vanadium, cuivre, uranium et fer, est suffisante pour produire dans un mélange de sel d’aniline et de chlorate d’ammoniaque une réaction capable de donner du noir. Les sels de ces quatre métaux agissent de même, tandis que les sels des métaux sont inertes aussi.
- Quoique la proportion de cuivre nécessaire à la formation du noir soit très minime, dans la pratique il en faut des quantités plus considérables. Tous les essais faits en vue de se passer de cuivre, ont toujours abouti à faire revenir à son emploi.
- (BïM. de la Soc. industr. de Mulhouse.)
- LISSEUSES-DÉGRAISSEUSES
- POUR LAINE PEIGNÉE.
- Pour passer aux opérations ultérieures que | doit subir la laine peignée, il est nécessaire de | la dégraisser, c’est-à-dire de la débarrasser de | l’huile dont elle a été imprégnée dans l’ensimage. Le moment choisi pour le dégraissage n’est pas le même dans tous les établissements de l’industrie lainière; en général, les fabricants qui peignent pour leur compte, dégraissent la laine immédiatement après le cardage, et procèdent au peignage en maigre, tandis que les peigneurs à façon profitent jusqu’au bout de la lubrification et font le peignage en gras. Cette double manière d’opérer fait différer assez notablement la proportion d’huile à introduire préalablement dans la laine ; dans le premier cas, cette proportion est de 2 à 4 0/0 ; dans l’autre, de 4 à 8 0/0.
- Quoi qu’il en soit, il faut qu’avant la filature la laine subisse un dégraissage énergique, afin qu’aucune trace d’huile ne vienne jusque dans le tissu final faire tache et altérer les couleurs
- Outre ce dégraissage, il convient, pour rendre la laine apte à être filée, de dresser et de lisser ses filaments, de les soustraire à la tendance naturelle qu’ils ont à se friser, à se feutrer et à se contourner, enfin de les fixer d’une
- manière invariable dans leur position rectiligne et parallèle.
- C’est pour exécuter cette double opération de dégraissage et de lissage que l’on emploie actuellement les machines dites Lisseuses. Avant l’apparition de ces machines, les rubans de laine, après avoir été peignés ou préparés soit à la main, soit à la machine, étaient dégraissés et lavés isolément, soit en tresses, soit en écheveaux, puis séchés dans cet état, travail très dispendieux qui avait l’inconvénient d’emmêler la laine après le peignage et de la feutrer plus ou moins. Ensuite, pour la dresser et la lisser, on avait recours à divers moyens, tels que le tortillonnage et le passage à la vapeur libre, le passage des rubans et la préparation sur des tuyaux et des cylindres chauffés à la vapeur, qui se trouvaient sur les défeutreurs, les étirages ou autres machines préparatoires, et, enfin, le passage des rubans dans des tambours où ils étaient directement exposés à l’action de la vapeur.
- Ces différents modes d’opérer étaient loin d’être satisfaisants, ils détérioraient le plus souvent la laine et ne la rendaient jamais parfaitement lisse. Aussi sont-ils partout remplacés maintenant par la lisseuse qui, réunissant dans un seul passage continu toutes les opérations du dégraissage, de lavage, de séchage et de lissage, permet, à peu de frais, d’obtenir des produits meilleurs.
- La machine comprend cinq parties principales :
- 1° Un râtelier alimentaire ;
- 2° Un dégraissoir-laveur formé de deux bassines étagées et de rouleaux presseurs ;
- 3° Une paire de forts cylindres extracteurs ;
- 4° Un système de quatre cylindres sécheurs chauffés à la vapeur ;
- 5° Un cannelier récepteur.
- Tous les organes mobiles sont solidaires dans leurs mouvements qui proviennent d’une même et unique poulie motrice. Les engrenages de transmission sont calculés pour établir les rapports des vitesses produisant la tension proportionnelle au degré voulu de lissage et de fixage des brins.
- Quant aux pressions successives que doivent subir les rubans de laine, elles sont graduées d’après les effets respectifs qu’elles ont à produire dans le dégraissage, le lavage et le dressage, il est très facile de les régler suivant les
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- circonstances. La machine travaille la laine d’une manière progressive et continue.
- Le râtelier alimentaire étant chargé de bobines de laine fournies par les cardes ou les peigneuses, les rubans se rendent mécaniquement et, traversent la première bassine où ils sont pressés successivement dans l’eau savonneuse par les rouleaux presseurs.
- La dernière paire de rouleaux exprime, d’une manière énergique, l’eau de savon dont les rubans sont imprégnés. Ceux-ci entrent alors dans la seconde bassine où ils sont serrés par d’autres rouleaux presseurs ; ils sont lavés et rincés par de l’eau légèrement savonneuse pour terminer l’opération du dégraissage.
- De là, les rubans s’engagent entre les forts rouleaux extracteurs qui, par une pression de 5,000 à 6,000 kilog., expulsent le liquide et les transmettent aux quatre gros cylindres sé-cheurs. Ces cylindres sont chauffés à la vapeur, et les rubans passant à leur pourtour se sèchent au fur et à mesure qu’ils avancent vers le canelier où ils se renvident commodément sur de fortes bobines.
- Ce canelier, d’une disposition particulière, est armé d’entonnoirs combinés de façon à renvider les rubans complètement mis à plat, ce qui évite les coupures si nuisibles à la régularité du travail. Les bobines, en même temps qu’elles tournent sur elles mêmes avec une vitesse linéaire uniforme à leur circonférence, reçoivent par des crémaillères spéciales un mouvement rectiligne de va et vient qui effectue l’envidage dans les meilleures conditions. Les rubans, dans leur parcours, sont constamment dirigés par des guides qui empêchent toute déviation, et assurent exactement leur entrée dans les bassines et leur engagement entre les rouleaux et les cylindres.
- (Note de M. Pierrard-Parpaite.)
- CONFÉRENCE SUR L’ANILINE
- ET LES COULEURS DE GOUDRON DE HOUILLE
- Par M. PERKIN (1). (Suite.)
- Le bleu soluble est aujourd’hui très géné-
- (1) Voir le numéro du 5 février, page 25.
- râlement usité pour la teinture de la soie, et cependant les teinturiers estiment qu’il n’est pas aussi solide que le composé normal. En modifiant le procédé qui vient d’être décrit, M. Nicholson a produit un autre bleu soluble, connu dans le commerce sous le nom de bleu de Nicholson. L’emploi de ce nouveau bleu est déjà ‘rès-répandu dans la Grande-Bretagne pour la teinture de la laine, mais il ne paraît pas qu’en France et en Allemagne on ait parfaitement compris la manière de l’appliquer, de sorte qu’il y est encore d’un usage moins étendu que dans notre pays.
- Si l’on chauffe un mélange d’aniline et d’un sel de rosaniline et qu’on le retire avant la formation du bleu d’aniline, qu’on traite ensuite le produit par un acide délué, on obtient une matière colorante qui a reçu le nom de violet impérial. On supposa d’abord que cette matière devait être un mélange de bleu et de magenta, mais des recherches récentes ont fait reconnaître qu’elle se compose de produits intermédiaires. Il s’est fait une immense consommation du violet impérial, mais son emploi diminue rapidement par suite de la production de nouveaux violets que je décrirai bientôt.
- A peine le docteur Hofmann eût-il reconnu la nature du bleu de Lyon, que le résultat lui suggéra l’idée de nouvelles recherches : il fut curieux de savoir qu’elle serait l’action sur la rosaniline d’une classe de corps qui constituent, suivant les chimistes, les iodures de ra dicaux organiques, et il se trouva conduit ainsi à la découverte de brillantes couleurs qu’on nomment les violets d’Hofmann, dont les nuances sont comprises entre la rouge pourpre et le bleu presque pur.
- Le plus ordinairement, quand on prépare le violet d’Hofmann sur une grande échelle, on fait usage d’un vase profond en fonte, enveloppé par une cotte de vapeur d’eau, qui sert à le chauffer, et dont le couvercle a une ouverture solidement fermée par une cheville à vis. Ce couvercle est lui-même boulonné, et une rondelle de caoutchouc vulcanisé est insérée dans la jointure. Le vase est chargé d’un mélange de chlorhydrate de rosaniline dissous dans de l’alcool ou de l’esprit de bois, et d’io-dure d’éthyle ou de méthyle, dans les proportions nécessaires pour obtenir la nuance requise.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Quand le vase a été refermé, on y laisse circuler un courant de vapeur dans l’enveloppe, et cet espèce de chauffage est maintenu pendant cinq ou six heures. On enlève ensuite la cheville du couvercle, et par une distillation on débarrasse le vase de l’alcool ou de l’iodure d’éthyle qui n’a pas servi. Le produit est extrait de l’appareil, dissous dans l’eau, filtré et précipité par du chlorure de sodium ; quelquefois on le traite d’abord par un alcali caustique, pour enlever l’iodure qu’il peut encore contenir et le retrouver ainsi. La matière colorante qu’on obtient par ce procédé a des reflets d’or si la nuance est bleue, et des reflets verdâtres si la nuance est rogné.
- iolet Hofmann, nuance moyenne
- Les couleurs d’Hofmann sont remarquables par leur brillant, mais par malheur, elles ne résistent pas suffisamment à la lumière. Il paraîtrait cependant que,dans les circonstances actuelles, le brillant a plus de succès commercial que le solide.
- Les premières couleurs de la houille furent tellement estimées, surtout par leur solidité, que lorsque le magenta fut découvert, on pensa que la consommation en serait très-limitée ; mais il s’en faut de beaucoup que l’événement ait justifié cette prévision. Sans être très-solide sur le coton, les couleurs d'Hef-mann adhèrent suffisamment sur la soie et la laine ; nous savons, en effet, que les couleurs résistent mieux à la lumière quand elles sont appliquées aux fibres animales.
- On a proposé uu nouveau procédé suivant lequel on obtient des matières colorantes semblables aux violets d Hofmann, en convertissant d’abord l’aniline en éthyl-aniline, une base précédemment découverte par Hofmann. Cette base, substituée à l’aniline dans quelques-uns des procédés pratiqués pour la préparation du magenta, produit des matières colorantes des nuances pourpre et violet.
- MM. Poirier et Chappat ont fait breveter ce
- procédé, mais il paraîtrait que la réaction avait été observée par M. E. Kopp. La grande similitude de ces matières colorantes avec les violets d’Hofmann me dispense de plus longs détails sur leurs propriétés.
- L’eau de mer contient, indépendamment de l’iode, un autre élément remarquable, nommé le brome ; c’est un liquide qui émet des vapeurs colorées très-irritantes. Ce corps donne naissance, avec les hydrocarbures, à une grande variété de composés. Son action sur la térébenthine ordinaire est très-violente ; mais si on la modère par la présence d’une grande quantité d’eau, on obtient une huile épaisse et visqueuse.
- En chauffant ce composé avec une solution de magenta dans l’esprit de vin méthylé, j’ai obtenu une matière colorante pourpre d’une grande beauté, connue sous le nom de violet de Bretagne ; il s’en fait une grande consommation dans la teinture et les impressions sur étoffes, dans toutes les nuances qui procèdent du pourpre au bleu-violet.
- Le violet de Bretagne possède ce lustre vert-doré, si commun à toutes les couleurs d’aniline. La matière colorante fond facilement ; elle est amorphe et très-soluble dans l’eau.
- Bemarquons avec quelle rapidité les couleurs du goudron de houille ne sont succédées après la première, le pourpre d’aniline.
- Le pourpre d’aniline a été découvert en 1856. Trois ans plus tard, en 1359, le magenta faisait son apparition et s’introduisait immédiatement dans l’industrie tinctoriale ; puis, en 1861, le bleu d’aniline ; en 1863, le violet d’Hofmann, et en 1866, le violet de Bretagne. Ainsi, toutes ces couleurs ont été découvertes et mises en application dans un intervalle de moins de dix années.
- (La suite à un prochain numéro.)
- PROCÉDÉS CHIMIQUES
- ÉCARLATES (Suite)
- Recettes extraites de la collection d'échantillons de teinture de l'Ecole professionnelle
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- de Verviers ; résultats des essais sur l’in- ’ fluence des doses de tartre, de chlorure ? stanneux et de choride stannique.
- PREMIER PROCÉDÉ
- 100 kilogr. de laine :
- Pour obtenir cette belle couleur, voici comment nous avons opéré.
- Dans une chaudière de cuivre étamé, nous avons mis :
- Eau 1,800 lit.
- Tartre cristallisé Bkil.
- Chlorure stanneux (sel d’étain) 5 —
- Chloride stannique (oximuriate) 5 —
- Les sels étant parfaitement dissous, nous avons mis la laine, que nous avons fait bouillir deux heures en la manœuvrant parfaitement, puis nous l’avons retirée du bain; nous en avons préparé un nouveau avec de l’eau de pluie nécessaire et contenant :
- Cochenille en poudre, 10 kilog.
- Nous avons remis la laine pour la faire bouillir jusqu’à ce que le bain fut entièrement épuisé.
- Le résultat fut un beau ponceau bien vif et d’une intensité moyenne comme ton.
- En augmentant ou diminuant la dose de cochenille, on obtient des intensités de ton correspondantes.
- 2e procédé
- 100 kilogr. de laine :
- Même manipulation que pour la première recette, même durée de température, même dose de colorant ; le mordant seul diffère, il contient :
- Tartre cristallisé 5 kilogr.
- Chloride stannique (oximuriate) 5 — Les nuances, quoique pures, ont moins d’intensité.
- 3e PROCÉDÉ
- 100 kilog. de laine :
- Tartre cristallisé 10 kilog.
- Chlorure stanneux (sel d’étain) 5 — Chloride stannique (oximuriate) 10 —
- Même manipulation que pour les autres recettes.
- Avec mêmes doses de colorant, résultats peu différents de ceux de la recette précédente.
- 4e PROCÉDÉ
- 100 kilog. de laine :
- Tartre 10 kilog.
- Chlorure stanneux 10 —
- Chloride stannique 10 —
- Mêmes manipulations, résultats se rapprochant de la première formule.
- De ces essais comparatifs, il résulte donc que les dosages de mordant indiqués dans le premier procédé, sont les plus avantageux à employer.
- ÉCARLATE EN UN SEUL BAIN
- On peut opérer en un seul bain, voici comment il faut faire pour 100 kilogr. de laine.
- Le mordant se compose ainsi :
- Tartre 10 kilogr.
- Chlorure stanneux 5 —
- Chloride stannique 5 —
- Faites bouillir la laine dans ce mordant en la manœuvrant continuellement ; après une demi-heure de bouillon, retirez-la pour ajouter au bain :
- Cochenille en poudre fine, 12 kilog.
- On fait bouillir quelques minutes, puis on y plonge la laine que l’on fait bouillir lentement jusqu’à ce que l’on soit à l’échantillon, je ne dirai pas jusqu’à épuisement du bain, parce que dans ce cas, le bain ne s’épuise pas entièrement, comme dans toutes les teintures en un bain ; il faut donc plus de cochenille que pour les nuances obtenues en deux bains, parce que le mordant en excès précipite une partie de la matière colorante de la cochenille qui ne peut se fixer sur la laine.
- Dans ce procédé, il ne paraît pas y avoir avantage à forcer la dose de cochenille, car on ne peut guère dépasser une nuance d’intensité moyenne.
- 2e PROCÈDE UN SEUL BAIN
- Voici un procédé en un bain qui m’a donné de très bons résultats :
- Pour 100 kilog. de laine :
- Faites dissoudre dans de l’eau de pluie,
- Chlorure stanneux 3 kil. 500 gr.
- Chloride stannique 4 kil.
- Acide oxalique 5 kil.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- On entre la laine que l’on fait bouillir une demi-heure, puis on la retire du bain de mordant pour y ajouter :
- Cochenille en poudre, 12 kilogr.
- Après quelques minutes de bouillon, l’on ajoute la laine pour la faire bouillir lentement jusqu’à ce que l’on soit à l’échantillon (1).
- (La suite prochainement.)
- APPRÊT SOUPLE ET INCOLORE
- Pour Lainages et Soieries.
- Nous avons déjà proposé d'ajouter de la glycérine à la gélatine, employée pour apprêt, afin de rendre cet apprêt moins dur et moins cassant ; pour former en un mot Vapprêt souple qui est généralement recherché surtout pour les lainages et aussi pour les soieries.
- Mettant à exécution notre idée, l’industrie fabrique, sous le nom de Glycolline, une gélatine en plaques dans laquelle la glycérine se trouve incorporée dans les proportions voulues pour donner à l’apprêt la souplesse et la fermeté nécessaires. Les deux matières employées étant blanches, l’apprêt est également dépourvu de couleur, de façon qu’il puisse s’appliquer sur toutes les nuances.
- La Glycolline s’emploie comme la gélatine, et, sous cette forme, est d'un usage très commode.
- Le commerce vend ce produit de 4 à 5 fr. le kil., selon son degré de blancheur; il est probable que lorsqu’il sera fabriqué en grand, ces prix baisseront dans de notables proportions.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- APPRÊT DES SOIERIES A TOURS
- Les teinturiers employés par la manufacture de Tours sont MM. Lep et Didier, dont la teinture est remarquablement bonne et so-
- it) Ces procédés, qui sont la continuation de ceux donnés dans notre précédent numéro, sont également extraits de V Aide-Mémoire du Teinturier, de M. G. Van Laer ; la seconde partie de cet ouvrage deit paraître prochainement, nous en ferons alors une notics bibliographique.
- lide. Il n’y a qu’un seul apprêteur, M. Durand; il occupe des bâtiments appartenant à l’hospice de Tours, devenu propriétaire de l’immeuble à la condition expresse de n’avoir d’autre locataire qu’un apprêteur. Ces bâtiments renferment des outils qui datent du commencement du dix-huitième siècle, entre autres une calandre historique, probablement celle de Chomey, mentionnée par Savary, et une machine à ramer les étoffes sur laquelle nous avons lu l’inscription suivante :
- FAIT PAR MOY LOYS
- ROBERT 1744 TOVRNE VR
- M. Louis Roze nous a communiqué plusieurs pièces d’après lesquelles les apprêteurs locataires de l’hospice qui ont précédé M. Durand étaient un nommé Simon Meunier, mari d’Hélène Badger, dont le bail aurait été fait le 16 juillet 1788, au prix de 500 livres; le locataire précédent était Humphry Badger, intitulé Moireur anglais, dont le bail du 20.mars 1780, aurait été consenti au prix de 250 livres.
- Ces bâtiments ont été donnés à l’hospice de Tours en vertu d’un arrêté des consuls, du 5 germinal an X, qui autorise l’aliénation de ces anciens immeubles royaux; mais, tout en les donnant à l’hôpital, on conserve les obligations attachées à leur prossession.
- M. Durand, apprêteur actuel, fait tous ses efforts pour contenter les fabricants locaux. N’ayant qu’une clientèle restreinte, il n’a pu se livrer à de fortes dépenses et installer les grands appareils des apprêteurs lyonnais; il a cependant perfectionné son outillage et obtient de bons résultats.
- L’apprêtage se compose de plusieurs opérations de mouillage, de cylindrage, de séchage, de pressage, souvent précédés par l’adjonction d’un apprêt proprement dit, composé de gomme adragante, amidon, fécule et gélatine, plus ou moins chargé, suivant la force et la nature du tissu qu’il s’agit de traiter.
- Le damas des Indes, enroulé d’abord, est apprêté à la règle au fur et à mesure qu’il se déroule, et séché instantanément sur des rouleaux à vapeur ou à fers chaud. Les satins unis tramés soie ou coton, après avoir été apprêtés comme les damas, sont cylindrés sous une forte pression.
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- 58 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Le lampas est d’abord apprêté au métier à aiguilles, mouillé au couteau et séché après avoir été fortement tendu en largeur.
- Le lampas broché est apprêté de la même manière, la partie brochée est séchée avec des fors.
- Les cotelines, laine et soie, sont traitées comme le damas des Indes, et séchées à la vapeur.
- Les fabriques de passementerie font aussi apprêter leurs ceintures de laine, et moirer leurs ceintures de soie; le moirage s’obtient en dérangeant le grain du tissu, qu’on fixe ensuite par une forte pression à chaud durant quelques heures.
- (Grandes Usines.)
- DÉGRAISSAGE .DES FILS CARDÉS par M Renard
- Jusqu’ici, les fabricants qui emploient des fils cardés devant être dégraissés et soufrés ou dégraissés seulement avant tissage, sont obligés de faire dévider les bobines , désignées sous le nom de pochets, de fusées, etc., suivant les localités , pour les transformer en échées, puis de faire dégraisser ces échées le plus souvent au crochet, ce qui est une nouvelle cause de déchet, ensuite de faire étendre et sécher ces échées avant de les transformer à nouveau en canettes.
- M. Renard plonge directement les pochets dans deux bains savonneux successifs et d’un degré déplus en plus faible; afin d’empêcher la déformation des bobines, il produit l’envidage sous forme de cylindres terminés par des cônes aux deux extrémités et il fixe solidement les tubes en papier, qui servent de moules aux bobines, sur des broches métalliques. Toutes les broches sont rangées symétriquement dans le panier d’une essoreuse d’un modèle particulier se basant sur le vide produit à l’intérieur de l’appareil par la force centrifuge, le breveté fait arriver au centre du panier le liquide savonneux qui s’échappe vers les parois en traversant toute la masse de fil, pour reve-nir se déverser au centre et constituer un dégraissage continu.
- Lorsque l’opération est terminée, un robinet placé à la partie inférieure de l'essoreuse
- laisse écouler le liquide qui est remplacé par de l’eau propre. On peut, de même, faire arriver un courant d’air chaud qui sèche les fils sans nécessiter aucune manutention.
- (Brevet.)
- TEINTURE AU VERT A L’IODE Par M. Merz.
- D’après l’auteur, le coton et la laine peuvent se teindre fortement à l’aide du vert à l'iode, quand auparavant on mordance ces tissus à l’oxyde d’étain. Pour le coton, on le traite par un bain de sel d’étain, puis par une solution de chlorydrate d’ammoniaque ; pour la laine, on emploie une solution de chlorure d’étain. On lave alors les tissus, on les plonge pendant quelques heures dans un bain au sumac, puis enfin dans le bain contenant le vert à l’iode.
- MACHINE A LAVER LES SOIES
- La machine brevetée par M. Machot, se compose d’un cylindre partagé intérieurement en quatre compartiments égaux, au moyen de deux cloisons qui se coupent à angle droit.
- Les écheveaux de soie ou d’autres substances à laver sont introduites par des ouvertures latérales ménagées dans ce but. Un tuyau amène de l’eau au centre de l’appareil et suivant sa longueur de l’axe, de telle sorte qu’une seule fois le cylindre mis en mouvement, le liquide se projette, en vertu de la force centrifuge, à travers les écheveaux, tandis que ceux-ci viennent frapper, à chaque révolution, contre les parois du cylindre^Brevet.)
- BREVETS RÉCENTS
- CONCERNANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES
- 92116. — 15 juin 1871 : Vital-Castel, Carcassonne. — Teinture instantanée des matières animales et végétales.
- 92118. — g juin : Lessware^ Monfermeil (Seine-et-Oise).—Machines à sécher ou hy-d ro-extracteurs perfectionnés.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- 92209. — Ire juillet : Lamy fils, Maromme (Seine-Inférieure). — Couleur puce-grenat, obtenue en impression et en teinture, sur coton et sur soie, par l’action combinée des acides chlorique et chromique sur la naphtyla-mine.
- 92233. — 15 juin : Mlle Fournier, Paris. — Disposition d’ornementation de tissus diaphanes, pour ameublement.
- 92260. — 15 juin: Delmotte-Cartier, Lille. — Mouvement de Laveuse mécanique.
- 92269. — 25 juillet : Lavie, Rouen. — Machine à teindre et épurer les cotons en éche-veaux.
- 92288. —10 août : Chaudet^ Rouen. —Procédé de saturation par l’acide sulfureux gazeux, pour divers usages industriels.
- 92313. — 26 juillet : Tessié du Motay , Paris. — Procédé de fabrication du chlore et des hypochlorites.
- 92331. — 27 juillet : Deschamps et Oudity Paris. — Couteau double, propre au riflage des tulles façonnés, etc.
- 92384. —7 août (et brevet anglais) : Barran, Paris. — Appareils servant à presser, repasser et à finir les vêtements, ainsi qu’à presser les étoffes de laine et autres.
- 92397. — 23 août: Chaudet, Rouen. — Emploi des savonules sodiques, potassiques et ammoniques des produits contenus dans les bois de teinture et autres.
- 92398. - • 24 août : Corron, Saint-Étienne (Loire). — Machine à teindre toute matière textile préparée en écheveau.
- 92399. — 10 août : Cottin^ Lyon. — Emploi du rhum et du miel à l’apprêt des étoffes.
- 92400. — 18 août : Girollet^ au Puy (Haute-Loire). — Machine destinée à l’apprêt de la dentelle.
- 92458. — 14 août ( et brevet anglais ) : Cochrane, Paris. — Perfectionnement dans le traitement des laines et tissus.
- 92463. — 14 août : Folliet, Paris. — Machine continue à dégraisser, pour les laines et les matières textiles.
- 92468. — 16 août : Grisart, Paris. — Impression sur tricots et tissus, de toute espèce de dessins en noir et en couleur.
- 92515. — 22 août : Allart, Paris. — Procédé de teinture de la laine et autres matières.
- 92532. — 31 août : Joly, Caudebec (Seine-
- Inférieure). — Incinération des époutils mélangés aux laines et aux étoffes de laine.
- 92534. — 24 août : Laemmel, Paris. — Perfectionnement dans la construction des blocs pour l’impression.
- 92564. — 26 août : Jacques, Paris. — Procédé de décoloration de l’albumine du sang.
- 92572. — 25 août : Orbec^ Paris. — Machine à sécher au moyen de la vapeur.
- CERTIFICAT D’ADDITION
- Boileau frères. — 24 juillet, Rr. 82989. — Application de rayures ombrées et simples sur bas et chaussettes.
- George. 6 juillet, Br. 84431. — Machine à bronzer les papiers imprimés.
- Grisart. — 19 août, Br. 92468. — Impression sur tricots et tissus de laine, soie, etc.
- NOUVELLES
- PRIX DE LA SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE D'AMIENS. — La société a mis au concours, pour l’année 1871-1872, diverses questions, parmi lesquelles nous mentionnerons les suivantes, comme se rapportant plus spécialement aux industries tinctoriales :
- Question spéciale : Des prix seront accordés aux ouvriers et contre-maîtres qui, dans leur spécialité, auront apporté un notable perfectionnement à l’une des branches de l’industrie du département de la Somme.
- 10e Question: Apporter un perfectionnement sérieux dans les machines à parer et encoller les chaînespour le tissage.— une médaille d’or.
- 11e Question : La Société offre une médaille d’honneur au manufacturier du département de la Somme, qui aura fabriqué et livré à la consommation, pour une valeur de 10,000 fr. au moins, avant le 15 juin 1872, un tissu nouveau , en laine , coton ou toute autre matière.
- 29e Question : Trouver une composition qui, dans la teinture des tissus de laine, puisse remplacer avec une économie notable le tartre pour les couleurs nécessitant l’emploi des sels d’étain. L’acide tartrique libre ou
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- combiné ne devra pas entrer dans cette composition. — UNE MÉDAILLE D’OR et MILLE FRANCS offerts par M. Ed. Fleury.
- 23e Question : Présenter des velours de coton ayant les qualités des velours noirs anglais au point de vue de la couleur et de la solidité. — UNE MÉDAILLE D'OR.
- 26e Question ; Amélioration importante dans le blanchiment de la laine et de la soie. — UNE MÉDAILLE D'OR.
- 27e Question : Mémoire sur le blanchiment du chanvre, comprenant une étude théorique et l’examen des diverses méthodes employées dans la pratique industrielle. — une médaille d’or.
- 28e Question: Moyen d’augmenter la solidité des matières colorantes artificielles pour la teinture des étoffes produites parles industries locales.
- 7e Question : Un prix sera donné à l’inventeur d’un bon parement pour tissage mécanique, principalement applicable au tissage de la toile. — UNE MÉDAILLE D’OR.
- Ce parement devra être d’un emploi facile; il sera propre à conserver et même à développer l’élasticité des fils de chaîne, et composé detelle manière qu’une chaîne, parée etmontée sur un rouleau, ne répande aucune odeur putride, et ne présente aucune altération au dynanomètre, après un délai de trois mois. — Le prix de revient ne devra pas dépasser S fr. les 100 kil. de parement, prêt à être utilisé.
- Questions au choix des concurrents : La Société accordera une MÉDAILLE d’or de la valeur de deux cents francs à tout mémoire inédit qui lui paraîtra mériter ce prix. — Les candidats auront toute liberté de choisir leurs sujets, pourvu qu’ils rentrent dans les études des divers comités : 1° arts et métiers ; 2° fils et tissus; 3° histoire naturelle, physique, chimie et agriculture ; 4° économie politique et sociale.
- Les prix seront décernés dont une assemblée générale extraordinaire tenue en juin ou juillet 1872.
- Pour plus amples renseignements, s’adresser au président de la société industrielle, place Saint-Denis, 48, à Amiens, (Somme).
- collaboration.—Le Moniteur de la Teinture a toujours trouvé au près de ses lecteurs un
- concours aussi bienveillant que compétent et grâce auquel il peut satisfaire au programme étendu qu’il s’est imposé. Nous regrettons de ne pouvoir exprimer publiquement notre reconnaissance à ces collaborateurs désintéressés, qui, la plupart, désirent garder l’incognito, soit par un sentiment de modestie trop exagéré, soit en raison de leur situation (employés, contre-maîtres, ouvriers), qui ne leur permet pas de se faire connaitre ; ils savent néanmoins, avec quel intérêt et quelle sympathie leurs travaux sont accueillis.
- Un de nos lecteurs de Caen, M. Barbé, teinturier aussi habile qu’éclairé, offre de nous fournir une série d’articles sur l’art du teint u-rier-dégraisseur, (partie qui, outre nos communications ordinaires, a déjà été traité dans notre journal par MM. Olivier de Bordeaux, Vincent de Dole, Bergue de Libas, Flamand d’Aigre, etc.), et nous promet aussi quelques procédés relatifs à la teinture des draps en pièces.
- M. Barbé se propose de traiter d’abord de l’installation d’un atelier et des appareils les plus avantageux , pour aborder ensuite le nettoyage, le dégradage et démontage, puis les teintures noires sur soies, laines et mélanges, pour continuer par les couleurs simples et composées, etc., et terminera par les apprêts. Ce court programme indique suffisamment le sens pratique avec lequel ces travaux seront suivis, ainsi que l’utilité et l’intérêt qu’ils ne manqueront pas de présenter.
- G’est avec plaisir et reconnaissance que nous avons accepté cette offre confraternelle, et dans un de nos prochains numéros, nous commencerons la publication de ces articles.
- Maintenant, nous rappelons à nos lecteurs que le Moniteur de la Teinture estleur organe et que ses colonnes sont ouvertes pour toutes communications qui peuvent intéresser les diverses branches de l’industrie à laquelle il s’est consacré ; leurs travaux seront donc toujours accueillis, et publiés autant que possible.
- Pour tous les articles non signés :
- C. Dorion.
- Paris.—Imp. Turfin et Ad. Juvet, 9, cour des Miracles.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 15e VOL., no 6. 20 MARS 4872
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- Sommaire
- Mordant nouveau pour couleurs d’aniline, par M. REIMANN. — Sur l'Induline ou Bleu noir, nouvelle matière colorante. — Fers à repasser et appareils de M. CHAMBON-LACROISADE (gravure). — Conférences sur l’aniline et les couleurs de goudron de houille (suite), par M. PERKIN, (échantillon). — Bleu d’aniline soluble pour impression, par M. Blumer-Zweizel.
- PROCÉDÉS PRATIQUES. Ecarlates (suite), rouge-violet ou amarante, 2e procédé; autres procédés; amarante de M. Chevreul. — Bleu de Lille : Dissolution ; Teinture du coton; Teinture do la laine.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Préparation de l’ozone à l’état concentré, par M. Houzeau. — Blanchissage à la vapeur. — Brevets récents concernant les industries tinctoriales.
- NOUVELLES : La Phényline.
- MORDANT NOUVEAU
- POUR COULEURS D'ANILINE SUR COTON.
- • Par M. REIMANN.
- Les procédés ordinaires employés pour fixer les couleurs d’aniline sur le coton, consistent dans l’emploi des matières animales telles que la gélatine, l’albumine, etc., ou l’engallage, le sumacage et le tannage, ainsi que par voie de mordançage ; mais, depuis peu d’années , M. Reimann avait remarqué que les matières amylacées s’approprient avec énergie la matière colorante substantive de l’aniline.
- Des faits publics montraient qu’on avait déjà eu l’idée d’utiliser cette propriété des matières amylacées pour l’application des couleurs dans l impression des papiers de tenture, ce qui détermina M. Reimann à essayer d’une méthode nouvelle pour fixer, sur les cotons, les couleurs d’aniline au moyen de l’amidon.
- Il est indifférent, dit-il, de savoir si l’amidon suspendu dans le bain attire la matière colorante, ou bien si elle est fixée sur la fibre. Lorsque avec une matière amylacée, amidon ou fécule, on prépare une colle fluide et peu épaisse, qu’on y plonge du coton et qu’on transporte celui-ci dans un bain de teinture préparé avec des couleurs d’aniline, on obtient une teinture de la nuance relative.
- Pour les applications pratiques du procédé qu'il a expérimenté, l’auteur donne les instruc-tions suivantes :
- Pour chaque kilogramme de matière à teindre, on délaye 30 à 60 grammes d’amidon dans 160 grammes d’eau froide. On laisse en repos, puis on verse une quantitéd’eau bouillante
- pour que le coton puisse être travaillé aisément dans ce liquide; on ajoute alors, par chaque kilogramme de matière, 8 grammes de gélatine bouillie dans l’eau et l’on brasse bien le tout ensemble.
- L’addition de gélatine n’est pas indispensable à l’emploi du procédé, mais sa présence rend les nuances plus vives et plus solides.
- Dans ce bain d’amidon tiède on plonge le coton, fil ou étoffe, on les travaille l’un ou l’autre, selon la méthode d’usage, pendant 10 minutes, puis, si c’est un tissu, on l’exprime, si c’est un fil, on le tord.
- On introduit alors la matière dans le bain préparé avec une couleur d'an'line quelconque. La fuschsine se prête le mieux à cette opération.
- Le coton se teint ainsi en très-beau rouge, et cette couleur ne le cède en rien à toutes celles produites par d’autres modes de mordançage. Bien plus, il est plus facile d’obtenir, par ce procédé, des couleurs claires que par l’usage ordinaire du sumac.
- De la même manière s’effectue la teinture en violet-lumière et en bleu d’aniline. La réussite est toujours parfaite malgré la simplicité du procédé qui, en outre, est aussi peu coûteux que celui au sumac.
- Il a même cet avantage que l’amidon fixé sur le fil, produit déjà un certain apprêt qui rend inutiles, souvent, l'encollaga du fil et le parement des tissus.
- An lieu de laver après le mordançage à l’amidon, puis de parachever, on peut aussi introduire directement le bain de teinture dans la liqueur d'amidon. On donne alors simple-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- ment le ton avec l’amidon coloré; mais les teintes produites par ce moyen n’adhèrent pas aussi solidement à la fibre que par la première méthode indiquée.
- ÇFarber-Zeitung).
- SUR L'INDULINE OU BLEU-NOIR NOUVELLE MATIÈRE COLORANTE
- Les journaux scientifiques et industriels d’Allemagne mentionnent tous « une nouvelle matière colorante » dérivée de l’aniline, et qui n’est autre que celle que nous annonçons depuis plusieurs années sous le nom de bleu-noir.
- Ainsi que tous les autres produits, cette couleur est plus ou moins riche, plus ou moins belle au pure, selon les soins apportés à sa fabrication, mais tous les échantillons que nous avons vu représentent bien le même type et indiquent un seul et même produit.
- Ce bleu-noir ou cette induline^ selon le nom que l’on voudra adopter, donne réellement des nuances plus solides que les couleurs d’aniline, puisqu’elles peuvent supporter un petit foulage, mais c’est trop exagérer cette solidité, que la comparer à celle de l’indigo de cuve ; malheureusement, jusqu’à présent, aucune couleur bleue n’a pu réaliser cette importante condition.
- C’est le même produit qu’un revendeur allemand établi en Belgique, désigne sous le nom diindigoline.
- Voici la note que publie le Muster-Zeitung sur cette matière colorante prétendue nouvelle :
- « On trouve dans le commerce une nouvelle matière colorante qui se distingue moins par son éclat que par la solidité des couleurs qu’elle fournit. Cette nouvelle matière, à laquelle l'inventeur a donné le nom ^Indulinet est particulièrement propre à remplacer l’indigo qu’on colore en cuve, surtout pour la laine. La couleur que produit l’induline est un peu plus vive que celle qu’est capable de produire sur laine la cuve chaude; elle est aussi solide que celle de l’indigo, et la facilité avec laquelle la matière se laisse revivifier permet de l’employer avec succès dans la cuve d’Inde, si difficile à conduire.
- « Le moment approche donc où la conduite
- des cuves ne sera plus une question purement de routine, mais où l’indigo décoloré en cuve trouvera enfin un surrogat. L’induline, qui paraît faire un premier pas vers la solution de cette question, se dissout aisément dans l’eau et fournit avec celle-ci une magnifique solution bleu-rougeâtre, qu’on peut utiliser directement pour la teinture. Avec la laine, cette teinture s’opère tout simplement dans une cuve en bois ou dans une chaudière en étain, au bouillon, et avec addition d’un peu d’acide sulfurique; seulement pour les teintes plus foncées il convient d’employer une solution un peu concentrée, qu’on peut, d’ailleurs, toujours compléter et remonter au ton par une addition de matière colorante, de façon qu’on ne perd pas inutilement de matière superflue.
- « Il est peut-être nécessaire d’ajouter que M. Knosp a aussi entrepris des expériences pour appliquer sur les bleus de cuve clairs sur laine, un reflet rouge cuivré, qu’on ne parvient à produire complètement à la cuve qu’avec une dépense considérable d’indigo. On peut donner à la cuve à la laine un pied bleu clair et produire par une nouvelle opération avec l’induline l’aspect rouge cuivré en économisant ainsi beaucoup d’indigo. »
- FERS A REPASSER ET APPAREILS DE M, CHAMBON-LACROISADE.
- Il existe environ trente professions qui se servent de fers à repasser, et on sait qu’il n’est pas de ménage qui n’en possède et où leur emploi ne soit plus ou moins fréquent, quoique non continuel.
- En ne considérant même que l’usage industriel, on peut donc dire qu’aucun outil n’est plus répandu et plus généralement utilisé; aussi était-il d’un grand intérêt d’en perfectionner l’usage.
- Est-il utile de rappeler ce qui a déjà été fait dans ce sens ; tels que les fers à foyer intérieur; les fers à poignées mobiles, etc. ? Non, puisque ces idées, plus ingénieuses que pratiques, n’ont pas été adoptées dans les ateliers.
- Les travaux de M. Ghambon-Lacroisade ont spécialement eu en vue de produire un mode de chauffage économique, facile, et salubre, et ils ont abouti à la création d’un appareil
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- léger, élégant même, commode et consommant peu de combustible en proportion des effets produits.
- Fig. 9.
- K
- aie
- H hm
- Le constructeur a établi environ vingt modèles d’appareils répondant aux besoins de toutes les industries employant le fer à repasser, et tous construits, d’ailleurs, sur un type unique; nous donnons un dessin et une des
- cription de celui destiné au teinturier-dégraisseur, qui est représenté par la figure 9 ci-contre :
- La partie principale est un foyer, dans le genre de celui d’un poêle et dont la section horizontale est un hexagone, c’est-à-dire qu’il présente six pans ou faces, contre lesquels s’appliquent les fers à chauffer. Une seconde enveloppe y est adaptée et ménage entre elle et la première, six cases dans lesquelles les fers s’emboîtent exactement, tout en ayant un jeu très-libre. Dans les appareils pour chapeliers, tailleurs, etc., ces cases sont de formes et de dimensions correspondantes aux fers et carreaux employés dans ces industries.
- Le foyer est relativement petit, et la plus grande partie de la chaleur qu’il émet est utilisée; la seconde enveloppe évite un trop grand rayonnement extérieur ; ce foyer s’alimente par en haut et se ferme par un couvercle qu’on enlève facilement à l’aide d’une petite fourche en fer. Ce couvercle glisse, en s’élevant, autour du conduit de fumée et y reste suspendu pendant tout le temps qu’on désire laisser le foyer ouvert. Cette manœuvre est de la plus grande simplicité. Dans l’épaisseur de ce couvercle sont creusés des goussets pour recevoir des petits outils à chauffer, tels que fers à tuyauter, fers à coques, etc.
- Une cheminée d’un très-petit diamètre produit un tirage énergique et ne s’engorge pas. C’est dans la disposition bien comprise du mode de tirage et d’alimentation que résident les principaux avantages de l’appareil; c’est grâce à cela que l’on entretient une incandescence continuelle sur une petite quantité de combustible, que toute la fumée et les gaz sont enlevés, (ce qui remplit la condition hygiénique), et que la chaleur se perd bien moins que cela aurait lieu dans des cheminées d’un plus grand diamètre.
- Les cases destinées à recevoir les fers, sont fermées par un couvercle tournant, muni d’une porte qui laisse passer un fer, et s'amène devant la case qui doit recevoir ou laisser sortir ce fer.
- Tout l’appareil, d’ailleurs, est mobile et tourne avec la plus grande facilité pour présenter le côté que l’on veut utiliser.
- Le foyer est placé au dessus d’un petit guéridon dont le pied est tournant et c’est sur ce
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- S.
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- pied que pivote tout le système ; ce premier guéridon est lui-même superposé à un second qui reste fixe et quia pour but d’élever le foyer à la hauteur la plus favorable pour l’ouvrier; il sert aussi à recevoir les fers chauds qu’on y dépose en les retirant de l’appareil, pour les remplacer par ceux dont on vient de se servir.
- Au-dessus du foyer, est une lyre se reliant au corps de ce foyer et servant à assujettir la cheminée. Au-dessus de la lyre on remarque, sur notre dessin, un réservoir ou bouillote à eau, chauffé par la chaleur de la cheminée, mais qui ne fait pas partie intégrante de la machine et peut ne pas s’y trouver.
- Toutes les pièces sont en fonte de fer et se montent par simple superposition, sans vis, écrous, ni frottement, et l’ensemble est d’une solidité telle que l’on peut mettre l’appareil entre les mains des ouvriers les moins soigneux sans crainte de détérioration.
- Les fers tout en conservant leurs formes et leurs dimensions habituelles, sont légèrement modifiés ; la poignée n’a qu’un point d’attache avec le corps du fer, ce qui évite son échauf-fement trop rapide, et cette poignée très légère, est consolidée par une nervure ou arête placée en dessous (1).
- Ce système de fers et de chauffage est donc un ensemble parfaitement établi et très bien combiné, et qui de plus, a pour lui la sanction de l’expérience, car ces appareils ont plusieurs années d’existence et fonctionnent dans un grand nombre d’ateliers.
- Le Moniteur de la Teinture n’en ayant pas encore donné de description, et comme ces appareils apportent un perfectionnement réel au travail du teinturier-apprêteur, nous avons pensé qu’il serait intéressant d’en faire une courte notice, après nous être fixé sur leur valeur et leur utilité.
- F. GOUILLON.
- (1) Certes, nous ne voudrions faire ici aucune réclame, ni rien qui puisse y ressembler, mais nous devons dire combien nous avons admiré la beauté et la qualité des fontes employées pour ces appareils; elles sont d’une finesse de moulage rare pour cette matière, et d’une résistance telle que l’on peut jeter violemment un fer sur sa poignée, laisser tomber brusquement dans leurs cases des carreaux pesant jusqu’à huit kilogr. sans rien briser. Pour pur hommage pour un tel progrès de l’art, nous nous plaisons à en féliciter l’auteur. F. G.
- CONFÉRENCES SUR L’ANILINE Et les couleurs de goudron de houille. Par M. PERKIN. (Suite)
- Nous abordons quelques-unes des matières colorantes vertes qui ont aussi leur origine dans le magenta. Parmi celles-ci, nous considérerons d’abord le vert d'aldehyde, qui doit son nom à l’emploi que l’on fait, pour le préparer, d’une substance nommée aldéhyde.
- i
- 1,
- impression en vert d'aldéhyde.
- Vers la fin de 1861, M. Lauth décrivit une réaction dont le résultat était d’extraire de la rosaniline une matière colorante à nuance bleue ; mais ce produit fut reconnu inapplicable à la teinture, par suite de son instabilité. On l’obtenait en faisant agir l’aldéhyde sur une solution de rosaniline et d’acide sulfurique. Un teinturier, M. Cherpin, après avoir fait de nombreuses et vaines tentatives pour fixer cette couleur sur les étoffes, proposa la difficulté à un de ses amis, artiste photographe; celui-ci trouva évident que, puisqu’on était parvenu à fixer l’image photographique, il n’y avait rien qu’on ne pût fixer par le même procédé, et, en conséquence, il recommanda l’emploi de l'hyposulfite de soude. Dans l’essai de ce moyen, le teinturier ne réussit pas à fixer la couleur bleue; mais il trouva qu’elle se convertissait en un vert magnifique, précisément celui qui est actuellement connu sous le nom de vert d'aldéhyde.
- Pour préparer cette belle matière tinctoriale, on emploie une solution froide de magenta, composée d’une partie de cette dernière substance dissoute dans un mélange de trois parties d’acide sulfurique et d’une partie d’eau; on ajoute graduellement une partie et demie d’aldéhyde ; on mêle le tout, et l’on chauffe au bain-marie jusqu’à ce qu’une goutte du produit, répandue dans de l’eau, donne une belle coloration bleue. Alors on verse le
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- produit dans une grande quantité d’eau bouillante, contenant trois ou quatre fois autant d'hyposulfite de soude que l’on a employé de magenta. Après quelques instants d’ébullition, il se forme un résidu grisâtre insoluble, qu’on sépare par filtration, et le liquide filtré contient la matière colorante qu’il s’agissait, d’obtenir. L’opération étant ainsi très - simple , boaucoup de teinturiers préparent eux-mêmes cette matière colorante à mesure qu’ils ont besoin. Mais on peut aussi la précipiter au moyen du tannin et de l’acétate de soude, la recueillir sur des filtres, lui donner par évaporation la consistance d’une pâte, ou la dessécher entièrement si on le désire. Elle est livrée dans le commerce sous ces diverses formes.
- Le vert d’aldéhyde est principalement employé pour la teinture de la soie. C’est une couleur splendide, qui conserve tout son brillant à la lumière artificielle. Sa nature chimique est encore enveloppée d’obscurité, parce qu’il est très-difficile dans un état de pureté chimique parfaite. Mais sans doute, comme les autres matières colorantes précédemment décrites, ce vert est un sel à base organique, et il est vraisemblable que la base contient du soufre.
- Vert à l’iode, nuancé par l’acide picrique
- Il y a un autre vert totalement différent dans sa nature de vert d’aldéhyde : c’est celui qu’on nomme le vert d'iode. Il se produit toujours, mais en quantités variables, dans la préparation des violets d’Hofmann, et résulte de l’action de l'iodure d’éthyle ou de méthyle sur le magenta. Dans ces derniers temps, l’at
- tention s’est portée très-particulièrement sur * cette matière colorante, et l’on en est parvenu à en obtenir des quantités égales à 40 ou 50 0/0 de magenta employé, au moyen de quelques simples modifications dans le procédé d’Hofmann pour la préparation de ces couleurs. Le vert d’iode est déjà d’un grand
- usage dans la teinture du coton et de la soie ; il se rapproche du bleu plus que le vert d’aldéhyde, et, par suite, son emploi devient susceptible d’une plus grande extension, en ce qu’il prend, par addition de jaune en proportions convenables, des nuances de vert beaucoup plus variées.
- Le vert d’iode contient une base organique que ne précipitent pas les carbonates alcalins. La solution traitée par l’acide picrique donne un sel très-peu soluble, qui se précipite, et c’est, en effet, à l’état de picrate qu’on obtient généralement cette matière colorante sur le continent ; on sèche le précipité sur un filtre pour le réduire à l’état de pâte. Mais, en Angleterre, le vert d’iode se vend sous forme de solution alcoolique. Dans les deux cas, les nuances sont très-belles à la lumière du gaz.
- [La suite au prochain numéro).
- BLEU D’ANILINE SOLIDE POUR IMPRESSION
- Par M. BLUMER-ZWEIFEL.
- Le Dingler's polytechnisches journal, dans son numéro d’octobre 1871, publie le procédé de M. Blumer-Zweifel pour l’impression sur calicot d’un bleu solide d’aniline, lequel s’applique à la façon du noir d’aniline.
- Comme plusieurs journaux allemands et français ont reproduit ce procédé, ils lui ont donné une nouvelle actualité; nous avisons nos lecteurs qu’ils trouveront ce procédé décrit dans le Moniteur de la Teinture Am 20 novembre 1868, page 201, ainsi qu’un procédé de même nature et du même auteur pour impression en violet solide, dons notre numéro du 5 avril 1870, page 77.
- Nous croyons inutile de reproduire ces procédés, qui, d’ailleurs, n’ont pas trouvé d’ap-plications importantes. F. G.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- ÉCARLATES (Suite)
- ROUGE -VIOLET OU AMARANTE
- On obtient des modifications de l’écarlate : les rouges-violets ou amarante, tout à fait comme les écarlates. Cependant le mordant peut différer; aussi l’on peut obtenir cette couleur par différents procédés.
- On l’obtient en employant un vieux bain de mordant de teinture en écarlate, et en y ajoutant, pour 100 kilogr, de laine :
- Alun 5 kilogr.
- Tartre 2 kil. 1[2
- On fait fondre l’alun et le tartre, on y ajoute la laine que l’on fait bouillir une heure, puis on teint dans un bain contenant :
- Cochenille 10 à 15 kilogr.
- La quantité de cochenille est, du reste, variable selon la nuance que l’on veut obtenir ; l’on fait bouillir jusqu’à épuisement du bain, ou jusqu’à ce qu’on soit arrivé à l’échantillon.
- Des teinturiers, pour bleuir la couleur, rincent dans de l’eau de chaux; d’autres, pour arriver à l’échantillon, ajoutent au bain, de l’ammoniaque ou de l’urine pourrie.
- 2e PROCÉDÉ
- On peut encore obtenir cette couleur en employant pour 100 kilog. de laine :
- Alun 10 kilogr.
- Tartre 8 —
- Faire bouillir une heure, retirer la laine, puis teindre dans un deuxième bain contenant :
- Cochenille 8, 10 ou 15 kilogr.
- La dose variant suivant l’intensité de la nuance à obtenir.
- AUTRES PROCÉDÉS
- Des teinturiers emploient comme colorants, la cochenille ammoniacale, l’orseille, le pour
- pre français, la murexide ou carmin de pourpre, mais ces couleurs ne résistent pas à la lumière aussi longtemps que la cochenille.
- On peut, pour obtenir l’amarante, employer le rouge amarante d’aniline (fuchsine), qui ne demande aucune préparation pour se fixer sur la laine, et qui, comme nuance, surpasse les rouges, violet ou amarante que l’on obtient par les autres procédés, mais qui comme solidité, n’a pu jusqu’aujourd’hui être emp'oyé pour la draperie.
- Comme solidité, la fuchsine vaut mieux, cependant, que la cochenille ammoniacale, qui blanchit à l’air lumineux en quelques jours. Des teinturiers prétendent qu’en rinçant dans un bain contenant du sumac, des teintures obtenues par ce colorant, la couleur résiste beaucoup plus à l’action du savon et de la lumière; j’ai fait plusieurs essais, la couleur n’en est pas devenue plus solide pour cela.
- Néanmoins, la fuchsine est beaucoup en usage aujourd’hui chez les teinturiers.
- AMARANTE DE M. CHEVREUL
- 100 kilog. de laine en écheveaux.
- Pour obtenir l’amarante, on monte la cuve avec :
- Alun 24 kilogr.
- Crème de tartre 12 —
- On manœuvre pendant deux heures au bouillon, on lève et on évente.
- On fait bouillir dans le bain pendant un quart d’heure :
- Cochenille moulue 10 kilogr.
- On arrête le bouillon, on entre les laines qu’on lisse pendant une heure.
- Pour assurer la nuance, on donne un bouillon pendant un quart d’heure; on lève, on évente, puis on lave à l’eau courante.
- [Aide-Méynoire du Teinturier, par G. Van Laer.)
- (A suivre.)
- BLEU DE LILLE
- Pour remontage des toiles et cotons et pour lainages.
- Ce produit est livré au commerce sous forme de grains ou de poudre grossière à apparence cristalline, et doué du reflet bronzé ordinaire à ces couleurs; il est soluble à l’eau.
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- Sa teinte est plutôt un violet foncé qu’un bleu réel, toutefois une petite quantité d’acide le fait approcher du bleu. Il est destiné à la teinture du coton, principalement pour le remontage des bleus de cuvés ; il peut s'appli-quer aussi aux lainages ordinaires, pour faire des violets très bleus, ou pour entrer dans des mélanges.
- Dissolution
- On prépare à l'avance une eau acidulée contenant environ 10 grammes d’acide sulfurique par litre.
- Dans ce liquide porté à l’ébullition, laquelle on ne maintient pas, on fait dissoudre le bleu dans la proportion de 50 grammes par litre.
- Teinture de coton
- Les fabricants de ce bleu disent qu’il se fixe sur coton, sans aucun mordant\ cela est vrai lorsqu’il s’agit d’opérer un simple remon tage sur bleu de cuve ou sur bleu de prus-siate ; mais pour teindre le coton avec ce bleu seul et arriver à une nuance suffisamment corsée, on doit préalablement opérer un en-gallage au sumac, et teindre sur bain savonneux — sans acide. — On avive ensuite sur bain très légèrement acide.
- Le bleu de Lille, disent les fabricants, remplace sur coton le prussiate de potasse, et donne de la fleur aux tissus teints à l’indigo. On obtient les nuances les plus variées par son mélange avec l’acide picrique, l'orseille, etc.
- Jusqu’à présent, aucune couleur d’aniline n’a pu s’appliquer sur coton sans mordant.
- Teinture de la laine
- On commence à teindre dans un bain tiède que l’on chauffe graduellement, et quand il est presque bouillant, on y ajoute de l’acide sulfurique en proportion de la nuance plus ou moins bleue à obtenir.
- D’après les fabricants, les étoffes teintes avec le bleu de Lille résistent au foulon — sans doute, dans le cas de légers foulage, — et au soufrage. La couleur paraît d'abord terne, mais devient brillante, par un fort avivage à l'acide sulfurique.
- Comme on peut le remarquer, cette couleur ne diffère pas des autres bleus d’aniline, par ses propriétés générales; il a de particulier son bas prix, qui'permet de l’appliquer à des usages pour lesquels ces autres bleus auraient été trop onéreux à employer, e'est-à-dire trop chers.
- PRÉPARATION DE L’OZONE A l’état concentré Par M. Houzeau.
- Tous les théoriciens s’accordent à reconnaître l’ozone comme l’agent actif du blanchiment, soit que ce blanchiment ait lieu à l’aide du chlore ou de l’exposition à l’air.
- M. Houzeau, qui a déjà tant travaillé la question de l’ozone, vient de faite connaître une méthode qui permet de produire cet agent d’une manière continue, et en quantité telle qu’elle peut Suffire à des expériences industrielles, et plus tard, assurément, à des applications
- Voici la description d’un appareil pour cette destination, que l’auteur nomme Ozo-niseur :
- Cet instrument consiste en un tube abducteur ordinaire, étroit comme ceux dont on se sert pour recueillir les gaz. Dans l’intérieur de ce tube, on place un fil de cuivre, de plomb ou mieux de platine, et long de 0m 40 à 0m 60, et dont une des extrémités débouche au dehors par un orifice latéral, ménagé à la partie supérieure du tube abducteur. Cet orifice est ensuite bouché avec de la cire ou au feu. A l’extérieur du même tube abducteur, se trouve enroulé, sur le parcours du fil intérieur, un autre fil en même métal et à peu près de même longueur que le précédent. Ces deux fils étant mis en communication avec les pôles d’une bobine donnant 2 à 3 centimètres d’étincelle, déterminent immédiatement une forte ozonisation de l’oxygène ou de l’air qui traverse lentement le tube.
- En 1834, l’électrolyse de l’eau fournissait 3 à 5 milligrammes d’ozone par litre de gaz odorant. En 1866, M. Andrews obtenait 4 milligrammes. En 1866, par le procédé, de M. Houzeau, on doublait cette quantité; il est donc permis aujourd’hui de considérer comme possible la conversion complète de l’oxygène en ozone.
- BLANCHISSAGE A LA VAPEUR
- Dans cette méthode les alcalis ordinairement employés sont remplacés par le gaz ammoniacal. Le liquide formant lessive est obtenu par M. Carrera en chauffant en vase clos, à
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- l’aide d’un serpentin de vapeur, une solution ammoniacale. Un agitateur en bois sert à tenir en suspension, dans cette première chaudière, la chaux destinée à l’épuration du gaz qui passe, au fur et à mesure de sa production, dans une chaudière symétrique, partiellement remplie d’eau froide.
- Les vapeurs ammoniacales se dissolvent dans l’eau jusqu’au moment où le liquide et les gaz atteignent la même température. Dès lors, l’introduction continue du gaz produit dans la première chaudière détermine une pression suffisante pour refouler le liquide de bas en haut dans la cuve où se trouvent les tissus à blanchir et qui est mise en communication avec la seconde chaudière à l’aide de tuyaux.
- La lessive se répand comme dans la plupart des appareils du même genre sous forme de douche circulaire, pénètre et traverse les tissus, puis redescend au fond de la cuve d’où un conduit la dirige dans la citerne servant à l’alimentation des chaudières. Il résulterait de cette méthode en remplacement de la lessive au carbonate de soude une économie de 9/11.
- (Brevet.)
- BREVETS REGENTS
- CONCERNANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES
- 92656-57-58. —14 septembre 1871 (et brevets anglais) : Deacon, Paris. — Perfectionnements dans la fabrication du chlore , du chlorure de chaux et dans les appareils servant à cette fabrication.
- 92659. — 21 septembre : Foloppe, Bar-le-Duc (Meuse). — Application de chinage sur les fils de coton.
- 92669. — 22 septembre : Meersseman, Roubaix. — Machine à chiner.
- 92670. — 7 septembre : Guichard, Paris. — Procédé d’impression sur étoffes.
- 92715. — 3 juin : Boulieu, Lyon. — Machine à teindre et à laver les échcveaux.
- 92731. — 27 septembre : Legris Rouen. — Produit dit : acajou en pâte pour papiers de couleur et teinture des tissus.
- 92734. — 14 septembre : Patterson, Paris. — Machines à battre et adoucir les étoffes, les matières fibreuses et autres.
- 92847. — 9 octobre : Barbé, Lisieux (Calvados/ - Procédé de teinture pour noirs, dit. noir-Barbé.
- 92876.—9octobre: Valléecï Quenet,Rouen. — Tordeuse de fils en écheveaux.
- CERTIFICATS D'ADDITION
- Gillet et fils. — 13 septembre, Br. 91667.— Appareils pour le lavage et le battage simultanés des écheveaux.
- Butard fils. — 20 septembre, Br. 92391. — Oxygénation des huiles.
- Allart. — 26 septembre, Br. 92515. — Teinture de la laine, etc.
- Aubertin.— 29 août, Br. 91459. — Oxydation parlesexqui-oxyde de chrome.
- NOUVELLES
- La PHÉNYLINE : il vient de se former à Paris, sous le titre de « La Phényline, » une Société ayant pour butela fabrication et le commerce des Produits chimiques et des Matières colorantes dérivées de la houille.
- On dit que cette Société fonctionnerait sous l’inspiration et peut-être sous la direction de MM. Girard et de Laire ; son titre, d’ailleurs, rappelle les principaux travaux des anciens chimistes de la Fuchsine : on sait que c’est à eux qu’on doit la découverte du bleu d’aniline, toujours en usage, et obtenu par laphe-nylation de la rosaniline. On sait aussi qu’en chimie organique, les anilines et leurs produits sont classés dans le groupe Phényl.
- Par diverses circonstances de son installation, on voit que cette Société se propose de faire une concurrence active à M. A. Poirier, successeur de la Société « la Fuchsine ».
- Pour tous les articles non signés :
- G. DORION.
- Paris.— Imp. Turfin et Ad. Juvet, 9, cour des Miracles.
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- LE MONITEUR DE Là TEINTURE
- -15e VOL., no 7.
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 5 AVRIL 1872
- Sommaire
- Teinture des tissus en noir d'aniline, par J. PEnsoz. — Emploi de l'alizarine artificielle pour le rouge turc, par M. X. GROTHE. — Apprêt des tissus de coton et de chanvre, pu- M. I). KAEPPELIN. — Conférences sur 1 aniline et les couleurs de goudron de bouille (suite), par M. PERKIN, (échantillon).
- PROCÉDÉS PRATIQUES. Ecarlates (suite et fin), rouge-violet ou amarante, 2e procédé; 3e id ; 4e id. ; 5e id. ; Observations. — Pourpre et cramoisi sur draperie.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Albumine d’escargots par M. P. GuYOr. — Note sur les accidents povenant dis transmissions dans les fabriques. — Les industries tinctoriales dans la Seine-Inférieure. brevets récents concerT nant les industries tinctoriales.
- NOUVELLES : Tarif du tirage des matières textiles.— Les journaux de l’industrie et les brevets à l étranger. Avis.
- TEINTURE DES TISSUS EN NOIR D’ANILINE
- Par M. J. PERsOZ.
- On sait depuis longtemps déjà que la réaction du bichromate de potasse sur certains sels . d’aniline, en solution assez concentrée, donne lieu à une oxydation très-énergique et à la formation rapide d’un abondant précipite noir. Frappées de ce phénomène, quelques personnes avaient cherché à en tirer parti pour la teinture, sans toutefois qu’il put être donné suite à leurs tentatives
- C’est ainsi que, il y a environ six ans, MM. Paraf-Javal, de Thann, avaient essayé de teindre des tissus de coton en noir d'aniline, par le simple passage de l’étoffe dans une solution contenant un sel d’aniline et du bichromate de potasse. En employant une liqueur suffisamment concentrée, le noir commençait à se former immédiatement au sortir du bain et anivait à son entier développement.
- Mais cette manière d’opérer, excellente en théorie, présentait dans la pratique des difficultés insurmontables qui devaient, malgré bien des efforts, la faire abandonner complètement. En effet, ou les liquides étaient très-étendus, et alors on ne pouvait produire de noir ou ils étaient concentrés, et, dans ce cas, le noir se précipitait dans le bain au bout de quelques instants.
- Pour prévenir ce dernier effet, MM. Paraf-Javal avaient essayé de refroidir le baquet de couleur et de 1c maintenir à une température voisine de 0 degré. Mais ici se présentait un autre inconvénient; car si le liquide est assez
- concentré (condition d’ailleurs nécessaire pour la production du noir), du chromate d’aniline ne tardait point, paraît-il, à cristalliser dans le bain, diminuant d’autant la richesse de celui-ci, De plus, ces cristaux se trouvant enlevés accidentellement par le tissu, à son passage dans le baquet, produisaient plus tard des taches, parfois même un danger réel, car le chromate d’aniline, qui s’était conservé sans altération à la faveur du froid, pouvait, une fois soustrait à cette influence, déterminer une forte élévation de température par la réaction mutuelle de ses éléments. De là, souvent incandescence sur différents points du tissu et même inflammation de ce dernier.
- Toute recherche dans une semblable direction avait cessé, je le crois, depuis longtemps, quand dernièrement mon attention se reporta de nouveau sur cette méthode considérée comme impraticable. Je me demandai s’il ne serait pas possible d’obtenir le noir d’aniline par les mêmes éléments, mais sans les mélanger à l’avance, c’est à dire d’imprégner le tissu successivement avec les deux sels (bichromate et sel d’aniline) maintenus en solutions séparées.
- En y réfléchissant, je reconnus que la pulvérisation des liquides, si ingénieusement appliquée dans l’industrie par M. Charles De-pouilly, devait permettre de réaliser ces conditions d’une façon très heureuse. L’expérience ne fit que confirmer ces prévisions.
- Avant d’aller plus loin, je ferai remarquer que, en ayant recours à la pulvérisation, j’avais la faculté d’employer le bichromate dépotasse et le sel d’aniline à la température et au degré de concentration les plus avantageux pour la
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
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- production du noir, sans avoir à redouter aucun des”inconvénients précédents.
- La formation de cristaux de chromate d’aniline sur le tissu n’était plus à craindre. Les deux liquides pouvaient être appliqués successivement ou d’une manière simultanée et ne se mélanger ainsi qu’à l’instant voulu sur le tissu en mouvement. La réaction, quoique rapide, ne l’était cependant pas assez pour déterminer la production du noir avant que les liquides pussent se mélanger intimement sur la fibre et bien la pénétrer. On pouvait donc considérer comme résolu le problème de l’application du noir d’aniline en teinture unie sur tissu de coton. Rien n’était nouveau dans les éléments de cette solution pourtant toute nouvelle.
- Restait à passer de la théorie à la pratique; pour cela, il fallait surtout préciser :
- 1° Quels étaient les sels d’aniline les plus avantageux pour la production d’un bleu noir ;
- 2° A quel degré de concentration et d’acidité on devait les employer.
- Momentanément j’ai négligé la question de température qui, sans être aussi capitale que les précédentes, n’en a pas moins une certaine importance.
- Quant à la nature des sels d’aniline à employer, il y avait lieu de se laisser guider par plusieurs considérations. Il est certain d’abord qu’il faut écarter l’acétate, le noir d’aniline ayant horreur de l’acide acétique. D’autres sels d’anilines à acides organiques, le tartrate, l’oxalate, le citrate, devaient être rejetés aussi pour des motifs divers, comme étant ou peu favorables à la production du noir, ou d’un prix trop élevé. On devait s’en tenir à des sels à acides énergiques et peu coûteux ; mes essais portèrent donc sur le sulfate, le chlorydrate et le nitrate.
- A ce propos, je ferai l’observation suivante : Lorsqu’on prépare les trois sels d’aniline ci-dessus dans un parfait état de neutralité, c’est-à-dire en dissolvant exactement 1 équivalent d’aniline, dans 1 équivalent de l’un des trois acides chlorydrique, sulfurique ou nitrique, on peut mélanger la solution de ces sels avec le bichromate de potasse à froid, sans qu’il y ait réaction immédiate. On remarque même que le mélange se conserve un temps rela'ive-
- | ment long sans altération. Un tissu imprégné | d’un semblable mélange et abandonné à l’air se dessèche sans devenir noir. Mais vient-on à ajouter à ces sels neutres un faible excès d’acide, on constate que leur mélange avec le bichromate ne se conserve plus comme précédemment, et que, à mesure que la quantité d’acide augmente, la réaction mutuelle des deux sels est plus prompte, jusqu’à devenir presque instantanée, lorsque l’acide est en grand excès.
- Il résulte de cette observation qu’on pourra à volonté, en introduisant dans le sel d’aniline des proportions variables d’acide, accélérer ou retarder la formation du noir. Néanmoins il y aura lieu desemaintenir toujours dans certaines limites inférieure et supérieure qu’il serait préjudiciable de dépasser.
- Employer une solution trop neutre, serait s’exposer soit à développer péniblement la couleur, soit même à la rendre irréalisable.
- Mettre trop d’acide exposerait le fabricant à brusquer la formation du noir, à ne pas laisser aux deux liquides le temps de bien se mélanger, et de pénétrer dansles pores du tissu; ce serait d’ailleurs, surtout si l’on opère sous l’influence d’une certaine chaleur, risquer de brûler la fibre.
- On est surpris, au premier abord, de la quantité d’acide qu’il est nécessaire pour que la réaction se fasse d’une manière bien complète; mais on doit tenir compte de ce fait, qu’au fur et à mesure que l’oxydation du sel d’aniline s’opère aux dépens du bichromate de potasse, ce dernier sel fournit des éléments basiques qui saturent beaucoup d’acide. On conçoit donc qu’avec une faible proportion d’acide, il existe, à un moment donné, entre les substances en présence, une sorte d’équilibre pour lequel toute réaction se trouverait interrompue. C’est ce que j’ai eu l’occasion de voir dans le cours de mes expériences. Toutefois, si, après que la réaction s’est arrêtée, on vient à projeter à nouveau de l’acide sur quelques points du tissu, on remarque en ces points une continuation du phénomène d’oxydation et un développement de noir.
- Je ferai remarquer en passant, que les noirs dont je m’occupe en ce moment diffèrent essentiellement, au moins par leur mode de génération, des noirs d’aniline, utilisés dans
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- l’impression. Tandis que ces derniers se forment lentement par l’oxydation d’un sel d’aniline au moyen du chlorate de potasse et d’une préparation de cuivre, à la faveur du sel ammoniac, agents dont le rôle a été si bien décrit dans le travail de M. Camille Kœchlin; les noirs actuels résultent de l’action directe et rapide de deux sels, le bichroma'e de potasse et un sel d’aniline. Ici, plus de sels de cuivre, ni de sels ammoniacaux pour opérer des doubles décompositions, surtout plus d’exposition à l’air ou dans la chambre d’oxydation.
- Les essais que j’ai entrepris relativement au degré d’acidité des sels d’aniline à employer, m’ont démontré qu’il fallait renoncer entière-’ ment aux sels neutres et préparer des solutions d’aniline contenant au moins deux équivalents d’acide pour un équivalent de base.
- L’étude du degré de concentration a aussi son importance, et il y a lieu de faire entrer dans cette question des considérations de plusieurs ordres. Des raisons d’économie engagent à employer les liqueurs les plus étendues possible, sans atteindre cependant le degré de dilution, où il y aurait préjudice pour la couleur. D’un autre côté, toute question d’économie à part, il y aurait aussi inconvénient à faire usage de solutions d’aniline concentrées, car dans ce cas la couleur n’est plus noire, mais forme à la surface du tissu une couche assez épaisse à reflets violets ou bruns, qui peut produire, par une friction énergique à l’aide d’un corps dur et poli, des effets entièrement semblables à ceux du mordoré sur maro
- quin.
- C’est en tenant compte de ces diverses observations que j’ai déterminé la composition des solutions d’aniline qu’il y aurait lieu d’appliquer pour arriver à ce résultat, j’avais préparé plusieurs séries de sels contenant à peu près 1, 2 et 3 équivalents d’acide pour A équivalent d’aniline.
- Sel neutre. Selbiacide. Sel triacide.
- Chlorydrates d’aniline.
- Acide chlorydrique
- du commerce.........10 gram. 20 gram. 30 gram.
- Aniline.............. 10 10—1 |q
- Eau..................200 200 200
- Sulfates d’aniline.
- Acide sulfurique du commerce 5 10 15
- Aniline.............. 10 10 10
- Eau..................200 200 200
- Nitrates d’aniline. Acide nitrique du
- commerce............ 15 30 0
- Aniline...............10 10 0
- Eau..................200 200 0
- Les conclusions générales que j’ai pu tirer de mes expériences sont les suivantes :
- 1° L’emploi des sels neutres est à rejeter entièrement.
- 2° Les sels biacides, le bisulfate surtout, donnent des résultats déjà satisfaisants. Toutefois le trichlorydrate réussit mieux que les chlorydrates inférieurs.
- 3° Les sulfates ont une tendance à donner des noirs roux, les chlorydrates et les nitrates des noirs à reflets violets ou bleus.
- 4° Un mélange à volumes égaux de bisulfate et de bichlorydrate, par lequel ces deux ten-tances peuvent se contrebalancer, fournit d’excellents résultats. •
- 5° Il est nécessaire d’employer une solution de bichromate de potasse assez concentrée.
- Celle dont j’ai fait usage ne renfermait pas moins de 80 grammes de sel par litre.
- j’ai essayé d’appliquer le bichromate avant et après les sels d’aniline et dans d’autres expériences d’une façon simultanée. Il ne m’a pas semblé que les effets fussent différents selon la manière d’opérer. Ainsi on pourra, à volonté, foulardcr le tissu en bichromate et pulvériser immédiatement après le sel d’aniline, ou employer les deux sels dans un ordre inverse, la pulvérisation se faisant toujours en dernier lieu, sans modifier pour cela les résultats, à supposer que les liquides soient appliqués uniformément et pénètrent bien sur le tissu.
- Pour assurer ces conditions, je pense qu’il faudrait faire agir sur la toile bien tendue une brosse animée d’un mouvement de va et vient vertical.
- L’expérience montrera s’il y a avantage à introduire soit dans le bichromate, soit dans la solution d’aniline, d’autres substances complémentaires, telles que des sels de cuivre.
- Il est presque superflu d’ajouter que le noir, tel qu’on l’obtient directement, n’a pas la teinte voulue, mais paraît d’un vert foncé, provenant de l’influence acide du mélange qui imprègne le tissu. Pour l’amener au noir franc, il suffit, comme pour les noirs d’aniline imprimés, de laver le tissu à l’eau, puis de le passer dans un bain de savon à chaud.
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- Je disais en commençant que l’on pouvait activer la formation du noir en augmentant la proportion d’acide. On peut l'actver également et avec avantage en soumettant le tissu à l’action de la chaleur. Je serais donc d’avis de faire circuler celui-ci d’abord sur des plaques chaudes et ensuite dans une étuve à vapeur.
- Il est fort probable qu’en imprimant à l’avance sur la toile des réserves résineuses ou grasses, on obtiendrait facilement des tissus blancs sur fond noir pour articles de deuil.
- J’ai borné mes expériences à la réalisation du noir d’aniline sur coton ; la même méthode légèrement modifiée, quand à la nature des matières à employer, donnerait sans doute aussi de bons résultats sur laine.
- EMPLOI DE L'ALIZARINE ARTIFICIELLE POUR LE ROUGE TURC
- Par M. H. Grothe
- L'alizarine artificielle tend de plus en plus à remplacer les couleurs delà garance, et l’auteur a étendu cette substitution à la teinture en rouge turc. Cette teinture avait jusqu’à présent toujours été effectuée avec la garan-cine, qui, à part la purpurine et d’autres matières colorantes jaunes et brunes, ne renferme que 2 à 3 0/0 d'alizarine. Or, la teinture en rouge turc ne renferme pas trace de purpurine, mais seulement de l’alizarine, unie à de l’alumine et aux acides gras. Toutes les matières colorantes qui l’accompagnent sont donc plutôt nuisibles qu’utiles par suite des opérations nécessaires pour leur départ, opérations qui sont longues et qui entraînent toujours la perte d’une certaine quantité d’alizarine.
- Ces inconvénients disparaissent lorsqu’on emploie de l’alizarine artificielle, que le commerce fournit à l’état de pureté presque complète. Elle fournit immédiatement à la teinture sur tissu huilé une couleur d’un rouge pur qui, après un léger avivage au savon, possède un éclat bien supérieur à celui que fournit l’ancien procédé à la garancine. Les avantages que présente l’alizarine artificielle pour cette teinture sont évidents : l’économie de main-d’œuvre, de savon, de chlorure de chaux, etc., peut être évaluée à 20 ou 25 0/0, en supposant, ce qui n’est pas encore le cas,
- que le prix de l’alizarine artificielle fut le même que celui de la matière colorante proprement dite contenue dans la garancine.
- Le remplacement de la garance par l'aliza-rine artificielle rencontre le plus grand obstacle dans l’immense consommation qui s’en fait. M. Roscox évalue la production annuelle de la garance à 950,000 quintaux, correspondant à 475,000 kilog d’alizarine. C’est donc cette quantité de matière colorante que devait fournir l'anthracène pour pouvoir remplacer entièrement la garance. L’auteur pense que ce résultat pourra être atteint.
- • (Muster-Zeitung.)
- APPRÊT
- DES TISSUS DE COTON ET DE CHANVRE par M. D. KEPPELIN
- Les apprêts des étoffes de coton et de chanvre peuvent se classer en apprêts mats, unis, moirés et glacés, élastiques et imperméables, selon l’épaisseur du tissu, et s’il est blanc, teint ou imprimé, l’industriel suit tantôt une méthode, tantôt une autre, d’après les besoins et les exigences de sa fabrication (1).
- Je commencerai par décrire les appareils dont on se sert dans les différentes opérations qui constituent le travail de l’apprêt, puis j’indiquerai leur application à chaque mode d’apprêt des tissus.
- Parmi ces appareils il faut distinguer :
- Les machines à enrouler ;
- Les tondeuses ;
- Les machines à foularder ;
- Les machines à sécher et à ramer ;
- Les machines à rames mobiles, c’est à dire à mouvement brisé pour apprêts élastiques ;
- Les machines à humecter ;
- Les machines à calandrer ;
- MACHINE A ENROULER.
- On appelle ainsi un appareil destiné à l’en -roulage des pièces autour d’un cylindre, afin
- (1) Le Moniteur de la Teinture avait commencé avant la guerre la publication des articles de M. Kaeppelin sur les apprêts; nous les continuons actuellement, ils n’ont rien perdu de leur intérêt et, de leur actualité.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TI-SSUS
- qu’on puisse les- transporter partout où les | besoins de la fabrication l’exigent, toutes j prêtes à subir les opérations subséquentes. Il | faut que les pièces n’aient plusde pliss q" elles offrent donc une surface unie et soient dépouillées de toutes les impuretés qqub pourraient nuire au travail. J’ai examiné avec soin une machine à enrouler d’un modèle nouveau, sortant des ateliers de la maison J. Ducommun et Cie, de Mulhouse ; et cet appareil est représentée p r la figure 10 ci-jointe.
- La pression se communique. au rouleau d'enroulage A par friction au moyen de deux
- va,s’enrouler en A. Il suffit de faire cette opé-ration une seule fois pour que.le tissu soit bien nettoyé après l’opération du tondase.
- TONUSUSE.
- La tondeuse est un appareil’destiné'à enlever le duvet qui recouvre la surface d’une étoffe, et qui pourrait nuire aux opérations de la teinture et de l’impression, et, par suite, à la beauté de la couleur et à l’apprêt des tissus. On passe les étoffes à la tondeuse apers le blanéchiment, avant l’impression, et quelquefois après la teinture. En effet, il arrive souvent que cette
- f$ tf
- §
- -islEq etalab II onisl si obo7uini9) slaFig.
- crémaillères; ce qui permet de diminuer le poids P de tension su pendu au rouleau autour duquel a été fraîchement enroulé le tissu.
- En appuyant le pied sur la pédale P, la pression est interrompue.
- Quatre brosses B, B, B. B, commandées par une seule et même corde, nettoient parfaitement le tissu en enlevant le duvet provenant dutondage. ' ''
- Un élargisseur à vis Es placé à l’entrée de la machine, fait disparaître les plis qui se trouvent dans l’étoffe avant l enroulage.
- L’étoffe placée en R passe, quand la machine est en mouvement, sur la règle élar-cisseuse EE, sous les brosses B, B, B, B, puis
- 1Qsrimsiirso si é oldaldmoa cBlora? ll dernière opération fait ressortir à la surface du tissu un nouveau duvet qu’il est important d’enlever pour que le lustre et l éclat des nuances n’en soient pas ternis.
- Autrefois le travail du nettoyage était fait | par des femmes qui enlevaient, au moyen | de ciseaux courbés, toutes les inégalités qui se trouvaient sur les pièces. Ce travail fait à la main était très-imparfait, inégal, et Fouvriere | qui en était chargée endommageait le tissu ou laissait échapper des plis et des nœuds. On a renoncé à ce travail manuel il y a plus de trente ans,'époque à laquelle M. Courber inventa la | première tondeuse mécanique.
- j Cet admirable appareil fut peu à peu modifié
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- selon les besoins de l’industrie et put servir à tous les tissus de laine ou de coton. Il consiste en un couteau composé de plusieurs lames tournées en hélices dont le pas est égal à la largeur de la toile à tondre.
- La pièce qui est enroulée à l’avance passe entre des règles de tension, sur un cylindre tendeur, sur des brosses cylindriques, et enfin sous le couteau mû rapidement par un moteur mécanique; après la tonte la pièce repasse sous une nouvelle brosse qui enlève le duvet et va s’enrouler sur un rouleau placé à l’autre bout de l’appareil après avoir passé sur une règle élargisseuse.
- (Ann. du Génie civil).
- (La suite au prochain numéro).
- tre de vert doré. Il est soluble dans l’alcool et dans l’eau ; ses solutions sont remarquables par leur fluorescence, et par cette singularité que certaines lumières y font voir un précipité dans toute la masse. Pour la richesse de la teinte et sa solidité, il ne le cède pas à la car-thaminc, et, s’il était possible de l’obtenir en fabrique à un prix modéré, j’imagine qu’il supplanterait cette matière colorante, d’autant plus qu’il n’est pas attaqué par les solutions alcalines.
- On trouve sur les marchés anglais un produit qu’on suppose être une couleur d’aniline, découvert par M. Frédéric Field, et nommé Orange de Field. Ses propriétés sont celles d’un nitro-acide, mais sur ce point voilà tout ce que je puis dire, sa préparation n’ayant pas été décrite. Avec les alcalis, il forme une solution d’une teinte orange splendide, mais par l’addition d’un acide, il se précipite en poudre d’un jaune pâle.
- CONFÉRENCES SUR L’ANILINE Et les couleurs de goudron de houille.
- Par M. Perkin.
- (Suite)
- Orange d’aniline.
- Dans la formation de la mauve, ou pourpre d’aniline, il se produit toujours, en petite quantité, une seconde matière colorante d’un riche cramoisi, semblable a la carthamine. J examinai cette substance, il y a quelques années, et je la trouvai propre à la teinture de la soie, mais je ne pouvais m’en procurer que de trop faibles quantités, et d’autres travaux appelèrent ailleurs mon attention. Cependant un nouveau procédé la fournit aujourd’hui un peu plus abondamment, et l’on fait des efforts pour l’introduire dans l’industrie, en raison des belles nuances d’œillet qu’elle donne à la soie et au coton, et en outre, de l’avantage qu’elle possède de convenir aux impressions sur la soie, le coton et la laine, auxquelles la carthamine ne peut s’appliquer, parce qu’elle ne supporte pas le chauffage à la vapeur.
- Ce cramoisi est chimiquement un beau sel, cristallisant en petits prismes doués d’un lus-
- L’orange de Field est une matière colorante précieuse par son affinité pour les fibres animales ; aussi en est-il fait un grand emploi dans la teinture de la laine. Il résiste parfaitement à la lumière.
- Nous arrivons maintenant à une autre couleur, dont la nature est encore complètement indéterminée, c’est le noir d’aniline.
- Le noir d’aniline est parfaitement insoluble, et par conséquent, il doit se former sur la fibre quand on l’emploie pour l’impression du calicot. Nous nous occuperons ultérieurement de ses applications à la teinture aussi bien qu’aux impressions, et je n’ajoute en ce moment aucune remarque sur ce qui le concerne.
- (La suite au prochain numéro).
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- ÉCABLATES
- (Suite et fin.)
- ROUGE-VIOLET OU AMARANTE
- Voici quelques procédés extraits de la collection de l’Ecole professionnelle de Verviers, qui ont fourni de bons résultats ; toutes ces teintures ont été faites en deux bains, le bouillon et le remontage.
- 100 kilog. de laine.
- Bouillon de deux heures avec : Eau de pluie.
- Tartre cristallisé, S kil. 500 gr.
- Choride stannique (oximuriate), 2 kil. 500 gr. Chlorure stanneux (sel d’étain), 3 kil.
- On teint ensuite en bouillant vingt minutes dans un bain d’eau de pluie contenant : Cochenille en poudre 10 kil.
- On obtient un écarlate vif, très peu violeté.
- 2* PROCÉDÉ 100 kilog. de laine.
- Bouillon de deux heures avec : Eau de pluie. Tartre, 3 kil. 250 gr.
- Chlorure stanneux, 2 kil.
- Chloride stannique, 1 kil. 250 gr.
- Teindre comme dans le premier procédé. Le résultat est un rouge sensiblement vio-leté.
- 3e procédé
- 100 kilog. de laine.
- Bouillon de deux heures avec :
- Eau de pluie.
- Alun, 5 kil.
- Tartre, 1 kil.
- Chloride stannique, 1 kil.
- Teindre comme dans le premier procédé. On obtient un rouge-violet moyen que l’on peut prendre comme type de l’amarante,
- 4e procède
- 100 kilog. de laine.
- Bouillon de deux heures avec : Eau de pluie.
- Alun, 25 kil.
- Chlorure ammonique (sel ammoniac), 16 kil Acide oxalique, 5 kil.
- Teindre comme dans le premier procédé. La nuance qui en résulte est un rouge-violet un peu bruni ou rabattu.
- 5e procédé
- 100 kilog, de laine.
- Bouillon de deux heures avec :
- Eau de pluie.
- Alun, 12 kil.
- Sel d’oseille, 6 kil.
- Teindre comme dans le premier procédé.
- On obtient un rouge-violet tendant vers le marron, c’est à dire se rapprochant de la nuance dite raisin de Corinthe.
- Observations
- Il arrive que pour économiser la cochenille, onia remplace par le bois de Fernambouc; on en fait usage très-souvent pour les nuances foncées, mais l’emploi des bois rouges ne remplacera jamais la cochenille pour la beauté de la couleur, ni pour la solidité ; aussi l’on n’en fait usage que pour les étoffes communes.
- Lorsque l’on compose un bain de mordant contenant les substances ci-dessous, il faut les mettre dans l’eau, pour les dissoudre, dans l’ordre suivant :
- 1° Le Chloride stannique (oximuriate) ;
- 2° Le Tartre ;
- 3* Le Chlorure stannique (sel d’étain).
- Sans cette précaution, le bain se trouble.
- ÇAide^mémoire du Teinturier par G. Van Laer) .
- pourpre et cramoisi sur draperie
- Pour en terminer avec la question des écarlates, nous reproduisons les procédés ci-dessous publiés par le Muster-Zeit'ung.
- On parvient à produire, à un prix très-modéré, un beau cramoisi ou un pourpre sur le drap, par le moyen suivant :
- On teint au ponceau, on lave et on passe dans un bain frais de fuchsine chauffé à 75 degrés. On obtient ainsi une couleur bien plus vive qu’on n’y parvenait auparavant avec la cochenille ammoniacale.
- Voici quelques recettes qu’on garantit :
- Pourpre.
- Pour quatre pièces de drap de 33 mètres, poids : 20 kilog.
- Ç
- •J
- g J
- •a.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- On fait bouillir :
- Cochenille, 2 kil. 500 gr.
- Crème de tartre, 5 kil.
- n
- Liqueur d’étain, 4 litres 1/2
- On écume, on entre le drap et on fait bouillir 1 heure 1/2. On dégorge soigneusement à la machine et on prépare un bain frais chauffé à 75 degrés, et dans lequel on ajoute peu à peu :
- Fuchsine, 325 gr
- On lave alors légèrement et on apprête.
- Cramoisi.
- Pour une pièce de drap de dames de 2.0 mètres :
- On fait bouillir pendant 1 heure 1 /2 avec :
- Cochenille, 750 gr.
- Tartre, 2 kil.
- Liqueur d’étain, 4 lit. 1/4 On dégorge et on traite à 60 degrés dans un | bain neuf auquel on ajoute par portions : Fuchsine, 125 gr.
- On rince sur une eau, on sèche et on apprête.
- ALBUMINE D’ESCARGOTS
- Par M. P. Güyot.
- On sait que les escargots et les limaces exu-dent un liquide muqueux assez abondant, et que cette exudation devient encore plus considérable en soumettant les animaux à l’action de certaines matières excitantes, telles que le sel marin, le vinaigre, etc. Au point de vue de l’impression des tissus, le vinaigre pourrait être employé sans inconvénient.
- Ce liquide peut s’obtenir en déposant dans un entonnoir les animaux dépouillés de leur coquille, et le laissant écouler par la pointe de l’entonnoir.
- L’auteur a reconnu que ce liquide glaireux était absolument identique àl’albumine d’œufs, et pouvait dès lors recevoir les mêmes applications que cette matière ; il le propose spécialement pour l’impression des tissus.
- « Le liquide glaireux fourni par les escar- ' gots, dit l’auteur, est assez abondant ; il se dessèche et donne un produit soluble dans l’eau. L’escargot peut être recueilli en grandes quantités dans toute la France ; il fournirait
- donc une des matières premières de nos fabriques d’étoffes imprimées. Il y aurait là, pour nous, un avantage considérable à l’employer, si on songe à la grande quantité des œufs qui se consomment annuellement pour cet usage.
- « Voulant m’assurer que l’albumine des escargots pouvait servir à l’impression des étoffes , j’ai fait quelques essais avec l’azuline. Broyée avec ce liquide glaireux, cette matière colorante donne un mucilage filant, prenant bien après les planches, se fixant sur les calicots et ne changeant pas, si on lave après avoir fait passer dans un bain de vapeur. Je ne trouve qu’un défaut au liquide, c'est d'être trop coulant.
- « Ainsi donc, l’albumine des escargo's se comporte comme celle des œufs, en présence de la vapeur d’eau et d’une matière colorante; elle retient cette dernière et la fixe sur l’étoffe. Il y a là un fait important que nos industries pourront utiliser. »
- Nous pensons, avec l’auteur, qu’il y a une question d’avenir dans sa découverte. Quanta l’inconvénient que possède ce liquide, découler trop facilement, il peut être évité, en y adjoignant de la gomme ou de la dextrine, ainsi que cela se fait souvent pour l'albumine d’œufs.
- Pour les réactions observées par M. Guyot sur ce liquide, voir le journal la Science pour jous^ dans lequel son travail est publié.
- ansb onFo°G.bmio1
- NOTE SUR LES ACCIDENTS PROVENANT DES TRANSMISSIONS DANS LES FABRIQUES
- Des industriels du Haut-Rhin ont formé entre eux une association pour prévenir les accidents de machines ; les efforts de cette Société sont loin d’être infructueux, ses conseils sont suivis, et déjà elle constate que les accidents sont relativement moins fréquents dans les établissements de ses sociétaires.
- La Société a publié un rapport sur ses travaux de l’exercice 1870-71; son étendue ne nous permettant pas de le reproduire entièrement, nous croyons, au moins, devoir en extraire ce qui suit, relatif aux accidents si fréquents, provenant des transmissions de mouvement, espérant que la publicité donnée à
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- ces faits et aux conseils qui s’y rapportent permettra d’en éviter quelquefois le retour.
- Ce rapport est publié dans le Bïdletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- TRANSMISSIONS
- Les accidents qui arrivent aux transmissions, sont presque toujours d’une gravité exceptionnelle.
- Fractures d’os aux mains, aux bras, au corps, bras arrachés, jambe arrachée, chevelure arrachée avec la peau du crâne, et le plus souvent porte de vie, voilà ce que peut entraîner l’inobservation de quelques mesures de précaution, et l’ignorance des dangers auxquels on est exposé.
- Nous donnons ci-dessous la relation de quelques accidents arrivés dans les établisse-ments de Mulhouse et des envirors :
- « Entendant siffler la détente de la pompe à eau, le nommé A., graisseur, accourut pour graisser et, dans ce but, appliqua une échelle au mur et y monta, tenant la burette de la main gauche. Au moment où il allongeait le bras pour graisser, l’échelle glissa, et dans sa chute, A. eut l’avant-bras pris et écrasé dans les engrenages. Le bras a dû être amputé. »
- « La femme Z entra dans un atelier, elle se trouvait près d’un arbre vertical, couvert par une boîte en bois, présentant une petite ouverture de 8b millim. sur 120 millim. La jupe de cette femme entra dans l’ouverture et s’enroula autour de l’arbre en entraînant la femme Z. Celle-ci tournoya quelque temps avec l’arbre et fut enfin rejetée, horriblement meurtrie, jambes et bras fracturés, avec de nombreuses contusions. »
- « Voulant graisser un support de transmission, le nommé B. plaça son échelle près du manchon de transmission et y monta. En ouvrant la cage qui renferme des engrenages, il se sentit saisi au bras gauche, c’était la tête de clavette du manchon qui avait saisi la manche de sa jaquette. Etant parvenu à se retenir à un tuyau, B. n’eut qu’une côte fracturée et plusieurs contusions. »
- « La nommée E., soigneuse de cardes, saisissait la courroie de cardes qui venait de tomber. S’enroulant sur l’arbre, la courroie l’entraîna et la jeta par dessus l’arbre de transmission ; elle en fut quitte pour diverses contusions au corps. »
- « Le nommé F., rattacheur à un métier à filer, aidait à son conducteur à recoudre une courroie de transmission, et tenait à cet effet la courroie avec la main, près de la transmission. La manche de chemise touchant l’arbre, s’enroula avec la courroie, et entraîna F. Après avoir tournoyé plusieurs fois avec l’arbre, F retomba — il avait le bras arraché et expirait quelques instants après. »
- « Le nommé G. voulait monter une courroie sur un arbre de transmission placé le long du mur à une distance de 0m,60 environ de ce dernier. S’adossant dans ce but contre le mur et tenant devant lui une perche à crochet, il la dirigea vers la transmission. Le crochet, s’engageant dans le bras de la poulie, fut violemment repoussé, l’extrémité inférieure de la perche pressa contre le mur le malheureux G et le traversa d’outre en outre. »
- « Le nommé H., soigneur de calandre, s’apercevant que la courroie de sa machine venait de tomber, s’en approcha; l’arbre de transmission, placé au-dessus du plafond, enroula la courroie qui saisit H. par la jambe. H. fut arrêté par le plafond et eut la jambe arrachée ; il mourut quelques jours après. »
- Soins à donner aux roues et aux arbres de transmissions.
- Les dispositions des roues d’engrenages varient à l’infini, quand à leur position ou à leur plus ou moins grande facilité d’accès ; aussi ne peut-on guère donner que quelques règles générales qui suivent :
- N’ approchez pas des engrenages du côté où les dents engrènent, ou si vous y êtes forcé, tenez-vous à un appui fixe, barrière ou rampe, solidement établi. Évitez les positions d’où^ par un faux mouvement, par un glissement, vous pourriez choir dans les engrenages.
- Évitez tout vêtement flottant (c’est-à-dire manches et blouse trop amples, cravates flottantes, barbes ou cheveux trop longs), évitez aussi de ten^ à la main des lanières d’étoffes ou de cuir, des cordes ou des ficelles qui pou r-raient s’entortiller sur l’arbre et dans v olre main et vous entraîner.
- La disposition particulière des arbres principaux verticaux (Kœnig), mérite un surcro ît de précautions; les grandes roues coniques horizontales entraînent presqu'infailliblemen t tout ce qu’elles touchent ; un faux mouvement,
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- le frôlement d’un vêtement suffit pour se faire saisir.
- Évitez donc tout contact, soit en les entou-rant de cages, soit en éloignant les échelles, les escaliers, soit, si cela n’est pas possible, en exigeant l’installation des dispositions de planches de garantie et de barres d'appui soigneusement établies.
- Les arbres marchant à une grande vitesse, surtout les arbres verticaux, saisissent et enroulent fort souvent les parties de tissus que le courant d’air leur amène ; c’est là une raison de plus pour proscrire les vêtements amples et flottants. Évitez d’approcher des arbres qui ne sont garantis que d’une manière incomplète ou nulle, et faites couvrir d’une manière efficace tous les arbres verticaux ou horizontaux qui sont accessibles sans échelle.
- La présence d’une partie saillante qui tourne avec l’arbre de transmission peut accrocher une courroie ou saisir une partie de vêtement entraînant toute la personne. Si vous voulez éviter ces accidents, signalez et faites couvrir ou enlever^ aux endroits dont on a à s'approcher, toutes les bagues d'arrêt dont les vis ne sont pas noyées, les clavettes à tête saillante, les poulies dont la jante présente une brèche avec un angle pointu,
- Graissez les supports de transmission autant que possible avec la perche à burette. Ne graissez jamais les engrenages avec la main, mais bien avec les brosses à manches que l’on fait spécialement pour cet ouvrage ; graissez, si c’est possible, seulement pendant les heures de repos. Naturellement on se placera en tous cas, pour opérer le dégraissage des roues, du côté où les dents dégrènent.
- Lorsqu’un arbre traverse un mur et qu’à cet endroit se trouve une poulie ou un engrenage qui laisse peu de place du côté du mur, le graissage du support dans le mur devient dangereux.
- Ne cherchez pas alors à graisser en allongeant le bras entre la roue et le mur, mais faites établir un tuyau fixe qui amènera l’huile de l’extérieur dans un collet du support.
- (La suite à un prochain numéro.)
- LES INDUSTRIES TINCTORIALES
- dans la Seine-Inférieure.
- FABRIQUES D'INDIENNES.
- L’indienne est un produit qui se compose :
- 1° De calicot (matière première).
- 2° D’une infinité de produits chimiques et de substances tinctoriales.
- L’indienne diffère de la rouennerie en ce sens que la teinture se fait sur le calicot, tandis que la rouennerie est un produit de filés teints.
- Les fabriques d’indiennes de la Seine-Inférieure emploient une force motrice de 4,975 chevaux-vapeur.
- Chaque cheval consomme, par an, 10,800 kilog. de charbon, soit une consommation annuelle en houille, de 53,730 tonnes.
- Ces 4,975 chevaux mettent en mouvement 577 tables qui consomment 837,000 pièces de calicot, pesant 14 k. 300 l’une, soit :
- Calicot, 11,969 tonnes.
- Indienne, 13,000 do.
- Pour produire ces 837,000 pièces, il est employé environ 4,000 tonnes de garance, garan-cine, alizarine, etc..
- Chaque table correspond donc à 8 ou 9 chevaux-vapeur, consomme 91,800 kil. de charbon, 6,950 kil. de matières tinctoriales, et produit 207,350 d’indiennes.
- En résumé, l’industrie des indiennes donne
- un mouvement de :
- Calicots................... 11,969 tonnes.
- Indiennes.................. 13,000 —
- Houille...................... 53,730 —
- Teinture..................... 4,000 —
- Voici comment se trouvent réparties les 577 tables de la Seine-Inférieure : Darnétal 157 tables.
- St-Léger-du-Bourg-Denis.... 50 —
- Canteleu-Bapaume ............. 178 —
- ................................. 8 —
- Maromme......................... 36 —
- ................................ 24 —
- ................................ 31 —
- Déville......................... 70 —
- Bolbec.......................... 26 —
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- À ces tables, il convient d’ajouter :
- MACHINES PEROTINES
- Nombre Couleurs Nombre Couleurs
- de qu’elles de qu’elles
- machines. impriment. machines. impriment.
- 10 1 8 1
- 4 2 5 2
- 13 3 24 3
- 19 4 4 4
- 1 6
- Au total 114 machines diverses à imprimer. TEINTURERIES ET APPRÊTS.
- Il existe. entre Rouen et le Havre, 45 établis-blissements de ce genre, qui consomment annuellement 22,000 tonnes de houille.
- Les matières premières qu’emploie la teinture sont excessivement variées; nous citerons principalement l’indigo, la garance et ses dérivés, les campêches, les bois rouges, les cochenilles et les produits chimiques qui représentent un tonnage d’environ 8,000 tonnes.
- En résumé, les 185 filatures de la Seine-Inférieure fournissent environ 30,000 tonnes de coton filé. Sur ce nombre de tonnes, 22 à 23,000 tonnes sont transformées en calicot écru par 13,670 mètres. Sur ces 23,000 tonnes de calicot, 12,000 environ, sont converties en indienne, au poids de 13,000 tonnes, y comprit le poids des produits chimiques et teinture que cette fabrication absorbe, 4,500 tonnes de surplus, sont employées à faire de la doublure, ce qui, pour ces deux branches d’industrie, porte à 26,000 tonnes environ l’emploi des cotons filés. L’excédant, pour arriver aux 30,000 tonnes que les filatures produisent, s’exporte en dehors du département ou entre dans la fabrication des rouenneries.
- La consommation du charbon de terre, rendue nécessaire par ces diverses Iransforma-tions de coton, ainsi qu’il résulte des chiffres ci-dessus, n’est pas moindre de 200 à 210,000 tonnes par an.
- (Extrait d'un rapport de M. Cordier.)
- BREVETS RÉGENTS
- CONCERNANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES
- 92929. — 6 octobre 1871 : Muller, Paris. — Apprêt animalisateur du coton , pour teinture.
- 92989. — 12 octobre : Fromentin^ Paris. — Perfectionnements dans les procédés de traitement de la soie.
- 93002. — 42 octobre : Renard^ Paris.—Perfectionnements dans la teinture des bobines de fils de laine, etc.
- 93017. — 18 octobre (et brevet italien) : Carrera, Paris. — Blanchissage à la vapeur.
- 93023.—28 octobre : Huet,Louviers (Eure). — Ensimage soluble, supprimant le dégraissage des draps et des fils.
- 93092. — 30 octobre : Meunier, Charroux (Allier). — Eau pour nettoyer l’or, le cuivre, etc.
- 93051. —15 novembre : Delattre père et fils, Roubaix (Nord). — Colle végétale à base de fécule.
- 93098. — 21 octobre : Machot, Paris. — Machine à laver les soies.
- 93106. — 23 octobre : Schutzenberger et De Lalande, Paris. — Perfectionnements apportés à l’emploi de l’indigo, dans l’impression et dans la teinture.
- 93139. — 25 octobre : Taquet, Paris. — Attache mobile pour échantillons.
- 93202.— 9 novembre : Sapin, Paris.— Perfectionnements aux moulins à broyer les couleurs.
- 93253. — 4 décembre : Garnier, St-Étiennc (Loire). — Battage et lavage mécaniques ap-piicables aux matières textiles en écheveaux.
- 93257. — 24 novembre : Guignet, Lyon.— Machine à polir les étoffes de soie.
- 93266.— i 1 novembre : Meynier, Paris. — Application du chinage aux fils moulinés.
- 93276. —16 novembre: Baudet jeune, Paris. — Jaune d’œuf artificiel, remplaçant celui d’oiseau, pour la mégisserie et la teinture.
- 93279. — 14 novembre : demoiselle Brillet, Paris.—Préparation et blanchiment des peaux de mouton en laine pour tapis de pieds.
- 93304. — 15 novembre : Schlosser, Paris.— Désagrégation industrielle pneumatique de toutes matières végétales.
- 93323. — 20 novembre : De Favières, Paris. - Préparation des couleurs.
- 83381. — 25 novembre : Ducroquet, Paris.— Procédé mécanique pour le séchage immédiat des papiers vernis et peints.
- 93489. — 6 décembre : De Labarre, Paris. — Suppression du graissage de la laine; pure ou mélangée, destinée au tissage.
- 93518. — 9 décembre : Jolly fils, Paris. — Tendeur circulaire pour la teinture des soieries.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 93355. — 12 décembre : dame Lang, Paris. — Procédés et appareils de lavage, dégraissage et nettoyage des étoffes et autres matières textiles.
- 93567. — 29 décembre : Vie, Carcassonne (Aude). — Séchage artificiel des matières textiles.
- CERTIFICATS D’ADDITION.
- Coupier. — 20 octobre, Br. 77854. — Noir d’aniline.
- George. — 26 octobre, Br. 91002. — Enduit pour papiers ou étoffes à découper pour le coloriage.
- Bastaërti— 14 novembre, Br. 87922. — Séchage des tissus et filaments.
- Renard.— 18 novembre, Br. 93002.—Teinture des bobines de fils de laine, etc.
- NOUVELLES
- TARIF DU TITRAGE DES MATIÈRES TEXTILES:
- Par décret du président de la République, l’art. 5 des statuts du bureau public de titrage des soies et autres matières textiles, est modifié comme il suit ;
- « Pour toute opération de titrage d’un ballot de soie ouvrée , portant sur quatre flottes prélevées sur cinq matteaux pris dans cinq parties d’un ballot, 1 fr. SO.
- « Pour l’opération de titrage d’un ballot de soie grége, portant sur quatre flottes prélevées sur cinq matteaux pris sur cinq parties de la balle, 3 francs.
- « Pour la constation du numérotage métrique des laines et autres matières textiles, 1 franc.
- « Les frais de titrage sont à la charge de la partie ou des parties qui le requièrent, à moins de conventions contraires indiquées sur le bulletin de présentation. »
- Les journaux de l’industrie et les brevets a l’Etranger. — Il existe peu de publica-tionsindustrielles en Italie ; aussi nos relations à ce point de vue sont-elles peu fréquentes avec cette nation, chez laquelle cependant l’industrie est active et développée.
- Nous accueillons donc avec plaisir un journal dont nous venons de recevoir les premières livraisons, et qui, sous le titre de « Le Indus-trie e ic privative indusiriali, » se propose de faire connaître les progrès des sciences appliquées, les nouvelles inventions, et tout ce qui se produira d'intéressant au point de vue technologique.
- L’administration de cette revue nous offre confraternellement ses seivices pour tout ce
- qui concerne les brevets d’invention en Italie; nous les offrons, à notre tour, aux lecteurs du Moniteur delà Teinture, qui pourraient avoir à les utiliser.
- Et à notre nouveau confrère, nous souhaitons une heureuse bienvenue et un entier succès.
- Les Etats-Unis d’Amérique s’attachent aussi à développer l’industrie sur de larges bases, et on prévoit qu’entre les mains d’un peuple aussi entreprenant et aussi pratique, jouissant d’une liberté d’action presque absolue, le résultat sera aussi satisfaisant que possible ; déjà, en effet, d’immenses établissements de filature, d’impression, etc., fonctionnent et prospèrent, en affranchissant, dans une certaine mesure, les Etats-Unis du tribut de la fabrication européenne.
- Comme journaux industriels, nous citerons le « Journal of applied chemistry » et « The American Chemist, » relatant tous deux les faits industriels qui se produisent en Amérique et en Europe.
- Le American Chemist se met aussi à notre service pour les questions et démarches relatives aux brevets dans les États Unis, et cela est encore à la disposition de nos lecteurs.
- Nous devons, d’ailleurs, ajouter que nous avons de semblables relations avec presque tous les États de l’Europe, surtout avec l’Angleterre et la Belgique, et que nos lecteurs peuvent également en disposer.
- Nous mentionnerons encore un journal scientifique et industriel dont nous venons le recevoir le premies numéro, et qui paraît en Espagne sous le titre de « La Ciencia al al-cance de todos » malgré ses déchirements intérieurs, cette nation ne se laisse donc point aller au découragement, aussi toutes vos sympathies sont-elles acquises à cette nouvelle feuille.
- On sait qu’en France, en Angleterre, en Allemagne, en Belgique, les publications de ce genre sont très-nombreuses, et, comme on le voit, la vie industrielle se manifeste en tous lieux par ses revues et ses journaux qui, en même temps, sont pour elle une condition de développement et un moyen de perfectionnement.
- Avis. Nous avons reçu le premier article de M. Barbé, sur l’art du Teinturier-Dégraisseur, il sera publié dans le prochain numéro qui paraîtra dans quelques jours.
- Les autres numéros à paraître se suivront aussi très-rapidement
- Pour tous les articles non signés :
- C. Dorion.
- Paris.— Imp. Turfin cl Ad. Juvet, 9, cour des Miracles.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 15 VOL., n 8. 20 AVRIL 1872 ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- Sommaire
- Action de 1a lumière sur les tissus bi-chrômatés, par M. F. GOUILLON.— Apprêt des tissus de lin et de chanvre, par M. I). KAEPPELIN (gravure). — Note sur le noir d’aniline, par M. C. HARTMANN. — Emploi de l’acide molybdi-que dans la teinture en bleu. — Causeries confraternelles sur l’art du t inturier- dégraisseur, par M. V. Barbé.
- PROCÉDÉS PRATIQUES : Impression de l'alizarine artificielle (échantillons'. Couleur pour rouge, id. pour rouge et violet, id. pour violet. — Revue sommaire des brevets d’invention. Blanchiment des peaux. Impression et gauffrage, Extrait de garance, Violet d'aniline, Attache pour échantillons, Fabrication du chlore, Lavage des écheveaux, Imperméabilisation, Résidus des bois de teinture, Machine à polir les étoffes, Résidus de chlore, Verts fie zinc, Crins végétaux, Gaufrage des tissus, Apprêt. Machine à vernir les tissus.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Note sur les accidents provenant des transmissions dans les fabriques. — Coloration des bois de placage. — Désuintage et dégraissage de la laine.
- NOUVELLES : Alsace-Lorraine. — L’association des teinturiers de Lyon. — Exposition de Vienne.
- ACTION DE LA LUMIÈRE SUR LES TISSUS BI-CHROMATÉS
- Nous avons mentionné la propriété que possède le bi-chrômate de potasse d’insolubiliser la gélatine sous l’action de la lumière solaire, et nous avons proposé de l’utiliser dans les apprêts et dans l’impression des tissus (1) ; cette dernière application avait, d’ailleurs, déjà été conseillée.
- L’acide chrômique et les chromâtes agissent ainsi, non-seulement sur les colles animales, mais encore sur les gommes , l’amidon, la dextrine, et aussi sur les matières ligneuses; presque toutes les matières organiques subissent ce genre d'oxidation ; imprégnées d’une dissolution chrômique elles modifient celle-ci et se modifient elles-mêmes, sous l'in-fluence de la lumière.
- On sait — car cette expérience a souvent été faite — qu’en imbibant une toile de bichromate, et l’exposant à l’action des rayons solaires au travers d’une feuille de métal percée à jour, contre laquelle elle est appliquée, et qu’en lavant ensuite cette toile, le sel de chrome disparaît dans toutes les parties qui ont été préservées de la lumière, et que dans les endroits correspondants aux vides de la plaque, le bi-chromate s'estinsolubilisé et fixé au tissu, en reproduisant le dessin gravé à jour dans l’écran métallique.
- Ce bi-chromate, impressionné et adhérent, fonctionne comme un mordant de chrome, et
- (1) Voir Moniteur de la teinture du 20 janvier, année courante, page 18, et des années 1870-71 (14. vol.), page243.
- si l’on passe, par exemple, le tissu ainsi préparé dans un bain de campêche, la couleur est attirée dans les parties mordancées, ce qui produit une impression en noir, conforme au dessin de la plaque de métal.
- Jusqu’ici, ce procédé d’impression n’a, du resie, donné lieu à aucune application sérieuse, et n’est resté qu’une expérience de laboratoire, mais il donne une idée des profondes modifications que subissent les sels de chrome, en présence d’une matière organique, sous l’influence de la lumière solaire.
- Cette propriété explique certains accidents qui se produisent quelquefois dans l’impression des tissus : ainsi, lorsque des toiles sur lesquelles on a imprimé des mordants ou des couleurs, sont foulardées en bi-chromate, comme cela a lieu dans les impressions en cachou , en noir d’aniline, dans les jaunes et verts chromâtes, etc., on a remarqué dans ces circonstances qu’il devient souvent très-difficile d’obtenir des fonds bien purs, et que si ces toiles doivent ensuite passer dans un bain de teinture, les fonds se colorent, plus ou moins fortement, comme s’ils étaient mordancés.
- On a déjà compris qu’ils le sont, en effet, bien qu’involontairement, et que ce mordançage s’est produit par l’action de la lumière sur le sel de chrome en contact avec le tissu ; or, cette action est encore plus sensible si le tissu était imprégné d’épaississants et d’ap-prêts, tels que les colles, les gommes, etc.
- Bien que l’on puisse, le plus souvent, remédier à cet accident, en reblanchissant les fonds, il est assurément préférable de l’éviter, et d’épargner cette complication de travail, le moyen s’indique delni-même : aussitôtle pla-
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- cage de chrome opéré, il faut soustraire les étoffes à l’action delà lumière, si elles ne doivent pas être rincées immédiatement, et pour cela il suffit de les enfermer dans un lieu obscur ; mais cependant, comme en plein soleil, cette action est très-rapide, et qu’elle est encore favorisée par l’humidité des tissus, on l’évite encore mieux en travaillant dans un atelier éclairé par des vitres jaunes, car la lumière ainsi tamisée est privée de ses rayons dits actiniques , et n’a plus, alors, d’action chimique sur les mélanges chromo - organiques.
- F. GOUILLON.
- face des tissus il faut souvent les faire passée deux ou trois fois à la tondeuse mécanique, ce qui cause une perte de temps considérable, ont eu l’idée de construire un appareil auquel ils ont adapté deux porte-lames. Ceux-ci fonctionnent à une distance qui permet à l’ouvrier de lever chacun d’eux séparément, lorsque la jonction de deux pièces se fait sous les lames.
- Pour obtenir avec cette machine représentée par la figure 11 ci-contre deux tondages dans un seul passage de l’étoffe, on opère de la manière suivante :
- La toile es enroulée en A’ ou amenée en plis sur le chariot A’. On la fait passer sur quel-
- Fig. 11. — Tondeuse à deux porte-lames.
- )
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- APPRÊT
- DES TISSUS DE COTON ET DE CHANVRE par M. D. KAEPPELIN
- (Suite)
- Toutes les tondeuses que l’on a construites depuis sont faites d’après le même principe, et, parmi elles, j’ai surtout remarqué la belle tondeuse qui sortait des ateliers de MM. Du-commun et Ce de Mulhouse. Ces habiles mécaniciens, qui savent que pour nettoyer la sur-
- ques règles d’embarrage, 6, c, d._ pour la tendre dans le sens de la largeur et en enlever tous les plis.
- Elle passe ensuite en se relevant sous la brosse f. qui en relève le duvet, puis elle se présente à un premier porte-lames G, qui rase le duvet relevé.
- Le tissu en quittant ce premier porte-lames redescend, puis se relève pour passer à côté de la brosse /”. Celle-ci enlève la partie du duvet tondu qui est restée attachée au tissu, et en même temps relève celui qui n’a pas été tondu par le premier porte-lames g. L’étoffe se pré-
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- sente ensuite au second porte-lames H, où elle est tondue une seconde fois, puis elle est dirigée, au moyen de deux roulettes i et k, vers l’arrière de la machine où elle est nettoyée parles deux brosses t et m. Elle s’enroule ensuite en n, après avoir été parfaitement nettoyée et dépouillée de tout duvet.
- La manœuvre des porte-lames se fait par un ouvrier qui est placé en avant de la machine, et qui agit sur les leviers p et o, sans qu’il ait besoin de se déplacer. Il en est de même pour abaisser les tables s et t ; il suffit de presser sur les leviers q et r.
- La tondeuse à deux porte-lames de MM. Du-commun et Ce, que je viens de décrire, peut remplacer trois tondeuses à un porte-lames, car le second porte-lames enlève deux fois autant de duvet que le premier. Dans les nombreuses fabriques dans lesquelles elle fonctionne aujourd’hui, son emploi a été reconnu comme étant des plus avantageux, et il arrive fréquemment que les habiles constructeurs que je viens de nommer sont appelés à faire à des tondeuses simples l’application d’un second porte-lames. Ce seul fait suffit pour faire apprécier la supériorité de cette innovation.
- Cette machine que j’ai déjà signalée à l’attention de nos lecteurs sort aussi des ateliers de la maison Ducommun et Ce, de Mulhouse, et c’est à M. Paul Heilmann, Hun des associés de cette importante maison, qu’on en doit l’invention.
- MACHINE A ÉLARGIR LES TISSUS.
- Les étoffes de coton qui ont passé par les opérations du blanchiment, de l’impression et de la teinture, subissent dans leurs dimensions des variations qui sont souvent nuisibles à ces mêmes opérations, et tendent presque toujours à un rallongement produit par les tractious plus ou moins fortes auxquelles on les a soumises. On a donc dû songer à obvier à ce grave inconvénient, et à rendre au tissu sa largeur primitive, car c’est aux dépens de celle-ci que la pièce gagne en longueur.
- Cette largeur invariable du tissu en manutention est indispensable à la bonne réussite de l’impression des rentrures, et en outre elle est souvent réclamée par les exigences de la vente. Les fabricants ont construit des machines à élargir analogues à celles des rames à apprêter et qui sont surtout faites en vue de
- disposer la trame de l’étoffe à droit fil, soit avant, soit après l’impression. Parmi les plus ingénieux entre ces appareils, je rappellerai le tambour à ramer, à sécher, à chaîne sans fin de M. Tulpin constructeur de Rouen. (1) Mais comme le dit avec beaucoup de raison M. E. Burnat dans son rapport à la Société industrielle de Mulhouse dans la séance du 25 septembre 1867, l’action de ces appareils trouve une limite dans la résistance des lisières qui forment la seule partie saisissable du tissu.
- (La suite au prochain numéro).
- NOTE SÜR LE NOIR D’ANILINE , Par M. C. Hartmann.
- L’aniline, employée dans les fabriques pour la production du noir, a une composition variable. Généralement elle renferme : 60 à 65 0/0 de liquide bouillant entre 180 et 185° (aniline pure bouillante à 185°,5), 18 à 22 0/0 de liquide bouillant entre 185 et 192° (mélange d’aniline et de toluidine), 8 0/0 de liquide bouillant entre 192 et 198° (toluidine), enfin 4 à 6 p. 100 de xylidîne, cumidine, etc.
- L’auteur a essayé, au point de vue de la production du noir, diverses anilines, ainsi que leurs composants fractionnés.
- N° 1.2° Baumé, donnant 6 0/0 liquide bouillant vers 480°, 50 0/0 entre 180 et 185°, 20 0/0 entre 192 et 198°.
- N° 2. 3° Baumé, donnant 12 0/0 liquide bouillant vers 180°, 50 0/0 entre 180 et 185°, 24 0/0 entre 185 et 192°, 6 0/0 entre 192 et 198°, 8 0'0 entre 198 et 215°.
- N° 3. Produit distillé en fabrique d’aniline bouillant entre 180 et 184°.
- NéA.
- 184 et 1901.
- N° 5.
- 190 et 205".
- N" 6.
- 200 et 230°. . ' '
- N 7. Aniline pure de Coupier.
- N° 8. Toluidine.
- N° 9. Pseudotoluidine.
- (I Voir le Moniteur de la Teinture, 1868 (12s volume), page 38.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Avec ces divers produits, bruts ou fractionnés, on a préparé une couleur pour noir, composée comme suit :
- Epaississant, 7 litres.
- Chlorate de potasse, 500 grammes.
- Sel ammoniacal, 500 »
- Sulfure de cuivre en pâte, 500 »
- Liquide anilique, 630 »
- Acide tartrique, 750 »
- La couleur est imprimée et le tissu est exposé quarante-huit heures dans la chambre d’oxydation, à une température de 35 à 40°, avec la dose d'humidité nécessaire, puis passé en eau alcaline.
- Résultats. L’aniline pure de Coupicr et tous les produits passant entre 180 et 185° ont donné un noir beau et brillant.
- Le pseudotoluidine et les produits passant entre 185 et 192° donnent un noir tirant sur le bleu. Le toluidine deCoupier et les produits bouillant au-dessus de 192° donnent des bruns-marron sales. Il résulte de ces essais, que l’on doit rejeter dans la production du noir les parties passant au-dessus de 192°. L’auteur propose, comme moyen d’essayer les anilines pour noir : 1° l’aréomètre de Baumé; les bonnes anilines pour noir pèsent 2 à 3 1/2 degrés ; 2° la distillation fractionnée ; la dose qui passe entre 180 et 190° donne la mesure de la richesse; 3° la dose minima d’aniline pure de Coupicr qui,dans la couleur ci-dessus, est nécessaire pour donner du noir, étant de 400 gr., on ferait des séries de couleurs avec l’aniline à essayer, afin de déterminer la dose minima nécessaire au développement du noir ; un calcul de proportion donne la richesse du produit.
- (Diugler's Polyt. Journ.}
- EMPLOI DE L’ACIDE MOLYBDIQUE POUR LA TEINTURE EN BLEU
- Le journal de Dinyler donne un procédé d’obtention d’une matière bleue pour soie, par l’action de l’acide sulfurique sur l’acide molybdique. Nous devons faire remarquer que, déjà en 1857, M. F. Keller avait annoncé qu’on obtenait des matières tinctoriales à l’aide de composés molybdiques. M. Keller traitait de l'acide molybdique par une solu-
- tien de soude et en emprégnait les tissus. Ces tissus, passés en bain acide, se recouvrent d’un dépôt jaune. Ainsi préparés et traités par un bain de chlorure d’étain, ils se colorent instantanément en bleu : dans les bains épuisés, la coloration est verte.
- M Kurrer, après avoir essayé la méthode précédente, s’est arrêté au mode suivant : il imprègne les fibres de molybdate d’ammoniaque, les sèche et les reprend par un bain d’acide chlorydrique, puis par une solution de chlorure d’étain. On lave alors les étoffes et on les sèche. Ce procédé n’a pas donné un résultat satisfaisant. A la suite des nouvelles recherches de M. Schœnn, M. Springmühl, à Breslau, a fait une série d’essais sans attein-un résultat pratique. Néanmoins, il ne faut pas laisser tomber cette idée qui, par la suite, pourra rendre des services en teinture.
- (Société chimique.)
- CAUSERIES CONFRATERNELLES
- SUR L'ART DU TEINTURIER-DÉGRAISSEUR
- Avant-Propos.
- Je viens, comme je l’ai promis, commencer ma petite publication sur notre partie dite de Teinturier-Dégraisseur ; certes cette place ap-partiendrait plutôt aune plume mieux exercée que la mienne et je cours le risque de m’attirer quelques coups d’épines, car dans notre métier, c'est bien le cas de dire : Tout n’est pas rose ! En cela, je dirai comme notre éminent confrère., M. Vincent, « J’ai une bonne armure : la Volonté »
- Je n’ai pas non plus la prétention de donner tous procédés nouveaux, mais au moins, ils seront sûrs, et ceux de mes confrères qui voudront bien les essayer reconnaîtront l’exactitude des résultats annoncés.
- Du reste, je m’adresse particulièrement aux nouveaux teinturiers, c’est-à-dire aux ouvriers qui commencent leur établissement, et qui, le plus souvent, n’ont fait, pendant leur stage chez les autres, que les nettoyages et les apprêts; aussi débutent-ils toujours un peu en tâtonnant lorsqu’ils doivent travailler seuls et pour leur compte.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Cependant, on sait que le début décide le succès d’une maison; j’espère donc que ceux qui se trouveront aux prises avec cette première difficulté, me sauront gré de ces quelques conseils puisés dans une expérience pratique, déjà longue et suffisamment exercée.
- Installation des atelicrs.
- Pour entrer en matière, je commencerai par décrire une petite installation d’ateliers pour le nettoyage, la teinture et les apprêts : en cela, comme en toutes choses, on doit reconnaître qu’il faut le nécessaire pour avoir chance de réussir, et le temps est déjà loin où 1 on commençait à faire de la teinture dans une marmite avec des écailles de brou de noix; il faut, au contraire, une instillation bien comprise, quoique faite dans des proportions modestes.
- En disposant d’un petit capital de trois à quatre mille francs, on peut y parvenir, même en s’installant à la vapeur dès le début, ce qui est une excellente chose. Il s’agit, bien entendu, d’une maison de moyenne importance, et non d’un établissement comme celui de ce Bismarck de la Seine-Inférieure, qui voudrait à lui seul englober tout le travail de France (1).
- Je ferai remarquer, tout d’abord, qu’on doit, autant que possible, installer les ateliers à la suite du magasin et sur un cours d’eau; toutefois, la disposition des lieux ne le permet pas toujours, il faut alors faire pour le mieux, et il ne faut pas non plus hésiter à éloigner les ateliers du magasin quand il s’agit d’avoir une rivière à sa disposition; le déplacement est vite compensé par l’économie de main-d’œuvre, et par toutes les facilités qui en résultent pour les divers besoins de l’atelier.
- On devra, autant que le local s’y prêtera, avoir trois pièces spéciales, destinées, l’une au nettoyage, l’autre à la teinture, la troisième aux apprêts.
- Atelier des Nettoyages.
- La pièce aux nettoyages devra contenir deux bonnes tables de 1 m. 50 de longueur, -
- (I) Nous rappelons que le Moniteur de la Teinture laisse toute liberté à ses rédacteurs pour apprécier, à leur point de vue, les que lions qu’il leur plaît de traiter. — F. G.
- sur 90 c. à 1 mètre de largeur, disposées sur pied, avec une inclinaison de 10 centimètres, et l’une de ces tables sera recouverte en zinc ou en cuivre.
- Avec cela, il faut trois baquets munis de leurs fouloirs. On remplace avantageusement ces baquets par une grande auge en bois blanc divisée en trois compartiments, avec une soupape d’un assez grand diamètre dans chaque encoignure ; cette fouleuse repose sur pieds à l’aide desquels on donne l’inclinaison voulue, et cet appareil, bien plus commode que les baquets, revient de 80 à 90 francs.
- Il faut encore, deux baquets à échauder, deux autres plus grands pour faire dégorger les objets à l’eau de pluie, deux brosses en soie dure pour brosser les doublures — et dont par parenthèse, il ne faut user que très-modérément; — et enfin, si l’on fait beaucoup de nettoyages à sec, il faut une turbulente ou laveuse.
- La machine à laver du nouveau système de MM. Pierron et Dehaître, que notre rédacteur en chef a décrite, et dont il a résumé fidèlement les avantages (1), machine que j’ai vue aussi fonctionner dans un des principaux ateliers de Paris (2), est assurément le meilleur système de ceux employés jusqu’ici.
- Atelier des Teintures,
- La pièce aux teintures comprendra d’abord, trois chaudières en cuivre rouge de la capacité de 60, de 120 et de 200 litres. Si on les chauffe à la vapeur, les deux plus petites seront à double fond, et l’autre, à vapeur directe; on peut même, dans ce cas, remplacer la plus grande par une barque eu bois.
- Si au contraire, les chaudières sont à feu, on devra établir les fourneaux à serpentins ou carneaux (retour de flamme) et construire tout l’intérieur en briques réfractaires, l’encadrement des portes devra être en fonte très-solide, chaque carré devra être préservé par un onglet en fer, une bonne ceinture, également en fer, reliera solidement la maçonnerie; on pratiquera aussi à l’extérieur des trous appelés tampons de ramonage, (ces tampons
- (1) Voir le Moniteur de la Teinture de 20 février 1872, page 35.
- (2) Chez M. J. Pineau, rue de Bondy,
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- devront être en forte tôle), de façon à n’avoir aucune brique à déplacer pour opérer le ramonage.
- Le dessus des fourneaux sera pavé en petits carreaux de faïence, comme ceux employés pour les fourneaux de cuisine; ce genre de carrelage est très propre et se nettoye avec la plus grande facilité ; comme solidité, sa durée est deux fois celle des fourneaux.
- Si l’on veut installer le chauffage à la vapeur, il faut, pour faire fonctionner les trois chaudières désignées, ainsi qu’un cylindre à apprêt, et au besoin une table à vapeur, il faut, disons-nous, un générateur ou chaudière de trois à quatre chevaux, système horizontal à foyer intérieur et à tubes, avec un dôme à vapeur assez élevé. Ges chaudières sont les plus économiques en combustible, et il ne se produit pas un entraînement d’eau comme dans les systèmes verticaux, dans lesquels la place de la vapeur est très-restreinte.
- Une machine presqu'indispensable dans un atelier de teinture est une essoreuse d’un bon système ; on préférera celles à mouvement très-rapide, dont le panier est autant découvert que possible, pour permettre un facile chargement, et possédant, néanmoins, une fixité convenable pendant le repos.
- Voyons maintenant les autres appareils plus simples; ce sont, d’abord, deux ou trois bassines également en cuivre rouge de la capacité de deux, de trois et de quatre seaux; puis, deux ou trois cassins, une douzaine de lissoirs, un mortier et son pilon, plusieurs baquets et petits tonneaux pour réserver les cuites de bois et les bains que l’on veut conserver, et quel-ques tamis.
- Pour le mordant de nitrate de fer (rouille pour soie), j’engage mes confrères à employer des auges faites en briques et ciment de Port-land; le prix de revient en est de 10 centimes le litre, et elles durent indéfiniment; en outre, les soies sont plus à l’aise dans ces réservoirs à rouille, que dans les barriques.
- Atelier des Apprêts,
- La pièce aux apprêts doit être l’objet d’un soin tout particulier, car il est indiscutable que l’apprêt rehausse l’éclat de la teinture et décide beaucoup de la réputation d’une maison; c’est donc un travail que l’on ne saurait trop soigner.
- Gomme machine à apprêt, je mettrai en première ligne un bon cylindre système toile sans fin, toile mobile pouvant être supprimée instantanément, de manière à pouvoir se servir du cylindre nu pour coller les soies. Assurément, il y a beaucoup d’autres systèmes, mais celui-ci est, sans contredit, le meilleur marché, en donnant les résultats les plus satisfaisants, lorsqu’ilest’bien installé; j’aurais, du reste, l’occasion de revenir sur cette question en traitant des divers systèmes d’apprêt.
- Il faut, en outre, une bonne presse avec cartons et tous ses accessoires. Le tapis, long et ennuyeux, a. Dieu merci, fait son temps; un tapis volant, appliqué contre un mur ou contre un encadrement de bois, est très-suffisant pour quelques articles exceptionnels qui ne peuvent être faits au cylindre.
- À ces appareils, il faut joindre deux bonnes tables bien garnies pour le repassage, une autre couverte en zinc pour le détachage, une table à vapeur N° 1, système Lyon — cet appareil est très-précieux dans un atelier — il faut encore une grande table de 2 mètres de longueur sur 1 mètre environ de largeur, pour déposer et plier les objets cylindres, enfin, un fourneau à fers : le système Chambon-Lacroi-sade (1) est un modèle très-convenable et éco-nomique; toutefois, si l’atelier de teinture n’est pas installé à vapeur, et qu’il faille établir une petite chaudière pour le fonctionnement du cylindre, cette petite chaudière pourra être disposée pour chauffer les fers, et, en même temps, tiendra lieu de sécherie.
- Voilà pour le plus gros d’une installation, restent quelques petits détails accessoires. Dans tout ceci, il faut surtout s’établir solidement et commodément, il faut, en outre, se bien faire renseigner sur les meilleurs systèmes de machines ou d’appareils, notamment pour ce qui concerne le générateur de vapeur, l’essoreuse, le cylindre, les bassines à double fond.
- Si on achète ces objets de valeur à la hâte, sous le charme d’un prospectus ou du charlatanisme de certains voyageurs, on arrivera vite à le regretter. En général il faut se défier du conseil d’un constructeur, celui-ci consi-
- (1) Voir le Moniteur de la Teinture du 20 mars 1872, page 6\
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- dèrera toujours sa machine cemme préférable à toutes, tandis qu’un intermédiaire compétent, fera nécessairement un choix plus désintéressé dans les divers systèmes en concurrence, et n’aura pas de raison pour préférer la machine la plus défectueuse, comme ferait le constructeur de cette machine, si on s’adressait directement à lui.
- Donc, considérant notre petite installation comme terminée, et suffisamment complète, dans un prochain numéro nous essaierons ce laboratoire, nous verrons ce que l’on peut y produire, et comment doit être effectué le travail.
- A défaut de mieux, ce que nous y ferons sera fait avec soin et avec goût; si cela n’est pas tout, c’est déjà beaucoup.
- Dans notre prochain article, nous entrerons d’abord dans la pièce au nettoyage.
- V. Barbé.
- Teinturier, à Caen.
- (A continuer).
- PROCÉDÉS PRATIQUES
- IMPRESSION DE L'ALIZARINE artificielle.
- Par M. X. Gnorm.
- L'alizarine artificielle est actuellement livrée pure ou en pâte à 10 0/0. Il est du reste plus facile d’évaluer la richesse d’une telle pâte que celle d’un extrait de garance. L’auteur communique un certain nombre de recettes donnant en grand de très-bons résultats et se rapportant à la pâte renfermant 10 0/0 d’a-lizarine.
- Cozdeur pour rouge.
- Alizarine, 2,500 gram.
- Épaisissement, 8,000 »
- Acétate d’alumine à 10° b. , 500 »
- Acétate de chaux à 16° b,, 250 »
- Le rose s’obtient en ajoutant à une partie de ce mélange 2 à 3 p. d'épaississant. On vaporise, puis on passe dans un bain chauffé à 50 ou 60" et composé de : Eau, 1,000 litres. Sel d’étain, 1 k. 5.
- Craie, 20 kilogr.
- Arséniate de soude, 5 kilogr.
- Enfin on avive.
- L’épaississement est formé de :
- Amidon, 6
- Eau, 20
- Acide acétique, 4
- Gomme adragante, 10
- (2 onces de gomme par litr. )
- Huile d’olive, A
- kilogr. litres.
- »
- »
- k.800gr.
- Couleurs d’impression pour rouge et violet.
- Alizarine, 4 à 5 kilogr.
- Épaississement, 10 litres.
- Azotate d’alumine à 15° b., 300 à 400 gr.
- (Préparée par azotate de plomb et alun.) Acétate d’alumine à 10° b., 600 grammes.
- Acétate de chaux à 16° b, 400 à 500 gram.
- L’emploi de l’azotate d’alumine donne un rouge plus jaune que l’acétate.
- On obtient un rouge sans huile en faisant bouillir :
- Alizarine, 4,200 gram.
- Acide acétique à 8° b., 4,800 »
- Eau, 2,400 »
- Farine, 1,800 »
- Et ajoutant ensuite: Acétate de chaux à 160 b., 487 gram.
- Azatate d’alumine àl«5° b., 1,000 »
- Hyposulfite de chaux, 1,500 »
- Couleur pour violet.
- Pour violet, ou mélange : Alizarine, 1,100 gram.
- Épaississant, 10 lit.
- Pyrolignitc.de fer à 12’h., 200 gr.
- Acétate de chaux à 16° b , 380 »
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- CO
- CO
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- L’épaississement pour violet est formé de :
- Amidon, 5 kilog.
- Eau, {g litres.
- Gomme adragante, 9 »
- Acide acétique à 6° b., 3 »
- Huile d’olive, 1 kilog,
- Les étoffes imprimées sont vaporisées sous une pression de demi-atmosphère et restent exposées vingt-quatre heures dans la vapeur. On passe ensuite pendant deux heures dans un bain à 1 arséniate de soude (5 kil. d’arséniate, 20 kil. craie et 1,000 litres d’eau) à 50 ou 60°; on lave, on avive au bain de savon (3 kil. de savon par 20 pièces à 50 mètres).
- (Dingler’s, Polyt. Journ.)
- REVUE SOMMAIRE DES BREVETS D'INVENTION.
- Blanchiment des peaux de mouton. — Les peaux garnies de leurs poils, préalablement délampourdées et lavées, ne possèdent pas toujours cependant, un degré de blancheur suffisant, quand elles ne doivent pas être teintes.
- Pour les blanchir complètement, Mile Brillet les imprègne à sec d’un mélange par parties égales de carbonate de chaux et de carbonate de potasse. Les peaux sont entassées dans cet état, laine contre laine , pendant un temps convenable, puis secouées et battues de façon à remplacer la poudre. Après ce travail, on lave les peaux, puis on les rince et on les fait sécher.
- On obtient ainsi, dit l’auteur, un blanc pur et solide. — Brevet 93279.
- Impression et gauftage simultanés. — Par ce moyen, M. Chiffray se propose d’imiter les draperies, nouveautés rayures et côtelés. Les moyens indiqués sont les suivants :
- On ajoute à la machine à imprimer au rouleau un cylindre à gorges circulaires et perpendiculaires à l’axe. Cet axe creux ou plein est chauffé d’une manière quelconque, gaz, vapeur, etc., de manière à fixer le gaufrage. Le doublier et les presseurs ne font imprimer les couleurs et produire les côtes que sur une face, du tissu.
- On obtient encore ce résultat à l’aide d’une machine spéciale, dans laquelle deux cylindres
- gravés impriment à la fois,sur chaque face du tissu, une seule couleur , et où deux rouleaux à gorge chauffés forment un côtelé visible sur les deux faces du drap et en rapport avec la couleur imprimée.
- Enfin, on peut se servir de deux machines distinctes, dont l’une imprimerait sur une ou deux faces du tissu et l’autre produirait le côtelé, soit sur un tissu teint en uni, soit sur un drap préalablement imprimé.
- On peut encore remplacer les rouleaux à gorges par des molettes, afin de déterminer seulement le relief sur une partie déterminée du drap. — Brevet 92324.
- Fabrication de l'extrait de garance. — La garance, débarrassée de ses matières gommeuses, ou la garancine, sont épuisés par l’éther, l’alcool ou certaines huiles essentielles. Ces dissolvants sont enlevés par distillation ; le résidu, dit M. Faure, constitue l’extrait de garance. — Brevet 91G36.
- Violet d'aniline. — M. Holland chauffe environ trois heures à 128 ou 130 degrés, en vase clos, de la rosaniline avec de l’esprit de bois, de l’acide sulfurique et de l’iodure ou brômure de potassium(ou de sodium). Ensuite, il ajoute au mélange de la soude caustique et réchauffe à 100 degrés.
- On distille l’excès d’esprit de bois, on lave à l’eau, puis on traite le produit par un acide.— Brevet anglais.
- Attache mobile pour échantillons. —L’attache que M. Taquet nomme Roubaisienne se compose d'une lame découpée à l’emporte-pièce et ployée à angle droit; le petit côté de l’angle ainsi formé peut recevoir un numéro d’ordre, une marque de fabrique, etc.
- Pour fixer les échantillons, on les traverse d’abord au moyen d’un poinçon, puis on introduit à fond le côté le plus long de l’attache, et I on en rabat l’extrémité en dessous du paquet. — Brevet 93139.
- Fabrication économique du chlore.— Pour obtenir la production continue du chlore, dit M. Tessié du Motay, il suffit de faire passer un mélange d’oxygène ou d’air et d’acide chlorhydrique sur de péroxyde de manganèse chauffé au rouge.
- Ou peut régénérer le peroxyde de mauga-
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- nèsc qui a été désoxydé dans la préparation du chlore par les procédés ordinaires, en faisant passer un courant de vapeur d’eau et d’air ou d’oxygène sur le chlorure de manganèse chauffé au rouge.
- On obtient une production continue de chlore, en faissant passer au rouge sur du peroxyde de manganèse un courant d’air et d’acide chlorhydrique. — Brevet 91455.
- Production du chlore. — Une autre méthode de production du chlore, indiquée par M. Au-bertin^ consiste à faire passer un mélange d’air et d’acide chlorhydrique sur du bichromate de potasse chauffé au rouge, ou à faire traverser le mélange gazeux dans une solution de bi- ' chromate de potasse et d’acide sulfurique à l’ébullition. — Brevet 91424
- Lavage des écheveaux de soie. — Dans le but de simplifier la manipulation dans la teinture des soies en mateaux, MM. Gillet et fils ont imaginé d’essorer directement les écheveaux sur hâtons, lorsque l’essorage est jugé nécessaire, au lieu de retirer, comme de coutume, les mateaux de dessus les bâtons, puis de les tordre, pour les ouvrir de nouveau et les remettre sur les bâtons. — Brevet 85086.
- Machines à laver et à battre les écheveaux.— Les mêmes industriels ont perfectionné les machines à laver dites prussiennes. Ces appareils sont composés d’un nombre indéterminé de guindres creux ou supports tournants, sur lesquels se trouvent suspendus les écheveaux. L’eau arrive au centre des guindres sous une pression assez forte, et s’échappe par une série de petits orifices au travers des filaments qu’elle débarrasse partiellement des corps étrangers.
- Pour compléter l’action du lavage, MM. Gillet et fils adjoignent à ce système des battoirs articulés qui, en frappant simultanément, mais en sens opposé, les écheveaux, détruisent i adhérence des substances étrangères et facilitent l’effet de l’eau. — Brevet 91667.
- Imperméabilisation des étoffes.___M. Wright recouvre les tissus à imperméabiliser d’un mélange de térébenthine, d’huile de ricin, d’une solution alcoolique de gomme laque et de glycérine. — Brevet anglais.
- Résidus des bois de teinture. — Quand on a
- épuisé les bois de teinture par les moyens ordinairement employés dans cette industrie, le résidu des divers traitements qu’ils ont subis peut servir de bases à diverses opérations, par exemple à la fabrication du papier ; mais on avait jusqu’ici perdu les produits à apparence savonneuse, provenant de la dissolution du tannin et de quelques autres matières résini-formes dans la liqueur alcaline à base de soude, de potasse et même d’ammoniaque, qu’on est conduit à employer pour effectuer le complet épuisement des substances végétales dont nous parlons.
- M. Chaudet applique avec avantage ces résidus savonneux, dans tous les cas où peut être employé le tannin ou ses équivalents.— Brevet 92397.
- •
- Machine à polir les étoffes de soie. — De même que dans les autres appareils de même genre, M. Guignet fait usage de deux systèmes de frottement, l’un en travers suivant la trame, l’autre en long dans le sens de la chaîne; mais la particularité de l’invention réside dans l’élasticité des surfaces frottantes ou polis-soirs.
- Le polissage en travers s’effectue d’abord de gauche à droite, et de droite à gauche, au moyen d’une courroie sans fin garnie sur les bords de bouclettes en acier, c’est-à-dire de rubans d’acier reployés sur eux-mêmes, et qui, pressés par l’étoffe, fléchissent pendant l’action du polissage. L’apprêt longitudinal s’obtient au moyen de lamelles d’acier de forme demi - ellipsoïdale montées sur des tasseaux en bois, qui sont eux-mêmes portés par des doubles ressorts. — Brevet 92257.
- Peinture provenant des résidus du chlore. __D’après M. Rowan, le carbonate ou le chlorure de manganèse peuvent fournir des couleurs pour la peinture. On utilise les résidus de la fabrication du chlore, qu’on transforme par précipitation en carbonate.
- Le carbonate de manganèse, chauffé à l’abri de l’air, donne une belle poudre verte très-propre à la peinture. A l’air libre, on obtient du brun ou du noir pur, suivant la température à laquelle on chauffe. Pour le brun ou le noir, on peut calciner directement le chlorure de manganèse. — Brevet anglais.
- VcrU de zinc.— Si on mélange cinq parties
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- en poids d’oxyde de zinc, une partie de protosulfate de cabalt sec, avec une quantité suffisante d’eau pour en faire une pâte, et qu’on soumette celte pâte à la température rouge, on obtient une poudre vert foncé.
- Si on fait usage de dix parties d’oxyde de zinc et une du sel de cabalt, le produit est vert gazon clair.
- Parmi ces couleurs, dit M. Elsner, c’est la dernière qui est la plus recommandable, parce qu’elle est propre à remplacer, dans certains cas, le vert de Schweinfurt, et parce qu’elle se maintient sur enduit de chaux, ce qui n’a pas lieu avec le cinabre vert, composé de bleu de Berlin et de jaune de chrome. — Brevet 92061.
- Lustrage des crins végétaux. — Le procédé de MM. Shaw frères s’applique aux fibres végétales employées en place des crins et des soies, dans la fabrication de la brosserie et de la tapisserie ; il a pour but de dresser et de polir les fibres en les rendant à peu près imperméables.
- Le mélange employé se compose d’une partie de cire blanche, de paraffine raffinée, de blanc de baleine, et de six parties d’un produit que l’auteur nomme : cire de paraffine. Le tout est fondu ensemble, et, après refroidissement, peut se conserver longtemps pour l’usage.
- On en dissout 100 grammes par litre d’eau bouillante, puis l’on y mélange une pâte formée de 600 grammes de fécule ou d’amidon, pour former du tout un mélange suffisamment homogène. — Brevet 91723.
- Apprêt et gaufrage des tissus. — L’auteur, M. Watson-Burton, se propose, pendant l'ap-prêtage et simultanément, de reproduire sur un tissu uni les reliefs que présente une étoffe façonnée par tissage.
- Pour cela, l’étoffe unie, en se déroulant, entraîne comme un doublier un tissu façonné dont on veut reproduire les reliefs ; ainsi doublées les deux pièces sont soumises à l’action de la chaleur, et aussitôt à une forte pression quia pour but d’imprimer les saillies de l’une dans l’autre. — Brevet 81451.
- Apprêt des tissus mélangés.—MM. Ferrand et Gallié ont combiné une disposition mécanique pour apprêter et lustrer les tissus mélan
- gés, à l’aide de la vaporisation, de l’extension et du polissage desdits tissus.
- L’étoffe passe sous un jet de vapeur; elle est étendue par quatre cylindres, puis polie par frottement, et enfin séchée à fond par un foyer portatif qu’elle rencontre à la fin de sa course. — Brevet 80903.
- Machine à vernir les tissus. — Jusqu’ici, dit M. Dumoulin, les toiles cirées, moleskines, etc., se fabriquent en étendant l’enduit à la main sur le tissu dressé entre deux rouleaux. L’opération est à la fois lente et irrégulière.
- Le breveté a construit une machine, dans le genre des foulards à apprêt, dans laquelle l’étoffe se trouve entraînée d’un mouvement uniforme par deux cylindres de même diamètre; le cylindre inférieur est, de plus, recouvert d’enduit par deux rouleaux qui plongent dans une auge contenant la dissolution à appliquer.
- Ainsi enduite d’un côté, la toile se rend dans le séchoir où elle se termine. — Brevet 92003
- (A suivre.)
- NOTE SUR LES ACCIDENTS PROVENANT DES TRANSMISSIONS DANS LES FABRIQUES (Suite).
- Si vous voulez nettoyer une transmission, ne vous servez jamais de chiffons ou de déchets tenus à la main; employez à cet effet une perche montée d’une brosse ou d’un crochet garni de vieilles cordes.
- Les roues, les supports et les coussinets ne doivent être nettoyés que vendant les heures de repos.
- Les échelles, destinées à être posées contre un arbre de transmission, doivent être munies de crochets en fer garnis de cuir, afin d’empêcher qu’elles se glissent sur l’arbre, ou que ce dernier ne soit endommagé, quand on pose l’échelle pour y monter.
- Ne montez jamais sur une échelle adossée au mur, de façon à vous trouver entre le mur et la transmission, car cette position offre du danger quand l’arbre est trop rapproché ou qu’il y a une roue ou une poulie à proximité.
- Courroies de transmission.
- Le mouvement des courroies de transmission est dangereux par suite des mouvements insolites qui se produisent brusquement lors-
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- que la courroie est tombée et qu’elle touche directement l’arbre en mouvement. Les courroies qui sont quelque peu souples, qui sont rendues adhérentes au moyen d’un enduit, ou qui sont montées sur des arbres d’un grand diamètre^ s’enroulent très facilement, vu la grande vitesse de 100 à 300 tours qu’on donne en général à ces arbres. Le même fait se produit lorsque, par la disposition des courroies ou par le grand diamètre des poulies, il se produit un croisement des deux brins très près de l’arbre de transmission.
- A cet instant on peut être enlevé par la boucle qui forme la partie inférieure de la courroie, ou bien être entraîné vers l’arbre de transmission par le brin que l’on peut avoir en main.
- Pour diminuer ces chances d’accidents, il faut :
- 1° Qu’aucun des ouvriers ordinaires ne touche quoi que ce soit aux courroies de transmission ;
- 2° Que les ouvriers spéciaux chargés du soin des courroies, ne se fassent pas tenir à la main la courroie, comme on a l’habitude d’opérer pour faire une couture ou une rattache. Dans ces cas, lorsqu’il n’y a pas à côte de la poulie de crochet fixe servant à recevoir la courroie qui tombe de la poulie, ou d’autre disposition fixe qui empêche le contact de courroie avec l’arbre, il faut isoler la courroie en la saisissant à l’endroit de l’arbre au moyen d’une perche à crochet que l’on tourne un peu pour en relever le doigt ;
- 3° il faut enfin que l’on remonte les courroies autant que possible avec une perche à crochet.
- Le Bulletin de la Société décrit en outre une machine à l’aide de laquelle les courroies peuvent se monter sans crainte d’accidents, c’est le Monte-courroie mécanique de M. Baudoin, et en fait un rapport très favorable.
- dans ce sens donnèrent d’abord des colorations fixées seulement à l’extérieur du bois, tandis que l’intérieur restait intact. Alors on s’imagina de tremper ces bois pendant 24 heures dans une solution de soude caustique contenant 10 pour cent de soude, et de faire bouillir le tout pendant une demi-heure. Après qu’ils ont été lavés à grande eau pour enlever l’alcali, les bois sont prêts à recevoir la teinture dans toute leur épaisseur. Ce traitement par la soude produit une désagrégation générale de la matière ligneuse, qui la rend, quand elle est humide, élastique comme du cuir, et susceptible d’absorber la matière colorante. Il faut alors, après l’opération de la teinturé, faire sécher la plaque entre deux feuilles de papier, et la presser pour qu’elle conserve sa forme. Les bois de placage traités de cette façon, et laissés pendant 24 heures dans une décoction de bois de teinture (une partie de bois de teinture pour trois parties de liquide), enlevés après ce laps de temps, et mis, après avoir été superficiellement séchés dans une solution chaude de sulfate de fer (une partie de sulfate pour trois d’eau), seront entièrement teints d’une magnifique couleur noire. Une solution composée d’une partie d’acide picrique dans soixante parties d’eau, et additionnée d’une quantité d’ammoniaque suffisante pour donner son odeur au mélange, colore le placage en jaune ; le vernissage qui subit ultérieurement le bois n’altère en aucune façon cette couleur. La coraline dissoute dans l’eau chaude et additionnée d’un peu de soude caustique et d’un cinquième de son volume de silicate de soude produit des colorations roses de nuances diverses, selon la quantité de coraline dissoute. La seule couleur que les bois puissent prendre, sans le traitement préalable par la soude, est le gris d’argent, qu’on obtient en les trempant pendant un jour dans une solution de sulfate de fer (une partie de sulfate pour cent d’eau).
- COLORATION DES BOIS DE PLACAGE
- Plusieurs manufacturiers d’Allemagne, qui tiraient de Paris leur bois de placage, bois coloré dans toute son épaisseur, se sont vus forcés par la dernière guerre de le fabriquer eux-mêmes. Les premières expériences faites
- DÉSUINTAGE ET DÉGRAISSAGE DE LA LAINE
- L’invention de MM. Simonin et Coffin est relative au désuintage et au nettoyage de la laine, du crin, des peaux, fourrures, plumes, tissus de laine et autres substances similiaires, en leur enlevant leur huile ou graisse natu-
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- relie avant le filage, la teinture, le feutrage ou toute opération de fabrique.
- Ils prennent toute hydrocarbure léger quelconque provenant de la distillation du pétrole, tels que le naphte, la benzine, la benzole et le gaz oline, et ils appliquent la vapeur provenant de cette distillation à la laine ou autre substance à nettoyer. Pour ce but, ils distillent l’hydrocarbure et font passer la vapeur qui en provient par en haut, à travers la laine ou peau qui est disposée sur un grillage ou râtelier.
- Cette partie de la vapeur qui prend l’huile et la graisse est déposée, condensée en bas dans un récepteur, comme hydrocarbure liquide conservant l’huile et la graisse en dissolution. Ce liquide est alors distillé de nouveau, et l’huile et la graisse restent au fond de l’alambic.
- L’hydrocarbure ainsi séparé de la graisse est passé dans un condenseur, opération après laquelle il est prêt à être employé de nouveau, ou il peut être immédiatement employé pour nettoyer une nouvelle quantité de laine ou de crin sans le condenser auparavant.
- La portion de vapeur hydrogène carburée qui a passé à travers la laine sans prendre de l’huile ou graisse et qui, par conséquent, n’a pas été condensée, peut alors être condensée ou être de nouveau immédiatement employée.
- Au moyen de ce procédé, l’huile naturelle ou graisse de crin ou laine, etc., qui a été perdue jusqu’à ce jour, est recueillie et peut être purifiée pour être employée dans le commerce.
- Ce procédé est aussi plus efficace que celui de laver la substance à nettoyer dans l’hydrocarbure liquide, parce que la vapeur pénètre beaucoup mieux toutes les parties de la laine que peut faire le liquide.
- (Mon. des Prod. chimiques.)
- NOUVELLES
- Alsace-Lorraine. — C’est définitivement le 1er août prochain que le code de commerce allemand et l’ordonnance sur les lettres de change deviendront exécutoires en Alsace-Lorraine. Les négociants français eu relations d’affaires avec les territoires cédés doivent donc se tenir pour avertis et se mettre au courant de cette législation qui diffère de la nôtre.
- Les usages commerciaux de la ville de Berlin, qui peuvent être pris comme type de ceux
- de l’Allemagne en général, sont les suivants :
- L’usage des effets, à Berlin, est de cinq jours de vue ; celle des effets sur Berlin est de quatorze jours, à dater du jour de l'acceptation. Tous les effets ayant plus de sept jours à courir, jouissent de trois jours de grâce; s’ils tombent sur un jour férié, s’ils sont payables la veille. Les effets à demi-usance n’ont point de jours de grâce.
- L’Association des Teinturiers de Lyon. — L’Association des teinturiers vient d’adresser la lettre suivante à la République républicaine de Lyon :
- « Dans les papiers de l'ex-police impériale, saisis à l'Hôtel-de-Ville le 4 septembre 1870, il a été trouvé un rapport sur les associations ouvrières lyonnaises, dans lequel il est dit que l’association des teinturiers, dont les ateliers sont situés rue Lafayeite, 37, n’a pu se cons-tituer que grâce à un prêt qui lui a été fait sur la caisse du prince impérial.
- « L’administration, ayant eu depuis peu connaissance de la brochure où sont relevés ces rapports, s’empresse de donner un démenti formel à cette assertion qui pourrait porter à notre société un préjudice moral et matériel.
- « L’association des teinturiers n’a reçu aucune subvention de l’empire, et si elle est parvenue à se constituer, non sans de grands obs-ticles, c’est grâce à l’énergie et au dévouement des actionnaires et à la force du principe social.
- « En même temps, nous annonçons à tous les travailleurs que notre association s’est transformée eu Société anonyme libre, et à capital variable, et que les actions de 100 francs, qui ne pouvaient se signer qu’au quart d’action, peuvent se signer maintenant au dixième, soit à 10 francs.
- « Nous engageons vivement tous les travailleurs à se joindre à nous, pour faire triompher le principe des associations qui seules amèneront le bien-être de la classe ouvrière.
- « Le Secrétaire, A. Duhamel. »
- Exposition de Vienne. — La chambre de commerce de Paris a été chargée de recevoir les déclarations des industriels et producteurs du département de la Seine, qui désireraient prendre part à l’Exposition universelle de Vienne (Autriche-Hongrie), qui s’ouvrira le 1er mai 1873. Elle est chargée, en outre, de se prononcer sur l’admission de leurs produits.
- Les déclarations de MM. les exposants seront reçues de dix heures du matin à quatre heures du soir, à l’hôtel de la chambre de commerce, rue Notre-Dame-des-Victoires, 21, à partir du 15 juin, où un bureau spécial sera ouvert à cet effet, et elles devront y être adressées avant le 15 août prochain.
- Pour tous les articles non signés : C. Dorion.
- Paris.— Imp. Turlin et Ad. Juvet, 9, cour des Miracles.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 15e VOL., nos 9 et 10. 5 et 20 MAI 1872
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- Sommaire
- Etude de l’alunage des laines à teindre, par M. P. Havrez. — Etude sur le vert de chine, par MM. Cloetz et GUIGNET. — Vert clair brillant sur laine, par M. Plundheller — Apprêt des tissus de lin et de chanvre, par M. D. Kaeppelin (giavure). — Des rouges de garance, par M. E. Van Laer. — Deuxième causerie confraternelle sur l’art du teinturier-dégraisseur, par M. V. Barbé. — Conférences sur l’aniline et les couleurs de houille (suite), par M. PERKIN (échantillons).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Revue sommaire des brevets d’invention. — Métier à élargir. — Teinture instantanée. — Extrait de garance. — Foulage des soies. — Teinture des déchets. — Impression-soutache. — Lithographie sur tissus.
- BIBLIOGRAPHIE : Recherches sur la teinture de M. P. Havrez. — Aide-mémoire du Teinturier, de M. G. Van Laer. — Cercles chromatiques de M. CHEVREUL. — Brevets récents concernant les industries tinctoriales.
- NOUVELLES : Exposition d’économie domestique. — Exposition de Lyon. — Exposition de Vienne. — Nécrologie : M, Alfred KŒGHLIN. — M. Gabriel DESCAT. — L’industrie alsacienne. — Enquête ouvrière.
- ETUDE DE L’ALUNAGE
- DES LAINES A TEINDRE
- Effets des doses relatives d’alun^ de laine et d'eaux diverses, de la température et de la durée de la réaction.
- Par M. Paul Havrez, Directeur de l’Ecole professionnelle de Verviers.
- M. Havrez a présenté à Y Académie des Sciences de Belgique un laborieux et intéressant mémoire sur la question sus-indiquée, lequel mémoire a été publié par le Bulletin du Musée de l’Industrie.
- Tout serait à reproduire dans cet important travail, mais comme ses proportions dépassent le cadre d’un journal industriel, le Moniteur de l. Teinture se borne à en publier la conclusion qui, d’ailleurs, résume ce travail avec tous les détails nécessaires.
- Mais avant, nous donnons le rapport présenté à ladite Académie, sur le mémoire de M. Havrez, il servira d’introduction à cette étude et en fera comprendre le mérite et l’importance. — F. G.
- Rapport sur le mémoire de M. Paul Havrez, présenté à l’Académie des sciences de Belgique^ par MM. Donny, Melsens et Dewalque.
- On sait que, pour fixer la plupart des matières colorantes sur les tissus, il faut au préalable faire passer ces derniers par un bain salin, ordinairement à base d’alun, qui porte le nom de mordant. L’action du mordant ne se borne pas à rendre le principe colorant insoluble et comme combiné à la matière textile : elle agit aussi sur la couleur, qu’elle modifie
- sous le triple rapport de sa nuance, de sa pureté ou bruniture et de son intensité.
- Un illustre chimiste, M. Chevreul, a consacré de longues recherches, dont les résultats sont exposés dans les tomes XXIV et XXXIV' des Mémoires de l’Academie des sciences de Paris à déterminer l’influence du mordançage à l’alun, seul ou associé à la crème de tartre, sur la teinture de la laine, de la soie et du coton. Mais l’éminent directeur des Gobe-lins avait laissé de côté l’étude de l’influence des doses du mordant; et les résultats obtenus présentaient des divergences notables qui restaient sans explication.
- L’auteur du mémoire renvoyé à notre exa-men, M. P. Havrez, professeur de chimie et directeur de l’Ecole professionnelle de Verviers, a cherché à éclairer ces points restés obscurs, en bornant ses recherches à la laine. Il est arrivé à constater des faits inattendus, dont il a recherché la cause ; et l’explication qu’il en donne nous permet enfin de nous rendre compte dn mordançage lui-même, comme de l’influence de diverses circonstances dont le rôle était resté inconnu, ce qui avait retenu cette partie de l’art de teindre dans des voies purement empiriques.
- L’auteur a d’abord mordancé de la laine : 1° dans des bains tièdes; 2° dans des bains bouillants, à l’aide de doses d’alun, au nombre de onze, qui s’élèvent graduellement de 1/20 pour 100 de laine à 100 pour 100.
- Après avoir teint ces laines par diverses matières colorantes (cochenille, garance, gaude, quercitron, bois jaune, bois rouge et campê-che), il a évalué, à l’aide des échelles chromatiques deM. Chevreul, les trois modifications,
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- nuance, bruniture, intensité, des teintes produites par ces accroissements successifs des doses de mordants. De ces expériences il ressort qu’un bain faiblement aluné agit comme bain alcalin, et un bain chargé d’alun comme bain acide. L’auteur avait cherché l’explication de ce double fait dans les traces de soude que retient la laine dégraissée, sans le calcaire en dissolution dans l’eau du bain, et enfin dans l’ammoniaque résultant de l’altération du principe gélatineux de la laine, lorsque notre savant confrère, M. Stas, lui signala comme cause normale la dissociation de l’alun. C’est cette explication que l’auteur a mise hors de doute par de nombreuses expériences.
- Après avoir rappelé divers exemples de décompositions signalées par les auteurs et explicables par la dissociation, l’auteur a étudié à ce point de vue la différence d’action des sulfates de fer et de cuivre, suivant qu’on les emploie à faible dose ou à forte dose. Les résultats obtenus, en confirmant les précédents, trouvent de même leur explication dans la dissociation des solutions étendues de ces sels.
- Ils n’intéressent donc pas seulement les praticiens, mais ils jettent un jour nouveau sur une partie de la science qui est appelée à diriger la pratique.
- Dans le deuxième chapitre, l’auteur cherche ensuite à déterminer la part d’influence qu’il faut attribuer aux circonstances qu’il avait d’abord considérées comme la cause essentielle de l’action alcaline d’un bain d’alun très étendu. Il examine successivement :
- a) L’influence du calcaire en dissolution dans l’eau. Des expériences entreprises sur trois eaux marquant respectivement 2, 7 et 27 degrés hydrotimétriques lui permettent de constater que le calcaire produit sur la teinture le même effet qu’une diminution de mordant.
- b) L’influence de l’état acide ou neutre de la laine et de l’eau employées. A cette fin, après avoir préalablement lavé la laine à l’eau distillée, il la fait tremper dans de l’eau acidulée par l’acide azotique, puis il la mordance avec 1/2 et avec 1 pour cent d’alun, puis finit par la teindre au campêche, au bois rouge et à la cochenille. L’action comparée de ces deux mordançages s’explique encore par la dissociation de l’alun.
- Une autre série de recherches a eu pour but de contrôler ces résultats, en examinant jusqu’à quel point la présence d’une petite quantité d’acide libre s’opposerait à la dissociation du mordant par l’eau. Des résultats obtenus, l’auteur conclut que la présence d’un acide libre en léger excès n’empêche pas la dissociation, mais diminue la dose d’alumine absorbée par la laine.
- c) L’influence de la température du bain de mordançage et de sa durée. Diverses séries d’expériences ont montré que l’alunage le plus dilué, le plus chaud et le plus prolongé produit la dissociation la plus étendue et fixe le plus d’alumine.
- L’auteur recherche ensuite l’influence de la proportion de la laine et celle de ses apprêts sur la quantité d’alumine dissociée et fixée. Il constate que la quantité relative de la laine, par rapport à celle de l’alun, exerce une influence plus considérable que celle de l’eau ; et que les apprêts acides, par exemple le soufrage sans rinçage, diminuent la dose d’alumine fixée; ce qui était à prévoir d’après les résultats d’une addition d’acide au bain.
- Dans un troisième chapitre, l’auteur revient en détail sur les expériences entreprises dans le but de rechercher l’influence des doses fortes ou faibles d’alun sur la teinture à l’aide des diverses matières colorantes que nous avons énumérées plus haut. Les résultats sont résumés sous forme de tableaux, comme la plupart des précédents, à l’aide des notations de M. Chevreul. La lecture de ces tableaux, trop compactes d’ailleurs sur le manuscrit, est très difficile pour celui qui n’est pas familiarisé avec ces symboles; mais nous avons cru voir là un inconvénient inhérent au sujet.
- Le quatrième chapitre présente le résumé de ces longues recherches, opérées sur des centaines d’échantillons de laine, qui sont conservés dans les collections de l’Ecole professionnelle de Verviers. L’auteur y revient sur les résultats obtenus et les explique à l’aide de la dissociation du mordant (1), suivie de l'ab-
- (1) Au moment où je corrige l’épreuve du présent texte, je reçois le Bulletin de la Société chimique de Paris, du 1er janvier 1872, et je trouve, page 26, une confirmation complète de tous mes résultats. D’après les recherches de M. Tichborne (Chemical Neios, XXIV, p. 199), « les solutionsaluminiquesse
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- sorption graduelle et très inégale de ses éléments par la laine; c’est une sorte de dialyse où la laine joue le rôle de corps poreux. Il finit par résumer les diverses circonstances de dose, de température et de durée qui conviennent aux diverses teintures que nous avons énumérées.
- Ce résumé succinct des longues recherches de M. Havrez était nécessaire pour permettre à la classe d’apprécier la portée de son travail et nos conclusions. L’auteur a fait faire un progrès incontestable à la théorie de l’art de teindre; aussi nous n’hésiterions pas à proposer l’insertion de son mémoire dans nos recueils, si, par sa nature et par le grand nombre de données pratiques qu’il expose, il ne nous paraissait appelé à une autre publicité, plus avantageuse pour l’auteur et pour le public. L’approbation de l'Académie sera pour l’auteur une première récompense, et l’insertion de ce rapport dans nos Bulletins suffira, croyons-nous, pour faire connaître aux chimistes la nature et la portée de ses recherches. D’autre part, l’impression du mémoire dans un recueil technique, tel que le Bulletin du Musée de l’industrie, le ferait connaître à une foule d’industriels à qui nos recueils sont inconnus ou inaccessibles.
- Nous avons donc l’houneur de proposer à la classe de donner son approbation au mémoire de M. Havrez, et d’engager l’auteur, en le remerciant de sa communication, à le présenter à un recueil technique, où il trouvera un excellent accueil.
- CONCLUSIONS
- SUR LA THÉORIE DE L’ALUNAGE DES LAINES
- A TEINDRE.
- (Texte de M. Havrez.)
- 58. Parmi les principaux faits que présente la laine pure réagissant sur une solution d’a-
- « décomposent partiellement lorsqu’on les chauffe « à 100°, mais il faut employer un grand excès « d’eau et envoyer dans le liquide de la fiole un « rayon de soleil pour apercevoir dans ce cas un « précipité floconneux. » (C’est l’alumine dans son état appelé soluble.) « Une solution d’alun ordi-« naire donne à 177° un précipité cristallin qui ccn-« tient presque toute l’alumine. »
- La certitude et l’utilité de toutes mes conclusions sur l’alunage sont donc chaque jour mieux démontrées. (Paul Havrez.)
- lun dans l’eau pure, nous sommes amenés à constater :
- 1° Deux caüses essentielles;
- 2° Leurs effets sur le bain et sur la laine ;
- 3° Les circonstances de durée, doses, température, qui développent les deux causes, augmentent leur action sur l’alunage, leurs effets sur la teintnre.
- 1. Causes qui AGISSENT pendant l’alunage.
- 59. Elles paraissent être : 1° la dissociation de l’alun par l’eau plus ou moins chaude. Il se produirait un mélange d’alun, d’hydrate d’alumine et d’hydrate sulfurique (observons que l’alun peut être remplacé par le sulfate d’alumine, quoique celui-ci donne des teintes plus rouges).
- 60. 2° L’absorption, puis la réaction et l’adhésion séparée, spéciale et certainement inégale des deux hydrates et de l’alun dans la laine. — M. Chevreul a constaté que dans les mêmes circonstances de dilution, de durée et de température :
- 1,000p de laine absorbaient 25p,8 d’acide sulfurique,
- Tandis qu’elles n’absorbent que 10P d’alun.
- L’étude de l’absorption par la laine d’alun mêlé d’acide sulfurique nous a prouvé aussi, comme nous l’exposerons dans une note spéciale, que l’acide est plus absorbé que l’alun, car les alunages subséquents dans le bain employé n’y révèlent que l’alun et peu ou pas d’acide.
- Cette absorption inégale, qu’on appelle alunage ou mordançage, est donc une forme, une variété de dialyse où le corps poreux est la laine qui transporte, puis démasque les substances dissociées qu’elle contient, lorsqu’on la plonge dans une décoction de colorants.
- L’absorption fixe la dissociation, la rend permanente; elle lui donne une sorte d’état solide et stable, ultérieurement visible dans les réactions sur les matières tinctoriales.
- Nous allons examiner les effets de ces deux actions successives : dissociation et absorption, sur le bain d’alun et sur la laine alunée.
- II. Effets de cette dissociation et de cette absorption.
- A) Sur le bain d’alun.
- 61. La théorie de la dissociation de l’alun par l’eau a été parfaitement confirmée par l’étude des bains d’alunage.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- L’acide sulfurique dissocié étant fixe, ne pouvant (comme l’acide chlorhydrique) être dégagé pendant l’ébullition du sulfate d’alumine, on conçoit que si le bain n’agit pas sur la laine (ou n’agit que sur des quantités très faibles et pendant peu d’instants), la dissociation ne se manifestera par aucun effet sensible, le rapport entre les constituants dissociés restant celui qui constitue l’alun.
- Mais si un dialyscur, ou si de la laine intervient, l’acide sulfurique étant plus absorbé par elle que ne l’est l’alumine, celle-ci dominera bientôt dans le bain.
- Ainsi, le bain d'alunage sera d'autant moins riche en acide sulfurique, d'autant plus chargé d'alumine basique qicil aura agi sur une plus grande masse de laine pure, soit qu’elle ait réagi en une seule fois, soit qu’elle ait été ajoutée successivement (série d’alunages), soit qu’elle ait produit une suite d’absorptions en agissant pendant un temps très prolongé au bouillon.
- 62. C’est, en effet, ce qu’ont prouvé tous nos essais, et notamment les teintures de séries de laines, soit neutres, soit légèrement acidulées, soit soufrées, qui ont successivement été alu-nées dans un même bain d’alun. L’alumine basique y manifeste de plus en plus sa prédominance et par l’action de ce bain sur la teinture de tournesol, et par les teintures plus bleues et plus fournies qu’elle fait prendre aux laines, et enfin par le précipité blanc d’alumine déshydratée qui augmente de plus en plus dans le bain.
- Examinons pourquoi ce précipité ne se manifeste pas d’abord. L’alumine, dissociée de l’alun, doit évidemment exister d’abord dans le bain sous sa forme soluble (1).
- D’ailleurs, même après un premier alunage, l’excès d’alumine basique qui reste dans le bain est à cet état soluble.
- En effet, une solution de lp d’alun dans 1,OOOp à 5,000P d’eau distiliée où 100p de laine se sont alunées, ne se trouble pas par l’addition de carbonate de soude. Il faut l’ébullition pour faire apparaître dans ce cas les flocons en partie déshydratés d’alumine insoluble.
- On conçoit donc que Valumine soluble qui
- (1) Voir la note, page 94 : une observation de M. Tichborne confirme notre hypothèse,
- s'accumule dans un bain d'alunage ne se précipite que par l’action d'une ébullition prolongée^ ce qui arrive après une suite d’alunages. En rinçant les laines qui ont bouilli longtemps dans ces bains déjà employés d’alun, on les trouve chargées de farine blanche insoluble d’alumine déshydratée.
- B) Effets des deux hydrates dissociés sur la laine : 1° en dose plus forte que 15 fois le poids d'alun; 2° en dose faible.
- 63. La laine plus ou moins modifiée déjà par ses apprêts (dégraissage par les alcalis, soufrage, rinçage incomplet dans des eaux calcaires, etc.) et les matières minérales, ferrugineuses notamment, qu’elle contient, après l’absorption inégale de l’hydrate sulfurique et de l’hydrate aluminique, doivent réagir d’une manière très différente sur chacun d'eux. — On sait combien plus énergique est l’action des alcalis que celle des acides sur la laine ; l’étude de ces deux actions va donc nous donner l’explication probable de ce qui arrive à la laine pendant son alunage, et notamment de son altération profonde quand la dose d’alun est faible, et de sa conservation quand la dose est forte.
- {La suite au prochain numéro}.
- ETUDE SUR LE VERT DE CHINE Par MM. Clœtz et Guignet
- Nous devions mentionner ce travail, présenté par les auteurs à l’Académie des Sciences ; toutefois, fait au point de vue de la science pure, nous nous bornons à le signaler, en invitant ceux de nos lecteurs qui s’intéressent à cette question, à voir les Compte-Rendus de l'Académie des Sciences ou les journaux de chimie qui, la plupart, reproduisent ce mémoire.
- On sait que cette matière colorante n’a pas reçu d’applications industrielles, les auteurs du mémoire en indiquent ainsi la raison :
- « Après avoir attiré vivement l’attention des chimistes et des teinturiers, le vert de Chine est tombé dans un oubli à peu près complet. Cette couleur a été délaissée pour les magnifiques verts d’aniline ; elle était d’ailleurs d’un usage difficile en teinture, et d’un prix élevé. »
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Et quant au but de leur travail, ils disent :
- « Au point de vue de la chimie pure, il nous a paru intéressant de reprendre l’étude du vert de Chine, surtout en vue d’obtenir un produit d’une composition définie et d’étudier les relations qui peuvent rattacher ce produit aux nombreuses matières colorantes des fruits des nerpruns. »
- MM. Clœtz et Guignet ont isolé la matière colorante qu’ils nomment lokaïne, laquelle est bleue et se trouve dans les proportions de 60 pour 100. C’est par un traitement au carbonate d’ammoniaque que cette matière a été obtenue.
- Cette expérience confirme l’opinion de Per-soz d’après laquelle le vert de Chine, complètement purifié, devrait être bleu et non pas vert.
- Comme nous le disions en commençant, le vert de Chine, ou Lakao, ne présente plus, aujourd’hui, qu’un intérêt purement scientifique. — F. G.
- VERT CLAIR GRILLANT
- SUR LAINE
- Par M. PFUNDHELLER
- On n’a point encore songé à employer le prussiate rouge de potasse pour produire des verts sur fils ou tissus ; il y a donc intérêt à faire connaître un procédé qui donne, par ce moyen, des nuances belles,vives, très pures et à très bon marché.
- Pour 10 kilog. de matières filamenteuses, telles que drap, flanelles, fils, etc., on prépare le bain suivant :
- Prussiate rouge de potasse, 250 gramm.
- Acide sulfurique, 500 »
- Eau froide.
- On introduit dans cette dissolution les matières à teindre, et on porte rapidement le bain à l’ébullition que l’on maintient pendant une heure.
- Alors, on lève les étoffes ou les fils, et on ajoute au bain :
- Acide picrique, 30 à 60 gramm.
- La dose d’acide picrique varie selon que l’on veut un vert tirant plus ou moins sur le jaune ou sur le bleu.
- On donne encore un quart-d’heure d’ébulli
- tion, et la teinture est terminée. La laine ne demande un peu plus.
- La nuance obtenue avec une dose moyenne d’acide picrique, soit environ 45 grammes, est celle que l’on connaît sous le nom de vert de Saxe, mais elle est beaucoup plus belle que celle préparée avec l’indigo.
- Si l’on veut du vert tout-à-fait clair, il faut évidemment diminuer la dose de tous les produits employés.
- On prépare les verts les plus beaux en portant rapidement la chaudière à l’ébullition, après l’avoir laissée refroidir; on obtient aussi les nuances les plus vives et les plus crues en opérant dans des cuves en bois chauffées par la vapeur.
- L’introduction des matières dans la chaudière froide est absolument nécessaire, parce que, si le bain était chauffé d’avance, il se formerait un précipité de bleu de Prusse qui, au lieu de se fixer sur les filaments, se déposerait dans la chaudière, sur le tour, sur ses montants, etc. Il faudrait donc, si l’on opérait ainsi, employer le double d’ingrédients pour obtenir une même nuance. D’ailleurs, le bain serait fort trouble et tacherait les étoffes.
- Lorsqu’on est parvenu à connaître les doses convenables des matières colorantes, on teint avec une sécurité complète, sans avoir à craindre d’accidents, et les doses sus-indiquées sont celles qui donnent les meilleurs résultats : il faut, autant que possible, ne pas s’en écarter; ainsi il n’y aurait aucune utilité à forcer la proportion de prussiate; en le doublant, par exemple, on n’obtiendrait pas une nuance en rapport.
- (Dingler’s, Polyt. Journ.)
- APPRÊT DES TISSUS DE COTON ET DE CHANVRE par M. D. KAEPPELIN (Suite)
- M. Heilmann a eu l’idée d’agir sur toute la largeur du tissu et d’exercer une pression qui, en distendant les fils d’une manière régulière, permet de la régler selon les besoins du moment, je laisse la parole à M. Burnat, et j’emprunte le passage suivant à son rapport :
- « Cherchons à donner une idée du principe
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- de la machine, en renvoyant pour les détails à la description et à la planche qui se trouvent jointes à ce rapport. Deux rouleaux en fonte superposés, ayant pour longueur de table la largeur du tissu, présentent une série de cannelures perpendiculaires à leur axe; ces cannelures sont disposées de telle sorte que les saillies de l’un de ces rouleaux entrent dans les creux de l’autre. Des vis de réglage ma-nœuvrées par une manivelle permettent de régler l’écartement de ces deux rouleaux et de tes déplacer parallèlement à leur axe. L’un de
- sera pincé entre le caoutchouc et les sommets des cannelures du rouleau supérieur; plus on rapprochera les deux rouleaux, plus aussi la longueur de tissu comprise entre les cannelures devra augmenter, car les points pincés ne glisseront pas sensiblement; en augmentant cet effet on arrive aisément à la rupture du tissu par une série de lannières parallèles aux fils de la chaîne. »
- La figure 12 donne une idée exacte de cet ingénieux appareil. Je la dois à l’obligeance de M. Heilmann lui-même, qui s’est empressé
- (4
- ESM llHeei abllitriem
- Fig. 12. — Machine à élargir.
- ces rouleaux est muni d’une enveloppe en caoutchouc qui l’enroule totalement et est fixée aux deux extrémités vers les tourillons du rouleau de façon à rester bien tendue sur la surface des cannelures, lorsque le rouleau qui le porte est dégagé.
- « Ceci posé, on conçoit que si l’on applique l’ùn des rouleaux contre l’autre, la manche en caoutchouc sera étirée dans le sens de sa longueur, et si le tissu est passé entre ces deux cylindres, la propriété du caoutchouc d’être très-adhésif aura pour conséquence l’étirage du tissu dans le sens de sa largeur. Ce tissu
- de me la communiquer à la première demande que je lui en ai faite.
- La pièce placée en A est dirigée sur la règle élargisseuse, E, pour être bien embarrée et soumise à une traction en long, puis de là entre les rouleaux R, R’ en fonte à cannelures transversales. Celui R est recouvert d’une chemise en caoutchouc qui, par suite de la pression qui s’exerce sur elle, tourne peu à peu sur le rouleau qui la porte, ce qui est indispensable à la marche de la machine.
- Ce mouvement est rendu possible par une poulie à gorge, autour de laquelle la chemise
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- #3
- Q> 0.
- MACHINE A ÉLARGIR
- Production théorique par heure : 9 à 10 pièces de 100 mètres.
- RÉSULTAT DES ESSAIS PRATIQUES
- QUALIFICATION et ÉTAT DU TISSU. s • c « » S i en 9 P K S LARGEUR Élargissement OBTENU. — OBSERVATIONS.
- AVANT. APRÈS.
- 60 portées, 49 fils, imprimé non apprêté Percale, 50,80 portées, 26 fils, imprimée non apprêtée.. 60 portées, 20 fils, imprimé, apprêté, non humecté.... Id. Percale 50 portées, apprêtée humectée 60 portées, 49 fils blanc, apprêté La même pièce, après un deuxième passage Percale 50 portées, blanc, apprêté Id. Deuxième passage. Percale 50 portées, imprimée non apprêtée Id. Deuxième passage. 60 portées, 49 fils, imprimé, non apprêté Id. Deuxième passage. 1 1 1 2 4 1 1 4 1 1 1 4 1 Millimètres. 760 850 770 780 830 750 à 760 780 à 790 810 à 820 850 à 860 820 860 750 770 Millimètres. 785 à 790 875 780 à 785 810 à 815 860 780 à 790 800 à 810 850 à 860 870 à 875 860 890 770 790 Millimètres. 25 à 30 25 20 à 25 30 à 35 30 39 20 40 15 à 20 40 30 20 20 S’est déchiré après un élargissement de 30 millim. N’a présenté aucune déchirure. Le tissu, après cylindrage, humectage etpliage, avait repris sa iargeur de 770 à 775 millim. Le tissu, après les mêmes opérations, avait son apprêt brisé. Après cylindrage et pliage, la pièce avait 870 millim. de large. Après ces 2 passages, 50 mm. d’élargissement total. Élargissement total par ces 2 passages : 55 à 60 mm. Élargissement total par ces 2 passages ; 70 millim. Élargissement total, par ces deux passages : 40 millim. La même pièce apprêtée et cylindrée, avait 78 centim. après pliage. Une coupe semblable élargie seulement une fois, n’avaitque 77 centim. après le cylin-drage et le pliage.
- est ligaturée. Cette poulie est folle sur une vis qui est entraînée avec l’arbre au moyen d’une cale et retenue par un écrou.
- Il arrive que l’on recouvre aussi le rouleau R d’une chemise semblable quand il s’agit de tissus délicats. La pièce en quittant les rouleaux cannelés va s’enrouler autour du rouleau
- B, ou bien elle est dirigée par le plieur P qui est mû par la courroie qui passe sur la poulie à gorge p.
- G, est le rouleau de contact, sur l’axe duquel est fixée la poulie c ;
- D, est la fourche de débrayage.
- F, F’, représentent les poulies motrices, fixe
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- et folle, montées sur l’axe du rouleau inférieur qui porte à l’autre extrémité la poulie f.
- M, est la manivelle qui permet de régler la distance entre les rouleaux R, R’. Les coussinets m, m du rouleau inférieur sont fixes, tandis que ceux de l’axe a' peuvent glisser dans une rainure ménagée dans le bâti.
- L’extrémité des deux vis V, V’, entre dans les deux coussinets et y est maintenue au moyen d’une bague goupillée permettant ainsi à la vis de tourner, tout en forçant le rouleau de suivre les vis dans leur mouvement de hausse ou de baisse. Les vis passent dans les écrous E, E, et portent à la partie supérieure des pignons coniques, n, n, mis en mouvement par les pignons n‘, ri, montés sur l’axe O de la manivelle. Des goupilles forcent les collets s et s’, et par suite l’axe O à suivre les vis dans leur mouvement et servent en même temps à caler les pignons n, n.
- Plusieurs de ces appareils (une trentaine environ), fonctionnent dans différents établissements d’Alsace et de Normandie, et les résultats que l’on obtient en en faisant usage suffisent pour leur assurer désormais une place importante dans l’industrie des toiles peintes. Je crois utile de donner sous la forme d’un tableau le résultat des expériences qui ont été faites par M. Burnat sur l’élargisseur de M. Heilmann. Ce tableau est emprunté au rapport que j’ai déjà cité.
- Quand les tissus sont apprêtés, c’est-à-dire encollés, et qu’ils offrent trop de raideur, on emploie cet appareil pour briser leur apprêt, et leur donner en même temps un léger lissage tout en les élargissant. — Leur longueur ne subit pas de modifications sensibles, quand l’étoffe a été bien embarrée, comme je l’ai précédemment recommandé, avant de passer sous les rouleaux élargisseurs.
- (La suite à un prochain numéro.)
- DES ROUGES DE GARANCE Par M. G. Van Laer.
- •
- De tous les rouges sur laine, celui qu’on obtient par la garance est le plus solide.
- Comme pour la teinture à la cochenille, le teinturier doit tenir compte de la composition des eaux, de la richesse et de la nature du co
- lorant, de la température et de la durée pendant laquelle il doit opérer. La teinture à la garance demande beaucoup de soins ; il convient donc de s’observer et de prendre bien note des conditions dans lesquelles il faut opérer.
- Les teintures en garance peuvent s’obtenir rapidement comme les autres teintures, et peuvent se prolonger avec avantage. Voici ce que dit M. Schlumberger, Traité des Matières colorantes : « Les teintures en garance peuvent avoir jusqu’à 6 heures de durée ; on a encore observé qu'en restant 8 heures à la température de 50 j on extrait plus de matière colorante qu'avec une teinture de 3 heures poussée jusqu'à l'ébullition. » — Cela s’est produit tout aussi bien avec la garance d’Alsace qu’avec celle d’Avignon.
- Des auteurs prétendent qu’il convient de pousser jusqu’à l’ébullition, mais d’après M. Schlumberger, on arrive à 80° pour la garance d’Avignon et à 80° pour celle d’Alsace à épuiser le bain aussi bien qu’à 95°, pourvu que l’on prolonge assez longtemps la température.
- L’ébullition est favorable pour la fixation de beaucoup de matières colorantes, mais la vivacité des couleurs en souffre beaucoup.
- J’ai fait plusieurs essais à ce sujet pour me rendre compte de l’exactitude de ces observations et j’ai obtenu des couleurs bien plus franches en opérant à une température de 80", qu’en opérant à l’ébullition.
- Cette teinture a été obtenue ainsi pour 100 kilogrammes de laine :
- Bouillon de 1 heure dans
- Eau.
- Alun, 20 kilog.
- Tartre, 8 —
- La moitié de cette laine mordancée a été teinte avec 50 kilog. de garance de Zélande à une température de 80° ; la durée de la température a été de 3 heures ; l’autre moitié a été teinte avec la même dose de garance, mais a été maintenue à l’ébullition 2 heures.
- Dans ce cas, il se fixe une partie du principe jaune de la garance, qui produit cette teinte fauve.
- M. Schlumberger fait encore observer qu’il faut surtout éviter dans la teinture en garance de laisser refroidir le bain pendant la marche de la teinture, pour recontinuer l’élévation
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- progressive de la température, car on éprouverait, dit-il, de grandes pertes de matières colorantes : ainsi une teinture arrivée à 55°, refroidie jusqu’à 30°, rechauffée de nouveau jusqu’à 70°, refroidie jusqu’à 40°, poussée enfin jusqu’à l’ébullition éprouve une perte de 42 pour 100.
- Le calcaire a aussi des effets très curieux sur la garance, et se fait sentir d’une façon tout autre sur les garances de différentes provenances.
- Voici ce que dit M. Sehlumberger : Ainsi la garance d’Alsace qui est acide exige, pour donner des teintes solides, l’addition d’une certaine quantité de craie, il n’en est pas de même avec la garance d’Avignon qui contient du calcaire, et si l’on venait à en ajouter ou si l’eau en ajoutait, ce ne serait pas sans perte que l’on agirait ; ainsi l’addition de calcaire peut occasionner des pertes ou devenir utile, suivant la garance et suivant les doses.
- La garance d’Alsace qui est acide et dépourvue de calcaire supporte l’introduction des alcalis, et surtout de la craie, et rend même les teintures plus stables, d’après des praticiens.
- Les garances où une addition de craie est utile sont celles d’Alsace, de Zélande et de Belgique ; ces garances ne contenant presque pas de calcaire, donnent des nuances bien plus vives et plus solides que quand on n’y en ajoute pas.
- J’ai fait plusieurs expériences sur les garances de Zélande, pour voir si vraiment ces observations sont aussi avantageuses que le disent plusieurs auteurs ; mes expériences le confirment parfaitement, mais l’effet est faible.
- 100 kilog. de laine ont été mordancés au bouillon, 2 heures avec :
- Eau ce pluie.
- Alun, 13 kilog.
- Tartre, 3 —
- Après le refroidissement de la laine, j’en ai teint la moitié dans un bain contenant la même eau et 30 kilog. de garance de Zélande, la teinture a duré 2 heures à la température de 80°, l’autre moitié a été teinte par la même dose de garance, même durée et même température, mais j’ai ajouté au bain 2 pour 100
- de craie, c’est-à-dire 2 kilog. de craie pour 100 de garance.
- La garance contient, d’après plusieurs chimistes, différentes matières colorantes; des chimistes en admettent trois :
- 1° L’alizarine, matière colorante rouge orange ;
- 2° La purpurine, matière colorante rouge pourpre;
- 3° La xantine, matière colorante jaune.
- D’autres en ont trouvé cinq :
- 1° L’alizarine, matière colorante rouge orange ;
- 2° La purpurine, matière colorante rouge pourpre ;
- 3° Une matière orangée, matière colorante orangée ;
- 4° Pseudo-purpurine, matière colorante rouge brique ;
- 3° Purpuro-xanthine, matière colorante, jaune.
- D’après M. Dumas, l’alizarine est moins soluble dans l’eau rendue légèrement acide; cette propriété explique la nécessité d'ajouter du carbonate de chaux au bain de teinture, quand la garance n’en contient pas d'elle-même.
- Voici ce que dit M. Jenny dans un mémoire sur le rouge d'Andrinople (Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse) :
- « J’attribue les mauvais résultats qu’on obtient avec une garance non calcaire, à la présence des acides organiques, comme les acides suceinique, pectique et autres, qui agissent sur l’alumine fixée et la dissolvent.
- « Le carbonate de chaux neutralise ces acides, mais le moment de la neutralisation ne doit pas être dépassé ; la matière colorante de la garance agit sur la chaux, s’y combine et est perdue pour la teinture. »
- Je crois que M. Jenny exagère un peu, mais cependant, il est bon de n’employer que la dose de craie nécessaire pour la neutralisation de l’acide en excès.
- L’addition de tannin à la garance favorise aussi beaucoup les teintures; d’après plusieurs auteurs, les nuances sont plus pures et plus fournies.
- Pour me rendre compte de l’exactitude du procédé, j’ai fait plusieurs teintures en em-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- ployant 10 kil. de sumac pour 100 kil.de ga-rance, et j’ai obtenu de bons résultats.
- Voici deux essais qui indiquent la différence que produit l’addition de 1/10 de tannin au bain de teinture.
- 100 kilog. de laine ont été mordancés au bouillon, 2 heures avec :
- Alun, 15 kilog.
- Tartre (*), S —
- Après refroidissement, 30 kilog. de celte laine ont été teints avec 37 kilog. 1/2 de garance de Zélande ; la durée a été de 2 heures à une températnre de 80° à 85°.
- Les autres 50 kilog. de laine ont été teints avec le même poids de garance et 3 k. 1/2 de sumac; la durée a été de 2 heures à la même température.
- D’après M. Persoz, la puissance colorante de la garance est augmentée de :
- 24 0/0 par addition de 1/30 de galles;
- 25 0/0 — 1/30 d’éc. de chêne ;
- 37 0/0 — 1/30 de dividivi ;
- 27 0/0 — 1/30 de quercitron.
- D’après M. Jenny, dans la pratique on emploie le sumac de préférence aux autres substances astringentes, parce qu’il donne des nuances plus pures, plus faciles à aviver.
- La présence du tannin favorise beaucoup la solubilité de l'alizarine, une garance traitée de cette manière s’épuise presque entièrement, et ne contient presque plus d’alizarine.
- On emploie généralement le sumac dans la proportion de 4/10 du poids de la garance, et comme le sumac n’est pas très riche en tannin (celui de l’Asie en contient 16 0/0, le sumac du Tyrol 10 0/0), cette proportion n’en introduit que très peu dans le bain de teinture; une addition plus forte de sumac, — 1/3 à 1/2 du poids de la garance, —- ne produit plus qu’un rouge maigre.
- Ces renseignements sont très intéressants et indispensables pour teindre avec économie. J’ai cru bien faire en les donnant, avant de
- (*) Nous employons le mot tartre, par abréviation ; mais nous entendrons toujours crème de tartre, ou tartrate acide de potasse.
- Le tartre, tel qu’on le retire des barriques, est la même substance mêlée avec de l’argile, du sable, etc., de manière que dans son emploi l’on a aucun résultat certain, ce qui n’arrive pas lorsqu’on emploie la crème de tartre, on tartre pur.
- m’occuper des procédés ou recettes, qui ne suffisent pas pour faire un teinturier.
- Par malheur, beaucoup de teinturiers n’ayant aucune connaissance chimique appliquée à leur partie, ne peuvent s’occuper que du prix de revient des matières employées dans leurs procédés, et souvent, par ce manque de connaissances, ils dépensent plus que des ouvriers possédant des notions de chimie appliquées à la teinture.
- Le garançage sur laine réclame toutes les précautions, comme je l’ai dit, pour obtenir une teinture franche.
- Nous nous occuperons maintenant des procédés en usage chez les principaux teinturiers.
- Un procède toujours au moyen de deux opérations, le bouillon, ou mordançage, puis la rougie, ou remontage.
- Des teinturiers font bouillir la laine pendant 3 heures dans un bain contenant pour 100 kilogrammes de laine :
- Alun, 25 kilog.
- Tartre, 6 —
- et la laissent séjourner pendant 7 ou 8 jours dans un endroit humide après l’avoir retirée du bain. - io
- La rougie s’opère en plongeant la laine dans un bain contenant 60 kil. de garance ou plus, selon la nuance que l’on désire.
- Cette opération demande toute l’attention de l’ouvrier; il doit s’arrêter au moment où le bain va entrer en ébullition, et le maintenir ainsi, aussi longtemps que le bain n’est pas épuisé, ou jusqu’à ce qu’il soit arrivé à l’échantillon ; on termine en lavant avec beaucoup de soin.
- Des teinturiers ajoutent au bain de garance de la composition d’étain ; cela est bon, mais il faut mettre la composition à la fin de la teinture.
- 2me procédé.
- 100 kilogrammes de laine.
- Donner à la laine un bouillon de 2 heures dans un bain contenant :
- Composition d’étain, 8 kilog.
- Eau de pluie, »
- Tartre, 8 —
- Après un repos de 2 jours, la laine est teinte dans un bain contenant :
- Garance de Zélande, 70 kilog.
- Eau de source.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- C
- 9
- On fait bouillir pendant 10 minutes, puis on plonge la laine dans le bain qu’on maintient 3 heures à une température de 90 à 950; puis on lave avec soin.
- Préparation de la composition d’étain pour cette teinture.
- Prendre de l’acide nitrique à 30°, y dissoudre le huitième de son poids de chlorhydrate d’ammoniaque, puis ajouter par petites parties la même dose d’étain en rubans ou en grenailles; ensuite étendre cette dissolution du quart de son poids d’eau pure.
- 3me procédé.
- 100 kilogrammes de laine.
- Bouillon de une heure et demie dans un bain composé de :
- Alun, 15 kilog.
- Sulfate de soude, 5 — Après un repos de 3 jours, teindre dans 60 kilog. de garance de Zélande.
- La durée de la teinture est de 2 heures à une température voisine de l’ébullition.
- ROUGE GARANCE MILITAIRE Décrit par M. Dumas.
- Par pièce de drap de 22 mètres.
- On commence par aluner pendant 2 ou 3 heures dans un bain composé de :
- Alun, 4 à 5 kilog.
- Crème de tartre, 2 kil. 500.
- On ajoute ordinairement du son à ce bain, le drap mordancé est laissé en repos pendant huit jours hors du bain ; quelques teinturiers teignent de suite après le bouillon,
- La teinture se fait dans un bain contenant 5 kilog. de garance et 1 kilog. de composition d’eau forte par pièce de drap ; on chauffe graduellement, et ce n’est qu’à la fin qu’on le porte au bouillon. L’on tourne les pièces sur un moulinet en empêchant, le mieux possible, le contact contre les parois de la chaudière.
- Je ferai observer qu’il est dangereux de faire bouillir, surtout en présence du mordant acide que M. Dumas ajoute à la garance ; la teinture passe presque entièrement au jaune, il est bon de ne mettre la composition qu’à la fin de l’opération sans faire bouillir.
- PROCÉDÉ DÉCRIT PAR VITALIS
- (Dictionnaire Thchnologiq,ué.\
- 100 kilog. de laine ou drap.
- Il commence par donner à l’étoffe un bouil ion de 2 heures, avec :
- Eau,
- Alun, 25 kilog.
- Tartre, 6 —
- Il prépare ensuite un bain frais, et lorsque l’eau est chaude au point de pouvoir y tenir aisément la main, il y verse la garance que demande la couleur ou nuance ; puis il ajoute 4 kilog. de dissolution d’étain étendue de son poids d’eau, il agite pour bien opérer le mélange, puis il abat la laine qu’il tient à une température qui doit arriver graduellement à 75° dans l'espace d’une heure.
- Il termine l’opération en faisant bouillir 3 ou 4 minutes.
- PROCÉDÉS DE POERNER
- Poërner donne deux procédés pour le rouge garance :
- Pour 100 kilogrammes de drap.
- Bouillon composé d’eau.
- Alun, 12 kilog.
- Tartre, 3 —
- Composit. d’étain, 1 kil. 500.
- Il fait bouillir pendant 1 heure et demie à 2 heures; il laisse le drap pendant 4 jours dans le bain devenu froid, laisse ensuite égoutter, puis il teint dans un deuxième bain ; il a obtenu ainsi une couleur vive et brillante.
- Le mordançage du second procédé consiste à faire dissoudre dans de l’eau chaude :
- Alun, 30 kilog.
- Crème de tartre, 6 —
- Lorsque le bain commence à bouillir, il met le drap pour le faire bouillir pendant 1 heure à 1 heure et demie, puis il laisse reposer pendant 24 heures dans le bain devenu froid.
- Pour la rougie, ou teinture, dans les deux procédés, il met dans un cuve de bois de sapin 60 kilog. de bonne garance, puisque la garance ne doit point bouillir ; puis il fait bouillir 30 kilog. de crème de tartre dans une chaudière suffisamment remplie d’eau.
- Quand le tartre est dissous, il y ajoute 30 k. de dissolution d’étain, remue bien le tout, et il verse cette dissolution bouillante dessus la garance dans la cuve de bois.
- Il remue bien le tout pendant quelques minutes, et met le drap qu’il ne retire de l’alunage que pour lui donner le temps de s'égoutter.
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- Il passe le drap, à l’aide du tour, dans ce bain de teinture, pendant une demi-heure ; puis laisse refroidir pendant 24 heures dans le bain de garance même.
- Il met ensuite 30 kilog. de garance dans une cuve semblable à la précédente, verse dessus de l’eau bouillante, remue pendant quelques minutes et met les mêmes pièces de drap qu’il manœuvre pendant une demi-heure ; il laisse refroidir comme dans le premier cas, pendant 24 heures ; enfin il retire et il lave avec soin.
- Désirant faire connaître les tentatives plus ou moins heureuses que de savants chimistes ont faites pour obtenir par la garance des teintures aussi belles que brillantes, j’ai décrit ce procédé qui n’est vraiment pas pratique, mais qui prouve que depuis longtemps l’on a reconnu la nécessité de ne pas faire bouillir la garance pour obtenir des couleurs brillantes.
- On teint en général très peu de tissus de laine en rouge de garance, on devrait faire un plus grand usage de cette riche matière colorante, pour les nuances modes, etc., etc.; elle donne des nuances très belles, d’une solidité à toute épreuve, mais le prix élevé de la ga-lance est la cause de l’emploi médiocre que l’on en fait.
- Je crois que pour le moment, il est bon de ne pas trop s’occuper du perfectionnement des procédés de teinture par cette matière colorante.
- La chimie fait en ce moment des découvertes réellement surprenantes; elle vient de dérive1 1 alizarine du goudron, ce qui va transformer tous les procédés en usage aujourd’hui; espérons que l’on fournira bientôt ce colorant à un prix qui nous permette d’en faire usage dans toutes nos couleurs.
- (Aide-Mémoire du Teinturier.) (A suivre.)
- CAUSERIES CONFRATERNELLES SUR l’art DU TEINTURIER-DÉGRAISSEUR (2e Causerie).
- Comme je l’ai dit dans le dernier numéro, nous allons, si vous le voulez bien, chers confrères, commencer à faire fonctionner notre petit laboratoire; pour cela il nous faut des produits de premier choix : il serait superflu
- d’en faire la nomenclature, car nous trouverons au fur et à mesure de nos besoins les articles qui nous sont nécessaires, en détaillant les procédés ; disons seulement que les teinturiers-dégraisseurs emploient une bien plus grande variété de produits, que dans toute autre branche de la teinture, et que nous n’avons pas, comme dans la teinturerie manufacturière, des considérations d’économie ou de concurrence pour employer ceux de deuxième et troisième choix, parce que la meilleure manière de faire la concurrence, c’est de faire beau, et qu’ensuite, les belles qualités, par suite de leur rendement, sont souvent moins chères que les inférieures; mais toutefois, qu’on veuille bien ici me permettre un petit conseil : dans ma précédente causerie, j’ai dit qu’il était urgent de bien se faire renseigner sur les diverses machines et appareils propres à notre industrie; il en est de même des produits de droguerie : il faut, dis-je, s’adresser à de bonnes et sérieuses maisons et acheter les articles sous leurs véritables noms.
- Voyons! quel est celui d’entre nous qui n’est pas assailli, à chaque instant, par ce petit Monsieur, voyageur, toujours vêtu avec une certaine recherche, bien frisotté et bien pomponné; qui, après avoir échangé des salutations assez banales, entre en matière par ce petit boniment : « Je suis représentant de telle maison de Paris, ou de Lyon; j’ai à vous offrir un nouveau produit, » tantôt c’est du bleu solide^ du bletc Mexico^ une autre fois, du rouge indien! etc., etc..., toutes dénominations aussi charlatanesques les unes que les autres. Avec cela, on vous présente un joli flacon, un bout de ruban où une petite floche de soie, soi-disant teinte par le précieux produit. Le teinturier qui, en général, est amateur du beau et du nouveau, et aime à s’instruire, fait une acquisition dont ensuite il aura grand peine de retirer son argent, et... le tour est joué : voilà ce que l’on peut appeler nous montrer des couleurs, et à des teinturiers encore!
- J’ai connu et je connais encore un de ces honorables chevaliers d’industrie, qui n’avait besoin, disait-il, que faire deux ventes à chaque teinturier, pour se retirer des affaires, seulement je dois ajouter qu’il n’a pas suffisamment trouvé de pigeons à plumer, car voilà tantôt dix ans de cela, et je vois encore de
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- temps à autre ce noble industriel exercer son petit métier. Il est même jusqu’à certains teinturiers qui cherchent aussi à exploiter leurs confrères : non-contents de solliciter quelques travaux tels que des impressions, ils leur offrent encore de leur vendre des produits, et cela en amis!...
- Nous avons encore certains droguistes qui font paraître un soi-disant journal qui ressemble à s’y méprendre à une boutique à réclames, et qui a pour but de favoriser l’écoulement de leurs produits; et,même des sujets de « l’empereur » Guillaume, usent de ce moyen chez nous, et nous croient assez niais pour couper dans leurs réclames à la prussienne.
- Il appartient donc au Moniteur de la Teinture de mettre ses lecteurs en garde contre tous ces charlatans, parce que lui seul a été jusqu’ici, notre journal sérieux et indépendant, et à ce titre toutes nos sympathies doivent lui être acquises (1).
- Geci dit, revenons à notre atelier et procédons à nos travaux.
- Nettoyages draps, à Sa brosse.
- Ce travail, qui est de la plus grande simplicité, est cependant assez mal exécuté par quelques teinturiers, surtout par ceux qui font du bon marché. Pour établir une comparaison, passons en revue quelques moyens employés : il en est qui font tremper les objets dans un bain très-concentré de carbonate de soude pendant une nuit entière, dans le but de mieux faire, et d’avancer le travail ; ensuite, les pièces sont tout simplement brossées avec ce même bain, rincées et mises au sec; d’autres ne font que plonger les objets un à un, pour les brosser ensuite : mon avis est que cette manière de nettoyer a plutôt l’air d’un lessivage; enfin, quelques-uns marquent les
- (1) Dans sa première causerie, M. Barbé nous avait recommandé auprès de nos lecteurs, pour le choix des machines dont ils désireraient faire acquisition; ne voulant rien accepter qui eut une apparence de compérage, et malgré notre peu de goût pour la censure, nous avons supprimé ce passage. Aujourd’hui l’auteur revient à cet ordre d’idées, et nous avise qu’il tient à ce que sa copie ne soit point modifié à ce propos : nous respectons donc son désir. — F. G.
- taches au savon et au lieu de laver chaque tache à la main, brossent directement avec un bain chaud de cristaux de soude, rincent et sèchent : ce moyen est un peu moins mauvais, il n’en faut pas conclure, pour cela, que les taches ont entièrement disparu, elles sont seulement effleurées et reparaîtront dans quelques jours.
- En procédant de la manière suivante, on obtiendra un très bon résultat, n’ayant rien à envier au nettoyage à sec : admettons que nous n’ayons que vingt-cinq à trente pièces, c’est-à-dire la journée de deux hommes ; on commence d’abord par suspendre les pièces une à une au cerceau, et à l’aide d’une baguette très-souple, on les bat fortement pour extraire la poussière et découvrir les taches. Cette opération terminée, on trie les quelques pièces qui n’ont que peu de taches, dont les doublures ne sont pas sales, et on les met de côté pour les faire à la fin ; pour les autres articles plus tachés, on étend la pièce sur la table à nettoyer, d’autre part on prend de la main droite un morceau de savon, taillé en forme d’œuf, avec lequel on marque toutes les taches, en frottant trois ou quatre fois sur chaque.
- Je ferai remarquer que beaucoup d’ouvriers s’acquittent très-mal de cette simple opération, c’est-à-dire mettent trop ou pas assez de savon. Je dis trop, quand il s’agit de marquer une tache de l’étendue d’une pièce de S centimes et qu’on allonge une beurrée de savon de 15 à 20 centimètres; c’est à n’en plus finir pour retirer tout le savon : il faut avoir recours à l’échaudage, ce dont il faut bien se garder, par parenthèse. J’appelle pas assez, quand la tache n’est qu’effleurée, parce que dans ce cas, lorsqu’on viendra à dégorger, cette partie ne moussera pas, la tache restera insoluble, c’est-à-dire qu’elle ne sera pas dissoute et reparaîtra très-vite ; c’est pourquoi il faut, autant que possible, ne marquer que la grandeur des taches et mettre assez épais de savon pour les bien faire mousser; dans ces conditions elles ne reparaîtront plus.
- Toutes les pièces ayant été bien marquées seront dégorgées une à une, on prendra à cet effet, une eau tiède adoucie par un peu de carbonate de soude : on humecte chaque tache qu’on frotte ensuite à la main, jusqu’à
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- ce que le savon ait bien moussé et que la tache soit entièrement dissoute.
- Quand les doublures sont blanches, on leur donne un petit coup de brosse au savon, avec une brosse en chiendent; si au contraire, les doublures sont noires, on les brosse simplement avec le bain de carbonate; de même pour les poches.
- On rince la pièce, que l’on termine en la brossant encore une fois très-uniformément, avec un bain de panama bien mousseux additionné d’un peu d’ammoniaque liquide ; on rince à nouveau et l’on fait égoutter.
- On peut admettre que le travail est ainsi terminé; on rencontrera cependant quelques objets pointillés ou chinés, dont les couleurs auront un peu varié sous l’influence de l’alcali ; on les ravivera en les passant lestement dans un bain devenu acide par l’acide acétique (bon goût); à défaut, avec un peu d’acide muriatique. On rince enfin, et on essore.
- Nous aurons encore des doublures de gilets qui seront, comme on dit en terme atelier, carnées, c’est-à-dire que les doublures noires en percale, auront déteint sur les doublures blanches intérieures; pour remédier à cet inconvénient, on mettra l’objet à tremper dans de l’eau de pluie, une heure ou deux, à défaut d’eau de pluie, on se servira d’eau très-propre, soit 100 litres, à laquelle on ajoutera un verre ordinaire d’acide acétique bon goût, ou 100 grammes d’alun préalablement dissout.
- Tous les articles seront essorés, mis au sec et livrés aux soins des apprêteurs.
- Après l’essorage, nous aurons encore quelques redingotes, des gilets en satin noir qui, pour avoir tout à fait le fini, auront besoin d’être égalisés avec une brosse douce, qu’on trempe dans un bain de panama léger, puis d’être brossés bien uniment, en lissant le poil.
- Les quelques articles très-peu tachés que nous avons rencontrés en commençant, seront faits en levant bien délicatement chaque tache, ensuite en donnant l’égalisage à la brosse, et en les faisant sécher sans rincer.
- Une fois les pièces bien décaties à la toile mouillée et au fer ou à la table à vapeur, et le coup de carreau bien donné par l’apprêteur, ces vêtements, comme je le disais plus haut,
- n’auront rien à envier aux empleins faits à sec.
- Dans le prochain numéro nous verrons les nettoyages au savon et à sec.
- V. Barbé,
- Teinturier, à Caen.
- (A continuer.)
- CONFÉRENCES SUR L’ANILINE Et les couleurs de goudron de houille, Par M. Perkin.
- Suite (1).
- Le Mauve et le Magenta ont fourni des couleurs marron et des bruns chlocalats ; mais ces produits n’ayant qu’une importance secondaire, je dirai seulement deux mots sur leur préparation.
- Marron d'aniline.
- Un premier procédé pour obtenir des bruns chlocalat, consiste à traiter le Magenta par l’acide nitreux, on surveille attentivement l’opération, ayant soin de l’arrêter au moment précis où la nuance acquise est obtenue.
- Par un autre procédé, on chauffe un mélange de Magenta et de chlorhydrate d’aniline, jusqu’à une température qui dépasse un peu 200 degrés centigrades. Le produit après son épuration, donne une couleur marron.
- Les bruns plus foncés se tirent ordinairement des résidus de la fabrication du Magenta.
- Toutes les matières colorantes que nous avons considérées jusqu’ici, sont des dérivés de l’aniline et de la toluidine; elles comprennent presque toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.
- Nous devons actuellement appeler votre attention sur une substance très-différente de l’aniline, avec laquelle néanmoins, elle a des rapports très-intimes à plusieurs points de vue, et que l’on nomme phénol ou acide phénique.
- Ce produit fut découvert par Runge, il y a déjà longtemps, et ensuite étudié par un
- (1) Voirie n° du5 avril, année courante, page 74.
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- grand nombre de chimistes ; mais ce n’est que depuis peu d’années qu’il a été introduit à l’état de pureté dans le commerce, véritable bienfait dont nous sommes redevables à M. Grâce-Gal vert.
- Le phénol est un beau corps cristallisé, doué de propriétés du plus grand intérêt; mais ici nous n’avons à le considérer qu’à un seul point de vue, et je dois me borner à tracer une esquisse de ses dérivés colorés.
- Traité par l’acide nitrique, le phénol donne un acide jaune, qui est l’acide picrique. Celui-ci n’exige pas absolument pour sa formation, l’emploi de l’acide phénique, et primitivement on le préparait avec un résine ; mais aujourd’hui, grâce à la pureté et au bon marché de l’acide phénique, c’est exclusivement cet acide qu’on emploie dans les grandes manufactures pour la préparation de l’acide picrique. L’opération doit être conduite très-prudemment, les réactions étant très-violentes si l’on emploie des acides concentrés.
- Acide picrique.
- L’acide picrique pur est d’un jaune très-pâle, on l’applique spécialement à la teinture de la laine et de la soie, et il communique une nuance plus foncée que la sienne propre. Il a une saveur très-amère, et l’on prétend qu’il constitue un excellent succédané du houblon, dans la fabrication de la bière; on l’a proposé aussi comme un tonique et fébrifuge plus efficace que la quinine.
- Avec les bases, il forme de beaux sels jaunes. Le picrate de potasse est très -explosif, et l’on a pensé qu’il pourrait remplacer la poudre à canon dans le chargement des projectiles creux.
- Sous l’influence du cyanure de potassium, l’acide picrique se transforme en un nouveau composé nommé acide isopurpuriquesubstance isomère avec la murexide. Le sel de potasse de ce composé produit sur laine une sorte de couleur grenat-marron, mais dont il ne paraît pas qu’on ait fait encore d’importantes applications.
- (La suite à un prochain numéro.)
- REVUE SOMMAIRE
- DES BREVETS D’INVENTION
- Métier à élargir. — Gette machine, indiquée par M. Naert, est basée sur l’emploi de deux cylindres portant chacun un pas de vis, en sens contraire, à partir du milieu des cylindres; l’un a les parties saillantes des vis, recouvertes en cuir; l’autre est entièrement recouvert ou habillé d'une chemise de caoutchouc d’un millimètre d’épaisseur; ces deux cylindres emboîtent leur pas, l’un dans l’autre.
- Lorsqu’une étoffe est engagée dans cet appareil, elle est élargie, d’abord par l’effet du circuit sinueux qu’elle est obligée de suivre, en conservant sa position relative à la longueur du cylindre, et ensuite par l’action des vis qui tendent à l’éloigner du centre, en agissant sur les deux extrémités, c’est-à-diie dans le sens des lisières. L’auteur dit que sur une toile de 1 mètre 20, il a obtenu un élargissement de 10 cent. — B. 89658.
- Teinture instantanée. — Sous le titre de teinture instantanée des matières animales et végétales, tissées ou non, M. VITAL-CASTEL indique un procédé qui, dit-il, semble prédisposer les filaments à l’absorption des principes colorants.
- La matière est plongée dans une dissolution froide de chlore, marquant 1 degré 1/2 ou 2 degrés au pèse-sels. On essore ensuite, on lave, et les fibres préparées de la sorte, prennent la nuance en moins d’un quart-d’heure dans le bain de teinture porté à l'é-bulition. —B. 92116.
- Extrait de garance. —L’auteur, M. Hiley, indique comme il suit, un procédé propre à extraire la matière colorante des racines de garance, pour la teinture et l’impression des étoffes.
- La racine de garance est pulvérisée, puis mélangée pendant quatre à dix heures avec une solution aqueuse et concentrée d’ammoniaque. On sépare par décantation la partie liquide. La masse solide séchée constitue, selon l’auteur, une matière colorante égale aux meilleurs extraits de garance. — B. 91802.
- Foulage de la soie en matteaux. — M. FRO-mentin décrit une machine construite en vue
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- du foulage des écheveaux ou matteaux de soie pendant et après la teinture.
- La disposition originale de l’appareil consiste dans l’application à ce genre de machines, du principe des piles à maillets. Des blocs de marbre servent d’enclume, des pilons garnis de bois et doublés en fonte, peuvent s’élever et s’abaisser entre deux glissières verticales. Un arbre à cames les soulève et les laisse retomber alternativement sur les matteaux qui tournent lentement, de manière à ne laisser aucune partie hors d’atteinte, et qui sont constamment impreignés d’eau, abondamment fournie par des pommes d’arrosoir.
- Pour laisser aux fils une certaine élasticité, sans laquelle les chocs répétés des pilons auraient le grave inconvénient de couper la soie, la tension des écheveaux est réglée à l’aide de poids qui cèdent un peu à chaque nouveau choc. — B. 92989.
- Teinture des déchets de laine. — Par ce procédé, dit M. Abel, on peut obtenir des nuances plus dégradées ou plus foncées que celles que présentent les déchets avant l’opération.
- On arrive à ce résultat en plongeant les déchets dans des bains réducteurs ou oxydants, que l’on produit au moyen du zinc, de l’étain, du fer et de l’acide chlorhydrique ou sulfurique, ou au moyen du chlorate de potasse, de soude de bi-chromate de potasse et d’un acide; suivant la nature des matières colorantes qui ont servi à teindre primitivement les étoffes. — Brevet anglais.
- Impression imitant la sozitache. — MM. ARTAUT, ROUSSELOT et Lebreton, revendiquent l’imitation par les procédés connus de l’impression à la main ou à la mécanique, des broderies à l’aiguille ou au crochet, qui servent à orner les étoffes de fil ou de coton destinées à lac confection des blouses dites de Lille.
- Ces ornements sont désignés sous le nom de broderie sympathique, et sont habituellement exécutés à l’aide de la soutache ou du point de chaînette. —B. 93913.
- Impression lithographique sur tissus. — M. Grisart a pris un brevet pour un procédé d’impression sur tricots et tissus de laine, soie,
- coton, fil, etc., de toute espèce de dessin en noir ou en couleur.
- Pour imprimer des dessins sur des étoffes minces, le breveté remplace les plaques métalliques par des pierres lithographiques.
- Dans le cas d’un tissu épais, les pierres li-tographiques ne peuvent être employées, car celles-ci ne supportent pas la grande pression que l’impression exige dans ce cas. — B. 92468. m alob et to SDY ob
- (A suivre. )
- BIBLIOGRAPHIE
- : Recherches sur la Teinture, par M. P. HAVREZ.
- 3 — Aide-mémoire du Teinturier, par M. G.
- Van Laer. — Cercles chromatiques, par M. CHEVREUL.
- Verviers, une des villes les plus industrieuses de la Belgique, n’est pas seulement intéressante au point de vue du nombre et de l’importance de ses fabriques de draps et de lainages, mais elle l’est surtout par le bon sens qui préside à son administration, et par l’extension, bien entendue, qu’elle a su donner à son enseignement industriel.
- Sous l’inspiration de son intelligent administrateur, M. ORTMANS-HAUZEUR, bourgmestre et chef d’une importante teinturerie de la ville, elle a fondé une école professionnelle, dans 1 quelle on enseigne la physique, la chimie, les mathématiques, le dessin, en un mot les sciences nécessaires pour former un industriel éclairé, et, comme applications de ces sciences, l’école a créé des cours de mécanique, de tissage, de teinture, confiés à des professeurs justement estimés, et sous la direction de M. Paul Havrez, chimiste aussi savant que laborieux.
- M. Havrez professe lui-même les cours de chimie, de physique, de teinture, ainsi que de lavage et de foulage des laines, mais il n’est pas seulement un professeur de mérite, il est encore un auteur fécond et consciencieux, et ses travaux ont trait, surtout, à la teinture et aux sciences qui s’y rapportent.
- Sous le titre générique de Recherches sur la teinture, M. Havrez a publié une série de Mémoires, ayant pour but d’étudier l’action des
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- produits tinctoriaux, sur les matières textiles, principalement pendant le mordançage, afin d’établir les doses de matières, et les conditions les plus favorables pour les opérations; conclusions, comme on le voit, très-intéressantes et très-utiles pour le teinturier praticien.
- Parmi ces Mémoires, nous citerons les suivants : Emploi de la vapeur pour fixer la teinture à l’indigo de cuve; Etude du mordançage à froid’, Teintures par l’acide sul-fo indigolique; Effet comparé des mordants d’alumine et d’étain^ etc , et enfin l’important travail que notre présent numéro reproduit en partie : Etude de l’alunage des laines.
- Ces recherches ne sont point de simples travaux de cabinet, elles sont surtout le résultat d’expériences de laboratoire, et pour arriver à formuler une conclusion, l’auteur se livre d’abord à un grand nombre d’essais comparatifs : pour ces divers mémoires, il a dû faire plusieurs milliers d’échantillons, et toutes ses publications, portent la trace de ce très-laborieux travail. C’est ainsi que M. Havrez pratique lui-même le système d’études qu’il préconise auprès de ses élèves, comme possédant à la fois l’autorité de la théorie et de la pratique, c’est-à-dire la Méthode expérimentale.
- Le rapport présenté à l’Académie des sciences de Belgique, sur le dernier Mémoire de M. Havrez, et que nous publions en tête de ce numéro, nous dispense d’analyser plus au long ce travail.
- Parmi les élèves de M. Havrez, ou plutôt parmi ses collaborateurs, nous remarquerons M. Guillaume Van Laer, préparateur de ses cours, qui paraît marcher sur les traces du maître, et qui publie en ce moment, un Aide-mémoire pratique du teinturier ou Recueil des principaux procédés de teintures à mordant; c’est un ouvrage fait dans le même esprit que ceux de M. Havrez; il résume une série d’expériences, et ont pour but de reconnaître les procédés les plus avantageux pour la teinture des laines, en procédant par mordançage.
- L’auteur, dans sa préface, dit trop modestement : « Cet ouvrage n’est nullement un traité théorique de l’art de la teinture, je me suis proposé, non d’exposer des principes généraux
- qui se trouvent, d’ailleurs, dans quantité d’excellents traités de chimie, mais de mettre entre les mains des teinturiers, une série de procédés en usage dans les meilleures teintureries. — En regard de ces procédés consacrés par l’expérience, j’ai placé de nombreuses recettes extraites de la collection si remarquable de l’Ecole professionnelle de Verviers; ces recettes sont très-précieuses, car elles sont le résultat de nombreux essais faits sur l’influence des doses des différents mordants, de la durée de la température et de la nature des eaux, »
- M. Van Laer, dans la première partie, traite des rouges de cochenille ; dans la seconde.il traite des couleurs à base de garance, c’est le chapitre que nousreproduisonsdansee numéro, puis des teintes jaunes, et la prochaine livraison abordera les couleurs bleues, pour terminer vraisemblablement,par les nuances composées, il est accompagné d’une collection d’échantillons, très-agréablement présentée.
- Le Moniteur de la Teinture a puisé largement dans les publications du maître et de l’élève; nos lecteurs ont donc pu apprécier l’importance de ces ouvrages; ils nous sauront gré aussi de ces emprunts, car les mémoires de M. Havrez sont imprimés dans des brochures inédites ou dans le Bulletin du Musée de l’Industrie de Belgique, de sorte qu’il est assez difficile de se les procurer; et le livre de M. Van Laer, qui est en voie de publication, n’est pas encore livré au commerce.
- Mais sans entreprendre de faire valoir le mérite de ces travaux, nous ferons remarquer que depuis plusieurs années, les questions de teinture proprement dites, sont délaissées parles chimistes, par les auteurs et les professeurs. En France, nos industries sont aussi professées avec éclat ; mais, surtout depuis Persoz, c’était plutôt l’impression que la teinture, qui formait le programme des cours; l’impression, il est vrai, offre une matière bien plus variée, mais elle tend actuellement à se perfectionner par les moyens mécaniques, plutôt que par les procédés chimiques. La découverte des nouvelles couleurs a également détourné l’attention des questions de teinture pure; aussi, la chimie tinctoriale n’était-elle surtout étudiée que dans ces deux branches : impression des tissus et fabrication des couleurs.
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- Nous sommes heureux de voir, par les ouvrages de MM. Havrez et Van Laer, un retour vers les travaux de teinture proprement dite, travaux qui ont été inaugurés — au point de vue où ces auteurs se sont placés, — par notre très-vénéré maître, M. CHEVRRUL, dans ses leçons et ses mémoires sur la teinture, qui, malheureusement, sont, ou épuisés, ou publiés dans les mémoires de l’Académie des sciences, ce qui en rend l’acquisition presqu’impossible.
- Un des travaux les plus importants de M. Ghevreul, qui a été largement utilisé dans les expériences de M. Havrez, est la classification des couleurs à l’aide des cercles chromatiques ; c’est ainsi que, l’expérimentateur a pu noter et contrôler ses résultats, sans avoir à craindre que l’influence de l’air ou de la lumière les altérassent, de façon à n’offrir qu’un point de comparaison douteux. A l’aide de la méthode de M. Ghevreul, la nuance ou la teinte obtenue se note par un signe, composé de quelques lettres et de quelques chiffres, et il n’est plus besoin de conserver l’échantillon pour reconnaître, plus tard, le ton obtenu.
- On s’étonne que l’usage des cercles chromatiques, comme moyen de noter et de dénommer les couleurs, ne soit pas plus répandu parmi les personnes qui ont à produire ou à employer les couleurs ; cela provient de ce que toute formule à apparence algébrique effraie et paraît d’une métaphysique inabordable, à ceux qui n’en connaissent pas le mécanisme si simple et si ingénieux. Vainement on leur offre de leur démontrer la simplicité de sa construction, et son accessibilité même à ceux qui n’ont point fait d’études scientifiques, ils ferment obstinément l’oreille, persuadés, malgré tout, qu’il est au-dessus de leur compréhension.
- Le Moniteur de la Teinture a souvent eu la tentation de résumer ce beau travail de M. Ghevreul. mais il eût toujours été indispensable d’y joindre les planches coloriées représentant les cercles et les gammes chromatiques, or, cela est une œuvre d’une telle importance et qui exige une précision si rigoureuse, qu’elle ne pouvait être entreprise que par un éditeur tout spécial, et sous les yeux de l’auteur; c’était d’ailleurs la matière d’un livre et d’un album, plutôt que celle d’un journal.
- Nous sommes heureux d’annoncer que ce
- livre existe, édité avec le luxe qu’il mérite, et dessiné par un artiste consciencieux, M. Di-jeon (1).
- Cet ouvrage expose la théorie et la construction des cercles chromatiques, leur application à la définition des couleurs ; il met en regard les appellations usuelles des teintes, avec leur représentation par les formules résultant de l’usage de ces cercles ; ses magnifiques planches coloriées représentent un beau spectre solaire, une gamme des tons bleus, deux zones circulaires des couleurs, dix cercles chromatiques, treize gammes chromatiques, en tout vingt-sept sujets exécutés avec le plus grand soin; quant.au texte, chercher à l’apprécier, serait de notre part de la présomption, il nous suffit de dire : il est de M. Che-vreul!... Ce n’est point à l’élève à juger le maître.
- F. GOUILLON.
- BREVETS RÉGENTS
- CONCERNANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES
- 93,632. — 22 décembre 1871 : Tuquet, Pa-ris. — Machine pour la décoration des tissus et autres articles, par applications.
- 93,637. — 26 décembre : Boudonnot, Paris. — Machine à glacer le linge et aplatir les coutures.
- 93,674. — 29 décembre (et brevet anglais) : Fenner et Versmann, Paris. — Perfectionnements dans la fabrication de l’anthracène.
- 93,689. — 29 décembre (et brevet anglais) : Norton, Paris. — Machines à sécher la laine et autres matières.
- 93,721. _ 10 janvier 1872 : Bordone, Vaucluse. — Procédé d’extraction de la matière colorante de la garance et autres essences tinctoriales.
- 93,727. — 8 janvier : David^ Saint-Etienne (Loire). — Machine à teindre les soies et autres matières textiles, dite liseuse-David.
- 93,728. — 11 janvier : Desplas fils, Elbeuf. — Application, aux sécheries, par courant d’air froid ou chaud, d’un couvercle faisant
- (1) Un vol. grand in-folio avec 27 planches coloriées, prix 35 francs.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- agir plus directement le courant sur les matières à sécher.
- 93,754. — 12 janvier : Chiffray, Maromme (Seine - Inférieure). — Système permettant d’imprimer à la fois une ou plusieurs couleurs sur les deux faces d’un tissu-drap, et de produire simultanément des côtes cadrant avec ces couleurs.
- 93,762. — 10 janvier : Gillet et fils, Lyon (Rhône). — Moyens de traiter les écheveaux de soie ou autres, à la teinture et au lavage.
- 93,794. — 9 janvier : Dumoulin, Paris. — Procédé pour enduire automatiquement et mécaniquement toute espèce de tissus ou matières en feuilles ou en rouleaux,procédé dit enduits et vernissage automatiques.
- 93,813. — 9 janvier : Schemioth, Paris. — Application aux gants de peau et aux peaux pour gants, d’ornements nouveaux en métal ou de toute autre matière.
- 93,817. — 22 janvier : Bollen, Elbeuf. — Diverses modifications apportées aux machines employées dans l’épaillage chimique des tissus.
- 93,841. — 12 janvier (et brevet anglais) : Shaw, Paris. — Perfectionnements dans le traitement des fibres végétales employées en remplacement des crins et soies, et dans les machines qui s’y rapportent.
- 93,882. — 3 février : Mlle Biney, Chartres. — Eau à détacher, dite eau chartraine.
- 93,898. — 28 novembre 1871 : Hugueney^ Paris. — Procédé d’impression , gravure et émaillage sur toutes matières.
- 93,90* .— 31 janvier 1872 ; Lefèvre, Rouen. — Impression à double face sur tissus-draps, obtenu au moyen du rouleau ordinaire à une ou plusieurs couleurs.
- 93,910. — 19 janvier : Vassivière^ Lyon.— Lavage et battage simultanés des matières textiles par un choc liquide.
- 93,913. — 6 février : Artaud^ Rousselot et Lebreton^ Angoulême. — Procédé d’impression sur étoffes de fil ou de coton destinées à la fabrication des blouses et imitant la broderie à la main ou à la mécanique, soit à l’aiguille, soit au crochet, désigné sous le nom de broderie sympathique.
- 93,937. — 22 janvier : Quertier, Paris. — Emploi de la vapeur aromatique appliquée au
- nettoyage des vêtements de flanelle, lainages et de tous tissus adhérents à la peau.
- 93,941. -8 février : Weil, Marly-lez-Valen-ciennes (Nord). — Application d’impression sur tissus.
- 93,982. — 27 janvier : Babouin, Lyon. — Procédé de gauffrage des tuiles.
- 93,992. — 27 janvier : Degivry, Lyon. — Procédé destiné à teindre et coller simultanément l’étoffe et le papier des coiffes à chapeaux.
- NOUVELLES
- Exposition d’economie domestique. — Dans notre numéro du 20 janvier, nous avons annoncé l’Exposition d’économie domestique qui doit avoir lieu à Paris, dans le Palais-de-l’In-dustrie, sous le patronage de la Société d’Encouragement des travailleurs industriels.
- Cette exposition sera ouverte le 28 juillet jusqu’au 1er novembre 1872.
- Par son but philanthropique et moralisateur, autant que par l’avantage que notre industrie nationale doit trouver à affirmer sa vitalité, au lendemain de nos désastres, nous ne saurions trop recommander à nos lecteurs de favoriser cette entreprise, soit en exposant leurs produits, soit en visitant cette intéressante exhibition.
- Elle offrira un attrait tout particulier en admettant dans le « Salon des Beaux-Arts, » les œuvres qui n’ont pas été reçues à l’Exposition des Beaux-Arts qui vient d’être close, cela permettra de juger les décisions du jury, qui ont été si vivement critiquées.
- On sait que cette Exposition est universelle, au point de vue de la nationalité des exposants et de la nature des produits exposés; la teinture et les tissus, trouveront leur place dans le groupe des vêtements et dans celui des outils et procédés industriels.
- Le Moniteur de la Teinture met à la disposition de ses lecteurs des formules imprimées pour demandes d’admission, et offre aussi de représenter des exposants non résidants à Paris;
- Les industriels qui désirent exposer ne sauraient trop se hâter,1 car l’ouverture est très prochaine.
- Exposition de Lyon.— L’Exposition de Lyon obtient un succès considérable, tant par le nombre et la beauté des produits exposés, que par l’affluence des visiteurs.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Nous ne négligerons certainement pas d’en donner un compte-rendu.
- Exposition de Vienne. — L’Exposition de Vienne, aussi, paraît appelée à un grand et légitime succès ; elle a, toutefois, donné lieu à un incident qui nous attriste profondément :
- Presque tous les manufacturiers et industriels de l’Alsace-Lorraine avaient décidé de se faire représenter à cette Exposition par des maisons françaises, conformément à la liberté qui leur était assurée à cet égard par un article des statuts ; en conséquence, ils avaient demandé à ce qu’il fût établi une section particulière pour ces provinces à côté de la France. Mais le gouvernement allemand a protesté avec énergie et a exigé que tous les produits d’Alsace-Lorraine se trouvent placés à côté de ceux de l’Allemagne.
- La commission autrichienne a donné raison aux exigences de M. de Bismark, aussi presque tous les industriels de l’Alsace-Lorraine ont-ils décidé qu’ils s’abstiendraient d’envoyer leurs produits à l’Exposition de Vienne.
- Il a été aussi question dans ces derniers temps de difficultés qui se seraient élevées entre les commissaires généraux du gouvernement français et la direction de l’Exposition de Vienne, ces difficultés ne portaient que sur des questions de détails et étaient relatives seulement aux locations d’emplacements et autres points secondaires. Ces obstacles à l’aménagement de nos produits d’art et d’industrie sont aplanis de manière à donner satisfaction aux intérêts des exposants français. Les artistes et les industriels, qui désirent envoyer leurs œuvres ou leurs produits à l’Exposition universelle de Vienne, pour 1873, sont invités à adresser leurs demandes d’admission au commissaire général, à l’hôtel de Cluny, rue du Sommerard, à Paris, où tous les renseignements qui les intéressent leur seront donnés.
- Nécrologie. — Nous avons à déplorer la mort, à Mulhouse, de M. Alfred Kœchlin, de la maison Steinbach et Kœchlin, une des plus importantes filatures de l’Alsace; maisM. Alfred Kœchlin n’était pas seulement un grand industriel, c’était surtout un grand citoyen, intègre et vaillant patriote, qui personnifiait à tout point de vue l’Alsace française.
- Ses concitoyens lui ont fait de magnifiques funérailles, et la cité mulhousienne toute entière couvre la tombe de cet éminent citoyen, de fleurs aux couleurs nationales.
- M. Thiers a fait présenter ses condoléances à la famille de ce patriotique Alsacien.
- On annonce également la mort de M. Gabriel Descat, de la maison Descat frères, de Roubaix; c’est aussi une grande perte pour l’industrie du Nord qui doit être reconnaissante envers cette maison des services qu’elle lui a rendus, en contribuant à la réputation des tissus roubaisiens par les perfectionnements qu’elle a apporté dans la teinture et l’apprêt de ces articles.
- L’usine de Fiers (près Roubaix) est une des plus importantes pour la teinture des tissus de laine et de laine-coton, elle est réputée pour la beauté de ses produits, surtout pour ces derniers articles, dont la bonne exécution est si difficile à réaliser; cette usine était sous la direction spéciale de M. Gabriel Descat.
- LINDUSTRIE alsacienne.— Un grand nombre d’industriels alsaciens émigrent et viennent installer leurs manufactures en France. Une usine alsacienne — dont nous ne savons encore le nom — vient, entre autres, s’installer à Vierzon avec tout son personnel composé, dit-on, de 5,000 personnes!
- Le conseil municipal de Louviers a envoyé auprès de ces industriels une délégation pour leur démontrer les avantages qu’offre cette ville pour l’installation des fabriques de fils et de tissus, de teinture et d’impression, et pour les engager à venir y installer leurs établissements.
- Quelques fabriques alsaciennes suivent ce conseil et viennent s’installer à Louviers, à Vire et dans d’autres villes encore, tant de N orman die que du reste de la France.
- Enquête ouvrière. — Le ministre de l’intérieur fait demander en ce moment, à tous les préfets, un compte-rendu de la situation des usines et des ateliers de leur département, avec l’indication de l’état des rapports entre ouvriers et patrons. C’est dans le but d’éclairer la commission parlementaire chargée de l’enquête sur les classes ouvrières.
- Pour tous les articles non signés :
- C. Dorion.
- Paris.— Imp. Turfin et Ad. Juvet, 9, cour des Miracles.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 15e VOL., nos 11 et 12. 5 et 20 JUIN 1872
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- Sommaire
- Etude de l’alunage des laines à teindre, par M. P. HAVREZ (suite). — Emploi de l'oxyde d’étain comme mordant, par M. Muller. — Sur les Essoreuses, parM. F. GOUILLON (gravures). — Note sur l’impression en noir d'ani-ine, et sur la rosaniline, par M. ROSENTIEHL. — Teinture en jaune, par M; G. Van Laer : Jaune à la gaude (échantillon). Jaune par le guercitron.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Revue sommaire des brevets d’invention. — Utilisation des eaux de décreusage. — Apprêt des broderies. — Impression à double face. — Tapis-tendeur. — Impression à dispositions. — Machine à lisser. — Charge économigue, — Gauffrage des tulles. — Chlore et hypochlo-rites. — Impressign sur chiffonage. — Apprêt des soieries. — Extrait d’une notice nécrologique sur M. Daniel Kœchlin, par M. A. Pénot. — Brevets récents concernant les industries tinctoriales.
- NOUVELLES : Les nouveaux droits d’importation. — Influence des climats sur le choix des couleurs. — Avis.
- ETUDE DE L'ALUNAGE
- DES LAINES A TEINDRE
- Effets des doses relatives d’alun^ de laine et d’eaux diverses, de la température et de la durée de la réaction.
- Par M. Paul HAVREZ, Directeur de l’Ecole professionnelle de Verviers.
- (Suite)
- ACIDE SULFURIQUE ÉTENDU ET LAINE
- 64. M. Chevreul a constaté la formation de sulfate d’ammoniaque aux dépens de la laine qui trempe à froid dans un bain d’alun. Il a vu aussi que les substances minérales, et surtout les matières ferrugineuses de la laine, se dissolvaient et s’éliminaient pendant son trempage dans un bain étendu d’acide sulfurique (1,000 p. laine laissent normalement lp,l de cendre (rouille et silice); après son trempage dans l’eau acide, elle ne laisse que 0p,53 de cendre siliceuse sans fer).
- Les couleurs que prend la laine passée à l’acide, puis dans des bains de teinture, paraissent (Chevreul) plus pures, moins rabattues que celles sur des laines non préparées. C’est aussi ce que nous a montré la teinture des laines soufrées, chargées d’acide sulfurique. Il nous a semblé aussi que la laine se blanchissait dans l’acide sulfurique et dans l’acide oxalique.
- Gerhardt a aussi remarqué la formation de sulfate d’ammoniaque quand de l’acide sulfurique étendu réagit sur la laine. Outre ce sulfate d’ammoniaque, il se produirait du sucre, de la tyrosine et de la leucine.
- 65. En résumé l’acide sulfurique est énergiquement, absorbé par la laine; il faut, d’après
- les expériences de M. Chevreul, beaucoup d’eau pour épuiser la laine d’acide, et après cette action les bases minérales ( chaux et rouille) sont éliminées, ce qui donne des teintes plus pures. L’acide pourra exister dans les pores de la laine quand celle-ci sera en quantité trop faible (moins de 15 fois le poids du sulfate) pour le neutraliser en formant du sulfate d’ammoniaque. — L’acide sera neutralisé et annulé quand la masse de laine sera forte (plus de 15 fois le poids de sulfate) et qu’elle réagira longtemps au bottillon.
- 66. En effet plus de 15p de laine et Ip d’a-lun donne après l’ébullition un bain qui ne rougit plus le tournesol, ni les teintures de campeche, Brésil, etc., que prend subséquemment la laine. Il ne reste plus assez d’acide pour maintenir l’hydrate d’alumine en solution ; et on voit cette substance se précipiter en farine blanche, en partie déshydratée probablement.
- Cette action alcaline de la laine se montre même quand cette laine est préalablement acidulée. Après une série d’alunages, un bain d’alun devient neutre et même alcalin d’après sa réaction sur le tournesol ; et il est possible que le sulfate d’ammoniaque formé aide à bleuir les teintes subséquentes ; la présence de sulfate ferrique brun se manifeste aussi peu à peu dans le bain après quelques alunages.
- 67. S’il y a moins de 15p de laine pour Ap d’alun et un bouillon pas trop prolongé, l’acide dissocié montre sa présence dans la laine, il y reconstitue probablement du sulfate d’alu-mine avec excès d’acide ; en tout cas, il se ma-nifeste dans le bain et sur la laine en rougis-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- sant, pâlissant et avivant le tournesol ou les teintures ultérieures de la laine parles décoctions de campêche, Brésil, etc. Il retient l’alumine en solution pendant l’alunage et l’empêche de prendre l’état déshydraté insoluble et d’altérer, brunir, ternir la laine et les teintures qu’elle prend ensuite.
- L’excès d’alun, et par suite d’acide sulfurique dissocié et surtout absorbé, purifie la laine de ses matières ferrugineuses, ce qui purifie et éclaircit ses teintures. Plus il y a d'alun, et plus la laine est chargée d’acide sulfurique qui retient l’alumine et s’oppose à la formation ultérieure de laques colorées, plus aussi les teintes pâlissent et. rougissent.
- Hydrate d’alumine soluble et laine.
- 68. Nous venons de voir que cet agent dissocié ne peut agir que quand la forte masse de laine (15p pour Ip d’alun) neutralise l’acide par une longue ébullition. — Quand la masse de laine est faible et celle d’alun forte, l’acide prédomine dans la laine et doit réagir sur l’hydrate d’alumine et contrarier son action sur la laine et sur les teintures.
- L’hydrate aluminique domine dans tout bain d’alun, d’où^ soit un excès de laine, soit une suite de laines^ ont, par une longue ébullition, enlevé l’acide sulfurique. C'est ce que nos essais ont constaté, l’excès d’alumine se fait voir alors par le blanchiment du bain bouillant et par les teintes de plus en plus bleues et fournies qu’elle donne aux teintures parle campêche ou le Brésil de laine successivement alunées dans ce même bain.
- C’est donc quand il y a plus de 15 p. de laine pour un d’alun que l’action de l’hydrate aluminique se fait voir sur la laine; or, cette laine s’altère alors fortement; elle brunit, dégage pendant l’ébullition des gaz odorants, et elle ne prend plus ultérieurement que des teintes ternes. Aussi il faut éviter dans ce cas une ébullition prolongée. Cette altération se rattache probablement à l’action énergique qu’exercent les hydrates alcalins sur la laine (voir Gerhardt, Chimie, t. IV, p. 498, pour la production d’ammoniaque qui se fait dans ce cas; voir aussi le récent compte-rendu de l’Académie des sciences du 20 mars 1871. Notes de M. Champion et de M. Chevreul sur l'a-cide ianuginique qui se formait alors). Cette
- explication nous semble admissible, puisque la laine bout impunément soit avec 1/100 d’alun mêlé d’un peu d’acide, soit avec un excès d’alun, tandis que 1/100 d’alun pur l’altère quand le bouillon dure plus d’un quart-d’heu-re. (Voir la restriction faite ci-après, § 76.)
- 69. (Nous ferons encore observer que l’hydrate aluminique ne doit pas demander le bouillon pour s’unir à la laine employée en forte dose, et nous avons parfaitement bien mordancé à tiède de la laine à l’aide d’hydrate aluminique maintenu en solution par de l’acide acétique. Ces alunages à tiède conservent la laine, ainsi que l’activité chimique de l’hydrate aluminique fixé.)
- 70. La laine peut aussi avoir une action coagulante spéciale en même temps qu’absor-bante sur l’hydrate d’alumine soluble, et il n’est pas sans importance de rappeler que Graham a trouvé que la coagulation de l’acide silicique soluble est favorisée par le contact de corps solides, ainsi de poudre de graphite, etc.
- Quant à l’adhérence que contracte l’hydrate aluminique avec la laine, et que des rinçages prolongés ne peuvent vaincre, elle me paraît se rattacher aux phénomènes d’adhésion entre colloïdes (1)
- (1) Je crois pouvoir aussi faire remarquer que les bases dues à la dissociation que l’on emploie pour mordancer la laine sont des colloïdes (hydrates ferriques, aluminiques, stanniques, etc.), et j’attirerai l’attention sur les mots suivants de M. Graham : « Un caractère dominant des colloïdes, c’est la tendance de leurs particules à adhérer les unes aux autres, à s’agréger et à se contracter, à se coaguler. Dans la gelée elle-même, cette contraction se continue et se termine par la production d’une masse dure, pierreuse, vitreuse. La cohésion intense de la colle de poisson desséchée dans une capsule de verre au-dessus de l’acide sulfurique dans le vide, fait que la gélatine, en se contractant, déchire et emporte avec elle la surface du verre. Le verre lui-même est un colloïde et l’adhésion des colloïdes entre eux paraît plus puissante qu’entre colloïde et cristalloïde. Ainsi la gélatine desséchée, comme ci-dessus, sur des plaques de spath d’Islande n’y adhère pas... »
- Ne serait-ce pas à l’état colloïdal de laine, plus prononcé que celui de la soie et du coton, qu’il faut attribuer l’adhérence plus grande qu’elle contracte avec l’alumine.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- III. Circonstances de durée , doses, température, ETC., QUI ACCROISSENT LES DISSOCIATIONS ET ABSORPTIONS DE L’ALUNAGE.
- 71. Examinons les actions qui accroissent la quantité d’hydrates dissociés dans un mélange en équilibre : d’eau, d’hydrate d’alumine, d’hydrate sulfurique et de sulfate aluminique ou d’alun.
- Ces actions sont celles de : A) la masse d’eau; B) sa température; C) la masse (de laine) absorbante, dialysante ; D) la durée de son action.
- A) Action de la masse d’eau.
- 12. La théorie de la dissociation qui nous a conduit à rechercher l’influence dissociante que devait avoir l’accroissement de la masse d’eau distillée, a été ici confirmée par tous nos résultats.
- L’addition d’eau pendant l’alunage augmente la dose d’alumine fixée sur la laine, puisque celle-ci prend ensuite des teintes plus bleues (d’un type de M. Chevreul), plus pures et meme plus foncées.
- Sans la dissociation provoquée par la masse d’eau, la dilution plus grande de l’alun aurait dû affaiblir les effets de l’alunage et pâlir les teintes subséquentes. — Le contraire prouve que la dissociation existe. On sait que MM. Péan de Saint-Gilles et Berthelot ont trouvé que la décomposition en alcool et en acide d’un éther composé augmente d’une manière continue avec la quantité d’eau ; le phénomène est représenté par une courbe hyperbolique.
- B) Action de la température de l’alunage.
- 72. La chaleur du bain d’alun dilatant les pores de la laine, les purgeant mieux d’air, doit augmenter l'absordtion des hydrates dissociés. Elle doit aussi accroître l’énergie des réactions des matières minérales et ammoniacales de la laine sur l’acide sulfurique dissocié. La chaleur contribue donc à rompre l’équilibre entre les quantités dissociées, et par
- suite provoque de nouvelles dissociations et augmente la quantité totale d’alun successivement dissocié et absorbé. La forte température doit ainsi agir comme un alcali pendant l'alunage. G’est ce que toutes nos expériences ont confirmé. Les recherches sur le chloride ferrique ou stannique et l’eau ont montré qu’à chaque température devait correspondre un équilibre spécial entre les quantités, d’une part, d’eau et de chloride ferrique ou stannique , d’autre part, d’acide chlorydrique et d’oxyde ferrique ou stannique (I). Il semble aussi résulter de tous nos essais qu’à froid le sulfate aluminique ( ou l'alun) dominerait dans la solution aqueuse, tandis qu'une température élevée ferait dominer les hydrates sulfurique et aluminique dissociés.(Gela vient d’être confirmé : voir l’observation de M. Tich-borne (2).
- La solubilité de l’alun, si différente à froid et à chaud, peut aussi influencer cet équilibre. — La déshydratation de l’alumine par la chaleur et sa précipitation à l’état inactif pent aussi intervenir quand une forte masse de laine a enlevé l’acide sulfurique ; cette décomposition de l’alumine doit agir alors comme une absorption de l’hydrate dissocié et provoquer denouvelles dissociations.
- C) Action de la quantité de laine.
- 74. Gette quantité peut agir simultanément ou successivement sur un même bain d’alun. Or, plus il y a de laine, plus il y a d’hydrates dissociés (d’hydrate sulfurique notamment) enlevés au bain, l’équilibre moléculaire est rompu, et, par suite, une nouvelle dose d’alun est amenée à son tour à se dissocier, et ainsi de suite : la quantité d'alun dissocié avec neutralisation d'acide et fixation d’alumine doit augmenter avec la masse de laine. Cette masse agit donc comme un alcali pendant l’alunage. Nous avons parlé ci-dessus de l’action coagulante spéciale que pouvait avoir la laine dans un bain d’hydrate aluminique soluble.
- L’art des mégissiers et des hongroyeurs repose aussi sur cette imprégnation des peaux par l’alumine fournie par le chlorhydrate d’alumine, malgré la présence de l’acide sulfurique ou le mélange de sel marin et d’alun.
- (1) Voir Debray, Comptes rendus, t. LXV1, p. 93. C’est au-dessous de 27° que l’eau réagit sur le chlorure ferrique dissous et que la liqueur brunit.
- (2) Moniteur de la Teinture, du 5 mai, année courante, page 94.
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- D) Action de la durée de Valunage.
- 73. L’action prolongée du bain dissocié provoque une suite d’absorptions parla laine, d’où une suite de dissociations. La durée accumule les réactions des deux hydrates dissociées sur la laine; à chaque instant l’absorption par la laine des molécules d’hydrate sulfurique dissocié rompt l’équilibre moléculaire et provoque la formation de nouvel hydrate sulfurique, et cela continue aussi longtemps que cette absorption peut se faire.
- Nous avons constaté qu’elle continue encore après cinq heures d’ébullition. Un long alunage au bouillon constitue une série accumulée de dissociations et d’absorptions d’alumine basilique, avec saturation de l’acide par les éléments de la laine, et donne des teintures moins bleues, moins rouges avec le cam-pêche et le bois rouge.
- Nos expériences nous ont montré que même dans le cas d’une série d’alunages, par un même bain, de laines soufrées, chargées d’acide sulfurique, qui ainsi accumulaient de plus en plus de l’acide dans le bain d’alun, le 4° alunage peu prolongé et à tiède faisait prendre ultérieurement à la laine du violet pâle et terne dans un bain de campêche, tandis que le 6e alunage où moins d’ulumine et plus d’acide sulfurique ont dû réagir, mais qui avait dure au bouillon pendant b heures (ce qui avait réduit par évaporation le bain au quart du volume primiti), a fait prendre à la laine du bleu violet assez pure et très intense. Le 6e alunage suivant, fait à tiède, fournit aussi du violet. — La durée du bouillon a donc une action alcaline des plus ifluentes.
- 76. Remarque. Le bouillon prolongé b heures n’avait pas altéré la laine, quoique la quantité d’alumine restée dans le bain après 4 alunages dût être faible, et cela parce que la quantité d’acide sulfurique neutralisant l’action altérante de l’alumine, et purgeant la laine de la rouille ferrugineuse, était assez forte. La laine est restée assez belle et pure pour prendre une sorte de rouge pur dans la décoction de bois rouge. Ainsi 1° la longue durée d’un alunage bouillant n’altère pas ou presque pas la laine quandil y a peu d’alun, pourvu qu’en më’me temps il y ait un excès d’acide sulfurique dans le bain ; 2® la longue durée de l’aunage agit encore comme un al
- cali et tend à rendre .basilique l'alunage, margré l’excès d’acide en présence.
- La durée et la quantité de laine agissant donc de même pendant l’alunage, en augmentant le total de dissociations et d’absorptions l’une par succession, l’autre par simutanéité ; elles donnent un état basilique à l’alumin adhérente à la laine, et bleuissent ses teintures par les bois de Campêche et de Brésil.
- 77, En résumé :
- 1. Les teintes bleues au eu campêche, pourpres au bois rouge dues à l’hydrate basique d’alumine s’obtiennent :
- 1° Par une dose relativement faible d’alun ;
- 2° Par une dose relativement forte d’eau ;
- 3° Par une dose relativemen forte de laine (plus de quinze fois le poids d’alun);
- 4° Par une longue durée de mordançage ;
- b° Par une température élevée au mordançage et à la teinture;
- Ou 6° par l’addition à l’alun d’alcali ou de sels alcalins, ou de sels neutres à acide volatil (acides chlorhydrique, acétique,azotique, etc.) ou peu soluble (aside arsénieux, etc.). L’addition de ces corps permet de diminuer la température et la durée de l’alunage. Une petite dose d’alun (pour 1 de laine) charge ainsi la laine d’hydrate d’alumine.
- II. Les teintes violacées au campêche, rouges au bois rouge, s’obtiennent par les circonstances inverses. Une forte dose d’alun agit en fixant sur la laine non-seulement de l’hydrate d’alumine, mais encore de l’hydrate sulfurique, donc du sulfate aluminique.
- Un excédant d’alun peut donc se remplacer, mais non d’une manière pèoportionnelle, par de l’acicide sulfurique (1), du bisulfate de potasse ou d’autres sels acides bitartrates, bioxa-lates, etc., par un alunage peu prolongé et à tiède ou à froid, par le soufrage ou par les apprêts acides.
- Une diminution d’alun équivaut au contraire à une production d’alumine basique, c’est-à-dire
- (1) Nous réunirons dans une note l’effet de l’addition de ces corps à l’alun. Quand il y a une dose assez forte d’acide sulfurique, ainsi 100 laine, 10 alun, 10 alun. 10 à 3 acide sulfurique et un bouillon prolongé, il ne doit pas se fixer d’alun, car la laine ne se teint pas avec les bois bleus et rouges, on n’y prend qu’un jaune roux très-pâle.
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- à une addition de. soude, de sel alcalin, de sel marin, etc., ou à un alunage très-long et très-chaud; l'état calcaireux ou alcalin des eaux agit de la même manière, ainsi que le rinçage de laines soufrées et chargées d’acide sulfurique.
- 78. L’acide sulfurique d’un excédant d’alun a une action purificatrice spéciale qui élimine les sels de fer de la laine. Le soufrage a le même rôle (1). Les rinçages acides ou le soufrage contribuent à donner des teintes plus jaunes rouges et pures à la laine, et beaucoup plus fournies s’il s’agit de la cochenille.
- 79. La théorie de l’alunage basée sur l’absorption inégale par la laine des hydrates dissociés, explique non-seulement tous les phénomènes que présente l’action des does d’alun, mais encore elle prévoit les effets de l’action combinée de l’alun et 1° d’acides ou de sels d’acides de potassium; 2° de sels neutres ou basiques de potassium. Les expériences qui toutes confirment ces prévisions seront réunies dans une note spéciale.
- 80. Des conclusions théoriques plus générales encore semblent pouvoir se déduire des résultat acquis, et devoir guider dans les recherches à faire sur l’absorption des solutions des divers sels métalliques par la laine.
- Ces conclusions sont :
- 1. De fortes doses de mordants (sels d’aluminium, de fer, de chrome, d’étain, de cuivre) agissent en solution comme sels (ou même comme sels et acides) après leur absorption par la laine.
- 2. De faibles doses de mordants agissent sur la laine comme hydrates métalliques. La formation de ces derniers corps est aidée par un bouillon prolongé.
- 3° L'ABSORPTON INEGALE par la laine deshydrates basiques et acides dissociés, et ses RÉACTIONS SUR chacun d'eux occasionnent CCS différences d’action.
- 4. L’excès de sel paraît donc pouvoir être remplacé par des doses faibles d’acides ou des sels acides de potassium (bisulfate, bioxalate, tartre, etc.) qui dans l’eau se dédoublent en acide, plus sel neutre.
- (1) Les acides sulfuriques et sulfureux produisant du sulfate ferreux blanc, doivent déroussir ies laines ocreuses ferrugineuses.
- S. L’ACCROISSEMENT d’hydrate MÉTALLIQUE fixé viendra au contraire de l’addition d’eau, de sa chaleur, de la longue durée de son action.
- G. La couleu rque prend la laine PURE dans les bains de teinture lutte contre celle due aux premières parcelles d’hydrate acide et d’hydrate métallique absorbé par la laine. L’acide agit surtout en purifiant la laine, il semble aussi mettre ultérieurement en liberté les colorants des glucoses (ainsi le carmin-roth delà carminé). L’hydrate métallique fixe sur la laine les laques colorées diversement.
- EMPLOI DE L’OXYDE D’ÉTAIN COMME MORDANT Par M. E. Muller.
- On traite le coton par un bain d’eau bouillante légèrement alcalin, et on le met ensuite dans un bain tiède de permanganate de potasse, on le laisse jusqu’à ce que les fibres aient pris une couleur brun foncé. On rince et lave à l’eau courante, puis on traite le coton par un bain tiède de chlorure d’étain, jusqu’à décoloration complète; il se dépose ainsi de l'oxyde d’étain dans les fibres.
- On obtient le même résultat en employant, au lieu de permanganate de potasse, le sulfate de fer, puis traitant par l’eau de chaux. On peut encore plonger le coton dans un bain formé du mélange d’une solution de sulfate de fer et de chlorate de potasse. Il se dépose ainsi dans les fibres, de l’oxyde de fer, qui donne par le bain de chlorure d’étain, du chlorure de fer soluble et de l’oxyde d’étain qui se dépose sur la fibre. Le coton, par ce procédé, ne devient pas blanc; il faut le tordre, le laver, puis le traiter à chaud par une solution étendue de silicate de soude et savonner.
- Les fibres, ainsi préparées, sont prêtes pour la teinture.
- Ce système de mordançage à l’étain, indiqué par le Chemisches Centralblatt, est assurément beaucoup plus compliqué que ceux en usage, mais il permet de déposer une couche d’oxyde beaucoup plus considérable, et peut, dès lors, donner lieu à de nouvelles applications dans la teinture.
- F. G.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- ESSOREUSES
- De toutes les machines nouvelles à l’usage de la teinture, il n’en est pas qui se soient répandues plus rapidement dans cette industrie que les essoreuses. En effet, dans les plus modestes ateliers, aussi bien que dans les usines les plus considérables, on rencontre cet appareil, sous les modèles les plus variés, et dans des forces également très diverses, se-
- 13.
- Fig. * 1D°
- 5
- 9
- S ° H
- Ion le genre et l’importance du travail auquel il est destiné.
- Ces machines, établies sur une base'ration-nelle et scientifique, — celle de la force centrifuge, — produisant} en peu de [temps une dessication relative des étoffes mouillées, sans fatiguer ni déchirerces matières, (ainsi que le faisait la torsion manuelle ou mécanique dont on se servait autrefois); ces'machines peu encombrantes, d’un usage facile, et d’une cons
- truction généralement élégante, justifient lafa" veur dont elles jouissent, et il est très compréhensible que leur emploi se soit si largement répandu, non-seulement chez les teinturiers, les blanchisseurs et autres industriels qui ont à sécher des tissus mouillés, mais encore dans toutes les industries où l’on doit séparer des matières solides et des liquides; notamment chez les fabricants de sucre et de produits chimiques.
- Les essoreuses, que l’onnomme aussi hydro' e oc tracteur s, turbines centrifugesont déjà été beaucoup perfectionnées depuis leur invention, et ne ressemblent plus à ces machines lourdes et compliquées dont on trouve des dessins dans l’ouvrage de Persoz, ou dans la Chimie industrielle de M. Girardin; ce sont actuellement des appareils facilement transportables, construits avec une grande sobriété d’organes, tout en leur donnant une suffisante
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- solidité et une vitesse supérieure à celle de ces anciens systèmes.
- Il existe un grand nombre de modèles d’essoreuses, ayant tous leurs qualités et leurs défauts, et convenant chacun à une destination plutôt qu’à une autre. Cependant tous ces modèles peuvent se résumer en quelques types, si on veut ne pas tenir compte de quelques variantes sans importance.
- Le Moniteur de la Teinture a souvent eu l’occasion de parler des essoreuses ; il a donné particulièrement des dessins de deux de ces
- En parlant des appareils précités, nous avons fait ressortir deux systèmes principaux: les essoreuses à arcades, c’est-à-dire dont l’axe du panier est maintenu aussi bien par le haut que par le bas, et celles à toupie, c’est-à-dire dont le panier ne repose que sur un seul point, en bas, et se trouve, par conséquent, complètement libre et dégagé en dessus.
- Nous disions que le premier système avait pour lui l’avantage de la solidité et delà stabilité, qu’il ne nécessitait aucuns soins spéciaux pendant le travail, et qu’ainsi, il pou-
- J.DECOUDUR, 8_.Cn
- BREVETES S.6.D.G.
- . PARIS.
- Fig.
- appareils dits à toupie construits par M. J. Lévy (I), du système de M. Tulpin (2), et de l’essoreuse marchant par cônes à friction, en prenant pour type le modèle de MM. Pierron et Dehaître (3).
- Nous complétons ces indications en donnant dans ce numéro et dans le suivant, quelques types relativement nouveaux.
- (1) Voir année 1868, pages 9 et 10.
- (2) Voir année 1868, page 17.
- t (3) Voir année 1868, page 180.
- 14.
- vait être mis entre les mains de n’importe quel ouvrier. Les essoreuses à toupie, au contraire, exigent, par suite de la mobilité de leur panier, que la charge de matières à essorer soit bien répartie dans tous les sens de ce panier, afin de l’équilibrer, et pour qu’il n’ait pas de tendance à incliner dans un sens, ce qui produirait des vacillements, des irrégularités, ainsi qu’une plus grande dépense de force motrice, et pourrait même détériorer l’appareil; par suite de cela, il faut donc n’en confier l’usage qu’à des ouvriers soigneux; mais pour corn-
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-
- tS
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- penser ces inconvénients, l’essoreuse à toupie possède les avantages suivants : le panier étant entièrement découvert, son chargement et son déchargement deviennent très-faciles, car, pour cela, on n’est plus gêné par les montants en fonte placés sur les deux côtés et qui forment l’arcade destinée à assujettir l’axe du panier dans les autres systèmes, et comme il n’y a aucune transmission ni mécanisme au dessus de ce panier, on n’a pas à craindre qu’il y tombe des huiles de graissage, susceptible de tacher les étoffes; en outre les frottements étant diminués, et le panier, ne reposant que sur un seul plan, devient très-mobile et peut acquérir une très-grande vitesse avec peu de force, et pour cette raison aussi, il n’est pas nécessaire de sceller ou de boulonner l’appareil sur une pierre maçonnée dans le sol, comme pour les autres systèmes; d’où il s’en suit des frais moins élevés d’installation.
- Tels sont donc les avantages et les inconvénients de ces deux genres d'essoreuses ; mais la supériorité la plus importante de celle à toupie, réside dans le dégagement et le libre accès du panier, car, dans la pratique, on sait combien sont gênants les arcades des systèmes à arbres fixes.
- On devait trouver, et en effet, on n’a pas tardé à imaginer un genre mixte, réunissant les principales qualités des deux systèmes; c’est-à-dire la fixité des premiers, et la facilité de travail des seconds, et on a fait le système à arcade simple, dans lequel l’axe du panier est bien fixé et assujetti par le haut en traversant un coussinet maintenu par une armature en fonte, mais cette armature ou bâti n’est plus fixé que par un point sur le corps de l’essoreuse, et dès lors tout le panier est accessible, sauf à l’endroit où s’élève l’arcade simple ou plutôt la demi-arcade, ce qui, d’ailleurs, ne gêne nullement le travail.
- Le premier modèle de ce genre que nous ayons connu, a été construit par MM. PIERRON et DEHAITRE, et est représenté par la figure 13; on remarque la pièce en fonte qui s'avance en potence au-dessus de l’essoreuse, et qui porte tout le mécanisme ; l’arbre vertical qui forme l’axe du panier est maintenu par cette potence, il se termine par un cône en papier comprimé, mû par un autre cône en fer frottant contre lui, et recevant lui-même le mouvement de la pou
- lie sur laquelle s’engage une courroie de transmission ; sur l’arbre et au-dessous de la potence se trouve un frein à collier en acier.
- A la vérité, pour de très-fortes machines, comme celles à sucreries, ce système n’offrirait pas la même solidité que ceux à arcade complète, il se produirait une trépidation de tout l’appareil, non par le jeu du panier qui ne cause que peu de fatigue au support, mais par le fait de la traction des courroies. Cependant on peut très-bien y appliquer une force de deux chevaux, et faire des machines dont les paniers ont jusqu’à un mètre de diamètre, ce qui est largement suffisant pour l’usage de la teinture.
- Les mêmes constructeurs ont établi un modèle plus petit pour fonctionner à bras, et que nous voyons représenté par la figure 15 ; dans cette essoreuse, on retrouve les principales dispositions de la précédente, le cône-plateau est d’un grand diamètre, de façon à communiquer plus de vitesse, et ce cône est mû par une manivelle et un système d’engrenages, ainsi qu’on le voit sur le dessin.
- Les paniers de ces petites essoreuses ont de 40 à 60 centimètres de diamètre ; elles conviennent donc.pour les petits ateliers, et surtout pour ceux des teinturiers-dégraisseurs. Si on s’en sert pour des empleins, on peut recueillir la benzine en mettant un vase au-dessous de l’orifice d’écoulement des liquides.
- Plusieurs constructeurs ont fait des essoreuses d’après ce principe ou cette disposition, dite à arcade simple, en conservant à peu près le type des appareils qu’ils ont l’habitude de construire; c’est ainsi que M. J. Lévy a établi deux modèles de ce genre, l’un marchant au moteur, l’autre fonctionnant à bras; la figure 16 montre ce dernier.
- Dans les essoreuses de M. Lévy, au lieu de cônes à friction, le mouvement est transmis par des engrenages. — Ce constructeur a surtout de très-bons modèles à toupie. — Celles qu’il construit à simple arcade, sont également mues par ce moyen. Les engrenages permettent d’obtenir une grande vitesse, car il ne s’y produit pas des glissements comme sur les cônes, mais ils sont susceptibles de casser lorsqu’on les arrête brusquement ou lorsqu’on y imprime des chocs; toutefois, on doit reconnaître que lorsque ces roues sont en fonte
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- —=n t9 mmies
- malléable, comme celles de l’appareil dont nous parlons, cet accident est beaucoup plus rare, et ne se produit même plus.
- M. Lévy a aussi un modèle d’essoreuse à arcade simple, marchant par cônes. Les dimensions de celles de notre dessin (figure 16) sont de 45 et de 60 centimètres de panier.
- Un type d’essoreuses tout différent de ceux dont nous venons de parler, et qui, cependant, a été imaginé aussi dans le but de découvrir le panier, est celle de MM. J. DECOUDUN et Gie, figure 14. Dans ce système, il n’y a plus d’arcade ni simple ni double : le panier est entièrement libre, le mouvement est donné par dessous; il s’élève seulement à côté de la machine, une colonne renfermant un arbre vertical qui communique le mouvement et qui le reçoit par des poulies ou une manivelle élevées, de cette façon, à hauteur d’appui.
- Ce modèle se rapproche beaucoup de ceux à toupie, et doit même être classé parmi eux; cependant le panier n’a pas l’instabilité de ceux-ci, car il ne repose pas comme eux sur une pointe fixée à sa partie inférieure ; au contraire l’axe qui le supporte s’élève dans un tube placé au milieu du panier, et s’applique
- contre le fond de ce tube à une hauteur correspondant à peu près à celle des bords du panier. Il s’en suit donc que ce panier a son centre de gravité plus bas que son point d’appui, de sorte qu’il est dans des conditions régulières d’équilibre, contrairement à d’autres systèmes à toupie dans lesquels le centre de gravité est plus haut que le point de support.
- Sur le côté de cette essoreuse et dans le bas, se trouve la poignée du frein, dont elle est munie, mais qui n’est pas visible dans le dessin. On remarque que toutes les transmissions demouvements,les engrenages, etc , son complètement enveloppés : cette bonne disposition permettra d'é-viter des accidents qui se produisent quelquefois, en se faisant prendre la main dans les roues dentées; il arrive même que des transmissions placées au bas d’appareils de ce genre, saisissent les jupes de femmes qu passent à côté, entraînent et blessent plus ou moins sérieusement ces personnes.
- À ce propos, nous devons recom-
- Fig. 16.
- s
- -• ai
- mander d’envelopper d’un léger grillage de fil de fer, tous ces arbres et engrenages auxquels on n’a pas affaire pendant le travail, et qui res-tant découverts peuvent causer les acsident
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- dontnous venons de parler, et desquels malheureusement nous avons des exemples; d’ailleurs les réglements de police qui prescrivent ces mesures, s’appliquent aussi bien aux essoreuses qu’à tout autre machine.
- Sous ce rapport, l’essoreuse de M. Decoudun offre toute sécurité, et cela n’est pas un de ses moindres avantages.
- F. GOUILLON.
- (La suite au prochain numéro).
- NOTE SUR L’IMPRESSION EN NOIR d’aniline et sur la GÉNÉRATION DE LA ROSANILINE
- Par M. Rosentiehl.
- Dans une étude théorique, présentée par M. Rosentiehl à la Société industrielle de Mulhouse, l’auteur signale les causes d’un accident qui se produit quelquefois dans la fabrication du noir d’aniline, et donne ainsi le moyen de l’éviter.
- L’intérêt essentiellement pratique de cette communication nous engage à l’extraire du mémoire où il figure.
- L’auteur s’exprime ainsi :
- L’on sait aujourd’hui que trois alcaloïdes concourent à la formation de la fuchsine, ce sont : l’aniline et les deux toluidincs. Ces alcaloïdes, associes deux a deux, sont encore aptes à engendrer des matières colorantes rouges, identiques entre elles, quant aux propriétés physiques, mais au point de vue chimique simplement isomères.
- Aucun des trois alcaloïdes, pris isolément et soumis au traitement habituel, n’a pu jusqu’ici être transformé en rouge d’aniline. Tel est rapidement résumé l’état actuel de nos connaissances sur ce sujet.
- Les faits que j’ai à ajouter à ceux qui précédent viennent modifier la dernière proposition. Il est bien vrai que l’aniline seule et la toluidine seule ne peuvent pas être transformées en rosaniline, mais il en est pas de même delà pseudotoluidine. Il y a trois ans déjà,j’ai reconnu que la pseudotoluidine, chauffée avec l’acide arsenique, donne naissance à de l’aniline ; cette réaction s’accomplit dans les conditions ou un mélange d’aniline et de pseudotoluidine, se transforme en rouge; plus tard,
- ayant eu l’occasion de revenir sur cette expérience , j’ai reconnu qu'en la prolongeant plus que je ne l’avais fait la première fois, il y a réellement production d’une matière colorante rouge, identique avec celle que j’ai décrite sous le nom de « pseudorosaniline. »
- Il est un fait connu que les sels d’aniline et de toluidine se colorent à l’air en rose. En préparant, il y a trois ans, les sels d’aniline et de toluidine qui ont servi aux études comparatives que j’ai faites de ces alcaloïdes, j’ai remarqué que cette coloration rose ne se développe que grâce à la présence de petites quantités de pseudotoluidine.
- J’ai été amené à faire ces expériences en recherchant les causes d’un accident désagréable, qui se produit trop fréquemment dans la fabrication des noirs d’aniline. Voici sous quelle forme cet accident s’est présenté quand il a particulièrement attiré mon attention. Des coupons de diverses étoffes de coton avaient été collés les uns à la suite des autres, puis on y avait imprimé une couleur pour noir d’aniline au rouleau, et on les avaient exposés dans une chambre chaude pour développer le noir; plusieurs coupons, dont le blanc avait été parfait avant l’entrée à la chambre chaude, étaient colorés en rose plus ou moins intense; d’autres étaient restés blancs. Les coupons blancs alternaient d’une manière fort irrégulière avec les coupons colorés. Cette distribution du phénomène conduit à cette conclusion : que le tissu lui-même doit avoir joué un rôle dans la formation de la matière rose, et le double problème s’est imposé immédiatement à l’esprit : 1° Quelle est la matière rose qui se forme dans les parties non imprimées en noir ; 2° Quelle est la matière qui existe dans le tissu et qui favorise la formation de la substance rose. La première question ne m’a pas arrêté longtemps; la coloration rose avait la plus grande analogie avec celle de la rosaniline et de ses isomères, et les essais que j’ai décrits précédemment ont rapidement confirmé cette manière de voir.
- Reste à répondre à la deuxième question :
- Or, puisque la substance rose est un sel de pseudorosaniline, la matière qui imprègne l’étoffe doit avoir été un sel de pseudotoluidine. C’est là ce qu’il s’agit de démontrer. Quand on entre dans une chambre chaude où l’on développe les noirs, on est frappé de l’odeur forte
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- Co
- S.
- qui y règne, et qui dénote la présence dans l’atmosphère de ces salles d’alcaloïdes libres qui se dégagent des pièces. Parmi ces alcaloïdes se trouve la pseudotoluidine, inévitablement, parce qu’elle existe dans les anilines employées pour le noir. Ces vapeurs imprègnent le tissu; mais elles ne peuvent s’y fixer que si l’étoffe contient ce qu’il faut pour former un sel, c’est-à-dire un acide.
- Ce dernier point a été vérifié par un grand nombre d’expériences. J’ai choisi une étoffe ne se colorant pas à l’étendage ; j’en ai imprégné la moitié d’une dissolution contenant un millième d’acide chlorhydrique, et j’ai fait imprimer sur le tout après dessication une couleur pour noir ; après le développement de ce dernier, la partie imprégnée d’acide était colorée en rose intense, tandis que la partie non imprégnée était restée blanche. On donne à cette expérience une forme plus saisissante en épaississant l’eau acidulée par un centième d’acide et en imprimant des bandes sur diverses étoffes de coton. En suspendant ces échantillons avec des pièces imprimées en noir, il se forme un rose assez vif, tranchant parfaitement sur le fond blanc. L’acide dont l’étoffe est imprégnée attire et fixe à mesure les vapeurs de pseudotoluidine; par l’action de l’air sur le sel formé, qui est répandu sur une grande surface, la pseudorosaniline se développe. Pour démontrer directement que les faits se passent bien ainsi que je viens de le dire, j’ai suspendu des échantillons imprimés en eau acidulée, dans un local où il n’y avait pas de vapeur d’alcaloïde, et j’y ai volatilisé un peu de pseudotoluidine; au bout de quelques heures, la coloration rose s’était développée.
- La présence de l’acide libre dans le tissu est donc la cause de l’accident. L’existence d’un acide dans les étoffes blanchies ne doit pas étonner : la dernière opération chimique du blanchiment est un passage en eau acidulée, et la proportion qui en est retenue par l’étoffe dépend de l’énergie du lavage final. Mais, en dehors de cette cause qui doit être la plus générale, les pièces trouvent dans les fabriques d’impression encore plus d’une occasion de s’imprégner d’acide, surtout d’acide acétique
- Beaucoup de mes collègues, avec qui j’ai eu l’occasion de discuter les expériences précédentes, m’ont dit qu’ils avaient souvent vu
- l’accident se produire quand des pièces dégageant des vapeurs d’acide acétique étaient suspendues à côté de celles qui étaient imprimées en noir d’aniline ; je suis heureux d’avoir, dans cette circonstance, l’appui de leur autorité.
- La cause trouvée, le remède est indiqué; toute opération qui tend à neutraliser l’acide conduit au but. En ceci encore, la pratique industrielle a devancé l’explication du phénomène. M. Gustave Schæffer a observé que la coloration ne se développe plus sur une étoffe qui a subi l’une des opérations du garançage, ou un passage prolongé dans l’eau chaude, contenant de la craie, du silicate de soude, du savon ou une autre substance alcaline.
- D’après ce qui précède, les conditions dans lesquelles l’accident se produit sont donc parfaitement déterminées ; on peut le reproduire *ou l’empêcher à volonté.
- TEINTURE EN JAUNE Par M. Van Laer.
- La couleur jaune se produit sur la laine le plus'ordinairement par la gaude, le quercitron, le bois jaune, le fustet, par l’acide picrique, les jaunes d’aniline et par le chromate de plomb.
- Jaune à la gaude.
- La gaude {Reseda. luteola) est souvent employée pour les jaunes ; elle supporte plus facilement l’action des alcalis sans s’altérer, elle supporte assez longtemps l’action de l’air. (Voir les essais de l’influence de la lumière sur la gaude, sa stabilité en regard des autres colorants jaunes, par Paul Havrez.)
- Les jaunes par la gaude s’obtiennent facilement.
- Des teinturiers commencent par la faire bouillir pendant une demi-heure ou une heure dans de l’eau de puits, puis ils la reti-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- rent pour y plonger les laines mordancées à cet effet ; on obtient ainsi des jaunes vifs.
- 1er PROCÉDÉ.
- En voici une où l’on a fait usage pour 100 kil. de laine
- Eau de source.
- Alun..............................16 kil.
- Tartre.............................8 —
- L’on donne à la laine un bouillon de 2 heures, l’on teint ensuite dans un bain où l’on a fait bouillir pendant 20 minutes 60 kilogrammes de gaude de Normandie, puis on plonge la laine que l’on maintient en manœuvrant pendant 30 minutes à une température de 90 à 95°.) anollibaon 85I cobob" "P 00 i
- 2e PROCÉDÉ.
- 51A01g91 8: JD90 no : 89911118.9D J9M19181
- L’on a fait usage de la même dose de mor-* dant ; même durée de bouillon, mais on a ajouté au bain de gaude 2 kil. de carbonate de chaux (craie).
- 1V 3e PROCÉDÉ.
- 100 kilogrammes de laine en écheveaux.
- Bouillon de 2 heures dans un bain composé desnisi n ma sinbotq oa onust 108luoo si ,nou.Alun. . . • sq tnomoni2 kil.
- Sulfate de soude. ... 4 —
- Après un repos de deux jours, teindre dans un bain contenant eau de puits, 35 kilogrammes de gaude, sans racines, en ne prenant que les tiges contenant les fleurs ; on fait bouillir une demi-heure avant de mettre la laine; maintenir le bain à une température voisine de l’ébullition pendant une heure, puis ajouter au bain un peu de carbonate de soude.
- 4e PROCÉDÉ.
- 100 kil. de laine en écheveaux.
- Bouillon d’une demi-heure dans un bain. Eau de pluie. alla* Alun 10 kil.f.
- Sel d’étain..................4 —
- Grême de tartre .... 2 —
- La teinture se fait dans un deuxième bain où l’on a fait bouillir 20 minutes, 30 kil. de gaude sans racines ; on la retire pour plonger la laine que l’on fait bouillir 10 minutes; puis la maintenir dans le bain une heure à une température de 80 à 90°.
- Ces procédés m’ont été donnés par d’excel
- lents teinturiers; je les ai vus employer et obtenir avec eux des jaunes magnifiques.
- JAUNE A LA GAUDE
- Décrit par M. Dumas.
- Ordinairement on emploie de préférence les eaux stagnantes, pour former le bain dans lequel on doit finir la couleur.
- On dit que l’eau dure convient pour le gau-dage ; sans doute que les eaux calcaires donnent à la couleur de la gaude une teinte plus dorée, comme font tous les alcalis.
- Quand on opère sur la laine en toison, on doit faire le bouillon pour jaune dans un bain préparé.
- Pour 100 kil. de laine, avec ;
- Alun. . .....................20 kil.
- Tartre..........................5 —
- Le bouillon doit être soutenu pendant trois heures ; ensuite la laine sera abattue et portée à la cave, où elle restera pendant cinq ou six jours ; après ce temps elle doit être lavée avec soin. 108 299 HSPTSTsFd
- Le bain de teinture Se fait avec 60 kil. de gaude, si l’on emploie de la gaude du Midi; mais si l’on veut se servir de celles de Normandie ou de Bourgogne , on en prendra 100 kilogrammes, à cause du poids des racines et des tiges, qui sont beaucoup plus grosses et plus pesantes ; l'on place la gaude dans des sacs de toile claire ; on la fait bouillir jusqu’à ce qu’elle soit dépouillée de sa couleur, et que le bain en soit bien garni.
- Des teinturiers ont l’habitude d’ajouter un alcali dans la deccction pour dorer la nuance.
- Il faut observer, dit M. Dumas, que la gaude ne cède jamais sa matière colorante en entier pendant la première ébullition qu’elle subit.
- Il faut exécuter l’opération du gaudage en deux temps, et donner à la laine l’entrée et le rejet, c’est-à-dire garnir le bain d’une certaine quantité de matière colorante, y plonger la laine, la relever et y replonger les sacs de gaude, leur laisser subir une ébullition pareille à la première; on y rejette la laine et on obtient par ce moyen une teinte jaune très-fournie.
- Le gaudage se fait chez tous les teinturiers de la même façon : des teinturiers font bouillir la laine avec la gaude, d’autres en emploient une dose plus forte, etc. La dose à em-
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 10. GJ
- --
- ployer dépend de la richesse colorante, comme | le mordant à prendre dépendra du jaune à obtenir et de la stabilité de la couleur.
- Bellot prescrit pour 16 livres de laine, quatre parties d'alun et une partie de tartre, puis il fait bouillir une demi-heure.
- Vitalis indique pour le même poids de laine 4 parties d’alun sur 2 parties de crème de tartre.
- Scheffer fait bouillir la laine pendant deux heures avec un quart de dissolution d’étain et un quart de tartre ; il la lave ensuite avant le gaudage. .. inp al
- Poërner prépare le drap ou la laine comme pour la teinture en écarlate. Il assure que par ce moyen on donne plus d’éclat et de solidité à la couleur.
- LE GAUDAGE.
- On prépare le bain de la manière suivante : On fait bouillir dans un bain frais, la gaude enfermée dans un sac de toile claire qu’on charge d’un poids pesant, afin qu’il ne s’élève pas au haut du bain,
- Hellot prescrit S à 6 parties de gaude pour chaque partie de laine ; celte proportion est trop forte ; on n’en emploie jamais une pareille dose : comme je l’ai déjà dit, la dose dépend de la richesse colorante de la gaude ; du reste, la nuance à obtenir indique et doit déterminer la quantité de gaude qu’on doit em-ployer. fi onisl fil esp abiqs iashiom s
- Scheffer prescrit un procédé un peu différent ; il jette dans de l’eau bouillante une quantité de gaude égale à la moitié du poids de la laine ; il retire le feu et couvre la chaudière.
- Vingt-quatre heures après, il y fait bouillir de nouveau la gaude, et y plonge la laine pendant que la teinture est bouillante ; il ne fait plus bouillir, manœuvre bien la laine et laisse macérer toute la nuit.
- Le lendemain, il retire la laine et met cuire dans le même bain une égale quantité de gaude qu’il enlève lorsqu’elle est cuite. Il y rabat la laine pendant que la teinture est bouillante, et la travaille sans laisser bouillir le bain. La laine, teinte de cette manière, est avivée dans une lessive alcaline froide et faible.
- Scheffer dit que l’ydrochlorate d’ammoniaque et l’ydrochlorate de potasse donnent à la
- couleur de la gaude plus de brillant, plus d’intensité et plus de solidité.
- On verse pour cela dans le bain de teinture une petite quantité de dissolution de l’un de ces sels.
- Voici les mordants epui nous ont fourni les meilleurs résultats avec la gaude ; recettes extraites de la collection de V Ecole prof es-
- ' sionnelle. , ..
- oh lid 09 Jnsrolnos nisd I B cb onbii93
- Acide tar-trique —4; ..
- 4
- 6
- 3
- 4
- 2
- Dans
- Alun
- 10
- 15
- 20
- 0
- 0
- 10
- , Chloride Chlorure Dose.de stannique stanneus- 32152205.
- toutes ces
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- stanneux coloration
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- 30
- • 30
- 40
- 30
- recettes, la durée du mor-
- dançage a été d’une heure, et la durée de la teinture de vingt minutes.
- Jaune par 2e Quercitron.
- L’écorce du Quercus nigra est fort en usage pour la teinture des laines, et donne des jaunes vifs et brillants sur les laines préalablement mordancées par les mordants d’étain, le lartre, l’alun, etc; H0 "P HOTADT9UP 9 * U-
- Il est à observer qu’il faut suivre la marche de la teinture, ne pas faire bouillir longtemps, tout au plus 10 à 15 minutes, puis maintenir le bain à une température voisine de l’ébulli-
- tion; l’on enleve la laine du bain aussitôt que la nuance que l’on désire-est obtenue; un bouillon prolongé brunit et altère la couleur ; il en est de même pour toutes les couleurs claires.
- Procédés en usage chez divers teinturiers^ 1er procédé.
- 100 kilogrammes de laine.
- L’on commence par faire bouillir la laine dans un bain composé de :
- Alun ....... 16 kil.
- Tartre..................8 —
- Après une heure de bouillon, l’on ajoute dans le même bain 17 kilogrammes de quercitron, après en avoir retiré la laine; l’on fait bouillir 10 minutes, puis on y replonge la laine que l’on maintient à une température voisine de l’ébullition ; le même teinturier ajoute pour diverses nuances un peu de composition d’étain ; une fois la couleur voulue, l’on retire du bain. i -0. *9 (83181009 8001/
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- t S.
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 2° PRODÈDÊ.
- 100 kilogrammes de laine en écheveaux.
- Bouillon d’une heure dans un bain composé de :
- Eau de pluie.
- Alun..............................20 kil.
- Tartre.............................5 —
- Sel d’étain.......................... —
- Laisser en repos jusqu’au lendemain, puis teindre dans un bain contenant 20 kil. de quercitron ; faire bouillir 15 minutes, puis maintenir le bain pendant une heure à une température de 75 à 80e.
- On lave ensuite à l’eau courante.
- 3e procédé
- 100 kil. de laine en flocons.
- Bouillon d’une heure dans un bain composé de :
- Eau de pluie.
- Crème de tartre....................8 kil.
- Dissolution d’étain (I) . .12 —
- On retire la laine du bain pour la teindre le lendemain, puis on ajoute dans le même bain 20 kil. de quercitron qu’on fait bouillir quelques minutes ; on y replonge la laine qu’on fait bouillir lentement ; on la retire aussitôt qu’on est parvenu à l’échantillon.
- 4e PROCEDE.
- 100 kil. de laine.
- Bouillon d’une demi-heure dans un bain composé de :
- Alun..............................16 kil.
- Sulfate de soude .... 5 —
- Bain de teinture. —On fait bouillir 15 minutes 20 kil. de quercitron, puis on plonge la laine dans le bain qu’on fait bouillir lentement ; on retire la laine aussitôt la couleur obtenue, et l’on ajoute pour diverses nuances 3 à 4 kil. de composition d’étain, 2 de tartre, et 1 à 2 kilogrammes de cochenille ; puis on rince.
- Bancroft^ à qui nous devons la connaissance de cette substance tinctoriale, décrit aussi plusieurs procédés.
- Pour teindre 100 kilogrammes de draps d’une belle couleur jaune orange, il prescrit
- (1) Celle décrite dans le numéro du 20 février, année courante, p. 40.
- 12 kil. de quercitron, et pareil poids de mu-riosulfate d’étain (1).
- L’écorce est renfermée dans un sac de toile claire; puis il le plonge dans un bain d’eau bouillante, la laine 10 minutes; alors il ajoute la solution d’étain, et pallie bien ; puis il introduit le drap.
- Par ce moyen, dit Bancroft, la couleur pénètre le drap, aussi également que promptement. Il ne faut pas tenir le drap dans le bain plus de 15 minutes, après qu’il est entré en ébullition.
- Les mordants qui nous ont donné les meilleurs résultats sont les suivants, les proportions étant pour 100 kil. de laine :
- Tableau des teintures obtenues par divers mordants, mélange de quercitron et de cochenille.
- Acide tartriq.
- 2
- 0
- 4
- 0
- 4 0 0
- Tartre
- 0
- 4
- 0
- 0
- Chlori- Chlorur, Quer- Coche-—un destan. stanneux citron nille 50 2 10 0
- 10 0 2 10 0 0 4 4 10 0 0 5 5 15 0
- 10 2 2 15 2
- 0 5 5 15 2
- 0 5 5 20 4
- La durée du mordançage a été d’une heure au bouillon.
- Teinture dans un deuxième bain, bouillon 15 minutes. Pour les deux opérations, eau de pluie.
- L’on peut aussi mettre le colorant dans le bain de mordant après que la laine a bouilli une demi-heure; ce procédé est même préférable.
- (Aide-Mémoire du teinturier.) (A suivre.)
- REVUE SOMMAIRE DES BREVETS D'INVENTION
- Revivification des alcalis dans les eaux de décreusage. — Ce procédé, de M. Tessié du MOTAY, a pour but la récupération des potasses et des soudes, en même temps que des com-
- (1) Il fait dissoudre 4,34 grammes d’étain dans un mélange de 1 kil. d’acide sulfurique du commerce avec un demi kilog. d’acide chlorhydrique; il aide la solution en chauffant au moyen d’un bain de sable.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 127
- posés organiques contenus dans les eaux de savon ayant servi au débouillissage ou désuintage et au décreusage des matières textiles.
- On fait réagir les bi-carbonates de chaux, de magnésie ou de baryte sur les eaux savonneuses; pour cela, on ajoute dans ces eaux du carbonate de chaux, de magnésie ou de baryte, et l’on y fait passer un courant d’acide carbonique : les bi-carbonates terreux, ainsi formés, précipitent les ulmates, les résinâtes, etc. Ces précipités sont séparés par décantation.
- Pour régénérer le carbonate de soude ou de potasse, il suffit de porter la liqueur à l’ébullition. On peut encore ajouter de l’eau de chaux pour enlever l’excès d’acide carbonique, puis ajouter de l’hydrate de baryte, qui forme avec la plus grande partie des impuretés qui ont échappé à l’action des bi-carbonates, des composés insolubles; on obtient ainsi des alcalis à l’état caustique.
- Dans les additions, l’inventeur insiste, soit sur l’emploi, à un moment donné, des acides minéraux pour faciliter la séparation des résines, soit enfin dans l’emploi des sulfures de sodium, baryum, calcium, mélangés avec de la chaux ou de l’oxyde de fer, et sur le déplacement de l’hydrogène sulfuré par un courant d’acide carbonique, dirigé dans la masse du liquide. L’hydrogène sulfuré est mis en liberté, et il entraîne dans les sulfures insolubles, les produits ulmiques. --B. 91850.
- Apprêt des broderies. — M. AYLÉ-IDOUX, reproche aux tapis servant à l’apprêt des broderies, de causer des déchirures par l’effet des épingles.
- Le brevet décrit un métier à aiguilles, formé de barres de métal armées de pointes serrées, que l’on peut écarter ou rapprocher deux à deux au moyen de vis à pas inverses, de courroie à traction, ou autres dispositions mécaniques pouvant produire cet écartement.
- On peut remplacer l’une des barres par un rouleau à rochet sur lequel l’étoffe en pièces est enroulée, pour se dérouler au fur et à mesure du travail; on peut même y adapter deux rouleaux, l’un sur lequel est fixée l’étoffe à apprêter, l’autre qui reçoit l’étoffe après l’apprêt.
- Tout l’appareil est suspendu au plafond, et est muni de contre-poids, pour qu’on puisse l’amener ou l’enlever à volonté, selon les besoins du travail.
- Les tissus brodés sont fixés sur cet appareil qui leur donne la tension voulue pendant l’ap-piét. —B. 90548.
- Impression à double face. — Depuis quelques temps on introduit dans les draps à bon marché, destontisses et des époutilles; ces tissus sont, par suite, composés de matières hétérogènes : coton, laine, soie, etc., qui se teignent très irrégulièrement. C’est pourquoi, au lieu de laisser les étoffes en fond uni, on cherche à imiter les effets de tissage des draps nouveautés, en imprimant des dessins tels que quadrillés, pointillés, rayures, avec ou sans bandes.
- Jusqu’alors, dit M. Lefebvre, dans son brevet, cette opération s’est toujours pratiquée en imprimant d’abord l’envers, lors d’un premier passage sur la machine, puis l’endroit dans un second passage sur la même machine, ou sur un autre appareil; il en résulte une perte de temps, et l’impossibilité de raccorder les dessins sur les deux faces.
- Afin d’obvier à ces inconvénients, le breveté imprime l’envers et l’endroit en un seul passage. Dans ce but, il ajoute aux machines ordinaires, — rouleaux ou foulards, — un second presseur accompagné du nombre utile de rouleaux gravés, pour imprimer l’envers du tissu, avant même que l’endroit ne se rouve soumis à l’action des cylindres qui y correspondent. — B. 93901.
- Tapis-tendeur mécanique. — Cet appareil rappelle quelques dispositions du précédent et est breveté par M. HAïN.
- Ce n’est point, à proprement parler, un tapis, c’est un châssis à peu près analogue au métier de Saint-Quentin, et destiné à l’apprêt du chiffonnage : les coupons sont fixés dessus à l’aide de mâchoires ou pinces en métal, dont l’intérieur est armé de pointes; ils y sont donc solidement fixés, on les étend alors par une série d’engrenages produisant l’écartement des branches de cet appareil, ainsi que cela a lieu dans ledit métier.
- Ce tendeur mécanique est situé au-dessus d’une fosse à tapis tournant, chauffée par les moyens ordinaires, ce qui produit la dessication sur toute l’étendue du tissu à la fois.
- Les dimensions de ce tendeur et delà fosse,
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- OC
- G
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- sont de 3 m. 50 sur 2 m. 20. Comme on le voit, c’est une combinaison du métier de Saint-Quentin, et du tapis tournant, toutefois les coupons ne sont tendus que dans un sens. — B. 89685.
- Imprssion à dispositions.— MM.WEIL frères ont eu l’idée d’imprimer sur toutes étoffes blanchies, teintes ou tissées, en couleurs mélangées ou autres, des dessins, des vignettes, des arabesques, été., suivant, à quelques centimètres près, la coupe que les vêtements, meubles, etc., doivent recevoir.
- De cette façon le dessin s’applique à peu près à toute les coupes, et lorsque le vêtement est monté, l’impression est bien raccordée avec elle-même sur les divers coupons, en produisant des dispositions régulières. — B. 93944.
- Machine à lisser les matteaux. — La machine de M. BOULIEU a pour but de remplacer le lissage à la main, pendant la teinture ou le lavage des soies en matteaux.
- Le lissage consiste en une succession de mouvements que l’ouvrier teinturier doit donner aux bâtons qui supportent les écheveaux dans les barques, et il a pour but de faire tremper successivement toute les parties de ces écheveaux, et de les ramener à l’air, tout en agitant le bain pour en maintenir l’homogénéité et l’uniformité.
- L’appareil breveté se compose, comme parties principales, d’un cadre rigide sur lequel sont fixés les guindres soumis à un mouvement de rotation sur eux-mêmes dans le sens de leur axe. Le cadre reçoit, en outre, la commande d’une transmission à effet de va et vient pour agiter régulièrement le bain dans toutes ses couches. — B. 92715.
- Charge économique pour les soies. — MM. Guichard et THIRAULT proposent de substituer au sucre, employé ordinairement pour charger les étoffes, un mélange d’un sel neutre incolore, et d’une substance agglutinative.
- Un mélange pour la charge des soies se compose de : ujla ; 6 ouptnsos— mef
- Sulfate de soude, 2 p.
- Glucose, 1 —
- Eau, 4 —
- Les auteurs disent que l’on peut employer
- des mélanges analogues pour remplacer le sucre dans tous ses emplois en teinture, mais il n'y a guère que pour la charge des soies que les teinturiers en font usage. — B. 92529
- Gaufrage des tuiles. — Le procédé de M. Baboin consiste à doubler sur deux ou plusieurs épaisseurs, le tulle de laine, de soie ou de coton, uni ou façonné qu’il s’agit de gaufrer.
- Le breveté réunit également le tulle à d’autres tissus, soit par superposition, soit par un apprêt à base de gomme, d’amidon, etc.,avant de le soumettre dans cet état à l’action d’une machine à gaufrer.
- Le doublage, tel qu’il vient d’être indiqué, aurait pour avantages de donner plus de corps au tulle, et par conséquent plus de solidité, plus de netteté au gaufrage. On pourrait, ainsi que l’indique le breveté, atteindre au même résultat en cousant une sorte de doublure au tulle avant le gaufrage.
- Enfin, M. Baboin se réserve le droit d’obtenir des effets variés de tulle gaufré, en mélangeant de diverses manières, des tulles denuan-ces ou de dessins différents avec d’autres tissus de même nuance ou de couleurs distinctes. — B. 93982.
- Chlore et hypochlorites. — D’après M. Smith, on fait passer un courant d’acide chlorhydrique gazeux sur du peroxyde de manganèse chauffé au rouge; on obtient ainsi une certaine quantité de chlore (1).
- En faisant passer sur le résidu un courant d’oxygène, on reproduit une nouvelle quantité de chlore que l’on peut diriger pour régénérer le bi-oxyde de manganèse, dans des cuves contenant du protoxyde de manganèse et de l’hypochlorite de chaux. -— Brevet anglais.
- Couleur pour impression sur chiffonnage.— M. Guichard revendique la propriété d’une composition qui, mélangée aux diverses couleurs en poudre, s’imprime sans préparation préliminaire, soit à la planche, soit au rouleau.
- (1) Voir le procédé de M. Tessié du Motay, indiqué dans notre précédent numéro, page 88. Il est antérieur de plusieurs mois au brevet anglais.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- Les proportions indiquées sont les suivantes :
- Vernis gras, 13 parties.
- Essense de thérébenthine, 5 —
- Cire blanche ou jaune, 1 —
- Colophane ou autre résine, 1 —
- Ces proportions, dit le breveté, peuvent être modifiées selon la nature et l’apprêt des tissus à imprimer.
- Les impressions obtenues à l’aide de cette composition ne sont point pâteuses comme avec les couleurs à l’huile employées, principalement aujourd’hui, par les teinturiers-dé-graiseurs, sur les étoffes reteintes. — B. 92690.
- Apprêt des soieries. — Cet apprêt consiste en un vaporisage, un séchage et un calandrage simultanés, lesquels sont produits à l’aide d’une machine indiquée par M. GANTIL-lon : Moyens qui, selon l’auteur, ont déjà été appliqués sur les draps, mais non sur les soies, et qui peuvent remplacer, dans certains cas, la pression à chaud.
- L’étoffe, enroulée sur une ensouple, vient s’engager entre un fort cylindre en fonte et une tuile creuse également en fonte qui s’applique exactement contre le cylindre, et est chauffée intérieurement ; mais, avant d’arriver là, le tissu passe au-dessus d’une projection de vapeur, afin de l’humecter, surtout s’il est d’une certaine épaisseur.
- Le tissu ainsi humecté, subit, par l’effet du cylindre et de la tuile sus-décrite, une sorte de calandrage à chaud, qui lui donne l’apprêt recherché, et vient s’enrouler sur un second rouleau tendu par des pignons.
- L’auteur dit que par ce moyen il exécute trois opérations eu une seule. — B. 89684.
- EXTRAIT D’UNE NOTICE NÉCROLOGIQUE SUR M. DANIEL KCCHLIN
- Par M. A. Penot .
- La Société Industrielle a eu la douleur de perdre, dans le courant de cette année, un de ses membres les plus distingués, dont le nom figurera honorablement parmi les plus marquants dans l’histoire de la fabrication des
- indiennes. Un des premiers, et avec un succès éclatant, M. Daniel Kœchlin, a apporté le fertile concours de la science à un art, jusque-là livré au hasard capricieux d’une routine aveugle. ...
- Notre regretté collègue fut un des initiateurs puissants dont les travaux font époque dans les annales des manufactures, et nul plus que lui n’a contribué à fonder la réputation et la fortune de nos ateliers.
- Nous voici arrivés aux premières années du XIXe siècle, et c’est ici que va apparaître avec éclat le grand industriel dont j’essaie de rappeler les travaux. M. Daniel Kœchlin était né à Mulhouse le 6 novembre 1783.
- Notre ville était loin de posséder à cette époque les puissants moyens d’instruction que nous y avons vus depuis. On n’y trouvait rien au-dessus de l’instruction primaire, et les jeunes gens étaient obligés d’aller chercher au dehors, en Suisse ordinairement, un enseignement plus relevé. Cependant, c’est ailleurs que s’adressaient les familles, lorsqu’il s’agissait d’un enseignement spécial; et c’est ainsi que notre regretté collègue fut envoyé à Paris dès l’âge de quinze ans. Il y suivit pendant plusieurs années les cours de chimie de Four-croy, pendant qu’il travaillait comme apprenti dans une maroquinerie du faubourg Saint-Marceau. Il prenait par là de bonne heure la précieuse habitude de faire marcher de front la pratique, qui fait connaître tant de faits, et la science qui les prévoit, les éclaire et les explique. Son frère aîné, M. Nicolas Kœchlin, qui avait fondé en 1802 la maison Nicolas Kœchlin et frères , ne tarda pas à le rappeler de Paris, et se l’associa en qualité de chimiste.
- Sans sortir encore de la période de la routine et de la tradition, où presque tous les procédés restaient à l’état de secret de fabrique, l’industrie des toiles peintes avait fait cependant quelque progrès pendant les dernières années du siècle qui venait de finir. Le nombre des matières colorantes, mises à la disposition de l'indienneur, s’était accru. À celles que j’ai déjà citées s’étaient ajoutées la gande, le quercitron, le sumac, le carthame, l'orcanette.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- le solanum, le campêche, le fernambouc, le rocou. On commença à ne plus se contenter des articles teints, et on fit quelques couleurs d’application à bases et à dissolvants d’étain. Ces couleurs, qui s’imprimaient à la manière du bleu de Prusse, se composaient de laques obtenues pour la première fois par Jean-Michel Hausmann, et qu’on ne se serait pas attendu à voir breveter cinquante ans plus tard par des imprimeurs sur laine. Les genres vapeur ne tardèrent pas également à apparaître, cochenille, carmin d’indigo, prussiates, cachou, décoction de campêche, de bois rouge, etc. On eut aussi les couleurs métalliques, qui vinrent s’ajouter à celles du fer, et qui dérivaient de l’antimoine, de l’étain, du mercure, du manganèse. C’est à cette série qu’appartient la plus belle découverte de M. Daniel Kœchlin : l’emploi du chrome qui donna le jaune, l’orange, le vert, et cet acide qui, avec l’indigo, créa les genres les plus ingénieux, et, avec plus d’une matière colorante, les oxydations les plus commodes.
- Mais ce ne fut pas la première innovation due à notre collègue, qui avait déjà doté la fabrication de l’indienne d’un genre très-riche, consistant à faire ressortir des dessins enluminés sur fond rouge d’Andrinople. Ce rouge, qui nous vient des Indes, et dont l’origine paraît y remonter aux temps les plus anciens, ne s’obtenait d’abord que sur fils.
- Parmi les Mulhousiens qui émigrèrent pour chercher ailleurs les avantages que j’ai signalés, se trouva Jean-Georges Reber, qui alla fonder à Sainte-Marie-aux-Mines, en 1755, l’industrie de la teinture et du tissage de coton teint, pour la production des étoffes qui prirent le nom de siamoises ou de cotonnades. Pour les couleurs rouges de ces premiers tissus, on employa dès le début du rouge de garance ou du rouge de fernambouc faux teint ; puis des fils teint en rouge d’Andrinople, qu’on tirait de Marseille. Plus tard, M. Reber envoya des filés blancs à Aix en Provence, pour les faire en rouge turc, avant de les employer dans ses tissages ; la fabrication d’alors devant et pouvant supporter des frais de transport et des chomâges, dont des- procédés nouveaux et plus sûrs ont affranchi nos fabriques. Il en fut ainsi jusqu’en 1802, époque à laquelle MM. Germain et Schoubart établirent à Sainte-
- Marie-aux-Mines un atelier de teinture en rouge turc qui, au bout de peu d’années, rivalisa avantageusement avec tous les autres établissements similaires de la France et de l’étranger. Notre département vit se fonder à la même époque d’autres ateliers de teinture du même genre qui n’approvisionnèrent plus seulement les fabriques de siamoises, mais qui versèrent dans le commerce une quantité considérable de fils teints en cette couleur brillante, à l’usage surtout des habitants de la campagne.
- {La suite à un prochain numéro.}
- RREVETS RÉCENTS
- CONCERNANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES
- 94,087. — 26 décembre 1871 : Goubet et Monrocq, Paris. — Presse à rateau mobile pour laminage, lustrage, gaufrage, essorage, etc., des papiers, tissus et autres matières.
- 94,100. — 5 février 1872 : De Montebello, Paris. — Préparation de la filasse d’alpha (sparte).
- 94,106. — 1er février : Nannot, à Dijon. — Perfectionnement dans la fabrication des chapeaux de feutre.
- 94,140. — 9 février : Dite Tavernier, Paris. — Impression après coup de tous tissus déjà imprimés, on pointillés par tissage.
- 94,196. — 13 février : Louis Lyon, Paris. — Procédé de régénération des soies.
- 94,221. — 5 mars : David, àSt-Etienne. — Gylindrage des tissus, rubans et velours.
- 94,232. — 4 mars : Motte et Meillassoux, Roubaix. — Perfectionnements à la manière d’apprêter les étoffes.
- 94,246. — 17 février : Busson, Paris. — Epingle-pince pour étendage.
- 94,302. — 23 février : Perret, Paris. —Machine à apprêter les étoffes pour fleurs et feuillages.
- 94,321. — 16 mars : Kubler, Roubaix. — Système d’encollage de matières textiles, applicable à toute machine à encoller et à parer.
- 94,354. — 9 mars : Hagimont, Amiens. — Parage et encollage des matières textiles par
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 131
- la colle chaude maintenue à une température constante.
- 94,380. — 12 mars : Descoubet, Elbœuf. — Procédé pour donner du brillant aux étoffes de laine.
- 94,444. — 22 mars : Veuve Beck et fils, Elbœuf.— Disposition applicable aux laine-ries et aux brosseries, permettant de régler les contacts du drap sur un nombre indéterminé de cylindres laineurs ou brosseurs.
- 94,448. — 28 mars : Dollander, Belfort. — Appareil à cuisson et à alimentation continues de parement pour encolleuse.
- 94,303. — 8 février : Tœpler, Paris. — Mode de dégraissage de toutes sortes de matières fibreuses.
- 94,311. — 4 avril : Chêneau-Fonteneau^ Quincé-Brissac (Maine-et-Loire). — Teinture en noir, sur un seul bain, des draps fabriqués avec des déchets, laine, coton, fil, etc.
- 94,512. — 14 mars : Decoudun, Paris. — Perfectionnements dans les essoreuses.
- 94,328. — 25 mars : Pech, Elbœuf. — Epuration des déchets de laine dits débourrages,
- 94,336. — 5 mars : Santal et Béroujon^ Lyon. — Blanchiment des matières textiles animales.
- 94,585. — 19 mars: Godefroy et Cie, St-Denis (Seine). — Application du noir d’aniline et des sels chromiques, notamment du bichromate d’ammoniaque, pour teindre en noir, les cheveux, les plumes, les peaux, les bois, les tissus, et pour marquer le linge.
- 94,614. — 21 mars (et brevet anglais) : Harrington et Richards. — Imitation du maroquin ou autres cuirs, et production de dessins en relief sur la toile, le papier, etc.
- 94,619. — 22 mars : Leclerre, Paris. — Laveur à mouvement giratoire hydraulique pour tissus imprimés ou autres.
- 94,713. — 29 mars : Fttnkouser, Brown et Bouvier^ Paris. — Préparation du papier et des tissus pour les imperméabiliser, et leur donner les propriétés du cuir, de la toile cirée, etc.
- CERTIFICATS D'ADDITION
- Bageau, — 27 janvier : B. 93,339. — Imperméabilité des cuirs, toiles, etc.
- Corron. —- 2 mars : B. 92,398. — Machine
- pour la teinture des matières textiles en éche-veaux.
- Bonet. — 28 février : B. 83,732. — Produit remplaçant le savon.
- Joly. — 5 mars : B. 92,532. —Incinération des époutils, mélangés aux laines ou aux tissus de laine.
- De Montebello. — 20 mars : B. 94,100. — Préparation de la filasse d’alpha.
- Guichard. — 7 mars : B. 92,690. — Impression sur les étoffes.
- NOUVELLES
- Les nouveaux droits D'IMPORTATION — L’assemblée nationale vient de voter une série de droits sur les matières premières importées en France, et parmi lesquels nous relevons les suivants qui intéressent les industries tinctoriales :
- « Bois de teinture, en bûches, rouge et jaune, 2 fr. les 100 kilogr.
- « Bois en bûches, noir et violet, 1 fr.
- « Bois moulus, 4 fr.
- « Fruits, tiges et filaments à ouvrer, dénommés au tarif et non repris dans la présente loi (à l’exception du coton, du lin et du chanvre, du jute, de l’abaca et autres textiles), 0 fr. 50.
- « Curcuma en racine ou en poudre, 1 fr.
- « Orcanette, 50 fr.
- « Quercitron, 2 fr.
- « Lichens tinctoriaux (Orseille), 10 fr.
- « Safran, 10 fr. le kil.
- « Fleurs de carthame, 60 fr. les 100 kil.
- « Noix de galle et avelanèdes,10 fr.
- « Sumac, fustet, racines d'épinette-vinette (écorces, feuilles et brindilles entières ou moulues), 4 fr.
- « Gousses tinctoriales, telles que bablah, dividivi, etc., 3 fr.
- « Autres feuilles, racines, tiges, graines et fruits tinctoriaux ; nerprun de Perse et autres provenances d’Europe et hors d’Europe (autres que la garance), 3 fr.
- « Etain en masses brutes, saumons, barres, plaques, limailles et objets détruits, 15 fr.
- « Vermillon, 12 fr. 50.
- « Potasse, 1 fr. 50.
- « Bichromate de potasse, 25 fr.
- « Méthylène (esprit de bois), 2 fr.
- « Jus de citron, 1 fr.
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- 132 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- « Acide citrique cristallisé, 12 fr.
- « — hydrochlorique, 7 fr.
- « — nitrique, 1 fr.
- « Litharge, 2 fr.
- « Borax brut, 2 fr. 30.
- « Carbonate de potasse, 1 fr. 30.
- « Produits chimiques et couleurs dérivées de l’essence de houille, 3 fr. par kil.
- « Cochenille, 80 fr. les 100 kil.
- « Laque en teinture ou en trochisques, 33 fr.
- « Kermès animal, 70 fr.
- « Indigo, 100 fr.
- « Indigue, inde-plate et boules de bleu. Régime de l’indigo.
- « Pâte de pastel grossière, 2 fr. 30 les 100 kil.
- « Pâte de pastel autre, dite indigo-pastel. Régime de l’indigo.
- « Cachou en masse, 5 fr. les 100 kil, « Rocou préparé, 13 fr.
- « Orseille préparée, 20 fr.
- « Maurelle, 10 fr.
- « Extraits de bois de teinture, noirs et violets, 20 fr.
- « Extraits rouges et jaunes, 30 fr.
- « Sucs tanins extraits de végétaux, de la noix de galle et des avelanèdes, 30 fr.
- « Sucs du châtaignier, 3 fr. 30.
- « Bleu de Prusse, 25 fr.
- « Prussiate de potasse cristallisé jaune, 20fr.
- « — rouge, 30 fr.
- « Outremer, 15 fr. »
- Gomme on le voit, la Teinture et l’Impression auront à supporter de bien lourdes charges, mais nous savons que ces sacrifices ne seront pas au-dessus de son patriotisme.
- Si on rapproche ces chiffres de ceux du Projet de loi dont nous avons donné un extrait dans notre numéro du 3 février, page 30, on remarquera que la plupart des tarifs du projet ont été adoptés par l'Assemblée nationale; l’exception la plus importante est celle relative aux produits dérivés de la houille qui d’après le projet devaient être frappés d’un droit de 10 p. 0/0 de leur valeur, et qui, finalement, ont été tarifés à 3 fr. le kil.; cet adoucissement réel est dû à un amendement de M. Scheurer-Kestner qui a été adopté. ,
- Dans notre prochain numéro, nous reproduirons le plaidoyer de M. Scheurer en faveur des produits d’aniline, qui vient d’avoir gain de cause.
- Influence des climats sur le caoix des couleurs. — La Revue britannique fait remarquer l’influence qu’exercent le climat et la nature sur le costume des peuples.
- Il semblerait que l’éclat de la couleur dans le costume varie, dans une certaine mesure, avec la latitude, sauf les modifications introduites par des circonstances particulières. En général, plus le climat est chaud, plus clair le ciel et plus riche la végétation, plus grand est l’amour de la couleur et plus cet amour se manifeste dans les habits et les autres accessoires de la vie.
- On pourrait presque établir une échelle de tons du pôle à l’équateur, des Lapons et des Finnois, avec leurs blancs et leurs gris monotones, aux habitants des îles du Pacifique, avec leurs accoutrements de plumes éclatantes. Il semblerait pourtant qu’un ciel clairet un soleil constant ne suffisent pas seuls pour produire un pareil résultat. En Espagne, l’absence de végétation et les teintes uniformes des sierras dénudées et des longues plaines produisent sur le peuple un effet correspondant, et les couleurs sombres dominent dans les habits et même dans la décoration des maisons.
- Avis. — La Causerie de M. Barbé ne nous est pas arrivée à temps pour être insérée dans ce numéro; elle paraîtra dans le suivant.
- Nous renvoyons aussi aux prochains numéros, la suite des Conférences sur l'aniline^ de M. Perkin, et des articles sur V Apprêt des tis-sus, de M. Kœppelin, qui, n’ayant pas un caractère d’actualité spéciale, peuvent être un peu ajournés sans inconvénient, malgré l’intérêt qu’ils rencontrent auprès de nos lecteurs.
- Pour tous les articles non signés :
- C. Dorion.
- Paris.— lmp. Turfin et Ad. Juvet, 9, cour des Miracles.
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- LE MONITEUR DE U TEINTURE
- 15e VOL., n°s 13 et 14. 5 et 20 JUILLET 1872
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- TIBHS 1 «$/9D U.A,HHISD 001 £ 1 90 10109 UP atUg -9809189.80 Ise1aAD 00 Ol STUQ JS ToSs' - Sommaire
- Etude de l’alunage des Laines à teindre, par M. P. HAVREZ (suite). — Le Silicate de soude dissolvant delà coral-line, par M. C. PUSCHER. — Nouveau mode d’impression au moyen des précipitations métalliques, par M. E. VIAL. — Teinture en jaune par M. VAN LAER (suite). — Jaune par le bois jaune. — Jaune par le fustet. — — Jaunes d’aniline. — Jaunes d’acide picrique. — Jaunes au phrômate et autres. — Sur les Essoreuses (suite), par M. F. GoUILLON (gravures). — 3' Causerie confraternelle sur l’art du Teinturier-Dégraisseur, parM. V. BaRbé. — Impression de la coralline sur laine, par M. K'ELMEYER. — Teinture du cuir en jaune et en vert. — Conférences sur l’aniline et les couleurs de goudron de houille (suite), par M. Perkin (échantillon).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Revue sommaire des brevets d’invention. — Grenat de naphtylamine. — Séchage et épaillage. — Machine à sécher. — Séchoirs. — Indigo liquide. — Suppression ee l’ensimage. — Apprêt des crêpes. — Cylindrage des velours. — Extrait d’une notice nécrologique sur M. Daniel Kœchlin (suite), par M. A. Pénot. — Nouveau procédé pour la production du chlore. — Purification des eaux industrielles. — Les couleurs d’aniline à l’Assemblée nationale : Discours de M. SCHEURER-KESTNER..
- NOUVELLES : Les nouveaux droits d’importation (suite). — Les brevets d’invention en Alsace-Lorraine. — Le linceuil d’un patriote. — Un canard monté en couleurs.
- a1110102) 9qU010 9g 998335st cl neq silibor ETUDE DE L’ALUNAGE
- DES LAINES A TEINDRE
- Effets des doses relatives d'alun, de laine et d'eaux diverses, de la température et de la durée de la réaction.
- Par M.PAUL Havrez, Directeur de l’Ecole professionnelle de Verviers. (Suite) (1). mumixsm T9im81q 95 asouson ol abrqs'b Classification des matières colorantes d'après l'action des acides et des doses' d’alun.
- Nos résultats nous conduisent à classer les matières colorantes en trois groupes bien distincts, caractérisés d’une manière extrêmement tranchée : rc
- 1. Groupe des colorants jaunes.
- 50 . a) Il comprend la gaude, le bois jaune que les sels d’étain aident un peu, et le quer-citron qui est fort aidé par les sels.d’étain,
- D) La nuance de leur teinture change peu avec la dose d'alun.
- (1 ) Après avoir reproduit les conclusions du travail de M. Havrez, qui, comme nous le disions, résument assez complètement son mémoire ; nous pensons devoir encore publier ce chapitre qui présente un intérêt tout spécial. D (USS 1 ansD olum
- Dans notre numéro du 5 mars, année courante, p. 49, nous avons attribué à M. Van Laer, l’article: Recherches sur les écarlates, tandis que cet article ne figurait dans son livre que comme citation, et était indiqué provenir de M. Havrez, lequel en effet, a publié ce travail dans deux mémoires parus en 1863 et 1867. M. Van Laer nous signale cette erreur et nous prie de la rectifier. Nous nous empressons de rendre à César ce qui appartient à César. — F. G.
- c) Leur intensité diminue d’abord de 3 tons quand la dose d’alun augmente depuis 1 pour 100 de laine jusqu’à 7 pour 100.—Au-delà de cette dose, la teinte se renforce peu à peu et remonte d’un demi-ton pour la gaude, de 2 à 1 ton pour le quercitron, de 2 tons pour le bois jaune, lorsque la dose d’alun est de 16 0/0. Plus de 20 0/0 d’alun palissent de plus en plus.
- d) Le brunissement est corrigé par l’accroissement d’alun. Ainsi les 2/10 de noir qui salissent la teinte de gaude sur laine alunée par 1 0/0, arrivent à 0/10 noir quand il y a 10 0/0 d’alun. — Les 3/10 de noir qui salissent la teinte du quercitron, soit dans l’eau pure, soit dans l’eau calcareuse, quand il a 1 0/0 d’alun, atteignent 0,1/10 noir quand la dose est de 7 0/0. — Les 3/10 de noir de la teinte du bois jaune tombent à 0,5/10 par l’accroissement de l’alun, depuis 1 jusqu’à 16 0/0.
- 2. Groupe des colorants rouges oranges solides.
- 51. a) Il comprend la cochenille et la garance.
- Les acides rougissent, orangent les teintes de ces colorants, sans les détruire.
- b) Leurs nuances changent peu avec les accroissements d’alun.
- La cochenille qui donne le Violet Rouge à la laine pure donne le O Violet à la laine même très peu alunée, et cette teinte ne bleuit que d’un demi-type par les accroissements d’alun.
- c) L’intensité de la garance change à peine, sous l’influence des diverses doses d’alun ; celle de la cochenille va d’abord en augmentant de
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 5 tons ; elle est maxima pour 7 0/0 d’alun dans l’eau pure, 10 0/0 dans l’eau calcareuse, puis les hautes doses pâlissent. La purification préalable de la laine par les acides contribue surtout à hausser le ton.
- d) La brunitureest considérablement diminuée par les accroisements d’alun jusqu’à 46 0/0, quant à la teinture par la garance ou la cochenille dans l’eau calcaire. — Dans l’eau pure, la teinture par la cochenille est peu terne, l’accroissement d’alun n’aide pas alors à éclaircir,
- 3. Groupe des colorants pourpres bleus instables.
- 62. à) Il comprend les bois bleus de cam-pêche et rouges de Brésil.
- Les acides jaunissent, détruisent les teintures de ces bois.
- La présence de plus de 2 d’acide sulfurique dans l’alunage de 100 de laine par 40 d’alun empêche la laine de se teindre ultérieurement dans les décoctions de bois bleus et rouges, elle ne prend alors qu’un jaune, roux, pâle.
- b) Leurs nuances sont très-sensibles aux variations de la dose d’alun qui a mordancé la laine.
- Avec O alun, la laine dans la décoction bouillante de ces bois prend du roux. (Cette nuance est très-influencée par l’apprêt subi par la laine).
- Ce roux est plus noir et plus foncé dans le cas du Gampêche que dans celui du Brésil.
- L’addition de 5/10,000 d’alun en solution bouillante donne à 1 de laine une tendance à prendre du bleu avec les bois ; — aussi le roux ci-dessus du campêche se fortifie et vire au gris pâle terne, — le roux du Brésil devient deux fois plus intense, mais plus gris noir.
- L’addition de 6/1000 d’alun au mordançage fortifie encore, bleuit et débrunit la teinture du campêche, qui atteint le 4 Bleu terne. La nuance du Brésil n’offre plus de jaune, mais du rouge et même du pourpre terne.
- L’addition de 1/100 d’alun donne la teinte bleue au campêche, et bleu violet au Brésil.
- L’intensité de ces teintes paraît alors être à son maximum, mais elles sont ternes.
- Les accroissements d’alun de 3/100 jusqu’à 10 à 20/100 affaiblissent d'abord de 3 tons en purifiant, puis renforcent^ et 20/100 d’alun
- reproduisent un ton presque aussi intense que celui de 1 à 7/100 d’alun. Au delà, l’affaiblissement se reproduit. — L’accroissement d’alun de 1/100 à 10/100 rougit, violacé de 3 à 4 types la teinture du campêche; il rougit, débleuit de 13 types la teinte du Brésil, qui de 2 BV passe au O Rouge. —L’alun épure de 3/10 de noir dans le cas d’eau pure, et de 3 à 6/10 dans le cas d’eau calcaire, les teintes de campêche et de Brésil.
- 63. Ainsi l’accoissement d’alun au mordançage débrunit et :
- laisse la nuance, 1er groupe (Colorants, jaunes); modifie peu la nuance, 2e groupe (Colorants, écarlates, solides);
- déroussit, bleuit d’abord, puis violacé et rougit, 3e groupe (Colorants, instables; bois bleus et rouges).
- 61. Uintensité des diverses teintures s’accroît d’abord, atteint généralement un premier maximum quand la dose d’alun a été portée de 0 à 1/100 pour 1 de laine; il semble d’après les nuances qu’à ce premier maximum de ton correspond le maximum d’alumine basique fixé sur la laine, puis le ton baisse généralement, atteint un minimum qui correspond à un minimum d’alun fixé, mêlé d’hydrate d’alumine, et qui est produit par l’alunage de 1 de laine par 7/100 d’alun, puis le ton remonte de nouveau, atteint un second maximum pour une dose de 10 à 20/100 d’alun pour 1 de laine; alors un maximum d’alun fixé est aidé par un reste d’hydrate d’alumine; les doses plus fortes d’alun affaiblissent.
- LE | SILICATE DE SOUDE DISSOLVANT DE LA CORALLINE Par M. C. PUSCHER.
- La propriété de la coralline, qui est peu soluble dans l’eau, de se dissoudre dans une solution alcaline aqueuse qu’elle colore en un rouge magnifique, m’a suggéré l’idée d’employer à cela le verre soluble qui a toujours une réaction alcaline, et au moyen duquel il devait en résulter au bout de peu de temps une combinaison peu attaquable par l’eau.
- L’expérience a confirmé cette prévision. En dissolvant une quantité plus ou moins grande de coralline dans une solution bouillante de 1 partie de verre soluble épais comme un si-
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- =*s cc
- rop et étendu de 4 parties d’eau, j’ai obtenu des solutions qui donnent des enduits depuis le rose le plus élégant jusqu’au rouge carmin le plus éclatant.
- Ces enduits se recommandent surtout pour les bois de couleur claire peu chargés de tannin, tels que le pin d’Ecosse, le sapin du Nord, l’aune, le tilleul, le saule, qui, sans qu'il y ait altération de la couleur, peuvent être vernis et polis, ainsi que pour les papiers peints, ceux d’enluminage, de fantaisie ou à faire des fleurs, etc. Il est bon, toutefois, de faire remarquer que ces solutions ne peuvent servir que pendant un ou deux jours; après cette époque, l’acide silicique se sépare du verre soluble, la solution se gélatinise et la couleur perd de sa solidité et de son feu.
- Les couleurs de goudron dites ponceau dans le commerce et qui sont solubles même dans l’eau froide, peuvent de .même être transformées par des solutions étendues de verre soluble en belles dissolutions rouges, comme celle de la coralline, et même après un long séjour en vase clos, elles n’abandonnent pas de la silice et par conséquent peuvent servir à préparer une brillante encre rouge.
- Le jaune d’aniline et la vésuviue sont plus solubles dans l’eau que dans une solution étendue de verre soluble, et par conséquent ne fournissent pas des enduits méritants.
- {Polytechnisches Notizblatt.)
- NOUVEAU MODE D’IMPRESSION SUR ETOFFES
- AU MOYEN DES PRÉCIPITATIONS MÉTALLIQUES Par M. E. VIAL.
- J’ai eu l’honneur de présenter à l’Académie, il y a quelques années, plusieurs procédés de gravure et de reproduction de gravure fondés, le premier sur les précipitations métalliques, le second sur les transports, et le troisième sur de nouveaux phénomènes électro-chimiques ; aujourd’hui, j’ai l’honneur de lui présenter un nouveau procédé d’impression sur
- étoffes entièrement basé sur les précipitations métalliques.
- Tout le monde sait que, lorsqu’on plonge dans une dissolution saline de la quatrième section un métal appartenant à l’une de ces sections, la dissolution est immédiatement décomposée, et que le métal réduit est aussitôt précipité. C’est en m’appuyant sur ce principe que j’ai imaginé et réalisé le procédé que je vais décrire : PTVTR° ob no
- Si l’on trempe dans une dissolution saline d’azotate d’argent, par exemple, un tissu quelconque de coton, de fil, de soie ou autre, et qu’après l’avoir essoré légèrement on applique par dessus une pièce de monnaie ou mieux un cliché de zinc, de plomb ou de cuivre, on voit, au même instant, que le contact a lieu et dans toutes les parties les plus fines, l’azotate est aussitôt décomposé, l’argent immédiatement réduit et précipité sous forme d’une poudre noire représentant dans ses moindres détails l’image exactement fidèle, nette, indélébile et adhérente après le tissu, d’une manière si parfaite,, et avec une telle solidité, qu’elle ne disparaît qu’avee lui. Autant de fois de suite, on posera le cliché sur le linge humide, et autant de fois l’impression s’en fera, instantanée dans son action comme irréprochable dans son exécution ; car elle n’est point le résultat d’un encrage, mais bien celui d’un phénomène chimique se manifestant toutes les fois qu’il y a contact entre le sel et le cliché, et quelles que soient d’ailleurs la finesse ou l’étendue du point de contact. Quant au dépôt, il se fait avec une telle intensité, qu’il gagne de proche en proche jusqu’à traverser l’étoffe. Il suffit alors d’un simple lavage à l’eau pour enlever au tissu le sel non décomposé.
- La durée du tirage peut être comparée à celle de la typographie, mais la taille-douce peut aussi s’imprimer de la sorte. Dans ce cas particulier, la pression du linge humide s’exerçant sur toute la planche, parties taillées ou non, on comprend que l’étoffe va devenir uniformément noire : on doit donc recourir à un artifice pour protéger la surface et n’imprimer que les tailles. La galvanoplastie offre un moyen facile de résoudre le problème : il faut tout simplement dans les planches de cuivre argenter la surface, car l’argent ne se précipite
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- pas lui-même, et réserver les tailles : dans les planches d’acier, réserver au contraire la surface, car l’acier ne précipite pas l’argent, et cuivrer les tailles. Au tirage, le fond de la gravure qui est resté ou devenu cuivre, précipitera le sel d’argent dans le tissu avec une exactitude et une solidité surprenantes. Il suffît d’une mince pellicule d’argent dans le premier cas, ou de cuivre dans le second, pour obtenir ce résultat.
- La teinte de l’impression peut varier à volonté , du gris le plus clair au noir le plus vif, suivant les proportions du sel d’argent, et suivant les métaux qui servent à le précipiter. En général, elle est d’autant plus noire que le métal a plus d’affinité pour l'oxygène, et qu’il s’éloigne le plus de l’argent dans l’ordre de la classification.
- Les étoffes de coton, de fil, de soie, de laine, le papier, et, en un mot, tous les tissus que l’on peut imprégner, se prêtent à ce nouveau genre d’impression. Un léger apprêt de l’étoffe favorise l’opération; plus le tissu est fin ou serré, plus il est essoré sans être sec, et meilleurs sont les résultats : la soie donne les plus beaux.
- Pour employer un terme de teinture, la couleur est grand teint et résiste à tous les lavages alcalins ou acides, et l’impression se fait avec une fidélité, une finesse et une pureté qui sont inconnues jusqu’à ce jour dans l'imd pression des tissus. La reproduction des monnaies présente en outre cette particularité remarquable, témoignage de la délicatesse extrême du procédé, que l’impression correspond, par son modelé, aux différentes parties en relief de la pièce, suivant leur degré d’oxydation et de pression.
- Quant au procédé en lui-même, il est simple, facile, original, saisissant, et si familiarisé qu’on soit avec les réactions chimiques, il ne laisse pas que de surprendre tout; il diffère de ce qui se fait, et tant il semble étrange de voir apparaître instantanément sur un linge blanc une image noire provenant d’un cuivre rouge sans encrage du cliché.
- [Académie des Sciences.)
- TEINTURE EN JAUNE
- ParM. Van Laer. (Suite).
- Jaume pas* 3e bois jaume.
- Le bois jaune (morus tinotoria), dont on fait grand usage en teinture, donne de très-beaux jaunes qui n’approchent cependant pas de la teinture à la gaude, ni du quercitron; ce bois est rarement employé pour le jaune, à cause de sa facilité à prendre une teinte rousse à la lumière et sous l’action des alcalis.
- Chaptal dit qu’en faisant bouillir dans le bain de bois jaune des rognures de peau, de la colle-forte ou autres matières animales, on peut alors, sans filtrer, y travailler l’étoffe qui y prend une couleur intense.
- Chaptal avait remarqué que la décoction de ce bois donne un précipité avec la gélatine (précipité formé par le tannin en grande quantité dans ce bois, et qui produit cette teinte rousse), et qu’après cela on obtenait une belle couleur jaune.
- On fait grand usage du bois jaune pour obtenir des teintes composées : les olives avec les sels de fer, les verts foncés, les couleurs modes, les noirs, etc., etc.
- Pour obtenir un beau jaune, on emploie pour mordant 1 à 2 kil. de tartre et 16 à25 kil. d’alun pour 100 de laine; l’addition du chlo-ride stannique et du chlorure stanneux à l’alun donne un beau jaune; cette addition rend le jaune plus stable à la lumière.
- J’ai obtenu une belle nuance en faisant bouillir une demi-heure avec 1 kil. de tartre, • 16 kil. alun, 3 kil. chloride stannique, 3 kil. de chlorure stanneux.
- Teinture dans un deuxième bain, avec eau de source, 23 kil. bois jaune.
- Jaume par le Fustet.
- Le fustet [Rhus cotinus) est d’un très-grand usage dans les fabriques de mérinos. Les couleurs jaunes que l’on obtient sont peu solides; son usage est'très-restreint pour la draperie; l’on n’en fait même pas usage à Ver vi ers.
- Le fustet donne, avec le mordant d’alun, dès teintes ternes, rousses.
- Les'mordants d’étain sont les plus avantageux pour obtenir des jaunes vifs par cette matière tinctoriale ; l’on en fait usage beau-
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- coup pour obtenir l’écarlate avec la cochenille.
- J’ai exécuté plusieurs teintures au fustet ; voici le mordant qui m’a fourni les meilleurs résultats :
- 100 kil. de laine.
- Bouillon de deux heures avec eau de pluie.
- Ghloride stannique. ... 6 kil.
- Chlorure stanneux. . . . 5—
- Tartre........................... .
- Dans un deuxième bain, j’ai fait bouillir |dans un sac 60 kil. de fustet; j’ai mis ensuite la laine que j’ai fait bouillir 20 minutes environ.
- J’ai fait une seconde teinture avec le même mordant ; après une heure de bouillon, j’ai ajouté au bain la même dose de colorant que j’ai fait bouillir 15 minutes avant de replonger ma laine pour la faire bouillir lentement 20 minutes, et j’ai encore obtenu un bon résultat.
- Des teinturiers, pour obtenir des teintures au fustet, emploient les vieux bains ayant servi aux teintures écarlates, y ajoutent de la composition d’étain, du tartre, font bouillir la laine un certain temps, puis ajoutent au même bain le fustet ; la dose dépend de la nuance à obtenir. Pour obtenir de l’orange, ils ajoutent une dose de cochenille; les sacs de fustet ayant déjà servi pour les couleurs foncées, sont encore employés pour les teintures pâles.
- Je ne m’occuperai pas plus longtemps du fustet, vu que l’on n’en fait, comme je l’ai dit, qu’un très-petit usage, et surtout que sa teinture n’est que très-peu stable.
- Jaunes d'amilime.
- Les couleurs d’aniline donnent aussi de très-belles teintures ; tous les teinturiers connaissent l’emploi facile de ces matières colorantes; je crois inutile de décrire la manière d’en faire usage.
- Plusieurs chimistes prétendent que les mordants d’étain leur donnent de la solidité; pour ma part, je vois très-peu de différence dans les résultats.
- J’ai préparé un échantillon qui, après avoir
- été teint par 500 grammes jaune d’aniline, a reçu un bouillon de 10 minutes dans un bain composé de 3 kil. chlorure stanneux, avec la même dose de chloride stannique et de tartre.
- J’ai fait une seconde teinture de la même manière avec 500 grammes jaune orange d’aniline.
- Ces deux matières colorantes résistent peu au foulage, mais résistent à la lumière.
- Jaunes d'acide picrique.
- Nous avons ensuite le jaune par l’acidepicrique. Cette matière colorante n’a besoin, comme les couleurs d’aniline, d’aucun intermédiaire pour se combiner avec la laine.
- Une dissolution d’acide picrique étendue de beaucoup d’eau, mais en rapport avec la nuance, est toute la préparation que demande la teinture ; on plonge la laine dans le bain et on l’y manœuvre jusqu’à ce que l’on ait obtenu un jaune uniforme; on opère à une température de 50 ou 60°; l’on ne rince bien qu’une ou deux fois ; les lavages répétés altèrent et enlèvent la couleur ; les teintures à l’acide picrique ne perdent pas à la lumière ; au contraire, elles y gagnent, mais roussissent.
- L’acide picrique est en usage depuis longtemps. On en fait usage beaucoup pour les teintures vertes; les verts de billard, les verts pour ameublement, etc.
- Nous avons encore le picrate de soude plus soluble dans l’eau que l’acide picrique qui donne des jaunes orange.
- Jaune an ehromate et autres
- On peut encore obtenir un très-beau jaune par le chromate de plomb; ce jaune s’applique à la laine, mais est beaucoup plus en usage pour la teinture du coton.
- Pour appliquer le chromate de plomb sur la laine, il suffit de manœuvrer, pendant une f demi-heure, la laine dans une solution faible de sous-acétate de plomb, à une température de 50 à 55°, de la laver ensuite avec soin, et de l’immerger dans une dissolution de chromate de potasse ou de chromate neutre, peu con-
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- centrée; on la manœuvre quelques minutes, puis l’on rince ; — si l’on désire une couleur plus orangée, on plonge la laine dans un bain d’eau de chaux, on obtient ainsi un sous-chro-mate de plomb qui a une couleur orangée.
- L’on a encore plusieurs colorants avec lesquels on obtient de beaux jaunes : la graine de Perse, le curcuma, le roucou, etc. ; mais les teintures en sont si mauvaises, qu’il est préférable de ne rien en dire.
- [Aide-Mémoire du teinturier.)
- (A suivre),
- ESSOREUSES (Suite)
- Lcs essoreuses de MM. J. Decoudun et Ce, ainsi que nous l’avons dit, peuvent marcher au moteur mécanique ou à bras, c’est même dans ce dernier cas que la disposition particulière de cette machine a le mieux sa raison d’être ; car, en effet, s’il est important que la manivelle qui doit la mettre en mouvement, soit à hauteur d’appui, pour que l’ouvrier puisse y imprimer toute sa force en restant dans la position la plus avantageuse pour cela, c’est-à-dire debout, il n’est pas aussi nécessaire que la courroie de transmission, s’il s’agit d’un moteur, vienne donner son mouvement à un endroit élevé; on pourrait à la rigueur — et ce genre d’appareils existe — relier directement cette courroie au mécanisme placé au-dessous du panier, et dès lors supprimer l’arbre vertical fixé contre la machine, ainsi que les engrenages transmetteurs qui le relient au mécanisme principal.
- .Fig. -18
- Néanmoins, pour n’être pas indispensable, cette disposition, même dans les essoreuses à moteurs mécaniques, a des avantages évidents que nous avons d’ailleurs signalés, mais nous avons voulu établir que c’est surtout pour les appareils à bras que le modèle de MM. Decoudun est avantageux.
- SEPACE
- Fig. 19.
- Ces constructeurs font, par conséquent, des essoreuses à bras d’après leur système, et spécialement un modèle dont le panier a 47 centimètres de diamètre, c’est celui représenté par notre figure 18 ; ces dimensions sont très-convenables pour des ateliers de moyenne importance, elles n’exigent que la force d’un homme et contiennent une quantité de matières très-suffisante pour ces ateliers.
- Par la description des quelques machines qui précèdent, on voit donc dans quel sens on tend actuellement à perfectionner les essoreuses : on vise toujours à découvrir le panier, en y donnant cependant la plus grande fixité possible. Il existe beaucoup d’autres modèles établis sur les mêmes principes, mais ceux que nous avons fait connaître les indiquent suffisamment, et nous ont paru très-recommandables.
- Il est encore un genre d’essoreuses dont nous n’avons nas parlé et que nous devons mentionner, afin d’être à peu près complet : il s’agit des essoreuses à leviers ; ce sont des appareils marchant à bras, non plus à l’aide d’une ou de deux manivelles, mais au moyen de deux leviers placés verticalement sur les côtés de la machine, et actionnant par en bas le mécanisme de l’essoreuse.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- co
- Le seul type que nous connaissions de ce genre, est le système Bouillon et Muller ( actuellement Piet et Bellan) et dont notre figure 19 donne le dessin. Pour manœuvrer cette machine, deux hommes saisissent chacun un levier, l’attire à lui, puis le repousse, et continuent ce travail alternatif avec plus ou moins de rapidité ; ce mouvement brisé et presque rectiligne se trouve transformé en mouvement continu et circulaire, qui se relie aux engrenages et fait mouvoir la machine.
- Dans ces essoreuses, le mécanisme moteur étant placé au-dessous du panier, il n’y a pas au-dessus une arcade lourde et massive pour porter tous les organes du mouvement, il existe seulement une anse relativement légère pour assujettir l’axe du panier, laquelle porte aussi le frein.
- Ces machines fonctionnent très-régulièrement, et nous en avons vu une installée chez un teinturier qui en était satisfait.
- La même maison construit aussi des essoreuses à moteurs sur le même modèle, sauf le remplacement des leviers par des poulies et courroies placées directement sur le mouvement, c’est-à-dire au bas de l’appareil ; elle fait également des modèles plus petits de la force d’une femme ou d’un homme, et marchant par manivelles.
- Les essoreuses sont généralement des appareils d’une certaine force et d’un prix qui, sans être considérable, n’est pas à la portée des petites teintureries de campagne. Les modèles à manivelles de MM. Piet et Bellan, rem. plissent cette dernière condition : le n° 1, dont le diamètre du panier est de 34 ceutimè-
- très, est, comme on le voit, de dimensions restreintes; son mécanisme est d’une grande simplicité et son prix est en rapport.
- La fig. 20 montre ce modèle : sur le même arbre que la manivelle est fixé un volant à gorge, portant une corde en gutta-percha qui transmet le mouvement aux engrenages reliés au panier, et au-dessous de lui ; on comprend facilement le jeu de la machine, et il n’y a pas lieu de la détailler davantage, notre dessin la faisant suffisamment connaître.
- Gette petite essoreuse est destinée aux buanderies particulières, c’est-à-dire aux maisons bourgeoises ou aux petits établissements qui font laver leur linge chez eux, mais on conçoit qu’il peut s’appliquer aussi aux petits ateliers de teinture qui, avec une faible dépense, veulent ne pas se priver des avantages réels de ce genre de machines. C’est l’essoreuse réduite à sa plus grande simplicité, et à ce titre, nous avons jugé intéressant delà signaler en quelques mots.
- Tels sont — avec celles indiquées dans notre précédent numéro et dans les articles antérieurs auxquels ce numéro renvoie — les divers types d'essoreuses à l’usage de la teinture ; on voit qu’ils sont assez variés, mais, comme nous l’avons déjà dit, les modèles qui en dérivent sont excessivement nombreux, nous avons mentionné ceux qui caractérisent le mieux ces types, et que nous connaissons pour leur bon fonctionnement. Plus tard, assurément, nous aurons encore l’occasion d’en indiquer d’autres, en y joignant des nouveaux modèles, s’il s’en produit.
- F. GOUILLON.
- Fig.
- CAUSERIES CONFRATERNELLES
- SUR L’ART DU TEINTURIER-DÉGRAISSEUR
- anopte a (3e Causerie).
- Nettoyages blames au Savon.
- 1 { I 29
- Les nettoyages blancs faits au fouloir sont en résumé, comme les draps à la brosse, d’une grande simplicité ; ils demandent cependant une plus longue expérience pratique pour juger avec discernement les étoffes ainsi que les nuances qui peuvent supporter le savonnage, c’est-à-dire l’influence d’un mordant
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- alcalin ; il reste donc ensuite à disposer toute une passe de nettoyage pour obtenir toute la fraîcheur désirable et tirer parti du savon aussi économiquement que possible.
- Admettons, par exemple, que nous ayons soixante-dix à quatre-vingts pièces de nettoyages : La première chose que doit faire un teinturier, c’est de s’assurer s’il y a quelques pièces dont la bonne réussite est douteuse, soit à cause des nuances susceptibles ou de la fragilité du tissu, et, dans le doute, mettre ces objets de côté pour les faire à sec. Ceci étant posé, nous aurons eu, la veille, la précaution de faire dissoudre quatre à cinq kilos de bon savon blanc en tables (marque de Payen ou de Paranque de Marseille); pour obtenir une plus prompte dissolution, on râpe ou on coupe le savon par tranches très minces qu’on met dans un baquet ou un grand vase en grès consacré à cet usage ; ensuite, en verse de l’eau bouillante en quantité convenable pour obtenir un liquide épais comme de la mélasse, lequel on emploie à froid en été et tiède en hiver.
- Nous nous mettrons à deux pour effectuer tout le travail ; avant de commencer, nous allons préparer tous nos bains. 1° Deux à trois bons bains bien mousseux de la dissolution de savon ci-dessus ; 2° deux échaudages tiè-des, deux eaux de pluie et, à défaut d’une rivière, plusieurs eaux pour rincer à la suite de l’échaudage ; 3° dans des bassines bien propres, un petit bain de piquage d’acide acétique (bon goût), soit un verre ordinaire pour trois à quatre seaux d’eau, un petit bain de gomme gélatiné et enfin un bain d’azurage au bleu de Lyon ou de Nichlolson. Beaucoup de bains encombrants, me diront quelques confrères : J’ai à répondre à cela qu’ils sont tous nécessaires, soit qu’il faille les faire avant tout ou après le travail fini, et les raisons que je donne pour les faire avant sont que si, par hasard, quelques pièces de couleurs, plus susceptibles qu’elles ne l’auraient été jugées au début, viennent à couler au savonnage, on les enlève vivement pour les porter au bain acide, afin de retenir et raviver la couleur ; on gomme et on essore pour apprêter de suite; tandis que s’il eût fallu préparer les bains à ce moment, cette pièce, étant commencée, aurait eu le temps d’être entièrement perdue.
- Ceci étant posé, et tout d’abord nous visiterons les pièces et dégorgerons les plus grosses taches à la main, en commençant par les plus beaux blancs unis et les pièces légères ; et avant d’entrer sur les bains de savon, on doit donner quelques lisses aux objets sur un baquet d’eau tiède, à l’effet d’abattre la poussière et diverses taches solubles à l’eau, de façon, en un mot, à ne pas salir les bains de savon du premier coup.
- Alors, on foule successivement sur les deux ou trois bains, pour les articles cachemires, les foulards, flanelles blanches et vêtements blancs d’étoffe fantaisie. On ne doit fouler que très légèrement ; il est même préférable de manipuler, de presser entre les mains, aussi bien sur les bains de savon qu’à l’échaudage, car autrement on écaillerait, on feutrerait, on ferait, comme on dit en manière de plaisanterie, des chapeaux !
- Après l’échaudage, on rince bien exactement, et pour faire un peu de place, on met au soufre ou au bain d’acide sulfureux. Ici, surtout, il est urgent de s’assurer qu’il n’y a aucuns crochets, anneaux ni boutons métalliques en fer ou en cuivre, qui oxideraient dans le bain sulfureux : un seul crochet suffirait pour perdre vingt pièces et plus.
- Maintenant reprenons notre foulage : Comme les bains se seront épuisés, il faut alors impitoyablement les jeter et les remplacer, car fouler sur un bain qui ne mousse plus, on graisse au lieu de dégraisser ; on profite donc des nouveaux bains pour fouler les étoffes de couleurs où le blanc domine ; quant aux articles dans lesquels il y a des couleurs composées, aussitôt après avoir été foulés, ils sont bien lavés, avivés à l’acide muriatique ou, s’il y a mélange de coton, à l’acide acétique, qui est inoffensif quand il est pur; on gomme, on essore, et on fait apprêter.
- Tous les articles mélangés noir et blanc, ainsi que les pantalons, mélangés de couleurs claires, sont mis dégorger à l’eau de pluie pendant quelques heures.
- Pour les articles drap un peu fort, il est préférable de les brosser avec un bain de savon, au lieu de les fouler : la forme sera bien mieux conservée et l’objet moins rétréci.
- Après cela, on peut donc admettre le travail terminé, il ne reste plus qu’à aviver à
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- s. r
- l’acide, piquer, en terme d’atelier, à azurer, à gommer les étoffes légères, soit à la gélatine, ou à l’amidon, selon la nature du tissus.
- Les autres objets sont essorés, et le reste concerne les apprêteurs.
- Nettoyage aux Benzines, à sec.
- Les empleins aux benzines ont rendu de grands services aux teinturiers - dégraisseurs, surtout en présence des toilettes déplus en plus excentriques, portées aujourd’hui; il serait, pour ainsi dire, impossible d’en entreprendre le nettoyage sans avoir recours à ces procédés. Seulement je crois qu’on a fait en cela, comme en toutes choses, on s’est porté à l’exagération; je ne vois pas, par exemple, qu’il y ait perfection de faire à sec les draps de couleurs foncées, articles pour hommes, surtout quand la plupart du temps, ces mêmes objets sont brossés au panama après coup; car, dans ce cas, ce n’est plus en réalité du sec, puisque l’objet a été mouillé. Il est probable que les grandes maisons qui ont opté pour ce moyen l’ont fait, tant à cause de l’économie de main-d’œuvre, que du manque d’attention des ouvriers à bien dégorger les taches à la main, comme je le disais dans ma précédente causerie. Quoi qu’il en soit, je maintiens que les draps faits à la brosse, comme je l’ai indiqué, sont, pour le moins, aussi bien que nettoyés à sec.
- Par contre, il est, pour ainsi dire, indispensable de faire à sec les toilettes confectionnées, articles soie, popeline, mohair, poil de chèvre, costumes de théâtre, les articles fourrures, etc., etc.
- Pour bien faire ce genre de nettoyage et ne pas avoir déperdition de benzine, l’essoreuse et une turbulente deviennent indispensables, notamment la première ; à l’aide de ces machines, l’ouvrier est en outre, bien moins gêné que s’il devait fouler à la main.
- Pour opérer, il s’agit de mettre une certaine quantité de benzine bien rectifiée dans la machine, d’y entrer les pièces qu’on y tourne pendant quinze à vingt minutes ; ensuite, on retire les objets que l’on rince sur un ou deux bains de benzine propre, et on essore longuement. Après l’essorage, les articles sont bien
- battus dans les mains, et mis à la chambre chaude à vaporiser ; il reste à détacher les taches poissées de sucrerie et toutes autres taches restées insolubles dans le bain de benzine, puisque cette dernière n’a la propriété que de dissoudre les corps gras.
- Pour terminer ce nettoyage à sec, nous y reviendrons en traitant d’une spécialité, celle du détachage partiel.
- Il y a aussi une infinité d’articles d’étoffes légères et de couleurs foncées qu’on fait à sec, après quoi on les termine en les foulant sur un bain de panama au lieu de détacher partiellement à l’eau, ce qui serait souvent impraticable pour des objets par trop souillés de taches composées. Après ce foulage, il faut piquer, gommer et apprêter par les moyens usuels.
- Dans notre prochaine causerie, nous traiterons du détachage et du dégradage des bleus d’outre-mer sur châles imprimés, et des couleurs d’aniline.
- Puis, pour faire diversion, dans la suivante, nous parlerons un peu des noirs, et, plus tard, un peu aussi des rouges, couleurs que généralement le teinturier aime à faire; est-ce par sympathie politique?.... Je l’ignore, et j’abandonne au plus tôt ce terrain qui n’est pas le nôtre. Quoi qu’il en soit, puisque nous avons du goût pour cette couleur, nous en ferons..
- V. Barbé,
- Teinturier à Caen.
- IMPRESSION DE LA COR AL LINE SUR LAINE
- Par M. KIELMEYER
- La coralline n’a pas encore été employée pour impression sur laine, cela tient à ce que la matière rouge de la coralline devient très facilement jaune sous l’influence des acides.
- L’auteur remédie à cet inconvénient en faisant intervenir la magnésie. La couleur qu’il obtient est un rouge très vif et très stable ; elle présente sur la cochenille une économie de 30 0/0, et n’a pas l’inconvénient de virer au bleu par le passage en craie.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Voici la recette de l’auteur :
- Coralline, 320 grammes,
- Glycérine, 300 —
- Eau, 1 litre.
- Magnésie calcinée, 560 grammes.
- Eau pour délayer la
- magnésie, 1 litre.
- Eau de gomme à
- 500 gr. par litre 3 litres.
- La coralline se dissout à chaud dans le mélange de glycérine et d’eau.
- On imprime, on vaporise, et on termine comme d’ordinaire.
- ( Mus ter-Zei tung. )
- TEINTURE DU CUIR
- EN JAUNE ET EN VERT.
- L’acide picrique donne une belle coloration jaune sans l’aide d’aucun mordant; on doit l’employer en solution très-étendue et à une température qui ne doit pas dépasser 21° centigrades, pour que le cuir ne soit pas imprégné dans son épaisseur. Le bleu d’aniline modifie cette coloration et donne un beau vert. Dans la teinture du cuir, on ne doit jamais dépasser 29° centigrades.
- Le vert d’aniline s’adapte bien à la teinture du cuir, et son application est assez simple. S’il est sous forme de pâte ou de poudre, on en prépare une solution aqueuse concentrée.
- Le cuir est d’abord lavé avec une solution de sulfate d’ammoniaque; puis on applique la teinture à 29° centigrades, et on fait en sorte d’opérer assez rapidement pour que la teinture ne pénètre pas profondément dans le cuir.
- En ajoutant de l’acide picrique, la teinte bleuâtre de cette teinture se change en vert-feuille et devient plus solide ; mais l’acide picrique ne doit pas être mis dans la solution elle-même ; on doit en faire l’application,après ou avant la teinture, au vert d’aniline.
- CONFÉRENCES SUR L’ANILINE
- ET LES' COULETRS DE GOUDRON DN HOUILLE Par M. Perrin, Suite (1).
- Dans ses expériences sur les produits de la distillation de la houille, Runge obtint deux produits qu’il nomma acides rosloique et bru-nolique’, il les considérait comme existant tout formés dans le goudron de houille, mais je juge beaucoup plus probable qu’ils se formaient dans le cours de scs manipulations.
- Coralline rouge.
- L’acide rosalique du commerce, communément désigné sous le nom taurine, est une belle substance résineuse, légèrement verdâtre et douée de l’éclat métallique. Il peut cristalliser quand il est pur, et, réduit à l’état de poudre, il acquiert une couleur orangée écarlate. Ses solutions ont une nuance orange, que les alcalis transforment en un magnifique cramoisi. On ne l’a pas reconn susceptible de nombreuses applications dans la teinture ni dans les impressions, bien qu’il donne de belles nuances d’orange, et avec le magenta un beau écarlate.
- La grande difficulté d’utiliser l’acide roso-lique dans l’industrie résulte de son insolubilité dans l’eau. Il paraît avoir des rapports particuliers avec la rosaniline, car on a pu récemment l’extraire de cette matière colorante.
- Chauffé en vase clos avec l’ammoniaque, à 120 ou 140 degrés centigrades, l’acide rosoli-que se transforme , d’une manière permanente , en une nouvelle matière colorante d’une nuance cramoisie, quia reçu le nom de péonine ou de coralline. Sur la soie, la teinte est très belle, pourvu que la matière soit conservée alcaline, mais le moindre contact d’un acide détruit sa fraîcheur.
- (1) Voir le Moniteur de la Teinture du 20 mai, année courante, page 106.
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- Chauffé avec un alcali, l’acide rosolique subit le même changement que le magenta, et se convertit en une matière colorante bleue, nommée azuline. L’azuline a une couleur cuivreuse à l’état solide, elle est parfaitement soluble dans l’alcool et très peu dans l’eau. Elle est actuellement fabriquée sur une grande échelle, parce que dans l’industrie et le commerce elle a remplacé tous les bleus, même lesplus brillants, fournis par la rosaniline et que j’ai précédemment décrits (1).
- Nous passons maintenant à une autre série de couleurs de houille ; elles dérivent d’un beau produit nommé naphtaline , compris dans la liste des produits du goudron de houille.
- La naphtaline est un hydrocarbure solide. On peut l’obtenir en quantités quelconques ; elle se sublime avec une facilité remarquable. Traitée par l’acide nitrique, elle se comporte comme le benzol et le toluol, en donnant naissance à un composé nommé nitronaphta-line, qui se présente sous la forme de cristaux magnifiques. Sous l’influence de l’acide acétique et du fer, la nitronaphtaline donne une base organique, la naphlylamine. Cette base est solide, remarquable par sa belle cristallisation, mais elle répand une odeur désagréable.
- Une matière nouvelle d’un jaune éclatant, rappelant par sa nuance celle de l’acide picri-que, mais incomparablement plus intense, a été obtenue de la naphtylamine par le docteur Martius. On la prépare en traitant le chlory-drate de naphtylamine par le nitrite de potasse, ce qui donne d’abord un produit nommé diazanaphtol-, ce produit, chauffé avec de l’acide nitrique, se transforme en le nouveau jaune, que les chimistes désignent par le nom de dinitronaphtof mais que dans le commerce on appelle simplement jaune de Manchester ou jaune d’or.
- Le dinitronaphtol possède des propriétés acides; celui du commerce est un sel de chaux magnifiquement cristallisé, soluble dans l’eau, et doué de la puissance de fixer sur la soie ou la laine un revêtement de jaune d’or resplendissant.
- (La suite à un prochain numéro.)
- (1 ) Moniteur de la Teinture du 5 février, p. 25.
- REVUE SOMMAIRE
- DES BREVETS D'INVENTION
- Grenat de naphtylamine en impression sur fils et tissus de coton et de soie. — M. Lamy appelle cette couleur puce-grenat, et l’obtient par les moyens suivants :
- A un épaississant convenable, on ajoute du chlorate de potasse, un sel de cuivre ou de fer et de l’acide hydrofluosilicique; on imprime ce mélange et on expose le tissu dans les chambres à oxyder.
- On passe ensuite les tissus dans une solution d’acide chromique, produite en dissolvant le bi-chromate de potasse dans l’eau en présence d’un acide. Il ne reste plus pour développer la nuance, qu’à passer les tissus dans de l'ammoniaque , puis dans une solution d’eau de chlore. — Br. 92209.
- Machine d sécher et à épailler. — L’ensemble du système destiné par M. Bollen au séchage des tissus de laine, notamment après le bain d’épaillage, est constitué par une série de rouleaux horizontaux, autour desquels l’étoffe humide circule et chemine de haut en bas.
- Ces divers rouleaux sont logés dans un espace rectangulaire, muré à l’avant, du côté où pénètre le tissu, d’une sorte de boîte où l’air ambiant s’échauffe au contact de tuyaux de vapeur ; à l’arrière existe une capacité analogue où tourne un aspirateur à hélice. Les deux capacités symétriques communiquent avec la chambre du séchoir proprement dite, au moyen de cloisons percées de trous.
- Les orifices d’admission d’air chaud sont ménagés entre les deux faces du tissu replié sur lui-même, tandis que les orifices d’échappement se trouvent dans le même plan, de l’autre cô'é de l’étoffe. Il en résulte que l’air doit traverser le tissu pour sortir de l’appareil, et cette disposition présente une utilisation plus complète du calorique;
- Là se borne le rôle de l’appareil, lorsqu’il s’agit seulement de ramer les tissus, qui viennent tomber en plis longs et réguliers.
- Si l’étoffe a été préalablement soumise au traitement acide pour effectuer l’épaillage, on sait que la carbonisation doit compléter l’effet du bain en rendant friables tous les corps d’o-
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- rigine végétale. Dans ce but, M. Bollen établit à la partie inférieure de sa rameuse mécanique, entre le sol et les derniers rouleaux qui sont séparés de cet espace par un plancher en tôle, une série de tuyaux d’un fort diamètre, chauffés par la vapeur et juxtaposés aussi près que possible.
- La température élevée, qui s’obtient au moyen de cette installation, détermine rapidement la destruction des parties ligneuses atteintes par l’acide. — Br. 93817.
- Machine à sécher les laines. — Les machines de M. Norton, qui sont destinées au séchage des laines et autres matières, sont formées de cadres superposés ; ceux-ci, au moyen de mouvements oscillants produits par des cames et des plans inclinés, font cheminer les matières de haut en bas.
- Ainsi, un lot de laine, saisi par les fourches construites pour cela, se trouve transporté sur le cadre le plus élevé, et soumis à la plus haute température. Ce cadre vient successivement occuper tous les étages de l’appareil, tandis que les autres parcourent le même chemin à sa suite, établissant de la sorte une circulation continue.
- La production de chaleur est due, soit à une prise de vapeur, soit à un calorifère ordinaire ; le mode de ventilation est également indépendant de la disposition revendiquée par M. Norton. — Br. 93689.
- • Séchoirs. — Il s’agit des appareils où la matière, étalée sur une toile métallique, se trouve pénétrée et desséchée par le passage d’un courant d’air, chauffé ou non, arrivant soit au-dessus, soit en dessous de la toile.
- Au lieu de laisser les fibres humides exposées au milieu de la pièce, chauffée ou non, M. DESPLAS pose au-dessus de la masse filamenteuse, à une distance qui n’a rien d’absolu, un couvercle métallique destiné à circonscrire la capacité du séchoir, L’air appelé énergiquement par un aspirateur arrive de la sorte directement sur le lot à sécher, sans avoir à perdre une somme de calorique considérable, absorbée par les refonds, plafonds, etc.
- En outre, le rétrécissement occasionné par le couvercle accroît la vitesse d'écoulement de l’air, et active d’autant l’aspiration. — Br. 93718.
- Préparation liquide d'indigo. — Le procédé de M. de WEWEIRNE consiste dans le produit obtenu par le mélange des substances suivantes :
- Indigo............................ 1 kil.
- Grus de zinc (tathie) . . 1 —
- Sel ammoniac.....................250 gram.
- Garance..........................250 —
- Ces matières sont broyées et moulues ensemble.
- L’auteur applique Vindigotine (c’est le nom qu’il donne à sa préparation) à la teinture des fils et tissus de lin, coton, chanvre, soie et laine.
- Suppression de l’ensimage des laines. — M. DELABARRE a pris un brevet pour la suppression des matières ordinairement employées au graissage des laines, ce qui, par conséquent, évite aussi le dégraissage ; mais l’auteur n’indique nullement son procédé, et se borne à en mentionner les avantages ; ce brevet est nul d’après la loi. — Br. 93489.
- Apprêt des crêpes fins. — Pour fabriquer le crêpe ordinaire, on gaufre une gaze de soie légère, puis on la passe sous un cylindre qui lui donne un dernier gaufrage dit crêpe anglais. Dans ce cas, le tissu est terne et mat ; MM. Brochot et Lavesvre produisent, au contraire, un crêpe brillant, nacré, à reflets irisés.
- Ils emploient la gaze connue sous le nom de gaze Amélie, et l’apprêtent légèrement à la gomme, quelle que soit la nuance du tissu, puis ils appliquent immédiatement le crêpage anglais , et obtiennent par ce moyen une étoffe possédant les qualités sus-relatées.— Br. 93639.
- Cylindrage des velours. — La machine de M. David est destinée à l’apprêt des tissus, tels que les rubans de velours, dont l’envers doit être cylindré sans que l’endroit se trouve froissé : elle a pour but d’éviter l’écrasement du poil, le rétrécissement de l’étoffe et l’altération des nuances, qui se produisent avec la méthode habituelle; en effet, des baguettes rigides appuient ordinairement sur le poil humide et chaud, pour déterminer l’adhérence entre l’envers du velours et les cylin-
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- dres, mobiles ou non. Le retrécissement tient à ce que le ruban reste trop longtemps abandonné à lui-même ; enfin, la vapeur qui se dégage pendant l’opération nuit aux couleurs délicates.
- Dans l’appareil breveté, le cylindre est composé de deux parties concentriques; le cercle extérieur tourne autour de l’autre en formant avee celui-ci une sorte de chambre annulaire à l’intérieur de laquelle passe un conduit de gaz percé de petits trous. La combustion est activée par le chalumeau d’un ventilateur dont le tuyau est conjugué avec celui du gaz, de manière à envoyer sur la paroi cylindrique le maximum d’intensité calorifique.
- Le velours, après avoir été imprégné d’un liquide gommeux à l’aide d’un petit foulard, se sèche sur le cylindre tournant, l’envers seul restant au contact de la paroi métallique chaude. De là, l’étoffe passe encore sur un segment de cylindre, faisant fonction du cylindre dormant en usage, pour finir le séchage et le lustrage. Le chauffage de ce segment, obtenu comme celui du cylindre, aurait pour premier avantage d’être fort économique.
- En outre, des tuyaux d’air en communication avec le ventilateur et placés extérieurement à l’étoffe, ont pour mission de chasser la buée au fur et à mesure de sa formation. — Br. 94221.
- (A continuer).
- EXTRAIT D’UNE NOTICE NÉCROLOGIQUE SUR M. DANIEL KŒCHLIN
- Par M. A. Penot (Suite).
- Déjà, en 1792, M. Laurent Weber avait importé à Mulhouse la teinture des fils en rouge turc, ce qui avait été d’un grand secours pour Sainte-Marie-aux-Mines. Il avait même, quelques années après, fait tisser, avec des fils préalablement teints, des toiles qui furent les premières de cette couleur qu’on ait vues ; mais c’est à M. Daniel Kœchelin qu’on doit d’avoir porté directement cette teinture sur des pièces déjà tissées. Ce grand industriel avait acquis d’un marchand d’Andrinople ces notions encore incomplètes sur le procédé
- suivi en Orient pour huiler le coton, opération capitale dans la production du rouge. Après de nombreuses tentatives, poursuivies avec persévérance, il parvint en 1810 à produire ces belles toiles pour lesquelles Mulhouse se fit une si grande réputation, et qu’on y fabrique plus aujourd’hui. Il s’appliqua ensuite à faire ressortir sur ce fond d’un si vif éclat, des enluminés qui devaient en rehausser la richesse. D’abord il obtint par l’impression d’application sur toiles teintes en rouge d’Andrinople, d’objets à effets, et principalement de dessins à palmettes, ce qu’on appela le genre mérinos fond rouge ; et ce fut là le premier exemple d’impression sur rouge turc uni. Il chercha à produire encore d’autres nuances sur le même fond ; mais à cette époque, et dans l’état où était alors la science industrielle, ce problème présentait de graves difficultés et exigeait une grande somme de connaissances et d’observations. Avant tout, au moins pour quelques-unes des nuances à marier au rouge, il fallait détruire la couleur du fond, afin d’en conserver les tons dans toute leur pureté, en les faisant naître sur blanc.
- Pour cela, M. Daniel Kœchlin avait essayé bien des réactions, «et dans leur nombre des impressions de formes métalliques chaudes, lorsqu’il eut recours à la propriété décolorante du chlore récemment appliquée par Berthollet, et dont l’usage commençait à se répandre. En premier lieu il imprima le chlorure décolorant, épaissi à la terre de pipe. Mais l’instabilité de la composition et les émanations pernicieuses qu’elle répandait dans les ateliers l’obligèrent à recourir à un autre moyen. Se fondant sur la grande rapidité de destruction de la couleur par le chlorure alcalin dans son état normal, ou par le même chlorure sous l’action d’un acide, il imprima en acide tartrique ou citrique, et plongeant ensuite le tissu dans la cuve de chlorure, pendant un temps très court, il vit que, tandis que le fond demeurait intact, les parties imprimées ressortaient blanches ; la couleur en ayant disparu sous l’action du chlore devenu libre. Le blanc étant produit avec une très grande netteté de contours et de forme, M. Daniel Kœchlin obtint un enlevage bleu, en mélangeant du bleu de Prusse à l’acide avant l’impression. Le noir était dû à l’application du
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- bleu de Prusse sans acide, c’est-à-dire sur le fond rouge même-. Il ne restait plus alors, pour compléter ce genre d’enluminage, qui n’a pas changé depuis le moment de sa découverte en 1811, qu’à faire naître le jaune sur fond rouge turc, soit pour y conserver cette couleur dans sa nuance naturelle, soit pour avoir du vert par superposition au bleu.
- L’année 1819 vit naître une des plus belles applications de la chimie à la teinture. Le professeur Lassaigne avait obtenu un beau jaune en mordançantdesécheveauxdesoie, de laine et de coton en sel de plomb soluble, et en les passant ensuite dans une dissolution de bichromate de potasse. M. Daniel Kœchlin fut le premier à appliquer en grand ce procédé plus compliqué en fabrique que dans une simple expérience de laboratoire, et trouva même bientôt le moyen d’enlever en jaune de chrome sur différents fonds, en conservant une netteté complète aux contours des dessins même les plus délicats. Un essai d’enlevage en blanc avait été tenté en Ecosse, et pratiqué pendant bien des années ; non sur des aunages, mais sur des mouchoirs, qui se prêtaient mieux à ce genre d’opération. L’étoffe étant pliée en plusieurs doubles, on la plaçait entre deux plaques de plomb, dans lesquelles on avait enlevé en même temps, et en les perçant d’outre en outre, des dessins parfaitement correspondants, et on serrait autant que possible. On plaçait le tout horizontalement dans une caisse, au fond de laquelle on ménageait un espace rigoureusement clos. On versait dans la partie supérieure de l’appareil, en communication avec l’air extérieur, et formant boîte, une dissolution de chlorure de chaux, et on faisait le vide par dessous, en se servant d’une pompe pneumatique. Le liquide passait à travers l’étoffe, dans les parties seulement qui restaient à découvert, c’est-à-dire qui correspondaient aux découpures ménagées dans les deux plaques. Alors, au moyen d’un robinet, on enlevait l’excédant du chlorure de chaux, réuni dans la partie inférieure de la caisse, et ensuite, en employant le même procédé, on faisait passer de l’acide sulfurique très étendu à travers les mêmes parties de l’étoffe, qui se trouvaient ainsi décolorées.
- Plus tard, et après l’emploi du jaune de chromé par M. Daniel Kœchlin, on obtint
- aussi des enlevages jaunes. A cet effet, lors-qu’on avait produit le blanc comme je viens de le dire, et toujours au moyen du vide, on lavait à l’eau, et on imprégnait successivement le tissu d’une dissolution de plomb et de chro-mate de potasse pour obtenir le jaune. Il est facile de voir qu’avec une pareille méthode qu’on n’employait que sur des couleurs faux teint, comme bois rouges ou autres, on ne pouvait produire que des pois ou des dessins sans finesse, dont les contours n’étaient jamais nettement définis, la capillarité exerçant toujours son action, et produisant des teintes diverses et irisées sur les bords de chaque objet.
- M. Daniel Kœchlin changea complètement ce procédé par trop primitif et compliqué pour se généraliser dans les ateliers, et le remplaça par un autre, aussi simple que savant. Il avait observé que les tartrate et citrate de plomb étaient solubles dans l’acide nitrique, ou réciproquement que le nitrate de plomb ne précipitait pas avec les acides tartrique ou citrique, et qu’une pareille composition, passée en cuve décolorante, laissait sur tissu un enlevage blanc, mordancé en plomb, qu’il suffisait de tremper ensuite dans une dissolution de chro-mate de potasse, pour obtenir une couleur jaune sur fond rouge. Ce même jaune se transformait en enlevage vert, lorsqu’on avait mélangé d’abord du bleu de Prusse aux acides et au nitrate de plomb. On pût exécuter dès lors des genres jusque-là réputés impossibles, en jaune brillant et solide sur plusieurs fonds colorés, principalement sur ceux ayant pour base la garance ou l’indigo, et les dessins même les plus déliés ressortirent avec la netteté la plus régulière, le mordant étant imprimé mélangé déjà avec les acides d’enlevage.
- L’enlevage jaune par la cuve décolorante donna lieu à une application importante sur des violets ou des grenats garance.
- Elle consiste à convertir ces nuances en vert, sous le jaune qui les recouvrait. Pour atteindre ce but, M. Daniel Kœchlin passait des violets ou grenats en prussiate acide de potasse avant l’impression du jaune. Le bleu de Prusse, qui se formait immédiatement par la combinaison avec le mordant de fer, disparaissait ensuite en cuve décolorante alcaline, partout où il n’était pas recouvert d’enlevage jaune ; de
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- sorte que ces parties reprenaient leurs nuances primitives. Il n’en était pas ainsi sous l’enlevage. L’élément végétal seul, c’est-à-dire la couleur de la garance, s’y détruisait, et ne laissait apparaître que la substitution métallique du bleu de Prusse sousle jaune, c’est-à-dire du vert. On produisait en même temps du jaune sur les parties du fond qui n’avaient pas été mordancées en fer pendant l’impression.
- L’article rouge turc ne s’obtenait pas seulement en ton rouge proprement dit, mais aussi en double rouge et en rose, en faisant varier le degré d’intensité du mordant employé. Quand ces diverses nuances étaient en cuve d’ingo, elles produisaient des grenats, des violets, avec la faculté de rouges et roses réservés ; ensemble qui supportait les enlevages blancs et jaunes dans le passage en chlorure de chaux, et donnait lieu ainsi à un genre des plus riches, qui fut désigné sous le nom d'aladin.
- Ces premières et importantes découvertes de M. Daniel Kœchlin valurent à cet éminent industriel des récompenses bien méritées. Il reçut une médaille d’or à l’Exposition de 1819, pour avoir obtenu le rouge d'Andrinople sur toile, et avoir donné l’ingénieuse méthode des enlevages blancs ou enluminés, que j’ai rappelée. La même année il fut décoré de la Légion d’Honneur, sur la demande unanime du Conseil municipal de Mulhouse, pour ses belles applications du jaune de chrome. Ses collègues, fabricants de rouge turc dans le département, joignirent à ces brillants témoignages une attestation qui le garantirait contre toute attaque, si on essayait jamais de mettre en doute ses droits de priorité.
- M. Daniel Kœchlin était doué au plus haut degré de l’esprit d’observation ; il cherchait toujours à se rendre compte des faits qui le frappaient dans le cours de ses, travaux. Une des applications les plus utiles qu’il fit à son industrie, fut de régulariser les conditions d’aérage des mordants, jusques-là laissées aux caprices d’une atmosphère plus ou moins sèche ou humide. Il avait remarqué qu’une même pièce, imprimée dans la même journée, avec le même mordant, et séchée à mesure dans l’atelier, ne donnait pas les mêmes résultats au garançage sur toute sa longueur. La partie imprimée, la dernière ressortait mieux que l’autre il attribua cette différence à ce que
- l’air de l’atelier devenait plus humide à mesure que la journée s’avançait, d’abord à cause de la présence des ouvriers, puis par suite du séchage des mordants disposés en premier lieu sur le tissu. Il reconnut que la différence observée en teinture était d’autant plus sensible que l’air extérieur, et par conséquent celui des salles d’impression, pris au matin, était plus sec. L’évaporation de l’acide acétique se faisait alors dans de mauvaises conditions, parce qu’elle ne pouvait s’opérer dans un état presque anhydre. De là, sur le résultat définitif, cette influence fâcheuse qu’on ne remarquait plussur les parties imprimées l’après-midi dans une atmosphère plus humide. M. Daniel Kœchlin fut amené ainsi à introduire de la vapeur dans les salles d’aérages, afin de les mainteuir dans un état hygrométrique régulier.
- Le fixage des mordants, réglé par le secours de la science, fut donc appliqué d’abord dans la maison Nicolas Kœchlin et frères. Plus tard, M. Henri Schlumberger, l’élève de M. Daniel Kœchlin appliqua chez MM. Dolfus-Mieg et Ce, et chez MM. Bloch, Steinbach et Maultz, cette méthode qui devient bientôt après générale. En Angleterre, MM. Walter Crum et Tom construisirent des appareils continus sur ce principe, et reconnurent si bien les droits de notre ingénieux compatriote à la priorité, qu’ils sollicitèrent et obtinrent de lui l’autorisation de se faire breveter dans leur pays.
- Aussi son nom était-il connu et vénéré partout où à pénétré l’industrie qui lui est sirer devable, et dont il était un des maîtres incontestés. C’est un juste hommage que chacun se plaisait à lui rendre, et nous venons d’en avoir une preuve touchante dans la proposition qui nous a été faite par ceux de nos compatriotes et collègues qui habitent la Russie, d’élever un monument à la gloire de ce grand industriel. Vous vous rappelez que, dans les circonstances douloureuses où se trouve l’Alsace, et sur la demande même de sa famille, l’exécution de ce projet, auquel vous vous êtes associés en principe, a été remise à des temps meilleurs. M. Daniel Kœchlin a eu l’avantage d’ailleurs de jouir déjà de son vivant des honneurs légitimement dus à son savoir et à son caractère. Il avait contracté en France et à l’é
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- tranger les amitiés les plus enviables ; il s’était acquis l’estime et la vénération de tous ses concitoyens, et, à la suite de l’Exposition de 1855, il fut promu au grade d’officier dans l’ordre de la Légion d’honneur.
- M. Daniel Kœchlin est mort le 11 avril 1871, à l’âge de près de quatre-vingt-six ans, membre de plusieurs Sociétés savantes de France et de l’étranger, qui avaient tenu à honneur de s’adjoindre un homme d’un si parfait mérite. La mémoire restera toujours vénérée au milieu de nous, et puisse le souvenir de tant de qualités précieuses inspirer à nos jeunes collègues la louable ambition d’approcher un jour d’un tel modèle.
- NOUVEAU PROCÉDÉ POUR LA PRODUCTION DU CHLORE.
- Sous ce titre le Chemical Netcs décrivait, il y a quelque temps, un procédé de production du chlore, basé sur la décomposition de la vapeur d’acide chlorydrique mélangé d’air en présence de certains corps. La longueur de cet article ne nous permettant pas de le reproduire en entier, nous allons essayer d’en donner une courte analyse.
- L’auteur commence par faire ressortir la difficulté de cette composition par la chaleur seule. On n’obtient ainsi qu’une quantité très-minime de chlore qui n’augmente que très-peu par la présence des corps poreux inertes. C’est ce qui l’a amené à essayer l’action de diverses substances salines métalliques; et il est parvenu ainsi à produire cette décomposition à une température beaucoup plus basse et d’une façon tellement complète que tout le chlore de l’acide ’chlorydrique se trouve mis en liberté.
- De toutes les substances salines essayées, le sulfate de cuivre semble être la plus convenable, et c’est celle que l’auteur emploie de préférence. Tous les composés de cuivre essayés réussissent cependant également bien. Mais quelques-uns de ceux-ci s’oxydent ou se convertissent en chlorure, tandis que le sulfate de cuivre, lui, reste inal
- téré, Les sels de plomb, à l’exception du sulfate, et ceux de manganèse opèrent également cette décomposition, mais à une température beaucoup plus élevée. Après avoir ainsi déterminé le sel le plus favorable à la réaction, l’auteur a recherché la manière la plus convenable de l’employer. Il ressort de toutes les expériences qu’il a entreprises dans ce but, qu’il suffit de laisser tremper des morceaux de brique ordinaire dans une solution saturée de sulfate de cuivre, et de les abandonner à la dessication. On en remplit ensuite les tubes dans lesquels on fait passer le mélange d'oxi-gène ou d’air et de vapeur d’acide chlorydrique, mélange que l’on a préalablement échauffé.
- La réaction commence à s’opérer vers 200° centig., mais une température de 370 à 400° semble être convenable. Au-delà de cette température, vers 430° du chlorure de cuivre commence à se volatiliser, ce qui arrive chaque fois que la température s’élève trop.
- La quantité de chlore que l’on peut ainsi produire dans un temps donné est en relation directe avec la température, la surface du sulfate de cuivre et la quantité de mélange gazeux qui traverse l’appareil.
- La présence de gaz tels que la vapeur d’eau, l’azote, l’acide carbonique, l’acide sulfurique qui sont sans action sur le chlore, n’influent en rien sur la réaction.
- Nota. — Nous venons d’apprendre que ce procédé vient d’être appliqué industriellement en Angleterre, et nous aurons soin de tenir nos lecteurs au courant des progrès de ce procédé.
- PURIFICATION DES EAUX INDUSTRIELLES MÉTHODE DU DOCTEUR GUNNING
- Par M. Ricter.
- C’est un fait bien connu que les eaux de beaucoup de fleuves, de rivières, de canaux, de lacs et d’étangs ne sont pas parfaitement limpides. Cet état de trouble, qui se dissipe parfois après quelques jours, est dû en partie à des matières inorganiques qui, à l’état de très-grande division, flottent dans l’eau, et pour
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- une grande partie à la présence de corps organiques suspendus dans l’eau, et qu’on ne parvient à reconnaître qu’à l’aide de microscope. Lorsqu’on soumet ces eaux à une analyse chimique, même celles qui filtrent troubles, on trouve qu’elles renferment de l’argile qui enduit les substances organiques et que ces dernières maintiennent en suspension. Si à ces liquides on ajoute quelques gouttes d’une solution Saturée d’alun, il se forme avec le temps, sur le fond du vase, un dépôt floconneux, et ces liquides deviennent parfaitement limpi— des. Le précipité renferme en lui les substances qui troublaient sa transparence, mais il ne présente pas de trace de sulfate qui, par conséquent, est resté en solution. Une eau de cette nature trouble la marche des manipulations dans les travaux de l’industrie, et peut être préjudiciable à la santé lorsqu’on l’emploie comme boisson.
- M. Gunning, d’Amsterdam, a découvert que par une • addition de perchlorure de fer à ces eaux troubles, elles étaient débarrassées des matières étrangères à un degré où elles peuvent servir sans danger à la boisson, et où on peut s’en servir sans qu’elles troublent ou compromettent les opérations chimiques de l’industrie.
- Dans une expérience, M. Gunning a ajouté à un litre d’une eàu de ce genre 0 gr. 0,32 du sel de fer indiqué, préalablement dissous dans de l’eau pure; il a bien agité le mélange, l’a laissé vingt-quatre heures au repos et a obtenu de cette manière une eau parfaitement pure, tandis qu’il s’était formé sur le fond du vase un précipité qui contenait toutes les matières minérales en suspension et toutes les impuretés de l’eau. Il est resté en solution du perchlorure de fer. L’acide chlorydrique libre qui aurait pu se former par la décomposition lente du perchlorure ajouté n’était pas présent.
- Ce mode de purification de l’eau a été étendu par M. Gunning, et, pour éliminer toute la quantité du perchlorure de fer qui avait été versé, il a ajouté son équivalent en soude cristallisée quelques heures après la purification opérée, c'est-à-dire pour la quantité indsquée, de 0 gr. 0,85 de carbonate de soude.
- D’après les conseils de M. Gunning, ce procédé a été essayé et mis en pratique sur une
- grande échelle par un industriel intelligent des environs de Rotterdam, qui a traité au moins 240,000 litres d’eau de la Meuse à plusieurs reprises, et dans toutes les saisons, pendant le cours d’une année, parle perchlorure de fer et la soude, et malgré que l'eau fût parfois extrêmement trouble, le résultat a été très-satisfaisant; l’eau a été parfaitement pure, sans danger pour la santé, et s’est montrée indifférente aux réactifs chimiques, si ce n’est à l’azotate d’argent, à cause d’une petite proportion de sel marin qu’elle renfermait.
- hi — GLULMUU.) CLALI
- On est aussi arrivé au même résultat à bord d’une corvette de la marine royale, à l’ancre de Rottermam, où l’on s’est procuré, d’après la méthode Gunning, de très-bonne eau à boire avec les eaux troubles de la Meuse. , ,9111101 31rD Bby.O. 23 LS0109 83110010 201
- On comprend qu’il est indispensable délaisser pendant un temps suffisant le précipité se déposer et tomber au fond sous la forme d’un dépôt solide et complet, et pour plus de sûreté, on recommande de filtrer l’eau qui surnage, ainsi du reste qu’on l’opère déjà dans les établissements hydrauliques de Rotterdam, où l’on se sert, comme agent de filtration, d’un sable de mer très-fin; après quoi l’eau est versée dans les conduites de la ville. Ainsi qu’on l’a dit précédemment, on prend pour 0 gr. 0,32 de perchlorure de fer, 0 gr. 0,85 de carbonate de soude cristallisée, et ces deux proportions paraissent suffire pour purifier complètement les eaux de la Meuse, même quand elles sont extrêmement troubles. ’ Tobnsmeb "
- Cette méthode de Gunning, de purification de l’eau, a été appliquée dans plusieurs localités de la Hollande, soit aux1 eaux de la Meuse, soit à celle du Rhin ou des canaux, et partout avec succès. Quant aux matières qui composent le précipité formé par le perchlorure de fer et la soude, M. Gunning a démontré qu'il se compose d’une grande quantité de matières organiques qui, brûlées avec la soude caustique, développent de l’ammoniaque en assez grande abondance, et, en outre, d’un peu de sel marin qui s’est formé pendant l’opération, et, enfin, de matières minérales, de chaux, argile, fer, sable, etc., que l’eau a entraînées mécaniquement. De plus, M. Gunning a obser-
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- vé que dans les eaux riches en acide carbonique, par exemple les eaux de puits troubles, le perchlorure de fer est moins efficace, parce que les sels inorganiques contenus dans ces eaux font obstacle à la formation du procédé floconneux en question.
- {Deutsche Gevverbe^eïtung.)
- LES COULEURS D’ANILINE A L’ASSEMBLÉE NATIONALE
- Discours de M. SCnEURER-KESTNER.
- Messieurs, j’ai présenté un amendement sur les produits colorants dérivés de la houille, indiqués ici sous le nom de produits chimiques et couleurs dérivés de l’essencede houille.
- Ce n’est point là une matière première proprement dite; bien au contraire, il n’y a pas de produit industriel qui nécessite autant de connaissances chimiques, de main-d’œuvre, d’appareils, de matières premières de tous genres.
- C’est plutôt à l’article 3 qu’aurait dû figurer ce produit, parmi les produits fabriqués. Mais je suis obligé de vous présenter mon amendement à l’heure qu’il est, parce que la commission propose de supprimer tout droit sur les produits chimiques et couleurs dérivés de l’essence de houille, et queje ne pourrais pas lui demander de revenir plus tard sur un vote qui pourrait paraître acquis.
- Voici sur quoi se base l’amendement queje propose à l’Assemblée.
- La fabrication des couleurs dérivées de l’essence de houille a pris naissance en France il y a quelques années. Elle s’est développée considérablement en Allemagne. En France elle est restée monopolisée, par suite de brevets qui avaient été pris, et l’exploitation en a été circonscrite. L’exportation même des produits français s’est trouvée amoindrie par suite des droits qui pesaient déjà sur l’essence de houille. En effet, l’essence de houille était frappée d’un droit de 5 p. 100 ad valorem à son entrée en France, tandis qu’il n’existait pas de drawhack sur les produits préparés au
- moyen de cette matière. Il y avait donc là pour l’industrie qui s’occupe de la préparation des couleurs d’aniline une première cause d’infériorité.
- Mon amendement n’a pas pour but de remédier à l’ancien état de choses, mais il a celui de vous demander de frapper les couleurs dérivées de l’essence de houille ou benzole, qui viennent de l’étranger, d’un droit égal au droit qui va être prélevé par le nouveau tarif sur les matières qui sont employées par cette industrie eu France. Ces droits sont considérables. Ainsi, d’après les anciens droits, les fabriques de France payaient, sur la consommation du sel usuel commun, qui sert pour certaines opérations chimiques, 10 fr. par lOOkilog. C’est déjà une matière qui se trouvait frappée chez nous et qui n’était pas frappée à l’étranger ; de plus, l’essence de houille elle-même payait 5 p. 4 00 ad valorem.
- Aujourd’hui on vous propose et vous avez voté déjà un droit de 1 fr. par 100 kilogr. sur le nitrate de soude, un droit de 3 fr. 60 sur l’acide arsénieux, un droit de 25 fr. sur le bichromate de potasse, un droit de 80 fr. sur l’acide benzoïque, produit autrefois très rare et aujourd’hui très employé. Enfin, un droit de 2 fr. sur le méthylène ou esprit de bois.
- al'ai pu vérifier, par des chiffres très exacts qui m’ont été donnés par des industriels, de combien étaient les droits anciens. Ainsi, dans une usine qui fabrique pour 4 millions de produits, dérivés de l’essence de houille, les anciens droits s’élevaient de 25 à 30,000 fr., les nouveaux montent à 25,000 fr. Parmi ceux-là le nitrate de soude seul figure pour 10,000 francs par an.
- Vous voyez que ces droits qui s’appliquent à l’industrie française, et je dirai à une industrie éminemment française, puisque c’est sur le sol de la France qu’elle a pris naissance, mettraient cette industrie dans une situation inférieure vis-à-vis des produits étrangers.
- C’est pourquoi je demande que vous frappiez les produits similaires, à leur entrée en France, de droits qui équivalent à peu près aux nouveaux droits qui vous sont proposés aujourd’hui.
- Les produits colorés tirés de l’essence de houille, et qui figurent dans le commerce.
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- cr bue
- valent de 50 fr. à 2,000 fr. le kilog. Vous voyez donc qu’il s’agit de frapper ces produits d’un droit qui ne dépassera guère 10 p. 100.
- Il était impossible d’établir un droit ad valorem^ parce qu’il aurait fallu procéder, à la douane, à une vérification continuelle d’articles qui occupent un petit volume, qui sont vendus par petites quantités; c’eût été un contrôle absolument impossible. Nous avons dû chercher à établir une moyenne ; c’est ce que nous avons fait, et nous sommes arrivés au chiffre de 3 francs par kilogramme qui reprée sente, pour l’usine dont je vous parlais tout à l’heure, et qui a faitpour4 millions d’affaires, une somme d’environ 30,000 francs, c’est-à-dire l’équivalent des nouveaux droits que vous votez dans le tarif actuel.
- J’ai soumis mon amendement à la commission, elle l’a examiné, et elle est d’accord avec moi pour vous proposer ce droit de 3 francs, qui est un droit compensateur sur les produits étrangers. (Très bien! très bien!)
- (L’amendement est mis aux voix et adopté.)
- NOUVELLES
- Les nouveaux droits d’importation — Voici la suite des tarifs spécifiques d’importation votés par l’Assemblée nationale, en ce qui concerne les teintures et les tissus :
- « Amidon de riz, 4 fr.; id. de froment, 2 fr. les 100 kil.
- « Albumine, 12 fr.
- « Gélatine, colle-forte, 6 fr.
- « Chapeaux de paille, d’écorce, de sparte et de fibres de palmier, 2 p. 100.
- « Tresses de bois blanc, de paille, d’écorce ou de sparte, 2 p. 100.
- « Soies en cocons, frais et secs, 0 fr. 25 le kilog.
- « ld., écrues, grèges, des Indes, de la Chine et du Japon, 1 fr. 25.
- « Id., écrues, grèges d’ailleurs, 1 fr. 25.
- « Id., écrues, douppions, 0 fr. 50.
- « Id., écrues, douppions ouvrés, 1 fr.
- « Id. moulinées, des Indes, de la Chine et du Japon, 2 fr. 50.
- « Id., moulinées d’ailleurs, 2 fr. 50.
- « Bourre de soie en masse et déchets, 0 fr. 15.
- « Bourre peignée, 0 fr. 50.
- « Fleurets, 2 fr.
- « Soies en cocons, frais et secs, 0 fr. 25 le kilog.
- « Id., écrues, grèges, des Indes, de la Chine et du Japon, 1 fr. 25.
- « Id., écrues, grèges d’ailleurs, 1 fr. 25.
- « Id., écrues, douppions, 0 fr. 50.
- « Id., écrues, douppions ouvrés, 1 fr.
- « Id., moulinées, des Indes, de la Chine et du Japon, 2 fr. 50.
- « Id., moulinées, d’ailleurs, 2 fr. 50.
- « Bourres de soie en masse et déchets, 0 fr.
- 15. podo.aisonsnJs69
- « Bourre peignée, 0 fr. 50.
- « Fleurets, 2 fr.
- Coton et Laine
- « Egrené : des Indes orientales, de la Chine, du bassin de la Méditerranée (le Jummel excepté) 7 fr. 50. g orlia sl ioioy opianini
- « Egrené d’Amérique et Jummel, 10 fr.
- « Non égrené (y compris le droit des graines), 4 fr. les 100 kil.
- Lin et Chanvre
- « En tiges brutes, vertes ou rouies, 50 c.
- « Etoupes, 2 fr.
- « Chanvres, 2 fr.
- « Lin, 3 fr.
- « Filasses, 4 fr.
- « Jute en bris ou teillé, 1 fr.
- « L’abaca, le phormium tenax, et les autres végétaux filamenteux non dénommés, suivront le régime du chanvre.
- Laine en masses par 100 kilogrammes, poids brut :
- « En suint, Are catégorie 7 fr'. « — 2e — 5 fr. « — 3e — 3 fr. « Laines à froid, ire catégorie 14 fr. « — 2e — 10 fr. « — 3e — ITPI 6 fr. « Lavées à chaud, ire catégorie 17 fr. « — 2e — 12 fr. « — 3e — 7 fr.
- « Le nerf des laines de peaux payera le même tarif que les laines.
- « Bourres laines et tontisse, 3 fr.
- « Les poils de chèvre et de cachemire suivant le régime des laines.
- « Poils de vache et autres poils grossiers, 1 fr. les 100. »
- (A continuer.)
- Les Brevets d’invention en Alsace - Lorraine. — Tous les brevets obtenus en France
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- avant le 2 mars 1871, conservent les droits entiers sur la France entière, y compris l’Al-sace-Lorraine. Par contre, les brevets obtenus après cette date du 2 mars 1871, sont privés des pays momentanément séparés, et l’action de leur privilège est limitée aux nouvelles limites de la France amoindrie.
- Telle est la règle indiscutable posée par l’article 10 des annexes du traité de paix conclu entre la France et l’Allemagne, mais jusqu’à présent l’Allemagne exigeait que pour jouir de ce droit l’inventeur payât une taxe spéciale pour l’Alsace-Lorraine, outre la taxe due à l’Etat français, et c’est la situation que nous avons exposée dans notre numéro du 5 février, année courante, page 31.
- Cependant, les brevetés de ces provinces ayant réclamé contre le paiement du double droit, notre Ministre des affaires étrangères a été assez heureux pour obtenir auprès du gouvernement allemand, la suppression de cette injustice. Voici la lettre par laquelle le Ministre fait connaître ce résultat aux industriels intéressés: alTqm02 )81918910r »
- D 001. as .11 i -(aon
- Paris, 9 juillet 1872.
- « Messieurs, ainsi que j’ai eu l’honneur de vous l’écrire le 23 mai, j’avais prié l’ambassadeur français à Berlin de présenter à la chancellerie fédérale les réclamations des propriétaires de brevets français pris jusqu’au 2 mars 1871 contre l’obligation qui leur fut imposée, en vue de la conservation de leurs droits dans les territoires cédés, de payer tous les ans les droits tant en France qu’en Alsace-Lorraine.
- « Je m’empresse de vous prévenir que cette démarche a eu un résultat favorable. En réponse aux réclamations de M. le vicomte de Gontaut-Biron, le président de la chancellerie lui a communiqué que les autorités allemandes ont reçu des ordres en vertu desquels les propriétaires des brevets délivrés avant le 2 mars 1871 pourront conserver leurs droits dans l’Alsace-Lorraine sans payer un impôt au fisc allemand.
- n« Agréez, etc.
- , « De RÉMUSAT. »
- drapeau tricolore. Tôt ou tard, l’Alsace redeviendra française et, alors, je désire que ce beau jour retrouve ce qui restera de moi, enveloppé dans le drapeau français. » Et Kœchlin repose dans ce drapeau de 89, que Mulhouse a salué avec tant d’ivresse lorsqu’elle demanda à être détachée de la Suisse pour faire partie de la République française!
- Et nos industries s’enorgueillissent à bon droit de posséder de tels hommes.
- Un canard monté en couleurs. — Les journaux quotidiens publient la nouvelle suivante:
- « Dans un atelier de couture, une jeune fille a tout à coup donné des preuves de malaise, puis est tombée dans des convulsions alarmantes. Un médecin appelé en toute hâte, a reconnu des symptômes d’empoisonnement.
- « La jeune fille protestait contre ces indications, mais le docteur, subitement inspiré, a examiné de nombreux bouts de fil qu’elle avait dans la bouche. Ces fils étaient teints à l’aide de substances vénéneuses, et l’ouvrière avait le tort de les mâcher toujours, et de les avaler quelquefois. Le mal connu, la guérison a été rapide.
- « Nous rappelons aussi que certains bonbons et joujoux coloriés sont très-dangereux entre les mains des enfants, qui ont la manie de tout porter à la bouche. »
- Bien entendu, ces journaux ne disent ni où, ni quand l’accident est arrivé, ni en quelle nuance était ce fil empoisonné ; cependant, l’avisé docteur qui, dans sa subite inspiration, a si rapidement conjuré les effets du redoutable poison, devait être bien fixé sur sa nature!... Il est bien certain que toute l’inspiration qu’on peut trouver en celte affaire, appartient au nouvelliste, car il n’existe aucune teinture capable de produire les effets signalés, et il n’y a aucune analogie entre des fils ou des tissus teints, et des bonbons ou des jouets peints.
- Pour tous les articles non signés :
- Le linceul d’un patriote. — Dans notre numéro de mai, nous avons consacré quelques lignes à la mémoire du grand citoyen Alfred Kœchlin, mort à Mulhouse — selon une expression bien juste — de la maladie de la France.
- Quelques heures avant sa mort, le digne Alsacien fit à sa femme ce testament patriotique : « Je veux être enterré dans les plis du
- P. Blondeau.
- F. GOUILLON, Directeur-Gérant.
- Paris.—Imp. Turfin et Ad. Juvet, 9, cour des Miracles.
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- 15e VOL., nos 15 et 16. 5 et 20 AOUT 1872
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- Sommaire
- Recherches sur les écarlates par M. P. Havrez (conclusions).— Falsification des couleurs d’aniline, par M. W.-F. GINGTL. — Études microscopiques sur la teinture des laines, par M. Dumas.- Couleurs modes, bruns, marrons, salilaires, cafés, etc., par M. G. Van Laer. — Le Causerie confraternelle sur l’art du teinturier-dégraisseur, par M. V. Barbé : détachage partiel, nettoyage des gants de peau, dégradoge de l’outremer, id. des couleurs d'alinine. — Machines à repasser et à apprêter, de MM. J. DECOUDUN et Ce, par M. F. GOUILLON. — Conférences sur l’alinine et les couleurs de goudron de houille (échantillon), par M. PERKIN (suite),
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Revue sommaire des brevets d’invention. — Savonule tannique. — Ozone. — Blanchiment de la laine et de la soie. — Ensimage. — Autre ensimage. — Poudreuse. — Teinture au permanganate. — Tissus pour fleurs. — La teinture et les apprêts à Reims. — Prix de la Société industrielle de Mulhouse.
- NOUVELLES : Les nouveaux droits d’importation (suite). — Vol chez un teinturier.
- RECHERCHES SUR LES ÉCARLATES Par M. P. Havrez.
- 01 alisD 0.0U10c J11911019.41100 x9EcS CONCLUSIONS (1).
- 1° Pour la teinture en écarlate, plus la composition d’étain agit longtemps sur la laine, plus la nuance fournie ensuite vire au jaune, et plus le ton est intense; ce fait se vérifie dans toutes les séries d’essais, que la composition agisse seule en présence de la cochenille, que l’on rince ou non la laine mordancée.
- Il faudrait donc faire agir toute ou presque toute la composition dès le commencement du mordançage, plutôt que d’en réserver une partie pour la rougie.
- 2° Eu comparant les écarlates obtenus, quand on rince et fait deux bains successifs et distincts avec ceux où il n’y a qu’un bain — la rougie se faisant dans un bain de tartre et de composition — on voit que ces derniers écarlates sont plus oranges, moins rouges, plus vifs, et que, par suite, l’absence de rinçage et l’addition de la cochenille au bain de composition et tartre équivaut à employer deux bains, mais avec plus de composition et de tartre.
- L’emploi d’un seul bain jaunit donc en nécessitant moins de tartre et de composition, et, sous ce rapport, il est avantageux.
- 3° ! a séparation entière ou presque entière --------—---------- - s---
- (1) Dans notre numéro du 5 mars, année courante, parge 49, nous avons publié un extrait de ce travail de M. Havrez, que nous avions attribué, par erreur, à M. Van Laer; possédant en ce moment le mémoire original, nous en extrayons ces conclusions pratiques que nous jugeons utile de reproduire. — F. G.
- de mordants — tartre et composition — d’avec la cochenille, contribue à la pureté, à l’intensité de la nuance écarlatate, mais la rend moins jaune.
- 4° Le grand appauvrissement de nuance produit par la présence d’un mordant dans le bain de garance, montre la perte de colorant qui a lieu quand le mordant est ajouté— méthode dite des brunitures — au bain de colorant où la laine a été bouillie plusieurs heures. L’étoffe fixe évidemment bien moins de colorant quand elle n’a pas au préalable été imprégnée d’un mordant, et le colorant reste dans le bain au moment où la bruniture s’introduit, ne sert qu’à précipiter celle-ci.
- Un bain non décoloré agit sur le mordant dit bruniture (1 ) comme l’eau agit sur le savon; les premières parties de savon se perdent en grumeaux insolubles, et ce n’est que quand toute la crudité—bi-carbonate de chaux — a été ainsi chassée, que le savon ne se perd plus et agit pour faire mousser l’eau. La couperose et les autres sels de la bruniture ne peuvent aussi agir comme mordants que quand une grande partie a été perdue pour priver le bain de son colorant. Le précipité coloré a, d’après nos essais sur la garance, une action teignante très faible.
- La méthode des brunitures économise, il est vrai, Réchauffement d’un bain et les manœuvres pour charger et décharger la laine ;
- (1 ) Il est important d’observer que le sulfate ferreux que l’on ajoute comme bruniture au bain de campêche et sumac, forme avec ce dernier du tan-nate ferreux soluble, le précipité naissant, dont parle M. Dumas, ne se forme que plus tard quand l’air produit le tannate ferraso-ferrique insoluble.
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- cependant, quand on échauffe l’eau par toutes les flammes perdues, il y aura peut-être économie à employer deux bains successifs de mordants et de colorants, ce procédé donne, d’ailleurs, des nuances plus solides, plus pleines. L’emploi de ces deux bains distincts deviendra surtout avantageux quand on aura de
- fortes bains ou de long.
- parties à teindre et que chacun des successivement renourrri de mordant colorant, devra servir un temps assez
- SUR UNE FALSIFICATION DES COULEURS D’ANILINE Par M. W.-F. Gintl.
- L’emploi qui se généralise chaque jour davantage des couleurs dérivées de l’aniline, qui se sont même introduites déjà dans les petites industries, ont, comme on devait s’y attendre, soit par l’ignorance des acheteurs, soit par la cupidité des spéculateurs, offert un vaste champ à la fraude et à l’escroquerie.
- Sans doute, le mot escroquerie est dur; mais il n’est pas possible d’en choisir un autre quand on veut signaler la pratique de certains fabricants qui, sous le nom de certaines couleurs d’aniline, livrent à la consommation des produits qui, jusqu’à la moindre parcelle, ne consistent pas en ceux que le nom indique.
- Il n’est nullement question ici de ces falsifications grossières que depuis un certain nombre d’années j’ai signalées, après l’examen de diverses couleurs d’aniline et parmi lesquelles j’ai révélé tout particulièrement, et chose incroyable, celles dites préparées aux déchets de bronze. Contre d’aussi grossières fourberies, le consommateur le plus naïf peut fort bien se mettre lui-même en garde; car il ne lui sera pas difficile de découvrir les rognures de bronze- qui se précipitent, à raison de leur insolubilité dans les dissolvants ordinaires des couleurs d’aniline.
- Celte note est plutôt dirigée contre une so-phistication très-babil- ment imaginée de ces couleurs, et qu'on a sur oui, dans ces derniers temps, appliquée à la fuchsine.
- Depuis quelques mois j’ai eu, à plusieurs reprises, l’occasion de soumettre à un examen
- une fuchsine-diamant^ qu’on livre du reste à un prix très-modéré, et que divers consommateurs acquièrent dans l’espoir de trouver un produit d’une qualité supérieure et surtout à raison de la modération de son prix, mais qui ne tardent pas à s’apercevoir de son faible pouvoir, sans qu’ils aient pu parvenir à se rendre compte de son action, comparativement à des échantillons de fuchsine ordinaire dont ils avaient fait l’emploi.
- Le produit en question avait, à s’y méprendre, tout l’aspect de la véritable fuchsine-diamant, et il est, entre autres, difficile de le distinguer, sous ce rapport, des petites sortes cristallisées de véritable fuchsine. Quand on le chauffe, il brûle sans résidu bien sensible, et il est assez complètement soluble dans les dissolvants ordinaires.
- Mais quand on chauffe ce produit, un odorat tant soit peu exercé perçoit déjà l’intervention d’une odeur anormale, et à l’œil, on aperçevait encore plus facilement que quand on essaie de dissoudre ladite fuchsine dans l’alcool un peu concentré, il reste une portion cristalline colorée faiblement en rouge, qui ne se dissout pas du premier coup.
- Un examen plus attentif de ces cristaux, qui ne se comportaient nullement comme de la fuchsine, m’apprit bientôt de quoi se composaient ces cristaux, qu’on reconnaissaient sans peine et n’étaient que ceux ordinaires de sucre brut semblables à ce qu’on obtient par la cuite des sirops purs et dans le raffinage (1).
- J’ai donc essayé de doser quantitativement le sucre contenu dans ces sortes de fuchsine, chose qui n’est pas aussi facile qu’on pourrait le supposer, parce qu’il faut d’abord trouver un moyen aisé et bien net de séparer la fuchsine du sucre. Le moyen qui m’a paru le plus commode pour doser d’une manière sûre la
- (1) La sophistication des couleurs d’aniline par le sucre a déjà été signalée par M. Ungérer et par M. Joly en 1871. (Note de l’auteur.)
- Le Moniteur de la Teinture l’a signalée avant ces Messieurs. Voir année 1867, page 242, et année 1869, page 159, le moyen que nous avons indiqué pour la séparation du sucre est plus simple que celui suivie par l’auteur de cet article, mais il faut opérer avec de l’acool absolu, c’est-à-dire très-voisin de 100 degrés. —F. G.
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- proportion du sucre a été, enfin, celui que voici :
- Une quantité pesée de la fuchsine à examiner a été dissoute dans l’eau chaude; à la solution, on a ajouté une solution d’acide picri-que, et la majeure partie de la rosaniline a été précipitée à l’état picrate. La liqueur filtrée et claire, avec l’excès d’acide picrique coloré en jaune, a été précipitée par l’acétate basique de plomb, la solution portée à 110°., puis filtrer la liqueur soumise au polarimètre pour y doser le sucre.
- J’ai trouvé par ces deux moyens, qui me paraissent inattaquables, qu’une sorte de ces fuchsines contenait 13 0/0 de sucre, une seconde 24,2, et une troisième, enfin, jusqu’à 82,13 0/0.
- Gomme circonstance atténuante pour le fabricant, je dois dire, du reste, que ces pseudofuchsines sont d’un prix moins élevé que* la vraie fuchsine ; mais seulement celles qui renferment une proportion élevée de sucre, tandis que celles qui en contiennent moins et où la dose du sucre est d’environ 15 0/0, sont vendues dans le commerce, comme fuchsine pure. Mais quand il serait vrai qu’on ne peut pas adresser des reproches au fabricant, il ne manquera pas de débitants qui, s’appuyant sur les connaissances imparfaites de leurs clients, s’efforceront de vendre cette fuchsine inférieure au même prix que la bonne fuchsine-diamant.
- Quant à la manière de produire cet article moderne, tout ce que je puis conjecturer, c’est qu’on humecte du sucre cristallisé comme il convient, avec une dissolution saturée de fuchsine, dans l’alcool le plus concentré possible. C’est le seul moyen d’expliquer pourquoi les petits cristaux isolés présentent le même magnifique éclat métallique vert que celui qu’on observe sur les cristaux de fuchsine.
- Bien des personnes demanderont peut-être par quel moyen ceux qui sont étrangers à la connaissance de ces matières pourront s’assurer aisément de ces fraudes.
- Rien n’est plus facile. On prend la fuchsine dont on veut faire l’essai, et on étale l’échantillon sur une feuille de papier blanc qu’on pose dans un lieu bien éclairé, ou mieux, dans un point frappé par le soleil, et on examine
- les petits cristaux avec une olupe ordinaire. La fuchsine pure ne laisse apercevoir que les cristaux subulés connus, ou leurs fragments qui, même à la lumière incidente du soleil, paraissent rouges seulement sur les bords, tandis qu’il en est autrement avec la fuchsine falsifiée ; avec celle-ci, indépendamment des cristaux caractéristiques de la fuchsine, on voit apparaître en plus ou moins grande quantité de petits cristaux plus grenus, la plupart colorés complètement soit en rouge grenat, soit seulement en rouge améthyste faible, ou bien on trouve , comme j’ai eu l’occasion de le constater sur une fuchsine renfermant 83,13 0/0 de sucre, surtout des cristaux rouges seulement.
- Si on extrait un fragment suspect de ce genre de la masse, et qu’on le chauffe sur la pointe d’un couteau, on aperçoit aussitôt très-aisément l’odeur du sucre brûlé.
- (Technicker.)
- ÉTUDES MICROSCOPIQUES SUR LA TEINTURE DES LAINES
- De M. Dumas (résumées par M. E. Simon).
- M. Dumas, ancien élève de l’Ecole Polytechnique et teinturier, s’est appliqué avec l’esprit d’investigation que développent les sciences mathématiques, à déterminer comment la teinture se fixe sur la laine. De la solution exacte de cette question dépend, en maintes circonstances, la possibilité de discerner dans un tissu défecteux la part de responsabilité qui incombe au personnel multiple chargé soit des opérations préliminaires, soit des transformations mécaniques, soit des manipulations chimiques.
- Le problème était celui-ci :
- Les matières colorantes se déposent-elles à la surface de la fibre où pénètrent-elles à l’intérieur ?
- Avant d’aborder cette étude et pour avoir un point de comparaison dans ses recherches, M. Dumas a minutieusement examiné les caractères physiques du poil qui, dans ces certains cas, mais à l’aide d’apprêts particuliers, se comporte comme la laine. On distingue dans le poil, de l’extérieur à l’intérieur, trois parties :
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- 1° L’épiderme, ou épithélium, formé de cellules polygonales, larges et très minces, transparentes, élastiques, disposées les unes aux autres sans imbrication et enveloppant la fibre comme une gaine ;
- 2° A. l’intérieur des cellules épithéliales, une substance composée de cellules fusiformes (en forme de fuseau), très allongées, très élastiques comme les premières, transparentes et disposées dans le sens de la longueur des fibres, constitue la matière propre du poil, matière insoluble dans l’eau;
- 3° Enfin, un vide forme la partie centrale appelée canal médullaire.
- La laine, comme le poil, présente une masse interne constituée de cellules fusiformes, avec une sorte de canal central, interrompu par places, et une gaine épithéliale. Vue da is le champ du microscope, la fibre ressemble quelque peu à une couleuvre dont les écailles seraient relevées sur les bords extérieurs. Ici, encore, l’épithélium se soulève du côté de l’extrémité supérieure du filament; la section est également variable sur la longueur. Toutefois, en dehors des lignes ondulées de la laine qui contrastent avec l’aspect rigide des poils, la surface extérieure présente, à première vue, les différences caractéristiques. L’épithélium, parsemé de paquets graisseux, est généralement imprégné d’une manière huileuse qui ternit la surface.
- Des exemples pris sur divers échantillons de laine suffiront pour faire connaître quelques applications industrielles des observations de M. Dumas.
- L’échantillon que nous désignerons sous le n° 1, provient d’un lot de laine de France en suint. L’examen dans le champ du microscope laisse voir les caractères physiques d’une fibre saine ; la laine vrillée, élastique, présente par places des paquets graisseux qui ne sont autres que des amas de suint Le diamètre, assez régulier, varie seulement de 15 à 22 1/1000 de millimètre, soit 20 en moyenne.
- Mallaxées dans l’eau, les fibres se nettoient facilement; le savon naturel, qui constitue le suint, devient son propre dissolvant et entraîne dans les eaux de lavage, outre des débris de forme indéterminée, des parties de laine en décomposition, puis des extrémités nombreuses de fibres montrant que la laine
- dont il s’agit, n’a jamais été tondue. Bien que d’une bonne constitution, cettelaine renferme donc des fibres en voie de se détruire par ex-foliation. L’épithélium disparaît le premier, les cellules externes se disjoignent ensuite. Les fibres en décomposition acceptent toutefois la teinture très facilement. L’état dans lequel se trouve l'échantillon numéro 1, va servir à expliquer les désordres remarqués dans l’échantillon numéro 2.
- Ici, la laine a été dégraissée à fond pour blanc, c’est-à-dire qu’au lieu du désuintage habituel qui précède toujours la mise en teinture des laines en masse, un traitement plus énergique a été rendu nécessaire par l’usage ultérieur des filaments, destinés à des mélanges où le blanc doit trancher aussi nettement que possible sur les autres nuances. Il a fallu, pour enlever la teinte jaunâtre du suint, recourir à l’emploi des agents chimiques, faire intervenir notamment le corbonate de soude, et la blancheur n’a été obtenue qu’au* détriment de la constitution des brins. L’épithélium est affaibli et a même disparu par place ; là où il reste encore apparent, la texture interne est visible par transparence, les extré" mités sont brisées, les diamètres varient de 10 12 1000 de millimètre.
- Deux autres échantillons (3 et 4) sont de même provenance (laine de Buenos-Ayres, premier choix), mais l’application de la teinture les a rendus sensiblement différents d’aspect. Le numéro 3 a été teint à l’indigo, et l’on sait que la température de la cuve à indigo n’atteint jamais à un degré thermométrique susceptible d’altérer la matière cornée des fibres animales; le numéro 4 de nuance bronze a été soumis à l’ébullition, en présence de sels d’alumine et de fer. Dans le premier cas, on aperçoit un mélange de fibres brunes et bleu foncé; la teinte brune tient à la présence d’un peu d’indigo décomposé, mais la nuance devient uniformément bleue, lors des traitements ultérieurs et, entre autres, sous l’action du feutrage en plein savon. En coupe se voient des lignes irrégulières indiquant un dépôt de couleurs pulvérulente dans les intervalles des cellules.
- L’échantillon numéro 4, traité comme il a été dit, présente, à la première inspection, des variations bizarres dans le diamètre. La
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- laine est étranglée en certains endroits. A côté des filaments encore sains , se voient des mèches tordues et comme corrodées. La température du bain de teinture, l’intervention de produits chimiques très énergiques, suffisent à expliquer cette altération et viennent à l’appui des considérations suivantes dues à M. Michel Alcan : « La température humide, très élevée, agissant sur des masses des brins, les influencera d’autant plus qu’ils sont plus fins Aussi les couleurs et les nuances qu’on ne peut appliquer à une température élevée, telles, par exemple, que les couleurs mordancées, produites au bouillon, sont-elles difficiles à filer, à feutrer, etc., demandent plus de temps, détériorent plus rapidement les cardes et autres outils par lesquels on les fait passer ; les étoffes qui en sont produites ont toujours moins de donceur au toucher, moins de ténacité et de résistance à l’usage (1). ».
- Comme on le voit, d’après les exemples qui ont été fournis par M. Dumas, l’examen microscopique des fibres de la laine avant ou après et, plus justement, avant et après teinture, constitue au moyen d’investigation à mettre en œuvre l’étude patiente et suivie des modifications causées par la teinture, conduirait sans doute le teinturier à une grande circonspection dans l’emploi de certains procédés et peut-être même à l’abandon de méthodes qui, dans quelques cas, altèrent la fibre sans remède.
- {Moniteur des Tissus).
- COULEURS MODES BRUN, MARRON, SOLITAIRE, CAFÉ, ETC., ETC.
- Par M. G. Van Laer.
- On nomme ainsi une infinité de couleurs composées de jaune, de rouge, ternies ou brue nies, soit par une immersion plus ou moins longue dans une cuve à indigo, avant la teinture ou après — le plus souvent après — soit par l’indigo sulfurique ou par les sels de fer, ’ de chrome ou de cuivre, etc.
- On peut faire absorber ces sels par la laine
- (i) Traité du Travail des Laines).
- avant la teinture : dans ce cas, nons les nommerons mordants.
- Comme bruniture, on les utilise après dans le bain de colorant, et encore on ne les ajoute au bain de teinture que quand celui-ci est épuisé; il faut que la laine ait absorbé tout le colorant que demande la nuance à obtenir.
- Si l’on ajoutait le sel de fer ou de cuivre au bain avant que la laine ait pris le colorant que demande la nuance, on s’exposerait fort à n’avoir pour résultat qu’une couleur maigre et sans éclat, et ne résistant même pas à un simple lavage à l’eau.
- Il arrive ce que j’ai déjà dit plus haut : le sel métallique se combine avec le colorant et forme une laque insoluble qui se dépose au fond du bain, et qui ne pénètre plus dans les pores de la laine, reste à la surface, et s’enlève faiblement au rinçage. — Or, on fait encore usage du campêche pour foncer certaines nuances. — On peut encore faire un déuxième bain pour la bruniture; cela permet de se servir une seconde fois du bain de teinture, pour des nuances moins fournies que les précédentes.
- On peut, en faisant dominer l’un ou l’autr colorant, ou en modifiant le mordant, ou en variant la dose de bruniture, produire une variété infinie de nuances que nous classerons en raison de la couleur dominante.
- Les colorants les plus en usage pour obtenij ces variétés de teinte sont : la garance, le cachou, le calliatour, le santal, les bois rouges, le campêche, Vorseille, le quercitron, le bois jaune, le fustet, le curcuma, etc.
- Les mordants sont les sels d’alumine, de cromhe, de cuivre, de fer, et aussi les mordants d’étain, mais plus rarement; on ferait bien cependant de faire un plus grand usage de ces derniers pour la stabilité des couleurs ; l’on ne saurait croire combien une petite dose d’un sel d’étain, de chlorure stanneux, par exemple, donne de la solidité aux couleurs ; 1 à 2 kil. pour 100 de laine produisent déjà des résultats très-avantageux.
- Je vais décrire quelques recettes qui m’ont été données par divers teinturiers; je ne réponds de la parfaite exactitude que de celles que j’ai exécutées pour en faire le contrôle; elles sont indiquées par la mention : Essai conforme.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- MARRON FONCÉ.
- 100 kil. de laine.
- Bouillon de 2 heures avec :
- Bi-chromate de potasse. 2 kil.
- Après le bouillon, rinçage à l’eau courante pour teindre le lendemain.
- On fait le rinçage quelques heures après avoir retiré la laine du mordant, puis on laisse reposer jusqu’au lendemain pour que l’eau contenant toujours un peu de sel métallique, ait le temps d’en sortir.
- Pour ma part, je ne crois pas que le peu de mordant qui reste sur la laine puisse faire perdre une dose de colorant valant le temps perdu ou employé au rinçage.
- Bain de teinture.
- Eau de source.
- Cud-bear............. 10 kil.
- Bois rouge de Lima.... 15 —
- Calliatour............. 30 —
- MARRON FONCÉ.
- 100 kil. de laine.
- Bouillon de 2 heures avec :
- Alun......................... 15 kil.
- Sulfate de soude............ 5 —
- Il est bon, lorsqu’on fait usage d’une eau calcareuse, comme le sont ordinairement les eaux de source, d’ajouter au bain quelques gouttes d’acide sulfurique ; l’acide neutralise l’effet du calcaire et conserve l’action du tartre qui, sans cette précaution, n’aurait servi qu’à cet effet.
- Cela a été confirmé par plusieurs essais faits à l’Ecole professionnelle ; il faut, d’ailleurs, tenir compte de la nature des eaux dans toutes les teintures.
- Bain de Teinture.
- Bois rouge de Lima... 10 kil. Barwood 40 — Extrait de bois jaune.. 4 —
- On fait bouillir les colorants dans les sacs pendant 20 minutes, puis on plonge la laine que l’on fait bouillir aussi longtemps que demande la couleur; enfin, on brunit par 2 à 3 kil. de sulfate de fer.
- MARRON
- 100 kil. de laine.
- Bouillon de deux heures avec : Bi-chromate de potasse. 2 kil.
- Teinture le lendemain avec : Calliatour...................... 30 kil.
- Orseille............................ 10 —
- Faire bouillir 1 heure ou 1 heure 1/2, si la nuance le demande, brunir par un peu de décoction de campêche ou de sulfate de cuivre.
- MARRON
- 100 kil. de laine.
- Bouillon de 1 heure 1/2 :
- Bi-chromate de potasse........ 1 kil. 300 gr.
- Acide sulfurique » — 500 —
- Teinture au remontage : Extrait de bois jaune.. 4 kil. Santal 50 — Cud-Beard 3 —
- Si la nuance le demande, brunir par 2 à 3 kil. de sulfate de cuivre.
- marron, en un bain.
- 100 kil. de laine.
- Donner un bouillon de 1 heure 1/2 avec :
- Orseille....................... 2 kil. Calliatour.................... 50 — Campêche....................... 2 —
- Brunir par 2 à 3 kil de sulfate de fer.
- MARRON foncé 100 kil. de laine.
- Bouillon de 2 heures avec : Sulfate d’alumine 10 kil.
- Tartre rouge................. 8 —
- Teinture le lendemain avec : Orseille.................... 5 kil.
- Extrait de bois jaune.. 3 — Bois rouge de Lima... 35 —
- Campêche....................... 2 —
- Brunir par 2 à 4 kil. de sulfate de fer.
- BRUN
- 100 kil. de laine.
- Bouillon de 1 heure 1/2 avec :
- Alun.......................... 15 kil.
- Sulfate de chrome.... 1 —
- Relever la laine et laisser reposer jusqu’au lendemain.
- Bain de Teinture.
- Bois jaune.................... 15 kil.
- Bois rouge de Lima... 15 —
- Calliatour.................... 30 —
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- G 203 -4
- Brunir par 3 kil de sulfate de cuivre, après une ébullition de 1 heure.
- (Aide-mémoire du Teinturier.)
- (A suivre.) B ‘
- CAUSERIES CONFRATERNELLES SUR l’art DU TEINTURIER-DÉGRAISSEUR (4e Causerie).
- Detachage partiel et suite des empleins à sec.
- Je résumerai aussi brièvement que possible les détachages, car vouloir les décrire trop longuement serait courir le risque de se perdre dans les détails; il faut, à mon sens, avoir pratiqué cette branche de notre partie pour la bien faire; néanmoins, en opérant de la manière suivante on réussira la majeure partie des objets, et ces indications aideront ceux qui ont déjà une connaissance superficielle du métier.
- Disons tout d’abord qu’on ne doit recevoir pour détacher partiellement, que des articles n’ayant que quelques taches çà et là, autrement il serait préférable de procéder en plein'; ceci étant posé, la première chose que doit faire le praticien, est de s’assurer de la nature des taches; si, par exemple, on a affaire à un corps gras, tel que : huile, suif, beurre, goudron, cambouis, bougie, peinture fraîche, on emploie la benzine, parfaitement rectifiée, en opérant comme il suit : On étend l’étoffe sur une table garnie de zinc ou sur une table à repasser (dans ce dernier cas on aura une petite tablette de zinc qu’on posera sous la partie tachée), ensuite on verse dans un bol, un peu de benzine, on place ce vase à sa droite, et à l’aide d’une petite éponge, très fine ou d’un tampon de ouate qu’on imbibe de benzine, on frotte la tache jusqu’à ce qu’elle ait disparu. Presqn- toujours il se forme un cerne qu’on enlève en imbibant de nouveau le petit tampon de coton pour frotter une deuxième fois en agrandissant la partie mouillée et en décrivant des rayons circulaires du centre à la circonférence, en appuyant d’autant moins qu’on s’éloigne de la tache; pour réussir’il ne faut qu’un peu de légèreté de main. Quand on a affaire à une étoffe à carreaux ou à rayures, avec un peu d’habileté on dessine la partie mouillée en la perdant
- dans le carreau ou la rayure, et si enfin, en employant ces moyens on n’a pu éviter le cerne, on aura recours au plâtre, c’est-à-dire, qu'aussitôt après avoir frotté la tache on retire la petite tablette de zinc, et on soupou-dre d’un couche assez épaisse de plâtre très fin et bien sec, qui a pour effet d'absorber tout le corps gras de la benzine et détruire le cerne; il faut surtout beaucoup de promptitude et de délicatesse à opérer. Finalement on retire le plâtre, ou brosse avec une brosse douce, et on passe un peu de mie deipain rassie pour en faire disparaître toute trace : voilà pour les corps gras.
- Les taches poissées, gélatineuses ou de sucreries doivent être touchées de la même manière avec cette diffférence qu’au lieu de benzine on emploie 1 alcool pur ou coupéde moitié, des deux tiers d’eau,’ et même l’eau pure, et dans l’un ou l’autre cas, on fera bien d’ajouter qoeques gouttes de vinaigre acétique bon goût. Toutes les taches restées sur les em-pleins faits à"sec, doivent être traitées par ce moyen.
- C’est au détachage à l'eau que commence la difficulté, il y a une infinité de pelits fours de mains qui se font et ne peuvent s’enseigner ; disons cependant qu’une fois les taches étan-chées, il faut les assécher avec la plus, grande célérité, en les essuyant avec un gros tampon de ouate ou autre matière absorbante. Les taches composées sont touchées deux fois : 1° à la benzine; 2° a l’alcool réduit avec de l’eau, mais il y a encore à tenir compte de certaines étoffes de soie à gros grains, de tissus moirés, popelines, etc., qu’on ne doit pas frotter, sous peine de les érailler ou de blanchir le grain, ce qui ferait une tache d’un autre genre ; on touche ces étoffes en ne faisant que tapotter dessus; on peut même quelquefois pratiquer sur l’envers.
- Disons en terminant qu’il faut beaucoup de patience pour faire un bon détacheur, et que celte partie est une des plus délicates de notre profession.
- Nettoyage de gants de peau.
- On fait trois petits bains de benzine (toujours rectifiée), dans de grands bols en porcelaine ou de terre vernissée, on y passe les gants qu’on frotte à la main, successivement
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- sur chaque bain en commençant par les blancs et ceux de couleurs claires ; ensuite on presse fortement chaque paire entre les mains et on essore dans un linge bien propre, après quoi on redresse les gants en les étirant au moyen d’une pince à gants, on les essuie avec une peau de daim, et on termine en embouchant l’ouverture du gant et en soufflant dedans un petit coup sec pour bien l’ouvrir.
- Enfin, on fait volatiser la benzine en mettant les gants à la chambre chaude, et ils sont ainsi terminés.
- Dégradage du Bleu d’outre-mer fixé à l’albumine sur châles imprimés et autres étoiles.
- Divers procédés ont été proposés pour l’enlevage de ces bleus, entre autres le cyanure de potassium, le bain de rouille et d’oxi-muriate d’étain, l’orseille, l’alcali volatil, etc.; la plupart du temps tous ces moyens restent infructueux, cependant le cyanure réussit quelque fois, mais ne laisse pas que d’être désagréable et même 'dangereux à employer et, en fin de compte, altère sensiblement l’étoffe.
- Voilà plus de douze à quinze ans que j’emploie le savon noir pour ce dégradage et je n’ai jamais manqué une pièce; du savon noir, m’objectera-ton, la belle affaire, ce] dont la première ménagère venue se sert pour laver, c’est trop commun ; le cyanure est bien plus artistique, il ne dégrade pas , mais c’est plus chic !... Quoi qu’il en soit, et avant d’en railler, qu’on veuille bien en essayer en procédant comme je l’indique ci-dessous, et ensuite je me livre, (sans crainte, à la critique :
- La veille de faire les teintures, on prépare un petit bain de savon noir (marque du Nord) en délayant un kilogramme de savon environ avec un ou deux [cassins d’eau chaude, de façon à faire un liquide onctueux comme de la mélasse; d’autre part on foule d’abord les châles sur un bain de cristaux de soude, on tord et sans rincer, on les porte tremper dans le bain de savon, en les y manœuvrant un instant afin qu’ils soient bien imprégnés du bain, dans lequel on les abandonne, à froid, pendant douze à dix-huit heures ; avant de les retirer on foule bien sur les quatre faces, on échaudé et on rince exactement. On peut alors
- les disposer avec les autres objets à teindre sans plus s’en préoccuper.
- Comme on le voit la dépense est nulle, puisque le bain de savon de peu de valeur par lui-même, peut encore servir à tout autre usage.
- Dégradage des couleurs d’aniline.
- Les couleurs d’aniline, qui se fixent aves une si grande facilité sur les matières textiles, se ternissent à l’air avec une égale rapidité et sont néanmoins d’une certaine difficulté à détruire complètement par les opérations du dégradage.
- L’acide nitrique à quatre degrés et bouillant les dégrade, mais a l’inconvénient de laisser un fond jaune qui ne permet pas de réaliser ensuite des nuances claires ; un bain concentré et bouillant d’acide muriatique détruit parfaitement les rouges fuchsine et les violets, mais les bleus résistent et ne font que verdir.
- On a proposé le cyanure et le bain sulfureux qui réussissent mal et altèrent trop les matières et, partant de là, ce procédé est peu pratique.
- Un bon séjour dans un bain d’ammoniaque liquide ou de savon noir très concentré, finit par dégrader les bleus.
- Depuis quelque temps on vend dans le commerce un produit appelé acide azoto-sulfuri-que. Ce produit marque soixante degrés au pèse-acides; en le versant dans l’eau chaude il s’y produit une effervesence assez semblable à celle’de l’acide sulfurique pur; ajouté dans de l’eau à l’ébullition, il se dégage en même temps des vapeurs rousses (ce que les chimistes nomment vapeurs rutilantes), semblables à celles produites par le fer en dissolution dans l’acide nitrique. Ce nouveau produit m’a bien réussi pour ce genre de dégradage , malheureusement il reste un fond jaune à l’étoffe, un peu moins prononcé, toutefois, que celui de leau forte, iasdidmi ne ovélne no’up 81190
- On procède de la manière suivante : Après avoir bien dégraissé l’étoffe, on la laisse séjourner quelques heures dans un bain très alcalin (froid pour tissus 4® laine et chaud pour les soies), après quoi on rince. D’autre part on prépare dans une bassine en fonte émaillée ou un vase en grès de grandeur suffisante, trois seaux environ d’eau bouillante, à laquelle on ajoute un litre et demi d’acide azo-to-sulfurique : le bain doit être entre trois
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- et quatre degrés au pèse-sel; on maintient une chaleur égale à celle au bain-marie et on y passe les pièces à dégrader ; les rouges fuchsine et les violets tombent instantanément, mais il est nécessaire de maintenir les bleus plus longtemps. Au sortir du bain on échaudé parfaitement et pour s’assurer si les couleurs sont bien dégradées, on pique à l’acide sulfurique ; au cas où elles remonteraient, on les rentrerait dans le bain d’acide azoto-sulfurique.
- Nous terminons ici les nettoyages, pour passer dans les noirs (moricauds ou ponceaux de curés, comme disent MM. les ouvriers de Paris). Amen !...
- V. Barbé,
- (A suivre). Teinturier, à Caen.
- MACHINES A REPASSER ET APPRÊTER DE MM. J. DECOUDUN ET Ce.
- Le repassage est un des moyens d’apprêt les plus primitifs, mais aussi les plus universellement employés, grâce à la simplicité des appareils employés et à la beauté des résultats.
- Mais si ces résultats sont satisfaisants lorsqu’ils sont obtenus par une main exercée, ils sont tout au plus passables si l’on n’a pas acquis dans ce travail une habilité consommée. Dans l’un et l’autre cas, le repassage est une opération longue, fatigante et onéreuse quand on la pratique — et cela est le cas presque général — à l’aide du fer à repasser ou du carreau, c’est-à-dire à la main.
- Le fer à repasser est un instrument précieux dont l’usage se perpétuera longtemps et qui, pour certaines destinations, sera difficilement remplacé par des moyens mécaniques ; il est utilisé par de nombreuses industries : celle du teinturier-dégraisseur ou de l’apprêteur l’applique spécialement à l’apprêt des vêtements auxquels on doit donner des formes ou des tournures particulières; c’est ainsi que, pour des corsages montés, du linge confectionné, tel que chemises, bonnets, etc., il est d’un usage presque indispensable. Les tables à vapeur de M. Lyon ont beaucoup perfectionné cette partie du travail, mais leur emploi ne s’applique pas à toutes formes de vêtements — ceux de
- femmes, par exemple — et même, dans les cas nombreux où elles sont employées avec avantage, elles ne suppriment pas entièrement le fer à repasser.
- Si le fer est très utile dans ces circonstances, il cesse d’être avantageux lorsqu’il s’agit de repasser du linge plat, et particulièrement des vêtements décousus, dont chaque partie constitue un coupon plat; en effet, la surface plane du fer est très limitée relativement à l’étendue du tissu que l’on doit apprêter ; son action ne se produit à la fois que sur une faible partie de l’étoffe, et il en résulte des pertes de temps, des irrégularités encore augmentées par le refroidissement du fer pendant le travail, produisant nécessairement des inégalités et nécessitant des allées et venues pour remplacer les fers refroidis. .Inhabilement manié, le fer tend à creuser l’étoffe, à l’étirer en divers sens, de façon à lui donner des formes irrégulières, et, sur certaines étoffes, surtout celles à base de laine et de soie, il produit — même entre les mains d’ouvriers exercés — des traînées luisantes que l’on nomme limaçonnage et qui sont du plus désagréable effet, bien qu’on les fasse généralement à l’envers de l’étoffe.
- On comprend aisément que si le fer était d’une largeur égale à celle du tissu, on pourrait repasser celui-ci d’un seul mouvement, mais le poids et les dimensions d’un tel instrument en rendraient l’usage impraticable, et pour que son action fut bien régulière, pour que sa pression fût égale dans tous les sens, il serait indispensable qu’il fonctionnât mécaniquement et que la chaleur lui fût fournie d’une manière continue.
- Tels sont le but et les dispositions des Machines à repasser et apprêter, de MM. J. DE-GOUDUN et Ce, dont les figures 21 et 22 montrent le type.
- Ces machines se composent d’une sorte de gouttière en fer, très forte et bien alésée ; cette pièce constitue le fer à repasser, elle est fixée sur un bâti, la partie concave en dessus, et est chauffée en dessous par un foyer à charbon, par du gaz ou de la vapeur. Dans l’intérieur de ce fer s'applique'exactement un rouleau de dimensions correspondantes, garni d’un tissu de laine qui lui donne la souplesse et l'élasti-cité des tables à repasser.
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- L’étoffe s’engage contre la face intérieure de la gouttière, entre elle et le rouleau presseur, et comme ce rouleau tourne à l’aide d’une manivelle, il entraîne l’étoffe tout en la pressant contre le fer chauffé, à l’aide duquel elle se repasse d’une manièie continue et dans toute sa largeur à la fois.
- Le rouleau pressent s’écarte du fer — soit à main, soit mécaniquement, selon la force
- ou tambours employés par les teinturiers, en ce que ceux-ci chauffent et dessèchent le tissu, en évitant le rétrécissement, mais sans produire de pression, tandis qu’elle a lieu dans ces appareils; cette pression toutefois n’écrase pas le grain du tissu, puisqu’elle s’exerce contre 1c rouleau souple et que c’est l’envers qui frotte sur le fer; les broderies mêmes se conservent bien et en sortent sans être déprimées.
- Quant aux tissus que l’on peut avantageuse-
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- Machin
- de 1 appareil, — de façon à permettrez à l'é-toffe de s’y engager, il se remet en place par le jeu de la manivelle, et la pression que l’on varie à volonté-par des contre-poids ou des vis, se produit à l’aide de pédales
- Comme on le voit, cette machine est caractérisée par une surface métallique chaude et polie, contre laquelle .l'étoffe est pressée par un rouleau frotteur; elle diffère des cylindres
- ment traiter par ce moyen , nous mettrons en première ligne le linge blanc : serviettes, nappes, mouchoirs et surtout les rideaux unis ou brochés, puis les tissus de coton : doublures, rouenneries, ec. et aussi les étoffes laine et coton; ces dernières intéressent spécialement le teinturier et l’a pprêteur qui réussissent généralement mal, ce genre d’étoffes ; nous en avons vu apprêter par cette machine
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- qui étaient réellement satisfaisants. Les iaines pures auxquelles il faut une chaleur plus prolongée, s’y font en manœuvrant lentement ou en les passant plusieurs fois, mais les soieries se font mieux par les cylindres ou les tambours, sauf les foulard dont l'apprêt se rapproche beaucoup de celui des tissus de co-
- les effets, en usant de tours de main auxquel la machine se prête parfaitement. Ainsi, en écartant fortement les deux lisières du tissu, pendant qu’il circule, on maintient facilement sa largeur, et lorsque l’on veut ohte nir cet élargissement par la machine elle-même, on y adapte des élargisseurs ou dégrippeurs éta-
- Fig. 22. — Machine à repasser, grand modèle.
- ton. Les tissus à réseaux: tulles, gazes, etc., s’y préparent également bien.
- Lorsque l’on repasse par ce moyen, nous avons dit que l’étoffe s’engage entre le fer et le rouleau frotteur et que celui-ci l’entraîne par son propre mouvement, il y a donc peu de soins’ à apporter à ce travail, auquel la précision du mécanisme donne toute la régularité désirée; mais on peut néanmoins varier
- blis spécialement pour elle; si l’étoffe a besoin d’être vaporisée et si l’appareil fonctionne à la vapeur, on y joint un vaporisateur; dans le cas où l’on ne dispose pas de vapeur, on accompagne le tissu d’un doublier humecté dont la chaleur du fer vaporise l’eau et la fait échapper au travers le rouleau presseur (creux et percé de trous pour qet usage), après avoir traversé le tissu.
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- Le côté du tissu qui frotte contre le fer poli devient luisant, c’est ordinairement l’envers : l’endroit est appliqué contre le rouleau garni et reste mat, mais on peut obtenir du mat sur les deux côtés, en interposant entre le tissu et le fer une étoffe légère qui reçoit le frottement de la surface polie ; de même peut-on produire du brillant sur les deux faces, par deux passages dont chacun met un côté du tissu en contact avec le fer. Ce brillant est quelquefois recherché, notamment pour les doublures et le linge blanc, que l’on a l’habitude de calandrer, et comme la pression de la machine est beaucoup plus énergique que celle qu’on produit à la main, à l’aide du fer à repasser, on obtient un lustre assez analogue au calandrage; nous avons vu, d’ailleurs, que la pression se règle à volonté pour le cas où la nature du tissu en exigerait peu.
- La garniture du rouleau se change facilement lorsqu’elle est souillée par des couleurs qui ont déchargé; cela permet, si on le désire, d’avoir une garniture pour les blancs et les couleurs claires et une autre pour les couleurs foncées.
- Les auteurs de ces appareils en ont établi plusieurs modèles, variant de force et de dimensions, selon leur destination.
- Le n° i est le plus petit, il est disposé pour rubans et bandes; il se chauffe au gaz et le fer a une longueur de 25 centimètres.
- Le n° 2 a une extrémité libre, c’est-à-dire dégagé du bâti, de sorte qu’on peut y repasser des jupons, des robes d’enfant et autres objets formés de lés réunis circulairement, la longueur du fer est de 50 centimètres.
- Len°3 peut repasser une largeur de 90 cent., il se pose sur une table et se chauffe par le gaz ; il est destiné à l’usage domestique et peut déjà convenir pour des ateliers de teinturiers-dé-graisseurs qui n’en feraient pas un emploi exclusif pour leurs apprêts. La même machine montée sur bâti avec pression par contrepoids et pédale, et chauffée au gaz ou à l’aide d’un foyer à charbon de bois ou à coke, serait plutôt un outil d’atelier, bien que sa longueur (90 centimètres) soit encore restreinte.
- Les véritables dimensions 1 pour l'usage de l’industrie, sont celles des machines no 4 et n? 5. La première, qui est représentée par la fig. 21, à 1 mètre 10 cent: de longueur de fer, la pres
- sion a lieu par la pédale et se règle par la vis placée à la partie supérieure de l’appareil; elle se chauffe par un fourneau à charbon ou à coke; elle convient pour une maison detein-ture de moyenne importance et a l’avantage sur les tambours à apprêt, qu’elle peut s’installer dans les ateliers dépourvus de vapeur.
- La machine n° 5 — figure 22 — fournit un travail beaucoup plus rapide et plus suivi; au besoin elle se chauffe par fourneau et se meut à la main, mais elle peut avec plus davantage être chauffée à la vapeur et fonctionner au moteur : notre dessin montre pour cela la disposition des poulies; le fer a 1 mètre 30 c. de longueur, mais ces dimensions n’ont rien d’absolu et'varient selon les nécessités du travail; on peut y joindre des organes accessoires, tels que ensouples, rouleaux d’apprêtage et vaporisateurs; munie de deux ensouplesou roules, elle est propre au travail de la pièce et offre ainsi à l’industrie des tissus un nouveau moyen d’apprêt; telle qu’elle est, elle convient auxgrandsateliers de teinturiers-dégraisseurs, et dans ce cas, sans prétendre qu’elle puisse se substituer à toutes les autres machines d’apprêt, ni même au cylindre dans toutes ses destinations, elle est à même d’y rendre de très-utiles services.
- Ces machines figurent à l’exposition de Lyon et à celle d’économie domestique à Paris; nous les connaissons, néanmoins depuis plusieurs années, mais c’est par les récents perfectionnements et transformations que les auteurs y ont apportés, qu’elles sont devenues véritablement industrielles, et qu’elles ont pu sortir des buanderies et des lavoirs pour figurer dans les ateliers de teinture et d’apprêt, où elles sont appelées à tenir une place importante.
- F. GOUILLON.
- CONFÉRENCES SUR L’ANILINE
- ET LES COULEURS DE GOUDRON DE HOUILLE
- Par M. PERKIN.
- (Suite).om ls -, ! 9 q r: -
- J’interromps cette étude des couleurs de goudron de houille pour faire quelques remarques sur leurs applications aux arts.
- Ainsi que je vous l’ai dit, quelques-unes des couleurs de houille contiennent du car-
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- bone, de l’hydrogène et de l’azote, et ce sont généralement des bases organiques.
- Elles diffèrent essentiellement de la plupart des matières colorantes végétales, lesquelles, sauf un très-petit nombre d’exceptions, ne contiennent que du carbone, de l’hydrogène et de l’oxygène, et sont des acides faibles. Cette différence explique les grandes difficultés qui se sont rencontrées dans leur application à la teinture; vous comprendrez, en effet, qu’elles ne se combinaient pas avec les mordants ordinairement employés pour les couleurs végétales, telles que l’alun et l’oxyde d’étain. Ces observations, toutefois, ne concernent que le cas où les étoffes sont elles-mêmes de nature végétale; dans le cas delà soie ou delà laine, les couleurs de la houille s’appliquent sans aucun mordant.
- Dans la teinture de la soie, une difficulté particulière et considérable résultait de la grande affinité des couleurs de la houille pour les fibres du tissu, parce que les effets de cette affinité était variables, et que le teinturier ne pouvait jamais égaliser la force de la couleur, surtout dans les teintes tendres et légères. Au bout de quelque temps, cependant, on trouva que pour vaincre l’obstacle, il suffisait de pratiquer l’opération dans une mousse de savon peu chargée dans laquelle on introduisait les couleurs. Pour l’emploi de ce moyen, en même temps qu’on ralentissait l’action tinctoriale, on maintenait en bon état la surface de l’étoffe.
- Il est vrai que la soie se trouvait ramollie, mais on lui rendait sa fermeté en la rinçant dans une eau légèrement acidulée.
- Impression soie.
- Ce procédé ne fut d’abord appliqué qu’à la teinture de la soie par la mauve ou pourpre d'aniline ; mais on a reconnu qu’il convient également à presque toutes les autres couleurs de la houille, telles que le magenta, les violets d'Hofmann, celui de Bretagne, etc. Toutefois, s’il s’agit de teindre la soie avec celles de ces couleurs qui sont de nature acide, comme
- l’acide picrique, le dinitronaphtol, etc., on opère simplement à froid dans une solution aqueuse de la matière colorante, quelquefois légèremnet acidulée, notamment dans le cas où l’on applique les sulfo-acides d’aniline bleue ou bleu soluble.
- Pour les impressions en couleurs d’aniline, sur la soie, le procédé est comparativement simple. Une solution aqueuse ou alcoolique de la matière colorante, épaissie avec de la gomme arabique, est appliquée au moyen de la forme et de la presse, et quand l’étoffe imprimée est sèche, on l’expose pendant une demi-heure à l’action de la vapeur de l’eau bouillante. — On enlève ensuite la gomme par un lavage.
- J’ai mentionné deux produits incolores fournis par le magenta, dont l’un est nommé leu-caniline et l’autre hydrocyanrosaniline.
- On a constaté, il y a quelques années, que si la soie, déjà teinte en magenta, estimprimée avec les réactifs nécessaires pour la formation de l’un de ces produits incolores, le produit se forme effectivement et il s’opère en conséquence une décoloration. Un des réactifs employés pour cet usage est du zinc en poudre mélangé de gomme. Le procédé réussit également avec tous les dérivés colorés du magenta, et il donne de meilleurs résultats que ceux qu’on obtiendrait par une impression de la couleur qui laisserait à nu les parties blanches, parce que l’impression donne plus de force aux couleurs que la teinture. Mais ce n’est pas tout. Lorsqu’on imprime deux couleurs sur la soie, par exemple, un dessin de couleur pourpre sur un fond vert, on emploie deux planches, l’une pour le dessin et l’autre pour le fond : mais lorsqu’on enlève la première, la soie se dérange presque toujours un peu, de sorte que le dessin produit par l'application de la.seconde planche peut se trouver notablement altéré dans la pureté de ses contours. On évite cet inconvénient en prenant de la soie teinte avec un dérivé du magenta, et l’imprimant avec la couleur que doivent avoir les dessins, mélangée du réactif nécessaire pour décolorer le dérivé du magenta; il faut d'ail-leurs, bien entendu, que la matière colorante soit sans action sur le réactif comme la mauve, l’œillet d’aniline, etc. Ce mode particulier de décoloration n’a été, jusqu’à ce jour, appliqué qu’à la soie.
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- Après la soie, occupons nous de la laine. Les procédés de teinture de la laine sont généralement très-simples, il suffit de la plonger, dans une solution de la couleur désirée, aucun mordant n’étant nécessaire. Comme il paraît que tous les acides attaquent les tissus de laine, on préfère un bain neutre et l’on termine l’opération en élevant la température jusqu’à 100 degrés environ.
- Si cependant on veut appliquer sur la laine ce bleu qu’on appelle le bleu de Nichokon, le procédé se modifie et se divise en deux opérations distinctes : l'étoffe est d’abord immergée dans une solution alcaline de la couleur, où elle prend une nuance grisâtre, ou d’un bleu d’ardoise ; un bain acide développe ensuite la couleur demandée.
- L’impression sur la laine se fait comme sur la soie, la matière colorante épaissie par de la gomme est imprimée directement sur les étoffes, qui sont ensuite xposées à la vapeur d’eau et lavées.
- (l.a suite à un prochain numéro.)
- REVUE SOMMAIRE
- DES BREVETS D’INVENTION
- Savonule ta?-nique des bois de teinture. — M. CHAUDET a pris un brevet, dont nous avons rendu compte, pour l’utilisation des résidus de bois de teinture, c’est au produit qu’il en obtient qu’il a donné le nom qui fait le titre de ce second brevet. L’auteur dit :
- Le savonule tannique, employé dans la teinture comme piétage des matières textiles, remplace avantageusement l’extrait de châtaignier, les dissolutions tanniques et galli-ques du sumac et autres végétaux astringents.
- Dans la teinture des tissus de laine et de coton, il a pour principal avantage de faire teindre simultanément les deux matières, et de cacher ainsi, dans les tissus de laine, les matières végétales qu’ils peuvent contenir.
- Il peut être utilisé comme anti-calcaire et empêcher l’incrustation des chaudières à vapeur.
- Enfin, on peut l’employer pour le tannage des peaux ; il se combine avec la gélatine ou cellulose animale et forme un composé insoluble imputrescible. -- Br. 92,397.
- - — . M t J : i Me, ta.
- Production de l’ozone. — M. LŒw décrit une série d’appareils dans lesquels il fait brûler du gaz à l’aide d’un bec de Bunsen; la hauteur de la flamme doit être environ du cinquième de la hauteur totale de la flamme produite lorsque le robinet est ouvert complètement. Puis il fait arriver un courant d’air ou d’oxygène qu’il dirige à travers, et au tiers de ladite amme.
- L’ozone ainsi produit et mélangé d’un peu d’acétyiène t de gaz nitreux. — Br. 92,134.
- Blan dûment de la laine et de la soie. — MM. Maniai fils et Béroujon emploient une dissolution faible de sulfure de potassium ou de sodium, pour le dégommage et la cuite de la soie, ainsi que pour le dégraissage de la laine. Dans le premier cas, le bain doit être bouillant, dans le second, la température du bain alcalin ne doit pas dépasser 30 degrés centigrades.
- Il est à remarquer, pour la soie notamment, que plus les fibres sont difficiles à cuire, et à dégommer, moins la solution doit être sulfurée ; il couvient même quelquefois de se servir du protosulfure (hydrosulfate), c’est-à-dire qu’il faut en quelque sorte, choisir le sulfure en vue du travail que l’on se propose.
- Les brevetés revendiquent, en outre, pour les mêmes opérations du dégommage de la soie, du dégraissage et du blanchiment de la laine, l’emploi des aluminates de soude et de potasse, en tant que l’alumine ne peut nuire aux traitements ultérieurs. — Br. 94,336.
- Ensimage des laines. — M. Dejon emploie le mélange suivant pour ensimer les laines :
- Plantes de guimauve, 1 kil.
- Eau, 13 litres.
- Sel de cuisine, 250 grammes.
- Il soumet le tout à la cuisson pendant trois heures. noiaapaemni
- Le liquide visqueux obtenu par cette manipulation est ensuite mélangé, moitié par moitié, soit avec de l’oléine, soit avec de l’huile d’olives.
- On se sert de ce mélange comme de l’huile ordinaire. — Br,
- Ensimage soluble. — Sous ce titre, une an-
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- tre composition d’ensimage est indiquée par M. Huet; elle contient :
- Glycérine neutre à 28° .... 70 kil.
- Savon.....................• . . 18 -
- Eau................................ 18 —
- On ajoute, en été seulement, un anti-septique tel que bichlorure de mercure, sulfites, acide phénique, etc., pour empêcher la fermentation.
- Les matières encimées se débarrassent de ce mélange par un simple lavage à l’eau. — Br. 93,123.
- Poudreuse pour bois de teinture. — Les machines connues sous le nom de poudreuses sont destinées à la trituration des bois de teinture; elles se composent d’un cylindre ou dis-q ie porte-lames, d’un porte-bûches et d’un appareil automatique de translation du bois à découper.
- Les modifications revendiquées par MM. Carré et Féret s’appliquent au mode d’attache des bûches et à la disposition des couteaux.
- Dans les machines ordinaires, les lames étant très-étroites ne permettent d’attaquer le bois que sur une largeur de 4 à 5 centimètres, et l’on doit, pour ce motif, diviser les bûches au préalable. De plus, il n’est pas possible de triturer le bois dans toute sa longueur, et les bouts qui résultent de cette première opération reçoivent l’action des pilons. De là, dépense inutile.
- Pour y obvier, les brevetés placent le bois tel qu’il se présente dans une sorte de chariot horizontal susceptible de glissements d’avant en arrière et d’arrière en avant, sur un bâti rectangulaire.
- L'extrémité interne de ce chariot, du côté opposé au cylindre porte-lames, est garnie de fortes pointes, afin de butter solidement la bûche qui, progressivement, se trouve amenée sous le disque tranchant. Les lames fixées parallèlement à la génératrice de ce cylindre, au moyen de boulons, régnent sur toute la largeur.
- Une disposition particulière permet d’arrêter le mouvement du chariot, lorsqu’une partie dure, un nœud, par exemple, nécessite un plus grand effort. — Br. 93,954.
- Teinture au permanganate de soude. — Pour
- obtenir sur les tissus de coton et de laine, ou sur ceux de laine et de coton, la couleur jaune nankin pâle, M. Mouru de Lacotte fait débouillir à l’eau pendant une heure, la pièce qui doit être soumise à l’opération, et laisse égoutter.
- Ensuite, on immerge la pièce dans un bain de permanganate de soude, marquant 1 degré Baumé, et chauffé à 30 degrés centigrades ; on laisse l’étoffe pendant une heure et demie dans ce bain, alors on la retire et on la laisse égoutter, puis on fixe la couleur obtenue dans un bain de sulfate de fer, fait dans la proportion de 10 parties de couperose pour 100 d’eau.
- Après cette opération, on lave, puis on fait passer le tissu dans un bain d’acide sulfureux à un degré Baumé ; on lave ensuite, et on laisse sécher. — Br.
- Tissus pour fleurs artificielles. — Jusqu’à présent l’apprêt des étoffes destinées à la fabrication des fleurs et feuillages artificiels, s’effectue exclusivement à la main, et par coupon de 1 m. 20 à 1 m. 50, tendus et piqués sur un châssis où la couleur est appliquée à l’aide de la brosse ou du pinceau. M. Perret substitue au travail manuel un apprêtage mécanique.
- L’étoffe disposée sur un rouleau horizontal est dressée avec une tension variable à volonté, entre quatre baries parallèles ; elle passe ensuite dans une auge munie d’un rouleau — un foulard, en un mot — qui a pour but de faire pénétrer également la couleur dans toutes les parties du tissu. Une râclette double enlève l’excès de matière colorante ou apprêtante. Deux brosses, l’une circulaire, l’autre à mouvement transversal alternatif, égalisent l’apprêt; enfin, deux cylindres chauffés complètent l’appareil. — Br. 94,302.
- (A suivre).
- LA TEINTURE ET LES APPRÊTS
- A REIMS
- Les établissements de teinture et d’apprêts à Reims font depuis quelque temps d’énergiques efforts pour lutter avec l’habitude, plus ou moins justifiée, contractée par les acheteurs, de faire apprêter et teindre les étoffes dans les grandes maisons de Paris, de Puteaux et d’Asnières, surtout quand il s’agit de mérinos et
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- de cachemire d’Ecosse destinés à sortir de France ; les négociants et les commissionnaires envoient le plus souvent à Paris les pièces en écru qui ne reviennent pas à Reims ; après avoir été teintes et apprêtées, ces étoffes sont pliées, empaquetées et envoyées directement à destination. Ce procédé compte encore beaucoup de partisans, et MM. Boutarel et Fran-cillon ont, parmi les acheteurs d’étoffes de Reims, une nombreuse clientèle.
- Les apprêteurs et teinturiers de Reims, en s’imposant les dépenses nécessaires pour acquérir les appareils les plus nouveaux, soutiennent qu’avec un bon outillage ils peuvent faire aussi bien et à aussi bon marché que leurs confrères de Paris ; ils offrent de plus aux commissionnaires at aux négociants de la ville la facilité de visiter à chaque instant les étoffes dont ils ont confié le traitement aux industriels de la localité même.
- La plupart des teinturiers et apprêteurs sont en train de renouveler leur matériel afin de produire mieux, plus vite et moins chèrement.
- Parmi les établissements en voie de trans-formation, nous avons visité l’usine de MM. Neuville et MNELLE qui, fondée en 1854, offre déjà l’apparence d’un âge plus avancé ; c’est le propre de toutes les teintureries dont les toitures et les parois sont rapidement attaquées par les vapeurs de toutes sortes qui s’exhalent des cuves. En s’agrandissant, MM. Neuville et Minelle vont, partout où il le pourront, remplacer le travail manuel par des transmissions mécaniques. Leur maison est consacrée à l’apprêtage des étoffes de laine peignée et à la teinture seulement des étoffes de laine cardée dont les apprêts variés se font dans d’autres usines; ils teignent aussi les laines en fils avant tissage.
- La première opération que subissent les mérinos arrivant de la fabrique est le grillage, destiné à détruire par la combustion des petits filaments de laine qui se dressent à la surface de l’étoffe et qui, bien qu’imperceptibles au premier aspect, sont suffisants pour modifier sensiblement l’apparence rase et lisse que l’on demande aux mérinos. Ce grillage s’opère soit en faisant passer rapidement l’étoffe sur une ligne de petits becs de gaz, ou bien par l’ancienne méthode dans laquelle, au lieu
- d une ligne de becs de gaz, on se sert d’une plaque arrondie, en fonte, maintenue au rouge par un foyer sous-jacent. La première fois que l’on voit cette opération, on ne peut se défendre d’un sentiment de commisération pour l’étoffe que l’on se figure instantanément brûlée ou tout au moins roussie ; il n’en est rien cependant, les petites villosités seules, à peine légèrement colorées, tombent en poudre jaunâtre : le mouvement n’est cependant pas trop accéléré, mais il est constant.
- Le mérinos, après avoir été grillé. doit être, en termes de fabrique, ce qu’on appelle à Reims fixé.
- Le fixage, dit l’auteur d’un mémoire publié à propos d’un procès en contrefaçon (Boulogne contre Delamotte et Faille), appelé aussi décreusage, ébrouissage, décatissage, est une opération d’apprêt d’une très grande importance. Voici quel est son but et quel est le procédé industriel par lequel on y parvient :
- « Les filaments de la laine ont une élasticité particulière, par suite de laquelle, selon les conditions extérieures qui agissent sur eux, ils tendent tantôt à se rapprocher par une espèce de torsion en spirale, tantôt à se séparer par une espèce de distorsion opposée. C’est à cette propriété d’élasticité de la laine que l’on doit la facilité d’en former des fils, et par suite des tissus.
- « Cette propriété n’est détruite ni altérée par la réunion de plusieurs filaments en fil, et elle subsiste encore après la conversion des fils en tissus. Mais alors elle place les tissus dans un état de susceptibilité impressionnable aux moindres atteintes extérieures, et certaines parties du tissus présentent alors des points plus feutrés à côté de points plus lâches, plus ouverts.
- « C’est, en terme du métier, ce qu’on appelle le gripper.
- « Cet équilibre instable des filaments laineux ne produit pas seulement sur le tissu le gripper, mais encore, en affectant plus particulièrement sa surface, il lui donne un grain ou plus hérissé, ou plus soyeux.
- « Le fixage est une opération qui stabilise cette propriété élastique et règle la situation relative de chaque filament dans le fil et dans le tissu lui-même. Il existe bien des faits analogues dans d’autres industries : ainsi, le re-
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- cuit des métaux écroués ou trempés, le recuit du verre, sont les moyens de fixer l’équilibre des molécules du verre et de l’acier. »
- Chez MM. Neuville et Minelle, ce fixage s’exécute en trois temps : le premier est un enroulage à sec sur de gros cylindres de bois appelés roules ; le second temps consiste à mettre ces roules dans une caisse en bois pleine d’eau, dans laquelle on fait arriver un jet de vapeur ; le troisième temps est un passage de l’étoffe successivement dans les trois compartiments d’une cuve en bois. Au premier compartiment, la colle dont la chaîne était imprégnée fortement pour favoriser le tissage sur les métiers mécaniques se fond et s’en va en partie dans l’eau ; au second compartiment, la presque totalité de la colle reste dans le bain ; au troisième, il en reste à peine quelques traces. L’étoffe est alors parfaitement décreusée, les brins de fils de laine se marient plus étroitement et plus régulièrement les uns aux autres, et l’étoffe prend une apparence plus satisfaisante. On recueille l’eau du premier bain, assez chargée de colle, pour pouvoir être revendue et être apte encore à certaines manipulations. On avait espéré, par évaporation, pouvoir reconstituer de la colle en lame, mais tous les efforts faits jusqu’à aujourd’hui sont sans résultat.
- Le tissu fixé est dégraissé dans un bain de carbonate de soude et rincé à l’eau tiède; on examine ensuite la pièce pour remédier aux imperfections, s’il s’est produit pendant le traitement quelques irrégularités ; après révision et réparation, le tissu est mis en teinture.
- La pièce incessamment soulevée et conduite par un moulinet hexagonal, tournant soit à la main, soit par transmission automatique, plonge dans un bain coloré maintenu chaud, cet se teint après un temps plus ou moins long, suivant la nuance demandée.
- Le plus souvent la pièce à teindre est écrue, mais il se fait aussi plusieurs combinaisons de tissage polychrome avant teinture; ainsi des étoffes qui doivent être ponceau et noir, se tissent d’abord en fil blanc et indigo, et un passage dans un bain ponceau teint le blanc en rouge et le bleu en noir. D’autres combinaisons blanches et noires, en sortant du tissage, deviennent bleues et noires, brunes et
- noires, violettes et noires, après teinture en pièce.
- Ce procédé n’est guère plus économique que le tissage avec des fils teints en couleur; mais il offre deux avantages : le premier, c’est de pouvoir employer des nuances qui, si elles étaient tissées en fils, pourraient s’altérer pendant le foulage ; le second avantage résulte de la difficulté qu’il y a à teindre en fils une très-forte partie d’une façon certaine, c’est-à-dire de manière à être assuré que la teinte sera identique pour toutes les échées. La plus petite différence dans le rassortiment causant dans l’étoffe des barres et des défauts qui rendraient la pièce non recevable. Il est bien plus facile, une fois l’étoffe tissée, de la passer sur le moulinet, dans la cuve,assez régulièrement, pour la teindre uniformément.
- Le noir ne se fait plus sur pied d’indigo, il se compose avec sulfate de fer, sulfate de cuivre et bitartrate de potasse ; on emploie aussi pour le noir le chromate de potasse. Les mérinos noirs n’ont jamais l’aspect mat des étoffes drapées; ils ont toujours un reflet gris-blanc, dû à la perfection même de l’étoffe rasée et lustrée qui réfléchit légèrement la lumière, tandis que les villosités des étoffes drapées leur donnent en quelque sorte la matité du velours.
- Le ponceau s’obtient avec cochenille, fustet, composition d’étain et bitartrate de potasse.
- Le violet ne se fait plus autrement qu’à l'a-niline.
- Le rose, à la fuchsine ou à la cochenille.
- Le jaune, au fustet ou à la graine de Perse.
- Le brun, avec orseille, indigo et bois jaune, dans des diverses proportions.
- Le vert, avec bois jaune et indigo, et lorsqu’on veut un plus grand éclat avec acide pi-crique et indigo.
- Un rinçage suit toujours la teinture, puis un essorage dans l’essoreuse rotative ; le séchage complet s’obtient dans de grandes chambres en tôle, dont l’atmosphère est maintenue à une haute température, et que l’étoffe traverse non pas directement, mais en montant et descendant verticalement sur les rouleaux, ce qui ralentit la course, prolonge le séjour dans la chambre et complète la dessication.
- Ges chambres sont assez larges pour que deux pièces puissent les traverser en même
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- temps; elles sont munies d’un tendeur, dont les mouvements alternatifs plient l’étoffe à la sortie.
- On vérifie alors les pièces, et on les compare à l’échantillon pour s’assurer que la nuance est bien celle du modèle ; comme la teinture, le rinçage et les autres manipulations ont fait relever encore quelques brins de laine, et que le mérinos doit être avant tout parfaitement ras ; on le soumet à la tonte, sous de grandes machines à ciseau hélicoïdal qui enlève tout brin redressé.
- Après la tonte, on procède au doublage, car il est d’usage de plier en deux, dans le sens de la longueur, le mérinos et certaines étoffes analogues; cette habitude, très-justifiable pour les grandes largeurs, car elle favorise l’empaquetage et l’emmagasinage, s’explique beaucoup moins lorsqu’il s’agit d’étoffes très-étroites. On double cependant pour obéir à la coutume.
- (A suivre). (Grandes Usines).
- PROGRAMME DES PRIX
- PROPOSÉS PAR LA SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE
- DE MULHOUSE
- Le programme des prix de la Société industrielle de Mulhouse est toujours conçu à un point de vue essentiellement pratique, il reproduit bien les desiderata des industries tinctoriales et textiles, et indique la véritable voie dans laquelle il convient de perfectionner ces industries.
- Les prix de la Société consistent principalement en médailles; elles sont en bronze et elles se distinguent, suivant leur module, en médailles d’honneur, médailles de première classe et médailles de seconde classe.
- Nous extrayons de ce programme les questions qui se rapportent le plus spécialement à nos industries et qui sont désignées par le titre : Arts chimiques.
- Les prix doivent être décernés en mai 1873, et les mémoires présentés avant le 15 février.
- PRIX proposés :
- 1
- Médaille de Are classe pour l'explication théorique de la fabrication du rouge d’Andri-nople. — L’auteur devra expliquer les effets chimiques de l’huilage,du passage au sumac ou
- à la noix de galle, de l’alunage, de la teinture et de l’avivage.
- Il serait intéressant que ce travail fût accompagné d’un précis historique sur l’introduction de ce genre de teinture en France.
- Il
- Médaille d’honneur pour un mémoire expliquant les modifications qu’éprouve successivement^ par les opérations de l’avivage, la laque de garance déposée sur tissu par voie de teinture.
- III
- Médaille de Are classe pour un travail théorique établissant la constitution chimique de la substance ou des substances qui accompagnent l’alizarine dans la garance, et qui concourent avec cette matière colorante à la génération deiS teintes dites garancées.
- L’alizarine à elle seule ne donne pas les teintes garance, et spécialement le rouge.
- Il faudrait : 1° rechercher quelle est la matière colorante ou quelles sont les matières colorantes qui, dans la garance, se joignent à l’alizarine pour former ces couleurs; 2° Etablir la constitution chimique de cette ou de ces substances, comme MM. Graebe et Liber-mann l’ont fait pour l’alizarine.
- IV
- Médaille d’honneur à celui qui aura le premier fabriqué et livré aux fabriques d'indiennes d’Alsace un produit artificiel remplaçant la matière colorante de la garance dans toutes ses applications, et en permettant, tant au point de vue du prix qu’à celui de la quantité, l'emploi industriel.
- L’alizarine artificielle , livrée actuelle -ment au commerce, ne remplit pas ces conditions, l’alizarine n’étant pas la seule base des couleurs garance. Le problème que nous posons pourrait être résolu de différentes manières; soit en préparant et livrant au commerce un produit artificiel unique, remplaçant la garance dans toutes ses applications, soit en préparant une substance qui, mélangée à l’alizarine artificielle que nous possédons déjà, donnerait en teinture et en impression les mêmes résultats que le mélange de matières colorantes qui existe dans la garance. Cette dernière solution serait même préférable en ce qu’elle laisserait la latitude de varier les proportions du mélange.
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- V
- Médaille D'HONNEUR pour la préparation, de laques de garance foncées, rouges ou vio-lettes.
- Les laques de garance, dont l’impression des tissus fait usage, proviennent de dissolutions aluminiques précipitées par des alcalis ou des alcalins. En retirant de l’alumine à ces laques, ou en les traitant par des eaux de garance, elles peuvent devenir plus foncées, mais au détriment de leur vivacité. Ce que nous exigeons est : une laque rouge d’une part, et une laque violette d’autre part; que ces laques, dans leur plus grand état de division, possèdent la nuance des couleurs garances avivées, et qu’elles ne soient pas moins solides* à l’air. Ainsi, que la laque d’alumine soit égale, non à un rose, mais à un rouge avivé, et la violette égale les violets savonnés; enfin, que le prix de revient n’en rende pas l’application sensiblement plus coûteuse que par la voie de teinture.
- VI
- Médaille d’honneur pour une substance qui puisse servir d’épaississants pour couleurs, apprêts ou parements, et qui remplace, avec une économie d’au moins 25 0/0, toutes les substances employées jusqu’ici à ces divers usages.
- Il faudra que cette substance puisse remplacer les amidons blanc et grillé, la fécule, et leurs dérivés. Son prix ne devra pas dépasser, pour le même effet utile, les trois quarts des prix moyens dans les années de récolte ordinaire , des épaississants actuellement employés.
- Quel que soit le nouvel épaississant proposé, il devra avoir été livré au commerce.
- VII
- Médaille d’honneur pour une substance pouvant remplacer, dans l’industrie des toiles peintes^ l’albumine sèche des œufs^ et présentant une économie notable sur le prix de l’albumine.
- Les matières colorées en poudre fine ou en pâte, telles que l’outremer ou les laques fixées au moyen de l’albumine sur differents tissus, ont plus ou moins d’adhérence sur ces tissus, suivant le plus ou moins d’albumine sèche employée. Il faut donc que la substance devant remplacer l’albumine produise des couleurs
- au moins aussi solides que le fait l’albumine dans les meilleures circonstances. Les couleurs fixées avec le nouvel épaississant devront supporter les différents passages, tels que savons, etc., et résister aussi bien au frottement que les mêmes couleurs fixées à l’albumine, sans leur donner plus de raideur.
- VIII
- Médaillé D'HONNEUR pour une albumine du sang décolorée et ne se décolorant pas par le vaporisage.
- L’albumine du sang est restée jusqu’ici le meilleur, le seul substitut réel de l’albumine d’œufs, et son emploi est limité à l’impression de certaines couleurs, cela est dû uniquement à sa coloration.
- Une albumine du sang suffisamment décolorée pourrait donc remplacer le blanc d’œufs desséché dans toutes ses applications industrielles. Mais il faudrait que cette albumine se vende à un prix inférieur à celui de l’albumine d’œufs, et qu’elle n’ait pas perdu la propriété de se dissoudre complètement dans l’eau froide et d’être coagulée par la chaleur.
- Le produit envoyé au concours, devra être une substance commerciale, et présenter une économie notable sur le prix d’albumine d’œufs.
- NOUVELLES
- Les nouveaux droits d’importation (suite). — Les droits perçus sur les matières brutes seront remboursés à l’exportation des produits fabriqués suivant les bases indiquées ci-après, soit au moyen du drawback, soit par application du régime et de l’admission temporaire tel qu’il est établi par l’article 5 de la loi du 5 juillet 1836.
- FILS DE COTON SIMPLES
- « N- 40 et au-dessous, écrus, 17 f. les 100 k.
- «— — blanchis, 56 50 les 100 k.
- « — teints andrinople , bleu et autres couleurs, 55 fr. les 100 kil.
- « Du n 40 exclusivement au n* 80 inclusivement, écrus, 50 fr. les 100 kil.
- « Du n* 40 exclusivement au n* 80 inclusivement, blanchis, 60 fr. les 100 kil.
- « Du n- 40 exclusivement au n’ 80 inclusivement, teints andrinople, bleu et autres couleurs 58 fr. 50 les 100 kil.
- « Au-dessous du n- 80, écrus, blanchis, 62 fr. 50 les 100 kil.
- « Teints andrinople, bleu et autres couleurs, 60 fr. 50 les 100 kil.
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- FILS DE COTON RETORS
- « N 40 et au-dessous, écrus, 52 f. les 100 k.
- « — — blanchis, 62 f. les 100 k.
- « — teints andrinople et autres couleurs, 60 fr. 50 les 100 kil.
- « Du n- 40 exclusivement au n* 80 inclusivement, écrus, 55 fr. les 100 kil.
- « Du n' 40 exclusivement au n- 80 inclusivement, blanchis, 66 fr. les 100 kil.
- « Du n- 40 exclusivement au n' 80 inclusivement, teints andrinople, bleu et autres couleurs, 64 fr. les 100 kil.
- « Au-dessus du n- 80, écrus, 57 francs les 100 kil.
- « Au-dessus du n1 80, blanchis, 68 fr. 50 les 100 kil.
- « Au-dessus du n- 80, teints andrinople et autres couleurs, 66 fr. 20 les 100 kil.
- « Tissus de coton, en fils simples, écrus, velours, piqués, basins, façonnés, damassés et brillantés, 51 fr. 50 les 100 kil.
- « Tissus de coton, en fils simples, écrus, tous autres, pesant, par 100 mètres carrés;
- 7 kil. et plus, 51 fr. 50; 3 kil. à 7 kil., 54 fr., au-dessous de 3 kil. 56 fr.
- « Tissus de coton, en fils simples, blanchis, sans apprêt, 20 p. 100 en sus du droit du tissus écrus selon l’espèce, 7 kil. et plus, 3 kil. au dessous de 3 kil.
- « Tissus de coton, en fils simples, blanchis, apprêtés à un degré quelconque, plus 2 francs, par 100 kil. pour l’amidon, 7 kil. et plus, 3 kil. à 7 kil. et au-dessous de 3 kil.
- « Tissus de coton, en fils simples, imprimés ou teints, en rouge d’andrinople, droit de Décru augmenté de 24 p. 100, plus 3 fr. 50 par 100 kil. afferents à la teinture, 7 kil. et plus, 3 kil. à 7 kil. au-dessous de 3 kil.
- « Tissus de coton, en fils simples, imprimés ou teints, en toutes autres couleurs, moleskine, pesant 25 kil. ou moins aux 100 mètres carrés, droit de Décru augmenté de 4 p. 100, plus 3 fr. 50 par 100 kil. afférents à la teinture.
- « Tissus de coton, en fils simples, imprimés ou teints, en toutes autres couleurs, tous autres tissus imprimés, droit de Décru augmenté de 14 p. 100, plus 3 fr. 50 par 100 kil. afférents à la teinture, 7 kil. et plus, 3 kil. à 7 k. au-dessous de 3 kil.
- « En fils teints, quelle qu’en soit la couleur : 21.
- « En fils retors, en chaîne ou en trame seulement droit du tissus selon l’espèce, augmenté de 2 fr. par 100 kil., plus 3 fr. 50 afférents à la teinture.
- « Id., en fils retors, à la fois en chaîne, et en trame, droit de tissus selon l’espèce, augmenté, de 4 fr. par 100 kil., plus 3 fr. 50 afférents, à la teinture.
- « Fils et tissus, de coton méiangé, le coton, dominant, dans le mélange, pour moins de
- 75 p. 100, moitié, du drawback, applicable, aux fils et tissus, de coton pur selon l’espèce ; pour 75 p. 100 ou plus, trois quarts de drawback, applicables, aux fils ou tissus, de coton pur, selon l’espèce.
- « Coton cardé, dit ouaté, 45 fr.
- « Débourrages valant, au moins les deux tiers du coton brut, 30 fr.
- « Seront exclus du drawback, les tissus de coton valant moins des deux tiers du prix du coton brut.
- « Les fils de coton valant moins de 1 fr. 50 le kilog.
- « Les tissus de coton valant moins de 2 fr. 50 le kil.
- « Extrait de bois de teinture : rouges, jaunes et de graine de Perse, 20 fr. ; noirs et violets, 14 fr.
- « Bichromate de potasse, 5 fr. les 100 kilog.
- « Aniline, droit fixe de 1 fr. 50 par 100 kiio-grammes.
- « Le régime de l’admission temporaire, tel qu’il est r-glé par la loi du 5 juillet 1836, sera appliqué à l’essence de houille destinée à la fabrication de l’aniline. »
- Vol chez UN teinturier. —M. P..., teinturier-dégraisseur, rue Saint-Honoré, à Paris, était occupé dans son atelier, situé dans l’arrière-boutique, et son personnel était également absent du magasin. Profitant de cette circonstance, une Vrave femme entre dans ledit magasin, avise un paquet de robes de soie destinées au nettoyage, s’en empare sans façon et s’éloigne avec toute la quiétude d’une bonne conscience, sans avoir été dérangée ni remarquée par qui que ce soit.
- Elle le croyait, du moins; mais un Monsieur qui flânait aux environs, avait vu tout ce manège, malgré qu’il excusât en lui-même le goût plus ou moins prononcé qu’ont toutes les femmes pour les robes de soie. Il pensa qu’il serait bon de modérer chez notre héroïne cet amour trop effréné ; il la suivit donc à distance, et au moment où elle allait monter en omnibus, il la signala à un gardien de la paix qui, sans pitié ni galanterie, lui fit restituer ces robes, dont elle comptait sans doute se parer; mais, pour la consoler, l’agent mit la voleuse dans un lieu où l’on peut aisément se passer de robes de soie, et où la plus simple toilette est de circonstance.
- Quant à M. P..., dont la maison sert une riche clientèle, il a dû s’estimer heureux d’être rentré en possession du paquet qui avait une certaine valeur.
- Pour tous les articles non signés :
- P. Blondeau.
- F. GOUILLON, Directeur-Gérant.
- Paris.— Imp. Turfin et Ad. Juvet, 9, cour des Miracles.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 15e VOL., n° 17. 5 SEPTEMBRE 1872
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- Sommaire
- Couleurs d’aniline sur coton sans mordant. — Lavage de la laine au silicate de soude. — Couleurs modes, bruns, marrons, solitaires, cafés, etc., par M. G. Van Laer. — Sur un bleu dérivé du phénol, par M. MUELLER. — — Le bleu-noir employé à la fabrication des encres et à la teinture de draps. — Conférences sur l'alinine et les couleurs de goudron de houille (échantillons), par M. PERKIN (suite).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Revue sommaire des brevets d’invention. — Chlore et hypochlorites. — Apprêts. — Oxygène. — Encollage végétal. — Impression économique. — Tendeur. •— La teinture et les apprêts à Reims (suite). — Prix de la Société industrielle de Mulhouse (suite). — Brevets récents concernant les industries tinctoriales.
- NOUVELLES : Les nouveaux droits d’importation (fin). — Influence des couleurs sur la santé.
- COULEURS D'ANILINE
- SUR COTON SANS MORDANT.
- Dans la teinture du jute, on a constaté par expérience qu’en ne faisant pas débouillir les matières dans l’eau, on pouvait directement et sans mordançage les teindre avec les couleurs d’aniline. Un enduit résineux adhérent à la surface du jute procure à la fibre la propriété de s’emparer de la matière colorante. Par suite de cette propriété, la jute brut se teint plus aisément en couleurs d’aniline que celui qui a été débouilli, et c’est le même principe qui sert de base au procédé dont M. Reimann offre un exemple dans l’application de la fuchsine sur coton sans mordant.
- Supposons 80 kilogrammes de fil de coton non débouilli, qu’on partage par parties de 10 à 15 kilogr. et qu’on mouille avec soin par poignées de 1 kilogr. chaque dans une chaudière. Ce mouillage s’opère avec une eau pure à une température voisine de l’ébullition, mais il faut éviter soigneusement de faire bouillir. Pendant qu’on mouille, il faut avoir l’attention de soulever, retourner et manipuler continuellement le coton.
- Après que ce mouillage a duré trois quarts d’heure, le fil est lavé à l’eau courante, tordu vigoureusement et bien uniformément. On procède alors à la teinture. Le bain est préparé avec l’eau pure qui doit seulement être tiède. Dans ce bain, on verse 280 grammes de fuchsine-diamant dissoute dans 30 litres d’eau bouillante.
- La teinture s’opère au mieux par paquets de 12 à 13 kilog , et la fuchsine est ajoutée en trois fois. Après chaque addition et de fré
- quentes agitations, on laisse reposer 10 minutes, et quand la dernière addition a été opérée, on abandonne une demi-heure; on retire du bain, on tord vivement et avec soin, et on fait sécher à une température modérée. Plus le bain de teinture est chaud, et plus on fait sécher à haute température, et la nuance est bleue. Dans la chaudière de mouillage, on peut mouiller 75 kilog. avant de renouveler le bain; mais dans la cuve à teinture, on peut teindre de 1,500 à 2,000 kilogr. de fil.
- Cette méthode de M. Reimann est des plus simples et des plus economiques; pratiquée comme on vient de l’expliquer, elle promet, suivant ce chimiste, d’excellents résultats.
- {Far ber Zeitung.)
- LAVAGE DE LA LAINE
- AU SILICATE DE SOUDE
- On lave pendant dix à quinze minutes la laine brute dans un bain chauffé à 60 degrés, fait avec :
- Silicate neutre liquide, 1 litre 1/2.
- Eau, 100 litres.
- De là, on la passe dans un second bain, chauffé de 45 à 50 degrés, et renfermant seulement un litre de silicate, dans lequel on l’agite pendant dix minutes, on laisse refroidir et on lave à pleine eau.
- Pour les laines ordinaires, on ajoute 100 grammes de soude calcinée par litre de silicate. — Faerber-Zeitung.
- Le silicate de soude ou verre soluble reçoit tous les jours de nouvelles applications dans l’industrie; il agit comme l’alcali caustique
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- qui forme sa base, quoique un peu mitigé par l’acide silicique auquel cet alcali est uni ; cette combinaison étant bien moins stable qu’un savon, par exempe, la soude caustique est trop facilement disposée à entrer dans une nouvelle combinaison, et il y a lieu de craindre que son énergie n’agisse défavorablement sur la laine, soit en la feutrant, soit en la dissolvant entièrement.
- Ilrésulte d'expériencesque nous avons faites, qu’il ne faut se servir de ce produit pour le dégraissage des laines, qu’avec la plus grande circonspection. F. G.
- o COULEURS MODES BRUN, MARRON, SOLITAIRE, CAFÉ, ETC., ETC.
- Par M. G. Van Laer. (Suite)
- brun jaune, en un bain.
- 100 kil. de laine.
- Faire bouillir 1 heure ou 1 heure 1/2 dans le bain de colorant composé de :
- Ex'raitde bois jaune.. 4 kil.
- Cichou brun.................... 10 —
- Santal......................... 20 -
- Quand la laine a parfaitement absorbé le colorant voulu pour avoir la nuance, on brunit par 4 kil. de vitriol de Salzbourg (sulfate de fer et de cuivre). — Essai conforme.
- • BRUN JAUNE en un bain.
- 100 kil. de laine.
- Bouillir 1 heure 1/2 avec :
- Ex'rait de bois jaune.. S kil.
- Cachou........................... 5 —
- Santal.......................... 40 —
- Comme pour la teinture précédente, il ne faut brunir que quand le bain est suffisamment épuisé; pour cela, on emploie 3 kil. de sulfate de cuivre. — Essai conforme.
- 71 " 8 81 BRUN jaune en un bain.
- 100 kil. de laine.
- Même manipulation que pour le» teintures
- précédentes : bouillir 1 heure 1/2 avec le bain colorant composé de:
- Cachou....................... 10 kil.
- Extrait de bois jaune.. b — Santal................. 30 — eruotno:
- Bruniturc : 2 kil. de bi-chromate de potasse. — Essai conforme.oloms 1long3ld 0
- BRUN
- 100 kil. de laine.
- Même mordançage que dans la formule pré-cédente!" foqmi'l esioD xusevion 2011 : andaVUok
- Teinture le lendemain, par une ébullition de 1 heure 1/2 avec :
- Bois jaune.................. 15 kil. Bois rouge.................. 20 —
- Barwood ..................... 30 —
- Brunitxcre : 3 kil. sulfate de fer. — Essai conforme.'' G 32 .86 ub 9TWAFBt Et e0As
- BRUN JAUNE 10 kil. de laine.
- limâllan de 2 heures avec : Alun 20 kil. A
- Teinture le lendemain, avec :
- Bois jaune................... 20 kil. Bois rouge.................... 15 — Garance ............................................... 13 — Brunir, après 1 heure d’ébullition, par 3 kil. de sulfate de fer. — Essai conforme.
- brun en un bain.
- 100 kilos de laine. Bouillir la laine pendant 2 heures avec : Extrait de bois jaune.. S kil. Santal 30 — Bois rouge 15 —
- On peut brunir la couleur eu ajoutant du sulfate d’indigo, du sulfate de fer, du sulfate de cuivre; j’ai, pour cette teinture, fait usage de 1 kil. de bi-chromate de potasse.— Essai conforme.
- * . BRUN en un bain.
- 100 kil. de laine. 09 no nisd 0 Bouillir deux heures avec les colorants qui suivent :
- Barwood................... 30 kil.
- ............................ 10 —
- Gud-béard................ .. [ 5 —aiol
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- Quand le bain est à peu près épuisé, on ajoute un peu de sel d’étain — 2 kil. — on fait bouillir 10 minutes, puis on ajoute pour brunir, 2 kil. de sulfate de fer. — Essai conforme.
- Je ne puis m’étendre davantage sur les procédés en usage chez les divers teinturiers; je n’ai pas décrit les teintures où l’on donne un fond de cuve, et où l’on brunit par le même procédé, ou par le sulfate d’indigo.
- Comme je désire décrire mes teintures par le cachou, et que mon cadre ne me peimet pas de m’étendre davantage, je termine en examinant ce genre de teintures.
- (A suivre'].
- SUR UNE MATIÈRE COLORANTE BLEUE DÉRIVÉE DU PHÉNOL Par M. Arm. MUELLER.
- On mélange le phénol avec 8 oy 10 part, de stannate de soude, et l’on y ajoute immédiatement de l’acide sulfurique concentré ou de l’acide chlorhydrique. La réaction est assez énergique. Par l’emploi de l’acide sulfurique, on obtient une substance jaune, soluble dans le tartrate de soude et dans les alcalis. Par l’addition d’une plus grande quantité d’acide, le mélange devient rouge-brun, et tout le phénol se dissout. En versant ce mélange dans beaucoup d’eau, il se dissout en matière rougeâtre, et il se dépose des flocons bruns solubles dans l’alcool avec la même couleur.
- Ces flocons cèdent aux alcalis une matière colorante bleue, qui n’en est précipitée ni par l’eau ni par l’alcool. On n’a pu, jusqu’à présent, l’isoler que sur tissu.
- La solution aqueuse rouge, traitée par les alcalis, devient verte par suite delà formation de cette matière bleue et d’une autre matière jaune. Si l’on y plonge un tissu de coton huilé, celui-ci se colore rapidement en orange. Le tissu teint passe au vert, comme le liquide, par l’action des alcalis; si on le laisse ensuite à l’eau, il reste teint en un bleu céleste, presque inaltérable par le chlore et les hypochlorites, et solide à la lumière.
- LE BLEU-NOIR
- EMPLOYÉ A LA FABRICATION DES ENCRES ET A LÀ TEINTURE DES DRAPS.
- Extrait d’un rapport de M. Balard à la Société d’Encouragement.
- — ; lion Ineviob ali.UP
- L’encre à la noix de galle et au sulfate de fer, dont on se sert habituellement aujourd’hui, s’est introduite dans l’usage ordinaire à une époque qui n’est pas encore bien déterminée. Les auteurs qui se sont occupés de ce sujet ne font remonter son emploi qu’au XIIe siècle, mais l’examen d’un manuscrit provenant de l’abbaye de Cluny, daté de l’année 910 envirou, et qui est écrit avec cette encre, montre qu’elle était» employée par les copistes. Les anciens n’en faisaient pas usage, quoiqu’ils connussent bien la propriété des deux corps dont elle est formée, de produire un composé noir, et que le vitriol vert, désigné par eux par le nom d’atramentun suto-rium, servit, comme aujourd’hui, aux cordonniers, à colorer en noir le cuir tanné.
- Cette encre pénètre promptement dans le papier et, formant un précipité par l’action oxydante de l’air, le dépose rapidement dans la pâte, en matière insoluble d'un très beau noir que l’on ne peut dissoudre. Celte teinte est très résistante ; le manuscrit de l’abbaye de Cluny, dont il a été parlé ur peu plus haut, s’est conservé; il présente, après plus de neuf cents ans, des caractères du noir le plus intense. Cependant, quand à l’action de l’air se joint celle de l’humidité, l’acide lannique peut être altéré et les caractères peuvent pâlir, mais ils persistent pourtant et restent appréciables à cause de la couleur jaune de l’oxyde de fer qui les constitue. Les corps qui peuvent, avec cet oxyde de fer, produire des composés fortement colorés conservent leur action sur lui, et les caractères, s’ils étaient devenus trop peu apparents, peuvent ainsi être rendus tout-à-fait lisibles. Ce n’est pas que des agents chimiques, convenablement choisis, ne puissent, à la rigueur, détruire tout-à-fait cette encre et enlever, par des actions successives, les deux éléments dont elle est formée, mais la presque insolubilité, dans ces acides, que l’oxyde de fer acquiert par la chaleur et que le temps lui communique aussi dans une certaine mesure, rend heureusement l’action assez difficile pour embarrasser les faussaires.
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- Mais l’encre ordinaire a deux défauts qui viennent atténuer ses qualités précieuses. Elle ne conserve cette fluidité, qui est une condition nécessaire de son emploi, qu’en restant non oxydée ; dès lors, les caractères, bien qu’ils doivent noircir fortement un peu plus tard, sont assez peu foncés au moment où on les trace pour qu’on ait quelquefois peine à les voir.
- C’est un inconvénient auquel on obvie, du reste, soit en transformant d’avance une portion du sulfate de fer en persulfate, soit, et mieux, en colorant l’encre par une addition de carmin d’indigo.
- L’encre peut, en outre, subir dans l’encrier même cette altération qu’elle éprouve dans la pâte du papier; chacun sait qu’elle se transforme en boue noire, et de là la nécessité de laver fréquemment l’encrier en perdant l’encre qu’il contient.
- A ces deux défauts de l’encre ordinaire, auxquels il est d’ailleurs facile d’obvier, et qui ne nuisaient pas trop à son emploi tant qu’on s’est servi de’ plumes d’oies, est venu s’en joindre un troisième plus grave depuis l'introduction des plumes métalliques. Celte encre acide provoque, en effet, l’oxydation du fer et met promptement hors de service notre plume préférée, celle à laquelle nos doigts sont accoutumés et dont la grosseur, la flexibilité, la forme, conviennent mieux à notre manière d’écrire. Sans doute on peut la remplacer par une autre tirée de la même boîte, mais nous savons tous que ces plumes, rendues un peu graisseuses pour les préserver de l’oxydation, ne se mouillent pas d’encre comme une plume qui a servi, et qu’il ne faut pas mal de temps et d’impatience pour l’amener à remplir convenablement un usage auquel elle va devenir impropre d’une manière bien rapide.
- C’est précisément pour remédier à une de ces petites misères de la vie, que la Société d’encouragement aproposé un prix de 5,000 fr. pour une encre n’attaquant pas les plumes métalliques.
- Elle a demandé que cette encre fut douée de qualités comparables à celles des encres usuelles, et qu'elle assurât au même degré la conservation des écritures. Cette encre ne devra pas d’ailleurs, ajoute le programme, être d’un prix plus élevé que les encres ordinaires.
- Depuis que le Jury a décerné à M. Coupier une médaille d’or pour sa découverte d’un rouge nouveau préparé avec le toluène pur, il a obtenu de nouveaux produits qui ont déjà commencé à recevoir d’utiles applications. En oxydant un sel d’aniline pur, il est parvenu à produire une matière colorante nouvelle d’un bleu noir, et dont la solution sulfurique étendue d’eau communique à la laine une nuance foncée qui se rapproche beaucoup de celle que produit l’indigo dans les draps gros bleu. Cette couleur résiste au chlore et à l’acide nitrique, et il est permis d’espérer qu’elle subira, avec moins d’altération que l’indigo lui-même, lac-tien simultanée de la lumière et de l’air.
- C’est précisément cette matière, dont les propriétés précieuses avaient déjà été signalées il y a plus de quatre ans, et que MM. Coupier et Collin fabriquent pour l’emploi tinctorial, qui, dissoute simplement dans l’eau, dans la proportion de 20 et même 18 grammes par litre, constitue une encre qui, d’après la valeur de la matière colorante fournie à la teinture (et qui ne peut que décroître avec le temps), peut être obtenue à des prix beaucoup plus bas que les encres de compositions diverses, soit au fer, soit an chrome, qui sont aujourd’hui livrés à la consommation.
- Comme cette encre est alcaline, elle conserve sans aucune altération la plume métallique, qui reste intacte même au bout de plusieurs mois d’usage et toujours prête à servir.
- L’écriture obtenue avec cette encre est, au moment même où on la trace, d’un noir assez foncé pour permettre d’écrire dans des lieux peu éclairés.
- A ces qualités, l’encre nouvelle joint celle de n’être attaquable ni par l’acide nitrique, ni par la solution de chlore ou de brôme, ni par l’acide chlorhydrique ; mais, dans ses rapports avec l’eau et les solutions alcalines, elle présente quelques imperfections.
- Sa viscosité, un peu plus grande que celle d’autres qualités d’encres, ne lui permet pas de s’introduire aussi profondément dans la pâte du papier; il en résulte que, s’évaporant là où la plume métallique l’a déposée, elle sèche un peu moins vite que l’encre ordinaire, et que cette dessication laisse dans la place où la plume a tracé son sil'on, un petit monticule longitudinal, formé de matière colorante,
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- qui ne peut adhérer au papier puisqu’elle ne pénètre pas. Comme cette matière colorante est soluble dans l’eau, il en ré-ulte que l’eau peut produire des taches sur le papier écrit.
- Si cette matière colorante, qui semble un des derniers termes de l’oxydation de l’aniline, passé lequel elle donnerait un composé insoluble et analogue au charbon, résiste à l’emploi d’agents chimiques si énergiques et si divers, elle est enlevée par les solutions alcalines sans laisser de matière minérale qui permette de faire revivre les caractères effacés. Cette circonstance, jointe à celle d’être difficilement communicative, ne permet pas de l’employer dans tous les usages où servent, avec sécurité, l’encre ordinaire et ses congénères, dans lesquels le campêche a été plus ou moins substitué à la noix de galle, et le chrome au fer. Mais, en attendant que MM. Goupier et Collin communiquent à leur encre cette double qualité qui lui manque, on peut dire que, dans certaines circonstances, cette solubilité de l’encre nouvelle dans les alcalis est plutôt une qualité qu’un défaut.
- Les petites mains barbouillées d’encre, les étoffes tachées d’abord en noir puis en rouille, que l’action bien connue du peroxyde de fer transforme bientôt en un trou, font, on le sait, le désespoir des mères ; mais avec l’encre nouvelle, la lessive ordinaire et même aussi un savonnage énergique, permettent de faire disparaître ces taches. Elle mérite donc bien, comme on le voit, d’être préférée, au moins dans tous les lieux où l’on apprend à écrire et de porter le nom d’encre des écoles, sous lequel MM. Goupier et Collin l’ont désignée.
- Aux qualités qui, malgré les imperfections qu’elle présente encore et que nous venons de signaler sans restriction, doivent la rendre d’un emploi très étendu mais non exclusif, l’encre Goupier joint la qualité de pouvoir être transportée à l’état solide et consommée sans perte jusqu’à la dernière goutte ; si l’encre s’est évaporée et concentrée, il suffit d’ajouter de l’eau pour ramener dans les conditions ordinaires l’encrier, où il ne se forme point de dépôt et qui n’a jamais besoin d’être nettoyé.
- Les propriétés précieuses dont jouit l’encre nouvelle sont bien appréciées de tous ceux qui ont commencé à en faire usage. Une fois habitués à son emploi, ils ne peuvent plus
- s'en passer. Cependant, comme elle manque encore de quelques-unes des qualités de l’encre ordinaire, et que, sous ce rapport, elle ne répond pas snr toutes les exigences du programme, la Société, touten réservantles droits de MM. Goupier et Collin pour un prochain concours, ne peut leur décerner aujourd’hui le prix.
- Votre commission se contente donc de demander pour eux un encouragement de 500 fr. Elle est heureuse d’ailleurs, à propos de cette question si modeste d’une recette d’encre à écrire, de signalera l’attention générale l’existence d’une matière colorante artificielle et encore à peine connue, analogue à l’indigo, réductible et, décolorable comme lui, par de certains agents appropriés, mais pouvant aussi comme lui revenir à l’état bleu par l’oxydation. Cette matière est susceptible de colorer directement la laine des nuances les plus diverses, depuis le bleu clair jusqu’au bleu pourpre noir. Sa richesse tinctoriale est telle que son prix, qui doit s’abaisser notablement par l’extension de son usage, la rend déjà beaucoup plus economique que l’indigo. Plus inaltérable que lui par les agents oxydants, elle résiste plus énergiquement à l’action combinée de l’air et de la lumière qui la font jaunir.
- Quand cette matière colorante nouvelle, qui ne peut manquer de se répandre dans l’industrie, sera substituée à l’indigo ordinaire dans la confection des draps pour les militaires, l’Etat y trouvera une économie notable et l’avantage de fournir aux troupes des vêtements teints par une couleur plus solide et moins faciles à défraîchir. M. le Ministre de l’Instruction Publique a déjà compris l’utilité d’essais en grand faits dans ce sens, et bientôt deux ou trois divisions, choisies dans les lycées de Paris, seront vêtues avec des draps amenés avec cette matière colorante nouvelle, à la même teinte que les draps bleus teints à l’indigo qui servent ordinairement aux vêtements des élèves de nos lycées ; une comparaison faite avec soin permettra ainsi d’apprécier l’utilité réelle du produit nouveau.
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- CONFÉRENCES SUR L’ANILINE
- ET LES COULEURS DE GOUDRON DN HOUILLE Par M. Perkin.
- {Suite).
- La teinture du coton en pourpre d’aniline présente d’abord quelques difficultés. Dans les premiers essais, la matière colorante appliquée sans mordant donna une très belle nuance, et l’on se félicitait de pouvoir l'ob-tenir ainsi, lorsque l’on reconnut qu’elle ne supportait pas le lavage dans l’eau chaude et le savon, où elle disparaissait presque entièrement. Des mordants, tels que l’alun, furent essayés sans résultat.
- Quelques temps après, nous avons trouvé, M. Pullar et moi, pour cette teinture particulière du coton, unsprocédé fondé sur l’insolubilité des composés que la matière colorante forme avec le tannin. Suivant ce procédé, le coton est d’abord plongé dans une décoction de sumac, ou autre contenant du tannin, ensuite dans une solution de stannate de soude; et finalement, dans,l’eau légèrement acidulée par l’acide sulfurique. Le coton ainsi préparé contient un composé insoluble d’étain et de tannin, doué d’une grande affinité pour le pourpre d’aniline.
- Aniline sur coton.
- Le stannate de soude peut être remplacé par l’alun, ou par une solution d’un sel d’étain.
- Le même procédé a été reconnu_applicable à presque toutes les autres couleurs d'aniline et c’est aujourd’hui à peu près le seul que l’on pratique dansylaj Grande-Bretagne pour la teinture du coton. D’autres méthodes, il est ** "gts”* -,w-z=- rasnacat-..» -ein-v--.----.- catl...., -o....., vrai, ont été proposées, mais elles n’ont pas eu le même succès.
- Nous allons maintenant considérer les usages des couleurs de goudron de houille pour les impressions sur le calicot.
- La mauve, dès son introduction dans l’industrie, fût appliquée aux impressions d'une manière très simple; la matière colorante était mélangée avec de la gomme et de l’albumine, les étoffes en recevaient l’empreinte et subissaient encore l’action de la vapeur d’eau, la dernière opération rendait l’albumine inoslu-ble et fixait la couleur. La caséine et le gluten étaient quelquefois substitués à l’albumine.
- Impression sur coton,
- Peu satisfait de ce moyen mécanique de fixer le pourpre d’aniline, j’entrepris avec M. Grey une suite d’expériences à la recherche d’une méthode plus chimique, que nous parvînmes à trouver. Elle consistait à imprimer avec un sel de plomb, qui se convertissait ensuite, par une immersion dans une solution alcaline, en un oxyde ou un sel basique. Enfin, l’étoffe était plongée dans une solution bouillante de pourpre d’aniline et de savon. Nous obtenions ainsi une belle couleur dans les parties imprégnées du mordant, tandis que le savon conservait les blancs parfaitement intacts. Ce procédé, cependant, n’a reçu qu’une application très limitée, parce qu’il n’était praticable que pour les dessins d’une seule couleur.
- Peu de temps après, divers procédés furent brevetés pour fixer la mauve par le tannin; au fond, ils rentraient dans celui que j’ai décrit pour la teinture du coton; mais comme ils sont déjà hors d’usage, je ne m’arrêterai pas à en donner une description plus détaillée.
- Le procédé qui est aujourd’hui presque universellement usité dans le Nord fut découvert par M. Alexandre Schultz et moi-même ; il consistait à imprimer la matière colorante avec un mordant composé d’une solution d’arsenite d’alumine dans l’acétate d’alumine. L’étoffe qui a reçu l’empreinte de ce mélange est exposée à la vapeur d’eau pendant une demi-heure environ, et la couleur se trouve
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- ainsi solidement fixée sur les fibres. Ordinai-nairement, après l’exposition à la vapeur, on trempe l’étoffe dans l’eau de savon.
- Ce procédé a spécialement le grand avantage d’être compatible avec les plus grandes variétés de couleurs; il convient à presque toutes les couleurs de l'aniline aussi bien qu’à la mauve, et les nuances qu’il donne ont beaucoup de brillant.
- (La fin au prochain numéro.)
- REVUE SOMMAIRE
- DES BREVETS D'INVENTION
- Fabrication du chlore et des hypochloryles.
- M. Tessié du MOTAY est déjà titulaire d’un brevet — et de bien d’autres encore — pour la production du chlore, duquel brevet nous avons rendu compte ; celui ci a trait au même objet et ne paraît être qu’un développement du premier.
- L’inventeur propose, pour remédier à l’inconvénient résultant de la quantité de gaz inertes produits, lors de la décomposition du chlorure de manganèse, par un courant d’air et de vapeur d’eau :
- 1° De faire réagir l’acide chlorhydrique gazeux sur un mélange de chaux et de peroxyde de manganèse chauffé ; il obtient ainsi une première quantité de chlore pur ;
- 2° De diriger sur le chlorure de manganèse et de chlorure de calcium chauffée au rouge, un courant d’air ou d’oxygène, et de recevoir les produits gazeux qui en résultent (oxygène et chlore), dans des touries contenant en solution du chloure de manganèse mélangé avec un lait de chaux en excès : il se forme des hydrates de péroxyde de manganèse et des hypochlorites de chaux.
- En décomposant ces derniers par l’acide chlorhydrique, on dégage une nouvelle quantité de chlore, non mélangée de gaz inertes et qu’il est très-facile alors, comme pour la première, de faire absorber dans les chambres à condensation.
- Enfin, on régénère l’acide chlorhydrique combiné avec la chaux, en traitant le chlorure de calcium par le carbonate de magnésie, et en décomposant par la chaleur le chlorure de magnésium obtenu; on peut, du reste, remplacer
- directement, lors de la première réaction, la chaux par la magnésie, et éviter cette dernière opération. — Br. 92,313.
- Apprêt des étoffes. — Ordinairement on apprête les tissus sur des foulards, calandres, ou autres machines, sans que l’étoffe se trouve accompagnée dans son parcours autour des organes scheurs et lustreurs. MM. Motte et MEILLASSOUX font, au contraire, reposer la pièce sur un doublier sans fin, en matière quelconque.
- Un ouvrier, au lieu de trois, disent-ils, suffit dans ce cas à la conduite de la machine, les tissus saisis entre les cylindres et la toile sans fin, adhérent aux premiers dans toutes leurs parties, et se trouvent maintenus sur la largeur sans former de plis. — Br. 94,232.
- Production d'oocigène. — M. KIRKPATRICH ajoute de l’oxide hydraté, ou un sel hydraté quelconque, ou autre composé hydraté de cobalt ou de nickel, ou un mélange de ces substances, à un hypochlorite soluble, par exemple, l’hypochlorite de chaux.
- Le composé de cobalt ou de nickel, venant en contact avec l’hypochlorite, se décompose, donnantnaissance à un précipité noir de suroxyde à l’état hydraté. Ce précipité agissant sur l’hypochlorite, rend libre l’oxygène contenu dans ce dernier. Le gaz oxygène se dégage avec effervescence et on peut le recueillir dans un gazomètre.
- Les sels de chrome ou de nickel sont ensuite transformés pour redevenir aptes à produire la même réaction, de sorte qu’ils ne remplissent qu’une action de présence et peuvent servir indéfiniment. — Br. 89,787.
- Encollage végétal pour fils de laine.— MM. DELATTRE se sont proposé d'échappper aux inconvénients des colles animales telles que gélatine, colle forte, collette, exclusivement employées jusqu’à ce jour au collage des fils de laine ourdis pour le tissage. Ces colles, additionnées ou non de suif, de paraffine, de gly-cérine, etc., pour donner plus de moëlleux à la chaîne, coûtent cher, se corrompent rapidement et sont cassantes après séchage.
- Les brevetés leur substituent un parement à base de fécule, où la gélatine n’entre que dans une faible proportion - 10 0/0 environ.- Ce
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- produit revient à 80 fr. les 100 kilog. au lieu de 200 à 250 fr., prix, ordinaire des colles animales. — Br. 93,051.
- Impression économique stir étoffes. — Sous ce titre, M. Façon décrit un châssis à compartiments peu différent de ceux en usage et qui, recevant plusieurs couleurs dans un ordre déterminé, permet de prendre toutes ces couleurs avec la même planche, et de les imprimer d’un seul coup , ce qui simplifie le travail et économise les frais de gravure.
- Dans ce châssis, les couleurs différentes sont, séparées par des petites cloisons ou tringles mobiles qui s’arrêtent sur les bords du premier châssis à l’aide de rainures qui y sont pratiquées; le second châssis s’abaisse à charnières et recouvre le tout; il s’imprègne des couleurs par imbibition et sans les mélanger ; c’est sur ce dernier châssis qu’on applique la planche pour la charger de couleurs. — Br. 88,940.
- Tendeur pour la teinture des soieries. — M. Jolly construit son tendeur à l’aide de deux disques fixés à l’extrémité de deux tubes entrant et glissant l’un dans l’autre sur un axe, de façon à pouvoir s’allonger à volonté; on les arrête au point voulu, en entrant une cheville dans des trous disposés de distance en distance et correspondant entre eux sur les deux tubes concentriques et sur l’axe. Des barrettes placées sur quatre points de la circonférence des disques maintiennent une tension régulière.
- Les disques portent sur leur surface intérieure une spirale en tringle de cuivre sur chacune desquelles l’étoffe est fixée par des lisières au moyen d’un faufilage, c’est-à-dire en passant un fil qui prend la lisière et vient s’attacher sur la spirale. — Br. 93,518.
- (A suivre.)
- LA TEINTURE ET LES APPRÊTS A REIMS (suite).
- Les pièces doublées subissent ce qu’on appelle l’apprêt proprement dit, qui se divise en deux opérations : la première est le mouillage par une pluie obtenue par le moyen d’une injection d’eau au travers d’un tamis, ou bien par la rotation rapide d’une brosse cylindri
- que àdongs poils tournant rapidement, à moitié plongée dans un bain.
- Le tissu mouillé passe ensuite dans une machine composée de trois cylindres creux chauffés par une injection de vapeur; deux cylindres sont sur le même plan, le troisième est surélevé; deux rouleaux d’un plus petit diamètre maintiennent l’étoffe dans sa marche autour des gros cylindres. Laten ion est assez forte pour que ce soit le tissu lui-même qui imprime une rotation au cylindre ; la traction se fait plus ou moins rapidement, suivant qu’on élève ou qu’on abaisse la disque à friction mettant en marche l’appareil entier. Cette machine a été inventée et est construite par M. Tulpin, de Rouen, auquel l’industrie des apprêts doit une partie de son outillage.
- Au sortir des' cylindres, l’étoffe est conduite par deux hommes, qui la pincent fortement avec leurs doigts de chaque côté, régularisant ainsi le doublage et l’enroulement sur le dernier rouleau. Le mérinos est alors terminé et bon à être livré au commerce. On le plie en le mesurant au moyen d’un petit appareil appelé rectomètre, composé d’une règle graduée portant deux potences mobiles en fer, sur lesquelles sont disposées de petites plaques de cuivre numérotées et armées d’une pointe ; l’étoffe est tendue d’une potence à l’autre, et chaque pli est arrêté entre chaque plaquette.
- On obtient ainsi une tension parfaite et un mesurage exact, après lequel on enroule l’étoffe sur uue planchette, qui doit être assez serrée pour que, le rouleau étant une fois formé, aucun effort ne puisse le retirer du centre; on ajoute ensuite les bandes, étiquettes et autres accessoires, et il n’y a plus qu’à expédier.
- Comme nous l’avons dit, MM. Neuville et Minelle teignent aussi les fils en échées, que l’on cheville d’abord en les nouant très-serrés, et que l’on plonge dans cet état dans un bain d’eau chaude ; on les dénoue après ce bain, et on enfile les matteaux sur les bâtons placés en travers de la cuve et qui supportant les fils plongés dans le bain colorant. On fait de temps en temps tourner les échevaux autour du bâton, en ramenant en haut ec qui plongeait dans le liquide, et quand on juge l’application terminée, on lave à l’eau les fils de laine et on les sèche à l’air.
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- L’établissement comprend aussiun lavage de laines pour les fabricants qui n’ont pas d’usines et qui font tout faire à façon. Le lavage s’exécute dans des piles analogues aux piles de papeterie, dans lesquelles l’eau et la laine sont entraînées dans un mouvement de rotation déterminé par une roue à palettes. Le séchage est le résultat du passage dans une grande machine Pasquier à mouvement continu.
- MM. MARGOTI n -Compas donnent aux tissus cardés, à l’exception de la teinture, toutes les manipulations nécessaires pour faire de ces tissus encore en toile une véritable étoffe. Ces manipulations, connues sous le nom général d’apprêts, sont plutôt, suivant nous, une véritable terminaison de fabrication, tandis que, pour les tissus de peigné, l’étoffe est complète, et par conséquent terminée lorsqu’elle arrive chez l’apprêteur.
- L’apprêt des mérinos, quel que soit leur finesse et l’usage auquel on les destine, est presque toujours identique ; il n’en est pas de même des tissus en laine cardée, dont le traitement varie à l’infini, suivant qu’ils sont des bolivars, des flanelles, des molletons, des veloutés ou des confections d’un aspect bien différent ; aussi la maison de M. Margolin renferme-t-elle un grand nombre d’appareils et de machines diverses pour exécuter ces traitements variés.
- Presque toutes les étoffes en fils de laine cardée recevant un foulage plus ou moins énergique, M. Margotin a été conduit à établir récemment, sur les bords de la Vesle, une usine consacrée spécialement au foulage. C’est un vaste et bel atelier, qui renferme trente machines appelées improprement piles anglaises, car elles nous ont semblé analogues à celles de M. Malteau, que nous avons vu fonctionner àLouviers, dans les établissements de M. Raphaël Renaut.
- Outre ces piles de nouveau modèle, il se trouve encore dans l’atelier trois grandes piles de l’ancien système, dans lesquelles l’étoffe est frappée par de gros marteaux à foulons soulevés par des cames. L’usine est assez puissamment organisée pour avoir pu, en un jour, achever le traitement de deux cent cinquante pièces d’étoffes.
- La flanelle et les bolivars sont dégraissés par un passage dans un bain alcalin, entre les deux cylindres d’an appareil nommé carcer, qui, tout en lavant l’étoffe, lui donne un léger foulage. Après le dégraissage, les tissus sont séchés à l’air dans les grands séchoirs, puis renvoyés chez le fabricant quand ils doivent être dépouillés ; cette opération apourbut d’enlever, à la pince, les petites pailles et autres débris végétaux rebelles à la teinture ou ne prenant pas la couleur de la même façon que la laine.
- Des études récentes avaient fait espérer qu’il y aurait un intérêt industriel à faire chimiquement cet épaillage. Par un passage dans un bain attaquant les parties ligneuses et respectant la matière animale de la laine on pourrait, sinon détruire, au moins modifier assez la porosité des pailles pour qu’elles puissent accepter la teinture sans faire tache; mais cette opération n’a pas donné jusqu’à présent un résultat sérieusement économique; l'épail-lage se fait donc encore à la main chez la plupart des fabricants.
- (A suivre).
- PROGRAMME DES PRIX
- PROPOSÉS PAR LA SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE MULHOUSE (suite).
- IX
- Médaille d’honneur pour une amélioration importante dans le blanchiment de la laine ou de la soie.
- Le blanchiment des laines et de la soie est encore très incomplet ; ces opérations réitérées par lesquelles on passe les laines et la soie suffisent à peine à les dégraisser et à réduire leur matière colorante, sans toutefois la détruire. Les laines et les soies d’apparence blanches tiennent cette qualité bien plus de celle de la matière première que de l’effet du blanchiment.
- Le procédé que nous exigeons devra réussir sur toutes les qualités de laines ou soies, sans adjonction de l’azurage complémentaire avec lequel on imite un faux blanc. Il devra supporter un vaporissage d’une heure et ne. pas nuire aux couleurs d’impression.
- X
- Médaille d’honneur pour un procédé de blanchiment enlevant aux tissus de coton écrit
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- toutes les substances amylacées qu'ils peuvent renfermer, sans altérer le tissu, et sans augmentation notable de dépenses.
- Les procédés généralement en usage, tels que la fermentation et le lessivage en chaux, n’enlèvent qu'imparfaitement et irrégulièrement ces substances. L’emploi de la diastase, préconisée pendant quelque temps , n’a pas donné dans la pratique les résultats qu’on en espérait.
- La fermentation, procédé rationnel autrefois employé, a été abandonnée à cause de la trop grande quantité de pièces altérées qu’elle a occasionnée. Cette altération serait d’autant plus à craindre, que l’on opère aujourd’hui sur de plus grandes masses.
- XI
- Médaille de ire classe pour un mémoire sur l’emploi des résines dans le blanchiment des tissus de coton.
- Le mémoire devra indiquer à quelle époque remonte l’emploi du savon de résine, le rôle qu’il joue dans le lessivage des tissus, les proportions dans lesquelles la résine doit être employée, le meilleur mode de préparation de savon de résine, ainsi que les qualités des résines qui conviennent le mieux ; enfin si les savons faits avec des corps gras, tirés du règne végétal ou animal, peuvent remplacer le savon de résine, en donnant les mêmes résultats.
- XII
- Médaille d’honneur pour une encre devant servir à marquer les tissus de coton destinés à être teints en fonds unis rouge pucé et autres couleurs foncées. Cette encre doit encore res' ter apparente après avoir subi toutes les opérations que ces teintures exigent.
- Les tissus introduits en Alsace à charge de réexportation sont marqués par la douane avec une encre composée de goudron, de noir de fumée et de plombagine.
- L’estampille ne peut être rendue visible après la teinture en uni des couleurs sus-men-tionnées, qu’en décolorant la partie du tissu sur laquelle la marque a été apposée (et qui nécessairement a dû être entourée d’un fil avant teinture).
- Bien souvent il ne reste plus trace de l’estampille, et il résulte de ce fait de graves inconvénients pour le fabricant II s’agirait donc de trouver une encre qui non-seulement
- résiste aux opérations du blanchiment, mais encore fasse réserve sous les couleurs indiquées. ip to
- XIII
- Médaille d’honneur pour un mémoire sur le rôle que jouent les diverses espèces de coton dans le blanchiment et la coloration des tissu:.
- La crise cotonnière a amené sur les marchés d’Europe une grande variété de cotons. Certaines qui n’avaient jamais été employées qu’à titre d’essai, le sont maintenant d’une manière presque générale.
- Les tissus pour impression étaient, il y a quelques années, formés uniquement de files en Louisiane et Jumel, ou en Géorgie longue soie. Aujourd’hui, une grande partie de calicots se font en coton des Indes, ou du Levant pur ou mélangé de Louisiane; des cotons du Brésil remplacent des Jumels, etc., etc., en un mot, la nature des filés destinés à la fabrication des tissus a subi de grandes modifications, et l’impression est obligée d’employer des tissus faits avec des cotons de toute provenance.
- Le mémoire devra indiquer la solidité relative des divers cotons, l’action qu’a sur eux le blanchiment, leur affinité pour les morde nts organiques et inorganiques, ainsi que leur affinité pour les matières colorantes.
- XIV
- Médaille de ire classe pour un bleu qui puisse servir à l’azurance des laines, et résister à l'action du vaponsage et de la lu mière.
- Les bleus dérivés de l’indigo et additionnés d’une certaine quantité d’extrait de cochenille ammoniacale , sont ceux généralement employés ; mais ils donnent un azur qui manque de fraîcheur.
- Le bleu d’aniline conviendrait beaucoup, sans sa grande fugacité à la lumière.
- L’outremer a l’inconvénient d’être en partie détruit par l’acide sulfureux qui accompagne généralement la laine. Cette altération a surtout lieu pendant, le vaporisage.
- Enfin, le bleu de cobalt pourrait être employé avantageusement dans certains cas, si on parvenait à le livrer plus divisé et surtout moins dense que celui qu’on trouve dans le commerce.
- (A continuer).
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- BREVETS RÉCENTS
- CONCERNANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES.
- 94754. — 6 avril 1872 : Gicétat afue, Lyon. — Régénération et utilisation des bains de chromate ayant servi à la teinture.
- 94762 — 3 avril : Rissoan, Lyon. — Machine à lisser pour la teinture des écheveaux, et pour le lavage et dégommage.
- 94767. — 3 avril: Vigoureux^ Paris. — Perfectionnement aux fils moulinés teints ou non, pour tissus chinés.
- 94 03. — 6 avril: Adamson^ Paris.—Traitement des poils, soies et plumes.
- 94804. — 8 avril : Anthony, Paris. — Couleur végétale pour le beurré.
- 9 4808. — 25 avril : Bourry, Sedan. — Perfectionnement dans l'épaillage chimique, et dans la séparation de la laine et des substances végétales des chiffons.
- 94846. — 12 avril (et brevet anglais) : les sieurs Duncan, Paris. — Perfectionnement dans la. teinture à la garance.
- 94892. — 6 avril: Simon, Paris. —Machine à laver.
- 94917. — 15 avril : Hottelart^ Paris. — Machine à laver.
- 94947. — 29 avril : G>atz, Rouen. —Appareil à laver les textiles.
- 94962. — 19 avril: Rydill, Paris. — Procédés et appareils pour extraire les substances végétales des laines et autres matières animales, sans en altérer la couleur ni le brin.
- 94997. — 6 mai : Tourne à Entraigues (Vaucluse). — Extraction du principe colorant de la garance, et utilisation des résidus.
- 95026. — 27 avril: Richenod, Lyon. — Pliage-enveloppe des rubans de velours et autres.
- 95030. — ?4 avril : Rydill, Paris. —Machine à sécher et nettoyer les matières végétales et animales.
- 95052. — 26 avril: Limendoux^ Paris. — Application de l'impression aux feuillages artificiels.
- 95087. — 22 mai : Manchant-Reghin, Lille. — Perfectionnement dans les appareils de teinture. v ' "
- 95139. — 2 mai: Clavel^ Paris. — Perfectionnement dans l’apprêtage des étoffes.
- 95161. — 3 mai : Sevoz et Chagnand, Paris. — Fabrication de l’orseille et de son extrait.
- 95265. — 13 mai : Vial, Paris. — Procédés d’impression pour tissus et papiers.
- 95310. — 29 mai : Dessaigne^ Villefranche (Rhône). — Application de la vapeur aux étoffes pendant le calandrage, apprêt dit moire-vapeur.
- 93338. — 22 mai : Renand^ Paris. — Perfectionnement dans le dégraissage et la teinture des bobines de fils, et aux appareils qui s’y rapportent.
- 95369. — 23 mai : Bolvin et Chanudet, Neuilly (Seine). — Machine laveuse.
- 95377. — 23 mai : Fillion, Paris. — Machine pour l’apprêt des étoffes destinées à la fabrication des fleurs.
- 95462. — 13 juin : Sauvage, Rouen. — Couleur lilas grand teint spécial pour les mouchoirs de Bolbec.
- 95464. — 29 mai : Agnellet, Paris. — Perfectionnement dans l’apprêt des tissus.
- CERTIFICATS D’ADDITTION
- Bastaent:8 avril. — Blanchiment Ides fils et tissus. — B. 89735.
- Lamy fils : 11 avril. — Couleur puce-grenat de naphtylamine. — B. 92209.
- Rieu: 24 avril. — Extrait de garance. — B. 88704.
- Vigouneux ; 27 avril. — Fils moulinés. — B.94767.
- Boullier : 11 mai. — Etiquettes-attaches métalliques pour échantillons. — B. 91676.
- NOUVELLES
- Les nouveaux droits d’importation ^Fin}. — Il sera perçu à l'importation des produits fabriqués, à titre de compensation des taxes établies sur les matières brutes, les droits supplémentaires ci-après:
- « Fils et tissus coton pur.
- « Fils de lin et de chanvre : les... 100 kil.
- « Simples et écrus................. 3 95
- « — crémés, lessivés ou teints. 4 55
- « — entièrement blanchis.... 5 15
- « — retors écrus........... 4 10
- « — lessivés, crémés ou teints. 4 75
- « — entièrement blanchis...... 5 45
- « Fils de jute de toutes sortes, 1 fr. 40.
- « Tissus de lin et de chanvre écru, 4 fr. 15. « Lessivés, crémés ou teints, 5 fr.
- « Enierement blanchis et imprimés, 5 70.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- « Tissus de jute de tous sortes, 1 fr. 50.
- « Filets de pêche, 4 fr.
- « Ficelles et ficellerie, 3 fr. 40.
- « Fils de caret, cordes et cordages goudronnés, 2 fr. 50.
- « Fils et tissus d’abacca, de phornium tenax, d’aloès et d’autres végétaux filamenteux non dénommés, régime des tissus de lin et de chanvre.
- « Tissus de soie et de bourre de soie et soies teintes à coudre et autres, sans surcharge de teinture ou avec surcharge de moins de 22 0/0, 2 fr. le kilog.
- « Id., avec surcharge de 25 à 100 p. 100 2 fr. le kilog.
- « Id., avec surcharge de 100 à 200, 2 fr. le kilog.
- « Id., avec surcharge de plus de 200, 2 fr. le kilog.
- « Les rubans de soie, de velours et autres, acquitteront, en sus des droits actuels, 2 fr. par kilogramme.
- « L’admission temporaire est autorisée à l équivalent pour les soies et les déchets de soies à réexporter après moulinage et peignage.
- « Les soies seront admises en entrepôt fictif ou réel dans les magasins généraux ou particuliers désignés par l’administration des douanes.
- « Laines dégraissées et blousses (déchets du peignage) 2 0/0 de la valeur. :
- « Fils de laine, peigné, écrus, simples, 2 p. 100 de la valeur.
- « Id. peignée, écrus, retors, non grillés et grillés, 2 p. 100 de la valeur.
- « Id. peignée, teints, simples et retors, 2 p. 100 de la valeur
- « Id cardée, écrus, dégraissés et non dégraissés, 2 p. 100 de la valeur.
- « Id. cardée, teints, dégraissés et non dégraissés, 2 p. 100 de la valeur.
- « Tissus de laine, draps et autres tissus similaires, écrus et teints, 2 p. 100 de la valeur.
- « Tous antres, en fils simples, écrus et teints, 2 p. 100 de la valeur.
- « Id., tous autres en fils retors : même quotité augmentée de 5 fr. par 100 kilog.
- « Fils de poils de chèvres, de chevreau et de chameau : même régime que les fils de laine.
- « Tissus de poils de chèvre, de chevreau et de chameau, châles ou écharpes de cachemire des Indes: régime actuel.
- « Id., autres: régime des tissus de laine:
- « Fils mélangés de toutes sortes : régime des fils entièrement formés de la matière dominante en poids dans le mélange.
- « Tissus mélangés de toutes sortes, la matière dominante en poils entrant dans le mélange : pour 75 pour 100 en plus régime du
- | tissu entièrement formé de la matière domi-Inant en poids le mélange.
- « Id., pour moins de 75 pour 100 et plus de 50 pour 100: les 315 du droit supplémentaire applicable au tissu formé de l’autre matière dominant en poids dans le mélange et les 2[5 du droit supplémentaire applicable au tissu formé de l’autre matière.
- « Fils et tissus en poils de vache et autres poils gossiers, 2 fr. les 100 kilogrammes.
- INFLUENCE DES COULEURS SUR LA SANTÉ. — Lorsqu’un appartement est peint avec certaines couleurs, il est impossible à ceux qui l'habitent de conserver la sérénité et l’élasticité d’esprit ordinaires.
- Un correspondant du Builder, journal scientifique américain, dit qu’il s’est trouvé amené à examiner les locaux occupés par des jeunes ouvrières dans les manufactures, et qu’il a remarqué la bonne humeur et la santé de ces ouvrières dans certaines pièces, tandis que les travailleuses qui se tenaient dans des appartements voisins et qui étaient occupées au même genre de travail étaient mélancoliques, et se plaignaient de vives douleurs à la face et dans les yeux; souvent même ces dernières tombaient malades et devenaient incapables de faire leur travail. La seule différence que cet observateur put trouver dans ces locaux, c’est que les premiers étaient entièrement blanchis à la chaux, tandis que les autres étaient revêtus d’une couche d'ocre jaune. Il fit aussitôt laver les murs de ces derniers et les fit blanchir à la chaux. Aussitôt, la santé et l’humeur des ouvrières, qui occupaient ces chambres, redevinrent normales.
- Poursuivant ces expériences, non seulement dans les grandes manufactures, mais dans les petits appartements et même les mansardes, il acquit bientôt la certitude que les habitants des chambres peintes à l'ocre étaient moins bien portants et plus tristes que ceux dont le logement était peint à la chaux. Le changement de peinture suffisait toujours, du reste, à amener un changement dans l’état physiologique des occupants. Il semblerait donc que l’on doive proscrire . absolument 1 ocre jaune de la peinture des murailles d’appartements destinés à Thabitation.
- Pour kousdles. articles non signés :
- P. Blondeau.
- F. GOUILLON, Directeur-Gérant.
- Paris.— imp. Turfln et Ad. Juvet, 9, cour des Miracles.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 15e VOL., no 18. 20 SEPTEMBRE 4872
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- Sommaire
- Exposition d’économie domestique à Paris : Machines et outils, par M. F. GOUTLLON. — Nouveau colorimètre de M. J. Salleron (gravure). — Couleurs modes, bruns, marrons, solitaires, cafés, etc,, par M. G. Van Laer. (Suite). — Conférences sur l'alinine et les couleurs de goudron de houille (échantillon), par M. PERKIN (fin).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : La teinture et les apprêts à Reims (fin: — Procédé d'argenture sur tissus et autres matières. — Bibliographie : Guide du Teinturier, par M. Frédéric Fol.
- - 9S. l
- NOUVELLES : La Médaille de M. Chevreul. — Les écoles d’industrie de Rouen et de Lille. — Le mot de la fin. — Avis. . • • - , n id a.: •
- EXPOSITION UNIVERSELLE D'ÉCONOMIE DOMESTIQUE, A PARIS.
- Machines et Outils.
- L’Exposition d’Économie Domestique, fondée à Paris par la Société d’Encouragement des travailleurs industriels, a obtenu et obtient tous les jours un véritable succès, grâce aux efforts et à l’activité qu’a déployée son Comité d’organisation, notamment le président-fondateur, M. Troncin du Marsan, et le secrétaire-général directeur, M. Fleury-Flo-bert.
- Une entreprise de ce genre, conçue et mise à exécution par l’initiative privée, était une œuvre considérable où beaucoup se fussent fourvoyés, mais ces Messieurs connaissaient leur public, et c’est avec un grand sens pratique qu’ils ont obtenu tout le résultat qu’ils pouvaient souhaiter. A côté de l’intérêt tech-nique ou industriel que cette exhibition promettait et qui n’aurait peut-être pas suffi pour attirer un public très-nombreux, les administrateurs n’ont pas négligé d’y joindre l’attrait du plaisir et de l’agrément : les concours d’orphéons ont procuré un orchestre continuel, dont les accords entretiennent la vie et la gaieté dans cet immense palais qui, sans cela, n’eût été qu'un bazar ; les pigeons voyageurs sur lesquels l’attention publique s’est si vivement portée depuis le siège de Paris, sont encore un heureux moyen d’attraction, dont l’Exposition a su profiter; la consommation sur place des produits alimentaires liquides ou solides, depuis la limonade gazeuse et lali-queur fine jusqu’à la pâtisserie la plus délicate
- ou la plus commune, a aussi coopéré à ce succès.
- Ajoutons que le Comité a largement distribué des cartes d’entrée gratuites pour le dimanche, qui permettent aux familles d’ouvriers ou d’employés de prendre part à ces petites fêtes, en même temps qu’elles amènent une foule qui, à la vérité, rapporte peu à l’Administration — et beaucoup aux exposants — mais la foule attire la foule, et le public payant ne tarde pas à suivre les porteurs de cartes.
- Enfin, pleine de déférence et d’attentions pour la presse, qu’elle sait constamment tenir en haleine par des communications et des invitations continuelles, l’Administration trouve auprès des journaux, grands ou petits, un concours aussi actif que sympathique: mieux avisée'en cela que sa collègue de Lyon, qui par ses procédés peu courtois à l’égard des représentants de la presse, n’a recueilli qu’une sorte de conspiration du silence, fort préjudiciable à son succès, mais surtout aux intérêts des exposants.
- L’Exposition de Paris, après un début quelque peu douteux, n’a donc pas tardé à capter l’attention du public, elle s’est imposée au Parisien et est devenue un but de promenade et un des agréments de la capitale pendant cet été.
- La partie industrielle a, peu à peu, fini par y tenir une place sérieuse ; toutefois, ce qu’on appelle la grande industrie, ou plutôt la grande construction mécanique, y fait défaut; on remarque cependant les génératettrs ineœplo-sibles de MM. BELLEVILLE et Ce, et une très-belle exposition de la maison Suc et Chauvin,
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- consistant en wagons renversibles installés sur rails, en treuils, bascules à bestiaux, et autres instruments de levage et de pesage.
- En ce qui concerne les machines et instruments à l’usage des industries tinctoriales, il y en a également peu qui s’adressent à la grande fabrication; la qualification « d’économie domestique » donnée à cette exposition a fait croire qu’elle ne comportait que des objets utilisables dans les ménages, aussi sout-ce plutôt des instruments à l’usage du dégraissage que l’on y remarque.
- Dans la galerie des machines, nous rencontrons, cependant, une jolie série de cylindres cannelés pour filatures, et pour le chinage des fils en écheveaux, ces derniers, qui nous intéressent le plus particulièrement, paraissent être une spécialité de l’exposant, M. MATON; une vitrine spéciale en contient une collection sur dessins variés, et avec les spécimens d'im-pression à l’appui ; ces cylindres, naturellement, sont très-beaux et très-soignés.
- Non loin de là, une essoreuse en mouvement attire l’attention ; cette machine, exposée par M. Legrand, est du modèle à arcade complète; elle fonctionne par cônes à friction, et la pression des cônes est produite par une vis à volant, faisant appuyer ou écarter à volonté le cône plateau du cône en papier ; cette essoreuse fonctionne par courroie reliée au moteur de l’établissement, mais elle peut aussi fonctionner à bras à l’aide de deux manivelles placées sur un arbre horizontal qui se relie à celui qui porte le cône par un engrenage; rien, de particulier du reste, d ns cette machine, qu’une construction très-soignée, comme sont d’ailleurs, tous les modèles d’exposition.
- Dans la grande nef, nous nous arrêtons un instant devant l’intéressante exposition de MM. J. DECOUDUN et Ce; là nous retrouverons les machines de ces constructeurs que le Moniteur de la teinture a récemment décrites : d'abord leur nouvelle essoreuse, celle représentée par la figure 14 de notre journal (1); ce genre d’appareils, surtout le modèle à manivelle plaît beaucoup au public compétent qui l’adopte volontiers pour ses ateliers. Voilà
- (1) Numéro de juin, année courante, page 119; | voir aussi la figure 18, dans le numéro de juillet, page 138.
- ensuite les machines à repasser (1) qui fonctionnent devant le public ; elles repassent des rideaux brochés, des étoffes d’ameublement et autres ; ces tissus en sortent parfaitement unis et apprêtés, et ce résultat est obtenu sim-plement en tournant une maniyelle ijet en pressant légèrement du pied; ce travail test nouveau pour la plupart des visiteurs, àùssi attire-t-il une grande affluence de curieux. L’exposition de MM. Découd un, contient encore une machine à laver, sorte de caisse longue montée sur tourillons, et tournant ou basculant comme toutes les machines de ce genre; elle n’a rien de particulièrement remarquable, mais la même maison construit une autre machine à augets et à comparti-ments, plus industrielle; d’ailleurs, l’une et l’autre n’intéressent que le blanchisseur et non le teinturier, car leur fermeture n’est pas assez hermétique pour y travailler à la benzine. Nous remarquons, enfin, des lessiveuses de ménage à circulation intérieure, etc.
- Du reste, l’Exposition renferme un assez grand nombre de lessiveuses économiques — e’est, en effet, un véritable article d’économie domestique. —Nous mentionnerons, en passant, celles de M. Moisson ; comme tous les appareils de ce genre, elle consiste en un vase en tôle galvanisé; l’intérieur est garni d’un double fond percé, sur lequel repose le linge au milieu duquel s’élève un tube communiquant avec l'espace réservé entre les deux fonds ; le vase rempli de linge et garni de lessive à moitié de sa hauteur, étant chauffé, et la lessive portée à l’ébullition, celle-ci s’élève par le tube central, se déverse sur le linge, le traverse et regagne le fond pour remonter encore par le tube, et ainsi de suite tant que dure l’ébullition ; pour que cette lessive se répande plus uniformément sur toute la masse du linge, elle retombe — dans les appareils Moisson — sur une plaque percée de trous qui recouvre le linge et conduit le liquide sur toute la surface du linge en lixiviation. La maison Moisson expose aussi et vend des planches à fouler pour l’usage domestique en disant « qu’elles remplacent la brosse tout en usant moins le linge; que les teinturiers
- (1 ) Voir Moniteur de la Teinture, numéro d’août, page 161 et suivantes.
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- s’en servent mais qu’ils ont intérêt à ne pas les faire connaître, etc., » les saillies de ces planches ont beaucoup moins de relief que celles employées par les teinturiers, mais elles n’en usent pas moins considérablement le linge car, contrairement à l’opinion de ce fabricant, on sait que rien ne détériore autant les tissus que les fouloirs.
- Une autre maison, MM. LEMAITRE et GUIL-LENOT, expose aussi des fouloirs à l’usage des ménagères, ceux-ci sont constitués par une feuille de zinc ondulée fixée sur une planche en bois, le relief est encore peu prononcé; cela, d’ailleurs, est préférable pour leur destination.
- M. BEAUME expose également des appareils à lessives, puis des pompes de différents modèles, et une laveuse mécanique ; cette laveuse n’est autre que la boîte cubique que M. Iwas-kiewicz (dit rolonais) avait imaginée et vendait sous le nom de Turbulente ; c’est une des premières machines à laver que le teinturier a pu utiliser pour faire les empleins à la benzine (1) ; l'appareil à benzine de M. Iwas-kiewiez était en bois doublé intérieurement de cuivre, et fermé par un obturateur vissé; ce modèle était parfaitement étanche ; celui exposé est en bois et est destiné au lavage au savon,, mais le constructeur en faiten tôle galvanisée qui sont également bien clos et peu vent convenir au teinturier. Ges appareils sont toujours très-bons pour cet usage, mais ils ont été bien perfectionnés, ou plutôt dépassés par les modèles nouveaux que le Moniteur de la teinture a fait connaître (2).
- Le même constructeur est auteur d’un modèle spécial d’essoreuses qui ne figure pas à l’Exposition, mais qui présente quelques particularités originales ; nous le décrirons lorsque nous ferons une nouvelle revue des essoreuses. • D qibsito ] .
- Nous remarquons encore une lessiveuse américaine exposée par M. Michel; elle est caractérisée par un foyer placé au milieu du cuvier et chauffant la lessive de ce cuvier. Cette disposition peut être avantageuse pour l'écono-
- (1) En voir la description et le dessin dans le Moniteur de la teinture, année 1868, page 18.
- (2) Numéro du 26 fév., année courante, pages 35 et suivantes.
- mie du chauffage, mais il n’existe pas là cette circulation du liquide si nécessaire pour un véritable lessivage ; aussi l’Amérique nous paraît-elle avoir tort dans cette circonstance.
- Voici un petit appareil qui, sans être spécial à la teinture, peut y rendre des services : c’est un verse-touries j chacun sait combien il est incommode de prendre pour l’usage courant d’un atelier, les liquides contenus dans des touries ; les acides, principalement, ne sont pas sans danger à manier, et quelque soit le produit, on en perd toujours plus ou moins pendant ces transvasements ; à l’aide de l’appareil exposé, la manœuvre des touries pleines devient très-facile; cet appareil est une sorte de panier en fer monté sur tourillons, de façon à pouvoir basculer; dans ce panier on emboîte la tourie, et elle peut alors s’incliner pour verser sen contenu, ce qui n’exige aucune force, puisque le panier est articulé, ainsi que nous l’avons vu : un levier de fer muni d’une poignée aide encore à celle manœuvre. Il est évident que cette simple disposition facilite beaucoup le débit des liquides logés en touries ou en bombonnes.
- Nous sigoalerons enfin un poêle ou fourneau à chauffer les fers d repasser, exposé par M. HERMAND ; cet appareil est en fonte, à trois pans ou côtés ; chacun reçoit deux fers —pour quant au modèle destiné aux teinturiers, — une légère cloison mobile se rebat derrière les fers, et enferment ceux-ci dans une petite case directement chauffée sur le foyer même; ce foyer s’alimente par en haut, comme la plupart des poêles en fonte, et le conduit de fumée est placé sur un coin de l’appareil ; le dessus en est donc complètement libre, et peut servir à tout usage, à la cuisine par exemple ; ce mode de chauffage des fers paraît assez simple et commode; le foyer, un peu grand, doit cependant consommer beaucoup de combustible, quoique l’inventeur dise qu’il en économise 50 p. 4 00 sur les autres systèmes ; mais si on veut, en même temps, se servir de eet appareil pour chauffer un atelier, il devient alors tout à fait satisfaisant.
- Telles sont les quelques appareils que nous devions mentionner parmi ceux qui figurent à l’Exposition d’économie domestique ; la plupart ne se rapportent qu’accessoirement à la teinture ; mais ils l’intéressent néanmoins, et
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- en les perfectionnant, on perfectionne, en même temps, dans une certaine mesure, une branche importante des industries tinctoriales.
- Pour terminer cette revue, nous examinerens les produits directs, également peu nombreux, de la teinture et de l’impression des tissus.
- F. GOUILLON.
- X NOUVEAU COLORIMÈTRE
- De M. J. Salleron
- Le Moniteur de la Teinture a fait connaître les systèmes de colorimètres les plus usités, et a indiqué le mode d’emploi et les avantages de ce genre d’appareils (1 ).
- Celui dont nous donnons ci-dessous la description, est une modification pratique du colorimètre de M. Houton-Labillardière, modification imaginée par M. J. Salleron, et grâce à laquelle cet instrument a acquis une précision que les autres systèmes n’ont pas atteinte jusqu’à présent.
- Fig. 23.
- On sait que le procédé employé par M. Houton-Labillardière pour essayer les substances tinctoriales repose sur ce principe, que deux dissolutions formées avec des poids
- (1) Voir année 1869, pages 22, 136, 137, et année courante numéro du 20 janvier, page 19.
- égaux d’une même matière colorante dans des quantités égales d’eau, examinées comparativement dans des tubes de même diamètre, présentent des nuances identiquement semblables, et que des dissolutions faites avec des poids inégaux d’une même matière offrent des nuances dont l’intensité est proportionnelle à ces quantités.
- Le nouvel instrument, représenté par la fig. 23, se compose d’une boîte G ayant la forme d’une pyramide tronquée, fixée par un de ses côtés sur un support qu’on peut élever ou abaisser à volonté. A sa partie postérieure, la boîte est découpée convenablement pour qu’on puisse y appliquer le visage sans être incommodé pendant l’observation par la lumière extérieure. A sa partie antérieure, cette même boîte est terminée par un diaphragme composé de deux plaques métalliques noircies , percées chacune de deux fentes verticales ff' parfaitement identiques. Les deux fentes de la première plaque correspondent à celles de la seconde. En avant de ces plaques se trouve un miroir opalin R, qui sert à réfléchir la lumière diffuse dans l’intérieur de l’instrument. On peut régler à volonté l’inclinaison du miroir par une charnière et une vis de pression. Dans l’espace compris entre les deux plaques mé-talliques s’engage une cuve en verre T, formée de deux glaces séparées par trois cloisons en verre de même épaisseur; l’ensemble constitue donc deux tubes à faces parallèles fermés par le bas. A sa partie supérieure, la boîte G porte un support en cuivre S, sur lequel on fixe une burette divisée en dixièmes de centimètres cubes que l’on remplit d’eau. Au-dessous de la burette vient se fixer, sur le même support S, un tube en verre A servant d’agitateur et plongeant jusqu’au bas du tube T. Ge tube est fixé dans une armature métallique creuse, à l’extrémité de laquelle on adapte un tube en caoutchouc.
- Veut-on maintenant apprécier la richesse d’une matière colorante : on prendra des poids égaux de la substance à essayer, et d’un échantillon pris pour type et dvant servir de terme de comparaison; on dissoudra ces pesées dans des volumes égaux du dissolvant à employer suivant la nature de la substance, et, s’il est besoin, on filtrera pour obtenir des dissolutions parfaitement limpides.
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- S’il s’agit d'essayer, par exemple, une couleur d'aniline, on dissout 1 gramme de cette couleur dans un litre d’eau, si elle y est solu-ble ; sinon, dans 50 grammes d’alcool, auquel, après dissolution, on ajoute de l’eau pour compléter le volume d’un litre; il faut, pour servir de point de comparaison, avoir une couleur correspondante dont on est assez sûr de la J10V.D, USSnrod (II enD xIEA9 $1 9 J ) JIS, I.1 qualité, pour la prendre comme type; on fait dissoudre 1 gramme de cette couleur, de la même façon que celle à essayer.
- On prend 10 centimètres cubes de la liqueur à essayer, que l’on verse dans le tube de gauche, et l’on verse egalement dans le tube de droite 10 centimètres cubes de la dissolution type ; si l’une des liqueurs est plus colorée que l’autre (et ordinairement c’est celle du type qui présente le plus d’intensité), on y ajoute, à l’aide de la burette, quelques gouttes d’eau, et par le tube de caoutchouc, on y insuffle légèrement de l’air pour bien mélanger l’eau ajoutée, et la dissolution.
- On observe ensuite, en approchant la tête de l’appareil, si les deux dissolutions ont exactement la même couleur ; si l’identité des teintes n’est pas encore obtenue, on continuera à ajouter de l’eau par petites portions et à insuffler de l’air jusqu’à ce que cette identité se produise ; alors l’opération est terminée.
- On lit sur la burette le nombre de centimètres cubes d’eau employés, et le pouvoir tinctorial de la liqueur est en raison inverse des chiffres obtenus, c’est-à-dire que s’il a fallu ajouter 5 centimètres cubes d’eau, la capacité colorante de la couleur type sera à celle de la couleur essayée, comme 15 à 10.
- Pour recommencer l’expérience, on n’aura qu’à faire pivoter horizontalement la burette, retirer l’agitateur et l’ensemble des deux tu-bes à faces parallèles, les laver avec de l’eau et les remettre dans leurs positions primitives.
- Le même appareil sext aussi à essayer la qualité des noirs d’or destinés à la décoloration des jus sucrés; on opère sur des dissolutions décolorées par un poids connu du noir à essayer, et on compare cette décoloration à celle obtenue à l’aide d’un noir type; mais cela est an travail étranger à la teinture, dont nous n’avons pas à nous occuper ici.
- Cette méthode a été appliquée à quelques échantillons de diverses teintures, et le tableau
- ci - dessous indique les résultats obtenus. Quand on opère sur des liqueurs colorées en jaune, l’œil apprécie les faibles variations d’intensilé avec une très-grande difficulté, et pour cette couleur la méthode serait moins précise ; mais on remélie très-facilement à ce défaut en plaçant sur le réflecteur un verre bleu transparent. On obtient alors des teintes vertes dont les variations d’intensité sont très-sensibles à l’œil, et l’instrument devient d’une précision vraiment remarquable.
- Substances essayées Quantités dissoutes dans un litre
- Fuchsine...............Og.Ol Bleu d’aniline .... 0 01 Cochenille.............0 10 Bleu de Prusse. ... 0 05
- Vert végétal...........0 20
- Gomme-gutte .... 0 20
- Extr.deboisdeCampêch. 0 20
- Indigo.................0 02
- Teinture d’orseille. . 0 02
- Caramel................2 03
- Quantités appréciables
- 0 g.000007 0 000005
- 0 0002 0 00004
- 0 0006
- 0 00006 0 00002
- 0 00002 0 00003
- 0 0012
- A 1 inspection de ce tableau, on peut se convaincre que le nouveau colorimètre accuse des quantités de matière colorante inappréciables au moyen de la balance la plus sensible et de tous les colorimètres connus jusqu’à ce jour. On doit attribuer l’extrême précision de cet. instrument à ses dispositions, qui permettent de comparer les deux liquides sous la même épaisseur et en les éclairant de la même manière. La lumière est diffusée par le miroir, par conséquent elle est indépendante de l’état du ciel. Enfin, l’opération est très-facile à exécuter par la personne la moins expérimentée.
- Comme on le voit, les colorimètres ne remplacent pas l’analyse chimique ; ils ne peuvent que faire présumer si la couleur essayée est pure ou falsifiée; mais ils indiquent le pouvoir colorant des matières tinctoriales, et par conséquent leur rendement en teinture ou en impression ; cela est en définitive ce qui intéresse le plus le consommateur, et c’est à cette conclusion qu’aboutissent les essais chimiques.
- F. G.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 8
- -e
- COULEURS MODES BRUNS, MARRONS, SOLITAIRES, CAFÉS, ETC.
- Par M. G. Van LAER.
- (Suite)
- Le cachou fournit des teintures très-solides, cependant on n’en fait qu’un usage très-restreint pour la teinture des laines; des teinturiers prétendent qu’il rend la laine dure, raide, etc.; cela est exact, mais lorsqu’on lave à l’eau convenablement la laine teinté, cette raideur qui est due à la matière gommeuse du cachou, disparaît, son tannin influe aussi, mais peu; j’ai fait grand usage du cachou, et j’ai obtenu des laines parfaitement douces.
- La. véritable cause de l’emploi médiocre du | cachou, c’est, il faut bien le dire, le manque de | connaissances chez beaucoup de teinturiers. Quant à la raideur de la laine, n'y a-t-il pas des ouvriers qui rendent les laines raides, dures dans toutes leurs teintures, sans avoir besoin, pour cela, de se servir de cachou ?
- L’emploi du cachou est très-avantageux pour la solidité des couleurs, ainsi que pour le prix de revient, qui est moins élevé, pour beaucoup de nuances, que celui des procédés les plus généralement en usage; il permet de faire des couleurs très-variées, depuis les plus tendres jusqu’aux plus foncées, sans avoir recours pour cela à des doses doubles de colorant. Le mordant ou la matière brunissante, la dose ainsi que la durée seules, varient pour obtenir des gammes de nuances très-étendues.
- Généralement pour teindre avec le cachou, l’on ne mordance pas, à moins qu’il n’y ait mélange, c’est-à-dire qu’il ne se trouve en présence d’un colorant qui en exige, et encore cela dépend delà nuance à obtenir; sinon l'on fait simplement bouillir la laine avec lecachou que l’on réduit en poudre plus ou moins fine.
- La dose de cachou à employer varie de 10 à 30 kilogrammes par 100 kilogrammes de laine pour un premier bain; c’est à-dire que cette opération finie, on peut se servir du bain pour y faire d’autres teintures.
- Mes premières séries d’essais ont été obtenues dans un bain contenant 20 kilogrammes de cachou pour 100 kilogrammes de laine.
- Teinture.
- La laine, après avoir été parfaitement lavée, puis rincée, est teinte au bouillon; — la durée
- est d’une heure, — puis on la retire pour la brunir dans un deuxième bain à une température voisine de l'ébullition, excepté pour l’eau de chaux que l’on emploie à la tempéra-ture de ,50 degrés environ. ’ noHneoeet
- « .As —r oa I; n L oerov 9 nej8 •
- Nsin d’eau de chaux.
- 1 -109 OCI jovs norisag (109 9b Iaioq 9 b TIV Le bain d’eau de chaux se prépare en intro-39 Ho7n0D 1 1 0891109 ,19k duisant de la chaux dans un tonneau qu’on • 1000 d remplit ensuite entièrement d eau; I on remue Sl fin .1U9,09 93192 9. DMHTFT8 l 01010810 quelques minutes, 1 excès de chaux se dépose et l’eau reste parfaitement claire.
- V 31209013. [91 . 10 ' , ,
- La solubilité de la chaux dans l eau a ete déterminée par Dalton à une partie de chaux dans 778 parties d’eau à 10 degrés, et dans 1270 parties d’eau à 100 degrés : la chaux est donc plus soluble à la température ordinairo qu’à celle de l’ébullition; c’est pourquoi j’ai bruni à tiède. Lorsqu’on fait bouillir le bain, il se trouble et abandonne la chaux qui se fixe sur la laine. (1.) ‘
- J’ai fait une quantité de teintures au cachou avec des bains de différents degrés de concentration. J’ai trouvé que 20 kilogrammes de cachou pour 100 de laine en flocons, était la dose la plus convenable pour un premier bain
- ' , • 0012/00 910 $ ? II et pour plusieurs teintures, la lame absorbe très-peu de cachou, et ce qu’il y a de plus re-marquablé, c’est que j’ai obtenu dans un vieux bain des teintures aussi fournies qu’avec un bain neuf.
- J’ai produit quatre séries de nuances par 20 kilogrammes de cachou, obtenues en modifiant la dose de bruniture, la duree de l’opération et la température ; la première gamme a été brunie par le sulfate de fer et de cuivre; la deuxième, par le sulfate de cuivre; la troi-perrreter HA oe 1 004
- sième, par le bichromate de potasse, et la quatrième, par l’eau de chaux.
- Ces expériences m’ont démontré que la durée de l’opération, en se servant d’un bain faible, par exemple un 1/2 de bichromate pour 100 kilogrammes de laine est double du temps employé pour produire la même nuance avec un bain une fois plus concentré, la température restant la même ; c’est-à-dire que l’on peut obtenir une gamme dé* teintes dans un même bain de bruniture en modifiant la durée
- de l'opération. (A suivre.)
- (1) Je ne couseille pas l’emploi de la jchaux, elle rend la laine raide, son usage ne convient qu’au coton.dB. 9 1J8 807011183 apaleviD en anolinsne
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- • CONFÉRENCES SUR L’ANILINE u soin de donner aux nuances de leur choix le
- ET1 LES COULEURS DE GOUDRON DE HOUILLE néclistsnpism eaydoraesqmi 1US, onid P88L3 inp oostnold ParnM. PERKIN
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- Dans le cours de ces dernières années, l’attention s’es! portée sur l’impression du calicot en noir d'aniline.I Iei, la matière colorante n’est pas préparée séparément, elle se forme après l'impression. L'étoffe est imprimée avec un mélange d’un sel d'aniline, de chlorate de potasse et de sulfure de cuivre, épaissi par de l’empois; la.teinte est d’abord d’un gris terne: au bout de trois ou quatre jours, cette couleurS'est, d'elle zmeme ç 1 ang éeenunolixea sombre, qui devient parfaitement noir au moyen d’une immersion de l’étoffe dans uneq solution diluée de carbonate de soude,
- -n ) 2S418110 .130191 fin) Gillii.. 436 i.jbv
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- Cette couleur serait très solide si elle n’était sujette à prendre une teinte vert sombre par une longue exposition en plein air ; mallreu-reusement elle ne peut s’imprimer avec d'au-très couleurs, parceque, si l’on faisait agir la vapeur d’eau, le coton serait détérioré par le caractère acide du mélange employé pour sa formation'; elle peut, toutefois, être imprimée en même temps que lés mordants de la garance, ceux-ci peuvent être teints ensuite avec un mordant deplomb, de sorte qu’en plongeant l’étoffe dans un bain de bi-chrômaterder potasser, on peut obtenir un dessin noir et jaune ou orange. ) ‘ 9
- Les couleurs d’aniline ont opéré une veri-table révolution dans l’industrie tinctorfale. Eli même temps que les anciens procédés se sont trouvés simplifiés, le téinturier et l’im-primeur ont été mis en possession d’une collection de couleurs dont la richesse et la variété sont, pour ainsi dire, illimitées. Ces' industriels n'ont plus qu'à se préoccuper du
- degré d’Intensité qu’ils jugent convenable; s’ils ne trouvent'pas dans le commerce exac-tement telle nuance qu’ils désirent, sans pren-| dre la peine de la composer, ils s’adressent au manufacturier, qui satisfait immédiatement à leur demande.
- " 2 oogsleoi (1. 91 (I
- En outre de la teinture et de l'impression sur étoffes, plusieurs arts industriels ont béné-, ficié de la découverte de ces couleurs, notam-
- • ment la lithographie, l'impression topogra-i phique, l’enluminure des estampes, la peinture
- à l'aquarelle, etc. Toutefois, pour être appropriées à ces derniers usges, les couleurs de goudron de houille doivent ‘être converties en laques ou en mordants ' ; ar leur union avec | l’alumine ou quelque aulre base convenable.
- Mais beaucoup d’entre eux sont de nature basique,-et ne peuvent en conséquenee se combiner avec un oxyde métallique tel que l’alu-mine. Dans ce cas, on a mis à profit leur affinité pour l’amidon pulvérulent, et Ton a obtenu des produits brillants en combinant à froid de la poudre d.’amidon avee une solution aqueuse des matièresrcotôrantes. Malheureusement, la poudre d’amidon a peu de corps, elle ne couvrequ’imparfaitement, et l’on a dû : chercher d’autres laques. Celles qui"sonten usage aujourd’hui ont l’alumine pour base de leur composition, et on les obtient par l’Iris teryention du tannin et de l’acide benzoïque.
- On a/ fait de nombreuses tentatives pour retirer une laque dedl’aurine ou acide rosa-lique, et Fonly a réussi dans une certaine mesure, en précipitant; par l’alumine une solu-tio ide la matière colorantejon obtient ainsi un produit brillant d’une nuance rouge écar-late: mais.ce produit n’est bon que pour ses | usagesysur le papier p asb • ail 91 aasb DI '
- Les solutions des couleurs d’aniline prennent par l’évaporation'une teinte particulière de bronze, qui a été mise à profit dans la teinture, et qu’un caprice de la mode a souvent exposee à rios regards. Lés 'chapeaux de dames avecleurs plumes, les chapeaux d’hommes eux-mêmes, quand ils’etaientde la couleur en vogue, devaient leur lustre de bronze à ces derivesPdelahouifle. Les fabricants ne se firent pas toujours scrupule d’appliquer sur les Chapeaux cette couleur sans la fixer, et, le cas échéant, on se figure les-effets que peu-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- veut produire une ondée de pluie; le visage et les autres objets de toilette se trouvaient teints de la façon la plus fantaisiste.
- Les couleurs de l’aniline sont usitées comme encre à écrire, elles servent à colorier des savons, des articles de bimbeloterie, et mille autres sortes d’objets ; mais ces applications n’ayant qu’une minime importance au point de vue commercial, je ne m’arrêterai pas davantage à en parler.
- LA TEINTURE ET LES APPRETS a Reims, nor st noib {Fin)
- Certaines flanelles s’emploient à l’état écru, pour les autres on demande une blancheur qui ne peut-être obtenue par un simple dégraissage. Ces dernières sont pendues dans de grandes chambres où l’on a ménagé des cavités dans lesquelles on brûle du soufre en bâtons ou à l’état de fleur. Cette combustion dégage de l’acide sulfureux qui amène la flanelle à une décoloration absolue.
- Cependant un examen des pièces est nécessaire pour reconnaître et enlever, s’il est possible, les petites taches ayant résisté à l’acide; les plus fréquentes parmi ces taches sont causées par une sorte de résine avec laquelle les propriétaires de moutons, surtout en Australie, marquent leurs troupeaux.
- La partie de laine qui reçoit les marques, rejetée dans le triage par les fabricants de peigné, revient au tisseur de carde et, bien que séparée brin à brin dans la carde, dégraissée et filée, elle n’en apporte pas moins jusque dans le tissu des quantités imperceptibles de la matière agglutinante ayant servi pour apposer ces marques.
- Lors du passage dans les appareils chauds qui terminent les apprêts', cette matière, sorte de résine, en se fondant et s’étalant, formerait une tache très-visible sur la blancheur du tissu. Pendant la vérification, un ouvrier, armé d’un pinceau trempé dans de la benzine, dissout la résine et enlève ce qui deviendrait une tache. Les manipulations qu’on fait subir à ces flanelles blanchies au soufre, doivent être exécutées avec la plus minutieuse
- précaution, car si des mains, n’étant pas d’une propreté absolue, venaient à s’appuyer sur du tissu blanc, leur impression se marquerait en bleu foncé dans l’opération du bleutage qui suit la décoloration par l'acide sulfureux; en effet, presque toutes les flanelles blanchies sont après révision passées dans un bain très-léger d’indigo qui éteint un peu l’éclat trop vif du blanc.
- On blanchit les fils par le même procédé de soufrage.
- Le foulage, en épaississant l’étoffe, la rétrécit dans la largeur et la longueur : pour lui rendre l’étendue exacte demandée par le commerce, on fait subir aux étoffes foulées une sorte de ramage dans lequel les aiguilles sont remplacées par les mains de deux ouvriers qui étirent le tissu en large et en long. Pendant que l’étoffe se déroule avant de parvenir aux mains qui l’étirent, elle passe, encore mouillée, à 40 centimètres environ au-dessous d’un brasier de charbon qui la sèche sans la lisser comme le ferait un cylindre métallique chauffé à la vapeur.
- Lorsqu’on se sert de ce dernier moyen, on a soin d’envelopper le cylindre d’une toile très-grossière dont le contact conserve à la flanelle et au bolivar, le grain épais qu’on demande à ces étoffes ; quand on veut, au contraire, satiner certaines étoffes qui ont besoin d’être parfaitement lisses, on les met en carte, c’est-à-dire qu’entre chaque pli on place une lame de carton dure et polie, et l’on soumet le tout à l’action d’une presse hydraulique. Comme l’étoffe a besoin de rester quelque temps en pression, M. Margottin se sert du moyen employé à l’imprimerie nationale pour glacer les papiers, moyen que nous n’avons vu employer dans aucune autre usine. On fait agir la pression hydraulique sur des presses montées sur rails, que l’on amène auprès du corps de pompe et dont la platine, arrivée au degré convenable, est arrêtée sur les montants par de forts boulons ; ainsi serrée, la presse, au moyen de rails et de plaques tournantes est envoyée dans un magasin, et elle laisse sa place à d’autres semblables.
- Pour les étoffes qui doivent être pelucheuses et molletonnées, garnies en style d’apprêts, on fait passer sur des machines à lainer, armées de chardons qui relèvent le brin de
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- laine : pour celles qui doivent imiter le velours ou la peluche, on redresse tout à fait le poil au moyen de batteuses analogues à celles de M. de Montagnac, et l’on tond avec une tondeuse héliçoïdale.
- Tous ces traitements, quelque compliqués qu’ils soient, se font avec la matière elle-même sans addition de stéarine, ni d’amidon, ni de gomme, et, malgré le nombre et la diversité de ces apprêts, c’est toujours de la laine et un véritable tissu que vend le fabricant de Reims ; c’est une étoffe réelle qui peut supporter le frottement, la pluie, qui ne se fond pas, ne se croquebille pas, comme la plupart des étoffes dites apprêtées dans d’autres industries.
- MM. Boulogne et Houpin. — Apprêteurs et teinturiers, emploient 30 chevaux-vapeur, dont 16 pour force motrice. Le nombre de leurs ouvriers est de 100, tous en ateliers. Le chiffre annuel de kurs façons de teinture et d'apprêt s'élève à 600,000 francs.
- M. Boulogne est inventeur d’un appareil hydrofixeur, destiné à fixer mécaniquement le mérinos. Cette machine a donné lieu à un procès en contrefaçon ; pour lequel il a été fait un rapport qui donne de curieux détails sur l’opération du fixage (i).
- Voici, d’après MM. Dauphinot et Minelle, experts, l’historique abrégé des opérations préliminaires que l’on faisait et que l’on fait subir aux tissus de laines peignées, principalement avant la teinture et l’apprêt : « Si, à Reims, nous remontons avant 1840, le mérinos sortant du métier à tisser était passé dans une machine tordeuse, et il était ensuite dégraissé, passé dans un bain d’eau pour le rincer; il était placé sur roule, immergé dans un bain d’eau chaude, et enfin livré à la teinture.
- « Vers la même époque, la machine dite foulard, paraît, avoir été apportée à Reims par M. Mongrenier ; le mérinos sortant du métier à tisser était tondu, dégraissé sur la machine dite foulard, rincé, immergé dans l’eau chaude, et livré à la teinture. Après 1840, la tondeuse fut remplacée par l’opération du gril-
- (1) Voir le dessin de cet appareil dans le Moniteur de la Teinture, années 1870-71, page 145.
- lage ; le mérinos fut grillé, dégraissé, soit au foulard, soit dans les machines en usage avec l’industrie, puis immergé dans l’eau chaude.
- « Vers 1852-54, le tissu fut grillé, mis sur roule, le roule immergé dans l’eau chaude ; l’opération du dégraissage se fit seulement après l’immersion ; il y eut, à cette époque, un véritable progrès, la contexture du tissu chinois fut fixée, et les opérations qui suivirent le dégraissage, la teinture, ne virent pas altérer le grain, la croisure des mérinos. La dernière opération après la teinture, l’apprêt de l’étoffe fut plus beau et se conserva plus longtemps.
- « Enfin, vers l’an 1860, le mérinos fut grillé et fut entraîné dans Une machine enroulé sur une machine plongeant dans l’eau chaude ; il entra ensuite et fut complètement immergé dans l’eau; successivement, le tissu passa d’un cylindre sur un autre, et réciproquement, au moyen d’un mécanisme, sans sortir de l’eau chaude; il quitta la machine de M. Boulogne, appelée hydrofixeur, pour être livré à la teinture. »
- Ces opérations diverses se font automatiquement sur la machine dite hydrofixeur, dont le mouvement est décrit ainsi dans le même rapport :
- « Le bassin de la machine dite hydrofixeur une fois remplie d’eau pure ou combinée avec divers agents chimiques jusqu’à quelques centimètres du bord, on peut ouvrir des robinets pour chauffer l’eau au degré voulu. Les pièces sortant du grillage ou de la tondeuse, accouplées les unes au bout des autres ou en quantité jugée convenable, sont passées sur un rouleau, puis sur une barre, de là dans une machine qui, réglée à volonté par les vis d’un volant, conduit convenablement le tissu qu’on peut raider à volonté au moyen de la roue à rochet.
- • •
- « Au sortir de la coulisse, le tissu passe sous un autre cylindre, puis sur des rouleaux, ensuite sous un cylindre, sur un rouleau, sur un tendeur, pour de là être pressé et conduit par un premier cylindre et un second garni de caoutchouc, puis ensuite il s’engage dans un fondeur pour être plié au pied de la machine. Le tissu, avant de s’engager entre les cylindres presseurs, reçoit l’action du venti-
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- SUR rissts ET AUTRIS MATIERES
- 89 -IIsov èTasb UB_BnO‘I oRtusdoTUOq alon b8u9bnol fil ob Jo ogsÎliro ub Jasiog a9séiq « Une nouvelle.. industrie, dit la Chronique de l'Industrie^ (numéro 8, page 62), s’exerce actnellement en Angleterre; elle a pour objet l’argenture ou le revêtement en argent de toutes sortes de, substances animales, végétales ou minérales. Qn prépare d’abord les deux solutions suivantes : 1° Chaux caustique, deux parties en poids ; sucre.de raisin ou de miel, cinq parties ; acide racemique (à son défaut gallique), deux parties; eau, six cent cinquante parties. On filtre et on conservé dans des bouteilles bien pleines et bien bombées pour éviter, autant que possible le contact de l’air; 2° nitrate d’argent, vingt parties, dissoutes dans vingt parties d’ammoniaque 1i-quide et étendues de six cent cinquante parties d’eau distillée. Au moment d’opérer, on
- mêle les deux liqtidesen quantikéségales, on agité pour melanger avec soin’el on filtre.
- « Pour'argenter la sofe, là laine, les' che-„ veux, lé lin et autres matières fibreuses, on les lave avec soin, onlesimmerge un instant d .as une Isolution"Batareand‘aeide-sgallique, puisdansune'solufion de vingt parties déni-trate d’argent etde mille parties d’eau distil-leel on recommence cette doublerimmersion jusqu” ccworrue Paspeet' noirs del'objet'isoi remplace par unêHegereinuance d'argent ; on-les'ffempelensuitelodans la' liqueur icomposce au double jusqu’s ce qu’elles soient compléte-ment argentées, ori lés’ f lit' bouillir dans une solution aqueuse de Sel de tartre, on les lave et on les fait sécher, • nb
- « Pous les os, la corne, le cuir, le papier et autres articles/ semblables, on peut remplacer les immersions' par dês applications au pin-ceaupid i : fl S0 eitlom 85101 auoq 0l Jnob
- d Le stuc, la faïence, etc., doivent être stéi-rinés ou vernissés,1 ou même, s’ils sont très-poreux, silicatisési du fluo-silicatisés avant l’appligatiomides‘solutions argentifères.
- « S’il s’agit du verre, du cristal, de la porcelaine, on les nettoie soigneusement avec l’eau distillée ou de l’alcool, et on les traite ensuite par le liquide composé, versé dans des cuvettes horizontales’en verre, en terre ou en gutta-percha. La précipitation de l’argent commence au bout de .quinze minutes ; elle est terminée, après quelques theuresp On lave en-suite, dans l’eau distillée, on fait sécher à l’air ou dans uneétuve et lion recouvre d’un vernis protecteur, Pour hâter le dépôt de l’argent on pourra élever quelquefois la température du liquide ou des objets.
- « S'il s’agit enfinde métaux, on les décape d’abord à Jacideni trique., onles frotte avec un melange de cyanure de potassium et de.poudre d’argent, on les lave dans l’eau et on les plonge ensuit alternativement dans les liquides numéros 4 et 2, jusqu’il ce qu’ils soient suffisamment argentés;
- « Le fer a besoin d’être plongé d’abord dans une solution de sulfate, de cuivre. La manipulation de ces divers procédés est très facile etrpeu coûteuse. »
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Guide du TEINTURIER, Manuel complet des connaissances chimiqites indispêtlsi^blds à là pratique de la Teinture, par FRÉDÉRIC For., chimiste (I). — Cet ouvrage n’est pas un recueil de formules et de procédés à ilusage de la teinture, c’est un résumé des connaissances scientifiques utiles au teinturier pour l'éclairer dans son travail,'pourqu‘ilpuisselcomprendre la loi des réactions chimiques et despheno-mènes physiques qu’il produit journellement et de l’interprétation desquels dépend la réussite de ses opérations et les progrès de son r^sq usv b fom 80 — .MI AJ au TOM ad
- Ce livre, tout élémentaire, mais suffisant dans ses descriptions, réunit des notions de chimie, de physique et d’histoire .naturelle qui se rappertent à la teinture, et offre, à celui quis’adoline à cet art, la possibilité de les étudier, sans avoir à les chercher dans ) de nombreux ouvrages scientifiques. Ainsi que le dit l’auteur, l’ouvrage, a pour but d’enseigner aux teinturiers, non là teinture, qu’ils apprennent mieux pratiquement dans un atelier que dans un livre, mais la nature des substances qu’ils emploient, leurs caractères, leurs®pro-prietes, les caractères des fibres vege aies et animales, leur origine, leur nature intime. Cet ouvrage n’est pas destiné aux personnes qui savent déjà, mais à celles qui désirent apprendre. - suSoH u:tom bois oo aininob
- Le plan de Fouvragese résumeainsi :
- 1° — Notions historiques sur l’art de la Teinture, 90295 S
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- 2° — Etude chimique desiprincipaux[corips simples et des composés qui jouent en teinture un rôle actif;
- 3° — Etude spéciale de l’air et de l’eau ;
- 4° — Notions sur les principaux faits de physique qui jouent un certain rôle en teinture : chaleur, pression, pesantur spécifique, vision ;
- .(5(90= 1969001 MIOJHIU0D .I
- (1) Un vol. in-12 de 400 pages. Prix : 7 francs ; cartonné, 8 francs. E. Lacroix, éditeur.
- 5° — Fibres textiles : origine, caractères -pl no D8IM £1 IEC 910019 99151 chimiques et physiques; aeqionira .
- 6° Étude des principales matières colo-rantesset’des ffordants.l 303 2193 saoi1v a9D aysq 01 Olt no S KH' Bupii/ner98 9IV 813 9 8D
- Comme théorie jelémentaire de laoteinture, cerpetit traité est donc très Satisfaisant; il eût été complet s’il eût donné quelques notions de mécanigue appliquée qui, de plus en plus, joue un rôle important en teinture; mais peut-être ne pouvait-il le faire sans entrer dans 4a pratique manufacturière, ce qui L’eût fait dépasser son cadre. ansb inuèt s isp
- Le livre content dès dessins de plantes tinc-toriales s! d’appareils de chimi et do physi-SB intescalésndanselerextemnet qidant beaut coup à l’intelligence desdescriptions, io «
- Nous accueillons toujours avec sympathie et intérêt tout travail, qquintendà vulgariser la science, qui veut la substituer à la routine et à l’empirisme, surtout dans ides industries qui lui doivent une transformation radicale, mais dont la masse du personnel est ignorante de ses plus simples éléments.
- A ce point de vue, et aussi pour sa 'valeur
- propre, nous ne pouvons que recommander le livre deM. Fol-ssbsi’h . ri iis qaa
- F. G.
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- La MADAALLNDA M-6CHEBRAUEHtsLAnstitat a célébré, le 2 septembre; unerfêtede famille dont les échos Sowt sympathiquementsrépert entés.par tout le mondesscientifique et indus-trie 1 Tous st s membres réunis dans la pensée commune d’hgnores M uneol dest-perso nnal i tes scientifiqussy les plus consider ables de notre époque, out remis aaMs Cheyreu, le doyen dessuuiant de France, comme il 1c du Jui-meme» me, medaille commemoralive des emi-nents services rendus par ce ofhimists illustre, a la science et au pays1.
- - Unescarrière (scjentifique.nemontant à soi-xante-six ans, signalée par de, nombreux travaux de chimie théorique et appliquée, par la découverte de la composition desacorps gras, de laquelle découverte, toute une industrie
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- est issue ; signalée encore par la mise en lumière des principes de la teinture, et des recherches pleines d’intérêt sur l'assainissement des villes, tels sont les faits les plus saillants de cette vie scientifique qui a hon ré le pays et lui a ouvert les sources les plus précieuses de la richesse industrielle. M. Dumas en a retracé en termes émus et éloquents les traits les plus remarquables, et l’Académie des sciences tout entière a ratifié ce bel éloge.
- C’était un beau et noble spectacle que celui de cette grande assemblée scientifique honorant ainsi de son vivant un illustre vieillard qui a réuni, dans sa longue carrière, l'elé-vation du caractère et le génie de la découverte. Les industries de la teinture, qui ont tant bénéficié des travaux de M. Chevreul, se joignent, parleurs représentants, à cette délicate et respectueuse manifestation.
- Les écoles d’industrie de ROUEN et de Lille. —C’est avec plaisir que nous voyons l’enseignement industriel ou professionnel se répandre peu à peu, et nous avons la satisfaction d’annoncer que deux nouveaux établissements de ce genre viennent de se fonder, l’un à Rouen, l’autre à Lil e, dans ces centres industriels où la teinture et les tissus occupent une si large place.
- L'école supérieure d'industrie de Rouen, fondée sous les plus honorables patronages, fonctionne actuellement, elle donne non-seulement l’instruction générale supérieure qu’exige la direction éclairée de tout établissement industriel, mais encore l’instruction spéciale que réclament les principales branches de nos grandes industries : filature, lissage, impression et teinture, arts chimiques, constructions de machines, etc.
- La direction de l’ecole est confiée à M. Bernardini ; les cours sont faits par des professeurs alliant à des connaissances théoriques étendues, l’expérience des applications scientifiques, et l’habitude des travaux pratiques. Le cours qui nous intéresse le plus particulièrement, celui de chimie analytique et industrielle, de teinture et impression, sera professé par M. A. Perrey, directeur du laboratoire de chimie industrielle de Mulhouse.
- L’école est située rue Saint-Vivien, 56, c’est là qu’il faut s’adresser pour recevoir le programme des études, et les conditions d’acceptation des élèves. On sait que la ville de Rouen possède aussi une école de commerce.
- L’Institut industriel, agronomique et commercial de Lille est fondé dans le même esprit, les frais d’installation et d’entretien sont fournis par le département et par la ville; il ouvrira ses cours le 1er décembre prochain, et sera dirigé par M. Masquelez.
- L’institut comprend trois sections distinctes ; 1° l’école industrielle; 2° l’école agronomique : 3° l’école commerciale..
- L'enseignement industriel comporte un programme aussi complet que possible dans lequel la filature, le tissage, le blanchiment, la teinture et M impression ne seront pas négligés.
- La ville de Lille fait construire un édifice spécial pour l’installation de cet institut, dont l’adresse provisoire est rue des Lombards, n° 2.
- Nous souhaitons à ces deux fondations tout le succès qu’elles promettent.
- Le mot de la fin. — Ce mot, il vaut peut-être mieux ne pas le dire, tellement il traduit irrévérencieusement la sempiternelle sagesse des nations ; nous nous risquons, néanmoins, mais nous en repoussons la paternité qui appartient ... non, dans l’intérêt de l’auteur, nous ne le nommerons pas. Il raconte ceci :
- « Un des Chodruc-Duclos de la petite bohème littéraire remet chez son voisin le teinturier un pantalon gris et gras, qu’il recommande de teindre en noir. Huit jours après, le teinturier rapporte le pantalon qui était affreux.
- « — Mais, mou pantalon est horrible, fait le bohème.
- « — Dame ! répond le teinturier, vous connaissez le proverbe : Qui trop encrasse, mal est teint. »
- Tant pis pour lui, nous le dénonçons; c’est le journal de Victor Hugo : le Rappel, qui a commis ce gros mot.. Horreur !...
- Avis. — Par suite de nombreux travaux qui lui sont survenus, M. Barbé n’a pu nous adresser la causerie qui devait paraître dans ce numéro, nous espérons être en mesure de la faire paraître dans le prochain.
- Pour tous les articles non signés ;
- P. Blondeau.
- F. GOUILLON, Directeur-Gérant.
- Pari».—Imp. Turfin et Ad. Juvet, 9, cour des Miracles.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 15e VOL,, n° 19. 5 OCTOBRE 1872
- BT DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- Sommaire
- Exposition d’économie domestique à Paris : Produits des industries tinctoriales, par M .F. GOUILLON.— Lilas grand teint sans garance, sur coton, par M. Sauvage. — 5e Causerie confraternelle sur l’art du Teinturier-Dégraisseur par M. V. Barbé. — Apprêt des tissus de coton et de chanvre, par M. D. KEPPELIN (suite). — Machines à foularder.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Prix proposés par la Société industrielle de Mulhouse, — Situation des industries du coton et de la laine. — Brevets récents concernant les industries tinctoriales.
- NOUVELLES : Les anilines à la barre de l’Académie. — Teintes à la mode. — Empoisonnement.
- EXPOSITION UNIVERSELLE d’économie DOMESTIQUE, A paris, (Suite).
- Produits des Industries Tinctoriales.
- Ainsi que nous l’avons dit, les produits de la teinture, de l’impression, du blanchiment et des apprêts des tissus sont peu nombreux à cette exposition ; mais cependant chacune de ces diverses branches de nos industries s’y trouve représentée par quelques articles intéressants.
- Nous mentionnerons d’abord l’exposition de M. MONFRAY, teinturier-chineur à Paris, composée principalement de laines filées flammées en diverses couleurs; c’est-à-dire que l’écheveau présente des alternatives de parties teintes et de parties restées blanches, ou encore de diverses parties teintes en couleurs différentes se fondant l’une dans l’autre à leur point de contact ; ce genre de teinture pourrait à la rigueur se nommer chinage, cependant il diffère du chinage proprement dit.
- Les laines ainsi teintes servent à tricoter à la main divers petits objets, tels que mitaines, souliers d’enfants et autres du même genre ; pendant le tricotage, la pelottede laine en se développant, offre une succession de teintes variées qui forment des rayures correspondantes sur l'objet tricoté ; on s’en sert surtout pour intéresser les enfants à ce travail, en leur faisant produire facilement et sans avoir à changer de fils, des petits objets à apparence flatteuse.
- Rien de plus simple que ce genre de teinture : sur l’écheveau blanc, on fait un ou plusieurs nœuds plus ou moins rapprochés et on teint la
- laine ainsi préparée: les parties serrées par les nœuds ne laissant pas pénétrer le bain de teinture, tandis que celles qui sont restées lâches se teignent parfaitement ; on comprend que par ce moyen, la transition du blancau coloré n’est pas brusque, et qu’il s’en suit des fondus assez réguliers. Si le flammage' se fait sur fond coloré ; le fil est teint uniformément en la nuance la moins foncée les écheveaux sont ensuite noués et teints dans un bain qui, uni à la nuance du fond, produit le ton cherché; par exemple, s’il s’agit de faire jaune et vert, on teint toute la laine en jaune on la noue ensuite et on la passse dans un bain de bleu, les parties nouées ont conservé leur teinte jaune et celles qui sont restées lâches ont pris le bleu qui, uni au fond jaune, a produit le vert ; c’est ordinairement du brun ou du noir que l’on ajoute comme seconde teinture.
- Dans ces procédés, il faut des teintures très-rapides ; s’il fallait trop traîner sur les bains, le liquide finirait par pénétrer les parties nouées et les teindrait plus ou moins fortement ; les couleurs d’aniline conviennent parfaitement pour cette destination.
- M. Monfray a une très belle collection de laines flammées ; avec elles il a formé un arc en ciel, ou arcade chromatique très belle de teintes et dont les nuances sont parfaitement fondues il expose également des petits articles tricotés à l’aide de ce genre de produits, et l’effet en est très réussi ; son exposition est assurément la plus intéressante au point de vue de la teinture.
- Le même fabricant fait aussi ce qu’il appelle le chinage sur chaînes, et qui n’est pas non plus un chinage proprement dit ; voici quel est le but de ce travail : lorsque l’on doit tisser un châle
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- sur le métier Jacquard, il y a certaines nuances qui sont très-employées, colle du fond par exemple; si, par un moyen quelconque, on donne à la chaîne ourdie, ces nuances selon la disposition qui correspond au dessin, on simpli-lie considérablement le travail du Jacquard, c’est ce résultat que l’on a obtenu dans la soierie par l’impression sur chaînes ; M. Monfray emploie dans le même bnf, non plus l’impression, mais a teinture en faisant des réserves mathématiquement calculées, aux endroits qui doivent rester blancs.
- Pour cela, la chaîne, avant d’être ourdie, est réunie en faisceau de façon à ce que sur chaque fil, le point où la partie teinte doit s’arrêter, soit amené à la même hauteur ; à cet endroit on lie fortement le faisceau de chaîne avec un ruban de caoutchouc, et l’on continue d’envelopper avec ce ruban toute la partie qui doit être préservée de la teinture, c’est-à-dire rester blanche ; on plonge le tout au bain, qui est généralement pour teintes solides, et il est indifférent de le laisser plus où moins longtemps, car le serrage au caoutchouc est si efficace qu’il ne laisse pas pénétrer la plus petite quantité de liquide dans la partie réservée, et la ligne de démarcation entre la partie teinte et celle qui ne l'est pas, est nette, tranchée, et sans aucune apparence de fondu.
- La science de l’opérateur ne consiste pas seulement à faire des teintures et des réserves bien nettes, elle réside surtout dans le calcul du point exact où la teinture doit s’arrêter ; pour le déterminer il faut avoir sous les yeux la mise en carte du dessin que l’on veut tisser, et apprécier l’embuvage, c’est-à-dire le raccourcissement de la chaîne produit par les contours, qu’elle doit faire sur les trames; M. Monfray y arrive avec une précision remarquable, et lorsque ces chaînes sont montées sur l’ensouple du métier, elles reproduisent déjà les principaux contours du dessin que doit faire le Jacquart.
- Comme teinture de laines, nous remarquerons aussi les articles de M. LNoMME fils aîné : ce sont des laines cardées et filées, teintes, les unes en bon teint, avec pied de cuve, les autres par les couleurs d’aniline ; la collection des teintes est assez jolie, il y a aussi des chinés par mé-lange, consistant en la réunion en un seul fil de plusieurs brins diversement colorés; ceci est plutôt une question de filature ou de retordage
- que de teinture ; d’ailleurs M. Lhomme est fila-teur, et c’est au point de vue de la filature que ses produits sont exposés.
- MM. E. WOIGT et Cie, de Roubaix, exposent également une série de nuances sur laines cardées, filées, ce sont des teintes courantes, peu éclatantes mais solides, à l’usage de la fabrique Roubaisienne ; ces filés sont disposés sur canettes, mais ils ne paraissent pas y avoir été teints, bien qu’à Roubaix on cherche en ce moment à opérer la teinture sur canettes.
- La teinture est représentée par quelques fila-teurs; notamment MM. Devos frères, de Comines (Nord), et MM. Kerr, Price et Cie, de Pais-lay (Ecosse).
- MM. Devos exposent un assortiment de nuances bon teint, telles que chamois de fer, cachou, bleu de cuve, noirs, etc.; mais il faut admirer surtout la régularité des fils et leur glaçage.
- Les produits de MM. Kerr, Price et Cie, ont beaucoup de rapport avec les précédents; le genre de teintes est cependant différent ; ce sont en général, des tons clairs qui sont exposés : dos roses, des bleus et des verts clairs, etc., leur teinture n’indique d’ailleurs rien de particulier.
- Mentionnons encore MM. Kerr et Clark, qui exposent des cotons en bobines, de nuances variées et assez bien réussies, et surtout de beaux blancs.
- Nous remarquons d’assez jolis échantillons de chinage par impression au rouleau ; ce sont les articles do M. Stanislas Fleury, de Roubaix, les dessins, très-simples en eux-mêmes, puisqu’ils ne peuvent être qu’une combinaison de rayures, sont cependant agréables et varies, et, l'impression, surtout, est d’une netteté irréprochable, ce qui est plus difficile à obtenir sur des fils que sur des étoffes; ces échantillons sont faits sur toute espèce de textile: laine, coton, soie et fils; on conçoit, en effet, que la nature du textile n’imporle pas, il suffit d’employer les couleurs d’impression en usage pour chacune.
- La vitrine de M. S. Fleury contient aussi des chinages à plusieurs couleurs, principalement sur soie; toutes ces combinaisons ont toujours pour but de produire des étoffes façonnées sur des métiers très-simplifiés, et le chinage tend de plus en plus, à se répandre ; les articles de celle maison ne peuvent qu’en favoriser l’expansion.
- Les articles d’impression les plus brillants
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- sont les étoffes d’ameublement exposées par M. II. Bourget et Cie, de Versailles ; ces impressions sont faites sur velours, soieries, mais principalement sur velou:s d’Amiens; ce sont de grands ramages imprimés au rouleau, dans le goût généralement adopté pour l’ameublement; ces dessins sont le plus souvent à une seule couleur, quelquefois rehaussés d‘o.; l'auteur se sert à merveille des bronzes-brocarts et en tire des effets très-artistiques ; un article surtout, où ils jouent un grand rôle, et auquel MM. Bourget et Cie paraissent s’adonner tout particulièrement, c’est un calicot imprimé à la façon du papier de tenture riche, et destiné à remplacer celui-ci ; le papier point de luxe est d’un prix assez élevé, mais toute sa valeur doit être attribuée à sa décoration, car la matière première, le papier, n’est pas chère ; espendant ce serait l’augmenter de peu, eu égard au prix total du produit, que de remplacer ce papier par un tissu de coton de qualité ordinaire, et les avantages qui en résultent sont très sérieux; tels son1 les articles que nous avons admirés à l’exposition, et qui sont exécutés avec un art véritable.
- Ces tissus de tenture sout en velouté, doré, argenté, etc. L’impression au rouleau creux fait ressortir le dessin du fond, en lui donnant un relief d’un très bel effet.
- C’est toujours avec plaisir que nous verrons l’impression des tissus gagner peu à peu du terrain, et se substituer aux industries voisines ; mais il faut bien reconnaître, que si elle en gagne un peu d’un côté, elle en perd, hélas! beaucoup d’un autre.
- Un inventeur, M. Dujardin, fait des expériences d’incombustibilité, obtenue par son procédé ; il essaye de mettre le feu à des rideaux en tissus légers, qui se charbonnent légèrement, mais refusent de s’emflammer. On obtient ordinairement cet effet en imprégnant les tissus; papiers, bois, etc., avec des dissolutions de tungs-talc de soude, de silicate de soude, de borax même, etc.
- La maison Mercier Gondard et Cte fait spécialement le blanchiment, ou plutôt le blanchissage des rideaux blancs, housses et autre lingerie d’ameublement.
- Le blanchissage est peu de choses pour ces articles, ce qui est le plus important et exige le plus desoins, c’est leur apprêt; or, c’est plutôt
- pour ce travail que cette maison s’est spéciale -outillée.
- Les machines en usage pour cet apprêt, sont le métier Suisse et celui de Saint-Quentin; ces appareils occupent beaucoup de place et sont d’un travail lent, mais le résultat en est tout à fait satisfaisant, aussi les personnes qui possèdent de la belle lingerie, n’hésitent-elles pas à payer un peu cher un blanchissage qui est une véritable remise à neuf.
- Il n’est pas, sans doute, sans intérêt de reproduire le tarif que cette maison distribue, et qui peut servir à guider nos confrères lorsqu’ils auront à établir le prix d’un travail de ce genre
- Grands rideaux.
- Mousseline brodée et guipure. .. 2 fr. » Grenadine brodée 2 50
- Tulle brodé et guipure fils. ...... 3
- Rideaux de vitrage.
- Moussel. brodée et guipure, la paire 1 fr. 50 Grenadine brodée — 2 » Tulle brodé et guipure fils. — 2 «
- Il est inutile de dire que les rideaux exposés sont irréprochables; cela ne prouve rien, assurément, mais on admet volontiers qu’une maison outillée en conséquence, puisse fournir un travail courant aussi satisfaisant.
- MM. Mercier-Gondard et Cie font aussi le blanchiment et l’apprêt des mêmes tissus neufs et en pièces, mais moins spécialement que pour la lingerie de ville.
- A ce propos nous mentionnerons, en passant, un procédé de blanchiment par l’ozone, applicable aux papiers, livres, gravures, etc., pour lequel un petit appareil très primitif est exposé par la société David et Cie, de Paris; nous nous intéressons spécialement à cette application de l’ozone, mais il faut reconnaître que la question n’est pas encore mûre, et qu’il faut s’attacher d’abord à obtenir l’agent actif d’une manière économique.
- Comme produits chimiques ou de droguerie, à l’usage do la teinture, nous n’en avons remarqué aucun; ils font donc absolument défaut ; nous ne voulons pas classer dans cette catégorie des eaux à détacher, exposées sous le titre de Eau de la Couronne et de Eau Chartraine\ ces liquides sont toujours des essences végétales ou minérales, ou des dissolutions de saponine»
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- de panamine, etc., s’adressant d’ailleurs aux mé-nagères ; elles n’intéressent pas le teinturier.
- Quant à l’exposition elle-même, elle a su se rendre assez attrayante pour prolonger son existence de six semaines, sans fatiguer le public ni en être désertée; sa clôture, précédemment annoncée pour fin octobre, est prorogée jusqu’au 15 décembre. Nous la félicitons de ce succès, qu’elle doit à sa direction, aussi active qu’intelligente.
- F. Gouillon.
- LILAS GRAND TEINT
- SANS GARANCE SUR COTON.
- De M. Sauvage, de Rouen.
- Cette teinture, spécialement imaginée pour les mouchoirs deBolbec donne, d’après l’auteur, des violets ou lilas rafleurés, c’est-à-dire avivés, sans employer la garance ; on sait, en effet, que pour la production de cette nuance on n’a pu jusqu’à présent que se servir de garance et de bains huileux, produits qui sont d’un prix élevé, et avec lesquels, encore on est tenu d’opérer sur des cotons de première qualité, sous peine d’obtenir des nuances inégales et bringées.
- L’auteur opère ainsi ;
- Pour 50 kilogr. de matière à teindre :
- 1° On donne un pied de bleu à la cuve, plus ou moins foncé selon la nuance à obtenir ; on avive comme d’usage.
- 2° On engalle pendant quelques heures dans une décoction faite avec :
- Noix de Galle 7 kil.
- 3° Après avoir tordu, et sans rincer, on mor-dance à froid avec :
- Bi-chrômate de Potasse 1 kil. 500 gram.
- 4° On lave, on tord, puis on teint dans un bain contenant :
- Santal 7 kil. 500 gr :
- Campêche 3 — 500
- Pour cette teinture, il faut liser une heure sur ce bain en le chauffant, mais sans le faire bouillir ; on arrive peu-à-peu à l’ébullition, puis on continue de manœuvrer le tissu une nouvelle heure, dans ce bain porté au bouillon.
- Alors on lève et on ajoute au bain :
- Alun 4 kil.
- Acide sulfurique 4 —
- On rentre les matières et on les lise une demi-heure en laissant tomber le feu.
- 5° Il faut ensuite rafle urer (aviver) dans un bain neuf monté avec :
- Décoction de campêche 10 seaux
- Alun 3 kil.
- Après cet avivage, on laisse les matières oxyder au contact de l’air pendant environ 12 heures.
- Ee Enfin, on peut achever par un adoucissage dans un bain huileux, et le travail est ainsi terminé.
- Par ce moyen, M. Sauvage obtient des tein-tures moins chères et plus unies que par la garance, et peut l’appliquer sur des cotons inférieurs ; la nuance, dit-il, est très bonne et si cependant, elle s’altère quelque peu, celle qui reste étant dérivative de la primitive, la teinte du tissu n’en est pas foncièrement modifiée. On sait, néanmoins, que, malgré le pied de cuve, et le mordançage au chrome une teinture au santal, avivée au campêche, n’a pas la solidité de celles obtenues par la garance, à l’aide des mordants gras.
- Un des principaux avantages de ce mode de teinture serait encore que tout le travail peut se faire en huit jours, tandis que par les procédés habituels, il faut an moins six semaines.
- Ce procédé a été breveté par son auteur.
- F. G.
- CAUSERIES CONFRATERNELLES
- SUR l’art DU TEINTURIER DÉGRAISSEUR,
- (5° Causerie.)
- TEINTURES NOIRES.
- Dans une précédende causerie, je disais que le teinturier aimait à faire du rouge et généralement les couleurs fines, tandis qu’au contraire, les noirs sont très-négligés dans bien des maisons. J’ai souvent entendu dire par plusieurs collègues: a Je fais le noir comme ça se trouve. » Ce «comme cela se trouve «donne suffisamment l’idée de l’importance et de l’attention qu’attachent certains teinturiers à faire le noir. Cependant on ne saurait contester que les teintures noires offrent une des plus grandes ressources du tein-u rier -dégraisseur, et, de ce fait, méritent au-
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- tant d’attention que les autres travaux. Il ne faut pas s’y méprendre : produire un beau noir, bien accompli, est certes plus méritoire que teindre les couleurs fines par les produits d'ani-Une ; il y a donc, à mon sens, un intérêt capital à soigner les teintures noires avec autant d’attention que les autres, en suivant un bon procédé et non pas à les faire « comme ça se trouve » car, certainement cela ne se trouve pas toujours bien.
- Voyons maintenant, par une petite revue des procédés les plus usuels, quel est celui qui convient le mieux pour le reteint, c’est-a-dire pour le travail du teinturier-dégraisseur. Je n’hésite pas à donner la préférence au procédé dit noir au tartre, et je vais essayer d’en démontrer la raison.
- Les noirs à base de chrome sont excellents pour le neuf, surtout par leur solidité, mais ils sont peu employés pour reteindre; ce genre de noir est plus capricieux pour certaines couleurs primitives, la marche n’est pas assez régulière; par contre, certaines autres couleurs de fond, telles que des écossais, réussissent mieux que par tout autre moyen, en ce sens que les carreaux écossais se recouvrent parfaitement.
- Les noirs à l’engallage consistent à faire bouillir les étoffes dans un bain de cam pêche et de jaune Cuba pendant 30 à 40 minutes, après quoi on lève pour donner un évent, et puis sur le même bain on ajoute du sulfate de fer en quantité suffisante, ainsi qu’un peu d’acétate ou de sulfate de cuivre, on rentre les étoffes qu’on y maintient à l’ébullition pendant 20 à 30 minutes ; on lève et on évente pour rincer, piquer, etc.
- On obtient de bonnes teintes par ce moyen, mais il reste à l’étoffe une odeur particulière ; le toucher est plus rude, moins brillant et n’a pas la souplesse des noirs à base de tartre; en outre il ne permet pas, comme celui-ci, de faire aussi aisément un échantillon au rassorti.
- Il y a aussi les noir à bain tourné qui ne dère des noirs tartre, qu’en ce qu’on opère en deux bouillons, mais sur le même bain, c’est-à-dire qu’après avoir mordancé à base de tartre, fer et cuivre, on évente les objets, et on ajoute sur ce même bain, de la décoction de campêche et de Cuba en quantité convenable, et on raba, l’étoffe à l’ébullition jusqu’au noir accompli. Comme dans le précédent procédé, on ne peut
- faire aussi facilement les échantillons. On n’obtient en quelque sorte que des noirs-noirs; ensuite il y a une grande perte de colorant, détruit par le mordant ; il faut moitié plus de bois que lorsqu’on opère sur deux bains, et enfin le noir est plus long à monter, à moins de charger en excès.
- Nous avons encore le noir au tampid... J’allais écrire tant pis !.. Quelques teinturiers ont été frappés d’admiration à l’apparition de cette poudre di... vino ; de mauvaises langues — et il y en a bien un peu dans le monde de la teinture — ont baptisé ce produit : « poudre d'ignorant » et prétendent que ceux qui travaillent par ce procédé n’en connaissent pas d’autre. Soyons un peu indulgents: il Y en a tant qui n’ont pas de place!., par exemple, ce que l’on ne contestera pas, c’est qu’il y a quelques farceurs qui vendent ce produit comme donnant 50 0/0 d’économie!.. Et dire qu’on en fait avaler d’aussi foncées en payant chopine.
- Quelle nuance obtient-on par ce moyen, sinon un noir pourri, embourbé, qui nécessite un lavage à n’en plus finir, et dont la teinte n’a aucune solidité? Qu’est-ce que ce mélange, du reste, sinon des extraits de bois, des sels de fer et de cuivre, réduits en poudre?
- J’ai connu un vendeur de ce produit qui faisait ressortir l’avantage du procédé en disant que les objets à teindre n’ont pas besoin d’être dégraissés au préalable, qu’il s’uffit d’ajouter au bain de teinture un peu de carbonate de soude ; je suis un bien piètre chimiste, mais en vérité, je le demande à ces donneurs de conseils, par quelle combinaison les cristaux de soude arrivent-ils à dégraissser l’étoffe dans un bain porté à l’ébullition, et en contact avec les autres in-grédiens? Quant à moi, je n’en crois pas un traître mot (1).
- Le noir au tampic s’est trouvé éclipsé par le noir électrique ; je ne parlerai pas de celui-ci, n’en ayant ni vu, ni essayé, son titre ne m’a pa du tout électrisé, et encore moins la manière de procéder de l’auteur, qui commence par faire bouillir six robes à la fois dans une petite chau-
- (1) Il est évident que le carbonate de soude en contact avec les mordants métal’iques précipite ceux-ci en perdant lui-même son alcalinité, de sorte que le sels de fer et de cuivre, et les cristaux de soude se détruisent réciproquement en donnant naissance à des produits inerte». — F. G.
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- LE MONITEUREDE LA TEINTURE
- dière de 50 a 60 litres ; on avouera que c’est un petit tour de force, que de teindre six robes a la fois, dans un bain si court sans les casser, à moins que cela ne tienne à l’électricité du procédé.
- Ceci dit, tirons la ficelle et arrivons au noir tartre, qui, comme je l’ai dit, convient parfaitement au teinturier- dégraisseur d’abord parce qu’il permet d’obtenir différents tons de noir, de faire des rassortis, en un mot, d’échantillonner; ensuite les noirs sont très-brillants, doux et souples. On m’objectera qu’ils sont plus chers et plus longs, parce qu’ils nécessitent doux bains et deux lavages,
- Comme prix, il y a, en effet, un peu de tartre en plus, mais il faut prendre en considération qu’il faut bien moins de bois ; et quant au travail, il faut noter que les deux lavages n’en équivalent pas un des autres procédés, (les noirs au chrome excepté).
- Nous procédons ainsi : admettons, par exemple, que nous ayons un petit noir d’une trentaine de robes ou équivalent, on rencontrera un peu de tout : des robes, des châles, vétements de drap, etc. ; les couleurs primitives seront encore plus? variées ; nous aurons également à obtenir des tons bleutés, des reflets verdâtres, des noirs-noir ; il faut donc en cette occurence procéder par ordre. Nos objets ayant subi un bon nettoyage préparatoire (car c’est toujours la clé d’une bonne teinture), nous diviserons ces trente robes en cinq passes de six robes par bouillons ; on commence d'abord par le bouillon des noirs-bleu»
- Bouillon ou mordant.
- Dans une chaudière de 200 litres, on garnit avec environ :
- Tartre broyé............... 600 grammes
- Sulfate de cuivre. . . 600 —
- — fer. . . . 400 —
- Oxi-muriate d’étain. 50 —
- A défaut de ce dernier on le remplace par uu peu d’alun. ;
- On donne un bouillon de 30 à 40 minutes, on lève et on évente.
- On garnit de nouveau la chaudière, mais comme nous n’avons plus de noir-bleu, on supprime l'oxi-muriate, et on met parties égales de sel de fer et de cuivre, en diminuant un peu les doses, et cela progressivement jusqu’au demie
- bouillon ; les articles drap seront débouillis un peu plus longtemps : une heure, par exemple. Les cinq bouillons terminés, les objets seront tous rincés.
- Bain de Teinture.
- Dans une chaudière de 120 litres, on commence par colorer la mise noir-bleu, on emploie par robe un cassin de décoction de cam-pêche ; on tourne le bain avec une petite pierre de vitriol bleu, et on abat trois robes à la fois, qu’on maintient dix minutes à l’ébullition; on enlève et on évente pour visiter le reflet, pour juger si la teinte est bien montée et si elle est dans le ton voulu; dans le cas contraire, on ajouterait un peu de bois pour rabattre quelques minutes. Généralement, quand les cuites de bois sont dans de bonnes conditions, il suffit d'un cassin de décoction par robe, et de bouilir huit à dix minutes.
- Pour les noirs foncés, on ajoute du Cuba ou dn terra, mais le plus souvent ce n’est pas nécessaire a cause du fond, o’ost à-dire des nuances primitives ; ainsi à une robe verte ou marron, on se gardera bien d’y adjoindre du jaune, tandis qu’il en faut sur un fond gris, si la pièce est pour noir mat ; il arrive encore qu’on rencontre des écossais dont les carreaux sont difficiles à couvrir, on y parvient en ajoutant du jaune un peu en excès, avec une poignée d’oseille, et en donnant plusieurs évents.
- Tous les articles teints sont rincés, piqués, échaudés et rincés de nouveau, pour être apprêtés par les moyens usuels, excepté les mélanges laine soie et coton , nous les ferons dans une prochaine.
- A ce mot noir coton, je vois d’ici la jolie petite moue de mes collègues, patrons ou ouvriers : en est-il un qui se soit passionné à faire les cotons ? Si oui, qu’il se fasse connaître, la corporation lui devra une médaille, ne serait-ce que celle de Notre Dame de Lourdes !
- V. Barbé, Teinturier à Caen.
- (4 suivre.)
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 203
- APPRÊT
- DES TISSUS DE COTON ET DE CHANVRE par M. D. .Kaeppelin (suite (1). e
- MACHINES A FOULARDER
- On appelle ainsi les machines ou appareils au moyen desquels on imbibe l’étoffe que l’on veut apprêter du mucilage préparé à cet effet. Antre-
- un baquet contenant le liquide servant d’apprêt, et ayant à sa partie inférieure un rouleau en cuivre sous lequel passait la pièce que l’on avait eu le soin de bien enrouler, et de faire passer sur une règle élargisseuse au moment de l'engager dans l’appareil. En sortant du liquide, la pièce passait entre deux cylindres en cuivre et y subissait une pression que l’on pouvait augmenter selon les besoins du travail ; puis de la elle s’enroulait sur une bobine placée au-dessus de l’appareil. Les rouleaux presseurs étaient envelop-
- 2 s -c à $
- Fig. 24. — Foulard à apprêter de Rouan.
- fois ce travail était fait à la main, mais on comprend qu’il ne pouvait être régulier, et que certaines parties du tissu devaient retenir plus d’empois que d’autres. Aujourd’hui surtout, que les pièces à apprêter ont généralement 100 mètres de longueur, l’emploi d’appareils se manœuvrant avec régularité est devenu indispensable.
- Ces appareils consistaient dans le principe en
- (1) Voir la livraison de mai, année courante, pages 97 et suivantes*
- pés d’une chemise de toile destinée à donner plus d’élasticité à la pression. La modification apportée à ce genre d’appareil consiste en un meilleur mode de construction, et surtout en ce qu’il est possible d’apprêter aujourd’hui les étoffes à volonté, d’un seul ou des deux côtés, sans avoir recours aux machines à imprimer. La figure 24 représente un foulard à apprêter qui a été construit, par MM. Tulpin de Rouen, et qui répond parfaitement à tous les besoins de la fabrication.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- B,B,B,B, représentent le bâti en fonte ayant un double appareil de pression par levier LL, et par la haut en II,
- AA représente l’auge dans laquelle est versé le liquide d’apprêt,
- R est un rouleau fournisseur qui plonge dans le liquide.
- R est un rouleau gravé en mille points ou mille raies, qui se recouvre de l’apprêt, et le porte sur le tissu que l’on fait passer entre le rouleau R’ et le rouleau presseurR”.
- La racle enlève au rouleau gravé l’excédant d apprêt, et ne laisse que la partie qui remplit les traits de la gravure.
- La pièce va s’enrouler autour de la bobine placée au-dessus de l’appareil.
- Si les besoins du travail nécessitent un placage en plein bain, il s’obtient en faisant passer la pièce sous le rouleau fournisseur R.
- La figure 25 représente un foulard a apprêter les tissus de Roubaix, et comme elle l’indique, la bobine D est celle autour de laquelle s’enroulent les pièces. Elles se déroulent en même temps en passant sous la roulette S, et vont s’engager entre des rouleaux presseurs, en présentant la sur-face du tissu à apprêter, à la surface gravée et imprégnée d'apprêt du rouleau inférieur.
- à apprêter de Roubaix.
- Foulard
- =o en
- Le tissu et le doublier marchent de conserve sur les roulettes de conduite S’, S”, et se séparent en S’, le doublier, pour être enlevé et lavé, et la pièce pour être séchée immédiatement au moyen de divers appareils appropriés à la nature du tissu et au genre des apprêts.
- Le doublier sert à enlever au tissu l’excédant d’apprêt, sans souiller les différents organes de la machine sur lesquels il doit encore passer ; de plus il favorise la perméabilité de l’étoffe et rend l’apprêt plus uniforme et plus régulier.
- [La sïiite au prochain numéro.]
- PROGRAMME DES PRIX PROPOSÉS PAR LA SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DR MULHOUSE.
- (SUITE.)
- XV.
- médaille de première classe pour la préparation imdustrietle et à l'état de pureté des extraits de bois colorants.
- XVI
- médaille d’honneur pour l'une ou Vautre des couleurs suivantes ;
- fl) Voir n» du 5 septembre, page 187.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 205
- Rouge métallique ;
- Vert métallique foncé ;
- Grenat plastique.
- Une nuance de la série allant du gris perle au bois, susceptible d'être imprimée au rouleau, avec l’albumine pour épaississant.
- Une exécution prompte, une sécurité augmentée par l’avantage de pouvoir juger des résultats durant l’impression, et une solidité suffisante rehaussée par la nature de l’épaississant, ont donné à nos genres plastiques une étendue que les imprimeurs sur étoffes cherchent a développer chaque jour, en raison de la faculté qu’ils trouvent d’y pouvoir utiliser toutes les couleurs organiques ou minérales. Cependant, parmi celles-ci, il manque encore quelques nuances principales, et c’est en raison de cette lacune que nous faisons appel aux marchands de couleurs.
- La qualité dominante sous-entendue par métallique est tout d’abord la solidité à la lumière. Les autres conditions sont : l’insolubilité et l’éclat de la nuance même. Ainsi, nous ne saurions accepter, par exemple, comme rouges, des précipités qui, quelquefois, portent ce nom dans les verres à expérience, s’ils ne pouvaient être placés entre le vermillon et le carmin, ni former du violet ou de l’orange par leur mélange avec du bleu ou du jaune.
- Pour le vert, il faut l’intensité qui manque aux composés de cuivre, d'urane, de cobalt ou de chrême, intensité qui se définirait assez bien par la teinte foncée du vert de vessie ; mais les verts que donnent leurs mélanges, perdent dans nos condidions de travail, les caractères de viva-cité de leurs couleurs élémentaires.
- Ponr le violet, nous exigeons un ton égal au violet garance ou à ceux que donnent nos mélanges de bleus avec roses.
- Il est indispensable, pour nos impressions mécaniques, d’avoir ces couleurs dans un état de division impalpable ; les outremers du commerce peuvent servir de types à cet égard. Cette condition antagoniste de l'intensité est jusqu’à présent la cause pour laquelle le vermillon, entre autres, n’a pu être appliqué. D’autres fois, cette division extrême favorisé une sensibilité inaperçue en masses, mais qui, en petites couches, montre de la fugacité sur nos étoffés ; tel est l’iodure de mercure, qui en disparaît spontanément.
- Signaler ces différents inconvénients, c’est
- attirer l’attention des fabricants de couleurs sur des produits de la plus grande stabilité et d’une intensité telle, que la porphyrisation seule les descende a celle que nous réclamons. Ces conditions ne se rencontreraient-elles pas, comme déjà pour l’azur, dans les silicates, dans les flux vilreux, qui offrent des exemples de puissance coloranle qui, souvent, ne peut être perçu autrement, et qui, telle que celle du cristal rougi par l’or, est encore sans application dans la peinture des tissus?
- Rappelons cependant, à l’occasion du métal que nous venons de citer, qu’en 1804, déjà, Wilmer faisait à Jouy des fonds violets au pro -toxyde d’or, par un procédé analogue à celui du pourpre de Cassius.
- XVII.
- médaille d’honneur peur un travail théorique et pratique sur le carmin de cochenille.
- On devra indiquer d’où provient l’infériorité des produits obtenus par les procédés décrits dans les traités de chimie, relativement à ceux que livre le commerce, et dire pour quelle cause la totalité de la matière colorante n’est pas transformée, ou ne serait pas transformable en carmin.
- Il s’agit donc de donner un procédé do préparation dont les produits p uissent rivaliser, quant au prix et à la vivacité de la nuance, avec les meilleures marques de commerce; puis d’expliquer théoriquement l'extraetion partiell0 du colorant, ainsi que l'action réciproque des agents employés.
- XVIII.
- médaille d’honneur pour un vert transparent, résistant d la lumière et au savon, dont l'éclat, l'intensité, rapplication sur tissus de coton et le prix en rendent l’emploi possible en industrie.
- XIX.
- MÉDAILLE d’honneur DE. DEUXIÈME classe pour cette question : L’indigotine peut-elle êtr régénérée de ses composés sulfuriques ?
- Les applications de l’indigo ne sont jusqu’ présent obtenues sur coton que par réduction et par l’intermédiaire de dissolvants alcalins. Les Composés sulfuriques de l’indigo n’ont pas encore leur fixateur sur coton. La nuance plus pure de ces composés, leur grande solubilité et l’avan
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- tage de pouvoir les unir aux couleurs vapeurs donneraient de l’importance au procédé qui leur rendrait à la fois, sur coton, l'insolubili'é et la solidité de l’indigo.
- w XX.
- médaille d’honneur à celui qui aura le premier livré aux fabriques d'indiennes de l'Alsace un produit artificiel remplaçant avec avantage la matière colorante bleue et ï indigo.
- XXI.
- médaille de première classe à celui qui aura le premier livré aux fabriques d’indiennes de l’Alsace un produit remplaçant avec avantage les dérivés sulfuriques de l’indigo.
- MM. Emmerling et Engler ont réalisé récemment la synthèse de l'indigotine. Ces chimistes n'ont obtenu que des quantités minimes de celte matière colorante; la méthode choisie par eux n est donc peut être pas celle qui permettra de produire un jour l'indigotine industriellement. Il est possible qu’avant d’arriver à ce résultat, on aboutisse à des dérivés sulfuriques susceptibles d’applications. Gemme nous ne possédons pas actuellement de moyen de trans former ses composés en indigotine, leur synthèse ne serait qu'une solution partielle du problème ; mais le résultat aurait déjà un grand intérêt pour l’industrie ; si ces dérivés sulfuriques pouvaient remplacer avec avantage la matière colorante bleue désignée sous le nom de carmin d'indigo.
- Dans le cas où ces produits seraient livrés au commerce avant l’indigotine artificielle, mais dans ce cas seulement, la médaille de première classse pourra être accordée.
- XXII.
- MÉDAILLLE DE PREMIÈRE CLASSE pOUr HtMOlt-veau procédé de fixer par l’impression les couleurs dandine dune manière plus complète que par l'albumine.
- On a déjà trouvé le moyen de fixer les couleurs d’aniline au moyen du tannin ; on désire un mode de fixage plus complet, et qui n’altère pas les nuances.
- XXIII.
- médaille d’honneur pour un noir d'aniline soluble dans un véhicule quelconque pouvant servir en teinture, et résistant à l’action de la lumière autant que le noir d'aniline actuel.
- XXIV.
- médaillé d’honneur pour un noir d’aniline vapeur pour l’impression, au rouleau, sans aérage préalable.
- Ce noir ne doit pas attaquer la racle d’acier, ni afflaiblir le tissu. Imprimé avec des couleurs à l’albumine ou autres, il ne doit pas les altérer. Un simple lavage à l’eau froide doit le dégorger suffisamment pour ne pas occasionner de rappli-cages. Le chlorage, les passages en chromate de potasse et eau de chaux bouillante, ne devront pas lui faire perdre de son éclat.
- XXV.
- médaille d’honneur pour un mémoire sur la compesiton du noir d’aniline.
- XXVI.
- médaille d’honneur pour un rouge écarlate susceptible d’applications pareilles à celles des couleurs d’aniline, qui ne soit pas plus fugace que celles-ci, pas plus cher qu'en ponceau cochenille.
- XXVII.
- médaille d’honneur pour un mémoire indiquant des moyens de répéter, sur un alcaloïde naturel ou artificiel quelconque, les procédés de préparation des couleurs d'aniline et autres, connus aujourd'hui-, procédé du rouge, des violets, du bleu, du vert, du noir.
- XXVIII.
- médaille d'honneur pour un moyen d’augmenter la satidité des matières colorantes artificielles.
- On sait les différences de solidité qui résultent des circonstances.
- Procédé de fixation, albumine, arséniates, influence du tissu, laine ou coton.
- Mode de préparation de la couleur; violet Perkin, par exemple, plus solide que les violets dérivés de la fuchsine ; certains bleus d’aniline plus solides qnc les bleus d'indigo.
- Le bleu de quinoléine, dont on n’a pu corriger la fugacité.
- fit parmi les bleus encore, cet exemple de solidité des bleus à l’indigo réduit, comparés aux bleus de sulfoin-digotates, serait-il'sans analogie avec certaines couleurs d’aniline?
- Le prix sera décerné pour l’une quelconque des matières colorantes artificielles.
- (A suivre.)
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- RÉSUMÉ DE LA SITUATION
- DES INDUSTRIES DU COTON ET DE LA LAINE.
- Conclusions d'un important travail de M. O. KELLER. Ingénieur des mines, publié dans le Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- En résumé les faits principaux qui nous paraissent ressortir de la comparaison des états des Douanes de 1858 à 1868, et qui donnent la clé de la situation dans laquelle se trouvent en France l’industrie de la laine et celle du coton, sont les suivants :
- 1° La hausse de prix des cotons et la baisse de prix des laines.
- Par suite, la difficulté à étendre les débouchés pour les tissus de coton et, au contraire, la facilité à développer le marché pour les lainages dont la concurrence se fait sentir;
- 2° Pour les tissus et fils de coton, la diminution de nos exportations, déduction faite des importations; au contraire, pour les tissus et fils de laine, l’accroissement de nos exportations, déduction faite de nos importations ;
- 3° L’énorme augmentation dans la consommation intérieure du pays en tissus de laine ;
- 4° L’abaissement des prix de façon dans les deux industries de la laine et du coton, preuve manifeste de l’encombrement du marché.
- Cet abaissement, particulièremeut onéreux pour les dateurs et les tisseurs de coton, est le symptôme d’un défaut de proportion entre la masse de produits fabriqués et les besoins naturels de la consommation. La crise qui en est. résultée a maintenant imposé un temps d’arrêt au développement de l’industrie du coton; mais, comme la consommation est appelée à suivre les progrès de la prospérité générale du pays, il arrivera néessairement, si celle-ci n’est pas entravée par les événements que l’équilibre entre l’offre et la demande se rétablira ; et ce sera alors le commencement d’une nouvelle période fructueuse pour les manufactures. Si elle est moins brillante que la période qui a précédé la crise elle ne sera sans doute pas traversée par les mêmes secousses, et présentera de meilleures conditions de,durée.
- BREVETS RÉCENTS
- CONCERNANT LES INDUSTHIES TINCTORIALES.
- 95,497. — 5 juin 1872: Agnelet frères, Paris, — Feutrage et secretage des poils et fibes animales.
- 95,512.-3 juin : JAROSSON et Muller-Pack, Paris. — Teinture en noir d’aniline et autres couleurs grand teint dérivées de la houille, sur fils et tissus de toute nature.
- 95,562. — 7 juin : Welter et WEIDKNECAT, Paris. — Mouvement de déraillage mécanique applicable à toutes espèces de rames à déraillage, faisant dérailler des tissus de différentes longueurs.
- 95,566. — 11 juin : BORDAGE, Paris. — Imitation de fcurruro de ventre de petit gris, par impression,combinée avec lacoupcdes vêtements à obtenir.
- 95,625. — 14 juin : (brevet anglais), Scala, Paris. — Perfectionnement dans la teinture à l’irdigo.
- 95,627. — 15 juin : TOIRAY, Paris. — Impression accélérée en plusieurs couleurs pour étiquettes, cartes, affiches, etc.
- 95,639. — 25 juin : DREVON, Lyon. — Machine à battre à mouvemement alternatif, pour dégorger les écheveaux, notamment ceux de soies, pendant les opérations de la teiniure.
- 95,645. — 26 juin : Gonin, Melun (Seine et-Marne). — Tendeur pour la teinture des soieries et autres tissus.
- 95 672 — 19 juin : Sival, Paris. — Machine à plier et à mesurer les étoffes.
- 95,757. — 25 juin : Sinclair, Paris. — Traitement des lessives épuisées.
- 95,793. —5 juillet : Vincent, Dole (Jura). Perfectionnement à une machine à apprêter les étoffes, pour laquelle le sieur Tailleur a pris un brevet le26 juin 1858.
- certificats d’addition
- Michel : 31 mai. — Appareil de chauffage pour couler la lessive, chauffer les bains, etc. — Br. 92,339.
- BASTAEEr : 17 mai. — Séchage des tissus et filaments. — Br. 87,922.
- CHAUDET : 6 jui’let. — Emploi des bois tinctoriaux, après extraction de la couleur. — Br. 91,991.
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- 208 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- NOUVELLES
- LES ANILINES A LA BARRE DE L’ACADEMIE. — La perfection n’est pas de ce monde. Douées d’une pureté incomparable et s’appliquant sur les étoffes avec une facilité sans égale, les ravissantes couleurs extraites de la houille manquent de solidité, défaut sur lequel M- Chevreul, qui, en celte matière, est un oracle, a appelé l’attention du commerce français, quand, il y a douze ans, les nouveaux produits tinctoriaux commencèrent à remplir un rôle industriel. Il dépose aujourd’hui sur le bureau de l’Académie des échantillons d’une tenture, en damas de soie, verte, fabriquée à Lyon, et qui, à peine posée dans une maison parisienne, a éprouvé une profonde altération de couleur.
- Le fait s’étant passé chez nous, n’a pas la même conséquence que s’il eût eu lieu à l’étranger, où les produits de la fabrique Lyon-naise sont recherchés pour la stabilité autant que pour la beauté de leurs couleurs ; mais ce fait montre combien il importe au consommo-tour de savoir faire la différence entre les matières au moyen desquelles s’obtient une couleur donnée et d’exiger toujours la garantie des marchands. Qui veut de la solidité doit demander des bleus de cuve d’indigo, des cramoisis et des écarlates de cochenille, des jaunes de gaude, de... Est-ce à dire que les couleurs d’aniline resteront sans emploi? Non, certes. Ce qu’on vient de dire ne s’applique qu’aux tissus pour ameublement. Restent les belles étoffes de soie destinées à la toilette des femmes, étoffes plus souvent exposées à la lumière des bougies qu’a celles du soleil. Voilà la part des couleurs d’aniline. Leur sort est assez galant comme cela, et elles auraient mauvaise grâce a se plaindre du rôle qui leur est assigné.
- Tel est le résumé d’une récente communication que vient de faire M. Chevreul à l’Académie des sciences, on sait que le vénérable chi miste ne s’est jamais lassé de réclamer la garantie des teints, dans l’intérêt même des teinturiers, qui, sans cela risquent de déconsidérer leur industrie. Ce ne serait point être de son époque que d’exiger que toutes les teintures fussent en bon teint, mais ce qu’il importe de recommander, c’est d’établir une distinction radicale entre les grands et les petits teints, et surtou
- de ne pas faire ces derniers sur des étoffes qui, parleur destination, doivent absolument être toutes en nuances solides, telles sont les drape • ries et les tissus d’ameublement; pour ces articles, l’emploi des couleurs d’aniline est tout à fait hors de propos, à moins cependant que l’on ne s’en serve que pour un léger avivage.
- teintes a la mode. •— Parmi les nuances variées que, les principaux magasins de nouveautés de Paris, exposent ou annoncent comme étant à la mode, nous mentionnerons les suivantes :
- NUANCES DE VILLE
- Marron, Havane, Amande, Vigogne, Chamois, Gris Mode, Gris Lin, Gris Garde, Gris Ar-gent, Gris Feutre, Gris Boue, Gris Moscovite, Gris Anglais, Bleu de France, Bleu Mexico, Vert Islg, Pervenche, Béséda, Mgr* te, Saule.
- Aventurine, Olive, Bronze, Gobelin, Scarabée, Lézard, Océan, Colibri, Paon, Canard, Bleu Marin, Bleu Anglais, Corinthe, Améthisle, Bordeaux, Pain brûlé, Grenat, Sultan, Claret, Jaspe.
- NUANCES DE SOIRÉES
- Gris perle, Bleu azur, Bleu ciel, Rose de Chine, Rose Thé, Mauve, Lilas, Fleur de Pêche, Vert Léman, Vert Nil, Vert Suez, Cristal, Crème, Ondine, Paille, Blé, Chair, Cerise, Ponceau, Blanc.
- La plupart de ces désignations sont purement fantaisistes et n’indiquent rien ; le genre de coule urs réellement en faveur aujourd’hui sont des teintes ternies, assombries, mais a fond vif cependant, telles que celles qu’on nomme Bleu Marin, Paon, Vert métal, Canard, Réséda, Pervenche, etc.
- empoisonnement. — Dans une usine des environs de Paris, un ouvrier teinturieur a avalé par erreur un verre de bain de prussiate ; des symptômes alarmants se sont bientôt manifestés, ils ont été aussitôt combattus et cet homme en a été quitte pour de fortes secousses intestinales et de violents maux de tête.
- Dans un cas analogue, après avoir provoqué les vomissements ; le contre-poison que l’on a sous la main et qu’il convient de faire prendre est le sulfate de fer ou couperose verte.
- Pour tous les articles non, signés : P. Blondeau.
- _______F. GOUILLON, Directeur-Gérant, Clermont (Oise), — Imp. A, Daix, rue Condé, 27.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 15e VOL , no 20. 20 OCTOBRE 1872
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- Sommaire.
- . . .1, . , tw.g
- ' 9. '• • 6 ' 1 '. ' . ' ( • 0343
- Exposition universelle de Lyon : machines et outils, par M. F. GOUILLON. — Noir d’aniline de MM. JR et MULLER-PACK. — Couleurs modes, bruns, marrons, solitaires, cafés, etc., par M. G. VAN-LAER (du). Apprêt des tissus de coton et de chanvre, par M. D. KÆPPELIN (suite). —Machines à humecter (g ra-vure). —Teintes À la mode : vert russe, vert métal, myrte, lesard, etc., (échantillon); Améthyste. Flamme de Punch, Pervenche, Colombin,etc. (échantillon).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Teinture du cuir par les anilines : Rouge, violet, bleu, vert, jaune-brun,
- — Bleu d’Induline. — Prix proposés par la Société industrielle de Mulhouse. — Brevets’ récents concernant les industries tinctoriales.
- NOUVELLES: Les cours des Arts-et-Métiers.—Importance des industries tinctoriales et textiles. —Grèves.
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE LYON.
- Machines et outils.
- Bien que l’exposition de Lyon n’ait pas rendu tout ce qu’on en attendait et qu’elle n’ait causé que des déceptions a la plupart des exposants et des visiteurs, nous ne voulons cependant pas la laisser clore sans y passer une revue rapide des machines s’adressant à nos industries, des produits que celles-ci consomment et de ceux qu’elles créent.
- Cette exposition, d’un earactère plus industriel, proprement dit, que celle de Paris, contient un plus grand nombre de machines et de produits à l’usage de l’industrie que cette dernière, mais on devait en espérer encore davantage, surtout parmi ceux destinés à la teinture et aux tissus; la ville de Lyon étant un des centres les plus importants de ces industries. Il est vrai que tout ce qui concerne la production de la soie, jusques et y compris le tissage, s’y trouve représenté d’une manière assez complète mais on ne rencontre que de trop rares exposants pour ce qui se rapporte au blanchiment, a la teinture, à l’impression et à l’apprêt de cette matière et autres textiles en fils ou en tissus.
- On remarque le peu d’empressement des Lyonnais pour leur exposition, où l’on ne rencontre qu’un petit nombre d’exposants parmi eux. En est-il donc des expositions comme des individus : Nul n’est prophète dans son pays !
- Nous n’entreprendrons pas de décrire la phy-sionomie du bâtiment, son plan et ses disposi-
- lions, non plus que de faire l’éloge ou la critique de l’administration et de l’organisation de cette œuvre importante; nous sigalerons néanmoins le défaut de classement qui y règne de tous côtés et par suite duquel il est absolument impossibledes’y reconnaître à première, ci même à deuxième vue; c’est un amas de produits de toutes sortes, placés sans méthode, en formant un vaste labyrinthe à travers duquel on peu s’égarer, et le catalogue n’est pas le fil d’Ariane qui permet de s’y retrouver. Quelle différence avec 1 exposition de 1867, bien plus considérable cependant, et classée avec un ordre si judicieux et si méthodique.
- Marchons donc au hasard, et mentionnons ce que nous rencontrerons sous nos pas.
- Voici d’abord des essoreuses, exposées par MM. BUFFAUD frères : Les modèles de cette maison-étaient déjà exposés à Paris, en 1867, et à cette époque nous les avons signalés (1) ; les constructeurs y ont apporté quelques améliorations de détails, sans changer toutefois le type général de leurs appareils ; ce sont des essoreuses à arcade, fonctionnant par cônes ; marchant, les unes à l’aide de manivelles, les autres par courroies de transmissions, ou encore à l’aide d’un molour à vapeur spécial, joint à la machine ; cette disposition est avantageuse pour les essoreuses d’une certaine force. Nous donnerons prochainement des dessins de ces ma-chines pourcompléter la revue des essoreuses que nous avons promis de continuer (2). Celles do
- (1) Voir Moniteur de la teinture, année 1868 page 9.
- (2) Moniteur de la teinture, numéros de juin et Juillet, année courante, pages 118 et 138.
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- LE MONITEUR DE L4 TEINTURE
- ces constructeurs sont généralement estimées dans les diverses industries qui les utilisent.-
- La même maison expose une machine à étirer et à lustrer les soies] c’est-a-dire une machine a cheviller; on sait que plusieurs dispositions mécaniques ont déjà été proposées pour faire automatiquement l’opération du chevillage, si importante dans le travail des soies en écheveaux; jusqu’à présent, toutefois,on continue à cheviller à la main, et la plupart des teinturiers en soies assurent que le travail manuel ne peut être remplacé ; nous souhaitons que la machine de MM. Buffaud leur donne tort, et nous espérons aussi, pouvoir en donner une description.
- Un genre de machine qui a été également bien travaillé ; mais dans lequel les inventeurs ont été plus heureux, puisque la plupart de ces appareils sont généralement bons, sont les machines à laver les écheveaux ; ce sont presque toujours des bobines à mouvement excentrique, tournant au-dessus d’un bain de rinçage, dans lequel plongent en partie les écheveaux qu’on y a déposés; on y communique, en outre, un mouvement de va et vient d’arrière en avant, et vice versa, imitant le mouvement des bras pendant le rinçage à la main.
- Parmi les machines basées sur cette donnée, nous citerons celle de Rickly ; une autre dont nous ne connaissons pas l’auteur, caractérisée par de longues barres ou leviers imitant le/mou-vement des bras et au bout desquels les bobines tournantes sont placées; nous mentionnerons aussi la machine plus simple de MM. Tulpin (1); celle de M. Boulieu (2) ; enfin MM. Gillet et fils ont complété ces appareils en y adaptant un système de battage (3).
- Celle que M. DUVERGIER expose sous le nom de machine à laver les écheveaux a de commun avec les précédentes les bobines tournantes, mais ces bobines, qui sont en porcelaine, et percées tout autour de petits orifices, laissent, par ces ouvertures, échapper un courant d’eau qui traverse les écheveaux déposés sur ces bobines, et produit un très-bon rinçage ; nous reviendrons, d’ailleurs, sur cette invention.
- (1) Voir dessin et description dans le Moniteur de la teinture, 1868, page 95.
- (2) Voir numéros de juin, année courante, page 128, (3) Voir numéro du 10 avril, année coerante, page 89.
- Comme appareils d’apprêt, nous remarquerons d'abord la machine Tailleur aîné, ex-posée par M. Vincent ; on sait que ce métier d’apprêt, qui a joui longtemps d’une grande renommée, consiste principalement en un tuyau percé pour vaporiser le tissu qui va s’engager sous des rouleaux chauffés ou non et auxquels on donne la pression par une pédale ; ces rou-leaux presseurs sont d’un faible diamètre d’où il s’ensuit que le tissu est plutôt laminé que plané, les tambours ou cylindres à apprêt que l’on construit de plus en plus volumineux n’ont pas cet inconvénient, et conservent plus longtemps le tissu au contact de la surface chaude, ils seraient donc préférables sous ce rapport, mais l’échappement de vapeur dans le métier Tailleur et la facilité de travail qu’offre celui-ci, sont des compensations dont il faut tenir compte ; le choix entre ces deux genres d’appareils serait donc embarrassant, si l’on n’en avait imaginé un intermédiaire, ayant pris et réuni ce que l’un et l’autre avaient d’avantageux ; ce sont les machines à tambour et à toile ou feutre sans fin, munies de vaporisateurs et de tendeurs à pression facultative. D’ailleurs, pour l’apprêt des articles chiffonnage, le vaporisateur n’est pas indispensable.
- Par l’emploi des métiers Tailleur ou des tambours à toile sans fin, on arrive à presser l’étoffe contre une surface chaude et lisse, en lui donnant une légère extension, avec ou sans humectage, selon le tissu; c’est en somme, un repassage qu’on produit, repassage beaucoup plus parfait et expéditif que celui que l’on obtient à la main; or, ces machines rencontrent une rivale dans la machine à repasser et à apprêter construite et exposée par MM. J. DECOUDUN et cie ; c’est, en effet, un appareil qui se répand de plus en plus dans les ateliers de teinture, et qui offre un moyen d’apprêt très-commode et se prêtant à toutes les nécessités des différentes espèces de tisssus que l’on a à traiter, surtout les chaînes-coton qui sont ordinaire 1 ment si difficiles à bien unir.
- Nos lecteurs connaissent parfaitement la machine à repasser de MM. Decoudun et Ci ", nous en avons récemment donné une description assez complète avec des dessins à l’appui (1); il n’y a donc pas lieu de la décrire à nouveau.
- -------------------------- --------------- I -wecurosnns
- (1) Voir numéros d’août, année courante, page 161.
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- —, G
- Lorsqu’il ne s’agit plus de repasser des pièces ou des coupons plats et qu’il faut apprêter des vêtements non décousus, ces différentes machines ne peuvent pas être employées et il faut avoir recours au travail a la main, mais ce travail a été aussi bien simplifié, et le perfectionnement le plus important qui y a été apporté, consiste dans l’emploi des Tables à vapeur de M. A Lyon. L'exposition contient trois modèles de ces tables, avec un petit générateur de vapeur pour leur usage. Ce sont encore des appareils que le Moniteur de la teinture a décrits avec tous les détails nécessaires et en donnant les dessins des deux types existant alors (1). Ces deux types table n° 1 et table n° 2 sont encore ceux que l’inventeur construit avec quelques modifica-tions, toutefois, qui ne sont pas sans importance ; ainsi dans les modèles nouveaux, le dessous des tables est bombé, au lieu d’être plat comme primitivement, ce qui produit une capacité de vapeur plus considérable, et facilite l’écoulement des eaux de condensation.
- La table u0 1 est do la largeur du dos d’un paletot, elle est a deux compartiments, l’un formant la pointe de l’appareil et fonctionnant seul pour l’apprêt des petites pièces, gilets, fonds de pantalons, l’autre occupant le reste de la table et pouvant, comme le premier, fonctionner seul ou simultanément avec celui-ci; le dessus de la table est percé de trous pour laisser échapper la vapeur, et l’apprêt se fait en brossant les pièces traversées par cette vapeur. Le ne 2 n’est pas criblé de trous, il est à un seul compartiment, et ses dimensions permettent de l’introduire dans la jambe d’un pantalon ; il sert spécialement à l’apprêt do ce vêtement.
- A ces deux types, l’auteur a joint un n° 3, de dimensions égales au n° 1, et plein comme le n° 2; il est spécialement destiné à presser les vêtements confectionnés, et s’adresse principalement aux tailleurs et confectionneurs.
- De l’opinion de tous les teinturiers, les tables a vapeur sont d un usage très-avantageux pour le repassage des vêtements d’homme et aussi pour les jupes et robes montées, confections, etc., leurs qualités sont, d’ailleurs, démontrées avec évidence par leur auteur, M. A Lyon, qui fait, devant le public, des expérimen-
- tâtions sur ses appareils exposés et qui recueille des félicitations et des encouragements unanimes par les gens compétents. En appréciant cette invention nous en avons nous-mêmes fait les éloges qu’elle méritait.
- Le repassage à la main a également été amélioré — mais à un autre point de vue — par les appareils à chauffer les fers de M. Chambon-LACROISADE, lequel en a fait une très-belle exposition, en regrettant, toutefois, qu’il ne lui ait pas été permis d’établir un conduit de fumée pour pouvoir faire fonctionner ces appareils devant le public.
- On connaît ces ingénieux et élégants petits fourneaux dont nous avons d’ailleurs donné aussi un plan et une description (1), et on sais avec quelle régularité et quelle simplicité ils fonctionnent; ils sont, du reste, généralement adoptés par les diverses industries qui emploient le fera repasser, et cela fait, pour leur inventeur, l’objet d’une industrie déjà très-importante.
- En terminant ce qui concerne l’apprêt, nous si-gnalerons desmachines al’usage de la chapellerie, exposées par MM. BOULILLET frères ; la machine de M. Coq, bien connue dans cette industrie pour le foulage des chapeaux, et les machines à presser les chapeaux d’une seule fois, exposées par M. Légat.
- Nous devons mentionner encore V appareil pour l'extraction des teintures, exposé par M. PLATEL : c’est une chaudière autoclave chauffée à la vapeur et destinée à la cuite des bois, soit pour employer les décoctions, soit pour fabriquer les extraits. Ce n’est que par la cuisson à la vapeur et sous pression que l’on peut épuiser complètement les bois de teinture des matières colorables qu’ils contiennent, aussi ce genre d’appareil, dont il existe plusieurs modèles établis sur le même principe, sont-ils d’un emploi très-avantageux.
- Terminons cette courte énumération en citant les appareils pour lavoir et bains de MM. PIET et BELLAN, toujours si soignés de construction; la lessiveuse américaine de M. Michel, dont nous avons parlé dans notre compte-rendu de l’exposition d’économie domestique de Paris; les articles en caoutchouc de
- (1) Voir Moniteur de la teinture, années 1870-71, page 61.
- (1) Voir Moniteur de la teinture du 20 mars, au-née courante, page 63.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- la maison CASASSA qui fait des rouleaux (1) si bien compris pour le blanchiment et pour l’impression des tissus, etc.
- Dans cette revue rapide nous n’avons examiné que les machines se rapportant à nos spécialités, c’est-à-dire aux industries tinctoriales, laissant à nos confrères plus spéciaux, le soin de faire connaître celles qui concernent la filature et le tissage. Dans notre prochain article, nous examinerons les matières colorantes et produits à l’usage de nos industries.
- F. GOUILLON.
- NOIR D’ANILINE.
- PROCD DE MM. JAROSSON ET MULLER-PACK.
- Le nouveau procédé de noir d’aniline breveté par MM. Jarosson et Muller, a toujours pour base l’imprégnation des étoffes par le mélange à base d’aniline, et une oxydation ultérieure, mais cette oxydation, au lieu de se produire dans des séchoirs ou d: • étuves au contact de l’air, a lieu dans des vases clos, en chauffant un peu plus que par les procédés habituels.
- Comme on le remarquera, c’est un noir n'ani-lino pour teinture et non pour impression.
- Les moyens indiqués sont les suivants :
- On prépare un chlorure ferreux en opérant la dissolution suivante :
- Eau............................. 10 litres.
- Acide chlorhydrique. ... 10 kilogr.
- Fer.............................. 3 +
- On ajoute de l’eau de façon à ce que le liquide marque 12 degrés Baumé.
- On y plonge les matières à teindre pendant 2 heures, puis on les laisse reposer 12 heures. Après quoi, on prépare un mélange à base d’aniline contenant, pour 30 kilogr. de matières à teindre :
- Dissoudre d’une part : Chlorate de potasse.. 2 k. 100 gr.
- Eau bouillante............. 30 litres.
- D’autre part :
- Aniline huileuse.............. 3 kil.
- Acide chlorhydrique.... 5 —
- (1/ Voir Moniteur de la Teinture du 5 janvier, année courante, page 3.
- On peut employer tout autre sel d’aniline en quantités équivalentes, c’est-à-dire employer des acides azotiques ou autres au lieu de l’acide chlorhydrique.
- Lorsque ces dissolutions sont opérées, on les mélange toutes deux et on en imbibe les fds ou tissus de façon à ce qu’ils en soient parfaitement imprégnés.
- Les matières ainsi imprégnées sont chauffées pendant 3 à 5 heures, en vase clos, d’abord à ene température d’environ 30 degrés, que l’on porte peu à peu à 50 degrés.
- Le moyen proposé pour opérer ce chauffage consisteà se servir d’une chaudière cylindrique close que l’on fait baigner dans un bain-marie, avec un mouvement de rotation.
- En sortant de cet appareil, le noir doit déjà être développé ; on laisse alors les matières reposer en tas pendant quelques heures.
- Le noir se fixe dans une légère dissolution de bi-chrômate, puis on adoucit les fils ou tissus dans un bain blanc huileux.
- Pour virer le noir au bleu, on peut passer les étoffes dans une faible dissolution d’acide sulfurique, puis rincer à l’eau, et au besoin l’immerger dans une eau alcaline légère.
- Tel est le procédé imaginé par MM. Jarosson et Muller; sa disposition principale consistant à opérer l’oxydation du noir en vases clos, est assurément nouvelle, les auteurs disent qu’elle est indépendante des formules spéciales qu’ils indiquent, et qu’elle s’adapte tout aussi bien aux autres recettes de noir par oxydation et même aux autres couleurs grand teint dérivées du goudron de houille et que l’on produit aussi par oxydation, et qu’enfin, elle peut s’appliquer à toute espèce de fils ou tissus, composés soit entièrement de matières végétales ou animales, soit d’un mélange des deux.
- Si cette innovation permet d’éviter l’inconvénient capital des étendages oxydants, c’est-à-dire l'altération des fibres textiles, ce procédé aurait une importance sérieuse ; nous serions assez disposés à y avoir confiance, malgré que son auteur principal, M. Jarosson, ne nous fût connu que par des procédés de blanchiment, en vases clos également, emprunté à un inventeur anglais, lesquels n’ont pas donné des résultats bien satisfaisants aux industriels qui les ont adoptés, et qui, la plupart, les ont abandonnés. Nous ignorons siM. Muller-Pack, qui habite Bâle, est le même
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- M. Muller, de cette ville, qui, à l’apparition du noir d’aniline, imaginé par M. Lighfoot, a su comprendre l’importance de cette découverte, et en a entrepris l’exploitation ; s’il en était ainsi, ce serait un heureux patronage pour le nouveau procédé.
- Plusieurs teinturiers prétendent posséder d’excellents procédés pour la teinture des fils et tissus en noir d’aniline, lequel n’a, jusqu’à présent, donné de bons résultats, qu’en impression; nous doutons toujours que ces teintures dites en noir d’aniline, soient réellement obtenues par cette couleur.
- F. GOUILLON.
- COULEURS MODES
- BRUNS, MARRONS, SOLITAIRES, CAFÉS, ETC. Par M. Van Laer.
- (Suite) (1).
- J’ai fait ensuite une série de teintes au cachou, uni à divers colorants. Le bouillon avec les colorants pour toutes les teintures, a été d’une heure.
- Voici le tableau de ces mélanges ; 1° 15 kil. cachou et 15 kil. bois jaune.
- 2° 15 — et 20 — bois rouge.
- 3° 15 — et 30 — calliatour.
- 4° 15 — et 30 — garance.
- 5° 15 — et 5 — campêche.
- Les échantillons teints avec ces mélanges et brunis ensuite soit par le sulfate de cuivre, soit par le vitriol de Salzbourg, soit par le bi-chro-mate de potasse ou par la chaux, ont fourni des teintes très-intenses et très-variées.
- Voici quelques-uns des procédés qui ont donné de très-bons résultats ; les dosages sont toujours 100 kil. de laine :
- Bouillon d’une heure avec : Cachou 15 kil.
- Bois jaune.............. 15 —
- Bruniture de 15 minutes, à l'ébullition, dans une dissolution contenant :
- Vitriol de Salçbourg.......... 3 kil.
- On obtient une teinte brune foncée très-riche.
- AUTRE PROCLDÉ.
- Bouillon d’une heure :
- Cachou........... 15 kil.
- Bois rouge........ 20 —
- (t) Voir le numéro du 20 septembre, page 190.
- Bruniture de 20 minutes, à l’ébulition, avec : Sulfate de cuivre. ....... 2 kil.
- On obtient un beau grenat foncé.
- Avec le calliatour on obtient des résultats à peu près semblables.
- AUTRE PROCÉDÉ.
- Bouillon d’une heure avec :
- Cachou................... 15 kil.
- j Garance................. 30 —
- Bruniture de 50 minutes, à 30 degrés, avec : Eau de chaux.
- On produit ainsi un marron solide, nuance dite Byron.
- AUTRE PROCÉDÉ.
- Bouillon d’une heure avec : Cachou 15 kil.
- Campêche................. 5 —
- Bruniture de 20 minutes, à l’ébulition, avec : Bi-chromate de potasse... 2 kil.
- On obtient un bel havane velouté.
- Toutes ces brunitures s’adaptent très-bien, d'ailleurs, à l’un quelconque des mélanges de cachou et de bois colorants ; toutefois, on doit remarquer que le bi-chromate donne des nuances moins intenses que les couperoses vertes ou mixtes.
- Le teinturier peut donc, en variant les doses de colorant, en multipliant la bruniture, obtenir toutes les teintes Modes, sans rien changera sa manière de travailler.
- Les avantages de cette riche matière colorante, le cachou, sont l’emploi facile, la solidité des couleurs," la grande qualité de teindre la laine, la soie, le coton, dans un même bain et de donner des couleurs résistant au foulage, qui ne ternissent ni altèrent les couleurs dans divers tissus composés de fils de différentes couleurs, ce qui arrive souvent avec beaucoup d’autres colorants. Le prix de revient des drogues pour lés plus fournies, ne dépasse pas, au maximum, la somme de 17 fr.,sans compter le bain qui reste et qui paye largement la main-d’œuvre.
- Que les teinturiers appliquent donc sans hésitation les essais que j’ai faits, ils acquerront la conviction que, sans rien perdre sous le rapport de la beauté et de la solidité des nuances, leur prix de revient sera sensiblement diminué, et l’auteur de cette étude verra ses efforts suffisamment récompensés parla satisfaction d’avoir
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- 214 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- contribué, dans la limite de ses travaux habituels, aux progrès de l’industrie.
- Fin des couleurs modes.
- {Aide-mémoire du Teinturier.}
- APPRÊT
- DES TISSUS DE COTON ET DE CHANVRE, Par M. D. Kaeppelin.
- (Suite.)
- MACHINES A HUMECTER.
- 11 est souvent nécessaire, pendant le cours de la fabrication, de communiquer aux pièces un certain degré d’humidité qui les rend plus faci
- ,a
- »
- Fig. 26. — Machine à humecter.
- lement maniables et plus propres à subir les opérations subséquentes auxquelles on les soumet. C’est ainsi qu’avant l’enroulage pour le calandrage, pour l’apprêt et pour l'impression, on est forcé d'humecter les pièces pour les assouplir.
- L'ouvrier faisait ce travail, autrefois, fantô au moyen d'un goupillon, tantôt en lançant de ’eau, dont il remplissait sa bouche, en gerbe
- qui retombait en pluie sur la pièce. Ces moyens sont très imparfaits, et les pièces étaient inégalement humectées, malgré le soin que l’on prenait de les laisser entassées pendant quelque temps avant de continuer le travail, afin que le parties plus mouillées puissent communiquer leur humidité à celles qui l’étaient moins.
- Parmi les appareils que l’on a imaginés pour remplacer le travail manuel, je citerai celui que j’ai vu fonctionner récemment dans l'éta-blissenent de M. Hofer, à Morschmiller, près de Mulhouse, et dans quelques autres fabriques do l’Alsace. Il a été construit dans les ateliers de MM. Tulpin de Rouen, et je dois à ces constructeurs mécaniciens de pouvoir en donner au lecteur le dessin (figure 26). I
- La pièce passe d'abord sous le système d’em-barrage E E E E, de là sur la roulette de conduite R, puis sous le rouleau ou tambour T T, pour aller s’enrouler autour de la bobine Y.
- Dans le petit appareil d’humectage, S S’ représente le rouleau surmonté de brosses ou de pinceaux d’humectage qui viennent plonger dans la bassine à eau A’ B’; A A’ est une toile métallique à travers laquelle l’eau est projetée, avant
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- de retomber en pluie fine sur la pièce, pondant son passage de R à R’.
- L’arrivée de l’eau qui se fait par le tuyau X doit être réglée de manière à ce que son niveau dans la bassine soit bien établi, et que l’extrémité des soies de la brosse d’humectage ne trempe pas de plus de 0mû05; un tuyau de trop plein sert à l’écoulement du liquide excédent, un tube recourbé en verre est placé en dehors de la bassine d'humectage et indique la hauteur du niveau de l’eau, qui doit toujours rester le même.
- La planchette mobile b, placée sur l’axe du rochet, peut être plus ou moins inclinée, afin de démasquera volonté la toile métallique qui sert à tamiser l’eau projetée par la brosse d’humectage. Des numéros placés sur ledit rochet indiquent cette inclinaison.
- Les soies du rouleau d’humectage rencontrent pendant la rotation l'arrêt D, et c’est en s'échap. pantde cet arrêt qu’elles lancent l’eau dont elles sont imbibées contre la toile métallique A A’ sur une largeur plus ou moins grande, selon la position qu’occupe la planchette mobile b,
- On fait plonger les soies de la brosse d’humectage plus ou moins profondément dans l’eau de la bassine, selon que l’on a besoin d’un humectage plus ou moins fort.
- Le mouvement communiqué par la force motrice de l’établisssement à la poulie T 1”, se communique au moyen d’une courroie au rouleau d’humectage S S, et plus il y aura de différence entre les axes de la poulie et o rouleau, plus la force de projection des brosses d’humectage sera augmentée.
- Cet appareil fort ingénieux, comme on le voit, est d’une grande simplicité et fait honneur à l’esprit inventif de son constructeur. J’ai pu me rendre compte par moi-même de son utilité constante dans les différentes phases de la fabri-tion, et je me plais a la constater, en remerciant MM. Tulpin de m’avoir donné une nouvelle occasion de les citer dans celte étude.
- (La Suite au prochain numéro.}
- TEINTES A LA MODE. see
- Dans notre précédent numéro, nous disions que les couleurs en faveur aujourd’hui sont celles dont le fond vif, c'est-à-dire à teinte
- bien vive et bien tranchée, serait assombri au rabattu par du gris ou du noir, de façon à donner plus de plein à la nuance, et moi us de vivacité tout en lui conservant le type peu altéré de son ton primitif.
- VERT RUSSE, VERT MÉTAL myrthe, lézard, etc.
- Ce genre de teintes ne doit pas être confondu avec celles dont la bruniture, tout en assombrissant la nuance, lui donne en même temps un autre reflet : ainsi certains verts tournent de cette façon au bronze ; les violets deviennent prune ou byron ; ici la nuance reste ce qu’elle est, quoique moins vivo et plus pleine.
- Nous donnons ci-dessous deux exemples de ce genre de teintes.
- Celte teinte donf nous avons donné des formules lorsqu’elle était déjà de mode, sous le nom de vert tyrolien (1), s’obtient à l’aide du campêche et du bois jaune, bruni par du sulfate de fer et de cuivre (couperose mixte ou de Salzbourg). Les grands teints se font par pied de cuve, avec teinture au bois jaune ou en gaude, ou dans un mélange des deux, et bruniture au sulfate de fer ; on termine par un avivage au terra ou au bois jaune.
- AMÉTHISTE, FLAMME DE PUNCH Pervenche, colombïn etc.
- N» 2.
- Le bleu-noir d’aniline offre un très-bon moyen pour obtenir ce genre de nuance; le vert peut se faire dans une dissolution de bleu-noir
- (1) Voir Moniteur de la teinture, année 1869, page 281.
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- S
- S:
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- additionné d’acide picrique ou de bois jaune, ou encore de jaune d’or, mais en donnant cette dernière teinture a part.
- Le vert tyrolien était plus foncé que celui dont nous donnons le type; aussi, pour ce dernier, la bruniture doit-elle être moins forte, le numéro que nous avons signalé contient de bonnes formules pour obtenir ces verts sur toutes espèces de tissus; nous engageons nos lecteurs a voir ce numéro.
- La teinte n. 2 s’obtient par un mélage de cam-pêche et de bois rouge bruni par la couperose ; ou encore par l’orseille brunie. Pour les grands teints on emploie la garance avec pied de cuve, et bruniture au besoin.
- Le bleu-noir d’aniline, mélangé avec un vio-lét de même base donne facilement celte teinte et la plupart des tissus qu’on trouve dans le commerce, sont teints par des moyens analogues.
- Le genre de tissu, qui est de mode en ce moment et sur lequel ces teintes se rencontrent le pi us ordinairement est appelé vigogne par les détaillants de tissus ; c’est une étoffe de laine sergée, à armure et apparence semblables a celle des châles.
- Dans notre prochain numéro nous donnerons deux autres types de ce genre de nuances.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- teinture du cuir
- PAR LES COULEURS DE HOUILLE, Par M. Springmuhl.
- Le cuir convenablement choisi est d'abord lavé avec soia pour le débarrasser d’alun, puis imprégné de jaune d’œuf et étendu sur une table incli-née.On y porte alors, à l'aide d’une brosse, d’abord le mordant s il y a lieu, puis la matière colorante ou solution aqueuse. Les acides et les alcalis doivent être soigneusement évités comme mordants, et il ne faut employer que des sels neutres. De très petites quantités d’acides déchirent le cuir; les alcalis le rendent cassant. Les sels a employer sont les bichromates de potasse, l’alun, en solution très étendue et les sels ammoniacaux. Id ___
- TEINTURE ROUGE. — La fuschsine soluble dont la nuance peut-être rehaussée par une petite quantité d’acide picrique, s’applique sans mor-dants, en solution aqueuse, a la température de 20 à 30°. La solution alcoolique de fuschsine donne de moins bons résultats.
- •
- violet. — On emploie le violet d’aniline soluble, additionné d’un peu de sulfate d’alumine. On fait varier la nuance en ajoutant un bleu ou un rouge. Il ne faut pas employer de solution alcoolique. Le violet à l’iode fournit la plus belle nuance, mais il est moins bon teint.
- bleu. — Le bleu pénètre le cuir moins facilement que le violet et il est difficile d’avoir une teinture égale. On opère avec une solution étendue de bleu, en répétant l'application jusqu’à ce que l’on ait atteint le nuance voulue. On essaie en petit, suivant le bleu que l’on emploie, quel est le mordant qui convient le mieux? (sels ammo -niacaux, alun, petite quantité de bichromate).
- Les bleus à l’alcali donnent les plus beaux résultats ; on y ajoute une trace d’aeide sulfurique. On lave bien et on sèche à basse tempé-rature. C) , F.
- vert. — On emploie une solution concentrée de vert, à l’iode; on brosse d’abord le cuir avec une solution de sulfate d'ammoniaque, on lave à l’eau, et l’on applique la couleur à la température de 35°, en opérant rapidement. L’acide picrique relève le vert et lui donne plus de stabilité : mais il no faut pas ajouter directement au vert; on l’applique soit avant, soit après. Les autres verts donnent des résultats médiocres.
- jaune brun. — Le jaune s'obtient de préférence avec de l’acide picrique. Pour le brun, c’est celui de Girard et De Laire qui est préférable. La teinture jaune, au picrate, devient verte par l’application du bleu. On emploie une solution très étendue d’acide picrique à la tem pérature de 25®. {Dingler}.
- aee
- SUR LE BLEU D'INDULINE, Par M. C. Pfundheller.
- Nous avons fait connaître la nouvelle matière colorante à laquelle on a donné le nom d'in-duline (1). Or, cette matière qu’on produit ac-....... 1 1 n ................. ,,, , ne
- (1) Voir Moniteur de la teinture du 20 mars, année courante, page 62.
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-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 9
- 1,
- tuellement à bas prix et qu’on peut considérer comme une substance non teint surtout, quand on y ajoute un peu de bois jaune, donne un bleu absolument semblable au bleu de cuve, et d’ailleurs très-vif, môme sans addition de bois jaune.
- On dissout l'induline en la broyant soigneusement avec l’eau, puis faisant bouillir dans 50 à ICO parties d’eau bouillante.
- Pour opérer la teinture, on prépare un bain au borax ou à la soude légèrement alcalin, on ajoute à ce bain la solution colorée ci-dessous : on y travaille la laine au bouillon, jusqu’à ce qu’en levant un échantillon et le plongeant dans l’eau bouillante, aiguisée légèrement par l’acide sulfurique, on ait atteint la nuance désirée. On enlève alors toute la masse de laine du bain, on laisse égoutter, on lave légèrement et on la passe dans un bain d’eau bouillante, préparé6 avec l’acide sulfurique et le chlorure d’étain, dans lequel la couleur bleue se développe promptement. Après quelques bouillons, l’opération est terminée. Ce bleu résiste au foulon et ne noircit pas.
- [Deutsche Wollen-geioerbe.)
- PROGRAMME DES PRIX
- PROPOSÉS PAR LA SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE MULHOUSE.
- (Suite) .
- XXIX.
- . MÉDAILLE DE PREMIÈRE CLASSE pour IM moyen sûr et pratique d’amener le noir d’aniline, immédiatement après l'impression, au maximum d'oxydation et sans avoir recours à l'aérage et sans altérer le tissu, ni attaquer les métaux servant à l'impression.
- Le moyen d’oxydation que l’on demande, doit pouvoir sa faire d’une manière continue, sans porter atteinte ni à la netteté de l’impression ni à la pureté du blanc.
- „xXX.Ty"o 0.1103
- médaille d’honneur pour l’introduction dans l'industrie des toiles peintes d'une nouvelle couleur qui se développe et se fixe dans les conditions analogues à celles dans lesquelles se produit le noir d'aniline ; qui soit aussi so
- lide à l’air qu’à la lumière, et qui résiste à l’action du savon, des alcalis et des acides.
- Le noir d’aniline diffère essentiellement des autres couleurs de même nom, Tandis que toutes ces dernieles sont appliquées toutes formées sur le tissu et fixées par un agent qui a pour but de les faire adhérer à la fibre, le noir au contraire, ne prend naissance que sur le tissu, par l’impression du mélange des diverses matières qui doivent concourir à le former. La plupart des couleurs obtenues de cette manière présentent beaucoup plus de solidité que colles qui sont appliquées toutes faites sur les tissus. Il serait donc à désirer qu’on en vit augmenter le nombre.
- Ce que nous demandons, c'est une nouvelle couleur, qui ne prenne naissance que sur le tissu, et qui présende des caractères de vivacité et de solidité suffisantes.
- Le noir d’aniline nous a paru le meilleur terme de comparaison. Un puce ou grenat, par exemple, produit par l’impression d’un sel d’aniline de naphtylamine, etc., etc., additionné des agents nécessaires, et qui présenterait les mêmes caractères de solidité que le noir d’ani-line rendrait de grands services à l’industrie des toiles peintes.
- XXXI.
- Médaille d’honneur pour un alliage métallique ou une autre substance propre à servir pour racles de rouleaux, et qui réunisse à l’élasticité et à la dureté de l’acier la propriété de ne donner lieu à aucune action chimique en présence des couleurs acides ou chargées de certains sels métalliques.
- Les, couleurs chargées de sel de cuivre ou de sel de fer au maximum attaquent énergiquement les racles en acier et les mettent prompte, ment hors d’état de bien essuyer ; en même temps la couleur se charge de fer, ce qui est souvent un grave inconvénient. D’autres fois l’attaque est beaucoup moins vive ; par exemple, quand elle n’est due qu’à la présence dans la couleur d’un excès plus ou moins grand d’acide acétique ou d’une autre substance douée de propriétés acides faibles. Dans ce cas, le fonctionnement de la racle n’est plus sensiblement entravé; mais lorsqu’il s’agit de certaines couleurs, absolument incompatibles avec la plus légère trace de for, le travail n’en est pas moins rendu impossible, c’est ce qui a lieu spé-
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- cialement pour les rouges garance d'application.
- Les racles en composition, qu'on a tenté jusqu’à présent de substituer dans ces différents cas aux racles en acier, résistent suffisamment à ces actions dissolvantes, mais elles sont trop molies et manquent d’élasticité, aussi s’usent-elles promptement par le frottement contre le rouleau gravé et contre les particules solides qui peuvent se trouver en suspension dans la couleur, d où résultent des inconvénients encore plus graves que ceux que présentent les racles en acier.
- Ce que nous demandons, ce sont donc des racles qui possèdent à la fois la résistance au travail mécanique des racles d’acier, et la résistance aux actions chimiques des racles en composition.
- Il y aurait lieu peut-être d’étudier l'influence que peuvent avoir, sur les propriétés de l’acier les différentes substances que l’on peut y combiner en petites quantités, le tungstène, par exemple.
- Des essais ont été déjà faits avec le platine allié à une petite quantité d’iridium; peut-être qu en variant les proportions, on pourrait arri-ver à un meilleur résultat.
- Rappelons aussi que, d’après Berzélius une petite quantitité de phosphore combinéaucuivre rend si dur qu’on peut l’aiguiser et en faire des instruments tranchants; Berzélius cite même un canif que Helwig et Igelm avaient fait faire avec cette combinaison.
- XXXII.
- MÉDAILLE D’HONNEUR OU DE PREMIÈRE CLASSE pour une amélioralion notable faite dans la gravure des rouleaux.
- Les concurrents devront indiquer un moyen nouveau d’exécution produisant sur les méthodes actuelles un avantage notable sous le rap-port de l économie ou de la promptitude de l’exécution.
- Le choix d’une matière première d’un prix sensiblement moins élevé que le cuivre jaune ou rouge employé aujourd’hui serait regardé comme satisfaisant à la question.
- Les nouveaux procédés indiqués, quelle que soit leur nature, devront avoir reçu la sanction de la pratique.
- XXXIII.
- MÉDAILLE D’HONNEUR, DE PREMIÈRE OU deuxième classe (selon le mérite respectif des ouvrages}, pour les meilleurs manuels pratique s sur l’un ou l'autre des objets suivants ;
- 1° Gravure de rouleaux servant à l'impression.
- Gravure en cieux pour planche plate et rouleau.
- Métaux employés, avec leur application, cuivre, laiton, etc.
- Différents systèmes de gravure avec la description raisonnée des machines employées pour chacun.
- Décalcage de dessins.
- Gravure à l’eau forte.
- Gravure à la molette.
- Machine à guillocher.
- Machine pantographique.
- Manière de graver les picotages, les fonds, les fondus, etc.) pour chacun de ces systèmes.
- 2° Gravure des planches servant à l’impression.
- Gravure en relief, pour impression à la planche ou à la perrotine.
- Principes de ce genre de gravure.
- Mise sur bois; différents procédés.
- Différentes espèces de bois employés; qualités et défauts de chacune.
- Outils employés; leur appréciation.
- Gravure en laiton, pour picotages et contours.
- Gravure à l’alliage fusible; clichés, machines à brûler; différents systèmes; leur appréciation.
- Feutrage des planches.
- Dans toutes ces opérations, indiquer autant que possible des recettes sûres et pratiques, des procédés éprouvés et consacrés par l’expérience, en justifiant l’utilité des méthodes suivies.
- 3° Blanchiment des tissus de coton, laine, laine et coton, soie, chanvre et lin.
- L'auteur devra décrire les meilleurs procédés pour le blanchiment de ces différents tissus, et donner une explication raisonnée des diverses opératiens que le blanchiment nécessite. Il faudra surtout avoir égard aux tissus destinés à l’impression, et aux conditions essentielles que l’imprimeur exige d’un bon blanchiment. Le traité devra, en outre, renfermer la description
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- des appareils et machines dont on fait usage dans les blanchiments.
- XXXIV.
- MÉDAILLE D'HONNEUR DE PREMIÈRE CLASSE pour un mémoire sur cette question : Quels sont les degrés d'humidité et de chaleur auxquels la décomposition des mordants s'opère le plus rapidement et le plus avantageusement ?
- Entre leur impression et leur teinture, les mordants sont exposés à des opérations qui ont pour but d’enlever la partie de leur acide, qui doit les convertir en sous-sels insolubles.
- Ces opérations consistent généralement en un séjour plus ou moins long dans une atmesphere humide; c’est, à proprement parler, un vaporisage lent, qui s’appelle aérage. La vapeur d'eau seule est nécessaire pour enlever l’acide acétique des mordants d’alumine et de fer. Un sesquioxyde mis en contact avec l’acide acétique est souvent lent à s’y dissoudre.
- Cet acétate formé, peut-il perdre son acide plus vite qu’il ne s’y est combiné? Peut il y avoir quelquefois résorption d’acide dans nos ateliers d’aérage.
- Dans ces milieux humides, les couleurs oxy dables, telles que les cachoux, atteignent leur degré d’intensité d’autant plus rapidement que la température a été plus élevée ; mais quelle pourra être la réaction des pertes d’acide chlorhydrique de ces couleurs sur les mordants avoisinant, et l’effet de la température sur les mordants faibles?
- Tout procédé ou appareil qui, dans la fabri » cation des toiles peintes n’est pas fondé sur les conditions chimiques et physiques est en dehors de la théorie et peut rendre de mauvais services.
- C’est afin de confirmer sous le point de vue théorique, l’usage des nouveaux appareils d’aérage que ce problème est posé.
- (A suivre.)
- BREVETS RÉCENTS
- CONCERNANT LES INDUSTRIES TINCTORIALES.
- 95,803. — 1er juillet 1872 : Dorsett, Paris, — Extraction de l’anthracène.
- 95,840. — 8 juillet : Hess, Lyon. — Impres
- sion en toutes couleurs sur toutes espèces de peaux, spécialement la chèvre et le mouton.
- 95,843. 2 26 juin : Lyons à Lyon. — Dorure de la gaze.
- 95,871. —27 juillet : Desooubet, à Elbeuf (Seine-Inférieure). — Procédé de nettoyage des tissus de laine.
- 95,910. — 6 juillet : Gros, Roman, MARO-zeau et Cie, Paris. — Machine automatique à ouvrir, étendre et guider le calicot, et autres étoffes, à l’usage des blanchisseuses, des teinturiers, des imprimeurs d’indiennes et autres.
- 95,915. —8 juillet (et brevet anglais) : Mac CROLAY-DORLNN, Paris. — Perfectionnement dans l’encollage du papier, des tissus de coton, de fils de laine, et dans les matières employées à cet encollage.
- 95,999. — 29 juin : Charton, Paris. — Système de tapisserie peinte.
- CERTIFICATS D’ADDITION,
- FENNER et Versmann : 28 mai. —Fabri ca lion de l’anthracène. — Br. 93,674.
- Carré et FERET : 19 août. — Machine poudreuse pour pulvériser et triturer les bois de teinture. —- Br. 93954.
- Boullier : 17 juillet. — Etiquettes-attache? métalliques pour échantillons de tissus. — Br.
- 94,676.
- NOUVELLES
- LES COURS DU CONSERVATOIRE DES ARTS ET métiers. — Les cours de sciences appliquées aux arts, professées au Conservatoire des Arts et Métiers, comprennent cette année le programme suivant, pour ce qui concerne les leçons se rapportant à nos spécialités.
- CHIMIE APPLIQUÉE AUX INDUSTRIES de la teinture, de la céramique et de la verrerie. Les lundis et jeudis, à sept heures et demie du soir.
- M. de Luynes, professeur.
- OBJET DES LEÇONS. — Etude chimique des fibres textiles et des opérations qu’elles doivent subir à l’état naturel, à l’état de fils et de tissus avant la teinture et l’impression. — Matières colorantes naturelles et artificelles. — Du rôle de la chimie dans leur préparation ou leur synthèse
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- — Teinture et impression. — Apprêts des Gis et des tissus. Papiers peints. — Teinture des peaux.
- FILATURE ET TISSAGE.
- Les lundis et jeudis^ à 8 heures trois quarts du soir M. Alcan, professeur.
- objet des leçons. — Production de la soie; magnaneries; transformation des cocons, moulinage.— Tissage uni, ras, velouté, façonné et à mailles. — Montage des métiers pour damassés, taille douce, châles, moquettes, tapisseries, passementerics, — Apprêts des étoffes. —Machine à coudre et à broder.
- CHIMIE INDUSTRIELLE.
- Les mardis et vendredisà 8 heures 3/4 du soir.
- M. A. GIRARD; prolesseur.
- objet des leçons. — Faits généraux de la chimie organique. — Applications industrielles : bois et tissus végétaux; altération, conservation. — Fabrication du papier : paille, sparte, bois. Carbonisation; gaz d’éclairago. — Matières su-crées : sucres de betterave, de canne, de sorgho, d'érable; raffinerie; glucose.
- MÉCANIQUE APIIIQUEE AUX ARTS.
- Les mardis et vendredis. ad heures et demie du soir M. TRESCA; professeur.
- objet des leçons. — Chaudières et machines à vapeur sous le rapport théorique et sous le rapport des applications. — Machines fixes. — Machines locomobies. — Machines lo. comotives. — Machines do bateaux. — Machines motrices diverses, comparées aux machines à vapeur.
- Les leçons qui forment le complément de cet enseignement populaire, aussi utile que renommé, et dont les auditeurs sont toujours en grande affluence, sont :
- Chimie générale dans ses rapports avec l'in-dus trie, par M. E. PELIGOT; physique appliquée aux arts, par M. E. BECQUEREL; chimie agri^ cote et analyse chimique, par M. Boussingault-agriculture, parM. Moll; travaux agricoles et génie rural, par M. H. Mangon ; constructions civiles, par M. E. Trélat; géométrie appliquée aux arts, par M: Ch. Dupin, suppléé par M. LAUSSEDAT; géométrie descriptive, par M. De la GOURNERIE; économie politique et législation industrielle, par M. WorowsKI, suppléé
- par M. E. Levasseur; économie industrielle et statistique, par M. J. Burat.
- Par l’autorité de ces professeurs, ainsi que par l’étendue et l’importance du programme de leurs leçons, on comprend le grand succès qu’ont toujours obtenu les cours du Conservatoire, auprès de la population ouvrière et studieuse deParis. k
- IMPORTANCE DES INDUSTRIES TINCTORIALES et textiles. — Les Annales du commerce ex* térieur contiennent, entre autres documents émanés de l’administration, des chiffres concernant les spécialités textiles et que, pour ce motif, nous nous proposons de résumer.
- On sait que le nombre des appareils a vapeur suit une progression continue. Depuis 1855 jusqu’en 1868 la force motrice calculée en chevaux vapeur s’est élevée de 341.068 à 827,216.
- Les diverses industries, qui ont pour objet la transformation des substances filamenteuses, se classent comme suit :
- Filatures Machines à vapeur
- Nombre 2,441 Chevaux 40,709
- Tissages 602 11,909
- Blanchisseries 482 2,950
- Teinturies 585 4,740
- Apprêts d’étoffes 183 1,542
- Impressions sur étoffes 226 2,010
- Manufactures de draps 227 3,861
- 4,746 76,760
- soit environ le quart de la force motrice affé-
- rente à l’industrie privée.
- grèves. — Une grève s’est produite à Neuville-sur Saône, dans l’industrie de l’impression sur étoffes, mais cette grève qui n’intéressait qu’un seul établissement de cette ville, n’a pas eu de conséquences fâcheuses, et le différent entre patrons et ouvriers est aujourd’hui concilié.
- Nous constatons avec plaisir que ce genre d’évènements est relativement rare dans les industries tinctoriales.
- Pour tous tes articles non signés;
- P. Blondeau.
- F. GOUILLON, Directeur-Gérant.
- Clermont (Oise), — Imp, A, Daix, rue Conde, 27.
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- 15e VOL., n° 21.
- 5 NOVEMBRE 187
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- Sommaire.
- Exposition universelle de Lyon : Produits tinctorialix, par. M. F. GoUiLLON. — Teinture et Impression en coralline rouge. — Détachage de l’encre sur les tissus à couleurs délicates. — Teintes à la mode: Grenat, Bordeaux, Corinthe, Sultah, Van-Dych (échantillon); Bleu-Mexico, 'Océan, Gris -Mobile, Gris-Moscovite (échantillon). — Apprêt des tissus de coton et de chanvre, par M. D. KEPPELIN (suite). . Métier pour apprêt brisé (gravures); Tambour à-ramer. — Essai de la cochenille, par M. Merrick.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Moyens de rendre incombustibles les substances végétales. — Prix proposés par la Sociéte industrielle de Mulhouse (suite et fin).
- NOUVELLES': Manufacture insalubre, Fabrique de benzines et anilines. — Primes pour l’installation d’un établissement cotonnier dans le Finistère —. La rue Chevreul.
- .EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE LYON.
- PRODUITS TINCTORAUX
- L’Exposition contient, relativement au nombre total des exposants, une assez grande variété de produits à l’usage de la teinture, de l’impression et des apprêts ; siégant dans le pays des soieries, elle renferme tout particulièrement les teintures à l’usage de la soie ; aussi les couleurs de l’aniline y brillent-elles de tout leur éclat.
- Puisque nous sommes à Lyon, commençons par nos hôtes, et nous ne pouvons mieux débuter qu’en citant MM. Guinon fils et Cia. dont la maison jouit d’une ancienne réputation, et s’est distinguée aussi par son empressement à patronner et exploiter les nouvelles couleurs, lors de leur apparition ; c’est à elle que l’on doit l’ap-plicalion industrielle de ïacide picrique, de Yazuline ou bleu de phénol, dontia découverte a précédé celle des bleus d’aniline avec lesquels il continue a se fabriquer concurremment. Elle a également répandu dans le commerce les corallines jaune et rouge connues aussi sous les noms de capucine, aurine et de péonine, ainsi qu’une magnifique laque d’orseille qu’elle nomma pourpre française et qui jouit d’une célébrité bientôt effacée par la découverte des violets d’aniline, contre lesquels elle ne pouvait supporter la concurrence, malgré ses brillantes qualités. Cette maison expose tous ses produits, ainsi que des roerts d’aniline, et une matière qu’elle nomme cochenille artiftcielle,\Mpic\\c paraît être une couleur dans le genre de la sa-ranine ou des nouveaux rouges et roses d’aniline.
- Il n’y a que des éiogcs à faire de cette intéressante exposition.
- Le même genre de produits est exposé par la maison Guinon jeune et Picard ; elle expose en outre, des bruns d'aniline, des cerise, ponceau, etc., ces derniers rentrent toujours dans la catégorie des nouveaux rouges et roses d’aniline, lesquels, malheureusement, n’ont encore pu recevoir que des applications limitées à cause de leur prix élevé et de leur peu de rendement; malgré leur qualité, ils ne peuvent donc encore se substituer avec avantage aux cochenilles et tannins de safranum. MM. Guinon jeune et Picard accompagnent leurs produits d’échantillons de soie teinte à l’aide de ces produits et leurs teintes sont d’une vivacité remarquable.
- Une des couleurs d’aniline qui peut produire un ponceau bien franc et brillant, est la géra-nosine exposée par son auteur, M. LUTHRIN-geR ;-cette couleur est obtenue en traitant la fuschsine par l’eau oxygénée; la teinte en est trës-belle, mais le produit ne peut guère s’appliquer qu’aux soieries, et son prix reste toujours trop élevé. M. Luthringer montre néanmoins le parti qu’on peut en tirer, en exposant des spécimens de teinture et d’impression sur soie très-satisfaisants. La même exposition con-ient des capucine, orange et autres jaunes pour soieries, ainsi qu’un noir d'aniline pour impression sur foulards, produit dont nous ignorons la composition, mais qui doit s’écar-ter peu de celle usitée pour les impression sur coton.
- Parmi les expositions de couleur d’aniline, la plus importante est assurément celle de M. A. POrRRIEN, le concessionnaire des principaux brevets, en France, et le successeur de la so-
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- ciété la Fuschsine, qui a succédé elle-mêmo à MM. Renard et Franc, et qui s’est rendue fameuse par les nombreux procès qu’elle a dû soutenir pour affirmer son monopole. M. A. Poirrier est donc encore maintenant le seul fabricant légal de la plupart des couleurs d’aniline, ou tout au moins des plus importantes ; sa maison a elle-même largement coopéré au perfectionnement de cette classe de produits, c’est elle qui a mis au jour les couleurs de mé-thylaniline, dont les principales sont les violets de Paris, réputés, a juste titre, comme les plus riches et les plus brillants.
- La collection des produits exposés par M. Poirrier est en rapport avec l’importance de sa maison ; nous y admirons la série complète des couleurs d’aniline, accompagnée des échantillons teints correspondants; entre autres produits, nous devons remarqser les magnifiques violets de Paris, dont nous venons de parler, et l’on ne peut douter que cette couleur soit soluble à l’eau, car une dégradation de la toiture de l’édifice a laissé pénétré l’eau dans la vitrine et on peut admirer les belles dissolutions violettes qui ont opéré sur les, objets environ-nants, des teintures peu régulières et peu artistiques, mais point défavorables à l’appréciation de ce violet.
- Par suite de sa proximité de Lyon et de sa situation en dehors de France, (ce qui lui permet d’éluder les brevets), la ville de Bâle a acquis une certaine importance dans la fabrication des couleurs d’aniline, et plusieurs grands établissements y ont été installés pour cette fabrication ; une de ces maisons, celle de MM. GERBER et ULMANN, expose principalement des bleus, tels que bleu lumière ou bleus purs, dont la pureté de nuance est si recherchée par les teinturiers en soie, qui n’hésitent pas à les payer très-chers, lorsque leur teinte ne s'altère pas ou prend seulement un reflet verdâtre à la lumière des bougies ou du gaz. Parmi les bleus exposés par MM. Gerber et Ulmann, on remarque les bleus alcalins, qui ont rendu de grands services aux teinturiers en laine, car, c’est seulement depuis la découverte de ce genre de bleu et du mode de teinture qui en dérive, que l’on peut obtenir des teintes unies et bien fixées sur laine; ces bleus sont exposés sous le nom de bleus opales
- La même maison fait aussi une spécialité de la matière colorante Uu carthame ou safranum,
- c’est-à-dire de la carthamine, produit qu’il ne faut pas confondre avec les carmins de safranum, il est, en effet, à l’état sec et ne contient absolument que la matière colorante, à l’exclusion de tout principe étranger. Cette maison nous montre cette matière et des échantillons de teintures qu’on en obtient, ainsi que ceux produits à l’aide des bleus que nous venons de mentionner.
- Il n’est pas à dire cependant, que les carmins de safranum ne peuvent produire des nuances aussi fraîches et aussi brillantes : MM. JAVAL frères exposent du safranum de l'Inde et de Chine, et des soieries magnifiquement teintes par ces carthames;on sait d’ailleurs que ces sortes sont les plus estimées, et que la teinture en safranum est toujours caractérisée par une fraîcheur que n’égale pas la plupart des autres matières colorantes, même les couleurs de houille, malgré qu’elles tendent à y arriver.
- M. Leplat expose également du carmin de safranum, et la fleur de carthame qui le produit.
- La Belgique est dans une situation à peu près analogue à celle de la Suisse, vis-à-vis de la France, pour l’exploitation des couleurs d’aniline, mais si le commerce de ces produits s’y fait assez activement, leur fabrication n’y est pas encore très développée; ce sont, en général, des produits anglais, et surtout allemands qui font l’objet de ce commerce; et même des agents allemands y ont établi des dépôts pour s’efforcer d’écouler leurs produits chez nous; or, comme la marque allemande n’est plus en faveur dans notre patrie, ils couvrent leurs marchandises du pavillon britannique, et nous les offrent comme produits anglais.
- L’exposition contient un bel assortiment de couleurs d’aniline exposées parM. SCHLUMBER-GER de Bruxelles — maison qui n’est point allemande. — Parmi ces couleurs on remarque des bleus alcalins, des violets, gris, grenadines, mauve, etc., en un mot, les couleurs courantes d’une grande consommation, le tout accompagné d’échantillons de teinture sur laine et cuir selon l’usage excellent adopté par la plupart des fabricants de couleurs.
- Ce gris d’aniline rentre dans la catégorie des bleus noirs, indulines, etc., lesquels ne sont qu’un seul et même produit diversement dénommé por ses fabricants et marchands ; on
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- CO G G
- nomme grenadine les résidus de fuchsine qoi donnent des teintes grenat et cerise, et que l’on a désigné sous les noms de cerise, de purpura-line, etc.
- La maison LAZARD-GODCHAUX de Bruxelles — qui n’est pas allemande non plus, ou plutôt qui, depuis plusieurs années, s’est débarrassée, de ses alliances ultra-allemandes, — expose également une série de couleurs d’aniline, principalement, dit-elle, pour teintes solides. Parmi ces couleurs on remarque des bleus pour coton, des rouges et roses pour coton; du bleu noir sous le nom d'indigoline ; un marron' grenat ou purpuraline (anologue à la grenadine dont nous venons de parler), ainsi que des verts et des violets pour laines et pour cotons, des bleus alcalins dits bleus belges, etc'. Cette maison a dû se servir de quelques appellations usitées en Belgique.
- Nous ne pouvons pas apprécier la qualité des produits exposés, que nous n’apercevons qu’à travers les flacons, mais la maison Lazard-Godchaux nous est connue comme exerçant très-sérieusement et avec compétence, le commerce des couleurs d’aniline, aussi ne doutons-nous pas que ses produits soient très sa-tisfaisants.
- Mentionnonns encore pour les produits de l’aniline : MM. Courtois et Cie de Mulhouse (France); M. CARVIS de Saint-Etienne; et la société La PHÉNYLINE de Paris ; cette dernière est nouvellement fondée et ne paraît pas encore tenir une place importante dans ce genre de commerce.
- F. GOUILLON.
- (La suite au prochain numéro.}
- TEINTURE ET IMPRESSION EN CORALLINE ROUGE.
- L’emploi de la coralline rouge pour l’impression en rouge des tissus de laine, de coton et des tapis s’est beaucoup répandu dans ces derniers temps. Les deux grandes indienneries de Berlin ont déjà appliqué cette matière colorante à des milliers de pièces du genre aujourd’hui à la mode pour rideaux, tentures, portières, etc. Les fabriques de tapis de Berlin en font également un grand usage, et elle n’est pas moins employée pour l’impression de la laine. La co-
- ralline trouve donc de nombreuses applications, et il est certain que son usage s’étendra encore, à mesure que l’on connaîtra mieux les substances qui peuvent lui servir démordants.
- Cette matière colorante fut préparée pour la première fois en 1864, par Ch. Wurtz, à Leipzig, au moyen de l’acide phénique ; elle reçut dans le commerce le nom de coralline (1).
- Wurtz employa pour la préparer :
- Acide phénique............... 10 kilog.
- Acide oxalique............... 4 à 5 —
- Acide sulfurique............. 3 à 6 —
- On chauffa le mélange de ces acides jusqu’à ce que la matière colorante se soit formée, ce que l’on reconnaît à la couleur de la masse et à sa consistance pâteuse. Quand la réaction est terminée on se débarrasse de l’excès d’acide par l’ébulition avec de l’eau, puis on fait sécher la masse, soit à l’air, soit dans une étuve, et on peut alors la réduire en poudre. On chauffe cette poudre avec des sels ammoniacaux en solution pendant trois à quatre heures, en élevant progressivement la température jusqu a 150° centigrades, et on obtient une solution dans laquelle les acides produisent un précipité de coralline.
- On attribua d’abord à la coralline des qualités exagérées. On prétendit que le rouge de coralline sur laine ne s’altérait pas, même quand on le lavait avec du savon et de l’argile, et on n’était pas moins enthousiasmé de l’application de cette matière colorante à la teinture de la soie et à l’impression. Mais cette exagération et cet enthousiasme furent bientôt suivis d’une réaction considérable, on tomba dans l’excès contraire, et on fit passer cette couleur pour plus mauvaise qu’elle ne l’était réellement. Ce furent les fabricants de tapis qui revinrent les premiers à l’emploi de la coralline, et, en 1868, R. Knopp, de Stuttgart, livra au commerce une préparation de coralline pour l’impression des tapis (à 26 fr. le kil.), dont l’emploi se répandit très-rapidement, et qai est encore aujourd’hui fort employée dans l industrie des tapis ; peu à peu la teinture et l’impression se rallièrent à la cause de la coralline. Primitivement, on em-
- (1) En France, nous considérons la coralline rouge,, comme découverte par M. Jules Persoz, et exploité en premier lieu, par MM. Guinon, Narmas et Bonnet, de Lyon; nous croyons encore être dans le vrai.
- F. G.
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- ployait comme mordant, pourfixer la coral line, un mélange de chlorure d’étain et de sulfate de zi ne; plus tard on se servit de stannate de soude et ce même sel uni au sulfate de zinc ; puis du silicate de potasse, enfin de la soude caustique, on partait toujours de cette idée qu’il fallait éloigner les acides; cependant on n’a pas encore trouvée un mordant qui donne aux couleurs de coral-line toute la solidité désirable. Schræder a fait connaître un procédé qui donne d’assez bons résultats pour la teinture en coralline sur soie et sur laine. On dissout la coralline dans l’alcool, puis on ajoute un peu de soude et on verse cette solution alcaline dans une grande masse d’eau. Si on ajoute alors une petite quantité d’acide tartrique, la matière colorante est mise en liberté, mais sans être précipitée, et on a ainsi un bain dans lequel la soie et la laine se teignent même à froid.
- Quant à l’impression de la coralline sur soie et sur laine, la question peut être considérée comme résolue.
- Pour la laine, nous renvoyons au procédé de M. Kielmeyer (1), qui sert de base a une importante fabrique. Pour la soie, le procédé suivant est employé en Alsace, pour les garnitures de meubles. On dissout 2 kilogrammes de coral-lino dans de la soude à 10 degrés Baumé et on étend l’eau. On chauffe alors, et on ajoute une solution de chlorure d'élainà 40 degrés Baume; on chauffe de nouveau et on filtre ; on obtient ainsi une laque pâteuse que l’on mélange avec 100 grammes de magnésie, 260 grammes d’acide oxalique, 2,000 grammes de gomme en poudre et de l’eau en quantité suffisante pour former un volume de 10 litres. On mélange bien, on fait chauffer encore une fois et on tamise ; on imprime avec ce mélange ; et au bout de six heures on vaporise pendant trente à quarante minutes.
- Nous arrivons maintenant à l’impression de la coralline sur coton. On sait qu’il est possible de produire une sorte de ponceau de coralline sur du coton mordancé avec du sel d’étain et du sumac ou du tannin. Pour cela on dissout la coralline dans do la soude à 12 degrés Baumé, ou dans du carbonate de soude; en employant 4 litres de solution alcaline par kilogramme de matière colorante. La solution se fait rapide-
- (1) le Moniteur de la teinture du 20 juillet, année courante, page 141.
- ment à chaud. On étend d’eau et on neutralise avec de l’acide sulfurique à 10 degrés Baumé. La matière colorante est mise en liberté et peut se déposer sur le tissu. Plus on a employé de matière colorante plus la nuance obtenue est foncée. Pour l’impression sur indienne, on épaississait d’abord la coralline avec une solution de caséine : on dissolvait 100 gr. de coralline dans 400 d’alcool et on ajoutait environ 2 kilog. 250 gr. de solution de caséine (faite avec du sel ammoniac). Plus tard, on ajouta au mélange précédant : de l’oxyde de zinc. Un autre procédé consistait à mêler intimement la solution alcoolique de coralline avec de l’oxyde de zinc et à épaissir ensuite avec de l’albumine; le carbonate de chaux en poudre fine pouvait être substitué à l’oxyde de zinc. Aujourd’hui on ajoute à la solution de coralline de la magnésie et de l’oxyde de zinc, et on épaissit, soit avec de l’albumine, soit avec de la glycérine et de l’eau gommée. On a renoncé à l’emploi de la soude caustique pour l’impression de la coralline sur coton, parce qu’on obtenait ainsi des couleurs moins stables que par les procédés que nous venons de décrire.
- (Muster-Zeitunff.~)
- DÉTACHAGE DE L’ENCRE
- EUR LUS TISSUS A COULKURS DÉLICATES.
- Lorsque la nature des étoffes, ou deleurs teintes ne permet pas d’employer l’acide oxalique, ou le chlorure de chaux, pour faire disparaître les taches d'encre qui peuvent s'y trouver, on peut laver ces taches avec une dissolution concentrée de pyrophosphate de soude.
- L'opération est longue et exige quelque patience, surtout lorsque les taches sont anciennes, il se faut donc pas se décourager d’une apparence d’insuccès au début de l’opération»
- [PolÿtSch. Nolizblâti.}
- TEINTES A LA MODE.
- Les types de nuances que nous avons donnés dans notre précédent numéro et ceux que nous présentons dans celui-ci peuvent évidemment se varier, soit comme ton, soit comme intensité ; nos
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS 225
- spécimens indiquent, cependant, ceux qui sont le plus en faveur.
- On n’a point encore donné à ces teintes des noms rappelant des personnages ou des événe-nemonis d’actualité ; c’est assurément parce que rien de marquant ne se produit en ce moment. Le teinturier est généralement à la hauteur de son siècle, il vit, comme tous les citoyens, au milieu de la Société, et rien de ce qui s’y passe ne lui est étranger : ses produits portent donc la marque des époques et des circonstances au milieu desquelles ils ort été créés; aussi les noms de Pourpre Lafuyette, Bouge-Talleyrand, Bleu-Marie-Louise, et ceux plus récents de Marron-Bismark, Vcrt~Metternich, etc., nous paraissent dis être le reflet de l’engouement du public au moment où ils étaient en faveur, et nous plaisent, malgré que la plupart des personnages dont ils rappellent le souvenir, ne nous soient guère sympathiques.
- D’autres fois, le teinturier poétise ses produits et les nomme Vert-Printemps, Cheveux-de-la-Beine, Bleu-Mignon, Flamme-d'En[er, etc., c’est ainsi que créant des articles de mode et de fantaisie, il doit emprunter a la modo et à la fantaisie leur langage et leurs caprices, et ne point s’astreindre, comme des savants austères, à des dénominations classiques et monotones. Quelquefois, même, le pittoresque de l’expression l’entraîne un peu loin et lui fait adopter des noms, tels que Caca-Dauphin, Boue-de-Paris, Merde-d’Oie, Poil-de-Vache et autres, très-significatives, mais peu élégantes. Il en est encore qui rappellent la préciosité galante de la Régence : ce sont les Cuisse-de-Nymphe (1), Lac-d’Amour, etc., ou l’époque belliqueuse d l’Empire tels sont : Marengo, Sang-de-Co-saquo, Fuméede-Canon ; enfin, d’autres perpétuent des légendes plus ou moins apocryphes, et la teinte Isabelle (I) en est un exemple.
- On voit que le teinturier se met à l’unisson de toutes les époques, de toutes les situations, et qu’il ne manque pas plus d'imagination que le musicien qui donne à sa valse ou à sa parti-lion un titre ne se rapportant en rien à la mélodie, mais qui, s’il est bien trouvé, contribue
- (1) Une variété de roses porte aussi ce nom, à cause de sa teinte d’un incarnat naissant.
- (1) Voir Moniteur de la tetntur'e, de 1859 page 69»
- quelquefois au succès de son œuvre ; comme l’armateur qui lance un navire sur les flots, ou comme le sportmann qui présente un nouveau cheval sur le turf, il attache à son produit une appellation qui plaît à son esprit ou qui rappelle un fait d’actualité ; c’est ainsi qu’il l’offre à la Mode, et ce nom n’est pas sans influence sur Je jugement de cette déesse capricieuse.
- Il n’en est pas de même des produits à l’usage des teinturiers, auxquels certains charlatans donnent des noms de leur invention, afin de dérouter l’acheteur et dans le but de s’en réserver la fourniture ; procédés puérils, d’ailleurs, et qui vont souvent à l’encontre de leur but. Articles d’atelier et de travail, les couleurs et produits de teinture n’ont rien à voir avec l’imagination ; ils doivent se désigner avec le langage simple de l’atelier et on doit adopter des noms qui les caractérise le mieux possible, c’est pourquoi le mot Bleu-Noir d'aniline nous semble très-convenable, il indique la nuance et le genre de produits auxquels il appartient ; Violet-Lumière détermine la propriété importante que possède cette couleur d’être indécomposable à la lumièrt artificielle ; le mot Violet-Hoffmann convient également, car il rend hommage à son inventeur et établit une distinction entre ce produit et les violets d’autres auteurs dont les propriétés sont différentes; les termes Violel-de-Paris, Bleu-de-Lille indiquent les uns et les autres leur marque commerciale rappelant, du premier le lieu de son origine, du second le lieu de sa destination, car il est spécialement employé pour le remontage des bleus de cuve sur toile, qui se fabriquent en grand à Lille et dans les environs ; quant aux dénominations Parme, Alexandra, Bégina, etc., elles n’indiquent absolument rien, et celles de Bleus-Belges, Indigoline, Violet-Sublime, Georgine, etc., sont purement charla-tanesques.
- Le terme glycolline appliqué à un apprêt composé de glycérine et do colle, rappelle, autant que possible, en un seul mot, le nom de ses deux principes constituants. Le nom Acide azoto-sul[urique, désignant un produit pour le démontage des couleurs d’aniline, répond rigoureusement à sa composiition chimique.
- Nous préférons donc toujours pour les produits d'ateliers, ou matières premières de l’industrie, des noms simples et caractéristiques, et pour les produits fabriqués, surtout pour les ar-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- ticles de mode, nous approuvons les appellations fantaisistes dont l’imagination de leur auteur se plaît a les revêtir. Cette distinction fait que nous admettons lo nom de Vert-Melternich donné a cette nuance sur les tissus et objets de toilette» mais que la couleur qui sert à la produire ne nous paraît pas devoir porter d’autres noms que ceux de vert lumière ou vert à l'iode.
- Mais ceci est une assez longue parenthèse, et pour revenir à notre sujet, voici encore deux types des nuances en faveur :
- Grenat, Bordeaux, Corinthe, Sultan, Van-Dick
- co %
- S’obtient par un mélange de bois rouge et de campêche (ce dernier en plus faible quantité), après un morçandage au tartre et à l’alun. Pour avoir une teinte tirant davantage au rouge, on peut remplacer le tartre par le sol d’étain, ou de l'oxi-muriate d’étain.
- Pour obtenir plus foncé on brunit avec du sulfate de fer et do cuivre (vitriol mixte, ou de Salzbourg).
- Les grands teints pour draperie s’obtiennent par la garance, avec bruniture. ou en nuançant dans du cachou fixé par le bi-chromate ; on peut arriver ensuite à l’aide du campêche et du bois rouge.
- Lesproduitsdits Grenadine, Purpuraline,etc., donnent à peu près cette teinte, ei y adjoignant un peu (très-peu) de bleu-noir.
- Bleu-Mexico, Océan, Gris mobile, gris moscovite.
- N° 4.
- Cette nuance peut se produire en donnant aux
- étoffes un léger pied de gris au sumac et sulfate de fer, et achevant en carmin d’indigo, ou en bleu-Nicholson ; toutefois, si l’on se sort de ce dernier, il ne faut donner le gris qu’en dernier lieu, c'est-à-dire après l’application du bleu.
- On peut encore se servir du bleu noir ajouté au bleu d’aniline, mais il faut craindre de virer au violeté.
- La cuve donne, presque directement, cette nuance, mais on obtient encore un peu frais, et et il faut toujours un peu griser au fer et sumac.
- Les bleus de campêche no sont pas assez francs dans les teintes claires pour faire cette nuance, maison peut faire un gris-bleu au campêche et sulfate de cuivre et terminer en carmin d'in-digo.
- La nuance de ce dernier échantillon est un exemple de ce genre de teintes, dans les tons clairs. Los verts clairs, mais toujours rabattus, sont également très-portés.
- APPRÊT
- DES TISSUS DE COTON ET DE CHANVRE, Par M. D. Kaeppelin.
- (Suite.)
- MÉTIER D’APPRÊT A MOUVEMENT BRISÉ
- Ce genre de machines est employé pour les tissus légers, tels que jaconas, mousselines, organdis, barèges, etc., chaque fois qu’au lieu d’un apprêt qui maintienne une certaine raideur dans les fibres de tissus, on désire, au contraire, une souplesse et une élasticité qui s’accordent mieux avec leur légèreté, et les empêchent de se fripper au moindre contact.
- J’étais en Russie à l’époque où ce genre d’apprêt fut connu généralement en France et en Allemagne, et à la vue des échantillons qui me furent présentés, j'avoue que je fus embarrassé de savoir de quelle manière cet apprêt avait été produit. En faisant moi-même des échantillons, il m’arriva d’on sécher un d’entre eux devant un poêle, en le tenant à la main, et en lui imprimant un mouvement de va-et-vient dans le sens de la chaîne. J’avais trouvé la Solution du problème que je cherchais, et je fis immédiatement construire des rames dont un côté était mobile et pouvait être mû dans le sens horizon»
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- ET DE L’IMPRESSION DÈS TISSUS 227
- tal sur des roulettes fixées au-dessous des barres picots dans le sens de la longueur de la pièce.
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- Fig. 27
- Depuis, ces appareils furent modifiés dans plusieurs établissements et les dessins ci-contre donneront an lecteur une idée générale de la construction de ce genre d’appareils.
- La figure 27 représente une de ces machines en coupe transversale.
- La figure 28, une vue de côté.
- La figure 29, le plan.
- A, représente des traverses mobiles pivotant au centre et supportant les barres longitudinales portant les picots qui retiennent les lisières de la pièce. B, prisonnier fixe dans les traverses D des bâtis delà machine et servant de pivot aux traverses mobiles A, auxquelles la plate -forme C sert de point d’appui; les traverses fixes D des bâtis, se relient aux montants fixes E.
- celle F’ est à position invariable dans la largeur, celle F est mobile et soumise à un effet de traction servant à tendre le tissu piqué ; G, place des picots ; H, rouleau autour duquel s’enroule la corde de tension de la barre longitudinale porte-picots F, et celle de tension du rouleau même ; I, partie supérieure des traverses A; K, coulisseau de la barre longitudi nale porte-picots.
- Quand le tissu est imprégné d’apprêt à la machine à foularder, ou au foulard à apprêter, on l’accroche aux picots par ses lisières, on le tend dans sa longueur, puis on donneanx barres poite-picots F F’ un mouvement de va-et-vient qui donne ia brisure à l’apprêt, et le rend élastique. Il ne faut pas continuer ce mouvement de va-et-vient jusqu’à dessication complète delà pièce, car l’apprêt serait trop brisé et ne donnerait plus la rigidité nécessaire aux pièces.
- H
- S
- Fig. 29. 7
- d
- Fig. 28.
- F, F’, barres longitudinales porte-picots ;
- Lorsqu’on veut obtenir un apprêt ordinaire non élastique, on ne donne aucun mouvement aux barres porte-picots, et on laisse sècher la pièce librement.
- La chaleur nécessaire à une dessication rapide est produite par des tuyaux de vapeur qui longent la partie basse de l’appareil dans toute sa longueur, et la vapeur qui se dégage des pièces est enlevée au moyen de ventilateurs placés au-dessus.
- Parmi les industriels qui modifièrent le plus heureusement ce genre d’appareils, je citerai en première ligne M. Schreiber de Saint-Quentin qui s’attacha à leur donner un mouvement progressif.
- Le mouvement d’écartement de barres est produit, dans les anciennes machines au moyen
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- * 09 CO
- LE MONITEUR DE Lâ TEINTURE
- de courroies qui sont attachées aux barres portel-picots, passent sur des poulies et vont s’enrou-1er sur un arbre longitudinal; en tournant ce-lui-ci sur son axe dans un sens ou dans un autre, on produisait l’écartement voulu sur toute la longueur de la pièce. Dans l’appareil de M. Schreiber, ce mouvement est communiqué aux crémaillères à l’aide d’un arbre longitudinal, de vis sans fin et de pignons, et il peut se produire mécaniquement.
- M. Sulzer,. de Winterthur, en Suisse, a aussi cherché, il y a une douzaine d’années, à améliorer la construction de ces machines à apprêter. La principale modification qu’il y a apportée consiste à remplacer les aiguilles des barres porte-picots, par des pinces reliées ensemble par un ruban d’acier formant couloir. Geruban d’acier est serré entre les pinces et les plaques servent de conducteurs. Quatre poulies dirigeant les rubans à pincer sont placées verticalement, de sorte que ceux-ci peuvent suivre une direction oblique, c’est-à-dire en inclinaison relativement à l’axe de la machine. Le mouvement des poulies est transmis mécaniquement à la chaîne à pinces, par un mouvement à friction, de manière que les rubans métalliques ne soient ' pas trop tendus et ne so brisent pas.
- Chaque fabricant modifie les appareils qu’il emploie à mesure qu’il découvre de nouvelles améliorations à introduire dans leur construction et plusieurs y attachent même une assez grande importance pour les tenir secrètes.
- TAMBOUR A RAMER ET SÉCHER.
- Nous avons donné la description du tambour à ramer et sécher, à chaîne sans fin, (1), lequel peut remplacer avec avantage les tambours à sécher ordinaires et les rames à apprêter à chaîne sans fin que l’on emploie encore dans un grand nombre d'établissements.
- Ce tambour offre les avantages d’une marche régul ière et rapide et d’une grande- économie de combustible. En effet, comme cela a été prouvé il y a plus de trente ans, à l’époque où la méthode de sécher les lissns au moyen de grands tambours remplis de vapeur à haute pression fut adoptée en Normandie puis en Alsace, l’évaporation de l’eau que relient le tissu à sécher est, par kilogramme de houilla employée au
- (I) Voir Moniteur de la Teinture année -1868, page 38.
- chauffage de l’appareil, de 3 k., 03 sur les grands tambours, tandis qu’elle n’est que de 2 ’ k., 45 sur les appareils à 6 cylindres en cuivre dont on se sert encore dans bien des fabriques.
- {La suite au prochain numéro.)
- ESSAI DE LA COCHENILLE par J-M. MERRICK.
- Suivant l’auteur, ce procédé est plus rapide et plus exact que celui qui consiste à teindre avec la cochenille à essayer des morceaux de flanelle . il est aussi préférable à la décoloration par le chlorure de chaux, car l'agent oxydant employé ne précipite pas la matière colorante de la cochenille.
- On réduit en poudre fine la cochenille à essayer, on an pèse 2 grammes à 2 gr. 5, et on les introduit dans un ballon assez large, à col étroit; on. ajoute 750 centimètres cubes d’eau et on fait bouillir une heure. On filtre à travers un filtre sec et on laisse refroidir. Pour l’essai, on introduit 50 centimètres cubes de cette solution dans un matras d’environ 200 centimètres cubes. On verse alors au moyen d’une burette à robinet, une solution faible de permanganate de potasse ; on en laisse d’abord couler 10 centimètres cubes et on agile bien. On continue jusqu’à ce que la couleur primitive, de l’extrait de cochenille, soit passée au rose chair très faible, presque au jaune, sans que pourtant elle soit décidément jaune. Ce rose clair doit être assez stable pour ne pas passer au jaune en un quart-d’heure. Avec un peu de pratique, on arrive facilement à obtenir la nuance voulue, indiquant que la matière est presque entièrement détruite sans cependant l’être complètement.
- L’orsqu’on a plusieurs échantillons de cochenille à comparer l’un avec l’autre, on prépare comme nous venons de le dire une série de ma -Iras de 200 centimètres cubes, et on dispose devant chaque matras un petit tube à essai sur son support ; on verse ensuite dans tous les matras le même nombre de centimètres cubes de solution de permanganate. (L’étendue de cette dissolution doit être telle qu’elle décolore son volume de dissolution de cochenille). Il faut avoir soin de ne pas décolorer complètement ; on agite alors les matras et on les laisse en repos pendant dix minutes.
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- On verse alors une partie du contenu de chaque matras dans le tube à essai correspondant, et en comparant ces tubes, on détermine aisément quel est l’échantillon qui a été le moins décoloré. On prend cet échantillon pourpoint de départ, on remet dans le matras le contenu du petit tube eton ajoute de la solution de permanganate jusqu'à production de la teinte sensible. On note le nombre total de centimètres cubas employés, puis un fait un nouvel essai en versant dans la solution de cochenille le même nombre de centimètres cubes d’une solution de caméléon, et on termine avec précaution goutte à goutte. Si les deux résultats s'acordent, on fait subir la même opération au contenu des autres matras.
- L’auteur fait généralement un dernier essai delà manière suivante : il verse dans chaque matras 50 centimètres cubes de solution de cochenille, puis y introduit rapidement les quantités de permanganate reconnues nécessaires dans les essais précédents, laisse reposer dix minutes et compare enfin les liquides dans les petits tubes à essai.
- Si les nuances ne sont pas identiques, on corrige en reversant dans le matras le contenu d’un ou de plusieurs tubes en ajoutant un peu de per manganate. On arrive ainsi a une plus grande précision.
- {Moniteur scientifique],
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- SUR LES MOYENS DE RENDRE INCOMBUSTIBLES LES SUBSTANCES VÉGÉTALES par À. PATERA
- On a proposé, il y a déjà longtemps, le was-serglas de Puchon (I) ; mais ce composé n’a pas donné de résultats satisfaisants. Versmann et Oppenlieim ont recommandé le tungstate de sodium, qui est très-avantageux ; mais le prix de ce sel est très-élevé. Le sulfate d'ammonia-que, indique par les mêmes savants, exige certaines précautions, et n’est, par conséquent, pas applicable à tous les cas.
- Les expériences de M. Patera l’ont conduit à adopter un mélange de borax et de sulfate de magnésium, mélange qui est tout aussi avanta-
- (1) Verre soluble ou silicate de soude.
- geux que le tungstate de sodium. L’action de ce mélange est due à la formation d’un borate de magnésie, qui est insoluble dans l’eau, qui enveloppe complètement les fibres du tissu et rend très difficile la formation de gaz combustibles.
- Les sels sont mélangés dans les proportions de 4 parties do borax et 3 parties do sulfate de ma-gnésie, 7 parties de ce mélange sont dissoutes dans 20 à 30 parties d’eau chaude ; l’étoffe sèche est plongée dans celte solution et retirée dès que l’imbibition est accomplie, puis elle est tordue, séchée et, au besoin, repassée.
- Un second mélange, également recommandable, est formé de sulfate d'ammoniaque et de gypse, en proportions variables, suivant que l’étoffe est fine ou grossière.
- Les deux mélanges salins peuvent également s’appliquer aux matières fines ou grossières, telles que le crêpe, le tulle, la mousseline, la toile d’emballage, le bois, les cordes.
- Quant aux précautions à prendre dans chaque cas particulier nous sommes forcé de renvoyer au livre de M. Paiera.
- {Union pharmaceutique
- PROGRAMME DES PRIX
- PROPOSÉS PAR LA SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE
- MULHOUSE.
- (Suite).
- . XXXV.
- médaille d’honneur pour une nouvelle machine d rouleaux permettant d'imprimer au moins huit couleurs à la fois, et offrant des avantages sur celles employées jusqu'd ce jour.
- L’impression avec un grand nombre de rouleaux prend tous les jours plus d’extension; mais à côté d’une netteté d’impression, d’une exactitude de cadrage et d’un débit de travail que ne possédait encore aucune machine à imprimer, les machines a rouleaux actuelles, employant exclusivement la gravure en creux présentent de graves inconvénients.
- Les couleurs déposées sur l’étoffe par les premiers rouleaux avec lesquels elle est en contact s’écrasent en passant avec une forte pression sur les rouleaux suivants, et se compriment successivement ser les parties non gravées de ces rouleaux.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Non seulement ce laminage ternit les nuances et affaiblit de 50 0/0 leur intensité, au point que pour y parer il faut recourir à des concentrations dispendieuses; mais les couleurs ainsi réappliquées sur les rouleaux étant incomplètement reprises par les contre-racles vont se mélanger avec les couleurs qui suivent et les souillent à mesure que le travail avance.
- La suppression de ces inconvénients, dont la gravité augmente avec la cherté des couleurs vapeur actuelles, serait un des plus beaux et des plus fructueux succès que la fabrication des toiles peintes puisse attendre de la mécanique.
- Dans ce but, on avait imaginé des machines à surface dans lesquelles, soit tous les rouleaux, soit un certain nombre d’entre eux seulement, étaient gravés en relief.
- Ordinairement ces rouleaux étaient en bois, et des clichés en métal y étaient fixés. Il est évident que de pareils rouleaux devaient facilement se déranger, et que cette gravure ne pouvait s’appliquer qu’a des impressions très-grossières.
- Il s’agit donc, pour résoudre la question, de combiner une machine a rouleaux de telle sorte qu’elle soit exemple des inconvénients précités, et qu’elle donne une impression aussi parfaite que celle obtenue avec les machines actuelles à louleaux gravés en creux.
- Celte machine devra pouvoir imprimer au moins huit couleurs, et avoir fonctionné dans le déparlement du Ilaut-Rhin, d’une manière régulière et continue, pendant un mois au moins.
- XXXVI.
- Médaille d’honneur pour l’introduction ou la fabrication en Alsace de cylindres en fer fondu, recouverts de cuivre par la galvanoplastie, et servant à l'impression des indiennes.
- Un point très-important pour le fabricant d’indiennes, c’est d’avoir des cylindres d’une moindre valeur, afin de pouvoir diminuer le capital qu’il est obligé d’immobiliser dans son industrie.
- Des cylindres en alliage d’un prix inférieur a celui du cuivre et recouverts au moyen de la galvanoplastie, d’une couche de 2 à 2 1/2 mil. de ce métal, ont été introduits depuis peu dans l’industrie des toiles peintes, mais l’emploi de ces rouleaux ne s’est pas encre généralisé, la différence de leur prix, comparé à celui des rouleaux en cuivre rouge, élant insignifiante*
- Les cylindres en fonte, recouverts de cuivre, livrés jusqu’à présent pour l’impression des toiles peintes, sont loin de répondre aux exigences de la gravaie, le manque d’adhésion parfaite du cuivre au 1er est surtout un inconvénient bien grave.
- Soumis à la forte pression qu’exige le molle-tage de certains dessins, le cuivre se détache par place sur ces rouleaux, qui n’ont pu être utilisés jusqu’à présent que pour les gravures au pantographe.
- XXXVII.
- médaille d’honneur pour une série de nouvelles couleurs à bases métalliques, inaltérables à l'action de l'air et de la lumière. Ces couleurs, destinées surtout à faire des unis, devront être fixées autrement que par t’albu mine, et pouvoir supporter des savonnages.
- XXXVIII.
- MÉDAILLE DE PREMIÈRE CLASSE pOlll' le meilleur système de cuves de teinture et de savonnage.
- On devra envoyer un plan de cuve ayant déjà fonctionné avec succès dans ’une fabrique, et présentant par sa disposition, une économie de vapeur et de main-d’œuvre sur les cuves aujourd’hui en usage.
- XXXIX.
- MÉDAILLE D’HONNEUR, DE PREMIÈRE OU DE deuxième classe pour la découverte ou Vintroduction d’un procédé utile à la fabrication des toiles peintes ou des produits chimiques.
- On connaît tout le parti qu’on a tiré des chromâtes. Un autre sel métallique ne pourrait-il pas fournir aussi des résultats avantageux?
- Nous indiquerons encore :
- 1° Un moyen économique de produire l’effet du savon sur les couleurs garancées, par l’emploi d’une substance moins chère;
- 2° Appliquer sur toile de coton une nouvelle substance colorante, de quelque nature qu’elle soit, solide aux acides faibles et aux alcalis;
- 3° Introduire dans le département du Haut-Rhin la culture en grand d’une plante ou d’un insecte servant à la teinture de la laine, delà soie ou du coton, et qui jusqu’à présent aurait été tiré de l’étranger, ou d’un département non limitrophe ;
- 4° Trouver un moyen propre à abréger le temps nécessaire à l'huilage des toiles ou des
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- cr 2
- fils de coton destinés à la fabrication du rouge d'Andrinople.
- 5° Augmenter la solidité des couleurs d’aniline et de naphtaline par des moyens propres à l’impression sur coton, sans altérer les qualités physiques du tissu.
- XL.
- MÉDAILLE DE PREMIERE CLASSE pcur 1111 procédé permettant de régénérer le soufre contenu dans l’acide sulphgdrique.
- On trouve dans un grand nombre d’ouvrages la réaction de l’acide sulfureux sur l’acide sul-phydriquo, indiquée comme moyen de régénération du soufre; mais cette réaction est incomplète et donne lieu à la formation d’une grande quantité d’acide pentathionique.
- Le nouveau procédé doit donner le moyen de régénérer à l’état de soufre la totalité de ce corps renfermé dans le gaz ; et les frais de régénération ne doivent pas-dépasser le prix de 14 fr par 100 kilogrammes de soufre obtenu.
- XII.
- MÉDAILLE DE PREMIÈRE CLASSE pOllV Un appareil transmettant à distance les indications thermométriques.
- Got appareil est destiné à mesurer la température de l’air dans l'intérieur des élendages sans qu’il soit nécessaire de pénétrer dans le local. Il doit transmettre les indications Hier mométriques dans le bureau même de l’observateur ; ses divers organes doivent être d’un maniement facile et l'instrument lui-même doit être peu susceptible de se déranger.
- Le Bulletin de la société chimique de Paris, de février 1870, p. 116, contient une note de M. Lamy sur une nouvelle espèce ce thermomètre. Cet appareil est fondé sur la mesure, à l’aide de manomètres, de la tension de dissociation de certains composés ammoniacaux. Cette tension ne dépend que de la température ; elle a été déterminée par M. Isambert, qui a dressé des tables fort utiles pour la graduation du nouvel instrument. Le thermomètre de M. Lamy remplirait peut-être les conditions du programme ; mais à notre connaissance, du moins, il n’a pas encore été mis à la portée de l’industrie.
- XLII.
- MÉDAILLE DE PREMIÈRE CLASSE pOUÏ UU Up-
- pareil réglant automatiquement la température et l'état hygrométrique de l’air dans les étendages des fabri ues d'indiennes.
- Le degré hygrométrique se mesurant généralement avec le thermomètre à boule mouillée, le le problème se trouve ramené, en définitive, à la construction d’un régulateur de température. Il existe des régulateurs applicables au chauffage parle gaz; tel est, par exemple, l’appareil imaginé par M. Bunsen, et qui est d’un excellent usage dans les laboratoires. Il s’agirait de construire un régulateur simple et facile à manier qui fût applicable au chauffage à la vapeur et à toutes les températures usitées dans leséten-dagos.
- XLIII.
- médaille d’honneur pour un mode nouveau de traitement des différentes espèces d’huiles propres au graissage des machines.
- Ce traitement aurait pour but d’améliorer les huiles sous le rapport de la conservation des machines, et surtout de la légèreté de la marche. Le dynanomètre devra accuser un avantage sensible pour l’emploi de l’huile modifiée, comparativement à celui de l’huile brute. On demande la preuve que, durant l’année qui a précédé, il a été employé par une ou plusieurs filatures du Haut-Rhin, une quantité de 20,000 kilogr. de cette huile.
- (Voir au sujet des essais d'huiles les Bulletins 128 et 129 de la société industrielle de Mul~ bouse.)
- {Fin des prix concernant les arts chimiques).
- NOUVELLES
- MANUFACTURE INSALUBRE. — FABRIQUE DE BENZINES ET ANILINES. — AUTORISATION. — INTERVENTION DES VOISINS. — Le sieur H. Ved • lès, manufacturier à Clichy, avait, il y a quelques années, présenté à M. le préfet de police une demande en autorisation à l'effet de fabriquer dans son usine les produits suivants : aniline, nitro-benzine, distillation de benzine, acide picrique, sels d’étain, orseille, carmin d'indigo, et bi-chrômate de potasse. Cette autorisation ne fut pas accordée.
- Après le rejet de cette demande, le sieur Ved-
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- LE MONITEUR DELA TINTURE
- lès en a formé une nouvelle qui n’élait plus relative qu’à la fabrication de la nitro-benzine^ de l'aniline et du violet d'aniline, et il s’engageait à exécuter dans son établissement toutes les modifications qui seraient prescrites d’après l’avis du conseil d’hygiène et de salubrité.
- Cette demande, ainsi modifiée, ne fut pas non plus agréée; mais le sieur Vedlès se pourvut devant le conseil d'Etat de l’arrêté préfectoral qui refusait l’autorisation demandée.
- M. Faul Dupont, propriétaire, voisin de H fabrique de M. Vedlès, et M. Grauvello, propriétaire du terrain sur laquelle elle est construite, intervinrent comme intéressés pour obtenir le maintien de l’interdiction préfectorale; leur intervention fut admise par le Conseil d’Etat.
- Statuant au fond, le Conseil admit que le rejet d une demande à fin d’autorisation d’un établissement insalubre ne fait pas obstacle à l’admission postérieure de cette même demande, pourvu qu’elle ait subi des modifications dénaturé à la faire considérer comme nouvelle; et que lorsque l’établissement insalubredontil s’agit, est en activité, l administration peut permettre de continuer la fabrication sous la condition que les modifications reconnues indispensables seront effectuées dans un délai déterminé.
- Considérant que l’enquête a établi que, par suite des mesures prises, l'établissement du sieur Vedlès ne présente pas pour le voisinage des inconvériants qui soient de nature a empe-cher l'autorisation.
- A annulé l’arrêté du préfet de police ; a autorisé le sieur Vedlès à conserver dans son usine un dépôt de benzol d’une quantité supé-Meure à 1,050 litres; à maintenir en exploitation sa fabrique de nitro-benzine, d’aniline et d3 violet d'aniline et a condamné le sieur Paul Dupont aux dépens de son intervention.
- PRIME POUR L'INSTALLATION D'UN ÉTABLISSEMENT COTONNIER DANS LE FINISTERE. ______________ Le Conseil général du Finistère et le conseil municipal delà ville de Brest ont voté chacun une prime de 25,000 francs, soit ensemble une somme totale de 50,000 francs, a l'industriel qui fondera le premier, dans l’arrondissement de Brest, un établissement cotonnier de 20,000 broches au moins.
- En portant cet avis a la connaissance des manufacturiers filateurs, nous croyons devoir leur exposer succinctement les avantages que l’arrondissement de Brest présente pour la création des filatures,
- Aux avantages résultant de la proximité d’une ville qui renferme une population de plus de 80,000 âmes, possédant la plus belle rade de l’Europe, un port de commerce accessible aux navires du plus fort tonnage, à toute marée, sous voies ferrées les mettant en communication di-rec19 avec toute la France, qui peut, par conséquent, recevoir a bas prix les matières premie-rce et en porter facilement les produits confectionnés l’arrondissement de Brest offre de nombreux et profonds cours d’eau susceptibles d’être avantageusement utilisés comme force motrice, de vastes terrains propres à l’établissement d’industries diverses. De plus, la mainod'œuvre Y est comparativement moins coûteuse que partout ailleurs, et le recrutement de la population ouvrière très-facile.
- De vastes établissements de machines à vapeur et d’outils industriels existent a Brest et offri-raient à l industrie privée toutes les ressources nécessaires pour la confection et les réparations de l’outillage des usines les plus considérables.
- LAPUNCIEVREUL.— Le conseil municipal de la ville d’Angers vient de décider qu’une des principales rues de la ville porterait le nom illustre et révéré de notre vénérable maître M. Chevreul.W est à notre souvenir qu’à l'épo-que où l’on donnait aux rues qui avoisinent le Muséum d’Histoire Naturelle à Paris, le nom des professeurs de cet 'établissement, M. Chevreul refusa énergiquement de figurer dans Ces dénominations, et cela par un sentiment de modestie qui l’honore, mais qui était poussé trop loin. M. Cordier, autre professeur au Muséum, agit de même. La Ville d’Angers sera probab'e-ment plus heureuse, et pourra sans doute obtenir l'acquiescement du grand chimiste si cher à la teinture.
- Pour tous les articles non signés-.
- P. Blondeau.
- F. GOUILLON, Directeur-Gérant.
- Clermont (oise), — Imp. A, Daix, rue Conde, 27.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 15e VOL., no 22. 20 NOVEMBRE 1872
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- _p . . . ! Aih Sommaire ---
- Exposition universelle de Lyon : Produits tinctoriaux (suite), par M. F. GOUILLON.— Production d'albumiue par la transformation de. la caséine, par M. SCHWALBE. — Apprêt des tissus de coton et de chanvre, par M. D. KAEPPELIN (suite) : Machine d calandrer (gravure). — Ponceau de fuschine sur coton (échantillon).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Machine a laver les laines, de M. Ravel. — Méthode pour déterminer lava-leur des couleurs d’aniline, par M. Muller. — Apprêt à la gommme laque. — Revue sommaire des brevets d’invention : Teinture en garance, — Résidus d’aniline, — Ëpaiïlage chimique, — Chinage, — Apprêt des tissus de lain&, — Eéraillage mécanique, — Régénération des lessives, — Utilisation des eaiix de lavage, — Impression imitant la fourrure, — Appareil à rincer, — Revivification de l’indigo, — Déchets de laine, — Noir d’aniline.
- NOUVELLES : L’Indigo dans le royaume Birman. — Amidons belges falsifiés. — Dangers des apprêts au plomb. IUb01q Ob 0'199 90 Sup I0Up 19 XU 110911 : so180 90 820qz9 ons1sUeb x1/99 uejing j
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE LYON
- PRODUITS TINCTORIAUX (Suite).
- Dans le pays de la soie, nous avons dû consacrer une large place aux prodnits.de l’aniline, qui s’appliquent en grand dans la teinture de ce textile ; nous devons maintenant examiner les matières employées pour les anciennes teintures, et notamment pour les noirs sur soie, couleurs qui sont d’un usage non moins considérable.
- Ce que l’on recherche aujourd’hui dans les noirs sur soie, ce n’est pas seulement la|beauté et l’intensité du ton, c’est encore l’augmentation de poids que la teinture donne à la matière ; cette charge s’obtient par les mordants de fer, pour les cachous et les dissolutions tanniques et galliques ; Vextrait de châtai-gner est un des liquides gallo-tanniques que la fabrique lyonnaise estime tout particulièrement pour cette destination ; il charge facilement les soies et donne un beau noir.
- L extrait de châtaignier est exposé par M. Jamel Jean, sousle nom'de eau de gallique, et par Mme veuve Soulier-Conte, qui l’appelle acide gallique sec et liquide.
- M. PLATEL, inventeur d’un appareil pour la concentration des décoctions de bois colorants (lequel est exposé), expose aussi les extraits concentrés dans cet appareil, et notamment un extrait de châtaignier.
- Les mordants de fer sont exposés par MM. RANDU et Clot; ces mordants consistent en couperoses, pyrolignites, rouille liquide ; le rouille s’obtient par l’action d e l’acide nitri
- que sur le sulfate de fer ; MM. Randu et Clot nomment ce liquide persulfate de fer à 45° ; en réalité, le sulfate de fer, qui en est la base, s’est peroxydé et transformé en sulfate de peroxyde, mais la composition du mélange est bien plus compliquée que ce nom l’indique, et l’appellation de nitro-sulfate de fer lui conviendrait mieux. Ce rouille est un des meilleurs mordants de fer à employer pour la teinture des soies et aussi des cotons ; pour ces derniers, il sert principalement à faire les bleus ou prussiate ; de même, sur les soies, il sert à donner un fond de bleu analogue lorsque l’on veut faire des noil s bleutés.
- Des pyrolignites de fer, de plomb, des acides acétiques et pyroligneux, des sulfates de fer, sont exposés par MM. Camus, de Paris : Crevé et Girard, de Paris ; L. Gauthier et Cie, de Lyon ; Janin, de Lyon ; KESSNER, de Bellence (Haut - Rhin) ; CREBÉLY, du Moulin - Rouge (Jura), etc.
- MM. Monier père et fils ont une collection de ces divers mordants de fer : le rouille, le sulfate de fer, le vitriol mixte (sulfate double de fer et de cuivre), et aussi des. carmins d'indigo et de l’acide picrique.
- Nous avons dit que le rouille sert à bleuter les soies noires, lorqu’il est employé en combinaison avec le prussiqte dépotasse, ce dernier est exposé par la Société anonyme des produits chimiques de Croix (Nord) ; cet établissement expose aussi des carmins d’indigo, de Vorseille, du bleu de Przisse, de l’albumine de sang, etc., produits d’une grande consommation en teinture et en impression.
- Le département du Nord est encore représenté à l’Exposition, pour ses produits tincto-
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
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- riaux, par M. P. Moreau, de Marquette, et M. DESESPRINGALLE. de Lille, qui exposent de beaux produits courants.
- Plusieurs fabriques importantes ont encore exposé des produits à l’usage de la teinture et del’impression. M. Gros, de Mulhouse (France), a de l’orseille et son extrait pour teinture et impression, produits classiques toujours très-employés.
- M. MEISSONNIER, dont la maison a acquis une haute réputation pour les extraits tinctoriaux et surtout ceux de garance, expose ce gence de produits, ainsi que les principes colorants de cette racine tinctoriale, isolés dans un état de pureté très remarquable pour l’usage industriel ; c'est ainsi que son alizarine, sa purpurine en pâte, constituent ces principes colorants et sont présentés, sinon chimiquement, au moins pratiquement purs, c’est-à-dire qu’ils ne contiennent plus de matières jaunes et fauves, qui altèrent, en impression, la teinte de la garance, et nécessitent des avivages aussi longs que dispendieux. En attendant que les garances artificielles puissent se substituer ou, au moins, s’employer concurremment avec les produits naturels, ces extraits rendent de grands services à l’industrie de l’impression des tissus.
- L’exposition de M. Meissonnier, contient aussi d’autres extraits colorants^ de Yorseille, etc.
- MM. Koch et Gie ont également une série d’extraits tinctoriaux, y compris celui de châtaignier.
- Les extraits reproduisent les décoctions de bois de teinture, mais sans les purifier et en y conservant les matières inertes ou nuisibles, aussi voyons-nous que pour obtenir des teintes de garance bien pures, il faut se servir d’alizarine et de purpurine commerciales, plutôt que d’extrait ; un autre moyen d’obtenir la matière colorante des bois à l’état à peu près pur, est de la précipiter sous forme de laques ; ces laques sont constituées par des mordants, — généralement d’alumine ou d’étain — que l’on précipite au sein d’une décoction de bois tinctoriaux, et qui entraînent dans leur précipitation la matière colorante de ces bois, sans se charger des produits extractifs non colorants ; le précipité est la laque. Pour l’employer à la teinture, et surtout à l’impres
- sion, on la décompose aisément par l’action d’un acide, ou par un vaporisage qui la fixe au tissu; ces laques servent beaucoup pour l’impression des papiers peints, pour la peinture à l’aquarelle et à l’huile.
- La maison qui occupe le premier rang dans cette fabrication est celle de MM. E. Goez et Gie, et son exposition témoigne de la perfection à laquelle elle a su atteindre, et qui est, d’ailleurs, bien connue dans nos industries.
- MM. Goez et Gie fabriquent aussi les extraits tinctoriaux, et quoi que ce genre de produit soit nécessairement moins parfait que le précédent, comme pureté, les extraits de celte maison sont aussi très estimés et reproduisent, plutôt avec avantage, les propriétés tinctoriales de leurs bases, en apportant la simplification de travail et l’économie de temps qui résultent de leur préparation et de leur état.
- M. CASTHELAZ a une exposition de produits chimiques généraux dans lesquels s’en trouve un certain nombre employés en teinture ; les produits de cette maison sont toujours très soignés et on sait que M. Gasthelaz se livre à la fabrication des anilines pour la fabrication des couleurs, des acides picriques, etc.r et qu’il a fait connaître et fabriqué plusieurs couleurs, qui ne sont plus usitées aujourd’hui, mais qui ont eu un certain succès.
- MM. Henry Merle et Gie présententde beaux sels d’alumine à l’usage de la teinture, et notamment l’aluminate de soude, produit que l’industrie emploie depuis peu, et qui est appelé à de nombreuses applications.
- Des bleus d’Outremer sont exposés par M. GHNET de Lyon, M. Robelin de la même ville, MM. GROOTES frères de Westzaan (Hollande), etc.
- Une classe considérable de produits se rapportant aux industries tinctoriales, est celle qui concerne les épaississants et les apprêts. Presque toutes les matières mucilagineuses et collantes employées pour ces destinations figurent à l’exposition, et comme leur nomenclature ne peut donner lieu à aucune note spéciale, nous nous bornerons à citer ces produits.
- Nous nous arrêterons, cependant, sur des nouvelles colles que l’on fabrique, spécialement, pour l’apprêt des tissus, et dont le but est de produire des apprêts souples, ne don-
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- nant pas aux tissus l’apparence du papier ni un toucher sec et empesé, quoique ce tissu ait acquis du corps et de la main.
- Ces colles se font, soit en incorporant aux gélatines ordinaires une matière hygrosco-pique telle que la glycérine, soit en fabricant des colles avec des peaux de veau ou de lapin qui fournissent des produits peu cassants, souples, mais aussi peu nerveux ; or, cette dernière qualité n’est pas utile pour le travail de l’apprêt. Souvent ces colles sont blanchies par l’addition d’un sel de plomb, l’acétate, qui reste mélangé à la pâte et lui communique sa blancheur, car il se précipite à l’état d’oxyde hydraté.
- M. CLONUS expose un produit à base de glycérine, la glycérocire-Fréppel, mais ce produit, bien connu dans l’industrie du tissage, sert plutôt à coller et parer les fils de chaînes, qu’à apprêter les tissus.
- Les autres exposants en gélatines et colles animales pour apprêt sont M. EM. Bertrand, d’Annonay;M. CHAPUIS BERTRAND, de Dijon;
- M. Foussemagne, de Lyon ; MM. Gigodot et Laprévote, de Lyon; Michaux, de Bounières; Coignet père et fils, de Lyon, JoUFFRAY, de Vienne, etc.
- M. Gerbaut, de Mulhouse, expose des albu • mines d’œuf, des albumines de sang, du sang desséché^ le tout pour l’usage de l’impression des tissus ; des albumines de sang sont également exposées par M. Laracine, de Lyon, par M. Sylvestre Pélissier, d’Annonay.
- Les amidons de riz ou de froment pour apprêt sont exposés par MM. Ozier frères, de Lyon, Edward James et Sons (Angleterre), Chevalier fils, de Lyon.
- Enfin, les produits de la transformation soluble de l’amidon, qui sont tant employés comme apprêts et épaississants, produits qui ne présentent que de bien légères différences entre eux et que l’on nomme dextrine , gom-meline, leïo gomme, ainsi que les gommes naturelles, ont été exposés par le même M. Chevalier fils, que nous venons de citer ; par M. Phalipau, de Paris; Tissot, d’Asnières, etc.
- Les silicates de potasse et de soude, ont été proposés depuis plusieurs années par M. Kulh-manu, comme moyens d’apprêt, mais ces produits fortement alcalins et très caustiques ont une action trop énergique sur les fibres
- textiles, ils sont susceptibles de les altérer, de sorte que leur emploi, dans ce cas, ne s’est pas répandu ; MM. Boissi et Ce tentent de faire revenir à l’emploi de cet apprêt ; pour cela ils ont préparé des silicates aussi peu alcalins que possible — et même ils disent neutres, ce qui ne peut .être, — ces silicates sont à l’état gélatineux, et constitueraient, en effet, de bons apprêts, si l’on pouvait éviter complètement leur causticité.
- Un exposant, MM. ARTIGE et Ce offre une poudre pour teindre en noir, à l’usage des ménagères, qui pourraient ainsi se passer du teinturier. Cette poudre est dans le genre du noir tampic et du noir électrique; nous plaignons les mères de famille qui auraient la funeste idée de barbouiller leurs hardes dans cette bourbe d’encre.
- Nous terminerons là cette énumération des produits tinctoriaux, mais non toutefois sans mentionner, avec tous les éloges qu’elle mérite, l’intéressante exposition de l'ECoLE professionnelle de Mulhouse (France) formant une collection complète des matières colorantes employées dans la teinture et l’impression des tissus, la plupart préparées à l’Ecole. Elle montre aussi des spécimens d’essais de teinture exécutés par elle, et tous ces travaux démontrent avec quel sens pratique les études de cette école sont dirigées et enseignées.
- Dans cette courte revue nous avons mentionné les produits chimiques et de droguerie à l’usage des industries tinctoriales, et précédemment, les machines et appareils des mêmes spécialités, il nous reste à examiner les produits de ces industries; c’est-à-dire les articles de teinture et d’impression exposés.
- F. Gouillon.
- (A continuer.)
- PRODUCTION D’ALBUMINE PAR LA TRANSFORMATION DE LA CASÉINE.
- Le journal Farber Zeitung relate une observation faite par M. Schwalbe, de laquelle il résulte que par l’addition d’une goutte d’essence de moutarde au lait, celui-ci ne se coagule plus par un repos prolongé, par suite de la transformation de la caséine en albumine,
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- Le même fait se produit par l’action du permanganate de potasse.
- Si cette observation venait à se confirmer, elle serait d’une haute importance pour l'im-pression des étoffes, car elle permettrait d’obtenir l’albumine très facilement et très économiquement, et la question de l’application de la caséine à l'épaississement des couleurs, aurait trouvé une solution aussi favorable qu’imprévue.
- M. le Dr Schwalbe indique ainsi cette curieuse transformation :
- Lorsqu’on ajoute à du lait de vache ordinaire de l’essence de moutarde, dans les proportions de B gouttes pour 30 grammes de lait, et qu’on abandonne le mélange dans un flacon imparfaitement bouché, le lait se conserve pendant des semaines sans aucune aP-tération sensible ; il ne se coagule pas, et ses globules apparaissent sous le microscope parfaitement intacts.
- Mais à la longue, au bout de six à huit semaines, le lait s’aigrit cependant sans se coaguler, et cette transformation est favorisée par une température extérieure un peu élevée. Le lait présente alors les réactions suivantes :
- il ne se coagule plus par l’addition d’acide acétique étendu, mais en chauffant à 100 degrés, il y a coagulation parfaite, comme pour l’albumine ; par l’addition d’éther, il y a éga-lement coagulation, si la température est à 20 degrés centigr.
- Cette transformation de la caséine peut s’obtenir encore plus rapidement et plus économiquement, en opérant de la manière suivante :
- 180 centim. cubes de lait écrémé sont introduits dans le cylindre en terre poreuse d’un élément de Bunsen. — Il est indispensable que ce vase soit poreux, et le verre ne peut convenir. — Ce cylindre est plongé dans un bain-marie chauffé à environ 30 à 40 degrés. Cette température est entretenue pendant 10 à 12 heures. Dès que le lait contenu dans le cylindre a également atteint la température de 30 à 40 degrés, on y ajoute peu à peu une solution étendue de permanganate de potasse préparée en dissolvant 22 grammes de ce sel dans un litre d’eau. 1B centim. cubes de cette dis
- solution suffisent généralement pour la transformation des 180 cent, cubes de lait.
- Au bout de six à huit heures, l’on essaie de temps en temps un peu du liquide pour s’assurer si la transformation s'est accomplie.
- La caséine du lait ainsi oxydé est également devenue non coagulable par l’acide acétique, coagulablé par la chaleur, et se rapproche, par ses propriétés, de l’albumine.
- M. Em. Kopp a fait des essais d’impression avec des échantillons de cette caséine transformée provenant de M. Schwalbe même, mais il a observé qu’en redissolvant dans l’eau la matière préalablement concentrée, elle laissait un abondant résidu insoluble, la liqueur filtrée n’était point suffisamment épaississante, et quoique se coagulant par la vapeur et fixant un peu les matières colorantes, elle ne pouvait, sous ce rapport, être comparée à l’albumine, et encore moins la remplacer. Ou peut espérer toutefois que le nouveau produit est susceptible d'être perfectionné.
- APPRÊT
- DES TISSUS DE COTON ET DE CHANVRE. ParM. D. KAEPPELIN. (Suite).
- MACHINES A CALANDRER.
- Le calandrage ou cylindrage est une opération qui a pour but de donner aux tissus apprêtés une surface unie, plus ou moins lustrée, selon le genre d’apprêt que l’on veut produire. Les calandres servent aussi à étendre uniformément les tissus qui sont destinés à l’impression à la planche. wiunaïq sel tnnnd
- Ces appareils sont formés de rouleaux superposés, dont l’un creux est en fer ou en fonte, pour être chauffé par la vapeur, et l’autre en bois bu en carton ; les roûleaux en carton ou en papier, employés généralement aujourd’hui, sont dus aux Anglais qui s’en servirent les premiers, il y a environ quarante ans.
- La pièce en passant entre ces deux cylindres est fortement comprimée, et sa surface devient unie, lisse et même brillante, si l’apprêt dont l’étoffe est enduite est résistant et contient des matières susceptibles de recevoir un
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- certain poli au flottement, comme la cire, le spermacéti ou la,stéarine.
- M. Charles Dollfus perfectionna ces machines en 1830, et, comme le fait ressortir M. Daniel Koechlin dans le rapport qu'il fit au nom du Comité de mécanique de la Société industrielle de Mulhouse, dans la séance du 24 octobre 1830, les amélioration^ qui résultèrent de l’emploi des nouvelles machines, furent considérables. On fit au moyen de ces, calandres, passer deux pièces à la fois et faire ainsi deux fois plus d’ouvrage dans le même temps et supprimer au moyen d’un plieur mécanique, letra-vail de l’ouvrier plieur, ou.même recevoir les pièces calandrées sur un rouleau au lieu de les plier à la main comme cela se faisait presque généralement ; et, enfin, empêcher que les mains de l’ouvrier ne puissent être prises entre les rouleaux, pendant qu’il dirige le mouvement des pièces. Deux planchettes placées près du point de jonction des deux cylindres, formant entre elles un angle de 75 degrés, et se joignant assez pour laisser passer seulement la pièce et non les doigts, préviennent la possibilité de ces accidents déplorables qui n’arrivent que trop souvent.
- Ces machines ainsi améliorées sortaient des ateliers de construction de MM. Witz, Blech et Cie, à Cernay, et leur emploi se généralisa bientôt dans nos grandes fabriques d’indiennes. Depuis lors, de notables changements furent encore introduits dans la construction de ces appareils, et je crois qu’en donnant au lecteur la description d’une calandre perfectionnée, comme on les emploie aujourd’hui, je résumerai les améliorations qui se sont faites successivement dans la construction de ce genre d’appareils.
- La calandre ordinaire sans friction se compose de deux rouleaux en papier, séparés l’un de l’autre par un canon en fonte chauffé par la vapeur. La pression s’exerce par double pression, par en-dessus.
- La calandre a friction à trois cylindres, se compose d’un fortrouleau en fonte non chauffé, au-dessus duquel se trouvent un rouleau en papier, puis un troisième rouleau en fonte appelé vulgairement canon et qui est chauffé au moyen de la vapeur. Cette machine peut également servir de cylindre, et travailler sans friction. Dans le système adopté par MM. Tul-
- pin, la pression se donne aussi par double le vier, se fait de bas en haut comme dans les machines à imprimer, ce qui permet de donner aussi peu.de pression que l’on veut, et c’est là le principal avantage des machines qui sortent des ateliers des constructeurs Rouennais.
- Fig. 30. — Machine à calandrer.
- La figure 30 représente une calandre à friction à cinq rouleaux, employée surtout pour les articles dits rouenneries, et aussi pour l’ar-ticle doublure, la lustrine. Elle se compose d’un fort rouleau en fonte non chauffé, placé dans le bas de l’appareil, surmonté d’un rouleau en papier, d’unrouleau en fonte, le canon que l’on chauffe à la vapeur, au-dessus duquel se trouve un second rouleau en papier surmonté lui-même d’un fort rouleau en fonte. Le but de deux forts rouleaux eu fonte est de maintenir la rigidité des rouleaux en papier.
- Le rouleau ou massif a, en fonte, placé tout au bas de l’appareil, est destiné à empêcher la flexion du rouleau en papier b. Il est commandé par une roue d’engrenage invariable. Au-dessus, le premier rouleau en papier b est commandé à la circonférence, son diamètre est variable à volonté et indépendant de celui des autres rouleaux. Le rouleau en fonte c, ap-
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- pelé canon, et situé au centre de l’appareil, est chauffé à volonté, soit par la vapeur, des boulets, ou le gaz. Au-dessus setrouve un deuxième rouleau en papier d, dans les mêmes conditions que le premier. Enfin, le rouleau supérieur e, ou massif en fonte, empêche la flexion du rouleau précédent.
- En f, f, on voit le levier de pression supérieur, le levier inférieur correspondant, et la bielle qui relie ces deux leviers.
- Le tissu est enroulé, puis appelé sur les en-souples g, g’.
- La roue principale de commande, dont on aperçoit des segments armés de dents, dépassant le bâti, est calée sur l’un des bouts du canon au rouleau central. A l'autre bout du canon et du côté en vue sur le dessin, se trouve la roue en fonte i qui renvoie le mouvement aux autres rouleaux qu’elle commande par les roues dentées visibles sur le dessin.
- La friction s’obtient par la vitesse du canon qui est plus grande que celle des massifs et des rouleaux en papier, ce qui produit une espèce de glissement ou de friction du premier sur les derniers ; la pièce qui passe entre eux subit donc cette friction et se satine. On obtient une friction et, par suite, un lustrage plus ou moins fort selon que l’on diminue ou que l’on augmente le nombre de dents de la roue i, sans changer les autres qui restent à la même vitesse pendant que celle du canon varie.
- La pression qui doit être très forte (elle varie de 7 à 8000 kilogrammes), contribue beaucoup à la production d’un beau satinage au glacé, et, comme je le disais plus loin, celui-ci dépend aussi de la nature de l’apprêt dans lequel on foularde le tissu.
- On peut avec ce genre de calandre disposée pour une largeur de pièce, en cylindrer deux à la fois, l’une passant sous le canon, l’autre par-dessus ; quand elle est disposée pour deux largeurs de pièces, on peut y faire passer quatre pièces à la fois, deux en bas et deux en haut.
- Le tout est monté sur bâti en fonte, avec pression par double levier.
- On peut aussi se servir de cette calandre avec ou sans friction.
- (A suivre).
- (Ann. du Génie civil).
- PONCEAU DE FUCHSINE SUR COTON.
- Pour produire un élégant ponceau avec la fuchsine, on opère de la manière suivante : On introduit l’article, par exemple, 5 kilogrammes de coton filé, pendant quelques heures dans une décoction bouillante de 0 kil. 75 de curcuma et 0 kil. 25 de bon sumac, on relève et on ajoute au bain de 0 kil. 25 à 0 kil. 375 d’acide sulfurique, ou passe 4 à 5 fois, puis on laisse en repos pendant une heure. Alors on lave avec soin et on a un jaune vif et pur sur le coton. On teint ce coton jaune dans un bain chauffé de 12° à 18° c. de fuchsine à reflet jaune, on tord et on sèche dans une capacité qui ne soit pas chauffée.
- On peut remplacer le curcuma par un mélange de cette substance et de flavine. La couleur n’en sera que plus pure.
- Suivant une troisième méthode, le coton est d’abord teint en jaune avec le curcuma et l’acide sulfurique, lavé, mordancé avec un bain récent de tannin et teint dans un bain tiède de fuchsine. Il vaudrait mieux ne teindre que dans un bain de fuchsine entièrement froid, la couleur serait dans ce cas, plus claire, mais peut-être un peu inégale ( Technologiste).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- MACHINE A LAVER LES LAINES De M. RAVEL
- Le lavage des laines a pour but de les débarrasser de cette matière grasse à laquelle on a donné le nom de suint. Le suint est une substance onctueuse et odorante, un véritable
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- savon à base de potasse, qu’on élimine généralement à l’aide de l’eau courante.
- Jusqu’à ces derniers temps, et encore dans la plupart des usines, pour laver la laine à froid, on la jette dans des cuves remplies d’eau à la température atmosphérique et on l’y laisse tremper pendant vingt-quatre heures ; lorsque l’eau a bien pénétré partout, on procède au lavage, qui se fait avec rapidité, en enlevant la laine, la déposant dans des corbeilles, qu’on plonge à plusieurs reprises dans une eau courante , en ayant soin de soulever de temps en temps la laine avec un instrument bien lisse et en ayant l’attention de ne pas la tourner; quand elle est suffisamment lavée, on la dépose sur des claies où elle s’égoutte, puis on la fait sécher.
- Lorsque la disposition des lieux ne permet pas le lavage à l’eau courante, l’opération se fait alors dans des cuviers ; mais, de toute nécessité, si l’on veut obtenir un bon lavage, il faut avoir à sa disposition un filet d’eau renouvelant continuellement celle des cuves. M. Ravel, fabricant de draps, peu satisfait du procédé que nous venons de décrire, a inventé un système de lavage, auquel il a donné le nom d’eiros plunther, dérivé du grec, dénomination barbare pour nos oreilles, qui n’indique rien à ceux qui ignorent la langue grecque, à laquelle nous aurions préféré celle toute simple et toute naturelle de laveur ou laveuse de laine.
- L’eiros plunther consiste en une auge circulaire, dont le diamètre varie selon l’importance des lavages qu’on a à exécuter. Au centre de cet auge se trouve fixé un cylindre en métal percé de trous. Dans l'intérieur de ce cylindre, et au fond de l’auge, est disposée une soupape d’écoulement, que l’on ouvre et que l’on ferme à volonté par une vis qui fonctionne a l’aide d’une simple manivelle.
- Au-dessus de l’auge, entre ses bords et le cylindre métallique qui occupe son centre, se trouve l’embouchure d’un canal ou tuyau, auquel l’inventeur donne une inclinaison de 60 à 65 degrés. C’est par ce canal que l’eau de lavage arrive continuellement dans l’auge. Telles sont les dispositions qui constituent l’eiros plunther. La laine à laver est jetée dans l’espace annulaire compris entre les bords de l’auge et le cylindre central. Aussitôt après, on
- | ouvre la vanne disposée à l’orifice du conduit d’eau ; celle-ci, en s’écoulant d’une certaine hauteur avec une pente de 60 à 65 degrés, tombe dans l’auge, imprime à la laine et aux matières grasses un mouvement précipité qui les fait constamment revenir sous la cascade, sans autre secours que l’impulsion qu'elles reçoivent de l’eau seule, et par conséquent sans aucune force motrice auxiliaire.
- De ce mouvement circulaire continu résulte non-seulement le battage et le fouettage de la laine, mais encore le renouvellement obligé des eaux chargées de suint ; celles-ci, par le fait des corps gras qu’elles contiennent, étant plus légères que l’eau pure, surnagent et s’échappent les premières par les trous du cylindre métallique, puis s’écoulent par la soupape qui en occupe le centre.
- La vanne qui donne passage à l’eau pure doit être proportionnellement réglée avec la soupape de sortie, afin ' qu’il y ait équilibre entre la quantité d’eau qui arrive et la quantité d’eau qui s’échappejoaaih
- Cette douche continue exerce sur la laine une pression qui la force à s’ouvrir, sans qu’il puisse en résulter aucune rupture des brins : c’est surtout cette division naturelle des brins qui facilite l’élimination du suint, et par suite une grande rapidité dans l’opération, rapidité qui n’exclut pas la perfection du lavage.
- De ce qui précède, il résulte donc que cette laveuse s’installe avec facilité, n’exige aucune force motrice et produit une économie de main d’oeuvre importante. Le lavage est parfait sous tous les rapports, la laine n’est ni brisée ni cardée; ce lavage s’applique à toutes espèces de laine, depuis les renaissances jusqu’aux plus longues, soit en suint, soit teintes (4).
- Il reste à déterminer quelle est la quantité de travail obtenue par Veiros plunther de M. Ravel. Or, MM. Puech, Fournier et Vallot, fa-i col olilS2 VU- 21-99. (VP9*,1 x. .
- bricants de draps pour l’armee, s expriment ainsi:. 1 I 21oi anpolanlq insmelot efius
- Avec 280 de chute, chaque machine dépense 20 litres d’eau par seconde, et dans douze heu-res de travail, chaque machine nous lave 1,000 kilog. de laine eu suint sèche et 1,200 kilog.
- (1) Lq Moniteur de la Teinture a déjà mentionné cet appareil, voir année 1869, page 201, mais il était utile de compléter cette description.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- de laine en couleur. Aucun de nos anciens laveurs ne nous a jamais produit cette quantité, et, avec votre machine, le lavage est parfait, et la laine est ouver le comme après l’opération du battage; aussi la couleur s’applique-t-elle d’une manière plus uniforme. f
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- POUR DÉTERMINER LA VALEUR DES COULEURS ,10-39119 D’ANILINE. *89 aP
- Par A. Muller.
- Le principe de cette méthode consiste dans la fixation de la matière colorante à essayer sur une plaque de verre au moyen de collo-dion; on obtient ainsi une pellicule mince que l’on compare avec, une autre préparée de la même façon au moyen d’une matière colorante type. Voici comment on prépare le col-lodion normal: On dissout 12 grammes de coton poudre dans 69 centimètres cubes d’éther, et on ajoute 350 centimètres cubes d’alcool d’une densité 0,8156; on introduit cette solution dans un flacon construit d’après le principe de la burette de Gay-Lussac, et on la conserve dans l’obscurité pour prévenir toute décomposition ou volatillisation de l’éther et de l’alcool. Pour déterminer le pouvoir colorant d’une substance soluble dans l’alcool, de la fuchsine, par exemple, soit cristallisée, soit en pâte ou en solution, on procède comme il suit:d in Jas’n onisl dJ "altoqaEr asi • 03
- On prend un échantillon de matière colorante de qualité connue; on pèse 0 gr. 2 et on les introduit dans un flacon d’environ 120 centimètres cubes, fermé à l’émeri. On verse aussi vite que possible au moyen d’une burette de Gay-Lussac, exactement 100 centimètres cubes de collodion normal ; on bouche et on agite fortement plusieurs fois. Il ne faut pas opérer à chaud. On reconnaît au bout d’une demi-heure que tout est dissout au moyen d’une baguette de verre que l’on frotte sur le fond du flacon. On verse alors rapidement sur le bout supérieur d’une plaque de verre bien propre et bien transparente. Pour que toutes les couches soient égales, on donne à la plaque un angle de 60 degrés, en l’appuyant sur une
- des faces d’un prisme triangulaire en bois à base équilatérale ; ce prisme est vissé sur la table de travail, et on l’entoure de rigoles munies de trous par lesquels l’excédant de collodion s’écoule dans des vases placés en-dessous. Quand la pellicule est sèche, on n’en conserve sur la plaque qu’un morceau régulier, et on enlève le reste au moyen d’un linge mouillé. La plaque ainsi préparée peut servir de point de comparaison avec d’autres plaques analogues faites avec les matières colorantes à essayer. On se fera ainsi des plaques types avec toutes les couleurs de goudron, solubles dans l’alcool. L’acide picrique et le jaune de Marius ne peuvent pas être essayés de cette façon ; ils cristallisent quand on fait sécher le collodion. ti ’
- Pour faire l’essai d’une couleur d’aniline par cette méthode, on en pèse 0 gr. 2; on les introduit dans un flacon à émeri de 120 cen-timètres cubes, et on ajoute 50 centimètres cubes de collodion pour que la pellicule produite ait la même intensité que la pellicule type ; en d’autres termes, le nombre de centimètres cubes de collodion normal.àrajouter à celte première solution pour que, la plaque soi t de même intensité que la plaque type, augmenté de 50 centimètres cubes, sera proportionnel à la valeur de l’échantillon à examiner.
- Pour effectuer la comparaison, on fait tomber une goutte de collodion sur la plaque type à côté de la proportion de la pellicule réservée. La plaque doit-être pendant cette opération soutenue sur le prisme. On ferme rapidement le flacon et on compare les deux pellicules lorsqu’elles sont sèphes. Si lapellicule normale est la plus claire, on y ajoute du collodion à l’autre solution jusqu’à ce que les deux pellicules soient de même intensité.
- (Moniteur scientifique).
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- APPRÊT A LA GOMME LAQUE
- Nous trouvons dans.l’Industrial-record, de New-York, l’avis aux apprêteurs que voici :
- « On connaît les dissolvants ordinaires de la gomme laque; ce sont l’alcool et certains acides ou alcalis; mais d’un côté, une solution
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- alcoolique serait d’un prix trop élevé pour trouver son emploi dans les industries textiles; de l’autre, il est impossible de songer à une solution acide ou alcaline qui attaquerait et désagrégerait les fibres organiques. Il nous semble donc qu’une solution de gomme laqué neutre et à base aqueuse, serait dans certains cas d’un usage très avantageux pour apprêter les étoffes, et pourrait aussi trouver quelques autres applications dans l’industrie. N’ayant jamais entendu parler d’une semblable solution, et ayant trouvé un moyen très-simple de la préparer, nous croyons intéressant d’en faire part à nos lecteurs.
- « On broie la gomme laque, on la recouvre d’une solution concentrée de carbonate d’ammoniaque, et on fait bouillir le tout, de préférence au bain-marie jusqu’à ce que l’odeur ammoniacale ait tout à fait disparu. On ajoute alors une nouvelle quantité de solution de carbonate d’ammoniaque et on continue à faire bouillir jusqu’à ce que la gomme laque forme une masse solide et spongieuse. On peut dès lors la dissoudre dans l’eau pure. On verra généralement flotter à la surface, après le refroidissement, une sorte de cire ou de savon; mais il suffit de filtrer pour s’en débarrasser.
- « Cette solution étendue sur du papier, sur une étoffe, etc., sèche rapidement et laisse une couche de gomme laque très mince cohérente, et jouissant d’un beau lustre, une telle solution est naturellement inoffensive, mais comme elle est généralement colorée, même lorsqu’on se sert de gomme laque blanchie, il est probable que l’on ne pourrait l’employer que pour apprêter les étoffes de couleur foncée. »
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- REVUE SOMMAIRE
- DES BREVETS D'INVENTION.
- Perfectionnements dans la teinture en garance. — Ces perfectionnements, indiqués par M. Duncan, consistent :
- 1° A étaler en nappes minces les matières à teindre, au lieu de les laisser en masses pelotonnées ;
- 2° A opérer dans les bains très-chauds, et très-chargés en matières colorantes ; c’est-à-
- dire à faire des décoctions très-concentrées de garance. — B. 94.846. : 95
- Utilisation des résidus de la fabrication des couleurs dé aniline. — L’inventeur, M. BINKS, mélange de l’oxyde de fer magnétique avec' les matières organiques azotées provenant de la fabrication des couleurs d’aniline, pour produire de la fonte, du fer malléable ou de l’acier. -3S83V*D 5958977 7 "I
- Pour produire de la fonte relativement pure, il suffit de fondre le résidu brut avec des combustibles exempts de soufre. Pour obtenir de la fonte malléable, on devra fondre ou puddler la fonte ainsi obtenue, avec de l’oxyde de fer exempt de‘carbone et d’azote. En maintenant la fusion de ce mélange jus-qu’à ce que la proportion de carbone soit suffisamment brûlée, on obtient un acier fondu ; on peut encore, pour produire l’acier, ajouter du cyanure de manganèse ou un cyanure al-calin.TioEqqs' .btsdo8q10s mi 97109 9941
- L’oxyde de fer provenant de la réduction des résidus de là fabrication de l’aniline, peut être purifié, soit par grillage en présence du carbonate de soude, soit par un traitement à l’aide d’une distillation de soude caustique. — Brevet anglais^ anoi sb 60184389 97bnuV9 P
- 6 — hais inbord iop 1DSqsV si ebjnom
- Epaillage chimique. — Le procédé breveté par M. Rydill est basé sur l’emploi d’un vase cylindrique en métal, hermétiquement clos par des tampons semblables à ceux des chaudières à vapeur. Une pompe à air ou un jet de vapeur, condensée après injection, permet de produire le vide dans l’appareil, préalablement chargé des matières à traiter.
- Lorsque le vide est obtenu, on fait arriver dans le cylindre le liquide acide destiné à désagréger les matières végétales, et qui, par suite de la pression atmosphérique, pénètre toute la masse. Grâce à cette pénétration rapide, le degré d’acidité du liquide peut-être assez faible pour ne pas altérer les nuances, Cette dissolution, recueillie dans une /citerne, peut servir plusieurs fois.—B. 94.962.
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- Chinage de la laine. — Il est décrit dans
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- Cette patente, de M. Abel, une disposition spéciale de machine permettant de comprimer entre des châssis en bois, les tissus ou fils sur lesquels on veut établir des réserves. Le tout est plongé dans le bain de teinture; seules les parties textiles situées entre les châssis en bois se teignent, tandis que celles qui sont recouvertes et pressées par les barres de châssis sont réservée?,, ce qui produit un chinage ou un flammage selon que la compression est plus ou moins forte. — Brevet anglais.
- Apprêt brillant des étoffes de laine. — Le moyen aujourd’hui employé pour donner du brillant aux tissus de laine est le décatissage, soit sur table, soit au rouleau, suivi de la mise en presse.
- M. DESCOUBET met en contact d’une surface polie et chauffée à plus de 100 degrés, l’étoffe imprégnée de vapeur à la même température, il ya frottement avec pression de l’étoffe vaporisée, contre un corps chaud. L’appareil construit pour cette destination se compose d’un cylindre chauffé au moyen de la vapeur et autour duquel circule une toile sans fin destinée à accompagner le tissu dans son parcours, sur une partie seulement du contour du cylindre. Ce cylindre est percé de trous pour l’échappement de la vapeur qui produit ainsi un décatissage. — B. 94.380.
- Déraillage mécanique appliqué aux machines à apprêter. — Le déraillage que l’on fait opérer aux rames, aux métiers à mouvement brisé et autres machines où ce déraillage est utile, et dont le but est d’étirer l’étoffe en largeur et en longueur, en lui imprimant un mouvement de va-et-vient, afin de régulariser l’apprêt et la croisure du tissu, ou de briser l’apprêt pour l’assouplir, se fait, partie à la main, partie au moyen de cadres ou rames ho rizontales, articulées pour produire les oscillations nécessaires sur une portion de la longueur des tissus.
- MM. WELTER et WEIDKNECIT placent entre les deux rangées de pinces ou de picots une série de volants à égale distance les uns des autres, et qui sont reliés à la rame par des bras de levier ; il suffit donc de faire marcher
- le premier volant de la série pour que les autres suivent les mêmes mouvements. — B. 95.562. flecoqii-fes h odba"
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- Régénération des lessives alcalines^ pe Les lessives alcalines ayant servi au traitement des tissus ou des pâtes à papier, et contenant des matières résineuses, siliceuses et colorantes, sont précipitées au moyen de bases métalliques.
- On obtient ainsi les alcalis à l’état caustique dans la liqueur qui surnage. Le précipité contenant les matières résineuses, siliceuses et colorantes et les sels des bases métalliques, est calciné ; le produit restant contient 80 à 95 pour 100 de là base métallique employée.
- Ces bases régénérées, dit l’auteur, M. CAT-CHESIDE, peuvent servir pour la précipitation de nouvelles lessives. — Brevet anglais.
- Utilisation des eaux provenant du peignage des laines. — Les eaux provenant du lavage des laines à peigne sont recueillies par M. Marix, puis passées à travers une toile ; on y mélange une quantité de bi-chromate de potasse proportionnelle à la richesse, en matières grasses, des eaux en traitement.
- On sature les alcalis par un mélange d’acide chlorhydrique et d’acide nitrique, et on met ainsi en liberté les acides gras. Le tout est amené sur un filtre de forme particulière, que le breveté nomme : Filtre égoutteur d claire voie et à poches. Les poches se remplissent de matières grasses qui se détachent facilement après séchage, et peuvent servir à la fabrication des savons. — B. 94.720.
- Impression imitant la fourrure. — L’idée de M. BORDAGE consiste dans l’imitation de la fourrure du petit-gris, au moyen de l’impression sur tissu de coton ou de laine molletoné, tiré à poil avant ou après l’impression, soit d’un côté de l’étoffe, soit sur les deux faces.
- Pour cette impression, on peut se servir de planches à imprimer ayant exactement la forme et les dimensions des divers morceaux qui, réunis, doivent figurer le vêtement confectionné. — B. 95.566.
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- Appareil à rincer les tissus. — La rinçeuse de M Leclerre, applicable à l’épuration des laines et des tissus en général, a été construit principalement pour le traitement des étoffes imprimées qui nécessitent après le fixage un lavage énergique.
- L’appareil se compose d’une cuve circulaire contre les parois de laquelle une chûte d’eau se maintient constamment, en vertu de la force centrifuge développée par le mouvement giratoire du liquide. La forme même du récipient a pour effet de ramener à chaque instant les étoffes sous la chute hydraulique dont les remous violents produisent le lavage.
- Une cloison intérieure en toile métallique limite l’espace annulaire dans lequel se meut le tissus, et au centre de cette cloison, une soupape ménagée dans le fond de la cuve laisse échapper l’eau chargée d’impuretés. — B.94.619.
- Revivification de l'Indigo des bains de teinture. — Le procédé indiqué par M. SANYER consiste à chauffer les vieux bains ayant servi à la teinture ou à l’impression et contenant encore de l’indigo, et à ajouter ensuite un corps facilement oxydable.
- Après avoir agité le mélange, on l’abandonne au repos jusqu’à ce que l’indigo se soit déposé au fond du vase. On décante l’eau claire et on neutralise l’acide par un alcali. — Brevet an-glais.p podet sineojs aemmoB Biron y
- Epuration des déchets de laine. — Les débourrages provenant du cardage des laines sont gras et gommés par l’effet des huiles de l’ensimage. Pour les épurer, M. Pegh y mélange d’abord du sable, du plâtre ou autre substance capable de s’imprégner des matières grasses, puis il soumet le tout à l’action d’une machine à battre assez semblable à celles employées par les agriculteurs.
- Par suite de la force centrifuge, les sables et matières lourdes sont projetées à travers une toile métallique, qui forme l’enveloppe du batteur, la laine tombe à l’intérieur et au-dessous de la machine. —B. 94.528.
- Noir d'aniline.—M. Pinkney substitue dans la production du noir d’aniline, aux sels de fer, d’antimoine et de cuivre, les sels de vanadium, d’uranium ou de nickel, soit seuls, soit mélangés ensemble.
- Les sels de vanadium ou d’uranium qu’il préfère employer sont les nitrates et les chlorures. — Brevet anÿlais^QA&QVi.db} rî T91
- (A continuer).
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- NOUVELLES
- l’indigo dans le royaume birman. — La fabrication de l’indigo dans la partie supérieure du Birman paraît avoir commencé en 1860, quand le roi d’A va fit venir des ouvriers de Calcutta et fit élever, dans la ville Amara-poura, une manufacture sous la direction d’un Américain qui avait acquis de l’expérience dans les manufactures d’indigo de l’Inde. Successivement quatre autres manufactures s’organisèrent, l’une à Shaeet-Khan à une petite distance de Mandalay, une autre à douze mille à l’ouest de Sagine, et une, sur une petite échelle, dans les jardins mêmes attenants au palais du roi.
- Les cultivateurs habitant la capitale et ses faubourgs sont requis de consacrer, un tiers de leurs terres à la culture de l’indigo, partout où le sol le permet, à proximité de la manufacture. En considération de cette charge, il leur est fait remise de la taxe sur les deux autres tiers de leur terre, mais ils doivent donner au roi la récolte de l’indigo sans rémunération de leur travail ; seulement la semence leur est fournie. Le roi reçoit chaque année une provision de semences Bengale, et a lui-même des plantations d’indigo qui sont réservées dans le même but. L’indigo fabriqué avec la plante indigène dans le Birman n’égale pas en qualité l’indigo du Bengale.
- La terre dans laquelle on sème cette plante est préparée de la même manière que pour la
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- culture du blé. Après la saison de la moisson, la semence est mise en terre; en quelques semaines la plante sort de la terre, et quatre mois après, elle s’élève à deux pieds et demi; on la coupe, on la lie en gerbes et on la transporte à la manufacture.
- Il y a quelques années le prince Birman a envoyé plusieurs jeunes gens au Bengale pour y étudier la fabrication de l’indigo ; ils sont revenus à la fin de l'année 1868 et sont maintenant chargés de la direction des plantations et des manufactures. Des marchands de Man-dalay exportent l’indigo en Chine. Le produit moyen est à peu près de 8,000 viss, que l’on vend pour le compte du roi à raison de 400 roupies les 100 viss. Il n’y a aucune prohibition pour la culture de la plante ou la fabrication de l’indigo.
- AMIDONS BELGES FALSIFIÉs. — M. Lecomte-Dufond fils, fabricant d’amidon, à Paris, a fait saisir des amidons d’origine belge chez MM. Dascher et Geradot, se disant les intermédiaires de deux fabricants, M. Heumann, de Machelen et de M. Hanssens, de Vilvorde (Belgique), et chez divers marchands de gros et de détail. Ces amidons, vendus comme « amidons de riz », ont, été analysés par M. Roussin, qui y a trouvé de la fécule de pommes de terre et de 10 à 24 p. 100 de plâtre.. Ces amidons sont vendus par les fabricants à raison de 55 francs les 100 kilog., quand les amidons les plus ordinaires, mais purs, se vendent en fabrique 70’ francs. Mais, en réalité, le consommateur paie le même prix que l’amidon pur : ce sont les intermédiaires qui profitent de la différence.
- Cet amidon était en paquets revêtus d’une étiquette bleue où on lisait Amidon économique anglais et d’une contre-étiquette également bleue, avec cette mention : « Cet amidon, fabriqué du riz, composé spécialement pour le blanchissage, est incontestablement le plus beau, il donne un brillant que nul amidon fabriqué avec d’autres substances ne saurait imiter. » Sur d’autres paquets on trouve les indications : « Rice Starch », amidon de riz; « Enghish national rice Starch »; ailleurs « Amidon composé pour le linge,
- garanti pur de toute substance nuisible», et encore : « Amidon garanti pur. » Ces articles, revêtus d’étiquettes et de marques anglaises provenaient en réalité de la maison Heumann et Hanssens, de la maison Lombotte, de Belgique.
- Le tribunal correctionnel de Paris a condamné les représentants des maisons belges/ chacun à deux mois de prison et 50 francs d’amende; deux marchands en gros, chacun à un mois de prison et 50 francs d’amende, et plusieurs détaillants à quihze jours de prison et 50 francs d’amende, les uns et les autres aux frais et à l’insertion dans les journaux ; et enfin a réservé la question de dommages-intérêts envérs le fabricant qui a dévoilé cette fraude, qui lui portait un sérieux préjudice en lui faisant une concurrence déloyale.
- Bien déloyale, en effet, et il est pénible de voir autant de mauvaise foi dans les relations commerciales, et que des maisons sérieuses s’en fassent les complices ; complicité qu’ils expient, d’ailleurs, et pour laquelle on ne trouvera pas trop sévère la peine qu’elle leur a fait encourir.
- DANGERS DES APPRÊTS AU PLOMB. — Les jour-naux quotidiens rapportent qu’un jeune homme de 17 ans, passant rue de Lafayette, à Paris, fut pris de douleurs d’entrailles et de violentes coliques; transporté à l’hôpital, le médecin reconnut qu’il souffrait de coliques saturnines (coliques des peintres) qui étaient causées par son métier d’appréteur de châles.
- Nous nous sommes étonnés d’abord que la profession d’apprêteur pût causer ce genre d’indisposition, mais cela n’a rien d’improbable, cependant, depuis que l’on emploie des colles d’apprêt blanchies par l’acétate de plomb.lind asb Jof‘ TBq abcmog 18 asrg inos Ajoutons que les faits analogues sont très-rares et que les coliques de plomb ne présentent aucun danger sérieux.;:
- Pour tous les articles non signés ;
- P. Blondeau.
- F. GOUILLON, Directeur-Gérant.
- Paris.— Imp. Turfin et Ad. Juvet, 9, cour des Miracles;'.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 15e VOL., n° 23. 5 DÉCEMBRE 1872
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- Sommaire
- Exposition universelle de Lyon (suite) : Teinture^ par M. F. GOUILLON. — 6e Causerie confraternelle sur l’art du Teinturier-dégraisseur, par M. V. Barbé. — Apprêt des Tissus de coton et de chanvr, par M. D. KAEPPELIN (fin) : Apprêts mats (échantillon), Apprêts unis, Apprêts glacés (échantillon), Apprêts brisés. Apprêts imperméables, Apptèts métalliques.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Sur la nature du noir d’aniline, par M. RHEINECK.— Revue sommaire des brevets d’invention : Secrétage des poils, — 'Anthracène,— Machine à laver,— Machine à métrer,__ Colle pour apprêt,— Couleur acajou,
- NOUVELLES : Cartes-postes, mandats-postes. — Récompenses à l’Exposition de Lyon. — Mangez des bonbons.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE LYON
- PRODUITS DES INDUSTRIES TINCTORIALES Teinture.
- S’il est des industries qui ont donné à l’Exposition un éclat et un aspect de magnificence extraordinaires, ce sont assurément celles de la teinture, de l’impression et généralement celles des tissus. Les magnifiques étoffes de Lyon en formaient le fond le plus brillant; les fils de soie aux teintes éclatantes, les artistiques impressions de Mulhouse; celles de Suisse sur rouge d’Andrinople complétaient ce tableau, et faisaient admirer aux visiteurs, d’un côté, une série de nuances les plus vives et les plus délicates, rehaussées encore par la beauté exceptionnelle de la matière sur laquelle elles étaient appliquées, et d’autre part, le goût, l’esprit inventif, le sens artistique des Français, sachant se manifester même sur des articles de peu de valeur.
- Nos industries ont donc affirmé encore une fois leur puissance et leur vitalité, et ont démontré qu’elles suivent une voie de perfectionnement toujours constante, aussi bien dans leurs articles les plus modestes que dans leurs produits les plus somptueux : depuis la toile bleue jusqu aux satins et velours de haute fabrication.
- Les progrès réalisés dans nos industries, et révélés par l’Exposition de Lyon, ne consistent pas, toutefois, en articles ou genres nouveaux; rien de marquant ne s’est manifesté dans ce sens ; ils résident dans la perfection et dans la bonne exécution des produits et procédés déjà connus.
- Pour en juger, voyons les produits exposés. Commençons par la teinture, et jetons d’abord un coup d’œil sur les soies. Voici les belles teintures noires de MM. Gillet et Fils; nous avons vu, en parlant des produits tinctoriaux, que ces soies noires, qui sont une des spécialités les plus importantes de la fabrique lyonnaise, sont obtenues par le mordant de fer, nommé Rouille, par un bleutage au Prus-siate ; ensuite on charge et on noircit par le gallique (extrait de châtaignier); enfin, on complète ordinairement la teinture par le cam-pêche; on donne des savonnages, des avivages, etc.
- MM. Gillet et fils montrent des spécimens de noir obtenus par des produits encore bien peu connus en teinture, et qui, d’ailleurs, ne paraissent pas appelés à y tenir une place considérable; ce sont le henné des Arabes et le houra de la Chine ; ces végétaux remplissent le rôle des matières gallo-tanniques, et peuvent se substituer en partie aux galles, sumacs, châtaignier, cachou, etc. Le henné n’est pas seulement une plante riche en acides gallo-tanniques, il fournit une couleur qui lui est particulière et qui peut être communiquée aux tissus.
- Le henné est un arbrisseau à bois dur cultivé par les Arabes, dont les feuilles sont séchées, réduites en poudre, puis délayées à l’état de pute ; on applique celte pâte sur les matières que l’on veut teindre en fauve; en S à 6 heures, la couleur est fixée; elle agit donc dans le genre du brou de noix; les Orientaux s’en servent pour se tatouer, pour se teindre les dents et les ongles, et satisfaire d’autres coquetteries de même genre, qui, en réalité, ne sont
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- 254 LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- pas plus ridicules que les nôtres. Les peuples du Levant donnent quelquefois au henné le nom Kalkana ; c’est aussi comme cela qu’ils appellent la racine d'orcanette. Or, comme ces deux végétaux n’ont d’autre analogie que leurs propriétés tinctoriales et l’emploi que les Orientaux en font dans leur toilette, on peut admettre que ce terme est un nom générique que ceux-ci donnent à tout produit de cette nature.
- Non-seulement MM. Gillet et fils exposent les soies teintes, mais aussi les produits tinctoriaux dont ils se servent; parmi eux figurent ceux dont nous venons de parler, et nous y remarquons aussi le cachou , cette matière naguère si précieuse pour la charge des soies, qui est un peu délaissée actuellement en faveur des extraits dits galliques, mais qui est loin d’être abandonnée, et qui reste toujours un bon produit pour la teinture de toutes espèces de textiles en général, et de la soie en particulier.
- MM. EM. HUBER et Cie nous montrent un article tout spécial, qu’ils ont su amener à un haut degré de perfectionnement : c’est la peluche de soie. Pour ce magnifique tissu, il faut aussi des noirs d’un reflet irréprochable ; mais ils doivent encore être d’une solidité toute spéciale, et, surtout, ne pas rougir sous l’action du carreau brûlant du chapelier ; longtemps la teinture de cet article était considérée comme un mystère dont on faisait un grand cas ; d'après la tradition, ce serait un ouvrier qui aurait importé le procédé d’Allemagne et qui ne l’aurait communiqué qu’à la maison de Sarreguemines, dont MM. Em. Huber et Ce sont les titulaires actuels ; cette maison, d’ailleurs, conserve aujourd’hui la réputation qu'elle s’est acquise dans cette fabrication, et ses produits sont toujours très-appréciés dans l’industrie de la chapellerie.
- Il n’est pas de si grand secret qui n’arrive à être révélé; aussi, toujours d’après la tradition, les teinturiers de Lyon envoyèrent à Sarreguemines des ouvriers s'e nbaucher dans l’usine, afin d’en découvrir les procédés ; ceux-ci, eu effet les communiquèrent à leurs patrons, et ces moyens devinrent ensuite presque publics ; il est inutile d’ajouter qu'au-jourd’hui ils n’ont plus de valeur, et que les procédés généraux de teinture des soies, ac
- tuellement usités, s’appliquent parfaitement à ce genre d’articles.
- Une des maisons lyonnaises qui, à ce moment, s’est adonnée le plus particulièment à la fabrication et à la teinture des peluches, est celle de M. J. Bonnet, actuellement : les petits-fils de C. J. Bonnet et Ce, et elle est restée l’émule et la rivale de l’usine de Sarreguemines; maintenant, elle est connue pour ses étoffes de soie noires, que les maisons de nouveautés de Paris offrent aux cousommateurs sous les noms les plus divers et les plus bizarres, en se recommandant toutes de la marque très estimée de cette fabrique. Ce sont ces tissus qu’ont exposé MM. Bonnet, sous le nom de draps de soie, et ils sont, en vérité, aussi beaux au point de vue du tissage que la teinture. Disons, toutefois, que MM. Bonnet ne teignent plus chez eux et que leur très importante fabrication consiste dans la filature des soies, moulinage, retordage, etc., et dans le tissage de cette matière.
- La teinture de Saint-Chamond figure aussi avec honneur à l’Exposition, elle y est représentée par MM. RICHAAD et PUTHOD, qui exposent de beaux noirs pour souples destinés à la fabrication des riches tissus nommés fayes.
- On attribue aux eaux de la Saône de grandes qualités pour la teinture des soies, et c’est à cela, croit-on, que Lyon doit sa supériorité dans cette industrie ; ce préjugé peut aller avec celui qui donne aux eaux de la Bièvre des propriétés merveilleuses pour la teinture eu écarlate, propriétés qui auraient fait tout le succès de l’établissement des Gobelins ; or, l’administration actuelle des Gobelins, qui, sous la direction de M. Chevreul, est bien aussi éclairée que ses prédécesseurs, évite avec soin l’infect ruisseau qui traverse l’établissement et fait venir de l’eau de Seine, dont elle se sert exclusivement pour sa teinture ; de même à Lyon, une des plus importantes teintureries de la ville, MM. GUINON, s’est peu souciée des eaux de la Saône et a fait creuser, à grands frais, un puits de 14 mètres, dans lequel on enlève, à l’aide de pompes, l’énorme volume de 6 mètres cubes d’eau par minute. Cette eau est même préférable à celle de la Saône, elle se rapproche des eaux de Saint-Etienne et de Saint-Chamond, plus pures et moins dures que celles de Lyon.
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- En effet, et c’est là que nous voulons en venir, on donne aux soies noires du brillant et de la souplesse, surtout à celles qui sont très chargées, à l’aide de l’huile d’olives, qu’on emploi en quantités d’autant plus considérables que les eaux sont plus dures ; c’est pour cela que beaucoup de teinturiers de Lyon envoient, après teinture, aviver leurs soies à Saint-Chamond ou à Saint-Etienne, où les eaux, qui coulent sur des rochers granitiques ou porphyriques, sont beaucoup plus douces il est évident qu’on obtiendrait le même résultat avec des eaux corrigées ou avec celles qui proviennent de la condensation, dans les machines à vapeur.
- La teinture des soies en couleurs est représentée par un grand nombre d’articles, mais peu par les teinturiers eux-mêmes; dans ce genre de teintures, nous avons cependant à signaler M. Henri Delattre,de Roubaix, quia une très jolie série de soies teintes en toutes couleurs, et n’ayant rien à envier à la fabrication lyonnaise ; puis nous mentionnerons encore MM. PIERRON et Gros et leurs magnifiques soies Tussah, très brillamment teintes ; M. Vignat, de Saint-Etienne, avec de beaux échantillons de soies et de cotons teints sans apprêt; enfin MM. BAUGÉ fils et DELAFOND, dont les soies et velours teints étaient généralement admirés.
- MM. Barre frères, de Saint-Julien, exposent des soies d’une nouvelle fabrication et nouvelle teinture, mais rien n’indique en quoi consiste ces nouveautés.
- Avant de terminer la teinture de la soie, réparons un oubli en mentionnant les produits pour la teinture de la soie exposés par MM. Renard etViLLET, de Lyon, dont nous n’avons point parlé dans notre revue des produits tinctoriaux. Cette maison doit d’autant plus ne pas être oubliée que c’est à elle qu’on doit l’exploitation commerciale du rouge d’aniline, d’après le procédé de fabrication qu’elle avait acheté de Verguin, et on sait quelleimmense transfor-formation l’apparition de cette couleur a produit dans les industries de la teinture en général.
- Ceci n’est pas de la soie, mais cela peut y être comparé pour la beauté de la marchandise, la vivacité des nuances et le brillant de l’apprêt : c’est du fl teint pour la ganterie,
- exposé par M. G. Plailly ; ces échantillons sont réellement de toute beauté.
- Les fils de coton glacés, teints en toute nuances, exposés par M. A. Desquiens, de Thiel-Amiers, sont également en nuances bien franches et bien unies, et peuvent être comparés aux précédents.
- Une des maisons qui a acquis une réputation considérable pour ce genre de teintures, est celle de M. Soins, à Esquermes-Lille ; son exposition de fils de lin et de coton teints et glacés révèle, en effet, une fabrication sûre d’elle-même et habilement conduite ; il faut surtout remarquer les beaux noirs qu’elle expose, et si nous en croyons une opinion bien accréditée, ces noirs seraient à base d’aniline; ont dit, en effet, que M. Soins emploie dans son usine un procédé particulier de noir d’aniline qui conserve au fil toute sa force et donne un beau noir, possédant toutes les qualités du noir d’aniline. On sait quelapplication de cette couleur eu teinture n’a pas encore surmonté les difficultés qui en rendent l’emploi à peu près impossible. La maison de Lille aurait donc un procédé spécial et inédit que, naturellement, elle se réserve.
- Sans qu’il soit besoin de faire ce genre de teinture à l’aide du noir d’aniline, on pourrait donner aux fils noirs une teinte beaucoup meilleure que celle qu’ils ont généralement ; nous avons vu des fils à coudre provenant de fabriques très estimées parmi les tailleurs et les couturières, dont la filature seule justifie cette faveur, car la teinture était des plus mauvaises; tout au plus la teinte noire était-elle plaquée sur le fil et elle s’y maintenait à peiue à l’aide de l’apprêt; l’art de la teinture est assez développé aujourd’hui pour permettre de faire mieux, et le pauvre diable qui ne verra plus les coutures de sa redingote blanchir après quelques mois d’usage, sera reconnaissant envers le tailleur ou le confectionneur qui lui aura livré son vêtement; et par conséquent la clientèle du teinturier qui aura opéré cette bonne teinture, ne pourra que se maintenir et s’accroître.
- La teinturerie rouennaise est représentée par M. Legras, dont l’exposition consiste en cotons teints des'inés à la fabrique, ce sont des chaînes et des trames, à teintes peu éclatantes, comme l’exige ce genre d’articles,
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- mais solides et ne devant pas varier dans les opérations d’apprêt auxquelles les tissus sont, plus tard, soumis.
- M. LHOPTAL, de Lyon, expose également un assortiment de cotons et fils blanchis^ azurés et teints, dont la préparation est aussi très soignée.
- Une exposition de teinture également intéressante est celle de M. E. Ertle ; elle contient des cotpns et laines à tricoter, teints dans une grande variété de nuances, et dont quelques échantillons ont reçu un apprêt imperméable, selon l'expression de l’exposant.
- Puisqu’il est question de laines à tricoter, nous mentionnerons les laines flammées de M. MONFRAY, de Paris, desquelles nous avons indiqué le mode de préparation dans notre revue de l’Exposition d’économie domestique de Paris, aussi ne reviendrons-nous pas sur ces détails.
- La teinture des tissus en pièce présente de ombreux spécimens, mais dont la plupart ne sont pas exposés au point de vue de la teinture. Parmi le petit nombre d’articles qui y figure à ce titre, nous citerons d’abord les teintures de MM. Descat frères, dont l’établissement est un des plus importants de la région du Nord, et qui fait, principalement, la teinture des lainages et surtout des étoffes Iaine-et-coton, articles d’une consommation énorme et dont peu de maisons ont entrepris la teinture, aussi est ce dans cette voie que la plupart des teinturiers en tissus de laine devraient chercher à développer leurs affaires.
- Roubaix est encore représenté pour ses teintures, par M. Roussel, qui a envoyé deux carnets d’échantillons de teinture et tissage sur articles de la fabrication Roubaisienne, ces échantillons, dit M. ROUSSEL, ont pour but de prouver qu’il est arrivé à teindre sur coton toutes les nuances avec les [réduits de Yani-line ; ce qui, quant à nous, ne nous parait point extraordinaire. M. GROBON, àMiribel, expose également des tissus teints en nuances assorties et bien réussies.
- Nous sommes loin d’avoir cité tous les articles exposés comme teinture, nous devons cependant nous borner, mais nous mentionnerons encore : M. POUCHE d’Amiens, laines teintes en écheveau x ; FRAISE-BROSSAID fils, de Saint-Etienne, velours teints et imprimés ;
- J. Gauthier, de Lyon, velours teints ; Sarda, de Saint-Etienne, velours en bandes teints; A. Troubat et Cie, de Lyon, velours et soieries teints; E. BELLART, d’Amiens, velours de coton teints et rubans; Bost, de Gand, fils de coton écrits et teints ; CARTIER-BRESSON, de Paris, fils de coton blanchis et teints; H. HOEFFELY et Cie, de Mulhouse, tissus teints et apprêtés; J. K.MET-tler et Fils, de Saint-Gall (Suisse), tissus de coton blancs et de couleur; les Fjls d’Emm. Lang, de Mulhouse, jaconas, organdis, percales, etc, de couleur; Cn. ROGELET et Cie, de Bühl (Alsace) tissus mérinos blancs et teints ; CHA-poulaud et Cie, de Limoges, laines renaissance, etc., etc.
- C’est dans la draperie, ce type des étoffes solides et substantielles,ques’est le mieux conservé la tradition des grands teints ; les articles de Sedan, Elbeuf, Louviers, Castres, etc., sont toujours recherchés pour la solidité de leurs couleurs, et aussi pour la beauté de la fabrication et des apprêts, et cependant encore ici, les faux teinis ont pénétré, et la plupart des draps nouveautés ne valent pas mieux sous ce rapport, que les soieries légères et les petites cotonnades, mais il faut reconnaître que la draperie unie conserve son cachet de bonne qualité.
- Les principaux articles de draperie exposés, sont de MM. Zimmermann frères, de Bischwiller; Berthe aîné et fils, de Lisieux ; Brocard et Cie, de Vienne (Isère); BURLE, de la même ville; Dannet et Odiot, de Louviers ; Demar, de Elbeuf; LEMEIGNAN et Lancelot, de Lisieux; Lodibert, BONET et Mazade, de Grest (Drôme) ; Meyer et Beerensson, de Dewsbury (Angleterre) ; Philippe, d'Elbeuf; Puech frères, de Mazamet; Voigt et Cie, de Roubaix, etc., enfin les fabricants de Mazamet ont fait une exposition collective qui réunit les plus importantes maisons de ce centre industriel,
- il est encore certains genres de teinture différant de celle des tissus, mais lui empruntant ses produits et quelques-uns de ses procédés, ce sont les teintures sur peaux et sur bois, et nous en voyons plusieurs spécimens à l’Exposition.
- La teinture des peaux a beaucoup profité de la découverte des couleurs d’aniline ; les peaux qui se teignent le plus ordinairement sont celles pour la ganterie et les maroquins;
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- les produits de l’aniline s’y appliquent avec facilité, excepté, cependant, le bleu que l’on arrive difficilement à bien unir. Grenoble est le principal centre de cette fabrication.
- Les principaux exposants dans cette partie sont MM. TRÉFOUSSE et Cie, de Chaumont ; peaux pour ganterie; DAILLY, maroquinerie ; H. DOREL, de Grenoble, peaux pour ganterie; PECQUÉet CHONIPP?, de Paris, etc.
- La teinture sur bois était brillamment représentée par un Anglais, M. Stephens, de Londres ; cette teinture avait pour but d’imiter les bois d'ébénisterie; c’est ainsi qu’avec des bois blancs ou des sapins, on fait de beaux chênes, acajous, noyers, bois satinés, ébènes, etc., avec un bon vernis par-dessus, l’illusion est complète... pendant quelques semaines; néanmoins la teinture des bois est très employée pour l’ébénisterie commune ; en outre, il n’existe guère plus d’ébène naturel, et la plupart des meubles dits en ébène, même des meubles de luxe, ne sont faits qu’avec des bois teints en noir.
- Nous n’avons pu — bien incomplètement même — que faire la revue de la teinture dans cet article ; dans le prochain, nous terminerons par le Blanchiment, l’Impression et Y Apprêt, mais toutefois, en passant plus rapidement encore.
- (La fin au prochain numéro).
- F GOUILLON.
- CAUSERIES CONFRATERNELLES SUR l’art DU TEINTURIER-DÉGRAISSEUR (6me Causerie.)
- Noirs sur mélanges laine coton.
- On se souvient que dans notre dernière Causerie il nous est resté, de notre passe de noirs, quatre robes en laine-coton et deux en laine-soie : pour celles-ci, cela ira encore bien, mais les chaîne-coton ne nous offriront qu’une petite corvée dont nous nous débarrasserons le plus vite possible, car, outre que ce travail ne plaît que médiocrement, le bénéfice en est également très restreint.
- Il y a plusieurs méthodes pour teindre les cotons ; nous opterons pour celle qui nous
- paraîtra le plus expéditif et le moins onéreux.
- Les noirs au pyrolignite de fer seraient très convenables pour notre partie, malheureusement l’étoffe reste infectée d’une odeur de suie très peu recherchée de nos petites dames; il faut donc avoir recours à un autre moyen.
- Le procédé au mordant de couperose, après lequel on rince sur des eaux de chaux tirées à clair, pour de là les teindre soit au sumac, au campêche et jaune Cuba ; ce procédé, dis-je, a l’inconvénient d’être pâteux, de durcir l’étoffe, et le noir est souvent rougeâtre.
- J’emploie le procédé suivant :
- Pour quatre robes ayant été teintes sur la laine et, de plus, rincées et piquées, même un peu plus fortement que les pures laines, — j’insiste sur cet avivage parce que beaucoup de teinturiers ne lui accordent pas une suffi-santé importance ; pour se convaincre de son utilité, l’essai est très simple à faire : après avoir teint, d’une robe, la partie laine, qu’on détache un petit morceau pour mettre de côté, ensuite que l’on donne un bon piquage à la robe, que l’on rince et que l’on y surfile le petit morceau qui n’aura pas été piqué, et ensuite que l’on teigne la partie coton, on pourra se convaincre que le petit morceau sera d’un noir plus rouge que le restant de la robe, parce que l’avivage à l’acide ayant pour effet de démordancer la laine, celle-ci devient moins sujette à rougir pendant la teinture de de la partie coton. — Ceci étant admis et nos as étant préparées comme il est convenu, ntmuons ainsi :
- Mordant de Rouille.
- Dans un mordant de rouille d 4 ou S degrés, on lisse les pièces un instant, pour les y abandonner pendant environ 6 heures ; ensuite on lève et on rince à fond, et pour obtenir un rinçage bien complet, on passe encore l’étoffe dans un bain rendu légèrement alcalin par des cristaux de soude, de façon à ne pas tourner le bain suivant, et c’est là tour. bonnement le tour de main pour que la teinte monte bien.
- Bain de Teinture.
- Un baquet de six seaux étant garni avec.: Décoction de campêche. . 3 seaux
- Décoction de jaune Cuba, 1 —
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- El, empli d’eau, on y abat les quatre robes, que l’on y manœuvre, à froid, pendant 12 à 15 minutes ; on lève et, sans rinçer, on les porte au bain suivant :
- Bruniture.
- Le bain est composé de 4 à 5 seaux d’eau dans laquelle on verse, préalablement dissous :
- Sulfate de fer (couperose), 590 gram.
- On abat les robes sur ce bain, à froid, pendant 10 minutes ; on lève et on rince.
- Généralement celte première passe suffit pour la plus grande partie des objets; d’autres articles exigent deux et même trois passes alternatives du bain de couperose au bain de bois et nécessitent de renforcer ce dernier.
- Tout étant ainsi terminé et bien rincé, on donne finalement un petit bain de chromate qui a pour effet de dérougir et surtout d’empêcher de décharger après teinture. On compose ce bain avec :
- (Eau chaude 45 à 50 de-
- grés)......................... 4 sceaux.
- Chromate rouge (environ) 50 gram.
- On donne deux à trois lisses à chaque objet et on rince.
- On peut encore obtenir de bons noirs par le mordant de rouille et l'acide galliqne, et suivre la même manœuvre que ci-dessus; il n’y a que le bain d’acide gallique (châtaignier) de différent, mais c’est un peu plus cher, plus long et sans compensation.
- Enfin !... c’en est fini de nos cotons, et vous assure, chers lecteurs, que j'en ai fière onglée ; il n’est pas trop tôt de pas laines-soies !
- NOIRS SUR MÉLANGES LAINE-SOIE.
- La partie laine étant teinte, on abat les articles dans le bain de rouille aux soies, où on les laisse séjourner 5 à 6 heures, et même du soir au lendemain; on lève pour rincer à l’eau courante ou sur deux ou trois eaux.
- Bain de teinture.
- Ce bain, pour une teinture de deux robes, se fait dans une bassine de cinq à six seaux, que l’on garnit avec :
- Décoction de campêche. 4 cassins
- — de quercitron. 2 à 3 —
- A défaut de ce dernier, on emploie le bois jaune ou le curcuma.
- On tourne le bain avec une petite pierre de vitriolbleu, et on y entre les robes qu’on lisse
- un instant à froid, ensuite on fait chauffer au bain-marie pendant 15 minutes; on lève pour rincer, piquer, échauder et rincer.
- Cependant on rencontre parfois des articles dont la teinte primitive était, soit bleue, soit violette, qui font des noirs rougeâtres ; on réussit presque toujours à corriger cet inconvénient en substituant au piquage acide un bain de javelle tiède et un peu gras à la main. Ce fait s’explique aisément : le bain acide ravive le fond des nuances primitives, tandis qu’au contraire, la javelle les ternit.
- NOIR LAINE-SOIE EN UN SEUL BAIN.
- Les articles étant bien nettoyés, ou les passe dans un bain d’acide nitrique bouillant, à 4 degrés ; on échaude pour bieu rincer, ensuite on procède au noir à l'engallage, tel qu’il est décrit dans ma précédente causerie.
- AUTRE PROCÉDÉ EN UN SEUL BAIN.
- Après le nettoyage préparatoire, on lisse les pièces dans le bain de rouille aux soies ; on les y abandonne 12 heures, ensuite on lève et on rince
- Puis, pour quatre robes popeline on prépare un bain de teinture ainsi composé :
- Garnir une chaudière de 120 litres avec :
- Décoction de campêche 8 cassins.
- — de quercitron 4 à 6 —
- — de curcuma 1 à 2 —
- O” vire le bain au sel de cuivre (vitriol n y abat les robes à tiède et on monte ucement la chaleur jusqu’à l’ébullition ; on lève et on donne un évent.
- Sur le même bain, on ajoute :
- Sulfate de fer (couperose verte) 200 gr. (environ).
- On y rabat des robes à l’ébullition pendant 5 à 6 minutes, on lève, on rince, on pique, on échaude, on re... rince et, enfin, on fait apprêter.
- Sur ce, chers confrères, je vous dis : à l’année prochaine, pour les soies noires auxquelles je consacrerai un article, et, en attendant, je vous en souhaite une bonne passe qui vous soit plus fructueuse et vous plaise mieux que les cotons !... Je crois décidément que j’étais tombé juste : mon appel n’a pas trouvé d’écho et personne ne s’est présenté pour la médaille. V. Barbé,
- Teinturier à Caen.
- (A continuer).
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- APPRÊT
- DES TISSUS DE COTON ET DE CHANVRE
- Par M. D. KAEPPELIN.
- (Fin).
- La description des divers appareils dont on se sert pour apprêter les différentes espèces d’étoffes de coton, ne suffirait pas au lecteur pour se rendre compte de la manière dont on les emploie, et je vais examiner chaque genre d’apprêt pour toutes les variétés de tissus.
- Les étoffes d’indiennes imprimées sont apprêtées de différentes façons, et nous distinguerons les apprêts en mats, unis, glacés, brisés, métalliques et imperméables.
- APPRÊTS MATS.
- Apprêt mat.
- Ils s’obtiennent en enroulant le tissu à la machine à enrouler, le passant à la machine à humecter, puis sur le cylindre à sécher. On peut, si le tissu a besoin d’être légèrement empesé, ajouter à l’eau dans laquelle plonge la brosse aspergeuse de la machine à humecter, une dissolution de gomme de colle, ou un peu d’empois d’amidon ou de fécule. Les pièces séchées sont pliées et emmagasinées. Les cretonnes pour meubles sont généralement apprêtées de cette manière, car elles ne doivent avoir aucune raideur, et conserver toute leur souplesse.
- APPRETS UNIS
- Ils s’obtiennent en foulardant les pièces précédemment enroulées au foulard que j’ai décrit, puis en les séchant sur la machine à sécher mécaniquement ; si l’apprêt est trop dur, on le passe à la calandre ordinaire, et on a soin de ne pas trop chauffer le cuivre du canon pour éviter de donner du brillant à l’étoffe.
- L’apprêt qui sert à foularder les étoffes se prépare dans des chaudières en cuivre de forme ovale, et qui peuvent supporter une pression de plusieurs atmosphères. La cuis
- son de l’amidon ou de la fécule se fait dans ces appareils avec une grande rapidité, et la haute température à laquelle est soumis l’empois qui se forme lui communique des propriétés gommeuses qu’il n’acquiert pas dans des chaudières ouvertes. On délaye dans 100 litres d’eau de 8 à 10 kilog. d’amidon ou de fécule, on les fait bouillir dans l’appareil à haute pression, on passe l’empois, qui est fort épais, dans un tamis fin métallique, et on y ajoute une quantité plus ou moins considérable d’eau selon le degré de dureté que l’on veut donner à l’apprêt du tissu. On ajoute à cet empois une quantité suffisante de bleu d’outremer en poudre, délayé dans de l’eau; le bleu augmente la pureté du blanc de l'é-toffe, surtout quand les tissus garancés conservent une teinte légère provenant d’un blanchiment incomplet.
- Quand l’étoffe n’est pas imprimée et qu’elle est destinée à la vente en blanc, on ajoute un peu moins de bleu d’outre-mer. Quelques fabricants, pour donner plus de corps aux ti.sus, mêlent à l’apprêt des substances couvrantes, telles que du blanc de zinc, mais ces additions sont blâmables et ne servent qu’à induire l'acheteur en erreur; une addition d’amidon blanc délayé à froid dans de l’eau augmente sensiblement la blancheur de l'apprêt-
- « Apprêt glacé.
- On a cherché à remplacer l’empois de fécule ou d’amidon par des matières non amygla-cées ; c’est ainsi que, en Angleterre, on a préconisé, pendant les dix dernières années, l’emploi du silicate de soude, mais il présente des inconvénients très graves. Ainsi, il est arrivé que des pièces, apprêtées avec cette dissolution saline, se détérioraient rapidement quand on les laissait séjourner dans les magasins, en ballots, ou dans des caisses. Le silicate se décomposait en abandonnant une partie de son alcali, qui agissait comme caustique sur l’étoffe et diminuait la force des fibres de plus de 30 p. 100.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- On peut obvier à cet inconvénient en décomposant le silicate de soude sur le tissu de la manière suivante : les pièces silicalités sont successivement passées dans un bain d’eau acidulée, avec de l’acide sulfurique dans un bain d eau pure, puis enfin dans la machine à foularder, dans de l’empois de fécule ou d’amidon préparé comme je l’ai dit précédemment, mais très dilué. On sèche et on calandre comme d’ordinaire, et on passe avec le calandrage à la machine à humecter et à élargir, si cela est nécessaire.
- APPRÊTS GLACÉS
- Quand on veut produire ce genre d'appret, il suffit de chauffer fortement le canon de fonte de la calandre, au moment de passer les pièces dans cet appareil. L’étoffe devient brillante et légèrement glacée. Les indiennes d’Alsace sont préparées généralement de cette manière, tandis que celles de Rouen ont conservé l’apprêt mat, qui est préférable et qui ne ternit pas les couleurs en écrasant le fil du tissu ; c est la une question démodé, et ce mot est décisif.
- Quand les tissus doivent être lustrés ou satinés, on mêle à l’empois dans lequel on les foulardeunc quantité de cire blanche, de stéarine ou de spermaceti et de borax plus ou moins considérable selon le degré d’épaississement de 1 empois. On peut en employer de 10à 15 grammes pour chaque kilo d’amidon ou de fécule. En outre, au lieu de faire passer les pièces à la calandre simple à deux rouleaux, on les cylindre à la calandre à friction à trois ou cinq rouleaux.
- Cette calandre a remplacé avec ayantago l’appareil dont on se servait primitivement pour frotter les pièces déjà apprêtées avec un mélange d’empois et de cire.
- La pièce apprêtée était placée sur une table munie dans sa largeur d’une rainure le long de laquelle on promenait une pierre d’agate polie. Cette pierre était mue par la main d’un ouvrier; elle était fixée au bout d’une bielle qui était ajustée au moyen d’une cheville à un ressort en bois fixé lui-même à un bâti de bois. La pression exercée par le ressort sur la bielle rendait le frottement de l’agate sur le tissu plus dur et celui-ci en devenait plus brillant. C’est d’après ce principe que furent
- construites les premières machines à lustrer ; le mouvement de va et vient de la pierre sur le tissu était produit mécaniquement au moyen d’un volant à un bras, duquel se rattachait la bielle au bout de laquelle était attachée la pierre.
- Ce mode d’apprêt lustré est généralement appliqué aux étoffes d’indiennes pour meubles, tapisseries, tentures, garnitures de voiture, et pour les étoffes de coton teintes en unis et qui servent de doublures aux vêtements, et qui forment l’article lustrine.
- 40901 aplcevlhib ab asbibq APPRÊTS BRISÉS
- Ce genre d’apprêt appelé aussi apprêt organdi s’obtient en passant les tissus de mousseline, organdi, jaconas, etc., dans la machine à foularder, puis en les faisant sécher au moyen de la machine à apprêter à mouvements brisés pour les apprêts élastiques. L’empois dont on se sert dans cette circonstance doit être assez épais. Le fil du tissu, pendant le mouvement qu’on imprime à l’appareil, s’arrondit peu à peu et acquiert une élasticité qu’il n’aurait pas avec les appareils à rames ordinaires.
- APPRÊTS IMPERMÉABLES OU HYDROFUGES.
- On s’est souvent préoccupé d’un procédé économique qui put donner aux étoffes de coton des propriétés qui les rendissent imperméables à l’eau de la pluie, et, par conséquent, plus propres à la confection des vêtements. On obtient ce résultat d’une manière assez complète en ajoutant àl’empois de dextrine ou d’amidon, du sulfate de zinc, du savon de colophane et du borax, et en terminant par un alunage.
- D’autres se servent d’une composition formée d’un mélange de trois parties d’apprêts ordinaires à l’amidon, à la dextrine ou à la colle, et de dix parties d’acétate d’alumine additionnées de une partie de glycérine; on fou-larde les tissus dans ce mucilage, on les sèche à la rame ; les étoffes de coton et même celles de soie ne serontplus tachées par la pluie après avoir été apprêtées de cette manière.
- Les huiles siccatives et les algues marines ont servi à M. Bienvaux-Hin à la formation d’un apprêt hydrofuge qu’il a fait breveter en 1869.
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- Cet apprêteur prend 60 grammes d’une huile siccative qu’il mêle à de la gélatine d’algues marines jusqu’à ce que le mélange soit bien homogène. Il le change à 502 cent., il ajoute 3 pour 100 de borax, de carbonate de soude ou de potasse, puis une quantité d’eau suffisante pour former un litre de liquide. Il ajoute ensuite 3 litres d’une dissolution d’alun à 3° baumé à cette préparation, et il y foularde le tissu qu’il sèche et calandre comme d’habitude.
- APPRÊTS MÉTALLIQUES
- Veut-on donner à certaines étoffes de coton un aspect métallique, on les foularde dans une dissolution aqueuse d’un sel métallique, tel que l’acétate de plomb, l’acétate de cuivre ou de chlorure d’argent ; puis on les passe dans un appareil à roulettes, dans une solution alcaline qui précipite les oxydes métalliques dans les fibres du tissu. On les vaporise ensuite dans des caisses remplies de vapeur d’eau bouillante mêlée à du gaz d’éclairage ou à de l’hydrogène sulfuré. Au bout d’un quart d’heure les pièces sont séchées et calandrées.
- Un simple placage dans une dissolution de sel d’étain, un vaporisage et un calandrage produisent un effet analogue.
- {Ann. du Gén. civil).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- SUR LA NATURE DU NOIR D’ANILINE Par M. U. Rheineck.
- Le noir d’aniline, qui joue dans l’industrie de la teinture, et en particulier dans l’impression sur coton, un rôle remarquable, n’a pas fait jusqu’à présent l’objet de recherches scientifiques de la part de chimistes, et c’est peut-être par ce motif qu’il a été considéré généralement comme un corps indifférent.
- On sait que le noir d’aniline est le produit de l’oxydation de l’aniline et de l’huile d’aniline.- Sous le rapport de son mode de formation, il est donc analogue aux autres couleurs d’aniline. Dans cette oxydation, il y a toujours
- une condensation moléculaire par suite de l’intervention répétée de la molécule aniline et toluidine, etc. La même chose a lieu, sans doute, dans la formation du noir d’aniline, ainsi que le démontrera ce qui va suivre. De plus, les produits de l’oxydation de l’aniline et de ses homologues sont constamment d’une nature basique. Enfin, ie noir d’aniline, ainsi que je l’ai découvert, est incontestablement une base. Quant à ce qui concerne l’azote, il reste, soit comme dans le rouge d’aniline, dans l’atôme complexe récemment formé, ou bien se dégage en partie comme ammoniaque. Le dernier résultat paraît-être le cas dans la formation du noir d’aniline.
- On pourrait donner à cette base le nom de nigraniline, de la même manière qu’on a appelé rosaniline la base du rouge d’aniline.
- J’attachais un intérêt particulier à l’étude de la formation du noir d’aniline dans les conditions suivant lesquelles il se forme sur le tissu même. En conséquence, j’ai mis en contact, à la température ordinaire, les ingrédients de la couleur d’impression de l'hydro-chlorate d’aniline, du chlorate de potasse, une trace de chlorure de fer et une certaine quantité d’eau.
- Les recettes pour produire cette couleur renferment toutes du sel ammoniac parmi leurs ingrédients, mais mes recherches ont démontré qu’on obtient un noir aussi beau tant avec, que sans le sel ammoniac, et, par conséquent, que ce sel est un ingrédient sans importance dans la couleur, et qu’on peut, sans aucun doute, s’en passer. Dans l’expérience qu’il me reste à décrire, le sel ammoniac a été supprimé dans le mélange des réactifs.
- Le mélange a été, dans une capsule de porcelaine, abandonné à l’air et à la température ordinaire, à une évaporation spontanée; puis mouillé de nouveau, jusqu’à ce qu’on ait aperçu tous les indices que le procédé était complet et qu’il en soit résulté une poudre sèche contenant à peine de l’eau et d’un noir velouté. L’huile d’aniline, l’acide chlorhydrique, le chlorate de potasse ont été employés en mêmes quantités pondérables, et, au terme de la transformation, il se trouvait encore dans la masse noire une assez grande proportion de cristaux de chlorate de potasse qui
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- n’avaient éprouvé aucun changement. D’un autre côté, on ne trouvait plus d’aniline dans la solution aqueuse acide, mais bien de l’ammoniaque. Lavée avec de l’eau chaude, la poudre noire brûlait sans résidu, en dégageant d’abord une odeur de nathtylamine, puis de cyanogène. L'huile d'aniline employée renfermait de la toluidine et a fourni 120,5 p. 100 de poudre noire lavée, et veloutée.
- Ce rendement considérable, aussi bien que la circonstance que la couleur qui se déve-loppe sur les tissus apparaît vert foncé, et ne passe au violet foncé qu’après un traitement par les alcalis, m’a fait présumer que le noir d’aniline pouvait bien être une base et, à raison de son aspect verdâtre, contenir de l’acide chlorhydrique. C’est ce que l’expérience a confirmé. Le corps vert foncé est l'hydrochlo-rate du noir d’aniline, celui violet foncé est la base libre.
- Cette base jouit de la propriété de s’emparer de l’acide des sels d’aniline. Un morceau de tissu de coton sur lequel on applique une couche très mince de la couleur violet foncé, se colore avec le chlorhydrate d’aniline, même en présence d’un excès d’aniline, immédiatement en vert. Un lambeau de toile de coton légèrement coloré en noir d’aniline est un bon réactif pour les acides et les alcalis, et peut être alternativement employé à cet objet sans que sa couleur en souffre. Il est coloié en vert par un acide, et lorsqu’on le lave avec soin à l’eau distillée, un liquide tant soit peu alcalin, par exemple de l’eau de puits, le fait repasser assez promptement au violet.
- Si le corps vert-noir, par conséquent le noir d’aniline qui n’a pas été traité par les alcalis, est mis en contact avec l’acide sulfurique concentré, il dégage, comme les autres chlorhydrates, des vapeurs d’acide chlorhydrique. Il se dissout ensuite en une liqueur violette qui, quand on l’étend, fournit de nouveau un précipité vert-noir, sans doute le sulfate de la base.
- J’ai fait aussi une expérience avec l’aniline pure, 25 grammes d'aniline ont fourni 28 grammes 7, et par conséquent 114,8 pour 100 de noir d’aniline. Gomme ce rendement est ici fort inférieur à celui obtenu avec l’huile d’aniline contenant de la toluidine, on doit supposer que cette toluidine, avec toute sa pro
- portion de carbone, entre dans la composition de la molécule de noir d’aniline.
- Dans ces deux expériences, il s’est formé une si faible quantité d’une substance organique de couleur fausse, que la marche de la formation du noir d’aniline peut être considérée comme parfaitement nette. Comme j’ai omis d’ajouter du sel ammoniac, j’ai pu observer sa formation et en mesurer la proportion. J’ai trouvé dans un cas de 1/9 à 1/8, et, dans un autre, un plus petit rapport de l’azote chassé comme ammoniaque à l’huile d’aniline.
- On emploie généralement, pour la préparation commerciale du chlorhydrate d’aniline, un acide chlorhydrique contenant du fer. Le fer rend le sel grisâtre à l’air, et lorsqu’on le pulvérise, s’il est en contact avec le fluide, il se transforme souvent en grande partie en noir. Un mélange de chlorhydrate d’aniline et de chloride de fer dissous dans l’eau est coloré en vert foncé, mais passe promptement au noir déjà à la température ordinaire, et plus rapidement quand on chauffe.
- (Polytechnisches Journal.)
- REVUE SOMMAIRE DES BREVETS D'INVENTION.
- Secrétage des poils. — Le produit dont on se servait pour le traitement des poils destinés à la chapellerie n’était pas connu, dans le principe ; aussi le nommait-on secret. Ce secret, qui ne l’est plus pour personne, est un nitrate acide de mercure, et l’opération dans laquelle on l’emploi se nomme toujours secrétage ; l'usage de ce composé est très dangereux pour la santé des ouvriers, mais jusqu’à présent on n’y a pas trouvé de substitut satisfaisant.
- MM. AGNELLET et MEYER emploient, pour cette destination, l’acide phénique, qui a, paraît-il, la propriété de contracter les poils et d: les rendre aptes au feutrage ; le bastissage s’opérerait par ce moyen aussi bien que par la méthode au mercure. Le travail a lieu comme d’habitude; les acides phéniques ou les phé-nates, étendus d’eau, peuvent être additionnés
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- des liquides mucilagineux ou astringents en usage chez les chapeliers.
- On connaît les propriétés hygiéniques et anti-sep tiques de l’acide phénique; loin de nuire, son usage serait donc plutôt favorable à la santé des ouvriers qui l’emploient. — B. 9S.497.
- Préparation de V Anthracène. — Le brai de goudron de houille est distillé à une forte chaleur, soit seul, soit mélangé avec du coke ou des résidus provenant déjà de la distillation du brai ou toute autre matière carbonée absorbante ou poreuse.
- Pour faciliter la distillation, l’auteur, M. FENNER, se sert à un moment donné du vide partiel.
- Les huiles lourdes de houille donnent également, dans les mêmes conditions, de l'an-thracène ou du brai pouvant fournir de l'an-thracène par distillation. Enfin, l'anthracène produit peut être purifié au moyen de huiles lourdes. — Brevet anglais.
- Machine à laver les écheveaux. — L’appareil de M. Gratz se compose d’une cuve circulaire au centre de laquelle pivote un arbre vertical armé de bras horizontaux terminés par des bobines.
- Sur ces bobines sont suspendus les éche-veaux qui reçoivent, en baignant dans l’eau, un mouvement composé produit : 1° par le mouvement circulaire de l’arbre qui les supporte et auquel elles participent; 2° par un mouvement de va et vient tantôt à droite, tantôt à gauche, au moyen d’un excentrique; 3° par un mouvement ondulatoire dans le sens vertical déterminé par la forme du rebord extérieur de la cuve sur lequel s’engage les gorges des bobines. — B. 94.947.
- Machine à métrer les tissus. — Pour mesurer les pièces d’étoffe, on se sert soit de la machine dite à rouleaux, soit de la plieuse; celle-ci offre l’avantage de plier l’étoffe en même temps qu’elle la mesure, mais le métrage est moins exact qu’avec l’appareil à rouleaux.
- Pour réunir les avantages des deux systèmes, M. Sival emploie la machine à rouleaux et y adjoint un appareil de pliage, tel, par exemple, que la trémie oscillante, bien connue
- pour cette destination, laquelle dépose l’étoffe en plis réguliers sur une barre transversale.— B. 95.692.
- Décoloration des chiffons de laine et extraction de leur matière colorante. — Celte invention, patentée par M. RYDILL, consiste à faire réagir sur les tissus que l’on désire décolorer, les acides sulfurique, nitrique, chlorhydrique ou les alcalis caustiques, suivant la nature de la matière colorante, sous pression dans des autoclaves en fer, fonte- garnie de plomb, cuivre ou autre matière pouvant résister aux agents chimiques employés; puis à laver les matières à grande eau ; enfin à les sécher dans une essoreuse.
- Ce procédé permet, en outre, de séparer la laine du coton. — Brevet anglais.
- Colle pour apprêt. — Ce procédé, breveté par M. Maury, a pour but de préparer extem-poranément une colle de peau applicable à l’apprêt des tissus.
- Les peaux sont mises à macérer pendant deux ou trois jours dans un lait de chaux afin de les dépouiller des matières grasses et albu-mineuses. Elles sont alors desséchées dans une étuve où l’introduction de vapeurs sulfureuses produit leur décoloration et leur désinfection. La dissolution s’effectue ensuite dans de l’eau portée à l'ébullilion et maintenue à une certaine température jusqu’à épaississement convenable.
- Cette gélatine est enfin clarifiée au moyen de l’alun, filtrée et décantée. — B. 93,715.
- (A continuer)
- NOUVELLES
- Cartes-postes, mandats-postes. — L’Assemblée nationale vient d’adopter la création de cartes-postes analogues à ceux qui sont usités en Angleterre et dans d’autres nations.
- Ces cartes-postes constituent un moyen de correspondance postale à prix réduit, mais à découvert; sur une face, on écrit l’adresse du destinataire ; sur l’autre, le texte de la lettre, et on met à la poste sans enveloppe.
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- Les droits sont de 15 centimes pour toute la France, et de 10 centimes pour les cartes à destination de la même ville où elles sont émises.
- Dans la même séance, l’Assemblée nationale a décidé que les droits sur les mandats-poste (envois d’argent) seraient réduits à 1 p. 100, comme avant la guerre.
- Le commerce sera satisfait de ces réformes; mais, en outre, il réclamera toujours la révision du tarif des échantillons qui est réellement trop élevé.
- Tout le service postal, d’ailleurs, est bien plus cher en France qu’en Angleterre. Pourquoi ne pouvons-nous pas faire comme nos voisins?
- Récompenses de l’Exposition de Lyon.—Les récompenses accordées aux exposants, par les divers jurys de l’Exposition de Lyon, ne sont que d’un ordre : ce sont des diplômes d’honneur. La ville de Lyon n’a pas voulu voter de fonds pour donner des médailles ; mais tout lauréat a la faculté d’en acheter à ses frais, selon le modèle adopté.
- Parmi les récompensés, nous mentionnerons les suivants, dont la spécialité se rapporte à nos industries.
- Troisième section.— Les petits-fils de J.-C. Bonnet et Cie, de Lyon. — Jaubert Lions, Au-dras et Cie, de Lyon. — Brosset, HeckeletCie, de Lyon. — J.-A. Henry, de Lyon. — Em. Huber, de Sarreguemines. — A. Denis, de St-Etienne. — Doquin et Cie, de Lyon. — Aimé Raboin, de Lyon.
- Quatrième section. — J.-J. Ricter, de Win-terthur. — Th. Barrois frères, de Lille. — J.-P Cosat, d’Ecosse. — Dolfus, Mieg et Cie, de Mulhouse. — Stembach Kocchlin et Cie, de Mulhouse. — Ch. Stenier, de Ribeauvillé. — Bourcart fils et Cie, de Guebwiller. — Frères Kocchlin, de Mulhouse. — Henri Loyer, de Lille.—Industrie Linière de la ville d'Armon-tière. — Wallaert frères, de Lille. — Saint frères, de Paris.— Joubert, Bonnaire, d’Angers.
- Cinquième et sixième section. — Bossuat, de Paris. — Laurent, Demar , d’Elbœuf. — La
- ville de Brüm, d’Autriche. — Louis Cordonnier, de Roubaix. — Descat frères. — Kocchlin, Schwartz, de Mulhouse. — Mazure , de Roubaix.
- Dixième section.— J.Zuber et Cie, Rixheim, d’Alsace.
- Quinzième section. —Duvergier, de Lyon.
- — Combe et Cie, de Lyon. — Veuve Chevalier et Grenier, de Lyon.
- Dix-huitième section. — Hermann, Lachapelle, de Paris.— Morane, Florentin, de Paris. — Buffaud frères, de Lyon.
- Vingt-sixième section. — La Compagnie des usines de Saint-Gobain, Girey et Chauny. — Henri Merle, d’Alais. — Coignet, de Lyon.— La Compagnie d’éclairage au gaz de Paris. — Poirrier, de Saint-Denis (Seine). — E. Coez et Cie, de Saint-Denis (Seine). — Compagnie Price, de Londres.
- Outre ces nominations, il convient de citer les exposants, qui, en raison de leurs fonctions, sont hors concours. Nous eu publierons la liste dans le prochain numéro.
- Mangez des bonbons. — Le Conseil de salubrité de Paris a récemment procédé à sa visite annuelle chez les confiseurs, à l’effet de vérifier la nature des couleurs employées pour la décoration des bonbons d'étrennes.
- Il a constaté que la presque totalité de ces bonbons ne contenait aucune couleur malsaine ou nuisible à la santé même des enfants les plus délicats; l’industrie de la confiserie s’est donc entièrement déshabituée d’employer des couleurs vénéneuses, et nous pouvons en toute sécurité consommer ses produits et les offrir à nos amis, sans crainte d’irréaliser nous-même nos souhaits de bonne santé.
- Pour tous les articles non signés : P. Blondeau.
- F. GOUILLON, Directeur-Gérant.
- Paris.—Imp. Turfin et Ad. Juvet, 9, cour des Miracles.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- 15e VOL., n° 24. 20 DÉCEMBRE 1872
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- Sommaire
- Exposition universelle de Lyon (suite) : Blanchiment, Impression, Apprêt, par M. F. GOUTLLON. — Glycérine dissolvant des couleurs d’aniline, par M. Springmahl. — Propriétés vénéneuses des couleurs d’aniline, par M. SPRINGMAHL. — Tendeur circulaire pour soieries (gravure), par M. F. GOUILLON. — Bleu-Nicholson sur peaux, (échantillon).
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE : Revue sommaire des brevets d’invention : Couleur acajou, — Epaillage chimique, — Chlore et chlorure,— Feutrage des chapeaux, —Albumine de sang. — Coloration des bois : Violet, — Bleu, — Vert, — Jaune, — Brun, — Gris, — Noir. — Nos pertes industrielles en Alsace-Lorraine. — Brevets récents concernant les industries tinctoriales.
- NOUVELLES : Loi de douane relative à l’Alsace-Lorraine. — Exposition de Vienne. — Récompenses à l’Exposition de Lyon (suite). — Banquet des Teinturiers.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE LYON
- PRODUITS DES INDUSTRIES TINCTORIALES Blanchiment, Impression, Apprêt.
- Le blanchiment est un travail inséparable de la teinture, et le plus souvent ne constitue qu’une phase de cette opération ; cependant il donne lieu à des industries distinctes, surtout pour ce qui concerne les articles destinés à la vente en blanc, et qui, dès lors, ne passent pas par les mains du teinturier.
- Ces tissus (destinés à la vente en blanc) doivent être d’une blancheur irréprochable, mais toutefois ce ne sont pas les articles les plus blancs qui sont les mieux blanchis, ainsi ces toiles d’un si bel aspect, légèrement azurées et recouvertes d’un apprêt bien uni, qui sont offertes à la vente au détail, n’ont pas subi un blanchiment aussi complet et aussi minutieux que celles que l’on destine à l’impression et dont le fond jaunâtre est loin d'avoir la belle apparence des premiers.
- Pour ceux-ci on s’attache à obtenir une décoloration aussi complète que possible, en évitant, s’il se peut, de trop dépouiller la fibre textile de ses impuretés naturelles afin qu’elle conserve son poids et son épaisseur, et on ajoute encore au blanc, en azurant ces toiles avec un bleu quelconque, de l’outremer le plus souvent, et en y plaquant un apprêt chargé de matières blanches en poudre. Pour les toiles à imprimer, principalement pour les genres garancés, il faut une fibre bien débarrassée de toutes les matières colorées et résineuses qui les recouvrent à l’état écru, et il n’importe pas absolument que le blanc soit très-éclatant ;
- ces tissus doivent donc être bien complètement débouillis et lessivés avant la décoloration au chlore, alors même qu’ils devraieni perdre un peu de leur poids, mais sans, toutefois, altérer la solidité de la fibre.
- Une toile de coton blanchie de façon à ce qu’immergée dans un bain de garance, elle en sorte intacte, sans s’être teinte eh partie, peut être considérée comme bien pure et bien débarrassée de tout corps étranger à la fibre textile elle-même; c’est ainsi qu’elle doit être pour le travail de l’impression. Ce résultat s’obtient à l’aide d’opérations longues et répétées, et par l’emploi de machines et d’agents chimiques énergiques. Un des produits qui ont le plus aidé à perfectionner ce travail est le savon de résine ou savon de colophane, dont l’emploi s’est maintenant généralisé, et grâce auquel on peut produire une desincruslation complète des fibres cotonneuses. Nous ne décrirons pas le détail, même sommaire, des opérations qu’exige le blanchiment, ce qui demanderait tropd’étendue ; XeMoniteur delà Teinture a, du reste, souvent traité cette question et aura encore maintes occasions d'y revenir.
- MM. Gros, Roman et Marozeau, de Wesser-ling, exposent des tissus blancs, et celte maison est une des plus considérables de l’Alsace pour le blanchiment des toiles de coton, et notamment pour celles destinées à l’impression ; la maison blanchit ces toiles non-seulement pour son usage, car elle se livre aussi en grand à l’impression des cotonnades, mais encore pour un grand nombre d’imprimeurs et de fabricants de tissus, et son blanchiment est très estimé dans la fabrique alsacienne.
- Une autre maison alsacienne, celle de M.
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- SCHLUMBEAGER fils et Cie, expose également ce genre de tissus blanchis, et des articles d’impression pour ameublement, comme Mulhouse sait si bien les faire, et qui, dans l’usine de M. Schlumberger, entre autres, sont d’une exécution aussi artistique que bien soignée.
- Le blanchiment des fils et des toiles de lin et de chanvre n’est jamais aussi complet que celui des cotons ; le plus souvent ces articles se livrent ou se consomment à l’état de demi-blanc seulement, et ce blanchiment incomplet se nomme crémage ; dans ces matières, on cherche surtout à éviter la freinte, c’est-à-dire la perte de poids par le passage aux lessives. Comme pour le coton, ce blanchiment s’opère à l’aide des lessives alcalines et des bains de chlore, et on a généralement renoncé aux étendages sur le pré, méthode qui ne satisfait pas aux conditions de rapide production, qu’exigent, aujourd’hui, le commerce et l’industrie. Quelquefois les fils de chanvre, après avoir été crêmés ou blanchis, sont passés à l’ocre, afin de recevoir un fond jaunâtre recherché dans le commerce et qui ne ressemble pas à la teinte grise des fils écrus.
- L’Exposition contenait un exposant dans ce genre de blanchiment, c’est MM. DASSONVILLE et PHALEMPIN, de Halluin (Nord) ; les fils de cette maison sont d’un bel aspect et justifient l’importance considérable qu’elle a acquise dans cette spécialité ; nous remarquons des fils de jute demi-blancs, et d’autant plus difficiles à obtenir ainsi que cette matière est très altérable par l’action des alcalis ; on ne peut donc employer ceux-ei qu’avec une extrême circonspection.
- Le blanchiment des laines et des soies s’obtient par des moyens tout différents de ceux employés pour le coton ; dans ce cas, on fait usage du soufrage ; nous avons aussi détaillé ces procédés et nous avons commencé une étude sur les soufroirs que nous avons promis de continuer : promesse que nous réaliserons dans un de nos plus prochains numéros.
- Nous n’avons remarqué aucun exposant spécial dans ce genre de blanchiment, bien que des laines et des soies d’un beau blanc fussent exposées par des teinturiers, des fila-teurs et des fabricants de tissus.
- Il est un genre de teinture dont nous n’avons pas encore parlé et qui nous servira d’in
- troduction à la revue de l’Impression, c’est Ie Rouge d’Andrinople ou Rouge turc, qui est incontestablement la nuance la plus vive et la plus franche que l’on puisse produire sur coton et le type du rouge pur par excellence ; cette teinture n’a plus aujourd’hui la même importance qu’autrefois, mais on en continue toujours la fabrication, et des maisons de Rouen, de l’Alsace et surtout de la Suisse ont conservé cette spécialité.
- À l’aide de l’impression, on a pu produire sur rouge Turc des enlevages blancs, ensuite des enlevages colorés (Jaune de chrême, Bleu de Prusse), puis y rentrer d’autres teintes ; de sorte que ce fond est devenu la base d’un genre d’impression employé principalement pour meubles, et duquel on peut tirer de beaux effets, quoique le constraste des tons soit un peu criard ; les exposants en Rouge Turc, teinture ou impression sont MM. STEINER, de Ribeauvillé ; Muller et Hoesly, de Win-terthur (Suisse) ; Rieter, ZIGLER et Ce, de la même ville ; CÉDRASCHI, FUNK et Schinder, de Saint-Gall (Suisse) ; tous leurs articles sont d’une belle exécution.
- Le genre Impressions meuble est surtout remarquable dans les cretonnes d’Alsace ; ce sont assurément les plus beaux articles que l’impression produise ; il y a quelques années, ce genre était un peu en défaveur, à cause surtout des mauvaises qualités dont les maisons secondaires et la concurrence étrangère inondaient le marché ; aujourd’hui il a retrouvé son ancien succès, et la fabrique alsacienne lui a conservé son cachet de bon goût et de bonne exécution qu’elle a toujours su lui donner et qui lui a valu un rang si élevé dans l’art industriel.
- Avec les cretonnes d’ameublement, l’exposition du Haut-Rhin contient aussi des cretonnes et percales pour chemises, des mousselines et tarlatanes pour robes, et, d’ailleurs, la plupart des articles de la belle fabrication alsacienne.
- Les exposants dans cette partie sont MM. KOECHLIN frères, Dolfus-Mieg, Meyer frères, TniERRY-MiEGetC6, WEISS-FRIES, de Mulhouse. L’impression rouennaise est représentée par M. A. CHIFFRAY, de Maromme ; M. Henri POCHON, de Valence (Drôme), expose des mouchoirs imprimés. Il serait superflu de faire des
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- éloges de ces maisons dont la réputation est d’une notoriété plus qu’européenne.
- En impressions-meuble, un article nouveau s’est produit ; ses auteurs, MM. Pavy, Pretto et Ce, le nomment Papier-Feutre Japonais et le destinent à faire des rideaux, des tentures et même des vêtements : des jupons, par exemple; c’est une sorte de papier très souple et assez résistant, ou plutôt une matière tenant le milieu entre le papier et les tissus, mais se rapprochant surtout du premier, et sur lequel on imprime des sujets meuble par des procédés analogues à ceux en usage pour les papiers peints ; cette impression, en effet, est fixée à la colle, et il suffit d’une goutte d’eau pour la faire couler.
- Ce papier-feutre se drape assez bien, et tombe en plis amples et réguliers lorsqu’il est employé pour grands rideaux de fenêtres ou de lits, mais il n’a pas l’apparence ni le toucher moelleux d’un tissu, et bien qu’il cherche à imiter les cretonnes imprimées, il est loin de leur ressembler ; il pourra néanmoins avoir quelques emplois, principalement pour la tenture remplaçant le papier, et pour les garnitures à bon marché des appartements, théâtres, galeries, etc., où l’on vise à l’économie. Cet article est la contre-partie de ceux que nous relations dans notre compte-rendu de l’Exposition d’Economie domestique à Paris, c’est-à-dire les étoffes d'ameublement de M. Bourget ; en effet, tandis que celles-ci tendent à remplacer les papiers de tenture par des tissus imprimés, celui-là veut remplacer les tissus imprimés par une'sorte de papier peint. Les uns et les autres constituent des progrès de l’industrie et trouveront chacun leur application.
- Les foulards imprimés sont aussi l’objet d’une industrie importante dont Lyon est le centre et qui se répand même dans les départements voisins. L’impression des soieries, principalement des foulards, a aussi beaucoup profité des machines à imprimer au rouleau ; toutefois elle imprime rarement un grand nombre de couleurs à la fois, comme cela a lieu pour les étoffes d’ameublement, et les machines qu’elle emploie ne dépassent guère, habituellement, quatre à cinq rouleaux ; c’est un genre dans lequel on dépense également beaucoup de goût et d’imagination
- et qui s’est bien développé, non-seulement par l’usage des machines, mais encore par l’emploi des couleurs d’aniline.
- MM. Giraud et Cie, Buisson et Colongeat, A. Girard et Cie, sont des maisons lyonnaises qui, impriment le foulard avec une grande perfection et qui ont exposé cet article.
- \d impression sur chiffonnage, qui devient de plus en plus fructueuse pour les teinturiers-dégraisseurs, figurait aussi à l’exposition, et c’est la maison Vve Thuillier et BONNEFOND qui avait exposé ces articles ; cette maison est la plus importante dans ce genre de fabrication, et c’est, assurément, à elle que l’on doit le succès de cette mode, qui a décidément pris pied dans la teinturerie et qui continuera de s’y faire, tout en modifiant ses moyens, et suivant le courant du goût et de la mode.
- On ne fait plus guère actuellement les impressions métalliques qui étaient en vogue dans le principe ; aujourd’hui les genres en faveur sont les dessins, des bouquets surtout, à plusieurs couleurs ; on en exécute même à quatre et cinq couleurs, depuis que l’on applique à ce travail une modification du châssis à compartiments, duquel nous donnerons très prochainement une description, et qui permet d’imprimer plusieurs couleurs par un seul coup de planche.
- Un grand nombre de teinturiers-dégraisseurs impriment eux-mêmes les robes qu’ils ont à faire et s’en tirent à merveille.
- Nous devons citer encore parmi les exposants imprimeurs sur étoffes, M. Roussel, de Roubaix ; M. EMILE Fertié, de Mulhouse, cotons chinés : M. CHARASSE, tissus imprimés par procédés lithographiques ; M. Thess, de Lyon, peausseries imprimées, etc., etc.
- C’est dans la soierie que nous trouvons des expositions spéciales d’apprêt : M. GANTILLON, de Lyon, bien connu dans cette spécialité, expose des moires sur soie et des apprêts au cylindre et au métier, et, de plus, des étoffes teintes d double face, soit en teintes unies, soit en impression ; pour obtenir ce résultat on enduit d’abord le tissu d’alumine, on le chauffe fortement et on le cylindre, ce qui produit une imperméabilisation momentanée, puis on plaque ou on imprime sur chaque face un apprêt diversement coloré ; ces tissus ont pu servir à faire quelques articles de fautai-
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- sie, mais leurs teintes ne sont pas assez solides pour suffire à un usage journalier.
- M. Garnier, de Lyon, expose aussi des soieries apprêtées, telles que gazes, grenadines, foulards, taffetas, fayes, etc., et aussi des tissus imperméabilisés par l’apprêt; les gazes et grenadines s’apprêtent au métier à pointes ou à pinces ; les foulards et taffetas au cylindre, et les fayes au tambour; ces apprêts sont des travaux délicats que les teinturiers et fabricants confient généralement aux apprêteurs spéciaux, comme MV. Garnier et Gantillon. Le plus souvent on n’emploie aucune matière emplastique, et l’apprêt est purement mécanique.
- Les articles de M. Lyons tiennent de l’apprêt et de l’impression; ce sont des dorures sur toutes espèces de tissus, sur cuirs, etc. ; elles sont obtenues à l’aide de la feuille d’or et du balancier, et l’exposant produit par ces moyens des effets très-artistiques, quoique d’une production rapide.
- MM. Agnellet frères exposent des tulles et linons ; ces linons sont des tissus à réseaux ou des gros tuiles que l’on enduit d’un fort apprêt d amidon ; ce tissu sert à faire les formes à chapeaux et autres objets qui exigent de la rigidité, après que l’on a donné au linon la forme voulue à l'aide du fer chaud. MM. Agnellet fabriquent des tissus à réseaux, des mousselines, gazes, etc., et c’est eux qui ont exploité les tissus perlés, imaginés par M. Depouilly, et qui ont fait fureur pendant un moment.
- G est au point de vue de l’apprêt, en mêmc temps qu’à celui de la teinture., que MM. Hoeffely et Cie, de Pfastad (près Mulhouse), exposent des tissus et cotonnades; ce genre d apprêt est traité avec assez de détails dans ce numéro du Moniteur de la Teinture et dans les précédents, et par une plume assez autorisée, pour que nous puissions nous dispenser de nous y étendre davantage; disons seulement que la maison qui les expose appartient à ce groupe alsacien, dont nous ne nous lasserons jamais de faire des éloges, et qui nous est cher à plus d’un titre.
- Nous terminons ici cette revue d’ensemble aussi hâtive qu’incomplète ; mais nous pour rons revenir sur un certain nombre des objets signalés, lorsque des renseignements ou docu
- ments complémentaires nous parviendront, et nous renouvelons, à cet égard, la promesse que nous avons déjà faite,.
- On voit que si l’Exposition de Lyon n’a révélé rien de particulièrement nouveau dans nos industries, elle a démontré au moins qu’elles sont toujours pleines de vigueur et de prospérité, et qu’elles se maintiennent constamment au niveau des plus éclairées et des plus perfectionnées.
- F. GOUILLON.
- DE LA GLYCÉRINE
- COMME DISSOLVANT DES COULEURS D’ANILINE Par M. Ferd. SPRINGMUHL.
- La propriété de la glycérine, de dissoudre aisément les matières colorantes et spécialement toutes celles dérivées de l’aniline, mieux que l’alcool et l’eau ne peuvent y parvenir, a suggéré l’idée d’un bain de teinture à la glycérine. Des expériences que j’ai faites dans ce but sur laine, soie et coton m’ont fourni de bons résultats avec toutes les couleurs extraites du goudron. La teinture en bain de glycérine procure une adhérence de la matière colorante sur la fibre, supérieure à tout ce que j’ai jamais vu, mais il n’est pas permis d’affirmer que l’emploi de la glycérine au prix de 80 à 90 francs les 100 kilog. soit économique. La perte en glycérine consiste dans la portion de ce liquide qui est entraînée pour les lavages après la teinture; la glycérine du bain lui-même, quand on a pas employé préalablement de mordant, ce dont on peut se passer dans beaucoup de cas, peut servir pendant longtemps et, après l’épuisement du bain, être chargée d’une nouvelle couleur qui s’y dissout fort bien.
- Des expériences comparatives dans lesquelles des quantités égales de couleur ont été dissoutes d’un côté dans la glycérine et de l’autre dans l’eau, et où l’on a teint, à la même température, des pièces, identiques de laine et de soie, ont démontré que l’échantillon teint à la glycérine était toujours d’un ton plus vif, et pour la soie plus éclatant que celui
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- teint dans l’eau. Si on élève la température du bain de glycérine au-delà du point d’ébullition de l’eau, on produit une teinture encore meilleure et plus solide.
- Quand la teinture directe à la glycérine serait d’un prix plus élevé, il conviendrait encore d’employer cette matière au lieu de l’alcool pour mettre en solution les couleurs d’aniline Une addition de glycérine à l’eau d’un bain de teinture remonte le point d’ébullition de celui-ci, ce qui est particulièrement utile pour les couleurs à l’iode, et produit une adhérence plus facile sur la fibre, chose qu’on observe d’une façon remarquable sur le coton. L’action d’un mordant, bien loin d’être entravée quand le bain de teinture contient de la glycérine, en est plutôt relevée. Tandis qu’une portion de l’alcool employée à la préparation du bain se volatilise lorsqu’on le chauffe, toute la glycérine reste en solution, même à la température de l’eau bouillante, et il ne se précipite aucune portion de la matière colorante qui est dissoute.
- (Muster-Zeitung. Trad. Technologiste.)
- parfois présent dans les fuchsines du com-ierce en quantité assez notable, et que les chimistes et les médecins ont avec raison attiré à ce sujet l’attention des praticiens. La faible quantité de fuchsine, qui suffit pour teindre une masse assez considérable de laine et de soie, permet d’admettre qu’on peut, en toute sécurité et même avec une fuchsine de 6 à 10 p. 100 d’arsenic, obtenir un échantillon qui n’est pas très-vénéneux, et celte assertion est parfaitement confirmée par l’expérience.
- Dans un verre à boire, on a dissous 0.10 p. 100 de fuchsine dans de l’eau chaude. Cette fuchsine renfermait 6,5 p. 100 d’arSenic ; le bain contenait donc 0 gr. 0065 d’arsenic. Dans ce bain, on a teint 10 décimètres carrés de laine pure à une température de 70 c. ; on a porté de suite dans un autre verre rémpli d’eau pure pour dégorger, puis on a lavé une seconde fois dans un autre verre, tordu et fait sécher. Il fallait donc qu’après cette opération, le bain de teinture, puis les deux bains de lavage et enfin la fibre colorée, renfermassent les 6 milligr. 5 d’arsenic. Afin de s’assurer combien les 10 décimètres carrés de laine teinte
- en contenaient, il suffisait alors de constater
- SUR LES PROPRIÉTÉS VÉNÉNEUSES DES COULEURS D’ANILINE
- Par M. Ferd. SPRINGMÜHL
- Pour jeter quelque lumière sur le danger que peuvent présenter les fuchsines arsénia-les, en ce qui concerne les fils et les tissus teints avec ces matières, l’auteur a cherché à s’assurer quelle pouvait être la quantité d’arsenic d’une fuchsine de composition connue qui, dans une teinture correcte, se dépose sur les fils. À cet effet, il a d’abord déterminé, parles méthodes usitées en chimie analytique, les quantités d’arsenic contenues dans quatorze échantillons de fuchsine, échantillons qui en renfermaient les proportions de 65 à 0.25 p. 100.
- Une autre série d’échantillons de fuchsine contenait encore moins d’arsenic que les précédentes, et par conséquent on n’a pas, à leur égard, poursuivi les expériences.
- On voit, par ce qui précède, que l’arsenic est
- combien le bain de couleur et ceux de lavage en renfermaient encore. Les analyses, à raison d’aussi faibles quantités, ont été pénibles, et il a fallu, dans plusieurs d’entre elles, doser des 10cs de milligramme, mais enfin on a obtenu :
- 1. Le bain de teinture. . . .
- 2. Premier bain de lavage. . .
- 3. Deuxième bain de lavage, qui ne contenait plus de quantité appréciable d’arsenic. Ce 2° bain, plus la fibre colorée , renfermaient donc. . . .
- M. Springmühl a soumis ce n°
- 5 milligr. 1
- o
- ©.
- gr. 0004
- 3, ainsi que
- celui qui le précède, à l’appareil de Marsh, et a constaté dans chacun la proportion de l'arse-
- nic ; le miroir de la laine a été plus faible que celui de l’eau de lavage,d’où l’on peut admettre que 10 décimètres carrés de laine ne renferment pas 0 gr. 0005 d’arsenic. Avec les autres échantillons de fuchsine, qui contenaient moins d’arsenic, des expériences identiques ont donné des proportions d'arsenic plus faibles sur la fibre; même quand on a ajouté une plus forte dose d’arsenic au bain de teinture, on a obtenu les mêmes résultats. Personne ne
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- peut guère admettre que 0 gr. 0005 d’arsenic, réparti sur une surface de la peau de 10 décimètres carrés, puisse avoir des effets bien nuisibles, et quand la quantité de cet arsenic serait dix fois et même cent fois plus considérable , l’auteur pense qu’il n’y aurait aucun danger d’empoisonnement par la peau.
- Quant à l’emploi de la fuchsine pour colorer les boissons, on a également grossi le danger, et on n’a aucun motif pour faire rejeter toutes proportions d’arsenic. Un litre d’alcool peut être coloré en rouge par 0 gr. 02 de fuchsine. Si on s’est servi, par exemple, de la fuchsine n° 8 à 2.05 p. 100 d’arsenic, la liqueur colorée contiendra par litre 0 gr. 0004 d’arsenic, ou, dans 10 centimètres cubes, la millionième partie d’un gramme, et comme les liqueurs colorées ne sont pas consommées au litre par le public, mais bues seulement en petite quantité , on peut très-bien ne pas avoir égard à la
- 5 si $ . c Cs g
- T
- Fig. 31.— Tendeur circulaire.
- présence de l’arsenic ; même quand la liqueur en contiendrait dix fois autant, il ne se man— festerait pas le moindre symptôme d’empoisonnement, Qu’il y ait des cas où il faudrait avoir égard à l’arsenic contenu dans la fuchsine
- c’est une chose évidente, et surtout lorsque la matière colorante est employée en forte proportion, et on signalera en particulier la fabrication des pastilles, etc., où il faut bien se garder d’introduire l’acide arsénique.
- (Zeitschrifht für fürberei.)
- TENDEUR CIRCULAIRE POUR SOIERIES
- Les tendenrs sont des machines encore peu répandues parmi les teinturiers, mais sur lesquels l’opinion de ceux-ci est unanime; il est reconnu que ce n’est qu’à l’aide de ces appareils qu’il est possible d’obtenir sur les soieries et sur les velours, des teintes satisfaisan
- tes.
- Ils ont pour but, comme l’indique
- leur
- nom, de tenir les étoffes tendues pendant passage dans le bain de teinture, ce qui
- leur
- per-
- met d’éviter les rétrécissements, les froissements et les cassures.
- Si les tendeurs ne sont pas encore très-em-
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- ployés, ce n’est point que l’on méconnaisse leurs avantages, mais c’est que leur emploi donne toujours lieu à un travail long et difficile, pour lequel il faut une grande patience, sinon une grande habileté. Comme dans la plupart de ces appareils, le tendage consiste à piquer le tissu par ses deux lisières sur deux séries d’épingles disposées en spirales, de façon que l’étoffe soit enroulée sur elle-même, tout en espaçant convenablement chaque tour, pour qu’il ne s’applique pas sur celui qui le précède : ce tendage est donc une opération longue et minutieuse, et d’autant plus compliquée qu’ils ne sont pas en pièces régulières, mais en coupons de formes diverses qu’il faut assembler et réunir en pièces.
- On a imaginé plusieurs modèles de tendeurs (1 ) ; les préférables sont ceux par lesquels on peut attacher le tissu par ses deux lisières, et le tendre à la fois en longueur et en largeur, ceux dont nous avons donné un dessin (2) et que nous avons décrits sous les noms de Ten-deurhéliçoïdal, Tendeur spiral^ Tendeur circulaire^ remplissent ces conditions, et sont jusqu’à présent les meilleurs types.
- Le nouveau Tendeur circulaire de MM. PIERRON et DEHAÎTRE, représenté par la Heure 31, est construit sur le même principe, mais avec des perfectionnements pratiques qui en rendent l’emploi plus facile, et en font un appareil plus solide et mieux ajusté.
- Cet appareil se compose de deux disques ou plateaux en cuivre, accouplés parallèlement par un arbre passant par leurs centres; ce sont ces disques qui portent les épingles disposées en spirales et sur lesquelles on pique les tissus. Ces plateaux sont perforés sur un grand nombre de points, afin de permettre la libre circulation du bain de teinture, pendant que l’étoffe est tendue.
- Les disques se rapprochent ou s’écartent à volonté au moyen d’une vis sans fin engrenant sur l’un d’eux, elle est contenue dans l’arbre central et s’actionne à l’aide de la petite manivelle indiquée sur le dessin : la grande ma-nivelie placée à l’autre extrémité sert à tourner tout le système dans le bain de teinture.
- (1) Voir le Moniteur de la Teinture de 1868, pages 137,138 ; de 1870-71, page 168; du 5 septembre, année courante, page 180.
- (2) Année 1868, page 139.
- Ces disques ont un diamètre de 90 centimètres ; on peut y fixer 30 mètres d’étoffes ; leur poids total, y compris celui de l’arbre qui les unit, est de 55 kilogr. ; deux hommes peuvent donc enlever cet assemblage avec facilité, pour le poser ou l’enlever du bain de teinture.
- Le bain de teinture est contenu dans une barque, également en cuivre, de forme appropriée; elle peut se chauffer par un moyen quelconque, et se vide par le robinet situé à sa partie inférieure.
- Ce modèle de tendeur est très-satisfaisant, mais il n’a pas encore résolu la question du piquage facile des tissus, elle n'est pas insoluble, toutefois, et nous pourrons nous-mêmes en proposer prochainement une solution.
- F. Gouillon.
- BLEU-NICHOLSON SUR PEAUX
- Les bleus d’aniline ne donnent pas sur peaux des teintes aussi unies que les autres couleurs de même nature, et ils ont une tendance à se cuivrer.
- En employant pour cette destination les Bleus alcalins dits de Nicholson, on évite ces deux inconvénients et la teinture est très régulière.
- Pour employer cette couleur, on purge d’abord bien complètement les peaux mégissées, en les foulant fortement dans un baquet d’eau, on les étend sur les planches et lorsqu’elles sont sèches, on étend à la brosse la dissolution de Bleu alcalin ; lorsque la peau commence à bien s’en imbiber, on ajoute à la couleur une très petite quantité d’acide sulfurique, on continue de brosser ; on ajoute encore de l’acide mais en quantité suffisante pour développer la nuance, et on termine par le même moyen jusqu’à ce qu’elle soit obtenue. La dissolution de couleur doit être seulement tiède.
- On peut alors les laver, et ce n’est qu’après cela que l’on doit les renourrir ou les passer à la pâte.
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- Pour le procédé au baquet, on teint dans le bain de couleur les peaux boursées, bien purgées à l’avance, et à la fin de l’opération on ajoute de l’acide au bain; mais pour avoir des teintes bien unies par ce moyen, il faut souvent teindre en deux ou trois passages et poncer entre chaque.
- Dans la teinture à la brosse, il est bon d’épaissir un peu la dissolution de bleu par de l’amidon qu’on y fait cuire, et on y ajoute un peu de borax (1).
- Le spécimen ci-dessus montre le résultat de ce genre de teinture ; elle est plus ou moins vive et plus ou moins pure selon la qualité du bleu employé.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- REVUE SOMMAIRE DES BREVETS D'INVENTION.
- Couleur dite acaj ou en pâte, pour teinture et coloration des tissus et des papiers. — Dans une solution de sulfate de cuivre, on ajoute une solution de prussiate jaune de potasse ; il se forme un précipité brun-marron, insoluble dans l’eau, les alcalis et les acides ; ce précipité humide, mélangé avec la pâte à papier, lui communique une teinte acajou très solide.
- Pour teindre les fils ou tissus, dit M. LEGRIX, on plonge ceux-ci dans la dissolution de sulfate de cuivre, on les tord et on les sèche à l’air. On les plonge ensuite dans une dissolution de prussiate jaune, on lisse ou tord, et on sèche encore à l’air. Enfin, après cette opération, les fils ou tissus sont plongés dans un bain d’huile tournante; on les laisse égoutter, on les fait sécher et on les rince à grande eau. — B. 92.740.
- Epaillage chimique. — Dans la méthode brevetée par M. BOURRY, le bain d’épaillage est
- (i) Le Moniteur de la Teinture a déjà donné de. spécimens de teinture sur peaux. Voir année 1869 pages 67 et suivantes ; voir aussi pour cette teinture les années 1867, page 173; 1868, pages 132 152; 1870-71, pages 280, 285; et 20 octobre, année courante, page 216.
- composé de 100 parties d’eau pour 4 parties d’acide sulfurique. La laine et les chiffons doivent y être immergés pendant 20 minutes, les étoffes pendant 15 minutes seulement.
- L’essorage vient ensuite, puis la carbonisation pendant 10 minutes environ à une température qui varie entre 110 et 120 degrés centigrades. La matière est ensuite lavée à l’eau froide ou tiède, puis plongée dans un bain rendu légèrement alcalin au moyen de la chaux. On termine par un lavage à l’eau ordinaire.
- L’auteur décrit une disposition particulière de calorifère dont il revendique la propriété. — B. 94.808.
- Fabrication du chlore et du chlorure de chaux. — L’inventeur, M. Henderson, fait passer à 400 degrés sur des briques et dans des tuyaux disposés convenablement, formés d’un mélange de peroxyde de fer et d’argile, un mélange d’acide chlorhydrique et d’air.
- On commence à faire arriver le gaz chlorhydrique seul sur de l’oxyde de fer jusqu’à ce que celui-ci soit bien chargé ‘de chlore. On arrête alors le courant de gaz acide qu’on dirige dans une autre chambre, et on fait arriver de l’air sec et chaud qui réoxyde le fer et déplace le chlore ; celui-ci est dirigé dans des tubes à travers lesquels, au moyen d’une disposition convenable, circule en sens contraire de la chaux en poudre. — Brevet anglais.
- Machine à feutrer les chapeaux. — MM. KIRK, SHELMERDINE et Froggatt doublent, triplent ou quadruplent l’effet des machines à fouler les chapeaux en feutre de laine, soit en montant sur le même bâti deux ou trois rouleaux bout à bout, soit en employant des rouleaux uniques mais de grande longueur ; de plus, afin de supprimer le mouvement longitudinal habituellement transmis à ces rouleaux, ils forment les surfaces frottantes d’anneaux elliptiques en caoutchouc, qui se replient les uns sur les autres en tournant circu-lairement; enfin, des roues d’engrenage à dents droites remplacent les chaînes sans fin et donnent plus de régularité au travail.—B. 93.327.
- Décoloration de l'albumine de sang. — Le brevet, demandé par M. Jacques, décrit d’a-
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
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- bord une modification de l’appareil employé généralement pour décanter le sérum du sang caillé, grâce auquel on obtient un sérum plus abondant et plus pur.
- On ajoute d’abord au sérum 2 pour 100 d’une essence quelconque, afin d’éviter une putréfaction trop rapide ; on le place ensuite dans des réservoirs en verre. Après 24 heures en été, 48 en hiver, il a déposé les matières étrangères, entre autres une substance très-putrescible ; on le décante alors, et s’il est né cessaire, on répète cette opération une seconde fois. Le sérum ainsi clarifié est réduit en pluie fine, au moyen d’une pompe et d’un pulvérisateur, laquelle va retomber en liquide contre les parois d’une cloche de verre exposée à la lumière. Sous l’influence des radiations lumineuses et de l’oxygène, le sérum se décolore complètement et on n’a plus qu’à le sécher pour obtenir de l’albumine blanche. — B. 92.564.
- (A continuer}
- COLORATION DES BOIS.
- La coloration des bois peut, dans la plupart des cas s’opérer en couleurs assez vives sans aucune préparation préalable, attendu qu’en général, les mordants qu’on emploie exercent une action blanchissante sur le bois. Toute fois, il paraît plus convenable dans beaucoup de cas, par suite de la nature du bois qu’on veut colorer, de la débarrasser par un blanchiments des matières colorantesqui yadhèrent. On procède à cette opération en imprégnant aussi complètement qu’il est possible le bois avec une solution préalablement éclaircie de 6 k. 500 de chlorure de chaux, 60 grammes de soude cristallisée et 6 litres d’eau, en y laissant séjourner une demi-heure, si cela ne paraît pas nuire au traitement ultérieur. Après ce blanchiment, on plonge le bois pour le débarrasser des traces de chlorure dans une solution d’acide sulfureux, puis on le lave à l’eau pure. L’acide sulfureux, qui peut encore adhérer au bois malgré les lavages, ne lui paraît pas nuire ou altérer les couleurs qu’on y applique.
- Rouge. — On plonge d’abord le bois dans
- une solution de 30 grammes de savon de Marseille dans un litre d’eau, ou bien on l’en frotte puis on y applique un rouge d’aniline à l’état suffisamment étendu pour faire apparaître le ton qu’on désire. Toutes les couleurs d’aniline se comportent fort bien sur le bois.
- Violet. — On traite le bois dans un bain qu’on prépare avec 125 grammes d’huile d’olive, 125 grammes de soude calcinée et 1 litre 5 d’eau bouillante, et on teint aussitôt en rouge d’aniline, auquel on ajoute une quantité correspondante de sel d’étain.
- Bleu. — On opère comme pour le violet, mais on se sert du bleu d’aniline.
- Vert. — On mordance d’abord le bois avec une solution d’acétate d’alumine marquant 19 Baumé. On prépare ce mordant en dissolvant à part dans l’eau 1 partie en poids de sucre de Saturne et 4 parties d’alun exempt de fer, mélangeant les dissolutions et y ajoutant 1/32 partie de soude cristallisée : on laisse éclaircir toute la nuit. On décante sur le dépôt de sulfate de plomb et on étend la liqueur avec l’eau jusqu’à ce qu’elle ne marque plus que l’ Baumé. Le bois mordancé est aussitôt teint en vert dans une décoction de graine de Perse et de carmin d’indigo dont les proportions relatives déterminent la nuance du vert. Le bois mordancé comme il vient d’être dit, se colore en beau bleu avec le carmin d’indigo.
- Jaune. — On colore le bois avec le querci-tron ou le cucurma après l’avoir mordancé à l’acétate d’alumine.
- Indépendamment des couleurs d’aniline, la cochenille produit sur le bois un très beau rouge éclatant. On fait bouillir 60 grammes de cochenille réduite en poudre fine pendant 3 heures dans un litre d’eau et on enduit le bois. Après la dessication, on donne une couche de chlorure d’étain étendu, auquel on ajoute un peu d’acide tartrique (30 grammes chlorure d’étain et 15 grammes acide tartrique dans 1 litre d’eau). Si dans le procédé on ne fait pas bouillir la cochenille dans l’eau, mais dans une décoction de quercitron (30 grammes de quercitron dans un litre d’eau), on peut, en se servant de même du chlorure d’étain amener les nuances du jaune par tous les tons d’orange jusqu’à l’écarlate intense.
- Brun. — On produit le brun sur bois en plusieurs nuances, en mordançant avec le
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- N S.
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- chromate de potasse et en appliquant ensuite une décoction de bois jaune de campêche ou de bois rouge.
- Gris. — Les gris se produisent en faisant bouillir 500 grammes d’orseille dans 4 litres d’eau pendant une demi-heure. Le bois est d’abord traité par cette solution et, avant qu’il soit sec, plongé dans un bain d’azotate de fer de 1° Baumé. Un excès de fer donne une nuance jaunâtre; dans d’autre cas, on obtient un gris bleu qu’on peut, par un peu de potasse, transformer complètement en bleu.
- Noir. — On fait bouillir 250 grammes de campêche dans 20 litres d’eau, on y ajoute 30 grammes de sulfate de cuivre et on laisse le bois séjourner jusqu’à 24 heures dans cette solution On l’en retire, on le fait sécher longtemps à l’air, puis on l’introduit pendant 12 heures dans un bain d’azotate de fer à 4° Baumé. Dans le cas où l’on n’aurait pas encore obtenu un beau noir, il suffirait de traiter le bois pendant quelques heures avec une décoction de campêche pour atteindre le but.
- NOS PERTES INDUSTRIELLES EN ALSACE-LORRAINE
- Maintenant que la Prusse est presque payée, et qu’elle est à la veille de purger de sa présence ce qu’il nous reste du sol national, voyons quelle est l’étendue de nos pertes, dans les provinces qu’elle nous a ravies. Pour cela, nous empruntons la statistique suivante au journal la Science pour Tous :
- La paix de Francfort n’a pas arraché seulement à la France les populations patriotiques de l’Alsace et de la Lorraine, mais l’industrie et l’agriculture de notre pays ont été considérablement réduites par l’annexion violente de ces deux provinces si françaises à l’Allemagne.
- Résumons rapidement nos pertes :
- L’industrie métallurgique de la France a éprouvé les pertes les plus rudes ."Le bassin de Longwy seul reste à la France, douze hauts-fourneaux fournissant 76,466 tonnes de fer. L’Allemagne nous enlève vingt-cinq hauts-fourneaux produisant 204,579 tonnes. Il n’est
- pas nécessaire d’insister sur les résultats économiques de ce fait. L’Allemagne qui, avant la guerre, produisait 980,000 tonnes de fer, en produit 1,200,000 aujourd’hui. La production de la France est diminuée de la même quantité. Augmentation des prix par conséquent chez nous, diminution des prix chez nos ennemis.
- Ce n’est pas seulement nos fabriques métallurgiques qu’on nous a prises, mais nos mines fournissant un fer comparable à celui de la Suède, carrières de grés, de grés rouge, de grés bigarré, qui s’étendait le long des Vosges ; mais nos carrières de plâtres, de grés siliceux, de grés calcaire, de porphyre, de granits, de pierres à chaux, la Prusse nous les a enlevées en même temps.
- Nos fabriques ont suivi nos mines. Mulhouse, avec ses percales, ses madapolams, ses jaco-nas, ses toiles peintes, dont les produits se chiffraient par 80 millions de francs; Sainte-Marie, avec ses bonneteries ; Rixheim, avec ses rubanneries et ses papiers peints ; les verreries de Warth et de la Petite-Pierre ; les fabriques de sulfate de fer, de prussiate de potasse et de bleu de Prusse, de Bouxvillers, nous ont été enlevés.
- L’industrie française, comme on le voit, a été bien éprouvée.
- L’agriculture n’a-t-elle rien perdu ?
- Personne n’ignore que les deux provinces qui nous ont été arrachées occupaient, au point de vue de l’agriculture, le premier rang en France. — Le sol produit des vins estimés. L’orge, le blé, l’avoine, couvrant les champs fertiles de l'Alsace-Lorraine.— Plus de 150,000 quintaux de tabac était livrés chaque année à l’Administration. — Les houblonnières de Ha-guenau, de Neuwiller, etc., produisent une qualité supérieure à celle de plusieurs provinces de l’Allemagne. Les pommes de terre de l’Alsace et de la Lorraine ont une réputation bien établie.— Le Haut-Rhin, avec ses 26,000 chevaux, ses 100,000 bêtes à cornes, ses 10,000 chèvres, ses 5,000 moutons ; le Bas-Rhin, avec ses 45,000 chevaux, ses 270,000 bêtes à cornes, ses 80,000 moutons, peuvent soutenir la comparaison avec n’importe quel département français.
- La tourbe et le charbon de terre ne manquent pas à l’Alsace. Le sol les produit en quantité. — Plusieurs mines de pétrole sont
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- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 19 or
- exploitées, et récemment encore, un travail remarquable inséré au Bulletin de l’Académie des Sciences^ a prouvé qu’il n’était pas inférieur à celui qui provient des pays étrangers.
- L’or se trouve par petits morceaux, surtout dans la vallée de Giromagny (restée en partie à la France). Le Rhin roule quelques paillettes. Dans la vallée de Sainte-Marie, on trouve de l’argent, du plomb, du cuivre, du zinc, du cobalt, de l’arsenic.
- Soultzmath, Soultzbach,'Wassviller, Nieder-bun, avec leurs eaux minérales, ne nous appartiennent plus.
- A Elbeuf, Rouen, s’élèvent les fabriques de nos compatriotes qui ont préféré quitter leurs provinces natales plutôt que de courber la tête sous le joug du vainqueur odieux. Les autres villes suivront, espérons-le du moins, et si la Prusse a compté s’annexer en même temps que le pays, les populations et les industries de l’Alsace, elle s’est trompée. La population n’a pour elle que haine et mépris, l’industrie que répulsion.
- BREVETS RÉCENTS
- CONCERNANT DES INDUSTRIES TINCTORIALES
- 96092 —14 août 1872 : ARTHAUD, àPreignac (Gironde). — Système de fer à repasser.
- 96097. — 13 août ; CASS1US, à Toulouse.— Procédé de teinture en noir sur laine, coton et soie.
- 96118. — 30 juillet : Schaeffer, Paris.— Laveuse double povr les poils, la bourre, la laine, le coton, la soie, etc.
- 96123.—31 juillet (et brevet anglais) : WEL-DON, Paris. — Perfectionnements dans le traitement de certains mélanges de chlore et d’autres gaz, pour utiliser leur chlore.
- 96137. — 3 août : ALLART-ROUSSEAU et Gic, Paris. — Disposition perfectionnée de Gill-Boxy avec brosse de tassement.
- 96173. — 5 août : Krafft, Neuilly (Seine). — Perfectionnements dans le blanchissage du linge, tissus végétaux, etc.
- 96189. — S toût : WILBAUX, Paris. — Procédé d’impression sur étoffes et sur papiers peints.
- 96207. — 10 août : Pavy, Paris. — Papiers dits tissus-feutresapplicables aux .ameublements, vêtements, impression, etc.
- 96235. — 28 août : Herbaut, à Roubaix. — Système de teinture mélangée produit par une seule immersion.
- 96263 —28 août : Damuzeaux fils, à Sedan. — Système de tondeuse longitudinale.
- 96267. —29 août : FÊRON, à Lille. — Procédé dit chinage en camaïeu.
- 96273. — 20 août : Lemaître et GUILLAUMOT, Paris. — Planche à laver le linge.
- 96283.— 17 août : Pestel, Paris.—Système d’impression universelle.
- 96284. —14 août : PIERRON et Dehaitre. — Machine à apprêter les tissus de laine, soie et autres matières.
- 96306. — 2 septembre : Florin, à Roubaix. — Appareil à extraire des laines les corps étrangers.
- 96309. — 20 août : Knab et Cahen, Paris.— Procédé de lessivage.
- 96366.— 26 août : FLEMENG, Irvine et MA-CLAGAN, Paris. — Ensimage des matières filamenteuses.
- 96388.—27 juillet (et brevet anglais) : WEL-don, Paris. — Fabrication du chlore.
- 96389.— 29 août : ALLART-ROUSSEAU et Gie, Paris. — Rouleau économique pour les machines à laver la laine et autres matières filamenteuses.
- 96409. — 29 août : Ménard, Paris.—Produit remplaçant les jaunes d’œufs dans la mégisserie et la teinture des peaux.
- CERTIFICATS D’ADDITION.
- FILLION : 30 juillet.— Machine pour l’apprêt des étoffes à fleurs.—Br. 95377.
- CORRON. — Machine à teindre les matières textiles en écheveaux. — Br. 92398.
- Delacroix : 22 août. — Machine à détendre les tissus. — Br. 91190.
- Denne et Hentschel. — Moules à empreintes en relief et en creux pour impressions.— Br. 91300.
- Joly : 24 août. — Incinération des époutils mélangés aux laines et étoffes de laine. —Br.
- 92532.
- NOUVELLES
- Prorogation de la franchise de douanes des tissus travaillés en Alsace. — L’Assemblée nationale a adopté, et le président de la République a promulgué la loi dont la teneur suit :
- « Article unique. — Les produits français suivants, dénommés dans l’article 3 de la convention additionnelle du 12 octobre 1871 , savoir : les tissus de coton qui iront emprunter à l’outillage industriel de l’Alsace-Lorraine, les façons complémentaires du blanchissage, de la teinture et de l’impression, continueront pendant six mois, à partir du 31 décembre 1872 jusqu’au 30 juin 1873, à n’acquitter à leur rentrée en France que la qualité afférente au supplément de travail reçu en Alsace-Lerraine, laquelle quotite sera
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- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- F. GOUILLON, Directeur-Gérant.
- Paris.— Imp. Turfin et Ad. Juvet, 9, cour des Miracle».
- Pour tous les articles non signés ;
- P. Blondeau.
- 276
- calculée sur la base du droit applicable aux produits fabriqués en Alsace-Lorraine. »
- On trouvera le texte de la convention additionnelle du 12 octobre 1871, dans l’année 1870-71 du Moniteur de la Teinture, page 987, et les Instructions du Directeur des douanes pour l’exécution de cette convention, dans le numéro du 5 janvier de la présente année' page 10. —
- Exposition de Vienne. — L’Assemblée nationale a voté, le 18 décembre courant, une loi portant ouverture, au Ministère de l’Agriculture et du Commerce, d’un crédit supplémentaire de 300,000 francs pour les dépenses relatives à l’Exposition de Vienne.
- Récompense a l’Exposition de Lyon (suite). — Notre liste précédente comprenait les diplômes d’honneur ; nous continuons par les médailles qui, ainsi que nous le disions, doivent être achetées par les lauréats, mais qui établissent toutefois des catégories de récompenses.
- Médailles d’honneur.
- Deuxième section.— Carron et Vignat, de Lyon. — Richard et Putod, de Lyon. — Gro-bon, de Miribel. —Descal, de Lille. — Sallier, de Lyon.
- Quatrième section. — Scrives frères, de Lille. — Hersog de Logeblach. — Ogden , Oldham (d’Angleterre). — Schlumberger frères et Cie, de Mulhouse. — Les fils de E. Lang, de Mulhouse.—Boyrivent et Bruyas, de Lyon. — Haefly et Fesdell-Scheurer. — Roth, de Thann. — Weis-Freiss, de Mulhouse.—Victor-Pouchain, Armentières. — Dassonville et Pha-lempin, Lille. — Lafond (André), Gourdenier, de Fontaine.
- Cinquième section. — La ville de Mazamet. — Bouvier frères, de Vienne (Isère). — Prou-vost Amédé et Cie. — Leclerc, Dupire, de Roubaix. — Roussel (François), de Roubaix. — Gatteau (Adolphe), de Roubaix. — Roussel, Sripel, de Roubaix.
- Rappel. — Exposition collective de Sainte-Marie-aux-Mines. — Vulfran et Mollet, d’Amiens.
- Dixième section.— Rappel de médailles d’or.
- — Van Oye, Van Duerne, de Bruxelles. — Si-card, de Lyon. —Flachat et Cochet, de Lyon.
- — Follot, de Paris. — Guiraud, de Lyon.
- Quinzième section. — Rappel de médailles d’or. — Gérard, de Vierzon. — Brault et Bé-thouart, de Chartres. —Bourdon, de Paris.
- Murat et Constantin, de Lyon. — Hermann-Lachapelle, de Paris. — Buffaut frères, de Lyon. — Fontaine, de Paris. — Bouchard, de Lyon. — Lambert, de Willafous.— Neut et Dumons, de Paris. — Edout, de Paris. — Thé-venin frères, de Lyon. — Laurent, de Dijon.— Chrétien, de Paris. — Megy, de Paris. —Cor-
- ravy, de Marseille. — Vassivière, de Lyon. — Heilmann (Josué), de Muihouse.
- Coopérative. — Duprez , maison Garnier Comte, de Paris.
- Dix-huitième section. — Mignon, Rouart et Deligneux, de Paris. — Debatiste, de Paris. — Mlle Biaise, à Signy-le-Petit. — Duvergier, de Lyon.
- Vingt-sixième section. —Leperdriel, de Paris. — E. Packard, de Spwick. — Rigollot, de Paris. — Wiallon, de Lyon. — Carves et Cie, de Saint-Etienne. — Chatanay et Cie, de Lyon, —Desnoit et Cie, de Paris. — Chevet et Girard, de Paris. — Didot, de Paris. — L. Faure, de Lille. — Gerber Uhlmann, de Bâle (Suisse). — Girard et Delaire. — Société la Phenyline, de Paris. — Guinon fils et Cie, de Lyon. —Gui-non frères et Picard, de Lyon. — Meissonnier, de Paris. — Camus frères, de Paris. — J.-C. Gros, de Mulhouse. — Hottot et Baudault, de Paris. — Koch et Cie, de Paris.
- Hors concours.
- Deuxième section. Gillet et fils, de Lyon.— Renard etVillet, de Lyon.—Gantillon, de Lyon.
- Troisième section. — Bossuat, de Paris.
- Quatrième section. - Gros, Roman, Marozeau et Cie, d’ Alsace.
- Cinquième et sixième section. — Delattre (Jules). — Chevalier, d’Orléans.
- Treizième section. — Chambon-Lacroisade, de Paris. — Boutier, de Lyon.
- Vingt-sixième section. — Fabrique de produits chimiques, de Thaan. — Kesrner et Cic, de Giromagny. — Tissier aîné fils. — J. Cas-thelaz, de Paris. — Dehaynin, de Paris.—Compagnie générale des phosphates fossiles du Rhône. — Guimet, de Lyon. — Ferrand. — Crolas.—Compagnie hydro-minérale, de Vais.
- Trente-neuvième section. — Ecole professionnelle de Mulhouse. — Ecole normale spéciale de Cluny. — École centrale lyonnaise.— Ecole nationale des Beaux-Arts de Lyon. — Ecole de la Marinière. — Société d’enseignement professionnel du Rhône. — Cours municipaux de dessin pour les adultes.
- Banquet des Teinturiers. — Le 7 décembre courant, la Chambae syndicale de la teinture et du nettoyage, actuellement présidée par M. Billot, a célébré son banquet annuel dans les salons de Boivin, aux Batignolles.
- Les convives étaient environ une centaine; la cordialité la plus franche et le plus fraternel entrain n’ont pas cessé de régner pendant toute cette petite fête de famille.
- FIN DU CINQUIÈME VOLUME. — TROISIÈME SÉRIE. (Fin de la 3* Série).
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-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSUS
- 277
- TABLE DES MATIERES
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- 15e Volume.— Année 4872.
- A
- B
- Acajous, nuances sur soies, laines et laines-coton. 27
- Accidents dans les fabriques, provenantdes transmissions.................................... 76, 90
- Acide picrique................................ 107
- — sulfureux liquide, pour soufrage................ 13
- Action delà lumière sur les tissus chromâtes.... 81
- Aide-mémoire du Teinturier...................... 108
- Albumine, matières la remplaçant........ 41, 76, 243
- — d’escargots...*........................ 76
- — de sang, décoloration................. 272
- Alezans, nuances sur soies, laines et laines-coton 27
- Alizarine artificielle pour impression (procèdes).. 87
- — — pour rouge turc.............. 72
- Alsace-Lorraine.. Brevets d’invention....... 31, 151
- —: . Instructions pour la franchise temporaire de douanes. .... 10, 275
- — Nos pertes industrielles...................... 274
- — Notes diverses......................... 12, 92, 112
- Alunage des laines.a teindre (etude sur).. 93, 113, 133
- Amarantes sur laine........................... 66, 75
- Améthyste, nuance.sur laine...................... 215
- Amidons falsifies.............................. 252
- Anilines et couleurs de houille, fabrication (Voir Conférences).
- — ........................................ 154
- — Essai de leur valeur commerciale......... 248
- — Dissolution par la glycérine............. 268
- — à l’Assemblée Nationale.................. 150
- — à la barre de l’Académie................. 208
- — Propriétés vénéneuses.................. 269
- — Couleurs pour chapellerie................. 25
- — Degradage sur tissus..................... 160
- — sur .coton, mordants divers............ 35, 61, 178-
- — — . sans mordant................. 173
- Banquet des teinturiers....................... 276
- Benzine,, nettoyages à sec.......: ..... 35,141, 159
- Bibliographie tinctoriale.................. 108, 195
- Blanchiment de la laine et de la soie............ 166
- — des toiles et calicots.............. 265
- — Emploi des rouleaux de caoutchouc 3
- — par l’ozone......................... 199
- — , des peaux de.mouton................ 88
- — et blanchissage des rideaux........ 199
- Blanchissage à la vapeur.......................... 67
- Bleus d'aniline.............................. 26, 54
- — —• solide pour impression................ 65
- — foncé sur toiles et cotons..................... 17
- — de France sur soie.......................... 28
- — de Phénol................................. 175
- — Nicholson.................................. 48
- — — sur peaux....................... 271
- — Mexico, nuance sur laine................. 226
- — par l’acide molybdique..................... 34
- — sur cuirs et peaux................ 216, 256, 2/1
- — sur bois................................. 273
- — noir ou induline.......................... 62,216
- — — employé à la.fabrication des encres et
- à la teinture des draps........... 175
- Bois. Teinture ou .coloration............ 91, 257, 273
- — Imitation du poli........................... 19
- Bonbons colorés................................... 264
- Bordeaux, nuance sur laine....................... 226
- Brevets d'invention, catalogue... 9, 19, 29, 45, 58, 68
- — (couleurs d’) Voir à leurs noms.
- Appareils pour chauffer les fers à repasser. 62, 187,211
- pour extraction des teintures............ 211
- à rincer les tissus..................... 251
- — — compte-rendus ou revue som-
- maire. 88, 107, 126, 143, 166,179 249, 262, 272
- — — en Alsace-Lorraine,..... 31,151
- — :— à l’Etranger................. 80
- Bruns sur. lame.................. 157, 174, 190, 213
- — sur bois.................................. 273
- — divers. (Voir Machines).
- Apprêt des broderies — des crêpes fins.................... — mats, apprêts unis...........
- — glacés, — brisés.........
- — imperméables ou hydrofuges.
- — métalliques..................
- — souple et incolore............. — (colles diverses pour)......... — des laines ... .............. — des soieries .................. — brillant et économique......... — — des étoffes de laines .
- — des étoffes.... • *................
- . 127
- . 145 . 259 . 260 . 260 . 261 18, 57
- 57, 243
- 23, 33 57, 129 .. 29 .. 250 .. 179
- G
- Caséine comme épaississant.
- Café, nuance sur laine.....
- Calandres..................
- ........ 47, 243 ’
- 157, 174, 190, 213
- .............. 244
- Causeries confraternelles sur l'art du teinturier-dégraisseur............. 84, 104, 139, 159, 200, 257
- Cartes-poste et mandats-poste ..................
- Canard (un) monté en couleur....................
- Catalogue des Brevets d’invention. (Voir Brevets).
- Cercles chromatiques. ..........................
- 263
- 152
- — — mélangées....................... 90
- — à la gomme laque....................... 248
- — par machines, a repasser............... 161
- — Emploi des rouleaux en caoutchouc...... 3
- Chambres de commerce............. — . à soufrer.....................
- Chapellerie, emploi des coul. d’aniline — (machines pour)................
- Charge économique pour les soies .....
- Chinage delà laine.................
- — sur chaîne.....................
- 108
- 48
- 14
- 25
- — Chiffonnage (atelier pour)...................... 85
- — et gaufrage des tissus.......................... 90
- — (les) et la teinture à Reims.......... 167, 180,192
- — des tissus de coton et de chanvre. 72, 82, 97
- 203, 214, 227 , 244 , 259
- Argenture des tissus et autres matières.......... 194
- Association des teinturiers de Lyon............... 92
- Atelier (un) d’apprêts dans l’antiquité........... 44
- — — , de teinture et de nettoyages 85
- Attaches mobiles pour échantillons................ 88
- Aurore, nuance sur soies, laines et laines-coton.. 27
- Avanturines,
- 29
- 46, 211, 272 ...... 128 ...... 249
- .... 197
- ..... 198
- ..... 198
- Chinés par impression — par mélanges...............................
- Chlore, fabrication ou production.... 88, 89, 128, 148
- — utilisation des résidus................... 89
- Cochenille, écarlate et ponceau.. 38, 49, 55, 66, 74, 153
- — essai............................-...... 228
- Colles diverses pour apprêt....... . • • 57, 243, 263
- Colombin, nuance sur laine. .................... 215
- Collaboration. ................................... 60
- Coloration des bois de placage et autres.. 91, 257, 273
- Colorimetres (nouveaux)...................... 19, 188
- Comptes-rendus des Brevets d'invention. Voir Brevets.
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- 278
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Comptes-rendus de l’Exposition d’Economie Domestique, Machines et outils............................................ 185
- — de l'Exposition d’Economie Domestique, Produits des Industries tinctoriales 197 — de l’Exposition de Lyon, Machines et outils 209 de l’Exposition de Lyon, Produits tinctoriaux 221, 233
- — de l’Exposition de Lyon, Produits des industries tinctoriales............................. 253,265
- Conditionnement des laines..................... 3, 23
- Conférences sur l’aniline et les couleurs de goudron de houille,......... 5, 25, 54, 64, 74, 106, 142, 164, 178, 191 Coralline rouge, dissolution et fabrication... 135,142 — teinture et impression 141, 223 Corinthe, nuance sur laine 226 Couleur pour impression sur chiffonnage 128 — dite acajou enpâte pour teinture et impression 272 — modes, sur laines.. 157, 174,190,213 Cours du Conservatoire des 219 Cramoisi sur draperie.... 75
- Cuir (Teinture du) Voir Peaux. Cuve anglaise à indigo 7 — au plombate. 17 Cylindrage des velours 144 Cylindres cannelés ponr filature et chinage 186 — en caoutchouc pour machines diverses. 3
- D
- Dangers des apprêts au plomb.................. 252
- Décatissage de la laine........................ 167 Décoloration de l’albumine, de sang............ 272
- — des chiffons de laine et extraction de leur matière colorante.................... 263 Dégradage des couleurs d’aniline.......... 160
- — de l’outremer, sur châles imprimés et autres étoffes 160
- Dégraissage des fils cardés............... 58, 91
- — des vêtements. (Voir Nettoyage).
- Déraillage mécanique appliqué aux machines à apprêter. 250
- Désuintage et dégraissage de la laine.......... 91
- Détachage partiel. ( Voir aussi Nettoyage)...... 159
- — de l’encre ........................ ......... 224
- Détournement d’étoffes par un ouvrier apprêteur. 20
- Droits d’importation sur les textiles et les teintures 31,47,131,151,171,183
- E
- Eaux de la Saône et de la Bièvre pour les teintures 254
- Eaux industrielles, purification............ 34, 148
- Ebrouissage de la laine........................ 168
- Ecarlates de cochenille........ 38, 49, 55, 66, 74, 153
- — — en un seul bain................ 56
- Ecoles d’Industrie de Rouen et de Lille......... 196
- Ecureuils, nuance sur soies, laines et laines-coton 27 Eiros-plunther, machine à laver les laines. 246 Empleins ou nettoyages à sec................ 35, 141, 157
- Emploi de l’acide molybdique pour teinture en bleu, 84
- — de l’alizare artificielle pour.le rouge turc 72 — de l’oxyde d’étain comme mordant 117
- Empoisonnement par le prussiate de potasse. 208
- — produit dans la fabrication d’un mordant noir............................... 32
- Encollage végétal pour fils de laine............ 179
- Encres fabriquées à l’aide du Bleu-Noir........ 175
- — taches...................................... 29, 224
- Enquête ouvrière.............................. 112
- Ensimage divers... .......................... 46,166
- — suppression................................... 145
- Epaillage chimique. ...................... 249, 272
- — et teinture simultanés......................... 16
- Epaississants remplaçant l’albumine..... 41, 76, 243
- Epuration des déchets de laine.................. 251
- Essai des couleurs d’aniline.................... 248
- — de la cochenille............................ 228
- Essoreuses divers modèles........ 118, 138, 186, 209 Etude de l’alun âge des laines à teindre......... 93 — sur le vert de chine............................... 96 — microscopique sur la teinture des laines. . . 155
- Exposition dE'coaomie Domestique, notes... 20, 111 — — compte-rendu 185,197 — permanente de Londres. 48 — de Lyon, notes 20, 111 — — compte-rendu.... 209, 221, 233 253, 265 — — Récompenses 264 , 276 — de Vienne.;. ; 111 Extrait de châtaignier,.., 233 — de garance 88, 107
- F
- Fabrication du chlore (Voir Chlore). — de l’extrait de garance.................... 88, 107
- Falsification des couleurs d’aniline. ......... 154
- Fers à repasser et appareils pour les chauffer. 62
- 187, 211
- Filature.de la laine, nécessité du dégraissage 7, 23, 33
- Fixage de, la laine.. ........................ 167
- Flamme de. punch, nuance sur laine.............. 215
- Foulage de la soie en matteaux................. 107
- Fouloirs .........................;............. 186
- G
- Gants de peau, nettoyage....
- Garance, rouges sur laine.................
- — extrait..........
- Gaude (jaune de) ........................ a
- Gaufrage et impression simultanés............
- — des tulles..................................
- Géranosine................................
- Glycérine, dissolvant des couleurs d’aniline Glycolline pour apprêts......................................
- Grenat sur laine..........................
- — de Naphtylamine par impression.........
- Grèves......................................
- Grillage des étoffes......................... Gris mobile, gris moscovite...... — sur bois................................
- Guide du teinturier.......................
- 159
- 100, 249
- 88, 107
- ... 125
- ... 88
- ... 128
- ... 221
- ... 268 ' 57, 243
- ... 226
- ... 143
- ... 220
- ... 168
- ... 226
- ... 273
- ... 195
- H
- Henné des arabes............................ 253
- Hydro-extracteurs. (Voir Essoreuses). Hydro-fixeur pour laines...................... 193
- 1
- Imperméabilisation des étoffes.................... 89
- Imitation du poli sur les. ouvrages en bois...... 19
- Impôt sur les matières premières. (Voir Droits d’importation). ..................
- Impression par l’alizarine. artificielle, rouges et violets................................................................... 87 —.......................... à dispositions................................. 127 —.........................à double .face................................................................ 127 —.........................sur étoffes, nouveau mode........................ 135 —.........................et gaufrage simultanés............................ 88 — . ......................économique sur étoffes........................... 180 — sur chiffonnage............-............................................. 127 —.........................lithographique sur tissus................................................................................ 108 —..................................................en bleu d’aniline solide. 65 —.........................en grenat solide de naphtylamine.... 143 —.........................imitant la fourrure .......................... 250 —.........................— la soutache................................... 108 —.........................de la coralline sur laine........................ 141 —.........................soie par les couleurs d’aniline...................................... 165 — coton —.................—.......................................................................................................................................................... 178 Impuretés des laines destinées à la fabrication. 2, 23,33
- Incombustibilité des matières végétales.... 199, 229
- Indigo, cuve anglaise.............................. 7
- — préparation liquide.............................. 145
- — dans le royaume Birman.......................... 251
- Induline ou bleu-noir..........................62, 216
- Industrie des tissus, situation................... 32
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-
-
- ET DE L’IMPRESSION DES TISSES
- 279
- Industrie de l’impression en Alsace............12, 112
- — tinctoriales dans la Seine-Inférieure... 78 — ••• — et textiles, importance..,.. 220 Influence des couleurs sur la santé 184 — des climats sur le choix des couleurs.. 132 Installation des ateliers de teinturier-dégraisseur. 85
- Introduction à l’année 1872........................... 1
- J
- Jaunes sur toiles et cotons; jaune paille, jaune • d’or, jaune orange............................... 17
- — sur cuirs................................. 142, 216 —..........................................sur bois................................. 273 —............................sur laine par la gaude...................... 123 —.................................................:...............................................—*.............................par le quercitron ..................................................... 125 —............................................ • —-...........................par le bois jaune..................... 136 —.................................................—....................................par le fustet............................. 136 —.................................................—.................................par les anilines.............................................................................................. 137 —.................................................—.............................par l’acide picrique...................................................................................137 —..........................— au chromate, et autres..........................................................................137 — de Manchester ou jaune d’or............... 143
- Journaux de l’industrie et brevets d’invention à l’étranger ; ................................... 80
- L
- Laines flammées. ................................. 198 — destinées à la fabrication,...........impuretés...2, 23,[33 — désuintage et dégraissage..............................91 — conditionnement. ......................................................... 3 — soufrage... 13 — étude de .............................................93,..........................113, 133
- — épaillage (voir ce mot).................. » — séchoir................................................................... 21
- —• teinture, filature, apprêt...........23, 33
- — Machine à laver, (voi^ aussi Machines).. 246 Lavage des écheveaux de soie, (voir Machines).
- — de la laine par le silicate de soude......... 173 Laques, nuances sur soies, laines et laines-coton. 27 Laque-Dye, (ponceau de).......................... 39
- Lessiveuses ..................................... 186
- Lézard, nuance sur laine....................... .. 215
- Lilas, grand teint, sans garance, sur coton.... 200 Linceuil (le), d’un patriote................... 152
- LiSseuses-dégraisseuses pour laines peignées .... 53
- Lustrage des crins végétaux.................... 90
- M
- Magenta, rouge d’aniline........................6, 25
- Machine à cheviller les soies......................... 210
- — à calandrer.........................J.... 244 — . à élargir les tissus,........................................................................ 107
- — à enrouler,........................... JJ[A 72 — à foularder.............................y...........................203 — a laver au savon et à la benzine..........35, 187 —.....— les soies et les écheveaux. 58, 89, 210,263
- — — la laine............................... 246 — à lisser les matteaux.......... 128 — à..............essorer, (voir Essoreuses). — à................................sécher et ........................................................... 143 — — les laines.......................... 144 — à.........................vernir les tissus..................... 90 — à..................................humecter............................. 214 — à...................approprier les chapeaux.............. 46 — à......................feutrer les chapeaux................. 272 — à repasser et apprêter.......161, 186, 210 — à polir les étoffes de.................soie............. 89 — Tailleur à apprêter.................. 210 — pour chapellerie............. 46, 211, 272 — a métrer les tissus................... 263 — dite hydro-fixeur pour..............laines.......... 193
- — et outils concernant les industries tinctoriales aux expositions de Paris et de Lyon..................................... 185, 209
- — et outils à l’usage du teinturier-dégrais-seur......................................... 84 Manufacture insalubre, aniline, jurisprudence... 231 Marron d’aniline...................................................................27,106
- — sur laine............................ 157, 174, 190, 213
- — sur plumes................................ - 8
- Matière colorante bleue dérivée du phénol....... 175
- Médaille de M. .............................. 195
- Méthode pour déterminer la valeur commerciale des couleurs d’aniline .... ; .. Ad. 248
- Métier d’apprêt à mouvement brisé ........... 226
- Mordant ou cuve au .......................... .......... 17 —......................à l’oxyde d’étain. ........ 117 —......................siliceux pour anilines sur coton. 35 — • nouveau —........................................—........................................ 61
- — suppression — cy — ...................................................... 173
- Mordorés, nuances sur soies, laines et laines-coton 27
- Mot de la fin...........................:..... 196
- Moyens de rendre incombustibles les substances
- Myrthe, nuance sur laine...................... 215
- N
- Nature du noir d’aniline, b...................... 261
- Nécrologie.-......... .... ... ... ..... 112, 129, 144
- Nettoyages drap à la brosse..................... 105
- — blancs au savon................................ 139
- — des taches d’encre et de rouille.... 29, 224 — des gants de peau 159 — (atelier des) ........ 85 — (voir aussi Détachage). Noir d’aniline, teinture des tissus 69 — — notes diverses.... 51-,-83, 122, 191, 212, 251, 255 et..... 261 — sur laines. 200 — sur mélanges laine-coton................... 257 — — laine-soie 258 — sur soies 253 — sur-bois 273 Note sur les accidents provenant des transmissions
- — sur le noir d’aniline ............................ 83
- — sur l’impression en noir d'aniline et sur la génération de la rosaniline 122 Nouveaux colorimètres.. 19,188
- — mode d’impression sur étoffes au moyen . des précipitations métalliques.............. 135
- O
- Océan, nuance sur laine........................ 226
- Orange d’aniline, (voir aussi Jaunes)........... 74
- Oxygène, production.? ......................... 179
- Ozone appliqué au blanchiment................. 199
- — préparation.................................. 67,166
- P
- Papier-feutre japonais .................... : 267
- Peaux, teintures diverses..-.-..,..... 142; 216, 257, 271
- — nettoyage,- (voir Gants de peau).
- — de mouton, blanchiment.......................... 88
- Peinture provenant des résidus de chlore....... 89
- Perfectionnements dans la teinture en garance.. 249
- Pertes (nos) industrielles en Alsace-Lorraine.... 274
- Pervenche, nuance sur laine..................... 215
- Phényline (la), Société faisant le commerce des anilines........................................ 68
- Plumes, teinture.................................. 8
- Ponceau de cochenille............... 38, 49, 55, 66, 75
- — de Laque-Dye............................. 39
- — de fuchsine sur coton................. 246
- — sur plumes................................ 9
- Poudreuse pour bois de teinture................. 167
- Pourpre sur draperie.......................... 75
- Préparation de ............................... 263
- — liquide d’indigo.................. 145
- — de l’ozone à létat concentré....... 67
- Prime pour l’installation d’un établissement coton-nier dans le Finistère .......................... 232
- Prix de la SociétéIndustrielle d’Amiens,........ 59 _ — de Mulhouse. 170, 181,
- 38 oc- ,882 -h ri fooT 204, 217, 229
- Production d’albumine par la transformation de la _ ,
- caséine...... ...................... 243 ANs
- — de chlore(Voir Chlore).
- ' — - de l’ozone............................ 166
- — d’oxygène............................ 179
- p.279 - vue 276/277
-
-
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- 280
- LE MONITEUR DE LA TEINTURE
- Produits tinctoriaux à l’Exposition de Lyon,. 221, 233 — des industries tinctoriales aux Exposi-
- tions de Paris et de Lyon... 197, 253, 265
- Propriétés vénéneuses des couleurs d’aniline..... 269
- Purification des eaux industrielles............ 34, 148
- Q
- Quercitron (jaunes par le) ....
- Recherches sur les écarlates,...... .. — 3 1 sur la teinture.................
- Récompenses de l’Exposition de Lyon Régénération des lessives alcalines... Repassage (Voir Fers et Machines). Résidus des bois de teinture...........
- 125
- ... 49,153
- ...... 108
- . 264, 276
- ...... 250
- Résumé de la situation; des industries du coton et de la laine.................... . .....................
- Revivification de l’indigo dans les bains de teinture
- —: . des. alcalis dans les eaux de décreu-. sage ..........................................
- Rouge d’aniline......................................
- — turc par l’alizarine artificielle...................
- — en impression par l’alizarine artificielle...
- — de garance sur laine.................................
- — de: cochenille (Voir Ponceau et Ecarlate).
- — sur cuir......................................
- — sur bois.........................................
- — violet ou amarantes sur. laine..... .. ... (
- Rouille pour noirs.................................
- — , taches.................................. . .....
- Rue (laj Chevreul .................................
- 89
- 207
- 251
- 126 6, 25 - 72
- 87
- 100
- . 216
- . 273 66, 75 . 233 . 29
- . 232
- S
- Savon pour encoller la laine et fouler le drap... bavonule tannique des bois de teinture.......... Séchoirs.................................
- — mécaniques pour laines, soies, etc....... Secretage des poils.............................
- Silicate de soude comme dissolvant de la Coral-line............................................
- 9 166 145
- 21 262
- 134
- 173
- 59
- — pour le lavage des laines................... Société Industrielle d’Amiens, prix...........
- — de Mulhouse, — 170,181,204,217,229
- Soies, charge économique....................... 128
- — Machines diverses (Voir Machines). Solitaire, nuance sur laine.. Soufrage des laines.....................
- Sultan, nuance sur laine................
- Supplément de valeur apporté aux fils et tissus par le Blanchîment, la Teinture et l’Impression. Question de douane..............................
- Suppression de l’ensimage des laines........
- 157, 174
- ... 13
- ... 226
- FIN
- 10
- 145
- DE
- Tables à vapeur pour apprêt et repassage....... 211 Taches dé rouille et d'encre. ............. 29, 224
- Tapis-tendeur mécanique,..................... 127
- Tarif du titrage des matières textiles........... 80
- Teintes à la mode....................... 208, 215, 224
- Teinture en jaune. ......................... 123, 136
- — des soies par les couleurs d’aniline. . . . 165
- — des laines ..........................23, 33
- — des déchets de laine.................... 108
- — des plumes. : . ....................... 8
- — dubois..,........................ 91,257,273
- du cuir et des peaux. {Voir Peaux), au permanganate de soude. .... . instantanée ......................
- en vert à l’iode.................. des tissus en noir d’aniline. . ... .
- 167
- 107
- 58
- 69
- 16
- et épaillage simultanés des tissus de laine
- (là) et les apprêts à Reims ... 167, 180, 192 en chiffonnage (atelier pour la) ....
- diverses; (Voir au nom des nuances).
- 85
- Tendeur pour la teinture des soieries. .......
- — circulaire pour la teinture des soieries. .
- Tissu pour fleurs artificielles.........................
- — de tenture imprimé...........
- Toiles et cotons, teinture en diverses nuances, Tondeuses............................
- Turbines centrifugés......................
- u
- 180
- 270
- 167
- 199
- . 8, 17
- 73, 82
- 118, 138
- Utilisation des résidus de couleur d’aniline .... — des eaux provenant du peignage des laines..............................................
- Van-Dyck, nuance sur laine......................
- Vert ordinaire sur toiles et cotons.............
- — , — — . au foulard. . .
- — foncé ....................
- — clair,, brillant sur laine ................
- — à l’iode, fabrication et teinture. ......
- — d’aldéhyde............................. J).
- — métal, vert Russe............................
- — de zinc... . ........... . . ................
- — de Chine, étude..............................
- — sur cuir .................................
- — sur bois.....................................
- Violets d’aniline..............................
- — en impression par l'alizarine artificielle.
- — sur. cuir.......... ........... .
- — sur. bois.....................................
- Vol chez un teinturier. .................: Q . .
- LA TABLE.
- TABLE PAR ORDRE DE CHAPITRES
- 249
- 250
- 58,
- 226
- 8
- 8
- 17
- 97
- , 64
- 64
- 215
- 89
- 96
- 142, 216
- . . 273
- 54, 88
- . . 87
- . . 216
- . . 273
- . . 172
- Chaque livraison de ce volume portant son sommaire, la table par ordre de chapitres devient inutile , puisqu’elle n’en est que la répétition; voir ces sommaires aux pages 1, 13, 21, 33, 49, 61, 69, 81, 93, il3, 133, 153, 173, 183, 197, 209, 221, 233, 253 et 265.
- Administration et Rédaction : MM. GOUILLON et BLONDEAU, ingénieurs
- 22, rue Michel-le-Comte.-
- Paris.— Typ. Turfin et Ad. Juvet, 9, cour des Miracles.
- p.280 - vue 277/277
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